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BREXIT
Big data
administrative
formule gagnante-
Vraie pathologie ou mauvaise foi ?
agriculture, industries, services, commerce
gagnante
Phobie
La France dans 20 ans
JUNIOR ENTREPRISES
N°68 MARS 2020
entreprendre | innover | positiver
TRANSFORMATION
NUMÉRIQUE
7 entreprises racontent
leurs parcours, leurs solutions, leurs réussites...
L’urgence d’anticiper les conséquences
elles changent déjà le monde
Chine vs États-Unis
la guerre numérique
BEL/LUX : 5.20 € - Suisse : 9 FS - Canada : 8.99 $ can - Maroc : 55 DH - Dom : 5.50 € - Tom : 750 XPF.
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3 rue de la cité universitaire 75014 Paris, Tél : 01 45 88 77 24
   658-Une idée sur le toit
]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[éditorial
Olivier magnan
Rédacteur en chef
Codiv-19 ? Nul besoin qu’il Ccontamine notre bon sens
e sera... dur. Se dire sûrement que, une fois n’est Après le coup de canif pas coutume, d’accord avec notre des grèves, le coup de confrère Laurent Joffrin de Libéra- poignard du virus dit co- tion qui n’est pas spécialement sus-
div-19 va toucher la France après pecté de soutenir à tous crins l’État
le chat de
     l’Italie et avant... le reste de nos voi- sins. Même au nom du plus grand des optimismes, on voit mal com- ment l’économie réelle, nos entre- prises, après le début de pertes de la finance boursière – les investisseurs ont mis un masque sur leurs spé- culations – ne vont pas « morfler ». Importateurs et grands groupes commencent à chiffrer leurs pertes. Schneider Electric, au moins 300 millions. Accor fait état de « 200 hôtels, sur les 370 que compte le groupe en Chine et à Hong Kong à l’arrêt, dont une soixantaine gardent portes closes tandis que les autres n’ont quasiment plus de clients ». Et l’on pourrait ainsi se lamenter sur hôtels et restaurants, Air France- KLM, Kering, Aéroports de Paris, et autres Pernod Ricard qui comptent leurs abattis. Bien, et maintenant ?
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Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
n RÉDACTION
redaction@lmedia.fr
rédacteur en chef Olivier Magnan
Comité éditorial Adam Belghiti Alaoui, Jean-Baptiste Leprince, Olivier Magnan, Romain Rivière
Chroniqueurs Alto Avocats, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Arthur Cohen, Marc Drillech, H’up Entrepreneurs, Julien Leclercq, Les rebondisseurs français, Patrick Levy-Waitz, Alain Marty, Sophie de Menthon, Ordre des Experts-Comptables, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Jean-Marc Rietsch, Didier Roche, Thierry Saussez, Cédric Ternois,
Mathieu Wilhelm
macronien, les annonciateurs de catastrophes sont aussi vains que les angéliques qui pensent qu’un virus ne saurait franchir nos frontières sans demander la permission. « On a parfois le sentiment, écrit Joffrin, que ces prises de parole alarmistes reposent sur l’idée que l’État fran- çais est par nature incompétent, que les scientifiques n’y connaissent rien, que les ministres et les hauts fonctionnaires sont une bande de farceurs qui se soucient comme d’une guigne de leur mission. Po- pulisme sanitaire... » Restons at- tentif/ves, prudent/es, lucides et confiant/es. On guérit de cette pa- thologie prise à temps et bien traitée (lire p. 92). Soyons au moins dignes et humains. Et ne cherchons aucun bouc émissaire. La pauvre bête est peut-être déjà contaminée... n
 @EcoReseau
Collaborateurs réguliers
Anna Ashkova, Elsa Bellanger,
Jean-Marie Benoist, Jean-Baptiste
Chiara, Charles Cohen, Philippe Flamand, Geoffroy Framery, Marie Grousset,
Pierre Havez, Marc Hervez,
Jean-Pierre Lagarde, Pierre-Jean Lepagnot, Jean-Baptiste Leroux, Julie-Chloé Mougeolle, Jonathan Nahmany, Guillaume Ouattara, Nicolas Pagniez, Lili Quint, Patrice Remeur, Philippe Richard, Charlotte de Saintignon, Ariane Warlin, Murielle Wolski
Dessin de Philippe Geluck secrétaire de rédaction
Anne-Sophie Boulard
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EcoRéseauBusinessestpubliépar LMedia RCS Paris 540 072 139
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Commission paritaire CPPAP n° 0323 T 91730 Dépôt légal à parution
Numéro IssN 2609-147X
Imprimé en France par Léonce Deprez, ZI le Moulin, 62620 Ruitz
Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans ÉcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est inter- dite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas respon- sable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.
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                              ecoreseau.fr mars 2020
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galaxie
briefing de l’optimisme the green life® briefing économie
entreprendre & innover
en couverture
TraNsFOrmaTION NUmÉrIQUE
Exclusif : 7 entreprises significatives expliquent
leurs parcours, leurs solutions, leurs réussites
grand angle Numérique, enjeux 2020 société Et la France dans 20 ans ?
société Brexit : des risques à anticiper pour vous, entrepreneurs
l’œil décalé Phobie administrative : ce qu’en dit un psy
réseaux Optimrezo en petits comités ou franches plénières
34 en immersion... Halte à la station F Trophées Optimistes 2020
36 électron libre Nathalie Woog Le mICE à échelle américaine
37 culture du rebond michel Vaujour Une femme l’a fait rebondir
38 briefing innovation
40 décryptage Big data, l’âge de la prédiction
pratique
BOÎTE a OUTILs
Business guides et enquêtes utiles aux créateurs et dirigeants créer aujourd’hui
45 Épitech : son Innovative project 2020 prouve sa réussite !
business guide
48 Créer votre boîte ?
avez-vous pensé à la franchise ?
50 Workspace expo : réenchanter l’univers des collaborateurs
56 briefing rh & formation
60 manager autrement Juniors-Entreprises : un réseau à connaître
62 carrières & talents mBa 66 carrières & talents IaE
vie privée
ImmOBILIEr
74 L’investissement locatif : un excellent projet,
mais pas n’importe où
80 baromètre patrimoine & fiscalité patrimoine
84 L’analyse technique,
la boussole des marchés
86 baromètre finance & marchés 88 culture & co
90 mobilité
91 essais autos
92 santé Coronavirus : plus de guérisons que de décès !
93 l’art du temps 100 expressions
abonnez-vous P. 38, 61 et 71
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mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[l’onde positive
Thierry saussez
Créateur du Printemps de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
Mars au balcon de l’énergie
MON COUP DE CŒUR
... se nomme Thomas Huriez, déjà « repéré » par les Reporters d’espoir au détour de leur France des solutions. Ce jeune homme d’une cinquantaine d’années s’est mis en tête de faire revivre des jeans authentiquement français en passant par le financement par- ticipatif. Il s’est installé à Romans pour ouvrir l’enseigne des Jeans 1083, entièrement fabriqués en France à partir de composants pro- duits en France (enfin, à 97 %, les rivets et les boutons sont italiens, mais Thomas entend bien corriger sous peu ce détour par la Botte). À propos de botte, l’imaginatif entrepreneur a inscrit la chaussure au programme de son futur développement, Romans, ex-capitale de la chaussure, oblige. Non seulement Thomas Huriez a déjà créé 50 emplois, mais il est en train de monter une « école du jeans ». J’ad- mire ce type.
UNE AUTRE PERSONNALITÉ
... me plaît beaucoup, Guy Drut. Cet inlassable membre actif du Comité international des JO depuis 1996 est en croisade pour faire inscrire l’esprit olympique au patrimoine mondial de l’humanité (l’esprit en question fait partie déjà, et c’est heureux, du patrimoine français, Pierre de Coubertin bien sûr). Nous étions il y a peu, en- semble, dans le bureau du ministre de la Culture, Frank Riester, pour le sensibiliser à cette cause. Le ministre s’est enthousiasmé pour notre manifestation prochaine du Printemps de l’Optimisme qui il- lustrera les points communs aux jeux olympiques et à l’optimisme.
UN LIVRE M’A PASSIONNÉ,
Une société si vivante (éditons de l’Aube). Je vous livre son résumé : « La France. Nous allons y passer environ 700000 heures chacun, y respirer15000litresd’airparjour,ylaisserdeuxenfantsaprès4000à 6 000 étreintes. Nous y travaillerons peu ou prou 70 000 heures après avoir fait, de plus en plus souvent, 30000 heures d’études. Nous y perdrons nos parents vers 63 ans quand depuis dix ans déjà nos petits-enfants viennent pour les vacances. Près de 4 milliards d’hu- mains se sont connectés sur internet depuis dix ans. 6 milliards de téléphones portables ont été vendus sur la planète. C’est cette huma- nité en train de faire terre commune qui est passionnante et explo- sive! Car ce monde est vivant, créatif, changeant tellement vite que souvent on n’y comprend plus rien et qu’on se croit perdu. Surtout en matière politique. Mais il y a un fil, de nouveaux liens. Cherchons. » Jean Viard. J’aime l’optimisme lucide de ce sociologue qui montre que l’humanité fera « terre commune » en recréant un lien, écolo- gique, contre la pauvreté, les virus et pour préparer l’avenir.
ET L’ÉVÉNEMENT à VENIR
Le Printemps de l’Optimisme, outre l’esprit JO évoqué, se consacre- ra à l’écrit. Face aux tweets, aux fakenews, à l’émotionnel qui nous envahissent, nous voulons mettre en avant la distance que l’écrit instaure avec ce monde qui nous essouffle. J’aimerais carrément que nous terminions la journée entre les deux Tesson, Philippe, le père, l’homme de l’écrit quotidien et Sylvain, le fils, l’écrivain, dont le dernier récit de voyage, La Panthère des neiges (Prix Renaudot 2019, chez Gallimard) traduit bien cette valeur de l’écrit qui n’est pas éphémère. J’associe à cette valeur de l’écrit le dernier livre de Mona Ozouf, Pour rendre la vie plus légère, les livres, les femmes, les ma- nières, sous la direction d’Alain Finkielkraut, chez Stock, d’où je tire cette phrase que j’adore : « La démultiplication de l’existence dans la littérature est une chance précieuse. » Ce Printemps de l’écrit pren- dra la forme de lectures de textes assurées par des philosophes et un débat où s’affronteront l’instantanéité de l’image et l’immanence de l’écrit. n
se connecter au Printemps de l’Optimisme
www.printempsdeloptimisme.com
rejoindre la Ligue des optimistes
www.optimistan.org
L’IMAGE
Les Français se passionnent Lpour l’entrepreneuriat
a 27e édition du Salon des entrepreneurs les 5 et 6 février l’a montré : les Français/es se sentent des ailes d’entrepreneur/es. Cette année encore, près de 60 000 visiteurs souhaitent créer une entreprise (en majorité dans les 6 mois à venir) ou ont déjà lancé leur projet (en
majorité dans les dernières années) : l’événement dédié aux futurs entrepre- neurs et aux jeunes dirigeants en atteste. Les femmes ont été largement re- présentées, tant dans le visitorat (46 %, + 7 % depuis 2017), que parmi les 150 speakers inspirants qui se sont succédé sur les scènes du Palais des Congrès. Les jeunes, les indépendants ou encore les artisans sont également venus en force. Le Salon des entrepreneurs a attiré des voix gouvernementales, mi- nistres trop content/es de dire leur indéfectible soutien à l’entreprise : Bruno le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, Muriel Penicaud, ministre du Travail, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Se sont bousculés aussi dans les salons où l’on serre des mains des personnalités politiques territoriales, les candidats à la mairie de Paris, des figures institutionnelles de l’écosystème entrepreneu- rial.Nesecroirait-onpasauSalondel’agriculture!n
L’optimisme, c’est savoir qu’il y a toujours des solutions possibles à
tout problème... même (et surtout) celles qu’on n’est pas capable d’imaginer !
Pascale Senk, auteure de Et tu verras ta vie autrement, ancienne rédactrice en chef de Psychologies Magazine, elle a écrit la page « psycho » hebdomadaire du Figaro pendant dix ans
LES CONSEILS DE LA LIGUE DES OPTIMISTES DE FRANCE
briefing de l’optimisme par Charlotte de Saintignon
galaxie
     rester positif au travail
• Utilisez un vocabulaire valorisant et encourageant : privilégiez des expressions optimistes. À « une situation
est difficile et insurmontable »,
privilégiez « la complexité de la situation est un challenge à relever ».
• Fixez-vous des objectifs réalistes pour vous motiver
à les atteindre et conserver
l’état d’esprit positif de toute personne qui souhaite aller au
bout de ce qu’il/elle entreprend.
• Relativisez toutes les situations et ne baissez pas les bras à la moindre
contrariété. Regardez en arrière afin d’observer tout ce que vous avez accompli
pour en arriver là où vous êtes.
• Portez un regard positif sur les échecs et gardez la tête haute. Ce sont des leçons pour le futur.
• Identifiez les personnes négatives et tentez de vous éloigner d’elles. Rapprochez-vous de gens positifs.
• Échangez avec vos collègues pour créer un lien social et une cohésion d’équipe, de quoi garder le moral et
de rester positif.
• Prenez soin de vous pour conserver un état d’esprit positif et joyeux.
 ecoreseau.fr mars 2020
| 5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme
Source : Insee selon les normes du Bureau international du travail (BIT)
Des entrepreneurs « pseudoptimistes »
Palmarès des 500 entreprises françaisesqui ont réalisé les croissances les plus importantes sur la période 2015-2018, établi par Les Échos et Statista.
Déjà 4 mégalevées de fonds en 2020
pour la French Tech
La French Tech a réalisé en janvier le meilleur mois de son histoire, avec plus de 800 millions d’euros récoltés, soit plus du double du mois de janvier 2019. Les mégalevées représentent la moitié du total. En un seul mois, la French
PALMARÈS
Les 10 champions français de la croissance en milliers de % sur 500 !
  1
Les Éco-isolateurs (ex-Bis rénovation), spécialiste de la rénovation thermique, avec une croissance de 10 077 % sur la période.
2
 Enens, société de négoce (+ 8 603 % en trois ans).
 3
Sta portage (H2S), portage salarial spécialisé dans le secteur IT (+ 3 271 % en trois ans).
4
 Eskimoz, agence de référencement naturel.
 5
Agriconomie, plate-forme multiservice dédiée aux agriculteurs.
 6
LittleBig Connection, plate-forme de mise en relation entre les entreprises et les consultants en IT.
7
 Golden Bees, solution de ciblage des candidats via la publicité programmatique.
 8
Chez Nestor, plate-forme de colocations.
9
 Osiway, distributeur de solutions télécoms.
10
 Sneakers & Jackets, cabinet de conseil spécialisé en transformation numérique.
  le chiffre
8,1 %
de taux de chômage en France en 2019
soit un repli de
0,7 point sur un an pour atteindre 2,424 millions de chômeurs. C’est le taux le plus bas depuis 2008
  u3/4 des entrepreneur/es français/e pré- voient de maintenir ou de développer leur activité en 2020.
u6 répondants sur 10 souhaitent appor- ter du changement à leur société afin de l’améliorer.
u50% se disent globalement satisfaits de leurs ventes pendant la période des fêtes, mais
u27% déclarent qu’ils ont, à l’inverse, moins vendu que prévu en décembre.
Les inquiétudes
u 56 % avouent n’être pas tout à fait confiant/es.
u1/4 craignent pour leur croissance.
u18% se disent inquiet/es ou stressé/es à cause de la mauvaise conjoncture actuelle et des récentes grèves. Encore n’ont-ils pas été interrogés quand la pandémie de corona- virus menace !
Les projets
u31% des petit/es entrepreneur/es visent à augmenter leur chiffre d’affaires.
u30% comptent se focaliser sur la clientèle et souhaitent fortement acquérir de nou- veaux clients.
u26% travailleraient à les fidéliser.
Étude Vistaprint, réalisée auprès de 504 entre-
preneurs indépendants français.
 signe des temps : contrats courts et temps partiel se multiplient
 Plus d’un quart (27,5 %) des salariés sont
à temps partiel dans les très petites entreprises selon une étude du ministère du Travail. Soit environ 900 000 travailleurs sur 3,3 millions. En cause ? Le ralentissement de l’activité. À titre de comparaison, dans les entreprises de plus de 10 salariés, le taux moyen descend à 17,6 %. Derrière
cette moyenne pour les TPE, des disparités
importantes subsistent en fonction des secteurs : le temps partiel est surtout plébiscité dans « l’enseignement privé, la santé et l’action sociale », avec
52 % de salariés dans cette situation, contre seulement environ 11 % dans la construction. Si le temps partiel est parfois choisi, il est souvent subi. Les femmes
(29,8 %) sont en proportion quatre fois plus à temps partiel que les hommes (7,9 %), selon le service statistique du ministère
du Travail. Les interruptions de carrière liées à la grossesse et les discriminations expliquent en partie de telles inégalités. Enfin, le poids des CDD dans les très petites entreprises (13,8 %) est supérieur à celui mesuré dans les entreprises de plus de
10 salariés. Le gouvernement a récemment adopté une taxe forfaitaire de 10 euros pour limiter le recours aux CDD d’usage (contrat d’extra). Dissuasif ? Certainement pas !
Tech a déjà réalisé 4 mégalevées de fonds, soit autant qu’en 2019, considérée déjà comme une année record avec
5 milliards d’euros levés. Les 4 mégalevées en question :
• La plate-forme de notation de la RSE Ecovadis,
180 millions d’euros.
• Le champion européen du bricolage et du jardinage, ManoMano, 125 millions d’euros.
• La fintech Qonto, 104 millions d’euros.
• Kinéis et ses nano-satellites pour l’Internet des objets, 100 millions d’euros, levés auprès de Bpifrance et le Cnes, notamment.
Est-ce à dire que la voie vers le growth equity, soit des levées de fonds de plus de 100 millions d’euros, grande faiblesse de l’écosystème d’innovation français, est désormais ouverte ? En tout cas, la majorité des tours
de table sont menés par des acteurs internationaux,
les start-up françaises n’hésitent plus à aller chercher
à l’international l’argent qu’elles ne trouvent pas dans l’écosystème français.
6 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme
   la bonne idée
Le constat La loi Pacte a créé un nouvel objet social de l’entreprise. Une entreprise est invitée à se doter d’un intérêt social et d’une « raison d’être » qui ne soit pas le seul profit. Il ne s’agit pas seulement d’une déclaration d’intention : la loi impose un suivi dans l’exécution de la mission, avec un comité interne et un tiers externe indépendant. Nombre de patrons sont aujourd’hui convaincus du rôle politique que doit jouer l’entreprise de demain.
L’idée Pascal Demurger, le directeur général du groupe Maif, en fait partie. Selon lui, l’entreprise de demain doit forcément jouer un rôle politique. Il l’affirme dans son slogan : le groupe Maif est un « assureur militant ».
« Toutes les parties prenantes exigent de l’entreprise
qu’elle s’engage. Et c’est une vraie rupture car jusqu’à
présent la seule finalité de l’entreprise était sa rentabilité.
Elle n’avait pas de finalité extérieure à elle-même. Il me semble
que l’on peut développer un modèle d’entreprise qui crée de la performance à travers l’engagement, source d’opportunité économique », explique l’assureur. Au printemps 2019, il se revendiquait comme la première grande entreprise française à s’engager sur la voie de l’entreprise à mission. Selon lui, un capitalisme engagé donnerait à l’Europe les moyens de s’affirmer face aux États-Unis et à la Chine. Aujourd’hui, l’assureur mutualiste renforce son engagement sociétal et environnemental en dotant sa filiale Maif Avenir, son fonds d’investissement en capital-risque (250 millions d’euros sous gestion), d’une « nouvelle raison d’être ». Le groupe familial Yves Rocher a adopté ce statut, tout comme Léa Nature, Openclassroom ou encore la Camif. Dernière en date, la start-up de textile Faguo, pionnier dans la conception d’un vestiaire carbone positif. n
Couac
La loi handicap, peu respectée
Emploi, accessibilité, éducation : où en est-on
15 ans après la promulgation de la loi Handicap de
2005, l’une des plus importantes pour l’inclusion
des handicapés. Les droits et obligations qui en
découlent sont encore loin d’être tous respectés.
Parmi eux, la création des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), la prestation de compensation du handicap, le droit à la scolarité, l’obligation d’accessibilité des lieux accueillant du public, logements et transports publics. L’accessibilité, notamment, aux transports et aux petits commerces reste difficile. Or la loi prévoit que tous les bâtiments neufs et les transports publics accueillent tous les types de handicaps. Les établissements déjà existants et recevant du public (ERP) – mairies, musées, commerces, cabinets médicaux– ont dix ans pour se normaliser. Quant aux commerces de proximité, cabinets médicaux, restaurants... qui, eux, ont pour obligation d’être accessibles depuis 2018, aucun chiffre ne circule.
8 | mars 2020 ecoreseau.fr
Des frais de change et de transaction exorbitants
6 milliards d’euros, c’est la somme colossale « évaporée » en frais de change et de transactions en France. Un sérieux manque à gagner pour les entreprises chaque année. En cause ? En partie les nombreux frais cachés pratiqués par les banques sur les opérations de change et les virements internationaux. « Frais administratifs », « frais de virements internationaux »,
« frais de connexion Swift »... Parmi les grands types de « dissimulation » employés par les banques traditionnelles, une utilisation des taux de change exagérée qui contient des frais semi-cachés, des frais, mentionnés ou non, qui restent appliqués et une opacité sur les termes des opérations de change. Données d’iBanFirst, fintech active en France et en Belgique, spécialiste des paiements et des transferts en devises étrangères.
Small data
Les tendances des médias sociaux et du digital
Devenir une entreprise
 à mission
  60% de la population française sont actifs sur les médias sociaux.
65,53 millions d’abonnements mobiles
(+ 0,8 % par rapport à janvier 2019).
58,03 millions d’internautes soit 89 % de la population (+ 0,2 % par rapport à janvier 2019).
39 millions millions de personnes actives sur les médias sociaux soit 60 % de la population (+ 5,6 % par rapport à avril 2019).
1h42 par jour sur les réseaux sociaux soit 25 minutes de plus qu’en 2019 sur YouTube (80 %), Facebook (76 %) et Facebook Messenger (58 %), Instagram
5h08 passées sur Internet chaque jour (tous les appareils confondus).
1h59 via le mobile
82% de la population utilisent leur mobile pour surfer sur Internet.
86% des internautes de 16 à 64 ans visionnent des vidéos en ligne tous les mois.
51% des internautes de 16 à 64 ans écoutent de la musique en streaming tous les mois.
27 % des internautes de 16 à 64 ans écoutent des podcasts tous les mois.
38,98 milliards d’euros dépensés sur Internet en 2019 avec un panier moyen de 868 euros.
44,9 millions
millions de Français/es
ont acheté des biens de consommations sur Internet en 2019.
73% des internautes achètent sur Internet.
31% seulement font leurs achats via leur mobile contre 54 % via un ordinateur.
67% des internautes se sentent concernés par les fakenews.
60% s’inquiètent de l’utilisation par les entreprises de leurs données privées.
44% ont utilisé un bloqueur de publicité le mois précédent.
 Source : rapport Digital 2020 d’Hootsuite, leader mondial de la gestion des médias sociaux et We Are Social, l’agence internationale
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[briefing de l’optimisme
galaxie
  ELLE EST CENTENAIRE
Travailler avec le gotha
Les projets intéressent aussi bien des résidences privées, des hôtels, des palaces 5 étoiles en France et à l’étranger, des bou- tiques internationales de luxe, des yachts ou des jets privés. On citera parmi sa clientèle Le Mobilier national, la préfec- ture de Paris, de nombreux ministères, des architectes, desi- gners et décorateurs d’intérieur de renom – Philippe Starck, Pierre-Yves Rochon ou Jacques Garcia. Maison Fey a notam- ment réalisé la partie cuir d’une réplique du Petit Trianon en Californie, collaboré avec le Ritz, le Crillon ou le Peninsula à Paris, ou encore avec un milliardaire pour un projet de rési- dence au Texas et pour un bureau au Moyen-Orient ! Le cuir de bureau avec un tour doré, le cuir de Cordoue brodé main, les faux livres ou encore le cuir reconstitué gaufré font des émules partout dans le monde. n
 Maison Fey,
cordouanier depuis 110 ans
NAISSANCE 1910
1910, création de l’entreprise artisanale de gainerie d’ameublement et doreur sur cuir dans le quartier du Faubourg Saint-Antoine. Ses métiers d’origine : la gainerie et le gaufrage sur cuir pour réaliser des panneaux du type cuir de Cordoue. Au fil des époques, les savoir-faire évoluent et les gammes se diversifient pour répondre à des clientèles variées. Aujourd’hui, elle compte parmi les très rares cordouaniers du monde.
HISTOIRE
La Maison Fey est créée et dirigée par la Famille Fey de 1910 à 2011. Trois générations de gainiers s’y succèdent, chacun apporte et déve- loppe ses techniques, ses innovations, ses clients. En 1995, lors de la création du prestigieux Viaduc des Arts, l’entreprise déménage au 15 avenue Daumesnil, dans le 12e arrondissement parisien. La Maison, qui travaille pour des particuliers et des professionnels décorateurs, agenceurs, ébénistes ou galeristes, est détentrice du label Entreprise du Patrimoine vivant depuis sa création en 2007. Une consécration ! Ce fameux label, décerné pour cinq ans par les ministères de l’Économie et des Finances et la Culture, est réservé aux entreprises détentrices d’un savoir-faire artisanal manuel d’exception, fabriquant en France.
AUJOURD’HUI
Au départ en retraite de la 3e génération, en septembre 2011, Fabienne Saligue, ancienne consultante, élevée dans l’arrière-boutique de la bi- jouterie-horlogerie familiale de son arrière-grand père, rachète Mai- son Fey et entreprend de la faire évoluer vers une Maison résolument tournée vers le xxie siècle. En novembre 2012, elle déménage l’atelier de Grandcamp en Normandie vers la Garenne-Colombes en région pa- risienne. Et multiplie les salons professionnels en France, à Miami et à Londres. L’intégralité de la production est réalisée en Île-de-France à son atelier showroom ou dans son atelier de fabrication près de la Défense. Parce qu’elle se dit elle-même privée de l’« intelligence de la main », Fabienne Saligue travaille avec un « homme clé », depuis 12 ans dans l’entreprise qui reste une TPE de moins de 10 salariés ! Les résul- tats sont là, avec près de 700 Keuros de chiffre d’affaires. Unique : une aussi large palette de métiers liés au cuir qui monte encore en gamme avec le lancement de nouvelles interprétations du cuir de Cordoue et de nouvelles façons exclusives de travailler le cuir en gainerie. À l’interna- tional, Maison Fey travaille pour l’Europe, les États-Unis, la Russie ou le Moyen-Orient. Et c’est Fabienne Saligue elle-même, depuis Paris, qui gère l’export, quand elle n’expose pas à Londres ou Miami. Le bouche- à-oreille fonctionne bien : un contrat en Russie vient de tomber grâce à un décorateur français établi là-bas !
 ecoreseau.fr mars 2020
| 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
the green life®
L’e-commerce culturel Msurfe sur l’occas’
p moins de CO2 sauf en Chine
 ême sur le marché de l’e-commerce culturel, les Français/es adoptent des pratiques de consommation respon- sable pour leurs habitudes culturelles.
Près de 60 % de nos concitoyens ont déjà acheté ou
revendu en ligne des articles culturels d’occasion.
C’est encore plus vrai chez les jeunes puisque 70 %
des 25-34 ans et 66,5 % des 16-24 ans ont déjà ache-
té ou revendu des articles culturels en ligne, contre
seulement 46 % des 55-64 ans. À la clé, des prix plus
intéressants en ligne qu’ailleurs (63,7 %), l’envie de donner une seconde vie aux objets (40,3 %), la praticité et la rapidité des achats (29,8 %) et le large choix d’articles disponibles en ligne (29,5 %) – étude réalisée par Kantar pour Mo- mox, en novembre 2019 auprès de 1 353 répondants français.
Autre enseignement de l’étude : 43 % des sondé/es qui n’achètent ni ne vendent de livres et autres produits culturels d’occasion sont toutefois prêts à succom- ber aux sirènes du recommerce dans les prochains mois. Véritable tendance, un/e Français/e sur cinq achète au moins une fois par mois un article culturel de seconde main, tandis que 23,7 % en achètent au moins un tous les trois mois. Les nouveaux modes de consommation s’inspirent de l’économie circu- laire, de la consommation durable ou partagée ou encore de la frugalité. n
p Pas de pub pour les pollueurs ni de mots sages pour l’opinion
The Guardian bannit la publicité des pollueurs. Le quotidien britannique a décidé d’interdire dans ses colonnes la publicité des entreprises liées aux énergies fossiles, le pétrole et
le gaz. Du coup, le journal renonce à 1 % de ses revenus publicitaires. L’un des journaux les plus lus au monde sur Internet, avec 150 millions de visites chaque mois, veut
rester cohérent avec ses valeurs. En pointe sur la question
climatique, nos confrères tiennent une ligne éditoriale ultra-
impliquée, jusque dans le vocabulaire utilisé : plus question
de « biodiversité » mais de « faune sauvage », pas de « climato- sceptiques » mais des « négateurs de la science du climat ».
Vous ne lirez plus non plus dans ses pages « changement
climatique » mais « urgence » ou « crise ». Mazette ! « Nous avons reçu des messages de la part de lecteurs, de militants, d’associations, qui nous alertaient sur ces pubs incohérentes avec le ton, la nature de nos sujets. On a vu aussi les messages et le soutien de nos lecteurs pendant les incendies en Australie, donc tout ça nous a vraiment poussés à nous dire que ce n’était plus tenable, que l’on ne pouvait plus accepter ce genre de publicités », explique Anna Bateson, directrice du journal. Cerise sur
le gâteau, la militante Greta Thunberg ou encore Leonardo Di Caprio ont félicité le journal sur Twitter.
p L’écocontribution des « emballeurs » ? Peu motivante
Bonne nouvelle. Après deux années de hausse, les émissions de CO2 liées à l’usage de l’énergie se sont stabilisées dans le monde en 2019. Elles ont ainsi atteint
33 gigatonnes, un chiffre similaire à celui de l’année précédente, malgré une croissance économique mondiale de 2,9 %. Les États-Unis ont enregistré la baisse la plus importante, avec un recul de 2,9 %, soit 140 millions de tonnes de CO2 en moins, n’en déplaise au « négateur de la science du climat », Trump ! Dans l’Union européenne, les émissions se sont réduites de 5 % (- 160 millions de tonnes). Au Japon, elles ont reculé de 4 % après le récent redémarrage de réacteurs nucléaires. Dans le reste du monde, elles ont en revanche augmenté de 400 millions
de tonnes, une hausse principalement due aux centrales à charbon en Asie. Comment expliquer cette stabilisation ?
Le développement des énergies renouvelables (principalement éolien et solaire), le passage
du charbon au gaz naturel et la hausse de la production nucléaire dans les économies développées sont citées pêle-mêle par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Une stabilisation favorisée également par une météo plus douce dans plusieurs pays et un ralentissement de la croissance économique dans certains marchés émergents.
« Nous devons à présent
travailler dur pour nous assurer que 2019 reste un pic définitif dans les émissions de CO2, et
pas seulement une nouvelle pause dans leur croissance, a commenté Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, cité dans un communiqué. « Nous maîtrisons les technologies nécessaires pour y parvenir, nous devons toutes les utiliser. »
  La meilleure façon de gérer les déchets d’emballage reste de les réduire en amont. D’où l’idée de faire payer (plus) les entreprises qui emballent pour qu’elles réduisent leur zèle à tout empaqueter sous carton et
plastique. « Livrer sur
le marché des produits
conditionnés dans des
emballages plus légers,
plus faciles à trier et moins polluants semble une façon intelligente de réduire les déchets », expliquent Matthieu Glachant, professeur d’économie, Mines ParisTech,
et Simon Touboul, doctorant aux Mines ParisTech, sur le site The Conversation.
« La législation française place d’ailleurs la
10 | mars 2020 ecoreseau.fr
réduction à la source au premier rang d’une hiérarchie des modes de traitement des déchets, devant le réemploi, le recyclage et bien sûr, l’incinération et la mise en décharge. Reste à inciter les entreprises de
la grande consommation à “écoconcevoir” leurs produits. » Quitte à utiliser la « responsabilité élargie du producteur (REP) ».
Aujourd’hui, chaque entreprise de la grande consommation paie une écocontribution – variable selon le poids des emballages et matériaux utilisés – à l’éco-organisme Citéo pour financer la fin de vie des emballages dont elles inondent le marché. Sa modicité la rend peu motivante...
15 % seulement des salariés
pensent que la RSE a transformé
leur entreprise en profondeur, parmi
lesquels 8 % estiment qu’elle a
impacté son business model.
4 %, qu’elle conduit à la création de
nouvelles offres responsables.
24 % estiment que les démarches
se résument encore trop souvent à
une somme d’actions ponctuelles,
écogestes, semaine du DD, congés
solidaires.
56 %, qu’elle ne touche que
certaines fonctions (QHSE, achats,
communication...).
86 % déclarent s’intéresser
davantage au sujet qu’il y a
quelques années.
8 % seulement sont invités à
intégrer la RSE à leur pratique
métier alors que 70 % sont prêts à
s’investir davantage (notamment
les femmes, les jeunes et les
managers).
45 % du panel jugent que la RSE
donne du sens au travail.
39 % sont motivés pour contribuer
à de grands enjeux qui dépassent le
cadre de l’entreprise.
45 % des salariés méconnaissent
la démarche RSE (c’est d’autant
plus vrai chez les équipes
opérationnelles et dans les grands groupes).
71 % s’estiment pas ou mal informés et 39 % le sont par des moyens très « descendants » : newsletters, réunions d’information et affichage pour engager les collaborateurs.
14 % seulement des managers directs sont perçus comme véritablement acteurs, voire moteurs dans la diffusion de la RSE. 45 % des salariés déclarent qu’ils ont d’autres priorités (business).
84 % des répondants ne sont pas
« objectivés » sur la RSE.
74 % estiment que l’impulsion en matière de RSE doit être donnée en priorité par les DG.
27 % déclarent que leur entreprise a rédigé une raison d’être ou va le faire (Loi pacte).
33 % s’interrogent sur la crédibilité de la démarche (au-delà de l’opération marketing).
20 à 25 % des répondants méconnaissent les actions RSE. 50 % des salariés pensent que la RSE va prendre une place importante dans leur entreprise d’ici à cinq ans.
Les salariés jugent la Responsabilité sociale et environnementale (RSE) de leur entreprise
71 % n’en connaissent pas grand-chose !
 Baromètre annuel Des enjeux et des hommes/Ekodev : Les salariés et l’entreprise responsable,
réalisé par Occurrence auprès de 1 016 salariés du secteur privé issus d’entreprises de 250 collaborateurs minimum.
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                   Patrice Cols
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]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie par Charlotte de Saintignon
   apps au top
Les enfants aussi ont leur messagerie
Xooloo Messenger est une messagerie dédiée aux enfants de 8 à 13 ans. Développée par Grégory et Aurore Veret, l’application disponible sur iOS et Android veut donner de l’autonomie aux enfants en leur permettant de rester en contact avec leurs proches. Grâce à un numéro de téléphone, un e-mail ou bien l’identifiant fourni par Xooloo, ils peuvent échanger avec eux. Pas de crainte pour les parents qui peuvent voir le nom de ceux avec qui leurs enfants discutent : une liste de leurs contacts leur est envoyée par mail.
p Linkab veut concurrencer Uber
Uber n’a qu’à bien se tenir ! Linkab vient révolutionner la mise en relation des taxis et de ses usagers par le biais d’une application mobile. Cette plateforme technologique permet aux taxis d’accéder à un véritable réseau. L’initiative de l’app imaginée en 2018 revient à un jeune entrepreneur de 23 ans, Paul Rougier, ancien étudiant d’école de commerce. Son fonctionnement ? L’application permet de commander le taxi le plus proche de l’usager grâce
à un algorithme intégré et de faciliter la
mise en relation. Avec son système de
langage automatique, des usagers de
toutes nationalités peuvent aisément
utiliser l’application. Linkab se veut la
solution pour permettre aux chauffeurs
et aux passagers de gagner du temps.
La plate-forme est connectée à un centre de dispatch et de gestion automatisée, ce qui permet au chauffeur de gérer ses courses et ses réservations par téléphone. Conçue pour faciliter au maximum leur travail, l’application intègre un outil de gestion comptable dédié à l’édition de factures et l’envoi de rapports. L’app, gratuite pour les particuliers et partenaires, et accessible aux taxis par le biais d’un forfait, est disponible sur Android et IOS.
p Izilaw, « Doctolib » des métiers du droit
En 2017, 56 milliards d’euros de
créances sont restés impayées en
France. Izilaw se donne pour objet de
vous trouver le bon huissier de justice
partout en France et demander un devis
directement en ligne pour certaines
prestations. La start-up française,
lancée au printemps 2018, veut devenir le « Doctolib » des métiers du droit. Sa plate-forme de prise de rendez-vous pour particuliers recense des professionnels du droit (avocats, huissiers et notaires). Entièrement gratuit pour les clients, le service est payant pour les professionnels. Le logiciel SaaS (logiciel en tant que service) est facturé à partir de 50 euros par
mois, sans engagement. Pour se rendre attractive, la plate-forme promet une garantie de résultat : les professionnels ne seront débités que s’ils obtiennent un rendez-vous dans le mois.
p Job’n’roll, le Tinder du job étudiant
   mouvements
p arkéa
Hélène Bernicot
44 ans, DEC, sciences Po
est promue directrice générale
p French-american Foundation (FaF)
amina sabeur
38 ans, DEa relations internationales - sciences Po Paris
est promue directrice générale adjointe
p Getlink
Yann Leriche
46 ans, EsCP Europe, École des Ponts ParisTech, Polytechnique
est nommé directeur général
p Naval Group
Pierre-Éric Pommellet
55 ans, Polytechnique
est nommé président-directeur général
Une application pour mettre en relation des jeunes étudiants en recherche d’un petit job et des employeurs locaux occasionnels. Plus de beau jeune homme ou
de belle jeune femme en vue, sur Job’n’roll ce sont des offres de job étudiant que les usagers compulsent. Du baby-sitting, des cours de soutien scolaire, des heures de caisse dans une supérette... L’idée est née un été alors que l’un des fondateurs cherchait un petit job d’appoint. Sarah, étudiante en master de mathématiques appliquées à
p Orange
Olivier mast
est promu directeur des opérations France
p réseau Entreprendre Olivier Lamarque
49 ans
est promu directeur général
la finance à Dauphine, Fawzy, rencontré un an plus tôt à Los Angeles, Dalila, alors étudiante
en droit des affaires, et un développeur, Jean-Étienne ont décidé de s’associer pour lancer l’app en juin 2017. Pour s’inscrire,
il suffit de remplir une fiche en spécifiant bien ses disponibilités. Ensuite, un algorithme élaboré par les jeunes entrepreneurs permet
de « matcher » avec les demandes d’employeurs. Des offres et des demandes qui peuvent ainsi être déposées du matin pour le soir et du jour au lendemain.
p saP France (groupe saP) Frédéric Chauviré
44 ans
est promu directeur général
p sNCF
Frédéric Delorme
59 ans, École des Ponts ParisTech, Polytechnique
est promu président-directeur général transport ferroviaire multimodal de marchandises Fret SNCF
          Vous avez changé de fonction ? Faites part de votre nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !
12 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[p Greenly calcule l’empreinte carbone de nos achats
En octobre 2019, Greenly lance la première application mobile qui incite les consommateurs à réduire l’empreinte carbone de leurs
dépenses. Concrètement, à partir de données de transactions bancaires de l’utilisateur, l’app réalise une analyse personnalisée des kilogrammes de CO2 émis
et évités par dépense. Et va même jusqu’à proposer un avantage financier en cashback à ceux qui privilégient les marques vertes. L’app est gratuite et disponible depuis le 27 janvier sur iOS. Les algorithmes de Greenly s’appuient sur les calculs d’empreinte carbone de l’Ademe pour les produits de grande consommation et sur les rapports RSE des grandes entreprises pour les marques. Hébergée à la Pépinière 27 à Paris, la start-up, qui veut recruter un développeur et un data scientist pour enrichir son appli, cherche à lever 300 000 euros.
serial rêveur
Didier roche
Entrepreneur français aveugle depuis son enfance, il est notamment le directeur général et associé du groupe Ethik Investment, qui a créé entre autres le Spa «Dans le Noir?», où les esthéticiennes sont aveugles et la chaîne des restaurants «Dans le Noir?», où les clients dînent dans l’obscurité totale, guidés et servis par des aveugles. Il est aussi Président fondateur
de l’association h’up entrepreneurs qui accompagne les entrepreneurs handicapés. www.didierroche.com / www.serialreveur.com
Comment Didier Désert est-il passé du Conseil aux cuisines de l’Ambassade d’Auvergne...
briefing économie
galaxie
    O
professionnelle toute tracée. Et pourtant... Alors qu’il se définit lui-même comme intuitif, il a occupé le poste de directeur de filiales de grands groupes, pour boucler sa carrière associé d’Ernst and Young.
Une envie de toujours le rattrape : tenir un restaurant. Il aime la cui- sine, mais, dit-il, « faire la cuisine à la maison pour des amis ce n’est pas la même chose que de tenir un restaurant... » La cinquantaine passée, le voilà donc reparti à apprendre à l’école de cuisine Ferrandi. Il reprend une institu- tion, l’Ambassade d’Auvergne, qu’il sauvera de la faillite.
Il concède volontiers une chute de revenus consécutive à sa nou- velle vie. « Je gagne six fois moins qu’avant, mais je suis six fois plus heureux. J’ai compris assez vite que je consacrais une grande partie de
p Incubateur très sport
cet argent à du superflu, comme m’acheter plusieurs costumes par an. Je m’ennuyais sur ma fin de carrière, il était temps pour moi de me mettre aux fourneaux. » Tantôt en cuisine, tantôt en salle, Didier se promène aussi dans les contrées d’Auvergne pour choisir lui-même des produits qu’il pro- pose à sa table. Amoureux du vin, il s’est attaché à proposer une cave incroyable à ses hôtes. Cet artisan du goût ose des mariages surpre- nants comme sa fameuse crème brûlée à l’ail noir, à goûter au moins une fois dans sa vie, parole de gourmet un rien gourmand... Didieracomprisquel’argentn’est pas une fin en soi, juste un moyen d’investir dans ses rêves. Tout comme lui, j’ai compris suffisam- ment tôt que, pour être un entre- preneur accompli et un homme heureux, finir le plus riche du cimetière n’avait aucun sens... Quitte à investir, autant investir sa vie ! n
n imagine pour Di- dier Désert, diplômé de Sciences-Po et de
l’Essec, une route
  ça incube
Entreprendre et générer un
impact positif, ce n’est pas Useulement une « Utopies »
topies lance en 2020 son accélérateur de start-up « for good », forte de 26 ans d’expérience dans le conseil en stratégie déve- loppement durable et l’accompagnement des entreprises vers de nouveaux modèles économiques. L’incubateur accom-
Un incubateur sportif, issu du partenariat entre l’association Cluster Grand-Paris Sport, la communauté d’agglomération Grand-Paris-Sud et l’IMT Starter, l’incubateur des écoles Télécom Sud-Paris, l’Institut MinesTélécom Business School et l’Ensiie, vient de voir le jour. Ce nouvel incubateur vient de lancer un appel à candidatures
pour favoriser l’émergence d’entreprises
créatrices de solutions innovantes au service du sport, ce à tous les niveaux du domaine sportif : pratique de haut
niveau, pratique amateur, sport-santé, sport bien-être, handisport, etc. Les lauréats de l’appel à projets seront installés la première année au sein d’un nouveau bâtiment entièrement dédié à la recherche et à l’innovation, sur le campus de Télécom Sud Paris, à Evry-Courcouronnes. À terme, ils devraient rejoindre le Campus Grand-Paris Sport, dans le cadre du projet d’aménagement du site élargi de l’hippodrome de Bondoufle.
 pagne d’ores et déjà trois projets prometteurs : Place2Swap qui propose aux marques d’intégrer la seconde main dans leur business model via une plate-forme de revente en marque blanche, le réseau d’entrepreneures au féminin Bouge ta boîte et Upcycle, qui œuvre pour un retour à la terre en local des déchets organiques. L’objectif est triple : stimuler l’esprit entrepre- neurial dans les équipes, aider ces start-up à changer d’échelle, et proposer à leurs clients des solutions innovantes et « prêtes-à-l’emploi ». Le prin- cipe ? Accompagner les entrepreneurs dans leur phase d’accélération en leur offrant des conseils sur leur business model, leur stratégie de levée de fonds, la structuration de leur stratégie de Marque Positive, la mesure de leur impact, ou en les accompagnant dans la certification B Corp. Au-delà d’un service de conseil, Utopies met également à disposition de ces jeunes pousses son écosystème, en créant des synergies avec les 250 clients qu’elle accompagne et en mettant à leur disposition ses bureaux et ses moyens. En contrepartie, Utopies prend part à leur capital selon des modalités négo- ciées au cas par cas. n
ecoreseau.fr mars 2020 | 13
© olivier merzoug
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
mode de vie
« L’amour, l’amour, l’amour : se rencontrer, se séduire, se garder aujourd’hui »
8 Français sur 10 (82 %) affirment que leur vie amoureuse constitue une part importante de leur quotidien.
1 sur 5 (21 %) en fait une priorité au jour le jour, même si la santé (53 %), la famille (39 %), ou encore l’argent (34 %) sont jugés plus importants. 82 % affirment que leur vie amoureuse est une part importante de leur vie (91 % chez les personnes en couple), et 68 % indiquent que c’est également le cas de leur vie sexuelle – les hommes (76 %) et
les plus jeunes (75 %) soulignant particulièrement l’importance de cette dimension.
