﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ Auto-micro
ALORS, HEUREUX AU BOULOT ?
entrepreneuriat
10 ans après, quel bilan ?
L’ŒIL DÉCALÉ
Disruption : faut-il « casser » les entreprises ?
La pensée positive, fin du travail subi
Carlos GHOSN
TOUR DU MONDE DE L’INNOVATION
est-il un délinquant d’élite ?
Des villes de plus en plus intelligentes
Grandir avec vous.
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Comment emprunter pour monter sa boîte ?
N° 58 - mars 2019
RÉSEAUX
ENQUÊTE
Génération Femmes d’Influence veut rayonner
Les robots, machines à chômage ou pas ?
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                                                             AU DÉPART DE PARIS
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 ]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[              éditorial
Olivier magnan
Rédacteur en chef
HPassionnant...
é ! ce numéro est passionnant ! Je sais, un rédacteur en chef ne devrait pas dire ça, comme un certain président. Mais que voulez-vous... Les personnes que j’ai rencontrées, les sujets que nous avons choi-
sis me laissent un sentiment de tourbillon : nous vivons, vous vivez, entrepreneur/es, dirigeant/es, étudiant/es, cadres, start- upeur/es un changement crucial, vital, déterminant. Lisez le livre de Stéphane Mallard, Disruption, que je commente page 29 : il vous plonge dans une Silicon Valley en passe de « cas- ser » l’ancien moule de l’entreprise au sens fort. Lisez ce que je tire de la lecture du livre disruptif à sa façon de deux entrepre- neurs qui ont envie de décrire à tous ce qu’ils ont compris de la révolution de l’intelligence artificielle – appellation erronée, l’un des concepteurs français du Siri d’Apple s’en explique (p. 26). Plongez dans l’aventure d’une start-up qui s’est plantée et relancée, Popchef (p. 36) en oubliant tous les codes de l’entre- prise tradi qui n’existera plus d’ici à dix ans... Ces seules pages époustouflantes, selon le mot à la mode, vont vous disrupter à elles toutes seules. Et vous pousser à lire ce que vous annonce le titre de une : Alors, heureux au boulot ?, salue un événement en soi, la venue à Paris du pape de la pensée positive, l’Américain Martin Seligman, que nous avons rencontré (mais j’ai donné la parole aussi à ses contempteurs pour que vous vous confron- tiez au débat, c’est page 16). Il y a quelqu’un dont nous n’avons pas – encore – parlé, Sébastien Bohler. Mon confrère rédacteur en chef de Cerveau & Psycho, lui qui passe son temps à l’ex- plorer (le cerveau), vient de publier un livre (d)étonnant, Le bug humain (Robert Laffont). Quel bug ? Celui d’une structure nerveuse, le striatum, « des neurones en charge d’assurer notre survie, jamais rassasiés et qui réclament toujours plus de nour- riture, de sexe et de pouvoir ». Apprendre à s’en rendre maître, c’est changer, sauver, transformer le monde. Passionnant ? Oui, mais je ne devrais pas dire ça... n
le chat de
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                                                ecoreseau.fr mars 2019
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]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[                  16
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       5 10 12
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galaxie
briefing de l’optimisme the green life® briefing économie
entreprendre
& innover
en couverture
aLOrs, HEUrEUX
aU BOULOT?
La pensée positive, fin du travail subi
grand angle robots, le grand fantasme France le cas Carlos Ghosn
l’œil décalé La disruption est totale, préparez-vous !
réseaux Génération Femmes d’influence en immersion... Epitech, techs épiques
Trophées Optimistes 2019
Laetitia Gazel anthoine
Elle vous bipe au bon moment
36 François raynaud de Fitte/Briac Lescure, Popchef 70
38 briefing innovation 72
40 mapping innovation 73 smart Cities... automatiques, sûres, 81 dépolluées, agréables à vivre 83
42 décryptage Pas touche à ma micro-entreprise
pratique
vie privée
culture & co
essais autos
l'art du temps
baromètre finance & marchés baromètre patrimoine & fiscalité patrimoine
46 créer aujourd’hui
86 L’assurance vie : contre vents et marées, c’est oui
90 Valeurs boursières : l'analyse technique est indispensable mais pas suffisante
94 expressions
abonnez-vous P.20 et 29
Financer son entreprise,
les pistes solides
business guide
52 séminaires d’entreprise :
les hôtels de luxe affrontent une nouvelle concurrence
56 briefing rh & formation carrières & talents
60 Les mBa : des programmes fort vivants !
64 IaE: portrait robot d’un réseau en mal de reconnaissance interne
   4 |
mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[ l’onde positive
Thierry saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
Saluez les atouts Lde la France
a mode est au « déclinisme », au défaitisme, au négativisme.
À prendre un peu de hauteur, à y regar-
der de plus près, sommes-nous certains, au-delà des aléas politiques, que notre présent, en tant que nation, soit si sombre ?
Nous faisons des enfants – la France est première en Europe pour la natalité –, ce qui n’est pas le signe d’une si grande déprime.
Nous sommes toujours une grande puissance éco- nomique, agricole, militaire, spatiale, maritime.
Nous sommes premier ou figurons au hit-parade mondial pour le tourisme, le luxe, les services, la santé, la mode, la gestion de l’eau et des déchets, les travaux publics. Ce sont durablement les secteurs porteurs d’avenir.
Nous figurons dans le peloton de tête pour le dépôt de brevets, les investissements internationaux sur notre territoire.
Nous pouvons et devons valoriser nos atouts, les paysages, les terroirs, les vignobles, notre gastro- nomie classée au patrimoine de l’humanité, les créateurs, les innovateurs, les prix Nobel, les cher- cheurs, les médecins et chirurgiens, l’artisanat.
Nous possédons l’un des tissus économiques les plus diversifiés d’Europe, de la PME du coin de la rue aux grandes entreprises qui font rayonner notre drapeau aux quatre coins de la planète.
2Voici les plus grosses
briefing de l’optimisme par Charlotte de Saintignon
galaxie
     Le français est la troisième langue la plus parlée au monde et, contrairement au cliché négatif, l’est de plus en plus.
On pourrait continuer longtemps à évoquer ainsi nos motifs de fierté d’être Français, un pays à nul autre pareil.
Le paradoxe est que ces messages, comme nos va- leurs universelles, parlent souvent davantage dans les endroits les plus reculés du globe que chez nous.
L’optimiste n’est ni blasé ni désespéré. N’abaissons pas nos mérites. C’est un devoir col-
lectif. n
se connecter au Printemps de l’Optimisme
www.printempsdeloptimisme.com
rejoindre la Ligue des optimistes
www.optimistan.org
018, année record pour la french tech avec 3,624 milliards d’euros levés par les start-up françaises, chiffre l’étude annuelle EY. Dix-huit pousses de moins de 8 ans ont atteint le statut de scale-
up – entreprises à très forte croissance pour plus de
20 millions d’euros levés. Le terme, scale-up, sous-tend
un changement d’échelle, via une stratégie d’accélération
de la croissance, en particulier à l’international. Il s’applique en tant que tel à une entreprise, jeune pousse sortie du statut de start-up qui souhaite atteindre celui de licorne (une start-up non cotée mais valorisée à plus d’un milliard de dollars, comme BlaBlaCar et OVH en France et Airbnb, Uber, Snapchat, Dropbox, SpaceX à l’international). Le secteur des biotechnologies est surre- présenté dans le classement d’EY avec Voodoo, Dataiku, Ledger, Dynacure, Quantum Surgical, Klaxoon... Et l’hexagone compte huit des cinquante jeunes pousses européennes à forte croissance les plus prometteuses – étude Tech Tour Growth: Alan, Algolia, Doctolib, Ledger, Meero, Launchmetrics, Phénix et Shift Technology. n
L’IMAGE
Forest City, en Malaisie. Country Garden. Certains pays se lancent dans des projets gigantesques et onéreux – jusqu’à un milliard de dollars. Des développements qui bouleversent les frontières entre réalité et science-fiction. L’Arabie saoudite est par exemple en train de développer une ville pour quelque
438 milliards d’euros avec des robots et des taxis-drones, tandis que l’Inde installe des cubes numériques qui transmettent des vidéos au public. Sur fond d’économie circulaire et écologique. Le futur se joue là-bas.
 LEVÉES DE FONDS EN 2018
Vos clients les plus insatisfaits sont votre plus grande source
 d’apprentissage
 bill gates
 ecoreseau.fr mars 2019
| 5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[  galaxie
briefing de l’optimisme
 le chiffre
28%
Étude Opinion Way pour l’Union des Auto-Entrepreneurs de janvier 2019
rh Télétravail pour plein emploi ?
La guerre des fourchettes
Gros appétit pour la start-up Lunchr qui vient de lever 30 millions d’euros et se donne trois ans pour renverser le marché. Un tour de table qui intervient sept mois seulement après une précédente levée de
11 millions. Depuis son lancement il y a tout juste un an, la start-up qui dématérialise les tickets restos grâce
à une carte à puce en liaison directe sur le réseau bancaire MasterCard a séduit plus de 2 000 entreprises. Elle « compte aujourd’hui 60 collaborateurs et va doubler ses effectifs dès 2019 » pour s’étendre en Europe puis à l’international. Lunchr vise 200 000
utilisateurs et plus de 400 millions d’euros de volume d’affaires d’ici à la fin de cette année, avec, en ligne, une introduction en Bourse. Au départ simple plate- forme numérique de commande de repas sur place
ou à emporter, Lunchr a dévoilé en janvier 2018 ses véritables intentions : s’attaquer au marché du ticket restaurant, historiquement détenu par quatre grands acteurs: Ticket Restaurant (Edenred), Chèque Déjeuner (Groupe Up), Chèque Restaurant (Sodexo) et Chèque
de Table (Natixis). Lesquels proposent des cartes dématérialisées en plus des traditionnels « tickets restos » au format papier depuis la dématérialisation des titres rendue possible depuis plus de trois ans. Mais de nouveaux acteurs entièrement numériques, qui proposent des solutions par carte à puce ou téléphone portable ont émergé, tels que Monetico Restau (détenu par Crédit Mutuel CIC), Resto Flash et... Lunchr.
 de Français veulent créer, reprendre une entreprise ou se mettre à leur compte (+ 3 points par rapport à janvier 2018), soit 7,5 millions d’entrepreneurs potentiels dans les deux ans à venir.
La France se
situe derrière la Pologne (62 % de sa population souhaitent entreprendre), l’Espagne (55 %), le Royaume-Uni (51 %) et l’Allemagne (31 %).
   Relancer les embauches dans les secteurs
en manque de talents? C’est possible avec
le télétravail. Une nouvelle tendance est en
train de s’imposer au-delà de quelques jours
de télétravail par mois plébiscités par 67 % des
Français* : recruter des talents qui travaillent
uniquement de chez eux. Du coup, pas besoin
de bureau. Si cette pratique de recrutement
de remote workers, travailleurs détachés, ne
s’est pas encore démocratisée dans tous les
secteurs, elle monte en flèche, notamment du
côté de la tech, de plus en plus friande de ce
type de profils. Pour les entreprises en peine de recrutement de certains CV comme l’industrie, l’alternative pourrait se révéler fructueuse. De là à inclure le télétravail dans les nouveaux contrats... Et si les «travailleurs éloignés» allaient combler le manque de profils rares et carrément le chômage ?
*Étude LogMeIn de septembre 2018 sur le télétravail en France et dans le monde
 ATTITUDE
se plaindre et râler, mauvais pour la santé
C’est scientifiquement prouvé: râler à tout
bout de champ aurait des effets néfastes sur notre santé physique et mentale. Il est temps d’adopter la positive attitude au quotidien. Les travaux du psychiatre américain Steven Parton, cités par le site d’information Inc et publiés dans la revue de psychologie Psychpedia, confirment que se plaindre sans arrêt nuirait gravement
à la santé. Plus une pensée est utilisée, plus
on y revient facilement et régulièrement,
car le chemin parcouru par cette idée a été enregistré par le cerveau. En conséquence,
si nous sommes dévorés en permanence par des pensées sombres, nous serons de plus en plus disposés à broyer du noir. Se crée alors un cercle vicieux pessimiste. Et cette négativité est contagieuse : les personnes qui nous entourent s’adaptent à notre humeur et s’identifient
à nous. Enfin, il faut savoir que râler est aussi générateur d’anxiété. Quand on se plaint, on libère du cortisol, l’hormone du stress. L’on devient plus vulnérable, le système immunitaire fonctionne mal, augmentent les risques de crise cardiaque, de diabète ou d’obésité. Se plaindre est mortel, parfois, dixit le psychiatre. Alors, on sait quoi faire (ou ne pas faire), non?
TOP 5
Les marques les mieux valorisées dans le monde
Édition 2019 du rapport Brand Finance Global 500, compilé par le cabinet de conseil en évaluation et stratégie Brand Finance.
   1
 amazon
   2
apple
  3
 google
   4
  microsoft
    5
 samsung
   6 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                                              Votre entreprise ne cesse d’innover. La nôtre aussi.
Néo Business
Un réseau de chargés d’affaires spécialisés et une offre modulable adaptée aux besoins des entreprises innovantes.
BPCE - Société anonyme à directoire et conseil de surveillance au capital de 157 697 890 euros - Siège social : 50, avenue Pierre Mendès France 75201 Paris Cedex 13 - RCS Paris n° 493 455 042 - ALTMANN + PACREAU - Crédit photo : Hervé Plumet.
                   ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
briefing de l’optimisme
   la bonne idée
Une entreprise sans chefs
Le constat On connaît l’importance du travail en équipe, de l’autonomie et de la confiance pour favoriser le bien-être au travail.
L’idée Aller encore plus loin que le modèle agile avec le modèle
« bêta » qui rend les salariés auto-organisés et 100 % autonomes. DCMN, spécialiste de growth marketing, a mis en place ce modèle dans ses équipes. La nouvelle structure met fin à la logique top-down des hiérarchies traditionnelles (appelées alpha). Les collaborateurs sont vus comme de véritables entrepreneurs. Ils gardent une « maîtrise totale de leurs budgets, une pleine autonomie au travail, la liberté de gérer leur temps comme ils le souhaitent et même des congés illimités, tout en assumant toutes les responsabilités d’un chef d’entreprise », explique Matthias Riedl, co-fondateur et chief growth officer de
DCMN. Concrètement, les équipes ont le pouvoir de prendre toutes les décisions stratégiques elles-mêmes sans passer par un manager ou
un supérieur puisqu’il n’y a plus de chefs. Les intitulés de poste ont été supprimés en interne, tout le monde sur un pied d’égalité. Quelles que soient leurs fonctions, toutes les équipes sont alignées sur la même vision et la même mission (lire dans ce n° Rebond, Popchef, p. 36).
lire Castigat ridendo mores : il corrige les mœurs par le rire
« Je débloque, je soigne, je motive les entreprises et leurs collaborateurs par le grand rire unanime », explique Serge Grudzinski. Cet ancien ingénieur et consultant
en management passé par Polytechnique et Standford est devenu un homme de spectacle (Bobino, théâtre
de Dix Heures), spécialiste des ressources humaines et CEO d’Humour Consulting Group. Ce livre de mille témoignages veut redonner le moral, faciliter le changement et booster la motivation ou débloquer des situations délicates. C’est au fil de 1 300 interventions sur-mesure dans des centaines d’entreprises comme Total, BNP Paribas, Engie, Chanel, SNCF, Vinci, Bouygues, Thales, Accenture, Airbus... que l’entrepreneur a découvert et mis au point le «Grand rire unanime» grâce aux «leaders» qui ont osé introduire le rire dans les transformations de leurs équipes.
Laugh to Lead : Quand le Rire débloque, soigne, rassemble et motive les entreprises, Strorylab
  Croizon côté entreprise : entre exploits, conférences et future scène
save the date
Du 5 au 8 mars Global Industrie
Le salon des technologies et des équipements de production, Eurexpo Lyon
11 et 12 mars Big Data
Le panorama des opportunités, perspectives, et technologies de la filière, Palais des Congrès, Paris
Du 12 au 15 mars mIPIm
Les professionnels de l’immobilier, Palais des Festivals, 1 boulevard de la Croisette, Cannes
16 et 17 mars salon de la franchise
Le salon international pour entreprendre en franchise, Paris Expo, Porte de Versailles
Du 19 au 21 mars solutions ressources humaines
Le rendez-vous du monde des RH, Paris Expo, Porte de Versailles
20 et 21 mars IoT World
Le marché des objets et services connectés, Paris, Porte de Versailles.
28 mars Be a boss
Le rendez-vous des femmes entrepreneures, Hôtel de Bordeaux Métropôle
 8 |
mars 2019 ecoreseau.fr
En 2010, il traverse la Manche, les bras et les jambes amputés équipés de prothèses (vous savez
qui tentent l’aventure arrivent de l’autre côté?). En 2012, il relie les cinq continents toujours à la force de ses demi-bras et tiers de jam- bes. En 2017, il arrive 47e du Dakar, pilote d’un buggy à joystick (sans aucun avantage de temps). Philippe Croizon, victime en 1994 d’une vio- lente électrocution en plein boulot, n’échangerait plus sa vie d’exploits contre un corps entier : ses énergie/ intelligence exceptionnelles l’ont hissé à la tête d’une entreprise dont l’objet est le personnage Croizon. Car à force de naviguer dans la France entière appelé par des chefs d’entreprise subjugués par ses «en- treprises » (sur)humaines, il a fini par se rendre à l’évidence: se faire
rétribuer ses conférences est le juste retour d’un micro-entrepreneur aux mégaprojets. Au passage, il salarie son équipe (à commencer par sa mère et son épouse Suzana) et fi- nance l’étude de ses exploits sportifs. « Ma petite entreprise connaît pas la crise », se fredonne Philippe qui n’a nul besoin de prospecter pour as- surer quelque 150 conférences par an, rétribuées 5 000 à 10 000 euros (belle progression, depuis le bénévo- lat défrayé des débuts aux 500 euros timidement demandés par la suite). L’auto-entrepreneur au sens littéral du terme a publié quatre ouvrages et se prépare à la « grande » diversifi- cation de son « offre » : cornaqué par l’impressionnant Jérémy Ferrari, il
co-écrit, répète, peaufine son pre- mier one man show programmé en 2020. Nouveau défi, faire rire et pleurer, peut-être pour lui un pari plus culotté qu’un Dakar ou un océan à franchir. Le tout sous l’œil sévère et amoureux de son épouse Suzana Sabino qui a fini par tout dire dans un livre sans concession ni complaisance, Ma vie pour deux (Arthaud, lire sa tribune libre dans ce numéro). Une autre « épreuve » pour l’ego du héros remis à sa place avec la franchise d’une « aidante » style Intouchable qui a envie désor- mais de se battre pour la reconnais- sance d’un statut de ces conjoints de l’ombre. Elle, Suzana, est désormais en plein soleil. n Om
que 10 % seulement des
« valides »
© Vincent KRIEGER
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[    elle est centenaire
briefing de l’optimisme galaxie Citroën : chevronné !
 naissance 1919
HISTOIRE
Dans le quartier Javel à Paris, An- dré Citroën (un pseudonyme forgé à partir de la profession de son ar- rière-grand-père, vendeur d’agru- mes dont des citrons – citroen en néerlandais) inaugure en 1915 une usine d’obus pour soutenir l’effort de guerre. L’armistice signé, celui qui a fait ses armes en tant que directeur des usines de Mors, un constructeur français né en 1885 et disparu en 1925, décide de recon- vertir le site pour fonder sa propre marque. Citroën est créé en 1919. Le 4 juin, le premier modèle, la Type A, voit le jour. Deux ans plus tard, Citroën présente le 2e modèle de sa gamme, la B2. Dès 1924, la marque
small data
produit déjà 50 000 voitures par an. D’innovations en exploits sportifs – traversée du Sahara, Croisière Noire, Jaune...–, elle obtient le nouveau record du monde avec la Petite Rosalie (8CV) : 93 km/h de moyenne. Mais la marque, qui doit faire face à de graves difficultés fi- nancières, est placée en 1934 sous le contrôle de la société Michelin, son créancier principal. Et pendant les années de guerre, la production annuelle passe de plus de 100 000 véhicules à quelque 9000. C’est en 1948, après avoir fait renaître de ses cendres son usine bombardée à deux reprises que la marque aux chevrons propose une petite révo- lution qui est portée sur les fonts baptismaux : la 2 CV. Une voiture pratique et économique. Le ca-
hier des charges est simple : « Doit trans- porter quatre personnes et 50 kg de pommes de terre, à la vitesse de 60 km/h, pour une consom- mation de 3 litres d’essence aux 100 km sans casser d’œufs dans un panier... » Elle sera fabriquée, dans toutes ses variantes, à plus de 5 millions d’exemplaire jusqu’en 1990. En 1951, autre consécration, la 15 CV Citroën devient la voi- ture officielle du gouvernement français. En 1955, c’est au tour du tandem DS/ID d’entrer en scène. Un modèle de science-fiction : ligne inédite, aménagement inté- rieur d’avant-garde, suspension hydropneumatique et assistance hydraulique généralisée. En 1968, le constructeur du quai de Javel invente la voiture de plage avec la Méhari puis un coupé de prestige, encore plus haut de gamme que la DS, la SM. Mais le premier choc pétrolier révèle les fragilités de l’en- treprise et Michelin se sépare de
Citroën. C’est Peugeot qui se porte acquéreur de la marque en 1975.
aujourd'hui
Traction, 2 CV, DS, SM, Picasso, ligne DS, publici-
tés, succès sportifs... De-
puis 1919, Citroën a greffé
la créativité et la technolo-
gie au cœur de son ADN.
Même si le véhicule haut de gamme a déserté ses rangs
pour laisser place aux SUV.
Après le lancement des Berlingo 3 et C5 Aircross,
la remplaçante de la C5 est prévue pour 2020 et celle de la C4 pour 2021. L’année du centenaire de Ci- troën devrait servir de rampe de lancement à de nouveaux concepts dignes des valeurs de la marque. En attendant, Citroën prévoit le Ras- semblement du siècle du 19 au 21 juillet 2019 en Eure-et-Loire : 7 000 véhicules et plus de 10 000 partici- pants sont d’ores et déjà attendus. n
Les Éditions Techniques pour l'automobile ont créé, à l'occasion du centenaire, un Coffret Citroën, 100 ans, 89 euros.
   L’e-commerce de demain sera...
Éthique
                                           182 000
sites marchands
Pour se différencier, ils deviennent plus engagés.
Les dépenses des acheteurs «multicanal»
face à ceux qui utilisent un unique canal.
                                                                                                                grimpent d’un facteur
3
            Esthétique
Omnicanal
   Sécurisé
                              93%     85%
      des acheteurs en ligne
estiment que l’esthétisme est central dans la décision d’achat.
Source : Payplug.com
des achats e-commerce sont payés par carte bancaire (en valeur).
ecoreseau.fr mars 2019
| 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
the green life®
 Zéro déchet au Zbureau, les 12 pistes
Une vaisselle avec 3 litres d’eau
Il est design, innovant, 100 % français, compact avec une taille XXS, rapide, autonome puisqu’il fonctionne sans arrivée d’eau,
et surtout écoresponsable... Voici Bob le lave-vaisselle, imaginé par deux ingénieurs de l’entreprise DaanTech. Avec une consommation de 3 litres d’eau, Bob utilise cinq fois moins de liquide qu’un lavage à la main classique.
La (hu)serre sur le toit
Le projet Symbiose devrait voir le jour en 2020 : il veut greffer une serre de 400 m2 sur le toit d’un immeuble d’un parc locatif nantais. Objectif : utiliser l’énergie solaire pour limiter le recours à l’énergie carbonée et réduire les charges locatives. La serre, dotée d’un pilotage prédictif, sera capable de s’adapter aux évolutions de la météo et aux besoins thermiques du bâtiment.
Ville de demain ? Citoyenne !
Hub Smart Citizen, hub générique, fait
partie des living labs – méthodologie où
citoyens, habitants, usagers sont considérés
comme des acteurs clés des processus
de recherche et d’innovation –, espaces
sur nos territoires pour faire émerger des
expérimentations à « fabriquer » ensemble.
Ces labs apprennent à faire et à penser
ensemble, à se laisser déranger dans nos certitudes ou nos habitudes et à oser inventer de nouveaux modes pour agir, travailler, construire, consommer et vivre.
ero Waste France a publié un guide pour engager les 13 mil- lions de Français qui travaillent dans des bureaux et qui pro- duisent chacun entre 120 et 140 kg de déchets par an dans une démarche zéro déchet, zéro gaspillage.
1. Je fais un bilan préalable
2. J’imprime raisonnablement
3. Je réduis ma consommation de fournitures au quotidien
4. Pour la pause-café/déjeuner, je passe au réutilisable
5. J’organise des séminaires zéro déchet
6. Je valorise mes biodéchets
7. À la pause cigarette, je réduis les pollutions
8. Dans les services de l’entreprise, je privilégie le marché de l’occasion
et le réemploi
9. J’améliore la durée de vie de mon matériel
10. Je choisis bien mon prestataire de ménage
11. J’optimise le système de tri (seuls 53 % des collaborateurs déclarent
avoir mis en place le tri des déchets) 12. Je sensibilise aux bons gestes
Trottinette de fonction
Lime propose aux collaborateurs d’entreprise une solution de trottinettes électriques en libre- service pour simplifier leurs trajets quotidiens. La start-up a mis en place le service depuis juin 2018 en France à Paris, Lyon et Marseille. Ses services de
mobilité sont déjà disponibles dans plus de cent villes sur cinq continents de par le monde et comptabilisent plus de
26 millions de trajets en moins de 15 mois d’existence. Les Français/es passent chaque année en moyenne une semaine à se rendre à leur travail (étude Euro Car Parts 2018). Lime aide les entreprises à s’engager en faveur d’une mobilité verte tout en simplifiant le quotidien de leurs salariés.
réparez l’électroménager !
Murfy.fr, start-up française de réparation d’électroménager, lutte contre l’obsolescence programmée et le gaspillage. Chaque année, ce sont
23 millions d’appareils en France qui sont concernés. La jeune pousse a déjà évité 120 tonnes
de déchets électroménagers
ces six derniers mois. Pour réconcilier les consommateurs avec la réparation, elle leur propose en cas de panne de leur électroménager des tutoriels gratuits pour réparer eux-mêmes leur appareil ou l’intervention à domicile en moins de 48 heures d’un réparateur qualifié salarié.
   La brosse des chiottes devient la Biom des w.-c.
La brosse toilette made in China qui frotille pour pas grand-chose, s’encrasse et devient déchet non recyclable, c’est fini (ou presque). Biom
Paris a écoconçu bbb la brosse (made in France !), sorte de feuille d’apparence caoutchouc noir (en fait beaucoup de betterave dans
sa composition !) au bout d’un manche de plastiques recyclés et biosourcés. La forme feuille à picots vous gratte la faïence de l’édicule (fond et rebords) et – toc-toc – deux coups sur le
réceptacle (lui aussi biosourcé, bien sûr, à poser au sol ou à suspendre) évacue l’eau. Pas de micromarais putride au fond du bac. Cela dit, si le grattage se révèle plus efficace que celui des poils conventionnels, la bbb la brosse ne vous remet pas un fond
de toilette à neuf sans huile de coude. Ou plutôt vinaigre blanc : laisser décanter puis passer la feuille dure. De 35 à 49 euros, rien
d’exagéré dans un tel produit intelligent.
  10 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                        Je savais que mon expert-comptable t’aiderait dans ta reprise d’entreprise !
 Pour une transmission d’entreprise réussie,
le bon conseil, c’est l’expert-comptable.
Vous avez un projet de reprise d’entreprise ? Votre expert-comptable vous accompagne à toutes les étapes : analyse des risques, valorisation, négociation, business plan, choix de la structure de reprise et statut du dirigeant, financement... Il vous permet d’identifier les leviers de performance de l’entreprise rachetée et de sécuriser votre projet. Si vous reprenez, prenez un bon conseil !
                                         – RCS Paris 437 814 858
]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
briefing économie
p Chauffeur Privé devient Kapten
 Kapten, ex-Chauffeur privé, ce sont 250 salariés, 2 millions de clients en France, 2 000 entreprises clientes
et 22 000 chauffeurs
partenaires. L’appli
appelle instantanément
ou retient à l’avance une
voiture de tourisme avec chauffeur (VTC). Grâce à
la prise de participation majoritaire de Daimler AG, Kapten souhaite
se développer à l’international. Après le lancement du service à Lisbonne en septembre, la start- up part à la conquête de Genève
et de Londres. Son ambition pour 2020 : se déployer dans 15 villes majeures en Europe et compter 10 millions de clients, 70 000 chauffeurs partenaires et 500 salariés. Bref, il s’ubérise...
 p Passions de cinquantenaires (et plus)
  apps au top
Karos, le covoiturage Udomicile-travail
n million de trajets partagés et une croissance de son activité de 8 % par semaine depuis 2017. L’application Karos de covoiturage domicile-travail a trouvé son public: gain de temps moyen de 28 minutes, soit 56 minutes par jour, pouvoir d’achat – 72euros
par mois en moyenne, soit 864 par an et réduction de l’empreinte carbone et de la pollution locale. Depuis 2015, l’application a fait économiser à ses 175 000 utilisateurs 2,3 millions d’euros d’essence et réduit de 2 273 tonnes laproductiondeCO2. n
Si vous avez moins de 50 ans, passez votre chemin ! Passions, la première application de rencontres 100 % mobile pour
les plus de 50 ans qui partagent les mêmes passions, a vu le jour il y a quelques mois et compte déjà 20 000 utilisateurs. Selon les données d’Eurostat, un célibataire sur 2 a plus de 50 ans en France. L’idée est née alors que Margot Sitruk, fondatrice et CEO, cherchait une amie pour son
p mercer France (marsh & mcLennan Companies)
Vincent Harel,
40 ans, EssCa
préside désormais
p microsoft France anthony Virapin
nouveau directeur, Startup business unit
p Otis France (groupe UTC) Olivier rouvière,
55 ans, Insead, Insa Lyon directeur général
père. « Mes parents sont séparés et je voulais absolument aider mon père à retrouver une copine aussi cool que lui, passionnée de cinéma, de voyages ou de littérature. Les sites classiques n’étaient pas en phase avec sa personnalité, il fallait quelque chose de
plus dynamique. » L’application géolocalisée montre des profils de célibataires à proximité (dans un rayon de 100 km maximum), met en avant leurs passions. Elle propose un modèle freemium : gratuite pour la découverte des profils, les interactions et la messagerie, avec la possibilité de s’abonner pour accéder aux avantages premiums. L’approche gratuite va hérisser Meetic !
p apprendre le chinois 5 fois plus vite...
N’importe quelle personne de 4 à 104 ans est capable d’apprendre facilement le mandarin que parlent les Chinois. Pari
d’une plate-forme, Les Petits Mandarins, qui affirme délivrer un apprentissage 5 fois plus rapide tout en s’amusant, grâce aux nouvelles technologies,
à une pédagogie innovante exclusive et à un serious game que l’on nous promet addictif. De quoi « redonner du prestige
à l’apprentissage de la langue chinoise », comme l’avait estimé Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale en septembre 2018 sur BFM TV.
 mouvements
p aG2r La mondiale matmut andré renaudin,
63 ans, IEP Paris, Polytechnique
est promu directeur général
p CCI France International Charles maridor
a été nommé délégué général
p Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil)
marie-Laure Denis,
51 ans, ENa
devient présidente
p Eurazeo PmE (groupe Eurazeo)
Benjamin Hara,
39 ans, HEC
accède au poste de managing director
p Fédération des services Energie-Environnement (Fedene)
Ghislain Eschasseriaux,
46 ans
a été nommé délégué général
       Vous avez changé de fonction ? Faites part de votre nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !
12 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[ cocooner 6 jeunes Pentrepreneurs
rix Moovjee et cinq mentions spéciales récompensent les jeunes entrepreneurs, auto-entrepreneurs et porteurs de projets de 18 à 30 ans. Ils ont jusqu’au 6 mars pour postuler. Le but? Donner à une quinzaine de jeunes entrepreneurs toutes les clés pour se lancer
mondes multiples. D’ores et déjà, les slashers représentent 9 %
de l’échantillon interrogé par Opinionway et 12 % des moins de 30 ans.
* Étude Opinionway pour Horoquartz auprès d’un échantillon de 2 253 salariés
dans une aventure entrepreneuriale. Les retenus passent devant un jury de 120 acteurs prestigieux issus de l’écosystème entrepreneurial le 2 avril, histoire de décrocher une dotation globale de 150000 euros – 25000 en numéraire, un accompagnement d’un an via le programme de mentorat du Moovjee, la participation au séminaire Les journées de l’entrepreneur de demain et une pluie de produits et services offerts par les partenaires du prix. Le Moovjee fête ses dix ans cette année. n
Jugement de valeurs
No Deal, Good Deal, New Deal?
Àmoins de 100 jours des   propre entreprise. Une proportion
briefing économie p restaurateurs en (fines) herbes
galaxie
  ça incube
Service Compris créé
en 2018 accompagne les
futurs entrepreneurs de la restauration et des métiers de bouche pourvu que le projet se révèle responsable et rentable. L’accompagnement, collectif et personnalisé, dure 4 mois, à la façon de l’accélération de start-up. À la clé, une équipe de mentors tous au cœur de la restauration
ou des métiers de bouche dans leur quotidien – dernier parrain
de la promo, Pierre Gagnaire. Une
p /Cumul de jobs/
Il est consultant la semaine et serveur le week-end. Elle est informaticienne
le jour et DJ le soir. Ils
sont salariés d’un cabinet médical et prof de danse... On les appelle les slashers, par allusion à la barre oblique du clavier (slash) qui sépare. Le slashing,
ou multi-emploi, a le vent
en poupe. En témoignent les
29 % des salariés* français
prêts à cumuler deux emplois
– ils sont 39 % chez les moins
de 30 ans. Rien de «subi»: le slashing est souvent un choix assumé, perçu comme un moyen de s’épanouir, de casser une routine ou de naviguer dans des
 dizaine d’ateliers exclusifs, des témoignages de professionnels reconnus, des mises en situation réelles et des sessions terrain
– les dernières se sont passées
à Rungis et chez Maison
Plisson – et l’accès qualifié à un réseau d’investisseurs, d’agents immobiliers et de fournisseurs et aux partenaires Service Compris.
 Concours Moovje :
       Béatrice
élections, notre Grande Consultation des Entre- preneurs avait en février
déjà un petit goût d’Europe.
Avec, au programme, une inter- rogation très « touchy ». 64% des chefs d’entreprise interrogés consi- dèrent, en effet, que l’échec d’un accord Royaume-Uni et Union européenne pour sa sortie pro- grammée aura des conséquences négatives pour l’économie euro- péenne. Cette crainte du « No deal » se retrouve projetée sur l’écono- mie française, 60 % des interrogés estimant que les impacts seront également néfastes. Pour autant, à peine un quart des dirigeants se sentent, à ce stade, directement
qui passe toutefois à 25% chez les entrepreneurs du commerce et des services. Des entrepreneurs qui, plus globalement, ont un peu de vague à l’âme et sont moins nom- breux à partager la remontée de la confiance observée ce mois-ci. Sans doute la poursuite des ma- nifestations des Gilets Jaunes (en quête d’un New Deal ?), encore vives dans certaines régions, y est- elle pour beaucoup.
L’indicateur de l’optimisme grimpe ainsi de 6 points et la pro- gression touche toutes les entre- prises, quelle que soit leur taille. Plus de la moitié des patrons se déclarent confiants ; c’est même le troisième meilleur score depuis le
Genoux
Responsable Pôle Etudes / Enquêtes CCI France
Plus globalement, les enjeux européens conservent de l’im- portance pour les dirigeants d’en- treprise. Dans les entreprises de 10 salariés et plus, ils tiennent aux composantes du marché unique dont l’euro. 68 % s’y déclarent très attachés. Parmi les autres réalisa-
tions de l’Union qui emportent leurs suffrages, la libre circulation des biens et des personnes recueille 37% d’adhésion et la mise en place du programme d’échanges univer- sitaires Erasmus 33 %.
Assurément, l’Europe reste en- coreun«gooddeal»...n
concernés pour l’avenir de leur   lancement de notre baromètre.
retrouvez l’intégralité des résultats de la Grande Consultation sur www.grandeconsultation.fr
 ecoreseau.fr mars 2019
| 13
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
2 000 acheteurs responsables
Le 21 février, le maire de Clamart a signé la charte Relations fournisseurs respon- sables*. La mairie de Clamart est le 2 000e organisme signataire de cette charte, le
2 000e à s’engager dans la démarche d’adoption de pratiques responsables vis-à-vis de ses partenaires commerciaux.
Qu’une collectivité locale signe la charte n’est pas anodin. Au travers de ses dix engagements pour des achats responsables, la charte participe à la construction d’écosystèmes intelligents où les no- tions d’équilibre et de partenariat reprennent leur sens. Par cette signature, un acheteur public s’en- gage dans un processus vertueux et une démarche de progrès vis-à-vis de ses fournisseurs. De quoi concrétiser également sa volonté de favoriser le dé- veloppement des TPE-PME par le développement de rapports durables et équilibrés et un respect toujours plus strict des délais de paiement à leur égard.
Dans un contexte à nouveau tendu pour les rela- tions entre entreprises et, par ricochet, entre en- treprises et acheteurs publics, je suis particuliè- rement heureux quand un acteur public s’engage dans cette démarche que mes équipes prônent chaque jour sur le terrain.
Ces dix engagements ne sont pas abstraits, ils for- malisent des objectifs réalisables. Il faut en effet souligner qu’ils représentent peu d’efforts par rap- port aux bénéfices à en tirer à moyen terme. C’est un facteur de différenciation positive, il formalise l’appartenance à un mouvement solidaire et colla- boratif propre à soutenir une tendance de fond: renforcer la confiance.
Depuis 2010, l’état d’esprit des signataires a évo- lué. Aujourd’hui, ils ont le temps d’étudier la charte, de vérifier leur maturité et leur conformité avant de signer. Ils signent la charte pour valider les bonnes pratiques qu’ils mettent déjà en œuvre ce qui assure une convergence avec le label Rela- tions fournisseurs et achats responsables qui est la prochaine étape sur le chemin de l’excellence. n
*Créée en 2010, la charte vise à inciter les entreprises, organismes publics et privés à adopter des pratiques responsables vis-à-vis de leurs fournisseurs. Elle est pilotée par le Médiateur des entreprises et le Conseil national des achats. Plus d’informations et liste des signataires sur le site du Médiateur des entreprises : www.mediateur-des-entreprises.fr
briefing économie Médiation & entreprises
Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
  Finance et législation
  8Génération Deep tech
00 millions d’euros d’aides nouvelles pour l’innovation de rupture – intelligence artifi- cielle, nouveaux matériaux, informatique quantique, robotique, production et stockage de l’énergie, biotechnologies, nanotechnologies... Bpifrance a lancé un vaste plan de soutien sur cinq ans aux deep tech, ces starts-up issues de la recherche qui travaillent sur
les nouvelles technologies de pointe. On veut les faire grandir et stimuler l’innovation. Pour le moment, la France se situe au 2e rang européen pour les investissements deep tech, derrière le Royaume-Uni, avec 330 millions d’euros levés par les start-up deep tech en 2017. n
p Prélèvement à la source, bingo, ça marche !
