﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="112"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ L’ORTHOGRAPHE
Un tabou
chez les cadres ?
HARCÈLEMENT SEXUEL
Y faire face dans l’univers des start-up...
PATRIMOINE & INVESTISSEMENTS
Fiscalité, dons, legs, placements...
MANAGEMENT
3.0
Les grandes mutations
L’humilité, remède contre le mauvais leadership
ENTREPRISES
Ce qui a changé en 2018, ce qui arrive
en 2019
TOUR DU MONDE DE L’INNOVATION
Les applis et technos qui améliorent
la situation de
les 17 marques
HANDICAP
dans le monde
N°56
ecoreseau.fr
BEL : 4,90 € - DOM/TOM : 4,90 € - N CAL/S 590 cfp - POL/S 650 cfp - CAN 6,50 $ca - MAR 46 MAd
Numéro double
ENQUÊTE
les plus puissantes
ENTREPRENDRE INNOVER POSITIVER
BANQUE
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                  ]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[                  ]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[Ce pays transite, mais vers quoi ?
La transition énergétique que le président de la République ne parvient pas à définir nous vaut une « jaunisse », comme dit Libération, carabinée. 78 % des sondés n’ont pas trouvé Emmanuel Macron convaincant le 27 novembre, mais un raz-de-marée approuve ses mesures ! On veut des énergies renouvelables, mais l’on ne veut pas taxer le fossile. Difficile transition. Sur un plateau télé, face à un Nicolas Hulot redevenu militant, le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, prend la posture d’un ministre : « Posez-nous les problèmes, nous, entrepreneurs, nous trouverons la so- lution. » (Tiens, n’était-ce pas mon « cri du cœur » du précédent numéro :
seuls les entrepreneurs sauveront la planète... ?).
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EDITORIAL
Transition
Transition. Mutation. Tout ce numéro d’ÉcoRéseau Business ne parle que de ça. Les réformes Pacte de 2018 transitent en 2019. L’impôt mute le 1er janvier.
La banque française transite vers un 3.0 plein d’inconnues, polarisée par des millenials qui font muter les grandes écoles. Le monde entier s’attend à une crise de mutation que les économistes sont incapables de qualifier... Transition... d’ÉcoRéseau Business. Après ce numéro double, en février, voilà que ce titre créé en 2013 va connaître une mue complète, un nouvel agencement de ses rubriques, une maquette totalement redessinée (et nous attendrons tous vos réactions en nous souhaitant une bonne mutation). À propos de souhaits, devinez quoi ?
Bonnes fêtes, Mesdames et Messieurs lectrices/lecteurs. Ce sera une sacrée année de transition.
Olivier Magnan, rédacteur en chef
     LE CHAT by Philippe Geluck
4
DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[SOMMAIRE
                      www.ecoreseau.fr
13, rue Raymond Losserand – 75014 Paris
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Fondateur & directeur de la publication
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Rédacteur en chef
Olivier Magnan
Chroniqueurs : Alto Avocats®, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France®, Christophe Combarieu, Arthur Cohen, Philippe Croizon, Marc Drillech, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon, Monrh@moi, IsaLou Regen, FrédéricRey-Millet, Jean-MarcRietsch,ThierrySaussez, Cédric Ternois, TheFamily®
Collaborateurs réguliers : Jean-Marie Benoist, Elsa Bellanger, Joseph Capet, Charles Cohen, Audrey Déjardin,
Anne Diradourian, Julien Fournier, Geoffroy Framery, Stéphanie Gallo, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Marc Hervez, Aymeric Marolleau, Emilie Massard, Cyril Michaud, Raphaëlle Mittler, Julie-Chloé Mougeolle, Jonathan Nahmany, Mathieu Neu, Chloé Pagès, Nicolas Pagniez, Antoine Pietri, Patrice Remeur, Séverine Renard, Tessa Talon, Julien Tarby, Pierre Tiessen, Carla Verley,
Ariane Warlin, Murielle Wolski
Dessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie Boulard
Réalisation
Courriel : production@lmedia.fr
Responsable production : Frédéric Bergeron Conseiller artistique : Thierry Alexandre Crédits photos : Shutterstock, DR
Publicité & Opérations spéciales
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RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0323 T 91730 Dépôt légal : à parution
Numéro ISSN : 2609-147X
Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés
pour appréciation.
Galaxie ecoRéseau 6-13
Baromètre de l’optimisme 6
en couveRtuRe 14-21 Banque 3.0 - les grandes mutations
Grand Angle
À la recherche du nouveau modèle 16
Business guides
- L’affacturage joue le financement court terme 50 - Beau cru 2018 pour le marché de l’immobilier d’entreprise 54
Rh & FoRmation 58-69
Réseaux & Influence
Bpifrance, le culte de l’accompagnement 58 Observatoire 60
Manager autrement
J’écris, tu écris, nous écrivons : la génération sacrifiée 63
Carrières & talents
- La mutation de l’enseignement supérieur 64 - Coaching : les vrais pros veulent se structurer 66
aRt de vivRe & patRimoine 70-105
La Sélection culturelle par Christophe Combarieu 70 L’Art du temps 72
L’Actualité automobile : Essais & Tendances 86 Baromètre Finance de marché 88 Baromètre Patrimoine 90 Investissement
- SCPI, Pinel-Malraux, FIP... 94 - Legs et donations 98 - Investir dans les Groupements forestiers fonciers (GFF) 100
 Rétrospective
La banque, du banc au smartphone, une histoire de confiance
Régions & Territoires
Agences bancaires, l’effet banquise
société
France
French Tech : comment en finir avec les inégalités femmes hommes
Monde
Risque de crise : optimistes et pessimistes se trompent de débat...
L’œil décalé
Leadership : l’humilité, nouvelle clé de succès ?
club entRepRendRe
Baromètre & Tendances Enquête
Les secrets des marques les plus puissantes de la planète
Nominé Électron libre - Trophées Optimistes 2019
Brieuc Vourch, autoentrepreneur virtuose (ou l’inverse)
18 20
22-25
22
23 24
26-37
26 30
32
- Investir dans les PME : trop frileux s’abstenir ! - Stratégie d’investissement
102 104
                        Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
expRessions 106-111
Tribune libre 106 Regard sémantique 108 Concours de micronouvelles 110
Caroline Abram, la madone des lunettes qui embellissent 34
En immersion
Davidson Consulting, des codes pas comme les autres... 36
 stRatéGie &
   innovation numéRique 38-43
 Baromètre de l’innovation 38 Le tour du monde de l’innovation
L’humain augmenté, c’est aussi le handicap diminué 40
Décryptage
Osons les organisations bio-inspirées ! 42
cahieR pRatique 44-57
Créer aujourd’hui
2018-2019, des entreprises ciblées, cajolées, chahutées... 45
   DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme
Le verbatim
Je n’ai pas échoué.
J’ai simplement trouvé 10 000 solutions qui ne fonctionnent pas. Thomas Edison
LE CHIFFRE
C’est ce qu’a levé au total depuis 2014 la plate-forme de paiement en ligne Ant
Financial, le PayPal chinois. Elle fut la maison mère d’Alibaba, elle est la maison mère d’Alipay, le service de paiement d’Alibaba, elle est la plus grande fintech mondiale non cotée. Elle est valorisée à 150 milliards de dollars. Ça se passe en Chine.
    Thierry Saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme,
Incubateur d’énergies positives.
I Devenez relais de l’optimisme
l est établi que positiver est contagieux. Notre entrain diffuse. C’est le sens de la page que j’anime sur FaceBook. Dans le même ordre d’idée, il n’est pas contestable que les médias,
même si c’est pour se donner bonne conscience, en multipliant les sujets, dossiers et reportages, développent les informations sur l’optimisme.
Il reste néanmoins une chape de plomb qui ne porte pas sur les bienfaits de l’optimisme sur notre santé - il me semble que cela ne soit plus contestable- mais sur la façon de l’assumer concrè- tement et complètement.
On reste beaucoup sur cette idée qu’il faut vivre le bonheur d’une façon cachée, de redouter qu’un optimisme trop assumé porte malheur. Certains patrons peuvent craindre, en affichant trop leur confiance en l’avenir, que les salariés viennent leur demander des augmentations. Les politiques hésitent à positiver pour ne pas pa- raître trop déconnectés des électeurs très défiants. C’est l’histoire du chat qui se mord la queue. Car, pendant ce temps, le climat général ne s’arrange pas avec ses effets délétères sur la consom- mation et la croissance. C’est à nous tous de donner l’exemple. Il m’apparaît, en effet, que beaucoup d’optimistes ne s’affichent pas vraiment, n’assurent pas sérieusement la promotion de leurs convictions. Pour les mêmes raisons celles qui viennent d’être évoquées... ou pour garder l’optimisme pour eux.
Construire un avenir optimiste, une société positive appelle une mobilisation beaucoup plus intense. Cela commence par la constitution d’une avant-garde de décideurs mettant leur noto- riété, leur légitimité au service de la cause. Elle se poursuit avec la mobilisation de relais, partout sur le terrain. La bonne stratégie est d’allier la puissance du message des décideurs relayé par les médias à la proximité d’un réseau sur le terrain. Cette dernière dimension est capitale. Selon la théorie du jeu de go : qui tient les bords finit par investir le centre. Vous l’avez compris, vous êtes directement concerné.
Les pessimistes ne peuvent pas gagner un combat qu’ils ne livrent pas se contentant de compter sur notre légendaire défiance. Les optimistes ne peuvent vraiment être efficaces qu’en se mobilisant individuellement et en se mettant en réseau.
Chaque jour, vous devez être exemplaire, tourner définitivement le dos à la mauvaise humeur, diffuser bonnes nouvelles et conseils. En direct, sur FaceBook, les blogs. Avec un bon argumentaire issu de vos lectures et conversations.
L’optimisme à besoin de vous.
- Pour vous connecter au Printemps de l’Optimisme : www.printempsdeloptimisme.com
- Pour rejoindre la Ligue des optimistes : www.optimistan.org
      19
 milliards de dollars
  6 DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
L’onde positive
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                 PARIS OU NANTES
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                                       EXECUTIVE
MBA
 ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[Le baromètre de l’optimisme
GALAXIE ECORÉSEAU
   L’IMAGE
 ET PENDANT DE TEMPS, CAILLEBAUT CONSTRUIT...
 INFOS COURTES QUI DONNENT LE SOURIRE
L’inventeur du concept Archibiotic (architecture
+ biotechnologies), de ces modes de vie écologiques d’une beauté vernienne, Vincent Caillebaut, ce Belge de génie installé à Paris, lui qui a convaincu les Chinois, poursuit son rêve sorti de terre, dont cette « tour verte piège à carbone » Agora Garden (Tao Zhu Yin Yuan), livrée en 2017 à Taipei, capitale de Taiwan. Ce rêve en hélice ADN abrite 23 000 arbres, soit 130 tonnes de
CO2 fixés au cœur de la ville. Pourquoi n’est-on pas capable de faire œuvrer Caillebaut à Paris ?
handicap (www.axyn.fr). Click &
Care, plate-forme gestionnaire en
ligne d’aides à domicile qualifiées (https://clickandcare.fr). Agenda
A2 structure les journées des per-
sonnes atteintes d’Alzheimer et
soulage le quotidien des aidants
(www.agendaa2.fr). Livsty, une
plate-forme en ligne qui repense
la façon d’investir dans un bien occupé et d’accompagner les seniors dans leurs besoins (https://www.livsty.fr). Ino-sens invente Be-Breathe, un fauteuil de respiration qui procure bien-être physique et sérénité mentale à ses utilisateurs après une période de 8 minutes (www.ino- sens.com), et des dizaines d’autres.
 Reconversion professionnelle : les Français veulent bouger
Il faut changer au moins une fois de métier, opinent 85 % des Français. Ce pourrait être un vœu pieux, mais les statistiques constatent que la moitié des actifs sont passés
à l’acte et qu’un tiers sont déci- dés à le faire. En 2017, l’institut d’études Odoxa et l’Observatoire des Trajectoires professionnelles ont établi les principales motiva- tions à cette envie de bouger : exercer une activité en phase avec ses valeurs, ennui dans son
poste, recherche d’une meilleure rémunération, volonté d’apprendre un nouveau métier ou d’évoluer vers un autre secteur. L’Insee confirme la tendance : un actif qui entre sur le marché du travail aujourd’hui changera en moyenne 4,5 fois d’employeur.
 Start-up : intéresser ses salariés, c’est possible
Intéresser/fidéliser les salariés d’une start-up ? Pas simple. Le site Maddyness liste trois approches. Si vous tentez le fixe + variable, calculé sur la performance personnelle et celle de la boîte, mieux vaut bien définir les objectifs et la date du versement. Et définir des critères objectifs. Les Américains recourent volontiers à un système nommé OKR. Pas simple, mais apparemment efficace (www.maddyness.com/2018/02/08/ maddytips-comment-implementer-le-systeme-de-ma- nagement-okr-dans-sa-startup-en-un-mois/). Deuxième technique, les bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE), des actions acquises à prix intéres- sant, il faut rester n mois ou tant d’années et... prendre le risque, très grand, de voir la jeune pousse se flétrir avant de pouvoir les vendre ! Reste... l’intéressement, sous la forme de l’épargne salariale (Plan d’épargne entreprise).
Y penser.
 Complexe de l’échec :
le Français mauvais joueur ?
Vistaprint, imprimeur de cartes de visite et fournisseur d’outils marketing, a interrogé 2 000 entrepreneurs en Europe sur la façon dont ils vivent l’échec. Les Français ne l’acceptent pas à hauteur de 31 %. Les Italiens encore moins (49 %). Mais les Allemands, plutôt oui (18 %). Chez les Français, alors même que les Trophées de l’optimisme d’ÉcoRéseau Business, le Printemps de l’optimisme de notre partenaire Thierry Saussez ou les autres manifestations valorisent le rebond, les chefs d’entreprise français inter-
rogés sont 66 % à affirmer que l’échec ne pardonne pas et que la cause en revient à « un écosystème désavantageux » (taxes trop élevées, accès difficile aux financements...) et
non à leurs erreurs. C’est curieux puisque les Bri- tanniques évoquent leur mauvaise gestion et les Allemands leur mauvais modèle... Le tabou fran- çais est ancré puisque 34 entrepreneurs sur 100 disent ne pas vouloir s’associer
avec quelqu’un qui aurait connu l’échec. Là où ils/elles touchent peut-être un point sensible, c’est quand ils se disent à 42 % persuadé(e) s que la banque ne leur ferait plus confiance...
 Les seniors inspirent les jeunes créateurs Le Salon des services à la personne et de l’emploi à do- micile et Silver Economy Expo qui se sont tenus à la fin du mois de novembre ont démontré que « très souvent (mais pas toujours), ce sont de jeunes entrepreneurs qui ont puisé leur idée en constatant un besoin sans réponse chez leurs parents ou grands-parents. Puis ils en ont validé le potentiel économique et ont eu à cœur de la dévelop- per », constate Alain Bosetti, le président des salons. Pas moins de 64 start-up ont exposé leur concept, service ou invention, depuis le maintien du lien social, la stimulation cognitive, la prévention des risques, l’aide à la personne, jusqu’à l’aménagement et la sécurisation de l’habitat, en passant par les produits et services de santé, les solutions pour résidences pour seniors ou Ehpad. Quelques exemples : Axyn Robotique a conçu des robots de service pour tous, en particulier pour les personnes âgées ou en situation de
    8
DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[                     Votre entreprise est locale. La nôtre aussi.
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BPCE - Société anonyme à directoire et conseil de surveillance au capital de 157 697 890 euros - Siège social : 50, avenue Pierre Mendès France 75201 Paris Cedex 13 - RCS Paris n° 493 455 042 - ALTMANN + PACREAU - Crédit Photo : Hervé Plumet.
         ]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[Le baromètre de l’optimisme
GALAXIE ECORÉSEAU
   LE GRAPHIQUE
TAXES SUR L’AUTO : LES CHIFFRES DE L’ACA
   Isalou Regen
Fondatrice de Kama Conseil & Associés
Auteure de "la magie du matin" et de "la magie du sommeil"
« Le monde sourit à ceux qui se lèvent tôt », rencontres matinales avec nos dirigeants.
Entretien avec Pierre-Alexandre Teulié
DG Nestlé France – en charge de la responsabilité sociale et du e-business
Que représente le matin pour vous ?
Peut-être le temps romance t-il les souvenirs. Le matin pour moi est ce souvenir de l’enfance en Alsace. Chaque année à la fin de l’hiver, un merle commençait ses trilles un peu avant cinq heures du matin. Il me réveillait systémati- quement et j’adorais entendre du fond de ma couette ce chant qui semblait annoncer avec un bon mois d’avance l’arrivée prochaine du printemps.
Heure du réveil et rituels de démarrage ?
Je m’éveille généralement vers six heures ; mais quand la fatigue s’accumule, mes réveils de week- end ou vacances peuvent être nettement plus tardifs. Quelle que soit l’heure, je suis lent à dé- marrer et ai besoin d’une bonne heure à moi, pour prendre mon café, faire ma revue de presse et commencer à me projeter dans ma journée. J’aime savourer la quiétude d’une maison endormie et sentir la famille qui commence à s’éveiller.
Qu’est ce qui vous motive à vous lever le matin ?
L’envie de contribuer à rendre meilleur le monde dans lequel nous vivons, avec beaucoup d’humilité quant à mes chances de succès...
Prenez-vous un vrai temps pour vous ?
Au-delà du temps que j’ai besoin de passer avec les miens, j’aime aussi prendre du temps pour lire.
Je n’ai rien trouvé de mieux pour m’enrichir, réfléchir, m’évader et prendre du plaisir tout à la fois.
Comment maintenez-vous votre énergie dans la journée ?
J’ai la chance de travailler dans un univers où les équipes et les sujets à traiter sont un extraordi- naire stimulant. Et si parfois je sens l’énergie chuter je suis un grand fan de la micro sieste de quelques minutes.
Un driver fort ?
Être utile. J’ai besoin de sentir que ce que je fais a une vraie utilité pour les autres. J’ai longtemps été haut fonctionnaire au service de l’intérêt général. Lorsque j’ai monté deux entreprises, l’une essayait de mettre le dévelop- pement durable à la portée des PME, l’autre était une application de démocratie participative. Au- jourd’hui j’ai la charge de la res- ponsabilité sociale d’une grande entreprise internationale où nos actes et décisions peuvent avoir un impact massif en termes de solutions pour la planète.
Bref, c’est une quête de sens per- manente....sinon tout cela n’a aucun sens !
Une devise personnelle ?
Pourquoi pas !
Une bonne résolution de début d’année ?
Pas de résolution... agir et faire !
Un crédo de management ?
Ensemble on peut faire beaucoup.
Pour #SeLeverDeBonheur, vous pouvez me suivre régulièrement sur la page Facebook et la chaine Youtube “La Magie du Matin”, Editions Leduc
   Pour en finir avec les réunions pensums
Le constat : « Un cadre français passe en moyenne 24 jours par an en réunion, 22 % pensent que moins d’une réunion sur quatre est efficace et 16 % ne se sentent paslibre de dire ce qu’ils pensent». L’idée: une start-up française, Sparkup, a mis au point une plate-forme interactive à laquelle les participants accèdent par une web app. « La plate-forme compte une quinzaine d’activités ludiques et simples qui vont capter l’attention du groupe et l’impliquer. L’objectif est d’offrir à chaque participant, même le plus timide, un outil pour s’exprimer et donner ses idées. C’est un excellent moyen de capter les feedbacks et de facili- ter les discussions qui aideront une équipe de direction ou un manager à prendre les meilleures décisions », décrit Vincent Bruneau, fondateur de Sparkup. Et en télétravail, l’appli « réunit » les collaborateurs détachés. Au Japon, pays de la réunion, à l’occasion du centenaire de la CCI France Japon, Sparkup a mis à disposition sa plate-forme pour faciliter les interactions entre plus de 600 diri- geants français et japonais.
À LIRE
MétroRéseau Bureaucratie !
Christian Blanc, vous tiltez ? Il fut médiateur en Nouvelle-Calédonie, réformateur de la RATP, sauveteur d’Air France. C’est son énorme coup de pied dans la fourmilière souterraine de la RATP que, trente ans après, ce haut fonctionnaire et politique veut raconter, une histoire jamais dite, le « démantèlement de la bureaucratie » gagné par la responsabilisation des agents. Mais au-delà des pé- ripéties et du désaveu infligé par le gouvernement de l’époque, Christian Blanc s’en prend aux dérives de ce qu’il nomme le « tout numérique ». « À l’image du bon et du mauvais cholestérol, le mau- vais numérique engendre de façon ludique et indolore une nouvelle
forme d’esclavage ». Bigre. Inspirant. Nul ne peut se vanter de se passer des hommes, Hermann
L’Automobile club association, lobby apolitique depuis plus d’un siècle (1,4 million d’adhérents revendi- qués), publie en plein mouvement des « gilets jaunes » les chiffres qui fâchent. Où se situe la France parmi les pays qui taxe le carburant ? Au 6e rang sur les
27 pays européens.
Le carburant le plus taxé est italien pour
1 litre à 1,56 €. Le moins taxé est bulgare (1,09 €)
 BONNE IDÉE
    10 DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
Les petits matins des dirigeants
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[EN FRANCE
Mais si, on peut rouler pour pas cher !
Une agence, Com’Publics, annonce la couleur en slogan : Affaires publiques et lob- bying. Et son directeur général, Marc Teyssier d’Orfeuil, n’y va pas avec le dos de la cuillère : « Je suis un lobbyiste, complètement décomplexé ». Pour qui roule-t-il ? Les voitures écologiques. Qui sont ses commanditaires ? Une trentaine de parte-
naires, le monde de l’automobile, l’ensemble des énergéticiens. Il est l’avocat du bioéthanol, du GPL, du GNV, des hybrides, de l’électrique, sans préconiser un modèle meilleur que l’autre. Son but : convaincre, influencer les pouvoirs publics pour la mise en place d’une transition écologique forte qui passera par ce type de véhicule. Et en finir au passage avec les querelles du carbu- rant vert et les préférences des ministres. « Il n’y a pas un mode préférable, insiste Teyssier d’Orfeuil, il faut favoriser un bouquet de solutions. Il suffit qu’un ministre de l’écologie privilégie telle
énergie pour que les industriels ne sachent plus vers quoi il leur fait se diriger. » Son message : on peut rouler écologique et pas cher, n’en déplaise aux manifestants. Avec un GPL à 0,88 centime le litre, disponible dans 1 500 stations, un bioéthanol dans les mêmes prix dénichable dans un millier de points de distribution, on roule avec des pleins à 30 euros... Reste à subventionner les kits d’adaptation (800 à 1 000 euros sans aide à la clé). Et à prier les gouvernements de ne pas taxer les carburants verts ! écouté sur Auto K7, www.autok7.press/
GALAXIE ECORÉSEAU
   L’ENTREPRISE CENTENAIRE
Ne Suze que si l’on s’en sert...
« Une fois qu’on la sort de terre, explique-t-on chez Pernod-Ricard, l’actuel proprié- taire de l’apéritif conçu il y a 133 ans, la gentiane est lavée, coupée et mise à macérer avec de l’alcool pendant au moins un an. On va ensuite extraire le jus de gentiane en pressant les racines. Le jus est alors distillé en alambic selon un procédé spécia- lement adapté pour l’élaboration de Suze [...] Vient l’étape finale de l’assemblage où
la gentiane sera associée à un bouquet aromatique secret. »
Et la marque ne connaît pas la crise : 7 millions de bouteilles vendues chaque année. Mais pas toutes à la gentiane. Autour de « l’Originale » où la plante reine se marie à des aromatiques, alliance d’amertume et de sucré, l’usine de Thuir dans les Pyrénées Orientales – un monument ! l’ancienne gare de triage des caves Byrrh conçue par Gustave Eiffel ! – produit Fruits Rouges (framboise, mûre et myrtille), Noël (concentré de pommes, anis, cannelle), Agrumes (orange, mandarine, citron), « pour bière » (à diluer directement dans la bière), Saveur d’Autrefois (gentiane très intense, 20° !), Pêche de vigne & abricot et Gloss de Suze (cerise, gingembre).
Mais comment est né cet apéritif qui flirte avec les 15° ? La version his- torique « officielle » veut qu’en 1885, Fernand Moureaux, distillateur, « hérite d’une distillerie familiale à Maisons-Alfort. Afin de sauver l’entreprise au bord de la faillite, il s’associe à Henri Porte, le fils de son banquier pour créer un nouveau spiritueux ». Une autre version, moins officielle, raconte l’existence d’un herboriste du village de Sonvilier, en Suisse, Hans Kappeler, inventeur de l’Or des Alpes à la gentiane, qu’il vendait dans les fermes aux alentours. Ruiné, il aurait été contraint de vendre sa formule au négociant français Moureaux. Cette version-là est bien sûr moins noble.
Peu importe. Les deux associés veulent une recette originale qui ne doive rien aux vins dont sont faits alors les apéritifs. Ce sera une boisson de plante, la fameuse gentiane ! On veut concurrencer Byrrh et Saint-Raphaël. On la nomme d’abord Pi- cotin. Mauvaise idée. Gentiane Suze deviendra simplement Suze à partir de 1922. Suze ? Sur l’origine du nom, on hésite. Est-ce le diminutif de Suzanne Jaspart, belle- sœur de Fernand Moureaux ? Ou plutôt le nom du cours d’eau, la Suze, au bord de laquelle le Suisse Kappeler produisait le breuvage... ?
La Suze garde ses inconditionnels. Cultivée en Auvergne et en Seine Maritime de- puis 1970, la gentiane réclame dix ans pour parvenir à maturité, sans engrais et sans irrigation, sous la maîtrise de Pernod-Ricard.
Une édition limitée conçue avec le graffeur Riks illustre cette année les bouteilles à l’image des quartiers parisiens et lyonnais (photo).
 CEUX QUI FONT BOUGER LES LIGNES
DANS LE MONDE
Évolution du top 15 des pays les plus avancés en matière
d’égalité homme-femme
«L’ambition du Women’s Forum est de contribuer à construire un monde plus inclusif en associant hommes et femmes. Promouvoir les femmes dans tous les secteurs d’activité et rechercher plus d’égalité dans les organisations n’est pas seulement un devoir moral ni une action politique- ment correcte, c’est également une impérieuse nécessité économique. Les femmes représentent plus de 50% de la population mondiale et contribuent seulement à 37% du PIB. »
Chiara Corazza
Directrice générale du Women’s Fo- rum for the Economy and Society
Source : Institut Montaigne
   DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr 11
]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme
THE GREEN LIFE®
u Les 155 produits bios préférés des Français
Voilà six ans que Biotopia, conseil en marketing des entreprises, organise l’élection du Meil- leur Produit Bio, 155 lauréats choisis/testés par 2 300 consommateurs parmi 221 candidats certifiés bios. Il s’agit d’aliments, de préparations de santé, de cosmétiques, de produits de nettoyage, tous certifiés (A.B., Cosmebio, Demeter...), vendus en magasins spécialisés ou en ligne. Mais pas en grande surface. Chaque testeur (au moins 100 par produit) a mangé, bu, utilisé, humé, testé les nommés. Décrétés « MPB » à partir d’une note supérieure à 16/20. Biotopia n’est pas rétribué, les marques assurent les frais de leur participation – la catégorie « Jeunes pousses » (entreprises de moins d’un an et moins de 100 000 eu- ros de chiffre d’affaires) ne paie rien. Dès le 1er janvier 2019, les 155 MPB seront en rayons avec le logo.
u Recyclage : sortie de crise
Le secteur du recyclage affiche un chiffre d’affaires de 9,05 milliards d’euros en 2017, soit + 5,7 %. Pour la Fédération des entreprises du recyclage (Federec), toutes les filières – déchets du bâtiment, métaux, palettes, textiles, papiers-cartons, déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE), biodéchets, solvants, verre et vieux véhicules – affichent des résultats positifs. Seule exception, les plastiques. Mais il s’agit d’une sortie de crise, com- mencée en 2014. Investissements : + 12 %. 28 356 postes étaient pourvus il y a un an.
u « Petits gestes » ? Applis écologiques...
C’est devenu la question indispensable pour les journalistes et les animateurs radio-télé, quel que soit leur interlocuteur : que faites-vous pour la planète. On a des réponses : je télécharge sur mon ordiphone...
   ... YesWe Green
On le peut bien sûr, consommer local. En repérant les écolos de service dans sa zone géographique : marchés, Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), restaurants qui achètent local, friperies, fablabs, ateliers de réparation de vélos...
  ... Yuka
Est-ce diététiquement équilibré ? En déambulant dans les rayons d’une grande surface, difficile d’ana- lyser toutes les compositions pour éliminer l’huile de palme, l’excès de sucre, les colorants agressifs. Yuka chargé, photographiez le code-barres. La monstrueuse base de données de Yuka vous renvoie la photo du produit emballé et son verdict : mau- vais, médiocre, bon excellent. Excellente façon de privilégier le bon et l’excellent et de contribuer à éliminer les mauvais-médiocre à force de ne plus les acheter. Dans le même style mais pas le même esprit, Écocompare vous affiche les produits dont vous avez défini les critères, environnement, sociétal ou santé en les pondérant. Mais ce sont alors des tonnes d’informations qui vous sont servies. Pas sûr que vous en souhaitiez autant...
... 90jours
Vous défie au quotidien et affiche, en cas de défi réalisé, l’économie d’eau et de CO2. Défi : pas de viande aujourd’hui. Vinaigre blanc et non produits chimiques pour le mé- nage, marcher et ne pas prendre voiture...
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]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[ Grand Angle
À la recherche du nouveau modèle ................................................... p16
Rétrospective
La banque, du banc au smartphone, une histoire de confiance ........ p18
Régions & Territoires
Agences bancaires, l’effet banquise ................................................. p20
Banque 3.0
Les grandes mutations
« Jadis, le pouvoir était aux mains des monarques. Désormais, ce sont les banques et les marchés financiers qui le détiennent. » Nulle posture critique dans cette première phrase de la toute jeune thèse de doctorat de David Fayon, administrateur des Postes et télécommunication et auteur d’une dizaine d’ouvrages sur les réseaux sociaux et Internet*.
Mais la « monarchie bancaire » mute bel et bien sous l’assaut d’une réglementation européenne étonnamment « révolution- naire » qui exige des bastions bancaires, naguère forteresses imprenables, qu’ils s’ouvrent (open banking), que leurs sa- cro-saintes données clients deviennent accessibles à l’armada de start-up agiles – les fintechs, les legaltechs, les néobanques... – autrement plus innovantes, qui les assiègent littéralement. Nos comptes courants sont désormais accessibles sur nos smart- phones (Bankin, Budgea, Linxo et même le pionner Gérer mes
comptes), vos comptes professionnels aussi (Qonto, Anytime, et les applis des néobanques). Assiégées, certes, mais pas prises, les banques dites traditionnelles investissent des milliards d’euros dans leur transformation numérique pour mériter en- fin le label 3.0. Leur organisation relèvera de l’holacratie (une mise en œuvre formalisée de l’intelligence collective) et de l’amélioration continue. Le personnel bancaire fuira les silos pour une organisation collaborative en formation permanente. La banque sera profondément transformée par l’intelligence artificielle. Elle sera « disruptive ».
À moins... qu’elle ne disparaisse dans une automaticité robo- tisée. Parole aux oracles bancaires.
* Mesure de la maturité numérique des acteurs du système bancaire dans une perspective de trans- formation digitale, université de Paris-Saclay sous la direction de Valérie Fernandez, enseignante à Télécom Paris Tech.
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]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[                 OUI, UNE PME DE 4 ANS
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À L’INTERNATIONAL.
Dès la création de leur entreprise, Timothée Penet et Guilhem de Marliave ont rejoint un programme piloté par la CCI pour se développer à l’international. Aujourd’hui, leur PME Elistair réalise 80% de son chiffre d’affaires à l’étranger en exportant ses drones aux 4 coins du monde.
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                          ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[Olivier Magnan
Et si la banque 3.0 fi- nissait par se numé- roter 0.0 ? Depuis la petite phrase assassine de Bill Gates, lâchée en 1990, « Banking is necessary, banks are not » (« un système ban- caire nous est indispensable, mais les banques, elles, ne le sont pas »), la thèse de la disparition des banques a le vent en poupe. En fé- vrier 2018, paraît en France chez Lattès la traduction du livre signé à deux mains sous le pseudonyme unique de Jonathan McMillan, de The end of banking, rendu par Pourquoi les banques vont disparaître. Pas le moindre point d’interrogation, c’est l’affirmation des deux au- teurs, dont le macro-écono- miste Jürg Müller, associé à un banquier caché, salarié d’une grande banque euro- péenne, qui ne veut surtout pas révéler son identité. En substance, l’analyse démontre que « les opérations bancaires échappent à tout contrôle et [qu’] au lieu d’essayer d’y remédier, mieux vaut se préparer à y mettre fin ». C’est une thérapie radicale
pour un cancer financier dénoncé, le shadow banking, cette « finance de l’ombre » qui désigne l’ensemble des activités et des acteurs qui contribuent au financement non bancaire de l’économie. Nos deux trouble-fêtes dé- crivent par le menu ce qui, à leurs yeux, doit succé- der au système bancaire, un « système financier » à travers lequel emprunteurs et prêteurs trouveront un accord gagnant-gagnant et qui offrira des systèmes de paiement « sans faire appel aux opérations bancaires ». Peut-être. Ou non.
C’est dans le même sens que la projection de Gartner, le cabinet conseil, vient
système bancaire qu’aux éta- blissements bancaires mêmes, soupçonnés de ne pouvoir mener à bien leur transfor- mation numérique. Au lieu d’imaginer la banque du futur face au monde mutant, leur adaptation aux généra- tions X et Y, la disparition du cash, l’avènement de la blockchain, au lieu, donc, de se remettre en question, les banques sont accusées d’in- vestir lourdement (la Société Générale engage 3,5 à 4 mil- liards d’euros pour refondre son système d’information) dans une numérisation qui ne viserait qu’à des gains de productivité. Pas une re- fonte de modèle. Au final, estime le Gartner Group,
du cabinet Julieth Sterwen et conseiller en innovation de quelques grandes enseignes. Pour lui, la banque du quo- tidien pourrait devenir une
activité par sa compta à même de transmettre directement à un teneur de compte auto- matisé les écritures du bilan. À moins que tout ne passe par son expert-comptable en lien avec la ou les banques de son choix. »
Faire Face à une concurrence de nains et de géants Parmi les observateurs avisés du monde bancaire français, la Senior Mana- ger Audrey Dhelemmes, du cabinet Viatys (groupe Square), observe sereinement
au cœur des banques clientes ces soubresauts médiatiques et ces prédictions alarmistes. Et si elle estime inéluctable la restructuration du marché des banques, elle ne croit pas du tout aux effets fracassants des disparations massives des enseignes. « Voilà plus de quinze ans que j’entends la remise en cause du core banking, ces systèmes in- formatiques dépassés qui ne pourraient plus répondre favorablement aux exigences des clients, mais je constate qu’ils sont en mesure de s’adapter par le recours aux
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 Grand Angle
 Enquête sur la banque qui ne voulait pas mourir
À la recherche du nouveau modèle
Les chiffres clés de la banque en France interdisent apparemment
de laisser penser que les établissements bancaires puissent un jour disparaître : les banques contribuent à hauteur de 2,7 % à la valeur ajoutée totale créée. Quatre enseignes françaises entrent dans le top 10 de la zone euro et deux dans le top 10 mondial. 96 % des Français(e) s détiennent une carte bancaire et 99 % de la population sont bancarisés. Le produit net bancaire (l’équivalent du chiffre d’affaires) dépasse les 160 milliards. 37 657 agences (mais le compteur chute) émaillent le territoire. Et pourtant, en 2018, onze ans après la crise qui a démontré les faiblesses des colosses, la banque française court après son label 3.0 et les prévisionnistes mondiaux se posent la question de la disparition de la banque sous sa forme actuelle. Le modèle évoluera, oui. Et alors ? Pourquoi les grandes mutations ne seraient-elles pas positives ?
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de lancer son pavé dans la mare : « en 2030, 80 % des banques actuelles auront disparu ». Rebelotte. Cette fois, les prévisionnistes ne s’en prennent pas tant au
elles « se cantonnent à un rôle de back-office » que de nouveaux acteurs, les agiles fintechs, réaliseront mieux. Un scénario que valide en partie Marc Sabatier, patron
« commodité », s’effacer pour se déporter vers des services à valeur ajoutée. « Une petite entreprise pourrait d’ores et déjà se passer de la banque traditionnelle et piloter son
En 2030, 80 % des banques actuelles auront disparu. Gartner Group
 ]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle
EN COUVERTURE
  API, ces programmes spé- cifiques capables d’apporter du service au système ainsi enrichi, un moyen de donner aux banquiers le temps de moderniser leurs systèmes dans lesquels ils investissent
pas sur le marché du parti- culier, littéralement saturé par l’arrivée massive des fintechs et des néobanques attractives (N26, néobanque d’origine allemande, vient d’annoncer détenir un por-
Wechat), tenue pour la plus grosse banque de fait au monde avec ses 600 mil- lions de comptes clients (Alipay), Xiaomi, géant du téléphone et de l’électromé- nager. Avec cette nuance
sée à des banques. Quant aux Gafa/BATX, rien ne les empêche d’ouvrir des par- tenariats, tel Ant Financial, le bras financier d’Alibaba, avec American Express. Le jour où Alibaba, le plus grand financier au monde, débarquera en France... »
L’automne du cash
Les mutations bancaires s’illustrent massivement par le paiement. À peine habi- tués à jouer de leur carte bancaire à code dans les
Audrey Dhelemmes rejoint l’idée « rassurante » que les banques ne sont pas promises à une disparition rapide et que les grandes mutations qui les attendent ne sont pas synonymes de boulever- sement destructeur. Pierre Blanc, gérant du cabinet Athling, cabinet de conseil en stratégie, organisation et management indépen- dant, la rejoint complète- ment. L’homme s’est taillé la réputation de spécialiste de l’avènement prudent de
du machine learning, des robots sont venus bousculer de vieilles banques prises de court avec leurs systèmes d’information difficiles à faire évoluer, Pierre Blanc rappelle volontiers que les systèmes experts sont apparus au sein des banques dès les années 1960, liés à la base de connaissance. La banque ne découvre pas l’IA, elle en fut la pionnière. « Une banque, très attaquée par les cybercriminels, résiste mieux qu’un Facebook dépouillé
  Les grands apologues de la fin des choses oublient que la banque rime avec sécurité financière
 énormément, au point de se requalifier eux-mêmes de prestataires de services informatiques. »
Sa veille professionnelle malgré tout lui livre quelques constats concrets : les banques font aujourd’hui face à des pertes de produit net bancaire (leur chiffre d’af- faires) importantes dans un contexte de taux bas quand les coûts de leur infrastruc- ture augmentent. D’où le besoin vital de repenser leur modèle d’affaires, par exemple en ne se se focalisant
tefeuille de 500 000 clients en France). Et se tourner vers les pros et les PME auxquels proposer du service payant, comme l’affacturage, le rac- courcissement des délais de paiement, le financement court terme.
Une autre menace plane sur les banques, celle des géants américains et asiatiques, les fameux Gafa – Goo- gle-Apple-Facebook-Amazon – et les BATX – Baidu (le « Google » chinois), Ali- baba (l’« Amazon » ver- sion chinoise), Tencent (avec
importante que souligne Audrey Dhelemmes : aucune de ces « banques » de fait ne dispose d’un agrément de crédit à octroyer à leurs clients, apanage des banques traditionnelles. Argument que met en doute Marc Sabatier, déjà cité : « L’émergence de nouveaux acteurs impacte les banques traditionnelles y compris par l’octroi du crédit. Si l’on cite les fintechs ou les Gafa/BATX sans agrément de crédit, on oublie souvent en France et dans le monde la grande distribution ados-
terminaux de paiement, les Français(e) s goûtent au « sans contact » pour des sommes jusqu’à 30 euros. Ils/elles vont s’habituer désormais au paiement instantané (le vendeur est crédité immédia- tement). Quant à la dispari- tion programmée des pièces et des billets – très engagée en Suède, en Norvège, en Estonie, aux Pays-Bas, so- ciétés dites cashless –, elle n’est pas encore à l’ordre du jour en France – 68 % des paiements pour des petites sommes sont en espèces, mais 28 % des montants payés au total, ce qui signe en filigrane la fin du cash à terme – ni dans le sud de l’Europe. Une explication : les commerçants, en fixant des seuils minimums de paie- ment par carte, préservent le sport national, la fraude fiscale... Mais il sera difficile de résister à la dissolution de la carte bancaire dans le... smartphone. Le mouvement est amorcé : Leetchi, Lydia, Lyf Pay, Paylib, Obvy, Pum- pkin, Apple Pay, Carrefour Pay et sous peu un partout Alipay instaurent le paiement mobile sans carte.
L’hiver de L’ia
En citant les atouts majeurs des banques – confiance, sé- curité, fiabilité, proximité –,
l’intelligence artificielle dans les banques – dont il tem- père l’impact – pour avoir supervisé l’étude comman- ditée par l’Observatoire des métiers de la banque, L’in- telligence artificielle dans la banque : emploi et com- pétences (décembre 2017)*. « La banque est un métier sérieux, prône celui qui veut démontrer que l’on prête à l’IA bancaire des avancées qui ne sont pas d’actualité. On confie notre argent à un établissement. Cette relation, cet engagement contractuel est fondamental. Un État ne peut tolérer qu’un acteur bancaire se fasse dérober des données. » Disruption ? Méfiance. « Le secteur ban- caire n’est pas comparable aux Uber ni aux néobanques dont l’échec ne serait pas catastrophique. Celui du secteur bancaire, si. Les grands apologues de la fin des choses oublient que la banque rime avec sécurité financière. »
C’est au nom de cette pru- dence méthodologique que le spécialiste financier a observé l’arrivée dans les établisse- ments bancaires régis par la loi bancaire de 1984, très encadrés, de la « révolution » de l’intelligence artificielle. Loin de l’idée que les algo- rithmes nouveaux de l’IA,
de 50 millions de profils par Cambridge Analytica ! Des cartes bancaires par milliers hors service pendant deux semaines induiraient des ca- tastrophes plus préoccupantes qu’une privation de Google sur la même durée... » M.«Pianovasano»neveut pas que les banques qu’il conseille « gravissent l’Eve- rest de l’IA en une étape ». L’interaction par la voix – les fameux chatbots que toute banque veut mettre en place – reste d’une complexité de mise au point redoutable. « On peut mettre en place avant l’agent conversation- nel quantité de choses, dont un meilleur traitement des données pour multiplier le contact direct avec le client. L’on doit encore réduire la manipulation du papier et se concentrer sur la recon- naissance de caractères, bien plus avancée que la voix. » Les surpromesses de ro- bots capables d’aboutir à des suppressions d’emplois risquent d’engendrer l’« hi- ver de l’IA », dixit M. Choix éclairés. .
La banque 3.0 balbutie. De là à prédire sa dilution dans la blockchain...
* Il est l’auteur de L’intelligence artificielle expliquée à mon boss, éd Kawa.
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]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Rétrospective
La banque, du banc au smartphone
Une histoire de confiance...
   Depuis son « invention » (la banca des changeurs vénitiens au xiie siècle, la table de change aux portes des villes au xvie), la banque
est au cœur du système de paiement mondial fondé sur la confiance institutionnalisée ‒la valeur des choses et du crédit ne repose plus sur du tangible, comme l’or. Son histoire mouvementée se confond avec celle des crises, qu’elle en soit ou non l’origine.
xvii siècLe
essor et premières crises
La Renaissance voit arri- ver les premières banques publiques et les premières Bourses. Et malgré l’échec de la première grande banque française – la Banque cen- trale de l’Écossais John Law ‒, l’élan est irrésistible. La généralisation du papier monnaie et de la lettre de crédit facilitent l’explosion du secteur : les établisse- ments, locaux comme inter- nationaux, se multiplient et les premières banques cen- trales apparaissent, comme la Banque d’Amsterdam. La Révolution française va porter, pendant un temps, un coup d’arrêt au développe- ment du secteur en France. Il sera relancé par la création de la Banque de France par Napoléon en 1800.
