﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="60"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                    NANTES | VENDÉE | PARIS | BEIJING | SHENZHEN | CHENGDU
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10th anniversary of the Foundation
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33rd Triathlon Audencia-La Baule
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  *De l’audace, toujours !
]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[éditorial
le chat de
   Olivier Magnan
Rédacteur en chef
Tenir... et réfléchir
Jean-Baptiste
 leprince
fondateur & directeur
de la publication
  enir, bien sûr, c’est le lot d’une (RSE), les modèles du (télé)travail, le partie de l’humanité qui collectif, le refus de l’hyperconsom- s’aperçoit qu’elle n’est qu’un mation... – sortiront exacerbées du David face à un Goliath tsunami, nouveaux modèles écono-
pourtant microscopique, le virus, res- miques à l’appui (lire p. 22). Tenir et
ponsable potentiel de la grippette insi- gnifiante jusqu’aux hécatombes. Tenir, c’est l’obsession de millions d’indépen- dants, TPE, PME voire ETI confrontés à la rupture brutale de leurs marchés. Et réfléchir aussi. Car si les potentats, les Trump, les Bolsonaro et une tripa- touillée de crétins investis de pouvoir ne veulent qu’une chose, le retour du business as usual, du comme c’ était avant, ils se trompent lourdement, condamnent à mort les peuples qui les subissent (et indirectement le conti- nent africain) et entretiennent le réser- voir de coronavirus quitte à nous va- loir des retours après déconfinement. L’une des dernières interventions d’Emmanuel Macron a pris le contre- pied de ces politiques suicidaires, preuve qu’il réfléchit : après avoir ex- horté nos forces vives à « retrouver la force morale de produire en France », il a ajouté « et nous continuerons le jour d’après » (31 mars). Nous chan- geons de modèle. Toutes les tendances en germe – l’entreprise investie d’une responsabilité sociale et économique
ecoreseau.fr
13 rue Raymond Losserand 75014 Paris contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
n RÉDACTION
redaction@lmedia.fr
rédacteur en chef Olivier Magnan
Comité éditorial Adam Belghiti Alaoui, Jean-Baptiste Leprince, Olivier Magnan, Romain Rivière
Chroniqueurs Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Arthur Cohen, Marc Drillech, H’up Entrepreneurs, Julien Leclercq, Les rebondisseurs français, Patrick Levy-Waitz, Alain Marty, Sophie de Menthon, Ordre des Experts-Comptables, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Jean-Marc Rietsch, Didier Roche, Thierry Saussez,
Cédric Ternois, Mathieu Wilhelm
réfléchir sont aussi nos deux mots d’ordre à bord d’ÉcoRéseau Business, creuset des tendances, des ruptures et des nouvelles façons d’entreprendre. Primo, nous avons « tenu » à ne pas lever le camp et paraître, quoi qu’il en coûte. Secundo, nous avons ajouté à notre production une présence en ligne quotidienne d’infos essentielles et de clins d’œil décalés via notre site (ecoreseau.fr), dont une lettre devenue elle aussi quotidienne reprend une partie des contenus – abonnez-vous donc gratuitement, www.ecoreseau.fr/ la-newsletter/ avant de vous abonner au mensuel, marque de soutien et (pe- tit) investissement utile. Tenir et réflé- chir, c’est un peu le leitmotiv de ceux et celles qui entreprennent. D’ici là, pre- nons soin de nous et des autres, tout en prenant le temps que nous n’avions plus... Bienvenue dans le monde du jour d’après. n
JEaN-BaPTiSTE lEPriNCE, FONDaTEUr & DirECTEUr DE la PUBliCaTiON OliviEr MaGNaN, rÉDaCTEUr EN CHEF
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Jean-Marie Benoist, Jean-Baptiste
Chiara, Charles Cohen, Philippe Flamand, Geoffroy Framery, Marie Grousset,
Pierre Havez, Marc Hervez,
Jean-Pierre Lagarde, Pierre-Jean Lepagnot, Jean-Baptiste Leroux, Julie-Chloé Mougeolle, Jonathan Nahmany, Guillaume Ouattara, Nicolas Pagniez, Lili Quint, Patrice Remeur, Philippe Richard, Charlotte de Saintignon, Ariane Warlin, Murielle Wolski
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                               ecoreseau.fr avril 2020
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galaxie
tenir... et réfléchir
entreprendre & innover
grand angle le rGPD, bombe à retardement pour les PME ?
l’œil décalé Plus de poignées de main ? réseaux Plato, un réseau adopté par
toutes les CCi de France
en immersion... En Personne Pionnier du virtuel
briefing innovation décryptage il faut réinventer
nos modèles économiques ! avril 2020 ecoreseau.fr
pratique
BOÎTE a OUTilS
Business guides et enquêtes utiles aux créateurs et dirigeants
27 expertises business guide
28 véhicules d’entreprise
les flottes dans le grand bain
32 briefing rh & formation
35 carrières & talents Écoles d’ingénieurs :
l’humain avant le technicien
vie privée
40 baromètre patrimoine & fiscalité patrimoine
44 baromètre finance & marchés
48 culture & co
50 santé Coronavirus : plus de guérisons
que de décès !
51 l’art du temps 56 expressions
abonnez-vous P. 23, 52 et 57
   ]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[l’onde positive
Thierry Saussez
Créateur du Printemps de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
« La vie est belle à proportion qu’elle est féroce » Pascal Quignard
TOUS LES MATINS DU MONDE
Je trouve d’abord qu’en ces périodes-là il faut se souvenir d’adopter la devise des optimistes lucides, non pas celle des optimistes béats qui pensent que tout s’arrange toujours, mais celle des lucides, « la vie est belle à proportion qu’elle est féroce ». C’est-à-dire qu’au fond, on ne sait ce qu’est le bonheur que lorsqu’on traverse aussi des épreuves et l’on ne sait ce qu’est le succès qu’à partir du moment où l’on a connu aussi des échecs. Cette devise, je la tire du livre de Pascal Quignard dont Alain Cornaud a tiré le film éponyme, Tous les ma- tins du monde, où le regretté Jean-Pierre Ma- rielle prête ces mots à son personnage, Mon- sieur de Sainte-Colombe. C’est au passage un hommage à un film magnifique, à un très grand acteur, qui nous rappelle que les obs- tacles sont faits pour être franchis et pour ne jamais désespérer puisqu’après une crise il y a toujours une renaissance. Voyez la situation économique: l’Insee nous dit qu’un tiers de l’économie aura été affecté par la pandémie. Je trouve que ce n’est pas une si mauvaise per- formance.
MES COUPS DE CŒUR
S’adressent évidemment aux soignant/es, les professionnels de santé qui sont au front, mais aussi aux routiers, aux manutention- naires, aux facteur/trices, aux caissier/ères, et à tous ceux/celles qui préservent notre santé, le bien capital, celle des plus fragiles avec tous les réseaux de bénévoles partout en France pour faire les courses d’une personne âgée. Il faut remercier tous ces agissants qui prennent des risques, je pense aux caissières de supermarché qui sont aussi des héroïnes à leur façon. Ils/elles préservent le moment de la reprise qui, du reste, sera spectaculaire. Coup de cœur également à toutes les entre- prises, et notamment aux groupes comme Carrefour, L’Oréal, à LVMH qui fabrique du gel ou aux petites comme 1089, citée dans ma chronique de mars, le réinventeur du jean français qui se reconvertit provisoirement à la fabrication de masques.
LA REPRISE SERA SPECTACULAIRE
POUR DEUX RAISONS
La première est que les gens auront conservé du pouvoir d’achat car ils auront moins dé- pensé et la seconde parce que tout le monde voudra s’« éclater ». Je pense ne pas prendre
de risque par cette prévision. L’essentiel est que les dégâts économiques ne soient pas trop importants. Il faut donc aussi rendre hommage au gouvernement qui lâche la bride sur les déficits sans d’autre choix et qui met en place des mesures à leur tour spectacu- laires de travail à temps partiel et d’aides aux entreprises, sous condition qu’il faudra que ça suive partout, que tous les maires se pré- parent à sauver leur début de saison, décalé par la force des choses, je pense notamment à toutes les villes touristiques. Que ces élu/ es fassent tourner leurs neurones : parkings gratuits, campagnes de promotion, aides aux commerçants, tout une chaîne, de l’État au terrain, quand gérer la sortie de crise limitera les dégâts.
CE PEUPLE EST AINSI FAIT...
... qu’il peut continuer à danser sous la pluie ou à prendre des risques en pensant que le coronavirus nous quittera comme la grippe H1N1. À cette époque, j’étais le patron de la communication du gouvernement, on s’at- tendait à une catastrophe, on a assisté à une grippette. Ce n’est pas le cas. Quand, avec Ro- selyne Bachelot, nous avons géré cette crise, nous avions préparé le pire, et heureusement. Si le virus avait cédé la place au H5N1, tout le monde serait tombé sur le gouvernement. Pour une entreprise comme un gouverne- ment, la gestion de crise doit se montrer per- manente, malgré le coût pour les finances pu- bliques, question qu’il faudra se poser.
LA RELECTURE
DES GRANDS CLASSIQUES
Je suggère de (re)lire Chateaubriand, ce qui ferait plaisir à mon regretté ami Jean d’Or- messon, son idole. Pour ma part, j’ai relu des pages fondamentales, les mémoires du Géné- ral de Gaulle, quand il écrit que « la vie est un combat, le succès coûte l’effort, le salut exige la victoire ». Il pensait à la guerre, mais ne sommes-nous pas en guerre ? Les mémoires de Raymond Aron, homme considérable, un peu oublié, quand les combats qu’il a conduits contre les totalitarismes furent es- sentiels. Pour aller au summum de la culture et de l’humour, les mémoires d’Edgar Faure, personnage que j’ai connu comme jeune mi- litant gaulliste puis à la Mission du bicente- naire de la Révolution, qui écrit que « c’est un grand tort d’avoir raison tout le temps ». n
L’IMAGE
Fruits et légumes (enfin) O100 % français.
n ne va pas se jouer le couplet nationaliste douteux, mais en l’occurrence, on va se jouer le maraîchage 100 % français, sans fruits ni légumes venus des quatre coins du monde au détriment de l’impact du transport et des
miasmes exotiques. Marchés de plein air fermés, la grande distri- bution s’est engagée à ne vendre que des fruits et légumes produits par l’agriculture française, pour la soutenir. Dixit la Fédération du commerce et de la distribution : « Toutes les chaînes sont en train de passer à un approvisionnement français. Les produits étrangers qui seront présents en rayon seront écoulés, mais il n’y aura pas d’approvisionnement hors de France. » Et si ladite chaîne restait tendue sur ce pignon hexagonal une fois la crise sanitaire passée? Avec des prix raisonnables et des marges producteurs viables? Non ? Possible ? n
Il faut calmer son cerveau et il faut calmer son corps. Pour calmer son cerveau, il faut se rappeler que ce virus
ne fera mourir qu’une toute petite minorité d’entre nous. Nous allons traverser cette histoire.
CHRISTOPHE ANDRÉ, MÉDECIN PSYCHIATRE
tenir... et réfléchir
galaxie
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ecoreseau.fr avril 2020 | 5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
ÀTENIR... et réfléchir
circonstances exceptionnelles, numéro exceptionnel. En avril, nous ne tenus pendant et après la crise sanitaire. Est-il salutaire de penser que tout redeviendra nous sommes pas découverts d’un fil d’actus pour tenir, en dépit des cir- « comme avant » ou n’est-il pas plutôt l’heure de s’interroger sur toutes les corrections constances, notre rôle de relais, de voix, auprès de nos lecteurs/trices, pour à apporter à un système néolibéral mondialisé pour revenir à des échelles dans les- qu’ils/elles nous trouvent en kiosque ou en Maisons de la presse. Même si quelles start-up, TPE, PME, ETI, même, prospérerons dans un écosystème pérenne ?
l’emprise du coronavirus ne nous aide pas toujours à porter un message optimiste, il Comptez sur nous pour y veiller. Et tenez bon ! n n’empêchequenousveilleronsàcequelesengagementsdespouvoirspublicssoient JEaN-BaPTiSTElEPriNCE,OliviErMaGNaN
tenir... et réflechir
 chiffre
le 85%
0,3% 80%
Statista
des Français/es sont inquiet/es face au virus
(sondage des
19 et 20 mars), chiffre corrélé à l’augmentation du nombre de nouveaux cas de covid-19 dans le pays.
à LIRE
En attendant la flopée de livres consacrés à la crise sani- taire et son « après » qui vont envahir les librairies, voici quelques titres positifs dont la réflexion a de quoi meubler les heures confinées...
Données-vous ce pouvoir
La toute-puissante « data » ne sera source de création de valeur qu’à la condition que les entreprises, les
organisations publiques, les associations, vraiment peu préparées à exploiter cet « or binaire », mettent en place une stratégie. Il faut des modes d’emploi. Comme ce petit ouvrage introductif : ce qu’est la donnée, ses traitements, comment en anticiper l’impact, surtout l’utiliser dans son business puis décoder les enjeux et les perspectives. Car la ressource des données de qualité a besoin de l’intelligence artificielle pour la décrypter. Elle se retrouve dans les objets connectés, l’écologie, la propriété industrielle, partout.
Les quatre auteurs sont des pointures dans leurs domaines. C’est toute la valeur de ce condensé de puissance.
Data Power, comprenez et exploitez la valeur de la donnée, Cyril de Sousa Cardoso, Emmanuelle Galou, Aurore Kervella, Patrick Kwok, Eyrolles
voulez-vous libérer votre entreprise ?
L’entreprise sera libérée ou ne sera pas. La chaire Futurs de l’industrie et du travail chez Mines ParisTech (fondée par Mäder, Kea & Partners, Theano Advisors, FaberNovel et la Fabrique de l’industrie) qui « produit, encourage,
valorise des futurs possibles de l’industrie et du travail » publie son enquête sur l’autonomie et ses contraintes. Oh, certes, ce n’est pas le genre d’ouvrage que l’on emporte en week-end, mais entre deux avions (hors confinements pour cause d’épidémie !), c’est le genre de repères dont un/e dirigeant/e doit se pénétrer.
On apprécie vivement les exemples d’entreprises « libérées » pérennes. En attendant de passer au modèle, un grand
nombre d’entreprises favorisent la montée en autonomie et la participation des salarié/es.
Au-delà de l’entreprise libérée, Thierry Weil, Anne-Sophie Dubey, La Fabrique de l’industrie et Chaire FIT
Dans la même collection, À la recherche de l’immatériel : comprendre l’investissement de l’industrie française, prolongement de l’étude d’octobre 2018, L’investissement des entreprises françaises est-il efficace ? Des dépenses plus élevées qu’en Europe. Un document éclairant. La Fabrique de l’industrie, OFCE.
  baisse du PIB attendue contre le 0,9 % attendu.
taux de mortalité du virus Marburg en Afrique en 1967, -de3%>tauxdemortalitédu coronavirus SARS-CoV-2
      mode de vie
À vélo, le risque de contamination est quasi nul !
C’est une information tirée du Spiegel de Hambourg. Alors que l’Allemagne n’est pas confinée, que la distanciation sociale prônée est de 1,5 mètre, que le nombre limite de personnes réunies est de 2, la fédération allemande des pneumologues affirme que « le risque de contamination à vélo est quasi nul ». Pourquoi ? Primo, les
passants sont tenus à distance, secundo, le cycliste ne touche pas de surfaces contaminées, style barres de bus et, accessoirement, une partie de la chaussée. Au- delà de l’effet salutaire de la pratique du vélo, voilà que l’engin miracle protège les Allemand/
es, peuple très « bicyclettiste ». Pourquoi pas le monde entier ?
6 | avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[ EXPERT
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]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
tenir... et réflechir
isabelle Saladin, présidente fondatrice d’I&S Adviser Operating Partners, partenaire des entreprises de toute taille et de toute nationalité, cocréatrice des Rebondisseurs français, communauté d’entrepreneurs solidaires
« Un seul nerf de la guerre, Pla trésorerie »
arce que, confinée dans les alité des faits. Pour tenir, Yvelines, la « guerrière » il faut limiter la casse. Des Isabelle Saladin dialogue TPE, artisans, aux PME, tous les jours avec ses le nerf de la guerre, c’est la
clients, ses adhérents, suit pas à trésorerie. En une semaine,
 pas les mécaniques de sauvegarde des pouvoirs publics moulinées par l’engrenage trop laminant des banques, elle a de quoi délivrer trois messages forts aux TPE, PME, les premières entreprises à affron- ter une crise que l’on supposait économique – et qui va le devenir – mais qui fut au final sanitaire et invisible...
Voici la synthèse de ses propos.
Il faut tenir. La France va apprendre ce que le mot « rebond » veut dire. L’une des valeurs clés d’un entre- preneur est sa faculté de rebond. Le reste du monde l’a compris depuis longtemps. En France, le rebond est associé à un mot, « échec », qui veut dire « roi ». Rien à voir avec la connotation négative que nous en avons. Rebondir, c’est accepter la situation, voir les opportunités d’une crise pour repartir et prendre les bonnes décisions. C’est peut- être pour nous une bonne leçon. Comme un chirurgien revendique une dextérité, l’entrepreneur doit rebondir au nom d’une forte rési- lience.
Le deuxième point se nomme ré-
Jugement de valeurs
Au moment où j’écris ces lignes, Uderzo a mis le point final à ses gauloi- series.
Face à l’urgence sanitaire qui nous inquiète et nous mobilise, adres- sons-lui ce petit message : s’ils faisaient à l’instant un nouveau Tour de Gaule, ses enfants Astérix et Obélix y découvriraient dans chaque région des trésors de réac- tivité et de solidarité.
Opérateurs publics et privés, cha- cun de leur place, et en coopéra- tion. Par Toutatis... Ce n’est pas la potion magique contre le virus. Mais au moins un moyen efficace pour contribuer au combat.
Sur le front économique, CCI
avec l’accord de la banque... Ça change la donne pour des entre- prises à peine sorties du blocage des gilets jaunes puis des grèves. Ce qui signifie que seules 20 % des en- treprises auront accès à ce prêt de trésorerie. Traduction immédiate : défaillances et licenciements. On ne va pas se mentir. On en verra les
effets au cours du dernier trimestre. Mais d’emblée, au moment où je m’ex- prime, j’ai reçu un message de l’un de nos adhérents : il dépose le bilan. Le nerf de la guerre, c’est la tréso- rerie. Avant même la crise, les dépôts de bilan étaient liés à cet encours. Alors au- jourd’hui...
Les 3 attitudes vitales
Tenir veut dire tenir sa tré- sorerie. Il faut utiliser tout ce que l’État annonce, dé- poser partout ses dossiers. Au moment où la première
puissance du monde est touchée, les États-Unis, on peut imaginer ce qui va nous advenir.
Désormais, trois attitudes s’im- posent.
• La première est de ne pas faire aux autres ce que l’on ne veut pas subir: les entrepreneurs sont une chaîne, des TPE aux grands groupes (qui ne sont pas des entrepreneurs mais des dirigeant/es). Si l’on demande un paiement ou un rembourse- ment pour tenir sa tréso, on coule le voisin. Il faut que les plus gros paient leur facture comptant, alors même que les prêts d’État jouent à leur avantage ! La décision doit émaner du dirigeant, top-down, payez les fournisseurs, court-cir- cuitez les processus ! Idem pour
Nos solidarités
les banques. Ce n’est pas l’heure de jouer sur les cases à cocher. Or les banques ont ajouté à la mesure du gouvernement des conditions qui vont exclure une kyrielle d’entre- prises. Mot d’ordre, en appeler aux experts-comptables et aux aides des pros qui se multiplient. Les Rebondisseurs français mettent en relation ses adhérents avec ces pro- fessionnels disponibles. Moi, j’ai un expert-comptable et un respon- sable financier, parce que je ne sais pas faire, je l’assume.
• Deuxième attitude, demander des avoirs, pas des remboursements. C’est de la solidarité, autant que faire se peut.
• Troisième exigence, ce que tous les entrepreneurs ont oublié, protéger ses biens personnels et sécuriser son foyer. Quand l’économie va réel- lement flancher, au-delà des effets de trésorerie, le premier réflexe du dirigeant dans l’écosystème français est de baisser sa rémuné- ration. Mais il faut alors baisser ses charges : renégocier, mettre en veille tous les prêts personnels auprès des banques, les impôts personnels. Une urgence face au tsunami prochain. Se couvrir soi- même, c’est sauvegarder l’entre- prise, comme les parents doivent s’équiper les premiers des respira- teurs avant leurs enfants dans un avion en perdition !
Il faut que les banques s’assou- plissent.
C’est aussi maintenant qu’il faut lancer le plan de relance. Main- tenant. I&S Adviser Operating Partners prépare 14 plans de re- lance pour ses clients. Le Vieux Continent doit acquérir l’agilité et la rapidité de l’Asie. n
interentreprises sont créées pour mutualiser les besoins de celles qui peuvent encore tourner. Le prêt de main-d’œuvre pour faire tourner les chaînes de production d’activités essentielles s’organise. L’appel au civisme économique pour maintenir la confiance en termes de crédits interentreprises et pacifier les relations sous-trai- tants-fournisseurs est lancé.
Acta non est fabula. Mais impos- sible n’est pas gaulois quand il s’agit d’efforts collectifs.
Prenez soin de vous. Restez chez vous (et relisez vos vieilles BD quand vous aurez un moment). n
la question fut « Comment
payer les gens ? » Si l’État
s’est montré très réactif, vraiment, dans les faits l’intendance ne suit pas toujours. Le chômage, ou l’activité partiel/le, c’est
bien. Mais si vous n’avez
pas d’expert-comptable ou
de responsable financier,
vous devez prendre beau-
coup d’élan, et si les sites «offi- ciels » ne boguent pas! On vous dit continuez à travailler pour soutenir l’économie, mais restez chez vous. Une entreprise qui travaille avec les particuliers dispose-t-elle des pro- tections, responsabilité terrible du chef d’entreprise?
Les banques ont changé la donne du prêt d’État
Une mesure a été modifiée parmi les aides officielles, le prêt garan- ti d’État. La première mouture donnait la possibilité de souscrire à un prêt de trésorerie auprès des banques avec la caution de la Bpi à 90 %. Insidieusement, cette même mesure est devenue un prêt d’État limité à 25 % du chiffre d’affaires,
   Béatrice
France et le réseau des CCI font leur part, au chevet des entreprises en difficulté.
« Adressez-vous aux renseigne- ments. Ils vous renseigneront », se plaisaient à dire nos deux héros. Les 1 500 collaborateurs consu- laires dédiés dans les cellules de crise font plus que renseigner. Chaque jour, ils sont là pour écouter, conseiller, orienter vers les solutions les plus appropriées des entrepreneurs et des travailleurs indépendants bien souvent désem- parés. 45 000 contacts en à peine plus d’une semaine... Un travail de curation (Obélix aurait adoré le mot !) est nécessaire pour les aider à voir clair dans les informations
gouvernementales en permanence ajustées et pour faire remonter aux pouvoirs publics les difficultés et les angles non encore couverts. Afin que les bonnes mesures sur le papier soient aussi les bonnes me- sures sur le terrain.
C’est l’activité économique qu’il s’agit de soutenir et de préserver au maximum.
Mais ab imo pectore... C’est une chaîne plus vaste de solidarité que le réseau des Chambres de Com- merce met en place ou relaie.
Les collectes de masques et d’équi- pement de protection sanitaire ne se comptent plus (et chaque masque compte pour les soi- gnants). Des bourses d’entraide
Genoux
Responsable Pôle Études/ Enquêtes CCI France
8 |
avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[Les CCI désignées premières interlocutrices des entreprises
Pierre Goguet, président fédéral des Chambres de commerce et d’industrie
« le régime exceptionnel durera au moins deux mois »
Médiation & entreprises Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
mouvement national de Àsolidarité économique
tenir... et réfléchir
galaxie
  À Levallois-Perret, le 20 mars, Pierre Goguet, président de CCI France, remonte dans son bureau pour prendre notre appel. Il est pratiquement seul au siège. « Mais toutes nos chambres sont en télétravail et nos équipes 100 %
actives, dans tous les
territoires. » Et pour
cause : c’est aux CCI
que Bruno Le Maire a
officiellement confié
la mission de rester
les interlocutrices de
premier rang des quelque
3 millions d’entreprises
en contact direct. Comment font-elles face ?
avant les mesures de chômage partiel, vous dites que le vital c’est la continuité de l’activité quand le télétravail est impossible...
La vraie problématique est là : au-delà des mesures sanitaires et d’un confinement pas toujours strict, il faut que les entreprises travaillent ! Il est vital que le pays ne soit pas bloqué pour assurer la continuité économique nécessaire dans
le respect des contraintes barrières. Tout le BTP, par exemple, est aujourd’hui au ralenti, notamment en raison de l’attitude de retrait de ses clients. Des chantiers sont suspendus alors même que les chefs d’entreprise, les chefs de travaux, font observer les mesures de risque sanitaire. Il y a surréaction. Et le message que je dois faire passer est primordial : poursuivez
le travail, même en mode dégradé. Les CCI et les fédérations professionnelles le font passer, ce message. Il faut rester en mode de fonctionnement. Le crédit interentreprises doit fonctionner.
vous voulez dire que les entreprises doivent absolument payer leurs fournisseurs...
Oui ! Le gouvernement a ouvert
300 milliards de lignes de crédit. Il est
à lire
indispensable que les petites entreprises soient rassurées sur leur trésorerie à court terme. D’où l’importance de poursuivre l’activité, fût-ce en mode dégradé. Selon nos informations, l’Italie qui a démarré le
confinement avant nous voit ses industries tourner à 90 %. Nous ne pouvons faire moins.
vous faites passer
un autre message, la consommation des congés payés échus... C’est là encore une
attitude vitale. Il faut consommer les congés de l’année dernière. Imaginez que toute l’économie tourne au chômage partiel, puis que les salarié/es partent
5 semaines en congé dans la foulée. Ce serait une catastrophe. Nous essayons donc d’encourager cette prise de congés qui, rappelons-le, assure un salaire versé à 100 % quand l’activité partielle correspond à84%.
Une autre de vos priorités s’emploie
à indemniser les indépendants non salariés.
Parfaitement. La France s’est enrichie de créations de micro-entreprises à grande échelle, encore faut-il désormais les garder en vie. Il faut réussir l’obtention d’un premier versement de 1 500 euros aux indépendants dès le début du mois d’avril, puis mener une analyse au cas par cas des besoins individuels, dans un contexte assurantiel proche de zéro. Il existe un fonds de solidarité crédité d’un milliard d’euros qui se répartit à raison de 250 millions par région.
votre vision de la durée du « couvre-feu économique » en France ?
La mise au ralenti du pays va durer. Au moins deux mois...
