﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ TENDANCE
ŒIL DÉCALÉ
INNOVATION
NOTRE-DAME DE DEMAIN
entreprendre | innover | positiver ÉVÉNEMENT
L’IA S’EMPARE DE LA SANTÉ
VivaTech
La France
au rendez-vous du high-tech
5 ans pour la reconstruire ?
FEMMES/HOMMES ENFIN ÉGAUX DANS LE TRAVAIL ?
Nouvelle loi handicap
Atouts pour l’entreprise
Design Thinking
Une révolution pour les concepteurs du XXIe siècle
MANAGEMENT
N° 60 - mai 2019 - ecoreseau.fr
BEL:4,90€-DOM/TOM:4,90€-NCAL/S590cfp-POL/S650cfp-CAN6,50$ca-MAR46MAd
JEUNE CHAMBRE ÉCONOMIQUE
L’opération
Boost’up for good veut incuber les leaders !
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                        Et si vous changiez le monde ?
À vous qui êtes ouverts sur le monde.
À vous qui pensez aux autres.
À vous pour qui l’audace est une évidence et l’exigence une nécessité.
À vous qui posez mille questions pour mieux pouvoir y répondre.
Ensemble, rendons le progrès plus harmonieux. *
                                  Rejoignez la communauté des Imaginative Builders.
L’énergie est notre avenir, économisons-la !
*Les femmes et les hommes qui imaginent et construisent un progrès harmonieux.
     ENGIE : SA au capital de 2435285011euros – RCS Nanterre 542 107 651 – Crédits photos : Getty Images
]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[               éditorial
Olivier magnan
Rédacteur en chef
QNotre-d’Âme
uel éditorialiste n’a pas apporté sa pierre à l’édifice sacré profané par les flammes...
La mienne est une petite qui roule sur la tragédie na- tionale capable de concentrer toutes les tensions, les
espoirs, le devenir, la parole pressée des architectes, des maîtres d’œuvre, des historiens, des recteurs, des journalistes. Voilà la cathédrale basilique parisiano-française emblème de la nation touchée au chœur. Ces flammes brûlent tout soudain chaque Français/e, les étrangers sur son sol et jusqu’à l’Américain moyen de l’Oregon. L’athée se sent touché, le croyant prie son Dieu, l’in- soumis pâlit, le communiste s’attriste, le nationaliste s’émeut, le républicain déplore, le LREM légifère, le citoyen épouse toutes les opinions, y compris les complots. Dans l’affaire, ce sont ainsi toutes les passions d’une vieille nation judéo-chrétienne qui flambent soudain. Un président décrète une reconstruction en cinq ans, forcément donc pas à l’« identique », ce qui chavire les « anciens », partisans d’une cathédrale « comme avant », quand bien même sa « forêt » aurait poussé au xxe siècle. Le rêve jaillit, fait de verrières et de flèches audacieuses qui ravissent les « modernes ». Mais ce sont désormais des entreprises et des entrepreneurs, des talents et des savoir-faire, qui seront la cheville ouvrière du navire de pierre revisité, qu’il s’agisse des patrons du luxe capables de financer deux Notre-Dame ou le métier d’une myriade de bâtisseurs prêts à se battre pour participer au grand-œuvre. Le génie d’un pays soudain chauffé à blanc par ses contradictions et son histoire. Les premiers compagnons bâtisseurs avaient laissé un codicille : nous vous lé- guons notre rêve. Dans ce numéro, un autre rêve fait la une : celui d’en finir avec cette vieille inégalité entre les femmes et les hommes au travail que la France ne peut plus admettre. Ce pays qui se pas- sionne pour Notre-Dame doit regarder la moitié féminine de sa population non comme une divinité mais une force vive de notre intelligence collective. n
le chat de
    ecoreseau.fr
13 rue Raymond Losserand 75014 Paris contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
n RÉDACTION
redaction@lmedia.fr
Rédacteur en chef Olivier Magnan
Chroniqueurs Alto Avocats, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Arthur Cohen, Marc Drillech, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Frédéric Rey-Millet, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Émile Servan-Schreiber, Cédric Ternois,
@EcoReseau       LMedia EcoRéseau Business
www.facebook.com/EcoReseauFR
n ADMINISTRATION & GESTION gestion@lmedia.fr
Secrétaire général Jean-Eudes Sanson Ressources humaines
Delphine Guin-Debuire
EcoRéseauBusinessestéditépar LMedia RCS Paris 540 072 139
actionnaire principal Jean-Baptiste Leprince
Commission paritaire CPPAP n° 0323 T 91730 Dépôt légal à parution
Numéro iSSN 2609-147X
Toute reproduction, même par- tielle, des articles ou iconogra- phies publiés dans ÉcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.
    Collaborateurs réguliers
Anna Ashkova, Adam Belghiti Alaoui, Jean- Marie Benoist, Charles Cohen, Geoffroy Framery, Bertrand Grousset, Jean-Pierre Lagarde, Pierre-Jean Lepagnot, Émilie Massard, Julie-Chloé Mougeolle, Jonathan Nahmany, Chloé Pagès, Patrice Remeur, Philippe Richard, Charlotte de Saintignon, Ariane Warlin, Murielle Wolski
Dessin de Philippe Geluck Secrétaire de rédaction
Anne-Sophie Boulard
n RÉALISATION
production@lmedia.fr
Responsable production
Frédéric Bergeron
Conseillers artistiques Thierry Alexandre, Bertrand Grousset
Crédits photos Shutterstock, DR
n PUBLICITÉ
& OPÉRATIONS SPÉCIALES
publicite@lmedia.fr
Anne-Sophie Monthioux-Goujon Stéphane Le Sage, Yasmine El Kouil
n DIFFUSION, ABONNEMENTS & VENTE AU NUMÉRO
abonnement@lmedia.fr
LMedia - ÉcoRéseau Business 13 rue Raymond Losserand 75014 Paris
abonnement 1 an
39 €TTC au lieu de 45 €TTC
abonnement 2 ans
75 €TTC au lieu de 90 €TTC Vente kiosque Pagure Presse Distribution MLP
n COORDINATION & PARTENARIATS
partenariat@lmedia.fr
Julie Boullet (responsable développement), Élodie Coin
                                                 ecoreseau.fr mai 2019
| 3
]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[                  18
 38
 44
 36
       5 10 12
18
26
30 31
32
galaxie
briefing de l’optimisme the green life® briefing économie
entreprendre
& innover
en couverture FEmmES-HOmmES
ENFiN ÉGaUX DaNS LE TRaVaiL ?
33 réseaux moovjee, mentorat et couvaison
34 en immersion... La Française des jeux mise sur l’omnicanal
Trophées Optimistes 2019
36 Frédérique Dorso
gentlewoman du déménagement
38 anthony Léger
coach d’entrepreneures, en toute franchise
40 briefing innovation 42 mapping innovation
Docteur ia
44 décryptage VivaTech, la France au cœur de l’inno
pratique
Un atout business ?
60 briefing rh & formation
63 manager autrement Réseaux sociaux
et recherche d’emploi
carrières & talents
64 Des mBa moins attractifs... vie privée
68 culture & co
70 essais autos
71 santé Ces ronchopathes
qui nous cassent les oreilles...
72 l’art du temps
84 baromètre finance & marchés 88 baromètre patrimoine & fiscalité
patrimoine
92 Travailleurs non salariés : un patron prépare aussi sa retraite !
96 expressions
abonnez-vous P. 16, 27, 38 et 74
En france, la loi et les
entreprises commencent
à converger
grand angle Design Thinking : l’erreur crée la force
Société RGPD, 1 an : bilan mitigé Société Suède : des licornes très
inspirantes
l’œil décalé Notre-Dame de demain
48 créer aujourd’hui
Révéler les leaders
de demain
business guide
52 L’événementiel se numérise 56 intégrer le handicap
   4 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[ l’onde positive
Émile Servan-Schreiber
Docteur en psychologie cognitive Auteur de Supercollectif, la nouvelle puissance de nos intelligences (Fayard)
Le défi supercollectif
Tout le monde nous parle d’intelligence artificielle. Elle s’installe dans nos voitures, nos salons, nos téléphones, nos bureaux. En outre, la recherche en neurosciences se popularise jusqu’à influencer la pédagogie scolaire
et nous culpabiliser d’être infestés de « biais cognitifs ».
Malgré le vent de folie qui souffle sur la planète, on sent bien que le xxie siècle sera celui de l’intelligence. C’est la tendance de fond, sous l’écume des jours. Les publicitaires ne s’y trompent pas, tout se doit d’être « smart », de nos villes à nos compteurs
électriques.
Mais en plus de la cervelle et de l’artificielle, il est une troi-
sième forme d’intelligence, moins médiatisée, et trop mal ou trop peu exploitée : celle de notre collectif.
Nous sommes sept milliards et demi de cerveaux de plus en plus intimement connectés les uns aux autres par les outils nu- mériques. Jamais notre potentiel d’intelligence collective n’a été aussi haut.
De plus, l’humanité n’a jamais disposé d’autant de puissance de calcul qu’aujourd’hui. On estime qu’un cerveau humain est capable d’autant d’opérations par seconde que trente supercal- culateurs chinois dernier cri ou trois cents millions de smart- phones. À cette aune, la puissance cumulée de tous les ordina- teurs du monde vaut à peine mille cerveaux humains. Et nous serons demain 8 milliards !
Teilhard de Chardin disait que « rien dans l’Univers ne sau- rait résister à un nombre suffisamment grand d’intelligences groupées et organisées. »
Quand on met côte à côte notre puissance de cervelle globale et le fait que nous sommes, grâce au numérique, plus que jamais en situation de collaborer, une évidence s’impose : nous sommes à l’aube d’une nouvelle ère de l’intelligence. Une ère où le collec- tif peut s’exprimer à une échelle inconcevable par les généra- tions précédentes. Une ère supercollective où nos intelligences « groupées et organisées » peuvent bousculer l’Univers.
Quand les scientifiques ont voulu mesurer le QI des groupes, ils furent surpris de découvrir que celui-ci ne dépend pas tant des QI individuels que de la proportion de femmes. C’est parce qu’elles sont généralement plus aptes à distribuer équitablement le temps de parole, à discerner les émotions de leurs interlocu- teurs et à les écouter.
L’intelligence rationnelle d’un groupe dépend donc surtout de l’intelligence émotionnelle de ceux et celles qui le com- pose. C’est la qualité de la communication entre les cerveaux qui compte plus que la puissance des cerveaux eux-mêmes. Comme pour Internet, c’est la bande passante du réseau qui prime sur les ordinateurs qui y sont connecté.
Pour que l’intelligence au xxie siècle ne soit pas seulement ar- tificielle, il va falloir mieux organiser les nôtres, avec une bonne dose d’écoute et une exploitation systématique de nos diversi- tés : sexuelle, générationnelle, ethnique et culturelle. C’est en cultivant nos différences que nous serons intelligents ensemble. Nous retrouverons l’Onde positive de Thierry Saussez dès le prochain numéro. n
Se connecter au Printemps de l’Optimisme
www.printempsdeloptimisme.com
Rejoindre la Ligue des optimistes
www.optimistan.org
L’IMAGE
L’économie entre au musée !
En juin, le premier musée européen interactif de l’économie ouvrira ses portes à Paris. Pas dans n’importe quel immeuble, dieu économie oblige. Chef-d’œuvre de l’architecture néo- Renaissance et ancienne succursale de la Banque de France, cette nouvelle institution culturelle parisienne baptisée Citeco prendra place au cœur de l’hôtel Gaillard. Déployée sur plus de 2 400 m2, une exposition permanente offrira un accès ludique et pédagogique aux concepts, mécanismes et enjeux de l’économie. La programmation accueillera expositions temporaires, rencontres, conférences, ateliers, projections et spectacles vivants, qui rythmeront chaque saison.
Point de génie sans un grain de folie Aristote
briefing de l’optimisme par Charlotte de Saintignon
galaxie
        Pro du numérique,
ça paie plutôt bien
Chez les pros du numérique, la guerre des talents fait rage. Ces
profils hautement qualifiés sont rares : « 100 % des candidats
spécialisés en IT en recherche active reçoivent au moins deux offres d’embauche », explique l’étude. Du coup, les rémunérations des métiers des systèmes d’information (SI) grimpent en flèche. Notamment celle de l’ingénieur cloud qui s’élève à plus de 65 000 euros, assure l’étude PageGroup 2019. Très recherché également, l’ingénieur DevOps peut espérer, au-delà de cinq ans d’expérience, un salaire brut annuel de plus de 60 000 euros. Autre métier coté, le data scientist. Face au risque avéré d’attaques en ligne, les métiers de la cybersécurité captent les salaires les plus élevés. Dans les fonctions de direction, les salaires sont tout aussi mirobolants pour un directeur de la transformation numérique, un directeur de la data, un directeur des études, un directeur des infrastructures et production ou un DSI. Parmi les autres métiers concernés par cette inflation de salaires, l’architecte d’entreprise, chargé d’aligner les compé- tences des systèmes d’information aux objectifs de l’entreprise, l’inbound marketing manager, l’UX designer, le responsable e-commerce et enfin le chief digital officer (CDO) qui peut pré- tendre à une rémunération annuelle entre 90 000 et 150 000 euros. n
ecoreseau.fr mai 2019 | 5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
briefing de l’optimisme
   le chiffre
80%
Sondage du cabinet Hays sur les tendances du recrutement
L’optimisme, un atout pour vivre et entreprendre
Pour entreprendre, il faut être optimiste. Au-delà d’être une qualité dans les affaires, être optimiste génère de la performance
car l’on est moins vite
découragé par des signaux
négatifs. Mais l’écart entre
pessimistes et optimistes
ne s’arrête pas là : selon
une étude américaine*, les
optimistes auraient 30 % moins de chances que les pessimistes de succomber à une maladie cardiaque. Si ses conséquences sont moins marquées sur d’autres maladies, l’optimisme semble réduire le risque de mortalité dans la plupart des cas. Ses bienfaits semblent s’accroître chez les personnes âgées dont la chance d’échapper à une maladie
du cœur grimpe jusqu’à près de 50 %. Trois raisons pourraient expliquer le fait que les optimistes vivent plus longtemps. La première, la plus simple, est que les optimistes ressentent moins de stress.
La deuxième, plus classique : les optimismes ont
la cote et bénéficient de plus de soutien et d’un meilleur réseau. Troisième raison, leur proactivité
et leur capacité à anticiper l’avenir. Question de tempérament. Alors qu’attendez-vous pour voir la vie du bon côté ?
La France attire les investisseurs
1 323
décisions d’investissements étrangers en 2018 (+ 2 %).
TOP 5
Les entreprises les plus attractives
Étude Randstad Employer Brand Research 2019 réalisée sur 9 893 personnes sur l’attractivité de 250 grandes entreprises, entre novembre 2018 et janvier 2019
des entreprises déclarent vouloir embaucher cette année.
Soit pour faire face à un accroissement d’activité, soit pour compenser des départs. 12 % des décideurs ne savent pas encore s’ils vont recruter. À titre de comparaison, 95 % affirment avoir embauché de nouveaux collaborateurs en 2018.
    Portrait d’entrepreneurs en majesté...
Une communauté humaine
au service d’un projet. C’est ainsi que voient l’entreprise
les entrepreneurs PME-ETI selon le portrait qu’en dresse la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF). Ni start-uppers ni dirigeants
27 000
nouveaux emplois grâce à ces investisseurs étrangers (+ 5 %).
  de grands groupes, ces entrepreneurs indépendants assument une responsabilité économique et sociale sur leur territoire. Leurs commandements ? Ils voient leur entreprise comme une communauté humaine, soit un entrepreneur
et une équipe qui collaborent pour réaliser un projet sur un territoire précis. Leurs valeurs ? L’effort, la responsabilité,
la performance responsable et durable. Leurs objectifs stratégiques ont pour but de créer de la valeur, des emplois et de répondre aux attentes nouvelles des consommateurs et des citoyens. Leurs préférences ? Une vision sur le long terme, l’investissement, des relations sociales apaisées et une culture d’entreprise forte. Forcément, ils inscrivent leur action dans un fort enracinement local et une capacité de projection à l’international. Ils sont agiles et n’ont d’autres choix que d’innover pour assurer leur survie compétitive et accélérer la croissance de leur entreprise. En prise de risque personnel, ils souhaitent préserver leur indépendance et les moyens de leur développement autonome. De manière plus générale, ils défendent la liberté d’entreprendre, corollaire de la liberté du commerce, et les vertus de la concurrence. Si, si, la FEEF est objective, apolitique, désintéressée. Qui pourrait en douter ?
Plus gros
  1
 Naval Group
   2
 LVMH
   3
BioMérieux
  4
  Airbus
    5
 Compagnie des Alpes
    investisseurs
États-Unis, allemagne, Grande-Bretagne.
      6 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                                             FAITES DES ÉCONOMIES, PRENEZ L’AVION.
  BlueBiz, le programme de fidélité des PME-PMI.
Quand vos collaborateurs voyagent,
votre entreprise gagne des Blue Credits à convertir en billets d’avion, cartes d’abonnement ou options.
1 BLUE CREDIT CUMULÉ = 1€
Adhérez sur airfrance.fr ou dans votre agence de voyages.
Renseignez-vous sur afklm-biztravel.com.
                                                                ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
briefing de l’optimisme
   la bonne idée
Près de la moitié des collaborateurs en télétravail
Le constat Maintenir l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle de ses salariés pour qu’ils s’épanouissent et se montrent plus efficaces.
L’idée Créer un environnement de travail inspirant. C’est une des priorités de Mozilla Corporation, filiale de la Fondation Mozilla, qui compte plus de 1 050 employés dans le monde. Mozilla accorde une grande importance à l’expérience employé en laissant le choix à ses salariés de travailler où ils se sentent le mieux. 56,7 % des collaborateurs travaillent dans les bureaux parisiens et les 43,3 % restants sont en télétravail (contre 29 % en moyenne des salariés du privé en 2018 en France selon une récente étude Ifop). Pour faciliter le télétravail, tous les bureaux et salles de réunions sont équipés pour la visioconférence et tous les collaborateurs disposent chez eux du matériel de com voulu pour travailler avec leurs collègues. Enfin, les salariés disposent d’une grande flexibilité dans les horaires de présence car la plupart des conférences se font en fin de journée, voire début de soirée (les équipes sont souvent constituées de personnes distribuées en n’importe quel endroit du globe et dans n’importe quel fuseau horaire). Mozilla cherche à créer un environnement de travail inspirant, notamment grâce à la confiance, la transparence et l’ouverture d’esprit.
Cariaire en travée...
Accord du participe passé avec le COD, accord de l’adjectif, confusion entre peut et peu, ce et se et une kyrielle d’autres... ce sont les fautes de français qui reviennent le plus souvent. Or l’expression écrite est un enjeu majeur pour trois DRH sur quatre. Pourtant, 78 % des actifs du tertiaire admettent faire des
fautes d’orthographe, de conjugaison, de grammaire ou de syntaxe. Pour les DRH, ces lacunes en expression écrite constituent des freins dans la recherche d’emploi et dans la progression de carrière. C’est un critère de sélection pour un DRH sur deux
– 52 % assurent mettre à l’écart des CV selon le degré d’expression écrite, voire freiner la promotion d’un collaborateur
(15 %). Une orthographe médiocre a pu influencer défavorablement la carrière d’un actif sur dix. Du côté des actifs, 16 % estiment que leur maîtrise
de l’expression écrite a effectivement joué dans la mise à l’écart de leur candidature et 12 % qu’elle a pu freiner leur évolution de carrière. Des difficultés perçues comme plus importantes chez les plus jeunes actifs âgés de 18 à 29 ans où les résultats grimpent à 27 et 24 %.
Sondage OpinionWay pour Mon coach Bescherelle réalisé auprès de 205 DRH d’entreprises de 50 salariés et plus et de 501 actifs en janvier 2019.
à lire
Une transition écolo génératrice d’emplois...
« La démocratie n’est pas 4° C compatible. » Pour Valéry Laramée de Tannenberg, rédacteur en chef du Journal de l’environnement, le changement climatique doit venir en tête des préoccupations globales. Évidence pour les uns, complot pour les autres ou phénomène négligeable pour d’aucuns, il n’empêche, écrit-il, que le réchauffement s’accélère depuis la première révolution industrielle (+ 1° C, + 4° C vers
2100 sans inflexion majeure) et que l’activité humaine se nourrit à 78 % d’énergies fossiles.
Sécheresses, montée des eaux, déplacements de populations... Pour notre journaliste expert, le climat est un accélérateur de crises socio-politiques et
de leurs conséquences (le cas récent de la Syrie, notamment, sert sa démonstration). Si des pays (les hotspots) sont plus vulnérables, aucun n’est à l’abri et tous doivent prendre la mesure de l’urgence. À l’heure où la population mondiale et les besoins en eau et en énergie ne cessent de croître, le constat est clair : la transition écologique s’impose.
L’enjeu, dit Laramée, est là : sommes-nous capables de limiter les crises climatiques pour préserver nos sociétés ?
Énergies renouvelables, taxe carbone, investissement dans les économies d’énergies sont autant de mesures déterminantes pour que la réponse soit positive. Loin d’être un frein à l’économie et aux entreprises, la transition peut créer plus d’emplois et d’activité que ce qui disparaîtra dans l’industrie.
« Jamais il n’y a eu autant d’argent disponible. Reste à l’orienter vers la transition énergétique et écologique. Ce n’est pas insurmontable. C’est fondamental. » L’optimisme est encore permis. À condition d’agir. aDam BELGHiTi aLaOUi
Le changement climatique, Menace pour la démocratie ? Valéry Laramée de Tannenberg, Buchet- Chastel, 2017
 à lire Entrechienetloup,
commQ
e un crépuscule
ue ce livre dérange ! Pour un magazine branché sur le positif comme le nôtre, ce Crépuscule – et pas des dieux – sonne comme un glas, ce- lui de la démocratie telle qu’elle devrait vivre, fonctionner, s’exprimer en France. L’avocat et journaliste Juan Branco, qui se dit « rescapé »
 des « baronnies » hexagonales qu’il dénonce en 300 pages serrées écrites comme un journal de la « macronie » au quotidien, dévoile les coulisses sombres d’une oligarchie de milliardaires qui auraient coopté l’illustre inconnu futur président pour qu’il serve, une fois au pouvoir, leurs intérêts.
La charge n’est pas nouvelle en soi, La France insoumise dont on dit Branco proche – il est également l’avocat de gilets jaunes – s’en revendique, mais en termes au- trement mesurés et sans cette kyrielle de noms de conseillers ou de ministres que
l’auteur nomme des dizaines de fois en un leitmotiv obsédant. Rien de positif non plus dans l’in- croyable amoncellement de fautes d’orthographe et de coquilles que l’éditeur a laissé passer, de quoi suspecter l’École alsacienne et Sciences Po, les bastions que Juan Branco a fréquentés et qu’il dénonce, de bien mal porter attention à la formation de ses élites estudiantines ! Mais dès lors que les ténors de la presse semblent éviter de chroniquer ce livre qui se vend apparemment tout seul fort bien, il est positif de le citer car toute démocratie doit se montrer capable de tout publier et de tout dire. Et tout citoyen doit se forger son opinion à partir de sources multiples. C’est en tout cas un livre courageux dans son indignation et sa colère. n Om
Crépuscule, Juan Branco, Le diable Vauvert, 2019 8 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[ briefing de l’optimisme
galaxie
Comtesse du Barry, l’aristo populaire
  elle est centenaire
naissance 1908
HISTOIRE Joseph et Gabrielle Dubarry, respectivement ferblantier
et charcutière, décident de vendre des foies gras dans des boîtes de conserve depuis le Gers où ils se sont installés. À partir de 1926, les conserves acquièrent une bonne renommée
dans toute la Gascogne et dans de nombreuses régions de France. Auparavant distribuée via les foires commerciales et par correspondance, l’entreprise développe la distribution à l’échelle nationale et internationale et crée la marque Comtesse du Barry. Pas mal pour nos deux ouvriers.
En 1949, après-guerre, la Comtesse lance les plats cuisinés en conserve.
Sa gamme de produits de plus en
plus diversifiée rend notamment le foie gras accessible, jusque-là réservé aux plus riches, grâce à un procédé ingénieux qui consiste à émulsionner les chutes de foie de canard avec de l’eau. À partir de 1974, la marque
implante ses premières boutiques et s’exporte même aux États-Unis. En 1996, après avoir pris le virage du e-commerce grâce au Minitel, le groupe rate néanmoins celui de la grande distribution et des produits surgelés. L’entreprise commence
à péricliter. En 2011, fortement dégradée, elle est absorbée par son fournisseur, la coopérative Maïsadour, maison-mère de Delpeyrat et Delpierre.
aujourd'hui
Une Comtesse rajeunie, franchisée et repensée
Le directeur général Jérôme Fourest depuis 2013 cherche à rajeunir la marque pour plaire
aux 35-55 ans. Il modernise notamment les recettes et le packaging. Histoire de rendre le luxe accessible à tous. Comtesse du Barry se fait réseau de franchise depuis 2006, mais ouvre à nouveau des magasins mixtes, boutique et espace de restauration. n
   small data
J’embauche des chatbots et voicebots pour...
33%
étendre la disponibilité de mes services dans la journée
61%
accélérer certains processus, notamment le traitement des demandes et des réponses apportées aux clients
57%
améliorer la connaissance client
68%
supprimer les tâches manuelles répétitives, chronophages et sans valeur ajoutée
61%
se consacrer à l’aspect humain de la relation client : “relation ou conversation client augmentée” ou “collaborateur augmenté”
50%
réduire les coûts liés à des tâches aisément robotisables
      Étude réalisée par Markess by exægis auprès de 150 professionnels sur l’évolution de la robotisation et l’IA au service de l’expérience client
ecoreseau.fr mai 2019
| 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
the green life®
LMeubles de bourreaux
circulaire : du
es meubles de bureaux ? Un vrai gâchis ! D’où l’idée de créer Bu- reau Futé, spécialiste du reconditionnement de meubles à destina- tion des entreprises. Certes, existent de nombreuses plates-formes d’achats, neufs et reconditionnés pour les particuliers. Mais peu
de chose, hormis la PA, n’était proposé aux entreprises. Bureau Futé ne recycle pas les meubles mais leur offre une seconde vie après restauration. Chaque seconde en France, on estime que 63 kilos de meubles deviennent de « vieux meubles », bons pour le déchet. Soit 2 millions de tonnes chaque année qui finissent pour la majorité dans une décharge sans être utilisés : seulement 40 % étaient recyclés en France en 2012. n
3 questions à Pierre-Emmanuel Saint Esprit, co-fondateur d’Hello Zack
Quels sont les six articles du projet de loi ?
Le projet contient cinq dispositions législatives. La 6e vise à autoriser le gouvernement à légiférer par ordonnance sur plusieurs sujets liés aux enjeux écologiques, dont la transposition des directives et la réforme de la gouvernance des filières à responsabilité élargie du producteur (REP).
Qu’en pensez-vous ?
L’avant-projet de loi est as- sez décevant. Après une feuille de route ambitieuse, le rendu final ne comporte finalement que six articles. Les sujets principaux seront traités uniquement par or- donnance et non débattus démocratiquement. C’est d’autant plus dommage que de nombreux acteurs majeurs du secteur avaient d’excellentes idées. Un dé-
bat aurait pu être organisé. Malheureusement, les principaux décision- naires ont préféré aller vite. De plus, la secrétaire d’État Brune Poirson avait déclaré vouloir interdire la destruction des appareils et objets in- vendus à la suite du scandale Amazon. Une promesse qui n’a finalement pas été tenue. Il n’y a aucun ou très peu de sujets écologiques urgents abordés.
Quels points souhaitiez-vous voir passer ?
La réduction et la prévention des déchets, notamment grâce à l’éco- conception et la réparation. Avec des lois percutantes et ciblées, la France et l’Europe pourraient vraiment se montrer en avance sur le su- jet, puisqu’il n’est pas préempté par la Chine ou les États-Unis. Plusieurs points n’ont pas été retenus : l’instauration d’une fiscalité circulaire qui proposerait une TVA réduite sur la réparation, l’encouragement de la consigne appliquée aux objets électroniques, la création d’un fonds de soutien, la facilitation à l’accès des pièces détachées pour faciliter la ré- paration, la gouvernance des filières REP. Il faudrait également plus de mesures incitatives pour que les Français veuillent vraiment s’y consa- crer ! Si c’est pénible pour eux, même si l’intention est là, ils n’agiront pas. Enfin, l’État pourrait mettre en place davantage de formations au- tour du sujet. n
p Smartphone leasing
Un iPhone 7 à moins de 20 euros par mois. Créée par Damien Morin en 2018, la jeune pousse française Mobile Club se veut une alternative « zéro déchet
» en proposant un service de location de smartphones, sans engagement. Au même titre qu’un leasing automobile, une solution qui semble plutôt avantageuse. On verra si la formule prend.
p Vers des avions verts
Utiliser des carburants alternatifs comme le biokérozène fabriqué
à partir de déchets, créer des technologies de rupture, penser
à une nouvelle architecture d’appareils plus aérodynamique... Les idées des chercheurs du Conseil pour la recherche aéronautique civile se bousculent pour réussir à diviser par deux les émissions de CO2 des appareils aériens. Et atteindre l’objectif d’une croissance nulle d’ici à 2050. Le transport aérien représente
2 ou 3 % des émissions de CO2 de la planète. Après les Pays-Bas en février, la Belgique a émis début mars l’idée d’une taxation européenne de l’aviation.
p Buvez la tasse et croquez-la !
  Sinon la boire, au moins la manger. C’est l’idée anti-pollution de Tassiopée. En France, 5 milliards de gobelets s’accumuleraient chaque année, principalement devant les machines à café. La start-up parisienne créée en
mars 2016 par Nicolas Richardot, ancien ingénieur d’AgroParisTech, a imaginé une tasse à base de biscuit recouvert d’un nappage au chocolat pour contenir un liquide chaud sans se désagréger. Toute honte bue, il suffit de croquer dedans. Ses credo ? Le bio, le
made in France et une fabrication locale artisanale.
Economie
 grain à moudre
   10 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                                                18 octobre 2018, Paris
Hugo Sauzay photographié par Karim Sadli
Boutique en ligne : defursac.fr
         ]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
briefing économie par Charlotte de Saintignon
   apps au top
ICM fait revivre LNotre-Dame Soft
a start-up ICM Soft réouvre Notre-Dame de Paris. Philippe Font, fondateur d’ICM Soft et de la solution Realillusions et toute son équipe offrent l’accès à la cathédrale en réalité virtuelle. L’applica- tion campe une vue 3D du monument dans n’importe quel lieu. Ça
ne se refuse pas. n
p Slack, l’appli star du bureau
Plus de 10 millions de personnes l’utilisent chaque jour dans 150 pays. La
plate-forme américaine de
communication collaborative
Slack, qui fonctionne en
modèle freemium, lance des
discussions de groupe, notifie
les participants et partage
des fichiers. Son objectif :
effacer les liens hiérarchiques
et « ringardiser les outils de communication traditionnels » tels que les mails, explique le cabinet d’études Fabernovel. En tant que plate-forme ouverte, l’app synchronise ses comptes Google Drive, Dropbox ou Twitter. L’entreprise californienne valorisée 10 milliards de dollars devrait bientôt faire son entrée en Bourse. Success story.
p Triple appréciation d’impact pour myLabel
MyLabel s’adapte aux critères de
consommation durable et responsable.
Vous achetez vos aliments en phase
avec vos valeurs dès lors que le
produit visé vous livre ses informations
clés sur l’impact qu’il a sur la santé,
l’environnement et le social. Une aide
à la consommation saine, éthique et
responsable. Comment ça marche ? Chaque utilisateur va définir ses critères de consommation, en ligne avec ses besoins et ses valeurs. L’application approuve les produits alimentaires (reconnus par leur code-barres) qui lui correspondent en calculant ses trois impacts en affichant le pictogramme My/Not My. Un clone du bien connu Yuka ? En mieux, en plus complet. Tester.
p Je cours donc je planifie
La discipline sportive la plus pratiquée en France ? Le running, avec 16 millions de pratiquants. Fréquence Running a lancé la première application de running made in France. Elle compte déjà plus de 60 000 inscrits et devrait plus que doubler sa fréquentation cette année. Pas une énième application de running, mais
une application qui offre à tous (débutants et confirmés) de suivre
un entraînement personnalisé pour se préparer à une course (10 km, semi-marathon, marathon). La technologie crée pour chaque coureur un plan d’entraînement personnalisé en fonction de son degré de pratique, de son emploi du temps et de son objectif de course. Séance après séance, l’entraînement évolue en fonction du ressenti et des performances de chaque coureur en vue de son objectif : terminer sa première course ou améliorer son chrono !
p Bleexo bon au boulot
Dans la catégorie bien-être au travail, j’ai nommé Bleexo. La start-up qui a conçu une application pour améliorer le bien-être et le mieux-être au travail semble avoir convaincu le jury du Trophée du bien-être. Bleexo vise
à développer la culture d’entreprise en
réapprenant aux salarié/es à communiquer.
Sondage en temps réel, analyse d’engagement, coaching terrain managers, reconnaissance des collaborateurs, 360 feedback, l’appli s’adresse aux DRH, aux dirigeants, aux managers et aux salariés en donnant la parole à tous les collaborateurs et en suggérant des axes d’amélioration. Bleexo fait de l’engagement la clé du changement du monde de l’entreprise. Fondée en 2017 par Stéphane Waller, cette plate-forme SaaS, via l’IA, donne la parole aux salariés, mesure, analyse, souligne forces et faiblesses, suggère des solutions aux managers et aux RH et suit leur mise en œuvre en temps réel.
    mouvements
p Edmond de Rothschild France
Philippe Cieutat,
42 ans, ESSEC, iEP Paris
est promu directeur général
p Engie
Wilfrid Petrie,
53 ans, Polytechnique
est promu directeur général adjoint, directeur général France BtoB et
responsable de la business unit France Réseaux
p GE France (groupe GE) Hugh Bailey,
ENa
est promu directeur général
p Gemalto Eva Rudin, 50 ans
est nommée vice-président exécutif, directeur général des opérations
p Krone France Ludovic Pelletier
est nommé directeur général
p Linkcity
martial Desruelles, 62 ans
est promu directeur général
p Nexity Jean-Philippe Ruggieri, 50 ans
est promu directeur général
p Office Depot Guillaume de Feydeau, 55 ans, mBa - ESSEC
est nommé président France
p ORPi France Stéphane moquet,
48 ans
est promu directeur général
         Vous avez changé de fonction ? Faites part de votre nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !
12 | mai 2019 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[  Village by CA
et Lefebvre Sarrut
Tcouvent
P Qube, Rubypayeur, Fair Makers et Case Law Analytics ont été distingués parmi cent dossiers par le groupe Lefebvre Sarrut, ac- teur de confiance sur le marché juridique, fiscal et réglementaire et le Village by CA, écosystème où start-up et grands groupes
coopèrent pour innover. Ensemble, les deux acteurs ont lancé cet accélé- rateur dédié aux start-up européennes legaltech, regtech et compliance- tech. Les lauréats vont bénéficier de l’accompagnement d’un opérationnel Lefebvre Sarrut, référent attribué qui suivra la start-up pendant deux ans pour booster son business. Elles auront accès aux données clés Lefebvre Sarrut pour accélérer leur développement, disposeront gratuitement d’un espace de travail à la Place du Village et passeront directement en comité de sélection en vue d’intégrer Le Village by CA Paris. n
Jugement de valeurs
ConcorLdance des temps ?
’émotion collective sus- attentes ? Celles-ci sont fortes. citée par l’incendie de Plus d’un chef d’entreprise sur Notre-Dame de Paris deux souhaite que, dans notre a fait immédiatement pays, le gouvernement travaille
cesser les querelles de chapelles aussi avec les entrepreneurs
briefing économie
galaxie
  ça incube
    Béatrice
nationales. Mais le temps du consensus n’est pas le temps long des bâtisseurs de cathé- drales. Les débats ont vite repris leur cours, et notamment ceux sur l’Europe.
Les chefs d’entreprise se sentent-ils concernés par ces fu- tures élections européennes ?
Pas si sûr quand on observe les résultats de la grande consul- tation d’avril. Seuls 31 % d’entre eux se disent en effet intéressés par la campagne électorale. Les axes de communication poli- tique seraient-ils perçus comme trop éloignés de leurs préoccu- pations quotidiennes et de leurs
pour apporter des réponses concrètes post grand débat. Du temps de la réflexion au temps de la co-construction, donc.
Dans un contexte encore mar- qué d’incertitudes, l’indicateur d’optimisme des dirigeants reste cependant stable par rapport au mois dernier. Il enregistre même une hausse forte (plus 17 points) dans les entreprises de 10 salariés et plus. 24 % d’entre eux, d’ailleurs, forts de cet optimisme, affichent leur in- tention de recruter au cours des 12 prochains mois. La perspec- tive que les chefs d’entreprise ont du contexte économique global s’améliore également,
Genoux
Responsable Pôle Études/ Enquêtes CCI France
avec une hausse de 8 points sur leur vision de l’économie fran- çaise (41% de chefs d’entreprise confiants) et de 6 points pour l’économie mondiale (43 %
d’interrogés partageant cet état d’esprit).
Tendances pour temps denses et parfois difficile concordance des temps... n
Retrouvez l’intégralité des résultats de la grande consultation sur www.grandeconsultation.fr
ecoreseau.fr mai 2019
| 13
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[  galaxie
briefing économie
 p9et10mai
Pioneer’s Festival festival où start- uppers, investisseurs et innovateurs se réunissent pour partager
leur passion commune pour la technologie.
Vienne, Autriche
pDu14au16mai
pDu20au23mai
Collision conférence des dirigeants de start-up à la croissance exponentielle, des investisseurs et les plus grandes compagnies mondiales.
Enercare Center, Toronto, Canada
p21mai
Be a boss : le forum des femmes entrepreneuses à Toulouse. Toulouse Business School
p 21 et 22 mai
iCT Spring Europe, rendez-vous de la tech focalisé pour cette édition sur les fintechs, le savoir numérique et les technologies de l’espace.
European Convention Center Luxembourg, Luxembourg-Kirchberg
meet2Win, événement de la chaîne de l’innovation en cancérologie.
Centre de congrès Cité Mondiale, Bordeaux
p21au23mai
Cleantech Forum Europe, rassemblement européen de la communauté cleantech. Stockholm, Suède
p22au24mai
C2 rendez-vous créatif du commerce.
Montréal, Québec, Canada
p23mai
Ecommerce Connect, convention des entreprises du e-commerce et du retail
Salon Hoche, Paris
medTech Forum, grande conférence du secteur de la santé et de l’industrie technologique médicale.
Cité des Sciences et de l’Industrie, Paris
p15mai
afrobytes Tech Conference : journée d’échanges et de conférences dédiée à l’industrie de la tech en Afrique. Station F, Paris 13e
p 16 mai
The Rise of ai sommet réunissant les entrepreneurs, chercheurs et leaders du secteur de l’intelligence artificielle. Berlin, Allemagne
p 16 et 17 mai
EmDay, événement des professionnels de l’email marketing.
Strasbourg
p 16 au 18 mai
Viva Technology, 4e édition du salon dédié aux start-up et à l’innovation. Parc des expositions, Porte de Versailles, Paris
p19mai
Forum 5i, réunit des porteurs de projets et des investisseurs sur le thème de la DeepTech.
Centre de Congrès du WTC à Grenoble
  mode de vie
Salon de l’Apéro, péché mignon national
Save The Date ! Du 31 mai au 2 juin, le premier Salon de l’Apéro en France campe au Parc des expositions de Narbonne sur l’idée de Sébastien Lafage, gérant de l’exploitation viticole familiale Le Do- maine du dernier bastion et fondateur de l’agence événementielle
SL Concept. Il faut dire qu’entre les Français et l’apéritif, c’est une grande histoire d’amour ! Un art de vivre. Trois Français/es sur quatre en orga- nisent une fois par mois (étude CSA Research 2018) et 47 % se réunissent autour d’un verre au moins une fois par semaine (Ifop 2017). Fédérateur, il est source de bons moments partagés en famille ou entre amis. Plus de la moitié de nos compatriotes (56 %) raffolent aussi des apéros colla- boratifs où chacun apporte quelque chose. Il représente le plaisir d’être ensemble, et, au fil du temps, il s’est aussi imposé comme un véritable rendez-vous gourmand. n
Le téléphone, couteau suisse de la France profonde
Les smartphones se taillent une part de 71 % des mobiles en France.