Le PAS, comme disent les initiés, a aventuré ses premiers (pas) sans bogue de grande ampleur, selon le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. La réforme
p Détecteur de faillite possible
Un algorithme pour évaluer le risque d’entrée en procédure collective – redressement ou liquidation judiciaire. C’est ce qu’a élaboré la Direction générale des finances publiques (DGFiP) pour détecter au plus tôt les entreprises en difficulté. Concrètement, ses compétences en matière de modélisation et d’analyse des données fiscales, économiques et financières des entreprises et sa base de données riche, fiable et actualisée lui ont permis de concevoir ce modèle prédictif basé sur l’IA. Testé depuis un an, le modèle
devrait faire l’objet d’une évaluation «après
er
le 1 trimestre », elle sera rendue publique.
Trent-huit millions de foyers fiscaux sont ainsi passés au prélèvement à la source au cours du mois de janvier, dont 25 millions
de salariés qui ont reçu une fiche de paie amputée du montant mensuel de leur impôt sur le revenu. Selon les chiffres du ministère, quelque 717 000 foyers ont réalisé une action sur le service «gérer mon prélèvement à la source » du site impôts.gouv.fr dont 113 000 ont vu leur taux de prélèvement ramené...
à zéro ! 40 000 agents sont mobilisés au service des usagers par mail, au 0 809 401 401 et dans les centres des impôts. En un mois, ils ont traité plus de 1,4 million d’appels téléphoniques, 130 000 courriels et 1,2 million de visites au guichet.
se déploie sur l’ensemble du territoire
début 2019. L’objectif: orienter au plus tôt les entreprises vers les bons interlocuteurs. Plus l’accompagnement est anticipé, plus les chances de redressement sont avérées. La DGFIP cherche ainsi à détecter les premiers signes de faiblesse pour proposer à l’entreprise des actions préventives ou curatives, en lien avec les autres services de l’État (recherche de financements bancaires ou investisseurs, étalement des dettes publiques...). Chaque année, ce sont près de 3 000 entreprises qui bénéficient de mesures concrètes (délais, remises) pour les aider à rebondir.
 14 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[ briefing économie
galaxie
  mode de vie
Autoréparez, un autorobot vous autoguide
Un foyer jette aujourd’hui 10 fois plus qu’il y a 100 ans. Réaction: l’autoréparation se dé- mocratise. D’abord cantonnée au secteur de l’automobile – oscaro.com, Reparcar.fr... –,
la pratique s’est étendue à l’électroménager. Olivier de Montlivault, CEO de SOS Accessoire, dans une tribune parue dans le Journal du Net: «Les contours du futur de l’autoréparation s’annoncent comme la combinaison de forums d’assistance et d’entraide, couplés à la mise en place d’une relation client optimisée par la présence de robots intelligents. » IA ? Elle diagnostique la panne et gère la commande automatisée de la bonne pièce de rechange dans les appareils électroménagers. Le SAV des fabricants n’échappent au recrutement robotique. « Les chatbots, ces robots conversationnels, pourraient bientôt remplacer les SAV traditionnels en apportant une réponse personnalisée aux consommateurs et en les guidant pas à pas dans leurs opérations d’auto répa- ration », promet Olivier de Montlivault. n
lire
stratégie d’entreprise
Le lab pour remettre l'innovation au cœur de l'entreprise
Encore l'un de ces
ouvrages semi-
optimistes semi-
dérangeants qui
vous promettent un
avenir radieux si vous
changez tout ou une
disparition certaine si
vous ne bougez rien.
On peut se fier à Olivier
Laborde, directeur de
l'innovation au sein
d'un grand groupe
financier et récompensé
pour la « meilleure
stratégie interne de transformaton digitale de l'entreprise ». C'est concret et bourré d'exemples. Innover ou disparaître, Dunod
  ecoreseau.fr mars 2019 | 15
]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[ en couverture
Alors,
 heureux
au boulot ? La pensée positive,
fin du travail subi
entreprendre & innover
16 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[ en couverture
entreprendre & innover
 Devons-nous tous être heureux au travail ? Oui, prône l’école de la psychologie positive à
travers le «pape» de la pensée du même nom, Martin Seligman*. L’Américain vendeur de bonheur en boîtes (et dans la vie de tous les jours), exceptionnellement de passage à Paris en février à l’in- vitation du Printemps de l’opti- misme, défend les acquis scientifi- ques, démontre-t-il, de traitements médicaux et psychologiques aux effets réels, constatés objective- ment à travers des protocoles de tests. À l’opposé, deux détricoteurs de bonheur, les Américains Eva Illouz et Edgar Cabanas, dénon- cent avec force la tyrannie de la félicité autoadministrée qui règne aujourd’hui aux quatre coins de la planète. Partout, dans les pu- blicités, au sein des entreprises ou dans le cercle familial, se plaque désormais la même injonction, celle d’être heureux, la nouvelle pensée dominante qui veut que le bonheur se construirait, s’ensei- gnerait et s’apprendrait. Ceux qui ne parviennent pas au bonheur sont donc stigmatisés et relégués au rang de coupables: coupables de ne pas avoir assuré les bons choix et coupables, donc, de leur propre souffrance. La « happycratrie », pour les auteurs contempteurs de Seligman, revient à un paradigme simpliste puisqu’il occulte les élé- ments exogènes à l’individu, mais également dangereux car supposé mener irrémédiablement à une société de plus en plus individua- liste. Parmi les institutions qui ont le plus pratiqué cette injonction au bonheur au cours des dernières années, les entreprises arrivent en tête. «Faire des salariés heureux est devenu une préoccupation de premier ordre pour de nombreuses grandes entreprises qui sollicitent de plus en plus les services d’ex- perts du bonheur afin d’égayer leurs salariés, de restaurer leur en- thousiasme au travail, de les aider à réagir émotionnellement comme il convient à la nouvelle de leur licen- ciement, et, surtout, leur apprendre à devenir plus autonomes sur le plan psychologique et plus flexi- bles sur les plans cognitifs et émo- tionnels », dénoncent les auteurs d’Happycratie.
Le réquisitoire se veut sévère. La messe est-elle dite ? Pas du tout. Car si Martin Seligman, de son propre aveu, ignore tout de la charge de Cabanas (interviewé par nos soins) et d’Illouz, il aura passé trente an- nées d’étude à décomposer le bon- heur en éléments mesurables, la vie agréable, la vie engagée et la vie
pleine de sens. Réduire son œuvre et celle de ses continuateurs à des billevées pseudoscientifiques, c’est aller un peu vite en besogne. Les start-up nous le montrent, l’on se prend à vivre heureux son travail dans certaines entreprises, avec ou sans Chief Happiness Officer. n
Le bonheur est un idéal, non de la raison, mais de l’imagination, Emmanuel Kant.
*Martin E.P. Seligman est professeur de psychologie à la Fondation de la famille Zellerbach et directeur du centre de psychologie positive de l’université de Pennsylvanie où il se concentre sur la psychologie positive, l’impuissance acquise, la dépression, l’optimisme et la prospection.
  1
Le bonheur au travail, les fondamentaux
À
chologie positive : la venue de Martin Seligman à l’occasion de l’événement du Festival des énergies positives sous l’égide du Printemps de l’optimisme et les conférences de Madyness, le média en ligne des start-up et de l’innovation. Loin du « maître » Seligman, des chefs d’entreprises ont questionné le concept d’hap- pycratie. Baby-foots, smoothies bio, les entreprises sont-elles allées trop loin dans l’injonc- tion au bonheur ? « J’appelle ce
que nous vivons aujourd’hui le syndrome Pharrell. L’injonc- tion à être happyyyy est perma- nente », déplore Philippe Boyer, directeur de l’innovation chez Covivio, concepteur d’immo- bilier de bureaux (lire son in- terview). Lui se dit opposé aux initiatives de ces entreprises de plus en plus nombreuses à faire appel au service d’un/e Chief Happiness Officer (CHO). « Ces trois dernières années, déplo- rent les auteurs d’Happycratie, des CHO sont apparus, aussi bien aux États-Unis qu’en Eu- rope, dans de nombreuses orga- nisations, entre autres Zappos,
Google, Lego ou Ikea. Ces spé- cialistes proclament à leur tour recourir à des techniques bien précises, homologués scientifi- quement, capables d’inculquer aux salariés, quels qu’ils soient, des savoir-faire d’autorégula- tion et de résilience supposés leur faire prendre des décisions seuls, d’être à l’aise dans leurs rapports avec leurs collègues, de composer avec l’incertitude, de s’adapter à des changements inattendus et d’envisager l’ad- versité sous un autre angle, de façon positive et productive ».
Paris, deux événe- ments sensibles ont questionné ce fameux bonheur né de la psy-
 ecoreseau.fr mars 2019 | 17
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en couverture
Del’esclavageauxstart-upsanscontraintes OLIVIErmaGNaN
ANTIQUITÉ GRÉCO-ROMAINE
DU XVIe AU XXe SIÈCLE
FRANCE: 60 ANNÉES POUR ABOUTIR AU BIEN-ÊTRE AU TRAVAIL...
De 1946 à 1973, une législation qui prend son temps
La guerre comme pourvoyeuse d’esclaves
Le travail rime avec fonction et emploi, valeur marchande
     Hanna Arendt l’a démontré, les Grecs et les Romains cherchaient avant tout à se libérer du travail et de l’artisanat qui les rattachaient à l’animalité. « Ils jugeaient qu’il fallait avoir des esclaves à cause de
la nature servile de toutes les occupations qui pourvoyaient aux besoins de la vie.»
Les esclaves rebelles étaient soumis au tripalium, instrument
d’immobilisation à
trois pieux, qui donnera « travail » (ironie de l’histoire, le travail
était donc la torture
qui consistait à... ne
pas travailler, fût-ce provisoirement !). Bref, il fallait éliminer le travail des conditions de la vie. Pour Aristote, le travail était un « genre de vie ignoble et contraire à la vertu »... Au Moyen Âge, la malédiction biblique
– C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris – prenait tout son sens.
En 1946, le préambule de la constitution de l’Organisation mondiale de la santé affirme que « la santé est un état complet de bien-être physique, mental et social, pas seulement l’absence de maladie
ou d’infirmité ». Le mot, « bien-être », est lâché, il va mettre du temps pour
concerner l’entreprise, depuis 1898, année de
la loi sur la réparation des accidents du travail, jusqu’en 1973 quand se crée l’Agence nationale de l’amélioration des conditions de travail (Anact), établissement public sous l’égide du ministère du Travail.
À partir du xvie siècle, le travail intègre l’individu dans la société. Le
xviiie siècle consacre l’idée qu’il procure de quoi vivre et devient une valeur d’échange. Marx lui-même le place au centre de la société au xixe siècle,
même s’il en mesure l’aliénation. Le travail organise la société, distribue les revenus, favorise l’émergence de la bourgeoisie, libère de l’aristocratie et des privilèges. La négation du loisir (otium) devient le négoce (negotium)...
    Pour qu'un employé soit heureux, il faut qu'il évolue dans un environnement serein.
Et pourquoi pas, s’insurge Oli- vier Derrien, directeur général France de Salesforce, convaincu «qu’un employé heureux va ai- der mon client à être heureux ». Reste qu’il apparaît difficile, dans un groupe de 35 000 colla- borateurs, de s’employer à faire le bonheur de chaque salarié. « Pour qu’un employé soit heu- reux, il faut qu’il évolue dans un environnement serein. L’entre- prise a donc un rôle important à jouer en insufflant l’égalité et la confiance. C’est uniquement dans un environnement serein que le collaborateur aura la possibilité de s’épanouir. Chez Salesforce, par exemple, chaque salarié doit pouvoir aider son collègue. » « Confiance », le mot clé utilisé par François de Fitte, cofondateur de Popchef (lire dans ce numéro p. 36), pousse la logique jusqu’à laisser libre le salarié d’organiser son travail à sa guise : vacances sans auto- risation ni planning, notes de frais engagées par carte socié- té sans justificatif, horaires li-
bres, en contrepartie de la tenue d’un objectif. On vit bien chez Popchef, pourvu que les résul- tats soient au rendez-vous
Mais le baby-foot
ne suffit plus
Il semble pourtant que les sau- poudrages cosmétiques nés de l’influence des start-up ne semblent plus suffire à fidéliser des salariés de plus en plus vo- lages. Les entreprises semblent comprendre que « créer un en- vironnement de confiance n’est pas chose aisée. Pour y parve- nir, le management doit agir en toute sincérité », met en garde Olivier Derrien. Tolérer le droit à l’erreur et encourager la prise de risque, tels sont les nouveaux prérequis d’une entreprise qui prend soin de ses salariés et leur assure bien-être et positivité. Des éléments particulièrement importants, dans un contexte de guerre des talents de plus en plus intensive, notamment vis-à-vis des jeunes et hauts diplômés.
   18 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[ DÉCENNIE 1980-1990-2000
2010
2019 ET AU-DELÀ
Élaborer la qualité de vie au travail et en dénoncer les abus
Le Rapport Bien-être et efficacité au travail
Le bien-être du salarié gage d’efficacité
en couverture
entreprendre & innover
     Les recherches des années 1980 sur la qualité de vie en entreprises se penchent sur les organisations, les horaires. Au cours des dix années d'après, on va s’intéresser enfin à l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, avant qu’au tournant des années
2000 l’on dénonce le harcèlement moral, incarné entre autres
par le petit chef qui cache un « pervers narcissique », mis en lumière par les travaux d’Hirigoyen en 1998.
On parlera alors des risques psycho-sociaux. En 2003, l’épuisement professionnel, jusqu’alors réservé
aux... Japonais, entre dans la sphère des préoccupations liées aux burn out (épuisement par surcroît de travail), bore out (l’ennui au travail) et autres blurring (confusion vie pro/vie perso).
Signé par Lachman, Larose et Pénicaud (alors DRH chez Danone, aujourd’hui ministre
du Travail), remis au Premier ministre, il implique les directions générales, les services fonctionnels, dont la Gestion des ressources humaines (GRH) et les lignes d’encadrement. Sept ans plus tard,
une vaste enquête de
la CFDT sur 200 000 salariés se conclut
sur deux chiffres essentiels : 76 % des salariés français aiment leur travail, même si
74 % souhaitent plus d’autonomie dans
les décisions qu’ils/ elles sont amené/es à prendre.
Justement, au tournant des années 1990, la prédiction de Jérémy Rifkin qui annonçait une société où l’homme n’aurait plus besoin
de travailler pour
vivre, immergé dans
une « civilisation des loisirs », a fait long
feu. Le maintien d’un chômage endémique montre que les « revenus d’assistance » ne comblent en aucun
cas le sentiment d’une
« vie mutilée » pour le chômeur. Générations
X, Y et Z commencent
à rejoindre des start-up qui expérimentent ce
qui n’est peut-être pas
le bonheur au bureau, à tout le moins la rupture avec le cadre rigide du règlement intérieur : plus d’horaires, plus
de hiérarchie, une organisation de ses vacances et loisirs choisie par le salarié sans l’autorisation du
« patron », des cartes
de crédit pour ses frais professionnels sans justificatifs... Une seule contrepartie : que les objectifs soient tenus. Obligation de résultat contre auto-organisation fondée sur la confiance. Le bien-être au travail passera-t-il par cette forme de lâcher prise ?
 Le bien-être, affaire de bureaux ?
 Si un bureau soigné et un cadre de travail harmonieux ne peuvent suffirent au bonheur des salariés, ils participent néanmoins à leur bien-être. Sous l’impulsion de la révolution numérique, les espaces de travail se modifient. Aujourd’hui,
de nouveaux concepts émergent. L’immobilier de bureau en France est devenu un véritable laboratoire à innovations. Focus sur les bureaux de demain avec Philippe Boyer, directeur de l’innovation, Covivio.
De quelle façon le contexte de travail va-t-il participer au bien-être des salariés ? Actuellement ils sont près
de 30 % à exprimer une souffrance. Les entreprises cherchent donc des solutions pour augmenter le bien-être de leurs collaborateurs. L’immobilier de bureaux
y contribue. Nous nous employons à imaginer des espaces de travail emplis de
lumière, en évitant les lieux
de travail exposés en second jour. La lumière directe produit un impact très positif sur les salariés. Nous pensons en outre les espaces de façon que l’air se renouvelle plus rapidement. Nous apportons dans le même temps un soin très particulier aux espaces extérieurs et aux zones de terrasse, à l’instar du projet sur lequel nous travaillons actuellement à Saint-Ouen.
Existe-t-il des équipements de bien-être qui s’appliquent aujourd’hui à l’immobilier de bureaux en construction ?
À mon sens, les bureaux doivent aujourd’hui répondre à trois éléments essentiels. Ils sont nécessairement connectés. Par exemple
pour activer les lumières
ou prévoir l’accès à des services de l’immeuble via un smartphone. C’est un lieu de socialisation, un lieu de vie et d’échanges, indispensable à la culture d’entreprise. Et enfin
un endroit de réflexion où l’on doit pouvoir se concentrer. L’architecture se plie à la satisfaction de ces trois fonctions.
Longtemps décrié, toujours privilégie : l’open space est-il toujours la norme ?
Nous sommes en charge de concevoir les immeubles et nous laissons les choix des aménagements intérieurs aux entreprises. Mais je constate que si les espaces ouverts sont toujours la norme, ils
ont tendance à s’humaniser. Il n’existe pas de modèle de bureau type. En fonction des secteurs, les aménagements intérieurs diffèrent énormément. Certaines professions aux impératifs de mobilité importants,
à l’instar des cabinets de conseils, connaissent des usages spécifiques avec davantage de zones en flex- office, par exemple, marqué par l’absence de bureaux attitrés. Le salarié doté de son
équipement portable s’installe dans un poste de travail disponible.
Quid du télétravail ? a-t-il un impact sur votre activité ? On a heureusement toujours besoin de bureaux ! Il faut bien avoir à l’esprit que
les bureaux sont passés d’espaces de production à lieux de socialisation. Le télétravail ne réduit pas le nombre de mètres carrés des bureaux car demeure
le besoin de rencontres et d’échanges. Simplement,
les espaces sont désormais investis différemment. À l’avenir, les data vont nous donner le moyen de mesurer très finement les usages. Ces données fiables vont nous donner le moyen de mesurer l’utilisation des espaces de travail et d’ajuster en fonction des besoins.
PrOPOs rECUEILLIs Par CHLOÉ PaGÈs
ecoreseau.fr mars 2019 | 19
]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en couverture
« Aujourd’hui, tous les recru- teurs formulent les mêmes pro- messes : venez dans mon entre- prise, nos valeurs sont uniques et nous plaçons l’humain au cœur de ces valeurs », constate Faus- tine Duriez, CEO & Founder de Cocoworker, une application de reconnaissance collaborative basée sur les soft skills, ces fa- meuses « compétences douces » que l’on exige désormais d’un collaborateur : au-delà de ses compétences techniques, est-il/ elle créatif/ve ou empathique ? Comment parvenir à mesurer le degré de positivité des entre- prises ? Ex-Axa, Faustine Duriez a subi au cours de sa carrière des injonctions contradictoires : « Les entreprises nous disent “soyez heureux”, mais dans le même temps, elles nous font comprendre que seule notre performance sera reconnue. Au fil du temps, c’est l’estime de soi qui est rompue et l’on perd la conscience de nos points forts. » C’est donc sur la reconnaissance des soft skills qu’elle a travaillé au travers de sa plate-forme RH
coauteur de Happycratie, le livre charge contre la psychologie positive
Cocoworker. «L’application Kiff offre à chaque collaborateur de l’entreprise de reconnaître et de révéler ses collègues pour leur savoir-être et leur engagement de tous les jours en les récom- pensant avec des kiffs. Des « re- tours » – feed-back – positifs qui acquièrent une valeur financière et qui sont donc transformables en prime, en bons cadeaux ou en dons à des associations, selon le choix de l’entreprise. » Au- tant de données grâce auxquel- les les directions des ressour- ces humaines « monitorent » le bien-être des salariés et leur en- gagement collaboratif. Un glis- sement lent mais sincère se met en place aujourd’hui. Comme les « coachs du bonheur » ont montré leurs limites, les entre- prises s’orientent vers des stra- tégies plus empiriques et tes- tent de nouvelles innovations. Elles semblent également plus humbles face à leur mission de dispensatrices de bonheur. Plus modestement, elles préfèrent s’attaquer au bien-être. Déjà pas
Edgar Cabanas,
  si mal. n
CHLOÉ PaGÈs
L’ouvrage-riposte au grand mouvement du « bonheur en
boîte » promis par les psychologues et les nouveaux Happy Officers
était inévitable. Action-réaction : après l’entreprise subie, l’entreprise bienveillante, l’entreprise épanouissante sera forcément
décrite comme sujette à caution et
à soupçons. Cabanas et Ilouz nous décrivent là l’effet d’aubaine de patrons retors capables d’appâter leurs salariés par de fausses promesses de conditions de travail nouvelles et positives. C’est possible. Mais si, pour une fois, cadres et employés démontraient une fois pour toutes que la confiance était bel et bien un gage de réussite partagée ?
Et si nos entreprises n’étaient pas systématiquement menées par
des patrons âpres au gain, grands manipulateurs invétérés ?
Pourquoi dites-vous que la «happycratie» en entreprise pourrait n’être qu’un leurre ?
Le « bonheur au travail » est aujourd’hui utilisé pour justifier
des stratégies de contrôle et de soumission des collaborateurs à
la culture d’entreprise. Alors que
le bonheur au travail promet une émancipation des contraintes de l’entreprise, l’effet est tout à fait inverse ! La notion de « bonheur
au travail » rend les employés seuls responsables de leurs succès et de leurs échecs. L’auto-exploitation
est aujourd’hui légion. On
demande ainsi aux collaborateurs
de l’entreprise de s’adapter constamment et par leurs propres moyens aux demandes et aux besoins de la société. Ils se doivent d’adopter un rôle plus actif, plus créatif et plus autonome dans l’exécution de leurs tâches. Enfin, ils se doivent d’aimer ce qu’ils font et d’appréhender leur travail comme une source de plaisir et de réalisation de soi. Alors que la promotion du bonheur au travail
ne semble pas avoir bénéficié aux salariés, ce nouveau paradigme s’avère en revanche très bénéfique pour les organisations. Il serait naïf de croire que les mécanismes de contrôles ont disparu des entreprises. Ils ont simplement été internalisés.
Quels sont les impacts de cette injonction au bonheur sur les salariés en souffrance ? L’optimisme a tout épreuve a
de quoi, certes, augmenter la motivation en anticipant des résultats futurs positifs. Mais l’optimisme a priori augmente
le risque de dépression lorsque
les attentes ne sont pas satisfaites ou face à des événements indésirables ou inattendus. En outre, les collaborateurs qui adhérent totalement à la culture de l’entreprise risquent de devenir émotionnellement dépendants
de la reconnaissance et de leurs patrons et collègues. Lorsqu’ils ne reçoivent pas les retours attendus, ils se sentent alors plus facilement négligés et déçus.
Bonheur et performance
sont-ils liés?
Jack Ma, le président directeur général d’Alibaba Group en Chine, a lancé lors du Forum économique de Davos que les meilleurs collaborateurs n’étaient pas ceux dotés des meilleures compétences, mais ceux qui étaient toujours optimistes et qui ne se plaignaient jamais ! Les gens heureux sont donc désormais considérés comme une clé de succès pour les entreprises. Pourtant, l’impact du bonheur sur la productivité reste un argument très controversé. Si la tendance actuelle au sein des entreprises
est aux collaborateurs heureux,
il faut bien avoir à l’esprit que l’optimisme des collaborateurs donne surtout le moyen aux entreprises de neutraliser les plaintes et d’interdire l’expression de la négativité. Pourtant, les études démontrent que si la pensée positive pousse les individus à se lancer dans des activités difficiles, ils se révèlent moins persistants dans la difficulté. Ils sont aussi plus à même de prendre des risques inutiles et ont souvent tendance à ignorer les facteurs situationnels dans leurs prises de décisions.
PrOPOs rECUEILLIs Par CHLOE PaGÈs
« L’optimisme aide surtout les entreprises à neutraliser les plaintes ! »
 20 |
mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[ en couverture
entreprendre & innover
En quoi consiste la psychologie positive ? Traditionnellement, la psychologie est centrée sur l’intrapsychique. Or il est
plus intéressant de sonder notre rapport au monde et la qualité de nos relations avec
les autres. De ne pas s’arrêter
à l’individuel pour penser notre épanouissement sur un mode collectif. La psychologie, depuis 60 ans, travaillait sur les pathologies et elles seules, dont aucune, à l’origine n’était curable. Aujourd’hui 14 d’entre
besoins non satisfaits, revêt du sens, en revanche, au- delà de ce « filet de sécurité », l’augmentation des richesses n’a que peu d’impact sur le bonheur.
Dans l’ère numérique
dans laquelle nous vivons, pensez-vous que le bonheur et les réseaux sociaux puissent coexister ?
Plus vous avez d’écrans, moins vous êtes heureux. Toutefois, nous ne pouvons pas les éradiquer, donc à mes yeux, la
 La dépression et les maladies mentales doivent être prises en charge à travers des plans de santé publique
à la hauteur des enjeux.
    2 Rencontres Martin Seligman,
Il n’était jamais venu exposer « officiellement », sur une scène parisienne, son grand œuvre de psychologie positive dont s’inspire une large partie de l’entrepreneuriat américain : Martin Seligman, chercheur et professeur à l’université de Pennsylvanie aux États-Unis, s’en est venu, tout sourire, exposer devant des centaines d’entrepreneur(e)s et cadres son Hope Circuit, « la boucle de l’espoir », dernier ouvrage non encore traduit. Le « père de la psychologie positive » a répondu avec bonheur à ariane warlin.
elles font l’objet de traitement et deux sont guérissables. Mais pour ma part, j’ai décidé d’étudier les atouts autant que les faiblesses et de rendre la vie des gens plus satisfaisante en tirant parti des dons et des talents naturels.
La psychologie positive est volontiers battue en brèche. Existe-t-il une critique qui porte, à vos yeux ?
Il y a en beaucoup, mais
je pense que la meilleure
est celle qui repose sur un angle économique. Certains prétendent qu’aider les gens à être plus riches est finalement bien plus important que de les rendre heureux. Or si développer les ressources financières de ceux qui sont en dessous d’un certain seuil, confrontés à de nombreux
question est plutôt de savoir comment les utiliser au mieux. On sait que le bonheur consiste à être avec les autres, on croit que c’est le cas avec les réseaux sociaux, mais ce n’est qu’une illusion.
Pourquoi la psychologie positive est-elle moins développée en France qu’ailleurs?
Je ne suis pas français, il m’est difficile de vous répondre ! D’un point de vue extérieur, je dirais que la France se caractérise par une dimension révolutionnaire, avec une longue et vénérable tradition en matière de protestation et de contestation. Bien sûr, se montrer sceptique acquiert du sens à certains moments, et c’est clairement
un atout de savoir identifier
les choses qui posent problème pour évoluer vers un monde plus juste. Mais se plaindre trop souvent empêche de voir ce qu’il y a de vraiment bon.
La France serait même
le champion du monde du pessimisme...
Une étude du Pew Research Center, publiée en septembre 2018, et menée à l’échelle mondiale sur le moral des populations, révèle que 80 % des Français pensent que leurs enfants vivront matériellement moins bien qu’eux. Certes, il
y a des raisons de se montrer
le bonheur est politique
  ecoreseau.fr mars 2019 | 21
]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en couverture
 inquiet pour l’avenir en raison du chômage, des logements onéreux, du réchauffement climatique... Mais si nous nous focalisons trop sur les menaces, nous finissons par être aveuglés et passons à côté de tout ce qu’il y a de magnifique chez l’être humain.
Quels sont les risques d’une culture du pessimisme ?
Il est scientifiquement prouvé que plus on se plaint, plus on est sujet à la dépression, avec potentiellement une santé dégradée, une productivité moindre... Il faut dès lors s’interroger sur le futur d’une civilisation dont le pessimisme est si profondément ancré. C’est d’autant plus préoccupant que le taux de satisfaction global en France ne cesse de baisser depuis 15 ans. Il est très inférieur à celui des autres pays européens. Pourtant, la France est l’une des dix premières puissances financières mondiales. Ce pays est donc beaucoup plus pessimiste qu’il ne devrait l’être !
Est-ce le rôle des gouvernements
créateur du Printemps de l’optimisme
de s’intéresser au bonheur ?
Les citoyens en tout cas plébiscitent les candidats qui leur promettent de veiller
à leur bien-être. Une récente étude de la London School
of Economics montre qu’au moment du vote, le sentiment de satisfaction individuelle entre en considération autant que les motivations financières. D’où l’intérêt de garantir une société inclusive pour tous. Pour ça, il est essentiel de mettre en place des politiques publiques centrées sur le bien-être collectif pour répondre au sentiment de désarroi et de déclassement. De mon point de vue, c’est surtout sur le plan de l’éducation qu’il
y a le plus de chantiers à mener afin de donner aux enfants les clés d’accès au bonheur. Mais bien sûr, il faut considérer
tous les types de population, notamment les personnes
sans emploi qui ne devraient pas être si stigmatisées. Enfin,
la dépression et de manière générale les maladies mentales, doivent être prises en charge
à travers des plans de santé publique à la hauteur des enjeux. Personne ne doit rester sur le bord du chemin. C’est peut être ça aussi, la clé du bonheur... n
Thierry saussez,
« Le vrai militant se bat pour les autres »
 muriel monomakhoff,
Le verbe, l’allure, l’action : l’expert en communication politique demeure, à 70 ans tout ronds, un merveilleux « diseur » des choses, invité sur les plateaux, sage, inventif, un rien mondain, au fond
le Français parfait. De droite, jeune gaulliste et militant,
le charmeur a compris très jeune que, dixit, « l’engagement fait partie de l’optimisme ». Il exècre le pessimisme et son cortège de « c’est foutu, rien à faire ». « Le pessimisme est un renoncement, un repli. L’optimisme, c’est ne pas céder à une difficulté, on remet
la solution au lendemain ou l’on change, mais l’on reprend le chemin avec l’envie de s’engager. »
L’homme de com et de publicité
– Jaeger-Lecoultre, Bongrand SA, puis créateur d’Image et Stratégie (1982) avant Thierry Saussez Conseils (1988), VP de Bernard Krief Consulting Group... – côtoie les chefs d’État de France et d’Afrique et finit par mener la communication du gouvernement Fillon en 2008. Ce proche de Sarkozy est un boulimique de
ce fameux engagement qui le mène auprès des entreprises, des organisations professionnelles, des collectivités territoriales.
Lobby de l’optimisme
À force de réunir les patrons
de médias, les experts et les philosophes sous l’égide du Conseil économique, social et environnemental alors mené
par Jean-Paul Delevoye, il crée
il y a six ans un authentique
lobby de l’optimisme contre le déclinisme, le Printemps de l’optimisme, avec sa cohorte, comme il dit, d’« intellos », les Frédéric Lenoir, les Philippe Gabilliet, etc. Se rapprocher
de la Ligue des optimistes que préside France Roque et dont il est le vice-président allait de soi: quelque 30 000 « fans » adhérents à pratiquer le « smiley ». Avec sa cinquantaine de manifestations en province et la perspective de créer des guides de communication
dans les villages hexagonaux,
le Printemps devient le fer de lance de l’abolition du paradoxe français : nous sommes à 80 % pessimistes pour nos salaires et le pouvoir d’achat, la pauvreté, l’avenir des retraites, le chômage ou l’environnement. Mais moi, mais vous, à titre personnel ? Eh bien nous nous disons optimistes ! « Les Français/es en rajoutent, dénonce Saussez. Ils/elles sont polarisé/es par le chômage et le manque de vision des politiques. Mais pourtant, l’action imprègne davantage les médias : les livres positifs, de Servan-Schreiber
à Ricard et Lenoir, sont des succès d’édition [il ne cite pas son Manifeste pour l’optimisme, chez Plon en 2011 ni Les 101 mots de l’optimisme à l’usage de tous, Archibooks/Bookstormings, 2012] et les jeunes se révèlent plus décontractés dans leur rapport
à l’argent et n’ont pas peur de la mondialisation, ils vivent dans le présent, mais se montrent plus exigeants. »
messages politiques
Le chroniqueur d’EcoRéseau Business n’hésite guère à rudoyer un peu ce peuple qu’il adore,
lui, l’élu de Rueil-Malmaison ou du Lavandou : « Vous avez des états d’âme, certes, mais de grâce, marchez aussi sur l’autre jambe, donnez aux autres ! » Son cri du cœur semble tout ciselé
à l’adresse des gilets jaunes,
à cette « fraternité des ronds- points », ce « déclassement de la classe moyenne, gage d’équilibre de la société ». Thierry Saussez aime les conseils ternaires :
aux pouvoirs publics, il enjoint
d’« éliminer le bal des casseurs
et d’éclaircir la valse-hésitation entre manifs autorisées ou interdites ». Aux gilets jaunes,
il prescrit d’« organiser des assemblées citoyennes ». Aux médias, il demande d’« arrêter
les images spectaculaires et
leur effet d’entraînement ».
Cet indécrottable de tous les printemps du monde reste un amoureux du « pays formidable et innovant » qu’est la France.
À l’image des guides, il vante « sa » gastronomie et «son» luxe. Sacré Thierry Saussez ! om
cofondatrice de Franchement bien
Révéler les « pépites » des entreprises
Ça s’est passé à la terrasse d’un café parisien, il y a deux ans et demi. Muriel Monomakhoff, directrice d’une agence de communication, s’étonnait avec Arnaud S., son futur associé, du désert d’informations positives en France : tous les médias surenchérissent en malheurs/ horreurs... L’idée de créer un média d’infos 100 % positives, relais des innovations, des initiatives prises dans ce pays, écho des actions
en faveur de l’environnement et jusqu’au mérite de la gastronomie française, les deux associés la trouvent... Franchement bien. Mais Muriel Monomakhoff sait parfaitement que l’info, positive ou pas, ne
se « vend » pas. Avec son associé, ils la conçoivent donc entièrement gratuite, sans publicité. Les contenus vont servir à fédérer un lectorat
et bâtir un écosystème propices au business model réel de l’entreprise : Franchement bien est aussi une agence qui accompagne les entreprises pour favoriser l’émergence de leurs « pépites ». Des atouts que l’entreprise cliente connaît... ou pas. C’est aux pros du positif que de
les faire émerger, sous forme de pépites de couleur réunies dans une
« boîte au trésor » : les Franchement bien humain, pour la France, pour la planète, pour le savoir-faire. L’entreprise rétribue ce travail de fond que traduisent des reportages, des vidéos, des articles... http://franchementbien.fr/
22 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[             LES VOYAGEURS D’AFFAIRES
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en couverture
3 Prospective : feed-back permanent
« Replacer la conversation au cœur de l’entreprise », telle
est la volonté affichée par le cabinet Mazars qui déploie de nombreuses innovations pour accompagner ses salariés. Focus sur la stratégie du groupe avec Mathilde Le Coz, directrice recrutement et développement des Talents & Innovation RH, Mazars.
je constate que lorsqu’un collaborateur sollicite lui- même un feed back, il devient alors beaucoup plus enclin à accepter les remarques. Le «feed back 360» n’est en aucun cas obligatoire. Il s’agit simplement d’un outil mis à disposition des collaborateurs qui souhaitent s’améliorer. Ces «retours» ne sont pas pris en compte dans l’évaluation de la performance. Le rôle de l’entreprise est de veiller à ne surtout pas mettre les collaborateurs face à une
« notation défouloir ».
Comment accueillir un commentaire négatif ? Nous avons mis en place des formations de coaching qui donnent les clés d’accueil des remarques aux collaborateurs. Nous organisons des ateliers
Pratiquez-vous le télétravail ? Vous l’encouragez ?
Oui. Mais pas au-delà de deux jours par semaine. La génération Z apprécie la flexibilité du télétravail. Je pense, cependant qu’il faut garder l’espace physique, gage de la socialisation. Nous constatons d’ailleurs que la génération en question se sent parfois un peu seule en télétravail. Ils sont très nombreux à privilégier les espaces de coworking et les cafés.
Êtes-vous confrontés
à la guerre des talents ?
En termes de recrutement, nous étions auparavant principalement confrontés à la concurrence des autres grands cabinets de conseils. Aujourd’hui, la concurrence se montre beaucoup plus vaste. Les jeunes diplômés sont sollicités
par les GAFA comme par les
 Pour motiver, les managers ne doivent pas faire preuve d’une autorité descendante,
ils doivent être des collaborateurs inspirants.
   Le management évolue. Quels sont vos constats? Aujourd’hui, 80 % de nos effectifs sont issus de la génération Y et la moyenne d’âge s’établit à 29 ans. Les jeunes générations viennent bousculer la norme. C’est dire qu’ils sont peu sensibles à la posture du manager. L’autorité, si elle est uniquement proclamée, ne leur apparaît pas comme légitime. Il existe donc une dualité réelle entre le staff et la génération
des baby-boomers. Les qualités recherchées auprès des managers ne sont plus les mêmes. Pour motiver, les managers ne doivent pas faire preuve d’une autorité descendante, ils doivent être des collaborateurs inspirants, tant dans la sphère professionnelle
que personnelle. Aujourd’hui, les rapports en entreprise ont changé. J’estime par exemple qu’en qualité de directrice recrutement, je suis au service de mes clients que
sont les collaborateurs internes de l’entreprise. De même, la sélection des managers a changé. Auparavant, ils/elles étaient sélectionné(e)s uniquement sur
24 | mars 2019 ecoreseau.fr
leurs compétences techniques. C’était une progression logique au sein de l’entreprise. Mais un très bon technicien peut s’avérer un mauvais manager et inversement.
Vous avez mis en place ce que vous appelez le «feed back permanant». De quoi s’agit-il ?