PrOPOS rECUEilliS Par OliviEr MaGNaN
Face au virus, je lance un
 Santé au taf : prévenir, prévenir, prévenir
En bonne santé est une chose, mais en bonne santé au travail, c’est indispensable. Or rares sont les bouquins qui s’articulent de façon puissamment
pratique sur les façons de prendre soin de soi dans son quotidien en entreprise. D’une façon générale, on met en garde contre le burn-out et l’on donne des clés pour l’éviter ou s’en remettre. Mais le manuel pratique de Catherine Vasey, psychologue clinicienne multiplie les auto-évaluations, met en place 54 outils pour qu’avant, pendant, après le « boulot », notre priorité demeure bien-être et santé. Toutes les RH devraient posséder ce livre pour établir des plans pratiques au bénéfice des salarié/es. Tout le monde y gagne. La boîte à outils de votre santé au travail, Catherine Vasey, Dunod
démie du coronavirus Covid-19 s’amplifie et les inquiétudes d’il y a quelques semaines sont devenues des signes concrets d’une déstabi- lisation à grande échelle de notre économie.
Le plan national de soutien a pour but de protéger au mieux les entre- prises qui, dans certains secteurs, sont exposées au danger de dispa- raître. Que ce soit au niveau fiscal par des remises d’impôts directs, des délais de paiement, au niveau social par le déplafonnement du dispositif de chômage partiel ou économique avec la création d’un fonds de solidarité ou le recours plus facile aux prêts de la BPI, l’État est depuis le début à l’écoute des difficultés des entreprises.
Mais au-delà de ces mesures de soutien, les impacts de cette crise ne pourront être surmontés que si les acteurs économiques font preuve de solidarité.
Être solidaire c’est quoi ? C’est déjà aider les autres à surmonter une difficulté. En cette période très dif- ficile pour tout le monde, il est im- portant que les grandes entreprises aident leurs fournisseurs à s’en sortir. Les aider, ça veut dire payer plus tôt que d’habitude, ne pas im- poser de pénalités si le contrat n’est pas respecté, rééchelonner des fac- tures...
Être solidaire c’est aussi se regrou- per, se serrer les coudes et ainsi être plus fort ensemble. Ce qui passe par l’écoute de l’autre et de ses pro- blèmes, mieux se comprendre pour trouver des solutions ensemble. Ne penser qu’à soi dans ce contexte est une mauvaise solution. Si on espère se sauver en ne payant pas ou en im- posant des pénalités, on condamne tout ce tissu d’entreprises qui font
tenaires économiques. Donner de son temps à ceux qui n’en ont que très peu. Et partager autour de soi les conséquences « positives » de ces actions, de cet état d’esprit so- lidaire.
Né en 2010 pour répondre aux conséquences de la crise de 2008, le Médiateur des entreprises accom- pagne et aide les entreprises depuis dix ans. Durant cette période, nous avons permis à des milliers d’entre elles de régler des litiges à l’amiable, de transformer leurs pratiques en profondeur et avons développé une expérience et une expertise fine à leur service.
Cette crise sanitaire et ses réper- cussions économiques qui risquent d’être profondes sont un enjeu ma- jeur pour le futur de nos entreprises. Il s’agit d’une étape charnière. Cette solidarité que j’appelle de mes vœux doit être le point de départ d’une réelle prise de conscience. Les relations entre clients et fournis- seurs doivent être davantage gou- vernés par le dialogue et l’écoute. Il faudra sortir de cette épreuve par le haut, cet investissement que je demande aujourd’hui doit servir à la construction d’une relation four- nisseur durable. n
Pour en savoir plus sur l’action
du Médiateur des entreprises et nous saisir : https://www. economie.gouv.fr/mediateur-des- entreprises/coronavirus-laction- du-mediateur-des-entreprises- au-service-des-acteurs
Les informations essentielles sur le site du ministère de l’Économie : https://www.economie.gouv.fr/ coronavirus-soutien-entreprises
l’heure où j’écris ces vivre l’économie française.
mots, le président de la Être solidaire, c’est enfin donner. République vient d’an- Donner l’exemple aux autres en noncer des mesures de mettant en place des mesures de
distanciation sociale inédites. L’épi- soutien de l’écosystème de ses par-
 Pour découvrir ou re-découvrir notre activité, rendez-vous sur le site du Médiateur des entreprises : www.economie.gouv.fr/mediateur-des-entre- prises/lactivite-du-mediateur-des-entreprises-presentee-la-presse
ecoreseau.fr avril 2020 | 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
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 Julien leclercq,
chef d’entreprise et blogueur,
www.salauddepatron.fr
Libres propos
JLettre à la CGT d’un salaud de patron
ulien Leclercq fut journaliste ces lignes, sympa comme ami. l’ISF, passer aux 32 heures de tra- dans une agence de presse pen- Tu continues, donc, en appelant à vail hebdomadaires, jeter la ré- dant plus de dix ans avant de la grève dans les services publics. forme des retraites à la poubelle. Et créer sa propre agence de com- Les médias, que tu honnis tant et comme si cela ne suffisait pas, tu as
munication, Com’Presse, PME de que tu n’hésites pas à empêcher de terminé par des exigences qui n’en
J’exècre que tu fasses d’une minori- té de patrons voyous une générali- té, que tu caricatures à outrance ce que nous ne sommes plus.
J’ai assisté à plusieurs congrès dé- partementaux de la CGT. J’y ai entendu des témoignages de sala- riés au bout du rouleau qui m’ont révolté autant que toi. J’avais envie de prendre ces personnes par la main et de leur dire « tire-toi, au- cune boîte, aucun boulot ne mérite que tu te mettes dans cet état». Puis les emmener voir qu’il existe une autre réalité, des millions de superpatrons, humanistes et en- gagés. Plein de belles entreprises où il fait bon travailler. Mais non. « Travail = torture », assènes-tu, tu te contentes de leur répondre que le patronat est comme ça. Et qu’il faut lui faire la guerre.
Je le redis, il y a des gens très bien en ton sein. Engagés sincèrement dans une lutte sans merci contre la souf- france au travail, contre l’exclusion, la précarité. De nobles causes au- tour desquelles tu retrouveras tou- jours grand nombre de dirigeants d’entreprise, conscients de leur responsabilité sociale et sociétale. Aujourd’hui, j’ai de la peine pour ces gens très bien, pour mes amis. Ils méritent mille fois mieux que tes déclarations à la sémantique militaire d’une violence crasse. Mille fois mieux que tes communi- qués aux relents nauséabonds d’un racisme anti-entrepreneur totale- ment dégueulasse. Encore plus en cette période de crise où nous nous mobilisons chaque jour, chaque nuit, pour sauver les emplois que nous avons créés. n
10 |
avril 2020 ecoreseau.fr
45 salariés, en Lot-et-Garonne. Il a livré sa découverte presque étonnée de la vie d’un dirigeant de société dans un ouvrage vivant et vécu. Il s’adresse aujourd’hui à la CGT, entité qu’il tutoie pour s’étonner que le syndicat ne parvienne pas à sortir de sa dialectique du patron à éliminer...
Il a publié Salaud de patron, Les cavaliers de l’orage, 2013, la suite, Journal d’un salaud de patron, Fayard, 2015, Rendez-vous avec la France qui bouge, Éditions du rêve, 2018, L’ homme qui ne voulait pas devenir président, roman, Inter- valles, 2017.
Chère CGT,
Je viens de lire avec beaucoup d’at- tention ton préavis de grève. Je n’oserais écrire que je suis surpris, il s’inscrit finalement dans la droite lignée de tes déclarations et actions ces dernières années. Dans la droite lignée surtout de tes prises de posi- tion depuis le début de la crise dite « du coronavirus ».
Faut-il le rappeler, tu avais tapé fort dès le départ. À l’heure où les appels à la solidarité nationale se multiplient, à l’heure où la moitié de l’humanité est confrontée à un sort commun, sans distinction de ressource, d’ethnie, de religion... tu avais, dès le premier jour de confinement, désigné le « corona- virus, ami du patronat » (commu- niqué facile à retrouver sur le site de la CGT Commerces et services). 25 500 victimes au moment où j’écris
Adieu, Papy Groove
Manu Dibango avait 86 ans
« Chers parents, chers amis, chers fans, une voix s’élève au lointain... C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre Papy Groove, survenue le 24 mars
2020 à l’âge de 86 ans, des suites de la covid-19 » : le communiqué de la famille de l’artiste sonne comme une dernière note.
Comme toute personne âgée atteint d’autres pathologies – c’était son cas – le Franco-Camerounais avait été admis le 17 février pour tout autre chose dans un établissement de banlieue parisienne.
paraître quand ils ne sont pas d’ac- cord avec toi, sont cette fois plutôt conciliants : ils ne reprennent que les premières lignes de ton pré- avis, qui sont, et ne vois aucun second degré dans mon propos, franchement audibles. Oui, il faut protéger bien mieux les personnels qui continuent à travailler pour maintenir les activités essentielles à la vie de la nation. Oui, il faut des masques et des gants, et c’est im- pensable d’imaginer que nous en manquons. Tu aurais été entendue, applaudie par grand nombre de Français/es. Tu aurais même reçu le soutien de millions d’entrepre- neurs, dont beaucoup ont lancé des initiatives admirables pour se battre activement sur ces sujets-là : je pense aux ETI et PME qui se sont reconverties en fabricants de masques ou de gels hydroal- cooliques. Je pense à ces collectifs d’indépendants qui ont lancé des campagnes de crowdfunding pour soutenir le personnel soignant. Et tant d’autres.
Oui mais voilà. Impensable pour toi sans doute d’imaginer réunir toutes ces personnes derrière toi. As-tu eu peur de remporter ton combat ? As-tu pensé qu’en étant entendue tu existerais moins? Tou- jours est-il que tu as ajouté de nom- breuses lignes à tes demandes, ex- hibées comme justifications de ton appel à la grève. Pour que tu lèves ton appel, il ne faut pas seulement protéger les personnels en contact avec le public. Il faut aussi remettre
sont pas, trop génériques pour si- gnifier quoi que ce soit de concret: « recrutement massif d’emplois statutaires » ou « respect plein et entier du syndicalisme ». Mainte- nant, c’est sûr, tu peux être rassu- rée, personne ne te donnera raison, tu peux faire grève tranquille.
Si j’osais un vœu pieux, je souhai- terais que cette crise, véritable ca- tastrophe sanitaire, économique et sociale, te permette de comprendre que les patrons ont changé. Les nouveaux entrepreneurs ne sont pas le patronat que tu combats avec tant d’acharnement. S’il te fallait une preuve, regarde simplement ce qu’il s’est passé la semaine der- nière: les dirigeants d’entreprises de branches entières, notamment celle du bâtiment, se sont fait tancer par le gouvernement parce qu’elles avaient fermé trop vite, avec pour seul enjeu de protéger la santé de leurs collaborateurs. Accepter cette réalité vertueuse t’engagerait à évo- luer, je comprends que ce ne soit pas évident mais regrette que tu t’y refuses.
Je ne suis pas un antisyndicaliste. Je ne suis pas un anti-CGT. Il y a des gens très bien chez toi, j’ai fréquen- té ton syndicat d’assez près pour le savoir, j’y ai même quelques amis, des gens que j’admire. Je ne nie pas l’existence d’une réelle souf- france au travail, cette souffrance que nombre de tes adhérents com- battent au quotidien. Je déteste en revanche que tu te serves de cette souffrance pour faire de la com’.
 « Il a attrapé la covid-19 pendant sa convalescence à l’hôpital », explique Claire Diboa, manageure et nièce du saxophoniste.
Manu reste attaché à un « tube », Soul Makossa, enregistré en 1972, véritable pépite qui lance l’artiste dans le monde entier. Mais l’ensemble de son œuvre dépasse largement ce titre repère : WakafriKa
(1992), Négropolitaines (Victoire de la musique), Lamastabastani (1996), Kamer feeling (2001)... Un mot, « humilité », qualifie bien ce saxophoniste pourtant géant.
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                 RÉVÉLEZ ET
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   mode de vie
à lire
Tribulations d’un patron en patronat...
À force de nous dire comment l’on doit porter son entreprise, où la mener, comment la transformer, l’on ne sait peut- être plus à quel saint Bodin se vouer ! Jean Bodin n’a rien d’un saint (quoique...), c’est le fameux économiste, philosophe, théoricien politique du XVIe siècle qui eut le bonheur
d’écrire qu’« Il n’est
de richesses que d’hommes ». Depuis, aucun/e créateur/trice d’entreprise ne saurait oublier cette « fière maxime » que souligne le préfacier de ce petit ouvrage, Benoit de Saulce-Latour, conseil, coaching, formation en management,
dont l’auteur, Olivier
Bachelet, chef d’entreprise, oublie totalement de nous
dire qui il est, en le privant au passage
de sa particule. Car disons-le sans le regretter, ce livre tout vert est publié à compte d’auteur, ce qui n’a rien d’infamant, certes, mais nous réserve quelques bévues de mise en page et des oublis fâcheux (comme un simple sommaire).
Il n’empêche que le directeur général
de FBO à Saint Junien (Haute-Vienne), composants et fournisseur de systèmes automatisés électro-pneumatiques pour matériels roulants ferroviaires, livre « une façon d’entreprendre » qui vaut bien, par son ton très personnel, des « traités » plus académiques.
Traité de management humain, Olivier Bachelet, pinto.sara@outlook.fr
de contact humain, l’autodis- cipline en pyjama, n’ont pas la même valeur que la chance de pouvoir terminer un dossier dans le calme de son foyer.
C’est un défi pour tout avocat comme c’est un défi pour nos clients. C’est une condition de notre réussite et de sortie de crise pour nous comme pour nos clients. Une liberté contrainte n’est plus une vraie liberté. Profession libérale, on ne se re- fait pas. n
The Times de Grande-Bretagne se
lance dans une prospective de remise
en cause de certains modes de vie.
Comme...
• L’organisation des chaînes logistiques basées sur les combustibles fossiles, le transport par bateau et par avion,
• Imprimantes 3D, intelligence artificielle et ro- bots augurent d’une mondialisation complète- ment repensée. La combinaison de telles techno- logies rend possible que « des robots commandés par des femmes de ménage basées en Pologne net- toient une chambre d’hôtel à Londres ».
Libres propos
Avocat à domicC
• Le coronavirus devrait pousser les entreprises à « faire le grand saut qu’elles n’ont pas eu le courage de faire jusqu’à présent. La rupture des chaînes d’approvisionnement et le confinement des foyers font apparaître nettement plus attrayante l’idée d’une quatrième révolution industrielle, si l’on fait le choix de l’appeler ainsi ». n
12
| avril 2020 ecoreseau.fr
Jonas Haddad,
avocat Associé de Hashtag Avocats www.hashtagavocats.com
avantages mais aussi ses risques. Ses risques de voir ses revenus varier d’un mois à l’autre, cette remise en cause permanente pour assurer le meilleur ser- vice à ses clients et la concur- rence accrue de nos secteurs. Ses avantages, comme celui principal de choisir son mode de travail.
Entre le palais et le cabinet, entre le cabinet et l’appartement, au té- léphone ou en rendez-vous phy-
ile : l’état d’âme d’un confiné
 hoisir une profession libérale, comme celle d’avocat, c’est choi- sir la liberté, avec ses
sique, la flexibilité est l’une des qualités principales de l’avocat. Cette flexibilité est un atout pour tous ces hommes et ces femmes qui cherchent à concilier vie pri- vée et vie professionnelle. Com- mencer à rédiger des conclu- sions un samedi après-midi pour les terminer un dimanche soir avant de les présenter au cabinet à son client un lundi matin, pratique assez répandue. Cependant, comme souvent, ce qui apparaît comme une li- berté devient un frein dès lors que la contrainte intervient. Le télétravail à 100 %, l’absence
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[Signal faible 1 : la crise du coronavirus justifie
les exercices de prospective
Ma méthode de prospective fait travailler sur les inverses : au tout contrôlé s’oppose le tout libre, au tout vert s’oppose le tout technologique, au tout industriel s’oppose le tout psychologique, etc. Selon les moments, l’inverse est plus délicat à démontrer. La crise du coronavirus nous y aide :
au tout mondial s’oppose le tout local : que ce soit dans l’industrie pharmaceutique, le numérique ou le textile, il faut multiplier les sources d’approvisionnement.
Signal faible 2 : la crise du coronavirus
présente cinq chances
1. Limiter la mondialisation industrielle que ce soit pour l’industrie mondiale ou ici pour l’industrie chinoise. 2. Redéfinir le pouvoir de l’État par rapport au fonctionnement d’un pays : jusqu’où un État va trop loin ou pas assez loin. 3. Limiter la puissance des entreprises – GAFA – qui peuvent devenir une faiblesse. 4. La panique est un excellent exercice de management à différencier de la gestion de crise.
carton et propose de l’impri- merie haut de gamme, sur-me- sure. Un vrai artisan dans son domaine, comme on les aime en France. Laurent est un entrepre- neur autodidacte puisque la sco- larité n’a pas été une alliée.
La cardiomyopathie qui lui est diagnostiquée il y a 10 ans et l’épuisement qui en découle n’ont pas eu non plus raison de sa volonté d’entreprendre. Cette maladie n’est pas compatible avec l’exercice de son activité professionnelle stressante ? Les médecins lui déconseillent for- tement de continuer ? Il n’en faut pas plus à Laurent pour décider de ne pas capituler! Il se sent capable, en dépit des mises en garde de tous. « Je pense que, si je les avais écoutés, alors je ne serais plus de ce monde. La vie
Marc Drillech,
professionnel de la communication, et directeur général d’Ionis Education Group
qui finit et aux décisions prises, à l’en- vie de construire un autre monde qui débouchera sur des transformations radicales, la construction européenne, la décolonisation, le progrès social, les conquêtes médicales... Mais nous ne
monde était allé trop vite. Comme si on avait oublié les leçons apprises 50 ans auparavant. Comme si cette pandé- mie était aussi le symbole d’un monde qui se termine... Je suis un sceptique constructif qui préfère toujours croire
Serons-nous capables, en France, de définir de nouvelles ambitions collec- tives, sans nous diviser sur tout? Pour- rons-nous reconsidérer ensemble l’es- sentiel, le prioritaire? Je l’espère tant et j’avais envie de l’écrire. n
d’entrepreneur vous donne des objectifs, vous permet d’accom- plir vos rêves, elle vous alimente en énergie au quotidien, c’est une véritable raison de vie pour moi. »
Plus encore, Laurent trouve son accomplissement et son bonheur en donnant un engagement so- cial fort à son activité au profit de l’enfance, du handicap ou encore de l’environnement. Selon lui, « le monde ne peut pas être que capitaliste, il n’aurait alors aucun sens. Être entrepreneur, ce doit être aussi accompagner le champ social et/ou environnemental ». Son objectif ? Donner vie aux rêves les plus fous dans le vaste champ des objets publicitaires en carton. Il repousse toujours plus loin ses limites : « Quand on m’interdit de faire quelque chose je réfléchis et je fais ! » eh oui cher Laurent, « le mur de l’im- possible recule devant l’être qui marche » n
Transformerons-nous nos démesures afin que Dnotre planète se pose, se calme, se retrouve ?
Libres propos
aurent est cofondateur de la société Bikom qui produit notamment du mobilier publicitaire en
tenir... et réfléchir
galaxie
  serial rêveur
Didier roche
Entrepreneur français aveugle depuis son enfance, il est notamment le directeur général et associé du groupe Ethik Investment, qui a créé entre autres le Spa « Dans le Noir ? », où les esthéticiennes sont aveugles et
la chaîne des restaurants « Dans le Noir ? », où les clients dînent dans l’obscurité totale, guidés et servis par des aveugles. Il est aussi président fondateur de l’association H’up entrepreneurs qui accompagne les entrepreneurs handicapés. www.didierroche.com / www.serialreveur.com / www.ethik-connection.com/
   L’opiniâtre maître des « signaux faibles », Philippe Cahen, est toujours « en
plongée » à la recherche du futur à travers les minuscules tendances de la grande crise sanitaire.
LFroissart
small data
Entreprendre ? Une affaire de famille et un rêve d’enfant pour Laurent
   ans cette période de stress je sortons pas de cinq ans d’une guerre malgré tout que douter sans espoir. pense à demain et à plus loin, aussi terrible et l’ennemi n’est pas com- Apprendrons-nous de nos erreurs et de une thérapie évidente face parable. On sent l’envie d’autrement, nos négligences ? Transformerons-nous aux tristes chiffres annoncés comme si le coronavirus était le dernier nos démesures afin que notre pla-
chaque soir. Je pense à 1945, à la guerre signal avant le pire. Comme si notre nète se pose, se calme, se retrouve?
ecoreseau.fr avril 2020 | 13
© olivier merzoug
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
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UN RIEN DE PSYCHOLOGIE
d’affects, nos mimiques exacer- bées (si nous ne portons pas le masque) sont des marques d’ur- banité et de prévenance pour ces autres « croisés » de cette guerre contre la montre et contre la co- vid-19. Dans le respect strict des gestes barrières qui sont aussi des gestes de prévenance.
Le discernement
C’est sûrement la plus difficile des vertus à conduire en ces temps de détresse. Car envahi/ es, nous le sommes par les émo- tions négatives, par les poussées de la pulsion de mort qui fait sans cesse retour depuis trop longtemps déjà et pour long- temps encore peut-être. Le dis- cernement serait-il la vertu la plus nécessaire pourtant, à ce
contradictoires, souvent par- tielles mais surtout alarmantes. La pénurie de masques, de gels, de gants, de respirateurs main- tenant... La situation de confi- nement ajoutée à la situation d’alerte permanente provoque une sidération de la pensée, si- dération de type traumatique, avec dissociation psychique. Les réflexes les plus archaïques se confrontent alors à nos capaci- tés à construire une résilience. L’ambivalence de l’enjeu : se gar- der « soi », se protéger, « nous » crée des fractures. Non pas entre les êtres qui souvent s’ai- ment. Mais des fractures entre les modes de fonctionnements hétérogènes. D’aucuns trouve- ront ainsi que le respect, jugé trop scrupuleux, des gestes bar- rières, c’est seulement une psy- chose. Le mécanisme de défense à l’œuvre est le déni (ponctuel et partiel) de la réalité. D’autres trouveront que de petites rup- tures de la chaîne de vigilance sont de l’inconscience, voire de la malveillance ou une paresse et une désinvolture, parfois un désamour pour la compagne ou pour le compagnon, des écarts, des abandons, potentiellement létaux. On ne joue pas à la rou- lette russe avec le SARS-CoV-2. Nous ne savons pas gérer ce qui nous sépare. Nous ne savons pas encore totalement que ce qui peut nous séparer c’est de ne pas avoir discerné que la seule me- nace entre nous, ce n’est pas la divergence des points de vue. La seule chose qui risque de nous séparer, c’est le trajet invraisem- blable du coronavirus.
En d’autres temps, pour le sida, le discernement était de dire « Il ne passera pas par moi ». C’était, déjà, une question d’amour et de discernement au cœur d’une épidémie.
La mesure,
la constance
et la patience
Ces vertus communes s’offrent à nous dès lors que notre discer- nement reste éveillé au monde et à l’autre. Elles seront des al- liées cardinales sur le chemin que nous devons accomplir, avec amour et gratitude. Le plus discrètement possible. « Le plus d’amour possible dans le moins d’être possible [confinement oblige]. Le moins de mots pos- sible pour le plus de sens pos- sible », Vladimir Jankélévitch, Paradoxe de la morale. n MariON PaSQUiNEl, psychologue
Du bon usage des vertus communes, en temps de catastrophe commune
« Elles sont un remède dans le mal » disait Jean Starobinski. Elles sont un baume déposé sur la douleur de vivre.
Ces jours qui sont à nous, si nous les déplions
Pour entendre leur chuchotante rêverie
Ah ! c’est à peine si nous les reconnaissons.
Quelqu’un nous a changé toute la broderie.
Jules Supervielle, extrait du recueil Le Forçat innocent
Carlo Ossola, historien, a eu l’excellente idée de publier de manière ré- cente, en octobre 2019, la
somme de nos vertus communes sous forme d’un livre discret et me- suré, 104 pages, publié aux Belles Lettres. Sous un titre simple, Les vertus communes.
Chacun fera son bouquet par- mi ces douze vertus modestes : l’affabilité, la discrétion, la bon- homie, la franchise, la loyauté, la gratitude, la prévenance, l’ur- banité, la mesure, la placidité, la constance, la générosité.
Nous vous en proposons une petite sélection, petit kit de sur- vie...
La gratitude
Nous la pratiquons, tous les soirs, à 20 heures et au balcon, mais pas seulement. Nous la re- trouvons pour saluer les femmes et les hommes en blanc et leur travail de soignant/es. C’est une attitude de l’esprit de partage de la reconnaissance pour l’offrir à la grande élite de la base: nos personnels médicaux qui, sou- dain, ne sont plus fondus dans une masse invisible et anonyme : ils/elles témoignent à voix nues sur les grandes chaînes, du dé- nuement, justement, dans les services débordés et ils y pra- tiquent, malgré tout l’héroïsme quotidien.
Mais la gratitude, nous la res- sentons aussi, en ces temps troublés, pour le tiers d’entre nous (30 % de la population reste au travail direct afin d’as- surer la vie de la nation). Nous la ressentons pour les caissières, pour les boulangers, pour les
14 | avril 2020 ecoreseau.fr
dépanneurs de chaudière, pour les pompiers, pour les policiers, pour les agriculteurs, pour tous ceux qui assurent, sans masque, la logistique quotidienne de la France à l’arrêt, pour ne pas dire, aux arrêts.
La gratitude, nous la ressentons aussi pour ce voisin qui, à dis- tance, invente un salut rien que pour vous, assorti d’un sourire de tendresse à se reconnaître vi- vants l’un et l’autre par-delà la distance.
L’urbanité
C’est une vertu dont nous usons quand nous saluons, plus osten- siblement qu’avant, les autres humains que nous croisons, de loin, dans ces contacts humains désertés, dans cette rue vide du village, au détour de nos sorties dérogatoires au confinement, forcément et volontairement limitées. Nos gestes amplifiés, lointains sémaphores de la cour- toisie, nos postures signifiantes
point du temps ? Au moment où notre planète, devenue si globale et si fluide (plus de lieu préservé et la barrière entre les espèces qui pourrait bien craquer), notre planète, donc, réagit : nous sommes submergés par le flux. Le flux, pour le moment inexo- rable de la maladie dite covid-19 et les flux de communication sur le désastre. Des flux disponibles en continu sur les chaînes épo- nymes.