Jugement de valeurs
briefing économie Les Français
hommes (23 % dans chacun des cas).
Grands romantiques – 72 % estiment
l’être –, les Français se décrivent comme correspondant globalement aux valeurs cardinales de l’amour. Ils se déclarent ainsi fidèles (93 %, dont 66 % tout à fait), en confiance (81 %) et engagés (79 %) dans leur vie amoureuse. Ils rejettent, à l’inverse, les attitudes susceptibles d’être sources de tensions, comme le fait d’être séducteur (46 % s’identifient à ce terme) ou jaloux (39 %).
si 15 % des Français déclarent que l’amour est avant tout une question de compromis, ils sont dans l’ensemble assez peu nombreux à l’assimiler à des notions négatives : éphémère 4 %, jalousie 3 %, stress 3 %, routine 3 %, divorce 3 % — ou trop pratiques : compte commun 3 %.
Être fiable (30 %) ou inspirer confiance
(36 %, 42 % chez les femmes) constituent
les principaux moyens de les séduire. Ils ont besoin que leur potentiel partenaire partage avec eux des valeurs (27 %) et des passions (25 %), et qu’il soit prêt à s’engager (20 %)
La beauté (12 %) est un critère de séduction moins déterminant que le fait d’être drôle (20 %), mais est tout de même privilégié par 18 % des hommes.
La fidélité serait pour eux valeur principale du couple (91 %), et 81 % affirment qu’il est possible de rester amoureux de la même personne toute sa vie, 66 %, (75 % chez les plus jeunes) avouent qu’ils ne s’imaginent pas, à terme, vivre autrement qu’en couple. Les Français confirment ainsi leur vision plutôt traditionnelle de la relation amoureuse.
Ils reconnaissent néanmoins ouvertement l’importance du désir (82 %) et de la bonne entente sexuelle (88 %) pour le fonctionnement du couple.
39 % des Français estiment qu’il est plus simple de faire des rencontres aujourd’hui qu’il yadixans.
En revanche, s’engager auprès de quelqu’un (46 %), rester en couple de manière durable (57 %), ou trouver une relation stable (57 %), semblent plus complexe en 2020.
 et l’amour en 2020
Lorsqu’ils pensent aux personnes qui leur évoquent l’amour, les Français citent
en premier lieu l’idée d’un conjoint (65 %, et jusqu’à 78 % chez ceux qui sont en couple depuis plus de 10 ans), tandis que la moitié (50 %) d’entre eux évoquent également les enfants. Les Français croient pour la plupart aux concepts de grand
amour (83 %), d’âme sœur (82 %) et de coup de foudre (80 %). S’ils sont un peu moins affirmatifs par rapport à l’existence éventuelle de l’homme oudelafemmeidéale–65% indiquent y croire –, leur conception globale est néanmoins marquée par l’idée qu’il existe un amour à même de transcender les autres relations. Les Français croient aux concepts clés de l’amour, qu’ils associent spontanément à des émotions positives. Il s’avère notamment synonyme de bonheur (44 %), confiance (42 %), complicité (41 %), ou encore de fidélité (38 %). Sa dimension charnelle, incarnée par la passion (20 %) ou le sexe (18 %) est davantage mise en valeur par les
Source : Enquête pour l’Observatoire Cetelem réalisée par Harris Interactive en ligne du 14 au 16 janvier 2020. Échantillon de 1 036 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.
  Finance et législation
preneurs dans l’économie mondiale
Égalité salariale :
les nouvelles obligations pour les PmE
3 questions à sabine de Paillerets, associée du département droit social au cabinet BCTG avocats
1/ Quel est le cadre juridique en matière d’embauche ?
En matière d’égalité H/F, le principe est celui de la non- discrimination et vaut dès le recrutement puis lors de la promotion des salariés dans l’entreprise jusqu’à leur sortie. Ce principe concerne toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Il s’applique lors de la diffusion
directe ou par le biais d’un cabinet
de recrutement de l’offre d’emploi.
Le non-respect du principe de non- discrimination est sanctionné outre par des dommages et intérêts au bénéfice du salarié, par des sanctions pénales, le cas échéant.
2/Quelles sont les règles en matière d’égalité de rémunération et de déroulement de carrière ?
Ce principe existe depuis 1972 pour l’égalité des rémunérations des femmes et des hommes mais il est peu appliqué et a été renforcé par la loi de 2018 (loi avenir professionnel) qui oblige les entreprises de plus de 50 salariés à calculer et publier un index d’égalité H/F (mesure de l’écart de rémunération, de l’écart des taux d’augmentations individuelles, de l’écart des taux de promotion, des augmentations dans l’année qui suit le retour de congé maternité, du nombre de personnes de sexe sous-représenté dans les dix plus hautes rémunérations).
Cette mesure est déjà entrée en vigueur pour les entreprises de plus de 250 salariés et entre en vigueur au 1er mars pour les entreprises entre 50 et 250 salariés.
3/ Quelles sont les pénalités auxquelles s’exposent les entreprises qui n’atteindraient pas le score de 75/100 ?
Des mesures correctives, par décision unilatérale de l’employeur ou par négociation avec les partenaires sociaux lorsqu’ils existent dans l’entreprise, doivent être prises dans les trois ans de l’entrée en vigueur de la loi et des pénalités jusqu’à 1 % de
la masse salariale pourront être appliquées par les juridictions compétentes aux entreprises qui ne respecteraient pas leurs obligations.
   Béatrice
Genoux
Responsable Pôle Études/ Enquêtes CCI France
retrouvez l’intégralité des résultats de la grande consultation sur www.grandeconsultation.fr
14 | mars 2020 ecoreseau.fr
Viralités
 Le mot de février 2020 est sans conteste « virus ». Virus du Covid - 19, prioritairement, dont l’épidémie continue de
s’étendre. Interrogés sur le sujet du 12 au 20 février, les dirigeants d’en- treprise témoignent de leur inquié- tude. 82% d’entre eux déplorent, en effet, les impacts du virus sur l’économie mondiale et ils sont 58% à relever ses effets sur l’économie nationale. Cette proportion atteint 72 % dans le secteur de l’industrie française et 60% dans celui du com- merce. 10 % des chefs d’entreprise constatent même déjà des dommages sur leur propre activité. C’est le com- merce (18 % des interrogés) qui se dé- clare le plus touché, pénalisé au quo- tidien par la baisse de chalandise ; il est suivi par l’industrie (11%) où des craintes liées aux ruptures de chaînes d’approvisionnement sont palpables. Ces perturbations, dont la durée est difficile à appréhender, font chuter de 11 points la confiance des entre-
(27 %). Baisse
de l’indicateur de l’optimisme, par- ticulièrement dans les entreprises de moins de 10 salariés, pour s’établir à 92 points.
Virus de la politique, ensuite. Le terme s’entend là dans une accep- tion positive. À quelques semaines des municipales, 60 % des dirigeants inscrits sur les listes électorales se déclarent ainsi absolument certains d’aller voter. Ils font de la préser- vation de l’environnement et de la sécurité des biens et des personnes des thématiques décisives dans leurs intentions de vote (respectivement 60 et 40%). Effet des faits du mo- ment ? La santé entre aussi en ligne de compte puisque cette préoccupa- tion est évoquée par les plus grandes entreprises.
Enfin, malgré ces inquiétudes sani- taires, les entrepreneurs sont encore 78 % à se déclarer confiants dans leur activité. Un germe de la persévérance et un état d’esprit constructif que nous souhaitons bien évidemment... contagieux. n
corrélative également
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]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie
16 |
mars 2020 ecoreseau.fr
Médiation & entreprises Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
    p6mars
Hacking de l’Hôtel de ville L’événement international qui rassemble tous les acteurs de l’innovation.
p7mars
Le TOP
Le grand tête-à-tête des patrons pour la croissance.
letop.io
p9au13mars
Deep Tech Week
Semaine dédiée aux technologies émergentes
Paris, deeptechweek.com
p10au13mars
mipim
Salon des professionnels de l’immobilier
Palais des Festivals, Cannes
p11et12mars
IT Partners
Rencontre des professionnels de la distribution française
Disneyland Paris Marne-la-Vallée
p12et13mars
Hello Tomorrow Global summit Sommet international de la deeptech
Le Cent quatre, 5 rue Curial, Paris
p12au19mars
Transfo
Festival du numérique, Grenoble
p16et18mars
Food Hotel Tech
Rencontre des professionnels de l’hôtellerie et restauration
Paris Event Center, Porte de la Villette
p17au19mars E-commerce One to one Rendez-vous d’affaires des professionnels de l’e-commerce Grimaldi Forum, Monaco
p17au19mars
salon solutions ressources Humaines
Paris Expo, Porte de Versailles
p18et19mars
IoT World
Salon du marché des objets et services connectés
Paris, Porte de Versailles
p18au20mars
Ivalua NOW Paris 2020 Événement dédié aux spécialistes des achats & supply chain pour
mettre en avant les dernières innovations technologiques Paris, Carrousel du Louvre
p19et20mars
start summit
Événement suisse dédié aux entrepreneurs étudiants dans le domaine de la Tech
Saint-Gall, Suisse
p27au29mars
salon de l’immobilier neuf
Pour habiter ou investir en France ou à l’étranger
Paris, Porte de Versailles
p31marsau3avril
Global Industrie
Le rendez-vous de l’excellence et des perspectives industrielles Paris Nord Villepinte
 partenaires
p7mars
Qs World mBa Tour
Salon des meilleurs MBA mondiaux
Hyatt Regency Paris Étoile
p9et10mars
Congrès Big Data Paris
Le sommet sur le big data, innovations radicales, technologies inédites, créativité à 360°.
Palais des Congrès, Paris. Lire danscen°p.40
p10au12mars
salon des achats & de l’environnement du travail Le salon des achats
hors production et de l’environnement du travail Paris, Porte de Versailles
p10au12mars Workplace Expo
Salon annuel en Europe pour le design, le mobilier et l’aménagement des espaces de travail
Paris - Porte de Versailles
p22au25
Franchise Expo Paris Paris, Porte de Versailles
p27au29mars
salon de l’analyse technique UIC-P-Tour Eiffel Center, 16 rue Jean Rey, 75015 Paris
« Marchés publics inférieurs à 40 000 € HT Moins de formalités, plus d’opportunités ! »
Un nouveau guide pour les artisans, les micro- entrepreneurs et les
Ldirigeants de TPE/PME
a commande publique paraît matique. Il fournit les clés essentielles souvent complexe aux yeux pour qu’entrepreneurs et acheteurs des entreprises. Et c’est en- puissent mieux se connaître et ré- core plus vrai pour les très pondre ensemble aux besoins de la
petites structures. Ces deux mondes collectivité. Véritable outil pratique,
ont dû mal à se rencontrer, et surtout à se comprendre car ils ne parlent pas le même langage. C’est pourquoi nous mettons à disposition des chefs d’entreprise un tout nouveau guide qui a pour vocation de les informer et de les accompagner sur les mar- chés publics. Publié à l’occasion du relèvement du seuil de dispense de procédure1 pour les marchés publics jusqu’à 40 000 euros HT, ce docu- ment met l’accent sur les démarches simplifiées pour ce type de marchés, il démontre les avantages et surtout encourage les entrepreneurs à fran- chir le pas.
Avec un volume de 100 milliards d’euros par an2, les marchés pu- blics représentent un réel gisement de croissance pour les entreprises. Mais ces opportunités économiques restent encore trop peu connues et exploitées, en particulier par les ar- tisans et les micro-entrepreneurs. Or, ces derniers constituent des acteurs clés dans le paysage économique français. Sur 4 millions d’entreprises recensées en 2016, 96 %, sont des mi- cro-entreprises3. Face à ce constat, une question se pose : comment faciliter la mise en relation entre, d’un côté, les opportunités d’affaires qu’offre la commande publique, et de l’autre côté, les dirigeants d’entre- prise qui pourraient en bénéficier ?
Le guide que nous avons conçu, en collaboration avec le CMA France, la CPME, le Medef et l’U2P, constitue une réponse concrète à cette problé-
il permet en quelques minutes de comprendre facilement les étapes et la vie d’un marché public. À ce titre, c’est une véritable invitation à fran- chir le pas et à saisir les opportunités offertes par la commande publique !
Applicable depuis le 1er janvier 2020, le relèvement du seuil de dispense de procédure est le fil conducteur de ce guide. Avec ce nouveau cadre ré- glementaire, les acheteurs publics et les chefs d’entreprise sont désormais dispensés des démarches inhérentes à la passation d’un marché public (publicité, documents de consul- tation, dossier de candidature...) jusque 40 000 euros HT. Ils bénéfi- cient ainsi d’un accès plus facile et rapide à la commande publique.
Vous êtes artisan, micro-entrepre- neur, profession libérale ou TPE/ PME ? Vous n’avez pas encore propo- sé vos services à un acheteur public ? Ce guide est fait pour vous ! Pour le consulter, rendez-vous sur : https:// www.economie.gouv.fr/media- teur-des-entreprises/le-mediateur- des-entreprises-publie-un-nouveau- guide-marches-publics n
1 Le décret n° 2019-1344 du 12 décembre 2019 relève le seuil dit de « dispense de procédure » de25000€HTà40000€HT(articleR.2122-8du Code de la commande publique).
2 Source : Observatoire économique de la commande publique.
3 Source : Insee Les Tableaux de l'économie française, édition 2019.
Pour découvrir ou re-découvrir notre activité, rendez-vous sur le site du mé- diateur des entreprises : www.economie.gouv.fr/mediateur-des-entreprises/ lactivite-du-mediateur-des-entreprises-presentee-la-presse
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[                 ENSEMBLE POUR VOUS FAIRE GRANDIR
Parce que vous pensez que les bonnes idées sont faites pour voir le jour. Parce que vous créez de l’emploi et de la richesse et parce que vous faites avancer la France en dynamisant l’économie locale. Entrepreneurs, les CCI sont à vos côtés pour vous accompagner dans vos projets.
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]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[ Exclusif : 7 entreprises significatives expliquent leurs parcours, leurs solutions, leurs réussites
DOssIEr rÉaLIsÉ Par aDam BELGHITI aLaOUI, JEaN-marIE BENOIsT, OLIVIEr maGNaN, GUILLaUmE OUaTTara ET PaTrICE rEmEUr
D’emblée, une mise au point... lexicale. Di- gital, en anglais, langue mère de tout le vo- cabulaire informatique, ne peut en aucun cas se traduire par... digital, sauf à renier en
bloc la langue française. D’autant plus sûrement que « digital/e » signifie bien, en français, « qui a trait au... doigt » ! Certes, les pros du... numérique aiment bien se parfumer à l’anglicisme. Mais les pseudo-nuances entre numérique et digital ne sont pas convaincantes. La révolution numérique à l’œuvre vaut bien la révo- lution industrielle du xixe siècle. Et nous avons le re- doutable privilège d’y assister, de la vivre, même si, comme tous les changements d’ère, le vieux monde hiérarchique de l’entreprise en silo cache encore la ful- gurance de l’entrée en lice des nouvelles technologies. Tout est né avec la rupture – la disruption pour em- ployer un anglicisme maîtrisé – d’Internet, avec, jus- tement, l’avènement du numérique, des processeurs et, aujourd’hui, ses avancées sous forme de mégadonnées et d’intelligence artificielle. Le smartphone, francisé en
ordiphone, marque un travail délocalisable, nomadi- sable, qu’incarnent les champions du numérique, tels Uber, entreprise numérisée au point d’instaurer la dis- parition des frontières physiques de l’entreprise. Mais que l’on ne se trompe pas de révolution : le numérique n’est que l’outil, la révolution reste humaine. Familier aux millenials, dans l’ADN des start-up, le numérique doit encore acquérir force de vision pour les dirigeants des grands groupes et les managers prié/es de s’initier à marche forcée aux emailings, aux réseaux sociaux, au référencement naturel (SEO), à l’achat de mots-clés (SEM), aux SMS « pros »... La cible, ce sont toujours des consommateurs qui ne rechignent guère à livrer leurs données, matière première du numérique. Concrète- ment, nous sommes allés visiter la réalité de la trans- formation numérique dans des entreprises innovantes l’on pourrait peut-être plus précisément parler de « transition des écosystèmes », à la manière de la « tran- sition écologique ». Un voyage passionnant, exclusif par sa réalité. Om
Une transformation... transitive
En 2019, le Hub de la transformation numérique Acsel – Association de l’économie numérique – a mis en lumière que le numérique est « facteur de croissance pour les PME et les ETI ».
70 % des entreprises interrogées tiennent le numérique pour une « chance à saisir » (25 % un « passage obligé », 5 % l’ignorent et y voient une menace). 45 % manquent de moyens humains ou de stratégie. 48 % affirment une « maturité numérique » pilotée par la direction et une équipe ad hoc. « Les entreprises engagées dans leur transformation numérique ont 2,2 fois plus de chance d’être en croissance que celles qui n’ont entamé aucune transformation. » Parmi les obstacles, le manque de temps (54 %), un frein pour les coûts (49 %), la complexité de la mise en œuvre (39 %). Où vous rangez-vous ?
Territoires : la dynamique enrepreneuriale région par région
Mapping de l’innovation : la transformation numérique dans le monde Le journal du futur : jusqu’où l’IA va-t-elle se passer d’humain
p. 22 p. 24 p. 26
TRANSFORMATION NUMÉRIQUE
entreprendre & innover
  18 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[en couverture
1
entreprendre & innover
Glas, cofondateur d’HUH Corpo- rate. Levier : des outils numériques.
Enquête exclusive
7 transformations numériques à valeur d’exemple
Décrites par Guillaume Ouattara
H
de l’entreprise totalement investie dans le numérique, avec ses déve- loppeurs full stack, des chefs de pro- duit et même un CTO, Chief techni- cal officer. On y élabore des chatbots de formation professionnelle en entreprises. Autrement dit, finies les journées de formation dans une salle sombre face à un paperboard, HUH conçoit des applications qui se glissent dans le téléphone des ap- prenants. Une sorte de numérisa- tion des processus d’apprentissage. Cette boîte qui infuse de la transi- tion numérique chez ses clients se devait de se numériser elle-même. Alexandre Glas, l’un des cofonda- teurs, propose d’emblée la mise en place d’un système de management différent car numérisé. Il fait le
choix de ne pas imposer la présence au bureau. « Dans notre secteur de l’informatique, nos collaborateurs sont en demande de liberté et de flexibilité. Nous avons aujourd’hui 14 collaborateurs qui travaillent d’où ils le souhaitent. »
Le réseau social d’entreprise,
clé du télétravail
À Berlin, Paris ou en Bretagne, les collaborateurs choisissent de venir travailler dans les bureaux, de rester chez eux ou de se poser où bon leur semble. S’agit-il d’attirer les mille- nials ? Eh bien pas forcément. « Au sein de l’entreprise, les collabora- teurs ont entre 22 et 55 ans. Ce sont parfois les plus expérimentés qui demandent le plus de flexibilité », note Glas. Mais outre la confiance à accorder aux équipes dans la ré- alisation de leurs missions, HUH Corporate a dû se doter d’outils numériques pour assurer la bonne collaboration à distance. « Si nous nous étions contentés d’un système de mails, je pense que l’on aurait échoué. » Réseau social d’entre- prise, mise en place de documents collaboratifs accessibles par tout le monde, généralisation de la vi- sioconférence en lieu et place des réunions. Au lancement du projet,
Les usines numériques d’Alfi Technologies
Le numérique pour que des usines visualisent leurs nouvelles lignes de production. C’est le défi que s’est lancé Yann Jaubert, directeur d’Alfi Technologies. Récit.
Dans les locaux d’Alfi Techno- logies, PME spécialisée dans la construction et l’installation de lignes de production et de manu- tention, un détail frappe : sur un coin de table, des casques de réalité virtuelle. Gadgets pour les pauses ? Sessions de team building ? Vous n’y êtes pas : outils de travail à part en- tière ! Depuis cinq ans, l’entreprise a opéré un véritable bond dans le numérique et propose à ses clients des visualisations en 3D totalement immersives. À l’origine de ce projet, une volonté du directeur de l’entre- prise, Yann Jaubert : « Après deux ans à la tête d’Alfi Technologies et d’analyse de nos méthodes, j’ai fait le constat que les plans en deux dimensions que nous utilisions étaient un peu archaïques. Il était parfois très difficile de se représen- ter, en amont, à quoi ressemble- raient les lignes de production que nous installions dans les usines. » Alors, en 2012, il se lance dans un grand chantier : la conception de clones numériques des usines dans lesquelles l’entreprise intervient. « L’idée est très simple, poursuit Jaubert, il s’agit de numériser l’en- semble de l’environnement de nos clients sur des logiciels spécialisés. Une fois cette usine numérique en- tièrement modélisée, on peut y ins- taller nos machines et proposer de véritables visites virtuelles, avec des casques de réalité augmentée. »
Réinventer l’activité
Qu’apporte cette implémentation d’usines virtuelles ? Une meilleure anticipation des erreurs, un calcul précis des plans de charge et de for- mation des opérateurs. Une réalité virtuelle qui booste la conception des lignes de production. Pour me- ner à bien ce projet, le chef d’entre- prise croit fort aux bienfaits de l’in- trapreneuriat. Il lance alors un appel en interne et monte une équipe aux profils divers (automaticiens, méca-
niciens, ingénieurs...) qui travaille durant trois ans à l’élaboration de ces jumeaux numériques. L’enjeu est de taille : il s’agit d’une véritable opération de transformation du sa- voir-faire de l’entreprise. « Ce qui m’intéressait, c’était de réinventer mon activité en utilisant et en op- timisant des outils numériques. » Mais la cellule numérique ainsi formée ne part pas de zéro. Sur le marché, de nombreuses solutions héritées de l’univers du jeu-vidéo et du serious game sont à disposition pour mener à bien le projet. Reste à cette équipe à se former à ces nou- velles technologies et, surtout, à for- mer le reste des collaborateurs. En 2015, le projet d’usine numérique voit le jour. « Cette numérisation de tous nos processus a engendré de nouvelles opportunités de business. Nous proposons des formations virtuelles à l’utilisation de nouvelles machines. Ou gérer des opérations de maintenance en amont grâce au virtuel. » Le champ des possibles s’est étoffé... et avec lui le chiffre d’affaires de l’entreprise.
L’informatique embarquée d’EJ Picardie Le numérique s’est voulu un outil de suivi affiné des flux de production dans une fonderie innovante. Dans l’usine d’EJ Picardie de Saint Crépin, c’est désormais une réalité.
réel nos flux. » L’entreprise engage un grand travail de transition nu- mérique dans cet objectif : suivre en temps réel les flux de pièces au sor- tir de la fonderie pour se rendre vers les postes de finition. EJ Picardie implémente un nouvel ERP (En- terprise Resource Planning), le gros logiciel en charge de la gestion de toutes les opérations de l’entreprise. L’aboutissement s’avère bluffant : à chaque étape de production, l’in- formatique embarquée du cariste actualise les étapes de transforma- tion des pièces qu’il transporte. Il/ elle reçoit des indications optimi- sées pour le stockage et la mise en production.
La réussite
engendre des projets
Mais cette transition numérique ne s’est pas limitée à un nouveau logiciel. Il a fallu repenser l’organi- sation du travail de collaborateurs parfois depuis de nombreuses an- nées dans l’entreprise. « La certi- fication demandée à nos caristes jusqu’à présent était le Caces. Avec ce basculement vers le numérique, les compétences requises ont évo- lué. » Donc mise en place de vastes programmes de formation. « Les premiers temps ont été un peu dif- ficiles, certains collaborateurs ont eu plus de mal avec ces nouveaux outils, mais nous avions à cœur de tous les accompagner dans cette phase de changement. » Quelques mois se sont écoulés. Productivité et performances accrues, réduction des temps de traversée des produits dans les ateliers et augmentation de la qualité sont au rendez-vous. De quoi encourager la poursuite de la maturation numérique : mainte- nance prédictive avec l’analyse en temps réel des données issues des machines. Développement de la business intelligence pour la prise de décision ou encore fabrication addi- tive pour l’impression 3D d’échan- tillons de produits pour leur homo- logation.
Certificat d’aptitude à la conduite en sécurité, recommandation de la Cnam.
100 % télétravail
chez HUH Corporate
Des salariés 100 % en télétravail ? Un pari fou. Que s’est lancé Alexandre
UH Corporate, dès sa création
en 2015, est le prototype même
 D
surprenante de l’usine EJ Picardie à Saint-Crépin dans l’Oise qui fa- brique des solutions d’accès pour les réseaux de télécommunica- tion, d’eau, de gaz et d’électricité (plaques d’égouts, trappes d’accès sécurisés dans les ports et aéro- ports, etc.). Éric Ertzbischoff, direc- teur de production d’EJ Picardie, s’est demandé il y a quelques mois comment améliorer la gestion de ses flux de production et accélérer la mise à disposition des produits pour le client final. La probléma- tique était simple : chaque jour, dans sa grande fonderie, 400 tonnes de fonte sont produites pour fabri- quer des milliers de pièces métal- liques. « On avait un aperçu global de nos productions en cours, mais pas la possibilité de suivre en temps
es caristes équipés d’ordina-
teurs embarqués : c’est l’idée
 ecoreseau.fr mars 2020 | 19
]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
La voie royale vers le numérique OLIVIEr maGNaN 1632-1970
1971-1988
L’explosion grand public
ifficile de faire
mais s’épargner de fastidieux calculs
par des ajustements mécaniques : on veut déjà aller plus vite, plus sûrement. Ce sera le cas plus efficacement avec la « Pascaline » de Blaise Pascal en 1645. Quand Leibniz théorise l’arithmétique binaire à partir de 1703, qui doute qu’il ne soit l’ancêtre
traitement de ce que l’on n’appelle pas encore big data.
En 1984, 1 000 ordinateurs sont connectés à Internet. Pas forcément les premiers Macintosh de cette année-là et leur système d’exploitation Mac OS, le pavé dans
la mare de la micro- informatique. Un
« numérique » à ce xviie siècle si éloigné du bit électronique. Pourtant, la toute première
« règle à calculer »
de William Oughtred l’oublié concrétise
un état d’esprit : ne plus recourir aux règles d’addition et de soustraction mentales,
Les prémices
   D
remonter le
de l’octet de 0 et de 1 ? Qui doute pareillement que le dénommé Basile Bouchon, avant le fameux Jacquard (1801), n’ait compris tout l’intérêt d’un
« programme » avec son ruban perforé
pour machine à
tisser dès 1725 ? Impossible d’ignorer Charles Babbage qui s’empare des « cartes Jacquard » pour sa machine « infiniment programmable ».
Boole et son algèbre (1847), les relais électromécaniques à
la place des cartes de Leonard Torres Quevedo (1914), l’algorithme de Von Neumann (1928) précèdent les machines Bull à Paris (1931). Des
prémices, on passe aux pionniers : Alan Turing (1936), le calculateur Colossus (1943), le Harvard Mark 1 (1944), le premier langage
de programmation
de Konrad Zuse
(1945) portent déjà l’informatique non encore dénommée (elle le sera en 1963 par Philippe Dreyfus et Robert Lattès). Le mot se révèle beaucoup plus visionnaire que
le computing (calcul) auquel se tiennent les Anglo-Américains. Dans la foulée de ces grands concepts, l’informatique trouve ses langages et ses technologies avant les débuts de la « micro- informatique ».n
Cette année-là, 1971, 23 ordinateurs sont connectés sur Arpanet,
le réseau de l’armée américaine qui ouvrira les liaisons Internet (le mot apparaît dix ans plus tard, fondé sur le protocole TCP/ IP). Auparavant, il faudra bien que des
« micro-ordinateurs » voient le jour grâce aux « microprocesseurs » comme l’Intel 4004 (1971). Le Micral, français (R2E), premier du genre, est commercialisé
en 1973, l’Apple I en
1976 (l’IBM PC auquel
ne croit pas le patron
de la firme suivra en 1981). À l’autre bout de l’échelle informatique, le Cray One préfigure les colossales capacités de
 quelques petits couacs se sont glissés dans cette organisation bien huilée. « Le problème des documents collaboratifs, c’est que l’on ne sait jamais qui modifie et quand le document est fini ou non, se re- mémore le patron. Du coup, on a eu l’idée de créer un système de versionning pour tracer l’évolution des projets. »
Depuis cinq ans, ce modèle managérial entièrement numérisé fonctionne. « Ce management flexible retient nos collabo- rateurs. » Disparaissez pour que je vous conserve !
 Logiciel de gestion de versions (Version control system) qui stocke un ensemble de fi- chiers en conservant la chronologie de toutes les modifications.
WeylChem Lamott, chimiste en quête de prédictif Comment le numérique accompagne-t-il un secteur d’apparence traditionnel comme la chimie ? Éléments de réponse à WeylChem Lamotte où le numérique est Ldevenu un véritable levier de croissance.
a chimie et ses 3 000 entreprises en
France ont su se numériser depuis plusieurs années. Illustration dans l’usine de WeylChem Lamotte dans l’Oise. Ici, plusieurs centaines de tonnes de produits chimiques sont fabriquées tous les jours. Et comme l’explique son dirigeant, Gilles Zuberbuhler, l’informatique est passée
20 | mars 2020 ecoreseau.fr
par là. « Le numérique est présent dans notre industrie depuis de nombreuses années. Qu’il s’agisse de traçabilité de nos flux via l’utilisation d’ERP, des systèmes de conduite automatisés ou de numérisa- tion des services de l’entreprise. Tout au bénéficie de la sécurité. » Ces systèmes complexes sont déployés depuis plusieurs années à l’usine. Mais si la fabrication de produits chimiques s’est numérisée, les opérations de maintenance des ins- tallations et des équipements sont tou- jours un peu à l’écart de ces mutations. « Comment pouvons-nous utiliser toutes les données que nous récoltons sur les équipements pour mettre en place de la maintenance prédictive », s’est demandé le dirigeant. L’enjeu : anticiper une panne ou un arrêt des machines avant leur sur- venue par une analyse des données.
Simplifier
WeylChem s’est appuyé sur un outil dé- veloppé par la branche professionnelle France Chimie : un autodiagnostic nu- mérique. À travers un questionnaire ac- cessible en ligne, les acteurs du monde de la chimie auto-évaluent leur degré de numérisation et reçoivent des sugges- tions personnalisées sur les changements à opérer pour une meilleure inclusion dans le numérique. Pour l’heure, et avant d’obtenir une maintenance 100 % prédic- tive, WeylChem Lamotte s’est lancé dans
deux projets d’envergure. Le premier : la mise en place de cahiers de consignes électroniques pour une meilleure com- munication entre les équipes et les ser- vices supports. Le second : le déploie- ment d’équipements connectés pour les opérateurs de maintenance. « Actuelle- ment, nos opérateurs consultent d’abord des banques de données pour récolter les informations importantes, puis ils se rendent sur le lieu d’intervention. L’idée, c’est qu’ils interviennent directement au- près de la machine équipés de tablettes. »
Safran choisit une transition numérique mondialisée
L’équipe en charge de la transformation numérique de Safran veut centraliser et accélérer. Un témoignage éclairant.
Impossible ? Sans doute pas. Depuis un an, Safran s’est doté d’un directeur en charge du développement de la straté- gie des activités numériques, François Tarel. Il va infuser de la transformation numérique partout dans le groupe. « Des projets numériques, Safran en développe depuis des années, mais une solution à une problématique rencontrée dans l’une de nos filiales a toutes les chances s’appli- quer à une autre filiale. Mon rôle, c’est de créer ces synergies. » Il ne débarque pas de Mars, François Tarel : Safran, voilà une vingtaine d’années qu’il s’en épice. Manufacturing Data for All, l’un des pro- jets déployés dans le groupe, représente parfaitement cette centralisation de la transition numérique. Pendant plusieurs mois, les équipes de Safran ont travail- lé en groupes pluridisciplinaires pour mettre au point une boîte à outils capable d’utiliser le big data et l’intelligence ar- tificielle en vue d’analyser en temps réel les process de production. « Avec notre boîte à outils data et analytics, on est par exemple capables d’identifier rapidement les sources de baisse de qualité sur nos produits. » Cette boîte à outils conçue de manière générique est ensuite déployée unité de production par unité de produc- tion et adaptée aux besoins locaux.
Numérique durable
Mais le scope de l’équipe de François Ta-
 D
ter un projet de transformation numé- rique semble une mission périlleuse.
ans un groupe de plus de 95 000
collaborateurs et 12 sociétés, pilo-
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[1989-2007
Internet acquiert son protocole HTTP
2007-2020
Données partagées, mobilités et IA
en couverture
entreprendre & innover
  souvenir personnel : alors que je viens de créer la première revue consacrée au Macintosh, au succès foudroyant, Christian Brégou,
patron du groupe CEP Communications
qui vient de racheter
le Groupe Tests (01, L’Ordinateur individuel...), m’informe que le titre sera abandonné. Cause : « Apple n’a aucun
avenir face à IBM. » Il est des patrons peu visionnaires ! En tout cas, en 1987, 10 000 ordis sont connectés au réseau protoplanétaire, dont pas mal de Macintosh. L’ère du WWW commence.n
E
100 000 « micro-
L’iPhone n’est pas le premier smartphone, il n’empêche qu’il donne
le ton (le nombre des connectés à Internet depuis un téléphone portable dépasse la masse des connectés depuis un ordinateur en 2013). L’ordiphone, en français, prépare l’ère des millenials décentralisés, des managers nomades et du travail prolongé hors le périmètre
de l’entreprise.
Intel poursuit la miniaturisation des processeurs. En 2010, ils sont gravés en
32 nanomètres. Aux côtés de l’iPad Apple, apparaît un concept révolutionnaire,
l’informatique en nuage, le cloud computing. Ses propres données hors de son disque dur ? Oui, et l’une des conditions de la transition numérique à venir. À partir de
2014, l’on parle d’objets connectés et il existe plus d’un milliard de sites Web. Cette année- là, Sony Pictures sera piraté, on commence
à s’inquiéter de la cybercriminalité. Une année de plus, et le deep learning commence à proliférer. Une année
de plus et l’on adopte l’impression 3D dans l’industrie. Une année
de plus et un curieux concept lié au bitcoin dont il n’est que le support fait parler de lui :
la blockchain.
Mais depuis
quelque temps, les développements
autour de l’intelligence artificielle jouent l’effet d’annonce : des experts affirment que le mot, mal choisi, n’a rien à voir avec l’intelligence. Ou que le concept même n’existe pas (le Français Julia, entre autres). Pourtant, la robotisation (embryonnaire), la 5G
et les objets connectés annoncent l’ère de l’humain assisté par ordinateur. n
n cette année 1989,
des ordis connectés
est atteinte, 1 000 000, 100 000 000 en 1996. Garry Kasparov le maître des échecs reconnaît
la victoire de Deep Blue (IBM). Google apparaît en 1998, Wikipedia en 2001. Windows Vista et Mac OS X 10.5 Leopard se tirent toujours la bourre, même si le Mac, beaucoup plus cher que le monde PC, reste le parc minoritaire.n
 rel ne se limite pas aux enjeux internes. La transition numérique impacte aussi la relation avec les clients. C’est cette idée qui a poussé au développement d’Expert link, un service de télémaintenance. « C’est un outil qui procure à nos clients partout dans le monde une assistance person- nalisée dans leurs opérations de mainte- nance avec leur smartphone. Ils sont en connexion vidéo, interagissent en temps réel avec un expert pour, par exemple, annoter les vidéos, échanger en photo des détails de la pièce à réparer, obtenir de la documentation adaptée à la situation et les meilleures recommandations sur les gestes à mener. » Au total, ce sont une dou- zaine de projets que l’équipe des activités numériques de Safran est en train de dé- ployer. « Je suis en relation directe avec le Comité exécutif de Safran, décrit François Tarel. Je dirais que mon rôle est avant tout d’implémenter des leviers pour une tran- sition vers le numérique durable. »
Datacenters écoresponsables : Webaxys les monitore et les automatise
Toutes les fermes de serveurs, catastrophe écologique, devraient adopter les solu- tions de ce « fermier » nobélisable.
Comment se transformer numérique- ment quand on est soi-même un ac-
teur du numérique ? Question à laquelle répond Emmanuel Assié, fondateur de Webaxys, concepteur de datacenters écoresponsables. « Les données issues du numérique sont extrêmement pol- luantes, lance l’entrepreneur. Le stockage dans les serveurs et le refroidissement des datacenters sont des activités à im- pact terrible sur l’environnement. » C’est franc, vrai et déjà « responsable ». Alors, en 2010, Webaxys conçoit son premier datacenter écologique. Consommation d’énergie réduite pour la climatisation, utilisation de la chaleur des serveurs informatiques pour chauffer les entre- prises alentour, c’était une première dans l’univers des centres de données – qui représentent 8 % de la consommation énergétique en France – et qui reste ex- ceptionnelle. Raison pour laquelle Assié n’est pas satisfait et veut aller plus loin. « Je sentais qu’il était possible de faire beaucoup mieux. » En 2014, et pendant 18 mois, un grand audit du fonctionne- ment de son système aboutit à la mise en place de capteurs, analyse des pics de consommation électrique, réflexion au- tour du stockage de l’énergie : le centre est placé sous surveillance numérique.
Centres de données autogérés
Tout ce travail aboutit au lancement d’un second datacenter près du Havre en 2016. « Tous nos équipements sont
monitorés minute par minute grâce aux capteurs et à la domotique. Le point fort de notre datacenter, c’est l’utilisation de l’air extérieur pour refroidir les salles. Des capteurs placés dans tous les bâti- ments décident automatiquement des moments où lancer le système de refroi- dissement et à quelle température. » Les algorithmes développés par l’entreprise
gèrent le stockage d’énergie. « Mais nous produisons parfois plus d’électricité que nécessaire. Nous avons installé des bat- teries de seconde main de véhicules élec- triques pour stocker ce surplus énergé- tique et le réutiliser par la suite. Et ce sont nos systèmes informatiques qui décident du moment où stocker dans les batteries ou au contraire d’utiliser leur réserve. »
ordinateurs » vont bénéficier de l’invention majeure d’Internet,
le World Wide Web, littéralement la Toile d’araignée mondiale. Deux plus tard,
Tim Berners-Lee, récemment disparu, et Robert Caillau créent le protocole Internet HTTP qui figure encore dans toute adresse Web. En 1992, la masse critique
Bosch implique les collaborateurs
Tous les acteurs de la transition numérique, qu’ils soient consultants ou cadres, le disent :
la clé pour une bonne transition numérique c’est avant tout la coopération. Récolter les besoins du terrain, mener des réunions de mise en place, former les équipes... Au sein
du groupe Bosch, la logique est en œuvre depuis une dizaine d’années. Au sein des quelque 280 usines du groupe, des challenges et des besoins liés au numérique apparaissent.
« C’est la toute première étape de notre processus de transition, explique Franck Papon, Business Development Manager chez Bosch Rexroth France. Ensuite, les usines mettent en place localement des solutions qui utilisent des outils numériques pour répondre à ces challenges. Elles nous remontent le problème et la solution, et on décide, ou non, de le déployer sur tout le réseau de production Bosch. » Cette approche bottom up (ascendante)
a fait ses preuves.
De la mise en place d’imprimantes 3D pour la modélisation de petites pièces à l’automatisation d’une ligne logistique
en passant par de
la maintenance prévisionnelle et prédictive, de nombreux chantiers ont été ouverts dans les usines. Franck Papon : « C’est véritablement en
faisant travailler les personnes concernées par les problématiques que l’on réussit à faire émerger des solutions innovantes. »
ecoreseau.fr mars 2020 | 21
]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
 2 L’industrie en région : quel poids, quelle densité ?
Le dynamisme économique de leurs territoires, voilà bien un casse-tête permanent pour les régions françaises. Bon point :
les indicateurs révélateurs et les éléments de conjoncture ne manquent pas. Entre bilan de santé économique et démographie des entreprises, mesurons la richesse industrielle de nos régions. aDam BELGHITI aLaOUI
Le paradoxe industriel
La rengaine est connue, Paris et sa région comptent
parmi les territoires européens les plus dynamiques.
En quelques chiffres, l’Île-de-France c’est 12,1 millions
d’habitants, près de 1,1 million d’entreprises, plus de 6,3
d’emplois, dont 5,89 millions pour l’emploi salarié et 4,8
millions pour l’emploi salarié privé, un taux de chômage de 7,5 %
et plus de 200 000 créations d’entreprises annuelles. Si elle est l’une des
toutes premières régions industrielles de France (436 000 emplois selon l’Insee), l’Île-de-France est l’une des moins industrialisées (7,6 % contre 14,6 % de moyenne nationale). C’est le secteur tertiaire (commerce,
administration, services...) qui se taille la part du
chef, avec 85 % de l’emploi salarié (75 % de moyenne
nationale). En détails, l’industrie se répartit notamment
autour de l’aéronautique (plus de 100 000 emplois
dans l’aéronautique industrielle et 130 000 pour
l’aéroportuaire), l’industrie automobile (73 200 emplois
en 2018) ou encore les industries manufacturières
et extractives (près de 44 000 entreprises fin 2016).
Entre automatisation des chaînes de production et
transformation numérique (trop souvent mal nommée
transformation digitale !) des entreprises, le paysage industriel francilien est en mutation, malgré son déclin. Une numérisation encouragée par la région, notamment au sein des PME. Logique pour celle qui aspire à devenir la première smart region d’Europe. Le chemin est encore long.
La filière aérospatiale pour moteur
Sans surprise, le secteur industriel de la région toulousaine est symbolisé par ses filières aéronautiques et spatiales. L’industrie occitane c’est plus de 225 000 emplois (11 % du salariat régional), qui font du territoire la 7e région industrielle métropolitaine (7 % de l’emploi industriel national). Avec la présence du géant européen Airbus, leader mondial du secteur, et une dynamique de secteur au beau fixe, l’Occitanie est l’une des places fortes de l’aéronautique européenne et mondiale. La filière emploie 61 000 personnes dans la région, pendant que le domaine spatial rassemble 10 000 salariés (la moitié des effectifs nationaux et le quart des effectifs européens !). Autre spécialité régionale de renommée internationale : les systèmes embarqués appliqués aux transports. Avec 20 000 employés, l’Occitanie s’impose comme un leader européen du
secteur. Transition numérique et nouveaux enjeux technologiques obligent, la région toulousaine soigne également sa filière des technologies de l’information
et de la communication (TIC) et ses 46 000 salariés (3e total national). Petit bémol économique pour l’Occitanie : un taux de chômage de 10,1 %, au-delà de la moyenne nationale.
hauts-de- France
île-de-Franc
    Occitanie
 22 | mars 2020 ecoreseau.fr
e
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[en couverture
entreprendre & innover
   grand est
L’industrie en moteur régional
Depuis la réunion des anciennes régions Nord-Pas-de-Calais et Picardie, les Hauts-de-France s’imposent comme une des régions les plus dynamiques sur le plan économique. La troisième région la plus peuplée de France (6 millions d’habitants), s’appuie sur une
filière industrielle de poids. Première région pour la construction
ferroviaire, seconde région pour
la construction automobile (50 000 salariés et 550
sites), la région lilloise se hisse en haut du tableau. Autres secteurs forts :
l’agroalimentaire (37 000 salariés) et la santé (30 000 salariés). Avec 287 000 emplois dans l’industrie, sur les deux millions d’emplois du territoire, les Hauts-de-France se classent
4e région industrielle française (près de 15 % de l’emploi régional). Une quatrième position nationale également occupée en termes d’exportations industrielles. Entre héritage et modernité, l’industrie de la région nordique se réinvente. Le secteur traditionnel du textile (15 000 salariés) se transforme au travers du
Centre Européen des Textiles Innovants installé à Tourcoing, et l’industrie devient inséparable du secteur tertiaire. La région des Hauts-de-France, avec ses 8 pôles de compétitivité, est bel et bien sur la pente ascendante.
  Auvergne Rhône-Alpes
Dans le wagon de tête
Forte d’un riche tissu industriel, la région Grand Est s’impose comme la seconde région industrielle hors Île-de-France. Et pour cause, l’industrie représente près de 16 % des emplois de la région (12,4 % de moyenne nationale) et se répartit entre industrie manufacturière, énergétique et agroalimentaire. De plus de 10 % des industries françaises de 100 à 499 salariés et de plus
de 500 salariés sont implantées en région Grand
Est. Un secteur qui représente de surcroît 19 % de
la valeur ajoutée du territoire. Parmi les fleurons
industriels de la région strasbourgeoise : l’industrie
automobile. La première région française en matière
d’assemblage automobile c’est le Grand Est, avec 25 %
de la production nationale et 87 000 salariés répartis
sur 690 sites. Autre élément moteur du dynamisme
industriel régional : la présence de 13 zones labellisées
« Territoires d’industrie », dans le cadre du Plan national
de transformation de l’industrie par le numérique, qui vise à « soutenir la transformation numérique de l’industrie et sa montée en gamme » (les territoires d’industrie se partagent une enveloppe de 1,3 milliard d’euros). Le Grand Est est la seconde région métropolitaine en nombre de territoires labellisés.