Jean-Marie Benoist
Évidemment, tout a commencé par l’argent. Les plus an- ciennes opérations de crédit attestées datent du iie millé- naire avant JC : le prêt sur marchandise se pratiquait déjà dans les temples de Babylone... Mais l’argent, tel qu’on l’entend, n’existe pas encore. On a affaire au prêteur sur gage et non au « banquier » moderne. Avec l’arrivée au viie siècle avant JC de la monnaie, sous forme d’argent frappé, une nouvelle activité naît de l’essor du commerce : le change. L’acti- vité principale des changeurs, les proto-banquiers, même si l’Empire romain pratiquait déjà des opérations de crédit et des services similaires aux chèques. Le change qui a posé les bases juridiques des opérations financières.
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xii siècLe
Les bancs itaLiens Les vrais débuts de la banque datent du xiie siècle, poussés par les croisades. Dans les siècles précédents – no- tamment pour des raisons religieuses d’interdit de prêt à intérêt ‒, l’activité avait ralenti. Mais les grandes expéditions relancent les échanges commerciaux. Les marchands lombards du nord de l’Italie sont les premiers à s’organiser en guildes. Ils créent en 1151 à Venise la première banque à proprement parler (le mot banque vient de l’italien banca, le banc sur lequel les changeurs exerçaient leur activité). Ils exportent leur savoir-faire dans toute l’Europe, établissent de vé- ritables réseaux et servent notamment les rois et le pape.
xix siècLe
La banque moderne
Les développements écono- miques liés à la révolution industrielle entraînent une sorte d’âge d’or qui com- mence par l’apparitions de grandes « maisons » –
Bientôt, d’autres familles se lancent dans l’aventure : les Fugger, les Médicis, les Strozzi...
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doctrines bancaires encore influentes aujourd’hui. Par exemple, la distinction entre banque d’affaire et banque de dépôt est formulée par Henri Germain, fondateur du Crédit Lyonnais, après la faillite d’un autre établis- sement (l’Union Générale) en 1882.
1945-1990 nationaLisations, privatisations et restructuration
Au début du xxe siècle, le secteur bancaire en France est riche et diversifié, même s’il connaît des épisodes dif- ficiles, comme les fameux « emprunts russes ». Mais les deux guerres mondiales vont bouleverser la donne : inflation, fuite des capitaux, érosion des fonds propres... À la sortie de la Seconde guerre mondiale, le gouvernement de Charles de Gaulle natio- nalise les quatre premières banques commerciales et exerce un contrôle fort sur le crédit, qui sera assoupli par les lois Debré de 1966. Le secteur voit les porteurs de comptes se multiplier et l’arrivée de la carte bancaire. Les nationalisations lancées sous François Mitterrand se- ront de courte durée, puisque, dès 1987, Jacques Chirac lance la première vague de privatisations. Elles se suc-
1984àmoinsde1000en 1998.
2007
L’aFFaire KervieL et La crise des subprimes
L’année 2007 voit éclater, à quelques semaines d’inter- valle, deux coups de ton- nerre : l’affaire Kerviel et la crise dite des subprimes. La Société Générale se re- trouve à devoir annoncer, en janvier 2008, des pertes colossales de 4,9 milliards d’euros, qu’elle attribue aux activités d’un trader, Jérôme Kerviel. Si le feuilleton judi- ciaire n’est aujourd’hui pas terminé, le coup porté à la confiance – élément essentiel du système bancaire – est, lui, indéniable. Et la crise des subprimes n’arrange rien, élément déclencheur de la crise bancaire de 2008.
2010
La révoLution numérique
À coup de plans de relances, le secteur sort petit à petit la tête de l’eau, pour aussitôt se confronter à un nouveau défi. Le numérique vient révolu- tionner encore le secteur, à la fois dans ses échanges, ses relations avec ses clients et ses structures mêmes. C’est l’apparition de la banque en ligne, encore aujourd’hui çà
  Ils créent en 1151 à Venise la première banque à proprement parler (le mot banque vient de l’italien banca, le banc sur lequel les
changeurs exerçaient leur activité).
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À la fin du XIXe siècle, la « banque moderne » prend son allure de guichets grillagés. D’un côté la « forte- resse » et ses coffres pleins d’or, de l’autre, des « usa- gers » riches de papier...
Rotschild, Mirabaud, Perier de Grenoble... Mais surtout, les banques s’impliquent de plus en plus dans le finance- ment de l’industrie. Le xixe siècle alterne périodes fastes et de crise (on en compte une tous les 30 ans en moyenne) et aboutit à l’élaboration de
cèderont : Société Générale, Suez, Paribas, BNP, Crédit Lyonnais... Toutes changent de nom, hors la première citée. Tous ces mouvements sont aussi l’occasion pour le secteur de se restructurer : le nombre d’établissements passe de plus de 1 500 en
la recherche de son modèle, alors qu’une nouvelle concur- rence vient les menacer, les néobanqu.es. Agiles, en ligne et sans complexes. L’histoire de la banque 3.0 commence à peine.
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[                  La Banque DeLuBac & cie,
une banque indépendante, familiale et spécialisée au service des entreprises et des particuliers depuis près d’un siècle.
Créée en 1924, la Banque Delubac & Cie n’a cessé depuis plus de 90 ans de se réinventer au service de ses clients et des besoins de l’économie.
Société en commandite simple, ses associés gérants dirigeants sont responsables sur leurs biens personnels. C’est un gage de sécurité dans l’exercice d’un métier qui repose sur la confiance.
    La Banque Delubac & Cie offre des solutions sur-mesure aux entreprises et aux particuliers autour de 5 branches d’affaires spécialisées :
Banque De Gestion D’ÉparGne Banque Des entreprises
Banque D’affaires
Banque Des aDministrateurs De Biens Banque JuDiciaire
                                                                                      PARIS
10, rue Roquépine - 75008 Paris - 01 44 95 86 20 Siège Social
16, place Saléon Terras - 07160 Le Cheylard - 04 75 29 02 99 www.delubac.fr
 www.point-exclamation.com / © Banque Delubac & Cie
]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[Chloé Pagès
Comme ses voisins européens, la France a amorcé la refonte de
son réseau d’agences ban- caires. ScoreAdvisor estime la contraction du parc à 8 % depuis cinq ans. Significatif, mais faible au regard des pra- tiques en cours au sein des autres pays européens : ce sont 20 % des agences bancaires qui ont fermé leurs portes au sein de l’Union européenne au cours des cinq dernières années. Explication première, le développement des outils numériques qui déportent vers le client la plupart des opé- rations bancaires à distance. Aujourd’hui, nous sommes un tiers à nous déplacer en agence moins d’une fois par an. On ne se bouscule pas à ce qui n’est plus un guichet depuis belle lurette. Les opérations courantes (consultation des comptes, virements) ? L’ap- plication bancaire s’en charge très bien. Un entrepreneur du coin rencontre « son » conseiller pratiquement pour la seule négociation d’une ligne de crédit ou la mise en place d’un prêt immobi- lier professionnel, mais pour les décisions simples, le ro- bot IA en machine learning commence à soulager l’hu- main des questions basiques avant de le remplacer carré- ment. La banque physique souffre aujourd’hui « d’un
décalage avec la réalité de son époque », analysent les experts de Lonsdale, agence de branding et de design qui constate une opposition forte entre nouveaux usages ban- caires et modèles traditionnels d’agences. Pas question, pour autant, de les supprimer pure- ment et simplement. «Fermer les agences, c’est perdre le lien avec le client », met en garde Jean-Pierre Lefebvre, directeur général de Lonsdale. Un élément d’autant plus palpable au sein de la clien- tèle entreprise dont le besoin de contact récurrent avec les conseillers est réel.
réinventer La reLation bancaire Pour fidéliser une clientèle d’entreprises et de profession- nels, les banquiers adoptent de nouvelles stratégies. « Il est fini le temps où le banquier attendait patiemment la visite de ses clients. Aujourd’hui, il/elle se doit d’être mobile et d’aller régulièrement à la rencontre de ses clients », constate Guillaume Almeras, consultant ScoreAdvisor. Une nouvelle norme qui s’applique non plus uniquement aux gros clients PME et ETI, mais tend à concerner les plus petits entrepreneurs, y compris les « micro ». « Il faut bien avoir à l’esprit que les clients chefs d’entreprises
La technologie donne les moyens aux conseillers de mener leurs rendez-vous par téléphone et d’envoyer les documents à signer électroniquement à leurs clients. Plus de déplacement pour personne. Tous les grands établissements bancaires ont mis en place ces outils de signature à distance.
n’ont que très peu de temps à consacrer à leurs conseillers bancaires. Et puis les horaires des agences, même s’ils ont été étendus, ne correspondent pas toujours aux attentes des clients professionnels. Il faut donc faire preuve d’agilité et aller directement à leur rencontre », confie un expert. Ou pas. La technologie donne les moyens aux conseillers de mener leurs rendez-vous par téléphone et d’envoyer les documents à signer élec- troniquement à leurs clients. Plus de déplacement pour personne. Tous les grands établissements bancaires ont mis en place ces outils de signature à distance.
Les agences, nouveaux espaces coLLaboratiFs ? Que faire donc de ces mil- liers d’agences bancaires délaissées par les particu- liers et les professionnels ? Toutes ne disparaitront pas. Leur fonction évolue. Mais pour quels modèles ? Les établissements bancaires traditionnels les cherchent toujours. Crédit du Nord a récemment expérimenté la tenue d’ateliers numérique
EN COUVERTURE
 Régions & territoires
 La banque du coin va-t-elle disparaître ?
Agences bancaires, l’effet banquise
37 657 agences bancaires fin 2017, au sein
de l’hexagone. Plus d’une pour 36 000 communes ! Vous avez plus de chance de trouver l’enseigne d’une banque au coin de
la rue qu’un bureau de tabac (24 900) ou La Poste (17 000 agences). Mais les agences bancaires vont fondre sous l’effet du climat numérique. Alors, à quel banquier vont parler les entreprises des territoires ?
au sein de ses agences en partenariat avec la start-up lechaudron.io. D’autres, à l’instar de LCL, redéploient un nouveau format d’agence au sein duquel les conseillers n’ont plus de bureaux indivi- duels mais évoluent au sein de « salons » et d’espaces semi-ouverts. Mais rien n’est fixé. Les spécialistes, dont ScoreAdvisor, prévoient qu’à terme les agences phy- siques inaugureront quatre grands types d’accueil : le « flagship », véritable vitrine de la marque, le « lieu de vie » où des activités an- nexes (jusqu’à des cours de yoga) délasseront le pro, le « drugstore » où cohabitent des produits bancaires en libre-service et la « ruche » avec des conseillers ban- caires totalement mobiles. « Nous voyons aujourd’hui apparaître de plus en plus de boutiques éphémères et de flagships. Pourquoi ne pas se déplacer avec sa marque à la rencontre des clients et prospects? » (des expériences de banque ambulante tentent de remplacer l’agence dans les milieux ruraux, pour les particuliers comme les pro- fessionnels). « La banque pourrait s’inspirer aussi de la tendance des magasins d’usine qui consiste à mon- trer les lieux de production », glisse Jean-Pierre Lefebvre. L’apparition des néobanques « professionnelles » en ligne type Qonto, N26, IbanFirst ou Revolut (il en existe une vingtaine), sur le point de décider de l’octroi de crédits, pourraient accélérer, recon- versions ou pas, la fonte de la banquise bancaire, alors que leurs offres ciblent plu- tôt les TPE, les entreprises indépendantes et les start-u.p. Pas sûr que les entreprises n’y trouvent pas leur compte, aux deux sens du terme.
   Après l’aménagement d’agences salons à l’image de ses concurrent, LCL teste les ouvertures jusqu’à 20 heures en semaine et l’ouverture le samedi : s’adapter à tout prix...
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]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[                                             FAITES DES ÉCONOMIES, PRENEZ L’AVION.
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                                                ]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[SOCIÉTÉ
 France
French Tech : comment en finir avec les inégalités femmes hommes
Numérique, ton univers impitoyable... ment masculin
 Exit la loi du silence sur le sexisme à l’œuvre dans la french tech ! Constat : la place des femmes dans le numérique – loin d’être égalitaire – se dégrade depuis des décennies. Alors les acteurs du secteur emploient les grands moyens pour en finir. L’objectif : lutter contre les stéréotypes en remettant au goût
du jour cette culture start-up et ses codes masculins, dans un univers dominé par les hommes.
Charles Cohen
«C
tomber ! » Malgré sa moder- nité affichée, la french tech – marquée par un sexisme ambiant – reste toujours peu accueillante à la gent fémi- nine, comme le rappelait Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique, lors de l’inauguration en juin 2018 de la fondation Femmes@ Numérique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les femmes sont 9 % à diriger aujourd’hui des start-up fran- çaises. Elles ne sont que 33 % à œuvrer dans un tel univers, « 14 % seulement dans les fonctions techniques et de développement alors qu’elles sont surreprésentées dans les services marketing ou RH », détaille Lorraine Le- noir, consultante chez Social Builder, start-up axée sur la mixité dans le numérique. L’inégalité concerne la plu- part des pays occidentaux, États-Unis en tête, où la pa- role des femmes s’est libérée, du côté de la Silicon Valley, dans la foulée de scandales sexistes à répétition. Force est de constater qu’un tel déséquilibre est loin d’être une fatalité ailleurs dans le
le mouvement Jamais Sans Elles, initié par Guy Ma- mou-Mani, rassemble des hommes du numérique qui refusent de participer à des événements publics, débats, panels d’experts ou tables rondes dans lesquels ne fi- gurerait aucune femme. Plus encore, des réseaux d’entraide féminins ou d’incubateurs dédiés aux femmes visent « à mieux les former aux métiers du numérique et aux outils techniques de montage de projet afin de leur donner la confiance et les moyens nécessaires pour s’orienter vers un tel domaine », dixit Lorraine Lenoir.
paris, capitaLe de L’entrepreneuriat Féminin
C’est dire si les acteurs clés du secteur, hommes comme femmes, s’emparent désor- mais de l’anormalité à bras-le- corps ! À la Station F, « nous prenons aussi ce sujet très à cœur et sommes fiers de compter 40 % des start-up du Founders Program fondées par des femmes, même si nous devons encore améliorer ces chiffres ! », revendique Rachel Vanier, directrice de la communication de l’incu- bateur parisien. Pour Guy Mamou-Mani, « le bilan de telles initiatives reste encore mitigé, tant il faudra encore au moins une génération pour changer les mentalités... » En attendant, un résultat, et pas des moindres, invite tout de même à l’optimisme : grâce à de tels engagements, Paris s’impose désormais comme la capitale européenne de l’entrepreneuri.at féminin, avec 21 % de start-up fon- dées par des femmes, contre 12 % en 2010.
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hemise blanche. Il faut que ça, on le laisse
monde. « En Inde, Iran, Viet- nam ou Brésil, les milieux du digital ne sont guère autant masculinisés », constate Guy Mamou-Mani, ex-président du Syntec numérique et co- fondateur du groupe Open, pour lequel un tel sexisme dans la tech européenne et nord-américaine se révèle d’abord une construction sociale. « À l’époque où je menais mes études d’infor- matique, il y a quarante ans, il y avait plus de femmes que
image : « Celle de l’ordinateur personnel présenté comme un outil d’émancipation des hommes. » Dans l’inconscient collectif, s’installe alors du- rablement l’idée que de tels métiers ne seraient pas pour les femmes. « Il n’y a au- cune raison objective à ça », constate Guy Mamou-Mani pour qui les stéréotypes sont à l’œuvre au sein même des
numérique, un argument qui ne tient absolument pas ».
une cuLture
start-up
mascuLinisée
à outrance
Les experts mettent en cause un système qui décourage encore les femmes à choi- sir les métiers du Web. Et même les jeunes filles. « C’est
nelle qu’on n’oriente pas vers de tels métiers », déplore Lorraine Lenoir, pour qui de tels freins se déclinent à tous les stades. C’est à chaque étape de leur carrière dans le numérique que les femmes doivent faire face aux discriminations. Signe : les entrepreneuses lèvent en moyenne deux fois moins d’argent que les hommes. Des concurrents bien plus à l’aise face à leurs pairs, business angels, devant lesquels il faut apparaître comme un requin lors des incontournables pit- chs. De quoi illustrer cette culture start-up masculinisée à outrance où les femmes doivent d’abord se confor- mer à l’image du start-uper ultraperformant. Et pour en découdre avec de tels codes très « genrés », qui sont, on l’aura compris, vecteur de ce sexisme 2.0, exit la loi du silence qui a longtemps prévalu en la matière ! Dans la droite lignée de la fonda- tion Femmes @Numérique – lancée cette année par le gouvernement pour lutter contre les représentations sexistes dans ce secteur –,
 On n’incite pas les jeunes filles à devenir développeuses, si bien que nombre d’entre elles délaissent les filières techniques et scientifiques
 d’hommes dans nos classes. Aujourd’hui, quand j’in- terviens dans des écoles de coding, les étudiantes ne sont souvent qu’une poignée dans un auditoire de 200 personnes... Rien d’étonnant qu’elles soient ensuite si peu nombreuses à monter des start-up ! ». Pour lui, la rupture coïn- cide avec l’avènement de la micro-informatique en Occident, dans les années 1980, qui distille une nouvelle
dès leur scolarité
écoles d’informatique. « On y observe une ambiance geek et machiste, génératrice de blagues en tout genre qui ciblent d’autant plus les femmes qu’elles sont mi- noritaires », estime Lorraine Lenoir. Elle intervient via la start-up Social Builder dans les grandes écoles pour, jus- tement, lutter contre de tels clichés, « notamment celui qui voudrait que les femmes manifesteraient un manque d’intérêt pour les carrières du
pourquoi, nous menons des sessions de sensibilisation auprès des collégiens pour déconstruire de tels préjugés à la racine », indique Joanna Kirk, codirectrice du réseau StartHer. Et pour cause : « On n’incite pas les jeunes filles à devenir développeuses, si bien que nombre d’entre elles délaissent les filières techniques et scientifiques dès leur scolarité. Même schéma chez les femmes en reconversion profession-
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[SOCIÉTÉ
 Monde
Augures de crise
Optimistes et pessimistes se trompent de débat...
 « Une nouvelle crise financière n’est pas pour tout de suite »,
« Ce ne sera pas un krack, mais un tsunami financier mondial »,
« La prochaine crise sera celle des monnaies », « Crise financière,
dix ans après, on ne peut exclure la répétition », « La prochaine
crise sera bien pire... ». Ouf ! Crise ? Imminente ? Mondiale ? Financière ? Voire technologique ? Ou pas ? Médias et économistes nous l’annoncent. Elle est certaine. Avec André Cartapanis, professeur d’économie et de finances internationales à Sciences Po Aix, membre du Cercle des économistes, spécialiste du déclenchement des crises financières, on a voulu comprendre. Une certitude pour lui, si elle survient, elle touchera l’économie réelle...
Vous dites que le déclen- chement tient souvent aux basculements d’opinion... Oui, quand cette opinion prend un caractère disruptif, qu’elle juge les situations insoutenables. En l’occur- rence, les fondamentaux qui m’importent, ce sont les pers- pectives de croissance, la capitalisation des banques, l’endettement des agents pri- vés et publics. C’est là que vont se combiner les dimensions financières et réelles...
Quels sont donc les signes avant-coureurs ?
Ils sont trois : les fondamen- taux purs, l’économie réelle – la croissance, la compétitivité d’un pays, la situation d’une firme... Ce que je nomme le « réel réel » pour me faire comprendre. Puis le lien entre dimension financière et réel, comme des taux de crois- sance qui reposeraient sur un financement à crédit, à décou- vert. La Turquie, avant 2017, connaissait une croissance très élevée, mais qui avait été financée par des entrées massives de capitaux. Troi- sième facteur, la dimension purement financière, impactée par un changement d’opinion. Les économistes appellent le phénomène des « taches solaires », ces éruptions sans lien avec l’économie réelle, une élection, un sondage, qui vont faire douter les marchés de la soutenabilité d’une si- tuation. Se déclenchent alors ou pas des crises, bancaires, macroéconomiques, mais qui ne sont jamais automatiques. C’est la frange de détermi- nisme...
En novembre 2018, dans le monde et en France, quelles sont à vos yeux les fragilités sensibles ?
Sur le plan mondial, un endet-
tement global, des États mais pas seulement, des acteurs privés et des intermédiaires financiers, supérieur à celui qui prévalait avant la crise de 2008. Du côté des prix d’actifs et des cours bour- siers, très élevés, on assiste à des ajustements. Mais on est très haut. La probabilité d’un ajustement à la baisse est loin d’être nulle. Enfin la conjonc- ture mondiale est anxiogène.
élément déclencheur que vous décrivez ?
Ce sont des éléments suscep- tibles d’alimenter une nou- velle évaluation du risque. Si, dans les jours qui viennent, le spread de notre dette venait à varier sous l’effet de la réac- tion des agents bancaires et des investisseurs, l’événement qui frappe le constructeur pourrait jouer. Tout dépend de la durée et de l’ampleur.
 Olivier Magnan
 «L
a finance est plus rationnelle
du coin de la rue, dans le monde entier, celle que vivent les habitants, les citoyens, les ménages, les entreprises, les collectivités, producteurs et consommateurs de biens et
services (y compris par des échanges non marchands).
Alors, André Cartapanis, quelle cou- leur, saveur, odeur revêt une
« crise » ?
Une crise financière, c’est large. Elle sera bancaire ou naîtra d’une tension sur les changes, affectera les mar- chés boursiers ou surgira de l’endettement souverain d’États émergents, des phé- nomènes se combineront entre eux pour aboutir à des crises jumelles, systémiques. Mais elles portent toutes un facteur commun : elles marquent la non-soutenabilité d’une situation. Pour un pays, une balance des paiements dégradée, son incapacité à rembourser sa dette, pour une banque une sous-capi- talisation, pour un marché boursier le déphasage avec la profitabilité des entreprises.
Bref, il existe toujours un lien entre ce qui affecte les événements d’une sphère sur le plan financier et ce que l’on appelle les « fon- damentaux » sous-jacents. Sans oublier l’impact de la dimension psychologique...
Les réactions des agents économiques dont vous rappelez que Keynes les nommaient « esprits ani- maux»?
Oui, qui gouvernent souvent les marchés financiers. Mais avant eux, je rappelle qu’il n’existe pas de déterminisme direct entre les éléments fon- damentaux et le déclenche- ment d’une crise. Les fonda- mentaux, ce sont les données macroéconomiques d’un pays ou d’une zone économique, comme le PIB, l’inflation, le taux d’intérêt directeur. Il est extrêmement rare qu’il y ait crise sans dégradation des fondamentaux. Mais une telle dégradation ne débouche pas nécessairement sur une crise. Des agents optimistes à l’excès, des rétablissements d’équilibre sont parfois suf- fisants pour qu’une crise ne vienne pas sanctionner ces dégradations...
qu’on ne le croit et elle ne peut pas durablement s’éloigner de l’économie réelle. Elle entre en crise quand les
cours boursiers ne sont plus en phase avec
la croissance des entreprises, quand
les prix dans l’im-
mobilier n’ont plus
rien à voir avec les
revenus des em- prunteurs, quand les
crédits bancaires ou les obligations d’entreprises se heurtent à des défauts pro- voqués par une demande atone, quand l’abondance de l’épargne mondiale provoque le surendettement externe de tel ou tel pays émergent. Et surtout, quand se profile, iné- luctablement, une récession... Tous ces facteurs de crise sont aujourd’hui présents. » Et pour notre expert, ce ne seront plus seulement des banquiers spéculateurs, des financiers sans scrupule, des boursicoteurs affamés qui « trinqueront », mais vous et moi, les entreprises et les par- ticuliers, les acteurs de cette fameuse « économie réelle » qu’est l’activité économique
Le rebond de 2016-2017 se tasse, avec ralentissement de l’activité économique à la clé. Pourtant, tous les signaux ne sont pas négatifs : le prix de l’immobilier ne s’envole pas, les banques sont en meilleur état – au cœur du système de paiement, elles déclenchent des crises systémiques. Ce sont des facteurs d’atténua- tion. En revanche, quand les taux d’intérêt directeurs américains remontent, ce qui est le cas, même prudemment, des fragilités s’aggravent. Ce sont des signaux d’alerte. Sans que l’on puisse prédire les déclenchements.
Vous avez cité à plusieurs reprises l’opinion et des événements disruptifs. La chute spectaculaire d’un Carlos Ghosn, les mouvements à la baisse des titres Renault-Niss- san, pourraient-ils, selon vous, constituer ce fameux
Idem si le mouvement des « gilets jaunes » s’installait dans la durée.
Jusqu’au déclenchement d’une crise ?
Une crise, c’est disruptif, c’est un basculement. Une confiance qui disparaît. Dans le cas français, on en est re- lativement loin, Renault n’est pas impacté sur ses marchés. Mais c’est un élément de plus, avec l’affaiblissement de Merkel ou les difficultés de Macron... Mais dites-vous bien que la plupart des crises d’une extrême gravité ne se sont jamais annoncées. Une crise ne se prévoit pas, mais c’est pourtant toujours la convergence des signaux que j’ai cités qui la déclenchent. L’affaire Renault n’a pas de lien avec une crise de la zone euro. Mais les.subprimes, c’était peanuts, Lehman-Bro- thers, c’était rien. Alors, une goutte d’eau...
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]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[L’Œil décalé
Management
Terminé le temps où le top management assénait d’immuables directives à l’égard des collaborateurs. Le chef, c’est moi. Et j’ai toujours raison. Révolution numérique oblige, l’époque est à l’agilité. Un bon leader s’adapte et apprend... l’humilité. Un changement de paradigme profond qui en dit long sur l’évolution de la société.
tenir l’ego. Les managers qui arrivent aux plus hautes fonctions sont ainsi persuadés qu’ “ils ne sont pas arrivés là par hasard”. D’où leur in- capacité à se remettre en question », explique Jérémy Lamri. À moins de le décider, très fortement, au prix d’un effort. « Faire la chasse à l’ego est un engagement du quotidien », confirme Jérémy Lamri. Schéma : plus un ma- nager rencontre de succès, plus son ego se développe. Et plus son adaptation aux nouveaux critères de manage- ment devient problématique. Le conseil des profession- nels : regarder attentivement à quelles fins l’énergie est employée. Au service d’un projet ? Alors l’individu s’ins- crit dans une démarche d’hu- milité. Pour maintenir un titre ou une position ? C’est l’ego qui a pris le dessus. Commencez par repérer les « signes extérieurs d’ego », ces marqueurs sociaux que sont la place de parking dédiée, les bureaux privés de plus en plus grands, la douche à côté,
le chauffeur...). Le Dr House qui voulait sa place près de l’entrée du Princeton-Plains- boro Teaching Hospital fait figure d’inadapté à côté des big boss de la Silicon Valley qui renoncent même à un bu- reau personnel ! Marqueurs à bannir dans une démarche d’humilité.
vers La Fin
du jeunisme ?
Quels profils sont donc les plus aptes à adopter une dé- marche d’humilité ? Pour Jérémy Lamri, « il n’existe pas d’effet générationnel sur le sujet de l’humilité. » Em- manuel Buée, lui, est prêt à parier que les managers les plus expérimentés sont da- vantage disposés à se remettre en question. « Les managers expérimentés qui ont réalisé la majorité de leur potentiel n’ont plus d’enjeu personnel. Ils montrent alors une plus grande capacité à prendre des risques. Je constate qu’il existe chez les cadres seniors une forte stabilité émotion- nelle et une vraie capacité de
remise en question. Les plus jeunes, en revanche, auront plus de mal à lâcher des sys- tèmes qu’ils connaissent et dans lesquels ils se sentent “confortables”. »
une humiLité
à manier avec précaution
Attention ! Se faire humble ne veut pas dire jouer à se rabaisser. Au risque de se faire dévorer ! Pour Jérémy Lamri, « une démarche d’humilité ne portera ses fruits que dans le cadre d’une organisation bienveillante et dont les plus hauts dirigeants pratiquent eux-mêmes la chasse à l’ego. » Exemple tout proche : au sein de la tour de la Défense où se déploie Engie, ex-GDF Suez, l’étage supérieur n’abrite plus le top management. Là où s’étalaient moquette et bu- reaux dits de direction s’étend un espace de pause équip.é. Et tous les étages, tous les collaborateurs y ont accès... Ҫa gaze à tous les étages.
Chloé Pagès
SOCIÉTÉ
  Leadership : l’humilité, nouvelle clé de succès ?
 «L
’humilitén’estpas seulement une
 posture, mais une réponse à un contexte. Il y a vingt ans, la trajectoire économique d’une entre- prise pouvait s’écrire. Le savoir était alors la clé du pouvoir du manager. Son rôle était de savoir garder le cap, coûte que coûte. Les règles étaient immuables. Le contexte est aujourd’hui totalement différent », analyse Emmanuel Buée, directeur de l’activité Management de transition au sein du groupe H30. Donc, le bon leader n’est plus celui qui garde un même cap durant des années, mais qui se montre capable
(Dunod). L’exigence d’effi- cacité ne se trouve plus dans le contenu, mais dans les processus. Du coup, les re- cruteurs sont en recherche de profils à même de provoquer
devenir agiles. Ils seront tout à fait adaptés à des fonctions analytiques, mais s’épanoui- ront avec difficulté dans des postes qui exigent une remise en question permanente »,
  L’ego est un moteur puissant d’ascension sociale. C’est lui qui propulse aux postes les plus élevés [...] Les managers qui arrivent aux plus hautes fonctions sont ainsi persuadés qu’ “ils ne sont pas arrivés là
par hasard”. D’où leur incapacité à se remettre en question.
 Certains secteurs, plus en avance que d’autres ?
Comment penser l’humilité productive au sein de la pharmacie, de l’aéro- nautique ou encore de la finance aux cadres très strictement définis, donc mis en œuvre par des profils analy- tiques, parfaits pour le respect des pro- cess réglementaires ? « Ces secteurs ont déporté l’agilité sur les sous-trai- tants de rang 2 », explique Emmanuel Buée. Poussés par la révolution nu- mérique et l’adoption de nouveaux outils, les établissements bancaires classiques affrontent la concurrence des fintechs (start-up /ETI disruptrices de la finance). Idem pour les contrô- leurs de gestion dont le rôle purement analytique est de plus en plus remis en question par le développement de la
blockchain, cette fameuse technologie de stockage et de transmission d’in- formations sans organe de contrôle. Signe du changement de paradigme: sur les fiches de postes de data ana- lysts diffusées par le géant Google, les « soft skills » – littéralement « compé- tences douces », de l’ordre de l’intelli- gence émotionnelle, par opposition aux compétences dites « dures », savoir analyser un bilan – prennent de plus en plus le pas sur les compétences analytiques. Bien sûr, un solide ba- gage académique est requis. Mais les qualités d’adaptabilité et de sens de la communication priment désormais sur la décision finale d’embauche.
 de s’ajuster en permanence. « Il faut bien avoir à l’esprit qu’avec le développement de l’intelligence artificielle, les tâches routinières seront à l’avenir confiées à des ro- bots. Les tâches qu’il ne sera pas possible de sous-traiter aux machines devront se confier à des profils à même de s’adapter constamment à leur environnement », explique Jérémy Lamri, auteur des Compétences du xxie siècle
l’inattendu pour innover. Il s’agit donc de chasser l’ego. Et de savoir accepter l’imprévu pour s’adapter sans cesse.
chasser L’ego,
un engagement
du quotidien
Est-il possible de devenir humble ? Pas simple, ré- pondent les experts en res- sources humaines. « Les profils rigides ou contrôlant auront beaucoup de mal à
explique Emmanuel Buée. Il n’empêche, l’humilité en tant que trait de caractère se travaille au quotidien. À condition de prendre conscience de la nécessité de son degré d’humilité, dé- marche rare chez les cadres dirigeants. « L’ego est un moteur puissant d’ascension sociale. C’est lui qui propulse aux postes les plus élevés. Et du reste, le pouvoir et la sécurité participent à entre-
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« Humility » proclament désormais les qualités nécessaires d’un patron
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[                    L’esprit pionnier vous inspire, rejoignez l’ESSEC Executive Education.
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               © ESSEC Business School - 973100918 - Septembre 2018 - © Photo : Denis Allard/REA.
]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  Le carnet des nominations
en partenariat avec
uAtos
Alexandre Menais, 46 ans, HEC est promu Secrétaire Général
uBouygues telecom Richard Viel, 61 ans, INSEAD est promu Directeur Général
u cNP AssurANces
Antoine Lissowski, 61 ans, ENA – IEP Paris est nommé Directeur Général
u cofidis
Nicolas Wallaert, 45 ans, IESEG
a été promu Directeur Général France
uiNgeNico grouP
Nicolas Huss, 54 ans, IEP Toulouse est promu Directeur Général
ulyriA
Fabien Soulet, 44 ans, EDHEC, London school of Economics
a été promu Directeur Général
uPhiliP morris frANce Jeanne Pollès, 53 ans
a été promue Président
u Pmu
Charlotte Tasso de Panafieu, est nommée Secrétaire Général
uscieNces Po PAris (ieP) Arnaud Jullian, 44 ans, ENA
est nommé Secrétaire Général
                                VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?
Nomination, les 200 000 décideurs
Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr
 DU CÔTÉ DES INCUBATEURS
 Level 256 : l’e-sport à Paris
D’une pierre deux coups : la plate-forme Level 256, créée par Paris&Co, accompagnera des start-up du secteur de l’e-sport (au sens large : produc- tion et retransmission d’événements, gestion de la billetterie et des droits de diffusion, solutions techniques...), mais le projet veut aussi porter la création, d’ici à 2022, d’une salle dédiée aux compétitions dans la capitale. Installé dans le 20e arrondissement, l’incubateur veut aussi aider les
des biotechnologies et des thérapies innovantes. L’incubateur est situé dans l’Institut de médecine régénérative et de biothérapies (IRMB) qui ras- semble 150 scientifiques et médecins spécialisés en médecine régénérative et immunothérapie innovantes, plus des entreprises, un centre de re- cherche... Les jeunes pousses bénéficieront de leur expertise comme de la plate-forme technologique de l’IRMB. Cerise sur le gâteau : une plate-forme de production de lots précoces de médicaments viendra compléter le dispositif en 2020.
APPLI AU HIT
 Les taxis s’ubérisent
Et s’il était aussi simple de commander un taxi qu’un VTC ? Tako, lancé par la start-up du même nom, propose de héler et même de payer un taxi depuis son smartphone. L’idée maligne : en uti-
lisant le principe de la maraude électronique ‒ lever la main dans la rue ‒, l’application évite les frais d’approche. Tako se base sur les données de géolocalisation fournie par les chauffeurs de taxi inscrits sur l’app – 4 000 dont les trois-quarts sur Paris. S’il n’est pas possible d’indiquer précisément le prix de la course, Tako utilise un algorithme pour donner tout au moins une estimation. Et il est possible de choisir entre payer par l’application ou par carte dans le véhicule.
 Des idées écoresponsables avec Wag Les grands changements commencent souvent par de petits gestes. C’est en partant de cette idée que WWF France et ses partenaires (l’Ademe, La Poste et Maif) ont conçu et lancé l’application Wag (We act for good). Au programme, des défis à relever dans cinq domaines – d’autres arrivent ‒ et les
conseils pour les réussir : bien manger, le zéro déchet, les déplacements, l’optimisation d’énergie et le do-it-yourself. Par exemple, des recettes de cuisine, comment réaliser ses propres produits ménagers, des adresses utiles variées (commerces bio, centres de réparation, centres de solidarité, zones de recyclage, etc.). Une base de données qui s’enrichira avec les suggestions des utilisateurs, qui sont déjà 10 000.
   sociétés déjà implantée et les équipes profession- nelles, notamment pour le financement. La Ville, qui soutient l’incubateur, se lance ainsi pleinement dans ce secteur en plein développement, après avoir remporté l’attribution de la finale du championnat du monde 2019 de League of Legends.
 Incube en abbaye !
De l’innovation dans des vieilles pierres. L’abbaye cistercienne de Maubuisson, qui date du xiiie siècle, aujourd’hui dédiée à l’art contemporain, va créer un incubateur de start-up innovantes dans le do- maine de l’art, de la culture et du patrimoine. La volonté est de faire venir des fonds privés dans
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qui font le business en France !
le monde de l’art, une évolution nécessaire dans un contexte où il y a de moins en moins d’argent dans les collectivités. Aide aux artistes locaux pour monter des projets, mécénat culturel, tourisme... Les activités visées sont variées. L’ouverture se fera l’année prochaine, l’aménagement de l’espace (700 m2, au premier étage de l’abbaye) intègre notamment une salle d’expérimentation et une résidence pour artistes.
 La médecine de demain chez Cyborg Après l’incubateur, le bio-incubateur. Cyborg, hébergé par le CHU de Montpellier et tout juste inauguré, accueille déjà huit start-up des secteurs
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  Wehe veille à la neutralité du Net
Un fournisseur d’accès ne doit pas favoriser des flux par rapport à d’autres. En France, les opérateurs se montrent plutôt respectueux en la matière, mais les associations et le régulateur des télécoms veulent encourager la vigilance de chacun. Wehe va détecter un éventuel bridage de flux, en en comparant un en clair et un autre, chiffré.
L’Arcep ‒ Autorité de régulation des commu- nications électroniques et des Postes ‒ soutient activement l’application, participe à l’hébergement de Wehe en France, mais aussi à son adaptation à la situation locale, sa traduction et l’ajout de plusieurs fonctions, dont la possibilité de signaler des anomalies directement.
 Tik Tok, un succès, un danger
Tik Tok, non, inconnu au bataillon ? C’est pour-
tant l’application la plus téléchargée au monde en ce moment, avec 46 millions de téléchargement en trois mois. Le principe : des vidéos de 16 secondes, souvent en playback, avec possibilité d’ajouter des filtres, un montage simple... Créé en Chine ‒ dire Douyin ‒, Tik Tok doit son succès en Europe à son acquisition par Musical.ly, déjà plébiscité par les ados. Bogue : l’application a déjà montré des failles dans la protection des données
de ses utilisateurs et semble ne pas protéger efficacement les mineurs, nombreux sur la plate-forme, notamment en forçant tous les profils à être publics.
MODE DE VIE
 Jeux, pub et piège
Attention aux applications de jeyx ! Une étude nord-américaine, publiée dans le Journal of Development and Behavioral Pediatrics, pointe du doigt les pratiques à la limite de l’abus de certains éditeurs. Des chercheurs dirigés par la faculté de mé- decine de l’université du Michigan ont étudié 135 applications populaires vendues et utilisées par des enfants de cinq ans et moins, et ont découvert que 95 % d’entre elles contenaient au moins un type de publicité. Et surtout, un certain nombre d’entre elles sont trompeuses, gênantes voire inappropriées, surtout pour des enfants qui ont du mal à les différencier des jeux. C’est surtout récurrent dans les applications gratuites.
 Les YouTubeurs mobilisent sur le climat
Pour toucher la tranche des 12-25 ans, un nou-
velle campagne, On est prêt, rassemble plus de 60 vidéastes et créateurs sur Internet (pour des chiffres d’audience faramineux), avec un principe simple : pendant un mois (jusqu’au 15 décembre), ils vont tous changer leurs habitudes pour réduire leur impact environnemental sur trois théma- tiques (changer son alimentation, stopper les plastiques et abandonner sa voiture). Et surtout, ils vont lancer des défis à leurs communautés. Pas de culpabilisation, mais des idées pratiques,
ludiques, à la portée de tous. La durée de la campagne n’a pas été choisie au hasard : après 30 jours, il y a de fortes chances que les gestes s’ancrent.
 Recycler ? Upcycler !
Concilier éco-responsabilité et sens du
style : après la vague des marques de mode
éthiques, durables, alternatives, et autres,
voici venir les « upcycleurs ». L’idée est
une application directe de l’adage « faire
du neuf avec du vieux » : récupérer des
tissus ou vêtements et les transformer en
créations nouvelles, tout en améliorant leur
qualité. Si les fers de lance hantent la haute
couture, il existe aussi des marques plus
abordables. L’activité est cependant réduite
à la production de petits volumes – contrainte entraînée par la récupération. Signe que la tendance a une chance de durer : la Redoute a lancé un programme fondé sur la réutilisation de tee-shirts et sweats invendus.
 Start-up regtechs : les codes, règlements, lois et jurisprudences sous pression
On connaît les fintechs (start-up agiles en finances), voici les regtechs, pour « régu- lations ». Face à un environnement réglementaire de plus en plus complexe (surtout lorsque le marché est mondial), par exemple en matière de lutte contre le blanchisse- ment et financement du terrorisme, les entreprises doivent partager et exploiter une quantité croissante de données. Les regtechs proposent de s’occuper, efficacement
        avec
C’était le titre de mon premier bil- let en mars 2016. Manquerais-je d’imagination à ce point pour le
réutiliser en cette fin novembre 2018 ? Ou cette image fait-elle encore sens ? Un peu des deux, peut-être.
Le déploiement des mouvements de contestation met en tout cas en haut de l’affiche les revendications multiformes des « gilets jaunes ».
Mais de mauvais bas de bilan sont prévi- sibles pour les entreprises qui en voient de toutes les couleurs ces dernières semaines... Les impacts directs des perturbations se font déjà sentir sur leur trésorerie. Mesurées par des enquêtes flash CCI, les pertes de chiffre d’affaires touchent, notamment, tous les commerces, quels que soient leur taille, leur type et leur localisation, allant de 50 à 100 % en cas
de fermeture obligée.
Voilà de quoi faire broyer du noir aux patrons. S’ils comprennent certaines des protestations, ils se sentent néanmoins injustement pris pour cibles collatérales. L’indicateur de l’optimisme atteint donc son score le plus faible depuis 2015 avec 92 points. Le décrochage est plus fort encore chez les dirigeants de moins de dix salariés. Et fait nouveau, les inter- rogés se montrent plus réservés sur les perspectives pour leur entreprise dans les douze prochains mois (-15 points avec 67 % de confiance). Dans ce contexte en demi-teinte, 59 % des dirigeants déclarent que le maintien de l’augmentation des taxes énergétiques dans les années à venir est une mauvaise chose, voire une très mauvaise chose selon un dirigeant sur cinq. Plus du tiers des interrogés, soit
34 %, estiment en outre que cette hausse aura un impact fort sur leurs coûts de production, en particulier dans le BTP (46 %) et l’industrie (41 %).
A l’approche du Père Noël et son bonnet rouge, les entrepreneurs suivent donc avec attention les solutions proposées par les pouvoirs publics pour calmer la colère des gilets jaunes et retrouver des raisons de voir la vie en (plus) rose.
Béatrice Genoux Responsable Pôle data, études, enquêtes CCI France
Retrouvez l’intégralité des résultats de la Grande Consultation sur www.grandeconsultation.fr
Haut de l’affiche et bas de bilan (Saison 2 multicolore)
  DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr 27
Jugement de valeurs
]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
     Cédric Ternois
Président de Jalix
L’infogérance, au-delà des idées reçues
L’infogérance est le fait de confier la gestion de son système d’information à un tiers. Ce n’est pas un phénomène récent mais il effraie, encore trop souvent, les PME.
Pourtant, à l’image des systèmes d’information, l’infogérance a évolué. Elle répond aisément aux principales craintes qu’elle pouvait légi- timent provoquer et permet aujourd’hui une grande agilité... si l’on choisit bien son prestataire. À ce titre, je ne parle personnellement plus de prestataire, mais d’un partenaire de confiance qui devient un levier de croissance. En effet, chacun mesure aujourd’hui qu’une société qui rate sa transformation numérique est condamnée à terme, dans un contexte hyperconcurrentiel.