 La situation de
nétaire » que
sons dans tous les domaines, y compris affectif, affole tous les modèles de pensée, jusqu’au dé- part sans retour ni adieu à nos proches touchés qui ne revien- dront pas de réanimation et par- tiront dans la solitude du mou- rant. Nous ne savons pas encore gérer, éliminer ces maux, qui, malheureusement, s’empilent. Nous ne savons pas encore gé- rer, assumer l’état de la situa- tion et les informations parfois
rupture « pla- nous connais-
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[                 Disponibilité 1er trimestre 2021
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            ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
grand angle
Le Règlement général de protection des données constitue à la fois une oppo
Le RGPD, bombe à retarde
Les entreprises évaluent mal aujourd’hui la portée de la réglementation RGPD qui redonne aux individus le pouvoir
et la valeur liés à leurs données. Les PME s’exposent à de lourdes amendes en cas de non-respect. Et pourtant, ce Règlement général de la protection des données constitue une véritable opportunité pour les entreprises pour accélérer leur transformation numérique, gérer leurs actifs immatériels et trouver de nouveaux modèles économiques. Alors autant jouer ces atouts. PaTriCE rEMEUr
 Les entreprises n’ont pas toutes mesuré l’enjeu du RGPD. Le texte change profondément les pra-
tiques et redonne aux individus le pouvoir lié aux données qu’ils ont générées. Ce qui a pour effet de transformer radicalement l’en- semble des organisations autour des individus. Une illustration. Société Générale, pour répondre aux enjeux, « se transforme en profondeur pour mieux valoriser et protéger la donnée qui est un actif stratégique ». La banque est désormais totalement organisée autour de la donnée. Elle assure sa collecte, sa protection, sa gestion, son partage et sa circulation avec des acteurs partenaires au sein de son écosystème pour enrichir la donnée. Donc désormais au cœur de la stratégie.
Mais ce n’est pas encore le cas pour la très grande majorité des entreprises. Le texte impose pour- tant de remettre les données dans les mains des individus. Qu’est-ce que ça signifie ? Que toute per- sonne (y compris en b to b) au sein des entreprises clientes ou fournis- seurs, partenaires... a le pouvoir de reprendre le contrôle de ses don- nées et déposséder l’entreprise de l’exploitation de cette richesse. Le RGPD reconfigure ainsi les flux de collecte et de diffusion de données autour de l’individu.
De nouveaux droits qui changent la relation commerciale
Les personnes possèdent de nom- breux droits qui transforment l’en- treprise. Par exemple, le recueil de consentement impose la clarté et la loyauté dans la manière de trai- ter les données personnelles. Cette réglementation modifie substan- tiellement l’approche commerciale, l’organisation et les modèles éco- nomiques qui reposent sur l’utili- sation de données (lire dans ce n° page 24). Une jeune entreprise spé- cialisée dans la publicité en ligne vient ainsi de disparaître. Elle avait fondé une partie de ses revenus sur la collecte de données des inter- nautes sans leur délivrer une clarté suffisante sur leur utilisation finale. Les sociétés Engie et EDF viennent d’être mises en demeure pour dé- faut de consentement éclairé des clients.
Autre exemple. Le droit à la por- tabilité des données devient une arme redoutable. Il reste mal ap- préhendé par les entreprises. Ce nouveau droit revient à restituer les données aux individus mais éga- lement à l’obligation de les trans- mettre, si la personne le souhaite, aux concurrents ou à de nouveaux entrants aux services innovants. Concrètement, le RGPD comme la Directive des services de paiements 2 (DSP2) dans les services finan-
ciers, donne aux clients le droit d’autoriser l’accès de leurs données aux fintechs à même de proposer aux consommateurs de nouveaux services sur mesure à valeur ajou- tée. Exemple typique : j’autorise Bankin’, service de banque en ligne, à puiser dans les bases de données de ma banque pour me présenter mes avoirs, mes comptes, et de me proposer des placements et des so- lutions. Ce que sait désormais faire ma banque, mais avec un temps de retard! Si le client le demande, les entreprises sont donc obligées de partager les données !
Inverser
la charge de la preuve
Autre difficulté majeure du pas- sage au RGPD : les entreprises ne
sont pas concernées de la même manière. Pourquoi ? Parce que l’impact du RGPD ne dépend pas de la taille de l’entreprise ou du secteur d’activité, elle dépend de l’utilisation des données dans son activité. Or, les entreprises n’ont pas toujours conscience de la quan- tité de données qu’elles utilisent ou du traitement qu’elles opèrent.
Dans l’e-commerce, les données personnelles occupent une place importante. Avant, une déclara- tion à la Cnil suffisait. Le contrôle était a priori. Aujourd’hui, l’ana- lyse permanente de la conformité est au centre du processus. L’entre- prise doit se montrer en capacité de prouver le respect du RGPD avec un contrôle a posteriori. Elle gère sa conformité. C’est comme si les au- tomobilistes devaient aujourd’hui prouver qu’ils respectent constam- ment toutes les limitations de vi- tesse lors d’un contrôle. Le RGPD inverse la charge de la preuve. Le RGPD transfère la responsabilité à chaque entreprise, aidée le cas échéant par son délégué à la pro- tection des données, de recourir à telle ou telle donnée, de procéder à
La banque est désormais totalement organisée autour de la donnée. Elle assure sa collecte, sa protection, sa gestion, son partage et sa circulation avec des acteurs partenaires au sein de son écosystème pour enrichir la donnée. Donc désormais au cœur de la stratégie.
16 | avril 2020 ecoreseau.fr
    r
m
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[tunité et un piège
ment pour les PME ?
  tel ou tel traitement pour atteindre ses propres objectifs. La démarche impose ainsi une remise à plat de la stratégie.
Nombre d’entreprises utilisent au quotidien les données person- nelles pour gérer des opérations, souscrire une offre, réaliser un paiement, vérifier des opportuni- tés... La collecte et le traitement des données des individus reposent donc au cœur de la transformation et des interactions entre clients ou partenaires.
L’entreprise doit se montrer en capacité de prouver le respect du RGPD avec un contrôle a posteriori. Elle gère sa conformité. C’est comme
si les automobilistes devaient aujourd’hui prouver qu’ils respectent constamment toutes les limitations de vitesses lors d’un contrôle.
de rendez-vous chez un coiffeur qui donnerait lieu à l’édition de coupo- ning ou qui assurerait la gestion des contacts impose la tenue d’un registre de traitements des données qui doit préciser les finalités de la collecte.
Les établissements doivent réa- liser ou actualiser l’inventaire de l’ensemble de leurs données, bases de données, applications, périphé- riques, fournisseurs, sous-trai- tants... pour scanner ces actifs et leurs localisations. Ce sont des monceaux de travail-homme pour les plus grandes structures, d’échanges ou de tris irréalisables par des machines. Une fois cette étape franchie, le RGPD va révéler tout son potentiel : accélérer l’au- tomatisation de certaines tâches, faciliter l’introduction de l’intelli-
sources en internes et en externe avec les parties prenantes.
leurs clients en transformant ces formalités obligatoires en oppor- tunités commerciales.
De la communication
de masse à la communication dédiée
Le RGPD impose en outre de passer d’une logique de commu- nication de masse à une commu- nication interpersonnelle pour collecter de nouvelles informa- tions avec le consentement des personnes. Le dispositif génère un échange permanent de qualité par le bon canal et au bon moment pour correspondre aux attentes de l’individu.
Les entreprises dotées par exemple de CRM en profitent pour personnaliser davantage les produits et les services, tout
grand angle
entreprendre & innover
 La prise en compte de la protec- tion dès la conception d’un produit ou service doit devenir systéma- tique dans l’entreprise pour abais- ser considérablement les risques et les coûts. La démarche de Privacy By Design (en français respect de la vie privée dès la conception) li- mite les informations indésirables et facilite la restitution des données aux clients comme les échanges qui sont des socles de confiance.
Certaines entreprises ont mis en place des instances de dialogue avec l’ensemble des services pour concevoir un produit ou un service robuste et le plus ajusté possible. Ce qui au final favorise les chances de succès de séduire la clientèle avec une offre adaptée et conforme
  Même un coiffeur...
gence artificielle et de l’apprentis- sage automatique pour améliorer la commercialisation ou la person- nalisation, mais aussi maintenir la conformité. L’entreprise choisi- ra de conserver les données à ses propres fins ou de les enrichir avec des partenaires pour créer de nou- veaux services innovants.
Sécuriser
l’ensemble des interactions Le RGPD impose un degré de sé- curité de protection des données en internes ou en externe, sur tous les canaux de circulation. D’où l’obli- gation d’instaurer de nouvelles pratiques organisationnelles et de repenser l’accès aux multiples catégories de données. La mise en conformité va redéfinir les pé- rimètres de sécurité et les respon- sabilités de chacun dans l’organi- sation ou dans l’écosystème. Elle donne aussi l’opportunité de savoir de quelles manières il est possible d’optimiser l’exploitation des res-
aux textes réglementaires. L’élabo- ration de tableaux de bord vise à connaître le niveau des risques et de sécurité et donc à améliorer le pilotage global de l’entreprise.
Le consentement reste
la condition de la réussite Un autre chantier majeur devient la vérification de la légalité de l’ex- ploitation des données, le recueil et la répudiation de consentement. Le client ou le prospect doit re- cevoir des informations claires, loyales et éclairées sur l’utilisation de ses données personnelles. Les entreprises devront savoir trans- former ces contraintes de refonte de procédures et de contrats en opportunités de communications commerciales. Exemple, Cré- dit Agricole ou AXA ont mis en place une charte des données et une communication particulière- ment claire et efficace auprès des individus. Forts de telles actions, les groupes se sont rapprochés de
en augmentant la transparence, socle de la confiance. L’avan- tage a de quoi devenir important à terme. Certaines structures comme Brave et son navigateur, des entreprises telles que la MAIF ou encore de nombreuses start-up comme Cloud ont profité de ces axes réglementaires pour créer des services très innovants autour de la sécurité et du respect des données personnelles.
Que les entreprises s’appuient donc sur le RGPD pour utiliser les données personnelles et proposer des produits dédiés en conformité avec la réglementation. Contrai- rement aux a priori, les PME pos- sèdent les moyens de décortiquer les données de leurs clients sous plusieurs aspects, bien au-delà de ce qui était possible aupara- vant, avec le consentement des- dits clients. À elles d’inventer de nouveaux modèles et des innova- tions fondés sur la protection et la confiance.
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Les enjeux sont devenus mul- tiples : améliorer la connaissance client, optimiser et faciliter les processus, ériger les données en socle de décision et actif straté- gique pour créer de la valeur avec les parties prenantes.
Mais avant, il convient de connaître les données disponibles dans l’entreprise et celles qui sont strictement nécessaires à l’acti- vité. Certaines petites entreprises ignorent qu’elles doivent tenir un registre des données collectées. Par exemple, un système de prise
r
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
Plus de poignées de main ?
Petit tour du monde des pratiques revues et corrigées
D’accord, la poignée de main est prohibée et le baiser interdit entre ami/es et collègues. On a aussitôt inventé une kyrielle de nouveaux contacts. Mais en plein confinement, ces nouveaux modes de salutation sont à leur tour suspects. Petit florilège transitoire des bonjours tolérables... ou pas.
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barrière ?
l’œil décalé
analyser par le cerveau le « statut » du salué : dominant/e, dominé/e, disponibilité sexuelle, etc. Bigre. Il faudra que l’on prête attention à son geste après une poignée de main... en des jours moins contraints.
Panoplie
des saluts « coronoviraux » Alors comment se dire bonjour sans se toucher la peau?
D’autant plus difficile que le réflexe
+ Iran: on a un slogan («Je ne vous serre pas la main parce que je vous aime bien ») et on avance poing fermé réci- proquement sans se toucher. Le footskahe – touchage de pieds est recommandé. Entre hommes. Les femmes, elles, voilà belle lurette qu’on ne leur serre pas la main...
+ Allemagne : on s’abstient de tout serrage de main, comme en France.
+ Espagne: pareillement, on se contente d’un « ola » distancié. Le souci va survenir en avril quand les croyants vont vou- loir défiler devant les statues de la Vierge pour embrasser les mains ou les pieds de la sainte représentée. Il va de soi que les autorités interdiront la pratique. Mais l’on connaît les obsessions des cathos fonda- mentalistes, peut-être persua- dé/es que la sainte patronne les protégera...
+ Roumanie : « Donnez des fleurs, pas de bise ». Pour sus- pendre l’habitude du martisor du 8 mars, journée interna- tionale de la femme, au cours de laquelle les Roumains of- fraient des fleurs, un baiser et une amulette aux Roumaines, le ministre de la Santé a ciselé ce slogan. De même, les églises orthodoxes ont suspendu le baiser aux icônes et instauré des cuillères jetables pour la communion.
+ Aux Pays-Bas, où les bénitiers et la communion ont fait l’ob- jet de précautions, il paraît que l’on n’a pas pensé à ne pas faire circuler la corbeille de la quête. Pas malin.
rigueur.
 On ne serre plus la main
Les historiens repèrent la poignée de main aux alentours de l’an 1000. Tout droit sortie des codes de chevalerie.
 par mesure Encoremoinss’échange- t-on des bisous. Soit. En
attendant, toute une panoplie de succédanés gestuels nous aident à rester « au contact », quoiqu’en pra- tique c’est surtout le mètre ou deux de distanciation qui prévaut parmi les gens qui travaillent encore au bu- reau ou se rencontrent dans la rue. Mais avant de jeter un œil sur les supposés relais au salut, n’est-il pas temps de se demander pourquoi l’on serre la main? Et depuis quand...
Code chevaleresque ou affaire de phéromones
Les historiens repèrent la poignée de main aux alentours de l’an 1000. Tout droit sortie des codes de chevalerie. On imagine bien que lorsque le chevalier tend la main à son alter ego, c’est pour lui montrer qu’il ne tient aucune arme. En face, on répond de la même manière,
  jusqu’à s’entrelacer les doigts.
Pas si simple, pensent d’autres cher- cheurs en sociologie. Et si se tou- cher revenait à se sentir? C’est ce que l’on soutient au sein de l’institut Weizmann d’Israël. Pour avoir fil- mé 280 étudiants/es en posture de serrage de main et après, ils en ont conclu que la majorité des jeunes gens portaient furtivement leur main près du nez. D’autant plus, et d’autant plus nettement quand deux hommes ou deux femmes se serraient la main. Pourquoi cette vérification olfactive inconsciente ? Peut-être parce que, comme la plu- part des mammifères qui se hu- ment mutuellement en quête d’in- formations sur l’« autre », on essaie, par le jeu des molécules, de faire
est bien ancré. Quand la chance- lière allemande s’est pris un « vent » de la part du ministre de l’Intérieur ou quand Gérard Larcher, le pré- sident du Sénat, a ostensiblement ignoré la pogne du sénateur Du- rain, la leçon a porté. Il aura fallu quelques jours d’avertissements et d’exhortations répétées pour que l’on cesse de tendre la main. Reconnaissons-le, l’aggravation des bilans et la peur bonne conseil- lère ont résolu pratiquement la question : on ne se salue plus que de loin, d’un geste de la main, quand on se salue! Même le coup de coude ne fait pas envie. Les checks des ados, réinvention de la poignée de main, sont proscrits. Pour les inconditionnel/les du rituel, voici les gestes possibles repérés dans le monde entier.
+ France : touchage de pieds (footskahe) et salut de la main prévalent. Quand des matchs avaient encore lieu sans public, il était interdit aux joueurs de se toucher ou de serrer la main des arbitres. Ballot, puisque par nature les joueurs s’envoyaient tous les postillons possibles dans la figure. La suspension des matchs a réglé la question.
+ Chine : des panneaux montrent comment se serrer ses deux propres mains ou d’user du gong shou (paume sur le poing).
+ Liban : footshake de Quatre fois si l’on veut. + Brésil : dans un pays
où cet abruti de Bolsonaro se moquait il y a peu du virus et voulait que les affaires l’enrichissent comme avant, on a quand même mis en garde les buveurs de maté de ne pas se refiler la paille de fer qui fait le tour des
 bouches.
+ Kirghizstan : on a recomman-
dé d’éviter les rassemblements dans les mosquées et de prati- quer la prière du vendredi chez soi.
Finalement, ce sont surtout les ri- tuels religieux qui font les frais de la covid-19... OM
Merci au Midi libre qui s’est livré à ce tour du monde sans poignée de main.
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[Plato, un réseau adopté par toutes les CCI de France
Galliot. Parfois, un intervenant extérieur vient présenter des ou- tils, une méthodologie, même si, le plus souvent, les membres du groupe se réunissent entre eux. Et le programme s’adapte aux circonstances. « Par exemple, un membre est arrivé un jour un
Connaissez-vous le réseau Plato des CCI ? Pas plateau, Plato, acronyme flamand prononçable, animé par les Chambres
de commerce et d’industrie, présent sur presque tout le territoire national, dont l’immense intérêt est de réunir des petits groupes d’entrepreneurs locaux aux activités vraiment hétérogènes.
des chef/fes d’entreprises de plus grande taille qui donnent bénévo- lement de leur temps pour partager leur expertise, leurs outils ou des méthodes mal connues des petites entreprises.
Pas de concurrents directs dans les groupes constitués, une précau- tion utile pour autoriser l’abord de sujets sensibles – comme la stra- tégie de lancement d’un nouveau produit – sans arrière-pensée. « Les dirigeant/es nourrissent déjà des échanges possibles dans leurs filières. Les groupes leur donnent l’occasion de sortir de leur cadre quotidien. » Sans oublier les oppor- tunités pour des partenariats ou du business, ce qui n’est pas l’objectif premier de Plato.
Éveiller l’intérêt
pour les réseaux
Un animateur de la CCI organise la vie du groupe, les fonctions de com- munication, l’organisation pra- tique... La CCI se charge concrè- tement de tout. Ce « venez, on se charge de tout » est du reste un de ses points forts et sert un objectif précis : « Donner le goût du réseau, explique Fabienne Le Galliot. Nous attirons des entrepreneurs peu fa- miliers des réseaux professionnels. Pendant deux ans, nous montrons l’intérêt de travailler en équipe et en réseau à des personnes qui, diri- geant/es, sont souvent un peu seul/ esàlabarre.»
Les groupes sont constitués quand une dizaine de candidat/es est identifiée et l’adhésion se veut simple : « Pour le réseau Plato 56, nous demandons 1 900 euros pour toutes les réunions mensuelles pendant deux ans. » La CCI or- ganise, dans chaque département et région où Plato existe, des ses- sions plénières où se rencontrent les groupes. « Ici, nous organisons une plénière départementale par an et une plénière régionale par an. » Au cours de ces sessions, parfois, d’autres réseaux locaux se présentent – l’occasion pour les membres de s’informer pour pou- voir, s’ils le veulent, continuer leur aventure réseau après leurs deux ans « platoniciens »
JEaN-MariE BENOiST ecoreseau.fr avril 2020 | 19
réseaux & influence
entreprendre & innover
 PME entre elles
  Visite d’entreprise d’un groupe Plato. Le chef d’entreprise hôte et bien sûr membre d’un groupe.
 Plato s’est voulu d’emblée international. Il a été créé en 1989 dans la région des Flandres sous la forme d’un
parrainage de grandes entreprises implantées localement. L’idée : que des dirigeant/es de TPE/PME/ PMI échangent leurs compétences et expériences. D’ailleurs, Plato est l’acronyme flamand de Peterschap (parrainage) Leerplan (plan de formation) Arrondissement (ar- rondissement!) Turnhout (la ville d’origine du concept) Onderne- mingen (entreprises). « Il s’agissait de sortir les chef/fes d’entreprise de l’isolement, de les réunir sur un même territoire pour avancer en- semble sur les sujets et questions clés : la finance, le numérique, le commercial... », explique Fabienne Le Galliot, responsable marketing & commerciale et coordonnatrice Plato 56 – pour la CCI du Morbi- han, donc. « Mais c’est aussi un espace où le/la chef/fe d’entreprise va partager des problématiques plus personnelles, par exemple l’équilibre entre sa vie personnelle et sa vie professionnelle, la gestion du stress... Autant d’éléments es- sentiels pour s’améliorer et être au top. »
Groupes autonomes
Parti de cette idée simple, le ré- seau s’est propagé un peu partout. En France, ce sont les CCI qui se sont emparées du concept et de son animation. Tous les départe- ments et régions ne comptent pas d’antenne. En Bretagne, l’une des
Plénière Plato départemental à l’Île-aux- Moines (56)
régions les plus actives, le réseau compte environ 500 membres. Pla- teau significatif. L’un des aspects atypiques du réseau veut que ses membres, dirigeant/es de PME et de TPE, soient réunis par petits
peu sous le choc : il venait de se faire assigner aux prud’hommes par un salarié pour la première fois de sa vie, se souvient la coordonnatrice. On a mis le programme de côté et on a parlé, donné des pistes, parta-
Nous attirons des entrepreneurs peu familiers des réseaux professionnels. Pendant deux ans, nous montrons l’intérêt de travailler en équipe et en réseau à des personnes qui, dirigeant/es, sont souvent un peu seul/es à la barre Fabienne Le Galliot, CCI du Morbihan
      groupes, de 10 à 12 membres, sui- vis pendant une durée limitée, en l’occurrence deux ans. Ce sont les membres du groupe qui décident eux-mêmes des sujets abordés lors de la réunion mensuelle – chaque région marque ses préférences – le matin dans le Morbihan. « Ce n’est pas un programme de for- mation fixe, mais vraiment un échange de bonnes pratiques, d’ex- périence... », décrit Fabienne Le
gé des expériences... Quand il est sorti de la réunion, il avait sa feuille de route. » Et dans le contexte ac- tuel, les groupes sont des espaces de discussion, d’échange des nou- velles, de soutien, de partage de dif- ficultés inédites...
Pas de concurrents
dans un même groupe Chaque groupe est parrainé par deux ou trois cadres, en général
]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en immersion
 En Personne
Pionnier du virtuel
Suspension des salons professionnels, ce poumon sain des entrepreneurs et entreprises ? Vivent les salons virtuels. Numérisation de l’économie et de la société oblige, les salons en ligne, doubles des salons physiques, fleurissent sur Internet. Le groupe de communication .../ en Personne s’en est fait une spécialité, via son agence .../ en Personne virtual. On s’y plonge.
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avril 2020 ecoreseau.fr
Un salon virtuel va ve- nir en amont d’un salon physique pour le préparer ou en aval
pour le compléter. Mais il peut vivre seul, étendre un salon phy- sique ou le remplacer. » Alain Bosetti, président et cofondateur d’en Personne, égrène son « vir- tuel » dont il s’est fait une spé- cialité. L’entreprise que son pré- sident présente comme une PME de la communication s’articule autour de trois activités : en Per- sonne 360, agence de conseil en communication, en Personne expo, créateur et organisateur de salons physiques et virtuels, et en Personne virtual, agence
spécialiste des événements on ne peut plus virtuels. Pionnier du genre, en Personne virtualise les rencontres professionnelles de ses clients depuis 2013 (salons virtuels, e-conventions, jour- nées portes ouvertes online...). Et virtualise ses propres salons. À l’instar du Salon SME (salon pour les freelances, créateurs et dirigeants de TPE), qui existe en version virtuelle depuis 2016 : le Salon SME online.
S’adresser directement aux exposants
Un événement virtuel a tout du «vrai»: assister à un sa- lon, n’importe où et n’importe
    ]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[en immersion
entreprendre & innover
  © Sébatsien d'Halloy
Un salon physique, nous sommes une quinzaine à le préparer pendant un an et une centaine à intervenir pendant sa tenue. Un salon virtuel, il faut compter environ trois mois
et trois personnes pour le gérer en direct.
alain Bosetti,
cofondateur et président d’en Personne
« Un salon en ligne complète les contacts ou remplace carrément le salon réel »
Pourquoi se lancer dans l’organisation de salons virtuels ?
Dans notre société qui se virtualise toujours plus, je vois trois raisons essentielles : tout d’abord les attentes accrues des acteurs des salons qui recherchent toujours plus de contacts qualifiés et le bon équilibre entre l’investissement de leur venue au salon et ce qu’ils en retirent, ensuite
la pression écologique – un salon physique génère beaucoup de déchets –, enfin, les événements impondérables qui risquent de perturber la tenue
d’un salon : les grèves, les crises politiques, les intempéries ou, comme actuellement, une pandémie. C’est à l’aune de tous ces risques que nous avons organisé avec Toshiba notre premier salon virtuel en 2013, les Toshiba e-days for partners.
En quoi un événement en ligne pourrait se substituer
aux allées des salons ?
Un salon, c’est pour nourrir son business et son image, pour cultiver sa proximité. Un salon virtuel va donner les moyens de diversifier l’audience en rendant accessible l’offre à tous ceux/celles qui ne pourraient pas se déplacer. De
plus, lors d’un salon virtuel, on va suivre les comportements des visiteurs et collecter des contacts
et des données en permanence.
De quoi mieux répondre à leurs attentes et d’améliorer les suivis.
Un salon virtuel est soit un canal de contacts additionnels, soit un canal de remplacement quand le salon physique se révèle impossible. En cette période de perturbations et de confinement causée par la pandémie du coronavirus, nous pourrions organiser un salon virtuel sans aucun problème.
Pour l’organisateur, un salon virtuel doit exiger bien moins de ressources ? Un salon physique, nous sommes une quinzaine à le préparer pendant un an et une centaine à intervenir pendant sa tenue. Un salon virtuel, il faut compter environ trois mois et trois personnes pour le gérer en direct. Pour comparaison, 80 % des visiteurs du Salon SME physique sont franciliens, 73 % des visiteurs du Salon SME online sont en région. En termes de visiteurs uniques, le salon physique réunit entre 8 000 et 12 000 personnes pour une moyenne de visite d’une demi-journée, contre 3 000 visiteurs uniques par
jour pour le salon virtuel et une durée moyenne de 45 minutes.
    quand, développer les audiences et les pratiques de communica- tion et assurer la continuité des interactions professionnelles en cas d’impossibilité de rencontres physiques... Le principe : faciliter l’accès au contenu pour les visi- teurs, tout en conservant l’inte- raction individualisée. Sur une plate-forme virtuelle dédiée, via des webinaires (des Web-semi- naires), en live ou en replay, des stands virtuels et une messagerie instantanée assurent le contact direct avec les exposants. Une plate-forme robuste accueille 1000 visiteurs uniques simul- tanément (la moyenne du salon SME online frise les 3000 visi- teurs par jour). La quasi-totalité des prestations du salon physique sont déclinées sur la plate-forme. Que manque-t-il? Alain Boset- ti: «L’offre reste supérieure sur le salon physique, le Salon SME Paris c’est entre 130 et 150 expo- sants et une centaine de confé- rences et d’ateliers, le salon SME online entre 30 et 60 conférences et une dizaine de webinaires. » Un delta qui s’explique notam- ment par le nombre réduit de partenaires commerciaux sur le salon virtuel, aussi par les limites intrinsèques d’un événement vir- tuel. « Un salon physique assure le contact direct, la rencontre interpersonnelle reste quelque
chose d’unique que le virtuel ne peut pas remplacer. » Malgré la profusion de foires et salons pro- fessionnels en France, seule une minorité se traduit sur Internet et peu ont fait le pari de la virtua- lisation compète.