Le feed back permanant
est un outil au service de la communication positive. Il faut bien avoir à l’esprit qu’en France nous restons peu à l’aise avec l’usage des compliments. Ils participent pourtant au bien-être des salariés! Nous avons donc mis en place une application interne d’envoi de feed back. Qu’ils soient spontanés, par exemple: «Super, ta présentation, mais je n’ai pas compris tel point», ou encore le «feed back à 360°» par lequel on demande à ses collègues de vous évaluer.
N’est-ce pas source d’anxiété pour les collaborateurs? Non, car les questions sont préparées en amont. Du reste,
et proposons de devenir «ambassadeur feed back», afin
que chacun accompagne les autres dans la réception et la formulation des remarques. Un bon feed back, c’est avant tout un questionnement qui amène le collaborateur à trouver lui-même les réponses. Les feed back positifs ont une incidence sur la motivation. L’outil conserve les commentaires positifs et les offre à la relecture à tout moment.
BD
start-up. Nous connaissons un vrai enjeu de recrutement et de fidélisation des talents. Je pense que l’excès de process au sein d’une entreprise fige une organisation.
Il faut donc veiller à ne pas les accumuler. Dans le même temps, il faut imposer des règles valeurs pour préserver le fonctionnement d’une organisation de 4 000 collaborateurs...
PrOPOs rECUEILLIs Par CHLOÉ PaGEs
 L’estime de soi... malgré un physique difficile et une intelligence moyenne*
On ne la fait pas à Antoine. Après la santé, l’amour, l’égalité et l’effort, Chereau s’attaque
au bonheur au travail, à cette happycratie au bureau qui vous prend des allures délirantes
et des relents de coacheries.
« Avant de se gondoler comme des fous, on va commencer
par esquisser un vague sourire histoire de se mettre dans l’ambiance », propose l’expert en rigologie. Au fil des planches, mine de rien, le dessinateur en verve nous assène des vérités mordantes à afficher près de
la machine à café, histoire de
complexer la DRH et renvoyer le jeune patron de start-up à ses baby-foots et autres parcours
de golf miniature. Car « Le bien-être a un réel impact sur la productivité du salarié », dit ce boss au bord de sa piscine. À quoi son copain PDG réplique : « Tu veux dire “sur nos dividendes”. » Eh oui... om
Alors, heureux ? Chereau, Pixel Fever Éditions.
* L’un des titres des livres concoctés par Chereau sur sa couverture édifiante
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[                   Briefing*
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]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
grand angle
Des scénarios pessimistes aux lendemains optimistes, la planète bruisse de
RC OBOTS, LE GRAND
               ’est significatif, études, ar- toujours à 98 ou 99%, un tel véhi- ticles, livres se multiplient cule sur un parcours balisé sera plus qui nous décrivent l’ave- sûr qu’un humain distrait par son nir robotisé de la planète. smartphone ou sujet à l’endormisse-
Les scénarios pessimistes valent les ment (autonomie de degré 5), mais
optimistes. Moralité : personne ne sait comment cette humanité ca- pable de concevoir des robots sup- posés devenir plus « intelligents » va «dealer» avec son propre destin!
D’autant plus que l’on ne sait pas vraiment ce qu’est l’intelligence artificielle sans laquelle les robots ne seront jamais que des machines spécialisées. Luc Julia, cocréateur de l’assistant vocal Siri acquis par Apple, patron du laboratoire d’in- telligence artificielle de Samsung opérationnel depuis juin 2018, le dit sans ambages : « L’intelligence artificielle n’existe pas». Il en a fait le titre d’un livre chez First, paru en janvier 2019. Et ses arguments closent définitivement le bec aux gourous et aux scientifiques exal- tés pour lesquels l’humain n’est déjà pratiquement plus maître sur la planète. L’IA, dans la termino- logie même des spécialistes1, est une machine qui reconnaît, point. Reconnaissance assistée (de la voix, des images...). « Mais même si l’on injecte 100 000 images de chats dans la mémoire d’une IA, elle ne reconnaîtra un chat inco- nnu qu’à 98 % quand l’homme qui a vu deux chats en tout et pour tout les identifiera tous, quelle que soit leur forme, immédiatement. Présentez un chat façon Picasso à une IA, elle sera bien incapable de le reconnaître pour tel. » Pour Luc Julia, le jour où un robot multidisci- plinaire à la façon de l’humain sera capable d’empathie, il se sera écoulé un temps carrément abyssal. « Sans doute faudra-t-il une savante com- binaison de biologie, de physique et de quantique » pour, un jour, simuler ce qui se rapprocherait de l’intelligence humaine, et encore, à la condition que l’on sache ce qu’est l’intelligence humaine, ce que l’on ignore encore largement.
Pour la même raison, Julia ne « croit » pas aux voitures autono- mes que l’on présente comme une réalité à portée de main. Certes, et
26 | mars 2019 ecoreseau.fr
hors des sentiers battus (qui existe- ront toujours, espérons-le), pas de degré 5. À l’évidence, l’humain n’a jusqu’alors produit qu’une IA faible (même le supercalculateur Watson, l’ordinateur spectaculaire d’IBM, appartient à cette catégorie). L’IA dite forte (des capacités humaines capables d’apprendre – machine et deep learning) n’est aujourd’hui qu’un rêve (un cauchemar ?) que les chatbots (agents conversationnels) n’imitent que de loin...
Gain économique majeur
Mais intelligent ou pas, un robot, industriel, ménager, pilote, banque de données, n’existe que pour doper la productivité, remplacer le salarié ou l’expert humain qui n’auront plus qu’à se former à d’autres fonc- tions. Comme se sont diversifiés, par exemple, les deux créateurs de The Bureau, un espace de bu- reaux partagés, Laurent Geneslay et Rasmus Michau. A priori ni journalistes ni écrivains, les deux entrepreneurs n’auraient pas dû publier leur documenté petit livre,
PwC chiffre le gain de l’économie mondiale
à 15 700 milliards de dollars et un PIB monde augmenté de 14 % d’ici à 2030 sous l’effet
de la robotisation.
transformation, cite dans la foulée l’évaluation de l’OCDE des « mé- tiers profondément modifiés avec l’automatisation » (25 %) et rappelle que le Forum économique mondial « projette que deux tiers des enfants aujourd’hui en maternelle exerce- ront demain un métier qui n’existe pas encore ».
Ce qui n’a rien pour inquiéter Geneslay et Michau, nos auteurs improvisés: on est en plein dans la « destruction créatrice » de Schum- peter, écrivent-ils. Ne pas imaginer des sociétés mondiales d’ici à dix ans qui auront changé radicale- ment de modèle n’est plus réservé qu’aux chefs d’entreprise ou PDG enkystés, timorés, proches de la retraite, aux grands groupes in- capables de s’ébrouer, façon Ko- dak (récemment ressuscité) ou la SNCF ! Stéphane Mallard, agitateur
    Les robots n’auront pas notre peau !
(Dunod), tout fraîchement paru, puisque ce n’est pas leur métier ! Justement, ils ont changé de fonc- tion, le temps de la rédaction, pour témoigner. Leur propos, du reste, dépasse largement la seule question anxiogène des robots destructeurs d’emplois : les deux associés se li- vrent à une exploration des « nou- velles façons de travailler à l’ère numérique », à analyser le « travail comme style de vie », à « réimaginer le bureau » (leur métier), à expli-
quer la façon dont l’entreprise doit « changer d’organisation » et tutti quanti. Robotisation et promesse de l’intelligence artificielle n’arrivent qu’en fin de parcours, ce qui n’em- pêche pas Emanuelle Duez, auteure de la préface, d’évoquer d’emblée la vraie question qui fâche : « La Banque mondiale annonce 70 % de destruction des emplois existants liée à la robotisation de dernière génération à horizon 2030. » La fon- datrice du Boson Project, spécia- liste de la génération Y et conseil en
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[ ses contradictions inquiètes
lifier. Et, plutôt que de constater une pénurie d’emplois, nous allons, au contraire, assister à la naissance de nouveaux métiers. La demande croissante d’infrastructures va entraîner le besoin de nouvelles compétences: créations, personna- lisation, entretien des machines. Par ailleurs, certains robots, les “cobots”, vont travailler en colla- boration avec les humains.» Inter- rogés par le think tank américain Pew Research, 2 000 spécialistes des nouvelles technologies parta- geaient, mais de peu seulement, en 2014, cette conviction: 52% (contre 48% d’avis inverse) pensaient que la robotisation créerait plus d’emplois qu’elle n’en détruirait. Ce qui n’est pas une raison pour taire le son discordant mais aigu de l’essayiste américain Jeremy Rifkin, dûment évoqué par Geneslay et Michau, qui avait ému jusqu’aux dirigeants de la planète en 1995 en publiant son End of Work (La fin du travail), tra- duit en 2006 seulement aux éditions de La Découverte: ce best-seller aux États-Unis évoquait «le déclin inexorable de l’emploi». Il n’est pas non plus interdit de porter atten- tion aux «alertes» de personnages considérables tels Elon Musk, l’in- classable créateur de Tesla, para- doxalement suspicieux à l’encontre de l’IA qu’il veut réglementer, ou de Yuval Harari, l’auteur de Deus, pro- phète du «dataïsme», nouvelle reli- gion de la donnée omniprésente...
Entre scénarios optimistes et pessimistes, PwC, le grand cabinet de conseil, n’aura pas tranché entre les quatre mondes colorés que ses experts ont dessinés pour 2030, cités par les auteurs de notre ou- vrage de référence: Le monde jaune est fragmenté, l’UE pas plus que l’ONU n’ont plus voix au chapitre, le collectif domine, le crowdfunding finance, l’on connaît une quête de sens, de pertinence... Le monde rouge, individualiste, donne la priorité à l’innovation pour un consommateur « roi ». Le monde vert voit fleurir des entreprises ci- toyennes, les grands thèmes collec- tifs de l’économie se tournent vers le dérèglement climatique et la démo- graphie. Le monde bleu est dominé par les grands groupes, « le grand capitalisme définit les règles ».
Jaune, rouge, vert, bleu, sans doute un mélange à la couleur indé- finie, un peu métallique comme ces robots qui n’auront pas notre peau. OLIVIEr maGNaN
1 Les termes d’«intelligence artificielle» furent introduits par John MacCarthy en 1956, en pleine conférence de Dartmouth aux États- Unis devant vingt chercheurs. Or à l’époque comme aujourd’hui, lesdits travaux n’avaient rien à voir avec un soupçon d’intelligence...
ecoreseau.fr mars 2019 | 27
FANTASME
Les robots n’auront pas notre peau Laurent Geneslay et Rasmus Michau, Dunod
La robotisation menace des millions d'emplois
* dans certains pays de l'OCDE. Risque élevé : 70 % des taches peuvent être accomplies par des robots. Source OCDE
évalue le même rapport, ce sont 2,1 millions d’autres emplois, di- rects ou indirects, que créeront les gains de productivité, dès 2025. Au passage, les prévisionnistes à la Ricardo (économiste britannique, 1772-1823) qui avaient bien com- pris que « la machine remplacera petit à petit l’homme, le délestant des tâches les plus éprouvantes », n’étaient pas allés jusqu’à imaginer que le robot – qui n’aura pas notre peau – remplacerait aussi le conseil- ler bancaire, l’expert-comptable ou le conseil juridique de base...
D’où le relatif optimisme qui tem- père désormais les impacts craints de l’automatisation des tâches. En 2018, le PDG d’Autodesk, société d’édition de logiciel, Andrew Ana- gnost, comprenait que « l’automati- sation de certaines tâches ne va pas détruire les emplois, mais les requa-
grand angle
entreprendre & innover
            d’avenir à l’image d’Emmanuelle Duez, le dit bien plus fortement que nos deux auteurs dans l’incroyable portrait qu’il livre de la Silicon Val- ley avec Disruption (Dunod), objet de L’œil décalé, page 29. Au quoti- dien, sans guère plus d’intelligence que les algorithmes qui les pilotent, les robots ont déjà investi le yield management (détermination en temps réel du prix des billets), le champ des agents conversationnels, la domotique, l’Internet des objets connectés. D’ici à dix ans, nous baignerons bel et bien dans un en- vironnement d’intelligence artifi- cielle, fût-elle faussement nommée.
Le cabinet Pricewaterhouse- Coopers (PwC) chiffre le gain de l’économie mondiale à 15 700 milliards de dollars et un PIB monde augmenté de 14 % d’ici à 2030 sous l’effet conjugué des sauts
de productivité et du sursaut de consommation... Grands gagnants annoncés : États-Unis et Chine.
Cobotique : la science de la collaboration humain-robot Geneslay et Michau ont conscien- cieusement rassemblé les données qui relativisent le « danger » sup- posé de la robotisation à grande échelle. À travers les métiers expo- sés que sont les transports, la lo- gistique, la production industrielle, les services, l’analyse de crédit, le marketing, l’assurance, le juridique (la banque, ajouterait Mallard), ils citent l’étude du cabinet Roland Berger de 2018 qui estime que «les progrès de l’automatisation des process » aboutiront à la destruc- tion de 3,3 millions d’emplois en France et en Allemagne, « soit 5 % du marché du travail ». Oui, mais,
allemagne
% des emplois présentant un risque élevé d'automatisation*
12
 espagne
italie
12
    10
       royaume-uni
10
 états-unis
9
    france
9
    japon
7
    suède
  pologne
7
  7
    Estonie
6
       ]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
Ghosn : lâché par une élite complice ?
Carlos Ghosn est-il « coupable » ? Et de quoi ? À l’évidence, son prestige, son appartenance à une « élite » n’ont pas joué. Au-delà du « cas Ghosn », massacré par un parquet japonais aux antipodes de la justice française, c’est une véritable « sociologie des élites délinquantes » qui surgit sur le devant de la scène. Un sujet tabou.
S’il s’était agi de Norbert D., coutumier de l’abus de bien social, petit entrepreneur aux faillites récurrentes, l’affaire
aurait été rondement menée et sans entrefilet dans la presse régionale. Mais même lorsque « les affaires » ont fait les unes et choqué l’opinion – faillite d’Enron, affaires Elf, Chi- rac, Parmalat, Metaleurop, Cahu- zac, etc. –, les décisions judiciaires ne se sont pas distinguées par leur sévérité. Un Jérôme Cahuzac, par exemple, a échappé à la prison. Metaleurop, d’abord liquidé, finira par reprendre son activité grâce un tribunal compréhensif. Cette fois, la foudre a frappé un industriel liba- no-brésilio-français, à la tête d’une marque prestigieuse, d’un groupe nippo-français, Renault-Nissan, au chiffre d’affaires cumulé de plus de 70 milliards d’euros, emprisonné – confiné dans une cellule sans cesse éclairée, d’aucuns parlent de torture – par la justice japonaise depuis le 19 novembre 2018 et rapidement lâ- ché par sa propre firme automobile et les autorités françaises, remplacé, limogé.
Et ça change tout. Car si les abus reprochés au patron français sont un jour avérés – la présomption d’innocence n’a guère joué en fa- veur du « capitaine d’industrie »
28 | mars 2019 ecoreseau.fr
mise à jour d’une première paru- tion en 2014).
Une criminalité « en col blanc » (plus familière aux Anglo-Amé- ricains qui la nomment, depuis un livre fracassant paru en 1949 le White-Collar Crime) liée aux mi- lieux d’affaires et au capitalisme en général que le sociologue a en- trepris de démystifier tant les pa- radoxes habitent le domaine : les délinquances des élites soulèvent constamment l’indignation, mais les sanctions se révèlent en géné- ral très faibles (les auteurs le dé- montrent), malgré le renforcement des institutions : en France, la loi Sapin 2 sur la moralisation de la vie politique, 2017, la création de la Haute autorité de la transparence, la mise en œuvre d’un Parquet natio- nal financier...
« Notre domaine, celui de la dé- linquance des élites, reste para- doxal sur plusieurs plans, écrit le sociologue. Tout d’abord, la réac- tion sociale est renforcée, mais les transgressions des élites se pour- suivent. Ensuite, contrairement au discours général, les condam- nations diminuent, les sanctions demeurent limitées et privilégient les amendes d’un niveau sans égal avec les bénéfices dégagés. » Autres contradictions : on veut protéger les
Contrairement au discours général,
les condamnations infligées aux élites diminuent et les sanctions demeurent limitées.
sible d’imaginer que les factures et les abus incriminés, notamment, n’aient attiré l’attention de per- sonne. Mais pourtant, les compor- tements transgressifs du dirigeant n’ont pas suscité de réaction. Pour- quoi ? parce que les entreprises, et particulièrement les plus grandes, sont dirigées au nom d’un accapa- rement du pouvoir qui exige de la part de l’entourage 100 % de soutien du dirigeant. Les contrôles sont té- tanisés. Les contre-pouvoirs et les systèmes d’alerte ne fonctionnent pas. » Accusé par un parquet nip- pon qui ne raisonne qu’en éléments à charge, le dirigeant, privé de ses appuis inconditionnels, ne fournit aucun élément de défense : seul son bilan devient son bouclier. Bien sûr vain face à une inquiétude indus- trielle chez Nissan liée au projet d’intégration du consortium.
Alors, Ghosn, victime ou délin- quant ? Pour le sociologue, le patron incarcéré ne saurait brandir la vic- timisation. « La puissance crée une forme d’auto-aveuglement. Si Car- los Ghosn est victime, c’est avant tout de lui-même, dans une cores- ponsabilité de son entourage qui a rendu apparemment légitimes des actes transgressifs. »
Le «cas» Carlos Ghosn contribue à la démonstration des constats rarement rendus publics qui res- sortent de l’ouvrage courageux et étayé de Pierre Lascoumes et Carla Nagels. De plus, une circonstance aggravante va, aux yeux du so- ciologue, précipiter la chute déjà consommée du dirigeant : il n’a ja- mais fait partie du sérail. Il sera le bouc émissaire des milieux profes- sionnels désireux de s’auto-amnis- tier.
L’avenir du futur condamné ? «Il aura sans doute les moyens de repartir faire du business au Li- ban ou au Brésil, à défaut de se voir recruter par GM. Mais sait- on jamais ! » L’épitaphe est gravée. OLIVIEr maGNaN
Sociologie des élites délinquantes, Pierre Lascoumes, directeur de recherche émérite au CNRS, Carla Nagels criminologue, Armand Colin
société
    –, le cas Ghosn constituera un cas d’école jamais abordé ou presque : la criminalité en col blanc, toute proche de la corruption politique. Un domaine censuré.
Délinquance élitaire : paradoxes et contradictions Pas pour le sociologue Pierre Lascoumes, sociologue et juriste, spécialiste de la sociologie de l’ac- tion publique, dont les nombreux ouvrages signent pour certains l’exploration de sphères délicates (Corruptions, Presse de Science Po, 1999, Élites irrégulières, essai sur la délinquance d’affaires, Gallimard). Son tout dernier essai, en collabo- ration avec la professeure de cri- minologie de l’Université libre de Bruxelles, Carla Nagels, aborde de front, dans une approche scienti- fique consommée qui en en rend la lecture difficile, la Sociologie des élites délinquantes – de la crimina- lité en col blanc à la corruption poli- tique (Armand Colin, 2018, édition
lanceurs d’alerte mais l’on renforce la protection du secret des affaires. On veut durcir la fraude fiscale, mais les fraudeurs bénéficient de voies de régulation...
Des contrôles tétanisés
Avec Carlos Ghosn, l’élite épinglée par une justice nippone sans com- mune mesure avec la « bienveil- lance » qui prévaut pour nos crimi- nels en col blanc met en lumière des phénomènes que Pierre Lascoumes décrypte à l’aune de son cadrage scientifique. À ses yeux, l’affaire ré- vèle des points parlants.
« Comme lors de l’affaire Elf-Le Floch Prigent, on focalise sur une personne à laquelle l’on prête des traits péjoratifs: on la juge, on la charge de sentiments négatifs, la réaction sociale est sévère. Mais cette focalisation même évite la prise en compte de dysfonction- nements plus larges. Comme la déficience du contrôle des activi- tés du dirigeant. Or il est impos-
 ]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[  Le livre qui alerte
La disruption* est totale, préparez-vous !
Progrès, changements, évolutions, adaptation des entreprises ? Mais non ! Rupture, disparitions, obsolescence des modèles ! Stéphane Mallard, Français immergé dans la Silicon Valley, tire une sonnette (obsolète) qui n’est plus d’alarme : il nous décrit le monde de tout à l’heure. Et il n’est pas du tout tendre !
usages et des fonctions dans l’en- treprise (c’est Mallard qui parle), de les faire disparaître en les ren- dant obsolètes ».
Et c’est donc une tout autre his- toire.
Fin du salariat
À l’évidence, les arguments de ce prophète réjouissant sont solides. Les entreprises ne s’adapteront pas, quoiqu’elles en pensent. Il faut qu’elles travaillent – ce qu’el- les ne feront pas, bien sûr – à faire disparaître leur ancien monde pour que le nouveau (le renou- veau) apparaisse. Comment ? Par la technologie. Les banques, réti- centes à l’apparition de la fameuse blockchain, font tout désormais
les modèles d’avant. Les legal- tech condamnent les avocats, les fintechs les experts comptables, etc. Pour finir, les salariés, de- venus incompétents à des postes inutiles – «les meilleurs refuse- ront les contraintes de la grande entreprise et la technologie leur permettra d’être des entrepre- neurs indépendants », balance le Dr Laurent Alxandre, préfa- cier de l’ouvrage et complice de Stéphane Mallard, n’existeront à leur tour plus. Ils/elles réinvente- ront d’autres fonctions dans une société de l’abondance ou la rare- té – qui ne vaudra plus rien – ne voudra plus rien dire.
S’affoler? Pour quoi faire? «Je reste optimiste », glisse notre
l’œil décalé
entreprendre & innover
L’IA va condamner à l’obsolescence les diagnostics médicaux (bien plus fiables à l’aide d’un smartphone).
  Tous les plateaux télé, toutes les radios fran- çaises devraient inviter ce «chasseur de ten-
dances » (tel il se nomme) à expo- ser le changement du monde. Son livre, Disruption – intelligence ar- tificielle, fin du salariat, humani- té augmentée – n’est pas le nième pamphlet visionnaire qui nous promet des lendemains sereins ou, au contraire, apocalyptiques, un avenir convenu dans lequel les entreprises de la planète au- ront digéré leur «transforma- tion digitale», «adopté les co- des de l’économie numérique», «utilisé les technologies les plus avancées»... «C’est faux, me dit
calmement Stéphane Mallard entre deux avions, c’est un slogan trompeur et dangereux pour les entreprises et les dirigeants. »
Ce qu’il vit au cœur du nouveau rêve américain que n’incarne pas Trump, d’une classe politique qui subit la disruption, c’est que les nouveaux entrepreneurs dis- ruptifs veulent «se débarrasser du manager, du RH, des direc- teurs marketing et financier» et au final se disrupter eux-mêmes. Non parce qu’ils adoptent des at- titudes suicidaires, simplement parce que ces leaders et capitaux risqueurs du monde qui naît es- timent juteux de disrupter «tous les secteurs de l’économie, des
pour annoncer l’intégration de cette technologie disruptive par excellence dans leur écosys- tème. Vain! La chaîne de blocs ne fonctionne qu’en éliminant les intermédiaires... que sont les banques. Mais pareillement, l’IA, très rapidement désormais, va condamner à l’obsolescence les diagnostics médicaux (bien plus fiables à l’aide d’un smartphone), quand les médecins ne seront plus que l’élément humain in- dispensable à l’empathie. À leur tour, les grandes écoles dispensa- trices du modèle d’avant devront se disrupter – certaines entament le processus – et les experts de toute nature, que les entreprises affolées recrutent pour assurer leur transformation, illusoire, vont devenir les écrans à toute transformation à force de répéter
anti-expert, le monde va se transformer très vite, les tech- nologies vont protéger la pla- nète du changement climatique – Google vient d’annoncer avoir réussi à faire chuter de 40% la consommation de ses fermes de serveurs et les GPS triompheront des saturations de trafic – quand des générations de chercheurs s’attelleront au bien-être de l’hu- manité. Mais la France, dit-il, est d’ores et déjà blackboulée par les Américains et les Chinois. Lisez, méditez cet ouvrage de rupture, souvenez-vous que vous en aurez entendu parler dans nos pages, c’est aussi notre devoir d’in- formateurs disrupteurs que de donner crédit à de telles vérités à nos portes. Disruptez-vous! OLIVIEr maGNaN
 ecoreseau.fr mars 2019 | 29
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
réseaux & influence
Génération Femmes d’influence: nous sommes là pour échanger, souligne Mme Chapelotte. Nous ne proposons pas des formations – il existe de nombreuses asso- ciations qui le font –, mais nous construisons un espace d’échange et d’entraide. Grâce à la diversité des profils que nous réunissons – notaires, avocats, experts-comp- tables... –, une entrepreneure pourra trouver quelqu’un pour ré- pondre à ses questions.» Le club, qui avait commencé à s’intéres- ser plus spécifiquement aux PME et ETI, s’est ouvert aux femmes salariées au sein de grandes en- treprises et grands groupes, avec pour objectif de créer des ponts entre ces deux univers. « Les
dactrices du Parisien, en mouve- ment musclé pour exiger la parité en nombre et en salaire). C’est une action qui restera pertinente pen- dant longtemps, même si la donne est un peu différente pour la géné- ration de futures entrepreneures : « La génération des 25-35 ans est un peu plus spontanée et décon- tractée que nous devant les mé- dias et les hommes de cette géné- ration se montrent à l’aise, quand ils n’éprouvent pas une certaine fierté, d’avoir une patronne, ce qui n’était pas le cas avant», dixit Patricia Chapelotte. L’arrivée des réseaux sociaux, notamment, en éliminant l’intermédiaire (par exemple la personne qui sélec- tionne les invités pour une émis-
 Un objectif : se donner suffisamment confiance pour se montrer en tant qu’experte.
   Génération Femmes d’influence
Maître mot : rayonnement
Les entrepreneures sont confrontées à des obstacles que ne connaissent pas nécessairement leurs homologues masculins. Comme se constituer un réseau et valoriser leur image. Comment ont-elles fait, les influenceuses ?
Tout a commencé, pour Patricia Chapelotte, par sa propre aventure en- trepreneuriale. « J’étais
salariée, mais étais titillée par la création. J’ai fini par franchir le pas en me lançant dans ma spé- cialité : la communication d’in- fluence, les relations avec les mé- dias et les affaires publiques... », raconte la fondatrice et présidente du club Génération Femmes d’In- fluence. Elle crée son entreprise, Patricia Chapelotte, se laisse at- tirer par le Women’s Forum a Deauville, mais l’expérience se révèle incomplète. « On parlait des femmes dans les grandes en- treprises, mais pas dans les PME et les ETI, remarque-t-elle. Or, souvent, les femmes qui travail-
30 | mars 2019 ecoreseau.fr
lent dans de grands groupes sont passées par des grandes écoles, comme HEC. Ce qui n’est pas, à mon sens, le seul modèle à pro-
mouvoir auprès de
C’est même, en un sens, réduc- teur : aujourd’hui, entre 30 et 35 % des créations d’entreprise relèvent de femmes. À force de rencontres et échanges, Patricia Chapelotte s’est rendu compte de l’existence d’une vraie demande – d’aides, de réponses à une multitude de questions... – non satisfaite. Elle y a répondu par la création du club Génération Femme d’Influence en 2010.
Oser forger
son propre réseau
« C’est l’idée fondatrice
de
nos filles. »
femmes ont tendance à consacrer moins de temps à se constituer un réseau, explique la présidente du groupe. S’il y a une cause à dé- fendre, la motivation est là pour sortir, faire des rencontres... Mais si la cause est soi-même, son propre réseau, j’ai pu consta- ter qu’en général la motivation est plus difficile à trouver.» D’où le contrepied adopté par Géné- rations Femme d’influence: des repas-rencontres – aussi bien avec des experts, par exemple sur l’im- portance (et la manière) d’utiliser les réseaux sociaux et de gérer son image numérisée, qu’avec des per- sonnalités (ministres, journalis- tes, écrivains...), prennent le parti de se donner des contacts pour soi-même.
Connaître les dossiers avant de s’exprimer, trait féminin ?
L’autre objectif: lutter contre la sous-représentation des femmes dans les médias (à l’image des ré-
Femmes autodistinguées, enfin
Les derniers prix de la Femme d’Influence 2018 ont été remis au palais Brongniart à Paris, le
17 décembre 2018. Outre la ministre du Travail, la présidente de la Croatie et cinq autres femmes ont figuré au palmarès. Plus le prix Nobel de la paix, le Dr Denis Mukwege, pour son action auprès des femmes mutilées. Depuis la création du prix, 28 lauréates ont été valorisées et 100 candidates nommées.
sion de débat), a facilité la prise de parole, mais il reste encore du chemin à faire. C’est la prochaine étape : se donner suffisamment confiance pour se montrer en tant qu’experte. « Il faut oser, souligne Patricia Chapelotte. Par exemple, toute une nouvelle génération de députées est arrivée à l’Assemblée nationale, mais quand je les ai ren- contrées, beaucoup me disaient qu’elles voulaient attendre de bien connaître les dossiers avant de s’exprimer... Des scrupules que n’ont pas forcément leurs homo- logues masculins. Et cette “humi- lité” devient bloquante. » D’où les thématiques de rencontres autour de l’image – et la création du prix Femme d’influence. Car « pour créer des modèles dans les mé- dias pour nos jeunes filles, il fal- lait créer un moment médiatique marquant, qui les mette en avant. Le prix, qui a connu en 2018 sa cinquième édition, occupe vo- lontairement des domaines plutôt « masculins » : la politique, l’éco- nomie, l’influence culturelle... Et petit à petit, les choses bougent : la remise du prix donne lieu à des portraits dans la presse, des inter- views... Et surtout, à de vraies va- lorisations. « Quand la présidente de la FNSEA a été récompensée, la distinction a provoqué une vraie fierté chez les femmes agricultri- ces, souligne Patricia Chapelotte. De même pour Muriel Penicaud, c’est l’ensemble de son staff fé- minin qui s’est senti valorisé et reconnu. » Le maître-mot, ici, est rayonnement. JEaN-marIE BENOIsT
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[                    L’esprit pionnier vous inspire, rejoignez l’ESSEC Executive Education.
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               © ESSEC Business School - 973100918 - Septembre 2018 - © Photo : Denis Allard/REA.
]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en immersion
       Les vainqueurs des Trophées EIP 2019, les étudiants d'Epitech Paris.
jects : c’est le but, la Epitech, techs épiques Epitech Innovative Pro-
périeur privé qui regroupe les écoles ISG, Iseg, Epita, Epitech, Ipsa et Sup’biotech. L’objectif : renforcer les étudiants dans la dimension technologique sans pour autant les y enfermer afin qu’ils progressent demain dans l’entreprise. De ces pro- jets naissent parfois des success stories comme Melty Groupe, Docker, Prestashop, Flat ou en- core Brigad.
Informatique de l’humain
Quatorze équipes, autant de pitchs face à un jury souverain. Un coup de cœur a porté sur Relieve, un projet 100 % socié- tal. L’idée: aider les associa-
Les Innovative Projects, des start-up en puissance
Epitech, c’est l’école des expert en technologies de l’information d’où sortent des 13 campus des jeunes gens immédiatement embauchés à 40 000 euros en moyenne. Le 15 février, le campus Paris-Sud était chaud bouillant : les 14 projets des étudiants sont sortis du chaudron.
concrétisation de deux
32 |
mars 2019 ecoreseau.fr
Le Trophée EIP 2019.
Au Forum EIP 2019, les visiteurs ont pu découvrir 102 projets conçus par les futurs diplômés de l'école.
années d’incubation d’étudiant/es impliqué/es de- puis la 3e année de leur cycle de cinq ans dans leur « chef d’œuvre » terminal, une qua- si-start-up en puissance prête à se lancer. Travail d’équipe. « Ils se posent des questions techniques, économiques et sociétales. C’est ce qui struc- ture l’enseignement de la moi- tié de la vie d’un étudiant d’Epitech », explique Marc Drillech, directeur général d’Ionis Education Group, or- ganisme d’enseignement su-
   ]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[ en immersion
entreprendre & innover
 Les étudiants d'Epitech Nancy ont remporté la 2e place aux Trophées EIP 2019.
  Le coup de cœur du jury, le projet Relieve, élaboré par les étudiants d'Epitech de Lille.
 léphone de son utilisateur. Mais l’innovative project de l’année est décerné à AVM. Ce projet innovant et prometteur propose un suivi clinique (via des objets connectés) des patients atteints de mucoviscidose pour amélio-
Les étudiants/es se posent des questions techniques, économiques et sociétales, c’est ce qui structure l’enseignement ches Epitech
Deux questions à Emmanuel Carli, directeur général d’Epitech
Cette préparation concrète à la vie en entreprise vous est-elle vraiment propre ?
Oui, dans le système académique, on
rencontre l’obstacle du skills gap. C’est
l’écart entre les connaissances et les
compétences. Nos étudiants maîtrisent
les technologies et les réflexes
d’entrepreneuriat, d’agilité, de
proposition et de développement de
solutions techniques. Notre « piscine
de génération d’idées », moonshot, le concrétise Elle consiste à apporter la solution à de vrais problèmes. Ils traitent les problématiques de l’innovation et celles du marché. Contrairement au système d’éducation classique où des enseignements académiques et des évaluations procèdent de manière statistique, nous évaluons tous les projets bâtis par nos étudiants.
Comment les plongez-vous dans le bain ?
L’ingénierie pédagogie d’Epitech, c’est l’ingénierie
du projet. Pendant cinq ans, nos étudiants vont se confronter à 200 projets constructeurs de leur parcours. Nous utilisons des méthodes d’enseignement dites actives et inductives. C’est-à-dire qu’on va induire ce que les étudiants devront apprendre. Notre rôle est de construire autour d’eux un écosystème le plus riche possible pour qu’ils puissent se développer.
   tions qui se vouent au sort des sans-abris à collaborer entre elles. Puis la 3e place du podium revient à BackingTrackLive, un générateur d’accompagnement musical en temps réel. Deu- xième récompense, Vibear, une solution d’assistance dédiée aux personnes sourdes et malen- tendantes : elle enregistre des sons entendus et les envoie sous forme de notification sur le té-
rer leur quotidien. Ils suivent leurs indicateurs de santé et optimisent la communication avec leur équipe soignante. Les médecins veillent sur l’état de santé de leurs patients et les laboratoires sont capables d’évaluer l’efficacité de leurs traitements innovants. Pas mal sur un CV au sortir de l’école! aNNa asHKOVa
ecoreseau.fr mars 2019
| 33
     ]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[  entreprendre & innover
les trophées optimistes
    LaetitiaGazelAnthoine
débuts en France, la « connexion des objets » a essaimé en Espagne, au Portugal, au Brésil, en Italie et aux États-Unis. Ce sont 62 villes aujourd’hui qui proposent l’accès aux services du concept. À la tête d’une équipe de 45 salariés mo- torisée à la « bienveillance » et à la tech for good, Laetitia Gazel An- thoine se félicite de cette aventure humaine et technologique.
Un nouveau système de localisation augmentée «Depuis notre lancement, nous avons réussi à boucler deux le- vées de fonds pour un total de 17,5 millions d’euros », se féli- cite la cheffe d’entreprise. C’est en avril qu’elle a lancé un sys-
d’engagement. Pas question pour autant de partager les données, lesquelles sont exploitées, ça va de soi, dans le respect de la régle- mentation. «À partir de ces in- formations, nos clients vont créer des segments de consommateurs. Et améliorer ainsi leurs services pour une expérience utilisateur plus qualitative!», s’enthousiasme celle qui s’est expatriée depuis trois ans à New York. «Très souvent, on té- lécharge des apps, on s’en sert une poignée de fois, puis on les dé- sinstalle... ou pas. Un cauchemar pour les éditeurs. » D’où l’intérêt de donner connaissance aux éditeurs d’apps des endroits où se trouvent leurs utilisateurs. Pour l’heure, une cinquantaine d’applications (dont L’Oréal, Citygo, Tootsweet ...) ont adopté Herow afin de se glisser au plus près des utilisateurs, com- prendre leurs besoins/envies, les anticiper. Son défi pour 2019: faire monter 100 nouvelles applis sur la plate-forme Herow.
Aider d’autres entrepreneuses
Avec 6 millions d’applis dans le monde, il reste encore bien des parts de marché à conquérir ! Et la détermination ne fait pas défaut à Laetitia Gazel Anthoine. Il lui arrive de douter, être déçue (colla- borateurs qui quittent le navire, appels d’offres perdus...). Mais entreprendre, c’est savoir prendre des risques. Surtout à partir de problématiques technologiques qui évoluent sans cesse. Oser et savoir relativiser l’échec sont les conseils qu’elle est tentée de dispenser. Elle en fait régulièrement bénéficier d’autres femmes entrepreneuses, dans le cadre de ses activités de mentoring. Elle dit : « J’ouvre les portes de mon réseau et les fais
Elle vous bipe au bon moment
Ce qui la passionne ? L’Internet des objets et les services sur mobiles. Cette entrepreneuse dans l’âme fonde en 2007 Connecthings. Dans cinq pays, l’entreprise connaît une pleine expansion.
Is Big Brother watching you?
En tout cas, il vous envoie les infos dont vous avez be- soin au bon moment. Vous
venez d’arriver à l’aéroport et avez du temps pour vous ? C’est préci- sément à ce moment là que votre appli de news vous informe des dernières actualités. Vous pestez à l’arrêt de bus contre les retards récurrents ? Et voilà que votre ap- pli de covoiturage se rappelle à votre bon souvenir. Le fruit du hasard ? Pas du tout ! Derrière ces alertes « millimétrées », un ser- vice de géolocalisation élaboré par Connecthings. L’intérêt pour les utilisateurs d’applis: recevoir des notifications de façon opportune et non pas n’importe quand, quand elles tombent mal ou qu’elles pas- sent inaperçues. Essayez de propo- ser un programme de méditation aux gens quand ils sont en plein comité de pilotage ou en entretien individuel... !
L’environnement mobile pour ADN
Comment l’entrepreneuse est-elle tombée dans le bain de l’environne- ment mobile ? « Formation à Supe-
lec et parcours d’ingénieur, puis j’ai rejoint le groupe Orange entre 1998 et 2007 pour des missions de consulting. J’ai connu la grande époque du MP3 et des services de téléchargements de musique. » De quoi la pousser à étudier les nou- veaux usages et en comprendre vite le potentiel. « J’avais envie de for- ger mon propre projet. En prendre la tête était pour moi une grande forme de liberté et d’indépen- dance » – avec un père qui dirigeait une entreprise de services dans le secteur de l’exploitation pétrolière, elle avait été à bonne école.