61%   61%
53%
s’orientent grâce aux services de plans
74%
se connectent à internet.
1 heure 25 sur internet chaque mois, la plus basse fréquentation sur les 230 pays étudiés
47%
y jouent.
26%
seulement des utilisateurs ont acheté via leur smartphone, contre 55 % des internautes à travers le monde.
   visionnent des vidéos.
98
applis   millions
l’utilisent pour les services de messageries instantanées.
 33
         en moyenne par appareil...
... dont 34 tournent chaque mois.
soit 50 % de la population, se connectent sur les médias sociaux
Rapport annuel Digital en 2019 de la plate-forme de gestion des réseaux sociaux Hootsuite et l’agence internationale We Are Social
14 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[                     CONSTRUIRE AVEC VOUS UNE PROTECTION SOCIALE SUR-MESURE,
     C’EST ÇA
 DÉCIDER ENSEMBLE DE VIVRE MIEUX
    Chez AÉSIO, nous organisons la venue d’un conseiller dans votre entreprise. Son expertise vous permettra de trouver ensemble la solution la plus adaptée aux besoins de votre métier et de vos salariés.
aesio.fr
GROUPE MUTUALISTE D’ASSURANCES DE PERSONNES
Groupe AÉSIO, Union Mutualiste de Groupe soumise aux dispositions du Livre I du code de la Mutualité – Immatriculée sous le n° 821 965 241 Siège social : 25 place de la Madeleine - 75008 PARIS - Enregistrée à l’ORIAS en tant que mandataire d’assurance sous le n° 16006968. Informations disponibles sur www.orias.fr. Crédit photo : GettyImages-1081398900. DC-1904-ECO-RESEAU-265x336
                                                          ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
LOsez la commande publique !
e 16 avril, en présence de rapide des services publics numé- Gilles de Bagneux du Medef riques constitue un réel atout, aussi et de Frédéric Grivot de la bien pour l’usager que pour l’ad- CPME, j’ai présenté la nou- ministration. L’objectif : gagner en
velle version du guide Chefs d’entre- simplicité, en efficacité, en réactivité
briefing économie Médiation & entreprises
Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
    prise, osez la commande publique !
Trop souvent, les petites entre- prises hésitent ou renoncent à ré- pondre à des appels d’offre, elles considèrent que le temps à y consa- crer et la lourdeur des démarches sont une charge trop importante. Afin de lutter contre ces idées re- çues, le guide décrypte une à une chacune des étapes d’un marché pu- blic et passe au crible les outils et les contraintes techniques et adminis- tratives à envisager afin d’appréhen- der au mieux la réponse à un appel d’offre public.
DUME, marchés à procédure adaptée, marchés négociés, sour- cing, allotissement ou encore « pro- fils d’acheteurs »... autant de termes techniques qui maintiennent un voile d’incertitude sur les réelles possibilités offertes par la com- mande publique et qui sont explici- tés dans le guide.
Le guide met aussi en avant toutes les procédures spécifiques et les me- sures mises en place par l’État pour améliorer l’accès à la commande pu- blique des PME.
La dématérialisation tout d’abord : depuis le 1er octobre 2018, toutes les procédures de passation des marchés publics sont désormais dématérialisées. Le développement
et en toute logique réduire les coûts de gestion.
Élargir l’accès à la commande publique pour les PME passe aussi par des mesures phares que l’État a mises en place. Je pense notamment au relèvement de 5 à 20 % du taux minimum des avances versées aux PME et au taux maximal des rete- nues de garanties qui a été abaissé de 5 à 3 % pour les marchés conclus entre État et PME.
Si on ajoute à cela que les ache- teurs publics peuvent désormais expérimenter les achats innovants sans formalités préalables pour les marchés d’un montant inférieur à 100 000 euros, on peut constater une vraie évolution de la commande publique pour s’adapter aux besoins et aux contraintes des PME.
Pour toutes ces raisons j’encou- rage les chefs d’entreprise à oser la commande publique et à consulter le guide sur le site Internet du Mé- diateur des entreprises. n
Le guide Chefs d’entreprise, osez la com- mande publique ! est consultable sur le site du Médiateur des entreprises : www.marches-publics-entreprises.fr/
Finance et législation
La loi Pacte de simplification, votée
L
tarder sa promulgation, elle pourrait intervenir avant l’été. Marchés publics, simplifications, financement, RSE, épargne salariale... La loi comporte de nombreux dispositifs utiles aux PME. Parmi les plus em- blématiques, la suppression du seuil social de 20 salariés, l’allégement des autres seuils sociaux et fiscaux, la suppression du forfait social sur l’intéressement et la participation, la création d’une plate-forme en ligne unique pour les formalités de création d’entreprises, l’allégement de la publicité des comptes, la transmission d’entreprise aux salariés rendue plus facile et la reprise de petites entreprises allégée, la réduc- tion des délais et des coûts des procédures de liquidation judiciaire, la simplification et la portabilité des produits d’épargne retraite, le sou- tien des PME à l’export avec la création d’un guichet unique... Petit bémol, la définition de l’intérêt social des entreprises élargie aux en- jeux sociaux et environnementaux qui fait peser sur les entrepreneurs une nouvelle obligation de moyens. n
e projet de loi relatif à la Croissance et à la Transformation des entreprises, la Pacte, qui vise à libérer les entrepreneurs, a été adopté en lecture définitive par les députés à 147 voix contre
50. Même si la saisine du Conseil constitutionnel devrait re-
 16 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[    De loin
votre bureau
le plus confortable.
                                                                NOUVEAU SUV
    CITROËN C5 AIRCROSS BUSINESS
                               Suspensions avec Butées Hydrauliques Progressives®
NOUVEAU SUV CITROËN C5 AIRCROSS
3 sièges arrière indépendants et de même largeur Volume de coffre record jusqu’à 720 L Grip Control avec Hill Assist Descent* Sièges Advanced Comfort 20 aides à la conduite*
 BlueHDi 130 S&S BVM6 BUSINESS
À PARTIR DE
/MOIS 289 €
APRÈS UN 1ER LOYER DE 3 605 €
Citroën Connect Box CONTRAT DE MAINTENANCE COMPRIS (2)
 (1)
                                                          CONSOMMATION ÉMISSION DE CO2 TVS/AN
4,2 L /100 KM
110 G /KM
495 €
MALUS
NEUTRE
                         Modèle présenté : Nouveau SUV Citroën C5 Aircross PureTech 130 S&S BVM6 Business + avec options teinte Blanc Nacré, Pack Color Silver Anodisé et Jantes alliage 19’’ ART diamantées (33 080 € TTC). (1) Exemple pour la Location Longue Durée d’un Nouveau SUV Citroën C5 Aircross BlueHDi 130 S&S BVM6 Business neuf, hors option, sur 48 mois et 60 000 km, prestation facultative Contrat de Maintenance et d’Entretien 48 mois/60000 km (26,04 € TTC/mois) incluse, 1er loyer de 3605 € TTC dont 120 € TTC de Forfait de Gestion, suivi de 47 loyers mensuels de 289 € TTC. Offre non cumulable, réservée aux professionnels (hors loueurs, flottes et protocoles nationaux), valable jusqu’au 31/05/19, pour la Location Longue Durée du véhicule précité (tarif VP Citroën du 01/04/19), dans le réseau Citroën participant, et sous réserve d’acceptation par CREDIPAR - Loueur : CREDIPAR, SA au capital de 138517008 €, RCS Nanterre n° 317425981, 9 rue Henri Barbusse CS20061 – 92623 Gennevilliers Cedex. (2) Conditions générales du Contrat de Maintenance et d’Entretien disponibles dans le réseau Citroën. *Selon version.
CONSOMMATIONS MIXTES ET ÉMISSIONS DE CO2 DE NOUVEAU SUV CITROËN C5 AIRCROSS : DE 4,1 À 5,8 L/100 KM ET DE 106 À 132 G/KM.
                                   ]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[ en couverture
Femmes-hommes
 ENFIN ÉGAUX DANS LE TRAVAIL ?
EN FRANCE, LA LOI ET LES ENTREPRISES COMMENCENT à CONVERGER
 entreprendre & innover
18 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[ Non, décidément, l’em- ploi du temps de la mi- nistre Marlène Schiap- pa est « trop contraint »
(sic) pour nous accorder une in- terview. Elle préfère les plateaux médiatisés et « troller le système ». Au moins a-t-elle la franchise de le dire et de considérer que le temps passé face aux journalistes d’un magazine économique tout entier plongé dans l’entreprenariat conju- gué tout autant au féminin qu’au masculin n’a que peu de portée politique. Peut-être la secrétaire d’État en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes au tra- vail a-t-elle raison. Il faut qu’elle joue les vedettes pour que ce fléau social pénètre suffisamment les esprits. Il n’empêche que le mes- sage passera d’autant plus s’il est titré aussi en grand sur la couver- ture d’un mensuel qui positive l’entreprise depuis 60 numéros. Car le choix politique de Schiappa et Macron marque un tournant dans l’égalité ou plutôt l’inégalité femmes-hommes : la loi dite « Pour la liberté de choisir son avenir pro- fessionnel » va obliger les entre- prises à des résultats. À l’obligation
faire preuve (comment !) pour en- tériner le principe du « À travail de valeur égale, salaire égal », suc- cède une obligation de résultats. Et ça change tout. Reste à savoir si la contrainte sera le bon levier tant il est vrai qu’entreprendre rime avec liberté. Choisir ses collaborateurs/ trices, ses associé/es, ses patron/nes en se préoccupant d’une parité des genres semble a priori des plus arti- ficiel. Marlène Schiappa et son pa- tron, pour réussir, à terme, à briser le fameux plafond de verre, doivent avant tout réimaginer une école et des formations où la petite fille puis la femme se sentira aussi portée que le petit mec puis l’homme vers l’accomplissement de son potentiel. Encore ces beaux programmes sco- laires ne concerneraient-ils qu’un Occident (encore) riche : c’est le monde entier qui devrait enfin se débarrasser du fléau de l’inégalité du genre. Comme l’écrit Émile Ser- van-Schreiber dans son superbou- quin Supercollectif, « c’est dans les groupes où le nombre de femmes est le plus important que les scores sont les meilleurs ». CQFD. Bienve- nue dans un xxie siècle sans ma-
Il faut bien avoir à l’esprit que dans ces 24 % d’écart de salaire entre hommes et femmes,
oyens, dont elles devaient
en couverture
entreprendre & innover
   d e m1
chisme. n Om 40 % sont dus au temps detravail.
 Inégalité hommes- femmes en entreprise, le grand défi
En France, à travail égal, le sa- d’un siècle à ce rythme pour sup-
constaté entre 2002 et 2018 n’est pas uniquement liée à la législation. «La crise de 2008 a beaucoup af- fecté l’emploi des hommes avec des replis des hauteurs de salaires. Il ne s’agit donc pas d’une amélioration de la condition des femmes, mais d’un repli de celle des hommes qui a participé à amoindrir l’écart
plus important chez les femmes que chez les hommes. « Il est fina- lement très difficile de connaître les réelles motivations des femmes qui sont en temps partiel. Beaucoup di- ront qu’elles ont choisi de s’occuper de leurs enfants. Mais l’arbitrage réalisé au sein du couple reste in- connu. Certaines familles choi- sissent de privilégier la carrière de l’homme au détriment de celle de la femme car son salaire est plus éle- vé. Aujourd’hui, 30 % des femmes sont à temps partiel. Au sein de la population des femmes qualifiées, nous constatons, par exemple, que le temps partiel double à partir du deuxième enfant », démontre Christophe Falcoz. Une façon de procéder qui pèse sur l’avancement des carrières des femmes. « Lors- qu’elles choisissent de retourner à temps complet, elles retrouvent souvent un emploi moins valorisé qu’auparavant », souligne le profes- seur lyonnais.
Des différences notables entre secteurs
et typologies d’emplois
Il existe des disparités fortes entre les secteurs. « Prenons l’exemple du BTP : les salaires des femmes y sont moins élevés que ceux des hommes.
laire d’une femme est en moyenne 24 % moins élevé que celui d’un homme, notamment à cause des maternités, du temps partiel, des discriminations, des formations. Malgré un arsenal de lois et de réglementations qui tendent, sans réel effet, à en finir avec cette iné- galité de chromosomes. État des lieux.
Doucement, mais sûrement, le rat- trapage est en marche. L’écart de revenu salarial entre hommes et femmes était de 28 % en 2002, il est de 24 % actuellement. Un pourcen- tage au repli très progressif, comme l’explique Christophe Falcoz, pro- fesseur associé, iaelyon École Uni- versitaire de Management : « C’est en 1972 qu’est advenue la première loi sur l’égalité salariale. À cette époque, l’écart moyen de salaire entre hommes et femmes était de 35 %. Il est aujourd’hui de 24 %. Il faudra donc encore un peu plus
primer les inégalités salariales ! » Une évolution sur le temps long, partiellement portée par le contexte législatif : « Les résultats des poli- tiques publiques sont assez diffi- ciles à mesurer. Mais l’on ne sait pas non plus où se situerait l’égalité salariale si aucune mesure n’avait été prise », estime Hélène Périvier, directrice du programme Presage de Science Po. Depuis l’affirmation du principe d’égalité de rémuné- ration adopté en 1972, les mesures en ce sens se sont multipliées (lire Point 2, Ce que dit la loi). Désor- mais, la loi stipule très clairement qu’il « est interdit de mentionner, dans une offre d’emploi, le sexe (ou la situation de famille) du candidat recherché ou de prendre en compte l’appartenance du candidat à l’un ou l’autre sexe comme critère de recrutement ». Cette loi s’applique à l’ensemble des entreprises, quelle que soit leur taille. Pour autant, la diminution de l’écart salarial
genres », remet en
salarial entre les perspective Hélène Périvier.
80 % des temps partiels sont occupés
par des femmes
Les chercheurs sont formels, diffi- cile de prendre au pied de la lettre ce pourcentage de 24 % d’écart de salaires. Hélène Périvier met le point sur le «i» de salaire: «Il s’agit d’un écart moyen. Il faut bien avoir à l’esprit que dans ces 24 %, 40 % des inégalités sont dus au temps de travail. Les femmes gagnent moins car elles travaillent moins que les hommes. » Ce qui signifie que, le- dit travail partiel corrigé, l’écart de salaires entre hommes et femmes s’établirait davantage autour de 18 %, ce qui reste « anormal ». Si 80 % des temps partiels sont occu- pés par des femmes, là encore, il est très difficile de distinguer le temps partiel « subi » du « choisi ». L’Insee le mesure dans la catégorie « sous- emploi ». Lequel se révèle deux fois
 ecoreseau.fr mai 2019 | 19
]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en couverture
Statuts de femmes et lois correctrices OLiViER maGNaN
Les âges religieux
seule une propriété, menait des affaires... Ce fut beaucoup moins vrai par la suite des âges,
et l’on a imputé à juste titre ce statut de grande infériorité aux religions du Livre, au nom de ce fameux « péché originel » imaginaire qui arrange encore des milliards de
XXe SIÈCLE
Le monde du travail
L’évolution graduelle
    Aux tout débuts de la civilisation humaine, aux alentours du iiie millénaire avant Jésus-Christ, dans la vallée de l’Euphrate, le berceau de l’actuel Irak, la femme sumérienne était essentiellement égale à l’homme et même maîtresse en
sa maison, même si le père de
famille restait détenteur de l’autorité. La Sumérienne établie
concluait
des contrats seule, estait en justice, pouvait revendiquer
Ce qui s’explique notamment par les métiers exercés. Les femmes sont plus nombreuses à exercer des fonctions administratives, moins valorisées que les fonctions opéra- tionnelles», détaille Hélène Périvier. Autre élément notable, les femmes sont plus présentes que les hommes dans les secteurs de la santé et de l’éducation, moins rémunérateurs que des secteurs au sein desquels les hommes sont surreprésentés. Se- lon les chiffres livrés par l’Insee, les inégalités salariales sont plus mar- quées chez les cadres que chez les employés, ouvriers ou professions intermédiaires. Un véritable plafond de verre donc, que les femmes, arri- vées au sommet de l’entreprise, ne parviennent pas à fêler. En témoigne le secteur banque-assurance qui se féminise de plus en plus. Pour au- tant, les femmes peinent à atteindre les hautes fonctions. « J’ai été amené à travailler sur le cas d’un assureur qui compte près de 2 000 salariés, dont 70 % sont des femmes. Pourtant, au plus haut degré hiérarchique, moins de 30 % des collaborateurs sont des femmes», constate Christophe Falcoz qui reconnaît que les disparités entre secteurs sont fortes : « Le secteur banque-assurance part de très loin. Il a hérité d’un management tradition- nel et essentiellement masculin.»
20 | mai 2019 ecoreseau.fr
fluctuants selon les traductions, les pays
et les interprétations
de l’islam. Dans l’hindouisme, le Bouddha conseille à son disciple Ananda d’« éviter la vue des femmes, méchantes, envieuses, stupides». Il faut attendre le milieu du xixe siècle aux États-Unis mais 1965 en France pour que le protestantisme plus ouvert voie des femmes nommées pasteur(e)s... On attend toujours et le mariage des prêtres et la prêtrise des femmes dans la religion catholique.
Deux mille ans après le relatif féminisme d’un certain Jésus façonné par la
doxa évangélique,
le statut féminin «bouge»unpeu
partout dans le
monde. En France, les décennies 1910-1920 libèrent la femme par
le vêtement, jupes plus courtes et corsets oubliés (mais le pantalon ne fait scandale qu’à partir de 1939 !). Le bac accueille ses premières candidates cent ans après les hommes, au compte-gouttes. Mais l’égalité civique reste le meilleur emblème du
retard considérable entre les genres
en France. Vote universel des hommes, 1792, mais la femme ne sera admise au suffrage universel
qu’en 1944, appliqué
pour la première fois aux municipales de 1945. Ce qui place la démocratie française loin derrière
la Nouvelle-Zélande (1893), la Finlande, la Norvège, la Suède et l’Islande (1900-1910),
puis généralisation du suffrage féminin à l’issue de la Première Guerre mondiale.
 machos bornés. La société
juive ancienne considérait la femme patrimoine de l’homme, au même titre que l’esclave ou la maison. Le Coran lui réserve une place et un statut
C’est là que subsiste le grand scandale social de l’inégalité des genres. Le phénomène de la candidature écartée au seul motif (non avoué) qu’une salariée tombe enceinte discrimine la femme pour son genre. L’Observatoire des inégalités chiffre à 8 % la part des femmes à subirun«tempspartiel» (2,8 % chez les hommes). On n’arrête pas de rappeler qu’une femme gagne en moyenne
20 % de moins qu’un homme, sachant que ce calcul global ne porte pas tant sur le salaire
à poste égal (sinon
régions.» Ainsi l’Ain et la Savoie qui restent des départements très industrialisés sont largement pour- voyeurs d’emplois masculins.
Quid de la situation française vis-à- vis de ses voisins européens? Là en- core, les données sont difficilement comparables, même si quelques grandes tendances émergent. Falcoz : « Nous nous situons dans la moyenne européenne. Mais il est assez difficile de comparer les pays entre eux. L’on ne peut comparer que les pays dont le taux de participation des femmes au marché du travail est similaire. L’Allemagne, par exemple, a très fortement développé le temps partiel », explique Hélène Péri- vier. Si les pays du nord paraissent plus avancés que les pays d’Europe continentale en matière d’égalité hommes-femmes dans le monde du travail, encore faut-il opérer une distinction entre les pays du nord de l’Europe. « Il est important de ne pas céder à la dichotomie Nord- Sud. L’Espagne est aujourd’hui très avancée en matière d’égalité sala- riale. À l’inverse, tous les pays du nord n’en sont pas au même état d’avancement. Si, en Europe du Nord, on constate une excellente égalité hommes-femmes aux plans politique et institutionnel, c’est bien moins le cas dans le monde de l’en- treprise. » CHLOÉ PaGÈS
 La fonction publique :
pas un modèle
Si les règles sont les mêmes pour le secteur public que pour le sec- teur privé, la fonction publique doit également composer avec des différences salariales importantes. « Les femmes sont surreprésen- tées dans certains corps, tandis qu’elles sont quasiment absentes dans d’autres. À l’ENA, seuls 25 % des diplômés sont des femmes. Le plafond de verre au sein de la fonction publique d’État est en- core massif », souligne Hélène
La France, « ni pire ni meilleure» que ses voisins européens
Existe-t-il des régions où il fait bon t r a v a i l l e r l o r s q u e l ’o n e s t u n e f e m m e ? Pour les chercheurs, il est très dif- ficile de répondre à cette question, tant les données statistiques sont difficilement comparables au sein de l’hexagone. Quelques tendances se dégagent néanmoins : « En Corse, les femmes travaillent beaucoup moins que dans les Pays de La Loire. En outre, le temps partiel est beaucoup plus faible en Île-de-France que dans
 Il est important de ne pas céder à la dichotomie Nord-Sud. L’Espagne est aujourd’hui très avancée
en matière d’égalité salariale. À l’inverse, tous les pays du nord n’en sont pas au même avancement.
    Périvier. Un constat largement partagé par Christophe Falcoz : « En France, encore très peu de femmes occupent les fonctions de diplomates, de recteure ou de pré- sidente de tribunal. Dans la fonc- tion publique d’État, le plafond de verre est réel. »
les autres régions françaises. L’expli- cation tient au nombre important de cadres franciliens. La proportion de femmes dirigeantes s’établit à 15 % en Normandie, contre 29 % en Île-de-France, explique Christophe Falcoz, et les femmes ne connaissent pas les mêmes situations selon les
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[ Depuis Olympe de Gouges et sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791, ni la Révolution française ni le Code civil Napoléon (1804) n’émancipent la femme.
• 13 juillet 1965: les femmes mariées
sans contrat gèrent leurs biens propres et exercent une activité professionnelle sans consentement du mari.
• 28 décembre 1967: la loi Neuwirth autorise la contraception.
• 4 juin 1970: l’autorité parentale conjointe remplace la « puissance paternelle ».
• 22 décembre 1972 : principe
de l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes.
• 17 janvier 1975 : autorisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG),
« loi Veil ». • 11 juillet
1975 : divorce par consentement mutuel.
• 23 décembre 1980 : le viol est reconnu comme un crime. • 13 juillet
1983 : la loi Roudy établit l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. • 4 mars 2002 : le nom de famille devient nom patronymique, soit
le nom du père, soit le nom de la mère, soit
les deux noms accolés dans l’ordre choisi par eux. • 23 mars 2006 : loi relative
à l’égalité salariale
entre les femmes
et les hommes. • 20 janvier 2010 : proposition de loi relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance. •
6 août 2012 : loi sur le harcèlement sexuel – nouvelle définition, circonstances
aggravantes et sanctions. • Décembre 2013 : lutte contre le système prostitutionnel. Suppression du délit
de racolage mais rejet
de la pénalisation du client. • 4 juillet 2014 : ratification par la France de la convention du Conseil de l’Europe, dite convention d’Istanbul, sur la prévention et la lutte contre les violences à l’égard des femmes et la violence domestique. • 18 novembre 2016: création du divorce
par consentement mutuel sans juge, par acte sous signature privée contresigné par
avocats après dépôt auprès d’un notaire. • Octobre 2017: l’affaire Weinstein, producteur américain dénoncé pour harcèlement sexuel
par plusieurs actrices, provoque des milliers
de témoignages sur Twitter par les mots- dièses #MeToo et #BalanceTonPorc du harcèlement et des agressions sexuelles dont ont été victimes des femmes. • 3 août 2018: loi renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, avec l’élargissement
de la définition du harcèlement en ligne.
en couverture
entreprendre & innover
Les grandes lois (sélection)
  pourquoi les entreprises n’embaucheraient-elles pas massivement des femmes !), mais sur les moyennes qui tiennent compte des absences pour maternité, le temps partiel, etc. (même
si des cas pendables existent où, à travail égal, une femme perçoit un salaire inférieur). Mais les cadres/chefs d’entreprise comptent 9% de femmes contre 13 % d’hommes. Dans un métier réputé masculin comme la construction, 1,3 % de femmes contre 10,5 % d’hommes (Insee).
2Cequeditlaloi
  Une véritable inflation réglemen- la loi Génisson qui, en 2001, en- taire. Tel est le constat des univer- tend promouvoir le dialogue social sitairesquiplanchentsurlaques- sur l’égalité professionnelle entre tion d’égalité hommes-femmes les hommes et les femmes par dans le monde du travail. Depuis branche et au sein de l’entreprise. les années 1970, les lois en faveur C’est à partir de cette loi de 2001
de la parité se sont succédé. Focus sur les mesures qui font date.
Il suffit de remonter au siècle pré- cédent pour constater le chemin parcouru sur le front de l’égalité (lire la frise historique, Statuts de femmes et lois correctrices). Mais ce n’est qu’en 1972 que le principe de l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes est ins- crit dans la loi, avec pour formule une équation simple : « À travail égal, salaire égal ».
1972, le principe d’égalité de rémunération est affirmé Reste que ce principe, s’il est ins- crit dans la loi, demeure théorique. De nouvelles réglementations et lois ont ainsi continuellement été instaurées après 1972. Parmi les plus notables, celle de 1992 qui sanctionne le harcèlement sexuel dans les relations de travail, puis
que plusieurs lois seront adoptées afin d’introduire la parité au sein des entreprises privées. En 2006 est adoptée la loi sur l’égalité salariale entre les hommes et les femmes. En 2008, l’article premier de la Consti- tution est modifié. Il stipule désor- mais que «la loi favorise l’égal ac- cès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu’aux responsabili- tés professionnelles et sociales ».
Vers une réglementation de la vie en entreprise
La loi du 27 janvier 2011 relative à la représentation équilibrée des femmes et des hommes au sein des conseils d’administration et de surveillance prévoit que la propor- tion des membres du conseil d’ad- ministration ou de surveillance de chaque sexe ne saurait passer sous les 20% au terme d’un délai de trois ans à compter de la promulga-
tion de la loi. Puis 40 % dès le deu- xième renouvellement du conseil et dans un délai de six ans à compter de la promulgation de la loi. Une loi sur la parité qui a fait couler beaucoup d’encre et a largement participé à la remise en question de multiples conseils d’adminis- tration. Enfin, le décret Index de l’égalité femmes-hommes, adopté en septembre 2018, oblige les entre- prises de plus 1 000 salariés à rendre publics cinq indicateurs clés sur les écarts de salaires hommes-femmes. Ces critères (parmi lesquels l’écart de salaire au même âge et au même poste) aboutissent au calcul d’un index sur 100. Si l’entreprise ob- tient moins de 75 points, elle devra mettre en place des mesures de cor- rection. Cette obligation sera éten- due aux entreprises d’au moins 250
salariés dès le mois de septembre 2019, puis aux entreprises d’au moins 50 salariés au 1er mars 2020. « Pour les grandes entreprises, il existe à mon sens une possibilité assez réelle de rendre ces indica- teurs peu lisibles », prévient Hélène Périvier. « Ces notations risquent de devenir un moyen de détourner le droit dur. Prenons l’exemple d’une femme qui se sent discriminée au sein d’une entreprise dont la nota- tion est excellente. L’entreprise va dire au juge, regardez mon Index, il est au plus haut niveau ! Il est fi- nalement assez facile de travailler sur les critères qui ont un impact sur la note globale, tout en délais- sant d’autres sujets, plus profonds. » Marlène, au secours !
 ecoreseau.fr mai 2019 | 21
]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en couverture
Isabelle Delcroix Naulnais, LidUp
« Depuis six ans, les progrès sont remarquables »
Le plafond de verre s’abaisse-t-il ?
La situation des femmes au sein des entreprises évolue. Elles sont de plus en plus nombreuses à s’engager dans des métiers autrefois très masculins.
« Lorsqu’il y a vingt ans j’ai débuté ma carrière dans l’IT, la présence de femmes dans ce secteur était exceptionnelle ! », se souvient Sophie White, directrice commerciale et marketing chez Enovacom, éditeur de logiciel santé interopérabilité et sécurité, filiale du groupe Orange depuis 2018. Aujourd’hui, la répartition actuelle au sein de l’entreprise est de 34 % de femmes, 66 % d’hommes. Mais ces effectifs minoritaires sont loin d’être relégués aux fonctions administratives, les femmes sont de plus en plus présentes au sein des équipes techniques. « Nous sommes aujourd’hui à la recherche de compétences et je pense que nos dirigeants ont compris que la mixité était essentielle. Elle donne de la force aux équipes qui sont à même d’envisager des points de vue différenciés pour une même problématique », poursuit Sophie White. Un constat largement partagé par Stéphanie Lecerf, directrice des ressources humaines chez PageGroup et présidente de l’association À compétences égales : « Les femmes sont aujourd’hui très recherchées dans le secteur de l’IT. Les entreprises de ce secteur mènent une poli- tique active pour encourager les femmes à les rejoindre. Les secteurs en proie à des pénuries de recrutements sont souvent ceux qui font le plus d’efforts.» Les femmes se montrent de plus en plus présentes aux instances de décisions de l’entreprise. Sophie White: «Le comité de direction d’Enovacom est actuellement composé de sept hommes et de quatre femmes. »
Quid du niveau de rémunération? Là encore, l’égalité semble actée: « Sur la partie IT, l’offre d’emploi est aujourd’hui plus importante que la ressource disponible. Les salaires à l’embauche correspondent à une grille très précise qui est la même quel que soit le genre du candidat. Ensuite, les augmentations sont encadrées. Il n’y a donc pas de discri- mination», explique Sophie White. Reste que pour Stéphanie Lecerf, si les discriminations ne se font pas à l’embauche, elles interviennent plus tard dans la carrière des femmes. « L’inégalité salariale est sou- vent liée au ralentissement de carrière des femmes. On ne voit pas la différence à l’embauche. En revanche, on constate un écart salarial lorsque l’on analyse l’évolution de la carrière dans sa globalité. n
 il existe des parcours inscrits dans l’enfance. isabelle Delcroix Naunais a pris conscience de l’inégalité entre les hommes
et les femmes dès l’âge de 8 ans ! mais c’est au terme d’un parcours de plus de vingt ans
en entreprise qu’elle prend la responsabilité de l’ensemble des politiques publiques relatives à l’égalité des chances pour le préfet de région, avant de créer en 2013 LidUp. Un groupe conseil qui accompagne les entreprises sur les sujets d’égalité professionnelle.
Depuis la création de LidUp, il y a six ans, quelles évolutions sur le chemin de l’égalité ?
Je constate un réel changement depuis six ans. Il faut bien
avoir à l’esprit que les lois
sont désormais assorties de sanctions. Les entreprises sont donc davantage mobilisées en faveur de l’égalité salariale. Mais ce que je constate, c’est que
ces sujets sont souvent portés par les dirigeants d’entreprise. C’est au plus haut niveau
qu’est donnée l’impulsion.
Sans volonté stratégique forte, les changements sont moins profonds.
Comment accompagne-t-on
une entreprise vers davantage d’égalité ?
Je vais prendre un exemple précis : depuis le premier janvier, la loi oblige les entreprises de plus de 200 salariés à se doter d’un référent harcèlement sexuel. Ces référents doivent être formés pour accompagner les collaborateurs/trices et c’est dans ce contexte que j’interviens, à la demande des dirigeants
ou des DRH. J’interviens aussi sur les sujets stéréotypes
et préjugés au travail. Les collaborateurs de l’entreprise se rassemblent toute une journée. Mon rôle n’est surtout pas de faire de la théorie descendante, mais au contraire de partir
du vécu des collaborateurs
pour décrypter nos modes de fonctionnement et nos biais cognitifs.
Un exemple ?
Cet élément qui peut sembler
anecdotique mais qui
est assez significatif de
nos conditionnements.
Alors même que
l’Académie française s’est prononcée en faveur de
la féminisation des noms
de métiers, les métiers de pouvoir restent féminins.
Il n’y a pas vraiment
d’état d’âme à dire « une infirmière », en revanche, une femme ambassadeur préférera se faire appeler ambassadeur qu’ambassadrice, au prétexte que l’ambassadrice est la femme de l’ambassadeur ! Une pharmacienne souhaite souvent se faire appeler pharmacien pour la même – mauvaise – raison !
Certains secteurs sont-ils plus avancés que d’autres ?
Je ne pense pas. Je reste convaincue que c’est l’impulsion donnée par le dirigeant qui
va améliorer la situation. Je constate malgré tout que certains secteurs sont plus
« faciles » que d’autres. C’est le cas notamment de l’industrie, un secteur pourtant très masculin, mais qui reconnaît ses faiblesses et se mobilise réellement pour la féminisation des métiers. Le secteur de la santé, en revanche, se révèle plus difficile. Il existe dans ce secteur une illusion d’égalité où les questions d’égalité risquent de devenir tabous !
Est-ce que les millenials changent la donne ?
Sans conteste, oui ! Les jeunes femmes sont plus au fait de leurs droits que les générations précédentes et elles n’hésitent pas à montrer à l’entreprise
ses manquements. Elles ne sont pas prêtes à avaler des couleuvres. D’un autre côté, les garçons se montrent volontiers très carriéristes, mais ils sont aussi de plus en plus nombreux à se soucier de la qualité de
vie au travail. Enfin, la question du salaire est moins taboue qu’auparavant. Les jeunes gens discutent entre eux. Si, à diplôme égal, une femme est payée 10 % de moins qu’un homme, elle en est très vite informée !
 22 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[ 3 Génération Y : c’est pour aujourd’hui
Et les millenials, qu’en disent- ils ? Toute une génération de transition, élevée par des pa- rents de l’âge inégalitaire, vont affronter une société sans doute engagée dans la parité coûte que coûte. Entre détermination à faire évoluer les mentalités et confrontation aux discrimina- tions genrées, ils s’apprêtent à se confronter à leur futur pro-
Dfessionnel.
onc, le ministère du Travail et le secréta- riat chargé de l’Égali- té entre les femmes et
les hommes se sont fixés un ob- jectif ambitieux : supprimer cet écart de 9 % à poste égal entre hommes et femmes au terme du quinquennat Macron. Le com- bat continue et les jeunes en sont (18-30 ans). Cette nouvelle génération, en pleines études ou récemment insérée sur le marché du travail, pourrait incarner celle de la conquête de l’équité réelle entre les « travailleurs », qu’im- porte leur sexe.
Comment cette jeune garde appréhende-t-elle son futur et quelles visions se forge-t-elle des inégalités que doivent subir les femmes ? Nous nous sommes li- vrés à un « micro-amphi », certes sans portée statistique, au sein
Les écarts de rémunération, à moyens ou à responsabilités équi- valentes, découlent, d’après Alan, 22 ans, « d’une vision patriarcale encore trop présente dans notre société et dans les mentalités ». Un patriarcat qui a trop duré aux yeux de nos jeunes étudiants et limite leur pleine émancipation.
aux yeux des étudiants interro- gés, un manque de contraintes et de sanctions à l’encontre des entreprises qui transgressent les principes d’équité. En somme, sans renversement des mentali- tés, les mesures de l’État seront insuffisantes aux yeux de notre génération Y.
ou pour demain ?
« L’égalitarisme doit être l’objectif de chacun, qu’il s’agisse des salaires, des traitements, des droits ou tout autre sujet. » Alan, 22 ans.
en couverture
entreprendre & innover
 (sondage Opinion Way). Les étu- diants interrogés par nos soins ne dérogent pas à la règle. Unani- mement, ils dénoncent les diffé- rences de traitement et les inéga- lités que les femmes doivent subir dans leur espace professionnel. Scarlett, 29 ans, distingue trois points de discrimination : « Une inégalité des salaires injuste et
Beaucoup dénoncent la surrepré- sentation masculine au sein des classes dirigeantes et les efforts supplémentaires que doivent consentir les femmes pour dé- crocher des postes et des salaires, plus facilement accessibles pour les hommes, malgré des compé- tences équivalentes. « À expé- rience égale ou similaire, niveau d’étude égal ou similaire, un homme et une femme devraient toucher un salaire égale ou simi- laire », résume Pauline, 25 ans. Ça paraît simple et c’est si com- pliqué.
La route est longue
Pourquoi donc l’égale rémunéra- tion n’est-elle pas respectée par les entreprises ? La loi sur l’éga- lité salariale remonte pourtant à 1972. Inscrite dans le Code du travail, elle dispose : « Tout em- ployeur est tenu d’assurer, pour un même travail ou pour un tra- vail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes. » Toujours le même écueil. Entre loi, application et mentalité, les liens sont ténus... « Plus de quarante ans après le vote de la loi à travail égal, salaire égal, elle n’est toujours pas res- pectée », rappelle Jade. En cause,
La grande majorité des étu- diantes interrogées montrent une inquiétude pour leur future car- rière. Pour Scarlett, « le monde du travail est plus dur avec les femmes, des murs sont à fran- chir, ceux des rapports humains en premier lieu. » Malgré tout, la volonté de s’opposer aux diffé- rentiations est intacte, à l’instar d’Alice, 21 ans : « Si je suis freinée en raison de mon sexe ou si j’ai un patron sexiste, je partirai sans hésitation, en claquant la porte. »
D’une même voix, toutes/tous l’affirment : la non-différencia- tion au travail entre femmes et hommes est essentielle et les efforts doivent perdurer. Un état d’esprit résumé par Alan : « L’égalitarisme doit être l’objec- tif de chacun, que ce soit sur les salaires, les traitements, les droits ou tout autre sujet. » Seule certi- tude, le chemin est encore long, comme l’exprime Pauline, non sans ironie : « En France nous avançons certes, mais bien dou- cement. Je pense donc que l’éga- lité parfaite entre les hommes et les femmes sera atteinte en l’an... 2387 ! » Et optimiste par-dessus le marché ! aDam BELGHiTi aLaOUi
   d’une école de commerce et de communication. Quelques étu- diantes et étudiants, âgés de 22 à 29 ans, nous livrent leurs per- ceptions. Aucune surprise : pas le moindre écho provocateur face à nos questions, tous et toutes es- timent cette fameuse égalité au travail indispensable.
Les reflets
d’une société patriarcale 92 % des 18-30 ans estiment que le sexisme est une question socié- tale et 78 % disent le combattre
injustifiable, la quasi-inexistence de femmes à des postes de direc- tion et enfin le harcèlement mo- ral voire sexuel qu’elles peuvent subir. » Si certains notent des évolutions positives récentes, la différenciation selon le sexe demeure pour tous une préoc- cupation et une source de grief. « Entre la différence de salaire, la différence de représentation et le harcèlement quotidien, honnête- ment je me dis que j’aurais mieux fait de naître homme », lâche même Jade, étudiante de 22 ans.
ecoreseau.fr mai 2019 | 23
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
4 Le journal du futur de Jean-Marie Benoist France paritaire :
terre à terre
homme et une femme engendrent des effets qui vont au-delà de la sphère simplement biologique, une parfaite symétrie n’est plus à l’ordre du jour – mais elle a pro- voqué l’effet voulu, en rendant « normale » la femme en tant que figure publique, sociale... Mais d’autres moyens furent mis en œuvre. Par exemple, un mélange d’incitation et de répression a amené les entreprises à prati- quer l’égalité salariale en tenant compte des congés maternité et des interruptions de carrière de leurs salariées, même si, en- core aujourd’hui, le débat n’est pas clos – mais au moins s’est-il déplacé sur le thème classique de « comment mesurer la valeur d’un/e salarié/e et de sa participa- tion à l’entreprise ».
Au-delà
de l’égalité salariale
Les grommellements ont duré tant que les quotas sont restés. Et pendant une bonne dizaine d’an- nées, on a vu ressurgir tous les clichés possibles et imaginables. Chaque nouvelle avancée a en- gendré des combats similaires. Mais d’autres mesures ont été accueillies avec plus d’enthou- siasme – en général – par la gent masculine, notamment le congé parental. Hum. Le légiste qui a ap- pelé ça « congé » n’avait jamais dû avoir d’enfant ! Et avec les autres mesures mises en place (pas uni- quement financières, le passage au télétravail est aujourd’hui
l’on considère que les femmes ont été reléguées au deuxième rang (au mieux) de l’ordre social pen- dant des millénaires – largement le temps de développer (perfec- tionner même) de mauvaises ha- bitudes. Les effectifs (politiques, salariaux, etc.), les salaires, tout ça n’était que la pointe émergée de l’iceberg. Car sous l’équation parité = égalité, se cache une réa- lité bien plus complexe : la parité, c’est surtout prendre en compte les différences (sans pour autant se transformer en comparaison).
