﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="68"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ N°70MAI/JUIN2020
Édition spéciale
        entreprendre | innover | positiver 3€
POLÉMIQUE
RÉSEAUX
     Le confinement était-il la seule solution ?
Ils se mettent en quatre pour les entrepreneurs
 rebondir
  et s’affranchir
  Made in France : les entreprises textiles au service de la nation
   BEL : 3,90 € - DOM/TOM : 3,90 € - N CAL/S 390 XPF - POL/S 390 XPF - CAN 5,00 CAD - MAR 39 MAD
ecoreseau.fr
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                    NANTES | VENDÉE | PARIS | BEIJING | SHENZHEN | CHENGDU
         sharing, innovating and daring !
10th anniversary of the Foundation
20th anniversary of the Audencia brand 10th anniversary of the WWF partnership 40th anniversary of the Executive Education 20th anniversary of the Specialised Master® Management and International Skills
33rd Triathlon Audencia-La Baule
120.audencia.com
#Audencia120
      audencia.com
  *De l’audace, toujours !
]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[éditorial
Olivier magnan
Rédacteur en chef
Rebondir... et s’affranchir
le chat de
     Après Tenir et réfléchir en avril, notre une de déconfinement valse sur ces deux verbes qui
nous parlent. Depuis sa création, ÉcoRéseau Business ne cesse de vanter le mérite du rebond au point d’avoir « inventé » le Tro- phée qui salue chaque année un/e rebondisseur/euse, entrepre- neur/e ou non, qui a su se relan- cer, se réinventer, rire de l’échec. Nous ne savions pas à quel point, en cette année 2020, le rebond allait devenir une exigence planétaire. Partout sur le globe, des hommes, des femmes, des salarié/es, des indépendants, des patrons, mais aussi des « misé- rables », au sens hugolien ou celui du cinéaste Ladj Ly, vont devoir se sortir d’une « mouise » in- croyable pour s’affranchir. S’affranchir de la pandémie et ses 300 000 morts qui ne sont qu’une péripétie à l’échelle des milliards d’êtres humains qui vivront, eux, sans le moindre symptôme.
ecoreseau.fr
13 rue Raymond Losserand 75014 Paris contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
n RÉDACTION
redaction@lmedia.fr
Rédacteur en chef Olivier Magnan
Comité éditorial Adam Belghiti Alaoui, Jean-Baptiste Leprince, Olivier Magnan, Romain Rivière
Chroniqueurs Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Arthur Cohen, Marc Drillech, H’up Entrepreneurs, Julien Leclercq, Les rebondisseurs français, Patrick Levy-Waitz, Alain Marty, Sophie de Menthon, Ordre des Experts-Comptables, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Jean-Marc Rietsch, Didier Roche, Thierry Saussez,
Cédric Ternois, Mathieu Wilhelm
Notre « fin du monde » n’est qu’une chiquenaude de souf- france. Au-delà des deuils de chacun, c’est surtout un système économique en réanimation qui doit rebondir, mais comment ? Vers un autre monde qui pour- rait se redéployer, qu’espèrent les utopistes et les écologistes ? Ou, plus vraisemblablement, qui re- prendra sur le même mode, celui du rattrapage d’une consomma- tion effrénée à retrouver à tout prix. Au moment où des Éric Zemmour inconscients surfent sur le mépris de l’écologie, quand un Nicolas Hulot fait sourire avec ses 100 principes pour un « nouveau monde » réputés hors sujet, il est encore temps de nous demander quel rebond nous voulons vraiment pour nous af- franchir vraiment. N’oublions pas que les pandémies naissent des déforestations, des animaux massacrés et de la dévastation de la biodiversité. n
@EcoReseau
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Anna Ashkova, Elsa Bellanger,
Jean-Marie Benoist, Jean-Baptiste
Chiara, Charles Cohen, Philippe Flamand, Geoffroy Framery, Marie Grousset,
Pierre Havez, Marc Hervez,
Jean-Pierre Lagarde, Pierre-Jean Lepagnot, Jean-Baptiste Leroux, Julie-Chloé Mougeolle, Jonathan Nahmany, Guillaume Ouattara, Nicolas Pagniez, Lili Quint, Patrice Remeur, Philippe Richard, Charlotte de Saintignon, Ariane Warlin, Murielle Wolski
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imprimé en France par Léonce Deprez, ZI le Moulin, 62620 Ruitz
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                               ecoreseau.fr mai/juin 2020 |3
]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[ 14
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28 29
galaxie
rebondir... et s'affranchir
entreprendre & innover
en couverture
REBOnDiR...
ET S’aFFRanCHiR Comment rebondir en France, aux États-unis, en asie ? société Les nouvelles routes chinoises n’ont rien de soyeux...
l’œil décalé Raoult-Duvaux : rebelles Deux médecins « décalé/es » qui ne veulent pas attendre le vaccin
contre le coronavirus
30 réseaux Les réseaux face au confinement
32 en immersion... Le textile français, modèle d’engagement
34 briefing innovation
36 décryptage Le confinement était-il la
seule solution ?
pratique
FaiRE FaCE ET REBOnDiR
44 briefing rh & formation
47 manager autrement Écoles d’ingénieurs :
l’humain avant le technicien
vie privée
48 baromètre patrimoine & fiscalité patrimoine
52 baromètre finance & marchés
56 culture & co
58 santé On peut sauver quelqu’un du virus,
pas de la solitude
60 l’art du temps 64 expressions
abonnez-vous P. 13 et 59
La boîte à outils des
accompagnements
39 créer aujourd'hui Les accompagnements : une mobilisation publique, privée, régionale...
   4 |
mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[REBONDIR... et s’affranchir
C’est l’heure du redressement. Du rebond. Après deux mois de sidération, d’une quarantaine de soixante jours dont on ose croire qu’il ne faudra pas la renouve- ler, des milliards d’humains ont vécu un cauchemar historique dont on ne sait s’il sera un mauvais souvenir ou un changement d’ère. L’économie du monde soigne ses déficits, certes, quelques milliers, dizaines de milliers peut-être d’en- treprises en France changeront de visage (car les entrepreneurs ne sont jamais
L’IMAGE
Cette vidéo a de quoi changer Çvotre regard sur le monde
des gens « faillis »), nous allons ou bien vouloir « faire comme avant » ou nous « affranchir » des pesanteurs de l’avant-covid. Chez ÉcoRéseau Business en tout cas, nous avons décidé d’accompagner désormais chaque jour, en ligne, par une newsletter, ces milliers de lecteurs/trices entreprenants qui reviennent dans leurs boîtes avec, en eux, un certain virus de la rage... de rebondir.
jEan-BaPTiSTE LEPRinCE, OLiViER maGnan
l’onde positive
Thierry Saussez
Créateur du Printemps de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
Le « monde d’hier » n’est jamais mieux que le présent
COUP DE CŒUR
Une fois n’est pas coutume, il s’adresse à ÉcoRéseau Business qui relaie chaque mois, contre vents et marées, entre autres ma chronique, mais dont la lettre quotidienne née avec le confinement demeurera comme lien avec ses lecteurs/trices. J’inclus dans ce coup de cœur tous les mé- dias qui ont fait face à la crise en démultipliant l’information à travers les réseaux sociaux, par là même en donnant des raisons d’espérer et en laissant entrevoir le petit coin de ciel bleu derrière les nuages.
LE MONDE D’HIER
Je poursuis ma replongée dans les classiques et vous recommandant la lecture du Monde d’hier, souvenirs d’un Européen, de l’écrivain autri- chien Stefan Sweig, publié à titre posthume en 1944. Il y vante le dia- logue entre les peuples alors que le monde sombre dans les dictatures avant de choisir de ne pas voir le monde d’après. On en sort persuadé que la vie gagne toujours et l’emporte sur l’adversité et que jamais ça n’est mieux hier, illusion jamais réelle. Ce choc a de quoi réconcilier tous les penseurs, les philosophes, les intellectuels. Hier, c’était la Grande peste, la grippe de Hong Kong et leur cortège de morts bien plus nombreux qu’aujourd’hui. La civilisation en est sortie armée de nouveaux progrès. Il faut en finir avec l’obsession de se réfugier vers l’arrière, il s’agit au contraire de se mobiliser dans le présent, de faire face.
CES ENTREPRISES, JUSTEMENT,
QUI ONT FAIT FACE
Je rends un hommage particulier aux industriels français du textile qui ont maintenu leur savoir-faire de la chapellerie, de la broderie, des rideaux, des polos de rugby et bien d’autres produits tissés tout en se réinventant en un temps record pour fabriquer des masques. Ils ont fait preuve d’ingéniosité et de courage, tant entrepreneur/es que salarié/es qui se sont porté/es volontaires pour protéger leurs concitoyens. C’est un signe fort de bienveillance et de générosité.
DES ÉVÉNEMENTS
EN LIGNE ONT PERDURÉ,
certes virtuels mais bien réels, comme les productions de la Philhar- monie, de la Comédie française ou de l’Unesco. Avec quantité d’autres musées et créateurs, ils ont mis en ligne gratuitement leurs trésors. On a vu alors combien les réseaux sociaux, malgré leurs défauts, ont véhiculé ce que la France donne de meilleur d’elle-même. Malraux disait que la culture se conquiert. Aux Français/es de profiter de leurs trésors. n
Se connecter au Printemps de l’Optimisme www.printempsdeloptimisme.com Rejoindre la Ligue des optimistes www.optimistan.org
rebondir... et s'affranchir
galaxie
    a se passe en Inde, mais c’est une leçon universelle. Ce petit singe, sous les yeux de centaines de voyageurs sur les quais d’une ville du nord du sous-continent, s’acharne à ranimer une « congénère » (mais à ce stade ne devrait-on pas dire « amie » ou « compagne » ?) qui venait de se faire électrocuter sur une ligne élec-
trique au-dessus des rails. Le petit macaque qui fait partie des milliers de singes errants stimule la belle évanouie, puis la secoue pour la ramener à la conscience, imagine de la jeter dans l’eau froide pour lui procurer un choc. Et, miracle, la petite macaque ouvre les yeux. Alors le singe héroïque la sort de l’eau, la secoue à nouveau pour la réveiller tout à fait. Vingt minutes se sont écoulées. Choquée, l’électrocutée reprend ses esprits et son sauveur lui masse le dos avant de s’éloigner pour la laisser tranquille... Regardez donc cette vidéo étonnante, magnifique, bluffante qui devrait définitivement nous persuader que l’intelligence n’est pas l’apanage d’humains qui parviennent à déclencher des pandé- mies à cause de leur cruauté intéressée envers des pangolins et des espèces « comestibles ». S’il vous plaît, ne parlez pas d’« instinct » ni d’anthropocentrisme, le mot par lequel se rassure l’humain sur sa supériorité sans partage. https://www.ecoreseau.fr/covid-19/clin- oeil-virus/2020/05/13/cette-video-a-de-quoi-changer-votre-regard-sur-le-monde/ n
Nous pouvons nous dire que la covid-19 est un accident isolé, une disgrâce ou un fléau, crier que c’est
entièrement leur faute [...] Ou alors, nous pouvons nous efforcer d’attribuer un sens à la contagion. Faire un meilleur usage de ce laps de temps, nous en servir pour méditer ce que la normalité nous empêche de méditer : comment nous en sommes arrivés là, comment nous aimerions
reprendre le cours de notre vie.
Paolo Giordano, écrivain italien
 ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
rebondir... et s'affranchir
 le chiffre
Quels sont les pays les plus touchés par rapport à leur population pour 100 000 habitants
Green life
  1er BELGiQuE
2e ESPaGnE
3e iTaLiE
4e FRanCE
5e ROYaumE-uni 6e PaYS-BaS
7e SuÈDE
8e iRLanDE
9e SuiSSE
10e ÉTaTS-uniS
60,6 48,2
43
33,2
29,4 25,7
21,5 20,9
18,7 15,9
Advansa, producteur européen de fibres de polyester durables pour la literie, lancera à l’occasion de la Journée mondiale des océans, lundi 8 juin 2020, AerelleBlue, nouvelle fibre de garnissage pour couettes, oreillers et matelas, fabriquée à partir de plastiques recyclés liés aux océans. En partenariat avec l’entreprise sociale Plastic Bank, solution de
          Sources : John Hopkins university, Santé publique France, Ministerio de Sanidad, Protezione civile, NY Times, au 25 avril 2020
mode de vie
Les chiens nous ont aidés à surmonter le confinement
limitaton du flux de déchets plastiques dans les océans et sur les plages.
Télétravail en confinement
L’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (anact), établissement
public à caractère administratif
créé en 1973 placé sous la tutelle du ministère du Travail, a pour objectifs d’améliorer les conditions de travail et la performance des structures
qui constituent le tissu économique français. Elle se met en appui aussi bien du champ privé que du champ public, en privilégiant l’action sur
les organisations du travail et les relations professionnelles.
L’agence vient de publier les premiers chiffres clés de son sondage établi sur les réponses de
4 152 personnes – dont une moitié ne pratiquaient pas le télétravail avant
le confinement, entre le 8 et le 15
avril 2020. Il s’agissait d’identifier des améliorations possibles des pratiques de télétravail en période de crise comme en période « normale ». La consultation se poursuit jusqu’en mai.
Les Français/es épargnent en temps de crise
• 48 % déclarent avoir perdu de l'argent à cause de la crise
• 43 % ont annulé ou reporté des projets (achats, immobilier...)
• 42 % disent vouloir épargner davantage
Enquête réalisée par Cashbee en avril 2020 auprès de 441 répondants, pour la plupart utilisateurs de l’application.
   Et les chiens ont rigolé en voyant leurs maîtres porter des muselières.
Le site d’information canin DogsPlanet.com a interrogé
pendant 8 jours des propriétaires
de chiens, histoire de mesurer l’influence du toutou sur le moral et
le comportement du maître ou de
la maîtresse confiné/e. Les canins confinés à leur tour ont-ils souffert ou pas de la présence inhabituelle de son humain à la niche ?
Réponses...
• 95 % des Français/es affirment
que la présence de leur(s)
chien(s) les a aidés à surmonter la quarantaine. Il/elle a été un très bon soutien psychologique pendant le confinement. Pourquoi ?
Les chiens donnent à leur maître une bonne occasion de sortir : 65 % des balades duraient plus de 15 minutes et • 44 % des maîtres/maîtresse s’offraient trois promenades ou plus par jour.
• 7,2 % des propriétaires se
promenaient au moins 2 heures
par jour avec Médor (4 balades quotidiennes ou plus).
• 77,5 % des chiens n’ont pas eu un comportement plus affectueux ou joueur pendant le confinement.
Mais 32 % des chiens ont été stressés depuis le début du confinement et 7 % d’entre eux le sont encore.
• 51 % des Français/es commandent des produits pour chien en ligne
et 25 % d’entre eux plus souvent qu’avant. Parmi les 49 % qui ne commandaient pas de produits en ligne avant le confinement, 11 % seulement ont commencé à le faire. Pas de réel « boom » des animaleries en ligne.
Bref, si les chien/nes n’ont pas eu à porter de muselières, les maîtres et maîtresses ont dû en porter, sous forme de masques, ce qui a dû faire ricaner les canins. Mais comme d’habitude, les animaux domestiques se sont montrés fort utiles. C’est le moment d’adopter.
 6 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                   Patrice Cols
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www.pequignet.com - Morteau - France
]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
rebondir... et s'affranchir
Extrait du courrier adressé au président de la république
Le journal de crise
de Pierre Goguet, président de CCI France
approvisionnements de matières premières (alcool, tissu, élas- tiques...) et de contenants (fla- cons pour gel hydroalcoolique) ou à réorienter leur production vers la fabrication d’équipements de protection individuelle (EPI) et d’autres produits sanitaires. Pour mettre en relation les en- treprises et les fournisseurs, les CCI ont mis en place des plates- formes d’entraide, dont la princi- pale, CCI Entraide (www.ccien- traidefrance.fr) qui comptait fin avril un millier d’annonces.
• Les CCI ont maintenu pendant la période de confinement un ac- cueil physique. Près de 90 % des organismes de formation initiale gérés par les CCI, en particulier les CFA, ont réussi à assurer une continuité pédagogique pen- dant le confinement, avec pour- suite des formations à distance (web-conférences, mais aussi appels téléphoniques réguliers avec les apprenants), même si le secteur de la formation conti- nue a été lourdement impacté en raison de l’impossibilité, sauf exceptions, d’assurer les forma- tions en présentiel.
• Nous avons veillé à maintenir l’activité de plates-formes aé- roportuaires mobilisées pour réceptionner du fret et des ma- tériels de protection, ports de marchandises et de pêche pour contribuer à l’approvisionnement des consommateurs et de l’in- dustrie... même si la majorité de nos équipements ont dû fermer et ont été tout aussi sévèrement impactés que les entreprises de notre pays, en particulier dans l’événementiel.
• Pour soutenir le commerce de proximité, des opérations concrètes ont été assurées : mar- ketplaces, outils de géolocalisa- tion des commerces ouverts ou assurant des livraisons.
• Ces derniers jours, les CCI ont accompagné les commerçants dans leur déconfinement, par la diffusion des règles sanitaires ou par des kits et autodiagnostics pour une reprise dans de bonnes conditions, aussi bien sanitaires qu’économiques.
Au terme de cette période de confinement, nos chefs d’entre- prises élus et nos collaborateurs (dont 85 % ont pu assurer leurs missions en télétravail ces der- nières semaines) sont désormais sur le pont pour accompagner l’indispensable reprise écono- mique, formuler et mettre en œuvre des propositions concrètes pour le plan de relance. n
  Face au flux massif d’en- treprises contactant les services de l’État (et notamment les Direc-
ctes, Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) pour obtenir des informations et de l’aide, le gou- vernement a pris la décision de confier aux deux réseaux consu- laires CCI et CMA l’intervention de premier niveau en appui aux TPE- PME. Par lettre de mis- sion datée du 17 mars 2020, le ministre de l’Économie et des Finances a demandé au réseau des CCI d’être « l’interlocuteur de premier niveau des entreprises ressortissant de leur champ d’ac- tion ».
En mission
Pendant la seule période du confi- nement, le réseau des CCI a été amené à gérer 820 000 contacts d’entreprises, dont 250 000 en accompagnement personnalisé. Tandis que les quatre premières semaines de confinement ont principalement montré un flux d’appels (via les hotlines mises en place dans chaque CCI et à CCI France, avec des numéros dédiés référencés sur les sites d’informa- tion du gouvernement et relayés dans les médias et par les réseaux sociaux) et de mails entrants (via des boîtes mails dédiées à la crise sanitaire), les CCI ont lancé des campagnes d’appels et de mails sortants pour s’assurer qu’un large nombre d’entreprises dis- posaient des informations néces- saires sur les dispositifs d’aides mis en place par l’État. Pour faire face à cette mission, le réseau des CCI a mobilisé plus de 1 800 collaborateurs qui ont suspendu
leurs activités habituelles pour se consacrer à ce soutien indispen- sable aux entreprises.
Cette crise a démontré toute l’utilité de l’accompagnement humain des chefs d’entreprise. Au-delà des outils numériques, c’est d’écoute personnalisée et d’entraide dont les patrons de TPE-PME ont eu besoin et ont encore besoin pendant cette crise exceptionnelle. Le taux de réponse très élevé aux appels et mails entrants (proche de 90 %) assuré par les CCI est à souligner, rien n’est plus désespérant pour un chef d’entreprise en grande difficulté que de se retrouver sans interlocuteur pour l’aider.
Aide psychologique
Du reste, la question de la néces- sité d’un soutien psychologique pour les chefs d’entreprise est apparue très tôt dans cette crise et a conduit une majorité de CCI à mettre en place des disposi- tifs territoriaux ou régionaux, souvent en partenariat avec des collectivités territoriales, ex- perts-comptables ou tribunaux de commerce. Ces dispositifs, cofinancés par les CCI, se sont appuyés sur des associations de professionnels qui proposaient aux chefs d’entreprise présentant des signaux forts ou faibles de grande détresse, des séances gra- tuites de soutien psychologique (en visio ou audio). Ces dispo- sitifs dans les territoires ont, à partir du 27 avril, été complétés par un dispositif national soute- nu par le ministère de l’Écono- mie et des Finances, Harmonie mutuelle, CCI France et CMA France : il repose sur un numéro vert national géré par l’associa- tion Apesa (Aide psychologique aux entrepreneurs en souffrance aiguë). Pour les situations les plus préoccupantes, une prise en charge rapide et gratuite par un psychologue spécialement formé a été mise en place.
Remontée de données
L’ensemble des cellules d’urgence ainsi que les services études et les observatoires des CCI ont ali- menté en temps réel les pouvoirs publics (cellule de continuité éco-
nomique autour du ministre de l’Économie et des Finances, co- mité de filière tourisme, Conseil stratégique de l’export, comité de crise sur les délais de paiement, Direction générale des entre- prises, préfets, collectivités terri- toriales, parlementaires) sur la si- tuation des entreprises dans cette crise et sur les besoins en termes d’aides directes et de soutien à la trésorerie. Ce sont ces remontées régulières et les enquêtes réali- sées qui ont notamment permis de réadapter utilement et au fil de l’eau le dispositif du fonds national de solidarité afin de ne laisser aucune entreprise sans aide de l’État, mais aussi à titre d’exemples d’alerter sur la néces- sité de sécuriser le click-and-col- lect pour le commerce non ali- mentaire, le besoin de report de la redevance audiovisuelle pour le secteur de l’hôtellerie, le sou- hait d’exonération de taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE) dès l’année 2020, etc.
Les autres actions
• Plusieurs CCI ont participé à la gestion des fonds mis en place par les collectivités territoriales (instruction des dossiers, parti- cipation au jury de sélection, et, dans quelques cas, contribution financière pour compléter le tour de table des collectivités territo- riales).
• L’ensemble des CCI se sont mobilisées pour l’approvision- nement des TPE-PME en protec- tions sanitaires, en particulier les masques. Deux opérations natio- nales ont été montées avec l’appui de CCI France et du réseau des CCI, d’une part avec CDiscount – approvisionnement des TPE et PME à raison de 60 millions de masques jetables – puis avec La Poste pour l’approvisionne- ment de 10 millions de masques lavables. Mais au-delà, dans chaque territoire, les CCI ont aidé les industriels qui fabriquent des produits sanitaires straté- giques à trouver de nouveaux
8 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[rebondir... et s'affranchir
galaxie
 Médiation & entreprises Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
Ld’opportunités ! »
  « Marchés publics inférieurs à 40 000 euros HT Moins de formalités, plus
 small data
Dirigeants et salariés, prêts à faire face à la crise
... malgré une divergence sur les mesures à prendre à court terme
Le Groupe Aésio, acteur de la protection des personnes et de la prévoyance, a voulu capter « le regard que les chefs d’entreprise portent sur la crise ». L’enquête Harris Interactive pour le groupe mutualiste s’est penchée sur les dirigeants de TPE-PME, « structures touchées au premier chef ». Et a ouvert son sondage aux salariés, pour une mise en miroir des deux points de vue.
- 88 % de dirigeants de TPE-PME ont vécu le stress de la période lié à l’activité de l’entreprise, mais 94 % ont puisé de la résilience en acceptant la situation.
- 84 % des dirigeants estiment « probable » que la France soit confrontée dans les 5 prochaines années à une nouvelle crise sanitaire et 76 % comptent mettre en place un plan de continuation d’activité en cas de nouvelle crise.
Côté salariés, les tendances sont les mêmes.
- 65 % des dirigeants seulement se disent confiants dans la survie de leur entreprise. Ils ne sont que 50 % chez les dirigeants d’entreprises de commerce, d’hôtellerie, de restauration, de transports. Mais 62 % identifient au moins une opportunité pour leur entreprise : meilleure organisation, conquête de nouveaux marchés, transition numérique...
- La moitié des dirigeants et des salariés « approuvent » les mesures du gouvernement, mais regrettent leur insuffisance : les prêts bancaires garantis par l’État : 48 % des dirigeants, 54 % des salariés. Fonds de solidarité : 69 % des dirigeants, 56 % des salariés. Chômage partiel : plutôt jugé suffisant, mais les salariés plus indécis (47 %) que les chefs d’entreprise (59 %).
- Divergences sur la facilitation de la prise de congés : 55 % des dirigeants sont pour quand 83 % des salariés estiment qu’il s’agirait « d’une bonne chose » ;
- Seuls 24 % des dirigeants envisagent de verser une prime exceptionnelle aux salariés qui ont travaillé, bien sûr 90 % des salariés la souhaitent.
- 88 % des salariés souhaitent télétravailler régulièrement, seuls 26 % des dirigeants l’envisagent.
sondage Aesio
a commande publique fournit les clés essentielles pour paraît souvent complexe qu’entrepreneurs et acheteurs aux yeux des entreprises. puissent mieux se connaître et ré- Et c’est encore plus vrai pondre ensemble aux besoins de
pour les très petites structures. la collectivité. Véritable outil pra-
Ces deux mondes ont dû mal à se rencontrer, et surtout à se com- prendre car ils ne parlent pas le même langage. C’est pourquoi nous mettons à disposition des chefs d’entreprise un tout nou- veau guide qui a pour vocation de les informer et de les accompa- gner sur les marchés publics. Pu- blié à l’occasion du relèvement du seuil de dispense de procédure1 pour les marchés publics jusqu’à 40 000 euros HT, ce document met l’accent sur les démarches simplifiées pour ce type de mar- chés, il démontre les avantages et surtout encourage les entrepre- neurs à franchir le pas.
Avec un volume de 100 mil- liards d’euros par an2, les mar- chés publics représentent un réel gisement de croissance pour les entreprises. Mais ces opportuni- tés économiques restent encore trop peu connues et exploitées, en particulier par les artisans et les micro-entrepreneurs. Les- quels constituent des acteurs clés dans le paysage économique français. Sur 4 millions d’entre- prises recensées en 2016, 96 %, sont des micro-entreprises. Face à ce constat, une question se pose : comment faciliter la mise en relation entre, d’un côté, les opportunités d’affaires qu’offre la commande publique, et de l’autre côté, les dirigeants d’entreprise qui pourraient en bénéficier ?
Le guide que nous avons conçu, en collaboration avec le CMA France, la CPME, le Medef et l’U2P, constitue une réponse concrète à cette problématique. Il
tique, il permet en quelques mi- nutes de comprendre facilement les étapes et la vie d’un marché public. À ce titre, c’est une véri- table invitation à franchir le pas et à saisir les opportunités offertes par la commande publique ! Applicable depuis le 1er janvier 2020, le relèvement du seuil de dispense de procédure est le fil conducteur de ce guide. Avec ce nouveau cadre réglementaire, les acheteurs publics et les chefs d’entreprise sont désormais dis- pensés des démarches inhérentes à la passation d’un marché public (publicité, documents de consul- tation, dossier de candidature...) jusqu’à 40 000 euros HT. Ils bé- néficient ainsi d’un accès plus facile et rapide à la commande publique.
Vous êtes artisan, micro-entre- preneur, profession libérale ou TPE/PME ? Vous n’avez pas en- core proposé vos services à un acheteur public ? Ce guide est fait pour vous ! Pour le consulter, ren- dez-vous sur : https://www.economie.gouv.fr/ mediateur-des-entreprises/le- mediateur-des-entreprises-pu- blie-un-nouveau-guide-marches- publics n
1 Le décret n° 2019-1344 du 12 décembre 2019 relève le seuil dit de « dispense de procédure»de25000€HTà40000€ HT (article R. 2122-8 du Code de la com- mande publique).
2Source : Observatoire économique de la commande publique.
3Source : Insee Les Tableaux de l'écono- mie française édition 2019.
Pour découvrir ou re-découvrir notre activité, rendez-vous sur le site du médiateur des entreprises : www.economie.gouv.fr/mediateur-des-entre- prises/lactivite-du-mediateur-des-entreprises-presentee-la-presse
ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
rebondir... et s'affranchir
 Covid-19 : ces toubibs
émules de province : ses conseils départementaux respectifs
sont priés de convoquer ces médecins prescripteurs pour
« leur faire un rappel aux principes de la profession », a révélé un informateur anonyme à notre confrère du Parisien.
Urgence contre précipitation
Certes, on peut comprendre cet Ordre sourcilleux dont le devoir
est d’appliquer une méthode scientifique fondée sur une comparaison et des protocoles rigoureux. Mais a contrario, pourquoi ce même Ordre n’écouterait-il pas ces confrères/ sœurs de l’ombre pour, justement, tester dans des conditions plus objectives ces médicaments
sans réel danger qui pourraient tuer dans l’œuf l’invasion virale ? La « liberté de prescrire » vaut la peine qu’on en rappelle le contenu : « Le médecin doit tenir compte des avantages, des inconvénients et des conséquences des différentes investigations et thérapeutiques possibles. » Ce que font nos toubibs de terrain, conscient/es que leur responsabilité pourrait
se voir engagée. Mais persuadé/ es aussi que les « patients dont
on n’a pas sauvé la vie », pour
faire référence au livre de Hervé Guibert*, les engagent tout autant. Raison pour laquelle ils/elles prescrivent dans l’urgence. Or pour les tenants du respect des études encadrées de médicaments, l’urgence revendiquée par les trublions médicastres a bon dos.
