﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="104"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[ NOUVELLE BMW X2. LAISSEZ VOS ÉQUIPES EXPRIMER LEUR AUDACE.
                  Consommations en cycle mixte selon motorisations de la Nouvelle BMW X2 : 4,3 à 6,0 l/100 km. CO2 : 112 à 136 g/km selon la norme NEDC corrélée. BMW France, S.A. au capital de 2 805 000 € - 722 000 965 RCS Versailles - 3 avenue Ampère, 78180 Montigny-le-Bretonneux.
]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[    Le plaisir de conduire
]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[EDITORIAL
Appel à lecteurs/trices : entamons le dialogue
 Ça ne se fait pas, raison de plus pour que je m’y risque : j’ai envie de vous faire partager les coulisses de ce numéro d’ÉcoRéseau Business à l’heure où, comme on dit dans le jargon, nous le « bouclons », autrement
dit nous le relisons une dernière fois avant son départ à l’imprimerie.
Quand je survole ces pages pensées pour des lecteurs actifs, entreprenants, curieux, bosseurs, je voudrais qu’ils/elles aient le temps de tout lire, tout explorer, se plonger dans l’incroyable activité de la Région Paca qui ne se limite pas au tourisme, comprendre pourquoi l’Inde sera le 3e PIB du monde en 2027 ou découvrir les étonnants secrets des affichages de Clear Channel. J’ai appris pourquoi existent des masters et des mastères, je suis allé à la rencontre de jeunes gens de 30 ans à la tête des futures licornes du monde, en baskets sous les plafonds d’hôtels particuliers où ils ont installé leurs start-up. J’ai visité avec Philippe Flamand le Mondial Paris Motor Show et parlé à bâtons rompus avec les meilleurs influenceurs sur les réseaux sociaux. Sans oublier mon entretien avec le médiateur des entreprises, Pierre Pelouzet, qui passe son temps à mettre en relation des entrepreneurs en conflit, qui dénoue des sacs de nœuds, passez-moi l’expression, et au final sauve des emplois et de l’activité. Mais vous, que lirez-vous de ces mille et une heures d’un mois en France et dans le monde, comment effleurerez-vous ces histoires d’entreprises, ces chroniques d’experts, vous arrêterez-vous sur un titre, une image, une citation, un chiffre, une idée, lirez-vous tout un article, deux, trois ? Et même, et c’est le rédacteur en chef qui ose l’écrire, une publicité a-t-elle retenu votre attention,
car tout est énergie, action, information dans
ce magazine passionnément conçu, écrit, titré,
pour être lu.
Alors une fois n’est pas coutume : je fais appel
à vous. Dites-moi, par un simple courriel, j’ai
lu tel article, aimé telle accroche, je n’ai pas
apprécié, j’ai détesté, je trouve que, et si vous
étiez plus ceci, moins cela... Vous avez des
idées, des sujets qui vous tiennent à cœur,
des questions à creuser, des personnages qui
vous intéressent. Dites-moi. Interpellez-moi.
Entamons le dialogue autour de cet objet de papier qui aime entreprendre, innover, positiver :
   @EcoReseau
olivier.magnan@lmedia.fr
Olivier Magnan, rédacteur en chef
Suivez-nous également sur :
LMedia - EcoRéseau Business www.facebook.com/EcoReseauFR
 LE CHAT by Philippe Geluck
4 OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[Galaxie ecoRéseau 6-13
Baromètre de l’optimisme 6
en couveRtuRe 14-23
Grand Angle
cahieR pRatique 52-65
28 Le Continent a-t-il intérêt à larguer les amarres du Royaume-Uni ? 36
Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Guillaume Benech, serial entrepreneur,
étudiant et heureux 38
SOMMAIRE
    Créer aujourd’hui
Entreprendre hors de Paris
Business guides
53
               www.ecoreseau.fr
13, rue Raymond Losserand – 75014 Paris
Courriel : contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
Rédaction EcoRéseau Business
Courriel : redaction@lmedia.fr
Rédacteur en chef
Olivier Magnan
Chroniqueurs : Alto Avocats®, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France®, Christophe Combarieu, Arthur Cohen, Philippe Croizon, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon, Monrh@moi, IsaLou Regen, Frédéric Rey-Millet, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Cédric Ternois, TheFamily®
Collaborateurs réguliers : Jean-Marie Benoist, Elsa Bellanger, Joseph Capet, Charles Cohen, Chloé Consigny, Audrey Déjardin, Anne Diradourian, Julien Fournier, Geoffroy Framery, Stéphanie Gallo, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Marc Hervez, Aymeric Marolleau, Emilie Massard, Cyril Michaud, Raphaëlle Mittler, Julie-Chloé Mougeolle, Jonathan Nahmany, Mathieu Neu, Nicolas Pagniez, Antoine Pietri, Patrice Remeur, Séverine Renard, Julien Tarby, Pierre Tiessen, Carla Verley, Ariane Warlin, Murielle Wolski
- Les États-Unis, nouvel hub obligé des
start-up françaises...
- Débat : Deux start-upeurs français et un
Allemand à l’échelle de l’Europe et des États-Unis 18
Régions & Territoires
Accroître son marché, diversifier ses risques
ou concevoir un produit d’emblée planétaire... 20
société 24-27 France
Les six réformes clés de la start-up nation 24
Monde
L’Inde est un slumdog millionnaire... 26 L’œil décalé
Organiseurs antiproscrastineurs : sont-ils efficaces ? 27
club entRepRendRe 28-43
- L’incroyable région Paca a rendez-vous avec la French Tech 58 - Le comptable augmenté : exploiter et non subir l’uberisation 62
Rh & FoRmation 66-77
Réseaux & Influence
« Mais comment font-ils/elles pour être si influent(e)s surleWeb?» 66
Observatoire 68 Manager autrement
Filière de recrutement à part entière 71
Carrières & Talents
- L’ABC des master(e)s 72 - Trophées h’up : 4 entrepreneurs un cran au-dessus 76
aRt de vivRe & patRimoine 78-99
La Sélection culturelle par Christophe Combarieu 78
  15
  Dessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie Boulard
Réalisation
Courriel : production@lmedia.fr
Responsable production : Frédéric Bergeron Conseiller artistique : Thierry Alexandre Crédits photos : Shutterstock, DR
Publicité & Opérations spéciales
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Pierre-Marie Nauleau
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Administration & gestion
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RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0323 T 91730 Dépôt légal : à parution
Numéro ISSN : 2609-147X
Baromètre & Tendances Enquête
L’Art du temps Mondial de l'Auto
@mobilité, @hybridation, @connectivité L’Actualité automobile : Essais & Tendances Baromètre Finance de marché
Baromètre Patrimoine
Investissement
Le family office, des entreprises familiales gérées par un chef d’orchestre
expRessions
Tribune libre
Concours de micronouvelles Regard sémantique
80
88 91 92 94
96
100-103
100 101 102
                       Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés
pour appréciation.
Baromètre de l’innovation 44 Le tour du monde de l’innovation
Payer/acheter/se connecter sans bouger ou presque... 46
Décryptage
Thomas Houy : « Les entreprises doivent exécuter un retournement complet des processus... » 48
Haute résolution
Clear Channel : « Réinventer la street experience » 50
Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Pierre Pelouzet, le médiateur des entreprises
En immersion
Kaviari, un secret de chef révélé au grand public de connaisseurs
stRatéGie &
40 42
   innovation numéRique 44-51
   OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme
Le verbatim à retenir...
Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté. Tout homme qui se laisse aller est triste
Alain, Propos sur le bonheur LE CHIFFRE
     Thierry Saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme,
Incubateur d’énergies positives.
Sachez ce qui crée le bonheur
Il circule bien des clichés sur le bonheur. Et bien sûr le fait qu’il vaut mieux être riche, jeune et en bonne santé. À y regarder de près cela n’est pas si clair.
L’argent ne fait pas le bonheur. La fortune, la possession de biens matériels n’ont pas d’influence réelle sur la satisfaction plus ou moins grande de l’existence. Il apparaît, dans les en- quêtes conduites auprès des grands gagnants de la loterie que, passé une période d’euphorie, la courbe du bonheur revient à son niveau initial quand cela ne conduit pas au pessimisme ou à la dépression. Il en est de même concernant le niveau de vie des nations. Ce sont souvent les pays les plus pauvres qui s’affichent comme étant les plus optimistes.
L’optimisme décline avec l’âge. Il est vrai que vivre en couple, notamment lorsqu’on est jeune, accentue le bonheur. Sans que l’on sache vraiment si le mariage rend plus heureux ou si les personnes qui s’unissent sont plus ouvertes, plus positives, plus enthousiastes. C’est la question de l’œuf et de la poule.
Mais la satisfaction de la vie augmente plutôt avec l’âge. Les émotions positives diminuent légèrement. Les émotions né- gatives restent stables. Seul le grand âge, maintenant de plus en plus tardif, compromet cet équilibre.
La bonne santé est la première raison pour les Français d’être optimistes (sondage réalisé par OpinionWay pour le Printemps de l’Optimisme en décembre 2014). Bien sûr, on les comprend. Néanmoins, la bonne santé objective n’est quasiment pas un facteur de bonheur. Ce qui compte c’est sa perception subjective, c’est la question récurrente du res- senti. Les personnes gravement malades qui mobilisent des énergies positives ont un niveau de satisfaction de leur vie supérieur à celui des personnes atteintes de maladies chro- niques pourtant moins graves.
Vous penserez sans doute comme moi que ce qui vient d’être décrit est, au fond, assez réjouissant. C’est bien la confirma- tion que l’optimisme dépend avant tout de notre énergie, de notre volonté, que nous avons effectivement des marges de manœuvre et surtout que notre bonheur dépend plus de ce que l’on fait que de ce que l’on a.
     150 kilomètres
 L’opération Deep Search explore les fonds marins le long des côtes américaines depuis cinq ans. Au large de Charleston en Caroline du Sud, les scientifiques ont découvert un récif corallien d’environ 150 kilomètres. L’écosystème accueille 25 % des espèces marines. À bord de l’Atlantis et grâce au submersible Alvin, les explorateurs comprennent de mieux en mieux le mode de vie et le développement du corail. Le Bureau of Ocean Energy Management doit veiller à ce que les forages prévus par l’industrie énergétique n’entament pas ce récif aussi vieux que la présence de l’homme sur terre.
 6
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
L’onde positive
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                                               FAITES DES ÉCONOMIES, PRENEZ L’AVION.
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                                                  Crédit photo : Getty images
 ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme
L’IMAGE
Virtuali Surg propose une solution de complément aux cours théoriques. L’étymologie du mot grec « chirurgie » rappelle que cette pratique exige le travail (ergon) des mains (kheir). Il faut donc bien pratiquer. La répétition, l’entraînement et la mémorisation confèrent au « travailleur des mains », le chirurgien, un solide et précis sa- voir-faire. En réalité virtuelle, le chirurgien est immergé dans un bloc opératoire entouré par tous les instruments et technologies dont il peut se saisir. Un simulateur. Où le patient n’a rien à craindre et le chirurgien tout à apprendre.
 Velco, guidon qui guide
Pour maximiser la sécurité des deux-roues sans moteur (on appelle ça vélo, non ?), la start-up Velco développe à coup de 3 millions d’euros
levés un guidon connecté. Le Wink Bar contient un système de guidage, de géolocalisation en cas de vol et l’allumage automatique du phare. Le parcours sur le smartphone programmé, des LED des deux côtés de la potence s’allument pour indiquer de quel côté tourner. De temps à autre, recharger la batterie au lithium ion logée dans le tube creux du guidon. Les dérailleurs en wifi et les guidons connectés sont-ils des dopants... ?
 Little Corner, pub en petit coin
   LA VACHE, UNE FERME FLOTTANTE !
  On connaît l’histoire des Pays-Bas et de ses polders. C’est parce que la culture humaine et la technique ont transformé pendant des siècles les littoraux hollandais que la surface du territoire s’est accrue de plus de 15 %. En septembre 2018, dans le port de Rotterdam, Peter van Wingerden, ingénieur au service de l’entre- prise immobilière Beladon, a posé les « premières pierres » de la seule ferme flottante high-tech du monde. Une quarantaine de vaches montbéliardes vont produire 800 litres de lait tous les jours. En face de la plate- forme, un atelier transformera le lait en fromages et en yaourts. L’herbe sera produite sur place et le lisier servira d’engrais naturel. Faut-il encore que les vaches acceptent de traverser le ponton qui leur fait quitter leur plancher pour se rendre sur la plate-forme flottante. Avec le projet Floating Farm, la « transfarmation » de l’agriculture de proximité est lancée.
INFOS COURTES QUI DONNENT LE SOURIRE
  L’EMDR : cligner des yeux pour aller mieux Le bien-fondé des travaux de Freud sur la psychopathologie de la vie quotidienne et ses efforts pour mettre en place la cure par la parole sont questionnés par les neurosciences. Freud pense que le soin passe par la parole et la réactivation
de souvenirs enfouis et refou- lés. Or, peut-être (la nuance est importante) suffirait-il de cligner et de mouvoir les yeux pour réduire le stress associé aux souvenirs trau- matiques. La méthode dite du EMDR (Eye Movement Desensitization and Repro- cessing) consiste notamment à stimuler les yeux par des mouvements de gauche à droite assez rapides pendant que le
patient exprime un souvenir déplaisant chargé d’affects douloureux. À force d’exercices, le souvenir ne disparaît pas, mais la charge affective négative qui le domine s’ef- face. L’EMDR neutralise les souvenirs traumatiques en
trompant le cerveau et l’amygdale, laquelle n’envoie plus l’adrénaline qui associait jusqu’alors à tel souvenir les sentiments négatifs de stress et de danger. Les idées fixes du patient finissent ainsi par s’éclaircir.
 L’air surgery avec Virtuali Surg : le simu- lateur du chir
Depuis pile un an, à l’aide d’un casque de réalité virtuelle, des médecins se forment aux actes chirurgicaux. La start-up
On le savait depuis Vespasien, mais la start-up Little Corner le confirme : l’argent n’a (définiti- vement) pas d’odeur. Little Corner a déjà installé 2 000 écrans dans 600 « lieux dits d’aisance » et remarque que le taux de mémorisation du message à 3 jours est de 85 %. Dans une société consumériste, Little Corner veut que la publicité dispose d’un trône, qu’elle soit absolument om- niprésente et que son règne vienne. Rimbaud : « L’été surtout, vaincu, stupide, il était entêté à se renfermer dans la fraîcheur des latrines : il pensait là, tranquille et livrant ses narines » (Les poètes de sept ans)...
  8
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
©Architectenbureau Goldsmith / Beladon
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
   LE GRAPHIQUE
L’ENSEIGNEMENT AGRICOLE TRACE SON SILLON
L’enseignement agricole se porte bien à l’heure où les cantines deviennent bio et où l’économie verte, circulaire et de proximité apparaît comme un retour souhaité à une manière plus authentique de produire et d’échanger. Les jeunes élèves se destinent à la production ou à la transformation des produits autant qu’au domaine de l’industrie agroalimentaire, de la santé et du service aux personnes et aux territoires. Les jeunes pousses entre- prenantes croissent au sein d’une start-up de l’AgTech.
L’ENTREPRISE CENTENAIRE
Oury-Guyé & Fils maîtrise le bistouri depuis 1909
Avec Christian Oury, la création et la fabrication d’instruments de chirurgie ont franchi le cap du xxie siècle. Oury-Guyé & Fils est le dernier fabricant français à produire plus de 1 800 modèles de qualité bloc opératoire destinés à l’orthopédie, la gynécologie, l’urologie, l’ORL... En 1983, l’entreprise commence à développer l’instrumentation ancillaire, c’est-à-dire à créer des instruments dédiés à des techniques opératoires pour poser des implants, du cuir chevelu jusqu’à l’orteil en passant par le cœur Carmat. « L’évolution technique et technologique est réelle à partir de 1983, sinon nous serions restés fabricants d’instruments de chirurgie classique », explique Christian Oury, PDG. L’entreprise travaille la matière brute jusqu’au produit fini, aidée par cinq meilleurs ouvriers de France forgerons-ajusteurs. « Le produit est 100 % made in France. L’entreprise produit toujours des classiques et développe 6 ou 7 nouveaux modèles tous les mois. » Au total, le catalogue compte plus de 3 600 modèles.
En 1998, la production d’instruments standard (50 % de la gamme) a diminué pour laisser place à la création d’instruments ancillaires sur mesure et à la demande (80 % aujourd’hui). Les efforts sont alors portés sur les matériaux, les techniques et l’association de la main de l’homme avec les nouvelles technologies (machines numériques ou marquage laser par exemple). « En 2015, en partenariat avec Bpifrance Excellence, Oury-Guyé se lance dans l’impression 3D
métal. Nous avons inventé la 3Tech+ qui associe trois technologies : l’ajustement manuel, l’usinage numérique et la 3D avec le titane ou encore le chrome-cobalt. » Prendre la quintessence de trois technologies, techniquement et économiquement, pour proposer un produit amélioré et abouti. « La 3Tech+ constitue un nouveau pas pour aller vers les nouvelles technologies, tout en conservant notre savoir-faire de la matière et notre reconnaissance ès matériaux. » Oury-Guyé ambitionne de devenir « ès matériaux » sur les nou- velles technologies et l’assemblage, même si le nom de la marque n’apparaît jamais. Les clients apposent leur nom sur les instruments par la grâce des réseaux commerciaux. « Je n’ai aucun commer- cial ni de service export particulier. 60 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’export, notamment en Amérique avec les fonds de pension, au Japon, au Australie, au Mexique. » Pas de commer- ciaux ? Il insiste, il est avant tout fabricant. « Nous développons chaque mois de nouveaux modèles sans service R&D. Du forgeron à l’employé de bureau, les 46 salariés de l’entreprise affichent tous une superperformance. J’ai 46 R&D puisque tout le monde peut apporter sa pierre à l’édifice. » Moralité, considérer les salariés, les laisser s’exprimer et préférer leur épanouissement à la croissance de l’entreprise reste un gage de pérennité et de développement.
     Oury-Guyé, spécialiste ès matériaux
 OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[Le baromètre de l’optimisme
GALAXIE ECORÉSEAU
   BONNE IDÉE
À lire :
 Du rabe bio à la cantoche
Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la na- ture et l’homme, propose de mettre en place un bonus pour les cantines scolaires et les restaurants collectifs qui projettent de passer à l’alimentation biologique. À ce jour, seulement 4 % des produits servis dans les cantines sont bio. Pour renverser la tendance, 20 euros par enfant seraient reversés aux établissements scolaires pendant trois ans, soit environ 300 millions d’euros.
Easy V et le bon samaritain 2.0
Grâce à la plate-forme Easy V (qui recourt au réseau déjà existant Meetup), on s’inscrit à des missions de bénévolat ponctuel au service de multiples associations. Un calendrier précis des actions combine emploi salarié souvent chronophage et engagement bénévole, ne serait-ce que d’une heure ou deux. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même »...
CEUX QUI FONT BOUGER LES LIGNES
Ҫa va comme un samedi... même un lundi !
Titre suffisamment évoca- teur : il suffit de retourner l’expression pour pratiquer l’optimisme. Jean-Luc Hudry, à travers 25 situations, ex- pose les clés pour passer d’un pessimisme réflexe et souvent facile à un optimisme réel et réfléchi. Changer de vie sans changer de vie n’est possible qu’à condition de transformer son rapport au monde. Éditions Leduc.
   EN FRANCE
La rentrée de Superprof
Magnethik, des manteaux 100 % vegan
La fraîcheur automnale fait son retour. Pour les femmes soucieuses de la cause animale, comment trouver un manteau de qualité qui ne contienne ni laine ni cuir ? Magnethik produisait déjà des sacs vegan. Désormais, existe une ligne de manteaux, exempte évidemment de toute matière animale. Ces manteaux vegan sont made in France et made in Paris. Mode, écologie et veganisme ne sont plus incompatibles.
DANS LE MONDE
Les Repair (répare) Cafés belges
L’idée n’aurait pas déplu au belge Tryphon Tournesol. Début septembre, dans tous les Repair Café de Belgique, se sont rencontrés les propriétaires de maté- riels en panne et leurs réparateurs potentiels. Au contact de bidouilleurs ou de véritables spécialistes, on comprend mieux le mode de fonctionnement de l’ou- til et les causes de la panne. L’appareil nous devient moins étranger. En 2017, à l’échelle internationale, la Fondation Repair Café a évité la mise au rebut de 300 000 objets et la production d’autant de kilos de CO2.
Un millier de disciplines. Trois millions de professeurs. Neuf langues. La start-up française Superprof est présente dans 22 pays. La plate-forme met en relation des professeurs diplômés et compétents avec des élèves (quel que soit leur âge) qui désirent apprendre la boxe, le chinois, la cuisine, la batterie... Les cours ont lieu à domicile ou via webcam. En sep- tembre, Superprof a annoncé le rachat de la plate-forme The Tutor Pages afin
  de doubler sa communauté anglaise de professeurs et d’élèves. « Enseigner, ce n’est pas remplir des vases, mais allumer des
feux » (maxime souvent attribuée à Montaigne).
Viande : on se calme
Selon le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’ob- servation des conditions de vie), les Français mangent 12 % de viande en moins qu’il y a dix ans. Baisse plus sensible chez les cadres (19 %). Pourquoi ? Montée des prix (+ 20 % en dix ans), santé, choix moral lié à l’élevage et à l’abatage intensifs, autant de facteurs qui concurrent à se passer de chair animale. Le visionnage d’une vidéo de l’association L214 passe du reste l’envie de manger de la
viande pour un moment. Nous savons désormais les conséquences écologiques et ani- males désastreuses de l’élevage, notamment bovin et porcin. Alors, tous végétariens ? Certainement pas. On préfère une viande de qualité quitte à en manger moins souvent.
  10 OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                   Julien, 43 ans. Directeur général, diplômé 2015, Management Général
Et si vous aussi,
vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?
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]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme
 GREENTECH
u Ximiti, le magasin automatique
u Trottinette Bolt, libre-service parisien à l’estonienne
C’est parti pour le plaisir régressif, se remettre à la trottinette. La plate-forme de VTC estonienne Txfy a installé à Paris un service de trottinettes élec- triques et connectées en libre-service. La réservation bouclée sur Taxify, on dispose de trois petites minutes pour se saisir de la trottinette. Sur le guidon, un bouton « Accélérer », un bouton « Freiner ». Ne m’appelez plus « patinette »...
u Backacia ne casse pas des briques pour rien...
La start-up Backacia, un an d’âge, favorise le réemploi des équipements et des matériaux de construction, nouvelle matière première pour construire. Les professionnels mettent en vente le surplus et les matériaux issus de la décon- struction. La plate-forme fonctionne comme un Boncoin pour les professionnels du bâtiment. En France, 240 millions de tonnes de déchets sont issues de la construction.
ÉCONOMIE VERTE
La France, n° 1 de l’économie collaborative,
n’assure pas
Selon un rapport de Lloyd’s et Deloitte,
la France est le premier pays d’Europe
en matière d’économie collaborative.
Ces trois dernières années, 12 millions
de personnes ont partagé des biens
et des services via des plates-formes
numériques. Le seul hic récurrent,
l’assurance. Souvent, les sites d’écono-
mie collaborative ne proposent pas ou
n’intègrent pas d’emblée à leur service
une police qui protège les personnes et les biens, les dommages et les vols. De là, la frilosité de certains de Français en matière d’économie partagée.
À lire : Blockchain pour l’énergie
Karim Beddiar et Fabien Imbault marient la chaîne de blocs à la ville : leur Blockchain pour l’énergie. Prin- cipes et mise en œuvre dans la ville du futur. Une énième application du concept de blockchain et de monnaie nu- mérique, apparemment très efficace dans la gestion et l’optimisation de l’énergie dans les futures smart cities. Par exemple, avec la blockchain, on va vendre sans in- termédiaire de l’électricité verte à ses voisins. Nouvelle manière d’échanger au service de la transition énergétique. Dunod.
 Tout est fermé ? Ximiti, le com- merce de proximité connecté, est ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, parfaite synthèse de l’e-commerce et du commerce de proximité : on télécharge Ximiti et l’on se sert dans l’automate (6 à Paris et quelques-uns en France,
 le concept attend sa généralisa- tion !). Le marché des distributeurs automatiques en France s’élève à 2,2 milliards d’euros. Réécouter toutefois Pierre Desproges et son hommage à Rachid Cherkaoui,
son épicier de quartier (Les rues de Paris ne sont plus sûres)...
u Too Good To Go, « y’en a un peu plus, j’vous
l’laisse ? »
Un chiffre pour le moins édifiant : 317 kg de nourriture sont jetés chaque seconde en France. La start-up Too Good To Go évite que trois tonnes de nourriture ne soient gaspillées tous les jours. Avec l’application, les commerçants du quartier mettent en valeur leurs invendus dans des paniers que les habitants viennent chercher en fin de journée. Réduction du gâchis quotidien et humanité : on peut verser deux euros pour qu’une personne dans le besoin bénéficie d’un repas.
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[ Grand Angle
Les États-Unis, nouvel hub obligé des start-up françaises ......... p15
Débat
Deux start-upeurs français et un Allemand
à l’échelle de l’Europe et des États-Unis.....................................p18
La perspective...
... de Philippe Bloch, fondateur de Columbus Café....................p19
Régions & Territoires
Accroître son marché, diversifier ses risques ou concevoir
un produit d’emblée planétaire... ..............................................p20
EN COUVERTURE
Leur avenir passe par l’internationalisation
Start-up françaises, l’appel planétaire
Une nouvelle transition galope sous nos yeux : un pays n’est plus l’échelle d’une entreprise. Tout au long des Trente Glorieuses d’après-guerre, il était... glorieux de pérenniser sa marque, son usine, en conquérant les marchés do- mestiques, en léguant à sa progéniture une belle affaire française... Exporter ? Installer une succursale à l’étran- ger ? Mazette, quelle aventure. Avec la mondialisation, le vieux modèle n’existe tout simplement plus : hors les mi- cro-entrepreneurs, les commerces et les start-up ancrées sur une demande localisée, toute jeune pousse française doit se rêver graine de baobab pour peu que son concept réponde à un besoin « global », au sens anglais de mondial. Il ne s’agit pas même d’une ambition de conquête : pour David Fayon, expert et consultant, auteur d’une enquête au cœur de la Silicon Valley américaine, toute start-up française doit conquérir les États-Unis dès la conception de son business plan et de sa levée de fonds si elle a la volonté d’exister dans cinq ans... Et sa certitude est de plus en plus partagée.
 14 OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[ Olivier Magnan
C’est devenu un ré- flexe : les entreprises françaises, de façon
quasi compulsive, se ruent chaque année au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, en janvier, le rendez-vous planétaire de l’innovation. Mieux : au sein du French Tech Pavilion, la délégation « French Tech » qu’encadre Business France, l’agence nationale chargée depuis quatre ans d’internatio- naliser l’économie française, a réussi l’exploit d’y rassem- bler la première délégation étrangère. Le chiffre est fou : 275 start-up ! Imaginez : les États-Unis, « patrons » du Show, n’en ont réuni que 289. La Chine ? 47. Derrière les Pays-Bas, 60. À la queue de l’Europe, l’Allemagne, 17. Encore ne s’agit-il que des jeunes pousses. Les entre- prises françaises labellisées French Tech furent cette année 365 à traverser l’Atlantique et le continent américain. Une excellente raison à ce « débarquement » hexagonal aux États-Unis : le continent américain constitue plus que jamais le passage obligé des (jeunes) entrepreneurs fran- çais. Sans un développement à l’international via la porte « monde » américaine, au- cune « licorne » ni PME
française high-tech n’a la moindre chance d’exister à terme.
Certains observateurs ont critiqué cet afflux français dans les stands moquettés du CES, curieusement très peu commenté par les médias économiques hexagonaux : une vingtaine de pourcents de start-up trop btob, de simples applis, des « micro-niches » sans espoir de développement, n’avaient, paraît-il, rien à y faire... Mais dès lors que 80 % des exposants français étaient fondés à tenter l’aven- ture, le déferlement français se justifie. Reste à imaginer combien, parmi ces jeunes pousses aventureuses, vont réellement s’internationa- liser, ouvrir un bureau aux États-Unis, en Chine ou en Afrique, et ne pas se contenter de parader quelques jours à Las Vegas, handicapées par l’anglais approximatif de leurs fondateurs...
C’est tout l’enjeu de l’appel planétaire : pour exister à terme, grandir, devenir li- corne¿, les start-up françaises porteuses d’une technologie ou d’une solution « univer- selle » sont désormais prati- quement tenues de s’implanter aux États-Unis et « penser à l’échelle mondiale ».
À VivaTech Paris, en mai
d’investissement (Bpi) qui la proclame. Il n’est pas le seul. Stéphane Alisse, directeur Tech et Services de Business France pour l’Amérique du Nord et patron du dispositif Impact USA du même or- ganisme se veut encore plus définitif : « S’implanter aux
transformation numérique et Web pour des entreprises françaises, est revenu de son immersion américaine fort d’un livre que toute aspi- rante start-up française se doit de lire, Made in $ilicon Valley1, avec le faux « S » de « dollar » qui exprime bien
in Innovation Forum. Notre témoin français aux États- Unis se livre même à une minipsychanalyse des peuples qui explique pourquoi le Fran- çais doit acquérir d’urgence une mentalité américaine : le Français est réticent au pistage des données quand l’Améri- cain voit du business dans le big data. Les Américains jugent sur les actes quand le Français érige la technologie en œuvre d’art (mieux vaut commercialiser une version bêta qu’attendre la perfec- tion). Le jeune Français est élevé par la frustration (« Fais pas-ci, fais pas ça ») quand le jeune Américain est invité à se frotter à l’expérience, fût- elle cuisante. « Aujourd’hui, s’inquiète Fayon, les Améri- cains captent nos talents. » D’où la nécessité de capter l’Amérique.
Les six commandements
du consuLtant en transformation numérique
Pour y parvenir, encore faut-il apprendre à penser le business à l’américaine. David Fayon,
EN COUVERTURE
 Grand Angle
 La nouvelle ruée vers l’or
Les États-Unis, nouvel hub obligé des start-up françaises...
À Las Vegas, chaque année, les visas français se bousculent au McCarran International Airport. Un effet magistral de la French Tech, acharnée à coacher et cornaquer tout ce que la France compte de jeunes pousses : l’agence nationale qui les « exporte » ainsi pendant trois jours sait bien que leur avenir se décide outre-Atlantique.
cette année, le salon qui se veut le CES français avait réuni quelque 2 000 start-up. Depuis cinq ans, nos PME et autres jeunes pousses se voient encadrées, boostées, préparées, affûtées par tout un dispositif que coiffe la notion de French Tech, le monde des start-up françaises en France et à l’étranger, et désormais nécessairement et en France et aux États-Unis : le concept regroupe les entrepreneurs, les investisseurs, les ingénieurs, les concepteurs, les déve- loppeurs, des grands groupes aux nouveaux entrants, des associations aux médias, des opérateurs publics aux ins- tituts de recherche qui tous travaillent au rayonnement de l’innovation à la française. D’où, à la fin de l’année 2013, la création par le gouverne- ment de l’Initiative French Tech, coordonnée par La Caisse des dépôts (CDC), l’incontournable Bpifrance et
   "S’implanter aux États-Unis n’est pas une option." Stéphane Alisse, patron du dispositif Impact USA
 le déjà cité Business France, passeport vers les États-Unis. Sans oublier les « parrains » de cette French Tech, Engie et La Poste.
Le continent de
La version bêta permanente
Car la « règle » est désor- mais inéluctable : « Toute start-up qui veut devenir un leader mondial de son secteur doit s’internationa- liser le plus vite possible. » Cette « loi » nouvelle, c’est Nicolas Dufourcq, directeur général de la Banque publique
États-Unis n’est pas une op- tion. » Il s’agit de monter une filiale chez Trump, voire y installer son siège social, tout en gardant pied en France. Les États-Unis, qu’on le veuille ou pas, sont la porte d’entrée du marché mondial. Or, sans cette échelle, les licornes françaises n’ont guère de chances de se pérenniser. Un autre Français, expa- trié quelques années dans la Silicon Valley, ne tient pas d’autre langage. David Fayon, cet administrateur des postes et télécommuni- cations devenu consultant en
l’enjeu : la levée des capitaux. Il a sillonné le continent pour recueillir l’expérience de ces fournées de jeunes pousses qui se bousculent désormais sur le sol américain au nom d’une certitude : mon idée, mon concept original, ma technologie novatrice n’exis- teront que si je me confronte à la concurrence américaine et mondiale. Au-delà de l’At- lantique, « il n’y a pas de réussite ou d’échec, il n’y a que l’action », comme le proclame Catherine Barba, CEO de Peps Lab Innova- tion et créatrice du Women
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]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Grand Angle
 rejoint par une cohorte de coachs et conseils désormais au chevet des candidats au grand saut états-unien, lance six commandements.
1/ Apprendre avant tout l’art du « pitch ». Nos ingénieurs doivent oublier leur diapo- rama hérissé de chiffres et formules. L’entrepreneur amé- ricain présente son concept en trois minutes, ce que l’écolier apprend dès la ma- ternelle ! Bonne nouvelle, les formateurs au « pitch d’ascenseur » ne manquent pas, tel ce phénomène de Frédéric Bascuñana, Fran- çais organisateur de « pitch parties » à Paris.
2/ Solliciter son réseau. À l’américaine, un « start- upeur » ne doit pas hésiter à obtenir des contacts, de- mander à ses interlocuteurs ce qu’ils veulent qu’on leur apporte, entrer en contact avec les dirigeants de toute taille. « Il faut les faire rê- ver », suggère notre spécialiste du... rêve américain. Pas simple, quitte à interpeller son interlocuteur à l’issue d’une conférence. 3/Privilégier le travail colla- boratif. Fréquenter les espaces de coworking, les fablabs, les incubateurs. Penser « cross fertilisation » en bon français, rechercher l’effet miroir.
4/ S’entourer de compétences, veiller à des charges de tra- vail équitables.
5/ Apprendre en marchant : tester sans relâche le concept, se donner le droit à l’erreur quitte à pivoter le modèle économique, comme le re- commande Jean-Baptiste Rudelle au nom de la réus- site de son entreprise Criteo
(ciblage publicitaire) : « Il faut que les entreprises françaises, avant même d’avoir du succès, se structurent de manière à
recrutement ou la prestation d’un Américain, l’acquisi- tion des codes culturels, les voyages de repérages, quitte
été rachetées ou ont disparu. Fallait-il qu’elles restent en France ? Pas davantage : le « solo » en France livrera
ou encore Fidzup, Optimiz-me ou Tinyclues qui sortent leur épingle du jeu du marketing et de la publicité. Depuis, d’autres « techs » françaises aux appellations tout aussi anglo-américaines marquent leur territoire aux États-Unis : Cality, solutions de stockage d’objets définies par logiciel. Talend dans le cloud, Tribe met en relation les enseignes et les influenceurs, Bime, intégrateur de données ou l’éloquent French Accelera- tor, lui-même tremplin pour start-up aux États-Unis.... La marque à consonance française n’a plus cours dans la globalisation. Qu’importe : les retombées seront en partie françaises. Au terme de trois éditions d’Impact USA, 27 entreprises sur 34 se sont ancrées sur le marché pla- nétaire américain, ont levé 77 millions de dollars dans la foulée du programme, créé 486 emplois dont 389 en France. Le programme d’accélération 2019 est pro- grammé du 8 avril au 1er mai 2019. Le CES se tiendra du 8 au 11 janvier.
Licornes sur orbite
Au terme de son « voyage nu- mérique en Amérique », notre consultant en transformation David Fayon aura été bluffé par quatre jeunes pousses en passe de se transformer en baobabs : Criteo déjà cité, leader mondial du « reciblage
en France pour assurer son développement. Sigfox, le Toulousain qui connecte les objets (par milliards) en bas débit et qui lève 150 millions d’euros en 2016, mieux que Devialet et ses 100 millions, à peine moins que Blablacar (200 millions), enfin Appa- loosa-Store, filiale d’Octo, distributrice d’applis mo- biles privées à disposition des salariés et qui a pris pied aux États-Unis il y a un peu plus de deux ans sous l’égide des Refiners, accélérateur de start-up non américaines créé par des Français...
« S’internationaliser devient la norme », confirme un an après son enquête David Fayon. Il pense à l’hébergeur français OVH qui aurait végété dans un marché français limité à 4 % s’il ne s’était ouvert au marché colossal planétaire. Mais viser l’Europe, avant les États-Unis, n’est-ce pas déjà une première étape ? « C’est un peu timoré », juge l’homme des grands espaces. Pourquoi les 380 millions de consommateurs européens ne seraient-ils pas aussi at- tractifs que les 320 millions d’Américains ? Parce que les Européens sont moins consommateurs de numé- rique, parce que les langues par dizaines et les différences culturelles compliquent le développement linéaire.
« Créer une start-up, c’est vivre en apnée », prévient David Fayon. Sous la prési- dence Trump, dans un pays où les jeunes entrepreneurs se revendiquen.t plutôt Dé- mocrates, il faudra retenir sa respiration plutôt deux fois qu’une...
1 Sous-titré Du numérique en Amérique, Pearson, 2017
¿ Start-up (unicorn en anglais) valo- risée à plus d’un milliard de dollars. On doit la trouvaille à une spécialiste américaine du capital-risque. Le ma- gazine Fortune en décomptait 140 en 2015, 196 en 2017. L’Europe émarge à hauteur d’une soixantaine de licornes. La France en revendique 2 ou 3, selon les critères retenus (Blablacar, Criteo et Vente-privée ‒ OVH n’est pas compté, créé avant l’an 2000).
 gérer l’hypercroissance po- tentielle – je ne parle pas de +10à+15%,maisde+50ou +100 % par an [...] La France a besoin d’ETI à vocation mon- diale », disait-il aux Échos en février 2017. Souvenons-nous du cofondateur de Kolibee, Thomas Serval, inventeur de la brosse à dents connectée, lauréat du CES 2016 parmi les trente produits retenus sur 4 000 candidats : son instrument médical dentaire s’est d’emblée vendu à 10 000 exemplaires à l’époque, mais c’est en « pivotant » son posi- tionnement pour en faire un outil d’apprentissage au bros- sage pour les jeunes enfants qu’il a conquis ses marchés. Idem pour Evercontact (car- net d’adresses électroniques) dont le cocréateur Philippe Laval, après son installation aux États-Unis en 2015, a pris conscience que la technologie de haut niveau à l’œuvre n’était pas exploitée à son potentiel (la start-up a finalement été achetée par un concurrent américain).
6/ Penser « international ». Ce qui commence, à l’exemple d’Israël, la Finlande ou la Norvège, par des applications d’emblée bilingues ou mul- tilingues. La logique d’im- plantation états-unienne se concrétisera par au moins un point relais sur place et le
à ce que les équipes de dé- veloppement demeurent en France.
« La créativité française est réelle, constate David Fayon, mais nous devons apprendre à vendre. Et penser “client” à l’américaine. »
en dix jours,
un parcours qui aurait exigé dix mois ou pLus Apprendre... On ne manque pas de coachs en France à l’heure où les autorités veulent à tout prix pousser nos créa- teurs dans le grand bain et où un Pierre Gattaz, ex-patron du Medef, n’hésitait pas à se rendre au CES prêcher la
tôt ou tard l’entreprise à un concurrent. D’où l’importance de se faire accompagner. Entrer dans la promotion du dispositif Impact USA imaginé par Business France revient par exemple à réaliser en dix jours sur place ce qui prendrait dix ou douze mois en solo en France. Les entre- prises coachées bénéficient d’outils, de conseillers dont la mission est de générer des rendez-vous commerciaux, de placer l’entrepreneur au contact d’investisseurs, de partenaires, de coachs amé- ricains. En 2016, dix start-up ont été immergées dans la Silicon Valley quand sept ont pris l’avion pour New York,
 Viser l’Europe, avant les États-Unis, n’est-ce pas déjà une première étape ? « C’est un peu timoré », juge le spécialiste de la Silicon Valley, David Fayon
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81% des fon- dateurs français de start-up sont diplômés d’un mas- ter ou d’un PhD, ce qui place la France au premier rang de la qualification universitaire (Glo- bal Startup Ecosys- tem Report).
bonne parole. Son successeur depuis juillet, Geoffroy Roux de Bézieux, fera sans doute lui aussi le voyage. Pour autant, exposer au « show » de Las Vegas n’est pas une garantie de réussite : en 2015, la moi- tié de la centaine de jeunes pousses françaises qui avaient fait le déplacement et entamé la conquête des marchés ont
la « Silicon Alley ». Il suffit de lister les secteurs pavés de réussites françaises : Deep Algo, Dawex, Predicsis ou Saagie dans la data, Live Moon en intelligence arti- ficielle, Seclab côté sécurité informatique, Plume Lab et Smart&Blue dans l’Internet des objets, eJust dans le legal- tech, Cognyk pour les médias
publicitaire » (ces bandeaux qui s’affichent en fonction des produits ou services qui ont retenu votre attention en surfant), Symphony (David Gurlé), licorne spécialiste de la sécurisation des systèmes d’information et des messages cryptés, forte d’une levée de 234 millions de dollars, et qui envisage déjà son retour
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[                 OUI, UNE PMI DE
94 ANS PEUT RESTER
 INNOVANTE.
Process de fabrication optimisé, outils de production renouvelés ...
Carine Chesneau, dirigeante de la PMI Lambert Manufil, a amélioré la compétitivité de son entreprise après avoir suivi un dispositif d’accélération proposé par la CCI.
                             Contactez directement la CCI au
Ou sur notre page Facebook
 0 809 102 100
                          ]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Grand Angle
Débat
Deux start-upeurs français et un Allemand à l’échelle de l’Europe et des États-Unis
Navré pour la parité : ce sont trois jeunes dirigeants européens hommes qui jouent pour nous les grands témoins de l’internationalisation. Un seul sur les trois a d’emblée visé le grand large, les États-Unis ou au-delà. Les deux autres témoins restent en Europe, mais songent à l’aventure américaine. En tout état de cause, pour eux, franchir les frontières françaises et allemandes allaient de soi d’emblée.
Propos recueillis par Olivier Magnan
Question générale : vous internationaliser fut pour vous un choix d’évidence.
Le ressentez-vous comme une condition nécessaire à la pérennité de votre enseigne ?
    JONATHAN ANGUELOV
téLéphonie en nuage partout dans Le monde
31 ans, diplômé de l’ESCP Europe en 2013, a débuté sa carrière dans le sec- teur de la finance en qualité d’analyste financier. Il devient broker sur les mar- chés actions en Europe. C’est en 2014 qu’il décide de créer une start-up, Air- call, avec trois autres entrepreneurs. Il
est aujourd’hui le COO de la société et vise chaque jour à développer les opérations d’Aircall en France et en dans le monde entier, notamment à travers le bureau new-yorkais de la société. Jonathan a développé sa fibre entrepreneuriale très tôt, dès son entrée dans le supérieur, en initiant plusieurs projets immobiliers. Il a acheté, très récemment, un hôtel à Paris, destination 4 étoiles. L’immobilier est un secteur pour lequel Jonathan se passionne et dont il pourrait parler pendant des heures ! Il est parti avec la délégation française au G20 YEA à Rio les 20-21 septembre.
FLORENT MALBRANCHE
Le pitch d’Aircall
Aircall est une solution de téléphonie professionnelle cloud on demand : un outil logiciel par lequel les sociétés créent leur téléphonie et leurs centres d’appels en quelques instants, avec possibilité d’obtenir des lignes en France et dans le monde entier. Aircall s’intègre en un clic avec les outils SaaS les plus importants du marché (Salesforce, Zendesk, Pipedrive, Zoho, Intercom, Freshdesk...). Fort de son succès, Aircall a annoncé il y a quelques mois une levée de fonds de 25 mil- lions d’euros. La start-up compte 150 collaborateurs entre Paris et New York et prévoit de recruter plus de 200 profils pour soutenir sa croissance d’ici à la fin de l’année 2019.
La réponse de Jonathan Anguelov
Nous sommes un logiciel. L’internationalisation de notre solution est tout simplement logique. Il eût été dommage de créer un software qui ne se vendrait pas à l’étranger.
