﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ CRÉATION
Votre idée mérite-elle une entreprise ?
PRODUIRE EN FRANCE
Relocalisation et circuits courts
Green
LOI PACTE
Des enjeux colossaux pour l’entreprise
business
Trump contre l’Europe
TOUR DU MONDE DE L’INNOVATION
Son protectionisme va-t-il impacter les
habitats du futur
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
entreprises françaises?
ecoreseau.fr
ENTREPRENDRE INNOVER POSITIVER
N° 55 - novembre 2018
BEL : 4,90 € - DOM/TOM : 4,90 € - N CAL/S 590 cfp - POL/S 650 cfp - CAN 6,50 $ca - MAR 46 MAd
l’industrie face à ses transitions
Une boîte à outils bientôt indispensable
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[ EDITORIAL
Climat : les entrepreneurs sauveront l’humanité
Il fait chaud. Le 25 octobre, les étangs sont asséchés, la terre craquelle, le stress hydrique sidère les cultivateurs que l’on voit le soir aux JT égrener de la terre sèche entre leurs mains et expliquer que le quintal à l’hectare sera
catastrophique. Dimanche 28, la France a eu très froid. Pourtant, des experts nous expliquent pourquoi cet anticyclone qui joue avec l’air froid et l’air chaud n’a rien d’inquiétant. Pourquoi la catastrophe mortelle dans l’Aude n’est qu’un épisode méditerranéen « normal ». Changement climatique ? Si l’on prête bien l’oreille, d’autres météorologues glissent que ces « incidents », tout ce qu’il y a de courants, pourraient se multiplier, qui seraient le signe d’un dérèglement. Le Groupe d’expert intergouvernemental pour l’évolution du climat, le Giec, interpelle carrément les dirigeants politiques. Toute l’industrie, dans tous les secteurs, se prépare depuis plus de dix ans à une économie verte dont les pro- cessus, les matériaux, les inventions pourraient contribuer à limiter enfin cet emballement de température qui nous pend au nez, et qui a déjà commencé, n’en déplaise aux rassurants spécialistes. Mais les décideurs politiques ne bougent pas. Ne disent rien. Tétanisés par les lobbys, l’opinion publique et Donald Trump. Je croyais que tous les médias allaient faire leur job, titrer sur l’urgence, appeler les citoyens à descendre dans la rue, prendre à partie le nou- veau ministre de la Transition. Rien. Seul Le Point du 25 octobre ose faire sa
une sur « Les nouvelles solutions pour sauver
la planète » – comme nous dévoilons le des-
sous des cartes à un mois du salon Pollutec en compagnie de sa directrice générale. Notre confrère s’avise que « l’écologie ne rime plus
avec idéologie ». Bien sûr ! L’écologie rime
avec croissance et emplois. Demandez aux entrepreneurs, start-up comme géants inter- nationaux : voilà belle lurette qu’ils attendent
dans les starting-blocks que les dirigeants politiques les invitent à sauver l’humanité . sourde et aveugle en restaurant la croissance
et en créant des emplois. Des millions d’emplois.
BEL : 4,90 € - DOM/TOM : 4,90 € - N CAL/S 590 cfp - POL/S 650 cfp - CAN 6,50 $ca - MAR 46 MAd
CRÉATION
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LOI PACTE
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Trump contre l’Europe
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Son protectionisme va-t-il impacter les
habitats du futur
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
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4 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
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LE CHAT by Philippe Geluck
Olivier Magnan rédacteur en chef
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[Galaxie ecoRéseau
6-13
cahieR pRatique 50-69
Créer aujourd’hui
Votre idée mérite-t-elle une entreprise ? 51
Business guides
- Cadeaux d’affaires : Cibler juste et à la carte 54 - Le séminaire, un événement en convalescence 60 - Événementiel : filière pérenne et juteuse ! 64 - Véhicules d’entreprise : les loueurs s’occupent de tout 68
Rh & FoRmation 70-77
Réseaux & Influence
Réseau Entreprendre : de l’art de créer des employeurs
qui recrutent 70
Observatoire 72 Manager autrement
Quel«gap»entreunbac+2etun+5? 76
aRt de vivRe & patRimoine 78-95
La Sélection culturelle par Christophe Combarieu 78
SOMMAIRE
                  www.ecoreseau.fr
13, rue Raymond Losserand – 75014 Paris
Courriel : contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
Rédaction EcoRéseau Business
Courriel : redaction@lmedia.fr
Rédacteur en chef
Olivier Magnan
Chroniqueurs : Alto Avocats®, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France®, Christophe Combarieu, Arthur Cohen, Philippe Croizon, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon, Monrh@moi, IsaLou Regen, Frédéric Rey-Millet, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Cédric Ternois, TheFamily®
Collaborateurs réguliers : Jean-Marie Benoist, Elsa Bellanger, Joseph Capet, Charles Cohen, Chloé Consigny, Audrey Déjardin, Anne Diradourian, Julien Fournier, Geoffroy Framery, Stéphanie Gallo, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Marc Hervez, Aymeric Marolleau, Emilie Massard, Cyril Michaud, Raphaëlle Mittler, Julie-Chloé Mougeolle, Jonathan Nahmany, Mathieu Neu, Nicolas Pagniez, Antoine Pietri, Patrice Remeur, Séverine Renard, Tessa Talon, Julien Tarby, Pierre Tiessen, Carla Verley, Ariane Warlin, Murielle Wolski
Dessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie Boulard
Réalisation
Courriel : production@lmedia.fr
Responsable production : Frédéric Bergeron Conseiller artistique : Thierry Alexandre Crédits photos : Shutterstock, DR
Publicité & Opérations spéciales
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Diffusion, abonnements & vente au numéro
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13, rue Raymond Losserand 75014 Paris Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 39 €TTC au lieu de 45 €TTC Abonnement 2 ans : 75 €TTC au lieu de 90 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLP
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RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0323 T 91730 Dépôt légal : à parution
Numéro ISSN : 2609-147X
Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés
pour appréciation.
Baromètre de l’optimisme 6
en couveRtuRe 14-23 Grand Angle
Changer de modèle, et vite ! 16
Rétrospective
Écologie et politique, l’incompatibilité 18
Prospective
Le jour où la Terre continua... 20
Régions & Territoires
Économie verte : les pionniers sont gagnants 22
   société 24-27 Monde
Protectionnisme américain : quels impacts pour les entreprises européennes ?
  24 Pacte : création d’entreprise presse-bouton (et ça grince) 26
France
L’Art du temps
L’Actualité automobile : Essais & Tendances Baromètre Finance de marché
Baromètre Patrimoine
Investissement
Assurance-vie, la valeur sûre
79 87 88 90
92
L’œil décalé
La nouvelle limitation de vitesse tiendra-t-elle ses promesses ? 28
club entRepRendRe
Baromètre & Tendances Enquête
Relocalisation en France : encore un effort !
Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Thibaut Duchemin, fondateur et PDG d’Ava
Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Sophie Lebas-Vautier, fondatrice de Good Fabric et de Marie & Marie, lauréate des re.start awards
En immersion
Jean-Charles Varlet, freelance d’une génération autoentrepreneuse
30-41
 30 34 38
39
41
expRessions 100-103
Tribune libre 100 Concours de micronouvelles 101 Regard sémantique 102
                       stRatéGie &
innovation numéRique 42-49
Baromètre de l’innovation
Le tour du monde de l’innovation
   42 Acheter, isoler, gérer un habitat sur terre et dans l’espace 44
  Décryptage
L’intelligence artificielle, de « simples » technologies logicielles
46
NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme
Le verbatim à retenir...
Il y a des êtres qui font
d’un soleil une simple tache jaune, mais il y en a aussi qui font
d’une simple tache jaune, un véritable soleil.
Pablo Picasso
     Thierry Saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme,
Incubateur d’énergies positives.
Optez pour la zen attitude
«Soyez zen » est une expression entrée dans le lan- gage courant pour inciter, à la moindre contrariété, à respirer pour retrouver le calme et l’apaisement.
Atteindre la « zénitude » demande évidemment des efforts plus importants, comme on le voit avec la méditation, efforts qui nous ont été, pour une part, enseignés par le bouddhisme. Au-delà de la religion, de la croyance, la pratique de ces en- seignements s’est laïcisée.
À la base, il y a l’idée que tout est relation, nous dirions au- jourd’hui en connexion, et que nous complexifions souvent la vraie nature des choses. C’est la force de l’esprit qui traduit les bonnes et les mauvaises circonstances en bien- être ou en souffrance.
Le malheur, c’est plus la façon dont nous interprétons une souffrance que la douleur elle-même, l’idée qu’elle échappe à notre contrôle, qu’il existe une fatalité, que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Chaque cause, trouble ou contrariété peut être source de changement à condition de ne pas se réfugier dans l’ignorance mais d’affronter la réalité en face.
Nous avons tous un potentiel de bonheur, des marges de manœuvre pour positiver. Nos espoirs et nos craintes ne se situent pas à l’extérieur mais en nous-même. Le bonheur est beaucoup plus souvent à portée de la main ou du regard que certains le pensent. Cette aptitude se conjugue au présent, c’est le moment opérationnel où nous avons une influence, une chance de nous réaliser, d’opérer un changement, de ne pas laisser passer une opportunité.
Notre équilibre hédonique dépend aussi de celui des autres. Le bouddhisme nous rappelle que le plaisir, les sensations agréables, les petits bonheurs enjolivent notre vie personnelle mais c’est la relation à l’autre, au collectif qui donne un sens à la vie et permet d’accéder à la plénitude.
L’objectif c’est la coopération à tous les niveaux, du foyer fa- milial à la planète, de la commune au continent, de l’école à l’entreprise. Mathieu Ricard la considère comme le fil d’Ariane qui relie le court terme de la prospérité, le moyen terme de l’épanouissement d’une vie et le long terme de l’environnement. Les égoïstes ne coopèrent pas. Les optimistes sont toujours ouverts à un travail, une recherche, un projet d’intérêt collectif.
    LE CHIFFRE
 55
  6
NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
... levés par les start-up françaises du 13 au 19 octobre 2018.
Très exactement 53,55 millions.
Un chiffre venu tout droit du pointage du site de Maddyness, le site que Louis Carle et Étienne Portais ont fondé en 2012 pour refléter l’actualité pour le
moins foisonnante de l’écosystème des start-up. Une occasion de saluer confraternellement ce site de talent tourné vers « le futur des entreprises et de la société tout entière en donnant un avant-goût de ce que seront nos vies demain » (dixit le site).
Cette semaine-là, Maddyness a recensé 14 investissements, notamment chez...
1-Cooptalis
-Recense les « talents » qui souhaitent travailler à l’international et les entreprises qui les recherchent.
- Combien : 20 millions
- Auprès de : Idinvest Partners, Entrepreneur Venture, CM-CIC Investissement, Finorpa et l’IRD.
- Objectif : ouvrir un bureau au Canada pour mieux accompagner les salariés dans leurs souhaits de mobilité internationale.
2-Syntony
-Stratégie énergétique des industries.
-Combien : 15 millions
- Auprès de : des « investisseurs industriels
majeurs » discrets.
- Objectif : correspond à l’arrivée d’un nouveau DG et l’ouverture d’une nouvelle usine de 3 200 m2 à Toulouse.
3-Metron
- Installe le GPS dans les tunnels, les trains et les métros par logiciel GNSS (Toulouse, New York, San Francisco).
- Combien : 8 millions
- Auprès de : BNP Paribas, Financière Fonds Privés et Breed Reply.
- Objectif : accélérer son développement à l’international et investir en R&D (intelligence énergétique).
millions d’euros...
 L’onde positive
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                 PARIS | NANTES | BEIJING | SHENZHEN
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 ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme
L’IMAGE
BEPICOLOMBO EN ROUTE VERS MERCURE
Aucun accroc : dans la nuit du 19 au 20 octobre, Arianespace a « injecté », comme dit l’aérospatiale, la sonde BepiColombo à la rencontre de la planète Mercure, la plus proche du Soleil (entre 45 et 70 millions de kilo- mètres) à bord d’une Ariane 5 ECA (100e lancement). Une approche de sept années calculée, concoctée, pilotée par l’ESA, l’agence européenne, associée à la Jaxa – Japan Aerospace Exploration Agency –, son homologue.
À la conception de BepiColombo, rien de moins qu’Airbus Defence & Space, tête de pont d’un consortium de 83 entreprises de 16 pays. Le partenaire industriel majeur est Thales Alenia Space, technologies clés du contrôle thermique dont dépend en réalité le succès de la mission : à une telle proximité du Soleil, la sonde va supporter des 350 °C – le réflecteur d’antenne en supportera jusqu’à 400 – tout en conservant l’électro- nique embarquée à ses températures de fonctionnement, de 0 à 40 °. Au fond, c’est un réfrigérateur que les agences envoient dans l’espace.
INFOS COURTES QUI DONNENT LE SOURIRE
 Tourisgo, « cocarturage » à la française
Après la loi Macron, les cars trouvent une nouvelle façon de se
remplir : le covoiturage adapté à l’autocar. L’idée de Tourisgo impulsée par Adrien Mérand n’est au fond que la transposition de l’affrètement, ce métier qui consiste à remplir des camions qui repartent à vide après leur livraison. Pourquoi pas avec des voyageurs ? D’autant que le concept existe depuis belle lurette. Le père du créateur de Tourisgo avait déjà mis en place dès 1999 l’optimisation du remplissage des cars qui convoyaient des groupes entiers. Le fils en termine avec cette exigence de groupes pour offrir aux voyageurs en solo la même économie des cars mal remplis. À condition qu’ils aient le réflexe de vérifier sur la plate-
forme Tourisgo si une petite place pas chère ne correspond pas à leur déplacement... Pour l’heure, Tourisgo est franco-français, mais ambitionne de s’exporter.
 Plus son entreprise est petite, plus on l’aime
La Fête des entreprises, organisée chaque année par le mouvement J’aime ma boîte créé par l’« activiste » de l’entreprise Sophie de Menthon, donne l’occasion à Opinion Way de prendre le pouls de l’attachement des Français à leur boîte, justement. Attention, ça baisse : 62 % cette année l’aiment, leur boîte (ils étaient 69 % en 2017). Mais
l’optimisme se porte sur le re-
gain d’« amour » manifesté poursa«petiteboîte»:75%
déclarent leur flamme à leur
TPE, 69 % à leur PME. Quid
des 51 % « seulement » qui en
font de même pour les grandes
entreprises de plus de 5 000
salariés ? La faute en revient
à la technocratie, aux régle-
mentations et aux hiérarchies complexes, opine Sophie de Menthon. Autres surprises : 69 % des Franciliens aiment leur boîte (8 points de plus que la moyenne nationale) et 51 % des sondés estiment qu’Emmanuel Macron contribue à « réconcilier » les Français avec l’entreprise.
 LinkedIn, son 1er classement des start-up les plus attractives
On ne passera pas à côté de cette initiative du réseau so- cial le plus actif dans les interactions professionnelles. Un exemple de big data puisé dans la montagne de données charriées par les 575 millions de membres du réseau – 16 millions en France (on parle de milliards d’actions). La formule de calcul se fonde sur quatre critères : croissance de l’effectif, interactions sur la plate-forme, intérêt porté à leurs offres d’emploi, attraction des meilleurs talents. Il en ressort un palmarès maison de 25 jeunes pousses, « futurs fleurons de l’économie nationale », estime le réseau, des fintechs, des start-up dans l’IA et le véhicule autonome. Effectivement, assez représentatif de la tendance hexa- gonale. On les cite ? Oui, oui, bien sûr...
1. PayFit (gestion paies et déclarations sociales), 2. Snips (assistant vocal intelligent), 3. Qonto (néobanque, présenté dans ERB n° 53, p. 34), 4. Everoad (plate-forme logistique de transport routier), 5. Blade Shadow (matériel informa- tique), 6. Wemanity (accompagnement vers l’entreprise agile), 7. Navya Group (mobilité urbaine), 8. Aircall (té- léphonie d’entreprise, présenté dans ERB n° 54, p. 18), 9.
       8 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
Tiller Systems (logiciels points de vente), 10. Back Market (reconditionnement téléphones et autres appareils), 11. Malt (freelancing), 12. LumApps, 13. Netatmo (maison connectée), 14. Bird Office (salles réunions séminaires, formations), 15. Shippeo (flux de transports routiers), 16. Lydia (paiement mobile), 17. Lendix (financement parti- cipatif PME), 18. Octoly (marketplace d’intermédiation entre marques et influenceurs), 19. Easyrecrue (présélection candidats par vidéo), 20. Thiga (Product Management et Product Design), 21.UX-Republic (optimisation de l’ex- périence utilisateur), 22. Dreem (qualité du sommeil), 23. Abbeal (coworking), 24. AptiSkills (ingénierie BTP et industrie), 25. EasyMile (mobilité urbaine).
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme
LE GRAPHIQUE
SERVICE CLIENT 2019 : INTERNET, MEILLEUR VECTEUR
BVA Group a mené de mai à juillet 2018 avec Viséo Customer Insights son élec- tion du Service client de l’année 2019. À raison de 225 tests clients mystères (dix semaines par téléphone, mail, réseaux sociaux, tchat sur le site même des candidats), il s’agit de mesurer la qualité et la pertinence des réponses, la per- sonnalisation, le temps de réponse, la qualité rédactionnelle...
Quarante-cinq marques françaises ont décroché le pompon à travers autant de catégories, depuis EPS pour la télésurveillance jusqu’à Vente privée pour la vente à distance. Pour Bruneau, par exemple, champion du service client dans la catégorie fournitures et équipements pour l’entreprise, 75 % des appels pris en moins de 10 secondes, 80 % des mails traités en moins de 4 heures, 93 % de clients satisfaits sur le tchat, réponses aux questions sur Facebook en moins de 10 minutes.
Source : Observatoire des services client 2018 BVA
À LIRE
« Faiblesse d’achat » : le pouvoir reste à reconquérir
Dieu (monétaire) sait à quel point un tel ouvrage
était attendu ! L’euro et son œuvre devaient nous apporter sécurité et pouvoir d’achat ; il apparaît de
plus en plus comme le grand paravent d’une vraie
fausse inflation qui se cache derrière la devise. Qui-
conque – d’une certaine génération qui l’a connu –
s’amuse encore in petto à la conversion euro-feu
franc s’affole au quotidien du prix des choses : 50
centimes d’euro, ce n’est rien, sauf si l’on se sou-
vient que l’on détenait avant 2002 3,28francs en
poche, ce qui fait cher le sucre d’orge ! Que pour
12 F, l’on s’offrait un repas complet qui vaut... 6,5
fois plus cher aujourd’hui. Or rares sont les écono-
mistes à s’être plongés dans les arcanes de l’euro
pour démontrer avec brio la « désillusion » (mot de
l’auteur) du pouvoir d’achat de 1965 à 2015. « Il est temps de crever l’abcès », estime Philippe Herlin. Sans anesthésie. Mais des solutions « existent, à notre portée ». OM
Pouvoir d’achat, le grand mensonge, Eyrolles, 2018.
Chroniques des 34 crises qui nous guettent
R evoici Marc Touati, grand vulgarisateur et
conseiller des entreprises et des professionnels.
Les éditeurs – sept livres à succès – le détestent
depuis qu’il autopublie son dernier ouvrage, Un
monde de bulles, les spéculateurs le (dé)testent
depuis qu’il annonce la nouvelle crise financière
à nos portes. Ses lecteurs l’adorent puisqu’il
écrit tout haut ce que l’économiquement correct
tait. Chacun de ses 34 premiers chapitres (tous
en quelques pages) dénonce la bulle et projette
le risque. Le 35e délivre le conseil ultime qui n’a
de sens que pour les nantis: limitez donc vos
avoirs sur livrets, comptes et supports d’épargne
à 100 000 euros, quitte à les multiplier, sinon tout
ce qui dépasse risque la confiscation le jour où
« la panique internationale » lui donnera raison. Ouf ! Les pauvres ne risquent rien...
Un monde de bulles, bitcoin, Bourse, dettes, immobilier..., Autoédité par Marc Touati, 2018
        NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme
BONNE IDÉE
Créer une entreprise solide : les 5 règles fondamentales pour construire dans la durée
   C réer sa propre entreprise tente tou- jours plus de Français : près de 600 000 ont tenté l’aventure en 2017, un record ! Mais la moitié de ces entreprises ne passe pas le cap des cinq ans. Alors, comment poser les bases d’une entre- prise durable, donner dès le début les meilleures chances à son projet ? Quels r éflexes adopter, quelles erreurs évi- ter ? Cinq principes fondamentaux pour optimiser ses chances de durer.
1. Se poser les bonnes questions
D ’abord, avant d’effectuer le « grand s aut », il faut savoir s’interroger luci- d ement. Pourquoi vouloir créer son e ntreprise ? Par motivation person- n elle ? Par besoin ? Quel est le projet concret ? Quels besoins implique-t-il en fournitures, en stock ? Quels moyens fi- nanciers et humains ? Et surtout, quels risques est-on prêt à prendre, à évaluer a ussi précisément que possible ? Que
EN FRANCE
L’assureur santé qui rembourse la méditation !
Il fallait l’oser. C’est Alan (10 000 assurés, 1 400 entreprises) qui se lance. Bien sûr, des assureurs rem- boursent certaines médecines douces – ostéopathie, chiropractie, acupuncture, étiopathie, psychologie ou sophrologie. Mais la méditation ! Et pourtant, la méditation de pleine conscience améliore et guérit. Pour un assureur, l’investissement produira donc un retour flagrant. C’est le pari assumé par Alan en
s’associant à Petit Bambou, une application de méditation appréciée en France et en Europe. Les assurés percevront 25 euros pour un abonnement de six mois (42 euros) ou d’un an souscrit entre le 1er novembre et le 30 avril 2019.
Livre blanc : l’IA révolutionne les compétences
L’Association française de la relation client et le groupe Kea, conseil en direction générale, ont voulu savoir : l’intelligence artificielle va forcé- ment bousculer les compétences des cerveaux organiques... Mais comment les chefs d’entreprise appréhendent-ils cette remise en cause accélérée de leur vision de l’entreprise ? Kea & Partners et Tilt Ideas ont interrogé 89 professionnels d’entreprises adhérentes à l’AFRC, tous secteurs confondus,
entre juillet et septembre 2018. En substance : 93 % des dirigeants estiment que la ré- volution des compétences est une opportunité pour leur entreprise, 96 % y voient un atout pour rester compétitif et
82 % la ressentent comme un levier pour être une marque employeur attractive. Mais... 8 % seulement « estiment que leur organisation est vraiment prête à affronter cet enjeu majeur ». Moralité :
« L’intelligence artificielle va indiscutablement bouleverser les compétences des équipes qui
doivent apprendre à développer leur intelligence émotionnelle, mais également celles des managers qui vont passer d’un management “consommateur de talents” à un ma- nagement “développeur de talents”. » À la clé, la fonction RH. Elle doit se réinventer.
élément du quotidien de l’entrepreneur.
3. Savoir s’adapter
L es offres et les demandes évoluent chaque jour. Il faut donc rester en veille, s ’intéresser aux tendances. Le vrai risque ? Ne pas se renouveler. Ce qui fi- nirait forcément par donner une impres- sion négative aux lecteurs, aux clients. C ’est pourquoi les réseaux sociaux ont toute leur place. Ils sont des vecteurs d e communication sur les offres déjà présentes, mais aussi les tests de nou- v elles orientations : c’est tout l’art de « l’effet papillon ».
4. Bouger
Les réseaux sociaux ne font pas tout. Pour construire une entreprise durable, l ’entrepreneur doit aussi se déplacer, p rendre des rendez-vous et aller au contact humain réel. Il faut donc prendre tout le parti des réseaux sociaux afin de
rencontrer réellement, autour d’un café, projets sous le bras, des nouvelles per- sonnes, des clients potentiels. Les liens humains donnent du souffle, du poids à une entreprise.
5. Savoir prendre du recul
Malgré tout, toute la vie de l’entrepre- neur ne doit pas tourner autour de son e ntreprise. Il doit absolument, pour se « recharger », savoir prendre du temps p our lui : pratiquer un sport, s’inscrire dans un club, sortir, passer du temps a vec ses proches... Bénéfice addi- t ionnel : en sortant, en s’intéressant à d ’autres sujets, ses idées deviendront p lus créatives, plus variées, plus inno- v antes. Et son réseau relationnel s’en- richira.
Xavier Petitpez, formateur et conférencier, Demos, sera au Salon des Entrepreneurs, Paris, 6 et 7 février 2019
 se passe-t-il si les bénéfices ne sont p as au rendez-vous aussi rapidement q ue prévu, avec quels moyens l’entre- prise pourra-t-elle durer ?
2. Communiquer à moindre coût
Il est possible de donner de la visibilité (dans un premier temps gratuitement) à s on entreprise. En utilisant, selon son a ctivité, des réseaux sociaux comme LinkedIn ou Instagram. À force de publi- cations, la communication se met d’elle- même en place, elle devient aussi un
CEUX QUI FONT BOUGER LES LIGNES
1 Français sur 5 créateur ou repreneur d’en- treprise en 2017
L’Indice entrepreneurial français de l’Agence France Entrepreneur, en s’appuyant sur deux séries d’indicateurs, la « chaîne entrepreneuriale » (futurs entrepreneurs, porteurs de projets, chefs d’entreprise et anciens dirigeants) et la « culture entrepreneuriale des Français » (sensibilisation à l’entrepreneuriat et perception de la création d’entreprise et du métier de chef d’entreprise), établit que :
• 30 % des Français de 18 ans et plus se sont engagés dans une démarche entrepreneuriale. • Près de 20 % ont pensé créer ou reprendre une entreprise en 2017.
• 7 % ont engagé des démarches.
• 13 % ont créé ou repris une entreprise, depuis revendue ou clôturée.
Hors microentreprises, en France, 349 000 entreprises classiques ont été lancées en 2017 (plus 240 000 microentreprises). 12 % des Français se déclarent entrepreneurs.
DANS LE MONDE
Chaussette mérinos autorégulée
Des chaussettes confortables, chaudes, mais capables de ne
pas transformer le pied en culture (de microbes) sous serre ?
Une start-up canadienne a créé la Nerverquit Sock, chaussette
en laine mérinos adaptable aux températures. Léo Chen, le créateur, a réuni modestement quelque 17 000 euros sur sa page Kickstarter.
Hyperloop : traverser Los Angeles en 6 minutes avant la
    fin de l’année ?
Au fait, où en est l’hyperloop d’Elon Musk, ce double tube suré- levé dans lequel des capsules de transport (voyageurs et/ou mar- chandises) se déplacent à 885 km/h ? Elon Musk a annoncé par tweet l’ouverture du premier tunnel sous Los Angeles (6’) le 10 décembre. Y croire ? Pour une fois celui qui fait vraiment bouger les lignes n’y est pas allé d’une spectaculaire annonce. Alors...
  10 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                    NOUS
DÉDIONS
CE PRIX
À NOS 25 000
ASSOCIÉS.
CORUM Origin est consacrée pour la 2e année consécutive aux Victoires d’Or des SCPI(1) pour sa performance.
CORUM Origin : 6,45% distribué en 2017(2), plus de 6% distribué chaque année depuis le lancement en 2012, 5,53% de taux de rendement interne 5 ans(3). Comme tout placement immobilier, il existe un risque de perte en capital et les revenus ne sont pas garantis, ils peuvent donc varier à la hausse comme à la baisse. La SCPI est un investissement long terme dont la liquidité est limitée. Et comme tout placement, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
(1) Distinction par Le Particulier publiée en septembre 2018 sur la base de 3 critères (perspectives futures, performances passées et qualité intrinsèque). Tous les critères et classement du magazine Le Particulier des Victoire des SCPI sur www.corum.fr. (2) Distribution sur Valeur de Marché (DVM) : rapport entre le dividende brut distribué par part avant prélèvements français étrangers et le prix moyen annuel de la part. (3) Taux de Rendement Interne (TRI) : calcul de la rentabilité de l’investissement qui tient compte de l’évolution du prix de la part et des revenus distribués sur la période. Avant tout investissement, le souscripteur doit prendre connaissance de la note d’information et du document d’information clé présentant l’ensemble des caractéristiques, des risques et des frais afférents à l’investissement, disponibles sur www.corum.fr et doit vérifier qu’il est adapté à sa situation patrimoniale. CORUM Origin, visa SCPI n° 12-17 de l’AMF u 24/07/2012, notice publiée au BALO, bulletin n°61 du 21/05/2018.
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    EBR-1118
]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme
THE GREEN LIFE®
u Transition : de quel bois je me chauffe !
Le ministère de la Transition écologique et solidaire a de quoi se montrer satisfait des dispositifs de répartition des frais de chauffage des logements sociaux et du
tertiaire : la solution Col- lectinergy d’Éco2Wat- tconseil se targue d’une économie garantie de 25 % à terme (18,40 % aujourd’hui). Com- ment ? Grâce à une vanne de régulation du confort sur chaque ra- diateur et un thermostat intelligent par pièce, pour une mesure de la quantité de chaleur effectivement consom- mée dans chaque local,
selon la directive euro- péenne. De quoi, pour les communes, échapper à l’amende de 1 500 euros par logement social et par an prévue par la loi SRU. Collectinergy vise 5 millions de logements et 500 millions de m2 de tertiaire en France. « À la clé, 1 milliard
d’économie par an en France et 20 000 emplois », exulte le ministère.
u ChangeNOW : petit aperçu de solutions à imposer maintenant
Le sommet mondial de Paris au beau nom de ChangeNow (Changer ! Mainte- nant !), les 28 et 29 septembre, aurait pu dire adieu à M. Hulot et accueillir M. de Rugy, son successeur. Hélas, aucun des deux ministres n’est allé prendre le pouls de ce « Pollutec » bis sur le campus de Station F. Ils auraient pu y voir...
nLes solutions inédites de New World Wind et son arbre à vent, première éolienne biomimétique dont la moindre brise fait tourner les « feuilles » pour produire de la microélectricité. « Il peut s’im- planter partout, au plus près des usages, jusqu’au cœur des villes. »
n Il ressemble à du plastique, il
s’emploie comme du plastique, mais il est totalement compostable. Tipa l’américain se positionne comme le packageur durable. Pourquoi ne pas tout miser maintenant (now !) sur ces nouvelles formules ? On a l’agrément, pas les conséquences mortelles.
nTransformer de l’eau de mer en eau potable sans usine à gaz ? Nereo est un « puits » où l’eau salée remonte par pression naturelle jusqu’au dispositif d’osmose inverse. Ҫa se pose partout, ce n’est pas cher, c’est la solution. On attend quoi ?
n Des panneaux solaires invisibles en façade : SolarLab vous glisse du panneau partout, c’est coloré, c’est discret. Pourquoi n’en fait-on pas maintenant une obligation pour les nouveaux bâtiments ?
nEt le Piipee du Brésil, il pourrait devenir le standard des toilettes, non ? On remplace l’eau par un produit à base d’extraits de plantes et de bicarbonate de soude. Ça détruit l’odeur, ça éclaircit l’urine : on pisse et plus besoin de tirer la chasse (réservée à la grosse commis- sion !). Même les toilettes écologiques avec leur déclencheur de chasse qui tire trois fois moins d’eau que les procédés traditionnels ne rivalisent pas. On fait sa fortune quand, à cet inventeur brésilien ?
        12 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[ Grand Angle
Changement de modèle : trop lent ?............................................p16
Rétrospective
Écologie et politique, l’incompatibilité........................................p18
Régions & Territoires
Économie verte : les pionniers sont gagnants.............................p20
Prospective
Le jour où la Terre continua........................................................p22
EN COUVERTURE
Il y a urgence, « la maison brûle »
L’industrie face à ses transitions
Le 28 août, un micro-événement à échelle de planète plonge un petit pays, la France, dans ses contradictions : la démission de l’emblématique ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot. Son successeur, François de Rugy, ex-député, ex-Génération écologie, ex-Vert, semble jusqu’alors coi et prudent. Il faudrait pourtant que le politique donne des signaux positifs et accélère une transition qu’à bas bruit toute l’industrie – en France comme ailleurs dans le monde – a anticipée. La plus grosse centrale solaire du monde à Dubaï sera construite par... EDF Énergies nouvelles. Une énorme centrale hydroélectrique au Brésil est l’œuvre du français Engie. Une centrale photovoltaïque pour 255 000 foyers est en construction par Total en Californie. Et Renault est le n° 1 de la voiture électrique produite en Europe. La France détient les clés de sa transition. Qu’est-ce qu’on attend, M. le Président ?
 14 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                         ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Grand Angle
 Le green business, clé de la sauvegarde de la croissance économique et de la planète Changer de modèle, et vite !
 Il suffirait de presque rien, peut-être dix années de moins, à la façon Reggiani. Une COP®définitive, ultime, planétaire, signée par des chefs d’État responsables... il y a dix ans. Au terme de laquelle l’industrie, les services, l’habitat, l’air, l’eau devaient répondre à des normes environnementales strictes et l’énergie fossile comme nucléaire remplacée en l’espace de dix ans par de nouvelles technologies 100 % renouvelables. Les pays en voie de développement auraient bénéficié de l’aide intéressée des ingénieurs occidentaux. Le plastique eût
été proscrit. Les déchets tous recyclables. Les voitures électriques
à batteries non polluantes et d’autres à pile à combustible auraient renvoyé Diesel et Beau de Rochas à l’histoire. Toutes les industries se seraient mises au diapason, le carbone résiduel émis, en dix ans, aurait été inférieur en volume au carbone absorbé. Oui, mais il y a dix ans, aucune COP n’a rien décidé de tel et aucun chef d’État n’a rien vu ou rien voulu voir venir. Et pourtant...
devraient titrer chaque jour sur l’urgence, restent zen.
Ce beau programme pose une condition : pour qu’une transition écologique réelle, volontaire, accélérée réussisse, il faut en finir avec les énergies fossiles et nucléaires. Et tour- ner la page de la consomma- tion animale à grande échelle, avec, au-delà de la souffrance d’êtres vivants réduits à des « ressources » alimentaires, le cortège des pets des trou- peaux – les vaches françaises émettent à elles seules en un an autant de gaz carbonique à effet de serre que 15 millions de voitures – et la consommation effrénée d’eau – 1 500 litres pour produire un steak ! C’est là que le bas blesse (non, pas de faute, le bas de nylon tiré du pétrole, bien sûr).
Dit autrement : depuis des décennies, l’humanité sait comment limiter le dérègle- ment climatique, se passer du pétrole, produire une nourri- ture saine, bio, sans pesticide, peu de viande, le tout sans décroissance, sans remise en cause du modèle libéral éco- nomique, sans renoncer à bâtir des fortunes ni retourner sur la Lune (ou Mars). Bref, tout peut continuer. Ou presque. Mais... l’homme s’y refuse de façon suicidaire.
Pourquoi ? Sans doute parce que les grands consortiums indus- triels ne veulent pas prendre le
(tiens, le sous-titre de votre magazine...) car des tendances fortes agitent toutes les sociétés du monde entier.
Giec : les experts se sont adressés directement aux diriGeants
Le 8 octobre, le Groupe d’ex- perts international sur l’évolu- tion du climat (Giec) lance à la face des dirigeants et déci- deurs politiques un rapport de 400 pages dont il prend soin de tirer un résumé avec cette apostrophe : « Nous avons remis le message aux gou- vernements, nous leur avons donné les preuves, à eux de voir. » Bigre, le ton a changé. Les objectifs de la COP 21 – l’accord de Paris – ne sont plus suffisants. Ils n’ont du reste pas reçu le début d’une mise en œuvre.
• Au-delà de 1,5 °C de hausse de la température globale (par rapport à la période préindus- trielle du xixe siècle), toute la planète est touchée irrémédia- blement (y compris les rives méditerranéennes de l’hémis- phère nord). Des milliers d’es- pèces animales disparaissent, l’espèce humaine est frappée, le Groenland voit ses glaces disparaître à moitié.
• Le pourcentage de réduction des émissions de CO2 nécessaire pour confiner le réchauffement à 1,5 ° ne cesse de grimper.
contraignantes gigantesques en engageant... 2 400 milliards de dollars par an, soit 2,5 % du PIB mondial. Ce qui, sur le papier, est faisable et ridi- culement moins coûteux que le prix... de l’inaction. Que paiera... l’humanité de 2050. Trump, entre-temps mort riche, ne sera plus là pour regretter son déni écologique.
Mais ce que ce président in- conscient n’a peut-être pas saisi, c’est qu’une grande partie de l’industrie américaine, tou- jours puissamment polluante, s’est déjà convertie au green business : du Massachussetts à la Californie, les venures capitalists, les labos des uni- versités, les acteurs indus- triels des grandes entreprises misent depuis longtemps sur l’indépendance énergétique des États-Unis et la relance verte. Ils appliquent toujours le « Stimulus plan » d’Obama qui avait débloqué des fonds pour l’isolation thermique et la recherche sur les biocar- burants. Depuis 2013, des cortèges de PME françaises encadrées par bpifrance et la French Tech s’installent outre-Atlantique. Les Chinois, depuis 2008, ne croient plus que le réchauffement soit une invention des pays développés et ont pris conscience, avec leurs dirigeants, que l’Empire est le premier producteur de dioxyde de carbone du monde. C’est
Olivier Magnan
Pourtant, le green business, alias business vert, éco- nomie verte, était déjà à l’œuvre. Une fois n’est pas coutume, l’auteur de cet article se cite : j’avais créé dans les années 1990 un premier maga- zine –, Valeurs vertes – dont le n°1titrait:«F...lapaixaux industriels » (sous-entendu, ils commencent à travailler sérieusement à réformer leurs modes de production polluants sous la contrainte des premières réglementations européennes). Quelque vingt années plus tard, en 2009, paraît Green- Business le bien nommé, qui suscite l’intérêt d’entreprises conscientes de l’urgence à
agir et inspire quelques titres encore à l’œuvre. Ce qui veut dire que le green business, ensemble des activités éco- nomiques qui produisent des biens et des services conçus pour éviter, réduire ou suppri- mer des nuisances pour l’en- vironnement (et désormais en parallèle avec une alimentation dite biologique), non seulement se développe, mais devance, dans le monde de l’entreprise, des mesures politiques insuf- fisantes. Simple ? Presque trop. Vous ajoutez : ces biens et ces services « vertueux » prennent le relais obligatoire de tout ce qui ne se biodégrade pas, ne se recycle pas et pollue,
et vous tenez votre équation : croissance, marchés, business, toute l’économie planétaire au diapason d’un développement enfin durable fait l’économie de quelques génocides, extinctions d’animaux et autres désertifi- cations, et tout est bien dans le meilleur des mondes décarboné. Au lendemain de la démission fracassante du dernier ministre d’État de l’Environnement, rebaptisé Transition, Nico- las Hulot, tous les politiques, de Daniel Cohn-Bendit à la République en marche, af- firment que développement et sauvegarde de la planète ne sont pas incompatibles ! Pour autant, les médias, qui
Est-ce trop tard ? Pas si sûr. Des tendances fortes agitent toutes les sociétés
du monde entier
   16
NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
moindre risque à court terme, parce que l’humain n’est pas aussi « intelligent » qu’il croit l’être, que les dirigeants du monde sont incapables de se projeter sur le long terme. Est-ce trop tard ? Pas si sûr. Il est toujours l’heure d’entre- prendre, innover et positiver
C’est désormais de 45 % par rapport à 2010 (année record, 32 gigatonnes seront émises en 2011) qu’il faut impérativement réduire les émissions. Nouvel objectif : neutralité carbone en 2050. Il faudrait pour y parvenir qu’un sommet mondial quasi immédiat décide de mesures
tardif – cette « révolution » des consciences publique et politique date de... 2018 –, mais le processus de réduction des émissions et de fermetures d’usines est engagé. En re- vanche l’Inde, 5e pollueur de la planète, ne veut pas entendre parler de réduction des gaz à
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Grand Angle
 effet de serre (GES) sur son territoire (ils ont augmenté de 75 % entre 1990 et 2003), mais attend des pays industrialisés que lui soient cédés les brevets des technologies propres : 20 % de la production de riz sont directement menacés par un réchauffement de 2 °. Quant à l’Afrique du Nord et au Moyen- Orient, c’est en termes d’ur- gence vitale qu’ils subiraient le choc du réchauffement non contenu : des centaines de mil- lions de personnes mourraient ou migreraient.
un moteur, la réGlementation Depuis plus de quatre ans di- rectrice générale des salons français Pollutec (quarante années d’existence...) et World Efficiency Solutions, Stéphanie Gay-Torrente voit toutes les filières et acteurs impliqués s’engager depuis quinze ans dans un green business aux complexités techniques sans cesse accrues dans les pays occidentaux quand les pays en développement avancent par des approches « low tech », sans doute plus adaptées aux enjeux mondiaux. Elle pressent dans les dix prochaines années une R & D plus accueillante à des savoirs ancestraux, biomi- métiques. Deux approches à la cohabitation délicate. Mais elle le constate, « les efforts des industriels sont considérables ». Le 28e « salon international des équipements, des tech- nologies et des services de l’environnement », du 27 au 30 novembre à Lyon Eurexpo, reste le pouls « objectif » de la vitalité des marchés du green business quand le tout nou- veau ChangeNow qui s’est tenu deux jours en septembre, s’annonce sous des couleurs plus militantes en affichant vouloir « changer le monde... maintenant ». Pour Stéphanie Gay-Torrente, les investisse- ments industriels réels dans la baisse des consommations énergétiques, la mise en place de processus de fabrication de biens et services durables, et décarbonés, sont bel et bien devenus des « sujets d’effi- cience » grâce à l’intégration numérique (big data et échanges
de données, objets connectés), que tous les secteurs profes- sionnels ont mis en œuvre bien avant que ces concepts n’en- vahissent la sphère du grand public. « Je ne citerai que la télésurveillance des réseaux d’eau et de l’air, aujourd’hui beaucoup plus précise, avec sa maintenance prédictive. » Elle est à la tête d’un salon où se concentrent les « enjeux de convergence des sujets et des besoins territoriaux ».
Un moteur essentiel a embrayé cette dynamique industrielle dès les années Lalonde à la fin des années 1980, quand le slogan « penser global, agir local » semblait déterminant : ce sont la/les réglementation(s), internationales, européennes, nationales. La réglementation
tion et l’entrepreneuriat, qu’il s’agisse du BTP, des transports, de l’énergie. « Nous assistons à des connexions matricielles qui émulent l’innovation. » Parce qu’elle sillonne le monde, sa
s’approprier les techniques et les procédés. »
Une antienne : trop-de-temps. Ces fameuses dix années qui auraient pu tout changer. Sté- phanie Gay-Torrente livre une
tique : le réseau de livraison de produits ou services, des matières premières jusqu’au client final que révolutionne le numérique, avec une logis- tique réductrice d’émission de
températures de l’océan dans la partie est du Pacifique Sud. Les 36 milliards de tonnes de dioxyde de carbone injectées chaque année dans l’atmosphère représentent aussi un marché gigantesque pour des entre- prises qui recaptureraient ce carbone pour le transformer, qui en plastique (recyclable), qui en ciment renforcé par des injections massives de carbone, qui en matériaux de revête- ment. Ne rêvons pas : ce sont des ponctions insuffisantes... • RSE et durable : une stratégie de Responsabilté sociétale des entreprises engage les salariés dans des attitudes « petits pas » de recyclage et de préservation de l’énergie et de l’eau.