Un marché juteux
de l’ergonomie des genres La médecine, par exemple. De- puis que l’on inclut des femmes dans les tests médicaux, il n’est plus rare maintenant que pour une même maladie, les médica- ments prescrits diffèrent selon le sexe du patient... Des exemples similaires, on en trouve partout. L’ergonomie, par exemple, que ce soit celle des objets ou des lieux, a été complètement repensée, ce qui a changé l’apparence de beau- coup d’immeubles... Et notam- ment les locaux professionnels. La parité a fait la fortune d’un nombre incalculable de cabinets d’architectes, de décorateurs, d’aménageurs... Entre la né- cessité d’avoir tout adaptable et modulable – les plans de travail, les bureaux, les chaises (certains ont même opté pour une solution tablettes et poufs, agacés par les changements permanents de mo-
er
1 octobre2030.Unediscrètedépêchedel’Agence
européenne de presse est presque passée inaperçue.
Elle informait les médias qu’officiellement la France était parvenue à une parfaite égalité des femmes et des hommes à force de lois, mesures, incitations... Moi qui ai connu le monde d’avant, quand l’homme signifiait l’humanité et que l’orthographe masculinisait les accords et les professions, ça m’a donné l’idée d’une sorte de bilan.
en couverture
  Il fallait bien en passer par là : il fallait bien créer le nouveau normal. Pour changer les re- lations hommes-femmes,
ça a pris beaucoup de temps en France. La dépêche parle de so- ciété « parfaitement paritaire ». En creusant, on trouverait bien encore des privilèges mascu- lins discrets, tout comme des remugles de racisme surnagent, c’est la nature... de l’homme. Mais nous en sommes quand même proches, de cette parité. Les changements sont là : par exemple, plus personne ne s’ex- tasie quand une femme occupe un poste prestigieux, public ou privé, on ne fait même plus allu- sion à ses caractéristiques esthé- tico-vestimentaires, et le choix de son poste est indifférent, quel que soit le métier. On ne remarque
24 | mai 2019 ecoreseau.fr
plus un père seul dans la rue qui se bat avec poussette et mômes... Pour arriver à un tel résultat, on a presque tout essayé. Outre les lois d’égalité d’accès, la majorité des mesures ont surtout été quanti- tatives, l’imposition de quotas – d’embauche pour la fonction publique, de présence sur les listes pour les partis politiques, de composition des conseils d’administration... À un mo- ment, on avait l’impression que seuls les artistes eux/elles-mêmes étaient dispensé/es de l’obliga- tion paritaire. Après les efforts des premières années, cependant, ce type de mesure s’est assoupli, on fut confronté à la réalité des effectifs disponibles et des vo- cations elles-mêmes. Et comme il est maintenant acquis que les différences biologiques entre un
Sous l’équation parité = égalité, se cache une réalité bien plus complexe : la parité,
c’est surtout prendre en compte les différences.
  largement déployé) pour que les papas pouponnent, on a vu di- minuer le taux de divorces. Une conséquence qui n’était pas inat- tendue, mais qui montre l’éten- due des changements.
Constater à quel point la société s’en trouve transformée jusque dans les moindres détails reste une expérience douce-amère : douce, parce que ça change, et amère, parce qu’on se rend compte à quel point l’inégalité homme- femme de naguère était assumée dans les moindres recoins de notre société – à quel point tout était conçu, philosophiquement comme en pratique, du point de vue masculin. Un état de fait somme toute peu surprenant si
bilier, ou même le bureau hauteur sans assise qui fait tant de bien...) –, les crèches d’entreprises de plus en plus généralisées, les toi- lettes réaménagées (surtout dans les salles de spectacles et les relais d’autoroutes, pour résoudre l’iné- galité du différentiel du temps d’attente)... Ce ne sont pas seu- lement les pratiques sociales qui ont changé : l’espace même s’est fait paritaire, ce qui a aussi béné- ficié – dans la vague de travaux herculéens – aux handicapés. Que la République ait accueilli enfin à sa tête une présidente n’a jamais été présenté comme une troisième conséquence de la pari- té terre à terre. Et pourtant...
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[ Pôle CADEAUX & ENTREPRISES
]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
grand angle
Un concept d’innovation que découvrent les entreprises françaises
DI esign Thinking : l’erreur
 l n’y a que la langue anglaise • Le recours rapide à des pro- pour exprimer en deux mots totypes basse fidélité (maquette – Design Thinking – autant de papier-crayon) réduit le coût fi- sens concentré : la pensée par nancier mais suffit à repérer rapi-
le design (on parle aussi d’esprit dement les erreurs ou les impasses.
design pour traduire le concept). Mais quel design ? Non pas une « esthétique industrielle appliquée à la recherche de formes nouvelles et adaptées à leur fonction » (Wikipedia). Mais le sens plein de design en anglais, celui à pro- pos duquel Steve Jobs, le créateur d’Apple, disait que « la plupart des gens font l’erreur de penser que le design, c’est l’apparence [...] Ce n’est pas comme ça que nous dé- finissons le design [...] Le design, c’est comment ça marche.»
Et ce « comment ça marche » s’applique à tous les domaines : l’éducation, la recherche, la santé, les transports, le développement durable, l’industrie, les services, l’entreprise, tout. Il s’agit d’une approche créative, collaborative, itérative – celle des designers au sens où crée un Philippe Starck, par exemple –, mais appliquée à la conception de produits, à l’éla- boration de services. C’est une démarche d’innovation. Mais comme toutes les entreprises, pour exister, recherchent l’innovation, le Design Thinking prend tout son sens: une démarche de valeur.
La résolution
des problèmes centrée
sur l’humain
Souvenons-nous des «cercles de qualité » de la décennie 1960-1970. C’était un peu l’ébauche de ce concept ancien (il a été formulé il y a plus de 50 ans !). Ses principes : • L’humain (qu’il soit utilisateur, collaborateur ou client) est placé au centre des préoccupations.
• Les usages des produits sont re- pensés en fonction d’une cible.
• Les interactions de qualité dans l’équipe induisent de meilleures relations entre l’entreprise et le client.
• Impliquer tous les acteurs du pro- jet valorise chacune des compé- tences et améliore la productivité dans l’entreprise.
• L’aspect pluridisciplinaire évite l’écueil de la conception « par un expert, pour un expert».
26 | mai 2019 ecoreseau.fr
• La prise en compte de la réalité du marché et les tests rendent les inno- vations pertinentes
(d’après Usabilis, conseil UX).
Une image : l’ordinateur Macin- tosh, depuis son apparition en 1984, sous la vision design thinking d’un Steve Jobs, s’est mis à penser l’informatique pour le grand public quand les IBM de l’époque, avec leur écran noir et leurs carac- tères verts, ne comblaient que les geeks et les informaticiens.
Tim Brown, le patron du conseil Ideo, l’un des théoriciens du De- sign Thinking, le dit autrement : « Il s’agit de penser des systèmes. C’est un processus large et collaboratif, avec tous les acteurs, plusieurs mé- tiers. Une méthode d’innovation orientée sur la résolution des pro- blèmes et centrée sur l’humain. » Ça s’éclaircit ? Pas tout à fait ? Alors allons-y de quelques définitions croisées.
Il faut échouer tôt
pour réussir plus vite
La plus simple : le DT, c’est un pro- cessus de conception centré sur les besoins des utilisateurs. Ou : une co-création interdisciplinaire pour générer les idées, l’expérimentation en feedback, les ajustements. À la fois une méthodologie, un proces-
Le Design Thinking, une méthode d’innovation orientée sur la résolution des problèmes et centrée sur l’humain (Tim Brown)
de solutions (prototypes), test (et droit à l’erreur). Se tromper et en tirer des leçons est l’essence même de la démarche. Tim Brown a lan- cé un slogan qui fait florès chez les designers : « Il faut échouer tôt pour réussir plus vite. » « Le but, dit-il, est de produire quelque chose via une première étape, puis l’utiliser pour continuer à apprendre, conti- nuer à interroger et continuer à tester. Quand les concepteurs cen- trés sur l’humain parviennent à une réponse pertinente, c’est parce qu’ils se sont trompés en premier. » Johanna Lapray, de French Bu- reau,leditàsafaçon:«LeDT,c’est rêver à mieux, même quand tout semble révolu. » Résumons : le DT
   sus, un état d’esprit, « inspirés de la pensée et de la boîte à outils des designers ». Concevoir l’expérience que vit l’utilisateur, passer d’une logique d’innovation du produit ou du service à la prise en compte de l’expérience de l’utilisateur. Et à partir de ce vécu, en tirer des produits/services. Les adeptes du DT partagent un vocabulaire. Ils/ elles parlent de désirabilité – usage
– liée à la faisabilité – technique – avant la viabilité – la traduction dans l’économie réelle, le business. Autrement dit, des produits et services « désirables, viables, réa- lisables ». Une autre façon de l’ex- primer passe par des mots clés : empathie (emphatize, se mettre à la place de), définition (define), analyse des problématiques, idéa- tion (ideate), recherche de solu- tions, prototypage : mise en place
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[ crée la force
axées sur l’expérience client. Bien sûr, ça «coince»: le DT est en tout point contraire aux vieux réflexes de la vieille Europe. Il s’axe sur l’er- reur, contrairement à nos modèles traditionnels, il éclate les « silos », il tourne le dos à la vieille démarche d’atteinte d’objectifs sans prise de risque, il parle un langage d’in- novation ni linéaire ni séquentiel, il implique une perspective artis- tique, voire esthétique que méprise le business... Au surplus, cette démarche « révolutionnaire » ne produira ses fruits que si elle s’in- dustrialise (le propre du design au sens starckien) au nom de l’agilité. Un produit ou un service « génial » ne s’imposera pas s’il ne résout pas une problématique humaine. Mais timidité ou pas, réticences ou non, en France, le 10 avril, un parterre de « designers », dans tous les sec- teurs d’activité, nous ont donné la preuve que le DT à l’œuvre signait des réussites palpables.
Design Thinking,
de l’empathie à la solution L’initiative en revient au Prin- temps de l’optimisme emmené par notre ami et partenaire Thierry Saussez, accueilli chez EY à La
Défense. Ce jour-là, c’est un géant international de l’audit qui ex- plique à un public de plus de 250 passionnés, par la voix de son CEO France, Jean-Pierre Letartre, qu’il a créé des structures pour « favo- riser la co-création, la stimulation de l’intelligence collective, avec l’arrivée de nouveaux profils de data scientists, service designers, UX – expérience client –, coachs agiles... » Un docteur en psycho- logie cognitive de l’université Car- negie Mellon, journaliste et ingé- nieur en intelligence artificielle, le Français Émile Servan-Schreiber, va apporter aux débats une caution active inattendue, fort de son livre, Supercollectif, la nouvelle puissance de nos intelligences (Fayard). Non pas un manuel de Design Thinking, mais la démonstration que l’in- telligence des foules « apporte des réponses surprenantes et stimu- lantes ». Or une équipe attelée à l’innovation au nom des règles du DT constitue bel et bien un « col- lectif », souvent « super » !
À l’image des initiatives des témoins venus s›exprimer ce jour- là : Michel Derdevet, secrétaire général d’Enedis, la structure fi-
grand angle
entreprendre & innover
   appréhende de façon novatrice l’innovation elle-même. Il associe en équipe ingénieurs, marketeurs, créatifs qui vont en passer par les étapes évoquées plus haut pour aboutir à un MVP (Minimum Viable Product), première mise sur le marché.
En émergence en France
Bonne nouvelle, le Design Thinking s’apprend. Par des livres de réfé- rence, via la d.School de Stanford présente en France au sein de l’École des Ponts, Strate, école de design de Sèvres, le programme Idea d’EMLyon Business School/ Centrale Lyon, l’I-Lab de Toulon ou grâce au Mooc, Devenir entre-
preneur de l’innovation par le De- sign Thinking (EMLyon), comme à l’aide des outils d’e-learning en ligne. Aux États-Unis, Google, Facebook, Amazon, Airbnb, Apple ou Dyson en ont fait leur moteur d’innovation. Côté France, les tentes Quechua, la borne de vente de billets RATP Attoma sont de purs produits du DT. Mais alors que la méthodologie connaît outre-Atlantique sa phase de re- mise en cause et ses limites – en raison des échecs suscités par toute une série de dérives et parce qu’on y détecte du buzzword... –, nous en sommes en France à la phase découverte, sous la pression du nu- mérique et des start-up, par essence
ecoreseau.fr mai 2019
| 27
]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
grand angle
Le 10 avril, à Paris, un parterre de « designers », dans tous les secteurs d’activité, nous ont donné la preuve que le DT à l’œuvre signait
des réussites palpables
Jean-Daniel Muller, jeune co-fon- dateur de Siel Bleu, une associa- tion devenue le moteur d’une en- treprise de 700 salariés, sillonne les Ehpad, plébiscité par une foule de résidents auquel Siel Bleu apporte mouvements et activités après avoir prototypé la mobilité et les
autour de Saint-Étienne, qui va montrer qu’une grande ville, ses industriels et ses partenaires se sont mis en France à l’heure du Design Thinking. Le président de la Métropole et maire de Saint- Étienne, Gaël Perdriau, révèle que cette métropole autrefois minière, textile, s’est réinventée autour du design en créant une Cité du même nom sur l’emplacement de la my- thique manufacture d’armes (lire encadré)! La municipalité prêche auprès des entreprises locales, ex- pose avec une Biennale interna- tionale, incube, réinvente auprès des citoyens. Traduction : cinq entrepreneur/es ont montré du DT en action en France. Élisabeth Ducottet, présidente de Thuasne (spécialiste des orthèses conçues à partir de l’expérience utilisateur). Fabrice Romano, entrepreneur multiple, fondateur de Keranova et ses robots chirurgiens de l’œil. Guillaume Pasquier, président de Clextral, spécialiste de la trans- formation des céréales et des pro- téines végétales, a bâti son avenir en intégrant le DT dans sa pro- jection. Anne Elviro, fondatrice d’Innov’Sens, « accompagne des dirigeants et des managers amenés en permanence à prévoir l’impré- visible, contrôler l’incontrôlable et faire plus avec moins, à se sen- tir libérés et à gagner du temps et de l’énergie ». Florence Mathieu, auteure de Le Design Thinking par la pratique (Eyrolles), ensei- gnante à la d.school de Paris (École des Ponts) et fondatrice d’Aïna, «ajoute de la vie aux années» des seniors. Quant à Muriel Garcia, présidente d’Innov’Acteurs, elle « remet de l’humain » entre autres « au sein du groupe La Poste ».
Ces manières de (re)penser à la façon des designers pourrait infu- ser toute la nation France. Pour le meilleur. OLiViER maGNaN
     Printemps de l’optimisme, 10 avril : Design Thinking, de l’empathie aux solutions. De g. à d., Jean-Daniel Muller (Siel Bleu), Gaël Perdriau, maire de Saint- Étienne, Émile Servan-Schreiber, chercheur, Olivier Magnan, rédacteur en chef d’EcoRéseau Business.
 liale d’EDF qui a succédé à ERDF, gestionnaire du réseau d’électri- cité. On ne le savait pas, on ne le devinait pas, l’entreprise aux 38 000 salariés intègre le Design Thinking depuis plusieurs années
en lien avec des partenaires ex- ternes : laboratoires universitaires, start-up, EDF R&D... Catherine Ronge, patronne de weave.air one point, conseil en Design Thinking, fait partie de ces nouveaux instil- lateurs du DT dans les entreprises.
appareils en les designant avec les intervenants et les intéressés.
Saint-Étienne,
capitale du DT
Ce matin-là, c’est même toute une région, Auvergne-Rhône-Alpes,
 Thierry mandon, directeur général de la Cité du Design depuis un an
“Saint-Étienne est le creuset du Design Thinking”
Ses trois bâtiments sur 16 000 m2, comme un symbole, recouvrent l’ancienne manufacture d’armes depuis 2009 : la Cité du Design flambant neuve au cœur de Saint- Étienne, cette ancienne ville de la métallurgie et du textile reconvertie, métropole de la région Auvergne- Rhône-Alpes et préfecture de la Loire, est devenue le moteur d’une cité acquise au Design Thinking, forte de sa Biennale du Design, institution stéphanoise depuis plus de vingt ans. Cité que son directeur général en place depuis août 2018, Thierry Mandon, entend bien faire rayonner largement au-delà des monts du Forez.
Le jeune sexagénaire, ancien secrétaire d’État d’un gouvernement Valls I qui s’attaquait alors à
la Réforme de l’État et à la Simplification, est resté un
« politique ». Comment croyez-
vous que s’y prit l’ancien maire
de Ris-Orangis qu’il fut, sinon en
28 | mai 2019 ecoreseau.fr
appliquant « les méthodes du Design Thinking dans les services publics, en déconstruisant les politiques et en reconstruisant les processus administratifs » ? Pensée Design encore pour cet ex-président fondateur du Génopole du plateau de Saclay.
Aujourd’hui, ce directeur général
en quelque sorte « idéal » pour Gaël Perdriau, président de la Métropole et maire de Saint-Étienne – le républicain et le socialiste – s’est
fixé trois objectifs : parachever et développer le pôle d’enseignement post-bac qu’est la Cité du Design,
au plan national, mener des
missions d’accompagnement des collectivités publiques en leur montrant comment instiller en leur sein une démarche design thinking, puis diffuser. Thierry Mandon sait que la méthodologie dont il fut l’un des pionniers en France ne s’imposera qu’en répandant, banalisant, ce qu’il nomme « le design », notamment par
la sacro-sainte Biennale du même nom. Côté « enseignement », il pense « recherche », double master, en partenariat avec les grands pays qui irriguent le design. Il veut filialiser l’action d’accompagnement des entreprises en les impliquant dans le développement commercial fondé sur le DT. Et ni plus ni moins qu’initier les scolaires au design
en créant des « miniVillette »
du modèle parisien sous forme d’ateliers.
Intéressant : cette fois, le cœur battant de cette révolution industrielle qu’est le Design Thinking ne sera pas parisien. Même si Thierry Mandon va ouvrir une antenne de formation de la Cité à... Paris.
 © PierreGrasset
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[                                   Team building
à 27,5 °C Hôtel Barrière Le Majestic Cannes#####
à partir de 190€**
Renseignements et demande de devis au 0 970 818 478 (appel non surtaxé) ou sur www.meetings-barriere.com
*
                       * Travaux de groupe / 27,5°C team building.
**Forfait résidentiel nuit et petit-déjeuner en chambre individuelle 2 pauses café thématiques, déjeuner et dîner, 1 salle de réunion plénière équipée à partir de 190€. Tarif HT «à partir de», donné à titre d’exemple pour Le Gray D’Albion**** Cannes, par personne, selon conditions de vente et dans la limite des chambres réservées à cette offre, et susceptible d’être modifié. Le déjeuner et le dîner sont proposés en buffet, en finger buffet ou à l’assiette, boissons comprises. Le déjeuner peut également être servi en lunch box ou en menu express. L’accès Internet haut débit en salle de réunion et en chambre est inclus dans le forfait résidentiel. Groupe Barrière SAS au capital de 1 215 144,68 €. RCS Paris : 320 050 859 - © F. Rambert.
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
RGPD, 1 an : bilan mitigé
Il est exécutoire depuis le 25 mai 2018. Le Règlement général sur la protection des données (RGPD) renforce les droits des citoyens et alourdit les obligations des entreprises. Bilan pour son premier anniversaire : « Peut mieux faire »...
Les sites demandent d’accepter tout, ou accepter au cas par cas. La ruse est grossière. Rassurons-nous, ce tour de passe-passe
ne saurait constituer une réelle conformité.
La mise en conformité ne s’arrête pas au site. Loin de là! Elle doit se penser «globale» et concerne tous les métiers de l’en- treprise (du marketing aux RH en passant par le commercial) et les sous-traitants. Ce règlement de 99 articles a été rédigé afin de limiter les informations per- sonnelles recueillies à l’insu des individus ou sans réelle justifica- tion par toutes les entreprises. Le contrat n’est pas tenu.
La mise en conformité implique de renforcer
sa sécurité
Pour rappel, une donnée per- sonnelle se définit comme toute information par laquelle il devient possible d’identifier directement ou indirectement
société
 L’effet RGPD se fait sen- tir. Une forte majorité (66 %) de Français/es se disent plus sensibles
qu’avant à la protection des données, à force qu’on leur ré- pète que leurs données valent de l’or et que les scandales ancrent l’idée qu’on les détourne (son- dage Ifop réalisé en octobre 2018 pour la Cnil). Lorsqu’elle a établi un premier bilan six mois après l’entrée en vigueur de ce règlement européen, l’ins- tance Informatique et liberté avait reçu... 6 000 plaintes. Pas vraiment énorme. Un prochain point sera sous peu dévoilé à
l’occasion de ce premier anni- versaire du RGPD.
Logiquement, peu d’entre- prises devraient prétendre être en conformité à 100 %. Com- plexe à comprendre, riche d’adaptations particulières, ce règlement exige bel et bien une profonde évolution des menta- lités à travers tous les services d’une entreprise.
Raison pour laquelle beau- coup de sociétés ont entamé leur mise en conformité par la révi- sion de leur site. C’est le plus vi- sible, c’est le plus critique. Sage précaution ! La Cnil est alors en mesure de vérifier (de façon
anonyme) la conformité de cette « vitrine ». Or, selon le récent Baromètre RGPD de Converteo (cabinet de conseil numérique et data) qui s’appuie sur une analyse de 100 sites (réseaux sociaux, e-commerce, retails, institutionnels...), le bilan se montre mitigé.
Le consentement doit être explicite et éclairé... Côté positif, une meilleure in- formation des utilisateurs sur l’exercice de leurs droits. Une forte majorité des sites étudiés (88 %) indiquent le contact du DPO (Data Protection Officer ou Délégué à la protection des données). 86 % affichent aussi le fameux bandeau un rien irritant lors de la première connexion qui propose d’accepter ou non leurs cookiesp : accepter tout, ou accepter au cas par cas. La ruse est grossière. La plupart d’entre nous préfèrent tout ac- cepter avec un petit regret, mais pas de temps à perdre à explo- rer les données autorisées et les autres. Rassurons-nous, ce tour de passe-passe ne saurait constituer une réelle conformi- té : c’est à l’internaute d’accepter ou non chacun des cookies et non de façon globale ! Mais pour l’heure...
Au négatif, le faible pourcen- tage de sites (18 %) qui disposent justement d’un cookie center via lequel les internautes gèrent eux-mêmes les cookies. Le prin- cipal point noir reste le consen- tement. Le baromètre indique qu’un tiers seulement des sites demandent le consentement à des fins de prospection commer- ciale. Il y a progrès: en 2017, ils
une personne physique (salarié, client, prospect) : nom, numé- ro de téléphone, n° de Sécurité sociale, adresse IP... En outre, le RGPD prend en compte le traitement. Il s’agit d’une opéra- tion (ou ensemble d’opérations) portant sur des données person- nelles, quel que soit le procédé utilisé (collecte, enregistrement, conservation, adaptation, mo- dification, extraction, consulta- tion, utilisation, etc.).
Du coup, qu’est-ce que la confor- mité ? Le RGPD oblige les entre- prises à prendre des « mesures techniques et organisationnelles appropriées». Il consacre une logique de responsabilisation de tous les acteurs impliqués dans le traitement des données per- sonnelles. Ce qui concerne donc les prestataires.
Les entreprises ne doivent pas négliger ce point. L’article 28-1 du RGPD précise que lorsqu’un « traitement doit être effectué pour le compte d’un responsable du traitement, celui-ci fait uni- quement appel à des sous-trai- tants qui présentent des garan- ties suffisantes quant à la mise en œuvre de mesures techniques et organisationnelles appropriées de manière que le traitement ré- ponde aux exigences du présent règlement et garantisse la pro- tection des droits de la personne concernée ». Débrouille-toi avec ça ! Les entreprises doivent ab- solument revoir les contrats de leurs sous-traitants afin d’ajou- ter des clauses spécifiques aux RGPD. Or, les prestataires à même de traiter des données à caractère personnel sont nom- breux : logiciels RH et CRM, hé- bergeurs de données, emailing, cloud...
Une énumération non exhaus- tive qui montre à quel point le RGPD d’un an n’est que le début d’un vaste chantier. C’est la rai- son pour laquelle les entreprises nomment un DPO en interne ou externalisent cette presta- tion. Même si elle n’est obliga- toire que dans certains cas, cette nomination instaure un chef d’orchestre capable de mener à bien ce programme en profon- deur et de limiter les risques de sanctions administratives et pé- nales... à venir. PHiLiPPE RiCHaRD
pCookie : fichier de faible poids enregis- tré sur le disque dur, le plus souvent à l’insu de l’internaute, lors de la consul- tation de certains sites. Il conserve des informations en vue d’une connexion ultérieure. Les Québécois parlent de «témoin».
n’étaient que 16 % à der...
le deman-
    30 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[ Suède : des licornes très inspirantes
Les licornes se multiplient en Europe, plus précisément en Suède. Mais quelle est la recette de ce succès suédois qui veuille que ces troupeaux de start-up valorisées à plus d’un milliard de dollars aient trouvé refuge au nord de l’Europe ? Comment s’en inspirer ? Réponses.
qui pousse les entrepreneurs à se tourner vers l’étranger ». On l’aura compris, dans ce royaume scandinave peu peuplé et large- ment anglophone – où la maî- trise de l’anglais fait date –, rien d’étonnant à ce que les entrepre- neurs pensent dès le départ tout projet de jeune pousse dans sa dimension internationale. « Et aussi bien lors de la concep- tion des produits que dans le recrutement des équipes ou
sés au-delà du cap de l’interna- tional et ceux qui sont encore massivement restés au bercail. « Une culture du partage et de l’entraide qui caractérise lar- gement la sociale-démocratie suédoise et ainsi son écosystème d’innovation, en particulier à Stockholm, où les entrepreneurs – essentiellement concentrés sur deux des quatorze îles de la ville – collaborent tous ensemble », analyse le chef d’entreprise. Une
Skype, Spotify ou bien King, l’éditeur du fameux jeu vidéo Candy Crush... Ces licornes mondia-
lement connues partagent un point et pas des moindres: elles sont toutes nées en Suède! Une heureuse coïncidence ? Certaine- ment pas, à en croire le rapport TitansofTech2017delabanque GP Bullhound. Il comptabilisait 57 licornes en Europe, dont 7 pour l’unique Suède. Soit autant qu’un grand pays comme l’Alle- magne... Et deux fois plus qu’en France, pourtant bien plus peu- plée! «Un résultat record qui, rapporté au nombre d’habitants, environ 10 millions, fait de ce ‘‘petit’’ pays, le deuxième terri- toire au monde le plus créateur de start-up, et singulièrement de licornes, après la Silicon Valley », s’étonne Justine Vautrin, project manager chez Business France, au sein du bureau suédois. Un succès qui ne se limite pas aux seules licornes, selon elle: «En matière d’introductions en Bourse, une centaine de sociétés suédoises ont été enregistrées en 2017, pour moins de 120 sorties. Des résultats au-delà de ceux de l’Allemagne, du Royaume-Uni ou de la France, qui a affiché une quinzaine d’introductions pour moins de 50 exits. »
Une population ultra-connectée
Alors quid des leviers d’une telle performance suédoise? Pour Erwan Derlyn, entrepreneur français installé à Stockholm, en première ligne dans le déve- loppement du nouveau réseau French Tech Nordics, «cette réussite suédoise dans les fin- techs, cleantechs et autres techs repose sur la combinaison de plusieurs facteurs, culturels, po- litiques et socio-économiques propres à ce pays scandinave ». Tout commence par un accès facilité aux outils numériques et à Internet, fruit d’une politique volontariste menée par les au- torités depuis plusieurs décen-
nies. «Comme des réductions d’impôts accordées dès les an- nées 1990 pour aider les foyers suédois à acquérir leur premier ordinateur personnel. Dès lors, le pays investit massivement dans le déploiement d’un réseau de fibre optique. Résultat : le taux d’utilisation d’Internet – le troisième plus élevé d’Europe – avoisine 95 %, contre 85 % en France ! », détaille Erwan Derlyn. À l’avant-garde des usages numé- riques, l’ultra-connectée popu- lation suédoise jouit également d’un très bon système éducatif « proche de la méthode Montes- sori, où on inculque surtout à penser par soi-même, à dévelop- per son autonomie et à acquérir le sens des responsabilités en ap- prenant de ses erreurs, constate Justine Vautrin, de quoi grande- ment inciter à l’indépendance, à la prise de risque ».
société
entreprendre & innover
 Les réductions d’impôts accordées dès les années 1990 pour aider les foyers suédois à acquérir leur premier ordinateur personnel ont abouti au déploiementmassifd’unréseaudefibreoptique.
configuration pourtant « loin de primer en France, ne serait-ce qu’à Paris, marché bien plus grand et éclaté, où la rétention d’informations est souvent de rigueur,mêmedelapartdeceux qui ont fait leurs preuves ». Alors comment aider la France à s’ins- pirer des recettes du succès sué- dois? «La création du nouveau réseau French Tech Nordics, déployé avec l’appui de Business France, vise justement à créer un pont entre nos deux écosys- tèmes », répond l’ambassadeur de la réussite de ses compa- triotes. Une ambition partagée par Justine Vautrin qui rappelle « l’organisation de French Tech Days à Stockholm ou encore la signature de partenariats stra- tégiques et technologiques entre les deux pays ». Comme celui sur l’innovation et les solutions vertes, conclu fin 2017 à Göte- borg par le Premier ministre Löfven et le Président Macron. Des occasions idéales pour bâtir de telles passerelles...
CHaRLES COHEN
ecoreseau.fr mai 2019 | 31
    Miser sur l’international
Autant d’éléments qui suffisent à expliquer le succès de la tech suédoise ? « Pas uniquement », analyse Erwan Derlyn, pour qui « l’internationalisation réussie de nombre de start-up locales s’explique aussi par la taille très restreinte du marché suédois
Unicorn à plus d’1 milliard de dollars de valorisation
Licorne : l’expression fut forgée par Aileen Lee en 2013, spécialiste américaine du capital-risque. Elle a démontré à l’époque que moins de 0,1 % des entreprises dans lesquelles investissaient les fonds de capital-risque atteignaient des valorisations supérieures à 1 milliard de dollars.
la recherche
précise Erwan Derlyn, qui conseille aux start-uppers fran- çais de « jouer très vite la carte de l’international, à l’image des licornes suédoises ». Car si l’éco- système d’innovation français s’avère toujours plus dynamique, French Tech oblige, « les inves- tissements portent encore trop sur les seules levées de fonds. Or, au-delà de l’early stage, reste à accompagner les jeunes pousses vers le stade de scale-up ».
Partage
de bonnes pratiques
Un accompagnement qui sup- pose un réel échange de bonnes pratiques entre start-uppers pas-
d’investisseurs »,
]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
Notre-Dame de demain
Le projet final sera largement
encore d’ici à cinq années ». Vo- lonté exprimée dès le lendemain de l’incendie en lieu et place des mesures issues du « grand dé- bat » en cette période de gronde des gilets jaunes, repoussées au 25 avril. L’opportunité et l’intérêt politiques sont clairs, la récupéra- tion, pour certains, est manifeste. Emmanuel Macron se pose-t-il en « sauveur » de Notre-Dame en fixant une reconstruction achevée avec les JO de Paris 2024 ? Une façon de faire écho à l’émotion populaire, tout en s’accordant une trêve politique sur les dossiers chauds.
Si sa volonté est claire, elle ne se heurte pas moins aux analyses ex- pertes. Pour quelques architectes, le cap des cinq ans est concevable. Mais pour la plupart, il est dé- raisonnable. Le Groupement des entreprises de restauration des monuments historiques (GMH), qui compte dans ses rangs l’une des entreprises qui géraient les ré- novations de l’édifice, évoque un temps long de dix à quinze ans.
Conformité vs modernité La logistique de la reconstruction s’organise, sous l’égide du mi- nistère de la Culture. Une fois le diagnostic des dégâts établi et la stabilisation du bâtiment assurée, la reconstruction concrète devrait pouvoir débuter en 2021. Soit trois
plorent cette dérogation au Code du patrimoine : « Nous sommes en train de tailler une loi sur me- sure pour Notre-Dame. Pourquoi court-circuiter toutes les procé- dures existantes, pourquoi faire des lois si ensuite on fait des lois d’exceptions ? » (propos tenus sur l’antenne de France Inter le 24 avril). Sortir du carcan d’une re- construction à l’identique laisse au gouvernement l’option de ne pas rebâtir entièrement. Argu- ment : après tout, avant le xixe, Notre-Dame n’avait pas de flèche ! Un scénario qui n’obéit pas à un souci d’économie : l’argent, une fois n’est pas coutume, ne manque pas ! Alors que l’estimation des coûts de la réédification et des travaux entrepris avant l’incen- die varie entre 300 et 600 mil- lions d’euros (la fourchette reste large, l’étendue des dégâts n’est pas encore connue avec certi- tude), les promesses de dons ont aujourd’hui dépassé le milliard, promesses des géants du luxe et dons de particuliers du monde entier additionnés.
L’appel d’offres devrait facili- ter, selon le Premier ministre, la question de savoir si une nouvelle flèche sera ou non inscrite dans le projet. D’emblée, les architectes du monde entier se bousculent pour décrocher le graal au pied du parvis sacré, quitte à ressusciter
tributaire de l’étonnant délai
présidentiel...
À peine l’incendie de Notre-Dame de Paris était-il neutralisé dans la matinée du mardi 16 avril que sa reconstruction/réparation/réfection était déjà dans tous les esprits. Aucun doute, la cathédrale sera rebâtie. Reste à déterminer comment et dans quels délais. Les avis et les estimations, déjà, s’entrechoquent.
l’œil décalé
  Lundi 15 avril 2019. Dès 18 heures 50, la cathé- drale Notre-Dame de Pa- ris, monument français
le plus visité et symbole national, est la proie des flammes. La vieille charpente de chêne, dénommée « la forêt » parce qu’elle a mobilisé le bois de vingt hectares, assem- blée entre 1220 et 1240, n’a pas résisté. Avec elle, une partie de la voute et la flèche, imaginée par Viollet-le-Duc au xixe siècle, s’ef- fondrent sous le regard consterné des Parisiens. Puis très vite, sous l’œil du monde entier. Le drame paraît irréel, le choc, planétaire.
Comment ce monument em- blématique, magnifié par le chef d’œuvre éponyme de Victor Hugo (1831) et qui accueille chaque an- née quatorze millions de visiteurs, a-t-il pu subir pareille fatalité ?
Selon l’avis de plusieurs spécia- listes et l’enquête en cours, la thèse criminelle reste peu envisageable. Le parquet a retenu les chefs de « destruction involontaire par in- cendie », tandis que l’hypothèse
32 | mai 2019 ecoreseau.fr
d’un feu couvant et d’une série d’erreurs humaines et de failles de sécurité qui auraient retardé l’in- tervention des pompiers gagne en crédibilité.
Des délais incertains
Première grande question : en combien de temps Notre-Dame de Paris pourra-t-elle retrouver son état antérieur, si cette option est retenue ? Entre l’amoncellement de débris et de pierres à déplacer, la sécurisation du reste de l’édifice, la reconstruction de la voûte et de la charpente, le chan- tier est considérable. Et considé- rablement gonflé par l’égrégore d’émoi qui va l’alimenter pendant des années.
Mais combien ? Si l’on s’en tient à la volonté d’un président Macron qui prend l’allure d’une injonction – et gare à lui si le délai n’est pas tenu, d’autant plus qu’il pourrait alors à nouveau présider aux affaires de la France et donc répondre de retards ! – la cathé- drale sera rebâtie « plus belle
« Nous rebâtirons la cathédrale plus belle encore et je veux que cela soit achevé d’ici à cinq années. » Emmanuel Macron, président de la République
  ans pour tenir l’engagement prési- dentiel. Gageure ?
Le gouvernement a lancé un ap- pel d’offres : il prend la forme d’un concours d’architecture pour re- constituer la toiture et la fameuse flèche, emblème d’une rénovation du xixe siècle. Concours ouvert. Or nombre d’experts déplorent la non-limitation de ce concours aux seuls architectes du patri- moine, spécialisés en restauration de monuments historiques. Autre disposition sujette à polémique : un projet de loi d’exception vise à s’affranchir des procédures en vigueur en matière de monu- ments historiques, présenté en conseil des ministres le 24 avril. Alexandre Gady, historien de l’ar- chitecture et président du Centre André-Chastel – laboratoire de recherche en histoire de l’art –, fait partie des « puristes » qui dé-
la polémique mitterrandienne du choix du Chinois Ieoh Ming Pei pour la pyramide du Louvre ou celui du Danois Johann Otto von Spreckelsen pour l’Arche de l’hu- manité.
Parmi les projets novateurs, on se déchaîne déjà autour de ce- lui du cabinet d’architecture Godart+Roussel : une toiture et une flèche de verre, d’acier et de cuivre, aux antipodes de la pierre et du chêne traditionnels. Selon l’ébauche, la toiture serait ac- cessible au public et un plancher vitré s’ouvrirait sur l’intérieur de la cathédrale à la croisée du tran- sept, à l’endroit de la feue flèche de Viollet-le-Duc. Un projet aussi fou que contemporain, entre rêve et réalisable.
Notre-Dame de demain pourrait bien réinterpréter l’hier.
aDam BELGHiTi aLaOUi
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[ réseaux & influence
entreprendre & innover
mais, pour pérenniser, il faut du mentorat. » D’où l’idée d’une or- ganisation ad hoc, un accompa- gnement post-création.
Dix ans plus tard, les résultats sont là : 1 300 jeunes entrepreneurs sont passés par le Moovjee, cer- tains ont depuis dépassé le million de CA et les 50 salariés... Contrai- rement à ce que l’on pourrait pen- ser, la tech n’est pas le seul secteur représenté. En s’intégrant au Ré- seau M – service de mentorat pour entrepreneurs de la Fondation de l’entrepreneurship, né au Québec en 2005 – et devenu son antenne française, le Moovjee a pris une dimension internationale. Il est ré- gulièrement sollicité pour aider à construire des organisations équi- valentes dans des pays étrangers
sont des entrepreneurs encore en activité pour beaucoup – de quoi éviter de possibles concurrences. « C’est un partage d’expérience, pas seulement une transmission, souligne Dominique Restino. Les mentors ne sont pas là pour ap- porter les réponses, plutôt pour que les bonnes questions soient posées : c’est une question de sa- voir-être. » Un pôle expert métier est là, pour répondre aux ques- tions (notamment techniques). Et depuis dix ans, le système a eu le temps de prouver son bien-fondé. Par exemple, un nombre croissant des mentorés du Moovjee sont « envoyés » à l’Institut du men- torat d’entreprise (IME), et bon nombre de mentorés de l’IME deviennent à leur tour des men-
 Moovjee, mentorat et couvaison
Créer n’est pas trop dur, mais pour pérenniser... il faut du mentorat.
  Jeune entrepreneur deviendra grand
(une branche tunisienne vient de voir le jour).
Mentor et à raison
Et au cœur du système, le men- torat. Les demandes (la constitu- tion même du dossier peut faire l’objet d’un accompagnement) sont examinées par un comité d’admission constitué de men- tors, de mentorés et de parte- naires. Il dure un an, deux selon les cas. Les mentorés et mentors se choisissent mutuellement – c’est une relation avant tout basée sur des questions de personna- lités. Par essence, un mentorat est personnalisé, il sera différent selon l’âge, le type de projet... Les mentors sont bénévoles, ne prennent aucune responsabilité dans l’entreprise qu’ils chape- ronnent. Et ils ne viennent pas du même secteur, car les mentors
Grand Prix édition 2019 : start-up originales
tors pour le Moovjee – un cercle vertueux d’accompagnement, en quelque sorte.
Montrer l’exemple
Mais l’action du Moovjee ne s’ar- rête pas là. Deuxième axe impor- tant de sa stratégie : promouvoir par l’exemple. Être un jeune en- trepreneur aujourd’hui ne soulève pas le même défi qu’il y a dix ans: c’est beaucoup plus accepté, aussi bien par la société que par les pa- rents. Au prix de discussions mul- tiples et de mises en avant. L’une des plus connues est le grand prix du jeune entrepreneur, devenu un vrai rendez-vous (lire encadré). Les finalistes du prix Moovjee sont d’office enrôlés dans le pro- gramme de mentorat – le coup de pouce fait partie de la récom- pense.