Alors la peur n’évitant pas le danger, examinons ces « idées reçues » sur l’externalisation.
« Le prestataire ne maîtrise pas le contexte métier. »
Évidemment, un prestataire ne peut pas avoir la même maîtrise immédiate que votre informaticien qui gère cela depuis des années. Cependant que se passera-t-il le jour où votre informaticien vous quittera ?
La phase de mise en place d’une infogérance est essentielle et permet de garantir une « externalisation » sans heurt grâce à quelques éléments clés : choisir un acteur polyvalent et réactif, documenter les procédures appliquées, partager la connais- sance avec des périodes d’immersion (le prestataire partage le quotidien de vos équipes) et l’impliquer dans vos projets en cours.
En respectant cela, l’infogérance vous permet de répartir les connaissances, non plus sur une ou deux personnes, mais sur une équipe, et cela vous garantit une vraie constance de la qualité du service.
« C’est une opération irréversible, je deviens dépendant de mon prestataire. »
Faut-il vous rappeler votre niveau de dépendance actuel ?
Voici les règles d’or du partenariat et des éléments clés à clarifier : s’assurer de propriété inconditionnelle des données et la conformité RGDP, vérifier les pos- sibilités de sortie avant l’échéance (en cas de litige, d’insatisfaction mesurée par des indicateurs), s’assurer du maintien à jour des documentations et prévoir une phase de réversibilité.
En respectant cela, l’externalisation est une opportunité de modernisation des tech- nologies et matériels utilisés. Cela va vous apporter plus de souplesse et d’adresser plus facilement de nouveaux besoins : mobilité ...
Et promis, nous regarderons l’année prochaine les nombreux bénéfices établis ;-)
 28 DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
Pratiques numériques
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  grâce aux outils numérisés (machine learning et big data en premier chef), de tous ces aspects. On compte maintenant plus d’une centaine de start-up, et la tendance ne fait que se renforcer.
FINANCE ET LÉGISLATION
ropéenne sur des questions financières. Outre la taxe sur les Gafa – véritable serpent de mer ‒, l’évocation de la mise en place d’une taxe sur les hyperliens (à l’occasion des négociations sur la directive sur le droit d’auteur) entraîne des débats houleux. La taxe en question imposerait aux plates-formes de rémunérer les éditeurs lorsqu’elles référencient leurs contenus et y donnent accès via un lien hypertexte. Google Actualités, évidemment, est concerné au premier chef et la firme de Mountain View a, en réponse, menacé de fermer le service. Une menace déjà mise à exécution en 2014 en Espagne dans des circonstances similaires.
 Loi sur l’Avenir professionnel : la formation évolue
Les premiers décrets d’application de la loi sur l’Avenir professionnel ont été pu- bliés, un processus qui devrait se poursuivre jusqu’au printemps 2019. À venir donc, entre autres points majeurs
de la loi : la révision du système de
financement de l’apprentissage, ainsi
que l’augmentation du revenu des
apprentis et l’assouplissement des
horaires. L’alimentation en euros,
et non en heures, du compte per-
sonnel de formation, assorti d’une
révision des formations éligibles.
L’élargissement de l’assurance chô-
mage à certains types de démission
ou encore l’arrivée d’allocations forfaitaires pour les travailleurs indépendants dans certains cas de cessation d’activité.
  Les annonceurs et le RGPD
Selon la 4e édition du baromètre du programmatique en France, réalisé par Quantas et l’EBG, près d’un tiers des annonceurs ne sont pas en conformité avec le RGPD. Seuls 20 % ont mis en place une Consent Management Platform pour recueil- lir le consentement des internautes. La loi, du reste, gêne aux entour- nures : les deux tiers des annonceurs et agences trouvent le RGPD trop complexe et un frein au dévelop-
  pement du programmatique. Le secteur, cependant, se porte bien, puisque 83% des annonceurs pensent que la part liée au programmatique devrait augmenter dans le budget display global.
 Google, les taxes et l’Europe : le feuilleton continue
Ce n’est pas la première fois que la tension monte entre Google et l’Union eu-
 DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr 29
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[Olivier Magnan
Activating brave, c’est le mâle slogan dont se réclame ce top
100 (d’où nous tirons un top 17) établi par Interbrand. « Brave », du reste pas si facile à rendre, revient sans cesse dans tous les dévelop- pements éditoriaux pour le moins dithyrambiques qui émaillent l’étude. « Mettre en œuvre les défis » semble une honnête traduction. « Ce n’est pas un hasard, dit la synthèse, si les marques en croissance cette année sont celles qui offrent les meilleurs signes de cette mise en œuvre des défis par les décisions auda- cieuses qu’elles ont prises et les risques courageux (brave !) qu’elles assument pour, à court terme, s’assurer d’une croissance solide. » Désormais, le client n’est plus « roi », mais « CEO ».
Les firmes qui réussissent ont toutes placé le consommateur de leurs produits et services au « centre » de leurs outils marketing. Mais au sens « géographique » du mot. « Il ne suffit pas de proposer le produit ou le service que le client veut, expliquent les analystes d’Interbrand, encore faut-il savoir ce qu’il pense, ce qu’il ressent, la façon dont il se comporte et bâtir alors le parcours d’achat le plus optimisé partout où l’ache- teur se présente... » Vedette de cette immersion dans la tête même du client, Ama- zon. À quel prix : analyse des données recoupées pour chaque « consommacteur » et exploitées en continu pour personnaliser toujours davan- tage son parcours d’achat. Interbrand glorifie avec le même enthousiasme Netflix,
à l’origine petit distributeur de DVD par courrier, désor- mais géant multi-oscarisé
Interbrand, en mobilisant plus de 500 000 de ses em- ployés soigneusement recru-
cet avis... Mais peu importe pour le conseil en stratégie qu’est Interbrand, pourvu
utilisateurs qu’ils travaillent sur les dernières versions de leurs « chères » applications. Au palmarès des firmes qui se sont réinventées, s’illustre le système de paiement Mas- tercard. Il a su combiner les services qu’il invente ou qu’il achète pour les vendre à ses utilisateurs et partenaires.
voir sur Les épauLes des géants Une marque puissante, selon Interbrand, se distingue par la performance financière, le rôle que joue son nom même dans les décisions d’achat, sa capacité à fidé- liser et donc s’assurer de ses bénéfices futurs. L’une des constantes de la réussite des firmes sanctifiées par l’analyste est leur art de se donner une vision à long terme « claire et nette » tout
CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
 Les 17 premières firmes à plus de 30 milliards de dollars...
Les secrets des marques les plus puissantes de la planète
Et la firme la plus puissante reste... Apple. Le palmarès Interbrand ‒ filiale d’Omnicom, l’un des leaders mondiaux du conseil en stratégie et design de marques ‒ tombe, tous les ans depuis 19 ans, avec son cortège à milliards des 100 géants du business qui mènent le monde. Toutes les plus grandes firmes ne sont pas américaines, Chanel et Hermès Paris hissent le luxe français aux 23e et 32e rangs, Subaru le japonais rejoint le palmarès en 100e et dernière position. Mais toutes ont réinventé leur business dix ans après la crise de 2008. Au nom de concepts qui sonnent férocement en anglais : elles ont, pour le CEO d’Interbrand, réalisé des « brave moves » (des changements vertigineux). Approche à l’américaine et leçons à retenir (si possible).
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DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
En plaçant leur client au centre,
elles anticipent ses besoins (la marque française Hermès a visé l’excellence pour ses articles de cuir et s’est diversifiée dans quantité d’autres domaines).
 des médias pour avoir bâti tout son processus à partir du client.
La cuLture est La stratégie, La stratégie est cuLture
Jeff Bezos, fondateur et CEO d’Amazon, a constitué sa for- tune estimée à 120 milliards de dollars, s’enthousiasme
tés autour de sa vision. Après Apple, la firme a atteint les 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière à partir de septembre 2018. Du point de vue des médias européens, lesdits employés qui crapahutent dans les immenses entrepôts sous la surveillance permanente de l’encadrement et des camé- ras ne sont pas forcément de
que ça marche. PayPal à son tour force l’admiration des marketeurs américains : son modèle a suscité des licornes telles YouTube, LinkedIn, Palantir. Quant à Adobe, son coup magistral fut bien de transformer son modèle en abonnements à ses ap- plications professionnelles hors de prix via le cloud, avec la certitude pour les
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[en gardant le cap sur le court terme. « Elles manient le microscope comme le téles- cope », image l’analyste, ce qu’il traduit par « le courage d’entrer en interaction avec le futur et non pas seulement de suivre la tendance ». À l’appui d’une telle projection, Nike, 17e firme du classement. Pour avoir osé articuler sa campagne de publicité autour de l’image du footballeur américain Colin Kaepernick, fustigé par Trump pour avoir mis un genou à terre lors de l’hymne et marquer de la sorte sa protestation contre les violences policières à l’encontre des Noir(e)s, la marque s’est engagée dans un manifeste politique dont elle n’est pas sortie d’emblée
indemne : jusqu’à voir des racistes brûler leurs Nike sur les réseaux sociaux et son cours de Bourse chuter. Avant que son gain boursier ne dépasse finalement les six milliards de dollars !
L’incroyabLe prédiction
de jeFF bezos... Interbrand a dégagé six « thèmes » marqueurs com- muns aux marques les plus puissantes de la planète. Elles ont créé une « utilité positive », autrement dit des produits et services capables de répondre véritablement à l’attente du consommateur (les firmes veulent servir et pas seulement vendre, induire un impact utile dans
le monde, s’impliquer dans notre quotidien). Elles ont pour leurs produits adopté un modèle économique fondé sur l’abonnement et non plus la propriété (la valeur de Netflix a crû de 45 %, celle d’Adobe de 14 %). En plaçant leur client au centre, elles anticipent ses besoins (la marque française Hermès a visé l’excellence pour ses articles de cuir et s’est diver- sifiée dans quantité d’autres domaines). Du reste, le sec- teur du luxe a crevé tous les plafonds de la croissance (+ 42 %) par la personnalisa- tion ultime de « la surprise et du ravissement (sic) ». C’est enfin par le « rôle » de la marque, autrement dit sa capacité à déclencher
l’achat sur son seul nom, que ces firmes sont entrées dans le top des marques les plus puissantes.
Il n’empêche...
Quand, dans une réunion interne enregistrée que s’est procurée la chaîne CNBC le patron d’Amazon, Jeff Be- zos, annonce à ses employés « qu’un jour, Amazon va échouer, va faire faillite, car la durée de vie des grandes entreprises ne dépasse guère 30 ans », un léger froid a plané sur la réunion. « Nous devons retarder ce jour en nous concentrant sur nos clients », a glissé Bezo.s. Amazon, pourtant, va recru- ter quelque 50 000 salariés pour son deuxième siège...
Les 17 marques qui règnent sur le business mondial
CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
   Mark Zuckerberg, Facebook, 9e firme mondiale
« Il s’est engagé
à donner 99 %
de sa fortune... »
Comment écrire la biographie d’un «in- touchable » auquel l’on ne parlera jamais ? Ce dilemme de biographe, Daniel Ichbiah l’a connu d’emblée. Quand l’éditeur La Martinière lui a demandé, à lui qui avait déjà écrit les « bios » des insaisissables Steve Jobs et de Bill Gates, d’entrer dans la peau de Mark Zuckerberg, le spécia- liste des enquêtes impossibles a hésité : le créateur de Facebook ne parle guère. C’est donc en s’adressant à son écosys- tème et aux rares témoignages déjà pa- rus – y compris le film de David Fincher, The Social Network – qu’il est parvenu, à force de recoupements, à cerner le per- sonnage. Signe de la « puissance » d’une telle firme, l’absence totale du besoin de la publicité et des médias. FB a même dé- trôné Microsoft comme sas d’entrée sur le Web. Avec sa tête de jeune dieu grec, Zuckerberg reste aux commandes de l’hyperpuissance, alors même que la 3e fortune du monde a conservé son allure et son idéal d’étudiant : « Il veut toujours changer le monde, apporter sa part de bien, affirme Daniel Ichbiah. Quand Steve Jobs prônait la beauté zen, Zuckerberg finance le don d’organes sous l’impulsion de sa compagne pédiatre prête à tout pour sauver un enfant... » Ses donations engagent 99 % de sa fortune. Anti-Trump, il prône la légalisation des migrants, il a voyagé dans tous les États américains. Sera-t-il, comme on le soupçonne de le vouloir, candidat à la présidence des États-Unis ? Ichbiah : « Ce qui est certain, c’est qu’il veut laisser son nom dans l’his- toire, et certainement pas sous les traits d’un Big Brother, la divulgation à grande échelle des données personnelles a com- plètement échappé à son contrôle. Mais il a fait ajouter à son contrat, en 2016, une clause qui prévoit son maintien à la tête de Facebook “même s’il prend un congé”... Est-ce un indice ? »
Mark Zuckerberg, la biographie: Il sait tout sur vous. Et vous, que savez-vous sur lui ?, La Marti- nière.
 1. Apple
Valorisation : 214,48 milliards de dollars Sur un an : + 16 %
2. Google
Valorisation : 155,51 milliards de dollars Sur un an : + 10 %
3. Amazon
Valorisation : 100,76 milliards de dollars Sur un an : + 56 %
4. Microsoft
Valorisation : 92,72 milliards de dollars Sur un an : + 16 %
5. Coca-Cola
Valorisation : 66,34 milliards de dollars Sur un an : - 5 %
6. Samsung
Valorisation : 59,89 milliards de dollars Sur un an : + 6 %
7. Toyota
Valorisation : 53,40 milliards de dollars Sur un an : + 6 %
8. Mercedes
Valorisation : 48,60 milliards de dollars Sur un an : + 2 %
9. Facebook
Valorisation : 45,17 milliards de dollars Sur un an : - 6 %
10. McDonald’s
Valorisation : 43,42 milliards de dollars Sur un an : + 5 %
11. Intel
Valorisation : 43,29 milliards de dollars Sur un an : + 10 %
12. IBM
Valorisation : 42,97 milliards de dollars Sur un an : - 8 %
13. BMW
Valorisation : 41,01 milliards de dollars Sur un an : - 1 %
14. Disney
Valorisation : 39,87 milliards de dollars Sur un an : - 2 %
15. Cisco
Valorisation : 34,58 milliards de dollars Sur un an : + 8 %
16. General Electric
Valorisation : 32,76 milliards de dollars Sur un an : - 26 %
17. Nike
Valorisation : 30,12 milliards de dollars Sur un an : + 11 %
                DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr 31
]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[Olivier Magnan
Il écoute le Concerto pour violon n°2 en mi mineur, opus 64, de Mendels-
sohn. Rien d’exceptionnel, sauf qu’il a trois ans et s’en souvient encore. Et qu’il demande à ses parents d’ap- prendre le violon. Décidé- ment, il est des destins tra- cés et des familles creusets. Entre un père consultant de haut vol amateur de musique classique et une mère agent d’artiste, aux côtés de sœurs mélomanes, cette famille harmonise, potentialise sa vocation au sens propre : voilà un « appelé ». Il écoute, du reste, les appels. C’est lui qui, à 14 ans, convainc sa mère (et sa sœur cadette) de l’accompagner à New York pour suivre les leçons d’Itzhak Perlman et d’Aaron Rosand à la Juilliard School of Music. Il « bosse » dur, le jeune Brieuc. Y compris, par correspondance, pour passer son bac (S). À 17 ans, le voilà à Vienne, auprès de Boris Kuschnir, son prof russe... Il a aujourd’hui 23 ans.
Le nectar
du travaiL
« Avec lui, j’ai travaillé énor- mément, tous les mouve- ments, la psychologie du violoniste. Des jours passés sur les mêmes œuvres, à les
Nos émotions sont au service du compositeur. Il faut apprendre à se dompter.
CLUB ENTREPRENDRE
 Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Brieuc Vourch, autoentrepreneur virtuose (ou l’inverse)
« Vous êtes dans une destinée, pas dans une carrière... »
  Brieuc + Vourch. Avec sa blondeur et ses yeux clairs, difficile de ne pas revendiquer
sa « bretanité ». Mais le Breton est vibration du monde. Il est américain, chinois, japonais, universel, là où son archet l’appelle, violon sans frontières. Électron libre. Pour sa virtuosité alliée à sa modestie, il est nommé à nos Trophées Optimistes. Voilà pourquoi.
une rondeur émotionnelle. Nos émotions sont au ser- vice du compositeur. Il faut apprendre à se dompter. » Et à compter. Brieuc Vourch est une entreprise, une SARL familiale. Pour autant, ses parents n’ont jamais isolé leur fils des lois de la jungle du monde artistique. Au contraire, ils l’ont initié aux réalités. Comment ont été gérés ses premiers contrats ? « Il n’existe pas vraiment de règle. C’est une évolution très lente. J’ai signé mon tout premier contrat à 12 ans, un concert pour Shimon Perez ! Une première invita- tion de maîtres, des sommes
Il faut accepter la réalité du métier, se vendre, être acheté, car l’on est aussi un produit. Mais en même temps, il ne faut jamais se muer en vendeur ni accepté d’être acheté... C’est très particulier. Qu’il s’agisse
par son pote pilote de ligne qui lui a appris l’art de la « to do list » ! Sa soixantaine d’engagements par an lui donnent la mesure des 100 prestations et plus qu’il as- sumera sans doute à l’orée de la quarantaine, au-delà
pureté éloignée... Et ce cer- veau écoute, anticipe, compte les mesures, s’inquiète de la note juste mais veut aussi orchestrer l’intention dans l’interprétation. « Le sport est pour moi une façon de rompre avec cette obligation
   décortiquer. C’était un labo- ratoire, avec Kuschnir, une introspection qui me plonge dans le nectar du travail. » Le « démarrage » en public de ce que Brieuc se refuse
à nommer « carrière » ‒ilusedumot«par- cours » ‒ commence avec l’Académie du Festival de Verbier, dans les Hautes-Alpes, qui intègre les huit meilleurs violonistes chaque année. Virtuose...
Le mot lui-même est magnifique : du latin
à l’italien, il évoque
tout, l’énergie, la qua-
lité, la compétence, la
vertu au sens romain de
force morale. C’est ce
que vit Brieuc Vourch depuis qu’il a tiré les premiers « sanglots longs » de son violon.
« Le travail sur l’ins- trument implique l’être
tout entier, ses émotions, sa psyché, sa rapidité intellec- tuelle, sa capacité d’antici- pation. Le travail du violon est une métaphore de toute action, c’est comme conduire sa voiture, danser, mener une analyse psychanalytique, la géométrie, la physique et le physique. Il faut apprendre une stabilité émotionnelle,
d’un métier est presque pour moi une torture. Une dua- lité intérieure. Je passe des auditions, cherche des enga- gements. Mais mon centre d’intérêt profond demeure le
besoin de faire vivre la musique, de faire écouter des œuvres qui me et nous dépasse. Chercher un contrat, c’est ma conviction que ces œuvres doivent être entendues, ressenties. »
ouvrir
Brieuc Vourch n’a pas d’agent. Il décide. En- touré. « Mon père m’a appris à ne pas avoir d’a priori sur la réa- lité financière. » Sa compagne harpiste, Anaëlle Tourret, au sein de l’orchestre philarmonique de la NDR à Hambourg, s’implique avec lui dans la construction de leurs « parcours ».
Le virtuose est un gestion- naire, à l’emploi du temps maîtrisé. Dans lequel la pra- tique du violon, la réflexion, la lecture, comptent pour 90 % de son temps où entre ce qui le nourrit, la rencontre de ses pairs plus âgés, musiciens ou non. « Ouvrir », dit-il. De Jean-Laurent Cochet à Lambert Wilson en passant
peut-être du répertoire ro- mantique des César Franck, Brahms, Tchaïkovski et autres Dvorak qui constituent pour l’heure son univers musical.
boxer pour échapper
à soi-même
Un esprit sain dans un corps sain, Brieuc Vourch. Entre natation, course à pied et boxe, il apprend l’art d’af- fronter la scène et le public comme un athlète qui esquive sans reculer. Des mains de virtuose dans des gants de boxe ? « J’ai assuré mes pouces », sourit celui qui explique la gestuelle de son bras droit à l’archet, la façon d’assurer un mouvement parfait sans fatigue par les doigts qui tiennent et guident et par ceux qui font contre- poids, les articulations du coude et du poignet, l’ouïe aux premières loges du son énorme de l’instrument quand le public n’en perçoit que la
de rester en prise constam- ment avec soi-même quand on interprète... »
Fort de ses deux violons (le sien, sur-mesure, signé Kurt Widenhouse ‒ « je vais le choisir pour les grandes salles car il projette, il est puissant » ‒, et celui que lui prête la fondation Zil- ber-Rampal, assemblé au xviie siècle par le luthier Cappa), Brieuc Vourch sera à Berlin en janvier 2019, à la Maison de Radio France le 9 mars avant de gagner Shangaï le même mois pour participer au Hantang Inter- national Music Festival. Et, c’est exclusif, il enregistrera sous peu son premier label avec Guillaume Vincent au piano et... une certaine harpiste.
Pas de doute, « Brieuc is a.n excellent violinist », comme le dit tout simplement Itzhak Perlman... Sacré « la ».
 modiques, puis vous déve- loppez votre crédibilité. Je n’ai jamais abordé mon mé- tier comme une profession. C’est vraiment l’expression de soi. Le contrat est une conséquence d’une chimie artistique. Le business en lui-même va à l’encontre de l’art, mais vous devez agir comme un businessman.
trophees-optimistes.fr
                                                                                                     32
DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[                   Tout l'univers Philips
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]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Caroline Abram, opticienne
La madone des lunettes qui embellissent
 Sa marque d’optique est devenue une légende. Tout sourit aujourd’hui à Caroline Abram qui s’était crue condamnée à vendre des montures industrielles enfermée dans une boutique. Puis long tunnel où elle enfile des perles
au Sénégal. Dix ans d’artisanat besogneux
en appartement avant qu’Opra Winfrey ne chausse l’une de ses montures. Sa success story de rebond est une suite d’enchaînements gagnés. Admiration.
des bureaux de 45 m2 qui de- viennent rapidement trop pe- tits. Elle migre pour 200 m2. 2018 : ce sera carrément la construction d’un immeuble de 800 m2, à Romainville. Dès 2008, elle s’était lancée dans la conception de mon- tures de lunettes. « Quand j’ai créé ma première collection, c’était la mode du rétro ou du rectangulaire. J’étais complè- tement à contre-courant avec mes lunettes papillon très colorées », reconnaît-elle. Pourtant, elle a l’intuition que les clientes aspirent à des lunettes plus féminines. Tout le monde n’a pas adhéré, mais elle trouve quelques ambassadrices totalement fans de ses montures. La plus connue ? Sans doute aucun Oprah Winfrey. Sonia Rolland et Marilou Berry sont elles aussi adeptes. Une pluie de signaux favorables s’abattent sur elle, y compris certains très anecdotiques. « Un jour, à l’aéroport de Sidney, l’hôtesse prend mon billet. Je croise son regard et... je constate qu’elle porte des lunettes que j’ai dessinées. J’étais vraiment heureuse et lui en ai offert une nouvelle
paire », raconte-t-elle.
8 miLLions d’euros decaetune croissance de40%paran
Le sens du business, Caroline Abram l’a dans la peau. « Je suis câblée comme ça. Je sais prendre des décisions rapide- ment », souligne-t-elle. Des erreurs, elle en commet bien
sûr, notamment pour choisir ses fournisseurs. « La fabri- cation, c’est un vrai casse- tête, notamment à cause du non-respect des délais. J’en ai pleuré plusieurs fois. Mon conseil aux entrepreneurs : il faut les diversifier, mais ce n’est possible qu’à partir d’un certain volume. » La fabrication de ses produits se ventile désormais un peu partout dans le monde, en France, en Italie, en Chine, à Hong Kong et au Japon. Autre défi majeur : le plagiat. Elle est immensément copiée et tente de se battre contre ce fléau. Il n’empêche que son entreprise réalise au- jourd’hui un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros. Avec une croissance de 40 % par an, sa marque est présente dans près de 70 pays et fait travailler une vingtaine de personnes, sans compter les représentants.
Caroline envisage de quitter Paris avec son mari et ses deux enfants pour s’installer à Hong Kong, tête de pont de sa conquête de parts de marché en Asie. Elle a d’ail- leurs prévu de déployer des collections spécifiques pour tenir compte du physique des femmes asiatiques. Vingt ans après ses débuts, elle est évi- demment fière de sa réussite, mais se décrit comme une éternelle insatisfai.te. « Je veux toujours faire mieux. » Elle a déjà si bien réussi à éclairer le regard !
 Ariane Warlin
Au lycée, elle rêve de suivre les cours d’une école d’art. Pour sa mère, c’est inen- visageable. Elle rêve, elle, pour sa fille Caroline d’un métier « sérieux ». Elle « fera optique », et après, on verra. « Je me suis laissé faire, même si, sans que je sache pourquoi, j’avais envie de manipuler la pierre ou le marbre », explique-t-elle. La matière, la jeune femme finira par en faire son métier. Pour l’heure, avec un père
un enfermement », raconte Caroline. Elle a 20 ans. La voilà au Sénégal où vit dé- sormais son père. Elle iden- tifie un commerce de jolies perles. Idée : ça ferait une belle chaîne... de lunettes. Des représentants commer- ciaux la mettent en relation avec les grands magasins parisiens. Rapidement, son concept séduit. « J’avais deux vies, parallèles. Le jour, je travaillais dans la boutique de ma mère. La nuit, j’en- filais des perles, sans jeu
petites lunettes bijoux de lecture à la façon de sautoirs) et fréquente de nombreux
dans le jardin. Elle apprend que des femmes cherchent du travail. Elle les embauche. Et monte un atelier de fabri- cation. Douze dames contri- buent à cette petite aventure. Les choses se structurent : Caroline monte une entre- prise au Sénégal et une autre en France. Son travail reste besogneux, artisanal, sur un petit bureau dans une pièce au fond de son appartement de la rue Lepic à Paris. « Je n’étais pas du tout organisée pour grandir et je n’avais aucune idée de ce que ce projet allait devenir. »
...quiva rapidement prendre
de L’ampLeur Caroline Abram a 30 ans. Dix ans après ses débuts, elle décide de s’installer dans
  Caroline Abram, modèle de ses créations.
 Son entreprise réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros. Avec une croissance de 40 % par an, sa marque est présente dans près de 70 pays
 ophtalmologue et une mère opticienne, c’est tout natu- rellement qu’elle s’engage dans la voie choisie par ses parents. Diplômée, Caroline Abram travaille dans le ma- gasin... de sa mère, Annette Hoffman (Opta Créateurs). « Rester coincée dans un même endroit fixe six jours sur sept, toute la journée, ce n’était pas vraiment pour moi. Je le vivais comme
de mots. Il y en avait par- tout dans ma chambre. Je n’avais plus de temps pour mes amis. Ils venaient chez moi, et ensemble, on se met- tait à l’ouvrage. C’était la seule façon de les voir. Ils avaient fini par me surnom- mer Pénélope, par allusion à la femme d’Ulysse, toutes les nuits accaparée par son tissage... » Elle développe aussi des faces-à-main (de
salons pour promouvoir sa production. « Je me suis dit, tant que ça marche, je conti- nue. Et ça fait vingt ans. »
un travaiL très artisanaL...
Elle est loin de soupçonner l’envergure que prendra son business. À l’époque, elle se rend de plus en plus souvent au Sénégal. La population locale la regarde travailler
trophees-optimistes.fr
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]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                                  ]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[Olivier Magnan
Impressionnant. Dans les bureaux de Boulogne, rue de Vanves, rue Marcel
Dassault, bientôt dans un troisième immeuble, quelques rares jeunes « Davidsoniens » se saluent comme des amis de longue date avant de repartir dans les étages. Au passage, ils disent bonjour aux visi- teurs à l’accueil. Rare. Mais normal. Non seulement la plupart des consultants sont chez leurs clients ou en forma- tion, voire en meet-up, mais au surplus ils ont intégré la bible des valeurs instituée chez Davidson, le Davidson Code (merci Dan Brown !) que tout un chacun trouve àl’accueil.Onylit:«Le sourire à l’accueil n’est pas de façade, mais le reflet de nos valeurs. Et de notre sa- voir-être. » Bigre, décidément le message est passé. Il en est d’autres que Bertrand Bailly, le CEO fondateur, exprime en deux points dans le Code : « L’entreprise [en général] s’est “coupée” de ses collaborateurs [...] Les sociétés de conseil [...] n’ont pas dérogé à cette tendance qui a induit au fil des années une dégradation de leur image de marque... » La riposte ne tarde pas, sou- lignée en gras : « Nous avons décidé de prendre un pari à contre-courant : reposi-
tionner l’individu au centre du dispositif de l’entreprise, dans une ambiance de travail saine, dynamique et fun ! »
missions Librement choisies...
et quittées
Du coup, pas le genre de la maison de rester planté devant un ordinateur. Quant aux quelque 160 managers, pour la plupart ingénieurs d’affaires, ils ne campent pas dans leurs bureaux non plus : proches du terrain, ils sont le plus souvent eux aussi chez leurs clients. Les associés dirigeants s’appliquent leur loi : ils restent au contact des entreprises. « D’où une grande accessibilité de cha- cun, confirme Jonathan Her- schtal, directeur associé à la tête d’une business unit du groupe, jamais plus de deux ou trois strates hiérarchiques pour faciliter communication et circulation de l’informa- tion. » Dès lors, impossible dans le temps voulu de ren- contrer le CEO, Bertrand Bailly, 43 ans, l’inventeur du concept, avec ses deux com- pagnons fondateurs, Édouard Mandelkern, président, et Adrien Le Rest.
Le plus beau, c’est que pour passer à 2 700 salariés pour plus de 500 clients, le conseil
toutes pièces qui participent à la constellation Davidson, au même titre que les bu- reaux régionaux et interna- tionaux (Belgique, Luxem- bourg, Suisse, Allemagne, Espagne, Émirats arabes unis, Canada ‒ ouvert au début de 2018 ‒ tiens, pas Royaume-Uni...) à la tête desquels œuvrent des direc- tions très autonomes (ce qui n’empêche pas d’acheter, en-
ment libre d’en changer en cours d’exécution, le temps que son remplacement soit assuré. « On arrive à leur donner de la projection », s’enthousiasme le directeur dont les managers chapeautent en moyenne seulement une quinzaine de consultants, ratio faible dans ce type de société. D’où, dit-il, un turn over spectaculairement bas chez Davidson Consulting :
CLUB ENTREPRENDRE
 En immersion
 Conseil en ingénierie
Davidson Consulting,
des codes pas comme les autres...
C’est l’histoire de trois associés venus chacun de cabinets de consulting en ingénierie pour créer Davidson Consulting en 2005 selon
des principes de travail et de fonctionnement entièrement nouveaux. Treize années plus tard, le groupe compte 2 700 salariés (95 % des consultants en CDI), 13 filiales régionales, des bureaux dans 7 pays, hors la France. Success story ? À votre avis ?
en ingénierie « mais pas seu- lement » (le slogan de sa page Web) n’a pas opté pour la croissance externe : à Paris même, ce sont plus d’une dizaine de filiales créées de
techniques, 50 % managers de projets) invités à... choisir leurs missions. Une idée plutôt disruptive dans le monde du conseil, d’autant plus que le/ la consultant(e) est parfaite-
dans les processus de forma- tion et de recrutement. »). Une petite plongée dans les avis anonymes publiés sur Glassdoor semble confir- mer que les contre-pieds de Bailly et associés portent leurs fruits, avec 78 % de « je recommande » et 92 % de « J’approuve le PDG » : « Énormément d’avantages, une très bonne cohésion dans l’entreprise, beaucoup d’aide et de formation. Managers à l’écoute et missions intéres- santes. Inconvénients : je n’ai pas encore trouvé d’incon- vénients. » Certains en ont trouvé, malgré tout : « Le salaire est pas top ». Critique subjective et relative.
intercontrat
et Formation
Façon davidson Comment recréer le sentiment d’unité managériale si les consultants qui choisissent leurs clients passent leur temps en mission ? Réponse, l’ex- tranet, aujourd’hui en refonte, mais présent depuis 2005. Tout un chacun y trouve les outils de dialogue voulus, y compris
adoptons une posture mana- gériale concrète », confirme Jonathan Herschtal. Autre module clé : les offres de formation. Illimitées. « C’est open bar », résume Jonathan. Sitôt qu’un(e) Davidsonien(e) en éprouve le besoin, entre deux missions, il/elle s’inscrit et c’est acté, sans signature d’un manager ou d’un di- recteur. Chez Davidson en recrutement permanent (80 % en cooptation), un autre chiffre interpelle, le fameux pourcentage de l’intercontrat. La bête noire du conseil, cette période de latence entre deux missions. Dans la BU de notre interlocuteur, il chute à 1 % – 2 % à l’échelle du groupe (généralement 10 à 15 % dans les cabinets en général). Ça impressionne quand même. Entre missions et formations, pas de quoi s’ennuyer chez ces milliers de trentenaires spécialistes de l’infraréseau et des télécoms, des applis et services, du cloud et de l’hébergement, du big data et de la data science. Marée de jeunisme ? Même pas : un contingent de mana- gers dépasse la soixantaine dans ce bain à 60 nationalités chauffé au « disruptif », à la « bienveillance pragmatique » et à la « diversité », les trois valeurs davidsoniennes qui ont valu à la « boîte », quatre années de suite, un classement avantageux au label Great Places to Work et désormais entrée dans le B Corp, ce « RSE » international qui passe au crible les « exigences sociétales et environnemen- tales, de gouvernance ainsi que de transparence envers le public ». Au fa.it, où est M. Davidson ? Nulle part. Le nom est allusif et très « international ».
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Des consultants (50 % experts techniques, 50 % managers de projets) invités à... choisir leurs missions
 trer dans le capital ou d’incu- ber des start-up). Davidson Consulting a beau s’ancrer dans l’IT et les télécoms, son savoir-faire originel (où le conseil se revendique leader, fort entre utres ade sa réfé- rence, Orange), ses terrains de jeux se diversifient dans l’énergie (référence EDF), le transport (SNCF, bien sûr), la finance (auprès de Société Générale) ou la santé pour des consultants (50 % experts
6 % (contre 35 % en moyenne dans les cabinets de conseil en général, ce que confirme Claire Levrault chez Carré- volutis : « L’augmentation du nombre de cabinets de conseil mais aussi d’offres d’emplois chez des clients directs provoque une vraie “fuite des cerveaux” au sein de grands cabinets de conseil. Ainsi, ces entreprises perdent des talents, des compétences uniques ainsi que de l’argent
le module « Satisfaction » à remplir nécessairement chaque mois. Trois questions redoutables y figurent : l’équi- libre entre vie personnelle et professionnelle, l’humeur du collaborateur et le redoutable « Le manager est-il assez disponible ? », réponse oui- non. « Vous imaginez bien que si la réponse est non, le manager s’empresse de réa- gir. Sans tomber dans le one minute management, nous
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[ Baromètre de l’innovation
Le verbatim
L’innovation systématique requiert la volonté de considérer le changement
comme une opportunité.
Peter Drucker, théoricien du marketing américain
Le monde ne sera plus jamais comme avant...
Entreprises innovantes
Regain d’attractivité industrielle pour la France en 2017
Paradoxe de l’industrie française. Malgré un coût
du travail élevé, la France demeure compétitive.
Les investissements étrangers dans l’industrie
ont grimpé de 52 % dans le pays en 2017, ce qui
place la France en tête du classement européen
établi dans le baromètre annuel EY de l’attracti-
vité industrielle. Avec 323 projets industriels (im-
plantations ou extensions d’usines) menés cette
année-là par des investisseurs étrangers, la France devance le Royaume-Uni (216 projets), la Turquie et la Russie. L’Allemagne clôt ce quinté de tête. Autres chiffres encourageant, 80 % des investisseurs étrangers trouvent désormais le site France attractif ou très attractif et la proportion de dirigeants qui envisagent une amélioration d’ici à trois ans a doublé entre 2017 et 2018. Cette progression s’expliquerait selon EY par la proportion plus importante d’extensions de sites existants : elles concernent 86 % des projets en France, contre seulement 75 % au Royaume-Uni et 62 % en Allemagne. Dix-huit mois après l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, l’édition 2018 de ce baromètre met en évidence une dimi- nution des griefs des décideurs sur les sujets de la fiscalité, de l’environnement administratif et de la législation sociale en France. Mais les répondants sont en- core 43 % à réclamer une amélioration de la compétitivité fiscale de la France, 38 % à souhaiter une poursuite de la baisse du coût du travail et 41 % à espérer davantage de simplification administrative pour les entreprises.
Les enchères de biens publics ouvertes au grand public
Cette start-up lyonnaise, Agorastore,créée
en 2005, a vu le jour avec le concours de la
capitale des Gaules à l’occasion de la pre-
mière vente de biens d’une ville en France
sur Internet. Résultat : 100 000 euros de re-
cettes, 12 000 connexions par jour sur le site
et 1 500 inscrits. La start-up propose donc une
seconde vie aux biens publics en commer-
cialisant sur sa plate-forme d’enchères des
bureaux, des fauteuils de cinéma ou encore des... lampadaires. L’entreprise compte aujourd’hui 1 500 collectivités vendeuses, plus de 500 000 visites par mois et une base de plus de 100 000 enchérisseurs. Le marché potentiel des biens publics est estimé à hauteur de 1130 milliards d’euros de biens immobiliers détenus par les administrations publiques. L’utilité : éviter le gâchis post-usage du matériel public et fournir une nouvelle ressource de revenus pour les ser- vices. Par exemple, le SDIS de l’Ain a vendu un camion de pompiers pour 8 300 euros au lieu d’enregistrer une perte.
L’innovation autrement
DES START-UP POUR MODERNISER L’ÉTAT
Voilà des années que l’État français via ses gouvernements successifs rêve d’améliorer la qualité de son offre et les conditions de travail de ses agents. Le déclic « jeunes pousses » sera peut-être le
bon à l’heure de la transition numérique ?
Moyennant près de 69 millions d’euros de
plan de modernisation, Gérald Darmanin,
ministre de l’Action et des Comptes publics
et Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique, ont dévoilé lors du Govtech (sic) Summit en novembre la liste des16 lauréats sur plus de 60 dossiers soumis au Fonds pour la transformation de l’action publique (FTAP). Au sommaire des principaux chantiers de modernisation, la prévention des
ÉTATS-UNIS
4 425 nouveaux satellites dans l’espace ?
SpaceX a obtenu le feu vert des autorités publiques américaines pour
envoyer 4 425 satellites dans l’espace. Au total, ce ne seront pas moins
de 12 000 microsatellites que l’entreprise doit mettre en orbite dans la
décennie à venir. Avec le projet de connecter le monde entier à un In-
ternet très haut débit et sans fil. 6 000 satellites devront être mis en orbite d’ici à six ans, et la totalité des 12 000 devront l’être dans neuf ans. Dans un espace circumterrestre déjà saturé (ou presque) ?
Wonolo, le recrutement de sous-traitants en Silicon Valley
20 % de la force de travail aux États-Unis seraient occupés par des sous-traitants employés dans le cadre d’un projet particulier ou d’une période déterminée et non par des salariés à temps plein. Selon cette étude, les entreprises de la Silicon Valley sont celles qui font le plus appels à ce type de main d’œuvre. Opportuniste, Wonolo a créé une plate-forme de contact employés-entreprises. La société vient de lever 32 millions de dollars. Premiers clients, Uniqlo, Papa John’s ou Coca-Cola.
Covoiturage à Seattle
Lime : le citron s’est taillé son image à Paris pour ses trottinettes électriques en libre-ser- vice, Aux États-Unis, c’est pour sa flotte de bicyclettes et de scooters électriques tout verts et blanc. Désormais, la start-up propose une nouvelle façon de se déplacer en groupe : les voitures. Les utilisateurs de Lime à Seattle pourront réserver un « LimePod », soit des Fiat 500 estampillés Lime. L’entreprise compte proposer 50 voitures pour un premier test. Le trajet en LimePod coûtera 1 dollar de réservation et 40 cents par minute par passager.
PAYS-BAS
Sourire : Heineken invente la tireuse de soirée arrosée En partenariat avec la start-up Kol, le brasseur néerlandais
souhaite apporter un service original – à défaut de se montrer indispen- sable – aux seuls Parisiens : louer, se faire livrer et se faire installer en quelques clics une tireuse dans un délai de livraison de 30 minutes, his- toire de faire la fête un soir puisque le service n’est accessible qu’entre 18 heures et minuit. Bière high*tech et tireuse classe, jugez-en : service conçuenmodedesignthinking aveclespartenairesdugéantdelabras- serie, sur le principe de test & learn** jusqu’à la fin de l’année, en phase de proof of concept*** pour cultiver l’open innovation**** chez Heineken la fintech et de la foodtech*****...
sur le chemin de
* Approche co-créative avec l’utilisateur final.
** Investissement mesuré avant déploiement éventuel.
*** La preuve de concept ou démonstration de faisabilité. Bref, à peu près la même chose que le précédent. **** L’implication de tierces parties pour tirer parti de l’intelligence collective. Bigre, on n’aurait jamais cru les buveurs de bière si intelligents !
***** Respectivement technologie financière et technologie alimentaire. Et le tout pour tirer son bock...
RWANDA
Une Silicon Valley au Rwanda
Pour un coût de deux milliards de dollars américains, la
plus grande cité de l’innovation d’Afrique sera construite à Kigali,
capitale du pays, en collaboration avec la plate-forme de développe-
ment des infrastructures de la Banque africaine de développement
(BAD), intitulée Africa50. La Cité sera construite sur un terrain de
70 hectares dans la zone économique spéciale de Kigali et accueillera des universités, entreprises innovantes et des biotechnologies mondialement connues, comme des centres commerciaux. Ces universités devraient, chaque année, diplômer 2 600 étudiants entre- preneurs spécialisés dans les nouvelles technologies. Le projet devrait employer chaque année 50 000 personnes.
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
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]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre de l’innovation
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
  impayés locatifs, un Code du travail numérique, des dé- marches administratives traitées par robot intelligent, le redoutable projet Pilat de refonte du système d’informa- tion du contrôle fiscal (!), la transformation de la police technique et scientifique, la plate-forme régionale des achats étendue, le système d’information national des fourrières en automobiles, etc.
L’IA RÉVOLUTIONNE LE BTP
Les technologies vidéo
de reconnaissance, déjà
opérationnelles dans
des processus tels que
l’encaissement automa-
tique ou le contrôle de
qualité, font déjà leurs
preuves sur la sécurité des chantiers. Par exemple, des caméras aux limites du chantier dont une panoramique, capables de reconnaître les humains, les machines et les équipements. Quels avantages ?
• Le renforcement de la sécurité des personnes sur le chantier. Malgré une baisse du taux d’accidents du travail sur les chantiers, le secteur connaît encore un nombre d’accidents importants et récurrents : 88 273 accidents en 2016 dont 112 décès. Le constructeur d’engins Colas, en partenariat avec Volvo CR, a équipé des chantiers en Suisse d’un système de détection de personnes avec IA intégrée dans le but d’assister le conducteur d’engin.
• Deuxième avantage, la protection du chantier en lui- même.
• Ces diverses applications réunies servent enfin à mesu- rer la « santé » d’un chantier, son bon déroulement et ses avancées au long terme.
En rupture
Un patch et un matelas connecté pour surveiller les nourrissons malades Mardi 13 novembre, le premier Grand Prix de l’Innova- tion de la Fondation Saint-Pierre a été attribué à un patch
connecté pour surveiller les bébés atteints de mal- formations cardiaques et un matelas bardé de capteurs qui remplacent les électrodes des bébés prématurés en couveuse.
Les start-up Devinnova et Deepsense ont ainsi reçu respectivement 70 000 et 30 000 euros de prix.