C’est ainsi que naît Connec- things : le déploiement d’un réseau d’objets connectés en ville, réseau qui relie les smartphones à l’es- pace public. Des balises interacti- ves sont installées sur le mobilier urbain, dans des gares et autres lieux de passage. Les collectivités locales, conscientes d’améliorer le quotidien de leurs administrés et l’expérience de la ville, sont rapide- ment intéressées dans une logique de « smartcity ». Progressivement, Connecthings séduit aussi les en- treprises. Et part à la conquête du monde. Douze ans après ses
« Objectif : donner connaissance aux éditeurs d’apps des endroits
où se trouvent leurs utilisateurs...  »
   tème de localisation augmentée, Herow, pour Here and Now avec un zeste de « héros ». Il s’adresse aux éditeurs d’apps, identifie et ana- lyse la position des utilisateurs en temps réel pour que les marketers optimisent le ciblage des messages et notifications. L’objectif : mieux connaître les habitudes des usagers et savoir comment ils utilisent leur appli mobile. Plutôt à la maison ? En mobilité ?... Un graal pour des entreprises en quête de toujours plus de fidélisation, de rétention et
bénéficier de mon expérience, no- tamment en matière de levée de fonds. » Très impliquée dans la Women Initiative Foundation, elle est heureuse d’aider d’autres pro- jets à se développer. Au bon mo- ment... arIaNE WarLIN
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]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
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François Raynaud de Fitte/ Briac Lescure, Popchef
La loi du gong
Une boîte qui meurt et qui renaît. Des repas livrés pour les réunions d’entreprise et non plus achetés par les salariés. Un nom qui reste inchangé. Popchef a mué. Ses repas sont traçables et écologiquement vertueux. Récit.
Premier Popchef :
l’effet ciseau
L’histoire. Le jeune juriste, Sciences Po/HEC François Raynaud de Fitte, 29 ans aujourd’hui, passe son temps chez le capital-risqueur de renom Marc Simoncini, Jaïna Capital, à chercher les start-up prometteuses dans lesquelles son boss va investir. Il y rencontre Briac Lescure (oui, la famille du créa- teur de SEB) et tous deux aigui- sent leur appétit à voir cette flopée de jeunes pousses concocter leur menu entrepreneurial. Il leur suf- fit de six mois d’audit pour vouloir eux aussi créer leur boîte. Ce sera Popchef, une plate-forme en ligne de commande d’un plat unique pour les particuliers sur leur lieu de travail, du b to c. Des foodte- chs, ils en avaient vu passer depuis Deliveroo, rien ne leur semblait vraiment nouveau. « J’avais com- pris, raconte François de Fitte, que les grandes innovations ne sont pas si radicalement différentes dans leur approche. En revanche, beaucoup de ces concepts à succès revenaient à simplifier à l’extrême une formule éprouvée. » Simplifier Deliveroo ? Radicalement : un seul choix, un seul plat, à 9,90 euros. Mais un plat de chef, bon, élaboré à partir de produits frais. La carte convainc. Les commandes pleu- vent. « En quelques mois, Popchef atteint la taille commerciale du restaurateur fournisseur unique. » Avec ses 40 salariés et ses quelque
levée ne vient pas? J’ai encore un- tel et untel prêts à venir. Et s’ils ne viennent pas? Je peux appeler X. Et s’il décline ? Alors on licencie et... Soudain, la lumière. On ne peut ra- cler les fonds de tiroir et rebondir sur un concept condamné. Fran- çois et Briac réunissent tout le staff : stop ou encore ? Si on repart, ce sera avec 8 personnes, pas plus. Le vote tombe : la plupart des salariés pré- fèrent partir et laisser sa chance au nouveau projet (ils/elles sont tous/ toutes en activité depuis). On garde le nom, mais on bascule vers le b to b: trois ou quatre formules de business lunchs, une cantine nu- mérique (un corner dans les PME et start-up) à destination des en- treprises et plus des particuliers. Pourquoi ? « Les entreprises comp- taient pour 5 % du CA d’avant, mais pour 20 à 30% de marge.» Les huit rescapés se muent en commer- ciaux. François de Fitte « audite » chaque euro dépensé. La boîte a retrouvé son étiage. « Gong ». Deux fois en 30 minutes. Les affaires re- prennent...
Chacun est le patron
de son chiffre
L’affiche sur une cloison proclame : Fuck mediocrity. Chez Popchef, les salariés, dûment briefés à leur ar- rivée, ne connaissent aucune hié- rarchie. Ils/elles organisent leurs absences, disposent d’une carte société pour leurs dépenses pro, ne sont astreints à aucun dress
  « Le vote tombe : la plupart des salariés préfèrent partir et laisser sa chance au nouveau projet.  »
   «G
patron, « Je ne suis pas un pater », dit-il, ne signe jamais aucune au- torisation d’absence ou de congés, le/la salarié/e s’organise comme il/ elle le pense utile. C’est l’une des « libertés » fondamentales de la boîte « recréée » à la fin de 2017 sur l’échec de la précédente. Même nom, mêmes associés, même concept commercial – la livrai- son de repas –, nouveaux salariés, mais tout a changé. Le rebond a exigé une année pour que Popchef retrouve son chiffre et sa taille de naguère, quand la start-up se croyait des ailes (de poulet)...
10 000 plats à livrer par semaine, il faut démultiplier la sous-trai- tance qui concocte le plat unique. Popchef a été créé deux ans et demi plus tôt. Les deux associés ne voient pas venir le danger : la concurrence en ligne érode le prix unique quand les frais fixes de la boîte grimpent. C’est bêtement arithmétique : à un moment, on équilibre. L’instant d’après, on est en perte.
Stop ou encore ?
François de Fitte et Briac Lescure comptent sur leurs bailleurs de fonds toujours présents. Il existe 10 millions encore à lever. On s’acharne « avec le cash qui reste ». Un des compagnons de route de Popchef, chef d’entreprise qui avait connu la case casse-gueule, Gilles Queru, patron dans l’immobilier, pose la question, entêtée: et si la
code. Apparemment, la ruche est au complet. « Nous jouons la carte de la confiance absolue, sur un pied d’égalité. Quand vous faites confiance aux gens, ils se sentent engagés moralement. » À la façon des automobilistes des Pays-Bas qui n’ont plus de panneaux de li- mitation sur certains tronçons : ils lèvent le pied. La contrepartie : « On est intransigeant sur la responsa- bilité et les résultats, la volonté de performance. C’est le “réussir ou mourir” d’une équipe sportive. » Le lundi matin, tout le monde se réunit autour du metrics meeting. Et le gong commence à résonner... OLIVIEr maGNaN
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ong ».
nier étage de l’immeuble de la
rue Louis Blanc où la « Manufacture de chevraux pour chaussures » a gardé son enseigne, la petite musique qui signe une grosse vente déclenche les applaudissements du plateau de la trentaine de « popchefs ». Apparemment, tout le monde est sur le pont. Pourtant, personne ne s’inquièterait de l’absence d’un tel ou d’une telle, en vacances, en courses, en garde d’enfant ou chez le dentiste! Celui qui n’est pas le
Au der-
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      ]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
briefing innovation
 POLéMIQUE Facebook, « gangster Udu numérique »
Le français Alan lève 40 millions d’euros pour s’imposer dans la mutuelle santé en ligne. La jeune pousse, trois d’existence à peine, vient de clôturer un nouveau tour de table à 40 millions via le capital- risque Index Ventures (Adyen, Blablacar, Dropbox, Transferwise), tout en affirmant approcher son seuil de rentabilité. Au total, Alan aura levé depuis sa création pas moins de 75 millions d’euros. La start- up cible les TPE, PME et travailleurs indépendants pour des services totalement dématérialisés : les contrats signés électroniquement, cotisations payées mensuellement par prélèvement. Côté services, Alan innove: télémédecine avec prise en charge des frais, carte interactive pour localiser
un médecin à proximité, connaître ses tarifs et annoncer le montant du remboursement avant même la consultation, remboursement de séances de méditation... Sur son exercice précédent, Alan est passé de 3,5 à 22 millions euros de CA. Il assure 27 000 employés dans 2 100 entreprises, un chiffre multiplié par 5 en douze mois...
ne enquête longue de 18 mois Facebook qui agirait au-dessus des lois. menée par la commission sur le 170 témoignages et 4 350 questions plus numérique, la culture, les mé- tard, la commission qualifie la plate-forme dias et le sport de la Chambre sociale de Mark Zuckerberg de « gangster
des communes du Royaume-Uni a étudié du numérique» et considère que le géant
notamment le phénomène de désinfor- mation en ligne qui émane de Facebook. Cette commission, la DCMS, créée dans la foulée du scandale Cambridge Analyti- ca, plaide pour une régulation urgente de
dangers
mondial a induit en erreur le Parlement tout comme il aurait également réalisé de fausses déclarations. Les Britanniques n’y vont pas avec le dos de la cuillère à thé. n
p L’Ia qui crée du vrai-faux humain
Le site ThisPersonDoesNotExist – cette personne n’existe pas – crée de toutes pièces des photos de visage de personnes qui n’ont rien de réel. Philip Wang, ingénieur chez Uber, a utilisé un logiciel pour gérer une classe d’algorithmes d’apprentissage automatique. Cette technologie génère des images ou des vidéos selon une consigne (créer des visages par exemple), un autre programme évalue alors la proposition du premier programme pour juger de la pertinence de la création. Aujourd’hui accessible en open source, ce type de technologie soulève la question du deep fake : utiliser des technologies pour reproduire le visage ou
la voix d’une personne et s’en servir pour tromper. Bienvenue dans le monde de l’irréel criminel...
p The spinner : influence sous contrôle
Une start-up américaine, The Spinner, utilise les stratégies de marketing ciblé à l’œuvre dans les partis politiques ou dans le retail pour influencer vos proches. Pour la modique somme de 29 dollars, la jeune pousse propose de modifier le comportement de l’être aimé en lui présentant des publicités ciblées. La start-up prend pour exemple le retargetting vers du contenu pour relancer la vie sexuelle du couple ou se faire passer la bague au doigt. Quid de la technologie ? Il s’agit de fournir un lien et ses cookies à transférer à sa « cible » via SMS. 180 expositions publicitaires lissées sur trois mois sont alors prévues. Matraquage.
146 000 personnes auraient déjà souscrit à ces offres. En 2018, la start- up aurait ainsi réalisé 5,1 millions de dollars de chiffre d’affaires selon Forbes. La manipulation, un marché porteur?
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La curiosité de la vie dans tous ses
assurances
alan, mutuelle française disruptive
   aspects est, je pense, le secret des grands
 léo burnett, publicitaire et créateur de la célèbre agence éponyme.
musique Metronaut, dDeeptech du tempo
’abord incubé à l’Institut de recherche et coordination acoustique/musique, Metronaut est en train de devenir une start-up parisienne prometteuse. Sa
proposition de valeur: une appli qui aide les mu- siciens (amateurs, élèves) à s’adapter à leur tempo et à leurs erreurs. Du jamais vu ! Pas étonnant que le concept plaise aux business angels de Facebook ! Metronaut vient de lever 4 millions d’euros. n
 ]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
 SCANDALE INDUSTRIEL
briefing innovation
santé Diabète : la pilule qui fait passer l’aiguille
Une équipe de chercheurs du Massachussetts Institute of Technology s’est inspirée de la tortue léopard pour créer une pilule d’insuline à même de remplacer les injections quotidiennes. La carapace de la tortue léopard a forgé une coupole haute et raide, véritable levier pour se redresser si elle roule sur le dos. Les chercheurs ont utilisé la modélisation informatique pour mettre au point une variante de cette forme
à donner à une capsule d’insuline à même de se réorienter dans l’environnement dynamique de l’estomac. Comment : une minuscule aiguille dans sa coque d’ingestion file droit vers l’estomac sitôt la coque du médicament ingéré – un disque de sucre – dissoute par le liquide ambiant. L’aiguille se fiche dans la paroi stomacale – strictement sans douleur en l’absence de récepteurs de douleur dans l’estomac – et libère l’insuline. Puis elle s’évacue naturellement dans le tube digestif. Une petite révolution dans le monde de la santé.
DUn robot s’oriente sans GPS !
es équipes de chercheurs de l’université d’Aix-Marseille et du CNRS ont conçu un robot à pattes capable de se diriger
sans GPS. La technologie surnommée
AntBot – littéralement robot fourmi –
évoque la technique biomimétique qu’elle
singe: Antbot reproduit le système de na-
vigation d’une fourmi qui évolue en milieu désertique sans la capacité de se repérer avec son odorat en raison des conditions climatiques. Une dis- ruption pour les sujets de mobilité et de géolocalisation. n
Les couches, polluant majeur, opportunité majeure
 Les fesses de votre progéniture sont pourvoyeuses de business. Dès avant les scandales sanitaires de la fin de mois de janvier qui évoquaient la présence de substances toxiques dans les couches, des start-up avaient déjà investi le créneau du bio et du made in France pour venir au se-
cours des parents éplorés. Retour sur l’actualité: vendredi 8 février, un consor- tium de fabricants de couches s’est engagé sur un droit de réponse face aux ac- cusations portées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Ils ont alors eu quinze jours pour limiter la présence de substances toxiques. Résultat: les 23 références de couches testées dépassent tous les seuils sanitaires pour au moins une substance chimique, y compris celles des gammes de couches dite «écologiques». Un gros caca pour un marché qui représente environ 3 milliards de couches produites chaque an- née en France. Les marques qui vont prouver produire des couches 100% bio (et françaises) vont logiquement cartonner. C’est le cas de Joone, la start-up qui publie les analyses toxicologiques de ces produits et s’est hissée à la première place dans l’enquête réalisée par 60 millions de consommateurs sur la composi- tion des couches pour bébés. Seconde start-up écologiquement et sanitairement correcte, Ma petite couche, a été lancée en 2017 par deux jeunes papas, Philippe et Antoine. La jeune pousse vend des couches puis les lave et les livre à domicile. Son premier objectif: réduire le nombre de déchets ménagers car les couches jetables représentent 40% des déchets ménagers d’un foyer avec un enfant de moins de deux ans. Ces pionniers de la couche saine seront un jour – espé- rons-le – réattaqués par les géants de la protection revenus à des composants recyclables. En attendant, couchons-les sur la liste des courses ! n
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]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
mapping innovation SmartCities...automatiques,sûres,
Le marché des villes intelligentes pourrait atteindre 2 700 milliards de dollars en 2024, contre 955,3 aujourd’hui, selon Zion Market Research. Transport, construction, gestion de l’énergie, gestion de l’eau et des déchets,
soins de santé, matériel, logiciels et services... l’ensemble des acteurs innovent sur ce marché juteux ! PaTrICE rEmEUr
PAYS-BAS Batteriesautosrechargées
par panneaux
Les véhicules électriques sont considérés comme l’avenir durable des transports. Mais comment faire pour rester propre lorsque l’énergie n’est pas renouvelable ? Une équipe de scientifiques de l’université
de technologie de Delft, en collaboration avec, entre autres, Power Research Electronics (PRE), a mis au point un chargeur rapide à partir de l’énergie solaire. Plus d’étape, un chargeur rapide en fonctionnement continu. La voiture « solaire » devient centrale. La batterie alimente la maison ou un bâtiment lorsque le véhicule stationne.
dépolluées, agréables à vivre
Villes : elles prennent des neurones
   VILLES NORDIQUES
Labos d’intelligences
14 villes de Norvège, de Finlande et d’Islande se sont regroupées pour créer Nordic Urban Living Labs. L’ambition: développer les meilleures pratiques
et devenir de véritables laboratoires vivants. Les
villes travaillent avec des start-up et des petites entreprises pour tester et développer des solutions dans des environnements réels et se donc déployer plus rapidement. Les entreprises accèdent ainsi à de nouveaux marchés et développent, en co-construction, des solutions innovantes telles que l’intégration de l’autopartage ou la combinaison avec d’autres modes de transport depuis des applications mobiles.
Intérêt: en promouvant les solutions de développement urbain nordique, ces villes espèrent attirer des investissements mondiaux et stimuler les entreprises de demain.
états-unis La voiture autonome s’envole
avec Boeing
Le célèbre constructeur d’avion a fait voler une voiture autonome
à Manassas en Virginie ! « Propulsé par un système électrique, le prototype est conçu pour un vol totalement autonome du décollage
à l’atterrissage, avec une autonomie jusqu’à 80 km », affirme le communiqué de Boeing. L’avionneur souhaite révolutionner les services de transport urbain et le transport de colis – plus de 200 kg. Airbus et d’autres entreprises y travaillent également pour décongestionner les villes et améliorer la sécurité.
Intérêt : « Boeing était là lorsque le secteur de l’aviation est né. Avec ce nouveau siècle, nous libérerons le potentiel du marché de la mobilité aérienne en ville », s’est enthousiasmé Steve Nordlund, vice-président et directeur général de Boeing NeXt. L’enjeu : devenir une infrastructure clé des espaces urbains.
inde Uber en bateau
et scooter
Uber Boat à Mumbai devrait bientôt exister en partenariat avec le Maharashtra Maritime Board. Dès février, Uber Boat a proposé deux formules, des 6-8 places pour Uber Boat et 10 places ou plus pour Uber Boat XL. Uber devient plate-forme de transport multimodale. Entrent dans le
jeu des scooters et des vélos électriques.
Intérêt : proposer une multitude d’usages autour de la mobilité et collecter les data des utilisateurs et des villes.
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]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[ france
La route est sur la bonne voie
Chauffer la ville par la route. C’est ce que propose Eurovia grâce à une route à énergie positive. La voie produit de l’énergie thermique en captant la chaleur du soleil. « Cette chaleur est stockée puis transmise aux infrastructures environnantes (bâtiment, maison, piscine, sanitaire...). La route devient alors une sorte de climatisation : capteur d’énergie thermique liée
au rayonnement solaire durant l’été ou émetteur de chaleur en hiver. » Les infrastructures routières
mapping innovation représentent en France 1,2 % de la surface du
territoire métropolitain, soit environ 6 000 km2 ou encore la superficie de l’Île-de-France. Revêtues
de chaussées bitumineuses de couleur noire, elles voient leurs températures atteindre 60° C en surface et 40° C à 10 cm de profondeur, essentiellement sous l’effet du soleil.
Cette énergie solaire thermique, jusqu’à présent inexploitée, désormais se capte. Des études évaluent le potentiel de captage entre 150 et 250 W/m2 pour une radiation solaire de 250 à 1000 W/m2, en fonction de la localisation géographique et de la saison.
entreprendre & innover
Intérêt : la route draine la ville et les campagnes. Elle va chauffer, éclairer avec des enrobés réfléchissant et des LED mais aussi, via des capteurs, elle va informer en temps réel sur l’état des voies et du trafic. Au passage, les pollutions seront maîtrisées par l’emploi d’enrobés spécifiques.
sunchain...
La start-up de Sorède développe avec Enedis une solution d’autoconsommation solaire qui repose sur la technologie blockchain. La solution enregistre, de manière infalsifiable en temps réel, la quote-part de chaque producteur d’énergie depuis des panneaux solaires, tout comme la consommation individuelle des utilisateurs. En visualisant exactement les données, le dispositif contribue à valoriser le surplus de production non consommé. L’usager garde la liberté de choisir son fournisseur d’électricité pour l’énergie non produite par ses soins.
Intérêt : une solution qui s’intègre dans le réseau public tout en expérimentant l’alimentation en autoconsommation pour d’autres moyens non publics ou non partagés (véhicules, vélos... par exemple).
CHINE Baidu veut du QI pour shangai
La Chine très avancée sur l’infrastructure de communication clé 5 G [lire ERB 57, p. 28] offre à ses géants que sont les BATX de doper les villes. Ainsi, Baidu vise-t-il à expérimenter à foison intelligence artificielle, big data, cloud computing, Internet
des objets, véhicules sans conducteur, interaction homme-machine, blockchain, matériel informatique et logiciels, information et publicité sur tout support. Intérêt : devenir la zone la plus avancée au monde dans le numérique. Résultat : Microsoft devrait ouvrir en avril un laboratoire sur l’IA. «La Chine possède le plus grand marché IoT au monde. Le secteur de l’IA et de l’Internet des objets offre un grand potentiel » : Roan Kang, vice-président de Microsoft Chine.
japon Test de cyberdéfense
dans tout le pays
Le Japon accueillera les JO en 2020 à Tokyo. Le gouvernement, histoire de vérifier la solidité de ses
« villes intelligentes », a décidé de tester la résilience de ses ressources numériques et IoT face à des cyberattaques.
Intérêt : montrer la maîtrise technologique de ses entreprises et prendre une longueur d’avance en matière d’IOT et cloud, difficiles à sécuriser alors qu’il s’agit de technologies clés.
      monde
Des cartes thermiques mondiales
Ce sont 2 milliards de personnes, soit presque le tiers de l’humanité, qui n’ont pas accès à une énergie fiable en ville ou en campagne. Power for All et SEforAll ont lancé un site, www.seforall.org où sont recensés les pays et les régions qui progressent le plus en faveur de l’énergie durable et des villes. Un prix de plusieurs millions de dollars a été lancé, le Global Cooling Prize.
Intérêt : en exploitant les données et les multiples cartes, les entreprises, associations, start-up... visualisent les progrès, repèrent les besoins rapidement et reproduisent les solutions qui fonctionnent le mieux ou en mettent au point de nouvelles !
  ecoreseau.fr mars 2019
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]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
Pas touche à
décryptage
 10 ans d’un régime simplifié plus que jamais plébiscité
 S’ériger en entrepreneur tout seul. Exploiter son savoir-faire ou sa com- pétence en indépendant.
Créer une structure entrepre- neuriale simplement, sans que la toute-puissante Unedic ne ré- clame des fonds avant même le moindre CA, modalités fiscales adaptées. En 2019, voilà dix ans que la création d’entreprise uni- personnelle, au gré de ses évolu- tions, voit se multiplier les au- to-entreprises, devenues micro : 1 350 000 micro-entreprises sont aujourd’hui immatriculées en France.
L’idée germe en 2007 à l’initiative du gouvernement dirigé par François Fillon. Her- vé Novelli, nommé secrétaire d’État en charge des Entreprises et du Commerce extérieur en juin 2007, se souvient: «Je pen- sais à l’époque que la simplifica- tion de l’ordre économique, dans un monde très normé et régulé, était indispensable. Je continue de le penser aujourd’hui. Nous avons à l’époque créé des grou- pes de travail pour réfléchir à cette simplification, des groupes composés de chefs d’entreprises, de professions juridiques, etc. À ma grande surprise, les groupes de travail ont conclu que l’une
des priorités était de dévelop- per un statut simplifié de créa- tion d’activité. » Surpris ? Pas tellement. Hervé Novelli avait déjà caressé une idée similaire dans le cadre de ses fonctions auprès d’Alain Madelin en 1988. Il était frappé par le décalage entre le nombre de Français qui exprimaient le souhait d’entre- prendre et la réalité du passage à l’acte. S’en suivent des échan- ges avec François Hurel, direc- teur général de l’Agence pour
Seule limitation : le CA ne pou- vait dépasser quelque 30 000 eu- ros par an.
Statut de la liberté
« L’inscription en ligne, notam- ment, constituait une vraie ré- volution, tout comme la fusion des prélèvements, et évidem- ment l’idée que les charges so- ciales soient prélevées en fonc- tion du chiffre d’affaires, d’où le slogan “Pas de chiffre d’affaires = pas de charges”. Les créateurs
Mais le micro-entrepreneur reste
un indépendant avec une couverture
sociale faible, loin du confort
  du salariat
la création d’entreprise (APCE). Un rapport en naît au premier trimestre 2008. Il préconise la création d’un statut de tra- vailleur indépendant. « Nous avons beaucoup travaillé sur la création de ce statut simplifié, en essayant d’y adjoindre un maximum d’innovations », se souvient l’ex-secrétaire d’État.
d’entreprise s’élevaient contre le constat qu’un entrepreneur pouvait recevoir les demandes de prélèvement forfaitaire avant même d’avoir réalisé le moindre chiffre. » L’auto-entreprise ini- tiale visait aussi à accélérer le démarrage d’une affaire. Après son inscription en ligne, l’entre- preneur, titulaire d’un numéro
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p
m
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[ ar1350000entreprises individuelles
a micro-entreprise
de Siret®, se mettait à l’œuvre immédiatement. Dès le début du régime, 80 % des entrepreneurs solo se sont rués sur le nouveau régime.
Les réflexions d’Hervé No- velli attelé à sa loi Entreprise se sont finalement inscrites dans le cadre d’une grande loi de mo- dernisation de l’économie. La création du statut d’auto-entre- preneur n’en a pas pour autant pâti : le nouveau statut a fait l’ob- jet de l’article 1 de ladite loi. Pour préparer l’entrée en vigueur du statut, qui sera officielle le 1er janvier 2009, un site Internet de préfiguration est ouvert à la fin de l’année 2008. Dès le mois de novembre, il enregistre plus
de 40 000 inscriptions. «Nous proposions une vraie révolution, celle, pour de petits entrepre- neurs isolés, de se lancer sans risque, sans formalités admi- nistratives et en s’affranchissant de nombreuses règles de la créa- tion d’entreprise. Je pense qu’il existait une réelle revendication culturelle de devenir autre chose qu’un salarié, un retraité, un étudiant, un chômeur. Je pense que ce désir était aussi accéléré par la crise dans laquelle nous étions entrés, comme par la ré- volution numérique. Ce statut entrait parfaitement en adé- quation avec le nouveau monde qui émergeait dans les années 2005-2010. Le statut redonnait
aussi une place dans la société, une porte de sortie pour ceux qui souhaitaient changer de vie », dixit Novelli. Il s’agissait bien de créer un statut universel, accessible à tous et toutes, quel que soit sa position ou son an- crage social. Seul regret d’Hervé Novelli : que les fonctionnaires ne bénéficient pas du régime, ce pour quoi il s’était battu.
D’auto à micro, le soupçon du détricotage
Au fil des années et des gou- vernements, le régime mis en place en 2009 a connu quelques évolutions, parfois pour l’assou- plir, parfois pour le durcir. La loi Pinel, entrée en vigueur en
2015, visait par exemple, dans sa version initiale, à limiter plus strictement l’activité d’au- to-entrepreneur en divisant par deux les seuils au-delà desquels il devenait obligatoire de pas- ser à un régime classique. Vent debout contre ces attaques du régime, les défenseurs de l’au- to-entreprise, parmi lesquels l’Union des auto-entrepreneurs et la Fédération des auto-entre- preneurs, ont pesé de tout leur poids pour que le statut ne soit pas dénaturé. Avec succès. Mais si le principe de base fut sauve- gardé, le statut est indéniable- ment devenu plus complexe. Il faut désormais au candidat au-
Hervé Novelli, alors secrétaire d'État en charge des Entreprises, sera l'instigateur
de cette idée révolutionnaire au pays de la complexité administrative.
décryptage
entreprendre & innover
   ecoreseau.fr mars 2019
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p
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]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
décryptage
 L’appellation « auto-entrepreneur » reflétait bien l’idée d’émancipation par l’entrepreneuriat
sous laquelle le micro-entrepre- neur va bénéficier des avantages du régime micro-fiscal ont été doublés (170 000 euros pour les entreprises d’achat et vente de biens et marchandises et les locations saisonnières de tou- risme et les chambres d’hôtes, 70 000 pour les autres entre- prises, y compris les locations meublées classiques). « La mi- cro-entreprise a connu un deu- xième souffle grâce à ce double- ment, confirme Jérôme Tarting, PDG d’Evo’Portail, plate-forme d’accompagnement des mi- cro-entrepreneurs. La volonté du gouvernement est de donner une chance à tout le monde de créer une activité simplement. Mais si les porteurs de projet ont les moyens, aujourd’hui, de
démarrer plus facilement, que se passe-t-il ensuite? Lorsque l’on parle de chômage, de TVA, on entre dans une complexité qui n’est pas à la portée de tous. Et puis même si son statut social a été amélioré, le micro-entrepre- neur reste un indépendant avec une couverture sociale faible, loin du confort du salariat. Au- jourd’hui, le régime est plutôt vu comme une passerelle vers un autre statut ou bien pratique pour “héberger” des complé- ments de revenu. Je continue de croire au micro-entrepre- neuriat, même s’il n’est pas la seule solution. Je trouve cepen- dant formidable que chacun ait la possibilité de se prendre en main, de participer à l’écono- mie de son pays.» Le dirigeant d’Evo’Portail – 10 000 micro-en- trepreneurs par an accompagnés –, préconise donc aux porteurs de projet de bien analyser leur situation, de calculer les frais de fonctionnement, d’évaluer si le régime correspond à leur situa- tion fiscale et personnelle, avant de se lancer. «Le statut donne la chance de démarrer une ac- tivité, mais aussi de l’arrêter facilement. Il accorde le droit à l’erreur. Mais créer une entre- prise ne se fait pas d’un coup de baguette magique, le chemin est rempli d’embûches humaines, fiscales, sociales, etc. Il faut donc s’entourer, et surtout écouter les clients : ce sont eux qui vous diront si vous êtes sur la bonne voie. » ÉmILIE massarD
®
Siret : Système d’identification du répertoire des établissements, code Insee d’identification.
CFE : Cotisation foncière des entreprises à laquelle sont soumis les micro-entrepreneurs comme tout créateur d’entreprise.
   44 |
mars 2019 ecoreseau.fr
to-entrepreneur suivre un stage préalable à l’installation (SPI). Officiellement, il vise à former l’entrepreneur Moi-même à la gestion d’entreprise. Sur le terrain, son contenu se révèle peu adapté aux réalités du ter- rain. Pourquoi faire simple... Le vocabulaire autour du dis- positif a évolué au cours des années. Le nom initial du ré- gime, « auto-entrepreneur », n’avait pourtant pas été choisi au hasard. « Nous avions opté pour cette appellation parce qu’elle nous paraissait symbolique et révélatrice, se souvient Hervé Novelli. Elle reflétait bien l’idée d’émancipation par l’entrepre- neuriat. Chacun va devenir en- trepreneur de son activité. » La loi Pinel et la refonte des régimes fiscaux de la micro-entreprise en un seul et même dispositif a substitué « micro » à « auto ». De là à soupçonner les occultes
opposants au régime de le voir disparaître...
Une analyse de situation indispensable
Sous le mandat d’Emmanuel Macron, le régime de la mi- cro-entreprise semble voir sa cote remonter. La dernière ré- forme prévoit plusieurs évolu- tions pour le statut, applicables au 1er janvier 2019 : une année blanche de cotisations sociales pour les créateurs au revenu an- nuel net inférieur à 40 000 euros la première année, l’extension de l’aide aux créateurs et repre- neurs d’entreprises (Acre), aupa- ravant réservée aux demandeurs d’emploi, une meilleure protec- tion sociale, l’exonération de la CFE® sous certaines condi- tions, le caractère facultatif du stage préalable à l’installation et un assouplissement bancaire. Déjà, depuis le 1er janvier 2018, les plafonds de chiffre d’affaires qui fixent la limite annuelle
Chiffrer le micro-entrepreneuriat
+ Au 30 juin 2018, la France comptait 1 350 000 micro-entrepreneurs, dont 57,5 % déclaraient un chiffre d’affaires positif au 2e trimestre.
+ 66 500 micro-entreprises ont été créées en 2018, soit une hausse de 17 % par rapport à 2017.
+ Au deuxième trimestre 2018, le chiffre d’affaires trimestriel moyen d’un micro-entrepreneur est de 3 978 euros (soit une augmentation de 11,2 % par rapport à l’année précédente).
+ Au plan sectoriel, les transports (Uber, Kapten...), les activités immobilières (artnb...), le conseil pour les affaires, le commerce de gros et les activités de nettoyage sont les secteurs les plus dynamiques.
+ Les micro-entrepreneurs ont en moyenne 36 ans et 40 % sont des femmes
source Acoss-Insee/Evo’Portail
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[ FINANCER
son entreprise, louer un stade pour un séminaire...
 pratique
46 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[  Financer son entreprise, les pistes solides
Après l’idée et la maturation du projet de création d’entreprise, arrive la réalité des besoins et la nécessité de trouver le ou les financements. Le choix de la structure juridique n’est pas sans effet.
Plus une entreprise est   tiellement des moyens financiers
jeune, plus elle se montre fragile. Taux de mortali- té maximal! Principale
cause de défaillance ? Le
de financement. Pourtant, les so- lutions ne manquent pas. Monter sa boîte, devenir son propre pa- tron, chef d’entreprise, le projet en fait rêver plus d’un. Selon une récente enquête d’Opinionway, un Français sur quatre envisage de créer ou reprendre un jour une entreprise. Soit plus de 13 mil- lions d’entrepreneurs potentiels ! Les 18-24 ans et les 25-34 ans de- meurent les plus motivés (46 %). Les raisons mises en avant par les sondés vont de soi: se sentir plus autonome (46 %), donner plus de sens à sa vie (38 %), gagner plus d’argent (38 %), s’épanouir (36 %), gagner en flexibilité (24 %) et rele- ver un challenge (23 %).
Trouver l’idée
qui fait mouche
Mais financer n’est que la dernière étape d’une longue aventure. Au début était... l’idée. Au bon en- droit. Au bon moment, autrement dit en cohérence avec le marché pour répondre à un besoin nais- sant ou existant. Mais la pérenni- té d’un business dépend essen-
pable de rembourser une partie de ses fournisseurs ainsi que de rembourser un prêt accordé par une collectivité locale pour l’ai- der dans sa démarche.
Convoqué, il nous a donc in- terrogés sur les sanctions exis- ’est une phrase qu’on   nières années, est désormais   tantes. Nous lui avons indiqué
mobilisés au départ : les sociétés lancées avec plus de 80 000 eu- ros survivent à 80 %, contre 60 % pour celles qui démarrent avec moins de 2 000 euros (In- see). Parlant, non ? La recherche de financement se prépare avec soin et répond à des besoins pré- cis. Avec comme maîtres-mots transparence et pédagogie. L’idée est de pouvoir expliquer dans le détail à quoi seront consacrés les fonds. « Les investisseurs ou prê- teurs veulent garder la liberté de financer les projets qui leur plai- sent et répondent à leurs attentes en termes de retour sur investis- sement », insiste une consultante en financement à l’Agence pour la création d’entreprises (APCE). Immobilier, fonds de commerce, trésorerie, innovation, dépenses de recrutement... Tout doit appa- raître de façon claire dans le plan de financement.
Booster
son apport personnel La plupart des investisseurs exi- gent des porteurs de projet qu’ils puissent apporter une partie des fonds. Comme une preuve de leur implication. Sont considé-
bunal peut prononcer, à la place de la faillite personnelle, l'in- terdiction de diriger, gérer, ad- ministrer ou contrôler, direc- tement ou indirectement, soit toute entreprise commerciale ou artisanale, toute exploita- tion agricole et toute personne morale, soit une ou plusieurs de celles-ci.
Conclusion : lorsqu’un entre- preneur échoue, il peut être de bonne foi ou avoir échoué pour des malversations. Dans tous les cas, il ne faut pas croire que les sanctions sont automatiques, car comme le prévoit le Code de commerce, le tribunal peut mais ne doit pas...sanctionner. Moralité : défendez-vous tou- jours si vous avez échoué après avoir essayé de bonne foi ! n
créer aujourd’hui
pratique
   manque
      Le droit en pratique
Les sanctions contre le dirigeant en faillite : comme les antibiotiques
  ce n’estC
pas automatique !
  entend si souvent « En France, on n’a pas la culture de l’échec
», « aux Etats-Unis, les entre- preneurs sont fiers de parler de leurs échecs ».
Pourtant, si cette phrase pou- vait être vraie il y a plusieurs années, les choses ont bien changé dans l’hexagone et les entrepreneurs qui ont échoué ne subissent plus du tout le même sort que ceux qui subis- saient la banqueroute avant la Révolution et qui devaient por- ter un humiliant...bonnet vert.
supprimé. Des centaines de milliers de dirigeants ont donc été concernés par cette mesure.
Tout ce mouvement juridique est connu et depuis la grande loi de Sauvegarde de 2005, le légis- lateur a régulièrement réaffir- mé la primauté de l’anticipation sur la brutalité des procédures collectives d’antan. Cela étant dit, il n’est pas question pour autant de laisser libre cours aux malveillants et aux aigrefins.
Ainsi, dans le cas de ce mois- ci, un entrepreneur pourtant très bien intentionné, porteur d’un beau projet innovant dans l’agriculture durable a été confronté à une audience à la- quelle il ne s’attendait pas.
que deux sanctions principales pouvaient être prononcées.
Tout d’abord, l’article L653-3 du Code de commerce prévoit que le tribunal peut prononcer la faillite personnelle de l’en- trepreneur, auquel il peut être reproché d’avoir « poursui- vi abusivement une exploita- tion déficitaire qui ne pouvait conduire qu'à la cessation des paiements » ou « détourné ou dissimulé tout ou partie de son actif ou frauduleusement aug- menté son passif ».
Deuxièmement, l’article L653-8 du même code prévoit que dans les mêmes cas, le tri-
D’ailleurs il y a quelques an-
nées, le Gouvernement a même
supprimé l'indicateur "040" de
la Banque de France, fichant
les chefs d'entreprise ayant fait
l'objet d'une liquidation judi-
ciaire au cours de ces trois der-   avait dû jeter l’éponge inca-
 Malgré tous ses efforts, après plusieurs mois de combat, il
alto avocats est un cabinet d’avocats qui a développé
une expertise pointue dans l’accompagnement des start-up et entreprises de croissance www.altoavocats.com
 ecoreseau.fr mars 2019
| 47
]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
créer aujourd’hui
pratiques numériques !
Cédric Ternois
Président de Jalix
Gestion de la relation, Jl’humain dans tout cela ?
e vous rassure, en tant qu’expert nos grands-parents...
de transformation digitale, je ne L’accès à une information riche et prône pas un modèle d’élevage complexe constitue un élément de dans le Larzac ! Mais lors d’une mutation important. Il n’a jamais été
intervention au Salon des entrepre- aussi facile de trouver de la donnée
rés comme apports personnels l’argent détenu en propre par les associés, mais aussi les sommes collectées auprès des proches que les Anglo-Américains appellent la love money. Cet apport, par effet de levier, va améliorer la capacité d’emprunt de l’entreprise. Il est, de même, conseillé de solliciter des prêts d’honneur. Accordés à titre personnel au créateur de l’entre- prise, ils sont considérés comme des fonds propres. L’étape cruciale
stéphane Hirsh,
et néanmoins indispensable de la recherche de financement sert in fine à conforter la vision du porteur du projet.