Or, en réalité, il existe effectivement un très grand nombre de logiciels qui n’ont pas été pensés pour un usage hors de France. Au jour 1, ce choix du monde entier a été piloté par notre business même, qui répond à des besoins identiques partout dans le monde. Quand on crée une boîte, il est d’em- blée intéressant de se confronter aux marchés étrangers, notamment l’américain, le premier marché d’AirCall avec 30 % de notre chiffre d’affaires. Et du reste, AirCall est né américain, immatriculé aux États-Unis, dans l’idée de se dire que nous étions de nature internationale et non française. AirCall France est ainsi une filiale. 70 % de notre marché, hors États-Unis, s’étendent de l’Europe à l’Océanie... Nous sommes, par notre activité, d’emblée planétaire. Ce n’est pas forcém.ent le cas de toute start-up. Des concepts btoc – comme Delivroo dans la livraison – ont intérêt à créer une empreinte sur leur marché domestique avant de tirer à tout va partout.
  La réponse aux hôteLiers-restaurateurs à court de personneL
Après une classe préparatoire à Henri IV, Florent Malbranche étudie à l’Ed- hec Business School entre 2009 et 2012 où il perfectionne son appren- tissage des techniques de Business Development. Passionné très jeune par l’entrepreneuriat et les nouvelles
technologies, Florent cofonde en 2012 Mayoz, une galerie de photographies d’art en ligne gérée par une communauté, où les internautes soumettent leur création et les vendent. Un an plus tard, il décide de créer la start-up Printic : dévelop- per ses photos en plusieurs formats directement depuis son téléphone (polaroid, normal, poster, album photo, magnet...). Qu’il cède au Groupe M6 en 2014. Depuis 2015, Florent est le cofondateur et le CEO de Brigad, le premier service spécialisé dans le recrutement par SMS, notamment dans l’univers de l’hôtellerie-restauration.
Le pitch de Brigad
Lancé en octobre 2016, Brigad est le premier service spé-
cialisé dans la mise en relation entre entreprises et extras qualifiés dans l’hôtellerie-restauration. Son algorithme dé- signe rapidement la personne disponible au profil adapté, pour des extras de quelques heures à quelques jours. Le service est disponible en régions parisienne, lyonnaise et à Londres et est accessible par SMS, via son application et sur le site Internet brigad.co.
La réponse de Florent Malbranche
Cette ambition internationale, il faut la penser, oui, dès le début, sur les plans du produit, du projet et de l’humain. Mais pour autant ne surtout pas perdre de vue son marché d’origine. C’est une erreur que j’avais commise avec ma précédente entreprise. Nous nous étions déployés très vite en Europe avant de comprendre que travailler dans dix langues, c’est introduire une complexité innommable. Les difficultés sont multipliées de façon exponentielle. L’international, il faut donc y penser, mais prendre son temps. Ne pas tout mélanger. Il n’empêche que dès le moment où le modèle de la licorne ‒ qui suppose d’atteindre un résultat d’un milliard
de dollars en moins de dix ans, si je ne m’abuse ‒ est un objectif, il faut l’intégrer dans son ADN dès le début et se nourrir d’idées venues de partout.
On a donc acquis avec Brigad une position de leader en France avant de viser l’outre-Manche. Nous avons rodé notre concept un an et demi avant de l’exporter, il y a trois mois. Avant toute aventure à l’étranger, il faut s’assurer de disposer des fonds nécessaires, s’installer hors de France coûte très cher. Or nous devons réussir, dans notre métier de l’hôtelle- rie-restauration, un enjeu majeur : maîtriser notre installation à Londres que nous avons choisi comme premier point de chute en Europe pour une raison stratégique : la capitale lon- donienne pèse trois fois la place de Paris. Plus grande ville, plus grand nombre de restaurants et hôtels, ratio personnel par client, comme aux États-Unis, très supérieur à Paris. Pour nous, prouver que ça « marche » là-bas, c’est prou.ver aux investisseurs que l’on peut réussir ailleurs.
Hors l’Europe ? Cette fois encore, on se posera la question après la réussite européenne. Ne pas brûler les étapes.
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Grand Angle
   BERNHARD NEY
chasseur de perLes rares
Il est directeur général France de Comatch, la place de marché des consultants en management indé- pendants et des experts du secteur, depuis septembre 2017. Auparavant, il a été chef de projet chez Boston Consulting Group en France et a
travaillé au sein de la même entreprise comme consul- tant en Allemagne. Avant de rejoindre BCG, Bernhard a acquis de l’expérience chez Accenture en France, B.Braun Medical Inc. aux États-Unis et The German American Chamber of Commerce de New York, entre autres. Bernhard est titulaire d’un diplôme grande école et d’un master en management de l’ESCP Europe, ainsi que d’un bachelor en Économie de l’université de Constance (en Allemagne). Il a obtenu son diplôme avec la plus haute distinction à l’ESCP et en tant que meilleur de sa promotion à l’Université de Constance, tous deux grâce à une bourse de la Konrad-Adenauer-Foundation.
Le pitch de Comatch
Plate-forme pour les consultants en stratégie et mana- gement, et experts industriels indépendants. Depuis mars 2015, l’entreprise met en relation des consultants
avec des entreprises, PME comme grands groupes, qui ont besoin d’un soutien externe pour leurs projets. Pour s’assurer le concours de consultants expérimentés et d’experts de leurs sujets, la start-up soumet les candidats à un processus de sélection en deux étapes – seulement 50 % d’élu(e)s en fin de parcours. Comatch a été fondé par deux anciens consultants de McKinsey, Christoph Hardt et Jan Schächtele.
La réponse de Bernrhard Ney
Nous avions en tête, dès le début de nous dire cabinet conseil international. Mais comme Brigad, et contrai- rement à AirCall, nous avons établi notre marque dans les régions germanophones, depuis Berlin. En réalité, notre modèle se situe entre celui de mes deux collègues. Il est très important dans notre métier de conseil de travailler avec des consultants locaux, des clients locaux, d’être bien présent sur un marché, avoir un toit, comme on dit chez nous et atteindre la masse critique de consultants triés sur le volet. Nous avons travaillé plusieurs « géographies » l’une après l’autre, mais en sachant pertinemment que nos clients sont des grands groupes internationaux qu’il faut accompagner là où ils sont.
Le premier grand marché hors Allemagne, après le Bénélux et les pays scandinaves visés dès 2015 et 2016, c’était ou la France ou le Royaume-Uni. Nous avons opté pour la France qui constitue le premier grand marché après l’Allemagne, et la même année le Moyen-Orient. Mais très vite, dès 2018, nous ouvrons notre bureau de Londres où le marché des consultants indépendants est mature ‒ la France présente désormais aussi de bonnes tendances vers le consulting indépendant (et cette année aussi, l’Italie, l’Espagne, le Portugal). Au-delà, nous réfléchissons à notre vision 2025. Même si nous avons vendu des projets aux États-Unis, au Japon, en Chine et que nous parvenons à servir nos clients un peu partout, décider dans quelle région du monde nous allons nous installer est encore prématuré, quand bien nous savons que les États-Unis sont forcément une cible privilégiée. Nous sommes en Europe leader sur le marché du conseil et l’expansion maximale est une idée attirante. Mais à condition de nous montrer forts dans les « géographies cœur ». Il est im.portant de servir les clients dans chaque pays et de faire en sorte que les consultants de talents soient attirés par cette perspective de mouvements à l’international.
  Philippe Bloch
Conférencier, animateur et entrepreneur (Fondateur de Columbus Café)
Auteur de « Tout va mal... Je vais bien ! » et de « Startup Academy » (Ventana Editions)
S A l'école des startups
tart-up : mot féminin en sept lettres dési-
gnant une entreprise surgie de nulle part et
capable d’apporter avec peu de ressources dans un contexte de grande incertitude une ré- ponse rapide et disruptive à un besoin existant, mais jusqu’alors mal adressé.
Quelle que soit la définition qu’on lui donne, ce phénomène objet de tous les regards à travers le monde intrigue autant qu’il fascine ou inquiète, à mesure qu’il révolutionne les usages de notre quotidien et que les jeunes pousses françaises partent à la conquête du monde. Aucun secteur d’activité n’échappe plus à leurs attaques, semant un vent de panique dans la « vieille économie » et provoquant d’innombrables remises en cause au sommet des tours de La Défense autant que de Wall Street.
Si aucune entreprise ne se pose plus désormais la question du « pourquoi » entamer ou accélérer sa transformation digitale (« disruptez ou soyez
disrupté ! »), toutes s’interrogent grâce à elles sur le « quoi » accélérer, et plus encore sur le « com- ment » y parvenir. Car derrière le mot transfor- mation se cache une modification en profondeur de la culture de l’entreprise, son business model, son organisation en silos, ses priorités, ses valeurs, ses modes de travail, etc., afin qu’ils soient tous alignés sur une même vision inspirante. Comment retrouver l’agilité et la créativité de leurs débuts ? Comment s’inspirer de ces micro-entre- prises dirigées par des gamins d’autant plus agaçants qu’ils bénéficient d’un avantage extraordinaire, à savoir une maîtrise aussi intuitive que parfaite du Web et des outils numériques avec lesquels ils sont nés, et dont le coût n’a cessé de baisser depuis dix ans ? Comment être ou redevenir cool ?
Jamais nos repères n’avaient tous été bousculés en même temps. Jamais dans l’histoire de l’humanité les jeunes générations n’avaient bénéficié d’un tel avantage stratégique et d’une telle longueur
d’avance sur celles qui les ont précédées. Jamais le pouvoir de la jeunesse n’avait semblé menacer autant celui de l’expérience. Jamais la marche naturelle du monde et de la transmission n’avait ainsi été bouleversée. Jamais l’absence d’appar- tenance à une famille, une caste ou une classe sociale n’avait aussi peu handicapé la capacité à vivre ses rêves et à afficher ses ambitions. Après « Tous entrepreneurs ! » serait donc venu le temps du « Tous startuppers » ! Dans les sièges sociaux comme dans les usines ou les magasins ayant pour le moment résisté au rouleau compresseur Amazon, chacun est désormais prié de
se réinventer pour ne pas programmer trop vite son enterrement. Pour y par- venir, une seule solution : développer l’esprit d’entreprise. Le véritable secret de la planète start-up, qui en est l’incarnation la plus récente.
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Perspective
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EN COUVERTURE
 Régions & Territoires
Le témoignage de conseils à l’export et de start-up émancipées
Accroître son marché, diversifier ses risques ou concevoir un produit d’emblée planétaire...
 Selon une étude de Stripe et VB Profiles (2017), 98 % des start-up créées en France il y a moins de trois ans réalisent déjà du chiffre d’affaires à l’international. Elles engendrent en moyenne un quart de leur résultat hors frontières hexagonales. Cette nouvelle norme s’est notamment concrétisée grâce à une forte baisse des barrières financières à l’entrée pour lancer l’activité. Voyage dans la France qui raisonne monde.
  Signe du dynamisme des jeunes pousses tricolores en matière
d’implantation internatio- nale, plus de 200 filiales ont été créées en 2016, soit une augmentation de 20 % par an depuis 2006, selon une enquête réalisée par le cabi- net de conseil à l’internatio- nal Pramex. Les États-Unis (37 %) et l’Europe (30 %) constituent les marchés privilégiés des start-up de l’hexagone où elles réalisent en moyenne deux tiers de leur chiffre d’affaires à l’in- ternational. Sur le Vieux Continent, Londres reste le premier hub d’implantation. La place bénéficie de la ma- turité de son marché et de sa réputation de facilitateur d’accès à l’Amérique. Mais, depuis quelques années, les jeunes pousses françaises s’orientent également vers l’Allemagne et l’Espagne (hub de Barcelone). Même si l’Asie demeure rarement la priorité des acteurs tri- colores, les zones très ma- tures comme Hong Kong et
Singapour attirent de plus en plus de start-up qui ont l’ambition de pénétrer le marché asiatique.
une cuLture d’embLée internationaLe
Cette tendance à l’export ne reflète pourtant pas un quel- conque ADN : les entreprises françaises exportent peu en comparaison de leurs voi- sines. On compte en France « seulement » 120 000 ex- portateurs, contre 300 000 en Allemagne. « Il s’agit là d’un vrai déficit qui découle
de plusieurs blocages : la langue et les appréhensions culturelles, d’une part, les difficultés de recrutement des bons profils, dotés d’une culture internationale, d’autre part », estime Cédric Valton, ancien responsable du déve- loppement international de Banque Populaire Rives de Paris et fondateur de MyDi- rex, service de direction de l’export externalisée pour répondre aux besoins des jeunes pousses. En ce sens, les start-up tendent à bouscu- ler les carcans traditionnels des business models français.
L’appétence précoce desdites start-up pour un développe- ment à l’international répond à plusieurs enjeux. « Dans un marché français atomisé où la croissance est limitée, c’est une source de volumes, de business additionnel. Il s’agit de profiter de la bonne santé des autres marchés, analyse Cédric Valton. C’est aussi une source de diversifi- cation des risques. Une façon de réduire sa dépendance à un marché. » Parce qu’elles naissent « mondiales » et dis- posent d’emblée de produits ou solutions adaptables par-
tout, « les start-up se lancent à l’international quand elles arrivent au bout de leur pre- mier marché, qui, dans le nu- mérique, devient vite étroit », ajoute Odin Demassieux, responsable du programme d’accélération des start-up du pôle de compétitivité Cap Digital. « Il ne nous était pas possible de maintenir 100 % de croissance sur un seul marché : la question de l’in- ternationalisation s’est donc rapidement posée », témoigne Joseph de Villèle, directeur Europe d’ABTasty, dont la solution consiste à tester et
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Penser « monde » d’em- blée : incontournable ?
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à personnaliser des pages Web pour en améliorer le taux de conversion en clics. L’international apparaît ainsi comme une garantie de crois- sance et de pérennité. Pour autant, se lancer trop tôt sur les marchés internationaux « aboutit à des échecs : il faut se montrer en capacité de mobiliser des ressources importantes en termes finan- ciers et humains, mais aussi d’intégrer un nouveau marché
sibles : par l’intermédiaire de distributeurs locaux, en direct via des marketplaces, par la création de filiales ou encore par l’acquisition de sociétés déjà riches de res- sources humaines, de brevets et autres accès au marché », énumère Cédric Valton. Pour Odin Demassieux, une autre option consiste à s’adosser à un grand compte français. « Partir à l’international avec un client grand compte im- plique, une fois sur place, une double mission : ser- vir le grand compte et aller chercher d’autres clients. » Une option potentiellement risquée si mal anticipée. « Les start-up doivent être prêtes ou assez matures pour affronter un nouveau mar- ché. » poursuit l’expert. Chaque parcours, finalement, reste unique. Il se définit à l’aune de l’offre et du mar- ché. Après une première tentative avortée, la start-up Dydu (pour Do You Dream Up, « réalisez vos rêves »), qui propose des chatbots pour le support client ou en usage interne, a opté pour une internationalisation via des partenariats. « Au départ, nous avons envoyé un VIE (Volontaire international en entreprise) au Royaume-Uni, mais nous avons vite réalisé qu’une équipe complète sur place était nécessaire. Mais cette option était alors pré- maturée », raconte Cyril Texier, co-fondateur de Dydu. « Notre choix s’est finalement orienté vers une stratégie de partenariats : nos solutions sont diffusées par des in- tégrateurs. C’est ainsi que nous avons pénétré plusieurs marchés : les États-Unis, le Brésil, le Canada. »
Chez ABTasty, une équipe dédiée a été constituée à Paris autour de profils inter- nationaux. « Après un échec en Australie par manque de préparation et de stratégie, notre idée était d’élaborer un modèle depuis Paris avant d’ouvrir un bureau sur des marchés identifiés comme matures. L’équipe pilote a pu rapidement séduire les premiers clients, retrace Jo-
seph de Villèle. Après une levée de fonds en 2016, nous avons commencé à ouvrir des bureaux en Europe avec des équipes aux profils variés. Pour chaque bureau, nous avons recruté un manager local qui connaît bien le mar- ché et envoyé quelqu’un du siège pour diffuser la culture de l’entreprise », poursuit-il.
ouvrir un bureau... ou pas
Du côté d’Adomik, fondé en 2012 par deux anciens d’Orange pour développer une solution analytique des- tinée aux éditeurs de plate- forme, les premiers clients se recrutèrent hors de France, britannique pour l’un, alle- mand pour le second. « Ce n’est qu’une fois avoir atteint une quinzaine de clients au Royaume-Uni que nous avons ouvert un bureau sur place pour poursuivre notre développement sur ce mar- ché et atteindre 30 clients », rappelle Nicolas Schueller, cofondateur et CEO d’Ado- mik. En obéissant à la même logique, la start-up vient de s’installer au Japon et sera bientôt en Allemagne. Pour mettre un premier pied sur de nouveaux marchés, Adomik recourt à des agents locaux, « des ambassadeurs Ado- mik ». Avec cette approche, la jeune pousse est présente dans 22 pays, dont l’Espagne, Singapour, l’Australie.
La stratégie de ContentS- quare, le spécialiste de l’analyse de l’expérience utilisateurs créé en 2013, cumule plusieurs modèles de déploiement à l’international. Un premier stade consiste à assurer une présence sur les marchés stratégiques. « Nous nous sommes rapidement implantés au Royaume-Uni, d’abord en raison de la proxi- mité géographique, ensuite parce que ça facilite l’accès au marché américain, notre deuxième lieu d’implanta- tion, avant l’Allemagne », retrace Pierre Casanova, Chief Revenue Officer de ContentSquare. La seconde étape, qui correspond aux plus petits marchés, est pilo-
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     Start-up françaises : jusqu’à dix nationalités sur un même plateau
tée depuis Paris. Enfin, pour les marchés plus lointains, principalement asiatiques, la société s’appuie sur des partenariats. Pour Pierre Casanova, il s’agit d’un « mo- dèle moins gourmand en cash qu’une installation ». Il existe ainsi autant de che- mins vers l’international que de jeunes pousses. En l’absence de recette miracle,
la clé du succès. Sinon, se retrouver contraint de mo- difier sa stratégie en cours de route risque de coûter très cher, jusqu’à mettre en danger la survie même de la société. » « Notre premier séjour aux États-Unis, alors que l’entreprise n’avait pas encore un an, a été un fiasco, admet Sylvain Tillon, cofon- dateur de Tilkee, solution
qui est recherchée. On a mis du temps à comprendre ces codes. Avec le recul, on a beaucoup appris de ce premier échec, intervenu heureusement très tôt. On a compris que le recrutement d’agents locaux était indis- pensable pour comprendre le marché local et adapter le produit. »
connaître son marché pour s’y adapter
En premier lieu, une bonne connaissance des marchés, de leur maturité et de leurs opportunités est indispen- sable. « Il faut avant tout s’assurer que sa proposition de valeur est audible sur le marché visé. Il faut anticiper par exemple la question de la monétisation : le modèle de facturation à l’usage est impensable dans certains pays comme le Brésil, recom- mande Odin Demassieux. Il faut s’acculturer, tropicaliser son offre. » S’impose la lo- gique du « product/market fit », il s’agit de faire corres- pondre son offre aux attentes et besoins du marché visé, sans sous-estimer l’effort d’adaptation requis. Plusieurs approch es existent pour appréhender et connaître un marché, notamment par la fréquentation d’événements dédiés (salons profession- nels principalement) ou par le rachat d’un concurrent pour sa connaissance du marché et de ses ressources
 Une stratégie d’export ne s’improvise donc pas : s’il faut l’envisager
dès le départ, il ne faut pas se précipiter.
 en adaptant son offre, voire en proposant des services spécifiques », insiste Odin Demassieux.
chemins muLtipLes mais parcours unique
Une stratégie d’export ne s’improvise donc pas. S’il faut l’envisager dès le dé- part, ne pas se précipiter relève d’une tactique positive. Dans un premier temps, il est essentiel de définir son modèle d’export. « Selon les secteurs et l’offre proposée, plusieurs options sont pos-
c’est bien la préparation qui déterminera le succès. Penser le produit, l’organisation et le marketing en amont ap- plicable à un marché plus large apparaît indispensable. Cédric Valton : « Même si la temporalité et la manière d’y aller varient selon les secteurs d’activité et les marchés, l’anticipation est
de tracking des documents stratégiques. Notre solution n’avait alors pas d’intérêt sur ce marché, notamment en raison de notre culture française, orientée par la réglementation européenne en matière de protection des données. Aux États-Unis, ce point n’est pas déterminant, c’est l’ultrasimplification
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]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[Régions & Territoires
EN COUVERTURE
  humaines. Se rapprocher des « sachants du marché » constitue une autre option. « S’appuyer sur les écosys- tèmes constitués localement autour de clusters, histoire de récolter les feedbacks des acteurs du marché et d’identifier des partenaires potentiels », propose Odin Demassieux.
Avant de se lancer aux États- Unis, ABTasty a, entre autres, intégré le programme d’accé- lération de start-up « ubi i/o » de Bpifrance (aujourd’hui baptisé Impact) en 2015. « Trois membres de l’équipe ‒ Sales, Opérations, CEO ‒ ont suivi une formation accélérée et intense pour apprendre à “scaler” sales et marketing, à intervenir et “pitcher” la solution devant un public, à construire son réseau, etc. », se souvient Joseph de Villèle. Une trentaine de recrute- ments sont en cours pour l’ouverture d’un bureau à San Francisco, autour d’un des fondateurs. Dans la même perspective, la jeune pousse s’est appuyée sur Bpifrance, La French Tech et le fonds Korelya Capital, lancé par l’ancienne secrétaire d’État au numérique, Fleur Pellerin, pour appréhender le mar- ché asiatique. « Nous avons ainsi acquis une meilleure connaissance du marché et avons pu identifier un lieu qui nous permette de nous rapprocher de nos clients australiens, thaïlandais et japonais ». La porte d’entrée d’ABTasty vers l’Asie vient ainsi d’ouvrir ses portes à Singapour.
Au-delà des phases explora- toires, s’entourer de profils expérimentés et de talents locaux, notamment pour les postes de commerciaux ou dédiés à la recherche de par- tenariats, sera un atout pour accélérer une implantation. « Partir avec une équipe française à l’étranger, c’est prendre le risque de se brûler les ailes : ça revient cher et se révèle souvent inefficace. Il faut recruter des natifs. Le business sera mieux appré- hendé », note Cyril Texier.
Recruter des collaborateurs qui connaissent le marché, ainsi que les habitudes cultu- relles et commerciales se révèle bien souvent un pré- alable judicieux. « Le recru- tement représente la moitié de la réussite, estime Nicolas Schueller. C’est ce sur quoi on passe le plus de temps, car il faut s’assurer que la culture de l’entreprise est bien comprise et partagée. On n’ouvre pas de bureau tant qu’on n’a pas trouvé le bon profil ! »
une équipe
bâtie pour L’internationaL Platform.sh a opté pour le choix ambitieux d’une direction et d’une équipe « distribuées » afin de « ré- pondre, dès le départ, aux enjeux d’une entreprise mondiale », indique Ori Pekelman, co-fondateur et Chief Product Officer de Platform.sh, société open source. Elle qui propose une plate-forme applica- tive en tant que services (PaaS) pour le secteur du
e-commerce. La start-up n’a pendant longtemps disposé que d’un seul bureau à Paris pour accueillir les clients et les stagiaires, quelle que soit leur origine géographique. Du coup, 10 % seulement de l’ensemble des effectifs de 75 personnes travaillent dans les locaux de l’en- treprise. Les autres sont en télétravail ou ont opté pour le coworking (lire ÉcoRéseau Business n° 53). « Une façon d’être partout où sont nos salariés : 40 % de la force de travail est en
Europe (20 % en France), mais nous sommes présents en Nouvelle-Zélande, en Chine, à Hong Kong, en Inde, au Japon, en Amé- rique du Nord, mais aussi en Colombie, au Brésil et en Argentine », se félicite Ori Pekelman. Tous les échanges s’établissenten anglais et à l’écrit, ce qui réduit les problématiques d’accent à l’oral et permet à tous de participer, même les employés sourds. Ce modèle fluide offre un service sur toutes les zones géogra-
une véritable guerre des talents. Travailler sur une marque employeur qui attire les meilleurs profils, notam- ment les plus internationaux, est une nécessité si l’on veut grandir à l’internatio- nal. On constate d’ailleurs qu’après une première levée de fonds, la composition du staff évolue rapidement à l’international. » C’est dans cette perspective qu’AB- Tasty a mis en place une politique de mobilité en interne. « Faire évoluer les profils dans les multiples bureaux se révèle une vraie richesse. De quoi participer à la création et à l’homo- généisation d’une culture commune », confirme Jo- seph de Villèle. Ou bien le choix va-t-il s’orienter sur l’installation d’un di- rigeant sur le marché visé afin d’insuffler au sein de l’équipe locale la culture de la société. La présence d’un décisionnaire se révé- lera un facteur de réussite dans certains pays comme les États-Unis. « Il rassure les clients et les équipes sur place dans un contexte de concurrence où il faut fidéli- ser les talents, estime Pierre Casanova. C’est également un gage de réactivité en cas d’évolutions du marché. » Sans mode d’emploi stan- dard, l’internationalisation apparaît donc comme un parcours propre à chaque start-up. Il n’empêche que l’anticipation, l’adéquation du produit au marché et la capacité à assumer les coûts humains et finan- ciers apparaissent comme des prérequis fondamen- taux à l’aventure interna- tionale. « Il faut prendre son temps, ne pas se pré- cipiter, y aller par étapes et, surtout, ne pas lésiner sur les moyens humains et prendre les meilleurs que l’on puisse se payer. Car la croissance d’une entreprise est avant tout une aventure humaine », conclut Pierre Casanova. Et ça, c’est un
langage universel...
  Ne pas lésiner sur les moyens humains
et prendre les meilleurs
que l’on puisse se payer. Car la croissance d’une entreprise est avant
tout une aventure humaine
phiques et tous les fuseaux horaires. « Nous sommes disponibles en permanence pour nos clients, poursuit le fondateur. Nous assurons aujourd’hui une présence commerciale uniquement sur les gros marchés : États- Unis, Allemagne et Chine. » Platform.sh va s’appuyer sur une culture internationale et recruter partout sur la planète. « Paris, Londres, Berlin, San Francisco sont des marchés déjà saturés où les profils sont rares. Sans bureau, on recrute des talents partout », s’envole Ori Pekelman.
Odin Demassieux confirme le constat : « On assiste à
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]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[SOCIÉTÉ
 France
Politique
Les six réformes clés de la start-up nation...
    Prélèvement à la source, loi Pacte, réforme
de l’assurance chômage... Petit résumé synthétique et décryptage des (grands) chantiers menés... « en même temps » que les entreprises devront intégrer coûte que coûte.
tion précise sur le sujet (lire ÉcoRéseau Business n° 53, page 20), vous être assuré que votre cabinet comptable vous présentera des bulletins de salaire ad hoc (TPE/PME).
Loi pacte : tentacuLaire
L’enjeu : booster d’un point le PIB français, c’est l’objectif très ambitieux de la loi Pacte (Plan d’action pour la crois- sance et la transformation des entreprises) dont les 73 articles portent sur les tous les aspects de la vie des PME. Comme doper l’épargne sa- lariale, supprimer le seuil d’effectifs de 20 salariés dans
défendue par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, la loi Pacte ancre, selon lui, « la politique du gouvernement dans la logique pro entreprise », défendue par Emmanuel Macron.
Le calendrier : examinée depuis septembre 2017 par une commission spéciale de l’Assemblée nationale, cette loi tentaculaire – casus belli pour l’opposition – devrait connaître moult amendements. L’essentiel des mesures pré- vues n’entrera pas en vigueur avant 2019.
Ce que vous devez déjà avoir fait : mis tous vos services en veille et pris langue avec les représentants syndicaux.
vers L’assurance- chômage
« universeLLe » ? L’enjeu : c’est l’une des me- sures phares de ce quinquennat : l’extension des indemnités chômage aux salariés démis- sionnaires et indépendants. Si le projet d’assurance chô- mage « universelle » relève, a priori, de l’agenda social du gouvernement, moult critères restrictifs s’imposent : durée d’affiliation minimale de cinq ans, poursuite d’un projet d’évolution professionnelle, de reconversion, de formation ou de création d’entreprise. Les obstacles : le sujet hé-
favorable aux plus qualifiés. Le calendrier : pas de mise en œuvre prévue, les négociations débutent à peine. Syndicats et patronat ont eu leur premier rendez-vous fin août avec le cabinet de la ministre du Travail, Murielle Pénicaud. Ce que vous devez déjà avoir fait : pas grand-chose, c’est trop tôt. Restez en veille.
ce qui reste des pLans impaLpabLes à portée indirecte pour L’entreprise
Plan pauvreté ou pauvre plan ? Huit milliards d’eu- ros pour « éradiquer le dé- terminisme de la pauvreté et les inégalités de destin ». Virage social très attendu du quinquennat, le plan pauvreté vise à passer d’une « logique de prestation monétaire » au développement de « l’accom- pagnement social » dans un pays qui compte 9 millions de « pauvres ». Et ce, via une kyrielle de mesures : fusion des aides sociales pour instau- rer un seul et unique « revenu universel d’activité » (dans lequel Benoît Hamon, le te- nant dudit revenu universel, dénonce un faux-semblant), formation obligatoire pour les 16-18 ans, création d’un nouveau service public de l’insertion, plus de places en crèches dans les communes
Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités.
Le big bang de la santé :
« Créer un nouveau système de santé pour les cinquante prochaines années ». Voca- tion du plan santé dévoilé par l’exécutif et structuré en 54 mesures destinées à en finir avec un modèle à bout de souffle qui mêle urgences satu- rées et malaise des soignants. Parmi les mesures phares : injecter 3,4 milliards d’eu- ros d’ici à 2020, créer 4 000 postes d’assistants médicaux, réformer les études médicales via la suppression du numerus clausus ou encore changer le mode de paiement des actes. Le calendrier : l’examen de la loi Buzyn devrait avoir lieu début 2019.
Transformer la fonction publique : ne pas faire de la réduction de 120 000 postes de fonctionnaires ‒ promise par le président ‒ l’alpha et l’omega de la réforme actuelle de la fonction publique : une position d’équilibriste adop- tée par le gouvernement qui souhaite une transformation en profondeur de l’action publique (dialogue social, recours élargi aux contrac- tuels, mobilité, y compris vers le secteur privé). Avec toutefois un objectif très prag- matique à la clé : améliorer les comptes publics de 30 milliards d’euros d’ici à 2022 ! Les neuf fédérations syndi- cales du secteur ont exprimé leur désaccord face à une telle réforme propre à «casser le statut des fonctionnaires » et réduire leurs effectifs. Le calendrier : les concertations ont repris en septembre et seront suspendues lors des élections professionnelles dans la fonction publique, le 6 décem.bre.Legouvernement ambitionne de présenter un projet de loi d’ici à la mi- 2019.
 Charles Cohen
Pour Emmanuel Macron, c’est la rentrée de tous les dangers. Pour les chefs d’entreprise aussi. Sur fond d’affaire Benalla pour le président, en chute libre dans les sondages, sur fond de croissance revue à la baisse pour les entreprises en quête d’un second souffle.
Le préLèvement fiscaL à La source : Le choc sera psychoLogique L’enjeu : ce serpent de mer fiscal qu’est la retenue à la source de l’impôt sur le revenu va abaisser « méchamment » le salaire net mensuel des Français/es, mais pas leur revenu annuel. Oui, bien sûr, la France était l’un des tout dernierspaysàpréleverpar tiers et par solde annuels. OK, ça se passe « bien », ailleurs dans le monde, même quand
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l’entreprise se mue en per- ceptrice. Mais il n’empêche que cette année 1, à partir de janvier 2019, constituera un impact psychologique sur l’opinion.
Les acteurs : la réforme est portée par le ministre de l’Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin et le Premier ministre Édouard Philippe qui en ont fait une affaire personnelle, face à un Emmanuel Macron hésitant au regard d’un tel dossier explosif. Il est vraisemblable que la technologie suivra avec son pourcentage minime de bogues.
Le calendrier : après moult tergiversations et velléités de report, l’application de la réforme sera finalement bienmiseenœuvreenjan- vier 2019 !
Ce que vous devez déjà avoir fait : engrangé une informa-
Booster d’un point le PIB français, c’est l’objectif très ambitieux du Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises (loi Pacte).
   les entreprises pour alléger les obligations qui y sont asso- ciées ou encore protéger les intérêts tricolores en intégrant l’IA ou la cybersécurité dans la liste des secteurs relevant d’uneprocédured’autorisation avant rachat par un groupe étranger.
risse déjà les syndicats qui voient venir une baisse des droits camouflée. Il divise aussi bon nombre d’experts qui décrient un régime d’as- surance-chômage à « double vitesse»selonlesprofilsde demandeurs d’emploi : très peu généreux envers les plus éloignés de l’emploi et très
pauvres... Le calendrier : si les premières mesures se- raient appliquées dès 2019, l’exécutif ne prévoit qu’en 2020 l’adoption d’une loi sur le revenu universel d’activité, avecuneconcertationlan- cée dans les six mois pour choisir les allocations qui seraient concernées, selon
Les acteurs : ardemment
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]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[                                 Exemple pour un Prêt BFM LIBERTÉ(1) AUTO de 2 000 € sur 12 mois : taux débiteur annuel fixe de 0,99 %, soit un TAEG fixe de 1 %. Mensualités de 167,56 € (hors assurance DIT(2) facultative). Montant total dû : 2 010,72 € (sans frais de dossier et hors assurance DIT(2) facultative).
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            ]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[SOCIÉTÉ
 Monde
2e pays le plus peuplé, 7e pays du monde par sa superficie, 6e nation économique
L’Inde est un slumdog millionnaire...
   Le 10 juillet 2018, la Banque Mondiale a donné le blues à l’ego français : pour la première fois, le PIB de l’Inde dépassait celui de la France et l’hexagone est passé au septième rang des économies mondiales. 6e des puissances économiques mondiales – en neuvième position en 2015 ! – le géant indien va poursuivre son surgissement économique. Pour le meilleur. Et pour le pire.
de moins de 25 ans), fait alors le choix d’entrer dans la mondialisation. « À par- tir d’une crise économique sévère en 1991, un gouver- nement indien minoritaire au Parlement a déclenché des réformes économiques englobantes qui ont permis à l’Inde d’atteindre rapide- ment des taux de croissance de plus de 6 %, explique Basudeb Chaudhuri, maître de conférences en économie à l’université de Caen, les réformes alors entreprises par le gouvernement orga- nisent la libéralisation de l’économie autour de quatre axes : la déréglementation industrielle, l’ouverture des entreprises nationales, l’amé- nagement du système fiscal et l’assainissement des finances publiques. » Une libéralisa- tion de l’économie qui s’ac- compagne d’une ouverture des frontières. L’inde, pays jadis fermé sur lui-même, s’ouvre au monde.
Le « bureau du monde »
La Chine est devenue « usine du monde » ? Le sous-conti- nent indien est, lui, régu- lièrement qualifié de « bu-
reau du monde ». Et pour cause : l’Inde est aujourd’hui le premier exportateur de services aux entreprises et de services informatiques. Sa main-d’œuvre, jeune et de plus en plus qualifiée, est aussi tout simplement anglophone ! D’où le choix de l’Inde des plus grandes
innovation et maLédictions
La révolution numérique est aujourd’hui le moteur du monde entier ? Imagine-t-on que dès 1968, le gigantesque conglomérat industriel indien Tata avait créé sa division informatique ? Aujourd’hui forte de 300 000 salariés
Chloé Consigny
Le FMI, à son tour, chiffre une croissance économique de l’Inde ahurissante, de 7,4 % en 2018à7,9%en2019.À côté, le Vieux Continent – qualificatif qui semble prendre tout son sens – et la France peinent à maintenir une croissance économique en 2018 de 1,9 (1,8 % pour la France), pourtant réputée « si favorable ». De nom- breux experts estiment que l’Inde devrait atteindre le 5e rang des puissances écono- miques mondiales dès 2019, de quoi faire perdre encore un échelon à la France qu’il va falloir s’habituer à situer en 8e position ! L’ascension
n’est pas près de ralentir. Certains observateurs, à l’instar du Centre for Econo- mics and Business Research (CEBR), estiment que le pays du sous-continent atteindra dès 2027 le troisième rang de puissance économique mondiale, juste derrière les États-Unis et la Chine !
1991, changement de paradigme
Pour comprendre les raisons de cette constante progres- sion, il faut remonter à l’an- née 1991, soit un demi-siècle après la proclamation de l’indépendance. Cet immense pays de quelque 1,3 milliard d’habitants (dont 50 % âgés
L’Inde est aujourd’hui le premier exportateur de services aux entreprises et de services informatiques. Sa main-d’œuvre, jeune
et de plus en plus qualifiée, est aussi tout simplement anglophone !
d’Indiens produisent pour elles chaque jour des « lignes de code », l’or numérique. Les Gafa ne sont pas en reste. Non content de sous-traiter une partie de leur activité à l’Inde, ces géants planétaires créent des succursales sur place, chargées de produire pour l’Occident, mais qui se positionnent auprès d’une clientèle émergente de jeunes Indiens connectés et en de- mande de nouveaux services.
Parmi les plus grandes capi- talisations figure Flipkart, un site d’e-commerce concur- rent d’Amazon. Et d’Alibaba en Chine. Depuis 2011, la jeune entreprise a levé la modique somme de 7,2 mil- liards de dollars. Olacabs, le concurrent indien d’Uber, se contente d’une levée de fonds de 2,5 millions de dollars, tandis que Hike, une plate-forme d’échange sur le modèle de Whatsapp, a réuni des investisseurs pour un tour de table de 261 millions de dollars. La vraie start-up nation a beau inspirer le président français, le modèle est irrattrapable. Est-elle pour autant une su- perpuissance ? Eh bien non. Car ce géant conserve des pieds d’argile que sa crois- sance inouïe fragilise tou- jours davantage. La liste se révèle insupportable : insta- bilité religieuse, terrorisme, castes, instabilité sociale (rébellion naxalite, insur- rection au Jammu-et-Ca- chemire), surpopulation et ressources insuffisantes, pauvreté, corruption, in- frastructures moyenâgeuses, écart croissant entre les riches et les pauvres, dégra- dation environnementale,
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Mumbai (ex-Bombay), capitale financière d’un État richissime miné par ses contradictions
 entreprises mondiales pour la sous-traitance de leurs back-offices, l’administra- tion de leurs systèmes infor- matiques ou encore la mise en place de leurs services après-vente. Autrement dit, toutes les grandes capitali- sations boursières du monde travaillent quotidiennement avec les villes de Bangalore ou Hyderabad où des millions
pour un chiffre d’affaires annuel de 10 milliards de dollars. La France peine aujourd’hui à aligner deux « licornes » (start-up valo- risée à plus d’un milliard de dollars) : l’Inde en compte déjà une dizaine. Selon le classement CB Insights 2017, le continent indien se classe aujourd’hui troisième écosys- tème mondial d’innovation.
fragmentation politique, tensions territoriales, pays voisins instables. Le film de Danny Boyle inspiré du roman de l’écrivain indien Vikas Swarup, Slumdog mil- lionaire (littéralement « Le
pouilleux million. reste le meilleur autopor- trait du « pays de l’Indus ». Écrasant, écrasé.
naire »)
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[SOCIÉTÉ
 L’Œil décalé
Organisation/développement personnel(le)
Organiseurs antiproscrastineurs : sont-ils efficaces ?
 Quel agenda pro utilisez-vous, je vous dirai qui vous êtes. Ou pas.
Les Filofax, Quo Vadis et autres Oberthur ou Exacompta, avec leurs recharges calendriers, feuilles de notes, plans de Paris et autres gadgets de classement ont depuis belle lurette séduit les pros organisés, même si la concurrence des agendas électroniques a calmé les ardeurs de
ces organiseurs papier. Pourtant, une nouvelle race de vademecum séduit les adeptes du développement personnel au travail : les systèmes d’organisation qui vous planifient vos journées et chassent toute procrastination. Deux ténors du genre, le Bullet Journal et le M3 Journal, arbitrent les débats, même s’ils se révèlent très différents. Un point commun : toute votre vie doit se retrouver sur un seul et unique carnet. Avec le bien-être en plus.
d’exemples de réalisations, et va jusqu’à vendre les ac- cessoires qu’elle a testés. Elle était l’experte idéale pour répondre aux questions de base...
l’esprit du Bullet Journal.
Avez-vous constaté autour de vous des exemples flagrants de réussite à travers la bonne utilisation de ce concept ?
méthode qui cartonne » d’ici à quelques mois.
L’affaire cozette
On a cité le M3 Journal. Il est l’œuvre de Damien Cozette, passionné de développement personnel, que son proche passé de project manager a poussé à concevoir sa « Mé- thode 3 », un livret et son complément, le M3 Journal, sorte de Bullet Journal où tout est tracé, jour par jour, étape par étape, heure par heure, avec cette trouvaille de DP étonnante : pour potentialiser à fond votre outil antiprocras- tination, commencez donc par constituer une équipe de copains/copines ou relations professionnelles – idéalement trois membres – et rencon- trez-vous chaque semaine si possible pour faire le point, vous émuler, vous entraider. « C’est le gros avantage de la méthode, soutien Damien Cozette. Susciter une moti- vation collective, à la ma- nière de Weight Watchers. » Se réclame-t-il du BuJo ? « L’approche est radicalement différente. Ou plutôt complé- mentaire. » Une grosse diffé- rence, malgré tout : autant le BuJo de Caroll ne coûte que le carnet et le stylo, autant la Méthode 3 de Cozette repose sur un système d’abonnement trimestriel à 30 euros, que l’on complétera au besoin par le jeu de cartes mis au point par le cerveau fertile du créatif (et autres outils à venir) qui cherche à nous faire sortir de notre « zone de confort ». Un constat : face au succès de sa méthode, l’ex-salarié a créé sa start-up, DoersWave, et accompagne depuis 2017 la vie de quelque 20 000 convaincu(e)s dans 79 pays. Éloquent.
* Créatrice du Bullet Agenda, très féminin dans la forme.
 Olivier Magnan
  Tout est né de l’idée d’un designer new-yorkais, Ryder Carroll, qui a
conçu pour lui le « journal » de ses journées en envoyant paître ces agendas tout faits, avec leurs calendriers et leurs to do lists. Lui a pris un car- net vierge, et, page après page, il a créé son système « à la main » d’enregistre- ment rapide (rapid logging)
à l’aide d’un petit système de picto-codes à puces (les fameuses bullets). Avantage insigne, c’est gratuit ! Il suffit de prendre le temps de suivre les règles (bulletjournal.com), de choisir le carnet adapté et de pratiquement dessiner sa vie. Quand on maîtrise la « syntaxe » des • et autres O,–,*ou!,resteàsecréer son calendrier puis donner
libre cours à son inspiration, jusqu’à consteller son carnet de dessins, schémas dont on retrouvera le détail par la création, dans les premières pages, d’un « index » à sa me- sure. Les initié(e)s nomment familièrement leur création portative « BuJo ».
Julie, une pro du journaling, donne sur son blog (jour- naling.fr/blog) quantité
q/r d’une bujo addict...
À qui vraiment s’adresse le concept du BuJo ? Chacun peut s’emparer du concept et l’adapter à ses be- soins. Dans ma clientèle, j’ai tout type de profil. Femmes actives, jeunes cadres, ensei- gnants, chefs d’entreprise, mamans dynamiques... Ils l’utilisent pour le travail ou, au contraire, pour organiser leur vie perso ou bien en- core stimuler leur créativité.
Pourquoi le concepteur n’a- t-il pas jugé utile d’en tirer un produit préformaté ? Parce que la partie « ma- nuelle et écrite » du concept fait partie intrinsèque de la démarche ?
Je pense que le concept repose sur la liberté et le sur-mesure. Il y a autant de BuJo qu’il existe de « bujoteurs(ses) ». Lorsque vous interrogez les utilisateurs accrocs à cette méthode, l’idée d’un produit préformaté est tout simple- ment inconcevable pour eux. Ce n’est pas du tout dans
Moi, la première. Si je me tiens à mon BuJo, mon temps de travail est réduit d’environ 30 %. Je procrastine moins, je vais à l’essentiel. Mes jour- nées sont toutes tracées ! Je l’utilise tous les jours pour ne rien oublier. Je n’ai plus d’agendas, trop contraignant pour moi, j’ai besoin d’être libre, d’avoir de la place etc. Les produits préformatés ne le permettent pas.