Montée en puissance
Du reste, le risque de voir le sa- lon virtuel « cannibaliser » le salon physique n’est jamais loin. En Personne l’a bien compris, son salon SME a lieu début oc- tobre à Paris, mais sa version Web enchaîne en juin. La tran- sition vers une généralisation des rencontres professionnelles online se fait donc en douceur :
« Dans la boîte à outils des mar- keteurs et des communicants, le salon virtuel était un petit levier. Il tend à prendre une place im- portante », dixit Alain Bosetti. Certains organisateurs de salons ont donc longtemps été réticents face à la numérisation. En ce dé- but d’année 2020 meurtrie par la pandémie de la Covid-19 (la maladie, donc féminin) et mar- quée par le confinement, la vir- tualisation s’impose comme une solution de repli et de continuité idéale. Pour que le business con- tinue. Show must go on.
aDaM BElGHiTi alaOUi
Des outils de virtualisation des événements
Plusieurs solutions et plates-
formes offrent aux entreprises et
aux professionnels de diffuser leurs conférences sur le Web et de rester en contact avec leurs clients. Parmi l’éventail d’offres, la plate-forme Livestorm, sans téléchargement ni plug-in autorise l’intégration de toutes sortes d’applications (mails, CRM...). Les logiciels WireCast et GoToWebinar invitent plus de 1 000 participants, en fonction de la formule choisie. Même principe : possibilité de visualiser et d’écouter des webinaires, ainsi que d’y participer. Jeune pousse du secteur et
fleuron de la French Tech, la start-up Lounjee lancée en 2017 virtualise les événements des entreprises et assure à ses clients de rencontrer et d’entrer en contact avec leurs pairs, selon intérêts et besoins professionnels (offre à prix coûtant pendant la crise sanitaire). Webikeo, plate-forme de webinaire en SaaS assure la création et la diffusion rapide de webinaires. À son actif : plus de 10 000 conférences en ligne et quelque 599 clients en France, pour une communauté de plus de 300 000 membres du secteur BtoB.
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]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
briefing innovation par Adam Belghiti Alaoui
ÉNERGIE
Planeur solaire vs satellite
INTERNET DES OBJETS
interphone d’immeuble connecté
Dans la famille de la smart home, après la serrure intelligente et connectée, je demande l’interphone intelligent et connecté. Après avoir lancé sa Smart Lock
2.0 pour rentrer chez soi sans clés et donner accès
à la personne de son choix, la start-up Nuki a conçu l’Opener, pour ceux qui vivent en appartement. Le principe : résoudre les tracas des
clés sur la porte d’entrée principale de l’immeuble, via un interphone connecté. Les personnes autorisées par
l’application n’auront qu’à sonner à l’interphone et l’Opener ouvrira, comme son nom l’indique. Il est également possible d’autoriser l’accès à distance, lors d’une livraison par exemple. Autre possibilité : le mode continu, conçu pour ouvrir automatiquement la porte pour une durée déterminée. Côté installation, tout est prévu pour qu’un particulier s’en sorte seul : les interphones fonctionnent en courant basse tension et l’Opener est alimenté par pile et donc indépendant. Les serruriers ont du souci à se faire...
  Cette énergie renouvelable par excellence qu’est le solaire conti- nue de fasciner et d’inspirer. Par exemple l’aéronef autonome et
électrique PHASA-35 (Persistent High Al- titude Solar Aircraft), développé par l’entre- prise britannique BAE Systems et sa filiale Prismatic. L’engin, propulsé par l’énergie solaire donc, serait capable de voler toute une année sans poser roue à terre. Le tout grâce à une envergure de 35 mètres, une structure en carbone et des ailes recou- vertes de panneaux solaires. Un premier vol-test s’est déroulé sur la base d’essais de
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
retranscription automatique
l’armée de l’air australienne de Woomera. Concluant, malgré une altitude de seule- ment deux kilomètres, contre les vingt pour lesquels a été conçu le PHASA 35. L’engin, destiné à voler en pleine stratosphère entre 93 et 145 km/h et moins coûteux à opérer qu’un satellite, se destine à des applications civiles et militaires (surveillance, sécurité, communication, science environnemen- tale, détection de feu de forêts...). Un filon que ne compte pas laisser passer le gouver- nement britannique qui demande au sec- teur de mettre au point son futur système de combat aérien d’ici à 10 ans. n
retranscription
en direct sur son smartphone. Discours, conférence, cours...
les applications ne manquent pas. Google précise que pour mener à bien la transcription instantanée, son application doit communiquer avec des puces spécialisées, les Tensor Processing Units
(TPU), utilisées pour la traduction avec l’IA (il a donc besoin d’une connexion Internet). Huit langues seront d’abord disponibles : français, anglais, allemand, portugais, espagnol, russe hindi et thaï. Pas mal. Seul hic, et pas des moindres : Google conseille pour le moment d’utiliser sa transcription avec une seule personne qui parle à la fois. Prochaine étape : amélioration de la reconnaissance vocale.
On considère le chef d’entreprise comme un homme à abattre
ou une vache à traire. Peu voient
 en lui le cheval qui tire le char.
 Sir Winston Churchill, homme d’État britannique.
 L’intégration de l’intelligence artificielle ne cesse de faire évoluer nos technologies de traduction. Google l’a bien compris. Le géant américain a entamé le déploiement d’une nouvelle fonction de transcription dans son application bien connue Google Traduction. Grâce à l’intelligence artificielle, il sera désormais possible de profiter
de la transcription en temps réel. Parmi l’éventail de possibilités :
le suivi d’un discours dans une langue étrangère et la traduction/
22 | avril 2020 ecoreseau.fr
p Épidémie : livraison « sans contact »
Les entreprises rivalisent d’ingéniosité pour diversifier et adapter leurs pratiques, adaptation au confinement et aux mesures de distanciation sociale obligent. La start-up californienne AxleHire, spécialisée dans la logistique et l’innovation technologique du
dernier kilomètre, a inauguré son nouveau
service baptisé « no touch delivery ».
Les consommateurs, après une livraison
e-commerce, signalent la bonne réception
de leur commande sur leur smartphone
via une application. La signature de
réception a lieu sur l’application AxleHire,
le client n’a donc pas à toucher le mobile
du livreur. Le but : éviter les contacts entre
livreur et consommateur. Le destinataire
se connecte au terminal du livreur et
transmet des instructions de livraison en temps réel. Protéger les livreurs tout en assurant la continuité des livraisons, c’est tout l’objectif de cette distanciation sociale électronique.
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[p Dépistages express du virus
Chercheurs et scientifiques de tous horizons s’activent pour dénicher l’innovation ou l’application technologique susceptible d’aider à la lutte contre le virus. Parmi les principaux défis sanitaires, le dépistage du SARS-coV-2 est essentiel. Abbott Laboratories, société américaine, a annoncé le 27 mars avoir créé un dispositif portable, capable de déceler le virus en cinq minutes chez une personne atteinte et de donner un résultat négatif en 13 minutes en dehors des centres hospitaliers.
De la taille d’un grille-pain, le dispositif embarque une technologie moléculaire. L’agence fédérale américaine du médicament (FDA) a délivré son autorisation aux laboratoires Abbott pour la production
de ces examens portatifs, avant leur distribution aux professionnels
de la santé, mais limite pour l’instant son utilisation à des situations d’urgence par des laboratoires agréés. La firme prévoit la fabrication de 50 000 tests par jour. L’innovation fait son effort de guerre.
briefing innovation
p l’intelligence artificielle à la rescousse
contre la covid-19
Les nouvelles
technologies, en
l’occurrence l’intelligence
artificielle, participent à
l’amélioration de la gestion
de la crise. Dans les pays
asiatiques, l’IA est utilisée
à tous les niveaux de la
lutte contre l’épidémie,
depuis les premiers
temps de propagation.
Des chercheurs de
l’université de Wuhan,
épicentre du virus, ont
constitué en un mois une banque de données d’images tomographiques
de pneumonies causées par la maladie (covid-19) ou de pneumonies
« classiques ». Le tout pour construire grâce à l’IA un outil d’aide à la décision des praticiens dans l’établissement des diagnostics. Résultat : un gain
de temps estimé à 65 %. En se
basant sur la technique des modèles
« convolutionnels » (ils miment la structure du cortex visuel humain et ses cinq milliards de neurones répartis en couches successives, détectent des motifs utiles pour la tâche à
mener) et en suivant les principes du machine learning, l’IA a analysé et emmagasiné plus de 46 000 images tomographiques en assemblant ces couches d’informations. Les tests ont montré que l’algorithme est capable
de détecter des traces d’infection pulmonaire au stade précoce de l’infection. Et fournit une précision comparable à celle des radiologues, sans s’y substituer. Véritable outil d’aide à la décision, cette IA de détection procure un gain de temps substantiel, donc vital.
entreprendre & innover
   ecoreseau.fr avril 2020 | 23
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
Crise sanitaire, numérique généralisé, émergence des technologies, durabilité dans l’ensem
IL FAUT RÉINVENTER NOS MO
C’est le principe de l’économie dite collaborative qui a émergé dans les années 2000. On a vu naître Blablacar pour voyager ou Airbnb pour se loger, ce gestionnaire entre les propriétaires de logements et les demandeurs.
24 | avril 2020 ecoreseau.fr
décryptage
 Que l’on dise business models ou modèles économiques, l’heure est à la
mue. Face à la crise, la propagation du numérique, l’émergence rapide des technologies, l’intégration de la durabilité dans l’ensemble des activités,
la prise de conscience sociale et environnementale, le flot des textes réglementaires, les conditions d’exercice dessinent un nouveau monde ! La manière dont l’entreprise génère ou va générer de la rentabilité change d’allure. L a p r i s e d e c o n s Qc i e n c e e s t e s s e n t i e l l e .
ui aujourd’hui irait créer une entreprise spécialisée dans la créa- tion de moteur diesel ?
Absurde. Il y a encore un an, cer- tain/es auraient pu penser qu’il était possible de concilier réus- site économique et dégradation environnementale. Les attentes portent aujourd’hui sur des solu- tions et des produits propres avec des entreprises responsables. On ne triche plus. Pour les États et les financeurs, ce n’est plus une option. Ainsi se développent de nouveaux modèles économiques aux leviers redéfinis.
Des ressources
extraites et inutilisées !
L’un des premiers modèles réside dans l’émergence de la mise en marché des ressources disponibles mais sous-utilisées. Biens ou in- frastructures déjà existants et dis- ponibles sont prêtés et non plus possédés. Par exemple, en partant du constat que 95 % du temps une voiture est à l’arrêt, plusieurs ac- teurs se sont lancés dans le partage de la ressource entre le propriétaire et les usagers. C’est le principe de l’économie dite collaborative qui a émergé dans les années 2000. On a vu naître Blablacar pour voyager ou Airbnb pour se loger, ce ges- tionnaire entre les propriétaires de logements et les demandeurs... Leurs modèles résident dans la mise à disposition de ressources, généralement auprès des particu- liers. Ils complètent les services
déjà existants mais en offrant des services enrichis, de la fluidité, des tarifs attractifs, de la simplicité à l’entrée ou à la sortie du service. Leurs modèles de revenus reposent généralement sur des commissions réalisées sur les transactions. Des modèles premium donnent l’occa- sion aux entreprises de proposer davantage d’options et de rému- nérations. D’autres complètent par un abonnement minimum pour miser sur une récurrence et du prépaiement. Certains, comme Le- boncoin, multiplient leurs sources de revenus et proposent également aux annonceurs des publicités. Ces modèles viennent bousculer les schémas traditionnels géné- ralement orientés seulement sur quelques cibles.
Louer toute la structure
de son entreprise
Des modèles économiques émer- gent également dans le b to b. BNP Paribas, avec sa plate-forme à des- tination des entreprises baptisée Change to Green, propose de réa- liser des économies financières et énergétiques en louant l’ensemble des biens nécessaires à une entre- prise. Des bâtiments aux équipe- ments moins énergivores ou des véhicules propres, mais aussi des crédits pour acquérir des biens ou services « propres » sont proposés clé en main. Nous sommes à fond dans le greenbusiness, le modèle économique qui préserve le green dans une perspective de pur bu- siness.
Dans le secteur industriel, Toyo- ta délivre sur Internet des solu- tions de locations de produits de manutention ou des robots. Les entreprises disposent ainsi d’une souplesse pour utiliser selon leurs besoins des matériels de pointe, sans contrainte de maintenance. La plupart des formules proposées offrent aux entreprises une garan- tie de résultat par les facilités de dépannage ou de remplacement des biens, les ressources humaines adaptées, la prise en charge des contraintes environnementales ou de sécurité...
Une nouvelle
catégorie d’entreprise
« automatique »
D’autres modèles apparaissent qui viennent disrupter les modèles économiques jugés jusqu’alors in- novants. Le cas de Slock.it, fondé par Stéphane Tual, l’un des asso- ciés d’Ethereum, s’avère particu- lièrement intéressant. La solution consiste à « ouvrir » ou « fermer » l’accès à toute ressource maté- rielle ou immatérielle. Pour com- prendre : la start-up – rachetée en juin 2019 – a créé un cadenas nu- mérique qui ouvre et ferme la porte
d’un appartement ou d’un véhicule à un locataire titulaire de l’applica- tion mobile. Le système, articulé sur une technologie blockchain, va enregistrer la location et assurer le paiement de manière fluide dès lors que les conditions du contrat sont exécutées. Traduction : la location ou l’accès à un bien est totalement pilotée depuis un mobile. Le mo- dèle de revenus : la commission et l’acceptation de la cryptomonnaie ether, ce qui a pour effet à la fois de donner la valeur à l’entreprise et de servir de jeton d’usage. Une partie de la valeur est redistribuée aux utilisateurs pour les inciter. Le je- ton n’est utilisable que dans le sys- tème, il est conservé dans le réseau. Les fondateurs de Slock.it sont allés jusqu’à imaginer le concept d’une nouvelle génération d’entreprise décentralisée et autonome (DAO). Autonome car l’ensemble des ac- tivités repose sur des systèmes in- formatiques et des contrats auto- matiques sécurisés. Les décisions des actionnaires détenteurs de la cryptomonnaie sont validées et traduites dans les contrats infor- matiques. Dès lors, l’application des consignes s’effectue automati- quement.
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]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
le des activités, prise de conscience sociale et environnementale, textes réglementaires...
ÈLES ÉCONOMIQUES !
Rentabiliser la préservation
Des modèles apparaissent qui pré- servent les ressources et créent de la valeur sur la conservation de ma- tière décrite plus haut: le fournisseur néerlandais d’énergie verte Qurrent «repose sur l’objectif de vendre le moins d’énergie 100 % verte pos- sible! » explique la Fing – Fonda- tion Internet nouvelle génération. Son modèle économique se cale sur l’amélioration du bilan énergétique de ses clients. Qurrent les aide à de- venir coproducteurs d’énergie et à partager! PaTriCE rEMEUr
L’open source
pour mobiliser rapidement Des modèles issus de l’open source (code source ouvert) complètent ces schémas. Elon Musk – Tes- la, SpaceX, SolarCity, The Boring Company (loop), Neuralink, Ope- nIA – a choisi d’ouvrir ses brevets et technologies Tesla à tous pour accélérer les moyens de transport. Quelenestl’intérêt?Ils’agitdecap- ter rapidement une part de marché en libérant la création de véhicules électriques et en abaissant les coûts de production et de commerciali- sation. L’ouverture de ses codes et de ses technologies devient pour l’entreprise le moyen de créer un système de partenaires, notam- ment avec les plus petits acteurs, pour accélérer très vite la réalité du véhicule électrique. Tesla vendra d’autres technologies ou matériaux (carrosseries, systèmes...) aux par- tenaires. Ce modèle assure la prise de contrôle de l’environnement en définissant une nouvelle « norme » accessible facilement. Il oblige les concurrents traditionnels à se po- sitionner rapidement sur ces nou- velles évolutions, ce qui engendre une dynamique. Toyota a mis à disposition 24 000 brevets pour
Quels sont les modèles les plus disruptifs que vous identifiez ?
Les entreprises aujourd’hui d’apparence dominante ne le seront pas forcément demain. Prenons Netflix. L’entreprise
a inventé une nouvelle manière de distribuer de la vidéo mais de nombreux acteurs arrivent. Elle n’est pas certaine de dominer le marché dans quelques années ! Le numérique, ce sont des outils de traitement de l’information,
ne l’oublions pas. Les grands acteurs
ou start-up déportent les modèles qui existaient déjà pour les rendre plus efficaces par les services rendus à l’utilisateur, l’amélioration des interfaces, les rencontres entre producteurs et consommateurs... avec des rendements croissants. De mon point de vue, il existe trois modèles nouvellement éclos.
Le premier, vendre à une multitude
à travers une interface. Spotify, par exemple, arrive comme interface entre les éditeurs et les auditeurs. Il vend à la fouledescontenusachetésengrosaux éditeurs. Le deuxième modèle, c’est le many to many. C’est par exemple eBay ou leboncoin. Quantité de distributeurs d’un côté, quantité de consommateurs de l’autre. Ce sont un peu des grandes surfaces décalées dans le numérique. Le troisième modèle repose sur l’appariement : les opérateurs font se rencontrer deux acteurs qui ont chacun besoin de l’autre pour que la transaction se réalise et pour créer de la valeur.
Les sites de rencontres en sont un bon exemple (Disons Demain) ou Airbnb, ou Blablacar.
Ces modèles théoriques sont
« mixables ». Les plates-formes sont aussi multifaces et touchent plusieurs cibles. Pourquoi peut-on les qualifier
de « disruptives », alors ? Parce qu’elles réalisent un appariement optimal grâce à leurs capacités de collecte de données sur les comportements, de traitement
et d’analyse des données. Le numérique est une accélération des modèles et un déplacement de ce qui existait déjà. Ce qui est disruptif, c’est essentiellement la montée de nouvelles gammes de services avec des objets physiques.
Les impacts seront plus conséquents à moyen terme.
En quoi ces nouveaux services
vont-ils créer une rupture ?
Les entreprises vont devoir prendre de plus en plus en compte l’environnement. Certains biens vont devenir de plus en plus chers. Les mobilités ne s’assureront plus nécessairement à bord d’une voiture. On passe à une économie
de la fonction qui s’accélère avec le numérique et la « plate-formisation ».
On voit des entreprises louer leurs flottes de voitures le week-end aux particuliers lorsqu’elles ne sont
pas utilisées, par exemple. L’accès
à la location est simple et possible grâceaunumérique.Lesavoir-faire
des gestionnaires de flotte n’est pas nécessairement remis en cause par ces changements. SNCF possède ce type de plate-forme pour louer aux individus. En termes de changement, c’est plus lent, mais je pense que c’est beaucoup plus important. On passe à un changement de consommation. On ne possède plus, mais on accède à des fonctions. Le numérique est en support de ces changements des modèles de consommation y compris dans l’économie circulaire.
Comment les entreprises
vont-elles s’adapter?
Ce n’est pas parce que l’entreprise n’est pas sur le Web qu’elle n’est pas connue. Par exemple, les recherches de prestations se font en ligne. Les internautes regardent et génèrent des avis. Or c’est très impactant pour les entreprises car il leur sera difficile de
gagner des clients si les évaluations ne sont pas bonnes.
Comment acquiert-on ses clients et quelle est la dépendance aux plates- formes ? Plus les entreprises seront liées, plus elles connaîtront des difficultés à maintenir, par exemple, leurs prix, comme on l’a vu dans la grande distribution. La relation avec le client est décisive. Une CRM [gestion de la relation client] numérisée par exemple construit et gère la relation dans cette économie de la fonction pour suivre précisément ce que les clients demandent.
Puis comment les plus petites entreprises vont-elles intégrer des machines ou des robots pour améliorer la production ou en finir avec des tâches difficiles ? Aujourd’hui, les robots ne sont pas flexibles. Ils « cassent » plutôt la chaîne de production, dans l’industrie notamment. C’est l’homme qui s’adapte aux robots. L’évolution des organisations est une évolution qui est plus lente mais importante!
La durabilité, qui naît à la fois des attentes de consommateurs et des textes réglementaires, bouleverse également les modèles. Les entreprises vont vendre une capacité technique entretenue. Par exemple, Rolls Royce ne vend plus de moteurs d’avion. L’entreprise loue des heures d’utilisation et une puissance. Derrière ces modèles, il faut réfléchir à la conception des produits. S’interroger sur la valeur complémentaire que l’entreprise offre pour que les clients achètent et sur
la manière gérer la relation client. L’entreprise ne va plus du tout exercer de la même manière. Le numérique
aide à gérer la complexité ainsi que les enjeux environnementaux et sociétaux pour inventer des services et des objets novateurs. C’est à ces enjeux qu’elles doivent penser !
doper l’hybride. Le secteur ban- caire, avec la DSP2 (Deuxième di- rective européenne sur les services de paiement) en cours d’ouverture au travers de l’open banking donne l’accès aux données financières. De nouveaux revenus proviendront de cette libération de la banque, par
exemple avec la commercialisa- tion des accès sous la forme d’API (interface de programmation), la monétisation des données, la cer- tification de la qualité des données ou encore la création d’opportuni- tés commerciales depuis l’analyse des données.
décryptage
 Nicolas Jullien, professeur à l’école d’ingénieur IMT Atlantique, directeur du réseau de recherche Marsouin sur l’impact du numérique
« C’est aux enjeux des nouveaux modèles que les entreprises doivent penser »
ecoreseau.fr avril 2020 | 25
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]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
 BOîTE à OUTILS
Business guides et enquêtes utiles aux créateurs et dirigeants
            Véhicules d’entreprise : Les flottes dans le grand bain p. 28 26 | avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[ expertises
pratique
 un conseil qui compte
 L’accord d’intéressement
utilisé pour motiver et fidéliser les salariés
    Jean-Marc
L’accord d’intéressement est un outil   Le calcul de la prime
ne faut pas oublier que la prime d’intéresse- ment est collective et qu’elle doit être versée à l’ensemble des salarié/es présent/es pendant l’exercice et de plus de 3 mois d’ancienneté, y compris ceux/celles qui ont quitté l’entreprise en cours de période.
Il faut donc savoir la limiter, notamment dans le cas où existerait un turnover important dans l’entreprise.
Le mode de répartition
Le mode de répartition uniforme est rare- ment adapté car il ne prend pas en compte les salarié/es à temps partiel et les arrivées/ départs en cours d’exercice.
La répartition proportionnelle en fonction du temps de présence et du salaire est à mixer en fonction des objectifs de l’employeur et de l’implication des salarié/es les mieux rému- néré/es par rapport aux autres.
Il est important d’envisager la mise en place d’un accord d’intéressement afin de motiver les salarié/es, tout en faisant bénéficier l’entre- prise d’exonérations sociales et fiscales. n
Morel
de management et ne doit pas être vu comme un simple levier d’économie de charges fiscales et sociales. Il faut
savoir s’en servir pour motiver et fidéliser les salariés, sans oublier qu’il ne remplace pas les primes individuelles.
Pour être efficace, l’accord d’intéressement doit se montrer :
- simple à mettre en place,
- compréhensible par les salariés,
- source de motivation,
- sécurisant pour le chef d’entreprise.
Il est d’autant plus intéressant que le chef d’entreprise peut en bénéficier, dans les entre- prises dont l’effectif comprend 1 à moins de 250 salariés.
Trois éléments sont essentiels dans la mise en place d’un tel accord.
Le déclencheur
L’accord d’intéressement doit conserver un côté aléatoire, d’où la nécessité d’un seuil pour le mettre en œuvre.
La prime d’intéressement doit se baser sur des éléments compréhensibles par tous pour être motivante. la réglementation laisse une très grande liberté pour le mode de calcul de cette prime, mais il faut veiller à ne pas créer une usine à gaz... Il faut rester pragmatique car il va falloir, chaque année, expliquer aux salarié/es pourquoi ils/elles ont, ou n’ont pas eu cette prime.
À titre d’exemple, une méthode simple à mettre en place consiste à se baser sur un pourcentage de la valeur ajoutée, l’excédent brut d’exploitation ou le résultat d’exploi- tation, selon l’activité de l’entreprise, puis de rajouter un coefficient de majoration et de minoration selon un ou deux axes jugés stratégiques par l’entreprise. Comme, par exemple, le délai moyen de règlement client, la progression du chiffre d’affaires, le taux de satisfaction de la clientèle, l’amélioration qualité des produits... De quoi afficher claire- ment des objectifs à l’ensemble des salarié/es sans mettre en place un calcul complexe. L’expert-comptable fera aussi des simulations, afin de sécuriser le chef d’entreprise, car il
Expert- comptable
    J’aime ma boîte
Quelles personnes physiques ou morales devraient
 donc dire « J’aime ma boîte » ?
« J’aime ma boîte »,   rémunération et aux conditions de
doit rendre les actionnaires indivi- duels ou les fonds d’investissement amoureux d’elle.
Certes, ce peut être un amour « fi- nancier », soutenu par la distribu- tion de dividendes et la réalisation de plus-values. Mais aujourd’hui, cet attachement peut également être guidé par des considérations éthiques telles que la réduction de l’empreinte carbone, la non-des- truction des forêts ou le refus du travail des enfants.
En conclusion, il y a obligation de cohérence entre les valeurs des amoureux de la boîte avec celles af- fichées, pratiquées par l’entreprise. Ces dernières découlent de « la raison d’être » de l’entreprise : ce concept est désormais inscrit dans la Loi Pacte. L’article 1835 prévoit que « les statuts [de l’entreprise] peuvent préciser une raison d’être, constituée des principes dont la société se dote et pour le respect desquels elle entend affecter des
moyens dans la réalisation de son activité ».
Les entreprises y travaillent et se- ront ainsi amenées à définir et faire connaître leurs valeurs. Qui peuvent être très variées. Deux exemples : dans une société travaillant pour la défense du territoire, « le patrio- tisme » sera une valeur, pour une société de développement de mé- dicaments, la valeur sera « l’amé- lioration de la santé des hommes et des femmes ». Les acteurs cités ci- dessus ne pourront aimer leur boîte que s’ils/elles sont personnellement attaché/es au respect des mêmes valeurs spécifiques de ces sociétés. En pratiquant l’intelligence col- lective* avec toutes les parties pre- nantes, les dirigeant/es pourront élaborer cette « raison d’être ». n
* L’article du livre La confiance et le sens pour un engagement meilleur et durable, www. ethic.fr.
     Sophie de
devraient bien sûr dire les membres du personnel, les inté-
rimaires et aujourd’hui les travail- leurs « indépendants » employés par la boîte. Mais pourquoi pas aus- si les équipes sportives ou les asso- ciations liées à l’entreprise? Désormais, seuls les talents, y com- pris féminins, en particulier les jeunes, pourront assurer le succès des entreprises. Celles qui privi- légient l’intelligence collective les attireront.
Aujourd’hui, il n’existe plus de lon- gues carrières dans les entreprises. Les dirigeants devront donc rester très attentifs à ce que les départs se déroulent bien. Ainsi, ceux et celles qui quittent leur entreprise conti- nueront à dire qu’ils/elles aimaient leur boîte.