Mattereum révolutionne la propriété
Depuis un an et demi à Londres, une équipe d’avocats, de spécialistes de la cryptographie, d’ingénieurs et d’anciens consultants militaires planchent pour « disrupter » le prin- cipe du contrat et de la propriété et combler le fossé entre les contrats intelligents programmables (smart contracts avec la technologie blockchain) et les contrats légaux réels. Mattereum a mis au point un moyen de conceptualiser le contrat et de tordre la notion de propriété pour favoriser les usages. Au nom du principe que les propriétaires d’actifs à même de décider (dans les limites de la loi) de la manière de s’en départir, Mattereum propose d’acheter d’abord
les biens avant que les bureaux d’enregistrement du réseau ne se voient attribuer le titre de propriété légal des actifs. Ils établissent alors des contrats intelligents sur la blockchain pour acheter, vendre, louer, céder et partitionner des actifs matériels, et utiliser leur pro- priété. Un processus radicalement inédit.
Exemple concret : leur objet phare à l’heure actuelle est un violon Stradivarius d’une valeur de 9 millions de dollars. Le principe est d’attribuer son titre légal à l’un des bureaux d’enregistrement de Mattereum qui autorise ensuite le contrôle via un ensemble de contrats intelligents (par exemple, sur la blockchain Ethereum) qui précisent que le violon devient instantanément non plus un actif physique, mais également numérique. La conséquence ? Le violon numéroté par programme
est vendu à plusieurs
investisseurs. L’imposi-
tion d’autres restrictions
contractuelles pour son
utilisation s’appliquent
le cas échéant – sa dif-
fusion publique n fois par an dans les pays Y –, au lieu de l’enfermer indéfiniment dans un coffre-fort. De même, les artistes pourraient vendre leurs œuvres à des consortiums d’investisseurs en imposant l’obligation d’exposer leurs œuvres dans des galeries ouvertes au public pendant au moins le quart de l’année. Des in- terfaces numériques intégrées donnent le moyen aux galeries et aux musées de réserver ce pourcentage qui pourrait leur être alloué. Révolutionnaire !
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]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[ L’humain augmenté, c’est aussi le handicap diminué
Les technologies de prévention des accidents ou des maladies, d’accélération des guérisons, les prothèses, orthèses et les organes artificiels, tout ce Meccano de l’humain entre dans le grand bouleversement du transhumanisme. Augmenter l’être, c’est aussi augmenter l’être handicapé. Dans ce domaine, la demande est infinie.
Patrice Remeur
CANADA
Prolonger la vie dans le numérique
Hossein Rahnama, créateur d’entreprise et cher- cheur à l’université Ryerson de Toronto et au Media Lab du MIT lance une application baptisée Augmented Eternity. But : créer un avatar numé- rique sur la base des traces, informations et don- nées numériques des utilisateurs. Objectif : conti- nuer à apprendre et à interagir éternellement.
SUISSE
Retrouver la marche avec un exosquelette
Redevenir mobile est possible avec Twiice. Les chercheurs du Laboratoire de systèmes robotiques de l’École Poly- technique fédérale de Lausanne viennent de développer une nouvelle version d’un exosquelette léger pour aider les personnes handicapées à marcher.
La structure robotique est capable de tenir le corps et de générer des pas de manière coordonnée.
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ÉTATS-UNIS
Imprime ton cerveau et passe-toi des souris !
Un cerveau humain en impression 3 D vient d’être imprimé à l’aide de cellules souches humaines. Ce système, mis au point par Celprogen sert de tissu cobaye pour certains types de cancers et teste médi- caments et traitements. L’entreprise fabrique également des cœurs, pancréas, foies, follicules pileux... L’université du Minnesota, avec l’utilisation de polymères synthétiques, d’éléments électroniques et de tissus biologiques a, elle, créé des prototypes de plusieurs autres parties du corps humains : oreilles, moelle épinière et, depuis peu, œil bionique. Bref, de futures pièces détachées !
FRANCE
Le son donne le pas !
Apporter une stimulation auditive aux personnes à la marche hésitante pour qu’elles synchronisent leurs pas et évitent les chutes est l’ambition de la start-up montpellié- raine Resilient Innovation. Son invention : un appareil électronique baptisé Walk.
Changer de peau
La start-up Poietis, basée à Pessac, fabrique des produits bio imprimés, notamment « des tissus avec une résolution à la cellule unique ». Cette technologie répond aux enjeux de la production industrielle de tissus implantables. Poietis est lauréate du concours iLab 2014, du Concours mondial d’innovation 2017, et plus récemment du prix E&Y de la stratégie disruptive.
FRANCE ET MONDE
Handicap en kit mode d’emploi universel
L’association rennaise My human kit met à disposition des personnes valides ou non des tutoriaux, programmes open source, formations ou matériels à partir desquels réa- liser des prothèses ou fauteuils roulants électriques à faible coût. L’association travaille avec l’Inde ou l’Afrique. Elle a pour ambition de pallier le handicap grâce aux technolo- gies, sans barrières culturelles, religieuses, géographiques, physiques ou financières.
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Le tour du monde de l’innovation
Inventions, applications, télécommandes, médecines robotisées...
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[ Le tour du monde de l’innovation
ROYAUME-UNIS
Embryon artificiel
Des scientifiques de l’université de Cambridge ont mis au point une structure artificielle res- semblant à un embryon de souris. L’embryon est capable de former les trois principaux axes du corps. Traduction : les cellules se manipulent ai- sément. Dans l’avenir proche, elles seront ajus- tées aux besoins.
JAPON Pense à ta conduite ! Le constructeur automobile Nissan a mis en place une technologie Brain-to-Vehicle (B2V) capable d’interpréter les signaux du cerveau du conducteur pour l’accompagner dans sa conduite et raccourcir les temps de réaction pour éviter l’accident. L’ambition est également d’améliorer les performances du véhicule grâce à l’apprentissage, afin de viser à moyen terme une conduite autonome du véhicule.
RWANDA
Les drones livreurs de médicaments Le Rwanda fut le premier pays qui a bénéficié de la livraison de sang et mé- dicaments à l’aide de drones. C’était en 2016. Le nécessaire vital arrive directe- ment à l’hôpital en moins de 30 minutes, contre plusieurs heures auparavant. La volonté du gouvernement et de la so- ciété américaine Zipline est de mettre les 12 millions de citoyens seulement à quelques minutes des produits médi- caux vitaux.
AUSTRALIE
Pensez et contrôlez
« Contrôlez les machines avec la force de votre esprit et faites de la science-fiction une réalité aujourd’hui. » C’est la promesse de la société australienne Emotiv. Ses appareils convertissent les ondes cérébrales en signaux numériques pour contrôler n’importe quel appareil connecté. Un algo- rithme reconnaît les ordres de contrôle.
Ces dispositifs, totalement fluides, se passent de clavier, geste ou commande vocale. Le hic : vos pensées sont enre- gistrées et entendues !
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
CHINE Des nano robots contre les maladies Bloquer l’approvisionnement en sang de la tumeur avec des ro- bots afin d’enclencher la mort des tissus et de réduire ainsi la tumeur, telle est la solution déployée par le Centre national des nanosciences et de la technologie de Chine. De nombreuses applications dans les traitements préventifs ou curatifs pour- raient en découler.
ISRAËL
Détecter des maladies depuis une photo Face2gene est une application calée sur une IA qui utilise l’analyse faciale pour transformer les données en information génomiques et tenter d’identifier des maladies éventuelles plus rapide- ment. Les analyses médicales sont possibles avec la mise en réseau de cliniciens, de laboratoires et de chercheurs qui alimentent des bases de don- nées génomiques.
CORÉE DU SUD
Voir avec la réalité virtuelle
L’université de Corée vient de lancer un disposi- tif de traitement dela déficience visuelle depuis des dispositifs de réalité virtuelle. Le système évalue les états des globes oculaires grâce à une analyse complète des données. L’évaluation d’observations d’objets, les informations liées à la vue, les capacités de jeu, etc., sont mesurées en temps réel et fournissent des images de traitement adaptées pour accélérer la thérapie.
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]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
 Écomimétisme
Osons les organisations bio-inspirées !
  Si nous nous inspirions de la façon selon laquelle les êtres vivants interagissent et coopèrent ? On appelle ça l’écomimétisme. Des innovations à foison pour toute entité économique et sociale en perspective...
Julien Tarby
Dans la nature, les récifs coralliens ou la forêt primaire constituent des écosystèmes matures, dits de type 3, c’est- à-dire qu’ils s’auto-organisent en une communauté intégrée pour se maintenir et utiliser au mieux les ressources dis- ponibles sur le long terme. Quid de notre civilisation humaine si élaborée ? Pour un écologue, elle serait de type 1... Faible diversité, utilisation gourmande des ressources nutritives, crois- sance forte basée sur une consommation excessive d’énergie et une production de nombreux déchets. Éphé- mère, et minoritaire dans la nature... De quoi rendre plus humbles les hommes dont les organisations sociales et économiques devraient s’améliorer en copiant les relations que les espèces entretiennent entre elles au sein de leur écosystème. Avec les pénuries qui s’an- noncent, le monde complexe
de demain ne sera pas celui d’aujourd’hui amélioré à la marge. Or, Nature Corp aligne 3,8 milliards d’années de R&D d’avance et montre les meilleures orientations, peaufinées à l’issue de lon- gues phases d’essais-erreurs. « La vie entretient la vie. Les espèces s’approvisionnent localement, utilisent des déchets comme matériaux, ne surexploitent pas leur environnement, récoltent en permanence des informa- tions pour améliorer leurs process... », énumère à Bio- mim’Expo Gauthier Chapelle, co-animateur de la chaire Regenerative economy à l’université catholique de Louvain1.
pLus Loin que La copie des Formes, matériaux
et procédés
Certes, Léonard de Vinci étu- diait déjà les organismes afin de développer de nouvelles technologies. Mais Janine Benyus, biologiste améri- caine auteure d’un ouvrage de référence en la matière2, a relancé l’approche dans les années 1990. Les ingénieurs
appareils sur le modèle des aigles ou inventent des revê- tements calqués sur la peau de requin pour gagner en aérodynamisme. Les maté- riaux aussi sont à l’honneur. La start-up Cine’al utilise la chair ultra-absorbante des méduses, constituée à 90 % d’eau, pour concevoir des couches culottes biodégra- dables. Autant de réponses à des problématiques indus- trielles, environnementales ou de santé, plus efficaces, moins énergivores, polluantes ou coûteuses qui ne demandent qu’à être recueillies chez les plantes, animaux ou cham- pignons. « La nature allume des lumières dans nos têtes en matière d’ingénierie, de communication, d’énergie », s’enthousiasme Maria Fabra-Puchol, responsable R&D chez Isover du groupe Saint-Gobain. Les feuilles de lotus hydrophobes l’ont inspirée pour concevoir une vitre autonettoyante. « Pour mettre au point le bâtiment durable de demain, nous recherchons des matériaux qui interagissent différem- ment avec leur environne- ment selon le rayonnement
biomimétisme à plus grande échelle capable de tirer parti des écosystèmes et processus de la nature pour s’appli- quer aux villes, territoires et entreprises. « Un système économique et social », an- nonce Gil Burban, fonda- teur de Polypop Industries qui décontamine des sols et crée du compost grâce à des cultures de champignons.
« permaéconomie »
Ce concept, cher à Emma- nuel Delanno, économiste et consultant3, appréhende toute la production comme des écosystèmes en boucle, grâce à des combinaisons d’organismes dotés de spé- cialités. Le but ? Connecter sur un territoire de multiples productions aujourd’hui indé- pendantes pour générer des bénéfices environnementaux. « Quand les feuilles tombent, on n’organise pas un ramas- sage. La nature produit en cycle, quand nos industries produisent en ligne des choses dont personne ne veut », il- lustre Idriss Aberkane qui enseigne à Centrale Supelec et multiplie les conférences sur le sujet. Chaque déchet
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Ҫa cogite là-dedans, et depuis des millénaires. De quoi aiguiller les disrupteurs...
japonais se sont servis du bec du martin-pêcheur ‒ à la pénétration dans l’eau ex- ceptionnelle ‒ pour profiler le TGV nippon, réduire sa consommation énergétique et ses nuisances sonores. Aujourd’hui, les concep- teurs de drones s’inspirent des abeilles ou des mouches pour gagner en autonomie, les constructeurs d’avions ajoutent des ailettes à leurs
leurs process...
– à l’exemple des ailes de
papillons qui absorbent ou réfléchissent la lumière selon la température », relate Chris- tophe Ménézot, professeur à l’université Savoie Mont Blanc. Mais les chercheurs ne se contentent plus d’observer les propriétés des filaments de moules pour concevoir des adhésifs. Au-delà des formes, des matériaux et des procédés, il existe un
est transformé en source d’énergie pour un autre orga- nisme. Autant s’en inspirer, dans des boucles toujours plus ouvertes, complexes et flexibles. « Les publications académiques sur le bâtiment vu comme un organisme vivant qui optimise l’eau, l’énergie et qui contribue à la régénération de l’écosys- tème, se multiplient », illustre Kalina Raskin, directrice
Les espèces s’approvisionnent localement, utilisent des déchets comme matériaux, récoltent des informations pour améliorer
 ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
  générale du Ceebios, pôle de recherche à Senlis qui fédère laboratoires, PME, start-up autour du biomimé- tisme. « Les agences écono- miques essaient de boucler les cycles du carbone tout en dynamisant et densifiant le tissu économique local. Multiplier les liens entre les entreprises existantes crée de nouveaux marchés et augmente la résilience du territoire », approuve Gil Burban. L’approche per- maéconomique mise sur les besoins de chaque acteur, sur les relations qu’il en- tretient avec les autres, sur ce qu’il apporte au groupe en maximisant les échanges d’information et de flux, les coopérations. Ce qui passe par la mobilisation des ac- teurs. « Nous trouvons des analogies avec des espèces “totems” qui invitent notre client à prendre conscience des externalités que produit son organisation ‒ pas seu- lement environnementales et négatives, mais aussi sociales et positives, utiles, vitales pour d’autres acteurs, pour le territoire... », explicite Paul Boulanger, président associé de Pikaia, société de conseil en solutions bio- mimétiques pour les entre- prises et collectivités. Le dirigeant appréhende mieux ses contraintes et ses dépen- dances vis-à-vis d’autres acteurs ou ressources. En s’interrogeant sur son utilité dans l’écosystème, il ima- gine de nouveaux services, de nouvelles synergies et co-créations. « Le décideur doit acquérir une approche systémique de son modèle d’affaires car il n’existe pas d’économie hors sol », rap- pelle-t-il, lui qui prône la coopération. « La loi de la jungle n’est pas si omnipré- sente dans la nature car la compétition, bonne en pé- riode d’abondance, coûte cher aux espèces qui s’affrontent lors des pénuries. Les grands arbres nourrissent les petits, il y a redistribution et le flux s’inverse à une saison plus propice, par l’entre-
mise du mycélium sous-ter- rain. » Veiller sur la santé des autres pour assurer la sienne... « Nous élargissons la manière de penser des chefs d’entreprise dans le temps, sur leurs actions conjointes avec des concurrents ou des territoires », résume Bruno Lhoste, président d’Inddigo. Lui propose des solutions d’ingénierie pour le traite- ment des déchets ou l’énergie des bâtiments.
Le management revisité
Les organisations pyrami- dales ont privilégié avec suc- cès le « faire », le « produire » et les économies d’échelle pour aboutir à une configura- tion insolite, non connectée au monde vivant. « L’or- ganigramme en pyramide, inventé par les civilisations agricoles, n’existe pas dans la nature car c’est le schéma d’organisation qui présente le moins de connexions entre ses membres et donc le moins d’intelligence collective », illustre Paul Boulanger. Selon les études, même un arbre dans une forêt est connecté à 47 autres grâce aux racines et au mycélium. Hier, les gagnants étaient ceux qui excellaient en surveillance et contrôle, désormais ce sont ceux qui exploitent au mieux les capacités de leurs équipes. Il leur faut rester à l’écoute de leur écosystème, des clients, des marchés, puis ajuster leur trajectoire en conséquence. Sont-ils armés pour devenir plus agiles ? Non. « La vertica- lité empêche bien souvent les salariés d’exister en tant qu’individus. Les champs émotionnels, intuitifs et re- lationnels ont peu de place », déplore Olivier Pastor, co- fondateur de l’université du Nous, laboratoire d’expéri- mentation de la gouvernance partagée. Selon ce conseil d’ONG et grands groupes comme Danone ou Auchan, les organisations doivent désormais être considérées comme des organismes, dotés de cellules décentralisées de
En s’interrogeant sur leur utilité dans l’écosystème local, des entreprises imaginent de nouveaux services, de nouvelles synergies et co-créations
entreprises et collectivités sur leur stratégie en s’inspirant des organisations collectives des abeilles. Il n’en démord pas:«Lareinenecom- mande pas tout et la logique contributive compense celle d’autorité. L’ensemble fonc- tionne grâce à la phéromone de cohésion qu’elle produit et que se partagent les abeilles jours et nuits. Dans une telle organisation, la cohésion doit donc être le souci permanent du manager pour générer sentiments de sécurité et enthousiasme des salariés », serine le conférencier. Car le succès dépend de leurs contri- butions personnelles. « Sans chef, tout le monde œuvre à un projet commun, en in- terrelation avec les autres parties prenantes. L’abeille qui produit la cire aménage l’intérieur de la colonie en relation avec les autres. Du- rant sa vie, elle changera jusqu’à six fois de métier », décrit le spécialiste. Autant d’exemples éclairants pour un management repensé.
ce n’est qu’un début... L’écomimétisme pourrait ai- der les organisations à sortir des silos fonctionnels et à mieux s’intégrer dans leur environnement. À condition d’exploiter les bonnes ana- logies. Économistes, écolo- gues, biologistes... doivent travailler de concert pour engranger toujours plus de connaissances utiles. « Du- rant les dix dernières années, les papiers académiques ont été multipliés par 15 sur le sujet. En France, 175 équipes de recherche travaillent sur le biomimétisme au- jourd’hui », se réjouit Kalina Raskin. Peut-être à cause des contraintes environne- mentales, économiques.et règlementaires qui repro- duisent désormais celles de la sélection naturelle...
1 Le vivant comme modèle, Gauthier Chapelle et Michèle Decoust, éd. Albin Michel, 2015.
2 Biomimétisme : quand la nature inspire des innovations durables, Janine Benyus, éd. Rue de l’échiquier, 2011.
3 Permaéconomie, Emmanuel Delannoy, éd. Wildproject, 2016.
4 Be Happy, ce que nous révèlent les abeilles, Henry Duchemin, éd. Altal, 2014.
 Des cellules décentralisées de prise de décision, des équipes transver- sales, mouvantes selon les compé- tences, connectées entre elles...
  prise de décision. Plus facile à dire qu’à faire... « Elles ont besoin d’équipes transver- sales, mouvantes selon les compétences, connectées entre elles », décrit Gilles Martin, associé fondateur de PMP, conseil en inno- vation managériale. Com- ment redistribuer l’autorité, comment chaque membre pourrait agir de manière
souveraine dans sa sphère de compétence ? « Four- mis ou abeilles le réalisent, tout en interagissant avec les autres », énonce Olivier Pastor, intervenant à l’Insti- tut des futurs souhaitables. Des leçons d’intelligence collective à puiser dans la ruche ? Henry Duchemin4, apiculteur et fondateur de Melilot Consulting, conseille
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]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ Créer aujourd’hui
2018-2019, des entreprises ciblées, cajolées, chahutées........................ p45
Business guides
- L’affacturage joue le financement court terme....................................... p50 - Beau cru 2018 pour le marché de l’immobilier d’entreprise ................... p54
  CAHIER PRATIQUE
Conseils, analyses,
outils, perspectives
• C’est une année 2018 « macronienne » de réformite entrepreneuriale qui s’achève que relaieront les chantiers 2019. Moins de lois votées que sous les précédents présidents, mais des chantiers à portée bien plus vaste. Moins, plus, la synthèse ci-contre en est pleine, à commencer par les dispositions du Plan d’action pour la croissance (on l’espère) et la transformation (on en est sûr) des entreprises, Pacte.
• L’affacturage, un outil de financement court terme ? Apparemment oui, à condition d’en maîtriser le coût. Une certitude : les banques s’intéressent aux TPE/PME/ETI et plus seulement aux grands comptes. C’est le moment d’en profiter.
• L’immobilier d’entreprise va, tout va ? Mais les loyers franciliens sont orientés à la hausse...
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]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
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 Législation, réformes, allègements, obligations...
2018-2019, des entreprises ciblées, cajolées, chahutées...
  Code du travail, bascule CSG/cotisations, formation professionnelle, dialogue social, prélèvement à la source... Emmanuel Macron et son gouvernement ont engagé de nombreuses réformes dans les deux premières années du mandat présidentiel. Certaines sont déjà en application, d’autres entreront en vigueur en 2019. D’autres encore sont toujours en discussion. Petit tour d’horizon des réformes qui ont impacté les entreprises en 2018 et celles auxquelles elles doivent se préparer en 2019.
Émilie Massard
Les gagnants : les salariés du privé, qui devraient constater un gain d’1,45 % de salaire brut. Ils attendront la fin de l’année 2018 pour en bénéficier. La suppression des cotisations salariales et chômage est mise en œuvre en deux temps, avec une première baisse de 2,2 points en janvier 2018, puis une seconde baisse de 0,95 % à l’automne 2018. Une personne rémunérée au Smic devrait ainsi observer un gain de salaire de 132 euros sur un an en 2018 et de 263 euros en 2019.
Les moins gagnants : les hauts revenus Mais les grands perdants, ce sont les retrai- tés, du moins 60 % d’entre eux qui verront leurs revenus évoluer à la baisse, même si 300 000 seront finalement exemptés d’augmentation de la CSG à partir de 2019. Pour les indépendants, qui ne paient pas de cotisations chômage, l’augmen- tation de la CSG sera compensée par la baisse des cotisations maladie et famille. Quant aux fonctionnaires, qui ne paient pas de cotisation maladie, le gouvernement a prévu une indemnité compensatrice pour neutraliser la hausse de la CSG. Indemnité revalorisée en 2019, puis gelée. Les fonc- tionnaires devraient donc être perdants, sur la durée, face à cette réforme.
ordonnances travaiL
Elles ont fait grand bruit et ont finalement bel et bien été promulguées dès la fin de l’année 2017. Les cinq ordonnances ont été publiées au Journal Officiel le 23 septembre 2017.
• Les points principaux de l’ordonnance I portent sur l’articulation entre accords d’entreprise et textes de degré supérieur, et sur la réglementation des négociations. Treize thèmes sont ainsi réservés par la loi aux accords de branche et interdits à la négociation dans l’entreprise, tandis que quatre autres seront négociables si les accords de branche le prévoient. Tous les autres thèmes sont libres.
• La deuxième ordonnance concerne la réforme du dialogue social en entreprise. La mesure principale entérine la fusion des instances représentatives du personnel en un organe unique : le comité social et économique (CSE). Il fusionne le comité d’entreprise, les délégués du personnel et le comité d’hygiène, de sécurité et des
conditions de travail. Une commission santé, sécurité et conditions de travail sera obligatoire dans les entreprises et établissements de plus de 300 salariés, dans les sites Seveso et les sites nucléaires. Un accord pourra l’instaurer dans toutes les autres entreprises. Le CSE devra être mis en place dans toutes les entreprises concernées le 1er janvier 2020 au plus tard.
• La troisième ordonnance se consacre à la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail. L’une des mesures principales est le plafonnement des in- demnités prud’homales pour lesquelles un nouveau barème d’indemnisation est fixé, avec un plancher et un plafond, pour les indemnités accordées aux salariés li- cenciés sans cause réelle et sérieuse. Ce barème est fixé à un minimum de trois mois de salaire entre deux et trente ans d’ancienneté, et à un maximum de deux mois à compter d’un an d’ancienneté, de 3,5 mois à compter de deux ans. Avec augmentation d’une demi-année chaque année jusqu’à trente ans. Le texte pré- voit en outre l’augmentation de 25 % des indemnités légales de licenciement ainsi qu’un nouveau cadre pour le licenciement. L’instauration d’une procédure de rupture conventionnelle collective, soumise à autorisation administrative et applicable strictement dans le cadre de départs vo- lontaires, est également prévue. Enfin, les règles applicables au télétravail, aux CDD et aux contrats de chantier sont adaptées. • La quatrième ordonnance contient les mesures relatives au cadre de la négocia- tion collective. Elle prévoit notamment l’élargissement des pouvoirs du ministre du Travail en matière d’accords collectifs.
 En 2018, vos entreprises ont bénéficié/ont supporté...
                     hausse de La csg et baisse des cotisations sociaLes
La loi de finances 2018 a été votée défi- nitivement en troisième lecture par l’As- semblée nationale le 21 décembre 2017. C’est au sein de cette loi que le gouverne- ment a mis en place l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron pour l’ensemble des contribuables, a hausse de la CSG ‒ Contribution sociale géné- ralisée p, compensée par la baisse des cotisations sociales. Le taux de la CSG a
été augmenté de 1,7 point, soit une CSG portée à 9,2 % pour les revenus d’activité, à 9,9 % pour les revenus de placement et à 8,3 % pour les pensions de retraite. La hausse touche l’ensemble des Français, à l’exception des retraités les plus modestes. En contrepartie, cette hausse doit financer la suppression des cotisations salariales chômage et maladie pour les salariés du secteur privé (soit 3,15 % du salaire brut) et un dispositif équivalent pour les fonc- tionnaires et les indépendants.
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]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[  • Enfin, la cinquième ordonnance Travail prévoit la refondation du suivi de la péni- bilité. Le compte personnel de prévention de pénibilité (C3P) est remplacé par un compte professionnel de prévention (C2P). Quatre facteurs de risques professionnels ne relèvent plus du champ d’application du compte ni de l’obligation de déclara- tion par l’employeur : postures pénibles, manutentions de charges, vibrations mé- caniques et agents chimique. La prise en compte de ces quatre facteurs de risque fera l’objet d’un traitement spécifique au sein du dispositif de départ en retraite. Ce nouveau compte sera financé par la branche accident du travail de l’Assurance maladie à partir du 1er janvier 2018. Le salarié titulaire du C2P pourra utiliser les points cumulés pour financer une formation professionnelle afin d’accéder à un emploi non exposé aux facteurs de risques, réduire son temps de travail ou encore bénéficier d’un départ anticipé à la retraite.
Le règLement généraL
sur La protection
des données (rgpd)
Cette réforme n’est pas portée par le gou- vernement français, mais découle d’un
règlement de l’Union européenne qui constitue le texte de référence en matière de protection des données à caractère personnel. Son objectif est de renforcer et d’unifier la protection des données pour les individus au sein de l’Union européenne. Adopté par le Parlement européen en avril 2016, le Règlement est applicable dans
l’ensemble des États membres à compter du 25 mai 2018. Depuis cette date, toute entité manipulant des données personnelles concernant des Européens doit donc s’y conformer, qu’il s’agisse d’une entre- prise, d’un sous-traitant ou même d’une association. La Commission nationale informatique et liberté (Cnil) conseille
aux entreprises de suivre quatre étapes pour se mettre en conformité : constituer un registre des traitements de données, faire le tri dans les données, respecter les droits des personnes et sécuriser leurs données. « Si quelques grands groupes ou des entreprises particulièrement concernés par le sujet s’en sont emparés très tôt, la majorité des entreprises sont plutôt en retard », constate Amélie Lobry, consul- tante juridique, fiscal et conformité pour le cabinet Robert Walters, spécialisé dans le management de transition. « Mais la date du 25 mai 2018 est plutôt un point de départ vers une évolution future pour les entreprises. L’essentiel est qu’elles aient entamé les démarches. Nous les accom- pagnons dans cette transition qui exigera par la suite un travail au long cours pour suivre le déploiement, former les opéra- tionnels et les futures générations, d’autant que toutes les divisions sont impactées au sein d’une entreprise. Le sujet est com- plexe et demande en effet une expertise qui est rare sur le marché, les formations sont encore récentes, c’est pourquoi les entreprises font appel au management de transition pour mettre en œuvre cette évolution. ».
CAHIER PRATIQUE
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Depuis plusieurs semaines, nos clients viennent nous consulter au sujet de dif- férends qu’ils peuvent avoir avec des collectivités territoriales, notamment une mairie ou un Conseil départemental. Dans les cas qui nous intéressent il s’agis- sait de la relation de deux entrepreneurs dans le domaine de la communication qui éprouvaient des difficultés avec ces collectivités.
En effet, dans le premier cas, la mairie avait octroyé le droit à une agence de communication d’exercer son activité dans un lieu dont l’organe municipal était propriétaire. À l’issue d’une période d’un an, alors que l’agence était bien installée, il lui fut intimé l’ordre de restituer les locaux mis à disposition dans les plus brefs délais.
Dans le deuxième cas, la mairie avait oc- troyé un marché pour la mise à jour de sa charte graphique et de son site internet à une agence avant finalement de lui retirer ce marché pour des raisons assez opaques. Dans les deux cas, la première tentation des sociétés « victimes » de ces déconvenues fut de porter ce litige devant les tribunaux.
Se posait alors logiquement la question de la compétence juridictionnelle, quel tribunal aurait-il fallu saisir ? En ap- pliquant les règles de droit existantes, c’était bien le Tribunal administratif qui était compétent, ce tribunal chargé de régler les conflits entre une collectivité territoriale ou l’Etat et un tiers, qu’il soit un particulier ou une société. Néanmoins, au vu des montants relati- vement faibles en jeu dans le premier cas et de la possibilité de relocalisation facile dans le deuxième cas, c’est plutôt une solution amiable qui fut recherchée. Pour cela, il est important de connaître la répartition des compétences dans une collectivité. Si le maire et le président du Conseil départemental sont logiquement les « patrons » de leur collectivité, c’est bien souvent au niveau des élus-adjoints ou des services que ces dossiers peuvent être réglés.
Ainsi, si la collectivité est d’une taille suffisante, elle est administrée au quoti- dien par un directeur général des services dont le rôle est de piloter la gestion au quotidien de l’entité visée.
Pour des décisions stratégiques qui touchent aux grandes orientations ou à la vision du maire ou du président du Conseil dépar- temental, c’est au directeur de cabinet, chef de l’équipe rapprochée du maire ou du président, qu’il faut s’adresser.
C’est donc vers ces deux organes que nos deux entrepreneurs ont été dirigés pour éviter un contentieux long et coûteux auprès d’un tribunal administratif. Conclusion : les sociétés sont régulièrement confrontées ou sollicitées par des clients particuliers que sont les organismes de droit public. Ces derniers obéissent à leurs propres règles, leurs propres contrats, leurs propres délais. Toutefois, cette singula- rité ne les sort pas totalement du champ d’application de la médiation possible avant tout contentieux. Il suffit pour cela de « frapper à la bonne porte » au sein de l’administration pour éviter de perdre un client de référence – ce que peuvent être les collectivités – ou pour éviter le préjudice d’image qui pourrait résulter de contrats de ce type singulier.
Comment gérer sa relation avec une collectivité territoriale...qui est votre cliente ?
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Le droit en pratique
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[                                                  Le prélèvement à la source Attends, c’est hyper simple Je te fais ça en 3 clics. Hop!Easy* !
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]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 Les réformes attendues en 2019...
        Le préLèvement à La source
Il fut introduit dans la législation fiscale française par l’article 60 de la loi de finances pour 2017, avec application au 1er janvier 2018. Mais au vu des risques identifiés lors de la mise en place de la réforme (phase test, puis déploiement) que ce soit en interne ou vis-à-vis des tiers collecteurs (entreprises, organismes sociaux, etc.), le gouvernement d’Emmanuel Macron a décidé du report d’un an du passage au prélèvement à la source. Et malgré de nouvelles « alertes », ce sera la date réelle.
En pratique, dès le 1er janvier 2019, le salarié verra donc une nouvelle ligne apparaître sur sa fiche de paie. Son salaire sera amputé de quelques dizaines ou centaines d’euros, son impôt mensualisé en fonction de son taux de prélèvement calculé par l’admi- nistration fiscale.
De son côté, dans le cas général, l’entreprise devra remplir trois obligations :
• Appliquer le taux transmis par la Direction générale des finances publiques (DGFIP – en cas de réclamation sur son taux, le salarié
s’adressera directement à cette Direction). • Retenir le prélèvement à la source sur le salaire net à verser au titre du mois M, en appliquant le taux au salaire net imposable. • Reverser les prélèvements du mois M le mois suivant à la DGFIP. La mise en œuvre technique ne semble cependant pas représenter la difficulté la plus importante pour les entreprises, notamment depuis que tous les décrets relatifs à la réforme sont sortis. « Le principal enjeu de cette réforme, pour une entreprise, réside dans la communication interne », souligne Félicité de Basquiat, consultante RH chez Robert Walters Management de Transition. « Les entreprises doivent rassurer les salariés qui ont parfois des craintes sur les informations auxquelles l’entreprise va avoir accès. Elles communiquent donc sur leur intranet, dis- tribuent des supports et travaillent avec les instances représentatives du personnel pour apaiser les relations intra-entreprise. Certaines ont même mis un numéro vert en place pour joindre directement le pres- tataire de paie. Les entreprises n’ont, de
manière générale, pas de grosse difficulté dans la mise en œuvre technique, sauf pour des cas spécifiques tels que les contrats d’alternance, les absences maladie ou l’expatriation. Ces trois cas demandent un recettage du PASS susceptible d’exiger deux ou trois mois supplémentaires. L’évolution principale concerne la charge de travail du service paie, il n’est pas impossible qu’elle augmente pendant un temps. »
normeiFrs16
Les normes International Financial Repor- ting Standards – normes internationales d’informations financières destinées à standardiser la présentation des données comptables. Depuis 2002, les entreprises de l’Union européenne qui font appel à l’épargne publique sont contraintes de pré- senter leurs comptes rendus financiers en utilisant la standardisation IFRS – seules les sociétés cotées en Bourse et les grands groupes internationaux sont concernés. L’une des dernières apparues est la norme IFRS 16 sur les contrats de location. Elle a été publiée le 13 janvier 2016 par le nor- malisateur comptable international (IASB) et entrera en vigueur en janvier 2019. Elle devrait conduire à une plus grande trans- parence des bilans des entreprises.
À partir du 1er janvier 2019, les sociétés devront se mettre en conformité avec cette nouvelle norme comptable internationale qui abolit la distinction entre les contrats de « location financière » et la « location simple ». Concrètement, les entreprises devront désormais activer et amortir les biens loués (« droit d’usage ») et comp- tabiliser au passif l’engagement financier associé. Là où les entreprises déclaraient auparavant un loyer, elles devront demain déclarer un actif à l’actif du bilan, une dette au passif et inscrire des charges financières aux comptes de résultat. « Les entreprises vont donc devoir recenser l’ensemble de leurs contrats de location (équipements industriels, imprimantes, logiciels, baux immobiliers, etc.), les rapprocher de leurs
comptes et consulter les termes du contrat pour évaluer les impacts de la mise en conformité », explique Nicole Faboumy, consultante finance chez Robert Walters Management de Transition. « Des arbitrages seront réalisés sur les clauses contractuelles en termes de durée, de nature du contrat, etc. Ces décisions impliqueront d’abord les départements financiers de l’entreprise et la direction générale, mais aussi les autres parties prenantes comme les fonctions achats, le service juridique et informatique, etc. Ces normes, qui vont avoir un impact sur le bilan et le compte de résultat de l’entreprise, vont exiger une communication financière détaillée, même si la trésorerie ne change pas. » Si les grands groupes semblent avoir anticipé cette évolution qui demande du temps, les filiales ou entreprises plus pe- tites sont un peu plus à la traîne en raison d’un manque de ressource, d’expertise ou encore de l’accumulation de la charge de travail dans les dernières semaines avant son application.
transFormation du cice
en baisse de charges
Cette mesure de la loi de Finance promul- guée en décembre 2017 est aussi une pro- messe de campagne d’Emmanuel Macron. La réforme engagée par le gouvernement compte quatre mesures principales :
• La suppression du CICE et du Cré- dit d’impôt sur la taxe sur les salaires (CITS) à partir du 1er janvier 2019. • La baisse des cotisations sociales maladie de 6 % du salaire brut jusqu’à 2,5 % du Smic. • La réduction des cotisations d’assurance chômage et des régimes complémentaires pour le Smic et jusqu’à 1,6 % du Smic et un nouvel allègement de 4 % des cotisa- tions sociales, toujours pour le salaire de croissance. Cette dernière mesure a été reportée au 1er octobre 2019.
Créé en 2013 par François Hollande, le CICE visait à réduire le coût du travail dans les entreprises françaises pour renforcer leur compétitivité en réduisant leurs impôts sur
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]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
  les salaires inférieurs à 2,5 fois le Smic. Son taux est passé de 4 à 7 % de la masse salariale en 2017 avant de redescendre à 6 % en 2018. Le gouvernement Macron souhaite donc remplacer ce dispositif par une baisse de cotisations pérenne pour l’ensemble des entreprises. L’objectif est de remettre de la lisibilité dans un mécanisme jugé bancal par les chefs d’entreprises, en raison d’un décalage entre le versement de la rémunération et la perception du crédit d’impôt. L’année de transition, en 2019, sera cependant délicate à passer pour les finances publiques : le budget devra supporter à la fois la baisse des charges patronales pour l’année en cours et le remboursement du CICE pour les précédentes. En tout, ce sont près de 40 milliards d’euros qui pourraient être déboursés par l’État l’an prochain. Pour les entreprises, la réforme devrait entraîner des bénéfices assez importants en termes de trésorerie. Pour compenser l’effet pervers que pourrait avoir la réforme en améliorant le résultat des entreprises, ce qui ferait augmenter leur impôt sur les sociétés, le gouvernement a choisi de com- penser avec la baisse de charges supplé- mentaires de 4 points sur les bas salaires. Une mesure qui n’interviendra cependant pas le 1er janvier, mais le 1er octobre 2019.
Le dispositif pourrait également jouer en faveur des entreprises non bénéficiaires du CICE ou du CITS par la baisse des cotisations.
Dans le cadre de la loi de Finance, la pré- sidence a également tenu sa promesse de s’aligner sur les taux des pays voisins en matière d’impôt sur les sociétés, dont le taux passera de 33,33 % progressivement à 25 % en 2022. Le précédent gouverne- ment avait déjà prévu un taux d’impôt sur les sociétés à 28 % d’ici à 2020. Le projet de loi de Finance 2018 ne revient pas sur les modalités de réduction prévues par le PLF 2017, soit un impôt à 28 % pour toutes les sociétés dans la limite de 500 000 euros de bénéfices et 33,33 % au-dessus. En revanche, les années 2019 à 2022 sont modifiées, et toutes les entreprises béné- ficieront d’un taux d’impôt sur les sociétés plus faible sur la totalité de leurs bénéfices à compter de 2019.
Enfin, le PLF 2018 prévoit la suppression de la contribution additionnelle à l’impôt sur les sociétés de 3 % qui taxe les distributions perçues par les sociétés soumises à l’impôt. Et pour cause, cette contribution a en effet été déclarée contraire au droit européen dans une décision rendu en mai 2017.
réForme de La Formation proFessionneLLe
Quatre années après la réforme de 2015 et l’arrivée du compte personnel de formation (CPF), la formation professionnelle s’ap- prête à vivre une nouvelle métamorphose à partir du 1er janvier 2019. Principale mesure de cette réforme : le CPF ne sera plus alimenté en heures, mais en euros. Le compte sera crédité de 500 euros par an pour les salariés et plafonné à 5 000 euros. Pour les demandeurs d’emploi, le crédit annuel sera de 800 euros, avec un plafond à 8 000 euros. Les salariés à temps partiel bénéficieront des mêmes droits que les salariés à temps plein. Les heures acquises sur le CPF avant le 31 décembre 2018, ainsi que les heures cumulées au titre du DIF, seront converties en euros selon des modalités qui restent à définir. La rumeur qui voudrait que l’on doive se précipiter pour solder son compte en heures n’est pas fondée dans l’immédiat, opinait récemment une spécialiste sur France Inter dans On n’arrête pas l’éco. Mais le salarié devra se préoccuper de la valeur de son compte : l’heure de formation sera minorée en valeur.
Les salariés s’enquerront de leurs droits via une application mobile en 2019 et au-
ront accès aux formations certifiantes de leur bassin d’emploi grâce notamment au taux de satisfaction et d’insertion qui sera affiché pour chaque organisme de forma- tion. Le financement de la formation se fera par le moyen d’une cotisation unique de 1,68 % pour les entreprises de plus de 11 salariés et de 1,23 % pour moins de 10 salariés. La collecte, assurée jusqu’alors par les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA), sera assurée par les Urssaf à partir de 2020. Les OPCA deviennent ainsi des « opérateurs de compéte.nces », chargés de l’appui technique aux branches professionnelles pour la mise en œuvre de leurs politiques conventionnelles.
p
CSG : elle prend en compte les revenus d’activité (salaires, primes et indemnités diverses...), les revenus de remplacement (pensions de retraite, allocations chômage, indemnités journalières...), les revenus du patrimoine (revenus fonciers, rentes viagères...), les revenus de placement (revenus mobiliers, plus-values immobilières...), les sommes engagées ou redistribuées par les jeux.
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  Recouvrement et contentieux
L’affacturage joue le financement court terme
l’affacturage repose aussi sur une reprise de l’activité économique qui s’est notam- ment affirmée tout au long de l’année 2017. Or ces pé- riodes se traduisent pour les
aussi bien par les sociétés d’affacturage « historiques » que par certaines fintechs, ont été cataloguées comme relevant de l’e-affacturage. Le challenge pour les factors :
85 % du secteur est trusté par les filiales des grandes banques commerciales hexa- gonales à l’instar de BNP Paribas Factor, HSBC Fac- toring, Natixis Factor, CM-
  Jonathan Nahmany
L’affacturage, ou facto- ring, est un mode de financement obtenu auprès d’un factor (un établis- sement de crédit spécialisé, aussi appelé société d’affactu- rage ou encore entreprise de factoring), à travers la vente de ses créances. On connaît le principe : après avoir émis les factures adressées à ses clients et au lieu d’attendre le paiement souvent retardé, on en cède les créances à un factor qui nous verse alors une certaine somme immédiatement. Rien n’est évidemment laissé au hasard. Les conditions sont fixées au préalable, à travers la signature d’un contrat d’af- facturage.
Savez-vous à combien se
monte le chiffre d’affaires cumulé « acheté » au premier semestre 2018 par l’ensemble des sociétés d’affacturage françaises ? 153 milliards d’euros ! Ce qui porte la progression du marché à près de 10 %. Si les chiffres progressent aussi rapide- ment, c’est que la typologie des entreprises clients de l’affacturage a évolué. À l’instar des mentalités. En France, on estime que moins de 3 % des entreprises ont recours à une solution de financement de leurs fac- tures clients contre 10 % au Royaume-Uni. Cette disparité entre les pays s’explique : en France, l’affacturage a été bien longtemps associé aux entreprises en difficulté. De
Le challenge pour les factors : faire en sorte que les process deviennent de plus en plus rapides tout en fluidifiant au maximum
 Ce mode de gestion des créances clients et de leur financement est de plus en plus plébiscité par les entreprises à la recherche du tryptique simplicité, souplesse et rapidité.
plus, bon nombre de chefs d’entreprise le considèrent en- core comme un financement complexe et contraignant. Or le changement de cap est acté : naguère facilité réservée aux PME, le facto- ring concerne désormais de plus en plus de très grands producteurs de factures (opérateurs téléphoniques, fournisseurs d’électricité...) qui cèdent d’immenses por- tefeuilles de créances. Ces grands comptes constituent ainsi 40 % des en-cours fac- turés. Dans le même temps, les établissements bancaires qui détiennent la majorité des factors ont eu intérêt à pousser ce type d’offre. Le financement est réputé très sûr, puisque sécurisé par une facture. Il vient en complé- ment du crédit traditionnel, ce qui donne le moyen à un groupe bancaire de couvrir davantage une même entre- prise cliente.