Il n’empêche que ces praticiens ordinaires qui prescrivent des médicaments apparemment efficaces dans la limite d’effets secondaires apparemment minuscules sont peut-être des sentinelles dont il fait entendre le cri d’alerte.
* À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Folio.
s’insurge l’un de ces gardiens de l’orthodoxie, Paul Frappé, président du Collège de médecine générale, dans les colonnes du Parisien. « On voit passer toutes sortes de choses : de la tisane de thym, un verre d’alcool par jour, des inhalations... Avec des médecins de bonne foi. Pour l’instant, aucune n’a prouvé
un meilleur résultat que l’autre. » Il est quand même un peu « gonflé » de mettre dans la même trousse médicale antihistaminique et tisane de thym. Mais quand l’on veut dénigrer, tous les moyens sont bons. C’est sans doute ce que se disent ces anonymes de la médecine qui constatent, eux/elles, que leur bon vieux médoc enraie bel et
bien les symptômes de patients, non dépistés car non éligibles aux tests PCR, donc forcément en petit nombre. De minuscules cohortes que les chercheurs méprisent face aux quelques milliers de volontaires qu’ils mobilisent dans le cadre d’une « vraie recherche ». Mais ces panels certes modestes n’arrêtent pas de gonfler dès
lors que les praticiens qui les administrent constatent à quel point les supposés patient/es
« covid-19 » (sur le lot existent forcément des contaminés au virus) se rétablissent en très peu de temps, d’autant plus sûrement qu’ils/elles sont soigné/es très tôt. Effets secondaires, tonnent les mandarins ! Lesquels, demandent les médecins de terrain ? L’antihistaminique prescrit n’est apparemment pas dangereux, il ne coûte pas cher, pire il est en vente libre, sans effet secondaire préoccupant.
Didier Raoult avait horripilé les « savants » : « Ce n’est pas parce qu’on n’habite pas à l’intérieur du périphérique qu’on ne fait pas de la science », avait lancé l’infectiologue aux cheveux longs. Le conseil de l’Ordre des médecins veut faire peur à ses
JDe l’art de transformer ses retards en découvertes
de l’ombre qui osent prescrire
des médicaments courants
Combien sont-ils/elles, ces médecins généralistes qui prescrivent des médicaments simples et connus, apparemment efficaces contre le Sars-CoV-2 en phase initiale ? Eh bien, pas mal. après le professeur Didier Raoult de marseille adepte de l’hydrochychloroquine associée à l’azythromicine mais tant décrié par l’orthodoxie des chercheurs qui promettent un vaccin dans un an ou deux, de « simples médecins » ont exploré leur Vidal en quête du même médicament archiconnu potentiellement efficace pour enrayer le virus.
Du reste, autant on entendit sur tous les médias que le Plaquénil (hydroxychloroquine) faisait l’objet de toutes les méfiances, autant on n’entendit pas qu’il est désormais autorisé, mais associé au lopinavir/ ritonavir depuis le 25 mars.
Alors quid de ces obscurs,
ces sans-grade qui se mêlent
de prescrire des spécialités disponibles, remboursées, au
nez et à la barbe des grands pontes ? Parmi eux, le Dr Arminjon, généraliste de Thyez
en Haute-Savoie, préconisateur de l’azithromycine, en accord
avec Didier Raoult. Il n’est pas le seul. Trois autres médecins ont publié avec lui un résumé de leurs observations, Sophie Gonnet, Édith Kaji et Hélène Rézeau-Frantz, des généralistes de Haute-Savoie ou du Loiret. Tous quatre ont prescrit des antihistaminiques à des patient/es symptomatiquement
suspect/es de covid-19, mais qui n’ont pas été spécifiquement testé/es. Les manifestations morbides ont disparu en quelques heures ou quelques jours. Tous quatre ont raisonné en fonction de l’évolution du virus une fois
en place dans l’organisme et ont pensé à ce traitement simple adapté à l’emballement du système immunitaire, cause majeure de la mort.
Dénigrer, attitude confortable ?
Aussitôt, les savants sont partis en guerre contre ces généralistes qui osent prescrire des médicaments simples qu’eux-mêmes n’ont pas validés. C’est toute la question
de la limite entre l’exercice
de la médecine de ville et les expérimentations hasardeuses. « Il faut siffler la fin de la récré »,
 marc Drillech,
professionnel de la communication, et directeur général de Ionis Education Group
thodes par ateliers, de la pédagogie in- versée ou par projets, des conférences en live et de l’utilité, à côté des formes classiques d’enseignement, des Zoom, Team et autres outils qu’on utilise de- puis plusieurs années.
Disciples de David Copperfield, ils
couvreurs d’un futur qui est déjà notre présent.
C’est agaçant, ce qui n’est pas grave. C’est gênant car c’est un signe de suf- fisance d’une mentalité qui n’aime pas le changement et l’innovation sauf s’il peut se l’approprier, la transformer
très clair).
Alors comme le disait un cousin de Lao Tseu, « Si tu es parmi les derniers, contente-toi d’agir au lieu de discou- rir».n
10 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
Libres propos
e trouve mignon les propos en- transforment leurs retards en décou- pour la normaliser, l’appauvrir. flammés d’acteurs de l’enseigne- vertes, leur inadaptation en sens de Or cette modernité est ancrée dans de ment supérieur qui découvrent l’innovation, « born again », oubliant nombreuses écoles et institutions, dans depuis quelques semaines les les années de violentes critiques contre divers domaines et depuis longtemps
avantages des cours à distance, des mé- les méthodes non conventionnelles, dé- (nous comme bien d’autres... pour être
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[Épargne d’urgence ou épargne durable...
Henri Sterdyniak,
économiste à l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) et membre des Économistes atterrés dont il a participé à
la création, décrypte la crise économique naissante et appelle à reprioriser notre production vers les besoins essentiels.
Une humanité confinée : quelle vision portez-vous sur la crise actuelle et sur ce qui nous y a mené ?
Henri Sterdyniak : L’humanité est enga- gée dans un processus de croissance qui n’est pas soutenable. C’est un problème global, très difficile à résoudre parce qu’on a des pays émergents qui veulent se développer et des pays riches qui n’ont pas la volonté de leur offrir une alterna- tive sérieuse. L’économie mondiale est fragile car elle repose sur des bulles fi- nancières. Les Bourses étaient très suré- valuées, tout le monde savait que ça allait chuter sans savoir quand ni comment. L’élément déclencheur et imprévisible a été la pandémie. À quoi s’ajoute la frag- mentation des chaînes de production qui fragilise l’économie mondiale et em- pêche d’avoir une cohérence productive nationale... On se retrouve face à une contradiction : la crise résulte du déve- loppement du capitalisme financier et c’est ce même capitalisme qui nous donne les moyens de lutter contre la maladie.
Que nous apprend cette crise et com- ment y répondre ?
Les marchés financiers accentuent les problèmes au lieu de les réduire, pas le contraire. En temps de crise, la finance surréagit, on a une chute importante des marchés et on peut craindre des spécula- tions. La finance déstabilise et incite les entreprises à produire à moindre coût sans prendre en compte les risques. La crise de 2008 a contribué à réduire le dé- veloppement anarchique de la finance. Là, nous sommes dans une crise diffé- rente, plus grave.
Cette crise est un avertissement. La pré- occupation écologique doit devenir cen- trale et pour cela les besoins essentiels doivent être priorisés. La grande ques- tion, c’est : est-ce qu’un tel programme sera mis en place ou bien, au contraire, recommencerons-nous comme avant ? C’est le grand enjeu.
Faudrait-il revoir nos priorités ?
Il y a deux discours contradictoires. L’un disant qu’il faut repartir comme avant et
aider les entreprises, l’autre, que je porte, disant que cer- taines entreprises doivent réduire leur voilure pour être compatibles avec le tournant écologique. C’est un combat entre la maximisation sys- tématique de la croissance économique et l’optimisation du bien-être des individus et de la planète. La production doit se recentrer sur les be- soins essentiels et non créer
de nouveaux besoins inutiles, c’est un ar- bitrage à mener.
Il faut tout repenser à la lueur de la crise. La réforme des retraites, de l’assurance chômage, des minimums sociaux et les vastes programmes industriels dange- reux et inutiles comme la privatisation des aéroports de Paris ou la construc- tion d’un centre commercial géant dans l’Oise. La course effrénée à la croissance ne fait pas partie du bonheur ni des be- soins fondamentaux.
Vous appelez donc à un sursaut collec- tif ?
Il s’agit de faire en sorte que la société prenne en compte de façon différente ses besoins. C’est la société qui doit prendre en compte les leçons de cette crise et pas seulement l’État. Il faut conserver le rôle de l’État et celui de l’initiative pri- vée, mais ce qui est très important c’est le rôle de l’initiative sociale et citoyenne. C’est là-dessus qu’il faut compter. Il faut, domaine par domaine, réfléchir et de- mander aux agents d’adopter des com- portements compatibles avec le tournant écologique.
Quel rôle peuvent jouer les mécanismes européens de réponse à la crise ? Aucun. Ils n’ont aucun intérêt. Ce qui est important c’est que les États puissent réa- gir de façon autonome. Quand vous êtes un État, vous devez pouvoir librement garantir votre dette sans avoir besoin de recourir à des aides étrangères. Le Royaume-Uni a la livre sterling et a fait des dépenses comme l’Italie et la France. Il n’a pas besoin de se poser la question des coronabonds ou du recours au méca- nisme européen de stabilité.
Ces questions se posent parce que l’Eu- rope est mal construite et parce que les dettes publiques ne sont pas garanties. La zone euro crée aussi des déséquilibres. S’il existe des dysfonctionnements, c’est en partie à cause de l’Europe elle-même. Dans cette crise, l’Europe, c’est la mouche du coche, elle s’agite beaucoup sans four- nir de réels services. n
PROPOS RECuEiLLiS
PaR aDam BELGHiTi aLaOui
serial rêveur
Didier Roche
Entrepreneur français aveugle depuis son enfance, il est notamment le directeur général et associé du groupe Ethik Investment, qui a créé entre autres le Spa « Dans
le Noir ? », où les esthéticiennes sont aveugles et la chaîne des restaurants « Dans le Noir ? », où les clients dînent dans l’obscurité totale, guidés et servis par des aveugles. Il est aussi président fondateur de l’association H’up entrepreneurs qui accompagne les entrepreneurs handicapés. www.didierroche.com / www.serialreveur.com / www.ethik-connection.com/
rebondir... et s'affranchir
galaxie
    CosmeTih ou l’incroyable histoire
Jd’un confinement...
e viens vous partager mes nouvelles aventures business, et surtout, les relations humaines que j’ai nouées au cours de ces deux mois de confi- nement.
Il y a quelque temps de cela, j’ai fait la connaissance d’un Travailleur indépendant handicapé (TIH), aveugle comme moi : Anthony Martins Misse. La liste de nos points communs ne s’arrêtait pas là, nous avions tous deux un même rêve : concevoir une gamme de produits cosmétiques, moi pour le Spa Dans le Noir ? Anthony pour développer sa propre marque de luxe. J’avais d’ailleurs déjà songé à racheter une structure de production de produits cosmétiques il y a quelques années, mais le projet était tombé à l’eau. Heureuse- ment, finalement, un rêve en commun, quoi de plus grisant ?
Durant cette période de confinement, mes équipes à l’arrêt, et parce que je me retrouvais souvent seul dans les bureaux de ma société Ethik Connection, j’ai eu l’idée de proposer à Anthony de venir m’y rejoindre. Après tout, nous n’étions pas trop de deux pour af- fronter cette drôle de période qui a fait naître une vé- ritable fraternité. Nous ne nous sommes plus quittés durant tout le confinement, tantôt chez l’un, tantôt chez l’autre.
L’idée de notre structure de production n’était pas confinée bien loin, et rapidement vient une évidence : et si nous commencions la production de solution hy- droalcoolique ? Les dés étaient donc jetés ! Dans son réseau, Anthony connaissait Emmanuel, un indus- triel quasiment à l’arrêt, en mesure de bâtir avec nous notre chaîne de production. Ironie du sort, le métier d’Emmanuel est de produire ce que nous ne pourrons jamais voir : de la peinture !
Dans la foulée, nous avons créé une structure, Anthony en a pris le leadership et moi comme simple sleeping partner, heureux de vivre cette aventure formidable qui, j’en suis convaincu, nous mènera loin.
Deux « TIH » et leurs quatre compères dans la cosmétique pour créer la marque CosmeTih (www.cosmetih.com), tout est dit. n
ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 11
© olivier merzoug
]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
rebondir... et s'affranchir
  J’aime ma boîte
La crise Covid-19 vue par une PME industrielle
 Sammode est une entre-   male, il n’y aura pas de « back to   ponsable d’équipe de redéfi-
    prise industrielle presque centenaire, fondée en 1927 dans les Vosges,
spécialisée dans l’éclairage in- dustriel, architectural et design. Elle est l’une des rares (et des dernières) entreprises à fournir des solutions d’éclairage à, en- core et toujours, concevoir et fabriquer en France.
L’entreprise dispose d’une usine dans une petite locali- té de l’ouest vosgien, Châtil- lon-sur-Saône, un remarquable mais trop méconnu village re- naissance. Nous disposons de- puis les années 1930 d’un siège à Paris et d’une équipe de techni- ciens conseillers répartis dans toute la France. Depuis plus de deux ans, nous disposons aussi d’un centre de R&D en Sologne, fondé sur les décombres d’une ancienne usine Philips, fermée comme tant d’autres pour cause de délocalisation de la produc- tion qui y était assurée depuis des décennies. Nous avons opéré un rapprochement avec des fabricants allemands afin d’accélérer notre internatio- nalisation (à base européenne) et étoffer notre portefeuille de produits.
La soudaineté
La crise est arrivée, comme pour toutes les entreprises, de façon extraordinairement ra- pide, brutale, violente même, créant une forme de sidéra- tion devant l’ampleur du choc et son caractère absolument inédit. Nous avons eu comme l’impression de basculer en quelques jours dans une écono- mie de guerre, alors même que nul n’y était préparé.
L’incertitude
La première leçon, c’est que la quasi-totalité des repères, des cadres intellectuels, des règles de gestion ou de mana- gement devenaient inopérants ou inappropriés. Et la prise de conscience dans l’entreprise a naturellement requis un certain temps.
business as usual ». L’appréhen- sion des conséquences est natu- rellement extraordinairement difficile, mais il est certain que nous entrons dans une phase de reconfiguration majeure et malheureusement, très proba- blement, de crise économique et sociale de grande ampleur.
La réaction :
la doctrine
Lorsque la crise a éclaté, nous avons fait le choix de respecter scrupuleusement les consignes gouvernementales visant à ga- rantir la sécurité et la santé de nos collaborateurs, clients, par- tenaires et fournisseurs, ainsi que celle de leurs familles.
Nous avons simultanément choisi, toujours en phase avec les indications du gouver- nement, d’essayer d’éviter le « shut down » complet de l’ac- tivité dont nous savons que le prix à payer sera incommen- surable. C’est vrai pour chaque entreprise, c’est aussi vrai à l’échelle de l’économie du pays. Nous pensons aussi que nos services peuvent être utiles à la continuité de certains de nos clients (secteur agro-alimen- taire, de l’énergie ou ferroviaire par exemple) et que la préser- vation d’une activité minimale pendant la crise pourrait être décisive dans la préservation à moyen terme de nos emplois.
La réaction :
la méthode
Nous avons donc décidé de dé- clencher le télétravail partout où c’était possible, notamment au siège et dans notre centre de R&D, grâce à un accès complet à nos systèmes d’information et ressources. Lorsque la crise a éclaté, nous avions en effet eu la chance d’avoir pu nous en- traîner cet hiver au télétravail grâce aux interminables grèves des transports de la SNCF et la RATP et accélérer la digitalisa- tion de beaucoup de nos pro- cess.
nir les urgences, les missions, les méthodes de travail et les modes de management de son équipe.
Le centre de R&D a lui aus- si pu se placer en télétravail, sauf pour quelques activités comme les tests les activités de conception et prototypage qui nécessitent un large accès aux ressources et équipements de nos laboratoires et ateliers de prototypages.
Nous avons enfin décidé de maintenir la meilleure acti- vité industrielle possible, en reconfigurant totalement nos méthodes de production, au prix d’une baisse évidente mais nécessaire de la productivité. Je dois dire que j’ai été impres- sionné par la qualité, la matu- rité, l’engagement et le sens des responsabilités des équipes, qu’il me soit permis ici de le souligner et de les en remercier vivement.
Un paysage économique ravagé
Ce que nous observons à l’ex- térieur est déjà un paysage de désolation. Mise à l’arrêt de l’écrasante majorité des chan- tiers, fermetures de sites indus- triels ou de grands chantiers, indisponibilité des équipes d’installations, effondrement des demandes et consultations, effondrement des commandes et des facturation, incertitudes sur la solvabilité de certains clients... Les effets immédiats et les menaces en gestation ont de quoi effrayer.
Dans ces circonstances, il semble en effet crucial de fa- voriser un élan national et plus encore européen massif, soli- daire et vigoureux. Il y aura un après, et c’est maintenant qu’il se prépare. C’est la quali- té de nos réactions aujourd’hui qui conditionne l’état de notre économie et de nos sociétés de- main.
Emmanuel Gagnez
PDG de Sammode
moins nécessaire de tout faire pour éviter l’asphyxie géné- rale, à commencer par payer ses fournisseurs.
Aussi, les mesures gouverne- mentales sont également cri- tiques, tant par leur ampleur que par la vitesse de diffusion. Les mesures annoncées, notam- ment les dispositifs d’activité partielle et les prêts garantis par l’État, sont très appropriées pour passer la crise. Il est vi- tal que la main des médiateurs de ces mesures (les adminis- trations, la BPI et les banques commerciales) ne tremble pas dans leur mise en œuvre. Il faut notamment éviter toute rete- nue et ne pas céder à une ten- dance française à la complexi- fication ou la bureaucratisation des processus qui n’aboutiront qu’à anéantir les effets de ces mesures ou d’en retarder dan- gereusement les bénéfices. Nous avons malheureusement quelques inquiétudes à ce sujet. Or, en médecine d’urgence, la vitesse est la clé de l’efficacité.
Un débat public source d’inquiétudes Nous sommes à cet égard peu surpris mais préoccupés et at- tristés de voir renaître des dé- bats idéologiques d’un autre âge, ou en tout cas dont nous ne pouvons nous payer le luxe, ainsi que le poison du soup- çon qui prospère dans certains (trop de) milieux syndicaux, think tanks et naturellement
Dès le 17 mars, les équipes rele- vant de ces fonctions ont donc pu opérer en télétravail, avec
D’abord, préservons le crédit interentreprises. Autrement dit, s’il est légitime (vital) de
Il devient aussi de plus en plus
clair que, la crise passée, nous
ne reviendrons pas à la nor-   la charge confiée à chaque res-   protéger son cash, il n’est pas   dans la plupart des médias.
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mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[Non, les entreprises et leurs chefs   vent critiquée, incroyablement   qui vilipendent le système libéral   les règles de gestion et de ma-
rebondir... et s'affranchir
galaxie
     n’ont pas pour but principal dans leur vie en général et en ce mo- ment en particulier de frauder le système, d’abuser de l’argent public (qui est, rappelons-le, le fruit du prélèvement des impôts et taxes sur le secteur privé mar- chand) ou de maltraiter leurs salariés. L’ambition d’un chef d’entreprise, et souvent son rêve, c’est de voir son entreprise pros- pérer et se développer, ses équipes grandir et s’épanouir, l’un n’al- lant pas sans l’autre. Et en ce mo- ment, sa préoccupation, c’est bien souvent d’assurer sa survie dans les 3, 6 ou 18 prochains mois. Les entreprises sont et seront un élé- ment clef du dispositif de renais- sance post-crise et de la nouvelle société que nous voudrons créer, car elles en sont le bras armé et les acteurs de premier rang.
Non, les industriels n’ont pas délocalisé par idéologie et ap- pât du gain, tout comme ils ne relocaliseront pas sur injonc- tion du politique. Si l’industrie a tant reculé dans ce pays, c’est qu’elle n’est fondamentalement pas aimée, mal considérée, sou-
mal connue et que les conditions qu’ils lui sont réservées depuis des décennies et que nous avons collectivement choisies ont été extraordinairement nuisibles à sa compétitivité et son développe- ment. C’est comme en écologie, les organismes se développent et prospèrent selon les conditions de leur milieu. Il faudra donc bien nous interroger, nous citoyens (au moment du vote) et consom- mateurs (au moment d’acheter), sur ces aspects fondamentaux de l’écosystème que sont le Code du travail, les conditions du dialogue social, le système fiscal, le niveau des prélèvements sur le travail ou encore la structure et nos choix de consommation.
Eh non, cette crise ne signifie pas la victoire d’un modèle sur l’autre (i.e. l’intervention de l’État préférablement au « capitalisme mondialisé néo-libéral »). D’ail- leurs, bien peu sont capables de décrire précisément ces préten- dus modèles, car la réalité est évidemment bien plus complexe que ces deux catégories som- maires, et que bien souvent ceux
et l’entreprise les connaissent re- marquablement mal ou en font une description erronée, parfois malhonnête.
Bien des problèmes qui nous étreignent aujourd’hui (à l’hô- pital public ou dans l’Éducation par exemple) ne trouvent pas leur cause dans la prétendue « casse systématique » du service public ou le développement (supposé- ment volontaire) de la précarité. Un pays avec un tel niveau de prélèvements obligatoires, des dépenses publiques supérieures à 50 % du PIB, plus de 5,5 millions de fonctionnaires (État, collecti- vités territoriales et fonction pu- blique hospitalière) et une dette abyssale de 100 % du PIB peut difficilement être qualifié de na- tion à l’état atrophié. Ici, l’impo- tence serait plutôt la conséquence de l’obésité que de la chétivité.
Peut-être devrions-nous donc ré- fléchir à l’efficacité de notre ges- tion publique et aux effets dévas- tateurs de certains de nos choix collectifs de long terme : nos sys- tèmes de retraites, les 35 heures,
nagement dans la fonction pu- blique, une gestion budgétaire re- marquablement imprévoyante et impécunieuse depuis des décen- nies, le massacre de l’industrie dans l’indifférence générale...
Ceci nous vaut aujourd’hui de disposer de marges de manœuvre budgétaires négatives et de struc- tures collectives non préparées, peu robustes et trop peu agiles. Exactement ce dont nous aurions pourtant besoin en temps de guerre. Nous, entrepreneurs, ap- pelons donc à saisir l’opportunité que ces temps graves nous offrent pour, un temps au moins, aban- donner les pensées primaires et les réflexes idéologiques ar- chaïques, car ils sont facteurs de division là où nous avons besoin d’unité, ils sont facteurs de tergi- versations là où nous avons be- soin de vitesse, ils sont facteurs de querelles stériles là où nous avons besoin d’efficacité.
Tout cela avec le seul souci du bien commun et pour le déve- loppement d’une société pros- père. n
     ecoreseau.fr mai/juin 2020
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]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[Rebondir... et s’affranchir
 Comment rebondir en France, aux États-Unis, en Asie ?
Territoires : comment les régions ont « morflé », comment elles veulent rebondir Mapping de l’innovation : comment « rebondit »-on dans le monde ?
Le journal du futur : rééquilibrage transitoire ?
p. 16 p. 22 p. 24 p. 26
Entreprendre : du latin inter prehendere, saisir avec la main. Le mot latin prehendere signifie « saisir », « prendre pour maîtriser ».
Avant la crise sanitaire planétaire qui rebat les cartes, une morale nouvelle de l’entreprise était en passe de devenir la nouvelle doxa pla- nétaire: le rebond après l’échec. Après la crise, qui va nous accompagner des années, ce sont toutes les sociétés humaines qui vont devoir
rebondir, se réinventer, pour tenir et repartir. Avant que le confinement ne vienne bousculer nos sommaires, nous avions prévu de passer en revue la façon dont les cultures entrepreneuriales américaine, européenne et asiatique considé- raient l’échec et le rebond. La culture américaine de pionniers, de conquérants, a renversé la vieille arrogance européenne de l’élite (napoléonienne ?) pour laquelle un failli était quasiment un criminel. Quant à l’honneur asiatique du hara-kiri, il a dis-
paru de la mentalité samouraï à l’ère des Jack Ma et des BATX.
Bref, à la veille de la catastrophe sanitaire et éco- nomique du coronavirus Sars-CoV-2, la France commençait à renverser totalement l’équation: échouer = apprendre = réussir. Nos enquêtes de- meurent d’autant plus d’actualité que les entre- prises, partout, vont payer le prix fort de la pandé- mie. Plus que jamais, la vieille rengaine française de la honte de l’échec doit s’effacer.
DOSSiER RÉaLiSÉ PaR,
OLiViER maGnan, GuiLLaumE OuaTTaRa, CHaRLES COHEn, aDam BELGHiTi aLaOui, jEan-maRiE BEnOiST, ROmain RiViÈRE ET PaTRiCE REmEuR
entreprendre & innover
14 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[                 UNE BANQUE QUI SE BAT POUR LES ENTREPRISES.
Aux côtés des entrepreneurs,
avec constance, technicité et créativité.
• Financement de l’investissement
• Corporate banking
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]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
Rebondir après un fiasco, du très naturel OLiViER maGnan
 attitudes psychologiques et effets mentaux
C’est du Samuel Beckett : « Ever tried. Ever failed. No matter. Try again. Fail again. Fail better », en français, « Déjà essayé. Déjà échoué. Peu importe. Essaie encore. Échoue encore. Échoue mieux. »
Il paraît qu’une telle citation se lit en lettres d’encre sur le bras gauche du tennisman Stanislas Wawrinka. Et c’est la loi d’action de Rafael Nadal. Battu sans cesse à 13 ans, il chute au tournoi international des Petits As à Tarbes en 1999 face à Richard Gasquet. Mais depuis, Nadal a tout gagné quand Gasquet n’a guère convaincu. Raison : le mental.
Un processus neurologique : Edward Thorndike, psychologue américain précurseur du béhaviorisme, disparu en 1949, a mis en avant le processus essai-erreur. « Sans erreur, même grave, point d’amélioration. »
Un spécialiste du changement comme John Paul Kotter, auteur de la « Bible » Leading Change (Conduire le changement), décrit les 8 étapes d’une transformation d’une entreprise en insistant sur la burning platform (« la crise majeure ») pour déclencher un changement réussi. Everett Rogers, feu sociologue et statisticien américain célèbre pour sa théorie de la diffusion des innovations, prônait la « réinvention », passer du ratage à la réussite en le transformant, à la base du processus de création de valeur.
1
Les grands échecs des xixe et xxe siècles industriels
• Charles Darwin :
médecin raté, qualifié de paresseux et trop rêveur par son père, s’embarque sur le Beagle et publie son journal de voyage en
1838, où il étudie la transformation des espèces érigée en théorie de la sélection naturelle.
• Henry Ford : il a connu cinq fois l’échec de ses entreprises avant d’imaginer la chaîne d’assemblage de la Ford Motor Company de voitures accessibles aux ouvriers qu’il rétribue.
• RH macy : son grand magasin à New York, réussite gigantesque, a succédé à sept échecs non moins géants.
• Soichiro Honda : refusé à un poste d’ingénieur, sans emploi, il assemble un improbable scooter pour se déplacer. Ses voisins, admiratifs, le poussent à créer son entreprise de deux-roues...
• akio morita : le créateur de Sony a d’abord vendu l’un de ses premiers
appareils à moins de 200 unités.
• Bill Gates : le jeune homme renonce à ses études à Harvard,
« plante » sa première entreprise. Son MS-Dos bricolé vendu à IBM ne vaut rien. Mais il tient à toucher des royalties sur chaque vente. On connaît la suite.
• Harland David Sanders : le
« colonel » Sanders à barbichette s’est vu refuser 1 009 fois sa recette. Un restaurateur la teste sous le nom de Kentucky Fried Chicken.
• Walt Disney : renvoyé d’un poste de rédacteur pour manque
d’imagination.
La liste de ses ratages est édifiante. Jusqu’au moment où sa femme nomme
Mickey son Mortimer auquel Walt Disney prêtait sa propre voix façon nasillarde.
• albert Einstein :
on le diagnostiqua
déficient mental. Refusé à l’École polytechnique. Gratte-papier au bureau des brevets. Nobel, génie : tout est relatif.
Deux grandes inventions dues à des cerveaux chocs en échec
• Thomas Edison :
qualifié de « trop stupide pour apprendre quoi que ce soit », il fut l’inventeur, entre autres, de l’ampoule électrique au terme de 1 000 tentatives
infructueuses.
• Orville et Wilbur Wright : les frères pionniers américains de l’aviation, malades au cours de leur jeunesse, ont multiplié les prototypes sans succès et affronté le scepticisme général jusqu’à ce que leur aile décolle d’une hauteur.
Politiques mal parti/es
• Winston Churchill : piètre élève, il a connu une succession de défaites électorales avant de devenir Premier ministre à l’âge de 62 ans et affronter la Seconde Guerre mondiale.