Championne de l’industrie
Si la région lyonnaise se contente de la seconde position métropolitaine derrière l’Île-de-France pour bien des indicateurs (PIB, PIB par habitant, nombre d’emplois, R&D, nombre d’entreprises...), elle est en revanche devant en termes de richesse industrielle. Avec près de 500 000 emplois dans l’industrie répartis sur 50 000 sites et un taux d’industrialisation de son économie de
18,3 %, elle dépasse son alter ego francilien. Un secteur fort donc, qui représente annuellement 41 milliards de valeur ajoutée brute pour la région. Autre témoin de la vitalité de l’économie aurhalpine : un taux de chômage de 7,4 % (8,6 % à l’échelle nationale). Parmi les principaux secteurs industriels d’ARA, on retrouve les produits
métalliques (3 % de l’emploi régional), les caoutchoucs et plastiques (2 %) et les produits électriques et électroniques (2 %). Viennent ensuite l’industrie chimique, le textile, l’agroalimentaire... Et l’industrie numérique n’est pas en reste : avec une croissance de 19,5 % enregistrée de 2014
à 2018, elle représente aujourd’hui plus de 68 000 emplois (3 % de l’emploi régional). Un emploi sur douze créé dans la région l’est dans une entreprise du numérique. De quoi faire d’Auvergne-Rhône-Alpes la seconde région du numérique derrière...l’Île-de-France.
  ecoreseau.fr mars 2020
| 23
e
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
3 (Im)maturité numérique dans le monde...
en couverture
 Partout, le constat est le même, les PME sont à la traîne dans la transition numérique. Au sein de la zone OCDE, elles sont par exemple deux fois moins susceptibles que les grandes entreprises d’utiliser le commerce électronique ou le cloud computing. Alors, de quelles manières – car elles se montrent souvent multiformes – les millions d’entreprises dans le monde réalisent-elles leur transformation numérique ? PaTrICE rEmEUr
 ÉTATS-UNIS

En avance grâce aux GAFAM ainsi qu’avec les milliers de start-up
« numériques » qui fleurissent. L’un des facteurs du succès réside dans
le financement des entreprises numériques, de l’ordre de 220 dollars par habitant, contre 120 dollars pour la Suède, le pays le plus dépensier en la matière.
Intérêt : insuffler la culture de l’initiative et du numérique en favorisant l’innovation avec les jeunes pousses qui recherchent des partenaires pour grandir. Attrait des meilleurs au monde et création des licornes. 54 % d’entre elles sont aux États-Unis, contre 23 % en Chine et 10 % en Europe.
autriche

La transition numérique est plus lente
que dans d’autres pays de l’UE ou d’Asie. L’utilisation des technologies par les PME est plus faible qu’ailleurs. Pour tenter de diffuser les pratiques numériques dans les entreprises, l’Autriche a fait, entre autres, le choix de mettre en place un programme de formation au numérique baptisé Fit 4 Internet.
Intérêt : un bon coup de pied aux fesses !
  24 |
mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[francE

Se situe en 15e position sur les 28 pays de l’UE en matière de maturité numérique sur le Digital Economy and Society Index de la Commission européenne. Position moyenne, donc. Elle a mis en place une initiative nationale, France Num, pour la transformation numérique des PME et
des microentreprises, ainsi qu’une stratégie nationale pour l’intelligence artificielle et la modernisation des services publics avec le numérique pour accompagner les dirigeants.
Intérêt : intégrer rapidement les meilleures pratiques numériques et être en pointe avec les IA pour que les entreprises gagnent en intelligence.
estonie

Alors qu’il s’agit de l’une des nations d’Europe
les plus avancées côté service public – monnaie virtuelle, suppression du cash et des chèques,
« blockchainisation », suppression du papier, les
PME estoniennes ne passent pas au numérique !
« Le principal défi de l’économie estonienne. Les entreprises n’exploitent pas encore pleinement les opportunités offertes par la technologie », résume un rapport de la Commission européenne. Le pays mise sur le déploiement de la 5G pour doper les usages et les innovations.
Intérêt : inciter le privé à suivre l’exemple du public, moderniser l’environnement juridique et stimuler l’innovation avec de nouveaux services pour accompagner les PME.
russie

« La Russie est affectée par une faible transformation numérique en raison d’un manque de coordination entre le gouvernement, le secteur privé et la communauté scientifique et éducative », selon la fondation Ross Congress.
La Russie a entrepris la transformation numérique des grandes entreprises et des structures publiques par un axe réglementaire.
Intérêt : embarquer l’ensemble des acteurs, notamment avec l’exigence d’un degré de numérisation pour accéder aux marchés avec les grands donneurs d’ordre.
CHINE

Le géant est dans la moyenne de l’échelle mondiale.
La taille de l’économie numérique est résiduelle. Elle atteint seulement 6 % du PIB selon le FMI. La Chine investit beaucoup dans l’IA et la 5, voire la 6G ! Pourtant, un déploiement trop massif de l’IA dans ses entreprises pourrait faire disparaître jusqu’à 77 % des emplois selon la Banque mondiale. La Chine avance ainsi avec des programmes de formation et d’accompagnement. Intérêt : bénéficier des avantages du numérique progressivement et minimiser les risques économiques et sociaux.
australie

Plus de la moitié des PME australiennes en seraient à un stade de maturité numérique « élevé » ou « avancé », selon un rapport du cabinet Deloitte. Pour l’autre moitié, c’est le coût élevé du passage au numérique qui les freine. Le gouvernement a mis en place des actions. Intérêt : accélérer pour réduire les coûts et enrôler les PME plus facilement, doper ainsi le poids de l’économie numérique qui atteignait 400 milliards de dollars et la croissance.
en couverture
entreprendre & innover
      afrique

L’Union Africaine s’est fixé le développement des services numériques sur le continent d’ici à... 2063. La numérisation vise un meilleur accès à
la santé, à l’énergie, aux transports, à l’agriculture, à l’éducation... Pour réussir, l’accès à Internet est prioritaire.
Intérêt : renforcer les opportunités et les compétences, notamment des femmes avec le programme du G20 #eSkills4Girls qui promeut les compétences numériques pour les femmes.
  ecoreseau.fr mars 2020 | 25
]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
Le journal du futur de Jean-Marie Benoist
de l’écrit (CSE) veille toujours au respect du pourcentage de 70 % de l’information rédigée par des cerveaux humains.
Incidences sur l’emploi
Dans l’ensemble, le tableau est à la fois plus sombre et plus encou- rageant que ce qui avait été envi- sagé il y a vingt ans. La répartition du nombre d’heures de travail, de 71 % pour les humains en 2018, est passée à 58 % en 2022 puis s’est
touchée qu’attendue, ce qui est plus dû à la refonte d’une majorité du système de production vers la moyenne et petite série locale qu’à un manque de capacité des auto- mates. Le transport conserve plus d’emplois que prévu également, mais il s’agit là d’une conséquence directe de la loi sur la sécurisation des transports autonomes qui de- mande la présence d’un humain dans tout véhicule de ce type, comme à bord des avions désor- mais à 100 % automatisés.
Même dans des domaines que l’on penserait épargnés, le nu- mérique gagne encore du ter- rain. Intégrées comme outils d’aide à la décision, beaucoup d’IA de gestion sont en train de passer le cap de faible à forte. Il n’est pas rare aujourd’hui qu’une grande entreprise compte, dans son département des ressources humaines et numériques, moins de cinq employés pour le groupe entier. De la même façon, les di- rections centrées sur les achats, la santé, la sécurité et la logis- tique (pour ne citer que les prin- cipales) sont en phase de dispa- rition aujourd’hui.
Si ces chiffres semblent alar- mants, ils sont à placer dans leur contexte : le taux de chômage est aujourd’hui à son plus bas de- puis les 50 dernières années et la productivité – à laquelle nous proposons de substituer le terme d’« efficacité » ou « efficience » – est au plus haut. Le nombre moyen d’heures travaillées par semaine est descendu à 30, un ni- veau historiquement bas. En re- vanche, un dysfonctionnement persistant reste ce que d’aucuns nomment le vieux syndrome de « dépression » pour DSO – Dé- ficit subjectif d’occupation – lié à la diminution d’importance de la valeur « travail » qui af- fecte, à des degrés divers, plus de la moitié de la population dite encore « active ». Les di- vers programmes et incitations mis en place pour encourager la reconversion et l’acquisition de nouvelles compétences n’ont pas nécessairement fonctionné comme espéré. Si les jeunes gé- nérations se sont adaptées aux nouveaux paysages de l’emploi, les personnes en fin de carrière dans les années 2015-2030, prin- cipalement dans les métiers peu qualifiés, ont majoritairement raté le coche, et n’ont pu béné- ficier des progrès économiques qu’en fin de retraite. Pour eux, la numérisation de l’économie n’a pas été la chance promise.
Rapport sur les
Technologies
numériques et les emplois
(extraits) du 20 février 2040
 Blockchain
Degré de maturité – élevé
La blockchain, maintenant ma- ture, est au cœur de la plupart des échanges d’information réglementée de la planète. Elle a induit la disparition/adapta- tion de nombreuses professions d’intermédiation (notaires, ban- quiers, huissiers...). La mise au point de l’interopérabilité, il y a 18 ans, s’est montrée cruciale, notamment pour l’essor des cryptomonnaies nationales.
Robotisation
Degré de maturité – très élevé
Combinée avec les progrès en IA faibles, la robotisation s’est généralisée plus rapidement en- core que ce que les estimations pouvaient laisser croire. Le plus surprenant est la variété des sec- teurs impactés.
Véhicules autonomes
Degré de maturité – élevé
Les véhicules de niveau 5 sont maintenant autorisés depuis un peu moins de dix ans. La qua- si-totalité du parc automobile en est au minimum au niveau 3, et cette moyenne monte au niveau 4 pour les véhicules de fret et de livraison.
Intelligence artificielle
Degré de maturité – très élevé pour l’IA faible, élevé pour l’IA forte
Si les progrès en matière d’IA faible sont conformes aux at- tentes, l’IA forte a connu un bond en avant au début de la dé- cennie précédente avec la mise au point des premiers réseaux neuronaux virtuels. Leur péné- tration dans les métiers à capa- cité de décision moyenne est en conséquence plus importante que prévu. Le big data analysé par l’IA s’est généralisé avec les changements profonds dans la structure des entreprises engen- drés par la prédictibilité.
26 | mars 2020 ecoreseau.fr
Ce sont les métiers à faible valeur ajoutée qui « sont partis » les premiers.
                                        Rédactions assistées
Degré de maturité – moyen
Après les grèves de mai 2035 inopérantes au sein de certains médias d’information touchés par des plans sociaux de jour- nalistes remplacés par des IA rédactrices (dites les « plumes imbitables » par les contesta- taires), il semble acquis que les serveurs de l’information quo- tidienne en ligne ne seront plus rédigés par des humains pour les dépêches très factuelles – à degré de commentaire variable. Bien sûr, la Commission supérieure
stabilisée ces dix dernières années aux alentours de 35-40 %. Au final, ce seront plusieurs dizaines de mil- lions de postes qui auront disparu (un chiffre trompeur, cependant, comme nous verrons plus loin). Comme prévu – et sur la lancée de la tendance pré-2020 –, ce sont les métiers à faible valeur ajoutée qui « sont partis » les premiers : emplois agricoles, construction, administratif, industries, trans- port... L’agriculture, par exemple, est aujourd’hui automatisée à 99 %, tout comme les back-offices des banques, assurances, etc. Para- doxalement, l’industrie a été moins
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[                 Créons ensemble
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 ]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
grand angle
Numérique, enjeux 2020
Le duel américano-chinois
Un spécialiste, essayiste, explorateur passionné du monde numérique, administrateur des postes et télécommunications, auteur de multiples ouvrages, David Fayon, nous livre sa vision d’une année numérique 2020 planétaire orchestrée par ces géants qui donnent le ton. Les premiers sont américains, ce sont les Google Apple Facebook Amazon Microsoft – GAFAM. Les seconds chinois, Baidu Alibaba Tencent Huawei Xiaomi – BATHX. Du choc des deux galaxies naît la voie lactée du futur. Vous voici aux avant-postes. Om
 Des acteurs oligopolis- tiques – GAFAM et BATHX – dominent Internet du haut de
leurs capitalisations boursières qui correspondent à la somme des PIB de plusieurs États (même si, d’un côté, il s’agit d’un « stock » et de l’autre d’un « flux »). Ils exploitent les don- nées personnelles et connaissent une croissance insolente. Dans le viseur des régulateurs, décriés par des citoyens, ces démons de la Bourse accusent des mouve- ments de baisse possibles sous le coup de potentielles fortes amendes. Facebook s’en est vu infliger une, record, par le régu- lateur du commerce américain, de 5 milliards de dollars, l’équi- valent de 9 % du chiffre d’affaires réalisé en 2019. Effet ? Faible. La firme de Menlo Park a peu été impactée, elle avait anticipé et provisionné la sanction.
Les GAFAM disposent d’un cash insolent. Ils ont poursuivi des rachats soutenus en 2019 au pre- mier rang desquels Google, ou plutôt le Groupe Alphabet, s’est offert Locker – maître de l’inter- connexion des bases de données pour les systèmes dans le cloud –, acquis pour 2,6 milliards de dol-
lars en juin 2019. Fitbit a aussi été absorbé par la firme de Moun- tain View en novembre 2019 pour 2,1 milliards de dollars, histoire de prendre de l’avance sur le marché de la montre connectée et la Watch d’Apple. Pour autant, d’autres géants du numérique, moins visibles, poursuivent leur expansion. Je pense aux firmes américaines HPE, VMWare, Broadcom ou encore Salesforce qui a racheté Tableau, éditeur de business in- telligence, pour 15,7 milliards de dollars en juin 2019. Côté micro- processeurs et composants Intel et Nvidia sont incontournables.
Démanteler les
oligopoles ?
Les chocs frontaux entre GA- FAM comme leur coopétition vont s’intensifier. Pour faire image guerrière, à la façon de la bataille de Fachoda en 1898 où s’affrontaient les empires français et britanniques qui re- vendiquaient un même terri- toire, GAFAM et BATHX vont se retrouver sur des territoires convoités par les deux camps. Il s’agit d’une guerre sans merci pour la souveraineté entre États- Unis et Chine.
Au milieu de ce combat de ti- tans, l’Europe garde une carte à jouer, atout de bluff qui pourrait ne pas suffire. La croissance qui était supérieure à 6 % par an en Chine va ralentir – et la catas- trophe du coronavirus aggraver le choc – alors même que l’em- pire soutient une dette de poids. D’autre part, les velléités de taxer lourdement les GAFAM, de façon populiste et simpliste, par des candidats dans plu- sieurs pays, semblent d’actuali- té. Quand les mêmes politiques n’insistent pas sur la perspective de démantèlement des géants. La France et l’Europe ne peuvent rester inertes, ce qui reviendrait à sortir de l’histoire et à décliner.
L’Europe a pour l’heure une division d’écart
Car les Européens évoluent avec une division d’écart, même si des progrès timides se manifestent. Cédric O, secrétaire d’État char- gé du Numérique depuis 2019, se félicitait des 800 millions d’eu- ros levés par la French Tech en janvier. Or ce chiffre se révèle modeste comparé aux levées de fonds orchestrées dans la Sili- con Valley et la force de frappe de la Chine qui aspire à dépas- ser les États-Unis en intelligence
artificielle dès 2020. En outre, le Brexit risque d’affaiblir pas- sagèrement l’Europe : Londres reste une place financière. Le Royaume-Uni, qui a amorcé un virage Internet puissant dès 2000, compte 17 licornes contre 4 en France.
Le développement de l’e-com- merce, qui a franchi la barre des 100 milliards d’euros en 2019 en France, va se poursuivre. Simple comparaison : en Chine, en 1 heure sur Alibaba lors du Black Friday 2019, 10 milliards d’euros ont été dépensés en achats, et 20 au cumul des 9 heures !
Côté politique, l’entrée en scène de Thierry Breton, qui a conduit Atos pendant 10 ans, nommé commissaire européen chargé entre autres attributions de la question du numérique, de- vrait donner une vision à l’An- cien monde. Vision approuvée par le Parlement européen après le fiasco de Sylvie Goulard , alors même que l’image de la France en est sortie quelque peu entachée.
Le temps d’une plus grande souveraineté européenne doit advenir. Mais pas seulement sur les données. Le logiciel et le ma- tériel font partie de la chaîne de valeur. Leurs potentielles portes
La croissance qui était supérieure à 6 % par an en Chine va ralentir – et la catastrophe du coronavirus aggraver le choc – alors même que l’empire soutient une dette de poids. D’autre part, les velléités de taxer lourdement les GAFAM,
de façon populiste et simpliste, par des candidats dans plusieurs pays, semblent d’actualité.
28 | mars 2020 ecoreseau.fr
       ]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[des données, la coopétition, la collaboration en interne et la chasse aux silos, mais au-delà de l’organisation elle-même.
La course vers le monde numérique et l’impossible régulation
Le nombre d’internautes frôle- ra les 5 milliards en fin d’année 2020 (4,85) avec l’Asie qui comp- tera toujours plus d’un internaute sur deux dans le monde, mais l’Afrique, toujours en 3e posi- tion, se rapprochera de l’Europe, 2e, quoique largement distancée par l’Asie. L’Amérique du Nord n’occupe certes que le 5e rang en nombre d’internautes, mais son niveau de vie et de consomma- tion de produits numériques gi- gantesque lui confère néanmoins le leadership, de plus en plus contesté par la Chine.
2020 verra la création de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), née de la fusion du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres sur Internet (Ha- dopi). L’Arcom jouera un rôle important sur tout le marché de la vidéo à la demande qui se développe avec Netflix, Amazon Prime Video, Apple, Disney et les autres, d’autant que le streaming va représenter une part de revenu grandissante pour les industries de la vidéo et de la musique. D’un point de vue culturel aussi, il convient de favoriser la produc- tion de contenu made in France de qualité.
Les fake news pourraient prendre de l’ampleur dans les périodes de troubles que nous connaissons avec les deep fakes qui constituent le deuxième étage de la fusée et une régula- tion qui s’avère impossible dans les faits. Potentiellement, des signaux faibles qui ne sont pas des fake news seront remontés avec le risque d’être considérés à tort comme fake. C’est l’éternelle question des « faux positifs » purgés par les algorithmes. Les
6 janv 2020 - Actions sélectionnées 51,06 - Actions sélectionnées EW 51,65 - SPY 28,23
• Deep learning : apprentissage profond ou apprentis- sage en profondeur, ensemble de méthodes d’appren- tissage automatique à haut niveau d’abstraction des données.
• Machine learning : apprentissage automatique ou statistique, technologie d’intelligence artificielle par laquelle les ordinateurs apprennent sans avoir été pro- grammés explicitement.
• Chatbot : dialogueur ou agent conversationnel, robot de dialogue avec un utilisateur.
• Big data : mégadonnées ou données massives, traitées par algorithmes au-delà du champ de l’intuition et les capacités humaines d’analyse.
• Cloud : informatique en nuage, utilisation de ser- veurs informatiques distants par l’intermédiaire d’un
réseau pour stocker des données ou les exploiter.
• Edge computing : informatique en périphérie ou en périphérie de réseau, méthode d’optimisation de l’in- formatique en nuage de traitement des données près de la source des données.
• API ouvertes : Application Programming Interface ou interface de programmation d’applications, évolu- tion du Web, multiples fonctions destinées à un public cible, indépendantes des logiciels du système principal. Les API ouvertes sont publiées sur Internet et parta- gées gratuitement.
• Streaming : flux, lecture en continu, lecture en transit ou diffusion en mode continu, désigne un principe uti- lisé pour l’envoi de contenu en « direct ».
• Deep fakes : hypertrucage, technique de synthèse
d’images basée sur l’intelligence artificielle.
• Loi (principe) de Pareto : phénomène empirique qui veuille qu’environ 80 % des effets sont le produit de 20 % des causes.
• Sigfox, LoRA : solutions LPWAN (Low Power Wide Area Networks, réseaux sans fils basse consommation, bas débit et longue portée), 0G de Sigfox et protocole LoRa (technologie de modulation créée en 2009 par la start-up grenobloise Cycléo).
• NB-IoT, LTE-M : solutions concurrentes des opé- rateurs cellulaires (NarrowBand IoT à bande étroite, norme de technologie radio de réseau étendu à faible puissance développée par 3GPP, standard LTE-M, Long Term Evolution, category M1 d’Orange Business Service).
grand angle
entreprendre & innover
 dérobées rendent nécessaire cette maîtrise pour les Euro- péens.
En matière de protection des données personnelles, le RGPD commence à faire des émules sous l’effet du CCPA (Califor- nia Consumer Privacy Act). Il s’agit de la version californienne du RGPD qui vient d’entrer en vigueur le 1er janvier 2020. L’Eu- rope aussi fait avancer la loi...
La transformation numérique devient
une nécessité
Globalement, 2020 sera une an- née d’optimisation des techno- logies numériques existantes. Avec, concrètement, une plus grande intégration de plusieurs d’entre elles dans les produits et services, développées tant dans les entreprises de la tech que les entreprises et organisations uti- lisatrices. Au premier rang des- quelles l’intelligence artificielle et ses composantes (deep lear- ning, machine learning, chatbot, etc.) seront de plus en plus cou- plées au big data, au cloud et en particulier au edge computing, à la réalité augmentée, etc. Cer- taines constantes demeurent, comme celle du volume de don- nées traitées qui double tous les 18 mois. Une prolongation de la loi de Moore, mais selon une déclinaison qui dépasse les puis- sances des microprocesseurs, celle du nouvel or noir ou or transparent de l’économie nu- mérique, les data.
Je l’ai déjà souligné, la trans- formation numérique n’est pas un phénomène à la mode. Il s’agit de quelque chose de structurant pour les organisations, un au- thentique processus darwinien. Ce sont les entreprises les plus agiles, celles qui savent s’adapter à leur environnement – pas for- cément les plus « intelligentes » ou les plus « technologiques » – qui dominent l’écosystème. Les enjeux sont multiples. Ils passent par, notamment pour les grosses structures, la plateformisation, les API ouvertes, l’ouverture

• Licornes : entreprises valorisées à plus d’1 milliard de dollars
• Atos : entreprise de services du numérique française, créée en 1997. Elle fait partie des 10 plus grandes ESN au monde.
• Fiasco de Sylvie Goulard : l’éphémère ministre des Armées du premier gouvernement Philippe, députée européenne, fut « recalée » sèchement par le Parlement européen en 2018 devant lequel elle défendait sa candi- dature de commissaire.
• Règlement général sur la protection des données, texte de référence en matière de protection des don- nées à caractère personnel.
plates-formes et l’IA ne peuvent pas tout, surtout face à la com- plexité de la langue de Séguéla, autrement plus « challengeante » que l’anglais...
La 5G ne commencera à décoller qu’en fin d’année D’ailleurs, 2020 sera l’année une de la 5G avec les primo-adop- teurs. Néanmoins, il convien- dra certainement d’attendre septembre 2020, voire sep- tembre 2021 pour un nouvel iPhone (12) optimisé pour la 5G et la puce A14 qui comporterait 15 milliards de transistors ! Que de progrès exponentiels !
La 5G n’est pas seulement la rapidité en plus (facteur 10), elle concerne aussi l’architecture de réseaux et un traitement local des données avec l’edge compu- ting. Les opérateurs de télécoms comme Verizon (qui avait ra- cheté Yahoo) ont saisi cet enjeu pour le traitement des images, en local notamment. C’est aus- si l’opportunité d’accompagner une transition. Si, aujourd’hui, 80 % des données créées sont stockées dans des data centers dans le cloud et 20 % en péri- phérie dans des smartphones et des objets communicants, la loi de Pareto va s’inverser d’ici à 2030. Le boom de l’Internet des objets et des objets communi- cants (IoT) est devant nous. La
question reste celle de la coha- bitation entre 5G et technolo- gies pour l’IoT (NB-IoT, Sigfox, LoRA, LTE-M, etc.).
Et l’informatique quantique, ce sera pour beaucoup plus tard
L’année a commencé sous le signe de la prospective avec, en particulier, l’informatique quan- tique (IQ). À l’instar du rapport Villani sur l’IA, le rapport de la députée Paula Forteza sur l’IQ – passé inaperçu – s’efforce de donner une définition de l’IQ qui demeure assez floue (en in- formatique quantique, le qubit ou qbit est la plus petite unité de stockage d’information quan- tique, l’analogue du bit dans l’informatique classique). Quant à savoir à quelle échéance de premières applications crédibles et porteuses de valeur ajoutée pourront voir le jour en dehors des bureaux de recherche, nous frisons la SF. Les supercalcu- lateurs classiques type Watson ne se hissent plus qu’à la pointe émoussée de la technologie à l’heure où Google et IBM se po- sitionnent dans l’IQ...
david fayon (@fayon), directeur de projets innovation, co-auteur de Trans- formation digitale 2.0 (https://tinyurl. com/digit20)
ecoreseau.fr mars 2020 | 29
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
société
Et la France dans 20 ans ?
production – malgré une baisse sensible de la main-d’œuvre – et de faire naître la moyenne série et l’industrie de proximi- té comme des modèles viables. Le secteur connaîtra, dans sa composition, une évolution si- milaire à celle de l’agriculture,
avec une concentration encore plus poussée des acteurs majeurs – typi- quement dans l’automobile, où la poussée
pas les mêmes – les centres d’ap- pels, par exemple, seront rem- placés par des bots de plus en plus sophistiqués –, l’émergence de nouvelles technologies et de nouvelles demandes assurera le renouveau du secteur.
La distribution
et l’e-commerce Contrairement aux espoirs de certains, la distribution – no- tamment de produits achetés en ligne – ne va pas se rééquilibrer vers le local ou du moins pas autant qu’espéré. L’e-commerce
sera plus important que jamais. Mais le perfectionnement de la robotisation, la diminution des em- ballages plastiques et l’amélioration du bilan écologique des premiers et derniers kilomètres ont grandement diminué l’im- pact environnemental du secteur. Malheureusement, ils vont aussi diminuer son po- tentiel en tant que source d’em-
plois non qualifiés.
Emploi
et population active
De façon générale, les emplois non qualifiés seront de moins en
moins disponibles, sous l’assaut
conjoint de l’automatisation et de l’IA. Mais les évolutions technologiques et de modes de vie généreront de nouveaux métiers, de quoi assurer un certain dynamisme au marché de l’emploi. Le tableau n’en sera pas pour autant rose. Les migra- tions des bas- sins d’emplois feront iné- luctablement de certaines zones du ter- ritoire des dé- serts, malgré les efforts de décentralisation et l’essor de l’industrie de proximi- té. Et le maintien de l’équilibre des systèmes sociaux – sécu, re- traites... – est plus difficile que jamais, face à l’augmentation du ratio de dépendance inactifs/ actifs dû au vieillissement de la population et à la baisse de la fécondité. Même avec l’influx de fonds dû aux taxes sur les géants du Web, qui seront – enfin – de-
venus une norme mondiale...
JEaN-marIE BENOIsT
Sous influence démo, techno, écolo...
 Parmi les multiples facteurs qui vont infléchir l’évolution de la France, trois tendances majeures se détachent par l’importance certaine de leur influence future : les progrès technologiques, le vieillissement de la population, et le réchauffement climatique. Radioscopie de la France
dans 20 ans.
Progrès technologique : s’il est
impré-
visible,
son influence
n’en est pas
moins fonda-
mentale – par
exemple, en
2000, qui aurait
prévu que 20 ans plus tard, l’une des entreprises les plus riches du monde serait issue des réseaux sociaux, qui n’existaient même pas à l’époque ? De fa- çon similaire, il est sûr que les progrès en IA, en robotisation, etc. vont profondément chan- ger les modes de vie. Les deux autres facteurs sont, eux, plus aisément quantifiables (car liés à un rythme de changement plus lent). D’après l’Insee, en 2040, dans une France qui compte- rait 73 millions d’habitants (au- jourd’hui quelque 67 millions), plus du quart auraient plus de 65ans–contre16%en2020.Et même si des mesures miracu- leuses étaient prises dès main- tenant, les effets du réchauffe- ment climatique ne seraient pas stoppés (leur aggravation seule le serait) : en quelque sorte, la moyenne des températures va monter vers le nord – Lille au- rait le climat de Paris, Rennes celui de la rochelle, Bastia celui de Rome...
L’agriculture déplacée
Dans ce contexte, l’agriculture n’en finira pas d’évoluer avec son cortège de drames et de re- naissances. Déplacée d’abord, pour s’adapter aux nouvelles conditions climatiques : sur le long terme, par exemple, les vignes vont lentement mon- ter vers le nord – on ne boi- ra plus du Bordeaux, mais du La Rochelle ! Les évolutions des demandes des consommateurs et des industriels instaureront une agriculture plus diverse,
30 | mars 2020 ecoreseau.fr
mélange de bio et de qualité, et toujours une production indus- trielle, qui risque même d’aug- menter en même temps que le climat se réchauffe. Mais les conditions de production égale- ment auront changé : plus tech- nologiques, plus bio, mais aussi concentrées : toujours moins d’exploitations et d’exploitants.
Industries au vert
La montée en puissance de l’au- tomatisation et de l’intelligence artificielle aura pour double ef- fet de maintenir la capacité de
On ne boira plus du bordeaux, mais du La Rochelle !
vers le tout électrique et le tout hydrogène suscite déjà des pro- jets de fusions – et l’arrivée d’un nombre important d’acteurs de type PME ou ETI sur des cré- neaux spécialisés.
Les services domineront l’économie locale
Sur la tendance actuelle, les ser- vices vont définitivement s’éta- blir comme le secteur d’activité majeur national, tant par son poids dans l’économie que par sa population active. Le vieillis- sement de la population, notam- ment, fera croître particulière- ment les services aux personnes âgées, les services médicaux di- vers, les loisirs pour troisième, quatrième, voire cinquième âge... Si les métiers ne seront
  ]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[Effectif depuis le 31 janvier
anticiper pour vous,
entrepreneurs
PME françaises exportatrices, prenez le taureau par les cornes ! Brexit oblige, la période d’incertitude qui s’ouvre – deal or no deal – depuis le 31 janvier vous oblige à évaluer dès maintenant tout impact possible sur votre chaîne de valeur. Radioscopie.
Quarante-sept ans de vie commune mouve- mentée, soldés par une rupture des plus in-
certaines et une question clé tou- jours en suspens : on sort avec ou sans accord ? Certes, le 31 janvier a sonné le glas de la présence du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. Mais force est de constater que le fameux Brexit, attendu, espéré, craint, anticipé depuis plus de trois ans, est loin d’être 100 % acté. Et pour cause : une période de transition s’ouvre jusqu’à fin 2020 ! Jusqu’à cette date, le Royaume-Uni sorti des institutions européennes conti- nuera à exister et à commercer selon les règles de l’Union. Avec une possible extension de cette transition d’un ou deux ans ! « Alors que le flou reste entier sur le scénario de sortie, dif- ficile, dans ces conditions, de présager de l’impact concret pour les entreprises françaises exportatrices », avertit Ana Boa- ta, Head of Macroeconomic Re- search au sein du cabinet Euler Hermes. Même si une analyse semble irrévocable : « Accord commercial ou pas, le Brexit reste une mauvaise nouvelle pour l’hexagone, il exigera des acteurs économiques une bonne dose d’adaptation. »
Des secteurs d’activité exposés
Selon le cabinet expert, la France est le troisième pays de l’Union européenne le plus touché par le Brexit – surtout en cas d’accord de libre-échange restreint –, après l’Irlande et l’Allemagne. La part des exportations françaises au Royaume-Uni pèse aujourd’hui pas moins de 5 % ! Un volume d’affaires complexe à substituer illico dans un environnement mondialisé ultra-concurrentiel. Du coup, la facture pourrait s’éle- ver in fine à 2 milliards d’euros de
pertes pour l’hexagone, d’après Euler Hermes ! S’il faut attendre le sommet européen de juin 2020 pour acter ou non du report d’une telle période de transition, les 30 000 entreprises françaises qui exportent au Royaume-Uni – dont les 3 000 qui y sont même installées – « ont tout intérêt à prendre les devants pour antici- per cette situation des plus incer- taines », urge Ana Boata qui éva- lue le risque de no deal à... 15 %. Quel risque ? « Une apparition brutale et désordonnée, quasi du jour au lendemain, des bar- rières tarifaires et non tarifaires, et surtout, de droits de douane supplémentaires, faute d’accord commercial négocié en amont. » Pour Ana Boata, un tel scéna- rio « certes peu probable reste assez risqué pour que les entre- prises prennent le taureau par les cornes ». Le cauchemar : des files d’attente monstres de camions au départ pour le Royaume-Uni ne seraient alors pas à exclure...
Quels sont les secteurs d’activi- té les plus exposés ? Bien sûr, celui du commerce, les exportateurs français de vins et spiritueux en tête, pour lesquels le Royaume- Uni constitue le deuxième plus gros client en valeur. L’impact sera tout aussi négatif pour les agriculteurs français, alors que le Royaume-Uni se classe troisième client du secteur agricole hexa- gonal (le pays est importateur net de produits alimentaires, il ne produit plus que 59 % de sa nour- riture consommée – 327 000 ex- ploitations agricoles de 54 ha en moyenne).
Plan de contingence
C’est dire la nécessité pour tout entrepreneur vigilant « d’envi- sager un plan de contingence adapté surtout en cas de rupture brutale. Déjà en identifiant bien le risque sur sa chaîne de valeur et en envisageant des alternatives
Ce travail d’anticipation incontournable
pour tout dirigeant au regard de l’incertitude ambiante « devrait perdurer, très certainement au-delà de l’année 2020 alors que les dernières déclarations de Boris Johnson s’avèrent peu explicites : aucun détail sur le plan de sortie n’est précisé » – Ana Bota, Euler Hermes
société
entreprendre & innover
 Brexit : des risques à
       adaptées : une part significa- tive de chiffre d’affaires réalisée outre-Manche à compenser, une dépendance élevée à un four- nisseur britannique stratégique à résorber... Et surtout, bien se préparer à la mise en place des contrôles à la douane », préco- nise Ana Boata. Un point d’au- tant plus crucial pour les sociétés françaises qui n’ont pas commer- cé jusqu’alors avec des pays hors de l’Union européenne : elles se- ront alors soumises à un bouquet de formalités administratives, « comme obtenir un numéro d’enregistrement spécifique – le EORI, Economic Operator Re- gistration Identification – procé- dure complexe qui suppose pour l’entreprise de disposer ou de se doter des compétences ad hoc en interne en la matière », précise l’experte.
Serait-il envisageable à l’ex- trême de se délocaliser outre- Manche afin de profiter d’un accès direct au marché ? « Une alternative que nous déconseil- lons, tranche Ana Boata, tant le Royaume-Uni se veut désormais plus restrictif en termes d’immi- gration, en baisse de 20 % depuis
le referendum de 2016. De quoi induire une pénurie de main- d’œuvre et des difficultés de re- crutement pour les entreprises. » Autant de tensions sur ce marché du travail qui ont favorisé une hausse des salaires de 3,5 % en 2019 selon le cabinet ! Ce travail d’anticipation incontournable pour tout dirigeant au regard de l’incertitude ambiante « de- vrait perdurer, très certainement au-delà de l’année 2020 alors que les dernières déclarations de Bo- ris Johnson s’avèrent peu expli- cites : aucun détail sur le plan de sortie n’est précisé ».
Scénario : le Royaume-Uni pourrait-il jouer la carte du libre- échange à tout va, en s’imposant à terme comme un hub interna- tional de services aux portes de l’Europe ? En première ligne de mire de ce Brexit à l’œuvre, les entreprises anglaises dont 50 % des importations viennent du « continent » ont largement été sensibilisées, préparées à tous les scénarios. Reste à leurs homolo- gues européens et français à se mettre au diapason.
CHarLEs COHEN
ecoreseau.fr mars 2020 | 31
]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
l’œil décalé
Pathologie ou mauvaise excuse ?
des tâches ennuyeuses, manque de concentration, trouble de l’at- tention ou encore un profond... apragmatisme. Il s’agit donc d’un symptôme de pathologies multi- ples et pas forcément liées à une même cause.
Jouir de sa désobéissance civique
La phobie administrative touche par exemple des personnes « per- fectionnistes, scrupuleuses » qui « ont tendance à procrastiner [re- mettre au lendemain] » : « Elles connaissent les enjeux, savent ce qu’elles doivent faire mais n’y arrivent pas, persuadées qu’elles ne pourront pas réussir correcte- ment, parfaitement », indique le Dr Macqueron. « Parfois, ces gens ouvrent leur courrier et vérifient sans cesse ce qui est demandé pour être certain/es d’avoir bien compris. Ou relisent et relisent ce qu’ils/elles ont écrit par peur d’avoir mal compris l’intitulé de la lettre ou d’avoir commis une erreur irréparable. Ils/elles culpa- bilisent d’agir ainsi et s’angoissent des conséquences de leurs actes qu’ils/elles perçoivent comme ina- daptés et préjudiciables. » Premier cas.
Dans un second cas, la phobie administrative reflète plutôt d’une « mauvaise foi évidente, sous-ten- due par un comportement psy- chopathique », relève le méde- cin. Il s’agit alors d’une attitude
irresponsable ne sait plus gérer ses comptes » ou de la schizophré- nie « au cours de laquelle les élé- ments délirants et l’apragmatisme conduisent souvent à l’isolement et à l’incapacité de répondre aux demandes administratives dont l’utilité même échappe au pa- tient », liste le Dr Macqueron côté extrême.
On l’a compris : selon le dia- gnostic posé, la sortie (la guéri- son ?) de cette phobie ne relève pas des mêmes « traitements ». Dans le cas de la pathologie psychiatrique, c’est bien évidemment par le soin, avec parfois une mise sous cura- telle, que le/la patient/e s’en sor- tira. Dans le cas d’une mauvaise foi, l’ordonnance du Dr Macque- ron échappe aux protocoles mé- dicaux:«Lerappelàlaloietles sanctions qui en découlent restent le meilleur outil thérapeutique. »
Et si la cause initiale relevait des administrations courtelinesques ?
Mais, et les autres ? Avec une aide psychologique parfois nécessaire, ils/elles connaissent le remède : « Traiter au fur et à mesure » les papiers administratifs et consa- crer un temps hebdomadaire à ces tâches, fussent-elles rébarbatives ou irritantes, avec un objectif pré- cis et accessible. Pourquoi ne pas « rendre le tri et les démarches administratives plus attractives : écouter en même temps de la mu-
Phobie
administrative :
ce qu’en dit un psy
Un fait : la « phobie administrative » n’est pas reconnue dans la classification internationale des troubles psychiatriques. Pourtant, les psychiatres la prennent au sérieux : il s’agit d’une réalité vécue par certains, mais qui relève – ou pas – de pathologies différenciées.
 Du courrier qui s’en- tasse, jamais ouvert, des démarches admi- nistratives sans cesse
reportées, une demande de rem- boursement jamais finalisée : au- tant de signes possibles d’une pho- bie administrative. Qu’est-ce ? D’abord, l’expression : « phobie administrative » a été populari- sé en 2014 avec l’affaire Thomas Thévenoud, ce ministre fran- çais météore qui l’a plaidée pour justifier ses loyers impayés et la non-déclaration de ses revenus en 2012. Or aucune classification internationale des troubles men- taux ne la recense. Le négligent s’est-il dit plus « atteint » qu’il ne pouvait l’être ? Le fraudeur moins innocent qu’un phobique pourrait l’être ? Remontons aux défini- tions.
Pathologies différenciées
Une phobie se caractérise « par une angoisse démesurée qui en- vahit le sujet, lequel a conscience du caractère irrationnel de sa peur mais n’arrive pas à la contrôler. Il s’organise alors pour éviter les
32 | mars 2020 ecoreseau.fr
situations qui déclenchent sa peur », décrit le Dr Gérard Mac- queron, psychiatre libéral à Paris, auteur de Psychologie de la soli- tude et Coauteur du Guide de psy- chologie de la vie quotidienne chez Odile Jacob.
En pratique, dans le cas d’une phobie administrative ? « Plus la personne reporte l’échéance, plus sa situation devient angoissante et moins elle se sent capable de l’affronter, car à ses craintes ima- ginaires initiales s’ajoutent les conséquences réelles de son atti- tude d’évitement », creuse le psy- chiatre. Qui souligne le sentiment de honte associé au phénomène, lequel empêche, bien souvent, de solliciter de l’aide.
En réalité, évoquer une « phobie administrative », c’est se retran- cher derrière des attitudes variées face à des réalités hétérogènes : difficulté à s’organiser et à pla- nifier, peur de ne pas accomplir correctement ce qui est demandé, manque d’autodiscipline, difficul- té à se soumettre à une autorité, incapacité à assumer ses respon- sabilités, rechigner à exécuter
Un symptôme de pathologies multiples et pas forcément liées à une même cause.
  consciente, exempte de culpabili- té, susceptible même de procurer à son auteur/e « un plaisir et une fierté à voler l’État ou la société ». Le psychiatre parle même d’« un sentiment de puissance et de pou- voir sur la société » et une ten- dance à la victimisation face à la « machine administrative ». On en reconnaît déjà quelques-uns/es...
Dépression et schizophrénie...
Mais le descriptif clinique n’est pas clos : la phobie administra- tive pourrait aussi relever d’une pathologie psychiatrique sévère comme la dépression, quand « le détachement, le manque d’en- train, le sentiment d’impuissance conduisent à négliger entre autres les démarches administratives ». Et pourquoi pas relever d’une « démence dans laquelle le patient
sique, se récompenser après avoir atteint l’objectif ou se faire aider par un ami », préconise le psy- chiatre. Peut-on ajouter une sup- plique ? François Hollande parla, un temps, de « choc de simplifica- tion ». Il ne faisait pas allusion aux « victimes » de la paperasse, mais aux tracassins et aux administra- tions capables de « pondre » des formulaires et des processus, en ligne ou par courrier, à même de rendre fous les moins phobiques des Français/es. Depuis, ce facteur causal initial ne s’est pas vérita- blement dissous dans le « choc ». Il faudra que les psychiatres dé- peignent cet autre syndrome qui veut que des gratte-papier à la Courteline s’ingénient à compli- quer ce qui pourrait relever du simplissime...
ELsa BELLaNGEr
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[OptimRezo en petits
comités ou franches
plénières
Voilà 11 ans qu’OptimRezo organise pour ses membres des réunions rapprochées – deux par mois. But avoué : conjuguer construction de réseau et exploration de thématiques à l’infini.
«J’ai toujours voulu créer une entreprise, explique Olivier Sare- zinski, le fondateur et actuel président. Mais je ne pen- sais pas le faire aussi vite. » Le dé- clic : Olivier s’est rendu compte, après avoir travaillé quelque temps comme commercial pour une agence Web, que le plus effi- cace pour trouver des nouveaux clients était de fréquenter des ré- seaux d’entrepreneurs. « J’ai alors eu l’idée de fonder mon propre ré- seau, d’abord toujours dans le but de trouver des clients. Et comme ça marchait bien, j’ai fini par créer OptimRezo, avec deux ob- jectifs : améliorer la visibilité des membres et établir un fonction- nement plus cohérent avec les va- leurs recherchées et mes notions
d’efficacité. »
OptimRezo a crû de façon as-
sez rapide, moyennant quelques phases d’accélération – par exemple, en 2018-2019, le réseau est passé de 220 à 280 membres –, mais la rapidité n’est pas la prio- rité du réseau. « Nous ne voulons pas aller trop vite, souligne Oli- vier Sarezinski. Nous voulons du qualitatif. » Les antennes à Lyon et Caen furent le fruit d’oppor-
tunités : le premier grâce à un adhérent parisien qui a démé- nagé, le deuxième fut livré « clés en mains » (« des membres d’un autre réseau, déçus, qui ont voulu tous nous rejoindre d’un coup »).
Réunions en petit comité
OptimRezo répartit ses adhérents en groupes de 15 à 20 entrepre- neurs, sans concurrence entre les membres du groupe. « Quand nous créons un groupe, nous par- tons d’un animateur – quelqu’un qui est à la tête de son entreprise, et qui veut animer un groupe – ils/elles ne paient pas l’adhésion, mais ne sont pas rémunéré/es – et un lieu », explique le maître ès réseautage. Le secret : la répé- tition des rencontres. Deux fois par mois, soit au petit-déjeuner, soit au déjeuner, soit pour l’apéro. « L’horaire le plus apprécié – et celui que nous avons lancé le plus récemment, il y a cinq ans – est le déjeuner. C’est en fait le plus pratique, notamment pour cadrer avec la vie de famille. La réunion s’inscrit dans la journée de tra- vail. » Mais les deux rencontres n’ont pas le même tempo.
La première est une formule avec invité/es : les membres se
La fréquence de deux rencontres par mois tisse vraiment des liens et ouvre les carnets d’adresses, notamment pour trouver des prescripteurs
dans le réseau – Olivier Sarezinski
réseaux & influence
entreprendre & innover
 Réseauter en toute simplicité ?
présentent, répondent à des ques- tions... « 50 % des invités viennent de la part de nos membres, les autres sont venus car intéressé/ es par le réseau », décrit Olivier Sarezinski. Les soirées consistent en une présentation du réseau, puis d’un tour de table – mais « pour renouveler l’exercice, la façon d’animer la soirée change à chaque fois : présenter son voisin de gauche, répondre à des ques- tions sur des cartes, parler de ses hobbys... » Habiles variations...
confrères et possibles partenaires. Enfin, six fois par an, le réseau or- ganise des rencontres costaudes de l’ensemble des adhérents, selon trois formules (décidément, tout est dans la nuance !) : une grande réunion intergroupes, pendant une soirée, où, « pour maximiser les contacts, nous faisons changer les membres de place entre chaque plat. Nous avons mis au point un algorithme pour assurer qu’il n’y ait pas de répétition et que l’on ne croise pas des membres de son
    La deuxième rencontre mensuelle rassemble les seuls membres. Il s’agit alors de réu- nions thématiques, centrées sur un thème choisi par le groupe, où un ou plusieurs membres inter- viennent. « La fréquence de deux rencontres par mois tisse vrai- ment des liens et ouvre les car- nets d’adresses, notamment pour trouver des prescripteurs dans le réseau. »
Speed dating
sur algorithme
OptimRezo compte aujourd’hui 300 adhérents, répartis en 24 de ces groupes, entre Paris, Lyon, Caen et la région parisienne. Au-delà du principe de « groupe », trois fois par an des événements rassemblent les adhérents par métier, selon un calendrier pour l’année. On rencontre alors des
groupe. » Mathématique ! Deu- xième formule idem mais aussi ouverte aux non-membres. La troisième formule suit les règles du speed-dating, avec quatre tours de table et un apéro debout. Dernier aspect, mais qui a son importance : le site Web d’Op- timRezo tient pour chacun de ses membres une fiche de présenta- tion, très bien référencée, et gère pour chaque groupe des groupes What’s App pour conserver le lien entre les membres entre les réu- nions. C’est drôle, mais après tout les francs-maçons connaissent eux aussi leurs « fraternelles » (réunions entre pairs) et leurs « agapes » (dîners entre frères/ sœurs), sans parler des « tenues blanches » ouvertes aux « pro- fanes » ! Bref, de la franche opti- misation !