FLuidiFier
au maximum Le parcours cLient
Le succès fulgurant de
entreprises par des besoins de liquidités destinées à re- constituer les stocks, investir, recruter, exporter, conquérir de nouveaux marchés ou tout simplement répondre à une demande qui s’accélère et génère des besoins de trésorerie à satisfaire rapi- dement. La numérisation et son corollaire, la déma- térialisation des factures, atteignent un tel niveau que certaines offres, proposées
le parcours client
faire en sorte que les process deviennent de plus en plus rapides tout en fluidifiant au maximum le parcours client.
L’émergence de factors « nouveLLe génération »
En apparence oligopolistique, la structuration du marché de l’affacturage apparaît aujourd’hui de plus en plus concurrentielle. Certes, force est de constater qu’environ
CIC Factor, CA Leasing & Factoring... Mais des acteurs d’une nouvelle génération relevant de la sphère des start-up ont émergé. On les appelle les « factors 2.0 ». À la faveur de promesses de valeur efficaces (simplicité des offres et process, tarifi- cation transparente, délais de réponses raccourcis...), les fintechs comme Finexkap, Urica, Edebex ou Creancio se positionnent sur le mar-
  Les trois coûts de l’affacturage
Factoexpert (Segeco) affiche en toute transparence sur son site (www.factoex- pert.com) la grille des coûts de son service. La voici verbatim.
• La commission d’affacturage est le produit du chiffre d’affaires confié au factor et d’un pourcentage généralement situé entre 0,1 % (dans le cadre d’un excellent dossier) et 2 %. Pour les TPE, cette commission s’envisage éventuellement sous forme de forfait mensuel fixe.
• La commission de financement est le produit de la somme tirée sur le compte d’affacturage (compte appartenant au factor destiné à réceptionner toutes les factures remises par l’adhérent), multipliée par le taux de financement préalable- ment fixé dans le contrat d’affacturage. Ce taux de financement est l’addition entre le taux Euribor 3 mois [...] et un « spread ». Le spread peut varier fortement selon la solvabilité estimée de l’entreprise (entre 0,5 pour les meilleurs spreads et 4 %). Cette commission de financement n’est pas fixe d’une période à une autre, elle dépend entièrement du montant de la somme réellement prélevée sur le compte d’affacturage.
• Les frais annexes sont très faibles en comparaison des commissions d’affac- turage et de financement, mais ils sont incompressibles car indispensables au bon fonctionnement du contrat. Ce sont les coûts de demande de garantie (en moyenne 20 euros), les abonnements Internet pour un accès au site du factor (50 euros par mois environ), les frais sur litiges ou avoirs (une moyenne de 20 eu- ros par ligne) et enfin les frais de dossiers.
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]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                                  AFFACTURAGE
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]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
  Affacturage inversé, mode d’emploi
Connu sous le nom de reverse facturing, l’affacturage inversé courant dans les pays anglo-américains se développe progressivement en France. Il s’agit d’une solution de financement mise en place à l’initiative du client à destination de ses fournisseurs pour réaliser un échange gagnant-gagnant tout en réduisant fortement les délais de paiement. « Contrairement à l’affacturage classique où le factor avance des factures clients et allège les besoins en trésorerie d’une entreprise, l’affacturage inversé se fonde sur une entreprise donneuse d’ordres qui mandate un factor par anticipation pour payer ses propres fournisseurs », explique l’Association française des sociétés financières, ASF. Des secteurs in- dustriels (énergie, aéronautique, grande distribution...) qui engagent un cycle de fabrication plus long, des temps de transports importants ou des métiers qui impliquent de réaliser des stocks sont particulièrement ouverts à ce type de paiement. Le groupe Carrefour a ainsi développé sa propre solution d’affactu- rage destinée à ses fournisseurs.
ché à potentiel des PME et TPE. Par exemple, Finexkap propose une solution de fi- nancement ponctuel de fac- tures commerciales sans engagement. La société se targue d’être en mesure de financer des créances très spécifiques, même celles que refusent généralement les factors traditionnels. Dans leur façon de cibler une niche spécifique, les fin- techs s’adressent carrément aux « laissés pour compte » comme l’indique le CEO de Finexkap, Cédric Tessier : « Nous voulons répondre à un manque. Le marché de l’affacturage traditionnel n’est pas accessible à tout le monde. Beaucoup de factors sont encore réticents à finan-
cer des créateurs d’entreprise, des jeunes TPE-PME et des sociétés qui ne cèdent que de faibles volumes de facture. » Il n’est pas si sûr que les « majors » du factoring dé- laissent ce créneau des PME. Chez Crédit Agricole Leasing & Facturing (CALF), par exemple, l’affacturage est un produit qui correspond aux besoins de toute entreprise, peu importe sa taille et son secteur d’activité. Véronique Rigal-Antonic, directrice relation client affacturage, déroule un discours parfait : « Notre gamme s’adapte parfaitement à toutes leurs spécificités. De la TPE à la grande entreprise à l’interna- tional, nous avons la solution qui correspond au besoin. »
Pour les petites entreprises en tout cas, elle se nomme Cash in Time, lancé l’an passé, fort de sa réponse en moins de 24 heures à
ronique Rigal-Antonic, avec le renseignement automatisé des champs du contrat, par exemple. Nos opérateurs gagnent en efficacité et le processus de demande de contrat s’en trouve accéléré. »
tapis rouge
pour cLients rois Pour Éric Turbot, directeur général délégué au commerce chez BNP Paribas Factor, la surenchère de l’excellence trouve des échos compa- rables : « Nous sommes le seul factor capable de fi- nancer les entreprises en moins de huit heures. » Pour y parvenir, pas de mystère : le factor a modernisé ses offres, accéléré la cession et le trai- tement des créances vi des processus optimisés (plus de 98 % des factures clients sont
adaptées aux petites struc- tures (montant forfaitaire, sans engagement, sans cau- tion). Avec sa dernière offre, One2Fin, le banquier vise les acteurs du e-commerce (marketplaces et vendeurs en ligne) au nom d’un argu- ment qui porte : « Nos clients commerçants bénéficient immédiatement du gain lié à leurs ventes, dès l’émission du bon de commande. » Sans oublier, comme chez CALF, l’accompagnement par un chargé de relation clientèle et par un gestionnaire.
Les factors, unanimes, l’af- firment : l’affacturage serait aujourd’hui la première tech- nique de financement court terme des entreprises fran- çaises, devant le découvert. Elles ne s’y trompent pas puisque le secteur a connu
délais de paiement, exter- nalisation des postes clients, parade au risque de défaut de paiement. Pour Éric Tur- bot, « l’affacturage soutient la croissance des sociétés, de manière alternative ou complémentaire aux autres sources de financement »... même si les entreprises s’ac- quittent bien sûr du service rendu (lire encadré). Reste... le risque de défail- lance de l’entreprise cliente, qu’encourent toutes les banques et pas seulement dans le cadre de l’affacturage (le phénomène a frappé les factors les plus exposés), mais aussi de façon préoccupante le risque majeur de fraude. La bête noire des banquiers pour lesquels la course à l’affacturage sur fond de dématérialisation stimule l’imagination des félons : fausses factures, fraude aux coordonnées bancaires (le client est invité à créditer une somme sur un compte étran- ger) ou fraude au président (un salarié de la comptabilité de l’entreprise reçoit de son prétendu président l’ordre de virer une somme d’argent), sont probablement les plus répandues. Mobilisés contre ce fléau universel, les factors investissent dans la formation des équipes charg.ées de la prévention et de la détection des fraudes et le KYC (Know Your Customer).
 La commission d’affacturage est le produit
du chiffre d’affaires confié au factor et d’un pourcentage généralement situé entre 0,1 % (dans le cadre d’un excellent dossier) et 2 %.
 prix fixe de 3,5 % du mon- tant TTC de la facture, mais sans frais complémentaire. « Depuis peu, des travaux sont menés pour assister nos opérateurs via des robots lors de la saisie des contrats d’affacturage, enchaîne Vé-
dématérialisées). Contrats en ligne autorisés par la signa- ture électronique (60 % des avenants aux contrats sont signés électroniquement, dixit M. Factor), numérisation de l’ensemble des parcours clients, offres au forfait,
en France une croissance de plus de 10 % ces dernières années. Apparemment, tout est avantage : combler rapi- dement des besoins de tréso- rerie grâce au financement de factures avant leur date d’échéance, réduction des
  avec Au sein de l’agence Groupe SCR, nous entendons de plus en plus souvent des clients nous demander une communication impactante, en nous expliquant que ce qui marche actuellement sont les entreprises qui choquent par leur communication. Effectivement, ce qui choque se mémorise plus facilement mais reste trop souvent lié à un message négatif. Dans un environnement peu rassurant et grisâtre, ce qui attire est la lumière, surtout si elle est douce et chaleureuse. Alors plutôt que de se conformer aux tendances qui se dessinent avec un besoin de contrôle,
communiquons sur le positif.
Ce positif qu’on peut trouver même dans ce qui nous paraît négatif, simplement en changeant le prisme de notre vision. À l’heure de la simplification les entreprises subissent paradoxalement une avalanche de nouvelles obligations. Mais, inversement, vu du législateur, elles se veulent animées par une volonté positive. Le RGDP est un bon exemple. Plutôt que de ne retenir que les aspects contraignants et fastidieux qui envoient des messages négatifs, ne serait-ce pas l’occasion de chercher le positif de la démarche et d’en faire une force communicative ? Pas uniquement autour d’un message standardisé expliquant qu’on est conforme, tels de bons élèves,
mais en forçant de manière simple et ef- ficace sur l’intérêt du règlement pour le bien de tous : salariés, prospects, clients. Chaque réforme ou nouvelle législation peut être une occasion de communiquer positivement. C’est juste une question de réflexion positive et d’un peu de créati- vité de la part des agences et services de communication.
Stéphane Reynaud, Président de l’Agence Groupe SCR
Vers une communication responsable et positive ?
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J’aime ma boîte
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                                 TOUT VA TROP VITE
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     ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  Volume d’affaires en hausse et taux de vacance en baisse...
Beau cru 2018 pour le marché de l’immobilier d’entreprise
 L’immobilier d’entreprise se porte bien, soutenu par le coworking et les investisseurs étrangers.
(+8 % sur un an) en dépit de la raréfaction de l’offre. Sous l’effet de la pression croissante, les entreprises à la recherche de locaux accélèrent leur processus de décision, visant plus que jamais Paris Centre-ouest (+10 % par rapport aux neuf premiers mois de 2017). La demande est également bien orientée dans le croissant Ouest et à La Défense, qui bénéficient du report pari- sien. Les résultats sont en revanche mitigés en première et deuxième couronne, avec des volumes relativement stables, observe la société du conseil en immobilier d’entreprise.
Les 59 transactions sur la catégorie des bureaux supérieurs à 5 000 m2 si- gnées au cours des neuf premiers mois, pour un total de 740 000 m2 (+3 % sur un an), confirment le dynamisme de l’Ouest pa- risien et de Péri-Défense,
observe CBRE . Les grands groupes industriels tels que Vinci, Technip, Danone ou Nestlé, motivés par des besoins d’optimisation et de modernisation, ont très largement contribué à ani- mer le premier semestre. En revanche, l’absence de transaction supérieure à 20 000 m2 a généré un repli au troisième trimestre. Fait marquant, estime CBRE, les créations de sept nouveaux centres de coworking de plus de 5 000 m2 à Paris, dont cinq initiés par WeWork, ont représenté 30 % de la demande.
Preuve de la vigueur du marché, l’offre de bureaux fond à vue d’œil. Les stocks ontbaisséde15%enun an, portant le niveau des disponibilités sous la barre des 3 millions. Avec un taux de vacance de 5,1 % à l’échelle francilienne, le marché s’éloigne de son seuil de fluidité, prévient CBRE. Les tensions de- meurent particulièrement vives sur le créneau du neuf/ restructuré, dont le poids reste stable (16 %). Dans le
beaucoup plus détendue à La Défense, où la vacance est passée sous le seuil des 5 %, avec en outre une part du neuf/restructuré moitié moindre que celle de l’Île- de-France.
Pour espérer trouver un choix plus étoffé et surtout plus qualitatif, les utilisateurs se tournent désormais vers les marchés du croissant Ouest, où le taux de vacance dépasse les 9 %, en dépit d’une tension palpable sur certains secteurs tels que Neuilly-Levallois, exten- sion privilégiée de Paris. En première couronne, seul le Nord dispose d’un stock immédiat conséquent, mais l’offre neuve/restructurée qui y est traditionnellement privilégiée est réduite, sou- ligne CBRE.
Néanmoins, il convient de rester mesuré sur certains secteurs géographiques qui ne bénéficient pas tous de l’euphorie parisienne et notamment sur la produc- tion d’offres neuves futures. « Face aux taux prime très bas, les acteurs se posi-
de construction, il convient de rester prudent sur des secteurs où les loyers n’aug- mentent pas forcément », déclare Arnaud Guennoc, directeur général d’AG Real Estate France.
Les Loyers orientés
à La hausse, Le coworking a La cote
A Paris, les propriétaires profitent de la tension du marché. Les loyers conti- nuent de progresser dans la capitale et notamment Paris Centre-ouest, avec tou- jours de nouveaux sommets dans de nombreux quartiers tant la demande des utili- sateurs y est importante. « C’est un peu Paris-qui- rit et l’Ouest-qui-pleure, commente Magali Marton, directrice des études de Cushman & Wakefield. En dépit d’un taux de vacance au plus bas (2,2 %) Paris est en passe de franchir la barre symbolique du million de mètres carrés en 2018, et ce pour la troisième année consécutive, alors que dans le même temps, le croissant
Pierre-Jean Lepagnot
2018 sera une nouvelle année faste pour l’im- mobilier de bureau en France, et en particulier en Île-de-France. En dépit d’un repli au troisième trimestre, le marché francilien a enre- gistré, sur les neuf premiers mois de l’année, sa meilleure performance depuis 2011, selon une étude de CBRE. Avec près de 1,9 million de mètres carrés placés, le volume est en hausse de 6 % sur un an et supérieur de13%àlamoyennede la période entre 2008 et 2017. Un dynamisme qui s’explique par la confiance des entreprises quant à leurs perspectives. Par ailleurs,
les nouveaux usages, les modes de travail collabora- tifs et le digital ne cessent de renforcer l’appétence des utilisateurs pour des locaux modernisés. Tan- dis que le stock immédiat s’érode, les pré-commercia- lisations affichent ainsi une part record (plus de 70 % du marché francilien supérieur à 5 000 m2 sur l’ensemble de la période).
paris est magique
En Île-de-France, le marché des bureaux d’une surface inférieure à 5 000 m2 béné- ficie du dynamisme de Paris intra-muros, affichant des volumes placés en hausse
Dans le quartier central des affaires
de Paris (QCA), le taux de vacance approche de son plus bas historique de l’année 2000, à 1,5 %. Le secteur ne dispose plus d’aucune
offre supérieure à 5 000 m2.
   quartier central des affaires de Paris (QCA), le taux de vacance approche de son plus bas historique de l’année 2000, à 1,5 %. Le secteur ne dispose plus d’aucune offre supérieure à 5 000 m2. La situation n’apparaît pas
tionnant sur des actifs va- lue-added sont de plus en plus nombreux, ce qui tend à provoquer une spéculation sur le prix des fonciers ou des actifs à restructurer. Dans une conjoncture où il y a une tension sur les coûts
Ouest voit son volume de transactions reculer au terme d’un troisième trimestre très décevant... et une offre ce- pendant abondante. »
Quid de l’avenir ? Selon les prévisions de CBRE,
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]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[  en 2018, la demande placée devrait atteindre, voire dé- passer, les 2,7 millions de mètres carrés. La création d’emplois, vecteur de per- formance majeur, se pour- suit en Île-de-France, bien qu’à un rythme moindre. À horizon 2019/2020, 150 000 nouveaux emplois devraient ainsi permettre de soutenir la demande des entreprises, et favoriser la création nette de surfaces. Dans un marché où le recrutement de talents devient stratégique, la cen- tralité est très recherchée. L’urbain revient au cœur des préoccupations sous l’impulsion des millennials. Dans ce cadre, le coworking s’affiche en conquérant, s’imposant dans un environ- nement hyper concurrentiel à l’offre. Les propriétaires affinent leurs stratégies, avec en contrepartie des positionnements toujours plus ambitieux en termes de valeurs. Couplée au ra- lentissement économique, cette tension risque néan- moins de freiner, à terme, les mobilités intramuros. En parallèle, l’offre future atteint en première couronne son plus haut niveau depuis la crise, offrant de nouvelles réponses aux projets im- mobiliers des utilisateurs.
cru 2018 briLLant pour L’investissement
En investissement aussi, le marché de l’immobilier d’entreprise devrait connaître
une année 2018 particuliè- rement faste. Pour autant, comme en 2014, après deux trimestres « hors normes », le marché français a sem- blé reprendre son souffle au troisième trimestre. Le rythme effréné des grandes transactions – celles su- périeures à 100 millions d’euros – a finalement ra- lenti pour laisser place ce trimestre aux cessions de 50 à 100 millions d’euros. La baisse de régime du troi- sième trimestre n’entache en rien le dynamisme de l’année 2018 : 16,6 milliards d’euros investis en neuf mois. Nils Vinck, Head of Capital Markets France, commente : « La fin de l’an- née 2018 promet d’être pal- pitante ! Les transactions
d’envergure en attente d’une réitération se multiplient : « le centre de conférences Capital 8 », plusieurs tours à La Défense, et quelques portefeuilles de bureaux ou de commerces... Elles
n°1 pour les investissements étrangers... devant Londres et New York. » Entretenue par des cessions de porte- feuilles, la poche industrielle (12 %) concurrence de nou- veau celle des commerces
tionnelle des commerces est néanmoins attendue avec la concrétisation d’opérations portant sur de gros volumes. Sans surprise, avec 5,5 mil- liards d’euros investis de janvier à septembre, Paris – dont l’exceptionnelle vi- gueur locative n’est plus à prouver – demeure le cœur de l’activité du marché en Île-de-France. Alors que le croissant Ouest a tiré son épingle du jeu au troisième trimestre en multipliant les transactions de volumes intermédiaires (d’un mon- tant unitaire compris entre 50 et 100 millions d’euros), il faudra, comme en 2017, attendre la fin de l’année pour voir décoller le vo- lume d’investissement de La Défense : transactions attendues de « Window », « la Tour Ariane », et bien d’autres ...
Pluie de références oblige, les taux prime des marchés de bureaux lillois, nantais
quement entre la capitale et les grandes métropoles. Magali Marton précise : « Face aux taux planchers de l’Île-de-France et aux développements de nou- velles zones tertiaires sur des marchés en régions, les investisseurs – SCPI/OPCI en tête – ont élargi le choix de leurs villes- cibles. Cet afflux de liquidités tire les taux à la baisse et recalibre le marché sur des plus bas historiques : en-dessous de4%àLyonetautourde 5-6 % ailleurs. »
Les acquéreurs d’hier ne présagent définitivement pas des acquéreurs de de- main. Alors que l’année 2017 vibrait au rythme des transactions des véhicules français de la pierre-papier (SCPI/OPCI), 2018 s’anime au gré des acquisitions de fonds d’investissement tant français qu’internationaux. Ils concentrent déjà 44 % des montants investis en neuf mois, à comparer à 20 % en moyenne, soit un record historique !
Enfin, conclut Arnaud Guen- noc, « pour gagner quelques points de base de rendement sur les actifs, de plus en plus d’acteurs se tournent vers des VEFA ou des opéra- tions de développement en contrepartie d’un risque de
CAHIER PRATIQUE
 Business guides
   Alors que l’année 2017 vibrait au rythme des transactions des véhicules français
de la pierre-papier (SCPI/OPCI), 2018 s’anime au gré des acquisitions de fonds d’investissement tant français qu’internationaux.
 donnent le ton des liquidités disponibles à l’acquisition sur le marché français avec une mention spéciale pour le tertiaire francilien, qui s’af- firme comme la destination
(13 %) qui pâtit, pour sa part, d’une raréfaction des cessions de centres com- merciaux et retail parks. D’ici la fin de l’année, une reprise de l’activité transac-
et bordelais ont acté une nouvelle compression au troisième trimestre. Face à ceux parfaitement stabi- lisés de l’Île-de-France, les écarts se réduisent mécani-
commercialis.
maîtrisé compte-tenu du dynamisme des transactions locatives. »
ation qui reste
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]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Réseaux & influence
 Multiplier les rencontres pour se constituer un réseau solide
Bpifrance, le culte de l’accompagnement
 Banque publique d’investissement, banque des entrepreneurs, « le meilleur du privé, le meilleur du public, le tout dans une banque », « servir l’avenir » : l’établissement ‒ non bancaire ! ‒ aux mille slogans emmené par l’énergique Nicolas Dufourcq, son DG, a créé, pour la première fois en France, une direction exécutive de l’accompagnement. Un réseau multiforme, sans cesse en mouvement. Nous avons... accompagné son directeur exécutif.
dans leur dynamique de crois- sance. » Donc, après avoir obtenu des financements, des dirigeants revenaient vers Bpifrance, de façon régulière, avec des questions telles que « comment faire pour acquérir une société à l’étranger, pour repenser sa R&D... ? » Réaction, très vite, Bpifrance se lance dans l’accompagnement des dirigeants. Il devient un axe essentiel de son action – au point qu’en septembre 2018, la « banque » crée ce qui est une première européenne, une direction exécutive de l’accompagnement. « Voilà qui entre dans notre mission de banque publique, estime Guillaume Mortelier. Le métier est aujourd’hui en train de changer : il faut être capable d’offrir un service complet et aller au-delà du financement. »
conseiL, Formation et mise en reLation
Les dispositifs d’accom- pagnement de Bpifrance, payants mais le plus souvent cofinancés par l’établisse- ment même, prennent trois formes majeures : le conseil, la formation et la mise en re- lation. En matière de conseil, « nous sommes des assem- bleurs : nous prescrivons
des freelances capables de travailler avec des PME, et que nous avons sélection- nés, explique Guillaume Mortelier. Nous suivons le lancement de la mission, ce
quatre thèmes clés sont mis en avant : l’international, l’innovation, la stratégie et le numérique. Un cinquième gagne en importance : l’in- dustrie du futur, un enjeu majeur.
L’idée est de créer des par- cours, soit de point à point – une question entraîne une formation, puis une rencontre, qui amène à une autre ques- tion... ‒, soit plus intensif, au travers des programmes Accélérateurs, en consti- tuant des « promotions » de 30 à 60 dirigeants de PME ou d’ETI, qui travaillent ensemble sur des enjeux stratégiques. « Cette notion de promotion est essentielle, souligne Guillaume Morte- lier. Nous voulons leur donner
« accélérées » ou seront en cours d’accélération. Face aux retours très positifs des chefs d’entreprises, Bpifrance, qui agit toujours en partena- riat avec des tiers – « nous sommes des assembleurs », décrit Guillaume Mortelier ‒ décline la formule avec les régions et les grandes filières telles que la chimie ou l’aéronautique, jusqu’à créer un véritable maillage, avec l’ambition d’avoir ac- compagné 4 000 entreprises d’ici à 2021. L’année der- nière, l’établissement a lancé une promotion centrée sur la filière aéronautique, en partenariat avec le Gifas (Groupement des industries aéronautiques et spatiales). « Nous allons faire de même
  Jean-Marie Benoist
En 2015, 60 PME constituaient la première promotion de l’Accélérateur PME. À la fin de cette année, plus de 700 entreprises auront été « accélérées »
ou seront en cours d’accélération
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DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
Positif : « Depuis 2012, la situation engendrée par la crise de 2008 s’est améliorée : les banques et les investisseurs ont repris confiance et sont revenus sur le financement de l’in- vestissement », décrit Guil- laume Mortelier, directeur exécutif Accompagnement chez Bpifrance. Depuis trois ans, la hauteur des crédits disponibles s’avère suffisante. Pourquoi n’observe-t-on pas de retour important à la croissance des entreprises ? « L’une des raisons est que pour croître les entreprises doivent investir. » Guillaume Mortelier popursuit son raisonnement. Nous avons constaté le besoin des diri- geants d’être accompagnés
qui nous donne le moyen, notamment, de contrôler la qualité du conseil délivré. » En matière de formation, la banque publique propose aussi bien du présentiel, avec des sessions de durée variable autour de théma- tiques larges (l’innovation, les RH ou la gouvernance par exemple), que du e-learning au travers de courts modules thématiques. Mais le cœur du dispositif, qui se développe de plus en plus, est la mise en relation. « Nous voulons lutter contre la solitude du dirigeant, souligne Mortelier. Nous organisons des ren- contres, par exemple pour les membres du Club Bpifrance Excellence, qui rassemble plus de 5 000 dirigeants sur tout le territoire... » Si tous les sujets sont envisageables,
des outils, mais surtout un réseau, car c’est lui qui fera en sorte que le dirigeant déver- rouille la croissance et mettra en place une dynamique pérenne. » Rien de mieux qu’un réseau pour susciter le dynamisme, entre entraide et esprit de compétitivité... Ces promotions durent deux ans et sont lancées tous les ans. Pour en faire partie, deux critères comptent : les performances ou le potentiel de performance, et la volonté du dirigeant.
un maiLLage
de rencontres
Le succès est éclatant : en 2015, 60 PME constituaient la première promotion de l’Accélérateur PME. À la fin de cette année, plus de 700 entreprises auront été
avec les 16 filières recensées par le CNI. » Au programme, l’automobile, l’agroalimen- taire...
Guillaume Mortelier : « Nous nous appuyons sur notre réseau de 50 implantations régionales. Nous sommes en dialogue permanent avec les régions : nous prenons en compte leurs objectifs de croissance économique, leurs spécificités... » Le maître-mot, la complémen- tarité, pour construire une offre la plus dense et adaptée possible. Bpifrance lancera dans les prochains mois avec Business France, un Accé- lérateur international, « sur 18 mois – 6 mois pour dé- terminer une stratégie, .12 mois pour la déployer ». La multiplication des contacts ne fait que commencer.
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
  62%
des cadres interrogés envisageraient de démissionner
Étude Cadre Emploi sur la mobilité des cadres, novembre 2018, lire infra
Le verbatim
Un processus d’onboarding bien pensé contribuera à une intégration plus rapide des nouveaux entrants. Ils seront
prêts à s’investir et resteront plus longtemps fidèles à l’entreprise
Laure Charbonneau, directrice associée Robert Half France.
Source : Étude Robert Half sur le process d’onboarding en tant que méthode de fidélisation.
Grandes écoles
Future of Management Education : nouvelle alliance mondiale
Intitulée FOME (Future of Management Education) et fondée par l’Imperial College Bu- siness School, une nouvelle alliance a abouti à la création de la première plate-forme de diplômes 100 % en ligne. FOME associe savoir-faire tech-
nologiques et pédagogiques pour transformer le marché
mondial de la formation diplômante à distance. L’Edhec a
été choisie par l’Imperial College of London pour rejoindre
cette nouvelle alliance internationale. Elle se lie à l’ESMT
Berlin, BI Norwegian Business School, SMU Singapore,
l’Ivey Business School et Melbourne Business School.
Les innovations d’apprentissage à distance sont légion :
• le social learning augmenté pour le travail de groupe à distance,
• l’hologramme pour accueillir des professeurs dans les programmes depuis l’autre bout du monde,
• l’adaptive learning pour personnaliser les apprentissages.
La plate-forme prévoit que les participants puissent choisir un programme diplômant co- construit par deux ou plusieurs business schools de l’Alliance.
L’Edhec accélère son développement numérique
CSM Online, PhD en blended learning, parcours BBA dématérialisé... Le digital est une des composantes sans cesse actualisées de la business school. Elle vient de lancer une nou- velle offre via sa nouvelle business unit Edhec Online. Du
Bachelor aux formations exécutives et au MBA, Edhec
Online s’adresse aux futurs managers et professionnels
partout dans le monde. Le parcours se fonde sur une
conviction pédagogique claire : apprendre et réussir grâce
à un dispositif « e-learning de proximité ». Ce dispositif
offre à chaque participant un accompagnement individuel
et collectif (équivalent d’un coaching personnalisé intensif) pour les aider à réussir dans un environnement d’apprentissage « seamless » c’est-à-dire multisupport (tablette, mobile, réseaux sociaux, applications partagées...) et à plusieurs degrés d’interactions (seul, en groupe ou par promotion).
Partenariat entre HEC Montréal et EM Lyon Business School
Des collaborations de recherche, des projets notamment dans le domaine de l’entrepreneuriat et de l’innovation, des activités conjointes dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier (colloques et événements)... Les liens se construisent depuis 1992 pour ces deux acteurs de l’enseignement supérieur.
Novembre fut le moment d’acter un nouvel accord conçu pour renforcer la mobilité des apprenants entre les deux établissements, créer un accord de double diplôme, des cours et des programmes de recherche, construire une collaboration
entre leurs incubateurs et accélérateurs dans le domaine des EdTech.
L’Icam ouvre deux nouveaux campus internationaux
Au Brésil d’abord, à Recife précisément, l’Icam et l’Unicap se sont associées pour devenir Unicap-Icam, International School of Engineering & Architecture. Ce nouvel institut re-
       Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation Travailler AutrementPDG d’ITG,
leader du portage salarial
NApprendre en faisant, faire en apprenant
ous vivons l’avènement d’une société qui se prend en main et agit plutôt que d’attendre que les institutions fassent à sa place.
Notre rapport à l’activité change sous l’impulsion de plusieurs facteurs. Transformation technologiques, évolutions des modes de travail, aspirations sociétales, initiatives économiques... les indi- vidus recherchent désormais du sens et du collectif dans leur vie. Ces évolutions changent fondamentalement le rapport à l’appren- tissage. La formation initiale et la formation continue accueillent désormais un nouveau type de formation, inclusif et mouvant : la formation par l’expérience. Autrement dit, apprendre en faisant ou test and learn.
Chaque individu aspire à valoriser les compétences qu’il possède en les partageant, en les diffusant et réciproquement, il attend des autres qu’ils lui permettent d’apprendre et de découvrir des savoirs qu’il ne connaissait pas auparavant. Moocs, webinards, conférences ouvertes... autant d’outils qui permettent désormais de partager les informations, les savoirs et les expériences.
La géographie, la temporalité et les figures de l’apprentissage s’en trouvent en partie modifiées car il est maintenant possible d’apprendre (presque) tout, partout, tout le temps.
Les entreprises, les fablabs, les espaces de coworking, les ma- kerspaces, etc sont des creusets naturels de ce nouvel état d’esprit d’apprendre. Assurément, il s’agira de rapprocher des décrocheurs vers l’activité ; de redynamiser les secteurs en manque de main d’œuvre ; de redonner aux métiers de la main leurs lettres de no- blesse, de permettre aux individus de reconquérir la fierté de faire. Ainsi, Saint Exupéry avait raison : « Si tu diffères de moi mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis »
  60 DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
Travailler autrement
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
groupe l’ensemble des formations d’ingénieurs et d’architec- ture actuelles de l’université et de nouveaux cursus tels que le Parcours ouvert grâce à l’approche pédagogique de l’Icam. Ledit Parcours ouvert et une formation cross culturelle de l’Icam basée sur des pédagogies innovantes, y seront proposés dès février 2020.
À Kinshasa en République Démocratique du Congo, à la Faculté d’Engineering ULC- Icam, la formation ingénieurs sera accessible dès septembre 2019.
Elle s’inspirera du programme mis en œuvre pour le Parcours ouvert.
Des ingénieurs DD à l’Isen Yncréa Ouest
Au carrefour des technologies du numérique et de l’environnement, cette nouvelle forma- tion a pour objectif de former des ingénieurs spécialisés dans les technologies au service du développement durable. Une large place est ouverte aux technologies de lutte contre le changement climatique et aux nouveaux modèles économiques durables et innovants. Les étudiants bénéficient d’une compréhension globale des enjeux environnementaux qu’ils pour- ront appliquer sur des domaines très différents tels que les smart cities (villes intelligentes et responsables) ou la smart agriculture. Antoine Rivière, responsable de formation à l’Isen : « Ce cycle a pour objectif de faire le lien entre le monde du numérique et celui du vivant. Outre le tronc commun d’enseignement propre à chaque cursus proposé à l’Isen, les étu- diants pourront découvrir et approfondir les sciences environnementales, les interactions entre l’homme et la nature et les technologies pour l’environnement. »
UniLaSalle crée e-Safe, cursus agriculture et alimentation durables
Après ses deux dernières fusions (Esitpa Rouen en 2016,
EME Rennes en 2018), UniLaSalle continue de mettre en
musique sa nouvelle stratégie. Parmi les nouvelles mesures
engagées, l’école a prévu la création d’un nouveau cursus
i-Safe - International Sustainable Ag & Food Entrepreneurship
(entrepreneuriat dans l’agriculture et l’alimentation durables
et internationales), cursus en anglais, destiné à former des
ingénieurs en agronomie et en agroalimentaire dans un contexte international.
Ouverture d’un cycle Insa Centre Val de Loire au Vietnam
Des étudiants vietnamiens intégreront le cycle ingé- nieur de l’Insa Centre Val de Loire. Le dispositif souhaite étendre cette accessibilité à l’ensemble du réseau Insa. L’internationalisation des cursus témoigne de la volonté
de l’Institut de renforcer son positionnement en Asie avec la reconnaissance officielle de ce campus à Hué.
ICD et EPF réalisent une refonte de leur offre bachelor
But : former des spécialistes du marketing digital marketeurs de demain via le Bachelor Digital Innovators à la collecte, la vali- dation, le décryptage de la data afin d’opérer une segmentation des marchés sur des bases statistiques et informatiques. À terme, ces spécialistes monteront des campagnes de communication et marketing en recourant aux dernières innovations (blockchain, marketing automation).
Le Bachelor Tech Sales Management devient le Bachelor Business In- novators
Premier né de la collection Future Innovators, il propose sous sa nouvelle appellation une formation unique à double compétence ingénierie et business pour des spécialistes capables de développer, de gérer et de déployer la vente de biens et services techniques.
Efrei investit dans de nouvelles infrastructures
Des travaux de rénovation, de modernisation et d’agrandissement sur le site d’Efrei à Villejuif ont mobilisé 2 millions d’euros pour la rénovation de dix laboratoires informa-
Insa, un réseau ouvert sur les humanités
Dès leur création, les Insa ont mis en place des enseignements en humanités, placés au cœur même de la formation. L’Insa Lyon est allé plus loin en créant un mastère spécialisé Directeur technique du spectacle vivant en partenariat avec l’Ensatt. Cette formation mêle enseignements techniques et artistiques et mises en situation professionnelle. La force d’une telle formation réside dans la mutualisation entre culture scientifique et artistique, qui donne un caractère inédit à cette formation.
L’Insa Toulouse ouvre une nouvelle filière Théâtre-Études en partenariat avec le Centre dramatique national de Toulouse qui vise à compléter une culture générale des arts de la scène pour les étudiants. L’Insa Centre Val de Loire inaugure en cette rentrée une filière Arts Plastiques en partenariat avec l’École nationale supérieure d’art de Bourges. À l’Insa Strasbourg enfin, l’art intervient depuis peu à l’école sous deux formes : l’enseignement de l’art dans la formation des architectes et ingénieurs en double cursus, pendant 3 ou 4 ans selon les parcours, à raison d’une trentaine d’heures par année, et la section art-études.
Premier baromètre handicap pour la CGE
La Conférence des grandes écoles (CGE) vient de publier les résultats
de son premier baromètre sur la formation des étudiants en situa-
tion de handicap. Sur les 116 écoles interrogées, 87,5 % affirment
mener des actions de sensibilisation auprès de leurs étudiants. Le
bilan reste sévère malgré ce chiffre encourageant car seul 1,08 %
des inscrits sont en situation de handicap. Ce chiffre passe à 1,22 % pour les formations en alternance, une preuve que cette voie peut s’avérer plus adaptée en cas de handicap.
L’actu RH
Étude Robert Half : quel délai pour être opérationnel après une prise de poste ?
Il faut en moyenne 6 mois, révèle l’étude publiée le 20 novembre 2018. Le spécialiste du recrutement a demandé à un panel de 300 directeurs généraux et managers qui recrutent
RH & FORMATION
          tiques dont :
• 5 laboratoires informatiques dont 3 intégrant le Virtual Labs
• 2 laboratoires électroniques - numériques
• 1 laboratoire équipé en Apple
• 2 laboratoires réseaux et sécurité, avec des baies accueillant des technologies CISCI et CyberRange Airbus.
 DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr 61
]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
RH & FORMATION
  à quel moment un nouveau collaborateur est considéré comme opéra- tionnel et donc productif pour une entreprise.
Les faits saillants :
• Pour 21 % des directeurs généraux, les nouveaux arrivants prennent leurs marques et deviennent compétents c’est-à-dire en mesure de gérer leurs responsabilités professionnelles de façon autonome dans l’entre-
prise au bout de 6 mois.
• 16 % des interrogés estiment ce stade atteint à partir de trois mois (plutôt des TPE).
• Seuls 10 % affirment que les nouveaux collaborateurs deviennent compétents au bout d’1 an. En parallèle, le salarié doit vouloir appréhender son poste le plus rapidement possible. Voici 5 conseils à destination des nouveaux collaborateurs qui souhaitent devenir compétents le plus rapidement possible :
1/ Préparer son arrivée, 2/ S’organiser : la clé de la réussite, 3/ Être à l’écoute pour progres- ser, 4/ Faire preuve de proactivité, 5/ S’engager dans la vie de l’entreprise.
Welcome to MazARs se met à la réalité augmentée pour sa marque em- ployeur
Avec Welcome to MazARs, le cabinet d’audit et de conseil devient le premier annonceur à utiliser la réalité augmentée (AR) de Facebook et le « double device » pour la promotion de sa marque employeur. Lors d’une quête interactive en réalité augmentée, les joueurs découvriront s’ils possèdent la culture de l’entreprise, la Mazars Touch. Pour sa dernière opération de marque employeur, le cabinet a choisi la plate-forme de réalité augmentée pour smartphones de Facebook – désormais Spark. Lors de cette expérience ludique et interactive, le joueur est invité à scanner avec son smartphone des badges dissimulés sur le site www.mazarsrecrute.fr pour accéder à quatre mini-jeux en AR. Il devra relever les défis avec les expressions de son visage et découvrir les valeurs fortes de la culture Mazars. Mathilde le Coz, directrice des Talents, Communication et Innovation RH :
« Cette nouvelle expérience en réalité augmentée sur Facebook est une manière innovante, fun et décalée de communiquer sur la culture du cabinet et le “savoir être” que nous re- cherchons chez nos futurs Mazariens. »
Étude : les cadres veulent quitter le navire
Ennui, manque de perspectives, rémunération insuffisante ou mauvais équilibre vie pro/vie perso... Autant de raisons poussent cette catégorie de salariés à vouloir démissionner. Le montre une étude Cadremploi de novembre 2018
Selon cette enquête*,
• 62 % des cadres interrogés envisageraient de démissionner. Une proportion qui grimpe même à 74 % chez les plus jeunes (18-34 ans). Un marché de l’emploi favorable les y encourage, même si
ce type de décision reste difficile à prendre.
• 42 % des cadres perçoivent la démission comme un risque : « Pour les cadres qui ont envie de passer à l’acte, la démission reste toujours un risque et associée à un sentiment d’échec. Pourtant, pour ceux qui ont osé franchir le cap, les impacts de la démission sont très positifs, notamment sur leur vie privée », commente Julien Breuilh, directeur des études de Cadremploi.
• Manque de perspectives et salaire trop bas : même si ces cadres se disent en majorité (80 %) plutôt épanouis dans leur vie, ils affichent leur insatisfaction face à leurs perspec- tives professionnelles (38 %) et de leur niveau de rémunération (37 %). S’ajoute l’envie de changer de vie, pour un tiers des sondés.
• Qu’en pensent ceux qui ont déjà sauté le pas ? 81 % affirment que leur départ a induit un impact positif sur leur niveau de bien-être, sur leur vie personnelle (75 %) et sur leur rémunération (75 %). Des arguments qui devraient convaincre ceux qui hésitent encore. * Enquête menée en ligne auprès d’un échantillon de 1 001 cadres et dirigeants du 10 au 16 octobre 2018.
Prélèvement à la source : les entreprises procrastinent
Le prélèvement à la source (PAS) entrera en vigueur le 1er janvier 2019 : l’employeur de- viendra le collecteur de l’impôt sur les salaires. Cette grande
réforme fiscale implique de multiples conséquences pratiques
pour les entreprises selon leur taille, le nombre de salariés et de
sites, et leur structure organisationnelle. Toutes les entreprises sont concernées. Cette enquête s’appuie sur les résultats de sondages menés en novembre 2017 à l’occasion de conférences et webcasts organisés par EY sur le sujet. Ont répondu 169 di- rigeants (finance, RH, paie...), acteurs du déploiement du PAS au sein de leur entreprise.
Les faits saillants :
• Près des deux tiers des entreprises n’ont pas encore engagé d’actions pour déployer le prélèvement à la source
• Les facteurs clés de succès pour une mise en place sereine du prélèvement à la source : une bonne connaissance du contenu et des modalités pratiques de la réforme,
la gestion opérationnelle des changements par les équipes paie,
l’anticipation des impacts sur les process de l’entreprise (SI Paie et SIRH, trésorerie...), la communication auprès des salariés : 64,5 % des services indiquent que rien n’a été fait à ce jour en attente de la confirmation de la réforme.
PME et recrutement des personnes handicapées : peuvent mieux faire
Se manifeste une marge de progression encore importante malgré des progrès constatés. Tel est le constat établi par l’étude Ifop pour l’Agefiph rendue publique mercredi 21 novembre 2018 à l’occasion de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées.
Les faits saillants :
• Dans les entreprises de plus de 20 salariés, 45 % des dirigeants
ou des responsables des ressources humaines considèrent qu’il
est « facile » d’embaucher des personnes handicapées, alors qu’ils n’étaient que 25 % à émettre une telle opinion en 2008.
• Dans les entreprises de moins de 20 salariés, en revanche, un tiers seulement des respon- sables interrogés considèrent « facile » d’employer une personne en situation de handicap. • 48 % des salariés interrogés estiment facile d’intégrer dans l’entreprise un collègue por- teur d’un handicap auditif.
• Mais ce taux monte à 62 % pour ceux qui côtoient plusieurs collègues dans un tel cas. « La bataille des petites et très petites entreprises n’est pas encore gagnée », a commenté auprès de l’AFP Didier Eyssartier, le directeur général de l’Agefiph.
*L’étude Ifop pour l’Agefiph a été réalisée auprès de 402 dirigeants d’entreprises, responsables RH ou de mission handicap, interrogés par téléphone sur leur lieu de travail du 1er au 5 octobre, et auprès de 1 008 salariés, représentatifs de la population salariée française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas), interrogés par questionnaire auto-administré en ligne du 28 septembre au 4 octobre.