Le troisième axe majeur d’ac- tion passe par la constitution d’un écosystème – baptisé Moovjee family. Une « famille » qui ras- semble tout ce beau monde, par- tenaires, mentors, mentorés... Ce qui passe notamment par une plé- thore d’activités : des apéros entre entrepreneurs, des conférences (pour assister ou participer), des salons... Le réseau ne fait que croître. Dans le cadre du Réseau M, le Moovjee accompagne des structures locales dans la mise en place de programmes dédiés et se rapproche d’autres acteurs pour créer des programmes centrés sur des secteurs d’activités parti- culiers, comme le BTP. La famille s’agrandit. JEaN-maRiE BENOiST
Moovjee accompagne les jeunes entrepreneurs depuis dix ans dans le développement de leur entreprise, avec, au cœur de son système, le mentorat, accompagné d’une bonne dose de promotion par l’exemple et de constitution de réseau. Une recette gagnante.
Dominique Restino a dé- couvert le mentorat en- trepreneurial au Qué- bec, en 2005. « Nous
avions beaucoup d’aides pour la création d’entreprises, mais rien n’existait pour les aider à se déve- lopper », se souvient-il. Conquis par cette nouvelle forme d’ac- compagnement, il crée en France l’Institut du mentorat entrepre- neurial, au sein de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris, focalisé sur les entreprises déjà existantes à fort potentiel de crois- sance. Et en 2009, en pleine crise, il crée le Moovjee avec Bénédicte Sanson, en deux jours. Restino : « Nous avions trois convictions : que notre première ressource na- turelle était la jeune génération, qu’il faut une jeunesse qui bâtisse pour l’avenir et que créer ou re- prendre son entreprise à la fin de ses études – quel que soit le degré finalatteint,duCAPàbac+5– est un vrai choix de vie. Mais cette jeunesse avait besoin d’accompa- gnement. Créer n’est pas trop dur,
Le grand prix du jeune entrepreneur Moovjee en fait rêver plus d’un. À la clé, 150 000 euros et un mentorat assuré. Sa dixième édition s’est tenue le 16 avril pour distinguer Wing, une plate-forme en Saas. Le dispositif aide les entreprises
à se décharger de leur logistique. Le coup de cœur revient
à Smartrenting, un service de sous-location destiné notamment
aux personnes en mobilité. Le prix Pilote est décerné à La Fève Dorée, une chocolaterie en Seine-Saint-Denis. Un prix spécial a salué Gudule, outil de prises de rendez-vous à domicile adapté aux patients, aux professionnels et aux structures hospitalières.
ecoreseau.fr mai 2019 | 33
]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en immersion
 Française des jeux
Deux millions d’euros d’investissement pour développer l’innova- tion dans les domaines
de l’e-sport plus tard, la Française des Jeux au nom délicatement su- ranné vient d’inaugurer au sein de son siège, le « D3 », un incubateur consacré à l’expérience client dans la distribution et les services. Et là, on ne joue plus...
Depuis l’arrivée du numé- rique, les habitudes et les désirs des consommateurs ont instauré une toute autre expérience client. D’abord, ces consommateurs ré- putés hybrides se déclarent en re- cherche de cohérence et de qualité. Les entreprises doivent aujourd’hui imaginer des solutions pour per- fectionner leur stratégie omni- canale. Celles de la FDJ passent par ses nouveaux locaux, à Bou- logne-Billancourt, où trône désor- mais la dernière plate-forme d’in- novation de Paris&Co (l’agence
Les nouveaux locaux flamboyants de la Française des Jeux ©FDJ
de développement économique et d’innovation de Paris et de la mé- tropole) dédiée à l’expérience client omnicanale, pour le retail et le ser- vice. Alexis Rudelle dirige son fa- meux D3 – le détroit au-dessus du- quel il entend créer des ponts pour relier start-up et grands groupes –, nouvel incubateur inauguré le 2 avril. Le « 3 » n’est pas là seulement pour le jeu de mots. Sous l’accom- pagnement des partenaires fonda- teurs que sont L’Oréal, Hammer- son, AG2R La mondiale, Matmut, Bouygues Télécom, Diam et FDJ, il couvrira les trois canaux d’expé- rience client : physique, en ligne et mobile. D’où ce management pour le moins bouillonnant décrit par Stéphane Pallez, PDG de la FDJ, lors de l’inauguration – et ne vous laissez pas tromper par ce prénom rarement féminin, c’est une haute fonctionnaire qui parle : « Pour une entreprise comme la FDJ, vouloir mettre l’innovation au cœur de sa
Miser sur l’omnicanal
La Française des Jeux lance le premier incubateur français dédié à l’expérience client omnicanale.
34 |
mai 2019 ecoreseau.fr
   ]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[ © Paris&Co
   Stéphane Pallez, Présidente-Directrice Générale du Groupe FDJ. © FDJ
« L’expérience client est le Graal absolu », Stéphane Pallez, patronne de la FDJ.
La première promotion de l’incubateur dédié à l’expérience client est composée de 16 start-up. (©Paris&Co)
Greenliv : Solution de livraison PREMIUM directement implantée dans les centres commerciaux
ou zones commerciales. Solution complète de gestion du dernier kilomètre 100% éco-responsable via une flotte de scooter électrique et une plateforme intuitive de prise de commande, de suivi géolocalisé des livraisons, et de gestion de la chaîne de froid.
Browse&go : Place de marché publicitaire
au coût par vente dédiée
au commerce physique. Connexion entre les caisses
des magasins aux espaces publicitaires à la performance.
© Paris&Co
en immersion
entreprendre & innover
      stratégie, c’est forcément travailler avec des acteurs multiples, investir dans les fonds d’investissement et se mettre dans des situations qui vous obligent à changer. » Avec plus de 30 000 points de vente en France, 25 millions de clients et 15,8 milliards de mises réalisées en 2018, « l’expérience client est le Graal absolu » aux yeux de la pa- tronne de la deuxième loterie eu- ropéenne.
16 start-up en incubateur Alcmeon, Batvoice, Browse&go, Budd-it, Deewee, Destygo, E-Cen- time, Find&Order, Greenliv, Metidia, Q Emotion, Retail-VR, Smart Hands-On, Talk4, Universal Voucher et Levia... Ne cherchez pas. Loin de noms de jeux stratos- phériques, il s’agit des 16 start-up qui évoluent dans l’univers du re- tail et des services. Elles ont toutes été sélectionnées par un jury d’ex- perts au mois de novembre pour relever le pari et répondre aux attentes des six entreprises parte- naires. Ces jeunes pousses bénéfi- cieront de 1 300 m2 de bureaux, des espaces de coworking, d’un autre
espace événementiel, d’un encore autre espace, l’Innovation Lab, et d’un auditorium de 150 places. Sans oublier le carnet d’adresses de l’agence Paris&Co et des pro- grammes d’accompagnement in- dividuels et collectifs spécialement conçus pour cette première pro- motion de start-up ! aNNa aSHKOVa
Du monopole à la concurrence
La Française des jeux, son appellation depuis 2009, est
une société d’économie mixte créée en 1976, dans le giron du Loto national. Elle assure le monopole des jeux de loterie et
de paris sportifs sous la tutelle
du ministère du Budget (l’État en détient 72 %). Mais depuis 2010, ses activités de paris en ligne sont ouvertes à la concurrence. En attendant l’ouverture annoncée aux fonds de pensions étrangers.
« Fini le temps des jeux poussés à coup de réclame... »
Pourquoi créer cet incubateur ?
C’est la convergence de deux paramètres. D’une part, le projet d’emménagement dans le nouveau bâtiment, qui incarne toute la dimension du plan stratégique de notre entreprise avec notamment la notion de transformation et d’innovation. Nous avions de l’espace dans ce site, et la direction générale a décidé d’y accueillir des start-up et de les mettre au cœur du bâtiment afin qu’elles soient en contact avec les collaborateurs. L’autre paramètre est la démarche d’open innovation qui a été mise
en place par la FDJ en 2015 et qui se développe depuis pour devenir une direction de l’innovation.
Elle noue progressivement des partenariats pour nourrir les enjeux de l’innovation du groupe.
En quoi ce projet est-il
stratégique ?
Il porte sur une thématique centrale de notre plan stratégique, l’amélioration de l’expérience client. Elle est au cœur des enjeux et des préoccupations de l’ensemble des
entreprises et des marques. Il est fini le temps où l’on
créait des produits qu’on poussait à grand coup de réclame sans prendre
en compte le parcours
client. Toutes les marques et nous voulons créer une expérience
client qui procure de l’attachement, qui soit cohérente, fluide, la plus personnalisée possible, etc. Ce projet est également stratégique parce qu’il facilite l’expérience de jeu qui est ce qu’on offre par-dessus tout à la FDJ.
Quels sont vos objectifs ?
Il en existe plusieurs. Comme tous nos partenaires d’innovation, nous voulons nourrir notre démarche en identifiant des tendances et
en améliorant l’expérience de nos clients avec l’aide des start-up. Et puis, sur fond de transformation globale, plus on va collaborer avec ces start-up, plus l’on va apprendre à travailler différemment et intégrer cette culture autre dans notre culture initiale.
aurélie Clerc
directrice innovation chez FDJ.
ecoreseau.fr mai 2019
| 35
]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[  entreprendre & innover
les trophées optimistes
    Frédérique Dorso
commandes. Son père, un homme sûr de lui, volontiers vedette, dis- paraît trop tôt: «Ma mère était plutôt une bonne gestionnaire, mais discrète, dans l’ombre de mon père. Lui disparu, nous nous sommes retrouvées toutes les deux pour piloter l’entreprise.» Quand Frédérique prend le relais, elle connaît ses atouts: «J’ai décou- vert que mon côté créatif pouvait m’apporter beaucoup. Je crois qu’il m’aide encore pour convaincre les gens et gagner leur confiance.» L’entrepreneure s’impose sur le créneau du déménagement de par- ticuliers sans négliger les services aux entreprises. Elle se taille un univers professionnel « fait de ren- contres et de découvertes». Défis? C’est un peu son carburant. Elle en consomme pour, dit-elle, faire tou- jours mieux: «Plus les situations sont complexes, plus on se creuse la tête pour trouver des solutions.» Entreprendre, c’est prendre des risques, prône l’ancienne secré- taire, à condition de faire preuve de rigueur et de sérieux. « Il faut aussi savoir écouter, il est très impor- tant d’être attentif aux remarques de son entourage et innover pour se différencier.» Mais une femme dans cet univers de gros bras? La jeune quinqua est très féminine,
J’ai découvert que mon côté créatif pouvait m’apporter beaucoup. Je crois qu’il m’aide encore pour convaincre les gens et gagner leur confiance.
 Gentlewoman du déménagement
Un an tout juste. En mai 2018, Frédérique Dorso est élue présidente du groupement Les Gentlemen du Déménagement, fort de 76 adhérents indépendants. Et elle « déménage », Frédérique. Heureusement qu’elle est entourée de gentlemen...
la styliste à jouer les Tanguy au féminin : ses père et mère l’ac- cueillent chez Miotto Transfert en tant que... secrétaire. « Mes pa- rents m’ont proposé un poste au moment où l’entreprise était en pleine expansion. Les perspectives étaient enthousiasmantes. » En 1995, l’entreprise rejoint le réseau des Gentlemen du Déménagement, groupement collaboratif que com- posent des indépendants passion- nés. « Une forme de commerce as- socié dont l’avantage se traduit par une meilleure visibilité et une plus forte entraide. » Frédérique Dorso n’a rien perdu de son tempérament d’indépendante. Au fil des années, le déménagement n’a plus de secret pour elle et son métier la séduit au point... qu’elle rachète l’entreprise familiale en 2012 !
Une cheffe d’entreprise adeptes des défis calculés C’est elle qui est désormais aux
ce qui pourrait constituer une re- marque sexiste si l’image du dé- ménageur « armoire à glace », de l’aveu même des professionnels, n’avait vécu : il existe quantité de postes intéressants sur les créneaux de la gestion ou du management. Il n’empêche que l’«effet Dorso» joue à plein: sa direction du grou- pement contribue à faire évoluer les mentalités en prouvant que les métiers du déménagement sont accessibles aux femmes, largement sous-représentées. Son plus grand rêve? Que sa fille aînée, âgée de 17 ans, reprenne un jour les rênes. « J’ai à cœur de lui transmettre cet héritage.» Et si elle voulait être sty- liste ? aRiaNE WaRLiN
Trophées
Optimistes
ÉcoRéseau
trophées-optimistes.fr
   L’univers du déménagement, elle connaît bien. Chez elle, c’est une affaire de famille. M. Miotto, son père, im-
migré italien, avait d’abord été chauffeur, puis il s’est mis à livrer du vin à son compte. L’homme comprend que son outil de travail, ce camion, s’adapte à des services variés. En 1978, il décide d’aban- donner la livraison de vin et crée avec son épouse l’entreprise Miotto Transfert. Spécialité : stockage et garde-meuble. Savoir-faire : la sé- curité des œuvres d’art. Le créneau se mérite. L’entreprise prospère. «Mon père avait eu la bonne idée de transformer d’anciennes cuves à
vins, situées aux portes de Paris, en véritables coffres-forts », explique Frédérique Dorso.
L’entreprise familiale,
pas pour elle !
Ses parents sont passionnés par leur métier. Mais la jeune fille de la famille ne montre guère d’attirance pour le déménagement. Elle préfère s’orienter vers des études d’histoire de l’art, puis vers la mode. La future déménageuse devient styliste. Alors reprendre l’entreprise familiale... « Il n’avait jamais été question que j’y travaille. J’avais vraiment envie de me démarquer. » En 1994, la crise du prêt-à-porter condamne
 36 |
mai 2019 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[                                   Tout l'univers Philips
pour vos cadeaux d'affaires et équipements propres
Une organisation complète dédiée aux actions de fidélisation et de stimulation, Loyalty & Incentive
Notre équipe spécialisée dans les programmes de fidélité et d'avantage répondra de manière efficace et réactive à vos demandes et à vos attentes pour que vous puissiez :
            → Remercier les clients fidèles
→ Récompenser les employés
→ Motiver votre réseau de distribution
→ Augmenter la participation des consommateurs
aux campagnes marketing
→ Faire décoller les ventes par le biais de prix promotionnels attractifs
→ Exprimer votre reconnaissance à un partenaire commercial clé
 Nous pouvons vous aider à réaliser tous vos projets
Direction Commerciale
Solène de Malestroit : solene.de.malestroit@philips.com
 Philips France Commercial - SAS au capital de 3 100 000 € - Siège social : 92150 Suresnes (Hauts de Seine), 33 rue de Verdun - 811 847 243 RCS Nanterre
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
les trophées optimistes
 Anthony Léger
Coach d’entrepreneures, en toute franchise
Ce formateur idéaliste ne s’est plus épanoui dans le salariat, il démissionne. Ce conseiller humainement sensible ne s’est pas retrouvé dans une franchise, il sacrifie sa licence. Finalement, ce Goentrepreneur coache des femmes qui « en ont » et trouve sa voie. Pitch.
     38 |
mai 2019 ecoreseau.fr
À42 ans, le fondateur de Goentrepreneur, titu- laire d’une licence de conseil en management
commercial, sait ce dont il ne veut plus. Découverte chèrement ac- quise puisque l’ex-franchisé d’une enseigne de conseil en gestion et pilotage d’entreprise a renoncé à ses 50000 euros de contrat de par- tenariat (variante du commerce associé) pour redevenir le patron de son entité propre. C’est l’histoire d’un jeune salarié responsable de formation au sein d’une banque d’investissement qui tient à bout de bras pendant quelques années sa mission : « Aider à réussir, que cha- cun trouve du plaisir à son poste, aider l’autre. » Mais le Samaritain de la formation, au terme de huit années à la tête d’une équipe de sept formateurs pour 1 000 colla-
borateurs et un budget à «six zé- ros », comprend qu’on lui demande une course de performance sans valeur humaine ajoutée, appliquer des décisions venues du haut. Dé- mission.
« Ma femme, photographe de femmes enceintes de talent, elle- même enceinte de notre troisième enfant, avait besoin que je l’aide à devenir entrepreneure. » Elle le devint sous le pilotage de ce mari qui venait de retrouver ses va- leurs. Puis ? « Je fouille les offres à la recherche d’une franchise qui ferait de moi ce patron tourné vers le conseil. » Il pense avoir trouvé l’enseigne de ses rêves, convainc sa banque de financer son contrat de partenariat (une variante de la franchise), trouve le bureau, le nom, il est le seul franchisé du dé- partement de l’Eure-et-Loir – il
   ]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[  « Je ne me nourrissais plus de dimension humaine. J’ai besoin de la gratitude des autres... » Denrée rare !
(une méthode commerciale, l’au- tomatisation du processus, l’enri- chissement des réseaux sociaux). Goentrepreneur cible bel et bien essentiellement des entrepreneures pour la bonne raison, selon Antho- ny Léger, que contrairement aux hommes qui placent leur ego en avant, ses clientes s’en passent fort bien, et « ça va plus vite ».
Il n’empêche qu’il est en passe de s’associer avec un jeune ex- pert en digital marketing, Adrien Pennachia, pour mettre au point une redoutable machine de pros- pection clients via LinkedIn,
SellIn Machine, diversification de son activité. Avant de réaliser le grand rêve, s’installer en famille aux États-Unis. Au fond, les « re- bonds » d’Anthony Léger sont-ils des échecs ? « L’échec n’existe que si l’on abandonne. Moi, je choisis de croire. » Avec des slogans de cette eau... OLiViER maGNaN
Trophées
Optimistes
ÉcoRéseau
trophées-optimistes.fr
les trophées optimistes
entreprendre & innover
   demeure à Chartres –, se lance, trouve des clients et... végète. « Malgré une formation coûteuse mais insuffisante, privé de don- nées, sans confrères, face à des entrepreneurs venus du BTP, des mâles sans grand savoir-vivre peu disposés à appliquer mes conseils humainement aiguisés, je viens à mon bureau sans entrain. Intellec- tuellement, je ne me sens pas évo- luer. »
En panne de carburant... humain
Anthony Léger cherche bien, un temps, à se recaler sur un autre type de clientèle, mais le logiciel du franchiseur, décidément, ne s’y prête pas. Alors l’homme d’action n’abandonne pas, il se forme, s’inté- resse au développement personnel et... reçoit un appel. Au bout du fil, une prospect de sa vie d’avant, une start-uppeuse lancée dans les soins cosmétiques pour enfants à la peau noire dont le projet attend le déve- loppement d’une clientèle. Léger devient directeur des opérations de Sawadi. Il retrouve ses marques, son élan. La start-up devient même la lauréate de Challenges, incubée par LVMH, Séphora et L’Oréal. Dès lors, Anthony « ne se sent plus à la hauteur des enjeux», d’autant que la jeune pousse ne tient pas ses pro- messes. Le «Goentrepreneur» se redéfinit une nouvelle fois comme formateur en ligne. Il maîtrise le pitch, en fait son fonds de com- merce, tourne des vidéos-tutos et... tombe en panne. Plus de carburant humain. Les clients? Il ne les voit pas. « Je ne me nourrissais plus de dimension humaine. J’ai besoin de la gratitude des autres...» Denrée rare! Alors Anthony Léger s’in- vente une autre entreprise, mi-nu- mérique, mi-humaine. Il attire une clientèle d’entrepreneures (oui, es- sentiellement des femmes) en perte de vision, de résultat, de sens. « De gens qui cherchent la profondeur.» Il en recrute, via LinkedIn, beau- coup dans les DomTom, en Gua- deloupe, Martinique, en Belgique, au Luxembourg, il vise l’Afrique francophone et le Canada, échange par Skype, redonne une colonne vertébrale à des coach/es, des for- mateurs/trices, des expert/es, des conseils en développement person- nel, bref de petites « boîtes » uniper- sonnelles à dimensions personnelle et spirituelle.
Rebondir
au nom d’une vision
Son objet d’entreprise, alors, s’éta- blit sur quatre piliers : exprimer la difficulté du message (qui je suis, ce que je sais faire, qui je peux ai- der – le « pourquoi »), synthétiser l’offre, en définir le pitch, mettre en place l’acquisition de clientèle
  ecoreseau.fr mai 2019
| 39
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
briefing innovation par Adam Belghiti Alaoui
DROITS D’AUTEUR L’UE tient tête aux géants
Santé
p Samsung Bot Care, assistant de santé à domicile
Le géant coréen Samsung a
dévoilé son Bot Care au Consumer Electronic Show 2019 (CES) de
Las Vegas, un automate d’aide aux routines de santé quotidienne.
Le petit robot relève les signes vitaux et la pression artérielle, d’un simple doigt posé sur son capteur.
Il envoie un rapport à un médecin ou
prévient des services d’urgences. Simple prototype. Samsung n’a pas encore annoncé si son Bot Care sera bientôt commercialisé.
  perçoivent une plus grande part des revenus générés par la diffusion de leurs productions. Le fameux ar- ticle 17 (ancien article 13), qui cris- tallise les critiques, concerne direc- tement YouTube et Facebook, où se publient librement les contenus. Ils seront désormais contraints de passer des accords avec les artistes et de filtrer les publications qui ne respectent pas les droits d’auteurs. Les géants du numérique ont per- du cette manche. Ce sont les in- termédiaires et les sociétés de ges- tions des droits des artistes qui en profitent (la Sacem pour ne citer qu’elle). Les États européens sont, de plus, libres d’apprécier et d’ap- pliquer cette directive qui n’im- pose pas de moyens. Nous n’avons pas fini d’entendre parler de cette réforme. n
Dématique® & Gouvernance
LBientôt la fin de l’OTP SMS
Après trois ans de débat, la directive européenne sur le droit d’auteur a été votée le 26 mars. Sur les
658 élus à Strasbourg, 348 ont voté pour, 274 contre et 36 se sont abste- nus. Le lobbying incessant des ga- fam et la pression d’une partie de la société civile n’auront pas été suf- fisants. Reste à transposer le texte dans les législations nationales – les pays membres ont deux ans pour l’appliquer. But de la directive : que les créateurs et artistes sur Internet
Encouragez l’innovation. Le
  changement est notre force vitale, la stagnation, notre glas
     Jean-marc
’OTP (one time password) SMS de définir : l’authentification simple qui consiste à recevoir, par exemple ne repose que sur un seul facteur, par au moment d’un paiement sur exemple l’utilisateur indique simple- Internet, un code transmis via ment son mot de passe après s’être
un SMS. Même si ce dispositif nous pa- identifié grâce à son login ;
David Ogilvy, publicitaire et créateur d’Ogilvy & Mather.
TRANSPORT
p air Seas, toutes voiles dehors
Airseas, start-up toulousaine lancée en 2016 dans le giron d’Airbus, a créé un cerf-volant géant automatique
(SeaWing) censé aider les navires commerciaux à économiser près de
20 % de fuel. L’entreprise s’installe à Nantes pour industrialiser sa création et bénéficier de la filière navale nantaise. Les premières traversées
de navires équipés de l’impressionnante grand-voile d’Airseas sont prévues pour 2020. Le vent se lève.
p avion-taxi électrique dans la ville
Autre start-up toulousaine en pointe, primée en février 2019 au Global Forum de Los Angeles, Electric Visionary Aircrafts (EVA) veut révolutionner les transports urbains avec ses avions électriques autonomes dotés de la technologie eVTOL (pour Electric Vertical Take-off and Landing). L’entreprise, lancée en 2017 par Olivier Le Lann après son départ de Tesla, a reçu son prix à Los Angeles pour son petit modèle de livraison sans passagers, le Valkyr. C’est à partir de ce
produit que la start-up
doit lancer dès 2020 son
taxi volant, le X01, à même,
donc, de transporter des
personnes. Capable de
décoller et d’atterrir sur
une place de parking, il fait
face à la dure concurrence
des géants Airbus et Boeing et d’autres start-up du secteur.
Ce symbole de l’innovation made in France et de l’excellence toulousaine sur la thématique du transport de demain se positionne déjà en tant que leader du secteur. Le taxi volant du futur n’est plus très loin.
 Rietsch
Expert international en dématique, président
du Digital Information Institute ou D2I
raît fiable, il s’avère néanmoins insuffi- samment sécurisé à l’usage. C’est pour- quoi à partir de septembre 2019, son utilisation ne sera plus possible sauf pour le paiement de petits montants n’excédant pas 30 euros.
En effet la directive du Parlement européen et du Conseil de l’Europe n° 2015/2366 du 25 novembre 2015 dite DSP2, en ses articles 97 et 98, impose à compter du 14 septembre 2019 une authentification forte pour la consul- tation des comptes et opérations enga- geantes.
Rappelons que l’authentification re- pose sur des éléments de natures diffé- rentes appelés facteurs. Il en existe trois principaux :
« ce que je connais et suis seul à connaître » : mot de passe, code PIN ou numéro d’identification personnel...
« ce que je possède et suis le seul à posséder » : ordinateur, token, carte à puce, téléphone portable...
« ce que je suis » (caractéristique phy- sique, biométrie) : empreinte digitale, image de la paume de la main, batte- ments du cœur, voix...
l’authentification forte qui repose sur au moins deux facteurs, par exemple avec la carte bancaire que l’on possède, activée grâce au code PIN que l’on connaît.
L’OTP SMS ne peut être considéré comme un moyen d’authentification forte dans la mesure où l’utilisateur ne met en œuvre qu’un seul facteur d’au- thentification, le téléphone en sa pos- session. Le code transmis via SMS n’est pas retenu comme facteur d’authentifi- cation.
Heureusement d’autres dispositifs d’authentification existent, déjà large- ment utilisés comme les token (sorte de petite calculette que vous êtes seul à posséder et dont vous devez connaître le mot de passe pour générer un code d’accès) ou plus récent le système Mo- bile Connect activé à partir de votre téléphone portable dont la puce est utilisée pour conserver votre code PIN de validation, à saisir lors de toute de- mande d’accès. Bien d’autres disposi- tifs existent ou ne manqueront pas de voir le jour. Leur simplicité de mise en œuvre, leur convivialité et leur intero- pérabilité décideront de leur dévelop-
 L’utilisation simple ou combinée de
plusieurs de ces facteurs permet ainsi   pement. n
40 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[ briefing innovation affichage
entreprendre & innover
  batteries Le wattheure par kilo sera-t-il américain ?
24M, start-up américaine, a devancé tout le monde en développant un modèle de batteries semi-solides plus performantes et moins chères que la concurrence. Les promesses sont belles: une capacité de stockage qui surpasse celles des batteries Tesla et des coûts de production 40 % infé- rieurs aux batteries classiques. 24M est financé par le ministère américain de l’Énergie à hauteur de sept millions de dollars, avec l’objectif d’atteindre une densité de 280 Wh/kg (wattheure par kilo), puis 350 Wh/kg à terme (contre 260Wh/kg pour les batteries Tesla).
Les batteries lithium-ion, standard de nos smartphones et ordinateurs por- tables, occupent une place prédominante dans le monde de l’électronique. Le contrôle du marché de la batterie sera l’une des guerres technos proches : l’Europe a lancé son projet de filiale pour concurrencer les Asiatiques, mais ce sont les États-Unis qui chargent la batterie de demain. n
IMMOBILIER
La blockchain, là aussi
Technologie de stockage et de transmission d’information sécurisée, sans organe de contrôle, la blockchain conquiert de plus en plus de secteurs. L’immobilier est en passe de s’y convertir. C’est en Suisse que Blockimmo revendique la première transaction immobilière via blockchain. Une transaction
de trois millions de francs suisses, sous forme d’échange de tokens (jetons) sur la plate-forme Blockimmo. L’opération a demandé l’intervention de deux autres sociétés, Swiss Crypto Tokens et Elea Labs. La Crypto Valley zougoise (canton de Zoug) se positionne en pionnière de la cryptomonnaie et de l’économie du futur.
consommation
Le vin à l’épreuve du scan
Votre vin est-il naturel ? C’est la question à laquelle Raisin, application française dédiée au vin, vous
propose de répondre. Depuis fin mars 2019, un nouvel outil lancé sur la plate-forme propose aux amateurs de vin de décrypter l’étiquette de leur bouteille en la scannant, tout simplement. L’application livre alors son verdict sur la bouteille : naturelle,
bio ou biodynamique, conventionnelle ou non-référencée. Il s’agit d’informer le consommateur, tout en
promouvant le vin naturel, issu d’un vignoble sans pesticides et sans intrants.
2019, année du smartphone pliable ?
Après l’écran pliable lancé par LG, les géants du numérique se donnent un nouveau défi, le smartphone pliable. Depuis le FlexPai de Roloye, premier du
genre, tout s’accélère. Le Galaxy Fold de Samsung annoncé en novembre 2018 a été commercialisé fin avril pour la modique somme de 2 000 euros. Ses concurrents lui emboîtent le plat: Motorola, Xiaomi, Huawei promettent l’engin de petite poche. Le Xiaomi Mi Fold se distingue de ses concurrents – Huawei Mate X et Samsung Galaxy Fold – avec un écran qui ne présente pas de traces de pli une fois déplié pour un prix – 1 000 euros –
plus abordable.
Au fait, ces smartphones origamis répondent-ils à un vrai besoin? On ne saurait dire, mais nul doute qu’ils trouveront preneurs, ça ne fait pas... un pli.
L’enU
management
treprise libérée se délibère
 ne entreprise et des salariés libérés, un modèle d’orga- nisation horizontale, une holacratie (système de gou- vernance fondé sur l’intelligence collective). Voilà un modèle qui rompt avec le système hiérarchique et pro-
fessionnel classique. De plus en plus de chefs d’entreprise adoptent
ce mode de management coopératif. Alexandre Gérard, dirigeant du groupe de service B-to-B Inov-on, s’y est converti malgré les critiques (risque de dérives, augmentation du stress, solution inadaptée au modèle pyramidal français).
« Le patron qui ne voulait plus être chef », anciennement adepte d’un ma- nagement classique, récolte aujourd’hui les bénéfices de cette libération. Un turnover divisé par trois dans son entreprise, des salariés plus perfor- mants, plus d’innovation... De nouveaux adeptes pourraient se laisser convaincre. n
   ecoreseau.fr mai 2019
| 41
]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
mapping innovation Chirurgie, diagnostics, analyses ou traitements,
suède Prédire les résistances
aux antibiotiques
1928 Diagnostics met à disposition une plate-forme où le délai de calculs de résultats de résistances aux antibiotiques est ramené au minimum. En identifiant les marqueurs de résistance dans l’ADN bactérien, le traitement antibiotique approprié est identifié et commence plus tôt.
intérêt : la vitesse des résultats détermine une action
rapide pour sauver des vies et réduit les coûts associés aux infections bactériennes. La traçabilité des épidémies est également assurée.
administration des tâches liées aux patients...
Docteur IA
L’IA « santé » est partout. Son marché pourrait atteindre près de 7 milliards de dollars en 2021, selon le cabinet Frost & Sullivan. PaTRiCE REmEUR
  états-unis
Données de qualité
pour ia dopées
Pour qu’une IA apprenne correctement, il convient de la nourrir d’une volumétrie importante et de données de qualité. L’entreprise DefinedCrowd de Seattle offre aux scientifiques une collecte, une structuration et un enrichissement des données pour les IA grâce à des flux de data de qualité, variés et à grande échelle, issus de tous les continents.
intérêt : gagner du temps à partir de données de qualité nettoyées et marquées, tout en améliorant les modèles pour les IA.
Une application détecte
les dépressions
Ginger est une application mobile conçue pour détecter de manière précoce les dépressions. Grâce aux données comportementales, l’appli alimente une base de données de santé à destination des médecins.
intérêt : le système décèle les comportements à risque au moins 48 heures à l’avance.
Des milliards de données
de patients
Plus de 100 millions de patients et des milliards de données sont disponibles depuis une plate- forme pour faciliter les analyses et prédire les réactions ou les évolutions liées à la santé. intérêt : améliorer la qualité de la prévention, des diagnostics et des traitements mais aussi réduire les coûts pour les entreprises, tout en améliorant les soins.
Souriez, vous êtes diagnostiqué
L’application Face2Gene déployée par FDNA est remarquable. « À l’aide d’une analyse faciale, le système a évalué plus de 150 000 patients. » : elle révèle des maladies depuis des photos.
intérêt : « La comparaison croisée des phénotypes avec une base de données croissante de plus de 10 000 maladies génétiques aide à des diagnostics plus rapides et plus précis », explique l’entreprise.
42 | mai 2019 ecoreseau.fr
La Food and Drug
administration veut
réglementer les ia
Face à la multitude de développements, l’Agence propose un cadre réglementaire pour décider de la manière dont les dispositifs utilisant l’IA devraient demander une autorisation avant leur mise sur le marché.
intérêt : améliorer la qualité des projets et abaisser les risques, mais avec la contrainte de freiner l’innovation en la matière. Les Américains et la santé, vaste débat paranoïaque !
inde Onlidoc, médecin augmenté
La start-up réalise des diagnostics médicaux en ligne via IA. Son application mobile donne aux patients le moyen de trouver le médecin le plus proche et de déposer ses données médicales et ordonnance. L’IA contribue
à identifier les maladies et le traitement adapté.
intérêt : faciliter le traitement et les premières mesures à prendre. Le médecin est libéré de la paperasserie et d’une partie du diagnostic.
  ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[ france
Suivi médical et prédiction des
risques via les réseaux sociaux
Traiter 100 millions de messages issus des réseaux sociaux pour observer les tendances fortes et prédire les risques liés aux médicaments ou analyser le comportement des patients. Tels sont les travaux du Laboratoire d’informatique médicale et d’ingénierie des connaissances en e-Santé (Limics).
intérêt : « fournir une interface et des contenus à l’Agence nationale du médicament et de la sécurité médicale (ANSM) pour qu’elle lance des études sur des thématiques spécifiques », annonce le labo,
et capitaliser les connaissances pour accélérer le progrès.
mapping innovation Électrocardiogramme en un clic
La start-up française Cardiologs primée au concours Mit Innovators under 35 2018 a mis au point une intelligence artificielle d’examen cardiaque « aussi compétente que le meilleur des êtres humains et accessible à partir de tout appareil numérique». intérêt : le rapport est obtenu immédiatement et aide les médecins à diagnostiquer une crise. Cardiologs a été la première entreprise à recevoir le marquage CE pour un dispositif médical basé sur une technologie d’apprentissage en profondeur.
entreprendre & innover
suisse La santé, donnée lucrative
Le géant de l’audit et du conseil PriceWaterhouse se lance dans la médecine prédictive. L’IA traverse les frontières et les métiers ! « Phrend est la première application Web au monde à fournir aux médecins et aux patients un deuxième avis basé sur des données liées à l’efficacité de formes personnalisées de traitement de la sclérose en plaques (SEP) », affirme le cabinet. L’outil prédit la progression de la maladie sous diverses formes, fournit une comparaison personnalisée entre des formes multiples de thérapie et apporte des avis, ce qui répond aux exigences réglementaires de consentements de patients. intérêt : le système centralise toutes les informations liées aux traitements des patients et demeure accessible au service de santé et patients. De la donnée financière à la donnée de santé, il n’y a qu’un pas. Mais la santé n’est-elle pas la plus grande richesse ?
hongrie
accélérer la recherche
du bon médicament
« Trouvez le bon moyen de développer des médicaments anticancéreux en prévoyant les résultats biologiques et cliniques à l’aide de modèles d’IA simulant le comportement du cancer », pitch
de la solution proposée par la start-up hongroise Turbine.
intérêt : traiter le plus rapidement possible le cancer avec le médicament adéquat et simuler les essais cliniques tout en abaissant drastiquement les coûts. La mise au point d’un médicament coûte en moyenne 1,9 milliard d’euros et seulement une molécule sur
10 000 étudiée est commercialisée.
CHINE
Résultats des scanners
en 5 secondes
Il faut habituellement 10 à 30 minutes à un médecin pour lire un scanner. L’IA d’Infervision déployée dans un hôpital à Pékin l’assure en... 5 secondes. Elle détecte également les lésions de moins de 3 mm que les médecins ne peuvent déceler. La solution InferRead CT Lung, implantée dans un hôpital du Japon, va détecter les lésions cardiaques suspectes et réduire le temps à quelques secondes contre 2 ou 3 jours actuellement.
intérêt : rapidité et détection d’états jusqu’alors impossibles à voir.
      monde
Les ia de Google détectent les
cancers de la prostate
Google a réalisé des apprentissages en profondeur sur les cancers de la prostate. Dans un document de recherche, l’entreprise montre que la précision de la machine atteint 70 % de reconnaissance des pathologies, contre 61 % pour des médecins. intérêt : mieux identifier les risques pour que les médecins puissent agir rapidement avec le bon traitement.
  ecoreseau.fr mai 2019
| 43
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
décryptage
 Le salon français que les Américains nous envient...
VivaTech, la France au cœur de l’inno
Nom officiel, Viva Technology. Entre initié/es, VivaTech, créé en 2016 par
Les Échos et Publicis. Trois jours de bousculade pour la crème de la tech, européenne et mondiale, du 16 au 18 mai à la Porte de Versailles, à Paris. Une façon pour la France de s’exposer au futur. Deux jours de pros et un jour de geeks. Allez-y...
450 speakers, 125 pays, 9 000 start-up et plus de 100 000 visiteurs : Viva Technology joue dans la
cour des grands en s’affirmant comme l’un des rendez-vous mondiaux des jeunes pousses et de l’innovation. L’édition 2019 re- pousse les limites de l’imagination en investissant une bonne partie de la Porte de Versailles où le Pa- villon 1 reste le vaisseau amiral en intégrant notamment les salles de conférences, le Hall of Tech, cœur de l’innovation et les labs d’Open Innovation où les grandes entreprises accueillent les rejetons start-up pour accélérer leur trans- formation numérique et proposer des opportunités de croissance. Un chiffre ne trompe pas : quelque 1 900 investisseurs sont entrés dans Paris. Des loups affamés.
Avec ses 4 400 places, le Dôme de Paris a été réservé aux rencontres avec les leaders de la tech. En 2018, Mark Zuckerberg (Facebook), Satya Nadella (Microsoft), Ginni Rometty (IBM) avaient cinglé sur Paris... Ils avaient presque croisé le nouveau président de la Répu- blique venu s’assurer que sa start-up
nation poussait bien. Cette année, ont parlé Young Sohn (président et chef de la stratégie de Samsung), le local de l’étape Stéphane Richard (Orange) et un célèbre joueur d’échecs...
1 000 hackers
Preuve de l’intérêt croissant pour les nouvelles technologies, Viva- Tech a carrément phagocyté un second hall (le Pavillon 2.2) pour le dédier au networking et aux op- portunités d’affaires. Il héberge un business center et des lounges, des espaces dédiés au recrutement... La rencontre des grandes organisa- tions et des start-up est une affaire qui marche.
Mais au-delà du déploiement d’applications innovantes ou ca- pables de répondre aux besoins métier et de la migration vers le cloud notamment, c’est la question des compétences qui est devenue cette année le principal enjeu. Qui fait quoi et comment relever des
la 5 G. Elle promet l’émergence de nouveaux services et de nouvelles opportunités commerciales. At- tention, l’ultra-haut débit serait un four à micro-ondes – exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquence. À voir, même si les Cassandre ressemblent aux scientifiques qui annonçaient l’as- phyxie des voyageurs dans les pre- miers trains à vapeur, au-delà de 60 km/h...
Autre facteur de croissance : l’IA, à l’assaut des entreprises. Une étude commandée par Microsoft au cabinet IDC, menée auprès de 150 entreprises françaises de plus de 500 salariés, fait état de 72 % d’entreprises françaises prêtes à in- vestir. Et plus d’un tiers (37%) des organisations ont mis en œuvre l’IA sous une forme ou une autre constate le cabinet Gartner. Soit un bond de 270 % par rapport à quatre ans auparavant. L’évolution des usages de l’IA entre 2018 et cette année montre que les entreprises
C’est la question des compétences qui est devenue cette année le principal enjeu.