Comparé à son alter ego améri- cain, anglais ou suédois, le créa- teur d’entreprise français semble beaucoup mieux loti sur le plan des aides et des subventions desti- nées aux initiatives entrepreneu- riales. Répartis sur tout l’hexa- gone, pourtant, les dispositifs sont légion et ciblent tous les types de sociétés. Une jeune diplômée de
           neurs de Paris sur la gestion de la re- lation client, j’ai souvent été interpel- lé sur la possible inadéquation entre transformation digitale et respect du capital humain. Je vous propose donc ici quelques clés de lecture pour juste- ment concilier les deux.
Le terme de #CRM n’est pas nou- veau et nombre d’entreprises sont déjà équipées de logiciel relation client. Mais si les grands groupes ont franchi le pas, la situation diffère dans les PME. Pourquoi ?
• Pour des raisons financières ? Possible car le coût est lourd, mais en réalité, avec les solutions SAAS du marché et même avec celles de leaders telles que Microsoft Dynamics ou Sales Force, son prix reste abordable et cohérent avec le gain de productivité constaté. Attention toutefois au choix du prestataire pour ne pas se retrouver avec une « usine à gaz ». Résultat : cher et inefficace !
Mon conseil, c’est de déployer un CRM simple, sur périmètre limité au départ avec possibilité d’évolution au fur et à mesure de votre croissance et de l’adoption des utilisateurs.
• Pour des raisons de peur du chan- gement ? Probablement aussi. Nous constatons que les projets informa- tiques sont vitaux mais ils restent perçus comme une contrainte, alors qu’ils devraient être de véritables le- viers de productivité et d’efficacité. Certains ont aussi peur de perdre en souplesse ou le contact humain, donc de perdre un peu de leur ADN.
La relation client demeure un mé- tier d’interaction entre les personnes. L’outil technologique, aussi élaboré soit-il, ne peut à lui seul constituer une stratégie de croissance efficace. La réussite tient à la combinaison ga- gnante de la promesse des outils nu- mériques et la chaleur des échanges personnels.
Qui imaginait que nous achèterions un jour notre voiture en ligne comme un simple livre, que nos banques n’auraient pas d’agence physique, que nous passerions des appels vidéo avec
48 | mars 2019 ecoreseau.fr
sur un prospect ou sur une société, que ce soit en parcourant Internet, les réseaux sociaux ou à travers des banques de données spécialisées. On dispose ainsi d’une information en temps réel davantage qualifiée.
Mais face à cette information à la densité forte, comment stocker et uti- liser efficacement les données recueil- lies quand 22 % seulement du temps de travail de la force de vente est vé- ritablement consacré à la vente ? Un CRM est donc nécessaire, doit être efficient et ne sera pas contradictoire avec une gestion humaine de la rela- tion client.
Toutefois, centraliser l’information client n’est plus suffisant. Comment notamment répondre aux besoins croissants des clients de disposer d’offres et de services personnalisés ?
Un exemple concret : j’ai récemment acheté des billets d’avion sur Internet avant de me rendre compte d’une inversion dans les villes de départ et d’arrivée. Le billet était pourtant indiqué comme non remboursable. Lorsque j’ai appelé la compagnie, je n’ai pas eu besoin de me présenter et il n’a fallu que quelques instants à l’opérateur pour retrouver l’intégra- lité de mon dossier et l’historique de mes dernières actions. Je n’ai pas simplement été flatté d’être reconnu chez eux, j’ai bénéficié d’un service de qualité et personnalisé, qui contribue à ma fidélisation. Et il est vrai que, à l’époque où les sites e-commerce se développent, on oublie parfois les bienfaits d’une relation authentique pour accompagner le client dans ses achats. Dans ce cas, la relation hu- maine a été très importante mais aussi bien aidée par le CRM de la compa- gnie.
Il ne faut donc pas opposer digita- lisation et capital humain, le premier doit être au service du second.
Et il faut sans cesse s’adapter, adhé- rer à la transformation digitale sans perdre de vue les fondamentaux d’une relation. n
fondateur associé de CréditRelax*
« La banque va principalement s’intéresser à la pertinence »
Quels conseils d’emblée donneriez-vous à celui ou celle qui souhaite financer sa boîte ? Contre intuitivement, je conseillerais de ne pas foncer à la banque ! Les banquiers offrent la particularité d’un emploi du temps chargé et il n’y a rien de pire que de les solliciter avec
un projet pas encore mûri. Il existe de nombreux autres professionnels porteurs de précieux conseils : experts- comptables, courtiers, mais aussi d’autres entrepreneurs, voire tout simplement le cercle familial et amical. Il convient avant tout de bien définir son projet d’entreprise et son
projet de vie. Ensuite, il importe d’estimer combien coûterait environ ce projet et de vérifier
si l’apport personnel disponible est suffisant (généralement, entre 20 et 30 %). Un projet professionnel est très souvent contraint par la somme disponible : il s’agit alors de rassembler les fonds.
Quelles garanties doit apporter le porteur ?
De façon générale, les banques exigent des garanties en
termes de nantissement du fonds de commerce, d’assurance du prêt et
de caution personnelle,
généralement limitée grâce au recours à
un organisme de caution mutuelle (comme Bpifrance ou la Siagi). Dans
le cadre d’une première installation, ces garanties sont difficilement négociables. Cela dit, les banques ne prêtent
pas en fonction des garanties qu’elles prennent. L’analyse se fonde principalement sur leur appréciation du projet.
Que peut-il espérer en termes d’emprunts ? sous quelles conditions ?
Il faut surtout bien garder
à l’esprit que la situation personnelle vis-à-vis de l’emploi est totalement sans importance, en matière de prêt professionnel. Il s’agit justement de financer un projet censé dégager du chiffre d’affaires qui remboursera l’emprunt, et de générer des revenus pour le créateur. Alors la banque va principalement donner son avis sur la pertinence du projet. La capacité d’emprunt est, bien souvent, dépendante
de l’apport personnel disponible. Les banques exigent un apport en fonds propres – variable selon le secteur d’activité et la nature des investissements. Le prêt bancaire professionnel sera la plupart du temps d’une durée de 7 ans – les taux s’échelonnant entre 0,8 % et 1,9 %, à l’heure actuelle. Le financement à privilégier, aujourd’hui, est le prêt bancaire amortissable, car il n’a jamais été aussi bon marché.
*Courtier en financement professionnel créé en 2015
       ]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                                                                  AFFACTURAGE
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  *
]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
créer aujourd’hui
L’idée est de pouvoir expliquer dans le détail à quoi seront consacrés les fonds.
l’Essec en a bénéficié lors du lan- cement de sa marque de lingerie en 2003 : « J’avais besoin de liqui- dités pour lancer ma première collection, mais aussi de réserves pour pouvoir vivre pendant la pé- riode de lancement. J’ai obtenu un prêt d’honneur de 30 000 euros et profité du versement de mes al- locations-chômage pendant plus d’un an », aime-t-elle rappeler. Un cas « classique ». Aujourd’hui,
la majorité des entrepreneurs   solution pour s’y retrouver : se
   consolident le financement de leur projet en s’appuyant sur des montages qui combinent prêt à taux zéro, garantie bancaire et subventions. En choisissant le chemin de l’entreprenariat, les chômeurs peuvent obtenir facile- ment l’Accre (Aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entre- prise), un dispositif d’exonération partielle des charges sociales pen- dant un an. jn
rapprocher d’un réseau d’accom- pagnement à la création d’entre- prise. Ces structures, implantées localement, connaissent parfaite- ment l’ensemble des dispositifs et dirigent les porteurs de projet vers les aides les mieux adaptées à leur cas précis. Au-delà des soutiens traditionnels, comme les prêts d’honneur ou le Nacre (Nouvel accompagnement pour la création ou la reprise d’entreprise), ils sau- ront dénicher une subvention ré- gionale moins connue qui pourra se révéler tout à fait précieuse. Un créateur astucieux va ainsi cu- muler facilement une dizaine de dispositifs. Autant d’opérations chronophages qui ne doivent sur- tout pas lui faire perdre de vue son objectif de départ : se concentrer
   Ne jamais perdre
de vue son projet
Principaux distributeurs des sou-
tiens financiers, les pouvoirs pu-
blics ont ainsi fait en sorte qu’au-
cun créateur ne soit mis de côté.
Au point, parfois, de déstabili-
ser les nouveaux entrepreneurs
parfois désarçonnés. Meilleure   sur son projet. JONaTHaN NaHmaNY
Quelques dispositifs d’aides...
Babyoloan: microcrédit solidaire (prêts sans intérêts) pour soutenir des micro-entrepreneurs à travers le monde.
Hello merci : lancé par les créateurs de KissKissBankBank en 2013, il s’agit de prêts solidaires entre 200 et 10 000 euros pour soutenir des petits projets.
Blue Bees : projets de développement solidaire, notamment dans le monde agricole.
spearn : financement solidaire de projets à impact social, environnemental ou culturel.
Unilend : prêts pour les petites entreprises, de 20 000 à 250 000 euros. Lendopolis : lancé en 2014 par KissKissBank Bank, finance des TPE-PME jusqu’à 1 million d’euros.
    rietsch
ientôt 20 ans que la di-   e-banking. Plus proche de nous,   de la signature électronique et la   Pourtant en janvier 2018,
Dématique® & Gouvernance
La signature électronique 20 ans après
  Jean-marc
B
électronique en Europe, rempla- cée depuis par le règlement n°910 de 2014 dit eIDAS. Force est de constater que le développement de la signature est très différent d’un pays à l’autre.
   Expert international en dématique, président
du Digital Information Institute ou D2I
rective européenne n°93 de 1999 a permis le lan-
la Belgique a également digitali- sé bon nombre de ses procédures publiques mais aussi privées. La tâche est facilitée il est vrai par sa carte nationale d’identité électronique dotée d’une identité numérique permettant d’authen- tifier les personnes de façon tout à fait sécurisée.
digitalisation de bon nombre de processus.
Revenons sur le règlement eu- ropéen eIDAS qui amène une véritable organisation pour la confiance numérique en Europe et permet une véritable interopé- rabilité de la signature électro- nique entre les différents pays de l’Union. Depuis le 29 septembre 2018, la France s’est mise en « in- fraction », faute de disposer d’au moins un système d’identifica- tion électronique à disposition
Madame Valery Penaut a été nommée à la tête du programme de mise en place de solutions d’identification numérique dont le rapport devait être présenté au gouvernement en octobre dernier. D’autres évènements sont venus perturber sans aucun doute ce programme mais espérons que nous disposerons enfin d’ici 2020 d’une identité numérique régalienne. n
cement de la signature
En effet l’Estonie a su véri-
tablement en tirer partie dans
la mesure où plus de 99 % de
ses formalités administratives
sont désormais totalement dé-
matérialisées et 98 % de son   freine incontestablement l’usage   de ses citoyens.
Car c’est bien là que le bât blesse en France, faute de disposer d’une identité numérique fiable, l’authentification des personnes à distance reste problématique et
 50 |
mars 2019 ecoreseau.fr
 591000
entreprises ont été créées en France en 2017, soit le plus haut chiffre depuis 2010
(source Insee)
 ]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                           Siège Social
La Banque DeLuBac & cie,
une banque indépendante, familiale et spécialisée au service des entreprises, professionnels et particuliers depuis près d’un siècle.
Des métiers spécialisés, des experts dédiés
Depuis sa création en 1924, la Banque Delubac & Cie a opté pour la spécialisation au travers d’un développement sur des métiers bien identifiés et à forte valeur ajoutée, permettant de se différencier des établissements généralistes. Cette expertise assure aux clients de la banque de pouvoir bénéficier de conseils exclusifs et sur-mesure.
En perpétuant ses valeurs familiales, de proximité et d’indépendance, la Banque Delubac & Cie continue d’innover pour accompagner ses clients et répondre aux enjeux de demain.
Banque des entreprises
Banque de Gestion d’ÉparGne Banque d’affaires
Banque des administrateurs de Biens Banque Judiciaire
PARIS 10, rue Roquépine - 75008 Paris - 01 44 95 86 20
16, place Saléon Terras - 07160 Le Cheylard - 04 75 29 02 99 - www.delubac.com
 www.point-exclamation.com / © Banque Delubac & Cie
]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
Séminaires d’entreprise :
les hôtels de luxe
affrontent une nouvelle concurrence
tissement de seize millions d’euros par la Région des Pays de la Loire, l’Abbaye royale de Fontevraud près de Saumur, en Anjou, propose des prestations MICE très haut de gamme. «Nos clients sont séduits à la fois par l’infrastructure et par l’histoire. L’abbaye est un endroit exceptionnel, hors norme. Elle dé- gage une ambiance épurée pour un haut lieu spirituel », argumente Charlotte Château, chargée de mis- sion promotion touristique B2B à l’abbaye. Le site a accueilli entre ses murs Richard Cœur de Lion, Henri II et Aliénor d’Aquitaine ont passé de nombreuses nuits dans ce haut lieu du xiie siècle, en quelque sorte en... séminaires royaux ! Sa su-
      tique, même remarquable, ne suffit pas. Depuis plusieurs années, les entreprises cherchent également une expérience. La notion de plaisir doit impérativement faire partie du package proposé par les organisateurs. « Notre offre est sur-mesure et pratiquement infinie, ce qui signifie qu’un salarié aura beau venir plusieurs années de suite
       Ils ne perdraient ce marché   de plus en plus diversifiée et pro-
L’abbaye royale de Fontevraud
a accueilli entre ses murs Richard Cœur de Lion, Henri II, Aliénor d’Aquitaine
et aujourd’hui des séminaires !
en séminaire dans notre Resort, on   perficie de 13 hectares fait de cette
  pour rien au monde : les hôtels de luxe rivalisent d’efforts pour séduire une clientèle MICE
(Meetings, incentives, conferencing, exhibitions) de plus en plus exi- geante. Pour remporter la mise, ils n’hésitent plus à casser leur image solennelle pour créer la surprise, voire le désir.
fessionnalisée, enfin la recherche par les entreprises de lieux toujours plus originaux. Pour autant, les hôtels ont bénéficié d’une bonne activité en 2017 et ont privilégié la clientèle individuelle d’affaires, plus facile à accueillir que les sé- minaires. Et pour cause, ce type d’infrastructures présente l’avan- tage d’offrir sous un même toit les salles de réunion, la restauration et l’hébergement. Un tout-en-un qui limite ainsi les déplacements et facilite grandement l’organisa- tion ou le rassemblement lors de grands-messes. Des atouts d’autant plus importants que les opérations tendent à se raccourcir en durée.
le surprendra à chaque fois ! Nous savons organiser un team building, procurer des séances de yoga et re- mise en forme sur la plage, initier au polo et découvrir le milieu des courses à l’hippodrome, visiter une distillerie de Calvados, déguster des bancs d’huîtres et de fruits de mer face à la plage dans l’un de nos restaurants, partir en buggy dans la campagne normande, conduire une voiture de course sur un cir- cuit professionnel... Notre objec- tif est de créer un moment décalé, quitte à casser les codes de l’hôtel- lerie de prestige. » Pas question bien sûr d’abandonner les standards du luxe. Le client doit se trouver comme chez lui... même cerné par ses collègues ! Du coup, les hôtels haut de gamme ont lourdement in- vesti ces dernières années pour ra- fraîchir leurs chambres et se doter des technologies les plus innovan- tes. Dans ce segment, le wifi, la fibre optique, les rétroprojecteurs high tech ne sont pas une option. L’enjeu est d’importance. Environ 30 % du chiffre d’affaires annuel du Resort Barrière Deauville est généré par les séminaires. Une manne qui suscite des convoitises.
Un marché de plus en plus concurrentiel
En province, de nombreux hôtels se sont « premiumisés » ou sont sor- tis de terre dans l’espoir de capter une clientèle MICE de plus en plus exigeante. Ouverte en 2014 après
abbaye l’une des plus grandes d’Eu- rope, ce qui lui vaut de faire partie du patrimoine mondial de l’Unes- co. L’hôtel s’est évidemment mis à la page en proposant wifi, ordina- teurs, tablettes, écrans, etc. C’est à ce prix que le secteur affrontera dans les meilleures conditions la concurrence internationale. Car ces dernières années, des pays du sud proches de la France ont développé une offre MICE très compétitive, grâce notamment à l’essor des vols low-costs.
Le Sud en embuscade
Aujourd’hui, reconnaît un spécia- liste du MICE, il peut revenir moins cher d’organiser un séminaire dans un palace à Barcelone qu’en Nor- mandie ou en Picardie. La chaîne hôtelière française Hôtels & Pré- férence a ouvert il y a quelques se- maines l’établissement cinq étoiles Sofia qui ambitionne de devenir « le nouveau lieu exclusif » des séminai- res grâce à ses 6800 m2 destinés à la célébration d’événements. Il est le plus grand hôtel corporate de Bar- celone et dispose de salles de réu- nion équipées d’une technologie de pointe, de grandes capacités pour les conventions, conférences, in- centives, etc. Pour le MICE, rien ne manque ! L’établissement compte 22 salles polyvalentes avec une ca- pacité jusqu’à 1 000 places pour des événements pléniers. n
Selon l’étude indépendante
Coach Omnium 2018 sur l’évolu-
tion de la demande et des dépenses
des entreprises et fédérations sur le
marché des MICE, l’hôtel reste, de-
puis plus de 25 ans, le premier lieu
d’accueil des manifestations pro-
fessionnelles. Pourtant, cette même
hôtellerie perd depuis quelques
années des parts de marché sur le
secteur du MICE : elle intéressait
91 % des entreprises interrogées
par Coach Omnium en 2005, 82 %
en2010,61%en2012,57%en
2016 et à peine 39 % en 2017. Une   tuation exceptionnelle. Deux de
Les hôtels privilégient la clientèle individuelle d’affaires, plus facile à accueillir
que les séminaires.
vraie dégringolade ! Plusieurs rai-   nos hôtels ainsi que nos casinos
Créer la surprise
Le Resort Barrière Deauville Trouville l’a bien compris. « Nos établissements jouissent d’une si-
    font face à la mer, à quelques di- zaines de mètres du Centre interna- tional des congrès de Deauville et à deux pas du centre-ville. Tout peut se faire à pied », souligne Carole Vallet-Gallou, directrice commer-
sons l’expliquent: l’élargissement
des réunions professionnelles à
un nombre de participants tel que
moins en moins d’hôtels dont en
mesure de répondre aux deman-
des, le développement d’une offre
concurrente et para-concurrente   ciale du Resort. Bien sûr, la logis-   deux ans de travaux et un inves-
  52 |
mars 2019 ecoreseau.fr
   C
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 MJ
 CJ
 CMJ
 N
  ]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                                DESTINATION,
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]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
business guide
Aéroport de Cannes Mandelieu : le hangar 16, le plus spacieux, reste le plus demandé.
licitent de plus en plus pour leurs   pace : l’avion. Laëtitia d’Oriano,
    L’engouement des stades et... des aéroports !
Comment optimiser son stade ?   et autres événements s’enchaînent
séminaires. Les salariés plébisci- tent les événements au stade. C’est, toujours très impressionnant d’ac- céder à des endroits privilégiés tels que les vestiaires des Girondins de Bordeaux, la salle de conférence de presse, le bord de la pelouse, etc. Le public apprécie nos salles espaces qui donnent directement sur l’arène. » La Matmut Atlan- tique reconnaît devoir refuser des clients en raison du manque de disponibilité puisque, inévitable- ment, l’équipe de football garde la priorité. Pour Martin Mellerio, ce succès s’explique aisément. « Le stade construit pour l’Euro 2016 est un lieu à la fois magique et très fonctionnel. Et puis, on touche au sport, à ses valeurs, bref, orga- niser un événement dans un tel lieu produit un impact énorme, donne du sens », assure le directeur commercial enthousiaste.
en charge de l’événementiel, se fait fort de répondre aux exigences de ses clients, elle qui commercialise pour des événements corporate trois ou quatre fois par an les han- gars des jets privés de l’aéroport Cannes Mandelieu ! Le hangar 16, le plus spacieux, reste le plus demandé. « Les entreprises sont impressionnées par la dimension exceptionnelle du lieu, la beauté de son architecture, son ancrage dans un territoire d’exception et le voisinage immédiat des avions. » H16 Events, le service de l’aéro- port dédié aux professionnels de l’événementiel et de la production audiovisuelle, s’attache à commer- cialiser les infrastructures auprès de sociétés en adéquation avec le site, son prestige et sa vocation. « Nous nous positionnons comme un écrin au service de la promotion des produits et services de qualité. Parce que notre activité principale reste l’aéronautique, nous préser- vons nos hangars en limitant leurs mises à disposition. Nous pouvons aussi contribuer à l’organisation de grands temps forts cannois en ac- cueillant des événements ou soirées qui leur sont directement liés. » La configuration des hangars et leurs aires extérieures attenantes sont calibrées pour recevoir des conven- tions automobiles internationales propices au lancement de nouveaux modèles automobiles. En plus, souligne Laëtitia d’Oriano, « l’im- pact économique pour la région
 En janvier, le patron du club de
football de l’Olympique Lyonnais,
Jean-Michel Aulas, a, une fois de
plus, créé l’événement en annon-
çant la création d’une salle de sé-
minaire aux abords du terrain de
football. Le projet fait partie du
plan stratégique à cinq ans vali-
dé par le conseil d’administration
d’OL Groupe, la holding financière
qui coiffe le club lyonnais. Objec-
tif bien compris, lisser les à-coups
inhérents aux performances spor-
tives, selon le dirigeant. Aulas a
en effet bien compris les bénéfices
qu’il pourrait tirer d’un tel lieu.
Les entreprises désireuses d’orga-
niser un séminaire veulent sortir
du sempiternel Resort et lorgnent
volontiers sur les enceintes spor-
tives. A Paris, les teams buildings   deaux : « Les entreprises nous sol-   les conventions en quête d’es-
dans les travées du Stade de France ou de l’Accor Arena. Les cadres dirigeants, membres de cabinets d’avocats ou d’organisations in- ternationales, aiment changer le monde dans les allées du Polo ou du Racing, des clubs sportifs hup- pés nichés au cœur du Bois de Boulogne. « L’originalité apportée par de tels sites qui accueillent le séminaire ou la convention rompt avec la routine, marque les esprits et récompense les participants tout comme l’entreprise », souligne Mark Watkins, président de Coach Omnium.
Chevaux et avions,
hôtes d’exception
Pour autant, football ni tennis ne sont pas les seules enceintes spor- tives à offrir des séminaires. L’hip- podrome de Vincennes, grâce à sa modularité, à son charme et à ses équipements, s’est mis à organiser des événements et à répondre à des demandes exceptionnelles. Il n’est pas le seul, même si les hippodro- mes commencent seulement à atti- rer les groupes en quête de chevau- chées fantastiques.
Une analyse que confirme Mar- tin Mellerio, directeur commercial à la Matmut Atlantique, le stade de football des Girondins de Bor-
Dans le sud de la France, un autre aimant à séminaires attire
est significatif ». MICE,
PIErrE-JEaN LEPaGNOT
alors...
   J’aime ma boîte
« J’aime mon [ancienne] boîte ! »
Quand les seniors aiment
prise, forts de leur expérience   leur réussite. Vive l’intergénéra-
   les entrI
professionnelle.
De nombreuses entreprises ont créé un « Comité des sages » qui regroupe les retraités qui veulent faire bénéficier les géné- rations qui les suivent de leurs expertises et expériences, et ain- si participer au développement de leur ancienne entreprise.
Il n’est pas rare, non plus, de voir certaines entreprises de la Silver Economie employer des retraités car les échanges sont plus fluides et plus riches entre personnes de la même génération.
Enfin, de jeunes start-uppers n’hésitent pas à solliciter de jeunes retraités afin qu’ils les accompagnent dans leur projet entrepreneurial et favorisent
tionnel !
C’est aussi ça la Silver Economie, tout en étant une réelle opportu- nité pour vos entreprises de dé- velopper de nouveaux marchés en s’intéressant à ces retraités, enfants de la société de consom- mation, avides de nouvelles solutions. Mais sans jamais, ja- mais oublier l’éthique. n
BENOIT GOBLOT
Président du Syndicat national pour la SilverEconomie
Synapse-France.org
eprises
l n’est pas si loin le temps   relations humaines. Ces jeunes
 où certaines entreprises envisageaient le départ en retraite ou en pré-retraite
comme une solution de gestion des ressources humaines et leurs salariés comme une période bé- nie de temps libre loin de toute contrainte.
Les jeunes seniors ont vu leurs parents partir en retraite, se couper du monde de l’entreprise et par conséquent perdre le lien social, qui fait le bonheur des
seniors partent à reculons vers le monde de l’inactivité.
Il suffit de regarder l’entrain que montrent les seniors à participer aux événements de leurs an- ciennes entreprises lorsqu’ils y sont conviés ou comme ils par- ticipent activement aux assem- blées générales d’actionnaires, non seulement pour défendre leurs intérêts financiers mais surtout pour expliquer leur vi- sion de la stratégie de l’entre-
   54 |
mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                                                               Lorsque la fiabilité et la performance comptent
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]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[   pratique
briefing rh & formation Essca : nouveaux cursus
veaux en alter- nance. Nouvelles spécialisations : à
et spécialisationsCursus : trois nou-
 Shanghai dans le cadre du Programme Grande École. Plus des bachelors accessibles sur les campus de Bordeaux et Lyon. Fintech, expérience
client et retail sont au cœur des nouveaux programmes en alternance. Le programme Master Finance d’entreprise plonge dans les métiers de direction financière des grandes entreprises – il associe objectifs pédago- giques, expériences pratiques et expéditions internationales, prépare aux métiers du contrôle de gestion, du contrôle interne, de l’analyse financière, de la gestion de projet, initie à l’exercice de missions financières au sein des cabinets d’audit et des banques (cursus sur le campus d’Aix-en-Pro- vence). Deux nouvelles spécialisations marketing à Shanghai et nouveaux bachelors à Bordeaux et Lyon – marketing digital et management du sport. n
Travailler autrement
Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation Travailler AutrementPDG d’ITG, leader du portage salarial
Une nouvelle culture Ldu travail
a société a longtemps été industrielle avec une unité de temps et de lieu. Ces principes ont explosé avec l’avènement de l’éco- nomie de services. Plusieurs mutations ont mené à un boule- versement de notre rapport au travail, à l’engagement et plus
le chiffre
69%
des DSI et des DG affirment qu’il est considérablement plus difficile de retenir des professionnels qualifiés qu’il y a cinq ans.
(Source : Entreprises et fidélisation des talents, Robert Half, janvier 2019)
    encore, à la vie.
Ces mutations numériques, écologiques et sociétales sont autant de révolutions qui façonnent notre monde du travail. Elles sont à l’œuvre dans les territoires comme dans les métropoles, dans les start-up comme dans les grands groupes.
La première de ces mutations est numérique. Nous passons d’un monde hiérarchique dans lequel l’information est détenue par les instances di- rigeantes, à un monde où les TIC permettent de partager l’information et de faire confiance à l’intelligence collective. La deuxième mutation est écologique et les entreprises se saisissent des enjeux liés à cette mu- tation à travers une politique RSE forte. Enfin, il y a aussi une mutation sociétale. La génération qui vient a intégré que l’entreprise n’est qu’un «moment». Les actifs aspirent à plus d’équilibre dans leurs temps de vie. Les nouvelles générations cherchent un travail qui ait du sens et ceci fracasse les façons de faire.
C’est tout l’intérêt de la période que nous vivons, une période dans laquelle l’ensemble des parties prenantes détient sa propre capacité à innover.
Chaque groupe d’individus crée sa propre culture du travail donnant lieu à des expérimentations inspirantes qui doivent être diffusées. Tou- tefois, il faut se souvenir que certaines entreprises ont une longévité plus grande et une culture plus classique, qui répond à une longue histoire. Ces dernières auront peut-être plus de difficultés à se réinventer si l’en- semble de leur chaine managériale ne s’aligne pas à cette dynamique innovante.
Les modèles de demain s’inventent aujourd’hui. n
des entreprises Uencore peu actives
La pensée créative n’est pas un don,
  c’est une compétence qui peut s’apprendre.
 Edward de Bono, psychologue, médecin et spécialiste en sciences cognitives.
Fidélisation des talents :
ne étude* réalisée par le ca- binet Robert Half publiée le 21 janvier 2019 confirme qu’il est aujourd’hui plus
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difficile qu’il y a cinq ans de trouver,
attirer et retenir des professionnels
qualifiés. Et pour cause, une majorité
des entreprises ne semblent pas dé-
ployer de politiques d’attraction et de
rétention adaptées. Les chiffres à retenir :
• 69 % du panel confirment qu’il est considérablement plus difficile de rete- nir des professionnels qualifiés qu’il y a 5 ans.
• 38% du panel misent sur les programmes liés à l’épanouissement des salariés.
Les team-buildings, les parcours de santé (clubs de sport) ou de prévention du burn-out représentent la majorité des actions menées.
• Dans le cadre de leur politique de fidélisation du salarié, 37% des DG et DSI interrogés affirment investir dans le développement et la formation continue. Double objectif: déployer toujours plus de valeur ajoutée pour son service, son entreprise ou simplement cultiver son employabilité.
• Parmi les initiatives de fidélisation les plus valorisées: 38% du panel fa- vorisent l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle pour attirer et retenir les talents. n
*Juin 2018 en France auprès de 302 DG et 202 DSI
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[   Executive MBA en double-diplôme chinois-anglais pour Skema
Derichebourg Multiservices lance
 et Fudan S
La loi Avenir professionnel entrée en vigueur
le 1er janvier 2019 ne mégotte pas sur le dis-
positif consacré à la formation: pas moins de
15 milliards d’euros prévus pour le plan d’in-
vestissement à la transformation des compéten-
ces (PIC). Certaines entreprises œuvrent déjà
sur ce sujet, à l’image de Derichebourg Multi-
services – services externalisés aux entreprises
industrielles et tertiaires, services publics et
collectivités : l’intérimaire encourage la mobili-
té interne de ses collaborateurs en créant la pre-
mière «bourse d’emploi». Structurée dès juillet 2018, elle recense plus de 300 offres d’emploi sur ses 19 filiales au nom d’un large spectre, des métiers opérationnels au top management. Les collaborateurs cumulent au moins 18 mois d’ancienneté, ils sont en CDI, CDD ou contrat. La mobilité sera fonctionnelle, hiérarchique et géographique.
Bachelor professionnel de Projeteur BIm à l’EsITC
Le recrutement massif d’ingénieurs et de techniciens rompus aux nouvelles technologies dans le secteur du BTP inclut la maquette numérique. D’où la création de ce bachelor ouvert aux titulaires d’un diplôme de génie civil de niveau III (bac+2). Il a été conçu en partenariat avec deux prestigieuses universités européennes et se donne pour objectif de former des projeteurs d’études bâtiment et ouvrage d’art spécialisés en BIM (Building Information Modeling), profil très recherché.
l’École supérieure de commerce de Lille et le Ceram Business School de Sophia Antipolis –
fait programme commun avec l’Université chinoise Fudan – la 3e en rang de réussite en Chine. Il s’agit d’un Executive MBA en double-diplôme, titré Fudan Skema Emba, d’une durée de 18 mois. Les cours oscillent entre le campus de l’école d’économie de Fudan (en chinois) et celui de Skema (en anglais). n
Bachelor Transformation numérique des entreprises
D’ici à 2020, 50 000 emplois seront à pourvoir dans le domaine des technologies numériques. La Rochelle Business School-Excelia Group et l’Eigsi La Rochelle (École d’ingénieurs généralistes) s’associent
pour créer ce bachelor à double compétence, technologique et managériale.
Intelligence artificielle et éthique chez ImT
L’IA désormais au centre du débat public pose des questions proprement éthiques : quid de sa capacité à œuvrer pour le bien-être de chacun et quelles dispositions à prendre pour s’assurer que ce soit bien le cas ? L’IMT BS propose depuis la rentrée 2018 un cours de compréhension des enjeux éthiques et politiques de l’intelligence artificielle, les concepts éthiques mis en jeu ainsi que l’importance de l’éthique dès la conception des systèmes d’IA.
Un master polymusclé pour les industries 4.0
Les élèves du Programme
Grande École de TBS se voient
proposer un triple diplôme
au sein du Global Master in
Industrial Management. Trois
institutions à la manœuvre :
Politecnico di Milano (accrédité
EQUIS, AMBA), Strathclyde
Business School (accréditée
AACSB, EQUIS, AMBA) et TBS. En jeu, les fonctions stratégiques dans les industries 4.0 (aéronautique, IA, automobile, énergie...) et le conseil en développement international du secteur. Un parcours entièrement anglophone qui débouche sur une carrière internationale par les multiples diplômes reconnus dans le domaine industriel 4.0 comme par les liens que ces polydiplômés tisseront avec les entreprises partenaires et les alumni de chacune des institutions.
kema Business School – le fruit en 2009 de la fusion entre
briefing rh & formation
pratique
sa première bourse d’emploi pour
favoriser la mobilité interne
   ecoreseau.fr mars 2019
| 57
]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
briefing rh & formation
Baromètre IMT 2019 des métiers du
Bachelor Transport & supply Chain chez aforem
L’école de commerce et management de Rennes ouvre une nouvelle formation certifiante, un bachelor Transport & Supply Chain. Quatre grands axes d’apprentissage : pilotage et développement d’unité, supply chain, transports, compétences supports et softskills. Métiers visés :
• Responsable d’exploitation
• Responsable logistique
• Responsable transport ou Supply Chain
• Gestionnaire des approvisionnements et stocks
• Gestionnaire de tournées transport
numérique : recrutements pointus
en hausse
Depuis 2009, l’IMT identifie les tendances en matière de recrutement dans le secteur du numérique pour l’année en cours, dévoilées lors du Forum des télécommunications:
• Perspectives de recrutement équivalentes à l’an dernier.
• L’intelligence artificielle fait partie des compétences les plus recherchées.
• Les cabinets d’audit-conseil maintiennent un bon rythme de croisière: 50% assurent embaucher davantage cette année et l’autre moitié autant qu’en 2018.
• Même climat du côté des opérateurs télécom. Après un fléchissement en 2018, les recrutements repartent à la hausse.
• Les demandes des entreprises se focalisent sur «l’étude et le développement des logiciels et réseaux» suivi de près par «l’architecture & ingénierie». À elles seules, ces deux catégories de métiers représen- tent le tiers des demandes de recrutement. Les entreprises s’arrachent toujours les spécialistes de la cybersécurité.
La tendance à renforcer les équipes de cybersécurité devrait encore prendre de l’ampleur alors qu’émergent les usines du futur. Grâce à l’IoT et au smart manufacturing, l’arrivée du numérique au cœur de l’industrie va se traduire par une connectivité omniprésente et un partage de la data. n
Compétences les plus demandées
12345
                                                              système d'Information sciences des données
Ingénierie, intégration et déploiement systèmes systèmes d'information
Intelligence artificielle sécurité
Technologie du web
Génie logiciel Internet des objets et des services
L’Essec Business School s’offre une sale de marchés
 Lpédagogique
equel FinLab s’intègre au Knowledge Lab. En par- faite vitrine de l’expertise en finance de l’École supérieure des sciences économiques et commer- ciales. Une salle de marché en libre-service pour
toute la communauté Essec : étudiants, professeurs, membres du staff et partenaires fondateurs. Objectif: que
 58 |
mars 2019 ecoreseau.fr
les étudiants apprennent le maniement efficace d’un des principaux outils financiers des salles de marché et des grandes entreprises. Le FinLab et ses 12 postes Bloom- berg affichent l’ensemble des cotations disponibles pour le marché monétaire, marché des changes, des matières premières et des marchés dérivés. On nage dans le top: écrans incurvés Samsung, un écran d’informations finan- cières en continu pour le suivi en temps réel des évolutions des marchés et les dernières actualités, un écran pour la diffusion de la chaîne Bloomberg en continu. Le FinLab doit s’intégrer dans la pédagogie à coups de séminaires, formations, jeux de trading, concours d’investissement... Certification Bloomberg à la clé. n
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[  Frédéric
rey-millet
Auteur/Hacker dumanagement @Freymillet
Il ne vous a pas échappé que le 14 février, jour de la Saint Va- lentin, était l’occasion de dé- clarer votre flamme à l’amour
de votre vie et de faire marcher le business des chocolats et des roses. Pour rappel, en 2017, 198 millions de roses ont été produites dans le monde à cette occasion. J’ai déjà écrit par le passé de nombreuses chroniques, expliquant que mana- ger est un métier fait de joies et de peines. Et si à l’occasion de la Saint Valentin, dans nos entreprises, le manager déclarait sa flamme ?
Problème. À qui ?
D’abord à lui-même. La meilleure façon de récupérer de l’amour c’est d’abord d’en témoigner à soi-même
en se posant trois questions. Quand vous êtes-vous auto-félici- té(e) pour la dernière fois?
Quand vous êtes-vous auto-en-
(« j’ai bien fait mon job »). Ensuite à votre métier.
Une fois par an, posez-vous la ques- tion : comment progresser dans mon job ? Comment faire plus de choses qui me plaisent ? Comment maîtriser les gestes de mon quo- tidien professionnel pour que j’y trouve davantage de plaisir ?
Trop souvent dans nos entreprises, nous nous focalisons sur le résul- tat. Personne n’est jamais tombé amoureux d’un ebitda. Ce qui nous fait aimer notre job, c’est que nous avons le sentiment de progresser.
Enfin déclarez votre flamme ou tout du moins votre attention aux autres : collaborateurs, pairs, pa- trons...
Tout le monde connaît la citation de Pierre Reverdy : « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour. »
Vous serez considéré comme un excellent manager non pas parce que vous filez des primes à vos collaborateurs mais parce que vous leur dites bonjour tous les matins, parce que vous vous souvenez de leur prénom quand en vous ma- nagez 150, parce que vous écoutez leurs réponses avec attention en leur demandant comment ça va. En entreprise, on est aimé pour la consistance et la persistance de notre posture, par l’accumula- tion de petits gestes et d’attention. Comme dans la vraie vie, avec celui ou celle que vous aimez passionné- ment. n
Manager n’est pas jouer !
La Saint Valentin pour tous !
Premier mastère spécialisé
de la filière muL
sicale
la dernière fois ?
briefing rh & formation
pratique
  gueulé(e) pour
Vous êtes-vous auto-félicité(e) trois fois plus qu’auto-engueulé(e) ? Trop souvent pris par la dictature du temps, nous courons un défi un défi après l’autre. Arrêtons-nous une fois par semaine pour nous dire : « Good job, tu fais bien. » De nombreuses études relayées par Dan Pink, auteur de La vérité sur ce qui nous motive, montre que nous encourager à la deuxième personne («tu fais ton Boulot Fred») ou à la troisième personne («il fait bien son boulot Fred») développe une énergie supérieure à des encoura- gements à la première personne
 e MS Management de la fi- lière musicale codrivé par Audencia et Campus M se propose d’aborder les activi-
tés de production et diffusion musi- cales, dans le phono, le live, au sein des multiples salles et festivals.