• abraham Lincoln :
le plus connu des présidents des États- Unis a connu des drames familiaux, des échecs d’entrepreneur, des
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Comment rebondir en France, aux États-Unis, en Asie ?
Isabelle Saladin, I&S Adviser, Les Rebondisseurs français
l’orée de la crise, la nous avions envie qu’elle dessine serial entrepreneuse la priorité des entrepreneurs, non Isabelle Saladin, pré- pas de l’« après », mais du « main- sidente d’I&S Adviser, tenant », le franchissement de la
conseil d’entreprise, et présidente « vague », tsunami dévastateur ou
 France : passer la vague avant de se projeter dans
À« le monde d’après »
des Rebondisseurs français, as- sociation d’échange et de stimu- lation, avait pour nous évoqué le nerf de la guerre des entrepre- neurs confinés, la trésorerie. À préserver coûte que coûte pour rebondir. Le déconfinement venu,
longue vague houleuse à dépasser pour (re)gagner le large.
« Mai et juin correspondent à la phase de la réalité, le « dur », dans l’apparente accalmie de la crise sanitaire. Nous entrons dans la
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[déconfitures politiques avant de gagner la Maison Blanche à 52 ans.
• Oprah Winfrey : la figure emblématique de la télévision américaine, richissime, fut qualifiée « d’inapte pour la télévision » par ses pairs .
acteurs et cinéastes mal cadrés
• Fred astaire : l’acteur, danseur et chanteur fut noté comme
« ne pouvant agir, ne pouvant chanter, un peu chauve... ».
• Sidney Poitier : son premier casting tourna à l’humiliation personnelle.
• jeanne moreau : « Pas représentative pour le cinéma », bilan de ses premiers castings.
• Charlie Chaplin :
il fut rejeté par
des producteurs d’Hollywood lors de ses débuts. Cause : concept de joyeux clochard absurde et « non regardable ».
• Harrison Ford : son premier film fut un bide personnel.
• marilyn monroe : destin éclair pour celle dont
les agents lui conseillaient de se tourner vers le secrétariat.
• Oliver Stone : cet oscarisé vit son premier roman rejeté, puis publié mais sans aucun succès. La guerre du Vietnam sera son tremplin dans la création.
Écrivains et artistes mal barrés
• Vincent Van Gogh : il n’a vendu qu’une seule œuvre à bas prix de son vivant.
• Emily Dickinson : l’écrivaine et poète de renom ne connut qu’une douzaine de publication de ses poèmes avant ses quelque 1 800 chefs-d’œuvre littéraires.
• Charles Schultz : le créateur de Snoopy et de dessins animés échoua au lycée, Walt Disney
repoussa son dossier. Lui croyait en son talent.
• Steven Spielberg : échecs universitaires, télévisuels. Il décroche
son Business Arward 35 ans après ses premières études.
• Stephen King : Carrie fut refusé par 30 maisons d’édition et Spielberg lui-même n’en voulut pas. Son épouse insista pour une énième candidature, la bonne.
• j. K. Rowling : désargentée, déprimée, divorcée, un enfant à
sa charge, elle écrit des romans sans succès jusqu’à la saga d’Harry Potter. La magie opère, elle devint l’une des femmes
les plus riches
au monde en moins de 5 ans. Travail et
détermination.
• monet : vie de moquerie et de rejet.
• jack London : plus de 600 refus de publication avant une première publication.
musiciens et chanteurs sans portée
• Wolfgang amadeus mozart : une vie émaillée d’échecs, de
congédiements, de mépris de l’aristocratie, mort dans l’anonymat total.
• Elvis Presley : en 1954, on lui dit « qu’il n’aura jamais d’avenir dans la musique et qu’il ferait mieux de conduire un camion ».
• igor Stravinsky : le compositeur du Sacre du printemps, hué par son auditoire, fut chassé de la ville lors de sa première interprétation en 1913.
• Ludwig van Beethoven : piètre violoniste à une époque où la composition n’était pas source
de succès, atteint de surdité.
• Les Beatles : se souvient-on qu’ils furent marginalisés par les
studios d’enregistrement àcausedu«sondeleur musique » ?
athlètes ratés
• michael jordan : « J’ai raté plus de 9 000 coups dans ma carrière. J’ai
perdu presque 300 jeux. À 26 reprises j’ai raté la balle de match.
J’ai échoué
maintes et maintes fois dans ma vie. Et c’est pourquoi j’arrive à
gagner. »
• Stan Smith : disqualifié en Coupe Davis pour maladresse et manque de coordination.
en couverture
entreprendre & innover
        On parle du « monde d’après ». Mais il arrive... après. Dans l’immédiat, il faut passer cette vague économique pour ne pas s’y engloutir.
der le coup d’après. Oserais-je dire que ce redémarrage est une chance ? Les autres entreprises, celles qui vont renflouer leur tré- sorerie et repartir, vont aussi re- prendre à leur compte les salaires et les charges au nom d’un timing paradoxal qui va impliquer de nouveaux circuits, une chaîne lo- gistique repensée.
Ne pas penser
« monde d’après » L’important seront les équipes, au cœur de tout. Elles doivent émerger du chômage partiel avec une volonté de warriors. Le re- bond sera humain. Il existe un pivot, c’est-à-dire un changement de modèle d’affaires, du projet initial qui exige un investisse- mentpourles3ou4moisàve- nir. Les entrepreneurs réalignés doivent être prêts en septembre. Le mot d’ordre est « anticiper » en embarquant tout le monde, pour « passer la vague ». On parle du « monde d’après ». Mais il ar- rive... après. Dans l’immédiat, il faut passer cette vague écono- mique pour ne pas s’y engloutir.
Même si des inconnues majeures s’élèvent, comme la solidarité ou non des États, on est libres, on n’a pas besoin d’attendre. Il faut travailler à un projet d’entreprise nouveau pour franchir la crête de la vague. En élaborer deux au moins sur douze mois.
Décharger le bateau
Bien sûr, quand a la tête dans le guidon, il est difficile de regar- der loin. Mais le pivot du mo- dèle exige que l’on « décharge le bateau » pour qu’il franchisse la vague, si je file la métaphore. At- tention, je ne dis pas « licencier », je dis se décharger des offres peu rentables, se centrer sur l’essen- tiel.
Quand un Nicolas Hulot dé- ploie ses 100 propositions pour le monde d’après, c’est mignon. Je dis plutôt qu’il faut tout faire pour ne pas finir chinois puisque la Chine a de quoi racheter une planète en piteux état. Ne l’ou- blions pas, Venise est une ville de boutiques chinoises...”
iSaBELLE SaLaDin, PROPOS RECuEiLLiS PaR OLiViER maGnan.
    crise économique, celle d’une France à 8 % de déficit où com- mencent à poindre des plans de licenciements monstrueux tels qu’Uber ou Airbnb en annoncent. Si l’on additionne le chômage partiel dont on a atteint le sum- mum, auquel les entrepreneurs qui n’ont pu rouvrir et qui, indé- pendants, ne peuvent prétendre, les chômeurs d’avant crise, les retraités, les étudiants, 70 % de la population sur 66 millions sont sans activité. Or l’économie est un rythme : si personne ne dé- pense d’argent, personne ne peut en gagner. Comme nous vivons dans une économie mondialisée, si les pays européens ne se sou- tiennent pas, nous courons à la catastrophe. Les entrepreneur/ es doivent désormais imagi- ner la situation en octobre, no-
vembre, décembre, selon qu’ils/ elles ont pu compter ou pas sur le Prêt d’État garanti, malgré la mauvaise volonté de certaines banques. Nos entreprises doivent absolument s’inscrire dans le processus d’obtention de toutes les aides possibles et imaginables, celles des régions comme de tous les organismes professionnels, en- core disponibles jusqu’au 30 mai, voire 15 juin. Entendons-nous : un nombre non négligeable de nos entreprises sont condamnées. Mais c’est la vie de tout entrepre- neur. Un dépôt de bilan n’est en soi qu’une formalité à laquelle il/ elle est préparé/é. Il/elle a déjà ré- fléchi à un nouveau projet. Ce qui serait grave, ce serait de n’avoir pas anticipé le plan B. De ne pas avoir parlé de ce dépôt de bilan avec ses salarié/es pour échafau-
ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 17
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
Le rebond à la française
à travers les réseaux sociaux en pointant du doigt « le manque de trésorerie et de méthode de travail ».
Conjuguer poursuite d’études et start-up
Si, longtemps, le salariat était érigé comme modèle ultime de la réussite, désormais près de 45 % des jeunes de 12 à 25 ans veulent se lancer dans l’entrepreneuriat. Une prise de risque encouragée sur les bancs de l’école avec le dispositif étudiant-entrepreneur lancé en 2014. L’objectif ? Don- ner un cadre aux étudiants pour conjuguer poursuite d’études et start-up. « L’avantage de ce sta- tut, pouvoir se lancer très tôt dans le monde de l’entreprise », explique Simon Laurent, fonda- teur de la start-up Havr et lui- même ex-étudiant entrepreneur. Au total, ce sont plus de 6 000 jeunes qui ont bénéficié de ce statut en France depuis sa créa- tion. La majorité a connu un échec. « Mais c’est tout l’in- térêt de ce dispositif, pouvoir échouer sans prendre beaucoup de risque. »
Dernier facteur propice au re- bond, le parcours même des investisseurs. « Ceux qui in- vestissent aujourd’hui dans les start-up sont des investisseurs de la bulle Internet, analyse Si- mon Laurent. L’échec, ils l’ont subi de plein fouet et beaucoup sont allés se réfugier aux États- Unis. Alors, ils ont ramené avec eux une manière différente d’investir et une confiance plus grande dans des entrepreneurs qui ont déjà roulé leur bosse et raté des projets. »
Cette culture de l’échec, An- nabelle Roberts en a tiré une vé- ritable théorie. Dans La théorie de la veste, elle invite ses lecteurs à provoquer le refus. « Beaucoup de personnes ont peur de se lan- cer par crainte du rejet, détaille- t-elle. Avec ma méthode, j’invite au contraire tout un chacun à se lancer des défis fous, mais réali- sables, et à les tenter. Dans mon cas, cette méthode m’a aidée à lancer mon entreprise. Chaque jour, je me fixais un quota de personnes à démarcher et de “vestes” à prendre. À ma grande surprise, si j’en ai collecté énor- mément, j’ai aussi réussi à dé- crocher beaucoup de contrats simplement en osant. » Une re- cette simple qui fait du rejet une force. De l’échec, une réussite. GuiLLaumE OuaTTaRa
Apprendre pour réussir !
Qu’ont en commun Oprah Winfrey, Joanne K. Rowling ou Steve Jobs ? Outre
des fortunes colossales, ces trois personnalités sont très réguliè- rement érigées en modèle d’en- trepreneurs à succès après avoir connu des échecs cuisants. Oprah Winfrey ? Licenciée à l’issue de sa première expérience profes- sionnelle avant de monter l’em- pire audiovisuel qu’on lui connaît aujourd’hui. Joanne Rowling, elle, a essuyé nombre de refus de maisons d’éditions avant de pu- blier son best-seller Harry Potter. Quant à Steve Jobs, il s’est fait li- cencier d’Apple (société qu’il avait fondée) avant d’y revenir en force quelques années plus tard. Toutes ces personnalités constituent des exemples récurrents des adeptes du fail fast, théorie américaine qui prône l’échec comme la manière la plus simple de se forger un suc- cès entrepreneurial puissant.
La Banque de France
ne « coche » plus les dépôts de bilan
Si l’échec entrepreneurial est une réalité en France, avec 77 % des micro-entreprises et 40 % des entreprises hors régime mi- cro-entrepreneur qui échouent dans les cinq ans, longtemps l’échec fut synonyme de dé- chéance, incompétence, insuf- fisance. « Faire faillite pour un entrepreneur français est un handicap difficile à surmonter. La plupart du temps, il sera stig- matisé et aura un mal fou à fi- nancer un nouveau projet, écrit en 2016 Charles Pépin dans son ouvrage Les vertus de l’échec (Allary Éditions, 2016). Aux États-Unis, son échec, s’il sait en parler, sera vu comme une expé- rience, une preuve de maturité, l’assurance qu’il y a au moins un type d’erreur qu’il ne refera pas. »
Une stigmatisation qui s’ex- plique, pour certains, par le sys- tème éducatif. « L’échec n’est pas une option à l’école française », explique Annabelle Roberts, en- trepreneure, dans sa Théorie de la veste (Flammarion, janvier
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 Chaque jour, je me fixais un quota de personnes
à démarcher et de « vestes » à prendre. À ma grande surprise, si j’en ai collecté énormément, j’ai aussi réussi à décrocher beaucoup de contrats simplement en osant – Annabelle Roberts
     2020). Un constat partagé par Alexandre Dana, fondateur de LiveMentor et coach d’entrepre- neurs : « Pendant longtemps, ce sont les grandes écoles de com- merce qui guidaient la vision du monde de l’entreprise française. Et elles valorisaient très peu la prise de risque et l’entrepreneu- riat. »
Mais depuis quelques années, la tendance inverse semble en train de s’installer. L’échec n’a plus mauvaise presse en France. Deux mesures de la Banque de France ont favorisé ce revire- ment : la suppression des indi- cateurs 040 et 050, qui fichaient respectivement les entrepre- neurs « liquidés judiciaires », une ou deux fois, dans les cinq
dernières années. Ne plus être marqué par le « sceau d’infa- mie » facilite grandement la relance d’un nouveau projet en- trepreneurial sans avoir à se jus- tifier auprès des banques.
Autre évolution : la médiatisa- tion de ces échecs entrepreneu- riaux. « Avant, quand un entre- preneur échouait, il avait honte, détaille Alexandre Dana. Dé- sormais il n’hésite pas à rendre publiques et à analyser les rai- sons de cet échec. » C’est le cas de Jean-Christophe Menz. Après neufansàlatêtedeCook&Go, une entreprise où les clients cui- sinent et repartent avec leur plat, le chef d’entreprise est contraint de dénouer son tablier. Une ex- périence difficile qu’il raconte
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[                  ]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
La vision asiatique
La réussite,
une dette remboursée
Des salariés
heureux et bons...
Périlleuse. La société peine à dé- marrer. Jack Ma ne parvient pas à convaincre les banques de le suivre. Têtu dans ses démarches, il finit par décrocher de premiers financements. De quoi lancer une plate-forme d’e-commerce grand public concurrente d’eBay – alors champion du monde et du marché chinois. En 2005, Ali- baba a fait plier l’américain qui finit par se retirer du marché. Yahoo investit immédiatement un milliard de dollars dans la firme. L’ascension sera fulgu- rante : croissance externe, diver- sification... En fil rouge de ce dé- veloppement, une attention toute particulière portée à la culture d’entreprise. Favoriser l’épa- nouissement et l’engagement de ses collaborateurs devient le souci de Jack Ma. L’homme n’a jamais caché son souhait de voir ses salariés « devenir réellement altruistes, heureux et bons, ca- pables d’aider les autres ». In- croyable leitmotiv ! À l’heure de laisser les rênes de son groupe à ses successeurs, il insiste sur la notion de rêve : « La clé de mon succès, c’est d’avoir cru à mes rêves. Un jour, les rêves peuvent devenir réalité. »
80 % développent une vision positive de l’échec S’agit-il du triomphe de la persé- vérance et de la ténacité prêtées aux Asiatiques ? « Le succès, dit le proverbe, c’est tomber sept fois et se relever huit. » À l’inverse de certaines cultures qui tiennent l’échec pour une faute, la Chine, culturellement marquée par le taoïsme, le bouddhisme et le confucianisme, encourage au contraire à se relever, à avan- cer, à contourner la difficulté et à prendre une autre direction – ce qui, pour l’entrepreneur, revient à faire le deuil de sa pre- mière affaire pour s’investir dans une nouvelle. Les Asiatiques, de même que les Moyen-Orien- taux et les Américains dans une moindre mesure, voient davan- tage l’échec de manière positive que les Européens. D’après une étude publiée par Barclays en 2012, 80 % des Asiatiques dé- veloppent une vision positive de l’échec. Selon SinoConnect, spécialisé dans l’accompagne- ment des sociétés occidentales désireuses de collaborer avec les entreprises chinoises, « la combativité des Chinois/es fait qu’en situation difficile, ils/elles
 Sous l’influence du confucia- nisme et du taoïsme, l’Asie ne saurait que perpétuer une culture du rebond :
l’entrepreneur voit bel et bien dans l’échec une source positive. Même si l’échec ultime, la faillite, se révèle parfois mortifère.
« Il faut savoir rester positif : l’avenir est toujours radieux. » Jack Ma est un optimiste. On imagine sans peine ce magnat des affaires couler une retraite heureuse et confortable depuis son départ de la présidence du groupe Alibaba, à l’automne 2019, à l’âge de 55 ans. Ou pas. Vingt ans après avoir créé sa « caverne » de millions d’objets, Jack Ma, élevé dans une famille modeste de la Chine commu- niste, a porté son empire de plus de 100 000 collaborateurs, valo- risé à 420 milliards de dollars, au sommet de l’économie mondiale. Au cours du dernier trimestre de 2019, son groupe enregistrait encore un chiffre d’affaires de l’ordre de 23 milliards de dol- lars, une insolente santé à 38 % de croissance d’une année sur l’autre. De quoi expliquer l’éter- nel sourire sur la face ronde de cette vedette en Chine. Et pour- tant, Jack Ma, qui se consacre
80 % des Asiatiques développent une vision positive de l’échec.
  20 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
désormais à la philanthropie et « envisage d’essayer de nouvelles choses pour que d’autres rêves se réalisent », à la veille des revers inévitables causés par l’épidé- mie, n’a pas toujours connu le succès. Euphémisme. L’échec est même, d’une certaine façon, la constante de la première partie de sa vie étudiante, profession- nelle et entrepreneuriale.
À la fin des années 1980, alors qu’il envisage de s’orienter vers l’enseignement, Ma échoue à trois reprises aux concours d’admission à des instituts d’enseignement supérieur. Dans la foulée, et en dépit d’une licence d’anglais obtenue en 1988, il voit sa candidature à l’université américaine de Harvard rejetée dix fois. Au fil des années, il envoie de nombreuses candidatures, toutes repoussées. KFC lui préfère d’autres jeunes gens. « Ce n’est pas très positif d’être autant rejeté », dira-t- il plus tard, fort humblement. Mais loin de désespérer, Jack se
recentre sur l’anglais, sa compé- tence première, qu’il commence par enseigner avant de devenir traducteur. En 1995, à l’occa- sion d’un voyage professionnel, il découvre Internet. Il constate, lors d’une recherche autour du mot « bière », qu’aucun lien ne pointe sur... les bières chinoises. Étonnement proactif : le voilà qui crée un site Web, articulé comme un annuaire des entre- prises et des produits chinois inspiré des Pages Jaunes. Mais ça ne « marche » pas. En poste au ministère du Commerce ex- térieur, il envisage d’œuvrer à la démocratisation d’Internet pour aider au développement des PME, avant de comprendre qu’il n’y parviendra pas en travail- lant pour l’État ! Il réunit alors quelques amis chez lui, leur ex- pose sa vision d’une plate-forme d’e-commerce b to b destinée à mettre en relation les PME pour leur faciliter la vie. « Faites-moi confiance ! » Les amis suivent. C’est la naissance d’Alibaba.
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[essaieront de rebondir par tous les moyens ». Concrètement, la Chine, moteur de l’économie asiatique, a mis en place une dé- marche de soutien aux initiatives entrepreneuriales. Le seul sec- teur de la technologie bénéficie d’un fonds d’investissement de 6,5 milliards de dollars, sur le- quel les entrepreneurs s’appuient pour développer des entreprises innovantes et compétitives.
Tous égaux devant
les valeurs du travail Plusieurs raisons expliquent cette différence. D’abord, le continent, et particulièrement la Chine, de- meure marqué par une culture du changement. Tel le cycle na- turel des saisons, la réussite et l’échec sont les deux faces d’une même pièce qui tourne de façon continue. Il est alors inutile de se projeter dans l’avenir. Quand ils le font, les Asiatiques cherchent
avant tout à se donner une di- rection plutôt qu’à contrôler les risques. La tolérance à l’échec, ainsi, émane directement d’une plus grande tolérance à l’incer- titude. « L’action est considérée comme un accompagnement des processus naturels et des chan- gements engendrés par le temps qui passe », selon SinoConnect. Parallèlement, le pays est ancré dans une forte culture du tra- vail associé à un fort sentiment nationaliste. « L’impression de participer au développement du pays est un puissant facteur de motivation », note le site. Le par- cours de Jack Ma illustre parfai- tement cette réalité : Alibaba se positionne avant tout en outil au service des Chinois/es et du dé- veloppement de la Chine, et un tremplin pour les PME chinoises dans leur ouverture sur le monde. Un tel pragmatisme face à l’en- trepreneuriat se révèle dès la
scolarité. Le classement Pisa d’évaluation du niveau des élèves de quinze ans dans le monde en- tier place les pays asiatiques en tête. « L’importance accordée au savoir et à l’intelligence est pri- mordiale dans ces pays, obnubi- lés par la puissance japonaise », explique Jean-François Sabouret, sociologue spécialiste du Japon et directeur émérite au CNRS. « D’inspiration confucéenne, ils ont un rapport privilégié à l’étude et aux valeurs du travail. Par ailleurs, il y a cette croyance que la réussite scolaire – et plus tard entrepreneuriale – est ou- verte à tous de manière égali- taire. »
La faillite,
c’est perdre la face
De cette culture résulte une forte attention portée à la notion de dignité. « Par une sorte d’accord tacite et invisible, il est admis que
les enfants remboursent grâce à l’éducation et la réussite la dette qu’ils ont contractée envers leurs parents en venant au monde. Du coup, l’enfant est porteur de l’honneur familial mais aussi collectif à travers un patriotisme qui reste toujours présent. C’est une charge symbolique forte », explique Jean-François Sabouret. Plus tard, à l’heure de l’entrepre- neuriat, cette charge symbolique se traduit par un engagement moral envers les salariés : le chef d’entreprise doit garantir l’em- ploi. La faillite, qui rompt cet accord tacite, est vécue par les sa- lariés comme une trahison. Pour l’entrepreneur en échec, et pour sa famille, c’est une offense qui amplifie l’autoculpabilisation. Et en cas d’humiliation publique ou de perte de face, là, l’entrepre- neur peut baisser les bras. Le sa- mouraï n’est jamais très loin. ROmain RiViÈRE
Ce qui ressort de cette « va- lorisation de l’inabouti », c’est avant tout l’absence de peur face à la prise de risque. Comme le précise Annabelle Roberts dans son ouvrage cité supra, La théo- rie de la veste, cette notion a été théorisée par la chercheuse américaine Amy Edmondson à travers son concept de « sécuri- té psychologique » : « La capa- cité de prendre des risques dans une équipe sans craindre de se sentir mal à l’aise ou embarras- sé. » Les organisations qui fonc- tionnent le mieux sont celles où les échecs sont rendus publics et analysés.
Et cette sécurité psycholo- gique pourrait bien être une clé pour appréhender le monde post-covid. Interviewée ré- cemment sur le blog Dropbox, la chercheuse explique que la situation sanitaire met à mal toute la sécurité psychologique et la capacité de prendre des risques. Mais pour elle, plutôt que d’y voir un danger, c’est un véritable défi qui s’ouvre. « Cette situation est une oppor- tunité pour beaucoup d’équipes dans de multiples organisations de repenser leurs façons de faire, parce que cette nouvelle réalité nous oblige à agir diffé- remment. » GO
Aux États-Unis, sous l’effet covid-19
Le risque ne fait pas peur
Le rebond est inscrit dans l’ADN des États-Unis. « Nous sommes une nation de personnes
qui ont échoué et ont abandon- né toute leur vie dans un en- droit pour la reconstruire ici », écrit John Donohue dans les colonnes du New Yorker. Pour le Global Entrepreneurship Mo- nitor, think tank influent, seuls 35 % des Américain/es ont peur de l’échec. « Les États-Unis sont encore aujourd’hui un modèle pour les entrepreneurs fran- çais », estime Simon Laurent, fondateur de la start-up Havr.
Mais comment expliquer cette culture de l’échec valorisée dans la société américaine ? D’abord parce que l’échec n’a pas mau- vaise presse. La journaliste Me- gan McArdle, auteure du livre The Up Side of Down (que l’on pourrait rendre par « Les bons côtés des mal cotés »), exprime l’idée que « les entrepreneurs du monde high-tech sont davan- tage enclins à recruter des per-
sonnes dont les aventures entre- preneuriales ont échoué car ils savent qu’ils peuvent prendre des risques ». Autre raison avancée par la journaliste ? La législation américaine autorise les entrepreneurs en faillite à se
défaire de leurs dettes.
Il existe également chez les
Américain/es une véritable culture de l’échec. En témoigne l’organisation, à San Francis- co, de FailCon, des conférences liées à l’échec.
en couverture
entreprendre & innover
 Il existe chez les Américain/es une véritable culture de l’échec. En témoigne l’organisation, à San Francisco, de FailCon, des conférences liées à l’échec.
   ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 21
]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
2 Comment les régions ont
veulent rebondir
Le déconfinement a commencé. Mais la covid-19 et ses lourdes conséquences sanitaires et économiques sont encore bien
là. Après plusieurs mois de pandémie et près de deux mois de confinement, l’impact sur les activités économiques de nos régions est considérable. Un bilan de la France immobile.
aDam BELGHiTi aLaOui
La région capitale en première ligne
Avec ses 8 départements et ses 12,2 millions d’habitants
(18 % de la population française), la région de la capitale
a subi de plein fouet le raz-de-marée covid-19. Elle est
l’une des quatre régions « rouges » de métropole. À elle
seule, l’Île-de-France comptait le 10 mai plus de 9 500 hospitalisations
d’individus contaminés, plus de 6 300 décès et 1 200 malades actuellement en réanimation ou en soins intensifs. Un triste bilan, de loin le plus élevé du pays. Sans surprise, le ralentissement de l’activité et les
pertes économiques, corollaires de la crise
sanitaire, sont considérables. Une enquête de
la Chambre de commerce et d’industrie (CCI)
francilienne révèle que 81 % des entreprises
locales subissent une baisse de chiffre
d’affaires, pendant que 35 % d’entre elles font
état de difficultés de trésorerie quand 24 %
ont enregistré des baisses d’effectifs (pour
cause de garde d’enfants ou de personnes
fragiles, de maladie et de droit de retrait).
Parmi les secteurs les plus meurtris, le
tourisme francilien est, lui, à l’arrêt. L’Île-de-France, première destination mondiale en 2019 (50 millions de visiteurs, 21,7 milliards d’euros de recettes), voit son secteur touristique subir un milliard d’euros de pertes par mois.
Chute économique
Seconde région la plus peuplée, l’ARA n’est pas un territoire
« rouge ». Mais son bilan humain n’en est pas moins proche, voire plus lourd que les régions rougies. La région lyonnaise rassemble, avec le Grand Est, l’Île-de-France et les Hauts-de-France, 72 % des cas hospitalisés. Avec encore 2 128 hospitalisations dues au virus dont 262 en réanimation, elle n’est devancée que par l’Île- de-France et le Grand Est. Le nombre de décès des suites d’une contamination s’élève aujourd’hui à plus de 1 450 en ARA. Pour
la seconde région française en termes d’activité économique, l’impact de la crise sanitaire est brutal. Elle est, derrière la Corse (35 % de chute), la région la plus touchée avec une baisse de
34 % de son activité économique. Et la Savoie (73) est même le département français où la baisse est la plus forte (38 %). En cause : la fermeture des stations de ski et une baisse de 40 %
de la population avec le départ des touristes et des saisonniers. Parmi les secteurs au ralenti, l’hôtellerie-restauration est
quasiment à l’arrêt (chute de 90 % d’activité). À l’opposé, le secteur agricole et celui de l’industrie agroalimentaire subissent une baisse bien plus modérée (13 et 5 %).
hauts-de- France
île-de-France
en couverture
  « morflé », comment elles
    22 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[en couverture
entreprendre & innover
   grand est
BOURGOGNE FRANCHE-COMTÉ
Auvergne Rhône-Alpes
Région sous tension
Malgré des signes encourageants, la région lilloise reste l’un des quatre territoires « rouges » de la crise sanitaire, et présente le troisième bilan le plus important en termes de décès. À ce jour, 1 511 victimes du virus sont mortes dans les hôpitaux des Hauts-de-France, tandis
que 1 983 sont encore hospitalisées, dont 223 encore en réanimation ou
en soins intensifs.
Reste que, selon les dernières
estimations de l’Insee, les Hauts-de-France sont l’une
Le second foyer
des régions qui subit le moins l’impact économique de la crise sanitaire, avec une perte d’activité de 30,9 % (contre
32 % au national). Mais son économie est loin d’être épargnée. En se basant sur sa seconde étude d’impact sur l’économie, la CCI des Hauts-de-France avance que 99 % des entreprises de la région subissent un impact sur leur activité, pour une baisse moyenne du chiffre d’affaires de 44 %. De plus, 69 % des établissements de la région ont fermé (25 % par choix interne et 44 % sous la contrainte du confinement) et 60 %
ont totalement arrêté leur activité. Sans surprise, le recours au chômage partiel a explosé : 91 % des dirigeants interrogés ont fait une demande de financement.