Les exemples du Bullet Jour- nal, du M3 Journal ou même du Bullet Agenda de Powa (chez Solar)* ne semblent pas avoir donné naissance à une kyrielle de vocations chez d’autres concepteurs. Faut-il en conclure que le concept restera très limité ? Je pense qu’il existe plein d’autres concepts existants ou à venir mais qu’ils sont simplement moins connus pour l’instant... Il faut le temps qu’ils émergent ! Jetez un œil à KickStarter, il y a très régulièrement des pro- positions de planner/méthode de planification à visée pro... Je ne serais pas surprise de voir arriver une « nouvelle
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]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
   Le carnet des nominations
en partenariat avec
u Boiron
Valérie Poinsot, 49 ans, maîtrise marketing et gestion - Université de Dijon (1991)
est promue directeur général
uFédération Bancaire Française (FBF) Laurent Mignon, 54 ans, HEC (1986)
est élu pour un an au poste de président
uHaBitat France (groupe caFom) François Rosset, diplôme d'ingénieur civil - Mines ParisTech (1992)
est nommé directeur général
u HelloWork
Jérôme Armbruster, Université Paris-VI (1996) est promu président
uinstitut national de la propriété industrielle (inpi)
Pascal Faure, 55 ans, Télécom ParisTech (1988)
est promu directeur général
u ionis-stm
Cécile Frankart, doctorat en biologie cellulaire - Université de Reims (2002)
est promue directeur
ukia motors France
Jonghyun Kim, MBA international business ma- nagement - Hankuk University of Foreign Studies (2002)
est promu président
umitsuBisHi motors europe (mme) Bernard Loire, 52 ans, executive programs lea- dership and finance - IESEG School of manage- ment (2016)
a été promu président et chief executive officer
usolimut mutuelle de France Carole Hazé, 44 ans, DEA sciences politiques a été nommée président
                                VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?
Nomination, les 200 000 décideurs
Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr
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qui font le business en France !
DU CÔTÉ DES INCUBATEURS
 The Warehouse, incubateur de Cdis- count : pénibilité et productivité Cdiscount inaugure un incubateur à Canéjan
au sud de Bordeaux, pile à l’occasion de ses
vingt ans. The Warehouse adopte une théma- tique d’incubation inattendue, la diminution de la pénibilité du travail et du gain en productivité. Les start-up incubées se partagent un entrepôt de 300 m2 pour expérimenter leur innovation en conditions réelles. Les robots, les exosquelettes, la chaîne d’emballage, la prévision des ventes, les processus de livraison... tout ce qui fait la vie de la plate-forme de vente en ligne sera passé au crible des aménagements proposés. Chez celui qui se positionne colle le premier e-commerçant français, la gestion de la supply chain est tout sauf discount.
 Le Business Park Incubation accélère les particules
À Villigen, en Suisse, le Cern (Organisation eu- ropéenne pour la recherche nucléaire) a inauguré le Business Park Incubation à destination des start-up spécialisées dans les technologies de... l’accélération de particules ! Aimants, capteurs, détecteurs, technologies du vide, autant d’axes de recherche sur lesquels travailleront les start-up au service du laboratoire scientifique. Le premier incubateur de ce type au monde.
 Le CNRS incube l’info scientifique Le Centre national de la recherche scientifique et l’Amcsti (Association des musées et centres pour le développement de la culture scientifique, technique et industrielle) viennent de lancer un incubateur de médiation scientifique. Programme :
diffuser la culture scientifique à l’échelle nationale en vulgarisant des propos complexes, inventer des pro- jets de médiation innovants dans les centres de culture
scientifique et les musées, présenter l’état de la recherche actuelle en France. Thème de l’an- née : Les système complexes (les thèmes seront renouvelés chaque année). Nom de l’incubateur : Projets de médiation scientifique. Le dispositif CNRS Com’Lab est partenaire.
APPLIS AU HIT
 Un Mooc de financement au féminin Des Elles pour financer son entreprise annonce par clin d’œil le Mooc lancé par la Fondation Entreprendre. Pour sa troisième édition, ce « Massive Open Online Course » ‒ équivalent français, cours en ligne accessibles à tous avec l’ajout de à grande échelle (Massive), ce qui fait un petit sigle sympa et longuet, Celatage... Le Mooc, donc, espère fédérer plus de 3 500 femmes entrepreneures. À travers cinq sessions (sur six semaines et pour un total de neuf heures de
cours), ce cours en ligne soutenu par Axa France explique de manière ludique et pédagogique comment rechercher un financement. Ҫa tombe à pic puisque 35 % de l’entrepreneuriat féminin déclare avoir besoin de soutien côté financement.
 LeanCam, suivre la performance de vos machines
Collecter massivement des données, bien. Savoir les analyser et les comprendre, mieux. Dans les ateliers, l’application LeanCam éclaire les docu- ments papiers et évite à un opérateur ou à un chef d’équipe de synthétiser les multiples documents dans un nouvel habillage. Pannes, maintenance, informations de production, temps de fonction- nement... LeanCam photographie ou scanne les documents, retient les informations pertinentes et génère un tableau Excel. En un coup d’œil, c’est le fonctionnement de l’ensemble du parc de machines de l’entreprise qui s’affiche, à la clé l’amélioration de leur usage.
 Freshping, veiller au fonctionnement du site
L’outil Freshping surveille le bon fonctionne- ment du site (jusqu’à 50 adresses URL) et pré- vient d’un couac par mail ou SMS ‒ un check
par minute. Freshping couvre dix grandes aires géographiques mondiales.
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
    E-commerce : c’est « e » ou rien
Selon la Fevad (Fédération du e-com- merce et de la vente à distance), au premier trimestre 2018, l’e-commerce a augmenté de 13 % par rapport à la même période en 2017. Un marché de 22,8 milliards d’euros pour 334 mil- lions de transactions en ligne. Les entreprises qui proposent des biens ou des services semblent désormais tenues de mettre en place commerce numérique et vente en ligne. Portes d’un marché mondial.
FINANCE ET LÉGISLATION
 2e trimestre mitigé pour les TPE et PME
Selon l’Ordre des experts-comptables, l’activité des TPE-PME connaît un cinquième trimestre de hausse consécutive au deuxième trimestre 2018 (2 %). Si le chiffre
d’affaires est en hausse sur les quatre derniers trimestres (2,1%), la croissance économique se tasse et l’investissement faiblit (-3,3%). La Bretagne, l’Auvergne-Rhô- ne-Alpes et les Pays-de-la-Loire caracolent en tête des régions où la croissance est la plus élevée. La Bretagne et La Réunion re- présentent les deux régions dont le montant des investissements a augmenté de manière significative
(5,9%). Ce sont les secteurs des transports et de l’entreposage qui connaissent lz meilleure progression de chiffre d’affaire (6,4%). À l’inverse, une baisse de 8,1 % frappe le montant des investissements des TPE-PME des activités immobilières.
 Qonto, la banque des professionnels
La Banque de France vient d’accorder à la néobanque Qonto (lire ÉcoRéseau Business n° 53, p. 34) le statut d’établisse- ment de paiement. Qonto propose aux dirigeants de petites et moyennes entreprises d’ouvrir et de gérer un compte 100 % en ligne. Surtout, les services proposés facilitent la gestion de la trésorerie des PME et des start-up. Ce nouvel établissement de paiement numérique offre les services habituels d’une banque pour entreprises et suit l’évolution de la comptabilité.
 L’expérience dope le salaire
En 2017, dans le secteur privé, les cadres ont reçu en moyenne un salaire annuel de 56 000 euros. Ceux qui intègrent une nouvelle entreprise sans période de chô- mage sont 66 % à bénéficier d’un meilleur salaire. Selon l’Apec (Association pour l’emploi des cadres), l’expérience reste le facteur déclencheur des plus salariaux.
   Frais bancaires, vraies marges
Chèque en bois de peuplier. Dépassement de découvert autorisé. Rejet par la banque de prélèvement ou de virement. Kyrielle de frais venus s’ajouter aux frais annuels de tenue de compte. Les « incidents de paiement » font les choux gras des banques. Les retraits et les lettres d’information occasionnent également des frais
ouvertement abusifs (que les banques nomment vertueusement « commissions »). D’après le ministère de l’Économie et des Finances, lesdites « commissions d’in- tervention » devraient rester plafonnées à vingt euros par mois et 200 euros par an. Le site Meilleurebanque.com exige la transparence sur le coût réel du traitement de ces incidents.
      avec
RCouler de source ? entrée et morosité vont souvent de
pair. Celle-ci ne fait pas exception.
Passera, passera pas ? Interrogés en septembre sur le maintien du prélèvement à la source à la date du 1er janvier 2019, les chefs d’entreprise, déjà favorables au dispositif dans nos précédentes enquêtes, approuvent à 64 % cette décision. 6 % d’entre eux, prioritairement dans les services, auraient préféré que la date soit différée. L’enquête Elabe, juste après la confirmation par le Premier ministre, va dans le même sens : deux tiers des Fran- çais soutiennent sa mise en application prochaine. Les sources d’interrogation (bugs techniques, effets psychologiques, difficultés de traitement...) sont appa- remment dissipées.
Octobre est le mois européen de la cyber- sécurité, autre source de préoccupation potentielle. Seuls 24 % des dirigeants
se déclarent inquiets sur le sujet, soit un recul de 16 points par rapport à oc- tobre 2017. Pour autant, ce pourcentage masque mal les disparités selon la taille des entreprises. 62 % des patrons chez les dix salariés et plus affichent une crainte réelle et leurs sources d’inquié- tude principales demeurent les virus qui infectent les ordinateurs (83 %) et le vol de données (47 %).
Plus encore, notre baromètre traduit un fort décrochage. Avec 36 %, soit une baisse de 18 points en deux mois, le taux de satisfaction à l’égard du président de la République atteint le niveau le plus bas depuis son élection. Certes, son ac- tion est jugée plus positivement par les patrons que par les Français (8 points de plus). Mais les chefs d’entreprise, jusque-là une des catégories les plus en soutien, semblent désormais éprouver
eux aussi de la déception. Même s’ils restent encore très confiants concernant le sort de leur propre entreprise (74 %), leur capital confiance dans l’avenir de l’économie française (moins 29 points, avec seulement 36 %) et dans l’économie mondiale (38 %, soit 25 points) s’érode. Des signaux forts pour dire que, déci- dément à la rentrée, tout ne coule pas toujours... de source.
Béatrice Genoux Planneur stratégique CCI France
Retrouvez l’intégralité des résultats de la Grande Consultation sur www.grandeconsultation.fr
  OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr 29
Alexandre Prot, cocréateur de Qonto.
Jugement de valeurs
©Cyril Cavalié
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
   Marché publics : la « démat » est effective à compter du 1er octobre
C’est fait, à partir du 1er octobre. Sous l’impulsion de la directive européenne que le ministre Macron avait voulu, dès 2016, traduire par décret, mais dont l’application a été repoussée à 2018, le Plan de transformation numérique de la commande publique a révolutionné l’appel d’offre en rendant obligatoire la dématérialisation de la majorité des marchés publics dès 25 000 euros HT ‒ contre 90 000 jusqu’alors. « C’est une révolution, et elle va dans le bon sens, réagit Kha Tran, PDG et cofondateur de la plate-forme NouMa sur laquelle sont publiés tous les marchés publics dématérialisés. C’est une excellente mesure. Des PME en plus grand nombre qui emportent un appel d’offre embauchent.
Et les grandes entreprises améliorent leurs marges. » Revers de la médaille, les entreprises vont devoir acquérir en théorie un certificat de signature élec- tronique (jusqu’à 300 euros par mois) et les responsables des appels d’offre se former à la réponse électronique aux marchés publics dans la mesure les acheteurs publics pourraient dès à présent rejeter, pour irrégularité, les offres qui leur parviendront encore sous forme écrite ‒ et tout autant par clé USB. « Menace toute théorique, sourit Kha Tran, les acheteurs ne sont nullement obligés de refuser les offres papier ou les fax des petites entreprises et appli- queront à mon sens toute la souplesse voulue. » Au passage, la plate-forme NouMa aura réalisé une belle opération en publiant depuis plusieurs mois les marchés de plus de 25 k€ dont le nombre va littéralement exploser. Jolie anticipation pour les offreurs abonnés de la plate-forme.
     Cédric Ternois
Président de Jalix
Le RGPD renforce cette obligation : le responsable de traitement et son sous-traitant doivent mettre en œuvre des moyens permettant de garantir la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des systèmes de traitement et des procédures d’analyse, de test et d’évaluation de l’efficacité de ces mesures. La CNIL a eu l’occasion de préciser que le fait de sous-traiter des opérations de traitement de données à un tiers ne décharge pas le responsable de traite- ment de la responsabilité de préserver la sécurité des données traitées pour son compte.
En cas de violation de la sécurité des données (destruction, perte, altération, divulgation non autorisée), il existe désormais une obligation de notification à l’autorité de contrôle et, dans certains cas, d’en informer les personnes concernées.
Pour démontrer la conformité au RGPD notamment en matière de sécurité, il est prévu l’établissement de codes de conduites ou de certifications (contrôlés par des organismes agréés) par des acteurs de domaines d’activités.
Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner pour la mise en conformité car les enjeux sont aussi bien techniques que juridiques, or je constate en clientèle que les sociétés essaient de traiter le volet juridique (avec plus ou moins de bonheur) mais que la sécurité est souvent un peu négligée... le plus souvent, pensant avoir une sécurité optimale. Or il suffit d’un CMS WordPress non correctement mis à jour, d’une politique de mots de passe insuffisante ... pour subir une violation de sécurité.
*co-écrit avec
Franck DELAMER Conseil en Propriété Industrielle / French Patent Attorney Service Contrats et Valorisation / Contracts & IP Valuation Department
RGPD : comment répondre à l’obligation de sécurité ?*
Il y a quelques jours, la présidente de la CNIL faisait un premier bilan des premiers 4 mois du RGPD, et indiquait notamment avoir déjà reçu 600 noti- fications de violation de données personnelles !
Est-il besoin de le rappeler ? Le non-respect du RGPD peut entrainer des sanctions financières (amendes administratives) allant jusque 20 M€ ou 4 % du CA mondial. Ce risque concerne notamment l’obligation d’assurer la sécurité des données personnelles qui implique, pour un responsable de traitement, de prendre toutes précautions utiles pour préserver la sécurité des données et notamment empê- cher qu’elles soient déformées, endommagées ou que des tiers non autorisés y aient accès.
Ce devoir existait déjà sous la loi Informatique et Libertés et la CNIL a régu- lièrement l’occasion de sanctionner les manquements (récemment, décisions Dailymotion : amende de 50.000 euros, Optical Center : 250.000 euros, Hertz 40.000 euros, Darty : 100.000 euros).
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
Pratiques numériques
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  LISEZ DONC COMME NOUS...
 La civilisation virtuelle, nouvel horizon du jeu vidéo
Hugues Dufour déniche de la civilisation dans le jeu vidéo. Comme dans l’en-
treprise qui se numérise,
le monde humain devient
« cliquable » et virtuel. La
réalité de l’entreprise et
du travail tend à se déliter
pour n’exister plus qu’à
travers l’écran. L’image
devient la médiation néces-
saire entre les personnes.
Le monde qui nous entoure
se dérobe pour se traduire
et souvent s’améliorer dans
sa version numérique. Le livre plonge essentielle- ment dans le jeu vidéo et notre rapport au monde. Mais ses analyses appuient une compréhension de l’entreprise et du management moderne. CC Hugues Dufour, FYP Éditions.
 La décision fertile, (p)rendre les déci- sions efficientes
Au sein de l’entreprise, tous les scénarios déci- sionnels se vérifient :
• Les décisions « bonnes, raisonnables et bien pensées » qui restent
sans effet.
• La non-décision :
c’est rester piégé par la
tendance.
• La décision... « déci-
sive ».
On parlera de « dé-
cision fertile » qui
renvoie le bon, le mau-
vais, l’utile, le super-
flu à leurs dimensions
subjectives. L’opuscule
multiplie les portraits de décideurs. On s’y recon- naîtra peut-être. Mais il faut se décider à lire les développements philosophico-empiriques du chef d’entreprise et du philosophe, auteurs, en privilégiant le tout dernier chapitre, condensé profitable. OM
Christophe Soisson, Mathieu Maurice, éd. Hermann
 Agilité Manage- ment Accompa- gnement
Et si le manager devait nécessairement, désor- mais, se « faire accom- pagner » (mentorat, coa- ching...) ? C’est la certi- tude pragmatique de ce coach professionnel pour qui « la diversité et la com- plexité des demandes » conduit le leader à faire
face à des attentes « qu’il lui est impossible de maîtri- ser parfaitement ». Bien sûr, le coach nous expose un plaidoyer pro domo au sortir duquel l’on se demande comment ne pas engager séance tenante ce « deuxième cerveau » qu’est le coach, tout en reconnaissant que « la pratique du coaching appelle une maturité » et que les « dirigeants doivent prendre conscience de la finitude de leurs capacités » avant que le coaching ne « s’impose naturellement ». Il y a quelque chose de culpabilisant dans l’argumentation de M. Agilité, mais un manager aura intérêt à parcourir son raisonnement au vu des gains promis... Et à tenir. OM
Christophe Clavé, éd. Panthéon
 Réindustrialiser Paris en coworkant l’ar- tisanat
Fabriqué à Paris et la Mairie du 19e arrondissement disposent de 3 000 m2 à destination des entreprises artisanales et industrielles (au 134-140, rue d’Auber- villiers). La Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP) veut faire des locaux du complexe Métropole 19 une pépinière de talents organisée autour des métiers de l’artisanat. Que les artisans qui débutent et qu’un espace au sol compris entre 46 et 114 m2 intéresse se rapprochent rapidement de la RIVP.
     OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  avec
Je peux faire varier les objectifs de mes
part variable qu’il ne voulait pas verser. Pourquoi de telles décisions ? C’est très simple : en cas de litige relatif à une part variable mal définie, le tribunal accorde systématiquement 100 % de celle-ci au salarié demandeur. Qu’est-ce qu’une part variable bien définie ? Très simple là aussi : le montant de la part variable doit être défini contractuellement c’est-à-dire garanti dans les éléments substantiels du contrat de travail au même titre que le poste, la classification ou encore la rémunération.
Mais où est ma liberté de fixer les objectifs, direz-vous ? Et bien c’est ici qu’est l’astuce... Si vous voulez faire varier les objectifs commerciaux comme bon vous semble, en fonction des besoins, il suffit de définir dans le contrat de travail un montant en euros de la part variable à 100 % d’objectifs atteints.
Ainsi, vous pourrez faire varier le détail des objectifs à atteindre par une simple lettre d’objectifs ultérieure voire par un simple courriel, sans que votre salarié ne puisse s’y opposer sans commettre une faute passible de sanction. Attention toutefois : les objectifs doivent être atteignables même si ambitieux, et connectés à la réalité de votre marché.
  commerciaux... comme je veux !
Quoi de plus naturel pour un chef d’entreprise que de vouloir faire varier les objectifs de ses commerciaux en fonction des besoins de développement ?
Pourtant, les archives des tribunaux débordent de cas où l’employeur fut condamné à payer 100 % d’une
 MODES DE VIE
 Intelligence artificielle, ça parle, mais pour quoi faire ?
90 % des Français savent que l’intelligence artificielle existe et en donnent une définition approchée. Mais à part les initiés, personne ne comprend réellement comment fonctionnent les algorithmes, concept parfaitement inconnu (25 % affirment ne rien comprendre à l’IA). Il n’empêche que chacun formule des attentes face aux domaines de compétence de l’IA. Selon une étude YouGov pour Keley Consulting, 59 % des Français tiennent l’intelligence artifi- cielle pour une opportunité pour la France,
  surtout dans le domaine de la santé et de la lutte contre le terrorisme. Plus le degré d’études et plus la catégorie socio-professionnelle sont élevés, plus l’IA est perçue de manière posi- tive. Toujours est-il que moins d’un Français sur deux estime que l’IA améliorera l’emploi et les conditions de vie de la population. Pré carré des décisions politiques.
 VTC, métier féminin...
Les conductrices pros commencent doucement à s’emparer du marché des VTC (6 %). Incroyable, mais vrai : une voiture conduite par une femme « tombe » 27 % de courses de plus qu’un homme au volant ! Pour un taux de satisfaction des clients plus élevé... À en croire Eurecab (comparateur de VTC, chauffeurs privés et taxis), 95 % de clients sont satisfaits de la course conduite par une femme contre seulement 79 % pour les hommes. Un facteur « attirance » (un homme appréciera toujours plus une femme, quel que soit son style de conduite...) doit jouer. Mais le résultat est là.
   Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement
PDG d’ITG, leader du portage salarial
Faire ensemble pour mieux vivre ensemble
par deux grands abandons.
Le premier est l’abandon industriel. La délocalisation des activités dans d'autres pays, l'automatisation des chaînes de montage... ont mené toute une partie de nos territoires au déclin.
Le deuxième abandon est numérique. Aujourd’hui, sans numérique, il ne peut y avoir d’activité dans les territoires. Le numérique emporte la capacité à faire et il modifie des modes de travail.
Force est de constater que ce double abandon a été dépassé par les citoyens qui ont créé des lieux où il est possible de faire des choses ensemble. Et c’est précisément ce « faire ensemble » qui est, selon moi, une des conditions sine
qua non du « vivre ensemble ».
C’est à grâce à ces nouveaux lieux que sont les tiers lieux, à ces nouveaux pro- fessionnels que sont leurs facilitateurs, que de nouveaux liens se créent, que les individus (re)font société, et ressentent l’envie de faire des choses, ensemble. En poussant la porte de ces lieux, aussi protéiformes soient-ils, on découvre une source intarissable d’apprentissage. Ils proposent à chacune et chacun d’acquérir de nouvelles compétences, ils suscitent de la fierté et du partage, créent de l’ac- tivité économique et du lien social et... mènent au vivre ensemble.
Mercredi 19 septembre 2018, j’ai rendu le rapport de la Mission Coworking, que m’avait confiée Julien Denormandie, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des
territoires.
J’ai pu constater après ces nombreux mois d’enquête, d’entretiens et d’échanges avec les acteurs des territoires que la dynamique des tiers lieux s’explique
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
Travailler autrement
Mon RH me dit que...
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[Comptabilité Facturation
Horizon
                             Coworking
  Conçu et développé en France
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EBP Informatique SA au capital de 1 million d’euros • ZA du Bel Air - 78120 Crédit photo : Thomas O’Brien
Rambouillet • RCS VERSAILLES B 330 838 947 • Septembre 2018
                  L’HEURE N’EST PLUS À LA PAPERASSE, PLACE AU BUSINESS !
  Trésorerie Automatisation
]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
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http://innogeneration.bpifrance.fr/
 Mondial Paris Motor Show, 4 au 14 octobre, Paris - Porte de Versailles
Fort de ses 1 072 697 visiteurs en 2016 et de son exposition médiatique - 10 000 journalistes dont 55 % en provenance de 100 pays -, le Mondial de l’Auto demeure une référence et revient en 2018 à l’occasion de ses 120 ans, avec trois entrées spécifiques pour cette édition : Mondial de l’Auto, Mondial de la Moto et Mondial de la Mobilité. https://www.mondial-paris.com/fr/visiteur/prehome
 Salon QS Top MBA, samedi 6 octobre, Hôtel Hyatt Regency Paris Etoile – Paris
Rendez-vous avec plus de 30 top MBA et Execu- tive MBA (INSEAD, ESSEC, Iae Paris Sorbonne, ESCP Europe, EMLYON, SKEMA, CELSA, ECOLE POLYTECHNIQUE, NEOMA, etc.) pour découvrir toutes les opportunités qu’une formation MBA peut offrir, et postulez pour bénéficier à $7mil-
lions de bourses d'études.
https://www.topmba.com/events/qs-world-mba-tour/europe/paris
 Salon des Entrepreneurs de Marseille Provence - Alpes - Côte d'Azur, 9 et 10 octobre
Grand rassemblement d’entrepreneurs en Pro- vence-Alpes-Côte d’Azur, le salon réunit créa- teurs, repreneurs, startups, dirigeants de TPE/ PME-ETI...
Au menu : 120 exposants, 100 conférences et ate- liers, 8 temps forts et débats (Start up factory, Pitch Party, Small Business Tech, etc.) http://www.salondesentrepreneurs.com/marseille/
 Entreprendre en franchise, pourquoi pas vous ?, du 8 au 21 octobre 2018 (conférences en régions)
9e édition. Pendant 2 semaines, 15 villes de France organisent des conférences gratuites afin de susciter l’envie d’entreprendre en franchise. La FFF (Fédération française de la franchise) est à l’initiative de ces rencontres dans les chambres de commerce et les mairies. 74 000 franchisés en France et 370 000 salariés. https://www.entreprendre-franchise.com/
 Congrès de l’ordre des experts-comptables, du 10 au 12 octobre 2018, Grande Halle d’Auvergne (Cler- mont-Ferrand)
73e congrès. Pour comprendre l’impact de la loi
Pacte et du projet de loi de finances. Pour s’adap- ter au marché, aux évolutions technologiques et à la législation. Pour répondre au plus près aux attentes des clients. Deux pôles structurent le congrès : stratégie et compétences. https://congres.experts-comptables.com/
 Salon QS Top Masters, samedi 13 octobre (13h-18h), Hôtel Hyatt Regency Paris Etoile – Paris Master, Mastère Spécialisé ou Doctorat ? Pour faire les bons choix, rendez-vous avec les res- ponsables d’admissions des meilleures écoles et universités françaises et internationales.
Au programme : conférences, sessions d’infor- mation et possibilité d’accéder à des bourses d’études. https://www.topuniversities.com/events/qs-world-grad-school-tour/europe/paris
 Enova Paris, 23 et 24 octobre, Paris – Porte de Versailles
Plateforme de convergence des technologies de l’électronique, de la mesure, de la vision et de l’optique, le salon Enova fédère les acteurs de l’industrie et de la recherche à l’affût de solutions innovantes pour leurs projets de développement. 230 exposants sont attendus et plus d’une ving- taine de conférences sont programmées. http://www.enova-event.com/
                                                            Julien Leclercq
Directeur général agence Com’Presse Editions Yakabooks
Auteur de Journal d’un salaud de patron (Ed. Fayard) et de « RDV avec la France qui bouge » (Ed. du Rêve) www.salauddepatron.fr
versations et bruits de couloirs contradictoires, le prélèvement à
er
la source est sur le point de devenir une réalité dès le 1 janvier
d’être comme Saint Thomas.
Si je suis favorable à une évolution, c’est aussi parce qu’elle est censée « simplifier » la vie des Français. Et que la simplification, quand vous êtes chef d’entreprise, ça vous parle forcément.
Oui mais voilà, plus la date fatidique approche, moins la simplification paraît évi- dente. Allons-nous vraiment faciliter la vie des contribuables ? Le paiement de l’impôt, finalement, ce n’était pas vraiment d’une difficulté insurmontable. Une déclaration annuelle, la mensualisation pour la majorité des foyers... Rien de bien compliqué. Avec le prélèvement à la source, l’obligation de la déclaration annuelle est maintenue, les revenus fonciers seront traités différemment de l’imposition sur le salaire... le détail de la mesure laisse perplexe sur son efficacité.
Le principal point d’interrogation qui s’invite de manière de plus en plus marquée dans mon esprit au fil des jours, et sans doute dans celui de nombreux dirigeants, est ici : est-ce aux entreprises de jouer le rôle de collecteur ? En votant cette décision, les parlementaires ont, en 2016, acté de faire peser sur les entreprises une mission qui incombait jusque-là à l’Etat. Mission pour laquelle nos sociétés, dont la plupart sont, faut-il le rappeler, des TPE et PME, ne sont évidemment pas rémunérées. N’y voyez aucune vénalité : notre réalité, c’est que, dans la mesure où le calcul des impôts de nos collaborateurs dépasse évidemment largement les compétences des entrepreneurs que nous sommes, la quasi-totalité des entreprises vont confier cette mission à leur expert-comptable. Et donc payer pour cela. Est-ce normal ? Faut-il accepter sans broncher que l’Etat sous-traite à nos petites boîtes l’une de ses tâches naturelles, sans nous accompagner et en nous demandant d’en prendre le coût en charge ? J’assume sans broncher le « sans nous accompagner ». Car personne n’est venu dans nos entreprises nous expliquer comment nous allions devoir nous y prendre.
Bien sûr, nous ferons ce que l’on nous dira de faire. Peut-être même qu’avec le recul nous nous dirons que seule la transition était compliquée. En attendant, plus les jours passent, plus cette histoire de prélèvement devient source de stress et d’inquiétude.
 Le prélèvement à la source, vraie ou fausse bonne idée ?
Le sujet se fait brûlant. Après un premier report, quelques tergi-
2019. Il appartiendra désormais aux entreprises d’appliquer cette nou- velle mesure sur les fiches de paie.
Afin d’éviter la posture caricaturale (je ne voudrais pas risquer de passer pour un « Gaulois réfractaire au changement »), je tiens à préciser que le citoyen que je suis est au départ favorable à cette idée d’organiser autrement la récolte de l’impôt. Principalement parce que le prélèvement à la source permet de mettre fin au décalage d’un an, cause de soucis de trésorerie pour les particuliers, et de manque de réactivité en matière de politique fiscale pour l’Etat. En 2019, nous paierons l’impôt 2019, et ça, c’est une vraie avancée.
Si l’on en croit l’Etat, nos impôts devraient suivre en temps réel nos évolutions de vie, mariage, Pacs, divorce, séparation, perte d’emploi... Sur ce point, notamment parce que les barèmes évoluent en fonction de notre assiette globale (et des revenus de notre conjoint lorsque conjoint il y a), j’attendrai de voir. En matière d’impôts, il est souvent préférable
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
Save the dates
Salauds de patrons !
© Nicolas Dias
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 Le Brexit, good or bad luck...
Le Continent a-t-il intérêt à larguer
les amarres du Royaume-Uni ?
encaisser le choc. Et si un scénario plus optimiste se dessinait ? Pour l’heure, ce n’est pas celui de Theresa May. Le 21 septembre, la réunion des « encore Vingt- Huit » à Salzbourg, en Au- triche, autour d’elle ne lui a ouvert aucune porte : sa sor- tie sur mesure, le Chequers, se présente mal, retoqué par la majorité des Euro- péens, Emmanuel Macron en tête. D’où la réaction de la Première ministre que les tenants du hard Brexit vou- draient voir partir : elle a brandi, justement, la me- nace de ce hard Brexit, un Brexit pur et dur, comme
notamment celles de Londres, Paris et Francfort – se sont immédiatement repliées dans la foulée du referen- dum. Dans le même temps, le cours de l’or a progressé, signe que les investisseurs étaient en recherche de va- leurs refuges. La confusion financière n’aura duré que quelques tours de cadrans de Big Ben, mais elle té- moigne de la fébrilité des acteurs économiques face à ce changement majeur de paradigme. Car s’il est une donnée avec laquelle les marchés ne savent pas composer, c’est bien l’in- certitude. Et pour l’heure,
une économie réeLLe à redessiner
Londres et Bruxelles cherchent encore à s’entendre sur un accord de sortie. En l’absence d’agreement com- mercial négocié, les pays voisins de la Grande-Bre- tagne devraient renouer avec des tarifs douaniers élevés. Exemple révélateur de la situation actuelle, celle des ports de fret et de marchan- dises. Avec un volume de fret annuel de 15 millions de tonnes, le Royaume-Uni est actuellement l’un des principaux partenaires com- merciaux maritime du port
  À 11 heures, heure de Londres, le 29 mars 2019, le Royaume-Uni quittera l’Union européenne, sauf coup de théâtre. Tandis que Theresa May, Première ministre, balance entre les négociations avec l’UE et les tractations avec le clan conservateur, toute l’Europe continentale se prépare au changement. Qui perd, qui gagne ? Le verre de cherry est-il à moitié plein ou à moitié vide ?
Chloé Consigny
«I
l faut espérer le meilleur... et se préparer au pire. »
Theresa May a brandi la menace de ce hard Brexit, un Brexit pur et dur, comme si le Vieux Continent allait en subir des conséquences sévères alors même que c’est le
Royaume-Uni qui, selon plusieurs études, irait tout droit à la catastrophe
 En escale à Paris pour une matinée de conférence or- ganisée par l’AFTE (Asso- ciation française des tréso- riers d’entreprise), Olivier Guersent, directeur général de la Direction générale Stabilité financière, Ser- vices financiers et Union des marchés de capitaux (Fisma), n’a pas caché l’in- quiétude que lui inspire le Brexit. Le fonctionnaire européen est allé jusqu’à mettre en garde en garde son auditoire : « Tout le monde doit se préparer au scénario catastrophe. » En clair, la sor- tie du Royaume-Uni pourrait générer de lourdes consé- quences sur la santé écono- mique du Vieux Continent. Depuis des mois, l’ensemble des forces économiques eu- ropéennes se préparent à
si le Vieux Continent allait en subir des conséquences sévères alors même que c’est le Royaume-Uni qui, selon plusieurs études, irait tout droit à la catastrophe... Ce qui n’empêche pas la presse populaire britannique de tirer à boulets rouges sur les « racailles européennes ».
des marchés financiers secoués La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne prendra plusieurs années (une dizaine, selon le gouvernement britan- nique). Pourtant, l’inquiétude des acteurs économiques a flambé dès le lendemain du vote. Premiers concernés : les marchés financiers. Les Bourses européennes – et
les modalités de sorties de l’Union européenne dressent surtout une série de flous. Les experts du Trésor bri- tannique ont fait état d’une perspective terrible pour le contribuable : chaque foyer devra supporter une perte de revenus de l’ordre de 5 400 euros par an. Le PIB du Royaume-Uni risque un retrait de 6 % par rapport à l’avant-Brexit, à horizon 2030. Et la liste des malheurs s’allonge : augmentation du nombre de chômeurs (le consultant PWC chiffre à 950 000 le nombre d’emplois détruits au détour du Brexit), risque d’implosion géopoli- tique entre le Royaume-Uni et l’Irlande, velléités d’in- dépendances de l’Écosse...
d’Anvers. Dans l’expectative, l’autorité portuaire planche dès à présent sur la mise en place de nouvelles mesures pour conserver sa relation commerciale avec la Grande Bretagne : « L’impact effectif du Brexit demeure incer- tain. L’année dernière, les échanges commerciaux avec le Royaume-Uni ont reculé de près de 8 %, probablement en raison de cette incertitude. Alors que le Brexit approche à grands pas, nous voulons nous concentrer sur le main- tien, voire l’expansion, de notre position commerciale avec nos partenaires d’outre- Manche », explique Jacques Vandermeiren, CEO et pré- sident du comité de direction de l’Administration por-
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
 tuaire d’Anvers. Au cours de la période de transition, l’Organisation mondiale du commerce a estimé à 7,2 milliards d’euros par an le coût à supporter pour les exportateurs britanniques en droits de douane. Difficile dans ces conditions pour Air- bus et BMW de ne pas opter pour le rapatriement. Dès lors, sepuis plusieurs mois, de nombreuses entreprises ont opéré leur mouvement de repli en créant des suc- cursales européennes. Un phénomène particulièrement prégnant au sein des sec- teurs banque et assurance. Exemple : l’assureur QBE qui a récemment reçu l’approba- tion du régulateur belge pour établir sa filiale à Bruxelles. Mais rapatriements ou pas, le vote anti-Europe des Bri- tanniques laisse planer sur les entreprises françaises un danger déjà chiffré : selon le cabinet Euler Hermes, six pays, au premier rang des- quels la France, subiraient de plein fouet le hard Brexit : « Jusqu’à 3,2 milliards d’eu- ros de pertes additionnelles à l’export d’ici à 2019 ». N’anticipons pas dans le catastrophisme : selon l’aveu même du cabinet, cette forme de stress test évoque le pire des scénarios, en l’absence improbable d’accords de libre-échange avec l’UE.
perspectives d’empLois
Un signe positif : les Gafa et les grands industriels n’ont pas prévu de réduire leurs in- vestissements outre-Manche. En revanche, les secteurs banque, assurance et gestion d’actifs ont entamé leur re- pli. L’avenir des banquiers et des assureurs européens installés à Londres semble pour le moins sujet à cau- tion, Goldman Sachs et UBS ont notamment indiqué dès mars 2017 vouloir réduire le nombre de postes disponibles en Angleterre. Mais pour en créer dans d’autres pays. Une récente étude, livrée par Paris Europlace, révèle que le Brexit impliquerait la
Les entreprises étrangères qui, à l’heure
où l’Angleterre constituait le sas européen
le plus attractif (marché du travail très flexible, fiscalité favorable, stabilité financière), n’auront aucune raison de miser sur Londres (40 % des
sièges sociaux européens des 250 plus grandes multinationales !)
réinstallation ou la création de 3 500 emplois directs dans la capitale française. Pour le cabinet de recrute- ment PageGroup, « après une période de latence, les activités de marché en France commencent à bénéficier d’un appel d’air lié à la pré- paration du post-Brexit ». Autrement dit, le secteur bancaire, selon le cabinet, devrait au cours des pro- chains mois devenir forte- ment pourvoyeur d’emplois en France. Parmi les compé- tences les plus recherchées, les experts règlementaires, les techniciens gestionnaires et les chargés d’affaires (les candidats de deux à cinq ans d’expérience prétendent à un salaire annuel de 45 000 à 55 000 euros). D’autres secteurs pourraient bénéfi- cier de l’isolement de l’île britannique : l’immobilier d’entreprise, déjà pratique- ment revenu à jeu égal avec
le si rentable Grand Londres (19,5 milliards d’investisse- ment en France contre 21,22 outre-Manche), pourrait se retrouver le grand gagnant si les investisseurs, déjà at- tentistes, se tournent vers Paris. Le transport aérien attend les probables relo- calisations sur le continent des easyJet et autres Ryanair. Quant à l’industrie automo- bile française, elle aurait pratiquement intérêt à ce qu’un hard Brexit n’oblige les Britanniques qui exportent 45 % de leurs productions vers l’Union européenne à subir une taxation de l’ordre 10 %. Au profit des Français et des Allemands. Sans ou- blier que Nissan et Toyota n’hésiteront pas à déserter l’Angleterre si des accords avec l’UE (probable) n’in- tervenaient pas.
Bilan : les secteurs français les plus « brexités » seront l’automobile (manque à ga- gner de 1,2 milliard d’euros, selon Euler Hermes), les outils et les équipements (- 0,8 milliard), l’agroali- mentaire (- 0,8 milliard d’eu- ros) ou encore la pharmacie
(- 0,6 milliard). Mais pour la France, l’affaiblissement de la perfide Albion pour- rait signifier, on l’a vu, des basculements favorables à l’emploi et à la croissance à long terme. Si entreprises et investisseurs quittent le Royaume-Uni, la place de marché parisienne en accueil- lera logiquement une partie, sans oublier toutes celles qui, à l’heure où l’Angleterre constituait le sas européen le plus attractif (marché du travail très flexible, fiscalité favorable, stabilité financière), n’auront aucune raison de miser sur Londres (40 % des sièges sociaux euro- péens des 250 plus grandes multinationales !).
Ultime raison de ne pas dé- primer : qui dit rétablissement de la frontière, dit visa pour travailler et demeurer au Royaume-Uni. Y compris pour les footballeurs Fran- çais champions d’Arsenal, de Manchester et autres
  Et si la France sortait gagnante du sabordage anglais ?
 équipes.
taires. Non, décidément, le verre de cherry est à moitié plein !
ennemies hérédi-
  Les Français retraverseront-ils le Channel ?
Lors de son mandat, le maire de Londres, Boris John- son, aimait à rappeler qu’avec 300 000 Français vi- vant à Londres, il était à la tête de la sixième ville de France. Ces Français de l’étranger sont nombreux à avoir quitté leur pays pour suivre l’enseignement des universités britanniques. Pour beaucoup, ils y sont restés après leurs études, scotchés par une écono- mie dynamique et attirés par des entreprises en re- cherche de jeunes diplômés. « En France, il est très difficile de sortir du carcan de ses études. Un diplômé en histoire, par exemple, ne pourra pas prétendre à un poste en statistiques. Le système est très diffé- rent en Angleterre où les études ne sont perçues que comme un apprentissage. Nos spécialités étudiantes ne déterminent pas le reste de notre vie profession- nelle », décrypte un Français devenu Londonien il y a huit ans, dans la foulée de ses études. Le cœur de la capitale britannique, le quartier South Kensington, a hérité du surnom de « Petit Paris » pour les Britan- niques tant le nombre d’expatriés y est éloquent: dans un rayon d’un kilomètre autour des stations de métro South Kensington et Gloucester Road, vivent officiellement 7 236 Français. Où iront-ils si le Brexit
affecte leurs emplois? En théorie, ils auront belle de se reclasser, même si les Français de Londres se montrent très inquiets, comme en témoignent les 3 000 demandes de passeport britannique recensées en 2017, contre 1 000 seulement, un an auparavant. À l’occasion d’une rencontre avec le président fran- çais début janvier au Victoria & Albert Museum de Londres, Theresa May s’est adressée directement aux ressortissants français venus assister à l’allocu- tion : « Vous enrichissez tous les secteurs de notre économie, de notre société, de notre culture, de nos vies. Je sais que notre pays serait plus pauvre si vous le quittiez. Et je souhaite que vous restiez... » Quelle déclaration d’amour ! En pratique, pourtant, tout dé- pendra du devenir de certains secteurs d’activité, du nombre de salariés au sein de l’entreprise, du régime fiscal modifié : les trois grands « items » qui préside- ront au retour ou non des entreprises étrangères im- plantées à Londres. Une chose est certaine : les étu- diants seront moins nombreux à franchir la Manche pour un voyage avec ou sans retour. Le programme d’échange interuniversitaire européen Erasmus ne s’applique d’ores et déjà plus au Royaume-Uni...
