﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[                   Ces métiers conseils
La numérisation
La relation amoureuse en entreprise
télétravail
et conséquences
 indispensables à la réussite des entreprises
des PME boostée par l’épidémie
     N°78 AVRIL- MAI 2021
ENTREPRENDRE | INNOVER | POSITIVER
        histoire du chômage PARADOXE:LECHÔMAGE> Rétro:unepetite
Besoins non satisfaits, relance, métiers nouveaux, la crise qui dope
DANS UNE FRANCE
> La météo de l’emploi en région QUIRECRUTE > Panoramamondial
       > Transition énergétique
des majors du pétrole
L’avenir radieux des marchés de l’ environnement
> Crise agricole française
> La révolution verte
des solutions pour s’en sortir ?
 DOSSIERS DU GREEN
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]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                    ATELIER D’HORLOGERIE FRANÇAISE
PERFORMANCE & DISTINCTION
se conjuguent dans le modèle Newport, une montre marine de caractère manufacturée avec précision en France, dans nos ateliers de Charquemont.
]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[éditorial
Olivier magnan
Rédacteur en chef
Le chômage dans
Lune France qui recrute...
e mot est tabou, il rime avec écart entre la formation initiale et les be- échec, destins bouleversés, réces- soins des entreprises. La formation (conti- sion économique, le chômage. En nue), avec le nouveau dispositif du compte France, il préoccupe depuis les personnel de formation, vise à rectifier le
années 1970, depuis qu’après les chocs tir, mais à long terme. Le court terme nous
le chat de
     pétroliers il s’est installé dans le paysage comme une constante un peu obscène, certes commun à toutes les grandes éco- nomies européennes, mais depuis 2010 frappé en France de ce taux un peu su- périeur, le honni 10 %. Le coronavirus l’a figé. En soutenant tous les emplois, en gardant les entreprises, même fermées, dans une sorte de statu quo salvateur, il en a éclipsé momentanément le poids, mais il a bel et bien rebondi au troisième trimestre 2020. A + B + C (les catégories de chômeurs, y compris l’activité réduite) = 6,012 millions en février 2021 (Dares). Dans le même temps, des filières entières ont du mal à recruter pour des centaines de milliers d’emplois. 60 % des entreprises « rament » pour trouver leurs collabora- teurs. Et pas seulement dans les secteurs pointus. Dans le BTP, on cherche les ma- çons, les conducteurs de travaux, 80 % des recherches de conducteur·rices de poids lourds échouent. En cause : des décennies de désindustrialisation et un trop grand
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Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
n RÉDACTION
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rédacteur en chef Olivier Magnan
Comité éditorial Adam Belghiti Alaoui, Geoffrey Wetzel, Jean-Baptiste Leprince, Olivier Magnan
Chroniqueurs Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Marc Drillech, H’up Entrepreneurs, Julien Leclercq, Les rebondisseurs français, Patrick Levy- Waitz, Alain Marty, Sophie de Menthon, Ordre des Experts-Comptables, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Jean-Marc Rietsch,
Didier Roche, Thierry Saussez, Cédric Ternois, Mathieu Wilhelm
brasse dans cette France qui recrute, qui innove, qui télétravaille, avec ses entre- prises qui appellent de nouveaux métiers, ses microentrepreneurs qui cassent les CDI pour créer leur emploi, cette reloca- lisation à l’œuvre et une transition écolo- gique qui va rebattre les cartes, un revenu universel peut-être devenu indispensable, c’est le choc du futur qui est en train de bouleverser la notion même de travail et de non-travail. Dans l’immédiat, au-delà des offres d’emploi, le recrutement dit « in- visible » passe par une proactivité de can- didatures spontanées, de bouche-à-oreille, de réseau, de travail temporaire, autant de leviers souvent sous-estimés, « en réalité très efficaces pour trouver un emploi », selon Frank Ribuot, président du groupe Randstad France. Le sommaire de ce nu- méro est parlant: des métiers conseils en pleine mutation à la transition numérique des PME, l’emploi est un fleuve grondant et le chômage un embâcle sans cesse roulé dans les vagues du mouvement. n
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Ont collaboré
Jean-Marie Benoist, Marie Bernard, Jean-Baptiste Chiara, Charles Cohen, Philippe Flamand, Geoffroy Framery,
Marie Grousset, Anna Guiborat,
Lucie de la Héronnière, Pierre-Jean Lepagnot, Julie-Chloé Mougeolle, Guillaume Ouattara, Lili Quint, Philippe Richard,
Charlotte de Saintignon Dessin de Philippe Geluck
Secrétaire de rédaction
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imprimé en France par Léonce Deprez, ZI le Moulin, 62620 Ruitz
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Élodie Coin, Raphaël Gall
                               ecoreseau.fr avril-mai 2021 |3
]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[ 16
 galaxie
6 briefing de l’optimisme 16 entreprendre
en couverture
FraNCE: lE CHÔmaGE aU PaYS QUi rECrUTE
26 société Pour en finir avec la crise agricole
27 société Pétroliers : du greenwashing
à la révolution verte
28 l’œil décalé l’entreprise, ce nid d’amour miné par le télétravail...
29 réseaux & influence réindustrialiser la France (en soignant son réseau)
Trophées Optimistes 2021
30 électrons libres messieurs moustache
certaines informations peuvent avoir été modifiées ou être obsolètes au moment de la diffusion
32 culture du rebond GCollect, 56 Fabrice Develay
34 briefing innovation
36 décryptage Numérisation des entreprises :
l’épidémie qui change tout
30
 36
 vie privée
immOBiliEr NEUF ET DÉFiSCaliSaTiON Par lE DON
    & innover
38 pratique avOCaTS,
58 patrimoine immobilier neuf : où est passée l’offre?
la revanche des villes moyennes
64 patrimoine iFi et ir, réduire ses impôts
EXPErTS-COmPTaBlES,
pour faire le bien
baromètre patrimoine & fiscalité patrimoine
baromètre finance & marchés culture & co
CONSUlTaNTS : 70 de l’art de s’entourer
42 business guide Transition 74
environnementale : le climat est
nouveaux modèles d’affaires...
46 briefing rh & formation
50 carrières & talents Formations
sur-mesure en entreprise
aux
78
80 essais auto
84 dans l’air du temps autoprotection
abonnez-vous P. 11, 52, 82 et 95 aTTENTiON : Compte tenu de la crise sanitaire actuelle et des contraintes liées à l'impression de ce numéro,
patrimoniale
voitures anciennes, le placement vaccinal
88 l’art du temps 96 expressions
   4 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[                             ]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme
 l’onde positive
Thierry Saussez
Créateur du Printemps de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
La Rencontre, Open, du Printemps...
LA PERSONNALITÉ, C’EST
Line Renaud, 92 printemps, toujours dans cet engagement qui a fait sa vie. Or l’engagement est la valeur fondamentale de l’opti- misme : on n’est jamais aussi grand qu’au service des autres. Line est toujours et encore là pour le Sidaction, dont la récolte cette année se montra fructueuse, plus que la mobilisation contre le cancer, moins bien servi. L’énergie de cette grande dame incarne au mieux l’optimisme, je rappelle que le Printemps éponyme l’a consacrée Femme la plus optimiste de France, il y a deux ans.
DEUX LIVRES M’ONT SÉDUIT
Celui de Charles Pépin, philosophe et romancier, consacré à La Rencontre, une philosophie, chez Allary Éditions. L’auteur de Les philosophes sur le divan (Flammarion, 2008), Quand la beauté nous sauve (Robert Laffont, 2013), La Joie (Allary Éditions, 2015), et, avec le dessinateur Jul, des best-sellers La Planète des sages (Dargaud, 2011) ou 50 nuances de Grecs (Dargaud,
2019), sans oublier ses deux derniers essais Les Vertus
de l’échec (Allary Éditions, 2016) et La Confiance en soi
(Allary Éditions, 2018) a profité de la pandémie et des confinements pour, paradoxe admirable, écrire ce livre.
L’autre ouvrage, c’est presque son complément, en
forme d’ouverture. Précisément Open, d’Isalou Regen,
publié chez Albin Michel. « Avec l’ouverture, explique l’éditeur, on découvre, on voyage, on repousse ses li-
mites, on crée, on partage... À l’inverse, sans elle, pas d’exploration, pas de dépassement, pas de joie, pas de plénitude, pas de rencontre... » En cette période aussi paradoxale, voyager, repousser ses limites, face aux difficultés, c’est particulièrement une onde positive.
CE SONT DES DIZAINES D’ENTREPRISES
que je voudrais honorer, les cliniques privées. Elles constituent notre chance de tenter de ne pas reconfiner le pays, de maîtri- ser la vague. En arrière de la main un temps, elles existent bel et bien, alors qu’elles furent laissées à l’écart sans doute à cause pour des raisons d’administration et de protocole public. Au- jourd’hui, elles sont mobilisables et mobilisées. Les insérer dans le circuit du soin pourrait aider le Président Macron à gagner son pari courageux de ne pas reconfiner le pays avec son cortège de dégâts, économiques, certes, mais tout aussi psychologiques.
L’INITIATIVE
du Printemps de l’Optimisme se concrétise sous la forme de Fes- tival des énergies positives version numérique, du 3 au 22 mai. Semaine 1, la Vitalité. Semaine 2, le Partage. Semaine 3, De- main, l’avenir. Tous ces thèmes répondent à mon vieux principe, quand ça ne va pas, il faut encore plus se secouer et être à l’initia- tive. Exercices, conférences, ateliers, livres, rencontres avec per- sonnalités inspirantes vont enrichir en ligne ces trois semaines. L’idée est d’instituer un mois de mai superboosté, car ce pays en a besoin. Quant au Train de la Relance évoqué le mois passé, il aura bien lieu en septembre, mais il est trop tôt pour en dire plus.
Se connecter au Printemps de l’Optimisme www. printempsdeloptimisme.com
rejoindre la ligue des optimistes www.optimistan.org
L’IMAGE
   À
ment les deux oiseaux – mâle et femelle se relaient pour « faire les courses » et cou- ver. Pour s’occuper, le locataire arrange son nid du bout de son bec... ou médite. On capte même le son de la ville! Les deux cigognes sont sédentaires, c’est-à-dire qu’elles ne migrent plus vers l’Espagne ou le sud de la France. Il y aurait environ 300 couples de cigognes en Moselle. À Sarralbe, on compte environ 30 nids. Addictif. www.sarralbe.fr/webcam.htmln
Méritez votre statut de leader chaque jour Michael Jordan
Droit de vote à 16 ans ? débat relancé...
Dans une tribune, cent élu·es appellent à permettre au quelque
1,5 million de jeunes âgés de 16 et 17 ans de participer aux élections municipales, ce qui relance le débat sur le droit de vote à 16 ans, à un an des élections présidentielles de 2022. Depuis plus de quarante ans –
Valéry Giscard d’Estaing avait abaissé la majorité à 18 ans, ce qui a permis aux jeunes adultes de participer aux élections – la situation a évolué : « Émergence de nouvelles technologies, développement des réseaux sociaux, accélération de l’interconnectivité du monde [...] La jeunesse est informée et elle est prête », estime David Corceiro, l’auteur de la tribune en question et député MoDem du Val-d’Oise. Le gouvernement serait ouvert au débat, en 2019, le Président de la République
se disait « ne pas être opposé ». Autre argument avancé en faveur d’un droit de vote plus précoce : « Plus on intègre les jeunes de façon précoce dans un apprentissage de la vie civique et politique, plus les chances sont grandes que leur participation soit durable », défend la sociologue Anne Muxel, pour pallier la forte abstention observée au sein de notre jeunesse.
l’investissement dans les cleantechs bat de nouveaux records
Crise sanitaire ou pas, les start-up nouvelle génération dédiées à l’environnement ont poursuivi leur embellie et leur développement, grâce à des investissements toujours très actifs. Avec plus d’1,2 milliard d’euros investi dans 94 entreprises du genre, 2020 constitue même la seconde année record en termes
de financement sur ces dix dernières années,
selon le bilan établi par France Invest et EY, en partenariat avec GreenUnivers. Il s’agit d’un des secteurs qui, pour le coup, ne connaît pas la crise. Bien au contraire, la crise sanitaire a même stimulé l’innovation et l’investissement. Pourvu que ça dure.
À Sarralbe, en Moselle, et depuis des années, une webcam type surveil- lance surplombe... le même nid de cigognes dont les occupants sont fil- més 24 heures sur 24... En ce moment même, le couple alterne sa garde
des cinq œufs. L’image est parfaite, le monde entier regarde régulière-
M. ou Mme et leur cinq espérances.
    6 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme
 leS chiffreS
6%
14 710
189 milliards
le bonheur malgré la crise
Le taux de croissance français sur lequel table le ministère de l’Économie et des Finances pour 2021. Des économistes prédisent, eux, 4 %.
Le nombre de dossiers déposés pour obtenir la prime à la conversion des agroéquipements, délivrée dans le cadre du plan France relance.
la fortune – en dollars – d’Elon Musk, fondateur de Tesla et SpaceX, nouvel homme le plus riche du monde.
Quatre questions à Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des indépendants (SDI)
Les TPE, entreprises clés pour la relance ?
Après près d’un an de crise, où en sont les TPE et les indépendant·es ?
Le dernier baromètre des TPE publié par le SDI en février dresse le bilan de l’année 2020. Tous secteurs confondus, on constate en moyenne des pertes deCAde20à30%parrapportà
l’exercice 2019. Nous avons aussi mené
un point d’étape pour les entreprises
recevant du public (ERP) depuis jan-
vier, notamment avec le prolongement
des soldes. On constate malheureu-
sement qu’il n’y a pas eu d’efficacité
particulière et nous sommes toujours surunepertedeCAde20à30%,avec
un fort impact du couvre-feu à 18 heures qui a pénalisé les entreprises pratiquant le click & collect. Il y a beaucoup de mécontentement et de désillusions.
Comment accueillez-vous les mesures prises par le gou- vernement ?
Le problème que l’on a, c’est que l’on observe toujours un décalage entre les discussions constructives que l’on peut avoir avec Bruno Le Maire et Alain Griset, et la concrétisation des mesures. Ce que l’on aimerait obte- nir, c’est de la simplification dans l’accès aux disposi- tifs. Et puis bien évidemment une réactivité de plus en plus nécessaire mais de moins en moins au rendez-vous. La demande des dirigeant·es que nous représentons n’est pas exclusivement liée à la nécessité des aides, mais surtout à la possibilité de relancer leur activité le plus vite et le plus fort possible. Le couvre-feu à 18 heures est aussi très péna- lisant, nous avons demandé qu’il soit reporté à 20 heures.
La campagne vaccinale est synonyme d’espoir pour les TPE?
Les dirigeant·es de TPE sont pro-actif·ves et veulent se rapprocher de la médecine du travail pour pouvoir faire bénéficier du vaccin à leurs salarié·es. Le SDI défendait cette proposition et elle a été annoncée par le gouverne- ment. Bien entendu, toutes les déclarations d’intentions se- ront toujours limitées à la quantité de vaccins disponibles dans les centres de vaccination, et c’est peut-être là que le bât blesse. Les protocoles sanitaires en entreprise génèrent un manque de productivité relativement important et qui pénalise le chiffre d’affaires, donc on attend bien sûr une vaccination plus massive sans pour autant donner néces- sairement lieu à une embellie économique, que l’on espère.
Quelles sont les priorités à court terme ?
Notre objectif, c’est d’accompagner le plus possible les TPE en facilitant leur accès aux aides. Il faudrait aussi accorder des aides aux entreprises qui sont en dessous de la limite des 50 % de perte de CA. Aussi, le décalage du rembourse- ment du PGE devrait être prorogé sur une période de six ans au lieu de quatre ans, a priori c’est en bonne voie. On travaille également avec le gouvernement sur le prochain plan pour les indépendants qui visera à associer les TPE à la relance, ce qui n’était pas assez le cas dans le plan France Relance. Il faut rappeler que les TPE constituent 98 % de notre tissu entrepreneurial et que c’est un tissu de proximi- té très actif en termes de création d’emplois. On ne pourra pas assurer la reprise sans elles. n
PrOPOS rECUEilliS Par aDam BElGHiTi alaOUi
     La fameuse « poursuite du bonheur », ou « pursuit of happiness » pour nos ami·es anglophones. Depuis 2013, à l’initiative des Nations unies et de leur résolution du
12 juillet 2012, les États membres célèbrent la Journée internationale du bonheur le
20 mars, dans le droit fil de la journée mondiale du câlin (22 février) et de celle des compliments (1er mars). Selon l’ONU, « le bonheur et le bien-être devraient être pris en compte dans les objectifs politiques. L’ONU reconnaît également la nécessité d’adopter la croissance économique dans une vision plus large, plus équitable et plus équilibrée, qui favorise le développement durable, l’élimination de la pauvreté, ainsi que le bonheur et le bien-être de tous les peuples. » Pour lancer sa journée du bonheur, l’organisation internationale s’est notamment inspirée du Bhoutan, qui privilégie depuis les années 1970 l’indice du bonheur national brut à celui du produit intérieur brut (PIB). Pour célébrer cette journée, l’ONU invite chaque État
membre, les organisations internationales et régionales et la société civile à organiser des initiatives éducatives et des activités de sensibilisation.
Être heureux dans le monde
Chaque année, dans le cadre de la journée
internationale du bonheur, l’ONU publie
le classement des pays les heureux, le
World Happiness Report. Pour classer les
155 nations du rapport, le programme de
l’ONU exploite six facteurs et critères : le
PIB par habitant·e, l’espérance de vie en
bonne santé, la liberté, la générosité, l’aide
sociale et la perception de la corruption au sein du gouvernement ou dans le milieu des affaires. L’an passé, le 20 mars 2020, durant les premières semaines de la pandémie, le World Happiness Report avait vu la Finlande arriver en tête des pays les plus heureux du monde pour la troisième année consécutive. Qualité de vie très confortable, niveau de sécurité élevée, services publics parmi les meilleurs du monde, autant de bons points qui placent la Finlande au sommet. Derrière, en deuxième position, on retrouve un autre pays nordique, le Danemark. Puis, en troisième position, la Suisse. Les pays scandinaves sont quasi tous représentés dans le haut du classement et le reste du top 10, de la quatrième à la dixième place: Islande, Norvège, Pays-Bas, Suède, Nouvelle-Zélande, Autriche et Luxembourg. Les grandes puissances, elles, ne trustent pas les premières places : les États-Unis se classent 18e, le Royaume-Uni 13e, et la France seulement 23e. Les puissances asiatiques suivent loin derrière : Japon (62e) et Chine (94e).
En outre, le World Happiness Report de 2020 a, pour la première fois, classé en parallèle les 186 villes les plus heureuses du monde. Là encore, victoire éclatante pour la Finlande, qui classe sa capitale Helsinki à la première place. Viennent ensuite Aarus, au Danemark, et Wellington, en Nouvelle-Zélande. De manière générale, les grandes métropoles sont à la traîne : New York (30e), Tokyo (79e), Pékin (134e). Paris, seule ville française du classement, se classe 43e.
aBa
 8 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[                   True Historic Cars for Now People
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briefing de l’optimisme
Pour ses jeunes, la région Île-de-France s’active... enfin !
Un nouvel indice boursier pour rassembler les 40 entreprises socialement responsables
CAC 40 ESG, c’est le nom de la déclinaison responsable du CAC 40 lancé par Euronext, la principale place boursière de Paris, le 22 mars.
L’objectif de la démarche : répondre à la demande croissante en termes d’investissement dans la finance durable. De quoi venir agrandir la famille des indices à la Bourse parisienne. Le CAC 40 ESG va rassembler
40 sociétés qui ont démontré les meilleures pratiques en termes environnementaux, sociaux et de gouvernance.
« Le lancement de l’indice CAC 40 ESG constitue une étape importante dans
l’accélération de la transition vers une économie durable », a expliqué Stéphane Boujnah, patron d’Euronext, dans un communiqué. D’ores et déjà, neuf sociétés du CAS 40 sont exclues du nouvel indice : Airbus, Alstom, ArcelorMittal, Dassault-Systèmes, EssilorLuxottica, Hermès, Saint-Gobain, Thales et Total. À l’opposé, neuf sociétés cotées sur l’indice élargi SBF 120 intègre le CAC 40 ESG : Accor, Arkema, EDF, Gecina, Klépierre, Sodexo, Solvay, Suez et Valeo. Comme pour le CAC 40, la composition du nouvel indice sera revue tous les trimestres par le comité scientifique des indices d’Euronext.
l’optimisme des salarié·es
et des représentant·es du personnel est toujours là
Dans le contexte de la crise, le moral des salarié·es et des cadres d’entreprises est scruté de près.
L’Ifop vient de publier l’édition 2020 de son enquête annuelle pour Syndex, un des principaux cabinets d’expertise auprès des comités sociaux et économiques (CSE). Le principal enseignement : malgré la crise, les trois quarts des salarié·es et de leurs représentant·es jugent « bonne » la situation de leur entreprise. Un optimisme qui peut surprendre et un signal fort de la volonté de faire face à la crise, mais qui doit être relativisé. D’abord parce qu’il s’accompagne de « fatigue et inquiétude » et d’un
« corps social très fragilisé soumis à rude épreuve ». Ensuite parce que la confiance est inégale : parmi les salarié·es du secteur du commerce, elle perd même 10 points. Globalement, 62 % des représentant·es du personnel se disent fatigué·es, 53 % inquiets et 29 % en colère. À l’opposé, 43 % se disent déterminé·es et seulement 20 % optimistes.
  Alors que le débat autour du RSA jeune bat son plein, Valérie Pécresse, elle, mise sur un autre
scénario pour sortir les jeunes d’un bourbier sanitaire et économique. Dimanche 28février, la présidente de la région Île-de-France a annoncé la mise en place d’un « revenu jeune actif ». Valérie Pécresse délaisse le sigle«RSA»auprofitdu«RJA»,soit « revenu jeune actif ». La présidente de la région francilienne va donc à l’encontre de la maire de Paris Anne Hidalgo, très enthousiaste à l’idée de mettre en place un RSA jeune : « Je suis totalement contre enfermer des jeunes de 18 à 25 ans dans l’assista- nat », a-t-elle insisté, fin février.
« RJA », quèsaco ?
« Un jeune, une formation, un em- ploi » : voilà le tiercé gagnant tant prôné par Pécresse et qui consti- tuera le socle de ce « revenu jeune actif ». Conditionné donc à une for- mation, gratuite pour les 18-25 ans sans emploi. La présidente de la ré- gion Île-de-France promet environ 45 000 formations qui devraient en- suite déboucher sur des embauches. « 4 000 euros pour 6 mois de forma- tion dans des métiers qui recrutent : le jeune qui s’engagera dans ces for- mations, non seulement sera rému- néré mais en plus est sûr à la sortie [...] de trouver un emploi », a détaillé Valérie Pécresse. Les stagiaires de la formation professionnelle pour-
ront toucher entre 500 et 670 euros net mensuels pour toute formation suivie au moins quatre mois. Des formations professionnelles d’autant plus ciblées que certains secteurs recrutent à la pelle en pleine crise: « J’ai six secteurs qui recrutent mas- sivement: le numérique, la sécurité, l’agroalimentaire, l’industrie, la santé et le social, le bâtiment et la construc- tion », liste Pécresse pour la région Île-de-France. La mise en place du « revenu jeune actif » coûterait envi- ron 270 millions d’euros à la région.
D’autres aides
Pour certains emplois, la détention du permis de conduire s’avère in- dispensable. Mais pas mal de jeunes peinent à financer une formation pour obtenir le fameux sésame. Dans la foulée du « RJA », Valérie Pécresse a aussi mentionné la généralisation d’une aide régionale – à hauteur de 1 300 euros – pour financer le permis de conduire. La mesure a été généra- lisée le 1er mars et concernerait un pu- blic de 60000 jeunes Francilien·nes. En outre – et depuis le 18 février – une aide au logement pour les jeunes actifs de moins de 25 ans a été instau- rée. Pour un montant forfaitaire de 1 000 euros. Les critères : avoir moins de 25 ans (pas obligatoire pour les alternant·es ou apprentie·es), témoi- gner d’un contrat de travail dans le secteur privé signé depuis moins de 18 mois (CDI, CDD, intérim), perce- voir entre 0,3 et 1,1 smic et enfin dis- poser d’un contrat de bail à son nom. Des conditions assez nombreuses... susceptibles d’éliminer pas mal de jeunes du dispositif? Reste à savoir si ces coups de pouce se montrent à la hauteur du séisme économique qui frappe notre jeunesse depuis près d’un an... pas sûr. n
microcrédit pour encourager la transition vers les « véhicules propres »
Mercredi 17 mars, le gouvernement a lancé un dispositif de microcrédit à destination des ménages les plus modestes dès qu’ils se tournent vers l’achat d’un véhicule – une voiture ou un deux-roues – moins polluant. Un crédit garanti à 50 % par l’État et qui peut aller jusqu’à 5 000 euros, remboursable sur 5 ans. En outre, ce microcrédit proposé par le gouvernement reste cumulable avec les dispositifs de bonus écologique et de prime à la conversion (jusqu’à 12 000 euros pour une électrique neuve, avec des aides locales en sus), de façon à « assurer un reste à charge le plus faible possible ».
  10 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                Recyclage et tri sélectif : la France progresse
Dans les prochaines années, les investisseurs vont verdir leur portefeuille
The green life®
galaxie
  Face au défi environnemen- tal, économique et logis- tique que représentent le recyclage et le tri, la France
progresse, mais le chemin est en- core long. Selon l’Ademe (Agence de la transition écologique), quelque 326 millions de tonnes de déchets ont été produites en 2017, soit 4,9 tonnes par habitant. À ce jour, la réussite du recyclage est inégale : les emballages ménagers sont recyclés à environ 70 % et le verre à 86 %, mais le plastique ne l’est qu’à 30 %. S’agissant des habi- tudes des Français·es, la troisième édition de l’enquête de l’Observa- toire du geste du tri réalisé par Ip- sos révèle que 51 % d’entre eux·elles trient désormais systématique- ment leurs emballages. Un progrès, puisqu’ils·elles n’étaient que 43 % à le faire en 2013.
Recyclage
et économie circulaire
Les déchets sont une ressource, leur gestion une économie et une industrie. Selon l’Ademe, le recy- clage approvisionne aujourd’hui 67 % de l’industrie papeterie, 49 % de la sidérurgie et 56% de l’in- dustrie verrière. Et les déchets en- gendrent plus de 110 000 emplois directs. L’industrie du recyclage en elle-même, réunit quelque 1 300 entreprises spécialisées, regroupées et représentées au sein de la Fede- rec (Fédération des entreprises du recyclage), pour près de 30 000 sa- larié·es réparti·es en 12 filières. Sur- tout, le recyclage participe et péren- nise ce que l’on nomme l’économie circulaire. Le concept est simple : celui d’un cercle vertueux, brisant le paradigme de l’économie « li- néaire » en passant notamment par un recyclage efficace et une réduc- tion du gaspillage. Le recyclage et la gestion des déchets sont l’un des trois piliers de l’économie circu- laire autour de la prévention et de la gestion efficace des ressources, avec l’offre des acteurs écono- miques (écoconception, écologie
industrielle, commerce durable...) et les compor- tements des consomma- teur·rices. On y revient, le déchet et l’environnement sont l’affaire de tous. Et les défis sont encore nom- breux, les progrès encore nécessaires. Pour parvenir à mieux gérer la fin de vie de nos plastiques et de nos déchets polluants, trois
maîtres mots : écoconception, éco- citoyenneté et responsabilité indi- viduelle et collective.
La France est en retard
Malgré ses progrès, la France du recyclage n’est pas le meilleur élève européen, tant s’en faut. La part des déchets recyclés par les Français·es estpasséede17,9%en1995à43% en 2019, selon Eurostat. Une belle progression, mais loin de la perfor- mance des Allemand·es, qui recy- clent 68 % de leurs déchets. Reste que les disparités statistiques entre pays européens et leur capacité de recyclage sont difficilement oppo- sables (certains pays comptent l’in- cinération comme du recyclage), mais l’Union européenne a décidé d’une harmonisation prochaine des taux de recyclage. Il est certain que la France du recyclage a encore des progrès à faire. Techniques surtout. Grâce aux programmes de R&D, la bouteille plastique a par exemple perdu 45 % de son poids ces 15 der- nières années. Une autre solution d’avenir est le tri à la source des biodéchets, qui passera par l’adop- tion du tri ménager comme réflexe quotidien. En ce sens, une récente directive européenne prévoit que les États membres doivent veiller à la collecte séparée et au recyclage des biodéchets à la source au plus tard le 31 décembre 2023. Au-delà du recyclage, l’enjeu global est celui de la valorisation de nos déchets, qui passe et passera également par le réemploi, le marché de l’occasion et du troc, le reconditionnement et la production raisonnée. À chaque déchet sa solution, sans plan de fin de vie. En définitive, on en revient à l’essence même du recyclage, re- présentée par le ruban de Möbius en forme de triangle de son picto- gramme : celle d’un cercle vertueux et responsable, visant à moins pré- lever les ressources de la planète, mieux produire et consommer et responsabiliser chacune et chacun. La boucle est bouclée. n
Pour l’heure, les investisseurs qui se sont déjà fixé un objectif zéro carbone se font encore bien trop rares – 17 % selon une étude de la société de gestion d’actifs Robeco. Toutefois, ce nombre d’investisseurs prêts à verdir leur portefeuille devrait s’accroître dans les prochaines années : car si plus de 40 % des investisseurs n’ont pas éliminé les actifs liés à de fortes émissions carbone, « il est prévu que ce chiffre diminue à seulement 19 % pour les investisseurs institutionnels et à
25 % pour les investisseurs privés dans les cinq prochaines années », souligne Robeco. Un changement qui aurait surtout lieu – toujours selon la société de gestion d’actifs – en
Europe et en Amérique du Nord. En outre, la pandémie aurait accéléré la tendance en faveur de la finance verte.
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           ecoreseau.fr avril-mai 2021
| 11
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FINANCES
ENTREPRISE
ÉCRITURE INCLUSIVE
les placements à suivre en 2021
le télétravail accélère la dématérialisation
À la XXIe siècle,
la féminine domine la masculine...
N°75 DÉC.2020/JANV.2021
ENTREPRENDRE | INNOVER | POSITIVER
Le nouvel après
SOMMES-NOUS INNOVATION PRÊTS ?
20 ÉNERGIES VERTES - ÉCONOMIE CIRCULAIRE RECYCLAGE - RECONDITIONNEMENT
TAXER LES GAFAM pourquoi est-ce si difficile ?
inventions
TRANSITION ENVIRONNEMENTALE
qui vont changer
le monde - partie 1 BEL/LUX : 5.20 € - Suisse : 9 FS - Canada : 8.99 $ CAN - Maroc : 55 DH - Dom : 5.50 € - Tom : 750 XPF
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Plans de relance
Grandes Écoles
D’où vient cet argent “magique” ?
Stratégie gagnante pour le Royaume Uni ?
des réseaux toujours plus puissants
N°77 MARS 2021
ENTREPRENDRE | INNOVER | POSITIVER
Entre crise et innovation...
TOUT POUR SAUVER/CRÉER
SON ENTREPRISE Paradoxal : c’est le moment de se lancer Vital : les moyens de se relancer
Cybersécurité
Une priorité vitale pour les PME
ERBQ78
]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie les salaires – mirobolants –
des joueurs de ligue 1
Et c’est le Brésilien Neymar, joueur du Paris-Saint Germain qui sort du lot. Dans un classement conçu par le journal sportif L’Équipe, la star du PSG toucherait
un salaire brut mensuel d’un peu plus de... 3 millions d’euros ! Bien devant son
coéquipier Kylian Mbappé
(2 098 000 euros par
mois). Le classement des
salaires les plus élevés du
championnat français reste
dominé par les joueurs de
la capitale puisqu’il faut
attendre le 12e rang pour voir
le premier footballeur de
Ligue 1 qui n’appartient pas à l’effectif parisien : Wissam Ben Yedder. Le Monégasque se voit attribuer un salaire mensuel brut de 650 000 euros. Le premier Lyonnais, Memphis Depay, pointe en 16e position (480 000 euros), le premier Marseillais, Florian Thauvin, est 20e avec 422 000 euros par mois.
Uber reconnaît aux chauffeur·es britanniques le statut de salarié·es
Jusqu’à présent, les chauffeur·es britanniques
détenaient le statut de travailleur·es indépendant·es.
Mais depuis le mercredi 17 mars, Uber a reconnu
à ses chauffeur·es d’outre-Manche le statut de
salarié·es avec l’ouverture à des droits sociaux
comme les congés payés ou un salaire minimum.
Pour rappel, le 19 février, la Cour suprême britannique
avait estimé que les chauffeur·es pouvaient être
considéré·es comme des « travailleur·ses » et donc bénéficier de droits sociaux. Il s’agit tout de même d’une première mondiale pour le géant américain, « Uber n’est qu’une partie du secteur des réservations de voitures et nous espérons que d’autres opérateurs nous rejoindront pour améliorer les conditions de travail de ces travailleur·ses qui sont essentiel·les dans nos vies de tous les jours », a expliqué Jamie Heywood, patron d’Uber pour l’Europe du Nord et de l’Est. Pour rappel, en Espagne, les livreur·ses à domicile de plates-formes comme UberEats ou Deliveroo devraient être aussi présumé·es salarié·es.
  TOP
 1
Informatique et programmation (niveau avancé)
 2
Communication et négociation (niveau avancé)
3
 Créativité
 4
Leadership et gestion des équipes
5
 Pédagogie et formation des équipes
6
 Gestion de projet
7
 Sens critique et prise de décision
 8
Compétences relationnelles et empathie
9
 Adaptabilité et apprentissage continu
 10
Traitement et analyse des informations complexes
   En 2020, les paris en ligne onteulacote!
Des performances qui donnent le tournis. Les paris en ligne sportifs, hippiques et le poker ont, en 2020, fait bondir de 22 % le chiffre d’affaires annuel du secteur
10
des jeux en ligne à
1,74 milliard d’euros, selon un rapport de l’Autorité nationale des jeux (ANJ) publié jeudi
18 mars. Par exemple, les mises engagées sur les compétitions sportives ont atteint 5,3 milliards
d’euros, soit « le montant de mises le plus élevé généré sur une année depuis l’ouverture à la concurrence
en 2010 », pointe l’ANJ. Le nombre de nouveaux·lles joueur·ses a aussi augmenté en 2020, grâce notamment aux confinements successifs, un million de parieur·ses sportif·ives supplémentaires l’an passé par rapport à 2019. Gare toutefois à ne pas basculer dans l’addiction... un sujet qu’a abordé ÉcoRéseau Business dans son numéro 77.
les 10 compétences
les plus recherchées
dans les entreprises
françaises en 2021
Source : étude de Degreed, une plate-forme spécialisée dans le développement de nouvelles compétences
  mouvements
Æ argobio
Thierry laugel
est nommé président
Æ Banque populaire méditerranée (BPPC)
Sabine Calba
est promue directrice générale
Æ Boulanger Étienne Hurez
est promu président
Æ Ecovadis
Frank Soetebeer
est nommé chief technology officer
Æ Emil Frey France (pôle Citroën et DS)
arnaud Castan
a été nommé directeur de pôle
Æ Fnac-Darty François Gazuit est promu directeur exploitation
Æ Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement (HCErES)
Thierry Coulhon
a été nommé président
Æ institut mines-Télécom (imT)
Clarisse lefort
devient secrétaire générale
Æ J.P. morgan France (JPmOrGaN am)
Dorothée Stik
Æ la mutuelle générale matthieu Stankowiak
est nommé directeur du réseau commercial et des relations extérieures
Æ marionnaud mickael voisin
est nommé directeur des opérations
Æ meilleurtaux.com Frédéric Nguyen
est group chief technology officer
Æ isonat (Saint-Gobain isover)
Christophe rogier
est promu directeur général
Æ voiP Telecom Charlotte richard
est nommée data protection officer
Æ vPlP Yacht Design Simon Watin
est promu président
         Æ CPage
Sébastien Quéau
est promu directeur systèmes d’information et organisation
Æ Groupe michelin Pauline Flament
a été promue chief technology officer
est nommée executive director
vous avez changé de fonction ? Faites part de votre nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr Nomination, les 200000 décideurs qui font le business en France !
    12 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[Les jeunes investisseurs
prendraient-ils trop de risques ?
À l’évidence oui, selon la Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur britannique des marchés : « Nous sommes inquiets du fait que certains investisseurs sont tentés, souvent
par le biais de publicité en ligne ou
de tactiques de ventes agressives,
d’acheter des produits très risqués dont il est peu probable qu’ils leur conviennent », détaille Sheldon
Mills, un responsable de la FCA. La faute notamment
à l’influence des réseaux sociaux comme YouTube, Tik Tok ou Reddit, qui ont un impact sur la prise de décision des jeunes investisseurs, très sensibles aux propos de certains influenceurs financiers. En outre, ces jeunes boursicoteurs mettraient trop en avant leurs émotions dans leur comportement d’investisseurs, à la recherche du « frisson », par exemple. Un phénomène d’autant plus inquiétant que près des deux tiers des investisseurs amateurs (59 %) estiment qu’une perte importante aurait un impact sur leur niveau de vie actuel ou futur...
Une année 2020 record pour Lego
Le fabricant des célèbres briques en plastique (qui s’est donné jusqu’à 2030 pour qu’elles soient toutes en matériau renouvelable non polluant) a le sourire. Et il a de quoi ! En 2020, Lego a dégagé un bénéfice record, en hausse de
19 %, à 9,9 milliards de couronnes (1,3 milliard d’euros). Les ventes de l’acteur danois ont progressé partout dans le monde et ont aussi été dopées par la hausse du commerce en ligne. Un bel exercice expliqué aussi par l’ouverture de 134 nouveaux magasins, dont 91 en Chine où Lego entend bien élargir sa présence. En outre, le groupe promet aussi d’assurer l’essentiel de sa production avec des matériaux 100 % durables d’ici à 2030.
Médiation & entreprises Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
Loyers commerciaux en temps de crise : Lbailleurs et locataires doivent se parler !
briefing économie le commerce extérieur du royaume-Uni plombé par le Brexit
galaxie
Les effets du Brexit ne se sont pas fait attendre,
et s’accumulent dangereusement. Les chiffres publiés le jeudi 11 mars par l’Office national des statistiques (ONS) britannique s’accompagnent d’un amer constat pour le Royaume-Uni : son commerce extérieur et ses relations commerciales avec le reste de l’Europe sont en net recul depuis janvier. Les graves conséquences du « no deal » en matière commerciale sont bien là. En janvier 2021, les exportations de biens britanniques ont ainsi plongé de 19,3 %, à 5,3 milliards de livres, en raison d’une dégringolade de près de 41 % des exportations vers l’Union européenne. Selon l’ONS, il s’agit, en prix et volumes de « la plus forte chute en un mois depuis que ces chiffres ont commencé à
être mesurés en janvier 1997 ». La sortie du marché unique, officielle et effective depuis le 1er janvier 2021, a déjà de lourdes conséquences.
À quoi s’ajoutent les restrictions
sanitaires qui pèsent sur des ports
de transit de marchandises déjà
sous pression, ainsi que des retards
de commandes qui s’accumulent depuis le début de la crise. Pandémie de la covid et Brexit, le cocktail est explosif.
Dans le détail, les importations de l’UE les plus touchées sont les machines et le matériel de transport, ainsi que les médicaments et les produits pharmaceutiques. Surtout, l’ONS souligne l’importance et la pertinence de ces chiffres, les
« premiers depuis la fin de la période de transition après la sortie de l’UE ». En novembre et en décembre 2020, le commerce extérieur britannique avait bénéficié d’un afflux d’importations et d’exportations, les entreprises emmagasinant
des stocks en prévision de la sortie effective du marché unique et des perturbations à venir en 2021. Les chiffres de janvier souffrent donc d’un effet comparatif défavorable. Dans la tempête, le Premier ministre britannique Boris Johnson tente
de contenir le feu et d’apaiser les craintes, en qualifiant ces pertes de « problèmes de démarrage », qui ne refléteraient pas l’ensemble des relations commerciales de son pays avec l’UE. Problème,
les effets de stockage auxquels le gouvernement Johnson veut attribuer la chute des exportations ne suffisent pas pour expliquer une telle dégringolade.
Chute du PiB britannique
Le Brexit n’a fait qu’aggraver la crise économique causée par la pandémie, en tout point. Contrairement à ce que veut faire entendre le pensionnaire du
10 Downing Street, c’est l’ensemble de l’activité
qui s’est contractée au Royaume-Uni en janvier.
Conséquence : le PIB britannique a reculé de 2,9 % sur ce seul mois de janvier, après une hausse de 1,2 %
en décembre, et se trouve 9 % en dessous de son niveau de février 2020, avant le choc de la covid. La série noire se poursuit pour le Royaume- Uni, pays qui a subi une contraction record de près de 10 % en 2020,
  a perte d’activité brutale liée à la médiation reçues en 2020, et près de 25 % avec votre bailleur ou locataire pour trou- crise sanitaire a fait émerger une des demandes de sollicitation. ver ensemble une solution, vous bénéficie- problématique importante pour Voici donc un mode d’emploi concret rez d’un service de médiation gratuit, ra- beaucoup d’entre vous: le paie- pour vous, bailleur ou locataire, qui sou- pide et confidentiel. Pour vous donner un
ment des loyers. Cette charge déjà très haiteriez entamer un dialogue construc- exemple (même si chaque cas est unique)
évolué: nous sommes passés de simples demandes de remise de loyers à une réelle remise à plat des relations entre les bail- leurs et les locataires.
La solution se trouve donc encore et tou- jours dans le dialogue, qui ne coûte rien mais peut rapporter beaucoup! N’hésitez pas à entrer en contact avec votre bailleur ou locataire et à chercher des solutions négociées sans entrer dans un rapport de force direct. Et si vous rencontrez un obs- tacle, faites appel au Médiateur des entre- prises qui pourra vous aider. Sortir « par le haut » d’une difficulté est dans l’intérêt de toutes les parties prenantes! n
conséquente en temps normal est deve- nue quasi insupportable dans le contexte de crise actuel, en particulier dans le cas de locaux soumis à des fermetures admi- nistratives liées. Mais les solutions existent pour faciliter vos relations et entretenir une confiance au plus haut niveau avec vos multiples partenaires, qu’ils soient bailleurs ou locataires! Le Médiateur des entreprises se tient à vos côtés dans cette perspective. Nous avons ainsi mis en place une équipe dédiée à cette probléma- tique, qui représente 11 % des saisines de
tif. Tout d’abord, vous pouvez nous contacter dans le cadre d’une demande d’informations sur le site du Médiateur des entreprises (www.economie.gouv.fr/ mediateur-des-entreprises/contactez-me- diateur-des-entreprises). Vous serez alors avisé·e des dispositifs d’aides qui peuvent venir soutenir votre activité: le fonds de solidarité, ou encore le crédit d’impôt bailleur pour le mois de novembre 2020, qui suscite de nombreuses interrogations de la part des acteurs.