  Dans la première région frontalière française (800 km de frontières avec l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et la Suisse), le virus s’est répandu comme une traînée de poudre. Le Grand Est, sixième population régionale de France, est la seconde région en termes de contaminations. Elle compte aujourd’hui 3 330 hospitalisations d’individus atteints par la covid-19 et cumule plus de 3 100 décès à l’hôpital. Soit plus de deux fois plus qu’en Auvergne-Rhône-Alpes, seconde région française la plus peuplée.
La Banque de France estime à 33 % sa perte d’activité économique sur une semaine type de confinement, en comparaison avec une période d’activité « normale » (contre 32 %
à l’échelle nationale). Les demandes d’activité partielle atteignent, elles, des sommets. Selon les données de la Direccte Grand Est, au 16 avril 46,3 % des employeurs avaient déposé une demande pour 35 % des effectifs salariés de la région. Le secteur industriel, poids lourd régional (un quart des emplois du privé), est particulièrement à la peine
et rassemble 24 % des salariés placés en activité partielle. Le taux d’utilisation des capacités de production a chuté de 74 à 46 % (contre une baisse de 78 à 56 % sur le plan national. Côté « bonnes » nouvelles, le pic de la pandémie a été atteint dans la région mi-avril.
Du rouge au vert
Quatrième et dernière région classée « rouge », la Bourgogne Franche-Comté compte à ce jour 914 décès des suites de la covid-19 et 1 011 personnes encore hospitalisées, dont 115 en réanimation. À la suite des retours à domicile successifs des dernières semaines, le taux d’occupation des lits de réanimation régionaux atteint aujourd’hui 53 %. Un taux désormais inférieur
au seuil critique des 60 % de la capacité initiale avant la crise décidée par le gouvernement et qui permet à la Bourgogne Franche-Comté d’être, pour le coup, en zone verte côté capacités de réanimation. Si la région est l’une des plus touchées par la crise sanitaire, sa baisse d’activité économique est, elle, comparable
à la moyenne nationale (32 %). Les services marchands perdent
36 % de leur activité et représentent la moitié de la baisse de
l’activité totale dans la région (16 points sur 32 contre 20 à l’échelle nationale). L’industrie, l’une des locomotives de l’économie de Bourgogne Franche-Comté, perd 38 % d’activité, au-delà de la moyenne française. L’Insee évalue à plus de 290 000 le nombre d’employé/es (salarié/es, non-salarié/es et intérimaires) dans les secteurs « très fortement impactés ».
   ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 23
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
3 Comment « rebondit »-on dans le monde ?
en couverture
 « La vie est assez simple : vous faites des choses. La plupart échouent », ironisait Léonard de Vinci. Steve Jobs, Albert Einstein, Teddy Riner, les plus grands dirigeants ont réussi car ils ont préalablement échoué. L’échec est la mère de toutes les réussites ! Qui se souvient qu’Alexander Fleming a découvert la pénicilline par erreur ? Pourtant, la culture de l’échec n’est pas la même d’un pays à l’autre. Et dès lors, la vitesse du rebond non plus. PaTRiCE REmEuR
  canada
Se former à l’échec
« Protéger notre capacité à prendre des risques et à innover nécessite
de changer notre relation avec l’expérience de l’échec. Au lieu de nous concentrer sur la perte, nous devons présenter chaque échec comme une opportunité d’accélérer notre apprentissage et de devenir meilleur et plus fort à long terme. » C’est ce que propose le premier institut de formation à l’échec. intérêt : apprendre à présenter chaque échec pour le transformer en réussite.
états-unis
50 000 façons d’échouer et de réussir !
Aux États-Unis comme ailleurs, la très grande majorité des start-up échouent. Du manque d’adéquation au marché des produits à la discorde au sein d’une équipe, les causes de 101 échecs de start-up sont passées au peigne fin par une étude récente de CBinsight. Elle identifie les 20 principales raisons de « plantage ». La première est l’inadéquation du produit au marché, suivi du financement. Mais il en existe bien d’autres. intérêt : pourquoi les start-up échouent ? Dans un pays dans lequel l’échec est valorisé et l’initiative encouragée, l’étude montre les causes et apporte des témoignages pour ne pas hésiter à se lancer !
« J’ai appris cinquante mille façons de ne pas y arriver et je suis donc cinquante mille fois plus proche de l’expérience finale réussie », disait Thomas Edison.
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]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[en couverture
entreprendre & innover
france
une loi pour le droit à l’erreur
« Faire confiance », à travers l’instauration d’un
droit à se tromper pour chacun/e et encourager la bienveillance dans les relations entre les Français/ ses et leurs administrations mais aussi « faire simple », tel est l’esprit de la loi du 10 août 2018 « pour un État au service d’une société de confiance ».
C’est beau. Un site a d’ores et déjà été mis en place : www.oups.gouv.fr (l’intitulé « oups » ne manque pas d’humour). Un projet de loi est actuellement au Sénat pour instaurer le droit à l’erreur des collectivités. intérêt : instituer une culture positive et un principe de confiance a priori, et non plus considérer par défaut le citoyen comme un fraudeur potentiel. La loi a pour effet d’inverser la charge de la preuve. Ce sera désormais à l’État de démontrer la mauvaise foi de l’usager.
Kill your business !
Repérez et regardez en face vos propres failles ! ALD Automotive a demandé à ses salariés répartis dans n pays de travailler à identifier ce qui tue leur propre activité !
intérêt : faire prendre conscience des risques et des évolutions pour anticiper les actions et les innovations à mettre en place, avant que d’autres ne s’y mettent.
japon
L’échec ? C’est vous !
La culture japonaise est bien connue pour combattre l’échec, quitte à y laisser sa vie. « Les femmes
n’ont qu’à s’en prendre à elles-mêmes plutôt qu’à
la hiérarchie dominée par les hommes pour leur manque de volonté de percer le plafond de verre et d’atteindre la salle du conseil d’administration de l’entreprise », indiquait avec une certaine brutalité une enquête réalisée par le quotidien The Asahi Shimbun avant la Journée internationale de la femme le8mars!
intérêt : au-delà du cynisme macho du constat, tenter de réussir à faire bouger les lignes malgré une culture rigide. Mais c’est du brutal...
    PARTOUT DANS LE MONDE
Le musée des bides !
80 à 90 % des projets des industries échouent, selon le professeur de psychologie Samuel West. Du flop d’Apple avec son masque facial Rejuvenique, en passant par Donald Trump et son Monopoly ou encore Colgate et ses lasagnes... Le Museum of Failure, exposition itinérante passée en Suède et aux États-Unis sera bientôt présente en France. intérêt : mettre en lumière les erreurs pour accepter l’échec et tirer les leçons pour réussir !
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]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
4 Le monde n’est plus le même Rééquilibrage transitoire ?
De notre rédaction, 20 mai 2021. Il y a un an seulement, le monde subissait la loi Corona : confinement, écroule- ment économique, multitudes de voix désorganisées s’élevant de tous côtés... Il semblait im- possible que le monde dépasse la crise sans changer – et de fait, il a effectivement changé, même s’il est difficile aujourd’hui d’évaluer si c’est pour le meil- leur ou pour le pire. Les grands équilibres internationaux, déjà éprouvés avant l’arrivée de la vague planétaire de la covid-19 (notamment par la politique massivement unilatéraliste des États-Unis), sont aujourd’hui revenus à un semblant de stabi- lité, mais les leaders et les sui- veurs ne sont plus les mêmes. Et les institutions internationales, surtout l’ONU et l’OMS, en sont sorties avec une légitimité accrue.
L’Europe renforcée
Malgré un début de gestion de crise chaotique où primait clairement le chacun pour soi, l’Europe a repris du poil de la bête. Les initiatives financières prises ont eu des effets pour une fois ressentis à l’échelle de la population même, qui a trou- vé, enfin, des raisons concrètes pour justifier à ses yeux l’exis- tence de l’Union. Et surtout, les manquements – en matière de santé notamment, dus à des li- mitations de compétences – ont été corrigés. Le débat sur le sens et la profondeur de la solidarité européenne a été long, difficile, mais a finalement abouti à un renforcement des institutions plutôt qu’à leur démembre- ment. Paradoxalement, de cette crise, l’Europe est sortie ren-
forcée, même si le tableau n’est évidemment pas complètement rose : la division Nord-Sud no- tamment, bien enracinée depuis la crise économique de 2008, est encore bien réelle. Mais pour la première fois depuis ses débuts, l’Europe a retrouvé du sens et a consolidé sa position inter- nationale de porte-parole du monde occidental.
Amériques du Nord
et du Sud, la fin
de la chute
Un renforcement qui s’est lar- gement constitué aux dépens
des États-Unis. Les errements de la gestion américaine de la crise sous la présidence de Tru- mp sont connus. Leurs effets se font encore sentir, malgré un rebond de confiance internatio- nal après la victoire démocrate aux dernières présidentielles. Déjà affaiblis avant la crise sur le plan international, les États- Unis ne sont plus l’acteur ma- jeur qu’ils étaient, même s’ils restent une des principales puis- sances économiques mondiales (Silicon Valley oblige) en dépit d’une reprise plus tardive par rapport aux autres nations. Le modèle américain, notamment en termes de protection sociale – ou plutôt de non-protection sociale – a nettement joué en leur défaveur, avec un taux de chômage réel qui a dépassé, un moment, les 25 %, et une classe moyenne décimée par les re- tombées économiques et sani- taires de la crise. De quoi ag- graver les dissensions internes, qui étaient déjà à un niveau éle-
vé, et créer un climat politique délétère que Biden (élu par des électeurs démocrates presque à leurs corps défendant) a tou- jours du mal à assainir. Autant dire que face à ces déchirures internes, le rétablissement de la position dominante des États- Unis sur la scène internatio- nale n’est pas encore la priorité. Quant à l’Amérique du Sud, la gestion désastreuse de la crise au Brésil a perpétué l’état de crise quasi-permanent qui y ré- gnait. De ce point de vue, en un sens, rien n’a changé. Bolsona- ro, bien décidé à se maintenir, doit à présent affronter une opi- nion qui le rend responsable des malheurs du pays. Les grandes douleurs ne seront pas muettes.
La Chine phagocyte l’Asie
Indéniablement, le grand vain- queur de la crise reste la Chine, qui continue à surfer à l’in- ternational sur sa générosité d’après-crise, malgré les ombres qui subsistent sur l’attitude de la
 Pas sûr du reste que l’Empire du Milieu, comme son nom l’indique, veuille tant que cela imprimer sa marque sur le reste du monde comme, culturellement, l’a toujours voulu l’Europe
(ce qui est bon pour moi doit l’être pour les autres).
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     ]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[L’arrivée, longtemps prédite, de l’Afrique sur le devant
de la scène internationale, ne semble plus être une utopie, mais une question de temps.
solidarités interétats. L’Union Africaine, de façon similaire à l’Europe, s’est retrouvée ren- forcée en interne, d’un point de vue humain comme éco- nomique. L’arrivée, longtemps prédite, de l’Afrique sur le de- vant de la scène internationale, ne semble plus être une utopie, mais une question de temps. De quoi provoquer le prochain bouleversement majeur des équilibres internationaux...
jmB
en couverture
entreprendre & innover
   RPC au début de la crise. Non seulement ils ont été les pre- miers à pouvoir reprendre leurs activités économiques, ce qui a encore plus renforcé leur posi- tion d’usine du monde, mais la Chine a acquis quelque chose qui lui manquait jusqu’alors : une réputation, une estime posi- tive de la part du reste du monde (y compris aux États-Unis, du moins depuis peu), qui va de pair, paradoxalement, avec une défiance accrue chez certains. Mais cette montée en grade sur la scène internationale n’est pas sans zones d’ombre. La position, déjà dominante, de la Chine sur le continent asiatique s’est en- core renforcée, au détriment des pays qui déjà dépendaient d’elle, comme le Vietnam, l’Indonésie ou encore le Pakistan. Sans ou- blier Taïwan, pour qui la nou- velle position de force chinoise est bien près de sonner le glas de son indépendance... Et face à l’ogre chinois, les outsiders, comme la Corée du Sud, ont de plus en plus de mal à sortir leur épingle du jeu, même si, à l’évidence, tous ces États satel- lites veulent à tout prix conser- ver leur indépendance. Pas sûr du reste que l’Empire du Mi- lieu, comme son nom l’indique, veuille tant que cela imprimer sa marque sur le reste du monde comme, culturellement, l’a tou- jours voulu l’Europe (ce qui est bon pour moi doit l’être pour les autres). Et non pas seulement demeurer à tout prix l’usine de la planète, « comme avant », à l’heure où l’Europe aspire à relocaliser – mais à quel prix ! – ses industries extériorisées. Dans le même temps, la Russie se trouve dans la position iné- dite de ne plus être « l’ennemi public » numéro 1, même si la défiance internationale envers le décidément indéboulonnable Vladimir Poutine n’a pas dimi- nué.
L’Afrique, la lueur
au bout du tunnel
Pour le continent africain, si le bilan humain et économique fi- nal s’est avéré lourd, le « Grand
Confinement » a produit un ef- fet inattendu : de la même façon que l’Europe, traverser la crise ensemble, avec un soutien in-
ternational sporadique (même si, financièrement, l’aide inter- nationale au développement a répondu présent), a renforcé les
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]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
société
Le projet brasse mille milliards de dollars et bon nombre de cessions
 Les nouvelles routes
chinoises n’ont rien
de soyeux...
Avec son programme Belt and Road Initiative, l’Empire du Milieu s’engage dans un vaste projet de financement d’infrastructures, en direction, notamment, des pays traversés par les routes de la soie historiques. Pour le meilleur et pour le pire ?
Une ligne ferroviaire flambant neuve de 472 km relie Mombasa à Nairobi au Kenya. Un
terminal pour les cargos automa- tisé est développé dans le port de Gênes, en Italie. Un projet de nou- velle autoroute de plus de 1 100 km entre Karachi et Lahore, au Pakis- tan, pourrait se concrétiser. Autant de chantiers colossaux à l’œuvre dans trois continents. Ils partagent un point : tous ont été ou seront fi- nancés par la Chine, si tant est que la crise du coronavirus n’oblige la puissance à revoir ses plans ! Des plans qui entrent dans le cadre de son programme titanesque des « Nouvelles routes de la soie », le Belt and Road Initiative, lancé en 2013 solennellement par le pré- sident Xi Jinping. Ambition : créer un réseau mondial d’infrastruc- tures propre à connecter l’Empire aux zones clés pour son développe- ment économique.
143 pays visés
« Au départ, seuls les pays eurasiatiques situés le long des routes de la soie historiques étaient concernés par ce projet d’envergure : une soixantaine d’États d’Europe, d’Asie cen- trale, du Moyen-Orient et de la corne de l’Afrique, rappelle Tho- mas Melonio, directeur exécutif Innovation, recherche et savoirs à l’Agence française de dévelop- pement (AFD). Or, depuis deux ou trois ans, la Chine l’a érigé en projet global, à l’échelle de toute la planète, de l’Amérique du Sud à l’Arctique ! Si bien qu’il a été ins- crit en 2017 dans la constitution du Parti communiste chinois. » Dès lors, 143 pays seraient aujourd’hui visés, et plus largement tout État intéressé par des investissements chinois juteux sur son sol, et donc de facto non engagé dans une concurrence ouverte avec la Chine, à l’instar des États-Unis... On l’au- ra compris, « derrière ce projet des routes de la soie, au nom de code
volontiers marketing, l’objectif ultime est bien d’asseoir la gran- deur de la Chine tant sur les plans géopolitique qu’économique : encourager l’internationalisation des entreprises et de la monnaie chinoises, pallier la surproduction nationale notamment dans l’acier via des exportations à foison, boos- ter le développement des provinces de l’ouest », analyse Françoise Nicolas, directrice du centre Asie à l’Ifri, Institut français des relations internationales. Autant de retom- bées possibles allègrement mélan- gées dans Belt and Road Initiative, nouvel élan à cette mondialisation à la chinoise déjà lancée par Pékin depuis plusieurs décennies.
480 milliards de dollars versés
C’est d’ailleurs pourquoi ce pro- jet surfe aussi bien sur des projets de construction d’infrastructures – comme la ligne de chemin de fer entre Kunming et Vientiane, au Laos –, que de modernisation d’infrastructures existantes, op- portunément relabellisées « nou- velles routes de la soie ». Y entre « le contrôle de la gestion de certains ports, tel celui du Pirée, en Grèce », détaille Françoise Nicolas, laquelle insiste sur le « caractère volontaire- ment flou de ce projet dépourvu de carte officielle ou de liste de chan- tiers spécifiques, même si six cou- loirs terrestres sont a priori identi- fiables, comme une route maritime dotée de plusieurs bifurcations ».
C’est dire si tout ce qui peut do- per la connectivité entre la Chine et le reste du monde intègre vo- lontiers cette « diplomatie des in- frastructures » au budget de plus de 1 000 milliards de dollars d’in- vestissements ! « Avec déjà quelque 480 milliards de dollars alloués à 120 pays environ, depuis 2013 », confirme Thomas Melonio. De quoi susciter l’enthousiasme de nombreux pays en manque d’in- frastructures, ravis de voir les fi- nancements chinois couler à flots.
C’est le cas en Europe de l’Est, comme en Serbie, qui a inauguré en 2019 la toute première auto- route chinoise d’Europe. « Mais ces nouvelles routes de la soie se heurtent à une limite de taille : le risque de surendettement des pays concernés ! », alerte Thomas Me- lonio. Car cet argent chinois n’est guère sonnant et trébuchant, tant s’en faut !
Restructuration de dettes
Le Sri Lanka en a fait l’amère ex- périence : pris dans le piège de la dette, le pays a dû effacer un peu plus d’un milliard de dollars d’emprunts chinois en cédant la concession durant 99 ans de son port de Hambantota, au profit de l’Empire ! Un prix lourd à payer tant sur le plan économique que politique. De quoi rendre frileux plus d’un pays emprunteur, par-
villes, comme Marseille et Lyon, ont manifesté un certain intérêt en leur qualité de points possibles d’arrivée de ces nouvelles routes de la soie, souligne Françoise Ni- colas. L’hexagone, dit-elle, serait surtout emballé par la conduite de projets de coopération avec la Chine dans des pays tiers, via un cadre multilatéral. » Mais dans les faits, l’affaire n’est pas mince ! Malgré un nouveau fonds d’inves- tissement franco-chinois dédié aux ETI, signé entre Bpifrance et Chi- na Development Bank, et encore un partenariat conclu entre cette banque et l’AFD, Thomas Melo- nio mesure « toute la gageure qui consiste à trouver des points d’at- terrissage communs en termes de risque de crédit, d’aspects RSE, etc., pour favoriser un meilleur terrain d’entente, même si quelques signes récents d’ouverture des acteurs
143 pays désormais visés, de l’Arctique à l’Amérique du Sud !
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mi lesquels certaines réticences pointent, çà et là. « En Chine éga- lement, relève Thomas Melonio, on prend conscience de l’impératif de maîtriser le risque de crédit, en adoptant, depuis deux ans, une at- titude plus prudente, alors que les banques publiques subissent deux ou trois grandes restructurations de dettes souveraines chaque an- née. Derniers exemples en date, le Congo, l’Angola ou encore le Vene- zuela. »
Quid de la France dans le dis- positif ? « Nous restons concer- nés de manière indirecte par ce projet chinois, même si certaines
chinois pour la coconstruction de normes communes et de modes de travail plus coopératifs se font jour ». Amener la Chine à prendre sa place dans le multilatéralisme ? C’est tout l’enjeu qui se pose au devenir de ces nouvelles routes de la soie pour qu’elles ne deviennent pas celles de l’hégémonie, mais bien de la réciprocité. Le projet se déploie jusqu’en... 2049, centenaire de la création de la République populaire de Chine. Il est probable que l’épidémie passée, il redevien- dra d’actualité, si tant est qu’il n’ait jamais été remis en cause.
CHaRLES COHEn
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[Deux médecins
« décalé/es » qui ne veulent pas attendre le vaccin contre le coronavirus
Raoult-Duvaux : rebelles
La crise sanitaire en France a consacré deux personnalités inconnues du grand public, un homme, le professeur Didier Raoult, médecin infectiologue de Marseille, désormais icône sexagénaire aux cheveux longs, une femme, Odile Duvaux, infiniment moins médiatisée que son confrère, présidente à Nantes d’une biotech dont ÉcoRéseau Business a décidé de suivre les travaux. Un critère géographique les rapproche : aucun des deux n’appartient au gotha médical parisien. Tous deux pourtant détiennent une part de la vérité sur l’épidémie exceptionnelle qui s’est abattue sur le monde.
chemise à carreaux semble volon- tiers prendre la lumière, mais si sa présence médiatique laisse soup- çonner aux jaloux qu’il aime publi- cité et notoriété, ses réponses aux journalistes, souvent cinglantes, démentent ce prétendu goût pour l’image. Il se refuse, notamment, à polémiquer ou à prédire, à rétor- quer ou à se vanter. Il reste dans son domaine en se contentant de reconnaître, moindre orgueil, qu’il connaît bien son métier. Il restera une figure « décalée » de l’épisode pandémique qui, selon lui, ne réap- paraîtra (et cette fois en accord avec ses détracteurs/trices de naguère) qu’en « clusters » isolés facilement traitables. Peut-être lui pardonne- ra-t-on moins en haut lieu d’avoir, en 2003, rendu un rapport sur le Sras épidémique où il mettait en évidence l’impréparation du sys- tème de santé français en cas de pandémie. Pour cette seule clair- voyance, respect, Professeur.
Pour le grand public, lire Épidémies, vrais dangers et fausses alertes, de la grippe aviaire à la covid-19, Mi- chel Lafon éditeur.
accompagner la transformation de grands groupes. Installée en 2007 à Nantes, elle est présentée par un incubateur régional, Atlanpole, au professeur Jean-Paul Soulillou, spécialiste de transplantation ré- nale. Sa réimmersion dans la re- cherche des techniques d’anti-rejet la pousse à créer en 2014 Xenothe- ra, laboratoire de production d’an- ticorps polyclonaux « humanisés » (autrement dit directement compa- tibles avec l’organisme humain).
Premiers essais en juillet ?
Quand survient l’épidémie, Odile Duvaux avait déjà orienté une par- tie du développement de son entre- prise sur le développement d’une thérapeutique pour les infections à coronavirus, dénommée XAV-19. Elle « s’appuie sur une technologie unique de production d’anticorps brevetée, développée et éprouvée depuis plusieurs années » par la biotech. « Le XAV-19 est un mix d’anticorps protecteurs équivalents à la réponse naturelle de l’homme. Ce mix neutralise le virus et l’em- pêche de se multiplier. Nous sommes persuadés que notre traitement sera efficace, pour des raisons médicales et scientifiques confirmées au niveau internatio- nal. » Ce qui manque pour se lan- cer – sans esprit de lucre, du reste – dans la phase des essais ? Trois petits millions d’euros qu’Odile Duvaux cherche tous azimuts, bâton de pèlerin en main. Très tôt, ÉcoRéseau Business, en com- pagnie de quelques autres médias nationaux, « repère » cette chance française et multiplie articles et éditorial à son sujet (lire en ligne Une biotech française a sans doute mis au point l’anticorps efficace sur le Sars-CoV-2). Alors que des équipes internationales, notam- ment états-uniennes et chinoises, se lancent dans une course sprin- tée à la recherche du vaccin (lire en ligne À la recherche du vaccin, des essais d’inoculation provoquée se préparent aux États-Unis), cette petite biotech méconnue crie dans le désert pour que son approche par anticorps (« substance défen- sive engendrée par l’organisme en présence d’un antigène dont elle neutralise l’effet toxique ») soit fi- nancée dans des délais record. Au- jourd’hui, l’activité débordante de la « petite chercheuse » a abouti à ce que l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) confirme son accord pour un essai clinique. À la clé, un possible cycle d’essais sur de vrais patients humains en juillet. Acceptons-en l’augure. OLiViER maGnan
l’œil décalé
entreprendre & innover
 Didier Raoult : pourquoi tant
de défiance ?
Il eût été étonnant que le profes- seur né à Dakar en 1952, mousse à 17 ans puis étudiant en médecine en 1972 (« les seules études que mon père acceptait de financer »), ne fasse pas parler de lui dès les prémices de la covid-19 : il est spé- cialiste des maladies infectieuses
Odile Duvaux :
pourquoi tant d’indifférence ?
  tropicales émergentes au sein de l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU). Et pas le premier venu des spécialistes. Cet homme à forte personnalité est mondialement connu, il liste à son actif quantité de découvertes et publications, il croule sous les récompenses profes- sionnelles, le magazine Le Point l’a rangé parmi les meilleurs infectio- logues de la planète et... survient l’épidémie. Quand cette sommité dans son milieu « classe l’affaire » après avoir traité les premiers pa- tients atteints du Sars-CoV-2 à l’aide d’un antipaludéen banal, le Plaquenil (hydroxychloroquine),
en début d’incubation, associé à l’azythromicine, un antibiotique, il déclenche une levée de boucliers parmi une partie de ses collègues offusqués par si peu d’orthodoxie expérimentale : faute de temps, l’infectiologue marseillais n’a constitué ni groupe placebo (mé- dicament d’apparence analogue mais sans aucun effet) ni groupe sans aucun traitement. Un crime de lèse-majesté qui n’empêche pas les pro-Raoult, médecins comme non-médecins, d’afficher leur so- lidarité avec cet électron libre qui répétera qu’il se contrefiche de la polémique. Du reste, très vite, un nombre non négligeable de géné- ralistes anonymes suivront leur confrère dans la prescription de « basiques », forts de résultats pa- tents. Nous nous en sommes fait l’écho dans la lettre quotidienne du titre (https://www.ecoreseau. fr/covid-19/se-premunir-et-se-soi- gner/2020/05/06/ces-toubibs-de- lombre-qui-osent-prescrire-des- medicaments-courants/).
Il avait dénoncé l’imprévoyance du système de santé français
Sursollicité par les médias, l’homme en blouse blanche et
Tout autre approche que celle de la docteure Odile Duvaux, au- jourd’hui cofondatrice d’une start-up de la biologie, une bio- tech donc, installée tout près de Nantes, Xenothera. Cette norma- lienne bientôt sexagénaire est à 20 ans chercheuse en neurobiologie à l’Institut Pasteur dans l’équipe du professeur Jean-Pierre Chan- geux. Le groupe Auchan l’arrache à la recherche en lui confiant une mission de contrôle de gestion et de conduite du changement sur l’organisation et les ressources hu- maines, avant qu’elle ne dirige la communication de l’enseigne. Ma- man de six enfants, elle crée une activité de conseil en 1988 pour
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]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
réseaux & influence
Les réseaux face au confinement
questionnaire pour cerner l’im- pact de la crise et en tirer au plus vite les leçons. On retrouve le même genre d’initiative chez les autres réseaux, comme la Fonda- tion Entreprendre, dont le guide de soutien aux structures est mis à jour en temps réel : recension des aides, bonnes pratiques, re- tours d’expérience des membres du réseau... L’APM (Association Progrès du management) a choisi
de témoignage. Par exemple, les mouvements des Entrepreneurs et Dirigeants chrétiens ont mis en place les deux premières solu- tions, l’association Entreprise et Progrès met en ligne des vidéos témoignages... Outre ces oppor- tunités de se retrouver dans les situations d’autres entrepreneurs et de profiter de leur expérience (par exemple sur des sujets aus- si pratiques que mener à bien les démarches de chômage par- tiel de ses salariés), d’autres ré- seaux et associations spécialisés offrent à tous leurs compétences en matière de soutien psycholo- gique et d’écoute, comme 60 000 Rebonds, qui propose gratuite- ment deux ou trois séances de « flash coaching » par téléphone ou visioconférence. O ou encore comme Second souffle, qui a ou- vert son service d’écoute tous les jours de 8 heures à 18 heures. Quant aux Rebondisseurs fran- çais, il propose de « contacter Charly », un espace de commu- nauté ouvert aux adhérents (ou futurs).
Préparer
et aider la relance
Si l’après-crise semble encore lointain pour certains, d’autres réseaux ont déjà pris des ini- tiatives pour faciliter le rebond des entrepreneurs. Par exemple, Initiative France qui a pour par- ticularité de délivrer des prêts d’honneur. Il accorde des reports sur leurs échéances et continue à tenir ses comités d’agrément par visioconférence. Bpifrance a mis en place des aides finan- cières pour les entreprises dont l’activité a été impactée par la covid-19... Et l’aide n’est pas seu- lement financière. Par exemple, France Digitale propose un guide pratique du déconfinement pour ceux/celles qui veulent revenir travailler dans un environne- ment sain et dans lequel ils/elles se sentent en sécurité : comment trouver du gel et des masques, comment mettre en place la distanciation physique... Dans le même esprit, le Projet Phé- nix, fondé spécifiquement en réponse à la crise sanitaire ac- tuelle, se propose d’aider PME et ETI à se relancer au plus vite, en proposant des recommanda- tions personnalisées en fonction de la situation des entreprises. Il suffit de saisir les intitulés de ces réseaux dans un moteur de recherche pour trouver les sites voulus.
jEan-maRiE BEnOiST
Garder le lien, offrir du concret
Les réseaux d’entrepreneurs ont redoublé d’efforts pour apporter à leurs membres, même à distance, un soutien souvent indispensable. Panorama.