  1 La branche de l’IA qui se préoccupe d’améliorer les performances des machines à résoudre des tâches sans
être explicitement programmées.
défis ? Certains ont pu trouver des réponses ou prendre des contacts après le plus grand Hackathon Corporate d’Europe organisé par TechCrunch et VivaTech. Plus de 1 000 hackers se sont réunis pen- dant 36 heures. Six entreprises et partenaires technologiques les ont défiés armés de problématiques spécifiques.
Salon high-tech obligé, Viva Technology fait la part belle aux nouvelles technologies. La 5G, l’in- telligence artificielle, la blockchain et l’espace nourrissent les stands et les futurs, véritables boosters d’ac- tivité. C’est le cas en particulier de
cherchent en priorité à optimiser l’expérience client en déployant en particulier des chatbots et des assis- tants virtuels dans les call centers. Et la moitié des organisations pré- voient de déployer des applications d’apprentissage machine (machine learning1). « Nous constatons que les organisations qui utilisent ces technologies pour stimuler l’inno- vation en tirent des avantages en termes de revenus et de leadership global dans leurs domaines », évan- gélise David Schubmehl, directeur de recherche pour les systèmes co-
 44 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
décryptage
   46 |
mai 2019 ecoreseau.fr
gnitifs et d’IA chez IDC.
L’IA favorise l’écosystème euro- péen de start-up. L’hexagone en compte 271, selon une cartogra- phie publiée en 2018 par France is AI. En 2017, 141 millions de dol- lars ont été investis dans ces entre- prises françaises selon le baromètre CB Insights.
Blockchain: entre buzz word et levées de fonds
Autre technologie qui hante VivaTech : la blockchain. Elle pour- rait « révolutionner » de multiples secteurs d’activité et en parti- culier tous les intermédiaires de « confiance » chargés de vérifier l’identité d’une personne en pre- nant au passage une commission plus ou moins élevée. Cette tech- nologie pourrait aussi renforcer la protection des données sensibles ou personnelles, mais également pré- venir les fraudes.
Un microcosme se met en place en France. En deux ans, de 2016 à l’an passé, 15 start-up ont levé 219 millions d’euros, principale- ment (2/3) en ICO (Initial Coin Offerings), ces levées de fonds en je- tons échangeables en monnaies vir- tuelles. Trois entreprises ont retenu l’attention des investisseurs : Ledger (portefeuilles sécurisés pour bit- coins) a levé 58 millions, Domraider (récupération de noms de domaine expirés), 35 millions et Neurochain (évolution de la blockchain enrichie de machine learning pour améliorer les performances des systèmes dis- tribués), 25 millions.
Mais attention à l’effet buzz word! Une enquête récente du Gartner a révélé que le nombre actuel de dé- ploiements de cette solution dans les entreprises est faible. Seulement 1% des DSI ont indiqué une adop- tion plus ou moins déployée de cette technologie. Une forte majori- té (77 %) ont précisé qu’ils n’avaient pas l’intention d’y concentrer plus de temps. D’où, chez VivaTech, l’effet BaaS. La blockchain as a ser- vice offre aux clients de créer leurs propres produits fondés sur une chaîne de blocs, y compris des ap- plications, des contrats intelligents. Ils ont accès à d’autres fonctions sans avoir à configurer, gérer ou exécuter une infrastructure basée sur cette technologie qui...
La tête dans les étoiles
... pourrait être ternie par une mauvaise gestion du côté des plates-formes. Plusieurs spécia- listes ont commencé à signer la fin de la récré: il est urgent de ne plus être ébloui béatement par la blockchain. Bruce Schneier, un expert en sécurité informatique reconnu mondialement, a rappe- lé qu’il fallait arrêter de croire aux déclarations du genre « in crypto we trust» ou «in math we trust». La réalité est que les blockchains, comme tout mécanisme, sont por- teuses de failles exploitables.
Autre technologie montante : l’Internet par satellite. Des projets de déploiement du réseau par mi- crosatellites s’annoncent. L’un des plus prometteurs est développé par
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[ Attention à l’effet buzz word ! Une enquête récente
du Gartner a révélé que le nombre actuel de déploiements de solutions blockchain dans les entreprises est faible.
pas propre à la France. Selon le rapport du fonds d’investissement Atomico, elles ne récoltent que 7 % du capital-risque. C’est un para- doxe, car les start-up dont l’équipe fondatrice est mixte obtiennent de meilleurs résultats économiques que les projets entièrement mas- culins. Leur retour sur investisse- ment est supérieur d’environ 12%!
Finalement, les enjeux sont commerciaux. Les innovations se multiplient et se montrent ca- pables d’« ubériser » une rente. Encore faut-il que la France (mais aussi le Vieux Continent) soient capables de proposer une alterna- tive sérieuse. Le pays ne compte que 30 licornes, ces jeunes pousses valorisées à plus d’un milliard de dollars, sur les 265 répertoriées dans le monde. « Nous avons du retard du côté du recrutement des talents et de la maturité, mais nous nous soignons avec des évé- nements comme VivaTech pour attirer les cerveaux et les inves- tissements en faisant du bruit », tonne Frédéric Mazella, PDG de Blablacar.
PHiLiPPE RiCHaRD
décryptage
entreprendre & innover
    une entreprise commune entre OneWeb et Airbus. Sa constella- tion OneWeb reposera sur 648 sa- tellites opérationnels. Plus 252 sa- tellites de remplacement. Avec leurs 147 kilos chacun, ces petits satellites sont positionnés sur une orbite basse quasi polaire (1 200 km d’altitude).
Cette édition du mégasalon est aussi l’occasion de réfléchir à des thématiques plus larges : l’Europe, les femmes et Tech4Good. Tech- 4Good désigne la capacité des en- trepreneurs à placer la puissance de la technologie au service du bien commun et miser, avec l’in- novation, sur l’impact social. En parallèle à cette réflexion, Viva- Tech met aussi à l’honneur la green tech en exposant une sélection de
concepts innovants et durables : les lampadaires autonomes intelli- gents d’Omniflow, Watergen dont la technologie capture l’humidi- té pour extraire de l’eau potable de l’air ambiant, les start-up de l’agro-écologie Agrow et Hexagro et les solutions de traitement des déchets de Bin-e. Pour se rendre compte du dynamisme de ce sec- teur, il convient de déambuler dans la Better Life Avenue (hall 2) pour découvrir toutes ces solu- tions exemplaires.
Cette quête de sens et de respon- sabilité entrepreneuriale transpa- raît aussi à travers les conférences du samedi après-midi. C’est l’occa- sion de découvrir les retours d’ex- périence de Julien Vidal (auteur du manifeste écolo Ça commence par
moi), de Julie Chapon (fondatrice de l’application Yuka, qui trie dans les grandes surfaces les mauvais produits industriels et les vrais bios), d’Eva Sadoun (cofondatrice de la plate-forme de financement participatif pour projets durables Lita) ou de Vianney Vaute (fonda- teur du site de ventes de produits reconditionnés Back Market).
Recherche désespérément talents...
Avec moins de 10 % de femmes à la tête de start-up et à peine un tiers dans les équipes de développe- ment, la place des femmes dans les nouvelles technologies devient une problématique que tout salon se doit d’aborder. Le phénomène de déficit de créatrices femmes n’est
 ecoreseau.fr mai 2019 | 47
]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[  L’événementiel rêve de spectaculaire ! Le handicap devient un atout !
Créer aujourd’hui : le tour de France de la Jeune chambre économique française...
MICE : l’événementiel se numérise... Intégrer le handicap, un atout business...
p. 49 p. 52 p. 56
 pratique
48 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[  Une initiative de la Jeune chambre économique française
un conseil qui compte
Lsécurité
Révéler les leaders de demain
Innovation : bénéficier du crédit d’impôt recherche en toute
créer aujourd’hui
pratique
   Ces créatifs de la JCEF imaginent comment faire de la citoyenneté le ciment qui unifie les territoires et mobilise grands groupes comme start-up.
Jérôme
Rebiscoul
expert- comptable dans les Hauts-de- Seine et pilote du groupe
de travail Entreprises innovantes du Conseil supérieur de l’ordre des experts- comptables.
’innovation est un levier de croissance à long terme. Du reste, les PME innovantes sont davantage pré- sentes à l’export. En moyenne, elles exportent trois fois plus. En France, parmi les dispositifs en faveur
de l’innovation, le crédit d’impôt recherche (CIR) est le plus connu.
90 % des entreprises bénéficiaires du CIR sont des PME. Ce crédit d’impôt concerne la recherche fondamentale, la re- cherche appliquée et le développement expérimental. Il est souvent complexe d’identifier les projets éligibles. Mais un expert-comptable pourra accompagner l’entreprise dans sa demande de rescrit, une procédure qui amène à connaître la position de l’administration fiscale sur le projet avant tout contrôle.
Les frais de personnel – les chercheurs et les techniciens affec- tés aux travaux de R&D – font partie des dépenses éligibles. Les dépenses liées aux jeunes docteurs sont même prises en compte pour le double de leur montant pendant les 24 mois suivants leur premier recrutement en CDI. Mais le projet doit faire l’objet d’une formalisation et en particulier retracer les temps passés par les personnels affectés. Les experts-comp- tables sont les mieux placés pour mettre en place une comp- tabilité analytique et les feuilles de temps pertinentes, assurer le contrôle de gestion et valoriser le coût du projet.
Les atouts de l’expert-comptable
Le CIR est égal à 30 % jusqu’à 100 millions d’euros de dé- penses éligibles et à 5 % au-delà. La créance de CIR est en moyenne de 40 à 100 kiloeuros pour les entreprises de moins de 50 salariés et de 230 kiloeuros entre 50 et 100 salariés. Cette créance vient réduire l’impôt à payer ou est rembour- sée à l’entreprise dans un délai de trois ans (immédiatement dans certains cas). Afin de sécuriser le recours au CIR, l’ex- pert-comptable vérifiera les conditions d’éligibilité formelles et assistera son client dans la souscription de la déclaration 2069-A. Quant aux conditions d’éligibilité scientifiques, l’ex- pert-comptable peut appartenir à une structure qui dispose des compétences en interne pour vérifier qu’elles sont respec- tées. Dans le cas contraire, il mettra l’entreprise en contact avec des interlocuteurs techniquement compétents.
Compte tenu des montants en jeu, il est également impor- tant d’anticiper tout contrôle fiscal. La mise en œuvre pré- alable du rescrit fiscal sécurise le dossier et limite la portée d’un éventuel contrôle. En complément, l’expert-comptable pourra assurer un suivi récurrent (mise en place et suivi des outils de gestion, vérification de la cohérence des évolutions de dépenses de recherche d’une année sur l’autre, etc.). n
 Un mois avant les cy- clistes, Du 17 au 29 juin, la Jeune chambre économique
française entreprend son
tour de France. Objectif : en- gager de nouvelles dynamiques territoriales autour des liens qui tissent citoyenneté et entrepre- neuriat. Une série de keynotes et de conférences, d’ateliers et de networking s’installent dans 21 villes, partout en France. Ils
tite idée pour son mouvement : « 2018 a été un tournant. Nous avons procédé à la refonte de la marque, au renouvellement du projet associatif et du plan stra- tégique à long terme, à la créa- tion de la charte du recruteur citoyen, à la valorisation des compétences associatives dans les parcours professionnels, à l’initialisation du Boost’up for Good – force citoyenne et crois- sance de start-up... » Marie Mar-
   Révéler les leaders de demain en devenant l’incubateur de leaders citoyens.
établissent des ponts entre la so-   ceul, administratrice nationale
   ciété civile, le monde associatif, les entreprises et les start-up. Qu’est-ce que la citoyenneté en 2019 et comment se traduit-elle à l’échelle des territoires ? L’opération JCEF se nomme Boost-up for Good. Une traduc- tion « libre » donne : comment l’engagement citoyen se mani- feste-t-il au cœur des nouveaux business models performants ? Stefanie Cochet, présidente nationale 2019, en a une pe-
déléguée aux actions 2019 de la JCEF met en avant « notre sys- tème de formation en interne qui repose sur la gestion de pro- jet et la prise de responsabilité hors entreprises qui font écho à la notion d’incubateur. Nous nous sommes approprié cette notion dans son sens entrepre- neurial et dans son aspect d’ac- célérateur de compétences. »
  ecoreseau.fr mai 2019 | 49
]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
créer aujourd’hui
des identités sociales, cultuelles ou   émancipation citoyenne et
    Construire des ponts entre la société civile,
le monde politique et le milieu associatif
en voulant valoriser une start-up nation responsable, qui allie performance et inclusion.
sexuelles. « C’est cette notion de ci- toyenneté qui crée du lien. Mais en France, elle est intimement liée à la notion de nationalité, de quoi ex- clure par exemple les étrangers, les moins de 18 ans... C’est pourquoi il importe de reconstruire un pacte citoyen et une communauté de France. Je précise bien “de France” et non “de Français/es” » : Julien Goupil, directeur de l’association, en associant plusieurs parlemen- taires, cherche à ouvrir le statut de citoyen. « La première étape, faire des contribuables des citoyens de droit. »
Revenir à la commune
Au-delà de ce combat légal, la notion de citoyenneté s’ancre dans le local à l’échelon de la commune, précisément. Selon une étude menée par l’associa- tion, 60 % des maires de France expliquent que la citoyenneté s’exerce selon des spécificités locales et que la commune est l’échelon territorial le mieux adapté pour faire jouer cette
l’intelligence sociale. « Une au- baine pour les communes qui ont perdu de leur pouvoir au profit des intercommunalités », estime le directeur d’Empreintes nationales. Une consultation na- tionale a abouti à l’établissement de sept piliers, déclinés en ob- jectifs. Ils seront les fondements d’un Label Ville Citoyenne, lan- cé en 2020. Pour l’instant, seule la ville d’Hazebrouck dans les Hauts-de-France joue le jeu d’une expérimentation en tant que ville pilote. Pour reprendre ces sept piliers, la ville citoyenne doit se montrer collaborative, transparente, compréhensible, inclusive, solidaire, valorisante, engagée. Sacré programme ! Les deux grands projets JCEF et Em- preintes nationales s’inscrivent dans le local et le réel. D’autres points de rencontre existent pour faire fructifier les actions locales comme le prouve la par- ticipation d’Engie à ce tour de France Boost-up for Good. GEOFFROY FRamERY
      phanie Cochet : « Rencontrer les start-up est une façon de pour- suivre la promotion de l’engage- ment citoyen dans un parcours professionnel qui est source d’apprentissage accéléré et vec- teur d’employabilité à part en- tière. Nous voulons construire des ponts entre la société civile, le monde politique et le milieu associatif en valorisant une start-up nation responsable, ca- pable d’allier performance et in- clusion. » Pas étonnant si la JCEF a érigé Frédéric Mazella, fonda- teur et patron de Blablacar, en symbole de start-up française et même de licorne (start-up valo- risée à un milliard de dollars au moins). Il sera le grand témoin de cette opération d’envergure.
Partenariats
Engie, partenaire de Boost’up for Good !
   À la croisée
de la citoyenneté,
de la marque
employeur et de la
start-up
Vingt-et-une jeunes chambres
locales se sont mobilisées pour
ce tour de France qui se com-
pose pour chaque ville des trois
mêmes temps forts : keynote,
atelier, networking. Pour chaque
keynote locale, une personna-
lité inspirante fera un retour
d’expérience sur l’un des pi-
liers : l’intelligence collective
au service de la performance et
de l’innovation, nouvelles tech-
nologies et engagement citoyen
de demain, intérêt général et
modèles économiques perfor-
mants, la construction de sa
marque employeur. Cette opé-
ration nationale se greffe à des
dispositifs économiques locaux
fortement intégrés au tissu lo-
cal, à l’image du réseau de pépi-
nières et d’incubateurs Village
by CA. Marie Marceul : « L’évé-
nement se place au cœur des
problématiques RH des start-
up, recrutement, fidélisation,
construction de sa culture d’en-
treprise. » Boost’up for Good va à
la rencontre des jeunes pousses,
des acteurs économiques et des
futurs entrepreneurs. Le sujet de
la « marque employeur » est du
reste récurrent chez la JCEF. Ste-   haite créer du lien social au-delà
Les start-up ne sont les seules à participer à cette action nationale JCEF. Un acteur de poids, Engie, a compris la portée du Tour de France. Pourquoi. Réponse
de Valérie Gaudart, directrice Culture et Communautés chez Engie.
« Voilà plusieurs années que nous travaillons
sur l’employee value proposition, notre promesse employeur. Nous avons voulu savoir ce qu’Engie représentait aux yeux des étudiants, de nos jeunes embauchés et de nos collaborateurs. De ce sourcing est ressorti un slogan :
« We are a community
of imaginative builders united, for harmonious progress ». C’est ainsi que se perçoivent nos
150 000 salariés et les étudiants basés dans une cinquantaine de pays. » Les équipes d’Engie se perçoivent elles-mêmes comme une communauté
de constructeurs de solutions créatives pour une société harmonieuse. Isabelle Kocher, CEO d’Engie, a d’ailleurs également voulu impulser de nouvelles actions et projets forts, en lien avec le développement durable et la RSE du groupe.
Pour lancer de nouvelles initiatives, Engie s’appuie sur des partenariats
avec des communautés externes telles que
Hello Tomorrow, Willa, l’incubateur pour femmes, mais aussi sur ses communautés internes telles que YPN, WIN (Women in networking) celle des data scientists (600 personnes), Science Factor pour les jeunes scientifiques, les 22 000 étudiants des junior entreprises et la JCEF. Ces communautés
sont toutes reliées
au territoire, au local. Engie est allé jusqu’à créer un think tank, l’Engie people lab.
« Tous les trois mois, 150 personnes se réunissent
qui proviennent de chaque communauté, interne comme externe
et le temps d’une
journée, chaque partie prenante, en compagnie de journalistes et de scientifiques, vont aborder une question sociétale. Ce think tank sociétal est également citoyen. On fait de
la prospective tous ensemble. Comme par exemple s’interroger sur l’intelligence artificielle éthique », explique Valérie Gaudart.
Une consultation, Imagine 2030 s’est donné pour but d’établir un diagnostic et proposer des solutions pour un futur durable. De quoi stimuler l’intelligence collective. Pour Engie, une façon de « nous mettre
à disposition de nos partenaires extérieurs. C’est cette démarche qui explique nos liens avec la chambre et Boost’up for Good ».
Dynamiques territoriales complémentaires
Pour révéler les leaders de de- main, la Jeune chambre se fait incubateur en formant des jeunes à devenir des acteurs du changement au quotidien par la mise en place de projets écono- miques durables au service des territoires.
La JCEF n’est cependant pas la seule association à croire que la multiplication des actions de ter- rain enclenchent une dynamique vertueuse plus générale. L’associa- tion Empreintes Citoyennes sou-
50 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                    L’esprit pionnier vous inspire, rejoignez l’ESSEC Executive Education.
L’ESSEC Executive Education forme et accompagne des cadres, managers et directeurs audacieux et talentueux. Véritables accélérateurs de carrière, nos programmes de formation continue permettent à chacun d’entre eux de révéler leur potentiel, de renforcer leur leadership, d’approfondir leur expertise et de susciter le goût d’entreprendre.
www.executive-education.essec.edu
Contact programmes inter-entreprises : Carole MICHELON - 01 46 92 49 79 - michelon@essec.edu Contact Management Général : Claire DEMOULIN - 01 46 92 49 71 - demoulin@essec.edu
               © ESSEC Business School - 973100918 - Septembre 2018 - © Photo : Denis Allard/REA.
]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
business guide
L’événementiel se numérise
La révolution numérique donne un sacré coup de jeune au secteur du MICE – Meetings, Incentive, Convention & Events.
L’on assiste à une vraie mu- tation du format de l’évé- nement. « Désormais, il s’agit d’animer et de faire
vivre l’événement sur le long terme. Par le biais d’animations diverses, on suscite l’envie, on fait participer l’invité et on fait durer l’aventure... L’idée est de créer une véritable “expérience invité” au- tour de l’événement physique. Les actions diffèrent selon si l’événe- ment est dédié au public ou s’il est professionnel. Mais, dans tous les cas, l’objectif est de provoquer l’en- gagement des participants au-delà de leur simple présence le jour J », indique Marc Tudela, président de Corpo’Events. La mise en place d’une stratégie numérique se doit d’être cohérente et refléter l’image de marque. Correctement utilisée, elle constitue une valeur ajoutée pour l’organisateur mais égale- ment pour le participant. Cette mutation, bien sûr rendue possible par l’innovation technologique, transparaît en amont de l’événe- ment, pendant et après.
« Un événement numérisé réussi se manifeste par un marqueur : il existe autant de gens qui en parlent qu’il y a eu de personnes présentes »
– Laurent Tripied, CEO de la start-up bziiit. 52 | mai 2019 ecoreseau.fr
L’intelligence artificielle entre dans la danse Désormais, tout est fait pour simplifier au mieux l’organisa- tion d’un événement. La mise en ligne de nouvelles applications a révolutionné les opérations d’ins- criptions, de billetterie, de plani- fication des activités, de gestion des plans de table, de stockage des documents, etc. Des outils qui s’occupent aussi de trouver des lieux en fonction des attentes, identifier des prestataires adaptés au développement des activités les mieux adaptées au profil du séjour. « Toutes ces avancées, c’est du gain de temps et de sérénité. Les systèmes de reconnaissance de badges ou qui garantissent le bon déroulé des conférences en sont des exemples parfaitement évocateurs pour gagner en effi- cacité », selon Marc Tudela. En amont, la création d’un espace Web dédié donne vie à l’événe- ment pour mettre en exergue les informations importantes telles que le programme, les interve- nants, l’accès, les photos du sé- jour, etc. Les réseaux sociaux sont très généralement utilisés pour favoriser le relais et le partage des informations.
Au-delà de l’aspect logistique, les entreprises ont en effet bien compris l’importance de la com- munication sur le Web et les réseaux sociaux autour de l’évé- nement. Elles sont de plus en nom- breuses à solliciter l’aide d’agences ou start-up spécialisées en intelli- gence artificielle. « Un événement numérisé réussi se manifeste par un marqueur : il existe autant de gens qui en parlent qu’il y a eu de personnes présentes », mesure Laurent Tripied, CEO de la start- up bziiit (sic) basée à Bordeaux. « Notre métier est de développer, de façon exponentielle, la noto- riété et l’attractivité d’une marque autour d’un événement. » Le prestataire se charge de la numé- risation de la communication de l’entreprise lors d’un événement, histoire de créer l’attraction. L’équipe de la start-up a dévelop- pé une plate-forme à base d’al- gorithmes, pilote des campagnes numériques. Le fonctionnement du système de bziiit est à la pointe de la technologie basée sur la data. « Nous avons développé un mo- teur qui “écoute” les principaux événements du monde entier et qui synthétise les meilleures pra- tiques. Dès que quelqu’un évoque un événement sur le Web ou les ré- seaux sociaux, nous analysons les commentaires et déterminons in fine les actions qui ont créé le plus
d’engagements afin de créer par la suite une communauté autour de notre client. » Pour que l’orga- nisateur d’un salon, par exemple, en optimise la fréquentation, il doit impérativement engager des conversations « digitales » avec ses visiteurs à partir d’outils de prise de contact comme un chat- bot ou un assistant virtuel pour comprendre les questions clés des visiteurs potentiels. L’interac- tion va abaisser une barrière et générer du contenu autour d’une marque. Selon lui, chez les meil- leurs « élèves », 40 % des informa- tions sur l’événement circulent avant, 50 % pendant et 10 % après l’événement. Chez les champions de la communication numérisée, comme l’a souligné Tudela aussi, les gens qui en parlent sont deux ou trois fois plus nombreux que ceux qui y ont assisté. Le pilotage de la communication numérisée est en mesure d’augmenter de 100 % la notoriété d’une marque en moins de trois mois en jouant sur trois leviers : la puissance de l’événement, son taux de rayon- nement et sa capacité à générer du business. « Un festival peut bien aligner un programme passion- nant et ne pas rayonner plus loin que sa ville, c’est dommage. Grâce à l’intelligence artificielle, nous allons communiquer sur l’événe- ment bien au-delà de sa région. Nous allons chasser sur d’autres terres, ce qui donera les moyens à cet événement de s’installer plus facilement sur la durée », promet Laurent Tripied. En soi, l’événementiel est un formidable outil pour toucher directement sa cible... si celle-ci est au courant de son existence ! bziiit sera pré- sent à VivaTech 2019, forte de la démonstartion de la dernière ver- sion de ses algorithmes d’alertes et recommandations.
Des événements
plus dynamiques,
plus connectés
Les événements tels que les conventions et les congrès ont besoin d’intéresser et de sur- prendre les auditeurs. Grâce aux nouvelles technologies, il de- vient beaucoup plus simple de programmer un spectacle dyna- mique et original en employant des lasers, des effets spéciaux, des projections holographiques, des visions en réalité augmen- tée, des écrans géants interac- tifs... « Les entreprises sont de plus demanderesses de solutions innovantes. Elles souhaitent
                   ]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                                                         Choisissez le charme de cette demeure de prestige nichée au cœur de la forêt de Chantilly pour un séminaire sur mesure !
Pour réunir, rapprocher, et motiver vos équipes, appuyez-vous sur notre expérience et faites de votre évènement un moment inoubliable !
   www.chateaudemontvillargenne.com
6 avenue François Mathet - 60270 Gouvieux - Chantilly - info@chmvt.com - 03 44 62 36 36
                    Un cadre d’exception
Séminaire résidentiel à partir de 290€ par personne
35 km de Paris I 25 mn de Roissy CDG 120 chambres de grand confort
21 salles de réunion à la lumière du jour Wifi gratuit et illimité
Piscine, sauna & hammam I Fitness center 200 m2 Parc boisé de 6 hectares.
             © photos : DR Château de Montvillargenne
]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
business guide
« Les robots constituent une véritable révolution pour le domaine de l’événementiel. Ils apportent une dimension innovante et marquante » – Marc Tudela, président de Corpo’Event.
longer la vie de l’événement. Les réseaux sociaux participent à ce mouvement en mettant en place des stratégies de networking pour valoriser l’image de la société, par exemple. En fournissant à la communauté des contenus riches de qualité, il est parfaite- ment possible de diffuser dans la durée via le live streaming, le we- btv ou le webcast », argumente Marc Tudela, président de Cor- po’Events. En somme, l’invité/e n’est plus un simple spectateur,
La QVT : un investissement
mobile constitue alors l’outil fa-   L’attaque des robots
   changer du traditionnel power-
point et du programme papier
distribué à chaque participant »,
confirme Goldy Assous, président
de l’agence Class Internationale.
Le mapping 3D fait partie inté-
grante des innovations à la mode.
De quoi s’agit-il ? De projeter des
images numériques impression-
nantes, en trois dimensions, qui
habillent à merveille les façades.
« La connectivité enclenche, elle,
des échanges sous forme de com-
mentaires, de quoi nourrir et pro-   il/elle participe activement. Le   mentielle dans le temps...
Dernier exemple de la numéri- sation du MICE, et non mons spectaculaire, l’arrivée prochaine des... robots. Selon Goldy As- sous, de nombreuses start-up se sont lancées sur le marché qui proposent des robots destinés à booster la visibilité et l’impact d’un événement. « Les robots constituent une véritable révolu- tion pour le domaine de l’événe- mentiel. Ils apportent une dimen- sion innovante et marquante. Des types de robots spécialisés dans tel ou tel effet font leur apparition sur nos événements, bien qu’ils demeurent encore très rarement utilisés », s’enthousiasme Marc Tudela. « On peut par exemple laisser un robot accueillir les in- vités. On trouve également des robots barmen ! Pour le divertis- sement, il existe des robots “ar- cades” qui proposent des jeux ou bien des compétiteurs qui font la course par exemple. Les robots les plus en vogue, tant ils suscitent la curiosité et l’étonnement, sont les humanoïdes. Comme leur nom l’indique, ils sont faits pour ressembler étrangement au corps humain et c’est ce qui fascine. Associés à l’intelligence artifi- cielle, ils vont interagir avec les participants et ainsi créer des ex- périences hors du commun. » On lira avec intérêt le passage en re- vue des types de robots « en quête de savoir-vire » dans le n° de mai de notre confrère Science & Vie : les robots apprennent la politesse, à échanger par le regard, à détec- ter les émotions, à respecter l’inti- mité de l’autre, à se mouvoir dans la foule... MICE, alors... PiERRE-JEaN LEPaGNOT
vori pour interagir avec les par- ticipants. Goldy Assous : « Des applications mises en place grâce à des balises connectées favorisent le networking et enrichissent l’ex- périence visiteur. Les participants sont mis en relation, échangent cartes de visite, coordonnées, etc. Ces dispositifs innovants vont collecter des données utilisateurs ciblées pour enrichir vos bases de données. » Numérisation oblige, mêmes les absents peuvent parti- ciper. Marc Tudela recommande de désigner des relayeurs pour transmettre en temps réel les mes- sages clés sur les réseaux sociaux. « Ou mieux, pensez au live strea- ming pour faire vivre votre évé- nement sur le Web. Vos invités ne risquent pas de manquer le pro- chain ! », souligne le spécialiste. Généralement, les applications les plus simples et intuitives sont les plus plébiscitées. Accessibles à tous, elles ne représentent pas un frein pour les personnes qui n’ont pas d’affinités particulières avec le monde du digital. « Bien sûr, les outils utilisés doivent être adaptés à la cible, mais aussi à l’image de marque de l’entreprise. Ils sont là pour servir son discours ! L’inté- gration du numérique exige de prendre certaines mesures tech- niques, notamment en termes de connexion wifi et de sécurité des données », prévient Marc Tudela. Enfin, le digital prolonger l’événe- ment grâce notamment au partage des photos et vidéos sur l’espace Web dédié. Après avoir marqué les esprits le jour J, contribuez au partage des moments forts afin de faire durer votre action événe-
d’enrayer le niveau du taux d’ab-   revendiquée par les générations
               J’aime ma boîte
   qui rappLorte !
es chiffres de l’absen-
vail, pourrait également être limi- tée grâce à une meilleure santé des collaborateurs.
Plusieurs études démontrent l’ef- ficacité de l’activité physique pour réduire l’absentéisme (4) mais éga- lement développer la performance de l’entreprise : 6 à 9 % d’augmen- tation de productivité (1), 7 % en moyenne et jusqu’à 14 % d’aug- mentation de la rentabilité nette (2) et 25 % de baisse des coûts liés aux frais de santé (3).
Au-delà des études, le cas de Safran est édifiant. Il était urgent
sentéisme qui s’élevait à 31 jours par an, par collaborateur. Grâce au déploiement d’un plan d’activité physique, le taux a été ramené à 11 jours par collaborateur ! L’exemple parle de lui-même.
Pratiquée régulièrement, l’ac- tivité physique permet de réduire le stress, renforcer l’organisme, améliorer le sommeil et limiter les accidents du travail grâce à des postures corrigées et une muscula- ture renforcée. Elle contribue éga- lement à créer du lien, augmenter la confiance en soi et la performance individuelle.
Une entreprise qui contribue par son « offre » à l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle,
arrivant sur le marché du travail, voit la possibilité d’attirer et fidéliser ses talents.
La Qualité de vie au travail (QVT) doit devenir un objectif stratégique d’entreprise pour des collaborateurs engagés et une per- formance d’entreprise décuplée. Pour des collaborateurs qui cla- ment « J’aime ma boîte! ». n
(1) Source Institut Sapiens
(2) Étude cabinet Goodwill-Medef-CNOSF –2015
(3) Étude réalisée par les chercheurs de Har- vard (Guide ISS)
(4) Étude Malakoff Médéric – 2015
Caroline Gillon, CEO de SYOW
  téisme sont tombés : 108 milliards d’euros (1) par an pour les entreprises,
dont 30 % pourraient facilement être économisés !
Une moyenne de 4 059 euros (1) par salarié. Un gouffre quand on sait que 2/3 des absences pour- raient être évitées car dues à des raisons psychologiques (stress, burn-out) ou physiques (troubles musculo-squelettiques, ALD).
Une partie du dernier tiers, due à des maladies ou accidents du tra-
   54 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                  DONNEZ UNE DIMENSION NOUVELLE À VOS RÉUNIONS D'ÉQUIPES
SÉMINAIRE AU COEUR DE
L'HERMITAGE
  LET'S ALL CELEBRATE A HEALTHY AND TOBACCO-FREE LIFESTYLE
  DES FORMULES SUR MESURE ADAPTÉES À VOS BESOINS A SEULEMENT 1H DE LYON ET 2H DE PARIS
WWW.CHAPOUTIER-ECOLE.COM - 04 75 08 92 61 - LECOLE@CHAPOUTIER.COM
 ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
business guide
Intégrer le handicap
Un atout business ?
En France, le handicap touche de manière directe ou indirecte 12 millions de citoyens. Les directions RH des entreprises s’en emparent. Atouts à la clé.
«Il est temps pour la so-   préfèrent s’acquitter d’amendes
La France hors norme
  1 500 000
malvoyant/es
60 000
aveugles
3 500 000
malentendant/es
450 000
déficiences auditives sévères ou profondes
1 000 000
de handicaps mentaux
850 000
handicaps moteurs isolés.
1 000 000
handicaps moteurs associés à d’autres déficiences
            ciété d’évoluer et de se transformer afin d’offrir aux personnes en situa-
tion de handicap la considération et les réponses nécessaires à leur épanouissement. Si un Français sur cinq vit le handicap, tous sont néanmoins concernés. » Ainsi s’exprime Sophie Cluzel, secré- taire d’État chargée des personnes handicapées, dans une note pour le Fondapol, un cercle de réflexion français « libéral ».
plutôt que de s’inscrire dans une démarche inclusive. D’autres ont parfaitement saisi les enjeux et se sont fortement engagées. En té- moigne par exemple Akka Tech- nologies, un groupe d’ingénierie et de conseil. Sa direction se félicite d’avoir respecté son Accord Handi- cap. Arrivé à terme en trois ans, il a abouti au recrutement de collabo- rateurs invalides, quelle que soit la nature de leur handicap (physique ou psychique). « Nous avons réalisé
Ryadh Sallem
« On est un patron, que l’on soit handicapé ou non »
Source : Insee
    Il faudra nommer un référent handicap dans toutes les entreprises qui comptent 250 collaborateurs.
Érigée au rang des priorités   69 recrutements, précise le DRH,
Cet homme aux multiples vies, star d’handisports, chef d’entreprises et militant associatif, né sans mains ni jambes, est avant tout un patron comme les autres. mais comment estime-t-il les dispositions législatives censées aider tout handicapé à travailler comme tout le monde ?
Quel regard portez-
vous sur l’insertion des travailleurs et des entrepreneurs handicapés aujourd’hui ?
Depuis la loi de 2005, on assiste à une vraie progression. Aujourd’hui plus de 80 % des entreprises emploient des personnes en situation de handicap, mais les handicaps les plus lourds n’ont toujours pas accès au monde du travail.
Il existe toute une dynamique d’accompagnement de l’entreprenariat des personnes handicapées. Il s’agit même d’une dynamique de l’entreprenariat tout court et le handicap s’inscrit dans cette nouvelle culture d’entreprise.
Quel message souhaiteriez-vous adresser aux entrepreneurs handicapés ?
Je leur dis de se lancer s’ils
ont cette âme d’entrepreneur. Des personnes handicapées
se sont lancées il y a dix ou vingt ans parce qu’ils/elles ont l’entreprenariat dans leur ADN, il faut entretenir cette dynamique. Quand on devient patron, on est
   gouvernementales, l’insertion des personnes en situation de handi- cap s’inscrit comme un principe de plus en plus ADN des entreprises. Si chacune décide de sa propre po- litique RH en la matière, une réa- lité les concerne toutes, à partir de vingt salariés : l’obligation d’em- ployer à temps plein ou à temps partiel des travailleurs handicapés dans une proportion de 6 % de leur effectif total. Certaines, certes,
Le handicap et l’emploi
• Sur 2,7 millions de personnes reconnues handicapées, 938 000 ont un emploi.
• Les handicapé/es employé/es ont 50 ans et plus (32 % pour l’ensemble de la population), 54 % sont des femmes (49 % pour la population active dans sa globalité).
• Seulement 24 % présentent une qualification niveau bac ou plus (49 % de la population de niveau d’étude supérieur).
• Majoritairement dans le privé (70 %), 119 051 personnes travaillent dans des Établissements
et services d’aide par le travail (Esat), structures médico-sociales, et 34 229 dans une entreprise adaptée. Seulement 8 % travaillent en indépendants. Source : Talentéo
56 | mai 2019 ecoreseau.fr
Didier Baichère. Notre mission est de rendre le handicap plus inté- grable et d’assurer une continuité dans notre politique globale de re- crutement. »
Les mentalités
et les regards ont changé Maintien dans l’emploi, accompa- gnement en termes d’adaptation du temps de travail, recrutement, campagne de sensibilisation, for- mation : autant d’axes majeurs trai- tés au quotidien au sein souvent de services dédiés, rattachés aux res- sources humaines. L’organisation d’événements sportifs participe également de cette volonté d’inclusion. « Le sport rassemble et suscite des mises en situation qui se transforment souvent en succès. C’est aussi l’occasion de mettre en avant la réussite des personnes en situation de handicap », estime Jean-François Schoonheere, DRH chez Bouygues Immobilier. « Le recrutement de personnes en si- tuation de handicap reste l’une
un patron, que l’on soit handicapé ou non. L’expression « victime d’un handicap » est à proscrire. Quand on entreprend, nous ne sommes pas victimes, nous prenons
notre destin en main. C’est très important.
Quelle culture entrepreneuriale portez-vous ?
J’essaie de participer à un entreprenariat social, humaniste. Il s’agit de faire du business mais aussi de contribuer à la société et à la vie des gens. Chez Séquences Clés Productions et sa branche événementielle, on embauche
80 % de collaborateurs en situation de handicap.
On peut être performant
et bienveillant. C’est ça qui m’intéresse, un entreprenariat raisonnable, responsable et durable. Il faut rétablir un modèle économique qui ait du sens, respectueux des cycles de la
vie et des valeurs humaines, un business durable.
PROPOS RECUEiLLiS PaR aDam BELGHiTi aLaOUi
   ]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
business guide
    des priorités », soutient de son côté Dominique Bellion, responsable Mission Handicap chez BNP Pari- bas. « Un troisième accord d’entre- prise est entré en vigueur depuis le 1er janvier 2016 pour une durée de quatre ans. Il réaffirme l’engage- ment du groupe en faveur de l’em- ploi des personnes handicapées. Il s’intègre dans la démarche globale de non-discrimination et d’ouver- ture à la diversité de BNP Paribas. Cette signature marque aussi la vo- lonté de poursuivre le développe- ment de la politique active menée en la matière depuis huit ans. » Reste que la gestion du handicap n’est pas la même selon la nature
du handicap. « Les handicaps mentaux vont de la schizophrénie aux troubles alimentaires, note Didier Baichère d’Akka Technolo- gies. Nous avons décidé de mettre en place une hotline par laquelle nos salariés se renseignent et posent leurs propres questions. » Les mentalités et les regards ont changé. Mais les marges de progression dans la connaissance du sujet sont encore importantes. Une chose est certaine : c’est en traitant le handicap, en le faisant vivre, que les barrières s’effaceront les unes après les autres sur le lieu de travail. JONaTHaN NaHmaNY
Hugues Defoy, directeur du pôle métier de l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph)
« L’entreprise inclusive est créatrice de valeur »
     Talents Handicap du 26 avril au 24 mai 2019
La 16e édition nationale du forum en ligne Talents Handicap invite les candidats en situation de handicap à la recherche d’un emploi, d’une alternance ou d’un stage à participer gratuitement au forum/conférences, ouverts à tous les secteurs d›activités et à tous les types de contrats : www.talents-handicap.com
En quoi la politique handicap devient-elle une valeur ajoutée et un atout business pour l’entreprise ?
Les entreprises ouvertes au handicap le savent, le handicap est source de progrès collectif et d’innovation pour les équipes. Les entreprises engagées le constatent très vite. Le sujet
du handicap est connecté avec
la plupart des grands enjeux
de ressources humaines :
la prévention des risques professionnels, la prévention de
la désinsertion professionnelle, l’amélioration des conditions
de travail et la gestion de la performance, la qualité de vie au travail... L’entreprise inclusive est créatrice de valeur car ouverte à tous les talents et soucieuse des conditions d’expression de chacun. L’Agefiph souhaite rendre visible la réalité de l’emploi des personnes handicapées et leur contribution positive dans les environnements de travail en invitant les entreprises, leurs collaborateurs et tous ceux qui agissent en
faveur de l’emploi des personnes handicapées à se mobiliser et à témoigner de leur engagement
en s’affichant « activateur de progrès », notamment à l’occasion de la semaine européenne
pour l’emploi des personnes handicapées.