Si vous souhaitez entrer en négociation
d’une médiation réussie: un locataire chef d’entreprise d’une agence de communi- cation s’est mis d’accord avec son bailleur pour bénéficier de deux mois de remise de loyer et un rétablissement de son loyer au niveau de 2019 grâce à une médiation qui a duré en tout un mois et demi. La co- construction de solutions reste ainsi une ressource plus qu’efficace car, dans sept cas sur dix, la médiation débouche sur un accord. De manière globale, nous ob- servons que depuis le début de la crise la nature des médiations a progressivement
Pour découvrir ou re-découvrir notre activité, rendez-vous sur le site du médiateur des entreprises : www.economie.gouv.fr/mediateur-des-entreprises/lacti- vite-du-mediateur-des-entreprises-presentee-la-presse
pays européen
et membre du G7 le plus meurtri par la crise économique. L’année 2021 commence très mal pour Londres, mais la reprise économique reste en ligne de mire, avant, peut-être, un retour à la normale pour 2022. Pour Paul Dales, de Capital Economics, janvier devrait ainsi être le « point le plus bas pour cette année sachant que la campagne de vaccination
et la réouverture de l’économie devraient stimuler un rebond de l’activité [...] d’ici au début de l’année prochaine, nous pensons que le PIB aura retrouvé son niveau d’avant la pandémie ». Reste donc à voir si cette tendance à la baisse des exportations n’est que passagère, comme l’affirme le gouvernement de Boris Johnson, qui assure que les volumes de frets entre le Royaume-Uni et l’UE sont revenus à la normale.
le plus endeuillé par la pandémie
  ecoreseau.fr avril-mai 2021
| 13
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie
 Entretien avec Charlie Clarck, fondateur de Whistcom,
un cabinet spécialisé dans la stratégie orale, où on accompagne les dirigeant·es pour parfaire leur « logorrhée ».
« avant, les dirigeant·es voulaient convaincre, désormais, ils·elles souhaitent dialoguer », Charlie Clarck, fondateur de Whistcom
  Æ les rencontres digitales de la franchise
Forum national des éco-entreprises
Le Pexe et l’Ademe invitent à participer à la 12e édition
du Forum national des éco-entreprises prévu le 8 avril
en format dématérialisé : c’est le rendez-vous de la communauté d’affaires et d’innovation de la filière cleantech. Journée business et innovation de tous les acteurs de la filière: PME, start-up, donneurs d’ordre publics et privés, investisseurs, instituts de recherche ou encore pôles de compétitivité.
Quand ? 8 avril
Où ? Format dématérialisé
Æ les nouveaux modèles économiques durables de l’économie circulaire
L’économie circulaire se définit comme un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits (biens et services), vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en développant le bien-être des individus. Le webinaire en question – organisé par le pôle de compétitivité Picom – sera l’occasion d’écouter Laurent Pasquier, cofondateur de C’est qui le patron ? !, Paul-Adrien Menez, CEO de Smartway, Lucie Soulard, cofondatrice de Place2swap et Arnaud Berger, responsable partenariat de Mob-ion.
Quand ? le 13 avril 10 heures Où ? Format dématérialisé
Æ adobe Summit 2021
Ce sommet est dédié aux innovations en termes de
réseaux sociaux, annonces publicitaires, analyse data et expérience Web. L’occasion de développer ses compétences, rencontrer d’autres professionnel·les inspirant·es et créer des expériences innovantes ! La parole sera donnée aux dirigeant·es Adobe et la communauté du Summit.
Quand ? du 27 au 29 avril
Où ? Format dématérialisé
À quoi reconnaît-on qu’un·e dirigeant·e renvoie aussi à un·e bon·ne
communicant·e ?
D’abord, je pense qu’il faut rompre avec l’idée selon laquelle bien communiquer dépend de traits de caractère propres à cha- cun·e. Qui tend à faire croire que tel ou tel individu se retrouve à l’aise par nature. La communication orale fait au moins partie d’un apprentissage... et même d’une straté- gie. Je suis convaincu – et c’est notre ligne de conduite chez Whistcom – qu’on peut faire de la communication une science dure, avec des règles à respecter et une méthode à suivre... comme les mathématiques ! De là, les dirigeant·es qui communiqueront le mieux auront compris l’importance du si- lence. Quand les dirigeant·es viennent nous voir, on leur apprend à se taire. Soit, pour un dirigeant·e, laisser le temps à ses équipes de comprendre le message, faire des pauses lors d’une intervention et ainsi éviter les débits de parole trop longs pour donner l’opportu- nité aux collaborateur·rices de rebondir ou de s’exprimer. Avant, les dirigeant·es vou- laient convaincre, désormais, ils·elles sou- haitent dialoguer.
Autre critère essentiel pour bien commu- niquer : l’empathie. Bien trop souvent, les dirigeant·es s’adressent à leurs collabo- rateur·rices en centrant leur discours sur eux·elles-mêmes. Quand on prend la parole, on a tendance à tout remettre à soi. Or, il faudrait pouvoir faire l’inverse, c’est-à-dire parler de ses équipes, ses collaborateur·rices, pour qu’ils·elles se sentent totalement in- clus·es dans la stratégie.
La crise – et le travail à distance qui l’ac- compagne – rend-elle plus difficile la com- munication des dirigeant·es avec leurs équipes ?
En réalité, je pense vraiment qu’il y a une technique universelle pour parvenir à un message qui soit écouté, compris et retenu. Ensuite, seuls les formats varient. Effecti-
vement, la crise a dopé la communication à distance via notamment les plates-formes de visioconférence. Mais ce n’est pas plus dif- ficile. Grâce aux outils de caméra et micro, vous reproduisez les conditions dans les- quelles votre message aurait pu être délivré en « réel ». Donc, il y a ce fameux langage du corps, essentiel car je considère qu’il ne peut y avoir de son sans image, qui doit se pour- suivre en visio. Regarder son public dans les yeux, comme ce doit être le cas en présentiel, se prolonge à distance – indispensable alors de bien maîtriser l’interaction avec sa camé- ra. Bref, continuer à engager son corps – en parallèle de la voix.
En outre, la crise et le recours massif au télé- travail ont dressé le portrait de dirigeant·es plus que jamais présent·es et accessibles. Les dirigeant·es s’attachent à mettre en place des réunions, à répondre aux questions. Car plus vous êtes éloigné·e, plus vous de- vez faire preuve de vigilance et vous assurer que toute l’équipe aille dans la même direc- tion. Ne pas oublier non plus la sincérité et la transparence, puisque, même en situation de crise, j’estime que les dirigeant·es doivent tout dire à leurs collaborateur·rices.
Une bonne communication avec ses équipes a-t-elle vraiment un effet signifi- catif sur la performance d’une entreprise ? Je crois que oui. Non seulement bien com- muniquer avec ses collaborateur·rices a de quoi améliorer la productivité au sein d’une entreprise, mais surtout favoriser le bien- être de l’ensemble de l’équipe. On a trop longtemps perçu la communication comme un « vernis », un petit plus pour une entre- prise qui aurait un surplus de budget. Non, la stratégie orale incarne une des pièces ma- jeures du puzzle. Remettre de la forme sur le fond. Car peu importe la qualité du mes- sage, la façon de le transmettre reste la phase visible de l’iceberg qu’un·e dirigeant·e ne doit – en aucun cas – négliger. n
les retraites pèsent
de plus en plus dans la dépense publique
Selon une étude du site Fipeco, publiée le jeudi
4 mars, la dépense publique a augmenté de 3,9 points de PIB en France, après être restée quasi stable
dans la zone euro entre 2001 et 2019. Une hausse conséquence qui s’expliquerait aux deux tiers par la dynamique des retraites et les montants dévolus à leur financement. En outre, le site spécialisé note aussi que la France se distingue, hélas négativement, par une baisse des dépenses d’éducation. Bien au courant de ces bilans, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’est positionné plus tôt dans
la semaine pour l’instauration d’une « règle pluriannuelle » visant à « stabiliser la dépense publique ». Reste encore à déterminer les leviers sur lesquels jouer, pour obtenir cette stabilité qui pour l’heure reste hypothétique.
Aides versées aux entreprises, la Cour des comptes alerte
 Le très attendu et scruté rapport annuel de la
Cour des comptes a été publié jeudi 18 mars. Un an après la mise en place du fonds de solidarité, son bilan est jugé favorable par la Cour : « Créé en deux semaines, il a permis de limiter les effets de la crise par la distribution rapide, au 31 décembre 2020, de
11,8 milliards d’euros d’aides à 1,8 million d’entreprises et d’entrepreneurs individuels et indépendants. » Cependant, l’institution présidée par Pierre Moscovici alerte sur la transformation du fonds de solidarité vers des « mesures plus durables », qui ouvre les portes à des risques de fraudes et de cumul des aides. « Les principes généraux de fonctionnement du fonds n’ont pas évolué en parallèle, celui-ci conservant pour la grande majorité des demandes d’aide une
14 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
quasi-automaticité de
versement reposant
sur des informations
essentiellement
déclaratives ». En clair, une
entreprise peut, en toute
légalité, bénéficier à la fois d’un PGE, du chômage partiel, de reports d’échéances fiscales et sociales, ainsi que d’aides d’organismes de Sécurité sociale
ou de fonds de soutien régionaux. Les magistrats financiers appellent de fait à plus de vigilance pour éviter que les aides ne dépassent le coût du préjudice subi, et à l’instauration de contrôles a posteriori accrus assortis de sanctions en cas de fraude.
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[Un bel exercice 2020
pour le marché du jeu vidéo en France
Restrictions sanitaires, confinements successifs, fermeture des restaurants, cinémas, musées, etc. il a bien fallu – depuis quelques mois – vaquer à d’autres occupations. Parmi elles : les jeux vidéo ! Un marché dopé en France en 2020, les achats
de consoles, jeux et accessoires ont dépassé les 5 milliards d’euros l’an passé. Soit 11,3 % de plus qu’en 2019. L’écosystème console représente
à lui seul 2,7 milliards d’euros de dépenses, en croissance de 10 %, la sortie de la PlayStation 5 y
est évidemment pour beaucoup. Autre fait à noter : les achats de jeux pour consoles au format digital, directement depuis le PlayStation Store ou le Nintendo eShop, ont bondi de 79 % en un an ! Bref, c’est ce qu’on peut appeler un véritable alignement des planètes pour le marché des jeux vidéo...
Hausse des demandes de brevets en 2020 pour la France
Quand on vous dit que la crise ne freine pas l’innovation... au contraire ! D’après les chiffres communiqués par l’Office européen des brevets (OEB), la France afficherait plus de 10 000 demandes de brevets l’an dernier, soit une hausse de
3,1 % par rapport à 2019. Conséquence, les Français·es
restent sur la deuxième marche du podium en Europe, pays le plus innovant? L’Allemagne... plus de 25 000 demandes en 2020 ! Une augmentation des demandes de brevets très marquée dans le secteur de la santé : +17,5 % dans les technologies médicales et de +21,8 % dans les produits pharmaceutiques. À l’échelle internationale, la France se classe cinquième pays
le plus innovant, derrière les États-Unis, l’Allemagne, le Japon et puis... la Chine, à qui elle cède même sa quatrième place.
Pour la première fois au xxie siècle,
les exportations d’armes se stabilisent
Selon le dernier rapport du Sipri (Stockholm international peace research institute), les exportations d’armes n’ont pas augmenté dans le monde ces dernières années. Les données exploitées par l’institut démontrent que le marché des armes est ainsi resté stable en volume sur la période 2016-2020, par rapport à 2011-2015. Une fois n’est pas coutume, mais il est encore trop tôt pour se réjouir, comme
le rappelle Pieter D. Wezeman, chercheur principal
au programme Armes et Dépenses militaires du
Sipri : « Il est trop tôt pour affirmer que la période de
forte augmentation des transferts d’armes des deux
dernières décennies est révolue. » D’autant plus que l’évolution reste contrastée selon les pays. La France, qui reste le troisième exportateur mondial a en effet vu ses livraisons bondir de 44 % sur la période.
Le Cepi veut investir trois milliards de dollars pour préparer le monde aux futures pandémies
serial rêveur
Didier roche
Entrepreneur français aveugle depuis son enfance, il est notamment le directeur général et associé du groupe Ethik Investment, qui a créé entre autres le Spa « Dans le Noir ? », où les esthéticiennes sont aveugles et la chaîne des restaurants « Dans le Noir ? », où les clients dînent dans l’obscurité totale, guidés et servis par des aveugles. Il est aussi fondateur de l’association H’up entrepreneurs qui accompagne les entrepreneurs handicapés. www.didierroche.com /
www.serialreveur.com / www.ethik-connection.com/
Qui, de la poule Jou du cochon ?
e viens vous parler d’un plat très pré- sent dans le brunch : les œufs au ba- con...
Ce plat résonne énormément en moi
quand je regarde les quelques projets que j’ai pu mener. N’allez pas croire ici que je ne pense qu’à manger, même si je dois avouer adorer festoyer...
Bon sang ! Mais quelle mouche l’a piqué à vouloir nous parler de la poule et du co- chon ?
Revenons donc à table et faisons face à ce plat fort philosophique dans cette chro- nique. À y regarder de plus près, les An- glais questionnent là la forme de l’engage- ment qu’ont la poule et le cochon. La poule fournissant l’œuf est incontestablement impliquée, mais le cochon ? De l’avis gé- néral, il paraît évident qu’il est clairement concerné !
Quand je regarde à donner vie à un rêve, la question que je me pose depuis quelque temps déjà est l’implication des gens qui s’apprêtent à me rejoindre. Quel sera leur niveau d’engagement, seront-ils impli- qués ou seront-ils concernés ? Se pose ici la question, vous l’aurez compris, de com- prendre l’intérêt de toutes les parties pre- nantes car les ignorer fait courir le risque de transformer le rêve en cauchemar... Alors ? Qui, de la poule ou du cochon ? Les deux sont nécessaires mon cher Watson pour se sustenter avec délice, vous repren- drez bien un peu de bacon ? Des œufs ? Ou les deux ? n
Pan sur ÉcoRéseau
L’interviewé en page 18 du n° 77 dans
Entrepreneuriat et aide à la création, paire gagnante n’était pas Stéphane Lottin mais Sébastien Dottin, vice-président du réseau d’accompagnement BGE. L’intervieweur confus lui présente toutes ses excuses.
briefing économie
galaxie
      Même post-covid, les pandémies devraient se multiplier dans le monde. C’est pourquoi le Cepi (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations), prépare son plan pour lutter contre les futures pandémies. L’organisme qui a contribué
au financement de plusieurs vaccins covid prévoit d’investir 3,3 milliards de dollars d’ici à 2026. Dans son plan, la Coalition entend aussi soutenir « les projets permettant de réduire le temps de développement de nouveaux vaccins », explique Richard Hatchett, le directeur de l’organisme. Bien entendu, pour un programme si ambitieux, le Cepi devrait compter sur la générosité de ses partenaires – une trentaine – constitué d’États et d’organisations philanthropiques.
 ecoreseau.fr avril-mai 2021
| 15
© olivier merzoug
]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[ 1 S’y retrouver dans le labyrinthe du chômage
2 Recrutements et emploi, des secteurs qui en veulent
3 Loi Avenir professionnel : des (trans)formations pas toujours abouties 4 Régions & territoires : leurs emplois
5 Mapping de l’innovation : la vague du chômage déferle sur la planète
p. 17 p. 19 p. 20 p. 22 p. 24
N
OliviEr maGNaN, aDam BElGHiTi alaOUi,
GEOFFrEY WETZEl, JEaN-BaPTiSTE CHiara, GUillaUmE OUaTTara
LE CHÔMAGE
DANS UNE FRANCE
QUI RECRUTE
rÉaliSaTiO
entreprendre & innover
  Tous les scénarios sont sur la table. Des plutôt optimistes aux carrément catastrophistes. Le devenir de la pandémie est à ce point indis- cernable que l’on est fondé à tabler sur une
reprise vigoureuse – donc capable d’enrayer un taux de chômage généralement estimé à 10,9 % au premier semestre 2021, soit proche de celui de l’OFCE (10,6 %) – ou moyenne, voire faible! « Dans un scénario à 4 % de croissance, le plus probable selon Patrick Artus, direc- teur de la recherche Natixis, qui n’est pas le plus décrié des prévisionnistes, le chômage va probablement grim- per à 12 %. » Et dépasser les fameux 5 millions de chô-
16 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
meurs « A, B, C » de 1,5 million fin 2021. D’un institut à l’autre, les prévisions de destructions d’emploi sont à ce point divergentes qu’elles se révèlent de peu d’utilité. Quand l’Observatoire français des conjonctures éco- nomiques évoque 790 000 emplois détruits en 2020, la Banque de France les estime à 740 000, avec une pers- pective de 45 000 créations en 2021. Quant au gouverne- ment, il semble sur un nuage: 800 000 emplois détruits en 2020, mais 400 000 créations cette année! Or ce pays au chômage recrute et ne trouve pas les profils voulus... D’aucuns pointent du doigt Pôle emploi, décidément mal organisé pour orienter et former. Un document de
travail de Futuribles international affirme que « la main- d’œuvre inactive n’est pas réorientée efficacement vers les entreprises les plus en demande ». Autrement dit, un actif sans emploi, dans une société idéalement lissée, de- vrait se former vite et bien pour courir sus à un nouvel emploi en demande. Pour y parvenir, il faut changer de modèle, ce que décrit depuis longtemps l’économiste Philippe Aghion qui copublie chez Point d’Orgue, une maison d’édition créée par le député LREM Bruno Bonnell, Les transformations du travail, préfacé par... Emmanuel Macron. Peut-être le Président, s’il est réélu, devrait-il passer à la postface... Om
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
1
S’y retrouver dans
Un vrai dialogue de sourds semble s’être instauré depuis de longues années entre une France qui recrute et un taux de chômage qui ne baisse pas. Fin 2020, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) estime à 8 % le taux de chômage, soit 2,4 millions de personnes en France (hors Mayotte). De son côté, Pôle emploi parle d’un peu plus de 5,7 millions de chômeur·ses – en tenant compte des catégories A, B et C. Un écart qui n’a rien de surprenant puisque les deux organismes ne mesurent pas la même chose. Encore faut-il le rappeler. Peu importe, la France – qu’elle s’appuie sur tel ou tel chiffre – ne parvient pas à faire significativement fondre son taux de chômage. Et le diagnostic ne se limite pas à l’épisode covid-19. Les analyses de Christine Ehrel, économiste et spécialiste du marché du travail, et Stéphane Jugnot, économiste-statisticien, nous permettront sans doute d’y voir plus clair.
Une éternité que le taux de chômage ne s’est pas abaissé sous la barre des 7 %. Une quarantaine
d’années. Oui, on a subi les chocs pétroliers des années 1970. Oui, on a aussi affronté la crise écono- mique et financière de 2008. Sans parler du syndrome Sars-CoV-2, à l’origine – en 2020 – de la pire récession française depuis la Se- conde guerre mondiale... Mais même en période de croissance, le taux de chômage semble in- sensible, comme hermétique à ce qu’il se passe autour de lui. Il ne faiblit pas, indépendamment de la conjoncture, c’est ce que l’on nomme « chômage structurel ». Alors le chômage actuel, structu- rel ou conjoncturel ? « Un peu des deux, on a connu des crises ces dernières années qui ont eu un im- pact sur le taux de chômage, mais on baigne aussi dans une forme dite incompressible du chômage », répond l’économiste Christine Ehrel. Pourquoi ? Avant de s’atta- quer aux causes d’une incapacité à faire reculer le taux de chômage, il est essentiel d’abord de revenir sur le concept même de chômage, par- fois flou.
Chômage,
de quoi parle-t-on ?
Un « marronnier » pour l’ensemble des médias économiques. Un sujet qui revient tous les trimestres, et qui – aux yeux du grand public – rappelle la bonne forme ou non de l’économie. Comme une façon de prendre la température, mais sans comprendre – précisément – ce que mesure le thermomètre en question. Stéphane Jugnot, éco- nomiste-statisticien, le sait : « On peut mentionner deux types de chômeur·ses, celui auquel pensent
en couverture
 le labyrinthe du chômage...
En France, on a fait un arbitrage, on préfère protéger
les travailleur·ses en mettant en place des mesures comme le salaire minimum, qui vont à la fois améliorer les conditions de celles et ceux qui travaillent, mais aussi entraîner le chômage à la hausse – Stéphane Jugnot, économiste-statisticien.
      les statisticien·nes, qui sont les chô- meur·ses au sens du Bureau inter- national du Travail, lequel s’appuie sur des critères bien spécifiques – ne pas avoir d’emploi, être en recherche active et être disponible pour travailler. Puis, vous avez une autre façon de mesurer le taux de chômage: celles et ceux qui se re- trouvent inscrit·es à Pôle emploi. » Or quand vous ne mesurez pas le même objet, vous n’aboutissez pas aux mêmes résultats, logique. L’Insee mesure le taux de chômage au sens du BIT, une manière « de rendre possible les comparaisons internationales », précise Christine Ehrel, professeure au Conserva- toire national des arts et métiers (Cnam). Mais qui, dans le cas de situations exceptionnelles, comme celle que nous vivons, risque d’aboutir à des incompréhensions. Au quatrième trimestre 2020, l’institut de la statistique évoque une baisse du taux de chômage, en recul d’environ un point sur le tri- mestre, mais un repli « en trompe- l’œil ». Puisqu’en raison des restric- tions sanitaires, et notamment du confinement d’octobre-novembre, les chômeur·ses qui n’ont plus re- cherché activement un emploi ont été rayé·es de la catégorie « chô- mage » faute de répondre à l’un des critères du BIT. Subtil. À l’inverse,
en raison de la crise covid, Pôle emploi a vu ses demandeurs de ca- tégorie A – les personnes qui n’ont pas d’emploi – augmenter puisque celles et ceux qui exerçaient des petits boulots (catégories B et C) l’ont perdu en raison de la pandé- mie, ce qui a mécaniquement revu à la hausse la catégorie A. Bref, on comprend l’importance des cri- tères retenus pour interpréter les résultats d’évolutions.
De là à dire que les chiffres évo- qués ne représentent pas la réalité, ce serait un raccourci trop aisé. « Je trouve la prise en compte du chô- mage au sens du BIT très utile et stable, il ne faudrait pas trop vite remettre en question les critères utilisés au prétexte que l’on vit une crise qui – il faut le rappeler – reste exceptionnelle, estime Christine Ehrel. Le but de la définition n’est pas de réduire le chômage, mais de trouver une cible. »
Comment expliquer
ce taux de chômage
qui ne baisse plus ?
Dans l’imaginaire collectif, le chô- mage n’a rien de glorifiant et se révèle plutôt perçu comme négatif. Mais ce taux – relativement élevé en France – constitue avant tout « un choix de société », pointe Sté- phane Jugnot, ancien responsable
au sein du département marché du travail de la Dares : « On pourrait avoir un système à l’anglo-amé- ricaine qui accepte d’avoir des travailleur·ses très pauvres. En France, on a fait un arbitrage, on préfère protéger les travailleur·ses en mettant en place des mesures comme le salaire minimum, qui vont à la fois améliorer les condi- tions de celles et ceux qui tra- vaillent, mais aussi entraîner le chômage à la hausse » puisque le coût du travail serait trop élevé, un obstacle aux entreprises en quête d’embauches. Mieux vaut du chô- mage que des emplois miséreux ? La France semble avoir choisi son camp. Cet arbitrage, s’il s’opère via la société dans son ensemble, se retrouve moins à l’échelle in- dividuelle. Nos deux expert·es ne croient pas au chômage volontaire des ménages, dû à un calcul coûts/ avantages entre travailler ou ne pas le faire. « Je doute que les gens soient aussi rationnels et qu’ils fassent leurs propres calculs pour décider ou non de travailler... », sourit Stéphane Jugnot. Ce serait aussi nier « toute la dimension sociale que procure le travail, qui ne peut se réduire à l’aspect maté- riel », ajoute Christine Ehrel.
 ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 17
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
Le chômage, un concept du xxe siècle OliviEr maGNaN
 L’on n’a pas toujours évoqué le chômage en tant que tel. Le concept en soi est apparu à la fin du xixe siècle « pour distinguer les salariés privés d’emploi par les crises des autres pauvres », note Luc Simula, professeur agrégé de sciences économiques et sociales. Mais c’est au xxe siècle que « chômeur » est défini selon des critères, notamment
par le Bureau international du travail (BIT).
1880-1910 : forger le mot
Chômer existe depuis le
xiie siècle,aveclesens d’absence de travail, qu’elle quelle soit (jours chômés, par exemple). Jusqu’à la fin du xixe siècle, on parlera des « sans travail, des nécessiteux valides sans-
travail, des valides sans-emploi ». Frédéric Le Play (1806-1882), parmi les tout premiers sociologues, définit le chômage : il publie Cessation du travail dans un atelier indépendamment de la volonté du patron et des ouvriers. Ce « indépendamment de la volonté » est primordial. Jusqu’au xixe siècle, l’état de pauvreté occulte le chômage. Pauvreté et mendicité sont permanentes. Mais ceux et celles qui relèvent des
« secours » (orphelins, veuves avec enfants, vieillards, invalides, malades...) ne se confondent pas avec les
« sans état » promis à la prison, aux galères, au bagne ou... à la pendaison s’ils ont tué ou volé. C’est avec Zola qu’apparaît le chômeur en tant que tel. C’est avec la révolution industrielle que se constituent les ouvriers à emploi salarié stable confrontés à un risque nouveau, celui des crises industrielles.
À la fin du xixe siècle
Les Sociétés de secours mutuelles et les Bourses du travail en France vont protéger contre le risque de chômage, indemniser les chômeurs, aider à la recherche d’emploi (systèmes d’assurance chômage pour les membres des syndicats aux États-Unis et en Grande-Bretagne). En France, un fonds national de chômage (1914) s’ajoute aux indemnisations des Bourses du travail.
Des années 1920 aux années 1970
Le chômage est reconnu comme un risque propreausalariatetàsonstatut.Unchômeur est un « actif ». « Le plein-emploi, écrit
le professeur Simula, devient un objectif économique et social central des politiques macroéconomiques dans les pays développés à économie de marché ».
La France crée la Sécurité sociale en 1945
qui ignore l’assurance contre le chômage.
Ce sont les partenaires sociaux (syndicats d’employeurs et d’employés) qui créent en 1958 le régime d’assurance chômage pour
les salarié·es de l’industrie et du commerce (puis Pôle emploi en 2008, fusion de l’Agence nationale pour l’emploi – ANPE – avec Assedic. L’Unédic gère l’assurance chômage avec PE).
    Quand l’offre et la demande ne matchent pas...
Mais en dehors du coût du travail trop élevé, la spécialiste du mar- ché du travail et des politiques de l’emploi, Christine Ehrel, rappelle l’inadéquation entre l’offre et la de- mande. Certaines filières souffrent de pénurie de main-d’œuvre. « C’est le cas par exemple dans le secteur du bâtiment qui peine à doper son attractivité, les condi- tions de travail n’attirent pas for- cément », souligne-t-elle. Mais ce décalage entre offre et demande se vérifie aussi pour des filières qui requièrent plus de qualifications. « Il faut aussi savoir accompagner les jeunes vers certains métiers, je pense notamment à l’ingénierie qui, en raison d’une représentation sociale masculine du métier – à tort – se passe de recruter une par-
tie de la population, les femmes. » Constat regrettable qui pourrait expliquer la pénurie de main- d’œuvre liée à certaines branches. Karl Rigal, directeur marketing du cabinet StedY, nous confiait début mars que la cybersécurité, elle aussi, manque de talents en raison, d’abord, d’une vision erro- néedumétier:«Onauneimage du secteur encore poussiéreuse et caricaturale, l’idée selon laquelle la cybersécurité se réduit à surveil- ler des lignes de code derrière son écran. » Puis d’un « manque cruel de mixité », avance cet expert de la cybersécurité. Face à ce constat, le taux de chômage s’en trouve ren- forcé.
Cependant, difficile de mettre ce taux de chômage élevé sur le dos de la robotisation. Pour Christine Ehrel: « Beaucoup d’emplois sont
transformés et non détruits, on assiste à une certaine compen- sation, plus de complémentarité entre robots et êtres humains qu’à une substitution totale », pense l’économiste. Les métiers évoluent et on demande de plus en plus de polyvalence. « On nous promet- tait la disparation des caissier·ères, en réalité ils·elles sont toujours-là mais leur activité se diversifie », illustre-t-elle.
Des causes multiples qui ex- pliquent ce quiproquo – évoqué d’emblée – entre un pays qui re- crute et un taux de chômage qui
reste aigu. Mais statistiquement, le plein-emploi a tout d’un leurre, puisqu’un chômage friction- nel existera toujours. « Quand on quitte son emploi, du temps s’écoule avant de retrouver un nouveau poste, les jeunes, dès lors qu’ils sortent du système éducatif, ne s’insèrent pas forcément tout de suite », précise Stéphane Jugnot, des ajustements qui seront enregis- trés dans les statistiques, mais qu’il convient tout de même de ne pas dramatiser.
GEOFFrEY WETZEl
Il faut aussi savoir accompagner les jeunes
vers certains métiers, je pense notamment à l’ingénierie qui, en raison d’une représentation sociale masculine du métier – à tort – se passe de recruter une partie de la population, les femmes – Christine Ehrel, spécialiste du marché du travail.
18 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
vers une réforme de l’assurance chômage ?
Ce qui pourrait changer en cas de réforme de l’assurance chômage :
• Modification dans le calcul du « salaire journalier de référence » (SJR), qui sert de base au calcul du montant de l’allocation. À partir du 1er juillet. • Durcissement des conditions d’entrée : à partir du 1er octobre (au
plus tôt), il faudra avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois pour bénéficier des allocations-chômage, au lieu de quatre.
• Dégressivité pour les hauts revenus : les salarié·es qui avaient un revenu du travail supérieur à 4 500 euros brut par mois verront leur indemnisation réduite, la dégressivité s’appliquera temporairement à compter du 9e mois. Le durcissement sera déclenché au 7e mois lorsque la conjoncture économique s’améliorera.
• Bonus-malus sur les cotisations sociales des entreprises pour lutter contre les sociétés qui abusent des recours aux CDD ou missions d’intérim. La mesure vise sept secteurs dont l’hébergement et la restauration, l’agroalimentaire, les transports, etc. Elle verrait le jour durant l’été 2022.
      ]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[les politiques actives
Elles visent l’augmentation de
l’activité économique, l’organisation
du marché du travail, une formation
des jeunes, des actifs occupés
(formation continue) et des
chômeurs. Tout commence en 1936
avec le fameux John Maynard Keynes
(Théorie générale de l’emploi, de
l’intérêt et de la monnaie). Le plein-
emploi est à ses yeux la conciliation
à long terme de la démocratie et
de l’économie de marché. Il faut donc le mesurer. D’où l’apparition en 1919 de l’Organisation internationale du travail (OIT, dont le BIT est le bureau exécutif) qui devient une institution spécialisée du système des Nations unies
en 1946. La définition du chômage, en France comme dans l’Union européenne, en passe par les normes internationales de l’OIT que l’Insee reprend pour publier quatre fois par
an les chiffres du chômage (au sens du BIT) en France :
un chômeur est « une personne en âge de travailler, sans emploi, c’est-à-dire qui n’a pas travaillé ne serait-ce qu’une heure au cours de la semaine de référence, disponible pour travailler dans les deux semaines ».
la Stratégie européenne pour l’emploi évalue le dynamisme de l’appareil productif et l’efficacité des politiques actives de l’emploi.
Les changements structurels en cours (révolution numérique, intelligence artificielle, multi-activité avec cumul des emplois salariés et indépendants...) redéfinissent les concepts, les instruments de mesure et les analyses
de l’emploi et du chômage. L’économie mondialisée a transformé le marché du travail. Les analyses économiques cherchent à expliquer le chômage structurel par l’étude des comportements microéconomiques et stratégiques des employeurs et des actifs. La catégorie chômeur pourrait fort bien échapper dans l’avenir au statut salarial.
en couverture
entreprendre & innover
 À partir des années 1980
On assiste à des transformations de l’économie et du travail (chômage
de masse durable et inégalitaire, nouvelles formes d’emploi, flux entre les actifs en emploi, les inactifs et les chômeurs...). Un indicateur prévaut, le taux d’emploi (nombre de salarié·es d’une tranche d’âge divisé par la population totale de cette tranche d’âge).
La protection contre le chômage rime avec salariat (cotisations obligatoires de l’employeur et de l’employé). Dès lors, près de la moitié des chômeurs aujourd’hui ne sont pas indemnisés (jeunes qui ont peu ou pas cotisé, chômeurs aux droits épuisés...). En parallèle, le RSA socle ou la prime pour l’emploi intéressent la lutte contre la pauvreté. Autant de politiques passives destinées
à réduire les conséquences du chômage.
2 Recrutement
   et emploi, des secteurs
qui en veulent
Tout n’est pas noir, tout n’est pas bouché. Des secteurs se distinguent par leur activité renforcée ou cruciale dans
le contexte. Ils recrutent de plus belle pour répondre de nouvelles demandes nées et boostées par la crise. Pour ces quelques filières demanderesses, le défi sera de maintenir
tenir et accélérer leur recrutement. Entre numérisation de l’économie et des entreprises, télétravail, confi- nements et transition écologique, les besoins ne manquent pas.
Le boom de la logistique
et de la préparation
de commande
« On distingue particulièrement deux secteurs qui s’en sortent très bien et qui ont présenté de gros be-
soins de
et la grande distribution. Tout ce qui est stockage et entrepôts, avec, d’une part les besoins de la grande distribution et de l’autre l’essor de l’e-commerce. Maintenant, tout le monde achète en ligne », résume Stéphanie Delestre, présidente de la plate-forme de recrutement en in- térim Qapa. Grâce aux fermetures de magasins physiques et à l’essor exponentiel de la consommation et des achats par Internet, c’est tout le secteur de la chaîne d’approvision- nement, du stockage à la livraison, qui a massivement recruté. Même constat pour la grande distribution, en particulier lors du premier confi-
nement au printemps 2020, face aux ruées dans les rayons. Symbole de la croissance exponentielle des en- seignes de l’e-commerce, Amazon a embauché 430 000 personnes dans le monde en 2020. Selon le baro- mètre des métiers qui vont le plus recruter en 2021, publié par Qapa, le métier d’agent·e de tri/prépara- teur·rice de commande se classe deuxième, derrière celui d’auxiliaire de vie et d’aide à domicile. À eux seuls, ces métiers de la logistique devraient proposer 40 000 postes. Même constat du côté de l’e-com- merce et de la vente qui, toujours selon Qapa, recruteront près de 20 000 personnes. Selon Pôle emploi, les métiers du transport et de la lo- gistique représentent près de 2 mil- lions d’emploi et devraient aboutir à la création d’environ 540 000 postes à l’horizon 2022. La numérisation de la chaîne d’approvisionnement et de commande et l’évolution du parcours client engendrent de nou- veaux besoins, de nouveaux mé- tiers. À l’heure du click & collect et
Dla cadence.
’un côté, des secteurs qui, avant 2020, recru- taient beaucoup et profi- taient d’une dynamique
positive (aéronautique, tourisme, hôtellerie-restauration, événemen- tiel) et qui se sont heurtés à un mur dès le 1er trimestre. De l’autre, des secteurs déjà sur la pente ascen- dante qui ont su tirer leur épingle du jeu au plus fort de la crise, grâce à leur adéquation avec les demandes et les besoins du moment. Jusqu’à recruter massivement. Sans oublier la tension continue des métiers de la santé, particulièrement sollicités et primordiaux pour la lutte contre la covid et pour la reprise écono- mique.
Pour les filières à la peine, priorité à la préservation de leur structure et de leur force de travail, notamment
via les aides d’urgence de l’État qui limitent grandement pour l’heure la casse en matière d’emploi et de recrutement. Comme l’explique Gilbert Cette, professeur d’écono- mie à l’université d’Aix-Marseille et spécialiste du marché de l’emploi, « les pays européens en général et la France en particulier ont fait le choix de la préservation de l’emploi, par des dispositifs comme le chô- mage partiel et le fonds de solidari- té. De quoi limiter les pertes d’em- plois malgré les -8 % de PIB, c’est dire. Que l’on ait enregistré 40 % de défaillances d’entreprises en moins, c’est quelque chose de fort ». Dans ce contexte, les entreprises capables de surfer sur la nouvelle donne et dont le modèle répond aux moyens de consommation privilégiés en raison des restrictions ont pu main-
recrutement : la
logistique
 ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 19
]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
dans leur secteur et indirects pour toute l’économie », affirme notre économiste, Gilbert Cette. Même constat du côté de la présidente de Qapa: « 100 % des secteurs et des industries sont en cours de numé- risation et parfois même de roboti- sation. Les mentalités changent, les entreprises adoptent les nouvelles pratiques numériques. » Du côté de l’offre, ces technologies créent et favorisent le télétravail et la flui- dification des processus. Du côté de la demande, elles rendent pos- sible la consommation depuis son canapé et ouvrent les perspectives. Pour Gilbert Cette, c’est certain, « la crise a boosté les grandes transi- tions déjà en marche, elle a accéléré la numérisation de l’économie et les préoccupations environnementales et climatiques ». Car oui, s’il est un secteur qui progresse et un mar- ché qui fleurit, c’est bien celui du green business. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’économie circu- laire représente plus de 800 000 emplois à temps plein en France. La loi antigaspillage à elle seule vise à en créer 300 000 supplémentaires. Les secteurs de la rénovation ther- mique, du reconditionnement et du réemploi, de l’économie sociale et solidaire, tous se développent et recrutent. Selon le cabinet Birdeo, cinq métiers « écolos » seront par- ticulièrement recherchés en 2021 : conseiller·ère en transition neu- tralité carbone, chef·fe de projet « taxonomie verte », écoconception et recyclabilité, chargé·e de contenu d’une marque responsable et chef·fe
3umérique à la demande laisse de projet hydrogène. augurer de gains d’emplois directs
Quand l’offre ne rencontre pas la demande
D’autres secteurs font face à une véritable pénurie de bons profils. À commencer par les métiers de la santé, dont le recrutement ne faiblit pas. « La santé recherche princi- palement des aides soignant·es et des infirmier·ères, et le service à la personne recherche des auxiliaires de vie ou aides à domiciles. Ce qui est sûr c’est que ces deux secteurs recrutent de façon permanente et font face à une certaine pénurie de bons profils. On ne forme pas assez d’infirmier·ères par exemple, les besoins sont toujours là », résume Stéphanie Delestre. D’après la Fé- dération de l’hospitalisation privée (FHP), 100 000 postes seraient va- cants, dont 34 000 infirmier·ères et 24 000 aides-soignant·es.
Autre secteur pour lequel la de- mande n’est pas à la hauteur de l’offre : l’ingénierie informatique. Des postes de plus en plus nom- breux, tant la numérisation des processus est incontournable, pour des candidat·es pas encore assez nombreux·ses et des profils denrées rares. Depuis plusieurs années déjà, et particulièrement en 2020, les pro- fils spécialisés de développeur·ses Web et mobile, techniciens télé- coms, ingénieurs en cybersécurité, webdesigners, expert·es en référen- cement et autres métiers de l’in- formatique sont très recherchés mais pas suffisamment pourvus. Là encore, la formation manque et ne s’est pas adaptée à l’accélération des besoins. Il en va de même pour le secteur du BTP, qui repart en ce début d’année 2021 après un exer-
cice 2020 tronqué. Il intègre de nou- veaux métiers, notamment dans la rénovation énergétique des bâti- ments. En 2019, le chômage dans le secteur a baissé de 11,8 %. Ces trois secteurs en demande et en souf- france par manque de candidat·es compteront tout de même parmi ceux qui recruteront le plus dans les mois à venir et participeront active- ment à la relance.
Nuance toutefois, les entreprises devraient privilégier la prudence en termes de recrutement, met en garde Stéphanie Delestre : « À court terme, je ne pense pas que les entre- prises recommenceront à recruter en CDI, mais plutôt en CDD et en intérim. Le manque de visibilité est trop important et la crise rend impossible la planification du re- crutement. » Gilbert Cette, notre économiste spécialiste du marché de l’emploi, tempère: « Quanti- tativement, je ne suis pas inquiet pour le marché de l’emploi, l’acti- vité ne demande qu’à repartir et les Français·es ne demandent qu’à consommer. Ce qui compte, c’est de sécuriser entreprises et consomma- teur·rices sur le plan sanitaire, éco- nomique et fiscal. La bonne santé du marché de l’emploi suivra. » aDam BElGHiTi alaOUi
À lire sur le site ecoreseau.
fr : La master class du patron du groupe Accor, Sébastien Bazin,www.ecoreseau.fr/ editorial/2021/03/24/70571-la- master-class-du-patron-du- groupe-accor/
 de la consommation numérique, les métiers de la logistique, de la prépa- ration de commande, de la livrai- son et de l’e-commerce en général ont le vent dans le dos. Ils l’avaient avant 2020, mais la crise a soufflé une bourrasque qui leur est d’au- tant plus favorable. En revanche, on peut postuler que parmi ces recru- tements, beaucoup correspondent à des postes dits peu qualifiés ou à faible valeur ajoutée: quid de la durabilité de ces emplois? « Pour la logistique, la préparation de com- mande et les métiers de la grande distribution, effectivement il s’agit souvent de postes peu qualifiés, mais il s’agit surtout de métiers qui étaient jusque-là assez invisibles. Aujourd’hui, on se rend compte qu’ils sont indispensables », analyse Stéphanie Delestre.