Les syndicats défendent les salarié/es, mais ils ne peuvent pas accomplir une tâche sans aimer la boîte. Le bien-être des salarié/es, relatif à leur
travail, dépendent largement de la réussite de l’entreprise, voire, en cas de sinistre, de la survie de l’entre- prise. Les syndicalistes, eux-mêmes salariés, ne peuvent se limiter à une vision théorique et abstraite de lutte des classes. Leur mission sera ap- préciée et réussie si, et seulement si, ils/elles sont perçu/es par les autres salarié/es comme des personnes qui aiment leur boîte, en acceptant, par exemple, des sacrifices provisoires pour la sauver.
Les attitudes et les décisions des dirigeant/es, dont celles des admi- nistrateurs, permettent de juger s’ils aiment, ou non, leur boîte. La confiance* qu’ils/elles sauront don- ner à leurs collaborateurs/trices conditionnera pour ces derniers la prise de risque, l’innovation, l’ini- tiative et donc la performance col- lective et individuelle.
Enfin, pour bénéficier de ressources aux moments cruciaux, l’entreprise
Menthon
Présidente d'eTHIC
Présidente de SDme
   ecoreseau.fr avril 2020 | 27
]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
  Véhicules d’entreprise
cules électriques dans leurs parcs. Tous les loueurs de véhicules mul- tiplient depuis plusieurs années les prestations de conseil et d’analyse des parcs automobiles de leurs clients pour les aider à s’engager dans la transition énergétique. Comme l’explique Stéphane Cras- nier, PDG d’Alphabet, « depuis 2013, nous conseillons nos clients à partir de notre solution Alpha Electric qui prend en compte les usages de leurs flottes ». Ce loueur longue durée procède à l’analyse d’un parc automobile grâce à l’ap- port d’un outil GPS embarqué à bord des véhicules des clients dé- sireux de passer à l’électricité. À partir des remontées de données, il détermine et identifie les véhicules susceptibles de passer à l’élec- trique.
Le loueur Arval, lui, s’appuie sur son offre Smart, une solution pro- posée aux flottes pour les aider à construire leur stratégie de tran- sition énergétique et les accom- pagner dans la mise en œuvre de solutions de mobilité alternatives. Arval veut donner à ses clients les moyens de transformer leurs am- bitions en matière de RSE en plans d’action concrets, explique Ferréol Mayoly, directeur général d’Arval France. « Au-delà de l’analyse des parcours réalisés par les véhicules d’une flotte, il est aussi nécessaire de prendre en compte la situation des collaborateurs, selon qu’ils interviennent comme technicien, manager ou commercial de l’entre- prise. Une flotte qui propose une véritable offre électrique doit ins- taller des bornes de recharge sur son site mais aussi éventuellement au domicile de son collaborateur. »
L’offre « e » s’élargit
Il est vrai que l’année 2020 devrait être celle de l’introduction tant at- tendue de modèles électriques et hybrides dans les flottes des entre- prises. Tous les constructeurs sont d’ailleurs au rendez-vous avec de nouvelles offres. Il en va ainsi de Peugeot qui vient de commercia- liser la nouvelle 208 dans une ver- sion électrique très performante. Cette e-208 dispose d’une auto- nomie de 340 km et d’un moteur de 136 ch. Elle rejoint une nou- velle catégorie de petites citadines 100 % électriques telle que la Mini Cooper SE dotée d’une autonomie de 235 à 270 km. En version 100 % électrique, la Mini dispose de 184 ch pour un poids de seulement 1 440 kg. Même tendance chez Honda qui vient de présenter la Honda « e » animée par un moteur
Les flottes dans le grand bain
Les flottes automobiles ? Des ressources stratégiques de mobilités et des parcs désormais nécessairement ouverts aux véhicules électriques face aux nouvelles contraintes réglementaires et fiscales. Déjà, l’écosystème de la voiture électrique se met en place.
La succession de nouvelles   faire le choix d’une stratégie d’in-   té 2020 dans lequel il identifie les
parcs automobiles dans un abîme de perplexité. En mars 2019, c’est le nouveau protocole d’homolo- gation des véhicules (WLTP) plus sévère de 25 % en moyenne dans le calcul des émissions de CO2 qui est entré en action. À la même date, les gestionnaires de flottes constatent aussi l’alourdissement de la fiscalité automobile avec la mise en place d’un nouveau malus et l’amplification de la taxe sur les véhicules de société (TVS). Bien- tôt, ce sera l’entrée en vigueur de la loi sur les mobilités (LOM) qui impose à compter de 2022 aux en- treprises de plus de 100 véhicules d’intégrer une part de 10 % de vé- hicules à faibles émissions. Cette part montera à 20 % en 2024, 35% en 2027 puis 50% en 2030.
    mesures réglementaires et fiscales n’en finit pas de plonger les responsables de
vestissement dans un parc de vé-
hicules. Le loueur Athlon attire
l’attention sur ce pic de complexité
fiscale que les entreprises doivent
gérer en 2020. L’accumulation de
nouvelles normes sur un seul exer-
cice fiscal complexifie la gestion fi-
nancière des milliers d’entreprises
qui devront acheter ou louer des
véhicules. « Ces normes n’entrent
d’ailleurs pas toutes en vigueur en
même temps et font du calcul de
la TVS un véritable défi », alerte
Bruno Morizur, directeur général
d’Athlon France. « Les entreprises
qui voudront convertir certains
de leurs véhicules à l’énergie élec-
trique devront revoir leurs calculs.
Sauf politique volontariste sur le
plan écologique, certains arbi-
trages, en particulier en milieu
urbain, pourraient donner la prio-
rité à l’hybride. » Pour faire face
aux hésitations, ce loueur vient
Pas facile dans ces conditions de   de publier un Guide de la fiscali-   s’efforcer d’introduire des véhi-
tendances fiscales qui obligent les chefs d’entreprise, responsables RH ou financiers, gestionnaires de flottes, à adopter une approche « véhicule par véhicule ».
Préparer les flottes
à l’électrique
Le président de l’Arval Mobility Observatory (AMO), François Piot, regrette que 30 % seulement des sociétés éligibles à la mise en place d’un plan de déplacement en en- treprise aient franchi le pas. « C’est encore aujourd’hui un moyen ef- ficace au sein des entreprises de rechercher de nouvelles organisa- tions, de challenger tous les trajets des collaborateurs et de mettre en place de nouvelles solutions de mobilité tels que l’autopartage ou le covoiturage », explique-t-il. Une démarche qui pourrait s’avérer payante à l’heure où les flottes vont
   28 | avril 2020 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[                           Société des Pétroles Shell SAS au capital de 513 934 496 €. RCS Nanterre 780 130 175. Tour Pacific – La Défense, 11/13 cours Valmy, 92800 Puteaux - Création : zao.agency
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[pratique
business guide
Une flotte qui propose une véritable offre électrique doit installer des bornes de recharge sur son site mais aussi éventuellement au domicile de son collaborateur – Ferréol Mayoly, Arval France
électrique de 150 ch pour 220 km d’autonomie. Le japonais propose une connectivité avancée illustrée par l’assistant personnel OK Hon- da qui s’appuie sur des algorithmes d’intelligence artificielle pour pro- poser des services personnalisés accessibles par commande vocale. Dans un registre de modèles plus polyvalents, la marque Lexus, fi- liale haut de gamme de ‡Toyota, vient de commercialiser son SUV premium urbain UX300 e en ver- sion électrique. Celui-ci est doté de 204 ch et d’une autonomie d’envi- ron 300 km. Il se destine selon la marque « au segment des véhicules de direction d’entrée de car poli- cy associé à un budget cohérent ». De même, le Volvo XC 40 est dé- sormais disponible en version 100 % électrique de puissance de 408 ch avec deux moteurs élec- triques. L’ensemble offre une au- tonomie de 400 km. Enfin, l’ID3, nouvelle berline compacte 100% électrique de VW, sera dotée, elle, de plusieurs étages de puissance de batteries pour des autonomies de 330 à 550 km.
Les hybrides sont au
rendez-vous
À côté des véhicules purement
électriques, certains constructeurs
ont fait le choix de la technologie
hybride afin d’abaisser les niveaux
d’émissions de CO2 des modèles
proposés aux flottes d’entreprises.
Ford développe la technologie hy-
bride sur son nouveau Ford Puma.
Ce petit SUV aux airs de faux
coupé qui doit concurrencer les
Renault Captur ou Peugeot 2008
est ainsi équipé d’une hybridation
légère (Mild Hybrid) qui associe
un alterno-démarreur de 11,5 kW
avec une batterie de 48 volts. L’en-
semble réduit de 10 % la consom-
mation et les émissions de CO2.
De même, Renault propose une
version hybride de la Clio. Ce
modèle en tête des ventes dans
les entreprises est disponible dé-
sormais en version Clio E-Tech
hybride de 140 ch équipée d’un
moteur essence de 1.6 couplé à
deux moteurs électriques alimen-
tés par une batterie de 1,2 kWh.
En milieu urbain, Renault pro-   plug-in xDrive25 e. Elle développe   en mode zéro émission.
Peugeot e208
           met une réduction de 40 % de la   une puissance cumulée de 220   Total : de la pompe
BMW X1 Xdrive
volvo_XC40
  consommation d’essence et une autonomie électrique de 65 km. Chez Peugeot, les best-sellers de la marque sont disponibles dé- sormais en version hybride re- chargeable. Il en va ainsi de la 508 mais surtout du SUV 3008 proposé dans deux versions plug- in. Plus dédié aux flottes, le 3008 Hybrid 225 ch est homologué pour des émissions de 31 g/km de CO2. Un atout fiscal que les flottes d’entreprises ne pourront cette année négliger. Idem dans l’univers premium où les mo- dèles à succès se doivent aussi d’être proposés en version hy- bride rechargeable. Il en va ainsi du BMW X1 qui va pouvoir sau- vegarder son statut de numéro 1 des SUV Premium avec la version
ch et est homologuée pour une consommation de 2,2 l/100 km et des émissions de CO2 à 48 g/km. Chez Audi, le Q5 repasse égale- ment par la case plug-in et revient dans le catalogue de la marque dans une confortable version hy- bride rechargeable Q5 55TFSI e de 367 ch. Enfin, chez Mercedes, de multiples modèles connaissent une évolution avec des variantes hybrides rechargeables. C’est le cas de la Mercedes Classe A 250 e qui propose une puissance cumu- lée de 218 ch pour une consom- mation de 1,4 I/100 km et 25 g/ km d’émissions de CO2. Son constructeur annonce aussi une autonomie électrique de plus de 60 km. De quoi autoriser des tra- jets domicile-travail au quotidien
à la borne
Pour faire face à l’arrivée impor- tante de véhicules électriques dans les entreprises, tout un éco- système se met en place. Il en va ainsi en priorité des pétroliers qui s’engagent désormais dans une profonde mue. Comme l’explique Sophie Vergne, directrice marke- ting de Total Fleet, « nos clients professionnels commencent à adopter des véhicules électriques et s’interrogent sur la façon de s’équiper en bornes de recharge afin de faciliter le parcours de leurs collaborateurs. Total Fleet propose des bornes de recharge accessibles avec la carte Total à la fois pour le véhicule du collaborateur ou pour un usage privé. Pour les voitures de fonction qui doivent recharger leurs batteries dans l’entreprise,
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avril 2020 ecoreseau.fr
Fiat 500 e
      ]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[ mais aussi au domicile de l’uti- lisateur, Total Fleet propose une solution de borne de recharge chez le particulier lequel dispose- ra de deux cartes: l’une pour une recharge personnelle, l’autre pour une recharge professionnelle, la- quelle sera facturée à l’entreprise ». Chez Total, l’offre de solutions de recharge passe aussi bien par les bornes dans l’entreprise que par
L’accumulation de nouvelles normes sur un seul exercice fiscal complexifie la gestion financière des milliers d’entreprises qui devront acheter ou louer des véhicules.
« Ces normes n’entrent d’ailleurs pas toutes en vigueur
en même temps et font du calcul de la TVS un véritable défi » – Bruno Morizur, Athlon France
business guide
pratique
         DS3 Crossback
e-tense la mise en place de stations de
recharge sur certains sites qui re- çoivent du public ou encore direc- tement au domicile des conduc- teurs. De plus, avec la carte Total, indique Sophie Vergne, « les uti- lisateurs ont accès à 18 000 points
de recharge en France et plus de   cette plate-forme, les entreprises
       Mercedes Classe a hybride
100 000 en Europe. Nous déve- loppons également un réseau de charge rapide de 175 kW avec un point de recharge tous les 150 km en France et en Europe ».
Shell développe aussi
ses bornes électriques
De son côté, le pétrolier Shell avance au pas de charge pour s’ou- vrir à la transition énergétique. Lafirmearachetéilyaunanla société NewMotion qui dispose d’un important réseau de bornes de recharge dont 20 000 en France. Shell a également établi un parte- nariat avec le réseau de recharge rapide Ionity développé par un consortium de constructeurs auto- mobiles. Comme le souligne Marie Bandelier, responsable du marke- ting de Shell Fleet Solutions, « les études réalisées nous montrent que les utilisateurs de véhicules électriques font montre d’un comportement différent des utili- sateurs des modèles thermiques. Avec une voiture électrique, un conducteur réalise en moyenne 20 % de recharge électrique sur des bornes publiques, 40 % à son domicile et 40 % sur le parking de son entreprise où il passe le plus de temps. Shell propose donc dé- sormais l’installation de bornes de recharge électriques sur le parking des entreprises ainsi que chez leurs collaborateurs ».
Ce pétrolier a également annoncé le lancement de son nouvel ou- til baptisé Business Hub. Grâce à
surveillent, analysent et contrôlent tous les aspects de leur infrastruc- ture de recharge, y compris les sessions de recharge de leurs vé- hicules électriques. Les données détaillées des flottes donnent la clé de l’optimisation du « coût total de possession » et l’effica- cité de leur infrastructure de re- charge pour véhicules électriques. Parallèlement, comme Total il y a quelques mois, Shell va s’ouvre à la gestion de flottes. « Nous venons de lancer Shell Fleet Hub, explique la responsable du marketing de Shell Fleet Solutions. Il s’agit d’une nouvelle solution proposée à nos clients pour la gestion en temps réel de leurs parcs automobiles. Ce portail dédié à la gestion des cartes carburant s’ouvre plus largement à la gestion de flotte en ligne. Il rassemble l’ensemble des services nécessaires au suivi d’un parc à partir des transactions opérées mais également des kilométrages réalisés par les véhicules d’une flotte. Il fournit ainsi des états de gestion tels que la facturation, des alertes sur l’état du parc, et bien d’autres. » Pour les pétroliers, la montée en puissance des véhicules électriques change totalement la donne et principalement celle des cartes carburant délivrées aux flottes d’entreprises. Face au risque de disruption, la transition de la pompe à essence vers la borne élec- trique semble inévitable.
JEaN-P iErrE laGarDE
      audi Q5 TFSie
 Marché en chute libre... sauf l’électrique
  lexus UX 300e
AAA Data, expert de la donnée augmentée, publie le 1er avril les chiffres du marché automobile du mois de mars :
il chute de 72 % pour les voitures neuves de particuliers. Coronavirus oblige, vertes, mais pas seulement : le mois avait été figé par l’entrée en vigueur des nouvelles normes (CO2 WLTP) et du malus associé.
À la même période en
mars 2019, les immatriculations atteignaient un cumul de 71 627, soit -24 % par rapport à l’année précédente. Pour autant, les ventes de voitures électriques, elles, progressent en mars
(+ 19 %). La Renault Zoe, la Peugeot 208 et la Tesla
Model 3 cartonnent. La réduction du bonus écologique était appliquée pour des livraisons le 31 mars au plus tard...
volkswagen iD3
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]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation par Geoffroy Framery
  le chiffre
100 millions
Le numérique, filière du suremploi
Le secteur du numérique voit l’avenir en rose avec des prévisions de re- crutement très optimistes. C’est du moins ce qui ressort du 12e baro- mètre Conjoncture des métiers du numérique 2020 réalisé par l’Institut Mines-Télécom dans le cadre du Forum des Télécommunications et du Talent Day (organisé par Télécom Paris). Ce baromètre montre que 95 % des entreprises affichent des perspectives positives. Dans certains do-
maines, comme l’audit/conseil, les ESN, les opérateurs télécom, les éditeurs de logiciels, les prévisions sont encore meilleures qu’en 2019: 55 % des em- ployeurs prévoient de recruter davantage que l’année précédente. Compétences cloud et big data font partie des plus attendues. Cette ten- dance se manifeste notamment chez Quantmetry ou Dassault Systèmes qui prévoient de recruter essentiellement des data scientists et data ingé- nieurs. Si les compétences en IA (9 %) entrent dans le peloton de tête, celles en systèmes d’architecture (9 %), l’ingénierie-intégration et déploiement (8 %) restent très recherchées, suivies par la sécurité (7 %) et l’internet des objets (6 %). Avec le développement du cloud et des applications SaaS, l’en- jeu de la sécurité des infrastructures hébergées devient critique auprès des clients.
L’autre tendance phare est l’ancrage parmi les acteurs du numérique du concept d’« industrie du futur » pour lequel 71 % d’entre eux se sentent directement concernés, ce qui nourrit encore plus les besoins en profils techniques: développeurs en réalité virtuelle, experts en cybersécurité ou encore ingénieurs simulateurs numériques.
report et solutions alternatives des concours et examens
Le gouvernement a annoncé mardi 24 mars que les examens et concours de l’enseignement supérieur qui devaient se tenir dans les prochaines se- maines seraient remplacés ou reportés, au mieux, à la fin mai.
BAROMÈTRE IMT
  de tonnes d’émission de
Travailler autrement
Patrick levy-Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement
Le jour d’après
a crise du Covid19 a également être mis à profit pour contraint les entreprises proposer des formations aux col- à généraliser le télétravail laborateurs.
lorsque celui-ci est pos- Il serait pertinent de sortir du
sible. confinement avec des collabora-
CO du 17 février au 1er mars, 2
estimation du Carbon Brief. Dont 25 % pour les États- Unis sur cette quinzaine.
    Les difficultés et les facilités di- vergent en fonction du degré de maturité des organisations vis-à- vis de cette façon de travailler. Si la difficulté des entreprises déjà accoutumées au télétravail tient au fait de durer, celle des entre- prises «profanes» sera de gérer les flux d’échanges. Quoi qu’il en soit, l’enjeu est avant tout managérial. Cette situation inédite apparaît comme une opportunité pour créer des rituels : les déjeuners virtuels, des afterworks, des ca- fés d’équipe, cours de sport à distance... Il s’agit avant tout de «prendre soin» des collabora- teurs. Attention toutefois à ne pas submerger les équipes sous un flux d’échanges continus, car elles doivent avoir le temps de se concentrer sur le travail qu’elles ont à mener.
Ce temps de confinement peut
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teurs qui auraient acquis de nou- velles compétences ! Nous ne sa- vons pas combien de temps durera cette situation, autant en profiter pour apprendre, pour se doter de nouveaux outils qui sont et seront profitables pendant et après la crise.
Bien entendu, il sera pertinent de tirer les apprentissages de cette période. Les entreprises qui ont connu
des difficultés à mettre en place le télétravail, par exemple, vont pou- voir constater les bénéfices qu’elles peuvent en tirer pour tous les col- laborateurs.
Les entreprises qui auront été à l’écoute, transparentes et raison- nables seront celles qui sortiront renforcées de cette crise car leurs collaborateurs n’en seront que plus engagés ! n
     ]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[ Les moments de crise produisent un redoublement de vie chez les hommes.
François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe audencia assure la continuité du programme
« Soyons honnêtes, l’écueil principal du numérique est de penser qu’il peut tout remplacer. L’épreuve de confinement que nous subissons finira certainement d’en persuader les plus sceptiques.
En revanche, le numérique permet de développer des services pour faciliter la vie de nos étudiants et accélérer certaines procédures, et leur permettre de se
concentrer davantage sur leurs apprentissages [...] Le télétravail, généralisé pour l’ensemble des collaborateurs, va également maintenir le lien avec les interlocuteurs en interne, si nécessaire à la réussite de son expérience étudiante. »
Pour Audencia Business School, le programme de continuité se veut ambitieux. Audencia Nantes est classée 6e école de commerce française au classement Sigem.
Tout savoir sur le programme : https://newsroom.audencia.com/ articles/actualite/audencia-les-atouts-drsquoune-ecole-a-taille- humaine/
Maintenir la continuité de l’activité par le numérique pendant la crise sanitaire ? Toutes les entreprises se sont posé la question. Côté formation, France université numérique (FUN), en collaboration avec les établissements membres et partenaires, va progressivement rouvrir les Mooc archivés pour les rendre accessibles au plus grand nombre.
Cette décision complète les premières dispositions prises par FUN qui visent à contribuer à l’effort national de mobilisation face à la pandémie et mettre à profit les cours produits par ses membres et partenaires. Dans ce cadre, les ouvertures de cours se dérouleront selon deux modalités, en « archivé ouvert » ou en « session animée ». Plus de
470 cours seront disponibles.
160 salles de classes
virtuelles déployées
dans les grandes écoles
et universités par Glowbl
La pandémie accélère inéluctablement la numérisation des organisations.
La start-up lyonnaise Glowbl accompagne universités et grandes écoles publiques de France, dans le but de numériser leurs cours. Cette plate-forme collaborative offre aux élèves et professeurs de reproduire les mêmes méthodes pédagogiques
qu’en présentiel. « Il existe une explosion de demandes. Près de 90 % des contacts concernent des classes virtuelles pour des problématiques de formation. Beaucoup d’universités, très peu de l’enseignement secondaire ou du primaire, et aussi pas mal d’instituts de formation », explique Laurent Souloumiac. L’université Panthéon-Assas vient de déployer 160 salles
de classe virtuelles Glowbl. Le Réseau des grandes écoles spécialisées a signé pour 10 000 apprenants, l’école Yncréa pour une dizaine de classes. La solution agréée par le ministère de l’Enseignement supérieur intéresse potentiellement 130 universités et grandes écoles publiques.
briefing rh & formation FUN ouvre ses archives
pratique
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]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation
 Skema Business School, 1re école globale en mode 100 % distanciel sur 5 continents
Quid des organisations mondialisées ? Éléments de réponse chez Skema. La montée en puissance du numérique s’est imposée comme une évidence en réponse à la fermeture des établissements sur chaque continent (États-Unis, Brésil, Afrique du Sud, France et Chine).
Après un premier campus fermé à Suzhou en Chine depuis mi-janvier, Skema avait déjà mis en place un dispositif complet d’apprentissage à distance afin d’assurer la continuité
pédagogique de ses quelque 550 étudiants présents sur place au moment de la fermeture – et qui depuis poursuivent leur programme depuis leur lieu d’habitation. L’école est ainsi passée rapidement
à un mode d’enseignement « 100 % remote », 100 % à distance.
Sur un délai très court, Skema a réussi à opérer la bascule de tous
ses enseignements. Le dispositif interne piloté par trois directions
– direction de la faculté, direction des programmes, direction de l’innovation –, a assuré la bascule en quelques jours d’un apprentissage partiellement à distance à un mode global et exhaustif.
O’clock propose gratuitement sa technologie de classe virtuelle
Pour assurer une continuité de service des organismes de formation, écoles et universités, l’École O’clock met à dis- position gratuitement sa technologie de classe virtuelle pour que toutes ces structures puissent maintenir leurs cours et le lien qu’elles entretiennent avec leurs apprenants. Ce format recrée les conditions d’une formation en pré- sentiel, accessible à distance depuis le domicile de l’étudiant.
La mise en place d’une ou plusieurs classes virtuelles prend environ trois jours.
Studizz Bot gratuit
pour tous les organismes de formations
Malgré la crise sanitaire, les établissements vont inéluctablement rentrer dans leur période de recrutement. Pour les candidats, comment s’informer à distance
directement auprès des
établissements afin de
finaliser leurs vœux ?
Réponse de Studizz
avec un chatbot qui
guide, accompagne et
engage les internautes
directement sur les sites
Internet des établissements. Dans le prolongement de l’appel d’Edtech France, le « Studizz Bot » est disponible gratuitement jusqu’au 1er juin 2020.
   34 |
avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[ Écoles d’ingénieurs :
un contexte d’entreprise qui re- flète les valeurs du diplômé », analyse Carole Dieumé, di- rectrice de Centrale Marseille. C’est dire si les mentalités ont évolué et qu’aujourd’hui la RSE n’est pas seulement un green washing superficiel. C’est de- venu un élément différenciant en termes de recrutement et de marque employeur.
Comment se concrétise ce vif intérêt pour les enjeux socié- taux ? Pour Carole Dieume, « de nombreuses initiatives sont me- nées dans le cadre des associa- tions de l’école, mais aussi en dehors de ce cadre. Cette prise en compte de l’impact sociétal se matérialise par une journée d’action sur le climat, par des actions menées sur le territoire pour favoriser l’engagement de nos étudiants, qui mettent en place, par exemple, du tutorat – conseil, coaching, soutien scolaire... – avec des collèges et lycées situés en zone prioritaire. Soit plus de 15 000 heures de bénévolat par an. Dans les murs de l’école, ces humanités sont abordées dans de nombreux en- seignements. Un semestre tout entier est d’ailleurs lié à ces en- jeux de société ! »
Articuler les enjeux industriels et sociaux L’employabilité table sur la mise en place de ces soft skills de- puis belle lurette. Elle répond d’abord à un besoin pragma- tique des diplômés. À compé- tences égales, la personnalité, la façon d’affirmer son leadership ou encore la capacité à se mon- trer concis et convaincant se- ront des qualités payantes pour obtenir le poste visé. D’un point de vue opérationnel, ces soft skills sont d’autant plus recherchés que les projets ont gagné en complexité et donc inéluctablement en process, en réunions, en interlocuteurs, en efforts de gestion et d’analyse. Mener aujourd’hui un projet qui mobilise l’ingénieur sur un pilotage stratégique avec des partenaires industriels, voire des clients, mais aussi sur un management d’équipe, oblige les nouveaux diplômés à faire parler bien plus que leur tech- nique et leur expertise.
l’humain avant
le technicien
Plus qu’un effet de mode, les soft skills seraient la plus-value de l’ingénieur en 2020.
carrières & talents
pratique
   Le métier d’ingénieur   tion des cursus – comme sur le
   évolue au gré des inno- vations, de l’évolution du management et de
l’opérationnel qui s’inscrivent dans des contraintes de sécu- rité, environnementales, so- ciétales, toutes gigognes. Si, un temps, la connaissance et le savoir-faire suffisaient à l’ingénieur à la française pour tirer son épingle du jeu sur le territoire national et à l’inter- national, force est aujourd’hui de constater de nouvelles ten- dances qui touchent cette for- mation, spécificité française, à la fois du côté de la pédagogie – vers plus de professionnalisa-
sujet des contenus des enseigne- ments, avec un ADN ingénieur de plus en plus tourné vers les soft skills et l’impact sociétal du métier.