     62
DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[Manager autrement
RH & FORMATION
  Les cadres et l’orthographe
J’écris, tu écris, nous écrivons : la génération sacrifiée
Paradoxalement, l’ère du numérique a renforcé la prépondérance de l’écrit... au point de faire de l’orthographe un véritable enjeu pour les entreprises. Avec une pression modulable selon les secteurs.
site dédié (www.orthogaffe. com), bien connu des audi- teurs d’Europe 1, coach sur cette thématique depuis une vingtaine d’années, redoute « les tensions que la rupture de l’anonymat pourrait engendrer. La confidentialité est même un argument de vente », confie-t-il. « La dimension psychologique n’est pas négligeable, affirme à
son tour Nathalie Ri-
chard, fondatrice du ca-
binet de formation Epic Performance. Le sujet ra- mène à la petite enfance, au jugement de l’instituteur. Dans les petites boîtes, les chefs de service risquent de se sentir en porte-à-faux par rapport à leurs équipes, d’où des sessions en dehors de l’entreprise, par discrétion. »
un Frein
au recrutement
Tous les secteurs ne sont pas lo- gés à la même enseigne. Et d’une entreprise à une x, la prégnance de l’orthographe et de la syntaxe varie. « Entre 100 à 150 curri- culum vitae me sont transmis au quotidien, raconte Charlotte
Herduin, associée senior chez Michael Page, cabinet conseil en recrutement de cadres. Le candidat est censé avoir pris du recul sur son
recrutements s’internationa- lisent, explique Nicolas Saunier, expert-comptable chez Moreno Rouby & associés. Aussi, je suis moins attentif à ce point si les compétences techniques sont
au rendez-vous, si le collabora- teur parle plusieurs langues étrangères. Comptabilité et langues étrangères, des qualités pas si souvent
de0à100.Àpartirde500 points, on va parler de bilan différenciant. Mille entreprises sont devenues partenaires. Un exemple : le groupe BNP Pa- ribas a mis à disposition de ses 60 000 collaborateurs pas moins de 5 000 licences : le stock a été épuisé en quelque 12 mois. Une réussite qui devrait encourager le groupe à réitérer ou à développer de nouvelles formations d’encouragement et d’accompagnement. Une politique qui vise l’ensemble des collaborateurs. Pas question de pointer telle ou telle catégorie socioprofessionnelle. « La force de la formule réside notamment dans le caractère anonyme des participations, souligne Valérie Guibout, responsable grands comptes chez Woonoz. Après dix ans d’existence, on peut parler d’une belle réu.ssite. Pourtant, il n’était pas gagné d’évangéliser sur le sujet. »
 Murielle Wolski
Leslacunesenorthographe, un tabou chez les cadres ? À l’heure du numérique, l’orthographe devient en tout cas un véritable enjeu, en bas comme en haut de l’échelle, dans les petites entreprises comme dans les mastodontes du CAC 40. J’écris. Tu écris. Nous écri- vons. Tous les cadres écrivent, envoient des mails en interne, à la clientèle, aux fournisseurs, aux partenaires financiers, aux fameux n +1... Tous n’ont pas le « Bled » pour livre de chevet. Et l’époque des assistantes est bel et bien révolue. Dorénavant, l’exercice se fait sans filet, mais avec fautes. Trop de fautes ? À la tête du réseau Ifag, qui forme les cadres de demain en marketing, commerce ou bien encore ressources humaines, Dominique Lemaire n’hésite
PME-ETI : 21 %
 pas à parler de « génération sacrifiée, de cadres formés à la méthode globale et adepte desSMS.»Orilenvadela réputation, de la crédibilité de l’entreprise. L’orthographe est le reflet de sa qualité de services. Si les correcteurs intégrés des traitements de texte constituent une béquille, ils ne traquent pas tous les barbarismes.
Libérée, déLivrée... mais anonyme
Tabou ou pas, alors ? La parole se libère peu à peu. Pour preuve, le boom des séminaires qui y sont consacrés. Pour autant, Bernard Fripiat se garde bien de faire un tour de table au tout début de ses stages de formation pour préciser les fonctions des membres de son auditoire. Cet auteur belge, à l’origine d’un
Éducation nationale et organismes de formation :
62 %
savoir-faire et son savoir être pour le rédiger. Un chasseur de têtes à tendance à passer moins de temps sur des CV si les conditions sine qua non ne sont pas réunies, comme la formation ou bien encore une bonne orthographe. » Son périmètre d’action : le mar- keting et le commercial. À la SNCF, la maîtrise de la langue constitue l’un des critères pour une mobilité interne. Autre secteur, autres mœurs. « Nos
combinées. »
La certiFication
voLtaire
Pour Bernard Fripiat, aucun doute, « la certification Voltaire a changé les perspectives ». Ne sont dénombrés pas moins de cinq millions d’utilisateurs de l’outil en ligne, mis en place il y a une dizaine d’années par la société Woonoz. Deux cent mille salariés ont décroché la certification, avec 140 points à passer en revue, des scores
Grands comptes :
17 %
    Frédéric Rey-Millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
La mythologie mensongère Ndu « Tous collectif »
otre nouveau titre de champions du monde de football, gagné cet été, contribue gran- dement à la propagande du collectif comme
impératif catégorique (dixit les philosophes) pour réussir dans l’entreprise.
Bien entendu, recevoir Zidane, Deschamps ou Dupraz, dans votre entreprise, reste un souvenir
inoubliable. Sont-ils, pour autant, les messies du management de nos organisations ? La réponse est non, et ce pour une raison essentielle.
Une équipe de foot joue pour gagner. Les règles sont connues, elle joue des matchs tous les week-ends. A la fin de la saison, elle est classée par rapport à ses concurrents. En clair, elle joue à un jeu fini. Dans l’entreprise, c’est l’inverse. Nous jouons un jeu infini où les règles changent en permanence, le nombre de joueurs également. Une équipe de foot professionnel joue contre un adversaire pour gagner. Dans une entreprise on joue contre soi- même pour progresser sans cesse, puisque le jeu ne s’arrête jamais.
Faut-il pour autant jeter aux orties le management des coachs sportifs ? La réponse est non.
Ce qui motive Didier Deschamps, ce n’est pas ga- gner des matchs, c’est de marquer l’histoire du foot français, en remportant une seconde étoile, l’une
en tant que joueur, l’autre en tant qu’entraîneur. Il est donc animé par une ambition et recherche le meilleur futur possible pour lui-même et ses joueurs. Que ce soit dans une entreprise ou dans une équipe de sportifs professionnels, ce qui donne un supplé- ment d’âme au collectif renvoie aux valeurs. Les valeurs, ce ne sont pas des mots affichés sur les murs des entreprises où personne ne s’y reconnaît. Les valeurs s’incarnent dans des comportements au quotidien qui donnent envie d’être ensemble. Pour conclure, rappelez-vous le mois dernier, j’avais évoqué un poste très en vogue ; le « Chief Bullshit Officer ». Je militerais volontiers pour la création d’un poste qui s’intitulerait « Chief Vision Officer » dont la fonction serait de partager une vision dans l’entreprise pour que les collaborateurs sachent réellement à quels jeux ils jouent.
DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
63
L’information qui fait peur !
Depuis, 2016, l’Éducation nationale a acheté progres- sivement des licences du projet Voltaire pour ses en- seignants du primaire, puis de collèges et de lycées.
Manager n’est pas jouer !
]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[Murielle Wolski
Dans ce pays en pleines mutations, l’ensei- gnement supérieur suit le mouvement, mieux, l’anticipe, s’adapte, investit, se modèle au monde sans fron- tières que vont affronter les jeunes Français(e)s formé(e)s à de nouveaux métiers. Bache- lors, masters, agribusiness, video games, alliances des business schools, dévelop- pement durable, ingénierie de la transition écologique. Les grandes écoles savent qu’elles forgent un avenir incertain pour des têtes bien faites décidées à assumer leur génération. Quelques ten- dances fortes dans l’univers impitoyable des machines à gagner...
L’hybridation des compétences mêLe Les campus
Le terme est un peu biologique, mais recouvre une notion assez simple. Finies les filières cloi- sonnées, étanches, en silo. On entre dans l’ère du « mouton à cinq pattes », des compé- tences mêlées, commerciales, scientifiques, numériques et un soupçon – voire plus – de design. L’époque du double diplôme entre écoles du même champ est révolue, la transdis- ciplinarité prime. L’une des unions pionnières reste celle de Centrale Nantes, d’Audencia et de l’Ensa (École nationale supérieure d’architecture). Ce que Christophe Germain, directeur général d’Audencia, nomme l’« Alliance », avec
une saveur de guerre cosmique (lire encadré). Autre région, même pratique : depuis la rentrée 2015, les 3 500 étu- diants ingénieurs, managers et designers d’EMLV partagent 20 % de leurs cours Et tous les vendredis, les étudiants d’Ar-
sujet proposé entre autres par des entreprises, associations ou collectivités. L’objectif : développer un bouillon de cultures. Encore un exemple : Audencia a étoffé son offre de doubles diplômes dans les domaines de l’ingénierie, du
RH & FORMATION
 Carrières & talents
 La mutation de l’enseignement supérieur
Les grandes écoles se réinventent
Sans grand tapage, les écoles rebattent
les cartes, bousculent leurs catalogues de formation. Condition sine qua none pour capter la clientèle de plus en plus volatile et exigeante que sont les millennials.
le mouvement s’étend au post- bac. Pour preuve, l’annonce en novembre de l’ouverture d’un bachelier copiloté par l’Institut de commerce et du développement (ICD) et l’EPF, baptisé Digital innovators. « L’étude des offres d’emploi nous a permis de comprendre combien la transversalité est de plus en plus recherchée par les entreprises, explique Be- noît Aubert, aux manettes de l’ICD. C’est le second cursus hybride, développé en parte- nariat avec l’EPF, à bac + 3. D’autres suivront. D’ordinaire, cette mixité de compétences est proposée en masters, voire au-delà. En réponse au mar- ché, on a avancé le curseur. »
portements, au développement du numérique. La Commission du titre d’ingénieur (CTI) a, en 2015, intégré la création d’une entreprise dans le programme. C’est institutionnalisé. » Le système Pépite recense 3 700 étudiants entrepreneurs en France, contre 600 en 2014. Preuves de cet intérêt marqué, mardi 4 décembre, le point presse de la conférence des grandes écoles (CGE) porte sur « la création de start-up : comment attirer les talents ». Du reste, deux tiers des grandes écoles disposent aujourd’hui d’un incubateur. Un critère d’excellence : c’est à qui ali- gnera les meilleurs scores de « jeunes pousses » !
500 diplômés de l’ESCP Eu- rope sont en 2018 entrepre- neurs – tous cursus et toutes années confondus. Et peut-être même à l’avenir repreneurs. Et pour cause, l’école a signé un partenariat avec l’association Cédants et repreneurs d’affaires (CRA) au nom de l’idée qu’il n’y a pas que la création qui compte, la pérennité de celles qui existent déjà se révèle au moins aussi importante.
nouveLLe pédagogie
Les grands noms du CAC 40 en raffolent pour attirer à eux des jeunes talents ou fidéliser leurs collaborateurs. Aujourd’hui, les serious games constituent l’un des éléments clés de la marque employeur. Les écoles les intègrent aussi comme outil de formation. « L’approche est de plus en plus expérientielle, commente Benoît Aubert de l’ICD. Le temps des case studies, même de Harvard, n’est plus. La simulation a la cote. »
Un maelstrom dans l’ensei- gnement supérieur auquel leslycéensnesonten.rien préparés. Ce pays doit aussi gérer ses transitions, et pas seulement écologiques.
   L’étude des offres d’emploi nous a permis
de comprendre combien la transversalité
est de plus en plus recherchée par les entreprises. Benoît Aubert, ICD
 tem, réunion des Mines Nancy, de l’ICN business school et de l’École nationale supérieure d’art et de design de Nancy, planchent ensemble sur un
droit, des lettres, des beaux- arts, de l’architecture, des sciences politiques ou encore de l’assurance...
Lancé à l’échelle des masters,
L’entrepreneuriat à toutes Les sauces Pas un établissement d’ensei- gnement supérieur n’échappe aujourd’hui à la vague entre- preneuriale. Du post-bac au master of business adminis- tration, il n’est question que de ça. Les jeunes gens n’ap- prennent pas un métier pour entrer dans une entreprise, ils créent leur entreprise en apprenant plusieurs métiers : 75 % des grandes écoles – business schools et écoles d’ingénieurs confondues – proposent aujourd’hui une spécialité entrepreneuriat. « La demande sociale émane des étudiants, souligne Jean- Pierre Boissin, coordonnateur national du Plan étudiants pour l’innovation, le transfert et l’entrepreneuriat (Pépite). Le changement date du début des années 2010, sans doute lié à la crise économique de 2008, à l’individualisation des com-
 Audencia : la « belle endormie » s’est réveillée
Témoin de l’absolue nécessité de s’adapter à la vitesse de la lumière, Audencia Business School. L’école nantaise plus que centenaire – 1900, l’ex-ESC Nantes – s’est forgé un nom combiné latin qui en dit long : à l’audentia (l’écoute), répond l’audacia, l’audace, depuis 2000. Le 27novembre, à Paris, Christophe Germain son directeur général depuis avril2018, a déjà passablement amendé son plan stratégique Au- dencia 2020 en cinq volets, poussé par la nécessité absolue d’une internationalisation qui ne se satisfait plus de partenariats policés. La Shenzhen-Auden- cia Business School ouvre l’accès aux écosystèmes chinois investis par les étudiants français sous forme de stages ou carrément de premières expériences professionnelles. Autre enrichissement majeur du plan 2020 : le lancement d’un institut mondial d’agro- business au Brésil et en Équateur, d’abord avec des partenaires, mais prélude à un institut transcontinen- tal ouvert à d’autres thématiques professionnelles et
établi dans les deux ans sur un 3e continent. « L’hybri- dation au service des métiers de demain » se traduit par une implantation de l’École au sein du Pôle image Magelis d’Angoulême, leader de la filière image et de l’audiovisuel numérique. La signature d’un autre par- tenariat avec la CCI du Morbihan pour des formations diplômantes de dirigeants PME/ETI, le lancement à la rentrée 2018 d’une filière musicale, la formation aux métiers du nautisme au sein de la « sailing valley » du sud Bretagne, entrent, parmi d’autres initiatives, dans les « amendements » du plan... Sans parler des tra- vaux immobiliers de rénovation menés sur l’Atlantic Campus ni de la road map numérique, un diagnostic général de l’École mené par IBM. « Notre business model nous projette en 2020/2021de façon maîtrisée sans ouverture de capital », rassure Christophe Ger- main. Face à l’ampleur des « petits amendements » dévoilés, la question méritait d’être posée.
OM
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]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                   par CRÉDIT LOGEMENT
               ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[Le coaching en a-t-il fini avec sa phase de professionnalisation qu’il
« traîne » depuis une petite dizaine d’années ? Ceux et celles qui
en vivent sont aujourd’hui à la croisée des chemins : victime de son succès, la profession voit poindre de nouvelles formes de concurrence. Mais plutôt que de chercher à se réinventer, elle devra achever sa structuration pour assurer son avenir.
Pierre Havez
Se lancer en indépen- dant ? Pourquoi pas coach de quelque
chose ? L’ennui, c’est que le raz-de-marée de candidats en laisse plus d’un(e) sur le carreau. « Beaucoup de nouveaux coachs – jeunes diplômés, managers en quête d’un nouveau sens ou en reconversion pro- fessionnelle – arrivent ac- tuellement sur le marché. Mais un certain nombre déchantent en réalisant qu’il n’est pas forcément simple de se lancer dans ce
École de coaching qu’il a cofondée, 250 profession- nels sont formés chaque année. Et l’établissement refuse du monde ! Si le marché demeure ouvert, de nombreux écueils at- tendent forcément les deux premières années d’exercice de ces nouveaux entrants : création d’une entreprise, prospection, développement commercial et, surtout, constitution d’un carnet d’adresses. « L’inertie né- cessaire à la création d’un réseau est particulièrement importante, car la réputa- tion d’un coach dépend de son vécu et de la relation intime qu’il crée avec ses clients », reprend celui qui est devenu coach il y a près de dix ans.
portaiL
et call center
Cet afflux engendre para- doxalement l’émergence de nouvelles formes de concur- rences. Dans le sillon de la tendance low cost, des call centers du coaching, aux prix cassés, émergent sur le marché et séduisent ces jeunes coachs en mal de clients. « Nous voyons se développer de plus en plus des sortes de hotline du coaching qui proposent
Paris et Toulouse. Si, dans le coaching, nous nous per- mettons parfois des ren- dez-vous téléphoniques entre deux séances, ces méthodes posent question, en particulier pour la durée de l’accompagnement, la relation entre le coach et son client, et les objectifs fixés. »
Une distance effectivement très loin de faire l’unani- mité parmi les coachs les plus expérimentés. « Ces portails, où le client choi- sit son coach sur photo, programme des séances sur un calendrier Google et échange en webcam ou par téléphone, ne dureront pas, juge sévèrement Paul Devaux, coach depuis 25 ans et fondateur du cabinet Orygin coaching. En dé- matérialisant la relation, on perd beaucoup de l’in- telligence de la situation qui rend le coach pertinent, ce qui nuit fortement à la qualité de la prestation. »
coachs internes et coachs de vie D’autant que le métier fait d’autres émules. Les clients historiques des prestations de coaching – les grands groupes, puis les PME – semblent mesurer l’effi-
RH & FORMATION
 Carrières & talents
 Métier
Coaching : les vrais pros veulent se structurer
   Les clients historiques des prestations de coaching – les grands groupes, puis les PME – semblent mesurer l’efficacité de ces séances, au point de former désormais leurs propres coachs en interne
 métier », explique Philippe Duvillier, coach et président du syndicat français des acteurs professionnels du coaching (Sfapec).
Rien que dans la Haute
un numéro à distance ac- cessible à tous les salariés d’une entreprise, pointe Arnaud Hautesserres, coach certifié et DGA associé du cabinet Meltis, présent à
cacité de ces séances, au point de former désormais leurs propres coachs en interne. C’est le cas de grands groupes industriels, aéronautique, mais aussi
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]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & talents
RH & FORMATION
   de transport ferroviaire, dans le secteur bancaire ou le conseil. À Toulouse, Airbus met par exemple à disposition de ses employés de plus en plus de salariés certifiés au coaching dans des structures externes. Ils interviennent souvent en soutien de projets, pour faciliter des groupes de travail ou accompagner des chefs de projets. « Ce sont souvent de très bons coachs, car ils cumulent de l’expérience, du vécu et une excellente connaissance du terrain, approuve Arnaud Hautesserres. Même il peut se révéler encore plus in- téressant de faire appel à des personnes extérieures, avec davantage de liberté d’action et de neutralité car moins soumis aux in- fluences politiques ou stra- tégiques de l’entreprise. » Avec la percée du dévelop- pement personnel (médi- tation, pleine conscience, neurosciences) dans la so- ciété et au sein des organi- sations, une foule de jeunes « coachs de vie » émergent sur le marché. « Très vi- sibles, ces professionnels créent un amalgame délicat à gérer pour les coachs d’entreprise. Et pour cause, malgré des méthodes va- riées, plutôt basées sur des outils de développement personnel et une certaine méconnaissance des enjeux de l’entreprise, ils suscitent un flou chez les clients professionnels », estime Arnaud Hautesserres.
Formation et certiFication
Cette confusion recèle pour- tant un versant positif pour la profession. Car l’essor de la prise en compte des relations humaines dans l’entreprise laisse surtout entrevoir de belles perspec- tives sectorielles. « Globa- lement, notre métier devrait encore se développer de manière importante. La place de l’humain dans l’entreprise, le travail col- laboratif et la manière dont les organisations s’adaptent
à ces nouvelles exigences deviennent prépondérants chez les jeunes générations, anticipe Hautesserres. Or, c’est une problématique dans laquelle le coaching a toute sa place. »
Mais pour y arriver, les organisations profession- nelles du coaching en- tendent d’abord achever la mutation de leur activité. « Le métier n’est pas encore tout à fait mature : une minorité parmi les 4 000 à 6 000 coachs français sont certifiés RNCP et reconnus par l’État. Mais c’est le cas pour une très large majorité des nouveaux coachs, en revanche », ob- serve Philippe Duvillier. Ces formations apportent une méthodologie et un processus complet histoire de “contraindre le client à réussir”. Le coaching n’est pas une discussion de salon. Il demande une communication profes- sionnalisée et des outils précis. » Pour acquérir ces compétences, le futur coach doit ainsi investir
Le coaching n’est
pas une discussion de salon. Il demande une communication professionnalisée et
des outils précis
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]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & talents
 entre 4 500 et 6 000 euros, pour 7 mois de formation.
supervision
et thérapie
Les coachs les plus exi- geants poussent même le sérieux jusqu’à reprendre les méthodes de profes- sionnels de l’écoute et de l’accompagnement, comme les psychologues. « Diplômé de l’école Coach and team – fondée par Vincent Len- hardt [l’un des pionniers du coaching profession- nelenFrance,ilya30 ans, ndlr], j’en applique les règles d’éthique : être supervisé collectivement par un coach et suivre un accompagnement thérapeu- tique personnel afin de ne pas “polluer” la relation in- dividuelle avec mes clients par des problématiques personnelles », précise Ar- naud Hautesserres.
Une qualité de formation qui devra, à terme, finir par séparer le bon grain
de l’ivraie. « On ne s’im- provise pas coach. Ceux qui veulent véritablement progresser doivent néces- sairement se former toute la vie pour devenir de plus
dernières réticences des autres. « Une certaine mé- connaissance persiste sur les attentes envers notre profession : certaines en- treprises perçoivent encore
inattendue pourrait cette fois accélérer la mutation en cours. La rediffusion, mi-novembre, d’une en- quête de France Inter déjà diffusée en mai cette année,
Hautesserres. L’idée n’est pas d’éjecter les coachs les moins sérieux mais d’opé- rer une sélection naturelle en communiquant davan- tage sur notre formation et notre code éthique : contrat, confidentialité, champ de compétence du coach, objectifs clairs et fin de l’accompagnement. » C’est à ce prix que les coachs « sérieux » s’ou- vriront de nouvelles pers- pectives séduisantes, de- puis l’essor des coaching d’équipe en remplacement des team building moins productifs, jusqu’à la pro- pagation du coaching aux plus petites entreprises, aux professions libérales et au secteur public, en passa.nt par la fidélisation de leurs clients tout au long de leur carrière professionnelle.
1 www.franceinter.fr/emissions/inter- ception/interception-10-juin-2018
  Une enquête de France Inter
déjà diffusée en mai cette année, Pour vivre heureux, vivons coachés1, s’était consacrée aux dérives
de la profession. Un choc !
 en plus performant dans l’écoute et la communica- tion afin d’offrir un miroir le plus propre possible à leur client », estime Paul Devaux.
Fantasmes
et miracLes
Pour l’heure, ces méthodes rassurent les clients ha- bituels des prestations de coaching mais n’effacent pas encore totalement les
nos prestations comme de la thérapie déguisée. Et d’autres y voient une so- lution miracle à tous leurs problèmes, constate le di- recteur général adjoint de Meltis. Or, il demeure par- fois délicat pour un coach de refuser ces demandes inadaptées au risque de dégrader l’image globale de la profession lorsque le résultat n’est pas atteint. » Une « aide » extérieure
Pour vivre heureux, vivons coachés, s’était consacrée aux dérives de la profession. Un choc ! Qui semble avoir réveillé les consciences. « L’émission a entraîné un débat vif entre les coachs qui aboutit pour beaucoup sur le besoin de poursuivre notre travail d’éducation, à travers les multiples fédéra- tions professionnelles, et de mettre en avant nos bonnes pratiques, analyse Arnaud
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]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[ Miro à l’honneur
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
La Sélection culturelle
  par Christophe Combarieu
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
EXPO
Avec Picasso, c’est le plus grand peintre espagnol du xxe siècle. Le Grand Palais consacre une éblouissante exposi- tion rétrospective au Catalan Joan Miró. Dans une scénographie parfaitement soignée, près de 150 œuvres retracent le parcours d’un artiste en renouvellement constant, influencé par la plupart des grands mouvements artistiques de son temps. On y croise des femmes, des oiseaux et des étoiles, des points et des lignes. Une poésie et une fraîcheur d’esprit qui ne laissent pas indifférent. Miró. Galeries nationales du Grand Palais,
jusqu’au 4 février 2019
CLASSIQUE
La Traviata pour les fêtes
On ne présente plus la Traviata, le plus célèbre opéra de Verdi mis en scène par le cinéaste Benoît Jacquot. Il fait le bonheur du public de l’Opéra de Paris depuis quelques années. Un seul élément de décor, monumental, caractérise
chaque acte : un lit, un arbre, un escalier. Des costumes somptueux, l’une des plus belles partitions qui soient, l’amour et le drame inéluctable, c’est l’un des chefs-
d’œuvre absolus de l’opéra italien. Ajoutez-y la splendide Ermonela Jaho en Violetta, Charles Castronovo et Ludo- vic Tézier pour l’entourer, et vous avez la certitude d’une intense soirée lyrique à l’approche des fêtes ! La Traviata de Verdi. Du 11 au 29 décembre à l’Opéra Bastille
DVD
La Terre vue du cœur,
de Iolande Cadrin-Rossignol
Après La Terre vue du Ciel d’Arthus-Bertrand, la voici « vue du cœur ». Non, ce n’est pas un énième documentaire pessimiste sur l’état de notre planète, bien au contraire ! À l’écran, ni plus ni moins que Hubert Reeves, l’astrophysicien canadien, maître du commentaire, entouré d’une douzaine de scientifiques, d’écrivains, de philosophes! À travers
leurs témoignages, on rappelle quels sont leurs engagements militants dans la sauvegarde des espèces et de la biodiversité. Ils nous prouvent que, même si certains humains sont responsables à 100 % de ce qui arrive, d’autres s’attaquent aux solutions ! Même si ce film redonne espoir, Hubert Reeves en profite quand même pour tirer
la sonnette d’alarme et va jusqu’à prédire une 6e extinction de masse si nous n’agissons pas... (Ligne 7)
Apocalypse : la paix impossible. 1918-1926
Au lendemain de la Grande guerre, les survivants prennent conscience que le monde a changé et tentent de se re- construire. Malgré les meilleures volontés et les optimismes à tout crin incarnés par la Société des Nations, chacun sait qu’il est impossible de recréer un monde apaisé. Commence alors une période d’équilibre bancal où les rancœurs, les craintes, les haines refont surface sur fond de crises migratoires, guerres civiles ou révolutions. Les yeux clos, au
rythme effréné de Charleston, les populations occidentales se préparent mal à une nouvelle Apocalypse. On reste sans voix devant le travail, tant éditorial que de colorisation, des réalisateurs, Isabelle Clarke et Daniel Costelle. Narrée par Matthieu Kassovitz, c’est une prouesse bluffante, qui passionnera tous les férus d’histoire contemporaine. Non, tout le monde, au vrai. (France Télévisions Distribution)
CD
Alagna : coffret des albums studio
Bombardé au tournant des années 1980/1990 sur la scène lyrique mondiale, Roberto Alagna fut célébré très vite comme le « quatrième » ténor, après les Pavarotti, Domingo et Carreras. Autant de voix et de carrières singulières : à l’instar de cet Alagna-là, ni premier ni quatrième, mais unique assurément. Alors que l’on s’in- dignait de la pénurie de chanteurs d’opéras dignes de leurs prédécesseurs, ce ténor, Sicilien de sang et d’ardeur, mais Français d’excellence dans l’instinct et l’expression, allait vite s’imposer au monde entier. Réunis en un magnifique coffret de 14 albums, chacun d’eux marque une page dans l’histoire du chant, dans une absolue perfection de style. Un beau cadeau de Noël (14 CD-Deutsche Grammophon)
Mark Turner-Ethan Iverson : Temporary Kings Ils se sont rencontrés dans les années 1990. Ces deux monstres du jazz ont fait irradier leurs piano et saxo au
sein du légendaire Billy Hart Quartet. Au- jourd’hui, ils lancent leur premier album en duo où ils laissent libre cours à leurs envies intimistes et explorent de nouveaux territoires esthétiques liés au jazz abstrait. le blues n’est pas loin, devenues déjà, qua-
siment, des « classiques » pour les puristes. Idéal pour les fins de soirées dans des ambiances chaudes et feutrées. (ECM/Universal)
Mozart : les 3 dernières symphonies
Jeune chef de talent, altiste et ancien membre du Quatuor Ébène, Mathieu Herzog ne manque pas de panache avec son orchestre de chambre Appassionato. Pour leur premier album, ils s’attaquent au génie de Mozart et
enregistrent les trois dernières symphonies. Un triptyque monumental et jubilatoire ! (Naïve)
THÉÂTRE
Le Bonsoir ! de Frédéric Mitterrand
Fréderic Mitterrand monte pour la première fois sur scène avec un florilège de ses textes qu’il décide d’offrir au public dans une intense séance de lecture. Un titre en
forme de clin d’œil à la façon qu’il avait de saluer ses téléspectateurs en ouverture de ses émissions. Ce spectacle s’articule autour de quatre d’entre eux, La Mauvaise vie, son autobiographie parue en 2005, Mes regrets sont des remords, Le Festival de Cannes et
Une Adolescence. Plusieurs styles et plusieurs thématiques: la famille, de Gaulle, l’Algérie, l’histoire contemporaine, les stars de cinéma qui restent ses idoles et bien sûr « Ton- ton François ». Une voix envoûtante qui nous embarque
encore davantage au cœur même du parcours de sa vie... « Bonsoir ! », mise en scène Olivier Fredj, en ce moment au Studio Marigny
Skorpios au loin
1959, le port de Monaco, sur le légendaire yacht de l’armateur milliardaire Aristote Onassis. Une rencontre improbable et imprévue se crée : Winston Churchill, 85 ans, tombe
sous le charme de la légende d’Hollywood, la divine Suédoise Greta Garbo. Les deux personnalités se dévoilent au cours d’une soirée et offrent alors au public l’illusion d’une fenêtre ouverte sur l’Histoire... Ils s’interrogent alors sur l’existence, leurs choix, leurs carrières, et leurs vies plus que mouvementées. Niels Arestrup incarne
un Churchill fatigué et plus vrai que nature, tandis que Ludmila Mikaël compose une Greta Garbo sublime mais se protégeant du monde. Une ambiance intime et feutrée, subtilement soulignée par de magnifiques jeux de lumière. Skorpios, mise en scène Jean-Louis Benoît, en ce moment au Théâtre des Bouffes Parisiens.
CINÉMA
L’empereur de Paris de Jean-François Richet Direction Paris sous le règne de Napoléon avec une nou- velle version des aventures extraordinaires de François Vidocq, ex-bagnard, devenu chef de la « brigade de su- reté » en lutte active contre la pègre ! Un agent à la pu- gnacité exacerbée qui lui attirera les foudres du reste de
la préfecture de Police et une mise à prix de sa tête instituée par les bas-fonds de la capitale. Une reconstitution spectaculaire, un film ambitieux, riche en scènes d’action et au réalisme confondant. L’interprétation de Vincent Cassel dépoussière ce person- nage historique fascinant. Le reste du cas-
ting est de haut vol : Patrick Chesnais, Fabrice Luchini et Denis Lavant entre autres... Une nouvelle adaptation qui fera assurément oublier, dix-huit ans plus tard, le suc- cès en demi-teinte du Vidocq incarné par Depardieu... En salles le 19 décembre
Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda Palme d’Or du Festival de Cannes 2018, cette Affaire de famille. Tout commence par un simple vol à l’étalage, ex- pédition désormais quotidienne d’un père et son fils pour tenter de survivre. Quand ils font la rencontre d’une jeune fille, souffrant de la même détresse, ils décident d’en faire un membre à part entière de leur famille. Jusqu’au jour où
les secrets les plus intimes et les plus enfouis vont faire surface et chambouler leur façon de voir les choses. Comme dans de nom- breuses réalisations d’Hirokazu Kore-Eda, l’étude des relations humaines prend une place prépondérante dans la mise en scène. Ici, il déroule sa théorie : les liens familiaux
que l’on se construit sont plus importants que ceux acquis par le sang. Une charge violente contre le gouvernement conservateur nippon qui lui aura valu un mutisme total de la part des dirigeants japonais, d’habitude loin d’être avares en compliments lorsque leurs ressortissants sont primés en Occident... En salles le 12 décembre.
           Des pièces où
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]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[                Solutions Miroir
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]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[ Découvrir la Bourgogne autrement
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un véritable havre de paix privilégié,
raffiné et délicieusement high tech.
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Saint Jean avait été sélectionné pour
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réhabilitent progressivement les intérieurs et les
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du Moyen-âge que l’on découvre ! La carte des vins a été élaborée par un expert de renommée internationale. Country break de 4 nuits : 700 € pour une suite Prestige de 77 m2 pour 2 personnes ou Loft de 100 m2 pour un couple avec 1 ou 2 enfants.
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de détente inédit, avec vue imprenable sur
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préfériez faire quelques pas en dehors pour aller courir à Central Park comme les new yorkais.
parkhyattnewyork.com
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à deux pas de la 5th Avenue, l’Hôtel Baccarat est le tout premier hôtel de la mondialement célèbre cristallerie Baccarat, dont les créations de verre et de cristal
font la fierté de la France depuis 1764. Ces
dernières parsèment les différents espaces
communs de l’hôtel : pas moins de 17 lustres
grandioses sont répartis entre le lobby, le
salon et le bar, tandis que dès l’entrée près de 2000 verres « Harcourt » ont été utilisés pour créer un artistique mur lumineux mettant ainsi le visiteur tout de suite dans l’ambiance...
www.baccarathotels.com
    L’Art du temps
Évasion
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
     72 DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
©Fabrice Rambert
©Fabrice Rambert
©Puget@Château de Balleure.
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[                         ]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
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Master Collection
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Bien-Etre
Meshil, jus coréens bio bien-être
Le méshil est un petit fruit, proche de la prune.
Il est utilisé depuis des siècles dans la médecine traditionnelle coréenne. Les fruits fermentent trois ans dans des poteries traditionnelles. Meshil Extract favorise la digestion, est un excellent anti-oxydant, booste les défenses immunitaires. Se déguste avec de l’eau froide, en boisson chaude à 60°C, en cocktail ou pour remplacer le sucre dans les yaourts...Meshil (300ml) : 3,90 €. Meshi Extract (500ml) : 20 € www.meshil.eu
IWC présente Da
Vinci Automatic 36
La Da Vinci Automatic 36 affiche une allure souveraine et entend séduire ces dames avec son boîtier en
acier fin rond orné de 54
diamants et son bracelet framboise en alligator. Le cadran argenté et les chiffres arabes noirs confèrent à la montre une apparence moderne et expressive. 11 600 € www.iwc.com/fr
Happy Stars
de Chopard
On regarde tout autant le cadran pour connaître l’heure que pour
admirer la danse des diamants qui virevoltent inlassablement en son
sein. Depuis sa création, la ligne Happy Sport ne cesse de se réinventer, fidèle
aux évolutions stylistiques et sociétales. Apparue en plus de mille versions, elle est devenue la première montre de collection
féminine. 6 300 €
www.chopard.fr
Bien-être ultime aux Cents Ciels
Après une séance detox au hammam, Les Cent Ciels propose un soin anti-âge absolu. A l’aide de petites ventouses, la circulation sanguine sera stimulée et le corps sera prêt à recevoir une hydratation complète à l’huile d’argan par un massage profond et relaxant. Le visage quant à lui recevra un massage aux 45 manœuvres pour hydrater, densifier, raffermir et éclairer et se terminera par la pose du fameux masque à l’or de Les Cent Ciels. 120 € www.hammam-lescentciels.com
Chanel N°5 en Rouge
Le flacon mythique quitte sa transparence et revêt une robe incandescente, le temps d’une édition
limitée. Couleur sans demi-mesure, promesse d’engagement et d’affirmation de soi, elle incarne l’audace, la liberté et la force d’une femme architecte
de son destin. Eau de Toilette ou de Parfum (100ml) 150€ ; Extrait N°5 en Cristal Rouge Baccarat (900ml) 28 000 €, édition limitée à 8
pièces numérotées en France.
www.chanel.com/fr_FR/
     My spa, voyage luxueux
à Dubaï
La magie de la ville opère sur vos sens : Les fragrances enivrantes des souks dorés, les essences de Santal et d’Ambre se fondent dans un camaïeu de couleurs mordorées. Un massage berbère sublime les produits de soin
pour vous procurer ; bien-être, nutrition et détente. A adopter pour une nouvelle année voluptueuse : l’huile majestueuse, le gommage somptueux, le beurre de karité et argan, et l’eau-en-brume, sensuelle et tonique. www.myspa.fr
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]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Mode & Accessoires
Montblanc passe au Rouge
Avec le lancement du nouvel instrument d’écriture (MONTBLANC M)RED, la Maison s’engage dans la lutte contre le SIDA en récoltant des fonds pour des programmes venant en aide à des millions de personnes touchées par ce virus. Conçu par Marc Newson, ce nouvel instrument d’écriture en résine précieuse rouge allie le style biomorphique du célèbre designer, caractérisé par des lignes fluides,
naturelles et épurées, aux codes emblématiques de Montblanc. 570 €
www.montblanc.com/fr-fr/home.html
De Fursac
Comme celle d’un dancing, une piste de bowling doit être foulée avec panache, maîtrise et précision. Le beau geste y est roi, et le style capital. Une certaine idée de l’élégance, en somme, à laquelle De Fursac donne cette saison un accent résolument français. Faite de pantalons en moleskine de coton ou de vestes croisées portées sur des costumes, la nouvelle collection de la griffe décline ainsi ses teintes kaki, miel et
bronze au nom du chic en mouvement.
www.defursac.fr
Barbour x Engineered Garments
Pour la première fois, Barbour collabore avec la marque new yorkaise Engineered Garments,
afin de créer une collection capsule sport et esthétique.
www.barbour.com
Charentaises de la Commune de Paris
Pour imaginer un accessoire homewear, c’est avec la véritable Charentaise Tcha que Commune de Paris collabore. Trois
paires classiques en laine lourde et semelle de cuir souple fabriquée en France à la main
en Charente. Elles sont déclinées en violet, rouge et bleu et surmontées de patch blazon ou
du smile propre à la marque. Prix : 130 €
www.communedeparis1871.fr
Rossignol, premier flagship parisien
Rossignol inaugure son premier flagship parisien et accueille ainsi l’ensemble des gammes ski et urbaines, et une sélection « premium » de matériel de sports d’hiver. Avec cette proposition, Rossignol entend séduire un consommateur à la fois contemporain et élégant, attentif aux tendances qui concilient technicité, confort et mode. 21 Boulevard des Capucines 75002 Paris
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
         Première Manche
Première Manche est une marque française de chemises
pour homme confectionnées en Europe qui propose un tarif unique et raisonnable de 56 euros sur une trentaine de modèles renouvelés mensuellement. Une coupe
ajustée, des boutons en
nacre, des baleines amovibles en bois,
les boutons de col invisibles cousus par des points en croix. Indispensable pour agrémenter vos tenues festives, la Cravate Austen tricot rouge en soie
de la Maison à 55 €.
www.premieremanche.com/fr/
       DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr 75
]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
Champagnes
Révélation de Cristal 2008
Dix ans de vieillissement confèrent à ce millésime une maturité remarquable et contribuent à son tempérament étonnant et exigeant. 200 €
www.louis-roederer.com
Mumm - Coffret cadeau
Grand Cordon
La Maison Mumm présente son emblématique Grand Cordon, dans un coffret soulignant l’audace du design de sa bouteille signée Ross
Lovegrove. 49,50 €
www.mumm.com/fr
Le cadeau de la Maison Bollinger
Champagne Bollinger revisite son étui de Special Cuvée, fleuron de la Maison, pour lui apporter une touche originale et festive. L’étui se pare de rubans or et blanc, reprenant la forme
du blason, symbole de la Maison. 47 €
www.champagne-bollinger.com
Mercier Blanc de Noirs
Ce vin est conforme au style Mercier : « Frais, Fruité et Intense » et s’illustre par des notes
subtiles de pamplemousse et de pêche blanche. 23 €
www.champagnemercier.com/fr
Nicolas Feuillatte,
«Or & Merveilles»
Paré d’or, ce Réserve Exclusive Brut en magnum sera idéal pour célébrer joyeusement la nouvelle année. Ce Champagne est harmonieusement composé de 20 % de chardonnay pour lui apporter l’élégance et la finesse, 40 % de pinot noir pour la rondeur et la structure et 40 % de meunier pour le fruité et la souplesse. 59 €. Existe en (75 cl) : 29 € www.nicolas-feuillatte.com/fr
Dom Pérignon Vintage 2008 « Legacy »
À l’acidité tranchante, à la concision et à la pureté aromatique tant attendues du millésime 2008, Dom Pérignon ajoute l’épaisseur, la profondeur et la complexité. Edition limitée de la transmission des Chefs de cave Richard Geoffroy et Vincent Chaperon - avec coffret 160 € www.domperignon.com/fr-fr/
Le Blanc de Blancs Champagne Drappier
Le nez évoque la pêche blanche, la poire et des notes florales telles la pivoine. La bouche, minérale, crémeuse, souple,
enveloppante, souligne l’élégance orale du chardonnay auquel le pinot blanc apporte une délicate note fruitée et gourmande. 36 €
www.champagne-drappier.com
Ayala, le Blanc de Blancs 2012
Grande fraîcheur aromatique, texture soyeuse et ligne pure : les codes du style de Champagne Ayala sont parfaitement incarnés par la nouvelle identité de la cuvée emblématique de la Maison. 50 € www.champagne-ayala.fr/fr
Champagne Thiénot by Speedy Graphito
L’artiste Speedy Graphito fait de cette édition limitée une œuvre pétillante et joyeuse, c’est la rencontre et le partage de l’art et du champagne ! Édition limitée à 3000 magnums. 100 € www.thienot.com
                   Lanson, la cuvée bio !
Le Green Label, premier Champagne biologique de la Maison, issu de la viticulture biodynamique est
constitué de 50% Pinot Noir, 20% Chardonnay, 30% Pinot Meunier. 39,00€
www.lanson.com
Moët & Chandon, un
hommage impérial
Un traditionnel flaconl sublimé par une création dorée et délicate mettant en relief une interprétation festive des fleurons du patrimoine. 32 € fr.moet.com/prehome
Crème de Cassis
chez Duval Leroy
Un coffret inédit autour de la cuvée Extra Brut Prestige Premier Cru accompagnée de quatre petites gouttes de crèmes de cassis signées Gabriel Boudier pour un moment
d’intense gourmandise. 39 €
www.duval-leroy.com
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]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[                   Briefing* en 3 sets
            Resort Barrière Deauville
   à partir de 188 €**
           Renseignements et demande de devis au 0 970 818 478 (appel non surtaxé) ou sur www.meetings-barriere.com
*Directives en 3 sets.
**Forfait résidentiel nuit et petit-déjeuner en chambre individuelle 2 pauses café thématiques, déjeuner et dîner, 1 salle de réunion plénière équipée à partir de 188 €. Tarif HT « à partir de », donné à titre d’exemple pour Le Gray D’Albion**** Cannes, par personne, selon conditions de vente et dans la limite des chambres réservées à cette offre, et susceptible d’être modifié. Le déjeuner et le dîner sont proposés en buffet, en finger buffet ou à l’assiette, boissons comprises. Le déjeuner peut également être servi en lunch box ou en menu express. L’accès Internet haut débit en salle de réunion et en chambre est inclus dans le forfait résidentiel. Groupe Barrière SAS au capital de 1 215 144,68 €. RCS Paris : 320 050 859 - © Laurent Fau / Fabrice Rambert.