JEaN-marIE BENOIsT ecoreseau.fr mars 2020 | 33
]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en immersion
  La coopération au service de la start-up nation
Halte à la Station F
En 2013, à peine son école 42 ouverte, l’insatiable Xavier Niel se lance dans un nou- veau projet hors normes,
la Station F, le plus grand incuba- teur de start-up au monde... En juin 2017, Station F (dans l’enseigne halle Freyssinet, d’où le « F » qui, comme par hasard évoque aussi Free...) ouvre enfin ses portes, et ça en jette. Emmanuel Macron, fraîchement élu, fera l’honneur d’inaugurer l’endroit. Aura ou onction présidentielle ! Le Disney- land de la start-up – que l’on visite comme un monument ! – regroupe dans ses 34 000 m2 tout ce dont un jeune entrepreneur peut rêver. Sta- tion F attire les regards, et ce jusque
dans la Silicon Valley, où Roxanne Varza, la jeune présidente de Sta- tion F, a fait ses armes.
L’incubateur géant s’organise en trois zones complémentaires. La zone Share, comme son nom an- glais l’indique, se dédie à l’échange, aux – nombreux – événements, aux workshops et aux conférences en tout genre. C’est aussi le creuset des services à disposition des membres. Le French Tech Central ouvre l’ac- cès à 30 administrations de service public (type Urssaf, Cnil...), bril- lante idée. On y déniche un tech lab, dédié aux prototypes. Se sont installés sous la halle les « bureaux de mentorat » de géants comme Apple et Google, sans oublier,
Depuis le succès de Free, Xavier Niel ne s’arrête plus. L’homme « libre » a transformé la halle Freyssinet
du XIIIe arrondissement de Paris en mastodonte de l’entrepreneuriat, la Station F... le plus grand incubateur au monde. On connaissait les fermes aux milles vaches, voici venue l’ère de l’incubateur aux 1 000 start-uppers... Immersion dans les entrailles du vaisseau amiral de la start-up nation.
34 |
mars 2020 ecoreseau.fr
     © Patrick Tourneboeuf
© Patrick Tourneboeuf
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[90 % des difficultés des entrepreneurs sont résolues par d’autres entrepreneurs – site Station F
on s’en abstient après trois mois parce qu’on commence à avoir fait le tour des sujets. Ce qui est plus compliqué c’est de rencontrer d’autres programmes ou guildes. Il faut aller dans le directory [application interne de Station F], voir qui est où, et prendre les devants. C’est vraiment très « entreprenant ».
Quelles évolutions avez-vous constatées depuis votre arrivée ?
Station F s’est rendu compte que de petites start-up comme nous avaient besoin d’un petit billet pour consolider les fondamentaux avant d’aller lever un gros tour de table. Les dirigeants ont donc fait entrer des personnalités plus business angels, aptes à éprouver des coups
de cœur pour de petites boîtes. On a aussi été sauvés par l’ouverture de Flatmates, réponse aux coûts élevés du logement à Paris. Là, c’est vraiment ambiance Silicon Valley, et tout le monde a envie de jouer le jeu.
Quel serait l’élément à améliorer ?
Trop peu de salles de réunion au prorata
du nombre de « locataires », il est parfois compliqué de réserver une salle à la dernière minute. Mais on se rabat alors sur La Felicita !
en immersion
entreprendre & innover
   François Delporte,
cofondateur de l’application Rocambole, incubé à la Station F
L’échange entre start-up mieux qu’un mentorat aléatoire
rocambole incube à la station F depuis juillet 2019. Qu’est-ce qui fait la différence avec d’autres incubateurs ?
Le peer mentoring, très formateur. Les guildes sont composées de start-up à tous les stades d’évolution. Quand on rencontre une difficulté, on échange directement entre nous, ce qui est plus start-up friendly qu’un mentor qui dit quoi faire et qui risque de se tromper. Plus difficile à soutenir est la multiplicité des événements à Station F : au début on les fait tous mais
© Jérôme Galland
   surtout pas, un espace de contacts avec des fonds d’investissement aux aguets. Bref, le concentré d’où devrait jaillir un feu d’artifice de jeunes pousses.
Peer-to-peer learning
La 3e zone, Create, strictement ré- servée aux incubés, est le cœur du réacteur. Trente programmes in- ternationaux dédiés à l’accompa- gnement des start-up y prennent leurs aises, tenus par des Facebook, des L’Oréal, des HEC et même un Adidas, le « petit » dernier. Par- mi les 30 programmes, deux sont « brandés » Station F, le Founders Program et le Fighters Program. Leur approche en peer-to-peer learning – apprentissage par les pairs – érige l’autonomie en va- leur reine, la coopération. « 90 % des difficultés des entrepreneurs sont résolues par d’autres entre- preneurs », affiche Station F sur son site. On ne peut plus vrai. Pour
195 euros par mois et par desk, les 6 % des postulants acceptés sont regroupés en « guildes » de dix per- sonnes, au sein desquelles ils tirent profit de la synergie du groupe. Si les deux programmes maison sont destinés aux start-up en « early stage » (en amorçage, mais enco- re insuffisamment dotées pour se lancer sur le marché), le Fighters donne une chance aux entrepre- neurs qui possèdent « ce qu’il faut » pour réussir. La durée moyenne d’incubation se situe entre 2 mois et 2 ans, période au bout de laquelle ça passe ou ça casse.
Incuber,
c’est aussi vivre sur place La troisième zone, la « froide », dite Chill, accueille un restaurant, La Felicita, mine de rien l’un des plus grands de France – pas moins de 3 500 m2. En complément des trois territoires, un nouveau com- plexe de « coliving » – entendez
colocation – est sorti de terre à une dizaine de minutes de la Sta- tion F en juin 2019, le Flatmates. Avec ses 100 appartements de six chambres à partir de 399 euros par mois, cette gageure veut déjouer les difficultés liées au logement dans la capitale et inciter les étrangers à rejoindre le navire. Alors, Si Station Fapusefairetaxerde«nidsàhip- sters » dans les pages de Challenges (jeunes snobs gentrifiés), si les cri- tiques sur l’état de sa moquette ou l’atmosphère surchauffée se mul- tiplient, la halle reste sans concur- rence, même si les programmes se « tirent la bourre », parfois même au sein de Station F. Business is business. En juin et en novembre, le « temple » expose le top 30 de ses meilleures start-up, puis le top 40 des plus prometteuses... Une vi- trine de la start-up nation en puis- sance au sein de laquelle beaucoup d’entrepreneurs français aspirent à se retrouver. JEaN-BaPTIsTE CHIara
ecoreseau.fr mars 2020 | 35
]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[   entreprendre & innover
les trophées optimistes
  TrOPHÉEs OPTImIsTEs
est priée d’organiser des événe- ments – « classiques et ennuyeux », dit-elle – pour un public d’ingé- nieurs difficile à mobiliser. On s’en doute, la miraculée n’a pas de temps à perdre en mondanités. Elle va monter en 2007 un événement corporate avec une touche de folie en un lieu inattendu : le Zénith. Cinq mille participants guindés mais ravis voient arriver sur scène Gad Elmaleh. Joli coup.
Apothéose avant
le grand départ
La réussite de la soirée la bombarde responsable de l’événementiel au sein de la direction de la com- munication du groupe. Nathalie Woog s’« éclate ». « Je m’amuse, je réalise des événements pour 100, 500, 5 000 “Alten”, plus de 1 000 manifestations au final, des confé- rences, des salons, des soirées. Le monde m’est ouvert. J’emmène mes groupes partout en Europe, à Cannes, à Bruxelles, à Mona- co, à Barcelone. Et bien sûr à Pa- ris... » Du haut de la tour Eiffel aux paillettes du Crazy Horse, chez Maxim’s, au Lido, au Fouquet’s, Nathalie W. ne cherche qu’une chose, « étonner ». À l’époque, pa- raît-il, le MICE ne faisait pas vrai- ment partie des mœurs sociales des entreprises monolithiques. « Il fallait motiver. » C’est alors que notre responsable des événements d’Alten va bigrement motiver. Nous sommes en 2008. Nathalie doit subjuguer plus de 5 000 per- sonnes. Elle joue gros : elle part à l’assaut du Grand Palais, la grande nef immense difficile à « meubler ». Et du reste tout nouvellement « pri- vatisable ». David Guetta, le Tour de France, une patinoire avaient essuyé les plâtres. Woog s’em- pare du volume géant, y installe un orchestre philarmonique qui accueille – souvenir de la passion piano de la gamine Nathalie – Mi- chaël Levinas. Un triomphe. Ou, selon son mot, une « apothéose ». Car même si jusqu’en 2015 la reine Alten de l’événementiel produit d’autres belles surprises pour son
public d’ingénieurs désormais conquis, l’organisatrice des plaisirs a envie... des États-Unis.
Présider une association professionnelle
Plus précisément de Miami. Les paillettes de la métropole de Floride avaient beau avoir vieilli en vingt ans, avec une réputation de lieu de séjour prisé des retraités amé- ricains, Nathalie Woog sait qu’il s’agit d’une destination moderne à fort potentiel. Elle franchit l’Atlan- tique avec enfants et conjoint pour créer son Paradis Events, spécia- liste (français) du MICE, et y crée son propre cocktail d’événements secoués de soleil, de plage, un zeste de chefs étoilés – surtout français. Et ça prend. Elle jongle avec l’Art Basel, la foire de l’art contemporain version Miami, les Boats shows à l’américaine, le Spring break, l’institution des vacances univer- sitaires, et travaille beaucoup avec une clientèle européenne d’entre- prises et de comités avide de lieux « wahou ». « C’est un univers po- sitif, une énergie dingue. On tra- vaille non-stop, on rebondit tout le temps, tout s’enchaîne. » Et puis un jour, la voilà élue à la présidence de l’association SITE, la référence des professionnels de l’événemen- tiel floridien. Une reconnaissance sinon une consécration pour son Paradis Events minuscule – deux salariés auprès d’elle. « C’est un mix de culture et de vision. La société américaine reste ce creuset sans a priori où seul importe le travail. » La French girl restera en Floride oùsonfilsde9ans,arrivéà5,bi- lingue, s’est totalement adapté. Elle prospecte désormais des clients 100 % américains, au point que le magazine Forbes a repéré cette valeur montante du MICE made in US. Parcours de « ouf » pour la rescapée incurable.
OLIVIEr maGNaN
Trophées
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  Cette Française qui crée l’événement à Miami
Nathalie Woog
Le MICE à échelle américaine
Avec son patronyme déjà tellement anglo-américain, cette Parisienne pure souche, née dans une famille d’artistes de six enfants mélomanes aux parents scientifiques frustrés par sa vocation artistique, n’envisageait pas de passer
sa vie à créer des effets « wahou » pour des événements d’entreprises. C’est pourtant dans le MICE qu’elle s’immisce et réussit. Au point d’exporter le « coup de fouet » français (whisk away) dans l’univers de l’événementiel de Floride. En
pur électron libr
Le.
es Américains adorent cette Frenchy girl tout en blondeur et au sourire écla- tant (hum, gardons-nous
de toute dérive machisante, met- trait-on en avant le physique d’un homologue masculin ?). Il est vrai que Nathalie Woog joue la carte très US du sexy français. Du pur marketing. Avant de débarquer aux États-Unis, le parcours de cette pianiste violoniste passée par les Beaux-Arts et des études en com- munication commence par l’hôpi- tal.
Épater des cohortes d’ingénieurs/es
Il y a vingt ans, une jeune fille de 23 ans l’apprend : cancer du sang,
leucémie. Pire : cataloguée « incu- rable ». Comme coup de pied pour démarrer dans la vie, on peut rêver mieux. La jeune fille veut se battre. Un an d’hôpital plus tard, elle a gagné. Guérie. « J’ai gagné mon combat en un an. » Il paraît que ces gens-là, Monsieur, sont blindés à jamais. « À partir de là, j’ai puisé dans une énergie personnelle pour dispenser autour de moi la joie de vivre positive. »
Ce tremplin la propulse chez un grand groupe d’ingénierie, Alten, 25 000 salariés à l’époque, les an- nées 2000, 33 700 aujourd’hui dont 29 600 ingénieurs. On ne rigole pas. Or la jeune Nathalie, au sein d’une filiale dévolue au commercial, à la communication, au recrutement,
  CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Nathalie, par ce parcours, montre la formidable énergie que produit la combinaison « rebond
– émerveillement ». Elle a transformé chaque événement de sa vie en opportunité et n’a jamais renoncé à ses projets. Parce que la vie est un cadeau qu’elle a su enchanter par la musique de ses multiples rebonds !
 Nous sommes en 2008. Nathalie doit subjuguer plus de 5 000 personnes. Elle joue gros :
elle part à l’assaut du Grand Palais,
tout nouvellement « privatisable ».
    36 | mars 2020 ecoreseau.fr
© Llue-up Photographe
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[   Il a passé 27 ans en prison
où il devait croupir toute sa vie
Quelle que soit la cause, c’est aber- rant. Et la révolte du jeune homme de moins de 20 ans va se transfor- mer en violence, évasions, rebra- quages, ré-emprisonnements, etc. Au total, 95 ans de condamnation théoriques...
Des rebonds : l’amour,
le yoga, entreprendre
Michel Vaujour, comme l’ex- plique sa fiche Wikipédia, entre dans le grand banditisme, mais ce grand amoureux va rencontrer les femmes de sa vie. Elles vont toutes le porter et l’aider à s’évader, telle Nadine qui portera l’abnégation jusqu’à passer sa licence de pilote d’hélicoptère pour venir le cueillir sur le toit de la prison de la Santé
l’avoir convaincu de devenir un détenu exemplaire. Pour l’unique fois peut-être dans les annales ju- diciaires, un condamné sera remis en liberté quand il lui reste 16 an- nées de détention à vivre, après un plaidoyer en commission qui sort de ses tripes. L’amour explique-t-il à lui seul son immense rebond qui fait de lui aujourd’hui un homme libre ? Selon toute vraisemblance, oui, mais il ne faut pas oublier sa rencontre avec le yoga, à 22 ans, au QHS de Chaumont, son écoute d’émissions de spiritualité sur France Culture, sa pratique des échecs à haute dose, le jeûne régu- lier qu’il pratique « pour dépasser nos petits conditionnements » et sa découverte de la littérature :
Michel Vaujour
Une femme l’a fait rebondir
Il est devenu l’un de ces héros un peu mythiques dont on ne sait s’il est bon ou mauvais, blanc ou noir, bandit ou victime. Michel Vaujour a défrayé tant de chroniques, d’évasions en braquages, de documentaire en film, d’émissions de radio en livres, qu’il semble l’une de ces figures familières françaises, odieux pour les uns, exemple pour d’autres. Un Mesrine. Ou
un Papillon. Mais en tout cas une image du Rebond avec majuscule. Cet homme sans sang sur les mains est aujourd’hui libre après 27 ans de prison. Sauvé du naufrage par l’amour d’une femme...
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On sait que les deux rebondisseurs, mari et femme, sont associés dans une petite maison d’édition spécialisée dans la publication de brochures pour municipalités
        Le résumé de la vie de Michel Vaujour qu’une page Wiki- pédia balance laconique- ment, sans émotion, semble
tout à fait simple. En le présentant comme un « braqueur français » en guise de profession, le rédacteur de la notice enferme l’homme dans une seule des facettes de l’individu, comme si l’on décrochait le titre de braqueur après avoir passé l’exa- men de « dangereuse crapule ». Il en est, de ces dangereuses crapules, bien sûr, et bien des mecs rudoyés par leur père alcoolique ne sont pas devenus « bandit » récidiviste, comme Vaujour. Mais lui, si.
Résumé style Wikipédia : soumis à la violence d’un père alcoolique qui bat sa femme, il est abandon- né, confié à sa tante à 4 ans, qu’il perd à 8, alors qu’il était heureux
près d’elle. Revenu auprès
de ses parents, il vit l’exis-
tence d’un gamin qu’aime
une mère battue. Quand,
à 18 ans, ouvrier, il pique
des bagnoles pour emmener danser sa petite amie, le voilà coin- cé et incarcéré. Pas son père qui, pourtant, en 2020, relèverait d’une peine bien plus sévère que celle qu’il risque. Or, Michel Vaujour, pour des balades en autos volées – et pas même accidentées ni brûlées –, écope de trente mois de prison et de cinq ans d’interdiction de séjour dans 21 départements. Sous l’An- cien Régime, on parlait de bannis- sement ou d’excommunication.
À en croire Michel Vaujour lui- même, une telle sévérité s’explique- rait par l’intervention d’un policier devenu l’amant de sa petite amie...
en 1986. Elle se livrera par la suite et Michel Vaujour lui-même sera repris. La fiche succincte de Wiki- pédia s’arrête à peu près là, après l’épisode d’un énième braquage au cours duquel, avec ses grenades factices, celui qui n’a jamais tué re- çoit une balle dans la tête.
Ce qui devient riche, c’est la lecture de l’énorme livre que le « braqueur français » publie chez XO Éditions en septembre 2018. Cette fois, on écoute la « voix » du personnage. C’est un roman que sa vie. Forcément, on se prend de sympathie pour le narrateur, mais dans l’absolu l’on comprend que braqueur ou pas, grand bandit ou non, cet homme est courageux, intelligent, habile et... sincère en amour. Sa femme actuelle, Jamila, visiteuse de prison, qui subira cinq ans de détention pour l’avoir aidé à s’évader, reste à ses côtés après
« De Mickey, je suis passé à Gio- no, Rilke, Nietzsche, Zweig et les poètes persans », racontera-t-il dans Paris-Match en 2018.
Michel Vaujour ne nous dit rien, au terme du livre de 530 pages qui raconte sa ou ses vies, de ses nou- veaux moyens d’existence. On sait que les deux rebondisseurs, mari et femme, sont associés dans une petite maison d’édition spécialisée dans la publication de brochures pour municipalités. Entreprendre comme résurrection. Et l’écrivain Vaujour doit bientôt publier un thriller, Du noir de chez noir ! On l’espère revenu définitivement au blanc éclatant. OLIVIEr maGNaN
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   CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Le rebond peut prendre plusieurs voies. Le parcours singulier de Michel Vaujour, qui débute par la délinquance (vols, braquages, évasion) et qui prend un virage entrepreneurial pour se reconstruire pourrait servir d’exemple. Un choix de vie étonnant guidé par le yoga et l’amour.
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© Bruno levy
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
briefing innovation par Adam Belghiti Alaoui
HABITAT
Thermostat smartphone pour smart home
p Buzz L’Éclair vers l’infini et au-delà est un Français !
C’est historique. Vince Reffet, « l’homme avion » rompu aux défis extrêmes tous plus fous les uns que les autres, s’est élevé à 1 800 m d’altitude dans le ciel de Dubaï
(Émirats arabes unis), équipé d’une simple aile en fibre de carbone propulsée par quatre minimoteurs
à réaction. L’exploit du Français de 34 ans, réalisé le 14 février lors de l’Exposition universelle 2020, est une première mondiale. Jamais un vol humain 100 % autonome ne s’est élevé
aussi haut, après un décollage du sol. Parti du niveau de la mer, le superman d’un jour qui disposait d’un contrôle total sur son embarcation de carbone, atteignit ce jour-là les 400 km/h. Et il n’est pas à son coup d’essai. Premier saut en solo en 2000, membre de l’équipe de France de freefly en 2002, champion du monde de freefly en 2006 et 2008, il réalise même l’exploit de pénétrer dans un avion en plein vol en 2017, avec son ami Fred Fugen ! Un bien beau coup de communication pour l’émirat dubaïote et pour le géant autrichien Red Bull, parrain de ce vol d’un nouveau genre.
  Entre enjeux énergétiques et lutte contre la surconsommation, le contrôle du chauffage et de la cli- matisation au sein des chaumières
se pose en enjeu écologique de premier plan. Et économique, hausse des prix de
l’électricité et du gaz obligent. Les thermostats connectés trouvent leur marché. Tado, spécialiste de la gestion intelli- gente du climat intérieur, pro- pose sont Thermostat V3 +. La promesse : un contrôle à distance et en continu du réseau de chauffage, via l’ap- plication tado°, économies non négligeables à la clé. Le produit Tado est conçu pour remplacer le thermostat déjà installé, qu’il soit filaire ou en infrarouge. Connexion à Internet, compatibilité avec les assistants vocaux de chez Google, Amazon et consorts,
détection des fenêtres ouvertes, adaptation à la température extérieure, les arguments ne manquent pas. Le smartphone est déci- dément bien appelé à devenir la télécom- mande de notre quotidien... n
  Dans la vie, il y a deux catégories d’individus : ceux qui regardent le
monde tel qu’il est et se demandent pourquoi. Et ceux qui imaginent le monde tel qu’il devrait être et qui se disent : pourquoi pas ?
Georges-Bernard Shaw, dramaturge et essayiste irlandais. HIGH TECH
Casque hybride pour nouvelle réalité
La start-up française Lynx a présenté son casque de réalité mixte baptisé Lynx-R1 à la conférence SPIE Photonics West 2020 de San Francisco. Un nouveau venu qui détonne. Tout premier casque de réalité mixte totalement autonome, l’engin destiné aux professionnels intègre le processeur Snapdragon XR2
de Qualcomm, aux prestations de loin supérieures à celle du Snapdragon
835, dont est muni l’Oculus Quest.
Si sa capacité première est la réalité augmentée, via la méthode pass through (deux caméras capturent le monde
réel en 3D et l’affichent sur les écrans
du casque), le Lynx-R1 passe à la réalité
virtuelle en un instant. En quelques caractéristiques : 6 Go de ram, 128 Go de stockage intégré, deux écrans LCD 1 600 x 1 600 px, champ de vision circulaire affiché à 90° et latence de 12 à 15 millisecondes...
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]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[SPORT
Tibia connecté
Avis aux footeux, qu’ils soient joueurs du dimanche ou sportifs de haut niveau. TibTop Connect, premier protège-tibia connec- té (sic), mesure et analyse vos performances sur le terrain. Une création 100 % française, de marque éponyme TibTop – le meil-
leur du tibia ? Grâce à un tracker GPS intégré, le TibTop Connect, relié à une application mobile, recueille des données durant la partie. Pas de pa- nique, le poids du protège-tibia n’alourdit pas le joueur (80 g) et le tout reste solide et étanche. En plus des données de base (distance parcourue, vitesse moyenne, temps de jeu), le superprotège-tibia donne également accès au nombre de touches de balle ou à la force de frappe et calcule des analyses tactiques poussées. Il faudra compter 180 euros pour se la jouer connecté du genou. n
automatisation juridique
MOBILITÉ horizon 10 ans
Le proto airbus a volé
briefing innovation LEGALTECH
entreprendre & innover
  Dans la famille de la tech, je demande la legaltech (comprenez la technologie au service du droit). Au sein d’un marché toujours plus diversifié, la jeune pousse française Juriactes entend bien se tailler une belle part. Son argument principal : un logiciel accessible sur
une application Web va automatiser la rédaction d’actes juridiques. Une aubaine pour les cabinets d’avocats et d’experts-comptables. La start-up promet une automatisation de la rédaction qui conserve la qualité de ton – si particulière – d’un vrai juriste. L’utilisateur n’a qu’à renseigner les données de ses clients et le logiciel génère le document voulu (contrat de bail, procès-verbal...). Juriactes propose en outre des services de mise en relation complémentaires et d’audit. Le système est notamment capable de signaler des manquements ou des contrats bientôt à échéance. Robots juges à prévoir ?
  Le champion mondial européen de l’aéronautique a profité du salon aéronautique de Singapour (11 au 16 février 2020) pour
lever « la voile » sur un projet jusqu’alors tenu secret. Nom de code : Maveric (Model aircraft for validation and experimentation of robust innovative controls). Encore simple prototype maquette, Maveric mesure 2 mètres de long et 3,2 mètres de large, soit une surface d’environ 2,25 m2. L’aile volante d’Airbus avec l’intégration des moteurs dans le fuselage de l’appareil, au contraire des avions
de ligne actuels, a réussi son premier vol d’essai en juin 2019, des tests doivent se prolonger jusqu’à la fin de l’année. Véritable avion de rupture technologique, Maveric vise à une meilleure efficacité énergétique (réduction de 20 % de la consommation de carburant, en comparaison avec celle des A320). Un drôle d’engin qui préfigure, si le projet est validé et consolidé à l’horizon 2030, les caractéristiques et les traits de l’avion de futur. Made by Airbus bien sûr.
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]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
La mégadonnée va révolutionner le monde, les entreprises s’en emparent et se transforment
décryptage
Big data,
l’âge de la prédiction
 Numérisation des entreprises (En couverture, p. 18) et numérisation massive (big data) vont de pair. Le
Big Data Paris des 9 et 10 mars au Palais des congrès donne le ton :
250 acteurs des mégadonnées, 200 ateliers business et 8 sessions « tech », 5 parcours visiteurs métier et un parcours « expérientiel » donnent la mesure de la vitesse avec laquelle les entreprises s’adaptent à et adoptent
l’« astronomique » flux de données que génèrent nos sociétés. Comment les transformer en renseignements ? Cette formidable aide à la prise de décision cache un autre trésor : la révélation d’informations jusque-là inaccessibles par l’homme.
«C
Un virage numérique
à prendre
Données massives, mégadonnées, grosses données, big data, que sont-elles ? « Ce sont des moyens avancés de traitement d’un grand volume de données, d’une grande variété avec une grande vitesse, les 3 v », explique entre autres le Gartner Group.
Le big data est donc affaire de statistiques et de probabilités, de fouilles de données. Il constitue le socle de l’apprentissage auto- matique (machine learning) et le traitement automatique du lan- gage naturel, entre autres. Mais c’est avant tout une démarche d’innovation et un nouveau mode d’organisation.
Car le traitement de la donnée massive va déceler des informa- tions jusqu’alors inaccessibles par l’homme. Les traitements, aujourd’hui en quasi-temps réel, sont des outils importants dans la valorisation ou l’aide à la déci- sion. Ils offrent une nouvelle ca- pacité à répondre à de nouveaux usages ainsi que le moyen de fournir des services ou des biens totalement personnalisés.
« Conduite autonome ou encore maison connectée ne représentent plus aujourd’hui une simple vi- sion de l’avenir mais bel et bien une réalité, à condition pour les entreprises de relever le défi ma- jeur qui s’impose à elles : comment traiter intelligemment une masse d’informations de plus en plus im- portante issue de sources hétéro- gènes en temps réel et en continu ? Pour celles qui y parviennent : un service à très forte valeur ajoutée, quel que soit le domaine d’appli- cation. Une valeur différenciante, gage d’une forte satisfaction client et de nouveaux leviers de crois- sance. C’est pourquoi l’entreprise dans sa globalité doit désormais intégrer cette dimension data et s’organiser autour de la donnée », martèle Xavier Guérin, vice-pré- sident Europe de l’Ouest DataStax (sur le site du Forum économique mondial).
Unesociété
totalement prédite ?
Le marketing et l’entreprise ne sont pas les seules cibles de la grosse donnée. Le BD va aussi structurer la société tout entière et bouleverser les secteurs d’acti- vité. Quelques exemples.
Dans le secteur de la justice, qui aspire à s’alléger des tonnes de données que génère tout procès et de son retard endémique, l’État de l’Ohio aux États-Unis utilise la justice prédictive pour accompa- gner le magistrat dans ses prises de
haque seconde, 29 000 Go d’in- formations sont
publiés dans le monde. Un volume qui ne cesse de croître depuis l’émergence du Web 3.0 et de l’Internet des Ob- jets », constate le Forum écono- mique mondial. Autre chiffre « avalancheux » : ça donne environ 2,5 trillions d’octets de données tous les jours. Plusieurs études prévoient que plus de 75 milliards d’objets connectés accueilleront en 2025 des pétaoctets de don- nées. À la clé, plusieurs dizaines de milliards de dollars de revenus et des économies générées. Pour les firmes qui sauront exploiter ce
nouvel or de la donnée.
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]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[décryptage
entreprendre & innover
 ecoreseau.fr mars 2020 | 41
]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
décryptage
 décisions. Une étude britannique a montré que les décisions de jus- tice prises par une IA sont simi- laires à 79 % à celles d’un juge. En France, des expérimentations ont été menées en 2017 par les cours d’appel de Rennes et de Douai. Le résultat est mitigé. Les avocats sont favorables. Les magistrats prudents. À raison. L’association partenaireship IA vient de publier un rapport qui pointe de graves lacunes des outils de justice pré- dictive américains. L’association, qui regroupe les géants mondiaux de l’IA, invite à la plus grande pru- dence dans le traitement des don- nées confié à une intelligence artifi- cielle. « L’IA représente un exemple paradigmatique des conséquences sociales et éthiques importantes de la prise de décision automatisée en matière d’IA. » Les géants infor- matiques demandent clairement de ne pas utiliser les IA dans le cadre de la justice pénale. Mais si la justice en soi peine à trouver son modèle de mégadonnées, prédire le risque contentieux par le recours aux données de justice offert par l’open data (commence à concerner le business. « L’amélioration de la connaissance et de la prévisibilité des décisions de justice contribue à créer un environnement de sécuri- té juridique capable d’améliorer la qualité des anticipations des entre- prises. Or, la fiabilité des prévisions est un élément déterminant de l’investissement. La possibilité de bénéficier d’anticipations claires et solides est donc de nature à limi- ter les risques liés aux opérations d’investissement, notamment le “risque contentieux”, et d’en fa- voriser le développement », résu- ment les rapporteurs de la Mission d’étude et de préfiguration sur l’ouverture au public des décisions de justice.
Des secteurs comme la banque, l’assurance, l’immobilier, la san- té, mais d’ores et déjà les start-up participent à évaluer les décisions et donc les risques, et ainsi abais- ser considérablement les coûts. Des jeunes pousses françaises comme Maître Data ou Case Law Analytics SAS développent des solutions révolutionnaires. Elles offrent aux décideurs des antici- pations raisonnables sur l’issue d’un contentieux grâce à l’intelli- gence artificielle.
L’information reste
le meilleur antidote
Dans le secteur de la santé, le big data avance très vite.
On sait peu qu’un algorithme, mis au point par une société cana-
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Le big data est donc affaire de statistiques
et de probabilités, de fouilles de données.
Il constitue le socle de l’apprentissage automatique (machine learning) et le traitement automatique du langage naturel, entre autres. Mais c’est avant tout une démarche d’innovation et un nouveau mode d’organisation.
Dans le secteur des assurances, les données relatives aux com- portements du conducteur ont déjà créé des produits d’assurance auto du type pay as you drive et un nouveau modèle économique. La prime d’assurance n’est plus cal- culée sur les statistiques générales mais sur la conduite réelle, grâce à une application embarquée. L’assurance répercute les écono- mies générées par une meilleure connaissance des risques réels d’accidents pour faciliter l’acqui- sition du client ou sa satisfaction.
Des compagnies d’assurance comme Amaguiz ou Axa savent identifier les traits de comporte- ments grâce à une analyse précise des données et un marketing ci- blé. Elles s’appuient sur ces don- nées pour créer ou promouvoir des nouveaux produits d’assu- rances pertinents.
Ce n’est pas un outil pour l’entreprise,
c’est un bouleversement de sa structure
Reste que sur le plan technique, il ne suffit pas de se doter d’outils pour que les connaissances perti- nentes soient extraites.
Les principales difficultés ré- sident dans le recueil de don- nées de qualité, la détermination précise de l’objectif recherché, la création d’algorithmes dédiés et le recrutement d’analystes ca- pables de traduire de manière opérationnelle les résultats des données. La démarche de big data impose également de briser les silos de l’entreprise, de mutuali- ser les données et d’adopter une démarche agile, tout en intégrant les contraintes réglementaires. Sans oublier l’enjeu de forma- tion à ces nouvelles démarches qui changent la donne. Oui, la mégadonnée va révolutionner le monde. C’est même l’application majeure d’une intelligence artifi- cielle aujourd’hui tâtonnante. PaTrICE rEmEUr
       dienne, Blue Dot, qui se consacre à la détection en ligne de l’amorce d’épidémies, avait prédit avant les autorités la propagation du coro- navirus de Wuhan !
Google Trends se met à prédire les épidémies d’infections telles la grippe – les informations sont données en quasi-temps réel –, avec l’effet d’en freiner la propaga- tion et donc d’abaisser le nombre de victimes. La grippe tue chaque année 500 000 personnes dans le monde et engorge les urgences. « Certaines de ces estimations ont été comparées aux données officielles sur la grippe des pays concernés avec des niveaux éton- namment élevés de précision, et dans certains cas, Google Trends a fourni l’information plusieurs se- maines avant les informations offi- cielles », indiquent des chercheurs de la firme américaine.
Les informations couplées aux données Sentinelles (réseau de surveillance des épidémies) et aux données internes des hôpitaux aboutiront à une grande précision de la prédiction pour lutter effica- cement contre les conséquences du virus, confirme une étude récente réalisée par le CHU de Rennes. Le big data sera pour les États le moyen de mieux gérer à la fois les structures et de santé et les dépenses. Pour les médecins, de diviser le temps de diagnostic de manière fulgurante. Et pour les ci- toyens, la perspective d’améliorer les soins et leur santé.
Des opportunités majeures
Pour les entreprises de toute taille, l’accès aux données est le moteur de développement de nombreux services.
La France envisage la création d’une plate-forme baptisée Health Data Hub qui prenne demain une place majeure dans la santé. Le projet revient à concentrer toutes les données cliniques recueillies au cours d’un acte ou d’une interven- tion remboursés par l’assurance maladie sous forme anonymisée. De quoi aider les start-up à dé-
Petaoctets : unité de mesure de la mémoire ou de la capacité de stoc- kage de données qui équivaut à 2 oc- tets à la puissance 50.Ilya1024té- raoctets (To) dans un pétaoctet et environ 1 024 Po dans un exaoctet (Eo).
ployer rapidement des services spécifiques sur la base des données françaises.
Dans le secteur commercial, l’analyse de données massives vise à ce que les entreprises se posi- tionnent immédiatement par une vision en temps réel et/ou prédic- tive. La bonne utilisation du big data engendre à la fois une baisse des coûts, grâce à une réduction des moyens de production, et un boost de ventes sous l’effet de ser- vices personnalisés.
Suivre les traces numériques
Concrètement ? Le croisement de données, celui, par exemple, d’un panier alimentaire dans les enseignes de supermarché, donne la consommation régulière du client et donc engendre une bat- terie d’offres. Ou révèle une don- née nouvelle, un premier achat de croquettes pour chiot : cette pos- sible arrivée d’un animal au foyer va générer une offre de réduction pour laisse de promenade ou tout autre accessoire.
Le supermarché va gérer les stocks, cibler mieux, anticiper les besoins ou créer de nouveaux produits. L’analyse des data va piloter l’organisation du magasin pour allonger le parcours, optimi- ser les consommations ou propo- ser des promotions conjointes. Il s’agit d’un ajustement aux besoins des consommateurs.
Big Data Paris, deux jours éclairants
Parmi les conférences du salon, un aperçu de la première matinée.
• 10 h 20-10 h 40 – Géopolitique du big
data : l’Europe sera-t-elle l’alternative
aux modèles américains et chinois ? Avec Charles Thibout, chercheur associé Iris et Gilles Babinet, Digital Champion auprès de la Commission européenne
• Table ronde 11 h 10-12 heures – Comment déployer une gouvernance des données performante et adoptée par tous, organisation, acculturation et plates-
formes intégrées : réussir la transition sur ces 3 axes, comment faire travailler CDO, DSI et métiers main dans la main ? Quels rôles déployer au sein de l’entreprise, avec quelles responsabilités ? Avec Elias Baltassis, Partner & Director, Data & Analytics The Boston Consulting Group, Chafika Chettaoui, PhD Chief Data Officer Groupe Suez, Christina Poirson, Group Chief Data Officer Société Générale.
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
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 ]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
 BOîTE à OUTILS
Business guides et enquêtes utiles aux créateurs et dirigeants
            Épitech : son Innovative project 2020 prouve sa réussite ! p. 45 Workspace expo : réenchanter l’univers des collaborateurs p. 50
44 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[ L’école d’informatique sans cours, sans notes, sans TD, mais avec « piscines »
didat/e pour le numérique, l’infor-   ject commencent à 18 ou 19 ans
Épitech : son Innovative
par de petits projets qui se révéle- ront aboutis cinq ans plus tard. On retrouve presque dans l’itinéraire de ces enfants pas si gâtés le par- cours d’un ouvrier du devoir, avec le chef-d’œuvre final, l’Épitech Experience. Y compris le voyage puisque les Épitech passent leur 4e année à l’étranger. En phase 1, ils/elles ont plongé dans la pis- cine « moonshot » (le lancement) où des conférenciers, des profes- sionnels et des experts suivent l’avancée des projets d’abord mo- destes au moment où les équipes se constituent, par affinités, trois mois durant. En phase 2, la pis- cine « forward » confronte le pro- jet avancé, prototypé, au marché. À leur retour du stage à l’étranger, les Épitech boys and girls s’at- taquent à la 3e phase, la synthèse. Des 119 projets innovants de l’année 2020, remontés de toutes les régions, 14 vont émerger en fi- nalistes qui vont se frotter à une autre piscine : deux jours durant, les grands espaces d’Épitech Paris au Kremlin-Bicêtre se mettent à
project 2020 prouve sa
matique avec le code, le numérique
avec les usages », explique Em-
manuel Carli, fort du concept de
l’apprentissage par projet, marque
de l’école. Autre critère d’entrée, le
mindset, cette capacité à travailler
en équipe dans des domaines sans
cesse fluctuants, à trouver des solu-
tions, à se montrer curieux. « L’ob-
jectif, martèle le directeur issu en
son temps du “bain”, est de former
des cerveaux capables d’évoluer
dans des secteurs ultra-chan-
geants. On apprend aux étudiants
à faire l’acquisition des connais-
sances techniques utiles à la réa-
lisation du projet. C’est le fameux
“apprendre à apprendre”. » Et ça se
repère quand les jeunes gens sont
immergés dans un serious game
avec mission de désamorcer une
bombe en trois minutes ! « Placez
un candidat devant un obstacle, si
elle ou il vous dit “pas de problème,
je vais passer à gauche ou à droite,
par la fenêtre, mais j’avance”, l’on
sait qu’il ou elle pourra rejoindre
l’école », arbitre Emmanuel Carli.
Et la rejoindre partout. Depuis
1999, Épitech s’est déployée sur 12   ressembler, comme le disent les
réussite !
Quatorze projets finalisés de services, produits, solutions qui pourraient devenir autant d’entreprises (ou qui sont déjà des start-up). Des équipes de jeunes gens au sortir de leur 5e année de l’Épitech, gonflés à bloc, qui « pitchent » devant
11 jurés venus de tous les horizons du monde de demain – dont votre serviteur. Depuis 2014, l’École pour l’informatique (Épi) et les nouvelles technologies (tech) lance ses étudiants dans le grand bain sous forme d’un projet de fin d’études, l’Épitech Innovative Project. L’Épitech Experience de 2020 des 24 et
25 janvier a révélé des concepts en prise directe avec la France et le monde mutants. Balade au cœur du « futur de l’informatique ».
La matrice : le groupe Ionis (ou   toujours à flot dans un maelstrom
créer aujourd’hui
pratique
      Ionis Education Group), la ten-
taculaire holding créée par Marc
Sellam en 1980, avec sa vingtaine
d’enseignes et sa soixantaine d’éta-
blissements dans les domaines du
management d’entreprise, du mar-
keting, de la communication, de la
gestion, des hautes technologies,
de la création multimédia. Parmi
lesquels les sœurs ennemies (gen-
timent) mais surtout complémen-
taires que sont l’Épita (École pour
l’informatique et les techniques
avancées) et l’Épitech, la même
mais version nouvelles technolo-
gies. En gros, la première forme de
bons QI style bac S mention très
bien aux métiers d’ingénieur en
trois ans, avec le diplôme ad hoc, la
deuxième délivre en cinq années le
titre d’« expert en technologies de
l’information », qui n’est ni master
ni diplôme d’ingénieur. Mais sur
le terrain, les « gamins », comme
les nomme affectueusement le di-
recteur de cette école pas comme
les autres, Emmanuel Carli, sont
immergés, parfois submergés mais   à l’entrée l’intérêt du ou de la can-
de savoirs et d’expériences hors normes.
Autoformation
et immersion
Car les jeunes gens en question qui entrent à l’Épitech postbac ont le droit de ne pas briller en maths (mais il ne leur est pas interdit non plus de cartonner !). Et s’ils/elles viennent à 60 % de bacs S, le reste se répartit entre tous les bacs, ST, ST2I, ES, STMG et même L, avec une poignée de bacs pros. Mais on entre aussi à l’Épitech à bac + 2, + 3, en reconversion profession- nelle et même en rupture scolaire (Web@cadémie). Ni cours magis- traux ni TD, de l’autoformation. Ni physique, ni humanités, ni maths, de la programmation. Donc pas de notes, pas d’examens sur table, des cours filmés en libre accès aux étu- diant/es dès qu’ils/elles sortent de la « piscine » où l’on code tant et plus. De l’immersion. « Le dossier sco- laire nous importe peu, on évalue
sites en métropole, le 13e à La Réu-   organisateurs, à « un mini CES ».
 nion. Hors frontières, on retrouve des campus dans les 3 B, Berlin, Barcelone, Bruxelles. Beaucoup plus loin au Bénin et à Tirana en Albanie, sous la houlette d’anciens d’Épitech montés en franchise, à New York, Genève, Casablanca, sans oublier une vingtaine de cam- pus créés ou en création.
Mini CES
Les cinq ans qui aboutiront à l’Épitech Innovative Pro-
Les finalistes en microstands ré- pètent leurs démos, ils seront en amphi face à leurs pairs et au jury pour « vendre » leur projet, quatre conférences sur l’innovation et les métiers du numérique enchaîne- ront après la remise des prix. Il est temps de plonger dans le concret des start-up en puissance. Om
   ecoreseau.fr mars 2020 | 45
]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
créer aujourd’hui
14 finalistes en quête de hauteur
Simplyfee (Épitech Lille)
Optimiser les taux de change
Quoi ? Le moyen de reprendre le contrôle des frais bancaires à l’étranger pour des voyageurs qui paient leurs dépenses dans la devise à l’aide d’une carte bancaire.
L’intérêt : via le téléphone et l’ordinateur, hors les circuits des banques classiques, une façon d’échapper aux taux abusifs.
Quel businessplan ? Cette vraie-fausse néobanque (pas de licence bancaire) s’offre en marque blanche aux banques traditionnelles. Un premier partenariat avec Société Générale conforte le projet.
Qui ? Sébastien Bruere, Arthur Klein, Maxime Leroy, Henri Longle, William Scalabre, Maxime Aubanel
Nebula (Épitech Lyon)
Une alternative aux datacenters
pour le nuage
Quoi ? Stocker ses données façon cloud mais sans passer par un centre de serveurs de données : vos données – cryptées et découpées – sont stockées sur les ordinateurs de milliers d’utilisateurs volontaires, à la façon de ces recherches scientifiques qui utilisent le temps de processeur disponible.
L’intérêt : écoresponsable, les serveurs sont les plus grands pollueurs du numérique.
Quel businessplan ? Nebula n’a guère précisé son modèle alors que le concept cherche son public par le bouche-à-oreille.
Qui ? Élisabeth Bely, Hugo Caille, Allan Dandrieux, Baptiste Hermann, Michel Mancier, Luc Normandon, Guillaume Roux
Loukoum (Épitech Nantes)
L’actu des cryptomonnaies
sur une seule plate-forme
Quoi ? Un outil d’analyse fondamentale conçu pour concaténer les infos disponibles en ligne sur les cryptomonnaies à partir de plus de 1 000 sources. Une aide à la décision pour les investisseurs et spéculateurs.
L’intérêt : pour les quelque 50 millions de possesseurs de bitcoin dans le monde face à 3 000 cryptomonnaies, une telle plate-forme vaut son pesant de monnaie virtuelle. D’autant que Loukoum se personnalise
avec l’apport de nouvelles sources ou la soustraction d’autres. En outre, les concepteurs filtrent les millions de fakenews et leurs impacts désastreux.
Quel businessplan ? De Loukoum light à Loukoum pro, avec ses notifications, son suivi de portfolios, ses tendances et analyses et le partenariat établi avec le Club français des cryptomonnaies, la plate-forme a du potentiel à revendre.
Qui ? Corentin Cailleaud, Idouchach Seifane, Léo Le Diouron, Steeve Payraudeau, Marie Romengas, Hervé Tchikladze
Robots Everywhere (Épitech Nice)
Bar à bière... automatisé
Quoi ? Un bras robotisé sert des dizaines de milliers de bières dès lors que le client a commandé et payé son verre sur une tablette. Ses concepteurs estiment que le robot équivaut à l’économie de 8 m2 et de quatre serveurs.
L’intérêt : Cette solution robotique de « service
de boisson autonome » entend désengorger les
« oktoberfests » et les bars surpeuplés par sa solution de bar autonome le plus rapide au monde. Le gérant
du stand dispose d’un accès au back-office du logiciel pour récupérer les informations sur les ventes, stocks et consommations.
Quel businessplan ? Les concepteurs sont en phase de levée de fonds et mènent des partenariats avec de grands brasseurs.
