﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[    RESSOURCES HUMAINES
NOTATION DES ENTREPRISES
SAVOIR GÉRER SA RÉPUTATION
JEUX MONDIAUX 2018 D’ENTREPRISE
TEAM BUILDING ET RÉSEAUTAGE À LA BAULE
INTÉGRER L’ERREUR AU MANAGEMENT
                              ENTREPRENDRE-INNOVER-POSITIVER
SPORTIFS DE HAUTNIVEAU
LEUR RECONVERSION
POLÉMIQUE
LOI «ANTI
FAKE NEWS»
MANIPULATION D’ETAT OU L’ETAT CONTRE LA MANIPULATION
YVAN BOURGNON, ÉRIC CANTONA, TAIG KHRÏS, FLORENT MANAUDOU, SARAH OURAHMOUNE, TONY PARKER...
  ecoreseau.fr
       ENTREPRENDRE INNOVER POSITIVER
         N°52 - juillet/août 2018
  ENTREPRENEURS, CADRES SUP, CONSULTANTS
  COMMENT L’IA PRODUIT DE NOUVEAUX MODÈLES D’AFFAIRES
ENQUÊTE
BEL:4,90€-DOM/TOM:4,90€-NCAL/S590cfp-POL/S650cfp-CAN6,50$ca-MAR46MAd
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[       Le plaisir de conduire
    ]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[     EN ROUTE POUR DE
PLUS GRANDS PROJETS. NOUVELLE BMW SÉRIE 2 ACTIVE TOURER.
                      BMW 216d Active Tourer Sport 116 ch BVM6. Consommations en cycle mixte : 4,3 l/100 km. CO2 : 112 g/km. Modèle présenté avec options. BMW France, S.A. au capital de 2 805 000 € - 722 000 965 RCS Versailles - 3 avenue Ampère, 78180 Montigny-le-Bretonneux.
]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[ Enfin, les terrasses se remplissent à nouveau. Et les Parisiens s’accordent le droit de ne plus snober un mauvais rosé s’il y a des glaçons dans le verre.
Espérons que la saison estivale soit aussi bonne que l’année 2017 qui a connu une croissance de 5,6% des nuitées. Les chiffres pourraient encore s’améliorer si nos Bleus, miraculeusement, remportent cette coupe du monde (L’édito a été rédigée juste avant le huitième de finale qui oppose la France à l’Argentine) ; comme l’illustre notre article sociétal dans l’œil décalé qui porte sur les externalités heureuses des grandes victoires sportives. Vient donc l’été, où nous délaissons la presse éco, ou presque, pour un bon mots-croi- sés. Pour vous lecteurs, c’est l’occasion de découvrir, lunettes de soleil vissées sur le nez enduit d’écran total, les dernières innovations mondiales dans notre tour du monde de l’entertainment. L’été toujours avec son lot d’activité sportives incontournables : la bronzette sur transat’, la pétanque et pour les plus courageux le paddle voire le beach soccer, discipline qui a été démocratisé par le plus anglais de nos joueurs de football, Eric « The King » Cantona dont nous tirons le portrait dans notre Grand Angle pour mieux mettre en valeur sa sensibilité artistique plutôt que son tempérament sulfureux sur les terrains. L’ambition de ce « En couverture », consacré à la reconversion des sportifs de haut niveau, de notre « Culture du rebond » avec Denis Fayolle, fondateur de lafourchette.com ou encore de Saïd Hammouche, surnommé le DRH des banlieues, « Electron libre » de l’été, est simple : déconstruire les stéréotypes, montrer les galères et surtout analyser les chemins entrepreneuriaux qu’épousent ces profils atypiques. Saviez-vous à ce sujet que la boxeuse Estelle Mossely, championne olympique avait été aussi ingénieure, cadre à la Défense ? Etiez-vous au courant que le virevoltant handballeur Luc Abalo avait lancé il y a quelques mois une ligne de prêt-à-porter dont
il avait lui-même conçu les patrons ?
Nous vous invitons à plonger dans nos pages avant le bain de mer pour découvrir le quotidien de grands sportifs français et francophones. Celui de Guy Tisserant long- temps numéro un mondial du tennis de table en handisport et actuel dirigeant de Th conseil ; celui du skipper Yvan Bourgnon qui souhaite dépolluer les océans avec le Manta, géant des mers plus grand que l’Arc de Triomphe ; celui de Sarah Ourahmoune qui vient d’ouvrir une salle de boxe, qui continue ses conférences, tout en conciliant ses multiples vies avec l’arrivée de son dernier petit bout, dans le même temps que nos équipes ont appris la naissance de la petite Romy, le second enfant de Jean-Baptiste, fondateur et directeur de la publication.
Gageons que le sport semble être le dernier bastion qui échappe à l’envahissement des robots. Tendance que nous traitons dans un sujet qui aborde les supposés droits que nous leur accorderons dans le futur (Cf. Prospective), dans « l’Enquête » entre- preneuriale qui analyse l’émergence de nouveaux modèles d’affaires créés par l’IA et dans un dernier qui fait le tour de France des start-up de cette spécialité dans notre « Décryptage ». La robotique française a une carte à jouer sur l’échiquier mondial. Car elle sait innover et communiquer sur ses réussites comme l’illustre « l’Air du temps » dédié à la conciliation entre tradition et innovation pour le « Made in France ». Ce même « Made in F.rance » que nous rechercherons, nombreux, dans nos assiettes, nos verres et nos découvertes patrimoniales estivales. Reste à vous dire que la couverture d’EcoRéseau résiste au sable et fait un très mauvais allume barbecue. Bonne lecture et un très bel été.
EDITORIAL
« Summer is coming »
   @EcoReseau
Geoffroy Framery, Journaliste EcoRéseau Business
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 LE CHAT by Philippe Geluck
4 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances Enquête
Les nouveaux modèles d’affaires créés par l’IA
Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Said Hammouche, le « DRH des banlieues »
Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Denis Fayolle, lafourchette.com
stRatéGie &
36 42 44 46
SOMMAIRE
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13, rue Raymond Losserand – 75014 Paris
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Collaborateurs réguliers : Jean-Marie Benoist, Elsa Bellanger, Joseph Capet, Charles Cohen, Anne Diradourian, Julien Fournier, Stéphanie Gallo, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Marc Hervez, Aymeric Marolleau, Emilie Massard, Cyril Michaud, Raphaëlle Mittler, Julie-Chloé Mougeolle, Jonathan Nahmany, Mathieu Neu, Nicolas Pagniez, Antoine Pietri, Séverine Renard, Julien Tarby, Pierre Tiessen, Carla Verley, Ariane Warlin, Murielle Wolski
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RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0323 T 91730 Dépôt légal : à parution
Numéro ISSN : 2609-147X
société
Business guides
- Financement: quand opter pour le crédit-bail mobilier? 58 - Voyages d’affaire & innovation: entre autonomie et flexibilité 60
Rh & FoRmation 66-73
Réseaux & Influence
Les jeux mondiaux d’entreprise 66 Observatoire 68
Manager autrement
Le statut de l’erreur dans le management 71
Carrières & Talents
Vers la gamification du recrutement 72
aRt de vivRe & patRimoine 74-95
La Sélection culturelle 74 L’Air du temps
Made in France ou comment concilier la tradition
et l’innovation 76
L’Art du temps 78 L’Actualité automobile : Essais & Tendances 87 Baromètre Finance de marché 88 Baromètre Patrimoine 90 Investissement
De l’art d’investir dans le Pinel 92
expRessions 96-99
Tribune libre 96 Concours de micro-nouvelles 97 Regard sémantique 98
52
Galaxie ecoRéseau 6-13
Baromètre de l’optimisme 6
- Tendances
- Actions symboliques - The Green Life
en couveRtuRe 14-29 Grand Angle
La reconversion des sportifs de haut niveau 14
spécial spoRt & Business 30-35 France
Les externalités positives des victoires sportives 33
Prospective
Quels droits pour les robots ? 34
cluB entRepRendRe 36-47
     30 Militantismes religieux et écologie 32
Haro sur la loi « anti fake news »
Monde L'oeil décalé
                         innovation numéRique 48-53
  Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés
pour appréciation.
Baromètre de l’innovation 48 Le tour du monde de l’innovation
L’entertainment 50
Décryptage
Les start-up française de la robotique
  cahieR pRatique 54-65
Créer aujourd’hui
Avis client et notation des entreprises: que faire 54
 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances
Les bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper. Bonnes ondes positives !
Le verbatim à retenir...
Penser, analyser, inventer
ne sont pas des actes anormaux, ils constituent la respiration
normale de l’intelligence
Jorge Luis Borges, Fictions
LE CHIFFRE DU MOIS
164%
Depuis le début de l’année 2018, le marché chinois des voitures électriques a augmenté de 164 %. En 2017, les Chinois avaient préféré acheter 467 000 véhicules électriques en lieu et place des voitures traditionnelles. Si la production des voitures et de l’électricité sont propres, alors une telle hausse est certainement une bonne chose quand on sait le niveau de pollution de certaines grandes villes chinoises.
     Thierry Saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme,
Incubateur d’énergies positives.
« Optipessimisme »
L’optimisme ne consiste pas à voir le monde plus beau qu’il est. Mais pas plus laid pour autant.
J’ai participé, il y a quelque temps, à un face-à-face avec le grand philosophe Edgar Morin. Vous connaissez sa thèse : il n’est pas certain mais probable que le monde court à la ca- tastrophe. Bien qu’il se déclare «optipessimiste», l’hydre du totalitarisme a cédé la place, selon lui, à l’hydre du capitalisme financier et à celle du fanatisme ethno-religieux.
Je lui ai fait remarquer qu’un phare devait donner de la lumière et non accompagner vers les ténèbres et que nous étions là dans le plus parfait exemple de l’amalgame et de la confusion des concepts. En effet, l’Américain expulsé de son logement, le licencié du fait d’un plan social, le jeune musulman qui redoute la mainmise des extrémistes sur son pays sont ef- fectivement dans la galère, le doute ou la crainte. Mais il y a des issues, des solutions, des appuis, des aides, un espoir. Cela n’est pas la solution finale ou le goulag !
« Mal nommer les choses, c’est aggraver le malheur du monde », disait Camus.
Oui, ce monde est incertain. Il y a, comme dans toutes les périodes de transition, des grands vents, des soubresauts. On a déjà connu cela à l’époque de la révolution industrielle ou des chemins de fer. Les peurs étaient bien pires encore. Ce monde est incertain... et il est magnifique. Les progrès de la recherche, de la science, de la médecine, de la technologie n’ont jamais été plus spectaculaires. Chaque année, depuis 1990, nous gagnons en moyenne trois mois d’espérance de vie supplémentaires. C’est-à-dire sept heures par jour.
Jamais la chance de trouver des solutions à la famine, au sous-développement, à la pénurie d’eau, aux virus n’a été plus grande.
Jamais, même si c’est insuffisant, des décisions aussi signi- ficatives n’ont été prises face au réchauffement climatique, à la régulation financière, à la crise des monnaies et même aux droits de l’homme dont les antimondialisation prétendaient qu’ils étaient foulés au pied par les égoïsmes dominateurs.
Alors, enlevons nos œillères, regardons plus loin que notre nombril, jetons aux orties cette tentation déprimante de l’iso- lement, cessons de voir le verre du monde à moitié vide. Il est plein de promesses.
     6
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
L’onde positive
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances
L’IMAGE DU MOIS
LE NOUVEL OR VERT
Depuis plus de 25 ans, le CNRS cherche à rationaliser l’exploitation industrielle des microalgues. Depuis 2015, à Saint-Nazaire, les 2 000m2 d’AlgoSolis visent à la fois à produire des microalgues et à en extraire les composés utilisables dans l’industrie. Ces micro-organismes croissent grâce au soleil en fixant le carbone qui produit leur biomasse. Les procédés d’extraction permettent d’utiliser les microalgues dans les domaines de la nutrition, de la cosmétique ou encore de l’énergie. Par exemple, dans les stations d’épu- ration, elles absorbent naturellement les nitrates et les phosphates de l’eau polluée. Leur bio-raffinage permet également d’extraire de la phycoérythrine à laquelle on recourt pour lutter contre le cancer. Avec les résidus des microalgues, il est même possible de produire un bio-bitume. Il faut espérer que les chercheurs disposent encore de crédits suffisants et de temps pour développer mieux encore la maîtrise de ce qui pourrait bien s’apparenter à un nouvel or vert.
    CES BREVES QUI DONNENT LE SOURIRE
 Le CheckNews de Libération
Le réseau international de FactCheking récompense Li- bération pour son service de FactChecking, CheckNews, le moteur de recherche humain. Nos confrères de Libé ont reçu une bourse de 50 000 dollars pour se développer à l’étranger. Déjà en 2018, Libé avait mis sur pied la rubrique
Désintox. Aujourd’hui CheckNews est numérique et devient un moteur de recherche géré par une équipe de six journalistes. A ce jour, la plate- forme a répondu à 1 350 questions portant sur la politique, l’environne- ment, l’économie ou l’immigration.
Dans FactChecking, il y a fait ; CheckNews se contente patiemment de confirmer les faits, mais confie l’analyse et l’interprétation à l’intelligence du lecteur. La rédaction de Libé se veut ici impartiale. La difficulté réside dans le choix des questions et le temps consacré pour répondre
sérieusement à celles qui sont retenues.
 Le TeamLab à la Grande Halle de la Villette Le collectif japonais TeamLab propose cinq installations ultra-immersives qui questionnent les frontières entre l’homme et la nature. Les spectateurs, par leur simple pré- sence, ont un impact sur la nature (virtuelle) environnante. D’ailleurs, l’homme ne vit
pas dans la nature, mais
existe au sein d’un monde
qu’il a construit au-dessus
de la nature. L’humanité
s’élève en transformant
la nature. TeamLab comprend qu’il n’y a pas d’hommes sans technique, mais sensibilise au fait qu’il n’y a pas de monde sans nature et que toutes les actions quotidiennes ont une incidence sur la nature. D’immenses écrans et une nature fictive permettent de ressentir la naturalité
de l’homme et la dépendance de l’homme envers la na- ture. Décidemment, un usage intelligent et artistique du numérique montre que les écrans peuvent aussi éduquer.
 Namasté Beaucoup, Placere et docere
Au Théâtre de la Petite Loge à Paris (9e), Valérie Pastre joue son seul-en-scène qui traite notamment de l’écono- mie sociale et solidaire, de la consommation responsable, des modes de vie alternatifs ou
minimalistes... Suite à un burn
out, Valérie part dans les Alpes
où elle comprend que la terre vit
sur ses réserves, que écologie,
partage et gratitude ne sont pas
que des mots d’une autre époque.
Par l’intermédiaire du rire, Namasté Beaucoup interpelle le spectateur et le contraint à réfléchir à l’essentiel : le sens d’exister.
   8
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
© Jean-Claude MOSCHETTI/GEPEA/AlgoSolis/CNRS Photothèque
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances / Actions symboliques
  LE GRAPHIQUE DU MOIS
  L’ENTREPRISE CENTENAIRE
Antésite étanche notre soif depuis 1898
Antésite naît en 1898 grâce aux recherches de Noël Perrot-Berton, pharmacien apothicaire qui perçoit les vertus médicinales des racines de réglisse. « En plus de faire du bien à la santé en étant une sorte d’alicament, la boisson désaltérante est un produit économique puisque quelques gouttes suffisent », explique Adrien Mollard, président d’Antésite. Au début du XXe siècle, le pouvoir d’achat des Français est très bas et Antésite devient vite une boisson cou- rue. « La SNCF est le premier client à référencer Antésite ; petit à petit, Antésite remplace les boissons alcoolisées au moment des pauses. » Dans les années 1930-1945, Antésite développe son réseau de distribution et devient disponible dans les collectivités locales, les écoles, les centres aérés, les épiceries fines, les entreprises, « et même dans les rations de combat de l’armée nationale », rappelle Adrien Mollard. « Une vision macro ferait dire qu’Antésite réfé- rence le produit dans toutes les phases de la vie d’une personne. » Antésite fonctionne sur la logique de la madeleine de Proust : « Le capital affectif qui entoure la marque est extrêmement important ; la marque évoque des souvenirs d’enfance à tout consommateur. » Avec l’arrivée de la grande distribution et des centrales d’achat dans les années 70, Antésite voit son volume de vente multiplié par 2,5. Suit logiquement une phase de développement industriel où la production devient semi-industrielle. En 1990, la famille des fondateurs Perrot-Berton laisse la place à Denis Quattrocchi qui rachète la société Noirot, elle-même centenaire, spécialisée dans l’extraction d’arômes naturels pour l’industrie. « En 2013,
la famille Antésite évolue et sort du tout réglisse en déclinant de nouveaux arômes. Depuis 2015, Antésite n’est plus une gamme de concentré de réglisse, mais une marque plurielle de concentrés. » Antésite renforce son cœur de métier, en même temps qu’elle met en place la commercialisation d’arômes naturels directement en BtoB pour les industriels de l’agroalimentaire, de la cosmétologie et de la pharmaceutique. « Grâce à la synergie et aux savoir-faire transverses et pluridisciplinaires, Antésite développe le BtoB, tandis que Noirot découvre le BtoC. »
En 2018, 1,4 millions d’euros ont été investis dans l’amélioration des conditions physico-chimiques d’extraction de la réglisse et dans la diversification des végétaux. « Antésite ne se limite plus à l’extraction de réglisse, mais son développement aromatique lui permet d’autres extractions végétales comme le thé, l’hibiscus, le café, le gingembre... » Adrien Mollard veut puiser dans l’histoire de cette marque intemporelle pour pousser vers l’avenir. « Des racines et des ailes », comme il se plaît à dire.
Comme à l’origine, « les produits Antésite continuent d’être 100 % faits maison, sans sucre, sans édulcorant, sans conserva- teur, 100 % naturels et économiques. Cela fait 120 ans qu’Antésite est «Clean Label» car les produits ont toujours été 100 % natu- rels. » Antésite & Noirot, extracteur de saveurs recevra en 2019 la certification Bio et Commerce équitable. Comme l’indique son étymologie latine, Antésite continuera longtemps à étancher na- turellement notre soif.
EXPLOSION DE LA CRÉATION D’ENTREPRISES EN FRANCE
En 2017, pas moins de 197 900 entreprises ont été créées en France, soit 4,8 % de plus relativement à l’année 2016. Par ailleurs, si on comptabilise les micro- entreprises et les auto-entrepreneurs, le nombre de création d’entreprises s’élève à 591 300 pour la seule année 2017. Les transports, les activités immobilières et scientifiques sont les trois secteurs qui connaissent la plus forte croissance en termes de création d’entreprises. L’âge moyen des créateurs d’entreprise est de 36 ans et l’Île-de-France demeure la région qui accueille le plus de créations tous les ans.
  JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme - Actions symboliques
   LES BONNES IDÉES DU MOIS
Journée internationale du vivre ensemble en paix
La Fabrique Spinoza publie un baromètre de la cohésion sociale à l’occasion de la première Journée internationale du vivre ensemble en paix organisée par l’ONU. 14 organisations, dont la Fabrique Spinoza, se sont constituées en un collectif : le Labo de la Fraternité. L’essentiel est de faire en sorte que les principes républicains ne soient pas des idéaux désincarnés, mais se réalisent
concrètement au quotidien. Selon le Baromètre de la Fraternité (réalisé par OpinionWay), le premier qualificatif qui s’applique à la France est « diver- sité » (85 %), devant « générosité » à égalité avec « liberté » (68 %). La diversité se comprend surtout en termes d’origines ethniques (47 %), d’origines culturelles (44 %) et d’origines sociales (35 %). La diversité au sens large est comprise comme une bonne chose par 76 % des sondés. Toutefois, si cette
même diversité est également perçue comme enrichissante pour les individus (72 %) et signe de l’ouverture de la société sur le monde (71 %), elle est aussi interprétée comme la cause de problèmes et de conflits (69 %). Pour beaucoup, la cohésion sociale est encore un sujet de crispation, notamment autour des enjeux de la diversité culturelle.
BeeHome, le parrainage d’abeilles sauvages
L’abeille maçonne est infatigable et son butinage transporte le pollen de culture en culture. Dans son jardin, il est désormais possible d’installer une maison- nette pour abeilles sauvages : BeeHome Classic ou BeeHome Observer avec des cocons d’abeilles maçonnes. Ces abeilles sont inoffensives et ne piquent pas. L’hiver, afin d’assurer une hibernation optimale, on peut renvoyer le boî-
tier à BeeHome qui débarrasse les cocons des parasites et prépare une nouvelle population de départ pour le printemps suivant. L’abeille maçonne (Osmia cornuta ou Osmia bicornis) n’est pas attirée par les boissons sucrées ou la nourriture qu’on dispose sur la table de jardin. En d’autres termes, grâce aux maisonnettes, on peut redonner vie à des pollinisateurs oubliés tout en observant avec intérêt leur mode de vie.
« Premiers pas », entreprendre avec le handicap
En mai dernier, Léa Hardouin et Laure d’Harcourt, deux étudiantes en master à Sciences Po et à l’EDHEC, ont clos un tour de France pour soutenir l’inser- tion professionnelle des handicapés. « Premiers
pas », sorte de road trip solidaire, consiste à
montrer la réalité du handicap, tout en mettant
en avant le fait que les personnes en situation
de handicap sont des leviers d’innovation
dans le monde du travail. Les deux étudiantes
rédigent un blog et produisent des films afin
de sensibiliser le grand public aux problèmes
rencontrés par les handicapés au travail. Après
avoir rencontré 30 entreprises inclusives et innovantes pour le handicap en France, les deux étudiantes poursuivent leurs « Premiers » pas en Colombie (mai) et actuellement en Equateur (juin). Les jeunes femmes partent six mois à travers 20 villes et six pays. « Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas », Lao Tseu.
    EN FRANCE
Zéro chômeur longue durée
L’association Territoires zéro chômeur de longue durée met en place à l’échelle de petits territoires des actions qui permettent
à des chômeurs de
longue durée d’obte-
nir un emploi à durée
indéterminée à temps
choisi. En France, il
existe actuellement dix
territoires expérimen-
taux et de nombreux
autres territoires se
montrent déjà volontaires pour mettre en œuvre la démarche. Une deuxième phase d’expérimentation avec davantage de territoires sera lancée en 2019. Les projets comprennent quatre phases : débat avec la population locale et les élus afin de fabriquer un consensus autour du projet ; rencontre avec les per- sonnes volontaires durablement privées d’emploi ; étude de l’économie locale afin de déterminer les travaux utiles ; ouverture de l’Entreprise à but d’em- ploi (EBE) financée pour partie par la réaffectation des financements publics dédiés aux chômeurs de longue durée.
CEUX QUI FONT BOUGER LES LIGNES
DANS LE MONDE
Le Social Bite Village, un village pour les sans-abri d’Edimbourg
A Edimbourg, pour lutter contre la marginalisation des SDF, l’association caritative Social Bite a inauguré un village de 11 maisons qui accueille une vingtaine de personnes pour une durée de 12 à 18 mois. Pour contrecarrer l’isolement et soula- ger la grande détresse, ce village favorise l’entraide entre les résidents. En plus des petites maisons préfabriquées en bois, un bâtiment commun permet à tous de se retrouver.
Québec, l’économie collaborative à l’internationale
Le gouvernement québécois veut figurer parmi les premiers pays en matière d’économie collaborative. En février 2018, le gouvernement a mis en place un Groupe de travail sur l’économie collaborative dont le rapport final a été publié le 12 juin dernier. Le rapport pré- conise d’encadrer les géants de l’économie collaborative que sont Uber ou Airbnb, et surtout de repenser le code du travail. Il n’est pas question de le réformer pour le libéraliser, mais de renforcer les droits des salariés en contraignant les entreprises à s’adapter à des règles sociales strictes.
    10
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                                                  VOYAGEZ À LA CARTE
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   ]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[Le baromètre de l’optimisme - The Green Life
GALAXIE ECORÉSEAU
   La COP21 n’était pas une fin, mais un début. Suivi des évolutions bénéfiques à la planète
GREEN TECH
u Sunpartner, le vitrage intelligent
Pour les smart cities, Sunpartner invente des vitres connectées et intelligentes qui produisent de l’électri- cité pour les fenêtres, les verrières, les canopées, les garde-corps vitrés... Le vitrage s’opacifie automatique- ment en fonction du soleil et restitue la nuit l’énergie lumineuse captée le jour. Le vitrage Sunpartner permet également l’ouverture et la fermeture automatiques, ainsi que le contrôle du système d’alarme en produisant
l’électricité nécessaire. Les verres photovoltaïques transparents révolutionnent le marché mondial du verre et redessinent les contours de l’architecture solaire.
u La Smartflower, l’énergie solaire en mouvement
Semblable à un grand tournesol, il est désormais possible d’installer dans le jardin une grande fleur dont les pétales sont des panneaux photovoltaïques. Celle-ci tourne comme les tournesols pour capter le plus de soleil possible. Cette nouvelle variété de plante est aujourd’hui l’un des meilleurs produits en matière de production d’électricité solaire. Son rendement est 40 % supérieur à celui des panneaux
solaires classiques. La Smartflower mesure plus de cinq mètres de haut et son diamètre est supérieur à quatre mètres. Autrement dit, le particulier n’est pas le premier public visé par EDF-ENR (filiale d’EDF responsable des énergies renou- velables). Des entreprises et des collectivités ont déjà planté çà et là cette nouvelle fleur en France. Reste à attendre une pollinisation suffisante sur tout le territoire.
u Quatre lycéens réinventent l’hydroélectricité
Le 15 mai 2018, le concours Sciences Factor a été remporté par quatre lycéens du lycée Charles de Foucauld de Lyon. Avec l’appui de leur professeur de sciences physique, Valentine, Charlotte, Maxime et Nicolas
ont inventé une turbine qui fonctionne grâce à la
récupération de l’eau de pluie des gouttières et des
eaux usées. Le Projet Ec’Eau permet de réaliser
de 17 à 20 % d’économie par foyer. L’eau de pluie
n’est pas calcaire et ne risque pas de boucher la
turbine, analogue en miniature de la centrale
hydroélectrique. L’eau fait tourner les pales de la
turbine et l’énergie cinétique est transformée en
énergie électrique par l’action d’un alternateur. De
plus, une batterie peut emmagasiner l’énergie produite quand celle-ci n’est pas immédiatement consommée. « Tiens, v’là la pluie », comme disait Boby Lapointe.
ECONOMIE VERTE
Interdire le plastique à usage unique ?
Le 28 mai dernier, la Commission euro- péenne a remis un projet de directive visant
à interdire pailles, assiettes, gobelets, cou- verts, touillettes et autres produits plastiques
à usage unique comme le coton-tige ou le ballon de baudruche... Il s’agit pour l’Eu- rope de cibler les dix produits plastiques les plus présents sur les plages et dans les mers européennes. Sur la plage, fini le pi- que-nique au sandwich fourmis et fromage ?
     12
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
Plastic Attack,
les activistes
 du suremballage
Sous le plastique, la plage ? Hérité de nos
voisins Anglais, Plastic Attack est une
opération consistant à remplir les caddies
des supermarchés des emballages des pro-
duits de consommation. Après être passé
à la caisse, les membres de l’association
proposent d’éduquer les clients en retirant
tous les contenants plastiques inutiles. Le
2 juin, l’offensive de Plastic Attack a débuté à Paris. La chasse au plastique dans la grande distribution est désormais ouverte.
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[                  Workshop
au vert
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       Hôtel du Golf Deauville****
   à partir de 188 €**
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]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle
EN COUVERTURE
   L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur un sujet politique, sociétal ou macro-économique
Les 1001 vies
Pour ce numéro double d’été, EcoRéseau Business a voulu se pencher sur l’après sport dans toutes ses dimensions en se posant la question qui
meut la rédaction depuis notre premier numéro : Comment entreprendre nos vies ? La réponse dans ces 26 portraits. Tous ne sont pas créateurs de start-up, consultants sportifs ou artistes, tous n’ont pas été suffisamment médiatisés pour surfer sur leur popularité. Mais tous ont connu du sang, de la sueur
et des larmes pour entreprendre dans l’associatif, dans l’entreprise ou dans
la reprise d’une activité hors sport
de haut niveau. Ces sportifs nous les avons choisis pour leur attachement à la France. Et pour que ces portraits soient plus parlants, la rédaction a souhaité mettre en lumière aussi bien le sport féminin, handisport que masculin.
Une liste d’ailleurs qui ne prétend pas être exhaustive mais qui a été établie pour montrer l’étendue du champ des possibles pour ceux dont les valeurs et la force de caractère font rêver les entreprises.
Par Geoffroy Framery
  14 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle
EN COUVERTURE
    Les entrepreneurs................................... p16 Ils sont en entreprises ........................... p26 Les atypiques........................................... p28
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr 15
]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[Dans les esprits, Taïg Khris est ce champion de l’extrême
avec un palmarès et des titres qui rendraient jaloux n’importe quel sportif, celui qui a sauté la pente du Sacré- Cœur de Montmartre ou «ridé» une rampe depuis le premier étage de la Tour Eiffel. Rien que ça.
Vous êtes toutefois moins nombreux à savoir que Taïg est
arrivé en France à cinq ans, qu’il a dormi dans la rue en
Allemagne pour ses premiers championnats du monde, ne
pouvant se payer une nuit d’hôtel, qu’il est devenu magicien
professionnel, qu’il a ouvert une boutique Ilios de matériel
sportif ou encore qu’il a breveté un crash pad taillé pour le
half pipe pour éviter les blessures lors des entraînements.
Taïg Khris serait surtout en passe de se créer un nom dans le
monde des start-up et des télécom avec « onoff » dont il est le
fondateur. Son bébé technologique est un opérateur mobile
virtuel avec une application qui permet de créer des cloud
numbers. Cette dernière vous permet entre autres de garder
votre numéro SIM partout et sur n’importe quel appareil, de
créer de nouveaux numéros pour appeler en local, d’appeler
sans connexion Internet, d’avoir plusieurs numéros sur le
même téléphone sans nécessiter de nouvelle carte SIM, de personnaliser le forfait et de programmer ses textos...
« Je me suis lancé dans le challenge sans en connaître toute la complexité. Au fur et à mesure, je suis monté en compétences sur le sujet des télécommunications, j’ai dû également convaincre pour trouver des investisseurs et je n’imaginais pas aujourd’hui avoir l’ambition de développer un opérateur mondial », s’étonne encore le startupper qui vient de lever 10 millions auprès des fonds Idinvest, OneRagtime, Breega Capital Meusinvest et Leansquare. Aujourd’hui onoff a levé plus de 15 millions et emploie une équipe de 45 collaborateurs pour plusieurs centaines de milliers d’euros de CA par mois, avec 1,5 million de téléchargements de l’application et à ce jour, 1 milliard de SMS échangés dans une vingtaine de pays...
Pierre Paquin
« Nous voulions le meilleur de deux mondes, celui des opérateurs et celui du software mais sans leurs contraintes et avec des coûts utilisateurs faibles, pitche Taïg Khris. J’ai toujours été créatif (les parents de Taïg ont été artistes, NDLR). Je voulais me lancer dans une industrie dont le marché pouvait toucher un maximum de personnes. En réfléchissant sur les nouvelles technologies, je me disais que tout était sur le Cloud, sauf nos numéros de téléphone archaïquement coincés dans une carte en plastique... »
Selon l’intéressé, onoff est « sa nouvelle Tour Eiffel ». D’ailleurs, la notion d’impossible ne semble pas signifier grand chose pour Taïg –dont le prénom signifie «être capable»– qu’il s’agisse de sport ou d’entrepreneuriat. L’homme se remémore humblement ses galères. « Dans le sport, j’ai connu de nombreuses blessures et me suis cassé la hanche, la jambe, le cou... à plusieurs reprises. J’ai également essuyé l’abandon de certains sponsors. Des portes se sont également fermées. Mais c’est grâce à mon entourage, mes amis sportifs, mon comptable, mon chirurgien, entre autres... que j’ai
pu développer ce projet notamment grâce à leur investissement. »
L’entrepreneur trace encore quelques parallèles entre son passé de sportif de haut niveau et son projet actuel. « On ne peut pas tricher, ni se reposer sur ses lauriers. On ne peut pas mentir sur la qualité de la performance qu’il s’agisse d’un exploit sportif ou sur la proposition de valeur d’onoff. Côté innovation, pour être le meilleur dans le roller, je travaillais inlassablement une nouvelle figure avant chaque compétition majeure pour avoir un train d’avance sur mes challengers. Pour onoff, s’imposer sur le marché c’est notre championnat du monde. La technologie et nos brevets nous permettent d’être innovants et d’avoir ce coup d’avance... Mon nouveau challenge est de rendre cette révolution d’usages accessible au plus grand nombre. » Pari tenu !
EN COUVERTURE
 Grand Angle - Les entrepreneurs
 Taïg Khris
Du sport extrême à la révolution des télécommunications
  De l’équipe de France de ski à la start-up du fitness en extérieur
De 2000 à 2009, Pierre Paquin a été membre des équipes de France de ski alpin. Il a fait partie du top 30 au classement général de la Coupe du Monde de super combiné 2006-2009 et a notamment remporté cinq titres de champion de France en descente, slalom et super combiné de 2005 à 2009.
Il enchaîne sa carrière internationale avec un poste chez Crèche de France où il est chargé pour l’opérateur
de crèches d’être entre autres responsable des marchés publics. Tout en commençant, à l’ESJ, un
master de journalisme sportif, Pierre Paquin devient consultant pour Eurosport sur les épreuves
de la Coupe du monde et intervenant récurrent pour l’émission Hors-Piste. Mais d’autres sirènes
l’appellent. « En pratiquant le running, j’ai réalisé que les pratiques libres étaient en pleine croissance qu’il
s’agisse de course à pied, de cyclisme, de crossfit... Sports qui sont pratiqués avec smartphone pour 80 % des
sportifs. J’ai alors eu l’idée d’utiliser du mobilier urbain pour faire du complément sportif. » Airfit, incubée
au Tremplin, tout près du Parc des Princes, spécialisée dans les start-up du sport, propose donc des
espaces d’entraînement en accès libre et une application dédiée pour guider les utilisateurs dans
l’utilisation des agrès. La commercialisation de l’application a commencé en janvier 2016 et compte
plusieurs milliers d’inscrits. Sur le choix de l’entrepreneuriat, Pierre Paquin, lucide, résume : « C’est
juste un parcours de vie. J’avais déjà touché à l’entrepreneuriat et aidé à des projets sportifs. J’arrivais à un point de convergence où je connaissais les fournisseurs, l’écosystème et je disposais d’assez de fonds propres pour me lancer. C’était le moment ou jamais. » La relation au sport pour Pierre Paquin reste très forte. « Le ski a été ma seconde famille pendant 15 ans et je suis resté en contact avec des membres de l’équipe de France. J’ai également eu la chance de pouvoir installer une des premières infrastructures Airfit sur le site de l’INSEP. Et Airfit est également fournisseur pour le CIO. » Le projet de Pierre Paquin est donc celui de démocratiser la pratique libre du sport et accompagner les sportifs quel que soit leur niveau. Un enjeu de santé publique ?
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JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[                  Quand on est entrepreneur, on doit tout prévoir, même l’imprévu.
Quand on est jeune entrepreneur ou que l’on monte sa start’up,
on veut aller de l’avant, faire grandir son entreprise...
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]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle - Les entrepreneurs Florence Masnada
Du podium olympique à l’événementiel, la formation et la communication
Quel est votre quotidien professionnel aujourd’hui ?
Je suis devenue freelance. L’hiver, je suis consultante sur Eurosport. J’interviens également en entreprise et j’établis des ponts entre le sport, ses valeurs et le monde professionnel. Les sujets varient. Les formations portent sur la performance, sur comment rebondir après un échec, sur la façon d’être plus fort en équipe, ou encore sur l’intelligence émotionnelle. Cela recouvre l’ensemble des thèmes de team building pour tout type d’entreprise. Je collabore également sur des formats événementiels tels que les étoiles du sport et je m’occupe également des RP des athlètes médaillés aux JO.
Comment avez-vous réussi à concilier vie privée et pro ?
Cela dépend des objectifs que l’on se fixe. En tant que sportive, la priorité était le sport mais j’avais besoin de concilier cet objectif avec mes études. Ma vie privée était secondaire. Aujourd’hui, le curseur a bougé et j’essaie de mener trois chantiers de même importance : la vie familiale, la vie professionnelle et le sport loisir. La qualité de vie est ma priorité.
Quel est votre rapport au sport aujourd’hui ?
J’en fais presque quotidiennement. C’était un des bons aspects du ski que j’ai gardé où l’on pratique d’autres sport pour le renforcement musculaire, la préparation et s’occuper hors saison. Aujourd’hui, mes activités
sportives sont toutes aussi variées : VTT, golf, natation, yoga, paddle et du ski bien évidemment l’hiver.
La transition a-t-elle été évidente entre votre carrière de sportive et la suivante ?
Retrouver une passion derrière est loin d’être évident. Et il faut être capable d’élargir sa vision
du monde professionnel et se diversifier. Le quotidien est également déstabilisant.
Quand on est sportive de haut niveau, le court, le moyen et le long terme sont fixés par
le staff et les échéances sportives. En dehors, il faut savoir rétablir un nouveau rythme et cela est déroutant.
Gwendal Peyzerat
Serge Blanco
De l’idole de l’ovalie au personal branding mondial
L’enfant du rugby français a été à plusieurs reprises président du Biarritz Olympique et continue de jouer un rôle non négligeable au sein de la ligue nationale de rugby depuis presque 20 ans. Ailleurs, le Pelé du ballon ovale est notoirement connu pour sa marque de prêt-à-porter éponyme, lancée juste après ses adieux au rugby en tant que joueur, développée avec le groupe LBY, qui depuis a élargi la marque Serge Blanco, comme bon nombre de marques, à une gamme d’accessoires et de parfums. N’oublions pas que Serge Blanco a brillé sur les stades avant que le rugby ne devienne un sport professionnel avec ses sponsors, ses droits télés, sa starisation et sa professionnalisation sportive. Blanco débute ce faisant sa vie professionnelle chez Dassault en 1976 pour travailler
à la chaîne pendant presque huit ans. Il intègre ensuite les relations publiques du groupe Pernod en 1983 et y travaille pendant neuf ans. Ce n’est qu’après son départ que l’idole
de l’ovalie décide de se lancer dans deux chantiers d’ampleur : l’investissement dans des sites de thalassothérapie et le lancement de la marque Quinze-Serge Blanco. A 33 ans, il inaugure donc à Hendaye un centre de thalassothérapie au nom de Serge Blanco. Suivent l’achat en 1996 de l’hôtel Ibaia et l’ouverture des portes du château-hôtel de Brindos, (aujourd’hui 5 étoiles) dans les Pyrénées Atlantiques en 2002.
Côté prêt-à-porter, la marque explose en 1996.
Un an après que son sport favori ne devienne
professionnel. Si le tennis a eu Lacoste, le rugby
sera estampillé Blanco... Face à cet engouement, la stratégie choisie est le développement mixte avec une prépondérance en franchises, le réseau comptera jusqu’à 70 points de vente indépendants en plus des 600 autres qui proposeront la marque au sein de leurs différentes collections. L’export est aussi un levier de croissance. L’Allemagne, les Etats-Unis, le Bénélux, la Chine... autant de destinations qui commercialisent cette marque qui porte les valeurs de ce « sport de brutes fait pour les nobles ». En 2017, Serge Blanco valide son projet nippon via une implantation en corners dans de grands magasins voire de magasins en propre. Une opportunité d’affaires qui semble rondement menée à l’orée de la Coupe du monde de rugby qui se jouera... au Japon en 2019.
EN COUVERTURE
    De la danse sur glace à la création d’entreprise dans l’audit d’équipements sportifs, en passant par la politique et la chanson...
Après avoir essuyé un silence radio de la part de son entreprise et de ses services de communication, la rédaction s’est permis de « stalker » le mur Facebook de l’ancien patineur multi-médaillé en danse sur glace avec sa partenaire Marina Anissina. Il a gardé sa longue chevelure blonde qui permet de le reconnaître. Sur une première photo, un coucher de soleil où il tient une guitare. La seconde le met en scène face à un micro. La page de l’ancien patineur doit se lire en mode storytelling. La musique est un violon d’Ingres pour Gwendal Peyzerat qui vient de sortir son premier album au mois de juin de cette année intitulé « Quand elle me... ».
Cela dit, l’ancien patineur qui fut six fois champion de France, deux fois champion d’Europe, une fois champion du monde, et champion olympique en danse sur glace en 2002, s’est d’abord lancé dans l’entrepreneuriat suite à une série de formations. Gwendal Peyzerat est ce faisant diplômé d’EM Lyon, titulaire d’un DEUG en chimie des matériaux et d’une maîtrise STAPS de l’Université
Claude Bernard Lyon 1. En 2003, un an après sa retraite sportive, Gwendal Peyzerat crée Soléus avec quatre amis sportifs, une société spécialisée dans le contrôle des équipements sportifs et aires de jeu qui propose une expertise en conseil, audit, formation, accessibilité et sécurité. En 2008, l’entrepreneur crée une holding, le groupe ISce, pour accompagner son développement. La holding rachète le bureau de contrôle Saga Lab en 2009 et le fabricant Gartec. 2013 sonne la création de Solivector, pour verticaliser leur activité dans les tentes, chapiteaux et structures. En 2017, Soléus est composé d’une équipe de 15 personnes pour un CA de 1,7 million d’euros avec 96 % de collectivités territoriales comme clients. L’entrepreneuriat n’est cependant pas la seule marotte de l’ancien patineur. Vous l’avez bien compris. Il fut également vice- président aux sports de la région Rhône-Alpes de 2010 à 2015 et membre du CA pour la candidature d’Annecy pour les JO de 2018... soufflée par Pyeongchang, ville sud-coréenne, depuis lors.