• Les systèmes énergétiques locaux (microréseaux) : une grande tendance, sensible dans les pays en développement, à l’échelle d’un bâtiment, d’un quartier, d’un village, celle des unités de production et de consommation d’énergies re- nouvelables, souvent alimentées par des panneaux solaires. En 2016, on estimait leur capacité énergétique autonome à 13 gigawatts, avec 40 milliards de dollars d’investissement à la clé d’ici à 2020 et batteries. • L’économie collaborative touche les entreprises : des services d’optimisation du transport du fret et des colis aux sous-locations de bureaux inutilisés, il s’agit d’utiliser et de rentabiliser les infrastruc- tures, les équipements, les espaces. Le coworking (analysé dans Écoréseau Business n ° 53) en fait partie. L’économie collaborative, selon certains experts, transformera les en- treprises encore plus fortement qu’Internet.
• L’économie de la mer : cette blue economy à 2 500 milliards de dollars par an vise à mini- miser les dégâts causés par la surpêc.he, les transports, l’exploitation des ressources marines. Mais le combat reste inégal...
®COP : Conférence des parties. Com- posée de tous les États membres de la conférence (États parties), elle vérifie la bonne application (ou pas !) des objectifs des conventions interna- tionales adoptées.
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 Stéphanie Gay-Torrente (Pollutec) livre une image remarquable en citant l’aphorisme porté par certains observateurs : “Il faut combiner la fin du monde à la fin du mois.”
 vision positive des mouve- ments à l’œuvre vaut le voyage : aux États-Unis, les investisse- ments des grands groupes et des start-up se pérennisent, ne serait-ce que parce que les contre-sens de Trump sont impuissants face à l’indépen-
image remarquable en citant l’aphorisme porté par certains observateurs : « Il faut com- binerlafindumondeàlafin du mois. » Une courte vue impulsée par des modèles de résultats financiers immédiats. « Nos entreprises visent la fin
CO2, du gaspillage, des déchets d’emballages.
• Infrastructures économiques de l’énergie, du transport, de la finance, des bâtiments : elles appartiennent à l’ancien monde. De la Breakthrough Energy Coalition, fonds de développement de technologies énergétiques décarbonées au Green Intrastructure Invest- ment Coalition monté par des groupes d’investisseurs à la tête de plus de 1 000 milliards de dollars, les stratégies de changement empruntent au vocabulaire géopolitique – les coalitions. Brrr...
• Les ressources minières, le grand défi : gaz de schiste et lithium, charbon et exploita- tions destructrices de nappes et cours d’eau commencent à peine à susciter la réaction d’industriels américains à la recherche d’une fracturation hydraulique moins catastro- phique, d’une protection de la biodiversité autour des sites miniers. On parle d’investis- sement de 3,9 milliards de dollars dans les énergies re- nouvelables d’ici à 2022. Avec mise en œuvre d’une économie circulaire. Trop lent.
• Agriculture « régénérative ». Le WWF estime que la moitié des sols fertiles de la planète ont été dégradés depuis 150 ans. Le « smart farming » et l’agriculture urbaines mettent en place des modèles rentables. À condition que le ministre de la Transition écologique, en France, notamment, interdise enfin le glyphosate...
• Stockage et recyclage du car- bone : le 1,5 °C sera dépassé, il l’a été dès 2016 sous l’effet d’El Niño, ce courant d’air chaud qui génère des élévations de
  La seule isolation de
100 millions de logements : un marché de plusieurs milliards pour une kyrielle de métiers
normative reste « toujours un moteur très puissant » pour Stéphanie Gay-Torrente, at- tentive à la prise en compte des gouvernances locales, des ressources disponibles et des compétences, « d’une grande diversité dans le monde, elle- même d’un grand potentiel sur nos marchés de solutions à trouver et à déployer ». Son optimisme lui vaut ce mot : « Bluffant ». Le secteur du green business se montre plus que jamais créatif, non seu- lement à travers les attitudes des leaders nationaux, Veolia, Schneider, ABB, Eiffage, Bou- ygues, Vinci..., aussi et surtout, dit-elle, au sein des TPE et PME à travers lesquelles elle ressent ce goût pour l’innova-
dance des gouverneurs dans les États de l’Union. En Chine, « qui dispose de ressources que nous ne possédons pas, les problématiques environnemen- tales lourdes vont bénéficier de traitements à l’échelle d’une nation qui a inventé l’économie circulaire ». Utopiste, la, pa- tronne de Pollutec ? Réaliste : « J’ai une frustration, cette transformation indispensable que portent les innovations à Pollutec, indispensable, ne se met pas en place assez vite. Ce que nous voyons sur les stands se déploie dix ans plus tard sur le marché. C’est beaucoup trop long. Peu de politiques se déplacent. Nous restons entre experts, alors même que les acteurs sur le terrain doivent
de l’année quand il faudrait combiner les deux termes, le court et le long. » Seuls des changements politiques struc- turels pourraient y parvenir.
le green business et ses tendances : des combats incertains
De grands et petits buleverse- ments animent l’économie verte en France et dans le monde. • L’économie circulaire : c’est le concept totalement élargi du recyclage. Un nouveau modèle économique qui bouleverse la chaîne de production, de com- mercialisation, de consomma- tion, de recyclage et réinvente une rentabilité.
• Supply chain – chaîne logis- NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Rétrospective
 50 ans d’écologie politique vouée à l’échec
Écologie et politique, l’incompatibilité
Les leaders de la cause verte changent,
leurs idées restent... essentiellement dans
les cartons pas même recyclés. À l’heure
où la transition écologique montre que ces écologistes de la première heure avaient raison de s’alarmer, ils restent embourbés dans une difficulté d’exister endémique au sein de la vie politique. Petit résumé de 50 ans d’impuissance.
Rome – l’un des premiers think tanks de scientifiques, d’économistes, de hauts fonc- tionnaires et d’industriels de 52 pays (!) – avait jeté en avril 1968, juste avant le mouvement insurrectionnel en France, un pavé dans une mare polluée. Son message bénéficie d’un écho média- tique exceptionnel, mais... les États l’ignorent délibé- rément. La dénonciation du gaspillage, de la pollution, de l’homme prédateur, la dispa-
y tient un discours « engagé » aux côtés de René Dumont – candidat à la présidentielle en 1974, véritable fondateur de l’écologie – et... Serge Moscovici.
vœux pieux et luttes impossibles À l’instar du discours récur- rent de Brice Lalonde, l’un des premiers ministres (1988- 1992) engagés dans l’action et les programmes, l’inté- gration de tous ces champs
nion d’une société française de plein-emploi préoccupée de croissance se détourne de l’écologie.
Brice Lalonde est l’emblème du militant qui ne croit pas au parti d’écologie. Le porte-pa- role des Amis de la Terre, qui s’était présenté dès 1981 à l’élection présidentielle, avait préféré soutenir un pro- gramme axé sur cinq thèmes majeurs : protéger la vie, do- mestiquer l’économie, utiliser l’énergie solaire, développer la solidarité mondiale, créer une démocratie du quotidien. Àmoinsde4%desvoix,il n’avait pas même appelé à les porter sur François Mit- terrand. L’idée n’était alors pas de créer un parti poli- tique, mais de profiter de la tribune télévision pendant les élections pour faire connaître le projet écologiste au plus grand nombre. Raté. Après chaque scrutin, les organisa- tions politiques créées pour l’occasion étaient immédia- tement dissoutes. Le parti écologiste ne sera créé que dans un deuxième temps. Peut-être une erreur, comme le jugent certaines anciennes figures de l’écologie politique tel Brice Lalonde lui-même, qui y voyaient une manière systématique de se mettre à dos l’ensemble des partis, alors qu’il s’agissait justement
La Haye, tentative de créer une autorité supranationale de l’atmosphère, quatre ans avant la convention cadre des Nations Unies sur le climat. À l’époque, l’accroche du Monde Diplomatique consa- crée à l’événement en dit long sur la tonalité : « L’environ- nement est à la mode. Les gouvernements, au moins ceux des pays développés, viennent de découvrir qu’il s’agit de problèmes urgents auxquels il faudrait fournir une réponse collective et ef- ficace. « Comme le problème est planétaire, sa solution ne peut être conçue qu’au niveau mondial », peut-on lire dans la déclaration de La Haye, signée par vingt-quatre chefs d’État ou de gouver- nement en mars 1989, idée longuement développée lors du sommet des Sept, à Paris, en juillet. » L’environnement, une « mode »...
transition... trop douce
Face aux idées novatrices, les politiques jouent l’inertie totale. Décennie après décen- nie, les projets d’envergure sont étouffés. L’essentiel, apparemment, pour un pré- sident de la République et son Premier ministre, consiste à décider à quel ministère l’on doit adosser l’écologie – auto- nome depuis Lalonde-Royal. Août 2018 : le premier écolo- giste promu ministre, Nicolas Hulot, démissionne. L’ancien député Europe Écologie-Les Verts – le parti Les Verts a été formé en 1984 – lui succède. « L’anti-nucléaire de longue date », converti à un macronisme contrasté et prudent en matière d’écologie, ne semble guère destiné à « transiter » davan.tage que ses prédécesseurs impuis- sants. Et pourtant, « Notre maison brûle... »
Mathieu Neu
Je t’aime, moi non plus ? Entre écologie et poli- tique, c’est à une cohabi- tation des espèces style carpe et lapin que l’on a assisté, quels que soient les époques et les gouvernements. Un malentendu insoluble qui traverse les décennies à la grande satisfaction des lob- bys industriels qui veulent que rien ne change. Et rien n’a changé.
Pourtant, une écologie po- litique virulente était née dans l’après Mai-1968, ré- veil des consciences, dont la conscience écologique. Delfeil De Ton, l’une des plumes acerbes et engagées du satirique Harakiri, futur Charlie Hebdo, fut l’un des premiers défenseurs d’une nature entamée. Son dis- cours était écouté. Alors que l’homme marche sur la Lune un an plus tard, les images de la Terre dans l’espace pro- voquent un émoi mondial, unique. « Si fragile... » Le ton est donné, la conviction forte : la planète bleue est précieuse, il faut la protéger coûte que coûte.
Les commentaires de Jacques- Yves Cousteau, d’Haroun Tazieff le volcanologue et de l’explorateur Paul-Émile Vic- tor, qui découvraient comme personne la nature et ce qu’elle subissait, saisissent l’opinion. Leurs discours sont relayés. L’association Les Amis de la
Terre naît dans ce contexte, à l’aube des années 1970. Son mot d’ordre, déjà : « L’automo- bile doit s’adapter à la ville. ». En complète opposition au président de l’autoroute et aux centrales nucléaires, Georges Pompidou : « La ville doit s’adapter à l’automobile. » En 1972, une première ma- nifestation spontanée amuse et ne débouche sur rien : une foule de Parisiens à bicyclette gênent les voitures pour de- mander notamment la mise à disposition de vélos à Paris... gratuits. Des décennies avant Vélib, payant.
leaders avant- Gardistes
René Dumont, premier can- didat écologiste à l’élection présidentielle en 1974, entre en scène. L’homme aux grosses lunettes fait alors figure de prophète de la cause écolo- giste. Cet ingénieur agronome met à profit ses multiples voyages pour tenter de sensi- biliser le plus grand nombre au danger qui menace l’en- vironnement et les humains, notamment en Afrique. Il se révèle un tribun hors pair. Bon nombre d’observateurs soulignent le respect qu’il suscitait à l’époque. Ses mee- tings faisaient salle comble. Il devient le premier chef de file politique du mouvement. Le cri d’alerte sidéral « Halte à la croissance » du Club de
rition de la photosynthèse, la défense du temps choisi, du recyclage et les réflexions sur le travail et son sens dans le société moderne, thèmes d’actualité phares aujourd’hui, émaillaient les débats du Club
de réflexion dans le temps électoral, qu’il s’agisse du septennat ou du quinquen- nat, se heurte à la brièveté du mandat : un politique, a fortiori un président de la République, ne projette pas
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Face aux idées novatrices, les politiques jouent l’inertie totale. Décennie après décennie, les projets d’envergure sont étouffés
 en cette deuxième moitié des années 1970. Un livre d’entretiens, Pourquoi les écologistes font-ils de la po- litique ? (Combats, Seuil) devient même un best-seller en 1978. Brice Lalonde, futur ministre de l’Environnement,
la société qu’il est en charge de faire évoluer dans le long terme. Les chefs d’État ont peur de l’écologie militante synonyme de rupture(s). La- londe dénoncera les intérêts privés contraires aux intérêts d’une planète collective. L’opi-
de collaborer avec eux pour imprégner tous les projets envisagés des nouvelles idées écologistes.
En 1989, Michel Rocard et François Mitterrand or- ganisent une conférence avant-gardiste : l’appel de
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Prospective
 Extrait de Comment en est-on arrivé là ? in ÉcoRéseau Business d’octobre 2050 Le jour où la Terre continua...
Et si le green business devenait une réalité de tous les jours, un modèle intégré, la façon « normale » pour les industriels et les populations de vivre sur une planète protégée ? Une fiction pas si fictionnelle...
vertueux. « Nous devons bâtir la confiance et réduire le risque, utiliser au mieux les ressources disponibles et trouver des nouveaux modes de financement innovants, tels que les green bonds ® dont la viabilité et le suc- cès sont déjà des réalités », décrivait António Guterres.
2017. Nous devons investir dans le futur, et non dans le passé. » L’étude de sep- tembre 2017 de l’Université de Stanford, qui détaillait les roadmaps grâce aux- quelles 139 pays seraient en meure, en 2050, d’utiliser exclusivement des énergies renouvelables – solaire, éo- lien (offshore et terrestre), hydroélectricité, énergies de la mer, géothermie – s’est avéré prophétique, même si elle n’a pas été suivie à la lettre. L’électrification de toutes les industries, qui avait déjà bien commencé lors des premières années du siècle, et la croissance exponentielle du solaire – une fois qu’un coût de production suffisamment bas ait été atteint – ont été les éléments déclencheurs. Si tous les pays du monde n’ont pas encore atteint le 100 % d’énergies propres et renouvelables, chacun a pu trouver localement son équi- libre – le mix entre chaque source dépend des ressources locales. Mieux encore, les performances atteintes ont permis de démanteler les centrales nucléaires, dont le coût écologique était trop élevé. La transition n’en fut pour autant pas des plus calmes...
Mark Jacobson, principal auteur de l’étude de Stanford, avait noté à l’époque : « Le plus bel aspect est qu’une
et évitera que plus de 3 % du PIB de chaque pays dis- paraisse dans les coûts dus à la pollution de l’air. » La transition à ces nouvelles énergies a effectivement allégé la note écologique sur plusieurs plans : éli- mination de l’utilisation du pétrole, du gaz, de l’uranium, les dépenses énergétiques associées aux mines, au transport et au raffinage des carburants ont été suppri- mées, la demande globale en énergie a chuté de 13 %. Mais surtout, le passage aux énergies renouvelables, et surtout locales, a induit des conséquences drastiques sur le climat géopolitique global : la dépendance aux énergies fossiles et à leurs producteurs appartenait au passé, les conflits interna- tionaux ont globalement diminué.
moins de déchets, tous traités
Bien sûr, le recours quasi exclusif à des énergies re- nouvelables n’est qu’une des pièces du puzzle qui composent le green business d’aujourd’hui. Il faut y as- socier le traitement des dé- chets qui s’accompagne en parallèle du recours quasi exclusif à des matériaux écocompatibles, et surtout la mise en place organique d’une vraie économie cir- culaire. « Bien gérer les
What a Waste 2.0, paru en 2018. Car des déchets non collectés et mal traités im- pliquent des conséquences graves sur la santé et l’en- vironnement. Et ces effets affichent un coût plus élevé que celui associé à la mise en place et à l’exploitation de systèmes de collecte et de traitement simples et adaptés. » L’absurdité des dé- chets était particulièrement critique en ce qui concerne le plastique. En 2018, selon le rapport What a Waste 2.0, le monde avait produit 242 millions de tonnes de déchets plastiques en 2016 (12 % de la production totale de déchets ménagers). La contamination et la dégra- dation des cours d’eau et des écosystèmes était estimée à plusieurs centaines – voire milliers – d’années. Et les continents de plastique des océans Pacifique et Atlan- tique – les great garbage patches – ne montraient au- cun signe de récession, loin de là. Heureusement, grâce à la multiplication d’initia- tives comme les bateaux Plastic Odissey – propulsés par du plastique océanique recyclé –, le recyclage du plastique est entré com- plètement dans les mœurs. Les continents artificiels sont maintenant réduits à quelques îles éparses. Grâce à une action triple – apports de financement, éducation du public et mise en place de programmes complets de récolte et recyclage –, il en est aujourd’hui de même du traitement des déchets. Il faut dire que la production mondiale a nettement dimi- nué, notamment grâce aux matériaux éco-compatibles. Plus de plastique aujourd’hui, mais des polymères à base de végétaux, d’algues et de champignons. Les métaux rares sont systématiquement
Jean-Marie Benoist
J’ai vu dans ma jeunesse un très vieux film – déjà à l’époque – de science-fiction, Le jour où la Terre s’arrêta où un ex- traterrestre venu mettre les Humains en garde « arrête » tout ce qui fonctionne à l’électricité sur terre. J’ai eu envie, dès lors, que ma planète ne s’arrête jamais. À chaque fois que je passe devant le micro-complexe industriel de ma ville, en- touré de verdure, alimenté par un mélange d’énergie solaire, éolienne et géother- male d’où source une rivière aussi pure qu’un torrent de montagne, je ne peux retenir un frisson et un soupir de soulagement. Il faut dire que je fais partie des Anciens, de ceux qui ont vécu et bâti la grande transformation – et y avoir participé n’est pas une petite fierté pour moi et mes congénères : toutes les générations ne peuvent pas se targuer d’avoir sauvé le monde. Nous, si.
À l’approche de 2020, la situation semblait pourtant irrévocablement perdue. Du moins, c’est ce que tout le monde pensait. Malgré des accords prometteurs conclus à Paris, des rapports de plus en plus alarmants, le dé- sengagement politique de certains pays parmi les plus grands pollueurs au monde et le cynisme affiché par d’autres ne laissaient que peu d’espoir. C’est pourtant durant ces années précisé- ment que le basculement s’est
amorcé, fruit de la conjonc- tion du progrès technolo- gique certes, mais aussi d’un certain changement des mentalités. Et L’impulsion décisive n’est pas venue des politiques ni de la société civile (dont le rôle n’est pas à minimiser), mais du sec- teur privé. Pour une raison, somme toute, simple : « Le green business est du bon business », résumait en une formule lapidaire António Guterres, alors secrétaire général des Nations Unies, à Paris en décembre 2017. Et la volonté entrepreneuriale, en pesant d’un poids que les associations écolos de l’époque ne pouvaient pas égaler, a pris le relais de la politique. Au point que ce sont les politiques qui en vinrent à adopter les mesures et les normes nécessaires à l’établissement de bonnes pratiques indispensables pour enclencher un cercle
Un ordre de marche qui, s’il n’a pas été suivi à la lettre, décrit assez exactement ce qui s’est passé.
la montée irrésistible
des énerGies renouvelables Aujourd’hui, les énergies fossiles ne sont plus qu’un mauvais souvenir – ou une préoccupation de collection- neurs de véhicule archaïques. « Les énergies renouvelables
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La dépendance aux énergies fossiles et à leurs producteurs appartenait au passé, les conflits internationaux ont globalement diminué.
 sont maintenant moins chères que les énergies à base de charbon dans des douzaines de pays développés et en voie de développement, sou- lignait António Guterres en
telle transition créera éga- lement plus de 20 millions d’emplois permanents à temps plein dans le monde en bilan net, économisera l’argent des consommateurs
déchets est une évidence économique, expliquait Silpa Kaza, une spécialiste du développement urbain à la Banque mondiale et au- teure principale du rapport
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Prospective
réutilisés... La facture éco- logique à l’entrée des usines est devenue négligeable.
économie circulaire, ultra- locale et ultra- Globale
Et elle l’est aussi devenue à la sortie. « Il est possible de faire autrement, soulignait en 2018 Laura Tuck, vice-prési- dente de la Banque mondiale pour le Développement du- rable. Nous devons utiliser et réutiliser nos ressources en permanence pour éviter qu’elles ne finissent à la décharge. » L’économie cir- culaire – que les « déchets » de l’un soient la matière première de l’autre – ne s’est pas mise en place en un jour. « Il faut mettre en place les bonnes structures et la bonne organisation pour que tout se synchronise et que l’on prenne les bonnes habitudes », expliquait en 2018 Eliot Whittington, Policy Director à l’Institute for Sustainability Leadership
de l’université de Cam- bridge. Les contraintes ne sont pas du tout les mêmes comparées à une économie linéaire où l’ob- jectif est principalement de maximiser la quantité de produit. D’où les trois règles fondamentales,
« réduire, réutiliser et recycler », ce qui im- plique, par exemple, d’optimiser la rétention de valeur des matériaux utilisés lors du processus de production... Parmi les éléments qui ont préparé l’arrivée d’une vraie écono-
opérées. Le premier fut la montée en puissance de l’économie du partage, qui
la durabilité comme valeurs essentielles. Le deuxième est l’ultralocalisation des
imprimantes 3D, usines robotisées agiles mutuali- sées... La moyenne série, fantasme longtemps inac- cessible, est aujourd’hui la norme. Avec pour double effet bénéfique de réduire les déchets – n’est produit que ce qui est utile – et d’éliminer presque com- plètement l’impact des acheminements : la pro- duction intervient dans le dernier kilomètre, assuré par des flottes de véhicules
et drones électriques.
Ces réappropriation et re- vitalisation du local – voire de l’ultralocal –, associée à l’amplitude ultra-globale des idées, auront été la vraie clé du succès. Le green business s’inscrit, par définition, dans son environnement naturel comme humain. Il n’aurait pas réussi à s’imposer si, dans le même temps, des ré- flexions similaires n’avaient pas été menées à propos des espaces – agraire, urbain, collectif, individuel... « Un des grands axes de trans-
formation, que l’on ignore souvent, est le renouvelle- ment de l’agriculture : com- ment utiliser la terre pour y faire pousser quoi, de façon optimale », expliquait Eliot Whiltington. Un tel avenir était difficile à prévoir à l’époque. Coordonner les actions nécessaires, savoir lesquelles étaient les bonnes, comment motiver les chan- gements de mentalité à tous les stades... L’erreur com- mise alors était de savoir s’il fallait commencer par l’œuf ou la poule, alors que nous savons maintenant, grâce aux progrès de la théorie du jeu et du chaos, qu’il s’agissait d’une coévolution. Mais heureusement, les forces
de progrès ont agi.
®
   Énergie hydraulique, éolienne et panneaux solaires : le jour où le renouvelable dépassa le fossile...
 L’ultralocalisation des moyens de productions, que l’on commençait à toucher du doigt dans les années 2010, est en 2050 réalité : imprimantes 3D, usines robotisées agiles mutualisées...
.
 mie circulaire, deux notam- ment méritent d’être mis en avant, car symptomatiques des révolutions qui se sont
a impacté aussi bien les ha- bitudes des consommateurs que celles des industriels et remis en avant la longévité et
moyens de productions, que l’on commençait à toucher du doigt dans les années 2010, aujourd’hui réalité :
Obligations vertes ou obligations environnementales. Emprunt obli- gataire (non bancaire) émis sur les marchés financiers, par une entreprise ou une entité publique (collectivité, agence internationale, etc.) pour financer des projets ins- crits dans la transition écologique.
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]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Régions & territoires
 Rencontres avec des dirigeants innovants
Économie verte :
les pionniers sont gagnants
à l’assainissement et trai- tement des déchets (35 %) et à la protection de la na- ture et de l’environnement (20 %). Les « professions verdissantes », celles dont l’exercice est potentiellement affecté par la prise en compte des préoccupations environ- nementales, sont beaucoup plus nombreuses : 3 761 000 personnes salariées, soit 14,1 % de l’emploi total. On y trouve le bâtiment (39,5 %), les transports (19,4 %), la
nomique d’une démarche en faveur du développe- ment durable sur le chiffre d’affaires des entreprises. L’Agence de l’environne- ment et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) s’y est employée qui constate les bénéfices de l’écoconcep- tion. Quid ? L’approche tient compte de l’ensemble des étapes du cycle de vie de nos activités, produits et services (de l’extraction des matières premières et de
  Les alternatives n’existaient pas aux solvants. On a servi de cobaye aux sociétés qui se lançaient sur
ce segment
 Dans les territoires français, les entreprises engagées dans le développement durable sont formelles : elles tirent des bénéfices de leur engagement en matière économique. Au-delà, d’autres atouts compétitifs sont au rendez-vous : cohésion des salariés, capacité d’innovation et image.
Elsa Bellanger
L’économie verte définie par le Pro- gramme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) en 2011 met, certes, l’humain au premier plan : c’est l’activité économique « qui entraîne une amélio- ration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques en- vironnementaux et la pénu- rie de ressources ». Beau programme qu’un nombre croissant d’entrepreneurs estiment constituer le seul moyen de conjuguer progrès économique et respect de l’environnement. Pas d’il- lusion : d’autres peinent à franchir le pas. Pourtant, les bénéfices d’un tel engage- ment et d’une telle orientation
stratégique ne s’arrêtent pas à des considérations écono- miques. Ils impactent jusqu’à l’organisation, la capacité d’innovation ou encore la réputation et le capital in- tellectuel des entreprises.
professions vertes et verdissantes... En France, cette réalité « du- rable » concerne aujourd’hui près de 4 millions de sala- riés, selon la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, Dares). Les « professions vertes », celles qui portent une finalité environnemen- tale, emploient 144 000 per- sonnes, soit 0,5 % de l’emploi total. Elles sont liées à la production et la distribution d’énergie et d’eau (45 %),
recherche (8,9 %), l’agri- culture, la sylviculture et l’entretien des espaces verts (6,0 %), etc. Selon l’Insee, le secteur de l’économie verte a mieux supporté la crise que d’autres branches de l’économie nationale en 2009 et 2010 : « Les effectifs des éco-activités ont bel et bien progressé de 4,5 % lors de cette période, malgré la crise de 2009 », note un rapport de l’Institut. « Dans 96 % des cas, l’écoconception augmente les performances globales de l’entreprise en termes économiques, mais aussi de RH, par exemple », assure Samuel Mayer, direc- teur du pôle écoconception de Saint-Étienne.
l’impact sur le chiffre d’affaires et le modèle : siGnificatif
Peu de mesures formelles quantifient l’impact éco-
l’énergie à la gestion de la fin de vie, en passant par les transports, la transformation et la fabrication de biens, l’emballage, la logistique et enfin l’utilisation). Se- lon une étude de l’Agence de février 2018, « l’éco- conception amène de façon générale un gain de chiffre d’affaires significatif », avec un impact positif sur les ventes«de7%à18%». Au surplus, « les coûts sont généralement réduits par l’écoconception, autour de 3 % en moyenne, de façon certaine et tangible ». Un abaissement qui provient d’une réduction des quan- tités de matières premières utilisées, des économies sur les postes de transport et logistique induites par l’allégement ou encore par l’effet de l’optimisation et de la simplification des processus de production, gages d’une diminution
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]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Régions & territoires
 du temps nécessaire à la fabrication et à l’installation. Chez Pic Bois dans le Rhône, concepteur de panneaux de signalétique touristique depuis 1990, l’engagement en faveur de l’écoconception a abouti à la commercialisation d’une gamme de panneaux du- rables, démontables et ré- utilisables, à partir de res- sources locales et durables. « Ce positionnement fut un succès commercial : le pro- duit répond à un besoin non exprimé. C’était un pari ! Au départ, on ne savait pas vraiment où l’on allait. Mais les collectivités ont été séduites par les arguments écologiques, d’autant que le design proposé signifie la naturalité. On voit que ce sont des produits éco- conçus », raconte Bruno Chataignon, PDG.
Même son de cloche au sein de l’agence Web di- jonnaise Logomotion, vingt ans d’existence. Elle avait entamé une action en faveur du développement durable en s’installant dans un bâ- timent passif®dès 2009. « Dans le cycle de fabri- cation logicielle, le coût environnemental le plus important apparaît lors de la conception. C’est donc sur le lieu de travail où exercent les développeurs qu’il faut agir pour réduire ce coût », explique Bertrand Laboureau, dirigeant de Logomotion. Ce n’est que quelques années plus tard, poussé par la demande d’un client, que Logomotion s’est lancé dans le défi de l’éco- conception, en développant un savoir-faire spécifique et la mise en place d’un ensemble de bonnes pra- tiques. « Le basculement en 2014 dans une démarche d’écoconception logicielle a été une étape charnière dans la vie de l’entreprise. D’un statut d’acteur lo- cal, nous sommes passés à une nouvelle stature et sommes devenus une ré- férence nationale sur cette niche », constate Bertrand Laboureau. Pour ces ac-
teurs, l’engagement dans l’économie verte a débouché sur un élargissement de la clientèle ciblée et un accès à de nouveaux marchés.
si le procédé n’existe pas...
Au sein de la société coo- pérative des Vignerons du Buzet, dans le Sud-Ouest, l’engagement environne- mental a généré un béné-
fabrication, une optimisation de la logistique (circuits courts, regroupement des achats) et la récupération et la revalorisation des dé- chets. Impact significatif sur le chiffre d’affaires : la coopérative s’est main- tenue dans la compétition mondiale.
Ce qui ne veut pas dire que le parcours ne soit pas semé d’embûches. Chez le fa-
fabrication de bouchons ou encore du plastique à base de coquille Saint-Jacques venu de l’industrie alimentaire. Le tout de source française ! Nous privilégions de plus le plastique recyclé, issu de déchets industriels de l’usine de notre partenaire en plasturgie. »
Chez le même Pic Bois au- réolé de succès, cité plus haut, la démarche s’est par-
facteur d’innovation Difficultés de mise en place ou pas, aucun des dirigeants ne regrette l’engagement en faveur du développe- ment durable. Les impacts touchent même parfois des aspects inattendus de la vie de l’entreprise. « Au départ, tout le monde n’a pas sauté de joie à l’idée de tâtonner. Ce n’était pas forcément ras- surant, et l’on a vu quelques résistances au changement. Aujourd’hui, l’adhésion est totale », se félicite Bruno Chataignon. Pour Bertrand Laboureau, « c’est un chan- gement de paradigme. En interne, la démarche impose l’excellence. Mais elle ap- porte également une grande satisfaction aux équipes ». Une étude quantitative, co-
travail. Selon l’étude, « les normes environnementales favorisent aussi une amélio- ration organisationnelle (par exemple ISO 14001 impose une formation continue des employés et une amélioration continue sur l’engagement environnemental de l’entre- prise et son efficacité), de quoi encourager l’innovation, le transfert de connaissance et de retour d’expérience ». L’étude de 2018 de l’Ademe souligne également ce point : dans les entreprises « vertes », l’on constate « un renforcement de l’engage- ment des salariés et l’amé- lioration du fonctionnement interne de l’entreprise », notamment grâce à une « co- hésion derrière des valeurs partagées positives », à la « nécessité de fluidifier le
 L’écoconception amène de façon générale un gain de chiffre d’affaires significatif, avec un impact positif sur les ventes de 7 % à 18 %
 fice tangible en évitant une importante diminution de la part de marché, face à la concurrence grandissante
bricant de brosses à dents Bioseptyl, il a fallu se mon- trer créatif pour « trouver des alternatives aux plas-
fois heurtée à l’absence de solutions sur le marché. « Un de nos premiers chan- tiers, qui s’est révélé très
  Sur le site des Vignerons du Buzet : sous la tradition, une démarche éco-innovante qui a freiné la concurrence étrangère
des vins étrangers. Créée en 1953, la coopérative re- groupe 188 viticulteurs à bénéficier de l’appellation Buzet, avec 95 salariés qui travaillent à la production pour un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros en 2016. En lançant une démarche de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE), où entre l’écoconseption, la coopéra- tive s’est attaquée à plusieurs chantiers : la protection de la biodiversité avec une ré- duction de l’utilisation de produits chimiques dans les vignes, un packaging éco-conçu, le recours à une énergie 100 % verte pour la
tiques à base de pétrole, au cycle de vie très long, difficilement renouvelable et donc dommageable pour la planète », rappelle Olivier Remoissonnet, le PDG de l’entreprise. La PME, dont les produits sont fabriqués dans le Perche, aura beau- coup tâtonné. Pas moins de trois années de dévelop- pement ont été nécessaires pour identifier les matières premières adéquates et les filières industrielles asso- ciées. « Pour minimiser au maximum l’impact, nous utilisons du plastique à base de liège, fabriqué avec des chutes de copeaux issus de la
intéressant en termes de rendement, a été la réduc- tion des solvants. Les al- ternatives n’existaient pas. On a servi de cobaye aux sociétés qui se lançaient sur ce segment », témoigne Bruno Chataignon. Même difficulté pour l’adoption de matières premières issues des centres de valorisation des déchets : « Nous avons besoin de matériaux dotés de certaines spécificités. Nous travaillons donc dans le cadre d’un partenariat de R&D avec des recyleurs pour développer de nouveaux produits correspondant à nos attentes. »
pilotée par l’Institut de l’en- vironnement et l’université Paris-Dauphine, publiée en 2014, avait déjà mis en avant ces effets collatéraux. Les résultats avaient révélé une productivité moyenne par employé 16 % plus élevée que la moyenne dans les entreprises dotées de stan- dards environnementaux (ISO 14001, certification commerce équitable, agri- culture biologique, etc.). La cause ? Une motivation accrue des employés, un meilleur taux de formation et de meilleures relations entre collègues, source d’un meilleur environnement de
partage d’informations entre métiers au sein de l’entre- prise ». La démarche « oc- casionne une montée en compétence des personnels impliqués ». Pour Bertrand Laboureau, « l’engagement environnementalt.endàre- mettre en cause les acquis. Ça crée un contexte favorable à l’innovation ».
®Bâtiment dépourvu de chauffage central ou autre système actif. Le soleil, l’isolation, les gains inté- rieurs suffisent même en hiver pour maintenir le bâtiment à une température agréable.
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]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[          Émilie Massard
«M
promesse du candidat Donald Trump ne faisait pas mys- tère de ses intentions : une fois élu, son objectif serait clairement de privilégier les intérêts américains. À l’appui, une campagne axée sur le rejet de la mondia- lisation et des accords de commerce international. Et déjà, PME comme grands groupes français pouvaient manifester des craintes, tant l’enjeu est important : les États-Unis sont la première destination de leurs investis- sements directs à l’étranger, hors UE, d’après les chiffres
Les États-Unis sont la première destination
des investissements directs à l’étranger français, hors UE : les échanges représentent environ 120 milliards de dollars chaque année et concernent principalement les secteurs de l’aéronautique,
du luxe, des produits chimiques et de l’agroalimentaire.
SOCIÉTÉ
 Monde
Tarifs douaniers, guerre commerciale, sanctions politico-économiques...
Protectionnisme américain : quels impacts pour les entreprises européennes ?
  « Un séisme pour le monde ». Au lendemain de l’élection de Donald Trump à la tête des États-Unis, en novembre 2016, nos confrères du Monde titraient sans équivoque. Deux ans après, quels impacts les décisions
du « président orange » ont-elles sur les entreprises françaises et européennes ?
veaux tarifs douaniers sur les importations d’aluminium et d’acier à destination du territoire américain. Une mesure qui touche de plein fouet l’Union européenne et le Canada. Les exportations de l’Union européenne vers les États-Unis pourraient ainsi passer, selon une étude du Centre d’études pros- pectives et d’informations internationales (CEPII), de 5,6 milliards en 2017 à 3,8 milliards sur le court terme, et 2,2 milliards si la surtaxe imposée devait durer. Fin mai, la Maison-Blanche a annoncé envisager des taxes douanières sur le secteur au- tomobile, de quoi déclencher de vives réactions au sein de l’Union européenne. En réaction, la Commission eu- ropéenne pourrait mettre en place des taxes supplémen- taires sur certains produits américains comme les Harley Davidson, le bourbon, les produits agricoles ou des appareillages issus de l’in- dustrie sidérurgique. Mais si le ton continue de monter dans le conflit commercial entre les États-Unis et la Chine, la situation pourrait se détendre un peu entre Eu-
ropéens et Américains. Cet été, Donald Trump et Jean- Claude Juncker, président de la Commission européenne, se sont entendus pour mettre fin à la surenchère sur les droits de douanes. Les dis- cussions se poursuivent et un accord précoce sera peut- être trouvé, même s’il est peu probable qu’il conduise les États-Unis à retirer les droits de douane sur l’acier et l’aluminium.
des entreprises françaises
« victimes collatérales »
L’été 2018 a également vu la mise en place de nouvelles sanctions économiques de l’appareil américain contre l’Iran. Toute entreprise ven- deuse de biens ou de services concernés par cet embargo doit désormais rompre ses
à un carnet de commandes rempli, d’autres construc- teurs plus modestes, comme ATR, risquent d’en pâtir. Une seconde salve de sanctions, cette fois à l’encontre des hydrocarbures, devrait entrer en vigueur en novembre. De quoi conduire par exemple Total à se désengager de l’exploitation d’un gisement gazier. « Cette décision a déjà conduit de nombreux opérateurs européens, qui ont des marchés ou des actifs aux États-Unis, à se conformer par anticipation à ces sanc- tions et à se retirer d’Iran », souligne Philippe Bonne- carrère, sénateur du Tarn et auteur du rapport d’informa- tion sur l’extraterritorialité des sanctions européennes, rendu le 10 octobre. « En outre, de nombreuses PME ne trouvent plus auprès des banques les financements
ouvre aux sociétés le droit à indemnisation si elles su- bissent les conséquences des sanctions américaines, dont l’effet « extraterritorial » est considéré comme illicite par le droit international. Parce que les États-Unis ne peuvent pas malgré tout interdire unilatéralement aux entreprises d’autres pays de commercer avec l’Iran. « Cette loi ne protège pas les entreprises contre l’exécution de sanctions américaines sur le terri- toire américain. Quant au droit à réparation lorsque les intérêts économiques ou financiers sont affectés par les sanctions américaines, il semble en l’état dépourvu d’effectivité », note Philippe Bonnecarrère. L’Union eu- ropéenne travaille également à la mise en place d’une plate-forme comptable pour
  ake Ame- rica great again. » La
du gouvernement hexagonal. Les échanges entre les deux pays représentent environ 120 milliards de dollars chaque année et concernent prin- cipalement les secteurs de l’aéronautique, du luxe, des produits chimiques et de l’agroalimentaire.
craintes fondées ou écran de
fumée ?
Près de deux ans après son élection, le président a-t-il tenu ses promesses de cam- pagne ? S’il multiplie les déclarations fracassantes, il a parfois joint le geste à la parole, notamment par la mise en place de nou-
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liens commerciaux avec l’Iran, sous peine de se voir refuser l’accès au marché américain. Premiers concer- nés : les constructeurs auto- mobiles français qui vendent près de la moitié des voitures neuves de l’Iran. PSA a an- noncé qu’il suspendait ses activités (moins de 1 % de son chiffre d’affaires) dans le pays. Renault, même en réduisant fortement la voi- lure, ne compte pas aban- donner le marché iranien. Côté aéronautique, si Airbus va supporter la perte grâce
nécessaires par crainte pour celles-ci d’être sanctionnées, alors même que certaines opèrent dans ces secteurs non soumis à sanctions : produits agro-alimentaires ou médicaments. »
Quelles réactions de l’europe ?
Parmi les réponses, la Com- mission européenne a mis en avant une loi dite de « blo- cage ». Elle interdit aux en- treprises européennes de se plier à l’embargo unilatéral des États-Unis en Iran et
enregistrer les transactions sans échanges financiers, ce qui aurait pour effet de neutraliser les sanctions américaines. Avant d’en- visager l’opportunité de s’installer aux États-Unis, de commercer avec eux mais aussi avec d’autres pays, les entrepreneurs fran- çais devront donc suivre avec attention l’évolution de la politique fiscale et commerciale de.la nouvelle administration américaine afin d’adapter leur stratégie d’exportation.
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 France
Le Plan sera voté avant la fin de l’année
Pacte : création d’entreprise presse-bouton (et ça grince)
 Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises a beau se lire Pacte, son adoption promet une belle bagarre parlementaire : 2 059 amendements ont
été déposés par les députés quand la loi de Finance 2018 n’avait pas même fait
l’objet d’autant de levées de boucliers :
669 amendements seulement ! Sous les pavés législatifs, les enjeux se révèlent colossaux. Petite plongée dans le grand bain.
terface entre les organismes actuellement destinataires des informations collectées par les CFE et les entreprises, quels que soient l’activité, le lieu d’implantation et la forme juridique. C’est la généralisa- tion de la dématérialisation. Un registre centralisé – et donc dématérialisé – des entreprises en serait la conséquence. Y transiteraient les informa- tions sur les entreprises et la communication avec elles. Au passage, les futurs his- toriens perdront la sûreté de conservation du papier, ce que l’électronique implique partout.
malisation d’un règlement intérieur, par exemple.
le financement : l’ouvrir, l’encouraGer,
le libérer, le Garantir
Autre axe majeur du projet de loi, le financement en faveur de l’innovation.
Il prévoit d’orienter les mil- liards d’euros détenus dans l’assurance vie vers le finan- cement des entreprises. Et pour inciter les épargnants, plusieurs dispositifs sont en- visagés, comme la garantie de capital investi ou l’option pour le règlement en titres du rachat du contrat investi en titres non cotés peu liquides. L’accès aux financements plus facile. Pour multiplier les levées de fonds de start-up, le projet envisage la création d’un régime des jetons (Ini- tial Coin Offering – ICO). Les entreprises émettent des jetons pour un financement en monnaie virtuelle ou pour
à s’installer à l’étranger où l’ouverture d’un compte est parfois plus simple. Il propose en outre une labellisation des émissions et des acteurs par l’AMF¿ pour protéger les épargnants et doper les flux financiers grâce à la confiance. Il s’agit d’attirer de nouveaux investisseurs et clients dans un cadre moins complexe de demande de fonds.
Le régime du prêt inter-entre- prises s’ouvrirait à toutes les sociétés commerciales jusqu’à une durée maximale étendue à trois ans (actuellement, et par dérogation au monopole bancaire, seules les sociétés par actions et les SARL aux comptes certifiés par un com- missaire aux comptes sont en mesure de consentir des prêts d’une durée de moins de deux ans, avec intérêts, aux clients ou fournisseurs). Une réponse au besoin de trésorerie des entreprises. À la clé, le déploiement de nouveaux acteurs liés aux financements.
prévus dans le Pacte. L’ob- tention de l’agrément facilite l’accès à l’épargne salariale et détermine des exonérations fiscales.
Pour favoriser la responsa- bilité sociale des entreprises (RSE¿), la future loi propose d’inscrire l’intérêt social et environnemental pour appli- quer la jurisprudence. Traduction : il s’agit d’entériner l’idée que les entreprises ne sont pas gérées dans l’intérêt de personnes particulières, mais dans leur intérêt auto- nome et dans la poursuite de ceux que l’entreprise s’est fixé. Ces entrepreneurs sou- haitent consacrer la raison d’être de leur entreprise dans leurs statuts. Reste à savoir de quelle manière elle pourrait être appliquée pour les petites entreprises.