Qui ? Étienne Esclapez, Maxime Gallo, Lucas Gambini, Gaëtan Leandre, Victor Sousa
CreaFlow (Épitech Paris)
Un outil collaboratif pour créatifs
sans charrettes
Quoi ? Plate-forme Web dédiée à la création (publicitaire, graphique, artistique, éditoriale...) dont
le but est de simplifier la transmission de l’idée finale du commanditaire au prestataire qui la met en forme. Un espace virtuel partagé où le client suit en temps réel l’avancée de son projet. Le prestataire met à jour les versions de ses maquettes, prend connaissance des annotations des intervenants. Outil de gestion
de projets graphiques associé à un outil de travail collaboratif.
L’intérêt : réduire considérablement les temps
de réalisation d’une création, telle une affiche, en
finir avec les échanges de mails qui induisent des incompréhensions et des descriptions fastidieuses, réduire la surfacturation née des navettes et des envois-retours.
Quel businessplan ? L’outil est aujourd’hui fonctionnel, proposé à un prix d’abonnement de 12 euros par mois Qui ? Victor Debray, Roman Blondeau, Nicolas Cordier, Jérémy Faife, Paul Mendiela, Théo Penavaire
Home Overview Project (Épitech Paris)
À partir d’un plan 2D, de la visite immersive
Quoi ? À partir d’une photo d’un plan 2D d’architecte, H.O.P modélise automatiquement un bien immobilier et le virtualise. Cible : les cabinets d’architectes et les agences immobilières. Aucune compétence particulière requise.
L’intérêt : les clients visitent le bien en réalité virtuelle ou en 3D et s’y projettent, en modifient l’agencement et la décoration directement pendant la visite.
Quel businessplan ? Vente de l’outil aux cibles concernées, de la petite agence aux grands groupes. Le marché reste toutefois très concurrentiel.
Qui ? Charles Deschamps, Anthony Geiger, Matthieu Larribe, Élodie Le Trouher, Alim Tunc, Nassim Ben Yaagoub, Claudia Vogel
Yetimoov (Épitech Paris)
station de ski connectée
Quoi ? Une solution logicielle qui procure des données détaillées aux stations de l’utilisation des pistes. L’intérêt : anticiper/éviter les accidents par une collecte de données via les utilisateurs de la station, les infrastructures et les caméras disposées aux abords des pistes.
Quel businessplan ? Commercialiser une licence unique et sur-mesure. Le marché est aussi vierge que la neige fraîche.
Qui ? Maxime Ancellin, Antoine Blanchard, Harold Bleriot, Thomas Capit, Bastien Chomette-Bender, Maud Marel, Yan Poinssot
Back To Time (Épitech Rennes)
De l’art de remonter le temps !
Quoi ? Promenez-vous avec cette petite caméra sur
vous. Sa capture d’image est permanente mais sans sauvegarde. Par pression, l’utilisateur va conserver telle ou telle scène en enregistrant la dernière minute ou les 5 précédentes. Transmises d’un clic à son smartphone.
L’intérêt : quelle idée géniale pour des Français/es
à 84 % attachés à leurs souvenirs ! Sans parler des constats d’accidents et des reportages revendus par Pictalio (lire supra). Certes, il faut encore miniaturiser la caméra et la faire oublier.
Quel businessplan ? Pas très simple à concevoir.
La vente du dispositif semble la solution la plus immédiate.
Qui ? Paskal Arzel, Victor Herlin, Quentin Juquet, Alexandre Laronce, Mathieu Ruffet, Manon Sauvage
Tipsy (Épitech Strasbourg)
Un pot sans stress
Quoi ? Appli smartphone qui connaît tous les bars, les restos, les événements, vous guide vers eux, affiche les happy hours, la carte des établissements, passe la commande et paie. Actuellement en version bêta à Strasbourg.
L’intérêt : la simplification de la recherche et du service pour le client et la promesse de 20 % de commandes en plus pour l’établissement.
Quel businessplan ? Encore un gros travail d’enrichissement des données. Les concepteurs envisagent 5 % de fees sur les commandes.
Qui ? Florent Cucherousset, Lucy Mambre, Amaury Flament, Ludovic Guet, Kévin Pontif, Guillaume Tran, Mamadou Diallo
Mind Depths (Épitech Toulouse)
Bouh, fais-moi peur !
Quoi ? De la peur en boîte, une expérience vidéoludique qui combine intelligence artificielle et réalité virtuelle pour, selon les concepteurs, « offrir une expérience horrifique personnalisée ». Comme dans la série Black Mirror, le joueur évolue dans un manoir où chacune des salles sera là pour tester ses peurs.
L’intérêt : la mesure du rythme cardiaque du/de
la « joueur/se » aide à aboutir aux peurs les plus profondes détectées par un algorithme d’IA.
Quel businessplan ? Ce type de jeu correspond à un marché de 5 milliards d’euros. Mind Depths devrait pouvoir en tirer une petite part...
Qui ? Ludovic Mandagot, Maxime Bel, Baptiste Cauvin, Julien Chicha, Sylvain Gaudron, Alexis Laurent, Robin Millian, Julien Pinchelimouroux, Benjamin Roux, Lily Alice Ward, Jean Plancher
Un jury
on ne peut plus multifacette
46 | mars 2020 ecoreseau.fr
Président du jury, Raouti Chehi, CEO d’EuraTechnologies Marie-Laure Idée, responsable incubateur de Ionis 361, Géraldine Russell, journaliste pour Maddyness, Jérôme Ruskin, fondateur et directeur de publication chez Usbek & Rica,
Jean Lebrument, co- fondateur, CTO et CPO de Brigad, Sajida Zouarhi, blockchain architect, Lionel Laské, directeur
du Spot Bouygues, Olivier Magnan, rédacteur en chef d’ÉcoRéseau Business, Gaëlle Picard-Abezis, directrice des relations extérieures chez Decaposte, Stevens Jacquot, responsable
du showroom du MediaLabTF1, Yann Golzan, co-fondateur
de Creative Valley, Oussama Ammar, co- fondateur de The Family.
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[ Quoi ? Une solution de détection des feux de forêt par le biais d’un algorithme d’analyse de signature thermique détectée par capteurs de fumées. L’appli communique des analyses environnementales aux pompiers en temps réel, tout comme au public concerné par un incendie proche.
L’intérêt : la clé de la lutte pour les pompiers est le temps : plus vite un départ d’incendie est signalé, plus tôt il sera circonscrit. Au surplus, Fire prédit le sens de la propagation.
Quel businessplan ? La vente des capteurs aux municipalités, aux autorités en charge de la sécurité, aux particuliers, un abonnement à l’appli Web. En phase de levée de fonds pour la mise au point d’un capteur plus compact à embarquer sur un drone.
Qui ? Alexandre Bouvier, Nicolas Felten, Loïc Ham, Thomas Maurel, Valentin Nasraty, Marc Perichart, Xuan Carbone
créer aujourd’hui
pratique
  Grand prix Épitech Experience - Fire (Épitech marseille) Détecter les incendies dès leur amorçage
   2e prix Épitech Experience - railZ (Épitech Nancy) Le « Waze » du ferroviaire
 Quoi ? L’idée est née sur un quai de gare quand, pour la énième fois, le leader de la team, privé de train, se demandait quand le prochain arriverait, pourquoi le précédent était en retard et quelle cause justifiait ces dysfonctionnements à répétition d’une SNCF obsolescente. La réponse : profiter du bouche-à-oreille de 4 500 000 voyageurs au quotidien, véritable centrale de renseignement à l’image du Waze sur la route, alimenté par les conducteurs. L’intérêt : en croisant les informations
des gens sur place avec les données de la
SNCF, l’information devient exceptionnelle et contribue à abaisser le stress anxiogène. L’appli dégage un potentiel énorme. Ses concepteurs songent du reste à l’étendre aux réseaux de bus.
Quel businessplan ? RailZ frappe aux portes des collectivités locales et imagine le support publicitaire que pourrait devenir l’appli.
Qui ? Remi Arnould, Flavian Desverne, Jules Dupont, Corentin Grandmaire, Jonathan Jean, Vincent Picot, Ludwig Poilve, Marceau Tonelli
 3e prix Épitech Experience ToFeet (Épitech montpellier)
La semelle connectée qui alerte les diabétiques
Quoi ? Une semelle connectée destinée aux diabétiques qui souffrent d’une perte de sensibilité de la voûte plantaire. Sans détection rapide, l’affection risque d’aboutir à une amputation (8 000 par an en France). L’appli analyse et interprète les données des connecteurs de la semelle et alerte. Le médecin traitant y a également accès.
L’intérêt : l’analyse des
données utilise l’IA via le machine learning. L’enjeu est vital pour le malade.
Quel businessplan ? Les semelles sont pour l’heure tarifées 200 euros la paire. Le jury a eu du mal à apprécier l’efficience du dispositif et a estimé compliquée la perspective d’un remboursement, seul gage de pérennité pour ce type d’application.
Qui ? Vetea Beurier, Charles Fraisse, Paolo Gambardella, Mickaël Leclerc, Alex Palmitjavila, Michaël Galseran
coup de cœur du jury
Pictalio (Épitech Bordeaux) Vendez vos scoops
Quoi ? Une marketplace de vente et d’achat de contenus visuels tels que les quidams les filment sur leur smartphone.
L’intérêt : de plus en plus couramment, les faits divers captés par des passants dont sont si friands les médias ne sont ni sourcés
ni rétribués. Pictalio les rassemble, filtre les contenus, vérifie l’identité des propriétaires et se propose de les vendre aux médias. Quel businessplan ? Pictalio prélève quelques centimes par document.
Qui ? Simon Brami, Jean-Baptiste Colette, Sophie Darrigol, Thomas
  Lavigne, Benjamin Quastana, Alexandre Thauvin
  ecoreseau.fr mars 2020 | 47
]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
Créer votre boîte :
Elle autorise tout un chacun, à tel ou tel moment de sa vie et avec des in- vestissements faibles à colossaux, de devenir entrepreneur/e. » Pas même besoin d’être un professionnel du secteur choisi au préalable ! Un bou- langer pourrait se mettre à vendre des accessoires auto ! Parce qu’il sait ce qu’est un commerce de détail...
Des règles simples
mais indispensables
Le principe de la franchise, c’est le partage de la réussite. Dit ainsi, tout semble idyllique. C’est un peu plus compliqué que ça, mais l’idée est vraie. Une enseigne (le franchiseur) a créé (souvent de zéro !) une activité avec succès. Cette enseigne s’engage à transmettre son savoir-faire à des entrepreneur/es indépendant/es (les franchisé/es) par la voie de nom- breuses formations. Le franchiseur leur délègue la création de ses nou- veaux points de vente pour booster le développement de son activité et leur porte assistance en perma- nence. Il leur accorde également une exclusivité territoriale d’exploitation de sa marque afin de leur assurer une zone de chalandise suffisante et sans concurrence de la part des autres membres de son réseau.
De leur côté, les franchisé/es ad- hèrent au concept par le biais d’un contrat et s’engagent à suivre des règles précises du franchiseur liées au positionnement de la marque (installation, agencement du point de vente, approvisionnement, mode de distribution des produits, cam- pagne de communication, chartes de qualité...). Ils/elles paient dans un premier temps un droit d’entrée et par la suite des royalties. L’enga- gement des franchisé/es prendra plusieurs formes selon la nature du contrat proposé par le franchiseur : la franchise, la commission affilia- tion, la concession, la coopérative, la licence de marque, le partenariat. Autant de formules du commerce associé.
Se lancer en franchise,
les premières démarches Avant de vous lancer en franchise, définissez les secteurs pour les- quels vous vous sentez un mini- mum d’affinité. Puis repérez ceux qui rentrent dans vos possibilités financières. En additionnant tous les apports et redevances, comptez environ entre 20 000 et 450000 eu- ros d’investissement initial (il existe même des enseignes à droit d’entrée réduit, le trimestriel Franchise & Concept(s) les cite dans son n° 24 de septembre 2019). Le premier tri est fait ? Recueillez le maximum d’informations sur chacune des en- seignes choisies ! L’idéal est d’arpen-
ter les allées du salon de référence, Franchise Expo Paris, cette année du 22 au 25 mars, Porte de Ver- sailles à Paris. C’est une occasion en or pour rencontrer plus de 500 enseignes, mais aussi de nombreux experts, et plonger dans le bain.
Ce tri rationnel accompli, contac- tez. Rapprochez-vous des franchi- seurs, mais fort/e d’un dossier de candidature sérieux. Lors du pre- mier entretien, le franchiseur vous transmettra son dossier complet de présentation de l’entreprise et une copie du Document d’information précontractuel (DIP), clé du pré- accord. Le DIP doit comporter : le nom des dirigeants, les coordon- nées de tous les membres actifs du réseau (avec les dernières entrées et sorties comptabilisées) ou une liste de points de vente situés à proximi- té de la ville de votre choix, une des- cription de l’état national et local du marché. Certains franchiseurs ajoutent à ce document les comptes d’un ou plusieurs de leurs franchi- sés. Pour analyser le DIP, si l’on n’est pas soi-même un praticien des comptes d’une entreprise, mieux vaut faire appel à un expert-comp- table, un avocat-conseil ou à un ca- binet spécialiste de la franchise.
Tous les atouts,
plus votre force de travail Votre choix s’est affiné, vous n’avez pas encore signé. C’est l’heure de la recherche d’un local qui corres- pond aux critères du concept choisi. Celle du montage du dossier (études de faisabilité, analyse du marché local, budgets prévisionnels, plan de montage de votre financement). Celle de la recherche d’un prêt à la banque. Bonne nouvelle : vous vous présentez devant un conseiller « pro » riche de vos seuls yeux tran- quilles, comme le chantait Verlaine, pour un investissement dans votre idée solo, ce sera difficile. Vous arri- vez avec un DIP d’enseigne connue, vous êtes reçu/e avec le sourire. Renseignez-vous sur toutes les aides possibles, elles ne manquent pas. La signature du contrat intervient une fois le projet bouclé, finance- ment compris. Ce contrat engage le franchiseur et le franchisé pour une durée de trois à sept ans. Dans certains cas spécifiques, lorsque les sommes investies sont très élevées, cette durée se prolonge souvent jusqu’à 15 ans (et davantage). Avant de signer le contrat, étudiez-le avec un professionnel.
Le contrat signé, les droits d’entrée payés, à vous de jouer. Avec tous les atouts pour réussir, à condition que, comme tout chef/fe d’entreprise, vous vous lanciez à fond sans comp- ter vos heures. aNNa GUIBOraT
    avez-vous pensé à la franchise ?
Vous souhaitez créer une entreprise ? Vous pensez que partir de zéro est l’unique moyen ? Erreur ! En France, un nombre considérable de services/commerces/ magasins sont... franchisés. Traduire : l’entrepreneur que vous êtes investissez dans une marque déjà existante, celle du franchiseur. Moyennant quoi, vous bénéficiez de tout le savoir de l’enseigne qui vous aidera même – la plupart du temps – à trouver des
Alocaux. Il est urgent de comprendre cette façon d’entreprendre « clés en mains ».
vec les États-Unis, la France est le pays de la franchise depuis le début des années 1970. Selon la
Fédération française de la franchise (FFF), en 2018, on recensait 2 004 réseaux de franchise, 75 193 points de vente pour près de 700 000 sala- riés (emplois directs et indirects) et un CA de 62 milliards d’euros. De l’immobilier à la restauration en passant par l’automobile, la beauté, le bien-être, ou encore les services ou l’équipement de la maison ou de la personne, la franchise a maillé la quasi-totalité des secteurs écono- miques. Tous les jours, se négocient des contrats entre deux entrepre- neurs, le franchiseur (qui voit son enseigne se multiplier et engranger des droits à chaque ouverture) et le/ la franchisé/e qui joue gros mais de façon plus sécurisée que si elle/il se lançait dans l’aventure sans filet. Distribution, production, service : tout est franchisable.
Tout est à votre portée
    de la valeur », explique Véronique Discours-Buhot, nouvelle déléguée générale de la FFF. Ses arguments sont solides : « Avant de se déve- lopper en franchise, le franchiseur était un entrepreneur indépendant. Il a conçu, testé, affiné et éprou- vé un concept sur, au moins, deux entités avant de se lancer en fran- chise. Mettre en place un concept demande du temps et de l’argent. Lorsqu’on devient franchisé, toute cette partie a été “économisée”. On se lance directement dans le business. » Qui ? Tout le monde ou presque : il n’existe pas de profil type pour entreprendre en fran- chise. Véronique Discours-Buhot le confirme : « La franchise est une
DRéseaux sociaux et entreprise
epuis l’arrêt Nikon, les salariés ont du travail, peut également affecter l’exécution le droit, même au temps et au lieu du contrat de travail.
du travail, au respect de l’intimité Les salariés, qui jouissent d’un droit à la li- de la vie privée, ce qui implique le berté d’expression, expriment de plus en plus
droit de recevoir des messages électroniques. facilement leurs critiques envers leur hié-
 « La franchise est un modèle entre-
preneurial très vertueux, basé sur le
partage de savoir-faire et le partage   manière d’entreprendre à tout âge.
  J’aime ma boîte
   Néanmoins, cette liberté n’est pas sans limite. En effet, les connexions internet effectuées par le salarié pendant son temps de travail sont présumées avoir un caractère profession- nel de sorte que l’employeur peut contrôler et limiter l’utilisation d’internet dans l’entre- prise, notamment par règlement intérieur ou la charte informatique et limiter la durée des connexions à un « délai raisonnable ». L’employeur pourra alors sanctionner l’uti- lisation abusive des réseaux sociaux par un salarié.
L’appréciation se fera le plus souvent au cas par cas.
De même, l’utilisation des réseaux sociaux, par les salariés, en dehors du temps et du lieu
48 | mars 2020 ecoreseau.fr
rarchie, l’organisation ou le fonctionnement de leur entreprise.
Pour autant, les salariés ne peuvent abuser de leur liberté d’expression et tenir des propos injurieux, diffamatoires ou excessifs.
Si la seule mention « j’aime » à l’égard d’un texte rédigé par un autre salarié ne suffit pas à elle seule à caractériser une faute, le fait de publier des propos sur une page Facebook permettant d’identifier son employeur et comprenant des injures ou des propos outra- geants à l’égard de la hiérarchie constitue un abus de la liberté d’expression justifiant une sanction disciplinaire. n
Nicolas Durand-Gasselin, avocat
   ]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                                     ]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[pratique
business guide
En marge du salon Workspace expo
(10-12 mars à la Porte de Versailles à Paris)
propice au dépassement de soi sont des enjeux auxquels les entreprises les plus performantes sont très at- tentives.
Penser à tout,
dans tous les sens
Pour optimiser les espaces de tra- vail, rien ne doit être laissé au ha- sard. Les espaces ouverts de travail – open space, desk sharing et flex office –, destinés à favoriser la com- munication et gagner en surface, accusent aujourd’hui de sérieuses faiblesses en termes d’acoustique : le bruit et les nuisances sonores sont causes de fatigue et de stress, impactent la qualité de vie au tra- vail, perturbent la communication verbale et détournent l’attention (Journée nationale de l’audition 2019). Il est donc devenu néces- saire d’aménager les espaces pour pouvoir s’entendre et se concentrer. De nombreuses solutions existent pour réduire les nuisances sonores, telles que cabines, mobilier avec cloisons, plafonniers, revêtements muraux, écouteurs et luminaires. Autre point d’attention : le bien- être au travail se vit dans un air sain. Or, la qualité de l’air intérieur en entreprise est aujourd’hui poin- tée du doigt : produits de décora- tion, matériaux composant le mo- bilier, air conditionné, fournitures diverses et machines le polluent. Un véritable enjeu de santé pu- blique, d’autant que le bureau est le second lieu de vie des Français, qui y passent 7 à 8 heures par jour. Pour lutter contre l’air vicié dans les bureaux, des appareils d’ana-
  Réenchanter l’univers des collaborateurs
Transformer l’espace de travail en lieu de bien-être ? Un changement dont les entreprises se sont emparées avec enthousiasme, mais qui suscite autant d’attentes que de méfiance. D’où l’importance de rassurer salariés et managers.
Faire évoluer les manières de travailler des salariés est dé- sormais une vraie tendance de fond. Les entreprises
aménagements proposés, est donc important. L’entreprise doit laisser à chacun la possibilité de démon- trer, si besoin, les incohérences et appuyer d’éventuelles demandes de modifications. Tout manager est conscient que la productivité des collaborateurs, la bonne conduite des projets et donc le succès de son entreprise passe aussi par un espace de travail agréablement aménagé. Favoriser les échanges des groupes de travail, optimiser la collaboration entre les équipes, minorer l’absentéisme, créer des espaces où les collaborateurs s’épa-
  le clament haut et fort : elles n’ont
qu’une ambition, travailler autre-
ment, de manière plus transverse.
Objectif ? Que les collaborateurs
se rencontrent et échangent. Ou
comment le bien-être des salariés
s’érige au rang des priorités. Car
un espace de travail reste un espace
de vie, où s’écrit une part de l’exis-
tence de ceux qui y évoluent. Ras-
surer toutes les parties prenantes en
allant à leur rencontre, de confron-
ter leur expérience du terrain aux   nouissent dans un environnement
Faire évoluer les manières de travailler des salariés est désormais une vraie tendance de fond. Les entreprises le clament haut et fort : elles n’ont qu’une ambition, travailler autrement.
      50 |
mars 2020 ecoreseau.fr
                                ]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                  Le plaisir du café –
fraîchement moulu, pas en capsule.
 Roger Federer
Plus grand champion de tennis de tous les temps
 La nouvelle Z6 fascine même les esthètes et les gourmets les plus exigeants, tels que Roger Federer. La façade et la partie supérieure en Diamond Black viennent souligner son design sculptural. Équipée des technologies les plus modernes, comme le Professional Aroma Grinder, P.E.P.® ou la technologie mousse fine, la Z6 per- met de préparer à la perfection 22 spécialités au café, du ristretto aux spécialités lungo Barista, parfaitement digestes. L’intelligence artificielle personnalise le visuel automatiquement selon vos préférences. Le Smart Connect rend même la commande par smartphone possible et l’I.W.S.® reconnaît automatiquement le filtre à eau. JURA – If you love coffee. www.jura.com
]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
      Mobilité, praticité, agilité, flexibilité,
ergonomie : à l’ère du flex office, l’espace de travail doit pouvoir se reconfigurer facilement
et se transformer rapidement.
un conseil qui compte
lyse peuvent mesurer en continu le taux de polluants, favorisant la recherche de solutions adéquates. Outre le bruit et l’air, l’éclairage doit également être pris en compte. 70 % des bureaux ne disposent pas d’un éclairage général permettant d’atteindre les 500 lux préconisés. La lumière joue un rôle essentiel dans notre équilibre au quotidien, car elle régule notre horloge bio- logique interne, garante de notre énergie, de notre concentration et de la qualité de notre sommeil. L’éclairage des bureaux est donc une donnée importante à ne pas négliger, d’autant que nous passons la plupart de notre temps en inté- rieur. Cependant, selon l’enquête 2017 du Centre d’études et de re- cherches économiques sur l’éner- gie (Ceren), l’éclairage des bureaux est encore trop souvent mal adapté. L’étude propose des pistes pour ac- croître le bien-être des utilisateurs en tenant compte de leurs besoins : éclairage artificiel pour combler le manque de luminosité naturelle, variateurs d’intensité et de tonali-
té de couleur en fonction des pré- férences de chacun et du rythme d’évolution de la lumière du jour.
Place au lâcher-prise et à l’échange
De plus en plus, les entreprises mettent en place des espaces convi- viaux et informels, propices à la déconnexion, au lâcher-prise et à l’échange. Le mobilier – résolu- ment coloré et récréatif –, compo- sé par exemple de poufs géants, de balançoires, de tables hautes et de tableaux écritoires, favorise la créa- tivité et l’expression individuelle. Mobilité, praticité, agilité, flexibili- té, ergonomie : à l’ère du flex office, l’espace de travail doit pouvoir se reconfigurer facilement et se trans- former rapidement en cellule de ré- flexion, en lieu collaboratif, en salle de réunion ou en cafétéria. Léger, modulable, polyvalent, équipé de roulettes, le mobilier s’adapte. « Au- jourd’hui, avec les réseaux sociaux, tout est à portée de main, partout dans le monde. Nous croyons nous évader à travers toutes les images,
         max
Àtous les stades de la vie de l’entre-   notamment en matière de recherche de fi-   compagner les chefs d’entreprise dans
L’accompagnement de l’expert-comptable : un atout pour le dirigeant lors de sa recherche de financement !
   Peuvrier
prise, les dirigeants manifestent le besoin d’obtenir un conseil de proximité, celui sur lequel le sa-
voir-faire de l’expert-comptable est recon- nu par tous. Ce professionnel de la finance bénéficie d’une formation de haut niveau qui lui permet d’être à l’écoute et au service du chef d’entreprise dans les domaines éco- nomiques, comptables, financiers, sociaux, fiscaux et administratifs. Cet accompagne- ment personnalisé de l’entrepreneur peut se matérialiser dès la phase de recherche de financements.
nancements.
L’accompagnement de l’entrepreneur par un expert-comptable constitue un gage de fiabilité pour les financeurs L’expert-comptable cherchera à optimiser le plan de financement du projet en analysant l’ensemble des ressources financières sur lesquelles le dirigeant pourra s’appuyer : apports personnels, aides ou subventions (prêts d’honneur, organismes de caution- nement mutuel,...), prêts bancaires clas- siques, sources de financement alternatif. L’attestation du plan d’affaires basé sur des hypothèses réalistes rassurera les finan- ceurs et permettra de faciliter l’obtention d’un financement.
leurs recherches de financement
L’Ordre des experts-comptables a déve- loppé un autodiagnostic financement que l’expert-comptable transmet à son client. Ce dernier permet d’apprécier facilement la situation financière de l’entreprise. Le dis- positif Crédit 50 K€ (qui va passer à 200 K€ en avril prochain) permet, quant à lui, à l’expert-comptable de transmettre une de- mande de financement à trois banques, pour le compte d’une entreprise cliente. Enfin, l’Ordre est partenaire de l’édition 2020 du Guide du Routard du financement d’entreprise qui dresse un panorama des subventions et des solutions de finance- ment disponibles par profil d’utilisateur (start-up et entreprises innovantes, au- to-entrepreneurs, franchisés, ...).
Dans le cadre de cette mission d’accompa- gnement, l’expert-comptable orientera le chef d’entreprise vers le produit financier le plus adapté à sa situation et vers les ac- teurs du marché qui proposent la solution la plus pertinente. n
Expert- comptable et président du Comité financement du Conseil supérieur
de l’Ordre des experts- comptables
« Challenger » la pertinence de son projet
auprès d’un expert-comptable
L’analyse d’un expert-comptable sur les dif-
férents aspects d’un projet, quelle que soit
la phase du cycle de vie que traverse l’en-
treprise, permet d’optimiser ses chances de
réussite. Après avoir déterminé les attentes
du dirigeant avec précision puis synthéti-
sé les points forts et les points faibles, l’ex-
pert-comptable pourra définir avec son
client les étapes à franchir ainsi que les
besoins d’accompagnement de ce dernier   perts-comptables par l’Ordre pour ac-
L’expert-comptable pourra également ac- compagner son client lors d’entretiens avec des partenaires financiers afin de l’aider à obtenir un financement et à négocier cer- taines caractéristiques définissant ce dernier (frais de dossier, taux d’intérêt, durée,...).
Des outils mis à disposition des ex-
 52 |
mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
    infos et autres vidéos. Mais, en ré- alité, nous sommes surinformés et nous avons du mal à faire le tri, nous sommes devenus hyper indi- vidualistes et nous avons perdu, de fait, une partie de notre humanité, souligne Karl Petit, architecte et directeur artistique de Workspace Expo. Et c’est particulièrement vi- sible au sein des espaces de travail où il y a une forte pression : il est devenu urgent d’y réinjecter de l’émotionnel, pour ré-enchanter le quotidien, retrouver un bien-être émotionnel individuel et réhuma- niser les échanges. »
JONaTHaN NaHmaNY
Côté chiffres
Le bien-être au travail :
36 % d’insatisfaits (soit 9 millions de personnes) 56 % estiment qu’il s’est détérioré ces dernières années (Observatoire Entreprise et santé Viavoice- Harmonie Mutuelle, 2019)
Implication de l’entreprise
dans le bien être des entreprises :
37 % d’actifs travaillant dans un bureau pensent que leur employeur ne se préoccupe pas de leur bien- être au travail (Observatoire Actineo 2019)
74 % sont majoritairement satisfaits de la
qualité de vie au travail tout en déplorant très majoritairement le manque d’implication de leur entreprise dans cette amélioration
« Les tendances sont multiples (eco-responsabilité, qualité et bien-être, etc.), mais c’est indiscutablement l’Humain avec un H majuscule qui est au centre des évolutions » Laurent Botton, directeur du salon Workspace expo
     Laurent Botton, directeur du salon Workspace expo.
« Une entreprise désire rationaliser son espace de travail mais également l’utiliser pour attirer et retenir les talents »
Comment se présente cette édition 2020 ?
L’édition 2020 de Workspace Expo s’annonce extrêmement riche. Nous accueillons cette année 300 marques avec
une croissance en termes
de surface de 25 %. Plus
de 92 nouvelles marques exposeront cette année. Nous notons également pour la 4e année consécutive une forte augmentation des exposants étrangers : allemands, suisses, Italiens, polonais, espagnols, etc. Ce salon est devenu la référence en France pour l’aménagement des espaces de travail. Il est également
le plus grand salon annuel d’Europe sur ce secteur. En résumé, tous les voyants sont au vert et nous attendons avec beaucoup d’impatience le coup d’envoi de cette
édition 2020. Cette année encore, les Conférences & Workshops occupent une place essentielle dans le salon. Pour permettre à nos visiteurs de s’enrichir et
de mieux cerner les futurs grands enjeux des espaces de travail, nous avons conçu un programme ambitieux avec, entre autres, les interventions d’architectes de renom qui viendront partager leur vision sur l’espace de travail, et d’experts de l’acoustique, de la lumière ou de la connectivité. Autre temps fort, la remise des Trophées de l’Innovation est avancée au premier soir du salon pour permettre aux lauréats d’exposer leur prix les deux jours suivants. Enfin, la Nocturne du salon, qui a toujours lieu le deuxième soir, est devenue un rendez-vous
festif et convivial, attendu par tous, exposants et visiteurs.
Quelles sont les grandes tendances (design, mobilier, aménagement) du marché ? Les tendances sont multiples (eco-responsabilité, qualité et bien-être, etc.), mais c’est indiscutablement l’Humain avec un H majuscule qui est au centre des évolutions. Les modes d’aménagement sont nombreux mais aujourd’hui il s’agit avant tout de privilégier des systèmes attractifs pour les collaborateurs. Le temps n’est plus au « copié / collé » de systèmes d’aménagement. Désormais, on réfléchit au type d’aménagement en fonction de la typologie des populations de l’entreprise, de leurs besoins : s’agit-il
des personnes nomades ou
sédentaires ? De quel degré de confidentialité ont-elles besoin ? Travaillent-elles en mode projet ? En fonction de ce genre de variables, on peut construire différents types d’aménagements pertinents.
Quid des enjeux à venir ?
Une entreprise désire rationaliser son espace
de travail mais également l’utiliser pour attirer et retenir les talents. C’est un outil de recrutement, de management. Un aménagement réussi signifie que les collaborateurs sont potentiellement placés dans les meilleures conditions pour être plus productifs. C’est évidemment un autre enjeu majeur pour les entreprises. Enfin, l’image : outre les collaborateurs, l’entreprise reçoit des personnes
extérieures (partenaires, prestataires, clients). L’espace de travail devient un outil
de communication. Un
moyen d’exprimer son ADN. Tous ces facteurs font que
les entreprises dépensent
par an environ 1,3 milliard d’euros. C’est un marché en croissance, à l’image du salon qui est devenu une place
de marché incontournable. Les dirigeants d’entreprise, les architectes, les space planners peuvent en 3 jours découvrir sur Workspace Expo les nouveautés produits, les tendances et échanger avec les professionnels du secteur. Et ce, quels que soient leurs projets : sièges sociaux, hôtels, espace de coworking.
54 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                     Journées d’études, réunions de travail, séminaires, motivation et détente, conférences... Découvrez le Château des Vigiers situé dans un écrin de verdure dans le Périgord avec 2 hôtels ****, 6 salles de séminaire, un golf 27 trous, un Spa by Sothys, un restaurant étoilé «Les Fresques», un bistrot, permettant à vos collaborateurs de profiter d’un moment d’évasion dans un lieu d’exception !
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]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation par Geoffroy Framery
le chiffre
120 ans
Audencia
fête ses 120 ans en 2020 !
Les Carnot Télécom & société numérique et m.I.N.E.s de nouveau labellisés Carnot
L’annonce officielle a été faite le 7 février. Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et
de l’innovation perpétue la labellisation Carnot pour les Carnot Télécom & Société numérique
et Carnot M.I.N.E.S, labellisés tous deux depuis 2006, date du lancement du label. Pour rappel, cette labellisation encourage les
relations partenariales entre les laboratoires de recherche publique et les entreprises afin de développer la R&D, le transfert technologique
et l’innovation. Carnot M.I.N.E.S structure la recherche partenariale des écoles de l’IMT : IMT Atlantique, IMT Lille Douai, IMT Mines Albi,
IMT Mines Alès, Mines St-Étienne et son partenaire stratégique Mines ParisTech notamment.
manutan mécène d’EsCP Business school et la Fondation EsCP
Dans la continuité du rapprochement opéré entre
Manutan – acteur de la distribution b to b multicanale
en Europe (All you need. With love !) et ESCP Europe,
la Fondation ESCP tisse des liens plus étroits. Le
développement de l’entrepreneuriat, l’amélioration
de produits et de services ou encore l’optimisation des organisations internes, autant de sujets business qui seront traités par les étudiants de l’ESCP.
Travailler autrement
Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement
Il nous appartient à tous Od’être exemplaires !
ù en est-on de l’orga- les cartes de la carrière de chacun. nisation vie pro-perso Une nouvelle fois, nous constatons au moment de l’arrivée qu’une telle avancée émerge de la d’un enfant dans un société civile et économique, sans
foyer ? Les mères bénéficient d’un attendre le législateur qui peine à se
Audencia s’appela École supérieure de commerce de Nantes-At- lantique (ESC Nantes) de 1900 jusqu’en 2000 !
Elle célébrera tout au long de l’année ses 120 ans, à travers 120 événements d’illustration des valeurs et de l’engagement
de l’école. Trois jours de festivités du 8 au 10 octobre et la création d’une œuvre d’art constitueront le point d’orgue « officiel » de cet anniversaire. Un autre anniversaire au sein de la marque, les 40 ans de l’Executive Education (la formation professionnelle).
Pour donner de la visibilité à ce dispositif, Audencia a lancé un site Web dédié (https://120.audencia.com). On y trouve les grandes dates de l’his- toire de l’école, il sera nourri au fil des mois de résumés des 120 événe- ments. n
congé maternité minimum de 16 semaines et les pères disposent de onze jours à la naissance d’un enfant. Aujourd’hui 105 entreprises annoncent qu’elles s’engagent à al- longer cette durée à un mois mini- mum pour le second parent.
Un élan provenant majoritairement du monde des start-up. Ce qui n’a rien d’étonnant au regard des pro- fils qui composent ces structures, dont la grande partie des fonda- teurs sont des hommes de moins de 40 ans. Quoi qu’il en soit, nous pouvons noter qu’il s’agit d’un vrai coup de boost en faveur de l’égalité homme/femme dans le monde de l’entreprise. Là où la majeure partie des collaboratrices témoignent de réelles difficultés liées à la maternité pour l’avancement de leur carrière, cet engagement pourrait rebattre
rendre compte que la France accuse un retard face à ses voisins euro- péens.
Pourtant, une telle initiative da- vantage partagée pourrait avoir de multiples bienfaits pour l’ensemble de la société et l’économie : une meilleure répartition des tâches et de la charge familiale et une ac- cessibilité égale entre tous les pères, car n’oublions pas que les contrats précaires sont souvent moins enclins à faire valoir ce droit.
Le chemin reste long pour que l’égalité homme-femme devienne une évidence et non une obligation, mais preuve est faite que des initia- tives très positives peuvent déjà voir lejour!n
56 | mars 2020 ecoreseau.fr
L’âge respectable d’Audencia Business School. La vieille dame sera célébrée tel qu’il se doit avec 120 événements prévus à l’occasion (lire infra).
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                    NANTES | VENDÉE | PARIS | BEIJING | SHENZHEN | CHENGDU
         sharing, innovating and daring !
10th anniversary of the Foundation
20th anniversary of the Audencia brand 10th anniversary of the WWF partnership 40th anniversary of the Executive Education 20th anniversary of the Specialised Master® Management and International Skills
33rd Triathlon Audencia-La Baule
120.audencia.com
#Audencia120
      audencia.com
  *De l’audace, toujours !
]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation
 L’homme intelligent ne fait pas étalage de ses
connaissances, les sots exhibent leur bêtise.
ProverbeattribuéàSalomonin,InLelivredes proverbes
msc mIB Tech à l’Iéseg
Pour septembre 2020, l’Iéseg School of Management va lancer un nouveau Master of Science (MSc) en International Business and Technology (MIB Tech)
sur son campus parisien. Le programme a été conçu pour les étudiants venus d’une formation STIM (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques)
qui souhaitent renforcer leurs compétences en commerce international et management, tout en cultivant une meilleure compréhension interculturelle du monde des affaires. La formation se situe à la croisée des affaires et des sciences : le programme pourrait se valider en double diplôme avec des écoles d’ingénieurs parmi les plus prestigieuses dans le monde. Un premier accord a été signé avec Polytechnic University of Madrid.
sKY25 : nouvelle feuille de route pour skéma
Nouveau plan stratégique et nouvelles annonces pour la business school des Hauts-de-France. Trois grands axes sont retenus : devenir un acteur d’avant-garde dans la formation, devenir une institution engagée, revendi- quer une organisation « glocalisée » (comprenez entre le global et le local). Quelques idées à retenir :
• Développement d’un modèle pédagogique « proprié-
taire », le Skema Way of Learning : SKWol reposera sur
une plus grande individualisation des parcours.
• Ouverture de trois nouvelles écoles aux trois ADN dis-
tincts : dominante Intelligence artificielle avec Skema
AI School for Business à Raleigh (États-Unis), dominante droit avec Skema Law School for Business à Belo Horizonte (Brésil), dominante design avec Skema Design School for Business en France.
• Créer de la valeur via l’intelligence augmentée. Parce que l’IA est deve- nue un outil de production qui fait muter les organisations et les métiers, l’école va accompagner les professionnels, décideurs et gouvernants dans l’appropriation de ces nouvelles dimensions au travers de Skema Advisory with AI.
• L’ouverture de nouveaux campus – hubs régionaux. Les futures implan- tations de Skema s’étendront, outre l’Afrique du Sud qui ouvre ce mois-ci, à l’Inde, la Russie et l’Australie. Chaque campus abritera une, deux, voire trois des écoles de Skema.
Le Groupe Isae s’associe à 3 écoles d’ingénieurs
Ces nouveaux rapprochements entre
écoles ambitionnent de mettre en place des relations privilégiées dans les domaines de la recherche, de la formation, de l’innovation ou encore de l’entrepreneuriat. Par le biais de ces partenariats, le Groupe Isae – Isae-Supaero, Isae-Ensma, Estaca, Supméca et l’École
de l’air –, poursuit sa vocation à fédérer, en
France, les écoles du domaine de l’ingénierie aéronautique et spatiale comme Elisa Aerospace, et structure sa coopération avec des écoles de domaines connexes comme l’Estia et l’EIGSI.
58 | mars 2020 ecoreseau.fr
IMT Lille Douai poursuit
son développement à Ll’international
a mise en œuvre d’un plan d’actions à l’inter- national fait bouger de nombreuses lignes or-
 ganisationnelles. Cette année,
l’école a réorganisé la direction
des Relations internationales et
des partenariats académiques
(Dripa) afin d’accompagner les
élèves en séjours et en stages
hors de France et d’élargir l’offre de doubles diplômes en multipliant les partenariats avec des établissements renommés, en Europe et dans le monde entier (Canada, États-Unis, Chine, Inde, Brésil ou encore Japon). Elle a aussi créé un département en Management international qui prépare notamment les étudiants à l’interculturel et à la pratique des langues. En cohérence avec sa stratégie de développement, IMT Lille Douai a démarré un mastère spécialisé en économie circulaire avec les Mines de Rabat, au Maroc, en janvier 2020. De nouveaux partenariats ont été signés, avec no- tamment l’University of Technology à Sydney ou encore Northern Illinois University à Chicago. n
L’Iéseg et Le Wagon créent un mBa en Leadership et Code
Ce nouveau MBA Leadership
and Code sera proposé à Paris à
partir d’octobre 2020. Enseigné
entièrement en anglais, il est
destiné aux professionnels d’au
moins trois ans d’expérience
professionnelle et vise à former
des managers et des acteurs
du changement grâce à un
programme entièrement intégré
(il combine des cours de pointe
en management et code). Le MBA
aidera les professionnels à comprendre la complexité d’un monde numérique en mutation et à tirer parti de leurs compétences analytiques et de leur polyvalence pour traiter à la fois les langues des affaires et de la technologie.
    PETITES INFOS
uParis School of Business (PSB) obtient l’accréditation AACSB.
uagroParisTech se dote d’une politique de science ouverte et met en œuvre
dix engagements dont l’ouverture et la pérennité de l’accès aux résultats de la recherche d’AgroParisTech, l’encouragement des modes de publication scientifique ouverts et responsables ou encore l’ouverture de l’innovation à la société.
u Le groupe INsa entame une démarche prospective qui doit faire sens en 2040 : transformations climat-énergie, numériques et sociales, formation d’ingénieurs humanistes...
u emlyon business school annonce l’évolution de sa gouvernance : Bruno Bonnell passe la main à Jean Eichenlaub, président de Qualium Investissement, qui officiera en qualité de président du conseil de surveillance d’Early Makers Group, la holding du groupe emlyon.
u Nouveau campus parisien pour Neoma Business school : prévu pour la rentrée de 2021, le futur campus parisien de la business school sera situé en plein cœur du quartier de la Butte aux Cailles, dans le 13e arrondissement. Quatre-vingts millions d’euros ont été investis pour ce nouveau campus intra-muros d’une surface de plus de 6 500 m2 pour une capacité d’accueil de 1 500 étudiants du post-bac à l’Executive Education.
 ]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                 RÉVÉLEZ ET
VALORISEZ VOS TALENTS À CHAQUE ÉTAPE DE VOTRE CARRIÈRE
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      ]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
manager autrement
50 ans, 25 000 « entr-apprenants »
 Juniors-Entreprises : un réseau à connaître
Les Junior-Entreprises auraient leur place dans la boîte à outils du dirigeant d’entreprise. Et pourtant, elles restent encore méconnues. À tort.
Pascal Bucalo connaît   Junior-Entreprises ? Qui a en-
 bien les Junior-Entre- prises (JE). Il est consul- tant pour TripleWin.
Son périmètre de prédilection : la grande distribution, les fa- bricants, petits ou grands. HEC Junior Conseil fait partie de ses interlocuteurs réguliers. Il confie à cette structure des enquêtes consommateurs, avec la création du questionnaire, le temps d’enquête sur le ter- rain et l’analyse première qui en découle. « Souplesse, réac- tivité, mobilisation sur tout le territoire national, des jeunes qui pigent vite... » Il ne tarit pas d’éloges. Résultat : trois missions ainsi déléguées en 15 mois. Mais Pascal Bucalo est aussi du sérail. Consultant, il a une double casquette : il est, par ailleurs, enseignant pour le compte de l’Institut d’admi- nistration des entreprises (IAE) de Paris. C’est aussi un ancien diplômé de l’Essec, précisé- ment là où a été créée la toute première Junior-Entreprise. Les arcanes du système de l’en- seignement supérieur n’ont donc pas de secret pour lui. Mais qui, alors, connaît les
tendu parler de leurs 50 ans d’existence en 2019 ? Un petit tour – tout à fait informel, et sans valeur de sondage – au- près de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) d’Île-de-France ré- vèle leur manque de notoriété. « Aucun adhérent n’a jamais mentionné avoir eu recours à une Junior-Entreprise. » Pas de quoi tirer une conclusion ob- jective, mais une impression en demi-teinte se dégage.
Un réseau
qui fait tache d’huile Marque déposée, les Junior-En- treprises sont étroitement liées aux sacro-saintes grandes écoles françaises. Et a priori surtout aux business schools. A priori seulement : sur les 200 structures actuelles, 54 % vivent dans l’enceinte des écoles d’ingénieurs, 20 % à l’université, à quasi-égalité avec les écoles de management (à hauteur de 22 %). Une révolu- tion. Et de quoi mettre à mal les critiques qui pointent l’absence de connexion entre universités et entreprises. Un exemple :
En 2018, plus de 3 500 projets ont été développés. Leur principale clientèle ? Principalement des petites et moyennes entreprises.
      60 |
mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[  tier électronique qui permet de réaliser automatiquement l’en- semble des tests nécessaires sur les capteurs du lanceur Ariane 6 avant son décollage, Sciences Po Paris à la mise en place du grand débat national ou bien encore, Sciences Po Bordeaux à la réalisation d’un audit sur les conditions de déroulement et de gestion des différents projets de transformation de l’entreprise pour le compte de la branche gares et connexions de la SNCF... En 2018, plus de 3 500 projets ont été dévelop- pés. Leur principale clientèle ? Principalement des petites et moyennes entreprises.
Et les Juniors-Entreprises tri- colores essaiment. Depuis 1992 et l’adoption du système LMD pour licence master et doctorat, 350 ont vu le jour en dehors des frontières. C’est vrai en Europe, aux Etats-Unis (comme à Ber- keley ou à Stanford) ou bien en- core au Brésil. Dans un proche avenir, le réseau national va se densifier davantage encore, avec le déploiement de JE au sein de filières à bac+3 et même bac+2.
manager autrement
pratique
    Upsilon, JE de l’université
Toulouse 3 – Paul Sabatier. En
effet, les quelque 25 000 étu-
diants membres du réseau des
Junior-Entreprises mettent les
mains dans le cambouis. Études
de faisabilité, études de mar-
ché, définition de la stratégie...
des exercices grandeur nature
régulièrement pratiqués. « Le
principe, explique Simon Ton-   des membres d’Upsilon à Tou-
Une concurrence
à bas coût ?