 18
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle - Les entrepreneurs Mathieu Flamini
Le footballeur, le biocarburant et le pseudo-milliardaire
Les journalistes ont fait leur beurre en évoquant une valorisation surestimée de l’entreprise GF Biochemicals. Depuis le soufflé est retombé. L’engouement et le flot médiatique ont été entretenus parce que Mathieu Flamini, joueur professionnel de football évoluant cette saison à Getafe (Espagne), a mis des billes dans l’entreprise. Sa création remonte à 2008. Il cofonde cette année-là avec Pasquale Granata l’entreprise de biochimie GF Biochemicals qui se spécialise dans la production d’acide lévulinique, un biocarburant qui se substituerait (à partir de la décomposition de la biomasse) aux produits pétroliers dans une vaste gamme de secteurs, avec un volume de marché pouvant atteindre 30 milliards de dollars. Là sont les prétendus 30 milliards de Mathieu Flamini décrit au mois de mars comme le sportif le plus riche du monde. A tort. Il ne s’agit ni de
valorisation, ni de CA, encore moins d’investissements. Cela dit, ce produit miracle trouve des concrétisations dans la fabrication de plastiques, de solvants, détergents, peintures, voire même du fioul... Le gros point fort de la méthode est l’origine même de l’acide qui est issu de
la transformation de déchets végétaux disponibles en grands volumes : entre
autres bois, paille, foin, maïs, déchets forestiers... Notons que GF Biochemicals
a été soutenue par le monde de l’enseignement et de la recherche en Italie avec
la participation de l’Université de Pise et l’Université Polytechnique de Milan.
Le site industriel est lui basé à Caserta. Selon nos confrères, l’objectif d’une
production de à 10 000 tonnes annuelles est visé avant la fin de l’exercice
2018. L’entreprise est donc codétenue par Mathieu Flamini et Pasquale
Granata, entrepreneur italien, basé aux Pays-Bas. La boîte posséderait également
des antennes aux Etats-Unis et souhaiterait à ce jour développer de nouveaux partenariats avec les industriels qui pourraient avoir recours à son composant.
EN COUVERTURE
     *Guy Tisserant, Le handicap en entre- prise : contrainte ou opportunité ? Vers un management équitable de la singularité, édi- tions Pearson, 2012
Numéro 1 mondial de 1992 à 1998 et quatre fois champion paralympique, Guy Tisserant a toujours mené de front une carrière de pongiste de haut niveau et une activité
professionnelle.
D’abord ingénieur en informatique et mathématiques appliquées pendant 17 ans, il décide de créer son cabinet de conseil RH en 2003, cinq ans après avoir dit au revoir au tennis de table. « Pendant quelques
années, ce ne fut pas toujours facile car on se nourrit de challenges au plus haut niveau et côté professionnel, mon emploi manquait de perspectives », se souvient le co-
fondateur de TH Conseil.
En 2004, Guy Tisserant est président du club du C.S Charcot basé à Sainte-Foy-Lès-Lyon (69) et décide d’organiser une rencontre mondiale handisport avec tous les meilleurs pongistes de l’époque. A la recherche de sponsors, il sillonne la région et le pays à la rencontre de chefs d’entreprise, qui, outre l’adhésion au projet, évoquent la problématique de l’emploi et de l’insertion des personnes handicapées. « Il n’existait quasiment rien sur le sujet en 2003. J’ai mûri le projet avec mon épouse, alors en charge du CE d’Euronews, et nous nous sommes lancés dans ce projet qui représentait un nouveau
challenge à deux. Du jour au lendemain, nous avons quitté nos emplois respectifs. Nous avons travaillé ensemble pendant 13 ans jusqu’à son décès survenu l’année dernière, témoigne Guy Tisserant. Aujourd’hui, nous souhaitons confirmer notre positionnement sur l’égalité des chances et le management équitable de la singularité*. Le handicap a été notre cœur d’activité mais nous avons aujourd’hui élargi notre expertise vers le management de la singularité. C’est un pléonasme que d’affirmer que toute personne est singulière mais cela est beaucoup moins évident pour les entreprises de prendre conscience que la gestion bienveillante de cette singularité était synonyme de performance, d’agilité et d’innovation sociale. Mais bien évidemment, l’altérité doit se concevoir dans un tout. » Aujourd’hui, l’ancien pongiste ne touche plus du tout à ses raquettes. « La compet’ je la vis avec les appels d’offre », sourit le dirigeant qui insiste sur le besoin d’équilibre pour les sportifs de haut niveau : « Ma femme et mes enfants ont toujours été là pour me recadrer. Et je voulais que ma vie ne tourne pas uniquement autour du sport. Car la pratique sportive à haut niveau rend nos modes de vie autocentrés et exclusifs. Le sport a toujours été une partie importante de ma vie mais pas le centre, et je conçois à quel point il doit être difficile de sortir du sport quand toute votre vie, privée, comme professionnelle, se concentre sur ce dernier... »
Guy Tisserant
Du paralympisme au management de la singularité
 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr 19
]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle - Les entrepreneurs
Mickaël Merz
Handball et entrepreneuriat intergénérationnels
L’ancien handballeur a repris le groupe Sporting, spécialisé dans les métiers de l’immobilier, qui développe un concept consistant à développer des résidences, à échelle humaine, comportant des installations artistiques et sportives. Cette originalité s’explique par l’histoire de Claude, le père, et Mikaël, le fils, tous deux anciens sportifs de haut niveau. L’entreprise a été créée en 1995 avant de se développer autour de sept entités complémentaires : Sporting Promotion (promotion immobilière), Sporting Immobilier (gestion locative, agence immobilière), Sporting Form’ (salle de sport), Sporting Comm’ (agence de communication), La Pergola du Sporting (restaurant et hôtel) et Sporting Foncière. Mickaël prend la direction du groupe en 2009. « A compter de 2006, je me suis
Florent Manaudou
Le handball et l’entrepreneuriat après le grand bassin
Florent Manaudou s’est fait un prénom dans la natation depuis sa victoire aux JO de Londres en 2012 qui a surpris nombre d’observateurs. Depuis, son palmarès n’a cessé de fleurir avec en point d’orgue ses deux médailles d’argent aux JO de Rio... Mais l’athlète cultive plusieurs projets. D’abord celui de se remettre au handball à l’annonce de sa pause – méritée ? – avec la natation suite aux JO de Londres, ce sport passion qu’il avait arrêté en 2003 pour se consacrer pleinement à la natation. Et se lancer, il y presque deux ans, alors que Florent Manaudou arpente toujours le bassin du cercle des nageurs de Marseille, dans la start-up Wineven, réseau social pour sportifs en demande de coaching cofondée en 2014 par Vincent Despax Combe, Ludovic Savariello et Youness Quassid. Camille Lacour, son compère des bassins, aurait depuis également rejoint l’aventure. L’appli permet donc d’échanger des techniques de coaching et des astuces pour aider les sportifs de tout bord, les pros comme ceux du dimanche... Wineven ambitionne également l’animation d’une communauté avec tous les acteurs du sport (les arbitres, entreprises, clubs, associations, coaches, professionnels médicaux, les agents...). Enfin Wineven possède également un volet de crowdfunding pour aider le milieu associatif à récolter des fonds financiers. Aujourd’hui, l’application propose un panel de 500 coaches pour une cinquantaine de sports.
préparé à endosser mes futures responsabilités de chef d’entreprise tout en continuant, autant que je le pouvais, ma carrière sportive. Je n’ai jamais été qu’un sportif. Mais j’ai transposé à l’entreprise la manière de m’investir, de persévérer et de me faire une place dans l’entreprise. J’ai donc pris la décision de mettre fin à ma carrière afin d’endosser ma nouvelle vie d’entrepreneur. Une décision ambivalente car je quittais le sport à l’âge où on est le plus fort pour relever un challenge entrepreneurial », commente le dirigeant de cette entreprise d’une centaine de salariés qui pèse entre 40 et 50 millions d’euros de CA annuels après 25 ans d’existence. Aujourd’hui, le groupe Sporting poursuit son élargissement. Elargissement à la fois géographique pour mailler davantage le Sud et particulièrement le Sud- Ouest et aussi élargissement métier car Mickaël Merz souhaite investir le marché de l’immobilier professionnel et tertiaire.
EN COUVERTURE
    Luc Abalo
Du handball
à l’entrepreneuriat
dans le prêt-à-porter
Double champion olympique, triple
champion du monde et d’Europe,
Luc Abalo fait partie des artisans
qui ont concouru à faire de la France
la première nation du handball. Encore
sportif professionnel, le handballeur a
cependant toujours été attiré par d’autres
sirènes : la mode. C’est ce qui explique le
lancement de la marque L.A.N, pour Luc
Abalo Nineteen (son numéro de maillot en club et en équipe nationale, NDLR.) il y a quelques mois. La genèse est pourtant lente. Le temps que l’ailier droit de l’équipe de France murisse le projet, s’entoure, étudie le marché en vrai entrepreneur. Luc Abalo n’a pas fait qu’investir de l’argent. Il a également mis la main à la pâte en dessinant chaque patron. Les produits sont conçus en France et fabriqués au Portugal. Et les prototypes ont été éprouvés par certains coéquipiers de l’ailier. A ce titre, Benoit Kounkoud, coéquipier de Luc Abalo au PSG HB et en équipe de France, s’est prêté à une séance de shooting pour illustrer le site éponyme de la marque. Reste à convaincre...
  20 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle - Les entrepreneurs Tony Parker
Du statut de meilleur joueur français de l’histoire de son sport à l’entrepreneuriat et l’investissement
« Balance, balance, balance... », pouvait-on chanter avec amusement pour singer le flow de «TP» – prononcez tipi – pour ses tentatives dans le rap. Le meneur de jeu connu pour son premier pas, sa vista et son « drive » à San Antonio et en équipe de France, avec laquelle il a notamment remporté les titres de champion d’Europe juniors et champion d’Europe, est, à défaut d’être le nouvel Akhénaton, un entrepreneur dans l’âme.
Outre sa fondation, le Par Cœur Gala, et son Fruit Shoot Camp, le sportif de haut niveau s’est essayé comme son idole Michael Jordan à des choix moins hasardeux que la chanson. Dans le prêt-à-porter d’abord avec la marque de streetwear Wap Two lancé en 2013, cofondée avec Olivier Fellous, Remy Fellous et Christophe Boulay. Il anime le Tony Parker Show, émission de radio relatant l’actualité NBA de 2004 à 2007 puis de 2011 à 2016. Il s’associe en 2016 avec son ancien coéquipier des Spurs, Micheal Finley, pour coproduire le film de Nate Parker, Birth of a nation, qui remportera le grand prix du festival de Sundance.
Ce premier épisode dans le cinéma lui donnera l’envie de produire (production exécutive et post-production) huit autres films à ce jour dont le dernier Escape Plan 3, Devil’s Station avec Sylvester Stallone et Dave Bautista, l’ancien catcheur.
Rappelons enfin que «T9P» entretient des
liens plus qu’étroits avec le basket français en étant devenu président de l’iconique ASVEL Lyon Villeurbanne et du club féminin Lyon basket, après un premier investissement gagnant au Paris Racing. Autant de choix qui montrent que la petite mort du sportif ne semble pas affecter celui qui fut le Most Valuable Player (MVP) des finales NBA en 2007. Un exploit pour un sportif français qui le hisse
au même rang que les légendes de ce sport inventé en 1891 par le professeur d’éducation sportive James Naismith aux Etats-Unis pour maintenir la condition physique de ses élèves durant l’hiver...
EN COUVERTURE
   Marc Davidovici
De l’athlétisme à l’accompagnement des athlètes
 L’ancien champion de France de relais 4x100m et actuel président délégué du Club INSEP Alumni nous présente une nouvelle plateforme pour aider la reconversion des sportifs de haut niveau.
Pouvez-vous raconter la genèse de Sportéki ?
C’est une plateforme créée par des sportifs pour
des sportifs, lancée au mois de mars à l’initiative
de l’association des Alumni de l’INSEP, présidée
par Stéphane Traineau. A l’origine de ce projet on retrouve Pascal Eouzan, ancien champion du monde de tumbling, qui souhaitait développer un réseau social pour les athlètes et sportifs de haut niveau afin de leur faciliter les liens avec l’entreprise.
Une réponse aux dispositifs existants trop limités ?
Effectivement. Aujourd’hui, on dénombre entre 200 et 300 packs de performance pour aider les sportifs alors que le ministère recense plus de 6 000 sportifs de haut niveau...
Pensez-vous que la reconversion est plus difficile aujourd’hui ?
Oui assurément. Nous sommes tous passés par là. Mais aujourd’hui, les rythmes se sont intensifiés. Il est bien plus difficile de lier les études ou le projet de reconversion avec une carrière de haut niveau et de trouver le temps de préparer « l’après-sport »... A mon époque, on s’entrainait par exemple une fois par jour. Aujourd’hui, les athlètes le font deux fois. Et j’ai pu mener à bien des études de chirurgie dentaire... Ce serait presque impossible aujourd’hui.
Quels sont les objectifs visés avec Sportéki ?
La visée de cette plateforme est philanthropique. D’abord créer une prise de conscience le plus tôt possible chez les sportifs. Ensuite les aider à développer des liens et des partenariats avec les entreprises. Nous avons déjà mobilisé de grands groupes comme Vinci,
la FdJ, le groupe ADP, Avenir Mutuel, mais il reste encore beaucoup à faire pour développer ces échanges gagnant-gagnant avec d’une part, des athlètes qui ont besoin qu’on leur mette le pied à l’étrier et de l’autre des entreprises qui recherchent les qualités véhiculées et incarnées par les sportifs de haut niveau.
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]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[                   Tout l'univers Philips
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]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle - Les entrepreneurs Sarah Ourahmoune
Boxer, bosser, éduquer
Sarah Ourahmoune fait partie de ces sportifs d’exception. Sacrée vice-championne olympique aux JO de Rio, elle est la boxeuse française la plus titrée : dix fois championne de France, championne du Monde en 2008, elle est à plusieurs reprises médaillée européenne et restera la première boxeuse française de tous les temps à s’être qualifiée à une Olympiade. Chapeau Madame ! Sarah,originairedeSèvres,estaujourd’huiune«mum’preneure», comprenez une maman de deux enfants âgés de cinq ans et de quelques semaines pour le dernier petit bout et entrepreneure. « En dehors du ring, les principales sources de satisfaction ont été les naissances de mes deux filles », relate la boxeuse.
En ce qui concerne la casquette de dirigeant, Sarah Ourahmoune crée en 2013 Boxer Inside, agence qui propose du team building, des ateliers boxe, des séminaires et du coaching... Dit autrement, l’entrepreneure revisite le noble art pour en faire un puissant outil de développement personnel. L’idée est donc de faire bénéficier aux professionnels du vécu de la championne via le partage d’expériences autour des valeurs du sport de haut niveau et ses mises en pratique.
En 2017, elle décide de lancer des gants connectés (performance et gaming) tout en poursuivant son activité de conférencière sur ses thèmes de prédilection : motivation, dépassement de soi, rebond après l’échec, sport en entreprise...
Teddy Riner
Depuis mars 2018, certains chanceux peuvent l’apercevoir dans les murs de la salle de boxe qu’elle a ouverte à Paris sur le centre sportif Georges Carpentier dans le XIIIe arrondissement, tout près de la porte d’Ivry. Mais sa vision du sport a aujourd’hui évolué : « Avant je m’entrainais pour la performance, aujourd’hui c’est le plaisir qui m’anime », note- t-elle.
Cette boulimique de travail a également rempli les rôles de marraine Ex Aequo dans le cadre d’une campagne ministérielle contre toutes les discriminations dans le sport, d’ambassadrice pour Paris 2024, de consultante pour France TV...
La boxeuse prépare également un livre dont la sortie est prévue pour le début d’année 2019 aux éditions Robert Laffont. Face à ce rythme effréné, Sarah Ourahmoune clame cependant l’équilibre : « J’ai toujours fait en sorte de concilier vie privée, carrière de sportive et projets professionnels. Pour cela il faut s’organiser. Chaque semaine je planifie tout avec mon mari. Nous faisons le point sur l’école, le travail, les courses. Je prends ma journée comme un camembert de 24 parts et je dispatche les parts en fonction des tâches et des contraintes. Cela me permet d’avoir une vision claire sur mes journées et de faire des choix. »
EN COUVERTURE
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Du tatami aux start-up, la reconversion tranquille ?
Le monstre sacré du judo mondial, qui ferait presque passer notre David national pour quelqu’un de douillet, n’est plus à présenter. La vie n’est jamais faite de hasard, entend-on souvent au coin des bistrots. Pourtant, Teddy, au sommet du monde dans son art, et en pleine ascension sur le sujet de ses investissements et de l’entrepreneuriat... est né
aux Abymes en Guadeloupe.
Malgré un parcours sportif stratosphérique, Teddy
Riner a toujours gardé une paire de Derby non loin des tatamis. Il est effectivement diplômé de Sciences Po dans le cadre d’un Certificat de formation pour les sportifs de haut niveau. En 2016, alors toujours sportif, il investit également, attaché avec ferveur au made in France 10 % des parts du Group SFIT (Thomson Computing), devenant à l’occasion actionnaire et ambassadeur de la marque spécialisée dans le matériel informatique. Teddy Riner témoignait dans nos colonnes en 2015 : « Je ne m’interdis aucun secteur, tout m’intéresse. Si je sens bien quelque chose, je peux prendre des parts, je peux acheter ou créer, développer et revendre. J’aime mieux créer d’ailleurs. C’est ce qui me motive. Ceux qui m’impressionnent le plus sont d’ailleurs les self made men. Nous touchons au véritable entrepreneur : celui qui a une idée, un projet, qui y croit et sort ses tripes pour le réaliser. La plupart de mes associés
sont déjà des patrons d’entreprises, petites mais aussi plus grandes. L’un d’eux est même milliardaire. Mais tous ces gens ont construit leur fortune, ce ne sont pas des héritiers. Quand je discute avec eux de la manière avec laquelle je vois les choses, ils sont souvent un peu étonnés de ma mentalité pour un sportif : pour moi, ce n’est le tout d’avoir 10, 15 ou 20 millions. Cela permet d’être à l’abri, mais après ? Je n’ai pas envie de m’ennuyer. Bien sûr, après ma carrière, je prendrai le temps de me reposer, de souffler, d’en profiter pendant un an ou deux les pieds sur la table (sic). Mais il me restera peut-être 50 ou 60 ans à vivre, et il va bien falloir que je trouve quelque chose pour m’occuper. » Pour preuve, celui qui vient d’être nommé Ambassadeur de bonne volonté en 2018 à l’Unicef a également investi pour soutenir quatre de ses proches, tous cofondateurs de la start-up Yogowo qui permet de trouver un coach sportif de manière géolocalisée. Et ce dernier d’ajouter sur sa reconversion : « Je suis en train de me construire sur le plan entrepreneuriat. Je répète souvent à mes amis, du milieu du judo notamment : je n’ai pas envie de me poser LA question – « Que vas- tu faire demain ? » – dans les derniers moments de ma carrière sans avoir rien préparé. Ne serait-ce que parce que cela enlève énormément de pression sur les épaules et permet de se sentir libre dans la tête. Et encore, j’ai la chance d’avoir des partenaires et de gagner ma vie. Mais certains n’ont pas cette chance. Ils donnent tout pendant dix ans pour représenter la France, mais se trouvent dans des situations difficiles au quotidien et parfois plus encore après leur carrière. »
© Shooting Martin Colombet
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle - Les entrepreneurs
Edgar Grospiron
La gouaille en sport et la gouaille en affaires
Edgar Grospiron fait partie des précurseurs. Pour lui il s’agissait du ski acrobatique. Vous savez, ce sport où vous vous demandez en quoi sont faits les genoux des skieurs... Le sportif d’hiver fut spécialiste de l’épreuve des bosses dans laquelle il remporta le premier titre de champion olympique de la discipline en 1992 aux JO d’Albertville. Il fut également champion du monde à trois reprises et vainqueur par quatre fois au classement général de la Coupe du monde. Edgar Grospiron prend sa retraite en 1995, l’année suivant sa médaille de bronze aux JO de Lillehammer en Norvège. Dès lors, il poursuit différentes activités mais toutes sont toutes liées au sport : consultant
Paul-Henri de Le Rue
Du Snowboard à la start-up
«Le monde du sport et de l’entreprise ne se rencontrent pas suffisamment et cela provoque un double gâchis. Les sportifs en fin de carrière ont du mal à se positionner car il ne maîtrisent pas les codes et ne cultivent généralement pas de vision. Sénèque écrivait qu’il n’y a pas de vent favorable pour quelqu’un qui
ne sait pas où aller. Nous voulons donc lutter contre cet éparpillement et cet épuisement qui touchent les sportifs», explique Paul-Henri de Le Rue, snowboarder, trois fois médaillé d’argent aux championnats de France et médaillé de bronze aux Jeux Olympiques, cofondateur avec Jean Philippe Demaël, ancien CEO de Somfy. Pour le jeune entrepreneur, les entreprises doivent prendre conscience que les talents sportifs ont des atouts à faire valoir dans les valeurs héritées de leur discipline tant du point de vue managérial que psychologique. Côté sportif, l’idée est «de développer une vision le plus tôt possible. Ces efforts provoqueront de la fatigue à court terme mais rendront les sportifs plus sereins et donc plus performants sur le moyen et long terme. D’autant que les athlètes n’ont pas conscience à quel point les robinets se coupent lorsque la fin de carrière arrive... » Finalement 2Mixte semble concrétiser une leçon de vie pour l’ancien snowboarder, slash conférencier, slash entrepreneur, ancien chargé de communication à la SNCF. Ce dernier conclut: «Professionnellement, je m’attendais à une vie moins trépidante mais finalement faire une conférence devant 800 personnes me procure les mêmes sensations qu’avant: je me mets en cohérence cardiaque, j’ai le même trac, et quand je suis parti c’est le kif. Un gros kif d’autant que la prise de parole en public est une de mes pire peurs. Mais se dépasser fait partie de la mentalité des sportifs de haut niveau qui ont beaucoup en commun avec les entrepreneurs. »
sur les chaînes hertziennes, conférencier en entreprise sur les sujets de la motivation, du management, de
la performance et des RH notamment, conseiller technique pour Salomon. Comme quoi, avoir la gouaille peut parfois vous servir. « Grospi » a aussi
été amené à conseiller l’équipe de France de ski freestyle tout en soutenant Annecy pour les JO de 2018. Prenons le pari de le revoir cet hiver pour commenter l’événement olympique coréen...
EN COUVERTURE
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]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Grand Angle - Ils sont en entreprises Yohann Diniz
   Stéphane Guivarc’h
Du football à la fonction commerciale
Certes, ce n’est pas le footballeur le plus médiatique, mais Stéphane Guivarc’h fait partie de ces besogneux et parfois hommes de l’ombre qui réussissent avec le collectif à gagner le Graal sportif. Ecrire sur Stéphane Guivarc’h, sacré meilleur buteur du championnat de France à deux reprises dans les années 90, est une bouffée d’oxygène à l’heure d’une équipe de France plus alerte sur les selfies que sur un coup franc dans les 25... Son après-sport est à son image : humble mais heureuse. Guivarc’h ne vit pas de strass et de paillettes. Un temps consultant et membre du staff technique de Guingamp, l’ancien champion du monde devient commercial dans la vente de piscines et de produits de balnéothérapie en Bretagne dans la boîte d’un ami d’enfance afin de se rapprocher de sa famille et de sa région. Une reconversion tranquille, même si le haut niveau le démange encore côté journalisme ou côté staff d’un club...
Marcheur athlétique et employé du groupe La Poste
Si le surnom de « M. Courage » devait être attribué à un sportif, il le serait certainement à Yohann Diniz, spécialiste de la marche athlétique et de l’épreuve du 50km, notamment champion du monde en titre, recordman mondial de la distance en extérieur et sur piste. La carrière de ce champion
est toute en nuances d’ombres et de lumières, les lumières de Londres et des championnats mondiaux ayant fait oublier les abîmes du calvaire olympique brésilien. Lorsqu’il n’a pas chaussé ses running – ou plutôt devrions nous dire ses walking –, l’athlète bénéficie d’un contrat de sportif de haut niveau, l’équivalent d’un CDI mais aménagé, au sein de la direction du courrier du groupe La Poste depuis 2006. En parallèle, le marcheur évangélise sur le sujet de la santé au travail auprès de ses collègues. Le sujet sera d’ailleurs qualifié de « cause nationale » par
la direction du courrier. Le Rémois continue toujours sa carrière sportive à 40 ans et s’est qualifié pour les prochains mondiaux de Berlin, en attendant peut- être sa revanche pour la prochaine échéance olympique.
 Estelle Mossely
La « boxe » des maths
Estelle Mossely est la première
boxeuse française championne
olympique de boxe après son
succès aux JO brésiliens de 2016.
En janvier 2018, trois mois après la
naissance de son fils, la championne
rempile pour s’entraîner notamment avec son
mari Tony Yoka, boxeur et également champion
olympique. Deux envies tiraillent la jeune championne. D’une part continuer le noble art. De l’autre capitaliser sur ses études de niveau ingénieur car Estelle Mossely a suivi la formation Informatique big data et objets connectés à l’ESILV aménageable pour les athlètes de haut niveau. Elle fut avant les lauriers olympiques recrutée en tant qu’ingénieure en informatique au sein du service innovation mobile et intranet du groupe Allianz. En 2017, elle crée l’Observatoire européen du sport féminin pour aider les femmes athlètes dans leur parcours sportif... Un parcours qui atteste d’une détermination sur et hors du ring.
Stéphane Diagana
Le sport dans toutes ses
déclinaisons
Outre sa carrière sportive et son implication dans l’athlétisme, Stéphane Diagana est diplômé de la business school ESCP Europe et d’un DUT de biochimie. Comme bon nombre de sportifs de haut niveau, à l’instar des Florence Masnada, Sarah Ourahmoune ou encore Paul- Henri de Le Rue interviewés dans nos colonnes, l’ancien athlète exerce une activité de conférencier sur les thèmes de la performance collective ou encore l’efficacité des équipes et les techniques managériales. En 2011, l’ancien champion du monde du 400m haies devient chef de produit et partenaire technique de la marque de running Kalenji, développée par Décathlon. Outre son support
manifeste et ses actions pour accompagner la ville de Paris pour les JO de 2024, Stéphane Diagana a également officialisé en début d’année une collaboration avec le groupe Nutrisens afin de concevoir des produits nutritifs adaptés aux besoins de tous les profils de sportifs.
Astrid Guyart
Du fleuret à l’aérospatiale en passant par la littérature pour jeunesse
  Astrid Guyart débute l’escrime à cinq ans et atterrit ensuite à l’INSEP. Aujourd’hui la multi-médaillée continentale et mondiale, tel un chat, alterne entre plusieurs vies. Celle de sportive bien évidemment. Celle d’ingénieur pendant quelques années aussi car elle a travaillé chez Airbus Safran Launchers, avant d’épouser la carrière de responsable
d’un laboratoire de maturation et de développement de matériaux et procédés pour applications spatiales à Arianegroup. Non contente de faire fonctionner un esprit sain dans un corps sain, Astrid Guyart s’est également fait un nom dans les albums de jeunesse sur le thème du sport.
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© Shooting FFE Insep 2013
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[                  La Banque DeLuBac & cie,
une banque indépendante, familiale et spécialisée au service des entreprises et des particuliers depuis près d’un siècle.
Créée en 1924, la Banque Delubac & Cie n’a cessé depuis plus de 90 ans de se réinventer au service de ses clients et des besoins de l’économie.
Société en commandite simple, ses associés gérants dirigeants sont responsables sur leurs biens personnels. C’est un gage de sécurité dans l’exercice d’un métier qui repose sur la confiance.
    La Banque Delubac & Cie offre des solutions sur-mesure aux entreprises et aux particuliers autour de 5 branches d’affaires spécialisées :
Banque De Gestion D’ÉparGne Banque Des entreprises
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]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle - Les atypiques Raphaël Poulain
De l’ovalie aux planches du théâtre et au cinéma
L’ancien rugbyman a fait ses adieux à l’ovalie en 2008 après avoir grandi au poste d’ailier au Beauvais XV Rugby Club (de 1987 à 1998), puis évolué au Stade français pendant sept saisons de 1998 à 2005 pour finalement conclure sa carrière de sportif au Racing Métro 92. Une fois la formation de coach mental en poche, accolé d’études
de philosophie et de psychologie à l’EEPPA, Raphaël Poulain se consacre au métier d’acteur et conférencier dans le monde du sport et de l’entreprise dès avant sa retraite sportive. Côté acteur/comédien, l’ancien rugbyman se forme d’abord au Studio Intérieur Jour et au Laboratoire de l’acteur à Paris. Il réussit les castings pour jouer deux rôles au cinéma dans C’est beau une ville la nuit de Richard Bohringer en 2006, puis Pars vite et reviens tard de Régis Wargnier en 2007. En septembre 2006, il est aussi à l’affiche de La Dernière nuit pour Marie Stuart, au Théâtre Marigny aux côtés d’Isabelle Adjani. Par ailleurs, il est également l’un des membres fondateurs du Cercle K2, association de loi 1901 qui se revendique comme un espace de rencontre et de dialogue entre professionnels issus de tous horizons. En 2011, le coach et conférencier publie aux éditions Robert Laffont, Quand j’étais Superman, livre écrit en collaboration avec Thomas Saintourens. Le livre relate son ascension d’espoir du rugby national à l’après-carrière en situation précaire avec le droit de toucher le RSA.
Eric Cantona
Yannick Noah
Quand la « Saga Africa » rime avec la promotion immobilière
et l’édition
Les Inconnus ont eu beau le vanner sur ses
défaites, il n’empêche que Yannick Noah demeure
le seul joueur français de l’ère moderne du tennis
à avoir remporté Roland Garros, le mieux classé
également à l’ATP et le plus titré. Il peut également
se targuer d’une belle carrière en tant qu’entraineur
et coach mental, lui qui a remporté plusieurs fois la
coupe Davis sans oublier la Fed Cup. Un moment personnalité préférée des Français en 2005, Noah
est surtout connu aujourd’hui pour sa carrière de
chanteur et pour ses frasques avec le fisc. Sur le
premier sujet, il commence la chanson en 1991.
«Saga Africa» est le tube de l’été 1991. Malgré
ce hit que tout le monde sait encore aujourd’hui fredonner, notre tennisman commence une traversée
du désert musical jusqu’en 2000, et retrouve le succès
à l’occasion de son quatrième album. Côté affaires, il
fut au début des années 2000 égérie pour la marque
de lingerie Sloggy. Fidèle à l’un de ses sponsors historique, il entre au CA du coq sportif en 2007. Il posséderait également une société au Cameroun dans
la promotion immobilière, obtenant l’autorisation pour
la construction de 500 logements de haut standing à proximité du centre-ville de Yaoundé. Plus précisément,
l’ancien tennisman est l’un des principaux associés
chez MG Constructions. Il dirige également Etoudi,
société qui administre ses droits et son image, groupe
qui se décline également en Etoudi Editions et Etoudi Spectacles.
EN COUVERTURE
    Du gazon et crampons aux pinceaux et planches de théâtre
« I’m not a man, I’m Eric Cantona », lançait Eric « the King » Cantona dans le film de Ken Loach paru en 2009 Looking for Eric dans lequel l’acteur-joueur aide un supporter à reprendre le contrôle de sa vie... Plus qu’une carrière mirifique, il reste de l’ancien sportif une aura, un charisme et un côté imprévisible. C’est peut-être ces aspects très médiatisés du personnage qui lui ont permis de se reconvertir en artiste. Doucement mais sûrement. Car outre une expérience qui lui a permis de démocratiser le beach soccer, et celle de directeur sportif des Cosmos de New York, l’ancien bourguignon de racine et mancunien de cœur arpente le chemin des arts depuis qu’il est minot. Moins mis en avant que son penchant pour le septième art, la peinture fait partie de ses dadas. L’impressionnisme et le postimpressionnisme en tant que collectionneur et peintre. Il expose à Marseille à 22 ans des toiles expressionnistes et bariolées. A ses heures perdues, celui qui a laissé une fois ses crampons dans le visage d’un fan en colère, s’essaie aussi à la photo d’art. Côté cinéma, c’est dans le rôle d’un rugbyman entiché de la fille de Michel Serrault qu’il est révélé au grand public dans le délicieux film Le bonheur est dans le pré d’Etienne Chatiliez. Il enchaîne alors des rôles de bourru au grand cœur tels ceux de Jo Sardi dans les Enfants du Marais ou encore dans Mookie où il campe un boxeur aux côtés de Pierre Villeret. Sa carrière artistique prend la route des planches du théâtre avec le concours de sa seconde femme, l’actrice et metteuse en scène Rachida Brakni où il s’incarnera comédien dans des pièces d’Alfred Jarry notamment. Gageons qu’il demeure encore quelques arts majeurs pour que le « King » se réinvente là ou ne l’attend pas...
 28 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle - Les atypiques
EN COUVERTURE
    Fabien Barthez
Des gants de portier au casque de pilote automobile
Pas la peine de refaire le match avec Fabien Barthez tant son crâne chauve a traversé les générations avec désormais cette Coupe du monde 98 idolâtrée... Le divin chauve raccroche définitivement les gants en 2008 pour ensuite embrasser un étonnant virage professionnel. Pourtant logiquement, Fabien Barthez profite de son aura gagnée lors de l’été 98 et intègre l’encadrement de l’équipe de France en devenant conseiller technique des gardiens en 2010. En 2013, il devient directeur général du club de national de Luzenac Ariège Pyrénées qui sportivement gagnera son accès à la ligue mais qui se le verra refuser en raison du manque d’infrastructures... « Fabulous Fab » quitte alors le projet en 2014. En parallèle, le héros de France 98 devient consultant sportif pour débriefer avec ses anciens copains des yeux dans les Bleus. Il multiplie ainsi les formats télévisuels sur TF1 ou encore LCI et Eurosport. Surtout,
Yvan Bourgnon
on lui propose d’intervenir dans Automoto pour parler de son autre passion : le sport automobile pour lequel il n’est pas seulement commentateur mais aussi compétiteur. Il participe à la Porsche Carrera Cup France en 2008 et 2009 et à plusieurs championnats français. Déterminé, notre « portier de coeur » s’inscrit au championnat de France FFSA GT en 2010 et remporte le Gentlemen Trophy avec Gilles Duqueine. Conséquemment à plusieurs victoires, il gagne le Championnat de France FFSA GT 21 et participe l’année suivante aux fameuses 24 heures du Mans. Cette épreuve lui donne de la suite dans les idées. En compagnie de l’ancien pilote de F1 Olivier Panis, il crée une équipe d’endurance en 2016. Cette dernière prend part à l’édition 2018 et termine à la 15e place des 24 heures du Mans et à la 11e position de la catégorie LMP2.
Des traversées de l’extrême jusqu’au sauvetage des océans
Yvan Bourgnon est skippeur mais surtout entrepreneur écolo et gladiateur des mers. Parmi ses hauts faits d’arme, soulignons sa victoire à la Transat Jacques Vabre de 1997 avec son frère cadet, Laurent, depuis tragiquement disparu en mer en 2015.
D’octobre 2013 à juin 2015, il effectue un tour du monde insolite sur un catamaran non habitable de 6,30 mètres, sans GPS, en faisant le point à l’aide d’un sextant et de cartes papier. Après un parcours de plus de 7 500 kilomètres et deux mois sur l’Océan Atlantique et l’Océan Pacifique, en passant par les îles arctiques du grand Nord Canadien, Yvan Bourgnon devient le premier skipper à boucler le passage du Nord-Ouest sur un catamaran de sport en solitaire, sans habitacle, ni assistance. Aujourd’hui, le skipper se prépare avec son fils Mathis Bourgnon pour le record de la Traversée de la Méditerranée qui sera donné le 5 septembre prochain.
En parallèle, Yvan Bourgnon s’est donné la petite mission de dépolluer les océans. Pollution vécue au quotidien en mer. « Cette forme de pollution, j’en ai pris conscience d’abord au cours de mes traversées où j’ai du abandonner entre 20 % et 30 % des courses. Au cours de mes courses transocéaniques en multicoque, j’ai souvent heurté des objets flottants non identifiés. En 2015 encore, le bateau avec lequel je participais à la Transat Jacques Vabre entre en collision avec un container », illustre le skipper.
Et pour mener une action efficace contre la pollution plastique océanique, il crée l’association the SeaCleaners pour lancer la conception d’un quadrimaran géant collecteur de déchets. Un défi d’envergure pour faire face aux 9 millions de tonnes de plastique qui sont déversées chaque année dans l’océan, soit près de 300 kg par seconde.
« Aujourd’hui, nous avons terminé les études de faisabilité. Le défi était de taille car il fallait inventer quelque chose qui n’existe pas, un bateau qui dépollue sans polluer, capable
de dépolluer au large tout en faisant face au manque d’énergie. C’est pour
répondre à ces enjeux que le Manta a été pensé en tant que quadrimaran
hybride, notamment pour passer de 3 à 10 nœuds », précise Yvan Bourgnon. Le Manta sera également capable de collecter, trier, compacter et stocker les déchets, étant muni d’un système de trois tapis roulants géants. Une moisson estimée à 250 tonnes ou 1 200 mètres cubes. Un système de pyrolyse permet de gagner de l’espace et de doubler la capacité de stockage. « Aujourd’hui, nous sommes confiants. Ce n’est plus qu’une question de temps pour trouver nos donateurs afin de lever les 25 millions d’euros nécessaires. 2020 devrait voir le début du chantier de construction », conclut le skipper qui a déjà prévu avec son équipe 200 rendez-vous
d’ici la fin de l’année. Espérons que ce projet, une fois mené à son terme, crée la sensibilisation attendue et de nouveaux projets escomptés.
 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr 29
 Le Saviez vous ?
Qui n’aime pas casser du petit sucre sur les sportifs qui ont plus que bien gagné leur vie au moment où leur placement houleux fait
la Une... La presse nous régale chaque année de placements off- shore et de contentieux avec le fisc. A l’inverse, les fondations et actions caritatives viennent souvent compenser ces placements hasar- deux pour mieux mettre en lumière la philanthropie des sportifs. Cela dit, la presse parle peu d’inves- tissements peu rentables dans lesquels misent certains. C’est le cas de Vikash Dhorassoo ou encore d’Edouard Cissé, deux ex-footbal- leurs qui ont décidé de mettre des billes en 2015 pour accélérer le développement de So Foot à une époque où Franck Annese, selon la légende, avait injecté les modiques 450 euros pour démarrer l’aven- ture. Comme quoi, on peut décider d’investir sans but lucratif, ni visée médiatique...
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[France
SOCIÉTÉ
   Loi “anti fake news”
EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité française, afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
Débats houleux
  La presse, après pro- mulgation de la loi ?
La loi contre les fake news est-elle une fake news elle-même ?
Brexit, et la récente campagne présidentielle hexagonale notamment, ce qui explique également la volonté de li- miter cette loi aux seules périodes électorales –, le texte présenté par le gouvernement présente effectivement des faiblesses. Comme le résume Reporter Sans Frontières : « L’objectif d’empêcher la circulation de contenus ma- nipulatoires n’ayant rien à voir avec le journalisme est
Le premier écueil est de taille : la définition d’« in- formation fausse » est jugée par beaucoup insuffisante ou trop vague. Si, à l’origine, le texte visait à lutter contre « toute allégation ou impu- tation d’un fait dépourvu d’éléments vérifiables de nature à la rendre vraisem- blable », la définition a été amendée par la rapporteuse, Naïma Moutchou : « Toute allégation ou imputation d’un fait, inexacte ou trom- peuse, constitue une fausse information », sachant que pour tomber sous le coup de la loi, cette information doit être publiée dans le cadre d’une diffusion massive et artificielle, qui serait faite par exemple par des contenus sponsorisés ou par des robots. On notera également l’usage du mot vraisemblable, qui en lui-même entraîne toute une série de questions sur les critères à utiliser pour déterminer cette vraisem- blance... « Je pense que cette loi est impraticable à cause de cette définition qui ne voudra rien dire, et qui va laisser tellement d’incer-
vitesse prime sur la qualité, après tout –, les ambitions semblent peu pratiques, voire irréalisables. En effet, il serait possible de saisir la justice en référé, ce qui ne donnerait que 48 heures au juge pour se prononcer sur la véracité de l’infor- mation. Une imprécision pèse d’ailleurs sur qui serait en demeure de le faire, le texte citant « le ministère public ou toute personne ayant intérêt à agir », ce qui laisse la porte très ou- verte. Une mesure « ab- solument impraticable », estimait Basile Adler, et on le comprend quand on voit le temps que prennent certaines procédures... D’au- tant que le retour de bâton pourrait être rapide : toute information n’ayant pas été signalée comme fausse par un juge se verrait légitimée, du moins aux yeux d’une partie de l’opinion.