Numérisation
et green business
À l’origine des nouveaux modes de consommation et des nouveaux be- soins, la numérisation de l’écono- mie et de la société à vitesse grand V apparaît comme le facteur déter- minant, celui qui change la donne. Pour répondre à la crise sanitaire et assurer une certaine continui- té de la consommation et de l’ac- tivité des entreprises, les usages et les technologies numériques tombent à pic. « Le développement des technologies informatiques provoque des externalités très po- sitives pour toutes les entreprises, et la réponse des entreprises du
n
20 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
Loi Avenir professionnel
Tout passe par la forma- tion et le renforcement des compétences, mais pour répondre aux be-
soins du marché. Plusieurs mesures ont donné un gigantesque coup de pied dans le monde de la forma- tion professionnelle. D’abord la réforme du compte personnel de formation (CPF). Auparavant, les droits à la formation étaient cré- dités en « heures » aux employé·es (24 heures par an pour les salarié·es, 48 heures par an pour les employé·es les moins qualifié·es). Ils se transfor- ment en enveloppes : 500 euros pour les premiers, 800 euros pour les se- conds. Pour assurer la transition, les heures déjà accumulées sont transformées en euros valorisés à 14,28 euros l’heure. Conséquence? La baisse du coût des formations puisque la plupart des formateurs ont établi depuis plusieurs années des taux horaires autour des 40 eu- ros. Mais surtout la possibilité pour
chaque salarié·e de sélectionner lui·elle-même les formations aux- quelles il ou elle souhaite partici- per. « À moins que la formation choisie n’ait lieu sur son temps de travail, l’employeur n’a plus son mot à dire », confirme Guillaume Laurent, responsable du dévelop- pement des formations QHSE chez Bureau Veritas Exploitation. Ça va plus loin avec l’abandon de la liste des certifications sélectionnées par les partenaires sociaux, histoire que davantage de formations soient fi- nançables. Sous réserve, pour les centres de formation, de se voir cer- tifiés par la nouvelle agence France compétences, en charge de la certifi- cation des acteurs du secteur grâce à des critères de qualité.
Des apprenti·es
en Erasmus +
Cette nouvelle agence fusionne quatre instances de gouvernance préexistantes (Cnefop, Copanef,
Des (trans) formations pas toujours abouties
Elle se nomme avec panache Avenir professionnel. La loi entrée en vigueur en 2019 dans l’arsenal macronien affiche le principe phare éminemment positif de favoriser la
liberté de choisir son avenir professionnel au nom de ses trois piliers : le renforcement des compétences et de la formation, l’élargissement des indemnisations chômage et l’insertion de nouvelles mesures liées à l’emploi. Pour certains syndicats, il s’agit surtout d’un outil au service du patronat. Deux ans plus tard et une pandémie entre-temps, où en est-on ?
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[FPSPP, CNCP*). À elle de réguler et répartir les multiples fonds issus de la contribution des entreprises à l’apprentissage et à la formation. Mais un rapport des inspections gé- nérales des finances pointe du doigt les difficultés rencontrées par cette nouvelle structure, contrainte à un emprunt à hauteur de 2,5 milliards d’euros en 2020 pour accélérer le financement de contrats d’appren- tissage et ne pas mettre en péril le fonctionnement des centres de formation d’apprentis (CFA). Les projections des experts évaluent le déficit à 4,9 milliards d’euros d’ici à l’année 2023. Lourde charge, mal- gré tout tempérée par une baisse des coûts de l’alternance et la régulation du CPF. L’alternance représente, d’ailleurs, un axe majeur de la ré- forme de la loi Avenir professionnel, avec des changements structurels du mode de fonctionnement: l’ap- prentissage est désormais accessible jusqu’à 29 ans révolus (contre 25 ans dans bon nombre de régions auparavant). Les rémunérations des apprenti·es de moins de 21 ans ont, elles, été revalorisées d’une trentaine d’euros. La rupture du contrat a, elle aussi, été simplifiée avec la possibili- té pour les employeurs de mettre fin
à l’apprentissage pour faute grave, inaptitude, force majeure ou exclu- sion de l’apprenti·e de son centre de formation, sans avoir besoin de passer par la case prud’hommes comme avant. Du côté de l’ap- prenti·e, possibilité de mettre fin au contrat sous réserve de la saisie d’un médiateur. En outre, une aide de 500 euros pour le permis de conduire est octroyée à tous les ap- prenti·es, inclus·es de manière plus forte dans le programme Erasmus+ pour favoriser l’internationalisation des parcours.
CFA d’entreprises pour répondre à des besoins précis
Du côté des CFA aussi, des change- ments profonds: d’abord avec leur « dérégionalisation » et la possibili- té qui leur est donnée de s’étendre sur le territoire. « Auparavant, pour nouer des contrats dans certaines zones géographiques, il fallait ob- tenir des autorisations de conseils régionaux. On a désormais simpli-
fié énormément ces démarches », analyse Isabelle Cucchietti, direc- trice de Formaposte Sud Ouest, un CFA d’entreprise. Second point de transformation, une réforme des financements des centres de for- mation qui touchent désormais des aides « au contrat », dépendantes du nombre d’apprenti·es, alors qu’ils percevaient, jusqu’alors, des subven- tions globales. De quoi calibrer les financements sur les besoins réels des CFA. La loi veut également sim- plifier les possibilités de création de centres de formation via des allége- ments des démarches en place. Plus besoin de passer par le conseil régio- nal pour ouvrir un centre. « D’où la création de CFA d’entreprises qui regroupent souvent plusieurs PME pour faire face à des besoins pré- cis », explique Isabelle Cucchietti. Un pari payant puisque 554 CFA ont d’ores et déjà vu le jour depuis l’entrée en vigueur de la réforme. Mais plusieurs points de vigilance demeurent aux yeux des profes- sionnels du secteur. À commencer par la lourdeur administrative de la nouvelle organisation des CFA. Pour Isabelle Cucchietti, « si le fi- nancement au contrat a apporté de l’autonomie aux CFA, il engendre
une gymnastique compliquée d’un point de vue administratif puisque chaque branche et chaque CFA engendre des coûts spécifiques qu’il faut calculer. Pour chacune des 400 branches et au sein des 11 “opérateurs de compétence des entreprises”, France Compétences est confrontée à la diversité des di- plômes et titres. C’est au final un million de lignes pour les coûts de formation par branche ». Les sim- plifications qui engendrent des lourdeurs, un grand classique fran- çais. Le CFA de Mme Cucchietti a dû recruter une personne à temps plein pour les nouvelles données administratives – au moins un em- ploi assuré ! Mais pour la directrice, le risque de l’effondrement de petits CFA à cause des délais de paiement par France Compétences, acculée à ses limites de trésorerie, n’est pas mince.
Pourtant, au global, notre témoin estime d’un bon œil cette réforme. « C’est important de développer une offre de formation qui soit une
chance d’accès à l’enseignement supérieur à tous et toutes, en adé- quation avec les besoins du marché. Mais il faudra que les entreprises continuent à jouer le jeu du recru- tement d’apprenti·es, même lorsque les subventions seront diminuées. »
Indemnisation universelle: un échec de la loi
Second volet de la loi Avenir profes- sionnel, une indemnisation univer- selle du chômage qui se veut « plus universelle et plus juste », dixit le législateur. Principe phare de cette réforme, la mise en place d’une al- location des travailleurs indépen- dants (ATI). Le président Emma- nuel Macron en avait fait un point fort de son programme en 2017. « Lorsqu’on est successivement sa- larié·e et indépendant·e, ou parfois les deux en même temps, la protec- tion ne peut plus dépendre du statut, comme dans le monde d’hier. L’as- surance chômage universelle cou- vrira tous les actif·ves – salarié·es, artisan·es, commerçant·es indépen- dant·es, entrepreneur·ses, profes- sions libérales, agriculteur·rices – et facilitera les transitions d’un statut à un autre », écrivait alors le candi- dat et futur président sur son site de campagne.
Premier point: l’assurance chômage qui se voulait universelle se révèle plus restrictive, ouverte aux seul·es indépendant·es dont l’entreprise a fait l’objet d’un jugement d’ouver- ture de liquidation judiciaire ou d’une procédure de redressement judiciaire. En outre, le nombre de bénéficiaires de ces quelque 800 eu- ros disponibles pendant 6 mois est bien loin des ambitions affichées. « Après seize mois de mise en œuvre de l’ATI, Pôle emploi vient de nous confier que seulement 911 demandes à ce jour avaient abouti à une indemnisation, contre près de 30 000 allocataires attendus selon l’étude d’impact annexée au projet de loi », a expliqué la députée LREM Dominique Silva le 3 mars en com- mission des Affaires sociales. Échec actuel patent de la réforme, donc. Deux raisons l’expliquent, inter- vient Misoo Yoon, directrice géné- rale adjointe en charge de l’offre de services de Pôle emploi. D’abord, parce que certains des potentiels entrepreneurs éligibles à cette aide prétendent à d’autres droits au chô- mage plus avantageux. Ensuite, en raison des critères de revenus mis en place par la loi. «On observe que, dans 74 % des cas, la condition du revenu annuel minimal d’acti- vité, qui doit être au moins égal à 10 000 euros, n’était pas respectée. Le revenu des demandeurs est infé- rieur », a expliqué la porte-parole de
pôle Emploi devant la commission du 3 mars. « Je pense donc pouvoir dire que le décalage entre les pro- jections de l’étude d’impact, qui prévoyait 30 000 bénéficiaires, ne relève pas d’un problème de mise en œuvre de l’allocation, mais d’une problématique de calibrage de cette allocation, qui peut exclure de po- tentiels bénéficiaires. »
Handicap:
une obligation d’emploi Dernier volet de la loi, la mise en place de dispositions relatives à l’em- ploi avec un volet important autour du handicap. « Pour comprendre les réformes opérées, il faut se dire que la volonté de la loi est d’œuvrer pour une société plus inclusive », analyse Hughes Defoy, directeur métier à l’Agefiph, l’Association de gestion du fonds pour l’insertion profes- sionnelle des personnes handica- pées. Point fort de cette réforme: le calcul de l’obligation d’emploi des entreprises qui se réalise désormais établissement par établissement. « Les entreprises ont une obligation d’emploi de salarié·es handicapé·es fixée à 6 %, détaille-t-il. Celles qui ne la respectent pas doivent verser des cotisations au prorata. Aupa- ravant, les chiffres totaux des en- treprises étaient analysés. Désor- mais, ces 6 % doivent s’appliquer à chaque établissement. Dès lors, une enseigne de grande distribu- tion doit respecter cette règle pour chacun de ses magasins. » D’autres changements de profondeur sont intervenus, comme la nomination d’un référent handicap pour les en- treprises de plus de 250 salariés ou encore l’arrêt du remplacement des cotisations à l’Agefiph par des mis- sions handicaps en interne. « Ce qu’il faut retenir de toutes ces mo- difications, c’est que le handicap est source de performance et malgré la situation économique compliquée il faut continuer à miser sur les talents de tous en entreprise. »
En pleine genèse de la loi, le Me- def avait exprimé son espoir que « France compétences soit un vé- ritable organe de pilotage et d’ani- mation quadripartite, au service des salarié·es, des branches et des ap- prenti·es, au plus près des territoires et bassins d’emplois ». Deux ans plus tard, Patrick Martin, président délégué, regrette « le peu de poids accordé aux partenaires sociaux dans la gouvernance de France compétences et le fléchage des fonds insuffisant ». « On ne réussit pas à y peser sur les arbitrages budgé- taires », confirme un syndicaliste. Une loi « Avenir professionnel » toujours aussi controversée. GUillaUmE OUaTTara
* Cnefop: Conseil national de l’emploi, de la formation et
de l’orientation professionnelles. Copanef:
Comité paritaire interprofessionnel national pour l’emploi et
la formation professionnelle. FPSPP: Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels. CNCP: Commission nationale de la certification professionnelle.
en couverture
entreprendre & innover
 ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 21
]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[  entreprendre & innover
4 Nos régions, leurs emplois
en couverture
 Sacrée année 2020, synonyme pour nos régions de bouleversements de
leurs activités économiques et du recrutement de leurs entreprises. Les marchés de l’emploi des territoires sont malmenés depuis plus d’un an et
le nombre d’offres collectées a chuté avant de repartir difficilement. Entre besoins en main-d’œuvre et météo du recrutement, tour de France et état des lieux de l’emploi régional. aDam BElGHiTi alaOUi
Case « recrutements difficiles » en tension
En 2020, la région bordelaise s’est classée sur le podium en termes de projets de recrutement, avec
307 280 projets, dont 171 930 non saisonniers, derrière l’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Une progression, puisqu’en 2019 la Nouvelle-Aquitaine était
4e, derrière la région Paca. En
revanche, crise sanitaire oblige,
le nombre d’offres d’emploi
recensées par Pôle Emploi a chuté de
25 % l’an passé, de 332 840 en 2019 à
248 690 en 2020. Sur la même période, l’emploi salarié néoaquitain a baissé de 0,7 %, pour s’établir à quelque 2,126 millions de salarié·es. L’emploi intérimaire a, lui, perdu 8,1 % sur l’année, mais est sur la pente ascendante
(+19 % entre le 2e et le 3e trimestre). De la même façon, le taux de chômage a chuté
jusqu’à 6,8 % au 2e trimestre 2020, au plus fort du chômage partiel, pour s’établir à 8,3 % à la fin de
l’année, en dessous de la moyenne nationale. L’évolution du nombre de demandeur·ses d’emploi
est plus mesurée : +3,7 % en 2020. Si le top 10 des métiers les plus recherchés parmi ses projets de recrutements non saisonniers est « classique » (agent·es d’entretien, aides-soignant·es, aides à domicile, manutentionnaires...), la Nouvelle-Aquitaine présente un taux de recrutements difficiles de 57,3 %, le troisième plus important derrière les régions Pays de la Loire et Bretagne, près de 6 points au-dessus de la moyenne nationale.
aboriculture, viticulture
En pleine crise sanitaire, l’emploi salarié s’est maintenu en 2020 en Auvergne-
Rhône-Alpes, seconde région française en termes d’emploi et de part du PIB.
L’emploi salarié total a atteint un peu plus de 3 millions de salarié·es à la fin de
l’année, juste en dessous du niveau de fin 2019. Le nombre de demandeur·ses
d’emploi est, lui, passé de 631 000 au 4e trimestre 2019 à 669 000 au 4e trimestre
2020, soit un taux de chômage à 7,9 % (contre 7,3 % fin 2019), en deçà de la
moyenne nationale. Sur l’ensemble de l’année 2020, Pôle emploi recense 367
070 projets de recrutement en Auvergne-Rhône-Alpes, dont 237 300 projets
non saisonniers. Contrairement à la région parisienne, le nombre d’offres
d’emploi collectées a baissé entre le 3e trimestre 2020 (91 880) et le 4e trimestre 2020 (76 670). La profession la plus recherchée est, comme en 2019, très largement celle de viticulteur·rices et arboriculteur·rices (28 740), très sollicitée lors des périodes saisonnières, bien que l’agriculture ne représente « que » 2 % de l’emploi régional, contre 2,3 % au national. Hors saisonniers, ce sont les agent·es d’entretien de locaux, les aides à domicile et les aides-soignant·es qui sont les plus recherché·es. Au global, la part de recrutements « difficiles », s’est élevée à 55,3 % dans la région, et à 58,8 % pour les emplois industriels.
Case « recrutements difficiles » sous la moyenne
nouvelle aquitaine
            La région toulousaine a vu plusieurs de ses principaux bassins d’emplois, dont la ville rose, lourdement affectés par l’arrêt brutal de la filière aéronautique,
qui aura participé à faire grimper le taux
de chômage en Occitanie à 10,5 % au 3e
trimestre 2020, contre 9,5 % au national.
Dans l’industrie, très importante dans
la région, le nombre de personnes en
recherche d’emploi a bondi de 20 %. Et le
nombre de demandeur·ses d’emploi total a
augmenté de 4,6 % par rapport à 2019, pour
s’établir à près de 600 000, pour 2 millions
d’emplois salariés. Le nombre de projets
de recrutement a, lui, progressé en 2020 : 270 360, contre 255 920 en 2019, dont 153 010 non saisonniers. Parmi les
métiers les plus demandeurs, on retrouve les habituels aides à domiciles, agent·es d’entretien et employé·es
polyvalent·es de la restauration, suivi de près par les aides-soignant·es, les employé·es de libre-service et les ingénieurs et cadres d’étude en
R&D et informatique. Selon le
BMO (Besoin en main-d’œuvre)
régional, la part de recrutements
difficiles s’est élevée à 48,3 % en
2020, en dessous de la moyenne
nationale de 51,2 %. Une part qui grimpe tout de même à 54,7 % pour les métiers liés
au matériel de transport et aux équipements et machines électriques, électroniques et informatiques.
Occitanie
 22 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
  î
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[    en couverture
entreprendre & innover
     île-de-France
r&D et informatique
Le poumon économique du pays est bien le premier bassin d’emploi en
France : près de 5,9 millions de salarié·es, plus
grand est
d’1 million de demandeur·ses d’emploi, plus d’1,2 million d’entreprises. Comme sur le reste du territoire, 2020 pèse lourd, le taux de chômage francilien est passé de 6,3 % au 2e trimestre 2020 à 8,3 %
au 4e. Le nombre de demandeur·ses d’emploi est, lui, resté relativement stable sur l’année (variation trimestrielle d’à peine 0,1 %). Sans surprise, le nombre
d’offres d’emploi collectées et satisfaites par Pôle
Emploi a fortement chuté au 2e
trimestre (52 750, contre 140 810 sur la
même période en 2019), avant de remonter au 4e
(83 840, contre 133 690 au T4 de 2019). Selon l’enquête de Besoins en main-d’œuvre
(BMO) de Pôle emploi, le
top10 des métiers les plus recherchés en 2020 en Île-de-France a été dominé par les ingénieurs et cadres d’étude en R&D et informatique (27 770 offres), les artistes et intermittent·tes du spectacle (23 180) et les agent·es d’entretien (22 880). Viennent ensuite les aides de cuisine et employé·es polyvalent·es de la restauration, les agent·es de sécurité, les serveur·ses, les employé·es de libre-service, les vendeur·ses, les aides à domicile et les professionnel·les de l’animation socioculturelle.
     Auvergne Rhône-Alpes
agents, aides et attachés
La région Grand Est, l’une des premières et des plus touchées par la pandémie de la
covid compte au total 1,9 million d’emplois salariés, public et privé confondus, pour 56 700
intérimaires (+ 24 % entre le 2e et le 3e trimestre 2020)
et 463 000 demandeur·ses d’emploi. Outre le tertiaire
marchand (808 000 emplois) et non marchand (667 000),
la région compte 305 000 emplois industriels. Au 4e
trimestre 2020, le taux de chômage s’est élevé à 8,7 %, en deçà de la moyenne nationale (9 %), contre 6,9 % au 2e trimestre et 8,4 % au 1er trimestre. Les offres d’emploi collectées et satisfaites par Pôle emploi ont, elles, rechuté sur la fin de l’année (42 170 au 4e trimestre 2020 contre 50 950 au 3e trimestre). L’enquête des besoins en main-d’œuvre révèle que
la région Grand Est a rassemblé 200 340 projets de recrutement en 2020, dont 126 240 non saisonniers et 52,9 % de recrutements difficiles. Au palmarès des 10 métiers les
plus recherchés (hors saisonniers) : agent·es d’entretien des locaux, aides à domicile, aides-soignant·es, employé·es polyvalent·es de la restauration, manutentionnaires et
ouvrier·ères non qualifié·es de l’emballage, serveur·ses, attaché·es commerciaux·les, secrétaires bureautiques et conducteur·rices routier·ères.
l’hôtellerie-restauration-tourisme malgré la crise
La Paca se hisse au rang des principales régions françaises en termes de recrutements et d’offres
diffusées. En 2020, elle se classe 4e en nombre de projets de recrutements (281 580) et de projets de recrutements non saisonniers (162 830), après
avoir été 3e en 2019. Surtout, la région du sud-est se distingue particulièrement en présentant le plus faible taux de recrutements dits difficiles parmi les 13 régions
métropolitaines, avec 47 %, bien en deçà de la moyenne nationale (51,2 %). Toutefois,
si les entreprises de Paca ont donc rencontré moins de difficultés pour
recruter que leurs consœurs, le taux de chômage régional, déjà important fin 2019 (9,5 %), s’est hissé à 10,2 % à la fin 2020, plus d’un point au-delà
du taux national, portant le nombre de demandeur·ses d’emploi à 499 000. L’emploi salarié total a, lui, perdu sensiblement plus qu’à l’échelon national par rapport à 2019 (-1,1 %), et s’établit à 1,8 million de salarié·es. Sur
l’année écoulée, les secteurs les plus actifs sur le recrutement dans la région sont : commerce, vente et grande distribution (41 430 offres collectées), service à la personne et à la collectivité
(39 700 offres) et, malgré la crise, l’hôtellerie-restauration- tourisme (27 370 offres).
     PROVENCE-ALPES-CÔTE D’AZUR
 ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 23
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
5 La vague de chômage déferle sur la planète
en couverture
 Dans le bouquet des mauvaises nouvelles que nous a offert la pandémie de covid, la triste escalade des taux de chômage dans le monde est peut-être celle qui les réunit toutes à la fois. Si personne n’y réchappe, tous les États ne sont cependant pas égaux face au chômage. JEaN-BaPTiSTE CHiara
états-unis
année 2019 : 3,5 %
Février 2020 : 3,5 %
Février 2021 : 6,2 % Évolution : + 77,14 %
Pic de chômage : avril 2020, 14,7 %
Situation :
avec environ 700 000 nouveaux chômeurs
chaque semaine ajoutés aux quelque 20 millions
déjà comptabilisés, l’Amérique du 46e président
Joe Biden voit rouge. C’est ainsi qu’un plan
historiquement faramineux de soutien à l’économie
de 1 900 milliards de dollars a été adopté par la
chambre des représentants le 12 mars. L’objectif
est clair, créer 7 millions de nouveaux emplois
pour les Américain·es. Selon Joe Biden, son plan
devrait aider à augmenter de 20 % les revenus d’un
cinquième des ménages les plus pauvres. Il fait
suite à un autre plan de relance de 900 milliards
signé du temps du non regretté Donald Trump. La
planche à billets fonctionne à tout-va chez l’Oncle
Sam.
Savoir aussi : selon une étude menée par l’American
Journal of Public Health, environ 30 000 contribuables américains seraient décédés suite à la perte de leur emploi. Les trois principales causes : le manque d’accès aux soins, le suicide et la toxicomanie.
brésil
année 2019 : 11 %
Février 2020 : 11,6 %
Décembre 2020 : 13,9 %
Évolution : + 19,8 %
Pic de chômage : septembre 2020, 14,6 %
Situation : 13,5 % sur l’année 2020, c’est le plus haut taux de chômage qu’ait connu
le Brésil depuis 2012. 13,4 millions de personnes cherchaient donc un emploi à la fin
du dernier trimestre 2020 dans la première puissance d’Amérique du Sud, qui est aussi
l’un des pays où les inégalités sont les plus grandes entre les riches et les pauvres. Afin
de maintenir toutefois le plus d’emplois, le pays a, entre autres mesures, mis en place
un assouplissement des lois de travail, de multiples aides en direction des travailleurs informels et un soutien particulier à certains secteurs économiques importants comme le transport aérien, récemment en proie à de grosses manœuvres financières.
Savoir aussi : malgré des taux de chômage déjà inquiétants, le gouvernement estime qu’ils sont en réalité bien plus nombreux à être sans emploi, à travailler au noir ou à être sous-utilisés. D’après une enquête officielle, 32 millions de Brésilien·nes seraient donc non comptabilisé·es, ce qui porterait à 39,3 millions le nombre de personnes sans emploi au Brésil (41,6 % de la population).
afrique du sud
année 2019 : 29,1 % Février 2020 : 30,1 % Décembre 2020 : 32,5 % Évolution : + 7,97 %
Pic de chômage : depuis octobre 2020, 32,5 %
Situation : avec un tiers de sa population au chômage, le premier pays africain par son économie est aussi celui qui
a été le plus durement touché par la crise de covid en Afrique. Pourtant déjà très élevé en janvier 2020 (30,1 %), le taux de
     24 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[france
année 2019 : 8,2 %
Février 2020 : 7,7 %
Décembre 2020 : 8 %
Évolution : + 3,9 %
Pic de chômage : septembre 2020, 9,1 %
Situation : si la France affiche de plutôt bons chiffres – relativement – de taux de chômage dans le pays
depuis le début de la crise, jusqu’à avoir enregistré une baisse entre le troisième et le quatrième trimestre,
la situation n’est pourtant pas rose. C’est toujours la même rengaine, qui doit-on comptabiliser ? Sous quelles conditions ? etc. Au sens du Bureau international du travail (BIT), il faut avoir fait une démarche de recherche d’emploi au cours des quatre dernières
semaines et être disponible dans les deux semaines pour être considéré·e comme chômeur·se. L’Insee explique que « ces deux comportements, disponibilité et recherche, ont été plus ou moins affectés par les limitations de circulation des personnes et par la perception que ces dernières avaient des possibilités offertes sur le marché du travail en cette période de crise
sanitaire ».
Savoir aussi : en France, si les chiffres énoncés semblent correspondre
de moins en moins à la réalité, de nombreux observateurs craignent
en plus un autre élément sous forme de bombe à retardement : la fin des mesures de chômage partiel.
en couverture
entreprendre & innover
    chômage sud-africain atteint aujourd’hui
des records. Le pays affiche de bons résultats
en trompe-l’œil pour le deuxième trimestre 2020 (23,3 %), mais parce que le confinement strict aura empêché la recherche normale de travail, de quoi fausser la comptabilité des demandeurs·ses d’emploi.
Savoir aussi : le manque d’emploi est tel que de nombreuses manifestations ont eu lieu depuis quelques mois sur le territoire pour protester contre la hausse du chômage, suite à l’appel des syndicats. Certaines de ces manifestations ont pris une tournure violente, plusieurs personnes sont décédées, et les forces de l’ordre ont
même tiré à balles réelles pour « effrayer les manifestants ».
UNION EUROPÉENNE (-25 ans)
année 2019 : 15,5 %
Février 2020 : 15,3 %
Décembre 2020 : 17,2 %
Évolution : + 12,42 %
Pic de chômage : août 2020, 18,9 %
Situation : après un pic historique à plus de 24 % en 2013 dans la foulée de la crise économique
de 2008, le chômage des moins de 25 ans dans l’Union européenne avait réussi à revenir à un taux « acceptable » autour des 14 %. Mais c’était sans compter sur la covid qui a fait grimper ce chiffre à nouveau jusqu’à 17,2 %. Que ce soit l’Organisation internationale du travail (OIT) à l’échelle européenne ou l’Observatoire des inégalités pour la France, tous sont d’accord : les jeunes sont touché·es de manière disproportionnée par la crise.
Savoir aussi : l’UE a mis en place en 2013 la
« Garantie pour la jeunesse », un dispositif de
lutte contre le chômage des jeunes en Europe.
Il propose des offres d’emploi et des formations dans un délai de quatre mois suivant la perte
d’un emploi ou la fin des études. Pour faire face aux nouvelles difficultés liées à la covid, la Commission européenne a présenté en juillet 2020 une proposition de renfort de cette Garantie. Entre autres choses, elle voudrait étendre la limite d’âge à 29 ans, améliorer l’accès aux aides pour les groupes défavorisés, mais aussi rehausser le budget de 8,8 à 22 milliards.
japon
année 2019 : 2,2 %
Février 2020 : 2,4 %
Décembre 2020 : 3 %
Évolution : + 25 %
Pic de chômage : octobre 2020, 3,1 %
Situation : si le taux de chômage au Japon est redescendu à 2,9 % en janvier 2021, c’est paradoxalement grâce à la reprise dans le secteur des soins de santé, notamment grâce à la hausse de fréquentation des hôpitaux et établissements de soins encouragée par la baisse des inquiétudes face à la covid. Or le secteur est l’un des premiers employeurs du pays, avec le commerce de détail. La relance des exportations automobiles vers les États-Unis et de machines vers la Chine aura également contribué à limiter la casse.
Savoir aussi : le déclin démographique du Japon couplé à sa forte réticence à faire appel à l’immigration met ironiquement le pays dans une situation de manque criant de main-d’œuvre dans certains secteurs. Pour
le mois de janvier, on compte même 1,10 offre d’emploi pour un demandeur. Cependant, et comme ailleurs, la jeunesse est particulièrement touchée par le chômage. 5,8 % des moins de 25 ans n’ont ainsi pas d’emploi, soit 93,3 % de plus que la moyenne nationale.
  ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 25
]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
Pour en finir
avec la crise agricole
Souveraineté alimentaire, transition agroécologique, mal-être des agriculteurs... Alors que l’agriculture française fait face à des défis chroniques multiples, les négociations qui s’achèvent à Bruxelles pour définir la PAC 2021- 2027 s’avèrent d’autant plus stratégiques. Retour à la terre.
«R
société
dans une société toujours plus at- tachée au « retour à la terre » et au manger bio et local. Pourtant, en 2018, l’agriculture biologique ne représente que 9,5 % des exploita- tions françaises...
Modèles agricoles multiples
Face à cette situation complexe, et pas nouvelle donc, l’enjeu des négo- ciations en cours à Bruxelles pour
France n’est pourtant guère com- pétitive face à des concurrents à bas coûts – Ukraine, Brésil... –, forts de terrains agricoles colossaux aux rendements élevés », note Marc Dufumier, Avec, à la clé, une sur- production nationale cause, d’une part, d’une chute des prix, et d’autre part des exportations en masse – et donc peu rentables – dans les pays pauvres. Pour l’expert, « le seul avenir pour nos agriculteurs, c’est la vente de produits à haute valeur ajoutée, comme le camembert ou le foie gras, ou certifiés bio et issus de circuits courts ».
Écorégime
Sortir du créneau du « bas de gamme », oui, mais comment ? « En mettant fin à la monoculture, pour favoriser une plus grande diversification de l’agriculture et notre souveraineté alimentaire », recommande Marc Dufumier. Exit donc les cultures hyperspécia- lisées qui dominent çà et là dans ce pays rural – élevage laitier en Bretagne, viande dans le centre, céréales dans la Beauce... –, place aux assolements diversifiés et ro- tations allongées pour générer plusieurs cultures sur une même parcelle. « D’autant qu’en produi- sant moins de blé, nous pourrons libérer des champs pour booster la production de protéines végétales – lentilles, haricots, soja... – là où la France est déficitaire et dépen- dante du soja brésilien, décrié pour son rôle dans la déforestation de l’Amazonie », indique Marc Dufu- mier. « Les légumineuses, ajoute le spécialiste, ont aussi comme atout clé de fertiliser écologiquement les sols en azote en lieu et place des toxiques engrais de synthèse ! » On l’aura compris, la transition agroé- cologique reste plus que jamais au cœur de la prochaine PAC qui de- vrait d’ailleurs enfin conditionner 20 à 30 % des aides à l’écorégime: le paiement des agriculteurs qui développent des services écosys- témiques (séquestration du car- bone dans les sols via le compost, installation de haies pour abriter les insectes auxiliaires...). De son côté, le quoi qu’il en coûte Em- manuel Macron a même promis 100 millions d’euros pour doper notre production de protéines vé- gétales de 8 % d’ici à 2030. Des ini- tiatives d’envergure qui pourraient à terme, enfin, réinventer l’agri- culture et ses métiers et surtout réconcilier les Français avec leurs paysans.
CHarlES COHEN
 ejoignez la grande armée de l’agri- culture française,
celles et ceux qui vont nous nourrir de façon propre, saine ! » Un appel assez incongru lancé fin mars 2020 par le minis- tère de l’Agriculture à une popula- tion confinée... Le but était louable, celui de donner un coup de main à nos éleveurs ou céréaliers en pleine pénurie de main-d’œuvre, même si la forme militaire était maladroite. Il en dit long sur cette autre crise structurelle qui frappe un tel sec- teur en France depuis plus de trente ans et plonge moult agriculteurs dans un désarroi profond. Coûts de production élevés, compétitivité en berne, multiplication des normes, « l’agriculture française va très mal dans son ensemble », déplore Marc Dufumier, professeur à AgroParis- Tech, lui qui évoque « des agricul- teurs toujours plus mal rétribués par la vente de leurs produits ». Car au-delà de revenus en baisse et disparates – entre des éleveurs vivant parfois du RSA et des viti- culteurs mieux lotis, voire fortunés –, le secteur ne pèse qu’environ 2 % du PIB national alors qu’il s’éle- vait à 6 % en 1980! La France au- rait perdu plus de la moitié de ses exploitations en trois décennies : environ 430 000 contre 1 million à la fin des années 1980... Le plus douloureux reste les suicides, mal- heureusement en surnombre dans cette profession (372 en 2015 selon Santé Publique France), assortis
En produisant moins de blé, nous pourrons libérer des champs pour booster la production de protéines végétales, là où la France est déficitaire –
Marc Dufumier, AgroParisTech.
    le monde agricole, star du petit écran
C’est le 3 mars que la ferme du Hitton dans le Gers, spécialisée dans l’élevage d’ânes, est définitivement sortie de l’anonymat.
Et pour cause : l’entreprise agricole tenue par deux ex-enseignants et qui réalise
des cosmétiques bio, a été élue « ferme préférée des Français » par les spectateurs de cette émission éponyme diffusée sur France 3. Alors que le secteur agricole traverse une crise structurelle de taille,
le petit écran n’en finit pourtant pas de consacrer des émissions au monde paysan, ne serait-ce que L’Amour est dans le pré qui diffuse cette année sa... seizième saison ! De quoi largement souligner
26 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
l’intérêt croissant du grand public pour la France des terroirs, avec, en filigrane, ce désir sociétal profond de rapprochement vers la nature. Mais pour l’agronome Marc Dufumier, « un tel engouement
se concentre plus sur cette vague de nouveaux agriculteurs pionniers venus de la ville, et adeptes de la permaculture que tous les autres, ceux et celles du sérail, plus en souffrance, objets tour à tour de compassion ou mépris ». Sans doute l’un des nombreux paradoxes de ce secteur
si essentiel qu’il ne laisse décidément personne indifférent.
du manque de renouvellement de générations d’exploitants. Des rup- tures qui s’inscrivent, pire encore, dans un contexte croissant d’« agri- bashing » : la critique du mode de production agricole intensif, no- cif pour la planète. Et pour cause: l’agriculture causerait près du quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre selon Greenpeace ! Arrêtés anti-pesticides, intrusions dans les élevages... « Les agricul- teurs toujours plus isolés s’estiment dénigrés, surtout quand on les taxe de pollueurs ! », déplore Marc Du- fumier. Or ces accusations fusent
définir la Politique agricole com- mune (PAC) 2021-2027 devient vital. En particulier pour l’hexa- gone, toujours première puissance agricole de l’Union européenne – mais durement concurrencée par la Roumanie ou la Pologne –, à ce titre captrice d’une grande part des aides de la PAC. Des subven- tions dont dépendent largement les agriculteurs, in fine vouées à structurer les modèles agricoles des pays membres. Et pour cause : les multiples filières, exploitations et pratiques – production conven- tionnelle, agriculture raisonnée, permaculture... – ne sont guère subventionnées de la même ma- nière, tant s’en faut ! La dernière PAC de 2015 se voulait justement plus équitable et plus verte : sub- ventions selon des critères écolo- giques et soutien aux petites fermes artisanales de l’ouest a contrario des grandes exploitations du bassin parisien. De quoi trancher peut- être avec certains écueils du passé, sans doute facteur du mal chro- nique d’un tel secteur. Comme l’octroi traditionnel d’aides pour soutenir en priorité la vente de produits de première nécessité et pas toujours haut de gamme – lait, viande, céréales, etc. – « où la
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[Un grand projet de parc éolien à une centaine de kilomètres des côtes anglaises d’un mon-
tant de 6,9 milliards d’euros. Un autre, près des côtes écossaises, tout aussi colossal, à la capacité de production de 1 140 mégawatts. En pleine mer du Nord, ces deux chantiers voisins d’éolien flottant ont un singulier point commun : ils suscitent le concours de majors du... pétrole ! Dans le premier cas, le groupe pétrolier norvé- gien Equinor, avec l’appui de SSE Renewables, filiale de la compa- gnie d’énergies britannique SSE. Et dans le deuxième, Total qui a signé avec cette même filiale un accord de participation de 51 % dans ce nouveau projet baptisé Seagreen 1. Deux exemples qui illustrent à merveille le virage qu’entendent adopter de plus en plus de pétroliers vers les énergies renouvelables pour faire face aux valorisations exponentielles de ces autres leaders pionniers du solaire et de l’éolien. À l’instar de l’italien Enel, l’espagnol Iberdro- la ou encore l’opérateur danois, Orsted. Producteur historique et exclusif d’énergie fossile, le scan- dinave s’est reconverti à l’électri- cité verte, quitte à abandonner progressivement depuis 2018 le pétrole. Objectif : un investisse- ment supplémentaire de 26 mil- liards d’euros d’ici à 2025 dans les énergies renouvelables. On l’aura compris, la montée en puissance de ces champions nationaux de l’électricité qui ont su parier les premiers, il y a presque vingt ans déjà, sur l’essor des énergies renouvelables (ENR), pousse au- jourd’hui les pétroliers à se diver- sifier. « Une manière aussi pour eux de répondre aux critiques des défenseurs de l’environnement dans un contexte sociétal et po- litique toujours plus sensible aux impératifs écologiques », note Edina Ifticene, Oceans & Oil Campaigner chez Greenpeace France.
Bousculer
son cœur de métier
En atteste ainsi le choix symbo- lique du fonds souverain norvé- gien, via sa tutelle, le ministère des Finances, d’une exclusion progressive des pétroliers de son portefeuille, dans une nation qui
Pétroliers :
du greenwashing
Total, Shell, BP... Alors que de plus en plus de pétroliers s’investissent, bon gré, mal gré, dans les énergies renouvelables, un tel virage constitue-t-il un véritable tournant historique pour ces poids lourds au-delà de leurs discours marketing respectifs ? Réponses.
Les pétroliers doivent présenter un vrai plan de transition énergétique daté et chiffré de manière à être conforme aux limites fixées
par l’Accord de Paris – Edina Ifticene, Greenpeace France.
société
entreprendre & innover
ritable transition énergétique de ces cadors du pétrole. « Au-delà des actions qu’ils peuvent mener çà et là en la matière, force est de constater que nombre d’entre eux continuent à largement doper, en parallèle, leur production d’hy- drocarbures », constate Edina Ifticene, en évoquant le cas de Total, « dont les énergies fossiles représentent 99,7 % de son mix énergétique !* ». Selon l’experte, le groupe français a même pré- vu « d’augmenter de 50 % sa production de pétrole et de gaz entre 2015 et 2030 – elle repré- sentera encore 80 % de ses inves- tissements en 2050 ».
Fuites de méthane
Il faut dire que l’or noir s’avère pour l’heure bien plus rentable que l’énergie verte : des coûts de production des fermes éoliennes proches de 200 euros le mégawat- theure contre 40 à 120 euros pour l’électricité produite via le charbon ou le gaz. Difficile dans ces conditions de maintenir une croissance à deux chiffres en se débarrassant des énergies fos- siles ! « Voilà pourquoi un groupe comme Total n’hésite pas à assi- miler le gaz à une énergie bas car- bone sous prétexte qu’il en émet moins que le pétrole. Pourtant, il reste une énergie fossile généra- trice de CO2 à l’origine de fuites de méthane, autre gaz à effet de serre », analyse Edina Ifticene. D’après Greenpeace, la gageure pour les pétroliers « est donc de présenter un vrai plan de tran- sition énergétique daté et chiffré de manière à être conforme aux limites fixées par l’Accord de Pa- ris, ce qui n’est pas le cas pour Total, par exemple, dont les ob- jectifs ne sont guère suffisants en la matière ». Projet gazier géant au Mozambique, chantier pétro- lier en Ouganda... « Si Total vise, en effet, la neutralité carbone d’ici à 2050, ce n’est donc qu’en Europe, pour être conforme à la législation en vigueur, et pas dans le reste du monde », conclut Edi- na Ifticene. Un rappel : « BP reste in fine l’un des seuls pétroliers à adopter, à ce stade, une réelle dé- marche de réduction de sa pro- duction de pétrole. De l’ordre de 40 % d’ici à 2030... » Sans doute un modèle à suivre.
CHarlES COHEN
* D’après Greenpeace, Total a produit, en 2020, 447 unités d’énergies fossiles pour 1 d’énergies renouvelables.
 à la révolution verte
s’est pourtant bâtie autour d’une telle énergie fossile. Même si les acteurs du secteur à investir dans les ENR restent pour l’heure épargnés... Comme le pétrolier Shell qui chercherait, lui aussi, à bousculer son cœur de métier, jusqu’à vouloir s’imposer comme le plus grand électricien de la planète d’ici à 2030, grâce à une diversification dans les énergies propres, ainsi que le gaz. Même credo pour Total, qui investit, comme Shell, quelques milliards d’euros par an dans l’électricité et les ENR. L’acteur français prévoit même de compter parmi les cinq premiers producteurs mondiaux d’énergies renouvelables en vi-
sant 25 gigawatts de capacités de production d’électricité verte à l’horizon 2025. Son créneau ? Jouer à fond l’intégration verti- cale en multipliant les acquisi- tions tous azimuts dans les ENR et le gaz naturel: après celles de Lampiris ou de Direct Energie, l’achat d’un projet de fermes so- laires d’une capacité de 3,3 GW au développeur espagnol Ignis. Ou encore, cette année, l’acquisi- tion de 2,2 GW de projets de pan- neaux solaires et 600 MW de pro- jets de stockage par batterie pour une mise en service au Texas dès 2023. Autant d’initiatives qui laissent toutefois sceptiques nombre d’ONG à l’égard de la vé-
   ecoreseau.fr avril-mai 2021
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]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
l’œil décalé
L’entreprise,
ce nid d’amour miné
par le télétravail...
Nombre de Français·es tissent des liens forts en entreprise. Parfois, ces rapprochements
se concrétisent. Un sondage réa- lisé en 2019 par le cabinet de re- crutement PageGroup démontre que les relations amoureuses en entreprise ne se font pas si rares: 62 % des interrogé·es déclarent y avoir succombé et plus d’un tiers se disent en couple au moment de l’enquête. Vous l’aurez compris, en entreprise, le chargé de projet Cu- pidon ne chôme pas ! Mais com- ment expliquer une telle « produc- tivité »?
La force des « à-côtés »
Au même titre que les études ou le tandem bars-discothèques, le bureau fait partie de ces lieux de passage où l’on croise tant de personnalités, « les collègues, les client·es, les fournisseurs », liste le sociologue Denis Monneuse, conscient que le « nombre élevé d’heures passées en entreprise » favorise la possibilité de rencon- trer quelqu’un et plus si affinités. Même si l’on peine à comprendre comment les rapprochements peuvent s’opérer dans un monde dit professionnel et a priori neutre. Entrent alors en jeu tous les « à-cô- tés » propres à l’entreprise : « Les pauses qui s’éternisent à la ma- chine à café, les afterworks, les séminaires et même les déjeuners dans l’enceinte des restaurants d’entreprise », énumère Denis Monneuse, directeur du cabinet de conseil Poil à gratter. Tous ces moments à la fois liés à l’entreprise et quelque peu en retrait par rap- port aux tâches habituelles. Notre spécialiste le sait, les relations amoureuses se forment d’autant plus au sein des entreprises « qui font une place centrale au tra- vail d’équipe, qui multiplient les déplacements et affrontent des épreuves à l’origine d’une forte so- lidarité », des caractéristiques que l’on retrouve notamment dans les secteurs « hospitaliers ou les com- pagnies aériennes », illustre Mon- neuse.