On y étudiera les ponts entre les
modèles de la filière, on se formera aux métiers du marketing, du numé- rique, des partenariats et de la commercialisation, appliqués à ce secteur d’activité. De quoi aborder les activités de la filière musicale dans une perspective intersectorielle, travailler sur les enjeux de l’événementiel, du tourisme, de l’hospitality, du sport...
Le cursus se complète de business games, de projets de consulting pour des partenaires professionnels, des visites de sites dédiés à la scène mu- sicale, un voyage d’étude pour rencontrer les acteurs clés du secteur. On intègre le programme avec un bac+5 ou +4 avec 3 ans d’expérience professionnelle. n
L’Ipsa sera à Lyon et marseille
L’Institut polytechnique des sciences voulait depuis sa création se rapprocher des entreprises des secteurs aéronautique et spatial.
Après l’ouverture de sa deuxième antenne à Toulouse en 2007, l’école d’ingénieurs de l’air et de l’espace ouvrira deux nouvelles antennes d’ici à septembre 2019 à Lyon et Marseille.
naming L’Institut polytechnique de Paris, signature de cinq écoles
Il avait été baptisé provisoirement New Uni. Le regroupement de grandes écoles du quartier de l’École polytechnique à Paris-Saclay – École polytechnique, l’Ensta ParisTech, l’Ensae ParisTech, Télécom ParisTech et Télécom SudParis – devient l’Institut polytechnique de Paris. Le logo, adossé à IP Paris, sera utilisé par les écoles pour endosser le nom tout en gardant leur identité et leur marque propre.
 ecoreseau.fr mars 2019
| 59
]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
carrières & talents
Les MBA : des
   programmes fort
vivants !
Exporté en Europe dans les années 1950 depuis les États-Unis, le master of business administration s’adapte au marché local, en s’éloignant parfois du modèle original.
MBA : un sigle, trois lettres qui font partie du paysage de l’enseignement
école ne peut s’en passer. Résul- tat : c’est une jungle.
Parler des MBA
Le singulier devrait être banni. D’abord pour le format. À temps complet, sur 12 mois – autrement dit full time – à un rythme inten- sif,ouparttime–enfindese- maine, pendant 18 voire 24 mois, les deux formules cohabitent. On parle aussi d’executive MBA. L’idée est alors de capter une clientèle de cadres qui ne veulent pas tourner le dos au monde de l’entreprise. L’objectif ? Prendre de
    supérieur. Créé au tout début
du xxe siècle aux États-Unis, ce
cursus – à l’entrée très sélective,
destiné aux cadres – a conquis
l’Europe et la France en parti-
culier. Le territoire compterait
quelque 80 masters of business
administration. Le conditionnel
s’impose: N’importe quelle
école, reconnue ou pas, reven-
dique la capacité en monter un.
Le nom ni la marque ne sont
protégés. Or, pour exister, une   la hauteur et acquérir une vision
C’est un programme vivant,
il s’adapte à l’évolution de la société, Stéphane Canonne, Edhec.
       à 360°. Le cœur du programme ? Stratégie financière, marketing, ressources humaines... les fonda- mentaux du management, mais pas à la manière d’un programme grande école. Le retour d’expé- rience est essentiel, avec des cas pratiques internationaux.
«On ne peut pas être expert en tout, note Alain Kruger, le patron de ces MBA au sein d’ESG. Et être expert en rien ne facilite pas l’insertion non plus. Les partici- pants sont en attente de spéciali- sations, avec un métier clairement identifié. Et non pas un vernis généraliste. » Autre évolution : les nouvelles technologies. Ponctuel- lement, en préalable, pour travail- ler des textes, des notions. Et puis l’École de gestion hôtelière de Glion (en Suisse) a, elle, adopté le 100 % en ligne.
Accréditations internationales
Enfin – et probablement surtout –, le MBA se propose d’opérer une mue. D’acquérir la posture du dirigeant, avec « la psychologie positive », la confrontation aux vécus des autres participants, des mises en situation, un véritable conditionnement... « Ce qu’il y a de vraiment fort dans la sphère de ces cursus est la demande de développement personnel, note Jacques Digout, directeur aca-
Et puis le MBA n’est en rien figé.
« C’est un programme vivant,
souligne d’entrée de jeu, Stéphane
Canonne, directeur de l’Execu-
tive education au sein de l’Edhec.
Il tient compte de l’évolution des
participants et des attentes du
marché.» Il s’adapte à l’évolution
de la société. « L’entrepreneurship »
y est dorénavant présent. L’EM
Lyon en a fait sa marque de fa-
brique. Le développement durable
aussi s’est glissé dans les conte-
nus. Mais pas seulement. Petit
à petit, de généraliste, le MBA
s’est spécialisé. Luxe, santé, e-bu-
siness ou management du sport...
Sectoriels, ces MBA constituent
une spécificité tricolore. C’est le
choix assumé par l’ESG (groupe
Studialis), avec 11 MBA, rien de
moins : management hôtelier,
supply chain, chief data officer...   démique programmes executive
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mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[                 PARIS | NANTES | BEIJING | SHENZHEN
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MBA
 ]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
carrières & talents Le coût des MBA s’envole même
parfois, de 46 500 à 69 000 €
DBA & MBA (Paris, Casablanca, Guangzhou) de Toulouse Bu- siness School. De quoi nous pous- ser à ajouter des séquences dans un programme déjà chargé. » Aussi, ajoute-t-il, « je ne crois pas au fast track. La maturation est nécessaire. »
Difficile de séparer le bon grain de l’ivraie, d’où une course aux accréditations internationales menée par les écoles pour ga- gner en visibilité. Deux ou trois ans sont parfois nécessaires pour constituer un dossier à même de satisfaire aux exigences de la bri- tannique AMBA (Association of MBAs), l’américaine AACSB (The Association to Advance Colle- giate Schools of Business) ou de l’européenne EQUIS (European Quality Improvement System). Qualification du corps professo- ral, nombre d’heures de cours... tout est passé au crible. Neoma
Business School, ESCP Paris,   requis en anglais ? Quels focus se-   ficience des MBA.
    Edhec de Lille ou bien Toulouse Business School font partie du club très fermé des « triples ac- créditées ». Kedge ponctue tous ses communiqués de presse par le rappel de ses trois accréditations internationales (dont l’AMBA) et la 37e place mondiale de son exec MBA.
La clé du succès
Comment transformer cette ex- périence en une réussite ? Ré- ponse : se poser, décortiquer l’offre ou bien encore « repérer quelques balises » pour reprendre les termes de Stéphane Boiteux, du cabinet Cesam.
Quelle formule choisir ? Full time en prenant du champ par rapport à la vie active? Part time avec un executive MBA, à condition de bien articuler vie professionnelle et formation ? De sacrifier aussi un peu sa vie personnelle ? Quel public veut-on côtoyer? Des jeunes postmaster avec un « MBA étudiant » ? Ou mener des échan- ges nourris par des participants riches de 10 à 15 ans d’expérience, autrement dit le peer to peer ? Quel sera le réseau? Quel est le niveau
ront portés ? Les nouvelles techno- logies ? L’entrepreneuriat ? Com- bien de temps sera consacré au projet professionnel personnel ? Quels cours prendre ? « Surtout ne pas s’éparpiller, conseille Jacques Digout, directeur académique des MBA et DBA de Toulouse Business School (TBS), même sé- duit par tous les cours proposés. » Les fondamentaux du MBA, dont l’objectif est de donner une vision à 360°, sont-ils respectés ?
Booster de carrière... jusqu’à quel âge ?
Flash back. Début des années 2 000, les business schools bran- dissaient automatiquement les gaps salariaux comme argument massue. Des bonds de 50 %, voire davantage, étaient affirmés. En- core aujourd’hui, le Financial Time en fait l’un de ses principaux critères pour évaluer la qualité des cursus. Selon sa dernière livrai- son, publiée en 2018, les progres- sions salariales post MBA peuvent atteindre des taux incroyables : 100 % pour celui de Cambridge, 96 % pour Wharton, 117 % pour l’italien de Bocconi ou 105 % pour le champion tricolore, celui de l’Insead. Des chiffres confirmés par QS world university ranking. L’effet « booster » se mesure au bout de trois à cinq ans dans les classements. Mais les témoins in- terrogés – et qui entendent conser- ver l’anonymat – se donnent un an. Décrocher un MBA provoque comme une urgence à bouger, une effervescence difficile à contenir. Revenir à la position – sur la durée – antérieure ne peut que frustrer. Et la progression salariale n’est pas le seul ni le premier objectif aujourd’hui. « Les participants sont dans une logique de rupture, analyse Stéphane Canonne, de l’Edhec. Ils ne viennent plus seu- lement pour acquérir de nouvelles compétences, mais pour chan- ger de vie, trouver une activité en accord avec leurs aspirations profondes. À l’issue d’un MBA, les candidats veulent se lancer dans l’entrepreneuriat social, par exemple. Cette démarche aura un impact positif sur la société. Pré- senter le salaire comme le critère de choix d’un MBA ne colle pas. C’est même contre-intuitif avec la vision de la société de demain. » Et Stéphane Canonne de parler de l’inégalité salariale hommes/ femmes qui a de quoi faire fléchir les salaires post MBA... Le Finan- cial Time serait en train de réflé- chir au changement des critères pris en compte pour évaluer l’ef-
D’autant que 38 ans serait la « date de péremption » pour préparer un MBA. Au-delà, ce serait trop tard. Le retour sur investissement ne serait pas le même. On pourrait détourner une citation de Jacques Séguéla, devenue célèbre : « Si à 38 ans, t’as pas fait un MBA, c’est que tu as raté... le cap pour deve- nir un grand manager ! » Mais le sujet fait débat. Et l’âge butoir – couramment admis – tourne au- tour de 45 ans.
MBA, CPF et tutti quanti
La réforme de la formation pro- fessionnelle va-t-elle freiner le dé- veloppement des MBA ? Engluer les salariés dans leur course à des compétences nouvelles ? Les di- recteurs de business schools s’in- terrogent. « Avec un compte per- sonnel de formation abondé de 500 euros par an, rappelle Jacques Digout, et un MBA dont le coût tourne autour de 30000 euros, les candidats vont être amenés à constituer un patchwork de finan- cements, à les mettre bout à bout pour suivre un MBA. » À dire vrai, le coût des MBA s’envole même parfois : à 46 500 euros à l’Essec, 32 000 chez Skema pour l’exec MBA, 69 000 à HEC. «Que l’État ne participe plus au finan- cement des MBA me paraît plus sain, affirme Stéphane Canonne, de l’Edhec. Est-ce normal ? » Financiarisée, cette réforme de la formation professionnelle conduit les business schools à re- voir leur copie, à voir quelles se- raient les nouvelles modalités de MBA. Pourquoi ne pas découper en blocs, voire en modules, les cursus ? Pourquoi ne pas « ache- ter » l’un, puis l’autre... afin de constituer un MBA complet ? Alain Kruger travaille depuis un mois à une présentation en blocs de ces cursus maison. L’ESG a été choisi pour expérimenter ce nou- veau mode de fonctionnement. « Bloc ou module ? L’ambiguïté existe, souligne le directeur des MBA. Pour l’heure, on navigue un peu à vue. On attend les direc- tives. »
« Segmenter un master en blocs de compétences est logique, opine Stéphane Canonne, mais pas pour ce programme de transformation qu’est le MBA. Le parcours dans son intégralité est nécessaire. » Et Jacques Digout de conclure : «Tout l’enjeu est de ne pas perdre la qualité de la continuité. » mUrIELLE WOLsKI
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mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
carrières & talents
 IAE : portrait robot d’un réseau en mal de reconnaissance interne
Au pays des classes prépa et de HEC, les Instituts d’administration des entreprises (IAE) constituent une alternative à moindres frais, et sur les mêmes thématiques.
Inégal. C’est l’adjectif à re- tenir. L’hétérogénéité est de mise au sein de ces écoles de management universitaires
qui ont formé – en six décennies – pas moins de 500 000 jeunes et moins jeunes. Le nom, d’abord. À grands frais, l’IAE de Toulouse a changé de nom (Toulouse School of Management), l’IAE de Stras- bourg a opté pour École de ma- nagement. La signature de l’éta- blissement parisien? Sorbonne Business School. À Aix, on parle d’Aix-Marseille Graduate School of Management ou de University Business School. Et en matière de stratégie de développement, ils n’avancent pas non plus comme un seul homme, en s’adaptant au contexte local. Un exemple, avec l’IAE de Caen. Le segment choisi il y a plus de 15 ans maintenant est l’e-learning – une décision très liée au bassin d’emploi. Vu le positionnement géographique, développer l’ingénierie a permis à cet établissement de ne pas se concentrer sur les seuls Nor- mands, d’élargir son assiette et de toucher des Franciliens, d’autres candidats du Nord ou même de l’étranger. Résultat : pas moins de 1 000 stagiaires par an et 500 à distance.
Sa notoriété, l’IAE de Paris la tire du développement de la for- mation continue. Il en a fait sa spécialité. Aujourd’hui, 80 % de ses étudiants le sont à ce titre, 20 % sont en apprentissage et ep- silon en formation initiale. Auto- nomes au cœur de l’université, en vertu de l’article 713-9, les IAE le sont aussi au sein de leur propre réseau.
Tout d’une grande ?
Comptabilité audit, ressources humaines, logistique, stratégie, finance, achat, vente, marketing, communication, international... pas moins de 30 filières sont pro- posées, ici dès la L1 – pour 13 d’entre eux –, ailleurs dès la L2 –ils sont 12 à le faire. L’entrée en L3 est plus établie, avec 25 IAE concernés. Au global, le cata- logue est riche de 37 formations en e-learning, de 111 doubles-di- plômes... 50 000 étudiants sont actuellement inscrits, 9 500 au titre de la formation continue. À l’instar des business schools, nombre d’IAE voient en la for- mation tout au long de la vie un levier de développement.
Véritable vaisseau amiral, le master d’administration des entreprises (MAE) est le pro- gramme inscrit au catalogue de tous les établissements. Une vitrine! Créés par Gaston Ber- ger, il y a 60 ans, les IAE ont commencé avec le MAE, autre- fois baptisé DESS CAAE. L’idée d’origine est de former des non-initiés à la gestion des entre- prises : pharmaciens, ingénieurs, scientifiques, juristes... Idée lar- gement reprise maintenant par tous les établissements d’ensei- gnement supérieur qui multi- plient les ponts entre les filières.
Professionnalisation
«Les IAE sont les plus avancés dans l’université sur le plan de la professionnalisation. » C’est Éric Lamarque qui parle. Il est à la tête de l’IAE de Paris et prési-
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mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[  Le master d’administration des entreprises (MAE) est au catalogue de tous les établissements.
Une vitrine !
pratique
«L’IaEpourpréparerlecoupd’après»
L’IAE, Jérémy Brémond aime. Déjà bien capé (BTS, licence pro et master), ce dirigeant de centre de formation – OAFP, Organisme azuréen de formation professionnelle
– a choisi l’institut universitaire de Nice pour suivre non pas une, mais deux formations : un master en ingénierie financière et un doctorate of business administration (DBA), un cousin du master of business administration (MBA), version recherche appliquée. « Évidemment, j’ai regardé du côté des business schools. Leurs spécialités sont très pointues, beaucoup trop, quand je veux élargir mon horizon pour améliorer mon efficacité dans mon entreprise, aujourd’hui, mais également préparer le coup d’après. Et c’est sans parler du coût. On passe du simple au double, de 7 000 à 15 000 euros pour le seul master 2, avec un reste à charge pour moi de 2 000 euros. Sans la formule des IAE, ce retour vers les études n’aurait pas été possible. » À raison de trois jours pleins, parfois avec 11 heures de cours à la clé, le rythme a été intensif.
Un bémol: Jéméry Brémond pointe du doigt le poids de la marque des établissements de la formation dans un curriculum vitae. « On ne prend que des stagiaires issus des business schools », s’est-il entendu dire par une entreprise. Des recruteurs restent à convaincre...
carrières & talents Témoin diplômé
     ecoreseau.fr mars 2019
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]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
carrières & talents
Les recruteurs ouvrent bien plus facilement
leurs portes aux diplômés d’IAE.
        dent du réseau IAE France. Ob- jectif lancé il y a plus de 20 ans maintenant, la professionnali- sation touche tous les pans des IAE, avec le développement des stages obligatoires, de la forma- tion continue et de l’alternance. À l’IAE de Lyon, sur les 7 800 étudiants, pas moins de 1 000 le sont en alternance. «Ce qui en fait l’un des plus gros pôles uni- versitaires de France», se réjouit Christian Varinard, directeur général. Au total, 8 000 apprentis suivent une formation en IAE. Pas si éloigné, l’IAE d’Aix affiche dessignauxtrèsfavorablespour l’apprentissage: 256 contrats si- gnés en 2017, soit 50% des étu- diants éligibles au stade master.
Éric Lamarque, mais les IAE fonctionnent à effectifs – profs et administratifs – constants. Le ministère n’affecte plus de poste en IAE au niveau master. Or, l’ap- prentissage a besoin de plus d’en- seignants. L’effort se concentre sur la licence, en aucun cas sur les masters. »
La professionnalisation, une stratégie payante pour les éco- les universitaires de manage- ment. Les recruteurs ouvrent bienplusfacilementleursportes aux diplômés d’IAE. Les diffé- rences avec les business schools s’amenuisent. Pour preuve, les derniers chiffres d’insertion fournis par le réseau IAE France : près de deux diplômés sur trois ont trouvé un emploi dans les deux mois après leur diplôme. Et les statistiques sont également
Et demain? «On pourrait
mettre un coup d’accéléra-
teur supplémentaire, souligne   positives à l’IAE d’Aix: 100%
Le brassage social est une caractéristique de ces business schools publiques.
des diplômés sont recrutés dans   passé au crible. «L’accréditation
     les 6 mois du diplôme (96 % en 3 mois). La fourchette moyenne des salaires s’établit à 42 Keu- ros. 65% des alumni sont en CDI, seulement 10% en CDD, 8 % ont le statut d’auto-entrepreneurs.
International
L’emploi du temps d’Hervé Penan est chargé, en ce début février. La Toulouse School of Manage- ment – le nom français d’IAE a été abandonné en 2017 – est sur le pied de guerre. L’European Foundation for Management De- velopment (EFMD) est attendu pour son audit. Objectif : obtenir la ré-accréditation pour le mas- ter management international. « C’est chronophage, reconnaît le patron de la TSM, entre un ou deux mois de travail de prépara- tion.» La stratégie de l’institu- tion, le contenu de la formation, la composition de l’équipe pé- dagogique, l’immobilier, l’inser- tion des jeunes diplômés, la pro- gression des alumni... tout est
n’est pas un but en soi, précise- t-il, mais s’inscrit dans le cadre de la stratégie de notre établis- sement qui est d’accueillir plus d’étudiants internationaux, de passer de 15 % à 25 %. »
EFMD, European Quality Improvement System (EQUIS), EPAS (European Program Ac- creditation System), AACSB (Association to Advance Colle- giate Schools of Business), voire l’AMBA (Association of Master of Business Administration)... autant de sigles qui font la diffé- rence aujourd’hui sur le marché global de la formation. Ils répon- dent aux standards de qualité partagés partout dans le monde. Tous les IAE ne concourent pas dans cette catégorie ou dans des proportions variées. L’un des plus en pointes reste l’IAE d’Aix- en-Provence, unique business school universitaire française doublement accréditée EQUIS et
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mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[  Grenoble IaE : triangle magique !
carrières & talents
pratique
 Pas d’appellation anglo- américaine pour ce redoutable aimant qui délivre 800 masters 2 par an, mais la mise en avant du territoire, et pour cause : Grenoble et son tissu entrepreneurial réunissent start-up, ETI et grands groupes immergés dans ce que, depuis les années 1950, on nomme
le « triangle magique » de la formation, de la recherche et de l’industrie. On pourrait lui superposer l’autre triangle de la neige, de la montagne et
du dynamisme économique, mais c’est surtout la profusion des stages qu’apprécient les futurs diplômés attirés par l’Institut classé dans le top 3
des meilleures villes étudiantes. Et puis enfin Grenoble, 5e ville au monde par le nombre des brevets, draine un emploi sur cinq dans la recherche.
À l’écoute de Christian Defélix, directeur de Grenoble IAE, rien ne semble manquer à
la « formule » du master :
une très large palette de spécialités (« toutes les fonctions de l’entreprise, à vrai dire »), un fort accent consacré à l’entrepreneuriat et l’innovation, et la dimension internationale qui exige un stage à l’étranger en L3 (du reste, 24 % des étudiants sont des étrangers) et propose des
programmes en Chine et en Indonésie pour des managers sur place. Comme tout IAE qui se respecte, Grenoble cultive
la double compétence et la formation continue, sous le signe du T Shape model cher
à Harvard (les compétences sociales du travail en groupe de la barre horizontale, liées aux compétences techniques pointues de la poutre verticale). En 2017, les statistiques donnaient un taux d’insertion de 93 %, 1,5 mois avant le premier recrutement et un revenu annuel médian brut de 31 176 euros. Il est des IAE qui aimeraient s’aligner...
       ecoreseau.fr mars 2019 | 67
]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
carrières & talents
    On retrouve la même distinction qu’entre une clinique et un hôpital public, sauf qu’il n’y a pas ici de
Carte vitale, mais une carte étudiant !
AMBA. Une grande fierté pour   étudiant ! » Résultat : le brassage
     Virginie Barnier, sa directrice. L’IAE de Lyon n’est pas en reste. Pour preuve, en janvier 2019, la 13e édition de son International Week a accueilli 47 enseignants et praticiens venus de 25 pays. 75 séminaires sont proposés à 2000 étudiants de master et au-
diteurs de formation continue.
social est une caractéristique de ces business schools publiques. «Nos établissements remplissent réellement un rôle d’élévateur social, explique Virginie Barnier, directrice de l’IAE d’Aix. Quand la Conférence des grandes écoles affiche un taux de boursiers de 18 %, nous sommes à 45 %! Nos étudiants ne sont pas issus du même milieu. Il n’y a qu’à regar- der les voitures sur les parkings pour mieux s’en convaincre... »
Un réseau menacé ?
Le paysage universitaire n’échappe pas aux restructura- tions pour atteindre la taille critique utile dans un marché global. Éric Lamarque a peur de voir certains IAE dans le colli- mateur des grands ordonnateurs universitaires, de les voir dilués. «Trois ou quatre IAE sont dans le radar, Tours, La Rochelle ou bien encore Valenciennes. Faut- il laisser le champ libre aux seu- les business schools ? » Le réseau IAE France entend mener une campagne d’information interne (au monde universitaire) pour convaincre leurs pairs de l’inté-
Promotion sociale
garantie
L’attractivité ne cesse de progres-
ser. Lors de la première session
de Parcoursup, l’IAE de Tours
a reçu pas moins de 1 800 can-
didatures pour .... 200 places
en L1. À juste titre: le rapport
qualité/prix des formations en
IAE défie toute concurrence.
Les frais d’inscription à un mas-
ter d’une business school oscille
entre 10 000 et 12 000 euros par
an, contre 350 euros – environ –
dans nos établissements. La dif-
férence? La subvention de l’État.
«Pour prendre une image qui
fait sens, on retrouve la même
distinction qu’entre une clinique
et un hôpital public, note Na-
dine Tournois, à la tête de l’IAE
de Nice, sauf qu’il n’y a pas ici
de Carte vitale, mais une carte   rêt des Instituts. mUrIELLE WOLsKI
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mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[  carrières & talents Paul Crozet, IaE d’amiens : pas de place au complexe d’infériorité !
pratique
 L’IAE d’Amiens reste sans
doute l’un des plus petits du réseau, des moins visibles
aussi. « Moins médiatisés, les petits IAE profitent même plus que les grands du réseau IAE France », se venge Paul Crozet, son directeur, pour son deuxième mandat. L’institut picard en quelques chiffres : 576 étudiants, 17 enseignants permanents,
50 vacataires, des cursus L3
à M2. Et le L1 ? Le L2 ? Le sujet alimente les discussions,
mais le parti pris actuel est de coopérer avec les unités de formation et de recherche (UFR) de l’université Picardie Jules Verne – 30 000 étudiants. Le réseau national des IAE bruisse de ces mécontentements de directeurs qui n’ont pas obtenu le nombre de postes d’enseignants correspondant au déploiement des deux premières années du cursus. Crozet : « Le risque est de ne pas pouvoir mettre en place le
modèle de proximité cher aux IAE et de perdre en qualité. » L’axe privilégié actuellement au cœur de la capitale picarde est de renforcer les coopérations avec les IAE de Lille et Valenciennes.
Le territoire picard est particulier. Les étudiants y sont peu mobiles. Et un complexe d’infériorité les freine parfois.
« Un complexe qui n’est pas justifié et qu’il convient de gommer. Nous avons pour obligation de tirer les individus vers le haut. D’identifier les potentiels qu’ils ignorent parfois et de former des cadres de
plein exercice pour répondre aux besoins des territoires. » L’ancrage est essentiel. Avec
10 étudiants qui profitent du système Erasmus, l’ouverture
à l’international reste un point faible. Néanmoins, cet IAE
n’a pas de mal à remplir ses promotions, loin de-là. La
campagne de 2018 a enregistré 800 candidatures pour 200 admis en L3, 867 pour l’entrée en M1 pour 130 places, et 280 pour 125 places pour finaliser le M2.
  ecoreseau.fr mars 2019
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]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
par christophe combarieu
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
exposition
Calder-Picasso
De quoi consacrer la rencontre de deux génies qui ont marqué l’ère moderne de leur empreinte. Plus de 150 œuvres des deux peintres au fil d’un parcours thématique
des plus exigeant, depuis les thèmes figuratifs à l’abstrait. L’installation pousse à interroger leurs œuvres via le prisme du « vide-
espace ». Certes, leurs chefs- d’œuvre respectifs sont habités par le tracé du vide, mais il ressort de leur confrontation autant de différences que de résonances. Les deux hommes
se sont rencontrés, mais ont également collaboré ensemble : l’expo nous montre bien en quoi ces deux artistes plaçaient au cœur de leur pratique l’expérience directe du spectateur, même si de nombreuses tensions formelles et conceptuelles les opposaient. Jusqu’au 15 avril, Musée national Picasso, 5 rue de Thorigny, 75003 Paris.
théatre
Novecento
André Dussollier ne cesse de triompher avec ce spectacle qui lui aura valu le Molière du meilleur comédien en 2015. Une sorte de fable théâtrale où un pianiste des années 1920 a cette particularité d’être né et abandonné par ses parents sur un bateau ! Recueilli par l’équipage, il ne posera jamais le pied à terre et découvrira le monde à travers le récit des passagers. Devenu virtuose, sa musique s’inspirera de tous les continents. Elle qui trouve ici
une véritable place et un rôle de choix puisqu’André Dussollier est accompagné sur scène par un quatuor de jazz. Des airs qui nous emportent encore un peu plus dans ce conte moderne des temps anciens. Une performance de haut vol !
Théâtre de la Porte Saint Martin, Paris 10e.
70 | mars 2019 ecoreseau.fr
culture & co opéra
       Social business
Le social business, dans notre économie moderne, n’est ni plus ni moins qu’une entreprise classique, traditionnelle, mais la perspective d’une maximisation des recettes et profits a laissé place à un principe de bénéfice social. Tous ceux qui ont
investi récupèrent leur mise de manière progressive, mais sans pour autant en retirer de dividendes. Le documentaire d’Amirul Arham suit les travaux du prix Nobel de la
cd
Carmina Burana
S’il y a bien un ouvrage que le cinéma ou
la pub nous ont fait ingurgiter à toutes les sauces, ce sont les Carmina Burana de Carl Orff ! Une marque d’auto par-ci, des pâtes par- là, personne au monde n’a pu passer entre les mailles du filet d’adaptations plus ou moins réussies de cette cantate, entrée dans le top 10 des tubes classiques ! Même les Chinois en
sont dingues ! Pour preuve, cet enregistrement live d’un concert exceptionnel donné en octobre 2018, à l’occasion des 120 ans de la firme allemande Deutsche Grammophon, au cœur
de la Cité interdite. On y découvre les sonorités de l’Orchestre symphonique de Shanghai qui n’a visiblement rien à envier aux formations européennes ! Deutsche Grammophon
dire si le mécanisme s’adapte à tous et fonctionne à dimension planétaire ! Un passionnant discours où l’humain est enfin au cœur des préoccupations. D'Amirul Arham, sortie en salles le 20 mars.
Simon Ghraichy : 33
Il y a eu Héritage, son premier
album. Le jeune pianiste
franco-libano-mexicain est
de retour avec 33, un nouvel
opus, pour ses... 33 ans !
Comme à son habitude, il
prime l’originalité et a choisi,
plutôt que de s’attaquer aux
sempiternels Schubert et Beethoven, de nous faire découvrir un répertoire à l’image de sa personnalité: fantasque, charmeur, fou, où Schumann côtoie Philip Glass, où le trop rare Alkan flirte avec Nyman et Tarrega. Voilà un album bouillonnant, surprenant, et, osons le dire, peut-être indispensable ! Deutsche Grammophon
 Paix 2006, Muhammad Yunus, et nous explique les tenants
et les aboutissants du système à travers les entreprises, qu’elles soient TPE, PME ou multinationale. Et même dans un cirque au Cambodge, c’est
     Otello, PVerdi-Alagna
arfois, les reprises sont de belles occasions pour d’heureuses retrou- vailles avec des productions qui ont marqué le passé. C’est assurément le cas d’Otello, imaginée par Andréi Serban pour l’Opéra de Paris en 2004. Il revisite le chef-d’œuvre absolu d’un Verdi vieillissant mais qui
n’a jamais été plus vif, plus fougueux, plus éclatant que dans cette sublime adap- tation shakespearienne. Des décors élégants, des mouvements de foule bien ré- glés, un Otello très justement abattu, hagard, sonné. Face à la jalousie du Maure, à la perversion de Iago, la pureté incandescente de Desdémone. De quoi oublier quelques petites inepties ou incongruités, que le public parisien saura faire payer au metteur en scène romano-américain. Sans bouder son plaisir de retrouver Roberto Alagna, «son» Roberto, dans le rôle-titre, en pleine possession de ses moyens ni Aleksandra Kurzak, la voix rêvée des anges, aux aigus soyeux incom- parables. Dans la fosse, le chef Bertrand de Billy saura, comme à son habitude, varier les atmosphères comme personne, dès l’impressionnante tempête d’ou- verture ! Inoubliable. n Opéra Bastille du 7 mars au 7 avril
  ]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[   théâtre
7 Morts sur Lordonnance
e Théâtre Hébertot poursuit une saison origi- nale en programmant sur scène une nouvelle adaptation d’un film sous haute tension, 7 morts sur ordonnance. Dans les années 1960,
deux chirurgiens de l’hôpital public, harcelés par un mandarin de la médecine privée d’une petite commune de province, vont être poussés au pire... L’un va abattre ses enfants et sa femme avant de se suicider, scenario qui se répètera pour l’autre à
quelques années d’intervalle.
Une histoire vraie, traitée ici
sous couvert d’un impitoyable
humour noir et cynique. D’une implacable cruauté, la calomnie devient le neuvième personnage de cette pièce à la charge émotionnelle glaçante. Une habitude désormais à Hébertot.
Un grand moment dont on ne ressort pas indemne. n
Avec Bruno Wolkowitch, Théâtre Hébertot, Paris 17e.
La dégustation
Comme Sagan
culture & co cinéma
vie privée
rebelles
Sans boulot, et après 15 ans de dolce vita sur la Riviera, une ex- miss Pas de Calais est de retour au bercail, chez sa mère, dans
le Nord. Pas de job en vue, sinon à la conserverie locale, où elle se fait embaucher. Ambiance délétère à cause d’un patron un poil dragueur, jusqu’à la main aux fesses de trop et une tentative de viol. Elle le repousse, mais
le tue accidentellement. Deux autres filles sont témoins de la scène. Lorsqu’elles
se rendent à son
bureau, elles
trouvent un sac
bourré de billets. Les
rêves, mais aussi les
ennuis commencent
! Sur fond de
harcèlement sexuel,
voilà une comédie
originale où est faite la part
belle à trois actrices populaires, Cécile de France, Audrey Lamy et Yolande Moreau, prêtes à tout pour fuir le climat hostile de Boulogne-sur-Mer. Avec trois nominations méritées au Festival de l’Alpe d’Huez 2019, voilà une comédie atypique, touchante, et jusquecequ’ilfautde potache! d’Allan Mauduit, avec Cécile de France, Sortie en salles le 13 mars.
dvd
En Liberté !
Une femme flic découvre, après la mort de son mari, policier lui aussi, que loin d’être le héros dont elle avait toujours vanté les mérites, il n’était en fait qu’un vendu qui a fait condamner
un innocent à huit
ans de prison.
Bien décidée à réparer l’erreur
de son ripou d’époux, elle va tenter de prendre sous son aile l’injustement condamné. Mais c’est sans se douter que l’univers carcéral l’aura chargé de rage et de soif de vengeance. Salvadori signe à nouveau une comédie irrésistible où la réalité va prendre des chemins imprévisibles
et cocasses, burlesques et invraisemblables, et pourquoi
pas même poétiques... France Télévision Distribution
   42...
cd
... millions de spectateurs,
soit 68% de la population, sont allés au cinéma au moins une fois dans l’année (88% chez les 15-20 ans, en moyenne 7 fois par an).
  Caroline
 Loeb :
 Son spectacle Françoise par Sagan
a été une claque sur la joue droite ! Sans hésiter, on tend la joue gauche avec cet album hypnotisant, bouleversant, empreint à la fois de légèreté et de profondeur.
En communion parfaite avec un trio de musiciens constitué par Jean-Louis Pierrot, ex-collaborateur de Daho, Caroline Loeb ne nous fait pas regretter d’avoir attendu dix ans depuis son précédent album,
Crime Parfait ! Elle y fait preuve, pour « le charmant petit monstre », d’une tendresse enveloppante, d’un humour racé, d’une intelligence diabolique, 100 % saganique ! Et quel n’est pas notre plaisir lorsqu’elle retrouve son complice de C’est la Ouate, Pierre Grillet, pour une romance autour
de cette célèbre phrase de Sagan : « On ne sait jamais ce que le passé nous réserve ». Loeb/Sagan : deux icônes sinon rien ! On peut éditions
   d’Yvan Calbérac
 Après avoir été réunis pour la première fois au cinéma dans le bouleversant Se souvenir des belles choses, Isabelle Carré et Bernard Campan se retrouvent au Théâtre de la Renaissance. Une heure trente de dégustation où grands crus et sentiments se conjuguent
tels mets et vins sur les cartes des plus grands restaurants. Célibataire et un peu bourru, Jean tient une petit cave à vin et fait la rencontre d’Hortense, une grenouille de bénitier pas loin de devenir vieille fille, venue s’inscrire
à une séance de dégustation... Les deux introvertis vont peu à peu s’ouvrir, comme un millésime qui devrait se laisser décanter avant d’être apprécié à sa juste valeur... Deux âmes perdues et réunies notamment grâce
à un jeune garçon en liberté conditionnelle pour qui les émotions humaines n’ont l’air de n’avoir aucun secret. Assurément la comédie romantique à voir en ce début de printemps. Théâtre de la Renaissance, Paris 10e.
  ecoreseau.fr mars 2019 | 71
]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
essais autos
 fiche technique
 modèle essayé
 renault Kadjar TCe 160 EDC Black edition
 Tarif
 Àpartirde36100€
 Tarifs gamme essence
 de34400à36100€
 Tarifs gamme diesel
 de36500à38900€
 Le Renault Kadjar
à l’extérieur (optiques à LED, bouclier peint, nouvelles jan- tes....), la remise à niveau se montre plus solide dans l’habi- tacle avec un confort amélioré, des sièges relookés au profit d’un bon maintien, un nouveau com- biné multimédia à écran tactile. L’ensemble demeure pourtant encore un peu tristoune et la fini- tion médiocre avec des plastiques de planche de bord mal ajustés! Le Kadjar souffre également d’un niveau d’équipement rikiki: pas de régulateur de vitesse adaptatif ni d’affichage tête haute.
Nouvelle gamme
de moteurs
La nouveauté est surtout mé-
canique avec une gamme de moteurs essence et diesel re- vue. Côté essence, le bloc 1.3 4 cylindres TCe FAP, inaugu- ré sur Scénic puis déployé sur Captur et Mégane, se décline en 140 ou 160 chevaux avec boîte manuelle ou EDC et strictement en deux roues motrices. Essayé dans cette configuration 160 EDC, il offre une belle vitalité et de la souplesse en toutes circons- tances. La gamme diesel repose, elle, sur les moteurs Blue dCi 115 (et boîte EDC) et Blue dCi 150 (uniquement en boîte manuelle) disponible en transmission 4 x 2 et 4 x 4.
se refait une beauté
Le SUV compact de la marque au losange avait démarré sa carrière en fanfare mais il doit désormais affronter une rude concurrence. L’occasion pour le constructeur de restyler un peu son véhicule histoire de repartir à l’offensive.
Le SUV au losange apparu sur nos routes avec brio en 2015 affronte désor- mais une concurrence
redoutable incarnée d’abord par le Peugeot 3008. Le best-seller du Lion entraîne dans sa roue les nouveaux venus du groupe Volkswagen, Seat Ateca et Skoda
Karoq. Sans oublier la nouvelle Citroën C5 Aircross. Tous ces véhicules compacts sont à la fois élégants, confortables et agréa- bles à conduire. C’est dire si la bataille est rude. Renault a donc décidé de revoir un peu sa copie en octroyant à son Kadjar un restyling bienvenu. Minimum
  skoda Fabia : petite familiale très polyvalente
La Fabia se refait une beauté et confirme toutes ses qualités avec des moteurs essence performants, un confort et un équipement dignes des segments supérieurs.
La petite Skoda favorite des Français avait été profondément remaniée
en 2014. Elle bénéficie cinq ans plus tard d’un très léger restyling extérieur et d’une jolie montée en gamme
à l’intérieur. Spacieuse à l’avant, la Fabia est un peu
juste à l’arrière pour des passagers adultes. Mais son coffre raisonnable (330 litres) et sa réelle polyvalence sur la route plaide en faveur d’une solide option familiale pour de petits budgets. D’autant qu’une version break (Combi) plus longue de 26 centimètres est disponible pour seulement 600 euros de majoration.