Un ingénieur humaniste
« C’est une tendance récente. On l’observe à peine depuis deux ans. Si nos diplômés trouvent tous un emploi à 6 mois, il n’est pas rare de consta- ter le retour de diplômés qui souhaitent prendre leur temps après leur parcours étudiant, de choisir le bon métier, celui qui sera porteur de sens et qui ins- crira le métier d’ingénieur dans
    Cette capacité de mener des projets à la croisée des sciences dures
et sciences molles amène également à l’exercice de nouveaux métiers.
  ecoreseau.fr avril 2020 | 35
]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
      De nombreux parcours dé- diés au développement de ces soft skills ont donc vu le jour ces dernières années. À l’image de l’UTC de Compiègne qui a lancé son cursus Humanités et technologie (Hutech) en al- ternative au tronc commun. Entre autres, ce parcours en- seigne comment orienter le développement technologique au service de hautes valeurs humaines et sociétales. Cet Hu- tech se définit comme parcours de préparation à l’ingénierie, s’adresse aux bachelier/ères toutes filières confondues qui souhaitent tisser sciences, tech- nique et sciences humaines afin d’être capables, en tant qu’ingé- nieur/es, de mieux articuler les enjeux industriels et sociaux. Cette capacité de mener des projets à la croisée des sciences dures et molles amène égale- ment à l’exercice de nouveaux métiers (lire interview).
L’idée, donner les outils pour bien décider, communiquer et diriger. Et finalement « piquer
le job » des business schools, par hasard ?
tèmes embarqués, des pro- grammes communs ont été conçus notamment avec Ske- ma sur le sujet de l’intelli- gence artificielle. « Ce type de programme mené à la suite du programme grande école est très recherché. Les profils qui y participent gagnent une corde à leur arc. Mais nos in- génieurs sont spécialisés dans le domaine du numérique. »
Un ingénieur ingénieux
Depuis quelques années, le rythme de création des inno- vations a dépassé la capacité d’adaptation et d’adoption des organisations et des sociétés. Face à cette frénésie techno- logique et aux avancées de la recherche dans de nombreux domaines (blockchain, IA, physique quantique...), le di- plôme d’ingénieur est-il voué à une inlassable valse des conte- nus de formation ? « Faire évo- luer le diplôme ne doit pas se calquer sur les besoins annuels de l’entreprise. Nous sommes dans une démarche d’adapta- tion continue mais tout passe d’abord par la volonté de for- mer des jeunes très adaptables. On forme des esprits qui au- ront appris à évoluer très vite et de façon autonome », argue la directrice de Centrale Mar- seille.
Le learning by doing, la pé- dagogie de projet, tient donc une place importante dans les parcours des écoles d’ingé- nieurs.
« Concrètement, nous avons misé depuis trois ans sur un modèle dans lequel chacun de nos étudiants est en alternance dans une entreprise, une asso- ciation, un laboratoire de re- cherche, voire dans un projet entrepreneurial. Nous avons conservé un socle scientifique fort, mais ce modèle nous ouvre à de nouvelles possibilités tant en termes de contenus que de pédagogie. On évoque théori- quement l’efficacité d’équipe ou encore l’intelligence émo- tionnelle pour ensuite mieux confronter ces notions à la réa- lité du terrain », poursuit la di- rigeante de Centrale Marseille. Reste qu’aujourd’hui un enjeu majeur mobilise chaque école d’ingénieur en France. Celle du modèle de croissance pour assouplir un marché du travail ultra-tendu, tant finalement ces profils sont prisés... GEOFFrOY FraMErY
    Anne-Louise Durand, alumni de Centrale Marseille
« les soft skills m’ont beaucoup apporté dans le management de projet »
Un ingénieur manager
Loïc Roussel, directeur général du Groupe Esiea donne sa vi- sion de la démarche : « Au-delà de notre expertise technique, nous nous attachons également à délivrer des enseignements dans les humanités. Philo- sophie, littérature ou encore développement du leadership sont présents dans la plupart de nos programmes. L’idée, donner les outils pour bien décider, communiquer et di- riger. » Et finalement « piquer le job » des business schools, par hasard ? Sur ce sujet, les écoles d’ingénieurs déploient des stratégies différenciées de partenariat, mais de façon rai- sonnable.
À Centrale Marseille, des doubles cursus ont été co- conçus avec l’IAE d’Aix Mar- seille et Sciences Po. « Nous ne souhaitons pour l’instant pas aller plus loin dans la complé- mentarité des formations de type management. Ces parte- nariats permettent déjà d’ac- coucher de profils atypiques et intéressants », souligne Carole Deumié.
Chez Esiea spécialiste de la cybersécurité, de l’IA et de la data science comme des sys-
  Les partenariats de Centrale Marseille aux Pays-Bas intensifient les activités de recherche et donnent l’occasion à une poignée d’élus de partir au pays des polders. Centrale a développé
des accords avec notamment TU Eindhoven, Universiteit van Amsterdam ou encore TU Delft.
Quel fut votre parcours ?
J’ai mené après une prépa scientifique deux années à Centrale Marseille.
La dernière année s’est déroulée
à TU Delft où j’ai réalisé un master spécialisé dans les transports.
Après le diplôme, le temps était
à la réflexion. Il y avait des offres intéressantes aux Pays-Bas. Finalement, ma première opportunité professionnelle s’est réalisée dans le cadre de mes recherches. Aux Pays- Bas, pour valider son diplôme, il faut nécessairement réaliser un mémoire de recherche, en l’occurrence j’ai travaillé sur le sujet des perturbations et des aléas de circulation dans certains types de transports en commun et comment les gérer pour diminuer leur impact sur les passagers. Mon directeur de recherche m’a un jour proposé de postuler à un poste, j’ai été recrutée.
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En quoi consistent vos missions ?
Aujourd’hui, j’ai la chance de travailler sur deux sujets distincts. D’une part, je suis chargée de recherche dans
un institut gouvernemental affilié au ministère des Transports néerlandais, et d’autre part je suis doctorante et travaille sur la fracture numérique dans les services de transport et les nouvelles formes de mobilité. Ce sont deux exercices professionnels complémentaires qui exigent également d’aborder le champ des sciences sociales.
En quoi votre cursus de centralienne vous est utile aujourd’hui ? L’ouverture d’esprit sur les disciplines m’a permis d’appréhender rapidement de nouveaux sujets. À Centrale,
on apprend aussi à cultiver un bon équilibre entre travaux de groupes et travail individuel. Surtout, je pense que les soft skills m’ont beaucoup apporté dans le management de projet. C’est un aspect de la formation qui n’était pas vivant aux Pays-Bas.
  ]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[                     L’ALTERNANCE INTÉGRATIVE
L’ALTERNANCE COMME RYTHME :
LE MÊME RYTHME POUR TOUS, UN PARCOURS POUR CHACUN
+ + 3 semaines enseignement académique
+ + 1 semaine orientée découverte et professionnalisation
L’ALTERNANCE COMME MODALITÉ
DE PROFESSIONNALISATION
+ Au final, quelle que soit la forme d’alternance retenue,
l’élève profite d’une pédagogie par l’expérience qui vise la découverte progressive des environnements professionnels.
4 TYPES D’ALTERNANCE
+ + Recherche
+ + Entreprise
+ + Entrepreneurial + + Associative
À Centrale Marseille tous les élèves sont alternants
L’ALTERNANCE EN ENTREPRISE
DÈS LA 1RE ANNÉE
RECRUTEMENT & DIPLÔME IDENTIQUES À LA FORMATION CLASSIQUE
CURSUS AMÉNAGÉ
100 % MOBILITÉ INTERNATIONALE IMMERSION EN ENTREPRISE EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE COMPÉTENCES MÉTIER SPÉCIFIQUES FINANCEMENT DES ÉTUDES
WWW.CENTRALE-MARSEILLE.FR
 © centrale marseille – 2020/03
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
 LA CULTURE
 NE SE CONFINE PAS
Christophe Combarieu renonce à la scène mais relit ses classiques et visionne ses DvD en retard...
Baromètre patrimoine & fiscalité p.40 Baromètre finance de marché p.44 Culture & Co p.48 Santé p.50 Art du temps p.51
38 | avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[                      Épargne Retraite 2 Plus*
     Dormez tranquille
    votre épargne reste en éveil
              Net de frais de gestion annuels de 0,36% et brut de prélèvements sociaux et fiscaux, attribué sur le support en euros du contrat Épargne Retraite 2 Plus, pour l’année 2019, sous réserve de la présence d’un capital constitué sur ledit support au 31/12/2019.
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*Épargne Retraite 2 Plus est un contrat d’assurance-vie de groupe exprimé en euros et/ou en unités de compte, souscrit par l’ASAC, association loi 1901 et garanti par Allianz Vie, entreprise régie par le Code des assurances - SA au capital de 643 054 425 euros - 340 234 962 RCS Nanterre. Siège social : 1 cours Michelet – CS 30051 92076 Paris La Défense Cedex.
ASAC-FAPES est une marque de Fapes Diffusion, 31 rue des Colonnes du Trône - 75012 Paris - Enregistrée auprès de l’ORIAS n° 07 000 759 (www.orias.fr) en qualité de courtier en assurance (catégorie B au titre de l’article L520-1 II du Code des assurances), de courtier en opérations de banque et services de paiement et de mandataire non exclusif en opérations de banque et services de paiement.
Contrat également accessible via Tégo, association régie par la Loi 1901, SIRET 850 564 402 00012- siège social : 153, rue du Faubourg Saint-Honoré – 75008 Paris.
Réalisation : Agence SMALL PLANET.
          COMMUNICATION À CARACTÈRE PUBLICITAIRE
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
bons plans
allongez le délai des conditions suspensives de prêt immobilier
Les banques, soutenues par la BCE, ne devraient pas fermer le robinet du crédit immobilier. En revanche, prévient Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vousfinancer, « compte tenu des mesures sanitaires, les capacités de traitement
des dossiers pourraient être
plus limitées en l’absence d’une partie du personnel. Les délais de traitement des dossiers de crédits dans les banques – déjà supérieurs à ceux qu’ils sont habituellement en début d’année – pourraient s’allonger à nouveau ». Le
courtier conseille donc à ceux/celles qui signent actuellement des compromis de vente d’allonger le délai des conditions suspensives sur l’obtention du prêt à 60 jours.
les SCPi encore trop méconnues
Alors que la retraite est au cœur des débats et que le gouvernement incite les Français/es à diversifier leur épargne, l’investissement dans la
pierre-papier* séduit de plus en plus. Pourtant, selon une étude de BNP Paribas REIM, 60 % des épargnant/es ne connaissent pas la pierre- papier – un pourcentage
qui grimpe à 76 % chez les millennials – et seuls 4 % du panel interrogé
détiennent des parts de SCPI. Pourtant, une fois sensibilisée à ce que sont les SCPI, près d’une personne sur trois (31 %) se déclare disposée à investir dans ce type de placement. Ce chiffre
atteint 39 % chez les 35-49 ans.
* La pierre-papier regroupe tous les placements immobiliers mutualisés, gérés professionnellement, et dans lesquels les investisseurs sont protégés par les réglementations européenne et française.
Ce sont les SCPI, les OPCI, les SIIC, les OPCVM immobiliers et les FPCI immobiliers et FCPR immobiliers.
les villes moyennes,
un vrai trésor de rentabilité
Les villes moyennes (entre 20 000 et 100 000 habitants) apportent de très bonnes opportunités aux investisseurs à la recherche de rendement locatif de long terme, révèle une étude du courtier monemprunt.com. Le prix au mètre
carré y dépasse rarement
les 2 000 euros et les loyers mensuels évoluent facilement entre 8 et 10 euros le m2. Dans ces villes à suivre de près :
La Rochelle a récemment été citée en exemple, tout comme
Cluses, en Savoie. Pau se distingue également avec un loyer mensuel moyen au mètre carré à 8,80 euros. Autre estimation : le loyer de Valence est évalué à 8,50 euros par mètre carré en moyenne, tout comme la ville de Troyes.
vision
L’or a de la ressource
’or a longtemps résisté à la grande dépres- sion des marchés. Le 9 mars, il franchis- sait même le seuil des 1 700 dollars l’once pour la première fois depuis août 2011, soit
un gain de 10 % depuis le début de l’année. Mais le 12mars, les Bourses mondiales vivaient l’une des pires séances de leur histoire et le métal jaune s’est engouffré dans leur sillage. Résultat, vendre- di 13 mars à la clôture de Wall Street, l’once avait abandonné tous ses gains. La situation de l’or, très chahuté pendant la semaine noire qu’ont vécue les marchés mi-mars, rappelle celle qu’avait connue le métal précieux pendant la crise financière de 2008, lorsqu’il s’était écroulé avant de s’envoler vers des records, commente Arnaud du Plessis, gérant ac- tions thématiques spécialisé sur l’or et les ressources naturelles pour CPR AM, dans une note publiée mi-mars. « La situation n’est pas sans rappeler celle observée en octobre 2008 avec la chute de Lehman, écrit-il. Les investisseurs avaient alors soldé ce qu’ils pouvaient afin de couvrir leurs pertes par ailleurs. L’action concertée des banques centrales qui avait suivi a marqué le début d’un formidable rallye de l’or
Le démembrement de propriété dans l’ancien, Lsource alternative de revenu pour les seniors
40 | avril 2020 ecoreseau.fr
e vieillissement de la population et l’avenir tal tout en restant dans les lieux. Mais le contrat va des pensions de retraite suscitent l’inquié- plus loin grâce à deux spécificités : le complément de tude croissante des seniors. Alors qu’ils/ prix et l’assurance. « Si le vendeur décède avant la fin elles sont, le plus souvent, propriétaires de théorique de son usufruit, l’acquéreur devient alors
logements dont la valeur a flambé ces plein propriétaire plus tôt que prévu.
dernières années, la monétisation de
ce patrimoine de leur vivant apparaît
comme une solution séduisante grâce
au viager. Pourtant, ce dispositif, qui
représente pour certains un « pari sur
la mort », ne fait pas recette. Chaque
année, entre 4000 et 5000 ventes en
viager sont conclues en France, d’après
les estimations des professionnels, soit
moins de 1 % des ventes immobilières
dans l’ancien, essentiellement concentrées dans le sud de la France et en Île-de-France, où les prix des logements sont les plus élevés. Au-delà de l’aspect moral, le principal frein au développement du via- ger est financier. L’investisseur, tenu de verser une rente viagère dont le calcul s’appuie sur l’espérance de vie probable de son crédirentier, n’est jamais cer- tain que l’opération sera rentable. Pour donner une nouvelle vie au concept, Monetivia a lancé fin 2016 une offre innovante. « La vente à prix ajusté repose sur le principe du démembrement temporaire de propriété. La société propose à des investisseurs d’acheter la nue-propriété d’un bien en laissant la jouissance au vendeur pour une durée déterminée à l’avance et fixée entre 10 et 25 ans. Comme dans un démembrement temporaire classique, l’acquéreur bénéficie d’une décote et le vendeur perçoit un capi-
En retour, il verse un complément de prix aux héritiers, correspondant à la valeur de l’usufruit non consom- mé, minoré d’une légère décote. Que ce soit au travers du capital initial, du complément de prix ou de l’usufruit consommé, le vendeur et ses héritiers sont assurés de percevoir dans le cas le moins favorable au minimum 85 % de la valeur du bien », détaille Amaury de
Calonne, un des cofondateurs de Monetivia. Côté assurance, le mécanisme est tout aussi simple, ajoute le professionnel: « Si le vendeur est toujours en vie à l’issue du démembrement, il peut rester dans les lieux et en contrepartie notre partenaire, Allianz, verse une rente à l’investisseur. » Le dispositif créé par Monetivia se veut équilibré pour le vendeur et l’acquéreur, alors que dans la vente en viager il existe toujours un gagnant et un perdant. Ici, le vendeur perçoit du capital qu’il va par exemple donner à ses petits-enfants, tout en s’assurant que son bien n’est pas bradé en cas de décès prématuré. De même, l’in- vestisseur ne prend pas de risques: il bénéficie d’une décote proportionnelle à la durée pendant laquelle il ne jouit pas du bien et voit la rentabilité de son in- vestissement protégée par un assureur au-delà d’un certain temps. » n
dont les cours ont bondi de plus
de 1 200 dollars l’once durant
les trois années suivantes...
Bis repetita ? » Jean-François
Faure, président d’AuCoffre.
com, en est persuadé. « L’or a atteint, en euro, un plus haut historique de 1 650 euros avant de corri- ger. Mais l’on reste sur une hausse de 15 % sur 12 mois. Cette baisse brutale s’explique essentiellement par la stratégie des investisseurs qui ont cédé leurs actifs en train d’afficher une performance positive, comme l’or ou le bitcoin, pour réduire autant que faire se peut les pertes de leurs portefeuilles. » Selon l’expert, la crise économique qui va inéluctablement suivre la crise sanitaire devrait redonner son lustre à l’or. « Dans le monde entier, les investisseurs vont continuer à acheter du métal jaune, valeur refuge par excellence. Il n’y a aucune raison pour que les banques centrales réduisent leurs achats d’or qui permettent de se “dédollariser”. » Enfin, les taux d’intérêt devraient encore baisser dans les pro- chains mois et rendre le placement dans l’or de plus en plus attractif. n
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                   Entrepreneurs.
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]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité
 ACHAT/VENTE     Le chiffre
 l’immobilier en baisse, un refuge ?
275
125
0
Le 13 mars à la clôture, l’indice Euro Stoxx Real Estate, qui mesure la performance des sociétés immobilières cotées en Europe, accusait un repli de 25 % depuis le début de l’année, contre - 28 % pour l’indice généraliste Euro Stoxx 600. Cette baisse de l’immobilier pourrait être l’occasion de se renforcer dans un secteur considéré comme « refuge » dans un contexte de volatilité élevé.
    09/19 10/19 11/19 12/19 01/20 02/20 03/20
250 225 200 175 150
      -20%
la baisse de la consommation de vin
au verre en France dans l’hôtellerie et la restauration lors de la semaine achevée le 13 mars (soit avant la fermeture des bars des restaurants).
  focus
LQue faire de son épargne après le krach ?
e coronavirus a plongé les in- ry Lecler. Après ce krach, quelle stratégie vestisseurs en terres inconnues. adopter ? « Je ne lis pas sur une boule de Amorcée le 21 février, la chute des cristal, mais l’on peut espérer que l’essen- marchés s’est accélérée en mars tiel de la baisse est passé, avec pourtant le
jusqu’à atteindre l’inimaginable jeudi risque d’un nouveau repli à court terme
  12 mars. Le CAC 40 a dégringolé de plus
de 12 %, la plus forte baisse de son his-
toire, et Wall Street a connu le même jour
sa pire séance depuis le krach de 1987.
Les trois indices de référence sont entrés
en marché baissier (« bear market »), soit
une baisse supérieure à 20 % depuis leurs
récents plus hauts. Vendredi 13 mars à la
clôture des Bourses européennes, le CAC
40 accusait un repli de 30 % depuis le dé-
but de l’année, autant dire que les gains enregistrés lors de l’exceptionnelle cuvée
2019 sont partis en fumée. Pour autant,
les épargnants français semblent avoir
plutôt bien accusé ce coup de tabac. « Nous avons eu peu d’appels de nos clients inquiets de la situa- tion », assure Thibault Roy, associé-gérant chez K&P Finance. Comme d’autres sociétés en gestion de patrimoine, son cabinet a envoyé un mail à ses clients pour expliquer la situation. L’associé-gérant souligne ne s’être jamais départi d’une certaine prudence, avec des allocations d’actifs toujours en
adéquation avec le profil de risque des clients, dont certains avec un matelas conséquent en fonds en euros. Grégory Lecler, gérant fondateur du cabinet Prudentia, n’a pas non plus constaté de panique chez sa clientèle, en grande partie constituée de professionnels de la santé. « Peut-être est-ce une nouvelle encourageante, signe qu’ils misent sur une fin rapide de la pandémie », observe Grégo-
avant une reprise », indique Thibault Roy. Un point de vue partagé par Grégory Le- cler : « Le marché connaîtra sans doute des hausses et des baisses avec une volatilité qui va rester forte. Mais le point bas, on le connaîtra après. On pourrait perdre en- core 20 % sur les niveaux actuels dans un scénario très noir. » Cependant, pas ques- tion d’abandonner les actions, assurent les deux experts. « Aujourd’hui, un investis- seur rationnel doit acheter pour profiter de soldes et ne surtout pas vendre », pré- cise Grégory Lecler, qui recommande de s’y prendre à plusieurs fois pour moyenner
ses lignes d’actions à la baisse en cas de nouveau repli. « La période actuelle est propice pour gar- nir son PEA ou allouer une partie de son fonds en euros en unités de compte. Sur 6 à 8 ans, il est fort probable que le parti soit gagnant. Les investis- seurs qui ont acheté en mars 2009, au plus bas de la crise financière ont réalisé de bonnes affaires. » n
42 | avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 ecoreseau.fr avril 2020 | 43
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
   bons plans
le Napoléon au repos
Le 20 mars 2020, CPoR Devises, qui assure la cotation de référence des pièces de 20 francs
Napoléon, l’a suspendue jusqu’à nouvel ordre, faute d’une liquidité suffisante sur le marché. Et pour cause, l’offre et la demande se rencontrent sur des volumes restreints et l’offre s’est rapidement tarie alors que la demande a explosé
en raison de son statut de valeur refuge.
« Coter un tel produit reviendrait à se retrouver immédiatement en “shortsqueeze”, situation dans laquelle il n’y a plus de vendeurs, ce qui entraînerait une augmentation sans fin du cours. Cette situation ne profite à personne, raison pour laquelle il a été décidé de suspendre sa cotation », a commenté Laurent Schwartz, président du Comptoir de l’Or.
OFi aM recommande de ré- investir... progressivement
Comment investir dans cette situation inédite à très faible visibilité ? Les économistes sont unanimes. Soit le pic de l’épidémie est atteint
dans les deux mois et les gouvernements parviennent à éviter des cascades de faillites, soit la correction boursière
va se poursuivre. Si OFI AM
juge difficile de se prononcer sur l’un ou l’autre de ces scénarios, le gérant
estime cependant qu’il convient de réinvestir progressivement, dans une vision de long terme, et en mesurant bien les risques globaux induits dans les portefeuilles afin de ne pas être en situation de vente forcée le cas échéant.
Chute des marchés: par temps de crise, ne faites rien!
Les Bourses mondiales ont subi en mars une chute historique. Face à cette situation exceptionnelle, le meilleur conseil est de prendre son mal en patience, assure Albert
d’Anthoüard, directeur de la clientèle privée Nalo. Selon lui, vendre maintenant pour réduire son exposition ou pour racheter plus bas ultérieurement est
la pire des choses à faire.
« Les hausses progressives et les corrections
rapides sont inhérentes à l’univers des actions. Malgré ces soubresauts, les marchés boursiers suivent à long terme une tendance nettement haussière, surtout lorsque l’on y ajoute la performance des dividendes versés chaque année par les entreprises », affirme le professionnel.
experts
 KLe Net, un soutien pour le luxe
ering, l’un des champions du luxe, a fa- vorablement surpris le marché en février en annonçant une baisse de seulement... 13 ou 14 % de ses ventes au premier tri-
mestre 2020. Quelques jours plus tard, même éton- nement devant la prévision de SMCP. Le spécialiste du «luxe accessible», avec ses marques Sandro, Maje, Claudie Pierlot et De Fursac, révélait antici- per un repli de 20 % de son chiffre d’affaires trimes- triel. Certains analystes redoutaient une chute plus lourde encore du chiffre d’affaires de deux groupes fortement exposés à la Chine. Au plus fort de l’épi- démie de coronavirus en Chine, 70 % des magasins de SMCP étaient fermés. Depuis, la situation s’est légèrement améliorée en Chine où la quasi-totalité des magasins physiques ont rouvert. Même opti- misme mesuré chez Kering qui observe « des si- gnaux encourageants en Chine continentale, avec une moindre décroissance du trafic en magasins et donc des ventes ». Ces deux prévisions de ventes trimestrielles détonnent avec le pessimisme de Bur- berry. La célèbre marque au tartan redoute, elle, une chute des ventes de plus de 30 % au cours de la même période. Kering et SMCP ont limité les dégâts en Chine en grande partie grâce à leurs investisse- ments massifs dans le numérique. Ces dernières années, les deux groupes, comme LVMH d’ailleurs, ont développé des sites Internet attractifs et organi-
  La chute du pétrole, source d’opportunités
sé efficacement leur « supply chain ». Burberry, bien sûr, a emprunté cette voie, mais avec un temps de retard qu’il paie aujourd’hui. Le numérique repré- sente un enjeu majeur pour le luxe. Chez Kering, les ventes ont grimpé de 22,6 % en 2019 après avoir doublé lors des trois années précédentes. Selon le cabinet Bain & Company, les ventes de produits de luxe on line devraient représenter environ 25 % des ventes totales en 2025, contre quelque 10 % au- jourd’hui. Pour autant, les perspectives s’annoncent encore difficiles pour le secteur dans les mois à ve- nir, prévient UBS. Le broker reste cependant positif sur un secteur aux fondamentaux de long terme solide. n
 En février 2020, la crise du coronavirus et l’incapacité des producteurs de pétrole à s’entendre pour stabiliser les cours de l’or noir ont fait chuter les cours à leurs plus bas
niveaux depuis 2003, soit au-dessous des 25 dol- lars le baril. Le secteur pétrolier résistera-t-il à un tel choc? Pour les analystes financiers, les majors pétrolières, telles qu’Exxon, Chevron, BP, Royal Dutch Shell et Total sont bien mieux armées que lors de la dernière crise pétrolière, en 2014-2015. Car, explique Goldman Sachs, leurs bilans sont très solides et leurs dépenses flexibles à la baisse. Pour preuve, Chevron, Shell et Total ont d’ores et déjà annoncé une coupe drastique de leurs inves- tissements et la suspension de leurs programmes de rachat d’actions. Pour autant, ces groupes ont
déjoué le consensus en préservant le paiement de leurs dividendes. « Les groupes disposent d’assez de liquidités pour financer un déficit de trésorerie en 2020 et 2021 », renchérit Jefferies, qui juge les dividendes protégés jusqu’en 2021. Depuis la chute des cours du pétrole en 2014, les compagnies pétro- lières ont concentré leurs efforts sur la réduction de leur endettement et la baisse de leur point mort, c’est-à-dire le seuil de rentabilité. Elles ont investi sur les projets les plus rentables tout en cédant leurs champs les plus matures. Chez Total par exemple, le point mort n’est plus à 100 dollars le baril, mais en dessous des 25 dollars, le niveau actuel des cours. Le coût de production d’un baril est de 5 dollars contre 10 à l’époque. Dans ce cadre, M & G estime que l’environnement actuel représente un bon point d’entrée pour les investisseurs qui souhaitent ache- ter des sociétés productrices de pétrole à bas prix, capables de résister à la faiblesse des cours. Pour Randeep Somel Randeep, membre de l’équipe Ac- tions du gestionnaire d’actifs, la situation s’annonce bien plus difficile pour les producteurs américains de pétrole de schiste dont le point mort est bien plus élevé. « La chute du prix du pétrole risque donc d’être fatale pour les producteurs dont les coûts sont élevés, contraints alors de devoir sortir défini- tivement du marché », prédit Randeep Somel. Une mauvaise nouvelle pour Donald Trump, fervent dé- fenseur du pétrole de schiste texan. n
   44 | avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés
 SPÉCULONS !     Le chiffre
-17,3%
la chute du Dow Jones lors de la semaine close le 20 mars, soit la plus mauvaise performance de Wall Street depuis octobre 2008.