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Guillaume Benech, serial entrepreneur, étudiant et heureux
Ciel, mon « P’tit Mardi »
  Comme d’autres tombent dans le sport, la pâtisserie, le cinéma ou le travail sur bois, Guillaume Benech a plongé, lui, dans la littérature et la culture dès son plus jeune âge. À13 ans, il crée un magazine culturel et une aventure entrepreneuriale. Un « électron » livre, en quelque sorte.
trois romans. Le temps de monter sa boîte, il reviendra à l’édition. « Écrire est un formidable moyen de s’ex- primer et de se libérer de ce qui peut nous tourmenter. C’est pour moi une fenêtre d’expression extraordinaire
lui, mais aussi et surtout celui de son équipe. Entre- prendre, c’est une course contre la montre au quoti- dien, vraiment pas de tout repos. Mais c’est aussi ce qui est enivrant et exaltant ! Et on s’ennuierait, sinon. »
des projets tous azimuts
L’ennui, pour le coup, est une chose qu’il semble ne pas connaître. « Entreprendre offre une liberté extraordi- naire, en termes d’actions, de créations, de mouvements... C’est complètement fou. Un entrepreneur, c’est celui qui ose avant les autres, c’est celui qui a peur, mais qui ne le montre pas, car il préfère agir avant tout. » Son quo- tidien passe par les réseaux sociaux. Pur produit de la génération Z, il manie les outils numériques avec brio. L’occasion de promouvoir ses projets comme de distiller ses idées. Avec près de 8 436 tweets à son actif, il partage et échange sans cesse avec sa communauté. Sa dexté- rité numérique lui ouvre le champ de trois start-up. « L’une dans la tech, l’autre dans le domaine de l’éduca-
se précipiter (ou plutôt, si !). Ce rendez-vous d’actualité, de culture et de jeunesse doit son nom à son prénom, Guillaume, tout autant qu’à Gaspard Guermonprez (Gas- pard G pour les intimes), you- tubeur et entrepreneur, avec
chroniqueur, start-upeur... à même pas 18 ans. La réalité, il connaît. Son côté « pieds sur terre » lui conserve une sérénité dont pourrait le pri- ver le monde de la presse en plein bouleversement : « J’ai la chance de pouvoir accomplir ce dont j’ai envie, même si je n’en vis pas sur le plan financier. Les mé- dias ont changé, changent et changeront encore au fil du temps. Le principal est d’arriver à suivre, sans trop se projeter et surtout en s’écla- tant chaque jour. » Son bac ‒ littéraire ! ‒ en poche, il s’expatrie à Montréal, étu- diant en communication et politique. Cet optimiste pur et dur n’a pas de mots trop emballants à l’adresse des jeunes qu’intimide le lâcher-prise entrepreneurial. Des mots très simples mais convaincants : « Allez-y ! Lancez-vous, vous n’avez rien à perdre ! On m’a trop souvent dit que j’étais trop jeune, on m’a souvent mis des bâtons dans les roues, et pourtant j’ai continué car j’étais convaincu que l’âge ne faisait rien à la chose et que seule l’envie d’avancer était importante. Les 15-25 ans d’aujourd’hui ont envie d’avancer et de faire ce dont ils ont réellement envie. Un métier, ou plusieurs, qui passionne et qui fait rêver. » N’oublie pas ta baguette
magique, Guillaume...
trophees-optimistes.fr
 Ariane Warlin
«C
convaincu que la culture était bien plus qu’un mot pour politiques et philosophes. » Le livre, c’est la saga d’Harry Potter. Le lecteur se nomme Guillaume Benech. Sa voca- tion est née. Ce boulimique de la lecture dévore tout ce qui lui tombe sous la main. Il s’essaie très vite aux critiques littéraires. « Je me suis rendu compte qu’il était possible de monter des projets en dehors du cursus scolaire, même quand on n’a que 13 ans. » Gonflé, quand même, le jeune Harry, aujourd’hui un vieux de 19 ans...
entrepreneur
dans L’âme
13 ans, GB crée L’PM, sa maison d’édition. Ça se prononce L’Petit Mardi . Nous sommes en 2012. L’objectif : faire partager à d’autres jeunes son goût de la presse. Rapidement, ce projet numérique de critique littéraire se transforme au fur et à mesure que des amis le rejoignent. Quatre ans après la création du titre, il décide, avec les rédacteurs bénévoles âgés de 16 à 22 ans, de lancer une version papier de 40 pages. Le ma-
gazine est tiré à 15 000 exemplaires (« Pas si mal quand on connaît l’état de la presse », se félicite-t-il à juste titre) et diffusé gratuitement sur près de 500 points en Normandie. Avant de tenter l’aventure du kiosque. « Une version papier encore en phase de test. Nous travaillons à éta- blir le meilleur modèle. » Le jeune entrepreneur voit les choses en grand pour l’avenir du titre. « Avec mon associé, nous avons envie de faire du Petit Mardi un véritable acteur de la presse de demain. Une presse qui
 e livre fut un véritable dé- clic. Il m’a
lequel il l’a conçu. « Nous avions envie de lier nos ac- tivités, très similaires, et de créer un nouveau média à destination des jeunes. Le podcast cartonne en France. L’objectif est d’en faire une émission hebdomadaire, avec une petite dose d’humour et de bêtises. » Ҫa promet. S’adapter à des formats en vogue, Guillaume Benech
et bien plus intime que n’im- porte quel réseau social. J’ai plusieurs idées de romans, je reprendrai l’écriture dans les prochains mois. Je pense que j’écrirai toute ma vie, mais je ne désire pas, du moins pour l’instant, en faire un métier à part entière. À l’époque sur le plateau du Grand Journal pour présenter son roman, il est repéré par la produc- tion. Le voilà chroniqueur dans l’émission, jusqu’à son terminus.
réaLiser ses rêves et s’amuser : son mantra
Guillaume a conscience que son CV s’est bien rempli. On liste : éditeur, romancier,
 Le jeune entrepreneur voit les choses en grand pour l’avenir du titre. « Avec mon associé, nous avons envie de faire du Petit Mardi
un véritable acteur de la presse de demain.
.
 s’attèle véritablement aux questions et aux envies de la jeunesse du xxie siècle et qui fonctionne selon un modèle rentable. Nous voulons faire du titre l’ambassadeur de la presse papier à l’heure du numérique. » Ambitieux ? En tout cas réaliste : « L’en- trepreneur prend tout sur ses épaules. Son avenir à
tion et une dernière dans un secteur d’e-commerce. L’idée globale des activités de ce que j’appelle mon groupe consiste à toucher les 15- 25 dans tous les domaines qu’ils vivent directement. » Son projet du moment : un podcast au nom évocateur, Point G, mis en ligne le 12 septembre. Pas la peine de
y excelle. Mais l’écriture, celle qui a bercé son enfance et suscité sa vocation, ne le quitte pas. En novembre 2013, il remporte un concours organisé par Les Éditions du Net. À la clé, une publication de son premier roman, Agent Will. Suivront un second, puis un troisième tome chez Michel Lafon. Il a 16 ans,
                                                                                                     38
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]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Pierre Pelouzet, le médiateur des entreprises
« La médiation fait partie de la culture du rebond »
  Un nominé particulier puisque tout entier tremplin de rebond et non « rebondisseur ». Mais le médiateur des entreprises sait que l’intervention « républicaine » bénévole de son entité est en soi un rebond pour l’entreprise qui en appelle à lui.
est de recréer de la confiance entre les acteurs de l’écono- mie. » Très vite, une petite en- treprise sous-traitante d’une plus grosse entité risque de perdre beaucoup, jusqu’à la faillite, pour des retards de paiement de facture – impa- rable : un chef d’entreprise dont les factures restent im- payées ou tardivement hono- rées, et même si son carnet de commandes est plein, ne va pas embaucher –, des ruptures brutales de contrat, des pénalités diverses et va- riées, jusqu’aux variations du prix de matières premières, « tout ce qui fait la vie d’une relation contractuelle entre deux entités économiques ». La médiation ? C’est tout simplement faire en sorte que deux interlocuteurs en conflit « se parlent, s’écoutent, qu’ils trouvent une solu- tion et qu’ils continuent à travailler ensemble. C’est le but. On n’est pas un tri- bunal, le médiateur des en- treprises s’efforce de recréer une relation commerciale et une relation tout court entre
deux personnes. On travaille beaucoup sur la personne et ça marche remarquablement bien. » Pour l’intercesseur qui a considérablement élargi les domaines de la médiation, le deuxième terrain d’interven- tion est lié à l’innovation : le crédit d’impôt recherche, les relations entreprises-la- boratoires, la propriété intel-
déplacer vers les relais en région. Commence alors ce que le jargon de la mé- diation baptise du beau mot de « purge ». « On déballe tout », sourit Pierre Pelouzet. Quand tout est dit, on passe au mode constructif : que fait-on concrètement ? Les parties sont censées trouver elles-mêmes les solutions.
les services du médiateur des entreprises interviendront aux côtés des Rebondisseurs pour « faciliter le rebond de ses membres ». Y compris à travers les outils mis en place par l’autorité (lire encadré). Depuis l’impulsion qu’il a donnée à son organisme public et l’élargissement de ses domaines, le média- teur mesure le parcours. À son arrivée, la médiation des entreprises soldait une centaine de rapprochements fructueux dans l’année. Ils se chiffrent désormais à une centaine par mois. À raison de 10 000 entreprises depuis six ans, pour 75 % de réussite. 3D Ceram de Limoges en sait quelque chose : cette entreprise qui produisait une petite pièce pour un construc- teur se développait à 80 % à l’ombre de son client majeur. Jusqu’au jour où ledit client résilie les contrats, persuadé qu’il pourra s’attacher la main-d’œuvre spécialisée qui réalise la pièce en question. Acculée, l’entreprise en ap- pelle à la médiation dont il ressortira une indemnisation grâce à laquelle 3D Ceram se reconvertit à l’impression 3D céramique en jouant son va- tout. En deux ans, le rebond aboutit à l’équilibre, avec un actionnaire majoritaire japonais.
Le jour où la.médiation des entreprises se comptera par centaine de milliers d’inter- ventions...
Olivier Magnan
Des échecs ? « Comme tout le monde j’en ai eu dans ma vie, mais ce n’est pas pour cette raison que je suis le média- teur des entreprises. » Pierre Pelouzet, ne lui déplaise, a peu connu l’échec. Cet ex- pert des achats aura passé sa carrière, d’ExxonMobile à la SNCF en passant par Cegelec, à négocier avec des fournisseurs dont il a mesuré la fragilité et compris l’im- portance de les sauvegarder. Son parcours, du reste, se pave d’associations qu’il crée, Pacte PME où les grandes entreprises et les collecti- vités aident les petites à se développer ou l’Observatoire
des achats responsables, dont il demeure le président. En 2012, de retour en France, « on » le pousse à présider la Médiation des entreprises, créée un an et demi plus tôt sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy. Parmi les « on », les anciens ministres Fleur Pellerin et Arnaud Monte- bourg, de quoi montrer que cet « outil extraordinaire » qu’est la médiation, comme dit Pierre Pelouzet, dépasse les partis politiques pour rejoindre le bon sens.
Levier de réussite, Les déLais de réponse
« Mon rôle, dit le médiateur,
lectuelle deviennent à leur tour des pièges à conflit, des risques de défiance. Concrètement, le médiateur n’agira que s’il est saisi par un entrepreneur – en ligne, par courrier... À partir de cette première démarche, la recette miracle de Pierre Pelouzet tient à la rapidité de la réponse : « On rappelle très vite le demandeur. Dans les trois ou quatre jours, une semaine au plus tard. C’est extrêmement apprécié. Ils disent : “C’est incroyable, j’ai été rappelé en trois jours.” » Puis la médiation se met en place. Là encore, la course contre la montre s’enclenche : en moyenne, la médiation va durer quelque trois mois jusqu’à l’accord, s’il est pos- sible. Les variables : le temps mis par les médiateurs pour convaincre l’autre partie de venir rue de Richelieu, siège de l’autorité, ou de se
En pratique, la soixantaine de médiateurs dont 45 en région, agents de l’État vo- lontaires comme juristes, juges ou chefs d’entreprise à la retraite, bénévoles, sug- gèrent parfois : « Auriez-vous envisagé... ? »
prévenir, c’est rebondir
Sous de pareils auspices, il était tout naturel que le mou- vement associatif et citoyen des Rebondisseurs français (www.lesrebondisseursfran- cais.fr) s’associe au médiateur (et réciproquement). Accord signé tout début septembre :
   Au-delà de la médiation proprement dite, l’autorité de la rue de Richelieu à Paris a développé des outils cruciaux : une charte de dix bonnes pratiques auxquelles s’engagent les quelque 2 000 signataires. Puis un label des Relations fournisseurs et achats res- ponsables décerné au fil des années à une quarantaine de grands groupes et grandes administrations, avant que le médiateur ne l’ouvre aux TPE/PME (quatre « pionnières » sont désormais labellisées...). Pour y prétendre, en- core faut-il répondre aux exigences d’un référentiel (paiement des fournis- seurs, éthique, environnement, social/
sociétal) audité par une pléiade de gros et petits cabinets en France, dont Afnor Certification. Pierre Pelouzet : « Nous avons contribué à créer une norme ISO mondiale sur les achats responsables, intégrée dans le label. » Enfin les cabinets capables de certi- fier le crédit d’impôt recherche auquel prétend la R&D des entreprises ne se montraient pas toujours fiables. La Médiation des entreprises les a sou- mis à un référencement accessible en ligne. « Un sujet à 6 milliards d’euros, le crédit d’impôt recherche », rappelle le médiateur...
Outils de confiance
                                                                                                     40
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
trophees-optimistes.fr
©Alain Salesse
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]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 En immersion
 Au cœur de l’ancien labo transformé en boutique...
Kaviari, un secret de chef révélé au grand public de connaisseurs
  Parmi les noms du caviar, il en est un que le grand public commence tout juste à découvrir. Kaviari. Pas le cas des professionnels pour lesquels ce caviar-là fait partie des « saveurs sûres » – l’entreprise fournit quinze chefs trois étoiles en France sur 26. Kaviari est « des- cendu dans la rue » au début de l’année 2017 en un endroit d’un genre nouveau pour le monde plutôt fermé du caviar, La Manufacture. « Nous ne voulions pas d’une boutique “normale”, s’explique Karin Nebot, directrice générale du producteur. Nous voulions un lieu qui reflète nos valeurs : la qualité du produit, le res- pect de l’environnement, la simplicité et le partage. » Le résultat : un endroit unique où se mêlent cuisine, boutique et musée vivant, à l’ambiance accueillante quoique haut de gamme. La décoration impose la simplicité, mé- lange de rustique – le bois, les meubles un peu bruts... ‒ et de raffinement – le bleu profond des boîtes Kaviari, la typographie dorée...
écLairer La saga du mets
La Manufacture n’est pas le fruit d’un plan décennal. Le 13 rue de l’Arsenal, proche de la Bastille, est l’adresse historique de Kaviari (l’aven- ture Kaviari a commencé au milieu des années 1970, quand Jacques Nebot se lance dans l’importation d’œufs d’estur- geon iraniens), et le lieu en garde les traces : la boutique a trouvé sa place dans l’ancien frigo et le laboratoire trône toujours au centre. Il y a deux ans, la société a déménagé à Ivry et libéré ce grand espace. Karin Nebot y a vu une op- portunité : « Le caviar d’au- jourd’hui n’est plus le même qu’avant. Depuis 2008, toute la production vient de l’élevage. Il n’existe plus d’esturgeons sauvages. Avec le passage à l’élevage, une certaine confu-
œufs d’esturgeon, mais de les valoriser – il s’agit d’un vrai métier d’artisan.
parLez-vous
caviar ?
Au détour des inscriptions sur les murs, des grandes photos, au hasard des échanges avec les employés sur place, l’on apprend qu’il faut sept ans à un esturgeon pour qu’il com- mence à donner des œufs. Que le caviar, comme le vin ou le fromage, a besoin de temps pour s’affiner et prendre toute sa saveur. Que ce n’est pas un hasard si bon nombre de marques de caviar utilisent du bleu dans leur univers graphique : à la fin du xviie siècle, Dieckman & Hansen, négociants allemands et lea- ders des approvisionnements européens en caviar, sont les premiers à conditionner les
par Internet), la Manufacture accueille le grand public et lui propose des ateliers (en trois formules), des repas (petit-déjeuner, déjeuner ou dîner) ou du grignotage à toute heure, et, une fois par mois, un dîner d’exception préparé par un chef étoilé. Le lieu est privatisable, pour ceux qui voudraient en profiter en nombre avec des amis (ou des clients...).
avec Le caviar
Ouvert depuis janvier 2017, l’agenda de La Manufacture ne désemplit pas. Pour autant, Kaviari n’a pas l’intention de démultiplier les emplacements ni d’augmenter la cadence. Travailler dans le caviar a appris aux apôtres du caviar K à savoir prendre leur temps. « Nous voulons asseoir la marque, la stabiliser, explique
 Avec La Manufacture, Kaviari se dévoile au public, petit à petit, et fait partager sa passion.
Jean-Marie Benoist
sion s’est installée pour le caviar : nouvelles origines, nouvelles espèces... Mais les métiers restent les mêmes. Nous avions l’opportunité de créer un lieu où nous pourrions expliquer toute cette évolution, en restant très impartiaux et objectifs, avec beaucoup de pédagogie. » Une démarche similaire à celle qui a présidé à l’ouverture du blog Culture Caviar de la marque L’idée n’est pas de démystifier les
précieux œufs d’esturgeon dans des boîtes en fer, de couleur bleue, dite aujourd’hui « la boîte origine ».
La Manufacture est multi- fonction. C’est, évidemment, un espace où Kaviari fait se rencontrer ses clients et ses producteurs, recevoir ses clients btob pour des dégus- tations, des formations ou des ateliers. Mais surtout, pour la première fois chez Kaviari (si l’on exclut la vente
Karin Nebot. Nous comptons beaucoup sur le bouche-à- oreille. » Elle le peut : après le caviar, les autres produits de la marque devraient connaître le même engouement : saumon fumé, chair de tourteau... Et toujours pour encourager le bouche-à-oreille, Kaviari en- tend renforcer sa présence sur les réseaux sociaux en.profitant notamment des événements de La Manufacture. De quoi ouvrir les appétits.
À la fin du xviie siècle, Dieckman & Hansen, négociants allemands et leaders des approvisionnements européens en caviar, sont les premiers à conditionner les précieux œufs d’esturgeon dans des boîtes en fer, de couleur bleue, dite aujourd’hui « la boîte origine »
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre de l’innovation
Le verbatim à retenir...
Ce que les enfants apprennent aujourd’hui sera inutile en 2050
Yuval Noah Harari, historien,
auteur de Sapiens, in Wired, édition britannique.
Le monde ne sera plus jamais comme avant...
L’entreprise
Robotisation à gogo chez Rolls-Royce
Rolls-Royce communique à tout-va sur son projet Intelligent
Engine vision par lequel la robotisation et l’IoT (Internet
des objets) s’impose dans l’industrie. Rolls-Royce n’en est
pas à son premier coup d’éclat en matière de robot d’en-
tretien. Le groupe a déjà développé un robot-stylo avec
l’université de Nottingham : une sorte de périscope com-
mandé à distance. Dans la continuité de ces partenariats
‒ Harvard itou ‒, Rolls-Royce Royce s’adjuge le marché
des tâches d’entretien avec ses « swarm robots » (robots en essaim), larges de dix centimètres. Ils se faufilent comme des insectes dans tous les recoins d’un moteur pour une vérification complète, en peu de temps. Côté technologie, ce sont des endoscopes capables de migrer dans les canaux d’objets complexes. Ils seraient peu coûteux à construire et à programmer.
L’innovation autrement
AMAZON DÉCLINE SON POINT DE VENTE RÉVOLUTIONNAIRE
Le deuxième point de vente estampillé Amazon Go a ouvert à la fin du mois d’août. Ouverture anticipée qui répond à la concurrence de la start-up Zippin avec son magasin sans caisses ni personnel. Plus modeste que son aîné et pilote, le magasin propose une offre réduite mais qui repose sur les mêmes technologies. Après avoir téléchargé l’application, les clients s’identifient sur les bornes. S’en suit un parcours client dans un dédale de 134 mètres carrés, fondé sur un système de capteurs et de caméras pour de la reconnaissance visuelle de listage des achats. Le compte Amazon est automatiquement débité à la sortie des clients.
L’innovation décalée
L’APPLI QUI VOUS « SAPE » EN MUSIQUE
Les technologies liées aux systèmes de recommandation accouchent de nou- veaux concepts. Après Netflix ou encore Spotify, célèbres pour vous pousser du contenu en fonction de votre historique et de votre profil, l’application Fits souhaite aller plus loin en corrélant vos goûts musicaux à votre tenue. L’idée nous vient de Californie où siège la marque de PAP, Eison Triple Thread. Le prin- cipe : en fonction de votre playlist Spotify, l’enseigne californienne vous pousse un look. Pour le définir, Fits s’appuie sur une série de vos réponses à propos de votre environnement professionnel, votre couleur de peau, vos activités, vos loisirs, votre style de vie et votre situation familiale. Ensuite, le questionnaire est croisé au contenu de vos playlists.
L’innovation coup d’œil
ENVOYER VOS COURRIERS SANS VOUS DÉPLACER
89 cents d’euro, ce que vous coûtera l’impression selon le format voulu et l’envoi de votre courrier par La Poste via un nouveau service en ligne. Disponible aussi pour les formats photo. Bapti- sée Merci Facteur, cette plate-forme imprime et envoie photos et lettres pour toute occasion : faire-part de naissance, décès, anniversaire, mariage... L’offre s’étend aux professionnels. En envoi simple ou recommandé, les courriers seront imprimés et postés le jour même. Un catalogue vous propose plus de 6 000 cartes illustrées, système de suivi à la clé. Un nouvel envoi gra- tuit est prévu en cas de perte... ou de non acheminement.
SMARTPHONE : SIGNAUX AMPLIFIÉS, BANDE PASSANTE AMÉLIORÉE
La proposition de valeur de la Celless Box : favoriser la réception du téléphone portable en amplifiant naturellement les signaux. Le principe serait écologique. La Celless Box joue les boîtes de résonance par l’insertion d’un réflecteur, de la même manière qu’une antenne parabolique. La puissance du signal émise
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
       ÉTATS-UNIS
 Des exosquelettes pour développer la force des salariés
Les usines ne sont plus celles des Temps Modernes de Chaplin. Et
la robotisation et l’innovation ne sont pas seulement synonymes de
destruction d’emplois. Elles se traduisent par de nouvelles technolo-
gies qui entendent limiter les troubles musculo-squelettiques causés
par de mauvaises postures et développer l’endurance des employés.
Ford a annoncé le déploiement d’exosquelettes pour doter une quinzaine d’usines. Une initiative qu’ont développée BMW et Audi dans la foulée.
Le principe ? Soutenir le corps lors d’efforts continus. Un employé sur une chaîne de montage est par exemple amené à lever plusieurs milliers de fois les bras au-dessus de sa tête pour réaliser des tâches complexes sur les véhicules. Le constructeur amé- ricain recourt aux EksoVests, exosquelettes développés par l’entreprise Ekso Bionics pour soulager les bras d’un poids de deux à sept kilos par membre. La force du soutien progresse graduellement. Plus l’ouvrier lève les bras, plus la machine prend le relais.
FRANCE
Skydeals réinvente l’inflight shopping
Faites bientôt vos adieux aux plaquettes commerciales cartonnées
et aux ventes détaxées à bord des avions. La start-up parisienne
Skydeals vous pousse désormais des offres sur smartphones et
tablettes le temps du vol. Cette plate-forme sera mise en ligne
dès novembre 2018 auprès de trois compagnies aériennes (l’avion
connecté serait d’ailleurs une priorité pour 35 % des voyageurs).
L’ambition de cette start-up créée en 2017 : devenir le leader mon-
dial du e-commerce à bord, d’ici à 2023, en touchant 5 % du trafic mondial, ce qui représente 4 milliards de passagers en 2017. L’offre comprendra des marques premium, mais ouvrira également le marché très fermé du travel retail à des marques plus confi- dentielles, en rapport avec la destination de vol ou les pays traversés. Sera également possible le « group buying », pratique d’achat par laquelle les passagers d’un même vol souscrivent ensemble à une offre afin d’obtenir une réduction. En parallèle, Air France-KLM prévoit d’équiper progressivement toute sa flotte long-courrier d’une connectivité wifi d’ici à 2021.
                                                                                                             ISRAËL
 Tel Aviv enseignera le code dès la maternelle
 Selon Pitchbook, l’université de Tel Aviv serait la 8e meilleure université
dans le monde à former les meilleurs entrepreneurs. Pour cette rentrée,
les changements sont nombreux pour renforcer cet ADN entrepreneurial
dès le plus jeune âge. Yossi Hayut, directeur du service de l’innovation pédagogique, souhaite ainsi passer du statut de start-up nation à celui
de high-tech nation. Le programme code.org en collaboration avec l’ONG américaine et la municipalité de Tel Aviv souhaite démocratiser les sciences de l’informatique. En parallèle, Tel Aviv a lancé cette année un plan stratégique, Futurs entrepreneurs. Première étape : enseigner la programmation, les sciences de l’informatique et le de- sign thinking aux élèves âgés de 12 à 14 ans. Dans les cinq ans à venir, le département Éducation de la municipalité prévoit de proposer le curriculum à tous les élèves, de la maternelle jusqu’à l’équivalent israélien du baccalauréat. Et ce plan stratégique commence par la formation des professeurs. Plus de 30 volontaires issus de 22 écoles israéliennes ont passé cinq jours de formation dans les locaux de la start-up Wix. Au programme : pilotage de drones, introduction aux fondamentaux du machine learning ou encore initiation à l’utilisation d’un drive.
  44 OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Baromètre de l’innovation
 par votre téléphone por- table serait en parallèle atténuée de 97 % grâce au dispositif. Ou de l’art de mieux recevoir sans plus émettre d’ondes.
INCITATION FISCALE À L’ÉQUIPEMENT NUMÉRIQUE, LE RETOUR
Il fut mis en place une première fois de 2015 à 2017 : l’avantage fiscal sur les biens d’équipements nouvellement acquis serait exhumé pour accélérer la transformation numérique de l’industrie. Objectif : déduire
du résultat imposable jusqu’à 40 % du prix de revient d’un bien d’équipement dans le périmètre de la robo- tique et de la trans-
formation numérique (imprimantes 3D, logi- ciels de gestion de la production, capteurs connectés...). Cet avantage sera déployé de janvier 2019 à la fin de l’année civile de 2020.
LES AUTOS RENAULT-NISSAN- MITSUBISHI GOOGLEISÉES
Le premier consortium mondial de construc- tion automobile par le nombre de véhicules vendus a signé au mois de septembre un ac- cord mondial avec Google. Le contrat court
jusqu’en 2021 qui vise à équiper les voitures estampillées Renault-Nissan-Mitsubishi d’un système d’exploitation mobile développé par Google. L’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi – 10,6 millions de voitures dans le monde en
2017 – fournira à bord le service de carto- graphie Google Maps, le système d’assistant personnel intelligent Google pour activer
certaines commandes et le magasin Google Play Store qui donnera accès à une sélec- tion d’applications adaptées au monde de l’automobile.
ROCKET LAWYER, LA START-UP AU SERVICE DES START-UP
Statuts, pactes d’actionnaires, immatricu- lations, dépôts de marque, formalités ad- ministratives... Pour que ces étapes incon- tournables ne constituent pas un frein à la création d’une jeune pousse, la plate-forme française Rocket Lawyer lance une toute nouvelle offre de création « clé en main ». Avantageuse sur le plan financier, cette so- lution rend accessible les conseils de pro- fessionnels du droit qui accompagnent au quotidien des créateurs de start-up, et no- tamment sur le choix d’une forme juridique adaptée et la création d’un pacte d’action- naires pertinent et approprié.
En rupture
Code ou pas ?
Le code est dans l’air du temps, nouveau sésame à l’em-
ploi ou solution aux inégalités sociales, partout dans le
monde. Mounir Mahjoubi ‒ secrétaire d’État chargé du
Numérique ‒ souhaite créer par exemple un examen en
lien avec cette discipline au cours du secondaire. Tel Aviv en fait un passage obligé dès la maternelle. Une tendance que réprouve, le startuppeur Emmanuel Strasch- nov. Le co-fondateur de Bubble a décidé de prendre la direction inverse en matière d’évangélisation des nouvelles technologies. Sa start-up veut rendre le code obsolète dans 90 % des applications informatiques, au nom d’une certaine idée de la justice sociale. Bubble, par l’assemblage de briques, propose de créer des sites Web et des applications mobiles sans avoir à écrire des milliers de lignes de code, mais en re- courant à une librairie riche d’éléments et d’actions. Très exactement tout ce à quoi a tendu la création des langages dits naturels dans le passé numérique.
Une Agence de l’innovation pour le secteur de la Dé- fense
Officiellement lancée à compter du 1er septembre, l’Agence
de l’innovation ambitionne de moderniser les cycles
d’innovation au sein du ministère des Armées. Il s’agit
d’ouvrir l’innovation en améliorant les interactions entre
le ministère, les start-up, les laboratoires et les PME. L’objectif final, mettre à niveau les technologies de l’armée française. L’agence demeure dans le giron de la DGA et dispose d’un budget de 730 millions en 2018, qui grimpera à un milliard d’euros dès 2022. Une somme à mettre en perspective avec le budget de fonctionnement de la Darpa, son équivalent nord-américain : trois fois supérieur. Emmanuel Chiva (photo), 49 ans, docteur en biomathématiques avec une spécialisation en intelligence artificielle, est nommé directeur de cette agence. Il est également expert dans le domaine des systèmes complexes et du biomimétisme.
      OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr 45
]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[ ou presque...
On appelle l’acte d’achat l’expérience client. Joli nom pour enterrer le geste immémorial de troquer ou d’échanger objets et services contre cash ou carte. Partout dans le monde, le chaland devient vecteur payeur de sa consommation et de ses connexions. Souriez, vous avez payé.
Patrice Remeur
FRANCE
Tiller lève 12 millions d’euros
Quoi : à chacun sa solution de caisse. C’est le concept de la société française qui publie un logiciel de caisse enregistreuse sur tablette pour les commerçants. Elle vient de lever 12 millions d’euros pour se développer en Europe.
Intérêt : la solution est souple pour assurer un accès à un écosys- tème complet composé de plus de 60 partenaires. Le commerçant obtient une solution totalement sur-mesure à faible coût en raison du modèle de plate-forme ouverte. Il ser en mesure de visualiser la situation de ses flux en temps réel.
ROYAUME-UNI
Oglio connecte ceux qui jettent et ceux qui récupèrent
Quoi: l’application anglaise de partage des aliments Hyperlocal, destinée à lutter contre le gâchis alimentaire, vient de recueillir au mois de juin 6 millions de dollars. Plus d’un tiers de toute la nourri- ture produite dans le monde est gaspillée et représente plus de 160 milliards de dollars de manque à gagner. D’où l’application de mise en relation entre ceux qui jettent et ceux qui récupèrent. Le modèle économique est un pourcentage sur les produits récupérés auprès des entreprises. Des articles non alimentaires sont également dis- ponibles.
Intérêt : transformer la perte de valeur en gain, nouer du lien social, lutter contre la faim, le gaspillage et la pollution.
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Le tour du monde de l’innovation
Phygital
Payer/acheter/se connecter sans bouger
ÉTATS-UNIS
Microsoft : encaisser sans caisse
Quoi : Après Amazon Go lancé en janvier 2018 à Seattle, ce serait au tour de Microsoft de proposer des magasins sans caisse. Le système identifie depuis le chariot les produits ajoutés et facture automatique- ment, selon Reuters.
Intérêt : l’acte d’achat est fluide, la note finale légèrement oubliée – pousser à la consommation ? –, les files d’attente oubliées et te taux de fraudes combattu. Les informations collectées génèrent des offres personnalisées dans le monde physique ou numérique. Microsoft collecte les données et vend ses solu- tions cloud qui constituent des infrastructures majeures dans le retail de demain. Trop d’arguments pour que le système ne se générlaise pas...
Google Duplex au point
Quoi : l’Assistant Google intégrera Duplex, aide par simple commande vocale par exemple aux réser- vations de restaurant, planification des rendez-vous dans un salon de coiffure, annonce des horaires d’ouverture dans un premier temps. Il a été testé au cours de l’été.
L’intérêt : Google rend accessible l’ensemble des boutiques partenaires en se passant de l’utilisation de la langue du pays. Le paiement prochain par Google sera également simple.
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[ STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Le tour du monde de l’innovation
CORÉE DU SUD
Hyundai : showroom sur Amazon aux États-Unis
Quoi : le constructeur coréen propose ses véhicules en ligne sur la plate-forme mon- diale. Des outils offrent à l’acheteur la comparaison des modèles, prix et avis ou des offres d’assurances ou de financements. Pour rappel, Hyundai fut le premier construc- teur automobile grand public à connecter des voitures à des maisons en utilisant Ama- zon Echo et la compétence Blue Link pour Amazon Alexa.
Intérêt : rendre accessible par Alexa ou depuis le site ecommerce l’achat d’un véhicule, simplifier la production et, côté consommateurs, « apprendre à connaître les véhicules Hyundai d’une manière qui correspond à leurs attentes pour presque tous les autres types d’achats », affirme Tim Maxwell, directeur principal du marketing numérique chez Hyundai Motor America.
Cryptomonnaies dans les commerces
Quoi : les entreprises de Corée du Sud Pundi X, solution de point de vente basée sur blockchain, et Ubivelox, fabricant de cartes à puce, deviennent partenaires pour accep- ter les cryptomonnaies dans les commerces et e-commerces.
Intérêt : offrir aux consommateurs la possibilité de payer en devises classiques ou mon- naies virtuelles, mais aussi d’acheter, vendre et d’échanger des cryptomonnaies dans n’importe quel magasin physique ou sites partenaires. Le marché des cryptos monnaies et de la blockchain connaît une croissance de plus de 80 % selon markets and markets.
ÉTATS-UNIS, ROYAUME-UNI, CHINE
Le t-commerce sur la blockchain
Quoi : acheter les produits et services illustrés dans un film, sé- rie, émission (« television commerce, t-commerce) via Zwoop, spécialiste d’e-commerce basé à Honk Kong et Londres, et à travers Dropp.tv à New York, spécialiste de la vente sur tout écran : ils se sont associés pour créer une plate-forme multi- média fondée sur la blockchain et l’IA. L’ambition : proposer un accès au monde entier au commerce électronique depuis n’importe quel canal.
Intérêt : capter immédiatement le spectateur pour le transfor- mer en consommateur avec une présentation en situation des produits et services et des interactions pour un achat en un clin d’œil en multiples devises réelles ou virtuelles et... sans erreur.
CHINE
Alibaba investit dans l’authentification de ses produits
Quoi: le géant chinois prend des parts dans la société hollandaise Smartrac qui délivre des solu- tions IoT (objets connectés) et RFID (identification à distance par marqueurs et lecteurs de radiofré- quences) pour une identité numérique unique de chaque produit. Alibaba proposera des contenus et interactions avec les clients à l’image d’Adidas, fournisseur du ballon de la coupe du monde – éti- quette NFC qui déclenche des contenus exclusifs à l’approche d’un smartphone.
Intérêt : lutter contre les vols et la fraude, amé- liorer la connaissance client et la durée de vie du produit tout en offrant des expériences personna- lisées.
INDE
Toujours à l’heure de l’IA
Quoi : la smartwatch hybride Muse intègre l’intelligence artificielle. Elle organise vos ac- tivités quotidiennes selon vos habitudes et besoins. Exercices sportifs, conseils alimen- taires dédiées, exposition solaire, musique, caméra, alertes, jeux... Un Tag NFC autorise les terminaux de paiement, y compris dans les transports publics, à vous reconnaître. Fluidité wanted. L’entreprise a déjà levé plus de 70 000 € à travers Quickstarter, plate- forme de financement de petits projets.
Intérêt : collecter les données et mémoriser les habitudes pour aligner les services dé- diés de manière fluide à travers un écosystème. Son prix – moins de 100 euros – est un argument de multiplication rapide des clients.
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr 47
]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
 Un entretien avec Thomas Houy, l’expert qui dérange
« Les entreprises doivent exécuter un retournement complet des processus... »
Le demi-tour . Non, pas d’acrobatie de typographie, mais le respect du clin d’œil
du titre du tout récent livre de Thomas Houy, maître de
conférences en management à Telecom Paris Tech. Ce demi-
tour s’annonce acrobatique : pour les entreprises, le
numérique, incontournable, exige un retournement
des manières de penser,
de concevoir, de produire et de livrer les innovations. Entretien renversant.
Propos recueillis par Elsa Bellanger
connue de tous les entre- preneurs du numérique : « Fake it untill you make it », quelque chose comme « Simule jusqu’à ce que tu te lances vraiment » !
Quels sont les freins à l’adoption de ces bonnes pratiques dans les entre- prises traditionnelles ? Elles les adoptent progressi- vement, mais la conduite du changement reste complexe. Certains principes heurtent les habitudes et les modèles de pensée. La plupart des entreprises peinent à se montrer agiles, par exemple, et à mettre sur le marché des nouveautés à un rythme accéléré.
Une des difficultés princi- pales reste la focalisation sur le retour sur investis- sement. Les entreprises se concentrent trop tôt sur la question du passage à l’échelle et évaluent les innovations à l’aune de leur capacité à pouvoir être répli- quées sans générer trop de coûts. De quoi les amener à préjuger de la pertinence de leur solution pour une cible de clients théoriques qui n’a encore montré aucune propension à l’utilisation de la solution imaginée. Une solution ne peut par exemple se destiner aux commerces de proximité dans leur ensemble. Ils ne constituent pas une cible homogène avec des be- soins communs. La bonne approche serait plutôt de chercher à répondre au be- soin de l’un d’entre eux puis d’envisager une duplica- tion du service. Les grands groupes peinent pourtant à s’adresser à une niche, le retour sur investissement de l’innovation lancée se
dégrade significativement.
Par quels leviers les entre- prises absorbent-elles les changements nécessaires ? Pour s’ouvrir à ces pra- tiques, les grandes en- treprises vont opter pour la création d’unité hors des locaux du siège ou se rapprocher des start-up en intégrant un espace de coworking ou en créant un incubateur. Il faut veiller à ce que les pratiques du groupe n’influencent pas ces unités indépendantes. L’essentiel reste de com- prendre que ces bonnes pratiques ne sont pas in- dépendantes les unes des autres. La bonne pratique qui consiste à ne jamais laisser d’espace entre soi et ses clients reste peut-être celle du « levier » qui va activer les autres. Il s’agit de tirer les leçons du suc- cès de Booking.com, site de réservation d’hôtellerie qui est parvenu à capter l’audience ‒ les clients de l’hôtellerie ‒ et à asservir toute la chaîne de valeur. À partir du moment où les hôteliers ont délégué le contact direct avec leurs clients à la plate-forme, ils ont perdu leur autonomie tarifaire.
Il est également important de cesser de croire au mythe du visionnaire. Il existe une distance entre les récits médiatiques des génies qui suivent une intuition et la réalité. Un bon manager de l’innovation, c’est plutôt celui qui sait qu’il ne sait pas et qui tirer.a de la data la vérité du marché. En ce sens, l’entrepreneuriat, c’est de la science.
   Vous invitez les entreprises à « désapprendre », à « dé- tourner leur processus » ou encore à « innover à l’envers ». En quoi consiste cette « révolution coperni- cienne » que vous appelez de vos vœux ? L’innovation par le numé- rique n’invite pas seulement les entreprises à apprendre de nouvelles méthodes de création et de conception. Elle les oblige surtout à emprunter des chemins d’innovation tout à fait contre-intuitifs, opposés aux démarches du monde industriel traditionnel. C’est en ce sens que les entre- prises doivent opérer leur révolution copernicienne. Elles doivent exécuter un retournement complet des processus sur lesquels elles s’appuient pour penser, concevoir, produire et livrer leurs innovations.
Un exemple. Je démontre dans le livre l’intérêt de vendre avant de produire.
Le marché doit se montrer prêt à recevoir l’innovation avant de lancer la produc- tion. Le monde traditionnel fonctionne avec l’idée que les meilleures technologies gagnent les marchés. C’est cette logique qui donne des services de R&D sur- dimensionnés. Dans l’ère digitale, ou numérique, c’est la qualité de l’expérience utilisateur qui importe.
moins puissantes mais plus petites qui s’intègrent plus aisément dans les intérieurs des utilisateurs.
paraît totalement irration- nel d’investir des millions d’euros et de consacrer des mois en R&D sans avoir au
 48
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
Dans le monde numérique, il apparaît totalement irrationnel d’investir des millions d’euros et de consacrer des mois en R&D sans réunir
au préalable des preuves convaincantes d’adoption de la solution en préparation.
 Cette nouvelle approche risque de créer des tensions, mais on constate l’arrivée de designers dans les départe- ments R&D. Effet positif : l’apparition de box Internet
Ce qu’il faut retenir, c’est l’impératif de disposer de preuves convaincantes d’adoption de la solution en préparation. Dans le monde numérique, il ap-
préalable réuni ces preuves. Innover à l’envers, c’est donc ici vendre son innovation avant de la produire. Ce renversement trouve un résumé dans une phrase
numérique
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                                                                         by
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[Haute résolution
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
  Comment « faire parler » l’affichage urbain numérisé...
Clear Channel :
« Réinventer la street experience »
Clear Channel, c’est la firme américaine qui rachète l’afficheur Dauphin français en 1999. Et Réinventer la street experience1, c’est le titre d’un petit livre rare, signé par le président de Clear Channel France, Philippe Baudillon. Lisez-le, et vous aurez fait quelques pas dans la ville du futur ‒ dites plutôt smart city ‒ telle que la projette celui qui, à coup d’écrans numériques, réinvente l’espace public et le mobilier urbain connecté jusqu’à les « faire parler ». Impressionnant.
d’une campagne, et sur les ventes dans le cas de biens de consommation rapide, et sur l’image de marque pour des biens de consommation plus lente comme des voitures. » Ultime outil de confirmation, le mobilier capte les données neutres de nos smartphones...
visionnaire
Philippe Baudillon tire de son extraordinaire « pouvoir » de traitement statistique les schémas d’avenir de toute une société (les megatrends à 15/20 ans, les trends à 5 ans
et leur impact potentiel sur toute entre- prise), qu’il expose dans son Réinven- ter la street ex- perience. Mais il n’oublie pas au passage d’anti- ciper son propre métier ancré dans bilier conçu pour durer dans la ville : comment concilier accélération et per- manence ? Comment « parler » à des piétons engagés dans une nouvelle mobilité, com- ment imaginer l’avenir d’un affichage que les citoyens à bord de véhicules autonomes ne regarderont plus à travers un pare-brise peut-être oc- culté, mais consulteront sur un écran intérieur ? Comment composer avec les « arrêts momentanés » que sont les trucks de restauration et autres animations de rue ? C’est avec tout son écosystème de collaborateurs, de marques, de maires que Philippe Bau- dillon cherche à partager ses convictions à traver.s sa vision. Et, au passage, avec ces mil- lions de consommateurs qu’il
connaît si bien...
1 Hermann, 2018.
  Olivier Magnan
Un mot sur l’afficheur affiché : Philippe Baudillon, 63 ans, « affiche », comment le dire autrement, un parcours éton- nant : cet énarque d’abord dix ans diplomate aux Affaires étrangères, membre de cabi- nets ministériels ‒ Balladur, Chirac... ‒, se pose alors la question de son avenir. Ses parrains/marraines en po- litique, Charles Pasqua et Simone Weil, lui dépeignent une administration nationale française « bientôt challengée par l’Europe », par le chan- gement d’échelle à l’aune des territoires, d’où « une pression très forte sur ladite adminis- tration, période pas fantasti- quement amusante pour moi à 30 ans ». Ce sportif invétéré les écoute et allie passion et business : il crée une « boîte » (c’est son mot) spécialisée dans la commercialisation d’évé- nements et de droits sportifs (« quatre années fantastiques », dixit). Quelques opportunités et rencontres plus tard ‒ on se souvient du Baudillon DG de France 2 en 2005 ‒, le voilà président de Clear Channel France en 2008 (puis de la Belgique et des Pays-Bas à partir de 2016). Situons Clear Channel Communication :
elle constitue la filiale « affi- chage » d’un groupe de fonds d’investissement américains bimédia, IHeartMedia (à la fois le plus gros opérateur radio aux États-Unis et afficheur mondial). Ce que Philippe Baudillon résume par : « C’est une boîte très rue ».
vous qui passez
sans voir... Les capteurs
Et pour cause, il n’aime pas le jargon anglo-américain consacré d’OOH ‒ Out Of Home ‒ qu’il traduit par « rue » (« plus réel » pour lui). L’OOH englobe tous les espaces pu- blics, de la rue bien sûr aux
Médiagares à Paris) et JCDe- caux (mobilier urbain, abribus, grands formats et aéroports, et jusqu’à récemment Vélib’). Clear Channel lui dispute ce mobilier urbain, de l’abribus aux « sucettes », ces affichages moyen format de 2 m2 sur pied, à la fois supports de pub et d’infos municipales. Autre atout différentiel, Clear Channel est plus motion (ani- mations sur écran numérique) que papier (qu’il conserve). Ce que justifie, dit son patron, le mode lecture des millenials ‒ génération Y ‒ la tablette et la console sont passées par là. Mais pas seulement : ces écrans sont « bavards ».
surcroît, il conçoit et affiche les messages à destination du public). Ce que revendique volontiers Philippe Baudillon, c’est un savoir-faire pointu né de l’analyse fine de la data par des algorithmes. À partir des chiffres fournis, comme à tous les afficheurs, par Affimétrie ‒ données non personnelles ‒ et des statistiques Iris (Îlots regroupés pour l’information statistique) de l’Insee, les gou- rous de la street experience savent quelle femme ou quel homme de tel CSP passe d’un Iris à l’autre, le tout enrichi des chiffres d’un panel de 20 000 consommateurs scan- nés par jour jusqu’à connaître
d’Experian (modes
de vie ‒ qui regarde
TF1, lit Les Échos,
va au cinéma trois fois par semaine... ?) et plus de 1 000 critères, le métier de Clear Channel, détenteur de ces incroyables informations, sera de vendre à l’annonceur qui cible par exemple des femmes actives de tel ou tel profil (ou des hommes de tel ou tel autre) une sélection des « faces » des mobiliers au cœur des flux adéquats. Savez-vous comment les pros désignent la démarche ? Ils disent « sur- presser la population ». En termes plus civils, c’est tou- cher les gens qui intéressent l’annonceur. Un B-A BA de la pub qui confine à l’art ! Un savoir-faire d’afficheur travaillé depuis six ans sous l’impulsion de ce pape de la publicité « urbi et orbi » (à la ville et au monde) qu’est son éminence Baudillon... « Nous sommes un média de puissance, reconnaît-il, capable de mesurer l’impact
un mo-
   50
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À l’aide de plus de 1 000 critères, le métier de Clear Channel est de vendre à l’annonceur une sélection des « faces » des mobiliers au cœur des flux adéquats
 centres commerciaux (plus de 2 000), des parkings aux mé- tros et aux gares, une présence tous azimuts à laquelle ont renoncé les concurrents plus spécialisés de Clear Channel ‒ ExterionMedia (ex-CBS, spécialiste du format géant), Mediatransports (Métrobus et
Ils constituent un réseau na- tional unique en soi, fort de quelque 110 000 mobiliers « print et digitaux ». Clear Channel vend aux marques le message affiché et achète sous forme de redevance les emplacements aux collec- tivités (pour lesquelles, de
leurs achats réels, d’où naît un profil de consommation : l’on parvient à identifier telle circulation d’un point à l’autre, tel pourcentage de femmes et d’hommes, buveurs d’eau plate ou gazeuse, propriétaires de tel smartphone... À l’aide d’une dernière couche de data venues
Modèle Totem : il « sait » qui passe à son pied...