Quelles sont les dispositions en vigueur en la matière ?
Toutes les entreprises de 20 salariés et plus doivent compter dans leurs effectifs au moins 6 % de personnes handicapées. C’est ce que dit la loi. Au-delà du respect de l’obligation, l’action de l’Agefiph est résolument tournée vers l’incitation à agir
en accompagnant directement les entreprises pour construire des politiques RH qui tiennent compte du handicap. L’association propose une offre de service spécifique destinée à toutes
les entreprises, quelle que soit leur taille, pour analyser leur situation, construire des plans d’actions et les aider à les mettre en œuvre. Pour agir par exemple sur le recrutement, le maintien dans l’emploi ou encore informer et sensibiliser les équipes. Il
ne faut pas hésiter à explorer
toutes les pistes, comme par exemple l’alternance, occasion de construire des réponses sur mesure sur des postes où il n’est pas toujours facile de recruter. Nous communiquons d’ailleurs sur ce sujet pour inciter tant les personnes que les entreprises à utiliser ce dispositif qui conjugue emploi et formation.
Quelles sont vos missions
et vos priorités actuelles ?
La loi Pour la liberté de choisir
son avenir professionnel a réformé en septembre 2018 l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés. Il s’agit d’une réforme importante qui
vise à franchir un pas décisif vers l’entreprise inclusive. Elle porte de nombreux changements. Via mon association, des réunions d’information en présentiel ou au format webinaires sont prévues toute l’année. Elles visent à
bien comprendre les enjeux
et à identifier les actions qu’il
faut commencer à engager. Il faudra par exemple nommer un référent handicap dans toutes
les entreprises qui comptent
250 collaborateurs. Nous allons accompagner ces référents et les professionnaliser pour leur donner les moyens d’exercer pleinement leur mission.
Aujourd’hui, la question du handicap progresse dans l’entreprise comme dans la société qui est globalement plus inclusive, même s’il reste encore beaucoup à faire. C’est l’esprit de la réforme, donner un vrai coup d’accélérateur à l’inclusion des travailleurs handicapés en leur ouvrant davantage les portes
de l’entreprise et en valorisant leurs compétences. Pour autant, les choses avancent. La réalité
du handicap est comprise par
les entreprises, l’ouverture et la culture sur le handicap semblent aujourd’hui bien plus présentes
au sein des entreprises. C’est le fruit d’une sensibilisation et d’une animation intense et permanente. La réforme porte également un enjeu fort de simplification et c’est une très bonne chose. Les entreprises appréhenderont plus facilement le sujet et agiront très concrètement. Et donc gagneront en performance !
   58 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[   pratique
briefing rh & formation par Geoffroy Framery
Six grandes écoles d’ingénieurs ont intégré
La SIA (Société des ingé- nieurs de l’automobile) accueille six nouvelles écoles d’ingénieurs
toulousaines. Officiellement, l’Insa Toulouse, IMT Mines Albi, Toulouse INP-Enit, Tou- louse INP-Ensiacet, Toulouse INP-Enseeiht et Isae-Supaero ont signé le 25 mars un par- tenariat avec la Société. Cette
adhésion illustre la volonté de ces acteurs de l’enseignement supérieur de former des ingénieurs au fait des nouvelles mutations du secteur. En 2019, de nouvelles compétences sont recherchées par les recruteurs comme entre autres, la compréhension et la gestion de l’intelligence des systèmes, dans des domaines tels que l’informatique, la robotique ou les nouvelles tech- nologies. Concrètement, le secteur automobile entend recruter 8 000 nou- veaux ingénieurs par an à partir de cette année tout en sachant que 50 % de nouveaux métiers vont émerger d’ici à 2030.n
Travailler autrement
Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement, PDG d’ITG, leader du portage salarial
PÀ l’État de renverser la table
ourquoi, même quand comme la nôtre, jamais la mé- des décisions de bon sens thode et l’organisation n’ont été sont prises pour notre autant placés au cœur du débat pays, elles produisent public, mais c’est à l’évidence
rejet ou sentiment d’inefficacité devenue une condition centrale
le chiffre
des DRH pensent qu’accompagner la transformation de l’entreprise est la priorité de la fonction RH.
Baromètre des DRH, Gras Savoye Willis Towers Watson, édition 2019
Investir dans la formation, c’est conjuguer au présent mais aussi au futur le souci des
hommes et le souci des résultats.”
Philippe Bloch conférencier, animateur et entrepreneur
L’Esigelec de Rouen SaP ses étudiantes...
L’école d’ingénieurs a fait de l’égalité professionnelle femmes-hommes l’un de ses principaux axes de développement. Forte d’un taux de
21 % d’étudiantes, l’école veut promouvoir les carrières au féminin via
son partenariat avec le groupe SAP. Dans ce contexte,
le Girls’ Lounge, considéré comme un incubateur qui accélère la participation des femmes au développement de nouvelles technologies, va encore plus loin. Il n’est plus seulement question d’ouvrir aux femmes des carrières aussi prometteuses que leurs homologues masculins, mais de penser les usages, les innovations et
le progrès de demain. Les étudiantes de l’Esigelec bénéficieront d’un accompagnement et d’un coaching personnalisés. Objectif : développer un véritable pôle d’expertise autour des technologies SAP et de positionner les femmes au centre de ce projet.
... et renforce sa présence en asie
En 2019, 20 % des diplômés de l’Esigelec occupent des missions de premier plan à l’international. Pour renforcer cette présence à étranger, l’école annonce le développement de trois nouveaux projets en Asie : en Chine, l’école d’ingénieurs encourage le développement d’un réseau de classes d’adaptation linguistique, méthodologique et culturelle via la signature de nouveaux accords avec des lycées partenaires à Hangzhou et Guangzhou, en plus des trois déjà existants à Shanghai, Pékin et Hangzhou. En Inde, elle ouvre de nouveaux cursus tels qu’un MSc (master of science) aux étudiants de l’université de Muthoot. Au Sri-Lanka, frécemment touché par des attentats dramatiques, l’Esigelec poursuit
le développement de sa classe préparatoire (augmentation des effectifs depuis sa création en 2016) et ouverture du même dispositif dans la ville de Kandi.
L’ieseg renforce son executive education en italie
Nouveau partenariat signé entre l’école de commerce
lilloise et l’école italienne Luiss Business School. Cette
collaboration est centrée autour d’un programme de
formation continue en Family Business Management qui débutera
en Italie en février 2019. Objectif : préparer au mieux les héritiers d’entreprises en Italie à reprendre et développer l’entreprise familiale. « Les entreprises familiales sont au cœur de l’économie française
et italienne », explique Antonio Giangreco, directeur des relations internationales à l’Iéseg.
 la SIA
82%
          perceptibles par certains d’entre nous.
L’État moderne s’est constitué avec une vision régalienne de son rôle, normative dans son action. Or, dans une société où chacun aspire à pouvoir donner son avis, à pouvoir contribuer, à être par- tie prenante du destin commun et partagé, c’est un État facilita- teur auquel nous aspirons, qui est en capacité d’apporter une valeur ajoutée opérationnelle et concrète, tangible au quotidien. Cela conduit à transformer en profondeur les modes opéra- toires, les règles qui gouvernent le fonctionnement de la puissance publique tant au niveau national que local, la formation et l’adap- tabilité de ceux qui conduisent l’État.
Dans une société médiatique
de la réussite de toute action po- litique.
À cet égard, l’État est particu- lièrement en retard car en réalité, au lieu de former, d’accompa- gner et de manager les citoyens qui sont par leurs métiers, des agents publics, l’État-employeur les a conduits à exécuter de façon hiérarchique, les ordres dont ils conçoivent eux-mêmes qu’ils ne sont pas toujours pertinents et donc efficients.
Quand il y a une transfor- mation, dans tous les grands groupes, dans toutes les entre- prises françaises, il y a nécessai- rement un accompagnement. À l’État, désormais de renverser la table c’est à dire d’apprendre à former et travailler autre- ment. n
   60 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[                                      Partagez notre vision du recrutement de demain
Découvrez pourquoi et comment les acteurs de l’emploi
doivent continuer à ouvrir leurs recrutements à plus de diversité, pour faire face aux changements : rapport au travail des candidats, transformation des entreprises et ruptures technologiques.
INTÉRIM I CDD I CDI I FREE-LANCE TECHNICIENS I CADRES I DIRIGEANTS
01 41 92 72 72 relationsclients@michaelpage.fr
                                            vous accompagne dans vos enjeux de transformation RH
 ]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
briefing rh & formation
L’Edhec et l’École W créent un double diplôme pour
inside audencia : immersion pour préparationnaires
 Àune année de plus
L’école nantaise vient d’accueillir pour la seconde
fois une soixantaine d’étudiants de classes
préparatoires pour découvrir le programme grande école. Ce format, appelé Inside Audencia, est donc un événement immersif d’une durée de plusieurs jours. Les préparationnaires ont suivi des cours, rencontré des étudiants, découvert le réseau des diplômés et les campus nantais d’Audencia pour terminer par une visite de la ville de Nantes. Ce dispositif s’ajoute aux nombreuses actions de l’école en faveur du continuum CPGE-GE. Nicolas Arnaud, directeur du Programme grande école d’Audencia, précise :
« À l’issue de la première édition, les préparationnaires nous ont confié avoir été convaincus par cet événement inédit : il leur a permis d’apprécier la grande diversité des parcours possibles au sein de l’école, d’échanger en direct avec d’autres étudiants et de se laisser séduire par la ville de Nantes. En vivant l’expérience au plus près des étudiants, ils pourront observer la réelle proximité qui existe avec l’ensemble des intervenants du Programme grande école et sa direction ».
Bachelor Sécurité, Systèmes et Réseaux chez Efrei Paris et 3iL ingénieurs
Cette formation professionnalisante d’un an en alternance est à destination des titulaires d’un bac +2 à dominante informatique. Ce bachelor Sécurité, Systèmes et Réseaux d’Efrei Paris et 3iL Ingénieurs vise à former des professionnels capables de concevoir une architecture systèmes et réseaux et de mettre au service des clients et entreprises des
compétences recherchées en gestion de projets et communication. Ce nouveau diplôme entend répondre aux besoins de recrutement sur des métiers tels que technicien d’infrastructure, intégrateur d’exploitation, responsable des systèmes applicatifs ou encore administrateur systèmes et réseaux.
Diplôme informatique en cybersécurité, CPE Lyon
Cette nouvelle formation professionnalisante se destinera en priorité aux étudiants titulaires d’un BTS SIO ou SN. En partenariat avec l’Institut des techniques d’ingénieurs de l’industrie de Lyon, et l’Institution des Chartreux, le cursus propose un mélange entre formation initiale et formation en apprentissage. L’enseignement a été conçu à partir de nouvelles pédagogies actives et interactives, par problèmes et par projets, et se concentre sur trois domaines principaux : conception logicielle et la gouvernance de données/DevOps (un mouvement en ingénierie informatique et une pratique technique visant à l’unification du développement logiciel – dev – et de l’administration des infrastructures informatiques – ops –, notamment l’administration système)/sécurité informatique.
Baromètre RH 2019 :
82 % des DRH veulent accompagner la transformation de l’entreprise, première priorité
Quels autres enseignements tirer de cette édition 2019 à laquelle ont répondu 140 DRH, tous les secteurs d’activités et industries confondus ?
• Deuxième priorité : attirer, retenir et engager les salariés est une priorité fondamentale pour 74 % des répondants. Suivie par la transformation numérique de la fonction pour 41 %.
• Cette transformation de l’entreprise passe avant tout par la mise en place d’une culture favorisant l’innovation et l’agilité (81 %), et la mise en place d’une gestion des emplois et des parcours professionnels (65 %).
• Face aux enjeux de transformation des entreprises, le développement des compétences (94 %) et le renforcement de l’attractivité et de la marque employeur (94 %), sont les grandes priorités de leur politique de gestion des talents : des approches ambitieuses et visibles auprès des salariés.
 compter de septembre prochain, chacune des
deux écoles proposera un double diplôme
pour enrichir le cursus initial de leurs ouailles
par une année de formation complémentaire. D’un côté, les
étudiants de l’École W compléteront leur bachelor par une année supplé- mentaire au sein de la Filière International Business Track en anglais du BBA de l’Edhec, sur le campus de Lille ou de Nice. De l’autre, les étudiants de l’Edhec de l’international BBA ont la possibilité de s’inscrire une année à l’École W en choisissant une majeure parmi les domaines journalisme, documentaire, fiction, marketing et communication numérique. Les étu- diants qui auront validé l’ensemble de leur double cursus obtiendront le diplôme de l’École W et celui de l’Edhec International BBA. n
Challenge Open ISEG
Les SUPER HER’EaU lauréat de la 10e édition !
Présentés le 4 avril à un jury composé de professionnels reconnus dans leur do- maine, trois projets – sur 10 finalistes tous récompensés d’une dotation de 2 000 euros chacun – ont été primés. Cette année, ce sont des projets environnementaux et so- ciétaux que nous retrouvons aux premières places, dont certains sont déjà bien actifs ! À suivre...
1er prix – 10 000€ : Les Super Her’eau (Louise Horeau et Valentine Joly - Campus de Bordeaux)
Projet d’escape game ludique et pédagogique destiné aux enfants afin de pour lutter contre la pollution marine. Leur objectif pendant cet escape game – dans un univers où la baignade est interdite depuis 10 ans – est de rendre l’océan plus propre et de réhabiliter le lieu de baignade !
2e prix – 7 000€ : Le camion du bien (Hektor Barth, Mégane Boudot, Ydriss Mercier – Campus de Lille)
Accompagnés des Explorateurs de la fête, cette équipe sillonne les festivals afin de prévenir et de réduire les comportements à risque lors de festivals et grandes soirées. L’équipage de bénévoles a pour mission de protéger cha- cun des abus en milieu festif et cela de manière ludique sans être moralisa- teur. (page Facebook)
3e prix – 5 000€ : Loys & Hammer (Coralie Comblez – Campus de Paris) Marque de maroquinerie artisanale, éthique et tatouée à destination des femmes et des hommes qui sont dans une approche de slow fashion. Née d’un concept unique, cette marque se veut 100% fait-main, 100% made in France et 100% issue de la réutilisation de chutes de cuir de grandes mai- sons de luxe.
Jury du Challenge Open Iseg X
Nordine Benali, Directeur Adjoint Département Conquête Partenariats et Prescription - Banque Populaire Rives de Paris, Marc Drillech, Direc- teur général - IONIS Education Group, Jacques Huybrechts, Fondateur réseau Entrepreneurs d’avenir, Marie-Laure Idée, Responsable Incubateur IONIS 361 Paris, Jean-Baptiste Leprince, Fondateur & directeur de la pu- blication - EcoRéseau Business / Président LMedia, Charles Rambeau, Directeur associé - Tout Le Monde Aime Les Pingouins, Président du Club des Entrepreneurs de 2AI - l’Association des Anciens ISEG, Mathilde Vi- goureux, Chef de projet senior - Momentys, Vice-présidente de 2AI - l’As- sociation des Anciens ISEG, Béatrice Vendeaud, Directeur des partena- riats entreprises et du réseau des Anciens - ISEG Group, Laëtitia Vuitton, Présidente En Mode Culture / Culture Pub
   62 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[   manager autrement
pratique
aussi pour les carrossiers automo-   de même avant de candidater, tout
   Réseaux sociaux et
bile, les géomètres, les couvreurs, les charpentiers, les aides à domicile, les agents qualifiés de traitement ther- mique et de surface (cf l’édition 2019 des Besoins en main d’œuvre publiée par Pôle Emploi). « Le marché est frappé par un vrai souci d’adéqua- tion entre l’offre et la demande, constate Flavien Chantrel, respon- sable éditorial chez HelloWork (qui regroupe notamment ParisJob et RégionsJob). On peut avoir des postes, mais les compétences à mettre en face font parfois défaut. Les recruteurs ne vont pas attendre la venue des candidats sur leur site, d’autant qu’ils ont besoin d’en avoir deux ou trois qualifiés », autrement dit qui « matchent » vraiment avec le poste à pourvoir. Les entreprises ont aujourd’hui davantage recours aux réseaux sociaux pour trouver la perle rare que l’inverse. Et Flavien Chan- trel de rappeler la loi de Vilfredo Pareto, économiste italien du début du xxe siècle : « 80 % des efforts des recruteurs se concentrent sur 20 % de leurs recrutements. Ils utilisent de plus en plus d’outils pour mener à bien leur tâche, mais si le candidat rentre par la fenêtre – un contact avec le recruteur en direct – il risque de les déranger. Le risque de polluer le travail du recruteur. Les réseaux sociaux doivent être utilisés avant tout pour se renseigner sur un poste, sur l’ambiance dans l’entreprise. »
Tripadvisor de l’emploi
Les gens se renseignent beaucoup avant de choisir un hôtel, ils font
SISU
comme les recruteurs avant d’avan- cer dans le processus de recrute- ment. Selon la dernière étude d’Hel- loWork, parue en décembre 2018, ils sont ainsi 82 % côté candidats et 83 % côté recruteurs à le faire. « Ils vont se documenter pour obtenir une vue inside, commente Julien Nique, di- recteur marketing chez Cadremploi, pour s’assurer que l’entreprise est bien en phase avec leurs priorités. Et les collaborateurs manifestent une vraie velléité de partager la réalité de ce qui se passe – conditions de tra- vail, développement du télétravail... –, le tout sans filtre. Mais, ce n’est en rien un défouloir non plus. » En un an, la plate-forme de Cadremploi a recueilli 1,1 million d’avis supplé- mentaires sur « l’expérience salarié » pour atteindre les quelque 7,1 mil- lions de contributions.
Cette ouverture vers l’extérieur s’opère via le truchement de plates- formes dédiées ou, pour reprendre le cas d’Alten, sur un canal interne, mais aussi sur Facebook, YouTube pour porter la marque employeur au-delà. « Les usages ont explosé, souligne Flavien Chantrel, avec la logique du double écran. Le trafic sur le mobile dépasse maintenant celui à partir de l’ordinateur fixe. Il y a trois ou quatre ans, c’était l’inverse. On veut postuler comme on commande à manger. Une dé- marche qui perd un peu de son cé- rémonial, mais qui ne veut en rien dire que les candidats ont moins envie d’y aller. »
mURiELLE WOLSKi
recherche d’emploi
Des canaux curieusement sous-utilisés...
Ils semblent incontournables, omniprésents, indispensables dans nos vies, la publicité nous vante leur efficacité de « recruteurs », mais pourtant le réflexe de les solliciter pour dénicher un emploi est loin
Sd’être automatique. Diagnostic.
téphane Dahan reçoit cin-   Mais Alten ne reflète en rien la réali-
   quante demandes par jour de contact direct via les ré- seaux sociaux. Ce recruteur
d’ingénieurs pour le compte d’Al- ten présent sur Viadeo ou LinkedIn apprécie la démarche. « J’ai accès au CV du candidat, lui au mien. Il peut savoir qui je suis. Ce contact autorise de rentrer dans une rela- tion d’égal à égal, sans cette posture d’évaluation. » Et de cet accès direct, Stéphane Dahan en a besoin pour boucler les quelque 4 000 embauches prévues en 2019. Un tiers des re- crutements sont issus des réseaux sociaux. « Cette population d’in- génieurs est plutôt consommatrice de ces canaux de mise en relation », estime le recruteur de ce poids lourd en ingénierie et conseils en techno- logies. En 2018, 1 000 ingénieurs ont été ainsi recrutés via LinkedIn.
té du marché. Aussi surprenant que ça puisse paraître, « seuls 14 % des utilisateurs des réseaux sociaux en général utilisent/construisent leur communauté sociale dans le but d’aider leur carrière, pour trouver un emploi... Même si 42 % pensent que c’est un réel avantage. » C’est Linke- dIn, le réseau social américain, fort de 610 millions de membres dans le monde et 17 millions en France, avec une embauche toutes les huit secondes, qui le dit dans une étude diffusée à l’occasion de sa campagne de communication numérique, conduite de la mi-mars à ce début mai.
Rapport de force inversé
Les entreprises peinent à recruter aujourd’hui. Et c’est tout particuliè- rement le cas pour les cadres, mais
    Manager n’est pas jouer !
  Àmoins que vous ne par-   nos visites, les échanges sont plus   expériences à petite échelle plutôt   facilitent la transmission du savoir.
   Frédéric
Rey-millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
liez couramment finlan- dais, le titre de cet article peut vous paraître énig-
matique...
Avec une délégation de dirigeants
français, j’ai participé il y a quelques semaines à une « learning expedi- tion » en Finlande. Traduit en fran- çais, sisu veut dire persévérance ou ténacité. Pas étonnant dans un pays où les températures peuvent des- cendre 30° en dessous de zéro.
Que retenir de la visite des six en- treprises rencontrées ?
directs, plus synthétiques et ne sont pas pollués par des jeux politiques comme en France.
Puisque la confiance est présente par défaut, l’agilité et la capacité à changer sont comme une seconde nature pour les Finlandais. Par exemple YLE (équivalent de TF1 en Finlande) s’est lancé en 2009 dans un programme de transformation culturelle réussie grâce à une dé- marche Lean Agile.
que de se lancer dans un long pro- jet, coûteux et forcément risqué. Ce qui facilite la transformation, ce ne sont pas les outils ou les méthodes mais la posture individuelle. Les leaders apparaissent comme étant ceux qui créent de la valeur là où ils interviennent. Ils font partie de ré- seaux en interne ou en externe. Par leur curiosité ils suscitent le goût du changement et facilitent la transfor- mation culturelle.
Cette curiosité est le socle de Proakatemia. Cette école délivre une licence à des étudiants entre- preneurs, qui durant leur cursus doivent créer de vraies entreprises. 40 % d’entre eux d’ailleurs conti- nuent leur activité au terme de leur scolarité. Il n’existe aucun profes- seur pour enseigner les fondamen-
75 % du temps sont consacrés à du travail de groupe où les étudiants apprennent les uns des autres. Les 25 % restants sont dédiés à la lec- ture d’ouvrages de management, de code informatique ou de philo- sophie.
Et c’est bien le point-clé de cette « learning expedition ». Nous avons autant appris de nos hôtes finlan- dais que de nos échanges entre di- rigeants français. Saint-Augustin disait que le monde est un livre et ceux qui ne voyagent pas ne lisent qu’une seule page. Et vous, à quand un voyage apprenant pour devenir meilleur sur ce qui compte pour vous ?
Hyvä Päivä (bonne journée en fin- nois). n
Leur mantra tient en une phrase : « Aller là où personne n’est jamais allé... » Cela veut dire refuser de faire du copier-coller, inventer son propre chemin et assumer son an- ticonformisme.
Par défaut, le logiciel des Fin-
landais est réglé sur confiance.
Plus de 80 % d’entre eux déclarent
faire confiance a priori alors qu’en
France ce chiffre ne dépasse pas
40 % (source Eurobarometer
471-avril 2018). Cela simplifie forcé-
ment la relation au travail. Durant   le monde et donc privilégier des   taux aux élèves, juste des coachs qui
C’est également résister à la ten- tation de vouloir embarquer tout
 ecoreseau.fr mai 2019 | 63
]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
carrières & talents
   Des MBA moins M
School en Espagne. À force de se montrer époustouflants, ces taux sont devenus suspects aux yeux de certains ! « À part chez les acteurs majeurs du marché, le retour sur investissement en es- pèces sonnantes et trébuchantes n’est pas immédiat, commente sans détour Alain Kruger, direc- teur des MBA ESG. Les évolu- tions que l’on va rencontrer sont de l’ordre de 10 à 30 % dans les trois à six ans post-MBA, mais assurément pas de l’ordre de 50 % à 100 % comme on peut le lire parfois. En outre, 60 % des participants restent dans leur en- treprise d’origine, ce qui signifie une relative stagnation que vous ne connaîtriez pas en changeant d’entreprise. Les storytellings du passé ne sont plus possibles. » Débit important, voix posée, Thibault de La Rivière, directeur de Sup de luxe, dit « vouloir lutter contre ces discours qui mentent clairement. Avec un MBA, et précisément dans le luxe, on ne devient pas forcément le roi du monde, mais on apporte une aide au développement d’un produit ou d’une marque. Et pas pour des salaires très élevés. C’est tout. » D’ailleurs, apprend- on, The Financial Times envisage de revoir sa copie, de reprendre les critères d’évaluation.
Cursus de chef
de gare américain
Puis de telles données ne re- flètent qu’une partie de l’offre. « Les MBA, c’est du commerce bien fait, analyse Thierry Grange, fin connaisseur du système pour avoir été à la tête de Grenoble École de management (GEM) pendant dix ans et membre actif des organismes internationaux d’accréditation. Il y en a plé- thore. Il en existe pour tous les profils, toutes les entreprises, à tous les prix. Calculer la renta- bilité d’un programme demande de déterminer d’où l’on vient et ce à quoi l’on veut accéder. Plus cette distance est grande, plus le retour sur investissement sera élevé », balance Thierry Grange, toujours enjoué et vibrant pour parler de ce cursus créé en 1903 pour former les salariés qui tra- vaillaient sur les lignes de che- min de fer américaines et les faire accéder au poste de chef de gare ! Un cursus pour chef de gare, ça n’est pas vendeur !
La planète compte aujourd’hui 266 programmes (33 % de plus en cinq ans) accrédités par la britannique AMBA (pour As-
  attractifs...
et un retour sur investissement moins tape-à-l’œil ?
Importé des États-Unis dans les années 1950, le master of business administration (MBA) jouit toujours d’une excellente notoriété, mais le discours évolue. Vers peut-être plus d’honnêteté ?
BA, un booster de carrière. Combien de fois a-t-on pu lire ce titre ? En
près de soixante-dix ans d’exis- tence sur le marché hexagonal, le master of business adminis- tration a réussi à se façonner une solide notoriété. C’est à la business school qui affichera le meilleur gain salarial, la meil- leure promotion professionnelle pour attirer les candidats aux pé- digrées les plus élevés... Chaque année, le quotidien britannique The Financial Times vient faire ou défaire des réputations d’éta- blissements prestigieux, avec son classement annuel, progressions salariales à la clé. On y apprend ainsi que le bellifontain Insead a reculé de deux places en deux ans, devancé dorénavant sur le podium par Stanford et Har- vard. Toutefois, les bonds de sa- laire répertoriés par ce quotidien atteignent 104 % pour l’Insead, 131 % pour Singapour, 183 % pour Ceibs en Chine ou bien en- core 128 % pour Iese Business
 Pour beaucoup, MBA rime avec « vache-à-lait ». Mais la clientèle du MBA évolue, et ses attentes
en matière de Return on investment (ROI) aussi.
     64 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                 PARIS | NANTES | BEIJING | SHENZHEN
  PARIS OU NANTES
BILINGUE FR/EN OU FULL ENGLISH
   OSEZ TRANSFORMER VOTRE HORIZON PROFESSIONNEL
 – ÉCOLE TRIPLEMENT ACCRÉDITÉE
– 4 CAMPUS
– 3 CONTINENTS
– UN RÉSEAU D’ALUMNI ACTIF ET OUVERT
À DE NOUVEAUX TALENTS
– PARMI LES MEILLEURS MBA MONDIAUX
– 7 RENTRÉES
– 2 LEARNING TRIPS À L’INTERNATIONAL POUR
DÉCOUVRIR DES SUCCÈS ENTREPRENEURIAUX – 15 MODULES DE SPÉCIALITÉ
– 150 DIRIGEANTS FORMÉS/AN
                                        audencia.com
                                        EXECUTIVE
MBA
 ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
carrières & talents
        sociation of MBA), dont 23 en France. Chief executive, Andrew Main Wilson annonce la fu- ture reconnaissance d’un, voire deux programmes tricolores supplémentaires dans les mois à venir – dont celui de l’Essec. Pour reprendre l’expression de Charles Berger, directeur des programmes MBA et MSc au sein de lISC Paris, « une telle accréditation, c’est comme dé- crocher une étoile au guide Mi- chelin ». De quoi faire aussi le tri parmi les établissements. En 2016, 43 000 participants ont été recensés dans le monde, pour ces programmes – en global ou en format executive, autrement dit sur deux ou trois jours. Et le tout souvent à des prix très élevés. Pour beaucoup, MBA rime avec « vache-à-lait ». Mais la clientèle du MBA évolue, et ses attentes en matière de Return on invest- ment (ROI) aussi.
“Money is no more enough”
Prénom : Stéphanie. Nom : Scouppe. Sa fonction avant son
MBA ? Directrice générale Dé- veloppement responsable et Déontologie du groupe La Poste. Quel ROI pour son MBA préparé ilyasixans?«Améliorerla coopération avec des fonctions supports, détaille-t-elle, asseoir des compétences, élargir le champ de compréhension de l’entreprise et pouvoir développer une argumentation plus précise, plus technique pour préciser comment mes matières peuvent interférer avec les leurs... Un sas d’ouverture. » Et Stéphanie Scouppe de dérouler pendant plusieurs minutes sa perception. Pas un mot sur le volet financier. « L’argent n’est pas un moteur, ajoute-t-elle. Je préfère être moins payée, mais travailler avec un chef qui me fasse grandir. Le ROI doit se si- tuer sur le plan humain. »
Stéphanie Scouppe n’est pas « un cas » isolé. Samir Es Saba- hi s’inscrit dans la même dé- marche. Ce pur produit indus- triel, directeur d’une cimenterie pour le compte de Lafarge Hol- cim en Algérie, insiste sur « la transformation personnelle.
   Le temps nécessaire pour amortir les frais engagés s’étale plus facilement sur quatre ou cinq ans désormais.
Et sur son envie d’« explorer   chologique de la quarantaine
    de nouveaux horizons, comme l’entrepreneuriat humanitaire, la crypto-monnaie – pourquoi pas pour les migrants ? L’objectif est de mieux comprendre notre environnement, de pouvoir me positionner plus efficacement. » L’un et l’autre ont choisi l’exe- cutive MBA d’HEC. À travers ces deux parcours, on s’éloigne grandement du modèle du cadre aux dents longues. Face aux par- cours empruntés par les anciens du MBA, Hervé Remaud, pro- fesseur à Kedge Business school, aime à parler de « ROI immaté- riel, parce que le MBA coïncide souvent avec un retour sur soi, à un ressourcement. Avec une dimension entrepreneuriale de plus en plus marquée qui donne un aspect proactif de la conduite des affaires qui séduit. »
– âge classique pour se lancer à l’assaut d’un MBA –, les men- talités évoluent. « Le gap salarial n’est pas la motivation première, ajoute Alain Kruger, dont l’éta- blissement a fait du marché des MBA sa spécialité. Et puis, il y a aussi des retours de flamme. » Stéphanie Scouppe abonde dans ce sens. « Les désillusions sont parfois au rendez-vous. La re- cherche à tout prix du ROI est à double-tranchant. L’emballe- ment risque de se conclure par un licenciement. »
Les PME sont dans le jeu
« Nos étudiants ne sont pas déconnectés des réalités, commente Phil Eyre, directeur des programmes MBA au sein de Grenoble École de manage- ment (GEM). Il est question des gilets jaunes, de l’inégalité dans
Effet de la crise économique
ou traditionnelle crise psy-   la distribution des richesses. La
 66 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[  carrières & talents
sustainability est très plébiscitée.   grimpe à 47 % pour les anciens   professionnelle, les financements
sont à l’arrêt, commente aussi Anne Villate. Entre novembre et février, par exemple, aucun dos- sier n’a pu profiter d’une prise en charge au titre du compte personnel de formation, CPF. Nous avons vécu une année d’at- tentisme. » À en croire quelques acteurs du marché, au-delà de 18 000 euros – prix modeste pour un MBA –, tout serait à la charge des candidats.
Les MBA traverseraient donc une crise. Une baisse d’attrac- tivité. Ceux qui en subissent le plus les conséquences sont situés en Île-de-France. Les directions financières des sièges sociaux implantés dans le quartier de La Défense ou dans le nouvel eldorado des affaires qu’est la Seine-Saint-Denis ont resser- ré les cordons de la bourse. Les budgets ont triste mine. Et c’est sans compter le manque d’at- tractivité des tarifs au plan in- ternational. Pas assez chers, ils manquent de crédibilité. Tout est relatif, finalement.
mURiELLE WOLSKi
pratique
     Les centres d’intérêt ont évolué
avec les années, depuis la crise de
2008 surtout. » Développement
durable, humanitaire... autant
de secteurs autrefois délaissés
par les détenteurs d’un MBA,
cette Roll’s Royce du manage-
ment. Intégrer un grand groupe
n’est pas le seul schéma en tête.
« Depuis deux ans, une tendance   décrochés. De deux ou trois ans
de la promo 2018 du MBA d’Au- dencia, « à corréler avec le tissu économique du grand ouest », précise Anne Villate, respon- sable du recrutement pour l’exe- cutive MBA.
De tels chiffres ne sont pas sans conséquence sur les rétri- butions des nouveaux emplois
 À en croire quelques acteurs du marché, au-delà de 18 000 euros – prix modeste pour
un MBA –, tout serait à la charge des candidats.
nouvelle se dessine, souligne   à l’origine, le temps nécessaire
      Charles Berger, qui est de voir l’intérêt suscité par les start-up. » Les dernières statistiques de cette école parisienne sont très nettes : 50 % dans une grosse boîte, 20 % dans une start-up, 30 % dans une entreprise de taille intermé- diaire (ETI). TPE-PME ? Ce taux
pour amortir les frais engagés s’étale plus facilement sur quatre ou cinq ans désormais. D’au- tant que les entreprises mettent moins la main au porte-mon- naie pour les formations des hauts dirigeants. « Avec la ré- forme en cours de la formation
    ecoreseau.fr mai 2019 | 67
]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[  vie privée
par christophe combarieu
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
cd
Capuçon et le « cinéma »
Le cinéma a toujours fasciné Renaud Capuçon lequel a toujours mis un point d’honneur à rendre ses interprétations les plus cinématographiques possible! Car
il estime que « la musique transcende les images
et donne du relief à nos émotions ». Accompagné par le Philharmonique
de Bruxelles et le chef
Stéphane Denève, il revisite les musiques de films de Cosma, Legrand, Morricone, Rota, Delerue... Avec un bonus: le DVD live de
son récent concert à l’Olympia. Éclectique et charmeur ! Erato
Brel, Ces gens-là
Un casting incroyable est
réuni pour un album en forme d’hommage au grand Jacques. Eh oui, il aurait eu 90 ans en avril! Autour de la diva Marianne Faithfull, toutes les générations
de chanteurs, de Jonasz à Slimane, d’Oxmo Puccino à Bernard Lavilliers en passant par Carla Bruni, Melody Gardot ou Thomas Dutronc, ont relevé le défi périlleux de la reprise! Pari
relevé haut la main ! Le plat pays ou Le Port d’Amsterdam comme vous ne les avez jamais entendus. Decca
Schubert
par andras Schiff
L’immense pianiste d’origine hongroise joue comme il est: c’est un aristocrate du clavier. Il déteste l’emphase et la vulgarité, et se
refuse à tout effet gratuit. Normal donc que, après Bach, il soit aussi l’interprète rêvé pour la musique
de Schubert. Comme
personne, il retranscrit
la quintessence viennoise des sonates et des impromptus avec un timbre, un toucher à la fois doux, mélancolique et chantant.
Un must! ECM/Universal
68 | mai 2019 ecoreseau.fr
culture & co
  danse
   RTutu
etour tant espéré des Chicos Mambos, une troupe qui avait triomphé en 2018 avec son show Tutu. Signé Philippe Lafeuille, il met en scène six danseurs – co- médiens uniques en leur genre, car ils nous entraînent
dans un authentique maelstrom visuel bourré d’humour. On découvre une ode à la danse où la dérision côtoie l’exigence: vingt tableaux fous où chaque scène surprend dans un uni- vers théâtral et fantasque! L’idée est de rendre hommage aux icônes du ballet, toutes disciplines chorégraphiques confon- dues : classique naturellement, mais aussi contemporaine, rythmique, acrobatique, et même de salon! Au total, plus de quarante personnages incarnés par ces six showmen au cœur d’un univers survitaminé! Déjà 200000 spectateurs et 400 représentations à travers le monde. Pourquoi pas vous? n
À Bobino jusqu’au 2 juin
    1
miLLiaRD
DE DOLLaRS
C’est le chiffre d’affaire annuel généré par la série Game of Thrones! Les acteurs ne sont pas en reste puisqu’ils sont rémunérés 500 000 dollars par épisode !
expo
  Les Soviets
pluralisme artistique, avec priorité au goulag et aux hommes athlètes, le tout agrémenté de photomon- tages iconiques ! Aucun doute, on ne peut que rester pantois devant les projets architecturaux gigantesques sans oublier le luxueux métro mos- covite ! Pour ceux qui n’ont pas peur de voir rouge après cette expo ! n Rouge, art et utopie au pays des Soviets, Grand Palais jusqu’au 1er juillet.
Just Charlie
Charlie est un adolescent destiné
à un bel avenir dans le football et
son père voit en lui le professionnel
qu’il n’a jamais pu être. Mais plus
sa vie avance, plus son corps le
dérange... Un film rare sur la
transidentité et sur la souffrance
de ceux qui se sentent coincés à l’intérieur d’eux-mêmes. Entre l’incompréhension
et la déception d’un père protecteur d’une part, et l’amour d’une mère qui ne souhaite que lui offrir sa liberté, Charlie sombre, et la cellule familiale vole en éclat. Just Charlie ne se concentre pas uniquement sur la transsexualité, mais plus généralement sur l’acceptation de la sexualité des autres et
de soi-même. Le jeune acteur Harry Gilby est à suivre de près tant il propose ici une impressionnante performance d’acteur. Sortie en salles le 15 mai
au Grand
lution d’octobre 1917 à la mise en place progressive du réalisme strict et socialiste de Staline. Des constructivistes des premières an- nées au groupe d’artistes influents Octobre, tous nous présentent leurs projets d’une société nouvelle, avec en point d’orgue les maquettes de Kroutikov, la ville délirante du fu- tur version 1920 ! Le tout présenté dans une scénographie impression- nante. Mais qui dit Staline dit fin du
 Palais
L’art soviétique bénéficie d’une rétrospective géante au Grand Pa- lais. Une exposition monumentale riche de plus de 400 œuvres aux ambiances multiples : de la révo-
ciné
Les Chinois et moi
Quand le réalisateur français Renaud Cohen est engagé par une société chinoise pour produire une
des séries les plus regardées d’Asie, il ne s’imaginait pas une seule seconde qu’il allait vivre le tournage le plus rocambolesque de sa vie de cinéaste ! Jusqu’à
la dernière minute, les acteurs ne sont pas encore choisis, les textes ne sont pas finalisés, les réalisateurs pressentis jouent aux chaises musicales sur un planning qui ne cesse d’être modifié... Un documentaire fascinant sur les différences culturelles dans l’une des industries les plus prolifiques au monde ! Quand tout semble être bétonné des mois à l’avance en France,
les décisions se prennent la veille pour le lendemain
du côté de la Grande muraille... Quand les budgets explosent dans l’hexagone, les coupes budgétaires régissent le travail des Asiatiques. Un film de rencontres explosives mais enrichissantes, une incroyable épopée cinématographique. Sortie en salles le 15 mai
     ]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[  théâtre
Bronx avec Huster
C’est au Théâtre de Poche Montparnasse que Francis Huster clôt sa saison théâtrale avec cette performance d’acteur incroyable : dans cette pièce, signée Chazz Palminteri en
1986, il n’incarne pas moins de dix-huit personnages. L’histoire nous embarque donc dans le Bronx des années 1960, dans un univers glauque, mafieux, dans lequel un jeune garçon de neuf ans est le témoin d’un crime. Il a identifié l’assassin mais choisit de se taire face aux autorités.