Si les relations amoureuses passagères nées via l’entreprise existent, le sociologue Denis Monneuse croit aussi aux rela- tions durables : « Quand on fran-
Quand on franchit le pas, c’est qu’on est sûr·es,
on prend le risque de voir sa relation échouer et de constater des tensions qui viendraient nuire au bon fonctionnement de l’entreprise – Denis Monneuse.
chit le pas, c’est qu’on est sûr·es, on prend le risque de voir sa relation échouer et de constater des ten- sions qui viendraient nuire au bon
 La sociologie ne cesse de le répéter, le travail joue – encore aujourd’hui – ce rôle d’intégrateur et de sociabilité. Au sein
de l’entreprise, site de rencontres par excellence pour jeunes startupers, des collègues s’écharpent et se réconcilient, des amitiés se créent ou se brisent, des associé·es d’antan deviennent les amant·es d’aujourd’hui et peut-être les couples de demain. Bref, l’entreprise ne laisse personne indifférent et s’immisce dans notre quotidien, celui ou celle qui prétend parfaitement faire la distinction entre vie professionnelle et vie privée sera cette même personne qui s’affirmera capable de maîtriser ce qu’elle ressent. Un robot peut-être. Non, l’entreprise a cette capacité de brouiller les pistes. À moins que le télétravail ne vienne changer la donne. Éclairage avec Denis Monneuse, sociologue spécialisé dans le monde du travail.
fonctionnement de
D’ailleurs, contrairement aux sites de rencontres, on approche assez bien ses collègues, on prend le temps de les connaître, on échange longuement avec eux·elles, et on a davantage de chances de partager les mêmes valeurs si l’on travaille dans une structure commune. Une vraie phase d’observation avant de se lancer.
Le télétravail,
fauteur de troubles
Or, dans une société régie par la loi Sars-CoV-2 – à coups de gestes barrières, distanciation sociale et télétravail, etc. – on comprend à quel point l’entreprise physique constitue un point de rencontres. Le travail à distance joue les trouble-fête. S’il met à l’épreuve les couples qui (ré) apprennent à se côtoyer « H24 », il condamne les célibataires à le rester. « Le télé- travail met fin – ou atténue consi- dérablement – les discussions in- formelles, les fameux temps morts au bureau, les repas partagés, tous ces moments de divertissement », constate Denis Monneuse. Au-de- là du bureau, se rendre sur son lieu de travail implique aussi de prendre les transports, se dépla- cer et ainsi augmenter ses chances de faire des rencontres. À quoi s’ajoute la fermeture des bars, des discothèques et des restaurants, difficile de nouer des liens en cette période, ce qui explique en outre « le boom du recours aux sites de rencontres » pour trouver l’âme sœur, à présent le dernier rempart pour une sociabilité amoureuse, explique Denis Monneuse.
Mais la fin de la crise sanitaire – même si elle n’effacera pas l’accé- lération du télétravail – pourra au moins permettre à Stéphanie, di- rectrice des ressources humaines, de créer des liens amoureux avec Jean-Pierre, secrétaire adminis- tratif. D’ailleurs, non, ce serait plutôt l’inverse. Car – au sein des entreprises aussi – on retrouve cette divergence sociale entre les hommes et les femmes qui dé- cident d’entamer une idylle: « Les premiers occupent souvent des postes hiérarchiques plus élevés que les secondes », constate le so- ciologue. Preuve de plus que l’en- treprise ne fait pas chambre à part par rapport au reste de la société... et qu’elle constitue un simple pro- longement de la vie privée. GEOFFrEY WETZEl
l’entreprise ».
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avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[Forces françaises de l’industrie, club d’entrepreneurs avec mission
réseaux & influence
pour régler les problèmes, conti-
nue le porte-parole du trio. Il faut fédérer les entrepreneurs et les particuliers. » Par exemple, les particuliers préfèrent placer leur bas de laine dans une épargne, plutôt que de l’orienter vers des investissements. La spirale se- rait pourtant vertueuse : les PME industrielles pourraient gran- dir plus vite, embaucher mieux, ce qui crée des emplois, réduit la dette extérieure et aiderait à améliorer notre performance écologique (en réduisant le coût financier et environnemental de l’acheminement)...
industrielles – bénéficient de ce service.
Enfin, sur les quasi 200 membres du réseau, 35 se sont réunis pour créer un véhicule d’investisse- ment, le French Touch Fund. « Si on dit qu’il faut que les Fran- çais·es investissent plus dans l’in- dustrie, alors, on le fait », sourit Laurent Moisson. Ce qui en fait l’une des rares structures dédiées à l’investissement dans les PME industrielles. «Nous avons, en France, des grands groupes, et on commence à avoir beaucoup de PME, souligne Laurent Mois- son. Mais nous connaissons un déficit d’ETI. Ce sont elles qui embauchent, qui forment leurs salarié·es... Nous identifions des PME prêtes à passer à l’échelon supérieur, et nous les aidons. »
Pousser le made in France La même approche pragmatique prévaut pour pousser le made in France chez FFI. « Nous ne cher- chons pas le 100 % à tout prix. Nous visons des progrès», ré- sume Emmanuel Deleau. Grâce à son réseau, FFI est en mesure de trouver les contacts nécessaires – un producteur de textile recy- clable, par exemple – pour aider un entrepreneur à rendre un peu plus française sa production. Mais ce carnet d’adresses sert aussi, par exemple, à trouver un repreneur pour des entreprises qui ferment.
Réindustrialiser la France (en soignant son réseau)
Décidément, ce n’est pas un club d’affaires comme les autres. Les Forces françaises de l’industrie déploient un réseautage digne d’une certaine Résistance revendiquée : volonté de participer, de façon pratique, à la réindustrialisation de la France et la montée du made in France. Premier résultat : un accélérateur pour PME industrielles en France.
Les Forces françaises de l’industrie est un club jeune, puisque fondé en 2019 (nous fûmes l’un
des premiers à l’annoncer), et qui a choisi – à la fois par goût, par affinité, et par conviction – de se concentrer sur un thème bien spécifique : la réindustrialisation de la France. Les trois fondateurs de FFI (qui assument l’allusion) s’entendent comme larrons en foire malgré leurs très différents profils... complémentaires: Em- manuel Deleau avait l’expérience en matière d’organisation de clubs, Gilles Attaf celle du réseau industriel et la légitimité autour du thème du made in France, Laurent Moisson venait du monde des accélérateurs, surtout les numériques. « Nous sommes, tous les trois, des entrepreneurs, souligne Laurent Moisson. Nous avions chacun, de façon un peu informelle, travaillé notre réseau. La première ambition que nous avions pour le club était d’en faire un club de copains, pour passer un bon moment, partager les joies et les peines. Car être un
Nous identifions des PME prêtes à passer à l’échelon supérieur, et nous les aidons – Laurent Moisson
entreprendre & innover
   entrepreneur, c’est compliqué... Certaines choses ne se partagent pas avec la famille ou les colla- borateurs, mais seulement entre pairs. » Autre partage, une pas- sion commune pour l’industrie et le made in France.
Réindustrialiser,
une démarche vitale
« Pour de multiples raisons – dé- sintérêt global de la population, les politiques menées depuis 40 ans... –, la France s’est désin- dustrialisée. Et depuis les années 1980, des voix s’élèvent pour si- gnaler l’impasse, mais elles ne sont pas écoutées...», embraie le même Laurent Moisson. Chez les FFI, on ne fait pas la morale, on ne s’indigne pas, on agit : « Il faut faire des propositions de lois ou de mesures, car il faut le faire en France, mais il faut également ne pas appeler tout le temps l’État
Accélérateur
et fonds de financement En pratique – le mot est presque le slogan du club –, cette volonté d’aider à la réindustrialisation se retrouve dans toutes les actions. Parmi les nombreux coups de pouce et aides que le club pro- pose, le partage d’expertise et de connaissance est essentiel, assuré à la fois par l’accès à des experts de tout poil et par la FFI Aca- démie, qui dispense des cours gratuits sous forme de vidéos. Mieux encore, l’année dernière, les FFI ont lancé le premier sys- tème d’accélération pour les PME industrielles, inspiré de ceux qui existent pour les start-up. « Il n’y a pas que l’argent: il faut entou- rer les patrons, souligne Emma- nuel Deleau. On a des gens, déjà dans l’écosystème, qui sont prêts à vous aider. » Aujourd’hui, une dizaine d’entreprises – toutes
Un carnet d’autant plus efficace que le club grandit. La grande majorité des membres arrivent par parrainage. Avant la pandé- mie, FFI organisait des dîners mensuels, remplacés depuis par des cafés virtuels hebdoma- daires, et une expansion de la FFI Académie. Et comme plus de la moitié des membres vivent dans des régions autres que l’Île-de- France, FFI veut, en 2021, lancer des antennes régionales: Lille, Lyon, Aix-Marseille, Bordeaux, Nantes, Clermont-Ferrand et Troyes. « L’idée est de déployer le même système, mais à une échelle locale, tout offrant le bé- néfice d’une communication na- tionale : par exemple, on peut ai- der une PME à Brest à trouver un client à Marseille. » Les « fifis », même combat.
JEaN-mariE BENOiST
ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 29
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[    entreprendre & innover
les trophées optimistes
Trophées
Optimistes
ÉcoRéseau
trophées-optimistes.fr
9 millions de chiffre d’affaires de plus en plus... propres. Mais la se- melle n’est pas la seule concernée. Antoine Vigneron et ses associés veulent que chacun de leurs colla- borateurs à leur tour soient des éco- nomiseurs de carbone, mais qu’ils et elles soient aussi bien dans leur peau. La start-up pas si start vient d’instituer le concept de « vacances illimitées ». Chez M. Moustache, on s’organise pour se prendre du repos à son gré, quand on en a vrai- ment besoin.
Neuf ans de gammes. L’heure de se diversifier? Les trois rois de la chaussure décontractée ne sont pas pressés. M. Moustache vise avant tout une vingtaine de boutiques de centres-villes des plus grandes métropoles dans le proche avenir en anticipant l’effet multicanal: des clients qui reviennent sur le site, des acheteurs en ligne qui se rendent en boutique. Ils veulent tellement contrôler leur concept que des étapes à imaginer – comme une ligne de maroquinerie en 2022 – passeront après les réglages covid : il faut absorber les pertes de CA, mais la croissance demeure sur un marché qui a plongé de 30 %. Rester vigilants sur les charges, dé- tecter les signaux faibles. Les trois associés ne s’ennuient pas. « On est dans la mode », autrement dit dans la transformation permanente. Peut-être entraîneront-ils leurs concurrents dans la généralisation du recyclage ? M. Moustache sera alors plus que jamais une « entre- prise altruiste ».
OliviEr maGNaN
En France, la réglementation de la collecte des chaussures usagées va de pair avec
la collecte des produits textiles et linges de maison. Des organismes – le Relais, notamment – organisent cette collecte par le biais de 20 000 conteneurs disposés sur le territoire français souvent sur parkings de supermarché.
Antoine Vigneron, Thibault Zeppelin, Guillaume Alcane
une gamme femmes se taille une part de lionnes à 60 % des ventes. Restait à concrétiser le projet im- pact carbone, d’autant plus urgem- ment que 9 paires de chaussures sur 10 finissent à la poubelle avec les détritus. « Notre cible est bien consciente des enjeux, se nour- rit chez Naturalia, se méfie des diktats du marché mais ne prête guère attention au devenir de ses chaussures ou ses manteaux. Or la mode est le deuxième pollueur de la planète. D’où notre idée : rappor- tez votre vieille paire au magasin », dixit Antoine Vigneron. Parce qu’il existe des magasins ? Oui, depuis 2014, M. Moustache a ouvert cinq
‘Messieurs’ Moustache
Ils ont inventé la chaussure
de style façon décontractée
et... son recyclage
Que faire, à 21 ans, diplômé d’ingénierie financière, mais manifestement peu
pressé de passer sa vie à jongler avec des chiffres, fondu de com mais peu tenté
par la machine Publicis, spécialiste de la mode mais pas partant pour évoluer
chez Zannier, le leader européen de la mode enfant ? Fonder sa boîte, ça va de soi. boutiques, deux en région pari-
De quoi, dans quoi, pourquoi ?
sienne, une à Bordeaux, l’autre à Toulouse. En propre ? Toujours. « Nous voulons rester maîtres de l’expérience client, du contrôle des opérations. » La franchise, ce sera sans doute quand l’opération En- co[re] aura accompli sa [Re]colte. La solution : en magasin, l’ache- teur·se abandonne sa vieille paire (l’incentive de 10 % initial n’existe même plus, le chaland est trop heu- reux d’acheter du recyclé – la se- melle – et de recycler!). Les Mous- tachus ont osé organiser la filière recyclage : au Lude, près du Mans, un centre trie les chaussures rap- portées. Encore utilisables, elles filent dans des circuits humani- taires comme Les Restos du cœur. Dégradées, elles reviennent au Por- tugal. Dans le cadre du programme REACH, les godasses européennes sont broyées et repartent dans le cycle de fabrication des chaus- sures M. Moustache. Les autres sont transformées en isolant et stabilisant. Paires aux as: 80 % des semelles des gammes Moustache viennent de la [Re]colte. Les petits grains, vous les voyez ? Elles furent chaussures...
L’initiateur
attend ses suiveurs
Chez M. Moustache, au 25 rue Vieille du Temple à Paris, les 35 salarié·es, boutiques comprises, producteurs-vendeurs de 200 références désormais, réalisent
    Trois lascars tâtonnent. Il y a Antoine Vigneron, l’homme des chiffres. Thibault Zeppelin, venu
de l’usine à com. Guillaume Al- cane, la maille mode du trio. L’idée de créer une chaussure introuvable rallie les trois savoir-faire. Les trois jeunes gens ne trouvent pas sur le marché une paire qui concilie cos- tume et décontraction sans oser le coup des trois bandes associées à la cravate. Bref, la tenue d’une Riche- lieu-Oxford avec la souplesse d’une Timberland. Style et basket. Le compromis pour une journée bu- siness et le confort d’un mocassin. Les lacets de la réflexion dé- bouchent sur un premier modèle en 2012, dessiné par un styliste. Les trois hommes ont établi leur benchmark. Ils savent qu’ils ne trouveront pas en France de quoi créer du vrai 100 % made in hexa- gone, but d’emblée rêvé, sur fond d’impact carbone maîtrisé. À cette époque, l’urgence est d’investir les 50 000 euros prêtés étonnamment par un bureau de la Bred, leurs économies et un peu de love mo-
TrOPHÉES OPTimiSTES
De gauche à droite, Antoine Vigneron, Guillaume Alcan et Thibault Repelin
ney. Les cordonniers cherchent en Asie et au Portugal et montent leur site. Il leur faut un nom. Ce sera M. Moustache. Décalé, graphi- quement clin d’œil et très genré. Il faut produire pour vendre et repro- duire. Acte I.
Geste simple, apporter
une vieille paire quand
on achète des neuves
Ils apprennent la complexité d’une chaussure, ses quinze composants, les usines dans le monde. Un air leur traîne dans la tête, ils veulent une chaussure Don’t worry, be hap- py. Un résumé à la petite semelle. Neuf ans plus tard, 90 % de la pro- duction sont toujours localisés au Portugal. L’on pourrait assembler en France et placer une estampille tricolore sous la semelle, ça ne les intéresse pas tant que l’écosys- tème, les matières premières, les coupes, les piqûres ne sont pas à 100 % relocalisables. Entre-temps, M. Moustache s’est souvenu que leurs chaussures quelque peu an- drogynes avaient de quoi séduire Mme Moustache : depuis 2014,
   CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Le parcours de ces trois Messieurs Moustache est un bel exemple de la valeur créée en rebondissant d’idées en projets, qui plus est, 100 % en phase avec
les grands enjeux actuels : durabilité, recyclabilité, business model hybride, engagement social, nouveaux modes de travail et de consommation...
30 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[                                 ERMG Évolution
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]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[    entreprendre & innover
les trophées optimistes
Trophées
Optimistes
ÉcoRéseau
trophées-optimistes.fr
raires, etc. Des pratiques peu pré- sentes chez ses confrères·sœurs. La profession d’huissier dit-il, est « réglementée, aux contours indiscutables et dogmatiques, porteuse d’une image souvent violente liée aux décisions d’ex- pulsion ou de saisies ». L’huissier pas comme les autres suscite la réaction des braves huissiers qui n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux (air connu). Critiques et inimitiés très fortes vont jusqu’au blocage de certains de ses projets. En plus, deux ac- cidents (pas des agressions!) lui valent des pauses forcées.
L’appel de la réinvention
Le temps passe. En 2008, Fabrice commence à se sentir à l’étroit dans son étude. Le rapport At- tali et ses 316 propositions pour la libération de la croissance française lui inspirent une ré- flexion sur les enjeux de demain en termes d’ouverture des mar- chés. Celui du droit notamment, et donc naturellement celui du recouvrement dont son métier d’huissier lui avait donné une parfaite connaissance. En 2014, il quitte sa profession, réfléchit quelque trois années à comment ouvrir le recouvrement à tous. Comment faire en sorte que chaque entrepreneur puisse être payé du fruit de son travail.
Le concept prend forme en 2015 avec le lancement de GCollect. La volonté de Fabrice D.: casser la mécanique du recouvrement. Mettre en place ce que personne n’a fait à ce jour. S’appuyer sur les technologies numériques et concevoir une solution bénéfique à tous. Peu importe le montant dû, le nombre de factures à re- couvrer, et qui doit quoi...
Le recouvrement, levier
de rebond pour les PME
Sa conviction est que « pour bien faire du recouvrement, il faut ai- mer les gens et vouloir les aider ».
L’idée de Fabrice Develay s’incarne dans une place de marché qui met en relation des professionnels (cabinets d’avocats, huissiers...) avec les entreprises en attente de paiements. GCollect calcule l’honoraire de recouvrement le plus compétitif en fonction
de 40 paramètres (volume des factures, taille
de l’entreprise...). Elle met en place un système
de rotation de créances. Si la facture n’est pas encaissée dans tant de jours, elle bascule chez un autre prestataire pour multiplier les chances de recouvrement.
C’est GCollect qui vérifie les données bancaires, suit les flux financiers et verse les fonds récupérés à l’entreprise.
GCollect
Fabrice Develay
L’ex-huissier a rebondi
en réinventant le recouvrement
Quoi qu’il arrive à Fabrice Develay, il reste debout et se relance. Devenu huissier pour échapper au modèle familial et parce qu’après des études de droit, il a eu l’opportunité de reprendre une étude et donc de se mettre à son compte, Fabrice est de ces multirebondisseurs dont les parcours inspirent parce qu’ils montrent qu’impossible n’est pas français.
  TrOPHÉES OPTimiSTES
Quand on naît dans une famille d’universi- taires, l’on est quelque peu formaté pour
s’inscrire dans le courant. Ou pas. Pour Fabrice Develay, c’est « pas ». Le jeune homme voulait mener son propre chemin de vie. Au sortir du collège, il décide de rejoindre un lycée agricole. Moti- vation: un profond attachement à la nature et à ses valeurs. Bac scientifique en poche, la terre ne l’appelle plus. Direction, fac de droit. Avocat, magistrat? Non, il découvre le métier d’huissier. Un stage lui montre les opportuni- tés professionnelles. Huissier de justice, c’est un peu le « mouton noir des métiers du droit ». Mais c’est un moyen de se mettre à son compte. En 1996, examen profes- sionnel réussi, il rachète très vite une étude.
Pas comme les autres...
Sur le chemin tracé, Develay l’atypique se démarque. Son mé- tier, il le vit au nom d’un très fort esprit entrepreneurial. Ça dé- tonne dans la profession, plutôt standardisée. Comme une erreur de casting qui a duré 18 ans. Fa- brice pense grand, se dote d’un site Internet, s’équipe d’un logi- ciel de gestion des dossiers, met en place des conventions d’hono-
le principe
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avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[   La volonté de Fabrice D. : casser la mécanique
du recouvrement. Mettre en place ce que personne n’a fait à ce jour. S’appuyer sur les technologies numériques et concevoir une solution bénéfique
à tous.
Houla! Trop d’huissiers gardent une approche désincarnée du re- couvrement. Or, pour un·e entre- preneur·se, rencontrer des diffi- cultés de trésorerie n’est pas et ne doit pas être infamant ! L’ADN de GCollect emprunte à l’empathie. Son projet: apporter à chacun·e une solution adaptée pour aider chacun·e à rebondir. Une façon de tendre la main, avec bienveil- lance et en accompagnant l’autre. Une idée en fait naître une autre. Fabrice Develay mobilise d’autres acteurs du secteur pour lancer le collectif Smart Recouvrement. Sept fintechs y participent. Un écosystème d’autant plus essen- tiel que depuis mars 2020 payer ses factures est devenu pleine- ment d’actualité. Le cash: sujet prioritaire pour une majorité d’entrepreneurs.
Et face à la covid ?
L’huissier à solutions sait qu’in- nover exige que l’on soit le pre- mier. Objectif: devenir et rester le leader de son secteur. Le dé- fricheur pétri de certitudes au début de sa vie professionnelle a compris que l’échec fait partie de la vie de l’entrepreneur, qu’à un moment ou un autre il ne pour- ra pas l’éviter. Aujourd’hui, il s’engage au travers du collectif Smart Recouvrement et au sein d’associations comme les Rebon- disseurs Français. « La résilience m’a permis de ressortir d’épi- sodes de vie, plus fort et donc différent. »
La crise actuelle inspire à Fabrice qu’on a besoin des autres pour rester debout. Pour lui, la solu- tion est l’ambition collective qui aide à surmonter les difficultés et l’échec. Portés par la solidarité, l’entraide et la coopération, les entrepreneurs vont oser repen- ser leur modèle, expérimenter de nouvelles pratiques, trouver des solutions nouvelles seuls ou à plusieurs pour rebondir. Le for- mat Develay 2021 a des accents de foi : « Se faire confiance et s’ai- mer ». Pas vraiment le style huis- sier d’injustice...
ClairE FliN
les trophées optimistes
entreprendre & innover
  CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Fabrice Develay est de ces entrepreneurs expérimentateurs dont les carrières pivotent à
360° et que l’échec rend plus tenaces. Passer d’une profession honnie des chefs d’entreprise à celle de patron de PME est osé mais il le fait, beaucoup pour
aider ses pairs. Un parcours 100 % « rebondisseur » en somme !
      ecoreseau.fr avril-mai 2021
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]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
briefing innovation Au Royaume-Uni, Uber
ictoire pour les chauffeur·es Uber britan- niques et vent de changement et de normali- sation du statut d’auto-entrepreneur·se exer- çant sur les plates-formes du numérique, au
SpaceX se rapproche un peu plus des étoiles... et au-delà
On n’arrête plus Elon Musk et ses folles ambitions spatiales, incarnées par SpaceX. L’entreprise spatiale, qui a déjà réalisé en
2015 l’exploit majuscule de faire re-atterrir
le premier étage d’une fusée et a même transporté deux astronautes jusqu’à la Station spatiale internationale, vient de franchir
une grande étape vers son rêve martien.
L’objectif clamé par le fantasque milliardaire – faire atterrir son vaisseau Starship sur Mars d’ici à 2024 – paraît aussi fou qu’irréaliste. Pour l’instant seulement. En révélant le 19 mars le premier étage de la future fusée Starship, SpaceX en a impressionné plus d’un·e. Starship devrait mesurer 50 m de haut, le premier étage, baptisé Super Heavy, jouera le rôle de propulseur pour lancer la fusée. À lui seul, Super Heavy ne mesure pas moins de 70 m, soit un total de quelque 120 m au total pour Starship. C’est considérable. À titre de comparaison, la fusée Ariane 5, un des lanceurs de l’Agence spatiale européenne, ne mesure « que » 55 m. Pour propulser la bête, Super Heavy devrait tirer sa puissance de 28 moteurs raptors.
Il faudra cependant attendre un second prototype pour passer aux vols d’essai dans les mois à venir. Espérons pour Space X qu’ils ne se terminent pas comme ses deux derniers tests de fusée réutilisable, en décembre et février : deux crashs spectaculaires.
vers le dollar numérique
À l’ère de l’essor exponentiel des cryptomonnaies, à commencer par le bitcoin, reine du genre, les pouvoirs publics et les banques centrales s’inquiètent de plus en plus de leur poids et de leur popularité. En particulier dans le contexte de la crise sanitaire qui a accéléré le développement des monnaies numériques. Pour contrer cette tendance,
la Réserve fédérale des États-Unis, la FED, planche actuellement sur un « digital dollar », en collaboration étroite avec le fameux Massachusetts Institute of Technology (MIT). En clair, une version numérique de la monnaie états-unienne, aussi surnommée
« Fedcoin ». Les premiers prototypes de plates-formes de gestion des comptes et des transactions en billets verts numériques pourraient être dévoilés dès le mois de juillet 2021. L’objectif : susciter des transactions instantanées sans être soumis à la validation des banques. En somme, exactement le même usage que le bon vieux
billet de banque et l’argent liquide. De quoi surfer sur le grand avantage des cryptomonnaies, donner aux Américain·es le choix d’un portefeuille numérique sans passer par un compte bancaire. À condition que le département du Trésor donne son feu vert pour une diffusion nationale, ce qui pourrait prendre... plusieurs années.
Plongée dans les mystères d’un trou noir
C’est historique. Après avoir déjà livré en 2019 la toute première image capturée d’un trou noir, la collaboration de l’Event Horizon Telescope – un réseau de radiotélescopes terrestres qui combine les données de plusieurs stations – en révèle aujourd’hui une nouvelle en lumière
polarisée. Là encore, une première. Jamais l’on n’avait contemplé une signature des champs magnétiques à si grande proximité d’un trou noir supermassif, en l’occurrence le nommé M87, source radio attribuée au trou noir de la galaxie elliptique M87. L’image de 2019 avait révélé l’existence d’une structure annulaire brillante en périphérie d’une région centrale sombre, probablement l’horizon des événements
d’un trou noirmassif. Un exploit considérable, rendu possible par l’extrême précision de l’Event Horizon Telescope capable de révéler des détails
d’un astre situé à 55 millions d’années-lumière de notre galaxie. Pour donner un ordre d’idée: il pourrait mesurer la taille d’une carte de crédit
à la surface de la Lune. Monika Moscibrodzka, coordinatrice du groupe
de travail sur la polarimétrie de l’EHT, explique : « Nous sommes en train d’acquérir l’indispensable élément de compréhension du comportement des champs magnétiques autour des trous noirs et de l’impact, sur cette région extrêmement compacte, de toute cette activité sur la génération de puissants jets qui s’étendent bien au-delà de la galaxie. »
Vconcède sans céder
  Royaume-Uni et ailleurs. Le 16 mars, Uber a annoncé
que les quelque 70000 chauffeur·es utilisant son appli-
cation de mise en relation avec la clientèle au Royaume-
Uni allaient bénéficier de nouvelles protections et d’un
nouveau statut. Au programme: congés payés, pensions
de retraite et salaire minimum. Une grande première, et ce n’est pas peu dire. L’entreprise américaine s’appliquait jusque-là à contester toute an- nonce dans ce sens. Cette victoire des microentrepreneur·ses intervient au prix d’une longue bataille judiciaire sur le statut des livreur·ses jusqu’au plus haut de la justice britannique. Nuance, pourtant: ceux et celles aux- quel·les la justice a donné raison ne deviennent pas pour autant salarié·es, Uber a tenu à souligner qu’ils·elles restent « workers », une classification unique dans le droit du travail britannique. Concrètement, les « workers » ne sont pas des employé·es, mais bénéficient tout de même du salaire mi- nimum (10,85 livres par heure à Londres et 9,50 livres par heure dans le reste du pays), des congés payés et d’une pension de retraite. Uber a tenu à conserver la « flexibilité, qui rend ce type de travail si attrayant », selon les mots de son CEO, Dara Khosrowshahi. Qui dit flexibilité dit instabili- té... Justement, l’UE est rentrée dans la danse et doit présenter un texte et une nouvelle législation sur le statut des VTC et des livreur·ses de repas à domicile d’ici à la fin de l’année. n
intelligence artificielle et imagerie médicale font bon ménage
L’IA progresse dans le milieu médical où les avancées technologiques facilitent de plus en plus les diagnostics et le travail des praticien·nes. C’est justement l’objet du système d’apprentissage automatique développé
par Microsoft Research, la filiale de recherche du géant américain du numérique, à Cambridge en Angleterre. Le projet, baptisé InnerEye, tient en un algorithme capable d’automatiser la détection des tissus et des zones corporelles malades sur un scan 3D.
La technologie visualise avec précision l’intérieur du corps humain sans recourir à l’acte chirurgical grâce à
la tomodensitométrie, une technique d’imagerie médicale qui consiste simplement à mesurer l’absorption des rayons X par les tissus corporels. Une fois le scanner réalisé, le logiciel reconstruit les images en 3D. De quoi faciliter le travail des radiologues, notamment : selon l’étude de la revue médicale JAMA Network Open, InnerEye assure la phase de planification du traitement treize fois plus vite. En plus, la boîte à outils InnerEye Deep Learning, issue des recherches, est accessible pour les chercheur·ses du monde entier sur le site GitHub. En attendant que l’algorithme soit approuvé par les autorités compétentes.
                                    Une société qui survit en créant des besoins artificiels pour produire efficacement
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avril-mai 2021 ecoreseau.fr
des biens de consommation inutiles ne paraît pas susceptible de répondre à long terme aux défis posés par la dégradation de notre environnement
Pierre Joliot-Curie, biologiste français chercheur à l’institut de biologie physicochimique
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                                     Le système de téléphonie
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]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
Les « championnes du numérique » sont à 93 % des PME créées il y a plus de 15 ans pour 67 %
Numérisation des entreprises : l’épidém
Implémentation rapide d’un CRM◆ pour gérer les relations clients, généralisation des réunions à distance, mise en place d’un logiciel de comptabilité entièrement transactionnel ou encore installation d’un système de facturation en ligne : la crise de covid a engendré un boost énorme de la numérisation des PME. Il aura donc fallu une pandémie mondiale pour
que des entreprises petites et moyennes se rendent compte du gain de flexibilité et de productivité que génèrent des interfaces dites digitales. Petit voyage dans les applis
Nconcrètes de l’ère du XXIe siècle.
umérisation accélérée, la preuve en est appor- tée par cette enquête réalisée par le cabinet
McKinsey auprès de 900 entre- prises. Il en ressort que 55 % des interactions avec les clients se réa- lisent désormais avec le numérique. Un chiffre qui n’était attendu qu’en 2023. Mégacoup de boost, donc. Mais au-delà de la numérisation de la relation client, la crise sanitaire a fonctionné en véritable catalyseur du déploiement d’offres et de ser- vices numériques. McKinsey, tou- jours, a évalué une accélération de sept ans des offres. En témoignent les premiers les acteurs majeurs de l’organisation d’événements: en un temps record, ils se sont dotés d’une nouvelle gamme de webinaires et d’événements entièrement virtuels.
En finir
avec la fraude à la TVA... Mais au global, quel est l’état de la numérisation en 2021 du tissu des PME françaises ? « Depuis plu- sieurs mois s’observe une véritable accélération des phénomènes de transition digitale, analyse Em- manuel Olivier, directeur général d’Esker, un éditeur de logiciel de dématérialisation des cycles clients et fournisseurs. Elle succède à une évolution longue et lente. » Premier facteur de cette accélération inédite, la crise covid, bien évidemment. « En mars 2020, les entreprises françaises se sont retrouvées dans une situation inédite de fermeture. Et toutes celles qui étaient encore dans un schéma d’envoi de factures
décryptage
 sous forme papier ont dû faire face à une réalité : personne n’allait ré- colter le courrier! Il a donc fallu passer à une solution dématériali- sée de toute urgence. » Chez Esker, la solution était toute trouvée, qu’il s’agisse d’envoyer des factures à des clients, d’organiser des relances au- tomatiques ou même de mettre en place des EDI, factures numériques qui s’échangent sous la forme de fichiers électroniques, les solutions étaient là et la transition facile. À une nuance près... « Il ne faut pas oublier que la crise, si elle pousse les entreprises à penser numérique, les oblige avant tout à des tactiques de survie et de continuité des opé- rations. Toutes n’ont pas les moyens d’investir dans des outils pointus. Il faut survivre d’abord, ensuite seulement commencer à réfléchir à l’amélioration de leurs processus », alerte Sabine Ducrot-Ciss, senior product director chez Sage, un édi- teur de solution de gestion.
Un autre facteur participe grande- ment à la numérisation des proces- sus, le couperet légal : la législation de 2023 imposera aux entreprises d’échanger des factures sous forme numérique sur une plate-forme en ligne. « Ce système est déjà en place pour la facturation publique, ex- plique Sabine Ducrot-Ciss. L’idée du gouvernement est de le déployer auprès de toutes les entreprises pour acquérir une visualisation concrète de toute la facturation et de limiter, voire supprimer, la fraude à la TVA en officialisant chaque transaction. » Un système déjà en place chez des voisins eu-
ropéens. « L’Italie a franchi le pas il y a quelques mois, explique Em- manuel Olivier, d’Esker. Il en est de même pour l’Espagne qui a implé- menté ce système pour la factura- tion publique. »
Résistance humaine
Un point commun demeure entre toutes ces structures : l’importance donnée aux fonctions supports, le fameux back-office, dans les pro- cessus de dématérialisation. « En général lorsque l’on pense à la dé- matérialisation, on va se focaliser sur la question de la relation client avec l’implémentation d’un CRM, des fonctions visibles, explique Emmanuel Olivier. Mais en réalité, les fonctions supports numérisées constituent un atout très impor- tant pour les entreprises, à ne pas négliger. »
Le processus de numérisation se heurte souvent à un frein humain : la crainte des collaborateurs de voir leur activité limitée, voire réduite comme peau de chagrin. « C’est toujours une crainte des collabo- rateurs, elle nous pousse à nous
montrer vigilants sur l’accompa- gnement à la transition et le suivi des équipes, confirme Sabine Du- crot-Ciss. Mais lorsque l’on ex- plique que la numérisation aboutit en moyenne à 25, voire 30 % de gain de temps, les décideurs ont envie de passer au-dessus des obs- tacles. » Un temps gagné pour que les équipes focalisent leur énergie sur d’autres projets et d’autres mis- sions. Pas de suppression d’emploi en perspective, donc, mais sans doute une formation. Un constat partagé par André Brunetière du Cegid, un éditeur de solutions de gestion. « Dans un cabinet d’ex- pertise comptable, par exemple, lorsque des collaborateurs ont 30 ans d’expérience sur un domaine et une action spécifique, ils et elles ont tendance à freiner la numérisation de leurs méthodes. L’une des ob- jections qui ressort régulièrement, c’est : “et si l’informatique générait des erreurs ?” Nous mettons donc un point d’honneur à prouver la véracité et la fiabilité de nos algo- rithmes. »
Sécurité, IA, chatbots
Autre enjeu majeur du côté des entreprises dématérialisées, l’in- contournable question de la sécu- rité des données et de la fiabilité des stockages. « Où sont stockées nos données ? Que se passe-t-il si jamais les serveurs tombent? Ce sont autant de craintes de nos
En mars 2020, les entreprises françaises se sont retrouvées dans une situation inédite de fermeture. Et toutes celles qui étaient encore dans un schéma d’envoi de factures sous forme papier ont dû faire face à une réalité : personne n’allait récolter le courrier ! – Emmanuel Olivier, Esker.
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    d
i
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[d’entre elles (étude Acsel, 2019).
e qui change tout
trées d’argent seront attribuées di- rectement à un client et à une fac- ture. » Qui décide ? L’apprentissage de patterns, les comportements des utilisateurs. « Il faut nourrir les IA avec des informations, des patterns récurrents, traduit Sabine Ducrot-Ciss chez Sage. Ensuite, le logiciel propose des actions par défaut. »
Autre clé majeure de transition, les chatbots. Le pari de Cegid. « Notre objectif est de proposer les logiciels les plus intuitifs possibles, que tous les utilisateurs emploieront sans aucune formation spécifique, pro- met André Brunetière. Les chatbots expriment en langage naturel des demandes. » À quelques impasses près que les utilisateurs que nous sommes ont tous connues sur l’air du « je n’ai pas compris votre de- mande... ».
La numérisation aboutit en moyenne à 25,
voire 30 % de gain de temps, les décideurs ont envie de passer au-dessus des obstacles – Sabine Ducrot- Ciss, Sage.
Mais tous les interlocuteurs du secteur le reconnaissent bien vo- lontiers : la numérisation n’en est qu’à ses débuts. La transforma- tion numérique sera immense et mondiale. Au Cegid, on parie sur l’automatisation d’alertes et d’outils pour analyser la situation financière d’entreprises. « Nous travaillons sur l’implémentation de technologies qui, d’ici à quelques mois, généreront des rapports sur la santé économique des activités, promet André Brunetière. Si nos technologies identifient des problé- matiques de trésorerie, des actions automatiques seront implémentées pour proposer des leviers de récu- pération d’impayés, par exemple. » Au sein de la société Sage, l’avenir repose sur une accélération des dynamiques existantes. « Demain, nos produits seront encore plus transparents, complètement au- tomatisés, rêve tout haut Sabine Ducrot-Ciss. L’objectif, c’est que nos utilisateurs n’aient plus qu’à se concentrer sur la recherche de nouveaux clients. » Une entreprise entièrement dématérialisée, donc,
et d’autant plus compétitive. Le rêve de nombreux·ses chef·fes d’en- treprise, la future réalité pour ces acteurs majeurs du secteur. Mais aussi l’absolu besoin de recruter des experts dont les métiers s’in- ventent.
GUillaUmE OUaTTara
◆ Le CRM, Customer Relationship Management que rend le français Gestion de la relation client (GRC) relève
d’un concept de centralisation au sein d’une base de données de toutes les interactions entre une entreprise et ses clients. De quoi partager et maximiser la connaissance d’un client donné pour mieux comprendre, anticiper et gérer ses besoins. Il s’agit d’améliorer la performance commerciale, de connaître avec exactitude le portefeuille client, d’organiser la force commerciale, de gagner du temps dans la prospection
ou et la recherche d’information pour se concentrer sur l’activité commerciale.
décryptage
entreprendre & innover
 Pineappli et son « bureau du futur »
 Créer un système de bureau entièrement dématérialisé et numérisé, ambitionne Pineappli. « Notre ambition, c’est de créer le bureau du futur, pitche Jean- Marc Rietsch, fondateur de l’entreprise. Il repose sur trois piliers : conserver, signer et transférer tous les documents d’une entreprise. » Traduction : archiver tous les documents, faire signer des contrats à ses prestataires ou encore transférer de manière confidentielle et sécurisée les documents. « Avec la crise sanitaire, beaucoup d’échanges se font désormais
de matière dématérialisée, poursuit Jean-Marc Rietsch. Le souci, c’est quand le processus
se heurte à une entreprise non numérisée, l’organisation devient vite complexe. Tous nos métiers consistent à faciliter ce traitement de documents. » Et les entreprises adhèrent au projet. À l’image de cette société de communication qui a transféré 1 téra de données administratives et liées à la relation client en un temps record. « Ce qui nous a le plus surpris, c’est la créativité de ce client dans l’utilisation de nos outils, s’étonne Rietsch le premier. Ses activités de communication impliquent
la signature permanente de
bons à tirer à ses clients. Avec Pineappli, ils ont trouvé une manière simple de gérer cette relation au quotidien. » Souvent, les applications numérisées constituent la première brique dans un processus global de numérisation des activités des clients, à leur tour créatifs dans la mise en place des processus.
après la démat, la destruction
Jean-Marc Rietsch reçoit cinq sur cinq l’une des grandes craintes de la
Jean-marc rietsch
« démat »: les activités
parfois sensibles de ses
clients leur font redouter
un piratage de grande
envergure. « Nous leur offrons deux options : d’abord tous les fichiers transmis sur la plate-forme sont scindés en plusieurs morceaux cryptés. Même si quelqu’un accède aux serveurs, il lui est impossible de déchiffrer les fichiers stockés. Puis le stockage en interne des données. Pour de gros clients, nous déployons en interne tout
un système de serveurs pour que les clouds soient présents directement sur leur site. » Autre frein à l’implémentation de la plate-forme, les peurs liées aux pertes de données.
« L’exemple récent de l’incendie des datacenters d’OVHcloud pose plus que jamais la question des plans de continuité des entreprises, analyse le chef d’entreprise. Du côté de Pineappli, nous assurons un stockage de toutes les données dans trois lieux distincts, l’un en France, l’autre au Luxembourg
et le dernier à Monaco où nous sommes situés. » L’avenir de ce type de « dématérialisateur » passe par un autodafé : la destruction automatique des documents papiers, après numérisation. Il s’agit de désengorger des services administratifs, et même créatifs, d’entreprises qui croulent parfois sous les piles. Les fabricants de salles d’archivages ont intérêt à se recycler...
Président fondateur de Pineappli
    clients et nous les rassurons grâce aux plans de continuité que nous mettons en place », rassure Sabine Ducrot-Ciss. Avec plus de difficulté dans la foulée de l’exemple récent de l’incendie d’unités de stockage d’OVHcloud à Strasbourg qui a rappelé que les plans de restaura- tion et les stockages dupliqués ne devraient plus tant se montrer op- tionnels. Une thématique prise très à cœur chez Pineappli, créateur d’un logiciel de bureau numérique. «Nous assurons un stockage de toutes les données dans trois lieux distincts, l’un en France, l’autre au Luxembourg et le dernier à Mona- co où nous sommes situés», de- vance d’emblée Jean-Marc Rietsch, fondateur de Pineappli (lire enca- dré).
Un allié de taille s’est greffé ces dernières années aux activités de numérisation : l’intelligence ar- tificielle. « Chez beaucoup d’en- treprises, lorsqu’un virement est reçu, une action manuelle va rat- tacher le paiement à un client et à une facture, constate Emmanuel Olivier, Esker. Désormais, avec l’intelligence artificielle, ces ren-
 ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 37
i
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[  Réflexion & stratégie : de l’art de s’entourer pour les chef·fe d’entreprise
Business guide
- Transition environnementale : le climat est aux nouveaux modèles d’affaires...