]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
Champagnes
Champagne Colin : Cuvée Les Prôles & Chétivins 2005- Extra Brut Blanc
de Blanc 1er Cru
Cette cuvée porte le nom des deux vieilles vignes qui la composent. Élaborée uniquement les années d’exception, elle révèle toute l’authenticité et la pureté du terroir de Vertus. De couleur jaune aux jolis reflets bronze, ce 100 % chardonnay exhale des notes d’acacias, de fleurs blanches et de viennoiseries. L’attaque en bouche est franche sur des notes briochées et se prolonge sur
une finale saline et citronnée. Ce champagne peut se partager à l’apéritif, sur des huitres, du foie gras ou encore un financier aux amandes... 56 €
www.champagne-colin.com/boutique et chez les cavistes
Clicquot Gouache Rosé
Cette année la Maison célèbre le 200ème anniversaire de son champagne rosé d’assemblage. Une telle innovation mérite un hommage approprié : place au nouveau coffret Clicquot Gouache, inspiré par l’importance accordée à la couleur dans l’assemblage des champagnes. 45€
www.veuveclicquot.com
Spiritueux
Remy Martin & Le Printemps du Goût
Pour célébrer la richesse exceptionnelle de Rémy Martin XO, La Maison a imaginé un rituel de dégustation unique avec le Printemps du Goût. Les deux Maisons françaises ont choisi des mets qui s’accordent avec élégance aux différents arômes du Cognac XO. Premier Coffret : Carafe Rémy Martin XO + 5 mets le Printemps du Goût - 234 €
Canard-Duchêne, Vintage 2010
Le nez est grillé, puis à l’aération, des notes de pâtisserie, de citron cuit, de fleurs blanches subtiles et légères. Cette
impression de douceur et de gourmandise est confirmée en bouche par une attaque fraîche et printanière. La finale est
persistante, longue et savoureuse. 130 €
www.canard-duchêne.com
Délicate Cuvée
Joséphine 2008
C’est un assemblage de chardonnay et pinot noir des grands et premiers crus des
vignobles de la Maison. Le flacon est peint à la main sur le verre et décoré à l’or fin, sublimant cette
cuvée de grand style, cadeau de Joseph Perrier à sa fille Joséphine pour son mariage. 150€ www.josephperrier.com
Aberlour Casg Annamh
Ce nouveau single malt rend hommage au savoir-faire de la distillerie Aberlour autour du fût de xérès. Il y a un vieillissement
dans des fûts de xérès oloroso issus d’une sélection rigoureuse, ainsi que dans des fûts de bourbon. Aberlour Casg Annamh est produit en « small batch » numérotés, soit en quantités limitées,
et « non-chill filtered », c’est-à-dire non filtré à froid. 70 cl - 50 €
             www.remymartin.com/fr/
www.aberlour.com/fr/
Mistral Gin, senteurs provençales
6 plantes typiques
du gin anglais, 6
plantes typiques
de la Provence. De
l’Angleterre, patrie du
gin, il a pris le savoir-
faire ; de la Provence, pays
de soleil et de senteurs, il a pris les arômes, pour créer un gin rosé d’une typicité étonnante.
50 cl - 25 €
 Bellevoye coffret
Tricolore
C’est La référence du whisky Triple
malt français ! 100% des composants,
y compris l’orge, sont produits dans l’Hexagone. Découvrez les Triple malts non tourbés - Bellevoye Bleu, en finition « grain fin », Bellevoye Blanc en finition « Sauternes » et Bellevoye Rouge en finition « Grand Cru » Saint-Emilion.
3 bouteilles de 20cl 49,90 €
bellevoye.fr
Kavalan Distillery Select
Doté de la douceur fruitée caractéristique de Kavalan, le Distillery Select a été vieilli dans des fûts de qualité pour révéler de riches notes de caramel au beurre et
de vanille qui s’intensifient dans une finale longue et corsée. Souple et très doux, ce single malt s’apprécie en cocktails ou pur. 49,90 €
www.kavalanwhisky.eu
Nikka Days, la dernière expression de la Maison japonaise, est un subtil assemblage de whiskies de grain et de malt légèrement tourbé. Onctueux, fruité et doux, doté de jolies notes florales, il se déguste aussi bien sur glace qu’en highball. A la Maison du Whisky. 39,90 €
www.nikka.com
     Nikka Days
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]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Vins
Saint-Aubin 1er Cru Le Charmois
Rouge 2015
Ce 100% Pinot Noir est planté sur un sol riche en calcaire. Nez de fruits noirs très murs, intenses, avec une très grande persistance accompagnée de notes d’épices. En bouche, l’attaque est charnue, pleine, gourmande. Servi à 14°, il
sera un accord parfait avec un agneau au four, des côtes d’agneau grillées à la fleur de thym, cake ou marbré au chocolat.
Prix TTC : environ 37,90 euros chez les cavistes et au caveau de dégustation 03 80 21 98 57
Châteauneuf du Pape Heredita
Cette cuvée « haute-couture », signée Cellier des Princes & Philippe Cambie a un nez intense et complexe, sur des notes de cerise à l’eau
de vie, d’épices douces et de garrigue. La bouche est puissante et suave, sur une longue finale. Prix départ cave : 38 € www.cellierdesprinces.fr
Les Hauts de Lynch Moussas 2015 – Pauillac
Ce second vin du Château Lynch Moussas doit son nom aux vignes qui dominent le château. La fraîcheur de la robe à reflets cerise s’accorde à merveille avec la douceur des arômes du bouquet complexe et élégant (fruits rouges frais). La bouche est riche, d’une grande intensité avec une trame tannique bien présente associée à une palette de notes toastées. La finale est persistante. Servir sur une pintade rôtie, un gigot d’agneau rôti. Parfait sur un plateau de fromages. Prix TTC : 17 euros www.lagrandecave.fr
Coffret « Trio de
lieux-dits »
Alliance Loire célèbre la richesse et la diversité
de ses terroirs en dévoilant une jolie collection de cuvées parcellaires iconiques. Ce coffret dévoile un Saumur blanc lieu-dit « les Pouches » 2017, un Saumur Champigny lieu-dit « les Poyeux « 2017 et un Bourgueil rouge lieu-dit « Beauregard » 2017. 33.90€
www.allianceloire.com
Dame de Trottevieille 2015
Saint Èmilion
Merlot (58 %), Cabernet Franc (42%)
Une robe grenat aux reflets rubis pour cette Dame qui exhale des arômes de baies noires et épices douces. Son attaque en bouche est ample, dominée par les fruits noirs. Sa texture est soyeuse et souples. Elle accompagnera au mieux : un beau chapon, les gibiers à plumes & à poils, les champignons ...
Prix TTC conseillé : 50 euros
www.lagrandecave.fr
Plénitude 2014, AOC Madiran
Ce vin solaire est une expression contemporaine de haut vol de l’expression du cépage Tannat. Un nez riche et complexe
où le cassis et la mûre se mêlent aux arômes de figue sèche, quetsche et épices douces. La bouche est construite sur des
tannins typiques et enrobés. L’ensemble est d’une élégante complexité et la finale longue et chaleureuse. 19,50 €
www.plaimont.com
La Montagne Rouge 2014
Côte de nuits-villages sont des vins de Bourgogne issus de beaux terroirs autour de Nuits-Saint-Georges, une petite
appellation pleine de richesse lovée au cœur de la Côte d’Or. Cette délicate cuvée 100% pinot noir est à 16.50 €. www.vins-bourgogne.fr
Léa 2014 – Coteaux d’Aix (Domaine d’Eole)
Syrah 80%, Grenache 20%
Issu de l’Agriculture Biologique, cet assemblage de Grenache et de Syrah se présente sous une robe d’encre pourpre noire. Il exhale les senteurs sauvages des Alpilles entremêlées de baies noires, de truffe et de sous-bois. La bouche est ample, fruitée et soyeuse avec des tanins bien tramés. Les saveurs de myrtille et mûre sauvage s’associent aux épices et aux notes grillées.
Il accompagnera au mieux les volailles tel le chapon ou la dinde, le chevreuil...
Prix TTC : 30 euros ; chez les cavistes, au domaine www.domainedeole.com/nos-vins
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
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]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Vins
Comtesse de Saint-Martin 2015
Rouge (Château de Saint-Martin)
Grenache, Syrah et Carignan pour cette Cuvée Comtesse à la robe pourpre carmin. Son nez fin et fondu révèle des notes de fruits noirs, de pain d’épices et de réglisse relevées de notes mentholées et de cacao. La bouche est complexe et élégante avec des tanins de velours et une finale harmonieuse.
Servie entre 15 et 17°, la Cuvée Comtesse rouge accompagnera
un canard sauvage aux figues, un tournedos Rossini, un faisan au four ou encore un fondant au chocolat.
Prix TTC : 27,90 € ; chez les cavistes, au domaine www.chateaudesaintmartin.com/fr/boutique/
Cuvée Ebène 2016
Ce Beaujolais Villages est un vin de garde. Nez frais, intense, fruité, grillé, épicé, mentholé. Bouche ample et fraîche, longue sur la fraise mûre, minérale et une note saline en finale. 8,80 € www.vignerons-belair.com
« Parole des terroirs »,
un coffret très vert !
Bordeaux Vineam, propriétaire de 6 domaines en agriculture biologique, lance « Parole de terroirs », vins premiums 100% sans soufre. Ce coffret très vert se recycle en plateau apéritif. Château Moulin de Saint Vincent 2016 séduit par ses arômes croquants de fruits rouges, sa bouche gourmande et soyeuse. Château Grillon 2016 aux notes de coing et fruit confit séduit par sa bouche souple et charnue. 45 € www.bordeaux-vineam.com
Chassagne-Montrachet 1er Cru Les Vergers 2014 signé au Pied
du Mont Chauve
Sur une véritable terre à vins blancs, les vignes d’une cinquantaine d’années sont conduites en biodynamie. Nez de fruits à chairs blanches comme le coing et la poire, d’agrumes qui évolue sur des
touches de fleurs blanches et d’arôme de beurre frais. La bouche est suave, souple, élégante et charnue à la fois. Ce vin iodé et salin accompagnera homards, foie gras d’oie, poissons, risottos, etc. Prix TTC départ : 65 euros - chez les cavistes et au caveau de dégustation 03 80 21 98 57
Riesling Charles Frey 2016
Vin au nez fin et minéral, beaucoup de caractère, de persis- tance, sa complexité s’exprime mieux
après 2 ans de bouteille. 17,50€
charles-frey.fr
        Riesling 2011 du Domaine
Philippe Sohler
Vin blanc de gastronomie, doux, racé, plaisant, fruité, citron avec des notes briochées, minéral. www.sohler.fr
Les soirées Cabas des
vignerons de Sommières
Les mercredis et jeudis, du 5 au 13 décembre, dans les bars à vins branchés à Paris, on se réunit entre amis autour d’un verre de l’AOC Languedoc- Sommières. On échange avec des vignerons passionnés et on découvre une des plus petite appellation du Languedoc engagée dans l’agriculture durable. On repart avec un cabas garni de produits du terroir !
Entrée libre.
www.terroir-de-sommieres-en-languedoc.com
 Concours
Montbazillac
Monbazillac est la plus ancienne région viticole de production
de liquoreux et la plus étendue
au monde. Les vignerons se confrontent chaque année depuis 23 ans aux regards des professionnels à travers l’organisation d’un concours. Cette année, ils ont choisi la ville de Lyon pour organiser cette rencontre
qui se veut avant tout conviviale.
www.vins-bergeracduras.fr
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]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[Gastronomie
La nouvelle Ena 8 de Jura
Avec sa nouvelle machine automatique à café 1 tasse, Jura ouvre une ère de dégustation parfaite par simple pression d’une touche. L’Ena 8 est un véritable joyau de design qui s’intègre à merveille dans tous les environnements. Avec
ses technologies de pointe concentrées dans un minimum d’espace, elle prépare une large gamme de spécialités
d’une qualité exceptionnelle. Compacte, élégante, simple – pour un café fraîchement moulu, pas en capsule.
www.jura.com
Pierre Marcolini, le sapin
gourmand
La traditionnelle pièce en chocolat de la Maison prend cette année des allures de sapin magique. A ses pieds, des bouchées pralinés comme de gourmands petits cadeaux. Et pour ravir les plus grands gourmands, il repose sur
2 coffrets de truffes et pralinés. 1500 g 129,00 € www.marcolini.com
Divin Tea Time au Prince de Galles
Le Bar les Heures vous propose un afternoon tea à l’anglaise élaboré par la Chef Stéphanie le Quellec et le chef pâtissier Nicolas Paciello : scones, tea sandwiches, pâtisseries signature, généreux chariot de gourmandises. 52 € par personne, 95 € pour 2 personnes. 33 Avenue George V, 75008 Paris
Le Bonheur, succulentes
bouchées pralinées
Des bouchées aux associations audacieuses et savoureuses : flocons d’avoine, sésame, baie de goji, noix de cajou, cerise et éclats de sablé, pistache et basilic...
Fabriquées artisanalement et à la main, la maison à ouvert
le 30 novembre dernier. Prix à l’unité : 3,90€, Coffret à partir de 15,60 €.
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
 Les dîners d’EcoRéseau Business
 Ce mois-ci, nous avons testé pour vous le Cristal Room Baccarat
Concept & Lieu
Le célèbre décorateur Jacques Grange a repensé la décoration du restaurant en pré- servant l’âme du mythique hôtel particulier de Marie-Laure de Noailles. Un mur paré de 576 tuiles de cristal illumine l’espace de reflets infinis. Les fauteuils habillés de velours, déploient une palette de nuances intenses : pistache, vert empire, rose fushia et rouge rubis. Sur les tables, les différents services de verres, Harcourt, Mille Nuits, Vega et Mosaïque incarnent un art de recevoir admiré à travers le monde.
En cuisine
Aux commandes, le nouveau chef Mathieu Méchéri propose une carte raffinée à l’image de la Maison. Chaque plat évoque de façon subtile, à travers un carnet de table, les grandes figures qui ont marqué Baccarat. A côté des clins d’œil évidents à la région d’origine de la cristallerie, comme la quiche lorraine revisitée, ou encore le soufflé à la mirabelle, le gourmet s’évade direction la méditerranée sous l’égide de Grace de Monaco avec la « Lotte rôtie au lard de Colonna, conchiglioni farcis, et pis- tou de basilic », et embarque aux côtés des grands commanditaires venus d’Orient avec cette « Selle d’Agneau rôtie, boulgour aux fruits secs, et harissa ». En dessert, la « Pavlova à la mangue » embrasse les papilles et célèbre les relations privilégiées entre Baccarat et la cour de Russie.
Informations pratiques
Avant de partir, la Cristal Room vous invite à visiter le musée Baccarat et à découvrir le grand fumoir de Marie-Laure de Noailles tel que Jean- Michel Frank l’avait imaginé dans les années
20. Légendaire !
Adresse 11, Place des Etats-Unis Paris 16 Ouvert du mardi au samedi, De 12h à 15h,
puis de 19h30 à 22h
cristalroom.com
  Menu
- Foie gras de canard mi-cuit àlapoire 23€
- 6 gros escargots de Bourgogne 19€
Plats
- Filet de bœuf 180g,
pommes grenailles 35€
- Saumon laqué à la sauce soja, tétragonesmi-cuite 28€
Desserts
- Chocolat blanc, cœur de fruits rouges et sorbet framboise 13€ - Soufflé à la mirabelle 13€
  Entrées
            Michel Cluizel,
70 ans déjà !
Cette iconique Box 70 ans ravira les yeux de celles et ceux qui dégustent d’abord le chocolat du regard, qui dévoile les indispensables de la marque et une tablette collector. 42 € www.cluizel.com
Un coffret Gang de
Noël par le Chocolat
des Français
Chocolat noir vrombissant, chocolat noir gourmand aux éclats de noisettes torréfiées et un chocolat au lait à croquer. Bio, made in France et 100%
artisanal. 9 €
www.lechocolatdesfrançais.fr
Coffret Art Deco Comtesse du Barry
12 spécialités au foie gras, rillettes, terrines... Les gastronomes seront aux anges. Grâce à son stylisme élégant, et
son design innovant, ce coffret fera un cadeau idéal. 39,90 € www.comtessedubarry.com
148, rue Saint Honoré 75001 Paris
Iconique huile d’olive
Un flacon couture, alliant l’élégance et la beauté, qui est devenu
l’image de marque du Château d’Estoublon.
Une bouteille carrée et racée, destinée à l’origine
au Cognac, qui sert d’écrin aux huiles d’olive monovariétales.
75 cl 48 €
www.estoublon.com
Betjeman Barton sur
la Banquise
Choisissez parmi les innombrables références
de la Maison, et glissez-les dans cet écrin spécialement créé pour les fêtes. Boîte
vide 12.80€ ; Suggestions
« Il était une fois Noël : 5.94 € les 100g et « Christmas
Tea » : 5.7 2€ les 100g. www.betjemanandbarton.com
      84
DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
©Chloé Fuchs – Melchior)
©Yann Deret
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
   Essais & TEndancEs
Par Philippe Flamand Nouvelle Peugeot 508 : étincelles
La berline familiale du Lion a été entièrement repensée pour aboutir à un véhicule premium sportif et élégant, parfaitement équipé, très bien fini et doté de qualités dynamiques indé- niables. Une grande réussite.
  C’était l’une des ve- dettes du Mondial de l’automobile à Paris
en octobre. Très attendue. Dévoilée à Genève en début d’année, la silhouette de la 508 avait attiré les jour- nalistes et quelques essais élogieux avaient déjà été publiés en avant-première. Restait à découvrir la belle de visu. Je n’ai pas été déçu. Peugeot a su dessiner une fa- miliale aux allures de coupé qui contraste violemment avec le style un peu pataud de sa devancière. La 508 deuxième du nom a du chic, de la classe, beaucoup d’élé- gance et un réel sex-appeal sportif. Une réussite. Pour y parvenir, le Lion a opté pour une architecture basse et compacte. Résultat : une berline acérée et musclée, à la ligne de coupé 5 portes fastback. L’arrière est forte- ment identitaire avec un ban- deau horizontal noir brillant (comme sur les SUV 3008 et 5008), encadré par les feux
Full LED tridimensionnels. La face avant, à son tour, est superbe : une fine ca- landre en damiers ornée d’un lion emblématique en son centre avec le logo « 508 » sur le nez du capot, emprunt à l’héritage de ses illustres aînées 504. Les projecteurs Full LED sont encadrés par deux virgules verticales des feux diurnes à LED qui courent jusqu’aux entrées d’air du bouclier. De la belle ouvrage.
Un habitacle stylé
L’habitacle est à l’unis- son : spacieux, parfaitement agencé. Si la 508 est un peu plus compacte que sa devancière (4,75 m de long contre 4,83 m) elle accueille sans effort cinq personnes et offre un grand coffre (487 litres) avec hayon pour les bagages. Le confort tant physique qu’acoustique est parfait malgré le choix de portières sans cadre et grâce aux vitres épaissies
Le constructeur va bannir les mo- teurs thermiques à partir de l’an pro- chain en Europe et ne commerciali- sera plus que sa nouvelle Smart EQ en deux ou quatre portes. Bien avant l’horizon 2040 rêvé
par Hulot.
Vu sa taille et son look, on au-
rait pu penser que la Smart était forcément une voiture électrique. Jusqu’à présent il n’en était rien. Certes, le constructeur a bien élec- trifiésagammeilyadixans,etsi les deux premières générations de Smart électriques avaient surtout vocation de test, la troisième a si bien roulé que la marque ne propose plus depuis 2017 que des véhicules électriques aux États-Unis, au Ca- nada et en Norvège. À compter de l’an prochain, Smart sera disponible en version électrique seulement sur les marchés européens aussi avec la quatrième opus, la nouvelle Smart EQ.
Une toute petite citadine strictement deux places, sans coffre digne de ce nom (sauf en version 4 portes for- four). Plutôt agréable à conduire, pas très confortable, dotée d’une autono- mie riquiqui (140/160 km), la nouvelle
Smart, choupette en version dé- capotable, est une voiture de bobo célibataire et argenté. Les tarifs s’envolent même avec les bonus gouvernementaux.
Forcément connectée, la Smart pos- sède son appli numérique « smart EQ control » qui assure le contrôle à distance de l’état de charge, de la préclimatisation pour réchauffer ou refroidir la voiture (et ne pas trop tirer ensuite sur la batterie), et l’op- timisation de son style de conduite. Surtout ,Smart a conclu un accord de partenariat avec Proxiserve qui accompagne les acheteurs pour la mise à niveau de leur installation électrique au domicile et la mise en place d’une infrastructure de re-
charge (installation gratuite d’une prise standard en habitation indivi-
duelle ou collective).
La Smart EQ se recharge à 80 %
en moins de 3 heures et demi sur une wallbox et en moins de 6 heures sur une prise standard dédiée, affirme le constructeur.
Un chargeur rapide est égale- ment proposé en option capable de recharger la Smart à 80 % en 40 minutes sur courant triphasé (5 %
des logements).
Si vous habitez Paris et que vous voulez tester cette Smart électrique, rien ne sera plus simple à partir de l’an prochain puisque Smart va lan- cer son service car2go dans la ca- pitale. Ce système d’autopartage en libre-service et free floating, déjà déployé à Amsterdam, Stuttgart et Madrid, arrive à Paris avec 400 Smart EQ fortwo électriques.
Modèle essayé : Smart EQ fortwo cabrio prime. Tarif à partir de 30 350 euros. Tarifs gamme fortwo cou- pé : de 23 250 à 28 800 euros. Tarifs gamme fortwo cabrio : de 26 550 à 32 100 euros. Tarifs gamme forfour : de 24 150 à 29 700 euros. Bonus non déduits.
comme sur les modèles haut de gamme d’outre-Rhin. Avec sa nouvelle 508, Peugeot vise donc indéniablement le premium avec un excellent degré de finition, des sièges en cuir profond, du chrome pour les commodos et des inserts de bois sur la planche de bord. Mention spéciale pour les sept touches piano sur la planche de bord devant l’écran tactile qui donnent un accès direct et permanent aux principales fonctions de confort. Bien pratique
en roulant !
Au volant, le plaisir est in- tense, même si de prime abord la taille de l’affichage digital du i-Cockpit de troi- sième génération (écran tac- tile et combiné tête haute à dalle numérique) semble un peu juste. De même, tous les conducteurs n’apprécieront sans doute pas le tout petit volant à double méplat, pas assez statutaire. Enfin un véritable affichage tête haute dans le pare-brise ne serait pas superflu.
Bonne conduite
Pour le reste, la conduite de la 508 ne souffre d’aucun reproche et ses équipements d’assistance (régulateur adap- tatif, maintien dans la file, vision de nuit, parking auto- matique...) n’ont rien à envier à la concurrence, même ger- manique. Ses performances dynamiques sont à l’unisson : tenue de route exemplaire grâce à la nouvelle plate-forme EMP2 et à la suspension à amortissement variable et piloté (de série sur la finition
GT et sur toutes les motori- sations essence). Moteur 180 chevaux blueHDI et boîte auto EAT8 parfaitement accouplés. Un rêve !
Modèle essayé : Peugeot 508 GT BlueHDi 180 S&S EAT8. Tarif : à partir de 47 600 euros. Tarifs gamme essence : de 34 600 euros à 46 000 euros (un seul moteur 1,6 l 169 ch avec boîte auto EAT8). Tarifs gamme diesel : de 32 300 euros à 47 600 euros.
  La Smart ne sera plus qu’électrique
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]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre finance de marché
   spécuLons !
Air France KLM : vers une envolée de l’action ?
Kepler Cheuvreux a relevé sa recommandation sur Air France KLM à Acheter, contre Conserver auparavant. L’analyste a également augmenté son objectif de cours de 9 à 13,70 euros, histoire de saluer la performance opérationnelle du troi- sième trimestre 2018 et l’amélioration de la situation avec les syndicats. Kepler marque aussi la nomination du nouveau directeur général, Benjamin Smith, expert du secteur aérien.
 Le chiffre
240 milliards de dollars
Valeur du marché de l’Internet en Asie du Sud-Est d’ici à 2025, selon une étude conjointe de Google et du fonds singapourien Temasek Holdings. C’est 20 % de plus qu’initialement prévu. En plus des secteurs des VTC, du commerce électronique ou encore des médias numériques, le document intègre désormais la livraison de repas en ligne, la musique par abonnement et la vidéo à la demande.
 bons pLans Cryptomonnaies : Ripple ar-
 experts
UBS : du potentiel en 2019
Les marchés d’actions mondiaux ont encore du potentiel haus- sier en 2019 mais les investisseurs devront se tourner vers les valeurs décotées et ajouter des protections à leurs portefeuilles pour se prémunir contre les turbulences de marchés, estime UBS Wealth Management. Mark Haefele, le responsable de la stratégie, a dit être revenu sur les actions et les actifs risqués
après avoir réduit son exposition en juillet. « Les actifs européens et émer- gents se paient avec une décote par rapport à leur valorisation P/E (cours sur bénéfice) de long terme. Les amé- ricains sont proches des moyennes de valorisation mais si vous regardez
la prime de risque sur les actions et l’alternative fournie par les obligations, la valorisation n’est pas si mal », dixit. « Nous pensons que nous pouvons avoir une nouvelle phase haussière sur les actions », a-t-il prédit lors d’un entretien rapporté par l’agence Reuters.
Pictet AM : positif sur les actions mondiales
Pictet AM est passé à l’achat sur les actions mondiales. La correction massive des marchés a ramené les actions à des ni- veaux de valorisation attractifs, indique le gestionnaire d’actifs. Quoiqu’inférieure à celle de 2018, la croissance bénéficiaire des entreprises devrait rester solide en 2019. En outre, Pictet AM estime que les craintes relatives à l’économie chinoise sont lar- gement exagérées. Le gérant continue de surpondérer les ac- tions émergentes ainsi que les obligations émergentes en mon- naies locales. Le dollar est largement surévalué et une hausse significative du billet vert paraît peu probable. Les politiques monétaire et budgétaire agressives du gouvernement chinois devraient compenser les effets négatifs de la guerre commer- ciale. Ces marchés ont été délaissés par les investisseurs et les valorisations sont très faibles. Les actions japonaises ont tou- jours la préférence de Pictet AM. Les valorisations du marché
nippon sont parmi les plus faibles des marchés développés. Le dis- cours de la banque centrale reste clairement accommodant. Enfin, à la différence de l’Europe, le pays jouit d’une stabilité politique très satisfaisante.
Le gérant reste neutre à l’égard des actions européennes. Qui versent des dividendes élevés, très supérieurs aux coupons of- ferts par les obligations. La croissance européenne devrait en outre rebondir. Mais il craint que les désaccords entre l’Europe et l’Italie ne continuent à peser sur les valorisations.
Cholet Dupont : potentiel de hausse
La correction d’octobre a réduit les valorisations des actions les plus chères et amené les investisseurs à intégrer davantage le risque de ralentissement économique. Pourtant, l’évolution des fondamentaux de l’économie et de l’activité des entreprises, qui ne se sont que légèrement dégradés, interdit à l’expert d’af- firmer que ce mouvement va s’amplifier, dixit Vincent Guenzi, directeur de la Stratégie d’investissement. En revanche, les
marchés sont plus conscients du risque récessif né de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. L’issue sans surprise des élections américaines est jugée positive par les marchés. C’est pourquoi le rebond des indices boursiers, encore hésitant, pourrait se prolonger,
non sans volatilité, pendant quelques mois. Mais il ne dépasse- ra, opine la société financière, les récents points hauts de cette année sans un retour plus marqué de la confiance dans une croissance plus soutenue. Les actions ont retrouvé un potentiel de hausse mais plus limité. Le repli des marchés en octobre a donné l’opportunité d’acheter des actions dans de bonnes conditions. Si l’occasion se présente à nouveau dans les pro- chains jours, il faudra la saisir, assure Vincent Guenzi.
 rache la seconde place
XRP, la cryptomonnaie développée par la start-up américaine Ripple, a atteint en novembre la deuxième place au pan-
théon des cryptomonnaies. Il passe devant l’ethereum, derrière l’indétrônable bit- coin. La capitalisation bour- sière de Ripple a atteint
19 milliards de dollars le 19 novembre. Pourquoi ce succès ? Grâce à l’arrivée de nouveaux clients parmi lesquels des sociétés financières désireuses de pas- ser à une technologie plus rapide que Swift pour procéder à des virements internationaux. Selon les créateurs de Ripple, ce sont plus de 100 banques et fournisseurs d’outils de paiement qui utilisent actuellement son réseau et son service.
Le marché des green bonds prend des couleurs
La Banque mondiale a émis en novembre 600 millions d’euros de green bonds à
9 ans et 600 millions de dollars à 7 ans. En 2017, l’institution avait émis un montant de 16 milliards de dollars de ces obligations vertes. La Banque mondiale et la Banque européenne d’investissement représentent ensemble 33 % des volumes, contre 19 % pour les entreprises et 16 % pour les sociétés financières et sociétés à capitaux publics.
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]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre patrimoine
  L’actu patrimoine
Immobilier : les prix augmentent partout
En octobre 2018, les prix de l’immobilier an- cien augmentent dans chacune des vingt-deux grandes villes analysées par le dernier indice PAP. C’est une nouveauté : les précédentes études montraient que certaines métropoles
reculaient. Où sont les plus fortes hausses ? Bordeaux bondit de 9,5 % sur un an. Après un été un peu moins animé, la ville a repris sa marche en avant et son mètre carré moyen s’affiche désormais à 4 247 euros. Lyon se place sur la deuxième marche du podium avec une progression de 7,1 % sur un an. L’ancien y vaut en moyenne 4 048 euros. Deux villes se partagent la médaille de bronze : Tours et Reims. Les prix moyens atteignent respectivement 2 479 et 2 131 euros le mètre carré.
Qui revient au calme ? Certaines villes marquent le pas. En septembre 2018, Nantes affichait une augmentation annuelle de 6,1 %. Une hausse ramenée à 0,4 % en octobre (mètre carré moyen à 3 138 euros). À Nice, la progression sur douze mois passe de 3,1 % en septembre à 0,5 % en octobre (mètre carré moyen à 4 128 euros). Un mouvement plus mesuré à Lille : + 2,8 % en septembre, + 1,7 % en octobre (mètre carré moyen à 2 773 euros). Rennes poursuit sur son élan : elle maintient chaque mois son rythme de hausse à 4,1 % par an (2 995 euros le mètre carré). Où en est Paris ? La capitale continue sa progression. Après une hausse de 5,2 % en septembre, elle monte de 3,2 % en octobre. Son mètre carré moyen culmine désormais à 9 336 euros. Ce qui confirme les tendances observées par la Chambre des notaires de Paris. Dans sa dernière étude, elle constate que les prix grimpent de 5,9 % en rythme annuel (période septembre 2017/août 2018). S’il y a consensus sur la hausse, la vraie question reste de savoir à quel moment Paris franchira le seuil des 10 000 euros le mètre carré.
Legg Mason : les épargnants français semblent
retrouver confiance
Legg Mason vient de publier la sixième édition de son Global Investment Survey. Cette enquête annuelle a été menée auprès de 16 810 investisseurs particuliers dans 17
pays, afin d’identifier à la fois de grandes tendances mondiales et de fortes spécifici- tés nationales et régionales. Elle révèle une tendance à l’optimisme chez la majorité des investisseurs particuliers. À l’échelle mondiale, 59 % s’estiment à l’abri du besoin pour une retraite confortable et 58 % se déclarent confiants sur leurs opportunités d’investissement pour les 12 mois à venir (seuls 14 % s’en inquiètent).
Les épargnants français ne font pas ex- ception : ils sont 59 % à estimer pouvoir bénéficier d’une retraite confortable et 62 % portent un regard positif sur leurs opportu- nités d’investissement pour les 12 prochains mois, ce qui place la France respectivement aux 11e et 8e rang des pays les plus confiants.
« En 2017, le Global Invetsment Survey révélait une très forte aversion au risque chez les épargnants français, alors situés au dernier rang mondial en termes de propen- sion à investir leur épargne, rappelle Justin
Eede, responsable de la distribution Europe & Amériques chez Legg Mason. Le degré de confiance élevé que nous relevons cette année pourrait bien annoncer un changement de cette tendance pourtant solidement an- crée dans les comportements en France. »
Les ETF dans une assurance vie, un bon moyen d’épargner pour ses enfants ou petits-enfants
Épargner pour ses enfants n’est pas une nécessité absolue. En France, les frais de scolarité sont abordables dans le domaine public, aussi bien en ce qui concerne les études secondaires (collège, lycée) que les études universitaires, souligne Albert d’Anthoüard, directeur de la clientèle privée chez Nalo. Faut-il pour autant se désintéresser du sujet ? Certainement pas, assure le spécialiste qui rappelle par exemple la hausse régulière des frais de scolarité. Pour Albert d’Anthoüard, épargner pour ses enfants ou petits-enfants doit s’accompagner d’une stratégie d’inves- tissement adéquate pour faire fructifier cet argent de manière efficace.
Selon lui, le principal piège à éviter de nos jours est de vouloir investir cette épargne en se tournant par exemple vers un place- ment en fonds en euros dans le cadre d’une assurance vie, ou vers un livret, alors que les rendements de ces produits ne sont pas attractifs.
La plupart de ces contrats offrent même une rémunération inférieure à 1,5 % brut et ce taux de rendement continue de baisser d’année en année. Pour un investissement sur 5, 10, 15 voire 20 ans, il ne s’agit donc pas d’un choix judicieux, assure le directeur de la clientèle privée.
La solution à envisager est au contraire d’investir cette épargne dans des allo- cations personnalisées pour chacun des projets de vos enfants. Le versement initial et chaque versement suivant devront être alloués dans un investissement approprié histoire d’atteindre le montant souhaité lorsque la dépense se présentera.
Ce choix est naturellement possible dans
du prix d’achat de l’œuvre sur une durée de cinq ans, dans la limite de 0,5 % du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise. Les œuvres originales d’artistes vivants sont également exclues de l’assiette de la taxe professionnelle. Toutefois, pour bénéficier de ces avantages, trois critères sont à respecter, indique Mathilde Le Roy, fondatrice de KazoarT, une plate-forme spécialisée dans la vente d’art en direct. En premier lieu, il faut acheter des œuvres d’art contemporain et d’artistes vivants. De plus, pendant au minimum cinq ans, soit la durée d’amortissement de l’œuvre, elle sera impérativement exposée dans les locaux de l’entreprise et précisément dans un lieu accessible au public, aux salariés et aux fournisseurs. Elle ne peut pas se placer dans un bureau privé ou un endroit réservé aux seuls clients de l’entreprise, par exemple. Enfin, précise Mathilde Le Roy, le dispositif de la déduction exige d’inscrire le prix d’acquisition déductible au bilan de l’entreprise. Les œuvres ne peuvent se revendre rapidement, elles doivent faire l’objet d’une immobilisation
  Le chiffre
354,2 milliards de dollars
Le niveau record de dividendes versés par les sociétés à travers le monde au troisième trimestre 2018.
    90
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le cadre d’une assurance vie en se tournant vers des allocations investies en ETF qui reproduisent les variations des grands indices boursiers pour un coût minimal. Ces allocations seront progressivement sécurisées à l’approche du moment où cette épargne devra être mobilisée, explique le professionnel.
L’art, un placement séduisant pour les entreprises
Allier travail et plaisir (des yeux), pourquoi pas ? Certaines entreprises se sont octroyé ce privilège en décorant leurs bureaux à l’aide d’œuvres d’art. Un bon moyen de joindre l’utile à l’agréable pour les professionnels puisque l’achat d’art offre une possibilité de défiscalisation non négligeable. Pour l’achat d’une œuvre d’art, un professionnel va déduire de son assiette imposable 20 %
sur les comptes de l’entreprise et seront donc déduites par fraction égale chaque année, toujours durant cinq ans (et toujours dans la limite de 0,5 % du chiffre d’affaires).
]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[                        - Qu’est-ce que tu me conseilles ?
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]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[ - SCPI, Pinel-Malraux, FIP... ..................................................................... p94 - Legs et donations ................................................................................... p98 - Investir dans les Groupements forestiers fonciers (GFF).......................p100 - Investir dans les PME : trop frileux s’abstenir !.....................................p102 - Stratégie d’investissement....................................................................p104
ART DE VIVRE & PATRIMOINE Spécial investissements personnels
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Avant de confier vos finances à un conseiller, conservez une juste vision des opportunités du marché. Soyez vous-même informé(e) du minimum requis pour entretenir un échange avec un spécialiste. Nous sommes allés recueillir l’avis de quelques-un(e)s, avec la mission de décrire les ultimes moyens de réduire votre impôt 2019. Si vous travaillez dur pour vous constituer un patrimoine, ces conseillers vous seront d’une grande utilité, si et seulement si vous restez la tour de contrôle de vos choix. Ne confondez pas,
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vie. Le gestionnaire ou gérant de portefeuille reçoit pleine délégation de l’investisseur pour telle classe d’actifs choisie... par vous-même ou le fameux coach. Mais vous informer reste essentiel. Ces six pages claires et pédagogiques se donnent cette mission.
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]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
SCPI, Pinel-Malraux, FIP...
Les placements – défiscalisables – encore possibles en 2019
  Jonathan Nahmany
de transition avant l’entrée en vigueur, au 1er janvier 2019, du prélèvement à la source. Aussi la donne fis- cale change-t-elle par rap- port aux années précédentes,
Les reLais sûrs aux Livrets et à L’assurance vie Force est de constater, au- jourd’hui, que les place- ments sûrs ne rapportent
continue sa descente aux enfers. Alors où déverser son épargne pour minorer ses impôts ? Acheter des parts de fonds d’investis- sement de proximité (FIP)
  La donne fiscale change par rapport aux années précédentes, notamment en matière de déduction d’impôt (monuments
historiques, déficit foncier).
 notamment en matière de déduction d’impôt (monu- ments historiques, déficit foncier). En revanche, pour les réductions d’impôts (FIP et FCPI, Pinel), rien ne change.
plus rien. Le rendement brut des livrets bancaires ne dépasse guère 0,5 % tandis que celui du place- ment fétiche des Français – l’assurance vie et son célèbre fonds en euros –
ou de fonds commun de placement dans l’innovation (FCPI) apparaît a priori comme une solution simple et envisageable. « Reste que le risque de perte en capital est potentiellement plus
  Christophe Descohand, directeur de la gestion privée chez La Française
« C’est l’adéquation avec le profil investisseur et
sa réalité patrimoniale qui doit primer »
De notre point de vue, aucun investissement ne doit se choisir dans la perspec- tive exclusive de la fiscalité. L’investissement doit garder du sens, en plus de son attrait fiscal, avec la réalité patrimoniale de l’investisseur. Il n’existe donc pas de solutions génériques. Comme l’année blanche ne remet pas en cause l’intérêt d’investir dans des produits de défiscalisation, plusieurs solutions sont conseillables, le FIP corse/outre-mer qui a facialement l’avantage d’offrir la plus importante défiscalisation, les FIP et FCPI « classiques » mais avec taux de défiscalisation inférieur aux solution corses ou outre-mer. L’immobilier sera également une réponse en s’appuyant en direct ou via SCPI sur les dispositifs fiscaux actuellement en place. Enfin, pour certaines typologies d’investisseurs, les solutions Girardin sont parfaitement adaptées. C’est l’adéquation avec le profil investisseur et sa réalité patrimoniale qui doit primer dans le choix et non la simplicité de réalisation. Mais le plus simple reste de se positionner sur des produits collectifs, soit en Private Equity (FIP et FCPI) soit en SCPI (Pinel par exemple) plutôt que de se positionner sur des actifs en direct – investissement moins parfaitement adaptable au besoin en montant, concentration du risque et souvent traitement administratif plus lourd. L’avantage est de joindre l’utile à l’agréable : investir sur des actifs cohérents par rapport à son patrimoine et son objectif patrimonial tout en optimisant sa fiscalité. Les risques vont jouer dans la qualité des acteurs avec lesquels l’investisseur va traiter si une requalification fiscale intervient, si surgit un risque de performance et de liquidité. Là aussi, selon le type d’investissement, les avantages et risques vont varier.
Petite revue de détail non exhaustive des solutions financières à privilégier d’ici à la fin de l’année fiscale 2018.
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En moins d’un mois, avant le 31 dé- cembre, il reste un tout petit peu de temps pour le remords chez les contri- buables à même de réaliser des placements qui réduira l’impôt sur le revenu 2018 payable en 2019. Les offres de souscription de produits financiers défiscalisants fleurissent traditionnelle- ment en fin d’année civile. La palette comprend les
Fonds d’investissement de proximité (FIP) et les Fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI). Plus quelques Sociétés ci- viles de placement immo- bilier (SCPI) fiscales et des Sociétés de financement de l’industrie cinémato- graphique et de l’audiovi- suel (Sofica). La vigilance s’impose néanmoins car 2018 est une année fiscale particulière. C’est l’année
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                   Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés, tels que le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP).
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]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[Investissements personnels
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  important sans aucun ren- dement garanti », prévient d’emblée Morgane Mathot, ingénieure patrimoniale à l’Institut du patrimoine. Ces véhicules financiers collectifs disposent d’un portefeuille de participa- tions dans plusieurs sociétés (PME et ETI françaises et européennes), cotées ou pas, spécialisés dans un secteur d’activité particulier (biotech, intelligence artifi- cielle...) ou implantées dans un espace géographique circonscrit. Accessible, le montant minimum de souscription avoisine le millier d’euros. Avec 1,1 milliard d’euros de sous- criptions en 2017, les FIP et FCPI ciblent les contri- buables aisés en quête de défiscalisation, clients des services de gestion privée des réseaux bancaires ou des conseillers en gestion de patrimoine (CGP). Créés en 1997 sous l’impulsion du secrétaire d’État à la recherche de l’époque, Fran- çois d’Aubert, les FCPI ont vocation à financer des start-up innovantes. Quant aux FIP, ils ont été créés en 2003 avec des caractéristiques proches des FCPI, à cela près que les critères d’innovation ont été remplacés par une
contrainte d’investissement dans des PME régionales. « Les semaines qui nous séparent de la fin de l’an- née sont traditionnellement propices aux derniers ar- bitrages et ajustements à caractère fiscal, rappelle Stéphane Gianoli, président de Financière Magellan. De ce point de vue, la loi Malraux est le dispositif qui ouvre droit à la réduction d’impôt la plus élevée de tous les investissements patrimoniaux. Il s’agit d’in- vestir dans la restauration de beaux immeubles an- ciens d’habitation en cœur de ville. Dans le contexte de l’année blanche, la ré- duction d’impôt Malraux a été maintenue dans son principe et son montant. L’avantage fiscal va oscil- ler entre 1 000 et 120 000 euros de réduction d’impôt et n’est pas soumis au pla- fonnement global des niches fiscales. En 2018, à titre exceptionnel, les réduc- tions d’impôts acquises au titre de ces investissements seront restituées sous la forme d’un remboursement de la part du Trésor Public selon les mesures prévues avec la mise en place du prélèvement à la source et les dispositions transitoires de l’année blanche. Ces in-
Le FIP corse/outre-mer
a facialement l’avantage d’offrir la plus importante défiscalisation,
les FIP et FCPI « classiques » offrent un taux de défiscalisation inférieur aux solution corses ou outre-mer
vestissements se réalisent dans le cadre d’acquisition de lots en direct, pour en- core quelques jours, ou de manière indirecte avec des véhicules d’investissement collectif tels que les SCPI ouverts à la souscription jusqu’au dernier jour de l’année. »
« Le risque zéro n’existe pas »
Face à l’émergence de sup- ports concurrents, l’assu- rance vie perd ainsi pro- gressivement son statut de couteausuissedumonde des placements. Antoine Delon, président de LinXea, spécialiste de l’épargne en ligne, met en avant les
produits de défiscalisation type FIP : « Nous propo- sons aux épargnants une gamme de FIP corses et de FIP outre-mer sélectionnés auprès d’acteurs reconnus pour leur capacité à in- vestir dans ces territoires. Ces offres sont accessibles dès 1 000 euros. Une telle souscription entraîne une réduction d’impôt de 38 % du montant de l’investis- sement. Pour 1 000 euros investis, le souscripteur bénéficie d’une réduction d’impôt de 380 euros. Ces souscriptions sont limitées à 24 000 euros pour un couple ou 12 000 euros pour une personne seule, dans la limite globale des niches fiscales. » Ce sont, certes, des investissements à long terme (au-delà de 7 ans) et qui présentent par nature un risque de perte en capital. « N’oublions jamais que cette épargne est investie au capital de sociétés non cotées » (donc à risque limité), argumente Antoine Delon. Si vous payez plus de 10 000 euros d’impôt par an, LinXean propose des investissements dans le cadre de la Loi Gi- rardin Industriel. « Plus difficiles à comprendre, ces opérations offrent aux investisseurs un avantage de 10 % du montant de leur investissement. Nous avons sélectionné l’un des premiers acteurs du marché pour ces opérations, Inter Invest, dont la garantie de bonne fin financière sur ces opérations est rassurante. Si le risque zéro n’existe pas, travailler avec l’un des leaders du marché et bénéficier de cette garan- tie lilmite considérable- ment les risques. » « Nous avons volontairement exclu de distribuer des parts de Sofica : malgré un taux de défiscalisation supérieur, ellesprésententpeud’espo.ir de préservation du capital investi dans le temps », prévient Antoine Delon.