Une attitude pour laquelle le meurtrier lui sera toujours reconnaissant, au point de le prendre sous son aile. Les années passent, le garçon flirtera entre deux vies, entre le New York du crime et de la pègre et celui de la droiture et de l’honnêteté. Dans un décor somptueux et une mise en scène au cordeau de Steve Suissa, Huster y
est magistral, passant d’un personnage à l’autre avec une aisance incroyable, à deux doigts de la schizophrénie, à l’image de Robert de Niro qui avait créé le rôle au cinéma en 1993. Incontournable ! En ce moment au Théâtre de Poche-Montparnasse, Paris 14e
Deux mensonges, une vérité
Dans la vie, il y a parfois des phrases que l’on regrette tout de suite d’avoir dites... Et c’est le cas de Philippe dans le délirant Deux mensonges
et une vérité. Le soir de son 27e anniversaire
de mariage, il va défendre bec et ongles
l’idée qu’après tout ce temps, ils n’ont plus
de quoi se surprendre ! Et pour lui prouver
qu’il a raison, il va lui proposer un jeu de la
vérité : sur trois affirmations, l’une est vraie,
les deux autres sont fausses ! Elle, il lui a suffi de deux minutes pour deviner ! Lui, il se prépare à des semaines de doutes et torture psychologique! Sur les planches, trois colosses du théâtre : Nicole Calfan, Jean-Luc Moreau et Stefan Wojtowicz, servis par un texte issu de l’imagination fertile du nouveau duo « bankable » de l’écriture scénique, Sebastien Blanc et Nicolas Poiret, le fils de Jean Poiret, dont, par moments, on devine la griffe héréditaire !
Une mécanique diablement huilée, une mise en scène impeccable, folle, qui méritent amplement
la nomination aux Molières 2018 de la meilleure comédie ! Actuellement au Théâtre Montparnasse, Paris 14e
mademoiselle molière
1661, le succès est enfin au rendez-vous
pour Molière, et il en profite pour annoncer
ses fiançailles avec Armande Béjart, la fille
de Madeleine, sa compagne depuis plus de
vingt ans... Une pièce qui nous embarque littéralement dans l’intimité du couple mythique du théâtre classique français. Tout simplement un petit bijou, nommé d’ailleurs cette année aux Molières dans les catégories « meilleur spectacle du théâtre privé » et « meilleure comédienne du théâtre privé » pour Anne Bouvier, remarquable de justesse et d’émotion. Distinctions méritées, grâce également à l’écriture fine de Gérard Savoisien et une mise en scène moderne et lumineuse signée Arnaud Denis. Jusqu’au 25 mai au Théâtre Rive Gauche, Paris 14e
culture & co dvd
vie privée
Une affaire de famille
Palme d’Or du Festival de Cannes 2018, Une affaire de famille étudie la place prépondérante des relations humaines
au Japon. Hirokazu Kore-
eda déroule tout au long
du film sa théorie: les
liens familiaux que l’on
se construit sont plus
importants que ceux
acquis par le sang. Une
critique violente à l’endroit
du gouvernement conservateur nippon, qui lui aura valu un mutisme total de la part des dirigeants japonais, d’habitude loin d’être avares en compliments lorsque leurs ressortissants sont primés à l’international...
Le Pacte
Un amour impossible
Adaptation du roman phare
de Christine Angot, Un amour impossible est devenu un film fleuve qui retrace l’ensemble de la vie de Rachel, une
modeste employée
de bureau livrée
aux préjugés des
classes sociales
dans la vie de couple.
Les thématiques
centrales vont au-
delà des histoires
d’amour romanesques habituelles et symbolisent avec son héroïne de nombreux aspects de la condition féminine dans les années 1950-1960. Virginie Efira, bouleversante, se révèle, et porte admirablement le rôle.
Le Pacte
amanda
David est un jeune adulte qui vit de petits boulots et de magouilles. Après la mort tragique de sa sœur aînée, Amanda, sa
nièce de sept ans, et
lui survivent à deux, se confrontent au deuil
et construisent leur
renouveau... Sous ses
aspects terre-à-terre,
Mikhaël Hers pointe
du doigt la noirceur et
la tristesse du monde
qui nous entoure, l’immédiateté de la douleur et l’importance de l’entraide dans la reconstruction affective. Émouvant, étonnant et intense, Amanda offre à Vincent Lacoste un de ses rôles les plus forts. Pyramide Vidéo
      opéra
 La Flûte
  enchantée
Là la Bastille
e dernier opéra de Mozart sera entendu soit comme un merveilleux conte pour enfants, soit comme la plus ardente méditation sur l’existence humaine. Et puis, c’est un ouvrage
de référence pour les francs-maçons: une belle his- toire féerique pour certains,
certes, mais le sujet de l’opéra
est aussi l’éducation de l’être
humain à accéder à une mo-
ralité plus élevée en acqué-
rant sagesse, amour et bonté.
Sans oublier l’aboutissement
de l’égalité entre la femme et
l’homme. Les obstacles qui
doivent être surmontés sont
le prix à payer pour accéder à la connaissance et à l’amour. Toute une dimension sociale et maçon- nique, donc, derrière ce chef-d’œuvre de Mozart! Sans aucun doute l’un des plus beaux spectacles de la saison, à l’opéra Bastille. Toujours les mêmes fi- celles de mise en scène de la part du génial Robert Carsen, mais, honnêtement, difficile de ne pas rester bouche bée. Un casting de rêve, dominé par le Pa- pageno de Florian Sampey et la Reine de la Nuit de la jeune soprano belge Julie Devos. n Opéra Bastille, jusqu’au 15 juin
   ecoreseau.fr mai 2019 | 69
]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
essais autos
 fiche technique
modèle essayé
 Citroën C5 aircross PureTech 180 S&S EaT8 Shine
 Tarif
 Àpartirde36400€
 Tarifs gamme essence
 dede29400à36400€
 Tarifs gamme diesel
 de31800à39300€
  Citroën C5 Aircross :
les sièges au magnifique cuir tabac, bien que confortables, révèlent une tenue médiocre dans les courbes. L’absence de réglage électrique côté passager est une « économie » re- grettable.Etdanslasériedes«ab- sents », un affichage tête haute, un park assist uniquement disponible en option et un GPS comme un système audio de qualité médiocre. En revanche, le combiné numé- rique, bien que moins futuriste que celui du 3008, remplit parfaitement sa fonction avec une belle ergono- mie de commande. Ce qui rend l’équipement somme toute assez généreux à la hauteur des attentes actuelles de la clientèle : alerte de franchissement de ligne, alerte de risque de collision, reconnaissance des panneaux de vitesse, régulateur
de vitesse adaptatif et conduite au- tonome de niveau 2, commutation automatique des feux de route, surveillance d’angle mort, camé- ra de recul, vision 360, système de grip control, recharge sans fil pour smartphone, etc.
Surtout, le C5 Aircross se dis- tingue de toute la concurrence par son incroyable confort grâce aux suspensions avec butées hydrau- liques progressives (de série sur toutes les versions), cette nouvelle génération de suspensions made by Citroën apparues sur la nouvelle C4 Cactus, héritage de la compéti- tion auto en rallye. Bluffant ! Un vé- ritable retour aux sources pour une marque qui fut longtemps syno- nyme de très grand confort roulant grâce à la suspension hydraulique.
Autre avantage du SUV « che- vronné », son volume (4,50 m de long, 5,5 cm de plus que le 3008) et sa modularité familiale avec un très grand coffre (de 580 à 720 litres, voire 1 630 litres une fois les sièges arrière escamotés), et surtout trois sièges arrière aussi confortables qu’à l’avant, individuels, coulis- sants, escamotables et inclinables. Sans oublier un toit ouvrant vitré panoramiquedegrandedimen- sion qui renforce la luminosité dans l’habitacle.
Côté mécanique, le C5 Air- cross, disponible uniquement en deux roues motrices, ne renie pas ses origines avec une très bonne tenue de route et une mécanique essence (180 chevaux) couplée à la désormais fameuse boîte auto à 8 rapports de PSA, sans reproches. La cavalerie essence se décline en 130 et 180 chevaux, de même que les moteurs diesel BlueHDi. Une version hybride rechargeable est at- tendue l’année prochaine. n
fiche technique
sur du velours
Le nouveau SUV français se démarque de ses concurrents par ses très grandes Cqualités de confort et de modularité qui en font un véritable véhicule familial.
e SUV compact aux che- hors qu’au-dedans. Copie presque vrons fera-t-il de l’ombre conforme du C3 Aircross en plus à son cousin 3008 du volumineux, il insuffle comme lui Lion, blockbuster incon- aussi quelques notes de modernité
testé de PSA ? C’est possible, tant extérieures avec des touches de cou-
le C5 Aircross est pétri de qualités, quand bien même le Peugeot fait aujourd’hui la course en tête sur le marché européen. Bien moins bling bling que ses autres cousins du groupe (DS3 Aircross, DS7 Aircross...) le C5 joue la carte de la discrétion paisible, tant au de-
leur (bas de caisse, barres de toit, bouclier avant...) dans le respect des nouveaux codes esthétiques de la marque. Idem dans l’habitacle où qualité de finition se conjugue avec espace et design pour offrir un écrin carrément remarquable. Quelques regrets néanmoins : que
  La Peugeot 508 SW rebat les cartes du premium
Un régal ! La nouvelle 508
de Peugeot qui révolutionne les codes du segment des berlines familiales avec
son allure de coupé sport redistribue également les cartes sur le marché des breaks. La 508 SW lorgne avec insistance sur les versions shooting des breaks de chasse avec une ligne très dynamique. Plus courte (de 8 cm) et plus basse (de 6 cm) que le précédent modèle qu’elle remplace, la 508 de
70 | mai 2019 ecoreseau.fr
2019 affirme son ambition sur le premium du segment (encore dominé par les Allemands) par une finition excellente, une ergonomie sans failles, un confort digne d’une limousine (grâce aux remarquables sièges dotés d’une fonction massage à l’avant et à la suspension pilotée). Surtout, le break 508 a le même comportement sur la route que la berline dont il est dérivé, en tout point impressionnant : le
train avant et la direction sont d’une agilité diabolique. Sous le capot, le même moteur et la même boîte auto à 8 rapports que l’attelage essayé avec la
Citroën C5 Aircross (lire ci-dessus) : le 180 essence PureTech et la boîte Eat8 nous ont toutefois paru plus dynamiques en version Lion.
 modèle essayé
 Peugeot 508 SW GT Line PureTech 180 S&S EaT8
 Tarif
 Àpartirde41300€
 Tarifs gamme essence
 de33600à47300 €
 Tarifs gamme diesel
 de33600à48900 €
 ]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[ Ces ronchopathes qui nous cassent les oreilles...
propre bruit de soufflet de forge vous gêne (par définition vous ne vous entendez pas ronfler), mais bien parce que vous réduisez votre inspiration d’oxygène. Le meilleur moyen de ne pas recharger ses bat- teries, de vous sentir à plat au ré-
La ronchopathie dite chronique, soit grave, touche quelque 25 % des hommes et 15 % des femmes.
vie privée
prise d’âge. Mais la ronchopathie dite chronique, soit grave, touche quelque 25 % des hommes et 15 % des femmes. Facteurs aggravants : fatigue, alcool, certains médica- ments, obésité. Conséquence : 50 % des ronfleurs gênent leur conjoint,
santé
   «V
veil. Pire, la ronchopathie est qua- lifiée d’« asphyxie chronique ». Tout comme si vous souffriez d’apnée du sommeil, souvent complication majeure du ronflement. Dans le premier cas, les muscles et les tis- sus relâchés – souvent en raison de l’âge, mais les ronfleurs jeunes sont foison – gênent le passage de l’air, les tissus du fond du palais – le voile –, de la base de la langue et des parois vibrent. Dans le second, ce sont des pauses respiratoires dont le prolongement pourrait se révéler fatal.
En toute logique, les hommes (60 %) et les femmes (40 %) vont ronfler « un peu » au-delà de 40 ans. Carrément fort avec la
voire leur famille, voire... les voi- sins. C’est énorme, puisque la gêne conduit souvent à faire chambre à part, voire à divorcer...
Les traitements...
Pour éviter ces issues dramatiques et autres dommages collatéraux, pas moins d’une vingtaine de trai- tements, à choisir en fonction de la gravité de la ronchopathie : orthèse d’avancée mandibulaire (gout- tière), dilatateur (écarteur nasal), clip, oreiller, ceinture, bandeau, jugulaire et ceinture de menton, bague, bracelet, bandelette nasale, spray, pastilles, languettes, canule, patch ou chirurgie. Rapide tour d’horizon de ces techniques. Om
ous êtes roncho- pathe ! » Si votre médecin vous as-
Vous ronflez, tout bonnement. Ouf ? Normal ? Pas si sûr. C’est quand même une maladie, avec ses conséquences : primo, vous déran- gez souvent votre conjoint. Or le/la priver de sommeil n’est pas sujet à plaisanterie. Secundo, vous-même en souffrez. Non parce que votre
sène ce diagnostic, ne vous demandez pas de quel type de maladie grave vous voilà at- teint/e, ne lui posez pas la question de savoir ce qu’il vous reste à vivre.
les 14 dispositifs anti-ronflement
• L’orthèse compte parmi les plus efficaces, à condition de la supporter (10 à 150 euros).
• La bandelette nasale, comme l’écarteur, favorisent la respiration nasale plutôt que
par la bouche. Un « truc » de sportif également (une dizaine d’euros la boîte de 60).
• L’écarteur nasal et
le clip, plus discrets, accroissent la quantité d’oxygène inspirée (10 à 20 euros). Les sportifs l’utilisent, non pour ne pas ronfler sur leur selle,
mais pour accélérer l’absorption d’oxygène.
• L’oreiller à mémoire de forme pour aligner le dos et favoriser le sommeil en position latérale (pas toujours suffisant pour éradiquer le ronflement, compter 15 à 50 euros).
• La ceinture, plus contraignante avec la bosse dans le dos, vise au même but (à partir de 50 euros).
• Les anneaux auriculaires à point de pression (acupuncture sans aiguille), avec ou sans aimants, sont efficaces tout de suite ou à terme (10 à 40 euros).
• Un coup de spray lubrifie le fond de la gorge et le nez, une façon d’agir directement sur la cause, plutôt indiqué en cas de rhume ou de nez obstrué (10 à 20 euros).
• Le bandeau vous prend le menton et l’arrière
de la tête, pas très discrètement (environ 10 euros).
• Idem pour les pastilles de xhantane et autres extraits végétaux. Contre-indiquées pour l’apnée du sommeil (environ 10 euros la boîte de
15 pastilles).
• Idem pour les languettes à plaquer contre le palais. En se dissolvant, elles lubrifient les tissus naso-pharyngés (entre 8 et 16 euros selon le nombre).
• Le bracelet électronique vous envoie des décharges indolores pour vous faire changer de position (15 à 40 euros).
• La canule n’est pas jolie-jolie, mais supprime radicalement le bruit du ronfleur et limite les apnées. C’est un tube souple en silicone à enfoncer dans la bouche, gare au réflexe, muni d’un filtre (qui humidifie l’air respiré, compter de 50 à plus de 70 euros).
• Le patch se colle sur la bouche : la respiration par le nez devient obligatoire. Commercialisé aux États-Unis, pas forcément en Europe. Mais si les Américains l’ont adopté, on peut leur faire confiance...
• La chirurgie classique réduit sous anesthésie générale une partie de la luette, souvent hypertrophiée, ou du voile du palais, ou les deux, et l’on peut en profiter pour ôter les amygdales trop volumineuses (pharyngoplastie, deux jours d’hospitalisation, deux semaines d’arrêt de travail, compter 1 500 euros non remboursés sauf par certaines mutuelles). Il arrive que le ronflement réapparaisse...
• Le laser CO2, sans hospitalisation ni anesthésie, plusieurs séances.
• La radiofréquence qui rétracte les tissus, plusieurs séances.
     ecoreseau.fr mai 2019
| 71
]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
horlogerie & joaillerie
La nouvelle Royale Saphir de Pequignet
Ce modèle en acier de 42 mm de diamètre, met en lumière la créativité de la Maison avec son cadran architecturé en saphir teinté rehaussé d’inserts en métal argenté. Bracelet en alligator. Edition limitée à 50
exemplaires. 9 000 € www.pequignet.com
Nouvelle Fifty Fathoms en titane
Première montre de plongée moderne, la Fifty Fathoms
a immédiatement séduit les plongeurs professionnels,
puis civils, dès sa sortie en 1953. Toujours actuelle plus
de six décennies après, ses principales caractéristiques techniques et esthétiques originelles, revisitées et complétées d’un quantième dans les années 2000, sont à présent associées à un boîtier en titane.
G5000 Active Tourbillon de Bianchet
Il s’agit d’une pièce de Haute Horlogerie
(« Tourbillon »), destinée à une clientèle orientée sport et performance (« Active ») pouvant porter sa pièce en presque n’importe quelle condition grâce à une exceptionnelle robustesse aux « g » pour « gravité », mesurant une accélération perçue comme un poids par un corps (« G5000 »). bianchet.com
Les Néréides, amour Toujours
Fondée en 1980, cette maison française réinvente le bijou fantaisie en mêlant passion, créativité et un savoir-faire hérité de la haute-joaillerie. Ci-contre, boucles d’oreilles cœur et rouge-gorge, en laiton émaillé à la main et doré à l’or fin 18 carats.
120 € www.lesnereides.com
Body Energy mind, fitness & active wear
Lancéilyaunpeuplus d’un an, BEM est un
site de e-commerce spécialisé dans la vente de tenues de sport esthétiques, modernes et confortables. Brésilienne d’origine et passionnée de
sport, Marta propose en ligne une sélection éthique et pointue de marques confidentielles venues des quatre coins du monde. www.bem-store.com
Kanken, un design d’une durabilité exceptionnelle
Crée en 1978 pour prévenir
les problèmes de dos qui
commençaient à a ecter les
écoliers suédois, le Kånken
est conçu pour contenir
deux classeurs A4. Depuis,
la popularité du Kånken n’a
jamais cessée de croître. En
hommage à la créativité et
à la dévotion que ce remar-
quable sac à dos inspire, Fjällräven présente l’édition spéciale Kånken Art printemps-été 2019. 119,95 € www.fjallraven.fr
     14 670 € www.blancpain.com/fr
mode & accessoires
 Aubade et Viktor&Rolf
Aubade s’associe aux artistes avant-gardistes Viktor&Rolf pour créer une collection capsule exceptionnelle. Le nœud, motif récurrent chez Victor & Rolf, ajoute une touche de féminité
et d’audace à la collection, proposée en deux couleurs : un noir chic et profond et le coloris emblématique de Viktor & Rolf, intense et féminin, le rose bonbon. A partir de juin. www.aubade.fr
Orza, des maillots sublimement glamour
Chaque saison les collections reflètent
l’ADN de la marque : un hommage aux années 50 avec ses culottes hautes et gainantes, ses coupes épaulettes aux perles de verre brodées. Pour cette nouvelle collection haute couture printemps-été 2019, Aurélie Alezeraa retrouve ses premières inspirations : l’univers équestre, l’Espagne, le bohème chic... Le maillot de bain devient un véritable bijou.. www.orza.fr
    72 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[                  CHEMISES SUR-MESURE DE TRADITION FRANÇAISE
          3,rueduCirque-75008Paris | +33(0)147207375 www.daniel-levy.fr
P. SORDOILLET
]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
  bien-être
Edli, retour aux sources
Ce sont six compléments alimentaires 100% végétariens dont « la Terre adoucit » la gorge, en apportant bien- être et protection des voies respira- toires grâce aux propriétés anti-bacté- rienne de La Propolis.
La trousse SOS de 6 produits : 60 €. www.edli-nature.com/fr
alimentation, il faut
tout changer !
Fruit d’années d’observations et de réflexion,
ce livre passe au
crible les idées
reçues. Gérard Pacaud nous
y invite, par sa méthode « 85/15 » (85 % de fruits etlégumes, 15
% de viande ou
de poisson), modifier nos choix alimentaires selon trois principes essentiels : manger frais, local et diversifié. 400 pages 20 €
Eneomey Sunlight
Screen 50+
Pour vous offrir une protection intégrale et optimale, le laboratoire Eneomey élabore
le BIox. Inspiré par la nature, il protège non seulement des UV mais aussi de la lumière bleue et des infrarouges. 50 ml - 30 €
https://eneomey.com
  e Le 15
La Crème Riche de Jeunesse a une action repulpante immédiate, elle associe un actif anti-rides à
des actifs de la pharmacopée traditionnelle
chinoise (Pomme de Grenade, Ginseng Biologique, Fleur de Lotus). Le bracelet imaginé par Les Néréides en laiton doré à l’or fin 18 carats, en fil de soie et motif fleur de lotus émaillé à la main, fait écho à l’actif principal de la crème. 55 €. www.cinqmondes.com/fr/
Coffret Cinq Mondes
Les Néréides
  arrondissement de La Note Parisienne
Issue d’un chemin philosophique traitant l’histoire des senteurs de Paris, la ligne immortalise l’identité olfac- tive de la cité Parisienne. Coup de cœur pour les notes du 15ème arrondissement: Florale métallique, Iode, Rose, Jacinthe, Magnolia, Santal. Temps de combustion: 45h. 185 gr, 45€. € www.lanoteparisienne.com/fr/
 74 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[ évasion
Vos six sens en éveil
Château de Bonnemare, Aun trésor en Normandie
u pays de l’impressionnisme (entre Giverny et Rouen), le château de Bonnemare est un joyau de l’architecture Renaissance qui réunit les amoureux d’Histoire et de nature. Coup de cœur pour la chambre de Parade et la
suite Louis XVI, toutes deux classées Monuments Historiques. Un château idéal pour un moment à deux, en famille, ou pour un ma- riage (salle de réception, parc et chapelle) et pour un séminaire. Alain et Sylvie vous reçoivent chaleureusement pour un moment royal hors du temps ! La suite à 220 € la nuit toute l’année, pdj in- clus dans l’exquise cuisine du XVIème siècle. Retraite Yoga et syl- vothérapie (se ressourcer dans les bras d’un arbre) du 17 au 19 mai ! www.bonnemare.com
Hôtel Littéraire arthur Rimbaud
Situé 6 rue Gustave Goublier, tout près de la Gare de l’Est qui vit de nombreuses fois Rimbaud arriver depuis Charleville, l’Hôtel Littéraire Arthur Rimbaud rend hommage à « l’homme aux semelles de vent » qui réinventa la poésie. C’est un agréable établissement 4 étoiles, aux 42 chambres personnalisées par des poèmes, des aquarelles, des éditions originales, des manuscrits et une bibliothèque multilingue de plus de 500 livres.
aux Îles Fidji
l’art du temps
vie privée
Dès le réveil, vos yeux se perdent dans l’arc- en-ciel de couleur des îles Fidji. De la mer bleue turquoise à la végétation verte émeraude, laissez- vous porter par cette explosion colorée unique en son genre. Perdues au cœur des eaux cristallines de l’archipel Mamanuca, ces piscines privées de rêve se marient parfaitement avec le sable blanc légendaire des îles Fiji. www.sixsenses.com
Hôtel del Parque, Guayaquil, Équateur
L’Hôtel del Parque est à l’intérieur des limites du Parque Historico de Guayaquil. Cette oasis tropicale est un sanctuaire verdoyant de 8 hectares avec plus de cinquante espèces animales. L’hôtel, œuvre exquise de l’architecture coloniale, est situé sur les rives de la rivière Daule et abrite des patios où des arbres centenaires veillent tranquillement sur les fontaines, les orchidées et les oiseaux. Un lieu de contemplation et de confort, apaisant pour le corps, l’esprit et l’âme. www.hoteldelparquehistorico.com
ecoreseau.fr mai 2019
| 75
]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
  vins
maison J.Denuzière, Les Sérines 2016 – aOC Côtes du Rhône Rouge
La Syrah domine dans ce vin élaboré dans un style septentrional qui lui confère structure, fraîcheur et
caractère.
Son nez fruité et épicé s’ouvre sur des notes toastées.
Ample et complexe, ce rouge au tanins souples offre des notes de fruits frais légèrement épicés 6,90 € environ. en vente chez les cavistes et au caveau des Grandes
Serres à Gigondas (04 90 65 86 55)
Les Grandes Serres, Carius Blanc 2017
Situé dans le Haut Vaucluse, non loin de Plan
de Dieu et Gigondas, le vignoble jouit d’un
climat méditerranéen avec un ensoleillement exceptionnel. Cette cuvée, qui est issue des argiles de la montagne et des garrigues, affiche un nez joliment fruité (abricot, agrumes) avec de petites touches de fleurs blanches. La bouche est ronde et équilibrée, avec une belle finesse aromatique
et une minéralité tout en fraicheur. Servi entre 10 et 12°C, ce vin blanc sera le compagnon idéal
des huitres, des coquillages et crustacés.
8,90 € Chez les cavistes et au caveau des Grandes Serres à Gigondas : 04 90 65 86 55
Les Travers 2018, Cairanne blanc
Une robe or clair à reflet argenté, lumineuse. Un nez intense, mûr et frais, floral jacinthe-aubépine, fruité pomme-poire-coing, une touche d’abricot, amande
fraîche, anis-estragon. Une bouche ronde et fraîche, fruitée, poivrée, citronnée jusque dans la longue persistance. 10,70 € www.domainebrusset.fr
Domaine Famille Picard, Bourgogne
Blason d’Issan 2015
Blason d’Issan 2015
est le fruit d’un
millésime exceptionnel, particulièrement pour l’appellation Margaux. Issu d’un assemblage de 60% cabernet sauvignon et 40% merlot, le nez est frais, floral, parfumé et offre des arômes de fruits noirs : cassis, myrtille, mûre. La bouche est souple, harmonieuse avec des tanins soyeux.
25 € www.chateau-issan.com
 Chardonnay (Sélection millésime
 2015)
Nez complexe pour ce 100% Chardonnay constitué de
notes d’agrumes comme le citron et l’orange amère ; le tout accompagné de notes
mentholées et enrobé d’un bouquet de pain brioché.
La bouche est généreuse, ronde, longue et très fraiche, droite et tendue. Vin gourmand,
très plaisant. 20 € chez les cavistes et au caveau du Château de Chassagne
Montrachet 03 80 21 98 57
   Château de Saint-martin, Grande Réserve Blanc 2017 - aOC Côtes de Provence
Ce vin (Clairette, Rolle, Ugni-blanc) révèle un nez intense et gourmand marqué par les fleurs blanches, le chèvrefeuille et le jasmin. La matière, ample et onctueuse, la matière est portée sur les agrumes avec une dominante kumquat. La finale est délicatement briochée. Elle se marie tout particulièrement avec des filets de rougets sauce à l’échalote, des fromages de chèvre et aussi avec le pain perdu ou un financier. 17,90 € www.chateaudesaintmartin.com
Brochet Réserve Fié Gris Bio 2017
Le Fié Gris (Sauvignon gris
ou Sauvignon rose) comme appelé communément dans
le Val de Loire est un cépage emblématique de la région. Son bouquet est subtilement fleuri, mêlant des notes de rose et d’aubépine, avec un zeste agrume et une pointe iodée. La bouche offre une palette suave et minérale. 11 €
www.doctorwines.com
Saint Joseph Cave
de Tain
Une robe rouge brillante aux reflets rubis. Des
arômes expressifs et gourmands sur les fruits rouges. La bouche
est ronde et croquante avec des tanins fins et des arômes de fraise, de cassis, de violette et une finale fraîche, caractéristique de l’appellation. 13,50 € www.cavedetain.com/fr
Le Rochoy
de Famille
Bourgeois,
Sancerre Bio
 Pure expression du
Sauvignon blanc, son
nez exprime de belles
fleurs blanches et des
fruits à chair jaune
bien mûrs avec une
pointe d’angélique. La
bouche révèle une délicate
fraîcheur, une grande sensation d’équilibre accompagnée d’une composition aromatique de haute précision. Minéralité et fumet concluent la dégustation. 18 € www.domainesergelaporte.com
astrolabe aOP Gaillac
Une robe rouge profond, brillante soutenue aux nuances violines. Des arômes de cassis agrémentés de notes
de petits fruits mûrs et de réglisse. Une bouche veloutée, fraîche et ample avec des tanins subtils et des notes de cassis. 10,30 € www.vinovalie.com
   76 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
 du coté des bulles...
  Champagne Rosé Brut Premier Cru de
Son élégante et délicate robe rose pâle aux reflets bleus et orangés proviennent d’un assemblage
minutieux de 50% de Pinot Noir, 40% de Pinot Meunier et 10% de
Chardonnay. Son nez riche et complexe aux arômes de fruits rouges séchés, d’amande et de
noix lui apporte une tenue fraîche et ample en bouche.
36,50 € www.cattier.fr
Confidences Rosé Brut 2010 chez Chassenay
Confidences Rosé est à forte dominante de Pinot Noir, ce qui est l’ADN du terroir de la Côte des Bar. Confidences est issu de la «cuvée» (première presse), vinifiée dans la pure tradition champenoise. Un apport de 12% de vin rouge et 5% de vin de saignée élaborés à partir des raisins provenant du vignoble de la maison complète cet assemblage.
Le Dosage très fin et un vieillissement en cave pendant 4 ans laissent exprimer toute sa complexité. 65 € www.chassenay.fr/fr
Églantine de Champagne Godart & Fils
Rosé d’assemblage alliant « grâce » avec 89% de Char- donnay et « parfum » avec les 11% de vin rouge en Pinot Noir. L’olfactif: Framboise, fraise, citron, ver- veine, tilleul, groseille, fruit de la passion, pomelo, abricot, citron, poire, acacia, cerise, cassis, note de violette poivrée. Le palais : Matière fruitée, pulpeuse et croquante soulignée par une acidité de pomelo et
de fruits charnus.
19 € www.champagne-godart-fils.com/fr/
Magnum Ayala Rosé Majeur
Incarnant à merveille l’originalité et la délicatesse des vins de la Maison, Ayala Rosé Majeur est composé d’une dominante de Chardonnay (50%), alliée à 40% de Pinot Noir - dont 6% de vin rouge tranquille issu d’Aÿ, village classé grand cru - et
de 10% de Meunier. Le nez est charmeur, généreux et ouvert, aux notes de fruits rouges - fraises, framboise - et de pêches de vigne. En bouche, cette cuvée aérienne et expressive fait preuve d’une belle fraîcheur.
92 € www.champagne-ayala.fr/fr
Rosé Passion de Champagne
Baudvin
Rosé d’assemblage composé de Chardonnay, Pinot Noir, Meunier dont 19.8% de vin rouge champenois. L’olfactif : Fraise des bois, cerise Napoléon, citron, orange sanguine, amande, menthe, anis, framboise, marmelade. Le palais : Attaque nette et fraîche, effervescence crémeuse et fondue. Matière fruitée, pulpeuse, soulignée par une acidité citronnée et orangée. 16,50 €. www.champagnebaudvin.com
Extra Brut 2015 de Bouvet Ladubay
En choisissant le non-dosage de ce Saumur Blanc, Bouvet Ladubay fait la part belle à la pureté aromatique.
Dès le nez, toute la pureté du fruit s’exhale, sur des arômes de fruits jaunes, comme la prune, de fleurs blanches, avant de s’arrondir délicatement sur des notes d’élevage. En bouche, l’on est séduit par une
attaque franche, un bel acidulé et beaucoup de vivacité. 15 €
www.bouvet-ladubay.fr
Cattier
    78 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
Les dîners d'ÉcoRéseau Business
     Dîner à la Baieta, une étoile jeune et décontractée !
menu
Entrées
pPoitrine de cochon caramélisée, déclinaison de carottes, tuile cacahuètes (24€) pTartare de daurade au citron vert,
lait de coco au homard, citronnelle (24€)
Plats
p Maigre rôti, poireaux, coquillages au curry vert, salicornes (34€)
p Magret de canard rôti au miel,
jus de viande réduit (42€)
Desserts
p Sablé fenouil, crème citronnée,
légère de mascarpone, sorbet citron / pastis (11€)
Tarifs
menu déjeuner de la semaine (entrée + plat : 29 €) menu initiation (uniquement le midi) : 45 €
menu Baieta en 7 services : 85 € par personne (130 € par personne accords mets et vins)
marrer, une pissaladière en guise de mise en bouche accompagnée d’un bouillon, vous transporte sur la côte méditerranéenne. Ensuite, une successions de plats gourmands, soignés et justement colorés nous accompagnent tout au long de la soirée. Mentions spéciales pour le tartare de daurade et la cuisson parfaite du magret de canard, sans oublier le dessert de la maison, déroutant et osé mais réalisé à la per- fection. En route vers une deuxième étoile !? n
Concept & Lieu
Julia Sedefdjian poursuit sa fulgurante ascension en ouvrant sa première table - déjà et tout récemment étoilée - à 23 ans seulement : Baieta, qui signifie «pe- tit bisou » en patois niçois. Avec un service et une ambiance décontractés, la cuisine qui invite au par- tage est dictée par les saisons et les influences pui- sées dans ses racines méditerranéennes. Seulement
cinq entrées, cinq plats et cinq desserts pour aller à l’essence même des goûts, accompagnés par des vins délicats. Convivial et efficace.
En cuisine
Tout en se voulant moderne, la cuisine se teinte d’une précision et d’une justesse empruntées à la haute gastronomie ayant marqué la cheffe, avec une dose de créativité et ce zeste de fraîcheur. Pour dé-
5 rue de Pontoise, 75005 Paris. Ouvert du Mardi au Samedi de 12 H à 14 H 15 et de 19 H à 22 H 15. Téléphone : 01 42 02 59 19 - www.restaurant-baieta-paris.fr
gastronomie
Cool Food Court aux
Galeries Lafayette
Champs-Élysées
C’est au sous-sol des Galeries Lafayette Champs- Élysées que se déploie Le
Food Court,
un espace de restauration convivial mêlant offre de niche, best-sellers cosmopolites
et comptoirs
terroir. Les néons muraux version XXL donnent le ton du multiculturalisme version pop culture. 60, avenue des Champs Elysées, 75008, Paris
Jura X10, La professionnelle des spécialités de café
La X10 séduit par sa polyvalence, sa convivialité et sa
de Canard des Landes infusé
au Calvados, et la douceur de la pomme marinée dans du miel et du cidre...Le foie gras idéal pour habiller vos plus belles nappes à pique-niques cet été. 130g 19,85 € www.lafitte.fr
Tropical White de Kusmi Tea
Tropical White est un nouveau thé blanc parfumé, aux arômes naturels de mangue et de passion. Une
véritable invitation au bien-être, un rayon
de soleil exotique, un instant d’évasion sous le signe du goût et du raffinement. Boîte 90 g 19,50 €. 20 sachets 11,90 €. Recharge 100 g 16,50 €. www.kusmitea.com
Chic des Plantes, La Radieuse
Chic des Plantes !, maison française d’infusions de haute
qualité, célèbre le retour de la belle saison avec sa dernière création « La Radieuse ». Citronnelle, orange, pomme, citron et bergamote s’allient en un mélange tonique et
délicatement fruité. Tel un rayon de soleil, « La Radieuse » illumine la tasse, réchauffe les cœurs et réveille les sens avec ses notes zestées et ensoleillées. 12 € le pack de 12 sachets individuels www.chicdesplantes.fr
 personnalisation. Elle maîtrise
31 spécialités différentes de cafés
! Le broyeur Aroma professionnel, garantit une mouture toujours
parfaite et 12,2 % d’arôme en plus.
Grâce à la fonction One-Touch Lungo, son
caffè Barista et son lungo Barista créent l’enthousiasme. Le visuel couleur à écran tactile 4,3» haute résolution assure une commande totalement intuitive. 2750 € HT. www.jura.com
Le Délice de Foie Gras de Canard des Landes aux
Pommes
Découvrez l’alliance subtile du Foie Gras
     80 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                                               Lorsque talent et raffinement sont de mise
La nouvelle GIGA X3
Le plaisir du café – fraîchement moulu, pas en capsule
 32 spécialités de café sélectionnables sur le visuel couleur à écran tactile 4,3"
 Broyeur de précision à disques céramiques avec fonction A.G.A.© (Automatic Grinder Adjustment) pour une mouture régulière
 Fonction Speed : une dérivation d’eau chaude
pour des spécialités de café parfaites en un temps record et un plus grand confort d’utilisation
Domaines d’utilisation :
Solutions d’étage, espaces de séminaires / congrès, salle de petit déjeuner, traiteurs, Coffee to Go
Performance maximale quotidienne recommandée : 150 tasses
www.jura.com
JURA – If you love coffee
]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[ finance/patrimoine
Un patron prépare aussi sa retraite !
 82 | mai 2019 ecoreseau.fr
Baromètre finance & marchés Baromètre patrimoine & fiscalité
Travailleurs non salariés :
un patron prépare aussi sa retraite !
p. 81 p. 83
p. 92
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                  LE VOTRE
             Pour vous entrepreneur, une offre d’assurance prévoyance innovante, simple et rapide à souscrire :
• Packs tout inclus sans sélection médicale.
• Signature électronique.
LA RÉFÉRENCE ASSURANCE DES ENTREPRENEURS
RENDEZ-VOUS SUR www.cipres.fr POUR TROUVER UN COURTIER PARTENAIRE PROCHE DE CHEZ VOUS.
                               CONSERVONS LE BON
AXE
]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[                vie privée
par Pierre-Jean Lepagnot
BAROMèTRe finance & marchés
  bons plans       experts
LParadoxal pétrole
e marché pétrolier est en effervescence. Fin avril, les cours du brut se négociaient au plus haut depuis fin octobre 2018. Pour le seul début de l’année, les prix du Brent et du WTI enregistrent des hausses
respectives de plus de 30 et de 40 % en signant d’ailleurs un trimestre record depuis quinze ans. Une performance paradoxale compte tenu d’une conjoncture incertaine qui pèse sur la demande d’or noir. Dans une étude récente, Fi- delity souligne que cette situation s’explique par la pression exercée sur l’offre. L’Opep et ses partenaires ont décidé en décembre 2018 de réduire leur production de 1,2 million de barils par jour, des quotas qui se poursuivront jusqu’en juin. Parallèlement, les sanctions américaines à l’égard du Ve- nezuela, le durcissement de celles contre l’Iran (avec la non reconduction des exemptions aux pays important du pé- trole iranien) et la dégradation de la situation en Libye par- ticipent aussi à cette tendance. À ces questions géopolitiques s’ajoutent les difficultés opérationnelles rencontrées par les infrastructures américaines. Le récent incendie, fin mars, du terminal de Boston et le déficit de pipelines s’ajoutent à une liste déjà longue. « Alors, jusqu’à quel point les cours du pétrole sont inflammables ? Vont-ils repasser au-dessus des 85 dollars comme au début octobre 2018 ? », se demande Charles-Henri Kerkhove, directeur Allocation d’actifs chez Fidelity international. Pour lui, « les facteurs sont contradic- toires. D’un côté, il y a fort à parier que la Russie ne restera
pas alignée en juin sur une réduction de sa production. En outre, les problèmes américains d’infrastructures devraient se résorber d’ici à la fin d’année. De l’autre, la demande pour- rait bénéficier d’une éventuelle reprise mondiale comme le suggère l’amélioration de la situation chinoise. Un senti- ment conforté par de nouveaux indicateurs encourageants – hausses de 6,4 % du PIB chinois au premier trimestre 2019 et de 8,5 % de la production industrielle, en mars. S’il est, certes, encore tôt pour savoir s’il s’agit d’un effet Nou- vel An chinois ou d’une reprise, la perspective d’un accord commercial avec les États-Unis plaide en tout cas pour cette dernière hypothèse », assure la société de gestion. Un redé- marrage serait alors un facteur de soutien indéniable pour les cours du pétrole. n
  Miser sur les petites capitalisations américaines
 Small caps américaines : un potentiel rebond à venir ? Bill Hench, gérant chez Royce & Associates, une fi- liale de de la société de gestion américaine Legg Ma- son s’interroge. Son équipe n’observe toujours aucun
signe de récession et les résultats d’entreprise du dernier trimestre l’ont confortée dans ses prévisions plutôt posi- tives pour 2019. Certes, reconnaît Bill Hench, il existe des facteurs inquiétants comme les tarifs douaniers, une crois- sance mondiale faible, une liquidité moindre et le risque de récession toujours présent. Cependant, le gérant américain estime disposer de suffisamment d’informations positives en provenance des entreprises et des secteurs de l’économie américaine pour penser qu’un ralentissement de la crois- sance semble plus probable qu’une récession pour l’année 2019. Il a bon espoir de voir des performances positives à
l’avenir, notamment, car les années de baisse pour les petites capitalisations américaines ont souvent été suivies d’un re- bond sur les marchés l’année suivante.