 ]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[  Créer aujourd’hui
Entreprendre hors de Paris........................................................................ p53
Business guides
- L’incroyable région Paca a rendez-vous avec la French Tech ................. p58 - Le comptable augmenté : exploiter et non subir l’uberisation................ p62
  CAHIER PRATIQUE
Conseils, astuces et nouveaux outils
J’ai quitté Paris pour la province, chantait Trenet. La France est en train de redécouvrir que ses régions sont attractives, actives, qu’un déploiement d’organismes, d’associations, de banques se mettent en quatre pour attirer
les entrepreneurs. Nous avons nous aussi suivi le guide à l’occasion du salon Parcours France de l’économie et du business en régions pour explorer ces collectivités territoriales qui battent en brèche le vieux syndrome de « Paris
et le désert français », dénonciation de la macrocéphalie parisienne. On redécouvre le rôle d’une « métropole » au sens administratif d’établissement public de coopération, la forme la plus intégrée d’intercommunalité à l’exemple en Paca de la métropole Aix-Marseille Provence, fort active. Omniprésents sur tout le territoire, eux aussi, les experts- comptables vivent la grande transformation de leur profession à l’ère numérique : les entreprises, leurs clients, ont tout à y gagner.
52 OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[  Créer aujourd’hui
CAHIER PRATIQUE
  Entreprendre hors de Paris
Ces chambres, clubs, associations, sites, pépinières, prêts, conseils qui jouent les rampes de lancement
Quitter Paris pour créer ou développer son entreprise ou entreprendre dans la région de son choix n’a jamais été autant facilité grâce à la multiplication des aides disponibles. Un salon, Parcours France, qui s’est tenu les 4 et 5 octobre au palais Brongniart, fut la plate- forme de tous les départs... On a refait le parcours.
ou tout à la fois. Les aides et autres dispositifs raisonnent selon le même principe, du territoire le plus grand – la région – au plus petit – la collectivité locale.
Au-delà d’un certain nombre de dispositifs nationaux – Accre, Nacre, les aides diverses de Bpifrance... –, dans le cadre des transferts de compétence de l’État aux régions, ce sont elles qui sont devenues la tête de pont exclusive en matière de développement écono- mique, et sont (presque) les seuls « fournisseurs » d’aides financières publiques. « La première chose que nous avons eu à mettre en place est un SRDEII (Schéma régional de développement économique d’innovation et d’internatio- nalisation), qui a été adopté en décembre 2015 », explique Bernard Uthurry, vice-pré- sident du conseil régional de Nouvelle Aquitaine en charge
 Jean-Marie Benoist
Plus de 1 700 aides ré- pertoriées sur le site aides-entreprise.fr, pi- loté par la DGE. Plus de 3 000 sur le site les-aides.fr, piloté par les CCI de France. Et encore n’obtient-on là qu’une partie de l’offre disponible proposée par une multitude d’acteurs, de l’État aux réseaux en passant par les régions, les collectivités, les métropoles, les associations... Bref, quel que soit le projet de création, de reprise ou de développement d’une entreprise, il existe des dispositifs de soutien par- tout en France. Une bonne raison : le développement économique est l’un des rares sujets qui font l’unanimité. Les territoires sont même deman- deurs. Mais la multiplicité de l’offre risque de donner une impression de confusion, face à un empilement d’acteurs. « En fait, l’interlocuteur le plus naturellement identifié par les futurs chefs d’entre- prise est le plus local, la mai- rie, souligne Éric Thierry, chef de service promotion et événements économiques d’Aix-Marseille-Provence Métropole. Les demandeurs n’ont pas nécessairement une
connaissance très poussée des divers institutions et dis- positifs. »
tout commence par La région
L’utilisation du mot « terri- toire » n’est pas neutre. Si les aides se répartissent par catégories (aides au finan- cement sous forme de prêt à taux zéro, subventions, réduc- tions d’impôts, exonération de
que ce soit en création, reprise ou modernisation », explique Bernard Uthurry. Une autre aide s’adresse aux TPE imma- triculées récemment (moins de 6 mois) sous la forme d’un
recrutement... liste Bernard Uthurry. Aujourd’hui, les su- jets qui dominent sont plutôt la R&D ou la transformation numérique. »
tout toutes seules. Elles s’ap- puient du coup sur des relais locaux : associations locales, représentants des diverses chambres – de commerce, des métiers, de l’agriculture... « Tout ce réseau est organisé, décline les objectifs définis dans le SRDEII et supporte les dispositifs en partant toujours d’un diagnostic. Nous avons vocation à être très présents : l’idée est de ne pas avoir plus de 30 km entre les représen- tants de notre task force », poursuit Bernard Uthurry. Cette notion de proximité s’explique aussi par l’envie de répondre au mieux aux demandes. Impossible, en effet, de décider d’un mode opératoire détaillé pour tous. La multitude des variables – statut, localisation, activité, effectifs, etc. – rend chaque cas unique. « Si les principes des aides sont décidés en mode “prêt-à-porter”, l’action elle- même tient plus du cousu
  Dans les schémas régionaux de développement économique
d’innovation et d’internationalisation, les régions sont libres de mettre en place autant de dispositifs qu’elles en souhaitent, en se focalisant sur des territoires, des activités,
des catégories sociales...
 charges, aide à l’implantation, accompagnement, etc.), le cri- tère le plus discriminant n’est pas nécessairement l’activité, mais la localisation. C’est bien pour cette raison qu’aides-en- treprises.fr que les-aides.fr proposent une recherche par critère géographique. Pour réussir, un projet doit s’ancrer dans son tissu local – que ce soit pour sa clientèle, ses partenaires, ses employé(e)s,
du développement écono- mique. Dans ces schémas, les régions sont libres de mettre en place autant de dispositifs qu’elles en souhaitent (dans la limite de leur budget...), en se focalisant sur des territoires, des activités, des catégories sociales... Par exemple, en Nouvelle Aquitaine, « le dispositif Entreprendre, la Région à vos côtés vise les entreprises de petite taille,
accompagnement de 4 000 à 10 000 euros de subvention. Une autre encore vise les en- treprises de production et de services de moins de deux ans, éligibles à des prêts à taux zéro jusqu’à 200 000 euros. « Nous adaptons également nos aides aux demandes des entreprises : auparavant, nous étions sollicités pour de l’in- vestissement en matériel, de l’accompagnement pour le
métropoLes et coLLectivités
En pratique, cependant, ce n’est pas la région directement qui discute avec les entreprises. « La région est vaste, et les cas sont nombreux : l’année dernière, près de 50 000 nou- velles entreprises ont vu le jour en Nouvelle-Aquitaine », explique Bernard Uthurry. Il est aisé de comprendre que les régions ne peuvent pas faire
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]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
  AfB France (Annecy)
La force des réseaux
 Il avait travaillé dans des di- rections financières et des directions commerciales : Éric Laur s’est retrouvé en 2010 en recherche d’activi- té. Une rencontre avec un
ancien collègue travaillant en Allemagne dans une entreprise appelée AfB (les initiales allemandes de Travail pour personne en situation de handicap) lui donne l’envie de construire le même projet en France : reconditionner du matériel informatique en fin de cycle venu de grandes entreprises et le revendre à d’autres entreprises où à des particuliers. En employant prin- cipalement des personnes en situation de handicap (elles composent 80 % de l’effectif).
« Cette approche m’offrait aussi l’avantage d’avoir déjà un modèle existant, viable, que je pouvais suivre, se souvient Éric Laur. Mais il fallait tout de même cher- cher des fonds. Ma première démarche a été de me rapprocher d’acteurs locaux. »
Éric avait beau habiter dans la région d’Annecy de- puis longtemps, il n’était pas vraiment ancré dans le territoire. « Je voulais trouver des acteurs pour m’im- planter: des aides, mais aussi des partenaires, des clients...» Pour cette raison, il s’est d’abord tourné
vers les réseaux : Initiatives, Entreprendre et France Active – celui-ci plus particulièrement à cause de l’as- pect social du projet –, rencontrés à l’occasion d’un salon pour entrepreneurs à Lyon à la mi-2011.
Ça a marché. AfB France fut l’un des lauréats du ré- seau Entreprendre en 2012, avec, à la clé, «un prêt d’honneur de 15 000 euros et surtout un apport immé- diat en matière de crédibilité ». France Active, de son côté, a apporté un prêt et a surtout servi de garantie auprès de la banque. « Avec ces deux soutiens, je n’ai eu aucune difficulté à rencontrer des banquiers », sou- rit Éric. Et surtout, l’effet réseau a pleinement joué. « J’ai rencontré mes premiers clients grâce au réseau Entreprendre », souligne Éric. Et il a obtenu des aides de la part d’institutions publiques grâce à eux: AfB a commencé son activité dans les bureaux d’une pé- pinière fournis par la métropole d’Annecy. «Un peu plus tard, quand on s’est développés pour ouvrir de nouveaux magasins, France Active nous a accompa- gnés, avec notamment un nouveau prêt – et ils sont maintenant entrés au capital. » Quatre implantations plus tard – Annecy, Nantes, Grenoble et Caen –, AfB France rencontre le succès, et Éric Laur est en train d’endosser, au sein du réseau Entreprendre, un rôle d’accompagnateur – « pour restituer ce que j’ai reçu ».
main. »
L’un des principaux échelons territoriaux « en dessous » des régions rassemble des métropoles et des collectivités qui apportent aux entreprises
un autre type d’aide. « Nous avons adopté un agenda du développement économique de la métropole Aix-Mar- seille-Provence en confor- mité avec le SRDEII de la
région », explique Éric Thierry (Aix-Marseille-Provence Mé- tropole). Ce ne sont pas des aides financières directes, mais des facilités sur les conditions d’implantation, les conditions
de vie, le développement... Par exemple, « parmi nos objec- tifs prioritaires, nous voulons mettre sur le marché 400 hec- tares de foncier d’ici à 2020. Accompagner la création de
100 start-up par an et réussir 80 dossiers d’implantation par an », souligne Éric Thierry. Le foncier, notamment, est un domaine sur lequel les métropoles agissent souvent. « Par exemple, c’est nous qui construisons des immeubles pour la biotechnologie ou qui les subventionnons. » Les métropoles, là encore suivant le principe de proximité, sont souvent organisées en plusieurs zones géographiques. « Nous disposons d’un ou deux agents de développement par territoire et six catégories de services sont proposées gratuitement : l’implantation, la création, le financement, l’innovation, le recrutement et la mise en réseau », liste le responsable de la promotion. La métropole s’appuie alors sur une agence de développement économique (Provence Promotion), des pôles de compétitivité, des incubateurs, des pépinières... Éric Thierry : « L’idée est de donner les meilleures chances d’accueil, de développement, et de parcours : par exemple, l’incubateur pour la validité et la faisabilité, la pépinière pour démarrer dans des conditions favorables et l’hôtel d’entre- prises ou les zones d’activité
pour les entreprises plus ma- tures. »
Les réseaux et associations privées En parallèle de tout ce sys- tème d’aides publiques de toutes natures, il existe une multitude d’associations et de réseaux privés qui offrent principalement des aides au financement, au recrutement ou des accompagnements. Certains sont d’envergure nationale (Initiatives, l’Apec, le réseau Entreprendre, France Active, France Angels...) et d’autres purement locales. En région Auvergne-Rhône Alpes, on en compte plus de 300. « France Active a été fondé il y a 30 ans, avec l’objectif d’encourager l’emploi – que nous poursuivons aujourd’hui en promouvant l’entreprena- riat, explique Jean-Dominique Bernardini, responsable mar- keting et innovation de France Active. Nous soutenons les entreprises qui apportent un plus, que ce soit sur le plan social ou territorial : souci de l’environnement, gouver- nance, projet social... Si le projet et l’entrepreneur sont viables, nous les aidons. » Le réseau offre des services de
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CComment dissoudre une société...avant même qu’elle soit immatriculée ?
e mois-ci, nous vous exposons un Outre la publication au Journal d’Annonces industriels de la société.
cas qui n’est pas si rare que ça dans Légales, il ne manquait plus que le passage L’issue de ce différend naissant a donc été un système économique qui va par le Greffe du Tribunal de Commerce trouvée en deux étapes.
toujours plus vite : une société mort-née. En l’espèce, 3 personnes – deux Italiens et un Français- avaient décidé de s’associer pour créer une structure basée en France spécialisée dans le domaine du dévelop- pement durable pour les pays émergents. Portés par leur enthousiasme, ils décident de créer rapidement une SAS de droit français dotée d’un capital conséquent. Cependant, vu la complexité de leur activité économique et les difficultés à pénétrer certains marchés visés, nos trois associés commencent à douter les uns des autres et à se reprocher réciproquement toutes sortes de torts.
Le léger hic c’est quand l’espèce, des statuts avaient été signés entre qui prévoyaient donc l’immatriculation prochaine de la société. Les fonds avaient été déposés à la banque.
pour « valider » leur création.
En effet, tant qu’elle n’est pas immatriculée, la société n’acquiert pas la personne morale, l’immatriculation faisant office « d’acte de naissance ». Il s’agit dans cette période entre-deux d’une société en formation et même le dirigeant social désigné dans les statuts ne représente pas réellement la société tant qu’elle n’est pas immatriculée. Il fallait donc trouver une solution rapide :
soit pour modifier les statuts de cette so- ciété pour s’adapter à l’activité de chacun soit pour mettre un terme à ce contrat qu’est la société, et qui a été signé par les associés Cette question était d’autant plus épineuse qu’il fallait pouvoir trouver une solution pour rembourser l’un des fondateurs qui avait avancé – en son nom- de nombreux frais pour la réalisation des prototypes
La première étant la conclusion d’une tran- saction entre les associés pour éteindre leur « différend commercial », solution trouvée après d’âpres négociations.
La deuxième aura été de mettre fin à cette société à l’unanimité obtenue des associés en désignant une personne chargée de pro- céder aux opérations de liquidation, une personne qui a rempli en réalité le rôle de liquidateur amiable.
Conclusion : même si une issue favorable a été trouvée entre les futurs-ex associés, il est prudent d’anticiper et de sécuriser cette période d’entre-deux, entre la « création » et l’immatriculation en utilisant sur tous les documents le terme « société en formation » sur les factures, comme sur les possibles contrats commerciaux passés avec des partenaires bancaires.
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
Le droit en pratique
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[  conseil, de financement et de mise en réseau au travers de ses « antennes » locales, une quarantaine de structures adhérentes d’échelles régio- nale ou départementale. Mais la vocation première reste le financement. « Beaucoup d’entreprises arrivent vers France Active sur recomman- dation de leur banque, d’ex- perts-comptables... énumère Bernardini. Les projets sont ensuite discutés en comité pour déterminer la meilleure aide à leur apporter. »
Le réseau compte ainsi trois filiales prêtes à offrir garantie bancaire ou proposer des prêts. Autre exemple, le réseau En- treprendre, davantage focalisé sur l’accompagnement. « Une entreprise accompagnée ob- tient deux fois plus de chances de réussir, souligne Olivier de la Chevasnerie, président du réseau Entreprendre. Le taux de réussite des projets que nous soutenons est de 93 % à trois ansetde90%àcinqans.»La priorité du réseau est, là aussi, la création d’emploi, au moins une dizaine par entreprise sur trois à cinq ans, avec une idée directrice : « Pour créer
des emplois, il faut créer des employeurs », explique Olivier de la Chevasnerie. Le réseau sélectionne ainsi 1 400 lauréats par an, tous des primo-créa- teurs ou primo-repreneurs, et leur apporte gratuitement son aide, composée d’un ac- compagnement de deux ans par des chefs d’entreprise (en activité) et d’un prêt – à taux zéro, entre 20 000 et 25 000 euros, en collaboration avec les banques régionales. Le plus, c’est que ce prêt est de nature à débloquer d’autres fonds auprès d’une banque, la réputation du Réseau En- treprendre aidant. Un vrai effet de levier... D’ailleurs, « le plus souvent, on vient nous voir pour l’argent, mais c’est l’accompagnement qui se révèle en fin de compte le plus apprécié », souligne le président du réseau. Être chef d’entreprise, surtout si l’on n’a pas d’expérience en la matière, ça s’apprend sur le tas – et obtenir un interlo- cuteur avec lequel on est en mesure d’échanger sur tous les sujets (ce qui n’est pas le cas des banques, par exemple) est plus qu’utile. La formule
rencontre un tel succès que le Réseau Entreprendre a créé de nouveaux programmes d’ac- compagnement pur, un pour les sociétés de trois à cinq ans d’existence, l’autre au-delà de cinq ans. La force des réseaux privés est qu’ils offrent, au-delà de l’accompagnement ou des aides financières, un réseau. « Nous montons des clubs de lauréats par “promotion”, au sein desquels ils peuvent échanger entre eux », explique Olivier de la Chevasnerie.
franchir une porte
Si les régions et les métropoles tentent activement d’attirer certaines entreprises sur leur territoire – « nous travaillons avec des consultants pour aller prospecter sur des filières et des métiers précis », souligne Éric Thierry – il ne faut pas attendre de se faire contac- ter : la recherche d’aides et de soutien reste une démarche active. La bonne nouvelle, dans ce paysage protéiforme, est que l’on n’a pas besoin de s’y aventurer seul. Le Web se montre, évidemment, une source de plus en plus com-
Par où commencer à travers 4 métropoles
CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
  Strasbourg
Adira Strasbourg
3 quai Kléber 67000 Strasbourg 0388528282
CCI Alsace Euromé- tropole
10 Place Gutenberg 67081 Strasbourg 0390206768
BPI France Direction régionale Strasbourg Les Terrasses de l’Europe
3 rue de Berne, 67300 Schiltigheim 0388568856
Eurométropole
1 parc de l’Étoile, 67076 Strasbourg Cedex 0368985000
Cédants & Repreneurs d’Affaires – Strasbourg Pôle de formation CCI 224 avenue de Colmar 67021 Strasbourg 0388235113
Contact : Robert-Henri Lameger
Bordeaux
Invest in Bordeaux
15 Quai Louis XVIII 33000 BORDEAUX Tel : 05.57.14.06.40
CCI Bordeaux Gironde
17 place de la Bourse, CS 61274,
33076 Bordeaux Tél.:0556795000
Cédants & Repreneurs d’Affaires - Bordeaux
2 place Ravezies, 33300 Bordeaux 0954037736 Contact : Bernard Carrière
Bpifrance Nouvelle-Aqui- taine - Délégation Bordeaux
Immeuble Bordeaux Plaza,
1 place Ravezies BP 50155,
33042 Bordeaux 0556484646
Contact : Bruno Heuclin
Bordeaux Métropole
Esplanade Charles-de- Gaulle
33045 Bordeaux Cedex 0556998484
Lyon
Agence pour le dévelop- pement économique de la région Lyonnaise
Place de la Bourse,
69289 Lyon
0472405750
Contact : Jacques de Chilly
CCI Lyon Métropole Saint-Étienne Roanne Espace Entreprendre, Palais du Commerce, 21 rue de la République, 69289 Lyon 0472405858
Cédants & Repreneurs d’Affaires - Rhône-Alpes Auvergne délégation de Lyon Centre d’Affaires Benoît,
69 rue Gorges de Loup, 69009 Lyon Tél.:0472538054 Contact : André GRENOT
Bpifrance Auvergne- Rhône-Alpes Immeuble le 6e Sens, 186 avenue Thiers, 69465 Lyon Tél.:0472605760 Contact :
Laurent BOUQUEREL
Grand Lyon
Métropole de Lyon 20,rueduLac
CS 33569
69505 Lyon Cedex 3 Tél:0478634040
Marseille
Place de la Bourse, Provence Promotion
10 place de la Joliette - Atrium 10.5
Les Docks,
CS 45607
13567 Marseille Cedex 02 0496116000
CCI de Marseille-Provence
Palais de la Bourse, CS 21856
13221 Marseille 0810113113
Cédants & Repreneurs d’Affaires – Aix Marseille/ Aubagne
115 rue Louis Armand Bâtiment L’Éonis
13290 Aix-en-Provence 0488056092
Contact : Philippe Castiglione
BPI France délégation Côte d’Azur
Le Virage
5 allée Marcel Leclerc 13008 Marseille 0491174400
Métropole Aix-Mar- seille-Provence
Le Pharo
58 boulevard Charles-Livon 13007 Marseille. 0491999900
plète sur le sujet, entre les efforts importants de la part des chambres de commerce et du gouvernement pour ras- sembler l’offre présente et la présence de nombreux sites de conseil et de recherche. Mais s’il est utile pour un premier repérage, la démarche la plus efficace, dès lors que l’on a compris que les opportunités hors de Paris sont fructueuses, reste classique : visiter un salon pour entrepreneurs, comme Parcours France, le salon des entrepreneurs avec ses déclinaisons locales... Ces concentrés d’informa- tion et de contacts incarnent de façon assez complète les offres d’accompagnement et de financement disponibles sur un territoire. Ils sont surtout le moyen de rencontrer des acteurs – qu’ils représentent une région, une métropole ou un réseau. Car « il ne faut pas hésiter à se faire accom- pagner, insiste Bernardini. Il faut pousser la porte. » Si la
porte n’est pas la bonne, on en ressortira avec un autre contact. « Nous connaissons bien les dispositifs et nous pouvons susciter le lien avec d’autres acteurs. Même si le projet ne correspond pas à nos critères, nous mettons son auteur en rapport avec d’autres réseaux ou institutions plus à même de l’aider. » Les acteurs de l’aide ne fonctionnent pas en silo fermé. Les métropoles se coordonnent avec les régions pour voir qui fait quoi et as- surer la cohérence dans leurs démarches. Cette démarche de coopération va parfois même plus loin. « Depuis six ans, nous nous sommes tous organisés – les CCI, Eu- roméditerranée, l’agence de développement économique, la métropole... – pour parler d’une seule voix et pour mettre en avant un territoire, et no.n une institution », souligne Éric Thierry. En un sens, il suffit de suivre le guide...
  API LSF (Nantes)
Après avoir été interprètes dans une association, puis en tant qu’autoentrepreneurs, Vanessa Branchereau et Amélie Pietri ont eu envie de créer un service plus pérenne. « Beaucoup d’interprètes sont des indé- pendants, mais nous voulions autre chose, explique Amélie Pietri. Nous avons réfléchi à un business plan, et, au cours de nos recherches, nous avons décou- vert la CAE – Coopérative d’activité et d’emploi – et L’ouvre-boîte, une Scop – société coopérative – qui accompagne les porteurs de projets. Nous y sommes entrées en octobre 2016. » Accompagnement indivi- duel avec un rendez-vous tous les mois, des forma- tions à la carte d’une demi-journée à deux journées sur la gestion, la prospection, les réseaux sociaux... Et surtout, une structure : les CAE « prêtent » leur Si- ret aux porteurs de projets, qui deviennent salariés en CDI. « Histoire de démarrer en sécurité et de vraiment tester son modèle. Nous avons joué le jeu jusqu’au bout : nous avons pris un local – alors que nous dis- posions de bureaux dans la CAE – pour constituer les charges... » Amélie et Vanessa ont aussi trouvé un réseau à L’Ouvre-boîte, qui réunit plus de 250 entre- prises. En moins d’un an, en juillet 2017, parce qu’elles se sentaient suffisamment armées pour le grand saut,
La coopération, ça marche
Vanessa et Amélie ont quitté la CAE. « Nous avons choisi de constituer une Scop, à la fois parce que l’esprit du modèle nous correspondait, aussi parce que nous avions eu l’opportunité de découvrir son fonctionnement. » L’Ouvre-boîte les a dirigées vers l’Urscop (Union régionale des Scop de l’Ouest), qui les a accompagnées tout au long de la création – pour les dossiers, le financement... Et en septembre 2017, elles ont fondé API LSF, leur agence d’interprètes en langue des signes – et mené leur première embauche à temps partiel dans la foulée. Après avoir rencontré plusieurs financeurs dans les salons, elles ont obtenu une garantie bancaire avec France Active, de quoi investir modestement en bureautique. « Notre activi- té avait, de fait, déjà démarré, souligne Amélie, donc nous avions des fonds. Nous sommes ensuite reve- nues régulièrement vers notre chargé d’accompagne- ment à l’Urscop, pour des questions variées. C’est une aide sur laquelle on peut s’appuyer. » Un an plus tard, leur première salariée est passée de mi-temps à 80 %, le calendrier est plein et les projets débordent des cartons, comme le développement de l’accessi- bilité aux domaines culturels et artistiques ou celui de la visio-interprétation (interprétation à distance).
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]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  BTP, Tourisme, industrie, pharmacie, chimie et numérique
L’incroyable région Paca
a rendez-vous avec la French Tech
 Entreprendre en Provence-Alpes- Côte-d’Azur... Rêve, utopie, nécessité, opportunité ? Les 9 et 10 octobre, à Marseille, le Salon des Entrepreneurs (SDE) a démontré que toutes les motivations sont bonnes,
mais surtout que, de Marseille à Nice, de Sophia-Antipolis à Avignon, cette région
et ses métropoles constituent des viviers industriels étonnamment actifs, ouverts sur l’international.
Jonathan Nahmany
«C
acronyme. Nous ne sommes pas Paca. Nous sommes la Provence, les Alpes, la Côte d’Azur. Nous sommes le Sud ! C’est donc avec fierté que je vous annonce la naissance de notre nouvelle marque, Région SUD – Provence- Alpes-Côte d’Azur, véritable symbole de notre identité retrouvée. » Fichtre ! Re- naud Muselier, le président
arrive en tête, avec 12,5 % des établissements actifs régionaux pour 12,3 % des salariés. Nice arrive plus loin en deuxième position avec
tissu entrepreneurial dans ce secteur d’activité. Les services collectifs se posi- tionnent en deuxième posi- tion, toujours par le nombre
de la région Paca avec 37,1 % des salariés régionaux. Parmi les secteurs économiques porteurs, la région possède une forte attractivité tou-
encore les services à la per- sonne, notamment en bord de mer où de nombreux retrai- tés résident. L’agriculture et l’agroalimentaire génèrent à leur tour de nombreux em- plois saisonniers. Comme dans toutes les régions mé- tropolitaines françaises, les TPE constituent la grande majorité des entités actives, soit 82,6 % en Provence Alpes Côte d’Azur. BTP, services collectifs et services aux entreprises sont essentiel- lement animés par ces TPE avec respectivement 81,8 %, 83,7 % et 85,3 % de leur tissu entrepreneurial.
 Au-delà de sa qualité de vie exceptionnelle, la Côte d’Azur constitue un véritable “living lab” au cœur de la smart city Nice Côte d’Azur et Sophia Antipolis, première technopole d’Europe
  8,1 % des entités actives régionales, pour 8,5 % des effectifs. Mais les Bouches- du-Rhône regroupent le plus d’entreprises et le plus de salariés de la région, avec respectivement 35,3 % et 47,1 %.
À l’instar de bon nombre de régions françaises, le bâ- timent & travaux publics (BTP) demeure le premier secteur d’activité en nombre d’entreprises. En Paca, il regroupe 36,5 % des entre- prises, résultat supérieur à certaines autres régions comme Auvergne Rhô- ne-Alpes avec 32,1 % des entreprises dans le BTP ou la région Nouvelle-Aquitaine qui compte 25,2 % de son
d’entreprises, avec 15,8 % des entités régionales. En revanche, ce secteur d’activité se classe premier employeur
ristique, de quoi générer des emplois tout au long de l’année (tourisme de loisirs ou d’affaires). Se signalent
  50 start-up marseillaises incubent à Paris
La région Provence Alpes Côte d’Azur s’associe à l’incubateur majeur de start- up, la fameuse station F. Le journal en ligne Made in Marseille souligne que la région « est la seule aujourd’hui à faire “monter” ses entreprises à Paris pour qu’elles bénéficient de l’accompagnement du programme de “fellowship”». Traduction : 50 entreprises locales disposent gratuitement d’un espace partagé cinq jours par mois, bénéficient du contact avec des investisseurs potentiels et dialoguent avec les « résidents » de Station F. Un sas vers l’international, un accélérateur de business dans le nec plus ultra des nouvelles technologies. « Ca- deau » de la région : 900 euros par mois pour chaque entreprise accompagnée.
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ette région mérite bien mieux qu’un
du conseil régional, a trouvé en juin les mots qui claquent face à la presse... Objectif affirmé : faire de son terri- toire « la région la plus forte de France ».
Les chiffres le servent. La région Paca, puisqu’il faut bien lui redonner son sigle, comptait, en 2017, 979 472 établissements dont 90 % de sièges sociaux. L’ensemble de ces établissements em- ploient près de 1 448 000 salariés. La ville de Marseille
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
  Wiko et Tinno, de Marseille à Shenzen
Wiko: le marseillais créé en 2011 à Marseille par Laurent Dahan s’arroge la deuxième marque de mobiles hors circuit de vente via les opérateurs télécoms en France, derrière Sam- sung. C’est la quatrième en Europe derrière Samsung, Apple
et Huawei avec ses 200 salariés, 225mil- lions d’euros de CA. Chiffres 2017 : environ 10 millions de mobiles vendus. Le « petit marseillais des mo- biles », comme le sur- nomme l’Usine Nou- velle, est devenu filiale à 100 % de son parte- naire industriel chinois Tinno (5 000 employés, un milliard d’euros de
chiffre d’affaires) qui fera de Wiko sa marque vecteur à l’international. Pour les deux partenaires, le deal est clair : Wiko sera la force de com- mercialisation, l’après-vente, Tinno le
concepteur et le fabri- cant (quatre centres de R&D et deux usines de production à Shenzhen). Pour Wiko, l’internation est la carte chance. En 2017, ses ventes de mobiles n’avaient pas dépassé le volume de 2016.
Wiko, l’improbable smartphone marseil- lais désormais fleuron chinois
 peu de grandes entreprises
Très loin derrière, la catégorie des PME ne comptabilise que 2,7 % des entreprises régio- nales, contre 3,7 % en région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce sont les secteurs d’activité pharmacie et produits miné- raux & chimie qui cumulent le plus grand nombre de PME avec respectivement 25,8 % et 15,5 % de leur population entrepreneuriale. Enfin, la région ne compte que 24 grandes entreprises (48 en
Auvergne-Rhône-Alpes), dont 8 dans les services fi- nanciers et 8 dans les ser- vices collectifs. Sur ces 24 grands comptes, 17 se situent dans le département des Bouches-du-Rhône tandis que trois départements n’en comptent aucune sur leur territoire, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes.
reLever Le défi
du numérique
La région est à cheval sur
trois pôles labellisés French Tech : Aix-Marseille, Nice Sophia-Antipolis et Avi- gnon. Ils sont le reflet de sa vitalité et son dynamisme. Avec 400 000 emplois di- rects et indirects, l’industrie représente près d’un tiers des emplois salariés privés de la région. Deuxième destination pour l’accueil des touristes internationaux, Paca accueille chaque an- née 31 millions de séjours touristiques. Une écono- mie qui génère en région
souvent Christian Nibou- rel, président d’Accenture France et membre du conseil exécutif du Medef, nous sommes à un carrefour d.e notre histoire économique et nous inventons actuellement “l’entreprise du futur”. »
18,6 milliards d’euros, soit 13 % du PIB régional, et représente 141 000 emplois associés.
Le discours de Philippe Servetti, PDG de Team Côte d’Azur, se veut on ne peut plus séducteur : « Au-delà de sa qualité de vie exceptionnelle, la Côte d’Azur constitue un véri- table “living lab” au cœur de la smart city Nice Côte d’Azur et Sophia Antipolis, première technopole d’Eu- rope. Connectée à l’interna- tional grâce à son aéroport, classée deuxième de France, la Côte d’Azur multiplie les atouts : une offre im- mobilière compétitive, un vivier de talents spécialisés notamment dans l’IT et des secteurs technologiques de pointe – biotech, IA, automotive, cleantech... » Numérique ? En organisant notamment un forum dédié, le Medef Marseille souhaite démystifier le sujet. « Ne pas aller vers le numérique est dangereux économique- ment pour les entreprises. Ne pas prendre ce virage technologique risque de les mettre en péril. Les exemples sont déjà légion. Certes, la transition digitale est un investissement, mais il est nécessaire aujourd’hui et encore plus demain ! », insiste Jean-Luc Monteil,
président dudit forum. « Les TPE/PME, poumon de notre économie, ne doivent pas manquer ce défi numérique sous peine de passer à côté des formidables potentiali- tés de développement qu’il représente. Comme le dit
 Onet va nettoyer les centrales nucléaires
Start-up ? Pas seulement ! Le papy de la propreté, le marseillais Onet (Office nouveau du nettoyage), déploie à l’origine son activité dans la manuten- tion du port. Le groupe d’ingénierie et de services créé il y a plus de 150 ans, numéro un du mar- ché français de la propreté (1,7 milliard de chiffre d’affaires, environ 65 000 collaborateurs dans six pays) met le cap sur l’international. « Notre objec- tif est d’y réaliser 20 % de notre chiffre d’affaires » confie son PDG Denis Gasquet, au magazine Capi- tal. Onet ne se limite pas au nettoyage industriel. En partenariat avec le CEA, son ingénierie a mis au point Maestro, un robot autonome insensible aux radiations, recruté pour participer au déman- tèlement d’installations nucléaires.
  avec
ethic.fr
Depuis le lancement de l’opération en 2002, Loiselet & Daigremont participe avec l’enthousiasme de ses collaborateurs à l’événement « J’aime ma boîte ». En 2015, deux vidéos dont la désormais célèbre « Cup song » lui ont permis de gagner le challenge.
Pour Loiselet & Daigremont, entreprise familiale et indépendante, la ligne mana- gériale repose sur le principe que « des collaborateurs heureux font des clients satisfaits ». Développer des actions com- munes en faveur de causes qui nous sont chères (compétitions sportives carita- tives : tournoi de pétanque « Ne perdez pas la boule » au profit de la Fondation Alzheimer), mettre en place des temps
Échange et partage
de détente pour pallier les tensions, in- viter l’ensemble des collaborateurs sans distinction hiérarchique à une soirée fes- tive, fêter ensemble certaines dates clefs du calendrier sont autant d’exemples qui participent au bien-être général.
Grâce à ces méthodes, Loiselet & Daigre- mont compte un turnover parmi les plus bas de la profession. À une époque où le zapping existe dans tous les domaines, il n’échappe nullement au marché du travail. On peut toutefois tenter d’y remédier... Pour conserver un lien fort avec collabo- rateurs et clients, Loiselet & Daigremont a créé un « Club des Dix », qui regroupe les collaborateurs ayant au moins dix ans d’ancienneté, conviant les salariés à des
soirées théâtre ou des événements sportifs. L’événement « J’aime ma boîte » est une occasion d’échanges, de partage et de convivialité pour faire évoluer l’image de l’entreprise, intégrer les jeunes, créer une relation extraprofessionnelle et renforcer le lien avec l’histoire du groupe. Bien dans mon travail, « Bien dans mon immeuble ».
Bertrand Esposito
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J’aime ma boîte
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[  Congrès de l’Ordre des experts-comptables
Le comptable augmenté : exploiter et non subir l’uberisation
Tout d’abord, un constat : les ex- perts-comptables
conseillent environ deux millions d’entreprises en France, principalement des PME et des TPE. Ces « mul- ti-casquettes » maîtrisent les volets comptable, fiscal, social, juridique et réglemen- taire, lequel se complexifie au fil de l’empilement des législations. La numérisa- tion est donc bienvenue, qui accélère le traitement des missions. L’automatisation a considérablement trans- formé les tâches répétitives. Les factures sont saisies sans peine, les taxes s’ac- quittent automatiquement dans le cloud. Magali Michel est présidente de Yooz qui commercialise une solution SaaS¿de traitement déma- térialisé des factures et des achats, avec comptabilité et progiciel de gestion intégrée. Pour elle, « L’ère de la boîte à chaussures remplie de pa- piers est révolue. Notre outil propose la reconnaissance automatique, relais de la sai- sie manuelle. Les documents sont enregistrés. Avant, il fallait une heure pour traiter 50 factures. Aujourd’hui, une heure suffit pour 100 factures. Un vrai gain de productivité qui libère du temps pour des activités plus rémunératrices. » Une bonne nouvelle, car les ca- binets subissent les évolu- tions réglementaires. Avec l’automatisation, ils gagnent du temps pour la mise en conformité. Et pour cause, le cabinet d’expert-comptable n’est pas un îlot serein face
CAHIER PRATIQUE
 Business guides
  La transition numérique fait des vagues, les clients changent, la profession de comptable aussi. L’heure n’est pas au saupoudrage de données et à la vitrine Web, mais à une révolution totale de la manière de fonctionner des cabinets. Pour ne pas être hors-jeu ou finir sur le banc de touche, l’expert-comptable doit exploiter les big data en temps réel pour donner une nouvelle dimension à ses conseils.
Audrey Déjardin
 à la vague numérique. Dé- matérialiser et automatiser n’en constituent qu’un as- pect. Comme le reste de la société, de la restauration à l’hôtellerie, en passant par le commerce, l’exper- tise-comptable doit composer avec l’hyperconnexion, la disponibilité en temps réel, le feed-back et les réseaux sociaux, les big data... Yann Benchora, président du ca- binet Ҫa compte pour moi, est rapporteur du 73e congrès du conseil de l’Ordre supé- rieur des experts-comptables (CSOEC), qui se tiendra du 10 au 12 octobre 2018. Son cabinet toulousain est «100%connecté»,ila pris le virage numérique depuis plusieurs années. Sa vision : « La transition numérique signifie une re- configuration totale des cabinets. L’automatisation n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le numérique implique de repenser l’aspect commercial, le marketing, la distribution, le recrute- ment... C’est parce qu’existe l’automatisation que l’ap- proche globale change. On
va chercher le client avec des process du digital. »
Le conseiL, pLanche de saLut et trempLin
Un expert-comptable, à l’is- sue d’un cursus de cinq ans et de trois ans de stage en cabinet, est inscrit à l’Ordre des experts-comptables et prête serment. Il revendique donc des compétences mul- tiples, mais doit en acquérir de nouvelles. Car, selon les statistiques de l’Observatoire de la profession comptable, la tenue de compte représen- tait en 2014 un peu moins de 50 % du chiffre d’affaires des cabinets de moins de 50 personnes. Et c’est cette activité qui est menacée de plein fouet par l’uberisation, la transformation numérique des modèles économiques. Magali Michel observe que toute la profession n’a pas encore pris conscience des métamorphoses en cours : « L’intelligence artificielle est dans la logique écono- mique actuelle. La “tenue de comptes” classique est menacée par le low-cost
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]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
  sur Internet, par les éditeurs qui offre la comptabilité sans bourse délier... Des cabinets en ont conscience, mais pas tous. En revanche,
enrichir son activité. Mieux vaut surfer sur le numérique que nager à contre-courant. Magali Michel : « Chez Yooz, nous proposons deux offres.
alors le cabinet qui essaime, et se fait agent de la conduite du changement. Face à une telle vague technologique, l’expert-comptable humain
repenser La fidéLisation à L’heure de L’e- réputation
C’est aussi le conseil qui constitue la clé de la fidé- lisation, dans un monde connecté où la concurrence est joignable à toute heure, les prix facilement com- parables et où les outils gratuits fleurissent en ligne. Yann Benchora analyse : « Les entrepreneurs d’au- jourd’hui sont moins sen- timentaux, la relation à l’expert-comptable a changé. S’ils ne sont pas satisfaits, ils n’hésiteront pas à aller à la concurrence. La transfor- mation numérique implique de s’adapter aux nouveaux comportements d’achat de ses clients. En marketing notamment, il faut mettre en place une stratégie de web marketing, soigner son e-réputation. Ce qui
 « Avant, il fallait une heure pour traiter
50 factures. Aujourd’hui, une heure suffit pour 100 factures. Un vrai gain de productivité qui
libère du temps pour des activités plus rémunéra- trices. » Une bonne nouvelle, car les cabinets subissent les évolutions réglementaires
 les technologies innovantes donnent l’opportunité de s’en sortir par le haut en développant une activité de conseil facturable à forte valeur ajoutée. » Le comp- table va prôner la révolution numérique auprès de ses propres clients et accélérer ainsi les processus, de quoi
La première a trait à l’auto- matisation du traitement des factures et de la tenue de comptes. La seconde offre aux cabinets la possibilité d’exercer une activité de conseil via la version entre- prise de notre logiciel à leurs clients, pour développer leur chiffre d’affaires. ». C’est
a-t-il encore sa place ? Oui, dit-elle : « Beaucoup de tâches s’automatisent : l’imputation des factures, la saisie, le reporting, la tré- sorerie... Nous remplaçons les tâches répétitives. Mais le client est aussi demandeur de conseils, de contrôle, il veut savoir où il en est. »
  OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
63
]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  ne veut pas dire acheter un site Web tout fait. Mais changer de paradigme. Les clients donnent leur avis sur les réseaux sociaux. Il faut donc des collaborateurs compétents qui leur offrent une satisfaction digne de ce nom. La transforma- tion numérique se traduit par plus d’instantanéité dans les relations avec les clients. ». Ce n’est pas le moindre des paradoxes que la révolution digitale, le zapping de prestataires et
scène : exploitées par le cabinet lui-même, les don- nées massives lui donnent le moyen d’offrir une nouvelle visibilité à sa clientèle, en
la fois l’hyperconnexion et des rendez-vous physiques ‒, observe qu’« aujourd’hui, il faut être aussi bon que Uber, Facebook, Netflix et
client. Le cabinet qui fidé- lise sera celui qui pourra dire à son client : “Au vu des prévisions de l’Opep, dans six mois, le poste de
comptable... expert évoque la nécessité d’embaucher des data scientists et de « recruter du personnel pure player, des personnes nées dans le digital ». La profes- sion aurait tendance à se scinder entre le back-office et le conseil, les cabinets traditionnels et les cabi- nets de plain-pied dans le numérique. Yann Benchora : « L’automatisation ne fait pas tout. Il faut accompa- gner les collaborateurs vers de nouveaux profils. Deux voies s’imposent. D’une part, ceux qui sont capables d’évoluer vers davantage de relation client : ils rendent service et vendent, et sont les agents de la conduite du changement. D’autre part, des collaborateurs préfère- ront le back-office. Ils seront à la manœuvre pour tout ce qui concerne l’intelligence artificielle, le machine lear- ning, la reconnaissance de caractères, le traitement des données... Ce dernier volet, celui de l’automa- tisation, est finalement le plus simple à gérer. » Une analyse que partage Magali Michel : « Les technolo- gies sont aussi une arme de séduction pour recruter des profils qui auraient été rebutés par le contrôle et la saisie. Actuellement, il existe de vraies difficultés à recruter. L’expertise-comp- table connaît une pénurie de collaborateurs et un très fort turnover. Un certain nombre de cabinets prennent le virage. Ils vont chercher des collaborateurs capables d’évoluer vers le conseil, le digital et la différentia- tion. D’autres.cabinets ne le prennent pas et demeurent sur les mêmes tâches. C’est un risque. »
¿SaaS : moyennant le plus souvent un abonnement, l’utilisateur recourt à un logiciel en tant que service ou software as a service (SaaS), modèle d’exploitation commerciale selon le- quel des logiciels sont installés sur des serveurs distants plutôt que sur la machine de l’utilisateur.