 ... sur les équipements médicaux
2,50
2,00
1,50
1,00
0,50
0
      02/10 14/10 24/10 05/11 15/11 27/11 09/12 19/12 03/01 15/01 27/01 06/02 18/02 28/02 11/03 23/03
Le titre de la medtech Novacyt a flambé de près de 1 000 % depuis le début de l’année. Elle est soutenue par l’exponentielle demande mondiale pour ses tests Covid-19.
    experts
 CLe secteur de la santé pourrait tirer son épingle du jeu
oronavirus : « La situation est grave l’ensemble de l’économie à l’échelle mondiale de mais pas désespérée », assure Rudi Van façon complètement inédite et inattendue, et c’est den Eynde, responsable Actions inter- notamment le cas du secteur de la santé », recon- nationales thématiques, en charge de la naît Rudi Van den Eynde. En France comme dans
stratégie Candriam Equities L Oncology Impact. le reste du monde confiné, les opérations chirur-
 Certes, la propagation du virus en Europe et aux États-Unis est exponentielle, mais l’Asie prend progressivement le dessus sur la maladie, observe le gérant. En outre, un vaccin contre la Covid-19 devrait être disponible d’ici à douze ou quinze mois. À cet égard, estime le spécialiste, « c’est une bonne chose qu’il n’y ait pas seulement quelques- unes mais de nombreuses entreprises travaillant sur des vaccins en même temps, notamment les grands leaders du marché, capables de mobili- ser rapidement les ressources nécessaires à son développement. Autre aspect positif, le nouveau coronavirus ne mute presque pas, d’après l’état actuel des observations, contrairement à la grippe saisonnière. Il y a donc de bonnes chances que le vaccin soit encore efficace en 2021 ». Dans ce cadre, investir dans le secteur de la santé semble faire sens. Bien sûr, ce secteur n’est pas immunisé contre le sentiment de marché et ses fluctuations. « Lorsqu’il pleut des cordes, tout le monde est trempé! Les mesures de confinement impactent
gicales qui ne sont pas strictement nécessaires sont reportées. Pour autant, ajoute le gérant, « le secteur lui-même affiche une relative stabilité. Les traitements appliqués aux patients cancéreux ne seront pas brusquement interrompus et les mala- dies rares continueront de bénéficier d’un maxi- mum d’attention ». Effectivement d’un point de vue boursier, comparé aux indices boursiers in- ternationaux tels que le MSCI World, le secteur de la santé a bien mieux résisté. Cette analyse est partagée par SPDR. Le spécialiste des ETF souligne que parmi les sujets phares du secteur, la course au développement d’un vaccin contre le coronavirus reste parmi les plus porteurs. De facto, investir sur l’ensemble du secteur est une façon d’essayer de miser sur l’entité qui réussira à le développer. « Deux domaines liés à la Covid-19 sont particulièrement intéressants: la fourniture de kits de test et le développement de vaccins pour s’immuniser contre le virus. Les entreprises im- pliquées dans ces domaines pourraient stimuler
le secteur des soins de santé et la grande majo- rité d’entre elles sont cotées dans le MSCI Wor- ld Health Care Index », précise Antoine Lesné, responsable de la Recherche et de la Stratégie de SPDR. n
46 | avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
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 ]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
culture & co par christophe
 combarieu
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
livres
le comédien revient en librairie avec un récit, Pourquoi je t’aime, aux éditions du Cherche-Midi.
Mes 3 questions à... Francis Huster
  Francis, vous dites qu’il n’y a que l’amour qui vous fasse vivre. Celui des textes, celui du public... Mais quel est le vrai sens du mot « amour » pour Huster?
Je me suis rendu compte, tout au long de ma carrière, que la joie d’être comédien provoque autant de passion que l’acte char- nel d’amour. Et pour cela, il faut être deux! Lorsque je répète une pièce, je ne fais pas « du » théâtre... Je me frappe la tête contre le texte, exactement comme au tennis, seul contre un mur, seul avec moi-même... À ce stade-là, je ne fais pas encore ce qu’on peut appeler « l’amour ». La joie de l’acteur arrive
précisément au moment où le public s’ins- talle. Il représente mon autre, nous sommes deux, et nous ne formons plus qu’un. Voilà ma définition de l’amour...
Vous vous laissez aller éperdument au sen- timent... Au point de vous y perdre. Le théâtre aura donc votre peau ?
Mais il a déjà eu ma peau! Ça fait soixante ans que je lui cours après et qu’il m’a totale- ment asphyxié... Mais paradoxalement, cet étouffement m’offre mon air pur. J’espère former avec lui un couple qui durera encore au moins vingt ans. Et puis pour ne rien vous cacher, je suis un peu chauvin, et je me sens très chanceux d’être Français, nous les des- cendants de Molière, nous sommes les bâtis- seurs d’un pays qui vit, aussi, grâce au théâtre. Les Anglais ont leur dieu Shakespeare, nous, les Français/es, avons notre étoile Molière. Mon guide.
Il y a l’amour et le désamour... Et celui qui peut survenir du public. Vous avez peur de l’oubli ?
Aussi étonnant que ça puisse paraître, je n’ai jamais été un acteur qui aurait cherché à être aimé de son public. J’en connais cer- tains qui ne vivent que pour ça et dont la notoriété est le leitmotiv. Pas moi. Je n’ai jamais fait ce métier pour ça. Donc vous comprenez que je ne ressens pas du tout la « peur » dont vous parlez. Et je pense, sur- tout, que l’oubli est quelque chose de mérité. S’il frappait à ma porte, il agirait comme une flèche qui me dirait de changer d’itinéraire...
la comédienne et créatrice du Festival du Film russe de Paris publie aux éditions liana lévi vania, vassia et la fille de vassia, un roman historique, familial et parfois teinté d’autobiographie...
Mes 3 questions à... Macha Meril
Macha Méril, l’ombre de Michel Legrand plane en- core et toujours chez bon nombre d’entre nous. Et ce livre n’aurait peut-être ja- mais existé sans lui...
C’est vrai. Je l’ai vraiment
écrit pour lui. Michel était
quelqu’un de très exigeant
pour lui-même, et il l’a été
beaucoup envers moi. Il me
répétait souvent que je ne
me serais pas accomplie à
100 % si je ne l’écrivais pas.
Et il avait raison. J’ai besoin,
comme lui en éprouvait la
nécessité, de faire des choses
superlatives, d’être constam-
ment en confrontation avec
l’excellence. Est-ce un vice ?
Une forme d’orgueil? Peut-être. Je ne dis pas le contraire...
On ne peut s’empêcher, en lisant, de faire un rapprochement entre Sonia, la fille de Vassia, et vous. Êtes-vous, comme elle, une femme engagée? Et à choisir, seriez-vous une pionnière ou une suiveuse ?
Engagée, évidemment que je le suis! Je l’ai prouvé, ne serait-ce que pour soutenir l’action des femmes dans ce monde malheureuse- ment encore bien trop régi par une gent masculine aux pleins pou- voirs. Ensuite, je pense que l’on essaie tous d’être des pionniers, mais que nous nous laissons souvent influencer. Il faut réussir à tout nuancer! On ne peut évidemment pas échapper aux règles, et en même temps c’est un besoin révolutionnaire que nous avons tous en nous. Considérons-le comme un luxe qui nous aide à forger notre esprit critique.
Est-ce que votre philosophie pourrait se résumer avec cette phrase, issue de votre roman : « Une personne est la somme de dizaines de personnes qui ont déjà déposé une semence dans son esprit » ?
Absolument! Et je crois que c’est exactement ce que l’on appelle la Culture, avec un grand C ! L’absorption du savoir de tout un chacun. Il faut, par-dessus tout, être un boulimique de l’érudition. Nous n’avons pas le choix. Il n’y a rien de plus fabuleux que cette chimie que l’on élabore en nous. Quand la somme de tous ces esprits que l’on convoque réussit à n’en former qu’un, c’est magnifique! Qu’ils soient morts ou vivants, d’accord entre eux, ou non! Si je n’avais pas George Sand, Tolstoï et Dostoïevski en moi, je ne serais sûrement pas la même...
Appelez-moi l’Empereur, de Pierre-Jean Chalençon
Décidément, Pierre-Jean Chalençon, l’acheteur star aux longs cheveux blond filasse du programme Affaire conclue diffusé tous les jours sur France 2 est loin d’avoir fini de nous étonner. Le découvreur de trésors, le plus grand collectionneur au monde d’objets en
lien avec Napoléon 1er, publie une autobiographie aussi fantasque qu’intrigante... De ses premiers pas dans le métier à ses rencontres qui auront changé sa vie (Charles Trenet, Versace...), en passant par la constitution d’un patrimoine qui en ferait rêver plus d’un, il distille son expérience et sa joie de vivre à coups d’optimisme et grâce à une plume, certes ingénue, mais très juste et sincère. Une success story passionnante, qui révélera des vocations, et qui nous montre l’envers du décor d’un monde de requins, dans lequel ce poisson d’eau douce a réussi à s’en sortir, jusqu’à en devenir... « l’Empereur » !
Éditions Harper Collins
48 | avril 2020 ecoreseau.fr
Et la culture ne se confine pas...
Pas de spectacles vivants, certes. Mais restent accessibles, chez soi, des « trésors satinés », comme le chantait Bashung...
  ]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[dvd
le meilleur reste à venir, d’alexandre de la Patellière et Matthieu Delaporte
Et si un jour vous deviez dire à votre meilleur ami qu’il ne lui reste que trois mois à vivre? C’est le point de départ de cette co- médie dramatique. Car dans la foulée d’un gigantesque malentendu, César et Arthur, aux personnalités complè- tement opposées, vont croire tous les deux que l’autre est atteint d’un can- cer. Ils décident de tout plaquer et de partir sur les traces de leur enfance, vivre tout ce qu’ils n’ont jamais osé faire seul. Un tandem improbable est réuni pour l’occasion : Patrick Bruel et Fabrice Luchini, qu’on croirait presque meilleurs amis dans la vie tant ils illuminent la dernière création du duo à l’ori- gine du Prénom. Du rire aux larmes, c’est un grand huit émotionnel et un feel-good-movie à savourer sans
modération !
Pathé
Notre-Dame, de valérie Donzelli
Plein d’imagination, de poésie et un brin burlesque, voici Notre-Dame, le cinquième opus de Valérie Donzelli – et le premier sans Jérémie Elkaïm. Son personnage : Maud Crayon, une architecte parisienne qui est choisie, sur un malentendu,
pour réaménager le parvis de la
cathédrale Notre-Dame. Mère de
deux enfants, elle doit jongler avec
son ex, qu’elle n’arrive pas tout à fait
à quitter, et le retour de son grand
amour de jeunesse, interprété par
un lumineux Pierre Deladonchamps.
Un film qui parlera aux névrosés de
travail, tant le personnage principal
est increvable, veut tout gérer, tout
gagner et finalement, se perd. Car
cette femme moderne mais un peu
dépassée est pleine de fantaisie et d’empathie. Une comédie romantique dans laquelle Donzelli filme avec beaucoup d’amour sa ville d’adoption, Paris,
et l’un de ses plus célèbres monuments. Paris, ville lumière ?
Ad Vitam
les Éblouis, de Sarah Suco
Camille est une jeune fille comme toutes les autres, joyeuse, l’aînée d’une famille nombreuse. Et puis un jour, ses parents rejoignent une communauté religieuse qui place le partage et la solidarité comme règle de vie. Mais la frontière entre communauté, embrigadement et secte est
mince, et la perte de tout pouvoir de réflexion alarme l’adolescente. Pour sauver ses frères et sœurs, elle va devoir se battre et affirmer sa liberté. Jean-Pierre Darroussin est épatant
en gourou machiavélique tandis que Camille Cottin et Éric Caravaca font preuve d’une grande finesse dans la perte
de repère des deux figures parentales. Mais la révélation, c’est la jeune Céleste Brunnquell, épatante. Plus qu’un film sensible, juste et captivant, une claque ! Pyramide Vidéo
Rendez-vous chez les Malawas, de James Huth Toute ressemblance avec une célèbre émis- sion de télé serait complètement... normale ! Dans Rendez-vous chez les Malawas, ce n’est pas une, mais quatre personnalités qui vont participer à une expérience
qui devrait normalement
changer leur vie, mais qui va
se transformer en véritable
enfer ! Plus qu’une parodie de
Rendez-vous en terre incon-
nue de Frédéric Lopez, c’est
un pastiche hilarant de ceux
qui y participent ! La nature
humaine des célébrités méga-
los y est décortiquée de façon
acerbe, et, du coup, eh bien
c’est très drôle! Et quel cas-
ting ! Sylvie Testud, Ramzy Bedia,
Youn et Christian Clavier dans le rôle d’un présentateur télé vedette qui ne pense qu’à lui et qui croit que la terre n’est faite que pour ses beaux yeux. Jubilatoire !
Pathé
all rise, Gregory Porter
Faire le plein
d’énergie avec
Greg Porter, rien
de plus facile ! Ce
virtuose du jazz, auteur-compositeur
et interprète,
revendique deux
maîtres : Marvin
Gaye et Nat King Cole. Pour son
6e album, All Rise, on retrouve également des notes de pop, de soul et de gospel. Une succession de titres forts, parfois euphorisants. Un phénomène !
Decca
agrippina, de Haendel
Mené par l’hypercharismatique mezzo texane Joyce DiDonato, ce nouvel enregistrement d’Agrippina de Haendel rivalise avec
la référence Gardiner.
L’impératrice, sœur
de Caligula, n’a qu’un
seul but : assurer
l’avenir de son fils
décadent Néron sur
le trône. DiDonato
s’impose dans ce rôle
de diva sans foi ni morale, entre louve et dragon. Une pléiade de grandes voix est réunie autour d’elle : Franco Fagioli, Luca Pisaroni, Carlo Visoli, Marie-Nicole Lemieux, la jeune Elsa Benoît et la nouvelle sensation des contre-ténors, Jakub Jozef Orlinski. Un Haendel impérieux !
Erato
Beethoven around the World
Déjà vingt ans que le Quatuor Ébène défend les couleurs de la France dans les plus grandes
salles du monde. Les
quatre musiciens
ont traversé une vingtaine de pays ces derniers mois pour jouer l’intégrale des quatuors à cordes
de Beethoven et
répandre son message humaniste sur les cinq continents. Pour cette année commémorative des 250 ans de la naissance, ce projet hors norme capté sur le vif à travers le monde sort en coffret. Perfection des attaques, énergie et lyrisme sont au rendez-vous, avant une intégrale en six concerts à la Cité de la Musique cet automne.
Erato
culture & co cd
vie privée
      Michael
 Joyeuse retraite,
 de Fabrice Bracq
Philippe et Marilou sont enfin tranquilles ! L’heure de la retraite a sonné et ils iront couler des jours heureux au Portugal ! Au revoir le travail, au revoir la famille et bonjour le repos ! Enfin, c’est ce qu’ils croyaient. Car on le sait bien, les retraités sont souvent utilisés par leurs enfants pour les tâches ingrates du quotidien. Michèle Laroque et Thierry Lhermitte vont en faire les frais! Et c’est parti pour une avalanche de stratagèmes les plus farfelus pour échapper aux sollicitations de leur fille, incarnée par l’excellente Nicole Ferroni ! Également au casting, les malicieux Arielle Semenoff et Alain Doutey, délicieux dans les rôles des amis retraités ! Un coup de maître pour le réalisateur Fabrice Bracq qui a réussi à saisir avec grande justesse ce que les vieux jours peuvent représenter de plus ébouriffant !
M6 Vidéo
ecoreseau.fr avril 2020 | 49
]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Coronavirus,
au cœur de la recherche
santé
 Il a fallu une semaine pour identifier la cause de cette pneumonie sévère, voire lé- tale, qu’est la covid-19 («la»
puisqu’il s’agit d’une maladie) : un nouveau coronavirus, baptisé SARS-CoV-2. Puis quelques jours pour décrypter son génome. La base de données PubMed* a ras- semblé en plus de trois mois plus de 1 000 articles scientifiques. De quoi déterminer le meilleur vaccin pour le retour du tueur démasqué?
On sait désormais que le SARS- CoV-2 offre 76 % de similitude avec le virus SARS-CoV-1 (respon- sable du SRAS – syndrome respi- ratoire aigu sévère). On connaît sa clé d’entrée cellulaire, la proté- ine S, et le récepteur, l’ACE2. Et puis ? Cette carte d’identité laisse déjà entrevoir que l’affinité du SARS-CoV-2 avec ce récepteur est grande. Sans doute la cause de la contamination plus rapide. Comment « agit » -il?
Installés dans la cellule, plusieurs
POUR VOTRE BIEN...
la crécelle des lépreux ?
Si vous psychotez après avoir croisé un quidam qui a éternué à moins d’un mètre de vous, ou l’inverse, ou si vous
êtes soignant/e et voulez savoir dans quelle mesure vous avez été au contact de contaminé/
es, peut-être vous
inscrirez-vous sur cette app développée en un
temps record par Christophe Mollet, fondateur de l’agence Web ITSS, et son équipe d’informaticiens chevronnés, CoronApp. Elle géolocalise votre téléphone et celui des gens qui ont croisé votre route. Si parmi eux se trouvent des contaminés (qui se sont déclarés comme tels auparavant, moins de 14 jours avant) bien sûr, une alerte s’éveille. Les données ne sont
de ses gènes s’activent, dont celui qui produit l’ARN polymérase (RdRp), une enzyme. Elle réplique le génome du virus. L’infection s’installe.
Tous les labos de recherche multiplient les recherches Depuis cette identification, c’est un raz-de-marée de « propositions thérapeutiques » qui déferlent dans l’attente des tests forcément longs qui se mettent en place. La plupart émanent de groupes de recherche déjà attelés aux parades du SRAS et du MERS (Middle East Respi- ratory Syndrom – syndrome respi- ratoire du Moyen-Orient). Quelles sont les « stratégies » en batterie ?
1 Les inhibiteurs
d’entrée du virus
La fameuse chloroquine défendue par le professeur Didier Raoult de Marseille, antipaludéen, est aussi un antiviral puissant qui bloque l’accès du virus aux cellules. Sans entrer dans le détail du « sas » bio- logique qui autorise l’accès du virus dans la cellule, disons qu’intervient une baisse de pH (potentiel Hydro- gène, indicateur de l’acidité) qui favorise la fusion des membranes du virus et de la cellule. La chlo- roquine empêcherait la chute de pH nécessaire pour franchir le sas. Il semble donc bien que l’hy- droxychloroquine (dérivé moins toxique), inhiberait la réplique
du SARS-Cov-2 in vitro dans les cultures cellulaires.
Mais le conditionnel sied mal aux scientifiques. D’autres molécules, comme l’anti-inflammatoire ba- ricitinib, traitement de l’arthrite rhumatoïde, ou le mésylate de ca- mostat contre l’inflammation du pancréas, inhibent, elles aussi, l’en- trée du virus.
Parmi les antiviraux prônés, le remdesivir, inhibiteur de l’ARN polymérase virale, empêche le virus de se multiplier à l’intérieur de la cellule. Les essais cliniques se multiplient comme avec le favi- piravir. On en vient à abandonner la combinaison du ritonavir et du lopinavir, définitivement inefficace contre le coronavirus. D’autres combinaisons sont à l’essai.
2 Les vaccins
C’est l’autre stratégie, elle est pré- ventive. Comprenez : les vaccins ne seront utiles qu’en cas de retour du virus qui trouverait alors un ter- rain immunisé par le système im- munitaire, « informé ». Il existe au moins 41 candidats, selon l’OMS.
• Le plus prometteur a déjà été tes- té sur des singes, immunisés. On l’inocule aujourd’hui à 108 volon- taires, non touchés par la maladie, de 18 à 60 ans pour déterminer la dose optimale pour la production d’anticorps.
• Une association internationale, le Cepi, finance huit projets de vac- cins recombinants, protéiques et à base d’acides nucléiques.
3 Les autres pistes
En Espagne, le gouvernement fi- nance un vaccin vivant atténué
plus facile à fabriquer et capable de doper le système immunitaire. Il consiste à fabriquer une copie mo- difiée du virus pour activer nos dé- fenses immunitaires. Le propre du vaccin. On recense à ce jour plus de 2 000 brevets de lutte contre les deux coronavirus (80 % d’agents thérapeutiques, 35 % de vaccins, 28 % de techniques de diagnostic). Plusieurs dizaines de brevets sur des vaccins potentiels contre le SRAS et le MERS servent à accé- lérer les essais cliniques et expéri- mentaux sur le SARS-CoV-2.
Reste l’essai clinique à grande échelle mené par l’OMS, Solida- rity, centré sur le traitement de la covid-19. Collaborent l’Afrique du Sud, l’Argentine, le Bahreïn, le Ca- nada, l’Espagne, la France, l’Iran, la Norvège, la Suisse et la Thaïlande, en attendant que d’autres pays ne se joignent à l’affaire.
Une certitude : le SARS-CoV-2 se heurtera dans quelques mois à une barrière ou à un vaccin. Mais c’est maintenant que les soignants/es at- tendent désespérément la parade. Or un autre espoir se manifeste : Xenothera, biotech nantaise, a mis au point depuis cinq ans un an- ticorps déjà adapté à l’humain, le XAV-2. Sa présidente, la Dr Odile Duvaux, clame dans le désert qu’il lui faut 3 millions d’euros pour les ultimes essais cliniques et la pro- duction. ÉcoRéseau lance l’appel: intéressez-vous très vite à cette in- vention française! OliviEr MaGNaN
* Premier moteur de recherche de données bi- bliographiques de l’ensemble des domaines de spécialisation de la biologie et de la médecine, développé par le Centre américain pour les in- formations biotechnologiques (NCBI). Gratuit, il donne accès à la base de données bibliographique Medline de citations et de résumés d’articles de recherche biomédicale.
pas conservées. www.coronapp.eu
les psychothérapeutes s’inquiètent
pour les non-contaminé/es
Le pire, c’est d’être touché, certes. Mais le confinement sera lui-même source de dysfonctionnements
psychologiques, surtout chez les sujets « limites » (borderline). Le psychothérapeute Pierre Nantas
(mmoureau@gmail.com) fait froid dans le dos en listant les pathologies collatérales :
• La peur de la mort et de l’abandon, parfois « à l’origine des scènes
de pillage dans les rayons des supermarchés ».
• Le sentiment d’insécurité qui est activé : retrouver ses clients, ses collègues de travail, si elles/ils sont encore là ? Maintien de l’emploi...
• La promiscuité, l’impossibilité
de s’isoler quelques instants pour
« décompresser » risquent de provoquer des réactions hétéros
ou autoagressives. « Certains spécialistes prédisent une augmentation des disputes familiales mais aussi, du taux de violences conjugales. »
• Comment restaurer le stock d’endorphines des accros du jogging ? • Après quelques jours ressentis comme des « vacances », « l’ennui,
le sentiment d’isolement peuvent entraîner des comportements addictifs ».
Conseils de Pierre Nantas :
> Ne pas angoisser d’être angoissé
> Réduisez vos déplacements sur la Toile
> Préférez les fictions à la fausse réalité : éviter à tout prix de regarder les chaînes d’infos en continu.
Un livre : Bien dormir, ça s’apprend
C’est le moment ou jamais de lire l’un des milliers
de livres consacrés aux troubles du sommeil. Pourquoi pas celui de Benjamin Lubszynski, le youtubeur aux 200 000 followers, fort de son
« programme concret de rééducation du sommeil sur deux mois pour apprendre à s’endormir
facilement et naturellement ». Aux éditions du Rocher.
   50 | avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[bien-être
Baumes à lèvres Hurraw
Bienvenue dans le monde merveilleux de Hurraw : les meilleurs baumes à lèvres au monde ! Certifiés Vegan et Cruelty-Free, ils se composent uniquement d’ingrédients d’origine végétale. Une petite merveille pour vos lèvres dont voici quelques secrets de fabrication : une production artisanale par petits lots. Des composants bruts de la plus haute qualité et des huiles pressées à froid. Sans gluten, sans soja, sans karité. sans ingrédient toxique. Une texture ultradouce, non collante, non grasse, légèrement brillante et un parfum délicat. Fabriqué avec 50 % de matériel recyclé.
5,80 € https://hurrawbalm.com
mode & accessoires
Lunettes de soleil inspiration La Piscine
En hommage à l’été sans fin sur la Côte d’Azur dans les années 60, neubau eyewear présente sa nouvelle édition spéciale «Côte du Soleil». Cette collection célèbre toute l’ambiance d’une époque et des paysages du Sud de la France avec trois modèles fabriqués à partir du nouveau matériau innovant natural3D, 100% bio et imprimé avec la technologie 3D. La collection est composée d’un modèle femme (Romy), d’un modèle homme (Alain), et d’un modèle unisexe (Maurice) qui célèbrent les acteurs du film culte La Piscine ainsi que les paysages sublimes de la Côte d’Azur.
Modèle Maurice, 329€. https://neubau-eyewear.com
Maison Jeanne Joung, grand dos nu
La Maison Jeanne Young prône la séduction et le savoir- faire français. Outre les dix-huit inspirations de la saison 2019/2020 personnalisables à l'envi, la Maison Jeanne Young s'est faite connaitre grâce à son modèle iconique, breveté et en exclusivité mondiale : le Body Grand Dos Nu. Bijou d'innovation, il permet un vrai maintien à toutes les poitrines même les plus fortes, tout en restant dans le confort et la séduction. Il est customisable à n'importe quelle robe de mariée et se rend tout simplement invisible.
350 € www.maisonjeanneyoung.com
Sublime rasoir Parker
Pour le rasage « une seule lame »
rasoir à ouverture papillon N°92R. Le
manche en métal texturisé lui confère
une prise en main parfaite et un toucher très agréable. L’ouverture papillon facilite l’entretien
du rasoir et le changement de la lame. Il suffit d’actionner le manche pour que la tête du rasoir s’ouvre en deux, laissant apparaître l’emplacement de la lame.