          Pour les entrepreneurs de France et de Navarre, le confinement équivaut à la double peine : person-
nelle et professionnelle. Et même s’il touche à sa fin, un retour à la normalité n’est pas encore à l’ordre du jour. Pour apporter un soutien moral et pratique, les réseaux d’entrepreneurs ont tous, à leur façon, réagi, confron- tés à l’impossibilité de travailler « normalement » : pas de déjeu- ners d’affaires, pas de discussions informelles, échanges de cartes et autres ateliers. Pour autant, il était impensable de simplement s’arrêter. Face à la crise, échapper à la solitude et à l’isolement est plus que jamais nécessaire.
Aider dans les démarches
L’une des premières missions que les réseaux se sont fixé est d’aider à générer des démarches nouvelles, aussi bien de façon pratique que théorique. Expli- cations des mesures gouverne- mentales, suivi des évolutions diverses... Par exemple, le Centre des Jeunes dirigeants a lancé, dès
Face à la crise, échapper à la solitude
et à l’isolement est plus que jamais nécessaire. Les réseaux de toute nature se sont organisés en ce sens.
    30 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
la fin mars, une boîte à outils des textes officiels, mémos, fiches pratiques et autres documents utiles. Un dispositif complété par des Live Facebook tous les mardis et jeudis matin à 8 heures 30, sous le hashtag #Solidarité- CJD, avec des experts et des diri- geants, dont l’essentiel est ensuite repris dans des vidéos courtes sur YouTube. Parmi les thèmes traités, la santé et la sécurité au travail : mesures concrètes. Le télétravail : comment diriger à distance, diriger en temps de crise. Les congés payés, le chô- mage partiel, les prêts garantis par l’État... Et chaque semaine, le CJD envoie à ses adhérents un
de mettre en ligne un site dédié, Ensemble faire face, collection d’avis d’experts, de témoignages, de trois live hebdomadaires, d’un forum où s’échangent conseils, bonnes pratiques, questions di- verses...
Garder le contact
Car au-delà de l’information pratique, le contact humain, même à distance, est encore plus indispensable qu’avant. Les réseaux l’ont bien compris qui ouvrent des groupes What- sApp, des lignes téléphoniques dédiées, des forums, en orga- nisant des visioconférences ou même simplement des espaces
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en immersion
Le textile français, modèle d’engagement
En cette période de déconfinement, le port du masque s’impose comme une absolue nécessité. Souci, la France accuse un grave déficit de masques opérationnels dès
le début de la crise sanitaire. Pour participer à l’effort de « guerre », l’industrie du textile français s’est mobilisée. Pour produire masques et surblouses made in France. Immersion dans l’opération Masques à tout prix.
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mai/juin 2020 ecoreseau.fr
Mars2020. Le confi- nement général s’abat sur la France et une partie de
l’Europe et du monde. Comme l’ensemble des secteurs écono- miques et commerciaux, l’indus- trie textile est contrainte de sus- pendre ses lignes de production. Mais le geste barrière de base, le port du masque, se heurte à la pénurie : on découvre que les stocks d’antan sont réduits à zéro
ou que des millions de masques sontirrécupérables.Alors,très vite, les acteurs du tissu français répondent à l’appel du gouverne- ment et se lancent dans la fabri- cation de masques en tissu et de surblouses. Qu’il s’agisse d’en- treprises anciennes de référence, de jeunes pousses du made in France ou des quelques ateliers spécialisés dans la confection de protections médicales, la majo- rité des acteurs du textile fran-
    © Armour Lux
© Thierry Bouet
© Sandrine Roudeix
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[en immersion
entreprendre & innover
       © Thierry Bouet
çais et des huit branches de la filière ont décidé de travailler en- semble sur tout le territoire dans la même direction : fournir des masques et des surblouses aux entreprises, aux soignant/es et aux Français/es.
Face à la situation d’urgence et de nécessité, le ministère de l’Économie et des Finances, en lien avec la Direction générale des entreprises (DGE), a mis- sionné le Comité stratégique de filière Mode et Luxe (CSF) et son président Guillaume de Seynes pour coordonner les efforts de la filière textile. Il s’agit de lancer la fabrication à grande échelle des produits de protection contre le virus. Un engagement collectif incarné et concrétisé par le grou- pement d’entreprises baptisé Sa- voir faire ensemble.
Le made in France au front et sur la bouche
Savoir faire ensemble rassemble aujourd’hui quelque 1 100 entre- prises françaises du textile, soit plus de la moitié des acteurs du secteur. Dès fin février, la DGE alerte le textile français qui com-
mence début mars à produire des masques à destination des personnels professionnels encore au travail dans les entreprises. Depuis fin avril, dans la foulée de la création du groupement et du lancement de la plate-forme Web savoirfaireensemble.fr, les masques confectionnés sont dis- tribués dans les pharmacies pour le grand public. La filière produit plus de trois millions de masques par jour.
Les acteurs du textile français produisent ainsi des masques ca- tégorie 1 (individuels à usage des professionnels en contact avec le public) et catégorie 2 (masques de protection à visée collective, sans contact avec le public). Tous portent un logo officiel obliga- toire, il garantit leur filtration et le nombre de lavages possibles.
Définir un cadre technique national de référence, coordon- ner la fabrication et centraliser
les demandes, voilà les trois ob- jectifs principaux énoncés par le groupement. Il s’agissait donc de lancer une réflexion collective « sur les éléments de la chaîne de valeur, comme nous l’explique la cellule de communication du groupement, il s’agit de se de- mander où l’on est fort ? Où l’on peut être plus fort en collectif ? Pour pousser plus loin la capa- cité de production », résume Guillaume de Seynes. Or, pour la plupart des entreprises mobi- lisées, la fabrication de matériels de protection est une première. La plate-forme Savoir faire en- semble est là pour ça : réunir les savoir-faire pour les diffuser et coordonner l’effort collectif entre les trois catégories d’entreprises engagées : les confectionneurs de masques produits finis, les confectionneurs de surblouses et les fabricants de matières pre- mières.
Prolonger la dynamique
Le textile made in France prouve bien là sa valeur et sa capacité de mobilisation. Tant et si bien que l’on estime que son effort assure la moitié du volume des masques barrières distribués dans le pays, alors même que seule une poi- gnée d’entreprises en produi-
saient avant la crise sanitaire. Et le groupement entend bien prolonger son effort : « Savoir faire ensemble montre que les entreprises de la filière peuvent travailler ensemble, elles ont montré de la réactivité et de la souplesse. Il faut en faire quelque chose de pérenne. »
De cette initiative collective exemplaire et de cet élan de fi- lière est né tout un mouvement de réflexion sur le renforcement de la valeur des entreprises créa- tives et du textile 100 % français. Le lancement de Savoir faire ensemble coïncide avec l’émer- gence toujours plus affirmée de nouveaux modes de consomma- tion et de nouvelles exigences des consommateurs. On souhaite désormais que nos marques pré- férées soient plus engagées, plus éthiques, plus écoresponsables, plus soucieuses de l’emploi et du dynamisme local... À l’ins- tar des jeunes pousses du textile de chez nous comme le fameux Slip Français ou encore Label Chaussette, le textile made in France s’affirme de plus en plus et semble répondre à ces nouvelles exigences.
Une chose est sûre, il aura su répondre présent et se réinventer en partie, pour participer active- ment à l’élan de solidarité et de lutte contre cette fichue covid-19. Il n’y a pas à dire, le made in France montre l’exemple.
aDam BELGHiTi aLaOui
La filière textile français produit plus de trois millions de masques filtrants par jour.
© Garnier Thiebaut © Armor Lux
  ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 33
© Garnier Thiebaut
]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
santé
briefing innovation par Adam Belghiti Alaoui
p La machine a du flair
Vers un patch connecté contre la covid-19
  Qui dit temps de guerre contre la pandémie dit percées technologiques inédites. Face à la crise
sanitaire et dans la constante quête de dépistages et de signale- ments plus efficaces, la téléméde- cine se surpasse. Des chercheurs de la Northwestern University à Chicago ont développé un patch connecté destiné à détecter les symptômes de la covid-19. Le prin- cipe : détecter un potentiel risque avant même que le supposé malade n’en soit conscient et alerter les au- torités sanitaires de la possibilité d’un nouveau cas. L’objectif : ré- duire au maximum les risques de
MOBILITÉ
aviation à réaction... électrique
Qui a dit que l’odorat était l’apanage du règne animal ?
Le géant européen de l’aéronautique Airbus planche, en association avec Koniku Inc., une start-up biotechnologique de la Silicon Valley, sur le développement de « nez électroniques » pour les aéroports et les avions. À l’origine, la technologie se destinait à la détection d’explosif,
mais Airbus souhaite l’adapter pour la détection de virus contagieux type coronavirus. Koniku affirme que sa technologie est « capable de détecter l’odeur ». Ce capteur se présente sous la forme d’un petit dispositif à placer
sur une surface à l’intérieur de l’avion ou de l’aéroport. Parmi les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, l’aviation civile et commerciale entend bien s’appuyer
sur ce genre de dispositif et sur l’application stricte des mesures de distanciation sociale et de nettoyage pour redonner confiance aux voyageurs et favoriser la reprise du transport aérien, appelée à s’étaler sur plusieurs années. Les tests dans les aéroports sont prévus fin 2020. Chiens renifleurs soyez prévenus, la concurrence est là.
propagation et cibler les personnes qui doivent passer un test en prio- rité. Le dispositif haut de quelques centimètres est collé dans le cou, à hauteur de la trachée, et suit la toux, la respiration, la fréquence cardiaque et la température. Les données recueillies sont directe- ment envoyées dans un cloud pro- tégé. De quoi mieux protéger le personnel hospitalier et accroître les chances de guérison grâce à un dépistage précoce.
Crise sanitaire oblige, ce patch se destine dans l’immédiat au dé- pistage du Sars-CoV-2 mais ouvre aussi de nouvelles voies pour la té- lémédecine. n
Innover, c’est facile. La difficulté,
 Le tout électrique paraissait encore loin pour le vol individuel. C’était
sans compter sur des scientifiques chinois, de l’Université de Wuhan,
ville tristement connue, qui ont
réussi l’exploit de mettre au point un turboréacteur pour une personne. Il n’a besoin que d’air et d’électricité pour fonctionner. Le turboréacteur présenté dans la revue AIP Advances n’utilise pas de kérosène ni aucune énergie fossile. L’engin génère un jet de plasma qui assure la propulsion de l’aéronef. Le modèle est encore réduit, mais la
c’est de transformer une
innovation en un vrai
business
Michael Dell, fondateur de Dell
  prochaine étape déjà annoncée est l’agrandissement du prototype à l’échelle d’un avion de ligne. Une potentielle avancée de
premier plan et un potentiel game changer pour l’aviation commerciale qui produit quelque 3 % des émissions de gaz à effet de serre. La voie vers la neutralité carbone s’ouvre peu à peu.
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]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[RÉALITÉ AUGMENTÉE
PLunettes infrarouges
our certains, les précautions sanitaires et l’enca- drement des déplacements des individus sont l’occasion de réorienter leurs activités et de dé- velopper des solutions technologiques pour ré-
pondre aux besoins des autorités. C’est le cas de la start- up chinoise Rokid, à l’origine spécialisée dans les jeux vidéo, qui propose aujourd’hui une paire de lunettes de réalité augmentée capable d’afficher la température des passants. Le principe, rapporté par l’agence Reuters, est simple : les lunettes servent à une vérification et à une visualisation à distance de la température d’un passant, grâce à un capteur infrarouge et un écran embarqué.
5G
Les géants du numérique unissent leurs forces
La transition vers la cinquième génération de la téléphonie mobile et des télécommunication se poursuit. C’est dans cette perspective que 31 entreprises majeures des télécoms
et des technologies se sont réunies dans la coalition Open RAN Policy. Un regroupement inédit qui rassemble notamment les géants américains Google, Microsoft, Intel, Facebook et IBM, le britannique Vodafone, le japonais Rakuten et le sud-coréen Samsung. Et
Un millier de paires auraient déjà été vendues aux pouvoirs publics chinois ainsi qu’à
des entreprises et des
écoles. Prochaine étape :
l’amélioration de la tech-
nologie et de l’interface
pour que les lunettes
puissent afficher la tempé-
rature de plusieurs personnes
simultanément. Et ainsi s’utiliser dans
des endroits très fréquentés. La réussite du déconfine- ment et des mesures de distanciation physique et de prise en charge rapide des personnes à risque passera, à n’en pas douter, par de nouveaux usages technolo- giques. n
briefing innovation
entreprendre & innover
   qui s’inscrit dans un contexte tendu et marqué par les craintes des États-Unis face aux activités du chinois Huawei. L’objectif annoncé de la coalition : faire fonctionner conjointement les matériels conçus par des équipementiers multiples pour ne pas dépendre d’un unique fournisseur. Il s’agit aujourd’hui de ne pas répéter les mêmes erreurs que lors des déploiements des réseaux 2G, 3G et 4G. Autrement dit, de ne pas faire appel à un seul équipementier et de multiplier les appels d’offres pour stimuler l’innovation et la compétition tout en rendant les matériels compatibles entre eux et les réseaux 5G interopérables.
ecoreseau.fr mai/juin 2020
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]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
Le bilan des pays qui ne l’ont pas appliqué pose question
Le confinement était-il la seule
décryptage
Le site d’information The Conversation qui lie l’expertise universitaire à l’enquête journalistique s’est posé la question que bon nombre d’observateurs partagent : et si nous avions fait l’économie du confinement, à l’image de certains pays dans le monde ? Avec prudence, l’analyse que voici s’interroge : il n’est pas certain que le bilan eût été catastrophique...
 Par la maîtrise de ses équipes de réanimation, le système de soin français a montré sa capacité à réorganiser
ses services dans l’urgence pour tenter de limiter au maximum les dégâts de l’épidémie. Plusieurs de ces soignants en furent eux-mêmes victimes. Que leur soit ici rendu l’hommage que tous méritent.
Une décision de confinement fondée sur la simulation
Les mesures de confinement prises pour limiter les conséquences de l’épidémie sur les systèmes de san- té ont été suggérées par une uni- té d’épidémiologie de l’Imperial College de Londres.
La première estimation des ef- fets de ce confinement, unique dans l’histoire de l’humani- té à cette échelle, a été publiée pour l’Europe. On attend les publications suivantes, pour le continent africain notamment. Selon ces simulations, les mesures auraient contribué à épargner 2 500 vies en France soit envi- ron le dixième d’une vague qui
Nombre de décès quotidiens en France (barres rouges) et prédictions (en bleu, avec intervalle de confiance) suggérant une faible différence. Flaxman S et coll., 2020
risque d’en emporter de 25 000 à 35 000 (lire encadré).
Mais certains postulats de ces es- timations numériques semblent in- cohérents : contrairement à ce qui est supposé, les contaminations ne diminuent pas dès le premier jour du confinement (ça ne s’est vu dans aucun pays) et l’intensité comme la durée de l’effet ne sont jamais les mêmes partout. Ces deux hypo- thèses sont pourtant à la base des simulations publiées.
Alors que l’on ne connaît tou- jours pas la diffusion (R0 ou taux de reproduction : nombre de personnes contaminées par un porteur, ce paramètre mesure la contagiosité de la maladie) ni la léta- lité précises (IFR, Infection Fatality Rate : nombre de décès rapportés à la totalité des sujets contaminés par le virus, qu’ils aient été testés et validés ou non, ce paramètre mesure la sévérité) de cette maladie, les auteurs annoncent ainsi 69 vies épargnées au Danemark et un total de 70 000 morts pour la Suède. Or, parvenu à sa onzième semaine d’épidémie le 21 avril 2020, ce pays n’avait enregistré que 1 580 décès [3 256 au 12 mai, ndlr].
Il faut donc se reporter à la ré- partition réelle, maintenant bien décrite, de la mortalité de la covid pour comprendre la nature de ces vies numériquement « épargnées ». Dans le registre français de Santé publique France, on retrouve une distribution similaire à celle des patients décédés en Chine ou en Italie, avec un âge moyen proche de80ans(unsursixaplusde90 ans) et un taux extrêmement faible (0,1 %) pour les sujets de moins de 45 ans sans facteur de risque. Les cibles du Sars-CoV-2 sont souvent des patients à risque métabolique
ou cardio-vasculaire (homme, sédentaire, obèse, diabétique ou hypertendu), ce qui explique les ra- vages actuels aux États-Unis.
Aurait-il fallu un confinement personnalisé ? La maladie peut être vécue sans grand symptôme chez quatre per- sonnes sur cinq mais elle tourne à une lutte acharnée de 15 jours pour la cinquième. Le but d’une mesure de prévention efficace est alors de proportionner le confinement à ceux qui ne peuvent supporter cette épreuve : personnes de plus de 65 ans, malades cardiaques et vas- culaires, insuffisants respiratoires ou rénaux, transplantés, personnes obèses, etc. Ces risques particuliers étaient d’ailleurs déjà présents en 2009 lors de la pandémie H1N1 sans que nous ayons en quoi que ce soit modulé nos conseils de pré- vention.
Sans immobiliser 80 % de la po- pulation active et surtout pas ceux qui en sortent guéris et (peut-être) immunisés après deux semaines – et contribueraient avec les jeunes et les plus actifs à éteindre l’épidé- mie en réduisant la taille de la po- pulation cible – on aurait pu alors diriger la prévention vers les seules personnes à haut risque, incluant des mesures spécifiques pour les soignants, tandis que l’épidémie ralentit, comme elle l’a fait en Aus- tralie, en Chine et en Corée.
Transmettre et expliquer cette information maintenant connue de tous, pour que chacun d’entre nous comprenne son risque, l’éva- lue et décide en conséquence de se confiner ou pas est le meilleur gage de réussite. Il permet aussi de considérer les citoyens pour ce qu’ils sont : des adultes respon- sables en capacité de voter et d’agir.
Nouvelles contaminations quotidiennes (moyenne glissante sur 5 jours) en Chine (rouge), Corée (violet), Australie (vert) et zoom sur ces deux pays. La Chine passe le pic aux alentours du 9 février (avec une relative incertitude sur les données déclarées les 13 et 14 février, ce qui peut avoir modifié la date précise, sans changer la dynamique globale). La Corée passe le 3 mars, l’Australie le 30 mars.
  Sans immobiliser 80 % de la population active et surtout pas ceux qui en sortent guéris et (peut-être) immunisés après deux semaines, on aurait pu alors diriger la prévention vers les seules personnes à haut risque.
Car l’épidémie n’a peut-être été ni différente ni mieux contenue en Europe que dans les États qui n’ont pas eu recours à ces mesures. La pandémie est en effet tout sauf confinée : elle concerne mainte- nant tous les pays, toutes les ré- gions et tous les cabinets médicaux (on estime à plusieurs millions le nombre de Françaises et Français qui ont été en contact avec le virus). Alors que la France a passé le som- met de la vague entre le 2 (contami- nations) et le 10 avril (valeur maxi- male du nombre de décès, figure 3), l’issue pourrait donc ne pas même avoir été modifiée : les courbes nationales ne montrent que peu
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s
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
L’évolution du nombre de décès en Afrique suit, dès le début de l’épidémie, une courbe exponentielle très inférieure à la courbe européenne : au bout de quatre semaines, les valeurs logarithmiques correspondaient à 5 260 morts en Europe contre 456 en Afrique (total actualisé au 18 avril 2020 : 1 041 décès en Afrique, 95 694 en Europe, une proportion de 1 à 100).
décryptage
 solution ?
qu’elle n’est « pas en guerre » mais dans un moment « révélant notre degré d’humanité ». Il est vrai que ce pays disposait avant la pandé- mie de plus de 20 000 lits de réa- nimation – contre 5 000 en France (étendu en urgence à 12 000). Il a pu affronter la vague avec d’autant plus de sérénité.
Car la phase d’extension de la maladie dépend aussi de fac- teurs environnementaux et po- pulationnels qui n’ont pas été pris en compte dans les modèles. Exemple : des cas sporadiques sont rencontrés mais l’épidémie n’accé- lère pas sur le continent africain. L’expansion lente y suit un régime certes exponentiel mais avec des pentes beaucoup plus faibles qu’en Europe, sans doute pour des rai- sons climatiques, immunitaires et démographiques.
Même si l’on peut contester l’exactitude du nombre de décès déclarés, on ne peut expliquer les deux ordres de grandeur qui sépare ces chiffres : il s’agit bien du même virome [l’ensemble des génomes d’une population virale, retrou- vés dans un même organisme ou dans un même environnement], mais sa dynamique est très ralentie, non pas par les mesures de confine- ment mais en raison d’un environ- nement très différent et défavorable à la transmission du Sars-CoV-2.
Le risque, à ne pas tenir compte de cette réalité, est de détourner les scientifiques et les financeurs de l’objectif principal car ce conti- nent a plus que jamais besoin d’un soutien massif et constant dans sa lutte contre d’autres prédateurs, à commencer par le paludisme, la tuberculose et le sida. Or ce sou- tien est d’autant moins assuré que le cadre financier de ses donateurs s’écroule. Rappelons à ce titre que, de décembre 2019 à juin 2020, en- viron 30 millions de personnes se- ront décédées d’autres causes dans le monde.
Synchronisations
délétères ?
Pour être utiles à la décision pu- blique et proportionner la réponse, les modélisations pertinentes doivent désormais prendre en compte les interactions et interdé- pendances entre tous les niveaux (individus, populations, organisa- tions interétatiques), incluant des synchronisations inappropriées (paniques, affrontements, effon- drements économiques). Car c’est principalement de ce côté que va maintenant croître le décompte des victimes.
Les centaines de milliards d’eu-
  En France, le sommet de la courbe des nouvelles contaminations au pas de temps quotidien apparaît entre le 2 et le 4 avril et le maximum de la courbe des décès entre le 6 et le 10 avril 2020 (points bleus : nombre quotidien, points oranges : moyennes glissantes sur 5 jours).
d’inflexions différenciées mais un parcours le plus souvent semblable, quelles qu’aient été les décisions prises (seul le masquage des conta- minations initiales apparaît dans certains pays, probablement pour des raisons de politique locale).
Les pays qui n’ont pas adopté la voie du confinement générali- sé montrent une évolution épi- démique similaire : les Pays-Bas ont en effet amorcé une décrue le 7 avril, rejoignant ainsi la Corée. Pour ces pays, le taux de mortalité au jour du pic est de 25 par million d’habitants contre 177 pour les principaux pays confinés (France, Espagne, Italie).
Quant à l’Allemagne, qui n’a pas confiné toute sa population, elle considère, par la voix de son pré- sident Frank-Walter Steinmeier,
ros envolés avec la chute d’une éco- nomie, qu’on savait pourtant d’une extrême fragilité, interrompront aussi le flux des financements né- cessaires aux équipements des hô- pitaux et des autres services publics. Car les équipes de réanimation, de soins et leurs administrations, qui ont contribué à sauver des vies bien réelles méritent toute notre admi- ration pour l’engagement qui fut le leur, mais elles vont maintenant avoir besoin de moyens pour toutes les autres.
Il faudra donc, après le confi- nement, également prendre en compte son impact sur les pa- tients souffrant d’une leucémie non diagnostiquée, d’un infarctus pris en charge trop tardivement, d’une drépanocytose mal suivie, parmi toutes les pathologies qui
manquent à l’appel. Les effets psy- chologiques (refus de tout déplace- ment par peur de la contamination) ou contre-productifs (réduction ou arrêt des consultations) de ces me- sures devront se confronter aux choix des Néerlandais qui conti- nuent de vaquer, prudemment certes mais librement, à leurs occu- pations. La perte de chance risque d’être lourde.
Les auteurs de ces simulations auront toutes les peines du monde à accepter d’inclure ces dégâts collatéraux auxquels s’ajouteront les conséquences sur la recherche, l’annulation de tous les grands ren- dez-vous scientifiques, culturels ou climatiques et l’abattement des personnes seules qui se seront lais- sé glisser lentement dans l’abandon THE COnVERSaTiOn
mais si, le confinement était une solution salvatrice !
Une étude de l’École des hautes études en santé publique (EHESP) tombe à point nommé pour conforter les choix des autorités françaises d’un confinement aujourd’hui contesté. Hors confinement, 23 % de la population auraient été infectés pendant cette période et le raz
de marée de cas graves aurait de loin débordé les établissements de santé déjà saturés malgré
les mesures autoritaires du
« restez chez vous » : on estime que 670 000 patients auraient eu besoin d’une hospitalisation, que 140 000 cas graves auraient occupé de plus de 100 000 lits de réanimation (contre 5 000
disponibles avant l’épidémie,
10 500 improvisés en cours). En Île-de-France, ce sont 30 000 lits qui auraient manqué à l’appel
Toujours selon l’EHESP, 73 900 malades auraient trouvé la mort à l’hôpital entre le 19 mars et le 19 avril si le confinement n’avait pas été décrété. Soit 61 700 vies sauvées (15 000 en Île-de-France et 7 700 dans le Grand-Est). Et encore ne tient-on pas compte des décès hors hôpital en raison de l’impossibilité d’admettre cette cohorte digne de la Grande peste, ni en maison de retraite ni à domicile.
ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 37
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[ FAIRE FACE ET REBONDIR
La boîte à outils des accompagnements
  Les accompagnements :
une mobilisation publique, privée, régionale... p. 40
 pratique
créer aujourd’hui
38 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[                      dans la gestion de votre entreprise.
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          Cegid - 01-2020
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
créer aujourd’hui
Les accompagnements : une mobilisation publique, privée, régionale...
au bénéfice annuel imposable in- férieur à 60 000 euros et qui su- bissent une interdiction d’accueil du public selon l’article 8 du décret du 23 mars 2020, même si elles conservent une activité comme la vente à emporter, la livraison et les retraits de commandes.
• Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, a an- noncé le 15 avril que les agricul- teurs membres d’un groupement agricole d’exploitation en com- mun (GAEC), les artistes auteurs, et les entreprises en redressement judiciaire ou en procédure de sau- vegarde pourront également béné- ficier du fonds de solidarité.
• Pour les situations les plus diffi- ciles, un soutien complémentaire d’un montant de 2 000 à 5 000 euros octroyé aux entreprises qui ont bénéficié du premier volet du fonds (l’aide jusqu’à 1 500 euros) et qui emploient, au 1er mars 2020, au moins un salarié en contrat à du- rée indéterminée ou déterminée, si elles se trouvent dans l’impossibi- lité de régler leurs dettes exigibles dans les trente jours et le montant de leurs charges fixes, y compris les loyers commerciaux ou profes- sionnels. L’instruction des dossiers associe les services des régions et de l’État depuis le 15 avril (lire in- fra les aides des régions).
  «L
a crise sanitaire et économique que nous connaissons
• Remises d’impôts directs déci-     entreprises par le dispositif de
    aujourd’hui est l’oc- casion pour les chefs d’entreprise de sortir de la solitude du décideur et de transformer le doute en une formidable énergie de conquête. » Ces propos pour le moins opti- mistes et voulus tels sont tenus par Olivier de la Chevasnerie, président du réseau Entreprendre, soit près de 14 000 dirigeants dans l’hexagone. Presque deux mois « immobiles » pendant lesquels gouvernement et d’autres acteurs ont instauré des mesures d’aides et d’accompagnement pour les entreprises. Objectif : apporter des solutions concrètes et rapides.
dées dans le cadre d’un examen individualisé des demandes.
• Report du paiement des loyers, des factures d’eau, de gaz et d’élec- tricité pour les plus petites entre- prises en difficulté.
• Aide jusqu’à 1 500 euros pour les très petites entreprises, les indé- pendants, les professions libérales et les micro-entrepreneurs les plus touchés grâce au fonds de solidari- té financé par l’État et les régions.
• Mobilisation de l’État à hauteur de 300 milliards d’euros pour garantir des lignes de trésore- rie bancaires dont les entreprises pourraient avoir besoin à cause de l’épidémie
• Soutien État-Banque de France (médiation du crédit) pour négo- cier avec sa banque un rééchelon- nement des crédits bancaires.
chômage partiel simplifié et ren- forcé (1 million d’entreprises pour presque 13 millions de salariés).
• Appui au traitement d’un conflit avec des clients ou fournisseurs par le Médiateur des entreprises.
• Reconnaissance par l’État et les collectivités locales du corona- virus comme un cas de force ma- jeure pour les marchés publics. En conséquence, pour tous les marchés publics d’État et des col- lectivités locales, les pénalités de retards ne seront pas appliquées.
• Plan de soutien aux entreprises françaises exportatrices.
Fonds de solidarité jusqu’à 1 500 euros, qui est concerné ?