 La transformation numérique est un réel moteur pour le marché du conseil qui a montré une croissance de 6,2 % l’année passée
 le dotant de compétences analytiques et prédictives. La profession de comptabilité évolue donc aussi vers le
Amazon. Il faut proposer aux clients une plate-forme alimentée d’informations quasiment en temps réel, des relances des affaires et les changements de contrats, des analyses... La proximité avec le client est devenue virtuelle, mais étroite. Face- book a totalement intégré cette approche. Nous vivons l’uberisation de la société, comme les autres secteurs, par exemple l’hôtellerie. Les comportements à l’achat ont évolué ». La qualité de la relation client est primor- diale, elle conditionne la
carburant va augmenter, vous allez au-devant de dif- ficultés, il faut provisionner dès maintenant”. »
qui recruter ?
Data scientists
et conseiLLers wanted
Selon l’édition 2019 de l’Étude de rémunérations, publiée par PageGroup, l’ex- pertise-comptable recrute. Au premier trimestre 2018, le nombre d’offres d’emplois yabondide24%.«La transformation numérique est un réel moteur pour le
   64
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
Quelques chiffres
En 2017, la France comptait 20 000 experts-comp- tables et 21 113 sociétés ou associations d’exper- tise-comptable, inscrits à l’ordre de la profession.
Ce secteur emploie 135 600 personnes, dont 5 600 experts-comptables stagiaires.
les connexions à distance conduisent finalement à un renforcement de la re- lation-client.
proposer une pLate-forme intuitive et faciLitatrice
Face à des clients adeptes du temps réel, dont les habi- tudes ont changé, une nou- velle relation reste à créer. Elle mêle les rendez-vous classiques à des services via les canaux numériques. La capacité d’accompagner et d’informer le client en temps réel devient cruciale. C’est ici que le big data entre en
conseil à valeur ajoutée dont la plate-forme de contact et d’échanges est un axe majeur. Dès qu’il aura une requête, le client y trouvera des informations sûres en temps réel. Cette visibilité et cette instantanéité seraient la clé d’une rentabilité re- nouvelée des cabinets qui y puiseront leur part de l’or numérique. Yann Benchora, dont le cabinet a parié sur un modèle « hybride » ‒ à
réputation, notamment sur les réseaux sociaux. « Le cabinet devra se montrer ca- pable de procéder à l’analyse des données de ses propres clients. Et de penser open data et métadonnées, en allant chercher des données extérieures, par exemple des études de l’OMC, de l’UE... En couplant données internes et externes, le cabinet sera en mesure de proposer des analyses prédictives à son
marché du conseil qui a montré une croissance de 6,2 % l’année passée », résume Romain Duperret, directeur de Michael Page Consulting France. Toutefois, révolu- tion numérique oblige, les profils recherchés évoluent. Car plutôt que la vitesse de saisie des factures, c’est la vitesse d’analyse du monde économique et la capacité à conseiller et rendre ser- vice qui démarquent. Notre
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                                                       Nous sommes heureux de
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                        ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[Réseaux & influence
RH & FORMATION
  Conférence SME animée par ÉcoRéseau Business
« Mais comment font-ils/elles pour
être si influent(e)s sur le Web ? »
Avec Cyril Bladier, fondateur de Business on Line, Frédérique Cintrat, CEO Assurancielles et Axielles.com, Pauline Laigneau, Fondatrice de Gemmyo, Pierre Paperon, Confondateur de Solid...
Ce fut la « conférence événement du Salon SME ‒ Solutions pour mon entreprise ‒, animée par Olivier Magnan le 1er octobre. Les questions : comment sont-ils/elles devenu(e)s si populaires sur le Web ? Quels
outils et médias sociaux privilégient-ils/elles ? La substance de leurs réponses si vous n’avez pas entendu les quatre conférenciers/ères...
  Frédérique Cintrat, Axielles et Assurancielles, CEO, experte réseaux, speaker
Influenceuse au naturel
Quand un jury de professionnels l’élit « Femme commerciale de l’assurance 2013 », la directrice commerciale et marketing de CNP Assurance avait, pro jusqu’au bout, mobilisé les réseaux sociaux pour convaincre les internautes de la désigner dans la foulée « Femme de l’année dans l’assurance ». L’influenceuse était née, sa « campagne » l’avait distinguée parmi 27 candidates. Et comme le turbo 2013 tournait à plein régime, elle avait publié la même année Com- ment l’ambition vient aux filles, 15 trucs et astuces pour réaliser ses ambitions (Eyrolles). «Mais je n’ai pas décidé de devenir influenceuse», me dit cette fonceuse naturelle actrice de son aventure dont les gestes, la voix, les postures mettent en scène son charisme de folie. Elle investit en 2014 son propre argent dans un concept 100 % réseau, Axielles, la plate-forme de tous
les salons et autres événements professionnels avec possibilité pour les inscrites de s’y donner rendez-vous et bosser ensemble au lieu d’arpenter des allées ou serrer des mains en solo. « Effet bouquin, plus conférences, plus réseaux, la voilà ma “micro-in- fluence” dans laquelle les agences me classent au nom de mes quelque 5 900 followers » que la créatrice de sa seconde start-up, Assurancielles, attribue à... ses aspérités. Cette influenceuse au naturel, au fond, ne veut qu’une chose, influencer un écosystème pour nourrir son business : « J’aime la lumière, pas l’ombre, et si ce que je raconte peut servir... »
Ses outils et médias sociaux privilégiés :
En priorité LinkedIn et Twitter , un peu Facebook et Instagram, et bien sûr beaucoup Axielles.com et les échanges avec la commu- nauté des personnes inscrites sur l’appli.
 Pauline Laigneau, fondatrice des bijoux Gemmyo
Influenceuse par la différentiation
Cette surdouée issue de l’École normale supé- rieure, recalée à l’ENA (Dieu merci pour nous !) et reboostée à HEC n’a jamais rêvé que de « liberté, d’aventure, de risque, d’entrepreneuriat », comme elle le confesse. En 2011, c’est à deux que l’aven- ture Gemmyo commence, avec son mari Charif. La formule claque : ce qui va devenir « la joaillerie complice » commence par se proclamer « jeune et joailler ». C’est que le monde du bijou est compassé, inaccessible. En 2011, sans budget marketing, Pau- line écrira, sans autocensure. « Au début, certaines personnes du milieu me disaient que j’avais tort de parler de l’envers du décor, d’expliquer pourquoi nous faisons autrement... » Mais ce côté « un joail- ler ne devrait pas dire ça » plaît aux médias. Pauline alimente son podcast, Le Gratin, où tout défile : son avis sur les candidats à la présidentielle, sa certi- tude qu’il faut produire made in France. Elle tweete, Les Échos lui demande une chronique. LinkedIn la référencie «influenceuse». «Le pilier de base, m’explique la créatrice, est qu’il faut se montrer expert en quelque chose, devenir une référence. L’entreprise doit se révéler passionnante pour in- fluencer. »
Ses outils et médias sociaux privilégiés :
En priorité LinkedIn qu’elle estime sous-exploité par les marques btoc. Son podcast, Le Gratin. Facebook et Instagram, c’est perso.
  Cyril Bladier, Business-on-Line
« Ne m’appelez plus influenceur ! »
Il a connu tous les postes de la fonction commer- ciale jusqu’à créer son activité d’agence de digital marketing, résolument indépendant, en s’appuyant sur le savoir-faire d’un nuage informel de collabora- teurs, techniciens et développeurs. Il exploite à fond le potentiel LinkedIn pour ses clients, joue du social media et de la data « au nom d’un positionnement unique », comme il le revendique. Inbound marketing (de l’art de faire venir le client sur sa marque), so- cial selling (vente via les réseaux), marketing RH (re- cherche de profils – sourcing), btob, btoc, il « met un réseau dans votre moteur », entre dans le top 10 des influenceurs LinkedIn en France mais... il n’est pas influenceur. Du moins ne se revendique pas tel. « En btob, j’ai du mal à croire que l’on puisse influencer quoi que ce soit. » Si son nom ressort d’algorithmes pondérés, calculés par des « socialomètres », s’il met en œuvre des robots capables de retweeter 75 000 fois ses posts, il ne veut pas confondre audience et influence et vice-versa. Bref, Cyril Bladier n’est pas influenceur et, pense-t-il, bien peu le sont. Tant pis pour les ego.
Ses outils et médias sociaux privilégiés :
Tous, avec priorité à LinkedIn et Twiter, Facebook (rarement à titre professionnel), YouTube, What- sApp, Hangouts, WeChat, Instagram, Viadeo, Reddit, Snapchat, Telegram, Spotify, Tumblr, Imgur... (il en passe et des meilleurs).
  Pierre Paperon, Solid
« Influenceur sans le vouloir »
Il a « vécu l’Everest »*, pas « vaincu », créé AltaVista France, fut DG Internet chez Danone, DG de LastMi- nute, puis il prend du champ, cocrée Solid, spécia- liste des blockchains/DLT, de la crypto-économie, des ICO... En soi, son parcours de vie pourrait l’in- troniser influenceur. Mais non. Pour influencer via les réseaux, me dit-il, il faut une autre « patte », une autre « présence »... non calculée. « Se dire, se vou- loir influenceur, c’est affaire de pouvoir, d’égotisme. On devient influenceur, non pas volontairement, mais par son comportement même...» Pierre Paperon prône l’authenticité: «Soyez vous-mêmes, tous les autres sont pris » (il cite Oscar Wilde). Et lui-même est courtois, respecte les autres ; il ne veut pas être ce qu’il n’est pas, deuxième clé. Troisième clé, ne poster que des idées qui posent des questions, vo- guer sur l’air du temps, s’interroger, par exemple, sur ce nouveau job de contrôle embarqué de la vitesse par des sociétés privées et faire réfléchir 20 000 ou 30 000 personnes ou susciter 250 000 vues. Retom- bées professionnelles ? Énormes. Le business de So- lid « remonte » à 100 % par LinkedIn, à commencer par ce contrat hors norme, signé avec la Principauté de Monaco. Séduite par une certaine... humilité du personnage.
* Plon, 2003
Ses outils et médias sociaux privilégiés :
LinkedIn. Bien sûr.
 66 OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                 VOTRE ENTREPRISE
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LigneBlanche.net - Photos : Gilles Lefrancq
SONT
]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
LE CHIFFRE
51%
des professionnels souhaitent être accompagnés et coachés par un mentor pour pouvoir évoluer dans leur métier.
ÉtudeLinkedInpubliéele20septembre2018
Actus grandes écoles
Employabilité : que deviennent les diplômés de l’IIM ?
L’enquête Premier emploi Édition 2018 réalisée auprès de la pro- motion 2017 de l’IIM (Institut de l’Internet et du multimédia) du Groupe Léonard de Vinci, indique un salaire moyen annuel brut de 36 600 euros.
Les faits saillants de l’étude :
L’anglais devient pour plus de 81 % des jeunes diplômés, la langue de référence
87 % se voient confier la responsabilité d’un projet, 57 % celle d’un budget et 39 % d’une équipe. 50 % trouvent un emploi avant leur diplôme et 77 % en moins de deux mois. Plus de 40 % décrochent leur premier emploi à l’issue de leur alternance ou de leur stage de fin d’études. Source : IIM
Se former : Coursera lance un nouveau mooc sur la blockchain
Le spécialiste de la formation en ligne Coursera a annoncé en septembre le lancement d’un nouveau mooc, Blockchain : fondations et cas d’usages, conçu en partenariat avec ConsenSys, start-up studio spécialisée dans la création d’applications décentralisées sur Ethereum, une cryptomonnaie. Cette formation en ligne est disponible et accessible n’importe où dans le
Le verbatim à retenir...
Rien ne prédispose plus au conformismeque le manque
de formation
Gustave Thibon, philosophe, in L’équilibre et l’harmonie
monde sur la plate-forme d’apprentissage en ligne de Coursera. Des concepts fondamentaux sur la blockchain
Le processus de décentralisation, de la cryptographie et des mécanismes du consensus
Des travaux pratiques à travers le développement de cas d’usages tion mobile de Coursera L’accès à la plate-forme d’apprentissage en ligne et à l’applica-
Un certificat de l’Académie ConsenSys à la fin du cours.
Manager de proximité, diplôme de l’IAE de Caen
L’IAE Caen, école universitaire de management, a annoncé en septembre le lancement d’un nouveau diplôme universitaire, Manager de proximité. Mise en place prévue pour janvier 2019.
Le diplôme s’obtient au terme de 17 jours de cours (123 heures) répar-
tis sur plusieurs mois. Les actuels ou futurs managers de proximité y vivront des mises en situations professionnelles réelles.
L’IAE Lyon crée une formation certifiante avec Auvergne-Rhô-
ne-Alpes Tourisme
Le certificat Manager de l’expérience touristique, positionné à un degré bac + 5, vise à former des professionnels du tourisme et des loisirs aptes à créer les conditions d’une ex- périence globale mémorable et de décliner une organisation centrée client. Le parcours de formation propose de repenser l’expérience client dans les métiers du tourisme, rebattre les cartes et reprendre quelques longueurs d’avance sur les attentes clients et les concurrents. Le certificat est adossé au master 2 marketing des services et expérience client, acces- sible soit par la VAE, soit par un complément de formation. Début de la formation le 6 décembre 2018. Ouverture des inscriptions en automne.
Classements
Les meilleures universités pour étudiants « ambitieux »
RH & FORMATION
            QS Graduate Employability 2019 : le top 10
 Rang 2019
  Rang 2018
  Rang WUR
  Institution
  Où
   1
5
  1
Massachusetts Institute of Technology (MIT)
  États-Unis
 2
 1
 2
 Stanford University
 États-Unis
 2
  2
  32
  University of California, Los Angeles (UCLA)
  États-Unis
   4
3
  3
Harvard University
  États-Unis
 5
 4
 42
 The University of Sydney
 Australie
 6
 7
 39
 The University of Melbourne
 Australie
 7
 6
 6
 University of Cambridge
 Royaume-Uni
 8
 9
 27
 University of California, Berkeley (UCB)
 États-Unis
 9
 10
 17
 Tsinghua University
 Chine
 10
  8
  5
  University of Oxford
  Royaume-Uni
  © QS Quacquarelli Symonds 2004-2018 https://www.topuniversities.com/
 68 OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
QS, cabinet d’analystes de l’enseignement supérieur et le QS World University Rankings (WUR), ont publié le 11 septembre l’édition 2019 du classement de l’employabilité des diplômés, le QS Graduate Employability Rankings (GER).
Les classements offrent aux décideurs des données comparatives sur 500 universi- tés, en fonction de leur capacité à offrir à leurs étudiants une carrière. Cette édition place l’École Polytechnique (30e rang mondial contre 28e pour le classement 2018) comme meilleure université française grâce à l’amélioration des perspectives d’em- ploi des étudiants.
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
   QS Graduate Employability 2019 : classement français
 Rang 2019
  Rang 2018
  QSWUR 2019
  Institution
 30
  28
  65
  École Polytechnique
 67
  80
  137
  Centrale Supélec
 91
  -
  50
  Université PSL (Paris Sciences & Lettres)
 151-160
  -
  75=
  Sorbonne
 161-170
  161-170
  221=
  Sciences Po Paris
 201-250
  201-250
  299=
  Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
 251-300
  251-300
  263
  École des Ponts ParisTech
 251-300
  251-300
  422=
  Université de Montpellier
 301-500
  251-300
  478=
  Institut national des sciences appliquées de Lyon (Insa)
 301-500
  301-500
  453=
  Université Aix-Marseille
 301-500
  301-500
  289=
  Université Grenoble-Alpes (UGA)
 301-500
   301-500
   239=
   Université Paris-Sud 11
  © QS Quacquarelli Symonds 2004-2018 https://www.topuniversities.com/
  Quels points retenir ?
Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) est le leader mondial pour la première fois, devant l’université de Stanford (2e)
Les universités en Californie, en Asie et en Australie connaissent un beau succès, les institutions californiennes et australiennes représentent cinq des dix premières du classement.
Centrale Supelec est la seule université française à améliorer son rang. Cinq sont en baisse, quatre restent stables. Deux nouvelles entrées cette année
L’École Polytechnique est classée meilleure en France grâce à son excellente reconnais- sance des employeurs et à son fort taux d’employabilité au plan mondial.
En Europe continentale, ce sont les universités allemandes qui rencontrent le meilleur succès, avec 27 universités classées. La France est moins représentée que l’Espagne qui compte 14 des 500 meilleures universités.
Ressources humaines
Les postes les plus attractifs selon Robert Half
Le cabinet international de recrutement spécialisé Robert Half publie chaque année ses Jobs en or, les métiers au cœur des évolutions, incontournables dans une organisation compétitive et très recherchés par les entreprises. Robert Half a demandé à ses trois directrices de choisir et d’analyser le métier qui a le plus le vent en poupe dans les divisions qu’elles dirigent. Voici les lauréats des prochains mois :
• FinanceetcomptabilitéenCDI:pourAlbanePrieto,leFP&AManager
• Financeetcomptabilitéenintérim:pourGaëlleMarre,lecomptablegénéral
• ManagementResources:pourGaëlleMarre,lechefdeprojetRGPD/DPO
• Juridiqueetfiscal:pourAlbanePrieto,lejuristeendroitdesaffaires/compliance • Systèmesd’information:pourAlbanePrieto,ledéveloppeurWeb
• Digital:pourAlbanePrieto,ledataanalyst
• OfficeTeam:pourAuréliaDefoug,legestionnaireADV
« Notre sélection des Jobs en or est un indicateur des métiers par-
ticulièrement attractifs. L’attractivité peut dépasser l’idée même
de posséder des compétences rares ou pointues. Il nous semble
logique que la guerre des talents concerne à peu près l’ensemble
des postes d’une organisation qui souhaite optimiser ses résultats.
Pour la première fois, nous exprimons cette année nos grilles de
salaires en percentiles, car, selon une logique analogue à celle de
la définition d’un talent, nous estimons que la rémunération d’un
candidat ne peut se mesurer et surtout se traduire en termes d’expérience seulement. Elle est la somme de multiples critères qui comprennent les qualifications, l’expérience ainsi que la nature des missions, le type d’organisations ou la tension du marché », explique Olivier Gélis, managing director chez Robert Half France.
Étude ManpowerGroup : nouvelles technologies et contact humain
45 % des employeurs, tous pays confondus, disent ne pas parvenir à trouver les profils qui leur font défaut. Quelle stratégie de recrutement doivent-ils mettre en place pour attirer les meilleurs talents ? Quels outils RH s’avèrent les plus utiles ? Pour le savoir, Manpower- Group a interrogé, en décembre 2017, près de 18 000 candidats âgés de 18 à 65 ans, dans
  OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr 69
]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
 24 pays afin de connaître leurs habitudes et attentes en matière de recherche d’emploi et de dégager les grands principes d’action utiles aux entreprises dans le cadre de leurs recrutements.
Un premier enseignement fort est à retenir : l’émergence d’une nouvelle catégorie de candidats, les early adop- ters, rompus à l’utilisation des nouvelles technologies. À l’échelle mondiale, ils représentent 11 % des postulants. Plus actifs que les autres candidats, ils/elles déposent davantage de candidatures et postulent à deux fois plus d’offres que les autres (18,3 en moyenne contre 9,9 pour l’ensemble). 73 % ont déjà cliqué sur une offre d’emploi publiée sur les réseaux sociaux ou les applications mo- biles, contre 31 % des candidats lambda. ManpowerGroup propose cinq réflexes à adopter pour optimiser l’usage des technologies dans leurs recrute-
ments :
1. Définir clairement son objectif duquel découlera une technologie 2. Connaître sa cible. Si l’enjeu est d’attirer les jeunes talents, le choix des technologies les plus novatrices s’impose. En revanche, si la recherche concerne des pro-
fils plus expérimentés, l’utilisation des réseaux sociaux constitue une méthode tout indiquée.
3. Diversifier les canaux et panacher les outils RH, s’adapter aux normes culturelles qui diffèrent selon les pays et les générations.
4. Convertir la quantité en qualité. les nouvelles techno- logies donnent lieu à une avalanche de candidatures pas toujours qualifiées. L’IA, le machine learning et les outils d’analyse prédictive aident le recruteur à mieux identifier les profils adaptés au poste à pourvoir et à s’assurer de sa valeur ajoutée pour l’entreprise.
5. Instiller une dose de contact humain
LinkedIn : que pensent les Français de l’évo-
Le premier réseau professionnel en France et dans le monde, LinkedIn, a dévoilé le 20 septembre les résultats de son étude réalisée par l’institut BVA, mieux connaître les attentes des Français en termes d’évolution profes- sionnelle. Retenir que...
• 76 % des professionnels français indiquent être satisfaits
de leur travail, 70 % des salariés ont dit envisager une évolution professionnelle au cours des prochaines années. • L’amélioration de la rémunération est la principale rai-
son avancée par les salariés qui souhaitent connaître une évo- lution professionnelle au cours des prochaines années (54 %). Dans une moindre mesure, ils indiquent aussi rechercher plus de sens dans leur travail (33 %) et acquérir des nouvelles
compétences (32 %). Enfin, les salariés souhaitent évo- luer professionnellement afin d’’atteindre à un meilleur équilibre vie privée et vie professionnelle (27 %).
• Ce qui selon les sondés favorise le plus l’évolution professionnelle au sein de l’entreprise est la motivation (36 %). Dans une moindre mesure, ils évoquent aussi la formation durant la carrière (24 %), la performance dans son poste (24 % au global) et les qualités personnelles du salarié (11 %).
• Il existe des attentes fortes en matière de formation et d’accompagnement.
Pan sur ÉcoRéseau !
Nous avons prêté à Jérôme Caby, spécialiste de finance d’entreprise, le titre de DG d’ICN Business School, ce qu’il n’est plus, relayé par Mme Florence Legros depuis juillet 2015. Jérôme Caby exerce à l’IAE Paris. Nos excuses à tous deux.
Evocime et Procom lancent un parcours unique en France sur la sécurité et cybersécurité
Il s’agit d’un parcours complet de formation sur la cyber- sécurité et la sécurité à destination des PME, associations, collectivités locales et start-up.
• Une première formation pour devenir référent cyber- sécurité dans l’entreprise.
• Une formation unique en France : Manager de la sécurité et de la cybersécurité. De bac + 2, elle jus- tifie une aptitude de dirigeant de société privée et s’adresse aux salariés ou demandeurs d’emploi. Elle vise à une formation e-learning cybersécurité et RGPD en 12 sessions de 10 minutes. L’objectif : préparer ses équipes, parer les principales menaces, se mettre en conformité avec le Règlement.
 Des bulletins de paie pédagogiques pour le prélèvement à la source ?
L’éditeur de paie ADP a été sollicité par le gouvernement pour préparer les salariés à leurs futures fiches de paie. À partir du mois d’octobre, des bulletins de salaire pédagogiques seront mis en place dans certaines entreprises.
   À partir du 1er octobre, une
ligne sera réservée à la mise
en valeur de la suppression des cotisations salariales chômage et maladie (2e phase après celle de janvier 2018). Ici, un gain de 45,38 € pour le salarié.
Le salarié est informé que le montant de son impôt sur le revenu ne sera que 229,36 € et qu’il sera donc payé
2 179,19 € au lieu de 2 408,55 €.
  lution professionnelle ?
   Frédéric Rey-Millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
Le manager français : Ccoupable d’être mauvais ?
’est la rentrée et j’en ai déjà marre. En vrai, j’en avais déjà marre en vacances. En plein mois d’août, une sale nouvelle m’avait énervé. Tous
les quatre ans, l’institut Gallup publie une enquête mondiale intitulée « State of the Global Workplace ». Cette étude approfondie concerne 142 pays. Elle évalue l’engagement des collaborateurs dans leurs entreprises. Qui répond à ces questions ? Les collaborateurs eux- mêmes. En 2014, 9 % d’entre nous se déclaraient engagés dans nos organisations. Cet été, le résultat est tombé
comme un couperet. Nous ne sommes plus que 6 % à nous considérer engagés dans nos entreprises ; 69 % se déclarant désengagés et 25 % activement désengagés. En Europe occidentale, seule l’Italie fait pire que nous. Comment expliquer ce résultat ?
Par la médiocrité de notre management. Les récrimina- tions à son encontre sont multiples et les résultats varient selon la taille. En clair, plus l’entreprise est grande, plus les managers sont mauvais. Que leur reproche-t-on ? De ne pas faire progresser leurs collaborateurs, de ne pas entretenir une bonne ambiance dans l’équipe et de manquer d’empathie. Les managers français sont-ils pour autant responsables ? Oui. Sont-ils coupables ? Non. Les premiers coupables sont les écoles de management et ce pour deux raisons. Comme l’a écrit, avec brio, Henry Mintzberg dans son ouvrage paru en 2005 Des managers pas des MBA, les business schools considèrent trop souvent le management comme de la plomberie avec une prédominance de matières rationnelles. Ma- nager c’est également une affaire de poésie, de vision et d’émotions positives. Par exemple, les écoles françaises de management forment les étudiants à devenir excel- lents et non pas à surmonter leurs échecs. On reconnaît
les qualités d’un manager dans sa capacité à rebondir après un plantage.
Quelles sont les écoles qui proposent un contenu pé- dagogique sur l’échec ?
Ensuite, manager est un métier de capitalisation d’expé- riences. Si vous avez une idée pour fabriquer le scooter de demain non polluant, sans conducteur, vous trouverez dans n’importe quelle école de commerce un professeur de stratégie pour vous enseigner en quelques jours tout ce dont vous avez besoin sur le sujet. A l’inverse, si vous possédez un doctorat en stratégie, des années de labeur ne suffiront pas à concevoir un scooter révolutionnaire. S’il existait un « livre de cuisine managériale » qui per- mettrait de délivrer ce qu’il faut faire, ça ferait longtemps que toutes les écoles l’enseigneraient à leurs étudiants. Manager est un métier d’action qui s’apprend par la répétition de gestes, en mode essai/erreur. Être meilleur manager ne s’arrête jamais. Une carrière de 40 ans n’y suffit pas. Encore faut-il en avoir conscience ? L’enquête Gallup nous le rappelle amèrement. Managers, il est temps de vous bouger. Pas hier, pas demain. Maintenant.
70
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
Manager n’est pas jouer !
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[Murielle Wolski
On en parle beaucoup, mais le décrochage scolaire n’a rien de
nouveau. En 1995, Édith Cresson pointait déjà la situa- tion dramatique des jeunes en situation d’échec, en grandes
tion. Chaque année, 15 000 jeunes de 16 à 25 ans, sans qualification, intègrent l’un des 50 établissements, ré- partis sur 124 sites. Trois semaines en école à reprendre les bases en français ou en
une aubaine pour Les secteurs en tension
Les meilleurs ambassa- deurs des E2C restent les recruteurs, en l’occurrence François Brazey. Directeur dupatrimoineduPrintemps, il manage 19 sites et plus de 300 000 m2. En deux ans, son seul service a accueilli 30 stagiaires du réseau des E2C. « Stage de découverte en classe de troisième ou même au-delà, on n’a pas tou- jours ce degré de respect des règles, s’enthousiasme-t-il. À l’heure, les jeunes s’im- pliquent, cherchent à com- prendre. Ils sont fiables. Je défie quiconque d’identifier ces stagiaires. Ils se fondent parfaitement dans l’équipe. » L’un de ces jeunes, Matthieu, est passé de stagiaire au statut d’alternant, avec un bac pro à préparer en trois ans. Et demain, peut-être salarié à part entière ?
Six stagiaires sur dix bénéfi- cient d’une « sortie positive », une formation (36 %, en contrat pro, d’apprentissage ou qualifiante), un contrat de travail (dont 23 % en contrat à durée indéterminée, 17 % en contrat de plus de six mois, 13 % en contrats aidés). « Les entreprises sont présentes au rendez-vous, commente Jean Serror, directeur de l’E2C du Val-de-Marne, un accompagnement de trois semaines est sécurisant pour les recruteurs. Il vaut un en- tretien d’embauche. » Com- merce et grande distribution, logistique, hôtellerie ou bien
RH & FORMATION
 Manager autrement
 Écoles de la 2e chance, E2C
Filière de recrutement à part entière
Même après vingt ans d’existence, le réseau des Écoles de la deuxième chance (E2C) reste méconnu. Dommage, ce dispositif s’avère une filière de recrutement intéressante pour des secteurs en tension.
services à la personne... sont les secteurs les plus porteurs. « Le bâtiment, l’industrie ou bien encore la bouche- rie..., analyse Alexandre Schajer, président du ré- seau, peuvent s’ajouter à cette liste, mais faire aller les jeunes dans cette direc- tion n’est pas toujours facile. Un souci d’image ! Un frein qui implique plus d’efforts de notre part pour les leur faire découvrir. »
L’intérêt des entreprises va crescendo. Les partenariats signés au plan national se multiplient:LaPoste(100 stages, de 10 à 25 embauches par an), Carrefour – le plus gros partenaire (850 stages par an) ‒, Unibail Rodamco
(15 recrutements annuels) ou bien encore la RATP, un acteur historique. Outre les stages, un référentiel sur les compétences à valoriser, la banque HSBC s’investit de- puis douze ans dans des ate- liers de coaching. Comment se présenter en entreprise ? Comment rédiger un CV ? « La gratitude des jeunes est grande, reconnaissants pour leur avoir ouvert nos portes, commente Marine de Bazelaire, à la tête du déve- loppement durable d’HSBC Europe. Ces séquences leur donnentlemoyendedé- mystifier l’entreprise. Ils se sentent plus forts pour y retourner. Et l’apport est ré- ciproque. » Quelle personne
ai-je en face de moi ? Quelles sont les qualités que je lui reconnais ? Dorénavant, les managers de cette enseigne bancaire sont sensibilisés à ces questions, pour « ne plus recruter des clones ».
Les PME ne sont pas en reste. Dans la région lyon- naise, Botta SAS devient une adresse récurrente des stagiaires. « Si l’encadrant perd du temps, reconnaît Nicolas Roiret, PDG de la société, il dispose d’une aide. Financièrement, l’opération est relativement neutre. C’est uninvestiss.ementsurlelong terme. Ces jeunes sont autant de candidats potentiels pour demain. »
    Source : Réseau E2C, France, mars 2018
difficultés d’insertion. Trois ans plus tard, Marseille ac- cueillait la première école de la deuxième chance. En 2017, les E2C comptent dans le paysage des aides à l’inser-
mathématiques, trois autres en entreprises à découvrir des environnements profes- sionnels, ils travaillent leur employabilité. Leur capacité à rebondir.
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[Se former tout au long de la vie. La formule est bien connue. Mais de l’envie à la concrétisation, le parcours est parfois semé d’embûches. À commencer par la première difficulté, se repérer dans cet imbroglio de libellés, très voisins. Focus sur la famille master(e)s and Co.
contrario, les choses sont claires pour Kladji Dinushi qui boucle son mastère spé- cialisé business development et clients grand compte à Neoma business school. Là encore, une trajectoire efficace, avec un master 1 entrepreneuriat de Rennes 2 et la business school. « Pas besoin de diplôme d’État quand on ne veut pas tra- vailler pour... l’État. Le MS fait partie de l’élite. Beaucoup plus reconnu par le monde de l’entreprise, ce cursus permet d’avancer. Et qui dit titre du Registre national des certifications professionnelles (RNCP), dit reconnaissance de l’État. » Interrogations ou méprises de ces deux jeunes en disent
RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 Pour y voir clair
L’ABC des master(e)s
 Murielle Wolski
Diplômé de Centrale Nantes, Louis Klé- pal affiche un par- cours brillant. En tout juste huit ans et trois entreprises (Schneider Electric, TUV Rheinland AG, Shift energy Japan), il a gagné de beaux galons. Pour autant, entre son
master of science décroché en double diplôme à l’université privée Keio de Tokyo et son diplôme d’ingénieur valant grade de master... il y perd un peu son latin. Est-ce un master of science ? Peut-il le traduire tel quel sur le réseau social LinkedIn ? A
long sur la difficile grille de lecture de l’enseignement supérieur tricolore. Et tout particulièrement autour des master(e)s. « C’est une source de confusion fréquente », témoigne Géraldine Cellier, responsable des accrédita- tions auprès de la Conférence des grandes écoles (CGE). Bienconscientedecette limite, la CGE a d’ailleurs ré- cemment réalisé un sondage pour en mesurer l’impact. Salariés ou pas, les candidats intéressés s’autocensurent. Halte aux confusions. Voici l’abécédaire des master(e) s, l’explication des termes incontournables, à consulter au moment de choisir un cursus – tant en formation initiale que continue.
Accréditations. Ce terme a pris de plus en plus d’im- portance dans le paysage de l’enseignement supérieur français. Avant, seul le di- plôme comptait, avec sa re- connaissance de l’État. Avec la globalisation du marché de la formation sont apparues les accréditations. Ce sont autant de regards extérieurs portés sur nos établissements ou nos cursus, autant de bonnes et mauvaises notes attribuées. Rien du côté des
écoles d’ingénieurs, mais on en compte trois dans la sphère des business schools. Label américain, l’Associa- tion to Advance Collegiate Schools of Business (AACS) passe au crible la totalité d’un établissement, tout comme EQUIS (European Quality Improvement System) pour l’Europe.Seull’AMBA(The Association of MBA) scrute un master, le célébrissime master of business admi- nistration (MBA). Les bu- siness schools se sont lancées dans une véritable course à l’échalote. C’est à celle qui en obtiendra le plus, d’ac- créditations ! Seules 1 % des écoles au plan mondial proposeraient les trois. Son intérêt ? Sans velléité de tracer sa route à l’interna- tional, l’accréditation revêt peu d’utilité. Les conventions collectives n’en tiennent pas compte.
Conférence des grandes écoles (CGE). Acteur de poids dans les débats sur l’évolution de l’enseignement supérieur, la conférence de grandes écoles (CGE) ne regroupe pas moins de 227 écoles (153 écoles d’ingé- nieurs, 42 écoles de mana- gement, 32 écoles d’autres
spécialités comme celles d’architecture, par exemple). Mastères spécialisés et mas- ter of science sont nés de la CGE. Ce sont des labels déposés. Des marques, l’une très franco-française, l’autre à la sonorité internationale. Pas moins de 600 formations sont actuellement accréditées parlaCGE.
Et demain, la CGE comme organisme accréditeur ? L’idée fait son chemin. Les écoles sont nombreuses à attendre d’elle qu’elle se montre plus active à l’inter- national. La décision n’est pas encore arrêtée.
Grade. Avant 2002 et l’adop- tion du schéma européen LMD (pour licence-mas- ter-doctorat), point de grade ! Business schools d’un côté, écoles d’ingénieurs de l’autre, et université, les trois sys- tèmes étaient bien étanches. Le LMD a rebattu les cartes. Le grade de master est l’atout obtenu, à cette occasion, par les grandes écoles – de commerce et d’ingénieurs. Le programme grande école des premières, le diplôme d’ingénieur des secondes sont reconnus au degré master – soit bac + 5. En 2018, quelque 34 000 ingénieurs ont obtenu
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]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
  un grade de master. Actuellement, en cou- lisses, les unes et les autres cherchent à obtenir la même avancée pour leurs bachelors (à bac + 3). Un autre combat.
Master : Le « M » du sigle LMD, c’est lui. Bac + 5, le master est un diplôme d’État, délivré par les seules universités. Voilà pour la théorie. La réalité est un peu plus nuancée. 45 écoles d’ingénieurs sont internes aux universités. Et l’École de management (EM) de Strasbourg arbore les deux casquettes, entité universi- taire et grande école. Ré- sultat : ces établissements sont habilités à délivrer des masters. Et, associées à une université –c’est de plus en plus fréquent –, les business schools ou les écoles d’in- génieurs peuvent proposer un master. À sa création, en 2002 avec la réforme du LMD, le master était orienté soit recherche, soit professionnalisant. Cette segmentation est tombée en désuétude.
Mastères spécialisés (MS). Marque déposée par la CGE en 1983, dotés de 350 heures de cours, les mastères spé- cialisés sont une brique supplémentaire – généra-
tions de la conférence des grandes écoles (CGE). Les mastères spécialisés visent des domaines très ciblés, étroits. Deux exemples : MS « contrôles non des- tructifs » à l’Institut natio- nal des sciences appliquées (Insa) de Lyon. MS « eau potable et assainissement » à l’École nationale du génie
de qualité est indispensable, souligne Nicolas Gayton, porte-parole de l’école, pour une meilleure lisibilité. On ne fait pas n’importe quoi, n’importe comment. »
« Ce format constitue un creuset pour tester des for- mations, explique Marc Rennes, directeur de l’Insa de Strasbourg, directeur de
   Pas besoin de diplôme d’État quand on ne
veut pas travailler pour... l’État. Le MS fait partie de l’élite. Beaucoup plus reconnu par le monde
de l’entreprise, ce cursus permet d’avancer. Et qui dit titre du Registre national des certifications professionnelles (RNCP), dit reconnaissance de l’État.
 lement de 12 mois – postbac + 5. Bac + 6 officieux, il n’a aucune reconnaissance de l’État. C’est un diplôme d’établissement. « Pour être accrédité, l’école doit nous apporter la preuve que le cursus répond aux besoins des entreprises, à une niche », explique Géraldine Cellier, responsable des accrédita-
de l’eau et de l’environne- ment de Strasbourg. 401 MS sont ouverts en 2018. Entre nouvelles accréditations et retraits – de 30 à 50 chaque année –, ce chiffre reste à peu près stable. L’un des tout derniers à ouvrir en cette rentrée 2018 : le MS data science de Sigma, proposé en alternance. « Obtenir un label
la Conférence des directeurs des écoles françaises d’in- génieurs (CDEFI), avant d’en faire ultérieurement une spécialité du diplôme d’ingénieur. » L’absence de reconnaissance par l’État ? « Pas un frein, pour Séverine Delavernhe, chargée des nouveaux programmes à l’Estaca, même plutôt une
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr 73
]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & Talents
RH & FORMATION
   qualité, car l’agilité est plus grande. »
Aucune contrainte ne pèse en matière de langue étran- gère, d’où la réputation d’un diplôme franco-français. « Pour obtenir un recrute- ment international, HEC a basculé ces mastères spécia-
lisés en master of science, explique Julien Manteau, directeur de la stratégie et du développement, sans autre changement. Deux MS per- sistent, ceux connectés à un écosystème français, la culture pour l’un, le droit pour l’autre. »
Master of business admin- istration (MBA). La diva des masters. Créé au tout début du xxe siècle aux États- Unis, ce cursus – à l’entrée très sélective et destiné aux cadres – a conquis l’Europe, et la France en particulier. Le territoire compterait quelque
80 masters of business admi- nistration. Le conditionnel s’impose : n’importe quelle école, reconnue ou pas, a la capacité d’en monter un. Ni le nom ni la marque ne sont protégés. Pour exister sur l’échiquier mondial de la formation, une école ne peut s’en passer.
Libellé master – sans « e » –, le MBA ne bénéficie d’aucune reconnaissance de l’État. Et si les Anglo-Américains le préparent souvent après un bac + 3 et quelques années d’expériences profession- nelles, certaines écoles fran- çaises le proposent en for- mation initiale, à enchaîner après un bac + 5. Généraliste sur le marché américain, il est de nature à se révéler spécialisé dans l’hexagone. Deux exemples : le MBA big data management et processus décisionnel de l’ESLSCA. Le MBA wine & spirit business à Burgundy school business (BSB). Une accréditation à tout prix ? Nécessaire si l’objectif est de trouver un emploi à l’étranger ou dans les sociétés du CAC 40, elle a moins de poids sur le marché fran- co-français. Naguère club très fermé, le MBA s’ouvre. Se démocratise. Suivre un MBA n’est pas systématique- ment synonyme de budgets colossaux. De 66 000 euros à HEC, la facture s’abaisse à 32 000 euros chez Skema, à 25 000 euros du côté de
l’Institut d’administration des entreprises (IAE) d’Aix-Mar- seille, contre 6 300 euros « seulement » à l’IAE de Rennes. Le ticket d’entrée tombe même à... 261 euros en formation initiale à l’IAE de Gustave Eiffel.
Master of science – MSc. Spécialisée en modes de transport, déjà dotée de mas- tères spécialisés, l’Estaca réfléchit à développer son portefeuille de master of science, à l’horizon 2020- 2021. L’objectif ? S’atta- quer au marché internatio- nal. Anglo-américain par excellence, ce libellé est à même d’attirer et de capter une clientèle étrangère – le marché français est saturé, l’international reste le der- nier levier de développement des écoles. « L’attitude de Donald Trump et le Brexit reportent sur l’Europe un surcroît de candidatures », souligne Odile Letrillart, directrice des MS et MSc part-time pour Neoma bu- siness school. Dispensés à 50 % minimum dans la langue de Shakespeare, de 18 mois, les MSc s’appuient davantage sur le terrain. « Nouveau packaging pour le traiteur Lenôtre, challenge marketing pour L’Oréal ou Coty, on demande aux en- treprises de nous confier des cas concrets », détaille Anne-Sophie Courtier, direc- trice des MS/MSc full-time
de Néoma.
Subtilité importante. La marque déposée est exac- tement : master of science – MSc, les deux accolés. « MSc tout seul n’est pas protégé, souligne Géraldine Cellier de la CGE. Acronyme interna- tional, il ne nous appartient pas. » Idem pour master of science. Les écoles en jouent, même membres de la CGE. Aussi, Géraldine Cellier appelle à la vigilance des candidats. « L’établissement doit être en mesure d’iden- tifier l’arrêté et la date de parution au Journal officiel qui spécifie la création de tel ou tel diplôme. » Créés en 2002, les masters of science – MSc – ont doublé en six ans à peine. Le paysage de l’enseignement supérieur en compte aujourd’hui 125. Le public cible ? Des bac + 4, et à titre dérogatoire des bac + 3 – environ à 30 %. « Élément de complexité, le master of science amé- ricain reste très théorique, souligne Julien Manteau d’HEC. Or, ce diplôme en France se veut profession- nalisant. On a forgé notre propre terminologie sans en reprendre le contenu. » D’où le besoin de bien pré- ciser les contours au public étranger. Enfin, fréquemment proposé en MSc, le contrat de professionnalisation n’e.st accessible aux internationaux qu’à condition de justifier d’un an sur le sol français.
 Focus sur les mastères spécialisés et les MSc – masters of science accrédités par la Conférence des grandes écoles (CGE).
             Labels CGE
Total
Période de 1re accréditation
Période de renouvellement
Période de suspension 2018-2019
Année académique
Formations actives
          Mastère spécialisé
MSc - Master of Science
Badge
CQC
Total
       Mastère Spécialisé ®
401
32
360
9
            2013-2014
419
65
98
-
582
           MSc – Master of science
125
18
106
1
            2014-2015
2016-2017
407
70
88
-
565
                       Badge
65
5
59
1
2015-2016
392
76
86
-
554
            386
103
84
-
573
             CQC
2
2
-
-
       2017-2018
395
108
70
0
573
                2018-2019
401
125
65
2
593
         Année académique
   Nouvelles accréditations
   Mastère spécialisé
 MSc - Master of Science
  Badge
   CQC
 Totaux créés
 2013-2014
   30
 13
  5
   -
 48
 2014-2015
   21
 16
  10
   -
 47
 2015-2016
   28
 30
  4
   -
 62
 2016-2017
    29
  12
   2
    -
  43
  2017-2018
   32
 18
  5
   2
  57
     Source : Conférence des grandes écoles (CGE), 2018
74
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
  Didier Roche, entrepreneur non-voyant créatif et altruiste
Trophées h’up :
4 entrepreneurs un cran
au-dessus
Son nom, Didier Roche. Entrepreneur non-voyant (le concept du restaurant pour voyants plongés Dans le noir, c’est lui, entre autres idées géniales). Le voilà à nouveau sur scène le 30 octobre, au Carreau du Temple à Paris, pour inaugurer
les premiers Trophées h’up remis à ses pairs entrepreneurs handicapés au nom de l’association dont il est le président, bien sûr. Rencontre avec ce serial entrepreneur aux innombrables projets.
 Propos recueillis par Chloé Consigny
  76
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
Pourquoi ces Trophées h’up ?