Briefing RH & Formation
Carrières et talents
- Formations sur-mesure en entreprise
p. 39
p. 42 p. 46
p. 50
AVOCATS, EXPERTS-COMPTABLES,
CONSULTANTS
Des métiers conseils devenus chacun dans leur domaine des sources de données et de synthèse indispensables aux dirigeant·es
 pratique
38 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[ Chef·fe d’entreprise :
source potentielle d’avantage concurrentiel, de quoi propul- ser les professionnels du droit en véritables partenaires dans l’élaboration d’une stratégie. Le mouvement est inéluctable. Les legaltechs, de leur côté, automa- tisent bon nombre des tâches jusqu’ici réalisées par l’avocat. À échéance de 5 ans, la plupart seront exécutables grâce à l’in- telligence artificielle.
Experts-comptables :
« les couteaux suisses » ? La vague numérique submerge aussi le métier d’expert-comp- table. Les robots de tâches de saisie ont déjà convaincu de nombreuses TPE et PME de les adopter. Dougs, Indy, Clémen- tine, Livli, Keobiz... Outre la production du bilan, la synchro- nisation bancaire produit des tableaux de bord en temps réel. Les robots préremplissent les déclarations fiscales. Avec leurs interfaces ergonomiquement at- tractives, ils accroissent la com- pétitivité pour un coût maîtri- sable de l’accès aux données en temps réel... Ces solutions ont tout pour séduire les dirigeant·es de TPE et PME. Pour l’instant, les « tâches historiques » repré- sentent encore 80 % de l’activi- té des experts-comptables. Un chiffre qui devrait fondre au cours des prochaines années. Mais pour Lionel Canesi, pré- sident du Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables, pas question de voir d’un mau- vais œil l’apport de l’intelligence artificielle. « L’automatisation inclut uniquement les tâches de saisie ce qui, à terme, nous fera gagner du temps. Nous pourrons ainsi nous consacrer aux mis- sions pour lesquelles nous of- frons une forte valeur ajoutée. » L’IA n’est pas perçue comme un outil de décimation de la pro- fession, mais comme un atout dont le président de l’ordre des experts-comptables compte bien s’emparer. « L’IA nous fait en- trer dans l’ère de la comptabilité prédictive. L’accès en temps réel à un nombre croissant de flux d’information nous donne le moyen de proposer des outils de pilotage performants. » L’apport des robots transforme les profes- sionnels du secteur en « experts comptables augmentés ». Pour l’heure, l’intervention de l’hu- main reste nécessaire. Derrière chaque chatbot travaille encore une équipe d’experts-comp-
de l’art de s’entourer
Avocats, experts-comptables, consultants... chacun accompagne le dirigeant dans le processus de décision
Ils étaient un passage obligé pour accomplir certaines obligations légales : avocats, experts-comptables et consultants se transforment en véritable bras droits du·de la chef·fe d’entreprise. Un besoin accentué par la crise covid. Depuis un an, nombre de dirigeant·es doivent réinventer leur business dans un environnement en pleine mutation. Ces experts extérieurs se révèlent alors précieux.
réflexion & stratégie
pratique
   La complexification des   Avocats, experts-comptables,
réglementations et les changements rapides liés à la transformation nu-
   mérique de l’économie brisent
le superbe isolement des diri-
geant·es. Les voilà incité·es à se
faire accompagner dans l’élabo-
ration de leur stratégie. S’adapter
à la crise, prévoir les évolutions
de marché, passer de l’inten-
tion stratégique à l’action... Pas
simple pour qui doit se posi-
tionner sur tous les fronts. Pour
prendre les bonnes décisions, il
doit réunir toutes les cartes, des
atouts qui prennent souvent l’al-
lure d’une compétence externe.   treprise. La loi devient une
consultants, commissaires aux comptes, conseils en stratégie, fiscalistes : les « simples » tech- niciens de la mécanique de l’en- treprise changent de dimension.
Les avocats-conseils
au défi des legaltechs
La perception du rôle de l’avocat s’est modifiée. L’assistance juri- dique n’est plus exclusivement perçue comme un outil de ges- tion des risques ou associée à une contrainte. Elle va s’utiliser comme levier de performance à intégrer dans la stratégie d’en-
   ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 39
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[pratique
réflexion & stratégie
L’automatisation inclut uniquement les tâches de saisie ce qui, à terme, nous fera gagner du temps. Nous pourrons ainsi nous consacrer aux missions pour lesquelles nous offrons une forte valeur ajoutée –
Lionel Canesi, ordre des experts-comptables.
       tables qui contrôlent, recoupent,   moins dans ses comptes. Elle
stratégique que propose un   conduite du changement, nu-
      ajustent.
Une autre révolution menace,
elle, davantage, la profession en
tant que telle, elle provient de
l’administration fiscale. Elle est
programmée pour 2023, date
à laquelle la facturation élec-
tronique sera obligatoire pour
toutes les entreprises. L’auto-
matisation de la TVA devrait
suivre... Pour se repositionner,
la profession doit évoluer en
passant d’une mission légale de
tenue des comptes à une mis-
sion de service. Le conseil de
l’expert-comptable est fondé
sur une vision ultraréaliste de
l’entreprise. Elle s’avère stra-
tégique : gestion de haut de bi-
lan, recherche de fonds, audit,
évaluation, accompagnement
lors d’une cession... Pour Lio-
nel Canesi, l’expert-comptable
est en quelque sorte le « couteau
suisse» de l’entreprise. Lui-
même chef d’entreprise, il est au
service des chef·fes d’entreprise.
Il capitalise sur son expérience
et celle de ses autres clients pour
apporter un conseil qualifié. La
profession compte sur de nom-
breuses pistes pour diversifier
ses services : prévention des
difficultés, compétence de data
scientist, RSE, RH... « La valeur
des entreprises est de moins en   choix engageants. L’approche
40 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
conseil externe se révèle décisif. Il·elle intervient dans le cadre d’une mission précise : établir un diagnostic et/ou des préco- nisations, proposer un éclairage spécifique dans des domaines qu’aucune compétence interne ne couvre, accompagner le·la chef·fe d’entreprise à fixer des objectifs en choisissant les outils adaptés au besoin... Les com- pétences sont infinies : stratégie de croissance, développement de marché ou d’opportunités commerciales, positionnement, ventes, cession, restructuration,
Des dirigeant·es de PmE isolé·es
mérisation, croissance externe, restructuration... Le·la consul- tant·e utilise ses compétences pour servir les objectifs de l’en- treprise, évaluer la situation, identifier les problématiques et proposer des solutions. Il·elle accompagne la mise en œuvre dans l’entreprise. Le·la consul- tant·e épaule le·la chef·fe d’entre- prise sans prendre sa place. Sa préconisation de stratégie place le ou la décideur·se en position de prendre des décisions éclai- rées.
mariE BErNarD
tend à intégrer la politique RH, l’engagement en matière de RSE. »
Juriste en protection
des données
Selon le rapport France 2020 du réseau social professionnel Lin- kedIn, le data protection officer (DPO) est la compétence la plus recherchée. Les enjeux en ma- tière de données sont tels qu’il est propulsé conseil nécessaire auprès du·de la chef·fe d’entre- prise. Le Règlement général de la protection des données (RGPD) applicable depuis 2018 oblige les entreprises qui assurent un traitement des données à grande échelle à désigner un tel DPO. Ce profil correspond au·à la ju- riste spécialisé·e en protection des données, personne désignée en interne dans l’entreprise ou prestataire externe. Le ou la DPO doit, en plus de sa com- pétence juridique, justifier de connaissances approfondies en informatique et en cybersécuri- té.
Une étude réalisée par BPI France en 2016 révèle que 45 % des dirigeant·es
de PME et d’ETI se sentent souvent
un peu seul·es, 29 % ne s’estiment « ni entourés ni isolés ». Trois dirigeant·es sur quatre expriment tout au moins une insuffisance de soutien de la part de leur entourage dans le cadre de leur activité. La cause avancée par la majorité
des sondé·es est « le doute, renforcé par l’incertitude et la complexité du monde ». Autre cause citée dans le top 3 : la difficulté à bien s’entourer, tant en interne qu’en externe. Cette solitude
relationnelle recouvre une multitude de situations vécues par les dirigeant·es de PME et d’ETI : difficultés de recrutement, moyens insuffisants pour recourir à des prestations de conseil, manque de relais et de soutiens à l’intérieur de l’entreprise, absence d’un alter ego, d’un bras droit avec qui discuter et penser une stratégie pour l’entreprise, difficultés à impliquer et mobiliser les collaborateur·rices, déception vis-à-vis du comportement de certaines parties prenantes clés de l’entreprise...
  Le point de vue externe
et pointu du consultant Les dirigeant·es de grands groupes sont confronté·es à des
   ]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                                                 COMMERÇANTS INDÉPENDANTS
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business guide
   Transition
Il n’a cessé de le répéter. Dé-   peine moins nombreux (27 %) à
but mars, lors de sa tournée européenne, John Kerry, envoyé spécial du président
Biden pour le climat, a martelé son slogan. « L’adaptation aux conséquences du réchauffement est une formidable opportunité de business. » Une profession de foi pour le mari de l’héritière des ketchups Heinz.
Le message a-t-il été entendu par les entrepreneurs ? On est tenté de le croire. Pas une journée sans qu’une multinationale n’annonce la décarbonation de ses activités. L’échéance reste généralement fixée au milieu du siècle. La réali- té est un peu différente...
30 % de 5 000 patrons
se préoccupent
du réchauffement...
Une récente étude publiée par Notre affaire à tous (NAT, https://notreaffaireatous.org/ fiches-entreprises-de-27-multi- nationales-francaises/) montre que seul un tiers des 27 multi- nationales françaises auditées prennent réellement en compte le risque climatique dans leur stratégie. Après avoir interviewé 5 000 patrons du monde en- tier, PricewaterhouseCooper’s (https://www.pwc.com/gx/en/ news-room/press-releases/2021/ pwc-ceo-survey-2021.html) conclut à peu près la même chose. Selon le consultant, 30 % des PDG interrogés s’inquiètent des possibles effets du réchauffement pour leur entreprise. Ils sont à
environnementale
ne pas se sentir concernés par le sujet.
En compilant les engagements des multinationales européennes, un autre consultant apporte une grille de lecture tout aussi inquié- tante. Si elles ne changent pas de braquet carbonique, les multina- tionales nous entraînent vers un réchauffement de 2,7 °C d’ici à la fin du siècle, calcule le Carbon Disclosure Project – CDP*.
Parcours du combattant
Climate business = greenwas- hing ? Ce n’est pas aussi simple. D’abord, parce que réduire à néant ses émissions de gaz à ef- fet de serre (surtout si l’on veut réduire les émissions imputables aux clients, le fameux Scope 3) re- lève du parcours du combattant. « Les entreprises visent la neutra- lité carbone sans toujours savoir comment l’atteindre », confirme Claire Tutenuit, déléguée géné- rale d’Entreprises pour l’environ- nement, une association de mul- tinationales françaises.
Au grand bénéfice des cabinets conseil spécialisés dans la straté- gie carbone des entreprises. « Il faut commencer par planifier, calculer l’empreinte carbone, étu- dier ce qui se fait dans le secteur avant d’élaborer des engagements d’où découlera une stratégie. En- suite, il faut scénariser la transi- tion, suivre et évaluer sa progres- sion », résume une consultante d’Eco-Act, l’un des leaders de ce marché naissant. Pas simple. A fortiori dans une période de crise.
Pression continue
Pour autant, le mouvement semble irrépressible car la pres- sion politique va s’accentuer.
Le climat est aux
nouveaux modèles
d’affaires...
Pendant que les multinationales s’échinent à trouver la recette de la neutralité carbone, des pionniers développent des marchés de niche. Promis à un brillant avenir.
 30 % des PDG interrogés s’inquiètent des possibles effets du réchauffement pour leur entreprise. Ils sont à peine moins nombreux (27 %) à ne pas se sentir concernés par le sujet.
     42 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[                     Organisez vOtre prOchain séminaire dans un lieu unique et préservé !
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 ]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
triques à gaz.
Outre-Atlantique, l’administra- tion Biden prévoit de décarboner totalement la production d’élec- tricité d’ici à 2035. Audacieux, si l’on se souvient que charbon, gaz et fioul produisent encore les deux tiers des mégawattheure consom- més aux États-Unis. Depuis que le Grand timonier Xi Jinping a fixé pour 2060 l’échéance de la neutralité carbone chinoise, les investissements pro-climat se multiplient. Fin 2020, la Bourse de Shanghai recensait plus de 400 opérations de financements (émissions d’obligations vertes) de décarbonation, pour un to- tal de 247 milliards de yuans (32 milliards d’euros). L’ouver- ture annoncée, au printemps, du marché du carbone devrait faci- liter le grand bond en avant façon Mao du business du carbone dans l’empire du Milieu.
Énormes, les normes
    Pour réduire de 55 % les émis-
sions européennes, entre 1990
et 2030, la Commission va ren-
forcer le « marché du carbone »
(ETS). L’aviation civile et la ma-
rine marchande devront ache-
ter des quotas d’émissions. Déjà
partie à l’ETS depuis 2005, l’in-
dustrie lourde (acier, aluminium,
énergie, verre, ciment) devra aug-
menter ses provisions de quotas,
à des prix toujours plus élevés.
En un an, le coût de l’émission
d’une tonne de CO2 a doublé en
Europe. Cette inflation durera
aussi longtemps que les alloca-
tions de quotas diminueront. En
cours de finalisation, le règlement
européen sur la taxonomie don-
nera aux investisseurs le moyen
de distinguer les investissements
« bas carbone ». Le fléchage de
l’argent a commencé. Depuis le
début de l’année, la Commission
interdit à la Banque européenne
d’investissement de financer des
projets consommateurs d’éner-
gies fossiles. De quoi donner un
coup d’arrêt à la construction
de gazoducs et de centrales élec-   norme de neutralité carbone,
  Les normalisateurs ne sont pas en reste. L’Organisation mondiale de la normalisation prépare une
déjà baptisée ISO 14068. Les re-   les plus difficiles à maîtriser.
   commandations de bon reporting
climatique, élaborées par la Task
Force on Climate-related Finan-
cial Disclosures (TCFD), sont
de plus en plus suivies par les
multinationales2. Important, car
un rapport annuel siglé TCF est
l’objet de toutes les attentions de
la part de l’investisseur partant
pour décarboner son portefeuille.
Quelques pionniers s’activent sur
des marchés de niche, appelés à
une forte croissance. Depuis le
17 mars, Arcelor Mittal propose
de l’acier six fois moins carboné
que d’habitude. Produit dans des
installations expérimentales qui
tournent au charbon d’origine
végétale ou qui captent le CO2 à
la cheminée, cet X-Carb permet
aussi au géant de l’acier de réduire
ses émissions classées en Scope 3 :   porteurs de la décennie. Le sec-
Soutenu par Equinor, Total et Shell, le norvégien Northern Lights propose de collecter le gaz carbonique des industriels situés au bord de la mer du Nord, de le transporter par bateau avant de l’injecter dans d’anciens gise- ments sous-marins d’hydrocar- bures. Avec son programme Por- thos, le port de Rotterdam lance une offre concurrente. Depuis trois ans, Shell « compense » (en finançant la plantation de forêts) les émissions de dioxyde de car- bone des automobilistes qui font le plein dans ses stations jaunes et rouges.
  Aspirateurs à CO2
La compensation sera probable- ment l’un des business les plus
 44 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
indice ESG : en être ou pas
Un nouvel indice boursier vise à rassembler les 40 entreprises socialement responsables, le CAC 40 ESG. Il fut lancé par Euronext, la principale place boursière de Paris, le 22 mars. L’objectif de la démarche : répondre à la demande croissante en termes d’investissement dans la finance durable. « Le lancement de l’indice CAC 40 ESG constitue une étape importante dans l’accélération de la transition vers une économie durable »,
a expliqué Stéphane Boujnah, patron d’Euronext, dans un communiqué. D’ores et déjà, neuf sociétés du CAS 40 sont
exclues du nouvel indice : Airbus, Alstom, ArcelorMittal, Dassault- Systèmes, EssilorLuxottica, Hermès, Saint-Gobain, Thales et Total. À l’opposé, neuf sociétés cotées sur l’indice élargi SBF 120 intègre le CAC 40 ESG : Accor, Arkema, EDF, Gecina, Klépierre, Sodexo, Solvay, Suez et Valeo. Comme pour le CAC 40, la composition du nouvel indice sera revue tous les trimestres par le comité scientifique des indices d’Euronext.
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[                 Les entreprises visent la neutralité carbone sans toujours savoir comment l’atteindre – Claire Tutenuit, Entreprises pour l’environnement
1Organisme « de bienfaisance » à
but non lucratif qui gère le système mondial d’information de telle
sorte qu’investisseurs, entreprises, villes, États et régions gèrent
leurs impacts environnementaux. L’économie mondiale considère le CDP comme l’étalon-or de l’information environnementale.
2La Task Force on Climate-related Financial Disclosures a été mise
en place, en 2015, par le conseil de stabilité financière des pays du G20 pour normaliser la partie climatique de l’information extra-financière des entreprises.
3 https://blogs.microsoft.com/on-the- issues/2020/07/21/carbon-negative- transform-to-net-zero/
business guide
pratique
      de captage direct de carbone   aussi « récupérer » tout le gaz car-
   (DAC) comparable. Stripe et Shopify, deux entreprises de com- merce électronique consacrent, chacune, un bon million de dol- lars par an pour développer une technologie comparable. Déjà neutre en carbone, Microsoft veut
bonique émis depuis sa création en 19753. Le groupe créé par Bill Gates devrait prochainement dé- voiler son aspirateur à carbone. Gageons qu’il saura en faire un bon usage... commercial.
valÉrY laramÉE DE TaNNENBErG
    teur aérien mondial, des cen- taines de multinationales, des compagnies pétrolières achète- ront des crédits volontaires (qui paieront les forestiers ou les res- taurateurs de mangrove) pour « compenser » leurs émissions incompressibles. McKinsey es- time que la demande pourrait at- teindre 8 à 12 milliards de crédits (un crédit vaut une tonne de CO2 ou de gaz à effet de serre – GES) par an à l’horizon de 2030. Le marché pourrait alors peser une cinquantaine de milliards de dol- lars par an, estime le consultant. Faute de technologie miracle, ce chiffre d’affaires va sans doute quadrupler en 20 ans, pronos- tiquent les analystes de la banque d’affaires Berenberg.
Technologie miracle ? Ils ne présentent pas comme ça leurs drôles de machines! Mais l’idée est bien là. Climeworks et Car- bon Engineering ont développé des systèmes d’absorption du CO2 atmosphérique. Leurs bat- teries de ventilateurs géants font passer l’air ambiant sur des filtres aux amines qui captent le gaz car- bonique. Lequel sera valorisé (en serriculture, pour la production de boissons gazeuses), injecté dans une structure géologique étanche, voire transformé en car- bonates.
Coca-Cola utilise le CO2 produit par le suisse Climeworks pour gazéifier ses eaux minérales Val- ser. Bien loin des Alpes, Occiden- tal Petroleum et United Airlines investissent des millions dans la construction d’une installation
   ecoreseau.fr avril-mai 2021
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Bénédicte Roget :
]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
briefing rh & formation
Les start-up
  le chiffre
92%
Patrick levy Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement
Une inspiration Lpour l’après-crise
e 13 avril 2020, devant près « le back-office de la société de de 40 millions de télés- services », c’est-à-dire tous les tra- pectateurs, le Président vailleurs modestes, du livreur à la de la République faisait caissière en passant par l’aide-soi-
aux Français·es confiné·es depuis gnante ou le manutentionnaire,
de Mines-Télécom
des entreprises de plus de 1 000 salarié·es font du blended learning (formation mixte) dans
le domaine de la formation continue (il s’agit d’un dispositif qui combine deux modalités d’apprentissage, l’elearning, apprentissage
en ligne, et le présentiel, formation classique. Contre 86 % pour celles qui comptent entre 100 et 1 000 salarié·es et 77 % pour les moins de 100 salarié·es. Des chiffres qui risquent de fortement bouger avec le contexte actuel... (6e enquête annuelle de l’ISTF, les chiffres 2020 du Digital Learning).
Passer de start-up à scale-up et se déployer à l’international est devenu un point d’achoppement pour nombre de jeunes
pousses françaises. Pour accompagner les
entrepreneurs, l’Institut Mines-Télécom et
l’université de Pretoria démarrent leur pro-
gramme d’accélération croisée entre la France
et l’Afrique du Sud avec la première édition
du Cross Acceleration Exchange Programme.
Ce concours, ouvert à toutes les start-up des
incubateurs de l’IMT et de leurs partenaires,
teste et valide leur modèle d’affaires pour un développement à l’interna- tional sur le marché de la tech africaine. Le concours s’adresse aux start- up matures qui ont déjà une activité commerciale sur leur territoire avec des clients à leur actif et un CA démontrant l’adéquation de la technologie avec le marché. En France, les jeunes pousses seront accompagnées par Euratechnologies, classé dans le top 3 des accélérateurs en Europe et parte- naire d’IMT Lille Douai via son incubateur. Côté sud-africain, elles seront prises en charge par TuksNovation, spécialisé dans le développement des entreprises technologiques. Cet incubateur s’inscrit dans un écosystème construit autour de l’innovation. Il met en relation innovateurs scienti- fiques et technologiques, entreprises et enseignants-chercheurs. n
l’ieseg lance un challenge en data visualization avec Cofidis
Nouveau challenge ! Dataviz met au centre du village étudiant un enjeu réel du secteur bancaire à travers la thématique « Données du quotidien du responsable commercial ». Il s’agit d’améliorer l’expérience métier des responsables commerciaux en charge de la gestion des enseignes partenaires de Cofidis qui proposent leurs
solutions de crédit et reçoivent tous les jours des dizaines d’informations variées. Le challenge porte sur le « comment
faire » pour présenter ces informations de façon synthétique, efficace et agréable afin de faciliter le travail des responsables commerciaux. Dans le cadre de ce projet, les étudiants recevront ainsi une base
de données (anonymisée) qu’ils transformeront ensuite en visuel en utilisant le logiciel de data visualization de leur choix.
Nouveau partenariat entre iris Sup’ et Neoma Business School
Iris Sup’, l’école de l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) et Neoma ont signé un partenariat global au croisement de la géopolitique et du management, avec quatre parcours dédiés pour les étudiant·es du programme Grande école, des événements communs
et l’élaboration de nouveaux programmes conjoints. Quatre parcours mixtes seront proposés pour analyser des contextes complexes et acquérir des clés de compréhension spécifiques : géoéconomie, gestion des risques et responsabilité de l’entreprise, défense, sécurité et gestion de crise, géopolitique et prospective, manager de programmes internationaux humanitaire et développement.
Ne vous souciez pas d’être sans emploi, souciez-vous plutôt d’être digne d’un emploi
Confucius, in Entretiens
tournées vers l’Afrique
       un mois une promesse, celle pré- cisément que les révolutionnaires de 1789 avaient déjà faite avant lui au tiers-état : « Il nous faudra nous rappeler aussi que notre pays, aujourd’hui, tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. Ces mots, les Français·es les ont écrits il y a plus de 200 ans. Nous devons aujourd’hui reprendre le flam- beau et donner toute sa force à ce principe. » C’est le projet du livre de Denis Maillard : Indispensables mais invisibles, reconnaître les tra- vailleurs en première ligne (éd. de l’Aube). Dans ce petit texte inci- sif, l’auteur décrit ce qu’il appelle
quiontfaittenirlepaysilyaun an.
Quelles sont leurs conditions de travail et surtout quelles sont les raisons qui les rendent socialement invisibles alors même que la crise a prouvé leur utilité ? C’est tout l’intérêt de l’ouvrage : réduire la pénibilité pour rendre ses travail- leurs à leur dignité, ouvrir le chan- tier des compétences réelles pour affermir leur utilité et organiser leur représentation pour leur offrir une nouvelle visibilité, tels sont les trois chantiers sociaux mais aussi politiques que l’auteur nous invite à ouvrir d’urgence.
L’après crise sanitaire a déjà com- mencé et nous serions tous bien inspirés de le lire pour agir. n
   46 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation
 arts visuels et de la scène pour audencia
Au nom d’un partenariat avec New York Film Academy (NYFA), les étudiant·es seront désormais à même de choisir parmi un large éventail de programmes d’arts visuels et de la scène qui incluent la réalisation de films, le jeu d’acteur pour le cinéma, l’animation 3D
et les effets visuels, le journalisme audiovisuel, la cinématographie, le montage numérique, la réalisation de documentaires, la conception de jeux, la conception graphique, le théâtre musical. Cette approche entend
faire monter en compétences les étudiant·es sur de nombreux soft skills : organisation, leadership, rédaction et pensée critique via la production de livrables complexes. Plus largement, ce partenariat s’inscrit dans le nouveau plan stratégique d’Audencia, Ecos 2025,
qui met l’accent sur l’orientation des formations vers l’interdisciplinarité à travers de nouveaux parcours doubles compétences (national et international). L’école s’attache dès à présent à ce que ses étudiant·es développent trois types de compétences : comportementales, professionnelles et sociétales, pour être des acteurs·rices demain de la transformation « vertueuse » des entreprises et de la société.
Bachelor en gestion et négociation immobilières chez Excelia
Assorti du titre RNCP niveau
6 (bac +3) « Responsable
en gestion et négociation immobilières », certifié par l’État. Ce nouveau programme s’adresse à des étudiant·es titulaires d’un bac +2 minimum, pour une intégration directe en 3e année. Il s’appuie sur un partenariat avec l’Imsi (Institut du management
des services immobiliers),
spécialiste depuis 22 ans des formations aux métiers de l’immobilier, avec des campus implantés à Paris, Lyon et Toulouse.
Nouveau mS Entrepreneuriat familial et croissance durable par audencia
En France, plus de 80 % des entreprises sont fondées avec un
capital familial et dirigées avec un véritable respect des valeurs de
la famille fondatrice. Pour tenir compte de ce chiffre-clé, Audencia
a souhaité mobiliser les
outils spécifiques de
l’entrepreneuriat et de
l’intrapreneuriat pour aider
les entreprises familiales
à perdurer dans le temps
et s’engager dans une
croissance durable, en créant
ce nouveau programme.
Il assure l’accès à des
réseaux professionnels et
académiques d’entreprises
familiales d’échelle régionale,
nationale, européenne et internationale – Medef, FBN (Family Business Network), STEP (Successful Transgenerational Entrepreneurship Practices) via la chaire Entrepreneuriat familial et société d’Audencia. En parallèle des cours et projets, un module est consacré au développement personnel où chacun est accompagné individuellement tout au long de l’année pour se préparer à candidater, à construire un projet professionnel, préparer sa carrière, choisir son stage et préparer sa thèse professionnelle.
   48 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[ Entreprise reconfinée,
Lentreprise libérée ! e prochain confinement risque fort
sont comportés en véritables hérauts. Mais il ne faut pas confondre la logique d’outil- lage avec la démarche d’organisation. Une entreprise peut très bien être suréquipée tout en étant mal organisée. Aujourd’hui, les sociétés qui fonctionnent le mieux en mode confinement sont celles qui, au-delà de l’équipement de leurs salarié·es, ont défi- ni des rôles et des responsabilités et ce, dans une quadruple logique : responsabilisation, subsidiarité, confiance et autonomie. L’en- treprise libérée, de type rebelle ou Opale, est une entreprise bien plus efficace que celle is- sue du modèle hiérarchique.
Plus on parvient à rendre les collabora- teurs autonomes, tout en restant conscient de faire partie d’un écosystème, plus on converge vers des systèmes de fonctionne- ment optimaux et épanouissants ! n
Christophe legrenzi de l’entreprise Acadys, membre Ethic
briefing rh & formation
pratique
  Nouveau mSc Space Communication par l’iNP Toulouse
En septembre 2021, Toulouse INP ouvrira le Master of Science Space Communication Systems (Systèmes de communication spatiale, MSc Satcom), grâce aux compétences des enseignant·es de Toulouse INP- ENSEEIHT, de leurs activités de recherche et de son
réseau de partenaires industriels. D’une durée de 2 ans et 100 % en anglais, ce MSc Satcom s’adresse aux étudiant·es et aux professionnels internationaux qui veulent devenir
des expert·es des télécommunications satellites et bénéficier de l’expertise française à cet égard. À l’issue de
la formation, les participant·es obtiendront un master universitaire français. Le MSc Satcom sera également proposé aux étudiant·es étranger·ères, notamment dans le cadre d’Universeh, l’Université européenne de l’espace, à laquelle participe activement Toulouse INP (https://universeh.eu/). Ce regroupement universitaire européen tend à faire en sorte que l’Union européenne reste le leader mondial des activités liées à l’espace. Universeh encourage les échanges d’étudiant·es entre établissements partenaires : université du Luxembourg, université de technologie de Lulea (Suède), université AGH de science et technologie Cracowie (Pologne), université HHU de Düsseldorf (Allemagne), université fédérale Toulouse Midi-Pyrénées.
Bachelor en biotech chez Sup’Biotech
Dès la rentrée 2021, l’école Sup’Biotech proposera son bachelor en biotechnologies. Une formation
professionnalisante, accessible après
le baccalauréat. Aujourd’hui, de nouvelles méthodes de production émergent et les modèles biologiques deviennent plus complexes à analyser. L’humain
est à la recherche de produits plus naturels, sains et respectueux de l’environnement.
Ce cursus est essentiellement basé sur la pratique en laboratoire. Très professionnalisant, il est composé à plus de 50 % de projets avec des objectifs variés. Il se compose de deux piliers d’apprentissage. L’acquisition de bases théoriques et techniques solides autour des sciences du vivant et des sciences fondamentales. Le développement de compétences en management de projet.
Petits débriefs
Le grade master de l’EM Strasbourg est renou- velé pour 5 ans • L’Edhec Business School et Eurecom annoncent un rapprochement stra- tégique à long terme portant à la fois sur les dimensions recherche, entrepreneuriat et en- seignement • L’ENSCBP-Bordeaux INP renou- velle sa labellisation DD&RS pour 4 ans.
J’aime ma boîte
   d’accentuer la fracture numérique, organisationnelle et surtout ma- nagériale de nos organisations pu-
bliques et privées. Certes,
boratifs se sont généralisés. Mais sans une démarche d’organisation structurée, d’un management repensé où chaque collabora- teur voit ses responsabilités clairement défi- nies, les entreprises ne tireront pas la quin- tessence des organisations libérées. Tout le monde s’accorde à dire que le confinement accélère la transition numérique, et c’est vrai au moins en ce qui concerne le télétravail. Face à la situation inédite que nous vivons actuellement, certains dirigeants semblent tentés de penser qu’avec la panoplie d’outils de visioconférence, de messagerie instan- tanée et de partage de dossiers dont sont équipés leurs collaborateurs, leur entreprise est sauvée et va fonctionner de manière optimale. Saluons au passage les direc- teurs des systèmes d’information qui se
les outils colla-
                                ecoreseau.fr avril-mai 2021
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents Formations
sur-mesure en entreprise
Des dirigeants aux salarié·es,
des urgences adaptées à toutes les attentes
Se numériser à marche forcée, c’est acté. Encore faut-il que les patron·nes se forment eux et elles aussi en accéléré, en compagnie de leurs collaborateurs promus. Les solutions b to b to c séduisent.
L’univers professionnel se   novation quasi constante. Pour
   montre plus que jamais en constante évolution technologique et orga-
nisationnelle. Pour y répondre, une solution majeure, la forma- tion professionnelle sur-mesure. Il faut faire face en un temps record à la concurrence et faire en sorte que les salarié·es soient à jour des avancées technolo- giques. Les univers concurren- tiels imposent aux entreprises d’adopter une démarche d’in-
commencer le changement au cœur de l’entreprise, le top ma- nagement comprend la nécessité d’investir dans la formation des collaborateur·rices, condition de compétitivité. « Les forma- tions sur-mesure ont vocation à soutenir les programmes de transformation dans les organi- sations, avec comme exemple le plus probant les projets de trans- formation des communautés managériales. L’enjeu, l’accom- pagnement des équipes dans l’évolution de leur modèle de management et de leadership », explique Gilles Basset, direc-
 Nous constatons une progression croissante pour le développement du leadership – Gilles Basset, emlyon
    50 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                Faites grandir
et transformez
votre capital humain
Programmes de formation sur-mesure et
intra-entreprises
Contact :
Gilles Basset, Directeur du développement
formation sur-mesure basset@em-lyon.com +33(0)787811297
executive.em-lyon.com /sur-mesure
    emlyon business school est un établissement privé d’Enseignement Supérieur technique reconnu par l’Etat - Avril 2021 - Toutes les marques sont déposées - *Entrepreneurs visionnaires |
Crédit Photo : Etienne Boulanger - emlyon executive education - Société par actions simplifiées au capital de 4.352.710 euros - Siège social : 23 avenue Guy de Collongue - 63130 Ecully - 505 388 017 RCS LYON
]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
      handicapés sûrement, entrepreneurs avant taout !
Hamou Bouakkaz
Secrétaire général de l’association h’up entrepreneurs
Prendre les discriminations à bras-le-corps.
H’Up se réjouit du lancement par le gouvernement de la grande consulta- tion en ligne sur les discriminations.
Via le site consultationdiscrimination.gouv.fr,les citoyens pourront se pro- noncer sur huit domaines : l'emploi, le logement, les transports, la sécurité, l'accès aux loisirs, aux services publics, aux soins et les assurances, banques et mutuelles.
Que vous soyez handicapé ou non, ce sujet vous concerne.
Le handicap est en effet pour la quatrième année consécutive le premier motif de saisine du défenseur des droits.
Si H’Up compte nombre d’entrepreneurs par choix, force est de constater que beaucoup de personnes handicapées ont créé l’emploi qu’ils n’ont ja- mais pu trouver dans les entreprises existantes.
Cette situation n’est pas fatale.
La construction d’une France complètement universelle est un « work in progress » et chacun d’entre nous peut y contribuer.
Je forme le vœu que chaque entrepreneur s’empare de cette consultation pour populariser les nombreuses bonnes pratiques, l’arbre qui tombe fai- sant toujours plus de bruit que la forêt qui pousse.
Selon le cabinet de conseil PwC, 77 % des salarié·es sont prêt·es à acquérir de nouvelles compétences ou à se former complètement à une autre activité.
teur du développement des pro-   sont des offres de programmes
      grammes sur-mesure à emlyon. « D’autres programmes vont ci- bler un groupe clé, par exemple des hauts potentiels, pour les former dans les domaines de l’innovation ou de la conduite du changement. Les participants deviennent ainsi des ambassa- deurs du changement. »
qui associent hard et soft skills, et mise en œuvre sur le terrain. » À emlyon, les formations soft skills axées leadership représentent 50 à 60 % des demandes. « Nous constatons une progression croissante pour le développe- ment du leadership », confirme le directeur du développement des programmes sur-mesure. Autre tendance lourde, les de- mandes relatives à la capacité à absorber les chocs, à anticiper et à comprendre le potentiel des ruptures et des innovations. Ces demandes intègrent alors les thèmes de la RSE, la numérisa- tion, l’IA dans le business... En- fin, autre demande : les forma- tions de « reskilling ». « Il s’agit pour les entreprises de transfé- rer des collaborateurs d’un mé- tier à un autre. Certains secteurs tels la banque et l’industrie sont particulièrement demandeurs. Ces formations “réarment” en apprenant des métiers qui n’ont
La formation sur-mesure
connaît des tendances
L’offre de formation dispensée
sous toutes les formes est plé-
thorique. Là où le sur-mesure en
btobtoctiresonépingledujeu
grâce, c’est précisément grâce à
son adaptabilité. « Nous remar-
quons une baisse des formations
de spécialisations et d’appro-
fondissement de type finance,
marketing, commercial... », fait
remarquer Gilles Basset. Selon
lui, c’était inéluctable : tout ou
presque existe déjà et est acces-
sible sur Internet ou en e-lear-
ning ! « Ce qui manque souvent
aux formations en e-learning, ce   parfois rien à voir avec son em-
 52 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[ L’amélioration des compétences va accroître les inégalités sociales alors qu’elle devrait aboutir exactement au contraire – Pierre-Antoine Balu, PwC.
ce point de vue, les avantages de   acquiert de nouvelles compé-   parcours suivis, le programme
carrières & talents
pratique
        la formation sur mesure inter
ou intra-entreprise(s) sont nom-
breux. Outre le gain de compé-
tence, on reste acteur·rice de son
évolution professionnelle. On
actualise ses connaissances, on   ploi. Selon les formations et le
tences, on renforce ses capacités
d’adaptation et on se prépare à
un changement d’activité. Tout
ça sur le lieu de travail, dans un
contexte de maintien de l’em-   ment de poste ou d’emploi. Ou
se voit validé par un diplôme d’école de commerce. Un atout majeur pour renforcer un profil dans l’option d’un futur change-
   ploi d’origine, mais auxquels le salarié va prétendre après une formation adéquate. »
Des salarié·es en quête de nouvelles compétences Selon une étude réalisée par le cabinet de conseil PwC, 77% des salarié·es sont prêt·es à ac- quérir de nouvelles compétences ou à se former complètement à une autre activité. L’étude Hopes and Fears report a été menée au- près de 32 500 salarié·es de 19 pays, dans un contexte de crise sanitaire. Mais cette crise n’a fait qu’accentuer des tendances déjà existantes. 60 % des personnes interrogées craignent que l’au- tomatisation ne mette en dan- ger de nombreux emplois, 48 % pensent que l’emploi tradition- nel n’existera plus à l’avenir et 39 % qu’il est probable que leur emploi sera obsolète d’ici à cinq ans. Les Français·es se montrent particulièrement dubitatif·ves face aux bénéfices de la techno- logie sur leurs métiers. Dans un contexte où la morosité prime, une formation d’évolution vers de nouvelles compétences est cruciale. 74 % considèrent la formation comme une ques- tion de responsabilité person- nelle. Autant de raisons qui les poussent à recevoir avec intérêt les propositions de formations b to b to c de leur employeur. De
   eec co or re es se ea au u. .f fr r a av vr ri il l- -m ma ai i 2 20 02 21 1 | | 5 5 3 3
]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[pratique
carrières & talents
l’autoestime, la confiance en soi et le leadership.
Un argument RH
pour fidéliser les talents L’enquête révèle également des disparités dans la montée en compétences (upskilling). Alors que 46 % des personnes titu- laires d’un diplôme d’études supérieures affirment que leur employeur leur offre de nom- breuses possibilités d’améliorer leurs compétences numériques, 28 % seulement des personnes titulaires d’un diplôme scolaire sont du même avis. Ces pour- centages sont notamment vi- sibles dans des secteurs comme le commerce de détail ou les transports qui n’obtiennent res- pectivement que 25 % et 20 %, tandis que le secteur bancaire se
Franck Roger, directeur du développement chez Kedge
« Nous constatons une forte demande pour les formations qui visent à travailler ensemble, à collaborer »
actuelles en matière d’accès à la formation persistent, l’amé- lioration des compétences va accroître les inégalités sociales alors qu’elle devrait aboutir exactement au contraire », es- time Pierre-Antoine Balu, asso- cié responsable des activités de conseil People et Organisation chez PwC France et Maghreb. « Les gouvernements et les chefs d’entreprise doivent travailler ensemble pour intensifier leurs efforts afin de garantir que les personnes des secteurs et des groupes les plus exposés bénéfi- cient des opportunités dont elles ont besoin. L’automatisation et l’accélération technologique sont inévitables, mais nous pou- vons contrôler si leurs effets né- gatifs sont gérés ou non. »
mariE BErNarD
l’entreprise. Certaines formations bénéficient d’une prise en charge de branche. Dans d’autres cas, les dirigeant·es proposent aux salarié·es de mobiliser leur CFP et de plus en plus complètent ces financements par de l’abondement.
Quelles nouveautés prévoyez- vous pour 2021 ?
Début septembre, notre Programme de management général (bac +3-4) sera lancé
en 100 % distanciel. Il s’agit d’un programme qui va notamment dans certaines entreprises donner le moyen de passer au statut cadre ou de valoriser une compétence. La formule en distanciel répond à une demande forte. Elle ne consiste pas en
du simple e-learning mais a été conçue comme un parcours structuré, fait d’expériences où
le participants est fortement accompagné, voire tutoré. Le programme dure 10 mois. Nous l’avions lancé en priorité en b to b to c à la demande des entreprises, mais un nombre croissant de personnes souhaitent l’intégrer dans une démarche individualisée.
tout simplement pour renforcer   hisse à 42 %. « Si les tendances
      54 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
Quel type de formation proposez- vousenbtobtoc?
Depuis plus de 30 ans, nous proposons une offre de formation reconnue et adaptée à un public en activité, en inter ou intra- entreprise(s). Nous sommes de plus en plus sollicités par les entreprises pour des parcours sur- mesure. Cette activité a connu une très forte accélération au cours des cinq dernières années. Actuellement, nous formons quasiment 4 000 collaborateurs par an dans le cadre de la formation sur-mesure. Notre
offre compte un peu plus de 120 dispositifs entreprises lancés par an en France et à l’international. La plupart sont certifiants. Ils
se complètent par des parcours collectifs ou individuels allant jusqu’à la diplomation.
Quelle est votre méthodologie pour établir un programme ? Nous travaillons en phase amont sur les besoins de l’entreprise. Nous ne répondons pas à un appel d’offres tant que nous n’avons pas compris précisément ses besoins. Lorsque nous répondons à une demande, nous proposition est retenue dans plus d’un cas sur deux. Plus qu’un organisme de formation, nous sommes partenaire
financier et administratif de l’entreprise. Nous avons mis
au point une méthodologie d’accompagnement et de pilotage des programmes axée sur la coconstruction et la définition commune de KPI [Key Performance Indicator, Indicateur clé de performance] pour mesurer le résultat, développer les compétences et atteindre
la transformation effective des pratiques.
À quels besoins spécifiques répondent les formations ?
Nos dispositifs vont construire aussi des parcours individuels tout en répondant aux besoins spécifiques de l’entreprise. De
la VAE jusqu’à l’obtention d’un diplôme, le sur-mesure donne aux participant·es le bénéfice plein de la formation dans leur parcours personnel. Nous savons par exemple concevoir « un mini-MBA » pour des salarié·es pressenti·es pour rentrer dans les comex ou codir. Nous prenons acte des attentes de l’entreprise et des collaborateur·rices et nous concevons les programmes en fonction.
Quelles thématiques ont-elles le vent en poupe ?
Nous constatons de manière
très claire une forte demande pour les formations qui visent à travailler ensemble, à collaborer. L’autre tendance concerne
des compétences pratiques : comment manager à distance, comment collaborer dans l’environnement de l’entreprise. Une autre demande importante concerne les métiers en tension. Nous travaillons avec les branches professionnelles pour construire des programmes en alternance, en apprentissage ou en formation continue. Enfin, de nombreux acteurs souhaitent se préparer aux métiers de demain. En 2023-2025, de nouvelles compétences seront nécessaires pour piloter les entreprises comme le management de la data.