Et surtout, nombreux sont ceux qui font remarquer qu’il existe déjà, en France, une loi sur le sujet des fausses informations : la loi du 29
susceptible de la troubler, sera punie d’une amende de 45 000 euros. Les mêmes faits seront punis de 135 000 euros d’amende, lorsque la publication, la diffusion ou la reproduction faite de mauvaise foi sera de nature à ébranler la discipline ou le moral des armées ou à entraver l’effort de guerre de la nation. » C’est de cette loi et de ses mises à jour, notamment, que vient la notion de diffamation. Il est vrai que cette loi évoque des « nouvelles », et que le nouveau texte parlerait d’« information » ; mais cela semble une distinction aisément intégrable à la loi déjà existante.
les médias ont Choisi leur Camp Enfin, dernière voix à s’élever dans l’opposition, celle des médias eux-mêmes. Bien que censément épargnés par la loi, qui vise la circulation de textes à caractère ma- nipulateur, le texte tel que proposé ne fait aucune dis- tinction de ce type ; et même si l’intention semble louable, la liberté d’expression et la liberté d’informer sont des sujets plus que sensibles, qui demandent un travail en profondeur. Également débattu : le rôle accru du CSA, qui serait chargé, le cas échéant, de pouvoir « empê- cher, suspendre ou mettre fin à la diffusion de services de télévision contrôlés par un État étranger ». Là encore, les questions abondent, autant sur les modalités pratiques que sur le bien-fondé de cette responsabili.sation... Autant dire que, cet été, les débats risquent d’être longs dans l’Hémicycle.
Par Jean-Marie Benoist
Elle était censée être adoptée au début du mois de juin. Mais, comme le laissait présager l’opposition frontale qu’elle a immédiatement provo- quée, la loi anti fake news n’a pas quitté l’Hémicycle ; au bout de huit heures de débats houleux le 7 juin der- nier, il restait encore nombre d’amendements à discuter, ce qui repousse la potentielle adoption de cette loi au moins jusqu’à juillet. Une issue prévisible, tant les critiques de la loi n’avaient pas mâché leurs mots : « Lorsque le pouvoir commence à définir la vérité, je trouve que la dé- mocratie est quelque part en danger », (Éric Ciotti, LR) ; « D’une lutte de bonne foi contre la véritable désin-
formation, dont peuvent se rendre coupables les médias même les plus présentables, à une censure indirecte, il n’y a qu’un pas qui semble ici allègrement franchi », (Marine Le Pen, RN) ; « Le régime macroniste prétend à présent dire quelle est la vérité dans l’information. Une prétention ridicule et absurde dont le seul objet est de doter le pouvoir de la liberté de désigner, selon son bon plaisir, les menteurs à qui il pourra immédiatement couper la parole », (Jean-Luc Mélenchon, LFI).
Cinq Critiques majeures
Si l’on comprend sans peine le pourquoi de ce texte – les élections américaines, le
Empêcher la circulation de contenus manipulatoires n’ayant rien à voir avec le journalisme est légitime et compréhensible, mais les solutions proposées
pourraient se révéler contre-productives
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JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
légitime et compréhensible, mais les solutions proposées pourraient se révéler ino- pérantes voire contre-pro- ductives. Répondant à une logique d’urgence, le texte a été conçu dans l’urgence, et ne prend pas suffisamment en compte les possibles ef- fets pervers juridiques et politiques, dans un contexte de guerres de l’information menées par des régimes au- toritaires. »
titudes et d’aléas dans un domaine où il faut beaucoup de précaution », indiquait Basile Adler, vice-bâtonnier du barreau de Paris...
trop d’éléments sujets à débat
L’autre élément qui cristallise les opposants est la rapidité espérée du processus. Si, là encore, les intentions sont compréhensibles – nous sommes à une époque où la
juillet 1881 sur la liberté de la presse, dont la mise à jour la plus récente date de l’an 2000. Son texte est clair : « La publication, la diffusion ou la reproduc- tion, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongère- ment attribuées à des tiers, lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été
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ASAC-FAPES est une marque de Fapes Diffusion, 31 rue des Colonnes du Trône - 75012 Paris — Enregistrée auprès de l'ORIAS n° 07 000 759 (www.orias.fr) en qualité de courtier en assurance (catégorie B au titre de l’article L520-1 II du Code des assurances), de courtier en opérations de banque et services de paiement et de mandataire non exclusif en opérations de banque et services de paiement. COMMUNICATION À CARACTÈRE PUBLICITAIRE
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]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[Monde
SOCIÉTÉ
   EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité internationale, afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
Militantisme religieux et environnement
Une foi déjà verte ?
Si la religion semble difficilement s’occuper aujourd’hui de la charge des âmes, elle semble avoir trouvé d’autres terrains de chasse spirituels. Et l’écologie se serait déjà taillé
une place – certes de façon inégale – dans les différentes religions.
par Jurgen Moltmann, un des théologiens protestants les plus reconnus, date de 1989. Mais l’implication des Églises protestantes et ortho- doxes remonte aux débuts de l’écologie moderne : dès la fin des années 60, le Conseil œcuménique des églises, basé à Genève et qui rassemble plusieurs centaines de millions de protestants et d’orthodoxes à travers le monde, a été l’un des pro- moteurs de la réflexion sur le développement durable. Et dès 2006, le «PapeVert»etlepape Benoît XVI déclaraient conjointement considé-
rer « comme un de nos devoirs d’encourager et de soutenir tous les efforts qui sont faits pour protéger la création de Dieu et pour laisser aux générations futures une terre dans laquelle elles pourront vivre ».
les fois
veulent sauver
la planète
Si la position actuelle
de l’Église catholique et de ses consœurs est sans am- biguïté, il faut bien avouer – ce qui aurait tendance à renforcer la thèse de Lynn White – que la plupart des autres religions à travers
bouddhique, qui concerne tous les êtres animés, se soucie non seulement de l’homme, mais des autres êtres visibles et invisibles qui habitent l’univers comme nous-mêmes. L’attitude de la compassion universelle en- globe ainsi le monde animal et davantage encore ». De
de responsabilité envers la nature. Dès les années 80, divers écrits explorent l’as- pect écologique d’un certain nombre de pratiques du ju- daïsme, et dans les années 90, des associations émergent, comme la Coalition pour l’environnement et la vie juive (COEJL, Coalition On
seule voix sur le sujet de l’en- vironnement, et a intégré la sauvegarde de l’environne- ment dans ses doctrines. « Il est indispensable d’adopter une vision sacramentelle du monde, de cultiver un esprit eucharistique, un ethos ascé- tique et une culture de solida- rité, et d’avoir constamment
à l’esprit que tout ce qui fait partie du monde na- turel, qu’il soit grand ou petit, a une importance au sein de l’univers et pour la vie du monde », concluait Bartholomée Ier lors d’une intervention en 2014 à l’Institut catholique de Paris. En pratique, les initiatives se multiplient à tous les niveaux : le 1er septembre est, depuis 2015, une journée de prière pour la sauvegarde de la création pour l’Église catholique, qui se montre de plus en plus vocale dans son sou- tien des initiatives écolo- giques globales, comme les accords de Paris ; l’Église orthodoxe, quant à elle, a créé un comité religieux et scientifique en 1995...
Et à un niveau local, des mo- nastères orthodoxes se sont mis à l’agro-écologie, des églises luthériennes en Alle- magne, Suède et Pays-Bas se sont dotées d’un label écolo- gique... Et surtout, de plus en plus, prêtres, rabbins, imams, etc., sont incités à intégrer l’écologie dans la vie de leur communauté et dans leurs discours. Et cette intégration des bonnes pratiques et des pensées environnementales dans la foi pourrait bien finir par faire pencher la balance. Elle apporte de fait une ré- ponse – certes partielle – à l’un des principaux obstac.les à la progression de la cause écologique : l’implication quotidienne de chacun.
Par Jean-Marie Benoist
On aurait pu se dire que le combat n’était pas gagné d’avance.
Après tout, pendant des cen- taines d’années, la chrétienté a – dans sa majorité – vécu selon l’idée que Dieu avait donné à l’homme domi- nation sur la terre, et qu’il pouvait en faire ce qu’il voulait. D’ailleurs, Lynn Townsend White, historien américain du Moyen-Âge et professeur d’histoire à l’université de Californie à Los Angeles, avait publié en 1967 un article intitulé « Les racines historique de la crise écologique », et jetait le pavé bien au milieu de la mare : il y affirmait que l’interprétation du Livre de la Genèse (versets 1, 27, 28 « Soumettez la terre et do- minez-là ») a conduit à une prédation de l’Homme sur la nature et, in fine, à une crise écologique. Mais il va même plus loin dans sa démons- tration, induisant que les racines historiques de cette crise sont religieuses et – en l’occurrence – judéo-chré- tiennes. Il est vrai qu’on imagine mal une religion animiste louer les excès de la révolution industrielle, mais il faut souligner que l’écolo- gie telle qu’on la comprend aujourd’hui n’existait pas en tant que telle...
la Chrétienté engagée dès
les débuts
(ou presque)
Pour autant, la publication par le pape François de l’en- cyclique Laudato si, sur « la sauvegarde de la maison commune », n’était pas vrai- ment une surprise : l’Église catholique n’a fait qu’emboîter le pas au reste de la chré- tienté. « Le patriarche œcu- ménique Dimitrios adressa le 1er septembre 1989 la toute première encyclique à toutes les Églises orthodoxes dans le monde, où il instituait le premier jour de l’année ecclésiastique orthodoxe comme jour de prière pour la protection et la préser- vation de l’environnement naturel », rappelait le pa- triarche Bartholomée Ier de Constantinople, que l’on
plus, le bouddhisme a partout eu tendance à se superposer à des croyances animistes ou polythéistes locales.
Les deux autres religions du livre, le judaïsme et l’is-
the Environment and Jewish Life) aux Etats-Unis. En revanche, si, philosophique- ment, l’islam prône depuis longtemps qu’il faut – entre autre – éviter les excès, il s’est mis plus tardivement à l’activisme écologique ; par exemple, dans la convention citoyenne des musulmans de France, publiée en juin 2014, un passage traite de la relation à l’environnement et à la bioéthique.
prêCher l’éCologie Aujourd’hui, tout le monde religieux – à quelques excep- tions près, notamment chez certains fondamentalistes aux Etats-Unis – parle d’une
   Le judaïsme et l’islam, ont historiquement une position nettement moins anthropocentrique que ne l’a eue la chrétienté, donnant plutôt à l’homme un devoir
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surnomme le « Pape Vert » en raison de sa défense pas- sionnée de l’environnement. De fait, le premier traité chrétien sur l’écologie, écrit
de responsabilité
le monde l’avaient adoptée depuis longtemps. Selon Philippe Cornu, président de l’Institut d’études boudd- hiques de Paris, « l’éthique
lam, ont historiquement une position nettement moins anthropocentrique que ne l’a eue la chrétienté, donnant plutôt à l’homme un devoir
Les communautés ont-elle eu l’idée de dépolluer les cieux ?
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[L’Oeil décalé
SOCIÉTÉ
   Etude d’un sujet, d’une polémique pour mieux en saisir les enjeux
Les externalités positives après des victoires sportives
Seule la victoire est belle
Remporter la Coupe du monde représente une performance sportive. Mais pas seulement. Alors que les retombées économiques d’une grande victoire demeurent difficiles à évaluer, d’autres impacts positifs, parfois surprenants, peuvent survenir après avoir soulevé la coupe !
l’appel des joueurs en finale, sont sans appel ! – l’ancien Président a su fédérer les Français autour de cette vic- toire. Au contraire, la déroute sportive des Brésiliens lors de leur dernière Coupe du monde a tourné en fiasco politique à cause des coûts élevés et des expropriations consenties pour l’organisation de la compétition...
« Bien qu’il s’en défende, le sport est très souvent politisé. Mais cet impact reste limité dans nos économies occi- dentales, avance Christophe Lepetit. En revanche, il est beaucoup plus important dans d’autres pays monarchiques ou moins démocratiques qui s’en servent pour améliorer leur image ou à des fins élec- toralistes. En Russie, Poutine utilise ainsi les bons résultats de son équipe pour étaler sa puissance mais aussi sa capacité d’accueil. » Proba- blement insuffisant à redorer à lui seul l’image d’un pays pas toujours scrupuleux des droits de l’Hommes, ce soft power peut néanmoins s’in- tégrer au sein d’une of.fensive diplomatique plus globale. Mais avant cela, le onze russe devra se surpasser !
 Par Pierre Havez
Et un, et deux, et trois - zéro ! Chacun se re- mémore facilement ce qu’il faisait le 12 juillet 1998 : la bise de Jacques Chirac sur le crâne chauve de Fabien Bar- thez, la communion populaire sur les Champs Elysées, la France black-blanc-beur et l’euphorie qui accompagna l’été qui suivit la victoire... Il est encore un peu tôt, à l’heure où nous écrivons ces lignes, pour prédire si les Bleus de Didier Deschamps
de licenciés, comme on l’a récemment vu en France, pour le handball ou la boxe, lors des derniers JO. »
Des bienfaits potentiellement renforcés par la dimension internationale et la rareté de la compétition (tous les quatre ans seulement pour la Coupe du monde et les JO), la culture sportive du pays (basket en Lituanie ou football au Brésil, par exemple), ainsi que par l’ « effet star », qui désigne la capacité du ou des
à l’envie de croire que tout est possible. Le phénomène de l’identification fonction- nant sur le principe « ils ont perdu, on a gagné », la vic- toire crée indubitablement un sentiment de bien-être, de réjouissance et de fierté d’avoir participé, même in- directement, à la victoire. « Cela renvoie à la théorie économique du bonheur, qui montre, via des variables intermédiaires, que les phé- nomènes sportifs engendrent
rie s’installent, les Français consomment également da- vantage : lors de l’Euro 2006, par exemple, nous avons observé une accélération desventesdeTVaufuretà mesure des performances de l’équipe de France dans le tournoi. »
Une euphorie qui se concré- tise également en termes démographiques. « Certains économistes se penchent sur la structure des naissances consécutives aux grandes victoires, mais aussi sur celle des prénoms donnés, indique Christophe Lepetit. En cas de victoire, on peut parier sur
un pic des petits Antoine qui naîtront en 2019 ! » Paul et Kylian apprécieront...
réCupération politique
Mais la liste de ces bienfaits encourage certains politiques, avides de prouver leur grinta ou de renforcer la cohésion de leurs concitoyens, à des tentatives de récupération des belles pages sportives du pays. Si Jacques Chirac en a visiblement rajouté lors de la victoire des Bleus de 98 – les images le montrant répéter, avec un décalage certain, le nom des titulaires, lors de
   Les économistes se penchent sur la structure des naissances et des prénoms consécutifs aux grandes victoires. En cas de victoire, on peut parier sur un pic des petits Antoine, Kylian ou Paul qui naîtront vers avril 2019 !
 rééditeront l’exploit de leurs glorieux aînés de 1998. Mais pas de doute : cette victoire ferait un bien fou au moral des Français.
l’ « effet star »
A commencer par celui des supporters les plus fervents et des licenciés. « Les pre- mières retombées touchent la pratique du sport concerné, observe Patrice Bouvet, éco- nomiste du sport à l’Université de Poitier. Quand un sportif ou une équipe nationale gagne ou réalise de bons résultats lors d’une compétition in- ternationale, on constate un bond statistique du nombre
vainqueurs à partager et mé- diatiser leurs exploits auprès du grand public. « En France, le golf reste peu diffusé et ne touche donc que les spécia- listes, poursuit l’universitaire. Mais en judo, le charisme et la manière dont Teddy Ri- ner «joue le jeu» ont permis d’élargir le public concerné par ses performances. »
antoine, paul et Kylian
Plus largement, lorsqu’elle s’investit à fond derrière son équipe, c’est toute une population qui profite ainsi de la joie réservée au vain- queur. Du petit sourire béat
souvent des répercussions sur le moral, voire la santé des gens. On l’instrumentalise, par exemple, pour le sport sur ordonnance », pointe Patrice Bouvet.
Sur le plan moral, ces grands rassemblements permettent aussi de faire communier en- semble des peuples d’origines différentes. « Les effets sont très positifs en matière de vivre ensemble et de cohésion sociale », confirme Chris- tophe Lepetit, responsable des études économiques et des partenariats au Centre de droit et d’économie du sport (CDES) de Limoges. « Et lorsque ces climats d’eupho-
 ROI et événementiel sportif
Un impact économique surévalué
Le CDES a chiffré à 1,3 Md€ les retombées économiques de la réception de l’Euro 2016 de football en France... et de la finale des Bleus ! « Cela représente 0,05 % du PIB national en 2016, c’est très marginal au niveau d’un pays, évalue Christophe Lepetit. Même si, sur le plan territorial, les effets peuvent être plus significatifs en matière d’activité, d’emplois créés, même temporairement, voire d’accès au travail. » Dans tous les cas, ces impacts ne justifient pas, à eux seuls, l’organisation de ce type d’évènements très couteux. « En revanche, il faudrait mettre en place des éléments pour optimiser les retombées économiques : pri- vilégier les emplois et les prestataires locaux, capter au maximum l’attention de la communauté internationale pour prolonger les séjours, créer des offres touris- tiques couplées, etc. », propose l’économiste.
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Le porte-bonheur pour avoir un en- fant en 2019 ?
]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[Prospective
Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau Business vous propose une lecture prospectiviste d'une tendance qui pourrait s'imposer dans le futur.
Droits des robots
Des limites à ne pas franchir
SOCIÉTÉ
   Accorder un statut juridique aux robots dotés d’une intelligence artificielle ? De la science-fiction que certains eurodéputés espèrent voir devenir réalité. Alors que cette proposition a été débattue à Bruxelles au printemps dernier, gare aux dangers que peut induire une telle mesure.
Par Charles Cohen
Avis d’expert : Serge Tisseron, membre de l’Académie des techno- logies, et auteur du Petit traité de cyber-psychologie, pour ne pas prendre les robots pour des messies et les IA pour des lanternes
« Des perspectives vertigineuses sur le plan technologique comme éthique »
   Pourquoi avoir cosigné – avec 200 experts – une lettre pour alerter l’Europe des risques liés à l’attribution d’un statut juridique spécifique à certains robots ?
Il est pertinent d’engager une réflexion sur les droits des robots, tant ils seront amenés à l’avenir à prendre plus d’autonomie et de décisions. Mais aujourd’hui, nous en sommes encore très loin ! Cette proposition récemment débattue à Bruxelles repose sur une surestimation des capacités actuelles des robots. C’est pourquoi il ne serait pas judicieux d’accorder une personnalité juridique aux modèles actuels, encore archaïques. Au risque de tom- ber, sinon, dans un engrenage : si nous attribuons déjà des droits aux robots actuels, quels seront-ils demain avec des modèles bien plus perfectionnés ? Pour éviter cette surenchère, il convient de différer cette réflexion à un moment plus opportun : lorsque les robots seront construits en partie via des matériaux biologiques, et non plus seulement inertes comme aujourd’hui. Laissons
la robotique faire des pro- grès qui pourraient d’ail- leurs être entravés par
l’adoption l’heure – juridique.
– bien d’un tel
avant statut
indirectement aux gros fabricants déjà installés, davan- tage en mesure d’y cotiser, et non les nouveaux entrants sur le marché.
Accorder des droits aux robots ouvre aussi de nou- velles interrogations d’un point de vue philosophique ou psychologique...
Des perspectives en effet vertigineuses ! Car quels cri- tères seront alors pris en compte pour accorder de tels droits ? La capacité des robots à marcher ? A parler ? Face aux modèles multiples existants, difficile de déci- der lesquels auront – ou pas – des droits. Avec le risque de les diviser en deux catégories, les « supérieurs » et les « inférieurs ». A l’image des animaux ! En distinguant les animaux domestiques, cajolés et humanisés, de ceux des abattoirs élevés pour être mangés, l’être humain a perdu toute capacité d’appréhender, dans sa globalité, sa relation à l’animal. Un écueil à ne pas reproduire avec les robots : pour comprendre notre relation particulière avec les machines, ne les morcelons pas en plusieurs catégories, au risque de complexifier la donne. Après tout, les humains – malgré leurs différences – ne sont pas censés, eux, avoir des droits distincts ! Ma dernière crainte est bien sûr d’ordre psychologique : si un robot a un statut de « personne », les humains les plus fragiles, comme les seniors, risquent encore plus de croire que ces machines auraient de véritables émotions, qu’elles simuleront d’ailleurs toujours mieux. Avec comme dan- ger de se laisser manipuler par ces engins avant tout
guidés par des programmateurs... •
Comment, exactement ?
Si accorder un statut légal aux robots doit garantir l’in- demnisation des victimes en cas de dommages, et ce, via la création d’un fonds dédié, cela n’est pas sans risque. Et pour cause : le seul moyen d’améliorer une innovation est justement de s’interroger sur la cause de ses dysfonc- tionnements. C’est ainsi que progresse la R&D ! Or en créant un tel fonds d’indemnité, on évite les expertises qui aideraient à déterminer l’origine des accidents et ain- si d’identifier les responsabilités éventuelles, notamment celles du constructeur. De plus, un tel fonds profiterait
La double nationalité pour le robot conçu dans un pays mais assemblé dans un autre ?
 Pour aller plus loin, quelques références culturelles
Ce futur où cohabitent avec grande difficulté humains et robots inspire, depuis plusieurs décennies déjà, de nombreux films ou livres cultes. Tour d’horizon :
-Terminator : Ce must de la science-fiction américaine a marqué toute une génération. Et ce, en retraçant l’histoire d’un robot humanoïde, envoyé d’un futur où les machines livrent aux humains une guerre sans mer- ci. Sa mission : éliminer Sarah Connor, mère du futur chef de la résistance.
-Blade Runner 2049 : Si cette suite du film de Ridley Scott, a trouvé un accueil mitigé en salles, peut-être faudra-il attendre plusieurs années –comme le pre- mier opus d’ailleurs – pour qu’elle s’impose comme un
film culte. Car l’un comme l’autre dépeignent avec brio ce monde apocalyptique où les humains cherchent à mater des robots androïdes en pleine révolte.
-Les cavernes d’acier : Écrit par Isaac Azimov, auteur majeur de science-fiction américain, ce livre décrit un monde futuriste où les robots ont un rôle prééminent. Résultat: une peur panique à leur égard s’installe parmi les humains dans ce récit jalonné de scènes d’émeutes anti-robots.
-Real Humans : Cette série suédoise retrace un monde proche du nôtre, où les «hubots» (human robots) res- semblent aux êtres humains qu’ils remplacent dans les tâches domestiques. Cependant, certains androïdes – peu satisfaits de leur condition de machines – cherchent à gagner leur liberté...
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]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  Le carnet des nominations
en partenariat avec
uAnAhitA MAuritius
Cyril Bougaux
est nommé directeur de la Communication et des Relations Publiques
u BPi grouP
Olivier Lajous, 63 ans, Ecole de guerre (1992) est nommé président du directoire
uFeu Vert (BPiFrAnce)
Thierry Sinquin, Sciences Po Paris, master
économie
a été promu président
uFiduciAl oFFice solutions (grouPe FiduciAl)
Jean-Yves Sebaoun, 56 ans, master business management - HEC (1984)
est nommé directeur général
uFondAtion AlliAnce FrAnçAise Michel Doulcet, 71 ans, diplômé de Sciences
Po Grenoble
a été nommé président
ugrouPe Bouygues
Arnauld Van Eeckhout, 60 ans, DEA droit
social, DESS de fiscalité
est promu secrétaire général
uoBserVAtoire de lA resPonsABilité sociétAle des entrePrises (orse)
Hélène Valade, 50 ans, IEP Paris (1991)
est élue président
urAdio FrAnce
Xavier Domino, 39 ans, ENA (2007) est nommé secrétaire général
uréseAu entrePrendre Olivier de la Chevasnerie, 52 ans est promu président
u ViPAris
Pablo Nakhlé-Cerruti, 34 ans, Ecole de guerre
économique (2005)
est promu directeur général
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NOUVELLES DES INCUBATEURS
 MonacoTech, troisième promotion
Ouvert en juin 2017 par Monaco Telecom, l’incubateur Mona-
coTech s’apprête à
recevoir son troi-
sième cru composé
de sept start-up.
L’incubateur mo-
négasque est dédié
notamment à la ville et aux énergies intelli- gentes. Les 120 nationalités présentes sur le Rocher ne peuvent que favoriser l’échange et le débat d’idées. Le MonacoLab Program propose de tester en accéléré une technologie ou une solution à l’échelle d’un pays.
 L’incubateur des politiques pu- bliques de Sciences Po
Le 7 juin dernier, à l’incubateur de Sciences Po Paris, vingt élèves de l’Ecole d’affaires publiques et de l’Ecole 42 ont proposé des solutions à des projets sociaux et solidaires. Les projets ont tous pour finalité première de repenser le bien commun. Parmi les propositions, on peut retenir la promotion de la consommation responsable dans la grande distribution, l’amélioration de la qualité
de vie pour
les familles
parisiennes
ou encore la
facilitation de
l’accès aux
droits sociaux, notamment en ce qui concerne les prestations familiales. Le Centre pour l’en- trepreneuriat et le Programme Sciences Po Entrepreneurs concourent au développement d’une vingtaine de start-up par an, ce qui paraît correspondre à l’air du temps puisque 80 % des diplômés boudent la politique et se destinent dorénavant au monde de l’entreprise.
 The Corner à Landerneau
Fin septembre 2018, dans le manoir de Ke- randen fraîchement rénové, ouvrira un nou- vel espace de travail
qui accueillera des
start-up dont les pro- jets portent sur la culture, l’art, l’inno- vation et l’entrepre- neuriat. L’équipe de The Corner souhaite
mettre en place des résidences d’artistes et travailler avec les collèges et lycées alentour. Le bâtiment en pierre du XVIIe siècle sera le témoin de la transition numérique accessible à tous.
DU BON USAGE DES « APPLIS »
 HandiMOOC, formation pour l’emploi des handicapés
Lancé le 4 juin dernier, HandiMOOC est le premier outil gratuit en ligne pour aider les handicapés à trouver un emploi. Les MOOCs (Massive Open Online Courses) permettent aux personnes handicapées de penser la place du handicap dans la
construction du pro-
jet professionnel. Les
cours en ligne aident à
la rédaction du CV, à la
manière d’y indiquer les
problèmes rencontrés et
les compensations pos-
sibles. La formation dis-
tille de précieux conseils
quant à l’entretien d’embauche et les différentes manières de communiquer autour du handicap. Toutes les personnes handicapées en recherche d’emploi, de stage ou d’alternance peuvent bé- néficier de l’appui de HandiMOOC.
 Rendr réinvente le tourisme
Avec les technologies numériques, Rendr trans- forme les smartphones en machine à remonter le temps. La réalité virtuelle permet désormais de s’immerger dans une ville. La VRLib sert de guide dans une ville, reconstruit les façades ou les fait
tomber afin
de pouvoir
apercevoir les
trésors qui se
cachent der-
rière elles.
Le service
VisionR per-
met de se projeter grâce à des lunettes dans le futur urbain d’une ville, par exemple une fois les travaux d’urbanisme achevés. Rendr permet d’effectuer des visites virtuelles pa- trimoniales, comme l’actuelle inaccessible Palmyre. En France, l’application VRLib est en fonction au Touquet et à Alençon. Rendr organise un sondage en ligne afin concentrer son développement sur les villes où la demande est la plus forte.
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant l’entrepreneuriat, picorés de-ci de-là
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JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
   France Barter, le troc entre entreprises
Sans sortir de trésorerie, 1 500 TPE et PME échangent conseils juridiques, salles de réunion, bâtiments, création de signalétique ou de sites Internet, édition de documents... L’échange interentreprises en BtoB développé par France Barter permet d’intégrer un ré- seau d’affaires,
de développer
la clientèle tout
en optimisant la
production. Sur
la plateforme,
les entreprises
indiquent les
services qu’elles
sont en capacité de troquer. Les échanges se font grâce au Barter Euro, une monnaie virtuelle ou plutôt une unité d’échange interne. Il est possible de profiter d’un tirage de brochures à des centaines d’exemplaires à condition de rendre service à une autre entreprise. Au lieu de produire toujours plus, il s’agit de valoriser les actifs inutilisés de l’entre- prise. Avec France Barter, l’économie collaborative est réellement mise au service des entreprises.
MODE DE VIE
 Gymlib ou le sport en entreprise
« Levez ! Baissez ! Maintenant, on va faire l’autre paupière », souriait Coluche à propos de la Gym Tonic chez nos voisins helvètes. La start-up Gymlib vient de lever 10 millions d’euros pour intégrer
le sport dans les entreprises. En 2013, la start-up permettait aux particuliers de ré- server une séance dans une salle de sport voisine. Désormais, dans
800 villes de France, 30 000 salariés s’inscrivent dans une infrastructure sportive via la plateforme. Sans engagement, ni contrat, ni contraintes, 2 000 salles proposent leurs services. De plus, Gymlib met en place sur demande un corporate wellness program pour les salariés.
 BabyCoach au service des salariés sur- menés
Toute jeune start-up lancée en septembre 2017, Baby- Coach met en relation les parents et les professionnels de la petite enfance, facilite le retour à l’emploi après un congé paren-
tal, propose des
solutions adaptées
pour équilibrer la
vie privée et la vie
professionnelle.
Depuis janvier
2018, BabyCoach
s’étend au monde
du travail pour
mieux comprendre la journée de la famille en en- treprise. Par ailleurs, il est possible que dans une démarche qualité et bien-être au travail, l’entreprise
offre les services de BabyCoach à ses collaborateurs.
 Chief Digital Officer, un métier d’ave- nir
Le directeur de la transformation digitale ou, dans la novlangue actuelle, le CDO (Chief Digital Officer) pourrait bien devenir le rouage essentiel des entre- prises. Le manager-technicien est le profil le plus recherché dans les grandes entreprises (85 % d’entre elles ont embauché un CDO). Avec la révolution du numérique dans les années 2000, mais surtout depuis 2015, la transformation digitale des entreprises est réelle. Le CDO porte plusieurs casquettes et c’est pourquoi sa place
est stratégique.
Il est capable
d’analyser des
données, d’inciter
les équipes à pas-
ser au digital, de
communiquer à
l’externe comme
à l’interne, de gérer le budget car la transformation digitale a nécessairement des répercussions sur le chiffre d’affaires de l’entreprise. Les TPE et PME se passent encore très bien de directeur de la trans- formation digitale. Les épiciers et les garagistes font encore parfaitement bien leur métier avec des fiches en cartons et un crayon gris sur l’oreille. La création d’un poste de CDO ne se pose que pour que les grandes entreprises. 90 % des entreprises du CAC40 font appel à un CDO. Mais, là encore, l’épicier et le garagiste du quartier ne sont pas cotés en Bourse...
       avec
CDroitaubut?
’est la Coupe du monde de
football.
Vu de ma lucarne, l’événement vaut davantage par l’euphorie collective qu’il suscite que par les prouesses du terrain. Que les (a)mateurs de ce sport me pardonnent si mes métaphores restent basiques.
Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises est dans une passe décisive. Nous avons donc questionné les entrepreneurs sur certaines mesures de ce futur PACTE. Pas de carton rouge.
La dématérialisation des procédures de création d’entreprise est bien perçue. Pour 79 % des patrons, la mise en place d’un guichet unique électronique est une bonne chose et ils sont plus de la moitié (60 %) à penser qu’il va même accélérer
les procédures administratives. Pour autant, près d’un sur deux craint que cette dématérialisation n’accroisse le risque d’erreur administrative. D’où la nécessité, selon 94 % des sondés, de le doubler d’un accompagnement humain (du rôle également indispensable des arbitres qui mouillent le maillot sur le terrain, non ?).
83 % d’entre eux se déclarent favorables à la création d’un registre unique des entreprises.
Leur position est plus flottante sur le gel des obligations liées au dépassement des seuils d’effectifs. Question de taille : les entreprises de dix salariés et plus apparaissent davantage en demande de simplification et pour 33 % d’entre elles, la mesure aura un impact positif. Enfin, le développement des dispositifs
d’incitation à l’investissement des salariés suscite l’adhésion de la quasi- totalité des dirigeants, et ce quelle que soit la taille de l’entreprise.
Cela étant, et nos indicateurs globaux en témoignent, il faudra sans doute encore jouer les prolongations pour que la croissance, et avec elle la confiance, repartent durablement à la hausse.
Béatrice Genoux Planneur stratégique CCI France
Retrouvez l’intégralité des résultats de la Grande Consultation sur www.grandeconsultation.fr
  JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
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Jugement de valeurs
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
     Cédric Ternois
Président de Jalix
L Pour être serein au bord de la piscine cet été
’été est arrivé et comme chaque année, vous ne couvrez souvent que partiellement il lance le bal des congés d’été. les risques. C’est la raison pour laquelle Nous nous réjouissons tous de prendre les entreprises externalisent de plus en plus
quelques jours de congés après des mois de labeur. Nous nous imaginons déjà siroter d’excellents cocktails au bord de la piscine. Les congés sont par essence synonymes de repos et de détente et pourtant c’est aussi souvent synonyme d’un pic de stress pour les patrons de PME lorsque le collaborateur qui s’occupe de l’informatique ou le collaborateur clé dans l’équipe informatique (il y en a souvent un) annonce qu’il part pour trois semaines faire un trek à l’autre bout du monde... On entend alors souvent cette petite phrase du dirigeant, non sans une certaine fébrilité : « Quel beau projet personnel, cela vous fera beaucoup de bien de profiter de vous, mais au fait, juste au cas où ... comment fait-on s’il y a un problème informatique ? »
C’est une situation que l’on redoute tous en tant que dirigeant, mais aussi lorsque l’on est cette personne clé au sein du service informatique, et croyez-moi, cela fait des années que je fais des audits de système d’information (eh oui, je ne suis plus vraiment un « rookie »)... Cette situation est loin d’être un cas isolé ! D’ailleurs, étonnamment, même de grandes entreprises sont concernées.
Pas de panique, il existe des solutions ! Globalement, il y a deux approches.
Soit on le gère en amont, c’est-à-dire que l’on évite justement de se retrouver dans telle situation, en faisant en sorte que votre précieux... SI (Système d’information) ne repose plus que sur les épaules d’une seule personne. Je dois être honnête avec vous, si cela n’a pas été déjà fait pour cette année, il va falloir passer au plan B...
Soit on passe au plan B, et finalement les deux cas reposent souvent sur une même solution : l’externalisation partielle ou complète de la gestion de son SI, ce que l’on appelle infogérance.
Depuis des années, les dirigeants d’entreprise réalisent qu’il devient coûteux, et surtout inutile, d’avoir des serveurs dans les locaux de l’entreprise. C’est très coûteux, car il faut aménager une salle informatique, bien climatisée, avoir un secours électrique (onduleur, groupe électrogène), prévoir des serveurs de secours, externaliser au coffre les sauvegardes... mettre en place un plan de reprise d’activités (PRA) et malgré tout cela,
l’hébergement de leurs serveurs et de leurs applications, le Cloud étant d’ailleurs un type d’externalisation.
Alors pourquoi ne pas appliquer la même approche d’externalisation pour la gestion du SI?
Les sociétés qui proposent de tels services sont désormais très flexibles et savent proposer des solutions sur mesure, soit en externalisation complète (remplaçant l’équipe interne) mais aussi en externalisation partielle (en collaborant avec l’équipe interne). L’externalisation du SI (infogérance) a plusieurs avantages majeurs.
Premièrement, ce n’est plus une personne qui gère le SI mais une équipe de plusieurs personnes, ce qui permet de pallier les problèmes d’absences, comme les congés d’été mais aussi en cas de maladie, ou d’accident. Deuxièmement, il est très difficile pour une seule personne d’être compétente sur toutes les technologies, de plus en plus pointues. Si vous avez dans votre équipe cet « oiseau rare », soignez-le bien car il sera surement très sollicité par des cabinets de recrutement. Par contre, si vous optez pour l’infogérance, ces sociétés vous garantissent de mettre à disposition l’expert du sujet pour chaque demande.
Troisièmement, cela permet d’étendre les services, en amplitude horaire par exemple... car certains ont bien essayé de faire travailler H24 7j/7 leur informaticien, mais cela s’appelle de l’esclavage... qui a été aboli depuis plusieurs siècles. Si si je vous assure ! C’est aussi l’occasion de professionnaliser le service offert aux collaborateurs en termes d’assistance informatique et avoir des vrais niveaux d’engagement : sous quel délai un incident est traité par exemple, d’avoir un vrai pilotage du SI (budget, type d’incident...) ce qui est rarement le cas dans les PME.
Alors, pour siroter avec délectation et sérénité votre Spritz au bord de la piscine cet été, pensez à l’infogérance... et que les informaticiens des PME se rassurent, l’infogérance partielle (ou ponctuelle) est un bon dispositif qui permet de passer de meilleures vacances et évite de faire un trek avec un téléphone satellite et un PC portable dans le sac à dos.
Bonnes vacances à tous.
 FINANCE ET LEGISLATION
 Nouvellesolutiondigitaledefinancement court terme pour le e-commerce
Proposé par BNP Paribas Factor, filiale de BNP Paribas, One2Fin permet aux e-commerçants de raccourcir les délais de paiement de leurs factures et de bénéficier des gains liés à leur vente,
dès la réception du bon
de commande. One2Fin
simplifie également les
processus comptables
entre les e-commerçants
et les marketplaces.
Entièrement digitalisée
et automatisée, One2Fin
s’appuie sur BNP Pari-
bas Factor, qui assure le financement, la gestion et le traitement des factures. Dans un premier temps, les plateformes de e-commerce (ou places de marché) contractent un contrat cadre avec BNP Paribas Factor. Puis, via l’interface web dédiée, les e-commerçants ayant souscrit à un contrat One2Fin sélectionnent les ventes dont ils souhaitent recevoir le paiement anticipé. Sur cette interface, ils pourront alors visua- liser le statut des demandes de financement ainsi que l’ensemble des opérations de financement effectuées. « Nous sommes sans cesse à l’écoute du marché et les besoins de nos clients sont au cœur de nos préoc- cupations et de notre transformation numérique. En proposant un produit pour les places de marchés et les e-commerçants nous marquons à nouveau notre soutien toujours plus grand au financement de l’éco- nomie réelle », souligne Bozana Douriez, Directrice Générale et Administratrice de BNP Paribas Factor. Enfin, One2Fin s’inscrit dans une démarche RSE puisqu’elle permet aux places de marché d’éviter une dégradation de réputation en cas de paiement trop tardif. Cette solution permet ainsi de sécuriser et de pérenniser l’activité de l’ensemble de l’écosystème : e-commerçants et places de marché.
 Le baromètre des PME+
Le cabinet de conseil KATALYSE et Bpifrance ont rendu public le 31 mai dernier le sixième baromètre portant sur les PME de croissance. Les PME+ sont des entreprises ayant connu une croissance rapide de leur effectif ou de leur chiffre d’affaires dans un intervalle de deux à cinq ans. En 2017, le baro- mètre dénombre 67 566 PME de croissance qui se répartissent de ma-
nière homogène sur
le territoire. Si beau-
coup de start-up sont
encore situées en Île-
de-France, cette ré-
gion ne dispose pas du
monopole des PME+.
Sur les 4,4 millions
d’entreprises françaises, 280 621 sont des PME. A noter également que 28 % des 67 566 PME+ connaissent une croissance annuelle de plus de
  38
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
Pratiques numériques
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
40 %. Le commerce, la construction, l’industrie et les technologies sont les secteurs d’activité où on trouve le plus de PME+, même si leur répartition sectorielle est plutôt équilibrée. Les répercussions sur la croissance française sont donc loin d’être négligeables. Les PME de croissance sont dynamiques et servent de modèle aux en- trepreneurs qui se lancent.
 L’arrondi ou le microdon
La start-up sociale microDON propose aux salariés de faire un don depuis leur salaire net à payer. En fin 2017, 293 entreprises, soit 161 290 salariés, ont opté pour l’arrondi sur salaire. Avec un don moyen de 2,52 euros par salarié, la start-up a recueilli plus de 762 500 euros en 2017. Paris, les Hauts-de-Seine et les Yvelines sont les trois départements les plus généreux. L’arrondi sur salaire a
permis de soutenir 101 actions d’as- sociations d’intérêt général avec en tête des actions sociales (37 %) et des projets portant sur la santé et le handicap (30 %). Pour les particuliers, il est désormais éga- lement possible d’effectuer un don à la caisse de certaines grandes
enseignes. Que ce soit directement sur le salaire ou à la caisse de Sephora ou encore de la Biocoop du quartier, 100 % du don est reversé à l’association partenaire.
CLUB ENTREPRENDRE
   avec
  Ce n’est pas si compliqué d’être un bon manager !
Combien de fois vous êtes-vous dit : ‘’Pourquoi mon salarié ne m’écoute pas ? Comment m’y prendre pour être entendu ?’’