Le « Plan » se révèle beau- coup plus complet. Au-delà de ces trois mesures essen- tielles, il structure un nouvel environnement économique. Y figurent la protection des innovations, l’attractivité de la place de Paris, la robustesse des infrastru.ctures de marchés, l’épargne salariale ou encore la gouvernance de structures publiques.
¿
AMF : Autorité des marchés financiers. Indépendante. Créée en 2003. Veille à la protection de l’épargne investie et à l’information des investisseurs. Minibon : catégorie de bons de caisse (institués par la loi Macron) à travers laquelle les plates-formes de financement participatif réglementées proposent aux investisseurs des titres de dette par finan- cement par endettement (crowdlending) où les minibons servent de support à taux fixe.
Crowdfunding ou financement participatif, ou sociofinancement (Canada) : appel à un grand nombre de personnes ‒ la foule ‒ pour financer un projet.
RSE (Responsabilité sociale des entre- prises) : ensemble des pratiques mises en place par les entreprises qui respectent les principes du développement durable (social, environnemental et économique).
Patrice Remeur
  Pacte touche à tout ou presque dès lors qu’il s’agit de créer, reprendre une entreprise, intervenir dans les professions réglementées, réformer les financements... Le texte impacte des domaines très variés, de l’autoconsom- mation à la réforme des experts comptables. C’est simple, chaque jour les acteurs de pratiquement tous les secteurs de l’économie se fendent d’un communiqué pour s’inquiéter de la portée de telle clause ou tel chapitre.
création d’entreprise : simplifier, dématérialiser
Il s’agit de l’une des mesures phares, le changement des conditions liées à la création
d’entreprises. Mot d’ordre : simplifier. La loi vise à limi- ter « au strict nécessaire les barrières à l’entrée, en limi- tant le coût de création des entreprises et en simplifiant au maximum les formalités administratives ». Le pro- jet prévoit, par exemple, la fin de l’obligation du stage préalable à l’installation des artisans auprès des Chambres de métiers. L’ambition est de fluidifier la création d’entre- prise et de laisser le choix à l’entrepreneur de choisir son accompagnement.
Dans la foulée, les 1 400 centres de formalités seraient remplacés par un guichet élec- tronique unique, sas des dé- clarations des entreprises, de leur naissance à leur cessation. Ce portail constituerait l’in-
Ces mesures, si elles sont
votées, impliquent la re-
configuration des réseaux
consulaires et des organismes
sociaux, conscients qu’ils y
perdraient leurs surfaces de
contact avec les entrepreneurs
et verraient leurs missions
de service public affaiblies.
Elles ouvrent en revanche
des opportunités pour de
nouveaux acteurs dans le
domaine de l’accompagne- proposer des usages (utili- Autre initiative : les instru-
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
Dans la foulée, les 1 400 centres de formalités seraient remplacés par un guichet électronique unique, sas des déclarations des entreprises, de leur naissance à leur cessation.
 ment des chefs d’entreprise, services innovants à la clé. Autre rupture annoncée par la loi Pacte : rationaliser les effets de seuils dénoncés comme freins à la croissance des entreprises. Il prévoit de porter, pour les entreprises, trois seuils d’effectifs de 11,5 (sic) à 250 salariés. L’objectif est de supprimer certaines charges obligatoires, telles que la participation de l’em- ployeur à l’effort du logement ou construction, ou la for-
sation de services, gains sur l’utilisation de jetons, droit de votes...). Les ICO offrent des avantages. C’est une fa- çon de toucher des fonds à l’échelle internationale très rapidement ou de financer des projets avant la concrétisation du produit ou service tout en captant des précommandes. Le projet envisage de garantir mieux aux émetteurs de jetons l’accès à un compte bancaire, moyen de limiter la tentation, pour les start-up, la tendance
ments financiers PEA-PME, créés en 2014, seraient élargis avec les titres participatifs, obligations et minibons¿ proposés sur les plates-formes de crowdfunding¿.
soutenir la rse : préciser l’objet de l’entreprise
Pour doper le secteur de l’éco- nomie solidaire et sociale, des assouplissements de l’agré- ment d’Entreprise solidaire d’utilité Sociale (Esus) sont
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[                    L’esprit pionnier vous inspire, rejoignez l’ESSEC Executive Education.
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]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[SOCIÉTÉ
 L’Œil décalé
La nouvelle limitation de vitesse tiendra-t-elle ses promesses ?
Haro sur les étourdis à 12 points de permis
 Comment abaisser le nombre tabou de 3 500 morts accidentelles sur les 400 000 kilomètres de routes françaises (1 900 morts sur les routes désormais à 80 km/h) ? En ralentissant sans cesse la vitesse autorisée pour des véhicules conçus pour la pulvériser. Et au passage encaisser les milliards de la répression automatisée hyperefficace – bien plus que les logiciels de paiement des salaires de l’Armée, par exemple – qui pendant un temps d’adaptation s’abattront sur les « contrevenants », implicitement responsables des accidents. Au-delà, Premier ministre
et Président espèrent bénéficier du bonus politique qu’obtiennent
les gouvernements soucieux de sécurité routière. Ils acquittent pourtant pour l’heure le malus de la répression. Œil décalé vers les contradictions hexagonales.
tuer. L’effet dépend aussi de la technologie du véhicule adaptée à la dissipation du choc. La Sécurité routière s’est récemment décrédibilisée : en affirmant qu’un Renault Captur s’immobilise en 57 mètres à 80 et en 80 mètres à 90, elle ne s’est pas souvenue avoir établi deux ans auparavant qu’une Clio ‒ certes un peu plus légère, mais pas dans des proportions significatives ‒ s’arrêtait en... 43 mètres ! Si l’on extrapole les chiffres contestés des études scandi- naves, même une réduction à 50 km/h n’épargnerait pas... 2 000 tués par an.
arsenal répressif
Pour obtenir une décélération de masse, les autorités fran- çaises ont choisi la répres- sion. Efficace. On l’a vu sur le périphérique parisien, les robots surveillants retiennent les chevaux vapeur d’automo- bilistes désormais rivés aux 70 km/h exigés (avec 15,5 % d’accidents évités et une explo- sion d’amendes). En attendant, sur les routes, le même effet, les amendes automatisées vont poursuivre leur envolée. Elles ont été multipliées par 2,5 depuis 2000. Pour la Cour des comptes, c’est une rentrée de 2,5 milliards d’euros qui s’est vérifiée en 2017, au prix de 4 400 radars installés en
Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière dans Challenges : « 52 % des responsables des accidents mortels ont 12 points sur leur permis. » La grogne des automobilistes naît surtout des radars « discriminants » (ils distinguent le « fautif » sur plusieurs voies), au nombre de 405, les « tronçons » (ils cal- culent une vitesse moyenne), 103, et les « autonomes » qui se déplacent sur les chantiers, 275. Loin de « punir » les grands excès de vitesse, ils sanctionnent tout le monde (amende et points) la plu- part du temps en retenant des « 71, 81, 91, 111, 131 km/h » après défalcation des 5 % de marge. La facture fiscale totale ‒ taxes sur les carburants à l’augmentation programmée, assurances, péages autorou- tiers et amendes ‒ a totalité 17 milliards depuis 2000 (mais l’Automobile Club Association avance 67 milliards).
30 000 à 50 000 morts par an pour... erreur médicale Reste l’argument apparemment vertueux du Premier ministre. Il jure que les milliards des radars sont « fléchés » vers les hôpitaux qui accueillent
les grands accidentés de la route. Outre que l’enveloppe annoncée se monte en millions, non en milliards, faudrait-il en conclure que les hôpitaux aient intérêt à voir le nombre de sanctionnés, blessés ou pas, augmenter pour bénéficier de cette péréquation sanglante ? Plus grave : Édouard Philippe, en s’arcboutant sur les 3 500 victimes de la route, ne s’in- surge pas une seule seconde contre les 30 000 à 50 000 décès annuels (données OMS) dus aux « erreurs médicales » (médicamenteuses, chirurgi- cales) dans ces mêmes hôpi- taux... Disproportion énorme. Moralité : si seulement l’on pouvait, par panneaux, ralentir la consommation d’alcool au volant, la Sécurité routière ne s’inquièterait plus des inévi- tables quelques milliers de morts dus aux risques d’un déplacement motorisé. Quant aux trottinettes électriques qui fleurissent sur les trottoirs et les voies de circulation, elles commencent à afficher des taux d’accidents mortels préoccupants avec leur pointe à... 25 km./h. Faudra-t-il des panneaux de limitation ou des radars trottinettes sur chaque trottoir ?
Olivier Magnan
Tout le monde ou presque est « contre », réflexe gaulois : trois Français
sur quatre (étude Axa) vivent mal cet abaissement de vitesse à 80 kilomètres par heure sur les routes sans séparateur central. Quiconque s’y astreint sur une longue ligne droite en rase campagne ronge son frein. Même si l’obéissant conducteur ne perd que quelques minutes sur son parcours par rapport aux 90 km par heure anté- rieurs, la transition se révèle douloureuse pour les nerfs. Elle l’était en 1973 pour le port de la ceinture. En 1990 pour le«50»enville.Le«80» devrait à son tour entrer dans les mœurs à terme.
Mais si c’est pour la « bonne » cause ? D’une façon fort aventureuse, les tenants des déplacements escargots esti- ment que la mesure épargnera 200 à 400 vies. Vrai et faux. Vrai car, comme le rappelle le président de l’association 40 millions d’automobilistes, Pierre Chasseray, « lobby » décidément bien peu écouté faute de défendre le beau rôle, d’ici à deux ans le nombre des victimes aura vraisemblable- ment baissé... en raison de l’amélioration des systèmes
passifs de sécurité à bord de véhicules récents ‒ Volvo, par exemple, affirme son objectif de zéro mort dans ses berlines à horizon 2020. Faux, car le chiffre ne peut sortir de l’ex- périmentation rapide (deux ans) menée auparavant sur
figurent les fameux travaux du Norvégien Rune Elvik, mis en avant par la Sécurité routière : « En réduisant la vitesse, on diminue presque systématiquement le nombre d’accidents. » Derrière cette lapalissade, pèse le « presque ».
   Coûts/économies
• 4,8 milliards d’euros d’économie liée à la ré- duction de la mortalité, calcul aléatoire tiré de la « valeur tutélaire » des morts et des blessés (Ob- servatoire national interministériel de la sécurité routière, 2016), si l’on table sur un taux d’accidents mortels sur ces routes de 12 tués par milliard, soit • 159 milliards de véhicules-kilomètres.
• 250 millions d’heures perdues, soit 3,7 milliards. entre 2011 et 2016, la vitesse moyenne sur auto- routes est passée de 116 à 122 km/h (+ 5 %), sans augmentation du taux d’accidents, ce qui contredit les estimations d’augmentation de 20 %. Source:LaTribune,janvier2018, ClaudeAbraham,ingénieurgénéralhonoraire des Ponts et Chaussées
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
Si l’on extrapole les chiffres contestés des études scandinaves, même une réduction à 50 km/h n’épargnerait pas... 2 000 tués par an.
 un tronçon de 86 kilomètres, alors même que des travaux d’amélioration de la voierie ont été menés dans la même période. Les phénomènes d’accidentologie s’apprécient sur cinq ans au moins. Parmi les arguments des pro-80,
En réalité, tout dépend de l’attitude du/de la conducteur/ trice : selon Vinci Autoroutes, cinq secondes d’inattention (endormissement, téléphone...) multiplient par 23 le risque d’accident, même à 80 km/h, vitesse bien suffisante pour
2018 (on en comptera 4 700 à la fin de l’année contre 2 830 en 2011). Encore ne s’agit-il pas des seuls cyclopes (envi- ron 2 000) dûment annoncés par panneaux qui piègent bon nombre d’étourdis non chauf- fards, comme le remarque
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
   Le carnet des nominations
en partenariat avec
uAix-MArseille French Tech
Virginie Lambert-Ferry, 39 ans, diplôme de qua- lification de journaliste-rédacteur, secrétariat de rédaction - CFPJ (2005)
a été nommée directeur général
uBouygues consTrucTion Bernard Mounier, 58 ans
est promu directeur général délégué
ueTABlisseMenT puBlic des Fonds
de prévoyAnce MiliTAire eT de
l’AéronAuTique (epFp)
Bruno Bordone, 57 ans, inspecteur des impôts, fiscalité - ENFIP (1983)
est promu directeur
u Fullsix FrAnce Matthieu Frairot, ECE Paris (2004)
a été promu directeur général
u huMAnis
Thomas Saunier, 51 ans, Polytechnique (1987)
directeur général de Malakoff Médéric depuis 2016, devient également directeur général de Humanis
uinTernATionAl school oF pAris
John Burns, 50 ans, titulaire d’un diplôme en éducation physique et sciences du sport de l’Uni- versity of South Australia
est nommé directeur
urenAulT reTAil group (rrg) Olivier Baraille, 52 ans, INSEAD
a été nommé directeur général de Renault Retail Group
usolidAriTés inTernATionAl Antoine Peigney, auditeur - IHEDN (2014)
est nommé président
uvichy coMMunAuTé développeMenT François Ligier
                               a été nommé président
VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?
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 DU CÔTÉ DES INCUBATEURS
 Les monuments historiques ont leur incubateur
La technologie pour mettre en valeur la vieille pierre. Au début de l’été, le Centre des monu- ments nationaux a inauguré son incubateur du patrimoine, avec une mission précise : aider des start-up innovantes à développer des projets nu- mériques autour du patrimoine. De plus en plus de monuments proposent des dispositifs de visites en réalité augmentée ou virtuelle. Le Centre des
monuments nationaux veut maintenant « dévelop- per des produits directement en collaboration avec ces start-up. Il s’agit d’une étape de plus dans le dépoussiérage de la perception du patrimoine ». Sept start-up (sur 90 candidatures) ont été rete- nues, allant des spécialistes en balades sonores immersives à la reconstitution 3D de monuments en ruine, en passant par la réalité virtuelle. De quoi apporter une nouvelle jeunesse à l’histoire.
 Nouvelle promotion à Nice L’accélérateur Allianz de Nice s’active. Tout d’abord avec un appel à candidatures autour de l’impact environnemental et social, au terme du- quel cinq start-up seront retenues. Et ensuite avec le lancement d’un nouvel axe de co-accélération
sur les nouvelles mobilités, en partenariat avec Toyota, qui vient s’ajouter à celui sur le e-travel avec Oui.sncf. L’accélérateur garde l’esprit ou- vert, s’intéressant à des projets porteurs de sens et d’innovation dans l’intérêt général, que ce soit en matière d’inclusion, de lutte contre les fractures sociale ou numérique, de promotion de l’égalité des chances et de la diversité ou en faveur de la protection du climat.
 Jean Moulin change de peau Appelez-le Manufactory. L’incubateur de l’Uni- versité Jean Moulin Lyon 3 change de nom, et en profite pour s’ouvrir à un nouveau public. Ouvert en 2013, il était jusqu’alors réservé aux étudiants-en-
trepreneurs. Il proposait déjà deux programmes gratuits, START et UP, qui couvraient la vie d’un projet depuis sa création jusqu’au développement commercial. Il y ajoute maintenant PRO, qui est lui payant, et destiné aux porteurs de projet ayant déjà eu une expérience professionnelle. Et surtout, le programme permet à Manufactory de collaborer avec les entreprises pour accompagner les salariés qui sont dans une démarche de recon- version professionnelle. Ces derniers bénéficient des conseils de l’équipe de l’incubateur, mais aussi des enseignants-chercheurs et des ressources de l’Université Jean Moulin Lyon 3. Avis aux inté- ressés : le recrutement de la prochaine promotion est en cours.
APPLIS AU HIT
 Be My Eyes, rien que pour vos yeux L’appli n’est pas neuve : elle a été lancée en 2015 sur l’AppStore, et en 2017 sur Androïd. Mais compte tenu de son sujet, elle est jusque-là restée plutôt discrète, alors qu’elle mérite d’intégrer tous les téléphones. L’idée est simple : connecter les personnes à handicap visuel avec des volontaires voyants. Grâce à la combinaison inédite de recon- naissance vocale et de vidéo des smartphones, il devient par exemple possible de demander de lire le montant d’une facture d’électricité, les in- dications de cuisson d’un plat préparé, ou même le résultat d’un test de grossesse... Si l’appli, à l’heure actuelle, ne manque pas de volontaires – en 2017, les demandeurs recevaient souvent de l’aide en moins de 20 secondes –, l’opportunité d’utiliser son téléphone pour une vraie bonne cause est trop belle pour être ignorée. En plus, avec le développement d’un service (payant) ouvert aux professionnels, l’utilisation de l’appli reste tota- lement gratuite aussi bien pour les volontaires que pour les demandeurs. Faites passer le mot !
 ScanUp, la transparence au super- marché
Du consommateur au « consom’acteur ». ScanUp, application gratuite, permet de construire sa liste de courses en scannant les produits, mais aussi – et surtout – d’obtenir des informations sur la nutrition, les labels, les allergènes et les additifs, et de suggérer des alternatives si le produit est mal noté. Derrière l’appli, la base de données libre OpenFoodFacts, alimentée par des consom- mateurs et des marques. L’objectif : permettre de
     30
NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
qui font le business en France !
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
 manger plus sain. Mais ScanUp va plus loin, en offrant notamment l’opportunité aux consommateurs de collaborer avec une marque pour élaborer un produit : origine, traitement... Franprix a déjà conclu un partenariat, suivi par Carrefour et Monoprix, et bientôt d’autres marques. La force de l’application est qu’elle reste indépendante, se finançant par la co-création, l’étude du consommateur (un avis est récompensé par une rétribution) et la publicité, qui reste cantonnée dans un onglet de l’appli.
 Et la loi Pacte passa
Sans trop de suspense, la loi Pacte a été largement adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 9 octobre dernier. Les plus de 140 articles du texte couvrent un large éventail de sujets, allant notamment de l’intégration du RSE dans la défini- tion juridique de l’entreprise à la simplification des démarches de création d’entre-
prise, qui se feront via une plate-forme en ligne unique – laquelle centralisera aussi les autres démarches. Certains seuils sociaux et fiscaux, pour identifier les entreprises, doivent également être supprimés ou simplifiés. On y trouve aussi, pêle-mêle, la volonté de soutenir l’exportation des PME françaises à l’étranger en renforçant leur accompagnement et leur financement, un décret (dit Montebourg) pour permettre à l’État de contrôler les investisse- ments étrangers en France afin de protéger
les entreprises locales jugées stratégiques, l’entérinement de la privatisation d’ADP et de la Française des Jeux... ainsi que celui de la réduction de la durée des soldes de six à quatre semaines.
 La loi de finance 2019 sur la table
Le débat sur le projet de budget pour 2019 a commencé à
l’Assemblée nationale, et va se concentrer sur un certain
nombre de points. Certains ne laissent que peu de doutes
sur leur confirmation : parmi ceux-ci, la baisse de la
taxe d’habitation, entamée cette année, devrait se
poursuivre en 2019 et en 2020 (les montants sont déjà
programmés) ; le Crédit d’impôt compétitivité emploi
(CICE) sera transformé en baisses de charges dès
le 1er janvier. La baisse de l’impôt sur les sociétés
va elle aussi se poursuivre en 2019, de 33,3 %
à 31 %, et 22 taxes à faible rendement (sur les
farines par exemple) vont être supprimées. En revanche, les taxes sur le diesel et l’essence augmenteront encore, et le régime fiscal des brevets devrait être durci, afin d’encourager les entreprises à effectuer la recherche et le développement en France.
  Quand Uber uberifie
Attention, disruption (probablement) à l’hori- zon. Uber, après avoir levé deux millions d’eu- ros, se lancerait dans une nouvelle étape de sa diversification : après les taxis, la livraison de nourriture (UberEats) et la livraison par camions (UberFreight, aux Etats-Unis), voici venu le tour des agents de sécurité et des serveurs, avec Uber Works – toujours aux Etats-Unis, plus précisément à Chicago pour une première expérimentation.
 Le ton n’a pas changé : les candidats potentiels doivent être préparés à travailler à la demande la nuit, les week-ends et pendant les vacances.
FINANCE ET LÉGISLATION
 L’AFE intègre la BPI
C’est chose faite : au premier janvier 2019, l’Agence France entrepreneur sera offi- ciellement intégrée à Bpifrance, qui se retrouvera ainsi chargée de coordonner l’en- trepreneuriat dans les quartiers. L’idée, selon l’Élysée, est que la mise en synergie permettra une simplification du dispositif et une meilleure cohérence. Une position en ligne avec l’ambition de faire de l’AFE une véritable banque publique d’investis- sement, porte d’entrée unique pour accompagner les entrepreneurs des quartiers. Si tous les détails de l’opération ne sont pas encore connus, l’idée de création d’un fonds dédié au soutien des réseaux d’aides à la création d’entreprise semble avoir été retenue. Bpifrance s’est lancé dans une expertise des besoins sur l’Hexagone, estimant pouvoir être amenée à coordonner les outils publics et les fonds d’inves- tissement privés. Affaire à suivre.
     avec
L Festina lente e«festinalente»ouartde«se
hâter lentement », selon la for-
mule chère à l’empereur Auguste, n’est pas passé de mode.
En matière de gouvernance, il a retrouvé ses lettres de noblesse dans la valse-hé- sitation d’un remaniement ministériel qui, en se faisant beaucoup attendre, a précipité supputations et rumeurs. En matière de sondages (enfin, du moins celui qui nous occupe dans cette chro- nique) il renvoie peut-être à la lente mais sensible amélioration du moral des entrepreneurs en octobre.
De 40% en septembre à 47%, les si- gnaux de la confiance reprennent, en effet, des couleurs. Confiance dans sa propre entreprise (plus 8 points, avec 82% des interrogés), confiance dans
l’économie française et dans l’économie mondiale (respectivement 54% contre 36% en septembre et 57% contre 38%). L’optimisme lui aussi gagne, mais plus modestement, un point.
Pour près d’un tiers des interrogés, le budget de l’Etat 2019 servira à relancer l’investissement.
On prête également à Auguste la convic- tion selon laquelle on fait toujours assez vite ce qu’on fait bien.
Interrogés sur le degré d’urgence des grandes réformes annoncées par les pouvoirs publics, les entrepreneurs ont été très clairs. Plébiscite pour celle du système des retraites (avec 96%) suivie par le système de santé (93%), talon- née par l’accélération de la transition écologique (89%).
Sur ces chantiers sensibles, touchant au cœur des préoccupations des Français, nul doute que, là encore, il faudra aux pouvoirs publics user avec pédagogie de l’art de « se hâter lentement » ...
Béatrice Genoux Responsable Pôle data, études, enquêtes CCI France
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  NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr 31
Jugement de valeurs
]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
   MODES DE VIE
 Place aux Alphas !
C’est le nom donné à la génération née après 2010. Pour les Alphas (on recommence l’al- phabet), la technologie, plus particulièrement les smartphones et tablettes, a un impact fort sur leur vie. Et cela inquiète quelque peu leurs parents. D’après un rapport publié par Hotwire et Wired Consulting, 31 % des parents estiment que les gadgets connectés sont plus importants pour leurs enfants que les animaux domestiques ou les vacances... Leur aisance technologique est vue comme ambivalente : d’un côté, elle serait un avantage pour leur future carrière, de l’autre, c’est un point sur lequel, très jeunes, ils dépasseraient leurs parents. Donnant à ces derniers le sentiment d’être en porte-à-faux sur ces sujets, à la fois guides et guidés : de plus en plus, les parents demandent l’avis de leur enfant avant d’acheter un outil technologique...
 MIF Expo, 10 au 12 novembre, Porte de Versailles, Paris
MIF, pour Made In France : dans les allées de ce salon, vous ne trouverez que de la production hexagonale. Alimentaire, enfance, maison, jardin, sport, loisir, mode, beauté, santé... Du classique, de l’innovation, bref, vous y trouverez sûrement de quoi satisfaire vos besoins, avec plus de 450 exposants attendus.
 Salon des Entrepreneurs de Nantes, 21 et 22 novembre, Cité des Congrès, Nantes C’est le plus grand rassemblement d’entrepreneurs de la région Grand-Ouest, avec plus de 11 500 entrepreneurs attendus. La 11e édition du Salon des Entrepreneurs de Nantes propose un programme plein, avec près de 100 conférences et ateliers, 500 experts mobilisés, et 120 partenaires et exposants...
 Silver Economy Expo, 27 et 28 novembre, Porte de Versailles, Paris
La Silver Economy n’est qu’au début de sa croissance. La 6e édition de Silver Economy Expo se penche plus particulièrement sur l’innovation, sous forme de produits ou de services pour répondre aux besoins du mieux vieillir et relever les défis économiques et de création d’emploi liés au vieillissement de la population.
 Salon des Services à la Personne, 27 et 28 novembre, Porte de Versailles, Paris Que vous soyez un particulier ou un professionnel en recherche, ou un (futur) salarié du secteur, le Salon des Services à la personne et de l’emploi à domicile vous permettra de découvrir les dernières innovations du secteur, faire le point sur les aides et les démarches, découvrir les formations...
 Pollutec, 27 au 30 novembre, Lyon Eurexpo, Lyon
Pollutec existe depuis maintenant 40 ans, il est devenu le salon international de réfé- rence en matière d’équipements, de technologies et de services de l’environnement et de l’énergie. Lire les propos de sa directrice dans Grand Angle.
 Affaires de Cadeaux, 27 au 29 novembre, Porte de Versailles, Paris
Cadeaux d’affaires, d’incentives et objets publicitaires de tous poils se retrouvent au salon Affaires de Cadeaux. Les marques, jeunes entreprises, créateurs et distributeurs y présentent leurs derniers produits et trouvailles – de quoi satisfaire clients comme collaborateurs.
 Heavent Expo, 27 au 29 novembre, Porte de Versailles, Paris
Un événement, ça ne se bâtit pas tout seul. Heavent est le salon des solutions, services, produits et lieux pour les manifestations événementielles. Si la technologie et le numé- rique sont sur le devant de la scène – un espace dédié leur sont consacré –, la créativité et la scénographie ne sont pas en reste.
 Séminaire Expo, 27 au 29 novembre, Porte de Versailles, Paris
Si vous avez un séminaire, une réunion d’affaires, un congrès ou encore un déplace- ment à organiser, vous trouverez probablement la (ou les) réponse(s) à vos besoins dans le salon Seminaire Expo. Découvrez les nouveaux lieux, les nouvelles tendances, les dernières innovations...
 Salon du Management, 13 et 14 novembre 2018, Cité de la Mode et du Design à Paris Après avoir réuni plus de 2 000 participants pour la 1ère édition, le Salon du Manage- ment fondé par Philippe Détrie se développe et proposera pour la 2ème consécutives conférences, forums, tables rondes, labs, start-up village, Prix et événements, ... le tout afin de soutenir un management responsable !
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Commissaire aux comptes : L charge ou atout de croissance ?
a question revient régulièrement, d’autant plus facilement qu’agilité est souvent associée à légèreté et légèreté à simplifi- cation. Or, derrière l’ambition de croissance, de solidité et de
maîtrise des enjeux qui garantissent la pérennité et le développement des entreprises, surgit régulièrement la question de la simplification. Il ne suffit pas d’avoir des idées de développement, il faut aussi sa- voir les mettre en œuvre dans un cadre économique sécurisé et qui donne confiance. Le regard avisé du commissaire aux comptes, sa mission au service de l’intérêt général, son statut, sa déontologie, ses avis et ses recommandations sont d’évidents atouts pour l’en- trepreneur et son environnement.
13 000 commissaires aux comptes sont aujourd’hui répartis sur tout le territoire national. Ils appartiennent à une profession réglementée et à un mode d’exercice libéral. Leur rôle s’établit à la confluence de l’économie et du droit. Ils sont des créateurs de confiance. Comme souvent avec les professions réglementées, les commissaires aux comptes se confrontent à des contradictions inhérentes à leur métier mal connu. Ils sont peu habitués à expliquer, voire convaincre de leur utilité, de leur valeur ajoutée et de ses limites.
En premier lieu, levons une ambiguïté : profession réglementée n’est pas synonyme de rente.
Le marché du commissariat aux comptes est très concurrentiel. Et si la durée du mandat est fixée par la loi à six ans, c’est pour protéger l’indépendance du commissaire aux comptes pendant l’exercice de sa mission.
Profession réglementée renvoie aussi à un cadre d’exercice fixé par le législateur et des régulateurs indépendants, à commencer par le Haut conseil du commissariat aux comptes, l’AMF et l’ACPR. Mission d’intérêt général : ce terme est très fort et porteur de sens dans une société qui recherche confiance, transparence, indépen- dance, rigueur.
En réalité, le commissaire aux comptes s’inscrit dans un triptyque : - Mission d’intérêt général définie par les pouvoirs publics et au service des pouvoirs publics.
- Tiers de confiance pour toute partie prenante portant intérêt aux comptes de l’entité contrôlée, qu’il s’agisse de salariés, de banquiers, d’agences de notation, de clients ou de fournisseurs...
- Interlocuteur privilégié des dirigeants de l’entité contrôlée. Au-delà de son opinion fournie sur les comptes, les dirigeants re- cherchent un regard indépendant et pertinent sur les forces et fai- blesses de leur entreprise et sur la maîtrise des risques.
Satisfaire aux exigences de ce triptyque requiert de grandes quali- tés d’intégrité, des compétences techniques larges et un jugement professionnel allié à une capacité d’esprit critique.
Décidément, le commissariat aux comptes reste une profession mal connue. Elle répond à la quête de sens que demandent nos concitoyens.
Jean Bouquot, président de la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC)
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
J’aime ma boîte
Save the dates
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
   avec
L’entretien professionnel (EP) peut être source de business ! (partie 1)
L’EP, obligatoire depuis mars 2016 pour tout salarié ayant plus de deux ans d’ancienneté, ne doit pas être confondu avec l’entretien annuel d’évaluation (EAE).
L’EAE, facultatif, est mis en place à l’initiative de l’employeur sur un rythme semestriel ou annuel. Il a pour but d’évaluer le travail du salarié, ses savoir-faire et savoir-être, et c’est aussi l’occasion d’établir la liste des objectifs pour la période à venir.
L’EP, s’il n’est pas fait, peut vous mener à une pénalité de 3 000 € par salarié à temps plein (3 900 € par salarié à temps partiel) si votre entreprise a plus de 50 salariés. En-deçà de 50 salariés, c’est le préjudice subi par le salarié, dans son développement professionnel et/ou sa carrière, qui pourra vous coûter cher au tribunal.
L’EP doit aussi être proposé à tout salarié revenant de certains congés (maternité, adoption, paren- tal d’éducation, proche aidant, sabbatique), de certaines absences (mobilité volontaire sécurisée, arrêt longue maladie) ou encore à l’issue d’un mandat syndical.
L’EP a pour objet d’aborder les perspectives d’évolution professionnelle du salarié, notamment en termes de qualification et d’emploi, et le développement de ses compétences.
Au-delà de son caractère obligatoire et légal, l’EP peut devenir un moment d’échange constructif avec votre salarié, et cela peut amener l’entreprise à générer des revenus supplémentaires. Nous verrons cela dans la chronique de décembre...
   Le bio progresse dans l’alimentation D’après une étude de Nielsen, 16 % des Français se rangent maintenant dans la catégorie « bio-locaux » en ce qui concerne leur alimentation, à la fois par respect pour l’environnement et pour soutenir leur région. Les « tradis » (qui cuisinent, mais favorisent les aliments bon marchés, et la quantité plutôt que la
qualité) restent dominants (29 %), suivi des « vite- fait » (18 %), au nom suffisamment explicite... Tout cela a de quoi conforter les acteurs de la filière bio/ durable, qui connaît un succès croissant. D’autant qu’une autre étude, menée par le Centre de recherche en épidémiologie et statistiques de Paris, tendrait à prouver qu’une alimentation bio réduit les risque de cancer. À confirmer, bien sûr, mais cela pourrait bien faire passer les indécis de l’autre côté de la barrière...
  NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr 33
Mon RH me dit que...
]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[Enquête
Elsa Bellanger
CLUB ENTREPRENDRE
  Made in France, préoccupation environnementale, emplois locaux...
Relocalisation en France : encore un effort !
 Avec moins d’une centaine de cas recensés depuis 2014, la relocalisation de l’activité en France reste un phénomène marginal. Les enjeux et les attentes sont pourtant forts en la matière, et les politiques publiques pas toujours au (bon) rendez-vous. Enquête.
et au Japon. Malgré cette tendance de long terme, le Groupement des fédérations industrielles s’attend à un regain et table sur un secteur industriel revenant à 15 % du PIB d’ici cinq ans.
Mais pour l’heure, le phé- nomène reste marginal. Sur la période de mai 2014 à septembre 2018, la Direc- tion générale des entreprises (DGE) a identifié seulement 98 cas de relocalisations. Ces dernières « auraient induit la création de 2 990 d’emplois et généré 430 millions d’eu- ros d’investissements », note l’institution. Dans le détail, ces relocalisations concernent principalement la métal- lurgie et la fabrication de produits métalliques (24 %), les industries agro-alimen- taires (12 %), la fabrication de produits informatiques, électroniques et optiques (13 %), le textile, l’habil- lement et les chaussures (11 %), et la fabrication de machines et d’équipements (8 %). Toujours selon les données de la DGE, les cas
de relocalisations (13 %), suivie par les régions Hauts de France et Normandie avec chacune 10 % des relocali- sations identifiées.
Pour l’économiste El Mou- houb Mouhoud, professeur à Paris Dauphine et auteur de Mondialisation et délo- calisation des entreprises (La Découverte, 5e édition, 2007), trois types de relo- calisation sont à distinguer. « La relocalisation ricar- dienne, d’abord, intervient après un inversement des coûts. Quand le processus est automatisable et robo- tisable et que les coûts de transport augmentent, il devient rentable de rapatrier la production. On observe ce phénomène aux États- Unis et en Allemagne par exemple : la productivité y augmente plus vite que le coût salarial, grâce à l’auto- matisation tandis que, dans les pays en développement asiatiques, les salaires ont fortement augmenté ces der- nières années, sans que la productivité ne s’améliore »,
ne nécessite pas de matériel spécifique, comme c’est le cas des centres d’appel par exemple dans le secteur des services, la tendance est encore à la délocalisa- tion », nuance El Mouhoub Mouhoud.
des relocalisations aux motivations variées
Du côté de la DGE, on constate trois motivations à l’œuvre : la montée en gamme des processus de production, l’amélioration de la chaîne de réactivité des entreprises et l’impé- ratif de la qualité. Ainsi, la logique d’amélioration des processus de production guide une part significative des cas de relocalisations observés (28 %). Elle repose sur des investissements de productivité, comme l’au- tomatisation des lignes de production notamment, qui permettent une réduction conséquente des coûts de production en comparaison des coûts de production à
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
Le « Fabriqué en France » retrouve- ra-t-il un parc indus- triel à la mesure des attentes qu’il porte ? Depuis plusieurs années, on observe une re- localisation dans l’hexagone de certaines activités, délo- calisées précédemment pour réduire les coûts de main d’œuvre dans un contexte de concurrence par les prix. Atteignant les 20 % du PIB français au milieu des années 1980, le secteur industriel n’en représente ainsi au- jourd’hui plus que 12 %, contre 20 % en Allemagne
La désindustrialisation a des conséquences concrètes et des coûts invisibles. Elle entraîne une désertification des territoires, une perte de compétences et de savoir-faire, un déficit commercial abyssal et représente un coût
pour la collectivité. (Fabienne Delahaye)
 de relocalisations concernent de manière prépondérante des sites délocalisés en Asie (52 %) et pour 26,5 %, des sites délocalisés en Europe, majoritairement issues des pays d’Europe de l’Est. C’est la région Centre qui accueille le plus grand nombre de cas
analyse l’économiste. Vient ensuite la relocalisation issue d’un arbitrage entre plusieurs sites de production. Et enfin, la relocalisation peut être d’origine schumpétérienne avec un développement de la compétitivité par l’innova- tion. Ainsi, « quand l’activité
l’étranger, notamment pour des sites délocalisés en Asie (Chine, Taïwan, Thaïlande). En second lieu, l’amélioration de la chaîne de réactivité est à l’origine de 26 % des cas de relocalisations identifiés par l’institution. Dans ces cas, il s’agit d’augmenter
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                                             FAITES DES ÉCONOMIES, PRENEZ L’AVION.
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CLUB ENTREPRENDRE
  la réactivité vis-à-vis de ses marchés, de sécuriser les approvisionnements, ou encore d’améliorer les liens entre la R&D et l’in- dustrialisation dans une lo- gique d’innovation comme afin de renforcer la capacité d’amélioration des produits. Enfin, face à des problèmes de non-qualité de la fabri- cation concernant des sites implantés en Chine, 18 % des relocalisations sont motivées par une logique d’amélio- ration de la qualité. Cette logique va de pair avec une préoccupation d’image et de valorisation ou de commu- nication sur des produits à haute valeur ajoutée comme dans les secteurs de la ma- roquinerie et de la joaillerie notamment, mais également dans la fabrication de biens d’équipements.
Pour Romain Bertrand, se- crétaire général de l’asso- ciation Pro France, créée en
2010 suite à une initiative du député Yves Jégo pour piloter le label « Origine France Garantie », « la re- localisation reste souvent un combat. Les montres Routine par exemple ont dû recréer une filière hor- logère devenue moribonde. Plus d’une année aura été nécessaire pour rétablir un réseau local de fournisseurs. Et malgré ses efforts, la marque n’a pu trouver toutes les compétences nécessaires sur le territoire et s’appuie encore sur un acteur suisse pour assurer l’intégralité de ses approvisionnements ».
Chez le fabricant de brosses à dents Bioseptyl, la reloca- lisation de la production en France après une mésaven- ture asiatique a nécessité une réorientation stratégique. « Après l’échec de l’installa- tion en Chine, le rapatriement de la production impliquait de faire autrement », raconte
le PDG Olivier Remoisson- net, qui a repris les rênes de l’entreprise après une mise en redressement judiciaire en 2012. « Les efforts en interne se sont focalisés sur une démarche éco-respon- sable. Le développement d’une nouvelle gamme à base de plastiques recyclés ainsi que la mise en place de circuits courts et d’une distribution en direct, sans passage par la grande dis- tribution, nous ont permis de nous différencier et de maintenir l’entreprise. » Selon Romain Bertrand, dont le label compte plus de 2 200 gammes de produits et 600 entreprises impliquées, « en l’absence de politiques publiques fortes, les relo- calisations sont encore le fait de démarches isolées ».
Une impulsion politique est pourtant intervenue au milieu des années 2000 avec la création de dispositifs et
de structures tels que les clusters, grappes, pôles de compétitivité, ou encore les clubs d’entreprise, dans le but d’améliorer les liens entre entreprises ou bien l’accès aux financements. En 2005, de nouvelles mesures incitatives ont été introduites à l’image du crédit d’impôt relocalisation. De même, la
de la réindustrialisation une cause nationale, mais il n’a pas été suivi. L’écoute des dirigeants politiques va trop souvent aux patrons du CAC 40 qui n’ont aucun patriotisme économique, à l’inverse des dirigeants italiens ou alle- mands. La France reste dans une logique de non-inter- vention, alors qu’ailleurs un
Seules des interventions sectorielles sont envisagées, comme dans le cas de la production pharmaceutique. Un rapport sénatorial de septembre 2018 souligne que la délocalisation des sites de production pharmaceutique, principalement concentrés en Inde, en Chine et en Asie du Sud-Est, menace l’in-
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
Malgré quelques réussites telles que Rossignol, Solex, Sphère ou encore la Brosserie Française, les mesures politiques prises ne sont
pas parvenues à intensifier le rapatriement d’industries. Et les efforts politiques n’ont pas duré.
 volonté politique affichée en 2012 avec la création d’un ministère du Redres- sement productif semblait forte. Sous l’impulsion d’Ar- naud Montebourg, l’heure était alors à la marinière et au Made in France. Un système d’aides, de primes ou de crédit d’impôt avait été mis en place avec des subventions qui pouvaient atteindre jusqu’à 200 000 eu- ros. L’État français était allé jusqu’à créer l’outil Colbert 2.0, sorte de questionnaire et de FAQ pour envisager une relocalisation qui servait également de plateforme d’in- termédiation vers des spé- cialistes du développement économique territorial. Ces mesures ne sont cependant pas parvenues à intensifier le rapatriement d’industries malgré quelques réussites telles que Rossignol, Solex, Sphère ou encore la Bros- serie Française.
un effort politiQue inconstant
Reste que les efforts poli- tiques n’ont pas duré. « Il n’y a aujourd’hui même plus de ministre de l’Industrie au sein du gouvernement », déplore Fabienne Delahaye, créatrice et commissaire générale du salon Made In France (MIF) Expo. « Ar- naud Montebourg avait fait
soutien est proposé, comme en Suisse. Seuls les respon- sables régionaux semblent en France prêts à agir ». Selon elle, les enjeux sont pour- tant fondamentaux. « La désindustrialisation a des conséquences concrètes et des coûts invisibles. Elle en- traîne une désertification des territoires, une perte de com- pétences et de savoir-faire, un déficit commercial abyssal et représente un coût pour la collectivité qui assume, entre autres, les conséquences du chômage ou encore le coût sanitaire induit par des produits ne respectant pas certaines normes. »
Pour El Mouhoub Mou- houd, « les politiques pu- bliques qui interviennent après coup pour tenter de sauver les territoires une fois la délocalisation ou la restructuration effectuée devraient plutôt chercher à anticiper ces chocs par une meilleure connaissance des effets territoriaux des délocalisations. Il est pré- férable de concentrer les aides publiques sur les ter- ritoires les plus vulnérables en favorisant la formation professionnelle, la recherche et l’innovation, sources de reconquête d’avantages com- paratifs ».
Pour l’heure, aucune ap- proche globale se semble être à l’agenda politique.
dépendance sanitaire de la France, et plus largement de l’Europe. Afin de favoriser la relocalisation de certaines productions stratégiques, le rapport suggère notamment deux types de mesures : l’expérimentation pendant cinq ans d’exonérations fis- cales pour les entreprises prévoyant d’implanter en France des sites de produc- tion, ainsi que le versement d’aides à l’embauche par l’État et les régions pendant les deux années suivant le démarrage de tels sites de production.
Ces mesures restent pourtant marginales alors que pour un emploi rapatrié en France, 20 sont encore délocalisés. Les attentes apparaissent pourtant importantes du côté des consommateurs. « La fréquentation du sa- lon Made in France, passée de 15 000 visiteurs pour la première édition en 2012 à 65 000 attendus pour la nouvelle édition, du 10 au 12 novembre prochain, démontre l’appétence des Françaises et des Français pour des productions locales. Il y a une véritable prise de conscience des enjeux, ainsi que l’émergence d’at- tentes fortes de la population pour des pro.duits respectant l’humain et l’environne- ment », constate Fabienne Delahaye.