Ils ont pour vocation de mettre en lumière le dyna- misme des entrepreneurs français en situation de handicap. L’événement va révéler des parcours hors du commun. Le 30 octobre, ce sont quatre trophées qui seront remis, chacun identifié en fonction de la situation de vie de l’entre- preneur récompensé : est-il un créateur, un repreneur, un entrepreneur expérimenté ? Le trophée de l’Entrepre- neur de l’année couronnera
un parcours d’exception parmi les trois lauréats. Tous les secteurs et tous les âges seront représentés. Et finalement, ces trophées sont un moyen de donner à voir la richesse de ces personnes en situation de handicap. Au public pour lequel le handicap fait peur, il s’agit de montrer que ces femmes et ces hommes ne sont finalement rien d’autres que des chefs d’entreprises aux compétences multiples. Quelles que soient nos dif- férences, ce sont les projets qui nous rapprochent et nous lient. Nous sommes heureux de constater l’engouement que génère cet événement. De nombreuses marques ont choisi de devenir partenaires des Trophées, de soutenir nouvelle initiative dont la mairie de Paris, l’Agefiph et la Fondation Malakoff Médéric. Nous aurons la chance d’être dans un écrin de choix pour cet événement puisque la soirée de gala se tiendra au Carreau du Temple, dans le troisième arrondissement de Paris.
L’association h’up entre- preneurs que vous avez co-créée en 2008 sera
l’animatrice de la soirée. Quelle réflexion vous a conduit à la créer ? Mon parcours d’entrepre- neur non-voyant a été très difficile. J’ai créé ma pre- mière entreprise en 1994, régulièrement confronté au scepticisme de mes inter- locuteurs, notamment au sein du monde bancaire et du monde assurantiel. Simple exemple : le coût d’une assurance pour un non-voyant est de 30 % supérieur à celui d’une per- sonne sans handicap ! Les assurances auxquelles j’ai dû souscrire prévoyaient de nombreuses exclusions. Je n’étais ainsi pas couvert si j’étais renversé par un véhi- cule, au motif que je n’étais pas capable de voir venir une voiture ! Je me souviens alors avoir demandé à mon assureur si je n’étais pas non plus couvert contre la maladie au motif que mon handicap m’empêcherait de voir venir le virus ! C’est à ce moment-là que je me suis dit que j’étais seul, mais que je pouvais chan- ger. En 2007, j’ai constaté qu’il existait 35 000 chefs d’entreprises en situation de handicap en France.
©DR
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 quotidien ?
L’association se donne pour ambition de représenter et d’accompagner les entre- preneurs en situation de handicap. Parfois, un ac- cident intervient au cours
de l’invalidité du dirigeant. L’association accompagne les entrepreneurs au travers d’actions spécifiques comme du coaching, de l’accompa- gnement à l’élaboration de buisiness plan, de straté-
et leur poser les bonnes questions. Nous mettons également à disposition de nos membres des webinars et des cycles de formation. Nous nous engageons enfin politiquement, au travers
  Nelson Mandela disait « je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends ». Cette maxime est à mon sens très vraie dans le
monde de l’entrepreneuriat
 En fauteuil, non-voyant ou privé d’un membre, les entrepreneurs se révèlent souvent au top de leur efficience.
 J’ai contacté trois de mes amis, tous entrepreneurs en situation de handicap. Nousavonsensembleré- fléchi à la meilleure façon d’agir. En 2008 nous avons créé h’up entrepreneurs. La philosophie de notre association n’est pas de
minimiser nos handicaps, mais de montrer que nous gardons la possibilité d’être desentrepreneursàsuccès, peu importe nos différences. Nelson Mandela disait « je ne perds jamais : soit je gagne, soit j’apprends ». Cette maxime est à mon sens
très vraie dans le monde de l’entrepreneuriat. Il faut ap- prendre de ses échecs et ne jamaiscesserdepoursuivre ses projets, ils donnent la capacité de rêver et de se projeter dans l’avenir.
Que réalise l’association au
de la vie d’un dirigeant. Très souvent au sein des TPE, ces accidents de vie mènent au dépôt de bilan. En 2016, 77 000 chefs d’entreprisesontdéposé une déclaration d’invali- dité permanente auprès de la Sécurité sociale. 3 000 entreprises ont du reste cessé leur activité à cause
gies de communications ou encore s’engage dans une réflexion autour des problé- matiques de management. Nous avons mis en place unsystèmedementoring par lequel se jeunes entre- preneurs bénéficient des conseils d’entrepreneurs plus installés. Lesquels vont venir challenger leur projet
d’authentiques actions de lobbying. L’association compte actuellement 600 membres. H’up entrepre- neurs a dix ans. D’où notre décisiond’organiseru.n événement d’envergure à l’image du dynamisme des entrepreneurs membres.
 OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ ART DE VIVRE & PATRIMOINE
La Sélection culturelle
  par Christophe
Combarieu
Journaliste & producteur Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
CLASSIQUE
n Les Huguenots
Meyerbeer fut le compositeur d’opéra le plus célèbre et le plus joué au xixe, figure emblématique du Grand Opéra fran-
çais. Il retrouve de son intérêt et le prestige de la plus grande scène parisienne après un long et injuste oubli. Ses Huguenots montés à l’Opéra Bastille, fresque monumentale figurant d’impossibles amours dans le contexte de la Saint‐Barthélemy réunissent une triple influence, matière orchestrale
allemande, bel canto rossinien et déclamation française ? Le spectacle bénéficie d’une très belle distribution, c’est assurément l’événement lyrique de la rentrée.
Les Huguenots de Meyerbeer. Jusqu’au 24 octobre à l’Opéra Bastille.
EXPOSITION
n De Vouet à Boucher, au cœur de la collection Motais de Narbonne
Le musée du Louvre nous en avait offert un aperçu en 2010, voici désormais l’intégralité de la fabuleuse collection
des époux Motais de Narbonne exposée à Orléans. Cette collection d’amateurs centrée sur la peinture ancienne constitue l’une des plus belles de France, la réunion de près de 80 tableaux des xviie et xviiie siècles français et italien. Joseph-Marie Vien, François Boucher, Simon Vouet ou
encore Le Guerchin nous tendent leurs œuvres. Plongée au cœur d’une passion, rythmée par des coups de cœur, des découvertes et forte amitié envers les musées français. De Vouet à Boucher, au cœur de la collection Motais de Narbonne. Musée des Beaux-Arts d’Orléans, jusqu’au 13 janvier.
THÉATRE
n Les Fourberies de Scapin
Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? La Comé- die Française se meut sur les routes de France cet automne,
pose ses valises à Créteil, Lyon et Marseille avec un grand classique de nos classes de collège, Les Fourberies de Scapin, dans la mise en scène revigorante de Denis Podaly- dès. Benjamin Lavernhe (Scapin) et Didier Sandre (Géronte) emmènent la troupe vers des sommets d’interprétation. Un Molière
empreint de la commedia dell’arte à ne surtout pas manquer.
Maison des Arts de Créteil du 4 au 6 octobre, Les Céles- tins à Lyon du 10 au 20, La Criée à Marseille du 24 au 28.
n Chicago
Tout le monde a vu le film de Rob Marshall
avec Catherine Zeta-Jones, Renée Zellwe- ger et Richard Gere sorti au début des années 2000. Multirécompensé aux Os- cars, Chicago est à l’origine un musical à succès, créé en 1975 à Broadway par John Kander, Fred Ebb et Bob Fosse. Le
théâtre Mogador, spécialiste des comédies musicales à
Paris, nous offre l’opportunité de nous replonger dans le Chicago des années 1920 en compagnie des meurtrières Roxie Hart et Vema Kelly, avides de succès ! All That Jazz, et en anglais cette fois !
Chicago au Théâtre Mogador
CINÉMA
n En mille morceaux
Vingt-cinq ans après l’assassinat de son fils, une mère meur- trie par le chagrin demande à se confronter au meurtrier qui vient de purger sa peine de réclusion. Une rencontre
entre quatre murs, un huis clos terriblement haletant, un face à face presque existentiel où le pardon, le deuil, la foi, les conditions de détention ou encore la peine de mort sont abordés sans aucuns faux-semblants. Un film d’une grande intensité émotive, et un
duo de comédiens, Clémentine Célarié et Serge Riaboukine au summum de l’interprétation sociale. Première réalisa- tion pour Valérie Meriadec qui signe là un long-métrage sans compromis : elle y explore un territoire intime d’où jaillissent des réponses qui nous concernent tous.
En mille morceaux de Valérie Mériadec – le 3 octobre
n Place de la République, printemps 2016
Le 31 mars 2016, naissait, place de la République, le mouvement Nuit Debout ! Pendant plus de trois mois, des pensées venues de tous les horizons s’essayaient à inventer
une nouvelle forme de démocratie dans une sorte de melting-pot pas toujours très organisé... Un des acteurs principaux du mouvement : la Place de la République ! Un documentaire qui s’intéresse aux mu- tations opérées dans cet espace qui aura véritablement consolidé le rassemblement.
Comment ce lieu public a réussi, sous la simple impulsion de son nom, à politiser toute une partie de la population et à marquer toute une génération. Leïla Ben Aribi nous offre un portrait intime de ce forum des temps modernes, dont l’image et les fonctions n’auront jamais été si remodelées. Place de la République, printemps 2016 – le 24 octobre.
CD
n Destination Rachmaninov
Daniil Trifonov, jeune pianiste russe de 27 ans, s’impose déjà comme le chef de file de la nouvelle génération de pianistes
depuis qu’il a remporté de nombreux prix. Il s’aventure dans une multitude de réper- toires, fougueux et introspectif, véritable interprète, sa rare virtuosité ne cesse de captiver le public. Son huitième album,
consacré à Rachmaninov avec l’Orchestre de Philadelphie et le brillant chef Yannick Nézet-Séguin, est d’une fluidité, d’un naturel et d’une légèreté confondants.
Destination Rachmaninov. Sortie le 12 octobre (Deutsche Grammophon)
n Salieri : Les Horaces
La lutte fratricide entre les Horaces et les Curiaces fait partie de ces histoires antiques dont tout le monde a déjà entendu parler mais que peu connaissent vraiment.
Honneur donc aux géniaux Talens Lyriques de sortir de l’oubli l’opéra qu’en tira, en français, le compositeur ita- lien Antonio Salieri. La musique, martiale, dramatique, haletante, est servie par une jeune distribution vocale de rêve dirigée par Christophe Rousset. Une rareté à l’écoute passionnante.
Salieri : Les Horaces (Aparte)
n Cali chante Léo Ferré
On se demande bien pourquoi la rencontre entre Cali et Léo Ferré n’a pas eu lieu plus tôt... Le Perpignanais aura
attendu ses cinquante printemps pour se glisser dans la peau de son idole, de celui qui aura bercé son enfance et façonné l’artiste qu’il est. Un album uniquement composé de reprises de l’anarchiste nu- méro 1 de la chanson française et enre-
gistré dans les mêmes studios parisiens où l’album Avec le temps avait vu le jour en 1971.
Cali chante Léo Ferré – 5 octobre 2018 (BMG)
DVD
n Sugarland de Damon Gameau
Un film australien, inspiré de Super Size Me. Ici, l’acteur et réalisateur Damon Gameau s’est imposé un régime un
peu particulier : prendre l’équivalent de 40 cuillères à café de sucre par jour pendant deux mois... Et décide, non pas de se gaver de sodas, mais de ne consommer que des aliments dits allégés. Au bout de deux mois, le constat est alarmant : il a un diabète de type 2 ! Mais les effets négatifs
du sucre s’inversent rapidement. Un film pédagogique et très ludique, avec un message très clair : ne pas se laisser abuser par les étiquettes (L’Atelier d’Images).
n La révolution silencieuse de Lars Kraume 1956, les Hongrois descendent dans la rue pour leur li- berté et pour faire face au communisme soviétique. S’en-
suivra une répression sanglante menée par Moscou. Face à quoi, en RDA, des lycéens décident d’observer une minute de silence, en classe, en hommage aux révolutionnaires durement réprimés. Mais des membres du Parti ont vent de l’affaire, le ministre de l’Éducation s’en
mêle et veut identifier les meneurs. Une minute de silence qui va faire de ces jeunes idéalistes des ennemis d’État. Jeu saisissant des jeunes acteurs, Jonas Dassier, 22 ans, en tête (Pyramide vidéo).
n En guerre de Stéphane Brizé
Un délégué syndical jusqu’au-boutiste, en guerre contre l’actionnariat et le patronat de son entreprise. La rentabilité
de la firme est en baisse et son usine va fermer... Porte-parole des mille salariés du site, il refuse cette décision brutale et va tout faire pour tenter de sauver les emplois. Filmé comme un reportage de JT, c’est réaliste, et sans doute la pre- mière fois que le cinéma étudie l’action
syndicale aussi profondément et la décrit avec autant de justesse. Vincent Lindon renoue une fois encore avec le drame social qui lui va si bien (Diaphana).
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[ VOS ÉVÉNEMENTS AU MUSÉE DE L’HOMME
DÉJEUNERS ET DÎNERS PRIVILÉGIÉS SÉMINAIRES
DÉFILÉS DE MODE ÉVÉNEMENTS SUR MESURE
01 40 79 33 00 - LOCATION@MNHN.FR PLACE DU TROCADÉRO - PARIS 16e
© Patrick Tourneboeuf
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Horlogerie & Joaillerie
Coffret Chronostase par
Fugue
Dotée d’une carrure interchangeable, cette montre automatique joue avec efficacité la personnalisation. C’est un hommage aux périodes phares du design horloger : 1950, 1960 et 1970. Edité à 150 exemplaires. 1 400 € www.fuguewatches.com
Baume & Mercier Clifton – calendrier complet
Inspiré de pièces « vintage », ce modèle au bracelet en alligator bleu intense, offre un calendrier complet.
Deux guichets affichent les jours et les mois, tandis qu’une aiguille bleue indique la date. La phase de lune
complète de manière élégante le cadran blanc. 3550 €
www.baume-et-mercier.com/fr
    La Conquest V.H.P, innovation Quartz
Le mouvement développé exclusivement pour Longines s’illustre par son ultraprécision pour une montre analogique et sa capacité à réinitialiser les aiguilles après un choc. Des atouts auxquels il faut ajouter une très longue autonomie de la pile ainsi qu’un calendrier perpétuel. 1440€. www.longines.fr
Madlords : Dandy’s Attitude Forever !
Une proposition iconoclaste à Paris, incarnée par Caroline Miller et Serge X les fondateurs. Voici au 316 rue Saint Honoré, un univers « rock & glam qui rassemble près de 170 créateurs de bijoux, d’accessoires et de parfum. C’est un cabinet de curiosités - où le piercing se fait « précieux » - A partir de 300€ jusqu’à ... 400 000€. www.madlords.com
   Mode & Accessoires
Aigle, Doudoune légère
Montlouron
Cette doudoune moderne et casual de coupe ajustée retranscrit l'histoire de la marque liée au voyage et à la petite randonnée. Astucieuse et lookée, elle offre une grande praticité grâce à ses nombreuses fonctionnalités. Portée seule ou combinée aux vestes Aigle, elle s'adapte en fonction des loisirs. A partir de 200€. www.aigle.com/fr
Les mocassins Tom pour
traverser l'automne
Cet automne, L'Atelier 13 insuffle une dose de style aux modèles traditionnels. Versions champagne, croco ou
léopard, les mocassins Tom vont vite devenir l'obsession mode du moment ! Cette marque de prêt-à-porter et d’accessoires au style chic, urbain et un
brin rock, est exclusivement vendue sur internet.
Modèle ci-contre : 165 €
     Larmorie,
Made in France
depuis 50 ans
C’est l’amour du détail à travers des designs originaux et des surpiqures soignées sur chaque produit ; une cocarde tricolore et un logo soigneusement incrusté dans le cuir rappelle son origine. 89€ le
portefeuille grand modèle.
Lifa Loft Hybrid
Insulator Jacket
Ces vestes sont dotées d’un tissu polaire lisse aux bras et deux
côtés. La conception par zone rend cette veste ultra- polyvalente et pourra être
portée tout au long de l’année. Dans le cadre
de leur préparation aux Championnats du monde 2019, l’équipe olympique suédoise portera cette veste lors
de leurs entrainements et voyages. 180 € www.hellyhansen.com
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
www.larmorieofficiel.fr
www.latelier13.com
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                                                                                                                       ]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
 Bien-Etre
Bioeffect, eau micellaire
d’Islande
Cette eau merveilleuse élimine en douceur le maquillage, le sébum et les impuretés tout en hydratant la peau. L'eau pure islandaise contient une faible concentration de minéraux durs et davantage d'ions plus doux comme le
sodium. 200 ml / 65 euros.
www.bioeffect.fr
La Pomothérapie par
Poméol
FitoFuse revisite les grands classiques de l’herboristerie avec une texture végétale à boire unique. C’est un complexe détoxifiant qui associe le Pomsuc – jus de pomme concentré – à un extrait de feuille de cassis. « Coup de Froid » aide à stimuler et à renforcer les défenses. 100 ml, 15 jours, 18,80€ www.clemascience.com
Mat ultime d’Anne-
Marie Börlind
Les nouveaux rouges à lèvres longue tenue, couleurs mates berry, red et nude nourrissent la peau sensible des lèvres. L’acide hyaluronique maintient l’hydratation et lisse les lèvres tout
au long de la journée. 14,50 € / 4 g
www.boerlind.com
Evasion
L’agro-tourisme comme en Toscane
  Dans la Réserve Naturelle de la plaine des Maures, à 25 min de Saint-Tropez, Saint Roux est une élégante ferme auberge du XVème siècle. La démarche est durable : ses vins, ses 40 hectares de vignes en conversion biologique, son fromage bio issu du lait de ses 50 chèvres de race Alpine, sa table alimentée par les légumes « rustiques et oubliés » du potager ou encore les 9 gîtes & chambres d’hôtes aux vieilles tomettes, céramiques et anciennes poutres. La boutique propose des produits maison et locaux, afin de prolonger votre séjour de retour chez vous ! A partir de 175 euros la nuit
(chambre double), 25 à 35 euros le menu.
www.chateausaintroux.com
Le Vip Paris, unique yacht hôtel
Le VIP Paris est un yacht de croisière de 59 mètres de long avec
une terrasse de 250m2. Il dispose de 24 cabines doubles dont une cabine présidentielle avec terrasse, 6 suites avec jacuzzi et 30 tables pour deux. Admirez Paris illuminé autour d’un cocktail sur le pont supérieur puis autour d’un dîner romantique avec « Music live ». A partir de 445 € pour 2 personnes pour le dîner, la croisière et la nuit en suite jacuzzi.
www.le-vip-paris.com
Le Como Metropolitan
London, a place to stay
A 150 mètres de Hyde Park, COMO vous accueille dans la rue tendance de Park Lane. Le restaurant étoilé Nobu prépare des spécialités japonaises et péruviennes modernes. L’hébergement, réparti sur neuf étages, comprend chambres spacieuses, studios city, suites luxueuses et appartements long séjour. Pour contrer le stress du milieu urbain,
le COMO Shambhala Urban Escape vous comblera avec ses séances de yoga, sa salle de gym, ses cabines de soins dont deux pour les couples et des hammams. www.comohotels.com/en/metropolitanlondon
          Les dîners d’EcoRéseau Business
Ce mois-ci, nous avons testé pour vous le restaurant « Le 1 Place Vendôme »
    Concept & Lieu
Niché au premier étage de l’Hôtel de Vendôme, Le 1 place Vendôme est une adresse luxueuse et dis- crète au décor soigné et couture. Après la fermeture annuelle du mois d’août, le restaurant invite ses hôtes à déguster de façon dé- complexée, en service continu de 12h à 21h, la cuisine du Chef Jos- selin Marie.
Service discret, chaleureux, per- sonnalisé, efficace
En cuisine
La cuisine saisonnière, fraîche, délicate et généreuse du Chef Josselin Marie est aussi « écologiquement responsable ». Le Chef s’approvisionne chez des petits producteurs engagés qu’il a minutieusement sourcés, travaillant à l’ancienne, souvent en petites quantités.
L’empreinte carbone de chaque plat est mesurée. Les recettes marient à merveille créa- tivité, gourmandise et santé.
Notre menu
Entrées : Le tourteau de Bretagne, avocat grillé, confit de pam- plemousse (22 €).
Plats : Le Verger et l’Estran (légumes, fruits, algues) 25 €. La Volaille d’Olivier Dandieux (la cuisse en fricassée, pommes grenaille, champignons) 25 €.
Desserts : La Figue (compotée au porto, crumble à la noisette, glace amande) 10 €.
Tarifs 50-65 euros pour une entrée, un plat et un dessert à la carte.
Adresse :
1, place Vendôme - 75001 Paris +33155045500
Du mardi au samedi
www.hoteldevendome.com
  82
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
©Hervé Fabre
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                  Benchmark* à remous
          Resort Barrière Ribeauvillé
LORS DE VOTRE SÉMINAIRE BARRIÈRE
Forfait résidentiel à partir de 208 €HT(1)
La nuit en chambre individuelle
Le petit-déjeuner / Le déjeuner / Le dîner boissons incluses 2 pauses thématiques / 1 salle de réunion plénière équipée L’accès illimité au Wifi en chambre et en salle de réunion
+ La « Touche Succès » offerte(2) Indiquez le code préférentiel : HIVER PLAISIR
              Renseignements et demande de devis au 0 970 818 478 (appel non surtaxé) ou sur www.meetings-barriere.com
* Veille stratégique à remous.
(1) Forfait résidentiel : nuit en chambre individuelle + 2 pause-café thématiques + petit-déjeuner + déjeuner + dîner + 1 salle de réunion plénière équipée. Tarif HT «à partir de», donné à titre d’exemple pour l’Hôtel Barrière L’Hôtel du Golf Deauville et le Resort Barrière Lille, par personne, selon conditions de vente et dans la limite des chambres réservées à cette offre, et susceptible d’être modifié. Le déjeuner et le dîner sont proposés en buffet, en finger buffet ou à l’assiette, boissons comprises. Le déjeuner peut également être servi en lunch box ou en menu express. (2) La «Touche Succès» est une prestation habituellement proposée en supplément lors d’un séminaire. Cette offre comprend une prestation parmi celles proposées par les destinations et à retrouver sur le site www.meetingsbarriere.com. Offres valables pour toute demande de séminaire hébergé effectuée avant le 31/10/18 et réalisé entre le 01/11/2018 et le 31/03/2019. Offres non rétroactives sur les demandes en cours ou déjà confirmées, selon disponibilité et pour une réservation minimum de 10 chambres, hors Hôtel Barrière Les Neiges Courchevel. Offre uniquement valable à Cannes sur les mois de novembre 2018 et janvier 2019. L’accès Internet haut débit en salle de réunion et en chambre est inclus dans le forfait résidentiel. Groupe Barrière SAS au capital de 1 215 144,68 €. RCS Paris : 320 050 859 - © Laurent Fau / Fabrice Rambert.
]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Vins
Cuvée Premier Cru
Millésime 2010
Ce Millésime a un nez riche d’arômes de biscuit et d’ananas
rôti ; on perçoit ensuite des notes de cacao et de prune cuite qui évoluent vers des notes fumées, de pain ou encore d’amande. En bouche, c’est une attaque nette qui laisse ensuite place à de la minéralité. Prix de vente conseillé : 35 € www.champagne-de-lauche.com
Veuve Clicquot, 200 ans déjà !
Le nez est généreux et élégant, avec des arômes de fruits rouges frais menant à des notes biscuitées. Son attaque franche laisse place à une
sensation fruitée et harmonieuse au palais. Parfaitement équilibré, le vin, dans la meilleure tradition des champagnes rosés Veuve
Clicquot, allie élégance et style. 45 €.
www.veuveclicquot.com/fr
Château Grenouilles 2014, Chablis Grand Cru
C’est un vin blanc légendaire, l’une des plus belles expressions de la minéralité. Il allie précision au nez, pureté des arômes en bouche, harmonie entre puissance et finesse et grande longueur
finale. Doté d’une grande capacité de garde, il se révèle avec le temps. 55 € chablisienne.com
Clos du Zahnacker
2014
Son nez est intense avec
des notes de pierre à fusil, d’agrumes et figues. La bouche est très concentrée et offre une belle longueur grâce à une acidité fine et bien mûre. Sec et minéral, d’un équilibre
rare, c’est un vin d’une garde exceptionnelle. 30,20 €. www.vins-ribeauville.com
Cuvée D : le Multi-Millésimes
Cette cuvée présente des arômes de fleurs blanches et d’épices, adoucis par la finale qui rappelle la brioche grillée et la vanille. Rencontre réussie de la rondeur du Pinot Noir de la Côte des Bar et de l’élégance du
Chardonnay de la Côte des Blancs ! 150 cl : 82,00 € ; 75 cl : 40,00 €. www.champagne-devaux.fr
Elégante Dynastie
Ce Brut Blanc de Blancs révèle un nez dévolu aux agrumes qui évolue ensuite vers les fleurs jaunes ou la fleur d’oranger. La
bouche est soyeuse, agréable et présente une longue finale marquée par la minéralité. Les crustacés, noix de Saint-Jacques
vous remercieront ! Prix de vente conseillé : 30 €
www.champagne-prestigedessacres.com
Caprice de Sébastien Laffitte
Depuis 2013, ce sommelier propose des vins suaves
et élégants, que l’on retrouve par exemple au Crillon, au Buddha Bar Paris. L’atypique Caprice 2016, un Bourgogne Hautes-Côtes-de-Nuit, a un nez d’une fraîcheur juvénile qui exhale des arômes d’agrumes, de fleurs blanches, de citron confit, noisette et amande. Un cru de longue garde, 10 à 15 ans. Prix de vente conseillé : 48 €
www.ibizvin.com
            Pouilly-Fuissé « Les Sentinelles »
2016
Au nez le bouquet évoque des notes délicates d’aubépine, d’agrumes et de brioche au beurre. En bouche la
structure est pleine et dense, la finesse prédomine et s’ouvre sur une finale minérale et iodée. Le potentiel de ce vin
sec se révèle véritablement entre trois et dix ans de garde. 17,90 €.
terres-secretes.com
Saint Roux BIO, AOP Côtes de Provence, Rosé, 2017
Depuis 2015, le vignoble est en pleine renaissance des nouvelles plantations. Ce vin est issu d’une sélection méticuleuse du maître de chai. Il allie, aux parfums de fruits mûrs, un caractère affirmé, sur une structure élégante. Ce grenache noir, syrah, cinsault a un nez fruité mûr. Sa finale en bouche est très ronde, savoureuse, charnue, avec une bonne longueur. 14 € chateausaintroux.com/le-vignoble/
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Vins
Château La Croix du Casse 2012
Ce vin Merlot (88%), Cabernet Franc (12%) ample, tout en finesse, est très représentatif du terroir si particulier de Pomerol. Son nez riche, exprime des notes de fruits rouges. L’attaque en bouche est franche, solide, ronde, relevant des tanins mûrs. La finale épicée est persistante, d’une belle longueur, toute en fraîcheur où domine encore le fruit. 26 €
www.lagrandecave.fr
Anna 2015, Saint-Emilion grand cru
Cette cuvée développe un nez sur la finesse et le charme, dévoilant un vin complexe aux arômes de
fruits rouges frais et des notes d’épices. Le boisé est harmonieux, et donne un vin gourmand aux notes chocolatées. La bouche est riche et ronde avec des tanins soyeux. 35 €.
www.closdubreuil.fr
Premier Cru Les Vergelesses 2015
Au nez, les cerises et le cassis se mêlent à des notes de chocolat noir et de grains de café torréfiés. La bouche présente une superbe concentration avec une texture
très dense et onctueuse. Le potentiel de garde de ce vin est fabuleux. 49 € www.vins-chanson.com/fr
Château Dauzac 2016, un grand
millésime
Son nez, complexe et raffiné, évoque des notes de prunes et d’épices. La bouche, ample et fondue, impressionne par sa matière. Il séduit par une dominante maitrisée de Cabernet-Sauvignon récolté à maturité optimale, un équilibre exceptionnel et une belle fraicheur finale. Coffret limité à 65 exemplaires, 200 €. www.chateaudauzac.com/fr/
Maison Denuzière – Côte-Rôtie 2016
Côte-Rôtie est l’appellation la plus septentrionale de la Vallée du Rhône. Son nez élégant et complexe exhale des notes de fruits rouges et d’épices avec une légère pointe de torréfaction. Les tanins souples et fondus procurent à ce vin une bouche de belle
ampleur avec une finale épicée. 38 €
Saint Emilion Art
Russe
La Grâce Dieu des Prieurs est le fruit d'une rencontre entre Andreï Filatov, mécène et homme d'affaires russe, et Jean Nouvel, architecte français de renommée internationale. Les deux hommes passionnés d’œnologie et d’Art ont élaboré un vin d'exception. 180 €
lagracedieudesprieurs.com
Petit-Figeac 2015, digne reflet du
grand
Issu du terroir d’exception de Château-Figeac, 1er Grand Cru Classé de Saint-Emilion, Petit-Figeac est produit par les mêmes équipes. En bouche, ce vin exprime un beau fruité et beaucoup de fraîcheur avec de la mûre, du cassis, de la cerise noire, et un chocolat gourmand. La
finale est longue, toastée, généreuse à travers quelques touches de caramel et de tabac. 51 € www.chateau-figeac.com
La Montagne Rouge 2014
Côte de nuits-villages sont des vins de Bourgogne issus de beaux terroirs autour de Nuits-Saint-Georges, une petite
appellation pleine de richesse lovée au cœur de la Côte d’Or. Cette délicate cuvée 100% pinot noir est à 16.50 €.
www.vins-bourgogne.fr
L’Ébrescade 2015 - AOC Cairanne (Vallée du Rhône)
Le nez de ce puissant et complexe 50% Grenache – 30 % Mourvèdre – 20 % Syrah du Domaine Marcel Richaud exhale des arômes de pruneaux, de cerise noire, de cacao et d’épices douces.
La bouche est soyeuse aux arômes de fruits bien mûrs avec des notes fumées et épicées. La longue finale de ce vin aux tanins fins et soyeux lui donne un très bel éclat. 20 €
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]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[                  ]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[  ]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  Mondial Paris Motor Show
@mobilité, @hybridation, @connectivité...
120 ans pour l’édition 2018 – une année paire sur deux –, toujours Porte de Versailles. Au
« salon-de-l’auto » devenu Mondial, succède une appellation on ne peut moins française, Mondial Paris Motor Show. Plus court – onze jours contre seize – et enrichi d’un Mondial de la moto et autres mobilités à l’image des autres « shows » planétaires, il reste une vitrine
de l’innovation automobile des prochains mois. Profitons-en avant que la « voiture » ne devienne un vecteur de mobilité collectif et anonyme...
Peugeot 508
shi. Manquent à l’appel du « Mondial » pas moins de 18 marques et non des moindres : Ford, Opel, Nis- san, Infiniti, Volvo, Mitsu- bishi, Subaru, Ssangyong, Mazda, Volkswagen, Fiat, Abarth, Jeep et Alfa-Romeo, mais aussi Rolls-Royce, Che- vrolet, Cadillac, Bentley. Les nouveaux modèles de ces marques, souvent déjà dévoilés en d’autres circons- tances, susciteront moins de curiosité. Il n’empêche qu’un visiteur lambda n’aura pas assez d’une journée pour tout voir des millésimes 2019 abrités Porte de Versailles.
Les vraies nouveautés de paris
Oubliées les voitures invi- sibles, vivent les nouveautés rutilantes sous les projos, à commencer par les françaises.
• Peugeot, sur ce chapitre, a déjà commercialisé sa nou- velle 508 en concessions depuis la mi-septembre. Une berline à hayon stylée façon coupé cinq portes. Déclinée en break au nom d’un joli coup de crayon, cette 508 devrait réintroduire le Lion en voie de disparition sur ce segment de marché, en perte de vitesse. Avec l’espoir de reléguer dans son rétrovi- seur les Renault Talisman, Volkswagen Arteon et autres Skoda Superb.
Peugeot expose aussi son nouveau Rifter (remplaçant du Partner Tepee), interpré- tation sochalienne du Ber- lingo de Citroën (lire mes impressions dans ÉcoRéseau Business n° 53). Mais aussi et surtout (à ne pas manquer) le splendide e-Legend Concept, vibrant hommage à la 504 Coupé. Un exercice de style, superbe coupé électrique et autonome, qui préfigure, selon Peugeot, son futur de
    Philippe Flamand
Décidément, il faut se renouveler quand on se nomme « Mo- tor Show », en alternance avec le salon de Francfort en Allemagne. Les mondes encore parfois étrangers de l’auto et de la moto se récon- cilient et cohabitent avec un Mondial de la Mobilité et un Mondial. Tech, zone réservée aux professionnels. Une raison à cette réinven- tion : la plupart des salons de l’auto doivent faire face à la baisse de la fréquentation : moins 15 % à Paris en 2016 avec 1 072 697 visiteurs, ce qui en fait encore le salon de l’auto le plus fréquenté au monde devant Francfort (810 000 visiteurs), Detroit aux États-Unis (800 000), Tokyo (771 000) ou Genève (660 000).
D’où ce concept plus global de mobilité où entrent les écosystèmes technologiques de l’automobile à travers la gestion des données (le big data) des véhicules et leur connectivité, avec Internet et l’intelligence artificielle.
jeunes pousses et mobiLité
C’est le pavillon 2.2 de la Porte de Versailles qui abrite
Citroen C5 Aircross
 la mobilité centrée sur les « solutions » (route, par- king, covoiturage, assureur, loueurs, banque, transport en commun). Des exposants parlent de mobilité partagée et collaborative, ils voisinent avec des prestataires de ser- vices, des organismes de promotion de la mobilité collective, des fournisseurs de nouvelles énergies, des fabricants de cycles et de véhicules de micromobi-
des nouvelles technologies, mais légèrement en amont du Mondial proprement dit, du 2 au 6 octobre. Soixante- quatre start-up venues d’une
systems, sécurité, automa- tisation et cybersécurité, industrie 4.0).
Aucun doute, c’est un sas vers le futur de l’automobile
de plusieurs constructeurs majeurs. Raison : un coût de représentation que d’aucuns estiment démesuré face à l’insuffisance des retombées commerciales. Les construc- teurs, désormais, arbitrent entre les salons chinois de Pékin et Shanghai et les sa- lons européens de Paris, Francfort ou Genève.
Mais les subtilités marketing panachent leur présence au nom d’une logique parfois impalpable, depuis la défec- tion pure et simple jusqu’à la participation avec cer- taines marques du groupe et pas d’autres, en fonction de leur actualité ou de leurs attentes. Volkswagen, par exemple, sera présent à la Porte de Versailles avec Seat, Skoda et Audi, mais sans son navire amiral ni Bentley ni Bugatti. BMW expose sans Rolls-Royce. Quant à l’Al- liance Renault-Nissan, elle a oublié Nissan et Mitsubi-
 Le rendez-vous parisien 2018 aura déçu
par l’absence de plusieurs constructeurs majeurs. Raison : un coût de représentation que d’aucuns estiment démesuré face à l’insuffisance des retombées commerciales.
 lité (l’univers tout neuf des trottinettes, des planches à roulettes, des monoroues...). En entrant dans l’aire du Mondial. Tech – nouveau pavillon 7.3 rebaptisé Paris Convention Center – si vous montrez la patte blanche d’un pro, vous avez pu plonger au milieu de plus d’une centaine d’exposants, tous acteurs
trentaine de pays se dédient à la mobilité et concourent pour les Startup Awards Mondial. Tech autour de huit thématiques : mobi- lité durable, électrification & hybridation matériaux et allégement, bien-être à bord, stockage et systèmes énergétiques, connectivité et ITS (Intelligent Transport
– qui n’aura jamais aussi bien justifié son appellation –, mais un futur déjà ancré dans le présent.
moins d’exposants
Reste que le Mondial de Paris reste le « show » de l’automo- bile et son lot de nouveautés. Or le rendez-vous parisien 2018 aura déçu par l’absence
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]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
BMW roadster Z4
Nouvelle Audi A1 Sportback
Nouveau Mercedes GLE
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
    Nouveau Renault KADJAR
l’automobile (ou le futur de son automobile ?).
• Chez Citroën, c’est le C5 Aircross présenté en pre- mière mondiale qui tient la vedette. Un SUV très attendu qu’accompagne le concept C5 Aircross Hybrid, avant- goût de la version hybride rechargeable du modèle. Une façon d’annoncer la stratégie des chevrons : organiser d’ici à202380%delagammeen « électrique », puis 100 % en 2025.
Citroën, comme Peugeot, fait monter sur stand la troisième génération de ludospace avec le nouveau Berlingo.
• DS, le cousin haut de gamme de Citroën, désormais marque à part entière, est au Mondial et à la fête avec le petit SUV DS3 Crossback. Le premier du genre proposé en motorisation électrique (ou thermique). Le remplaçant du DS3 s’affiche comme un crossover urbain sophistiqué lesté de très grandes ambi- tions, rival affirmé des Mini Countryman et Audi Q2. Sur le même stand, DS pré- sente son sublime concept-car DS X E-Tense, concrétisation du luxe automobile à horizon 2035 : porte en élytre tressée de carbone et de cuir, sol en verre, châssis en carbone, motorisation électrique.
• Renault devrait exposer un SUV Kadjar légèrement restylé et sans doute le show car dévoilé à Moscou cet été, l’Arkana. Un coupé-crosso- ver qui préfigure un nouveau véhicule de segment C à vo- cation mondiale. L’Arkana sera lancé en Russie en 2019, puis proposé sur plusieurs marchés, vraisemblablement pas la France dans l’immédiat à en croire Nicolas Maure, directeur Renault Eurasie. En revanche, et sauf annonce de dernière minute, grosse déception avec l’absence de la nouvelle Clio de cinquième génération, pourtant attendue de roue ferme.
• Les constructeurs allemands disposent de quelques argu- ments sérieux pour attirer le chaland sur leurs stands, à commencer par Audi et son e-tron (appellation malheu- reuse, mais Audi, dûment prévenu de la malsonnance du mot en français, n’en a cure). Un SUV 100 % électrique, positionné, par son gabarit, entre le Q5 et le Q7, doté de deux moteurs électriques qui développent ensemble 360 ch avec une autonomie d’environ 400 km. Première mondiale sur un véhicule de série : les rétroviseurs extérieurs seront remplacés par des caméras aux images diffusées sur des écrans po-
sitionnés à l’intérieur des portières.
Audi expose dans la foulée la seconde génération de son A1, moins ronde qu’aupara- vant et désormais disponible uniquement en version cinq portes. Avec le nouveau Q3 et son grand frère Q8, dont ce sera la première présen- tation grand public.
• Chez BMW, c’est une Diva qui fait le show : la Série 8, grand coupé de 4,84 mètres de long, doté d’une silhouette et d’une planche de bord inédites. Sous le capot, un six cylindres en ligne diesel de 320 ch et un V8 essence de 530 ch. Attendus égale- ment, le nouveau SUV X5, quatrième génération du mo- dèle historique de la gamme BMW X, et le roadster Z4, présenté pour la première fois sur un salon automobile.
• Sois l’enseigne Merce- des, l’offre de nouveautés du Mondial est riche avec pas moins de neuf modèles dont la nouvelle génération du GLE, grand SUV rival du BMW X5, et la nouvelle Classe B. Voisinent sur les podiums une Classe A mus- clée (A35) de 350 ch et une Classe A berline, ainsi que le SUV électrique EQC, rival affirmé de l’e-tron d’Aud et mieux nommé...
• S’il vous reste un chouya de temps, découvrez au ha- sard des stands la fabuleuse famille Alpine au grand complet avec l’A110 Pure, deux A110 Légende et l’A110 GT4. La DBS Superleggera d’Aston Martin. La nou- velle génération de CR-V de Honda. Les nouveautés Toyota (nouvelles générations de Corolla, de RAV4 et le grand retour de la Camry). Le nouveau Suzuki Jimny. Le Tarraco chez Seat, version longue à 7 places de l’Ateca, et le Cupra Ateca, version sportive du SUV Seat dé- cliné sous une identité « Cu- pra », désormais marque à part entière. Un Kodiaq RS survitaminé de 239 ch chez Skoda. Le Kona électrique de Hyundai et son cousin Niro chez Kia qui présente surtout sa nouvelle Proceed, un coupé shooting-brake (en français combi coupé, an- ciennement break de chasse, en américain sport wagon) à 5 portes. Sans oublier le nouveau SUC hybride Lexus UX, la Model3 de Tesla et surtout la berline et le SUV du nouveau constructeur au- tomobile vietnamien Vinfast. Bref, même avec 1.8 marques qui jouent les filles de l’air, le Mondial garde des tigres dans son Motor.
       • Chez Ford, vous ne verrez pas la nouvelle généra- tion de Focus, quatrième du nom, et best-seller de la marque avec 7millions d’exemplaires vendus en Europe depuis 1988 pour les trois générations précé- dentes et seize millions d’unités à travers le monde. La Focus 2018, construite sur la base d’une nouvelle plate-forme, reçoit de nouveaux équipements : deux moteurs essence à 3 cylindres dont un nouveau mo- teur 1.5 Ecoboost (150 et 182 ch), deux nouveaux blocs diesel (1.5 EcoBlue de 95 et 120 ch, 2 litres de 150 ch) et une nouvelle boîte de vitesses automatique à 8 rap- ports.
Ford donne également un coup de jeune à sa gamme monospace (S-Max et Galaxy) dont les jours sont comptés au profit des SUV comme chez de nombreux constructeurs. La firme américaine a annoncé en outre l’arrivée en Europe d’un megaSUV, le Ranger Raptor, et
Les grands absents
d’une nouvelle gamme d’utilitaires Transit, électrifiés et connectés.
• Du côté de FCA (Fiat-Chrysler Automobiles), le peu de nouveautés explique sans doute la défection pari- sienne. Fiat vient de présenter sa nouvelle 500X resty- lée (lire essai pages 82-83) tandis que Jeep, qui a dé- voilé à Genève une nouvelle Wrangler, vient de sortir une Renegade restylée.
• Mazda n’expose pas la pléthore de nouveautés: nouveau cabriolet MX-5, nouvelle berline Mazda6, nouvelle Mazda3, nouveau SUV CX3...
• Mitsubishi n’expose pas son tout nouveau Outlander PHEV restylé, tandis que Nissan devrait dévoiler d’ici à la fin d’année son Juke de nouvelle génération et Opel
sa nouvelle Corsa. Subaru a présenté à New York en début d’année son nouveau Forester après avoir mon- tré à Genève un concept-car, le Viziv Tourer, préfigura- tion de la future gamme Impreza (que l’on aurait aimé découvrir à Paris).
• Volvo, lui, a déjà fait repérer au début de l’été sa ber- line sportive S60, première Volvo construite aux États- Unis, pour la première fois sans motorisation diesel (deux motorisations hybrides rechargeables essence turbocompressées et suralimentées).
• Quant à Volkswagen, il n’expose rien de son l’actua- lité 2018/2019, riche en nouveautés avec le Touareg, le T-Cross petit frère du T-Roc en bas de la gamme des SUV et le T-Roc cabriolet, sans parler de la future Golf 8 attendue pour fin 2019.
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]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[La Fiat 500X se refait une beauté
Le petit SUV urbain s’offre une cure de jouvence avec de nouveaux moteurs essence sous son capot. Une réussite.
Qu’on se le dise la Fiat 500X est nouvelle, affirme son constructeur: nouveau look, nouvelles technologies, nou- veaux moteurs. Elle est réso- lument tournée vers le futur assène le spot de pub de son lancement, inspiré du film « Back to the Future » (dont l’acteur vedette Christopher Lloyd fait d’ailleurs une ap- parition en guest star à la fin du clip). « La référence à ce film culte permet de mon- trer que la 500X possède toujours un futur d’avance grâce à ses nouvelles tech- nologies embarquées d’aide à la conduite proposées de série dès la version d’entrée de gamme » s’enthousiasme enfin l’argumentaire du dos- sier de presse.
Dont acte. Pour autant, il ne fait pas s’emballer. Cette communication superlative nous semble en effet en effet un poil exagérée et masque peut être la pauvreté de l’offre en nouveaux mo- dèles de la marque phare du groupe FCA (Fiat Chrysler automobiles).
En l’occurrence la 500X, loin d’être réinventée, ne fait l’objet, somme toute, que d’un sérieux restyling. Profitable, il est vrai, car le petit SUV urbain italien gagne encore en bonhom- mie et en charme.
