Commerce : vous avez dit équitable !

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Ezzedine El Mestiri, fondateur du magazine Nouveau consommateur en 2003

« Le bon sens implique aujourd’hui une consommation de proximité en privilégiant les produits locaux et de saison »

Initiée en 2001 par des acteurs militants pour une consommation responsable, la Quinzaine du commerce équitable vient de débuter et s’achèvera le 22 mai. C’est un temps fort de sensibilisation à la solidarité auprès des citoyens, des décideurs économiques et des collectivités. Comme l’achat du lait français ou du chocolat péruvien, c’est une occasion de donner du sens à sa consommation et évaluer ses impacts sur ceux qui cultivent et produisent.

Depuis quelques années, le marché du commerce équitable ne cesse de progresser. En France, il dépasse, pour la première fois, la barre des 2 milliards d’euros de ventes en 2021, une croissance de +11 % selon l’Observatoire du commerce équitable. Cela ne doit pas nous étonner. Les produits équitables qui proviennent des pays du Sud concernent 65 % des ventes totales et voient leur consommation progresser d’année en année. Pour le consommateur, cette forme de commerce désigne toute une démarche philosophique et humaine qui prône une production dans l’équité. Rester attaché aux valeurs de juste rémunération des producteurs pour leur garantir un revenu minimum. Le commerce équitable maintient l’emploi local tout en reconnaissant les métiers essentiels.

Si la vocation du commerce équitable est d’offrir au producteur du Sud, une juste rémunération de son travail et au consommateur au Nord, un achat fondé sur des principes de solidarité, il n’en demeure pas moins que ce système est souvent critiqué pour son impact écologique négatif. Le bon sens implique aujourd’hui une consommation de proximité en privilégiant les produits locaux et de saison, afin d’éviter l’effet CO2 lors du transport des denrées.

Des normes de commerce équitable ?

Désormais et c’est appréciable, le commerce équitable s’applique à des produits « made in France ». Le label Max Havelaar s’est associé à des producteurs de lait en Normandie et à des céréaliers dans le Gers pour assurer à ces agriculteurs français, comme aux producteurs du Sud, une vie décente.

Des ONG et des associations de consommateurs réclament plus d’équité et de transparence dans l’autre commerce, non équitable. Dans un contexte de pénuries et de flambée de prix des matières agricoles, pourquoi ne pas réguler autrement le commerce mondial en lui imposant les normes du commerce équitable ?

« Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale », indique la Déclaration universelle des droits de l’homme dans son article 23, alinéa 3.

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