Très schématiquement, le cerveau est en 3 parties : Reptilien (survivre, manger,
se loger), Limbique (ressentir, vivre en groupe), Cortex (réfléchir, se réaliser) ; elles fonctionnent en ‘’étage’’. Si le Reptilien ne se sent pas bien, impossible de passer au Limbique ; et si le Limbique ne se sent pas bien, impossible de passer au Cortex. Autrement dit, vous l’avez compris, si je ne me sens pas en sécurité au travail, je ne peux pas me mettre à ressentir et encore moins à réfléchir correctement. Je fonctionne alors en mode ‘’automatique’’.
Ainsi, votre salarié a d’abord besoin de se sentir en sécurité au travail (Reptilien), puis accepté et reconnu par le ‘’groupe’’ c’est-à-dire ses collègues et son patron (Limbique), pour pouvoir se mettre à réfléchir et être performant (Cortex).
Dans votre management quotidien, mettez votre salarié à l’aise sur le plan ‘’émotionnel’’, il sera bien plus performant ! Cela implique d’être à l’écoute, passer du temps à saluer et prendre des nouvelles, et surtout ne pas être agressif comme nous le voyons trop souvent. L’agressivité verbale - au hasard une remarque sèche sans chercher à savoir ce qu’il s’est passé - bloque votre salarié à l’étage Reptilien (réflexe de protection, survie). Dans le prochain numéro, nous verrons comment garder son salarié au niveau ‘’Cortex’’.
   JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr 39
Mon RH me dit que...
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
     Donner les vêtements invendus
Il apparaît aussi absurde de jeter des vêtements invendus et neufs que de mettre de l’eau de javel sur les denrées encore comestibles des supermarchés. Depuis le 23 avril, au lieu de détruire les stocks de vêtements et conformément à la « Feuille de route pour une économie 100 %
circulaire » mise en place par le
gouvernement, il faut s’assurer que
« les invendus de la filière textile
ne soient ni jetés, ni éliminés ». En
Europe, 4 millions de tonnes de
vêtements sont jetés tous les ans.
Les 50 mesures proposées par le
gouvernement pour mieux produire, mieux consommer et mieux gérer les déchets peuvent rester des flots de paroles ou se réaliser dans les faits. Il semblerait que ce soit à l’Etat d’impo- ser une réglementation stricte pour lutter contre le gaspillage.
 Corinne Duplat, administratrice de la FFF
Le 19 avril 2018, lors de l’assemblée générale de la Fédération française de la franchise (FFF), Corinne Duplat a été élue administratrice au sein du Collège franchiseurs. Corinne Duplat reste directrice générale de Les menus services, service de repas auprès des personnes âgées (depuis 2003, 57 unités franchisées).
 19 et 20 juillet 2018
West Web Festival : sur le site des Vieilles Charrues à Carhaix (Finistère) et en partenariat avec le festival, le West Web propose une plongée au cœur du digital via conférences et ateliers. Sont attendus les patrons France et Europe d’Amazon, Google et Qwant.
 Salon Créer, 10 & 11 septembre 2018, Lille, Grand Palais
La région Hauts-de-France organise à Lille la 12e édition du Business Power, l’événement pour tous les entrepreneurs. Pour concrétiser et développer les projets, dans la zone STARTER ou la zone BOOSTER, 12 000 entrepreneurs, 140 exposants et 1 000 experts seront présents.
 Nantes Digital Week, du 13 au 23 septembre 2018 (lieux emblématiques de la ville)
Pour la 5e édition, Nantes Digital Week regroupe tous les acteurs des cultures numériques. La Digitial Week propose plus de 100 rendez-vous, expositions, débats, ateliers, concerts... De plus, l’événement est éco-responsable et sensibilise au zéro gaspillage alimentaire.
 Salon Réunir, 20 & 21 septembre 2018, Paris, Carrousel du Louvre
Depuis 1986, un salon pour les salons, une plateforme qui aide à la création d’événements et à l’organisation de manifestations professionnelles. 500 établissements seront présents lors de la 24e édition du Salon Réunir pour offrir le meilleur du séminaire, du congrès et de l’incentive.
 Mondial de l’Auto - Paris 4 au 14 octobre 2018 - Paris Expo Porte de Versailles
Le salon - qui fêtera ses 120 ans cette année - comprendra cette année deux nouveautés avec Le Mondial de la Tech réservé aux professionnels et celui de la Mobilité qui proposera toutes les nouvelles solutions de mobilité, en plus du retour du Mondial de la moto.
Si plusieurs constructeurs ne viendront pas, il n’en demeure pas moins incontournable avec la majorité des grands noms de l’automobile qui ont confirmé leur présence, et qui en profiteront pour dévoiler leurs nouveautés. www.mondial-paris.com
 Sommet International de l’Intelligence artificielle - Sophia Antipolis, 7 au 9 novembre 2018 Cet événement - qui se déroulera sur le territoire de la Technopole pour les conférences thé- matiques en journée et au Palais des Congrès de Juan-les-Pins pour deux soirées grand public - réunira le monde académique et celui de l’entreprise ainsi que les meilleurs spécialistes à l’attention des chercheurs, entreprises, partenaires économiques étudiants et
grand public. Sophia-summit.fr
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          Frédéric Rey-Millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
Pourquoi nous sommes devenus champions du monde de football A(ou nous le serons bientôt) ?
u moment où j’écris cette chronique, l’équipe de France de football vient de se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe
du monde.
Quand vous lirez ces quelques lignes, vous constate- rez qu’elle est championne du monde, et que je vous l’avais annoncé trois semaines plus tôt !
Pourquoi ? Comment l’équipe de France est-elle devenue la meilleure équipe du monde ?
Pour trois raisons :
Premier point, Didier Deschamps a de la chance. Et la chance ce n’est pas quelque chose d’inné, c’est quelque chose qui s’acquiert.
Comme le dit si bien mon ami et confrère Philippe Gabilliet, la chance c’est gagner des concours de cir- constances. Ce qui fait la force de cette équipe c’est que les joueurs sont au service les uns des autres. Le collectif prime, même s’il y a de belles individualités, tel Mbappé ou Antoine Griezmann.
Tous les joueurs ont décidé d’être une chance les uns pour les autres. Et rappelez-vous le parcours exceptionnel de Didier Deschamps et de la chance dont il a bénéficié. Vainqueur de la Coupe d’Europe avec Marseille en 93, champion du monde en 98, champion de France avec Monaco, avec Marseille... Cet entraîneur-là transmet une énergie, et partage sa chance avec ses joueurs.
Deuxième point, Didier Deschamps et ses joueurs ont toujours partagé une vision optimiste dans l’avenir. C’est assez contre contre-intuitif dans notre culture française, râleur et jamais satisfait, toujours enclin à voir
le mauvais côté... l’équipe de France et son entraîneur y ont toujours cru, même quand les autres n’y croyaient plus, et l’avantage dans cette démarche, c’est que l’op- timisme est contagieux et transcende le collectif.
Troisième et dernier point, et non des moindres, Didier Deschamps fait autorité. Tout le monde se rappelle la pitoyable épopée des Bleus en 2010, et l’affaire du bus à Knysna, le management du Basque lui évite de tomber dans des situations de ce type. Il fait autorité, non pas par sa force, non pas par un management dictatorial, mais tout simplement parce qu’il est crédible. Il est cré- dible parce qu’il transmet sa confiance aux joueurs. Amusez-vous à le regarder au bord de la touche. Il est calme, encourage ses joueurs et transmet de la sérénité.
En conclusion, si cet article, qui se veut une prophétie autoréalisatrice, ne correspond pas à la réalité, parce que nous ne sommes pas champions du monde, peu importe. La volonté sans faille de Deschamps, son envie de progresser, nous amèneront certainement à être champions du monde dans les prochaines années. Excellent été !
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Save the dates
Manager n’est pas jouer !
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                          7•8•9 NOVEMBRE 2018 SOPHIA-ANTIPOLIS
DES SESSIONS SCIENTIFIQUES ET TECHNIQUES
DES CONFÉRENCES CITOYENNES DES MASTER-CLASSES UN SPECTACLE DES RENDEZ-VOUS ENTREPRISES
SOPHIA-SUMMIT.FR
                                                                                                                                                                                        Adobe stock
]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre, en rapport avec l’innovation et l’entrepreneuriat
IA et nouveaux modèles d’affaires
La révolution ne fait que commencer
    Attention aux cli- chés... Les médecins seront plus impactés que les infirmières par l’IA.
L’intelligence artificielle est en train de changer de fond en comble les modèles d’affaires – et elle n’en est qu’à ses débuts.
Par Jean-Marie Benoist
Il suffit de jeter un coup d’œil à la presse – spé- cialisée ou non – pour
se rendre compte que l’in- telligence artificielle est clairement le sujet du mo- ment. Entre le foisonnement d’initiatives plus variées les unes que les autres, les prises de position gouvernemen- tales, les paris pris par les Gafa et les BATX (pour les géants chinois Baidu, Ali- baba, Tencent, et Xiaomi), on a l’impression que l’IA s’immisce partout. Et ce n’est, de fait, pas qu’une impression. L’intelligence artificielle est en train de révolutionner le monde, et notamment les entreprises et la façon même dont elles envisagent le concept de valeur.
Si l’IA occupe aujourd’hui les devants de la scène, ce n’est pas le fait du hasard. Car l’intelligence artificielle n’est pas nouvelle : elle existe
depuis au moins 50 ans. « La combinaison de trois facteurs a fait l’émergence de l’IA : l’augmentation du volume des données et l’Internet des ob- jets, le développement continu d’algorithmes, et surtout une augmentation exponentielle de la puissance de calcul dis- ponible », estime Loïc Voisin, en charge de l’innovation, du marketing stratégique et de la performance pour Suez. « En combinant tout cela, on arrive à répondre à des défis nouveaux, alors qu’auparavant on dispo- sait d’approches nettement moins définies. » D’une cer- taine façon, on pourrait dire que l’IA a dépassé un seuil critique : si auparavant les prévisions sur les avancées à venir péchaient par opti- misme (il a fallu 40 ans et non dix pour qu’une IA batte un humain aux échecs), on a plutôt l’impression que c’est aujourd’hui l’inverse, et que les experts pèchent par prudence...
révolution à tous les niveaux
« L’IA, c’est avant tout une boîte à outils ; c’est ce qu’on fait des outils qui va créer la valeur », souligne Antoine Imbert, en charge de l’en- tité Insight and Data pour Capgemini en France. En simplifiant, l’intelligence
des tâches, en ouvrant de nouveaux canaux de com- munication comme des chat- bots avec leurs clients... « Les systèmes de machine learning remplacent non seulement les algorithmes plus anciens dans de nom- breuses applications, mais ils sont maintenant supé- rieurs aux humains dans nombreuses tâches », estime Erik Brynjolfsson, directeur de l’initiative sur l’économie digitale du MIT. « Bien que les systèmes soient loin d’être parfaits, leur taux d’erreur –environ5%–surlabase de données ImageNet est égal ou supérieur à la per- formance au niveau de l’être humain. La reconnaissance vocale, même dans les en- vironnements bruyants, est maintenant presque égale à la performance humaine... » Et la deuxième serait « faire autrement » : c’est, par exemple, le passage à une maintenance prédictive chez certains industriels, ou encore la création de nouveaux ser- vices et de nouveaux revenus avec l’IA. « Cela consiste, par exemple, à passer d’une logique de produit à une logique de services, comme Airbus le fait avec Skyways, qui est basé sur la récolte des données », explique An- toine Imbert.
Et ces services reposent au-
Imbert. Et la nouveauté, c’est qu’on passe d’une logique d’hypothèse à une certaine objectivité reposant sur les données collectées ». Et ces données ne sortent plus d’un système déclaratif, ce qui renforce encore leur aspect « véridique ».
l’ia à toutes les sauCes
Les exemples d’applications sont légion, et il arrive sou- vent que des idées se dé- bloquent en cascade. Par exemple, Suez multiplie les capteurs dans ses réseaux d’eau et dans ses camions. « En sus de récolter des in- formations directement liées à l’activité – taux de remplis- sage des bennes, itinéraire optimal... – qui permettent d’optimiser la collecte et, de façon plus générale, la filière de traitement, ces capteurs peuvent également fournir des données liées au trafic routier, à la qualité de l’air... », souligne Loïc Voisin. À l’échelle d’une ville ou d’un territoire, on arrive ainsi à des systèmes très complexes, générant beaucoup de données, mais où les cas d’usages se multi- plient. Par exemple, Suez a récemment pris en charge le pilotage du réseau d’eau de la ville de Singapour, avec un double objectif à la clé : éviter les inondations qui jusqu’à récemment mena- çaient régulièrement la ville, grâce à un pilotage diffus du réseau et des données prédictives sur les marées, la météo, etc. ; et, en même temps, garantir sa qualité. Inutile de préciser qu’un service tel qu’« éviter les inondations » est une nou- veauté majeure... « De façon générale, l’IA, appliquée à des réseaux complexes, va
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JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
artificielle est en train de révolutionner les modèles d’affaire de deux façons dif- férentes. La première pour- rait être résumée par « faire mieux, différemment » : c’est ce que font la majorité des entreprises, en automatisant
jourd’hui beaucoup sur l’in- dividualisation. La personna- lisation est – du moins pour l’instant – un des principaux axes d’application de l’IA. « L’idée est de cibler, de fa- çon très fine, les préférences de chacun, résume Antoine
Faire mieux, différemment
 ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
 apporter des changements majeurs, estime Loïc Voisin. Elle nous permet d’aller sur de nouveaux secteurs d’activité. Nous venons, par exemple, de remporter un contrat à Dijon, qui est le premier au monde concernant le pilotage global des flux au niveau de l’aggloméra- tion dijonnaise : trafic, eau, échanges publics... C’est un gros contrat, signé avec des partenaires (Bouygues, EDF...), et qui inaugure un nouveau modèle d’affaires : l’optimisation des perfor- mances à l’échelle d’une ville. »
as above, so below
En bon ingrédient alchimique moderne, cependant, l’in- telligence artificielle-pierre philosophale ne fait pas que révolutionner l’univers ex- térieur à l’entreprise, mais opère les mêmes transfor- mations dans son univers intérieur, où elle consiste aujourd’hui surtout en des solutions et des outils très liés à la notion de productivité. « On peut discerner trois niveaux : remplacer, assis- ter, et augmenter », estime Cécile Dejoux, professeure des Universités au CNAM et directrice du Learning Lab Human Change. « Dans le premier, l’IA peut rempla- cer l’homme pour certaines tâches. Dans le deuxième, elle peut aider les mana- gers à être plus efficaces. Et dans le troisième, elle permet de faire des choses nouvelles. » Les exemples abondent d’utilisation de l’IA selon ces trois angles. Par exemple, beaucoup de systèmes de prise de ren- dez-vous sont pris en charge par des IA, avec des agendas partagés ; il existe nombre de solutions d’aide à la gestion de projet, qui reposent sur de l’intelligence artificielle ; et on commence à voir ar- river, dans les entreprises, des systèmes de coaching reposant sur de l’IA, qui de- vraient permettre de fournir un coaching individualisé... Les parallèles entre extérieur
et intérieur ne s’arrêtent pas là. De la même façon que l’individualisation de la re- lation au consommateur est une tendance majeure, l’in- dividualisation de la relation au collaborateur grâce à la data va devenir le nouveau standard. Avec, à la clé, de nombreux enjeux : le bien- être au travail, l’intégration, le e-learning... Sans oublier, côté face, l’amélioration des processus rendue possible grâce aux données collectées. « L’alliance de l’intelligence artificielle avec l’Internet des objets et la robotisation ouvre la voie à quantité de nouveaux services, et per- met de repenser la chaîne de valeur », souligne Cécile Dejoux. Par exemple, on peut accélérer la robotisa- tion et garder les collabora- teurs sur les tâches à vraie valeur ajoutée... Attention
est capable d’apprendre de façon autonome, et culti- ver ses soft skills... » Par exemple, être capable de gérer une situation où il y a des incertitudes, ou encore aléatoire, ou complexe. L’IA est en effet très efficace sur des domaines très spéci- fiques, mais l’improvisation n’est pas (encore) une de
ce qui est nécessaire pour la développer et la mettre en œuvre dans les processus de base d’une organisation matricielle. »
Trois problèmes majeurs se posent cependant. Le premier est que plus une IA est effi- cace, moins elle est visible – et plus on risque d’oublier
d’attentes irréalistes, sou- ligne Erik Brynjolfsson. Nous voyons des plans d’affaires généreusement saupoudrés de références au machine learning, aux réseaux neu- ronaux et à d’autres formes de technologie, mais qui pré- sentent peu de liens avec les capacités réelles de l’IA. Le simple fait de dire qu’un site
Les cas d’usages sur cet axe sont très nombreux. Le deuxième est l’optimisation de la performance des ac- tifs : usines, réseaux... Et le troisième est la création de nouveaux business et de nouveaux partenariats. Le contrat remporté à Dijon en est un exemple. »
La nature des partenaires est en effet de plus en plus variée : instituts de recherche, agglomérations, industriels, start-up, voire un mélange de tous. C’est non seulement assez nouveau, mais cela pose plusieurs difficultés nou- velles. La première est qu’il faut prêter particulièrement attention à bien équilibrer le partenariat, en fonction des forces, faiblesses et fonctions de chacun. Il faut également définir la gouvernance de ce type de partenariat, ce qui est plus facile à dire qu’à faire : par exemple, il faut résoudre les questions de l’appartenance des données, de propriété intellectuelle... Et là-dessus, l’Europe a un léger avantage sur les masto- dontes américains, qui se montrent moins à l’aise dans ces partenariats horizon- taux. Et la France, même, se trouve plutôt bien placée. « Il y a trois endroits dans le monde où il faut être pour travailler sur l’IA, et Paris est l’un d’entre eux », souligne Loïc Voisin. L’écosystème français, qui mélange la re- cherche, les grands groupes et des start-up, est très actif, et possède un certain nombre d’atouts, notamment son im- plication continue dans les algorithmes. En témoigne la création de l’Institut Prairie, qui a fait suite au rapport Villani sur l’intelligence artificielle, et qui a réuni de nombreux acteurs : les Gafa, Suez, l’Inria, Micro- soft, le CNRS... Un mélange de recherche, de public, de privé, d’acteurs historiques
 Il va falloir avoir plusieurs niveaux d’expertise, savoir apprendre vite, de façon autonome et cultiver ses soft skills...
 ses forces. À moyen et long terme, cela va vouloir dire repenser non seulement son modèle d’affaires, mais aussi ses métiers, et en dévelop- per de nouveaux fondés sur l’idée de complémentarité entre ce qu’apporte l’IA et
qu’elle est là, ce qui pose un problème pour l’élaboration des interactions homme/ machine. « Un deuxième problème est que l’abondance de coaching individualisé sur tous les sujets – travail, santé, bien-être, sport... – pourrait
de rencontres est «alimenté par IA», par exemple, ne le rend pas plus efficace, mais cela pourrait aider à la col- lecte de fonds. » Il importe donc de bien faire attention avec qui on décide de se lancer dans l’aventure... et comment. « Comme pour tout projet, il faut se poser la question du ROI », sou- ligne Antoine Imbert. Car se lancer dans l’intelligence artificielle a un coût, non seulement financier, mais aussi humain (en termes de recrutement ou de formation, par exemple).
Par ailleurs, il est tout aussi dommageable de partir sur une logique très planifica- trice, avec en tête un unique objectif. « L’IA reste encore, par nature, très exploratoire : on ne sait jamais vraiment exactement ce que l’on va trouver, continue Antoine Imbert. Il faut donc pouvoir être suffisamment flexible pour se réorienter le cas échéant. » Et surtout, il faut réussir, une fois que l’on a trouvé, à passer à l’échelle...
Tout cela demande une or- ganisation interne solide. « Nous avons ainsi défini trois axes prioritaires, explique Loïc Voisin. Le premier est la relation et l’expérience client : par exemple, utiliser de plus en plus le mobile comme plateforme, ou en- core des portails web, des plateformes e-commerce...
  La robotique relève encore aujourd’hui de l’ordre de l’exploratoire.
cependant : s’il est vrai que ce sont, en général, les em- plois les moins qualifiés qui seront le plus impactés, il faut bien faire attention au contexte. Dans celui d’un hôpital, le radiologue sera plus influencé par l’IA dans son travail quotidien que les infirmières. Tout cela va forcément impliquer les postes, et donc les profils requis. « Il va falloir avoir plusieurs niveaux d’exper- tise, et savoir apprendre vite, souligne Cécile Dejoux. Et il faudra aussi montrer qu’on
ce qu’apporte l’homme. L’un des défis actuels est l’hybri- dation des compétences : il ne faut pas que l’intelligence artificielle soit le domaine réservé de quelques spécia- listes. « La connaissance de l’IA est insuffisamment décentralisée dans la plupart des grandes entreprises », souligne Olaf Erichsen, Ma- naging Director et cofon- dateur de Heldenkombinat GmbH. « À l’heure actuelle, seules quelques personnes comprennent vraiment les avantages réels de l’IA et
mener à une société basée sur l’assistanat, avec le dan- ger de perdre une partie de ses compétences », estime Cécile Dejoux. En enfin, le troisième problème est de comprendre quelles sont les bonnes données et les biais de l’IA, afin de pouvoir au mieux interagir avec elle.
savoir (plus ou moins) où l’on
met les pieds
« Comme tant d’autres nou- velles technologies, cepen- dant, l’IA a généré beaucoup
du secteur e.
arrivants, comme il sied à un projet sur l’intelligence artificielle.
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
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t de nouveaux
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Dans cette rubrique EcoRéseau Business met à l’honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu’il (elle) a un profil atypique,
parce que son entreprise évolue dans un secteur unique ou parce qu’il (elle) a eu l’idée de sa boîte d’une manière peu conventionnelle
Saïd Hammouche, entrepreneur social dans l’âme
Déconstruire les stéréotypes par le recrutement
   Lutter contre les discriminations à l’embauche, tel est le leitmotiv de Saïd Hammouche, un homme aussi dynamique qu’engagé. Parce qu’il est convaincu que la diversité est une force, et que l’ascenseur social ne doit pas rester bloqué, il est à l’origine d’un cabinet de recrutement hors du commun.
Par Ariane Warlin et Chloé Cénard
tout aussi important d’être opérationnel. On ne peut pas se contenter de com- menter des statistiques ou de regretter des difficultés. Je suis fier d’observer que notre engagement apporte aujourd’hui quelque chose de nouveau sur le marché fran- çais. » Force est de constater qu’il ne fait pas partie de ceux qui condamnent les injustices depuis les beaux quartiers sans lever le petit doigt. Habitant de Bondy depuis toujours, cela fait une décennie qu’il se retrousse les manches, avec la satis- faction d’avoir aidé 5 000 personnes à s’intégrer, parfois dans de grandes entreprises du CAC 40. Il se souvient notamment d’un candidat dont il s’était occupé dès la première année : « Il avait une culture générale très satisfaisante et un bon ni- veau académique, mais était discriminé en raison de ses origines sociales et de son lieu d’habitation. C’était d’autant plus criant qu’il évoluait dans la finance, autrement dit un secteur extrêmement fermé, où la recommandation est très importante. On a réussi à convaincre une entreprise de lui accorder sa confiance, et aujourd’hui, il est associé dans un fond d’investisse- ment. Il fallait juste le pré-
senter à la bonne personne afin qu’il puisse tracer sa propre voie. » Précisément, pour que ces jeunes ne soient pas trop « marqués » par leur envi- ronnement, et donc tenus à l’écart, Mozaik RH leur pro- pose des ateliers de coaching et de mentoring et même un soutien pour prendre plus aisément la parole en public. Le cabinet a essaimé dans toute la France grâce aux antennes de Lyon, Nantes, Toulouse et Roubaix. L’équipe compte aujourd’hui 35 col- laborateurs.
un futur prometteur
Saïd Hammouche ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Sa lutte contre les inégalités est loin d’être terminée. Il veut continuer à servir l’inté- rêt général coûte que coûte. Désormais, l’activité est bien installée et mise sur le digital. Il vient d’ailleurs tout juste de lancer diversifiervostalents. com, en partenariat avec le groupe Accenture. Grâce à un algorithme, cette plateforme permet de mettre en relation candidats et recruteurs.
A terme, Saïd Hammouche n’exclut pas de.travailler avec les pouvoirs publics pour faire évoluer les modes de recrutement.
   Après un BTS ac- tion commerciale, il comprend rapi- dement que sa vocation se trouve dans les ressources humaines. « Pendant mes études j’ai eu la chance de faire plein de petits bou- lots. Cela m’a permis de me rendre compte de ce que peut être le marché du travail, ses exigences, ses difficul- tés et surtout, d’identifier différentes organisations professionnelles. J’ai été animateur en centre aéré, ouvrier sur des chantiers, employé chez Quick ou en- core pion dans un lycée. Ca m’a donné une conception très précise du marché de l’emploi », explique-t-il. Le jeune homme décroche une maîtrise de gestion des res- sources humaines puis un DESS de développement économique et social. Il par- vient ensuite à intégrer l’Edu- cation nationale et devient fonctionnaire, mais choisit de renoncer à son confort pour monter le projet qui lui tient à cœur.
faire ConfianCe aux « jeunes des banlieues »
Partant du constat que l’image des jeunes de banlieues est souvent dégradée, négative
et très éloignée de la réalité, Saïd Hammouche crée, en 2008, Mozaïk RH, le premier cabinet de recrutement de jeunes diplômés issus de la diversité. « Je me suis dit qu’il fallait miser sur les jeunes de 18 à 25 ans. Il y a énormément d’énergie positive, de volonté de s’en sortir, de s’émanciper, et une capacité à travailler
jeunes dont elles ont besoin. Il s’agit dans un second temps de valoriser des opportunités de recrutement en faveur de populations qui ont moins de chance que les autres. Grâce à la pratique intensive du judo et des cours donnés à des plus jeunes, il réalise qu’il est important de se concentrer sur la question
les entreprises sont livrées à elles-mêmes lorsqu’elles doivent recruter. Je constate un manque évident de forma- tion, ce qui donne lieu à de nombreuses discriminations. Un cercle fermé se forme si bien que ce sont toujours les mêmes qui sont sélection- nés », déplore-t-il. Et toujours les mêmes qui restent « sur
 “Le grand drame en France c’est que les entreprises sont livrées à elles-mêmes lorsqu’elles doivent recruter”
 remarquable mais les em- ployeurs ne voient pas ça. C’est une population dont on ne parle pas, à tel point qu’on a le sentiment qu’en banlieue et de manière gé- nérale sur les territoires défavorisés, il y a surtout des jeunes à problèmes. C’est cette image que je voulais casser », raconte-t-il. Dans cette démarche de décon- struction des stéréotypes, il s’identifie volontiers comme un entrepreneur social, déter- miné à trouver des solutions efficaces. Dans une société où l’accès à l’information est, de manière générale, très inégal, Mozaik RH aide les entreprises à identifier les
de l’accompagnement des jeunes issus de quartiers défavorisés. Son cheval de bataille est de lutter contre les inégalités à l’embauche.
développer la ConfianCe des entreprises depuis dix ans
Saïd Hammouche a en effet pu constater à quel point un grand nombre de postes sont trop souvent fermés aux profils dits « différents ». D’où son souhait de mettre en place des solutions pour les accompagner vers un système de recrutement plus diversifié. « Le grand drame en France c’est que
le carreau ». Pour changer le cours des choses, il lutte avec patience et détermi- nation depuis presque dix ans. L’objectif de son com- bat : gagner la confiance des entreprises et leur prouver que ses jeunes ont autant de capacités que les autres.
plus de 5 000 jeunes ont été aidés
Saïd Hammouche tire un bilan très positif des an- nées passées à prospecter les entreprises et valoriser les jeunes : « A titre personnel, c’est important d’avoir un point de vue par rapport aux discriminations, mais c’est
trophees-optimistes.fr
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Les parcours varient parfois en fonction des stéréotypes...
                ]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[Serial-entrepreneur, Denis Fayolle fait
partie des ambassadeurs des Rebondisseurs Français, initiative qui promeut la valorisation du rebond des entrepreneurs français. Ayant lui-même connu plusieurs échecs qui ont failli l’écarter du chemin entrepreneurial, il livre son approche de l’échec et du rebond.
par d’autres beaux projets issus de ce modèle comme Habiteo, Adrenaline Hunter ou encore Singulart. « En revanche, je me suis dit qu’il faillait que j’apprenne de cet échec de sorte à ne pas le reproduire. » L’entrepreneur s’intéresse alors de près aux mécanismes qui font que deux personnes s’en- tendent, au-delà même d’un projet professionnel mais dans une association ou une amitié. « Je me suis rendu compte que ce «fit» que je recherchais était basé sur des valeurs communes et du coup j’ai intégré dans mon process de constitution d’équipe de m’assurer que les valeurs de l’associé que j’al- lais chercher correspondent aux miennes. » L’entrepreneur va même plus loin et, au lieu d’aller chercher deux associés pour leurs compétences opé-
sortir de soi
A l’entendre l’échec est une vertu. « Aujourd’hui on pro- meut beaucoup le succès, mais ce qui est intéressant c’est que derrière tous les succès il y a des échecs. Il n’est pas suffi- samment valorisé aujourd’hui en France alors que moi je le valorise énormément. » L’en- trepreneur en veut pour preuve que lorsqu’il recherche de nou- veaux associés il cherche des profils qui ont déjà créé une entreprise. De fait, cette pre- mière entreprise est souvent un échec. « Ils ont du coup été confrontés à la difficulté, ils ont appris beaucoup de chose sureux-mêmes.L’échecestà mes yeux un des plus grands enseignements. » L’entrepre- neur cite d’ailleurs cette célèbre phrase de Nelson Mandela, « je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ». « En ayant monté 15 start-up j’ai appris énormément de choses que je n’aurais jamais apprises si je n’avais pas connu ces échecs. Cela permet de sortir de soi, de regarder en arrière et d’accepter qu’il y a quelque chose que l’on n’a pas vu. » Si l’échec est très valorisé aux États-Unis, Denis Fayolle trouve qu’il y a encore des efforts à faire en France. Il prône un changement d’état d’esprit.qui passe par des réseaux qui vont valoriser l’échec, à l’instar des Rebondisseurs Français.
 Par Nicolas Pagniez
Avant de lancer le site lafourchette.com avec le succès qu’on lui connaît, Denis Fayolle a créé deux start-up. La seconde s’est d’ailleurs soldée par un échec qui a eu pour effet de lui faire remettre en question son choix de vie entrepreneuriale. « Je me suis beaucoup interrogé, explique-t-il. Je n’étais plus sûr de vouloir continuer dans la voie entrepreneuriale alors que je cherchais à construire ma vie sur le plan personnel. Je suis donc parti vers le sala- riat dans un premier temps. »
les raisons d’un éCheC qui de- viennent les ingré- dients d’un suCCès Fort de son réseau auprès d’entrepreneurs ou aspirants entrepreneurs, Denis Fayolle ne reste finalement pas longtemps dans cette configuration et se relance rapidement dans une troisième aventure, sollicité par trois porteurs de projets afin de créer une plateforme dans la restauration : lafourchette. com. Pour autant, pas question pour l’entrepreneur de refaire les mêmes erreurs que lors de son dernier projet : « Si ma première entreprise a plutôt bien marché je trouvais qu’il manquait des compétences commerciales. Cela s’est encore plus vérifié avec la deuxième
où je m’étais associé avec un génie du marketing mais il nous manquait encore à tous les deux ces compétences de vente. » Un échec qui lui fait dire qu’il doit s’associer avec des person- nalités complémentaires à la sienne. « C’est ce qui m’a plu dans le projet La Fourchette. Les trois associés avaient des profils commerciaux et travail- laient déjà dans la restaura- tion. Ils avaient donc déjà des contacts de restaurateurs, ce qui constituait un énorme ac- célérateur du projet. Pour ma part j’apportais la dimension Web, technique et marketing, ce qui créait une vraie com- plémentarité ! » Est-ce que cela a suffi à ne plus connaître l’échec ? « Non, répond-t-il, je suis entrepreneur depuis 18 ans et j’ai créé 15 entreprises. J’ai été confronté à la nécessité de rebondir dans les échecs évidemment mais aussi dans les succès. » Dans le cas de La Fourchette par exemple, le cofondateur se souvient du moment où il travaillait sur l’acquisition de trafic et le développement des partena- riats. Alors qu’il discute avec un gros partenaire français avec qui les discussions étaient bien avancées, il apprend que celui-ci accompagnera en fait son concurrent pour des rai- sons politiques. « Je risquais de perdre le partenariat, du
coup dans l’après-midi même j’ai contacté 30 autres parte- naires. Six mois après j’avais signé les deux tiers des parte- naires que j’avais contactés ce jour-là ce qui m’a finalement permis de récupérer le premier partenaire. En somme, l’échec de ma stratégie initiale m’a complètement libéré et a eu un impact énorme ! »
dans les locaux de l’entreprise pour venir en aide si besoin. Un modèle qu’il a bien failli ne pas continuer suite à l’échec d’une start-up avec laquelle il souhaitait disrupter le main- tien à domicile des personnes âgées. « Nous devions lever un million d’euros le mardi à midi et la veille nous avons appelé les investisseurs pour leur expliquer que nous arrêtions
CLUB ENTREPRENDRE
 Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique, qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l’avenir
Denis Fayolle et lafourchette.com
« L’échec, un de mes plus grands enseignements »
      En somme, l’échec de ma stratégie initiale
m’a complètement libéré et a eu un impact énorme
 un serial entrepre- neur n’a pas que des suCCès
Au-delà de l’aventure La Fourchette, Denis Fayolle a commencé à entreprendre à 24 ans. Toutes les entre- prises n’ont pas été des succès – « Certaines n’ont duré que trois mois ! » – mais toutes ont conduit à des remises en question bénéfiques. Suite à l’aventure La Fourchette il décide de lancer un nouveau modèle d’entrepreneuriat. Il travaille sur des projets, les lance avec des associés fon- dateurs opérationnels qu’il choisit puis laisse la barre à ces derniers même s’il reste au board et physiquement
le projet. » La raison ? « Les deux fondateurs opérationnels ne s’entendaient pas. » Un échec qui a conduit le serial entrepreneur à remettre en question son modèle. « Cela a été un moment dur, nous avions travaillé dessus pendant neuf mois et nous avons dû tout arrêter. Je me suis beaucoup demandé si mon approche était pertinente, si je devais arrêter ou changer. Il a fallu que j’arrive à apprendre de cet échec. »
CherCher des va- leurs Communes
Il en faut cependant plus pour arrêter Denis Fayolle qui décide finalement de continuer, motivé
rationnelles et les rassembler autour d’un projet, cherche à présent le premier associé qui va à son tour chercher le deuxième. « Ainsi le deuxième associé vient aussi pour le premier, ce qui est logique puisque ce sont eux qui vont travailler ensemble dans la même aventure entre cinq et 30 ans. Il est donc primordial qu’ils s’entendent ! »
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L’échec est bien souvent une marche vers le succès.
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 ]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Baromètre de l’innovation
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les innovations du moment, picorés de-ci de-là
Le verbatim à retenir...
La formule sacrée du positivisme : l’amour pour principe, l’ordre pour base, et le progrès pour but
Auguste Comte, philosophe français
    Le monde ne sera plus jamais comme avant...
Les innovations BtoB en bref...
MONTPELLIER, BIENTÔT CAPITALE FRANÇAISE DES HEALTHTECH ?
Début juin, la bannière de la préfecture de l’Hérault flottait haut à Boston, théâtre du salon Bio Interna- tional Convention et énorme pôle de biotechnologies outre-Atlantique. Ainsi, sous l’appellation Montpellier Capital Santé, Montpellier Métropole a marqué l’évé- nement de son empreinte. Il faut dire que les nouvelles technologies liées à la santé – et notamment l’innovation médicale – sont un sujet prégnant pour la ville qui a fait de la filière un axe important
du développement de son tis-
su économique. Montpellier
mise en effet beaucoup sur
la pérennisation de start-up
locales pour devenir à son
tour un pôle de compétitivi-
té majeur sur le domaine des
HealthTech. Lors de ce salon, Montpellier Métropole a emmené dans ses bagages plusieurs jeunes entreprises locales. Objectif de la collectivité : favoriser les passe- relles entre les entreprises d’innovation sanitaire locales et Boston et, à terme, les échanges économiques. « Le bilan de cette mission est très positif : nous devions dé- velopper l’image santé du territoire montpelliérain à l’in- ternational et nous avons réussi », s’est félicitée Chantal Marion, vice-présidente de la métropole de Montpellier, en charge du développement économique. Chacune des start-up héraultaises a cumulé entre 20 et 60 ren- dez-vous en marge de la convention.
QUALCOMM ET FRANCE BREVETS, MARIAGE DE RAISONS
Entreprise locomotive des technologies sans-fil, le Ca- lifornien Qualcomm a signé un accord de coopération avec la société France Brevets, dont la fonction consiste à valoriser et donner un cadre
juridique aux innovations
technologiques à fort poten-
tiel en Europe, pour in fine
faire du Vieux continent un
endroit fertile pour la 5G. Via
cet accord, France Brevets
et Qualcomm ont un but com-
mun : permettre l’échange de
technologies relatives au secteur de la 5G, et booster l’innovation des PME. Ce partenariat d’innovation tech- nologique ouverte sera financé par le géant américain sur une durée quinquennale. Via un partenariat parallèle, Qualcomm a signé une licence mondiale payante pour l’usufruit de certains brevets émanant de France Bre- vets.
   SINGAPOUR
  La prothèse du futur
Des roboticiens de l’université nationale de Singapour sont en passe d’amener la
prothèse pour amputés et mutilés à un niveau jamais atteint. En effet, ils ont pro-
totypé une prothèse sensible aux signaux sensoriels et, par extension, à la douleur.
Les personnes bénéficiant d’une prothèse étant dépourvues de nocicepteurs, ces
signaux qui renvoient au cerveau la sensation de douleur, le risque d’endommagement de la prothèse était accru lorsque celle-ci était en contact avec des objets brûlants, par exemple. Les scientifiques ont ainsi imaginé un organe artificiel doté d’un derme électronique multicouche, qui reproduit à sa ma- nière l’organisation biologique naturelle des récepteurs de la main. Relié au système nerveux du sujet, ce système sensoriel est à même de transmettre les informations au cerveau. Fort d’un algorithme lui octroyant une capacité de réflexe, la prothèse se veut également intelligente : si elle entre en contact avec un objet dangereux, la main est en capacité de lâcher ce dernier avant même que le cerveau du sujet en ait manifesté la volonté.
                                FRANCE
 Nouveau cap pour l’innovation en France
 C’est lors d’un déplacement à l’Institut de recherche de Metz courant juin que le Pre-
mier ministre Edouard Philippe a peaufiné la stratégie gouvernementale en matière
d’innovation. Pour chapeauter le Grand plan d’investissement (GPI) lancé à la rentrée
2017, Edouard Philippe a placé à la tête de son comité de surveillance Patricia Barbizet. L’investissement est une notion ô combien familière pour cette dernière, puisqu’il
s’agit de l’ancienne directrice générale du fonds Artemis, société d’investissement ap-
partenant à la famille Pinault. La mission de ce comité ? Tel le conseil de surveillance
d’une multinationale, il devra vérifier que les flux d’argent provenant du GPI sont bel et bien utilisés à des fins liées à l’innovation au sens large (formation, financement de technologies de rupture, etc.) et remonter les informations aux parlementaires. En parallèle, Edouard Philippe a également instauré un Conseil pour l’innovation, dont la mission consistera à aiguiller la politique d’innovation. La première réunion est prévue pour le 19 juillet. Ce conseil, qui comportera des membres du Secrétariat général pour l’investissement, et des représentants d’entreprises, sera piloté par le ministre de l’Economie et par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Enfin, toujours dans cette volonté marquée de mettre en place une politique de promotion de l’innovation, Matignon veut multiplier les passerelles entre la recherche et l’entreprise, en boostant la création d’entreprises basées sur des innovations puisant leur origine dans le monde de la recherche. Pour ce faire, a été annoncée la mise en place d’un fonds «French tech seed», à hauteur de 400 millions d’euros, voué à prendre part dans les levées de fonds de start-up provenant des organismes de recherche.
         ETATS-UNIS
             L’impression 3D pour le cyclisme
                                                     Objet de tous les fantasmes et espoirs depuis le début des années 2000, l’impression 3D
vient de franchir un nouveau palier, grâce à une start-up américaine du nom d’Arevo.
La jeune société californienne va peut-être redistribuer les cartes dans le domaine de
la production de cadres carbones pour vélo, historiquement onéreuse et de fait basée principalement en Asie. Arevo vient en effet de produire son tout premier vélo dont le cadre en carbone, matériau très prisé des amateurs de deux roues puisqu’il est à la fois léger et robuste, a été fabriqué via une impri- mante 3D. La méthode d’Arevo se base sur l’exploitation de filaments de fibre de carbone déposés par un bras automatisé et muni d’une tête d’impression. Pourquoi produire des cadres carbones de vélo en tridimensionnel ? Ce procédé permettrait dans un premier temps de réduire les défauts de fabrication, un fléau dont le secteur souffre encore aujourd’hui. A terme, l’idée est bien sûr de permettre aux fabri- cants mondiaux de relocaliser leur production. Enfin, cette technologie, une fois pleinement maîtrisée pourrait permettre la démocratisation du vélo dit « sur-mesure ».