Essence uniquement
Avec son « gros » moteur essence de 110 chevaux, la Fabia assure aussi bien
en ville que sur des trajets routiers avec une boîte manuelle à 6 rapports jamais prise en défaut. L’ennui est que ce moteur n’est plus disponible désormais qu’avec la boîte robotisée à double embrayage DSG7. Trois autres motorisations uniquement essence sont disponibles avec la boîte manuelle
à 5 rapports : 60, 75 et 95 chevaux.
Surtout, la Fabia se distingue par sa qualité de finition, son esthétique dans l’habitacle
(sellerie et planche de bord bicolores) et son niveau d’équipement généreux (régulateur de vitesse adaptatif, détecteur d’angle mort, caméra de recul, freinage d’urgence, système multimédia...).
fiche technique
 modèle essayé
 skoda Fabia style 1.0 TsI 110 ch BVm6
 Tarif
 Àpartirde20040€
 Tarifs gamme hybride
 de13290eurosà20040€
 72 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[  horlogerie & joaillerie
MeisterSinger - La Lunascope
Spécialiste des montres à mono-aiguille, la marque
horlogère allemande MeisterSinger dévoile son premier modèle équipé d’une phase de lune dite
« astronomique » : la Lunascope. Ne nécessitant qu’une correction d’un jour tous les 122 ans, ce nouveau garde-temps reproduit la course de l’astre, à l’image de la réalité. 3 300 € www.meistersinger.com
Villeret Women
Quantième Phase de
Lune
Blancpain présente une
nouvelle pièce féminine avec
un quantième à phase de lune. D’un diamètre de 33 mm, ce garde-temps affiche les attributs identitaires de la collection Villeret avec des aiguilles en forme de feuilles de sauge évidées et des appliques en chiffres romains.
14 870 € www.blancpain.com
blue editions
Hybrid manufacture de Frédérique Constant
Bucherer célèbre l’art de l’horlogerie en mariant élégamment tradition et innovation. Cette approche fascinante permet
aujourd’hui à l’entreprise familiale d’associer un nouveau nom
à sa collection exclusive: celui de la Maison Breguet. Le modèle Marine 5517 présenté, est une création éblouissante avec son
cadran guilloché bleu intense monté sur un boîtier en titane. Avec sa nouvelle carrure cannelée avec attache centrale, la collection Marine affiche une esthétique athlétique. 18 500€ www.breguet.com/fr
Tissot Heritage Visodate Quartz
C’est une pièce qui se transmet de génération en génération. Inspirée d’une collection des années 1950, la Tissot Heritage Visodate Quartz symbolise un classicisme attaché au passé conjugué à la fougue de la jeunesse comme
en témoigne son design : cadran empreint de nostalgie mais avec un twist moderne, logo Tissot à la police identique à l’originale, index appliqués facettés, indispensable date à
3 heures et, nouveauté, mouvement quartz. 320 € www.tissotwatches.com
En 2018, Frédérique Constant a créé une catégorie de montres, inédite dans l'industrie horlogère suisse, associant un mouvement automatique classique et un module smartwatch: l'hybrid manufacture. Ce garde- temps se singularise notamment
par l'autoanalyse de son calibre. Aujourd'hui, la marque enrichit
cette collection avec le lancement de nouveaux cadrans..... À partir de 3 250 € www.frederiqueconstant.com
l’art du temps
vie privée
  La nouvelle Breguet
marine 5517 Bucherer
     ecoreseau.fr mars 2019 | 73
]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
  bien-être
ampoules after sun,
tellement pratiques !
La combinaison efficace
de l’ectoïne et de l’acide hyaluronique nourrit et apaise la peau, surtout après une longue exposition
au soleil. A un effet rafraîchissant et
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l’ectoïne stimule
le renouvellement
cellulaire naturel
et rend la peau plus
souple. A emmener
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voyages !
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18,90 €
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  Holly, unique bar à Brushing
Inspiré d’un modèle californien, Holly est un nouveau concept de bar à brushing à la fois chic, cosy et branché installé dans le 16e à Paris.
Créé par la passionnée Jade Claverie, Holly est la parenthèse glamour pour toutes les parisiennes en quête du brushing parfait, qu’il soit Curly, Wavy, Beachy, Sleek, Volume ou Retro ! Sont utilisés des soins thermo-protecteurs, des sérums, des crèmes texturisantes etc. De 40€ pour les cheveux courts, à 50€ pour les cheveux longs www.holly-paris.com
Deep Stretch chez Arkose à Nation
Pour maximiser les bienfaits détente et santé du yoga, le studio bien-être parisien de 200m2 propose un accès à des pratiques complémentaires comme le stretching et le pilates. Testez cette technique d’étirement profond idéale pour dénouer tous les points de tensions du corps.
Séance unitaire : 18€ Complétez ce moment par un déjeuner ou dîner délicieusement healthy ! nation.arkose.com
Indispensable Goretex Paclite de Burton
Les vestes Packrite en GORETEX® 2L de Burton se distinguent par leur tissu GORETEX® Paclite®
léger assurant une protection extrême. Les bandes GORESEAM® tiennent les tempêtes à
distance, alors que le tissu intérieur reste près du corps tout en permettant de conserver une liberté de mouvement. L'ourlet et les bandes Velcro ajustables aux poignets et les poches chauffe mains doublées protègent quel que
soit le temps. Le petit plus : elles sont pliables et transportables grâce à leur pochettes intérieure.230€ www.burton.com
adorables baumes biologiques
Conçus pour le visage, le corps et les mains, les Petits Baumes biologiques Cosmydor, avec leur nouvelle tex- ture type «crème fouettée», sont parfaits à glisser dans un sac. Leurs concentrations exceptionnelles font de Rescue, Tonic et Relax les compagnons idéaux pour hydrater et régénérer votre peau quotidiennement. www.cosmydor.boutique
 mode & accessoires
 Balsamik, ambiance tropicale
Balsamik, la marque française de prêt -à- porter qui monte en taille propose, pour cet été, un vestiaire sympa et frais, du 38 au 64. Gommer les petits défauts, redessiner les courbes, affiner la silhouette, donner un effet sculptant pour harmoniser et sublimer la silhouette des femmes ! T-shirt et pantalon en viscose.
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Depuis près de 30 ans Pédiconfort® se positionne comme «Le» spécialiste de la chaussure confortable en cuir». L’ Aérosemelle® est une semelle intérieure ultra souple
et moelleuse, qui amortit les chocs de la marche et donne l’impression
de marcher sur une moquette épaisse.
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Jules & Jenn,
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 74 |
mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[ évasion
Chaîne Bagatelle : des hôtels tirés à 4 étoiles (et 5 !)
Quatre étoiles mais abordable, aux alentours de 100 euros ? Même au centre de Paris ? Sur la collection des six hôtels de la Compagnie hôtelière de Bagatelle, groupe familial apparu en 2010, un seul cinq étoiles, Le Roch, mais qui n’écrase pas tant ses co-enseignes réparties dans la capitale : chacun adopte sa thématique (The Chess joue du damier, orchestré par Gilles et Boissier, Les Théâtres s’adapte aux scènes, Chantal Thomas y est allée de sa fantaisie au Vice Versa le bien nommé avec son péché capital par (7) étage(s) –, Platine donne dans
le ciné, Les Plumes dans... devinez, tandis que Le Roch se
pâme dans le luxe de Lavoine – Sarah, la décoratrice). Tout
y est feutré, parfois baldequiné (The Chess), le smartphone
Samsung de service à embarquer dans ses balades (et à
rendre !) côtoie la télé confortable et l’on pourrait placer un
lit d’appoint dans la douche vu la taille (c’est une image). Des adresses de (vrai) luxe sans (la moindre) ostentation.
www.cie-bagatelle.com
Les Dames du Panthéon, un hôtel dédié aux femmes
Ce charmant et luxueux hôtel offre à ses résidents une vue exceptionnelle sur le Panthéon depuis son bar intime et certaines de ses chambres. Chaque étage a été pensé comme une véritable ode à la féminité́, un voyage dans l’univers des «Dames», des romantiques aux courtisanes, des chansonnières aux littéraires, indépendantes, intellectuelles, avant- gardistes... Coup de cœur pour la chambre Juliette Greco ! www.hotellesdamesdupantheon.com/fr
Georges Blanc, un village gourmand unique à Vonnas
Cette merveilleuse histoire familiale débute en 1872. Les étoiles Michelin vont se succéder et perdurer: la première en 1929, la deuxième en 1931
et la troisième en 1981. En 1933, le fameux poulet de Bresse à la crème
et les crêpes Vonnassiennes étaient déjà particulièrement appréciées
par Édouard Herriot. Georges Blanc reprend le flambeau en 1968 et transforme l’auberge en magique village gourmand de 6,5 hectares.
Le village blanc rencontre un immense succès, notamment par son
offre de 3 niveaux d’hébergement et de restauration. Les activités sur le site séduisent: sublime Spa, parc et étang féerique, aire de jeux, salle de cinéma privatisable, tennis, boutiques gourmandes et de déco, cave à vins de 140 000 bouteilles. Et Georges Blanc viendra à votre rencontre, pour votre plus grand Bonheur ! www.georgesblanc.com/fr/
En pleine forme dans le Grand Massif !
C'est à mi-chemin entre Chamonix et Genève, que le Grand Massif accueille les passionnés de sports d'hiver sur un domaine skiable contrasté de 265 km de pistes, reliant
5 stations préservées au cachet fou: Flaine, Les Carroz, Morillon, Samoëns, Sixt-Fer- à-Cheval. Nos conseils pour un séjour inoubliable : louer un chalet à Sixt, une sensation à l’autre bout du monde. S’offrir
une session yoga matinale dans le majestueux Cirque du Fer à cheval, s’essayer au « ski de pleine conscience » avec ZigZag et à la marche afghane avec Quintessence ; des activités atypiques ! Question gastronomie, emportez sur les pistes une spécialité maison de la Popote de Malia, ou tester le buffet du très récent Club Med Samoëns Morillon ou encore offrez vous les services de Dailycieux, chef à domicile. hiver.grand-massif.com/grand-massif
l’art du temps
vie privée
ecoreseau.fr mars 2019 | 75
]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
 vins
Beaune Premier Cru Clos du Roi 2015
Au nez, se dégagent des notes de violettes sur des arômes de cerise et de framboise bien mûres qui se mêlent à des parfums de réglisse
et d’épices. La bouche présente une superbe concentration et une très grande profondeur. La texture très dense et onctueuse se cale sur des tannins ciselés et tout en élégance qui donnent à ce vin beaucoup d’amplitude et de persistance en bouche. 50,40 € www.
vins-chanson.com/fr
Château des Demoiselles 2015
Avec ses notes de fruits rouges, le cépage Syrah confère au vin une puissance aromatique. Après une cuvaison longue, le vin mature en barriques de chêne pendant une période de douze mois et gagne ainsi toute sa finesse. 13,30€.
www.chateaudesdemoiselles.com
Les Grandes serres - La rose d’aimée 2018 - aOC Tavel (Grenache, Clairette,
Cinsault, syrah)
La Rose d’Aimée s’affiche dans une belle robe corail aux reflets cuivrés. Le bouquet embrasé par la fraise et le bonbon anglais se tempère délicieusement par la soie du menthol.
Sur le palais, coule une rivière de grenade et de framboise où l’on peut décerner des notes iodées et safranées. Le roi Philippe le Bel était un fervent amateur de ce vin que l’on
surnomma alors « Le roi des rosés ». Servi entre 10 et 12 °C, ce Tavel accompagnera les asperges, la cuisine asiatique, la viande blanche, la volaille ou encore une quiche lorraine. 11 € - en vente chez les cavistes et au caveau des Grandes
Relais de la
  Dominique
 2015
Issu d’un assemblage
100% Merlot, il exalte les
fruits rouges. Ses arômes
de griotte annoncent une
attaque de fruits frais et
croquants. En bouche, ce
vin généreux présente une
certaine vivacité.
Entre 18 et 20€. chateau-ladominique.com/fr/
Lampe de méduse 2015
La cuvée Lampe de Méduse se présente dans un flacon de forme originale et iconique créé dans les années 1950 par la Baronne de Laval. Le nez est intense et riche de parfums de fruits des bois, de pruneaux et de notes de chocolat. Vif en bouche, il est généreux et montre une belle capacité au vieillissement. 15,30 € wwww.boutique-sainteroseline.com
  Les Hauts de Lynch
Moussas 2015
Pauillac
Le second vin de Lynch Mousssas, 5ème Cru dans l'appellation Pauillac, doit son nom aux vignes qui dominent le château. Il est issu d’un assemble de 30% de merlot et 70% de cabernet sauvignon. La fraîcheur de la robe à reflets cerise s’accorde à merveille avec la douceur des arômes du bouquet complexe et élégant (fruits rouges frais). La bouche est riche, d’une grande intensité avec une trame tannique bien présente associée à une palette de notes toastées. La finale est persistante. Il s’appréciera sur de l’agneau ou une belle entrecôte.
24 € chez les cavistes www.lagrandecave.fr
  Serres à Gigondas
La Dilecta, une cuvée
gorgée de soleil
Sa robe dorée est annonciatrice des richesses révélées par
le nez, qui mêlent épices, agrumes confits, fruits exotiques, ainsi que de délicates notes de pain grillé
et une subtile minéralité. La bouche est charnue et chaleureuse, reflétant un parfait équilibre entre douceur et fraîcheur. 12 € www.allianceloire.com
maison Denuzière - Viognier 2015
- IGP Collines rhodaniennes
Ce viognier jaune brillant aux
reflets or s’exprime sur des notes
de fleurs et fruits blancs, tout en
fraicheur. La bouche est tendue et florale avec une finale expressive d’abricot frais et de fruits à chair blanche.
A 12-14°C, il se déguste avec les asperges, , avec les fromages frais, les viandes blanches et les plats à base de légumes.
En vente chez les cavistes et au domaine 9,90 €
Moment Suspendu, AOP Côtes de Provence 2017
Au nez, ce sont des notes savoureuses, fraîches et expressives d’agrumes et de
fleurs blanches.
En bouche, une cuvée onctueuse, ample
qui s’articule autour d’un fruité acidulé, agrumes, pamplemousse jaune, litchi,
cédrat, pour évoluer sur des notes plus douces, beurrées, amandes, suggérant le boisé léger. Le fruité devient plus charnu
sur une finale parfaitement tendue, ciseléeetharmonieuse. 18€domainebetton.com
  76 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
Les dîners d'Écoréseau Business
    Dîner à l’Hôtel, exubérant et discret à la fois !
Dîner en 5 services selon l’inspiration du Chef
p Riso de petit épeautre, jus de veau, Truffe noire
p Pâté en croûte, gibier à plumes, salade truffe noire
p Turbot Matelote, sauce au vin rouge, poitrine de porc, anguille à la meunière, purée d’épinards
p Dos de chevreuil, sauce poivrade, blettes de Thierry Riant, panais & persil racine
p Cube choco-coco, ganache lactée et crumble
Tarifs
110€ou155€avec3ou4vins
En cuisine
Le jeune et nouveau chef Gregory Réjou, déploie de- puis septembre 2018 une cuisine précise, technique et généreuse qui sonne comme une célébration de pro- duits d’exception. Sa cuisine rend également hommage aux classiques de la gastronomie française et aux in- temporels et gourmands plats du dimanche.
Concept & Lieu
C’est au cœur du 6e arrondissement de Paris, que se cache l’un des plus beaux secrets gastronomiques de la capitale. L’Hôtel, célèbre pour sa décoration baroque et exubérante signée Jacques Garcia, cultive depuis près de deux siècles sa différence, et abrite en son sein Le Restaurant. Une cour intime verdie d’un mur végétal,
13 Rue des Beaux - Arts, 75006 Paris - www.l-hotel.com
où s’épanouissent passiflores et fruits de la passion, et agrémentée d’une fontaine. Un environnement tota- lement apaisant dont le décor tranche avec celui de la salle: méridiennes et fauteuils de velours y sont orga- nisés comme autant de petits salons, éclairés avec dou- ceur par des candélabres au verre dépoli et de hautes lampes sur pied.
gastronomie
  L’œuf très gourmand de Comtesse du Barry
Paré de motifs baroques et de bleu
canard, cet œuf royal singulier saura surprendre les sens
des adultes gourmands ! Il recèle un assortiment varié de délicieux petits
œufs colorés en chocolat
au lait ou noir, subtilement fourrés au praliné, parfois agrémentés d’éclats d’amandes ou de crêpe
dentelle. Une merveille ! (250 g de chocolats)
39,90 € www.comtessedubarry.com Divine tartelette chocolat
sakura matcha
Morihide Yoshida a été inspiré par la période de floraison des cerisiers,
« Sakura», annonçant le Printemps au Japon, pour créer cette tartelette au thé
matcha. Une délicieuse pâte sucrée chocolat et son croustillant praliné aux amandes et noisettes garnie d'une ganache au thé vert matcha et d’une mousse de sakura.
Du 6 mars au 23 avril. 7,50€ www.laduree.fr
La Cuisine sans Bla
Bla, version Light
Parce qu’on n’a pas de temps
à perdre en cuisine dans nos vies trépidantes, découvrez 65 recettes à saisir en un clin d’œil ! Additionnez les + et suivez les flèches ; aussi sûr que 1 + 1 font
2, avec ces recettes vous allez faire des merveilles ! 19,95€ www.larousse-cuisine.fr
Oliviers & Co, nouvelle douceur de vinaigre pamplemousse rose
Cette édition limitée a été élaborée avec les meilleurs pamplemousses roses, cueillis à pleine maturité. Ce vinaigre aux notes fraiches, acidulées et délicates reflète une couleur étincelante. Un mélange de saveurs, idéal pour réaliser en un tour de main de délicieuses vinaigrettes.
14,50€ la bouteille de 250ml
www.oliviers-co.com
Pistou rouge de Nicolas alziari
Pour changer de la recette traditionnelle, ce Pistou Rouge, au riche goût de
tomates séchées et de noix de Cajou - se marie très bien avec des pâtes ou bien de la ratatouille, ou se tartine, à volonté, sur du bon pain grillé.
5,85€lepotde80gr www.alziari.com.fr
    78 |
mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[  ÇInsomnie : bon Dodow ?
pophyso-surrénalien en charge de la réponse au stress ». Quand bien même la personne finirait par « sombrer », le sommeil lent reste léger. Une activité cérébrale pertur- bée par le neurotransmetteur Gaba (acide gamma aminobutyrique) maintiendrait l’éveil.
Instaurer un rituel
de méditation
Au fond, connaître les causes purement scientifiques de l’in- somnie vous fait une belle jambe si aucune solution radicale n’est mise au point. Il n’en existe pas. Et la solution à privilégier n’est évi- demment pas médicamenteuse. Si vous avez éliminé les causes classiques (dîner copieux, café- ine, alcool, tabac, pièce surchauf-
a ne s’arrange pas dans pathologie. En revanche, les spé- les sociétés occidentales : cialistes vous diagnostiquent in- on dort mal. L’Institut somniaque chronique si l’éveil national de la santé et survient plus de trois fois par
de la recherche médicale qualifie l’insomnie de «fléau», d’autant plus que les chercheurs ont du mal à cerner les mécanismes phy- siopathologiques faute de modèle animal. Ou presque. On a tra- vaillé sur les rongeurs (des loirs, peut-être ?) et les drosophiles (difficile de leur demander si elles ont bien dormi sans qu’elles ne prennent la mouche) puis l’ima- gerie fonctionnelle et l’analyse des big data ont complété les don- nées. En France, le « fléau » touche 15 à 20% d’insomniaques, dont la moitié sévèrement. Ce n’est pas parce que vous restez éveillé/e une, deux, trois nuits avant de re- trouver un cycle normal que vous sombrez dans une quelconque
semaine depuis au moins trois mois. Les femmes – hélas, encore elles – seraient les plus concer- nées. Et bien sûr les anxieux et les déprimés (7 à 10 fois plus de risquesdemaldormir).
Pourquoi dort-on mal ? Pas vraiment par hérédité (on n’a pu identifier un quelconque gène de l’insomnie encore), mais, comme disent les spécialistes, « il existe une agrégation familiale des cas d’insomnie ». En clair, une prédis- position. Tout semble impliquer un phénomène de mauvaise régula- tion entre veille et sommeil. À l’aide de biomarqueurs, on a établi qu’un « hyperéveil » se caractérise par une activité accrue du « système ner- veux et de l’axe hypothalamo-hy-
En France, le « fléau » touche 15 à 20 % d’insomniaques, dont la moitié sévèrement.
vie privée
C’est parce qu’il était «insom- niaque récidiviste » qu’Alexandre Dujoncquoy est passé par les étapes somnifères, méditation, sophrolo- gie, yoga et hypnose. Ses amis Gui Perrier et Pierre-Luc Deniel prati- quaient, l’un, le yoga, l’autre l’hyp- nose. À trois, ils se sont demandé comment concevoir un objet de rituel qui conjugue méditation yogique et hypnose. Il est sorti de leurs nuits de réflexion (!) une sorte de métronome lumineux qu’ils se sont dépêchés de baptiser Dodow.
Principe: poser l’espèce de galet rond à portée de main près du lit, l’effleurer pour huit minutes de faisceau lumineux « qui s’étend et se rétracte » au plafond et synchro- niser sa respiration sur les jeux de lumière. Quand la danse ralen-
santé
  Grippe française :
unpicà4100morts
Sévère, elle le fut. Et les médias ne se sont guère focalisés sur ce bilan supérieur aux tués sur la route. Le pic s’est manifesté partout en
France, selon l’agence sanitaire Santé Publique France. Ce sont bien
sûr les personnes de plus de 75 ans qui ont payé la note, 86 % des décès. Le virus A (H3N2), majoritaire, a frappé tout autant la Gaudeloupe, La Martinique, Mayotte. Au final, année après année,
la grippe sous toutes ses formes provoquent pus de 10 000 décès en France.
Cannabis contre Parkinson
C’est un centre d’excellence pour les maladies neurodégénératives, Dhune à Marseille, en partenariat avec France Parkinson qui va lancer une double étude, sur l’animal et l’homme (si l’autorisation est acquise).
Une première va se concentrer sur les effets du tétrahydrocannabinol (THC) et le cannabidiol (CBD) chez le rat, sous la conduite du professeur
Alexandre Eusebio (pôle neurosciences cliniques de l’Assistance publique Hôpitaux de Marseille. Mais c’est à La Timone que les tests porteront sur l’homme si les autorités finissent par admettre que l’expérimentation sera sans danger pour les cobayes cette fois humains.
Pubertés précoces : alerte ?
Porter un soutien-gorge à 12 ans ? Ce n’est plus si rare selon certains médecins. Mais le constat est-il objectif ? « On a l’impression que davantage de filles viennent consulter pour
ce problème », s’avance Olivier Puel, pédiatre, endocrinologue, cofondateur de l’Association française des pédiatres endocrinologues.
Un phénomène qui toucherait aussi les mecs, quoique beaucoup plus rarement (Santé Publique France avance 1 173 filles contre 117 cas garçons, or l’enquête en question se fonde uniquement sur le nombre des prescriptions liées à cette anomalie, sans tenir compte des cas non diagnostiqués). Il faut attendre une étude sur dix ans (2007-2017). D’autant plus que le seul critère de la première épidémiologique ne retient que la poussée des seins. Causes possibles ? Multiples et controversées.
De l’obésité précoce aux perturbateurs endocriniens. Principal inconvénient, la gêne
suscitée, quand les copines (et l’enfant elle- même) jouent encore à la poupée...
Levez-vous !
Santé publique France s’attaque à la sédentarité. Définition : rester assis toute la sainte journée, par exemple au bureau. Le quatrième facteur de décès dans le monde. Vous lever de ce siège de temps en temps allonge votre espérance de vie. Alors vous qui lisez assis(e), stand up ! La même agence pèse votre viande avec cette recommandation très précise : 500 grammes de viande par semaine – l’équivalent de trois ou quatre steaks quand même. La volaille se révèle moins nocive pour la santé.
Des milliards de cigarettes en moins
Hausse continuelle
du prix et politique publique
anti-tabac
commencent à faire décrocher
les accros à la nicotine : les ventes de cigarettes en France ont reculé de 9,32 %, en volume, en 2018, selon Logista France qui livre presque tous les points de vente.
fée, bruit, mais tout autant télé, smartphone, jeux vidéo un peu violents, irrégularité des heures de coucher et de lever et... siestes), les méthodes douces – relaxation, phytothérapie, sophrologie – sont les bons recours avant les som- nifères, à proscrire. Mais la mise en place d’un « rituel » moins coûteux et moins contraignant pourrait peut-être favoriser l’en- dormissement.
tit progressivement, il existe de bonnes chances, affirment les in- venteurs, que vous vous endormiez 2,5 fois plus vite que d’ordinaire. Les résistant/es disposent d’un cy- cle de 20 minutes.
Livlab, créateur du Dodow (moins de 50 euros), lancé en 2015, revendique 500 000 endormis, 1600 points de vente et se diffuse à 80 % sur le marché américain. Om
  ecoreseau.fr mars 2019 | 79
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[ Assurance vie, pourquoi elle conserve sa pertinence
 Baromètre finance & marchés
Baromètre patrimoine & fiscalité L'assurance vie
L'analyse technique des valeurs broursières
p. 81 p. 83 p. 86 p.90
 finance/patrimoine
80 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[ BAROMèTRe
finance & marchés
vie privée
    bons plans
matières premières : le palladium bat tous les records
La hausse du palladium semble irréfragable. En décembre 2018,
le cours de ce métal blanc avait dépassé celui de l’or. Depuis, les records se multiplient. Mi-février 2019, il s’échangeait à 1 200 dollars l’once après avoir dépassé 1 400 dollars en janvier. Du jamais vu. Après un passage à vide en août 2018, son prix s’est envolé d’environ 70%. Même si les trois quarts de la production de palladium sont utilisés par l’industrie automobile, son cours ne semble pas affecté par le ralentissement des ventes de véhicules. Il entre dans la fabrication des pots catalytiques des moteurs à essence, ceux des voitures hybrides et se montre beaucoup plus recherché que
le platine, qui lui, intéresse la fabrication des moteurs diesel...
sCPI:4,35%de performance en 2018
Le grand public reste aimanté par
les SCPI même si la collecte a cédé par rapport à 2017 (chiffres de l’IEIF et l’Aspim*). Leur rendement demeure attractif (+ 4,35% en moyenne) à 5,11 milliards d’euros d’épargne en 2018. Après le
record de six milliards d’euros d’investissement en 2017, la collecte des sociétés civiles de placement immobilier (SCPI)
a ralenti en 2018. La collecte
nette relayée par l’Institut et l’Association a atteint 5,11 milliards d’euros en 2018. La progression de la capitalisation totale des fonds sechiffreà4,6%surunan(70 milliards d’euros à fin 2018).
*Respectivement Institut de l’épargne immobilière et foncière et Association française des sociétés de placement immobilier.
   experts
Syz AM s’intéresse aux actions émergentes
 L’asset manager spécialisé a pointé en focus que « les actions des marchés émergents ont été à la peine en 2018, mais cette tendance pourrait être sur le point de changer », estime Syz. Causes : l’atténuation du diffé- rend commercial entre la Chine et l’Amérique, la conciliation de
la Réserve fédérale et la baisse des cours du pétrole. L’ex- pert y voit autant « catalyseurs positifs » pour la classe d’actifs. D’où la mise en avant d’opportunités «assorties de décotes attractives dans l’univers des actions émer- gentes, notamment en Chine, au Brésil et en Russie». «Les actions émergentes nous paraissent attrayantes au regard de leurs niveaux survendus actuels sachant que des catalyseurs positifs se dessinent.» (Zafar Shoaib, se- nior analyst). n
 Morgan Stanley prudent sur les actions européennes
«Matthew Garman et Graham Secker chez Morgan Stanley ont réduit leur prévision de croissance du béné- fice par action pour les sociétés européennes en 2019, de 4% à 1%», relève Le Revenu sous la plume de Romain Dion. Les analystes de Morgan Stanley pour 2019 esti- ment les anticipations de profits généralement prévus dans l’automobile, l’énergie, la banque, le luxe et l’Inter- net trop optimistes, mais ils se montrent positifs du côté des biens de consommation, de la pharmacie et des télé- coms. Même si les anticipations trop optimistes (+ 8 % sur les bénéfices) sont à méditer, l’effet de la baisse des
profits sera intégré dans les cours de Bourse. Objectif sur le MSCI Europe: 1 500 points fin 2019 (5% sous le ni- veau aujourd’hui). Toujours pour Morgan Stanley, «les valorisations actuelles traduisent les plus fortes baisses de rentabilité des fonds propres attendues dans l’auto- mobile, l’immobilier, les banques et les semi-conduc- teurs ». Autre phénomène : le rebond des actions sensi- bilise le marché aux mauvais signaux (le PER prospectif a gagné un point en un mois, de 11,7 à 12,7). En cas de signes positifs, l’appréciation des cours suivra. n
Actions : Cholet Dupont prend quelques bénéfices
Vincent Guenzi, stratégiste de Cholet Dupont, reste neutre à court terme sur les actions tout en réduisant leur pondé- ration de 51,1 % à 47,8 %. L’analyste remarque que les places financières ont regagné en janvier le terrain perdu en dé- cembre. «L’ampleur du rebond des marchés a égalé l’excès de la baisse. Il a été déclenché par l’inversion des motifs qui avaient provoqué cette dernière. Aujourd’hui, les va- lorisations des marchés se sont à nouveau ajustées aux perspectives réduites de l’activité. Les risques qui pèsent sur celle-ci sont encore nombreux, ce qui justifierait que les Bourses fassent au moins une pause. En revanche, la Fed, par sa patience, et Donald Trump, par son empresse- ment à calmer le jeu quand les marchés s’inquiètent, sont
peut-être devenus les alliés
des investisseurs. Le risque de
fort repli des marchés a sans
doute diminué. Compte tenu
du calendrier des prochaines
semaines et des signaux miti-
gés sur la croissance, des op-
portunités d’achat pourraient
se présenter avec un moindre
risque qu’au début de l’année.
Nous restons encore prudents
à court terme mais le niveau de confiance est remonté.» n
                                                             AXA IM : cap sur les actions américaines et émergentes
Axa IM conserve appétit modeste pour le risque, tout en continuant à surpondérer les actions américaines et émer- gentes. Les valorisations ne sont plus un obstacle sur le marché américain et les marchés émergents sont devenus une alternative sérieuse à moyen-long terme. Plus impor- tant encore, les prudentes perspectives macroéconomiques du gérant sont compatibles avec des rendements modes- tement positifs, soutenus par les bénéfices, et ceci malgré
ses attentes d’une nouvelle baisse du ratio de P/E. Le prin- cipal changement ce mois-ci vient du retour à neutre de son exposition au crédit euro IG, l’élargissement passé des spreads offrant désormais des valorisations plus raisonna- bles. Axa IM augmente aussi notre exposition à la dette émergente avec une Fed au ton plus accommodant, moins de pression du dollar et, là aussi, des valorisations plus at- tractives. n
 ecoreseau.fr mars 2019 | 81
]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
finance & marchés
     Spéculons !
Pernod ricard s’offre un petit remontant
Le bureau d’études Berenberg a substitué à son précédent « Conserver » le conseil d’acheter l’action Pernod Ricard. Objectif de cours : de 138 à 204 euros (soit une hausse possible de
35 %). Selon l’analyste, « depuis qu’il a pris une participation en fin d’année dernière, le fonds d’investissement activiste Elliott Advisors a souligné l’écart de marge opérationnelle entre Pernod Ricard et Diageo, et a aussi formulé des propositions pour le réduire ».
 152
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      22/01 30/11
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  Le chiffre
606Soit la collecte des fonds ouverts au public et des ETP
en 2018 selon la septième édition du Global Fund
Flows Report publiée par Morningstar. Il s’agit de son plus faible niveau depuis 2011. En 2017, ils avaient atteint
2 000 milliards de dollars. Les fonds monétaires ont enregistré leur meilleur
résultat depuis 2008 avec des entrées nettes de
331 milliards de dollars. « Dans un environnement de correction des marchés actions et d’inquiétudes sur les marchés du crédit, l’aversion au risque a
été particulièrement évidente vis-à-vis des fonds obligataires », a commenté Kevin McDevitt, analyste auteur du rapport.
 milliards de dollars
   analyse
Newton IM anticipe une pression supplémentaire sur l’économie chinoise
  Selon Paul Flood, gérant de portefeuille multi-asset chez Newton Investment Mana- gement cité par le site zone- bourse, « les marchés actions ont chuté suite aux craintes qu’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine ne soit finalement pas signé avant le 1er mars, échéance après laquelle les États-Unis aug- menteront les tarifs douaniers
sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises de 10 % à 25 % ». D’où, pense-t- il, la survenue d’une pression supplémentaire sur une éco- nomie chinoise déjà faible et une augmentation des prix pour les consommateurs et les entreprises aux États-Unis. L’administration américaine ne se laisse pas attendrir par la promesse chinoise de stimu-
ler les achats de biens améri- cains et veut mettre un terme aux transferts de technologie forcés et aux subventions in- dustrielles versées par l’État chinois aux entreprises natio- nales. Le bras de fer semble inéluctable. « Les obligations ont rebondi au fur et à mesure que les investisseurs ont pris en compte l’impact que ces tarifs sont susceptibles d’avoir sur l’économie mondiale », écrit zonebourse. Les décisions d’investissement des entre- prises seront gelées sans doute jusqu’à la fin des tractations. L’analyste estime que les entre- prises pourraient même sup- primer des emplois, rentabilité oblige. « Les derniers rebon- dissements nous rapprochent encore plus d’une récession américaine auto-infligée.» n
82 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[ BAROMèTRE
patrimoine & fiscalité
vie privée
    vision
Cybercriminalité : les Français s’en inquiètent
«Près d’un Français sur 4 connaît une victime d’attaque ciblant
des données confidentielles ou sensibles – de surcroît, 78 %
des Français considèrent une potentielle attaque contre leurs données personnelles comme
un événement « hautement stressant », révèle l’édition 2019
du baromètre des cyberrisques d’Europe Assistance. « 60% des sondés se disent très préoccupés par les paiements et achats en ligne, tandis qu’un sur deux s’inquiète pour la sécurité de leurs enfants et craigne une usurpation d’identité. Pourtant, seulement
un tiers des Français (32 %) déclarent modifier fréquemment leurs identifiants, mots de passe
et certificats numériques. Plus alarmant, si la majorité d’entre eux révèlent disposer d’une solution antivirus ou antimalware sur leur ordinateur, moins de la moitié déclarent utiliser un service similaire sur leur smartphone ou sur leur tablette. Cette statistique est particulièrement inquiétante dans la mesure où désormais, plus de la moitié du trafic Web mondial passe par ces supports.
La moitié (48 %) des répondants français disent ne pas savoir comment gérer une éventuelle compromission de leurs données personnelles. Ce qui explique pourquoi un nombre similaire de Français (47 %) déclarent
ne pas avoir un sentiment de contrôle sur les informations
en ligne les concernant. Et 51% des Français pensent que les entreprises et les institutions n’en font pas assez pour protéger leurs données personnelles. Source : EuropAssistance.
   Focus
Exclure les armes controversées
 des indices conventionnels
Plus de 140 gestionnaires d’actifs, investisseurs, gérants de fortune et fournisseurs de services financiers du monde entier, 6 800 milliards de dollars de fonds investis, font front commun pour demander aux four- nisseurs d’indices de retirer les armes controversées des indices conven- tionnels (armes de destruction mas- sive – bombes nucléaires ou agents chimiques de guerre et armes classi- ques – à sous-munitions, mines anti- personnel). La lettre ouverte, envoyée à des représentants de FTSE Russell, Morningstar, MSCI, S&P Dow Jones Indices et Stoxx, a également été pu- bliée dans le Financial Times», la Neue Zürcher Zeitung et Le Temps, avec la liste des signataires appelant les four- nisseurs d’indices à agir. L’investissement dans des sociétés liées à des armes controversées est d’ores et déjà contraire à certaines conventions internationales et régle-
mentations nationales. Mais les in- dices conventionnels continuent à les inclure. Pour les investisseurs actifs qui utilisent des indices de référence standard, exclure ces sociétés signifie exposer les portefeuilles à des erreurs de suivi supplémentaires, ainsi qu’à un surcoût. Quant aux investisseurs passifs, ils n’ont, pour le moment, sou- vent pas le choix, car leurs stratégies
répliquent en grande majorité les in- dices traditionnels, sans possibilité d’exclusion.
Aujourd’hui, les investisseurs qui sui- vent les indices conventionnels contri- buent tous au financement de sociétés impliquées dans les armes controver- sées, assure Swiss Sustainable Finance. © Zonebourse
   bons plans
 Livret a, surprenante valeur refuge
Malgré un taux historiquement bas, le Livret A a enregistré en janvier 2019 une collecte nette de 4 milliards d’euros, meilleur chiffre depuis le mois de janvier 2013. Grâce à ce résultat, en janvier, l’encours s’est élevé à 287,8 milliards d’euros, ce qui constitue un nouveau record. «Des facteurs structurels expliquent le résultat du mois de janvier sur lequel se greffent des raisons de nature plus conjoncturelle», commente le Cercle de l’Épargne. Côté conjoncture, le dédié à l’épargne, la retraite et la prévoyance estime que la crise des gilets jaunes a eu un double effet : «L’augmentation des revenus et donc des capacités d’épargne à travers le versement des primes défiscalisés et le report des dépenses en raison du blocage des centres-villes et des centres commerciaux.» Les Français épargnent volontiers en fin d’année
– primes et des 13e mois. Abonder
les Livrets A de ses enfants et de ses petits-enfants n’est plus vraiment un réflexe, il n’empêche que la collecte de janvier s’en ressent. Une valeur refuge, le Livret A ? L’on dirait bien.
Une location saisonnière sur Internet, ça s’assure!
Les vacances aux sports d’hiver impliquent souvent pour les
Français des locations de maison ou appartement. Selon les chiffres de L’UNPLV (Union nationale pour la promotion de la location de vacances), en 2017, les logements de tourisme proposés par des particuliers à travers les principales plates-formes en ligne représentaient 31 millions de nuits. Mais louer un logement pour les vacances ou mettre temporairement en location sa résidence principale amène son lot de sinistres ou dégradations. Certaines plates-formes de location saisonnières proposent à leurs
utilisateurs des assurances dont la couverture peut grimper jusqu’à 800 000 euros, observe le site Internet. La garantie Hôte d’Airbnb ou l’assurance offerte par 9flats.com protège les propriétaires contre des dommages causés à leurs biens personnels ou
leur immeuble par le voyageur ou l’un de ses invités. «Néanmoins, précise Meilleureassurance.com, des exceptions existent, comme les actes intentionnels (vols, dégradations, etc.) ou tous les dégâts sur les parties communes.» «En cas de vols ou
de dégradations de votre mobilier ou de vos biens, la garantie Hôte ne prendra pas en charge votre sinistre. De la même manière, si des dégâts, même involontaires et causés par les voyageurs accueillis ou leurs invités concernaient les parties communes, vous devrez entièrement prendre
à votre charge le préjudice», alerte Christophe Triquet, directeur assurance de Meilleurtaux.com.
 ecoreseau.fr mars 2019 | 83
]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
patrimoine & fiscalité
      0%
-10%
-20%
     Spéculons !