32 € www.aegis-pharma.com
vaincre ses addictions par la sophrologie
Notre société a évolué, notamment dans notre façon de consommer. II nous en faut toujours plus, nous sommes de plus en plus concernés par des comportements addictifs. Cette hyperconsommation répond au besoin que nous avons de nous procurer des émotions agréables. Le stress étant le principal agent déclenchant, on
se réconforte en cultivant l'élévation de la dopamine, hormone du plaisir. Ça commence simplement par
le stade du « circuit de récompense », pour finir par l'addiction. Le cerveau enregistre l'usage récurrent, de telle sorte qu'il en redemande et que l'on devient accro. 192 pages. Éditions Édilivre.
Tisane Benifuki,
l’art du temps
vie privée
   allergies-
immunité-détox
À la saveur équilibrée et très agréable, cette ti- sane a été conçue avec soin pour soulager les al- lergies saisonnières,
stimuler le métabo-
lisme, booster l’im- munité et détoxifier. L’ingrédient star de cette tisane est le thé vert mais pas n’im- porte lequel : le thé vert Benifuki.
18 sachets 5,90 € www.aromandise.com
    le nouveau porte-monnaie larmorie
Émile, c'est le nouveau porte-monnaie qui vient s'ajouter à la collection Larmorie,
et il apporte avec lui le concept de l’UpCycling ! En plus d'être joli et
pratique, il est réalisé dans des peaux de cuirs neuves achetées initialement par les grands maroquiniers qui n'en ont finalement pas eu l'usage ! Une nouvelle vie à vos côtés s'offre donc à ces petits porte-monnaie !
25 € https://larmorieofficiel.fr
Freya, des mailots généreux & glamour !
Freya dévoile avec style les jeunes femmes, minces ou plus rondes, aux poitrines généreuses jusqu'au bonnet K, et offre un savoir-faire corsetier adapté qui associe l'alliance parfaite du style "made in London", moderne et glamour avec un soupçon d'impertinence, au bien aller et au confort incomparable. Les formes bandeau ou triangle sont toutes développées pour un bien aller et un maintien parfait avec un renfort mousse, agrafe dos et bretelles évolutives.
www.freyalingerie.com
   ecoreseau.fr avril 2020 | 51
]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
 horlogerie & joaillerie
Tissot Seastar 1000 Chronograph
Sophistication ultime en matière d'équipement
de plongée, autant sur le plan esthétique que technique, la Tissot Seastar 1000 incarne le style et la
performance, sans compromis. Dédiée à la plongée, elle offre un look sportif et des fonctionnalités indispensables sous l’eau, parfaitement fiable jusqu'à une pression de 30 bar
(300 m). 490 € www.tissotwatches.com
redline, collection alphabet
Chaque lettre permet d’exprimer un sentiment,
une histoire propre à chacun de vous. Choisissez
la lettre A pour déclarer votre amour, ou encore la lettre de vos initiales pour représenter la beauté de votre prénom. Dévoilez-vous de manière luxueuse avec les lettres Redline incrustées de diamants pour une brillance exceptionnelle. Apportez votre touche de couleur à ce superbe joyau en ajoutant le fameux fil Redline de la couleur de votre choix. Ce bijou mi-chaîne mi-fil est disponible en or blanc, or jaune et or rose. Modèle ci-contre : 370 € www.redline-boutique.com
Eliros rainbow
de Maurice lacroix
Eliros Rainbow se pare de couleurs vives et de tons éclatants pour le plus grand plaisir des fashionistas.
Un modèle à la personnalité enjouée qui reste très pratique et parfaitement adapté à un usage quotidien. Le cadran et le bracelet sont revêtus d’un matériau en
PU qui diffuse une myriade de tons, reproduisant l’aspect d’un arc-en-ciel. Pour que les tons arc-en-ciel puissent
capter pleinement la lumière, le cadran est dépourvu d’index, de guichet de date et de minuterie. Edition limitée à
1000 pièces. 595 € www.mauricelacroix.com
augarde, nouvelle Maison intemporelle
Nouvelle marque d’horlogerie française,
Augarde lance une montre unisexe, identifiable
dès le premier regard. Reprenant les codes
de l’histoire horlogère par son boîtier de
forme coussin, elle s’impose par son élégance
intemporelle. Personnalisable grâce à son bracelet interchangeable, elle ne cesse de surprendre par son allure changeante. Cerise sur le gâteau ? Son prix tout doux pour se faire plaisir sans réfléchir. Ci-joint, montre en acier PVD or rose sur bracelet cuir, 169 € www.augarde.com
     52 | avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[gastronomie
Comtesse du Barry, œufs gourmands de collection
Pour Pâques, les œufs en
porcelaine de Comtesse du
Barry se parent de nuances
de bleu, de blanc nacré, et
d’or. Pour la 17ème année consécutive, la Maison propose des créations exclusives, véritables pépites pour les collectionneurs. La Version XXL offre un design contemporain et se décline dans un camaïeu de bleu et d’or. Ce véritable objet de décoration renferme un bel assortiment d’œufs gourmands
en chocolat noir ou au lait, aux amandes, éclats de crêpes croustillantes ou praliné.
250g, 39,90€ www.comtessedubarry.com
vins à déguster (avec modération)
Domaine levert Barault - Mercurey
« le printemps » 2018
Toute la magie du sol argilo-calcaire de Mercurey en Côte Chalonnaise se dévoile
dans ce 100% pinot noir. 25% des jus est élevé en fûts de chêne neuf et le reste en
fûtsde2à3vins.
De couleur rubis intense, ce vin exhale de
très jolis fruits rouges, quelques notes de café et pains grillés qui se mêlent à des
arômes de noisette.
Servi à 14°/16°, il est l’accord parfait avec un agneau au four, des côtes
d’agneau grillées, un magret de canard aux cassis ou plus simplement les fromages à croûte lavée.
27 € famillepicard.fr/boutique.html
vieilles vignes 2016 du Domaine langlois- Château
Vieilles Vignes 2016 Saumur Champigny dévoile une robe rubis très foncée tirant vers
le noir. Au nez se mêlent des arômes de fruits mûrs et des notes de torréfaction. La bouche est élégante avec des tannins présents et bien intégrés. La finale est agréable avec une légère touche de poivrée.
19,60 € www.langlois-chateau.fr
Edwart Chocolatier, collection de Pâques
Le chocolatier Edwart a
décliné sa collection de
Pâques dans un grand
tournoi où les rongeurs
adorables s’affrontent
pour gagner la noisette
sacrée de l’Oeuf Graal.
Toujours réalisée à partir
de chocolats grands crus,
cette collection fait la
part-belle à la créativité
et à la gourmandise avec
ces sujets animaliers ! Le Castor Militaire, réalisé en chocolat noir ou chocolat au lait avec un socle garni de praliné noisette, est rempli de fritures et œufs pralinés.
36€ - 300g https://edwart.fr
Corbin 2015, une balade suave au cœur de fruits noirs
De très belle présentation, sa robe rouge-grenat
est profonde et laisse apparaître un léger liseré ambré. Le nez est riche, vineux et complexe, aux notes de fruits noirs
et de réglisse avec
une pointe poivrée. La bouche est voluptueuse, suave et concentrée aux tanins gras et enrobés. Une belle longueur
tout en fraîcheur et très juteuse, vient parfaire ce très grand vin pour un très grand millésime.
40 € www.chateau-corbin.com
Château
le Pape 2016
Château Le Pape 2016 est issu d’un assemblage de 80 % Merlot et 20 % Cabernet Sauvignon. C’est un vin rond et gourmand avec des tannins soyeux, marque de fabrique de Haut-Bailly. Sa forte proportion de Merlot lui confère de beaux arômes de fruits rouges. Il est à déguster 5 à 10 ans après sa mise en bouteille.
30 € www.pessac-leognan.com
Little Moons
Little Moons ce sont ces délicieux mochis glacés que l’on déguste sans modération ... Lancée en France en avril dernier, la marque londonienne rencontre un franc succès. Ne vous refuser aucun parfum ! Mangue
Alphonso
- Noix de Coco de Sumatra
- Noisette italienne
- Vanille de Madagascar
- Fraise & crème
- Chocolat belge vegan
- Caramel salé
- Fruit de la passion
tropical et mangue -
Pistache torréfiée au miel
- Citron Yuzu
- Framboise d’été
- Thé vert Matcha ; que de délices ! www.littlemoons.fr
Cuvée Paradis, régnié 2018
Franck Chavy, vigneron qui a à cœur de communiquer sa passion, travaille comme un chef : « Avec la vigne je donne libre cours à mon imagination, les détails permettent de pousser plus loin. » Les ingrédients de base sont les vieilles vignes (certaines ont entre 110 et 120
ans, avec une moyenne d’âge de 60-65 ans). La cuvée Paradis charme grâce
à l’intensité de son nez, mêlant les
petits fruits noirs (mûre, myrtille),
et fruits à noyaux (cerise, pêche de
vigne). Fraîche en bouche, portée par
une matière onctueuse et gourmande,
la structure s’allie avec la souplesse caractéristique de l’appellation, pour donner la sensation de croquer des
fruits frais. Les tanins légers de la finale en font un vin digeste et gouleyant. 7,60 € www.domainefranckchavy.fr
LES HAUTS DE LYNCH MOUSSAS 2015
Issu des parcelles plus jeunes
dont les vins n’ont pu rejoindre le
premier vin, il doit son nom aux
vignes qui dominent le château.
Cet assemblage 70% Cabernet
Sauvignon et 30% Merlot offre
une grande fraîcheur et sa
robe présente des reflets de
couleur cerise qui s’accorde
avec la douceur des arômes
de fruits rouges. La bouche,
riche et d’une grande intensité,
révèle une trame tannique
bien présente et une palette
de notes toastées. La finale est
persistante.
Cette belle étiquette s’appréciera sur l’agneau ou une belle entrecôte.
22 € www.lagrandecave.fr
l’art du temps
vie privée
           ecoreseau.fr avril 2020 | 53
]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
   le coup de cœur
Par alain Marty
Président et fondateur du Wine & Business Club et animateur de In Vino Sud Radio
Le Saphir 2017
Partons à la décou- verte de la région des Pays de la Loire, située à l’ouest de la
France et bordée par le golfe de Gascogne. Nous voilà arrivés à Saumur, commune
française connue pour son École de cavalerie, son château, et ses vins. Au- jourd’hui, nous allons dé- couvrir la Maison Bouvet
Ladubay.
Depuis sa création en 1851, Bouvet Ladubay demeure un véritable monument historique des fines bulles de Loire qui révèlent toute la quintessence du terroir saumurois. Collaborant avec 80 vignerons par- tenaires pour ses appro- visionnements, la Maison produit plus de 6 millions de bouteilles par an. Les caves chargées d’histoire qui s’étendent sur 8 kilomètres, figurent l’exceptionnel patrimoine de la
Maison.
Mon coup de cœur est le Saphir 2017 ! C’est un Saumur AOC Blanc Brut Millésimé à la couleur or pâle légèrement ambré, fines bulles. Cette cuvée développe un bouquet où se mêlent fruits blancs, pêche, acacia, miel, noisette et quelques notes de jasmin. Un assemblage d’une grande élégance qui qualifie ce Saumur Brut de « haute défini- tion ».
Il se conserve entre 6 et 8° et peut se garder 2 ans. Ce vin de belle mousse, limpide et cris- tallin, est très frais, racé et équilibré avec de la finesse.
Nous vous proposons plusieurs accords mets-vin: de l’apéritif à la fin du repas, cette cuvée est parfaite avec les poissons, les huîtres et les gambas grillées, les volailles et viandes blanches.
Bonne dégustation ! n avril 2020 ecoreseau.fr
Château la Tour Boisée – a.O.P Minervois – vin certifié biologique ( Ecocert )
Cette cuvée est un hommage à deux jeunes femmes du domaine ; Les raisins issus de vignes de plus de quarante ans sont récoltés à la main puis vinifiés traditionnellement afin
que s’exprime le terroir. Les arômes expressifs sur les fruits rouges frais et les petits fruits noirs
compotés sont une invitation
à la gourmandise. En bouche, l’attaque est franche sur le fruit. La matière est ample, ronde et charnue portée par des tanins soyeux délicats.
Servi à 14%, il est l’ami fidèle des plats en sauce, de l’agneau, des plats épicés et saveurs
orientales. 13,50€0468781004
Domaine J. Denuzière Cornas 2017
Ce 100% Syrah s’affiche dans une robe rubis pourpre opaque et exhale des notes de cerise, de chocolat noir et poivre concassé. Sa bouche à l’amplitude et à la tension remarquable, charme par ses notes de petits fruits rouges et sa texture veloutée soutenue par des tanins soyeux. Servi à 16°, il accompagne agneau, viandes rouges et fromages affinés. 25€audomaine(0474595033)
et au caveau des Grandes Serres à Gigondas (04 90 65 86 55)
     Domaine d’Eole / Cuvée léa 2015
aOC Coteaux d’aix en Provence – certifié aB
Issu d’une sélection parcellaire de vieilles vignes menées en agriculture biologique sur un terroir sablo-calcaire avec une forte charge caillouteuse, cet assemblage de Grenache et Syrah dessine un vin élégant et complexe dont le nez vous rappellera sans doute la confiture de cassis ou de mûres élégamment mêlé aux notes d’épices provençales.
Ce vin exhale les senteurs sauvages des Alpilles entremêlées de baies noires, de truffe et de sous-bois. La bouche est ample, fruitée et soyeuse avec des tanins bien tramés. Il accompagnera au mieux l’agneau, le sanglier...
30 € www.domainedeole.com/nos-vins
 les Hautes vacquières 2016 ou 2017 (aOP Cru vacqueyras – les Grandes Serres)
Issu d’un assemblage Grenache, Syrah, et Mourvèdre, sa robe pourpre profonde exhale des arômes complexes de fruits rouges charnus avec une pointe de réglisse. La bouche est ample et soyeuse avec des arômes de cerises confites et de mûre puis une finale d’épices. Servi à 16-17°C, il accompagnera idéalement une Côte de Bœuf mais également
un carré d’agneau aux herbes de
Provence.
13 € en vente au caveau des Grandes Serres à Gigondas (04 90 65 86 55)
« Cupidon », Macon 2016 du Château de Messey
Une cuvée rare, seulement
800 bouteilles sont produites chaque année. Le vin idéal pour une soirée aux chandelles réussie. Ce Chardonnay du
sud de la Bourgogne a tout pour plaire : une magnifique palette aromatique
dominée par des notes
de fleurs blanches et d’agrumes, le tout sur
un fond beurré et épicé.
Une bouche charmeuse,
une belle fraîcheur et une finale gourmande. 19,90 € www.lerepairedebacchus.com
  54 |
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                  Le plaisir du café –
fraîchement moulu, pas en capsule.
 Roger Federer
Plus grand champion de tennis de tous les temps
 La nouvelle Z6 fascine même les esthètes et les gourmets les plus exigeants, tels que Roger Federer. La façade et la partie supérieure en Diamond Black viennent souligner son design sculptural. Équipée des technologies les plus modernes, comme le Professional Aroma Grinder, P.E.P.® ou la technologie mousse fine, la Z6 per- met de préparer à la perfection 22 spécialités au café, du ristretto aux spécialités lungo Barista, parfaitement digestes. L’intelligence artificielle personnalise le visuel automatiquement selon vos préférences. Le Smart Connect rend même la commande par smartphone possible et l’I.W.S.® reconnaît automatiquement le filtre à eau. JURA – If you love coffee. www.jura.com
]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[expressions
médias par Mathieu Wilhelm
 35
perdu. L’information est primor- diale et nous nous en remettons tous aux notifications de nos smart- phones, aux présentateurs de JT, aux éditorialistes politiques, à tous ces nouveaux experts sortis d’on ne sait où, et malheureusement, parfois, sans que l’on s’en aper- çoive, aux fake news, qui se glissent inexorablement dans notre quête de renseignements. Eh oui, tout un chacun veut finalement jouer les petits passeurs d’infos, sans même se préoccuper des sources... Erreur dedébutant!Maisquelestl’objectif de tout organe médiatique ? Infor-
la nouvelle mesure alors que l’info se fait rare.
Gardons ces programmes éducatifs
Alors l’organe brasse, à coups de jingles, de musiques anxiogènes ou grâce à la parole de spécialistes au bagout minimum pour capter l’au- ditoire. Le souci, c’est qu’il n’est pas de vérité sûre et établie a priori. Elle s’établit toujours après coup. Le sa- lut viendrait-il du service public ? Le seul à pouvoir s’émanciper de toute charge égotique et matérielle ! Et il en prend le chemin. Quand plus de 12millions d’élèves sont amenés à rester chez eux, la télévi- sion et les plates-formes Internet de l’État (Lumni.fr) deviennent les mé- dias d’apprentissage clés, les seuls! Et cette situation ne concerne pas uniquement nos scolaires! À tra- vers le monde, ce sont 391mil- lions d’élèves qui sont appelés à rester chez eux. De quoi inspirer les programmateurs. France 2, 15 heures, mathématiques ! France 3, 16 heures, grammaire ! France 5, 17 heures, histoire-géographie ! Lumineux ! Pourquoi ne pas éri- ger ces rendez-vous en réunions familiales ? Le voilà, le vrai service que l’on pourrait nous rendre ! Loin du scandale, du people et du dramatique. Et à terme, comme chaque crise est créatrice de nou- velles habitudes, créons la télé édu- cative ! « Éduquons, ce n’est pas une insulte » ! Que la télé travaille ! Qu’elle devienne, comme la presse, un produit de première nécessité si l’on savait enfin s’en servir. Iro- nie du sort, que tous les patrons de chaînes profitent au maximum de cette période hors du temps car, on le sait bien, le retour à la normale intéressera peu...
millions de paires d’yeux rivées dans la même direction !
Nouveau record his- torique ! Et pourtant non, l’humain n’a pas reposé le pied sur la Lune. Non, ce n’était pas une finale de coupe du monde. Successivement, jeudi 12, et lundi 16 mars, le pré- sident Emmanuel Macron s’ex- prime, et les rues se vident avant même qu’il ne nous intime de ren- trer chez nous. Car pour rentrer, ils sont rentrés chez eux, les Français/ es, pour écouter leur chef dans la
Les médias s’intéressent davantage à la nouveauté qu’à la vérité.
Raniero Cantalamessa, prêtre capucin, théologien, historien et animateur de télévision italien.
[ Briefing médias ]
Chaînes payantes : gratuités intéressées
Pour inciter les Français/es à rester chez eux, le gouvernement peut dire merci à quelques initiatives salvatrices pour les dévoreurs
de films, de séries, mais aussi de... films pornographiques ! Canal+ annonce son passage en clair. Au début, pendant toute
la durée du confinement
général, mais sous les
huées de ses concurrents
et la levée de boucliers
des abonné/es, l’accès
gratuit n’a pas survécu au
31 mars ! OCS (le service
de VOD d’Orange) a suivi.
Mais l’élan patriotique a saisi tout
autant les plates-formes Pornhub et Jacquie et Michel, en accès premium ! Coup de pub en béton ! Car pour un Canal+ en berne, le taux de transformation en packages « payants » au sortir de la crise n’est pas exclu. Pour Pornhub non plus...
Femmes de plateau, parité gagnée
La barre symbolique des 40 % a été franchie, les femmes s’installent enfin à la télé et à la radio. Un pas supplémentaire vers l’égalité, salué par le CSA. Invitées politiques, expertes,
 Que la télé travaille !
  petite lucarne! Ah, la fenêtre sur le monde grâce à laquelle nous pen- sons tout savoir sur tout (« si, si, c’estvrai,jel’aivuàlatélé!»)!Mais quelle collaboration entre médias et administration ? Sont-ils vraiment liés pour informer en temps de crise ou travaillent-ils finalement chacun de leur côté ? Quelles sont leurs vraies lignes de conduite ? Les cartes sont rebattues et tout le monde, c’est un constat, est un peu
56 | avril 2020 ecoreseau.fr
mer le plus objectivement possible ? Non. La toute première question reste inévitablement celle de l’au- dience. L’audience, c’est la publicité. L’audience, ce sont les retombées financières. L’audience, c’est la vie. Et quand l’administration essaie de cadrer l’info, le média essaie de dramatiser la situation. Normal, pour lui, il n’y a que le sensationnel qui compte ! Son objectif ? Réussir à obtenir le scoop, la déclaration ou
et même dans la catégorie des « présentateur/ trices » où la parité est parfaite, 50 % d’hommes, 50 % de femmes ! Les situations dévalorisantes et les propos stéréotypés, sont, eux, en chute libre, à en croire les résultats postés par le Conseil, après avoir visionné
des centaines d’heures de programmes de téléréalité, par exemple ! Prochaine étape : le temps de parole. Si la présence des femmes à l’antenne est valorisée à 41 %, on ne leur laisse en revanche que 32 % du temps disponible pour s’exprimer... Dommage, car qui ne perçoit pas la qualité de cette parité conquise ?
JCDecaux, victime du virus
Le leader mondial de l’affichage urbain avait enregistré une baisse de 10 % de son chiffre d’affaires au premier trimestre, Covid-19 oblige... Plus grand monde pour admirer les
« 4 par 3 » dans des rues désertes ? Et pourtant, 2019 avait été année fastueuse, les meilleurs
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[  résultats de l’affichiste urbain depuis sa cotation en Bourse en 2001 : 3,9 milliards d’euros de CA et un résultat net du groupe de 266 millions !
Jeanpierre sorti pour... amateurisme ?
Une des figures emblématiques du foot sur TF1, Christian Jeanpierre, vient d’être remercié ! Tout simplement rayé des grilles de TF1 ! Après plus de 30 ans de bons et
loyaux services.
Motif inconnu, sinon
celui de voir dans
le successeur de
Thierry Gilardi un
commentateur
amateur dépassé
parles«pros»
à la Margotton.
Jeanpierre devait
pourtant assurer le
commentaire des
matchs de l’Euro
de football censés
débuter en juin mais reportés en 2021 ! Bon, Christian, d’ici là, tu auras trouvé une autre chaîne...
Un podcast : Nouvelle école,
c’est fini et c’est dommage
Certains sortent des sentiers battus, à la manière d’Antonin Archer ! Ancien d’HEC, il prend un autre chemin et interroge ceux qui, comme lui, ont décidé de changer de voie : journalistes, humoristes, chefs d’entreprise, chanteurs... Des parcours hors du commun, au service de ceux qui se posent encore des questions... ou pas ! Malheureusement, ce podcast savoureux s’arrête. Replay.
85 interviews sur nouvelleecole.org
[ chiffrages ]
Les Français/es et la radio
Pourquoi la radio?
65 %: écouter de la musique 53 %: découvrir des artistes 25 %: pour être informé
Pour 60 % des auditeurs/trices, la radio représente le seul et unique média du matin.
67 % seraient gênés par la disparition du média radio, dont 36 % énormément!
Deux principaux supports d’écoute
76 % sur un autoradio
45 % sur un poste de radio
médias
expressions
   ecoreseau.fr avril 2020
| 57
]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[expressions
le regard sémantique
S.O.S
NOTRE-DAME, HAUTE-TENSION, VIOLENCES, FIN DE L’AUTORITÉ, ISLAMOPHOBIE, RACISME ANTI-BLANC, BÉNÉVOLAT, E-CAGNOTTE, TROTTINETTE ÉLECTRIQUE
  Jeanne
Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
La société aura vécu un chagrin collec- tif...15 et 16 avril 19 : #NotreDame, Notre-Dame, Notre Drame, Notre-Dame
en feu..., Notre-Dame des larmes.
Pour le reste, haute tension et violences de- meurent... Islamophobie, racisme anti-blanc, homophobie et communautarisme ponctuent ce portrait de la société.
Les verbes qui animent la société sont mobi- liser, donner du sens, reconstruire, révolution- ner... On s’interroge sur le temps, alors que le calcul quantique promet de modifier la façon
de penser le monde et que tout se numérise, même la santé avec l’e-santé. Il faut pourtant, encore et toujours, prendre garde aux cyber- cagnottes et aux cyberdélinquants.
Mais il y a des signaux positifs: la générosité est à la mode, le bénévolat aussi et les aidants sont une nécessité.
Seulement, avec la pagaille, les incivilités, les fractures, la désobéissance civile, La France fatigue.
Quant aux questions de société, elles sont hé- téroclites et nombreuses: pour avancer dans
« S.O.S », Jane Bee
la jungle urbaine, que penser de la trottinette électrique, de la voiture électrique, du vélo électrique? Dans un autre registre: faut-il fermer les zoos ? Et comment vivre avec la re- connaissance faciale et en étant toujours tous évalués via les réseaux sociaux ?
En 2019, pour aller mieux, on nous conseille : faites le vide. Le minimalisme, l’art de vivre mieux avec moins, est tendance. Mais on est encore autorisé à faire de la place à l’amour, c’est BOT l’amour : le premier love robot mas- culin est commercialisé. Est-ce mieux qu’un toutou connecté grâce à un harnais relié au smartphone ? n
58 | avril 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[[ Le saviez-vous ? ]
d’une pierre deux coups
Amis des bêtes, aux armes ! En anglais, « faire d’une pierre deux coups » se dit : « to kill two birds with one stone ». Littéralement, tuer deux oiseaux avec une seule pierre. Un poil plus violent que le « one punch » de Saitama, donc.
[ Tout va très bien ]
rose pompadour
La Pompadour donna son nom à une teinte de rose, une mode vestimentaire, une manière d’écrire et un style (rococo). Elle tire elle-même son nom de l’occitan Pompador, un ancien marquisat. Tout va très bien madame la marquise, tout va très bien.
[ le mot à PlACER ]
les mots de la fin par Marie Grousset
expressions
   Goujat
Contrairement à ce que prétend le renard de la fable, on peut très bien aimer le raisin un peu vert sans être un goujat pour autant. Mais qu’est- ce qu’un goujat ? Tout simplement, et si l’on en croit l’occitan « gojat », un valet, un serviteur. Se dit aujourd’hui d’un homme grossier et mal élevé.
  [ l’EXPRESSION d’avril ]
Ma langue au chat !
Si nous aimons les chats, petits tigres au regard insolent et dédaigneux, nous aimons en revanche beaucoup moins leur confier notre langue. Et pour cause! l’expression d’origine voulait en effet que l’on « jette sa langue au chien », une façon de dire qu’on renonçait à donner la réponse à une question. Parce que le chat fut considéré – plus tard – comme gardien de secrets inavouables, on décida par la suite d’en faire le propriétaire de nos incertitudes.
    [ patronyme commun ]
Entre clown et canard
Terrifiant : Gripsou, le terrible rival de Picsou, partage son nom avec... le terrible clown du roman It de Stephen King. Un nom traduit de manière aussi fidèle que possible puisque le patronyme d’origine de la créature est en fait Pennywise, qui signifie : « soucieux de ses sous ».
Goupillon Une arme plus dangereuse que le fléau d’armes, constituée d’un manche de bois auquel sont rattachées deux ou trois chaînes supportant elles-mêmes une boule à picots chacune. aïe. Fait amusant : le morgenstern, une sorte de fléau, a un nom assez poétique si l’on songe que morgenstern signifie « étoile du matin », comme Morningstar, nom de famille du héros de la série lucifer.
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]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page></pages></Search>