De quelles solutions l’entreprise dispose-t-elle pour financer
le coût d’une formation sur mesure ?
Nous ne parlons pas de coût, mais plutôt d’investissement. Son montant varie selon la durée de la formation notamment. Certains parcours longs, de
10 à 20 jours, représentent un investissement important, mais qui est intégré dans un plan stratégique. De manière générale, on s’adapte au fonctionnement de
  ]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                   University of Geneva
Come discover our bi-weekly and block MBA programs Adapted for participants from all around the world
 Executive MBA www.emba-unige.ch
Program Highlights: Wide Choice of Specializations | Located at the heart of Geneva | Vast networking events & activities | Wide range of nationalities | Cutting-edge research center | Reasonable class size
University of Geneva Uni Pignon – 42 bd du Pont d’Arve 1205 Geneva - Switzerland
   ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
 IMMOBILIER NEUF
 ET DÉFISCALISATION
PAR LE DON
Les meilleures stratégies de placements
Immobilier neuf : où est passée l’offre ?
IFI et IR, réduire ses impôts pour faire le bien
Baromètre patrimoine & fiscalité
Baromètre finance de marché
Culture & Co
Essais auto Dansl'airdutemps:autoprotectionpatrimoniale,voituresanciennes,leplacementvaccinal Art du temps
p. 58 p. 64 p. 70 p.74 p. 78 p. 80 p.84 p. 88
56 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                                 POUR INVESTIR, CHOISISSEZ L’IMMOBILIER
   ca-immobilier.fr
La société venderesse (CRÉDIT AGRICOLE IMMOBILIER PROMOTION – Siège social 12 place des États-Unis, 92545 Montrouge cedex – Société par Actions Simplifiée au ca- pital de 56 278 960 euros – Plus d’informations sur les différentes résidences, les délais de livraison des appartements et leurs prestations, par téléphone au 09 77 422 422 (ap- pel non surtaxé, coût d’un appel local, passé du lundi au jeudi de 9h à 19h et le vendredi de 9h à 18h) et sur notre site Internet à la page dédiée http://www.ca-immobilier.fr/offre. Crédit photos : Istock. Illustrations : Virtual Building. Illustrations non contractuelles dues à une libre interprétation de l’artiste et susceptibles de modifications pour raisons tech- niques et administratives. Conception : SEPPA Communication. Toute reproduction totale ou partielle sans l’autorisation de Crédit Agricole Immobilier Promotion est interdite. © Crédit Agricole Immobilier Promotion. Avril 2021.
  Mon patrimoine, c’est le moment de le diversifier !
]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
patrimoine
Immobilier neuf : où est passée l’offre ?
(+ 0,3 %, à 3 732 euros/m2) af- ficheraient sur un mois des va- riations positives. Une évolution en ordre dispersé qui s’explique en grande partie par le change- ment de paradigme des acqué- reurs. Après des confinements successifs et des restrictions sanitaires sans fin, les ménages des métropoles se lassent de leurs logements étroits et sans véritable extérieur. « J’observe que la tendance, qui existait déjà, d’une fuite des ménages des grandes métropoles vers des villes moyennes, s’est accélérée avec la crise sanitaire. Ils re- cherchent plus d’espace, de qua- lité de vie, à moindre coût. Dans ce cadre, l’essor du télétravail a été déterminant. Les ménages recherchent un équilibre entre leur vie personnelle et le bu- reau où ils se rendent de temps en temps seulement. Aussi, les villes à une heure des grandes métropoles sont particulière- ment recherchées, notamment autour de Paris », indique Phi- lippe Buyens, directeur général de Capifrance. Avec le Grand Pa- ris par exemple, le 13e arrondis- sement se trouvera à 15 minutes d’une ville comme Orly. De même, les ménages plébiscitent des villes comme Chartres ou Orléans très bien desservies en TGV. Selon l’étude d’Artémis, sous le double impact du télétra- vail et du niveau de vie, l’exode urbain est davantage partagé par les cadres et les professions intellectuelles supérieures, en particulier ceux qui vivent dans l’agglomération parisienne. « On constate que beaucoup de ménages installés au cœur des métropoles envisagent sérieuse- ment de franchir les périphéries pour profiter d’un bien avec un extérieur, de prix plus abor- dables et d’une meilleure qualité de vie », renchérit Philippe Zil- berstein, conseiller du président de Capelli et ancien président de Nexity Conseil et Patrimoine.
La revanche
des villes moyennes
Une tendance qui n’est toutefois pas près d’impacter les prix de la capitale, selon les profession- nels. Au contraire. « Les prix de- vraient continuer de progresser à Paris cette année, de l’ordre de5%.Entoutcasilsnebais- seront pas. La désaffection de certains est largement compen- sée par une offre insuffisante et l’intérêt renouvelé de la clientèle
La revanche
des villes moyennes
 Un an après le premier confinement, l’évolution du marché français de l’immobilier suscite des interrogations. Après
des années de progression ininterrompue des prix, certains professionnels redoutent leur baisse en raison de l’impact économique de la crise sanitaire sur les ménages. Or la réalité du marché semble tout autre. Malgré la pandémie, la demande reste suffisamment ferme dans les grandes métropoles
pour stabiliser les prix. Certes, ces villes souffrent du regain d’intérêt des ménages urbains pour l’air de la province, mais pas de quoi provoquer un krach à Paris, Lyon ou Marseille.
En revanche, ce goût des Français·es pour l’espace, la
verdure et le besoin d’un quotidien moins anxiogène profite clairement aux villes moyennes, situées à une heure des grandes villes. En réalité, c’est plutôt l’état de santé de l’offre qui pose question. En 2020, les confinements successifs et les élections municipales ont fortement freiné le marché du neuf à tel point que les promoteurs éprouvent désormais les pires difficultés à répondre aux besoins des ménages dans les métropoles comme dans les villes de province.
L’immobilier
de province garde la cote « Malgré ces mois difficiles, l’envie et la confiance des Fran- çais·es dans la pierre résistent relativement bien à cette crise », observe Artémis courtage dans son dernier sondage. Pourtant, d’autres études publiées ces dernières semaines témoignent de l’impact de la crise sanitaire sur le marché de l’immobilier résidentiel. Selon l’indice des prix immobiliers Meilleur- sAgents-Les Échos, par exemple, Paris afficherait un nouveau recul de 0,3 % de son prix en fé- vrier pour descendre au 1er mars à 10 318 euros le mètre carré. Depuis septembre, la baisse at- teindrait 2,5 %. En province, la situation serait comparable dans les dix plus grandes mé- tropoles. Seules Nantes (+ 0,5 %, à 3 557 euros/m2) et Rennes
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avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                Les belles adresses Sefri-Cime pour habiter ou investir
dans la dynamique du Grand Paris
À proximité immédiate de la ligne 13 et de la future gare Au pied de la future gare du Grand Paris Express (ligne 15 sud)**,
du Grand Paris Express (ligne 15)** à proximité du RER C et du tramway T2. Prolongement de la ligne 12
(projet en cours)***
 L’Ove, Courbevoie
   À 7 minutes* de Paris Saint-Lazare depuis "Bécon-les-Bruyères", future gare du Grand Paris Express (ligne 15 ouest)**
BÉCON LES BRUYÈRES
LES AGNETTES
  ISSY RER
PARIS
   appartements-villagedelage.fr
Cinétic, Issy-les-Moulineaux
   Country Club, Asnières-sur-Seine
    countryclub-asnieres.fr
cinetic-issy.fr
 www.sefri-cime-residentiel.fr
SNC COURBEVOIE ENERGY PARC. RCS Paris 839 321 759. SEFRI-CIME PROMOTION. RCS Paris 592 011 252. *Source : Google Maps. Temps donné à titre indicatif. **Sources : Société du Grand Paris https://www.societedugrandparis.fr/ et Google Maps, temps de calcul effectif donné à titre indicatif. ***Source : issy.com. https://www.issy.com/actualites/prolongement-de-la-ligne-12-du-metro-lancement-d-une-etude. Document et Illustrations à caractère d’ambiance, non contractuels. Illustrations : Asylum et Miysis. Conception & Réalisation : - 03/2021.
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RER C
]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
La tendance, qui existait déjà, d’une fuite des ménages des grandes métropoles vers des villes moyennes, s’est accélérée avec la crise sanitaire – Philippe Buyens, Capifrance.
    étrangère. En revanche, on peut assister à un rééquilibrage avec la montée des prix dans les com- munes du Grand Paris à mesure que le projet se finalisera », ajoute Philippe Buyens. Au-delà de la capitale, si l’éclat des grandes métropoles s’est un peu terni, les villes moyennes brillent de mille feux. Dans son bilan de l’année 2020, le site PAP d’annonces immobilières entre particuliers confirme que la crise sanitaire a durablement modifié les critères de sélection des Français·es. En analysant les recherches d’achat d’un logement du 1er septembre au 31 décembre 2020 comparé à la même période de 2019, il apparaît que les petites villes et les zones rurales représentent 43,5 % des recherches à la fin de l’année, contre 33,6 % avant la covid-19. Ce – timide – désa- mour s’observe également sur le marché de l’investissement lo- catif. « Nous observons depuis plusieurs mois un ralentisse- ment de la demande en produits Pinel. Sans doute parce que les prix ont fortement grimpé ces derniers mois et que certains investisseurs spéculent sur une inversion de tendance due à la crise. Je doute cependant for- tement qu’un tel scénario de baisse des prix se produise. Un prix de vente se forme en fonc- tion de trois composants : le prix du foncier, le prix des matières premières et le coût de construc- tion. Or, les fondamentaux de ces trois composants sont orien- tés à la hausse », tempère Phi- lippe Zilberstein (lire infra pour- quoi le prix ne baisseront pas).
Tonnerre de Brest
La perte d’attractivité des grandes métropoles par rapport aux villes moyennes profite no- tamment à la région Bretagne qui conjugue qualité de vie, proximité du littoral et prix de l’immobilier relativement doux. Pour preuve, Brest est devenue l’une des villes les plus attrac- tives de France tant pour vivre que pour investir, assure Élena Azria, directrice du développe- ment du groupe Océanic. « À Brest, la demande est très forte pour l’investissement locatif
en Pinel Breton, dispositif tem- poraire qui a permis à certains territoires en tension de retrou- ver une éligibilité aux dispositifs d’incitation à l’investissement locatif. Désormais situé en zone B2, Brest en bénéficie claire- ment », se félicite-t-elle. Ce dis- positif ne s’applique pas à la ville entière, mais à certains quartiers et même à certains programmes déterminés au cas par cas, qua- siment projet par projet, par un arrêté du préfet de région. C’est également le préfet de région qui détermine les plafonds de loyers et les plafonds de ressources du locataire. « À Brest par exemple, le plafond de loyer est de 8,88 euros par mètre carré, ce plafond est assez proche des loyers du marché libre. Grâce également aux prix du neuf très modérés à Brest, l’investis- sement sous le dispositif Pinel Breton reste très intéressant et
rentable. Ce n’est pas le cas pour tous les territoires éligibles Pinel et situés en zone A bis, A, ou B1: à Rennes, par exemple, l’écart entre les loyers pratiqués sur le marché et les loyers plafonnés Pinel est très important, le prix de l’immobilier neuf est aussi très haut. La rentabilité de l’in- vestissement Pinel est du coup assez basse, il peut être même plus intéressant d’investir sans défiscalisation Pinel », souligne Élena Azria. Résultat, les prix de l’immobilier à Brest com- mencent à grimper. En cinq ans, le mètre carré a bondi de 32 %. Une performance impression- nante qu’il convient de remettre en perspective. La ville partait en effet de très bas, soit environ 1 500 euros du mètre carré dans l’ancien. Aujourd’hui, l’ancien en appartement se négocie en- viron 2 100 euros le mètre car- ré et en maison, 3 000 euros. Le
neuf se vend, lui, à 3500euros en moyenne. Au-delà des prix, qui restent attractifs, Brest jouit d’une image positive renforcée par la crise de covid qui pousse les jeunes vers des métropoles à taille humaine, faciles à vivre et pas trop chères, ce en quoi la ville symbolise le changement dans l’histoire de l’aménagement du territoire français. « Brest n’at- tire pas seulement les habitants des principales métropoles. On assiste ces derniers mois à l’ar- rivée de ménages installés à Nantes ou à Rennes et qui pro- fitent de l’essor du télétravail pour s’implanter à Brest. Autre signe tangible de la cité corsaire, la revue américaine Forbes a même conseillé à ses lecteurs la région de Brest comme l’une des meilleures opportunités européennes pour s’installer », constate Élena Azria.
Le risque de pénurie
Le marché de l’immobilier ré- siste dans les grandes métro- poles et s’apprécie dans les villes moyennes dans l’ancien comme dans le neuf. Une situation qui devait susciter l’optimisme des promoteurs spécialisés dans le résidentiel. Pourtant, c’est loin d’être le cas, selon les profes- sionnels qui pointent le risque de pénurie. Et pour cause, l’offre s’est réduite en 2020 et risque de continuer à fondre en 2021 et 2022. Selon les chiffres dévoi- lés par la Fédération des promo- teurs immobiliers (FPI) début mars, les réservations de loge- ments neuf ont reculé de 23,3 % l’an dernier, à 128 031 unités, soit près de 40 000 de moins qu’en 2019. « 2020 a été une an- née compliquée dans le neuf. Les mécanismes de l’immobi- lier sont longs. Il faut trouver le foncier, obtenir les autorisations, monter le projet, construire, etc. Le secteur s’est donc retrouvé fortement pénalisé par les confi- nements, comme en témoigne la chute de 30 % de l’offre l’an der- nier. Forcément, 2021 s’annonce également compliquée. Actuelle- ment, on écoule les stocks exis- tants, mais moins de permis de construire ont été signés », dé- montre Philippe Buyens. L’année 2020 a été singulière à cause des confinements, mais pas seule- ment. Elle a été également une année d’élections municipales. « Les élu·es ne sont guère en- clin·es à accepter des permis de construire et à faire avancer des
patrimoine
Brest est devenue l’une des villes les plus attractives de France tant pour vivre que pour investir – Élena Azria, Océanic.
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projets immobiliers de crainte que leurs décisions ne soient remises en cause par la majori- té suivante en cas de défaite », explique Philippe Zilberstein. Effectivement, l’an dernier, le nombre de permis de construire accordés a reculé de 15 % par rapport à 2019 et même 24 % par rapport à 2017. Puis le sec- teur regrette de devoir égale- ment composer avec les actions
paradoxales du gouvernement. Lequel « souhaite encourager la réhabilitation des logements anciens, notamment dans le do- maine énergétique, au détriment de la construction dans le neuf, alors qu’au contraire je pense qu’il faut la faciliter. Mettre en œuvre aujourd’hui un projet implique de se plier à une mul- titude de réglementations admi- nistratives coûteuses en temps et en argent. Cette organisation défectueuse impacte du reste le prix de vente à la hausse. Si le gouvernement souhaite que les prix de l’immobilier baissent, il suffit de simplifier le proces- sus administratif et d’encou- rager les constructions, et pas le contraire », martèle Philippe Buyens. Le secteur plaide pour une numérisation et une sim- plification des demandes d’ur- banisme. Et pour une révision des plans locaux d’urbanisme
Le dispositif Pinel reste intéressant pour un investisseur à la recherche de rendement, notamment grâce à l’effet de levier.
patrimoine
L’an dernier, le nombre de permis de construire accordés areculéde15%parrapportà2019etmême24%
par rapport à 2017.
    (PLU) sur lesquels les maires s’appuient pour accorder les permis de construire. Selon les promoteurs, il y a urgence, alors que la nouvelle réglementation
tis pour grimper dans les années à venir. « La crise sanitaire et le confinement du printemps nous ont obligés à nous remettre en cause. Pour conserver le contact
taient que les durcissements des conditions d’octroi de prêts pour les particuliers ne pèsent sur le marché. Manifestement, il n’en a rien été. L’offre immobilière s’est raréfiée au fil des mois, de quoi compenser l’impact négatif du durcissement des conditions d’octroi des crédits. Dès le début de l’année, les banques ont obli- gé les emprunteurs à présenter un apport, elles ont contrôlé que le remboursement de l’emprunt ne dépassait le seuil des 30 %. Elles ont également limité la du- rée du crédit à 20 ans au lieu de 25, selon les recommandations du Haut conseil de stabilité fi- nancière (HCSF). « Mais fina- lement, les biens partent le plus souvent en quelques jours, voire quelques heures. Malgré ces vents contraires, le marché de l’immobilier neuf a affiché un certain dynamisme », confirme Philippe Zilberstein. Le dispo- sitif Pinel reste intéressant pour un investisseur à la recherche de rendement, notamment grâce à l’effet de levier. En emprun- tant à 1 %, il peut recevoir 3 à 3,5 % par an, auxquels s’ajoute la réduction d’impôts. Philippe Zilberstein reconnaît cependant que la hausse des prix a compli- qué l’accès au marché de l’im- mobilier locatif : « Alors qu’il fallait consacrer 250 euros par mois à cet investissement il y a quelques années, il faut désor- mais plutôt compter sur 450 eu- ros. Malgré tout, l’immobilier reste, et restera sans doute, le pla- cement préféré des Français·es. » Pour répondre à la demande des ménages qui ne peuvent suivre la progression du marché, Ca- pelli a ajusté son offre, en rédui- sant les surfaces. « La hausse des prix à budget comparable nous a conduits à réduire la taille de nos appartements ces dernières années. Auparavant, l’apparte- ment standard, de 4/5 pièces, s’étendait sur environ 80 mètres carrés. Aujourd’hui, il tourne autour des 70/75 mètres carrés. Mais cette perte d’espace a été pensée. Les couloirs ont été sup- primés, la cuisine est le plus sou- vent ouverte, soit des prestations dans l’air du temps », détaille le professionnel.
PiErrE-JEaN lEPaGNOT
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environnementale RE2020 sur les constructions neuves s’ap- pliquera au 1er janvier 2022, et risque de renchérir les coûts de construction... et donc le tarif final proposé au client.
Les prix ne baisseront pas
Si l’offre est à la peine (on attend -15 à -20 % de programmes cette année), la demande reste soute- nue. Les spécialistes s’attendent à 85 000 transactions dans le neuf contre 100 000 l’an dernier. Le marché de l’immobilier est donc loin de s’écrouler sous les coups de boutoir du virus. Dans le neuf, les prix sont plutôt par-
avec nos clients, nous avons ren- forcé notre présence en ligne. Si le premier semestre a été dif- ficile, le marché a rapidement rebondi la deuxième partie de l’année. Nous nous sommes très vite réorganisés pour répondre aux sollicitations des clients, plus nombreuses que l’on aurait pu croire. Nous avons observé ce retour de la demande de façon homogène dans toute la France. Capelli couvre un large spectre du territoire : l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, les Hauts-de-France, etc. », se fé- licite Philippe Zilberstein. En 2020, les économistes redou-
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IFI et IR, réduire ses impôts pour faire le bien
Les petits secrets des dons bien prodigués
patrimoine
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Des dons pour mettre l’IFI au régime
La générosité n’appauvrit personne. En transformant en don votre Impôt sur la fortune immobilière (IFI), vous choisissez vous-même de consacrer votre impôt à des projets efficaces et solidaires qui vous tiennent à cœur.
n’est pas possible de cumuler les deux réductions d’impôt (IFI/ IR) pour un même don. Entre les deux dispositifs, le choix est vite fait. Le mécanisme de réduction de l’ISF est bien plus puissant. D’autant qu’en cas de solde non imputé sur l’IFI, il sera déclaré au titre de l’IR. Ce dispositif est d’autant plus attractif qu’il est unique. Depuis la suppression de l’avantage fiscal lié à l’investisse- ment, sous certaines conditions, dans une PME, la donation à un organisme d’intérêt général est l’unique moyen de réduire son IFI. À cet égard, le contribuable doit sélectionner avec soin l’or- ganisme auquel il souhaite faire des dons. Tous n’ouvrent pas au bénéfice de cette réduction d’im- pôt. Pour profiter de l’économie d’impôts, les dons doivent être adressés à une fondation d’utilité publique, par exemple, ou à un établissement de recherche ou d’enseignement supérieur. Ou en- core aux entreprises d’insertion, à des groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualifica- tion, à l’Agence nationale de la recherche (ANR) ou bien encore à des fondations universitaires.
Regretté ISF
Attention, donation ne rime pas avec défiscalisation. «Il ne faut pas perdre de vue que les avan- tages fiscaux en faveur d’une as- sociation ou d’une fondation ne font pas économiser de l’argent aux contribuables – l’avantage fiscal obtenu restant inférieur au montant donné. En revanche, une grande partie des fonds concernés serviront pour des bonnes causes choisies par le contribuable, et non par l’État », rappelle Lionel Devic, avocat et cofondateur de la Fondation pour l’école. Une mise au point jugée également très importante pour Caroline Cutté. « Un don coûte de l’argent. Son intérêt n’est pas uniquement fiscal, il répond à l’envie du do- nateur de soutenir une cause.» Malheureusement, ces dons sont en baisse constante depuis 2018 à cause de la suppression de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Historiquement, les avantages fiscaux liés aux dons au titre de l’impôt sur le revenu et l’ISF ont été renforcés sous le gouverne- ment Raffarin. Le gouvernement estimait que les fonds donnés par les contribuables seraient plus ef- ficaces s’ils étaient directement versés aux associations et fonda- tions plutôt que par l’État. Emma-
Le don, un outil efficace contre l’IFI
Aujourd’hui, les redevables de l’IFI peuvent « imputer sur cet impôt 75 % du montant des dons en numéraire et dons en pleine propriété de titres de société ad- mis aux négociations sur un mar- ché réglementé français ou étran- ger effectués au profit de certains organismes d’intérêt général ». À la définition officielle, ajoutons que ces dons qui ouvrent droit à la réduction d’impôt sont consen-
tis jusqu’à la date limite de dépôt de la déclaration de revenus. Ils sont pris en compte dans la limite de 50 000 euros par an. Concrè- tement, un don de 1 000 euros va réduire votre IFI de 750 eu- ros. Pour atteindre le plafond de 50 000 euros, il faut donc verser 66 666 euros. Les ménages cu- mulent cet avantage fiscal à l’IFI avec la réduction de l’impôt sur le revenu dans le cadre de dons (dans la limite de 20 % des reve- nus imposables). En revanche, il
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]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                  SPÉCIAL IFI / IMPÔT SUR LE REVENU
       Pour notre santé,
nous comptons
sur les chercheurs. Aujourd’hui, les chercheurs comptent sur nous.
PAUL, 55 ANS DONATEUR
LES RECHERCHES DE L’INSTITUT PASTEUR
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         BULLETIN DE DON
Contactez-nous pour de plus amples informations ou adressez-nous votre soutien à : Institut Pasteur - Service des dons IFI - 25-28, rue du Docteur Roux - 75724 Paris cedex 15 Téléphone : 01 44 38 95 95 - E-mail : grandsdonateurs@pasteur.fr - ifi.pasteur.fr
 OUI, je souhaite soutenir les chercheurs de l’Institut Pasteur. Je fais un don de : Par chèque bancaire à l’ordre de l’Institut Pasteur ou sur ifi.pasteur.fr
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FONDATION RECONNUE D’UTILITÉ PUBLIQUE HABILITÉE À RECEVOIR DONS ET LEGS
 © Getty Images LGPP1
]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Les avantages fiscaux en faveur d’une association
ou d’une fondation ne font pas économiser de l’argent.
   nuel Macron a changé la donne en remplaçant le 1er janvier 2018 l’ISF par l’IFI, qui ne concerne que les contribuables possédant un patri- moine immobilier dont la valeur est supérieure à 1,3 million d’eu- ros. Inévitablement cette décision a sensiblement réduit le nombre de contribuables concernés et donc l’assiette de cet impôt. « La suppression de l’ISF a eu un im- pact significatif sur la collecte de dons. De nombreux contribuables ont en effet réorganisé la structure de leur patrimoine afin de réduire leur base imposable à l’IFI, voire la supprimer afin d’échapper à la
comme Euronext. Les contri- buables concernés par l’IFI met- tront aussi en place, pour alléger leur base imposable, des straté- gies qui procurent des ressources supplémentaires aux fondations, fonds de dotation ou associations capables de recevoir des dona- tions. « Par exemple, en donnant temporairement l’usufruit de son immeuble de rapport à l’un de ces organismes, le propriétaire réduit son assiette taxable à hauteur de la valeur en pleine propriété de l’immeuble. Cet usufruit, de 3 à 30 ans, fait en sorte que la fon- dation perçoit les loyers à la place du propriétaire qui ne paie donc
quant des fonds d’urgence pour venir en appui à l’hôpital public, financer la recherche, soutenir et accompagner les plus fragiles. Les Français·es ont été sensibles à cette situation d’urgence. Ils et elles ont été particulièrement solidaires et généreux. Au premier semestre 2020, les dons ont ainsi augmenté de 22 % par rapport au premier semestre 2019. « L’année 2020 a été hors norme pour l’Institut Pasteur. Nous avons bénéficié d’un élan de solidarité sans précédent. Les ménages ont voulu soutenir notre activité directement liée à la lutte contre la pandémie. L’Institut Pas- teur est bien au cœur la recherche
dans toute la France pour prêter main forte aux soignants dans les hôpitaux. Ces actions ont renforcé notre visibilité, notamment auprès de nos donateurs habituels qui ne savaient pas que nous pouvions nous montrer actifs également sur le territoire. En France, nous avons mobilisé nos stocks d’équipe- ments. Nous avions de nombreux respirateurs stockés pour mainte- nance que nous avons réparés au plus vite et prêtés aux hôpitaux, explique Virginie Bernier, res- ponsable communication et res- sources privées de La Chaîne de l’espoir. Grâce à notre plate-forme de téléconsultation, nous avons en outre accompagné nos équipes et hôpitaux partenaires locaux dans la lutte contre la pandémie en les formant au respect des gestes barrières. Nous avons également livré des équipements, masques, blouses, etc., aux centres de soin à l’étranger qui en manquaient. »
Des perspectives incertaines
Pour autant, l’Institut Pasteur assure n’avoir aucune visibilité pour l’année en cours. « Soutenir la recherche scientifique est l’un des meilleurs investissements possibles. L’année 2020 l’a prou- vé. Depuis plus de 130 ans, tous les dons adressés à l’Institut fi- nancent la recherche et font avan- cer la connaissance au bénéfice de la santé de tous », plaide Caro- line Cutté. Si l’Institut continue probablement d’être soutenu en cette nouvelle année covidienne, la situation est plus préoccupante pour une multitude d’autres orga- nismes. « En 2020, notre collecte s’est maintenue, mais nous avons
taxation », indique Lionel Devic. « L’impact de la bascule de l’ISF versl’IFIaétédeplusde50%sur la tranche de donateurs déclarant être redevables de cet impôt », re- connaît Caroline Cutté.
Le levier fiscal
a prouvé son efficacité Pour autant assure-t-elle, « les donateurs sont restés fidèles, ce qui démontre que le cadre fiscal est un levier efficace pour élever le niveau des dons, mais qu’il ne saurait être l’unique motiva- tion des donateurs ». Si le don d’une somme d’argent est le plus connu et le plus simple, il est aus- si possible de donner des actions cotées. Lesquelles doivent être détenues en pleine propriété et concerner que des sociétés cotées sur des marchés réglementaires,
Les donateurs sont restés fidèles, ce qui démontre que le cadre fiscal est un levier efficace pour élever le niveau des dons – Caroline Cutté, Institut Pasteur.
patrimoine
    pas non plus ses charges et impôts fonciers sur les revenus tirés du bien concerné », explique Lionel Devic.
Le secteur
de la santé plébiscité
L’enjeu est d’importance en cette période de crise sanitaire pour soutenir par exemple les hôpitaux ou encore la recherche médicale. Les associations et fondations se sont d’ailleurs mobilisées large- ment dès les premiers jours de l’épidémie de covid-19 en déblo-
sur le virus », confirme Caroline Cutté, responsable du pôle rela- tions Grands donateurs de l’Ins- titut. Une dynamique également observée par La Chaîne de l’es- poir. Dans un contexte sanitaire et économique particulièrement difficile, l’association est parvenue à stabiliser sa collecte grâce à son exposition au secteur de la santé. « Nos bénévoles sont des person- nels de santé qui ont été largement mobilisés en France pendant la crise de covid. Dans l’impossibili- té de voyager, ils se sont déployés
quelques craintes pour 2021. Nous constatons depuis le début de l’année une nette baisse de la collecte, notamment via les prélè- vements automatiques mensuels. Les personnes âgées ont tendance à réduire leurs montants ver- sés pour aider leurs proches. Les plus jeunes, eux, frappés par la crise, coupent carrément les vire- ments », précise Virginie Bernier. Contribuables, à votre bon cœur !
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 ]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[                     Pourquoi n’y aurait-il qu’un seul modèle d’école ?
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2 Donner pour payer moins d’impôts
La générosité n’appauvrit personne. En transformant en don votre Impôt sur la fortune immobilière (IFI), vous choisissez vous-même de consacrer votre impôt à des projets efficaces et solidaires qui vous tiennent à cœur.
Les Français·es apprécient la défiscalisation, souvent utilisée pour se constituer un patrimoine, comme en
témoigne le succès du dispositif Pinel par exemple. Il est également possible d’alléger sa feuille d’impôt en servant une noble cause grâce au don. Le dispositif de défiscali- sation sur les dons aux organismes d’intérêt général offre un avantage fiscal de 66 %. Le dispositif dit « Coluche » pour les associations et fondations reconnues d’intérêt public qui aident les personnes en difficulté est lui majoré à 75 %. L’an dernier, pour soutenir un secteur en proie à la crise, le gouvernement a rehaussé le plafond du « Co- luche » de 546 euros à 1 000 euros. Il en est de même cette année. Pour un don en 2021 au profit des Res- tos du Cœur, de la Croix-Rouge, du Secours catholique ou de la Fé- dération habitat et humanisme par exemple, l’avantage fiscal est donc de 75 % dans la limite de 1000 eu- ros de dons, soit 750 euros d’avan- tage fiscal. Au-delà, la réduction re- tombe à 66 %. « Notre association est éligible au dispositif de défisca- lisation sur les dons dit “Coluche”, ce qui constitue un élément supplé- mentaire susceptible de séduire les donateurs. Pour autant, le relève- ment n’a pas provoqué une hausse des dons. Notre collecte s’est main- tenue », explique Virginie Bernier, responsable communication et ressources privées de La Chaîne de l’espoir.
Donner des titres
ou des parts d’entreprise, c’est aussi possible
Le grand public sait sans doute moins qu’il est également possible de donner des titres, comme des actions. Le donateur bénéficie là aussi de l’avantage fiscal de 75 % puis 66 % sur l’impôt sur le reve-
nuoude75%surl’IFI(dansla limite de 50 000 euros). « L’opé- ration est encore plus attractive lorsqu’un chef d’entreprise envi- sage de céder sa société. En don- nant une part à un organisme, il réduit son assiette fiscale, les plus-values taxables, tout en bé- néficiant d’une réduction d’impôt
humanisme.
L’option usufruit
Les contribuables taxés au-dessus du seuil des 41 %, et qui bénéfi- cient de revenus fonciers, pour- raient avoir intérêt à se pencher sur la donation temporaire d’usufruit.
C’est donc l’organisme bénéficiaire qui perçoit les loyers jusqu’à la fin de l’usufruit temporaire – que l’on peut imaginer avoir déterminé en fonction de son départ à la retraite pour compenser la perte de reve- nu par exemple. « Ce mécanisme convient particulièrement avec Habitat et Humanisme à travers notre programme Propriétaires et solidaires, qui propose également aux propriétaires de nous confier leur bien à louer, à un loyer mino- ré, pour loger un public fragile que l’on accompagne, en contrepar- tie d’une tranquillité de gestion, d’avantages fiscaux et de garan- ties », souligne David Bourdenet.
Des livrets qui délivrent
Autre innovation solidaire : de- puis la fin de 2020, les épargnants détenteurs d’un Livret de déve- loppement durable et solidaire (LDDS) ont la possibilité de don- ner à des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS), comme Habitat et Humanisme, directe- ment depuis leur livret. « C’est selon moi une bonne mesure du gouvernement pour encourager les dons en faveur de l’économie sociale et solidaire. Elle donne du sens à l’épargne en soutenant l’économie sociale et solidaire, qui plus est dans un contexte où les organismes d’aides sont dure- ment touchés par la crise », estime le responsable legs & donations à la Fédération Habitat et Huma- nisme. La fiscalité applicable est la même que celle pour les dons classiques. Autrement dit, avec les dons destinés à des associations ou des fondations, vous bénéfi- cierez de la réduction d’impôt de 66 % ou de 75 % des versements selon les organismes, dans la li- mite de 20 % du revenu impo- sable.
Épargne solidaire
Réaliser un investissement défis- calisant et à impact solidaire, c’est aussi possible, car l’épargnant est également en situation d’investir dans une des foncières solidaires d’Habitat et Humanisme qui pro- duisent des logements d’inser- tion et des établissements pour personnes âgées dépendantes à faibles ressources. Sous réserve d’être conservés pendant 5 ans, les titres souscrits ouvrent droit à l’avantage IR-SIEG : une ré- duction d’impôt sur le revenu de 25 %, au titre des revenus 2021, dans le cadre des plafonds en vi- gueur. D’autre part, le plafonne- ment des niches fiscales a été rele- vé de 10000 à 13000 euros. PiErrE-JEaN lEPaGNOT
patrimoine
qui limitera son imposition sur une année exceptionnelle. Beau- coup de nos donateurs dans cette situation justifient avant tout leur geste par la volonté de rendre à la société un peu de ce qu’elle leur a donné. Ils ont envie de parta- ger une petite partie du fruit de leur travail avec une cause qui leur tient à cœur », indique David Bourdenet, responsable legs & do- nations à la Fédération Habitat et
besoin pour leur train de vie des loyers générés par un investisse- ment immobilier, ils ont l’oppor- tunité d’offrir temporairement l’usufruit à une association ou fon- dation reconnue d’utilité publique, de telle sorte que la valeur de cet actif disparaît de l’assiette taxable de l’IFI et que ses revenus entre les mains de l’association ne sont plus imposables à l’impôt sur le revenu », ajoute David Bourdenet.
L’opération est encore plus attractive lorsqu’un chef d’entreprise envisage de céder sa société – David Bourdenet, Fédération Habitat et humanisme.
« Si
ces
contribuables
n’ont
pas
    68 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
  ]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[                                 VOUS ÊTES SOUMIS À L’IMPÔT SUR LA FORTUNE IMMOBILIÈRE ?
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   La Chaîne de l’Espoir est une ONG internationale, fondée par le Pr Alain Deloche, chirurgien cardiaque de renommée mondiale, ayant pour vocation depuis toujours de donner à chacun les mêmes chances de survie et de développement.
56, rue des Morillons
CS 17938 - 75730 Paris Cedex 15 www.chainedelespoir.org/fondation-alain-deloche Votre contact dédié : Clothilde Dos Santos
01 44 12 66 49 - fondation.adeloche@chainedelespoir.org
     ]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
   bons plans expert
  Trois questions à Christèle Biganzoli, fondatrice et directrice générale de Ritchee, une plate-forme de conseil en gestion de patrimoine
« Fuyez le diamant papier ! »
Pourquoi vous intéressez-vous aux placements insolites?
Depuis quelques mois, nous obser- vons un regain d’intérêt très net des investisseurs pour les placements ori- ginaux, comme le vin, les voitures de collection, l’art ou encore... les vaches laitières. Cette demande accrue s’ex- plique d’une part par la volatilité de la Bourse et par l’excès d’épargne de certains lié à la pandémie. En tout état de cause, nous tâchons d’apporter à nos clients du réalisme afin qu’ils ne s’embringuent pas dans des place- ments ruineux ou dangereux.
Quelles sont les demandes de conseils les plus fréquents sur ce segment de marché?
Je distingue deux grandes familles d’investissement dans l’insolite. La première est l’investissement passion. Il peut s’agir de vins, de voitures de collection, d’art ou de cartes Poke-
mon. Nous conseillons de garder la tête froide et, comme au Casino, de commencer petit et ne pas dépenser plus que ce que l’on est prêt à perdre. Nous recommandons de ne pas inves- tir plus de 5 à 10 % de son patrimoine. La cotation sur la plupart de ces mar- chés n’existe pas. Les transactions sont de gré à gré. Dès lors, l’investis- seur doit étudier le marché avant de s’y jeter, notamment pour la revente. L’autre famille est l’investissement opportuniste. Souvent, l’épargnant ne connaît rien au sujet mais en a juste entendu parler. Il peut s’agir d’un bien à l’étranger, du diamant ou encore de vaches laitières. Dans ce cas, il faut redoubler de prudence, bien com- prendre les mécanismes de ces mar- chés et leurs sous-jacents. De surcroît, il faut bien appréhender les risques et les arnaques. Ainsi, un troupeau de vaches laitières est annoncé rapporter 7 ou 9 % par an, mais les rendements
élevés sont tou-
jours liés à des
risques élevés qui ne
sont pas neutres: risque de l’exploita- tion, risque lié au cheptel, risque lié au distributeur.
Quels placements doivent susciter la méfiance ?
Naturellement ceux qui proposent des rendements hors normes et sans risque et encore plus lorsqu’ils sont proposés par démarchages. Privi- légiez un distributeur homologué par l’AMF. Dans le doute, il faut contacter Épargne Infos Services au 01 53 45 62 00 qui répertorie les socié- tés autorisées et pointe les arnaques. Par exemple, il faut fuir comme la peste le diamant papier qui se résume le plus souvent à une pyramide de Ponzi.
 les retraités sont ceux qui ont le plus de chances d’obtenir leur crédit à la consommation
Mieux vaut être retraité, en couple et propriétaire de son logement. Selon une étude du comparateur de crédits
Capitaine Crédit, le taux d’acceptation par les organismes ressort ainsi à 86 %. En revanche, et sans surprise, la situation est plus tendue pour un jeune de moins de 30 ans célibataire.
Son taux d’acceptation n’atteint même pas les 30 %.
le livret a n’en finit plus de grimper
En février, les Français·es ont placé 2,86 milliards d’euros sur leur Livret A. Il s’agit du montant collecté le plus
élevé jamais enregistré
par le Livret
A pour le deuxième mois de l’année. Considéré
comme une valeur refuge par excellence, ce placement bénéficie de l’épargne forcée des ménages liés aux restrictions sanitaires mais aussi aux incertitudes économiques et sanitaires persistantes.
les SCPi affichent leur résistance
Le taux de recouvrement des loyers des SCPI sur l’ensemble des loyers atteint une moyenne de 93 % sur l’année 2020, révèle un sondage réalisé par Primaliance, premier portail dédié à la pierre-papier. Les
SCPI de bureaux ont été très peu pénalisées et ont connu une perception des loyers presque identique à
2019, avec un taux de recouvrement moyen de l’ordre de 95 %. Les SCPI de commerces, plus impactées par la crise sanitaire et ses restrictions, s’en sortent avec un taux moyen de recouvrement de 88 %.
    vision
Les fonds immobiliers combinent rendement et plus-value
  Les fonds immobiliers sus- citent l’intérêt croissant des investisseurs à la re- cherche de rendement et de
plus-value. Premier avantage, ces fonds sont le plus souvent datés. « À échéance, les investisseurs récu- pèrent leurs capitaux, avec, on l’es- père, une plus-value. Un fonds daté nous permet de revoir notre stra- tégie d’investissement en fonction de nos anticipations des cycles de l’immobilier. En comparaison, l’in- vestissement en SCPI est souvent
bien plus long, de l’ordre de 20 à 25 ans, et la rotation de portefeuille est plus souvent très limitée », ex- plique Mansour Khalifé, président de MNK Partners. Deuxième avan- tage, ces fonds sont généralement plus agiles que les SCPI dans leur processus d’investissement. Un atout qui pourrait leur permettre de davantage profiter des opportunités liées à la pandémie. « On constate depuis la crise sanitaire une vague de “ bureau bashing” comme de “commerce bashing”. Nous pensons que le marché du bureau offrira des opportunités. Nous croyons également aux commerces dans le centre-ville ou en périphérie de grandes métropoles, qui ont muté grâce à l’essor de la logistique. Par souci de diversification, nous avons constitué une poche avec de la san- té, de l’enseignement ou encore du résidentiel », explique par exemple Foulques de Sainte-Marie, portfolio
management director de Mata Capi- tal. La société de gestion développe une stratégie d’investissement “core plus”. Le fonds investit en France sur des emplacements stratégiques et à fort potentiel de croissance. Sa poli- tique d’investissement se concentre sur des actifs diversifiés (bureau, commerce, activité logistique, san- té, éducation et résidentiel) géné- rant des revenus sécurisés et pré- sentant un potentiel de croissance. Une vision du marché de l’immo- bilier partagé par Mansour Khalifé, même si son champ d’actions à lui est européen. « Nous ciblons entre autres trois pays : l’Irlande, le Portu- gal et la Pologne. Nous nous intéres- sons aux bureaux, commerce, à la santé, à l’hôtellerie. Les actifs visés sont “core”, c’est-à-dire de qualité et très bien placés au cœur des grandes villes. Les locataires sont de grandes signatures et les baux courent sur du long terme. » n
70 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[                             L’Immobilière Le Lion est spécialisée depuis près de 50 ans
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]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité
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 le bois flambe
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Le cours du bois a atteint fin mars son plus haut niveau historique à 950,90 dollars les 1 000 pieds de planche (environ 2,36 m3), soutenu par l’explosion de la demande liée à la crise sanitaire.
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MILLIONS DE DOLLARS.
  le prix de vente d’une œuvre entièrement numérique de l’artiste américain Beep par
la maison d’enchères Christie’s. Everydays : the First 5.000 Days est un assemblage de dessins et animations réalisés quotidiennement durant 5 000 jours d’affilée.
 Le chiffre
 focus
 BFaciliter les donations, la fausse bonne idée ?
runo Le Maire veut mettre la main sur cher l’épargne vers les entreprises, en offrant par 200 milliards d’euros épargnés par les exemple un avantage fiscal aux investisseurs qui Français·es. Cette somme, estimée par la investiraient directement dans l’économie réelle, Banque de France, représente deux fois le au travers de fonds par exemple. L’autre piste est
montant du plan de relance ! Il est compréhensible de faciliter les donations au profit des plus jeunes
que Bercy ne veuille pas la voir dormir sous un matelas, mais au contraire ali-
menter la reprise. À gauche, des
propositions ont émergé pour
réclamer une contribution im-
posée aux plus riches, qui ont
le plus épargné durant la crise
sanitaire. Mais l’exécutif ne veut
pas entendre parler de hausse
d’impôts. Dès lors, le ministre
de l’Économie envisage sérieu-
sement de faciliter les donations.