• TPE, indépendants, microentre- preneurs et professions libérales de 10 salariés au plus, moins d’1 mil-
Pour rappel :
• Délais de paiement d’échéances sociales et/ou fiscales (Urssaf, im- pôts directs).
un conseil qui compte
Activité partielle : contrôle et sanctions
• Maintien de l’emploi dans les     lion d’euros de chiffre d’affaires,
      Un dispositif exceptionnel d’activité   par l’inspection du travail, afin de vérifier que
- 2 ans d’emprisonnement et 30000 € d’amende.
Ces sanctions, administratives et pénales, sont cumulables.
L’employeur devra rémunérer les salariés sur la base de leur salaire habituel, et payer les charges sociales y afférentes.
Les précautions à prendre
L’employeur ayant placé les salariés en activité partielle doit veiller à ce que, au titre des heures pour lesquelles il y a une demande d’indemnisa- tion, il n’y ait ni travail, ni congés...
Si l’activité partielle consiste en une réduction d’horaires, il faut mettre en place des décomptes des heures de travail. Il est conseillé de tenir un décompte précis, avec les heures de début et de fin de chaque période de travail, plutôt qu’un total par jour. Ce décompte, signé par le salarié, doit être vérifié par l’employeur.
Ce document permettra par ailleurs de vérifier le respect des durées maximales du travail et des temps de repos. n
   Patrick
partielle a été mis en place par l’État, dans le contexte actuel, mobilisant des sommes très importantes.
Face à cette situation, certains pourraient être tentés de faire rémunérer les salariés par l’État alors qu’ils ne remplissent pas les conditions pour recourir à l’activité partielle.
Voici quelques exemples de situations fraudu- leuses :
-L’employeur demande une indemnisation au titre de l’activité partielle pour des heures où le salarié continue de travailler (télétra- vail...), est en congés ou RTT
- L’entreprise est fermée pour cause d’activi- té partielle mais l’employeur renouvelle un contrat à durée déterminée...
Cet article a pour objet de faire le point sur les contrôles à venir, les sanctions encourues en cas de fraude ainsi que les précautions à prendre.
Le contrôle des entreprises
Des contrôles auront lieu, diligentés notamment
l’entreprise remplissait les conditions requises pour bénéficier d’une indemnisation au titre de l’activité partielle.
Les contrôles se feront a posteriori.
Les agents habilités à contrôler, dans l’exercice de leur mission de lutte contre le travail illégal, dis- posent des pouvoirs les plus étendus ; ils peuvent demander communication de tout document ou renseignement nécessaire.
Ainsi, ils pourront exiger la communication des logs de connexion au réseau de l’entreprise des salariés déclarés en activité partielle.
Les sanctions
En cas de fraude, les sanctions prévues en cas de travail illégal sont encourues :
- reversement des aides perçues au titre des heures indûment perçues par l’employeur
- interdiction de bénéficier, pendant 5 ans maximum, d’aides publiques en matière d’emploi ou de formation professionnelle et, le cas échéant, remboursement des aides ver- sées au cours des 12 mois précédents
Bordas
Vice-président du CSOEC
  40 |
mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                 RÉVÉLEZ ET
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      ]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
créer aujourd’hui
  Des cellules de crise ont été rapidement mises en place pour informer et accompagner les entreprises. Plus de 400 000 appels ont été recensés en l’espace de quatre semaines par les CCI
tage... « Nous voulions offrir à chaque salarié le même outil, la même sécurité et la même liberté retrouvée de se mouvoir, explique David Layani, président-fondateur de Onepoint, et mettre la techno- logie au service de l’humain ».
• Pour accompagner les en- treprises et sortir de la crise, Bpifrance, avec l’appui des ré- seaux professionnels des banques membres de la Fédération ban- caire française se mobilise. La « banque des entrepreneurs » a mis en place un dispositif inédit par lequel l’État garantit 300 mil- liards d’euros de prêts. Ce PGE – prêt garanti par l’État – pour- ra représenter jusqu’à 3 mois de chiffre d’affaires 2019 de l’entre- prise ou deux années de masse salariale pour les entreprises innovantes ou créées depuis jan- vier 2019. Les entreprises ont jusqu’au 31 décembre 2020 pour se tourner vers leurs banques ha- bituelles. Aucun remboursement ne sera exigé la première année. L’entreprise décidera si elle le sou- haite d’amortir le prêt sur une durée maximale de 5 ans. Les en- treprises qui font l’objet d’un plan de sauvegarde ou qui affrontent un redressement judiciaire au 24 mars 2020, comme celles qui mènent des procédures amiables (conciliation et mandat ad hoc) bénéficient elles aussi du prêt. En revanche, sont exclues du dispo- sitif les entreprises en procédure collective (procédure de sauve- garde, redressement judiciaire et liquidation judiciaire ou redres- sement personnel) avant le 1er jan- vier 2020, tout comme les sociétés civiles immobilières, les établisse- ments de crédit et les sociétés de financement.
Les aides en régions
         Panoramique des initiatives
des webinaires pour assurer la   binet-comptable AS Entreprises,
continuité pédagogique des sa- lariés.
• L’Ordre des experts-comptables et Bpifrance ont mis en place un Prêt rebond full digital de 10 000 à 50 000 euros, remboursable sur sept ans après deux ans de différé à taux zéro, sans garantie ni aucun frais de dossier, cumulable avec le PGE. Mais le montant cumulé des deux prêts ne pourra excéder 25 % du chiffre d’affaires. Ce prêt est disponible à partir depuis le mardi 5 mai pour les franciliens. Il sera prochainement étendu à d’autres régions. L’expert-comptable, man- daté expressément par son client, confirme certaines informations et dépose les justificatifs néces- saires à l’instruction du dossier sur la plate-forme de demande de prêt. Plus généralement, les ex- perts-comptables qui s’étaient numérisés avant la crise sont par- venus à assurer la continuité de la « production » comptable pour que leurs clients maintiennent
• Le Crédit Agricole et Onepoint,
Les régions ont mis en place des plateformes qui leur sont propres. Les dirigeants ont tout intérêt à al- ler consulter ces sites et à solliciter ces compléments d’aide. La procé- dure est très simple : l’entreprise n’est parfois pas même informée que le dossier est accepté et reçoit directement le montant de l’aide sur son compte par virement. En Île-de-France par exemple, le Fonds de solidarité conçu pour aider les entreprises franciliennes de 1 à 10 salariés s’est doté d’un 2e volet. Lequel prévoit une aide sup- plémentaire jusqu’à 5 000 euros pour les établissements menacés de faillite. Sont concernés par cette mesure : les très petites entreprises (TPE), micro-entrepreneurs, pro- fessionnels libéraux, associations
spécialisé dans le domaine agri- cole et vinicole, a accéléré sa transformation numérique dès l’annonce du confinement. « Nous avons maintenu une continuité de service essentielle à l’activité de nos 3500 adhérents par la créa- tion d’un véritable lien alors même que nous n’étions plus en contact direct avec eux », explique Gilles Pellerin, directeur délégué AS En- treprises.
• En prise directe avec les pré-
occupations des commerçants,
artisans, les Chambres de com-
merce et d’industrie (CCI) sont
très sollicitées. Des cellules de
crise ont été rapidement mises en
place pour informer et accom-
pagner les entreprises. Plus de
400 000 appels ont été recensés
en l’espace de quatre semaines.
Les demandes des entrepre-
neurs ont d’abord été centrées
sur l’accompagnement et les
aides gouvernementales mises
en place pour les soutenir. Des
demandes plus personnalisées
ont suivi. Désormais, affluent les
demandes axées sur la reprise
et l’après-virus. Un exemple : la
CCI Aix-Marseille-Provence a
créé une carte géolocalisée qui
recense les commerçants, arti-
sans, producteurs locaux ouverts
pour que la clientèle les repère.
Une initiative relayée par plus de
50 CCI. D’autres ont développé
des plates-formes numériques
locales, des bourses d’entraide,   leur activité. Un exemple, le ca-   orientation vers un test de dépis-     et autres agents économiques im-
groupe spécialiste de la transfor- mation numérique, ont tout ré- cemment présenté le Copass, un badge numérique qui mesure la sensibilité au virus, appréciée à partir d’un questionnaire person- nel de santé, dans le strict respect du secret médical. Au résultat correspond un QR code dont la couleur détermine un protocole de travail défini par l’entreprise : maintien du télétravail, retour sur site en horaire alterné, retour sur site mais dans une unité réduite,
42 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[ plantés en Île-de-France qui réa-   vité de chacun de reprendre. « Au
lisent moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires (CA) et qui ont fait l’objet d’une fermeture admi- nistrative ou enregistré une baisse de plus de 50 % de leur chiffre d’af- faires en mars 2020, par rapport à mars 2019. De récentes annonces du gouvernement prévoient un élargissement du volet 2 (pour les entreprises de hôtellerie-restau- ration, du tourisme, de l’événe- mentiel, du sport et de la culture, et, sous certaines conditions, aux entreprises sans salarié).
Les réseaux d’entrepreneurs
Bien sûr, les entrepreneurs sou- tiennent leurs collègues.
• L’Adie – Association pour le droit à l’initiative économique – par exemple, propose des prêts de relance à 0 % aux entreprises qu’elle accompagne tout au long de l’année et qui souffrent particuliè- rement de la crise. Plusieurs cen- taines d’entreprises vont bénéficier d’un prêt de relance à taux zéro de 3 000 euros. Un différé de rem- boursement de plusieurs mois sera également proposé aux entrepre- neurs pour laisser le temps à l’acti-
moins la moitié des entrepreneurs accompagnés par l’Adie pensent ne pas pouvoir relancer leur activi- té après le choc du confinement. La perspective d’un tel gâchis de ta- lents est inacceptable moralement, socialement, économiquement. C’est pourquoi l’Adie plaide avec force pour une relance inclusive qui ne laisse de côté aucun entre- preneur et fait appel à l’appui de tous ses partenaires », a commenté Frédéric Lavenir, son président.
• Le Medef, outre sa présence mé- diatique, a publié sur son site un dossier spécial qui recense toutes les informations utiles.
• Pour ne pas laisser les projets de création ou reprise d’entreprise sans assistance, Réseau Entre- prendre recueille les dossiers des candidats et en évalue la viabili- té. À la clé, un prêt d’honneur de 30 000 euros.
• Le réseau France Active a mis en pause jusqu’en septembre le pré- lèvement des échéances des prêts à taux zéro octroyés. Il propose également le report en fin de prêt des échéances de remboursement pour les mois de mars, avril et mai. • France Active prépare une so-
lution de prêt à titre gratuit d’un montant moyen compris entre 50 000 et 70 000 euros sur 12 mois. Il vise à conforter la situation fi- nancière actuelle des entreprises en leur assurant le maintien des concours financiers existants.
• Les entrepreneurs peuvent tou- jours compter sur les business angels : les membres de Paris Bu- siness Angels et de Club Invest
IDF, par exemple, ont investi la somme de 300 000 euros dans la société Biomère. Les business an- gels des Grandes Écoles ont, au plus fort de la crise, clôturé des in- vestissements dans trois sociétés, Rheonova, Ma Formation Médi- cale et Carjager.
PiERRE-jEan LEPaGnOT ET jOnaTHan naHmanY
créer aujourd’hui
pratique
          ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 43
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation par Geoffroy Framery
   le chiffre
17%
Source : ChooseMyCompagny
Travailler autrement
Patrick Levy Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement
Label Lucie renouvelé Apour Audencia
près avoir fait d’Audencia la première insti- tution d’enseignement
supérieur à obtenir cette
reconnaissance en 2013,
le comité de labellisation Lucie a
renouvelé sa certification à l’école
nantaise pour les trois prochaines
années. Certification de référence
en matière d’engagement respon-
sable, le label Lucie souligne la
qualité de l’enseignement propo-
sé, l’attention portée à la santé des
étudiants, le développement so-
cio-économique du territoire et la
qualité de vie au travail portés par
Audencia. Forte de ce renouvellement, l’école s’est enga- gée à poursuivre durant ces trois ans la réduction du son impact environnemental et l’intégration de critères RSE dans ses activités. n
Des outils RH pour Ll’après-confinement
a mise en place de l’activité partielle pour bon nombre d’entre nous a également été synonyme de montée en compétences et de formation à de nouveaux outils numériques. Pour les entreprises
et les fonctions support, il a été question, et il l’est toujours, d’accélérer la transition numérique pour maintenir la per- formance.
PeopleDoc a sélectionné 4 MOOC (Massive Open On- line Courses) destinés à former les professionnels des res-
 des salariés rejettent catégoriquement le télétravail.
   L’urgente nécessité de se projeter dans de nouvelles
 Lformes de travail
a situation actuelle, résultante d’une crise sanitaire, sociale et économique sans précédent, a confronté le monde du travail
dans une urgente nécessité de se proje- ter dans de nouvelles formes d’organi- sations économiques et donc de travail. Alors que les changements de société n’étaient encore que des écumes qui surgissaient çà et là sous l’impulsion de quelques citoyens, associations, entreprises, politiques... La vague s’est, cette fois, formée dans un laps de temps très court et nous y faisons dé- sormais face. C’est une urgence et les réponses doivent être formulées dès à présent.
Le visage de l’économie aujourd’hui submergée va devoir se réorienter, changer de cap car tout un chacun sor- tira de la crise en ayant pris conscience d’un certain nombre d’éléments fon-
44 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
damentaux : l’économie à domicile se verra très certainement développée, les transports en commun ne seront plus l’alpha et l’oméga pour se rendre à un « lieu de travail », les cartes de la mon- dialisation se verront rebattues...
Ce changement n’est évidemment pas attendu par tous avec la même intensi- té. Il n’en reste toutefois que les grandes (r)évolutions sont souvent, d’abord, la priorité de quelques-uns.
Pour que ces prédictions se réalisent sans dommage et pour le mieux, le management devra se réinventer en misant sur l’apprentissage des outils, l’intelligence collective et les nouvelles habitudes de travail : confiance, sens, transparence... La Fondation Travail- ler autrement sera comme toujours, la vigie de ces évolutions. n
sources humaines dans leurs problématiques quotidiennes et mieux affronter l’après-confinement.
• Mener à bien son projet de numérisation RH : déterminer ses besoins, choix des KPI, analyse de l’impact, mesure et communication sur son succès...
• Projet numérique RH - La check-list indispensable
• Transformer l’expérience collaborateur de l’entreprise
• Le CSP RH moderne : productivité RH et expérience col- laborateur n
   ]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[ Skema souhaite allouer à ses étudiants 300 bourses sociales dites
« coronavirus » dans le cadre d’un fonds de solidarité dédié. L’école dispose d’un fonds d’urgence permanent destiné à aider ses étudiants en difficulté passagère. Orchestré par la direction Alumni & Mécénat,
et avec le concours de 2 500 entreprises partenaires, des 45 000 diplômés, des étudiants, de prestataires et
collaborateurs de l’école,
ce fonds d’urgence a
été mis en place dès
le 20 avril pour une
durée de 8 mois
(20 décembre
2020). Des
bourses Skema
United de 1 000 à
3 000 euros
seront distribuées
pour un montant total
de 250 000 euros.
Chaque situation
sera étudiée au cas par cas : rupture de convention de stage ou de contrat de travail pour les alternants et les apprentis, difficultés face au paiement des besoins de première nécessité (paiement du loyer, frais d’alimentation et de santé), financement des frais de transport liés aux retours de l’étranger ou difficultés rencontrées par les financeurs de
la formation eux-mêmes, etc. En parallèle de ces aides, Skema reste plus que jamais vigilante à l’identification de situations psychologiques complexes parmi son corps étudiant. Le Student Office, département référent, organise le dispositif d’accompagnement approprié en lien avec l’ensemble des structures internes et externes de l’école. Pour Alice Guilhon, directrice générale, « Skema affirme son engagement sociétal et joue, plus que jamais, son rôle d’accompagnement auprès de son corps étudiant dans une période où la solidarité est le seul moyen de traverser les difficultés ».
#SportmySuccess nomme 10 ambassadeurs alumni
Créée en 2010, Sports Management School, école spécialisée dans le
sport business, a développé au fil des années un large réseau d’alumni. 10 personnes
ont été choisies pour représenter l’école et illustrer l’insertion professionnelle des étudiants : hospitality sales manager à la Fédération française de tennis, chef de publicité sponsoring chez Canal +, business developper au PSG, fondatrice de l’association sportive Famosport...
briefing rh & formation CTélétravail et (dé)(re)motivation ?
pratique
  Il n’est pas question que les diplômes soient bradés cette année.
hooseMyCompagny, plate-forme de notation des entreprises et de re- crutement, a mené une
étude auprès de 10 000 salariés de 200 entreprises sur le thème Télé- travail et motivation : quels effets à long terme ? Les tendances ne sont pas neutres :
• Le télétravail au bout de deux mois s’avère très clivant : 66,5 % des salariés se déclarent satisfaits, 68 % estiment que leur entreprise a réus- si à maintenir la cohésion au sein des équipes.
• Mais 17 % des répondants le re- jettent catégoriquement.
• Le profil des professionnels en faveur du travail à domicile : les managers, les femmes, les fonctions marketing et communication, et, surprise, les collaborateurs les plus âgés (plus de 30 ans d’expérience)... • Les profils de professionnels op- posés au travail à domicile : les hommes, et, contrairement à une autre idée reçue, les millenials (moins de 5 ans d’expérience). Pour ces débutants dans la vie profes- sionnelle, le besoin de soutien ma- nagérial et de lien communautaire
avec leurs pairs n’est pas satisfait à distance. Les profils IT n’appré- cient guère le travail à distance, tout comme les salariés des secteurs du conseil et de la grande consomma- tion.
La motivation globale des salariés a chuté depuis la mise en place du télétravail : elle atteignait 72 % en janvier 2020, elle est tombée à 64 % en avril 2020. C’est la première fois depuis 2015 que cet indicateur a chuté. Si les salariés conservent une confiance identique dans la direc- tion de leur entreprise, ils estiment bénéficier aujourd’hui de moins de perspectives d’évolution, ont moins le sentiment de progresser et se sentent moins reconnus et encou- ragés. n
Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur 300 bourses sociales
« coronavirus » chez Skema
     ecoreseau.fr mai/juin 2020
| 45
]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation
 Visites virtuelles pour neoma
Offrir une expérience de qualité même à distance ? Problématique d’actualité des entreprises, mais des écoles aussi. Neoma Business
School fait partie de ces acteurs de l’enseignement supérieur qui mettent en place des dispositifs de communication
à distance afin de présenter dans les meilleures conditions l’offre de l’école,
son environnement de travail et la vie
du campus. Au menu : visite virtuelle de chaque campus (Reims, Rouen et Paris) par Léo, étudiant « avatar » qui vous emmène dans les espaces dédiés à la vie associative, les environnements extérieurs, des vidéos qui retracent les temps forts
de la vie des campus, mais aussi des
rencontres live avec les interlocuteurs clés de l’école. Rappelons que Neoma fait partie des précurseurs en France
en matière d’enseignement en réalité virtuelle.
Les nouveaux programmes Neoma de formation pour la rentrée 2020
• MSc Banking Finance and FinTech
• MSc Marketing and Digital in Luxury and Lifestyle • MS Supply Chain, Logistique et Innovations
• MSc Financial Data Management
 Nouvelles formations
EDC Paris Business School
• MSc In Corporate Finance
• MSc In International Business
• MSc Innovation & Entrepreneurship
RSE : l’ISG, solidaire avec
son territoire en période
de pandémie
Comment sauver le chiffre d’affaires et les emplois d’une entreprise
en se rendant visible pendant la crise, en maintenant le lien avec ses clients et en entrant en contact avec d’autres à distance, comment gérer les commandes sur le Web ?
Dans le cadre de la mission Planète solidaire, lancée par l’ISG Business
School pendant le confinement, 1 000 étudiants et une centaine d’enseignants
et alumni se sont mobilisés auprès de 200 entreprises et associations pour les aider
à passer la crise en gérant le présent, mais aussi en préparant l’après. Les actions ont été nombreuses : collecter des fonds pour la Croix Rouge, aider une épicerie fine à passer au tout numérique, opérer la transformation numérique d’un domaine viticole, bâtir une plate-forme d’entraide, donner un nouvel
élan à une petite marque de vêtements, sauver les ventes de petits producteurs, faire d’une brasserie un lieu de vie sociale même à distance... Cette mission s’est concrétisée par la création de près de 450 pages professionnelles sur le Web et de plus de 100 sites Internet, dont une cinquantaine de sites de commandes en ligne. La mission se poursuivra à la rentrée, en élargissant le nombre d’étudiants de l’ISG mobilisés ! Bravo.
 46 |
mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[ L’arrivée des millenials en entreprise
une fois en poste, ils ont du mal à supporter la frustration. On pour- rait parler d’un côté capricieux. » Des petites ou grandes enquêtes, que ressort-il ? Trois maîtres mots : flexibilité, autonomie et lien so- cial. Selon l’enquête de Mazars, huit Gen Z sur 10 déclarent ne pas se soucier de beaucoup travail- ler, à condition de pouvoir gérer leur temps comme ils l’entendent et d’adopter leurs propres mé- thodes de travail. D’où l’attrac- tivité de l’entreprise libérée, avec moins de cadres intermédiaires, une organisation plus plate, plus de responsabilités accordées aux collaborateurs, dans un climat de confiance. La description du monde des « Bisounours » ? Ou des revendications jusque-là l’apanage des quadras et des quinquas, qui se diffusent à toutes les générations dans l’emploi ? Au plus près des employeurs, Vincent Binetruy, di- recteur France du Top Employers Institute, ne voit pas de réelle rup- ture intergénérationnelle. « Les motivations sont identiques, mais la mise en musique diffère. La gé- nération X était prête à avaler plus de couleuvres... Mais l’environne- ment actuel leur donne les moyens
de se montrer plus exigeants, avec le développement des Tanguys. »
Pas d’unanimité
Cette génération Z existe-t-elle réellement ? Parlera-t-on de fait gé- nérationnel ? « Le concept même de génération, et donc de génération Z, est loin de faire l’unanimité, dé- plore Michel Dalmas. Les réponses apportées par ces jeunes à des ques- tionnaires ne sont pas jugées fiables par la sphère académique. » Fonda- trice de SoManyWays, cabinet spé- cialisé dans les nouveaux rapports au travail, Anaïs Georgelin prend aussi de la distance avec les propos tant entendus. « Les nouvelles at- tentes sont plus contextuelles que générationnelles, explique-t-elle. Ce discours récurrent vaut pour des jeunes qui ont le choix, dans un marché de l’emploi qui peut se révéler porteur. C’est un luxe que tous n’ont pas. Et puis leur porte- voix est plus puissant, vu le nombre de canaux à leur disposition pour faire savoir ce qu’ils pensent. Une réponse à leur apporter ? Mutuali- ser les offres entre entreprises d’un même territoire. L’écosystème dans son entier a tout à y gagner. » muRiELLE WOLSKi
Génération Z, des bosseurs,
mais à leur façon
On ne parle que d’elle, cette génération Z (des jeunes gens nés à partir de 2000). Elle serait différente, bousculerait les codes, les entreprises. L’effet de mode retombé, qu’en est-il vraiment ?
         Les communiqués de presse d’annonces de re- crutements en nombre tombent comme à Gra-
velotte. Les derniers en date : 500 emplois chez Carglass, 2 000 pour Ségula Technologies, en France –5000danslemonde–,5000 chez Alten dans l’hexagone, 100 chez Avisto ou bien Soat – dans le domaine des entreprises de services numériques – ou bien encore 1 000 au sein du Club Med et une « livraison » de 800 saison- niers dans le groupe Barrière... Les tensions sur le marché de l’emploi sont palpables, même si c’est à géométrie variable selon les secteurs, les régions aussi, voire les tranches d’âge. La pression a changé de camp. Les atouts sont dans les mains des candidats et des jeunes tout particulièrement. À lire lesdits communiqués, on voit le soin apporté par ces re- cruteurs pour séduire, trouver les mots justes, « faire mouche ». Carglass évoque « des emplois évolutifs ». Soat se décrit comme « une société bienveillante » qui « accompagne ses collaborateurs dans leur carrière, au-delà des missions ». « Des opportunités de carrière formidables » sont affichées par Ségula. Née à par- tir de l’an 2000, la génération Z serait plus difficile à convaincre que ses prédécesseurs les Y, nés entre 1981 et 2000... Or, d’après une étude du groupe Mazars pu- bliée en 2019, elle ne représente pas moins de 20 % des effectifs en entreprise.
Des paradigmes
en évolution
« Future of work : quelles attentes de la génération Z pour l’entre- prise de demain ? » Les avis de 1 019 jeunes ont ainsi été passés au crible par Mazars, cabinet spé- cialisé dans l’audit, le conseil et les services comptables, qui axe – précisément – sa politique de re- crutement sur les jeunes tout juste sortis de l’enseignement supé- rieur. Mille embauches sont pré- vues d’ici à septembre 2020, dont 600 pour les seuls jeunes diplômés – la fameuse génération Z. Les re- cruteurs ont besoin de savoir. Et il n’y a pas qu’eux. Les enseignants aussi. Pour preuve, l’étude menée au sein de l’École de management du pôle Léonard de Vinci par les étudiants inscrits en master digi- tal RH, sous la conduite de Mi- chel Dalmas, professeur. « Nous sommes des médiateurs, explique- t-il. Si on méconnaît ceux et celles auxquels on s’adresse, si notre mode de fonctionnement reste inchangé, le message a moins de chance de passer. » Les tentatives de décryptage sont nombreuses. « Il y a un vrai sujet autour de cette dernière génération, explique An- ne-Sophie Vasseur, fondatrice de Javelo, cabinet qui développe des solutions de gestion de la perfor- mance en entreprise. Nous ne sommes pas en position de force, poursuit celle qui mène actuelle- ment une campagne de recrute- ment pour cinq emplois à pour- voir. Ces jeunes veulent leur poste idéal, au salaire qu’ils ont fixé. Et
manager autrement
pratique
             ecoreseau.fr mai/juin 2020
| 47
]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
 bons plans     vision
 Boursorama Banque, première
à recevoir le Label accessiWeb
À l’issue d’un audit approfondi des interfaces de son espace client, mené par l’association BrailleNet, Boursorama devient la première banque française
à recevoir le Label d’accessibilité AccessiWeb. Elle recueille les fruits
du déploiement, depuis plusieurs années, d’un ensemble de processus et d’outils, afin d’améliorer l’accessibilité de ses applications et de ses
services aux personnes touchées par un handicap. Compatibles avec les outils de synthèse vocale, les afficheurs Braille ou encore les logiciels d’agrandissement, les interfaces du site s’adaptent aux besoins des clients à déficience visuelle ou à handicap moteur.
Le scandinave nordea am,
héraut de l’iSR
Le fonds Nordea 1-Global Climate
and Environment Fund, vient d’être classé meilleur « collecteur ISR » 2019 par Novethic. Ce fonds a enregistré
1,054 milliard d’euros de flux de souscription nets enregistrés en 1 an. Lancé en 2008, il investit dans des sociétés qui, au travers de leurs solutions climatiques,
contribuent à protéger l’environnement, pionniers dans l’utilisation des énergies renouvelables. En 2019, Nordea 1-Global Climate and Environment Fund a affiché une performance de 38 % (au 31 décembre 2019).
Les business angels
à l’offensive
Face à la crise, la Fédération nationale des business angels, France Angels, entend inciter les particuliers à soutenir les PME. Elle propose de porter le taux de déduction sur l’impôt sur le revenu des particuliers de 18 à 30 % et le plafond de déduction
spécifique de 100 000 euros
par part fiscale en cas de souscription au capital des PME. Elle propose également la déduction de la perte éventuelle nette en capital sur des sociétés éligibles du revenu
des souscripteurs après prise en compte de la réduction d’impôt initiale et, enfin, la possibilité de réinvestir, dans des PME, les produits de cession des participations en sursis d’imposition (IR et CSG).
   Trois questions à Frédéric Puzin, président de Corum L'Épargne
« Le rendement 2020 devrait être de 5,75 % vs un objectif de 6 % pour Corum Origin »
Face à une crise sans précédent, le patron d’une des sociétés de gestion stars du marché des SCPi affiche sa confiance.
Quel premier bilan dressez-
vous après plus de deux mois de fermeture de l’économie ?