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 Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Thibaut Duchemin, fondateur et PDG d’Ava
Une voix pour les sourds et les malentendants
  Comme une langue maternelle. Le langage des signes, Thibaut Duchemin l’a appris auprès de sa famille, qui le parlait au quotidien. Interprète pour ses parents et sa sœur dès son plus jeune âge, il en a fait sa force. Mais également son combat : avec l’application Ava, il offre un interprète
« de poche » aux personnes sourdes et malentendantes.
le jeune ingénieur s’envole outre-Atlantique pour étudier au pôle innovation et intelli- gence artificielle de la célèbre université californienne de Berkeley. Là-bas, il rencontre ceux qui vont devenir ses deux co-fondateurs : le Néerlandais Pieter Doevendans et le dé- veloppeur taïwanais Skinner Cheng, également sourds l’un et l’autre. Les trois amis sou- haitent tout d’abord développer un outil pour communiquer entre eux mais leurs ambitions grandissent rapidement.
une application humaine
Leur projet prend de l’ampleur et débute avec une étude très conséquente : 160 interviews d’environ trois heures pendant trois mois. Les personnes avec qui ils échangent affirment qu’il y a un grand besoin d’innovation pour aider les
technique de la reconnais- sance vocale : « Nous voulions proposer des sous-titrages de la même façon que, lorsque l’on met un film en route, il est possible d’appuyer sur un bouton pour ajouter les sous-titres. » La recherche aboutit à la « reconnaissance vocale personnalisée » qui permet d’associer une voix à un prénom et à des mots. Une révolution qui permet de changer la vie de nombreuses
une voix Qui va continuer de s’élever
Actuellement l’entreprise emploie quinze personnes réparties entre les Etats-Unis et la France. Quant à l’ap- plication, elle a déjà séduit plus de 100 000 utilisateurs réguliers. Les trois co-fonda- teurs souhaitent continuer à se développer. Leur motivation a été récompensée début 2017 lorsqu’ils ont figuré dans la liste
utilisateurs qui motivent l’in- venteur-entrepreneur : « C’est l’un des plus gros moteurs de l’entreprise. Sans cela, je pense que nous aurions arrêté il y a deux ans. Notre bataille est récompensée. » Les projets et les idées pour développer la technologie Ava ne manquent pas, mais le jeune homme préfère garder le secret. Thibaut Duchemin l’affirme, il pense avoir permis de changer la vie de certaines personnes.
Ariane Warlin et Chloé Cénard
Elle s’appelle Ava. Elle a vu le jour aux Etats- Unis en novembre 2016, et est arrivée en France en juillet 2017. Sa mission ? Sous-titrer en temps réel les conversations de groupes. Et venir ainsi en aide aux personnes sourdes et malentendantes. Soit à l’échelle mondiale près de 450 000 de nos contemporains, dont cer- tains – parfois même sans que nous le réalisions – sont nos proches les plus âgés : les plus de 65 ans, en effet, ont 30 % de probabilités d’être malentendants. Une statis- tique qui monte à 50 % pour les plus de 75 ans. Pour ces personnes, le plus difficile est de communiquer, notam- ment lorsque les conversations dépassent trois participants. Certes, elles peuvent lire sur les lèvres mais cette technique permet d’intégrer seulement 25 % de l’information. Résultat, elles finissent par se fatiguer, socialisent de moins en moins et s’isolent.
prêter l’oreille
à ceux Qui en manQuent
Ce schéma, Thibaut Duchemin a pu l’observer dès l’enfance : « Tous les soirs au dîner, les uns et autres se racontaient leurs petites frustrations quo- tidiennes. Une fois c’était le
boulanger qui Avait changé et qui ne comprenait plus ma mère. Une autre fois, c’était une conversation dans laquelle mon père expliquait qu’à son trAvail, tout le monde parlait anglais, langue qu’il Avait beaucoup moins l’habitude de lire sur les lèvres. Ma sœur se heurtait également à beaucoup de problèmes dans ses études car elle devait constamment
« Nous voulions proposer des sous-titrages
de la même façon que, lorsque l’on met un film en route, il est possible d’appuyer sur un bouton pour ajouter les sous-titres. » La recherche aboutit à la « reconnaissance vocale personnalisée » qui permet d’associer une voix à un prénom
et à des mots. Une révolution.
    se battre pour trouver des fi- nancements dans le but de payer un interprète, ce qui coûte très cher (environ 120 euros de l’heure). »
L’idée d’une solution pour aider les sourds et malentendants à mieux s’intégrer germe très rapidement dans le cerveau de Thibaut Duchemin, sou- cieux de venir en aide à ses proches. Après un passage à l’Ecole des ponts et chaussées,
sourds et malentendants à communiquer. Convaincus et rassurés, les créateurs lancent une première campagne de financement participatif fin 2014 qui permet de récolter près de 50 000 euros. S’en- chaînent deux autres levées de fonds, suite à quoi le rêve de Thibaut Duchemin com- mence à se concrétiser. Pour monter cet outil, il passe deux ans à réfléchir sur la
personnes. « Nous avons vu des personnes pleurer la première fois qu’elles utilisaient Ava », affirme le créateur.
« L’application part du principe que tous les individus devraient être égaux lors des conversa- tions de groupes », explique Thibaut Duchemin. Ainsi, le téléchargement et le premier mois d’utilisation sont gra- tuits. Ensuite, deux possibilités s’offrent aux utilisateurs : l’une gratuite avec cinq heures de conversation par mois, l’autre payante, à raison de 1 euro par jour pour des conversa- tions illimitées. L’entreprise propose également un accès pour les professionnels à 99 euros par mois. L’utilisation se révèle également très simple : chacun se connecte à l’applica- tion via son smartphone puis Ava retranscrit en temps réel les conversations. Et Thibaut Duchemin l’affirme : Ava ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.
des « 30 jeunes de moins de 30 ans » les plus prometteurs dans le monde publiée par le magazine Forbes. L’application a également été lauréate du 10e prix Ocirp (l’Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance) en 2017 dans la catégorie Recherche appliquée et innovations tech- nologiques. Ce prix a pour but de valoriser les acteurs privés qui proposent des innovations permettant l’intégration des handicapés dans la société. Mais au-delà des récompenses officielles, Thibaut Duchemin ce sont les témoignages des
« Lorsque j’habitais encore avec ma famille, j’étais vrai- ment un relais de l’information. Dès qu’il y Avait des appels téléphoniques, des rendez-vous médicaux ou administratifs, c’était à moi d’aider mes pa- rents. Cet apprentissage d’un double langage m’a permis d’avoir une conception du monde très large. J’ai été inter- prète pour ma famille pendant 25 ans, ce qui m’a permis de créer un interpr.ète pour près de 100 000 personnes aujourd’hui », conclut-il. Du jamais... entendu.
                                                                                                     38
NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
trophees-optimistes.fr
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Sophie Lebas-Vautier, fondatrice de Good Fabric et de Marie & Marie, lauréate des re.start awards
Au nom de la fleur de coton bio...
   Sur la scène du Grand Rex, le 20 septembre, les re.start awards* à grand spectacle
ont magnifiquement « dramaturgé » ce qu’ÉcoRéseau Business a « inventé » dès
2013 : la culture du rebond. L’idée très anglo- américaine qu’un échec n’est ni honteux ni rédhibitoire, simplement la chance pour un(e) entrepreneur(e) invétéré(e) de « rebondir » plus haut. Parmi 20 autres nommés, ce fut le cas
de Sophie Lebas-Vautier, créatrice de Good Fabric et de Marie & Marie : des entreprises plutôt coton.
sabilité d’un entrepreneur est de penser au bien général qui passe avant soi-même. Or j’ai agi en utopiste et idéaliste. »
une entreprise n’est pas un projet de famille
Face aux chocs, à la peur du lendemain, au vide qui succède à un travail effréné, la dépression guette. On y échappe ou pas. Ce sera « pas ». Sophie Lebas-Vau- tier, un an durant, connaît l’immense souffrance du burn out avec son cortège de déconnexions : avoir du mal à se lever, à lire, à fixer son attention, à marcher. Nous sommes en 2012. Ekyog, repris par un fonds d’inves- tissement, sera racheté par un industriel chinois ; la marque existe toujours.
Pour l’utopiste, en 2015, sonne l’heure du rebond. « J’ai lu quantité de biogra- phies, de parcours, de spor- tifs, d’hommes et de femmes politiques, j’ai retrouvé des idées et des envies. Je me suis dit que je ne devais pas
entreprises sont à l’écoute. Je leur apporte du bon sens. » Mais celle qui nageait dans la matière première ne pouvait pas vraiment ne plus « tou-
 Olivier Magnan
Elle a pratiquement tou- jours eu la fibre, baigné dans le blanc, vécu du textile : Sophie Lebas-Vau- tier a parcouru le monde au nom des grandes enseignes du tissage. Mais au tournant des années 2002-2003, alors qu’elle pouponne, une prise de conscience s’impose à elle : l’industrie textile est la plus polluante au monde, après le pétrole.
Et cette vérité, elle ne veut pas l’occulter.
Changer de métier, de sec- teur ? Ou s’investir dans sa compétence mais en chan- geant les règles du jeu ? En 2003, en compagnie de son conjoint, elle crée une marque improbable « fabriquée » sur la discipline spiritualo-physio- logique qu’elle pratique pour son équilibre, le yoga : ça donne Ekyog, parmi les pre- mières marques à négocier du coton biologiquement cultivé. « J’étais très, trop en avance sur mon temps », constat de tous les pionniers qui essuient les plâtres et inventent un modèle. « Je suis partie à la rencontre des industriels du textile dans une palette de pays. Mais quand vous tenez un discours disruptif, vous ne faites pas rêver. Je
finis par trouver, en Inde, une coopérative de coton bio associée à Greenpeace. Je lui apporte mon expertise sur le vêtement mode et nous travaillons ensemble. » Plutôt bien. Ekyog ouvre 50 maga- sins en France et la « militante industrielle » leur associe l’association Terre d’Ekyog pour ancrer son business dans l’humain.
Mais pour une entreprise partie de zéro, les néces-
cher » la matière. Elle crée Marie & Marie, une gamme de vêtements « éco-conçus, micro-encapsulés d’un sérum exclusif d’huiles naturelles et essentielles biologiques ». « Je suis un sachet de thé », s’amuse Sophie Lebas-Vautier. Elle infuse pour les gens. En l’occurrence, des vêtements traités aux huiles végétales bio et essentielles selon un procédé mis au point par un
renoncer au
textile au moment où
un modèle. Simplement, ses aventures la poussent à mettre en avant les qualités de luci- dité, de démarche de progrès et de remise en cause face à un parterre de pair(e)s engagé(e) s dans l’entrepreneuriat. Et comme un besoin parallèle, la cheffe d’entreprise infusée à l’humain rebâtit une asso- ciation humanitaire tournée vers les coopératives et les « petits gestes ». « Je rentre de Mongolie extérieure à la rencontre de producteurs de cashmere durable, des producteurs qui ne tondent pas leurs chèvres exposées à des températures de - 50°, des éleveurs qui gèrent leurs pâturages et veillent à ré- duire leurs troupeaux. Je ne veux plus lutter contre des
mastodontes. Il existe 800 milliards de vêtements de par le monde dont à peine 1 % est recyclé. Il faut recycler et réconcili.er l’homme avec une performance économique qui passe par une création de valeurs. »
* Les re.start awards, à l’image des Trophées de l’optimisme créés par Jean-Baptiste Leprince, sont à grande échelle ‒ en l’occurrence la scène du Grand Rex à Paris ‒ la même idée de la culture du rebond chère à EcoRéseau Business. L’ini- tiative en revient à David Ringrave, fondateur du groupe My Media, agence média acheteuse d’espaces, associé à Haiba Ouassi (La France en Croissance), Naima El Guermah (Nyters & Associés), Rémi Raher (coach et plume), Stéphan Bétemps (professeur d’arts appliqués, comé- dien, musicien).
  Je me suis dit que je ne devais pas caractère pionnier de ma création dans le
les entreprises du secteur doivent intégrer la RSE et le développe- ment durable dans leurs modèles, sans toujours savoir comment faire. Moi, je savais. J’ai donc créé Good Fabric pour
le leur apprendre en consultante. Les entreprises sont à l’écoute. Je leur apporte du bon sens.
 saires économies d’échelle se heurtent tôt ou tard au mécanisme de la trésorerie in- suffisante. Sophie Lebas-Vau- tier se bat mais doit s’effacer pour que la marque survive. Son « erreur » : considérer l’entreprise comme un projet de famille et non comme un centre de profit. « La respon-
renoncer au caractère pionnier de ma création dans le textile au moment où les entreprises du secteur doivent intégrer la RSE et le développement durable dans leurs modèles, sans toujours savoir comment faire. Moi, je savais. J’ai donc créé Good Fabric pour le leur apprendre en consultante. Les
labo rencontré sur sa route à une époque où l’« infusion » ne tenait pas après lavage. C’est désormais le cas. Marie & Marie ressuscite la réunion à domicile où le vêtement « infusé » renoue avec le bien-être, le yoga, l’équilibre retrouvé.
Sophie se défend de prôner
trophees-optimistes.fr
                                                                                                     NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[Olivier Magnan
En 2015, trois étudiants se disent que les entre- prises auraient intérêt à faire bosser leurs collègues des grandes écoles, qui pour un business plan, qui pour une étude de marché ou une enquête marketing, et les étu- diant(e)s à leur tour bénéfi- cieraient de ces missions de terrain, formatrices, qu’ils/elles mèneraient en freelances. Et comme Jean-Charles Varlet, Théo Dorp et Romain Abi- donn, les trois jeunes asso- ciés, connaissent le prix de l’excellence, ils baptisent leur concept Crème de la crème,
pas seulement une aGence d’intérim ! C’est qu’entre-temps, les trois compères ont compris que le monde du travail change : dans le tech, le design et le mar- keting, les chefs d’entreprise ont besoin de commandos capables de s’emparer d’une mission ponctuelle et de la mener à bien tambour bat- tant, un jour, une semaine, un mois, un an. Si la réussite est au bout, on est prêt à payer cher, le ROI sera plus que largement au rendez-vous. Mais s’il faut que des Tom Cruise ou des superwomen
contrat minimum –, six mois, un an en moyenne pour les grands groupes, plutôt un mois dans une PME, mais je constate que le temps moyen des missions augmente. Au- jourd’hui, des amplitudes de six, huit mois sont les plus courantes. » Combien sont- ils/elles payé(e)s ? « Entre 500 et 1 000 euros par jour, selon le type d’intervention. » On « achète » son freelance comme son café crème : la plate-forme de Crème de la crème encaisse le montant
CLUB ENTREPRENDRE
 En immersion
 Il a raflé le prix du Jeune entrepreneur du Salon SME 2018
Jean-Charles Varlet, freelance d’une génération autoentrepreneuse
À 27 ans, Jean-Charles Varlet pourrait réaliser son rêve, étudier à l’Essec. Il en vit un autre, coacher une entreprise 100 % innovante, Crème de la crème, hub de talents. Comment ce « caseur » d’étudiants dans les entreprises est devenu « ressourceur » d’experts auprès des boîtes de pointe.
passe de devenir la première communauté sélective en Eu- rope. » C’est bien l’horizon d’échelle que se fixent les trois patrons d’ici à trois ans. Après la France, ils ont très vite ouvert un bureau
à Londres où le mode commando du free- lancing a largement devancé les modes de
travail à la française. Jean-Charles Varlet :
« C’est un constat qui
justifie notre modèle, l’entreprise a du mal désormais à attirer et conserver les talents
dans les domaines pointus du digital,
des talents qui ne veulent plus “faire carrière”, mais pri- vilégient l’indépen-
dance. D’où l’obligation, et pour les entreprises et pour les indépendants, d’en passer par notre plate-forme. » Simple aiguillage ? Plus maintenant : « Intégrer des indépendants
raisonnent en projets. La Poste, par exemple, fait partie de ces grandes entités où l’IA, le big data, exigent des inter- venants pointus. » Combien detemps?«Unjour–notre
par carte bancaire, tout sim- plement ! « Notre modèle repose sur une commission de 15 % sur la prestation. Nous réfléchissons sans cesse à d’autres formules, comme
un abonnement. »
du
coworking
au freelancing, la Grande mutation Au-delà de la réus- site de ce modèle encore unique – Crème de la crème a levé 600 000 euros auprès de business angels et son CA non dévoilé com- mence par deux chiffres et quelques
zéros –, l’idée des millenials qui ont créé ce concept plonge dans le nouvel univers en devenir de la notion même d’entreprise. Parce qu’une génération « numérique » s’installe aux gouvernes du monde, l’individu devient sa propre entreprise, balance les vieilles idées de carrières, de retraites, de parcours. Le « coworking » (analysé dans ERB n° 53) n’est plus tant un « tiers lieu » qui « éclate » l’entreprise qu’un état d’es- prit où le travail se nomme
aventure personnelle dans un quotidien renouvelé. Et dans le cas de Crème de la crème, le plus significatif n’est-il pas que les « talents » que sélec- tionnent Jean-Charles Varlet et ses équipes de recruteur(e) s – eux/elles-mêmes parfois freelances !, « nous nous ap- pliquons notre propre modèle, sourit Jean-Charles – ne sont pas des millenials... « J’ai la curiosité de connaître la répartition de nos freelances entre hommes et femmes, ex- plique le jeune patron, je n’ai pas encore le chiffre, mais je pressens que l’on va retrouver le même équilibre qui se des- sine parmi les entrepreneurs/ entrepreneuses. » Deux mille indépendants tournent en ce moment entre les entreprises clientes – tout petit pool face à l’océan des offres, mais Jean- Charles Varlet fuit la quantité. Crème de la crème inaugure le Pulse, vraie école du free- lancing – pour les clients et les nouveaux experts. Et celui qui a suspendu ses études à l’Essec.pour plonger dans le grand bain incarne les aven- tures professionnelles du xxie siècle.
Pour aller plus loin, une tribune de Jean-Charles Varlet : www.linkedin. com/pulse/le-futur-du-travail-se- dessine-avec-les-freelances-varlet/
   Selon l’Ifop, 50 % des Français sont aujourd’hui prêts à tenter l’aventure
de l’indépendance. Une place de champion
européen reste encore à prendre
sur le podium des mutations du travail...
 conscients que leur force ré- sidera dans la sélection des meilleurs... Trois ans plus tard, plus de juniors à l’ho- rizon. Mais des experts, des talents, des pointures, des femmes et des hommes en place dans les entreprises, fort(e)s de dix, quinze ans d’expérience, qui s’arrachent au confort d’un CDI bien payé pour devenir électrons libres : des freelances de missions impossibles !
viennent épauler les équipes en place, il faut qu’ils/elles soient la « crème », des poin- tures dans leur domaine. C’est tout le savoir-faire de Varlet et associés : ils sélectionnent impitoyablement les candidats. Sur mille CV, ils repèrent cent « têtes » aiguisées. « Ils et elles ont quitté leur poste par goût de la liberté ou bien mènent des missions en marge de leur CDI. Ils/elles sont des freelances, rejoignent notre plate-forme en
dans une organisation, c’est restructurer le travail. Nous développons notre vocation de conseil. En évangélisant notre concept, nous expliquons aux managers comment tirer parti au mieux de ces freelances autonomes qui repartiront, mission accomplie. »
À l’évidence, ces « intéri- maires » singuliers ne « fonc- tionnent » qu’au sein d’entre- prises innovantes. « Petites structures ou grands groupes
 Wanted : 85,2 millions de talents d’ici à 2030 !
Le 3e volet de l’étude Korn Ferry The Talent Shit jette ce cri : le monde va man- quer de talents par millions. Une projection que les fondateurs de Crème de la crème ont ainsi prise en compte à leur échelle. « En France, seulement 23 % des dirigeants anticipent cette pénurie, chiffre l’étude qui estime que cette crise sera structurelle et non cyclique ». La pénurie avancée porte sur 20,3 millions de travailleurs qualifiés en 2020 et jusqu’à 85,2 millions en 2030. « Les entreprises ont une difficulté à planifier sur le long terme leur stratégie des talents car elles se concentrent principalement sur le développement de la technologie. Or, sans talents, la technologie échouera », dixit l’analyste. Tous freelances ?
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[ Clim
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Janus 2017 de l'Industrie
]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Baromètre de l’innovation
Le verbatim
L’innovation systématique requiert la volonté de considérer le changement
comme une opportunité.”
Peter Drucker
Le monde ne sera plus jamais comme avant...
KENYA
Le revenu universel testé grâce au patron d’eBay Durant la dernière campagne présidentielle, le socialiste
Benoît Hamon a popularisé le concept de revenu universel au travers
de l’une de ses promesses électorales. De quoi s’agit-il ? De fournir un
revenu minimal, corrélé avec le niveau de vie du pays, qui permette
à ses récipiendaires de vivre décemment malgré de maigres revenus
ou de démarrer de nouveaux projets professionnels dans une situation
moins précaire. Le revenu universel possède également une dimen-
sion sociétale. Car en France, en Suisse ou dans les pays nordiques,
les expérimentations en la matière ambitionnent en parallèle que ses bénéficiaires, libérés d’une partie de leurs impératifs financiers, se lancent dans des projets locaux en lien avec l’éducation, l’environnement ou la culture.
Le concept continue de faire des émules. Mais cette fois-ci au Kenya. Pierre Omidyar, fondateur d’eBay, a annoncé réaliser une donation d’un montant de 493 000 dollars à GiveDirectly, organisation qui aide les familles vivant dans situation d’extrême pau- vreté en Afrique de l’Est. GiveDirectly pourra ainsi financer un programme pilote pour une période de 12 ans. 26 000 personnes de 200 villages bénéficieront de ce projet. Plus précisément, 6 000 Kenyans toucheront ainsi des indemnités régulières durant l’intégralité de la durée du programme. Et en parallèle, 20 000 autres recevront au minimum une aide sous la forme de transfert. Concrètement, des paiements de 0,75 dollar par jour seront effectués. Ce montant représente l’équivalent de 50 % du revenu médian des régions visées par le programme.
ESPAGNE
HyperloopTT dévoile son prototype Théorisé par Elon Musk, le projet de l’Hyperloop
avance dans sa phase de prototypage. Le train du futur, qui devrait
atteindre la vitesse de croisière de 1200 km/h, s’est un peu plus
matérialisé à Puerto de Santa Maria en Espagne où a été expo-
sée une première capsule à taille humaine, censée être propulsée
dans des tubes basse pression. D’une dimension de 32 mètres de
longueur et de 15 mètres de large pour un poids de cinq tonnes, la « Quintero One » sera presque entièrement construite à partir de vibranium, un matériau spécialement conçu par HyperloopTT. Dans un second temps, la capsule sera livrée au centre de recherche et développement d’HyperloopTT situé à Toulouse pour l’assemblage final. HyperloopTT prévoit que la capsule sera prête à accueillir des passagers dès 2019.
ETATS-UNIS
Intelligence artificielle tous azimuts
Le MIT (Massachusetts Institute of Technology) a annoncé
le lundi 15 octobre la création à Boston d’une nouvelle faculté foca-
lisée sur l’intelligence artificielle. Coût de l’opération : un milliard
de dollars. Avec une première rentrée prévue dès l’année prochaine,
cette nouvelle faculté entend réconcilier les sciences humaines et
certaines sciences dures telles que la biologie et la chimie avec le développement de systèmes d’intelligence artificielle pour les utiliser dans leurs recherches. La direc- tion du MIT ambitionne effectivement de « faire embrasser le futur aux humanités », selon un communiqué.
L’entreprise
BlaBlaCar, licorne rentable en 12 ans
Si le principe même de la start-up, basé sur le surendette-
ment, la promesse d’hyper-croissance et la revente, peut faire
grincer des dents, le modèle de BlaBlaCar prouve que cette
périlleuse manœuvre peut s’inscrire de façon pérenne dans
l’économie réelle. Ainsi, 12 ans après sa création, BlaBlaCar
annonce avoir atteint son seuil de rentabilité grâce notamment
à une croissance de 40 % de son chiffre d’affaires par rapport
à 2017 et a une « gestion saine de ses ressources ». Nicolas Brusson, co-fondateur de la plate-forme de covoiturage, précise dans un communiqué qu’ « atteindre la rentabilité est une étape importante pour BlaBlaCar qui illustre que les licornes en forte croissance s’inscrivent dans une réalité économique pérenne. Ne perdons cependant pas de perspective que notre croissance continuera d’être portée par l’innovation, la diversification et l’internationalisation. Nous restons donc avant tout dans une phase d’investissements. » Pour rappel, BlaBlaCar compte une commu- nauté de 65 millions de membres dans 22 pays. L’international représente 75 % de l’activité de la licorne, qui regroupe une communauté de 15 millions de membres en France. Outre les 18-35 ans, ce sont les seniors qui recourent de plus en plus à l’autopartage. Les chiffres pour ce segment ont effectivement doublé en six ans. L’innovation autrement
Le PSG lance sa propre crypto-monnaie
Si dans les esprits, blockchain et bitcoin se confondent,
d’autres usages de crypto-monnaies dans des blockchains
privées font florès. Dans le football notamment. Le PSG
en partenariat avec la plate-forme Socios.com ambitionne
d’émettre sa propre crypto-monnaie destinée à un petit
nombre de supporters privilégiés. L’opération permettrait de
rapporter 2,5 millions d’euros de recettes supplémentaires
par an au club. Dès 2019, les fans du club pourront acheter
des jetons virtuels qui leur permettront de participer à la vie du club, sous la forme de votes ou de sondages en ligne, et de bénéficier de récompenses, de contenus et d’expériences exclusifs en échange de leur fidélité.
L’innovation en bref
L’UNC EXPÉRIMENTE L’APPLE WATCH POUR COMPRENDRE LES TROUBLES ALIMENTAIRES
Une étude va être menée aux États-Unis par l’UNC Center of Excellence for Eating Disorders. A l’aide du système de monitoring de données personnelles liées à la santé porté par la montre d’Apple, l’UNC souhaite anticiper l’appa- rition des troubles alimentaires. L’étude vise à cumuler des données compor- tementales, génétiques et relatives au microbiome pour donner un aperçu plus complet des éléments déclencheurs et des traitements de la compulsion alimentaire. La phase de test serait déployée dans un premier temps sur un échantillon de 1 000 individus.
LES « ÉLITES ÉTUDIANTES » SE FONT MILITANTES
La crise de sens est particulièrement prégnante parmi les nouvelles généra- tions qui accèdent au marché du travail. Travailler pour des entreprises qui ne polluent pas ou qui mettent en œuvre une politique RSE viable, hors des dis- cours marketing, semble être devenu un impératif. Dans leur « manifeste pour un réveil écologique », des centaines d’étudiants issus des plus grandes écoles françaises (HEC Paris, AgroParisTech, CentraleSupélec, Ecole Polytechnique, ENS Ulm...) appellent leurs condisciples à boycotter les entreprises en désac- cord avec certains principes environnementaux et sociaux. « Nous souhaitons inciter tous les acteurs de la société – les pouvoirs publics, les entreprises, les particuliers et les associations – à jouer leur rôle dans cette grande transfor- mation et à mener les changements nécessaires vers une société enfin soute- nable », précise le manifeste.
LE CODE DU TRAVAIL RECONNAÎT L’ÉLECTROSENSIBILITÉ
A l’heure du tout-connecté et du tout-écran, l’électrosensibilité est une consé- quence néfaste et peu reconnue de nos modes de vie. Un premier pas vient d’être franchi. Outre le diagnostic établi, la maladie vient d’être classée parmi
                                                                                                            42 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[les motifs qui légitiment un accident du travail. Pour la première fois en France, un salarié qui souffre d’élec- trosensibilité en a été officiellement reconnu victime. Les faits remontent à 2013. Un technicien d’un service client d’une entreprise de télécommunication fait un malaise sur son lieu de travail. Diagnostiqué intolérant aux ondes électromagnétiques depuis 2011, l’homme avait exprimé plusieurs fois son besoin d’être muté dans un service moins exposé, demandes restées sans suite. Jugé par le tribunal des affaires de la Sécurité sociale des Yvelines, le cas donne raison au salarié et devrait faire jurispru- dence.
SAP.IO FOUNDRY S’INSTALLE À PARIS
Réseau mondial d’accélérateur de start-up, SAP.iO Foun- dry s’implante à Paris et accueillera une cinquantaine de start-up qui souhaitent se déployer dans le BtoB. Ces jeunes pousses pourront bénéficier de services sur-me- sure permis par la force de frappe de SAP, l’un des leaders mondiaux de services cloud : mentoring personnalisé, dé- sintermédiation et accès direct aux clients en lien avec le cœur d’activité des start-up, API à disposition selon les besoins et technologies des plates-formes SAP. Pour cette première promotion, l’accélérateur a placé la focale sur l’« Intelligent Entreprise » et sur le sujet de la supply chain.
GOOGLE ANNONCE DE NOUVELLES FONCTIONNALITÉS POUR SON ANNIVERSAIRE
Pour ses 20 bougies, Google annonce de nouvelles fonc- tionnalités qui ont recours au machine learning et à l’intel- ligence artificielle. Destinées notamment à élargir l’éven- tail des recherches qui pourraient intéresser l’internaute, ces fonctionnalités, délivrées dans les semaines à venir, permettront de proposer à l’utilisateur des contenus per- sonnalisés déduits de leurs centres d’intérêts. En outre, une nouvelle fonctionnalité inspirée des réseaux sociaux prévoit également la possibilité de poster des « stories », un format alliant messages, images et vidéos éphémères. En outre, Google a annoncé que son moteur de recherche serait plus performant sur la recherche par images, grâce à ses projets de R&D menés sur l’intelligence artificielle capable de décrypter la nature d’un objet pris en photo.
L’ÉTAT ENTREMETTEUR ENTRE GRANDS GROUPES ET FRENCHTECH
L’écosystème digital français se renforce. Programmé pour 2019, le French Tech Community Fund sera mis en place via un financement d’amorçage de l’État d’un mon- tant de deux millions d’euros. L’État souhaite dans un se- cond temps que grands groupes, fonds d’investissement et start-up, sur la base du volontariat, abondent ce nou- veau fonds de soutien. Ce fonds sera utilisé pour la mise en place d’événements particuliers, de nouveaux lieux dédiés à la FrenchTech, de nouveaux outils.
LE MINISTÈRE DE LA JUSTICE CONTRE GOOGLE
Selon l’AFP, Nicole Belloubet, ministre de la Justice, a annoncé avoir demandé à Google de flouter les vues aériennes de prisons disponibles sur Google Maps et Google Earth, dont celle de Vendin-le-Vieil où le bra- queur Redoine Faïd est écroué. Pour rappel, Google Ear- th et Google Maps permettent en effet de visualiser des prises aériennes de certaines prisons françaises. Google France dit avoir transmis à ses fournisseurs « une liste de sites sensibles, en leur demandant de prendre les me- sures nécessaires afin de nous transmettre des images conformes à la législation en vigueur dans les plus brefs délais ». Au moment de la requête exprimée par la Garde des Sceaux, les prisons de Réau, de Vendin-le-Vieil ou celle de Valenciennes étaient encore visibles sur les mo- teurs de recherche.
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Baromètre de l’innovation
En rupture
Le biomimétisme au service de la sécurité routière
Le biomimétisme technologique continue d’étonner. Une équipe de chercheurs
dirigée par Viktor Gruev a développé une caméra pour équiper des voitures
autonomes qui s’inspirent de la façon de voir des crevettes-mantes pour amé-
liorer leur vue. Le crustacé possède l’un des systèmes visuels les plus com-
plexes du règne animal, capable de distinguer la direction dans laquelle oscille
le champ électrique de l’onde lumineuse. De quoi fournir des informations clés sur l’environnement, telles que les propriétés matérielles des objets et leur forme géométrique. Informations également utiles lorsque vous conduisez par temps brumeux, où la polarisation peut améliorer la visibilité de détection des objets sur la route. Ces caméras d’une précision inédite contribueraient à aider à atténuer les accidents en améliorant la vision des voitures autonomes.
   NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr 43
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ Le tour du monde de l’innovation
Se loger aujourd’hui et demain
Acheter, isoler, gérer un habitat sur terre et dans l’espace
Le numérique et les innovations transforment nos villes et nos habitats. L’homme n’en finit plus de pousser les murs pour se donner... un toit ? Le concept même de toit devient virtuel. Gadgets et perspectives.
Patrice Remeur
SUISSE
Linky en couteau helvète ?
La solution proposée par le groupe ABB intègre la distribution et les périphériques connectés de- puis un transformateur électrique. Les transfor- mateurs sont à la source des niveaux de tension et gèrent les transmissions ou distributions. En les liant à une distribution numérique, ce système va gérer facilement l’ensemble des sous-systèmes et exploiter précisément les informations. D’où abaissement des coûts d’exploitation et de main- tenance de logements et valorisation des actifs.
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
FRANCE
Maisons imprimées en 3D à Nantes
La première maison d’habitat social, imprimée à Nantes en 3D en seulement quelques jours, a accueilli ses premiers locataires au mois de juillet 2018. De nouveaux logements écologiques, économiques, recyclables, connectés aux formes et structures inédites... L’im- pression 3 D résout en outre la pénurie de maçons et participe à améliorer la santé du personnel...
ÉTATS-UNIS
Quelle est la future valeur de mon logement si je fais des travaux ?
Les Américains veulent connaître l’impact de leurs travaux sur la valeur de leur maison. Piscine, extension, rénovation... Le calculateur en ligne de Goldman Sachs donne immédiatement le coût éventuel, mais aussi la valeur future. Il prévoit des scénarios multiples d’investissements (crédits, placements, épargne...) pour aider à la décision.
EUROPE
L’origami pour la Lune et Mars
Moderniser et rendre plus esthétiques les bâtiments exis- tants dans les villes africaines avec des panneaux d’isolation poreux imprimés en 3D, générateurs de chaud et de froid. C’est l’idée de Heat Island Limited , une équipe de conception pluridisciplinaire du Royaume-Uni. Il s’agit d’une enveloppe souple et habitable installée autour de la façade. Elle refroi- dit passivement la structure en utilisant le refroidissement par rayonnement de la structure existante pendant la nuit et le refroidissement par évaporation de l’intérieur pendant la journée. Avec des températures extrêmes, de plus en plus fréquentes dans les villes africaines, le besoin de refroidir et d’aérer artificiellement croît. Les bâtiments consomment plus d’énergie et augmentent le stress sur les infrastructures de production et de distribution d’énergie souvent fatiguées.
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[ Le tour du monde de l’innovation
PAYS-BAS
Route en plastique
La première piste cyclable composée de plas- tiques réutilisés a été inaugurée à Zwolle, aux Pays-Bas. D’une longueur de 30 mètres de piste cyclable, elle est dotée de capteurs qui assurent son « intelligence » pour détecter les anomalies ou compter les passages par exemple. La route est fabriquée à partir d’une quantité importante de plastique recyclé. L’ambition de l’entreprise est d’utiliser 100 % de recyclé, mais aussi d’in- venter de nouvelles formes. Elle veut mettre au point la brique connectée de la ville intelligente.
JAPON Ascenseur pour l’espace L’idée avait déjà été émise en 1895 par le scien- tifique russe Konstantin Tsiolkovsky, père de l’aéronautique spatiale russe, après qu’il avait vu la tour Eiffel à Paris. Mais elle fut abandon- née en raison des coûts et de la technicité. Des chercheurs de l’université de Shizuoka vont mener une expérience d’« ascenseur spatial ». Il s’agit d’un monte-charge et d’une boîte de six cm qui seront déplacés dans l’espace entre deux minisatellites, « piliers » d’un câble tendu. Si l’expérience est probante, le Japon pourrait se faire le spécialiste des moyens de transports économiques. Une entreprise partenaire envi- sage d’ores et déjà de transporter des touristes. En attendant l’hébergement.
AFRIQUE
Le chaud et le froid modulés par la fenêtre
Les pertes thermiques sont dues aux fenêtres. L’uni- versité de Melbourne a mis au point un revêtement transparent sur les vitrages qui bloque la chaleur l’été et retient les degrés à l’intérieur lorsque le temps se refroidit, le tout de manière autonome. À base de dioxyde de vanadium, le procédé réagit au rayonne- ment solaire infrarouge. Un produit qui était, jusqu’à présent, impossible à utiliser sur certaines surfaces (mobile, écran, revêtement...).
ISRAËL
Emprunter en P2P
La start-up Homelend se propose, grâce à la blockchain et à la réalisation de smart-contracts, de faire se rencontrer directement acheteurs et prêteurs. Inutile d’attendre des mois l’argent vir- tuel du banquier. L’entreprise, à travers l’IA, pré- sélectionne les candidats, anéantit les erreurs, diminue la paperasse, aboutit rapidement à l’ap- probation de la solvabilité, établit en un clin d’œil les conditions du contrat.
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
MALAISIE L’homme des cavernes... sous-marines Créer des cavernes sous-marines depuis des structures cylindriques, à la fois infrastruc- tures high tech (récupération de l’éner- gie des vagues, eau, terre...) et espaces fonctionnels. Voilà l’idée de chercheurs de l’université technologique de Nanyang (NTU). Ils travaillent sur la récupération de l’espace terrestre ainsi que sur la création de nou- veaux matériaux, tel du béton « vert » pour rendre le projet industrialisable et viable.
AUSTRALIE
Le chaud et le froid modulés par la fenêtre
Les pertes thermiques sont dues aux fenêtres. L’université de Melbourne a mis au point un revêtement trans- parent sur les vitrages qui bloque la chaleur l’été et retient les degrés à l’intérieur lorsque le temps se re- froidit, le tout de manière autonome. À base de dioxyde de vanadium, le procédé réagit au rayonnement solaire infrarouge. Un produit qui était, jusqu’à présent, impossible à utiliser sur certaines surfaces (mo- bile, écran, revêtement...).
NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[Décryptage
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
  En direct du HubForum d’octobre
L’intelligence artificielle, de « simples » technologies logicielles
 De la chaîne de production à la relation client en passant par les ressources humaines et la logistique, l’IA apparaît comme un formidable levier d’optimisation. Sa mise en œuvre soulève toutefois encore incompréhension et méconnaissance chez nombre de dirigeants. On décrypte...
Jonathan Nahmany
«C
exemples concrets d’Arnaud Steinkulher, à la tête des solutions Europe, ne perdent jamais de vue les objectifs escomptés : « optimiser », « inspirer sa marque » ou encore « ajuster ses cam-
les principaux rudiments. L’IA, c’est désormais une réalité, ne fait plus office de science-fiction. Aujourd’hui, d’après une étude menée par Keyrus, on recense ainsi quelque 950 start-up dédiées à l’in- telligence artificielle dans le monde (dont 499 aux États- Unis) et les investisseurs ont injecté près de 5,42 milliards de dollars dans ce secteur au premier trimestre 2018. La phase d’industrialisation vient de commencer. Presque aucun secteur n’y échappe : marketing, santé, logistique, contrôle, ressources hu- maines... Les opportunités sont pléthoriques : généra- tion automatique de texte, reconnaissance automatique de la parole, agents virtuels, plates-formes d’apprentissage automatique, reconnaissance biométrique...
omment l’intelli- gence artificielle
fournit une vision à 360° des clients, délivre des analyses prédictives ou apporte des réponses contextualisées en puisant dans toutes les données, structurées ou non. Un véritable accélérateur
met aujourd’hui la social data au service de l’entreprise ? » Tous les nombreux workshops au programme du HubForum répondent à ce type de ques- tion précise. Ce rendez-vous annuel des décideurs du numérique consacré à la transformation numérique des entreprises attire à n’en pas douter une foule plus dense chaque année. L’at- mosphère se révèle studieuse et détendue. Suivons de près la démonstration des deux speakers de Talkwalker, plate-forme qui surveille ce qui se passe sur tous les canaux, sur tous les marchés et en 187 langues. « Vous pourrez déterminer ce que vos clients pensent de vos campagnes, de vos pro- duits, de vos événements, de vos résultats financiers et de vos marques ou en- core analyser la notoriété de votre entreprise et l’impact de votre communication à l’échelle mondiale », promet Charlotte Clemens, respon- sable grands comptes. Les
L’IA va extraire du sens, déterminer de meilleurs résultats, aider à des prises de décisions plus rapides à partir de sources big data massives
   pagnes ». « Pour que le ré- sultat soit des plus optimal, il est impératif de prendre l’ensemble des critères en considération, des images au logo... », martèle-t-il. Au sortir de cet atelier, force est de constater que le big data et l’intelligence artificielle sont deux technologies inex- tricablement liées. L’IA va extraire du sens, déterminer de meilleurs résultats, aider à des prises de décisions plus rapides à partir de sources big data massives.
business porteur
Associée à d’autres technolo- gies, l’intelligence artificielle
de business. Les bénéfices y sont nombreux, notam- ment en termes de gains de productivité, de satis- faction client et d’agilité. À condition d’en assimiler
Nombreux sont les spécia- listes qui estiment qu’à terme, grâce à l’IA, il sera plus aisé de détecter et de com- prendre les signaux faibles dans l’imagerie médicale,
 Le coût, un frein majeur
La première grande enquête sur le degré réel d’adoption de l’IA dans les entreprises a été révé- lée par Tata Consultancy Services (TCS) en par- tenariat avec IDC. Pour 49 % des entreprises, le principal frein est le coût des solutions IA. Arrivent ensuite : le manque d’expertise technologique en interne (31 %), la complexité de la mise en œuvre des projets (28 %) et les obstacles culturels et or- ganisationnels (28 %).
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]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[Décryptage
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
   les images satellitaires, les analyses médicales, les bruits, les caméras de surveillance, les textes de lois, les réseaux sociaux, les déclarations fis- cales, les réclamations des
l’IA réside peut-être dans la définition qu’on lui prête. Beaucoup en ont une vi- sion fantasmatique, prévient Frédéric Gérard Leveque, expert IA au HubInstitute.
dépendre de ce qu’on va lui “mettre dedans” en termes de données, comment l’on va coder son algorithme. Concrètement, de l’IA fait ce qu’on lui dit et ce qu’on
 Le chatbot, applicatif vedette de l’IA,
va se généraliser
 Dans la pratique, l’IA regroupe une cinquantaine de champs scientifiques qui ont abouti à un patchwork de briques technologiques, à l’imitation des « briques » de l’intelligence humaine
 clients... Ils pensent que le dialogue avec les ordinateurs s’établira de plus en plus en langage naturel (la voix ou l’écrit avec le NLP – Natural Language Processing) ou par l’intermédiaire d’images.
un impact humain et orGanisationnel « La première limite de
L’IA dite étroite constitue le terrain de jeu des entreprises. Incontestablement, il s’agit d’un levier de “superoptimi- sation”. Pour désacraliser un peu le concept, je compare souvent l’IA à une pelle. L’IA s’invite partout, de la gestion logistique jusqu’à la gestion humaine. » Est-elle fiableà100%?«Toutva
lui apprend. L’algorithme ne vit pas sa vie autonome sans l’humain ! » Pour cet expert, sa mise en applica- tion dans les entreprises ne génère nulle crainte, plutôt de l’incompréhension. « À l’heure actuelle, le besoin d’accompagnement est très fort. Bon nombre de diri- geants ne savent pas par quel
bout commencer, ni com- ment budgéter. » Une chose est sûre, « l’introduction de l’IA au sein d’une entreprise
.
revêt inévitablement un gros impact humain et organisa-
tionnel ».