Actuellement, il existe un abattement en ligne directe, par enfant et par parent, de 100000 eu- ros, rechargeable tous les 15 ans. Auquel s’ajoute une exonération jusqu’à 31 865 euros pour les transferts monétaires par chèque, virement ou en espèces, également valable pour les dons des grands-parents aux petits-enfants. Une bonne idée pour Audrey Ferry, responsable de l’ingénie- rie patrimoniale chez Bordier & Cie. « Certains de nos clients sont en attente des décisions de Bercy pour procéder à des donations. Ils espèrent pro- fiter d’un éventuel relèvement du plafond. L’ob- jectif de Bruno Le Maire est d’orienter le surplus d’épargne vers la consommation et l’investisse- ment. Bercy a deux pistes. La première est de flé-
afin de stimuler la consommation », révèle la spé- cialiste. Pour autant, un assouplis- sement de ces règles pourrait être critiqué par la gauche qui verrait là un cadeau aux plus aisés après la transformation de l’ISF en Impôt sur la fortune immobilière (IFI). Stéphane van Huffel, cofondateur de Netinvestissement, est circons- pect vis-à-vis d’une telle mesure. Il souligne que « le thème des dona- tions est un sujet tabou en France. Les Français·es éprouvent encore, quoi qu’on en dise, des difficultés à se dessaisir de leur vivant ». En outre, ajoute-t-il, « la hausse du taux d’épargne depuis six mois s’explique en grande partie par l’anticipation des épargnants de prochaines hausses des impôts. Certains redoutent que les retraites ne soient plus payées, d’autres estiment que l’exceptionnel creusement des déficits publics pour résoudre la crise se traduira à terme par un relèvement significatif de la fiscalité ». Au final, au-delà du retour des critiques sur le « président des riches », Stéphane van Huffel, estime que les effets d’une telle mesure risquent d’être limités, et de ne concerner qu’une fraction minime du sur-
croît d’épargne à 200 milliards. n
 72 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 73
]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
   bons plans SPÉCULONS !
 la Bourse de Paris à l’heure ESG
Euronext a lancé un nouvel indice CAC 40 ESG composé des 40 sociétés cotées à la Bourse de Paris qui affichent les meilleures pratiques en matière de normes environnementales, sociales et de gouvernance. Le CAC 40 ESG exclut
les entreprises dont les activités sont jugées incompatibles avec un tel indice, comme l’industrie du tabac, celles
autour du charbon et des armes controversées ou encore celles
qui ne respecteraient pas les critères de bonnes conduites des Nations unies. Airbus, Alstom, Arcelormittal, Dassault Systèmes, EssilorLuxottica, Hermès, Saint-Gobain, Thales et
Total sont les entreprises du CAC 40 classiques et ne font pas partie de sa déclinaison ESG. Le nouvel indice intègre en revanche Accor, Arkema, EDF, Gecina, Klepierre, Sodexo, Solvay, Suez et Valeo.
Deutsche Bank positif sur le secteur bancaire européen
Dans une étude publiée mi-mars, Deutsche Bank affiche sa confiance vis-à-vis du secteur bancaire européen. Le broker salue la qualité des actifs des banques et leurs prévisions encourageantes formulées dans le
sillage de résultats trimestriels de bonne facture. Le bureau d’études estime en outre que les titres du secteur devraient
bénéficier de la hausse attendue des dividendes. Le courtier privilégie AIB, CaixaBank, Crédit Agricole, ING, Mediobanca et Nordea.
le luxe conserve tout son attrait
Après la publication de résultats annuels plus solides que prévu, le luxe devrait continuer de briller cette année, estime JPMorgan. Fort d’une taille critique, d’une massive implantation dans le numérique
et d’une image prestigieuse, LVMH continuera notamment de remporter des parts de marché en Chine et aux États-Unis, deux marchés clés. Plus
globalement, les ventes des poids lourds du secteur comme LVMH mais aussi Kering ou Hermès devraient retrouver leurs niveaux de 2019 dès 2022, une hypothèseplus optimiste que celle du consensus.
   Sartortius Stedim Biotech
412
392
372
352
332
312
292
Effet vaccins
         04/01 12/01
20/01 28/01 05/02 15/02
23/02 03/03 11/03
19/03 29/03
L’horizon devrait rester bleu azur pour la medtech d’Aubagne en raison de la demande pour ses produits nécessaires à la fabrication de vaccins contre la covid-19.
  focus
 Le crowdfunding immobilier ne connaît pas la crise
e crowdfundind (ou financement participatif) commercial depuis 2016 dans une vision de long terme immobilier, lancé il y a quelques années, ren- propose depuis quelques mois des placements de 12 à 36 contre un succès croissant qui n’a pas été gâché mois pour financer des promoteurs et des marchés de par la crise sanitaire. « Nous avons levé depuis biens spécialisés dans le commerce. « L’actif à financer
notre création en 2014 plus de 181 millions d’euros, dont est local, proche de l’épargnant, c’est-à-dire dans sa ville
45 % sur la seule année 2020. Le ren-
dement élevé constitue le principal
attrait dans un environnement où
les placements rémunérateurs sont
rares », indique Quentin Romet, pré-
sident d’Homunity, l’une des princi-
pales plates-formes. Avec 9,3 % de
rendement annuel moyen, hors fis-
calité, le crowdfunding immobilier
se place dans le haut du classement
en 2020. En comparaison, le rende-
ment du Livret A se borne à 0,5 %
tandis que le CAC 40 a perdu 7,14 % l’an passé. « Nous proposons principalement du résidentiel. L’idée est d’ap- porter les capitaux qui manquent à des promoteurs re- connus pour boucler leur financement. Pour l’instant, les investisseurs n’ont pas à se plaindre avec un taux de défaut de 0 », précise Quentin Romet. Dans un contexte de crise sanitaire, le segment du résidentiel affiche sa ré- silience et les promoteurs sont en bien meilleure santé financière que durant la crise de 2008. Certaines plates- formes n’hésitent pas à sortir des sentiers battus du ré- sidentiel. Baltis Capital, spécialisée dans l’immobilier
ou à proximité. Nous promouvons l’immobilier circulaire à travers une communauté d’ambassadeurs. Ain- si, l’investisseur qui place dans la boulangerie au coin de sa rue pourra visiter le local, discuter avec le gérant de la boulangerie et potentiellement profiter de réductions sur ses achats. À Lille par exemple, les investisseurs bénéficient de 10 % à la poisson- nerie dont ils possèdent les murs », explique Alexandre Toussaint, fon-
dateur de la plate-forme. Preuve de l’engouement des investisseurs, « les collectes en crowdfunding sont sou- vent très rapides, il est nécessaire d’être très réactif car en quelques heures, le projet peut être bouclé », assure Alexandre Toussaint. Enfin, d’un point de vue fiscal, le crowdfunding immobilier est particulièrement attrac- tif. Ses revenus sont soumis à la flat tax de 30 %, mais si l’épargnant investit dans le cadre de PEA ou de son PEA/PME, les gains perçus, dividendes, sont totalement exonérés d’impôts et de prélèvements sociaux à condi- tion, bien entendu, qu’ils soient réinvestis. n
 74 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[ LE FUTUR MARCHÉ IMMOBILIER DE 13,75 MILLIONS DE SENIORS
 VOUS ATTENDEZ QU’IL VOUS PASSE SOUS LE NEZ ?
Si, depuis 20 ans, nous attirons autant les seniors et les investisseurs, c’est certainement que nos résidences répondent à toutes leurs attentes.
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]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés
  experts
Trois questions à Jacques de Panisse Passis, président du directoire d’Optigestion
« Une société qui a réussi à stabiliser, ou, mieux, à faire croître son activité durant la crise est sans doute bien armée dans la durée »
  Les investisseurs en actions ne sont-ils pas
trop optimistes?
La dynamique observée sur les marchés peut être perçue comme une façon de conjurer la morosité ambiante, les confinements. Les investisseurs se pro- jettent au-delà de la covid. Les marchés, toutefois, ont peut-être pris un peu trop d’avance. Selon le consen- sus, les prévisions de bénéfices cumulés des sociétés pour 2021 sont 7 % au-dessous des bénéfices réalisés en 2019. Or, les indices sont actuellement 7 % au-des- sus de fin 2019. Sur le plan macroéconomique, les investisseurs peuvent se laisser séduire par les pré- visions impressionnantes de croissance pour 2021, mais c’est oublier l’effondrement de 2020. Lorsqu’une économie s’effondre de 50 %, il lui faut un bond de 100 % pour retrouver son niveau initial. En France, par exemple, le gouvernement table sur un rebond entre 5 et 6 % cette année. Or, compte tenu de l’acquis de croissance qui atteindrait déjà 4,5 % à fin mars, la performance sur les 3 trimestres suivants s’avérerait assez modeste. Mis en perspective, les chiffres sont moins flamboyants.
Êtes-vous préoccupé par la hausse des taux ?
La hausse des taux n’est que la contrepartie négative de la croissance. En 2021, la croissance finale sera
d’autant plus vigoureuse que les pays auront plus ra- pidement maîtrisé l’épidémie. Il est donc logique que les taux se redressent plus rapidement aux États-Unis qu’en Europe. D’autant que les plans de relance de Joe Biden auront un impact significatif sur l’économie, mais aussi sur l’inflation et les taux. L’Europe est à la traîne et je crains que si la hausse des taux sur le Vieux Continent se poursuit, elle ne se justifiera malheureu- sement pas par ses fondamentaux, mais s’inscrira surtout dans le sillage des taux américains. Un tel scé- nario freinerait une reprise qui tarde à se manifester. Aussi, la BCE sera sans doute obligée de se montrer très accommodante et d’intervenir en poursuivant ses achats d’obligations pour maintenir un climat de confiance propice au redressement économique.
Quelle stratégie adoptez-vous ?
Nous investissons sur la plupart des secteurs et nous focalisons sur les rares dont les valorisations semblent en retard, comme les télécoms ou l’assurance. Nous sommes prudents sur les banques. En France, la hausse des taux devrait être limitée et la croissance trop faible pour qu’elles profitent réellement de la conjoncture. Nous cherchons également des valeurs de croissance, très exposées aux deux locomotives de l’économie mondiale, les États-Unis et la Chine, comme LVMH. Nous ciblons enfin des entreprises à l’endettement contrôlé. Nous étudions de près l’évo- lution des chiffres d’affaires dans la durée, parfois plus révélateurs que les bénéfices. Une société qui a réussi à stabiliser, ou, mieux, à faire croître son activité durant la crise est sans doute bien armée dans la durée.
 IG France optimiste sur les indices européens
dollars l'once
Le chiffre
27 000
 Les marchés actions ont nettement pro- gressé au premier trimestre, soutenus par les politiques monétaires très accom- modantes des banques centrales et des
campagnes de vaccination aux États-Unis et en Europe notamment. « Les marchés ont déjà bien “pricé” le rebond de la croissance mondiale en 2021, notamment en Europe mais surtout aux États-Unis où le SP500 évolue 17 % au-dessus de ses niveaux précrise. Et que dire du Nasdaq qui malgré la correction marquée des dernières se- maines évolue encore 35 % au-dessus des niveaux d’avant pandémie », observe Alexandre Baradez, responsable Analyses marchés d’IG France. Se- lon l’expert, la rotation sectorielle ne devrait
pas se montrer aussi forte au second trimestre et nous pour- rions surtout observer une consolidation globale des in- dices. « Les secteurs boursiers qui ont fortement performé de- puis le début de l’année en Eu- rope comme ceux du tourisme/ loisirs, automobile, banque ou encore pétrole/gaz ne pourront pas continuer sur la même ca- dence et vont devoir “assimiler”
pendant quelque temps les données macro pour s’assurer que le scénario de reprise joué plusieurs mois en amont était le bon », assure Alexandre Baradez. Au final, conclut l’analyste, « les pers- pectives semblent assez favorables à moyen terme pour les indices européens. D’abord parce que la BCE pourrait rester plus accommodante que la FED en raison du décalage de pression sanitaire entre les deux zones économiques. Ensuite parce que les indices européens comme le CAC 40 ou le Dax sont moins sensibles aux valeurs de crois- sance et un peu plus aux valeurs cycliques qui devraient continuer de profiter de la reprise éco- nomique, après une potentielle phase de consoli- dation dans les mois qui viennent. » n
lE COUrS DU rHODiUm, lE mÉTal PrÉCiEUX lE PlUS CHEr aU mONDE. il EST UTiliSÉ NOTammENT Par lES CONSTrUCTEUrS aUTOmOBilES POUr limiTEr lES ÉmiSSiONS DE GaZ POllUaNTS.
  76 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[                                 IG.COM
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culture & co
par christophe expo
Geluck et son chat Eaux Champs-Élysées
t si, pour une fois, nous parlions d’une exposi- tion à ciel ouvert, pour les yeux de tous? Il y a quelques années, souvenez-vous, les sculptures obèses de Botero ornaient momentanément
les Champs-Élysées, autour desquelles il faisait bon de flâner. L’idée avait séduit, et il n’en fallait pas plus pour convaincre le plus français des créateurs belges d’en assurer la succession. Si tout l’hexagone – et au-delà –, ainsi que tout lecteur assidu d’ÉcoRéseau Business connaît les dessins mordants de Philippe Geluck, peu connaissent ses talents de sculpteur! Et ce ne sont pas moins de 20 sculptures monumentales en bronze de 2,70 m représentant, toutes, son inénarrable chat, qui sont proposées. Le célèbre félin prend donc ses quartiers de printemps sur la plus belle avenue du monde, et s’y sent bien, jusqu’au 9 juin, dans une série de représenta- tions humoristico-poétiques délirantes et surréalistes ! En parallèle, la galerie Huberty & Breyne propose une immersion dans les coulisses de cette épopée artistique. Elle dévoile dans sa galerie de l’avenue Matignon les dessins préparatoires qui ont servi à la réalisation des sculptures ainsi que certains bronzes au format original. L’exposition permettra également de découvrir des toiles et dessins de grand format, ainsi que des œuvres mul-
théatre
 combarieu
  Chroniqueur Culture sur LCP et Groupe Canal+ / MyCanal
cd
Elgar par renaud Capuçon
Le concerto pour violon d’Elgar – résolument passionné et nostalgique – est l’un des grands concertos du romantisme tardif. « C’est une pièce monumentale, dit Renaud Capuçon, tant par sa longueur que par son caractère noble et
romantique. » Simon Rattle et lui se connaissent depuis de nombreuses années, mais il s’agit ici du premier enregistrement qu’ils réalisent ensemble, avec le London Symphony Orchestra. Le LSO qui accompagna Fritz Kreisler non seulement lors de la création du concerto en 1910, orchestre dont Elgar devint le chef principal dès l’année suivante. Complément
tiples en hommage aux grands noms de l’histoire de l’art. Geluck, sur Quotidien de TMC, a révélé que chaque sculpture avait pour prix d’aChat quelque
  idéal du concerto, Renaud Capuçon a enregistré la sonate pour violon, créée en 1919 et qu’il qualifie « d’œuvre de noblesse et de tendresse ». Elgar sublimé par l’archet majestueux de Capuçon, un plaisir dont il ne faut pas se priver.
Erato
We Are, de Jon Batiste
Déjà son quatrième album pour le label mythique Verve! Après avoir composé de la BO de Soul, le dernier film d’animation signé Pixar et récompensé d’un Golden Globe, le multi-instrumentiste Jon Baptist, d’abord connu pour ses apparitions dans le talk-show de Stephen Colbert, dévoile ici un album puissant et universel. C’est un nouveau chapitre musical profondément ancré dans l’actualité
300 000 euros,
cause. n
Jusqu’au 5 juin, Galerie Huberty & Breyne, 36 avenue Matignon, 75008 Paris
Jusqu’au 9 juin, avenue des Champs-Élysées, 75008 Paris
reversés à une
 qu’il ouvre avec cet opus, puisant dans
une multitude de genres, et prenant son inspiration dans le gospel, le funk, le R&B et bien sûr le jazz. Il y aborde les thèmes qui lui sont chers, développant son engagement sur la cause noire aux États-Unis au travers de son expérience incomparable entre la Nouvelle-Orléans et New York. Il a choisi
de s’entourer ici d’un impressionnant casting : Mavis Staples, Quincy Jones, Zadie Smith, PJ Morton, Trombone Shorty, en tête, offrant à ce nouvel opus l’estampille « indispensable » !
Verve
Plastic Ono Band de John lennon Le premier album solo de John Lennon, sorti en décembre 1970 ! John et Yoko Ono avaient commencé à faire des démos à Abbey Road pendant l’été. Après la séparation des Beatles, le couple légendaire s’est accordé une période de réflexion et d’expérimentation, avec pour résultat les chansons de Plastic Ono Band largement influencées par la thérapie du cri primal d’Arthur Janov. John a réussi à trouver en lui-même une profondeur émotionnelle rarement atteinte.
Avec un petit noyau dur composé de Ringo Starr à la batterie, de son vieil ami Klaus Voorman à la basse et co-produit par Phil Spector, l’album se classe vite dans le top 10 des charts anglais et américains. Il est aujourd’hui considéré comme le meilleur album solo de la carrière de John Lennon avec des classiques comme Mother, Working Class Hero, Isolation, God. Cette nouvelle édition propose un voyage extraordinaire qui nous
conduit des séances d’écriture à l’étape finale de production avec Phil Spector. Ces nouveaux mix révèlent une profondeur sonore, une définition et une clarté à couper le souffle.
Universal
78 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
Dites-moi, Jean-Luc Moreau...
  Un metteur en scène face à ses auteurs
Incontournable faiseur de succès au théâtre, il met en scène actuellement Si on savait ! et Gwendoline avec Valérie Damidot, programmés dès la réouverture des théâtres.
Jean-luc, comment faites-vous pour que tout ce que vous touchiez se transforme en or ? Toutes vos mises en scène cartonnent ! Enfin, quand on pouvait jouer...
On n’a rien sans rien, et je suis un travailleur acharné. Et puis je crois qu’à mon âge, j’ai fait mes preuves et on me fait confiance, alors j’ai la chance d’avoir de grands auteurs autour de moi qui me confient des petits bijoux de pièces. En fait je n’y suis pour rien (rires) !
Nous sommes obligés de parler d’Éric assous, auteur de génie, votre ami, qui nous a quittés il y a quelques semaines...
Éric me manque beaucoup. J’ai mis en scène quatorze de ses pièces... Rien, sur la vie de couple, ne lui échappait ! Il n’était pas misogyne mais il me disait souvent : « J’ai peur
de la femme et je m’interrogerai toujours sur ce qu’elle est... » C’était notre Marivaux des temps modernes. Et comme lui, il réussissait à faire sortir de chaque niche, chaque détail qui constitue le rapport amoureux, c’était absolument génial... Quelle perte tragique pour le théâtre.
avant la crise sanitaire vous travailliez sur toutes les pièces de Sébastien Blanc et Nicolas Poiret, le fils de Jean Poiret... vous avez l’impression d’être face au maître ? vous retrouvez sa patte ?
C’est incroyable, car dans l’écriture de ce tandem, il est forcément
là ! Jean Poiret pouvait passer 10 minutes de texte sur l’histoire d’une paire de lunettes par exemple, et c’était jubilatoire ! Eh bien là, avec eux, c’est exactement pareil.
Jean-luc, que pensez-vous
du « vent debout » des élèves
du Cours Florent contre leurs professeurs qu’ils accusent de trop de proximité et d’abus dans l’apprentissage...
Ça me paraît être un délire. Quand je mets en scène un spectacle,
je touche énormément les comédiens, que ce soit des filles ou des garçons ! Nous faisons
un métier sensuel, tactile et non pas intellectuel ! Si l’on ne peut pas se toucher le corps, on est fichus. Non, tout ce qu’on entend à ce sujet, ce ne sont que des conneries, il faut arrêter un peu, et se poser les vraies questions. Là j’ai l’impression que ce n’est qu’un miroir aux alouettes pour cacher d’autres choses...
 ]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[Dites-moi, Sarah Biasini...
Romy Schneider en héritage ?
culture & co
vie privée
   La comédienne, fille de l’inoubliable Romy Schneider, publie La Beauté du ciel, son premier livre sous forme de journal intime, chez Stock.
Sarah, vous vous appuyez sur l’histoire de votre mère, romy Schneider, pour raconter la vôtre...
Oui, c’est à peu près cela... Mon histoire. Celle d’une mère, qui a perdu la sienne, et qui va avoir un enfant... Comment aborder la maternité avec toutes les questions qui vont avec. Et une fois
que vous avez votre enfant sous les yeux, tout ce qui peut ressortir de votre propre enfance.
C’est un livre qui vous permet de
« boucler la boucle » ?
Sans doute oui... Quand on devient parent, on pense évidemment aux siens ! Et ce livre m’a permis de mettre
dvd
Cosi Fan Tutte de mozart, Salzbourg 2020
Été 2020 : le prestigieux Festival de Salzbourg célébrait son 100e anniversaire avec Così fan tutte
de Mozart dans une production entièrement conçue dans des conditions exceptionnelles dues à la pandémie. Créée en quelques semaines par une équipe dirigée par le metteur en scène Christof Loy et Joana Mallwitz, première cheffe à diriger le Philharmonique de Vienne dans une production à Salzbourg, elle réunit un casting de rêve, digne des versions inoubliables signées Boehm
ou Karajan : Elsa Dreisig, Marianne Crebassa, Léa Desandre en tête: des voix françaises, radieuses, sidérantes de justesse, à l’honneur dans la plus pure beauté musicale défendue avec ferveur. Le résultat est très animé, vif et sans boursouflures. Sans doute l’un des meilleurs Mozart de Salzbourg depuis une décennie ! Warner Classics
Parents d’élèves, de Noémie Saglio
Pire que les enfants : leurs parents névrosés et hilarants, malgré eux ! Vincent (Dedienne) n’a pas de gosses mais travaille comme baby-sitter. Et quand arrive la mythique réunion parents-profs,
les sorties d’école et la traditionnelle
kermesse de fin d’année, c’est lui qui s’y
colle. Il a une bonne motivation pour ne
pas tout plaquer devant le méli-mélo
des responsabilités : la jeune et jolie
maîtresse d’école (Camélia Jordana).
Mec supersympa, légèrement immature
mais motivé pour conquérir le cœur de
la maîtresse: un adulte qui refuse de
grandir, de voir la société comme elle
est ? La nouvelle comédie de Noémie Saglio, à qui l’on doit Connasse mais aussi Toute première fois et Telle mère, telle fille, poursuit sa lancée : traiter avec humour des formes de famille et de vivre ensemble. Universal
sur le papier ce que je pourrais appeler mon journal intime. Je me suis parlé,
je me suis beaucoup interrogée... Je
ne vais pas vous dire que c’était une auto-analyse car j’avais déjà répondu à certaines questions, mais ça m’a aidée, oui, à mettre cartes sur table avec moi- même.
Et puis dans ce livre, vous parlez également de moments tragiques. la disparition de votre mère, quasiment simultanément avec celle de votre frère. C’est aussi l’angoisse de votre mort qui vous a fait écrire ?
Oui. Vous savez, quand j’ai eu ma fille, une des premières choses à laquelle
j’ai pensé était : « Si je meurs, que va- t-elle devenir ? » À partir du moment où vous donnez la vie, vous pensez à la mort...
À la fin du récit, vous parlez de vos rencontres avec Piccoli, Delon, Sautet... ils vous ont permis de revivre des souvenirs que vous n’aviez pas vécus avec votre mère ? vous aviez 4 ans quand elle est décédée...
Eux, comme moi, étions très émus lorsque nous nous sommes rencontrés. Ils voyaient la fille de leur amie, et moi j’étais très touchée de parler avec eux... Mais pour tout vous dire, l’émotion était tellement forte, elle nous submergeait,
et nous ne nous sommes finalement pas dit grand-chose... Et parfois la parole n’est pas nécessaire, un regard suffit, c’était tout à fait indescriptible.
auriez-vous mené cette carrière de comédienne si vous n’aviez pas eu cet héritage artistique de votre mère ?
Je ne sais surtout pas si j’en aurais
eu envie, tout bêtement ! Le métier
de vos parents est celui dont vous entendez parler pour la première fois, donc évidemment, lorsque l’on baigne dedans, ça vous titille !
livres
Réfléchissez et devenez riche, de Napoléon Hill
Mort en 1970 dans la plus grande pauvreté, Napoléon Hill s’est, tout
au long de sa carrière, appliqué
à concentrer les principes fondamentaux de la réussite. Ce
qu’il n’a visiblement pas appliqué à lui-même ! Il nous invite à devenir riche si tant est que l’on sache réfléchir, en expliquant en profondeur les cinq principes fondamentaux de l’enrichissement ! À quelles peurs sommes-nous confrontés, à quels efforts doit-on se préparer ? Autant de questionnements et de grands principes, inspirés des parcours irréprochables d’imagination et
de persévérance de milliardaires célèbres, de Andrew Carnegie à Henry Ford en passant par Thomas Edison. Comme ça, sur le papier, ça ressemble à des techniques faciles, presque évidentes, à prendre souvent au deuxième degré, pour organiser sa propre volonté et une pensée positive, mais elles sont une base amusante de réflexion. Ah, si c’était si simple ! Éditions de l’Homme
 L’Enfant rêvé, de raphaël Jacoulot
Réunir le trio Jalil Lespert, Louise Bourgoin et Mélanie Doutey : on pourrait croire de prime abord
à une comédie romantique franchouillarde où le mari trompe sa femme. Pas tout à fait ! Pour son quatrième film, Raphaël Jacoulot distille certes quelques éléments de romance, mais
au sein d’un drame thriller bien
plus ambitieux. Bûcheron chic
du Jura, François dirige la scierie familiale avec
sa femme Noémie (Doutey). Le petit couple rêve d’avoir un enfant, en vain. Si elle n’est pas réticente à l’adoption, ce n’est pas le cas de François... C’est alors que débarque la belle et mystérieuse Patricia (Bourgoin) dans la région. Passion, coup de foudre, mensonges, bébé dans le dos et trahisons... L’une des sorties les plus captivantes de l’automne ! Blaq Out
30 jours max, de Tarek Boudali
Voici la nouvelle livraison de la
Bande à Fifi ! Rayane est un jeune
flic, trouillard et maladroit, la
risée du commissariat. Mais le
jour où son médecin lui apprend
– à tort – qu’il n’a plus que trente
jours à vivre, il décide de tout
changer ! Fini le flamby, il veut
devenir le héros du commissariat
et impressionner sa collègue
Stéphanie. L’éternel craintif se
transforme alors en vraie tête brûlée, qui prend tous les risques, vraiment tous, pour coincer un caïd de la drogue... Une comédie policière de et avec Tarek Boudali (sa deuxième réalisation après Épouse-moi mon pote), déjantée comme il faut, avec la présence chic de José Garcia, Marie-Anne Chazel et Chantal Ladesou !
Studio Canal
     ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 79
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
L’Octavia,
le premium de Skoda
Cette nouvelle Octavia dénote s’il en était besoin la réelle montée en gamme du constructeur tchèque dont certaines productions concurrencent désormais frontalement les vedettes de la maison mère.
C’est sans conteste le plus joli coup de crayon de Skoda depuis que la marque tchèque, na-
guère low cost, a mis en œuvre sa stratégie de montée en gamme. Aujourd’hui le constructeur est devenu, à bien des égards, une marque de référence. Son nou- veau break, Octavia, en devient la preuve concrète. Une quatrième génération particulièrement convaincante sur le plan esthé- tique dans sa version combi d’une rare élégance. Vue de l’arrière, la
belle cultive la ressemblance avec une Volvo tandis que sa face avant revendique une réelle sportivité. Une fois au volant (à seulement deux branches, avec molettes et boutons chromés) l’impression d’être à bord d’un modèle pre- mium se confirme : espace, fini- tion, matériaux, équipement et ergonomie des commandes, tout concourt (dans ce niveau de fini- tion Style) à positionner l’Octavia un cran au-dessus de son segment de marché et à la rendre potentiel- lement dangereuse pour ses cou-
essais autos
sines, à commencer par la Passat Volkswagen et la Skoda Superb.
De grandes ambitions
Grande rouleuse à vocation fa- miliale, l’Octavia Combi a du reste encore gagné en taille: plus longue de 22 mm que l’ancien modèle, plus large de 15 mm, elle hérite d’un coffre XXL de 640 litres (30 de plus que celui de la 3e génération). Elle bénéficie pour la première fois (en option) de l’af- fichage tête haute (sans lamelle) et d’une pléthore d’équipements puisés dans la banque centrale fa- miliale (notamment les nouvelles commandes tactiles). Confortable, sûre, l’Octavia bénéficie depuis cette année d’une motorisation hybride rechargeable de 204 che- vaux (un moteur essence 1,4 TSI de 157 ch allié à un moteur élec- trique de 85 kW). De quoi rouler
      fiche technique
modèle essayé
 Skoda Octavia Combi Style 1,4 TSi PHEv 204
 Tarif
 Àpartirde41540€
 Tarifs gamme essence
 De24060€à41740€
 Tarifs gamme diesel
 De27310€à44140€
 Tarifs gamme hybride
 De27940€à44330€
 80 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
une cinquantaine de kilomètres en tout électrique. Petite bizarre- rie énervante: par défaut, le sys- tème de propulsion se positionne en tout électrique et consomme donc d’emblée, au démarrage, sa faible autonomie non thermique. Or la recharge de la batterie par le moteur se révèle ensuite assez la- borieuse.
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[                 vie privée
L’Audi A3 joliment renouvelée
La compacte du constructeur premium évolue, un peu, dans son dessin, beaucoup dans son habitacle et nourrit de nouvelles ambitions.
essais autos
Elle aurait dû se montrer l’une des vedettes du
salon de Genève en 2020, annulé pour cause de pandémie. La nouvelle Audi A 3 a néanmoins pris
la route à l’automne avec une ambition renouvelée. Cette compacte premium (par le prix) de quatrième génération s’est renouvelée sur le plan esthétique (mais comme toujours chez Audi avec modération), dans l’habitacle, avec une nouvelle planche de bord (écran tactile de 10,1 pouces de série et virtual cockpit contigus, affichage tête haute) et de nouveaux équipements. D’un point de vue mécanique avec un châssis amélioré pour une plus grande efficacité et un confort accru.
Sous le capot de notre véhicule d’essai en version Sportback (5 portes) un moteur essence de 150 chevaux (1,5 litre, 35 TFSI) couplé à la boîte à double embrayage STronic à 7 rapports, un attelage qui représente la majorité des ventes de l’Audi A3 et qui donne toute satisfaction.
L’Audi Q2 restylé
n’est pas au rendez-vous
Le SUV compacte d’Audi pâtit d’un habitacle qui a mal vieilli et d’une offre mécanique ancienne.
  fiche technique
modèles essayés
 audi a3 Sportback S line35 TFSi 150ch STronic7
 Tarif
 Àpartirde39590€
 Tarifs gamme essence
 De28630€à40940€
 Tarifs gamme diesel
 De29640€à46880€
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         fiche technique
modèles essayés
 audi Q2 35 TDi 150 ch Quattro STronic7
 Tarif
 Àpartirde39630€
 Tarifs gamme essence
 De28320€à42000€
 Tarifs gamme diesel
 De30250€à46330€
    82 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
Dieu que les voitures vieillissent vite... L’Audi Q2 lancé à l’automne 2016 a bénéficié fin 2020 d’un restyling de bon aloi qui le rend plus compact à l’œil et plus dynamique. Mais pourquoi diable (après Dieu) le constructeur a-t-il limité cette mise à jour à l’apparence de son SUV compact, sans rien changer, ni à son
architecture mécanique (que
des moteurs thermiques sous le capot) ni à son habitacle qui a pris un sérieux coup de vieux ? Le mini- écran non tactile de la planche
de bord nous semble ainsi surgi d’un passé très lointain. Essayé en version Quatro STronic 7 avec le bloc TDI de 150 chevaux, ce SUV à vocation urbaine (du coup les
4 roues motrices ne se justifient guère) est sans reproche sur le bitume et mériterait un véritable aggiornamento.
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FINANCES
ENTREPRISE
ÉCRITURE INCLUSIVE
les placements à suivre en 2021
le télétravail accélère la dématérialisation
À la XXIe siècle,
la féminine domine la masculine...
N°75 DÉC.2020/JANV.2021
ENTREPRENDRE | INNOVER | POSITIVER
Le nouvel après
SOMMES-NOUS INNOVATION PRÊTS ?
20 ÉNERGIES VERTES - ÉCONOMIE CIRCULAIRE RECYCLAGE - RECONDITIONNEMENT
TAXER LES GAFAM pourquoi est-ce si difficile ?
inventions
TRANSITION ENVIRONNEMENTALE
qui vont changer
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Plans de relance
Grandes Écoles
D’où vient cet argent “magique” ?
Stratégie gagnante pour le Royaume Uni ?
des réseaux toujours plus puissants
N°77 MARS 2021
ENTREPRENDRE | INNOVER | POSITIVER
Entre crise et innovation...
TOUT POUR SAUVER/CRÉER
SON ENTREPRISE Paradoxal : c’est le moment de se lancer Vital : les moyens de se relancer
Cybersécurité
Une priorité vitale pour les PME
ERBQ78
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                  ACHAT / VENTE - RESTAURATION - MECANIQUE - CARROSSERIE - SELLERIE
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]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
dans l’air du temps
Autoprotection patrimoniale
Voitures anciennes, le placement vaccinal
Pandémie et automobile, mauvais plan. Mais voitures anciennes et virus, bonne pioche. Une automobile de collection agrémentée de passion constitue un excellent placement peu sujet à la décote.
rables que va laisser la pandémie sur le segment de l’événemen- tiel automobile. Aujourd’hui, la réussite des team buildings et des séminaires d’entreprises se joue parfois derrière le vo- lant d’une voiture de collection. Certaines entreprises, à l’image d’Une marque et des hommes ou de Drive Classic, pour ne citer qu’elles, proposent aux sociétés de nombreuses prestations au volant d’autos de rêve. Mais dis- tanciation sociale et télétravail mettent à mal cette activité, et le secteur de l’événementiel plus globalement. Pour la seule année 2020, l’Union française des mé- tiers de l’événementiel (Unimev) estime les pertes à 16,8 milliards d’euros pour l’ensemble des en- treprises du secteur.
Malgré la covid, les divas & co attirent
Les amateurs d’« anciennes » n’ont pas renoncé à leur pas- sion. D’après une étude réalisée en 2020 par l’équipe de Rétro- mobile, 37 % des amoureux de vieilles cylindrées auraient pro- fité des confinements successifs et des restrictions sanitaires pour consacrer davantage de temps à leur hobby. Mieux, 63 % des personnes interrogées ont af- firmé ne pas prévoir de modifier le budget consacré à leur vieille auto. Le contexte semble néan- moins avoir retardé les projets de ceux et celles qui comptaient investir dans une automobile ancienne, tout comme les reven- deurs se sont souvent abstenus. Toujours selon cette étude, on apprend que 73 % des passionnés d’auto de collection en France sont des personnes âgées de plus de 50 ans. C’est sans doute ce qui explique en partie la bonne santé du secteur, puisqu’il s’agit d’une catégorie de population moins touchée par les baisses de revenus liées à la pandémie de coronavirus. Pourtant, cette passion touche aussi un public plus jeune, notamment avec l’es- sor des young timers ou « jeunes anciennes », ces voitures des années 1980 à 1990 qui s’ap- prochent au fil des ans du monde de la collection, et qui séduisent une clientèle plus jeune, mais tout aussi nostalgique.
La voiture ancienne, un placement toujours actif Lorsque l’économie financière se porte mal, les valeurs refuges rassurent. C’est le cas de l’or, de
 Malgré tout, c’est l’événementiel au- tomobile qui a fait les frais des inter-
dictions de rassemblements : la prochaine édition du salon Rétromobile, l’une des réfé- rences en matière d’automobile ancienne, devait se tenir en fé- vrier 2021. Contexte sanitaire oblige, l’événement a été reporté au mois de juin à venir. Le Tour
Auto (lire encadré), qui réunit chaque année son lot de pas- sionnés de course automobile en voiture de collection, vrombira au mois de septembre après un report. Depuis plus d’un an, c’est le lot quotidien de nombreuses manifestations consacrées aux vintages.
Des événements reportés, mais pas annulés. Ils peinent néan- moins à masquer les traces du-
37 % des amoureux de vieilles cylindrées auraient profité des confinements successifs et des restrictions sanitaires pour consacrer davantage de temps à leur hobby. Mieux, 63 % des personnes interrogées ont affirmé ne pas prévoir de modifier le budget consacré à leur vieille auto – Retromobile.
84 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
      ]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                    auctions by MILLON
VENTES AUX ENCHÈRES D’AUTOMOBILES DE COLLECTION
Ventes thématiques
Spécialistes mécaniciens neutres et indépendants Ventes garanties et sécurisées
Prochaines ventes
6 avril - Automobiles américaines 12 avril - Voitures de sport
26 avril - Country Cars
24 mai - Voitures de plage
Contact
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Porsche 911 Sport Classic
En vente le 12 avril 2021
www.carprecium.com
]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
dans l’air du temps
Tour auto : le show des old timers
Héritier du Tour de France Automobile, dont la création remonte à 1899, le Tour Auto représente la plus ancienne épreuve de compétition automobile encore en activité. Cette course offre la particularité d’alterner épreuves dites spéciales sur routes fermées, liaisons sur routes ouvertes (en un temps imparti) et confrontations
par catégories sur circuit. Elle met en scène, sur un tracé qui change à chaque édition, des automobiles concurrentes du Tour de France Automobile entre 1951 et 1973.
À de rares exceptions près, c’est la seule règle d’éligibilité qui prime. Véritablement lancée en 1951 au lendemain de la guerre, l’épreuve atteint une popularité incroyable
dans les années 1960. Elle oppose à l’époque les plus grandes marques et réunit les meilleurs pilotes du moment. Interrompu à la fin des années 1980 faute de parrainages, le Tour Auto
fait son grand retour en 1992 grâce
à Patrick Peter, qui fait renaître la course de ses pots d’échappement. Derrière les roues d’Ari Vatanen en voiture ouvreuse, pas moins de 200 automobiles de collection s’élanceront en septembre du Grand Palais à Paris, pour une 30e édition de 1 930 kilomètres jusqu’à Nice, via la Bourgogne, les Alpes, la Drôme et le Vaucluse.
Chaque année, un constructeur ou un type de voiture est mis à l’honneur. Cette année, ce sont les Ferrari 250
GT Berlinetta et les Jaguar MkII qui
se distingueront dans cette danse mécanique à une époque où, espérons- le, le public sera aux premières loges.
Globalement, depuis deux ans, la tendance est à la baisse des prix. Une occasion rêvée pour faire de belles affaires.
   l’art, de l’immobilier, mais éga- lement des voitures de collec- tion. « C’est l’un des meilleurs placements », opine cet ancien chef d’entreprise, « petit » col- lectionneur (pas plus de quatre merveilles, y compris l’Aston Martin de Françoise Sagan). Avec la pandémie, la tenue des ventes aux enchères d’autos de collection s’est considérablement compliquée. En 2020, certaines maisons de renom, comme Ose- nat en France, n’ont pas hésité à se servir du numérique en or- ganisant des ventes en ligne, à coup notamment de visites in- teractives des voitures en 3D. Une première ! Une expérience concluante que RM Sotheby’s a réitérée le 17 mars. Pour cette année, le calendrier des enchères physiques est déjà bien rempli chez les poids lourds du secteur que sont Bonhams ou Aguttes. Un nouveau signe que le marché s’accroche ?
La force de ce secteur, c’est de pouvoir compter sur une in- croyable diversité d’investis- seurs. Pas besoin de disposer de millions à débourser pour une Ferrari 250 GTO, une Maserati
Gransport ou une Mercedes 300 SL Papillon pour réaliser un pla- cement intéressant. Ou pas. On a vu récemment sur le programme télé Enchères mécaniques la vente aux enchères d’une Ferrari 512 TR estimée à 120 000 euros s’arracher à 270 000 sous pré- texte que Johnny Halliday en avait été le propriétaire ! Il est tout à fait possible de mettre la main sur un modèle construit entre l’après-guerre et les an- nées 1970, dans une fourchette de prix de 10000 à 50000 eu- ros, la DS Citroën en témoigne. Ou bien miser sur les fameuses young timers, à la cote encore basse mais qui devrait grimper dans les années à venir. Trouver une 205 GTI en bon état à moins de 9 000 euros relève déjà au- jourd’hui du parcours du com- battant ! Les investisseurs vont compter sur une fiscalité intéres- sante dans ce domaine.
Un placement
à la portée de beaucoup
Il ne faut pas croire que posséder un véhicule de collection soit ré- servé à une caste de privilégié·es. L’assurance pour ces véhicules est généralement très peu chère.
Quant à l’entretien, le proprié- taire d’une voiture de collection y consacre en moyenne 3 500 eu- ros annuels, d’après la dernière étude de Rétromobile. De quoi faire d’une passion un place- ment, ou l’inverse !
Difficile cependant de prévoir quelle sera l’évolution des prix courant 2021. Il s’avère compli- qué de tirer une généralité d’un marché aussi varié que celui de la voiture de collection. Certains modèles anciens, américains no- tamment, ont accusé une baisse de leur cote l’an dernier. À l’in- verse, les prix des vieilles Ferrari ont bondi de 15 % sur la même période. Globalement, depuis deux ans, la tendance est à la baisse des prix. La conséquence de l’indécision des acheteurs, mais également des vendeurs. En 2020, de nombreux modèles n’ont pas trouvé preneur lors des ventes aux enchères. Une occa- sion rêvée pour faire de belles affaires, sur des modèles en bon état, et de laisser libre cours à sa passion, tant que les anciennes sont encore autorisées à rouler... JEaN-BaPTiSTE lErOUX
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avril-mai 2021 ecoreseau.fr
l’atelier des Coteaux : la référence française de la voiture de collection
Une émission récurrente – Trésors de Garage, sur RMC Découverte – montre l’art
du détail de ce revendeur
de voitures exceptionnelles, préparées sous son vaste hangar de 7 000 m2 (un terrain de football !). À moins de deux heures de Paris, officie l’un des meilleurs spécialistes
de la voiture de collection
en France, Oscar Lefebvre.