Nos deux SCPI, Corum Origin
et Corum XL affichent une
belle résistance, qui s’explique
en premier lieu par notre organisation. Nous sommes répartis sur sept pays européens et nous gérons en direct nos biens. Nous connaissons nos locataires et leurs activités et pouvons répondre rapidement à leurs demandes. Début mai, environ un tiers nous ont contactés depuis
le début du confinement pour nous faire part de difficultés
et engager une discussion en toute transparence. L’ensemble des demandes reçues porte aujourd’hui sur un peu plus de 6 % du loyer annuel de Corum Origin
Les épargnants retrouvent le goût du risque
tisseurs particuliers se sont rués en
Bourse. Entre le 24 février et le 3 avril,
plus de 150 000 nouveaux investis-
seurs sont ainsi intervenus sur les va-
leurs appartenant à l’indice SBF120,
révélait fin avril l’AMF. Certes, au tout
début de la chute des cours à partir du
24 février, les investisseurs particuliers
ont clairement vendu leurs titres la
première semaine, mais le solde est devenu positif dès l’amorce du mois de mars. Il l’est resté durant cinq se- maines d’affilée jusqu’au 3 avril (date de fin de l’étude). Au total, sur ces cinq semaines, les achats d’actions françaises par des particuliers ont été multipliés par 4 par rapport à la période équivalente en 2019, pour un montant net total de 3,5 milliards d’euros, dans un marché lui-même marqué par des volumes multipliés par 3 ! « En 2008, la crise financière avait provoqué la désertion des investisseurs particuliers. Ce ne fut, cette fois-ci, pas du tout le cas », confirme Aurore Gaspar, DGA de Boursorama. Autres signes de la résilience des épargnants, son portail Internet connaît depuis le début de la crise une audience record. « Dans
duction en Bourse de La Française des Jeux. » Concernant l’assurance vie non plus, la bérézina des unités de compte n’a pas eu lieu. Si les épargnants ont clairement privilégié les fonds en euros au tout début de la crise, l’observatoire Nortia a assisté à des réinvestissements progressifs vers les fonds actions, dé- laissés la première semaine de mars.
Et, très vite, la dynamique a repris lors de la deuxième et n’a globalement pas faibli, même lors de l’entrée en vigueur du confinement en Europe et aux États-Unis. Gilles Belloir, directeur général de Placement-direct.fr, confirme l’engouement des investisseurs particuliers pour les unités de compte. « Les épargnants, prudents après une année boursière 2018 morose, ont tardé à se placer en 2019 et raté une grande partie de la hausse. Cette fois-ci, ils ont pris leurs risques en estimant que la chute des marchés était source d’opportunités à terme », explique le professionnel. Début mai, le CAC 40 avait regagné plus de 20 % sur son point bas de la mi-mars mais les impacts du confinement sur les en- treprises sont devant nous. n
et environ 3 % du loyer annuel de Corum XL. Ce chiffre évolue quotidiennement, à la hausse comme à la baisse, en fonction de nos discussions avec les locataires concernés.
En début de crise, ne redoutiez- vous pas un afflux massif
de demandes de locataires cherchant un arrangement ? Effectivement, certains gros locataires, pourtant en parfaite santé, ont tenté le coup. À la suite de discussions, ils sont revenus sur leurs exigences. Nos locataires nous ont contactés avec trois types de demandes. Primo, des demandes de suspension du loyer : les loyers ne seraient plus versés durant une période déterminée, ce qui pèse sur le dividende annuel. Deuxio, des demandes de report du loyer : les loyers seraient versés ultérieurement au cours de l’année 2020 (sans impact sur
le dividende annuel). Tertio, des demandes à venir : anticipation de demandes de suspension ou de report dans les semaines à venir, sans plus de précisions à date. Nous avons accepté 37 % des demandes formalisées sous la forme d’échéanciers de paiement, sans impact sur la performance annuelle de nos solutions d’épargne immobilière. Nous comptons faire progresser ce chiffre dans les jours à venir.
À quoi peuvent s’attendre vos clients ?
Sur la base des chiffres actuels et en se plaçant dans le scénario le plus défavorable, le rendement 2020 devrait être de 5,75 % vs
un objectif de 6 % pour Corum Origin. Corum XL devrait dégager un rendement de 4,89 % vs un objectif de 5 %. Vous le voyez, la crise ne nous empêche pas de tirer notre épingle du jeu sur le marché de l’épargne.
e comportement des épargnants français a ces circonstances exceptionnelles, nous avons constaté surpris bien des observateurs. Alors que l’éco- un afflux de nouveaux clients cherchant à profiter de nomie mondiale s’enfonçait dans l’inconnue la volatilité des marchés. Cet intérêt témoigne selon du confinement et que les marchés financiers moi de la meilleure culture financière des Français/es,
traversaient leur pire krach depuis 1929, les inves- comme l’avait déjà montré l’intérêt suscité par l’intro-
  48 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                 Créons ensemble
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[                                    vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité
  ACHAT/VENTE
Ruée vers l’or
L’or a atteint en avril un record de 1 788,80 dollars l’once, mais pourrait atteindre 3 000 dollars d’ici à un an et demi, selon Bank of America
                        1 750 1 700 1 650 1 600 1 550 1 500 1450
                                                                                                                Dec Jan
focus
Fév Mars
Avril Mai
  La reprise du marché de l’immobilier s’annonce incertaine
Le chiffre
150 000 dollars
Prix d’une paire de baskets nike datant
de 1985 et signée
par michael jordan
lors d’une vente aux enchères organisée par Sotheby’s à new
York.
  «Alors qu’au début de l’année le prix du mètre carré à Paris attei- gnait 11 000 euros en moyenne, l’arrivée de la crise sanitaire sui- vie d’une crise économique ont mis en pause un grand nombre de transactions immobilières »,
des conditions d’accès au crédit. « Le confine- ment a engendré de lourdes conséquences sur certains acteurs du marché comme les primoac- cédants dont certains se retrouvent au chômage partiel, les commerciaux dont les rémunérations variables sont à la baisse, les indépendants dont
l’absence d’activité engendre une absence de revenus, etc. Une baisse de la demande et/ ou une dégradation du pouvoir d’achat est à prévoir à court terme », explique Anthony Du- mont, responsable du départe- ment Immobilier de la Banque Neuflize OBC. Côté offre, ajoute le professionnel, « les vendeurs non contraints décideront de
reporter leur projet sauf si une offre à un prix dé- terminé avant la crise venait à leur parvenir dès la fin du confinement. Pour les autres vendeurs, ils devront accepter de revoir leur prétention à la baisse autant face à des acheteurs amputés d’une partie de leur pouvoir d’achat que face à des investisseurs plus opportunistes. Mais la saisonnalité des projets immobiliers dont la pé- riode printanière est toujours très active devrait contribuer à une offre de biens plus importante dans laquelle seront intégrés les projets de vente prévus antérieurement à la crise ». Selon lui, l’accroissement de l’offre face une demande à la baisse ou moins « qualitative » aboutira en toute logique à une baisse des prix. n
lit-on dans un article de Presse
Agence. Après près de deux
mois de confinement, les ac-
teurs du secteur s’interrogent
sur l’ampleur de la reprise espé-
rée à Paris comme en régions.
Une fois la majeure partie des
personnels de retour dans leurs
fonctions, le processus normal
des transactions immobilières
et notamment d’octroi des nou-
veaux crédits devrait pouvoir reprendre – d’au- tant plus que d’ici là, les banques auront pu trai- ter les dossiers de crédits actuellement en attente. « L’annonce du déconfinement est un signal positif qui va permettre aux acheteurs immobi- liers de se projeter à nouveau et de commencer à préparer leur projet immobilier et à constituer leur dossier de prêt. Reste à savoir comment se- ront pris en compte les revenus par les banques à un moment ou beaucoup auront connu au moins deux mois de chômage partiel... », in- dique Sandrine Allonier, porte-parole de Vous- financer. La reprise de l’activité est directement liée au pouvoir d’achat des ménages et les projets des investisseurs seront fortement dépendants
  50
| mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 51
]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
 bons plans     experts
 Spectrum markets atteint
100 millions de dérivés négociés Spectrum Markets a dépassé le cap des
100 millions de titres négociés depuis son lancement en octobre 2019. Ce marché des
dérivés où il est possible de trader en dehors des horaires d’ouverture des marchés a augmenté ses volumes de transactions au cours de
chacun des sept derniers mois d’affilée. Rien qu’au mois d’avril, 28,1 millions de produits de Bourse ont été négociés ce qui représente une augmentation de 5,6 % par rapport au mois précédent. « La hausse des volumes au cours des dernières semaines démontre en outre que les investisseurs utilisent Spectrum Markets pour profiter des opportunités qui se présentent sur des marchés volatils », a commenté Nicky Maan, le CEO de Spectrum Markets.
une nouvelle fenêtre
pour rentrer sur le marché pourrait s’ouvrir
Les économistes continuent de revoir à la baisse leurs estimations de l’impact de la covid-19 sur le niveau d’activité économique actuel et, d’une manière générale, sur
l’aplanissement de la courbe de la reprise économique, observe Steven Bell, chef économiste et gérant chez BMO GAM. Il pense toujours qu’ils sont toujours trop optimistes quant
à l’amplitude de la récession. Selon lui, l’activité économique va se redresser, tout comme
les bénéfices des entreprises, mais que les marchés actions pourraient chuter encore avant de retrouver le chemin d’une tendance haussière. Les investisseurs auront donc tout intérêt à profiter de cette fenêtre de tir.
Yomoni reste prudent
Malgré un environnement économique désastreux, les marchés financiers ont été marqués par un net retour de l’appétit pour le risque au cours du mois d’avril, observe Yomoni. Dans ce contexte, le gérant juge plus prudent de maintenir encore quelque temps l’orientation
relativement défensive de sa gestion et ne modifie pas ses allocations cibles par rapport au mois précédent. Pour les grandes classes d’actifs, le robo-advisor maintient sa sous-
exposition aux actions à 45 % dans un profil Équilibré (profil 6 chez Yomoni) contre 50 % pour l’allocation stratégique, ce qui le conduit à alléger un peu la part actions des portefeuilles après le fort rebond du mois d’avril.
   BSwiss Life Asset Managers entrevoit la reprise
onne nouvelle, selon le scénario de base de Swiss Life Asset Managers, la reprise pro- gressive de l’économie mondiale est sur le point de démarrer après avoir été durement
frappée par la crise du coronavirus. Dans une étude publiée début mai, le gérant observait que nombre de pays s’orientaient vers un assouplissement pro- gressif du confinement, en comptant sur les pro- grès de la recherche médicale. « Premièrement, les capacités de tests diagnostics doivent augmenter beaucoup plus vite. Deuxièmement, des tests d’an- ticorps fiables permettraient d’estimer les taux d’immunité. Troisièmement, un traitement à base de médicaments existants susciterait de grands es- poirs mais les dernières nouvelles de ce côté étaient décevantes. Enfin, un vaccin changerait vraiment la donne », estiment les experts. D’après lesquels la Chine devrait emmener la reprise, suivie des États-Unis et de la Suisse. Aux États-Unis, écrit Swiss Life Asset Managers, « que ce déconfine- ment soit souhaitable ou non sur le plan sanitaire, il pourrait limiter les dégâts économiques immé- diats ». L’assureur suisse reste cependant prudent. « Le retour aux niveaux d’avant la crise sera tou- tefois beaucoup plus long que prévu (nous tablons
      Bien sûr qu’il fallait confiner !
Récession mondiale ou encore taux de chô- mage record, la crise liée au coronavirus va laisser beaucoup de traces, mais aussi beaucoup de questions. Parmi lesquelles
l’une des plus récentes est de savoir s’il fallait confi- ner ou non la population. Certains détracteurs es- timent en effet qu’avoir immobilisé une partie de la population aurait précipité (et aggravé) la baisse de la croissance économique. La vérité n’est cepen- dant pas celle que l’on croit, assure John Plassard, économiste chez Mirabaud. Selon lui, si l’on peut convenir que le confinement a effectivement pré- cipité l’économie dans le chaos, un déconfinement précipité ou tout simplement un refus de confiner aurait pu être encore bien plus grave sur le plan économique (et sanitaire bien évidemment). « Le confinement a incontestablement réduit le nombre de morts. Selon les projections de l’Imperial College de Londres, jusqu’à 2,2 millions d’Américains (ou encore 510 000 Britanniques) auraient pu mou- rir de covid-19 si le gouvernement (américain)
n’avait pas pris ces mesures préventives », rappelle l’économiste. Pour lui, il est donc impossible de comparer 30 millions d’emplois perdus « momen- tanément » (ces chômeurs retourneront au travail lorsque le confinement prendra fin) aux États- Unis à 68 000 décès (le nombre de morts depuis le début de la pandémie aux États-Unis). En pous- sant la réflexion plus loin, mais cette fois-ci d’un point de vue purement économique, l’économiste rappelle que les personnes à risque face à la maladie (les personnes les plus âgées de la population) contribuent fortement à l’essor de l’économie américaine. Une étude conduite par l’AARP et Oxford Economics conclut que la productivité et les dépenses des Américain/es âgé/es de 50 ans et plus ont contribué à 7 600 milliards de dollars en 2015. De plus, les dépenses de cette tranche de la popu- lation « supportent » 89,4 millions d’emplois aux États-Unis. Ainsi, laisser plus d’Américain/es âgé/ es mourir pour sauver l’économie aurait causé un désastre économique encore plus important. C’est un point crucial, car il démontre économiquement que le choix n’a pas été « éviter le désastre » en ne confinant pas ou « sauver des vies » en confinant. Les deux options conduisent irrémédiablement à la récession économique. « Soyons clairs, il n’y a aucun argument économique valable pour ne pas confiner la population. Ne pas forcer la population à rester à la maison aurait conduit à une hausse dramatique du nombre de morts en particulier dans la tranche de la population “la plus dépensière” », conclut John Plassard. n
actuellement sur le second semestre 2021 pour les États-Unis) en raison de difficultés persistantes pour certains secteurs (loisirs, tourisme, restau- rants...) et le chômage grèvera encore la demande en 2021. » Dans ce cadre, Swiss Life Asset Mana- gers conserve une position défensive vis-à-vis du marché obligataire et reste à sous-pondérer sur les risques de crédit. Sur les marchés actions, le gérant conserve son positionnement globalement défensif alors que les incertitudes devraient persister pen- dant les quatre prochaines semaines et entretenir la volatilité. n
 52 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés
 SPÉCULONS !     Le chiffre
 Kering, une bonne affaire
600
550
500
450
400
       14/02 26/02 09/03 19/03 31/03
14/04 24/04
07/05
Selon UBS, Kering souffre de trois malentendus qu’il convient de dissiper : la dépendance à Gucci, sa surexposition à la Chine et un prix trop élevé. Le bureau d’études, qui juge ces idées fausses, table sur une hausse de plus de 30 % du cours à 598 euros d’ici aux 12 prochains mois.
 49,75 milliards $
Perte nette Berkshire Hathaway, la société d’investissement du milliardaire Warren Buffett, au premier trimestre
2020, liée notamment à l’effondrement du secteur aérien américain.
    analyse
Le luxe continuera de briller
e premier trimestre a été difficile pour le bondi sur Internet, preuve que l’envie d’acheter luxe. Nos champions français, Louis Vuit- reste présente. Certes, les Chinois/es voyageront ton (LVMH), Gucci (Kering) et Hermès sans doute peu cette année et donc dépenseront n’ont pas été épargnés par la pandémie moins dans les boutiques de luxe du monde en-
avec des ventes en baisse de respectivement 13, tier, mais ils consommeront les mêmes produits
  16 et 7,7 % en organique, c’est-à-dire à change et périmètres constants. Et le trimestre en cours s’annonce plus dégradé encore en raison des me- sures de confinement mises en place aux États- Unis comme en Europe. Selon Goldman Sachs, le confinement et autres mesures de « distanciation physique » conduiront cette année à une chute de 30 % du marché. Pour autant, les investisseurs auraient tort d’abandonner un secteur qui, il y a quelques mois, encore, affichait une santé in- solente. Selon Swetha Ramachandran, manager chez GAM Investments, les citoyens déconfinés pourraient prendre leur revanche après des se- maines privés de shopping en se ruant dans les boutiques de luxe, notamment en Chine. Or, les Chinois/es représentent environ 35 % de la de- mande et, surtout, sont à l’origine de plus de 80 % de la croissance du marché. À cet égard, les premiers signaux venus de Chine sont encoura- geants. L’Oréal a indiqué que ses ventes avaient
chez eux. Pour GAM, cette tendance pourrait être comparable aux « dépenses de vengeance » observées en Chine dans les années 1990, alors que le pays sortait de son isolement et connais- sait une croissance très soutenue. « La covid-19 est une catastrophe unique en son genre car elle oblige les personnes en bonne santé à rester à l’intérieur, ce qui entraîne un désir de consom- mation refoulé. Lorsque les gens seront à nou- veau capables de vivre leur vie, nous pourrions donc assister à une augmentation des dépenses de luxe », souligne le gérant. Un point de vue partagé par Caroline Reyl, gérante du fonds Pic- tet-Premium Brands. Selon elle, les marques de prestige sont parties pour une année compliquée mais disposent d’atouts pour rebondir fortement après la crise du coronavirus. « Ces marques en général, et le secteur du luxe en particulier, souffrent des restrictions sur les voyages, des me- sures de confinement et de la fermeture des maga-
sins mais devraient bénéficier ensuite de l’attache- ment des consommateurs à leur égard », explique la gérante. Dans ce cadre, plusieurs analystes dont Goldman Sachs estiment que les géants du secteur comme Kering et LVMH tireront leur épingle du jeu grâce notamment à leur image de marque par- ticulièrement puissante. n
54 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
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 ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
par christophe combarieu
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
culture & co
La culture se vit aussi sur Internet !
  Jamais nos plus illustres institutions culturelles n’avaient été obligées de fermer leurs portes
et de renvoyer artistes et passionnés chez eux. Même au plus fort de la guerre, les cinémas et théâtres hexagonaux continuaient à présenter
films et spectacles. On imagine donc la tristesse
et la panique de tous les directeurs et des équipes lorsqu’il a fallu fermer et garder le contact avec le public. Comment s’occuper pendant le confinement, une question que nombre d’entre nous se sont posé. Les uns après les autres, nos théâtres, opéras, salles de concerts et de spectacles en tous genres proposent des contenus culturels à disposition
de tous, mis en ligne ou partagés sur les réseaux sociaux. La plus ancienne troupe de comédiens
au monde, la Comédie Française, a même créé
une webTV alimentée quotidiennement par sa soixantaine d’artistes. De 16 heures jusque tard
dans la soirée, une quantité de petits programmes
et deux spectacles, interviews, pastilles de poésie, alexandrins préférés, contes, anecdotes et trésors des archives de la compagnie ouvrent aux amoureux du théâtre le moyen de rester fidèles au rendez-vous
et aux levers de rideau.
D’autres institutions ont préféré jouer la simplicité, tels l’Opéra de Paris, l’Opéra-Comique et le Théâtre des Champs-Élysées, qui proposent au visionnage une fois par semaine un ouvrage de leurs dernières saisons. Carmen, Fantasio, Les Noces de Figaro et autres classiques se sont succédé alors, à la plus grande surprise et satisfaction des néophytes mais aussi des jeunes, qui ont répondu nombreux dans
la foulée d’une communication intensive sur les réseaux sociaux.
Pour les passionnés de danse, le Théâtre de Chaillot ouvre le coffre de ses captations de spectacles contemporains où créations conceptuelles et danse moderne américaine démultiplient les langages et les possibilités. Le Théâtre de l’Odéon joue une carte différente : il a conçu des semaines Ibsen, Molière, Pirandello et Tchekhov ainsi que quelques autres pépites dans le cadre d’une saison #ThéâtreEtCanapé. Pour se divertir et se cultiver, finalement, l’offre est presque encore plus dense qu’auparavant ! CC
musique
mes 3 questions à natalie Dessay
La diva superstar poursuit son entrée en fanfare dans l'univers de la variété française. Après un album tout en finesse consacré à Michel Legrand, Natalie Dessay est de retour pour rendre hommage cette fois à Claude Nougaro. Déjà culte !
  Vous dites avoir voulu exprimer toute la féminité de Claude Nougaro en vous l’appropriant. Parce que personne, mieux que lui, n’a chanté les femmes ?
C’est vrai que c’est un chanteur que l’on a toujours perçu comme
l’un des plus masculins, l’un
des plus virils, alors qu’en
réalité il était la tendresse,
la sensualité et la féminité incarnées ! Chanter Claude Nougaro, c’est un défi afin de faire ressurgir de ses textes tout son humour, sa subtilité et son extrême délicatesse. Lui avait cette façon si particulière de mordre dans les mots à la façon d’un taureau, alors que moi j’essaie de glisser dessus, de les caresser à la manière d’un chat qui se faufile sur les notes de musique !
Et les chats ont sept vies ! Presque comme vous ! Vous aimez vous réinventer, vous régénérer. C’est votre pied de nez face à votre
« peur » de l’avenir ?
C’est vrai que j’en suis déjà à ma troisième ! Le temps passe vite... Mais je crois véritablement qu’à une certaine période de sa vie il est important de faire un point avec soi-même, de se demander ce que
 56 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
l’on désire vraiment. Et en ce qui concerne la peur, comme vous dites, oui, la vie est effrayante ! La seule chose dont on soit sûr, c’est qu’elle va mal se terminer, alors mieux vaut vivre un maximum de belles choses au milieu de tous les malheurs qui
peuvent s’abattre sur nous ! J’ai décidé de ne pas m’en préoccuper, d’avancer, et de vivre intensément tous mes désirs !
On a même l’impression qu’avec cet album, vous enfoncez le clou de la fin de votre carrière de cantatrice... Vous vous considérez aujourd’hui vraiment comme une
chanteuse, et non plus uniquement comme une voix ?
Je ne rentre pas dans la case de l’artiste contrariée, mais je ne me considère pas encore vraiment comme une chanteuse. Je me vois davantage comme une comédienne
qui chante. C’est un hasard total
si je suis devenue une chanteuse d’opéra, ce n’était pas mon but. Et
je crois qu’aujourd’hui, j’en ai fait
le tour. C’est exactement la même chose qu’une relation amoureuse,
je ne suis pas du genre à revenir en arrière. Quand c’est fini, c’est fini. Je change de numéro et je change les serrures ! Dans ma vie artistique, je vis l’instant qui m’est donné, et sans aucune nostalgie.
Sur l'écran noir de mes nuits blanches, par Natalie Dessay (CD Sony Music)
- Tournée reportée, sauf le
8 novembre à Nantes et le
1er décembre à Bordeaux
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[dvd
1917, de Sam mendes
Deux Golden Globes, trois Oscars et sept Bafta :
le dernier film du grand réalisateur britannique Sam Mendes est déjà entré dans l’histoire du cinéma ! Avec 1917, l’auteur d’American Beauty, Les Sentiers de la perdition et Skyfall nous plonge dans une course contre la montre
au cœur des tranchées,
du no man’s land et des paysages dévastés des Flandres. Nos deux jeunes soldats britanniques, deux héros remarquablement interprétés par George MacKay et Dean-Charles Chapman, sont filmés
avec l’illusion d’un seul et unique plan-séquence. Une technique virtuose, un récit
captivant et une distribution sans fausse note. Plus qu’un grand film de guerre, une leçon de cinéma !
Universal
L’Adieu, de Lulu Wang
Révélation étrangère de l’année passée avec l’hypnotisant Parasite, The
Farewell (L’Adieu, en français)
nous mène en Chine. Billi,
une jeune femme qui a
vécu depuis son enfance
aux États-Unis, est obligée
de rentrer « au pays », en
Chine, lors d’une réunion de
famille un peu particulière
puisque sa grand-mère a
été diagnostiquée en phase
terminale et son entourage
a décidé de lui cacher
la nouvelle, comme le veut une tradition chinoise. Un mariage prétexte pour partager tous ensemble quelques instants de bonheur, un drame poignant qui nous plonge au cœur d’une famille éclatée et des spécificités culturelles. Entre humour et émotion, ce film coup de cœur est dominé par la comédienne- rapeuse Awkwafina récompensée aux Golden Globes !
M6 Interactions
expo
Cats, de Tom Hooper
Adapté de la comédie musicale culte d’Andrew Lloyd Webber, le film nous entraîne dans les ruelles de Londres où, chaque année, les chats se réunissent lors d’une nuit extraordinaire et magique pour choisir celui qui pourra renaître au paradis de la Jellicosphère. En plus de son scénario
de base complètement surréaliste et kitsch, le film a beaucoup fait jaser à cause de ses effets spéciaux... complètement ratés ! Mais sous acide, cet ovni musical au casting délirant (Jennifer Hudson, Taylor Swift, Idris Elba, Rebel Wilson, Judi Dench, Ian McKellen et plusieurs danseurs étoiles !) a
déjà acquis son statut de nanar culte des années 2010 ainsi que six Razzie Awards, rien que ça ! Si vous n’avez pas froid aux yeux...
Universal
L’Extraordinaire mr. Rogers, de marielle Heller
Il n’est pas sorti dans les salles françaises, mais il serait bien dommage de rater
Tom Hanks dans l’un de ses plus beaux rôles ! C’est l’histoire de Fred Rogers, le présentateur et producteur de l’émission de télé pour enfants la plus populaire
aux États-Unis pendant plus de 30 ans. L’acteur doublement oscarisé fait face à Matthew Rhys (Brothers and Sisters, The Americans) dans le rôle d’un journaliste qui doit l’interviewer et, s’attendant à trouver un personnage mielleux,
découvre un homme pour le moins différent de ce qu’il imaginait. Une rencontre marquante
et bienveillante
où l’empathie et le sentiment d’abandon de l’un se confrontent aux certitudes de l’autre. SPHE
culture & co cd
johnny 69
En 1969, notre rocker national avait déjà dix ans de carrière au compteur. Artiste aux multiples facettes, il multiplie cette année-là
les propositions artistiques dans
toutes les directions. Le single Que
je t’aime, l’album Rivière... Ouvre
ton lit, le show psychédélique qui
triompha au Palais des Sports : cuir
ou paillettes, chanson ou blues, il
assume tout ! Deux ans après sa
disparition, Universal Music publie
l’intégralité des enregistrements studio de l’année mythique dans un nouveau mix, ainsi que deux concerts inédits.
Universal Music
Grand Prix, Benjamin Biolay
Entre deux films, Benjamin Biolay
revient à ses premières amours :
le texte et la musique. Grand Prix,
son 9e album, lui permettra-t-il
d’obtenir une 3e Victoire de l’album de
l’année ? Un album qui alterne tubes
et ballades, références et créations
plus personnelles. Son premier
single, Comment est ta peine ? vient ainsi illuminer notre été avec sa mélodie entêtante et ses harmonies délicieuses. Serait-il en passe de devenir enfin l’un des grands de la chanson française ?
Polydor
Schubert par les modigliani
Bientôt 20 ans qu’ils jouent ensemble. Le Quatuor Modigliani, fondé au Conservatoire en 2003, est rejoint par quatre musiciens de talent pour interpréter un chef-
d’œuvre de Schubert à mi-chemin entre la symphonie et la musique de chambre : le célèbre Octuor. Composé en 1824, il est contemporain de Rosamunde et La Jeune Fille et la Mort. C’est une œuvre joyeuse pour instruments
à cordes et à vent au milieu d’une page de vie tourmentée du compositeur, affaibli par la maladie. Sa puissance imaginative et lyrique est ici magnifiée par les interprètes.
Mirare
Vivaldi : i colori dell’ombra
Après les succès C. E. Bach et
Boccherini, Ophélie Gaillard et
Pulcinella, son orchestre sur
instruments d’époque, se retrouvent
pour un album Vivaldi, le plus génial
des compositeurs vénitiens. Une
palette sonore sans pareil et une
multitude d’émotions pour ces petits
trésors du répertoire pour violoncelle. Au milieu de ces jeux d’ombres et de lumières, les voix de Lucile Richardot et Delphine Galou apportent une tout autre dimension à l’œuvre du prêtre roux.
Aparté
vie privée
        Otto Freundlich (1878-1943) : la révélation de l’abstraction
C’est une destinée bouleversante : Allemand protestant mais d’origine juive, le peintre et sculpteur parisien « dégénéré » Otto Freundlich est dénoncé par les collabos et déporté au camp d’extermination de Sobibor. Il avait 65 ans. Son crime : avoir révolutionné la peinture moderne. Un travail de la lumière, de la construction des formes et de la force des couleurs sur tous les supports possibles qui le mène à l’abstraction. Il ne faut donc pas rater cette petite rétrospective de haute volée, agréable et richement documentée, qui se déploie dans le cadre verdoyant et préservé du musée de Montmartre.
Prolongée jusqu’en janvier 2021 au musée de Montmartre, 12 rue Cortot, 75012 Paris. www.museedemontmartre.fr
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]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
On peut sauver quelqu’un du virus, pas de la solitude
Au-delà du virus, la contagion du « glissement » chez les vieilles gens précipite leur décès aussi sûrement que la covid*...
Âgée de 95 ans, Odette avait déjà lutté plus de 10 jours contre la covid-19. Elle
avait vaillamment surmonté le
POUR VOTRE BIEN...
ia et covid
Face à l’urgence, la société Siemens Healthineers vient de développer et déployer, en collaboration
avec les équipes de l’Hôpital Foch, un outil d’imagerie médicale basé
sur l’intelligence artificielle. L’algorithme identifie et quantifie de façon précise, reproductible
et automatisée, l’étendue et la sévérité des lésions pulmonaires
visibles au scanner chez les patients atteints de covid-19.
Curage d’oreille en bioplastique...