  Quel regard portez-vous sur l’offre de l’intelligence artificielle actuellement destinée aux entreprises ?
Je vois qu’il s’agit d’une sorte de sous-ensemble de l’offre logicielle pour les entreprises. Un certain nombre de start-up et d’entreprises de services proposent des solutions autour de l’IA, notamment en termes du traitement de l’image et du langage, avec les fameux chatbots, plébiscités par nombre d’en- treprises, notamment dans le domaine de la relation clients. L’outil s’applique en interne à la gestion de notes de frais, des congés, etc. Pour les sociétés qui traitent un grand volume d’informa- tions textuelles (messagerie, documen- tation), il existe des solutions adaptées à des marchés spécifiques, comme le juridique. D’une manière générale, les entreprises qui manipulent beaucoup de données sont les premières concernées par l’IA. Soit les secteurs de la santé, de la finance, de l’assurance, des trans- ports et de la distribution.
Quelle est la place de la France dans le concert des nations ?
À l’échelon européen, la France se po- sitionne à la deuxième place derrière le Royaume-Uni par le nombre de start-up spécifiques à l’IA. Il existe une véritable dynamique portée par une bonne ving- taine de jeunes pousses qui arrivent pour certaines à se tailler une place à l’international. En revanche, la France ne peut pas se comparer aux États-Unis ni à la Chine par le nombre de ces entre- prises dédiées et leur financement.
Existe-t-il des freins psychologiques à la mise en œuvre de l’IA par les diri- geants d’entreprise ?
Il existe des peurs véhiculées par cer- tains « spécialistes » dans les médias qui veulent donner l’impression que l’IA va réduire l’homme à la portion congrue. Le véritable blocage naît plu- tôt du constat que les entreprises ne savent pas forcément décrire ce qu’est l’IA, elles ignorent ses composantes technologiques et ce qu’elles peuvent en faire pour servir leurs clients et se rendre plus compétitives. Pour l’ins- tant, elles ont besoin d’améliorer leur connaissance des solutions disponibles.
Une meilleure acculturation est indis- pensable. Il faut s’informer, apprendre, se documenter, participer à des confé- rences ou des séminaires. Puis faire des choix et avancer. Ce phénomène n’est pas nouveau. C’était le cas pour Internet, la mobilité et le cloud. Réguliè- rement, les entreprises de toutes tailles doivent se mettre au courant de ce qui se passe dans le monde technologique pour adapter leurs organisations et leurs offres.
Alors quelle définition claire et précise donneriez-vous de l’IA ?
Il s’agit d’une discipline scientifique créée par des Américains il y a une soixantaine d’années. Elle visait à re- produire dans des ordinateurs des composantes de l’intelligence humaine, axées autour du langage, de la vision et du raisonnement. Aujourd’hui, dans la pratique, l’IA regroupe une cinquan- taine de champs scientifiques qui ont abouti à un patchwork de briques tech- nologiques, à l’imitation des « briques » de l’intelligence humaine et l’étendent même parfois. La reconnaissance des images fonctionne très bien. Celle de la parole moins bien. Et l’IA capable de rai-
sonner de manière générale est encore une chimère. Dans le traitement des données à base de machine learning, les fonctions et performances dépassent de loin les capacités humaines. Une IA va gérer des milliards de données chif- frées, identifier des tendances, ce que le cerveau humain ne sait pas faire. L’IA est une boîte à outils qui étend les capacités humaines. Elle n’est pas mo- nolithique. Ce n’est pas un produit. Ce sont des technologies utilisées dans les logiciels. Il existe déjà de l’IA dans les produits de tous les jours, comme dans les téléphones portables pour les fonc- tions photo, vidéo et les agents conver- sationnels comme Apple Siri ou Google Assistant.
L’IA représente-t-elle un enjeu majeur pour l’avenir des entreprises ?
Oui, au même titre que la numérisation en général. Lorsque les entreprises voient apparaître des outils numériques qui leur donnent des gains de produc- tivité, elles ont le choix de les adopter ou non. C’est un impératif pour celles qui évoluent dans un environnement concurrentiel.
Expliquez-nous...
... Olivier Ezratty, consultant et auteur
« Une meilleure acculturation est indispensable »
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]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                 SILQTM L'innovation.
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[ Créer aujourd’hui
Votre idée mérite-t-elle une entreprise ?...................................................p51
Business guides
- Cadeaux d’affaires : cibler juste et à la carte......................................... p54 - Le séminaire, un événement en convalescence ..................................... p60 - Événementiel : filière pérenne et juteuse ! ............................................ p64 - Véhicules d’entreprise : les loueurs s’occupent de tout ......................... p68
  CAHIER PRATIQUE
Conseils, astuces et nouveaux outils
Au fond, l’entreprise naît d’une idée, se nourrit d’idées, infuse les idées, jusqu’à réinventer sans cesse son image, la traduire par ces cadeaux d’affaires devenus un marché qui tangente le luxe. Mais tout commence par l’idée : mérite-t-elle que l’on se lance dans l’aventure de créer une entreprise ? Sans doute, si l’on se donne une méthode pas à pas pour la valider. Les idées, toujours, imprègnent les séminaires d’entreprise et exigent des événémentiels toujours plus créatifs. Un bain de bonnes idées.
50 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
 Poule aux œufs d’or ou miroir aux alouettes...
Votre idée mérite-t-elle une entreprise ?
Présenté comme l’ADN de toute création,
le concept innovant se pose en critère incontournable. Pourtant les idées les plus simples peuvent se révéler les meilleures. Une fois l’inspiration trouvée tout est affaire de préparation et de conseils pour plonger au cœur de l’aventure entrepreneuriale. Succès pressenti à la clef...
 Tessa Talon
Jackpot en 2017. La France comptabilise 591 000 créations d’entreprises, chiffre le plus élevé depuis 2010. Un record affiché, avec une progression de +7 % sur un an. Autant dire que devenir entrepreneur séduit de plus en plus. Toutes les nouvelles structures ne sont pourtant pas vouées à la même réussite. Et si pour beaucoup le succès com- mence par une bonne idée, elle ne fait pas tout.
Pour Isabelle Saladin, fonda- trice d’I&S Adviser, premier réseau de serial entrepre- neurs pour accompagner les start-up et PME françaises, « la bonne idée pouvant abou- tir à la création d’entreprise
si les excellentes idées sont légion, elles n’ont d’intérêt que si elles apportent une valeur ajoutée. Une notion à laquelle les porteurs de projets restent encore peu sensibilisés. « Avant tout, il convient de se poser une question et une seule : pour- quoi ? Pourquoi irais-je ache- ter ce produit ou ce service ? Celle-ci n’est rien d’autre que la vraie définition du marketing. »
une bonne idée... mais pas Que
Le mot est lâché et, avec lui, une vision plus terre à terre de la création d’entreprise, comme le confirme Benoît Diot, à la tête du cabinet de conseil Comm’ des En-
pétences, ses moyens, son réseau, sa capacité à inno- ver et à se projeter. Sans omettre quelques ingrédients objectivement aléatoires : être au bon endroit, au bon moment, et profiter des op- portunités du marché tout comme de l’environnement. Ce en quoi une entreprise fait figure de modèle pour Isabelle Saladin : Le Slip Français. « L’idée n’a rien de nouveau, mais elle répond à des besoins très clairs, qui ont du sens pour les clients : le sens humain, car il s’agit d’une fabrication française, et le besoin économique de
ici son origine dans l’écho de ses valeurs auprès des Français et non dans l’in- novation. Cette recherche de la différenciation est la voie adoptée par les créa- teurs de Docteur Sneaker. L’entreprise de réparation et de customisation de chaus- sures a vu le jour à Toulouse, imaginée par David Mensah et Franck-Mickael Ajavon. Le projet s’inscrit dans un
contexte précis : des ten- nis de marque proposés en édition limitée et fédérant de nombreux passionnés. Est venue se greffer, par la suite, une dimension sociétale dont les deux créateurs ont pleinement pris la mesure : « Notre concept est en phase avec l’actualité qui traite de- puis des années d’économie participative et de protection de l’environnement. »
être différent,
la clef de la visibilité
Si l’idée est pour le moins originale, leur façon de se lancer dans l’entrepreneu- riat a été très méthodique. « Avant la création de la société, nous avons mené plusieurs études de marché pour définir nos cibles et les services qui paraissaient attractifs et pérennes. Nous
  Docteur Sneaker : une «simple» idée de customisation et de répa- ration de chaussures portée par un marketing de différentiation.
  Protéger son idée pour être le premier à l’exploiter
Si une invention peut faire l’objet d’un dépôt de brevet, il n’en est rien pour une idée de produit ou d’entreprise. Sa protection nécessite de prouver que vous en êtes bien à l’origine. La première solution est l’emploi de l’en- veloppe Soleau. Disponible auprès de l’Institut national de la propriété intel- lectuelle (INPI), elle se présente sous un format papier à renvoyer à l’orga- nisme, ou par voie dématérialisée. Elle est conservée cinq ans, servant de preuve devant les tribunaux.
Une autre solution consiste à faire
établir un constat d’huissier ou un acte notarié. Le coût est variable suivant le prestataire. Le document rédigé est d’une durée illimitée. Si vous souhai- tez seulement dater votre idée, vous pouvez déposer ses caractéristiques sur un site spécialisé. Plus simple et tout aussi efficace, envoyez-vous une lettre recommandée avec accusé de réception qui détaille votre projet. Le cachet de la Poste servira de preuve, à condition de ne pas ouvrir l’enve- loppe.
 L’idée ne fait pas tout. Il faut aussi être au bon endroit, au bon moment, et profiter des opportunités du marché tout comme de l’environnement
 doit résoudre un problème ou répondre à un besoin réel ». L’effet : conduire à l’acte d’achat. Car une société vit d’abord de sa dimension économique. Autant dire que
trepreneurs : « L’idée ne fait pas tout. La manière dont on l’exploite compte. » Créer son entreprise implique de s’appuyer sur d’autres éléments tels que ses com-
création d’emplois dans le pays. » Il n’en fallait pas davantage pour réveiller la fibre citoyenne et patriotique des acheteurs. La bonne idée, synonyme de succès, trouve
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]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
 avons conçu un site Internet et des pages sur les princi- paux réseaux sociaux. Ce qui nous a permis de récu- pérer et de traiter les pre- mières commandes. Nous avons également participé à de nombreux salons sur la culturesneakersetréalisé des animations gratuites dans des centres commerciaux. » Pour Benoît Diot, c’est un parcours idéal : « Pour être identifiée, l’idée ne doit pas
idées ont tout de la recette miracle. Pourtant, à la ques- tion de savoir si ça aurait été suffisant pour connaître le succès, l’équipe de Docteur Sneaker est plus mitigée : « Se faire une place sur le marché du sneaker est une démarche qui demande beaucoup de patience, de communication et surtout d’innovation, choses que nous ne soupçonnions pas forcément au début. » Même
à elle-même, et n’assure pas la pérennité de la nouvelle entité. Pour Benoît Diot, quelle que soit l’entreprise, il reste difficile d’envisager de se lancer seul. « Personne n’a la science infuse. Chacun a besoin d’être accompagné etcoaché[...]Onnenaîtpas entrepreneur, on le devient au gré de ses rencontres et de sa maturité. Par conséquent, pour bien démarrer, chacun doit pouvoir demander très
 L’incubateur, une structure incontournable dans le secteur de la création d’entreprise
En quelques années, ces petites structures se sont imposées parmi les acteurs de l’accom- pagnement d’entreprises. Elles apparaissent désormais comme incontournables aux porteurs de projets. Il en existe de différentes natures, publiques, privées, ratta- chées aux grandes écoles ou aux grandes entreprises. Leur intérêt fait l’unanimité, apportant une expérience unique et des moyens difficilement mobilisables autre- ment pour bon nombre de futurs
chefs d’entreprise. Implantés sur tout le territoire, ces incubateurs se spécialisent de plus en plus. Ces accélérateurs sont aussi l’oc- casion pour les jeunes entrepre- neurs de tester leurs idées, de bé- néficier d’une aide à la rédaction du business plan et à la création de leur structure. Une façon de crédibiliser le projet et de débu- ter dans les meilleures conditions, tout en disposant de conseils et d’un espace de travail adapté.
 L’idée ne doit pas forcément se contenter d’être bonne. Elle doit être originale
et différenciatrice. C’est là-dessus que vont
se construire le plan marketing, les messages clés
de communication et l’argumentaire de vente.
 forcément se contenter d’être bonne. Elle doit être ori- ginale et différenciatrice. C’est là-dessus que vont se construire le plan marke- ting, les messages clés de communication et l’argu- mentaire de vente. » Cette exploitation de la différence est aussi le fer de lance de la société Patatam. Spécialisée dans le rachat et la vente de vêtements d’occasion pour enfant et pour femme, l’en- treprise a bâti sa réputation sur une action : faire tester le service à 400 blogueuses. « Nous avons bénéficié de plusieurs articles positifs. S’en sont suivies des citations dans les médias », explique Marieve Bidart, co-fondatrice de la société. Les réseaux sociaux ont également été mis à contribution. Mais c’est un élément d’apparence anodine qui a amené Patatam à se faire un nom dans ce secteur saturé de la vente : fournir aux vendeurs un kit d’envoi des vêtements, le Patabag. L’ensemble des services a été fignolé pour conférer à l’entreprise une réputation de qualité.
Garder les pieds sur terre
Ainsi présentées, ces bonnes
constat chez Patatam. La principale difficulté reste de faire adhérer les Français à la seconde main. Représentant une excellente opportunité de développement, cette dé- marche implique d’abord de balayer les a priori. Mais ces obstacles n’entament en rien la volonté de réussir. « Dès le départ, nous avons envisagé de pouvoir vivre de Patatam, explique Marieve Bidart. Il ne faut pas se mentir, c’est le souhait de tout entrepre- neur. » De là à voir dans toute bonne idée les prémices d’une success-story digne de Bill Gates ou de Steve Jobs, il n’y a qu’un pas. Le rêve paraît pour beaucoup réalisable, renforcé par les réussites de jeunes pousses rachetées à prix d’or. Une douce chimère pour Isabelle Saladin. « Il ne doit y avoir que trois ou quatre belles histoires comme ça. Or, nous sommes plus de 66 millions d’habitants... » De quoi garder les pieds sur terre, même si une possible revente fait partie des évé- nements envisageables pour un chef d’entreprise.
être accompaGné : un atout encore tabou
L’idée ne se suffit donc pas
simplement son chemin à des experts. » Isabelle Sa- ladin abonde dans le même sens, avec une nuance : « En France, le conseil véhicule encore une image négative. Si l’on est accompagné, c’est que l’on n’est pas bon. Nous sommes très loin de ce qu’il faudrait faire. L’accompa- gnement doit aussi être lié à un objectif précis pour être efficace. » Alors, la bonne idée est-elle néces- sairement source de succès ? Pour l’équipe de Patatam, il faut d’abord croire en son projet, mais pas seulement. « Il faut savoir se remettre en question et bien s’entourer pour réussir une entreprise », résume Marieve Bidart. Cette phase ne représente qu’une étape, comme le rappellent les fondateurs de Docteur Sneaker : « Dans une société en constante mutation, il est essentiel d’investir en re- cherche et développement. De quoi améliorer les services et les procédés pour mieux les adapter au changement. » En résumé, si un concept nova- teur peut aboutir à la création d’entreprise, sa continui.té tient dans sa capacité à se régénérer. Autant dire que rien n’est jamais gagné.
 52 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[ THE GLOBAL BUSINESS INTELLIGENCE EXPERTS
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]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[  La parole à Bénédicte Barraqué, du pôle Cadeaux et Entreprises chez Fauchon
« Offrir mieux et meilleur »
« Les demandes de personnalisation sont de plus en plus importantes, nos clients recherchant de plus en plus l’exclusivité. Même si notre cata- logue présente une offre très variée (coffrets gourmands, écrins de chocolats, composition de confiseries, macarons et cave, sur une gamme de prix allant de 14 € à 2 000 €), nos clients peuvent composer leur coffret selon leur goût et leur bud- get. Nous proposons une personnalisation des coffrets avec un fourreau imprimé avec visuels et textes fournis par le client, ou bien des rubans à leurs couleurs, imprimés avec leur logo. Nous pouvons aussi imprimer et insérer dans les cof- frets et écrins une carte avec message person- nalisé selon le destinataire du cadeau. Nos clients souhaitent également offrir l’exclusivité : exclusi- vité des recettes, rareté des produits, originalité des compositions. Chez Fauchon, il est possible d’offrir une huile d’olives AOC d’un petit produc- teur de Provence, un tartinable butternut, miel et amande, un miel à la truffe, un thé ou café de grandes origines... On pourrait avoir l’impression que les budgets alloués aux cadeaux diminuent dans les entreprises, je dirais qu’ils sont davan- tage ciblés. Plutôt que d’offrir peu à beaucoup, il s’agit désormais d’offrir mieux, meilleur à des des- tinataires choisis. »
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Les accessoires de bureau (stylos, agendas...) arrivent sur la troisième place du
(30%).«Cequifaitla différence aujourd’hui, c’est surtout la dimension de personnalisation qui permet de se démarquer et de cibler juste », observe
 En avant-première du salon Affaire de Cadeaux qui doit se tenir du 27 au 29 novembre à la Porte de Versailles à Paris, EcoRéseau Business revient sur les tendances actuelles d’un marché toujours aussi florissant et en quête de sens.
Jonathan Nahmany
Il faut s’assurer que le présent choisi soit apprécié par celui ou celle qui le recevra :
la culture, la religion, et la nationalité de chacun doivent être prises en compte et font
sans nul doute partie des critères essentiels nécessaires.
 cet objectif : fêtes de fin d’année, signature d’un contrat, lancement d’une nouvelle offre ou service, organisation d’un salon... Avec une tendance de fond : toujours plus de person- nalisation, de sur-mesure, symboles du soin qu’une entreprise souhaite appor- ter à ceux qu’elle gâte. Si la carte de l’originalité garde son importance, pour marquer durablement les esprits, certains cadeaux reviennent tous les ans en haut du classement. En guise de grands classiques, d’après une récente étude révélée par Omyagué, les entreprises se tournent en priorité sur les champagnes, vins et spiritueux (45,5 %). Mais encore faut-il s’assurer que le présent choisi soit apprécié par celui ou celle qui le recevra. La culture, la religion, et la nationa- lité de chacun doivent être prises en compte et font sans nul doute partie des critères essentiels néces- saires. Suivent les produits gastronomiques et colis gourmands (41,5 %), le made in France représen- tant toujours une exigence prononcée. Des valeurs refuges qui permettent des déclinaisons toujours plus originales et innovantes.
podium (40,5 %), suivis par les produits hi-fi et high-tech (32,5 %). Les cartes et coffrets cadeaux font aussi leur petit effet
Arnaud Faucher, direc- teur du salon Affaire et Cadeaux qui réunira du 27 au 29 novembre à la Porte de Versailles de Paris
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
Existe-t-il une meil- leure période que la fin d’année pour récompenser un client fi- dèle ou un collaborateur méritant ? Ce ne sont pas les acteurs du marché, ac- tuellement en pleine effer- vescence, qui répondront par la négative. Ni même bon nombre d’entreprises qui se creusent la tête et ne laissent rien au hasard à l’occasion de ce rendez-vous incontournable. Chaque dirigeant d’entreprise sait désormais qu’il est impor- tant de créer un attache- mentàsamarqueouàsa
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                   Tout l'univers Philips
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CAHIER PRATIQUE
   Réglementation, mode d’emploi
Les cadeaux d’affaires constituent une pratique courante pour les entreprises dans le cadre des relations commer- ciales avec leurs clients. Ils font l’objet d’une réglementation fiscale particulière. Les cadeaux offerts par l’entreprise à ses clients représentent une charge déductible des bénéfices imposables (impôt sur le revenu ou sur les sociétés) lorsqu’ils sont effectués dans l’intérêt direct de l’entreprise. Si
ce cadeau n’excède pas 69 euros TTC par bénéficiaire ou que ce cadeau est spécialement conçu pour la publicité (avec inscription publicitaire appa- rente et indélébile), cela ne nécessite pas de déclaration particulière. En revanche, les cadeaux devront être inscrits dans un relevé détaillé des frais généraux lorsque leur montant s’avèrera supérieur à 3 000 euros pour l’exercice.
compagnons pour les aider à réaliser leurs objectifs. Les entreprises pensent à nos produits pour remer- cier l’ensemble de leurs collaborateurs, et pas uni- quement les meilleurs. Nos
offres sont fédératrices et les petits cadeaux peuvent avoir de grands effets dans une organisation. La ma- chine à café Senseo peut convenir à tous les profils par exemple. » Une straté-
gie qui allie efficacité et personnalisation, et qui répond toujours au même objectif : finir (un projet, un exercice, un événement) sur un sourire. « Beaucoup de sociétés font appel à
  Alexandre Escolle, directeur commercial marché cadeaux Relais et Châteaux
« Notre métier premier est de travailler avec les entreprises »
Quelle est la typologie de votre clientèle en matière de cadeaux d’affaires ?
Chez Relais et Châteaux, le segment professionnel a son importance puisque six clients sur dix appar- tiennent à la catégorie des entre- prises. 60 % de notre CA est orienté vers le BtoB et donc 40% vers le BtoC. Cela fait une trentaine d’années que notre marque occupe une place singulière sur la partie cadeaux d’af- faires. Au départ, nous avions lancé un système de « bon pour » qui s’ap- parentait à des chèques cadeaux: une valeur segmentée sous forme de coupons destinés à être utilisés dans l’intégralité de notre réseau (gastro- nomie, hôtellerie...). Offrir de l’argent, surtout dans un cadre professionnel, n’est pas toujours évident. Vous indi- quez clairement à son récipiendaire ce qu’il vaut à vos yeux : 100 euros, 500 euros, 1 000 euros... C’est un sujet des plus délicats. Depuis 20 ans main- tenant, nous avons mis en place une offre packagée de coffrets cadeaux où le prix n’est plus indiqué. Au- jourd’hui, notre métier premier est de travailler en direction des entreprises. Lesquelles s’inscrivent sur deux axes : récompenser en interne et en ex- terne. Il est vrai qu’au départ l’ADN de notre marque est d’être consom- mée par des particuliers. Nous dispo- sons de 580 établissements répartis dans 62 pays. A ce jour, sur la partie cadeaux, notre activité est davantage européenne qu’internationale au sens anglo-saxon du terme. Une grosse part de la commercialisation de notre offre cadeaux est réalisée en France.
Atteignez-vous toutes les tailles d’entreprises ?
Notre marque de fabrique pour la par- tie BtoB est de proposer un service
sur-mesure. Nous touchons effecti- vement différentes typologies d’en- treprises. Qu’il s’agisse d’une toute petite structure n’ayant pas une tra- dition de cadeaux d’affaires mais qui souhaite accorder une attention par- ticulière à un client lors de la signa- ture d’un gros contrat par exemple. Ou bien qu’il s’agisse de structures plus développées, ayant l’habitude de passer commande de 300 ou 400 coffrets. Toutes les entreprises ont finalement un même dénominateur commun : incentiver, remercier leurs clients, leurs distributeurs ou leurs salariés. Parallèlement, nous avons développé une stratégie digitale avec le e-coffret. Un outil plus souple qui répond à la demande de nos clients les plus pressés et sensibles aux no- tions de confidentialité et de sécuri- té. L’effet « surprise » est souvent au rendez-vous.
Quel bilan faites-vous du marché ca- deaux chez Relais et Châteaux ?
Ce segment, uniquement sur la France, nous permet de dégager 20 millions d’euros de CA. Sur la partie BtoB, du fait de notre expérience et de notre historique, Relais et Châ- teaux se positionne extrêmement bien sur le marché vis-à-vis de ses autres concurrents. Maintenant, l’ob- jectif est de développer nos atouts à l’international, notamment aux États- Unis.
Existe-t-il des moments clés pour faire des cadeaux ?
Nous avons cette chance que les oc- casions d’achats sont étalées tout au long de l’année. 25 à 30 % de notre activité s’oriente sur la fin d’année. En BtoB, les occasions de récompen- ser sont multiples et intemporelles.
une centaine d’exposants dans différents secteurs d’activité (gastronomie, high-tech, loisirs, objets publicitaires). Plus de 2 000 visiteurs y sont attendus et pourront assister à une di- zaine de conférences durant
Floracos, sur bouteille de vin par Viga France, sur carnets par Mypaperbook, ou encore sur objets hight- tech par Accoo. Dans le type de produit offerts, les coffrets gastronomie, vin et champagne sont toujours
un cadeau d’affaires, c’est avant tout trouver la bonne idée qui séduira, qui fera tout simplement plaisir. Aux critères de cadre, de sexe, de lieu ou d’âge, il faut également ajouter et croiser les aspirations, les
 Fidéliser ses clients, stimuler ses collaborateurs ou marquer un moment fort par un cadeau d’affaires est un geste simple dont la pratique perdure malgré
les périodes de crise dans un certain nombre de secteurs d’activités.
 ces trois jours. « Que ce soit sur le packaging ou sur les produits directement, toutes les sociétés veulent incruster leur logo sur les produits qu’elles offrent. On le voit bien dans notre salon, l’offre est plétho- rique en la matière, que ce soit du marquage sur chocolat par les éditions du chocolat, sur bougie par
très appréciés », détaille notre interlocuteur. Qui poursuit : « Fidéliser ses clients, stimuler ses col- laborateurs ou marquer un moment fort par un cadeau d’affaires est un geste simple dont la pra- tique perdure malgré les périodes de crise dans un certain nombre de sec- teurs d’activités. Choisir
goûts et les centres d’inté- rêts de ses clients, de ses collaborateurs. L’écoute est essentielle et les gens réf léchissent ainsi davan- tage à ce qu’ils offrent. Ils dépensent moins mais privilégient aujourd’hui la qualité et l’originalité. »
du sur-mesure, mais toujours le même objectif
Les entreprises qui pro- posent des cadeaux d’af- faires ont d’ailleurs bien compris l’intérêt de per- mettre à leurs clients de diversifier le contenu de leur panier. Pascal Evanno est responsable de la partie BtoB et cadeaux d’affaires chez Philips Consumer Lifestyle, le confirme : « Auparavant, les entre- prises devaient trouver dans notre catalogue ce qui pouvait leur convenir. Aujourd’hui, nous les ac-
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]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                                                               CÉLÉBRER
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STIMULER
FIDÉLISER
 ]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
  nos services à la fin de leur exercice. C’est une manière de remercier tout le monde pour les efforts consentis pendant les pé- riodes difficiles, reprend Pascal Evanno. Les grands événements rythment notre activité. L’idée des chèques cadeaux Philips, à dépen- ser sur notre boutique en ligne, nous a semblé judi-
lips, ce nouveau projet ne présente que des avantages pour les entreprises et les clients finaux. »
le pari
du diGital
Pour satisfaire voire sur- prendre le client, l’heure est également à l’envoi du cadeau à vitesse grand V. Ainsi, le marché des cartes
de leur cagnotte ou de leur coffret, tout en réduisant les frais de livraison, poste de dépenses important pour les entreprises. Même les grands acteurs des coffrets cadeaux ont franchi le pas depuis un certain temps, à l’image de Smartbox et Wonderbox, mais aussi de groupes plus spécialisés comme Relais & Châteaux
 Profiter plus rapidement de sa cagnotte ou
de son coffret, tout en réduisant les frais de livraison, poste de dépenses important pour les entreprises : le digital permet de dépoussiérer
l’image des cadeaux d’affaires en apportant innovation et confort.
 cieuse pour éviter divers écueils. Les bénéficiaires de ces bons ont désormais le choix entre 1 000 réfé- rences alors qu’auparavant ils n’avaient accès qu’à une liste d’items très délimitée d’un ou deux produits par gamme. Avec des frais de livraisons offerts par Phi-
et chèques cadeaux a pris le virage du digital, en proposant une nouvelle gamme d’offres en ligne. L’avantage ? Accessibles en un clic à partir de la réception d’un e-mail, ces cadeaux 2.0 permettent à leurs bénéficiaires de profiter plus rapidement
(voir encadré), ainsi que des acteurs de la grande distribution (Sephora, De- cathlon). Le digital permet de dépou.ssiérer l’image des cadeaux d’affaires en apportant innovation et confort.
   Cédric Ternois
Président de Jalix
impossible... alors que grâce aux nouvelles solutions, le prédictif devient possible. L’enjeu est très important pour les entreprises.
Bien entendu, certaines entreprises ont déjà investi (parfois beaucoup) dans des solution de BI classiques mais ces dernières sont complexes et nécessitent de faire appel au service informatiaue pour créer de nouveaux reportings, ou meme des petites évolutions, ce qui crée des goulets d’étranglement et freinent les opé- rationnels dans leur analyse
En tant que conusltant, nous interve- nons dans les entreprises et force est de constater que la mise en place de solutions BI classique se traduisent souvent par un modèle rigide, conçu pour soutenir ce type de reporting. Or, les entreprises ont jsutement besoin de pouvoir faire évoluer leur reporting très facilement, de traiter de nouveaux types de données, de nouveaux modèles en un temps re- cord, et toutes les etudes le prouve, les dirigeants sont impatients de
saisir ces opportunités qu’offre les nouvelles solutions de BI.
Grâce à de telles solutions, le service financier peut faire de simulation de plusieurs évolution de leur modèles economiques, les dirgeants peuvent accéder aux KPI essentiels depuis leur téléphone, pouvoir consulter des reprotings et les faire évoluer pour avoir plusieurs axes d’analyses diffrents en totale autonomie, les collaboareurs de terrain peuvent, par exemple, consulter des tableaux de bord sur une tablette sans avoir à utiliser un VPN ... car en plus de leur flexibilité naturelle sur les aspects focntionnels, ces nouvelles solutions utilisent les technologies cloud (en toute seécurite) pour per- mettre des usages comptables avec nos vies atuelles.
Les nouvelles solutions de BI sont intuitives, flexibles, puissantes dans leur capacité à traiter des données très importantes, automatisées, sécu- risées et abordables... non, ce n’est plus de l’utopie.
La business intelligence 2.0
Business intelligence (BI), ce terme anglais, pour désigner l’informatique décisionnelle n’a jamais aussi bien porter son nom qu’aujourd’hui. Cela désigne, en ef- fet, les pratiques et outils permettant d’analyser les informations afin de prendre des décisions appropriées, sur notamment les performances d’une entreprise.
Même si c’est trop restrictif, on vul- garise souvent la BI à des solutions de reportings, de Dashboard ... et ces outils étaient donc utilisés pour suivre les indicateurs et autres données pour valider une stratégie, en vérifiant, à
postériori, qu’ils sont en phase avec les objectifs.
Or, désormais, nous pouvons traiter tellement de données, les solutions de BI ayant tellement évoluées, en devenant plus simples à utiliser, plus flexibles ... tout en étant aussi plus abordables ... que la BI n’est plus là pour vérifier un modèle mais pour le concevoir ! La transformation numérique ouvre donc le champ des possibles.
Par exemple si l’on étudie les consé- quences de l’évolution de tarifs sur des produits. Avec les outils classiques, dont le fameux « Excel », simuler l’impact était long, complexe voire
58 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
Pratiques numériques
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                                Château de Berne OFFREZ UN Lorgues, Provence DELICIEUX VOYAGE
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]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  Plus « pro », plus court, mais bien de retour
Le séminaire, un événement en convalescence
« Séminaire Expo », le grand salon consacré à l’organisation de séminaires, débutera le
27 novembre prochain à Paris. Une bonne occasion de dresser l’état des lieux d’un marché qui a durement souffert ces dernières années.
manifestations. « L’écrin est aussi important que ce qu’il renferme », précise Mark Watkins. L’origina- lité apportée par le site qui accueille le séminaire ou la convention permet éga- lement de rompre avec la lassitude des habitudes, de marquer les esprits et de ré- compenser les participants, tout comme l’entreprise et la réunion elle-même. « Toutes les entreprises viennent sur Séminaire Expo pour trouver l’idée qui va surprendre les in- vités à leurs événements.
Aujourd’hui, on demande aux organisateurs d’événements d’en organiser de plus en plus mais également de sans cesse renouveler l’offre. Séminaire Expo est un lieu où l’on peut trouver de nouveaux lieux en avant-première ou redécouvrir ceux que l’on avait oubliés. Les agences d’activités ont également une place impor-
nisation de leurs événements, ce qui implique de proposer des offres les plus diverses et novatrices possibles. L’Evian Resort possède tous les atouts pour séduire. Lorsqu’un sé- minaire se déroule sur un site tel que celui-ci, avec un golf de renommée internationale (avec l’accueil chaque année de l’Evian Championship, Majeur de golf féminin) et une vue sur le lac à couper le souffle, ilyalàunmessageàfaire passer. » Attention cependant : la renommée du lieu ne doit pas faire oublier la marque ou le produit que les entreprises sont censées vendre. « Les entreprises veulent avant tout de l’efficacité et des réunions utiles, dont on se souviendra du but, du contenu et de la performance », résume Mark Watkins.
... en toute simplicité
Dans ce cadre, de plus en plus de sociétés recherchent désormais la sobriété, dans un souci d’image et de cohérence des messages. D’autant qu’une entreprise ne va pas choisir le même lieu de séminaire si l’objectif est de récompenser des commerciaux ultraper- formants ou, si au contraire, il s’agit de les recadrer après de mauvais résultats. « Quand dans notre entreprise nous passons des messages d’aus- térité et que nous licencions du personnel, ce n’est pas pour que les cadres se montrent dans des palaces ou des stations balnéaires chic », confie un DAF d’une PME francilienne. L’idée n’est pas d’opter pour une destination exotique mais pour lieu agréable, proche et qui soit équipé d’infrastruc- tures pour loger les collabora- teurs et organiser une réunion. « Depuis plusieurs années,
 Pierre-Jean Lepagnot
Les professionnels du marché du tourisme d’affaires de groupes (séminaires, conventions, congrès, incentive), appelé aussi « MICE », respirent. Si les entreprises comman- ditaires de réunions profes- sionnelles, dans la plupart des secteurs d’activité, ont vu la crise économique leur imposer furieusement des mesures d’économies à partir de 2008-2009, l’activité des MICE a nettement rebondi en 2017. Selon la dernière étude annuelle réalisée par Coach Omnium, les entreprises éta- blies en France ont dépensé en 2017 un volume global estimé à 8,37 milliards d’euros sur le marché du MICE, soit une hausse évaluée à 3,8 % par rapport à 2016. On estime que seulement 15 % de la demande entrante provient de l’étranger sur ce marché localisé en France. Les mani- festations internationales sont par conséquent rares. Quoi qu’il en soit, les entreprises ont besoin de se réunir, et obs- tacles ou pas, les « messages » doivent continuer à passer vers les collaborateurs, clients et prescripteurs. « C’est là, la vocation essentielle des sémi- naires et conventions : mobi- liser les troupes, contribuer à l’accroissement des ventes et informer. Il est difficile de rem- placer ces rencontres réelles de personnes par des moyens technologiques, souligne Mark
Watkins, président et fondateur de Coach Omnium. Mais, la crise économique – réelle ou prétextée –, puis morale, à laquelle ont pu être soumis la plupart des secteurs d’activité, contrarie régulièrement cet objectif. » Les réunions profes- sionnelles sont alors un poste de dépenses facilement rogné afin de réduire les frais et de se soumettre aux directives de l’entreprise. Si les dépenses moyennes par participant sont remontées depuis 2011 (on avait atteint les limites à la baisse des devis en 2010), cela s’est dans un même temps ac- compagné de manifestations réduites en nombre. A partir de 2012, l’on a restreint en- core plus fortement les durées moyennes de manifestations, les budgets par participant, l’éloignement et les activités périphériques. Toutefois, 2017 confirme toujours l’intérêt par les entreprises pour les séminaires, l’événementiel et les conventions.
l’évènement au service de la com’
« Aujourd’hui, les entreprises ont compris que l’événement est le meilleur vecteur pour diffuser un message, fidéli- ser leurs clients ou motiver leurs salariés. Tous types d’en- treprises, depuis les PME jusqu’aux très grands groupes, communiquent par l’événe- ment, par l’intermédiaire d’une agence événementielle ou pas,
et viennent sur Séminaire Expo », décrypte Arnaud Faucher, directeur du pôle Heavent Meetings/Heavent Paris. Si la crise économique s’est donc, semble-t-il, calmée, elle a surtout laissé la place à de nouvelles habitudes de consommation et de fonction- nement par les entreprises, qui prennent des décisions de dernière minute, sans vraie
à séduire et fidéliser leurs collaborateurs à travers des concepts originaux. « Il y a désormais une véritable envie de se démarquer, de trouver avant tout un lieu différent des classiques, un lieu ayant une âme, une vraie valeur ajoutée », assure Julien Dannoux, res- ponsable des ventes Vacances Bleues. « Nous pouvons ainsi réorienter notre client en lui
  En 2017, les entreprises établies en France ont dépensé un volume global estimé à 8,37 milliards d’euros sur le marché du MICE, soit une hausse évaluée à 3,8 % par rapport à 2016.
 anticipation. « Elles peuvent entreprendre un regain de commandes de manifesta- tions et inverser la marche aussitôt, selon leurs besoins, leurs urgences et les budgets, lesquels sont définis au cas par cas », observe Mark Watkins.
l’envie de surprendre...
« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour », assurait le poète Pierre Re- verdy. Les entreprises l’ont bien compris. Lorsqu’elles organisent un séminaire, la plupart d’entre elles cherchent
faisant découvrir des sites aux- quels il n’aurait pas forcément pensé en premier temps, mais qui sauront séduire les partici- pants en offrant une véritable nouveauté », complète-t-il. Effectivement, selon Coach Omnium, près des deux tiers des organisateurs de MICE recherchent parfois ou régu- lièrement des lieux et/ou des prestataires « originaux ». Les réunions professionnelles étant des occasions de passer des messages, de motiver les troupes et de séduire, le lieu semble compter autant que le contenu pour valoriser les
tante sur le salon car l’activité «ludique» est une part im- portante d’un séminaire ou d’un événement d’entreprise réussi, observe Arnaud Fau- cher. Nous sommes aujourd’hui dans «l’ère de l’émotion» il est donc très important de connaître les nouveautés qui vont faire que les participants à un événement vont passer un moment inoubliable. » Un constat partagé par Maxime Astorgis, directeur des opéra- tions MICE de l’Evian Resort. « Les entreprises sont de plus en plus en quête de nouveautés et d’originalités dans l’orga-
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[                  Workshop
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]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[  les entreprises privilégient les opérations plus courtes et donc moins loin, idéale- ment à deux ou trois heures de leurs locaux », constate le fondateur de Coach Omnium. « Nous notons aujourd’hui une baisse sur la durée des événements. Si les demandes de séminaires de 2 jours/1 nuit sont en hausse, nous avons toujours une forte demande sur la base de 3 jours /2 nuits ou plus. Nous encourageons les séminaires au-delà d’une nuit pour plusieurs raisons : l’accueil des participants est essentiel, leur arrivée doit être rapide mais non précipitée, nos lieux étant toujours très accessibles, selon qu’il s’agisse d’un rassemblement local ou international », confirme Julien Dannoux. Et les sites charmants à proximité des grandes villes ne manquent pas. A Paris centre par exemple, les sites de Yachts de Paris offrent la capitale comme décor. Un peu plus loin, diverses options peuvent vous aider à créer
le buzz : Deauville, sa côte fleurie et ses palaces, Chan- tilly avec son immanquable château, etc. Quel que soit le lieu pressenti, celui-ci doit avant tout être facile d’accès, pratique et fonctionnel, tout en offrant une gestion clés en main, et un tarif all inclusive. « Le séminaire doit servir à faire passer des messages, à fédérer, à véhiculer les valeurs de l’entreprise, le temps ne doit pas être un frein sur ces points clés. La politique tarifaire de
ment sur un séminaire de 3 jours /2 nuits sans forcément grever ses budgets », souligne Julien Dannoux.
le travail l’emporte
sur le plaisir
Autre grande tendance, les organisateurs de séminaires privilégient les temps de travail aux temps de loisirs/ incentives. Pour Mark Watkins, « cela est dû à l’impact de la crise (réduction de la durée des
ou de monter en compétence ». Arnaud Faucher dresse un bilan similaire. « Aujourd’hui, les séminaires doivent être utiles ! De plus en plus de séminaires sont organisés, sur des formats de plus en plus courts, mais ils doivent avoir un message et une efficacité. Les entreprises et les organisateurs d’événe- ments ont accepté l’idée qu’un message était plus facilement intégré lorsqu’il était fait de manière «ludique». Pour cela, les exposants de Séminaire
Heavent Paris. Pour autant, selon Coach Omnium, presque neuf participants à un séminaire sur dix sont demandeurs d’une activité purement récréative. Pour susciter l’adhésion, il faut aussi proposer des acti- vités extraprofessionnelles. Dans ce domaine, les agences spécialisées font aussi preuve d’une imagination débridée. « Rallyes pédestres, courses de vachettes dans les arènes, olympiades ou encore ateliers cocktails et culinaires sont très en vogue actuellement ! », révèle Julien Dannoux. La liste est sans fin. Preuve de l’importance persistance de l’activité ludique, l’Evian Re- sort, comme la plupart des hôtels de standing, abrite un département Sports & Culture constitué d’une équipe de pro- fessionnels proposant une multitude d’activités sportives et de sorties culturelles s’adap- tant au profil de sa clientèle et à son objectif. « Cette cellule s’occupe des activités sportives et culturelles, des team buil-
dings qu’elle organise dans le parc de 19 hectares. Elle gère toutes les sortes d’acti- vités selon les saisons, qu’il s’agisse d’excursions ou de sports, de la croisière sur le lac Léman jusqu’aux sorties de ski à Avoriaz, du rafting en rivière en passant par le dîner sur le Lac, pour finir par les réservations de parties de golf sur le parcours de l’Evian Resort Golf Club ou à l’Aca- demy, un centre d’entrainement golfique unique en France », se félicite Maxime Astorgis. Si la demande pour les activités ludiques existe donc toujours, les pratiques ont radicalement changé ces dernières années : on se réunit moins loin car moins longtemps, avec par conséquent moins de temps pour pratiquer des activités périphériques et en veillant généralement à ne rester que dans.l’utile, même s’il ne faut pas négliger de valoriser les participants, pour les moti- ver.
CAHIER PRATIQUE
 Business guides
  Neuf participants à un séminaire sur dix sont demandeurs d’une activité purement récréative. Dans ce domaine, les agences spécialisées font aussi preuve d’une
imagination débridée.