                               48 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Baromètre de l’innovation
L’entreprise du mois
Bostik et sa glue photoactive
Filiale d’Arkema, célèbre groupe chimique basé à Colombes (Hauts-de-Seine), Bostik s’est spécialisée dans les adhésifs. Elle peut potentiellement faire le bonheur des bri- coleurs avec son nouveau bébé : une technologie de glu grand public qui fonctionne
grâce... à la lumière. En effet, finis les tubes de colle où l’on s’en met plein les doigts. Le nouveau tube Bostik est pourvu à une extrémité d’un embout classique, et à l’autre d’une petite lampe LED dont la propriété est de solidifier en quelques secondes à peine la glu photoactive. Cette technologie, brevetée par la marque, a un nom : le Shadow curing. Le concept ? Les molécules solidifiées au bord de l’objet à rafistoler vont transmettre leur réaction chimique jusqu’au cœur de la glu, là où la lumière ne passe pas. La technologie fonctionne sur tous types de matériaux.
L’innovation autrement
Dépasser les limites de la blockchain
NeuroChain, start-up créée au premier trimestre 2018 dans les Hauts-de-Seine, s’est fixé comme objectif d’ouvrir les champs d’exploitation de la fameuse tech- nologie de stockage et de transmission d’information au profit des entreprises.
La jeune pousse compte parmi ses fondateurs le spécialiste du big data Frédéric Goujon. La technologie NeuroChain consiste à faire communiquer entre eux des bots, opération censée accoucher d’un partage d’informations rapide et peu lourd en calcul. Ce réseau interconnecté de bots représente ainsi un écosystème d’intelligences artificielles col- lectives, leur permettant « d’inter-échanger » efficacement de façon mutuelle. NeuroChain, dont l’effectif se compose d’une quinzaine de salariés, table sur le double voire le triple d’ici la fin d’année, et a opéré une levée de fonds dès sa création. L’idée étant de proposer une offre BtoB. Comment ? En réunissant « des entreprises qui créent de la valeur en partageant l’information. Par exemple sur la performance de prestataires de logistique, sur la qualité de CV, sur les profils de clients », note Frédéric Goujon. La première version utilisable devrait voir le jour début 2019.
La rupture du mois
La start-up qui va froisser les géants des tâches ménagères
Le constat fait par Rohan
et Trevor, deux jeunes en-
trepreneurs londoniens,
est sans équivoque : « Le
repassage, ça craint. »
Fastidieux mais non moins
primordial pour quiconque
se veut élégant, l’acte qui
consiste à défroisser ses
vêtements avant de les porter est en effet long, rébarbatif et peu épanouissant. Mais le temps consacré à repasser ses chemises avant un rendez-vous pourra peut-être bientôt être mis à profit pour une activité bien plus ludique ou enrichis- sante. « Ne repassez plus jamais », telle est la promesse faite par les deux compères, qui ont lancé HelloEffie, une société dont le bébé pourrait bien changer la vie de beaucoup de ménages. Effie, c’est le nom de la machine, propose en ef- fet de repasser pas moins de douze pièces en simultané, en trois minutes. Il suffit pour cela de disposer ses vêtements, préalablement mis sur cintre, sur un rail, et de sélectionner son programme. Actuellement en développement grâce à une levée de fonds, Effie, qui se présente comme un gros radiateur à portes coulissantes, devrait bientôt voir le jour, selon les fondateurs. Plus d’infos : http://helloeffie.com
     JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[ Le tour du monde de l’innovation
Entertainement
Le virtuel au service
de l’expérientiel
Des instruments de musique en impression 3D, des jeux vidéos en streaming, des séries 100 % immersives... Tous les moyens sont bons pour révolutionner, partout dans le monde, l’univers du divertissement. Avec des concepts innovants toujours plus bluffants dans ce secteur à la pointe de la créativité.
Par Charles Cohen
CANADA
Une application pour les DJ en herbe
Remixer tout ou partie de morceaux connus ou non depuis sa base de données ou tout autre support. C’est la vocation de l’application canadienne Indiloop qui s’appuie sur un procédé simple. Tout d’abord, choisir un morceau entier ou des parties instrumentales de celui-ci et les faire glisser dans un remix dédié. L’utilisateur peut ainsi agir sur cet extrait à sa guise : le découper, dé- placer, modifier le volume, la tonalité... sans oublier l’ajout d’autres sons pour composer le dernier tube à la mode ! Intuitive, l’application permet à chacun de laisser libre cours à sa création à condition d’avoir une bonne connexion Internet et l’envie de « trafiquer » un peu les sons. Idéal pour les DJ en herbe !
ÉTATS-UNIS
Des jeux vidéos en mode Netflix
L’ère du streaming et de l’abonnement n’épargne pas les jeux vidéos.
Un créneau sur lequel surfe, outre-Atlantique, Electronic Arts, qui lance cet été un service innovant baptisé Origin Access Premier. Pour 14,99 euros par mois, il permet aux abonnés de visionner ou télécharger avant la date de sortie officielle les nouveautés de l’éditeur – Fifa 19, Anthem ou Battlefield V... –, et d’accéder en illimité et instantané à un catalogue d’une centaine de jeux plus anciens. En France aussi un tel business s’avère juteux, surtout pour la start-up Blacknute qui s’impose comme le Netflix hexagonal des jeux vidéos. D’ailleurs, son homologue dans le septième art n’est autre que la start-up e-cinema.com qui a lancé sa toute nouvelle plateforme de vidéos à la demande made in France. Dès fin 2018, elle proposera tous les vendredis des longs métrages jamais sortis en salles.
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STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Passage en revue des innovations mondiales sur une thématique particulière
ROYAUME-UNI
Comment connecter les pros de la musique
Les pros de la musique ont enfin leur marketplace. La start-up britannique Music Gateway connecte les acteurs d’une telle industrie complexe via une plateforme qui leur est 100 % destinée. Non seulement celle-ci leur permet de se rencontrer, se promouvoir mais aussi de gérer de A à Z des projets collaboratifs résultant des rencontres avec les autres professionnels du réseau en ligne. De quoi faciliter la recherche de nouveaux talents partout dans le monde, en permettant à ces derniers de mieux se faire connaître des grands labels. En quelques mois d’utilisation, la plateforme a su glaner 10 000 utilisateurs !
FRANCE
Des becs de saxophone en impression 3D
Qui a dit que l’innovation n’existait que du côté de la musique électronique ? Certainement pas Syos, start-up qui réinvente les instruments de musique en misant sur l’impression 3D. La start-up a travaillé la structure des becs de saxophone, réalisés avec des imprimantes 3D, afin qu’ils puissent sculpter une esthétique sonore spé- cifique, indépendamment du matériel via lequel ils sont construits. Ainsi, les différentes formes de ces becs sont capables de produire un certain type de vibration qui ensuite se convertit en un son particulier et unique variant seulement selon la géométrie interne des com- posants des becs. D’un nouveau genre, ceux-ci sont ré- alisés en plastique ABS et disponibles en sept couleurs différentes.
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[ STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Le tour du monde de l’innovation
BELGIQUE
Curation musicale : un algorithme sensible aux émotions
Exit les ennuyeuses playlists automatisées ! La start-up belge Musimap entend ré- volutionner la curation musicale au travers d’une technologie en mode « cognition humaine ». L’algorithme pionnier développé par la société se veut sensible à nos émotions en modélisant le fonctionnement du cerveau. De quoi « coller » au plus près des goûts et besoins variés des internautes via une approche 100 % person- nalisée. L’algorithme plonge ainsi dans une base de données de plus de 50 millions de morceaux musicaux connectant 11 000 mots-clés, 1 500 genres et sous-genres avec 390 types d’humeurs et plus de 100 contextes pour une recommandation à la pertinence peu inégalée.
SUISSE
Des expériences audiovisuelles en réalité augmentée
Place à l’entertainment audiovisuel 100 % immersif ! La start-up suisse ApeLab réinvente le cinéma de demain en proposant des expériences d’un nouveau genre : la production de films ou narrations pour les terminaux mobiles basés sur la réalité virtuelle et augmentée. Leur première série d’animation interactive, Sequenced, est un récit de science-fiction en trois saisons, dont chaque épisode, de près
de dix minutes, contient deux à quatre séquences en 360°. Pour permettre de tels effets visuels, la start-up s’appuie sur un outil de création interactive facilitant le travail entre designers, ingénieurs et scénaristes et qui évolue au fil des productions et des besoins.
ALLEMAGNE
Transformer la danse en musique
Un logiciel qui permet à chacun de créer sa propre musique tout en... dan- sant ! Voilà la prouesse technologique de la start-up berlinoise Nagual Sounds dont l’innovation fonctionne grâce à la conversion de données en musique. Concrètement, une caméra enregistre les mouvements de l’utilisateur, transposés – in fine – en temps réel en morceaux de choix. Chaque partie du corps produit ainsi un son différent, par exemple la main gauche, la mélodie. La musique varie en fonction de la position et de la rapidité du mouvement. De quoi permettre à chacun de s’improviser mu- sicien !
TURQUIE
Playlist : optimiser la découverte musicale
Enrichir en quelques clics sa propre playlist à partir de musiques dis- patchées un peu partout sur la Toile : Facebook, YouTube... L’application turque cubic.fm entend faciliter la découverte de morceaux sonores en éliminant la fragmentation inhérente à l’espace musical numérique. Concrètement, elle favorise l’agrégation des principaux services de streaming, permettant aux utilisateurs de différentes plateformes de partager et de découvrir des playlists personnelles et d’atteindre des individus ayant des goûts similaires.
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]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
L’occasion pour EcoRéseau Business d’expliciter en détail le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
Start-up françaises et robotique
Ces robots qui vous veulent du bien
  Avec leurs formes humanoïdes, leurs visages sympathiques et leurs noms qui fleurent bon la science-fiction, Nao, Pepper, Cutii, Leenby, Buddy, TiKi ou encore Maava sont les témoins du dynamisme de la scène française en matière de robotique.
dans le domaine plus jeune de la robotique de services. L’aventure de SoftBank Ro- botics Europe (ex-Aldeba- ran Robotics), pionnier de la robotique grand public, est le symbole de ce dont
de 58 centimètres, baptisé Nao. En 2014, il a été rejoint par Pepper, un modèle plus grand, qui a notamment été adopté comme conseiller en boutique par de nombreuses enseignes de distribution.
  Par Aymeric Marolleau
Certes, la France ne compte pas parmi les leaders du sec-
teur. En 2016, il n’était que le neuvième acheteur de robots industriels selon la Fédération internationale de la robotique (IFR), avec 4 200 unités vendues, loin derrière la Chine (87 000 uni- tés vendues), la Corée du Sud (41 400), le Japon (38 600), les Etats-Unis (31 400) et l’Allemagne (20 000), cinq pays qui concentrent 74 %
des ventes. En outre, aucun des principaux fabricants de robots industriels n’est fran- çais. Les leaders mondiaux se nomment en effet Fanuc (Japon), Kuka (Allemagne) ou encore ABB (Suisse).
serviCes à la per- sonne
Mais l’Hexagone dispose d’un vivier de start-up qui peut lui donner quelques raisons de croire au développement de la filière, en particulier
Parmi les 100 millions d’euros alloués au plan, un tiers devait aider les PME à s’équiper
de robots industriels pour améliorer leur productivité, via le programme Robot Start PME
  sont capables les start-up françaises dans ce domaine. Fondé en 2005 par Bruno Maisonnier, Aldebaran a dévoilé en 2010 un robot humanoïde compagnon, inte- ractif et personnalisable, haut
Après avoir levé 7,3 millions de dollars en 2007 puis 13 millions en 2011, la société a été achetée en 2012 par le japonais SoftBank.
Comme SoftBank Robo- tics, de nombreuses jeunes pousses françaises tentent de se faire une place sur le
marché de la robotique grand public, encore naissant, et espèrent faire adopter leurs
robots humanoïdes par de nombreux secteurs d’activité, comme l’aide à domicile et
  Enseignement, santé, retail et assistance aux personnes
Cybedroïd
Créé en 2011 à Limoge par Fabien Raim- bault, Jean-Philippe Fournier et Miguil Ab- dillahi, Cybedroïd a développé Leenby, un
robot qui mesure 1m40 pour 30kg, doté de deux capteurs lidar et de caméras stéréovision pour cartographier son environnement, détecter des objets et des personnes prédéfinis. Il possède plusieurs compétences pour le milieu médical, comme accompagner une personne jusqu’à sa chambre, livrer de la nourriture et des boissons, détecter qu’une personne se trouve en danger et apporter la bonne solution. Son enveloppe extérieure peut être adaptée à des besoins spé- cifiques. Son prix, 25 000 euros, le réserve plutôt aux usages professionnels. « Leenby est une plateforme en développement continu et a vocation à être adap- té pour différentes applications dans l’assistance aux personnes, l’accompagne- ment social, l’hôtellerie, l’éducation et le retail», explique Fabien Raimbault. Cybedroïd a vendu huit modèles de Leenby depuis sa création, et cinq sont en commande. L’entreprise de 14 salariés a levé 600 000 euros en mai 2017 auprès de business angels pour développer Alice, son nouveau robot dévoilé en mai. Destiné à une production en grande série, il coûte entre 20 000 et 40 000 euros, selon le degré de sophistication recherché. Cybedroïd, dont le chiffre d’affaires était de 300 000 euros en 2017, cherche à lever 1,5 millions d’euros pour soutenir son développement.
  Gestion des espaces de travail
Partnering Robotics
Le robot de Partnering Robotics, Diya One, est
destiné à la gestion des espaces de travail.
Equipé d’un purificateur d’air, de capteurs de
luminosité, de bruit et de température, il se
présente comme « le premier robot dédié au bien-être des occupants d’un lieu ». La société a été créée à Cergy Pontoise en 2007 par Ramesh Caussy, diplômé de l’Ecole polytechnique. « L’objectif était de développer une robotique et une intelligence artificielle qui aide les gens, qui soit positive pour la planète, qui crée des emplois et de la valeur pour le pays. Dans les bâtiments où nous passons 90 % de notre temps, la qualité de l’air intérieur se dégrade, ce qui crée des pa- thologies, des troubles de l’attention, jusqu’à des maladies bien plus graves », ex- plique Ramesh Caussy. Partnering Robotics, qui ne communique pas son chiffre d’affaires, compte une quarantaine de salariés et cherche à lever 5 à 10 millions d’euros pour se développer à l’international. Son modèle économique repose sur un abonnement, de 149 euros par mois pour un robot destiné aux petites surfaces (30 à 40 mètres carrés) à 599 euros par mois pour le plus grand mo- dèle. « Nos principaux clients se trouvent dans l’industrie bancaire et les centres commerciaux », indique Ramesh Caussy.
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Songez que Pepper soit plus tard l’équivalent de la machine de Turing pour l’informatique actuelle.
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[Décryptage
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
  l’assistance aux personnes, l’accueil dans les commerces, les hôtels et les entreprises, ou encore l’éducation (voir encadrés). « Sur le retail, les agences bancaires et les concessions automobiles sont ceux qui ont aujourd’hui le
en démonstrateurs, vendre des produits... Ils doivent aussi être solides et fonc- tionner 24/24h », explique le cofondateur d’Event Bots Guillaume de la Rue. Ces outils sont souvent utilisés pour briser la glace avec les prospects, et créer un maxi- mum d’empathie avec eux, avant qu’un vendeur de chair et d’os ne prenne le relai. Comment les distributeurs évaluent-ils le succès de ces opérations ? « Le chiffre le plus simple à obtenir est le nombre d’interactions quo- tidiennes avec les robots. Nous pouvons affiner les statistiques avec le nombre de démonstrations, les leads commerciaux générés », ex- plique Guillaume de la Rue.
inCubateurs et fonds d’investisse- ments spéCialisés Pour preuve du dynamisme de l’écosystème des start-up françaises de la robotique, un “Robot Park” était installé en mai dernier au salon Viva Technology, où étaient no- tamment présentés Leenby et Alice (Cyberdroid), Inmoov, conçu par le Français Gaël Langevin, Joe (Ludocare) ou encore les robots tondeuses de Vitirover. Dans un très grand stand baptisé Pepper World, SoftBank Robotics Europe présentait plusieurs start-up tirant profit de son écosystème, en particulier
de ses robots Pepper, bien sûr, mais aussi Pepper An- droid et Nao 6, spécialisé dans l’accompagnement de l’apprentissage de la pro- grammation informatique. Les acteurs du secteur ont aussi eu leur propre salon de 2011 à 2017. Créé à Lyon, Innorobo a migré à Paris en 2016. En mai 2017, il avait ainsi accueilli les stands de 160 exposants à la Plaine Saint Denis. Mais alors qu’il devait se tenir à la Porte de Versailles en mai 2018, Innoecho, la société qui le porte, a annoncé en mars son annulation et le pivot de son activité.
Il existe aussi un fonds d’in- vestissement spécialisé. En 2012, le fonds Robolution Ca- pital a été créé par la société de gestion Orkos Capital, l’entrepreneur Bruno Bonnell (Infogrammes) et la société de conseil en capital-risque Primnext, avec le soutien de Bpifrance. Lorsque sa gestion a été reprise en 2016 par 360 Capital Partners, il était doté de 80 millions d’euros. Le fonds spécialisé compte huit participations, dont le fabricant de navettes autonomes Navya. En re- vanche, les start-up fran- çaises de la robotique ne peuvent pas s’appuyer sur un incubateur spécialisé. En 2014, Alexandre Ichaï a bien créé à Paris Robot Lab, et
un fonds d’investissement, baptisé Robot Capital, mais l’expérience a tourné court.
Par ailleurs, l’Etat a lancé en 2013 le plan France Robots
Initiative, avec l’ambition de faire de la France l’une des cinq nations leaders de la robotique d’ici 2020. Parmi les 100 millions d’euros al- loués au plan, un tiers devait
aider les PME à s’équiper de robots in.dustriels pour améliorer leur productivité, via le programme Robot Start PME.
 Robot compagnon et sensitif
Blue Frog Robotics
Créé en 2007 par Rodolphe Hasselvander, ancien
directeur général du CRIIF, un laboratoire privé de
recherche en robotique, Blue Frog Robotics a ainsi
présenté Buddy en janvier 2016, au CES de Las Ve-
gas, après une levée de fonds de 600 000 dollars sur
le site de crowdfunding Indiegogo, auprès de plus de 1 000 contributeurs. Au total, ce “robot compagnon” qui n’est pas encore commercialisé, a reçu plus d’un million de dollars de préventes. Il veut se faire accepter dans les foyers en prenant à son compte de nombreuses tâches, comme la surveillance, le jeu des enfants – il sait par exemple jouer à 1-2-3-Soleil –, la gestion d’agenda ou encore l’accompagnement des seniors. Haut de 56 cm, il se déplace sur deux roues et embarque de nombreux capteurs pour s’adapter à son environnement : huit capteurs d’obstacle, un odomètre (mesure de la distance parcourue et de la vitesse de déplacement) et un accéléromètre, sept capteurs de sol, une caméra RGB (codage informatique des couleurs) et une caméra 3D, une matrice ther- mique, trois capteurs de caresse et une antenne de quatre microphones. En lieu de visage et de cerveau, un écran tactile de huit pouces. Outre interagir avec les objets connectés du foyer, il peut exprimer une grande gamme d’émotions, comme le plaisir, la colère ou la tristesse. Ses fonctionnalités sont enrichies par une communauté de développeurs qui alimentent une plateforme ouverte. Blue Frog Robotics compte 20 salariés.
   Evénementiel & Retail
Event Bots
Créée à Rouen en février 2016 par Guillaume de la Rue, concepteur de jeux vidéo, et Steve Geandier, mécatro- nicien, Event Bots a conçu deux robots aux courbes féminines destinées à l’événementiel et au retail : Tiki et Maava, une version mobile lancée en mai 2017. Leur apparence peut être personnalisée pour faciliter l’inté-
gration par les marques à leurs points de vente. L’entreprise a créé une vingtaine de prototypes qui ont été testés par 70 clients en un an et demi, dont Orange, L’Oréal, Renault, Mercedes et le Crédit Agricole. Tiki peut par exemple accueillir les clients en point de vente, promouvoir des produits et services, et récolter des données sur le comportement des clients. Quant à Maava, ses roues lui permettent par exemple d’orienter et accompagner les visiteurs sur un salon, et intervenir sur scène comme robot conférencier. Leur prix ? 16 000 à 18 000 eu- ros. « Nous sommes en train de passer à un modèle de location mensuelle pour réduire l’impact financier de l’achat pour nos clients », précise Guillaume de la Rue. Event Bots a aussi conçu un robot compagnon de soin, baptisé Hope. Il est utilisé depuis janvier par le service pédiatrie du CHU de Rouen, afin de diminuer le stress des jeunes patients pendant les soins et améliorer l’autonomie des en- fants et de leur famille dans la prise en charge de leurs maladies et du suivi de leurs traitements. Huit CHU en France, en Suisse et au Royaume-Uni se sont aussi montrés intéressés par la démarche. La société, qui compte sept salariés, a réalisé 147 000 euros de chiffre d’affaires en 2017, et en vise 600 000 en 2018. Elle a aussi intégré l’incubateur du Village by CA l’an dernier. « Nous cherchons à lever 600 000 euros pour développer notre force commerciale et produire plus intensivement », explique le Guillaume de la Rue.
 plus besoin de robots, pour leur marketing. On leur vend plutôt un service que des ro- bots, car ces derniers doivent accueillir les clients, notifier, scanner des papiers, agir
 Santé & Aide à la personne
Yumii
L’aide à la personne est le principal marché de Yumii, une
société créée en avril 2016 par Antoine Bataille à Roubaix.
« Notre objectif est de favoriser le lien social entre les gé-
nérations, afin d’améliorer le bien être et le bien vieillir »,
explique Antoine Bataille. Doté de reconnaissance vocale
et faciale, monté sur trois roues, son robot Cutii vise en effet à faciliter le main- tien à domicile des personnes âgées en les mettant en relation avec leur famille, des aidants et des médecins, pour une consultation médicale. Il est aussi doté d’un système de détection des chutes. Outre le robot lui-même, la société a mis en place une plateforme en ligne, accessible depuis une application web et mobile, pour connecter les membres de la communauté Cutii, constituée de particuliers, d’animateurs et d’associations. Ainsi, cette plateforme propose un catalogue d’activités : visites culturelles, cours de cuisine... Commercialisé de- puis 2017, le modèle économique de Cutii repose sur un abonnement, qui débute à 90 euros par mois.
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]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[  Créer aujourd’hui
Les bonnes pratiques pour la notation des entreprises............................ p55
Business guides
- Crédit-bail mobilier : quand y recourir ?.................................................. p58 - Flexibilité et agilité dans le tourisme d’affaires...................................... p60
   CAHIER PRATIQUE
CAHIER PRATIQUE
Conseils, astuces et
nouveaux outils
B to B ou B to C, peu importe, les entreprises ont l’impérieuse nécessité de devenir “customer centric”. Et pour le devenir, rien de mieux que de développer de bonnes pratiques pour améliorer l’image de votre entreprise (cf. Créer aujourd’hui). Cet aspect “customer centric” oblige également les entreprises à innover, s’adapter et devenir plus agiles. Un défi relevé par les acteur du tourisme d’affaires comme l’atteste notre second business guides. Enfin chers entrepreneurs et dirigeants, EcoRéseau Business vous propose également un focus sur une solution de financement dans l’air du temps:
le crédit-bail mobilier. Bonne lecture.
54 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
La création d’entreprise, c’est avant tout du concret et de l’opérationnel. D’où cette rubrique qui explore de manière très pratique l’une des phases de l’entrepreneuriat.
Notation des entreprises
Quand l’avis client est roi
  A l’heure où toute information concernant un produit ou un service est trouvable sur la Toile, mieux vaut préserver sa e-réputation et considérer les avis clients. Zoom sur les bonnes pratiques.
 Par Marc Hervez
Il s’agit d’un réflexe bien de notre temps, que partage une large
majorité des consommateurs modernes : se rendre sur Internet et « checker » les impressions et commen- taires laissés par ses pré- décesseurs. Qu’il s’agisse d’acheter du matériel hi- Tech, de se rencarder sur un tour operator ou de faire confiance à une banque, lire les avis clients semble être un passage obligé avant de passer à la caisse, que l’on souhaite acheter en ligne ou non, d’ailleurs. Du coup, les marques l’ont compris : pour séduire le prospect et l’inciter à franchir le pas, maîtriser sa e-réputation passe par une connaissance accrue des avis clients et une exploitation de ces ren- seignements. « Puisqu’il s’agit d’une donnée que les sociétés ne maîtrisent pas forcément, elle revêt forcément un gros enjeu pour elles », estime Jé- rôme Collomb, directeur marketing de MyFeelBack, solution BtoB qui recueille et collecte des informations sur tout le parcours client. « Les temps ont changé, et les commerçants ne peuvent plus se reposer sur la tradi- tionnelle enquête de satis- faction biannuelle auprès de leur clientèle. Ils doivent désormais aller au- devant de l’information, avant, pendant et après l’achat et
sur tous les canaux : appli mobile, point de vente en dur, site web », poursuit Bertrand Christophe, co- fondateur de Satisfactory, société éditrice d’une so- lution de feedback mana- gement. L’immédiateté et surtout le caractère public de ces avis, à la différence des enquêtes diligentées par les entreprises elle- mêmes, dont le résultat n’est dévoilé qu’en interne, ont amené les marques à repenser leur stratégie en matière de relation client. Jérémie Mani, président de Netino, société de relation client digitale et de modé- ration Web 2.0, ose quant à lui une analogie : « Soigner sa notation en ligne, c’est comme offrir un lifting à sa devanture lorsqu’on est un commerçant en dur. Les so- ciétés qui n’en tiennent pas compte finissent toujours par le regretter. » En effet, si en première page d’un référencement web apparaît un forum dénigrant votre SAV, un prospect allant à la pêche aux infos risque de le voir.
nouvelle époque, nouveaux indiCa- teurs
Toute la problématique de la relation client repose sur la nécessité d’avoir une meilleure écoute et de mieux comprendre les besoins du consommateur ou du
prospect. Encore faut-il capter la voix du client au moment clef. « Dans un système ultra-concurren- tiel, à l’heure où vous avez accès à ce que pensent les clients de vos concurrents, et inversement, il est impor-
pour Net Promoter Score, qui est généralement pré- senté comme un indicateur de la satisfaction et de la fidélité client. Dans les faits, il semble plus pertinent de voir en lui un indicateur de la propension d’un client
  Les conditions de notation peuvent varier selon le parcours d’achat et selon l’enseigne.
 Soigner sa notation en ligne, c’est comme offrir un lifting à sa devanture
 tant d’agir en temps réel et de valoriser les infos par du webmarketing », insiste Bertrand Christophe. Face à ce constat, ces dernières années ont donc vu l’émer- gence de nouvelles notions et indicateurs – répondant à des normes – auxquels les entreprises sont attachées. Comme par exemple le NPS,
à recommander un bien à son entourage ou sur des forums spécialisés. D’autant qu’il permet aux marques de se comparer entre elles. « Un bon NPS, c’est de la croissance future. Les boîtes qui cartonnent ont toutes un NPS supérieur à 70 », avance quant à lui Bertrand Christophe. Cet
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]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[  Créer aujourd’hui
CAHIER PRATIQUE
  indice devient en tout cas de plus en plus utilisé par les entreprises soucieuses d’évaluer leur image auprès du consommateur. Autre indicateur à la mode, le CES, ou Customer Effort Score, qui mesure les efforts déployés par un client pour réaliser un achat ou parler au SAV. Il s’agit d’un indi- cateur de l’expérience client, en résumé. Bien sûr, toutes les entreprises ne sont pas concernées par ces notions au même degré. « Toute société a besoin de maîtri- ser son expérience client, mais il existe des secteurs pour lesquels c’est vital.
non à échéance du contrat, note Jérôme Collomb. Dans ces sociétés, de nouveaux services sont créés pour améliorer la relation client et l’expérience digitale. Les nouvelles banques et assurances en ligne ont donné un élan de modernité à la filière. » Le secteur du retail (grande distribution et grosses enseignes) est lui aussi très impacté par la question. Raison pour laquelle le besoin d’externa- liser la collecte de données en temps réel à une société qui leur fournira les clefs pour les exploiter au mieux et adapter sa politique mar-
de bord, sur lesquels on af- fiche le taux de satisfaction par magasin ou zone géo- graphique, qu’ils diffusent ensuite en interne. L’enjeu est de partager une vision focus du client à toutes les strates de l’entreprise. Les managers prennent ensuite les décisions stratégiques en interne. »
Considérer toute Critique Comme légitime
Prendre conscience des avis du consommateur est une chose, maîtriser sa notation en est une autre. Pour les marques, il apparaît primor-
   Ce n’est pas parce qu’un produit est défectueux qu’il fait de vous une mauvaise marque
 Principalement le domaine des assurances, notamment depuis la loi Hamon. Il y a pléthore d’offres, et le client peut désormais ré- silier sous trente jours et
keting en fonction. « Nous travaillons par exemple avec Maisons du Monde, expose le directeur marke- ting de MyFeelBack. On leur produit des tableaux
dial d’être proactif. Ainsi, il convient de distinguer deux typologie de clients : les détracteurs et les promo- teurs. A terme, il convient de faire des détracteurs des
  avec
altoavocats.com
TL’obligation légale d’approuver les comptes annuels sous peine de sanctions
ous les ans, cette obligation revient sur générale ordinaire, l’organe exécutif de la vantes au sein des SAS, le président ou le tapis. L’approbation des comptes société se devait d’établir un rapport de les dirigeants désignés à cet effet dans annuels est une obligation légale gestion comprenant entre autre l’activité les statuts. De surcroît, le délit de défaut
devant être réalisée dans un délai de six mois après la clôture de l’exercice. Attention, pour que l’approbation des comptes soit opposable aux tiers, il faut ensuite que le dépôt des comptes soit réalisé auprès du greffe du Tribunal de commerce dont dépend le siège social de la société en vue de leur publication, et ceux dans le mois qui suit l’assemblée. En cas de non-respect du processus, l’en- trepreneur risque des sanctions.
Ce mois-ci, nous avons du accompagner une SAS co-fondée par trois actionnaires dans laquelle l’établissement des comptes annuels avait bien été effectué en interne et qui par la suite avait mis à la disposition des actionnaires les documents néces- saires à l’approbation, soit l’inventaire des comptes annuels de bilan et le rapport de gestion, dans un délai de 15 jours avant la tenue de l’assemblée, conformément à l’obligation légale.
En effet, avant de convoquer l’assemblée
et la situation de la société durant l’exer- cice écoulé en précisant les résultats, les progrès ou encore les difficultés traversées au cours de l’exercice.
Néanmoins, en l’espèce, même si l’ap- probation par l’assemblée générale ordinaire avait bien eu lieu en respect du quorum, soit une délibération réalisée en présence d’actionnaires, ou à défaut de leurs mandataires, possédant au moins le quart des actions ayant droit de vote, elle s’est malheureusement déroulée au-delà de la limite légale, puisque matériellement le Tribunal de commerce ne l’avait reçue qu’après le délai de dépôt.
Ainsi, en l’absence de preuve apportée concernant la satisfaction de l’obligation, le dirigeant de la société a donc engagé sa responsabilité.
Selon les grands types de sociétés com- merciales, sont passibles d’une amende de 9 000 euros pour défaut d’établissement des comptes annuels, les personnes sui-
d’établissement des comptes sociaux an- nuels peut déclencher en cascade d’autres sanctions pénales à l’encontre des organes exécutifs précités :
- pour défaut de communication des comptes sociaux aux actionnaires ou associés dans le cadre de l’exercice de leur droit de communication ;
- et/ou pour défaut de présentation des comptes à l’approbation annuelle des actionnaires ou associés dans les délais légaux requis.
Conclusion : vous devez veiller à ce que l’approbation de vos comptes, symbolisée par la mise en œuvre d’un procès-verbal d’approbation des comptes, se déroule dans la limite du délai légal.
Par ailleurs, assurez-vous bien de déposer les comptes au greffe dans un délai d’un mois après la réunion en AG sous peine d’inopposabilité aux tiers et d’injonction sous astreinte ordonnée par le juge.
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JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
Attention à ne pas confondre CRM et Com- munity Management...
Le droit en pratique
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
 les revues négatives dans une masse de commentaires (authentiques) globalement positifs. Comment ? « En les provoquant. Il faut contre- balancer, et ne plus subir les notes, préconise Jérémie Mani. Par exemple après une commande, pourquoi ne pas envoyer un SMS au client en lui proposant de laisser un avis sur une plateforme dédiée. Il faut inciter les clients satisfaits à s’exprimer. » Pour en finir avec le syndrome du silence entourant les trains qui ar- rivent à l’heure...
les erreurs les plus fréquentes
Il existe pléthore de mau- vais réflexes. Parmi les er- reurs les plus fréquentes, est pointée la tendance qu’ont certaines boîtes à confier la tâche de la prise en main du client déçu aux responsables des médias sociaux. « La relation client et l’entre- tien de communauté sont deux choses différentes. Le community manager n’a pas à se mêler du com- mercial, il ne s’agit pas de communication. » S’il s’agit d’une maladresse dûe à un manque d’expérience ou d’effectif, d’autres fran- chissent allègrement le pas de la malhonnêteté intel- lectuelle. « J’ai déjà vu des cas de comportements non éthiques. Les plus répan- dus étant la suppression de commentaire négatif contre rémunération ou la rédaction de fausses revues. En dernière instance, ces pratiques se retournent contre leurs auteurs, car il est impossible de faire le ménage partout », ajoute Yann Gourvennec, qui tient à désacraliser l’impact d’un avis à propos d’un produit défectueux. « Ce n’est pas parce qu’un produit est dé- fectueux qu’il fait de vous une mauvaise marque. Cer- tains secteurs sont de fait davantage sujets à des com- mentaires à propos d’ava- ries. A contrario, toutes les marques ne sont pas impactées : un paquet de
chips ou de compote ne tombe pas en panne. » De plus, il est à noter que de- puis quelques années, il existe une norme AFNOR sur les avis en ligne, qui certifie que ceux-ci sont représentatifs et récoltés dans les règles de l’art, de façon honnête et sincère. Pour en bénéficier, une so- ciété passe un audit et est soumise à des contrôles réguliers. « Il en coûte pour quelques milliers d’euros,
entre5000et10000àvue de nez, prévient Jérémie Mani. C’est un coût, mais c’est aussi une preuve de sérieux qui peut s’avérer fructueuse à long terme. » Bénéficier d’une e-réputa- tion de qualité n’a de toute façon pas vraiment de prix.
Reste alors, pour les com- pagnies souhaitant aller au devant du client et ne pas se contenter d’avis postés sur Tripadvisor ou Google,
à produire un questionnaire efficace. Car construire un questionnaire client de qualité garantit un meilleur taux de réponse, et in fine une meilleure connaissance de sa base de consomma- teurs. Pour réussir un ques- tionnaire en ligne, évitez les questions personnelles, et présentez d’emblée les objectifs dudit question- naire. Pensez à inscrire, en guise de préambule, une phrase en tête du document.
L’objectif étant de motiver le client à jouer le jeu. Le questionnaire doit aussi être impliquant et prouver que le ressenti de la personne qui y répond compte vraiment. Enfin, il est nécessaire que les sondés qui prennent sur leur temps soient concentrés de la première à la dernière question. Un questionnai.re efficace se veut rythmé, dynamique, avec un che- minement qui a du sens.
  promoteurs, et convertir les clients déjà satisfaits en am- bassadeurs. Mais cela passe par une gestion instantanée. Ainsi, pour transformer les premiers en clients satisfaits, en cas de mauvaise revue, rien de mieux qu’une prise en main du problème im- médiate. « Il faut toujours considérer que le client est de bonne foi, même quand certains commentaires appa- raissent illégitimes, conseille Yann Gourvennec, PDG fondateur de Visionnary Marketing. Ensuite, il faut les traiter de façon privée et sortir la conversation des médias sociaux, dans un laps de temps de deux heures. » Il promeut alors la création d’un pôle dédié, multiplateforme et, surtout, multilingue. « C’est ce qui fait le succès d’une plate- forme comme Amazon. » L’idée directrice est donc dans un premier temps de prendre en charge rapide- ment le chaland mécon- tent avec empathie tout en l’invitant à emprunter un canal de discussion privé (en faisant en sorte que le lecteur, même s’il n’a pas accès à la conversation pri- vée, sache que le problème est en cours de résolution), puis de «noyer» ou diluer
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
Dans chaque numéro, EcoRéseau Business s’intéresse de près à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeant (logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l’avis des prestataires et conseils
Crédit-bail mobilier
Une solution pleine de ressources ?
    Certaines entreprises devraient songer au crédit-bail mobilier...
Le crédit-bail séduit les entreprises à la recherche de nouvelles sources de financement.
pouvoir changer facilement de matériel au gré des progrès technologiques, sans avoir à gérer l’épineuse question de la revente de leur matériel usagé. Les cycles d’utilisation des matériels sont donc opti- misés, et l’entrepreneur peut compter sur des actifs qui restent au sommet de ce que le marché peut leur offrir ». Dans ce cadre, le crédit-bail mobilier permet de couvrir ce risque d’obsolescence. Au terme du contrat d’une durée moyenne de quatre ans et demi, l’entreprise a la possibilité de rendre au crédit-bailleur les biens mobiliers pour les remplacer par de nouveaux, plus performants. En revanche, si les biens concernés sont encore compétitifs, il suffira de les racheter à leur valeur résiduelle, représentant en généralde2à5%deleur prix initial.
une ConjonCture favorable
L’autre raison susceptible d’expliquer l’engouement des entreprises pour ce fi- nancement alternatif au crédit
remboursements que sur une partie de la valeur d’achat. C’est une aubaine pour les entreprises qui peuvent ainsi réduire significativement leurs échéances mensuelles... et un risque métier à maîtri- ser pour les groupes comme les nôtres », explique Ar- naud Collomb. Pour lui, le crédit-bail mobilier est une solution de financement tout aussi compétitive que le crédit bancaire. A cet égard, est-ce juste d’opposer le crédit-bail ou crédit bancaire classique ? C’est une erreur, répond Oli- vier Ortin, président de Mid- Cap Conseil, un cabinet de conseil financier opérationnel qui a régulièrement recours au crédit-bail mobilier. En premier lieu, explique-t-il, « ce mode de financement est souvent recommandé par la banque qui souhaite diver- sifier ses risques en faisant financer les actifs mobiliers de ses clients par sa filiale spécialisée sous forme de loyers ». Par ailleurs ajoute l’expert, « en optant pour le crédit-bail, le chef d’en- treprise connaît sa charge
résultat imposable... mais aussi les ratios de perfor- mance opérationnelle de la société. « Tout dépend donc de ce que recherche l’entre- prise », résume Olivier Ortin.
tous les seCteurs sont ConCernés
Le crédit-bail mobilier n’est plus l’apanage des sociétés de logistique et du secteur agricole. Certes, le matériel roulant (camions, véhicules légers, tracteurs, véhicules de manutention, etc.) repré- sente une part significative du marché avec le secteur médical et le BTP, mais de plus en plus de sociétés de services et de grande distribu- tion privilégient cette option dans le sillage de la révolution numérique. « Les entreprises françaises ont désormais intégré opérationnellement le fait que la digitalisation de l’économie représentait pour elles une opportunité. Ainsi, à côté des traditionnels machines-outils ou camions, nous finançons de plus en plus d’outils technologiques de type tablettes, qui ont été
opération, qui consiste à cé- der son bien mobilier à usage professionnel à une société de crédit-bail, permet en effet de renflouer sa trésorerie tout en permettant à l’entreprise propriétaire de continuer à jouir de son bien. « Face à la réticence des banques à octroyer des crédits à long terme, des solutions alterna- tives, telles que le sale and leaseback (ou cession-bail) permettent aux PME et ETI de financer leurs investisse- ments à partir de leur outil de production », confirme Jean-Baptiste Magnen, pré- sident de ChetWode, un spé- cialiste du financement de l’industrie. En mars dernier, ChetWode accompagné par SQN (bailleur de renommée internationale, spécialisé dans le financement d’équipements), a accordé un financement en sale and leaseback à l’équi- pementier automobile MBF Aluminium, portant sur des presses hydrauliques, des robots et des fours. « Cette opération de sale and lease- back contribue à financer l’adaptation et la moderni- sation de notre process pour les nouvelles productions, ainsi que l’acquisition de nouveaux équipements indus- triels ultra-performants pour répondre de façon optimale aux demandes d’un marché automobile de plus en plus exigeant », explique Manuel Martins, directeur général de MBF Aluminium. Contrai- rement aux apparences, ce procédé n’est en effet pas exclusivement réservé aux entreprises en difficulté ou privées de financement ban- caire. Il permet en effet à l’entreprise de transformer son outil industriel en un véritab.le levier de croissance, par la génération de liquidités im- médiatement disponibles.