De quoi augmenter encore l’employabilité d’étudiants is- sus des diplômes universitaires de technologie (DUT) gestion des entreprises et des admi- nistrations (GEA), déjà bien appréciés des entreprises. Mais recruter des étudiants reste une opération pas si facile que ça. « Le taux de transformation est de un pour 1 000 », déplore l’un
Dans un proche avenir, le réseau national va se densifier davantage encore, avec le déploiement de JE au sein de filières à bac+3 et même bac+2.
naire, président de la Confédé-   louse. Et se poser en concur-
     ration nationale des JE, qui a
commencé à se challenger sur
le terrain via Skema Conseil de
Lille, est de mettre en applica-
tion les enseignements dispensés
au sein de notre école. Avec une
telle diversité d’établissements,
les missions sont elles-mêmes
très variées. » Des exemples :
Centrale Supelec a ainsi parti-
cipé à la conception d’un boî-   mUrIELLE WOLsKI
rents pour les « grands » ? La question titille. Tout cumulé, le chiffre d’affaires du réseau dé- passe les neuf millions d’euros. D’ailleurs, pour ne pas susci- ter d’animosité des cabinets de conseil, la CNJE aime à rappe- ler le statut d’association des JE, et surtout l’interdiction qui leur est faite de faire de la publicité.
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]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents MBA/EMBA :
pour « réfléchir sur l’avenir de nos MBA, nos pôles de compé- tences, échanger les bonnes pra- tiques », précise Hervé Remaud, professeur senior de Marke- ting chez Kedge et directeur du Kedge Global Executive MBA. Malgré ces efforts, plusieurs ombres au tableau demeurent au moment où les candidats sou- haitent de nouveau s’asseoir sur les bancs d’une école : convaincre l’entreprise d’un tel projet et trouver la bonne formule pour concilier projet professionnel, vie privée et formation.
Complexité RH, marque employeur et fidélisation des talents
Une première distinction est à souligner, du moins pour les formations françaises. Le MBA ou global MBA se destine à un public de trentenaires avec une expérience de cinq ans au mini- mum. La formation se déroule généralement à temps com- plet d’où les appellations Full time MBA. L’Executive MBA, à l’image de ceux d’ESCP, de HEC ou encore de l’Essec et d’emLyon proposent des formules à temps partiel : 83 % de la cohorte est en activité à Audencia, 98 % chez Kedge. Vous l’aurez compris, l’Executive MBA s’inscrit dans une dynamique RH complexe. Il s’agit de maintenir la person- ne en poste et de la faire évoluer en consacrant ses temps libres et une partie de son temps profes- sionnel à l’obtention d’un MBA. Le tout en adéquation avec la hiérarchie directe et la direction RH pour valoriser cette prise de hauteur que constitue le MBA.
Dans ce cas de figure où l’ent- reprise cofinance la formation, il n’est pas rare que le participant réponde directement à des ques- tions d’ordre stratégique de son entreprise dans le cadre même de son MBA. L’entreprise qui dé- cide d’envoyer son cadre en for- mation doit trouver l’équilibre entre le coût généré et les indis- ponibilités qu’engendre le MBA, et les retombées de la formation sur le plan stratégique de l’ent-
  apprendre à « se » convaincre ?
Faire bouger les lignes de l’entreprise, effet de style ou réalité avec unMBAouunEMBAenpoche?
 Dans le marché ul-   Pour séduire entreprises et can-
   tra-concurrentiel de l’executive education, le MBA et l’Execu-
tive MBA tiennent toujours le haut du pavé. Les raisons sont évidentes. Ces formations ré- servées à une poignée d’élus donnent toujours le moyen en 2020 de négocier une hausse si- gnificative de salaire (24 % après l’Executive MBA à Audencia), d’accéder à des postes clés dans l’organigramme de l’entreprise, de construire un réseau interna- tional et de, pourquoi pas, dans de rares proportions, tenter sa chance dans le conseil ou l’entre- preneuriat...
didats, les établissements doivent jouer des coudes. Faire évoluer les formats (hyperpersonnali- sation des parcours, spécialisa- tion et mise à jour des électifs, contenus de plus en plus immer- sifs lors des séminaires et autres learning trips...), les rendre at- tractifs et surtout les corréler avec les enjeux actuels et à ve- nir de l’entreprise sont devenus des impératifs. De nombreuses initiatives sont prises, comme chez Kedge Business School qui entame deux partenariats avec Frankfurt School of Finance and Management ainsi que SDAB, Bocconi School of Management
    Investir pour un collaborateur brillant, reconnaître son potentiel et, finalement, le promouvoir après l’obtention du diplôme,
devient un argument dans la retenue des talents.
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]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
    reprise : internationalisation du portefeuille client, optimisation de la gestion budgétaire, implé- mentation de l’innovation non technologique dans les mécanis- mes RH, etc.
identifier et à se valoriser direc- tement dans l’écosystème des entreprises.
Concilier les intérêts de l’entreprise et les intérêts personnels
Au préalable, il faut bien sûr s’assurer que son projet pro- fessionnel soit en adéquation avec la formation choisie. Anne Villate, responsable recrute- ment Executive MBA à Au- dencia, met en garde : « Si une personne est intéressée par un MBA et veut poursuivre sa car- rière à l’international, si elle a prélablement ciblé un marché ou des opportunités, le choix de réaliser un MBA à l’étranger semble tout indiqué. Cela dit, il faut mesurer les risques. Par exemple, un MBA aux États- Unis se réalise sur deux ans et pourrait vite atteindre un montant de 100 000 dollars... [65 000 euros pour l’EMBA de HEC, 38 500 euros à Audencia et 39 000 euros du côté de Kedge, d’après nos informations]. Une
Investir pour un collaborateur
brillant, reconnaître son poten-
tiel et, finalement, le promouvoir
après l’obtention du diplôme,
devient un argument dans la re-
tenue des talents. Le retour sur
investissement se mesure à la
fois sur cette capacité à garder
les talents et sur la valeur ajou-
tée indéniable qu’apporte la for-
mation. La logique de collabo-
ration entreprises-participants
aux MBA pourrait cependant
varier. C’est par exemple le cas
lorsque les sociétés partenaires
présentent d’abord une étude
pratique dans le cadre du MBA
sur un développement produit
ou sur une réorganisation stra-
tégique et réalisent le potentiel
de recrutement par rapport aux
solutions proposées. Ce procédé
pousse les étudiants à se faire   fois la formation obtenue, il
   faut se montrer vigilant sur l’évolution de son visa et avoir conscience de son employabilité par rapport à la constitution d’un nouveau réseau sur un marché du travail dont on ignore souvent les règles. On se trompe en se disant que l’EMBA est d’abord un passeport pour travailler dans une multinatio- nale à l’étranger. »
L’art de la souplesse pour séduire les plus occupés À l’image d’autres programmes, notamment de formation ini- tiale, MBA et EMBA tendent vers des formules plus flexibles et plus personnalisées.
ans si le participant le décide », explique Anne Villate.
Fidéliser en investissant ?
Investir dans les talents reste l’un des fondamentaux de la fidélisation des salarié/es et un fer de lance de la marque employeur. Sur ce sujet, l’EM- BA et le MBA constituent tous deux de vrais leviers de réten- tion des hauts potentiels. Anne Villate : « Cofinancer ce type de programme, c’est montrer à son son/sa collaborateur/trice le désir de le/la faire évoluer vers des missions stratégiques. On pense toujours que l’EMBA est une façon de partir. Mais non, il favorise également les mobilités internes. Imaginez, au contraire, une entreprise qui se ferme à l’idée de financer ou d’autoriser son collaborateur à ce type de programme. Ce type de profil ne restera pas longtemps dans ce type d’organisation. »
« La flexibilité se concrétise
dans les rythmes de formation.
Certains veulent accélérer la
cadence et reprendre une mis-
sion sur un an, d’autres se po-
sitionnent sur des missions
stratégiques et veulent lisser
leur formation. Concrètement,
le parcours représente 72 jours
de formation et se boucle en 12
mois [9 mois pour le MBA de
Montpellier Business School, 10
mois pour le Global MBA d’Ed-
hec Business School, 14 mois
pour l’EMBA de Toulouse Bu-
siness School]. Mais il se lisse
parfaitement sur presque deux   cadre senior épaulé par un col-
Vendre du conseil stratégique
La dimension conseil stratégique devient également un argument de poids pour pencher en faveur de ces programmes. Un haut po- tentiel, entouré de pairs, ou un
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]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[ Un cadre senior épaulé par un collège d’enseignants et d’experts internationaux
ne peut que faire progresser les organisations de l’intérieur.
lège d’enseignants et d’experts   conseil stratégique de la part
professeur senior de marke- ting chez Kedge et directeur du Kedge Global Executive MBA, le confirme : « Il n’existe pas de motif unique qui pousse les ta- lents à entreprendre un EMBA. Mais il existe un maître-mot, le changement. L’EMBA est une démarche continue pour “se changer”, et j’entends par là changer de braquet, de réflexion, mûrir les compétences. Il s’agit bien plus de se changer pour at- teindre un c-level que de changer de structure. » Pour accompa- gner ses cohortes, Kedge fait ain- si bénéficier chaque participant de 18 heures de coaching, lequel d’ailleurs commence dès le mo- ment où le participant souhaite vendre son projet de formation en interne. « Nous proposons dans cette perspective du coa- ching collectif à Kedge pour que le candidat mobilise les bons arguments et se fasse accompa- gner sur la partie financement », souligne Bénédicte Germon, en charge du développement pour l’EMBA chez Kedge.
GF
carrières & talents
pratique
          internationaux ne peuvent que faire progresser les organisations de l’intérieur. « Notre EMBA répond à un cahier des charges qui découle des multiples accré- ditations. De nombreux livrables sont prévus et respectent un ca- hier des charges rigoureux avec une méthodologie éprouvée. Ce type de publication est déjà un premier ROI pour l’entreprise. De quoi permettre également au participant de prendre part à la stratégie de développement de son entreprise et de s’engager sur de nouveaux projets. Finalement, on redonne du sens aux missions des participants et l’on reçoit un
d’une personne qui connaît l’en- treprise de l’intérieur », explique Anne Villate.
Le coaching : garantie d’un changement de posture managériale ? Autre point commun à mettre en avant entre le MBA et l’EMBA, le focus accordé au développe- ment personnel. Chez Audencia, le développement du leadership en face à face représente 12 % du programme EMBA. À quoi s’ajoute le coaching collectif. Ce côté introspectif de la for- mation est une tendance, dans l’air du temps. Hervé Remaud,
    ecoreseau.fr mars 2020
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]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
Une alternative aux business schools ?
Bien sûr, le plan d’ac- tion du réseau pour se faire une place au soleil reste de renfor-
cer la position et la notoriété des IAE à l’international. Au mois de février, le réseau IAE France a ainsi annoncé une convention de partenariat avec Campus France, l’orga- nisme public créé dans le but de promouvoir à l’étranger le système d’enseignement supé- rieur français. Plus globale-
ment, les IAE comptent 1 400 partenaires internationaux et poursuivent l’internationa- lisation de leurs programme en France dans le souci d’ac- cueillir davantage d’étudiants étrangers. Ils proposent aus- si des cours, voire des cursus complets, en anglais – pro- grammes anglophones qui ont déjà rencontré un certain suc- cès avec des participants venus du Pakistan, de l’Angola ou encore du Nigéria. Le réseau IAE prévoit aussi de participer aux grands salons institution- nels que sont APAIE (Asia-Pa- cific Association for Inter- national Education), NAFSA (Association of International Educators) et EAIE (European Association for International Education) pour accroître la visibilité des établissements et favoriser la concrétisation de partenariats, comme celui à l’œuvre avec l’université de McGill (Canada) qui permet l’accueil de 30 étudiants d’IAE pour y étudier par petites co- hortes.
Des MBA qui confirment la modernité intrinsèque des IAE
Mais pour exister sur le mar- ché mondialisé de l’executive education, le réseau historique (créé en 1956) n’a pas eu d’autre recours que de se lancer aussi dans la bataille des MBA. Que valent ces formations délivrées par ces fameux instituts d’ad- ministration ? Analyse.
Aux origines, Gaston Berger, philosophe, haut fonction- naire et surtout initiateur des IAE, s’est largement inspiré des MBA d’outre-Atlantique, avec cette vision généraliste et transversale du management. Sur le papier, c’est d’abord le Certificat d’aptitude à l’ad- ministration des entreprises (CAAE) qui a vu le jour, puis, avec la réforme licence-mas- ter-doctorat (LMD), le Master de management et de gestion des entreprises (MAE) a pris le relai. Une formation, certes
  Que valent
les MBA des IAE ?
Alternative sérieuse aux business schools, les IAE – accronyme auxquel il faut aujourd’hui ajouter School of Management pour de nombreuses entités – gagnent doucement mais sûrement leurs lettres de noblesse sur le terrain de la formation continue.
  « La méthode pédagogique mise en œuvre dans le diplôme est celle des cas, méthode inductive qui permet à l’auditeur, au travers de l’étude de situations réelles d’entreprises, de passer du concret aux concepts »
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 ]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
   distincte du MBA, mais qui a permis à de nombreuses écoles du réseau de concevoir une offre MBA solide, appuyée sur un avoir-faire éprouvé en matière d’ingénierie pédago- gique.
En 2018, neuf des 32 établis- sements du réseau ont mis en place un MBA, avec 21 cur- sus distincts à la clé. Chaque IAE ne dispose donc pas d’un MBA. Un signe de sagesse pour éviter de galvauder le précieux sésame ? Chaque établisse- ment, comme à l’accoutumée, a développé ses spécialisations pour répondre aux besoins des entreprises. Et, a minima, peut-on trouver dans une offre pléthorique, un master en ma- nagement et en gestion des en- treprises, le diplôme phare du réseau, comme tel est le cas à Metz ou Grenoble. D’autres IAE ont réalisé d’autres paris pour davantage internatio- naliser leurs cohortes en pa- riant sur la formule executive, à l’instar de l’IAE de Nice ou de celui de Lyon. Par exemple,
« Le Business Impact System (BSIS) des IAE est évalué à plus de 2 milliards d’euros par an pour 16 000 emplois générés »
Se réorienter avec le MBA du Cnam
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mars 2020 ecoreseau.fr
Une formation hybride
Dans le championnat des MBA, certains acteurs, certes moins clinquants que nos meilleures business schools, ne sont pas
à écarter. Bien au contraire. Ainsi, depuis près de 20 ans, le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) accompagne les salariés désireux de se réorienter, d’accélérer leur carrière ou encore de fonder leur propre entreprise via un MBA « Manager d’entreprise ». Dispensé presque en totalité en anglais, il est proposé à Paris mais également à Bucarest au sein de l’ASE (Académie d’études économiques). Preuve de crédibilité, ces programmes sont
adoubés par l’AMBA – Assocation of MBAs – et la Commission nationale de la certification professionnelle.
Notons aussi que le programme combine un tronc commun et quatre spécialités : Innovation Management, Business Unit Management, Insurance Management (en collaboration avec l’Enass) et Fashion Management (en partenariat avec l’école Esmod). Nouveauté pour octobre 2020, le Cnam proposera une spécialisation Project Management en partenariat avec l’université américaine de Berkeley.
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[ carrières & talents
pratique
En 2018, neuf des 32 établissements du réseau ont mis en place un MBA, avec 21 cursus distincts à la clé.
l’IMBA d’iaelyon est un pro-   Space industries (MBA SDS)
       gramme exécutif entièrement enseigné en anglais pendant 11 mois. Des conférenciers, professeurs et praticiens inter- nationaux viennent partager leurs connaissances et leur ex- pertise avec une classe cultu- rellement diversifiée.
La spécialisation historique et sectorielle au service du MBA D’autres établissement par ail- leurs font le choix de la spécia- lisation sectorielle. Le Master of Business Administration in the Security, Defense, and
de l’IAE de Nice est un pro- gramme d’un an, entièrement enseigné en anglais et conçu pour les professionnels des secteurs de l’aérospatiale, la sécurité, la protection civile, et la défense. Il prépare ainsi les candidats à des postes de di- rection avec une compréhen- sion unique de l’environne- ment commercial des secteurs clés de la souveraineté natio- nale, en leur fournissant les compétences nécessaires pour fonctionner avec succès : les
    ecoreseau.fr mars 2020 | 69
]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
 Des choix payants en termes de qualité de contenus, de débouchés... et de notoriété : le dernier classement SMBG Eduniversal,
a rendu ses enseignements.
instructeurs abordent le cours   plôme généraliste vise à don-
      en ayant à l’esprit les défis pra- tiques de la gestion, en s’ap- puyant sur une expérience de terrain pertinente et en allant bien au-delà de la fourniture d’informations de base et de connaissances théoriques. À Strasbourg, la focale est orien- tée sur des spécialités telles que le marketing et la stratégie de la pharmacie ou bien encore au management stratégique de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). L’IAE de Sa- voie-Mont-Blanc, lui, est his- toriquement tourné vers l’in- novation touristique.
Des choix payants en termes de qualité de contenus, de dé- bouchés... et de notoriété : le dernier classement SMBG Eduniversal, a rendu ses en- seignements. Côté full time, l’Executive MBA de l’IAE Aix-Marseille Graduate School of Management a été classé 10e et le MBA Master Administra- tion des Entreprises de l’IAE Paris le suit de près avec une douzième place. Dans la caté- gorie EMBA part time, l’Exe- cutive MBA de l’IAE Aix-Mar- seille Graduate School of Management, l’International MBA de l’IAE Paris et l’In- ternational MBA de l’IAE Lyon School of Management se classent respectivement aux 15e, 17e et 20e places.
Au service
des décideurs de demain Enfin, rappelons que ce di-
ner des armes managériales et de gestion à des profils déjà diplômés (juristes, ingénieurs, médecins...), en activité ou en plein virage de carrière. L’approche pédagogique mise en oeuvre est celle des cas, méthode inductive qui per- met à l’auditeur, au travers de l’étude de situations réelles d’entreprises, de passer du concret aux concepts. La va- riété des profils (ingénieurs, juristes, littéraires....), et leur mélange dans des groupes à effectif réduit (25 participants environ par groupe au maxi- mum) contribuent à renforcer le caractère original de cette pédagogie, dispensée par des enseignants universitaires charge du programme, aux- quels viennent s’ajouter plus de 300 chargés d’enseigne- ment, professionnels, cadres, consultants, et praticiens d’en- treprise. Quant à la recon- naissance et l’appellation de ces diplômes, elles ne sont pas sans subtilité. Le Master d’ad- ministration des entreprises donne également aux partici- pants diplômés un certificat... de MBA, délivré par l’IAE de Paris – et se traduit au plan international par l’appellation «MBA» (Master of Business Administration). Gare donc aux confusions.
GEOFFrOY FramErY
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IaE, un réseau résolument tourné vers l’avenir
L’impact économique et la mise en
place d’actions RSE sont devenus incontournables pour les acteurs de la formation continue. À ce titre, une étude présentée par la FNEGE et EFMD fait état de l’impact économique du réseau de 34 établissements. Ainsi, le Business Impact System (BSIS) est évalué à plus de 2 milliards d’euros par an. L’impact financier total produit par l’ensemble des
IAE est estimé à 16 000 emplois générés.
En quelques chiffres, les IAE proposent aujourd’hui 856 formations diplômantes en France, 91 à l’étranger, et 134 formations non diplômantes. Le réseau représente plus de 1 200 chercheurs permanents avec un budget de 5,5 millions d’euros alloué aux 487 thèses en management depuis 2016, avec une moyenne de 160 par an.
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[                                Abonnez-vous à ecoRéseAu business
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(si l’on s’en donne les moyens)
LA RETRAITE DANS LE MONDE
Comment
ça se passe ailleurs
CRÉATION D’ENTREPRISE
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Le guide 2020
Pourquoi elle bouleverse tous nos échanges
L’influence d’Alain Marty, son fondateur
N°67 FÉVRIER 2020
540 072 139 Paris
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]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
  L’investissement locatif : un excellent projet, mais pas n’importe où p. 74 L’analyse technique, la boussole des marchés p. 84
Investissement locatif dans
l’immobilier neuf et ancien
Plus que jamais
72 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[                                 HABITER OU INVESTIR EN TOUTE CONFIANCE
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patrimoine
 L’investissement locatif :
selon la Fnaim, sur la même pé- riode les prix ont augmenté de 7,3 % à Nantes, de 5,7 % à Paris et à Lyon, de 4,4 % à Toulouse et de 3,5 % à Rennes, mais seu- lement de 1 % à Lille, Marseille et Strasbourg. À la limite, le prix n’est plus la variable détermi- nante. Les ménages ont compris tout l’intérêt d’être propriétaire de leur résidence principale, d’autant que l’argent n’a jamais été aussi bon marché. Selon une récente étude OpinionWay pour Artemis Courtage, 92 % des son- dés jugent « essentiel ou impor- tant » d’être propriétaire de son logement. Pour eux, il s’agit d’un placement patrimonial mais aus- si une garantie d’indépendance et un filet de sécurité en cas de coup dur.
Un placement qui rassure
Si les Français/es aspirent à de- venir propriétaires de leur rési- dence principale, ils/elles sont également de plus en plus nom- breux/ses à investir pour louer. « L’investissement locatif consti- tue un placement très intéres- sant pour préparer sa retraite. Il assure un revenu régulier tout en prenant de la valeur », opine Philippe Buyens. Preuve de cette prise de conscience collective, les employés et ouvriers sont à l’origine de plus d’un quart de ces placements, soit « la catégo- rie socioprofessionnelle la plus importante parmi les investis- seurs », assure Century 21. L’im- mobilier locatif apparaît donc paré d’atouts. « Mais entre un bien classique, un bien soumis à un dispositif fiscal ou une rési- dence service susceptible de gé- nérer du revenu nom imposable, il faut choisir », rappelle Karl Toussaint du Wast, co-fondateur de Netinvestissement.
L’immobilier à l’ancienne
Si les ménages sont prêts à in- vestir dans l’immobilier et à s’endetter, une part privilégie les grandes villes où la densité du marché locatif fait office d’assu- rance tout risque. Une bonne in- tuition bien sûr, mais attention. « Acheter à Paris pour louer est aujourd’hui une hérésie tant les prix sont élevés. Pour dégager du rendement, il est essentiel de miser sur une ville dont les prix offrent un potentiel de hausse élevé, de l’ordre de 20 à 30 %. Les agglomérations de Nantes, Lille, Toulouse ou Bordeaux restent aujourd’hui très attractives. Peu importe si on habite à 500 km.
un excellent projet,
mais pas n’importe où
Les années se suivent et se ressemblent pour le marché immobilier. Malgré la hausse des prix, les ménages sont toujours plus nombreux à investir dans la pierre. Reconnaissons que la concurrence fait pâle figure. Le Livret A coûte plus qu’il ne rapporte, l’assurance vie (sans risque) n’en n’est
pas loin et la Bourse montre ces derniers temps des signes inquiétants. Cet engouement pour
la pierre se renforce de la faiblesse des taux qui incite à emprunter pour un coût modique. Dès lors, l’immobilier apparaît plus que jamais comme l’assurance de se constituer progressivement un patrimoine capable à terme de générer un complément de revenus, une vraie valeur refuge au même titre que l’or. Pour preuve, selon Century 21 France, en 2019, plus d’une transaction sur quatre réalisées dans son réseau l’a été au titre d’un investissement locatif.
Tous propriétaires
Cet engouement pour la pierre a soutenu les prix ces dernières années. En 2019, ils ont dépassé leurs précédents records quasi- ment partout en France. Selon la Fnaim, le tarif moyen du mètre carré était, fin 2019, de 2 700 eu- ros, soit une progression de 3,1 % sur un an. Une poussée inflation- niste qu’il faut cependant relati- viser. « On a tendance à dire que les prix ont atteint des niveaux très élevés, mais tout dépend des régions », tempère Philippe Buyens, directeur général de Ca- pifrance. Effectivement, toujours
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     ]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
À la limite, le prix n’est plus la variable déterminante. Les ménages ont compris tout l’intérêt d’être propriétaire de leur résidence principale, d’autant que l’argent n’a jamais été aussi bon marché.
patrimoine
      Il s’agit purement et simplement d’un placement qui doit générer le plus de rendement possible », calcule Karl Toussaint du Wast. Une analyse partagée par Phi- lippe Buyens : « Pour optimiser son rendement, il faut acheter le moins cher possible. Un deux pièces à Chalon-sur-Saône est largement plus rentable que le même à Montpellier, où les loyers sont certes un peu plus élevés mais le prix au mètre carré bien plus cher. »
Indétrônable Pinel
Année après année, le succès du dispositif Pinel ne se dément pas. Pour mémoire, ce régime assure à un investisseur une réduction d’impôt jusqu’à 21 % du mon- tant de l’achat en contrepartie de la mise en location du logement pendant une période de 6, 9 ou 12 ans. L’investisseur doit fixer un loyer modéré défini par l’État et choisir des locataires dont les revenus se situent en dessous d’un plafond qui varie en fonc- tion de la localisation du loge- ment. Il pourra alors bénéficier d’une réduction d’impôt jusqu’à 63 000 euros pour un investisse- ment de 300 000 euros. L’objectif du Pinel est d’augmenter l’offre de logements à destination des classes moyennes dans des sec- teurs qui en manquent. Seules les plus grandes villes où la demande est particulièrement criante sont ouvertes à ce type d’investisse- ment. Les zones A bis, A, et B1 où le manque de logement est le plus fort sont éligibles au Pinel. Avant d’investir, il est évidem- ment indispensable de connaître la ville, de se déplacer sur le lieu où la construction est prévue afin d’éviter les mauvaises surprises. « Le Pinel a tout son intérêt, même si les prix ont beaucoup monté. Investir en Île-de-France par exemple n’a aucun sens. L’acheteur ne doit pas mettre d’affectif dans son placement et rester pragmatique. L’idée n’est pas de s’offrir un appartement pour ses vieux jours, mais bien de se constituer un patrimoine
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tout en se procurant une rente », martèle Karl Toussaint du Wast.
Le charme du Denormandie
En vigueur depuis à peine un an, le dispositif Denormandie, destiné aux immeubles anciens à réhabi-
déjà des programmes. BuildIn- vest, par exemple, commerciale actuellement des appartements dans le centre de Limoges pour un coût compris entre 110 000 et 467 000 euros. Pour Antoine Tranchimand, fondateur de PHP Immobilier, l’atout princi- pal du régime est qu’il cible des biens situés au cœur des villes, ce qui n’est pas toujours le cas dans le neuf. « À l’image du Pi- nel, il convient naturellement de ne pas surpayer le bien. Selon moi, des villes moyennes comme Chartres, Compiègne, Grasse ou Vannes constituent des cibles at- tractives. Les prix sont mesurés et le marché de la location très actif. »
prix d’achat des murs ne donne aucun avantage. Seuls les travaux ouvrent droit à réduction d’im- pôt. Laquelle se chiffre à 30 % en secteur sauvegardé et à 22 % en zone de protection. Le plafond de dépenses est limité annuellement à 100 000 euros. Mais comme les travaux peuvent s’étaler sur trois ans, l’économie d’impôt pourrait atteindre 90 000 euros. Pour y pré- tendre, le propriétaire doit louer nu son bien pendant neuf ans. Au- cun plafond de loyer n’est imposé. Cerise sur le gâteau : le Malraux n’entre pas dans le plafond des niches fiscales contrairement au Pinel, par exemple. « Revers de la médaille, plus de cinquante ans après le lancement du dispositif, le
 liter, devrait susciter l’intérêt des investisseurs. Ils/elles bénéficient d’avantages fiscaux identiques à ceux du régime Pinel. Seul chan- gement, le logement acheté doit exiger une rénovation dont les travaux représenteront au moins 25 % de l’opération immobilière – prix d’achat et montant des travaux. Un logement acheté 150 000 euros devra donc faire l’objet d’une rénovation pour un mon- tant minimal de 50 000 euros. Petit bémol, l’investissement doit se situer dans l’une des 245 villes du programme « Action cœur de ville » ou dans une commune si- gnataire d’une opération de revi- talisation du territoire. Toutefois, depuis la loi de Finances pour 2020, l’ensemble du périmètre de la ville est désormais éligible, et pas seulement le centre-ville. Plu- sieurs opérateurs, dont le leader, BuildInvest, proposent d’ores et
Pinel : investir en Île-de-France par exemple n’a aucun sens. L’acheteur ne doit pas mettre d’affectif dans son placement et rester pragmatique –
Karl Toussaint du Wast, Netinvestissement
    Malraux et Monuments historiques, armes de dé- fiscalisation massive
Le dispositif Malraux, destiné à faciliter la rénovation du centre historique des grandes villes, sé- duit les investisseurs soucieux de conjuguer réduction fiscale et pla- cement immobilier dans la vieille pierre de qualité. L’investisseur achète un bien dans un secteur sauvegardé ou dans une zone de protection du patrimoine. Le
temps a fait son œuvre et les biens éligibles au Malraux se font rares et parfois chers », prévient An- toine Tranchimand. Pour autant, les opérateurs les plus réputés du marché, comme BuildInvest ou Angelys Group, proposent régu- lièrement des programmes dans plusieurs coins de la France. Si le Malraux est réservé à une clien- tèle aisée, que dire du dispositif
 ]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[                 Vous allez prendre goût à l’assurance vie nouvelle génération
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   ]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Acheter une résidence secondaire pour les vacances à la montagne est avant tout un produit plaisir pour soi et sa famille. Ce type de bien représente également un investissement immobilier pérenne –
patrimoine
   David Gérardi, EdenArc 1800
de nombre de ses confrères, pri- vilégie les résidences étudiantes et les Ehpad en raison d’un dé- séquilibre marqué entre l’offre et la demande, un déséquilibre amené à s’aggraver dans les an- nées à venir pour des raisons démographiques. Pour autant, et après un passage à vide dans les années 2000, les résidences à la montagne attirent de nouveau les investisseurs qui souhaitent investir à long terme mais aussi se garantir une ou deux semaines par an au sport d’hiver. « Acheter une résidence secondaire pour les vacances à la montagne est avant tout un produit plaisir pour soi et sa famille. Ce type de bien représente également un inves- tissement immobilier pérenne. On se constitue un patrimoine sur le long terme, pour préparer sa retraite et le transmettre à ses enfants, éventuellement d’en re- tirer un revenu locatif pour ré- duire les coûts d’exploitation », analyse David Gérardi, directeur d’EdenArc 1800, l’un des rares programmes haut de gamme dis- ponible en haute montagne.
Les SCPI
ont le vent en poupe
Les sociétés civiles de place- ment immobilier (SCPI) sont en passe de devenir l’un des place- ments préférés des Français/es. Pour preuve, selon l’Institut de l’épargne immobilière et fon- cière (IEIF), la pierre-papier re- présente désormais une capita- lisation de 64 milliards d’euros, contre seulement 18,9 milliards en 2009. Quant à la rentabilité, elle atteignait l’an dernier 4,4 %, en légère hausse sur un an. « Les SCPI offrent plusieurs avantages. Elles sont accessibles à partir de 1 000 euros, voire moins, elles n’imposent aucune contrainte de gestion et la possibilité de re- vente reste relativement souple », rappelle Karl Toussaint du Wast. En outre, comme la société de gestion investit, non pas dans un seul bien, mais dans des bureaux et des commerces, elle mutualise le risque pour l’épargnant. Au- jourd’hui, les meilleures SCPI du marché, comme celles de Co- rum AM, investissent en Europe et dans des secteurs spécialisés pour aller chercher du rendement et mutualiser encore davantage le risque. Pour autant, ce type de placement n’est pas à l’abri d’un retournement de marché, raison pour laquelle les professionnels recommandent d’y investir entre 10 et 20 % de son patrimoine. PIErrE-JEaN LEPaGNOT
   Monuments historiques ? L’achat des murs ne donne droit à aucun avantage. Mais le propriétaire qui loue après restauration impute la totalité du coût des travaux sans aucune limitation sur son revenu
mite : les programmes éligibles sont très peu nombreux. Et puis, comme pour le Malraux, la qua- lité des biens ne doit pas vous faire oublier celle de leur empla- cement », souligne Antoine Tran- chimand.
tion du bien car ces résidences sont confiées à un exploitant, par le biais d’un bail commercial de neuf ans signé avec le particu- lier. C’est donc le gestionnaire de la résidence qui est locataire du bien, à charge pour lui de le sous-
  taxable. Si l’appartement n’est pas loué, la déduction des travaux tombe à 50 %. Et le dispositif MH n’entre pas, comme le Malraux, dans le plafond de 10 000 euros des niches fiscales. Les conditions de location sont, de surcroît, très souples : durée imposée de loca- tion de seulement trois ans, pas de plafonds de loyers ni de res- sources des locataires, liberté to- tale de louer nu ou meublé. « Ce régime est idéal pour ceux qui paient beaucoup d’impôt et sou- haitent constituer un patrimoine immobilier de qualité. Seule li-
78 | mars 2020 ecoreseau.fr
Les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) sont en passe de devenir l’un des placements préférés des Français/es.
louer et de verser le loyer prévu à l’investisseur. En général, le rendement d’une telle résidence varie entre 4 et 4,2 % net par an, contre 3 à 3,5 % pour un loge- ment neuf classique. Le tout avec une fiscalité attractive. La TVA de 20 % est remboursée dès lors que le bien acheté est neuf, mais ce n’est pas tout. L’investisseur bénéficie de la réduction d’impôt avec le dispositif Censi-Bouvard (réduction de l’impôt de 11 % du prix de revient du logement, dans la limite de 300 000 euros sur neuf ans, soit un avantage fiscal maximum de 3 666 euros par an). À moins d’opter pour
   Les résidences, deux styles, deux ambiances Dans la famille de l’investisse- ment locatif, les résidences ser- vices (étudiantes, seniors, Ehpad, affaires ou tourisme) prennent une place de plus importante. Premier avantage, l’investisseur n’a pas à se préoccuper de la ges-
la déduction et l’amortissement des charges grâce au statut de « loueur en meublé professionnel ou non professionnel ». « La rési- dence services est le seul moyen de percevoir un revenu non im- posable grâce au statut de LMNP ou LMP », confirme Karl Tous- saint du Wast. Lequel, à l’image
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[                 REJOIGNEZ-NOUS !
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          ]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
bons plans
La fin justifie les moyens
Le marché de l’immobilier locatif est en tension croissante dans les principales métropoles françaises. Malgré l’encadrement des loyers instauré dans certaines villes, la hausse du prix des biens finit par se répercuter sur les loyers.
Résultat, plus de 74 % des Français/es locataires interrogé/es par Lagenceblue. fr, agence immobilière 100 % en ligne, trouvent que l’accès à une location de maison ou d’appartement devient un
parcours très difficile. Dès lors, 88 % se disent prêts à des sacrifices financiers et 39 % sont même tentés de mentir sur leurs revenus. Mieux, 49 % des sondés songent à « séduire » le ou la propriétairepourobtenirunelocation.
Parisestmagique
Paris est devenu la ville du monde la plus recherchée par les plus grandes fortunes de la planète, selon l’étude annuelle Global Property Handbook 2020 du réseau Barnes, publiée début
2020. La capitale française se place devant New York, Tokyo, Los Angeles et Hong Kong. Paris était pourtant encore
5e decepalmarèsilyaunan. Tous les arrondissements, même les plus abordables, proposent des immeubles de
qualité qui séduisent les investisseurs étrangers. Alors qu’historiquement l’immobilier de prestige se concentrait sur les 6e, 7e, 8e et 16e arrondissement, le centre de gravité s’est rééquilibré vers le centre est et le Marais, observe Barnes.
Dans l’ouest, l’immobilier profite du réchauffement climatique
Après avoir connu une nouvelle année record,
la plupart des professionnels de l’immobilier se montrent optimistes pour l’avenir du secteur en France. Au-delà du dynamisme de l’Île-de-France,
de nombreux changements à long terme devraient commencer à émerger, estime Jean-David Boukris, directeur du développement chez ClubFunding. Selon lui, les flambées de 2019 ont fait
naître un nouveau phénomène a priori durable : le rattrapage de l’Île-de-France par les métropoles
et autres régions françaises. « À y regarder attentivement, une attractivité moindre des
régions méditerranéennes est à noter, au profit des métropoles, Nantes, Rennes, et du littoral de l’ouest français. Une tendance à mettre vraisemblablement en perspective avec le réchauffement climatique », explique le spécialiste.
expert
La Nuit du Trading, saison 5, mardi 24 mars
80 | mars 2020 ecoreseau.fr
Renforcé par le succès des précédentes éditions, IG organise le 24 mars la 5e édition de la Nuit du Trading toujours au sein de la Salle Wagram. Les investis-
seurs amateurs comme les professionnels échan- geront avec des experts des marchés financiers et des passionnés de trading pour apprendre à mettre en place de nouvelles stratégies et à iden- tifier les opportunités de trading sur l’année à venir. « Je me rends chaque année à l’événement, pour l’ambiance conviviale bien sûr, mais aussi
vision
pour profiter des intervenants. Cette année, les participants suivront notamment une confé- rence de l’Américain John Bollinger, l’inventeur des bandes éponymes qui ont rejoint l’arsenal maintenant classique du parfait analyste », sou- ligne André Malpel, trader et organisateur de plusieurs salons. Si l’analyse technique occupe bien une large part dans l’événement, l’analyse fondamentale n’est pas oubliée avec la présence de Christophe Barraud, chef économiste chez Market Securities, désigné meilleur prévision-
Assurance emprunteur, ça bouge enfin !
E
l’Économie a demandé à la DGCCRF et au Tré- sor de « faire le point » sur les relations entre les banques et les courtiers. L’enjeu est de taille.
Faire jouer la concurrence offrirait aux ménages de substantiels gains de pouvoir d’achat, assure Astrid Cousin, directrice de la communication chez Magnolia.fr. « Abandonner l’assurance de sa banque au profit d’un autre assureur écono- misede6000à15000eurossurladuréedu prêt », explique-t-elle. Malheureusement, de-
nfin ! Alors qu’il apparaît toujours aus- si difficile de changer d’assurance pour les prêts immobiliers, Bruno Le Maire monte enfin au créneau. Le ministre de
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[   niste mondial par Bloomberg, et de Christian Parisot, chef économiste chez Aurel BGC. « Cette nuit s’adresse à tous les publics avec des conférences accessibles aux débutants et d’autres plutôt destinées à des traders confir- més », souligne Christophe Bert, res- ponsable développement chez IG. L’événement sera pour lui l’occasion de présenter ProrealTime, un logiciel de trading en ligne disponible pour tous les clients IG, histoire de « trader » directement depuis les graphiques et les carnets d’ordres pour exécuter les ordres sur une large gamme de mar- chés. « Les traders fabriquent leurs propres graphiques et utilisent les ou- tils techniques disponibles quand ils n’en inventent pas d’autres », détaille Christophe Bert. IG attend cette année entre 600 et 900 participants. Mais compte tenu du regain de volatilité actuelle sur les marchés, il est pro- bable que le nombre de participants atteigne le haut de la fourchette. Après plusieurs années de volatilité faible, la fièvre qui s’est emparée des Bourses constitue traditionnellement une oc- casion de saisir des opportunités. n
  puis la mise en place de l’amendement Bourquin qui autorise le changement d’assurance emprunteur chaque année, la situation n’évolue guère. « Dans 30 % des cas, les emprunteurs n’obtiennent pas de réponse à leur de- mande de renégociation d’assurance. Ou l’obtiennent hors délai, ce qui les contraint à attendre une année sup- plémentaire avant de pouvoir chan- ger d’assurance », affirme Martial Bourquin. Un constat confirmé par Astrid Cousin qui souligne que de- puis l’adoption de cet amendement, les banques n’ont perdu que 1 ou 2 % de leurs contrats et conservent une part de marché largement majoritaire (plus de 80 %). « Dans un contexte de taux bas, les marges des banques sur les prêts immobiliers se réduisent. Certains établissements financiers tentent ainsi de conforter celles sur l’assurance emprunteur. Un marché à plus de neuf milliards d’euros », pré-
 cise la directrice de la communication. Soucieuses de préserver leur magot, les banques devraient faire pression sur les courtiers afin qu’ils proposent comme assurance emprunteur l’assurance de la banque et ne fassent pas jouer la concurrence. « En décembre 2019, plusieurs groupes bancaires ont modifié les conven- tions passées avec les courtiers : diminution de la commission bancaire, frais de dossiers pour les clients
qui augmentent et déconventionnement si trop de délégations d’assurance réalisées par le courtier... », précise Martial Bourquin, dont une proposition de loi sur l’assurance emprunteur est en cours de navette au Parlement. « Les banques devraient jouer la montre dans l’attente d’une réaction du gouvernement, mais au moins, les choses bougent dans le bon sens, celui du client », souligne Astrid Cousin. n
 Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
ecoreseau.fr mars 2020 | 81
]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité
 ACHAT/VENTE     Le chiffre
 Bons crus, sale temps
 375 350 325 300 275 250 225
07/15 01/16 07/16
01/17 07/17 01/18
07/18 01/19 07/19
01/20
       L’indice Liv-ex 1000, qui suit les performances tarifaires de 1 000 vins provenant du monde entier, a poursuivi en janvier son repli commencé en octobre 2019. Une occasion de refaire enfin sa cave après la flambée observée ces dernières années ?
34%
le « off-market », qui représente les biens mis en vente en Paris, mais qui ne sont pas visibles sur le Web ou bien dans les magazines consacrés à l’immobilier, a doublé en 2019.
  focus
La transmission d’entreprise, démarche de longue haleine
a transmission d’entreprise mauvaises conditions », constate représente aujourd’hui un Christophe Demeure. Selon lui, huit enjeu économique et social de cessions sur dix sont réalisées à la premier plan. À l’échelle de va-vite et au désavantage du ven-
dix ans, ce sont près de 600 000 en- deur. Les professionnels du secteur
  treprises en France qui seront trans-
mises à de nouveaux acquéreurs, se-
lon les estimations de Bercy. D’ores et
déjà, le marché est très actif, observe
Christophe Demeure, associé au ca-
binet d’expertise-comptable RSM.
« Le marché fonctionne par cycle. En
2010-2011 en période de ralentisse-
ment économique, les transactions
s’étaient nettement ralenties, les ven-
deurs attendaient d’offrir un profil
plus attractif tandis que les acheteurs
peinaient à lever des fonds », se rap-
pelle le professionnel. Aujourd’hui
donc, la donne a changé et 2019 s’est
montrée une année particulièrement dynamique. « L’an dernier, les entreprises ont bé- néficié d’un contexte exceptionnel avec le cumul du CICE 2018 et les nouveaux allègements de coti- sations patronales. » Pour autant, vendre ou ache- ter une entreprise est une affaire plus complexe qu’il n’y paraît. Selon la CCI de Paris, chaque an-
née, seulement la moitié des entreprises suscep- tibles d’être transmises le sont réellement. Une situation qui s’explique en premier lieu par l’im- préparation du candidat à la cession. « Les chefs d’entreprise des TPE et des petites PME ont ten- dance à s’accrocher à leur société et à s’y prendre au dernier moment au risque de vendre dans de
estiment entre 3 et 5 ans la durée de bonne préparation d’une transmis- sion afin de présenter des éléments lisibles et rassurants pour un repre- neur et ainsi valoriser le patrimoine de l’entreprise. Tout le pari est donc d’anticiper la démarche afin d’assu- rer la pérennité de l’entreprise et de son savoir-faire, parfois précieux ou rare. « Je constate parfois une inadé- quation entre l’offre et la demande. Organiser une transmission est une démarche complexe. Au-delà des aspects techniques, qu’il s’agisse d’une cession ou d’une reprise, c’est avant tout un projet de vie avec un
enjeu personnel fort et une dimension psycho- logique qui ne doit pas être mésestimée, assure Christophe Demeure. Or, une transmission ratée risque de conduire à la disparition de l’entreprise, de son savoir-faire et de ses emplois. » n
82 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 ecoreseau.fr mars 2020 | 83
]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
patrimoine
 Trading
Été 2007 : crise des subprimes. Septembre 2008 : dispari- tion de Lehman Brothers, l’un des mythes de Wall
Street. Début 2010 : crise de la dette souveraine. Janvier 2015 : bond inattendu du franc suisse et... Hiver 2020 : crise du corona- virus. Chacun de ces événements a déclenché des mouvements aussi brusques que violents des actifs à risque, c’est-à-dire les actions, les obligations d’État ou privées, les matières premières et les devises. Sur les marchés, quand l’événe- ment survient, deux camps se distinguent très rapidement : les gagnants, minoritaires, et les per- dants, plus nombreux. Et pour
hausses ou les baisses se dessinent à la vitesse de l’éclair sur les écrans de leurs ordinateurs.
Détection de tendance, aide à la décision
Ces férus de graphiques aux noms aussi exotiques que « chandelier ja- ponais » ou « bandes de Bollinger » (rien à voir avec le champagne) gardent cependant un atout : des outils qui leur montrent quand an- ticiper une tendance. « Le marché fonctionne par anticipation. Bien sûr, il existe des raisons qui ex- pliquent une baisse ou une hausse d’un actif, mais il faut connaître ces raisons avant. Or, elles sont plé- thoriques. Pire, un indicateur qui a fait bouger le marché en janvier, comme l’emploi aux États-Unis, pourra n’avoir aucun impact le mois d’après. En réalité, le point majeur n’est pas de connaître par- faitement l’indicateur, mais de sa- voir comment le marché réagira à cet indicateur. Si la majorité n’agit pas comme vous l’espériez, alors, quelle que soit la qualité de votre analyse, vous y laisserez des plumes. En somme, le marché a toujours raison », montre André Malpel, fondateur des Salons de l’analyste technique et du trading. En outre, se fier uniquement à l’analyse fon- damentale pour prendre des posi- tions risque de causer des décep- tions. Comment lutter contre une équipe de Goldman Sachs, Mor- gan Stanley ou Société Générale, aux compétences éprouvées et aux moyens sans commune mesure avec ceux d’un trader de salon ?