 Vacances Bleues Business permet ainsi d’offrir souvent la possibilité à une entreprise qui avait prévu 2 jours/1 nuit pour des raisons budgétaires, de pouvoir se projeter finale-
séminaires et donc des loisirs). Les «incentives», lorsqu’’ils sont maintenus, sont moins «luxueux» et plus orientés «business» c’est-à-dire avec un objectif de team building
Expo redoublent de créativité pour proposer des offres qui permettent l’interaction entre le diffuseur et le récepteur du message », détaille le directeur du Pôle Heavent Meetings/
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[                                                   ALORS DÉCOUVREZ LA NOUVELLE ATTRACTION 2018
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   ]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  Un marché au beau fixe
Événementiel : filière pérenne et juteuse
!
technologies réduisent les coûts, optimisent la phase organisationnelle, facilitent la mesure de la satisfaction client et renforcent en prime la dimension expérientielle via des bornes interactives, des casques de réalité vir- tuelle ou des hologrammes. En revanche, et par consé- quence, les agences de com- munication événementielle sont confrontées à un dur- cissement de la concurrence sur leur marché. À côté des acteurs indépendants, fi- gurent les filiales des grands groupes de communication comme Publicis, Havas ou Omnicom. Des groupes qui misent sur leurs multiples compétences dans le mé- dia et le hors-média pour proposer une offre globale à 360° afin de s’imposer.
un média chaud, le « média contact »
Mikael Lavollé (36 ans), fondateurdel’agenceMon- sieur Loyal (qui a rejoint le groupe Oconnection), est vice-président de l’Événe- ment, association profes- sionnelle qui regroupe 70 agences représentant 80 %
  Un endroit orignal, convivial, qui laissera un bon souvenir : ça se passait pour les 5 ans d’EcoRéseau Business à La Galerie à Puteaux...
Dans une société marquée par un individualisme exacerbé, les agences placent l’événement au rang de rendez-vous plus indispensable. Elles voient dans le numérique un formidable moyen d’optimiser leur stratégie.
Jonathan Nahmany
L
es indicateurs semblent au beau fixe. 64,5 milliards
ments professionnels ou grand public (chiffres de l’Unimev), la filière s’offre une place au soleil dans l’hexagone, dans le sil- lage de la dynamique de la croissance du secteur touristique. Les experts de Xerfi, auteurs de l’étude Le marché de la communica- tion événementielle : quels enjeux et perspectives à l’horizon 2019 ? prévoient des chiffres au beau fixe pour l’activité des agences de communication événe- mentielle qui progressant de8%en2017.LeurCA devrait poursuivre sa pro- gression en 2018 (+ 6 %) eten2019(+7%).Pour expliquer les facteurs de cette embellie, l’institut met en lumière la nette amélioration des condi- tions macroéconomiques et de la situation de leurs clients. Si la concurrence des pure players du Web va s’intensifier, avec pour conséquence de tirer les prix vers le bas, les agences profiteront des nouveaux outils numériques pour en- richir leur offre. Le digital a donné un second souffle au marché avant, pendant
64 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
d’euros, c’est le chiffre d’af- faires annuel généré par le marché de l’événementiel français, tous les secteurs
  La créativité est le plus grand défi
de notre secteur car l’on demande sans cesse aux organisateurs de manifestations
de surprendre leurs invités !
 confondus (congrès, événe- ments corporate ou sportifs, mode, salons et foires...). Avec près de 28 millions d’entrées de visiteurs en- registrées lors des événe-
et après l’événement grâce aux réseaux sociaux et aux plates-formes de diffusion de contenus comme Face- book Live, Snapchat ou YouTube. Les nouvelles
du marché total. Des struc- tures qui vont des agences indépendantes jusqu’à celles qui appartiennent à des groupes internationaux. « Créer l’événement est plus
 ]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                         ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 que jamais indispensable car nous vivons dans une société où l’individu est autocentré sur lui-même. L’événement a cette particularité qu’il s’agit d’un média chaud, le média contact, capable de rassembler, de fédérer, de générer et de créer du lien social. L’événement est plus que jamais au goût du jour. Les marques ont besoin de ce média pour se reconnecter avec leur public. Elles sont en quête d’expérience, d’authenti- cité. » Une vraie mutation s’opère dans une multitude de secteurs, notamment dans le retail. L’impact est réel. On ne consomme plus de la même manière. « Les gens ont besoin d’évoluer dans des lieux d’expérience pour pouvoir consommer. Notre premier métier ? Nous sommes des story tellers. Des créatifs qui imaginent des histoires dans lesquelles on embarque les marques
et leurs publics. L’événe- mentiel reprend ses lettres de noblesse et remonte au cœur des stratégies. Les agences ont intégré l’au- dience dans leur campagne et leur raisonnement. Le digital et l’avènement des réseaux sociaux sont de formidables accélérateurs de business. » Les grands défis de demain que la filière doit relever, Mikael Lavollé les énumère avec force : « Continuer à optimiser la mesure des événements. Continuer à prouver que l’événementiel est un média ROIste. Réussir à intégrer toute la numérisation dans les événements de demain. Puis parvenir à former des profils et des talents de plus en plus hybrides. » L’association l’Événement a d’ailleurs lancé sa prop.re école (accessible à Bac + 3) il y a peu. Le process est bel et bien en marche.
 Arnaud Faucher, directeur du salon Heavent Paris (27 au 29 novembre à la Porte de Versailles)
« Le défi ? Se renouveler sans cesse »
Quelles sont les tendances fortes de cette édition 2018 ?
Je suis cette année impressionné par le nombre de nouveautés qui vont être présentées sur Heavent Paris. On sent que les exposants ont compris que pour se diffé- rencier de leurs concurrents, ils doivent innover. Sur les 450 expo- sants présents, nous aurons plus de 150 nouveaux exposants et 50 start-up. C’est un signe de vitalité fort pour notre secteur, le signal que de nouvelles sociétés conti- nuent à se créer ou à ouvrir des offres dédiées à l’événementiel. L’innovation est au cœur de nos événements, elle est évidemment également au cœur du salon. La seconde tendance est sans au- cun doute la créativité. Je sais que les exposants ont prévu de surprendre par la mise en scène de leur savoir-faire ! Certains ont
vraiment prévu des choses très... créatives !
Votre regard sur l’état actuel du marché ?
Les entreprises ont compris que l’événement est le meilleur vec- teur pour diffuser un message, fidéliser leurs clients ou motiver leurs salariés. Aujourd’hui, les petites PME comme les grands groupes ont compris qu’il était important de communiquer par l’événement par lequel l’on crée de l’attachement à sa société ou à sa marque. Plus notre société se digitalise, plus nous avons besoin de nous rencontrer. Le marché de l’événementiel se porte donc bien car de plus en plus d’événements sont organisés.
Quels sont les principaux défis auxquels il doit faire face ?
Sans aucun doute, la créativité est le plus grand défi de notre secteur car l’on demande sans cesse aux organisateurs de manifestations de surprendre leurs invités ! Il faut donc se renouveler sans cesse. La notion d’expérience est au- jourd’hui très forte. Il faut créer de l’émotion pour marquer les esprits. Les technologies sont de plus en plus présentes dans les événements ce qui permet d’amé- liorer l’expérience « participants » et donne aux organisateurs le moyen de rendre leur manifesta- tion plus efficace, par exemple en collectant et analysant des don- nées. Le second grand défi est celui du délai. Il a fallu effective- ment que beaucoup de sociétés se restructurent pour répondre à des demandes de plus en plus tardives et faire preuve d’une organisation sans faille dans des délais records.
 66 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
  AVIS D’EXPERT
Jonathan Schlegel, PDG de NNOV’events, 1er réseau d’agences événementielles de France
« Le digital, un incontournable dans notre métier »
“Les nouvelles technologies se voient de plus en plus utilisées en communication événe- mentielle et c’est évidemment l’une des ten- dances fortes de 2018. Ensuite, l’un des autres enjeux majeurs se trouve dans la participation des invités. À l’ère du collaboratif, il s’agit de rendre le spectateur plus réceptif jusqu’à en faire un acteur en lui offrant une expérience immersive.
Il existe de nombreuses méthodes à adapter en fonction des objectifs de la marque : ga- mification, live feed, système de vote ou de sondages... Enfin, les enjeux écologiques et sociaux des entreprises deviennent de plus en plus importants. Depuis notre création, le développement durable et le développement personnel au sein du cadre professionnel comptent parmi nos préoccupations. Nous proposons à nos clients de nombreuses bonnes pratiques à mettre en place durant leurs événements.
Le marché a connu une profonde mutation ces dernières années, notamment par les nouvelles technologies évoquées plus haut. L’on assiste donc à une évolution du modèle et à un constant besoin d’innovation. Mais les salons, séminaires, inaugurations et ex- positions restent des moments essentiels de l’année. Contrairement aux idées reçues, la communication événementielle est sans doute l’un des leviers de communication qui offre la plus longue traîne et le rayonnement le plus large, lorsqu’elle est insolite et créée avec sens. C’est pourquoi je suis convaincu que le marché de l’événementiel, malgré sa numérisation, a encore de beaux jours devant lui. Je pense que l’un des défis principaux est de continuer à susciter l’intérêt de son public. Nous sommes tous confrontés à plus de 3000 publicités par jour. Être vu et en- tendu dans l’abondance de messages exige désormais des efforts de communication qui touchent bien plus que l’œil et l’oreille. Sus- citer l’envie et l’engagement implique de faire vibrer le cœur, d’étonner l’esprit, de bousculer l’imaginaire. Se posent également d’une part la question de la durabilité (sans réactivation étonnante, combien de temps l’intérêt peut-il survivre ?) et d’autre part celle de la viralité (comment transformer ces convaincus à de- venir ambassadeurs de l’entreprise?). Pour moi, l’innovation événementielle sait répondre efficacement à ces deux questions. Notre ap- proche reste essentiellement fondée sur l’in-
novation, nous accordons évidemment une attention toute particulière au digital. C’est devenu un incontournable dans l’événe- mentiel d’entreprise que ce soit en amont, comme pour site de gestion d’inscriptions,
pendant, telles des animations, ou après l’événement, par exemple la mesure des résultats). Je pense que le digital doit faire partie de notre stratégie car il reflète les pratiques d’aujourd’hui.”
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]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[  Mode de financement, choix du carburant, évolution des normes réglementaires, transition écologique et mobilités alternatives, le tout sur fond de nouvelles technologies : une flotte de véhicules pour les déplacements de ses collaborateurs, c’est une gestion exigeante, serrée, rentable ou pas ! Les professionnels du secteur 2.0 sont devenus des prescripteurs, des prestataires, et les voitures dites de fonction respectent l’autonomie du conducteur. État des lieux.
« La croissance des clients “évidents” des loueurs, les grands comptes, les grandes entreprises, est arrivée à un plateau, constate Pierre Mer- cier, fondateur d’AutoK7, une radio du Web dédiée à l’uni- vers de l’automobile, et l’un des plus grands spécialistes de l’auto en France. Ils ont désormais l’opportunité de s’attaquer au marché des plus petites entreprises, voire des artisans. » Et « ils » ne s’en privent pas. La croissance de la LLD s’envole sur ce seg-
l’entreprise, elles ont toutes la volonté d’externaliser toutes les tâches et fonctions qui ne font pas partie de leur cœur de métier, confirme Christophe Maureau, directeur commer- cial adjoint au commerce chez ALD Automotive France. Aujourd’hui, les gestionnaires de parc dédiés à cette fonction sont de moins en moins nom- breux dans les entreprises. » Certains loueurs proposent même directement aux salariés de surfer sur la vague de la LLD. C’est le cas d’Arval : « Les grandes entreprises vont ainsi proposer une LLD à titre personnel aux collabo- rateurs qui ne disposent pas d’un véhicule de fonction. Une façon très appréciée de leur offrir le bénéfice de notre puissance d’achat et de négociation. Le collaborateur loue sa voiture à des tarifs intéressants, c’est positif pour l’image de l’employeur et pour la sécurité des collaborateurs puisque les véhicules béné- ficient d’un entretien inclus et régulier », explique Karen Brunot, directrice marketing d’Arval. Devant les besoins de flexibilité des entreprises, les loueurs n’hésitent pas non plus à s’adapter et à proposer, comme Arval, une solution de location moyenne durée : les entreprises assurent la mobilité de leurs collabo- rateurs dans un mode agile.
toujours en attente de plus de services
Le premier service attendu par les entreprises est au- jourd’hui le conseil. « C’est la première demande de nos clients, surtout dans une pé- riode de confusion comme celle que nous vivons, observe Karen Brunot. L’évolution de la réglementation, la fiscalité
parfois contradictoire, les campagnes contre le diesel, la décentralisation des services comme les amendes vers les communes, tous ces aspects sont difficiles à intégrer pour les entreprises. Quel véhicule choisir ? Comment établir une car policy dans la du- rée ? Au sein d’Arval, notre équipe Consulting aide les entreprises à choisir leurs véhicules et leurs services en fonction de l’utilisation de leurs collaborateurs. Nous établissons des car policies très personnalisées. » Innovations. « Avec les vé- hicules connectés, l’électro- nique, la géolocalisation, les entreprises savent désormais où sont leurs véhicules en temps réel, souligne Pierre Mercier. C’est une évolution
considérable qui se prépare, de nombreux services et start-up se développent autour de ces innovations. » Constructeurs comme loueurs se sont lancés dans une course effrénée à la technologie, conforme à la volonté des entreprises de se recentrer sur leur cœur de métier et de déléguer la gestion de leur parc et de son utilisation au loueur, fort de ses solutions numériques adaptées. « MyALDManager est un véritable gestionnaire de parc numérisé, cite Guil- laume Maureau en exemple. L’application offre aux entre- prises une vision complète de la gestion de leur parc, avec un accès à toutes les données nécessaires à leur prise de décision. Nous avons égale- ment numérisé la gestion du
Émilie Massard
CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 Gestion de flottes
Véhicules d’entreprise : les loueurs s’occupent de tout
   Des cartes carburant conçues pour gagner du temps
La carte carburant est un incontournable de la flotte automobile. Elle est le gage d’un suivi précis de la consommation de carburant dans l’entre- prise et en simplifie la gestion. Les paramétrages qu’elles enregistrent vont limiter le type de carbu- rant, l’utilisation au cours du week-end, mais aussi intégrer de nouveaux services liés à la mobilité. Payer son carburant sans passer par la caisse était déjà possible grâce à la reconnaissance de la plaque d’immatriculation. Désormais, la « carte » carburant n’aura plus de réalité plastique puisque les services entrent directement dans l’ordiphone de l’utilisateur. Le groupe Total a annoncé en mars le déploiement en Europe d’un e-wallet, une appli- cation mobile de paiement. Avec le spécialiste des paiements Wordline, le groupe pétrolier a imaginé une solution de paiement incluse dans l’applica- tion Total Services. La solution acquitte au pas- sage les achats en boutique et en station de la- vage. Après une phase pilote réalisée à Berlin fin 2017, la solution est déployée depuis le printemps sur le réseau Total en Europe, en commençant par l’Allemagne et la Belgique.
Plus qu’une poignée de journées pour le Mondial de l’Auto à Paris Expo où les entreprises visiteuses, grandes et petites, n’ont que mobilité de leurs collaborateurs en tête. Et pour cause : voitures de fonction et flotte d’utilitaires impactent lourdement le bilan. On pense économies et optimisation du « parc ». On songe aussi au confort de ses collaborateurs. Et ça, les professionnels du secteur l’ont bien compris.
la lld plus Que jamais en bonne place
La formule gagnante, c’est la location longue durée (LLD), pour particuliers comme pro- fessionnels. Aujourd’hui, plus une seule publicité pour une voiture n’évoque un prix d’achat, toutes les offres af- fichent des loyers mensuels. Dans le monde des entreprises, les grandes flottes sont toutes en LLD depuis belle lurette et les parcs réduits s’y mettent.
ment d’entreprises, avant tout parce qu’elle donne le moyen de maîtriser les coûts. Tout est compris dans le prix du loyer. Pas de coûts cachés, pas de risques liés à la re- vente ou à la maintenance du véhicule, le loueur prend à sa charge le véhicule de remplacement, l’entretien, l’assistance/dépannage, le remplacement des pneus, la gestion de l’assurance et des sinistres, le reporting, etc. « Quelle que soit la taille de
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]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  conducteur avec MyALDDri- ver. L’utilisateur du véhicule y retrouve ses données, son code de carte carburant, il prendra un rendez-vous pour la maintenance, avec mise à jour du kilométrage jusqu’à la rédaction d’un e-constat en cas de sinistre. » À bord de son véhicule connecté, le
revanche, on sera surpris de s’apercevoir que 62 % des chefs d’entreprise interrogés considèrent que la mobilité de leurs collaborateurs fait partie de leurs responsabili- tés. C’est pour eux une véri- table préoccupation. » Tout le monde se rejoint !
Parmi les nouveaux services
plus en plus de la mobilité des collaborateurs qui ne disposent pas de véhicule professionnel ‒ 85 % des employés : « Il s’agit d’attirer des talents ou assurer le bien- être de leurs collaborateurs. S’en préoccuper leur est à 100 % bénéfique : une optimisa- tion des déplacements limite
convainc pas à cause de ses limitations, mais de nombreux loueurs ont développé des offres plus flexibles, histoire que les entreprises l’essaient « en douceur ». C’est le cas chez Arval et ALD Auto- motive, notamment. « Le frein principal reste le coût, observe Christophe Maureau, d’ALD Automotive. Le coût d’exploitation d’un véhicule électrique reste encore bien supérieur à celui d’un véhicule thermique. Et pourtant, le développement des véhicules électriques est inéluctable, pour pouvoir accéder aux centres-villes bientôt, mais aussi à certains chantiers du BTP par exemple, pour lesquels les marchés publics imposent des restrictions importantes. C’est pourquoi nous essayons de favoriser leur option, notamment en inventant une formule par laquelle un collaborateur doté de son véhicule élec- trique aura accès à un vé- hicule thermique 60 jours par an partout en Europe. Des options conçues pour
   Quelle que soit la taille de l’entreprise,
elles ont toutes la volonté d’externaliser toutes
les tâches et fonctions qui ne font pas partie
de leur cœur de métier. Aujourd’hui, les gestionnaires de parc dédiés à cette fonction sont de moins
en moins nombreux dans les entreprises.
entreprises dans une même zone pour augmenter l’offre de trajets.
déplacements professionnels sur batteries...
La transition écologique est en marche, la part de marché des véhicules « verts », faible, progresse à vue d’œil, mais elle reste encore marginale sur le marché. « Si l’évolu- tion paraît lente vis-à-vis des particuliers, je pense que la réponse viendra des villes qui vont, de plus en plus, réduire l’accès à leur centre-ville aux véhicules thermiques », imagine Pierre Mercier. Les responsables de flottes devront toutefois réaliser une vraie
analyse des trajets de leurs collaborateurs. Si François Piot, OVE, confirme que « les petits trajets avec un temps de pause pour une recharge sont idéaux pour utiliser un véhicule électrique, les trajets quotidiens domicile/travail s’y prêtent ainsi très bien. Les hybrides seront plutôt utiles à ceux qui doivent assurer des trajets un peu plus longs, tout en conservant le temps de pause nécessaire à la charge, tandis que les commerciaux qui sillonnent les routes plus longuement rouleront avec des diesels dernière génération. À terme, le bon sens amènera les entreprises vers une ré- partition plus équilibrée des carburants ». L’électrique ne
 titulaire accède à son propre tableau de bord de conduite, ses scores d’écoconduite et de sécurité pour une auto-éva- luation. Une autonomie dont les collaborateurs se montrent généralement friands.
les chefs d’entreprise misent sur la mobilité
Pour des sites de plus de 100 collaborateurs, c’est « plan de mobilité » que doit mettre en place l’entreprise. Un PDM, ex-plan de déplacements d’en- treprise (PDE), regroupe un ensemble de mesures d’op- timisation pour augmenter l’efficacité des déplacements des salariés, notamment dimi- nuer les émissions polluantes et réduire le trafic routier. Faute de sanction à opposer aux entreprises qui ne rem- plissent pas cette obligation, elles sont peu nombreuses à l’avoir mis en place. François Piot, président de l’OVE, estime que « c’est tout de même une opportunité for- midable pour réfléchir à ces sujets. Dans une étude que nous avons commandée à ViaVoice, nous avons constaté que 67 % des collaborateurs considèrent que c’est à l’en- treprise de s’occuper de leur mobilité. Un chiffre qui n’est pas forcément étonnant. En
d’amélioration de la mobilité, l’autopartage, privilégié par 29 % des entreprises interrogées par l’OVE. Constructeurs, style Peugeot avec Free2Move, comme loueurs proposent désormais de telles solutions : vérifier la disponibilité des vé- hicules, les réserver, récupérer les clés en toute autonomie. Karen Brunot (AutoPartage par Arval), confirme que les entreprises se préoccupent de
la fatigue et l’absentéisme tout en favorisant l’effica- cité professionnelle. Notre solution assure une gestion fine des déplacements et va réduire la taille du parc. » 27 % des entreprises, selon l’OVE, privilégient, elles, le covoiturage, grâce à des applications comme Klaxit. L’efficacité de tels dispo- sitifs s’appuie notamment sur la présence de plusieurs
entrer en douceur. monde de l’électrique. » Qui ne demandent qu’à s’appliquer aux particuliers...
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Entretien, autonomie de l’uti- lisateur, les loueurs longue durée prennent en charge tout le parc de l’entreprise.
dans le
 • Selon l’Observatoire du véhicule d’entre- prise (OVE), créé en 2002 par BNP Paribas et Arval, le marché fut en croissance de 6,2 % sur les huit premiers mois de l’année 2018. Ce sont principalement les véhicules particuliers (+ 8,5 %), qui l’ont portée (véhi- cules utilitaires + 3 %). La croissance des VP, François Piot, président de l’OVE, l’explique en partie par la fiscalité – nouvelles normes d’homologation WLTP de la commission européenne. « De nombreuses immatricu- lations ont donc sans doute été anticipées avant l’entrée en vigueur de la norme en septembre 2018, tandis que les véhicules utilitaires ne seront concernés que dans un an.»
• Motorisation: la part du diesel est pas- sée en dessous des 80 % pour le total VP +VU,etendessousdes70%pourlesVP seuls sur les huit premiers mois de 2018. La part de marché des véhicules essence se monte à 15,2 % sur la même période. Les
véhicules dits « verts », s’ils sont en crois- sance, restent marginaux (1,7 % de la part de marché des véhicules électriques et 3 % pour les véhicules hybrides). Le baromètre des flottes 2018 de l’OVE révèle qu’en France les entreprises de toute taille envisagent d’intégrer dans leurs flottes des énergies al- ternatives dans les trois prochaines années (41 %), notamment des hybrides (30 %) et des véhicules électriques (26 %). Les très grandes entreprises optent nettement plus pour des solutions alternatives (75 %) que les entreprises moyennes (31 %).
• Modes de financement: la location de longue durée (LLD) prévaut auprès des grandes (60 %) et des très grandes en- treprises (71 %). Elle devient significative au sein des petites entreprises (de 5 % en 2015 à 11 % en 2018): 24 % des petites entreprises et 20 % des TPE indiquent leur intention de recourir à la LDD pour financer leur parc dans les trois prochaines années.
SesamLLD, le syndicat des loueurs, a en- registré l’immatriculation de143 655 véhi- cules d’entreprise au premier trimestre 2018 (+ 6,83 % par rapport à l’année précédente). • La durée de détention reste le plus sou- vent corrélée à la LLD : plus la part en est importante, plus la durée de détention est courte. En France, la durée de détention moyenne oscille de 3,7 et 3,6 années au sein des grandes et très grandes entreprises, elle chute chez les petites et moyennes en- treprises françaises, respectivement 6,2 et 6 ans.
• Le baromètre des flottes 2018 de l’OVE pointe la confiance des entreprises : une majorité d’entre elles envisagent une crois- sance de leurs flottes (21 % contre 7 %). C’est vrai aussi par rapport au reste de l’Eu- rope (19 % optimistes sur l’évolution de leur parc, contre 6 % qui estiment que leur parc va décroître).
Les chiffres clés de l’Observatoire
]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[Il avait dû, la mort dans l’âme, licencier 600 salariés, il y a
32 ans. André Mulliez, patron de Phildar, s’est alors mis en
tête de créer un réseau d’aide à la création d’entreprises au nom d’une géniale idée : pour créer et sauvegarder des emplois, il faut créer... des employeurs ! Depuis, Réseau Entreprendre a « créé » plus de 14 000 entrepreneurs en France depuis sa création.
Olivier Magnan
RH & FORMATION
 Réseaux & influence
 Imaginé par un chef d’entreprise ulcéré d’avoir dû licencier...
Réseau Entreprendre : de l’art de créer des employeurs qui recrutent
   Réseau + Entre- prendre. Difficile d’exprimer plus clairement l’objectif de cette association d’utilité publique qui se livre à une véritable chasse à l’homme et à la femme entrepreneur(e) ! « Créateurs, repreneurs, développeurs, nous aidons les gens à monter des boîtes, sourit Frédérique Jeske, la directrice générale, mais avant tout, comme l’a voulu André Mulliez, pour créer des emplois. » Il faut donc présenter des projets à fort potentiel, capables d’aboutir aux PME et aux ETI syno- nymes d’emplois durables. Les chiffres parlent : les 14 000 chefs d’entreprise que le Réseau désigne sous le nom de « lauréats » ont généré depuis le début de l’aventure quelque 120 000 emplois en France. Sans compter ceux que l’im- plantation internationale de l’association (10 pays) a suscités. Réseau Entre- prendre mérite son nom : André Mulliez avait créé
Phildar à Roubaix, il voulait que son initiative s’implante partout en France, que le réseau soit territorial. C’est réussi : 84 bureaux sont implantés dans l’hexagone, 124 au total avec l’étranger. Que se passe-t-il donc quand le porteur de projet pousse la porte de l’un d’eux, près de chez lui ?
14 000 bénévoles dans toute la france
« On accueille d’abord une personne », insiste Frédérique Jeske qui tient par-dessus tout aux valeurs humanistes léguées par le fondateur disparu en 2010. Une évidence qui ne va pas de soi, quel porteur de pro- jet n’a pas eu parfois, dans d’autres instances, l’impres- sion que c’était son business plan que l’on voulait voir avant tout ? Deuxième grand principe, la gratuité. Le candidat ne paiera rien... surtout pas le ou les béné- vole(s) qui l’accueille(nt) pour un premier contact.
Eux-mêmes ex-lauréats du Réseau Entreprendre, chefs d’entreprise aguerris, ils redonnent à l’association le temps qui leur fut consacré quand ils/elles ont lancé leur entreprise. Et pour cause, le troisième principe se nomme réciprocité. S’il réussit, le candidat devenu lauréat sait qu’il devra à son tour accueillir, un jour, un porteur de projet, quitte à ne pas le sélectionner. Car l’analyse sera impi- toyable. En région pari- sienne, où les dossiers de candidature se comptent par milliers, les rares « élus » savent déjà que leur projet a subi un criblage sévère. L’étape suivante se révèle tout aussi déterminante : face au comité d’engage- ment, le ou les candidat(s) vont « pitcher ». Ils/elles se présentent et exposent le projet présélectionné devant unjuryde5à10chef(fe)s d’entreprise. Redoutable : le vote exige l’unanimité. Au- delà de la future boîte dont le potentiel a été mesuré
La dernière biennale à Bruxelles du Réseau Entreprendre : on ne sort pas indemnes d’un tel accompagnement.
 70 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Réseaux & influence
 en amont, le/la candidat(e) doit faire montre d’envie et se montrer suffisamment convaincant(e) : ses pairs ont besoin d’être sûrs qu’il/ elle se pliera aux méthodes du Réseau.
C’est fait, vous voilà lau- reat(e) ? Tout commence...
des Gens Qui ne veulent plus se Quitter...
... par le volet financier. En cas de besoin, le futur chef d’entreprise se verra attribuer un prêt d’hon- neur dont la moyenne at- teint 30 000 euros. Sans intérêt. Pas négligeable. Même si la somme n’est pas symbolique, elle dé- termine surtout un effet de levier auprès des banques vers lesquelles se tournera le créateur ou repreneur. « La somme initialement prêtée, explique Frédérique
Jeske, ouvrira à des prêts généralement multipliés d’un facteur 13 ».
Validé, financé, le créateur n’en a fini avec le Réseau. S’ouvre pour lui l’accom- pagnement individuel, le mentorat en langage maison. Un chef d’entreprise va le « suivre », chaque mois, pendant deux ou trois ans. Au « novice » de jouer le
le nouveau « patron » qui prendra toutes ses décisions. Troisième temps de l’ac- compagnement, le « col- lectif ». Cette fois, les lauréats se réunissent au sein d’un « club », chaque mois, pour échanger, s’ému- ler. Ils ne sont pas livrés à eux-mêmes : Réseau Entre- prendre organise pour eux des rencontres avec des
« Il n’est pas rare que les membres du club recréent une façon de se réunir entre eux... » dixit la directrice générale.
réseau entreprendre toujours plus
Pour Frédérique Jeske, la force du réseau repose largement sur son enraci-
en connaît l’importance. Les résultats sont là : 93 % des PME/ETI passées par l’accompagnement du Ré- seau Entreprendre sont en activité au bout de trois ans. 88 % au terme de cinq ans d’activité. L’heure pour ces jeunes pousses de repasser par les outils du Réseau que sont le Booster, par lequel des TPE reçoivent une aide musclée pour un
projet spécifique, et Ambi- tion, destiné à transformer de belles PME en ETI. Reste à franchir la sélec- tion sereine de ce Réseau dynamite. Une.façon de vous assurer que vous êtes taillé(e) pour l’aventure. Effet kiskool ?
 L’analyse sera impitoyable. En région parisienne, où les dossiers de candidature se comptent par milliers, les rares « élus » savent déjà que leur projet a subi un criblage sévère
 Réseau financé
C’est par le jeu du mécénat, en large partie, que cette association unique en son genre non sub- ventionnée se finance, en séparant bien son bud- get de fonctionnement pour sa structure et ses 270 salariés de son fonds de prêts, alimenté par ses partenaires bancaires, la CDC et des banques privées. Un cercle vertueux : ce fonds se recons- titue au fur et à mesure des remboursements opé- rés par ses lauréats bénéficiaires d’un prêt...
 jeu et de venir avec ses tableaux de reporting sous le bras. Pas d’inquiétude : en pur effet miroir, le pair le/la conseillera mais c’est
experts ou des membres de l’écosystème du territoire. Un club qui s’auto-dissout à son tour dans l’espace de deux ou trois ans. Ou pas.
nement local, proche des écosystèmes territoriaux, et celle qui fut dirigeante du Medef Sud, l’UPE 13 des Bouches-du-Rhône,
 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
RH & FORMATION
   Le verbatim à retenir...
Face à la pénurie de talents, les entreprises n’ont d’autre choix que de proposer des rémunérations plus
attractives pour attirer ou conserver les collaborateurs non cadres dont elles ont besoin.
François Béharel, président du groupe Randstad France. Baromètre Randstad 2018
Actus grandes écoles
naminG & stratéGie
Fésia devient France Agro 3
Fondé en 1984, le réseau d’écoles d’ingénieurs Fésia change de nom en 2018 pour devenir France Agro3. Pour rappel, France Agro3 fédère quatre écoles : l’ESA (Angers), l’ISA (Lille), l’ISARA à Lyon et Avignon et Purpan à Toulouse. Ce changement d’identité en- tend renforcer l’attractivité de la fédération dans le paysage des grandes écoles d’ingé- nieurs et intervient dans le contexte à forts enjeux des États généraux de l’alimentation.
Le groupe ESC Troyes est mort, vive le Y Schools
Le groupe ESC Troyes devient Y Schools. Le positionnement ? Diffuser des pédagogies disruptives pour innover dans un monde en mutation. Le groupe a, ce faisant, créé de nouveaux programmes :
- Stud’Upenpartenariatavecl’EMLyonetToulouseBusinessSchool.
- Depuis 2018, ce programme innovant est intégré à un nouveau programme bac+3 : le Global Bachelor in Management de SCBS
- Mastère spécialisé Manager de la performance et de la transformation industrielle, en partenariat avec l’Université de technologie de Troyes, couvrant les domaines clés de l’entreprise industrielle.
- Nouvelles spécialisations pour SCBS : supply chain, banques, agronomie, managing organizations in a digital world, créées avec l’aide d’entreprises partenaires. Objectif : recruter en alternance puis en CDI/CDD à l’issue de la formation.
- LeProgrammegrandeécoledeSCBSproposedésormaisunespécialisationStrategic Design Management avec l’École supérieure de design. En 2019/2020 cela deviendra un double diplôme.
- Création d’un double diplôme Wine Tourism, Heritage and Senses pour l’École su- périeure de tourisme en partenariat avec l’Université Reims Champagne Ardenne. En outre, à compter de la rentrée 2019, le groupe ouvrira une implantation à Metz pour
l’École supérieure de tourisme ainsi qu’un campus sur le continent africain.
Nouveau projet stratégique pour Neoma
Par la mise en place opérationnelle de son nouveau plan stratégique, Neoma ambitionne de challenger les meilleures écoles internationales via trois leviers majeurs pour viser le top 30 des écoles européennes.
- L’attractivité des campus :
A Reims, un déménagement est prévu pour 2022 pour accueillir 5 000 étudiants au total. A Paris, le transfert dans un nouveau campus intra-muros pouvant accueillir 1 500 étudiants post-bac en 2020 a été acté. A Rouen, l’objectif à 2022 est d’accueillir 11 500 étudiants (dont 40 % internationaux) et 200 professeurs (40 de plus).
- Lacréationd’unenouvelleoffredeformation:post-bacàParis,offretroisièmecycle risk analytics, value creation, supply chain, finance & big data, etc.
- Lerenforcementdeprogrammesinternationaux:accordsavecShanghai-Jiaotongpour entrer dans les incubateurs des universités partenaires et avec Dublin City University (possibilité de projets associatifs en commun). Création d’un dispositif d’apprentissage sans frontière (possibilité d’expériences professionnelles à l’étranger tout en suivant les cours français sous la forme de Moocs.
Source : le blog de MEL
L’ICN Business School désormais engagée RSE
ICN Business School devient la première business school à avoir été évaluée via la démarche « Engagé RSE » d’Afnor Certification. L’école est ainsi pionnière dans la dé- marche d’évaluation de la maturité de ses pratiques économiques, sociales, sociétales et environnementales via la démarche « Engagé RSE » d’Afnor Certification.
Source : ICN BS
aménaGement
TBS : un nouveau campus sur les rails
Avec une livraison prévue pour 2023, TBS se dotera d’un nouveau site pour un coût de 100 millions d’euros. La chambre consulaire de la ville rose a ainsi augmenté le capital de l’école pour lui permettre d’être solvable. L’idée est de réunir toutes les ouailles étu- diantes sur un campus unifié et plus grand. Aujourd’hui, sa population est dispersée dans
     Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement PDG d’ITG, leader du portage salarial
Télétravail : des chiffres encourageants !
Depuis le début du siècle, plusieurs mutations ont mené à un bouleversement de notre rapport au travail, à l’engagement professionnel et plus globalement aux évolutions des en- treprises.
La mutation majeure est numérique. Aujourd’hui, 50 % de nos concitoyens n’ont pas accès à un réseau haut débit. Une injustice qui devrait être résolue avec l’accélération de la résorption des zones blanches. Une mutation qui offrira aux actifs la possibilité de définir leur lieu de travail.
L’écologie est également une mutation majeure car un tiers de l’éco- nomie territoriale est locale et personne ne peut négliger l’impact écologique des déplacements quotidiens entre le domicile et le lieu de travail. En ce sens, la réduction des mobilités peut, par exemple s’effectuer, grâce au développement de tiers lieux capables d’ac- cueillir des télétravailleurs, encourageant ainsi la pratique du travail à distance.
Enfin, il y a une véritable une mutation sociétale. Nous sommes entrés dans un monde où les actifs ont de nouvelles attentes, ils veulent apprendre en faisant, ils aspirent à plus d’équilibre dans la répartition de leurs temps de vie, recherchent un travail qui fait sens. Ces trois éléments fracassent les façons de travailler. A cet égard, nous pouvons nous réjouir des derniers chiffres sur le télétravail révélés par le ministère du Travail. Cette forme d’organisation du travail a augmenté de 25% dans les entreprises françaises et 60% des métiers seraient aujourd’hui aptes à proposer cette pratique professionnelle. Espérons que ces chiffres encourageront les entreprises à accélérer le changement organisationnel et culturel pour accompagner leurs collaborateurs !
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Travailler autrement
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
six bâtiments à Toulouse et en périphérie. Elle étudie trois sites situés dans le centre de Toulouse et en choisira un en mars 2019 pour édifier un campus moderne avec des infrastructures sportives, des espaces de travail partagés et des salles multimédia. Rappelons que Toulouse Business School a accru son effectif d’un tiers entre 2014 et 2018 avec 5 650 étudiants, dont 23 % d’étrangers, sur ses campus de Toulouse, Barcelone, Casablanca, Londres et Paris, tandis que le nombre d’enseignants est passé de 82 à 105. Déjà dotée d’un incubateur d’étudiants entrepreneurs en partenariat avec l’Insa, elle ouvrira en janvier un espace de coworking. Pour essayer de se distinguer des autres écoles, elle va créer deux clusters de formation et de recherche avec des entreprises, l’un sur les nouvelles mobilités des personnes et des biens dans l’aérospatial, l’autre sur l’analyse des grandes masses de données.
Trois grandes écoles bientôt à Orléans
Selon France Bleu Orléans, l’Institut supérieur de commerce de Paris (ISC), l’École spéciale des travaux publics de Paris (ESTP) et AgroParisTech pourraient ouvrir d’ici 2020 une antenne de leur formation sur Orléans. Les bâtiments de l’ancien collège Anatole Bailly, propriété de la municipalité, pourraient accueillir l’ESTP et l’ISC tan- dis qu’AgroParisTech devrait s’installer sur le campus d’Orléans la Source. La première rentrée orléanaise de ces trois acteurs de l’enseignement supérieur et de la formation continue est prévue pour 2020.
Lancement d’Innov’Action à l’IMT Albi
Pour ses 25 ans, IMT Mines Albi a inauguré un nouvel espace dédié à l’innovation et à l’entrepreneuriat : le bâtiment Innov’Action. Ce nouveau bâtiment abrite la majeure partie des équipements de travaux pratiques et plusieurs espaces dédiés à l’innovation et à l’entrepreneuriat :
- un incubateur ;
- un openLab et ses nombreux équipements, appelé « La FaBrique ». Pour favoriser la
créativité et la concrétisation de projets interdisciplinaires, il est ouvert à tous : élèves,
personnels de l’école, entreprises et associations ;
- un espace de travail collaboratif.
En outre, à la prochaine rentrée, IMT Mines Albi ouvrira un nouveau diplôme national de master : l’ITAAT pour IT Applied in Air Transport. Ce cursus a été conçu pour répondre à la « smartisation » croissante du transport aérien. Interdisciplinaire, il concernera des sujets aussi variés que la gestion des systèmes intelligents dédiés à l’aérien et à l’aéro- portuaire. Dans cette perspective, le master, qui impliquera les principaux acteurs de l’industrie du transport aérien, conjuguera l’expérience de terrain avec l’acquisition de connaissances théoriques.
Source : IMT Albi
Nouveau campus pour l’Essec
Le nouveau projet de campus pour l’Essec sortira de terre d’ici à 2020. Fortement sou- tenu par la Région, ce projet incarne la volonté des pouvoirs publics de faire émerger en Île-de-France des campus à la fois mondialement attractifs et ancrés durablement dans
le territoire francilien. Dans cette pers- pective, le projet Campus 2020 comporte quatre volets : l’ouverture du campus sur le parc François Mitterrand, la création d’un Sports & Recreation Center, la transformation de la Tour “historique” en Green Research Tower et la création
d’un Creative Learning Center. Pour toujours mieux répondre aux besoins de ses étu- diants, de ses professeurs et de sa communauté, le campus deviendra ainsi piétonnier avec des aménagements.
Source : ESSEC
partenariat
Centrale Nantes et Stellia Aerospace signent un partenariat pour développer l’attractivité du secteur aéronautique
L’école d’ingénieurs nantaise et la société Stellia Aerospace ont signé une convention de partenariat pour développer des actions permettant d’attirer les étudiants ingénieurs de l’école vers l’aéronautique. Ce nouveau partenariat souhaite renforcer la collaboration qui existe depuis plusieurs années déjà entre les deux entités. Dans le cadre d’un projet de recherche collaboratif, Centrale Nantes a accompagné Stellia Aerospace dans l’im- pression 3D de panneaux de fuselage métalliques. Depuis trois ans, Stellia Aerospace
accueille également une dizaine de stagiaires. Sur le campus, cette convention assure une présence régulière de Stellia avec notamment des conférences métiers mais aussi des présentations de parcours de carrière au sein du groupe. « Le positionnement du groupe Stellia Aerospace constitue une réelle opportunité pour nos élèves ingénieurs qui développent ainsi une expertise forte dans un environnement en constante évolution, en lien avec les thématiques de recherche et de formation de l’école. Nous sommes fiers de pouvoir pérenniser aujourd’hui notre collaboration avec Stellia », déclare dans un communiqué Arnaud Poitou, directeur de l’École centrale de Nantes.
Source : Centrale Nantes
« New Uni » se concrétise
Le projet de MIT à la française se précise. L’X et plusieurs autres grands établissements ont signé une convention de coopération qui donne acte officiellement à la création d’une nouvelle institution de sciences et technologies de rang mondial. Baptisé provisoirement « NewUni », le pôle d’excellence pour la recherche et l’enseignement supérieur comprend l’école Polytechnique comme fer de lance, l’Ensta ParisTech, l’Ensae ParisTech, une école du Genes, Télécom ParisTech et Télécom Sud Paris. Un élargissement possible avec HEC est évoqué sans pour autant que l’école de commerce ne devienne membre à part entière. L’école de commerce prévoit une série de nouveaux doubles diplômes notamment autour de l’intelligence artificielle. Notons enfin que NewUni renforcera ses partenariats avec le CNRS, l’Inria, le CEA, l’Oonera et l’Inserm, et l’industrie.
recherche & formation
Nouvelle chaire « Réalités – Vivre l’intelligence des territoires » pour Audencia
Le 20 septembre 2018, le groupe Réalités et Audencia ont signé un partenariat qui crée la chaire « Réalités – Vivre l’intelligence des territoires », la huitième pour l’école. Dans cette optique, il est prévu également la création d’un « Lab » commun entre les collaborateurs du groupe Réalités et les professeurs et doctorants d’Audencia pour mo- déliser la façon de concevoir des projets immobiliers et urbains innovants et travailler
RH & FORMATION
     NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr 73
]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
RH & FORMATION
   efficacement pour le développement des territoires. Le partenariat inclut également un volet pédagogique avec des étudiants de mastère. Le groupe Réalités apporte pour ces projets une contribution financière d’un montant de 600 000 euros sur quatre ans.
Nouvelle chaire « Travaux offshore et éner- gies marines renouvelables » à l’ESITC Caen L’ESITC Caen lance une nouvelle chaire sur le sujet des « Travaux offshore et énergies marines renouvelables » qui vient enrichir son cursus d’ingénieur et d’autres formations telles que le mastère spécialisé Expert en ouvrages maritimes et portuaires.