Une très belle voiture
La 500X est jolie c’est en- tendu, avec de nouvelles teintes de carrosseries dont un superbe blanc trois couches Ivoire, des métal- lisées Bleu Italia et Vert Techno, et des mat Bleu Jeans et Vert Alpi du meil- leur effet. En prime 7 mo- dèles de jantes (16, 17 et 18 pouces), de nouveaux blocs
optiques à LED, avant et arrière ; un nouveau design des pare-chocs ; de nouvelles plaques de protection. Voilà pour le look extérieur. A l’intérieur Fiat propose sept combinaisons différentes de tissus, cuirs, et couleurs pour une gamme déclinée au final en France en quatre versions : urban, city cross, cross et club. Nouvelle planche de bord, nouveau volant, écran tactile de 7 pouces, qualité de la finition, confort, ergono- mie des commandes, bonne position de conduite, la 500X ne manque pas d’atouts c’est certain. A commencer par son niveau d’équipements et d’aides à la conduite : re- connaissance des panneaux de signalisation et alerte de franchissement de lignes de
série ; et en option, avertisse- ment d’angle mort, limiteur de vitesse auto-adaptatif, freinage d’urgence autonome, caméra de recul, ouverture et démarrage sans clef, na- vigation Tom-Tom...
Le pari techno
Fiat cible également les jeunes générations de conducteurs avec une ap- pli Mopar® Connect pour « échanger et surveiller d’énormes quantités de don- nées en temps réel à l’aide d’appareils connectés et d’in- terfaces conviviales » comme la possibilité de contrôler à distance verrouillage et dé- verrouillage des portières, de localiser le véhicule en cas de vol ou quand on ne sait plus où l’on s’est garé,
d’afficher à distance des informations telles que le niveau de carburant, de la batterie et la pression des pneumatiques, d’alerter si une certaine limite de vi- tesse est dépassée ou si le véhicule quitte une zone précédemment délimitée sur une carte. Mais tout cela ressemble un peu à des gad- gets inutiles.
Nouvelles mécaniques
Mais la vraie nouveauté de la 500X se trouve sous son capot avec une nou- velle génération de moteurs essence FireFly en alliage d’aluminium conformes à la norme Euro 6/D-TEMP. Le trois cylindres 1 litre de 120 ch est performant et plutôt agréable, idéal pour
la ville. Il est étrange par conséquent qu’il ne soit pas associé à la boite automatique à double embrayage DCT à six rapports, disponible avec le quatre cylindres 1,3 litre de 150 ch. Deux mécaniques qui nous ont semblé un poil gourmandes.
Trois moteurs turbo Diesel MultiJet II sont également disponibles : 1,3 litre pour 95 ch lui aussi associé unique- ment à une boite manuelle à6rapports;1,6l120ch boite manuelle ou automa-
tique et 2,0 litres 150 ch avec transmission automatique à neuf rapports et quatre roues motrices.
Modèles essayé : Fiat 500X Club 1.3 GSE T4 150ch DCT. Tarifs à partir de 29.990 euros. Fiat 500X Cross 1.0 GSE T3 120ch. Tarifs à partir de 22.990 euros. Tarifs gamme es- sence de 18.990 à 29.990 euros. Tarifs gamme diesel de 23.490 à 34.090 euros.
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  L’Art du temps
 Essais & TEndancEs
Par Philippe Flamand
   La quatrième génération de la Mégane Re- nault Sport apporte un énorme plaisir au volant en conduite sportive tout en faisant preuve d’une réelle polyvalence au quoti- dien. Parcours sans faute.
Elle ne passe pas inaperçue surtout dans cette livrée « orange tonic » de lancement. C’est fait pour. La Megane RS est une petit bombe aussi belle que géniale à conduire ! Botoxée côté carrosserie
(ailes élargies par rapport à Mé-
gane GT, hauteur de caisse abais-
sée, nouvelles roues de 18 ou 19
pouces, bouclier avant à large en-
trée d’air, extracteurs d’air latéraux,
bouclier arrière intégrant le diffuseur
et l’échappement central identitaire de Mégane R.S.), elle offre un habitacle de grande qualité, très bien équipé, plutôt spa- cieux pour ce type de véhicule, avec une position de conduite et une tenue de sièges idéales.
Une sportive polyvalente
Très confortable grâce à ses amortisseurs à
butée hydraulique (les mêmes que l’Alpine), la Megane RS dotée de cinq portes tient parfaitement son rôle dans un quotidien fa- milial citadin ou de loisirs. En revanche elle décoiffe dès qu’il s’agit de la titiller sur routes sinueuses. Là son châssis sport, son train
différentiel mécanique Torsen® à glissement limité). Le 4CONTROL permet de coller lit- téralement à la route en améliorant l’agilité dans les virages serrés et la stabilité dans les courbes rapides : à basse vitesse (en dessous de 60 km/h, 100 km/h en mode Race pour un usage sur circuit avec un ESP désactivé), les roues arrière braquent dans le sens opposé des roues avant, à haute vitesse (au-delà de
60 km/h, 100 km/h en mode Race), les roues avant et arrière braquent dans
le même sens.
Ce bonheur de pilotage est assuré
également par le nouveau moteur 1.8 turbo à injection directe de 280 ch doté d’un couple de 390 Nm disponible de 2400 à 4800 tr/min (300 ch et 420 Nm pour la Mégane RS Trophy), l’un des meil- leurs de la catégorie, bien servi par la boîte auto à double embrayage EDC à six rapports. Avec en prime un plaisir sonore procuré par la
ligne d’échappement. Jubilatoire !
Modèle essayé : Renault Mégane RS 280 EDC. Tarif: à partir de 39.400 euros. Tarif gamme à partir de 37.600 euros.
Nouvelle Renault Megane RS : jubilatoire !
 avant à pivot indépendant et la technolo- gie 4CONTROL font merveille. Ce système à quatre roues directrices est disponible de série sur les châssis Sport et Cup (avec amortissement raffermi de 10% et nouveau
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]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre finance de marché
   spécuLons !
Ubisoft : des lapins pas si crétins
LCM est passé à l’achat sur Ubisoft, avec un objectif de cours de 107 euros, contre une précédente recommandation à neutre. Et pour cause : l’action a reculé de 15 % par rapport à son plus haut atteint à la fin du mois de juillet. Selon lui, si certaines des craintes des investisseurs sont justifiées, d’autres sont exagérées. D’après LCM, Ubisoft n’a notamment rien à craindre de la décision de la Chine d’être plus rigoureuse sur la distribution des jeux. Cette décision porte selon lui surtout sur les jeux d’argent.
 Le chiffre
600 milliards de dollars
Deutsche Bank prévoit de rapatrier 75 % de ses actifs gérés à Londres vers Francfort où s’est installé son siège dans la foulée du Brexit, selon le Financial Times. Les régulateurs européens ont récemment fait monter la pression sur la banque pour qu’elle augmente sa solvabilité et ses capitaux en Allemagne.
 bons pLans
Le vin : un bon placement... avec modé-
ration
Le constat : l’année 2017 s’était révélée difficile pour les vignobles français en raison d’un climat particulièrement capricieux : une vague de gel suivie
d’un manque de précipitations. Mais en 2018, la récolte devrait s’élever à plus de 46 millions d’hectolitres, soit une hausse de 25 % par rapport à l’année dernière, selon le ministère de l’Agriculture. Toutes les régions devraient voir leur récolte augmenter, à l’exception du pourtour méditerranéen.
L’analyse : mais attention : si certains crus ont de quoi faire pâlir d’envie la plupart des valeurs du CAC 40 (comme ce Petrus 2012, dont la valeur a pris plus de 45 % depuis son achat en primeur), ce placement demande une grande connaissance du marché... et aucun rendement n’est garanti !
Le café au plus bas
Le constat : la livre de café arabica est passée sous les 100 cents pour la première fois en douze ans. Selon les analystes, cette situation s’explique par la faiblesse du réal brésilien et des prévisions de récolte
abondante du Brésil. Autre facteur, un grand nombre d’investisseurs spéculatifs ont vendu à découvert sur cette denrée. Le sucre évolue également à des niveaux très faibles : il est passé sous la barre des 10 cents début septembre, soit un plus bas
inédit depuis dix ans.
L’analyse : Là aussi, cette tendance s’explique par les récoltes abondantes attendues dans les mois à venir, notamment en Inde.
 experts
UBS prudent sur l’Europe
L’événement : UBS a réduit son objectif sur l’indice euro- péen Stoxx 600 de 440 à 400 points pour la fin de l’année, soit un potentiel de hausse de 4,5 %.
L’argument : le broker évoque plusieurs sources d’inquié- tude pour les marchés européens, comme la guerre com- merciale entre les États-Unis et le reste du monde ou la fragilité des marchés émergents. La situation en Italie et les discussions autour du Brexit alimentent également les craintes des marchés, de même que la hausse des coûts et des salaires. Nick Nelson, analyste chez UBS, estime toutefois qu’un soutien pourrait provenir du retour des investisseurs américains. Il pense que les gérants amé- ricains pourraient revenir vers les actions européennes, après s’être écartés ces derniers mois de cette zone géographique. Plus précisément, UBS a réduit son expo- sition aux valeurs cycliques, mais privilégie le secteur de la pharmacie, avec des valeurs comme GlaxoSmithkline, Novo Nordisk ou encore Merck AG. Il y voit des valorisa- tions attrayantes et une dynamique de profits favorable.
Actions : Cholet Dupont « raisonnablement prudent »
L’événement : selon Cholet Dupont, les doutes reviennent sur les places financières après un été relativement
risques systémiques pour le système financier », écrit-il dans une note d’analyse. En Italie, l’heure de vérité ap- proche avec le projet de budget qui sera dévoilé en fin de mois. « Il nous semble que le gouvernement italien n’a pas le choix et qu’il sera obligé d’étaler son programme tout en négociant un arrangement avec Bruxelles. Nous tablons donc sur un prochain apaisement. » D’après Cho- let Dupont, une éventuelle escalade des mesures pro- tectionnistes américaines et de ses partenaires reste le risque le plus important. Si un arrangement devrait être trouvé avec le Canada et avec l’Europe, « la partie de po- ker de Donald Trump avec la Chine est plus difficile car aucun des deux joueurs ne veut perdre la face. La montée des tensions commence à affecter l’activité industrielle mondiale qui s’affaiblit légèrement. Or, il ne faut pas s’at- tendre à un apaisement définitif rapidement. »
Pictet AM favorise les actions japonaises
L’événement : Pictet AM maintient sa surpondération sur les actions et les obligations émergentes en devises lo- cales.
L’argument : le broker
évoque les valorisations
faibles et la croissance vi-
goureuse des entreprises
de la région. Selon lui, les
pays émergents seront
parmi les premiers béné-
ficiaires du retour de la
croissance en Chine. Autre argument en faveur de cette zone : la stabilisation du dollar, qui devrait leur donner une bouffée d’oxygène. Hors actions émergentes, Pictet AM privilégie toujours les actions japonaises qui comptent parmi les moins chères des pays développés. Le Japon devrait profiter de sa stabilité politique selon l’analyste, lequel souligne en outre la politique monétaire très ac- commodante menée par la banque centrale.
  calme.
L’argument : d’après Vincent Guenzi, le stratégiste du broker, les tensions diplo- matiques avec la Turquie, la baisse des devises émer- gentes et les craintes d’une contagion, ainsi que les
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doutes sur le budget italien couplé au retour des tensions commerciales avec la Chine, se sont révélés les princi- paux catalyseurs. « Mais, assez vite, il est apparu que ni la Turquie ni l’Argentine a fortiori, ne constituaient des
©photo-nic.co.uk nic
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre patrimoine
  L’actu patrimoine
Marché de la bière : stable mais prometteur
Le tout récent festival Oktoberfest de Munich où la bière coula à flots fut l’occasion pour Paul Flood, gérant de portefeuille multi-as- set chez Newton Investment Management (BNY Mellon IM), de faire le point sur le marché de cette bière si culturellement alle- mande, et celui des spiritueux. Constat : il
s’agit d’un marché très concentré. Les cinq premiers brasseurs représentent 50 % du vo- lume de production mon- diale et contrôlent 65 % des bénéfices de l’industrie. La croissance des volumes s’est ralentie, globalement stable ces dernières années pour des raisons macroéconomiques et des facteurs plus structurels. Une reprise de la demande au sein des marchés émergents, où la consommation de la bière par habitant demeure relativement faible, devrait impulser la croissance, mais des vents contraires structurels en volume, en particulier dans les marchés développés,
persistent.
• Lesquels ? Dans de nombreux marchés développés, la démographie est moins fa- vorable, la consommation par habitant s’y montre mature. En outre, les jeunes géné- rations de consommateurs boivent moins d’alcool que leurs parents et grands-parents (sans regret...). Paul Flood ne veut pourtant pas « céder au pessimisme, les perspectives des marchés développés sont bonnes ».
• La tendance. La croissance en volumes a stagné, mais les consommateurs aspirent à « boire mieux » en ciblant des bières artisa- nales plus chères, des bières à faible teneur en alcool ou sans alcool et des boissons maltées aromatisées. Les marchés émer- gents ont également connu une demande croissante pour des produits haut de gamme et le déploiement de certaines marques mondiales plus chères s’est donc accéléré. D’où une augmentation de la valeur globale de l’industrie, alors même que les volumes sont restés stables.
Allianz GI : label ISR pour trois
Allianz Global Inves- tors (GI) a obtenu le label ISR pour trois fonds de droit français desagammeISR:la Sicav Actions Allianz valeurs durables, le
fonds obligataire Allianz Euro Oblig court terme ISR et le fonds monétaire Allianz Securicash SRI. Avec 22 mil-
liards d’encours sous gestion ISR et 17 professionnels de l’investissement dédiés à cette approche, Allianz GI explique of- frir une large gamme de produits ISR qui couvrent les principales classes d’actifs, actions, obligations et monétaire. Signa- taire des Principes pour l’investissement responsable (PRI) depuis 2007, Allianz GI a obtenu en 2018 la note A+, décernée pour « son approche ambitieuse en matière de stratégie et gouvernance ESG », dit-on chez Allianz GI.
Club Tréso de Finaveo & Associés, façon speed dating
Ce spécialiste des plates-formes bancaires pour les compte-titres, PEA et PEA-PME qui a lancé son Club Tréso en février 2018 sous forme de rencontres éclair de cinq minutes a misé juste : le lien entre 13 sociétés de gestion (Adequity,
Auris Investment
Managers, Axiom
Alternative Invest-
ments, DNCA In-
vestments, M&G
Investments, Equi-
tim, Les Hôtels (Très) Particuliers, Schel- cher Prince Gestion, Sunny AM, SwissLife Gestion Privée, Tikehau Capital, Trusteam Finance et BNP Paribas Privalto) et plus de 50 cabinets en gestion de patrimoine semble établi. Depuis, « de nombreux CGP » fréquentent les réunions du Club à Paris et régions.
Booba ne fait plus chuter les prix de l’immo
« Si je traîne en bas de chez toi, je fais chuter le prix de l’immobilier. » Désormais recon- verti dans les animations aéroportuaires, voire carcérales, l’auteur de cette prédic- tion ne « traîne »
visiblement plus en
bas des immeubles,
observe Bernard
Aybran, directeur
de la multigestion
chez Invesco Asset
Management. En 2018, le secteur immo- bilier coté progresse de 3,8 % contre une baisse de 2,8 % pour l’indice représentatif des actions de la zone euro. Sur les cinq dernières années, l’immobilier coté a progressé de 14,2 % par an, soit plus du double du marché des actions.
Là où de nombreux investisseurs recherchent la croissance, la technologie, l’innovation, la « disruption », il semble que la pierre continue à rassurer. En tout cas, plus qu’un duo de rappeurs dans un aéroport, conclut le professionnel.
 Le chiffre
15,5 %
Rendement moyen en 2017 dégagé par les family offices, contre 7 % en 2016 et... 0,3 % en 2015, selon l’étude annuelle publiée fin septembre par UBS, premier gérant de fortune au monde, et le bureau d’études Campden Wealth. Les family offices asiatiques se sont distingués avec un rendement de 16,4 % en 2017, soutenu par la hausse des marchés actions et le private equity.
  focus sur... carrère, promoteur
À la tête de ce solide groupe éponyme de quelque 450 collaborateurs pour 153 millions d’euros de CA, Frédéric Carrère raconte avec la chaleur de son accent toulousain comment un maître d’ouvrage – donc sans ouvriers – conçoit des programmes immobiliers dans toute la France – Bordeaux, Nantes, Paris et Île-de-France, Le Havre, Lille,
Annecy, Aix-en-Provence...
– qui ne soient pas seulement
des ensembles d’immeubles
de plus. «Il s’agit de donner
du sens à une rénovation ur-
baine », se lance celui qui est
parti en 1994 de l’entreprise paternelle régionale pour lui
donner une échelle nationale.
En 2018, ce sont 1500 loge-
ments qui portent la signature Carrère en France, de quoi faire entrer l’en- seigne dans les 25 premiers promoteurs nationaux. L’humour du promoteur tou- lousain le pousse à un objectif de 2 020 logements en... 2020. Un maître d’ou- vrage sans cesse en conquête de mar- chés sur concours des sociétés d’amé- nagement d’économie mixte, « bras armé », comme le dit Frédéric Carrère, des collectivités. Mais ce battant aime les défis au nom d’une idée simple : c’est la qualité d’un produit – emplacement, typologie, prix, adéquation avec les ob- jectifs des élus, qualité de la construc- tion – qui fera son succès auprès des acheteurs – particuliers, investisseurs locatifs, bailleurs sociaux (1/3 des 1 500 chantiers actuels) – et pas le nom même du promoteur.
Frédéric Carrère et ses équipent se me- surent à un marché cyclique capable de flambées huit ou dix ans d’affilée avant un ralentissement plus ou moins sévère (2007-2014, crise des subprimes), à nouveau soutenu jusqu’à cette année 2018 au cours de laquelle la rareté des prêts à taux zéro et celle du foncier
(perspective des élections de 2020) marquent un tassement « qui n’est pas une crise », rassure le maître d’ouvrage. Là où l’intelligence d’un concepteur se manifeste, c’est à travers une expertise souvent méconnue, de celles qui nous convainquent, par exemple, que Carrère n’est pas seulement un promoteur en quête avide de chantiers. Construire 126 logements dans le quartier en rénova- tion de l’Empalot à Toulouse, c’est pour Frédéric Carrère le défi de mixer des populations, de penser les commerces adaptés des « pieds d’immeubles ». Tout comme il sait, dans le cas d’immobilier d’entreprises, que « les bureaux doivent s’adapter aux commerces et non l’in- verse ». Tous les programmes sont ainsi pensés à « dimension humaine ». Troprare!
   fonds
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[                  ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
Gestion de grands patrimoines
Le family office, des entreprises familiales gérées par un chef d’orchestre
   Vous avez gagné au Loto, revendu votre société à prix d’or, vous êtes millionaire, milliardaire par héritage ? À moins que vous ne soyez déçu par votre banque privée et cherchiez un gestionnaire plus attentif ?
Le family office vous ouvre tout grand ses ressources ! Un mode de gestion bien plus global et plus attentif que celui d’un CGP, souvent monosecteur. Entre investisseurs de poids, la famille reste une valeur.
plexité. Du reste, le métier en soi n’est pas réglementé. Il a été officiellement traduit par « gestionnaire de grande fortune », sur proposition de la commission de terminologie et de néologie économique et financière, validée au Jour- nal officiel du 17 juin 2012. La définition française du family office est donc « un organisme spécialisé dans la gestion administrative et financière de patrimoines importants ». Belle litote. « À la différence de la ges- tion privée, le family office ne se limite pas à la gestion financière. Il aborde d’autres thématiques spécifiques en fonction des besoins des fa- milles : fiscalité, gouvernance, éducation, philanthropie... En relation très étroite avec la famille, il offre un rôle de
de family office, sur plus de 17 milliards d’euros d’actifs. Il existe aujourd’hui deux types de family office : le canal « historique » (le mo- no-family office) et le canal « habituel » (le multi-family office). Le mono-family office est une structure généralement mise en place par les familles les plus fortunées. Elle est dédiée à la gestion exclusive du patrimoine d’une seule fa- mille et lui consacre la totalité de son activité, comme les holdings des familles Das- sault et Peugeot ou BMGI, la société qui gère la fortune du fondateur de Microsoft et de la Bill & Melinda Gates Foundation. Le multi-family office consacre, lui, son ac- tivité à plusieurs familles clientes. Deux types de mul- ti-family office se développent
sumer entièrement le risque opérationnel qui en découle. L’avantage de cette option est que vous allez pleinement contrôler votre family office qui fournira exactement les services adaptés aux besoins de votre famille », observe Christel Bapt. L’inconvénient est que les mono-family offices sont, dans la plupart des cas, créés par des familles dont la fortune globale sera d’au moins 400 millions d’euros ou dont le patrimoine se révélera particulièrement complexe, fort, par exemple, de plusieurs entreprises détenues par la famille concernée. « Certes, il ne semble absolument pas nécessaire de disposer d’un tel patrimoine, mais compte tenu des coûts liés à cette structure, il apparaît préférable de disposer d’une fortune
 Pierre-Jean Lepagnot
On l’a compris, le fa- mily office est « une organisation privée
destinée à détenir et contrôler le patrimoine d’une ou de quelques familles », défi- nit Wikipedia. Un mode de gestion délégué apparu aux États-Unis à la fin du xixe siècle sous l’impulsion des Rockefeller qui cherchaient des hommes de confiance pour gérer leur fortune.
La profession n’est née en France que dans les années 1970. Le « bureau » réunit des compétences, depuis la gestion d’actifs à la fiscalité, en passant par le juridique et la médiation familiale. « Comme les chefs d’orchestre, nous nous entourons des meil-
Nous ne nous substituons pas aux experts, nous sommes des agitateurs d’idées Marie Saltiel, associée et responsable
du family office d’Amplegest
  leurs solistes ‒ fiscalistes, notaires, avocats, conseillers financiers ‒ pour jouer le meilleur morceau. Nous ne nous substituons pas aux experts, nous sommes des agitateurs d’idées », s’engage résolument Marie Saltiel, associée et responsable du family office d’Amplegest. Un point de vue que par- tage Laurent De Swarte, cofondateur d’Agami, l’un des principaux family offices indépendants : « Notre ob- jectif n’est pas d’investir les capitaux de nos clients puis de percevoir des commissions, mais de leur offrir une vision indépendante et à 360 degrés de leur patrimoine afin de le faire fructifier. »
vision transgénération- neLLe
L’Association française du family office (Affo) définit cette force de gestion comme une organisation de personnes au service d’une ou plusieurs familles, capable de produire un conseil au service exclusif de leurs intérêts patrimo- niaux. Le family office suppose donc la préservation de la cohérence familiale dans une vision à long terme, transgé- nérationnelle. Il requiert des compétences larges, multi- disciplinaires, développées en interne ou en externe, en fonction de la taille du patrimoine et de son degré de diversification ou de com-
conseil et suppose la préser- vation de la cohérence fami- liale dans une vision à long terme, transgénérationnelle. Un Family Office possède une structure à travers laquelle l’on réaliser de la gestion de fortune avec des degrés de compétences élevés et de toute nature. Son champ d’applica- tion est plus large que celui des conseillers en gestion de patrimoine qui répondent plus souvent à une demande plus ciblée pour des patrimoines de taille intermédiaire », sou- ligne avec subtilité Christel Bapt, président et fondateur de Cedrus Partners, conseil en investissements financiers, notamment pour le compte
actuellement, notamment en France : l’indépendant et le bancaire. Le premier tire son épingle du jeu grâce à la qualité de ses prestations. Il a pour actionnaires de multi- plrs associés, personnes phy- siques. Le second, offre une structure dédiée aux clients très fortunés de la banque à laquelle il est adossé.
aLors, mono ou muLti ?
Le choix est vite fait. Par définition, la seule façon de profiter des services d’un mono-family office est d’en créer un vous-même ! « Dans ce cas, vous devez recruter votre propre personnel et as-
supérieure à 200 millions d’euros pour envisager rai- sonnablement de créer son propre mono-family office » estime Bapt. En clair, cette structure est réservée à l’élite de l’élite financière, soit le top des personnes très fortunées au patrimoine supérieur à 30 millions de dollars (UHNWI pour Ultra High Net Worth Individuals).
Ces mono-family offices font de plus en plus appel à des « ultraspécialistes », qu’il s’agisse d’investissement fi- nancier, immobilier, etc., afin d’accompagner les équipes internes dans la recherche de solutions au-delà des fron- tières et de disposer d’un
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[                  La Banque DeLuBac & cie,
une banque indépendante, familiale et spécialisée au service des entreprises et des particuliers depuis près d’un siècle.
Créée en 1924, la Banque Delubac & Cie n’a cessé depuis plus de 90 ans de se réinventer au service de ses clients et des besoins de l’économie.
Société en commandite simple, ses associés gérants dirigeants sont responsables sur leurs biens personnels. C’est un gage de sécurité dans l’exercice d’un métier qui repose sur la confiance.
    La Banque Delubac & Cie offre des solutions sur-mesure aux entreprises et aux particuliers autour de 5 branches d’affaires spécialisées :
Banque De Gestion D’ÉparGne Banque Des entreprises
Banque D’affaires
Banque Des aDministrateurs De Biens Banque JuDiciaire
                                                                                      PARIS
10, rue Roquépine - 75008 Paris - 01 44 95 86 20 Siège Social
16, place Saléon Terras - 07160 Le Cheylard - 04 75 29 02 99 www.delubac.fr
 www.point-exclamation.com / © Banque Delubac & Cie
]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Investissements personnels
 flux de dossiers d’investis- sement suffisamment étoffé pour répondre à leurs besoins grandissants tant en termes de quantité, que de qualité. Si vous ne rentrez, pas encore, dans cette caste, il faudra vous rabattre sur le multi-family office, ce qui n’a rien d’infâ- mant ! Oui, mais alors viser un groupe indépendant ou non ? Le choix vous appar- tient. Les structures indépen- dantes érigent leur liberté en principal atout, arguant que contrairement au family office bancaire, elles ne seront jamais tentées par l’idée de placer certains produits maisons à leurs clients ou de « faire du copinage » en conseillant d’investir auprès de certaines banques dans l’attente d’un renvoi d’ascenseur.
vive L’indépendance Justement, parlons banques, quand elles revendiquent l’indépendance. La Banque Delubac & Cie, par exemple, rappelle que cette indépen- dance constitue l’un de ses
principaux atouts. Elle est l’un des trois seuls établis- sements financiers organisés sous la forme d’une société en commandite simple. Avec son fils Joël-Alexis Bialk- ieiwcz et Jean-Michel Sa- muel, petit-fils du fondateur, Serge Bialkiewicz est l’un des trois associés. Chacun est responsable indéfiniment et solidairement des dettes de la société. L’établissement fonctionne en architecture ouverte, ce qui signifie que les gérants proposent à leurs clients les meilleurs fonds disponibles sur le marché. Les clients du reste apprécient l’esprit familial, la vision long terme et une véritable proximité avec leurs interlo- cuteurs. C’est donc du family office pur.
Les autres family offices, fi- liales de banques ou de socié- tés de gestion, assurent elles aussi travailler en toute indé- pendance. « Contrairement aux banques privées, dans le cadre de nos missions de family office, nous ne gérons pas les comptes de nos clients,
nous les accompagnons. Une famille nous mandate pour superviser son patrimoine, explique Marie Saltiel. Nous nous servons de notre ADN de gérants pour discuter avec les banques, sociétés de gestion de nos clients, sans jamais être juge et partie. Quand nous conseillons certains investissements, nous devons prouver que nous faisons le bon choix, en termes de
la famille, de plus en plus sollicité sans jamais rentrer dans un conflit d’intérêts.
queLs pLacements priviLégient Les family offices ?
En 2018, les family offices qui ont répondu au baromètre Affo-Opinion Way affirment que les familles demeurent prudentes sur les investisse- ments et qu’elles souhaitent
grand nombre de familles ont, selon eux, un profil d’in- vestisseur dynamique (11 %, + 4points). Les familles au profil d’investisseur offensif continuent, elles, de représen- ter une très faible minorité (1 %, - 1point). Cette année, les placements dans les actions cotées (22 %) ressortent en tête et augmentent de 8 points par rapport à 2017. Ils sont suivis par le private equity
l’objectif de performance est double. On recherche à la fois une performance sociétale, l’impact, et une performance financière caractérisée par une pérennité et une indé- pendance financière du pro- jet », explique Christel Bapt. L’impact investing consiste donc à investir en donnant un impact sociétal à son épargne tout en voulant résoudre des problématiques de société cruciales grâce à une dyna- mique d’entreprise.
La phiLanthropie en pLein essor
Si les banques privées peuvent, elles aussi, offrir leur savoir-faire en termes d’allocations d’actifs, elles ont rarement les compétences des family officers dans la philanthropie, une activité en plein essor grâce à un environnement juridique et fiscal attractif, notamment depuis la loi d’août 2003 sur le mécénat et les fondations. Aussi concret que durable, l’essor de la philanthropie traduit une évolution de la conception de l’intérêt gé- néral, à laquelle les acteurs privés (dont les entreprises familiales) apportent leur expertise, leur potentiel de mobilisation et d’influence, leurs réseaux, leur capacité d’innovation ainsi que leur contribution financière. « Si la philanthropie reste avant tout une affaire d’altruisme et de passion, elle s’intègre de plus en plus aux réflexions sur la gestion patrimoniale et la gouvernance familiale, dans une vision transgénéra- tionnelle porteuse de valeurs et de sens. Elle exige ainsi une approche méthodique et professionnelle, tant vis-à-vis des philanthropes que des acteurs et des bénéficiaires de ces initiatives », explique François Mollat du Jourdin, secrétaire général de l’Affo. L’accompagnement des fa- milles, de la définition à la mise en œuvre.des projets philanthropiques, fait partie intégrante de la mission des family offices.
 Les familles demeurent prudentes sur les investissements et souhaitent continuer à allier performance et risque modéré.
 rendements et de risques, et en en toute indépendance. » De toute manière, assurent les professionnels du secteur, les clients ne sont pas dupes. « Le métier du family office repose sur la confiance, elle ne se décrète pas », rappelle Marie Saltiel. Pour laquelle la supervision est un moyen de rentrer progressivement dans
continuer à allier performance et risque modéré. Comme pour les deux premières édi- tions, une grande majorité (66 %) présentent un profil d’investisseurs équilibrés. Toutefois, les family officers les perçoivent comme un peu moins prudentes sur leurs in- vestissements que l’an dernier (14 %, - 7 points). Un plus
(20 %, investissements directs 11%etviadesfonds9%), en augmentation de 6 % par rapport à 2017. L’investisse- ment dans l’immobilier (18 %, 15%pourlelocatifet3% pour la pierre papier) se place en 3e position, équilibré par rapport à 2017. L’assurance vie en euros suit avec 13 %. Du côté de l’allocation d’ac- tifs, Christel Bapt observe un intérêt croissant des fa- milles pour les non cotés de manière générale et, plus particulièrement, pour les projets d’infrastructures, soit à travers un fonds, soit une entreprise spécialisée. « Pour des raisons budgétaires, l’État finance de moins en moins les infrastructures, telles que des routes ou des réseaux té- lécoms, et laissent au secteur privé le soin d’investir à sa place. Or ces placements cor- respondent bien aux besoins des familles. Ils offrent un rendement indexé sur l’in- flation, sont de long terme et font sens dans la mesure où ils servent à l’intérêt général. » Cette volonté de donner du sens à son argent s’illustre également dans l’engouement des familles pour « l’impact investing » en train de sup- planter l’investissement so- cialement responsable (ISR). « Alors que dans les place- ments ISR la priorité reste axée sur le rendement finan- cier, dans l’impact investing
 Acheter un vignoble ?
Le savoir-faire passionné de François des Robert (Edmond de Rothschild)
« Au fond, peu de familles se structurent en family office, constate l’un des meilleurs spécialistes et gestionnaires du moment en France, François des Robert, membre du comité de direction Edmond de Rothschild (EdR), désormais au comité stratégique et senior banker. La rentabilité dans ce cadre, estime-t- il, commence avec 100 millions d’actifs en France. » Sa parole est rare. Ce self made man issu de la banque parcourt en outre la France des vignobles, en connaît tous les producteurs, bâtit sur-mesure l’investissement. Or le vin entre dans une gamme d’actifs qui attire tout spécialement ceux que le gestionnaire nomment tout simplement « ses riches clients ». Parmi eux, des investisseurs attirés par le rendement, mais sans compétence en vin. Et ceux que sans doute ils préfèrent, qui tombent amoureux d’« une bastide en Provence, qui y recherchent une convivialité, un art de vivre, un lieu de réception festif pour leurs clients ou leur personnel ». Face à ce marché de la transaction des vignobles de plu- sieurs milliards d’euros, où le turn over des offres n’est guère rapide, François des Robert conduira des investissements de 5, 8, 40 millions et bien au-delà, toujours dans le souci du meilleur choix selon le profil
et le but (rendement à moyen terme, recherche d’une plus-value foncière, souci d’un levier financier...), au nom d’une discrétion absolue sans laquelle rien ne se fait. « Il s’agit de toute façon d’un achat de long et très long terme à travers lequel le rendement et la plus-value n’existeront qu’au moment de la revente. » Ce que doit avoir calculé un Pierre Gattaz, acquéreur en Provence, futur vigneron et producteur d’un cru Gattaz dont il connaîtra tous les secrets...
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[                   Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés, tels que le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP).
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]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[Tribune libre
EXPRESSIONS
  Mettre son ego au service du management
  Par Frédérique Jeske
DG de Réseau Entreprendre,
réseau humaniste de 14 000 dirigeants d’entreprise dédié à l’accompagnement des entrepreneurs qui créent, reprennent et développent des entreprises créatrices d’emplois.
Découvrez son blog dédié à l’entreprise de demain : www.ambitieusepourlentreprise.com
Ego : le « moi », la représentation et la conscience que j’ai de moi, le sentiment de mon importance...
J’ai l’intime conviction que l’ego n’est pas mauvais ; il est nécessaire, pour
s’affirmer et oser, pour entreprendre et réussir, pour manager et entraîner dans son engagement : ses équipes, ses partenaires, ses clients... Un manager a besoin d’estime de soi, de confiance, d’ambition, pour porter le leadership.
C’est l’orgueil, cette face noire de l’ego, qui doit être surveillé de près !
Le challenge finalement, n’est-il pas de mettre l’ego à sa bonne place et de se sentir en harmonie avec lui ? Plus encore, comment transformer l’ego en cha- risme et leadership pour en faire un atout ma- nagérial majeur ?
Dans un passé proche, le manager pratiquait « l’ego-ma- nagement » : il était placé en haut de la hiérarchie, il donnait ses ordres aux autres, détenait le savoir et le pouvoir, imposait les actions à mener. Aujourd’hui, cette dictature de l’ego est de moins en moins supportable et à mon sens, c’est un véritable frein à l’évolution du management, car l’entreprise se transforme. Le pouvoir vertical a laissé place à un pouvoir partagé.
Dans notre nouveau monde, porté par le digital, par de nouvelles aspirations et exigences des salariés, dont le désengagement est un enjeu majeur pour l’entreprise... Notre légitimité de manager doit ainsi être puisée moins dans nos expertises et com- pétences, moins dans le contrôle, et beaucoup plus dans notre capacité à donner de la vision, à impulser du positif, et à partager les responsabilités, définir collectivement les règles du jeu.
Le manager doit désormais être avant tout un ac- compagnateur, un coach, qui va aider ses collabo- rateurs à s’adapter aux changements, à développer
leur agilité et leur esprit d’innovation.
Le manager doit ainsi développer la coopération, l’intelligence collective, et cela est impossible s’il est contrôlé par son ego, car cela créera des jeux de pouvoir et du stress dans la relation de travail. Sans oublier qu’être centré sur son ego, c’est travail- ler seul, ce qui est désormais contre-productif : le manager doit mailler, entraîner des équipes souvent bien plus complexes que par le passé !
Bref, il faut impérativement se libérer du poids hié- rarchique, pour donner aux collaborateurs les clés qui vont les rendre autonomes et responsables. Et ça, ça nécessite de mettre son ego de côté !
Cela ne signifie pas qu’il faille lutter contre son ego. Il faut au contraire l’accepter pour pouvoir l’utiliser : renoncer à la « toute puissance » pour privilégier la confiance... Le manager existe pour servir ses équipes et son entreprise, et pas son ego. Il nous faut mettre notre ego au service du collectif et du projet d’entreprise pour mettre le groupe en mouvement, fédérer et créer une capacité à réussir ensemble.
Pour porter l’engagement des collaborateurs et faire grandir l’entreprise, le manager doit ainsi :
Être animé par l’envie de voir ses collaborateurs de- venir autonomes, et non par le fait d’avoir du pouvoir. Comprendre que l’entreprise est un écosystème vivant, dans lequel chaque collaborateur a quelque chose à apporter.
Se mettre au service d’un projet ou d’une cause su- périeure à son ambition personnelle et à son orgueil. Et pour cela, il faut accepter d’être soi-même ; avoir le courage de se regarder et de s’accepter ; assumer ses actes et ses erreurs ; accepter de ne pas être parfait, de lâcher prise et d’adopter une attitude optimiste pour libérer l’énergie autour de soi !n
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
© Patrick Alves
]]></page><page Index="101" isMAC="true"><![CDATA[Concours de micro-nouvelles
Dans le cadre de notre projet tuteuré pour cette année 2018/2019, nous avons décidé de créer un nouveau produit : Biosun.
Il s’agit d’une lotion à base d’aloe vera, qui a pour but de retirer les grains de sable collés à la peau après une journée à la plage. Comment ?
Il y a plusieurs étapes à suivre afin de garantir son efficacité. Dans un premier temps, vous pulvérisez les zones de votre corps où le sable s’est collé. Dans un deuxième temps, vous laissez agir le produit 2 ou 3 minutes afin que les plantes de la lotion remplissent leur mission.
De quoi éviter les irritations du frottement du sable sur la peau ou pire sur vos coups de soleil !
Pour finir, grâce à une lingette fournie avec le produit (recyclable, il ne faudra pas la jeter sur la plage) il suffira de passer sur les zones où Biosun aura agi et le sable sera éliminé. Biosun présente plusieurs avantages : une utilisation facile, une grande efficacité, les bénéfices sur la peau d’une plante bio et na- turelle en pleine expansion, l’aloe vera, aux vertus hydratantes et apaisantes après une exposition au soleil et à l’eau salée.
Ce spray offre le potentiel de vente énorme de tous les amateuts de plage : 45 % des
Français qui partent en vacances se rendent sur le littoral pendant la période estivale. Notre ciblage est donc indifférencié et s’adresse autant aux enfants, aux adultes, aux familles, aux jeunes qu’aux personnes âgées. L’utilité pratique de Biosun ne se limite pas au confort corporel et à la prévention des irritations : ne pas embarquer de sable dans la voiture ou ne pas polluer le sol du restaurant n’est pas le moindre avantage....
L’équipe Biosun, IUT de Montpellier
EXPRESSIONS
    Le monde de demain vu par un/une
En guise de micro-nouvelles, nous avons rassemblé d’authentiques projets « industriels » conçus par notre pléiade de jeunes gens invités à concevoir un produit ou un service ou une filière écologique. Le projet retenu nous a séduits par son utilité des plus pragmatiques, le schéma de la visualisation de l’objet et l’absence totale de chimie dans la composition de la lotion. Reste à trouver pour le flacon un composé biodégradable...
étudiant(e)
Biosun : pour en finir avec le sable
   Avis d’expert : Entretien à deux voix, avec Philippe Outrebon, président du conseil de l’Institut universitaire de technologie (IUT) de Montpellier et Anne-Laurence La- font, maître de conférences en gestion, responsable des projets tutorés.
Depuis quatre ans, les projets tutorés mettent l’accent sur la création d’entreprise
Le premier a un pied dans l’entreprise, comme res- ponsable financier chez Acobiom, société spécialisée dans le diagnostic médical, un autre à l’IUT, avec la présidence du conseil et des cours de gestion en li- cence professionnelle en génie biologique. Rattachée au département gestion des entreprises et des admi- nistrations (GEA), maître de conférences, la seconde a mené des recherches sur les femmes entrepre- neures et a aidé à la création d’une entreprise dans sa sphère familiale. Les deux veulent faire bouger les lignes.
La perception des jeunes a-t-elle évolué à propos de la création d’entreprise ?
Philippe Outrebon : Le cours de sensibilisation à la création d’entreprise, mis en place il y a une dizaine
d’années maintenant, a quelque chose d’exotique, avec moins de vingt heures affichées au programme. Une goutte d’eau. Ça n’empêche pas les étudiants d’être volontaires. Et les initiatives se développent sur plusieurs axes. L’idée n’est pas de concurrencer des dispositifs qui existent déjà, comme Pépite par exemple, mais d’être une courroie de transmission supplémentaire. Un cas concret: la mise en place prochaine – le 20 novembre 2018 – d’un forum des en- treprises au cœur de l’IUT. Et c’est sans compter l’in- novation qu’est le concours de création d’entreprise.
Quelles sont les spécificités du concours de création d’entreprise ?
Anne-Laurence Lafont : Sur deux jours, les 18 et 19 janvier 2019, ce concours est une première. Et à la dif-
férence de Créa IUT, mouvement national, le concours mis en place à Montpellier vise l’interdisciplinarité. Ou la pluridisciplinarité. Briefés et accompagnés par 40 coachs, des groupes d’étudiants vont être consti- tués, qui mixent les compétences : les uns viendront du département mesures physiques, les autres de biologie, d’informatique, de techniques de commer- cialisation ou de gestion des entreprises et des admi- nistrations... À l’image de ce que l’on retrouve dans une start-up, d’ailleurs. Déjà, depuis quatre ans, les projets tutorés mettent l’accent sur la création d’en- treprise. Montent-ils leur boîte après ? Aujourd’hui, le DUT est vécu comme un tremplin. Les jeunes entrent formatés pour un bac+5. Difficile d’en mesurer l’im- pact donc, mais nos étudiants se prennent au jeu pen- dant leurs études, chez nous.
OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="102" isMAC="true"><![CDATA[EXPRESSIONS
   Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
Regard sémantique
La mémoire des mots
TAXER LES ROBOTS
Sweet Management ; Holacratie ; Précariat ; Taxer les Robots ; Code du Travail ; Or- donnances ; Millennials ; Cybergouvernance
 Tableau ‘Ressources humaines’’ TAXER LES ROBOTS, Jane Bee
On cherche encore « le bonheur en entreprise », on a même inventé le «sweet management», on a même la faculté de rendre le collaborateur
autonome et impliqué grâce à « l’holacratie ». Les espaces de « co-working » s’imposent. « Bye bye équipes, bonjour tribus ! », tel est l’état d’esprit du travail vécu en mode plaisir. Attention cependant, si « l’émotion s’invite dans les réunions de travail », il y a « des limites au tout- empathique ». Parce qu’au bout du compte, le « chef » reste un sujet.
L’économiste Guy Standing annonce « l’avènement du précariat», classe sociale entièrement dépendante des revenus du travail de façon précaire ! Telle est « la fin des classes moyennes »...
A la faveur de la sortie de « Numéro Une », film de Tonie Marshall sur l’ascension de la première femme Présidente d’unesociétéduCAC40,sereposel’indémodablequestion : « à quand la vraie parité à la tête des entreprises ? ».
M6 diffuse « Patron Incognito » et sous le regard des caméras, un patron se déguise en chômeur pour voir comment son entreprise fonctionne de l’intérieur. Cela ne nous mène donc pas encore « vers la fin du travail » malgré la présence des robots en entreprise. « Faut-il taxer les robots ? » se demandait le candidat Benoît Hamon lors de la présidentielle ? Bill Gates anticipe : « Que se passera-t-il si les gens n’ont plus rien à faire ? » Malgré ce vent de modernisme, de « travail percuté par le numérique », malgré « ces start-up qui embauchent des seniors », ces dernières justement deviennent des sociétés dont l’ambiance sociale est contestable : c’est la découverte de « l’enfer des start-up ».
« Loi travail, la méthode Macron », « ordonnances », « plan de l’exécutif en faveur des indépendants » témoignent des premières réformes pilotées par le Président.
Le travail est donc en pleine réorganisation, le nouveau président l’a compris et les entreprises vivent désormais à l’heure de « la cybergouvernance » ! « Les Millennials » eux, rêvent de carrière dans « a great place to work ».
Prochain Numéro le vendredi 2 novembre 2018
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OCTOBRE 2018 | ecoreseau.fr
   ]]></page><page Index="103" isMAC="true"><![CDATA[                                                           LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRE CABARET DU MONDE !
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]]></page><page Index="104" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page></pages></Search>