C’est impossible, leurs salles de marché auront toujours un temps d’avance. Pas de manichéisme, tempère André Malpel, « l’analyste technique prend aussi en compte les nouvelles qui tombent, mais pas seulement ». L’analyse tech- nique constitue en fait un outil de choix pour « trader » à court terme tandis que l’analyse fondamentale donne, en principe, toute sa me- sure, sur le long terme. L’explica- tion est simple : les cours fluctuent en fonction du comportement des investisseurs, lesquels prennent tout en compte (la macro, la micro et la tendance). Certes, mais quels sont les outils d’analyse technique à maîtriser avant de se lancer dans le grand bain ? La Fnac regorge d’ouvrages sur le sujet à donner des sueurs froides à un polytechnicien.
Simplicité rime
avec efficacité
« Il est inutile, du moins au dé- but, de chercher la complication. Je recommande aux débutants, comme aux amateurs éclairés, de se concentrer sur les basiques de la discipline que sont la tendance, les supports et les résistances », recom- mande André Malpel. Un point de vue partagé par Christophe Bert, directeur de développement chez IG France, leader français du tra- ding en ligne : « L’analyse technique offre un visuel sur le marché. Elle détermine si un actif est suracheté ou survendu. L’étude des supports va donner une indication fiable sur la tendance à venir. » Pour Pierre Perrin-Monlouis, analyste marchés chez Admiral Markets, l’analyse technique offre notam- ment de déterminer une fenêtre afin de prendre position. « Je sur- veille les supports, les résistances, les cassures, notamment des seuils psychologiques, comme le CAC 40 à 6 000 points. » Lui aussi estime que l’analyse technique est plus aisée à appréhender que l’analyse fondamentale qui requiert des bases économiques robustes et où l’expérience risque de faire toute la différence. Attention, prévient le professionnel, « il ne faut pas tom- ber dans l’excès. Trois ou quatre in- dicateurs suffisent pour se faire une opinion. Un trader qui multiplie les indicateurs à surveiller a toutes les chances de se perdre ». Pour se familiariser avec l’analyse tech- nique, les professionnels recom- mandent d’essuyer les plâtres avec un compte de démonstration, his- toire de vérifier que les indicateurs choisis fonctionnent. Après, à vous de jouer ! PIErrE-JEaN LEPaGNOT
L’analyse technique, la boussole des marchés
L’analyse technique est plus aisée à appréhender que l’analyse fondamentale qui requiert des bases économiques robustes et où l’expérience risque de faire toute la différence.
cause : au moment où une crise éclate, les spécialistes de l’analyse fondamentale, soit ceux qui suivent de très près l’évolution macroéco- nomique, indicateur par indicateur (emploi aux États-Unis, indice de confiance des consommateurs de l’université du Michigan, indice ISM des directeurs d’achat, etc.) comme microéconomique (bilan et compte de résultat des entre- prises, contrats remportés, etc.) sont pris au dépourvu, sauf excep- tion. Pour autant, les thuriféraires de l’analyse technique, qui consiste en l’étude des graphiques de cours de la Bourse et des indicateurs dé- duits des cours, ne sont pas non plus à l’abri de la Bérézina tant les
    84 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                                                  ]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
86 | mars 2020 ecoreseau.fr
 bons plans     experts
 actions russes : Ne alternativa
La Banque de Russie a annoncé sa sixième baisse de taux consécutive. L’inflation baisse graduellement et s’est
établie en janvier à 2,4 %, très en dessous de l’objectif de la banque. D’autres baisses de
taux sont donc dans les tuyaux. Le taux de rendement des
obligations d’État à 10 ans est passé en dessous de 6 %. À l’instar des actions développées,
les actions russes deviennent elles aussi des investissements de rendement, aux dépens des obligations et du monétaire, observe Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.
Le luxe devrait retrouver son lustre l’an prochain
Les valeurs du luxe, très exposées à la Chine, ont été malmenées ces dernières semaines. Le coronavirus marquerait-il la fin de l’âge d’or ? Après un cycle de forte croissance,
Goldman Sachs redoute une contraction des ventes du secteur cette année si une reprise ne s’amorçait pas au cours du second semestre. Pour autant, tempère le broker, l’impact négatif
du virus sur la demande devrait rester temporaire, les marques sont susceptibles de
rattraper dès l’an prochain les ventes perdues, en fonction de leurs forces, des catégories de produits et de la durée de la disruption. Selon la banque américaine, LVMH, Kering, Moncler et Fartech sont les mieux armés pour tirer leur épingle du jeu.
Le consommateur émergent a de l’avenir
Pour 2020, le contexte d’investissement dans les marchés émergents restera probablement
instable, observe Naomi Waistell, gérante de portefeuille actions
émergentes chez Newton IM (BNY Mellon Investment Management). Toutefois, la professionnelle continue
de penser que les
meilleures opportunités d’investissement à long
terme se trouvent dans les
secteurs de la consommation, tels que le numérique,
l’éducation ou les bénéficiaires de dépenses discrétionnaires spécifiques.
  Le coronavirus, une menace de plus Lpour l’économie mondiale
es économistes sont unanimes, le corona- virus produira un impact significatif sur la croissance en Chine. Dans une étude pu- bliée le 18 février, Groupama AM indiquait
que les mesures drastiques de fermetures d’usines en Chine représentaient près de 95 % du PIB, ce qui pè- sera fortement sur l’activité industrielle du premier trimestre. Pour Christophe Morel, chef économiste chez Groupama AM, et Thuy Van Pham, écono- miste chez Groupama AM, le coût sur la croissance chinoise dépendra de la durée de l’épidémie. Les professionnels envisagent deux scénarios. Le premier est optimiste : l’épidémie est maîtrisée d’ici à la fin mars et la croissance annuelle s’établit finalement à 5,6 %, contre 6 % attendus auparavant. Le deuxième est plus pessimiste : l’épidémie se poursuit au deu- xième trimestre et la croissance tombe à 5 %. Dans les deux cas, préviennent Christophe Morel et Thuy Van Pham, l’épidémie affectera le reste du monde via le commerce mondial alors que la Chine représente près de 20 % du PIB mondial. « À titre d’exemple, dans le cas où le coronavirus est maîtrisé d’ici à la fin mars, nous estimons que la crise coûtera environ 0,2 % de croissance américaine en raison de la baisse de la demande chinoise pour les produits améri- cains, que ce soit des biens ou des services notam- ment liés au tourisme. » Pour autant, les économistes
  Une analyse de Zone-
gérant de portefeuille actions chez Columbia Threadneedle In- vestments, un résultat autre que la réélection du président Trump aux États-Unis cette année se- rait susceptible de provoquer des vents contraires sur les marchés financiers. « Si Trump gagne, les choses resteront probablement comme elles sont maintenant. Les impôts sur les sociétés devraient rester faibles et donner un coup de fouet à l’économie américaine », estime Amit Kumar, cogérant du fonds Threadneedle American Extended Alpha. Ce serait sans
doute différent dans le cas d’une victoire démocrate : « Une prési- dence d’Elizabeth Warren ou de Bernie Sanders risque de lever un vent contraire pour la croissance économique avec le renforcement de la réglementation. » Le secteur des soins de santé, selon lui, a déjà été mis sous pression à l’approche des élections car Warren ou San- ders à la présidence élargirait pro- bablement l’assurance maladie publique pour les citoyens amé- ricains âgés ou handicapés – ap- pelée Medicare. Warren a égale- ment fait savoir qu’elle souhaitait adopter une ligne dure à l’égard des grandes entreprises techno- logiques et réglementer le secteur financier de manière plus stricte. « Le marché suppose que les deux secteurs seraient désavantagés sous un président Warren », as- sure Amit Kumar. Dans l’en- semble, Columbia Threadneedle est assez positif pour les perspec-
tives de l’économie américaine et des actions américaines. Bien que le risque politique reste élevé, les signaux économiques incitent à l’optimisme. « Nous pensons que les PMI mondiaux ont presque touché le fond », souligne Amit Kumar. En outre, un assouplis- sement de la politique moné- taire sur le plan mondial devrait produire un effet positif. « Cela, combiné à une courbe des taux américains qui n’est plus inversée, devrait soutenir le sentiment. » Columbia Threadneedle s’attend donc à ce que la croissance écono- mique américaine en 2020 se situe dans la fourchette tendancielle à longtermede1,5à2%.«Dans le même temps, la croissance des bénéfices des entreprises devrait revenir à un chiffre moyen posi- tif, conformément aux moyennes historiques, après être restée stable à négative en 2018. » n
(www.zone-
bourse
bourse.com) :
Selon Amit Kumar,
rappellent que les marchés peuvent compter sur les banques centrales pour soutenir l’économie. Pour Christophe Morel et Thuy Van Pham, « l’épidémie n’est pas un choc permanent ou structurel comme l’est la guerre commerciale. Ce choc sera de nature transitoire ». Pas de quoi se réjouir, précisent les deux économistes : « Plus fondamentalement, l’économie mondiale est confrontée à deux vulnérabilités qui vont de plus en plus peser sur la croissance. D’une part, les entreprises sont globalement fragilisées par une profitabilité dégradée et un endettement éle- vé. D’autre part, la forte hausse des actifs financiers et immobiliers accentue l’instabilité financière et la vulnérabilité conjoncturelle via l’effet richesse. » Le coronavirus n’est finalement qu’un facteur supplé- mentaire parmi d’autres à leur scénario d’effritement progressif de la croissance mondiale... n
Les marchés financiers auraient intérêt à voter Trump
  ]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[ SPÉCULONS !     Le chiffre
+77%
Flambée du titre du club de football turc Galatasaray depuis le début de l’année. Les investisseurs saluent la première place de l’équipe d’Istanbul au championnat national qui serait synonyme, à la fin de la compétition, de participation à la très lucrative Ligue des Champions.
  8 000 riches inscrits pour une balade spatiale
 38.00
30.00
22.00
14.00
     31/10 08/11 18/11 26/11 05/12 13/12 23/12 02/01 10/01 21/01 20/01 06/02 14/02
Introduit en Bourse en octobre 2019 à moins de 12 dollars, le titre de la compagnie aérospatiale Virgin Galactic a bondi depuis de plus de 260 % à 42,50 dollars. Le groupe de Richard Branson, premier du secteur du tourisme spatial à être entré en Bourse, profite des perspectives prometteuses des voyages dans l’espace.
 ANALYSE
AL’or a la cote
près avoir gagné plus de 15 % en 2019, le cours de l’or affichait lundi 24 février un gain de 11 % depuis le dé-
but de l’année à 1 691,70 dollars l’once, soit son plus haut niveau depuis sept ans. Après une telle performance, le métal jaune a-t-il encore un potentiel de hausse ? En ce début d’année, il est clairement soutenu par l’épidémie de coronavirus qui pèse sur la crois- sance chinoise et plus globalement mondiale. Les investisseurs se réfu- gient vers les valeurs refuges, comme l’or, et spéculent sur une prochaine baisse des taux aux États-Unis. Dans une note publiée fin janvier, Benjamin Louvert, gérant matières premières chez OFI AM, rappelle le lien fort qui existe entre le niveau des taux d’inté- rêt réels et le cours de l’or. « Parce que le métal jaune n’a aucun rendement intrinsèque, à l’inverse des actions (dividendes) et des obligations (cou- pons), l’or ne trouve grâce auprès des investisseurs que lorsque la rémuné- ration des obligations recule. » Selon Véronique Riches Flores, fondatrice de la société RichesFlores Research, la chute des cours du pétrole et des taux d’intérêt consécutive aux inquiétudes sur les effets du coronavirus constitue de puissants facteurs de soutien au métal précieux, d’autant plus si cette
crise devait se solder par des tensions sur les prix inhérentes à l’apparition de pénuries importantes. « Tandis que ni le yen ni l’euro ne jouent plus ce rôle de valeur refuge, le métal précieux semble incontestablement le mieux à même de profiter des troubles créés par cette nouvelle source d’inquiétude qu’est le coronavirus », estime l’analyste. D’au- tant que l’or est également soutenu par les achats des banques centrales. Selon le dernier rapport du Conseil mondial de l’or, les instituts monétaires ont acheté 650 tonnes en 2019, tout juste un peu moins que le record de 50 ans de 656 tonnes en 2018. Les banques centrales ont acheté plus d’or qu’elles n’en ont vendu pour la dixième an- née consécutive. Depuis la crise, elles cherchent à diversifier leurs réserves et les rendre moins dépendantes du dollar. Jusqu’où ira l’or ? Dans une étude publiée le 24 février, Citigroup a confirmé son scénario de base d’une once d’or à 1 640 dollars en moyenne cette année et à 1 925 dollars en 2021. Le broker continue de penser que l’once d’or dépassera, peut-être briè- vement, le cap des 2 000 dollars d’ici à 12ou24mois.n
  Baromètre finance & marchés
vie privée
 ecoreseau.fr mars 2020 | 87
]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
par christophe combarieu
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
ciné
radioactive,
marjane satrapi
Marie Curie avait déjà été interprétée au cinéma par Marie- Christine Barrault et Isabelle Huppert. L’épatante Rosamund Pike, ancienne James Bond girl, endosse à son tour le rôle de la physicienne et chimiste franco- polonaise aux deux prix Nobel. Scientifique passionnée, elle a du mal à faire reconnaître ses découvertes dans une société
dominée par
les hommes. Mais lorsqu’elle perd son fidèle époux, elle doit continuer seule ses recherches. Ce biopic, revisité par l’ingénieuse Marjane Satrapi, s’attache ainsi
à cette histoire d’amour, à ce duo hors du commun
qui donne à une femme d’exception la chance de marquer l’histoire.
En salles le 11 mars
La Daronne,
Jean-Paul salomé
L’inclassable Isabelle Huppert dans une comédie policière délirante. Fliquette à la vie rangée, parlant l’arabe et dealeuse de shit inondant le marché parisien... Qui l’eût
cru ? Celle qui a reçu (presque) toutes les plus prestigieuses récompenses internationales détonne et amuse dans la nouvelle pépite de Jean-Paul Salomé.
Car Patience Portefeux (ça ne s’invente pas !), interprète pour la Brigade des stups, doit subvenir aux besoins de sa mère. Elle saisit l’opportunité d’une vie lorsqu’elle découvre
que le fils de
l’infirmière de l’Ehpad a abandonné sa cargaison
de stupéfiants. Apparaît alors
« La Daronne », ce mystérieux personnage que ses collègues sont bien en peine de retrouver...
En salles le 25 mars
culture & co danse
  Les Sept Péchés
 capitaux,
CPina Bausch
haque venue du Tanztheater Wuppertal à Paris est un événement. En 2020, la troupe redonne vie à l’une des plus anciennes créations de Pina Bausch, un diptyque créé en 1976 à partir d’œuvres de Bertolt Brecht sur les
musiques de Kurt Weill. Tout d’abord le ballet chanté Les Sept Péchés capitaux, puis N’ayez crainte, mélange d’extraits variés tirés de L’Opéra de quat’sous et Mahagonny. La danse-théâtre, concept explosif de gestes et de textes qu’elle a porté au plus haut niveau, continue de captiver et bouleverser le public. n
Du 14 au 29 mars au théâtre du Châtelet
opéra
Manon de Massenet
Ils ont ébloui tout le monde en septembre 2019 dans La Traviata, en suscitant l’admiration des critiques et les ovations du public : Pretty Yende et Benjamin Bernheim reviennent à l’Opéra de Paris pour une autre romance violente et tragique. Elle, Manon Lescaut, lui, le chevalier Des Grieux. Un couple maudit dans l’opéra de Jules Massenet, adapté
du roman de l’Abbé Prévost que nous avons tous étudié au lycée. Elle fuit le couvent
pour embrasser le désir et la passion brûlante et autodestructrice avec Des Grieux. Ils retrouvent également le grand baryton français Ludovic Tézier, autrefois Germont père, cette fois Lescaut frère. Un trio de choix et de choc !
À l’Opéra Bastille jusqu’au 10 avril
théâtre
Kadoc,
De Vos, RibeJ
ean-Michel Ribes aime pro- grammer et mettre en scène des pièces originales où l’écri- ture se veut libre et inspirée.
Avec le texte de Rémi De Vos, il s’attaque au monde de l’entreprise, mais jamais de front. L’entreprise rend fou et le monde devient alors encore plus absurde. La femme du chef est-elle folle ? Pourquoi veut-on absolument inviter son subalterne à manger un risotto ? Et ce rapport,
où en est-on de ce rapport ? Nos six comédiens se croiraient presque dans une pièce de Kafka. Ni leçon ni message, juste l’écrasante absurdité du monde. n
Jusqu’au 5 avril au théâtre du Rond-Point
expo
Les contes étranges de Niels Hansen Jacobsen. Un Danois à Paris
C’est une très belle et passionnante surprise : le charmant et trop méconnu musée Bourdelle, qui abrite l’œuvre et l’atelier du sculpteur à l’ombre de la tour Montparnasse, nous propose un voyage au cœur
du symbolisme. L’univers étrange,
macabre et fantastique de son confrère sculpteur et céramiste danois Niels Hansen Jacobsen (1861-1941) est contextualisé et ses amitiés artistiques – il s’installe à Paris durant la décennie 1890 – se déploient dans le Paris fin-de-siècle. Une exposition ambitieuse, pédagogique et magnifiquement mise en scène. Une véritable découverte salutaire !
Jusqu’au 31 mai au musée Bourdelle (15e arrondissement)
La ménagerie de verre, Williams, Van Ove
Le metteur en scène belge Ivo Van Hove, que toutes
les scènes européennes s’arrachent, nous offre sa vision du grand classique de Tennessee Williams. La mère obsédée par sa jeunesse perdue, la sœur boiteuse et neurasthénique, et Tom, le narrateur, le frère qui tente d’échapper à sa famille en
se réfugiant tous les soirs
au cinéma. Dans ce huis
clos, voici trois solitudes,
trois façons de rêver d’une
autre existence. Isabelle Huppert revient sur les planches de l’Odéon et s’empare avec brio d’un des rôles mythiques du répertoire américain. Une pièce bouleversante sur la monotonie du quotidien. Jusqu’au 29 avril au théâtre de l’Odéon (6e)
    s
    88 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[ dvd
Fahim,
de Pierre-François Martin-Laval
Fahim, ou l’histoire vraie
d’un jeune Bengali sans pa-
piers sauvé par les échecs...
Ils fuient le Bangladesh, le
garçon et son père, et se re-
trouvent embourbés dans
la lente et fastidieuse lutte
pour décrocher l’asile po-
litique en France. Gérard
Depardieu y incarne un
maître d’échecs avec qui
le petit Fahim va se nouer
d’amitié et s’entraîner d’ar-
rache-pied pour remporter
le championnat de France de la discipline. Car c’est le seul moyen pour lui et son père d’éviter l’expulsion. D’une histoire vraie, Pierre-François Martin Laval réussit, sans nous donner de leçons, à tirer un film qui nous touche et nous amuse, qui nous bouleverse et nous interpelle.
Wild Side
J’accuse,
de Roman Polanski
Le dernier film de Roman Polanski a beaucoup fait parler de lui lors de sa sortie cet automne... Pourtant, avec le Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise, 12 nominations aux César et 1,5 million de spectateurs au box- office, Polanski a réussi son coup : rajouter un opus majeur
à son impressionnante filmographie ! Il s’attaque au plus grand scandale politique et social de la Troisième République : la fameuse affaire Dreyfus. Jean Dujardin y incarne, avec une sobriété déconcertante, un héros oublié de l’affaire, le colonel Picquart.
Des reconstitutions époustouflantes, du grand spectacle filmé d’une main de maître, magistralement écrit et interprété. Gaumont
vie privée
Après quatre albums, Thomas Dutronc
revient aux classiques de la chanson
française. Son Frenchy conserve sa
signature jazz et revisite les standards,
qu’ils soient français ou américains. Car
le plus important reste l’authenticité et
la générosité d’un musicien inspiré et attachant. C’est si bon, en trio avec Iggy Pop et Diana Krall, s’écoute comme on déguste une gourmandise !
Decca Records
Claudio abbado & Wiener Philharmoniker.
The Complete DG recordings
L’immense chef milanais Claudio Abbado, décédé en 2014, a régulièrement dirigé – plus de 500 fois ! – l’un des plus prestigieux orchestres de la planète : le Philharmonique de Vienne. Invité par
Karajan dès 1965 à Salzbourg, il s’inscrit immédiatement dans la lignée des grands chefs romantiques. Faiseur de miracles, aussi bien dans le lyrique que le symphonique, sa direction, d’une rare élégance, conjuguait à la fois subtilité et puissance. Après le legs berlinois, ce nouveau coffret en 58 cd conserve son héritage viennois. Magistral !
Deutsche Grammophon
Beethoven, Trios pour piano
Alors qu’on célèbre le 250e anniversaire de la naissance du géant Ludwig van Beethoven, les
frères Renaud et Gautier Capuçon,
associés à leur complice Frank Braley,
se réunissent une nouvelle fois pour
notre plus grand plaisir. Deux des trios
pour violon, violoncelle et piano les
plus connus du maître de Bonn sont au
programme : les trios Les Esprits et l’Archiduc. Entre classicisme et romantisme naissant, les deux frères les plus célèbres de la scène classique française captivent par leur générosité du son.
Erato
culture & co cd
Thomas Dutronc, Frenchy
      ecoreseau.fr mars 2020
| 89
]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
mobilités par Jean-Baptiste Leroux
  Moto/Scooter
Ténéré 700 : décrochez la dune !
[ESSAI] Les légendes ne meurent jamais. Deux ans et demi après avoir dévoilé son concept de T7 au salon de Milan, Yamaha a finalement lancé sa Ténéré 700. Ténéré. Un nom qui résonne comme un appel au voyage pour tous les amateurs d’aventure à moto. Plus qu’un modèle, la Ténéré est un mythe qui a acquis ses lettres de noblesse sur les pistes du Dakar, grâce à des pilotes comme Cyril Neveu. Mais avec ce nouveau trail, fini le mono. Yamaha a opté pour un moteur bicylindre, celui de la MT07, à 689 cm3. Un bloc retravaillé pour lui apporter davantage de couple à bas régime. Et ça marche. Passé les trois premiers rapports assez courts, la moto repart en quatrième à 2 000 tours, sans hoquet. Assez haut per- chée, la Ténéré 700 adopte une ligne fine. Légère et joueuse, elle l’est assurément. Et l’on prend un vrai plaisir à enrouler les courbes à son guidon. Mais c’est sorti des sentiers battus, et une fois l’ABS déconnecté depuis le tableau de bord numérique, que cette nouvelle Ténéré délivre tout son potentiel, tout en restant prévenante. De quoi ravir les novices du off-road, tout comme les pilotes plus expérimentés. Malgré une selle un peu ferme, cette Ténéré 700 se révèle une très bonne surprise. Idéale pour les trajets quotidiens, elle vous donnera également des envies d’ail- leurs, le tout à moins de 10 000 euros. n
Harley Davidson Pan america, l’aventure américaine
Qui aurait cru que la firme de Milwaukee se lancerait un jour sur le segment du trail ? Ce n’est plus une rumeur, mais un projet qui devrait voir le jour cette année. Harley Davidson compte en effet lancer sa Pan America en 2020, sur un marché déjà bien saturé. Le prototype était d’ailleurs présent lors du récent salon du deux-roues de Lyon, mi-février. Côté look, cette étonnante machine adopte tous
les codes en vigueur dans l’univers du trail : roues
à rayon, valises en métal, crashbars, bulle haute,
grand débattement et fourche inversée. Sous le
réservoir, Harley a choisi d’inaugurer un nouveau
bloc nommé Revolution Max. Pour ne pas déroger
pas à la sacro-sainte règle du bicylindre en V, Harley
a réussi à développer un moteur de 1 250 cm3 pour
une puissance qui devrait avoisiner 145 chevaux.
Du jamais vu chez la marque américaine. De quoi
chasser sur les terres de BMW et de sa 1250 GS ?
Vélo in Paris, 6-8 mars
Il y aura du vélocipède au parc floral de Paris ! Le salon regorge de gadgets pour les « véotaffeurs », en mode smart. « Pratique dans un premier temps et technologiquement réfléchi de l’autre, le vélo n’est plus un simple deux-roues. De l’antivol connecté qui prévient les vols, au nouveau vélo- chariot, le vélo ne cesse de se réinventer », vante l’organisateur.
Lvneng : le scooter électrique low cost
débarque en France
Rouler en scooter électrique pour moins de 2 000 euros, ça vous tente ? Vous pourriez alors être séduit/e par l’arrivée de la marque
chinoise Lvneng. Le
distributeur Acsud-Sacim
a commencé en février la
commercialisation de cette
marque en France et en
Belgique. Lvneng dispose
d’un catalogue de six
e-scooters, tous équipés
d’un moteur électrique
Bosch, de deux batteries
amovibles, pour une autonomie de 60 à 120 km selon l’usage. Chaque modèle est muni d’une prise USB, d’une alarme, d’une clé avec télécommande, d’un tableau de bord LCD et de feux à LED. L’entrée de gamme, le S4, est vendu au prix de 1 999 euros. Comptez 3 499 euros pour la version la plus chère, le S5 Delivery, destiné à un usage professionnel.
Législation
Nouveau permis a2 : la moto, ça se mérite !
Une nouvelle mouture du permis A2 est entrée en vigueur le 1er mars. La grande nouveauté de ce permis moto, c’est l’apparition d’un code spécifique à la pratique du deux-roues. Un nouveau code
dont personne ne pourra s’abstenir, et qui remplacera les fameuses douze fiches à potasser pour la partie
« plateau » de l’examen. Pour obtenir ce code, en revanche, rien ne change : 40 questions et un minimum de 35 bonnes réponses. L’autre changement concerne l’épreuve hors conduite, le fameux plateau, qui passera de 15 à 10 minutes. Quant à l’épreuve de circulation, il faudra y consacrer 45 minutes contre 30 jusqu’alors. Sept ans après la dernière réforme, l’objectif est toujours d’améliorer la sécurité des motards. Mais pas forcément l’obtention du fameux sésame...
vélo
Île-de-France : des vélos cargos en location longue durée
Ce sont vos enfants
qui vont être ravis !
Île-de-France
Mobilités (IDFM) va
déployer une flotte
de 500 vélos cargos à
compter du mois de
juin 2020. Ces vélos à
assistance électrique,
capables de transporter une charge de 100 kg, seront proposés à la location pour six mois (avec prolongation
de trois mois) dans 250 points de livraison. Passé ce délai, IDFM proposera aux utilisateurs une aide à l’achat de
600 euros. De quoi alléger la facture du vélo porteur de ses rêves, qu’il soit biporteur, triporteur ou long tail. Pratique et écolo pour conduire sans trop d’efforts sa progéniture à l’école, surtout en temps de grève...
     90 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[ La citadine électrique leader du marché en Europe s’est refait une beauté et
adopte un nouveC
au moteur et une nouvelle batterie pour aller plus loin.
’est la reine de l’élec- trique... en France, où elle occupe depuis 2012 la place enviable de pion-
nière sur un marché encore balbu- tiant. La part de marché de l’élec- trique dans l’univers hexagonal n’atteint que 2,4 %, certes en pro- gression (+ 57 % par rapport à sep- tembre 2018), pour un total de 4 201 voitures particulières électriques immatriculées en septembre 2019 (chiffres Avere-France, Association nationale pour le développement de la mobilité électrique). Renault a vendu pour sa part 1 568 Zoé,
soit un gros tiers du marché, juste devant la star interplanétaire Tesla Model 3 et la Nissan Leaf, cousine de l’Alliance.
Le constructeur a bien l’intention d’enfoncer le clou avec la nouvelle Zoé apparue dans nos rues à l’au- tomne 2019. La troisième généra- tion de cette citadine électrique qui domine également le marché euro- péen sur son segment s’est offert un très léger restylage extérieur pour se conformer aux standards esthétiques de la marque (nouvelle face avant, entrées d’air latérales), mais une transformation plus pro-
Ds3 Crossback E-Tense : le grand confort
modèles essayés
essais autos
vie privée
numérique de 10 pouces, un écran central tactile de 7 à 9 pouces (se- lon la finition), un frein de par- king automatique avec fonction Auto-Hold, la carte de démarrage avec fonction main-libre et surtout un éclairage LED qui augmente la visibilité de 75 %.
Gamme électrique élargie
La Zoé est plutôt confortable, assez spacieuse et extrêmement agréable à conduire grâce à son nouveau moteur de 100 kW (équivalent à 135 ch) qui procure de belles accé- lérations et reprises.
Bref, l’essai est sur tous les points concluant même si les tarifs nous paraissent prohibitifs : à partir de 23 900 euros moins les 6 000 euros de bonus écologique, mais plus le coût de location de la batterie qui varie hors offre promotionnelle entre 74 et 124 euros par mois. À comparer au tarif d’une Clio qui démarre à 14 100 euros !
Pour l’heure, Renault est le seul constructeur à offrir à ses clients la possibilité de louer ou d’acheter (8 100 euros) la batterie : la formule de location, selon le constructeur, adapte le coût à l’usage réel avec une garantie à vie.
Enfin la Zoé ne restera pas long- temps la seule citadine électrique au losange puisque Renault annonce la sortie de la Twingo ZE. Le construc- teur passe également à l’offensive sur le front de l’hybridation avec la présentation de motorisations hy- bride et hybride rechargeable de la nouvelle gamme E-Tech sur Clio, Captur et Mégane Estate.
  Spécial « électrique »
fonde de son habitacle emprunté à la Clio.
Plus grande autonomie
Le renouveau est surtout de nature technologique avec une autonomie portée officiellement à 395 kilo- mètres évalués en norme WLTP (Worldwide Harmonized Light vehicles Test Procedure) : la mesure de l’autonomie se calcule sur un cy- cle de roulage normalisé avec 57 % de trajets urbains, 25 % de trajets périurbains et 18 % de trajets sur autoroute. Bon, voilà qui ressemble un peu à l’évaluation des normes de rejets de CO2 dont on connaît la fiabilité...
L’encombrement de la batterie n’a pas été modifié. Renault affirme proposer désormais « la polyva- lence la plus étendue sur les bornes de recharge disponibles en Eu- rope » avec à la clé la récupération de « 150 kilomètres d’autonomie en 30 minutes ». Dont acte.
Plus prosaïquement, notre Zoé d’essai affichait seulement 350 ki- lomètres d’autonomie charge pleine au départ du véhicule et comme cet essai devait se mener sans possibi- lité de recharger la batterie, mieux valait que l’annonce soit fiable. Glo- balement, on peut dire que la pro- messe est respectée, avec une marge d’erreur d’environ une vingtaine de kilomètres qui varie en fonction du mode de conduite. Surtout, la nou- velle architecture électrique de la Zoé offre le degré d’équipement et les aides à la conduite de la Clio avec notamment dès l’entrée de gamme et en série un écran conducteur
La Renault Zoé
gagne en autonomie
renault Zoé r135 Intens
 Tarif
 Àpartirde28500€
(bonus écologique de 6 000 euros non inclus).
 Tarifs gamme
 Àpartirde25900€
(bonus écologique de 6 000 euros non inclus).
 fiche technique
modèle essayé
 Ds3 Crossback Grand Chic PureTech 155
 Tarif
 Àpartirde37400€
 Tarifs gamme essence
 Àpartirde23900€
 Tarifs gamme diesel
 Àpartirde24900€
   modèle essayé
 Ds3 Crossback Grand Chic E-Tense
 Tarif
 Àpartirde44900€ (bonus écologique de
6 000 euros non inclus).
 Tarifs gamme
 Àpartirde39200€ (bonus écologique de
6 000 euros non inclus).
  Le pseudo sUV de Ds adopte la motorisation électrique qui n’enlève rien à ses qualités.
Aircross, Crossback... À l’arrêt au feu côte à côte avec une Citroën C3 Aircross, le doute n’est pas permis. La DS3 Crossback n’a de SUV que le nom, presque aussi basse sur roues qu’une simple DS3. Elle gagne toutefois deux portes arrière pour un gabarit allongé de 16 centimètres à 4,12 mètres. Concurrente affirmée des Audi Q2 et autres Mini Countryman du segment premium, la nouvelle DS3 a pour mission de redorer
le blason terni de la marque dont les ventes européennes se comparent à celles de Lancia (!) ou d’Alfa Roméo. Dotée comme tous les modèles DS d’une très forte personnalité esthétique
aussi bien dehors que dedans
(ça passe ou ça casse...) la DS3 Crossback est indéniablement digne d’intérêt, ne serait-ce que par ses qualités mécaniques grâce à la plate-forme CMP commune avec la Peugeot 208 et à son incroyable confort
(avec ses sièges profonds d’une remarquable tenue), bien qu’elle ne bénéficie pas des suspensions à butées hydrauliques de Citroën (qui équipent par exemple la C5 Aircross). Quelques raffinements côté équipement font la blague, comme les poignées de porte escamotables – façon Tesla ou Jaguar (elles se déploient ou
se replient à l’approche ou à l’éloignement du conducteur). Dommage que, vu l’ambition,
le réglage des sièges ne soit jamais électrique, véritable faute degoût!Idempourles«àpeu
près » ergonomiques de certaines commandes (celles des vitres sur la console centrale...).
Avec, sous le capot, le moteur thermique 3 cylindres Puretech de 155 chevaux et la boîte auto Eat8, la DS3 Crossback est un régal à conduire. Complètement électrifiée, elle conserve une belle vélocité en dépit d’un
poids accru (+ 355 kg). DS
annonce une autonomie de 320 kilomètres (WLTP, lire essai Zoé ci-dessus) à charge pleine (notre véhicule d’essai n’en affichait pourtant que 220 au départ) qui semble respectée en parcours exclusivement urbain.
Reste un défaut majeur pour ne pas dire rédhibitoire : ses tarifs, en version thermique ou électrique, qui la positionnent dans le très haut de gamme du segment.
ecoreseau.fr mars 2020 | 91
fiche technique
]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Coronavirus : plus de guérisons que de décès !
 Un mal qui répand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre,
Le Covid-19 (puisqu’il faut l’appe- ler par son nom)...
Admirable fable que ces Animaux malades de la peste (et non du co- ronavirus), mais qui, en 2020, alors que l’on ne sait encore comment cette « simple » épidémie évo- luera (pic puis disparition ou au contraire pandémie planétaire...), grâce au Ciel, ne « répand pas (en- core) la terreur ». Mais elle est là, tapie, au cœur de chaque nation, et d’autant plus proche de la France depuis que l’Italie se révèle brutale- ment touchée. Tant que les Chinois
POUR VOTRE BIEN...
J’arrête de fumer avec Kwit
Comprendre son addiction pour la surmonter. Les centres antitabac vous sont antipathiques ? Les patchs n’ont rien pu faire pour vous ? Et si la thérapie comportementale venait à vous, sur smartphone ? Un nommé Geoffrey
Kretz, ancien fumeur, s’est attelé à la conception
de cette application inspirée par les thérapies comportementales cognitives, ces interactions entre pensées, émotions
et comportements, approche non médicamenteuse par nature. Kwit
est gratuite ou en mode premium
(9,95 euros/mois), elle fonctionne en mode « jeu », on en vient à remplacer
le réflexe cigarette en secouant son téléphone qui affiche aussitôt le meilleur conseil et son tableau de bord vous invite à noter votre parcours. On se grille une petite Kwit
Vue, audition, prévenez les déficiences sévères
Vite, un dépistage, auditif et optique gratuit en mars et avril chez Doctocare !
Ce département de Doctegestio se montre certes engagé dans la prévention, dommage que seuls trois de ses centres s’ouvrent à ces tests gratuits :
Centre médical Viala, 75015 Paris du 17 au
se contaminaient entre eux (plus de 42 000 cas, chiffre assurément transitoire, plus de 1 000 morts, hélas total voué à l’aggravation), les Occidentaux restaient sereins, si- non indifférents. Même depuis que, de Les Contamines (nom prédesti- né !) jusqu’aux frontières italiennes, l’imprononçable 2019-nCoV se fait plus proche, les Français/es ne se masquent ni ne paniquent encore. Heureusement. D’autant plus que l’affection au Covid-19 se soigne. Au final, les effets économiques des mises en quarantaine, la fer- meture des magasins et les pertes économiques inquiétantes des me- sures – nécessaires – de prévention constituent plus sûrement le « prix à payer », sans offenser la mémoire des victimes dont le nombre reste très inférieur aux ravages de la grippe dans le monde (plusieurs milliers de morts en France chaque année).
Sans pathologie connexe, le virus s’éradique
Pour autant, la comparaison est- elle pertinente ? Non pas, estiment certain/es virologues, comme la
Française Astrid Valbret, de l’uni- versité de Caen, qui n’aime pas comparer des « choux et des ca- rottes : la grippe est quelque chose que l’on surveille chaque année, il y a un traitement et un vaccin... ». Tiens, oui, au fait, pas de vaccin pour le Covid-19. En Chine, la Commission nationale de la santé s’est avancée un peu rapidement lorsqu’elle a attesté qu’un traite- ment anti-VIH agissait sur le co- ronavirus. On n’en sait rien. D’où l’appel à la prudence de l’OMS : « Il n’existe pas de thérapeutique efficace connue contre ce 2019- nCoV. » Le vaccin antigrippal, par exemple, est impuissant contre le Covid-19. Mais en renversant le vers de la fable, il est patent que si « tous étaient frappés, ils ne mou- raient pas tous ». Et ça change tout. En France, 38 contaminés, deux morts, puis 0 contaminé (en cette fin de mois de février). En Chine, plus de 1 000 morts mais plus de 4 000 guérisons. Le taux de létali- té du virus a baissé autour de 3 %, contre 4 ou 5 % au début de l’épidé- mie. Ce qui veut dire qu’un malade jeune ou un adulte en bonne santé recouvrera la santé presque plus fa- cilement qu’en cas de grippe sévère. Les décès surviennent pour l’heure chez des personnes âgées ou diabé- tiques, hypertendues ou atteintes de pathologies coronariennes. La
plupart du temps, la présence du virus provoque la décompensation d’autres pathologies : il ne tue pas directement. Encore faut-il bien se persuader que même affaiblis, ces malades reçoivent des soins intensifs capables de contrôler les fonctions vitales et de vaincre l’is- sue fatale. Sans complications, les traitements sont symptomatiques, on réhydrate et l’on fait chuter la fièvre, avec ou sans antibiotiques.
Ne pas « masquer »
le risque
Le nouveau ministre de la Santé, le Dr Olivier Véran, se range ainsi du côté des optimistes, même si, comme il l’affirme, il reste vigilant et multiplie les réunions. Depuis les Contamines-Montjoie et la soudaine flambée de malades at- teints en Italie, l’on sait, comme le rappelle le Dr Jean-Paul Hamon, vice-président des Médecins de France, qu’il y aura « des trous dans la raquette ». Mais si, comme la plu- part de ses confrères/sœurs, le mi- nistre ne voit aucune raison de cé- der à une quelconque panique, il a raison de faire se préparer toujours plus d’hôpitaux à une possibilité de pandémie dont la survenue passe d’inexistante à probable. Le pire, alors, serait de jouer le scénario des animaux de la fable : accuser l’âne. OLIVIEr maGNaN
santé
18 mars, la clinique Saint-Jean l’Ermitage, 77000 Melun du 31 mars au 2 avril, et
le centre de santé du Moulinet, 75013 Paris, les 22 et 24 avril. Cinq millions de personnes relèvent de troubles auditifs (y compris légers) quand 30 % des cas d’échec scolaire dans l’enseignement primaire ont pour cause une déficience visuelle.
au-delà du diabète...
Le laboratoire Abbott, entreprise pharmaceutique américaine, fondée à Chicago en 1888, a pris l’initiative de
partager l’expérience de 200 personnes (diabétiques ou pas) : des entrepreneurs,
de jeunes créateurs, des sportifs, des étudiants, des artistes, des responsables
associatifs, des soignant/es, des médecins, des infirmier/es, des diététicien/nes... Objectif : des portraits en ligne, des témoignages : on clique sur l’image, on se retrouve face au
nom du malade ou du soignant, riche de leur parcours. Moralité : on a de quoi vivre pleinement sa vie de diabétique. http://200portraits.fr/
Dentiste sur roulettes
En Auvergne-Rhône-Alpes, un cabinet de soins bucco-dentaires mobile roule à la rencontre du patient, résidents
en Ehpad ou habitants de communes sans praticiens. L’idée revient au Dr
Éric Lenfant, président
de l’Union régionale des professionnels de santé chirurgiens-
dentistes de la région. Elle a été concrétisée avec le leader européen de la carrosserie, le Groupe Gruau. Le cabinet itinérant est même équipé d’un système de radiologie.
LIVrE
aider son conjoint dépressif et s’aider soi-même
Votre conjointe, votre conjoint souffre de dépression ? Lire le parcours bosselé d’un autre couple pourrait vous apporter
un vécu à comparer,
des erreurs à éviter, des solutions non entrevues. Tout l’intérêt du récit de Bruno Maquet, aidant de son épouse, dont on sait que malgré des promesses « macroniennes » le statut continue à relever de l’héroïsme. « La personne
ayant à vivre une souffrance mentale doit être reconnue et accueillie avec sa différence, et non pas définie
par sa disparité sous peine de non- reconnaissance de son être. »
Quand la dépression est là ! La place de l’aidant naturel, Bruno Maquet, éditions du Panthéon
addiction au porno : une drogue dure comme les autres
Quel site a enregistré plus de 45 milliards de visites en 2019 ? Pornhub, le roi du porno. Parmi ces visiteurs, un repenti courageux, Sylvain Guigni, victime de cette drogue du plaisir aux doses sans cesse plus fortes, sevré par sa recherche frénétique de solutions. Il en a tiré le carrefour addict-porno.fr, antidote de cette drogue dure qu’est la « gratification sexuelle, rapide et facile d’accès ».
Son site synthétise son propre effort de recherche
en quête d’une
bouée de
sauvetage. Il a
consulté des
sites comme
yourbrainonporn.
com, choisi des
livres, Your brain
on porn de Gary Wilson, Prodependence de Robert Weiss, compilé des études consacrées aux effets de l’addiction
sur les capacités de mémoire, la concentration, le raisonnement, le système de récompense, le système de stress, la tolérance au contenu visualisé, la capacité de contrôler les envies.
On y trouve « des livres de thérapies cognitives et comportementales, des études sur les thérapies utilisées pour sortir de l’addiction à la pornographie, des témoignages d’ex-actrices sur leurs conditions de travail ». Alors, quel www allez-vous choisir... ?
      92 | mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[évasion
Le Vice Versa de Chantal Thomas
Inspirée par la luxure, la paresse, l’envie, l’orgueil, la colère, l’avarice et la gourmandise, Chantal Thomass s’est entourée de fournisseurs prestigieux et
a créé toutes les ambiances
dans les moindres détails, du
mobilier aux papiers peints, en passant par les tentures, les interrupteurs ou encore les plafonds... L’hôtel dispose également d’un honesty bar au paradis et d’un hammam en enfer. Le petit-déjeuner s’apparente à un délicieux cupcake. Chantal vous souhaite de joyeux péchés pour de douces nuits ! 213 rue de la Croix Nivert 75015 Paris www.viceversahotel.com
L’imperator - Nîmes
l’art du temps
vie privée
 Maison Albar Hotels –
 À Nîmes, Maison Albar Hotels signe
la réouverture d’un hôtel mythique
: L’Imperator. Un hôtel 5 étoiles totalement transformé avec l’aide
de l’Atelier COS et de son architecte Marcelo Joulia, comprenant 49 chambres, 4 suites et 8 maisons privatives. Le Chef triplement étoilé Pierre Gagnaire offre à ses hôtes une cuisine créative et atypique. Côté détente, les visiteurs peuvent profiter du spa codage. www.maison-albar-hotels-l-imperator.com
Le Brown’s Hotel à Londres en fleur
Le Brown’s Hotel a dévoilé il y a quelques mois son nouveau hall d’entrée à imprimé floral inspiré par le printemps britannique. Depuis son ouverture en 1837, l’hôtel numéro un de Londres a toujours été avant-garde en terme de décoration. Le nouveau hall d’entrée fait suite à une des plus grandes restaurations du Brown’s. Le Donovan Bar respire le luxe avec ses riches tons verts veloutés et le Beck, restaurant du Brown’s, se vante de ses motifs feuillagés
ludiques. Les deux espaces ont été rénovés en 2018 et ensemble, ils donnent un nouveau look à l’ensemble du rez-de-chaussée.
www.roccofortehotels.com
9Hotel Cesàri à rome
     bien-être
Clémence & Vivien : la beauté engagée
Clémence & Vivien propose une cosmétique naturelle & éthique, parfaite pour la peau et la planète. L’huile démaquillante Toute douce est à base d’huile de tournesol (pour dissoudre les pigments
de maquillage), de polyglycéryl (humecter pour émulsionner huile
& eau), vitamine E (assouplir & protéger). Le parfum au lait d’amande transforme ce geste beauté en expérience sensorielle ! 10.90€ www.clemenceetvivien.com
alga maris, spray solaire famille spf50+ certifié bio
Ce spray très haute protection permet à toute la famille de profiter facilement d’activités extérieures tout en préservant la peau de tous. Facile à appliquer, il assure une protection solaire immédiate et résistante à l’eau. 150 ml, 29,50 € www.laboratoires-biarritz.com/fr/
Dermaceutic, activ retinol 1.0
Le laboratoire Dermaceutic, Expert en Dermatologie Esthétique, a conçu un système innovant en couplant le Rétinol à un complexe de haute technologie pour assurer un apport progressif, ciblé et homogène
du dosage. Avec une concentration exceptionnelle en Rétinol, le produit
stimule et régularise la division cellulaire épidermique et améliore ainsi la régénération de la peau. 52.90€
www.dermaceutic.fr/fr/
Au cœur du centre historique de la capitale italienne, à quelques pas du Panthéon, de la Fontaine de Trevi, du Colisée et des ruelles commerçantes au charme médiéval, le 9Hotel Cesari 3* est un séduisant hôtel- boutique composé de 47 chambres respectant l’univers authentique des lieux. Un établissement qui vous plonge dans la Dolce Vita ! www.9-hotel-cesari-rome.it/fr
Gallinée - la crème qui vous fait les yeux doux
Afin de protéger le contour des yeux, la crème Gallinée (formule prébiotiques et probiotiques) se veut une solution efficace par son action sur les peaux sensibles et atopiques. A utiliser pour atténuer les rides, les poches et les cernes !