Cette nouvelle chaire a pour objectif de transmettre une expertise aux futurs ingénieurs en matière de travaux offshore et d’énergies marines, et de développer la re- cherche dans un domaine clé de la transition énergétique. Le partenariat signé par l’ESITC Caen et le groupe Deme, via sa filiale française SDI spécialiste du dragage et de l’ingénierie maritime et environnementale, prévoit de multiplier les échanges de compétences et la mutuali- sation des savoir-faire. L’école accède ainsi à l’expertise industrielle du groupe dans le pilotage et la réalisation de projets de production d’énergie marine renouvelable, l’exploitation de ressources marines, la décontamination et le recyclage de sols pollués ainsi que la fourniture de services pour les secteurs de l’énergie, du pétrole et du gaz. Pour SDI, le partenariat permettra de promouvoir les activités du groupe auprès des élèves de l’ESITC Caen et de transmettre son savoir-faire aux futurs ingénieurs. Les entreprises du groupe Deme auront un accès privilégié à un vivier d’ingénieurs formés aux problématiques et aux enjeux des énergies marines et des travaux offshore. Source : ESITC Caen
formation
ESIEA, une spécialisation véhicules autonomes pour la rentrée 2019
L’école d’ingénieurs spécialisée dans le numérique a annoncé en grande pompe lors du dernier mondial parisien de l’automobile l’ouverture d’un parcours vé- hicules autonomes, spécialisation que pourront choisir les étudiants dès la rentrée 2019. Une annonce réalisée pour démontrer que cet acteur de la formation suit au plus près l’innovation du secteur automobile.
Source : ESIEA
Formation & IA
En 2019, l’école de management formera en deux ans dans le cycle master du programme grande école, en alternance, les futurs consultants et managers à l’intégra- tion et l’utilisation des technologies liées à l’intelligence artificielle dans les organisations.
Aujourd’hui, il n’existe pas de filières dédiées à l’IA dans les écoles de management. La plupart des enseignements dédiés à l’Intelligence artificielle (IA) sont dispensés sous forme de cours de sensibilisation ou de séminaires dans des masters ou MBA. Les écoles d’ingénieurs, quant à elles, développent depuis quelque temps des contenus pédagogiques basés sur les propriétés de l’IA et des technologies associées comme le machine learning ou le deep learning. Face à ce constat, l’EMLV lance une fi- lière Business Transformation & IA à la rentrée. Parmi
les enseignements proposés, les étudiants découvriront notamment des cours d’introduction au deep learning, d’applications et futur de l’IA, de big data et infrastruc- tures réseau, d’Internet des objets (IoT), de data analytics for business, de management de l’innovation, de design thinking, de management stratégique, de droit de la data et de droit de la propriété intellectuelle.
Ces cours seront dispensés en alternance à l’EMLV dès la rentrée 2019. La formation en deux ans permettra d’obtenir le diplôme EMLV visé bac+5, conférant le grade de master. A terme, les étudiants diplômés pourront pré- tendre aux postes de consultant en organisation, chef de projet, innovation project manager ou encore business development officer.
Source : EMLV
Ionis Education Group : l’esport en bachelor etMBA!
Le « sportif » groupe de Marc Sellam - 25 écoles et en- tités dans 18 villes France et monde - lance sa 26e école professionnalisante consacrée à l’esport – dire « isport », comme e-sport ou sport électronique. XP, son nom (comme les points d’expérience dans le jeu vidéo) se traduit par « The international esport and gaming school » et s’appuie sur trois entités Ionis, Epitech, e-artsup et ISG. Un cursus en cinq ans (Bachelor et MBA spéciali- sés), y compris en alternance, suivi à Paris, Lille et Lyon. Première promo, septembre 2019.
récompense
Coup de cœur pour le projet Hush (UTC) au concours Ecotrophélia Europe
Développé par des UTCéens
avec l’aide de Claire Rossi
- professeure à l’UTC -, et
soutenu par la direction de
l’innovation et du dévelop-
pement territorial, le projet
Hush (Heat-Up Shake Health)
a remporté le prix spécial du
jury «coups de cœur» pour
le produit le plus innovant.
Hush - qui se veut être la première boisson gourmande à base de fruits qui « réchauffe », offrant ainsi une alterna- tive aux cafés, thés et autres chocolats chauds -, s’inscrit dans un mode d’alimentation équilibré, convenant aux véganes et aux intolérants au lactose.
L’actu RH
2018, l’année du salarié ?
Oracle a produit une étude sur les tendances RH pour 2018, concluant que 2018 serait l’année du salarié. En voici les faits saillants :
Tendance RH #1 : l’ère du post-engagement
L’étude mentionne une enquête menée par Kennedy Fitch qui révèle que 84 % des responsables RH qui y ont participé indiquent que l’expérience salariée constituera le point de mire des années à venir, mais seuls 6 % dé- clarent y travailler actuellement.
  74
NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
Tendance RH #2 : la compétence plus que la confiance
L’alternative au process de recrutement classique proposée ici est de davantage s’appuyer sur des données les plus diverses possibles pour valider que le candidat correspond au poste et non plus à un profil type. Ou, autrement dit, se fier à ce qui traduit les compé- tences réelles de la personne plutôt que sa capacité à se vendre.
Tendance RH #3 : l’équilibre homme-machine
La technologie a libéré en partie les collaborateurs. L’étude fort justement déclare qu’il va bien falloir trouver le bon équilibre entre hommes et machines et ne pas systémati- quement les opposer mais au contraire savoir les faire tra- vailler ensemble. Un axe de formation de plus donc pour les entreprises, mais également des arbitrages à faire entre ce qui doit être automatisé ou non et où laisser la valeur de l’humain reprendre la main.
Tendance RH #4 : l’économie collaborative
On parle ici de la montée en puissance de modèles alternatifs au salariat traditionnel. C’est le free-lancing et ce qu’on appelle plus largement l’économie de la demande po- pularisée par les grandes plates-formes de type Uber, peu importe le secteur d’activité concerné. Les considérer comme de simples prestataires ou comme des partenaires qu’on a intérêt à voir se développer et donc à former est un enjeu à venir et une question centrale pour les RH.
Tendance RH#5 : la reconnaissance
Postulat de départ : le salaire compte mais les salariés d’aujourd’hui lui accordent une importance moindre que ne le faisaient leurs parents. Les entreprises souhaitent offrir une « expérience salarié » épanouissante, qui associe satisfaction émotionnelle et satisfaction mentale avec une juste rémunération. L’importance de la reconnaissance non-financière est donc un vrai sujet sans pour autant que l’étude n’aborde des pistes durables.
Salaires, une hausse de 1,8 % en 2018 !
En hausse de 1,8 % en 2018, la fiche de paie non-cadre n’a jamais autant progressé de- puis cinq ans :
- le salaire moyen des non-cadres atteint 1 607 euros bruts en 2018 (+1,8 %) ;
- il s’agit de la plus forte hausse de rémunération depuis 2013 ;
- les professions intermédiaires tirent le plus profit de la croissance (+3,6 %) ; - pour la seconde année consécutive, l’industrie tire les salaires vers le haut.
Les salariés non-cadres ont vu leur rémunération progresser de 1,8 % en 2018, selon la dernière édition du baromètre Randstad. C’est une rupture nette en comparaison des trois dernières années au cours desquelles la revalorisation était bien plus modeste. Pour la première fois depuis 2014, la revalorisation des salaires non-cadres est plus impor- tante que celle du Smic, alors qu’elle y était strictement corrélée jusqu’à présent. C’est une bonne nouvelle pour les salariés non cadres. Ils bénéficient de la bonne santé de l’économie en 2017, mais également d’un regain de dynamisme de l’industrie et du BTP. « Face à la pénurie de talents, les entreprises n’ont d’autre choix que de proposer des rémunérations plus attractives pour attirer ou conserver les collaborateurs non cadres dont elles ont besoin », déclare François Béharel, président du groupe Randstad France.
Méthodologie
Étude basée sur les salaires réels, basée sur l’analyse de 1,4 million de fiches de paie de salariés intérimaires Randstad sur les premiers semestres 2018 et 2017. L’égalité de traitement impose qu’un salarié intérimaire soit rémunéré au même niveau qu’un salarié titulaire. Cela garantit une bonne représentativité des salaires. Tous les domaines sec- toriels du marché de l’emploi français sont couverts à travers l’analyse de 124 métiers non-cadres.
Source : Randstad
RH & FORMATION
    NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr 75
]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[Les décryptages du marché de l’emploi foisonnent. En octobre, l’une des dernières analyses en date met en avant les écarts de salaire entre un bac +2 et un bac +5 en France. Un schéma toujours d’actualité ? Présentation et réaction.
sont plus souples. De plus, si les bac +2 se vendent très bien côté technique, tel n’est plus le cas pour les emplois tertiaires. Le marché a besoin de bac +3 transversaux. » Or, entre bac +3 et +2, la différence salariale est de l’ordre du trait. C’est le mal aimé des conventions col- lectives.
un bac +5, pour Quoi faire ?
Selon Chloé Sihoan, en charge de la communication du moteur de recherche, « le nombre d’offres d’emploi à bac +2 est supérieur à celui enregistré pour des bac +5. Certes, le statut n’est pas le même. Certes, la précarité est peut-être plus développée, mais est-il besoin de pousser jusqu’au bac +5 ? » Le culte du +5 serait-il en perte de vitesse ? Tout dépend des secteurs. Cette Française, expatriée dans la capitale britannique, pointe tout.par- ticulièrement le marketing. Et c’est sans compter les disparités régionales.
Muriel Wolski
Adzuna n’est pas le plus connu des mo- teurs de recherche d’offres d’emploi. Créé en 2011, à Londres, il s’est lancé en France en 2013. Pour se faire connaître, cette start-up fait tourner ses algorithmes, les 850 000 annonces réper- toriées et fournit des en- seignements sur le marché de l’emploi. Dernier focus diffusé : toutes les offres confondues entre jeunes diplômés et expérimen- tés, l’écart de salaire entre un bac +2 et un bac +5 est de 27 %. En chiffres brut, on passe de 31 879 euros à 40 474. Une nouveauté ? Pas tant que ça. Les éléments de Mickael Page font état de 23/24 K€ à 27/28 K€ pour unbac+2,etde34K€à 40 K€ pour un +5.
le chamboulement du numériQue
Depuis moins de dix ans, un vent violent vient ringardiser ces antiennes, malmener ces repères sur l’échiquier du monde de l’enseignement supérieur, ces chiffres de sortie d’études. Son nom : tempête numérique. Xavier Niel l’a vite compris. Lancée en 2013, l’École 42 bouscule les codes – dans tous les sens. Des autodidactes sont for- més au développement Web. Près de la moitié n’ont pas le bac. Les recruteurs se les arrachent. « Là, les bac +2 prennent leur revanche, ana- lyse Emmanuel Stanislas, fondateur du cabinet de recru- tement spécialisé en digital et informatique, Clémentine. Vu les tensions sur le mar- ché, leurs salaires peuvent
grimper [sous-entendu, plus que d’ordinaire]. » Les IT (Information Technologies) ne modifient pas seulement l’organisation des entreprises, la grille des salaires valse également.
Et Adzuna de citer plusieurs secteurs dans lesquels les écarts de salaire se réduisent comme neige au soleil, avec à peine 10 % de gap, toutes offres confondues – jeunes diplômés et expérimentés. En vrac, on va citer l’armée, le secteur sportif, la mécanique, l’artisanat ou bien encore l’électronique.
« Le monde a changé, com- mente Emmanuel Louzier, directeur général de Page-
Groupe. Le besoin d’agi- lité prime, les typologies de métiers évoluent. Les compétences valorisées au- jourd’hui, et celles qui le seront demain, ne sont pas celles que l’on appréciait hier. Et c’est sans compter les attentes des candidats eux-mêmes. La quête de sens tient une place de plus en plus prépondérante. Des candi- dats titulaires d’un bac +5 vont accepter des salaires qui ne correspondent pas forcément à ce qu’ils pour- raient prétendre décrocher, statistiquement parlant. » Sans tabler sur une dilution du poids du diplôme, les cartes sont rebattues.
la souplesse des pme
Une étude biaisée ? Nombre d’interlocuteurs le pensent. Mettre expérimentés et jeunes diplômés dans un même shaker semble décré- dibiliser le tout. Et surtout, entre l’offre d’emploi affichée et la réalité, un écart – un de plus – peut se faire jour. « Les petites et moyennes entre- prises sont prêtes à regarder en deçà du diplôme men- tionné dans l’offre, indique Francis Petel, vice-président de la commission nationale éducation formation de la Confédération des PME (CPME). Le diplôme n’est pas tout. Ces entreprises-là
RH & FORMATION
 Manager autrement
 Salaires
Quel«gap»entreunbac+2etun+5?
     Frédéric Rey-Millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
Malheureusement le terme « bullshit job » n’est que la conséquence d’un job, très en vogue depuis quelques années : le Chief Bullshit Officer.
Comment devient-on Chief Bullshit Officer ? Le job est difficile à définir, car un peu comme une mauvaise grippe, il existe de nombreuses souches de virus, et modestement, je vous en propose deux.
Le Chief Bullshit manager est un trouillard. Il prône l’excellence, même s’il ne se l’applique pas forcément à lui-même, et déteste les erreurs et échecs. Il aimerait que l’avenir soit complètement prévisible. Cette aversion au risque a pour conséquence de multiplier, de façon expo- nentielle, le nombre de réunions, le reporting et l’excès de procédures. On se réunit pour décider, sachant qu’on ne décide rien. Combien de réunions se terminent-elles par des relevés de décisions clairs et précis ?
Parce que c’est un trouillard, il exécute et respecte les ordres. Philippe Manœuvre, critique rock, le plus célèbre de France, publie ses mémoires. En préface de son ou- vrage, une phrase de Bob Dylan illustre la posture qu’on aimerait rencontrer plus souvent dans les entreprises :
« Pour être honnête, il faut être hors la loi. »
Être hors la loi, dans les entreprises, c’est refuser la dictature du compte de résultat et du free cash-flow. La plupart de ces Chief Bullshit Officers sont incapables d’expliquer pourquoi on devrait travailler avec eux, dans leur équipe. Quand on leur demande, ils répondent « pour survivre, pour gagner des parts de marché » ou « parce que nous n’avons pas le choix ».
On en vient donc au cœur du problème : c’est parce qu’on a perdu le sens dans l’entreprise et que nous sommes focalisés sur le résultat, que tout effort de management devient inefficace, et que les Chief Bullshit Officers pullulent.
La question du sens est un des sujets les plus compliqués à traiter dans nos organisations. Un livre de 500 pages ne suffirait qu’à effleurer le thème. Je vous propose de commencer par une simple question : « Qu’y a-t-il sur cette planète qu’il faut que je fasse et qui n’arrivera pas si je n’en prends pas la responsabilité ? » Bonne réflexion. Je ramasse les copies dans quatre heures.
Êtes-vous un
« Chief Bullshit Officer » ?
Bonjour à tous,
Depuis 2013, l’anthropologue américain David Graeber a popularisé un terme dont j’entends de plus en plus souvent parler dans nos entreprises : les bullshit jobs, ou emplois à la con en français. De son point de vue, le système capitaliste repose sur l’aliénation de la vaste majorité des travailleurs du secteur tertiaire, réalisant, pendant 40 ans, des tâches inutiles et sans réel intérêt.
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Manager n’est pas jouer !
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[                      Partagez notre vision du recrutement de demain
Découvrez pourquoi et comment les acteurs de l’emploi doivent réinventer ensemble leur modèle, dans un contexte de changement de rapport au travail des candidats, de transformation des entreprises et de ruptures technologiques.
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 ]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ La Sélection culturelle
CLASSIQUE
laChaîneParlementaire nSimonBoccanegra
Plongée dans le Gênes médiéval avec Simon Bocca-
negra, l’un des plus fameux et tonitruants opéras de Verdi. L’histoire de ce corsaire devenu doge : un opéra politique miné par d’intenses conflits de pouvoir et les
querelles familiales. Fabio Luisi, grand chef verdien s’il en est, dirige cette nou- velle production très attendue, réunissant entre autre les incomparables Ludovic Tézier et Maria Agresta. Aucun temps mort, mais des empoisonnements, enlè- vements et insurrections à vous glacer
le sang toute une soirée durant.
Simon Boccanegra, de Verdi. Du 12 novembre au 13 décembre à l’Opéra Bastille.
EXPOSITION
nLouis-Philippe à Fontainebleau. Le Roi et l’Histoire.
34 rois, deux empereurs, 800 ans d’histoire : le château de Fontainebleau est la seule résidence royale conti- nuellement habitée depuis plus de sept siècles. L’un
des monarques qui marqua le plus le château de son emprunte est paradoxa- lement l’un des moins connus du public : Louis-Philippe. Le château propose ainsi une ambitieuse exposition, réunissant près de 250 œuvres dans le faste des Grands Appartements afin de mettre à
l’honneur la vie de la cour et les très nombreuses trans- formations et restaurations du château effectuées sous la Monarchie de Juillet.
Louis-Philippe à Fontainebleau. Le Roi et l’Histoire. Château de Fontainebleau, jusqu’au 4 février 2019.
THEATRE
n12 hommes en colère
Les douze jurés du procès d’un adolescent noir accusé de parricide doivent décider s’il est coupable ou non, et donc s’il mérite l’acquittement ou la chaise électrique.
Tout accuse le suspect, pourtant, lors du vote final, un des jurés émet des doutes. L’unanimité étant nécessaire pour pronon- cer un verdict, un nouveau débat a donc lieu. C’est ici un moment plein de tension et d’humanité, un drame judiciaire à la résonnance contemporaine qui met à mal l’intolérance. Adaptée de la pièce de 1953
de Réginald Rose par Francis Lombrail, ce huis-clos ne manque pas de nous interroger sur nos certitudes et nos préjugés. Une mise en scène minimaliste mais efficace de Charles Tordjman et une distribution impeccable avec entre autres Bruno Putzulu et Antoine Courtray ! Théâtre Hebertot de Paris, jusqu’au 6 janvier 2019.
nSigné Dumas
En 1848, Alexandre Dumas est à son apogée et travaille avec son fidèle collaborateur, Auguste Maquet. Mais
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  par Christophe
Combarieu
quand éclate une violente dispute entre les deux hommes à propos de la révolu- tion, une question cruciale se pose : à qui doit-on la réussite de ces chefs-d’œuvre de la littérature française ? Lequel des deux est le père véritable de d’Artagnan,
de la Reine Margot et du comte de Monte-Cristo ? La pièce de Cyril Gély et Eric Rouquette, créée en 2003, rend hommage au style de Dumas et plonge ainsi le spectateur dans cette querelle avec une illusion tout à fait exemplaire. Extravagance contre dignité, rancœur contre humiliations, la fougue des deux hommes et des deux contraires offrent de nombreuses et jouissives joutes verbales.
Théâtre la Bruyère de Paris, jusqu’au 5 janvier 2019.
CINEMA
nUn homme pressé
Quand un homme d’affaires hyperactif, égocentrique et à qui tout réussit, se retrouve entre la vie et la mort suite à un accident cérébral, toutes les cartes de sa vie sont redistribuées. Lui qui ne jurait que par le travail,
quatre heures de sommeil par nuit et une exigence au travail proche du stakhano- visme, se met à développer des troubles de la parole et de la mémoire. S’entame une douloureuse transformation de vie qui le poussera à aller à l’essentiel et laisser de côté le superflu. Retrouver un
Fabrice Lucchini dans le rôle de celui qui ne peut plus s’exprimer est une formidable idée de mise en scène, et son duo à l’écran avec Leila Bekhti est à la fois éton- nant mais très bien pensé. Un sujet fort en réflexions. Un homme pressé – Le 7 novembre
nLes chatouilles
Présenté dans la catégorie « Un Certain Regard » au Festival de Cannes 2018, Les Chatouilles relate le combat d’Odette, âgée de huit ans quand les attouche- ments qu’elle a subis par le meilleur ami de la famille
cé. Aujourd’hui jeune adulte, sa parole se libère et sa passion pour la danse, tor- pillée par son expérience dévastatrice, lui permet néanmoins de s’affirmer en tant que femme dans un monde qu’elle redoute. Une histoire dure à mettre en image, sauf à pouvoir compter sur le
talent de réalisateurs d’Eric Metayer et d’Andréa Bes- cond, faisant alterner danse et violence en une sorte de douleur chorégraphiée. Le propos est mis en valeur par une distribution à la justesse peu vue ces derniers temps au cinéma, transformant le film en un pamphlet contre la pédophilie d’une intelligence et d’une finesse rare. Les Chatouilles - Le 14 novembre
CD
nBartoli
Elle est LA diva de tous les records,
l’une des cantatrices les plus adulées du public et à la personnalité haute en couleurs : Cecilia Bartoli sort son tout premier coffret en déjà trente ans de
carrière, consacré à un compositeur qui l’accompagne depuis ses débuts : Rossini. L’occasion de commémorer les 150 ans de la disparition du compositeur avec 15 CD et six DVD des plus beaux enregistrements rossiniens de la mezzo-soprano romaine : La Cenerentola, Le Barbier de Séville ou encore le Stabat Mater. Insur- passable ! (Decca)
nSalt and Peper
Poivre et Sel ! C’est la couleur des cheveux des chanteurs de cette chorale survoltée ! Ils sont de Dunkerque, seniors, et chantent le rock des Rita Mitsouko, de Chuck Berry,
de Madonna, de Pink Floyd ou encore des Beattles ! La prestigieuse maison de disques Universal s’est chargée de la production de l’album après être tombée sous le charme de ce quelque chose de
contagieux dès qu’ils se mettent à chan- ter ! Une aventure folle pour un projet authentique... Rock’n’Roll is not dead !
(Universal Mercury)
nJon Batiste
Avec Hollywood Africans, Jon Batiste emprunte le titre de son nouvel album à une peinture de Basquiat, une référence qui ne doit rien au hasard. Batiste, diplômé
de la célébrissime Julliard School, tire ainsi le meilleur parti de son héritage culturel et crée une œuvre poignante mêlant compositions inédites et standards revisités. L’esprit du jazz demeure chez ce
chanteur-compositeur-instrumentiste de génie et leader du groupe du Late Show with Stephen Colbert sur un grand network américain. Vous ne pourrez qu’adorer ! Hollywood Africans – (Verve)
DVD
nL’école est finie
Une jeune Parisienne, professeur d’anglais, vient d’être fraîchement titularisée ! Plutôt branchée et citadine, c’est la douche froide lorsqu’elle se retrouve mutée à...
Trouilly-sur-Selles en Picardie ! Elle va vivre une première année d’enseignement loin de ses espérances, et même proche de l’enfer ! Une comédie qui nous rappelle que l’on peut, mine de rien, aborder des problématiques sérieuses avec légèreté ! Bérangère Krieff est formidable, et le
reste du casting, de haut niveau : Patrick Chesnais, Grégory Fitoussi et Marylou Berry sont bluffants de réalisme. (M6 Vidéo)
nLa Mort de Staline
Dans cette comédie historique franco-britannique, on découvre les événements qui ont suivi la mort de Staline
en mars 1953. Le dictateur soviétique, « Petit père des peuples », vient de décéder d’une attaque cérébrale et les différents ministres se livrent un combat acharné pour prendre la tête du parti ! Une lutte de pouvoir qui fut ainsi décisive pour l’histoire mondiale, truffé d’anecdotes
incroyables, parfois même cocasses, sur les coulisses du pouvoir soviétique ! (Gaumont)
  Journaliste & producteur Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN
   terriblement
      ont commen
      78
NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Horlogerie & Joaillerie
Executive tourbillon, le temps en lévitation !
Avec sa somptueuse construction en or blanc ou rose, son mouvement inédit qui semble défier les lois de la gravité et
sa glace-box bombée en saphir étonnamment novatrice, la montre Executive Tourbillon Skeleton « Free Wheel
» dépasse toutes les attentes de l’horlogerie moderne en matière de savoir-faire et de technologie. Modèle or blanc 90
000€ et or rose 95 000€
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Que diriez-vous d’un « Ruban » pour Noël ?
Un bijou unique, empreint de liberté et de mouvement, façonné à Paris, par les mains expertes d’une ancienne gymnaste aujourd’hui joaillière. A partir d’une pierre de famille ou d’une nouvelle à découvrir, Cécile Chalvet crée des pièces sur-mesure dans lesquelles sont distillées les pépites de votre personnalité qui en feront leur unicité. Une fabrication également éco-responsable à découvrir sans plus attendre Atelier confidentiel sur rendez- vous uniquement.
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Mode & Accessoires
Adeline Ziliox, « Crystal Skin »
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
   La nouvelle PanoMatic Luna de Glashütte Original
Sertie de diamants et de rubis, cette variante de la PanoMatic Luna se pare avec fierté de la couleur de
l’amour. Destinée à la femme moderne et sûre d’elle, la montre mécanique joue la carte de la séduction
pour la mise en scène de son affichage classique de la phase de lune. Une édition limitée à 50 exemplaires
empreinte de passion et de glamour. 17 400 €
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Des gants en or !
Touche festive de la fin d’année, l’or s’invite sur les détails des gants Isotoner : en bande sur une maille sporty autour des poignets ou clairsemé sur un cuir élégant. Look officier ou glam rock, le gantier prouve une fois de plus qu’il a du style jusqu’au bout des doigts. 20,90 €
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Katrine K, «L’Esprit Sensuelle»
Combinant différentes textures, chaque pièce de la collection est soigneusement conçue pour offrir aux femmes qui la portent l’expérience de la légèreté. Mélange unique et romantique de mousseline de soie,
de broderies artisanales et de jersey. Elégants corsets parfaitement ajustés en soie et en cuir. Katrine K est inspirée par la beauté emblématique de la princesse
Grace et le romantisme en apesanteur de l’Art Nouveau.
www.couturenew.com/katrine-k/
        Transparence assumée, corps dévoilé et féminité affirmée, voici l’ADN de la Collection. Les matières techniques,
que l’on retrouve souvent dans le travail de la créatrice, comme le néoprène, la maille 3D viennent renforcer cette ligne ultra-féminine , élégante et avec des inspirat)ions streetwear.
www.adeline-ziliox.com
   Gabin, une Star
Repetto
La matière Star vient jouer avec le mouvement pour apporter de la lumière à travers un cuir argent glitter, que l’on retrouve sur les modèles iconiques de la Maison. La bottine Gabin, féminine et raffinée, illuminera votre hiver ! www.repetto.fr
  NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
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©Greg Alexander
©Olga Kushik
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  Evasion
Six Senses, bien-être au Bhoutan
Bien-Etre
Calendrier de
l’Avent Durance
24 produits surprise à découvrir chaque jour, pour patienter jusqu’au soir de Noël : gels douche naturels et extra doux, laits
corps hydratants, crèmes mains douceur, savons de Marseille, 12 bougies chauffe-plats et 1 photophore en verre. 49,90€ www.durance.fr
Waterpik, une
bouche choyée
Waterpik® est reconnu depuis 1962 comme étant le premier inventeur
et le leader mondial des jets hydropulseurs dentaires. Waterpik
offre un nettoyage optimal des espaces interdentaires, empêche
la plaque dentaire de s’accumuler et cible chaque problème
bucco-dentaire, grâce à ses six embouts spécifiques. WP 250 est idéal pour les petits
espaces : compact pour un encombrement minimum.
www.waterpik.com
Lanqi Spa, remise en forme
ancestrale
En hiver, la médecine traditionnelle chinoise préconise de renforcer le rein, organe gouverneur de l’énergie, avant de ressentir de la fatigue accompagnée de douleurs lombaires. Protocole : - Massage intense Tuina 30 mn: redynamiser l’ensemble du corps et stimuler les défenses immunitaires de l’organisme.  Puis : Massage de 30 mn sur les 9 points méridiens du rein. Un massage fantastique pour un hiver serein ! 1h 76€ - 48, avenue de Saxe 75007 Paris
Tél : 01 44 38 72 05
lanqi-spa.com
  Les vallées occidentales et centrales du Bhoutan constituent l’environnement des lodges Six Senses. un voyage sur mesure qui associera les lodges situés à Thimphou, Punakha, Gangtey, Bumthang et Paro. La superficie et les équipements des lodges
varient, mais comprennent un spa, un programme bien-être, une alimentation saine, l’amélioration du sommeil ainsi qu’un voyage de découverte au cœur de la spiritualité, de la culture et de la nature du Bhoutan. www.sixsenses.com
   Un noël tradition en Val d’Arly
  Du 22 au 29 décembre, une semaine à petit prix pour les familles de 4 personnes afin de vivre Noël à la montagne. Le séjour comprend un hébergement en location meublée à Crest-Voland / Cohennos pour quatre personnes, des forfaits de ski 6 jours pour deux adultes et deux enfants
(dont un de moins de cinq ans) donnant accès aux 192km de pistes de l’Espace Diamant plus la piste de luge et l’espace Opoualand réservé aux 6-12 ans. 937.80€ pour 4 pers
+33 (0)4 79 31 06 82 www.valdarly-montblanc.com
  L’Hostellerie de Pérouges, fabuleux séjour médiéval
 Quel plaisir de découvrir la cité médiévale de Pérouges, un des plus beaux villages de France à 35 min de Lyon, et de pouvoir loger dans une authentique maison médiévale.
La famille Thibaut vous reçoit de génération en génération. Le restaurant de 180
couverts vous ravira par ses menus exquis et généreux, servis en costume : des spécialités régionales et « maison » telle la fameuse
« galette » servie en double-dessert et au petit-déjeuner. www.hostelleriedeperouges.com
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
©J-P. Noisillier
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
Champagnes & Spiritueux
Bollinger RD 2004,
récemment dégorgé
À l’audace du dégorgement récent, Bollinger R.D. allie l’éclat du millésime 2004. Éclat au nez avec des arômes éclatants de
fruits compotés, confits et secs. Éclat en bouche caractérisée par une grande générosité :
saveurs intenses de fruits confits et de tarte tatin. Prix public conseillé : 250 € www.champagne-bollinger.com
Habits de Lumière
Du 14 au 16 décembre, la Ville d’Epernay met en lumière l’art de vivre à la champenoise. La prestigieuse avenue de Champagne accueille, pour sa 19e édition, prestations artistiques, illuminations, ateliers culinaires et bars
à champagne, pour le plus grand bonheur des 50 000 personnes attendues.
habitsdelumiere.epernay.fr
Magique Fleur de Bière®
Ce spiritueux emblématique de l’artisan distillateur alsacien Wolfberger révèle pour la fin de l’année son nouvel élixir élevé en fûts de chêne. Le talent de la Maison se mêle à la magie des alambics, pour restituer le plus précieux des secrets Wolfberger. 33,95€ les 70cl
La Cuvée Rosé Sauvage
de Pieper Heidsieck
C’est l’alliance parfaite entre vins blancs et rouges unis dans un assemblage unique. Le secret de sa couleur vermillon intense est dû à la proportion particulièrement importante de vins de couleur qui donne à ce champagne rosé son caractère remarquable. 63€ www.piper-heidsieck.com/fr
Nicolas Feuillatte,
cuvée spéciale Rosé
Ce Champagne est harmonieusement composé de 30 % de chardonnay pour lui apporter l’élégance et la finesse, 45 % de pinot noir pour la rondeur et la structure et 25 % de meunier pour le fruité et la souplesse. C’est une ode à la gourmandise et à la fraîcheur, une invitation au plaisir. 35€ www.nicolas-feuillatte.com
Maison La Mauny Ratafia, authentique Martiniquais
Dans sa dernière création en édition limitée à 3000 exemplaires, Maison La Mauny se place au cœur des tendances en alliant l’engouement du rhum à
l’attraction des apéritifs anciens avec Maison La Mauny Ratafia qui met en valeur toute la noblesse de
la canne à sucre et de son jus, matière première des rhums agricoles. 33°, 50cl - 29,95 € Distribution en cavistes et experts rhums.
             www.wolf berger.com
 Whiskey Teeling & Trois Rivières
La belle collaboration entre les deux grandes maisons Trois Rivières et Teeling évoque une rencontre entre
deux terroirs emblématiques aux savoir-faire ancestraux : Les Caraïbes et
l’Irlande, la canne à sucre et le grain, la colonne créole et l’alambic. 46°, 70cl – 52.
Disponible chez les cavistes et en CHR.
Domaine Clapière
Pour le dixième millésime du Domaine, cette cuvée spéciale 100% Syrah a été produite à seulement 1000 exemplaires. Toute la douceur et le caractère du Languedoc s’y exprime. 29,90€.
Cognac Merlet,
Assemblage n°2
La sélection Saint Sauvant est un assemblage de cognacs élaboré par Gilles et ses fils, Pierre et Luc, cinquième génération des Distillateurs Merlet,
et produit en série limitée. Un numéro
est apposé à chaque nouvel assemblage
et vient garantir la rareté d’un Cognac
d’exception. 44,3°, 70 cl - 100 € www.whisky.fr
30&40, la plus grande
collection de Calvados
Sous l’expression unique de « calvados » se cache une myriade de goûts et de plaisirs. 30&40 est allé à la rencontre de ces producteurs et de leur histoire pour en faire la plus grande collection de Calvados du monde. Ainsi, ils sélectionnent les meilleurs produits de chacun pour en faire des flacons d’exception et valoriser leur typicité. 3 ans 61 € ; 15
ans72€;25ans 135€
30et40.fr
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
www.laclapiere.com
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[Vins
Châteauneuf du Pape Blanc 2016
– Les Grandes Serres
Grenache blanc, Clairette & Roussane sont récoltés à maturité optimale. Le nez est délicat avec des notes d’agrumes et de fleurs blanches. En bouche, ce vin est ample, soyeux et vif. Une belle finale toute en fraicheur et minéralité. 25,90 € chez les cavistes
Malherbe blanc, Millésime 2016, un grand blanc de Pro-
vence
Le nez est plein d’élégance et présente des arômes à dominante de coing et d’abricot, avec une note de verveine fraîchement coupée. En bouche, il dévoile une belle acidité
et des notes fruitées autour de l’orange sanguine, de l’ananas et du citron confit. 31,50€ www.chateau-malherbe.com
Henry Fessy, Les Crus du
Beaujolais
Installée depuis 1888 au cœur de son exceptionnel domaine, Henry Fessy est une Maison familiale renommée pour sa production de Crus du Beaujolais en agriculture raisonnée. Le Brouilly «Les Brûlées» 2015 est un vin concentré et riche, aux notes de fruits rouges. 17€ www.henryfessy.com
Les Lions de Batailley 2015
– Pauillac
Le second vin du Château Batailley est racé avec
une belle couleur rubis. Son nez est riche sur
des notes intenses de fruits noirs. L’attaque en bouche est franche, le corps est puissant, rond, bien structuré et élégant. 30 €
www.lagrandecave.fr
Sancerre « les Ruchons » 2015
La Famille Bourgeois vous révèle « Les Ruchons », une cuvée fraîche qui exprime avec pureté et raffinement,
toute la typicité du terroir de silex emblématique de Sancerre, au travers de son cépage de prédilection : le
Sauvignon Blanc. 46€
Meursault 1er Cru
« Les Charmes » 2016, Domaine du Pavillon
Situé en plein cœur de la Côte de Beaune, Meursault est connu comme La capitale des grands blancs. La bouche de ce premier cru
offre une belle matière avec une sensation légèrement tannique, enrobée et veloutée sans être pesante avec des nuances de brioche chaude et d’épices. Longue et gourmande, la finale renvoie aux arômes du bouquet. 82€ chez les cavistes.
www.albert-bichot.com
Château Minuty – « Rouge et Or »
Cette cuvée tropézienne emblématique a un nez complexe, aux notes d’épices (cumin), de fleurs (violette) et de cassis. La bouche est fine et soyeuse. Les tanins sont enrobés dans une chair
croquante, ronde et gourmande. 22€
www.minuty.com/fr
Solaire 2016, un grand Pinot noir du Languedoc
Le Domaine de la Métairie d’Alon, propriété d’Abbotts & Delaunay, est un vignoble cultivé en agriculture
biologique. Cette cuvée élégante et pleine de profondeur, s’achève sur une note emprunte de fraîcheur. 24,90€ www.lesvinsdecarole.fr
Jacques rouge 2015 La Belle Collection
Son nez aux arômes de fruits rouges, notamment la canneberge et le cassis se marient aux notes d’épices douces apportant une belle complexité et un style méditerranéen. Sa bouche est gourmande et ronde avec des notes acidulées. 9,90 € www.labellecollection.fr
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
                  Biofull Malbec Rouge 2017
Vinifiés sans sulfites ajoutés et mis en bouteille à l’abri de
l’oxygène, ce vin se révèle
pur et élégant. Au nez, des arômes de mûres fraîches et de fraises des bois accompagnent un soupçon de réglisse. En bouche, l’attaque est puissante, rappelant des notes de cassis et
de myrtille. 16€
www.bordeaux-vineam.com
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                  ]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  Les dîners d’EcoRéseau Business
Gastronomie
Caviar & Shot du bassin
d ’A r c a c h o n
Présentés dans un écrin laqué blanc, l’alliance du Caviar du Bassin de la Maison Caviar de France et de la vodka Pyla forment un duo harmonieux. Effet « évasion gourmande au bord du bassin d’Arcachon » garanti ! 1 boîte de 20 g de caviar, 1 bouteille de 5 cl de vodka, 1 petite cuillère. 46 €  www.caviardefrance.com
Le Lutin de la Maison du Chocola
Dans sa capeline de velours ivoire, cette bouchée croquante de praliné aux fruits du mendiant nuance la finesse des fruits secs, confits, croustillants et fondants au chocolat noir. Elle associe magie et délices à la plus longue nuit de l’année. 29€ la pièce de 110g. www.lamaisonduchocolat.fr
Calendrier de l’Avent
Comtesse du Barry
Comtesse du Barry a imaginé un calendrier
graphique et gourmand qui reprend la
forme d’une boutique comme on aurait pu en
trouver il y a 110 ans, lorsque naquit la Comtesse. Chaque calendrier contient un ticket permettant de gagner une terrine, un foie gras et pour les plus chanceux un coffret Gabrielle spécial 110 ans. 24,90 € www.comtessedubarry.com
Gâteaux & sculptures 100% fruits !
La Ferme de Longchamp existe depuis 1948 et elle est devenue célèbre par les créations d’Atef Barbouche, qui en maestro du scalpel et avec le cœur d’un artiste, exprime un tout nouveau
genre de sculpture sur fruits. L’Elysée ainsi que les maisons de couture en raffolent. Les gâteaux et bûches sont préparés avec les meilleurs fruits bio éco-responsables, sans pâte, sans sucre ni aucun autre additif. 129 € pour 8 personnes. 58 Rue de Longchamp, 75016 Paris
Le Calendrier de l’Avent de Cluizel
La Manufacture Cluizel présente son 2ième calendrier de l’Avent design qui met à l’honneur ses partenariats avec les plantations de cacao. 24 bonbons de chocolats à déguster : Nougat tendre aux fruits rouges, ganache cacao Mokaya, praliné croustillant... 38€ - 275g / Format A3. www.cluizel.com
Divin coffret 32 pièces
du Chocolat des Français
Ce coffret vous offre une panoplie de mini chocolats illustrés par une ribambelle d’artistes ! Lait tendre, noir 72%, lait caramel et noir & sel. Soucieux de leur traçabilité, des fèves provenant d’Equateur et du Pérou ont été choisies. Ce cacao aux arômes puissants est réservé à la fabrication des chocolats de grands crus ! Ces petits carrés de chocolat sont certifiés :
« Pur Beurre de Cacao » et « Chocolat de France ». 20 euros.
www.lechocolatdesfrancais.fr
 Ce mois-ci, nous avons testé pour vous Lili, poétique restaurant gastronomique cantonais du Peninsula Paris
  Menu
蜜味叉燒
Échine de porc Kintoa des aldudes laquée / miel
上素腐皮卷
Peau de tofu en crêpes croustillantes légumes de saison
北京片皮鴨
Canard laqué façon pékinoise / En deux services
砂鍋三杯銀鱈魚煲
Cabillaud blond de ligne braisé en cocotte ail / échalote / piment oiseau
翡翠珍菌牛柳粒
Filet de bœuf français de l’aveyron sauté pois sugar snap / sauce au poivre noir
鮮蝦楊洲炒飯
Riz sauté façon Yangzhou / crevettes porc Kintoa / œuf
楊枝甘露
Mangue crémeuse / pamplemousse rose perles de sagou
 Concept & Lieu
Nouvelles recrues du palace The Pe- ninsula Paris, le chef exécutif français Christophe Raoux, accompagné du chef chinois Peter Ma, conjuguent leur talent pour cosigner la dernière carte du LiLi, restaurant gastronomique can- tonais. Quand la technique asiatique sublime le produit français, elle promet de faire des émules. Une expérience atypique et savoureuse qui plongera les gourmets dans l’ambiance poé- tique et envoûtante de ce décor d’opéra chinois.
En cuisine
Chef Ma apporte un soin particulier à la justesse des cuissons pour conserver les subtilités aromatiques de la cuisine traditionnelle cantonaise. Chef Raoux est un gourmand de la vie, amoureux des produits et curieux de trouver ce que notre terroir a de meilleur à offrir, il travaille étroitement avec les meilleurs producteurs locaux pour garantir fraîcheur, qualité et éthique. C’est avec passion qu’ils imaginent et font naître des accords culinaires inédits pour subjuguer le produit : Bœuf sauté au basilic thaï, gratin de macaroni truffes comté, dessert autour du thé fruité, comme un calisson d’Aix, ce menu des Chefs dévoile une pléiade de saveurs em- preinte de poésie.
Informations pratiques
Menu « quatre mains », disponible tous les premiers jeudis du mois, au dîner uniquement. Servi dans les salons privés du LiLi selon la tradition asiatique : jusqu’à 22 convives, venus ensemble ou séparément, pourront partager ce moment d’exception autour d’une table commune – disponible en salle également,
sur demande
Tarifs indicatifs
Menu au prix de 188€ par personne, hors boissons
Adresse
The Peninsula Paris 19 avenue Kléber 75116 Paris Réservations au +33(0)158126750
www.peninsula.com/fr/paris/hotel-fine-dining/lili-cantonese-chinese
                 86 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  L’Art du temps
 Le Touareg sur la piste du grand luxe
Le grand SUV de Volkswagen est désormais le porte-étendard de la marque dans le haut de gamme. Ses qualités routières, son confort et son équipement technologique en font un concurrent redoutable pour ses rivaux premium. Y compris dans sa propre famille.
Si le Touareg n’a jamais connu en France un succès véritable- ment à sa mesure, en revanche Volkswagen a quand même vendu un million d’exem- plaires de ce grand SUV haut de gamme dans le monde en l’espace de 16 ans.
La troisième génération prend donc la route avec, dans le coffre, une ambition demeu- rée intacte dans le luxe face aux ténors du segment. À commencer par ses cousins Audi et Porsche.
Le Touareg coiffe désormais la gamme du constructeur de Wolfsburg en l’absence de grande berline. Sa vocation est plus que jamais les longs trajets bitumeux plutôt que les escapades dans le désert. Certes, c’est bien un quatre roues motrices doté d’une transmission intégrale per-
manente. Mais ici, pas de blocage de différentiel ou de gamme courte, apanages des 4x4 purs et durs. À la place, une suspension pilotée, des barres antiroulis électroni- quement débrayables en ligne droite et quatre roues direc- trices. Vous l’avez compris, priorité est donnée au confort et à la tenue de route. L’off road se résume au système 4motion avec quelques modes de conduite, eux aussi gérés électroniquement (neige, sable, gravier), plus la suspension pneumatique histoire de re- lever l’assiette du véhicule de 7 cm en cas de besoin.