Par Pierre-Jean Lepagnot
Le crédit-bail mobilier suscite l’intérêt crois- sant des entreprises. Au premier trimestre 2018, le rythme de croissance de l’activité des établissements spécialisés dans le finance- ment locatif de l’équipement des entreprises et des profes- sionnels (location avec ou sans option d’achat) s’est en effet accentué. Avec 6,9 mil- liards d’euros, les nouveaux investissements progressent de 9,3 % après +7,4 % le tri- mestre précédent. A fin mars 2018, la production cumulée des douze derniers mois atteint 28,3 milliards d’euros, soit un volume d’activité supérieur au niveau d’avant-crise de l’été 2008 (25,4 milliards d’euros), décrypte l’Asso- ciation française des sociétés financières (ASF).
un rempart faCe
au risque teChnologique
« Le crédit-bail prend de l’am- pleur en France pour deux
raisons. La première est so- ciologique dans la mesure où elle concerne tous les acteurs de la société, les entreprises comme les ménages. Nous accordons de moins en moins d’importance à la propriété physique des biens matériels pour privilégier l’usage », explique Arnaud Collomb, directeur commercial réseaux France de Crédit Agricole Lea- sing et Factoring (CAL&F). Les chefs d’entreprise français se seraient-ils brusquement convertis au socialisme liber- taire de Pierre-Joseph Proud- hon et sa célèbre formule « la propriété, c’est le vol » ? Loin s’en faut ! En réalité détaille Arnaud Collomb, « les en- trepreneurs ont pris acte de l’accélération des ruptures technologiques liées à la ré- volution numérique et qui tendent à rendre en quelques années à peine un produit, comme une machine-outil par exemple, obsolète. Il est donc de plus en plus important pour les chefs d’entreprise de
Les entrepreneurs ont pris acte de l’accélération des ruptures technologiques qui tendent à rendre du matériel rapidement obsolète
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JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
bancaire est conjoncturel : la faiblesse des taux d’intérêt. « Le très bas niveau des taux d’intérêt a homogénéisé les offres des différents types de financement. Le financement en crédit-bail a pour avantage de permettre une réduction du montant des mensualités d’une entreprise, par le biais du mécanisme de la valeur de reprise (VR). En résumé, le crédit-bailleur accepte que son client ne fasse des
fixe et préserve sa capacité d’endettement. Il conserve ainsi plus aisément son accès à l’emprunt bancaire pour financer sa croissance ex- terne, ou plus simplement, son BFR ». Ainsi, d’un point de vue bilanciel, le crédit-bail n’accroît pas l’actif immo- bilisé et ne pèse pas sur la trésorerie. En revanche, du côté du compte de résultats, les loyers impactent le résul- tat d’exploitation et donc le
complètement intégrés aux process de vente des com- merciaux de nos clients », assure Arnaud Collomb.
le sale and lease- baCK, une solution alternative
Si le crédit-bail mobilier est rentré dans les mœurs, un autre moyen de finan- cement, encore assez mé- connu, mérite l’intérêt : le sale and leaseback. Cette
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                                  PROFESSIONNELS
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]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[  Par Emilie Massard
des hébergements alternatifs pour les professionnels La location d’appartements est de plus en plus plébiscitée par les particuliers au moment de réserver leurs vacances. Elle permet en effet l’auto- nomie la plus complète, pas d’horaires pour entrer ou sortir, de l’espace, des éco- nomies en faisant la cuisine sur place et l’impression de se sentir « chez soi ». Entré dans les mœurs pour les vacances de loisirs, ce type d’hébergement peine à faire son trou dans les voyages d’affaires. C’était en effet jusqu’à il y a peu tout bon- nement impossible pour les grandes entreprises dont les contraintes réglementaires sont très importantes. Par ailleurs, depuis 2015, la sé-
CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 Voyages d’affaires & innovation
Entre autonomie et flexibilité
Comme dans de nombreux secteurs d’activité, l’évolution des technologies numériques change les habitudes des clients, bouscule les façons de travailler et rebat les cartes du marché du tourisme d’affaires. Aujourd’hui, les professionnels ne voyagent plus de la même manière, ce qui oblige les entreprises du secteur à s’adapter.
de réservation en ligne ou les bases hôtelières, pré- cise Cédric Lefort. Nous développons également un chatbot et nous sommes en partenariat avec Amazon pour le développement d’un assistant personnel qui est en cours de test. » Les agences ne passent évidemment pas non plus à côté du big data, aujourd’hui incontournable sur tous les marchés. « Au- jourd’hui, les données sont plus disponibles que jamais, note Cédric Lefort. Si elles sont bien analysées, elles peuvent nous donner des tendances, des habitudes, des préférences, etc. Nous investissons donc dans une plateforme big data pour gérer le multi-sources et améliorer la qualité en utili- sant le machine learning et l’intelligence artificielle. » Si la sécurité des données est un point clé du voyage, la sécurité des personnes est également au cœur des pré- occupations des entreprises. C’est pourquoi les agences mettent en place des systèmes
ritable refonte de l’activité.
Nous étions auparavant une
entreprise de service, nous
nous sommes maintenant
transformés en une société
de services digitaux », estime
Cédric Lefort, Senior Direc-
tor Solutions Consulting chez
BCD Travel, l’une des trois
plus importantes TMC dans
le monde. « BCD Travel mène
sa transformation digitale en
se focalisant sur l’expérience
voyageur. La digitalisation
n’est pas un but en soi, mais
un voyage. Notre objectif
est de capturer plus de don-
nées en utilisant notamment
l’intelligence artificielle,
afin d’agir n’importe où et
n’importe quand pour fournir
le service espéré et renfor-
cer la confiance et le rela-
tionnel avec notre client. »
Pour cela, l’offre de BCD
Travel tourne autour d’un
écosystème unique baptisé
The Source, qui comprend
quatre outils : une plateforme
mobile pour les voyageurs,
un outil de gestion de la
sécurité et de la Business
Intelligence pour les travel
managers, une marketplace pour tracer les réservations curité est le premier critère
courons tous après le train. La transformation numérique change le paysage en termes d’acteurs, mais au final nous faisons tous la même chose en essayant de rester à la pointe de la technologie. »
   Certaines start-up vous déchargent mentalement...
Tandis qu’ils sont ha- bitués à utiliser de nombreux outils nu-
mériques pour organiser leurs vacances en famille ou leurs week-ends entre amis, lorsqu’ils reprennent leur casquette profession- nelle, les organisateurs de voyages d’affaires dans une entreprise sont parfois frustrés de ne pas pouvoir retrouver la même autonomie et la même flexibilité dans leurs outils. Il faut dire que le monde professionnel a un train de retard dans le do- maine. Si Airbnb et consorts sont désormais devenus fa- miliers pour les particuliers, le voyage d’affaires, pour de nombreuses raisons, a pris plus de temps pour prendre le virage de la transformation
numérique. Les contraintes auxquelles font face les ac- teurs du voyage d’affaires sont en effet nombreuses : la sécurité des données et des personnes, les politiques voyage des entreprise, le pro- fil des voyageurs, les repor- tings nécessaires, etc. Mais désormais, la dynamique est lancée et de nombreux outils arrivent pour améliorer la gestion des voyages d’af- faires. Les acteurs historiques doivent entrer dans le bain du numérique, tandis que de nouveaux venus arrivent justement sur le marché par le biais du digital. Tous ces acteurs gardent trois mots- clés en tête pour répondre aux exigences de leurs clients : autonomie, mobilité et sé- curité des personnes comme
des données. Chatbot d’assis- tance, réservation de voyage par smartphone ou alertes en cas de perturbations, les outils technologiques sont désormais présents à chaque étape d’un voyage d’affaires.
les agenCes, pierres angulaires du voyage d’affaires
Elles sont l’une des étapes quasi-incontournables du voyage d’affaires : les TMC (Travel Management Com- pany), en d’autres termes les agences qui gèrent et optimisent les voyages d’af- faires pour les entreprises et leurs collaborateurs. « La transformation digitale se fait dans tous les secteurs, nous avons connu une vé-
Gérer grâce au numérique la répartition des coûts parmi plusieurs collaborateurs dont la politique de voyage serait différente, mais aussi gérer la location longue durée
  60
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
à destination des clients et des partenaires technolo- giques et une plateforme pour les agents de voyage. « Nous utilisons notamment le CIAM (Customer Identity and Access Management), qui nous permet de propo- ser à nos clients un profil unique qu’ils peuvent utiliser dans plusieurs outils. Notre base de données peut en ef- fet interagir avec d’autres systèmes tels que les outils
réalisées en open-booking et récupérer les données à des fins de sécurité. Face à cette transformation et à l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché, Cédric Lefort reste confiant : « Aujourd’hui, nous voyons émerger de nombreuses start-up qui développent des outils. Notre rôle est de travailler avec elles pour bénéficier de leurs technologies. La technologie va tellement vite que nous
de choix d’un hébergement pour les entreprises, avant les économies et le confort qui la devançaient auparavant. Comment en effet assurer la sécurité des collaborateurs qui logent dans un apparte- ment privé ? La protection des données, encore une fois, est également en jeu, pour des questions de vie privée des collaborateurs, mais aussi pour éviter l’espionnage in- dustriel. Certaines entreprises
 ]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[                           www.lemeridiennice.fr
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        ]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  ont pourtant trouvé la parade pour rendre accessible la lo- cation d’appartements dans le cadre du voyage d’affaires. C’est le cas de Magic Stay, l’une des pionnières dans le genre, créée il y a cinq ans par Valery Linÿer : « La demande des collaborateurs dans ce sens est de plus en plus importante. Pour ré- pondre aux contraintes des entreprises, nous mettons en place plusieurs outils. Tout d’abord, nous ne travaillons qu’avec des professionnels qui gèrent les appartements, de manière à pouvoir ap- porter des services à nos clients, mais également à in- tervenir en cas de problème. Nous avons également des assurances très fortes en termes de protection des données personnelles. Enfin, nous avons travaillé sur la technologie pour pouvoir intégrer notre système de réservation aux outils uti- lisés par l’entreprise. Notre modèle est numérisé de la réservation à la remise des clés. » L’un des atouts de la solution proposée par Magic Stay est rendu possible par les outils numériques qu’elle développe, qui permettent de gérer la répartition des coûts parmi plusieurs colla-
borateurs dont la politique de voyage serait différente, mais aussi de gérer la location longue durée. « Ces nou- veaux usages bousculent le marché, les collaborateurs souhaitent avoir la même ex- périence dans leurs voyages professionnels que celle qu’ils peuvent vivre pendant leurs vacances personnelles, sou- ligne Valery Linÿer. Cepen- dant, le voyage d’affaires est plus complexe que le voyage d’agrément, il im- plique plus d’intermédiaires et les outils professionnels sont plus limitatifs, même s’ils ont beaucoup évolué récemment. Nous essayons donc de faire le lien entre ces usages novateurs et les techniques complexes qu’ils impliquent. »
les hôtels diversifient
leurs serviCes
Face à l’engouement des voya- geurs professionnels pour les hébergements plus atypiques ou qui leur laissent plus d’au-
plans qu’ils ont l’occasion de tester dans le privé. Ils en viennent donc à délaisser les plateformes spécifiques pour réserver par l’intermédiaire des sites grand public. Pour faire face à ce développement de l’open-booking, les hôtels entendent bien ne pas rester les bras croisés et multi- plient les partenariats pour faire profiter à leurs clients des nouvelles technologies dans le domaine. L’économie collaborative s’intègre en effet de plus en plus dans les formules des voyagistes. Havas Voyages a ainsi intégré la solution Magic Stay à sa plateforme Travel Solution, mais également VizEat, une start-up spécialisée dans la
dépenses de restauration : meilleure visibilité pour une meilleure maî- trise
Réserver une table comme on réserve une chambre d’hôtel, chacun peut le faire dans le cadre privé, les applica- tions qui le permettent sont nombreuses. Mais dans le cadre professionnel, c’est plus compliqué. Les mêmes contraintes que pour la ré- servation d’un hébergement s’appliquent : traçabilité des réservations et des frais, sécurité, politique voyage, etc. De nouveaux acteurs en- tendent pourtant bien bouscu- ler la donne en proposant de
mobile qui permettent de réserver des repas dans des restaurants ou de commander des plateaux-repas, et plus globalement d’organiser un événement sans avance de frais et en respectant la politique voyage de l’en- treprise », résume Laurent Gabard, directeur général de Business Table. « Notre objectif est de donner à l’en- treprise une vision sur le volume qu’elle consomme en matière de restauration. Ces dépenses correspondent en effet à des paniers moyens plutôt faibles, mais elles sont coûteuses en termes de traitement. Notre solu- tion permet une économie de 30 % aux entreprises sur les dépenses de restau- ration. » L’outil Business Table peut également être interfacé avec d’autres ERP de l’entreprise, permettant l’automatisation d’un certain nombre de flux (facturation, paiement...). « Le digital est au cœur de notre solution, indique Laurent Gabard. Les habitudes de consommation ont beaucoup évolué, et le volume d’information acces- sible aux collaborateurs a été démultiplié. Aujourd’hui, les utilisateurs ont l’habitude d’avoir accès rapidement à
   Le voyage d’affaires est plus complexe que le voyage d’agrément, il implique plus d’intermédiaires et les outils professionnels
 tonomie, les hôteliers ont fort à faire. Les clients semblent en effet lassés par les pres- tations ultra-standardisées de l’hôtellerie classique, et souhaitent recycler les bons
sont plus limitatifs
restauration gastronomique chez l’habitant. De son côté, le groupe Accor a fait l’ac- quisition de la start-up de location de résidences de luxe One Fine Stay.
nouvelles solutions, comme Business Table, une solution lancée en 2012 qui se veut un facilitateur de repas d’af- faires. « Nous proposons une plateforme et une application
   avec S Mon patron est génial, je le garde
ethic.fr
avoir choisir son patron est une expertise et votre engagement. C’est chance, comme toute chance elle se question qui se pose rarement. celui ou celle qui sait piloter les équipes, travaille. Elle ne saurait être le seul fruit Pourtant, si votre patron est décider, déléguer, partager... du hasard.
 génial, pourquoi ne pas le suivre quand il bouge ? Pourquoi, ne pas le garder ?
Comme on ne parle que des trains qui arrivent en retard et jamais de ceux qui arrivent à l’heure, on parle toujours des « mauvais patrons ». L’employé, lui, serait d’ailleurs toujours formidable ! Le patron, c’est celui (ou celle) qui embauche, propose une perspective de vie professionnelle et sociale en échange d’une rémunération. À ce stade, il devrait toujours bénéficier d’une image positive.
C’est lui qui en grande partie vous donne envie de vous lever le matin, auprès de qui on apprend et qui reconnait votre
Il n’est pas question de nier l’existence de patrons qui ne sont pas à la hauteur. Mais, loin des caricatures, j’observe qu’il y a des patrons qui donnent envie à leurs collaborateurs de se dépasser, qui permettent à l’entreprise de performer. Le bon patron peut vous emmener jusqu’au bout du monde, les yeux fermés. Pourtant, le jour où il quitte l’entreprise, des larmes peuvent être versées, mais généralement aucune collaboration future n’est envisagée. Cette situation est souvent le fait d’un manque de communication. Il est donc nécessaire d’anticiper et de partager pour faciliter les opportunités.
Si pouvoir choisir son patron est une
Alors, si votre patron est génial, gardez- le!
Frédéric Fougerat, directeur de la communication et du marketing du groupe Foncia
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JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
« Oups, j’aurais peut-être du prévoir une concier- gerie pour emporter les valises du directeur... »
J’aime ma boîte
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[                                                   ALORS DÉCOUVREZ LA NOUVELLE ATTRACTION 2018
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CAHIER PRATIQUE
  l’information dans leur vie privée, il faut que l’offre corporate leur permette la même chose grâce au numérique. Notre solution permet également un gain de temps et des économies auprès de plus de 30 000 partenaires qui sont affiliés
de trouver un lieu adapté à son événement et disponible aux dates voulues. Bird Of- fice est l’un des premiers à avoir proposé une réserva- tion digitalisée à partir de sa plateforme, créée il y a quatre ans. « Le marché fonctionnait auparavant par
fait partie Biz Travel, une al- liance de start-up du voyage d’affaires créée il y a deux ans. « Nous nous sommes rendu compte que le secteur du voyage d’affaires avait été complètement délaissé par les entrepreneurs du numérique, souligne Ar-
plus mobiles, mais aussi de plus en plus spontanés grâce aux outils qui leurs sont proposés. C’est bien ce qu’attendent également les voyageurs d’affaires, et les transporteurs, com- pagnies aériennes en tête, développent de plus en plus de services à leur égard : Wi-Fi à bord, services mo- biles, étiquettes de bagages électroniques, application de guidage, chatbots, etc. D’autres acteurs prennent appui sur le numérique pour proposer des services au- tour du transport, et no- tamment pour en limiter les contraintes. C’est le cas d’Air Refund, société spécialisée dans les indemnisations dues par les compagnies aux voyageurs en cas de retards ou d’annulations. L’objectif de la société, ra- chetée en 2017 par Epsa, est de fournir un service quasi-automatique à ses clients, notamment par le biais de partenariats avec des sociétés comme Visa, KDS ou encore Concur. En plus d’avoir récemment sensiblement amélioré son CRM, son organisation, et optimisé l’intégration de ses services chez ses clients, Air Refund souhaite également prochainement intégrer un chatbot pour assister les voyageurs dans leur pro- cessus d’indemnisation.
les start-up s’emparent de tous les domaines du voyage d’affaires Les start-up qui se lancent dans le voyage d’affaires
auparavant, du moins pour les voyageurs d’affaires. Pour réserver un hôtel, par exemple, une entreprise pouvait auparavant passer par l’établissement directe- ment, ou bien une centrale de réservation ou encore une agence de voyages. Désor- mais, elle peut aussi utiliser les services de Supertripper. La start-up propose en effet un abonnement d’hôtels il- limité, pour les séjours de loisir mais également pour les clients « business ». En fonction de l’abonnement choisi, l’opérateur pourra choisir son hébergement dans une sélection d’hô- tels de trois à cinq étoiles. Selon Maxime Pialat, CEO de Supertripper, les entre- prises qui utilisent ce ser- vice font des économies de 20 à 30 % sur leur facture hôtelière, et elles peuvent greffer autant de collabora- teurs qu’elles le souhaitent sur leur compte, ce qui sim- plifie considérablement leur comptabilité. En termes de transports, de nombreuses start-up tâchent de proposer des services semblables à ceux des particuliers, dans la veine des Blablacar et autres Uber. L’idée de Re- naud Cornu, lorsqu’il a créé Travelensemble, a ainsi été de transposer l’idée dans le monde du taxi, partant du constat que la grande ma- jorité des taxis qui quittent chaque jour les plateformes aéroportuaires parisiennes n’embarquent qu’un seul passager à bord. Il a orienté son offre vers un modèle BtoB, en développant des
et fournit une technologie qui agrège les accords de roaming (consommation de data à l’étranger) entre les grands opérateurs mo- biles mondiaux. Les entre- prises dont les collaborateurs voyagent dans les zones où les frais de roaming data sont particulièrement élevés y trouvent leur compte et trouvent dans Roaming by me une solution globale qui leur permet d’importantes économies. D’autres outils permettent à une entreprise et à ses collaborateurs de mieux gérer un voyage en interne. Hubtobee propose par exemple un outil de networking interne, une plateforme de BtoB qui per- met aux collègues d’une même entreprise d’entrer en contact à l’occasion d’un déplacement professionnel. L’outil permet de voyager mieux et de créer de l’in- telligence collective, selon son CEO, Benoît Rabour- din. Il incite également les voyageurs à anticiper leurs réservations afin de préparer au mieux leur voyage. Cer- taines sociétés visent parfois à proposer une offre la plus globale possible. C’est le cas de Rydoo, qui ne cache pas s’inspirer des meilleures applications mobiles grand public pour proposer une nouvelle expérience dans la gestion des voyages d’af- faires et des dépenses pro- fessionnelles. L’application donne accès à de nombreux hébergements et à une offre aérienne exhaustive via un module unique. Le collabora- teur peut ainsi se concentrer sur ce qui compte vraiment dans son voyage, en oubliant le paiement, réalisé direc- tement par l’entreprise via une facturation centralisée, le check-out à l’hôtel ou encore le traitement des justificatifs. L’automatisa- tion du processus dans sa globalité permet la baisse descoûtsdetraitement,ma.is également une meilleure visibilité pour l’entreprise et la réduction des risques.
  à Business Table. Il peut en effet être laborieux pour un restaurateur indépendant de répondre aux exigences de facturation d’une entreprise. Notre solution lui permet de se dégager de cette charge. Aujourd’hui les technologies évoluent très vite et les usages de nos clients sont boule- versés. Il ne faut pas avoir peur de ces changements, il faut les accompagner et les anticiper, c’est pourquoi nous consacrons des moyens importants à la R&D, au marketing digital ou au big data. Ces métiers deviennent incontournables. »
loCation de salles : gagner
du temps
Parmi les nouveaux acteurs du secteur du tourisme d’af- faires centrés sur le nu- mérique, de nombreuses sociétés s’intéressent à la location de salles pour des réunionsoudesséminaires. L’affaire n’est en effet pas toujours aisée et une en- treprise peut se casser les dents facilement en essayant
devis », précise Arnaud Katz, CEO de Bird Office. « Au- jourd’hui, nous proposons des réservations en temps réel. En quelques clics, le client reçoit son contrat de location, les assurances, les détails par SMS, etc. Se ren- seigner sur les disponibilités de plusieurs lieux prend un temps important, notre objectif est donc de faire gagner du temps aux entre- prises, en les renseignant en quelques secondes. » Grâce à l’automatisation des données, Bird Office peut ainsi consacrer plus de temps à la partie conseil, ce qui permet à la société des économies importantes. « Le digital permet également de rendre des services plus accessibles, ajoute Arnaud Katz. Nous essayons de transposer tout ce qui existe dans le tourisme de loisirs vers le tourisme d’affaires. Mais pour cela, nous devons avoiraccèsàuncertain nombre de données, l’outil technologique n’est fina- lement que le support de notre offre. » Bird Office
naud Katz. Aujourd’hui, le secteur se transforme complètement. L’innova- tion a pu être freinée par la légitimité qu’un nouvel acteur doit avoir pour in- tégrer un marché qui cible notamment de très grandes entreprises. Nous sommes en train de rattraper notre retard. »
des transports toujours plus ConneCtés
Qui dit voyage dit trans- ports, et dans ce domaine, le numérique a aussi fait une entrée fracassante. Plus
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«Mieux qu’à la maison? »
Une start-up propose un abonnement d’hôtels illimité, pour les séjours de loisir mais également pour les clients « business »
 qu’une entrée, il est déjà bien installé dans les usages des voyageurs d’affaires. Chaqueétape,oupresque, du voyage, peut désormais être réalisée par le biais d’un smartphone. Les voyageurs de loisir sont de plus en
sont légion, et elles sortent souvent des domaines d’ac- tivité traditionnels. Le nu- mériqueoffreeneffetdes possibilités importantes pour diversifier les activi- tés, mais aussi offrir des services qui n’existaient pas
plateformes de réservation et de partage de trajets inter-en- treprises. Si les compagnies aériennespromettentun voyage connecté, c’est aussi l’engagement de la société Roaming by me, qui s’est spécialisée dans ce domaine
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Réseaux & influence
Décryptage d’un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networking
  Jeux mondiaux du sport d’entreprise
L’occasion fait le larron
  Plus de 5 000 salariés issus de 400 entreprises de près de 50 nationalités différentes s’affrontant dans 25 disciplines... Le succès de la seconde édition des Jeux mondiaux du sport d’entreprise, qui se sont tenus à La Baule en mai dernier, témoigne de l’intérêt croissant pour l’activité physique et sportive en entreprise. Source de bien-être et de productivité accrue, elle sert également des stratégies de ressources humaines, voire de RSE ou de networking.
aux collaborateurs a un impact sur leur santé, leur bien-être et leur stress. Cela favorise un meilleur équilibre avec la vie de famille. C’est également un plus dans les relations de travail », liste Eliane Silvi, déléguée générale sport et culture de Generali, qui a créé une cellule dédiée en interne il y a déjà une quin- zaine d’années.
« On assiste à une prise de conscience que le sport en entreprise répond à plusieurs enjeux. Une pratique à plu- sieurs est source de cohésion et de motivation. Cela améliore le bien-être et la productivité. Et cela permet également de réduire les barrières so- cio-professionnelles. C’est un
RSE et de diversité. « Véolia et ses 200 salariés-athlètes, par exemple, est très attentif sur sa sélection aussi bien pour une question de niveau que par rapport à la mixité des territoires », indique Di- dier Besseyre, rappelant que nombre d’entreprises parti- cipent également aux Jeux européens, créés en 1977. « Les grandes entreprises, organi- sées depuis plus longtemps, sont plus visibles pendant les Jeux européens ou mondiaux, car elles disposent des déléga- tions les plus importantes et récoltent plus de récompenses. Pour autant, elles ne sont pas les seules à concourir », poursuit le président de Fé- dération mondiale. En effet,
de financement des clubs spor- tifs. Cela fait partie de l’ADN social des entreprises. » Pour les participants, l’expé- rience reste unique. « Cela fait penser à un mariage : c’est un an de préparation pour un évènement riche en émotion ! C’est une fête que l’on peine à quitter, qui laisse de très bons souvenirs et dont on parle longtemps après », raconte Fabienne Bihan-Arrouet, salariée de la CCI Nantes-Saint-Nazaire et médaillée en course à pied lors des derniers Jeux mondiaux à La Baule. « On rencontre beaucoup de monde sur place, dans un cadre décontracté. Je dialogue encore avec des gens rencontrés là-bas. Et au
Le moment de se sur- passer... devant son boss mais pour soi ?
 Tout le monde est en tenue sportive. Il n’y a alors plus de managers, ni de subordonnés
 Par Elsa Bellanger
Organisés du 23 au 27 mai dernier à La Baule (en Loire-Atlantique),
après une première édition en 2016 à Palma de Majorque en Espagne, les Jeux mondiaux du sport d’entreprise, où l’on a pu apercevoir la ministre des Sports, Laura Flessel, ont fait office de célébration du sport dans tous ses états pour les salariés athlètes et les colla- borateurs sportifs. Mais la manifestation sonnait également comme un rappel : alors que les bénéfices, pour les entre- prises, de l’activité physique et sportive sont désormais mesurés, peu d’initiatives sont développées en France pour inciter les salariés à quitter
quelques instants leur siège de bureau. En effet, selon une enquête de novembre 2017 du ministère des Sports, du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) etduMedef,si87%des265 dirigeants interrogés se disent convaincus des « effets posi- tifs » de la pratique sportive sur la compétitivité de leur entre- prise, 82 % d’entre eux n’ont toujours pas pris d’initiative pour la favoriser. 34 % esti- ment que leurs locaux ne sont pas adaptés, 16 % mettent en cause le contexte économique et 19 % précisent manquer des ressources humaines néces- saires pour engager des actions dans le domaine du sport.
un outil rh important
Bien être, cohésion sociale, diversité, performance... Les bienfaits de telles pratiques sont pourtant connus. Selon une étude de 2015, réalisée par le Medef et le CNOSF, avec le soutien d’AG2R La Mondiale, une personne sédentaire qui se met à pratiquer une activité physique ou sportive en entre- prise améliore sa productivité de6%à9%.Larentabilité nette de l’entreprise progresse de1%à14%selonletype d’entreprise, la nature de ce qui est proposé aux salariés, l’intensité du sport pratiqué et le nombre de salariés engagés. « Offrir ce type d’opportunité
élément RH important », assure Didier Besseyre, président de la Fédération mondiale du sport d’entreprise, struc- ture organisatrice des deux éditions des Jeux mondiaux. « C’est une manière de voir les gens différemment. Tout le monde est en tenue spor- tive et il n’y a alors plus de managers et de subordonnés. Les relations prennent une nouvelle forme », témoigne Muriel Rohaut, technicien opérations assurance chez Generali et participante aux Jeux mondiaux en foot en 2016 et en cyclisme en 2018.
une expérienCe internationale
Cet enjeu est bien compris des multinationales partici- pantes aux Jeux mondiaux, qui intègrent l’évènement dans leurs stratégies de ressources humaines, de communication, mais aussi, plus récemment, de
parmi les participants aux Jeux mondiaux de La Baule, 50 % étaient issus d’une grande en- treprise, 40 % d’une PME et 10 % d’institutions publiques. « Ceux qui viennent du plus loin sont des fonctionnaires de collectivités du Népal », s’amuse l’organisateur. Pour autant, si 50 nationalités étaient représentées, 75 % des parti- cipants étaient des Européens. « Ce différentiel correspond à la variété des pratiques et des expériences, explique Di- dier Besseyre. La Fédération chinoise et ses 400 millions d’adhérents, par exemple, est d’une autre dimension. En Afrique, ce sont les mul- tinationales implantées sur le continent qui organisent la pratique. Sur le continent américain, le Canada se ré- vèle très engagé, tout comme le Mexique. Dans les pays de l’ex-bloc soviétique, les entreprises ont une tradition
retour, on suscite beaucoup d’intérêt et de questions ! », se souvient Muriel Ruhaut, qui pense déjà à sa partici- pation aux prochains Jeux dans deux ans à Athènes. Les organisateurs entendent amplifier cette dimension de partage et de réseautage. « On prend conscience depuis deux ou trois ans de l’importance que peut revêtir l’évènement en termes de networking. Si cela ne débouche pas sur la signature de contrats, cela permet de nouer des contacts. Il est toujours plus aisé, après coup, d’entrer en relation avec une entreprise quand on a une connexion en in- terne. Des réceptions sont déjà organisées en ce sens pendant les Jeux, mais on compteallerpl.usloinpour les prochaines éditions », assure Didier Besseyre. A bon entendeur.
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]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[                   Julien, 43 ans. Directeur général, diplômé 2015, Management Général
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]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
Brèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles, les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivité
  L’actu de l’enseignement supérieur et de la formation continue
69%
des recruteurs interrogés ont constaté une augmentation des demandes de postes en freelance en 2018.
Sondage LinkedIn, juin 2018
      LE CHIFFRE DU MOIS
       Enedis et l’École polytechnique nouent un partenariat en intelligence artificielle
Jean-Bernard Lartigue, délégué général de la Fondation de l’École polytechnique et Frank Pacard, directeur de l’enseignement et de la recherche de l’X, ont signé mercredi 30 mai 2018 un partenariat avec Jean Paoletti, directeur régional Enedis en
Île-de-France Est, en présence de Dominique Lagarde, directeur du
programme Mobilité électrique d’Enedis.
Ce rapprochement entre Enedis et l’École polytechnique marque la
volonté des deux partenaires de travailler ensemble dans le domaine
de l’intelligence artificielle, l’X étant très impliquée dans la recherche
et la formation en intelligence artificielle. De son côté, Enedis entend
renforcer son écosystème de partenaires externes spécialisés dans l’intelligence artificielle dont l’École polytechnique. Le partenariat entre Enedis et l’X vise à soutenir financière- ment des étudiants du Graduate degree « Artificial Intelligence and Visual computing » de l’X. Enedis intègre grâce à ce partenariat le cercle des industriels soutenant ce programme d’excellence, en finançant trois bourses étudiantes pour la première promotion 2018-2020 du cursus. Dans le cadre de ce partenariat Enedis proposera des projets scientifiques pour des étudiants du Graduate degree « Artificial Intelligence and Visual computing ». Les projets proposés porteront sur des problématiques opérationnelles qu’Enedis entend challenger afin de faciliter l’exercice du métier de ses salariés au quotidien et de renforcer les services proposés à ses clients.
Source : L’X
Uber s’associe à l’École polytechnique pour créer la Chaire « Integrated Urban Mobility »
Dara Khosrowshahi, CEO d’Uber, a annoncé un projet de collaboration avec l’École poly- technique avec la création de la chaire internationale d’enseignement et de recherche « In- tegrated Urban Mobility ». Cette annonce fait suite au lancement du Centre de technologies avancées de Paris (Advanced Technologies Center of Paris, ATCP).
Le partenariat avec l’École polytechnique inclut la création de la chaire académique « In- tegrated Urban Mobility » et la possibilité de développer des contrats de recherche sur des sujets spécifiques. Ainsi, des chercheurs du laboratoire d’informatique de l’X collaboreront avec l’ATCP sur une série de projets de recherche en optimisation et en intelligence artifi- cielle, sur des problèmes liés à l’aviation et au transport tout électrique.
Source : L’X
Deux entrepreneurs polytechniciens lauréats 2018 de la bourse « X-Grant Silicon Valley »
Jérémie Laurent (X 2011) et Rafaël de Lavergne (X 2013) sont lauréats de la bourse « X-Grant Silicon Valley » financée par la Fondation de l’École polytechnique et le Friends of Ecole Polytechnique. Ils bénéficient chacun de 50 000 dollars ainsi que d’un mentorat de haut niveau, offert par des entrepreneurs et investisseurs californiens. Créée en 2013, la bourse « X-Grant Silicon Valley » récompense des talents issus de l’écosystème entrepreneurial de l’X et vise à soutenir l’action de l’École en matière d’entrepreneuriat et d’innovation. Source : L’X
Big Data : l’ESILV et l’École polytechnique nouent un partenariat de formation double diplômant
L’ESILV (École Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci) s’associe à l’École polytechnique, pour développer des formations à la science des données. L’accord permet aux meilleurs étudiants de l’ESILV de suivre le parcours « Data Sciences » du Master «Mathématiques et applications» de l’Université Paris-Saclay et obtenir ainsi deux diplômes
en fin de cursus. Les élèves de ce parcours de Master pourront quant à
eux, bénéficier des enseignements dispensés par l’ESILV dans le do-
maine des sciences des données. Il existe actuellement un large déficit
d’ingénieurs de haut-niveau en Data Sciences. Dans ce domaine, le be-
soin en doctorants est également important et les propositions de sujets
de doctorat sont nombreuses. Le parcours de Master Data Sciences de
l’Université Paris-Saclay, dirigé par Éric Moulines, membre de l’Académie des Sciences et spécialiste du domaine, propose une formation d’excellence sur tous les aspects des sciences des données, depuis l’acquisition jusqu’à l’exploitation et l’analyse.
Source : L’ESILV
Bouygues construction et Centrale Lille lancent la chaire Construction 4.0
Soutenus par la Région Hauts-de-France et la Métropole Européenne de Lille, Bouygues Construction et Centrale Lille annoncent la création d’une chaire de recherche destinée à
    Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation
Travailler Autrement
PDG d’ITG, leader du portage salarial
L’hybridation, mère de l’évolution
Pour la majorité des 18 à 29 ans, le salariat et plus précisément le CDI est encore synonyme d’une vie professionnelle réussie : c’est pour eux un gage d’accès au logement et au crédit bancaire mais aussi de stabilité. Toutefois, il est intéressant de constater que les jeunes préfèrent l’indépendance au salariat : 60 % de cette population exprime le souhait de se lancer dans le travail indépendant. Pour quelles raisons ? Le désir d’aventure, la liberté d’organiser leur temps de vie comme bon leur semble, loin des contraintes hiérarchiques et des process... Autant de vœux que le monde de l’entreprise ne semble pas en mesure de réaliser à ce jour.
Nous devons nous rendre à l’évidence : le système scolaire français fait preuve de lacunes dans des domaines essentiels à la future activité professionnelle des étudiants.
La première est qu’ils sont peu préparés à la vie professionnelle. Mais, et c’est la seconde carence, ils ne sont même pas informés quant à l’éventualité de pouvoir devenir travailleur indépendant. Ce constat est d’autant plus alarmant quand nous prenons conscience que nos jeunes sont deux fois plus nombreux que la moyenne nationale à vouloir devenir indépendants.
Pour répondre à la révolution du travail en marche, donnons- leur les moyens de choisir, en les informant sur les différentes options qui s’offrent à eux, au-delà du dilemme salarié- indépendant.
Décrocher un CDI n’est pas aisé mais adopter le travail indépendant n’est pas plus intuitif : comme on ne naît pas salarié, on ne naît pas travailleur indépendant !
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Travailler autrement
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
RH & FORMATION
  accroître la productivité du secteur de la construction. La chaire Construction 4.0 a pour vocation de faire travailler une équipe de recherche mixte, composée de doctorants, de
jeunes chercheurs et de collabora- teurs de Bouygues Construction autour de trois axes : robotisation et automatisation du chantier, opti- misation du chantier, mise en place de méthodes disruptives pour la construction.
« La chaire Construction 4.0 est au cœur des grands enjeux industriels mais aussi de la recherche et des formations d’ingénieur. En effet, les évolutions actuelles du cursus centralien sont étroitement liées à l’innovation et l’entreprise, qui représentent une valeur ajoutée essentielle pour Centrale Lille. Pour nous, la chaire Construction 4.0 est un projet à spectre large qui se veut un modèle de collaboration, créateur de valeur », précise Emmanuel Duflos, directeur de Centrale Lille. La chaire collabore déjà avec des universités de renom tels que l’Ecole Polytech’Lille, l’Université technique de Munich (TUM), l’Université d’Arlington au Texas ou encore l’En- sam d’Angers. Par la suite, elle intégrera d’autres partenaires académiques tels que l’Université d’Alberta au Canada, ainsi que des partenaires industriels et des start-up notamment
locales via l’incubateur Euratechnologies.
Source : Centrale Lille
L’IÉSEG lance une chaire dédiée au « Retail Management et Business Development » avec Auchan Retail France
L’IÉSEG et Auchan Retail France annoncent le lancement d’une chaire « Retail Management et Business Development » qui intègre notamment le nouveau master en contrat de pro-
fessionnalisation et différentes activités pédagogiques. Ce programme sur-mesure allie apprentissage sur le terrain et apprentissage académique. Les étudiants salariés se verront proposer un parcours évolutif en magasin prioritairement ou en service d’appui. Pour le programme et le contenu pédagogique, l’IÉSEG s’appuie également sur son centre
d’excellence ICoN (IÉ- SEG Center of excel- lence in Negotiation) qui a pour objectif de créer et promouvoir la recherche et l’expertise en négociation auprès
des étudiants et entreprises. Sophie Guérin, directrice des relations entreprises à l’IÉSEG, explique : « Nous sommes ravis de renforcer notre collaboration avec Auchan Retail France, un partenaire historique de l’école, autour des nouveaux enjeux dans le secteur du «retail management». Notre objectif est de créer des formations innovantes pour nos étudiants, et d’apporter de la valeur ajoutée pour les activités d’Auchan Retail France. »
Source : L’Iéseg
Le groupe Colas et Centrale Nantes renforcent leur partenariat autour des métiers des travaux publics
Le 24 mai, Bertrand Alessandrini,
directeur du développement et des relations industrielles à Centrale Nantes, et Alain Monnier, directeur développement marque employeur et talents du groupe Colas, ont signé une nouvelle convention de partenariat de deux ans. Cette signature renforce les
liens existants entre Colas et Centrale Nantes. Un premier partenariat avait été signé en 2013, instaurant une présence régulière de Colas sur le campus de l’école, au travers notamment de conférences métiers, de présentations des parcours de carrière au sein de Colas, et la participation des étudiants aux challenges organisés par le groupe (Golden Roads, Angry Roads...) ou à des visites de chantiers. Colas participe également chaque année au Forum entreprises de Centrale Nantes et y anime un atelier RH afin d’accompa- gner les élèves dans la préparation de leurs entretiens et la construction de leur CV.
Source : Centrale Nantes
KEDGE présente sa nouvelle stratégie 2018-2021
Avec le positionnement « d’école du leadership du XXIe siècle », KEDGE repense son fonctionnement et sa formation pour transformer durablement l’expérience d’apprentissage. L’objectif est de développer les compétences des leaders de demain en leur permettant de comprendre le monde contem- porain, d’en maîtriser les enjeux technologiques, sociétaux et environnementaux, pour en devenir des acteurs éclairés. Acteur déjà reconnu en matière de RSE et de développement personnel et professionnel, KEDGE décide d’aller encore plus loin en adoptant un positionnement innovant autour de trois grands axes de formation clés :
• L’entrepreneuriat et l’expérimentation, des dimensions qui confèrent des capacités de créativité, d’innovation, d’anticipation et de prise d’initiative voire d’autonomie, et qui sont des compétences de plus en plus demandées par les entreprises.
• Les Humanités, qui s’imposent pour développer la responsabilité, l’éthique, l’esprit critique mais également les « soft skills » ou compétences comportementales (intelligence émotionnelle, confiance en soi, empathie,
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RH & FORMATION
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audace, sens du collectif...).
• Le management de la Tech, qui implique l’accultu- ration au monde de la Tech (intelligence artificielle, blockchain, deep learning, Data, design thinking...) pour comprendre, imaginer et mettre en œuvre la transformation des business models des entreprises et contribuer à celle de la société.
• « Autant de compétences stratégiques autour desquelles l’école a repensé ses formations et qui permettront aux étudiants de devenir les leader du XXIe siècle et d’avoir un impact social, économique et environnemental po- sitif sur la société », précise Stanislas de Bentzmann, président de l’école.
Source : Kedge
AGIPI et KEDGE lancent une chaire de recherche sur le travail indépendant et les nouvelles formes d’entrepreneuriat
A l’occasion de la table ronde « Demain, tous entre- preneurs ? » organisée mardi 22 mai sur le campus de KEDGE Marseille, François Pierson, président d’AGIPI, et José Milano, directeur général de KEDGE, ont offi- ciellement lancé la chaire de recherche AGIPI-KEDGE intitulée « Le travail indépendant et les nouvelles formes d’entrepreneuriat ».