Au cours des derniers mois, Bill Hench a observé deux ten- dances : de nombreuses petites entreprises ont publié des bénéfices conformes ou supérieurs, aux attentes. Tandis que d’autres ont continué d’éprouver des difficultés en rai- son de la mise en œuvre de plans de redressement. Au sein de plusieurs secteurs, les valorisations restent extrêmement intéressantes pour les investisseurs à long terme, assure le gérant.
Selon lui, l’immobilier résidentiel américain en est un bon exemple avec un taux de chômage au plus bas depuis 50 ans, des taux d’intérêt faibles et un nombre de logements limité. Toutefois, selon ses calculs, les cours actuels des valeurs du secteur ne semblent pas refléter ces avantages fondamen- taux.
En outre, ajoute le gérant, la pause dans le cycle économique pour les biens d’équipement en semi-conducteurs semble être sur le point de prendre fin. L’absence d’une chute brutale des ventes de produits électroniques, d’automobiles et d’ap- pareils mobiles pourrait bel et bien permettre un rebond rapide et relativement solide de ce secteur d’ici fin 2019. Ainsi, alors que les petites capitalisations se sont considéra- blement appréciées depuis le début de l’année (tout comme le reste du marché américain), Royce & Associates identifie de nombreuses valorisations intéressantes au sein des petites entreprises américaines. n
  Les Bourses ne
faiblissent pas
Après un premier trimestre 2019 solide, les principaux marchés actions ont poursuivi leur progression en avril. Aux États-Unis, l’embellie est impressionnante. Après son pire trimestre depuis 2008, l’indice S&P 500 a signé le
meilleur depuis
la reprise en 2009 avant de décrocher fin avril un record historique. Pourtant, les perspectives
de croissance mondiales restent faibles. Mais les investisseurs se veulent concentrés sur les signes positifs des accords commerciaux entre les États-Unis et la Chine et sur les initiatives des principales Banques centrales. La Fed est
de nouveau accommodante et
la BCE fait tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir la zone
euro. En parallèle, la Chine réagit
à ses chiffres de croissance annuelle les plus faibles depuis
1990 par des mesures de soutien, toutefois modérées par rapport
à la révolution de ces dernières années. La dynamique des
marchés s’explique donc par les anticipations accommodantes des investisseurs qui se sont habitués
à voir les autorités monétaires intervenir pour redresser la situation. Mais les Banques centrales interviennent justement en raison de la fragilité de l’économie. Dans
ce cadre, la question clé est de savoir jusqu’à quand l’euphorie persistera et dans quelles mesures les publications des résultats
des entreprises, notamment
aux États-Unis, signaleront un fléchissement de la croissance. Face à cet environnement de plus en plus incertain, de nombreux gérants, comme ceux de M&G, recommandent de se concentrer sur les fondamentaux. « Généralement, dans les derniers stades d’un marché haussier et d’un cycle économique mature, les entreprises robustes avec des flux de trésorerie solides, un business model résistant et des barrières à l’entrée tirent leur épingle du jeu », assure Ritu Vohora, investment director chez M&G Investments.
  84 | mai 2019 ecoreseau.fr
  ]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
finance & marchés
  SPÉCULONS !       Le chiffre
microwave Vision (mVG) jouit de bonnes ondes
14,40
13,20
12,00
10,80
9,60
8,40
02/01 16/11
04/12 20/12 10/01
28/01 13/02
01/03 19/03 04/04
24/04
       Discrètement mais sans faillir, Microwave Vision (MVG) fait son trou dans le secteur français
de l’industrie. Un parcours qui ne laisse pas les investisseurs insensibles. Le titre de la société française, spécialisée dans la mesure d’ondes magnétiques, affichait fin avril un gain de 117 %
en trois ans, dont + 56 % depuis le début de l’année. Le groupe, qui analyse la performance des appareils diffuseurs d’ondes magnétiques (smartphones, avions, voitures, satellites, drones, missiles), fait peu parler dans les journaux. Et pourtant. 90 % du chiffre d’affaires se font auprès des grands comptes à l’international, la plupart des grands noms des télécoms, de l’aéronautique et de la défense : Samsung, Sony, Thales, EADS, Boeing, mais aussi Orange, SFR, Dassault Aviation...
 mill5ions
En 2018, le groupe MVG a réalisé ce résultat net contre 0,6 million en 2017. Son résultat opérationnel courant, qui révèle sa rentabilité, s’est élevé à 6,9 millions, en croissance de 55,8 %. Microwave Vision a dégagé un Ebitda de 10,2 millions, en progression de 30,8 %.
     ANALYSE
SQuand la finance s’intéresse à la mode durable
i les résultats de Zara (groupe Inditex), porte-monnaie !) ou des décideurs politiques, H&M et autres Gap continent de grim- par exemple lorsque le gouvernement britan- per, ces groupes sont aujourd’hui nique propose des frais d’un centime par vête- confrontés à une tendance lourde chez ment fabriqué », précise Nick Clay. Dans cette
les consommateurs, qui pourrait peser sur leur perspective, les multinationales ont tout intérêt
  avenir : la mode durable. Avec la « mode ra- pide », les dépenses liées aux vêtements se sont banalisées. Selon les statistiques, les dépenses moyennes des ménages pour les vêtements et les chaussures au Royaume-Uni représentent 4,2 %
des dépenses hebdomadaires (en moyenne 24,30 £ par semaine), rappelle Nick Clay, gé- rant Actions Internationales de Newton In- vestment Management (BNY Mellon IM) dans
une étude récente. Il souligne que l’industrie
de l’habillement était autrefois une industrie
sur mesure, or aujourd’hui les entreprises se sont développées en se concentrant sur la distribu- tion rapide d’articles à moindre coût. « Cependant, à mesure que les consommateurs commencent à exiger un nouveau modèle durable pour les marques qu’ils affectionnent, un changement de paradigme
semble à portée de main au sein de l’industrie », prévient le gérant. Selon lui, compte tenu des préoc- cupations environnementales croissantes, il est pro- bable que le marché sera contraint d’évoluer. « Ces changements pourraient découler des habitudes de consommateurs (les particuliers votent avec leur
à réaliser au plus tôt la transition vers un ave- nir plus durable. À cet égard, le gérant constate aujourd’hui que les spécialistes de la mode rapide modifient leur façon de promouvoir la mode durable. Les marques s’ouvrent au recy- clage en magasin, se tournent vers des sources d’approvisionnement durables et envisagent l’utilisation d’énergies renouvelables pour la production. Avec la croissance des investisse- ments dans l’univers de l’ESG, certaines entre- prises commencent à montrer l’exemple. « Les perceptions de la mode rapide et du compor-
tement des consommateurs vont sans doute évoluer rapidement : elles suivront potentiellement la même trajectoire tracée par la prise de conscience du pro- blème de la pollution plastique dans le monde », conclut Nick Clay. n
86 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[                                                       ]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
par Pierre-Jean Lepagnot
BAROMèTRE patrimoine & fiscalité
  bons plans       experts
Les Français allergiques au risque
 En matière d’épargne, les dépôts à vue, soit les comptes bancaires qui ne rapportent rien, ont véri- tablement la cote auprès des ménages. Les Français ont ainsi déposé plus de 33 milliards d’euros sur ces
comptes en 2018, révèle une étude de la banque BPCE. Les économistes du groupe précisent qu’il s’agit du montant le plus élevé depuis 2009. Il est également supérieur à celui déposé sur les Livrets A et Livrets Développement durable et solidaire, pourtant en net regain. Résultat : les dépôts à vue affichent à fin 2018 un encours record de 422 milliards d’euros. Et rien ne semble venir contrarier ce mouvement. « Les dépôts à vue ont représenté plus de 80 % de l’effort net de placement des ménages en 2018 », a d’ailleurs sou- ligné Éric Buffandeau, directeur adjoint des études éco- nomiques à BPCE. Les raisons de cet engouement ? « La remontée de l’inflation en 2018 qui conduit à vouloir pré- server la valeur des encaisses réelles mais aussi les taux bas de la Banque centrale européenne qui engendrent l’atten- tisme des ménages compte tenu des faibles rendements of- ferts par les placements rémunérés », explique Buffandeau. Pour Alain Tourdjman, directeur des études économiques à BPCE, « ces choix interviennent dans un contexte de ré- duction progressive de l’exposition au risque des ménages : face à des marchés jugés trop opaques et trop compliqués, les Français ont massivement délaissé les titres ». Pour preuve, jamais la décollecte nette sur les OPC, les actions
détenues en direct ou les obligations n’a été aussi marquée : 35,1 milliards d’euros, un niveau historique. Seule l’assu- rance-vie « perçue comme un support plus sûr » semble trouver grâce aux yeux des ménages avec une collecte nette de 22,8 milliards d’euros en 2018 contre 8,3 milliards en 2017. Et pour 2019 ? « Les flux de placements devraient nettement progresser sous l’effet des gains importants de pouvoir d’achat et les niveaux de taux devraient continuer à favoriser les produits liquides et l’assurance-vie », précise Éric Buffandeau. « Qu’il s’agisse des dépôts à vue ou de l’as- surance-vie, les deux premiers mois de l’année confirment ces tendances », confirme Alain Tourdjman. Leur succès semble donc devoir durer, conclut BPCE. n
  Le financement participatif en soutien de la transition énergétique
Financement participatif et transition énergétique, deux concepts innovants qui se marient parfaitement. Selon le baromètre du financement participatif réalisé par GreenUnivers, les montants levés par les plates-formes de financement participatif ont quasiment doublé entre 2017 et 2018 pour atteindre 38,7 millions d’euros investis par les épargnants français dans les énergies renouvelables. Lendosphere représente 45 % de ce marché. Au total, 153 projets éoliens, solaires, de biogaz ou encore de réseaux de chaleur ont été financés. Les projets solaires représentent
24 millions d’euros investis pour
102 projets, contre 8 millions et 38 projets pour l’éolien et 2,7 millions et 4 projets pour les réseaux de chaleur. Le baromètre montre également que les investisseurs privilégient les projets proches de chez eux : 81 %
des investisseurs en énergies renouvelables contre 56 %
des Français se disent favorables à l’installation
d’énergies renouvelables à moins de10kmdechezeux!«Cetécart significatif révèle un besoin de pédagogie auprès du grand public », souligne Uriel Chabert, Head
of Data Services chez YouGov.
« Le financement participatif s’affirme comme un outil pertinent d’appropriation des projets d’énergies renouvelables par le grand public. Notre communauté d’investisseurs bénéficie par exemple d’explications et d’informations précises sur les projets financés, ce qui va dans le sens d’une meilleure connaissance des enjeux énergétiques des territoires et de notre pays », explique Laure Verhaeghe, DG et cofondatrice de Lendosphere. Cerise sur le gâteau, pour l’instant, la rentabilité est au rendez-vous. Selon le baromètre, la rentabilité des placements centrés sur les énergies renouvelables offrent un taux à 4,94 % en moyenne.
   focus
Le portage salarial suscite l’intérêt des cadres... Uen cas de licenciement
ne majorité de cadres se- ans, les formes alternatives au sala- raient prêts à abandonner riat sont parfois plus fréquemment le salariat traditionnel subies que choisies et interviennent au profit d’autres formes lorsqu’ils connaissent des difficul-
d’emploi. C’est ce que révèle un rap- tés pour retrouver un emploi salarié
  port de l’Apec réalisé en partenariat avec le Syndicat des profession- nels de l’emploi en portage salarial (PEPS). Selon cette publication in- titulée Les cadres et le portage sala- rial, 57 % d’entre eux seraient prêts, sous conditions, à envisager d’autres formes d’emploi. Parmi les alterna- tives possibles, le portage salarial bé- néficierait d’une notoriété et d’une bonne image auprès des cadres. Ils sont 53 % à en avoir déjà entendu parler. Parmi eux, 75 % s’en font une bonne image, un résultat qui dif- fère néanmoins selon les tranches d’âge. Pour les cadres de plus de 50
classique. Pour les cadres, le portage salarial revêt trois avantages princi- paux : pouvoir bénéficier d’un sys- tème de protection sociale (57 %), déléguer ses charges administratives (54 %) et pouvoir choisir librement ses missions (39 %). Enfin, même si certains évoquent les inconvénients de ce statut, comme l’incertitude à trouver des missions et se rémuné- rer, près des deux tiers des répon- dants (65 %) estiment que le portage salarial représente une réponse per- tinente aux aspirations des salariés. Pour autant, le choix du portage salarial n’est pas réellement choisi si
l’on étudie les résultats de l’enquête. Plus de la moitié des cadres pensent que le portage salarial serait une so- lution de recours s’il leur advenait de subir une rupture professionnelle. Cette solution est envisagée davan- tage par les femmes (60 %) que par les hommes (51 %). Elle est plus fré- quemment envisagée au fur et à me- sure que l’âge augmente, passant de 36%pourlesmoinsde30ansà69% pour les cadres de 50 ans et plus.
 88 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                           Siège Social
La Banque DeLuBac & cie,
une banque indépendante, familiale et spécialisée au service des entreprises, professionnels et particuliers depuis près d’un siècle.
Des métiers spécialisés, des experts dédiés
Depuis sa création en 1924, la Banque Delubac & Cie a opté pour la spécialisation au travers d’un développement sur des métiers bien identifiés et à forte valeur ajoutée, permettant de se différencier des établissements généralistes. Cette expertise assure aux clients de la banque de pouvoir bénéficier de conseils exclusifs et sur-mesure.
En perpétuant ses valeurs familiales, de proximité et d’indépendance, la Banque Delubac & Cie continue d’innover pour accompagner ses clients et répondre aux enjeux de demain.
Banque des entreprises
Banque de Gestion d’ÉparGne Banque d’affaires
Banque des administrateurs de Biens Banque Judiciaire
PARIS 10, rue Roquépine - 75008 Paris - 01 44 95 86 20
16, place Saléon Terras - 07160 Le Cheylard - 04 75 29 02 99 - www.delubac.com
 www.point-exclamation.com / © Banque Delubac & Cie
]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
patrimoine & fiscalité
   ACHAT/VENTE
 S&P 500: Rachats
d’actions et
performances
La réforme fiscale de Trump a provoqué des rapatriements
de trésorerie qui alimentent les plans de rachats d’actions, observe Ostrum AM. L’anticipation de la mesure avait entraîné une surperformance des actions entre novembre 2017 et janvier 2018. L’effet relatif s’est pourtant estompé en 2018 malgré la poursuite des rachats à la hauteur record de 225 milliards de dollars au premier trimestre 2019.
  vision       Le chiffre
L’attrait pour le Livret A ne faiblit pas
  Les Français continuent à plébisciter le Livret A qui termine ainsi le premier trimestre 2019
en beauté avec une collecte de 1,97 milliard d’euros en mars. Cette collecte confirme les bons résultats de janvier (4
milliards d’euros) et de février (1,93 milliard d’euros). Elle dé- passe celle constatée un an plus tôt, en mars 2018 (1,72 milliard d’euros), selon les données pu- bliées par la Caisse des dépôts. « Plus structurellement, le mois de mars réussit au Livret
A, mois durant lequel il n’a ja- mais enregistré de décollecte lors de ces dix dernières an- nées. En 2019, la bonne tenue de la collecte est imputable, en partie, à l’augmentation du pouvoir d’achat des mé- nages. Lequel a bénéficié de la moindre inflation et surtout des mesures annoncées par le président de la République au mois de décembre 2018 dans le cadre du plan de sortie de la crise des gilets jaunes, com- mente Philippe Crevel, direc- teur du Cercle de l’épargne. Selon l’enquête de ce même Cercle et d’Amphitéa (avril 2019), 40 % des Français épar- gnent par précaution et 31 % pour préparer leur retraite. Le Livret A est le produit pilier de l’épargne de précaution. Tou- jours selon cette enquête, les Français sont plus nombreux, en 2019, à juger ce produit plus intéressant qu’en 2018 (26 % au lieu de 23 %) malgré un rende- ment famélique de 0,75 % hors inflation. n
2 025
 EUROS
le salaire médian souhaité par les Français
L’Ifop pour Salaire-Brut-En-Net a interrogé les salariés du privé, sachant que le salaire moyen des Français est de 2 250 euros mais que le salaire médian net se situe autour de 1 650 euros, et que 14 % des salariés perçoivent un salaire net de 3 000 euros.
 90 | mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) est l’un des plus intéressants du marché s’il est réalisé dans une résidence services gérés, sélectionnée avec rigueur.
REVENU PIERRE, spécialiste du marché depuis 2007, vous propose :
• Un stock permanent d’une centaine de biens renouvelé chaque semaine ; • Des gestionnaires et des emplacements de premier ordre ;
• Des rendements locatifs entre 4 et 6 % ;
• Une fiscalité avantageuse.
                                 50 % DES FRANÇAIS
CHOISISSENT L’INVESTISSEMENT LOCATIF COMME COMPLÉMENT DE REVENU POUR LEUR RETRAITE*
ET VOUS ?
(*) SONDAGE IFOP 2017 RÉALISÉ POUR IDEAL-INVESTISSEUR.FR
 VOUS AVEZ UN PROJET OU VOUS SOUHAITEZ EN SAVOIR PLUS SUR LE LMNP ? CONTACTEZ-NOUS !
Téléphone : 01 46 43 90 10
Mail : contact@lerevenupierre.com Site : www.revenupierre.com
10 rue Beffroy - 92200 Neuilly-sur-Seine du lundi au vendredi de 9h à 18h
 ]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
patrimoine
 Travailleurs
A
salariés du privé et aux régimes complémentaires Arrco et Agirc, désormais fusionnés. De leur côté, les dirigeants TNS cotisent pour la retraite de base au RSI ou à la CnavPL (Caisse nationale d’assurance vieillesse des profes- sions libérales), et dépendent se- lon leur profession d’une dizaine de caisses complémentaires particulières. L’enjeu est d’im- portance. Les salariés touchent une pension de vieillesse équi- valente en moyenne à 70 % de leur dernière rémunération, le pourcentage tombe à 50 %, voire
% pour les seconds en addition- nant la part patronale et la part salariale. En cotisant moins, né- cessairement, les TNS s’ouvrent moins de droits. « Cette situa- tion reste mal comprise des chefs d’entreprise. Ils s’inquiètent le plus souvent de leur retraite après la quarantaine », observe Fanny Gilbert, directrice mar- keting et distribution grossiste chez Ciprés Assurances/Axel- liance. Dans ce cadre explique-t- elle, « nos courtiers fournissent un important travail d’accom- pagnement et de conseil auprès de ces TNS ». Selon elle, 90 % des dirigeants TNS savent qu’ils doivent préparer leur retraite, mais seulement 44 % le font réellement. Une observation qui confirme que les Français éprouvent des difficultés à s’inté- resser à la prévention, contraire- ment aux pays anglo-américains par exemple. Pourtant, s’ils veulent maintenir leur niveau de vie à la retraite, les TNS ont intérêt à se constituer un com- plément de revenu qui viendra s’ajouter à leurs pensions obliga- toires. Il ne faut pas attendre le dernier moment pour se lancer. Une retraite, ça se prépare.
La loi Madelin,
un outil efficace
Dans cette perspective, les contrats de retraite Madelin constituent une sorte de solu- tion idéale. « Réservé aux TNS, ce placement propose un com- plément de revenus à l’âge légal de la retraite ou après avoir fait valoir ses droits à la retraite. Le contrat se dénoue sous forme de rente viagère, c’est-à-dire de sommes d’argent servies tous les mois ou tous les trimestres jusqu’au décès du souscrip- teur. Avec la loi Pacte qui vient d’être adoptée par le Parlement, il sera bientôt possible de sortir de ce contrat, soit sous forme de rente ou sous forme de ca-
non salariés :
vec un statut « assimi- lé salarié », le dirigeant est affilié au régime de retraite de base des
un patron prépare
aussi sa retraite !
Les TNS – entrepreneurs individuels, gérants d’EURL, gérants majoritaires ou égalitaires de SARL, associés de SNC, président de SA ou SAS... – ne se préparent pas suffisamment à la retraite, tout comme ils sous-estiment l’importance d’une solide prévoyance. Pourtant, des outils existent.
90 % des dirigeants TNS savent qu’ils doivent préparer leur retraite,
mais seulement 44 % le font réellement.
   à 40 % pour les travailleurs non salariés. Ces trois millions de TNS en France cotisent propor- tionnellement moins à la retraite que les salariés. Le taux de coti- sations vieillesse des premiers se situe aux alentours de 15 % de leurs revenus, contre près de 28
pital », explique Mylène Guers, responsable développement du marché de l’épargne financière au sein du Groupe Quintésens. Ce détail à son importance. « La loi Madelin est un produit “tun-
 92 |
mai 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[                                 Assurance vie
C’est le moment de mettre sur pied
une épargne utile
aux besoins de toute la famille
 Laissez-vous guider pas à pas pour bien choisir votre assurance vie
Aider ses enfants ou prendre soin de ses parents : une bonne épargne doit pouvoir servir à tous. Créateur de solidarités financières familiales, ASAC-FAPES vous
aide à adapter votre placement à vos objectifs d’épargne et aux spécificités de votre situation.
Parlons-en ensemble au 01 43 44 62 78 (prix d’un appel local). ou sur asac-fapes.fr
ASAC-FAPES est une marque de Fapes Diffusion, 31 rue des Colonnes du Trône - 75012 Paris — Enregistrée auprès de l’ORIAS n° 07 000 759 (www.orias.fr) en qualité de courtier en assurance (catégorie B au titre de l’article L520-1 II du Code des assurances), de courtier en opérations de banque et services de paiement et de mandataire non exclusif en opérations de banque et services de paiement. Réalisation : Agence SMALL PLANET.
COMMUNICATION À CARACTÈRE PUBLICITAIRE
                       ]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
Pour percevoir 1 000 euros de rente mensuelle à la retraite, le TNS doit capitaliser au moins 300 000 euros sur son contrat Madelin.
   nel”, bloqué jusqu’à la prise de la retraite. Sauf exceptions – inva- lidité, décès du conjoint, suren- dettement, expiration des droits au chômage... –, il est dénouable uniquement sous forme de rente viagère imposable au même
8 900 euros, soit un global de 18 900 euros. L’avantage fiscal est toutefois plafonné à 70 000 euros. Mieux, ces déductions ne sont pas comptabilisées dans les niches fiscales plafonnées à 10 000 euros par an (emploi d’un salarié à domicile, investisse-
suffisamment tôt. Pour percevoir 1 000 euros de rente mensuelle à la retraite, le TNS doit capitali- ser au moins 300 000 euros sur son contrat Madelin. Le même TNS doit également veiller au taux de revalorisation proposé par l’assureur. Si les rentes sont revalorisées en deçà de l’infla- tion, il perdra en pouvoir d’achat lorsqu’il sera retraité. Certains acteurs, comme Ciprés Assu- rances/Axelliance par exemple, proposent une option « table de mortalité garantie à chaque ver- sement » qui assure un calcul des rentes viagères plus avantageux
large majorité de TNS déclarent régulièrement se préoccuper de la protection financière de leurs proches en cas d’événement imprévu, et estiment que dispo- ser d’une assurance prévoyance est nécessaire pour répondre à cette inquiétude. Pour autant, peu de travailleurs indépendants sont passés à l’acte, avec un taux d’équipement de l’ordre de 50 %. « Les chefs d’entreprise non sa- lariés doivent, contrairement aux salariés, se protéger eux- mêmes. Or à l’image de la pré- paration à retraite, ils n’en ont pas tous conscience », observe Fanny Gilbert. Ce qu’oublient les dirigeants, c’est qu’une mau- vaise prévoyance va pénaliser leurs proches et l’entreprise. « Les chefs d’entreprise ne s’ar- rêtent de travailler qu’en cas de gros soucis. Nos 9 000 courtiers indépendants, chefs d’entreprise eux-mêmes, comprennent cette problématique et constituent des relais très efficaces auprès des dirigeants. Ils accompagnent chaque dirigeant en fonction de ses propres besoins. » L’as- sureur recommande d’opter pour un contrat prévoyance qui couvre les entrepreneurs en cas d’arrêt de travail, d’invalidité et de décès. « Un dirigeant qui se rompt les ligaments croisés devra nécessairement s’éloi- gner pour une assez longue période de son entreprise. Grâce à son contrat, il percevra des indemnités journalières durant son immobilisation. » De même, le contrat prévoyance intègre le risque d’invalidité par le- quel le dirigeant percevra une rente d’invalidité jusqu’à la fin de l’état ou bien jusqu’à ce qu’il atteigne les 67 ans. Enfin, le di- rigeant doit être vigilant sur sa couverture en cas de décès afin de protéger ses ayants droit. Il existe plusieurs rentes comme celle dédiée au conjoint, ou celle destinée à l’éducation des enfants. « La prévoyance ne doit pas se confondre avec la com- plémentaire santé qui couvre les frais de santé. Dans le cas de la prévoyance, le conseil du cour- tier est fondamental. En fonc- tion de votre situation familiale, de votre âge, de vos revenus, de votre profession et de votre sta- tut, le courtier déterminera le contrat le plus adapté », assure Fanny Gilbert. Enfin, conclut- elle, en cas d’arrêt de travail, un travailleur non salarié couvre les frais généraux permanents de son entreprise, comme les loyers. PiERRE-JEaN LEPaGNOT
patrimoine
   titre qu’une pension de retraite. Or, toutes les études montrent que cette aliénation du capital suscite la défiance des Français qui préfèrent percevoir leurs capitaux plutôt que percevoir une rente. La sortie en capital va très certainement dynamiser l’épargne retraite et rendre le dispositif encore plus attractif », opine Mylène Guers. Le contrat Madelin offre un autre atout non négligeable. Si l’épargne est bloquée jusqu’au départ à la re- traite, un avantage fiscal est oc- troyé à l’entrée : les cotisations sont déductibles des revenus im- posables, à hauteur de 10 % des revenus professionnels ou 10 % du Pass (Plafond annuel de la Sécurité sociale, 2019, 40 524 eu- ros) ainsi qu’une enveloppe com- plémentaire de 15 % des revenus professionnels. Exemple pour 100 000 euros de revenus : 10 % des revenus défiscalisés, soit 10 000 euros + une enveloppe com- plémentaire de 15 % d’environ
94 | mai 2019 ecoreseau.fr
ment locatif en « Pinel », etc.). L’entrepreneur est ainsi en me- sure d’utiliser pleinement son plafond de 10 000 euros pour faire d’autres placements défis- calisants.
Bien étudier les termes
du contrat
Toutefois, les travailleurs indé- pendants doivent malgré tout se montrer vigilants sur plusieurs points. Fanny Gilbert, Ciprés : « Je recommande de bien étudier les contrats Madelin. Durant sa phase d’épargne, l’entrepreneur n’est pas à l’abri d’un accident ou d’un décès prématuré qui pour- rait mettre en péril son épargne. Aussi, pour ne pas risquer de tout perdre, je conseille forte- ment de souscrire aux garanties prévoyance qui sont associées au contrat – prise en charge des ver- sements en cas d’arrêt de travail, de décès, etc. ». Faut-il le rappe- ler, pour que la rente servie soit significative, il faut avoir cotisé
en fonction de la « table de mor- talité » en vigueur au moment de chaque versement et non du départ à la retraite. Enfin, la fis- calité des rentes doit également se prendre en compte. « Si les co- tisations sont déductibles des re- venus imposables, les rentes sont intégrées aux revenus à déclarer, après application d’un abatte- ment de 10 % », souligne My- lène Guers. Il est donc vivement recommandé aux travailleurs indépendants d’établir un bilan patrimonial avec un profession- nel avant de souscrire un contrat défiscalisant afin de profiter au mieux du dispositif et d’être en phase avec sa stratégie globale d’investissement.
Ne pas négliger
la prévoyance
Si préparer sa retraite revêt une importance majeure pour le dirigeant d’entreprise non sa- larié, il est un autre point sou- vent négligé, la prévoyance. Une
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[ Le monde de demain vu par un/une étudiant(e)
Dans le réseau national des 33 instituts d’administration des entreprises (IAE) – et bientôt 35 avec l’arrivée prochaine
de Versailles et Angers –, l’établissement de Paris 1-la Sorbonne tient une place à part. Le segment de marché choisi par cet IAE, l’une des entités constitutives de l’université de la Sorbonne, est la formation continue. Grosso modo, 80 % de ses inscrits le sont à ce titre-là. La formation initiale en gestion est portée par l’École de management, sa voisine.
Rien d’étonnant, donc, si les
« nouvelles » produites sont signées par des « étudiant/ es»detoutâge–dontun quinquagénaire. Parmi les nouvelles qui répondent
aux critères de l’exercice – déboucher sur un concept entrepreneurial –, celle de Shirin Pakrouz a emporté le vote du jury : le suspense est fort bien mené et le concept novateur d’entreprise qui en jaillit allie cadre économique et intérêt social. Un bon concept de design thinking... Mention spéciale pour la concrétisation d’une ligne de sacs signés Jimena Villamizar.
      expressions
concours de micro-nouvelles
Remiehzla
 Remiehzla est apparue dans ma vie il y a cinq ans, sans y être invitée et sans crier gare.
Au départ, elle était discrète et ne
se manifestait que brièvement. Elle devait savoir qu’elle n’était pas la bienvenue.
Les premières années je pensais que Re- miehzla allait finir par se lasser de mon indifférence et partir. Mais elle est extrê- mement fidèle, lorsqu’elle choisit un com- pagnon c’est pour la vie. Malheureusement, le souhait de son dé- part discret s’est rapidement dissipé. Cette amie autoritaire et sans vergogne a pris le
Avis d’experts
Didier Chabaut,
professeur, spécialité des thématiques Stratégie
et Entrepreneuriat, co-responsable du diplôme Dd’université (DU) Entrepreneuriat Diriger, créer ou
reprendre une entreprise.
epuis vingt ans, Didier Chabaud baigne dans cette at- mosphère entrepreneuriale. Un temps en lien avec une pépinière d’entreprises innovantes, il a aussi rédigé une thèse sur l’organisation des sites de montage chez Re-
nault.
« Franchir le pas ou pas, certains de nos participants s’interrogent, plutôt que de rester dans une posture de salarié. Et ce n’est pas une question d’âge. Si la moyenne d’âge est de 37 ans, certains sont aux portes de la retraite. Quel que soit leur âge, on cherche à sortir de certains clichés, tenir compte du contexte familial, travailler sur le business plan réel, voir ce qu’est une proposition de valeur, dé- terminer le marché concurrentiel, prendre conscience des aspects administratifs... pour répondre finalement à une question : est-ce que c’est pour moi ? Cet exercice comporte un pan de découverte de sa propre personnalité. Tous nos étudiants sont sensibilisés à ces thématiques, mais on s’interroge pour aller au-delà, comment muscler davantage encore cette fibre-là. Comment va-t-on dans une logique d’incubateur ? » n
96 | mai 2019 ecoreseau.fr
mation – auprès de commerçants, dirigeants. La dimension psychologique compte beau- coup dans l’approche de Claire Ledy-Lépine. « Créer n’est pas compliqué, ce qui l’est est de durer. Aussi, la notion de risques – savoir les appréhender – est-elle essentielle. Tout comme de bien se connaître. Le système fran- çais a pour habitude de sanctionner, ce qui ne va pas, ce qui n’est pas su, ce qui n’est pas com- pris. Aux États-Unis, le mode de fonctionne- ment est totalement différent. On encourage. On part d’une note minimale et des points sont ajoutés au fur et à mesure des bonnes réponses. Et monter une entreprise, c’est être un homme, une femme-orchestre. On s’ap-
ment fait plaisir aux participants. Après, tout se déroule. Notre objectif est de travailler sur ce qu’ils vont mettre au service de leur pro- jet. De les mettre en quelque sorte à nu. Mon prérequis n’est pas un niveau d’études, mais l’envie. Être autodidacte et excellent, voilà une association tout à fait possible, à l’encontre d’un bac + n années et rester très mauvais. La flexibilité est nécessaire. Ne pas attendre que ce soit parfait pour se lancer, sinon on ne le fait jamais. Interroger le marché sur l’accueil réservé au nouveau produit ou service consti- tue une étape également incontournable, avec des tables rondes de consommateurs, des marchés tests. »n
contrôle de ma vie. Elle décide désormais de ce que je peux faire ou dire et ne me laisse aucun répit.
Je ne veux pas rester sans rien faire, j’ai donc décidé de lui compliquer la vie comme elle complique la mienne depuis cinq lon- gues années.
Pour commencer, je refuse de l’appeler par son vrai prénom. La nommer serait l’accep- ter et l’adopter, et il n’en est pas question. J’ai aussi trouvé un lieu magique, capable de lui tenir tête et qu’elle déteste : mon jardin ! Lorsque mes cinq sens sont en éveil, Re- miehzla est en sommeil. Toucher les feuilles, sentir les textures, les odeurs, en- tendre les bruits, constituent l’arme la plus redoutable que j’ai pu trouver.
Si vous connaissez une personne victime de Remiehzla, faites-lui toucher la terre, sentir les fleurs. Vous lui offrirez ainsi un moment de répit et de bien-être.
Qui est-elle, me demandez-vous ?
Sachez seulement que comme elle a décidé de me faire régresser, j’ai décidé d’écrire son nom à l’envers...
Cette histoire parle de la maladie d’Alzhei- mer et des bienfaits du jardinage (reconnu médicalement) sur la prise en charge de cette maladie. Ma mère en est atteinte et c’est son histoire...
Ma future société sera spécialisée en ac- compagnement des particuliers dans le jardinage et un service sera consacré à une hortithérapie. J’aimerais donc créer des jar- dins « des sens » dans les établissements qui s’occupent des malades d’Alzheimer. n
Claire Ledy-Lépine,
maître de conférences associée, co-responsable du diplôme d’université L(DU) Entrepreneuriat Diriger, créer ou reprendre une entreprise.
es atouts de l’IAE de Paris-La Sor- puie sur ce que l’on sait et sur ce que l’on ne bonne, Claire Ledy-Lépine les connaît sait pas. Vendre, produire, gérer, trois activi- bien. Elle en a été diplômée en 1995 et tés. On est rarement bon dans les trois. Il faut ne l’a pas quitté depuis, mais tout en alors être fort et savoir s’entourer. Aussi, est-il
développant une activité de conseil – Ella for- important de définir ce qui fondamentale-
 Shirin Pakrouz
 ]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[ « Dérèglements », Jane Bee
DÉRÈGLEMENTS
Dérèglements/ Réchauffement/ Canicule/ Sécheresse/ Acidification/ Dioxyde de titane/ Religion alimentaire/ Antispécistes/ Appli Yuka
le regard sémantique
expressions
 Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
 Des lunettes roses et un arbre. Au centre de la toile, un arbre qui nous hurle laissez les arbres tranquilles ! Sur cet arbre, des lunettes roses car on ne voit pas la réalité en face. Dans les racines, se greffent les fléaux : l’acidification, les terres arables partent en poussières. Le chlordécone, pesticide employé dans les banane- raies, contamine, aux Antilles, population, animaux et sol.
Du réchauffement au dérèglement. Le Dérèglement du climat semble chahuter le réchauffement climatique. Un dérèglement où cohabitent sécheresse, ouragan, inondations et planète qui brûle. Le titre Californie, alerte à Malibu relate les feux de forêt qui ont frap- pé l’état américain cette année. Il s’agit désormais de contribuer à retarder la fin monde. Au rythme actuel, dans 200 ans, il n’y a plus rien s’inquiète l’astrophysi- cien Aurélien Barrau.
Plus rien ! Même l’obscurité et la biodiversité dispa- raissent car dans les mégalopoles toujours éclairées La lumière tue. Plus rien, même dans le ciel, les oiseaux disparaissent, une espèce d’oiseau sur huit est en dan- ger à cause des activités humaines. Et, comme les hivers sont de moins en moins froids, on peut voir les cigognes qui ne migrent plus. Paradoxale situation, on défend le bien-être animal et on laisse pourtant les animaux ma- lades du plastique vaciller.
L’alimentation entre religion et scandale. Chaque année, il y a un scandale alimentaire. Cette fois, ce sont notamment les bonbons au dioxyde de titane et le scan- dale Lactalis qui continue.
Une nouvelle religion alimentaire se développe égale- ment. Religion du sans gluten, sans viande, du scannez, vous êtes fixés grâce aux applis comme Yuka. Où est donc le plaisir de manger ? Quant aux antispécistes, ils attaquent parfois les boucheries : pour eux, manger de la viande, c’est commettre un acte criminel.
Du renouveau mais sans Hulot. Hulot affirme je ne veux plus mentir et démissionne le 28 août. La COP 24 passe inaperçue. Cela n’empêche pas certains de se battre. Ces gamins veulent aspirer 1% de la pollution mondiale, écrit Paris Match à propos de deux jeunes suisses inventeurs d’un dispositif pour aspirer le CO2. Et, sur les balcons de la ville intelligente, pousseront demain des plantes aux vertus anti-polluantes, telle est l’ambition de ces forêts suspendues. n
ecoreseau.fr mai 2019 | 97
]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[ expressions
les mots de la fin
   [ bonne conduite ]
ne dites pas « Digital » dites « Numérique »
Si il est désormais courant d’utiliser le mot « digital » pour désigner le numérique, les
« digits » sont à la base les dix doigts de la main. Il s’agit d’un anglicisme fréquemment usité, au point que même les puristes aient tendance à en oublier la source.
[ QUESTION DE FORME ]
Le terme «Hexagone », qui désigne par métonymie le territoire français métropolitain, date des années 1960 (même
si cette simplification graphique était usitée au siècle précédent
par les « hussards noirs de la République »). À la fin du XXe siècle,
elle symbolise la réduction du pays
[lemotdemai] Lucifer
De lux « lumière » et fero « je porte », Lucifer, telle une allumette, signifie :
« qui porte la lumière ». Notons que dans l’œuvre inachevée de Victor Hugo « la Fin de Satan », l’auteur parle de l’amour du Malin pour la lumière dont
  moine lubin
Afin de rester dans la continuité du mois dernier, parlons du moine lubin des dernières strophes d’Au Clair de la Lune. Un moine lubin est un moine libidineux.
Si « lubiner » vient de
« lupus » qui veut dire «
loup », le moine lubin fait avant tout référence au Frère Lubin pour qui une ballade avait été écrite par Clément Marot il y a de cela plusieurs siècles. Ce dernier, par une prose satirique et humoristique, contait ainsi les aventures d’un moine qui sous des dehors pieux, cachait un loup.
   à sa seule dimension
européenne, après la disparition
de son empire colonial. il tire son nom, une lumière dont il se voit privé lors de sa déchéance.
 Apopathodiaphulatophobie
L'apopathodiaphulatophobie, du haut de ses 24 lettres, désigne une peur irrationnelle (donc phobique) de la constipation, qu’une logorrhée ne saurait malheureusement résoudre.
    [ le GROS mot ]
     [lemotàPlACER] [MAISPOURQUOI?]
Haro !
Qu’il s’agisse du cri que l’on poussait pour attirer l’attention ou appeler au secours ou du cri
des chasseurs pour rappeler leurs chiens, cette ancienne clameur a disparu de notre vocabulaire depuis bien longtemps, contrairement à Taïaut, qui reste plus usité par les chasseurs. Haro vient du vieux français « Hara » qui signifie « ici ». Notons que ce mot est assez proche du « here » anglais dont la traduction est jumelle.
Ornithorynque
Non, son nom ne vient pas de ce cher Ornicar. De fait, l’ornithorynque, animal des plus particuliers proche d’une chimère des temps modernes, tire son
nom du grec ancien ornitho qui signifie « bec d’oiseau » et rhunkos
qui signifie « groin de porc, bec d’oiseau, nez ou museau d’un animal ». Ce terme fut imaginé par Blumenbach en 1800.
PROCHAIN NUMÉRO LE 30 MAI 2019 98 | mai 2019 ecoreseau.fr
MARIE GROUSSET
MARIE GROUSSET
]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[                   LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRE CABARET DU MONDE !
DÎNER ET REVUE À 19H À PARTIR DE 185E - REVUE À 21H ET 23H À PARTIR DE 77E
MONTMARTRE - 82, BLD DE CLICHY - 75018 PARIS - TEL : 33(0)1 53 09 82 82 - FACEBOOK.COM/LEMOULINROUGEOFFICIEL - WWW.MOULINROUGE.COM
© Bal du Moulin Rouge 2019 - Moulin Rouge® - 1-1028499 Agence o cédille - Photo Ben Massiot
]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page></pages></Search>