Un vaisseau amiral
En réalité, le Touareg joue les véritables vaisseaux routiers de taille impressionnante (4,88 mètres de long, 8 cm de plus
que la précédente version, 1,98 m de large). On l’a, muni d’un très grand coffre de 810 litres (avec une banquette ar- rière coulissante et des dossiers rabattables en trois parties), mais de seulement 5 places. Bizarrement, Volkswagen réserve les 7 places à son seul Tiguan Allspace ou à sa concurrence maison (Skoda Kodiaq, Audi Q7, Seat Tar- raco...).
Joliment redessiné, le SUV au nom saharien offre un espace intérieur digne d’une limousine, avec un très grand confort : sièges chauffants, ventilés et massants (en op- tion), dotés de bourrelets de maintien ajustables électri- quement pour l’assise et le dossier. L’équipement de confort ou d’assistance à la conduite est à la mesure : il y
a tout (freinage automatique d’urgence, aide au maintien de file, avertisseur d’angle mort, aide au stationnement automatisé, reconnaissance des panneaux de signalisation, navigation connectée, sièges avant électriques, accès et démarrage sans clé, caméra de recul, etc.). Y compris un véritable affichage tête haute (mais trop petit à notre goût). À quoi s’ajoutent la conduite automatisée dans les bou- chons (jusqu’à 60 km/h), un régulateur de vitesse prédictif capable d’adapter la vitesse à la topologie de la route, une caméra infrarouge de détection des animaux et des piétons dans la pénombre, un système d’éclairage intelligent avec des blocs optiques composés de 128 LED chacun.
Planche de bord du futur
Surtout, le Touareg révolu- tionne la planche de bord avec son « innovision cockpit » : deux écrans, l’un de 12 pouces pour le combiné numérique au-dessus du volant, paramé- trable à l’envie, l’autre tactile de 15 pouces au centre orienté vers le conducteur qui regroupe toutes les fonctions d’aide à la conduite et le multimédia avec contrôle gestuel. L’ensemble crée un continuum où le ta- bleau de bord joue à imiter celui d’un avion de chasse. Superbe – parfaitement utile sur de longues distances. Sous le capot pour notre essai, le moteur V6 3.0 TDI de 286
chevaux couplé à la boîte auto à convertisseur TipTronic à 8 rapports : de la puissance (avec un couple de 600Nm) et de l’agrément de conduite en toutes circonstances avec, au bout de la virée, une bonne surprise à la pompe pour une consommation moyenne d’en- viron seulement 7 litres aux 100. Bien appréciable en ces temps d’envolée des tarifs.
Modèle essayé : Touareg V63.0Tdi286chBVA8 Carat Exclusive. Tarif : à partir de 78 910 euros. Tarifs gamme diesel : de 56 100 à 80 810 euros.
Essais & TEndancEs
 Par Philippe Flamand
  Mazda muscle sa MX5
Le roadster le plus vendu au monde hérite d’un nouveau moteur essence plus puissant en même temps. Et s’offre un léger lifting.
Soupapes de plus grand dia-
mètre, nouveaux collecteurs
d’admission et d’échappe-
ment, pression d’injection
accrue... Mazda est d’abord
un motoriste, nul ne peut en
douter. Son nouveau bloc 2
litres 4 cylindres essence 16
soupapes à injection directe gagne 24 chevaux sur le pré- cédent et propulse son roadster mythique MX5 à 100 km/h en un peu plus de 6 secondes. La belle en voit sa spor- tivité accrue et son sex-appeal magnifié. Pour autant, de telles qualités mécaniques ne sont pas l’essentiel. La MX5 conserve sa suprématie d’abord par son design. En version à toit escamotable, elle est splendide, ouverte ou fermée. Légèrement restylée, dotée de nouveaux équipements de sécurité (aide au freinage intelligent en ville avec détection des véhicules et des piétons, aide au freinage intelligent en marche arrière – identification des obstacles, très utile en raison de l’absence de visibilité, alerte de baisse de vigi- lance du conducteur, reconnaissance des panneaux de si- gnalisation, caméra de recul), la MX5 poursuit sa carrière à succès depuis bientôt trente ans. Son titre envié de roads- ter le plus vendu de l’histoire n’est pas près de lui échapper.
Modèle essayé: MX5 2,0l Skyactiv-G 184ch Sélection. Tarif : à partir de 34 200 euros. Tarifs gamme essence : de 25 900 à 34 200 euros.
 Nouveau break Volvo V60
: du coffre coup de cœur
 Les breaks Volvo ont de tout temps do- miné leur marché. Et si les SUV s’affir- ment aujourd’hui incontournables, les familiales à grand coffre conservent encore bien des attraits. La preuve avec cette nouvelle interprétation nordique.
Le constructeur sino-suédois est cer- tainement aujourd’hui l’un de ceux qui proposent les plus beaux modèles auto- mobiles. Volvo a su faire évoluer son de- sign au fil des années pour parvenir à un subtil mélange d’élégance et de sporti- vité. Un savoir-faire particulièrement
efficace quand il s’agit des berlines et des breaks. Des véhicules auxquels la marque n’a pas renoncé, quand bien même l’essentiel de ses ventes est as- suré désormais par sa gamme de SUV. La série 90 avait déjà ravi nos pupilles avec la S90 et son break dérivé. La série 60 fait de même. En attendant la berline sportive S60 dévoilée cet été,
le break présenté à Genève en début d’année prend la route et affirme d’emblée sa différence face aux nombreux « stations wagons » de la
concurrence. Magnifique signature lumineuse (le T du marteau de Thor à l’avant, un L très identitaire à l’arrière), profil dynamique épuré avec des flancs sculptés et des épaules arrière mar- quées et une grande surface vitrée. Le
V60 séduit.
Luxe et raffinement
À l’intérieur, c’est comme toujours un univers d’un grand raffinement qui s’im- pose d’emblée (cuir et bois plaqué) avec
en prime un confort absolu, y compris sur le plan acoustique : l’option système audio Bowers & Wilkins à 15 haut- parleurs (facturée plus de 3 000 euros) la hisse sans conteste meilleure voiture au monde pour le son embarqué. Parfaitement équipé, doté de com- mandes dont l’ergonomie n’est plus à vanter, spacieux, très bien motorisé (avec le bloc 4 cylindres turbo diesel de 190 chevaux et la boîte auto 8 vitesses), le V60 est taillé pour les très longs par- cours sur la route et dans la vie. Il de- vrait recevoir des mécaniques essence hybrides rechargeables avec transmis- sions intégrales (T6 Twin Engine de 340 chetT8TwinEnginede390ch)àlafin de cette année.
Modèle essayé : V60-D4 AdBlue 190 ch G8 Inscription Luxe. Tarif: à partir de 57 760 euros. Tarifs gamme diesel : de 36 500 à 57 760 euros.
 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ bons plans
Frémissement sur le marché de l’or
Marqué par une certaine léthargie depuis le début de l’année, le cours de l’or s’est réveillé au mois d’octobre. L’once a atteint un prix de 1 230 dollars
au terme de trois semaines de hausse ininterrompue : son plus haut niveau depuis plusieurs mois. Comment expli- quer ce sursaut ? Selon les analystes, le métal jaune joue son rôle de valeur refuge dans un contexte d’inquiétude chez les investisseurs. Risques géopolitiques,
tensions entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, spectre d’une guerre commerciale d’ampleur mon- diale, divisions en Europe... De plus, l’appréciation des marchés émergents a favorisé le cours de l’or, celui-ci étant historiquement corrélé aux devises émergentes.
Matières premières : un pari d’avenir
La demande de matières premières à l’échelle mon- diale devrait doubler d’ici à 2060 pour atteindre 167 gigatonnes, selon les estimations de l’OCDE. Dans un
rapport publié en octobre, l’organisation estime que le boom démographique, la hausse des niveaux de vie et l’expansion économique auront pour conséquence cet appétit pour les matières premières, parmi lesquelles on trouve le sable, le bois, les
minerais, ou encore les métaux et les combustibles fossiles. L’OCDE anticipe une montée en puissance du secteur du recyclage, qui permettra de limiter – faiblement – les pressions sur l’environnement. Les activités d’extraction de matière première de- vraient donc prendre une place prépondérante dans les décennies à venir.
 experts
JPMorgan AM reste confiant sur les actions
américaines
L’économie de la zone euro a souffert en début d’année d’une baisse de rythme soudaine et inattendue provoquée par le sec- teur manufacturier, due à la combinaison de plusieurs facteurs, observe JPMorgan AM dans une note d’analyse. Il est selon lui peu probable que ces facteurs sous-jacents persistent. L’ana-
lyste prévoit désormais une lé- gère ré-accélération, bien que les risques internes et géopolitiques persistent.
La politique de la BCE devrait pro- gressivement devenir plus agres- sive en 2019 en imposant ainsi une modification de la valorisation
de sa politique monétaire actuellement très accommodante ; concomitamment avec un meilleur contexte de croissance, ceci devrait favoriser une hausse de l’euro et des rendements obligataires.
Les perspectives restent difficiles pour les actions de la zone euro, remarque le gestionnaire d’actifs. Un renforcement de l’euro devrait handicaper des prévisions de bénéfices déjà en demi-teinte. Le secteur bancaire continue à être confronté à des difficultés et les valorisations sont loin d’être attractives. Dans ses portefeuilles multi-actifs, qui présentent un position- nement modestement favorable au risque, les actions de la zone euro sont notre région la moins privilégiée pour les actions. Le gé- rant reste surpondéré sur les actions américaines et japonaises. Sur le segment obligataire, il est sous-pondéré sur les Bunds allemands et surpondéré sur les obligations souveraines amé- ricaines et australiennes.
Cholet Dupont attend les opportunités d’achat
Cholet Dupont est neutre sur les actions à court terme, mais sous-pondère les européennes, les sud-américaines et celles d’Europe de l’Est. À moyen terme, il préconise toujours une surpondération des titres américains et européens. Dans le do- maine obligataire, où la neutralité est de mise à court terme et la sous-pondération à moyen terme, une seule classe d’actifs
est privilégiée pour le moyen terme : les convertibles du Vieux Continent. En revanche, les emprunts d’État européens bien notés sont sous-pondérés sur les deux périodes, tout comme les sociétés privées bien notées, la dette émergente et le haut rendement américain.
Pour Vincent Guenzi, stratégiste de Cholet Dupont, le mois de septembre a montré que la croissance mondiale n’est pas menacée à court terme. « Les États-
Unis connaissent une expansion vi-
goureuse de l’activité. Pour l’instant,
la hausse des salaires reste maîtrisée
et l’inflation sage. Il n’y a aucun signal
précurseur de ralentissement. En Eu-
rope, la croissance est moins forte et
elle dépend beaucoup de la demande
externe. En revanche, la consom-
mation des ménages, qui est restée
contenue depuis dix ans, constitue un relais de croissance alimenté par la baisse continue du chômage. La crainte d’une crise avec l’Italie semble s’éloigner. Les modifications rapides du projet de budget montrent que le gouvernement italien, qui souhaite maintenir ses engagements électoraux, devra tenir compte des réactions des marchés financiers. La croissance des pays émergents est toujours forte mais elle tend à ralen- tir.»
UBS favorise les emprunts d’État italiens
UBS surpondère désormais les emprunts d’État italiens à deux ans. Le banquier suisse explique son choix par la récente hausse de leur rendement. Selon lui, la note souveraine de l’Italie devrait à terme être dégradée d’un cran – toutefois, il estime que Rome de- vrait conserver une notation en catégorie investissement pendant les douze prochains mois au minimum. Pour UBS, il y a très peu de chances que l’Italie fasse défaut au cours des deux prochaines années. La banque précise qu’elle favo- rise les taux courts, dont les rendements sont supérieurs de 180 points de base à ceux des obligations en euro à notation
comparable.
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre finance de marché
   spéculons !
Airbus paré au décollage
Précédemment neutre sur le titre Airbus, Credit Suisse est passé à l’achat, avec un objectif de cours relevé à 120 euros contre 110 euros précédemment. L’analyste estime que la récente volatilité de l’action crée une opportunité d’achat sur l’avionneur européen. De plus, l’annonce de l’arrivée de Guillaume Faury à la tête du groupe réduit les incertitudes sur l’avenir du groupe.
 Le chiffre
660 000 milliards d’euros
C’est le montant qu’a atteint, sur la seule année 2017, le marché européen des dérivés, selon les estimations de l’Esma, l’Autorité européenne des marchés financiers. Le rapport confirme la prédominance de la City en matière de dérivés. En termes de produits, les dérivés de taux d’intérêts représentent 70 % des volumes tandis que les dérivés de change s’élèvent à 12 %. Le reste se répartit entre les dérivés de crédit, les dérivés actions ou encore les dérivés sur matières premières.
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]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre patrimoine
  l’actu patrimoine
Diminuer son IFI : pourquoi pas la vente de nue-propriété ? Les contribuables n’ont plus que quelques semaines pour réduire leurs impôts et, pour certains, leur impôt sur la fortune immobilière (IFI). Mesure phare du pro- gramme fiscal d’Emmanuel Macron, il remplace depuis janvier 2018 l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Le cabi- net Monetivia, spécialisé en immobilier et en ingénierie patrimoniale, propose un moyen inédit de l’alléger, qui s’ap- plique si la valeur nette du patrimoine immobilier – soit tous les biens et droits
la dernière tranche de 30 lots débutera en décembre. Il faudra débourser entre 200 et 250 000 euros pour un T2 et de 290 000 à 455 000 euros pour un T3. Cet investissement locatif offre un rende- ment garanti moyen de 2,9 %, incluant trois semaines d’occupation. Devenir propriétaire d’un appartement en rési- dence de tourisme, c’est aussi accepter d’en confier la gestion via un bail com- mercial à un exploitant. Lequel prend en charge la location du bien ainsi que le fonctionnement de l’établissement et verse à l’investisseur, en contrepartie, un loyer fixe garanti. Autrement dit, c’est de lui que dépend la réussite de l’opération. « Pour éviter les mauvaises surprises, il faut sélectionner un opérateur solide financièrement et doté d’une enseigne connue, comme Odalys par exemple. Enfin, l’investisseur se doit d’être vi- gilant quant aux conditions du contrat qu’il signe avec l’exploitant », indique Jérôme Roche, directeur commercial du programme Edenarc 1800. « Le contrat doit comporter une clause de renonciation qui permet à l’investisseur de récupérer son bien aux termes des neuf ans sans indemniser le gestionnaire », avertit Jérôme Roche.
Yomoni lance sa nouvelle offre d’épargne salariale 100 % nu-
 Le chiffre
558 000 dollars
Prix atteint par une bouteille de Romanée-Conti millésime 1945 lors d’une vente organisée par la maison Sotheby’s à New York. Le record pour du vin est pulvérisé.
  immobiliers détenus directement et indi- rectement – excède 1,3 million d’euros. « Traditionnellement, pour baisser l’im- pôt sur le patrimoine, les conseillers en gestion de patrimoine recommandaient de se livrer à des investissements sor- tant du champ de cet impôt ou bien de se déposséder (dons à un membre de sa famille ou bien à un organisme carita- tif). Mais la loi de finances 2018 ouvre la possibilité de réduire son IFI par simple arbitrage immobilier/financier. Elle rend ainsi possible une stratégie fort efficace pour ceux qui souhaitent le faire tout en conservant l’usage ou les revenus locatifs d’un bien : la vente de nue-propriété », explique Thomas Abi- nal, l’un des fondateurs de Monetivia. Son groupe a conçu, en partenariat avec Allianz, une solution ad hoc innovante et sécurisée, qui répond aussi au souhait de nombreux seniors de mobiliser leur patrimoine immobilier pour se créer du revenu complémentaire, donner de leur vivant un capital à leurs enfants ou disposer d’une épargne liquide pour financer, le moment venu, un séjour en Ehpad ou des services à domicile.
Investir à la montagne, un bon moyen d’allier finance et plaisir Les biens dans le tourisme ne manquent pas de charme et les programmes de qua- lité, notamment à la montagne, restent très recherchés comme en témoigne le succès du programme EdenArc aux Arcs 1800. La commercialisation de
pour les salariés. En plus des avantages de l’aspect collectif du Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (adhésion via un simple bulletin, pas de déclaration à la direc- tion du travail), Yomoni y a intégré des options gratuites. Par exemple, un accord de participation intégré au plan, ou de la gestion pilotée sur le PEI pour traiter un maximum de besoins avec un seul dispositif. L’offre est par ailleurs exempte de frais d’entrée, qui peuvent pourtant monter jusqu’à 4 ou 5 % actuellement pour les petites entreprises. Côté entreprise, Yomoni fait le choix d’une tarification « tout compris » par salarié de 30 euros pour les plus petites (moins de 11 salariés) et 20 euros pour les autres. « Adieu les frais de mise en place : les frais de gestion de l’intéressement ou de la participation, les frais supplémen- taires pour le Perco (plan retraite) et autres qui peuvent faire rapidement monter la facture », a commenté le robo-advisor.
Paris talonne Londres en tête du classement des 100 princi- pales villes européennes
Paris enregistre son plus haut score absolu dans le cadre de la dix-neuvième édition de l’indice E-REGI (European Regional Growth Index) établi par LaSalle Investment Management, l’un des spécialistes mondiaux de l’investissement immobilier. La capi- tale française se place comme la seule vraie rivale de Londres, qui prend de nouveau la tête du classement des 100 principales villes européennes, mais qui voit sa position menacée par les
incertitudes liées au Brexit. Paris obtient le meilleur score en matière de « capital humain » avec de meil- leures perspectives d’emploi et une forte prospérité. Seule une note plus modeste attribuée à l’environnement des affaires, qui pénalise toutes les villes françaises, empêche Paris de détrôner Londres.
Paris est en tête en Europe en termes
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
mérique
Pour ses trois ans, Yomoni, spécialiste de la gestion d’épargne en ligne, a lancé une offre d’épargne salariale spécialement conçue pour les TPE/PME. L’objectif ? Simplifier les démarches pour les diri- geants et améliorer l’accompagnement
de capital humain, se classant première pour la qualité de ses universités et le dépôt de brevets, deuxième en termes de capital-risque investi et troisième pour la densité de sa population. Les quartiers situés en bordure du QCA sont très prisés des locataires de bu- reaux de petite taille en raison de leur emplacement central, de la présence de bâtiments historiques et de la densité des commodités (restaurants, bars, autres loisirs et services...). Le quartier du 9e arrondissement récemment baptisé « SoPi » (South of Pigalle) abrite la plus forte concentration de start-up de l’Internet et est devenu un lieu de travail dynamique, de vie et de loisirs.
]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[                   Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés, tels que le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP).
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]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
Baisse des rendements contre avantages inégalés...
Assurance-vie, la valeur sûre
   Le « placement préféré des Français » a enregistré l’été dernier sa meilleure collecte aoûtienne depuis 2010. La baisse attendue des rendements en 2019 ne devrait pas éroder la confiance des investisseurs vis-à-vis de l’assurance-vie. Explications.
euros ne nuit pas à la collecte. Les ménages, par effet d’en- caisse, ont toujours tendance, au moment de la reprise de l’inflation, à épargner da- vantage. Le changement du régime fiscal avec l’introduc- tion du prélèvement forfaitaire unique n’a pas eu d’incidence. Par ailleurs, comme en té- moignent également les bons résultats du livret A depuis le début de l’année, les Français privilégient la sécurité et la liquidité. L’assurance-vie demeure toujours une valeur sûre pour les épargnants. Dans ce cadre, la fin de l’an- née devrait rester porteuse pour l’assurance-vie compte tenu du maintien d’un certain nombre d’incertitudes éco- nomiques (inflation, guerre commerciale, ralentissement de la croissance, diverses réformes du gouvernement).
2019, année zéro pour l’assurance- vie ?
L’année 2019 sera-t-elle aussi florissante ? De prime abord, les maigres performances affichées par la plupart des fonds en euros permettent d’en douter. Selon les dernières pro- jections, le rendement de ces fonds investis en obligations d’États devrait s’établir à 1,5 %
rendement net d’inf lation négatif.
Alors, faut-il, comme le conseillent les réseaux ban- caires, conseillers en gestion de patrimoine, gestionnaires d’actifs et autres journaux patrimoniaux, abandonner ces supports au capital ga- ranti à tout moment contre des unités de compte (UC) qui, exposées aux marchés financiers qu’elles suivent à la hausse comme à la baisse, sont susceptibles de rapporter beaucoup plus (l’an passé le CAC40 a bondi de près de 10 %) mais également d’en- caisser des pertes sévères ? La réponse est, bien sûr, nuan- cée. « Les fonds en euros n’ont pas d’avenir. Se contenter d’un rendement de 1,5 % est clairement insuffisant », es- time Olivier Grenon-Andrieu, président d’Equance, qui ne s’attend pas à une remontée des rendements cette année ni même les suivantes, et ce malgré la normalisation monétaire progressive des principales banques cen- trales. Pour dégager de la performance, le patron du cabinet de gestion privée recommande d’investir, au sein de l’assurance-vie, dans des instruments structurés. Certaines sociétés de gestion
de 4,05 % nets, ce qui reste attractif dans l’environne- ment actuel. Seul bémol, dans ce genre de contrats, le gestionnaire d’actifs prélève des frais de gestion même s’il ne fait rien gagner à son client en cas de retournement des marchés.
De son côté, Jérémy Aras, directeur associé à l’Institut du Patrimoine rappelle les atouts des fonds immobiliers. « Ces fonds en euros majoritaire- ment investis en immobilier (SCI, SCPI, OPCI) ont l’avan- tage de servir un rendement relativement stable dans le temps et de surperformer les fonds en euros traditionnels. » Effectivement, au sommet des palmarès ces dernières années, le fonds « star » du contrat Sérénipierre, distribué par les partenaires de Primonial, a rapporté 3,40 % au titre de l’année 2017, contre 3,60 % en2016et4%en2015.
no pain no gain
Pour les épargnants plus gourmands, la seule alter- native reste bien sûr les uni- tés de compte. Un choix qui semble moins évident qu’il y a quelques mois compte tenu de l’évolution récente inquié- tante des marchés actions. « Pour dégager du rendement,
Jonathan Nahmany
 Insubmersible assu- rance-vie. Malmenée par la baisse continue de son
rendement au cours des der- nières années et des réformes mal comprises, certains lui prédisaient un irrémédiable déclin. Raté. Au mois d’août, le « placement préféré des Français » confirme pourtant sa bonne santé estivale avec une collecte nette de 2,4 mil- liards d’euros, qui fait suite à celle du mois de juillet, de 2,7 milliards d’euros. C’est le meilleur résultat enregistré en août depuis 2010. De- puis le début de l’année, la collecte nette s’établit à 17,1 milliards d’euros contre 5,8 milliards d’euros sur la même période en 2017. L’encours des contrats d’assurance-vie s’élève désormais à 1 708 milliards d’euros à fin août 2018, en progression de 3 % sur un an. L’assurance-vie enregistre donc de bons résul- tats. L’inflation qui érode le rendement réel des fonds en
En réalité, les professionnels sont unanimes : pour réussir son placement
en assurance-vie, trois éléments majeurs sont
à définir en amont : quel projet derrière l’épargne ? Quelle durée d’investissement ? Quelle appétence au risque ?
  en 2018 après 1,8 % en 2017. Ce qui, une fois déduits les prélèvements sociaux (pas- sés cette année de 15,5 % à 17,2 %) et les frais sur primes des contrats, laisse à penser que ce placement générera, dans la plupart des cas, un
ont mis au point de nouveaux produits à capitaux garantis, qui permettent à l’épargnant de profiter de la hausse des marchés actions sans crainte de perdre son capital. En 2017, le fonds Target + de Primo- nial a offert un rendement
il faut prendre des risques. Tout dépend de l’évolution des marchés », rappelle Ines Trotin, juriste chez Cholet Dupont. A cet égard, Jérémy Aras recommande de jouer la diversification. En effet rap- pelle-t-il, « la palette d’options
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[                 “ UNE MUTUELLE
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                                              ]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
  en fonction de votre «profil d’épargnant», en termes de niveau de risque accepté et d’horizon de placement est très large ». Certains contrats ne sont en effet exposés qu’à 20 % aux fluctuations du marché, d’autres à 30 %, à 40 %, etc. En réalité, les pro- fessionnels sont unanimes : pour réussir son placement en assurance-vie, trois éléments majeurs sont à définir en amont : quel projet derrière l’épargne ? Quelle durée d’in- vestissement ? Quelle appé- tence au risque ? L’épargnant peut placer 40 % de son capital sur le fonds en euros de son assurance-vie, puis diversi- fier le reste sur des UC, qui sont plus volatiles mais aussi plus dynamiques : des fonds sur des zones géographiques précises, des fonds secto- riels... Olivier Grenon-An- drieu souligne l’intérêt des fonds flexibles, qui adaptent l’exposition actions au climat boursier. L’an dernier, le fonds flexible Dorval Convictions a tiré son épingle du jeu en affichant un rendement net de 13,3 %. Certains contrats Internet proposent ainsi gra- tuitement une « gestion pilo- tée », c’est-à-dire confiée à des professionnels de renom (Rothschild à Boursorama, Lazard Frères à Altaprofits...) en fonction du profil du client.
les frais pèsent sur le rendement Sans préjuger de l’évolution du rendement de l’assurance-vie l’an prochain, une bonne façon de dégager de la performance est de limiter les frais. Si les gros contrats standards de la bancassurance, manifestement soucieuse de préserver ses marges, affichent de mé- diocres performances (1,33 % pour Séquoia de Société Gé- nérale, 1,7 % pour CNP One de CNP Assurances), des associations d’assurés (Afer, Asac-Fapes, Gaipare, Agipi...) et certaines mutuelles (la MIF, le Conservateur, la Carac, la Macsf, etc.) ont nettement surperformé avec des taux toujours au-dessus de la barre des2%,voiredes3%.Le
groupe Monceau Assurances avec son contrat Dynavie est même parvenu à servir 2,8 % en 2017, soit un taux en hausse par rapport à l’exercice pré- cédent (2,5 %). Une gageure qui s’explique par la qualité de l’allocation tactique des gérants, mais aussi des frais de gestion parmi les plus bas du marché. Dynavie de Monceau Assurances prélève un maximum de 0,54 % par an. L’Afer, lui, ne prélève que 0,475 % du rendement du por- tefeuille alors que nombre de ses concurrents ponctionnent 0,9 %. À noter également que de nombreux assureurs prennent 2 à 3 % du capital à la signature, parfois plus, ce qui revient à précompter au final l’équivalent d’un ou deux ans de rendement. Alors que les courtiers en ligne (Linxea, assurancevie.com, Fortuneo, Yomoni, Nalo...) sont, eux, à 0 %.
viser le lonG terme
Au-delà de ces considérations de court terme, il ne faut pas perdre de vue que l’assu- rance-vie reste un placement de long terme. Guillaume Piard, cofondateur de Nalo le rappelle à travers une anec- dote. « Lors d’un dîner, une invitée m’a confié placer 10 euros par mois au sein d’un livret A pour son fils qui venait de naître, dans la perspective qu’il s’offre, par exemple, son permis de conduire. Je lui ai expliqué que ce placement était un mauvais choix dans la mesure où, avec l’inflation, non seulement le livret A ne rapportait rien, mais en plus il coûtait. » Selon lui, l’assu- rance-vie répond bien mieux à la stratégie de placement de la jeune maman. « En 18 ans, il est peu probable de perdre de l’argent sur des indices actions. L’évolution à long terme du Dow Jones par exemple, le démontre », assure-t-il. Cet exemple justifie à lui seul l’existence de son groupe. « Nous somme le pont entre les besoins des gens et la complexité de la finance », assure Guillaume Piard. Sa
Depuis le début de l’année,
la collecte nette s’établit à 17,1 milliards d’euros contre 5,8 milliards d’euros sur la même période en 2017. L’encours des contrats d’assurance-vie s’élève désor- mais à 1 708 milliards d’euros à fin août 2018, en progression de 3 % sur un an. L’assurance-vie enregistre donc
de bons résultats.
fintech et sa promesse de ser- vice sur-mesure pour chaque client suscitent d’ailleurs l’in- térêt de plus en plus d’acteurs traditionnels du secteur, no- tamment les banques privées. « Notre principal atout, c’est de permettre un arbitrage précis en fonction du projet visé par l’épargnant. Que l’on épargne pour sa retraite ou pour se constituer un capital en vue d’un achat immobi- lier, la typologie précise de l’investissement ne sera pas la même. Nalo propose donc un arbitrage personnalisé à l’utilisateur en fonction de son profil de risque – prudent ou aventureux –, de son capital de départ, des versements éventuels et de son horizon de placement », explique Guil- laume Piard. Cet investisse- ment par objectif se traduit dans une gestion multi-poches qui permet de gérer plusieurs projets de front dans le même contrat d’assurance-vie. Il sécurise également l’inves- tissement au fur et à mesure que l’échéance d’un projet se rapproche, comme dans les contrats proposés aux clients haut de gamme mais pour un tarif moyen de 1,65 %.
un outil de transmission uniQue
Le rendement de l’assu- rance-vie, même en baisse, dépasse celui des autres pla- cements sans risque tels que le livret A, le plan d’épargne logement ou encore le livret de développement durable. Mais cette surperformance n’explique pas, à elle seule, son succès. L’assurance-vie constitue en effet un outil de transmission extrême- ment efficace. Avec elle, les sommes transmises après un décès le sont en dehors des règles légales de succession. Ce placement permet donc de donner davantage à ses enfants, sans alourdir leurs droits, ou de transmettre à un tiers (concubin notamment) qui paierait 60 % de droits de donation. Aux termes de l’article L132-12 du Code des assurances, les sommes re-
çues par le bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie ne font, en effet, pas partie de la succession du souscripteur. Le capital n’est donc pas traité comme une donation : il échappe aux héritiers, et n’est pas soumis aux règles de la réduction pour atteinte à la réserve des descendants. En clair, la liberté est totale ou presque pour le souscrip- teur, puisqu’il peut donner à qui il le souhaite, sans bien sûr spolier ses héritiers. De plus, l’incidence fiscale peut être très importante dans certains cas où, lorsque les conditions sont remplies, tous les bénéficiaires sont exonérés de taxes jusqu’à 152 500 euros, quels que soient leurs liens de parenté avec le défunt. « Quand on étudie le tableau des taux de droits de succession appliqués en France on ne peut pas nier le bonus que constitue pour l’assurance-vie l’avantage successoral appréciable et unique en son genre », recon- naît Gérald-Henri Vuillien, associé-gérant de la Compa- gnie française de gestion de patrimoine (CFGP). Dans ce cadre, l’assurance-vie reste plus que jamais un outil solide pour la transmission, et ce malgré la baisse des rende- ments, comme le confirme le professionnel : « La baisse des rendements est une chose et la transmission un autre sujet. Il se trouve que dans le cas de l’assurance-vie, le couple rendement/avantages fiscaux est un couple ga- gnant. En effet, même si les rendements sont en baisse, l’assurance-vie reste parmi les meilleurs outils de place- ment. L’avantage indéniable que constitue l’allègement des droits de succession en fait un placement de choix jusqu’à un certain montant. Pour des fortunes impor- tantes dont l’objectif principal est l’avantage successoral on complètera le dispositif assurance-vie .par d’autres placements comme les grou- pements fonciers forestiers, ou viticoles. »
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]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[Tribune libre
EXPRESSIONS
  Bientôt un million d’entreprises créées en France chaque année ?
  Par Alain Bosetti
président du groupe de communication indépendant en Personne. Avec ses associés, il a
créé et développé les agences de communication en Personne 360 et en Personne Virtual (spécialiste des événements et salons virtuels) ainsi que 3 salons : le Salon SME dédié aux créateurs et dirigeants de petites entreprises, le Salon des services à la personne et de l’emploi à domicile, Silver Economy Expo.
Nous sommes engagés dans au moins quatre transitions. Une transition écologique : tout simplement vitale. Une transition démographique : inéluctable pour notre pays en voie
de vieillissement. Une transition numérique : mondiale et (op) pressante. Et une transition en- trepreneuriale, c’est-à-dire l’évolution progressive d’une société de salariés en CDI vers une société d’entrepreneurs.
Flash-back. Nous sommes en 2008. 330 000 Français créent leur entreprise et imaginer qu’un million le fasse relève de l’utopie.
10 ans et un régime de l’autoentrepreneur plus tard, 700 000 entreprises nouvelles vont voir le jour.
Et la question n’est plus, à mon avis, de savoir si nous franchirons le seuil symbolique du million mais quand nous le franchirons.
Je parie que ce « record » sera atteint dans les cinq ans à venir.
Toutes les conditions sont en effet réunies.
1 - L’envie d’indépendance, pour prendre son destin professionnel en mains « titille » et stimule de plus en plus de Français.
Car il est souvent plus simple, plus épanouissant et aussi plus protecteur, contrairement aux idées reçues, de trouver des clients qu’un patron.
Pour les jeunes diplômés, créer son entreprise (ou plutôt sa start-up) est devenu une voie royale pour commencer sa vie professionnelle.
2 - La puissance numérique, c’est-à-dire la vitesse de traitement et de transmission des « data », la capacité de stockage, la miniaturisation des outils, va continuer d’augmenter de manière exponentielle. De quoi créer des « entrepreneurs augmentés » de
plus en plus connectés, de plus en plus efficaces dans leurs décisions et leur travail. Gérer une entreprise va devenir plus simple et permettre de se concentrer sur son cœur de compétences et ses clients.
3 - L’accès à l’entrepreneuriat ne cesse d’être simpli- fié donc démocratisé. Sans remonter aux calendes grecques, citons par exemple, la loi Dutreil avec la « SARL à 1 euro », le régime de l’autoentrepreneur et, dans l’actualité, les simplifications apportées par la loi Pacte : guichet unique numérique, simplifica- tion des formalités, réduction du nombre de seuils selon l’effectif...
À chaque barrière qui tombe, ce sont des milliers d’entrepreneurs qui se lancent.
4 - Les régimes de protection sociale des entrepre- neurs et ceux des salariés vont converger, au sein d’organismes unifiés. Et favoriser les allers-retours entre salariat et entrepreneuriat.
La création d’entreprise va s’intégrer avec plus de fluidité dans les trajectoires professionnelles, au même titre que les années sabbatiques, les formations et les inévitables reconversions professionnelles.
5 - La pluriactivité va générer de plus en plus de « slashers » entrepreneurs. 16 % des actifs français le sont déjà. C’est une porte ouverte pour tester et développer, avec un minimum de risque, une idée d’entreprise.
Créer un million d’entreprises par an en France va donc, j’en suis certain, devenir une réalité. Qui va modifier en profondeur les comportements profession- nels, générer de nouvelles formes d’accompagnement des entrepreneurs et la gestion des prises de risque.
Et vous, êtes-vous prêt pour la transition entrepre- neuriale ? n
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NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
© Alain Elorza
]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[J’ai perdu de ma superbe, j’en ai conscience mais on m’a un peu oublié. Pourtant je me tiens là depuis un moment, j’en ai vu passer des gens, des carrosses et des bolides, des molosses et des candides... Je suis implanté depuis si longtemps, je disparaîtrais presque dans le décor si je n’avais quelques trésors... Mon environnement se densifie, les abords se resserrent. On m’a protégé autant qu’on m’a encerclé, dans ce ca- pharnaüm de normes, cette jungle de règles, ces flots de lois. Je suis condamné tantôt par des conservateurs qui ne cessent de classer des dossiers à mon sujet, tantôt par l’aveugle gourmandise de développeurs, d’investisseurs, de promoteurs.
Que voient-ils ? Pléthore d’inconnus passent en tous sens, m’auscultent sans me comprendre, me tâte sans m’entendre. Ils déroulent des idées reçues, des idées nouvelles, d’autres saugrenues... Ont-ils seulement apprécié mes racines, profondes, solides, ancrées ? Un jour, une femme arrive, avec crayon et carnet. Elle prend le temps de suivre mes lignes, de relever mes traits, d’apprécier mes proportions, de comparer mes atouts avec ceux de mes pairs, d’y distinguer des sa- voir-faire. Elle lit dans mon passé, elle a les outils et les compétences pour redéfinir mon avenir. Elle nourrit le terreau de ma nouvelle vie.
Elle s’appelle Aurélia. J’apprends qu’elle est architecte
du patrimoine. Elle structure et propose, apprécie et négocie. Elle se positionne au carrefour des parties prenantes du projet : propriétaires, entrepreneurs, artisans, restaurateurs...
Ma transformation s’enclenche, je suis un monument historique qui rayonne à nouveau dans son environ- nement.
Aurelia Diore Morando Merci à Quentin Serciat, Marion Roca (qui a bien failli l’emporter) et Olivia Gobert
EXPRESSIONS
 Concours de micro-nouvelles
   Le monde de demain vu par un/une
étudiant(e)
Règle du jeu : les étudiant(e)s d’une école – c’est le tour du Celsa – se livrent au jeu des quelques lignes de l’évocation de leur vision de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Sous la conduite de Marie Lesiak, responsable de la communication institutionnelle de l’École, quatre volontaires ont planché. Et le gagnant est...
Si les murs pouvaient parler
  Avis d’expert : Valérie Patrin, responsable du département médias et communication (masters en management des médias et en communication numérique), conseillère scientifique du mastère spécialisé entreprendre au sein du Celsa, grande école de communication au cœur de l’université historique La Sorbonne.
Ils ne viennent pas avec, bille en tête, l’envie de créer leur activité
Depuis quand l’intérêt de vos étudiants pour l’innova- tion et l’entrepreneuriat est-il perceptible ?
La bascule s’est opérée clairement il y a une dizaine d’années, entre 2005 et 2010. Jusque-là, les étudiants pouvaient avoir un boulot sans lien direct avec le cœur de la formation, avec l’innovation. Simplement « ali- mentaire ». Et, donc à partir de cette période – 2005- 2010 –, on a vu arriver des jeunes qui s’étaient déjà lancés dans une activité comme rédacteurs pour un webzine, concepteur de sites Internet, développeur de blogs, avec un début de business model. Et ils sont de plus en plus nombreux à monter leur propre start-up à la sortie même des études.
Pourtant, on imagine vos diplômés plutôt salariés de grosses entreprises...
C’est vrai, nos diplômés ont vocation à s’insérer dans des directions de la communication, des ressources humaines ou bien encore du numérique. Ils y vont moins fréquemment. Et on a formalisé cette nouvelle approche du marché de l’emploi. Le Celsa a dévelop-
pé la sensibilisation à l’entrepreneuriat, mais aussi à l’intrapreneuriat. La gestion de projet a été mise en avant. Depuis 2007, ont vu le jour au sein de notre éta- blissement des masters en journalisme et innovation, médias, innovation et création et même un mastère spécialisé entièrement consacré à l’entrepreneuriat. Plus récemment encore – à la rentrée 2016 – a été créé le FabLab format audiovisuel et numérique. Sur 25 projets, quatre ou cinq correspondent pleinement aux attentes du marché. Un accompagnement leur est prodigué pour aboutir à la production de ce que l’on appelle un prototype dans l’industrie. Dans la sphère d’activité qui est la nôtre, il s’agit d’un pilote. Des négociations ont déjà été entamées, avec à la clé des marques d’intérêt de diffuseurs... Mais ils sont jeunes, d’où cet accompagnement, pour leur éviter de se retrouver dépossédés de leur projet. Pour informa- tion, ces jours prochains, les rendez-vous s’enchaînent avec les producteurs et diffuseurs intéressés. Le Cel- sa a pour ambition non seulement d’analyser ce qui se passe sur le marché, mais également d’être acteur de
cette nouvelle donne, pour optimiser l’employabilité des diplômés.
Vos étudiants intègrent-ils le Celsa avec une idée préalable de création d’activité en tête ?
Les trajectoires sont variées. Généralement, l’idée mûrit au fil des études. Ils ne viennent pas avec, bille en tête, l’envie de créer leur activité. Pour notre seule filière MS entreprendre, 80 % des structures créées pendant la formation existent encore deux ans plus tard. Plus globalement, le Celsa porte, pour l’ensemble de l’université de la Sorbonne, le diplôme d’étudiant entrepreneur (D2E). C’est une vue de l’esprit que de croire tous nos étudiants porteurs de projet, tous ca- pables de pitcher, par exemple. 20 % de nos étudiants sont boursiers. Un taux qui n’est pas sans incidence sur la création d’entreprise. Quand ils ont du mal à payer leurs frais de scolarité pourtant limités, quand ils ont du mal à faire aux montants des loyers franci- liens, au coût du transport, ils manifestent des préfé- rences pour le statut de salarié.
NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[Ce virage de la société, c’est celui de l’écartèlement entre une ambiance « cool » et « fun », et en même temps « la peur du futur ».
C’est une cohabitation entre « les signes de fin de civili- sation » et « la génétique qui va plus changer nos vies que les robots ». Cohabitation entre « les déclassés », « les décrocheurs scolaires » et « les bourus », nouveaux bourgeois-ruraux.
Il y a ce retour à la une des journaux de « l’affaire Gré- gory » et du « petit juge » qui se suicide. Il y a le terro- risme : « terrorisme-bélier » à Barcelone, « attaque au couteau » à la gare de Marseille. Et puis le « tueur de masse » : la pire « fusillade » de l’histoire américaine le
1er octobre, 59 morts, 500 blessés. Les bougies brûlent si souvent pour le souvenir des victimes ou pour parfumer notre quotidien, usages tristes ou futiles, ce sont « les bougies à tout » !
Au tableau des questions de société, on aura vu émerger la notion de « transidentité » : trouver sa place dans la société même si l’on se démarque de son identité sexuelle. On aura aussi beaucoup sonder nos assiettes, entre la quête du « mieux manger » et même de la « millenial food », là où les salades, les hamburgers, les légumes deviennent plus colorés et parfois « bio » ! Dégustations à partager avec ses colocataires en mode « coliving ».
Oh ! Bien sûr, nous n’aurons pas échappé à notre ration
politique en cette époque présidentielle : « En marche », « Recomposition », « Adieu les partis, vive le mouve- ment ! » Aussi, on ne s’étonne pas de voir figurer en mot de l’année : « transformation ». « Transformation » et pourtant règne « une vacuité idéologique ».
« Transformation » des mœurs ? Faut-il modifier « l’âge du consentement » sexuel : 12 ou 16 ans ? « Transforma- tion » de la société encore, avec cette nouvelle réalité : « On a fait un bébé entre amis ».
On veut du « cool » et aller « vite ». Mais, la société a toujours besoin de héros : « Omar Sy », « Riner », « Mbappé ». Et de nouvelles frontières : « Pesquet ».
EXPRESSIONS
   Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
Regard sémantique
La mémoire des mots
« VIRAGE »
 Prochain Numéro le Jeudi 6 décembre 2018
Tableau ‘Virage’’ SOCIÉTÉ 2017, Jane Bee
Mots-clés
Bourus
Diktat du fun
Cool
Vacuité idéologique Décrocheurs scolaires Coliving
Terrorisme bélier Attaque au couteau Millenial
Food
 98 NOVEMBRE 2018 | ecoreseau.fr
   ]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[                                                           LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRE CABARET DU MONDE !
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