Il œuvre avec son équipe de passionnés à Blérancourt, dans les Hauts-de-France, un « garage » (plutôt un dégarage) qui a gagné ses lettres de noblesse au fil des années. Passer les portes de l’atelier revient pour un amoureux d’autos anciennes à pénétrer au Pays des Merveilles. Ferrari, Maserati, Jaguar, Aston Martin, Austin Healey, Alfa
Romeo... Toutes les marques des voitures anciennes les plus prestigieuses sont représentées dans cet
atelier lancé en famille à la fin des années 1980. Ici, le client arrive avec un projet
et repart, un an voire deux ou trois ans plus tard (!), avec une voiture de collection en
« état concours ». Démontage, remontage, mécanique, préparation, sellerie et peinture, rien n’est laissé au hasard. Ce qui justifie un prix bien souvent hyperbolique. Fort d’un réseau tissé dans
le monde entier, l’Atelier
des Coteaux sélectionne ou fabrique les meilleures pièces pour redonner une seconde vie à des modèles emblématiques de l’histoire automobile.
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
  horlogerie & joaillerie
Le diamant naturel,
tout un univers !
Le site naturaldiamonds.com vient
d’être lancé en version française
par le Natural Diamond Council.
Il invite à découvrir l’univers du
diamant sous toutes ses facettes.
Mine d’informations à 360°, il
dévoile en toute transparence
les coulisses de ce secteur lié
au luxe authentique. Il donne
également un éclairage factuel sur cette pierre écoresponsable au grand pouvoir de séduction, notamment auprès des 25-35 ans. Des néophytes aux professionnels, chacun trouvera réponse à ses questions.
Nouvelle version
de Golf Edition
Cette nouvelle version de la montre connectée Golf Edition a de nouvelles fonctions, notamment des toutes
nouvelles cartes des terrains de golf améliorées et un outil de recommandation de clubs innovant pour son
modèle Connected Golf Edition. Tag Heuer a également conclu un partenariat avec le golfeurprofessionnel
Tommy Fleetwood, qui arborera fièrement la montre à son poignet. 2400 €. www.tagheuer.com/fr/fr/
Jm Weston, Souvenir d’un défilé
À l’occasion de l’inauguration de sa première Galerie Boutique à Paris, J.-M. Weston est heureux de présenter une collection Haute Couture. Manifeste des savoir-faire tels qu’ils sont transmis depuis
1891 dans sa Manufacture de Limoges, les modèles
d’exception, ici mis à l’honneur mettent en évidence
les gestes maîtrisés et les techniques de chaque
artisan. Inspiré de courants artistiques divers
comme l’Arte Povera ou une forme de Naturalisme
adopté, chacun des modèles reçoit des ornements
végétaux et floraux. Exposition jusqu’au 31 mai 2021 à la
Galerie Boutique J.M Weston au 46 rue des Archives, 75004 Paris www.jmweston.com
Sandales chic & choc !
Pédiconfort propose pour le Printemps/Été une collection aux
teintes naturelles qui s’adapteront aux look pour chaque occasion. Style et confort le soir comme en journée, les
chaussures sont dotées d’aérosemelles en mousse qui absorbe le choc lors de la marche et profiter à 100 % des beaux jours ! Sandales en cuir et paillettes dorés dès 54,99 € www.daxon.fr
Reverso,
 90 ans
d’une icône
À l’occasion du 90e anniversaire de la Reverso, Jaeger-LeCoultre réinterprète l’un de ses modèles les plus prisés. Lancée en édition limitée avec un cadran bordeaux et un boîtier en or rose, la Reverso Tribute Duoface Fagliano rend hommage à un design d’une longévité exceptionnelle. La Reverso a été imaginée
pour répondreaux besoins du gentleman sportif moderne de l’époque, notamment du joueur de polo. Edition limitée à 190 pièces, disponible exclusivement en boutique.
23 400€. www.jaeger-lecoultre.com
Une vision de l'horlogerie du futur
Zenith continue à mettre en valeur le concept de la précision à haute fréquence à travers des déclinaisons saisissantes
de son chronographe au 1/100e de seconde, la Defy 21. Cette transcription des hautes fréquences d'oscillation en régions uniques du spectre de la lumière visible
a commencé avec la Defy 21 Ultraviolet en 2020, qui présente le premier mouvement chronographe du monde
à arborer un coloris violet, se détachant sur le boîtier très sobre en titane mat sablé. Aujourd'hui, Zenith applique le
même effet accrocheur à la Defy 21 Ultrablue, proposée dans des tons très branchés d'indigo profond et de bleu électrique.
13 100€. www.zenith-watches.com
mode & accessoires
   Balibaris,
  l’intemporel
masculin
Un blouson, une parka légère, une chemise en jean,
un polo vert d’eau... La Collection Printemps – Eté
2021 par Balibaris se dévoile en tonalités douces et lumineuses. La marque de prêt-à-porter pour hommes décline ses intemporels modernes et versatiles, le tout twisté de la touche contemporaine qui a fait sa renommée. www.balibaris.com/fr/
impetus réinvente
le sleepwear
À la fois confortables et élégants, ces pyjamas aux motifs originaux sont une belle idée cadeau pour les papas branchés en toutes circonstances ! Pyjama Bryony 100 % coton, du S au 4XL 62,50 €
  88 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[                évasion
Fabuleuse Cappadoce
La Cappadoce est réputée pour ses cheminées de fées caractéristiques, grandes formations rocheuses en forme de cônes. Vous découvrirez au musée en plein air de Gorëme 10 petites chapelles creusées dans la roche et aux fresques religieuses à couper le souffle. Réveil matinal pour profiter d'un vol en montgolfière au-dessus d’un paysage lunaire, en compagnie de 100 autres ballons ou plus. La région vous séduira aussi pour son artisanat : céramique, tapis. Question hébergement, le sublime et atypique Yunak Evleri, datant en partie du ve siècle, est un refuge parfait. Avant de rentrer en France, une halte à Istanbul s’impose : admirez la ville du haut de sa fameuse tour Galata et respirez l’air marin lors d’un somptueux tour en bateau. www.goturkiye.com
La Golf Academy
de Terre Blanche
Reconnue internationalement pour la
qualité de ses infrastructures et l’expertise
de ses enseignants, la « Terre Blanche Golf Academy » s’adresse aux joueurs de tout âge, du débutant au professionnel. Bénéficiant d’une
situation exceptionnelle, au cœur d’une nature préservée, Terre Blanche est à seulement
35 minutes de Cannes. Ce luxueux Resort de 300 ha est la destination idéale pour partir à la découverte de la Provence, ses loisirs (villages perchés, randonnées, festivals, musées...), sa gastronomie ainsi que du littoral animé de la Côte d’Azur.
www.terre-blanche.com
la Brive en mode slow tourisme
Entre balades, découverte de villages au riche patrimoine et sports de plein air, sans oublier des hébergements en totale communion avec la nature, une multitude de possibilités s’offrent à chacun, pour s’échapper le temps d’un court- séjour... ou plus ! Brive-la-Gaillarde est une destination qui offre 800 km de chemins de randonnée à parcourir ! Situé à seulement 15 minutes de Brive, le lac du Causse est un site naturel préservé et entouré de collines. Il offre de nombreuses activités dans un cadre privilégié : pique-nique et activités bien-être (cours de Tai-Chi, yoga.. ) mais aussi ski nautique ou
aviron pour les plus sportifs et activités pour les enfants. www.brive-tourisme.com
l’art du temps
vie privée
      ecoreseau.fr avril-mai 2021
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]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
 gastronomie
indispensable Coffret Kusmi
Découverte
Votre père préfère les thés épicés et votre sœur ne jure que par les mélanges fruités ? Pas de panique, il y en aura pour tous les goûts ! Avec ce coffret de 45 sachets découvrez 9 mélanges Kusmi délicieux pour toute la famille. 34,90 € www.kusmitea.com
 Mini navettes pauvres en gluten
Véritable plaisir sucré et symboles de Provence, les mini-navettes Maison Brémond sont fabriquées à partir de farines fermières artisanales et naturellement pauvres en gluten. Trois nouvelles recettes sont à présent disponibles : des mini-navettes biologiques délicatement parfumées de fleurs de lavande et d’huile essentielle de lavande AOP de Haute-Provence, des mini-navettes Bio aux graines d’anis, et des mini- navettes à la fleur d’oranger.
7,90 € le sachet de mini-navette bio à la lavande. www.mb-1830.com
  Sucre minime, Plaisir ultime, Oh oui !
Régaler les becs sucrés attentifs à leur santé ou à leur ligne et offrir la possibilité à de nombreux diabétiques de se faire plaisir sans culpabiliser demande des trésors d’ingéniosité. Il est temps de vous présenter Oh Oui ! la nouvelle gamme de pâtisseries réduites en sucres. Livraison partout en France par ChronoFresh : 2 allumettes truffées-2 fingers citron-2 éclairs Paris Brest-2 fingers chocolat noisette. Surgelées. Vous choisissez de sortir vos pâtisseries selon votre envie. Un régal! 58 € www.ohoui.com
bien-être
Tanita, votre poids santé
Cet analyseur de composition corporelle connecté par Bluetooth vous permet de surveiller de
près votre santé. Arrêtez de vous demander si vous présentez un poids « sain » et commencez à comprendre la santé de vos muscles et de vos
os, votre niveau d'hydratation, votre silhouette et votre âge métabolique – pour savoir quel est votre niveau de forme. Montez sur l'analyseur
au design élégant, consultez des
données claires sur le grand écran et partagez les résultats avec votre smartphone, pour les analyser même en déplacement.
79 € https://tanita.fr/bc-401/
Theragun par Therabody
Les appareils de massage Theragun sont des solutions naturelles sans effets secondaires, permettant de libérer les tensions musculaires.
Cette 4e génération d’appareils de massages à percussion est silencieuse,
intelligente et connectée. Reliée en Bluetooth à votre Theragun, l’application
mobile vous guidera vers de nombreux protocoles de
traitement personnalisés en fonction de votre activité. Modèle Theragun Elite au prix de 399 € www.theragun.com
François Doucet, un écrin de folie !
Petits et grands seront séduits par cet assortiment ludique, un clin d’œil aux gourmandises d'enfants. Découvrez dans cet écrin de folie : Crèm'Fraise, Kara'liné, Croustillants multicolores, Crousti'œufs, Amandes pastels, Noisettes de nos Forêts, Kara'oké, Kara'mel. Juste délicieux !
270 gr, 18,60 € www.francois-doucet.com
Naeturellement en forme
Naetur ce sont 4 complexes Naetur composés de plantes certifiées Agriculture Biologique et travaillés en collaboration avec un laboratoire français.
Ils s’adressent à toutes celles et ceux qui sont dans une démarche de mieux-être. Sommeil, Digestion, Vitalité, Récupération... 4 Essentiels à chouchouter quotidiennement pour de belles journées riches en énergie !
     30 euros les 60 gélules végétales. https://naetur.co
Biovive, crème de vitalité
La crème de vitalité, à la texture légère et fondante, concentre le pouvoir régénérant des bourgeons
et des huiles végétales actives de cameline et
de tournesol pour une peau lisse et éclatante de beauté. 99 % d’ingrédients d’origine naturelle.
50 ml - 34 € www.biovive-france.com/fr/
 90 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[                  La Z10, nouvelle machine pour les spécialités de café
chaudes et froides
Fraîchement moulu, pas en capsule.
Le nouveau broyeur, Product Recognising Grinder (P.R.G.), ajuste automatiquement la finesse de la mouture à la spécialité de café sélection- née. Grâce à celui-ci, vous pourrez pour la première fois préparer des spécialités de café froides Cold Brew et chaudes en qualité espresso. Découvrez dès maintenant la nouvelle façon de savourer votre café. JURA – If you love coffee. jura.com
]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
 champagnes
Millésime 2014 Extra Brut
Composé des trois cépages identitaires de la Champagne, le Pinot Noir, le Pinot Meunier et le Chardonnay, ce Millésime 2014 invite à une véritable immersion champenoise. Les bulles fines et vives présagent un ensemble frais
et élégant. Le nez est gourmand et fruité, caractéristique du Pinot Meunier. En bouche, les arômes précis et délicats de fruits et de fleurs sont complétés par une belle vivacité apportée par le Chardonnay. 53 € http://leclercbriant.fr/fr
Champagne Gremillet, Cuvée rosé vrai
Véritable ode à la femme, le « Rosé Vrai » montre une très belle robe rose/rubis soutenue, profonde, ensoleillée, éclatante, lumineuse et limpide. Sa mousse et ses bulles sont fines, colorées et exubérantes. Le nez est une symphonie de fruits rouges frais et purs qui titillent les sens. À la dégustation, telle une gourmandise fruitée, chaque bulle évoque un fruit différent qui explose en
bouche comme une petite note de musique : ici une cerise, une griotte, là une framboise,
une groseille, puis une fraise, là c’est un grain de cassis, ou encore une myrtille...
43,50€ www.champagnegremillet.fr
spiritueux
Waterford, irish Single malt Whisk
Une révolution a secoué la catégorie des whiskies en 2020 : Waterford Distillery ! Le projet a remis l'accent sur l'orge, au cœur de l'aromatique finale d'un single malt, grâce à un ambitieux triptyque Terroir, Traçabilité et Transparence. Fortement marquée par le sol
argileux et glaiseux, mais aussi par les tempêtes salées, le brouillard marin et les brises de l'océan,
cette expression dévoile de très belle notes épicées (muscade, poivre blanc...) et minérales qui complètent à merveille son caractère malté et gourmand.
79,90 € https://waterfordwhisky.com
Le Pastis de Saint-Tropez
Imaginé lors d’une partie de pétanque sur la mythique place des Lices, le Pastis 12/12 de Saint-Tropez allie le savoir-faire artisanal de la Provence à l’art de vivre Tropézien. 100 % naturel, le Pastis 12/12 est réalisé à base de plantes du Golfe de Saint-Tropez, agrémenté d’une touche d’amande douce. Son flacon s’inspire des carafes plates des années cinquante et son habillage a été confié à l’illustrateur Tropézien Quentin Monge. Et surprise, le bouchon renferme... un véritable cochonnet! 29 € www.pastis1212.com
  Exquis Sainchargny
Catharsis est un ravissement aromatique digne des plus grands Crémant de Bourgogne Rosé. Le nez révèle des arômes gourmands de fruits rouges. La bouche est fraîche et gorgée de fruits. Flatteuse et équilibrée, sa finale acidulée (groseille) laisse exprimer tout le savoir- faire de Sainchargny. 9,90 € https://sainchargny.com
Pépite du Château de minière
Cette cuvée revêt ses plus beaux atouts dans une robe pâle aux reflets intenses et exhale un univers
pâtissier aux notes de brioche toastée et de coings rôtis. Elles annoncent une bouche ample et texturée, Blanc de Noirs oblige, équilibrée par
une belle fraîcheur. La finesse des nombreuses et délicates bulles cisèle l’ensemble et confère élégance et gourmandise au nouveau vin du Château de Minière. Une cuvée tout en légèreté ! 13,50 € www.chateaudeminiere.com/fr/
Dom Pacello royal Orange
Pour mettre en lumière ses 150 ans, la
Distillerie Massenez a souhaité rendre
hommage à l’esprit de luxe et de fête qui
a forgé la renommée mondiale de ses
eaux-de-vie, crèmes et liqueurs de fruits,
incontournables dans les plus beaux
palaces, bars et restaurants. Ainsi est née,
en 2020, une nouvelle marque, forte et
emblématique : Dom Pacello Royal Orange.
C’est là tout le raffinement d’une liqueur d’orange dévoilant une parfaite harmonie entre la puissance et l’élégance, et laissant véritablement l’impression de goûter le fruit dans sa plus pure émotion. 70 cl, 79,90 € www.massenez.com
      Retour à Saint-Aulaye
Il s’agit du premier cognac issu des derniers vignobles de l’AOC Dordogne. Un Cognac aux
notes parfumées, fruitées de poire et d’ananas, aux accents épicés. L’occasion de célébrer
un terroir d’une richesse infinie et d’explorer une expression de l’Appellation Cognac aussi atypique qu’historique. Une édition limitée à
3 000 bouteilles, élaborée à partir de raisins 100 % Colombard. 55 € https://camus.fr/fr
 92 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[  vins à déguster (avec modération)
Beaujolais-villages rosé
2020 sans sulfite
Franck Chavy produit depuis quelques années des vins rouges sans sulfite. Il est fier de vous présenter une cuvée
confidentielle. Un nez complexe et frais, floral sureau, fruité raisin et
fruits rouges, finement épicé vanille- poivre blanc. Une bouche gourmande
et veloutée, ample et fondue, une jolie longueur sur le fruit et les fines herbes.
19,50 € www.domainefranckchavy.fr
Bourgogne Aligoté 2019
Situé à Pommard, au cœur de la Côte de Beaune, le Domaine du Comte Armand produit des vins certifiés Ecocert depuis plus de 30 ans. Son nez laisse découvrir des notes
de miel et de fleurs blanches. Il possède une belle longueur en bouche qui apporte des arômes plus riches de pêche blanche et de coing. La finale est presque saline. 25 € www.domaine-comte-armand.com
rhonéa - Nos Terroirs Bio - Blanc 2019
La robe de ce Vacqueyras est flamboyante or avec des reflets verts intenses. Le nez est riche
et complexe et évoque les fruits exotiques et les fleurs blanches. En bouche, l’attaque est vive et d’une belle fraîcheur. L’ensemble est ample et plein.
14 € www.rhonea.fr
la Petite Parcelle,
Pouilly-Fuissé a.O.P
Cette cuvée du Domaine Auvigue a un nez expressif sur des notes de fleurs blanches rehaussées par une touche de citron, sur un fond de pêche et de pomme douce avec une pointe de minéralité. La bouche est équilibrée entre rondeur et nervosité. C'est un vin à l'élégance subtile. La finale est franche et aromatique. Se mariera parfaitement avec des quenelles de brochet, des crustacés, des huîtres ou un vieux beaufort d'alpage.
25 € www.terroirs-et-talents.fr
Un Château écossais à
 Margaux
Crée en 2001, Brio est le second vin du Château Cantenac Brown
3e Grand Cru Classé de Margaux. Le nez révèle une explosion
d’arômes fruités enrobés de notes légèrement boisées. En bouche, la douceur domine avec des notes de fruits frais, de cacao,
de petits tanins d’une grande suavité. Comme tous les grands
millésimes, 2009 peut encore vieillir quelques années.
Entre 42 et 48 € www.cantenacbrown.com
Un rosé
  d’une grande pureté
Ce rosé jouit d’une robe saumon pâle avec un nez agréable d’agrumes aux notes acidulées. Une bouche avec une matière ronde et généreuse parfumée de notes fruitées. Élégant et équilibré, ce rosé est issu d’un travail passionné de la vigne et
de l’assemblage qui reflète le
terroir et saura parfaitement vous accompagner de l’apéritif au dessert. 13,80 € https://chateau-maime.com
authentique Côtes-du- rhône blanc 2020
Située au cœur du vignoble de Côte-Rôtie, dans la vallée du Rhône
septentrionale, la Maison Vidal- Fleury, Producteur et Négociant éleveur, bénéficie de l’une des
gammes les plus larges de la Vallée du Rhône avec une vingtaine d’appellations en rouge, blanc et rosé. Ce Blanc composé de Viognier 87 %, Roussanne 5 %, Clairette 5 %, et Grenache blanc 3 %, a un nez frais et intense, floral acacia, fruité
abricot-melon et amande. Une bouche vive et fraîche, minérale et citronnée en finale, une jolie longueur. 7,45 € www.vidal-fleury.com
    l’art du temps
vie privée
le coup de cœur
Par alain marty
Président et fondateur du Wine & Business Club et animateur de In Vino Sud Radio
  Les Hauts de Martillac Rouge 2014 – Château Roche-
QLalande
ui ne connaît pas le nom de Bor- deaux grâce aux vins ? La noto- riété du vignoble de Bordeaux n’est plus à faire. Cette notorié-
té, les Bordelais l’ont tirée des Romains, millésime après millésime ! Des châteaux exceptionnels sont sortis progressive- ment du néant à partir du xviie siècle : Haut-Brion, Lafite, Latour... Au- jourd’hui, nous allons découvrir le Château Roche-Lalande.
En 2004, José et Brigitte Rodri- gues-Lalande font l’acquisition d’un vignoble en Pessac-Léognan, sur la commune de Martillac. Voi- sine des plus grands noms de l’ap- pellation, cette propriété permet de proposer une gamme de vins plus étoffée et plus élitiste. D’im- portants investissements ont été réalisés pour offrir une qualité de vinification optimale : maîtrise de température dernière génération, climatisation des locaux et cuves inox.
Zoom sur les Hauts de Martillac Rouge 2014. Cette cuvée témoigne d’une belle robe pourpre profonde, au bouquet com- plexe allant des fruits mûrs aux fleurs en passant par des notes boisées bien fondues. Souple, ronde, ample, la bouche termine sur des tanins fins. Il s’agit d’un vin à boire ou à attendre. C’est un incontournable, tel le canelé bordelais.
La puissance de cette cuvée tannique et fruitée s’alliera à merveille avec votre plateau de fromage, de la volaille rôtie et même du gibier. Ce vin rouge est à servir à 17 °C. n
Bonne dégustation !
 ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 93
]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[     expressions
médias
par mathieu wilhelm
Journaliste/Interviewer BFM Paris Éditorialiste médias
  Tu es le maître des paroles que tu n’as pas prononcées. Tu es l’esclave de celles
[ sanction ]
Cnews à la caisse
    que tu laisses échapper.
Décision inédite ! Le CSA condamne
la chaîne info du groupe Canal+ à
200 000 euros d’amende pour avoir laissé
son chroniqueur Éric Zemmour faire
des siennes à l’antenne, sans l’en avoir
empêché ! Et c’est bien la première fois
qu’une chaîne d’information en continu fait l’objet d’une sanction financière de la part de la haute instance de régulation. En cause, l’émission du 29 septembre 2020 où l’intéressé est mis en cause en termes de « rejet insistant des personnes musulmanes dans leur ensemble, tendant à encourager des comportements discriminatoires en raison de la religion ». Zemmour avait en effet pris pour cible les mineurs étrangers, et leur en avait envoyé, il faut bien le dire, plein
la figure : « Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont. Il faut les renvoyer. » Le groupe de Bolloré répond, il s’insurge en matière de liberté d’expression et promet qu’il fera tout pour faire annuler la décision. Et même si les 200 000 euros auront à être payés par le groupe détenu par Vivendi, ce sera toujours mieux que de devoir se séparer du polémiste qui fait les choux gras de l’antenne où il signe la meilleure audience sur la tranche. Conclusion : personne n’ose s’avouer d’accord avec lui, mais tout le monde l’écoute religieusement...
Facebook à la barre !
Reporters sans frontières, RSF, dépasse celles de l’acceptation et décide, ni une ni deux, de porter plainte contre le réseau de Zuckerberg ! En cause ? Les cruels manquements en matière de filtrage de l’information. L’organisation de défense de la liberté de la presse reproche à Facebook France, ainsi
qu’à Facebook Irlande, d’avoir laissé, sans aucun contrôle, se publier des appels à la haine contre des journalistes (notamment envers ceux de l’émission Quotidien de Yann Barthès), ainsi que de nombreux messages de désinformation. Plainte déposée
au pénal en invoquant, fait rare dans ce genre
d’affaires, des manquements en termes de droit à
la consommation, et des pratiques commerciales trompeuses. C’est toute la politique du réseau social qui est remise en cause puisque depuis quelques années, il a opté pour l’option de « masquage » des commentaires sensibles, et non pour l’option de « suppression », et là est tout le problème pour RSF. Lorsque l’on réduit leurs visibilités, ces posts existent bel et bien, encore et toujours. Seul avantage que l’on pourrait y trouver : s’ils apparaissent continuellement à demi-mots numériques, la trace de leurs auteurs reste, et ainsi leur traque s’avère sans doute un peu plus aisée.
Comment faire sans Twitch !
On ne peut plus rien faire sans Twitch ! Tel un sandwich de quai de gare dans lequel on ne sait plus vraiment ce qu’il y a, la plate-forme se voit prise d’assaut par un nouvel influenceur d’un style quelque peu différent ! Mais où Samuel Étienne trouve-t-il encore le temps pour s’adonner à l’interview politique faussement
décontractée ? À domicile, imaginons la
scène : la sonnette de son appart résidentiel
retentit, « Chéri, c’est le Premier ministre !
Viens ouvrir ! Bonjour Jean, enfilez votre
casque, les petits jeunes vous attendent
derrière leurs écrans... » Surréaliste !
Entre deux bulles de comic strip, se retrouvent donc nos politiques... Ah, mais attention, Samuel Étienne ne joue pas dans l’impartialité puisqu’il refuse, pour l’instant, de recevoir les impétrants de l’extrême droite. Or un vrai média citoyen, comme il essaie de transformer sa plate-forme, doit justement donner la parole à tous. Ou du moins à tout Républicain ! Gare donc à l’animateur d’info du matin, et de jeu
de l’après-midi, à ne pas se transformer en tribun politisé du soir... Un dernier conseil, Samuel : bloque vite le numéro de Manuel Valls, il va essayer de te joindre, et s’il te ferre, il ne te lâchera plus !
Lao Tseu
« Lipstick polychrome » : P à bouche que veux-tu ?
rendre la parole en public : quelle on a donné la parole à celles que l’on qualifie, plaie pour certains qui se préféreront rictus aux lèvres, de « sexe faible ». On leur a moutons de Panurge, sans aucune tellement cousu la bouche que pour se faire
mauvaise décision à prendre ! Car
mots et le pouvoir peuvent leurs soutiens-gorge...
les entendre elles se sentent obligées de dégrafer
 tous deux nous rester en
travers de la gorge, quand
ils ne nous font pas cou- perlatête!«Chut,pasde
vague ». Mais attendez...
La parole ? Encore faut-il
qu’on nous la donne ! Ou
que celui ou celle qui la re-
çoit l’accepte sans tressaillir. Dans certaines sphères, elle est l’objectif suprême, mais n’ou- blions pas qu’elle risque de cruellement se retourner contre nous. « Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites! Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes » : Hugo nous apprend dès lors à manier le quitte ou double! Et la responsabilité du pouvoir se prend, mieux, la parole se délègue afin de se protéger. Rentre alors en jeu celui qui la porte ! Avouons que le « quasi » deuxième homme de l’État aujourd’hui, celui que l’on voit le plus, n’est autre que le successeur de Sibeth Ndiaye, le porte-parole Gabriel Attal ! L’aurait-on, elle, il fut un temps, envoyée au casse-pipe ? Un sa- crifice féminin, une sorcière livrée en pâture, un bouclier humain pour contrer le revers de la médaille? Car tout là-haut, ils le savent, le pouvoir fait s’abattre les foudres sur celui qui le détient. Quitte ou double! Quoi d’neuf Vic- tor? Hugo avait tout compris.
Se masculiniser pour exister
Comment se fait-il qu’en début de crise sani- taire, le verbe était conservé par notre chef de guerre, alors qu’aujourd’hui ce ne sont que ses lieutenants qui arpentent les premières lignes de front? Car le réel détenteur du sceptre doit à présent retenir au maximum son arsenal ar- ticulatoire, tels des éclairs de Zeus, afin de les recharger avant de les abattre sur notre temps de cerveau disponible. Mais attention : goû- ter aux plaisirs des crépitements des flashs et des podiums confère à celui ou celle à qui on les octroie une irrépressible envie d’aller plus haut... Et, bien que « la lutte vers les sommets suffise à remplir une vie d’homme» selon Camus, nos Sisyphe à nous sont devenus plus incisifs... En tout cas, quand on leur permet de l’être! Car lorsqu’il s’agit d’étudier la propor- tion des sexes au pouvoir, la question n’est pas de calculer cette fameuse parité, non, inutile. Elle n’existe pas et nous sommes loin d’en faire un idéal... Il s’agit là de savoir à quel moment
94 | avril-mai 2021 ecoreseau.fr
Les Femen n’ont trouvé malheureusement que ce moyen-là pour se faire écouter, voire pour se faire voir. Bien que le féminisme se « modernise », il est tou- jours révélateur d’une iné- galité ravageuse. Quelles
sont les femmes qui ont réussi à se démar- quer? Force est de constater qu’elles avaient la voix grave, le physique lourd et la poigne de fer. Lagarde, Alliot-Marie, Cresson, le Pen... Masculinisation essentielle à leur combat. On a souvent jugé « Madame la Ministre » sur son physique, et « Monsieur le Secrétaire d’État » sur ses arguments... Singularité supplémen- taire, les femmes puissantes sont bizarrement aujourd’hui celles qui offrent le temps d’an- tenne à ces messieurs. Elles donnent la parole de la même façon qu’elles donnent la vie. Des accoucheuses ! Elles donnent naissance à leurs interlocuteurs. Les intervieweuses du PAF, Sa- lamé, Martichoux, Ockrent, jusqu’à Sinclair et Glaser ! Elles œuvrent pour nos combattants !
Se féminiser pour séduire
Rappelons-nous qu’avant que ces dames aient le droit de vote, c’était bien elles qui dépouil- laient les bulletins et qui révélaient les grands gagnants! C’était elles, encore elles, qui fabri- quaient nos munitions. C’était elles, toujours elles, qui envoyaient leurs hommes aux hos- tilités, en faisant d’eux des héros de la nation! Même combat, même constat! Et du côté du sexe opposé, dans la position de l’intervieweur politique masculin, il est assez étonnant de voir que celui qui se démarque des autres, lui, se met à se féminiser. Un charmeur de serpent, demi-fesse sur bureau, depuis Mou- rousi jusqu’à Delahousse. Œil qui frise et ré- vérence mentonnière d’un Duhamel, jusqu’à la candeur rigolarde d’un Sotto ou d’un Puja- das. Stratégie familière et séductrice envers ses interlocuteurs pour asséner le coup de grâce: l’alternance maîtrisée de la caresse et de la gifle... La femme s’oblige à devenir homme et l’homme s’évertue à devenir femme! La naïade se rêve Kraken, le colosse s’invoque en nymphe. On cherche souvent à revêtir les meilleurs attributs de l’autre, ne serait-ce que par mimétisme, quoi de plus naturel ! « Ils ont volé notre recette... Pirates ! » n
    ]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                     ABONNEZ-VOUS à EcoRéseau Business
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D’où vient cet argent “magique” ?
Stratégie gagnante pour le Royaume Uni ?
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N°77 MARS 2021
ENTREPRENDRE | INNOVER | POSITIVER Entre crise et innovation...
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SON ENTREPRISE Paradoxal : c’est le moment de se lancer Vital : les moyens de se relancer
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N°75 DÉC.2020/JANV.2021
la masculine...
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  ]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[expressions
tribunes libres
Et mainAtenant, cap sur le plan d’infrastructures « Biden » !
 Bastien Drut
Responsable de la macrostratégie thamétique
chez CPR AM
inès Belhajjam
Stratégiste chez CPR AM
1 900 milliards de
appelé le « plan Biden »), l’atten- tion va désormais se tourner vers le programme d’infrastructures qui figurait dans les promesses de campagne du candidat Biden. Les besoins en infrastructures sont criants aux États-Unis et des inves- tissements colossaux doivent être réalisés si l’administration veut remplir ses objectifs climatiques. Toutefois, les grands programmes d’infrastructures sont particuliè- rement compliqués à mettre en œuvre, en raison de la diversité des acteurs à mobiliser et des projets à mettre en œuvre, mais aussi car l’État fédéral ne possède en propre que très peu d’infrastructures. En réalité, les écueils sont nombreux. Ne parlait-on pas déjà d’un grand programme d’infrastructures sous la présidence Trump ? [...]
En 2017, la part des dépenses pu- bliques en infrastructures des États- Unis représentait 2,3 % du PIB, soit le chiffre le plus faible depuis la Se- conde guerre mondiale. De nom-
tures des États-Unis sont significa- tifs. Cette année, l’Asce (Associa- tion des ingénieurs civils) a attribué la note de C- aux infrastructures américaines (l’Asce donne cette évaluation tous les 4 ans). Même si les États-Unis ont apporté des améliorations modestes et progres- sives dans certaines catégories d’in- frastructures, comme les aéroports, les systèmes d’eau potable, les voies navigables et ports, il n’en reste pas moins que 11 des 17 catégories d’in- frastructures évaluées sont classées dans la catégorie D, c’est-à-dire en mauvais état.
Plus d’un tiers des ponts américains doivent être réparés ou devraient être complètement remplacés, selon l’analyse des données fédérales par l’American Road & Transportation Builders Association, un groupe de défense des investissements dans les infrastructures. En outre, 43 % des principales routes américaines sont en mauvais ou médiocre état, selon le National Transportation
transport et de distribution ont été construites au milieu du xxe siècle et affichent une espérance de vie d’environ 50 ans, ce qui signifie qu’elles sont déjà obsolètes. Selon l’Infrastructure Report Card, le sous-investissement des États-Unis dans le réseau électrique impacte fortement les industries en raison de l’inefficacité de la fourniture d’énergie électrique. Les secteurs de services financiers, de commu- nication et d’e-commerce sont les plus impactés en raison de leur forte dépendance aux télécom- munications et, par conséquent, au réseau électrique. L’impact des coûts supportés par les entreprises (perte de productivité, coûts sup- plémentaires engendrés par une dépendance accrue à l’égard des gé- nérateurs secondaires, équipement de surveillance et stratégies de se- cours) devrait faire perdre à chaque ménage en moyenne 5 800 dollars entre 2020 et 2039.
En plus des préoccupations évi-
mique viable sur le long terme. De plus, le défi constitué par le change- ment climatique justifie la mise en œuvre d’investissements « verts », soit pour remplir les objectifs cli- matiques de l’administration Bi- den (retour dans l’Accord de Paris et probable annonce d’un objectif de neutralité carbone d’ici à 2050), soit pour rendre les infrastructures plus résilientes vis-à-vis des catas- trophes climatiques (ces quatre dernières années, les événements météorologiques extrêmes tels que les incendies de forêt, les ouragans et les inondations ont coûté aux États-Unis plus de 600 milliards de dollars). L’ensemble constituera donc une partie importante du plan d’infrastructures Biden... n
Retrouvez le document en intégralité sur file :///Users/olivier/Downloads/D % C3 % A9cryptage % 20- % 20Et % 20maintenant, % 20cap % 20sur % 20le % 20plan % 20d’infrastructure % 20Biden.pdf
La cybersécurité pensée en amont, « by design », sera désormais consi- dérée comme un avantage com- pétitif clé pour les nouvelles offres des concepteurs d’outils industriels [...] En embarquant la cybersécuri- té dès la conception, les industriels pourront augmenter la valeur de leurs offres, améliorer leur image de marque.
Prédiction 6 : l’ia poursuivra sa montée en puissance dans la cybersécurité grâce aux données [...] L’intelligence artificielle va être utilisée en renfort de l’intelligence humaine pour anticiper les at- taques informatiques et réagir plus vite. Grâce à la multiplication des SOC (Security Operation Center) et des gisements de données intra-en- treprises et internationaux (Cy- LON), le machine learning et l’ana- lyse comportementale vont faire partie intégrante des solutions de cybersécurité en 2021 pour détec- ter en temps réel les cybermenaces, les comportements malveillants, et prévenir la propagation des at- taques dans les organisations et les réseaux (malwares, ransomwares, crypto-virus...). n
lors que l’administration breuses infrastructures n’ont pas Research Group. dentes en matière de sécurité po- Biden vient de réussir à été rénovées depuis des décennies Les récentes pannes de courant au sées par l’absence d’entretien des faire passer un plan de et l’âge moyen des infrastructures Texas illustrent la vulnérabilité des infrastructures existantes, ces in- soutien budgétaire de du pays ne cesse d’augmenter. infrastructures énergétiques amé- vestissements sont nécessaires pour
dollars (parfois Pourtant, les besoins d’infrastruc- ricaines. La majorité des lignes de augurer d’une croissance écono-
À quoi ressemblera la cybersécurité en 2021 ?
 Jean-Noël
de Galzain
PDG & fondateur de Wallix
Prédiction 1 : la standardisation du télétravail entraînera le déploiement de l’architecture de cybersécurité de type « Zero Trust »
Télétravailler ne doit pas rimer avec « danger pour les données », ces données, nouvel or notre de notre économie, qui font la valeur d’une entreprise. C’est pour cette raison que nous allons assister à la généralisation du déploiement d’ar- chitectures de cybersécurité dites « Zero Trust » [...] La standardi- sation réussie du télétravail se fera uniquement grâce à des solutions de confiance, certifiées (HDS, Sec- num Cloud, ISO...), développées par des entreprises qui ont la pleine conscience de l’importance de la protection des données.
Prédiction 2 : flexibilité et agilité, vers un modèle de cybersécurité as-a-service
Pour répondre aux besoins urgents liés au télétravail, les organisations se sont appuyées sur des solutions SaaS (Software-as-a-service), ra- pides et faciles à déployer grâce au cloud. Pour s’adapter à ces nou-
veaux usages, la cybersécurité elle- même doit évoluer vers un modèle flexible et agile, elle doit devenir « as-a-service » à son tour. [...] Plus largement, on assistera en 2021 à une explosion de la demande pour des services de cybersécurité ma- nagés qui permettent à l’entreprise d’externaliser la sécurité du système d’information.
Prédiction 3 : 2021 l’émergence d’un espace numérique européen de confiance
L’Europe va devoir en peu de temps créer un espace numérique euro- péen de confiance, avec les garan- ties d’indépendance et de souve- raineté qu’elle doit à ses entreprises et ses citoyens. [...] Cela passera à la fois par la création d’un cadre législatif et réglementaire stan- dardisé pour « traiter et héberger les données des Européens en Eu- rope » (Digital Services Act – DSA – et Digital Market Act – DMA –, RGPD), par l’émergence d’une offre de produits & services numériques de confiance certifiés et reconnus comme tels par les pays européens (type Gaia X) enfin la constitution
d’acteurs industriels cybers multi- nationaux.
Prédiction 4 : émergence d’une culture du numérique et du risque numérique
Avec l’écologie, le défi du numé- rique est probablement le défi in- dustriel prédominant des années à venir [...] Concrètement, une part significative des 7 milliards d’euros alloués à la transformation numé- rique des entreprises et des services de l’État dans le Plan de relance devra favoriser l’adoption d’inno- vations conformes aux standards numériques européens en matière de protection des données (RGPD, DSA, DMA) et d’infrastructures essentielles (NIS2...). Avec l’émer- gence de nouvelles formations multiples et multiniveaux (écoles, formations continues et postbac, mastères, ...), et par la sensibilisa- tion dès le plus jeune âge à partir du secondaire.
Prédiction 5 : la cybersécurité
« by design », un levier de performance pour notre industrie du futur
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avril-mai 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[flashback sur l'actu DÉVELOPPEMENT DURABLE 2020 – VERDIR
expressions
  « Verdir », Jane Bee, 2020
Jeanne
Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
Fin 2020, les menaces climatiques sont toujours présentes.
Malgré les élus verts, la convention climat, les cris des militants, la na- ture blessée continue de conter ses bleus.
• Des guêpes nous envahissent.
• Les pesticides. Le débat sur les perturbateurs endocriniens, les oubliés de Lubrizol prêchent dans le désert...
Et il y a toujours plus de tempêtes, plus de canicules. Désormais, on en parle même au pluriel, bush- fires ! C’est aussi l’enfer californien.
La convention citoyenne sur le climat rôde, a lieu, est évoquée et reste opaque... fumeuse di- rions-nous ?
La pandémie sur les oliviers conti- nue, les dégâts des microplastiques s’affichent dans les journaux ré- gulièrement et L 214 s’occupe tou- jours de la cause animale !
Un PIB écologique, un ISF clima- tique. Pour contrebalancer, on lance l’hydrogène. La piétonisa- tion et le vélo électrique sont au goût du jour.
C’est un retour à l’essentiel. Il faut réparer. Il faut verdir, verdissement est un mot qui s’impose. Faire soi-même est une des nouvelles expressions des magazines fémi- nins.
Les épiceries solidaires et les potagers solidaires s’étendent. L’épargne solidaire est louée !
Le luxe doit être lui aussi éthique, responsable, durable, authentique. Et aussi solidaire !
Ces adjectifs sont les cinq adjectifs consacrés de l’année 2020.
La beauté écologique fait suite à la clean beauty. En cette année qui ébranle profondément nos émo- tions, la beauté résiliente rôde aus- si. C’est là, un lien lexicologique peu étonnant. Oui la beauté peut réparer. n
ecoreseau.fr avril-mai 2021 | 97
]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[expressions
les mots de la fin par Marie Grousset
 le mur du son
Rênes, renne ou reine ?
bon appétit, bien sûr
abat-faim
Cuando se comer aqui?: qu’Averell ne s’en fasse pas! Le repas est bientôt servi: les abat-faim sont prêts. Mais qu’est-ce qu’un abat- faim ? Il s’agit de la pièce de la résistance qu’on sert la première sur table.
Scrounch... J'aime bien la cuisine exotique ! Comment s'appelle cette croûte délicieuse autour des frijoles ?
Ça s'appelle un bol en terre cuite, amigo...
Cène
Vient du latin cena, qui signifie « souper ». On connaît
plus ce mot dans un cadre religieux puisqu’il s’agit du nom donné au dernier repas partagé entre Jésus et ses disciples la veille de sa Passion.
   La langue française, aussi
belle soit-elle, est complexe.
Il n’est pas rare que certains s’emmêlent les pinceaux entre homophones et/ou synonymes. En l’occurrence, les rênes sont la partie d’un harnais qu’utilise la reine des glaces pour mener ses rennes à bon port.
  destination finale
c’est trop bête
En tenir une couche
Une expression encore utilisée de nos jours pour désigner une personne couverte – et donc alourdie par – une épaisse couche de bêtise. Cette expression a donné naissance à sa variante:
« en remettre une couche ».
même pas peur
Le mot le plus long du moment désigne la phobie... des longs mots, justement.
rené Goscinny, Tortillas pour les Dalton (1967)
    Hippopotomonstrosesquippedaliophobie
     98 |
avril-mai 2021 ecoreseau.fr
do you speak english
Let’s have a kiki and spill the tea
Un kiki est une sorte de réunion durant laquelle on spill the tea, c’est-à-dire qu’on ragote et qu’on cancane à tue-tête... Et pas forcément dans le bon sens du terme.
Comme on dit: certains l’aiment chaud!
PROCHAIN NUMÉRO LE 7 MAI 2021
]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
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 ]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[                       SI CAPTIVANT
QU’IL EST INUTILE
DE CORNER LA PAGE.
TOYOTA C-HR GR SPORT, L’HYBRIDE REMARQUABLE.
                                                              Gamme Toyota C-HR Hybride : consommations mixtes combinées (L/100 km) et émissions de CO2 combinées (g/km) selon norme WLTP : de 4,9 à 5,3 et de 110 à 121. Voir Toyota.fr
        ]]></page></pages></Search>