    Pour rappel, les SCPI, qui ont enregistré une col- lecte de plus de 6 milliards d’euros en 2017, sont des sociétés qui ont vocation à collecter l’épargne publique afin de se constituer un patrimoine immo- bilier locatif qu’elles exploiteront par la suite et qui à terme générera un revenu reversé à chacun des as- sociés. « L’immense majorité des SCPI, et il en existe quelque 180, investissent en immobilier d’entreprise. L’immobilier d’entreprise regroupe à la fois les bu- reaux, les commerces, les hôtels, les entrepôts, les centres commerciaux, les bâtiments industriels, ceux consacrés à la logistique, mais également les biens en lien avec la santé, la petite enfance et la prise en charge du grand âge, sans oublier l’éduca- tion. L’éventail se veut très large et les possibilités immenses. Certaines SCPI comme Pierval Santé, sont thématiques, c’est-à-dire spécialisées, en l’es- pèce dans le secteur de la santé, tandis que d’autres comme Épargne Pierre sont diversifiées et amenées
à investir concomitamment dans plusieurs segments de l’immobilier d’entreprise. Pendant longtemps, l’aire géographique des SCPI est restée cantonnée à la France, et notamment à l’Île-de-France par l’at- tractivité économique de la région capitale. Puis les gestionnaires sont sortis de nos frontières pour explorer les pays de la zone euro », détaille Laurent Benhamou, l’un des associés-fondateurs de la Cen- trale des SCPI. Quid de la somme minimale à inves- tir ? Inférieure à 200 euros. « Les dividendes perçus sont proportionnels au nombre de parts de SCPI détenues en portefeuille. Chaque société de gestion décide du nombre minimal de parts à acquérir par tout nouvel associé. Ce nombre multiplié par le prix de la part va déterminer la somme minimale à inves- tir. La fourchette d’investissement des épargnants est très large puisqu’elle oscille entre moins de 200 euros et plus du million d’euros pour certains inves- tisseurs. »
La montée en puissance des SCPI
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]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[                                           GENTILLY l 94 Résidence contemporaine
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                                    ]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
Legs et donations
Petit cours d’héritage patrimonial...
  On mélange souvent héritage, legs, donations. Morgane Mathot, ingénieure patrimoniale à l’Institut du Patrimoine, met les points sur les « i » et les actes sur la table...
Propos recueillis par Jonathan Nahmany
Allons jusqu’au bout du dispositif...
Volontiers. La donation avec abattement, en fonction du lien de parenté entre le donateur et le donataire, va prendre une forme ou une autre : sous forme de liquidité ou sous formation de donation d’immeuble. Il est tout à fait possible de donner un immeuble, en pleine pro- priété, à vos enfants en utili- sant l’abattement disponible de 100 000 euros par enfant et par parent. Autre forme de la donation, à l’inverse du schéma précédent : le do- nateur cède la nue-propriété d’un bien, et le cas échéant en conserve l’usufruit. Dans ce cas, la valeur de la nue-pro- priété se calcule en fonction de l’âge de l’usufruitier. Barème 669 CGI !
De quel abattement est-il question ? Est-il possible de concrétiser tout ça avec un exemple chiffré... Allons-y. Monsieur Z, di- sons, âgé de 55 ans, a deux enfants majeurs et souhaite transmettre la nue-propriété d’un bien de 500 000 euros, sa valeur en pleine propriété. La valeur de la nue-propriété est de 50 %, soit 250 000 euros. Donc, elle vaut pour chacun
des deux enfants 125 000 eu- ros. Les deux fils ou filles disposent d’un abattement de 100 000 euros chacun, soit une base imposable pour la donation de 25 000 euros, pour un enfant. En fonction du barème d’imposition en ligne directe, les droits de donation sont de 3 194,35 euros par enfant, soit une taxation totale de 6 388,70 euros pour une
gaux, en franchise de droits de succession. L’époux survivant est exonéré en application de l’article 796-0 bis du CGI.
Vu pour la ou les donations. On s’attaque au legs ? C’est une disposition post mortem. Contrairement à la donation, elle n’aura d’effet qu’après le décès de celui ou celle – le testateur – qui
simplement, y renonce ou l’ac- cepte à concurrence de l’actif. Pour entrer en possession de la succession, le ou la légataire universel(le) doit accomplir certaines formalités. Les legs de la quotité disponible, les biens restant après imputation de legs particulier ou à titre universel, ou encore de la nue-propriété de l’intégralité du patrimoine, constituent des legs universels.
À côté desquels existent le legs à titre universel et le legs particulier...
Oui. Le légataire à titre uni- versel n’a donc vocation qu’à une partie du patrimoine du défunt. On inclut dans cette catégorie le legs de l’usufruit de tout ou partie de la suc- cession – mais pas le legs d’usufruit d’un bien particulier qui constitue un legs à titre particulier. Sont des legs à titre universel : le legs d’une quote- part:«JelègueàM.Paulun quart de ma succession ». Le legs d’une catégorie de biens:«JelègueàM.Paul tous mes immeubles ». Le legs d’une quote-part d’une catégorie de biens : « Je lègue à M. Paul la moitié de mes biens meubles »...
Reste le legs particulier. Le légataire particulier est celui qui bénéficie d’un legs par- ticulier qui n’entre pas dans les deux catégories précé- dentes, legs universel et legs à titre universel. Le légataire particulier ne participe pas au passif de la succession. Seules la réduction et l’action hypothécaire des créanciers, autrement dit la contestation de la répartition d’une succes- sion, pourraient l’atteindre. Ion accepte ou on refuse son legs purement et simplement. Le légataire particulier n.e prendra possession du bien légué qu’après avoir obtenu la délivrance de son legs.
 Il existe plusieurs formes de donations. On les définit ? Commençons par définir précisément le terme de do- nation. C’est l’acte par lequel le donateur dispose d’un bien au profit d’un donataire qui l’accepte. C’est une formalité constatée par un acte notarié. Alors, oui, à partir de cette définition et des conditions qui la valident, il existe plusieurs types de donations, à commen- cer par les dons familiaux de somme d’argent. Consentis en pleine propriété au profit d’un enfant, d’un petit-enfant, d’un arrière-petit-enfant ou, à défaut d’une telle descendance, d’un neveu ou d’une nièce. Ou encore, par représentation, d’un petit-neveu ou d’une petite-nièce ! Lesquels sont exonérés de droits de donation dans la limite de 31 865 euros, un montant applicable depuis 2011. Attention, le donateur doit avoir moins de 80 ans et les donataires doivent être
majeurs.
Autre forme de donation : l’usufruit temporaire d’un bien. Des parents, par exemple propriétaires d’un bien locatif, octroient l’usufruit de ce bien, autrement dit ce qu’il rapporte, à l’un de leurs enfants pen- dant une certaine durée et en conservent la nue-propriété. Le fils ou la fille percevra donc pendant ce temps donné les revenus de la location de ce bien – des revenus complé- mentaires. Une condition à cette donation : le ou la do- nataire doit pouvoir prouver un réel besoin de revenus complémentaires pendant cette période. Pour le volet fiscal, la valeur de la donation s’établit selon un barème : pour une période de dix ans, la valeur de l’usufruit est de 23 %. Sur cette base et en tenant compte des abattements disponibles, le donataire paiera ou non des droits de donation.
donation de 500 000. Car au décès de leur père, les enfants récupéreront la pleine propriété de ce bien sans droit.
Autre scénario, une dona- tion-partage. L’acte par lequel une personne – le donateur – donne et partage de son vivant, immédiatement et irrévocablement, tout ou partie de ses biens présents, entre ses héritiers présomptifs – les donataires copartagés.
Que se passe-t-il en cas de donation entre époux ?
La donation entre époux de biens à venir, ce que l’on nomme souvent « donation au dernier vivant » ou « ins- titution contractuelle », est la convention par laquelle un époux exprime la volonté de laisser à son conjoint survivant tout ou partie de ses biens présents et futurs, dans les limites permises par la loi. Il est fréquent que chacun des époux consente à l’autre une telle libéralité. Cette dona- tion va bien sûr améliorer les droits du conjoint survivant en comparaison des droits lé-
transmet l’intégralité, une quote-part ou seulement un élément de son patrimoine, à un ou une légataire. Le legs s’exprime dans un testament.
Là aussi, il existe plusieurs types de legs... Commençons par le legs uni- versel : le légataire universel a vocation à l’universalité, c’est-à-dire à la totalité de la succession. Ce qui ne veut pas dire qu’il ou elle hérite de tout à son profit. Il ou elle est tenu(e) d’une obligation indéfinie aux dettes [Code civil, article 723]. Il n’existe pas de formule particulière pour désigner un ou une légataire universel(le). Il faut, mais il suffit, que la volonté de transmettre l’universalité soit certaine. Si plusieurs léga- taires universel(le)s sont dé- signé(e)s, ils/elles recueillent conjointement la totalité de la succession. La renonciation de l’un d’eux profite aux autres. Le légataire universel dispose des mêmes options que l’héri- tier légal, autrement dit il/elle accepte le legs, purement et
  Christina de Cibeins, responsable Legs et Donations d’AED
« Le legs constitue le quart de nos ressources »
Lorsqu’une association n’existe que par les dons, donations et legs, comme l’Aide à l’Église en détresse (AED), fondée en 1947, il lui faut gérer en professionnel rigoureux ces legs consentis. L’association soutient les chrétiens dans le monde, « là où ils sont confrontés à des difficultés matérielles ou à des persécutions » et finance plus de 5 000 projets par an dans 150 pays. Les legs représentent « environ un quart de notre chiffre annuel et constituent donc un complément financier important aux dons annuels », appuie Christina de Cibeins, responsable Legs et Donations. « Au-delà de cet aspect financier, les legs témoignent de la confiance de nos donateurs dans notre association et des projets qu’elle porte. Nos bienfaiteurs expriment ainsi leur générosité et soutien pour leurs frères chrétiens au-delà de la mort. Le legs prendra des formes diverses dans les tes- taments : somme d’argent déterminée, quote-part de comptes en portefeuille de titres ou encore un legs de biens immobiliers et/ou mobiliers. Ce qui inclut, bien que plus rarement, des tableaux, bijoux, véhicules ou autres objets de valeur. »
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]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[ En Syrie,
3 enfants sur 4 vivent sous le seuil de pauvreté.
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Jefaisundonde: Mme Mlle M.
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envoyer à l’adresse ci-dessous.
Oui, je viens en aide aux enfants de Syrie
MES COORDONNÉES
1813Écoreseau
© Ismael Martinez Sanchez / AED
AED - 29 rue du Louvre - 78750 Mareil Marly 01 39 17 30 10 CB don.aed-france.org
]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
Investir dans les Groupements forestiers fonciers (GFF)
Le charme discret des grands bois...
   Les Groupements forestiers fonciers (GFF) continuent de séduire les investisseurs à la recherche d’un placement de long terme à la fiscalité attrayante.
150 millions d’euros.
En investissant, l’épargnant souscrit des parts et devient associé du Groupement fo- restier pour un ticket plus accessible qu’un investis- sement direct dans une fo- rêt. « Le prix d’une part débute en moyenne à partir de 5 000 euros, mais l’inves- tissement moyen en France tourne à 20 000 euros », ré- vèle Alexis Porot. Premier intérêt des GFF : diversifier les risques. Et pour cause, France Valley investit dans plusieurs massifs, dans des
la fois de parcelles prêtes à exploiter et d’autres peuplées d’arbres d’avenir », précise Arnaud Filhol, directeur général et co-fondateur de France Valley. Son groupe évite les massifs landais, sauf à souscrire une assu- rance tempête dont le coût élevé sera largement couvert par les produits d’exploita- tion, et s’interdit le pourtour méditerranéen, exposé aux incendies.
un rendement marginaL
« Le rendement n’est pas la première raison pour investir dans un GFF. Les forêts dé- gagent un rendement annuel faible, de l’ordre, de 2 % », tempère l’expert. Les pro- duits proviennent de la vente de bois et éventuellement des droits de chasse. Le rende- ment varie en outre selon la maturité des arbres qui poussent dans les domaines des GFF. « Une forêt va of- frir pendant les années de coupe un rendement de 5 à 6 % puis pratiquement plus rien au cours de plusieurs dizaines années », prévient Arnaud Filhol. D’où l’intérêt d’investir dans un GFF qui
cache des disparités régio- nales. L’an dernier, 90 % des transactions se sont conclues à des prix compris entre 630 et 12 200 euros l’hec- tare, selon les régions et la qualité des biens mis sur le marché, entre les chênes – qui mettent cent cinquante à deux cents ans pour ar- river à l’âge adulte – et les pins douglas – quarante à soixante-dix ans. « Le prix maximal est 19 fois plus élevé que le prix minimal en 2017. Cet écart de prix reflète la diversité des biens vendus. Il faut noter la pro- gression régulière de cet écart – il était de 15 en 1997 – qui traduit une pression toujours plus forte sur les forêts les plus qualitatives », explique le gestionnaire. En outre, la liquidité est faible. Les gestionnaires « sérieux » assurent la re- vente des parts en animant un marché secondaire... sans qu’une décote ne soit exclue.
des pLus-vaLues potentieLLes...
Pour autant, Arnaud Filhol affiche sa confiance sur l’évo- lution des prix des forêts.
monétiser à terme, comme dans d’autres pays. »
... et une FiscaLité très attrayante Surtout, les GFF séduisent pour leur fiscalité très incita- tive. « À l’achat, la réduction sur l’impôt sur le revenu atteint 18 % de l’investisse- ment, jusqu’à 11 000 euros pour un couple, à condition de conserver le GFF durant cinq ans et dans la limite du plafonnement des niches fiscales de 10 000 euros de réduction d’impôt. Les GFF ne sont pas soumis à l’IFI (Impôt sur la fortune im- mobilière). Enfin, les droits de mutation sont faibles : régime des plus-values im- mobilières pour particulier, avec réduction de 10 eu- ros/ha/an lors de la vente et exonération de 75 % de la valeur du patrimoine fo- restier du GFF pour les do- nations ou successions », conclut Arnaud Filhol. Un avantage sensible aux yeux de Jean-François Cherrier, directeur du Développement et des Associés chez Fidu- cial Gérance, spécialiste des bureaux, des commerces et des locaux d’activité : « Les groupements forestiers font partie de nos produits en vogue compte tenu des pro- blématiques liées au climat, au développement durable... Ce sont des investissements tangibles qui bénéficient d’avantages fiscaux réels. Du point de vue de l’im- pôt sur le revenu, les GFF aboutissent à une réduction de 18 % du montant investi, plafonné à 11 400 euros pour un couple. Et une exonération sur les droits de succession à hauteur des trois-quarts de la valeur vénale de l’inves- tissement. Même chose e.n matière d’IFI, un abattement est également prévu dans les mêmes proportions. »
Pierre-Jean Lepagnot
La forêt attire les inves- tisseurs avertis. Actif tangible décorrélé des marchés financiers, il se négocie à un prix moyen de 4 110 euros l’hectare, sachant qu’il faut détenir au moins 50 hectares pour que cet actif soit exploitable et éventuellement rentable. L’an dernier, avec 38 % du total des surfaces acquises, les personnes morales privées (agricoles, forestières ou ins- titutionnelles) sont devenues les premiers acquéreurs du marché des forêts et dépassent pour la première fois les par- ticuliers non agricoles. S’il offre des avantages comme la promenade (ou la chasse, hélas), cet investissement requiert du temps et de l’ex- pertise pour le dénicher et, surtout, pour le gérer. N’est
pas bûcheron qui veut ! Si bien que de plus en plus de particuliers se tournent vers les Groupements fon- ciers forestiers ou GFF. Ils n’en ont plus la jouissance, mais s’exonèrent de la ges- tion. « Il est plus facile, et moins risqué, d’acheter des parts de groupement fores- tier que d’acheter une forêt en direct », confirme Alexis Porot, conseil en gestion de patrimoine et membre du réseau Fiducée Gestion.
Faire conFiance aux proFessionneLs France Valley est la première société de gestion « privée » de GFF et la deuxième der- rière la Société Forestière, une filiale de la Caisse des Dépôts. Elle gère une tren- taine de GFF, soit plus de
Une forêt va offrir pendant les années de coupe un rendement de 5 à 6 % puis pratiquement plus rien au cours de plusieurs dizaines années
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régions variées. « La diver- sification est en premier lieu géographique pour réduire la perte en cas de tempête. Elle passe également par un panachage d’essences d’arbres afin de profiter des tendances disparates d’évo- lution des prix et de limiter le risque phytosanitaire. La diversification passe enfin par la maturité des forêts dans le but de disposer à
va lisser cette rentabilité dans le temps. En revanche, ajoute le patron de France Valley, l’investisseur est en droit d’espérer une plus-va- lue en cas de revente grâce à l’évolution du prix de la part. Selon le baromètre de la société forestière, le prix moyen de l’hectare n’a progressé que de 0,2 % en 2017 mais a bondi de 88 % en vingt ans. Cette tendance
« Je distingue deux facteurs susceptibles de soutenir les prix des forêts dans l’avenir. D’une part, la hausse des prix du bois, avec l’essor des constructions écologiques et du chauffage moins polluant. D’autre part, avec le déve- loppement du marché des certificats carbone. Une forêt bien entretenue capte jusqu’à 7 tonnes de CO2 à l’hectare, une manne qui pourrait se
]]></page><page Index="101" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="102" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
Entre fiscalité attrayante et prise de risque conséquente...
  Les épargnants qui souhaitent diversifier leurs placements
en finançant les PME bénéficient d’un avantage fiscal significatif... Mais sans garantie de récupérer leur mise. Explications.
Pierre-Jean Lepagnot
Pour investir dans des entreprises, il existe une alternative aux marchés actions : les Fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI) et les Fonds d’investissement de proximité (FIP). Deux pro- duits qui visent à financer, pour l’un, les sociétés in- novantes, et pour l’autre les PME régionales. « Les FIP et les FCPI ont deux objectifs : financer l’économie réelle et alléger ses impôts », explique Guillaume Eyssette, conseil- ler en gestion de patrimoine (CGP) au cabinet Géfinéo. « Au-delà de l’attrait fiscal, ces fonds permettent à l’épar- gnant d’investir très facile- ment dans des sociétés et de diversifier ses placements dans la durée », renchérit Jean-Christophe Ménissier, directeur des participations chez Inocap Gestion. Les CGP ont toutefois tendance à mettre davantage en avant les avantages fiscaux que procure ce type de place- ment. Les FIP et les FCPI donnent en effet droit à 18 % de réduction d’impôt, dans
une limite de 12 000 euros d’investissement par an pour un célibataire, et le double pour un couple. Aujourd’hui, un célibataire peut obtenir jusqu’à 2 160 euros de ré- duction d’impôts une année en investissant 12 000 euros
a beau jeu d’assurer dans son bilan de performance que « sur le long terme, en 2017, les rendements du ca- pital-investissement français restent très positifs ». Ce constat cache en effet d’im- portantes disparités, comme
d’un quart a perdu 10 % en moyenne, les trois quarts restants n’étant pas encore remboursés.
Ces fonds souffrent d’un autre inconvénient : les délais de blocage. La plupart des FIP et FCPI sont bloqués pour
sont des produits décorrélés de la Bourse qui s’inscrivent sur le long terme. Résultat, les épargnants ne sont pas tentés – comme c’est souvent le cas sur les marchés finan- ciers – de vendre des actions au plus bas à la première
Ménissier, président d’Ino- cap. Une performance qui s’explique en partie par sa stratégie. Contrairement à la plupart de ses concur- rents, le gestionnaire évite les sociétés non cotées pour se focaliser sur des start-up déjà listées sur des marchés non réglementés comme Euronext Growth (ex-Al- ternext) ou Euronext Ac- cess (l’ancien Marché libre). « Cette stratégie permet aux épargnants d’investir dans des entreprises innovantes, mais dont l’accès est difficile en raison de leur faible liqui- dité sur le marché », détaille Jean-Christophe Ménissier. NextStage AM va plus loin encore. En investissant dans des entreprises cotées en Bourse, le gérant propose des FIP et des FCPI d’une durée courte et sans prorogation. Trois de ces fonds ont été remboursés au bout de six ans, parmi les onze fonds déjà liquidés par NextStage.
Pour les épargnants réfrac- taires aux contraintes d’in- vestissement, une alternative existe : les fonds généralistes et de « capital développe- ment », qui concernent des entreprises déjà rentables. Toujours selon le dernier bilan à fin 2017 de France Invest, les fonds généralistes et de capital développement, ainsi que les fonds de « ca- pital transmission » (reprise d’entreprises rentables) ont respectivement procuré 45 et 95 % de gains à leurs sous- cripteurs. « Il est parfois plus intéressant d’investir dans ces fonds,.même si eux ne procurent pas de réductions d’impôts », conclut Guillaume Eyssette.
Investir dans les PME : trop frileux s’abstenir !
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en FCPI et autant en inves- tissant en FIP, soit 4 320 euros pour 24 000 euros d’investissements répartis par moitié en FIP et FCPI. Ces plafonds sont doublés pour un couple. Par ailleurs, afin de soutenir l’économie corse, l’État se montre encore plus généreux puisqu’il pro- pose une réduction d’impôt de 38 %.
Si le fisc est aussi magna- nime, c’est que ces place- ments sont risqués. « Les épargnants doivent avoir conscience que l’avantage fiscal accordé par l’État est la contrepartie d’un vrai risque », prévient Guillaume Eys- sette. Dans ce cadre, France Invest, l’association regrou- pant les gérants de ce secteur,
le reconnaît lui-même France Invest : « La performance à long terme se maintient à un bon niveau sur un an et s’élève à 9,7 % à fin 2017, mais la dispersion de cette performance reste impor- tante. » Effectivement, les
sept à huit ans, prorogeables jusqu’à neuf ou dix ans, mais certains ne parviennent pas à vendre leurs participations dans ces délais. « Ces fonds sont avant tout réservés aux investisseurs ayant de l’ap- pétence pour le risque »,
bourrasque. Finalement, ces fonds protègent les in- vestisseurs d’eux-mêmes. » En tout état de cause, il convient de sélectionner avec soin son fonds avant d’investir : contrôler le sé- rieux de la société de gestion,
 Les FIP et les FCPI donnent droit à 18 % de réduction d’impôt, dans une limite
de 12 000 euros d’investissement par an pour
un célibataire, et le double pour un couple.
 fonds arrivés à échéance l’an dernier ont perdu 5,9 %, en moyenne, au terme de près de dix ans d’immobilisation du capital.
Sur près de 200 FCPI, plus
reconnaît Jean-Christophe Ménissier. Pour Guillaume Eyssette, l’importance de cette durée de blocage pour- rait bien être en réalité un atout. « Les FIP et les FCPI
vérifier son historique, etc. Innocap assure avoir toujours remboursé ses clients.
« En onze ans, nous avons remboursé treize fonds », confirme Jean-Christophe
]]></page><page Index="103" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="104" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
Stratégie d’investissement
Gestion active et gestion passive : la réconciliation
   Gestion active et gestion passive se sont longtemps opposées. Mais cet affrontement semble aujourd’hui dépassé. Ces deux modes de gestion se combinent pour offrir davantage de rendement aux investisseurs.
ralement des OPCVM et des produits structurés, sont eux aussi associés à des frais de gestion annuels susceptibles d’atteindre jusqu’à 3 % par an. Ces frais sont parfois ignorés des clients, mais dans un monde de taux faibles ils ne sont pas négligeables et doivent être évités. Les ETF apparaissent alors comme des solutions intéressantes en offrant à la fois une forte diversification et des frais environ dix fois plus faibles que les OPCVM. Les frais de gestion se réduisent aussi en privilégiant des plates- formes de gestion en ligne (les fameux robo-advisors), lesquels offrent également un suivi personnalisé et un conseil adapté aux objectifs de chacun », souligne Guil- laume Piard, l’un des fonda- teurs de Nalo. Aujourd’hui, les banques gardent un rôle prédominant dans la distri- bution de fonds et privilé- gient leurs propres produits d’investissement, mais, « les nouvelles réglementations, comme Mifid II (Markets in Financial Instruments Directive) devraient inciter
des deux offres donne le moyen aux gérants d’offrir aux investisseurs des solu- tions d’investissements plus rentables et moins risquées. Ainsi un nombre croissant de gérants actifs ont recours à des fonds passifs tandis que les gérants passifs in- tègrent en amont de nouvelles contraintes et proposent des produits de plus en plus so- phistiqués », explique An- toine Lesné.
L’heure est
à La convergence Selon des études menées par la Lyxor Dauphine Research Academy, la gestion active bénéficie du développement de la gestion passive. En 2018, l’Académie s’est concentrée sur la relation entre les styles de gestion passive et active, et plus particulièrement sur l’impact du segment passif, en pleine croissance, sur la performance de la gestion active. Les recherches ont mené à plusieurs conclu- sions intéressantes. Elles prouvent que l’arrivée des fonds passifs est bénéfique pour les investisseurs en
créer des opportunités sup- plémentaires pour les gérants actifs. De quoi les aider à améliorer leurs performances et accroître les flux. Marlene Hassine Konqui, respon- sable Recherche ETF pour Lyxor Asset Management, a souligné : « Il ne fait aucun doute que la gestion passive a énormément progressé ces dix dernières années. Pour autant, les fonds passifs ne représentent toujours qu’une faible partie de l’industrie de la gestion d’actifs. Néan- moins, leur utilisation rend les investisseurs plus sensibles aux mesures complexes des compétences des gérants ac- tifs. Si les ETF contribuent à un marché de la gestion d’actifs plus concurrentiel, ils ne remplaceront pas les gérants actifs les plus per- formants. Ainsi, ces deux styles de gestion trouve- ront chacun leur place sur le marché car ils ont tous deux un rôle spécifique à jouer dans la construction de portefeuille. » Benjamin Bruder, responsable de la Recherche quantitative chez Lyxor Asset Management, ne
Pierre-Jean Lepagnot
 L’essor de la ges- tion passive, qui se contente de suivre l’évolution du marché, pour- suivra-elle sur sa lancée jusqu’à détrôner un jour la gestion active, cette stratégie d’investissement qui vise à atteindre un objectif par une sélection ciblée ? « On n’en est encore loin », assure Antoine Lesné, responsable Stratégie et Recherche SPDR ETFEurope.«Àlafinde 2017, les en-cours gérés sous forme de produits indiciels représentaient seulement 14 % du marché européen. Quant aux ETF (Exchange Traded Funds) – OPCVM indiciels cotés sur les marchés réglementés d’Euronext –, leur part de marché restait limitée : 6 % du total des actifs gérés », rappelle le professionnel. Toutefois, l’agence de notation Moody’s s’attend à une accélération de la croissance des ETF au
cours des prochaines années. « En raison de leur souplesse, liquidité et bas coûts, les ETF sont amenés à devenir, dans les cinq à dix prochaines années, une composante essentielle des portefeuilles des investisseurs institu- tionnels », souligne Marina Cremonese, analyste VP – senior chez Moody’s. « Les investisseurs institutionnels peuvent s’en servir, à des fins d’ajustement tactique, d’ins- truments de couverture et de diversification. Les gérants d’actifs les intègrent de plus en plus dans les solutions de placement offertes à leurs investisseurs. »
La gestion passive moins chère
Les investisseurs individuels aussi devraient se tourner de plus en plus vers les ETF. « La gestion sous mandat a un coût pour l’épargnant et les produits souscrits, géné-
L’arrivée des fonds passifs est bénéfique pour les investisseurs en renforçant la concurrence au sein de la gestion d’actifs
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davantage les investisseurs particuliers à adopter les ETF », estime Antoine Lesné. Pour autant, opposer ces deux types de gestion apparaît comme un débat dépassé. « Certes, de nombreuses études montrent régulière- ment que la gestion passive est la plus performante, en raison notamment de frais de gestion moins élevés. Mais d’autres, plus récentes, montrent que la combinaison
renforçant la concurrence au sein de la gestion d’actifs. Le développement de fonds de « smart beta » contraint notamment les gérants actifs à démontrer qu’ils peuvent générer un véritable alpha (une surperformance par rapport au marché) afin de continuer à générer des flux. Ces recherches montrent également qu’à un moment donné, le recours croissant à des fonds passifs pourrait
tient pas un autre discours : « Nous sommes convaincus depuis longtemps qu’une combinaison de gestion ac- tive et passive génère une performance optimale. À cet égard, l’idée d’une ges- tion active par opposition à une gestion passive est trompeuse, dès lors q.u’une exposition aux deux peut générer une valeur ajoutée aux portefeuilles. »
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]]></page><page Index="106" isMAC="true"><![CDATA[Tribune libre
EXPRESSIONS
  Un conseil qui compte !
  Par Charles-René Tandé Président de l’Ordre
des experts-comptables
Un conseil qui compte ! C’est le slogan de la nouvelle cam- pagne de communication des experts-comptables. Une cam- pagne que nous avons voulue massive et redondante, afin que son message, simple, soit entendu et compris par le plus grand nombre.
Pourquoi les experts-comptables, membres d’une profession réglementée, auraient-ils besoin de communiquer aussi largement ?
Sans doute parce que les compétences des experts-comptables sont très mal connues du grand public.
Si toutes les études menées auprès de nos 2 mil- lions d’entreprises clientes mettent en exergue la grande confiance qu’inspirent les profession- nels du chiffre, nous constatons également, au fil de nos enquêtes, une méconnaissance de ce que pourraient apporter les experts-comptables en complément de leur mission traditionnelle d’établissement des comptes annuels et de transmission des informations à l’administra- tion fiscale.
A titre d’exemple, qui sait qu’aujourd’hui plus de la moitié des fiches de paie du secteur privé,
et tout l’accompagnement qui va avec, sont ré- alisés par les cabinets d’expertise-comptable ? Qui sait que les experts-comptables peuvent accompagner les entreprises dans leur trans- formation numérique ?
Notre objectif est donc de faire comprendre à notre marché, les entreprises françaises, qu’elles ont un interlocuteur de proximité, compétent dans de nombreux domaines, qui saura les orienter et les accompagner dans leur croissance.
Plus largement, l’objectif est aussi de présen- ter notre métier sous un angle différent, celui du conseil, c’est un message adressé aux plus jeunes, qui s’interrogent sur leur orientation. L’expertise comptable est un métier passion- nant, au plus près des chefs d’entreprise, loin des clichés parfois véhiculés.
Les entrepreneurs ont besoin d’être rassurés. Pour le prélèvement à la source, première théma- tique que nous traiterons dans notre campagne, le conseil de l’expert-comptable va permettre au chef d’entreprise d’aborder sereinement le début d’année 2019.
Un conseil qui fait gagner du temps, qui sécu- rise, qui fait progresser, c’est cela un conseil qui compte ! n
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DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
© Éric AveneL
]]></page><page Index="107" isMAC="true"><![CDATA[EXPRESSIONS
  DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr 107
Communiqué
 ]]></page><page Index="108" isMAC="true"><![CDATA[EXPRESSIONS
  Regard sémantique
 Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
La mémoire des mots
TÉLESCOPAGE PRÉSIDENTIEL
Confrontation artistique : quand quatre tableaux consacrés à la politique racontent des changements de présidents. Celui de 2012 avec la fin de règne de Nicolas Sarkozy et celui de 2013 avec la première année de François Hollande. Puis 2016, la fin du quinquennat du leader socialiste. Et 2017 l’an premier de l’ère Macron. Fin de règnes et début de règnes ?
     2012, duels en éveil !
2012, c’était l’année de la présidentielle, l’année du « duel » entre Sarkozy et Fillon, même si les Français auraient aimé voir le premier ministre sortant briguer la présidence de la France, c’est Nicolas Sarkozy qui sera « le candidat » de la droite.
Et on connaît le dénouement... L’arrivée au pouvoir du « président anti-austérité ». Vite, l’impopularité frappe celui qui s’était illustré lors du débat présiden- tiel par sa fameuse « anaphore », « moi président ». Sous le ciel de François Hollande, des nuages s’ac- cumulent déjà en l’an 12 avec « l’enfer fiscal » et « les tâtonnements ».
En seulement 100 jours, le président « normal » se transforme en parangon de « l’amateurisme ».
2012 et l’infiltration du populisme
Si l’on résume cette année politique avec une image forte, c’est selon les observateurs et éditorialistes, une impression générale de « Muppets Show ». « 51% » des Français ne font plus confiance à aucun leader pour diriger le pays.
Il y a eu le tandem « Merkozy » formé par le président Sarkozy et la chancelière Merkel, à présent il est l’heure de « Homer » (Hollande et Merkel). Il y a un autre duo qui tourne au duel, rempli de « jalousie » autour de François Hollande, dans lequel Valérie Trierweiler et Ségolène Royal s’illustrent.
2013 Hollande Bashing
Dès 2013, nous rentrons dans l’année du « Hollande Bashing ». En mars 2013, lors du débat sur la « taxe à 75 % » et du scandale autour des « évadés fiscaux », on découvre le « mensonge » fiscal et le « déni » de « Cahuzac ». Le « je demande pardon » du fraudeur ne suffit pas à l’absoudre.
Parallèlement, Les déclarations de patrimoine et d’intérêts des membres du gouvernement sont ren- dues publiques : « huit ministres sont millionnaires ». « Transparence » et « moralisation » s’invitent dans le débat : c’est la « dictature des bien-pensants », clament les médias.
Mais, un autre mot va également polluer le quinquen- nat, c’est la « colère ». Oui, elle est omniprésente : le « ras-le-bol fiscal » coiffé de « bonnets rouges » contre « l’écotaxe ». Les contribuables, les « sages- femmes, » les « artisans », les « petits patrons, » les « employés licenciés », les « instituteurs » manifestent. Et, tout cela débouche sur le « Hollande bashing » avec en une du magazine « Le Point », la photo du chef socialiste affublé du terme « Pépère ». On voit fleurir des commentaires comme « c’est donc ça un socialiste français ? »
« Scandale », « discorde », cafouillage », « inco- hérences » relatent aux yeux des commentateurs le climat présidentiel.
A l’UMP, c’est la « guerre », « Copé –Fillon » en première ligne et certains se languissent déjà du précédent président : « Sarkozy le retour » ?
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Tableau "Hollande Bashing" POLITIQUE 2013, Jane Bee
]]></page><page Index="109" isMAC="true"><![CDATA[Regard sémantique
EXPRESSIONS
    2016 le renoncement de Hollande
Les trois années qui ont suivi 2013 n’ont pas mis en lumière le mandat de François Hollande. Sa fin de règne se solde par un « renoncement ». Un président sortant impopulaire et les sondages qui esquissent « une droitisation », « une vague conservatrice ».
Face à cette montée du populisme, pas de pronostic avéré mais un favori. Et oui, « Juppé » apparaît comme le futur président. La « Juppémania » sera-t-elle de longue durée ?
Pendant ce temps, à des milliers de kilomètres de « l’identité heureuse » prônée par Alain Juppé, « Trump » accède à la Maison Blanche. Pour « The Economist » c’est le triomphe de « L’Art du mensonge ».
En 2016 en effet, le mot de l’année consacré par le dictionnaire Oxford avait été « post-truth ». Cette « post-vérité », qui se fonde non pas sur les faits mais sur les émotions.
       2016 année brisée
2016 brisée par « l’horreur de Nice », le « 14 juillet », « 86 morts en 4 minutes et 17 secondes ».
François Hollande ne portera pas les couleurs socialistes en 2017 mais il conclura son mandat avec des dossiers épineux : « état d’urgence », « jungles » qui se développent à « Calais » et au cœur de la capitale à « Stalingrad ». « Pétaudière », voilà le terme que Alain Juppé aurait utilisé pour qualifier le « gouvernement Hollande ». « Pétaudière » qui ne continuera pas !
Tableau "Renoncement" POLITIQUE 2016, Jane Bee
2017 Mise en orbite de Jupiter
Ainsi vont mes tableaux politiques quand ils croisent fin de règne et début de règne. Les sorties de Hollande et Sarkozy se terminent mal et les débuts du président « nor- mal » se délestent vite de « l’état de grâce ».
En 2017, le paysage présidentiel est chamboulé ! Chamboulé par une « révolution » menée par le « Kid président » alias Emmanuel Macron qui souhaite « changer les institutions » et « moraliser » la politique.
La première bataille remportée par le nouveau chef de l’état se nomme « recomposi- tion » grâce à son parti qui regroupe des anciens de droite et des anciens de gauche, telle est la trajectoire de « En marche ».
« En marche » pour ce lexique présidentiel inédit composé de mots qui paraissaient jusque-là révolus comme « saperlipopette », « poudre de perlimpinpin ».
A Matignon, le locataire « Edouard » est discret.
Pour parvenir à cet épilogue, il a fallu une succession imprévisible de rebondisse- ments dignes d’une saga de Netflix. Quel scénariste aurait pu enchaîner si rapidement, « les primaires », « Le Penelopegate » ? Le tout saupoudré de « vote utile » contre le danger incarné par « Marine Le Pen » et contre la tentation de « l’abstention ». Et ce n’est pas fini ! Nous avons eu le droit au premier ratage de Macron président, ce dîner de victoire alors que le deuxième tour n’a pas encore eu lieu : « La Rotonde, petit dîner grand bruit ».
Puis, débute la séquence Emmanuel Macron à l’Elysée, avec la fin de « L’Etat d’ur- gence ». Alors, « Charlie c’est fini » ?
La « Start up Macron » est « en marche » avec « une voie libérale-étatiste ».
« Macron macronise ».
Sera-t-il comme il le souhaitait dès octobre 2016, « un président jupitérien » ? Réponse dans mon prochain tableau politique !
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]]></page><page Index="110" isMAC="true"><![CDATA[Concours de micro-nouvelles
EXPRESSIONS
    Le monde de demain vu par un/une
étudiant(e)
L’enjeu, cette fois, était de projeter nos jeunes aspirants entrepreneurs dans leur vision « littéraire »
de l’entrepreneuriat et de l’innovation ! De l’entreprise-fiction qui nous a valu une avalanche de micronouvelles (plus de trente !) toutes de qualité, réunies par Virginie Gallego-Roquelaure, maître de conférences au sein de l’Institut d’administration des entreprises (IAE School of Management) de Lyon 3, interviewée infra. Ce qui a mis notre jury interne sous pression et... en débat. S’il nous a fallu éliminer quelques textes imaginatifs mais mal orthographiés (hum...), c’est sur une métaphore épatante que nos votes ont convergé, le cri du cœur d’un millenial, à la fois drôle, pertinent, fin et si prometteur...
Capitaine je suis, capitaine je serai
 J’ai décidé de devenir marin, j’aime naviguer sur le radeau que j’ai construit avec mon équi- page d’experts. Nous nous sommes mis d’ac- cord pour le construire en bambou, parce que c’est résistant et esthétique.
Aux commandes d’un bateau, l’équipage aime le dynamisme et la liberté que je leur trans- mets. Nous sommes au 72e jour et tout le monde se porte bien, j’ai la chance que per- sonne n’ait quitté le navire. Il y a eu quelques secousses, mais pas de tempête, nous tra- vaillons chaque jour pour nous préparer à quelque intempérie. Le point fort de mon équi- page, c’est qu’il n’a peur de rien, ni de l’océan
ni des requins.
Parfois, nous croisons de gros paquebots, nous les appelons les « CDI », nous les ob- servons pour améliorer la structure de notre radeau. Mes parents ont toujours voulu que je rejoigne cette flotte pour être en sécurité. Après avoir navigué trois mois sur l’un de ces bateaux, j’ai eu un mal de mer si intense que j’en suis tombé malade. Mon remède, je le trouve dans le pilotage de mon propre navire. Lorsque nous faisons un arrêt sur la terre ferme, nous prenons le temps d’améliorer l’embarcation. Nous rencontrons également d’autres équipages qui prennent la même
direction que nous. Nos échanges nous per- mettent d’embellir l’aspect de nos esquifs respectifs.
Sur ce bateau, je veille au bien-être de cha- cun et je constate que notre énergie reste la même par temps ensoleillé comme pluvieux. Je trouve mon bonheur dans celui de mon équipage, en espérant que ce voyage ne s’ar- rête jamais...
Sincères paroles de marin, Benjamin Beau, master I de l’entrepreneuriat et des entreprises nouvelles, IAELyon School of Management
  Avis d’expert : Virginie Gallego-Roquelaure, maître de conférences au sein de l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Lyon 3
Pitch d’admission : « Ces jeunes devront convaincre les partenaires, les clients, leurs salariés, les financeurs... »
Voilà près de quatre ans que Virginie Gallego-Ro- quelaure enseigne à des publics variés, aux étu- diants de la licence professionnelle métiers de l’en- trepreneuriat, en master 1 et 2 entrepreneuriat et développement des entreprises nouvelles (Eden), mais aussi aux stagiaires de la formation conti- nue. Une expertise dont elle fait profiter également les start-uppers dans l’incubateur Manufactory de l’université Lyon 3. Elle les accompagne. L’imbrica- tion de l’université et de l’entreprise est assez déve- loppée dans la capitale des Gaules, et à l’IAE.
Les étudiants sont-ils plus sensibles aujourd’hui à ces thématiques ?
L’engouement est réel. Le contexte local est par-
ticulièrement porteur, avec divers incubateurs. On peut citer Beelys de l’université de Lyon, l’un des plus gros de France, Manufactory, interne à Lyon 3, B612, accélérateur de start-up de la Caisse d’Épargne. La dynamique pour ces formations est telle que nos modalités pédagogiques ont été revues et notamment l’admission. Les étudiants doivent nous fournir un pitch de 180 secondes, comme ça se pratique pour les concours dans le monde de l’en-
trepreneuriat. Un premier filtre qui écarte d’entrée de jeu les moins motivés. En créant leur entreprise, ces jeunes devront convaincre les partenaires, les clients, leurs salariés, les financeurs... Ils doivent se familiariser avec cet exercice. Inutile de dresser un « Power Point » avec un plan et la problématique, comme un devoir classique, très scolaire. Pour réussir dans ces filières et passer cette sélection, se débarrasser de tout ce que l’on a appris jusque- là est nécessaire. Cette procédure demande de sa- voir prendre du recul. Autrement dit, de la maturité.
Quels sont les autres traits de ceux
qui vous rejoignent ?
Il y a ceux qui arrivent avec une idée bien précise en tête et ceux qui ont envie d’autonomie dans leur future activité professionnelle, sans trajectoire bien déterminée. Leur point commun : tous acceptent de sortir de leur zone de confort. C’est ça aussi, l’en- trepreneuriat ! Avec un tel public, avec de telles thématiques, les codes classiques de l’enseigne- ment explosent. Dans l’enseignement aussi, il faut prendre des risques, tester, expérimenter, quitte à revenir en arrière, rebondir... Avec un tel public,
à nous aussi de montrer l’exemple. Un autre point commun à ne pas passer sous silence : ce sont des compétiteurs, pour preuve leur participation très active à ce concours de mini-nouvelles. [lire ci-des- sus, 29 ont été produites, ndlr].
Pour quelles créations ?
Avec les nombreux dispositifs à leur portée, les incubateurs, l’accompagnement, le réseau Pépite, les créations d’entreprises sont fréquentes. Mais parfois à partir d’une idée modifiée par rapport à celle du départ. Autre schéma possible : une étu- diante est partie en année de césure à HEC. Elle n’est pas revenue. Elle a trouvé sa voie. Nous en sommes heureux. Certains viennent du droit, d’autres d’éco-gestion... Un vrai brassage, avec des parcours qui ne sont pas forcément linéaires. Un autre exemple de réussite ? Trafalgar, maison de portraits, une société qui fait déjà beaucoup parler d’elle. L’une des fondatrices était étudiante ici. Hap- pée par le développement de son activité, elle n’est pas allée jusqu’au bout du master. Là encore, c’est très bien.
Prochain Numéro le Jeudi 31 janvier 2019
 110 DÉC. /JANVIER 2019 | ecoreseau.fr
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