  +30%
miser sur les domaines en croissance
Créé en 2011 par Alice Lhabouz, Trecento AM s’est rapidement fait un nom dans l’univers des « petites boutiques » françaises de gestion d’actifs. Son leitmotiv : investir sur des thématiques structurellement en croissance comme la santé ou les nouvelles technologies. Le fondsTrecento Robotique est un parfait exemple de la stratégie du gérant. Ce fonds mise sur les sociétés exposées
au secteur de la robotique (notamment les concepteurs/assembleurs de robot
et leurs équipementiers fournisseurs de composants, matériel, matière, traitement des données, logiciels ou autre service). Pour l’instant, le pari est gagnant. Depuis sa création il y a un peu plus de deux ans, le fonds affiche un gain de plus de 15% contre moins de 8% pour le CAC 40.
Source : Trecento Asset Management, performance du 22 février 2019
 -30% mar 18
mai 18
Juil 18
sep 18
Nov 18
Jan 19
   Optimisation
En montagne,
à quelle altitude acheter ?
Faut-il privilégier les stations d’altitude pour anticiper les effets du changement climatique sur l’enneigement? Selon Oli- vier Builly, l’un des deux fondateurs de Cimalpes, il serait judicieux d’investir en moyenne montagne dès lors que l’achat est bien réfléchi. Selon lui, le critère de l’al- titude est « important mais non décisif ». Les stations d’altitude qui ont aujourd’hui le vent en poupe sont aussi celles qui dis- posent d’une offre immobilière en adéqua- tion avec la demande, c’est-à-dire des biens qui proposent du cachet, du volume et un minimum de deux, trois, voire quatre chambres et plus. Val d’Isère, Méribel et Courchevel, qui combinent altitude et immobilier en cours de renouvellement, attirent énormément, mais ce n’est pas toujours vrai de stations d’altitude équi- valente qui n’offrent pas un immobilier de même standing. À l’inverse, certaines stations-villages situées à une altitude moindre gardent une forte cote auprès des investisseurs. Grâce à leur cachet et leur charme, elles vont la garder longtemps,
indépendamment des enjeux du change- ment climatique.
Dans ce cadre, souligne Olivier Builly, Megève (1 100 m), Courchevel Le Praz (1 300 m) et Saint-Martin-de-Belleville (1 400 m) notamment, sont très recherchées, tant par la clientèle française que par l’in- ternational. La raison : un cachet intempo- rel et un art de vivre de qualité. Alors que certaines stations d’altitude ont du mal à rester animées en-dehors de l’hiver, Cour- chevel Le Praz, Megève et Saint-Martin- de-Belleville sont pour leur part vivantes à l’année: non seulement l’été mais aussi le printemps et l’automne. Évidemment très important, le ski n’est pourtant qu’une composante de leur attractivité et les conditions d’enneigement une question d’autant plus secondaire que la neige de culture a beaucoup progressé, de même que les techniques de damage et le travail des pistes en intersaison. L’inquiétude est vraiment à nuancer car ces destinations offrent des domaines où l’on a toujours skié dès le mois de décembre. n
Le chiffre
 1 370
milliards de dollars
le nouveau record atteint par les dividendes mondiaux en 2018, selon le dernier rapport de Janus Henderson.
    84 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                                                                  VOS CONCURRENTS SONT PARTOUT. NOUS AUSSI.
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]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
patrimoine
  L’assurance vie : contre vents et marées, c’est oui
De nombreuses voix prédisent la fin du règne de l’assurance vie, le placement préféré des Français. Ah bon ? Il semble pourtant avoir encore de beaux jours devant lui.
taines situations! Bref, l’assurance vie n’est plus un rempart contre l’inflation.
Face à cette situation inédite, les assureurs pensaient avoir trouvé la parade en proposant des assuran- ces vie dites multisupports, c’est-à- dire dotées d’une palette d’options, outre le fonds en euros qui est ga- ranti. Ces nouvelles options ne sont pas libellées en euros mais en « uni- tés de compte» (UC), c’est-à-dire en parts de fonds, le plus souvent actions. Las! Après une très belle année 2017, les principaux mar- chés actions ont souffert en 2018. Le CAC 40 a par exemple chuté de près de 11 %, soit sa plus mauvaise performance depuis 2011. Le mois de décembre a été particulièrement éprouvant avec une chute de plus de 5 %. Les épargnants ne s’y sont pas trompés. Le mois de décembre a été marqué par une décollecte de 600 millions d’euros. C’est le seul mois de l’année 2018 à avoir connu un résultat négatif. Il fallait remon- ter au mois de novembre 2017 pour enregistrer un recul de la collecte. La baisse des marchés financiers au cours du dernier mois de l’année a clairement dissuadé les ménages à investir sur des produits au capital non garantis.
Alors, l’assurance vie est-il un placement fini, comme le clame Nicolas Kert, directeur général de Novaxia Asset-Management? Pour lui, l’épargnant n’a proba- blement plus d’autres choix que de renoncer au diktat de la liquidité ou du capital garanti! C’est la condi- tion aujourd’hui pour retrouver des rendements réels satisfaisants. En prêchant pour sa paroisse, le spécialiste recommande l’im- mobilier, la spécialité du groupe. «J’y vois deux vertus. La première consiste à allier sens et rentabilité. Le sens à travers une thématique
Malgré des taux très bas, l’assurance vie a, contre toute attente, « assuré » en 2018 !
du prélèvement forfaitaire unique et de la volatilité des marchés. Les unités de compte ont représenté sur l’ensemble de l’année plus de 28 % de la collecte qui a atteint 140 milliards d’euros. Bien connue des épargnants, l’assurance vie a capitalisé sur ses atouts, la garantie en capital, facteur de sécurité, son importante liquidité et sa souplesse de gestion. Choisie par 42 % des ménages, elle reste le placement des classes moyennes, des classes aisées et des plus de 45 ans.
2018, un bon cru
Mais, pour combien
Toujours en 2018, pour la première fois, le rendement moyen servi par les fonds en euros des contrats
Choisie par 42 % des ménages, l’assurance vie reste le placement des classes moyennes, des
classes aisées et des plus de 45 ans.
  L’année a même été qualifiée de
le think tank
« bon cru » par
de l’Épargne. Elle a donc confor- té, l’an dernier, sa place de premier placement des Français avec un encours de 1 700 milliards d’euros, en croissance de 1 % par rapport à fin 2017. La collecte nette 2018 s’est élevée à 22,4 milliards d’euros selon la Fédération française de l’assu- rance. C’est le meilleur résultat de- puis 2015. Contrairement aux pré- visions, l’assurance vie n’a pas pâti de la diminution du rendement des fonds euros, de la hausse de l’infla- tion pas plus que de l’introduction
Cercle
 de temps ?
d’assurance vie devrait se montrer négatif une fois l’inflation dé- duite... En clair, avec une inflation à 1,8 % et des rendements moyens autour de 1,6 % selon Good Value for Money (un cabinet d’analyse spécialisé sur l’assurance vie), un investissement de 1 000 euros en contrat d’assurance vie à capital ga- ranti aura fait perdre 2 euros nets à son épargnant. Mais une fois la fiscalité prise en compte, cet écart risque d’atteindre 8 euros dans cer-
rare et socialement utile, le déve- loppement et la transformation en d’autres usages, la rentabilité, avec des objectifs de performance supérieurs aux placements sans risque. À condition de renoncer à la liquidité immédiate et assumer une perte en capital potentielle. La seconde, c’est que dans un contexte souvent d’instabilité des marchés,
 86 | mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[                                 Vous allez prendre goût à l’assurance vie nouvelle génération
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L’investissement sur les supports en unités de compte supporte un risque de perte en capital puisque leur valeur est sujette à fluctuations à la hausse comme à la baisse dépendant notamment de l’évolution des marchés financiers. L’assureur s’engage sur le nombre d’unités de compte et non sur leur valeur qu’il ne garantit pas.
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comme
vous l’aimez
                         ]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
se tourner vers des actifs tangibles comme l’immobilier permet d’en retrouver un peu, de la stabilité », indique Nicolas Kert.
L’assurance vie s’inscrit obligatoirement dans une stratégie patrimoniale
Si cette analyse fait bien sûr sens, elle ne concerne pas les épargnants français toujours à la recherche d’un placement rentable, garan- ti et liquide à tout moment (outre la fiscalité très avantageuse pour l’héritage). « Malgré les vents
patrimoine
anodins et qui peuvent, à long terme, s’assurer d’un complément de retraite sans fiscalité », rappelle le CGP.
Bien sûr, il ne faut pas faire n’im- porte quoi, surtout en ces temps tourmentés. Le professionnel, comme beaucoup de ses confrères, prône la diversification, c’est-à- dire le panachage au sein d’un même contrat de fonds en euros, d’actions, et surtout d’immobilier. «Tout dépend de votre horizon de placement. Plus il est court, deux ans par exemple, plus la prise de risque doit être faible. En revanche,
  Placement fini ? L’épargnant n’a probablement plus d’autres choix que de renoncer au diktat de la liquidité ou du capital garanti.
nommés « pierre-papier », offrent d’investir dans des immeubles de bureaux, commerces, logistiques ou spécialisés, avec beaucoup plus de flexibilité qu’en achetant direc- tement un bien. «Il existe des SCI qui offrent des rendements attrac- tifs. L’épargnant capitalise chaque année dessus. En outre, le risque est faible. Un investisseur qui a ac- quis de la pierre en 1989 a traversé quatre crises... et pourtant, il est aujourd’hui toujours gagnant. » Au vu du prix de l’immobilier à Paris, on le croit sans peine.
Les charmes de la pierre
Patrick Janel, responsable de la gestion privée Equance, un cabi- net de conseil en gestion privée internationale, conserve lui aus- si toute sa confiance dans l’as- surance vie. « La fiscalité de ce support reste particulièrement avantageuse, notamment en ce qui concerne l’imposition des plus-values et l’aspect successoral, rappelle-t-il. Cependant, l’objec- tif premier, c’est de capitaliser. Dans le terme « assurance vie », il y a « vie ». Pour dégager du rende- ment, il faut faire vivre son contrat, assurer des dépôts, prévoir des retraits, modifier son allocation d’actifs », explique le profession- nel. Selon lui, l’épargnant doit bien comprendre la volatilité des marchés et ne pas hésiter à porter la part de son contrat en unités de compte à 60 %. «Les marchés ac- tions doivent être considérés dans la durée: à long terme, le couple rendement-risque de l’investisse- ment en actions reste l’un des plus intéressants. » Comme beaucoup de ses confrères/sœurs, il recom- mande de diversifier cette poche entre plusieurs classes d’actifs sans omettre l’immobilier. « Les SCPI protègent contre la volatili- té des marchés financiers tout en servant une rentabilité très cor- recte », souligne Patrick Janel.
Bouger pour gagner, tel pour- rait s’énoncer également la devise de Nalo. La fintech promet une gestion sur-mesure, en fonction des besoins du client. « Un épar- gnant est à la fois prudent et dy- namique. Notre allocation d’actifs est construite autour d’objectifs – achat de son propre logement, re- traite, etc. – et de durées de place- ment préalablement bien définis », indique Guillaume Piard, cofon- dateur du groupe. Dans ce cadre, bien identifier le client est essentiel. « Une épargne dédiée à l’achat de sa résidence principale dans trois ou quatre ans ne peut être sem- blable à celle conçue pour préparer sa retraite dans trente ans, même si elle exige de maîtriser le risque dans le temps, donc de sécuriser progressivement son portefeuille au fur et à mesure que l’échéance de la retraite approche », souligne Guillaume Piard.
Longue vie
aux fonds en euros
Au final, faut-il jeter aux orties les fonds garantis ? Bien sûr que non, répond Antoine Delon, président de Linxea, une société spécialisée dans l’épargne en ligne. « Notre fonds en euros bien-aimé a tiré son épingle du jeu en 2018. Si on peut lui reprocher de ne plus coller qu’à l’inflation, il reste la fondation saine d’une allocation d’actifs et, quoi qu’on en dise, elle représente un atout incroyable pour tous les épargnants français, affirme-t-il. Au lieu de pousser l’épargnant à choisir entre plusieurs placements à risques, laissons-le choisir li- brement son fonds en euros – la colonne vertébrale de son alloca- tion d’actifs. Il pourra ensuite y rattacher des supports en unités de compte plus risqués. » Le fonds en euros est le principal allié de l’épargnant mais également de l’assurance vie : longue vie à lui ! » PIErrE-JEaN LEPaGNOT
   adverses, l’assurance vie s’inscrit obligatoirement dans une stratégie patrimoniale », assure Christophe Decaix, conseil en gestion de patri- moine du cabinet 2B Patrimoine. « C’est un outil qui comporte des avantages fiscaux loin d’être
sur un horizon de dix ans, voire vingt ans, rien n’interdit de prendre des risques. »
Christophe Decaix apprécie, de manière mesurée, les SCPI et OPCI, c’est-à-dire les fonds investis en immobilier. Ces produits, sur-
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mars 2019 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[                                   Cimalpes Méribel vous présente en exclusivité la résidence Le Parc Alpin. Elle bénéficie d’un emplacement idéal à deux pas des pistes de ski et de toutes commodités. Chaque appartement dispose d’une belle distribution et de généreux volumes associés à des prestations haut de gamme à la décoration contemporaine et raffinée. Prix : à partir de 710 058 €
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]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
patrimoine
 Analyse technique des valeurs boursières
Un pouvoir prédictif
Cette analyse technique privilé- gie le psychologique dans l’achat ou la vente. D’où l’importance de l’identification des « com- portements récurrents (peur, euphorie, cupidité...)». à partir desquels l’on est supposé prévoir, en s’appuyant sur l’historique des cours, les mouvements à venir d’une action.
Chéron le confirme: «L’analyse technique est l’étude de l’évolution de l’offre et de la de- mande d’un actif financier à par- tir de sa représentation graphique et ce, dans le but de prédire son évolution future. »
Un point de vue partagé par Ra- phaël Klemm, Growth director de Trading View France, plate-forme de trading: «Il s’agit d’anticiper les fluctuations de la Bourse par le biais de graphiques, de lignes et de points de repère car on part de l’idée que les “tracés” sont en corrélation directe avec l’évolu- tion du marché réel. »
Selon l’expert, l’analyse tech- nique ne se valide qu’en com- binaison avec l’analyse fonda- mentale. Compte tenu de tous les outils dont on dispose, no- tamment sur le site TradingView, elle offre une très bonne source d’information. « Il existe de nombreuses théories et métho- des d’analyse technique qui se recoupent ou se contredisent. à chacun de choisir celle qui a sa préférence. C’est en tout cas une analyse sur laquelle les traders ne peuvent pas faire l’impasse au quotidien », affirme Raphaël Klemm.
Mais l’exercice connaît ses li- mites. On connaît la claque du 2 février 2018 quand les inves- tisseurs endormis par le cou- rant haussier américain se sont
Indispensable mais pas suffisante
 Analyste technique vs analyse fondamentale, c’est un peu la querelle des Anciens et des Modernes transposée dans le monde de la finance. Souvent décriée et critiquée, la méthode empirique qu’est l’analyse technique (étude de graphiques et d’indicateurs techniques) souffre du manque de fondements scientifiques. Ses détracteurs n’en nient pas pour autant son utilité dans le processus de prise de décision.
Nicolas Chéron, res- ponsable de la Re- cherche marchés pour Binck.fr, le rappelle
dans ses fiches pédagogiques dis- ponibles sur Internet : l’analyse technique, « pratiquée à l’origine par les Japonais au xviiie siècle pour prévoir l’évolution des cours du riz, a été remise au goût du jour au xxe grâce aux travaux de Charles Dow, cofondateur du Wall Street Journal – il donnera son nom à l’indice phare amé- ricain. Il définit l’importance de la notion de timing et de ten- dance dont la théorie repose sur trois piliers : le prix d’un actif financier qui prend en considé-
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ration toutes les informations de marché à un instant T (données fondamentales, risques écono- miques et géopolitiques, psycho- logie des opérateurs), les cours qui suivent des tendances identi- fiées à l’aide d’outils et d’indica- teurs, puis les figures graphiques qui, elles, reflètent la psychologie humaine et se répètent dans le temps. [...] Aussi, l’analyse des graphiques permet-elle l’identi- fication de points clés, de retour- nement ou d’accélération, aidant l’investisseur à mieux gérer son timing et à optimiser son risque rendement/gain. Ce que l’analyse fondamentale ne permet généra- lement pas. C’est une boussole de
Nicolas Chéron : « C’est une boussole de performance, surtout en période de grande volatilité. »
   performance, surtout en période de grande volatilité », souligne Nicolas Chéron.
La révolution de la méthode signée Ralph Nelson Elliott à la fin des années 1930 (les «va- gues d’Elliott ») l’a généralisée. Cette analyse dite graphique (chartiste) « intègre désormais de nombreux outils empruntés aux mathématiques et à la science », écrit Nicolas Chéron.
réveillés au son de l’envol d’une volatilité jusqu’alors atone. Plus de perspectives à la hausse en quelques séances. « Ce ne sont pas tant les fondamentaux éco- nomiques qui ont changé en 24 heures, mais bien la percep- tion des opérateurs. Or, dans ce type de situation bien particu-
 ]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[                                                                 Professionnelle, Intuitive, Puissante. La Plateforme
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]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
patrimoine
  Nabil Berouag : « Avec l’analyse technique, on peut prévoir une tendance, mais il ne faut jamais suivre aveuglément un graphique.
Si c’était si simple, ça se saurait. »
lière, il n’est pas nécessaire d’étu- dier les résultats des entreprises et les perspectives de croissance à moyen terme car le marché devient irrationnel et les mou- vements s’exagèrent. Un autre outil d’analyse est alors à privilé- gier : il s’agit bien évidemment de l’analyse graphique », conclut Nicolas Chéron.
Savoir garder la distance
Raison pour laquelle, Nabil Be- rouag, trader formateur chez Krechendo Trading, ne né- glige pas l’analyse technique... sans pour autant en devenir un fervent adepte. «L’analyse technique permet de mieux ap- préhender la psychologie des marchés. Quand nous avons détecté un point d’achat, nous confirmons notre impression en consultant le carnet d’ordres. S’il n’y a pas d’acheteur, on ne rentre pas sur le marché », ex- plique le professionnel. Selon lui, l’analyse technique est un bon outil, mais qui ne suffit pas à lui-même. « Grâce à elle, on peut prévoir une tendance, mais il ne faut jamais suivre aveuglément un graphique. Si c’était si simple, ça se saurait. » Pas de méthode miracle, donc. En cas de choc politique ou économique inat- tendu comme le Brexit, les ten- sions entre l’Italie et la France ou la décision de la Banque Na- tionale suisse d’abandonner un cours plancher, certains actifs à risque ont fait preuve d’une vo- latilité qui avait échappé à l’ana- lyse technique.
Daniel Gerino, président de Carlton Sélection, une société de gestion, utilise lui aussi l’ana- lyse technique, mais avec parci- monie. « Je m’intéresse surtout aux indicateurs de sur-achat ou de sur-vente et à la dynamique du marché que met en lumière cette méthode d’analyse. En clair, l’analyse technique est utile pour éviter de mettre un pied sur une pierre glissante. »
Les notions de « support » et de « résistance » sont dès lors essen- tielles. Elles partent du principe que les seuils historiques jouent un rôle clé. Les investisseurs qui se souviennent d’un point de retournement antérieur vont tenter de se positionner en anti- cipant une réaction de ce point. Chéron : « Si les prix approchent d’un support, les acheteurs s’en rappelleront et tenteront de prendre le dessus. Inversement, sous une résistance, les vendeurs
sortiront potentiellement du bois pour faire refluer les cours. » Pour autant, de moins en moins de gens spéculent en rai- son du renforcement des règles prudentielles, comme Bâle III. « À peine 10 % du marché actions est animé aujourd’hui par des analystes fondamentaux. Le mar- ché est en réalité rythmé par des programmes informatiques, ce que l’on appelle le trading à haute fréquence. Le danger dans ce cas est l’amplification des comporte- ments moutonniers. Avec cette technique, tout le monde risque d’acheter puis revendre en même
temps les mêmes actions. » Raphaël Klemm comprend les doutes suscités par l’ana- lyse technique. « Il m’arrive moi-même de douter parfois de l’analyse technique! Ne se- rait-ce que parce que, comme indiqué précédemment, il y a des théories contradictoires. Mais c’est également le cas pour l’ana- lyse fondamentale, les liens de cause à effet entre les événements de l’actualité et leurs répercus- sions sur l’économie ne font pas toujours l’unanimité au sein de la communauté des traders. » Pour l’analyste, il est tout à fait com- préhensible, en particulier pour des néophytes, de douter de cette méthode, car elle paraît moins tangible, moins explicable que l’analyse fondamentale. « Pour- tant tous les traders du monde, y compris les meilleurs, y ont systématiquement recours, et elle est fondée sur des études très
précises. »
Une boussole dans la tempête
Selon lui, l’analyse technique est très utile lorsque vous en- tendez « tout et son contraire » au sujet de l’évolution possible d’un actif, car elle intègre toutes les données historiques qui vous tendent le miroir du passé, en quelque sorte.
«Lorsque l’impact d’un évé- nement sur l’économie est incertain (va-t-il y avoir une levée de boucliers, ou au contraire un certain attentisme ?), il est bon de pouvoir observer les données de l’analyse technique qui ajoute du poids à votre inter- prétation, et donc à votre déci- sion. En observant les préceptes de l’analyse fondamentale, on peut déduire dans une certaine mesure la réaction psycholo- gique des traders à telle ou telle annonce ou actualité, et dès lors tenter de l’anticiper au mieux. » sYNTHÈsE PIErrE-JEaN LEPaGNOT
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mars 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[ expressions
tribunes libres
Témoignage : 8 millions d’aidant/es qu’ignore la France...
 suzana
sabino
Co-auteure de
Ma vie pour deux,
Arthaud
Sur un site de rencontres, je suis séduite par un homme au profil atypique, il est quadri-amputé. À presque
40 ans, maman de trois enfants, je décide de faire un bout de chemin avec lui sans imaginer que son destin va basculer. Cet homme, c’est Philippe Croizon qui, quelques mois plus tard, décide de se lan- cer dans un défi inconcevable : traverser la Manche à la nage. Durant deux ans, je vais tout sa- crifier pour lui permettre d’aller au bout de ses rêves, quitte à res- ter des heures transie dans le froid à l’observer nager. Depuis, mon nageur de l’extrême a enchaîné
les folies, dans l’eau, en reliant les cinq continents à la nage, sur terre en bouclant un Dakar en 2017. Mais au-delà de l’image héroïque façonnée par les médias, à quoi res- semble la vie avec une personne dé- pendante ? En rédigeant, avec Em- manuelle Dal’Secco, Ma vie pour deux, je lève le voile sur le quoti- dien de quelque huit millions d’in- visibles en France : les aidant/es ! Dévoués sans relâche à un proche âgé ou handicapé, sans droits ni considération, elles/ils renoncent souvent à eux-mêmes, au point de mettre parfois leur propre santé en danger.
Face à ce vide sidéral, je relaie trois priorités :
• La reconnaissance des aidants/es comme acteurs majeurs de la santé publique.
• La préservation de leur santé.
• L’instauration d’une re- lation bienveillante avec les professionnels de santé. Les autres pistes ne manquent pas : l’ouverture des droits financés, la rémunération du congé du proche aidant ou encore la reconnaissance de trimestres cotisés pour la re- traite.
En France, où le concept du care (le sentiment de bonheur censé habi- ter l’aidant/e !) tente vaguement de taire les mauvaises consciences, les dispositifs législatifs censés aider le handicap et les valides qui le subis- sent sonnent le creux : janvier 2016, la loi de l’adaptation de la société au vieillissement (sic), dite ASV, reconnaît le « droit au répit » des accompagnants. La belle affaire : 500 euros par an (quelques heures d’aide à domicile), mais pour les seuls bénéficiaires de l’APA (Allo- cation personnalisée d’autonomie). Quant à la loi de 2005 sur la situa- tion de handicap qui dénonce l’en- vironnement inadapté, elle est la
Prix à la pompe et risque des changes
promesse de
selle » sans cesse repoussée.
En 2080, les Français/es de plus de 85 ans seront 5 millions en France (1,4 aujourd’hui). Cette année-là, peut-être, handicapés et aidants seront-ils au centre d’un dispositif social en pointe dans le monde. Ou pas... n
Association française des aidants : www.aidants.fr
l’« accessibilité univer-
 sébastien
Oum
président d’Yseulis, plate-forme universelle de gestion des risques de change
Les prix du pétrole bais- sent ! Mais les prix à la pompe restent élevés... Faut-il accuser les taxes ?
Peut-être, mais il faut surtout comprendre le rôle joué par le ren- forcement du dollar américain.
Sur les marchés, le ralentissement de la croissance économique mondiale a deux conséquences : une baisse des prix du pétrole et une hausse du dollar. Le pétrole reste la matière première la plus utilisée dans l’économie. Si la croissance économique ralentit, la consommation de pétrole ralentit aussi. Dans le même temps, inquiets du ralentissement économique, les investisseurs retirent leur argent des actifs financiers les plus ris- qués pour le placer sur les actifs financiers les plus sûrs. Et l’actif perçu comme étant le plus sûr est aujourd’hui... le dollar américain ! Mais quel rapport avec les prix à la pompe ? Sur les marchés mon- diaux, les prix du pétrole sont li-
bellés en dollars. Aussi, la baisse des prix du pétrole en dollars est malheureusement contrebalancée par la baisse de la valeur de l’euro face au dollar. Autrement dit, le pétrole en euros ne baisse pas autant que le pétrole en dollars... Une entreprise doit comprendre comment se forme sa structure de prix et savoir comment celle- ci est affectée par les fluctuations du marché des devises. Pour ne pas subir ces fluctuations, les en- treprises doivent anticiper. De l’avis de Pasteur, « Le hasard ne favorise que les esprits préparés », l’heure est venue de dire à notre tour que les futurs soubresauts des marchés ne favoriseront que les entreprises les mieux prépa- rées!n
94 | mars 2019 ecoreseau.fr
© Claire Curt/Flammarion
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) est l’un des plus intéressants du marché s’il est réalisé dans une résidence services gérés, sélectionnée avec rigueur.
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 ]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[ Le monde de demain vu par un/une étudiant(e)
Cinq micro-nouvelles, cinq «projets» d’entreprise élaborés en quelques lignes par une équipe d’étudiant/es, en l’occurrence des deuxième année du master Grande école d’Excelia (groupe Sup de Co La Rochelle), formation spécialisée en management. Deux ont été impitoyablement éliminés car ils ne respectaient la longueur du pitch requise. Parmi les éligibles, ont été retoqués le concept CleanExpress et son spray antitache miracle pour
la mauvaise raison que la formule magique en question n’existe pas – sinon, il suffirait de «rêver» une formule magique pour n’importe quel produit – et Habitsetvous pour ses tenues de travail écoresponsables, peut-être peu susceptibles de séduire les entreprises... Reste Renov’et vous qui conçoit un service de vente immobilière sans doute inspiré du modèle Plaza: une agence qui prendrait en charge la rénovation avant
la vente pour maximiser les chances de vendre au bon prix. Une idée fort... télévisuelle !
      expressions
concours de micro-nouvelles
Renov’et vous : nous rénovons
et vendons à coup sûr
tous se retrouvent pour rire, pour pleurer, pour célébrer ou tout simplement pour être ensemble. Mais l’on recense des milliers de biens immobiliers invendus sur le marché français. Or ce véritable engagement sur la durée mobilise du temps, des ressources et une personnalisation propre à chacun. Seulement, le manque d’argent, de confiance et de connaissance du marché immobilier pousse régulièrement des vendeurs à sous-estimer leurs propriétés pour pouvoir vendre et partir rapidement sur un nou- veau projet. Nombreux sont aussi ceux qui ne peuvent accepter de baisser le prix et se retrouvent donc avec un bien invendu qui retarde considérablement leurs ambitions. Dans cette configuration, Rénov’ et vous propose une solution adaptée, personnalisée et clé en main. Nous investissons dans des travaux de rénovation et nous nous occu- pons de la vente tout en garantissant une plus-value foncière.
Ainsi, nous nous efforçons de préserver le havre de paix familial à notre façon tout en montant un concept gagnant-gagnant... n
NDLR: intéressant, à condition que le coût de la rénova- tion soit astucieusement maîtrisé pour conserver au bien un prix de vente de marché raisonnable...
ÀUn tour du monde plutôt qu’un CDI...
Jospeh Verbist et aymerick Viana
dirigeants putatifs de Renov’et vous
  Thibault
Cuénoud
La chaleur du foyer, la lumière tamisée, le charme serein ambiant, il n’est rien de plus agréable. Épicentre de la famille, le foyer est l’endroit où
Avis d’expert
 directeur
du Msc entrepreneuriat digital et création d’entreprises innovantes de La Rochelle Business School (Excelia group)
lire sa page LinkedIn, on comprend cherchent pas uniquement des créateurs aisément que Thibault Cuénoud d’entreprise, mais également des collaborateurs est enseignant-chercheur. Il publie. à même d’impulser des changements au cœur beaucoup. Économiste, il enseigne de la société. On parle d’entrepreneuriat. Les
depuis dix ans (du bac au bac+5), et depuis une nouvelles générations savent d’ailleurs que
Tous ont envie de créer leur entreprise ?
Pas vraiment. Pas tout de suite. Il n’est pas
rare d’entendre «on verra dans trois ou cinq ans». Ne mentons pas, créer sa boîte reste une expérience dure. Avoir la foi est indispensable.
Il va falloir mouiller la chemise. Être capable
de se constituer un réseau, de gérer un modèle économique, de solliciter des prestataires, de monter en compétences, d’avoir conscience de ses forces et ses faiblesses. Savoir tout faire.... La création d’entreprise est chronophage. Certains se risquent à se lancer pendant leurs études, mais gérer les deux de front n’est pas chose facile. D’ailleurs, pour mieux les accompagner et leur faciliter la tâche, pour ne pas mettre en péril leur activité, on va regrouper des cours pour leur libérer des demi-journées.
aux enseignants alors de s’adapter à cette génération d’entrepreneurs?
À l’instar de ce qui se passe dans les pays anglo- américains, charge à nous d’être plus flexibles pour des étudiants qui mettent directement en application ce qu’ils apprennent, de proposer du cas par cas. Les enseignants apprennent aussi énormément. On doit revoir nos modalités pédagogiques. Notre masse de travail augmente, mais notre métier devient plus riche.
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mars 2019 ecoreseau.fr
grosse année au sein de La Rochelle Business School (composante du récent Excelia group). Ses activités de recherche portent sur l’éco- nomie sociale et solidaire et les financements alternatifs (solidaire, éthique et participatif). Casquette supplémentaire: il a pris la direction du tout nouveau master of science (Msc) baptisé Entrepreneuriat digital et création d’entreprises innovantes, mis sur les rails en septembre 2018. Mais il sait passer de l’enseignement au concret. Pour preuve, la création en 2014 de la plate-forme jadopteunprojet.com, un site de crowdfunding dédié aux projets économiques du territoire pic- to-charentais. Bilan: 182 projets ont été soutenus en moins de cinq ans, avec 590 000 euros collec- tés. En 2019, cette activité va prendre de l’am- pleur, avec un développement d’une plateforme identique en Alsace.
Quel est l’intérêt de l’entrepreneuriat aujourd’hui ?
Le monde est en pleine mutation. Les organisations doivent changer. Elles ne
demain elles devront être force de proposition. Des compétences entrepreneuriales constituent un atout.
Quel est le profil de vos jeunes ?
On leur a tellement dit qu’ils devraient faire preuve de flexibilité, que la précarité serait de mise, qu’un contrat à durée indéterminée (CDI) ne les intéresse plus. Ou moins. La tâche est de plus en plus compliquée pour les entreprises. Entre ceux qui préfèrent des contrats à durée déterminée (CDD) pour bénéficier de la prime de précarité et enchaîner avec un tour du monde – on en compte quelques-uns –, ceux qui préfèrent multiplier les stages à l’étranger, plutôt qu’une alternance dans une seule entreprise... les profils changent. Ils sont dès lors davantage en attente d’interventions de professionnels, d’échanges avec un trentenaire qui a monté sa boîte, quitte à perdre de vue le recul qu’apporte un enseignant chercheur sur un sujet. C’est une autre génération. Parfois, je me sens vieux... [Thibault Cuénoud n’a pas encore 40 ans!].
]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[   « Femmes 2018 », Jane Bee
« Y’A PAS DE MÂLES ! »
Violences conjugales/Violences sexuelles/Ras le viol/wittoridiennes/Girl Power/ Meghan / Les promesses de l’âge/Fait maison
Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
Les héroïnes. Le 1er juillet 2018, «Simone Veil» devient la cinquième femme à entrer au Panthéon.
Fin septembre, Marceline Loridan-Ivens s’éteint. Cette té- moin de la Shoah, devenue plus tard réalisatrice, avait été déportée avec Simone Veil à Auschwitz.
Asia Bibi se cache depuis sa libération de prison, le 31 oc- tobre, pour échapper aux fanatiques. La Cour suprême du Pakistan l’acquitte du blasphème qui lui était reproché: être chrétienne et avoir pris de l’eau d’un puits interdit aux non-musulmans.
Les mères maudites du peuple rohingya vivent recluses, elles sont méprisées par leurs propres familles pour avoir donné vie à des enfants issus de viols commis par l’armée birmane.
Les femmes Yézidies tentent de se reconstruire, après avoir été les esclaves sexuelles des djihadistes de Daesh en Irak.
Des figures emblématiques. Le 19 mai, Meghan Markle épouse le prince Harry.
Kristina Bazan, l’une des influenceuses les plus suivies de la planète fashion beauty ferme son blog. Elle devient chan- teuse.
Jacline Mouraud, automobiliste de Ploërmel, signe une vi- déo «coup de gueule» contre les prix du carburant. Début novembre, sa vidéo virale devient l’un des déclencheurs de la protestation des gilets jaunes.
Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, se fait présente dans les débats médiatiques.
Des tendances clés . Les violences conjugales contre les femmes sont en hausse de 23%.
Après #metoo , c’est ras le viol : des dizaines de femmes et d’hommes manifestent dans les rues de Paris pour dénon- cer les violences sexuelles. Plus de 250 femmes sont violées chaque jour. Sur Twitter, les nouvelles féministes digita- les sont qualifiées de twittoridiennes. Rebecca Amsellem, fondatrice de la newsletter Les Glorieuses, émerge comme militante de la cause des femmes. Dans Grazia, une imam prône elle le féminisme islamique.
Rose McGowan, la tombeuse de Weinstein raconte dans son livre Debout comment elle a brisé l’omerta contre le plus puissant producteur de Hollywood. «#MeToo a-t-il rendu les hommes paranos?», se demande Le Parisien: quatre hommes sur dix affirment avoir changé leur com- portement au travail vis-à-vis des femmes.
On consomme autrement avec la «tentation du fait mai- son» pour les cosmétiques. On s’exclame «vieillir, quel bonheur» avec l’essai de Perla Servan-Schreiber Les pro- messes de l’âge. On regrette de ne pas trouver son Jules avec Marion Dumas et son livre Y’a pas de mâles. Que de contradictions ! n
le regard sémantique
expressions
ecoreseau.fr mars 2019 | 97
]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[ expressions
les mots de la fin
 [ bonne conduite ]
ne dites pas
«Je vais visiter de la famille»
dites «Je vais rendre visite à de la famille»
On visite un malade
ou un prisonnier mais on rend visite à ses proches (sauf si le proche est malade ou en prison, mais c’est une autre histoire).
Gare aux pléonasmes !
Ne dites pas
[ le mot de mars ]
Crétin
Chrétien en francoprovençal : compassion devenue péjorative (peu probable) ou
De l'allemand Kreidling, dérivé de Kreide, craie
(aspect blanchâtre des supposés fadas, peu probable)
ou
Le crétin est une personne qui, habitant sur les crêts, boit de l’eau trop pure, sans iode, d'où les pathologies du crétinisme (probable)
[ tout et soN contraire ]
       «Être sur un même pied d’égalité» DITES «Être sur un pied
Idées
d’égalité ».
[ le mot pas courant ]
adventices
Acaule
Adventice (adj.):
qui survient de dehors.
Des idées adventices, par opposition à des idées innées, surviennent accidentellement.
Terme de botanique. Qui n’a pas de tige apparente.
vs. idées innées
   Hexakosioihexe-kontahexaphobie
La peur du chiffre du Diable, 666. Plus long que Anticonstitutionnellement, il n’appartient cependant pas au vocabulaire courant.
     [lemotàPlACER]
[ MAIS POURQUOI ? ]
Coquecigrue
Pourquoi appelle-t-on
98 |
PROCHAIN NUMÉRO LE 4 AVRIL 2019 mars 2019 ecoreseau.fr
De son orthographe originale Cocquecigrue, apparaît
pour la première fois dans
le Gargantua de François Rabelais. Née de l’union du coq, de la grue et de la cigüe (qu’elle affectionne), la coquecigrue est aujourd’hui vue comme une chimère, une illusion.
un « loup » ?
certains masques
 Si certains prétendent qu’il s’agit d’une ancienne coutume voulant qu’on se pare de peaux de bêtes sanguinolentes en guise de masque, il semblerait en vérité que le loup doive son nom à sa noirceur et/ou la forme du faciès lupin dont on voit étinceler les yeux dans la forêt.
Drôle de genre
Étrangement, on ne se décide toujours pas sur le genre d’après-midi.
ainsi, la huitième édition du dictionnaire de l’académie française (1935) est la seule version à ne donner
« après-midi » qu’au masculin.
Aujourd’hui, on est libre de dire «un» ou «une».
  [ le GROS mot ]
]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[                   Avec Toyota derrière moi,
je peux me concentrer
sur l’avenir.
Baptiste, 35 ans Président fondateur de WAS LIGHT
                                            Pour son design et son coût d’utilisation optimum, j’ai choisi le Toyota C-HR Hybride.
>> Découvrez l’histoire de Baptiste sur Toyota.fr/Témoignages
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