L’Oriculi, fabriqué en France
et garanti à vie, remplacera les bâtonnets ouatés, couramment nommés « Coton-tige » (qui est une
confinement dans sa chambre, la toux épuisante, la fièvre qui monte et descend en un V caractéristique. Les soignants étaient confiants, ils/elles rassuraient même la famille par téléphone sur son état somatique. L’espoir renaissait. Mais bruta- lement, alors que son corps ne présentait plus de signes inquié- tants, tout se précipita. On allait la perdre... Et ce qui la mettait
en danger, c’était le chagrin de ne plus voir les siens.
Odette fermait les yeux, la bouche, tous les contacts et ou- vertures possibles vis-à-vis des soins prodigués avec patience et d’infinies précautions compte tenu du danger potentiel de contamination par les soignants masqués, « charlottés », gantés, en blouse et surblouse. Rien n’y faisait. Elle se laissait mourir.
De façon active, en arrachant la perfusion posée pour son hydra- tation. De façon passive, en refu- sant toutes les tentatives prises pour la nourrir comme un bébé – espérant que le réflexe de suc- cion perdure, nous lui donnions des petites potions enrichies à boire, à téter. Le chagrin l’em- portait. Elle se laissait glisser vers la mort.
Un état de grande déstabilisation somatique et psychique
Un tel syndrome spécifique de personnes âgées, fragiles et polypathologiques, marque un état de grande déstabilisation somatique et psychique d’évolu- tion gravissime. Les spécialistes y voient une décompensation aiguë (infectieuse, traumatique, vasculaire, chirurgicale, choc physique, etc.) qui fait suite à un facteur déclenchant physique ou psychique – ici la covid-19, ma- ladie fragilisante en elle-même et qui a en outre imposé des mesures de confinement que des personnes âgées risquent de vivre comme un abandon fami- lial.
Ce syndrome, qui touche 1 à 4 % des personnes âgées hospi- talisées, va conduire à la mort en quelques jours à un mois, à tra- vers des troubles biologiques et neuropsychiques sévères, si un traitement n’est pas mis en route suffisamment tôt : suivant les études, le décès survient dans 80 à 90 % des cas. S’il est mal défi- ni dans la classification interna- tionale des maladies, plusieurs signes physiques et psychiques
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mai/juin 2020 ecoreseau.fr
santé
marque). Lamazuna qui le produit utilisait jusqu’alors le bambou. La marque opte pour le même mais
en bioplastique 100 % biosourcé, 100 % renouvelable (dérivé de l’huile de ricin). Un concept venu d’Asie.
... et nettoyage des quenottes en brosses recyclées
Autant verdir toute sa salle de bains. La P’tite Recyclette est une brosse à dents pour les 3
à 6 ans en plastique recyclé et recyclable en 3 couleurs (bleu Caraïbes, vert pomme, raisin). Un manche marrant et ergonomique facilite la prise en main, la brosse
est adaptée à la bouche des enfants pour atteindre les molaires. Elle n’agresse pas les gencives. Recommandation du fabricant : à utiliser sous le
contrôle d’un adulte et à examiner avec soin avant chaque utilisation.
incuber... les maladies du système nerveux
L’Institut du Cerveau annonce un nouveau campus spécialisé dans les technologies médicales (medtech) et l’intelligence artificielle pour son incubateur iPEPS, The Healthtech
Hub. C’est le premier incubateur dédié aux maladies du système nerveux
en France. Il rassemble chercheurs, médecins, patients, entrepreneurs et experts industriels « pour l’accélération de solutions numériques au service
de la santé de demain ». Il est installé à mi-chemin entre le centre hospitalo-universitaire de la Pitié- Salpêtrière et Station F.
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[Si le syndrome de glissement est parfois considéré comme une forme de dépression, « il ne s’agit
pas d’une véritable pathogénie, mais d’une polypathologie infraclinique »
d’une polypathologie infracli- nique ». En clair, ils soulignent la présence d’une insuffisance rénale (liée à la déshydratation et à l’anorexie), d’un déborde- ment des systèmes de défense par la maladie initiale, de dé- ficits hormonaux exacerbés ou encore de carences restant à un stade infraclinique jusqu’à la décompensation entraînée par la maladie aiguë. Et ils considèrent que « ce syndrome, dont le pronostic est réservé, revêt la forme d’un suicide et exige une prise en charge multidiscipli- naire ».
Ne pas se contenter d’antidépresseurs
En pratique, il est fréquent que l’on se contente de diagnostiquer un épisode dépressif majeur, voire une dépression sévère à to- nalité mélancolique, et que des antidépresseurs soient prescrits en intraveineux. Mais comme le notent ces chercheurs, quelle que soit la molécule prescrite, dans 30 % des cas les patients ne répondent pas au traitement par
vie privée
antidépresseurs. Et plusieurs au- teurs ont par ailleurs rapproché le syndrome de glissement de certaines dépressions du bébé ou encore du concept anglo-saxon de failure to thrive, issu de la pé- diatrie et correspondant à « un échec, une défaillance à croître, à prospérer, à bien se porter ».
À l’évidence, les anti- dépresseurs ne sont donc en aucun cas suffisants. Il faut bien davantage pour retrouver le chemin de la vie. La prise en charge se doit en effet d’être médicale, infirmière, diététique, physiothérapeutique et psy- chique. Avec aussi et surtout, des mots doux, des caresses, des paroles tendres et affectueuses, et tout simplement les visites des personnes aimées... ce qui est malheureusement difficile à mettre en musique, en temps de covid-19. aVEC THE COnVERSaTiOn
* Un rappel : covid est l’acronyme anglais de « coronavirus disease », soit « maladie à coronavirus ». Contrairement à l’abus généralisé qui confond le virus (Sars- CoV-2) et la maladie qu’il induit, il faut bien employer le féminin pour désigner la « maladie ».
santé
    doivent l’évoquer : l’anorexie et l’absence de soif (adipsie), la dénutrition et la déshydrata- tion, des troubles sphinctériens (atonie intestinale et vésicale), mais aussi un repli sur soi, le mutisme, le fait de vouloir rester au lit, le refus de s’alimenter et d’être soigné. Mais que sait-on précisément des origines de ce syndrome ?
Plusieurs hypothèses psychopathologiques
Si l’on ne dispose pas encore de véritable étiologie, plusieurs hy- pothèses psychopathologiques ont été avancées, qui mettent en avant la dépression avec une di- mension suicidaire, une conduite régressive, un état post-trau- matique ou un état de désor- ganisation psychosomatique.
Certaines font de la dépression l’un des facteurs déclenchants, quand d’autres évoquent un état « confusodépressif » ou « asthé- nodépressif », ou encore une forme de dépression sévère, dé- pression différente dans ses ma- nifestations de ce qu’elle est chez les personnes plus jeunes qui expriment rarement la tristesse tandis que sont bien présentes l’irritabilité et l’opposition, avec refus de s’alimenter. C’est no- tamment ce que tend à prouver une enquête portée à la connais- sance du public en 2012 et menée dans une maison de retraite de la région de Rabat.
Pour ses auteurs, si le syn- drome de glissement est parfois considéré comme une forme de dépression, « il ne s’agit pas d’une véritable pathogénie, mais
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]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
horlogerie & joaillerie
Breguet Classique 7 137
Le savoir-faire traditionnel du guillochage à la main s’exprime à sa pleine mesure dans la ligne Classique.
Comme il y a deux siècles, l’artisan l’exécute sur un
tour à guillocher – pour les décors circulaires – ou sur une « machine ligne droite » pour les motifs linéaires.
La Classique 7 137 présente un motif de « panier maillé » pour l’affichage de la réserve de marche, de « damier » pour
l’affichage de la date et de « clous de Paris » pour la partie principale du cadran. 39000 € www.breguet.com/fr
nouvelle Grande Seconde
Skelet-One
La Grande Seconde Skelet-One, pièce devenue emblématique de l’audace créative de Jaquet Droz, s’offre une nouvelle peau en céramique plasma. Sa particularité est d’offrir des
reflets métallisés sans qu’aucun fragment de métal n’entre dans sa composition. Cette création se destine aux collectionneurs séduits par la troublante modernité de la Grande Seconde, dont le dessin demeure inchangé depuis près de trois siècles.
24200 € www.jaquet-droz.com
gastronomie
Château
d’Estoublon :
huile d’olive
aromatisée
à la truffe noire
Le Château d’Estoublon
dévoile sa toute nouvelle
création, son huile d’olive
aromatisée à la truffe,
qui parée dans un flacon
spray couture fera le bonheur des gourmets avertis. A la dégustation cette huile d’olive vierge extra à l’arôme de truffe noire exalte les papilles par sa douceur, sa suavité et sa finesse.
Elle révèle une très belle intensité en bouche mêlant les saveurs de l’huile d’olive à celle de la truffe noire. 20,50 € www.chateau-estoublon.com
La mésange de Boucheron
La mésange c’est ce gracieux petit oiseau au plumage coloré et chant si vif qui aime se déplacer avec sa moitié. Dans
le fabuleux bestiaire de la Maison Boucheron il incarne
fraîcheur, spontanéité et fidélité. Un adorable talisman comme un présage de bonheur. Bague Meisa, la Mésange
sertie de diamants, de saphirs noirs et d’onyx, sur or jaune, 13 800 €. Ou Bracelet Meisa, la Mésange, serti de diamants,
de saphirs noirs et d’onyx, sur or jaune, 28000 € https://fr.boucheron.com
Oris x momotaro, très fashion !
Cette édition spéciale est produite en
collaboration avec Momotaro Jeans, la société japonaise dont les jeans de haute qualité sont portés par des gens férus de mode en Extrême- Orient et dans le monde. Cette version en acier
et bronze de l’iconique Oris Divers Sixty-Five
est livrée sur un bracelet en denim Momotaro indigo strié des deux bandes blanches,
signature emblématique de la célèbre manufacture.
     2000 € www.oris.ch/fr
Coffret Caviar & Love de Caviar de France
La sensualité du Caviar Cupidon, alliée à la vodka Pyla Excellium accompagnera avec panache
un serment d'amour. Ces petits grains de folie sauront faire craquer tous les amoureux. Un coffret qui joue la carte
   de la séduction avec maestria.
1 boîte de Caviar Cupidon de20g,1bouteillede5cl
de vodka Pyla Excellium, 1 cuillère en nacre / 46 € www. caviardefrance.com
Terre Exotique, Evasion culinaire
La maison Terre Exotique
vous accompagne pour
agrémenter le quotidien du
confinement : ce sont près de
500 poivres, épices, plantes
aromatiques, sels, graines et
autres follicules sauvages,
pour explorer de nouveaux
territoires culinaires. Ainsi
par exemple, avec le Poivre
Voatsiperifery, l’Ail des ours,
l’Assemblage du poissonnier,
et le Mélange pain d’épices,
vous donnerez du peps à tous vos petits plats de la journée !
www.terreexotique.fr
Le meilleur de la Sicile à emporter !
Les Amis de Messina,
restaurant sicilien que l’on
adore, propose désormais
ses plats et ses produits à
emporter ou en livraison
gratuite chez vous à partir
de 50€ de commande via sa
nouvelle boutique en ligne.
Evadez-vous pour quelques instants gourmands ! www.lesamisdesmessina.com/boutique
 Le Roy René fête ses 100 ans !
Cette boîte spéciale 100 ans des Calissons Le Roy René, contient 18 calissons d’Aix (235g) et vous plonge avec gourmandise entre Art Nouveau et Belle Époque.
Tous les calissons de cette série limitée sont élaborés avec 50 % d’amandes
de Provence, ce qui illustre les actions menées par la confiserie du Roy René pour la relance de la culture d’amandier en Provence. 16,90 € www.calisson.com/fr/
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]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[                  Le plaisir du café –
fraîchement moulu, pas en capsule.
 Roger Federer
Plus grand champion de tennis de tous les temps
 La nouvelle Z6 fascine même les esthètes et les gourmets les plus exigeants, tels que Roger Federer. La façade et la partie supérieure en Diamond Black viennent souligner son design sculptural. Équipée des technologies les plus modernes, comme le Professional Aroma Grinder, P.E.P.® ou la technologie mousse fine, la Z6 per- met de préparer à la perfection 22 spécialités au café, du ristretto aux spécialités lungo Barista, parfaitement digestes. L’intelligence artificielle personnalise le visuel automatiquement selon vos préférences. Le Smart Connect rend même la commande par smartphone possible et l’I.W.S.® reconnaît automatiquement le filtre à eau. JURA – If you love coffee. www.jura.com
]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
vins à déguster (avec modération)
Domaine de Labarthe, Prunelart Rouge 2014
Ce Gaillac IGP de caractère délivre un ensemble typé, à la robe très sombre et violacée, aux notes de fruits mûrs
(prune, pruneau, framboise) doublées de notes fleuries (violette, pivoine). Une bouche harmonieuse portée par des notes de fruits rouges réglissés, gras à ample, une belle matière aux tanins enrobés.
18,50 € www.domaine-labarthe.com
Château l’Ermitage Epicuria Blanc 2018
Le nez de ce Costières de Nîmes s’ouvre sur la fleur blanche avec des soupçons de fleurs des vergers (pêche, nectarine). La bouche est franche et très aro- matique sur la pêche blanche; une légère tension qui apporte de la fraîcheur mais très bien équilibrée avec le gras apporté par l’élevage sur lies. A déguster entre 12 et 14 °C. AB (en conversion)
16 € www.chateau-ermitage.com
Château Beau-Site 2016 Cru Bourgeois – AOC Saint Estèphe
Le domaine – placé sur un « mamelon » et qui s’étend en pente douce vers la Gironde -, est une des plus anciennes
propriétés de la commune de Saint-Estèphe.
Ce Cru Bourgeois 2016 (78% de Cabernet Sauvignon, 16% de Merlot, 3% de Cabernet Franc et 3% de Petit Verdot)
est un vin suave avec une bonne structure tannique élégante aux notes de petits fruits noirs mêlées à des
notes d’épices. Élégant et racé, il offre amplitude, belle mâche et très belle longueur à la fois.
A déguster avec une côte de bœuf ou un poulet grillé, le tout accompagnés de légumes verts. 28,90 € www.lagrandecave.fr
Château Demonpère Rosé 2019
Ce Côtes de Provence Notre-Dame des Anges présente une robe d’un beau rose pâle, offre un nez très expressif et complexe : Notes de rose, fruits rouges et épices révèlent une belle harmonie. La bouche est toute aussi séduisante : gourmandise du fruit en attaque, puis les notes épicées se dévoilent. Belle persistance, ronde et fruitée.
15 € www.chateau.demonpere.com
       La Navicelle
ultimate Provence Côtes de Provence 2019 Rosé
Un coup d’éclat. Indissociable de son flacon signature, UP est la promesse d’un vin extra frais. Celui qu’on partage. Le jour. La nuit.
UP offre une palette d’arômes intenses et révèle tour à tour des notes de citron mûr et fruits
exotiques mêlées à des notes florales audacieuses à l’image de son domaine. En bouche, ce
rosé inattendu revêt ses plus beaux atours pour délivrer une performance d’une fraîcheur inouïe soulignée par des notes épicées de poivre blanc. 16,50 € www.ultimateprovence.com
Rosé 2019, une
La Reine des Bois du Domaine de la Mordorée
Cet AOC Tavel Rosé 2019 jouit d’arômes très complexes ; fleurs, fruits blancs et rouges
(framboises, grenade, fraise) avec un soupçon de menthe.
La bouche est aérienne, élégante, fraîche, très
longue et ample. 15,60 € www.domaine-
mordoree.com
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mai/juin 2020 ecoreseau.fr
pure réussite
Ce nouveau rosé de la Navicelle est dans la lignée des meilleurs
de l’AOC Côtes de Provence avec une trame de belle gourmandise, et une grande élégance. Issu de
l’assemblage précis de grenache (50 %), de cinsault (30 %) et
de tibouren (20 %) ce joli rosé joue le parfait équilibre entre la fraîcheur et la finesse. Ce rosé 100 % bio a été élevé avec les
plus grands soins et saura ravir les épicuriens avisés. 15 €
www.domainedelanavicelle.com
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[du côté des bulles...
Duval Leroy Brut Réserve, frais et intense
Riche d’une quinzaine de crus et d’un apport généreux de vin de réserve, le Brut Réserve Duval-Leroy confirme sa complexité avec une constante reconnue.
Parfaitement équilibré entre finesse et puissance, il développe des arômes de chocolat noir, de cannelle, de figues jaunes rôties et exprime une vinosité subtilement fondue en bouche.
36 € www.duval-leroy.com
Crémant de Bourgogne Blanc de Blanc « Dosage Zéro » 2013
Une robe or, un nez intense typique du Chardonnay dont il est entièrement issu, des notes d'agrumes. En bouche, beaucoup de fraîcheur et de vivacité, la bulle fine explose sur le palais et exhale les notes du Chardonnay. Une finale riche et longue. Un crémant pour les fins connaisseurs.
16,25 € www.simonnet-febvre.com/fr/
Cuvée Spéciale Rosé
La Cuvée Spéciale Rosé célèbre le fruit frais avec subtilité et franchise, offrant une litanie de parfums fruités et purs. Les petits fruits rouges
croquants, la griotte fraîche, le coulis de mûre, de fraise des bois composent une palette aromatique exubérante, qui glisse avec
aisance sur une bulle fine et onctueuse. Les raisins noirs, liés au Chardonnay, apportent vigueur et texture à cette cuvée fraîche et subtile. 35 €
www.nicolas-feuillatte.com
La maison Devaux signe une nouvelle cuvée « Blanc de Blancs »
Ce Champagne issu exclusivement de Chardonnay a été bonifié par un vieillissement de 3 ans, lui conférant subtilité et élégance. Son nez évoque des notes florales ainsi qu’une légère touche de minéralité. En bouche, les agrumes prédominent, apportant au vin une belle tonicité. Quelques notes discrètes d’herbes fraîches comme le basilic se dévoilent. Habituellement distribué de façon exclusive via un circuit prescripteur, Champagne Devaux poursuit sa collaboration avec Monoprix en ajoutant cette cuvée à la sélection pointue de l’enseigne.
23,90 € www.champagne-devaux.fr
spiritueux
Cognac aBK6 Réserve artist Collection
ABK6 Réserve Artist Collection est une édition limitée de 5 000 bouteilles numérotées. Le nez est fin, élégant et intensément aromatique, mariant des notes de pommes, poires, prunes confites, cannelle et vanille
avec des touches boisées délicates. En bouche,
un bel équilibre entre rondeur et structure, arômes épicés, vanillés et boisés laissant apparaître les
notes fruitées persistantes. 65 €. www.abecassis- cognac.com
Mackmyra Grönt Te, un Single Malt innovant
Chaque année, Angela d’Orazio, Master Blender de Mackmyra, enrichit la gamme « Season » d’une nouvelle expression en édition limitée. Hommage au voyage, à la découverte et à la volonté de transmettre au whisky l’expression de combinaisons de saveurs, Mackmyra Grönt Te est un Single Malt élégant, vieilli en fût de sherry Olorosso et affiné 19 mois dans des fûts ayant contenu de la liqueur de Matcha. Grönt Te est un whisky floral et fruité avec des arômes de vanille, d’herbes vertes, d’épices douces et de pomme verte.
82 € https://mackmyra.com
l’art du temps
vie privée
           ecoreseau.fr mai/juin 2020
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]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[expressions
médias par Mathieu Wilhelm
 Les médias reflètent ce que disent les gens, les gens reflètent ce que disent les médias. Ne va-t-on jamais
se lasser de cet abrutissant jeu de miroirs ?
Amin Maalouf, Le premier siècle après Béatrice
DLe quart d’heure de célébrité !
écidemment, Mon- les médias, l’internaute n’a eu Quitte à laisser parfois de côté sieur Warhol avait qu’une seule idée en tête : être un ce qui fait d’eux de vrais pros : raison sur... à peu acteur de l’information ! Passer la vérification des sources ! Car près tout ! Alors que de l’anonymat à l’anonymisation une info erronée sera reprise tout
le « nouveau monde » avait pris du débat et de la parole ! Comme de suite, visible, et partagée par
[ Briefing médias ]
Zoom avant !
C’est la success story du confinement ! En trois mois à peine, le nombre d’utilisateurs quotidiens de l’application de visioconférence Zoom a été multiplié par 30, passant en un éclair de 10 à plus de 300 millions de personnes connectées chaque jour ! En deux mois, elle est l’une des entreprises qui auront permis de changer la vision du travail,
de le modeler, et de faire
changer les habitudes du
plus grand nombre ! Le
hic ? L’application nous
promettait le chiffrage
de bout en bout afin de
protéger nos données
personnelles alors qu’il n’en est rien ! Dès sa première connexion, l’utilisateur aura comme par magie des notifications sur tous ses autres réseaux, et aura laissé un accès quasi libre à tous ses profils annexes !
L’éco façon France Cul
Et si l’économie n’était pas uniquement l’affaire des spécialistes ? C’est ce que cherche à nous faire entendre France
Culture par le biais de
débats philosophiques et sociologiques qui appréhendent l’éco par l’écho qu’elle
peut avoir sur chaque
strate de nos vies !
Tiphaine de Roquigny
nous propose donc
d’analyser en détails
tous les impacts d’un
domaine qui tâtonne et qui innove, de façon plutôt éclairée grâce aux auteurs, penseurs, et idéologistes autour de la table !
Entendez vous l’éco du lundi au vendredi, à 14 heures sur France Culture
[ chiffrages ]
15 000 km
Durant ces 10 dernières semaines, une équipe de France Info composée de 8 reporters et de 8 techniciens a réalisé plus de 60 reportages audio et 30 reportages vidéo.
Elle a visité 12
régions et parcouru
plus de 15 000 km.
Une grande partie
des reportages ont
été déclinés sous forme de modules vidéo diffusés sur franceinfo.fr et les réseaux sociaux (Facebook, Twitter et Instagram) où chacun cumule des milliers de vues.
 la décision d’exclure encore et toujours un peu plus le « lamb- da », nous venons d’assister à son incroyable avènement ! Mais pas d’inquiétude pour les possesseurs du sceptre, évidem- ment, son couronnement n’aura été que de courte durée ! Il faut dire que les réseaux sociaux, qui ont vu bondir leur affluence de plus de 60 % pendant le confine-
si le sésame « carte de presse » avait, en quelque sorte perdu de sa valeur, au profit de l’outil nu- mérique ! Le média participatif a offert à tout un chacun la possibi- lité de devenir journaliste ! À son degré... Selon une étude du Pew Research Center, 37 % des inter- nautes américains croient contri- buer à la formation des nouvelles en commentant l’actualité ou en
tous ! Par le passé, une erreur pouvait être dissimulée, étouffée, aujourd’hui, il n’en est plus ques- tion, tout se sait très vite ! Ah, le journalisme citoyen ! Certes, il n’est pas nouveau, mais il a peut- être, en cette période, pris encore et un peu plus de sens ! Mais attention, s’il permet une aug- mentation de contenu, il risque aussi de nous noyer dans un flot ininterrompu de news que l’on ne sera plus à même de trier avec objectivité ! N’oublions pas, en revanche, que la parole citoyenne est légitime et nécessaire. Parfois même trop faible dans la société actuelle. Et ne boudons quand même pas notre plaisir : face au « parler pour ne rien dire » de certains, sur les plateaux de télé, nous avons pu voir fleurir sur les réseaux de petites pépites d’ingéniosité, humoristiques et satiriques ! N’oublions pas non plus que si le lambda prend, de lui-même, la parole, c’est que personne d’autre ne la lui donne ! De même que le fameux hater des réseaux sociaux, qui se fait forcément du bien derrière son petit écran, peut enfin dire tout ce qu’il veut ! Avoir l’impres- sion d’exister, avoir l’impression d’avoir un avis. Et il continuera forcément à le donner puisque personne ne lui a jamais rien de- mandé ! Inévitablement, l’ennui de ces dernières semaines n’a rien fait à l’affaire ! Mais gare à nous ! Que ce quart d’heure de célébri- té ne deviennent pas un « quart d’heure décérébré » ! n
   ment, ont été le théâtre d’à peu près tout et n’importe quoi ! En 2020, lorsque l’on oblige l’hu- main à rester chez lui, son pre- mier réflexe est, pour s’évader, de se jeter sur ses écrans ! Mais sûrement pas pour ne rester que spectateur ! À l’heure où les informations circulent sur les réseaux sociaux avant même d’être publiées officiellement par
la partageant via Facebook et Twitter. Ces chiffres illustrent bien cette volonté qu’ont les internautes d’être actifs face à l’information ! L’écueil ? La pression inévitable pour la vraie profession ! Les journalistes sont à présent tenus de fournir des contenus rapidement, pour une mise en ligne immédiate, face à cette nouvelle concurrence !
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]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[ECONOMIE
POST-CROISSANCE, CAPITALISME NUMÉRIQUE VS CAPITALISME UTILE, TAUX NÉGATIFS, POUVOIR D’ACHAT, ULTRA-RICHES, DÉCROCHEURS, PÉRIL GRIS, CHUTE DE THOMAS COOK, PSA FIAT CHRYSLER, COLÈRE DES USAGERS, CONTRE LA VENTE D’ADP, ESTHER DUFLO
le regard sémantique
expressions
  « Taux negatifs », Jane Bee
jeanne
Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
Société Post-Croissance
C’est officiel : nous entrons dans une société post-croissance. On s’inter- roge : le progrès a-t-il encore un ave- nir ?. Dans une société où précarité et pauvreté s’accélèrent, où l’on ne cesse de s’alarmer du nombre grandissant de décrocheurs et déclassés écono- miques, la Française Esther Dulfo qui travaille justement sur ces questions reçoit Le Prix Nobel d’Economie.
Dans cette société post-croissance se confrontent capitalisme numé- rique et capitalisme utile. Le pouvoir d’achat reste la préoccupation pre- mière des Français. Les hyper-riches de 2012 sont devenus les ultra-riches de 2019 et ils sont plus que jamais honnis. La colère des gilets jaunes est toujours en marche. Les retraites à poings levés, les hôpitaux publics qui s’effondrent, et robes noires et « blouses blanches, enseignants, avo- cats, paysans... Tous se retrouvent dans cette convergence des colères. Mobilisation massive donc !
23 septembre 2019, chute de Thomas Cook.
17 décembre 2019, la fusion PSA- Fiat-Chrysler.
Ces épisodes économiques ne sus- citent pas autant de réactions que la privatisation d’ADP ou la priva- tisation de la Française des jeux qui, elles, récoltent de nombreuses ma- nifestations de colère. Sans oublier l’exaspération fiscale.
Société post-croissance où chacun spécule sur les conséquences des taux négatifs et où le vieillissement de la population porte la silver eco- nomy. Les Assureurs en ligne, les banques en lien et la vertigineuse in- dustrie des paiements se développent, tout comme Le Cyber Monday pour profiter des soldes en ligne. n
ecoreseau.fr mai/juin 2020 | 65
]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[expressions
les mots de la fin par Marie Grousset
 [ Le saviez-vous ? ] Nostrovia !
[ à ne pas confondre ]
   Si un chapon est une volaille délicieuse qui se marie très bien avec des morilles et une sauce champagne, un chaperon en revanche, est généralement une dame amère chargée de s’assurer que sa ’protégée’ ne se laisse pas compter fleurette par quelque freluquet un peu trop téméraire. Le chapon s’accompagne,
le chaperon accompagne. Nuance.
Trop souvent traduit comme un « à la vôtre » venu tout droit de Russie, nostrovia est en fait une manière de remercier quelqu’un pour une boisson ou un plat. Il existe bien des toasts russes (il existe même un thé goût russe), mais ce mot n’en fait pas partie.
[etaussi]
En parlant de toast : L’Chaim ! Il s’agit littéralement d’un toast à la Vie avec un grand V, accompagné d’une consommation d’alcool. Cette expression hébraïque est une façon de souhaiter une belle vie à la personne avec laquelle on est en train
[Lemotdumois] sirène
Être fabuleux mi-femme mi-poisson (voire même mi-pieuvre dans le cas de la mari-morgan), tient son nom du latin siren, sirena, lui-même emprunté au grec seiren et veut dire
 de trinquer. « accrocheuse, séductrice ». Charmante demoiselle, donc.
   Rindfleischetikettierungs- überwachungsaufgabenübertragungsgesetz
Non, personne n’a insulté vos proches alors on se calme s’il vous plaît. En allemand, langue délicieuse s’il en est, ce mot long de soixante-trois lettres signifie «loi sur le transfert des obligations de surveillance de l’étiquetage de la viande bovine». C’est sans doute par pitié pour quiconque tenterait de le prononcer que ce mot fut abandonné, livré à son triste sort et voué à l’oubli. Raoust !
[ mot frappant ] BolasArme composée d’une corde à laquelle sont rattachées deux boules de métal assez lourdes, le bolas sert notamment à attraper le bétail. Une fois lancé, le bolas s’entortille autour des pattes de la pauvre bête
qui se retrouve à terre. Dans un cadre qui ne ferait pas rugir la SPA, les amoureux de Batman reconnaîtront sûrement l’arme utilisée par Catwoman dans Arkham City.
 [legrosmot]
   66 | mai/juin 2020 ecoreseau.fr
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