Appliquer matin et soir sur peau propre par de légers tapotements en partant du coin externe de l'oeil pour aller vers l'intérieur.
Disponible sur gallinee.com - Marionnaud - birchbox.fr - le printemps de la beauté et les pharmacies partenaires. 24€les15ml
     ecoreseau.fr mars 2020
| 93
]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
 mode & accessoires
Alice,
the new Tweed
Alice Tweed nous fait redécouvrir une matière naturelle, aussi élégante que résistante : le Tweed. Ce très beau
tissu ancestral traverse les saisons
et ne craint ni la pluie ni le vent, ni même le soleil ! La marque propose également des accessoires directement fabriqués à Glasgow, au pays du tweed où les casquettes et chapeaux sont indispensables.
Caroline Macaron,
  600€ www.alicetweed.fr
Caroline Macaron est aujourd’hui la seule marque en France à proposer des chaussures permettant aux femmes souffrant d’hallux valgus de se chausser sans douleur tout en restant féminines. L’entreprise familiale fabrique ses chaussures
en Normandie dans la plus vieille entreprise française de fabrication de chaussure datant de 1750. L’univers gourmand et féminin de Caroline Macaron se pare de couleurs pastel et chaque modèle porte le nom d’une pâtisserie ! A partir de 199€ www.carolinemacaron.com
Saint James et Club Pétanque
Au programme, deux pièces iconiques revisitées façon color-block graphique qui sentent bon l’air marin et les beaux jours ! Saint James x Club Pétanque, c’est la collaboration qui nous fait
se sentir en vacances, tout en nous gardant au chaud. Pull Cabanon Bleu - 100% laine - 149€www.saint-james.com/fr
Aubade - le chic à la française
Cette saison et pour leur seconde
collaboration avec la marque Aubade, Viktor
et Rolf, le célèbre duo de la haute-couture
néerlandaise, célèbre la féminité avec une
collection « The Bow » tout en blanc pur.
Depuis sa création en 1958, la maison
Aubade est restée lovée au cœur de Paris
et tout est réuni au même endroit : bureau
de création, modélisme, patronage, R&D et
marketing.
A noter l'exigence de la coupe, le confort et l'esprit couture que souhaite incarner la marque, et qui se retrouve notamment dans la sélection de matières nobles (dentelle de Calais, broderie suisse et finitions raffinées avec passementerie et bijoux, laçage et fitting parfait...). www.aubade.fr/
élégance et confort
absolu
 maison Fétiche,
des œuvres porte-bonheur à porter
L’artiste peintre Caroline Basuyau, fondatrice de Maison Fétiche, s’inspire de ses voyages pour nourrir ses créations. C’est avec des couleurs somptueuses qu’elle représente différents univers pourtant menacés : celui du monde marin et ses coraux, celui du monde humain avec notamment les inuits et les polynésiens et celui des animaux avec les grands mammifères en voie de disparition ; des tigres blancs, léopards, ours polaires, toucans, perroquets. Chaque toile est déclinée en un accessoire ; foulard, pochette homme, cordon, médaillon. Ainsi on ne se contente plus de contempler les toiles, Maison fétiche nous
 permet de les toucher, les porter, de se les approprier comme un objet fétiche. Chaque accessoire porte un message porteur d’espoir pour la faune et la flore. https://maisonfetiche.com
Jean Perzel, luminaires d’art depuis 1923 et « entreprise du patrimoine vivant » (EPV)
La lampe ref 162 (modèle violet en illustration) - Créée par Jean Perzel en 1927 et considérée comme la plus prestigieuse des lampes de collection des années 30 - a été utilisée par les grands architectes et décorateurs de cette époque : Jacques Emile Ruhlmann , Jules Emile Leleu, Le Corbusier et Michel Roux-Spitz.
Elle est d’ailleurs exposée au Musée des Arts Décoratifs.
Constituée de quatre cylindres en verre optique émaillé extra-blanc et diffusant une lumière d’une puissance exceptionnelle sans aucun effet d’éblouissement, cette lampe peut éclairer une pièce à elle seule. (H.62cm-Ø40cm/Prix:àpartirde5850€)
Ateliers Jean Perzel (Exposition – Vente – Atelier) 3, rue de la Cité-Universitaire 75014 Paris www.perzel.com
   94 |
mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[horlogerie & joaillerie
Eco-Drive de Citizen, précision et écologie
Citizen dévoile une nouvelle montre nommée « Caliber 0100 » d’après le mouvement Eco-Drive qui assure la plus haute précision du monde de ± 1 seconde par an. Cette nouvelle
méthode tire parti de l’énergie illimitée de la lumière. La technologie Eco-Drive est devenue le cœur de métier de la marque et la lumière demeure sa principale inspiration en plus
de quatre décennies d’amélioration continue. 15 000€ www.citizenwatch.com
Chronographe manufacture
Flyback
Lancé en 2017 par la manufacture horlogère suisse Frédérique Constant, le chronographe Manufacture Flyback arbore aujourd’hui une allure sport-chic avec l’arrivée de deux nouvelles versions. Dotée d’une fonction retour en vol, cette pièce pour amateurs avertis se distingue tant par sa singularité que par sa difficulté de réalisation. Intégralement développée, fabriquée et assemblée au sein de la manufacture genevoise de la maison, elle reste à l’image de la philosophie de la marque : rendre le luxe accessible. Modèle en acier 3 895 €, en acier plaqué or rose 4 195 € frederiqueconstant.com
Lady Diver d’Ulysse Nardin se réinvente
Diamants, dynamisme et détermination : Ulysse Nardin dévoile une nouvelle ligne de montres Lady Diver, alors
qu’Alessia Zecchini, championne d’apnée aux multiples records mondiaux, devient la première femme à
rejoindre la famille d’aventuriers que la Maison appelle « ses Ulysses ». 10 800 CHF www.ulysse-nardin.com
Les montres au Cinéma
Entre les montres et le cinéma,
c’est une longue histoire. Une
histoire qui remonte à 1926 avec
la première apparition d’un
garde-temps au poignet d’un
acteur. Impossible d’imaginer
James Bond sans ses mythiques
Rolex Submariner ou son Omega
Seamaster au poignet, Steve McQueen sans sa Tag Heuer ou Ryan Gosling dans Drive sans sa Calatrava. Discrètes ou cultissimes, ces montres sont l’objet d’une fascination qui dépasse les genres et les générations. 160 pages, 35€ Editions du Cherche Midi
l’art du temps
vie privée
      ecoreseau.fr mars 2020 | 95
]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
     le vin choisi
Par alain marty
Président et fondateur du Wine & Business Club et animateur de In Vino Sud Radio
L’Arbois Blanc Naturé 2018
Partons à Arbois, une commune française située dans le départe- ment du Jura en région
Franche-Comté.
C’est un site remarquable de
vignobles, traversé par une ri- vière de 1ère catégorie « la Cui- sance », prenant sa source au pied de la reculée des Planches, qui bénéficie du classement « Natu- ra 2000 ». Aujourd’hui, nous allons découvrir le
Domaine Rolet.
Ce vignoble constitue l’un des fleurons du vi- gnoble jurassien et ses vins déclinent toute la
richesse du terroir au travers de la large palette des cépages de la région. Composé de trois familles, il s’inscrit dans l’équilibre tra- dition – modernité tout en respectant la
grande typicité des vins du Jura.
Mon coup de cœur est une cuvée 100 % Savagnin : L’Arbois Blanc Naturé 2018. Ce vin jaune est issu de jolies parcelles de Montigny-les-Arsures dans les lieux dits « Gaillard » et « Château Gimont », terres de marnes grises par excellence. Doté d’une robe jaune pâle aux reflets argentés, l’Arbois Blanc a une très belle longueur en bouche, avec un beau volume sur une finale citron- née où l’on retrouve également une note io- dée.
Joliment nommé Arbois naturé, ce vin n’est pas oxydatif comme la plupart des blancs du Jura.
Il se conserve entre 8 et 12° et peut se garder 5 ans. Savagnin sec et salin, emmené par une fraîcheur végétale au doux prix de 15 euros.
Nous vous proposons plusieurs accords mets-vin : huîtres, carpaccio de St Jacques, fromage, tarte à la rhubarbe.
Bonne dégustation ! n
96 | mars 2020 ecoreseau.fr
vins à déguster (avec modération)
Les Fiefs de Lagrange
L’Incôtruptible
  2018, une belle 2015 découverte
La couleur est éclatante avec des re- flets pourpres, et des notes de fruits noirs et rouges. L’attaque est fraîche, mentholée et épicée. L’équilibre entre l’acidité et la trame tannique
lui confère une belle élégance. Le plus complet des Fiefs de Lagrange depuis
le millésime 2009.
27€ www.chateau-lagrange.com
Le Dit de l’Hortus – La Soulane 2016
Un nez intense et complexe de fruits noirs confits cassis-mûre-myrtille, des herbes de garrigue, une note fumée et empyreumatique, du poivre blanc. Une bouche ample, gourmande, poivrée et réglissée, fondue et de grande élégance, une longue persistance. 65€ www.domaine-hortus.fr
Cuvée Etoiles Blanc 2016 Château La Calisse
sans sulfites
L’Incôtruptible 2018
dévoile une robe
d’un rouge intense,
aux reflets violines.
Son nez offre de
fines notes épicées
entremêlées de
violette. La bouche
onctueuse laisse
s’exprimer les arômes
de fruits rouges et des tanins délicatement fondus, témoins de la belle maturité du millésime. 9,50€ www.allianceloire.com
Volnay Clos de la Barre
2014 – maison Louis
Jadot
Le vignoble de Volnay donne naissance à des vins expressifs
et généreux. Dès le nez, une impression de raffinement s’impose, sur des arômes de petits fruits noirs, réglisse, sous-bois et notes automnales.
La bouche offre une
attaque souple, au
boisé délicat. 54,40€ http://louisjadot.com
    Le nez de ce Rolle & Grenache blanc révèle des arômes de fruits confits et d’amande
douce et de notes beurées. En bouche, ce blanc séduit par sa belle fraîcheur, sa
complxité, sa finesse et sa volupté. Un vin très rond, chaleureux et puissant ! 28€ chateau-la-calisse.fr/nos-vins/
 ]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[l’art du temps
vie privée
   Domaine Cauhapé La Canopée 2017 Jurançon sec
Un nez intense et complexe de miel, de gelée de coing, de pain d’épices et de
fruits secs, enrobées de senteurs finement torréfiées.
Une bouche gourmande, volumineuse, une puissance
remarquable où s’entremêlent des saveurs de fruits mûrs, d’ananas et d’agrumes soutenues par un boisé bien intégré, longue sur l’amande fraîche. 22,90€ jurancon-cauhape.com/fr/
du côté des bulles...
Cuvée 90 Blanc Domaine La suffrene
Créée à l’occasion des 90 ans de Fortuné Piche, cette cuvée
est dans la pure lignée du style Suffrène qui allie fraîcheur,
minéralité, tension et une belle acidité. Le nez est expressif sur des arômes de fruits à chair blanche avec des notes florales. La bouche est ample et généreuse, droite avec une belle fraîcheur en
finale.
16€ www.domaine-la-suffrene.com
Pouilly fumé La
Demoiselle de
Bourgeois 2016
Au-delà des notes florales et de fruits exotiques perceptibles dès la première olfaction, on retrouve toute l’expression de ce terroir prestigieux à travers une tension minérale tout en élégance. Un vin pur et complexe, qui supportera avec aisance une garde d’une dizaine d’année. 28,40€ www.henribourgeois.com
  Beaumont de
De Chanceny crémant de Loire brut nature, une cuvée zéro dosage
Le nez, à la fois complexe et élégant, mêle des notes toastées et torréfiées à des notes de pêche jaune mûre et d’ananas. Avec une effervescence
délicate et persistance, la bouche présente une belle richesse et une grande sensation d’équilibre. Les arômes de fruits secs et de fleurs blanches concluent la dégustation, pour une finale rafraîchissante.
11,60€ www.allianceloire.com
 Crayères Fleur
Noire 2009
Devaux,
merveilleuse
Cuvée D
Installé au cœur du vignoble de la Côte des Bar, Champagne Devaux propose des vins de Champagne au style affirmé et avec un temps de vieillissement exceptionnel. La cuvée D est la cuvée phare, qui présente des arômes de fleurs blanches et d’épices, adoucis par la finale qui rappelle la brioche grillée et la vanille.
Une bouche fraîche, friande et crémeuse dotée d’une belle persistance. Disponible en 75cl, 150cl et 300cl.
42€ www.champagne-devaux.fr
Beaumont de Crayères Fleur Noire 2009 Un nez très expressif et généreux évo- quant l’amande pilée grillée, la brioche, les fruits blancs d’été, la rhubarbe fraiche, la pêche jaune. Une bouche, équilibrée, généreuse et ample aux arômes de fleurs blanches fraiches d’acacia, d’aubépine rehaussé de notes de chèvrefeuille. Une finale longue, ra- fraîchissante et épicée mêlant des notes poivrées, de réglisse.
37.90€
www.champagne-beaumont.com
Ruinart, nouveau
  packaging 100% écologique
Ruinart travaille sur un nouveau packaging pour ses cuvées R, R Millésimé, Rosé et Blanc de Blancs. Fruit de plus de deux ans de recherche et développement, l’étui remplacera les coffrets existants de la Maison. Cet emballage destiné à révolutionner le marché des coffrets et étuis, est éco-conçu, zéro plastique, 100 % recyclable. Il sera dévoilé lors du salon Vivatech, en juin 2020, à Paris. www.ruinart.com
ecoreseau.fr mars 2020
| 97
]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
Les déjeuners d'Écoréseau Business
La Maison Blanche, déjeuner avec vue, magique !
Le menu
Notre entrée
p Pâté croûte de volaille, pickles de betteraves au vinaigre de vin vieux et balsamique.
Nos plats
p magret de canard doré, jus aux poivres sauvages et scotch whisky tourbé, légumes racines.
p Poitrine de cochon grillé, épeautre aux fruits, fondant de cardonset jus réduitaux baies de sichuan.
Nos desserts
p Fondant maison Blanche au chocolat « araguani », recette secrète de J.C.
p Palet chocolat mangue, sorbet yaourt.
Tarif
menu Déjeuner Entrée, plat et dessert à 59€
travers le monde. Son Chef Pâtissier James Choplin, revisite les grands classiques à sa manière et offre des touches sucrées d’une grande finesse aux goûts authentiques. La carte des vins du restaurant possède une large palette de plus de 380 références...
service
avenant, impeccable, rapide, agréable
        Concept & LiEU
Du haut du Théâtre des Champs Elysées, sur la prestigieuse avenue Montaigne, la Maison Blanche offre une des plus belles vues sur les toits des quartiers chics de la capitale. L’établissement se compose de deux niveaux : la salle le long de la « Baie Vitrée », vertigineuse et verticale ; la « Mezzanine » avec son bar phosphorescent aux couleurs changeantes, et sa terrasse, îlot de verdure dans la ville, placée sous les scintillements de la Tour Eiffel.
En cuisinE
Cette institution en matière de gastronomie française construit sa réputation depuis plus de 29 ans en proposant une cuisine mariant élégamment recettes de tradition et intuition créative. Le Chef Fabrice Giraud, influencé par les saveurs méditerranéennes de son enfance, apporte du soleil dans les assiettes raffinées de la Maison, qu’il fait varier selon les saisons et les arrivages des marchés, enrichies de ses nombreuses découvertes ramenées de ses voyages à
gastronomie
Les Fruits Défendus, les bienfaits du bien fait
Pas de farines, pas de sucres ajoutés, pas
de graisses ajoutées, pas de calories vides
: les petits triangles des Fruits Détendus
se démarquent complètement de l’offre existante. À la base des recettes, du sarrasin, une petite graine rustique naturellement sans gluten, bonne pour les sols, cultivée en France et pleine de nutriments bons pour la santé. Des fruits séchés (pour l’énergie) et des fruits à coque (pour les oléagineux) en quantité généreuse, des graines, quelques épices, une pointe de fleur de sel, et il n’en faut pas plus pour préparer de délicieux granolas.
www.lesfruitsdetendus.fr
98 | mars 2020 ecoreseau.fr
15 avenue Montaigne 75008 Paris Réservations au 01 47 23 55 99 - www.maison-blanche.fr
Pâte à tartiner vegan et sans lactose
Guy Roux, un Maître Chocolatier passionné, a lancé “Essentiel de chocolat N°0", une pâte à tartiner terriblement délicieuse qui est aussi sans sucre, sans lait/lactose, sans huile de palme, ni aucune autre huile rajoutée, puisqu’elle contient suffisamment de noisettes pour un maximum d’onctuosité et 100% vegan. 9,90€ www.chocolatsanssucres.com
La charcuterie, ouvrage incontournable
de Guy Krenzer
Elu Meilleur Ouvrier de France en la matière, Guy Krenzer livre son savoir-faire en même temps
qu’un véritable panorama des produits charcutiers. Saucisses, pâtés et terrines, jambons, foie gras, charcuteries tripières ou cuisinées... ce sont près
de 100 victuailles dont on apprend tous les secrets. Chaque chapitre est consacré à une famille de produits, dont on savoure l’histoire, avant de déguster les recettes traditionnelles. On y découvre également le métier de charcutier, l’élevage des cochons, ou encore un petit recueil de proverbes et expressions. 400 pages, 49€ www.editionsdelamartiniere.fr
Le Jacquier,
« l’incroyable viande végétale »
Le Jacquier est un arbre poussant naturellement en Asie et dans le Sud de l’Inde. Son utilisation en Asie est très populaire, il y est consommé comme un légume.
Son originalité tient en sa texture proche d’une viande végétale, les populations locales le cuisinent généralement
à la manière d’une volaille. Disponible sous quatre déclinaisons : nature, thaÏ, tex-Mex, barbecue. 5,74€ les 200 grammes.www.lemondeestbio.com
     ]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[ expressions
médias par Mathieu Wilhelm
100 |
Il n’y a pas de liberté sans responsabilité et sans contrôle. L’absence de responsabilité et de contrôle met autant la liberté en danger que
les interdictions et les censures. Une liberté privée de règles n’existe que dans une démocratique anarchie, donc destinée à périr. Le premier effet de cette situation est de provoquer des réactions
puritaines et autoritaires.”
Jean Daniel, écrivain et journaliste français mort le 19 février à 99 ans, fondateur (1964), directeur et éditorialiste du Nouvel Observateur, devenu L’Obs.
Comment réattribuer les canaux TNT libérés ?
Pour écouter l’éco tous les matins...
BFM BUSINESS
Pour écouter l’éco le week-end Emmanuel Lechypre, Monsieur
Éco de BFMTV, co-Monsieur Éco
le samedi matin sur France Inter
(On n’arrête pas l’éco) semble
dormir toutes les nuits dans les
studios histoire, le week-end, d’inviter sur son plateau journalistes, économistes
et éditorialistes pour débattre de la littérature de l’économie. Il propose un décryptage assez pertinent des livres et publications qui font l’éco, l’écho aux grands enjeux !
BFM Business, le dimanche à 21 heures.
On était les seuls à savoir que...
BBC
... Greta Thundberg devient héroïne d’une série télé !
Entendu sur la BBC, le
destin de la plus jeune
femme politique du
monde sera suivi par les
équipes britanniques ! De ses croisades médiatiques à ses moments d’intimité, sa vie sera donc encore un peu plus passée au crible ! Une saga risque d’en cacher une autre...
France 2
... michel Field veut recauser
dans le poste
« Ça m’aurait amusé de participer au Grand Oral ! » Le grand
concours d’éloquence
présenté par Laurent
Ruquier et ouvert à
tous revient sur France 2, malgré les audiences décevantes de la première édition. Et Michel Field se serait bien collé à l’exercice ! Après Danse avec les stars, pourquoi pas Cause avec elles !
Les sites Web généralistes les plus visités
Orange.fr : 255 millions de visites LeFigaro.fr : 132 millions de visites Tele-Loisirs.fr : 122 millions de visites
Source : classement mensuel, janvier 2020, publié par l’ACPM
À coups de chaînes...
Après la guerre des matinales, la guerre des talk shows et les sempiternelles guerres des 20 heures, 2020 s’apprête à vivre un nouveau séisme sur la planète TNT, la guerre du canal, sous-titré « qui aura la meilleure place ? »
Pavé dans la mare le 3 janvier, la nouvelle tombe : France 4 (canal 14) et France Ô (canal 19) arrêteront d’émettre à partir du 9 août. Écran noir. Qui l’occupera ? Les quatre chaînes d’info en continu, BFMTV, CNews, LCI et la dernière arrivée du groupe France Télévisions, Franceinfo, veulent remonter en canal comme on grappille des places dans les files d’attente. Pour le CSA, comment attri- buer ces nouvelles places de choix sans don- ner l’impression que l’une ou l’autre sera dé- savantagée (ou avantagée) par rapport à ses concurrentes ? Plus la chaîne sera loin dans la liste, moins le téléspectateur aura le cou- rage de continuer à zapper, déjà happé par la news sensationnelle qui le gardera scotché au programme ! Entre le canal 14 et le canal 27, constat édifiant, 50 % des téléspectateurs sont perdus.
Mare aux canards
La présidente de France Télévisions, Delphine
mars 2020 ecoreseau.fr
Ernotte, se jette corps et âme dans la bataille, multiplie les pressions sur les parlementaires pour qu’ils déposent un amendement dans son sens dans le cadre de la future loi sur l’audiovisuel débattue au printemps. De son côté, le groupe Altice, détenteur de BFMTV (canal 15 actuel), propose une solution aus- si simple qu’avantageuse pour lui : « Faire glisser l’ensemble de la numérotation d’un chiffre à partir du créneau laissé vacant », pour ne fâcher personne ! Altice avait bien préparé son coup en rebaptisant ses chaînes, pour les émanciper du diktat du classement par numéro (Numéro 23 devient RMC Story en 2018). Pas idiot ! Réponse du groupe Ca- nal+, propriétaire de CNews, bien plus caté- gorique : il refuse purement et simplement que les autres chaînes de son groupe, comme CStar, quittent leur canal actuel. Et chez LCI, la solution avancée par Thierry Thuillier, directeur de l’information chez TF1, est un peu plus floue et plus ardue à mettre en place sans avoir à tirer littéralement dans un jeu de quilles : regrouper toutes les chaînes numé- riques par domaine d’activité... Compliqué ! Et si les premiers généraux des rois guerriers sont toujours les premiers récompensés en cas de victoire, rappelons-nous que le groupe TF1 aura mis 11 ans pour laisser aux télés- pectateurs de la TNT la possibilité de regar- der sa chaîne info gratis. Argument sérieux pour l’accusation, dites-vous ? À voir ! Autre écueil, et non des moindres, à éviter en ces périodes électorales, le gouvernement pour- rait trouver en ces heures de campagne un bon moyen de pression pour glisser son mes- sage. Comment réussir à garder une impar- tialité totale ? Maître CSA, seul détenteur du final cut, bon courage !
Les + et les –
des chaînes info en 2019
BFMTV : 2,3 % (- 0,3 %//2018) LCI : 1 % (+ 0,3//2018)
CNews : 0,8 % (+ 0,1 %//2018) Franceinfo : 0,5 % (+ 0,1 %// 2018)
]]></page><page Index="101" isMAC="true"><![CDATA[ [ Briefing médias ]
Xavier Niel,
de l’Internet au papier au numérique ?
Sauvé ! Et large sourire pour Xavier Niel, le grand manitou du Net qui officialise le rachat à 100 % de Nice-Matin, contrôlé depuis 2014 par 421 de ses salariés via une
coopérative d’intérêts collectifs. Niel vient de
poser 5 millions sur la table, cinq fois la mise
déposée par les salariés il y a six ans ! Un plan
de départs volontaires est prévu pour 80 sa-
lariés non-journalistes et 35 estimés en vertu
de la clause automatique de cession. Une des promesses de l’homme d’affaires : injecter
50 millions d’euros dans le titre sur 5 ans ! Et
après le rachat de parts au Monde et de 11 %
de La Provence, son empire s’étend. Le papier,
si salut il y a, passera nécessairement par le double-clic !
Papier carbone ?
médias
expressions
 Google : contenus payés ou boostés ?
Google va-t-il dorénavant devoir payer le contenu qu’il propose à ses utilisateurs ? La question se pose pour de nombreux
organes de presse, majoritairement français et européens, qui ne voient pas d’un très bon œil les bénéfices engendrés par la firme sur les liens « actualités » sans qu’aucune contrepartie ne leur soit reversée ! Face à la foudre des critiques, le colosse de la Silicon Valley avance ses arguments : sans lui, le trafic généré sur
les sites des éditeurs de presse serait en chute libre, évidemment ! Puis rentre en négociations avec une idée en tête : créer une base d’actu
« premium ». Un peu à la manière de Facebook. Depuis octobre 2019, le réseau a lancé son
fil dédié au « journalisme de qualité » pour endiguer le phénomène de désinformation et enterrer les fake news !
  Bilan carbone, l’expression du siècle ! La rédaction
du Monde en prend acte qui publie dorénavant à
la fin de chacun de ses reportages vidéo l’impact environnemental de ses productions éditoriales !
Du transport en passant par le montage et jusqu’à l’appareil photo utilisé pour capter les images, tout y est décortiqué ! À titre de comparaison, les 25 articles vidéo publiés depuis septembre 2019 sur son site ont généré 16,6 tonnes de CO2, quand un/e Français/e en émet seulement 9 par an !
[ chiffrages ]
Les Français/es et la presse écrite
63 % lisent un magazine ou un quotidien chaque jour !
 ecoreseau.fr mars 2020
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]]></page><page Index="102" isMAC="true"><![CDATA[expressions
tribunes libres
Mon salarié à l’étranger : sa protection empiète-t-elle
sur sa vL
Hélène
Goumard,
EMEA Solutions Principal chez SAP Concur
d’envoyer leurs collaborateurs (déplacements ponctuels ou ex- patriation) à l’étranger. Mais la recrudescence d’incidents exté- rieurs, tels que le terrorisme ou les crises géopolitiques, associée aux risques de catastrophes naturelles (séismes, maladies infectieuses, etc.) force les organisations à se doter de mesures particulières pour assurer la protection de leurs collaborateurs. Mais comment garder un œil sur eux sans empié- ter de façon intrusive sur leur vie privée ?
Assurer la protection de ses sa- lariés : une obligation pour les entreprises
Depuis 1989, une directive eu- ropéenne fixe le droit des em- ployeurs en matière de protection de leurs salariés. Dans le droit
ie privée ?
 a mondialisation et la conquête de nouveaux marchés imposent de plus en plus aux entreprises
français, l’employeur est consi- déré comme « débiteur d’une obligation de sécurité à l’égard de ses salariés ». Les entreprises sont tenues de mettre en place les moyens adéquats pour assurer la sécurité et protéger la santé de leurs salariés, en France comme à l’étranger. Pour assurer correc- tement ce devoir de protection et d’assistance, les entreprises doivent donc relever plusieurs dé- fis : obtenir une visibilité en temps réel de toutes les réservations de leurs collaborateurs. Pouvoir les informer avant, durant et après le déplacement. Être en capacité de réagir rapidement en cas de be- soin 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Enfin, s’appuyer sur des moyens de communication fiables et ro- bustes.
Aller le plus loin possible dans l’exploitation de la donnée dis- ponible
Les technologies donnent le
moyen aux entreprises de garantir cette sécurité au travers de plates- formes et solutions logicielles très intuitives et performantes : il s’agit de localiser dynamiquement les employés et d’évaluer avec le plus de précision possible leur exposition au risque. L’envoi de messages de prévention est auto- matisé, tout comme celui d’alertes pour confirmer un statut « safe » ou demander une assistance d’urgence. Ces dispositifs ont en outre l’avantage de proposer une communication bidirection- nelle, c’est-à-dire de l’employeur à l’employé et inversement, une façon d’obtenir un maximum de précision sur le besoin et de prio- riser les actions à mener pour y répondre.
Respect des données person- nelles : véritable préalable de la confiance
Une entreprise qui s’investit dans la protection de ses collaborateurs
leur démontre qu’elle se préoccupe de leur bien-être. Reste que toutes ces technologies ne sont rien si l’entreprise ne dispose pas de la bonne data que sont à la fois les données RH, Travel et Expense. D’où la question du respect de la vie privée et de la confidentialité des informations personnelles, thématiques phares de la Com- mission nationale Informatique et liberté, récemment traduites dans le Règlement général de la protec- tion des données (RGPD).
Pour se prémunir d’une amende et inciter ses collaborateurs à communiquer des informations clés pour assurer leur sécurité, l’entreprise veillera donc à bien les informer sur sa politique de confi- dentialité. Les salariés devront donc être formés aux outils et aux procédures mis en place dans le cadre de leur protection. n
clerc, Patagonia), jusqu’à interpel- ler les dirigeants politiques. Ensuite, ce societing va remodeler toutes les démarches de commu- nication existantes aujourd’hui. Les entreprises, les agences de communication et de publicité vont devoir faire coïncider les va- leurs, les messages, les produits qui prouvent aux citoyens que les promesses sont tenues naturelle- ment et concrètement.
Bred, les entreprises ont un avenir avec le societing. Pour cela, elles doivent mettre en pratique leurs valeurs, s’assurer de l’adhésion des relais d’opinions (médias) et être perçues comme authentiques. C’est-à-dire qu’elles ne vivent que pour l’objectif fixé, d’un bout à l’autre de leur chaîne de valeur. Voilà un enjeu passionnant que ce societing poussé par les citoyens eux-mêmes. n
1 Le societing, Kantar, janvier 2020
2 Kantar, Les marques prennent position, janvier 2020
Le societing, new deal des entreprises ?
 Jérôme
Tarting,
PDG de Up’n BIZ, solutions globales pour entreprendre
La responsabilité sociale et environnementale des entreprises n’a cessé de progresser. Parce qu’elle
considère sur un plan d’égalité le social, l’environnement et l’hu- main, elle va vivre une seconde révolution exigeante, poussée par les citoyens : le societing. Explica- tions.
Apparue dans les années 1970, la responsabilité sociale et envi- ronnementale des entreprises est désormais entrée dans les acti- vités de gestion des dirigeants et de leurs structures. Près d’un de- mi-siècle aura donc été nécessaire pour la rendre opérationnelle. L’approche a demandé des chan- gements culturels en faisant appel aux facultés d’adaptation de cha- cun. Désormais, en France, 72 % des entreprises sondées consi- dèrent qu’elle est « un enjeu es- sentiel ou très important ». Leurs préoccupations sont centrées sur cinq enjeux jugés comme les plus importants :
1 La limitation de l’impact sur l’environnement
2 La gestion des ressources hu-
maines
3 Le développement économique
et l’ancrage local
4 L’écoute et la prise en compte
des parties prenantes
5 L’information et la transpa-
rence
Dans un avenir proche, la RSE risque d’être complétée voire dé- passée par le societing. Le contexte planétaire et national a démontré l’emballement des émissions de CO2. Les engagements à rebours, pris lors de la COP 21, ont sus- cité des crispations. Partout, on marche pour le climat, partout les problématiques liées à l’envi- ronnement occupent l’actualité, partout les citoyens questionnent tour à tour les États, les institu- tions, pour apporter des réponses et des actes aux défis de notre époque. Ils attendent également des entreprises qu’elles ne soient plus uniquement des acteurs économiques qui s’adaptent aux marchés. Ils veulent surtout que l’entreprise devienne un acteur social, doté d’une conscience glo- bale et d’un rôle sociétal.
Parce que le citoyen est un
consommateur, son activisme le conduit à exiger des positions réformistes pour changer ou améliorer la société, hors des ca- naux traditionnels institution- nels. Parallèlement, des entre- prises prennent les devants sur les consommateurs et ont baissé leurs stores en soutien aux mani- festations pour le climat dans plu- sieurs villes du monde. En France, pour le moment, l’activisme d’une marque ou d’une entreprise en faveur de causes est perçu avec distance, vécu comme un phéno- mène publicitaire ou de buzz.
Des entreprises qui ne vivent que pour l’objectif fixé
Quel avenir a donc le societing ? Le consommateur d’aujourd’hui est informé et conscient. Il sait différencier un concept marke- ting d’un véritable engagement de la part d’une entreprise. Cet engagement ne doit pas se limi- ter à des campagnes publicitaires, évidemment. C’est notamment dans cet objectif que l’on a vu des enseignes nationales prendre part aux débats publics (Carrefour, Le-
102 |
mars 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="103" isMAC="true"><![CDATA[                  RETRAITES
NON AU PILLAGE DU SIÈCLE !
La désinformation, ça suffit...
On va vers un régime universel, équitable pour tous :
« À contribution égale, pension égale ».
La sanctuarisation des régimes spéciaux du public et même l’amélioration de leurs avantages.
Et pour les financer, le pillage des caisses du privé et la baisse inévitable des pensions.
Si vous faites partie des millions de citoyens de la France silencieuse et que vous refusez d’être des vaches à lait, mobilisez-vous avec Sauvegarde Retraites !
Des citoyens qui agissent pour un système de retraite équitable, libre et responsable
OUI je refuse ce pillage en règle de nos caisses de retraite et j’exige un système de retraite équitable et pérenne.
Mme Mlle M. Prénom : Nom : Adresse :
Code postal : Ville :
À renvoyer à Sauvegarde Retraites, 53, rue Vivienne, 75105 Paris Cedex 02
www.sauvegarde-retraites.org
Conformément au RGPD du 25 avril 2016, vous disposez des droits de retrait, accès, rectification, effacement, opposition, limitation et portabilité de vos données et d’en définir le sort après votre décès. Pour cela, écrire à l’adresse ci-dessus.
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                 CE QUE L’ON VOUS DIT
2
CE QUI SE TRAME VRAIMENT
2 2
ECORESEAU 02/20
]]></page><page Index="104" isMAC="true"><![CDATA[ Le monde de demain...
Ce qui distingue ce Top 3 parmi les cinq projets reçus, c’est d’abord son à-propos stylistique. Une mise en abyme, en quelque sorte, du sujet : le changement de regard de cette génération sur le travail est ici mis en valeur par la différence de ton. De l’énergie, de l’originalité, une pointe d’humour déjà un peu désabusé qui montre bien que l’ambition ne se perd
pas dans l’illusion : certainement quelques-uns des ingrédients qui feront des jeunes d’aujourd’hui les entrepreneurs éclairés de demain.
L’école
L’École supérieure du digital n’est pas encore vraiment connue.
Rien de plus normal. Portée sur les fonts baptismaux par l’École supérieure de publicité (ESP), elle a été créée il y a tout juste six ans. Dans la mouvance de l’École 42 de Xavier Niel et précédant aussi la création de l’école du numérique portée par Virginie Calmels. Le marché ne souffre pas de voir se monter de nombreux acteurs de l’enseignement, tant les besoins sont importants. C’est à ce point vrai que les professionnels n’osent même plus s’afficher sur les réseaux sociaux tant ils sont démarchés.
     expressions
concours de micro-nouvelles réunies par Murielle Wolski
Le Top 3 des
idées reçues sur l’entreprenariat...
vu par les salariés !
en subissant les grèves, un patron qui vous impose des horaires, des collègues.
Elle marche ton entreprise ?
Une entreprise ne marche pas, il lui manque des jambes. C’est sûre- ment LA question à laquelle on ne sait quoi répondre. Si votre entre- prise fonctionne, votre interlocu- teur se demande si c’est vrai. Et si elle ne fonctionne pas, vous aurez le droit à toute la pitié de ce der- nier : « Vas-tu redevenir salarié ? » Comme eux, une vie tracée, en es- pérant une bonne retraite. Perdre sa vie à la gagner, cool !
L’entrepreneur est libre !
Étant son propre patron, pour les salariés, l’entrepreneur fait comme il veut. Monsieur Big boss travaille tranquille derrière son écran, ayant un mode de vie différent d’un sa- larié mais compréhensible par un autre entrepreneur.
Donc, les salariés, quand pas- sez-vous enfin à l’action pour vivre une vie de rêve ?
La réactivité a été de mise. Sitôt proposé, sitôt accepté. Le challenge de rédiger des mini-nouvelles a été relevé sans sourciller par les étu- diants de l’école – plus précisément celle du campus lyonnais (les deux autres sont à Paris et Bordeaux). Et c’est loin d’être toujours le cas. De l’aveu même de la directrice de l’ESD et de l’ESP, Mélanie Viala, ceux qui se sont prêtés au jeu sont encore jeunes, puisqu’en première année de bachelor chargé de projet numérique – ils peuvent aller ici jusqu’au degré master. Mais Pierre de Coubertin n’a-t-il pas dit...
Par NILs DEGrEmONT
étudiants connaissent. Ils se jettent même dans le bain tout seuls. La moitié exercent déjà en freelance. On aimerait parfois qu’ils attendent. Leur capacité à vite maîtriser les outils les pousse à franchir le pas. Aussi l’école va-t-elle de plus en plus chercher
à les accompagner avec la mise en place d’un freelab, à raison de 100 heures par an. On viendra répondre à leurs problématiques, qu’elles soient juridiques, liées à la relation-client... Ce sera chose faite à la prochaine rentrée. Notre école n’entend pas glorifier le monde des start-up. Les trois-quarts disparaissent au bout
de cinq ans. Les mettre en garde rentre pleinement dans notre mission. Nos futurs diplômés doivent être
En France, l’entreprena- riat reste un mystère. En 2020, l’envie et l’audace d’entreprendre sont de
plus en plus présentes chez notre jeune génération. Les salariés, avec un rapport au travail différent, ont souvent des préjugés sur l’entrepre- nariat. Pourtant la France est le 2e pays européen avec 3,8 millions d’entreprises.
Avis d’experts
L’entrepreneur n’est pas travail- leur !
Les salariés pensent qu’il est im- pensable d’être heureux dans son travail. Il est obligatoire de travail- ler pour subvenir à nos besoins. Si vous aimez faire votre travail, alors vous ne travaillez pas vraiment. Les salariés résument le travail à des journées métro-boulot-dodo
 mélanie Viala, directrice de l’École supérieure du digital
La vieille image du geek devant son écran a toujours cours, mais c’est
tout le contraire de la réalité. Le quotidien de ces professionnels ne
se limite pas aux seules start-up ni à la bonne idée à avoir [sous-entendu, seuls dans leur coin]. L’idée maîtresse de cette école est d’apporter des outils numériques à ceux qui veulent faire du marketing et de la publicité. Ils évolueront dans l’industrie par exemple, pour porter la transformation numérique. Encore est-il nécessaire de bien s’exprimer. Pitcher, ce verbe néologisme est important – d’où l’intérêt de l’exercice de style
proposé avec les mini-nouvelles. La culture générale est essentielle. La philosophie, les humanités, les
104 | mars 2020 ecoreseau.fr
sciences sociales ou bien encore
le théâtre sont au menu. Bon sang ! On doit apprendre à apprendre. Les softskills comptent pour un tiers du programme. L’ESD va plutôt former des collaborateurs qui maîtrisent des outils pour s’emparer d’un projet, à développer avec plusieurs corps
de métier. Une cheville ouvrière. Ils peuvent interagir. La communication sur les réseaux sociaux, la mise à jour d’un site, la réalisation d’une vidéo... une polyvalence réclamée par les petites et moyennes entreprises
et les très petites entreprises. Et qu’ils travaillent tout au long de leur cursus puisque l’alternance est de mise. Un jour en école, quatre en entreprise. L’entrepreneuriat ? Nos
conscients des difficultés qui peuvent se poser. Tout n’est pas rose. Des learning expeditions sont organisées dans la Silicon Valley. Une expérience qui a de quoi les galvaniser et les
faire redescendre aussi, pour une prise de conscience du niveau de professionnalisme attendu. Le taux
de rotation dans les incubateurs est tellement élevé ! On doit canaliser leur impatience. On doit les faire rester humbles. Certains seraient tentés d’abandonner l’école pour se lancer. Ils ont envie. C’est une génération
des plus motivées. Avec 100 % d’entre eux dotés d’un contrat à durée indéterminée (CDI) avant même leur diplôme...
]]></page><page Index="105" isMAC="true"><![CDATA[Féminicides
FÉMINICIDES, GRENELLE DES VIOLENCES CONJUGALES, DÉGENRER, TRANS, POST METOO, LE MÂLE-ÊTRE, LA CHEFFE, LE PÈRE DEVIENT OPTIONNEL, ELISABETH II L’INSUBMERSIBLE, AIMER SON ÂGE, ÉCO-FÉMINISME, ECOLOGIE CUTANÉE
le regard sémantique
expressions
  « femmes », Jane Bee
Jeanne
Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
Féminicide l’ignoble
Féminicide sera donc l’un des mots de 2019. Avec près de 149 femmes mortes à cause de violences conjugales. Le 3 septembre, Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes préside Un Grenelle des violences conjugales. Elle s’appelait Christine Renon sym- bolise une autre forme de souffrance féminine, la souffrance psychologique au travail : Christine Renon s’est suici- dée dans l’école qu’elle dirigeait.
Dégenrer
Les femmes revendiquent aussi la né- cessité de dégenrer. Dire stop aux car- cans des sexes. Le préfixe trans est l’un des préfixes de l’année. La question du transgenre et de son acceptation a aussi mobilisé les femmes.
On entre dans la société Post MeToo, on en a assez d’un monde pensé pour les hommes. La Cheffe prend le pou- voir. Oui, l’égalité c’est tout de suite et maintenant : le féminisme je veux tout se répand. Et, cette égalité se traduit même par une nouvelle liberté : Avec la loi bioéthique, le père devient option- nel. Les hommes, eux, se cherchent entre masculinisme et mâle de vivre.
Des figures
et des engagements
Des femmes inspirantes en 2019 ? Oui, de Elisabeth II l’insubmersible à l’actrice Saoirse Ronan ou Ingrid Levasseur, Christine Lagarde Sibeth N’Diaye.
À propos d’engagement, puisqu’il faut aimer son âge, il convient de prendre soin de soi avec une beauté engagée, une clean beauty, un éco-féminisme. Et il faut aussi respecter l’écologie cutanée c’est-à-dire la qualité de vie de sa peau. n
ecoreseau.fr mars 2020 | 105
]]></page><page Index="106" isMAC="true"><![CDATA[expressions
les mots de la fin de Marie Grousset
 [ Mais pourquoi ]
Prendre la mouche
Si on utilise encore aujourd’hui cette expression, on en oublie souvent l’origine. Elle est pourtant assez simple à retenir puisqu’il s’agit simplement d’une allusion à l’agacement des bovins et chevalins face aux « mouches », terme jadis employé pour tous les insectes volants
y compris les guêpes et les frelons - qui les asticotaient à longueur de journée.
[ le MOT d’ailleurs ]
Gwylltio’n gacwn
Prendre la mouche,
en gallois. La signification de cette expression traduite dans la langue de Perceval ? Se fâcher comme des guêpes.
[lemotàPlACER]
  Saloir
Le saloir est un coffre, pot ou local destiné aux salaisons, une méthode
de conservation de la viande.
« Quand l’heure viendra de digérer, ce sera, pour les Russes assoupis, le moment des difficultés. Saint Nicolas pourra peut-être, alors, ressusciter les pauvres enfants que l’ogre aura mis au saloir. »
(De Gaulle, Mémoires de guerre, 1959, p.53).
   [ le mot de février ] Cyclopède
ah Pierre Desproges... Pour information, la cyclopède (au féminin) est une machine consistant à faire marcher un cheval sur une chenille de char pour faire avancer l’ensemble. L’invention fut présentée au concours
de la machine locomotive de Liverpool le 7 octobre 1829 mais ne fut jamais construite, à l’inverse du Panjandrum, autre invention pour le moins farfelue construite
par les Britanniques pendant la seconde Guerre mondiale.
   [ le gros mot ] Métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie
Cette science imaginaire enseignée par le personnage Pangloss dans Candide de Voltaire est en fait composée de plusieurs suffixes désignant tour à tour la métaphysique, la théologie et la cosmologie. Quant à nigologie,
il s’agit, en quelque sorte, de la science du nigaud.
Barouf
Ce mot étrange qui désigne un tapage de tous les diables est en fait issu de l’occitan barofa, lui-même dérivé de l’italien baruffa (« querelle confuse ») qui nous vient du haut-allemand bihruofjan qui signifier « crier tous ensemble ».
     106 |
mars 2020 ecoreseau.fr
[ le MOT bruyant ]
PROCHAIN NUMÉRO LE 3 AVRIL 2020
]]></page><page Index="107" isMAC="true"><![CDATA[                   LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRE CABARET DU MONDE ! - THE SHOW OF THE MOST FAMOUS CABARET IN THE WORLD!
DÎNERETREVUEÀ19HÀPARTIRDE185E-REVUEÀ21HET23HÀPARTIRDE77E-DINNERANDSHOWAT7PMFROME185-SHOWAT9PM&11PMFROME77 MONTMARTRE 82, BLD DE CLICHY 75018 PARIS - TEL : 33(0)1 53 09 82 82 - WWW.MOULIN-ROUGE.COM
© Bal du Moulin Rouge 2020 - Moulin Rouge® - 1-1028499 Agence VERTU
]]></page><page Index="108" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page></pages></Search>