Les travaux de la chaire chercheront à mettre en perspective les réalités socio-culturelles, professionnelles et person- nelles de ces nouveaux entrepreneurs et indépendants. Ils permettront de réfléchir à de nouveaux modèles liés à l’évolution des modes de travail. Ces travaux se dévelop- peront autour de quatre axes : entrepreneuriat, évolutions socioculturelles et pratiques managériales ; qualité de vie et bien-être au travail en entrepreneuriat individuel ; gou- vernance et mondes de production : les nouvelles frontières de la firme ; les nouvelles formes d’entrepreneuriat en Eu- rope : le travail individuel entre salariat et indépendance et les transformations des régimes de protection sociale. Angleterre, France, Norvège.
L’actu des RH
Etude RH sur l’équilibre vie professionnelle et vie personnelle
Selon l’enquête « Work Happy »* du cabinet international de recrutement spécialisé Robert Half, seulement 12 % des salariés en France se disent satisfaits ou très satisfaits de l’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée. L’équilibre entre vie pro et vie perso n’est pas atteint. Le moral, la motivation, l’implication sont affectés avec les conséquences que l’on connaît. Selon l’Union nationale des associations familiales, 93 % des
salariés, en 2017, trouvaient important le sujet de l’équilibre des temps de vie. Les salariés aspirent à plus de flexibilité pour pouvoir aménager eux-mêmes leur équilibre entre travail et vie privée. Qu’en est-il aujourd’hui ?
-A la question « Etes-vous satisfait(e) de l’équilibre entre votre travail et les autres aspects de votre vie ? », seulement 12 % des 2 090 actifs interrogés par Robert Half et Hap- piness Works ont reconnu être satisfaits ou très satisfaits de l’équilibre entre leur travail et les autres aspects de leur vie. 65 % des sondés français sont insatisfaits ou pas du tout satisfaits de leur équilibre vie pro-vie perso.
Rappelons toutefois qu’avec la simplification du Code du travail, des avancées sont prévues en matière de télétravail, ce qui pourrait avoir une incidence sur l’amélioration de ce fameux équilibre entre vie pro et vie perso. De même, parmi les outils de fidélisation : 38 % des DG interrogés envisagent le travail flexible et 34 % l’équilibre vie profes- sionnelle et personnelle.
Etude LinkedIn sur le recruiter sentiment
-Selon une étude LinkedIn, 62 % des responsables RH et des recruteurs français se disent confiants en leur capacité à embaucher.
  Source : Kedge
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àla«gamification».Notreplateformes’adresseàdiffé- rents types d’utilisateurs. Nous travaillons à la fois avec des particuliers tels que les lycéens de terminale qui pré- parent le bac, avec les étudiants pour les concours d’en- trée aux écoles mais aussi avec les entreprises et orga- nismes de formation tels que les écoles de commerce, de journalisme, d’ingénieurs, les CFA. Nous possédons une équipe pédagogique qui travaille en continu sur les contenus.
Quel est votre modèle d’affaires ?
Notreplateformeestsur-mesure.Noussommesenper-
pétuelle recherche de nouveaux contenus. Pour ce faire, nous collaborons avec le marché du film en Europe et aux Etats-Unis. Nous vendons une licence qui permet à chaque utilisateur de visionner 25 contenus pédagogiques et dix films divertissants. Notre collaboration avec de grandes sociétés de productions américaines nous autorise l’accès à de nombreux films et
sériespeudetempsaprèsleursortieensalles.
Pouvez-vous nous donner quelques exemples de concrétisation côté usages ?
L’année 2017/2018 était une année de test, nous avons collaboré avec une dizaine d’établissements et au bout d’une année le bilan a dépassé nos attentes. Les étu- diants ont adhéré à notre plateforme avec des taux de connexion dépassant les 90 % avec des durées de connexion importantes. Surtout ils ont aussi progressé ! La majeure partie des étudiants ont gagné deux niveaux
suruneannéescolaireens’amusant.
La start-up RH du mois
 Entretien avec Corentin Marmignon, cofondateur avec son frère Clotaire, d’une solution atypique dans le e-learning, e-dutainment.com
« La majeure partie des étudiants ont gagné deux niveaux sur une année scolaire en s’amusant »
 ]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Manager autrement
Les innovations RH émergent constamment. Focus sur l’une d’entre elles
La gestion de l’erreur en entreprise
Intégrer l’erreur à la performance
  C’est dans nos gènes ! L’erreur n’a pas bonne presse en France. Mais, un vent venu tout droit d’outre-Atlantique semble faire bouger les lignes. A petits pas.
 Par Murielle Wolski
  E rrare humanum est ! Le latin s’invite dans le management. A dire vrai, parfois attribuée à Sénèque, la locution est escamotée, tronquée. Com- plète, elle dit : « Errare hu- manum est, sed perseverare diabolicum. » En français dans le texte : « L’erreur est humaine, l’entêtement est diabolique. » Tout l’enjeu des débats qui animent les entreprises en 2018. Où se situe la frontière ? Quelle erreur accepter ? Quelle dose supporter ? Plus de deux mille ans après Sénèque, le management français com- mence à s’intéresser à cette
thématique.
Ca se joue dès l’enfanCe
Rien à voir avec la mentalité au pays de l’Oncle Sam. Aux Etats-Unis, les banquiers de- mandent aux entrepreneurs de leur raconter les erreurs commises avant de signer un prêt. Quelqu’un qui a échoué saura ne plus recommencer. Une telle trajectoire rassure. Ce n’est peut être pas un ha- sard d’ailleurs si Jean-Ma-
rie Messier, ancien PDG de Vivendi Universal, a filé tout droit outre-Atlantique sitôt son « crash ». L’état d’esprit y est tout autre. Peu à peu, cette culture-là imprègne l’Hexagone. « L’évolution est palpable », explique Isabelle Rey-Millet, directrice géné- rale d’Ethikonsulting, cabinet spécialisé en management, créé en 2006. « Se planter
au sein de Burgundy school of business (BSB) de Dijon. « Or, à l’école encore, la sanction tombe en cas d’er- reur. Tous les enfants doivent agir de la même manière. Pour preuve, le cadeau de la fête des pères. Ils réalisent tous le même, au lieu de les laisser faire ce dont ils ont envie... La créativité est très encadrée. Promulgué à la
les chaînes de production, par exemple. Par ailleurs, la génération X ou Y avide de marges de manœuvre plus lâches ou larges n’y est sans doute étrangère non plus. Des pointures bien instal- lées dans le paysage écono- mique ont intégré l’erreur à leur mode de management. Pêle-mêle, citons 3M, McDo, Renault, Edf, l’Assistance
management de confiance,
explique Bernard de Lapor- talière, directeur adjoint des richesses humaines. C’était même un point final. Nous étions prêts à aller jusque-là, pour rendre nos collabora- teurs plus autonomes, pour contribuer ensemble à leur épanouissement. » Nombre d’initiatives générées, réu- nions mises en place... Autant d’indicateurs suivis de près. Mais, pour que la mécanique ne se grippe pas, cette poli- tique a été accompagnée de formations des managers. Comment gérer un conflit ? Comment gérer les émo- tions ? Comment faire la part entre une erreur et une faute ? Quels sont les éléments dont dispose le salarié au moment où survient l’erreur ? L’enca- drement est parfois poussé à se remettre en cause à cette occasion.
bilan et effet positifs
Quatre ans après l’introduc- tion de ce droit à l’erreur dans les textes de gouvernance de l’assureur, le bilan est positif. « Plus vous faites confiance
et qu’il y a du sens, plus les salariés le rendent, témoigne Bernard de Laportalière. Par ailleurs, une partie de la valeur de l’erreur est d’en tirer les enseignements. » Il est un secteur dans lequel l’erreur a un statut tout par- ticulier : l’aéronautique. « A chaque écart par rapport à la procédure, obligation nous est faite de le déclarer », tient à souligner Eric Prévot, commandant de bord sur Boeing 777, et par ailleurs porte-parole des opérations aériennes d’Air France. « Tout évènement doit être partagé, avec notamment le Pilot re- port (PIREP). Quel que soit le niveau de responsabilité, le niveau opérationnel, le travail sur l’erreur a permis depuis les années 60 d’aboutir à un système ultra-sur avec une exposition au risque. Il a construit le transport aérien. Les statistiques sont en 2017 les meilleures jamais obtenues. » Et le dispositif a été renforcé il y a moins d.e dix ans, repris par le Comité exécutif et le principe de la « non punition de l’erreur ».
On apprend de nos erreurs, rarement de nos réussites...
 Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme
 n’est pas mourir. Ce n’est pas contre-productif. De- puis trois ou quatre ans, on peut noter un retournement de situation. » Et Isabelle Rey-Millet de citer Charles de Gaulle, Churchill, Gains- bourg ou bien encore Man- dela qui ont additionné des échecs... Le Premier ministre britannique avait d’ailleurs dit : « Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. »
« L’erreur fait partie de l’ap- prentissage », souligne Syl- vain Max, professeur associé
fin de l’année 2017, le droit à l’erreur administrative est un signe d’évolution venu d’en haut. Cela donne de l’espoir ! »
le saCre du re- tour d’expérienCe Ce changement de paradigme n’est pas sans lien avec l’explo- sion des start-up – Blablacar l’a érigé en valeur centrale, comme au sein des Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon) –, avec le recours massif aux nouvelles techno- logies. C’est moins le cas sur
publique-Hôpitaux de Pa- ris (AP-HP) ou bien encore PSA. Les constructeurs au- tomobiles lancent, en pa- rallèle, plusieurs équipes de designers ou créateurs de nouveaux modèles. L’erreur fait partie intégrante de leur schéma de développement. La MAIF, assureur, l’a écrit noir sur blanc dans le cadre d’un accord collectif dédié à la qualité de vie au travail. C’était en 2014. « En parler avec les partenaires sociaux était important, pour l’ins- crire dans une dynamique de
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]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
Analyse d’une étape du parcours d’emploi ou d’une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprises
Marché de l’emploi et nouveaux modes de recrutement
Vers une « gamification » du recrutement ?
  Bonne nouvelle. Le marché de l’emploi se tend... au profit des candidats. La concurrence se fait jour entre les recruteurs. Pour paraître visibles dans le lot, ils cherchent à se démarquer dès la phase de recrutement. Est-ce que cela marche à tous les coups ?
autodidactes que le filtre du diplôme ne permet pas de repérer. » Par ailleurs, les juniors sont plus sensibles à cette batterie de techniques que les séniors, riches de dix à 15 ans d’expérience.
oser n’est pas tou- jours réCompensé
Et puis toutes les audaces ne paient pas. Pour preuve, Goo- gle avait imaginé séduire de nouveaux collaborateurs avec des panneaux géants, position- nés le long des « highways » américaines. Une équation à résoudre... et le job était décroché ! Cette drague en 4*3afaitunflop!
Les techniques alternatives de recrutement comptent leur lot de détracteurs. Gad- get, disent-ils. Effet buzz à « l’instant t ». Aussi, pas de technique alternative chez Hays, par exemple. « On y pense, note Isabelle Israël. Mais est-ce compatible avec une marque employeur en pleine construction ? Et puis, quel retour sur investissement ? » Et Saab Zniber, co-fondateur de Yatedo, moteur de recherche de talents, d’enfoncer le clou : « Je n’y crois pas trop. Avec ces pratiques alternatives, on ne s’attaque pas au vrai problème, à savoir l’évolution de la mentalité des talents. Sur quel le projet le candidat devra travailler ? Avec quelle technologie ?... Le candidat a repris le pouvoir. »
Mind the gap !
Cette petite ritournelle, on l’entend dans le métro londo- nien. Elle fait sens aussi dans le monde du recrutement. Rien ne sert en effet d’adop- ter de telles pratiques si c’est en rupture avec la culture de
 Par Murielle Wolski
Soirée dédiée aux femmes ingénieures qui s’inscrit dans un plan de recrute-
ment de 3 000 collaborateurs pour Assystem, groupe d’in- génierie, career booster tour pour dénicher 300 ingénieurs et consultants en IT pour Ausy, Together day pour capter les jeunes diplômés chez Sopra Steria, escape game – autre- ment dit, comment s’évader d’une pièce en un temps li- mité – ou bien encore pitch vidéo pour Natixis-assurance des personnes, job dating géant pour recruter pas moins de 1 000 collaborateurs au service des parents chez Kangourou, Talent cocktail pour embau- cher en toute décontraction des conseillers voyages chez Marco Vasco, chatbot baptisé Randi ou bien encore hacka- thon chez Randstad.... Les exemples sont légion.
Pas un sans jour sans recevoir un communiqué de presse vantant des techniques de recrutement alternatives. Que la lettre de motivation et le curriculum vitae paraissent ringards ! Has been, pour continuer dans la veine des anglicismes très fréquents dans le monde du recrutement. Que d’imagination débordante aussi... !
marChé de l’em- ploi : la pression Change de Camp
Le climat de l’emploi repart – c’est l’Insee qui le dit, avec
48 000 nouveaux emplois créés au premier trimestre 2018, même si c’est un peu moins flagrant qu’à la fin 2017. Les entreprises recrutent, tous sec- teurs et tous profils confondus. La pression change de camp, d’où la fureur des techniques alternatives déployées par les recruteurs... même pour des « petits volumes ». Ainsi, Lille a été le théâtre le 14 juin der- nier, pour la quatrième fois, de l’escape game organisé pour le compte de la branche assurances des personnes de Natixis. L’objectif : recruter entre sept et dix collaborateurs, très précisément des chargés de gestion et relations clients. « Grâce à cela, notre image
ter vite. « La pénurie est telle que les candidats n’osent plus déposer leur curriculum vitae sur des CV-thèques en ligne. Ils sont harcelés », commente Laurent Blanchard, directeur général de Page Personnel. Plusieurs interviews viennent
atteindre les candidats qui nous intéressent, on est entrés dans une logique publicitaire. » « Repenser le modèle du sour- cing, plancher sur son effi- cacité, sur l’accélération du process... est devenu crucial, précise Laurent Blanchard, de Page Personnel. Depuis un an et demi, on travaille les outils de l’intelligence artificielle. On les teste en permanence. Que les process évoluent est tout à fait normal. Il y a dix ans, la graphologie était pratiquée. Aujourd’hui, plus personne n’en parle, par exemple. » A l’inverse, inexistants au début des années 2000, les jeux de rôle sont entrés dans les mœurs. Les grands groupes sont friands de ces nouvelles techniques, tout comme les start-up. Coincées entre les deux, les petites et moyennes entreprises (PME) ont parfois un peu de mal à exister sur le marché de l’emploi. Aussi, il y a fort à parier qu’elles s’y mettront aussi dans les mois à venir...
Alors pitch ou job dating ? Escape game ou hackathon ? Ce n’est pas bonnet-blanc et blanc-bonnet, pour reprendre une expression désuète. Les uns et les autres ne s’adressent pas au même public. Ainsi, Hays, cabinet de recrutement spécialisé, a testé le visio Talent en 2017, pour ses propres em- bauches, puis l’a abandonné. Le principe : les candidats doivent faire un pitch filmé de deux ou trois minutes pour se présenter, décrire leur moti- vation. « Peu convainquant. Une technique qui a pu en décourager certains », constate Isabelle Israël, chargée du re- crutement interne chez Hays. Et Lucas Tourny, porte-pa- role de Randstad de nuancer : « L’escape game s’adapte bien aux cadres, pour faire une analyse des comportements. Un hackathon n’est d’aucune utilité, par exemple, pour un comptable ou un contrôleur de gestion. Un challenge in- formatique permet de déce- ler, en revanche, des profils
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de marque a évolué, confesse Céline Carolo, directrice des ressources humaines. Ces pra- tiques renouvelées permettent de drainer des candidats qu’on n’allait pas chercher avant. Qui n’auraient pas osé parce qu’ils ne connaissent pas nos métiers. »
toujours
judiCieux ?
Quelle est aujourd’hui la pre- mière difficulté des recru- teurs ? Formulée par le dernier baromètre KPMG/CPME, la réponse est : recruter, et recru-
le confirmer. Inimaginable pour un quadra, « la nouvelle génération n’a pas le réflexe de se créer un CV », insiste Amaury de la Baume, directeur relation clients et marketing du Groupe Actual, spécialisé dans la gestion de compétences. « Où vont-ils ? Comment les trouver ? Comment entrer en contact avec les candidats peu qualifiés ? » Les questions sont nombreuses. « Et le terrain de jeu est dorénavant sans frontière entre vie privée et vie professionnelle, ajoute Amaury de la Baume. Pour
l’entre.
candidat » compte certes, mais pour les fidéliser, la cohérence aussi.
Le candidat a repris le pouvoir
L’escape game, une
mode qui ne séduit pas les profils capés ?
 prise. « L’expérience
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 La Sélection culturelle
Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune
  Littérature professionnelle
■ Réenchanter le travail, c’est possible ! Avec l’émergence de nouvelles communautés pro- fessionnelles et les multiples opportunités offertes par les innovations technoscientifiques, le monde du travail est en pleine mutation. En France, tout particulièrement, les aspirations individuelles en entreprise se heurtent à un monde du travail encore rigide... avec, à la clé, mal être et désenchantement. En publiant Réenchanter le travail, c’est possible ! Isabelle Deprez fait le pari de réintroduire qualité de vie et bonheur dans les entreprises. Elle signe aussi un guide précieux pour se saisir de son propre
bien-être au travail.
Dans Réenchanter le travail, c’est possible !, Isabelle Deprez pré- sente une méthodologie inédite de changement baptisée IACG©, pour Intégrale, Appréciative, Coach et Grow.
Isabelle Deprez donne à ses lec- teurs des outils concrets pour aller vers le réenchantement. L’ouvrage
contient deux études de cas en entreprise et sept exercices permettant de mettre en oeuvre ses conseils, pour soi-même ou ses équipes. L’auteure pousse également ses lecteurs à consigner leurs avancées à la fin de chaque partie, en faisant le point sur les questions et idées qu’aura fait naître la lecture. Elle les invite par ailleurs à lui adresser commentaires, suggestions et retours d’expérience sur son blog. Ce blog propose un outil d’autodiagnostic destiné aux managers, RH et dirigeants, qui leur permettra de faire l’état des lieux de leur entreprise. Enfin, ceux qui souhaitent aller encore plus loin et approfondir certains aspects pourront aller puiser dans la solide bibliographie fournie en fin d’ouvrage et consulter travaux de recherche, livres, articles et émissions.
Isabelle Deprez, Réenchanter le travail, c’est pos- sible ! Broché, 174 pages, avril 2018, 19 euros, 12,99 euros en version numérique
■ 69 règles du succès professionnel Connaissez-vous le secret de ceux qui réussissent tout ce qu’ils entreprennent ? Existe-t-il une « re- cette universelle », une méthode infaillible pour atteindre ses objectifs à coup sûr ?
Si on observe de près ceux à qui tout réussit, alors il est possible de mettre en lumière, derrière chaque succès, un ensemble de principes fondamentaux qui conditionnent la réussite (ou l’échec) d’un projet,
d’une personne ou d’une entreprise. Car le succès n’est que la conséquence d’un subtil dosage entre une bonne attitude : travailler, persévérer, se fier à son instinct, garder confiance en soi... et l’appli- cation de quelques règles de bon sens ! À l’appui
de son expérience, de ses re- cherches, observations, études et analyses, l’auteur dénombre 69 règles pour perfectionner vos comportements, votre ma- nagement et vos méthodes de travail, notamment en marketing et vente. Parce que vous avez toujours l’ambition d’améliorer vos pratiques, de progresser,
de vous distinguer, de faire face à tous les défis... Voici 69 règles qui vont droit au but, fondées sur les réalités d’aujourd’hui et accessibles à tous ceux qui veulent réussir, quels que soient leurs projets et
leurs compétences professionnelles.
Joseph Aoun, 69 règles du succès professionnel, Gereso Edition, 227 pages, juin 2018, 19 euros
Film/DVD/ Streaming
■ Trois visages
Le Pitch : Une célèbre actrice iranienne reçoit la troublante vidéo d’une jeune fille implorant son aide pour échapper à sa famille conservatrice... Elle de- mande alors à son ami, le réalisateur Jafar Panahi, de l’aider à comprendre s’il s’agit d’une manipula- tion. Ensemble, ils prennent la route en direction du village de la jeune fille, dans les montagnes
reculées du Nord-Ouest où les traditions ancestrales continuent de dicter la vie locale. Un film terrible, poignant, attendrissant et dépaysant. A voir
Trois visages, film réalisé par Jafar Panahi, Prix du scénario du Festival de Cannes, 2018
Festival
■ 5ème édition du Festival Rire en Vignes au Château de saint Martin à Taradeau (Var) Savourer une soirée de rire et de partage dans ce cadre bucolique qu’offre le Château du XVIIIe... Tel est le pari du Château de Saint-Martin,
Cru Classé de Provence, qui ac-
cueille cette année deux pension-
naires des Grosses Têtes, Chantal
Ladesou et Jeanfi Janssens. Depuis
sa création en 2014, Adeline de
Barry, propriétaire du Château
de Saint-Martin & Etienne de
Balasy, directeur artistique du
festival, livrent chaque année des
soirées marquées par la magie qui s’opère entre les humoristes et les spectateurs sous la houlette des hôtes du Château.
5ème édition du Festival Rire en Vignes, les mercredi 25 et jeudi 26 Juillet 2018
Au Château de saint Martin à Taradeau (Var)/ tarif spectacle & dîner : 39 € / tarif réduit (groupe & étudiants) : 35 €
        Exposition
Game of Thrones: The Touring Exhibition
Amateurs d’heroic fantasy, aficionados de la série, geeks, enfants, ados, curieux et fans de série à gros budget seront servis. L’hiver avant l’automne. L’exposition propose une dizaine de salles avec décors et accessoires utilisées pour le tournage ainsi que des spots photos pour brandir une des armes iconiques et en garder un souvenir. Une expo qui peut filer très vite, comme un peu toutes les expos post-production. Ici pas de place aux techniques de cinéma. Juste des anecdotes sur le poids des armures où les contraintes des costumes. Game of Thrones : The Touring Exhibition, Parc des expositions Hall 2.1 Porte de Versailles, du premier juin et jusqu’au 2 septembre, 19 ,90 euros l’entrée / 6 euros pour l’audioguide
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]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Air du temps
Etude d’un sujet de loisirs ou d’évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovations
  Made in France : Concilier innovation et tradition
Mariage de raison
Le Made in France a deux visages, le premier qui reflète nos traditions et savoir-faire professionnels et le second qui n’évite pas d’angliciser le « Fait en France » pour mieux plaire et montrer son côté innovant... Retour sur cet aspect bipolaire de notre savoir-faire qui trouve écho tout autant dans le patriotisme du consommateur que dans les innovations proposées par les entrepreneurs.
marque dévoile une offre de pots de glace bio made in France aux parfums décalés : Do You do You, Cuba Lover, French Kiss... « Nous visons en priorité la génération des millenials qui apprécient les produits bio, authentiques et innovants. Nous sommes ainsi les seuls en France à proposer dans chaque glace une association de trois in- grédients qui créent l’identité des glaces What The French ?! : un coulis de fruits/cara- mel, une crème glacée ou un sorbet, des inclusions gour- mandes », expliquent les deux fondateurs, Philippe Varloud et Thierry Honoré. Belle in- novation, la marque propose également une glace alcoolisée saveur Mojito ! Le « Made in France », savant combiné tradition et innovation, a, en réalité infusé tous les pans de l’économie... jusqu’au pressing à domicile. Fondé en 2014, Le Lavoir Moderne a choisi de démocratiser le pressing en proposant aux clients un prix concurrentiel de 4 euros le kilo de linge, qu’ils prévoient encore de
diminuer à 2,50 euros d’ici à la fin de l’année 2018. Les investissements réalisés en recherche et développement ont rendu possible la fixation de tels prix. « Lavoir Moderne a ainsi développé une puce RFID permettant une traçabi- lité du linge en temps réel ou encore un scooter électrique utilisé par leurs lavandiers et doté d’un coffre adapté au transport de vêtements pour lequel nous avons déposé un brevet », explique l’un des fondateurs Alphadio Olo- ry-Togbé. « Pour répondre aux demandes des clients et parce que nous sommes conscients des enjeux éco- logiques, nous avons dimi- nué par cinq la quantité de détergent, nous recyclons les eaux usées, utilisons des pro- duits biodégradables, etc. », ajoute le dirigeant. Finale- ment, les entreprises, loin de se contenter de surfer sur « un engagement patriotique » des Français, ont fait le choix d.e la qualité et de l’innovation. Gagnant/gagnant donc pour le consommateur citoyen !
 Par Pierre-Jean Lepagnot
Dans les années 90, rares étaient les en- seignes à se vanter du « Made in France ». La couturière Agnès B. était à cet égard un précurseur en affichant, en caractère gras sur l’étiquette de certaines de ses chemises, la phrase « fa- briquée en France ». Certes, ces chemises étaient un peu plus chères que celles des col- lections plus mainstream en provenance du Maroc, mais, il faut le reconnaître, elles étaient et continuent d’être mieux coupées et d’un coton plus noble. Depuis, l’avalanche made in France s’est abattue sur le pays, avec, parmi les détonateurs, Arnaud Monte- bourg, ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique sous la prési- dence Hollande. Si le livre La bataille du made in France, rédigé par le thuriféraire d’une hypothétique sixième Répu- blique, ne passera sans doute pas à la postérité, chacun se souvient de l’engagement de ce dernier pour une « cause nationale » et de sa communi- cation tricolore sur la marinière et le robot mixeur.
Toujours est-il que le concept du«MadeinFrance»afait depuis son petit bonhomme de chemin. Selon un sondage Ifop d’octobre 2016, « 90 % des Français considèrent la thématique du «made in
France» comme importante pour l’avenir et 79 % dé- clarent même s’y intéresser deplusenplus».Pour93% des consommateurs, acheter un produit fabriqué en France est une manière de soutenir les entreprises françaises et de participer au maintien de l’emploi dans l’Hexagone, selon un autre sondage Ifop de septembre 2017.
le made in franCe plébisCité
Les résultats de ces sondages suscitent des interrogations. Les Français seraient-ils deve- nus « trumpiens », reprenant à la sauce franchouillarde le slogan « America First » (« L’Amérique d’abord ») ? Certes, 91 % des Français considèrent qu’acheter français est un moyen permettant de préserver des savoir-faire fran- çais. En outre, 88 % estiment également qu’il s’agit d’une garantie d’avoir un produit fabriqué selon des normes sociales respectueuses des salariés. Pour 75 % des inter- rogés/sondés, acheter français c’est aussi l’assurance d’avoir un produit de meilleure qualité tandis que 72 % sont sensibles à la garantie d’avoir un ser- vice après-vente. Entre les lignes, apparaît clairement l’attachement des Français pour les traditions, le « sa- voir-faire » français vanté à
longueur d’émissions consa- crées aux « compagnons du devoir » et autres « meilleurs ouvriers de France ». Cela dit, les Français, tout autant que le reste du monde, restent avides d’innovation comme en témoigne le succès constant des nouveaux modèles d’iPhone dans l’Hexagone....
Cette volonté des Français d’associer tradition et innova- tion a été très bien comprise par les entrepreneurs qui ne cessent de s’adapter à l’évo- lution de la demande et des modes de consommation. Présentes depuis cent ans sur la table de nuit des Français, les fameuses boules Quies ne s’endorment pas sur leurs lauriers. « Notre notoriété nous a permis ces dernières années d’innover avec suc- cès. Au-delà de nos célèbres boules de cire ou en mousse et silicone, nous produisons désormais des produits auditifs pour les professionnels – les musiciens ou les sociétés de sécurité », explique Olivier Denis du Péage, PDG et héri- tier du groupe familial. Cette soif d’innovation est partagée dans moult secteurs comme les sous-vêtements masculins (Le slip français), et la grande consommation.
traditions-inno- vations, le Combo gagnant
Depuis le mois dernier, une jeune marque de glace compte bien faire fondre les Français. What the French ?! entend bien bousculer le marché de la glace et celui du bio. Lancée par French by Nature, une start-up lyonnaise, What the French ?! est une gamme de glaces et sorbets bio, autoproclamant ses produits « gourmands, funs et authentiques ». La
  Made in France, un triptyque toujours gagnant ?
 Street marketing et made in France
Le « Made in France » bat le pavé
Comme un clin d’œil. C’est dans la rue du Vertbois, dans le troisième arrondisse- ment de Paris, jusque-là essentiellement connu pour abriter le bistrot typiquement français L’Ami Louis où se croisent David Beckham, Woody Allen et tous les pa- trons du CAC 40, que s’est installée depuis le 15 mai et jusqu’au 15 juillet l’opéra- tion « rue made in France ». Dans les magasins loués pour l’occasion, on trouve les savoir-faire français et ils se nichent partout ! « Si vous êtes de passage, vous pourrez y acheter des jeans, chaussures, sous-vêtements mais aussi des jouets, de l’équipement pour la maison ou même votre brosse à dents ! », explique Françoise Naudet, co-organisatrice de cette initiative. « L’objectif est de donner une visibilité à des marques qui veulent relancer l’industrie et la fabrication françaises. L’idée de la rue est aussi de sensibiliser les consommateurs à leurs actes d’achats et de les convaincre de se tourner davantage vers les produits tricolores », souligne l’orga- nisatrice, également présidente de Savoir french. Enfin, l’objectif est de prouver que made in France ne rime pas toujours avec luxe. Ainsi, les tee-shirts éthiques et écologiques sont étiquetés à 30 euros tandis que le sachet de pâtes est vendu moins de 2 euros. Un savoir-faire français plus accessible que le poulet de L’Ami Louis facturé à 92 euros (pour deux) ...
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JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[ Clim
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Janus 2017 de l'Industrie
]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
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Leica présente ses gardes du temps
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travaillé et le verre bombé côté cadran qui rappelle la lentille d’un objectif d’appareil photo.
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 Cette édition spéciale met en exergue les personnages inspirants et affectueux du Petit Prince et du renard. Les mots et les aquarelles de Saint-Exupéry continuent de toucher les cœurs et les
esprits au-delà des frontières et des générations. Modèle ci-contre : 1515 €.
www.montblanc.com
David Yourman au Printemps
Le créateur-sculpteur new-yorkais a ouvert sa première boutique joaillerie dédié à l’homme à Paris. Et quel plus bel écrin pour celui qui pense, dessine et réalise chacune de ses pièces comme une œuvre d’art, bien plus qu’un simple accessoire que le Printemps de l’Homme pour l’accueillir. Southwest Feather Band Ring. 500 €.
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   64, un vent de fraicheur
64, c’est une mode chic et décontractée, à tendance vintage avec une pointe d’humour... La marque, originaire des Pyrénées-Atlantiques, n’oublie pas ses racines avec des références à l’océan, à la montagne, au surf ou encore au rugby. Tshirt en coton : 32 €
www.64.eu
 78
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  Bien-Etre
Jean d’Estrées, an- ti-âge
visage SPF 30
Cette crème au parfum délicat, à la texture onctueuse et non collante protège efficacement du soleil tout en atténuant les signes du vieillissement. Pour les peaux plus sensibles, la Maison Jean d’Estrées propose le Fluide SPF 50 +. 34€ et 36€. www.jean-destrees.fr
Durance, rituels
parfumés
Le parfum Nuances de Bois aux notes précieuses et boisées (huile essentielle de cèdre du Maroc) évoque la beauté sans pareille de paysages contrastés entre désert et jardins opulents. A marier avec le lait corps, le gel douche, la crème main et le savon de la même fragrance. www.durance.fr
Journal intime d’un
Touriste du Bonheur
Golden boy à Wall Street, amateur de fêtes et
de drogues..., Jonathan plaque tout du jour au lendemain pour partir à la recherche du bonheur. Pendant 3 ans, il va à la rencontre de penseurs et de maîtres spirituels à travers le monde. Un livre dont
on sort transformé ! Prix: 16,90 euros.
www.editionsdelamartiniere.fr
Gel sérum collagène Resultime
Resultime intègre une fraction de Collagène, qui permet une régénération spectaculaire des molécules de la peau pour un effet anti-âge visible : Collagène, Acide Hyaluronique, Vitamines, Micro-Elastine, Céramides, Vitamines A. 59,90 € https://fr.resultime.com
     Sun Ceutic, très haute protection FPS 50+
Protège des rayons UV et aide à prévenir les signes du vieillissement cutané. Une protection solaire optimisée à large spectre, composée d’écrans minéraux micronisés, de filtres UV « dernières générations » photo-stables. Disponible en pharmacies et parapharmacies.
Flacon airless 50ml : 29€.
www.dermaceutic.fr
     Archiman, urbaine et anti- pollution
C’est une nouvelle gamme de soins made in France pour homme à base de 95% d’ingrédients naturels. Des formules innovantes et saines et des routines simples et efficaces. Protège contre la pollution, les UV, les conditions climatiques rudes, et la fumée de cigarette.
Gel hydratant, 35 €
www.archiman.fr
  80
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]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Cocooning au Normandy à Deauville
En plein cœur de Deauville à deux pas des Planches et de la mer, cet hôtel mythique au style anglo-normand éclatant est à vivre à deux ou en famille. Les plus belles scènes du film Un homme et une femme de Claude Lelouch y ont été tournées. Bars cosy et brasserie chic perpétuent la joyeuse élégance de la Belle Époque. Vos enfants sont les bienvenus : club Babiwi à partir de 3 mois, Le Studio by Petit VIP de 4 à 12 ans. Le Spa Diane Barrière avec Aerial Wellbeing for the FutureTM invite à vivre une expérience de régénération totale. 17 salles de réunion à la lumière du jour reçoivent vos évènements privés et professionnels. À proximité : Tennis, golfs, sports nautiques, casinos, hippodromes, boutiques.
www.hotelsbarriere.com
Le Royal Barrière, simplement magique
Une vue mer exceptionnelle, un hall majestueux. Un hôtel où le romantisme règne dans un faste digne des plus belles demeures et où les stars du cinéma aiment se retrouver depuis plus d’un siècle. Entre glamour et tradition, les 217 chambres et 30 suites envoûtent par leur luxe cosy. Découvrez le Tigre Yoga Club Deauville et ses cours de yoga et pilates, la méditation en pleine conscience, et les arts énergétiques. Glissez dans les eaux à 28°C de la piscine extérieure. 12 salles de réunions à la lumière du jour pour des rdv réussis. A deux pas : équitation, piscine olympique, bowling, golf, tennis... Un dîner clubbing à la Folie Douce s’impose : un moment gastronomique très festif, dont on se souvient !
www.hotelsbarriere.com
  Evasion
Hôtel Doisy, années 30 version tropiques
A proximité de l’avenue des Ternes, l’hôtel Doisy a rouvert ses portes le 16 octobre 2017 après 3 mois de transformation. Avec ses 33 chambres, l’hôtel
allie l’élégance d’une décoration raffinée au calme du passage Doisy, qui abrite encore des ateliers typiquement parisiens. Les chambres prolongent cette escale hors du temps avec des papiers peints aux impressions végétales et des têtes de lit en rotin style Art Déco. Un îlot de verdure en pleine ville ! https://doisy-etoile.com
La Chèvre d’Or, voluptueuses rêveries
Depuis 60 ans, la Chèvre d’Or est un hôtel
mythique sur la côte d’Azur. Son histoire
est jalonnée de personnalités et heureux
anonymes qui ont pu découvrir les jardins
rappelant ceux de Babylone, toucher du
doigt les pierres apparentes des chambres
disséminées dans le village médiéval et
surtout admirer la Méditerranée à perte de
vue. Pour un déjeuner léger sur la terrasse
panoramique proche de la piscine, Le Café du Jardin offre une cuisine du jour rafraîchissante et ensoleillée.
www.chevredor.com
Le Mas de Pierre à Saint-Paul-de-Vence
A l’orée de Saint-Paul-de-Vence, sept
bastides authentiques, discrètes et luxueuses composent un « Domaine » d’exception
au cœur d’un vaste jardin provençal : 54 chambres, suites et appartements avec balcons, terrasses, loggias ou jardins privatifs. Promenez vous au milieu des oliviers centenaires et de mille et une plantes provençales odorantes. La serre aux orchidées vous invite dans son salon de lecture et à deux
pas, la plus belle des volières enchante le jardin. Succombez aux délices de « La Table de Pierre », saveurs du terroir. Un délicat massage rendra votre séjour parfait.
www.lemasdepierre.com
Slowmoov, revenir à l’essentiel
Entre la Bourgogne et l’Auvergne, en Champagne ou en Corrèze, découvrez des logements atypiques comme la toue cabanée, un bateau habitable amarré sur un étang que l’on peut rejoindre en barque, des roulottes hôtelières, des cabanes forestières, et bien d’autres encore. Vous apprécierez les étangs, piscines, mini-fermes, airs de jeux pour enfants, barbecue...
www.slowmoov.fr
        JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr 81
©Béatrice Augier
©Sandrine Boyer Engel
]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Gastronomie
Délicieux Jus Hey Day
100% bio, naturels, pressés à froid et non pasteurisés, tous les ingrédients sont cueillis dans les grands espaces nordiques. Coup de cœur pour Evergreen, un mélange savoureux de fruits et légumes verts.
http://heyday.eu/fr
Wandertea & Côté Sushi
Côté Sushi s’est associé aux thés Wandertea. Riz, patate douce, tofu frit, oignon, tomate cerise, avocat, kumquat, jus de citron et sauce aji poke, le poke bowl s’accompagne d’une bouteille de 25 cl de thé Ice Fruits frais et léger! 14,90 euros jusqu’au 21 août. https://cotesushi.com
Sapori Bottega
Cette adorable épicerie sicilienne pleine de saveurs ouverte il y a près de 1 an par Davide et Fabio propose le Meilleur de l’Italie et de la Sicile : Huiles d’olive, vinaigre, pâtes, anchois, olives, fromages, charcuteries, digestifs... paninis, calzone, panna cotta, salade de fruits... 6 rue Voltaire 92300 Levallois
www.saporisiciliani.fr
     Bosch Kitchen
Machine Mum 5
Sa technologie associée à la multiplicité de ses accessoires vous permet de réaliser de succulentes recettes. Des lignes épurées, un design moderne, un style indémodable, un coloris rose poudré, elle a tout pour séduire.
Disponible en 18 coloris ! 329,99 €
www.bosch-home.fr
Biosaine Cuisine
La naturopathe Marina Billmann propose d’exquis produits de «qualité crue», fabriqués artisanalement en Alsace. Apéritifs, encas salés, chips de kale, encas sucrés et petits-déjeuners. Des cours de cuisine sont dispensés à
l’atelier et en ligne.
https://biosaine-cuisine.fr
    Les déjeuners d’EcoRéseau Business
 Ce mois-ci, nous avons testé pour vous à la Bauhina au Shangri-La à Paris
  Concept : Ancien hôtel par- ticulier du Prince Roland Bo- naparte situé dans le très chic 16ème arrondissement de Pa- ris, le Shangri-La Hotel, Paris représente la quintessence de l’art de recevoir asiatique et de l’art de vivre français. Sous sa somptueuse coupole de verre, la Bauhina, restaurant chic baigné de lumière inaugure cette nou- velle formule aux accents 100% d’Asie du sud-est, pour le plus grand plaisir des gourmets ! Cuisine : Avec un souci constant de servir une cuisine authen- tique, le chef doublement étoilé
Christophe Moret a imaginé des plats hauts en couleurs et en épices. Spécialités thaïlandaises, indonésiennes, malaisiennes et vietnamiennes avec entre autres, les bouchées vapeur, le tra- ditionnel Pad Thaï, le Bo Bun, ou encore le fa- meux « Tigre qui pleure ». Les desserts créés par le Chef Pâtissier Michaël Bartoce apporteront la petite touche sucrée finale idéale.
Service : A la hauteur de la réputation de l’éta- blissement, élégant, attentionné, discret, tout en finesse, efficace.
Entrées Bo bun Vietnam
émincé de bœuf mariné au curry jaune, vermicelle de riz crudités et sauce thaï // Bouchées vapeurs (5 pièces) - crevettes
Plats Pad thaï aux crevettes thaï- lande
pâtes de riz sautées, crevettes, œuf brouil- lé, jus de tamarin, radis daïkon, choux blanc, cacahuètes, ail et citron vert // Onglet de boeuf black angus dit «tigre qui pleure» Thaïlande onglet mariné/snacké, tagliatelles de papaye et mangue verte, concombre acidulé, riz gluant et sauce « tigre qui pleure »
Desserts
Le Fraisier : Biscuit moelleux aux amandes, crème onctueuse à la vanille, fraises ciflorette fraîches et confites // Assortiment de glaces et sorbets mai- son
Tarifs : Une entrée et un plat / ou un plat et un dessert : 48 euros Une entrée, un plat et un des- sert : 58 euros. Eau (50cl) et café compris.
Adresse : 10 Avenue d’Iéna, 75116 Paris
www.shangri-la.com/fr/paris/shan- grila/ Réservations au 01 53 67 19 91 ou par email : labauhinia.slpr@ shangri-la.com
   ©B. Winkelmann
Menu :
Cocktails « Belle Epoque » Eau de vie « Botanique » du moment, cointreau, jus de citron jaune, Champagne ; 27 euros // Tropicaliente » Fruits de la passion, sirop d’agave au chipotle, jus de lime ; 20 euros.
82 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Vins
Saint Joseph 2015
Son nez est riche et expressif sur la griotte bien mûre et le tabac blond. La bouche est fraîche, minérale et croquante. Une sensation acidulée propre à ce terroir d’altitude. Accord parfait : gibier à plumes et viandes rouges mijotées. 23.20 € www.cavedetain.com
Jacques – AOP Coteaux
du Languedoc Rouge 2015
Son nez aux arômes de fruits rouges, notamment la canneberge et le cassis laissent percer des notes d’épices douces. Sa bouche gourmande et ronde est un bouquet de fruits rouges avec des notes acidulées apportant une belle fraîcheur. 8,90 € www.labellecollection.fr
Château de France 2015
Pessac Leognan
Le nez de fruits rouges est intense et finement épicé avec une note mentholée. La bouche est harmonieuse entre puissance, gourmandise, fraîcheur et matière. Jusque dans la longueur, les tanins sont veloutés. 25,30 €
www.chateau-de-France.com
Les Buisserons 2017
Grenache, Mourvèdre, Carignan et Syrah composent ce Côtes-du-Rhône au nez gourmand et fruité avec des notes de fruits rouges frais, d’olive noire et d’épices. En bouche, ce sont des notes de violette, de garrigue et de poivre blanc. 8,50 € au caveau du domaine Richaud et chez les cavistes.
Santenay les Charmes 2015
Ce 100% Pinot Noir se révèle harmonieux, gourmand, une parfaite incarnation de la subtilité des vins de Bourgogne. S’en dégagent des arômes fumés, une touche de balsamique, mais également des notes de fruits rouges tels que la framboise. 30 € www.albert-bichot.com
Château Haut Madrac
2014 – Cru Bourgeois
Le bouquet de cet AOC Haut Médoc aux cépages Cabernet Sauvignon et Merlot se caractérise par des arômes de fruits noirs et d’épices avec des notes de torréfaction. En bouche, il montre de la
nervosité et de la puissance. 21 €
www.lagrandecave.fr
Château Dauzac, vegan
en 2016
2016 est le premier millésime vegan de ce
Grand Cru Classé de Margaux en 1855. Le nez, complexe et raffiné évoque des notes de prune et d’épices. La bouche est ample et fondue. La finale est sur la fraicheur avec des tanins souples. 59,50 €
www.chateaudauzac.com/fr/
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
     Domaine Saint Patrice - AOP
Côtes-du-Rhône Rouge 2015
Ce Côtes-du-Rhône aux cépages Grenache, Syrah, Mourvèdre offre tout en élégance, ampleur et fraîcheur des arômes de fruits rouges et noirs sur une finale épicée. 12 € chez les cavistes et au caveau des Grandes Serres à Gigondas.
             84
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                  ]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Vins
281 du Château Minuty
Ce flacon couleur bleu pantone 281 offre un rosé au nez d’une belle complexité avec des arômes de fruits à chair blanche et relevé par des notes iodées. Ce millésime 2017 est parfait avec un risotto aux Saint Jacques ou un Saint Pierre au fenouil. 45 €
www.minuty.com/fr/
Les Jamelles, cépage rare
Mourvèdre Rosé, 2017
On apprécie sa jolie robe très claire et les arômes qui s’en dégagent : de la pêche, des agrumes et des notes d’aromates (thym, menthe poivrée). Idéal à l’apéritif, avec des tapas de la mer, ou bien autour de grillades entre amis. 7,25 €
m.les-jamelles.com/fr/
Les Côtes aux Valets, cuvée
parcellaire sur argile calcaire
La Famille Bourgeois révèle « Les Côtes aux Valets », une cuvée « vibrante » qui exprime avec pureté et raffinement, toute la typicité du terroir emblématique de Sancerre au travers de son cépage de prédilection : le
Sauvignon Blanc. 46 €
www.henribourgeois.com
Alexandre Sirech, Les
Deux Terroirs 2017
C’est un assemblage innovant de sauvignon de l’Entre-deux-mers et de cépages aromatiques du Gers (colombard, gros manseng et ugni blanc). On apprécie l’équilibre entre la fraîcheur, le fruit, la complexité et la persistance aromatique. 9.90 €. www.sirech.com
        86
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]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Essais & TEndancEs
Par Philippe Flamand
Le DS7 Crossback voit grand
 Le SUV familial de la nouvelle marque française veut concurrencer les meilleurs du segment. Il a pour cela de solides atouts à faire valoir.
Mercedes, Audi, BMW, Volvo, Jaguar sont dans son col- limateur. C’est dire si DS a de l’ambition. Premier opus de la marque en pleine identité depuis son émancipation de Citroën, DS a pris des risques somme toute mesurés avec ce numéro 7. Son créneau – le SUV familial – est en effet un des plus dynamiques du marché aujourd’hui, mais aussi un des plus encombrés. Le constructeur, fidèle à sa stratégie de montée en gamme, vise donc le haut du panier avec un véhicule soigné et super équipé. Élu dès le 14 mai 2017 voiture présidentielle par le nouveau chef de l’État français en remplacement de la DS5, le DS7
Crossback en impose avec une face avant hexagonale au beau regard doté de feux à Led directionnels, génétique DS oblige. Lesquels se teintent de violet et basculent à 180 degrés au déverrouillage. Pour le fun. Le dessin global de l’engin se montre hélas beaucoup plus raisonnable et n’attire pas vraiment l’œil des passants en dépit de ses grosses roues de 18, 19 ou 20 pouces.
Finition soignée
A l’intérieur c’et une autre histoire. DS reprend le parti pris du design angulaire de la DS5 en mieux, avec une qualité de finition indéniable. La planche de bord (en cuir nappa sur notre version d’essai) est vraiment su- perbe tout comme les sièges profonds et de très bonne tenue. Contrairement à la DS5 dans laquelle on pouvait se sentir engoncé, le « 7 » est spacieux, lumineux grâce au toit panoramique en verre ouvrant et très confortable grâce à l’amortissement piloté, là aussi en rupture avec l’amortissement à l’allemande de sa devancière qui faisait injure à Citroën.
Au centre de la planche de bord trône un magnifique écran tactile 12’’ horizontal avec boutons de commandes sensitifs. Et derrière le petit volant à méplat un combiné numérique également de 12’’, personnalisable depuis le volant.
Dommage que DS ait fait l’impasse sur l’affichage tête haute, seule fausse note dans la riche partition de l’équi- pement de confort et d’aides à la conduite qui offre, entre
autres, de série, et selon le niveau de finition : accès et démarrage mains-libres ; alerte de franchissement de ligne ; régulateur adaptatif avec maintien dans la voie ; système de vision nocturne avec une caméra infrarouge, placée dans la calandre, permettant de détecter piétons et animaux sur la chaussée jusqu’à 100m ; hayon motorisé avec accès bras chargé ; banquette arrière électrique ; système d’alerte anti somnolence (2 caméras surveille en permanence le regard et les mouvement de tête du conduc- teur et la trajectoire de la voiture) ; système d’éclairage actif (un projecteur principal LED et trois modules LED rotatifs qui pivotent et s’inclinent en fonction de l’angle au volant, de la vitesse de la voiture et des conditions météorologiques) , etc....
La mécanique est parfaite avec une excellente tenue de route made in PSA et des moteurs performants : deux blocs turbo diesel 130 et 180 chevaux en boite manuelle ou automatique (EAT8), deux autres blocs turbo essence de 180 et 225 chevaux disponibles uniquement en boite auto, tous en deux roues motrices. Une version hybride de 300 ch à 4 roues motrices sera commercialisée au printemps prochain.
Modèle essayé DS 7 Grand Chic, inspiration Rivoli, Bluehdi 180-BVA8. Tarifs à partir de 48 800 euros. Tarifs gamme essence à partir de 38 550 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 31 200 euros.
 Mitsubishi Ecclipse Cross : plaisant au quotidien
Le nouveau SUV nippon, à la fois spacieux et confortable, bénéficie d’un attelage mécanique moteur-boite CVT agréable à l’usage.
On aime...ou pas, le design Mitsubishi désormais allié à son compatriote Nissan. De fait le des- sin du nouveau SUV Ecclipse Cross semble plus inspiré par les lignes torturées des dernières créations Toyota ou Honda que par celles des productions de l’Alliance plus en rondeurs.
L’Ecclipse Cross adopte ainsi une lunette arrière en deux parties qui nuit à la visibilité. Si l’on fait abstraction de ces considérations esthétiques, l’Ecclipse est revanche un excellent SUV, très agréable à conduire, facile à manier au quotidien grâce notamment à sa boite auto CVT à 8 rapports (la boite manuelle est revanche peu précise et un rugueuse) et au moteur turbo essence de 163 chevaux logé sous son capot avec transmission intégrale. Un quatre cylindres diesel de 150 ch sera également commercialisé d’ici la fin d’année avec
cette fois une nouvelle boite auto 8.
Spacieux avec une banquette arrière coulissante, doté d’un grand toit en verre panoramique
ouvrant, bien équipé et confortable, l’Ecclipse propose trois niveaux de finition (Invite, In- tense, Instyle) avec notamment le régulateur de vitesse adaptatif, l’alerte de maintien dans la file, l’éclairage intelligent, l’affichage tête haute.... Dommage que l’ouverture sans clef ne fonctionne que sur les portes avant et que la navigation ne soit pas proposée même en option (le constructeur s’en remettant aux smartphones de ses clients). Mauvaise note également pour le bluetooth parfaitement inaudible.
Modèles essayés : Mitsubishi Ecclipse Cross 1.5 Instyle 2WD BVM et 1.5 Instyle 4WD CVT. Tarifs à partir de 32 990 euros et 35 990 euros. Tarifs gamme essence à partir de 24 990 euros.
La Seat Arona joue de ses charmes
Le petit SUV urbain dernier né du groupe Volkswagen cible une clientèle jeune avec un joli look et des prix serrés.
Dix centimètres plus court que son
cousin T-Roc de Volkswagen (4,13
m contre 4,23 m) le nouvel Arona se
positionne au cœur du marché des
SUV urbains. Du T-Roc il reprend
la belle audace esthétique avec
des carrosseries bicolores (très
élégante, orange et grise sur notre
véhicule d’essai) et une planche de
bord également bicolore. Un souffle
de jeunesse qui cible évidemment cette clientèle mais qui risque du coup de cannibaliser la Seat Ibiza tout juste restylée. Spacieux, confortable, co- chant toutes les cases sur le plan mécanique (avec un moteur essence de 1 litre de cylindrée pour 115 chevaux largement suffisant, couplé à la boite DSG7) l’Arona est très agréable à conduire mais souffre, comme d’autres véhicules du groupe, de la médiocrité de son système Stop and start, qui s’enclenche trop rapidement, coupe l’assistance de direction et peine à redémarrer. Un reproche également sur l’ouverture sans clef accessible uniquement sur la portière conducteur. Au quotidien c’est lassant....
Modèle essayé : Seat Aron Xcellence 1.0 TSI 115 DSG. Tarifs à partir de 21 735 euros. Tarifs gamme essence à partir de 19 685 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 22 285 euros.
  JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr 87
]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ l’aCtu marChé du mois
Les SCPI toujours aussi recherchées
Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) séduisent tou- jours autant les épargnants, même si leur performance est en baisse au 1er trimestre 2018. Selon MeilleureSCPI.com, le taux de rendement moyen sur les trois premiers mois de l’année s’est établi à 4,32 % au premier trimestre 2018, contre 4,45 % en 2017. « Ce repli du rendement s’explique par une croissance forte de la concurrence sur le marché de l’investisse- ment immobilier. Ce qui entraîne une dégradation
progressive de la rentabilité locative », souligne MeilleureSCPI.com
Cryptos : la BRI tape du poing sur la table
La Banque des règlements internationaux (BRI) a pointé les déficiences des cryptomonnaies, estimant qu’elles risquaient à terme de paralyser Internet. La BRI a pointé d’une part le coût envi- ronnemental de plus en plus élevé que génèrent les « mineurs ». La consommation d’électricité nécessaire pour traiter les informations du Bitcoin représente à elle seule à l’énergie consommée par un pays comme la Suisse, a déploré la BRI. De plus, ce mode de fonctionnement décentralisé tend à saturer et à congestionner les réseaux, et s’avère donc inefficace en tant
que moyen de paiement au quotidien, a ajouté l’institution.
Alerte à la « technique de la bouilloire »
L’Autorité des marchés financiers (AMF) met en garde le public contre le « boiler room », également appelée « technique de la bouilloire ». Avec cette pratique frauduleuse, des démarcheurs ne bénéficiant d’aucune
autorisation se présentent comme une société de cour- tage ou une société de gestion d’actifs, approchant des particuliers, souvent par téléphone, pour leur vanter le potentiel d’un actif dans lequel elle détient des intérêts. En utilisant des tactiques agressives de vente et en pro- mettant des rendements élevés, l’objectif des manipula- teurs est d’inciter à investir dans l’actif concerné pour leur permettre de céder leurs titres à un cours élevé. Ce
type de fraude, qui existe depuis de nombreuses années, peut porter sur des sociétés cotées sur différents marchés européens et peut viser les investisseurs dans toute l’Europe.
 le Coin des experts
Cholet Dupont neutre sur les actions
« La crise italienne et les tensions géopolitiques ont entraîné une remontée assez localisée de l’aversion au risque et une baisse des actifs financiers qui y étaient sensibles », observe Vincent Guenzi, stratégiste chez Cholet Dupont. Les incertitudes ont été compensées en partie par d’autres facteurs plus favorables, rappelle-t-il. Par prudence, la société de gestion a abaissé ses objectifs sur tous les indices boursiers. Cholet Dupont maintient une opinion Neutre à court terme et Surpondérer à moyen terme sur les actions.
Actions européennes : Crédit Suisse prudent...
Crédit Suisse a abaissé mercredi à «sous-pondérer» sa recommandation sur les valeurs d’Europe continentale en jugeant l’euro davantage sous-évalué que les actions, ce qui expose ces der- nières au risque d’un rebond de la monnaie unique dans les prochains mois. La banque estime que les valeurs européennes ne sont plus bon marché avec un ratio cours/bénéfice comparable à celui des actions américaines et des valorisations proches de leurs plus hauts de 15 ans. Les
marchés actions d’Europe continentale intègrent actuellement une proba- bilité d’environ 15 % d’une crise alors que cette probabilité estimée atteint 32 % sur le marché des emprunts d’Etat, selon les estimations de la banque suisse. Le principal risque en Europe reste lié à l’Italie, explique Crédit Suisse, et « il est peu probable qu’il disparaisse » au vu de la composition du nouveau gouvernement, du soutien populaire dont bénéficient les partis eurosceptiques et du besoin urgent de réformes dans la péninsule.
Dans l’hypothèse où la situation italienne perdure sans déclencher de crise aiguë, « l’une des questions clés pour les investisseurs est de savoir, lorsque le sentiment sur l’Europe s’amélio- rera, si la bonne nouvelle se traduira dans les performances en monnaie locale des actions ou par une hausse de l’euro », expliquent les analystes de la banque.
Aviva sous-pondéré sur les pays périphériques
Aviva Investors n’a pas fondamentalement changé son allocation actions avec la crise italienne, le gestionnaire d’actifs étant déjà globalement sous-pondéré sur les pays périphériques (Italie, Espagne et Portugal). « En anticipation des élections italiennes, nous avions réduit de moitié
notre surexposition sur les valeurs financières italiennes », précise la société. La seule modification opérée est la baisse du niveau de surpo- ndération des valeurs bancaires au niveau global. Cette dernière a été affectée par les événements en Italie, la hausse de la volatilité et des craintes sur l’impact de la crise italienne sur la croissance de la zone euro. « La hausse de l’aversion au risque occulte actuellement les fondamen-
taux économiques solides en zone euro et les bons résultats des entreprises dont les discours ne font pas apparaître de signes annonciateurs de ralentissement », déplore Aviva Investors.
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre finance de marché
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les marchés financiers où le particulier peut investir
    la spéCulation du mois
Repsol : plein gaz
D’après Crédit Suisse, un nouveau chapitre s’ouvre pour Repsol. L’analyste a relevé sa recommandation à l’Achat (contre Vendre auparavant), et son objectif de cours de 17 à 20 euros. Pour lui, c’est un « nouveau chapitre » qui s’ouvre pour le groupe pétro-gazier espagnol. Cette décision fait suite à la journée investisseurs organisée par Repsol, durant laquelle il a présenté la transformation de ses métiers. Repsol a « démontré une fois de plus qu’il peut répondre à une situation de crise », remarque Crédit Suisse.
 Le chiffre du mois
2400 milliards de dollars
C’est le montant total des rachats de dettes (ou « quantitative easing ») opéré par la BCE depuis 2015. Cette mesure exceptionnelle faisait partie des outils déployés par Francfort pour lutter contre le risque de déflation qui planait sur la zone euro après la crise de 2010-2011. Cette mesure a contribué à la baisse des taux que l’économie européenne a connue ces dernières années.
      88 JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[                  Le meilleur des résidences meublées du marché secondaire
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contact@lerevenupierre.com www.lerevenupierre.com
17 Rue Beffroy, 92200 Neuilly-sur-Seine du lundi au vendredi de 9h à 18h
]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre patrimoine
Brèves, actus et chiffres du mois concernant d’éventuels placements patrimoniaux pour le particulier
   l’aCtu patrimoine du mois
 Le chiffre du mois
4,4 %
C’est le taux d’épargne moyen des Français en placements financiers
Selon une étude menée par l’Insee, le taux d’épargne financière des ménages
immobiliers. Un chiffre qui place la France au deuxième rang des pays européens en termes d’épargne. Seule l’Allemagne devance la France avec un taux d’épargne de 17 %, là où l’Espagne ou le Royaume-Uni ont des taux qui avoisinent plutôt les 5 %. Concernant l’épargne financière pure, l’Allemagne se situe à 7,5 %, et les autres pays d’Europe aux alentours de 1 % quand il n’est pas négatif.
français s’est stabilisé en 2017 après huit années de baisse. L’année dernière, les Français épargnaient 4,4 % de leurs revenus dans des produits financiers. Leur taux d’épargne global se hissait lui a 14,3 %, comprenant les produits financiers et les investissements
Loi Pacte : ce que prévoit le projet
Lundi 18 juin, le projet de Loi Pacte a été présenté en Conseil des ministres. Celle-ci a pour but de relancer la croissance des entreprises françaises et d’orienter l’épargne des Français vers l’économie
réelle. Parmi les dix mesures présentées, cinq concernent les épargnants parti- culiers. L’assurance-vie en euro-croissance de-
vrait être boostée avec une bonification du rendement selon la durée d’investissement de l’épargnant.
Les titres proposés par les sites de finance- ment participatif ou crowdlending seront à présent éligibles au PEA-PME.
Le Pacte Dutreil qui permet dès aujourd’hui de transmettre une entreprise à ses enfants avec un avantage fiscal sera facilité, no- tamment via l’assouplissement des obli- gations déclaratives annuelles.
La participation et l’intéressement devraient être développés, notamment pour les sa- lariés de PME et de petites entreprises. Pour l’heure les pistes envisagées sont la suppression du forfait social unique, un PEE ou PERCO obligatoire ou encore des
accords « clé en main ».
Les produits d’épargne-retraite devraient voir leurs règles harmonisées, y compris pour le déblocage anticipé et la déduction fiscale des versements. Une portabilité des comptes épargne-retraite devrait également être instaurée.
Les Anglais sont les premiers acheteurs étrangers en France Une étude réalisée par l’Observatoire BNP Paribas International Buyers en partenariat
avec les Notaires de France montre que les Britanniques représentent près de 26 % des ache- teurs étrangers en France. Derrière
eux, se trouvent les Belges qui repré- sentent 18 % des acquéreurs immobiliers puis viennent les Suisses, les Allemands, les Italiens ou les Néerlandais. Ces ache- teurs étrangers représentent 28,5 % des 61 339 acquisitions réalisées en 2017 en France. Un chiffre qui montre une légère augmentation des achats de résidence en France par des non-résidents de nationalité étrangère (+2 %) pour un montant moyen de 303 000 euros.
La caution Visale s’étend à de nouveaux locataires
La garantie Visale va désormais concerner tous les étudiants et les plus de 30 ans en situation précaire. Système de caution- nement des loyers proposé par Action Logement, la cau-
tion Visale existe
depuis deux ans.
Restreinte dans
un premier temps
aux jeunes actifs
de moins de trente
ans, elle va concerner à présent les étu- diants ou alternants de moins de trente ans logés dans le parc privé ou social, mais aussi les salariés de plus de trente ans en mobilité professionnelle, englo- bant également les personnes en CDI en mutation professionnelle ou les salariés du secteur agricole. Les salariés et de- mandeurs d’emploi depuis moins de six mois de plus de trente ans devant faire face à un événement exceptionnel seront également concernés, tout comme les ménages logés par un organisme d’in- termédiation locative.
Les privatisations concerneront aussi l’actionnariat populaire Le gouvernement a lancé au milieu du mois de juin une série de privatisations d’entreprises : Engie, la
Française des Jeux ou en-
core ADP sont concernés,
mais cela pourrait égale-
ment concerner Orange,
Air France-KLM ou en-
core des entreprises du
secteur automobile dans
un futur proche. Au-delà des enjeux po- litiques, le ministre de l’économie Bruno
Le Maire a promis que ces opérations ré- serveraient une « tranche aux actionnaires particuliers » dans la lignée du souhait d’Emmanuel Macron de développer un actionnariat populaire.
Remboursement anticipé pour le crédit d’impôt
Il concerne les personnes qui emploient des personnes à domicile, qui font gar- der leurs enfants ou bénéficient de la réduction d’impôts
Ehpad. Au lieu d’un
remboursement de
30 % de ce crédit
d’impôt en février
2019, celui-ci inter-
viendra finalement
dès le 15 janvier 2019 selon le ministre de l’Action et des Comptes publics. Les 70 % restants seront eux versés en août ou en septembre.
Explosion des frais de cotisation des complémentaires santé sur 11 ans
D’après une enquête de l’association de consommateurs UFC-Que choisir, la co- tisation moyenne d’une complémentaire santé s’est élevée à 688 euros en 2017, soit 47 % de plus qu’en 2006. Une hausse importante, trois fois
supérieure à celle de
l’inflation, qui trouve
son origine dans la
dérive des frais de
gestion selon l’association. UFC-Que choisir a, en effet, épluché 200 contrats et calculé la part des frais de gestion pour chacun d’entre eux : ils constituent entre 9 % et 42 % de la cotisation.
    le graphique du mois
Les prix immobiliers ne sont pas réalistes selon les acheteurs de biens de prestige. C’est ce qui ressort d’une étude menée par Lux-Residence.com réalisée en exclusivité pour le JDN. Ils sont en effet 56 % à estimer que les prix sont dé-corrélés de la réalité du marché. 37 % trouvent en revanche que les prix des biens immobiliers sont plutôt en phase avec cette dernière. Des chiffres qui montrent une augmentation de futurs acquéreurs affolés par les prix pratiqués. Ils étaient en effet 45 % selon le JDN à estimer que les prix étaient réalistes en 2016.
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]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
Focus sur un placement ou investissement afin d’analyser les tendances et évolutions
Patrimoine et défiscalisation
Les clefs d’un Pinel réussi
     Un lieu attractif, mais le connaissez-vous suffisam- ment pour y investir ?
Le dispositif Pinel connaît, depuis sa création, un succès croissant auprès des particuliers. Il faut cependant prendre quelques précautions de bon sens pour garantir le succès de l’opération.
Par Pierre-Jean Lepagnot
N’en déplaise aux chasseurs de niches fiscales, le disposi- tif Pinel, qui permet à ceux qui achètent un logement neuf pour le louer d’obtenir des réductions d’impôt, a été prolongé de quatre ans, soit jusqu’au 31 décembre 2021. En janvier dernier, Albéric de Montgolfier, rap- porteur du groupe de travail sénatorial sur la fiscalité du logement, a admis que ce dispositif, introduit par la loi de finances 2015, était utile au marché de l’immobilier locatif, permettant à 66 000 investisseurs, en 2016, et 75 000 en 2017, d’acheter un logement destiné à la location. Le Pinel connaît donc un franc succès. Celui qui achète un logement neuf obtient une réduction d’im- pôts de 12 % s’il s’engage à louer pour six ans, 18 % pour neuf ans et 21 % pour douze ans, à condition de louer à un tarif inférieur d’environ 15 % à celui du marché. Ces chiffres sont avancées de
façon aguicheuse par l’en- semble de la profession de la gestion de patrimoine, à l’image des Reflet Patrimoine, Revenu Pierre, Edelis ou en- core Elysée Consulting qui pour ce dernier précise que les 21% de la valeur du bien
alors étalée sur la période de location initiale de 6 ou 9 ans avec possibilité de prorogation triennale dans la limite de 12 ans. Cette réduction d’impôt est donc répartie, par parts égales, sur 6 ou 9 années à partir de l’année d’acquisition ou d’achèvement du logement des travaux de réhabilitation (1/6 ou 1/9 par an). Ajoutons que les locataires doivent avoir des ressources qui ne dépassent pas certains pla- fonds. L’avantage fiscal est borné par deux limites : un prix d’achat de 5 500 euros par m2 et un plafond annuel d’investissement de 300 000 euros.
risques modérés, perspeCtives pro- metteuses ?
Pour autant, l’investissement locatif dans le cadre du Pi- nel n’est pas sans risques. Le premier d’entre eux est sans aucun doute d’investir dans une zone où le marché de la location est atone. En
les médias, est largement à relativiser. J’ai rarement vu de programmes lancés par des promoteurs dans des zones où la demande n’était pas au rendez-vous », observe Farid Ailam, pré- sident-fondateur de Valorem Investissements. D’ailleurs, signale-t-il, le gouverne- ment a recentré le dispositif sur certaines zones où les tensions entre l’offre et la demande de logements sont les plus fortes, c’est-à-dire sur les trois zones A bis, A et B1. Géographiquement, cela concerne Paris et les communes de la région Île- de-France, la Côte d’Azur, le Genevois et les grandes agglomérations. Valorem Investissements s’est spé- cialisé dans le Grand Pa- ris et notamment dans les villes où les perspectives sont les plus prometteuses. « Nous avons répertorié 68 gares dans le Grand Paris et éliminés deux tiers. Nous visons la gentrification de la ville. Je peux vous assu-
  Investir dans un endroit que l’on connaît,
se déplacer pour étudier le quartier avant d’acheter, ne pas se focaliser sur la fiscalité et, surtout,
ne jamais se précipiter
 acquis en économie d’impôts concernent un logement neuf ou en l’état futur d’achève- ment ou d’un logement ancien rénové et sous réserve d’un engagement de location non meublé pendant 6 ou 9 ans. Les experts d’Elysée Consul- ting avancent également que l’avantage fiscal peut s’élever jusqu’à 63 000 € (18% × 300 000€+3%x300000€). La réduction d’impôt est
cas d’impossibilité de louer, les investisseurs devront aussi rembourser leur avan- tage fiscal. Sans compter le risque de revendre à perte ou pire, de se retrouver avec un logement invendable sur les bras, comme les milliers d’investisseurs victimes des dispositifs de défiscalisation prévus par la loi Robien, ancêtre de la Pinel. « Cette menace, souvent agitée dans
rer que nos clients qui ont investi dans du Pinel il y a quelques années à Pantin, Saint-Ouen ou Clichy sont ravis de leur placement. Certains ont gagné 20 % avant même d’être livrés », révèle Farid Ailam.
points de vigilanCe pour mieux Choisir
Avant d’investir, il faut ce-
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]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[ T
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IMMOBILIER NEUF
]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Investissements personnels
 pendant avoir à l’esprit que les risques ne sont pas né- gligeables. « N’investissez pas uniquement pour la dé- fiscalisation ! Il faut vouloir acheter un logement pour le louer », assure Mathieu Mars, directeur associé à l’Institut du Patrimoine Comment choisir la ville idéale pour investir ? « Il faut choisir une ville où la démographie est positive », répond le professionnel. En effet, si le nombre d’habitants n’augmente pas, la construc- tion de nouveaux logements est inutile. Dans ce cadre, les spécialistes recommandent d’éplucher les données dispo- nibles, à commencer par les études de l’Insee. Des villes comme Nantes, Montpellier, Toulouse ou Bordeaux ont gagné beaucoup d’habitants au cours de la dernière dé- cennie, ce qui a dopé prix et loyers. « Mes critères de choix sont simples : je m’in- téresse aux agglomérations au solde migratoire positif, qui jouissent d’un réseau de transport efficient et d’un potentiel économique cer- tain », confirme Mathieu Mars qui conseille aux in- vestisseurs de se déplacer sur le terrain pour jauger
du potentiel du bien.
La solvabilité de la demande locative est également à étu- dier. L’engagement de loca- tion ne porte pas seulement sur la durée, mais aussi sur les loyers et les ressources des locataires, qui sont pla- fonnés. Or, selon le lieu où se situe le bien, ces plafonds peuvent être en décalage avec la réalité. D’un côté, les loyers plafonnés peuvent être en dessous des montants moyens pratiqués dans le quartier. De l’autre, les lo- cataires intéressés peuvent ne pas avoir l’assise finan- cière suffisamment solide pour assumer la charge de
location, et ceux qui pour- raient louer, percevoir des ressources supérieures au plafond autorisé.
Par ailleurs, et c’est une autre
du prix est une question de bon sens au même titre que l’emplacement. Une rapide recherche suffit pour consta- ter si le prix proposé est en
plus-value. « La pierre est une valeur refuge qui doit être considérée comme un placement de long terme. Le but du dispositif est de se construire un patrimoine immobilier, dégager une rente tout en réduisant ses impôts. »
règle d’or
Enfin, l’investisseur doit se soucier de la qualité du bien. « Il est préférable, par exemple, que la cuisine soit un minium équipée pour que le locataire ne soit pas effrayé par de futures dépenses. De même, le sol, les murs doivent être soignés et la salle de bain fonctionnelle », explique Mathieu Mars. Un point de vue partagé par Farid
les programmes où la copro- priété ne dépasse pas les 50 logements. « Dans un im- meuble de taille raisonnable, les habitants se parlent plus facilement, font davantage d’efforts pour préserver les parties communes. C’est ce genre de petits détails qui séduisent les locataires et préservent l’investissement dans la durée. »
En résumé, il ne faut jamais oublier les règles de base d’un investissement réussi : investir dans un endroit que l’on connaît, se dépla- cer pour étudier le quartier avant d’acheter, ne pas se focaliser sur la fiscalité et, surtout, ne jamais se préci- piter. Pour éviter le risque de non-location, l’investisseur doit être très vigilant sur la qualité du bien : agence- ment des pièces, luminosité, orientation, proximité des transports et des axes de circulation rapide, ou vie de quartier (commerces, services publics, établissements sco- laires, installations sportives, etc.)sontautantd.’aspectsà bien étudier avant d’investir dans un logement éligible au dispositif Pinel.
  Ai-je choisi le bon emplace- ment malgré le Pinel ? J’ai du mal à épier les voisins...
 L’étude du prix est une question de bon sens au même titre que l’emplacement. Une rapide recherche suffit pour constater si le prix proposé
est en ligne avec le marché où s’il s’agit d’une mauvaise affaire
 évidence, le prix est une donnée fondamentale. Payer trop cher son bien amenuise d’autant la rentabilité de son investissement. L’étude
ligne avec le marché où s’il s’agit d’une mauvaise affaire. Farid Ailma rappelle que l’objectif premier du Pinel n’est pas de dégager de la
Ailam qui travaille avec les leaders du secteur comme Vinci, Cogedim, Emerige, Eiffage ou Bouygues. Il ne sélectionne par ailleurs que
   Arthur Cohen
Spécialiste des questions éthiques appliquées au secteur financier PDg des éditions Hermann
Faut-il louer la « Et en même temps...-philosophy » ?
Car l’expression en question n’est-elle pas la « métaphore vive », selon l’expression de Paul Ricœur, d’une authentique pensée politique ?
Il me semble en effet que M. Macron, en fin politicien et, très vraisemblable- ment, en véritable homme d’État, a décidé d’importer en politique la pratique de la pensée complexe. De quoi s’agit-il ? La pensée complexe commence par poser un problème par l’expression d’exigences qui peuvent sembler contradictoires ou opposées. L’objectif est alors de « tis- ser ensemble » (Edgar Morin), de relier ces éléments distincts pour trouver une solution. La pensée complexe n’est pas une pensée dialectique qui résorberait les contradictions dans une résolution linéaire du problème : contrairement à la dialec- tique, elle maintient la difficulté (que J. Derrida définit comme l’hétérogénéité des éléments qui « ne sont pas conciliables » tout en « ne s’opposant même pas »). La résolution du problème provient dès lors
de la dimension créative propre à la pensée complexe, qui se focalise sur les solutions ou résultats pour générer un système complexe intégrant toutes les exigences initialement contraires.
En cela, la « Et en même temps-philoso- phy » me semble porteuse d’espoir : elle est le signe que notre pouvoir exécutif se donne les moyens de percevoir toute la complexité du monde qui nous entoure et aspire à trouver des solutions innovantes. Toutefois, espérons que M. Emmanuel Macron se souviendra que, si sa tâche est complexe, sa fonction, elle, ne l’est pas : son mandat présidentiel ne doit se fixer que des objectifs politiques, sans consi- dération aucune pour les intérêts écono- miques de certains groupes industriels, fussent-ils contrôlés en partie par l’État français. Ce qui signifie que le costume de chef de l’Etat ne doit pas se confondre avec celui de représentant de commerce pour centrales nucléaires à usage civil, surtout en Iran.
Cette expression, scandée à foison pendant la campagne présidentielle et devenue le titre d’une émission
politique au succès mérité, a suscité maints commentaires. Je n’ai pourtant pas encore entendu d’analyses satisfaisantes de ce que révèle ce tic de langage. Qu’il me soit donc permis d’y revenir dans cette tribune estivale.
Beaucoup ont confondu cette formule avec une pratique de l’oxymore : ils pré- tendaient que l’actuel président cherchait à « ménager la chèvre et le chou », à
concilier les inconciliables, à marier les incompatibles. Bref, certains ont fait de cette expression énigmatique le signe d’une auto-contradiction, ou, a minima, d’une posture recherchant l’équilibre des antagonismes. Autrement dit, ils ont érigé le « Et en même temps » en définition même du discours populiste, qui tend à complaire à tous les électeurs, quelque soit leur bord.
Cette analyse est aussi sotte qu’injuste et infondée. Comment convient-il d’interpréter cette « Et en même temps-philosophy » ?
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Éthique & Finance
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                   ]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[Tribune libre
Par Patrick Nossent Président de Certivéa3
Des risques professionnels à la qualité de vie au travail
La qualité de vie au travail (QVT) n’est pas un sujet nouveau pour les entreprises, même si l’angle abordé pour en parler a beaucoup évolué ces dernières années. Au début des années 2000, le sujet a été fortement médiatisé par suite des vagues de suicides dans des grandes entreprises. L’angle retenu était ainsi celui des risques professionnels, notamment des risques psycho-sociaux. Puis les différents plans gouverne- mentaux Santé au travail (2005-2009 ; 2010-2014 ; 2016-2020) ont poussé une approche allant au-delà de la simple vision réparatrice, prenant plus pleine- ment en compte la qualité de vie au travail dans ces multiples dimensions. Plus récemment, c’est par le bien-être au travail que la notion est réapparue, avec davantage d’importance accordée au cadre matériel et immatériel du travail.
Des démarches au cœur des performances et trans- formations des entreprises
Les enjeux des démarches d’amélioration de la qualité de vie au travail sont aujourd’hui triples. C’est d’abord améliorer la qualité de vie des collaborateurs : avec 22 % des salariés qui déclarent que le stress au travail a des impacts sur leur santé, il n’est plus possible de délaisser ce facteur. C’est ensuite répondre à des en- jeux sociétaux qui nous concernent tous et auxquels les entreprises peuvent contribuer via leur politique RSE (maladies chroniques, inclusion, vieillissement, diversité, égalité homme/femme...). C’est enfin amé- liorer la performance des organisations qui mettent en œuvre ces politiques. A l’heure où le nombre de salariés engagés baisse à 28 % contre 41 % il y a deux ans, agir pour la QVT est une manière de recréer les conditions du bien travailler ensemble source d’in- novation, de créativité et de performance, dans un monde en pleine évolution.
La QVT se retrouve donc souvent au cœur des straté- gies de transformation des entreprises, transformation accélérée voire bousculée par les nouveaux outils
(1) - 22 % des salariés déclarent des problèmes de santé liés au stress au travail (INRS, 2013, Le stress au travail)
(2) - 28 % des salariés se déclarent engagés contre 41 % il y a sept ans (Malakoff Médéric, 2017, Regards croisés sur la confiance en entreprise)
(3) Certivé a crée OsmoZ, un outil métier global et transversal sur les cadres de travail
La démarche OsmoZ propose un accompagnement et une évaluation sur les moyens mis en place en termes de confort, santé, hygiène de vie, équilibre de vie privée/vie professionnelle, démarche collaborative et dialogue social, gestion des risques professionnels... L’objectif : analyser l’adéquation entre l’organisation, la culture managériale et la gestion des espaces. Pour cela, OsmoZ propose de penser les cadres de travail de manière globale et cohérente, en articulation avec les activités de l’entreprise et son organisation.
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JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
même bL’amélioration des conditions de travail des collaborateurs fait l’objet de toutes les attentions. Tout ceci ne peut qu’aller dans le bon sens car améliorer la qualité de vie au travail est non seulement dans l’intérêt des collaborateurs, mais aussi des entreprises. Une condition paraît cependant indispensable : mettre en place des approches transversales, multithématiques et globalisantes, au risque de frustrer les collaborateurs et d’avoir un effet contre-productif. C’est la manière choisie par Certivéa pour concevoir la démarche OsmoZ.
numériques. En effet l’arrivée de nouveaux acteurs, comme les Gafa, remet en cause leurs modèles écono- miques, c’est pourquoi les entreprises sont aujourd’hui à la recherche de nouveaux leviers de différenciation. Pour cela, libérer la créativité des équipes, faciliter leur réactivité et leur agilité, attirer et retenir des talents... sont autant de défis auxquels les démarches de qualité de vie au travail peuvent apporter des réponses. Or les projets d’amélioration des cadres de travail sont souvent des moments clés pour impulser et accompa- gner ces accélérations vitales pour la performance de ses activités. De nombreuses entreprises, à l’image de d’Icade, de BETC, de Covéa... profitent ainsi de leur déménagement ou du réaménagement de leurs locaux pour impulser une nouvelle culture d’entreprise ou des changements managériaux.
S’assurer l’adhésion des collaborateurs
Les rythmes de travail s’accélèrent, se traduisant par des pressions et contraintes accrues pour les collabora- teurs, pourtant en demande d’un meilleur équilibre de vie. Afin de ne pas les décevoir, ces démarches doivent être sincères et globales. Les entreprises se doivent de rester transparentes sur l’étendue des champs cou- verts dans leur politique de qualité de vie au travail pour garantir une adhésion totale de leurs équipes, même si certains volets ne sont pas adressés... Autre impératif : proposer une approche cohérente entre qualité des cadres de travail, organisation du travail et outils et moyens managériaux mis à disposition. Cela passe notamment par une réflexion sur les métiers et leurs évolutions et sur un véritable accompagnement managérial.
En outre, la manière dont est mené le projet compte tout autant que les solutions qui sont retenues. Associer le plus grand nombre au projet est absolument clé pour assurer l’adhésion et donc la réussite du projet. Enfin, profiter de projet de transformation du cadre et des outils permet généralement d’amorcer avec moins de heurts des changements plus en profondeur.
OsmoZ, un outil métier global et transversal sur les cadres de travail
Que ce soit au via la qualité des locaux, de l’aménage- ment mais aussi des ressources et outils supports mis à disposition des collaborateurs ou de leurs manageurs, l’amélioration des cadres de travail est un formidable levier d’actions pour répondre à ces défis. C’est l’angle retenu par la démarche OsmoZ de Certivéa et son label associé.n
EXPRESSIONS
  « Qualité de vie au travail, bien-être au travail,voire
onheur au travail... »
  © Alexandre Tuaillon
]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[Novembre 2018
J’ai toujours été étourdie, voire très maladroite. Vous savez celle qui casse tout ce qu’elle touche, qui oublie tout, qui est en retard à ses propres anniversaires ? C’est moi, Miss Catastrophe. À sept ans, je me cassais trois dents en jouant avec mes camarades. À 14 ans je me fracturais la jambe en voulant imiter les gymnastes à la télévision. Aujourd’hui, j’ai 25 ans. Je suis partie de chez moi, pressée, comme tous les matins, en oubliant mes lunettes. Le problème ? Je vois très mal sans elles. Cela aurait pu de- venir seulement la énième anecdote à ajouter à mon palmarès bien rempli. Pourtant, à cet instant je ne perçois plus les lignes blanches à l’horizon, je n’entends plus cette musique mélancolique qui passait à la radio, je ne res- sens qu’une sensation de vide. Où suis-je ? Je me vois conduire sans savoir quelle direction prendre. Je crois bien m’être encore perdue. Il
me semble attraper mon téléphone pour mettre le GPS. Et là... Le néant...
Je me remémore ma vie, mon enfance au soleil dans le Sud de la France, mes années d’études qui m’ont paru interminables et ma toute nouvelle vie que je commençais à peine. Diplômée depuis quelques mois, je venais de trouver le métier de mes rêves et j’avais enfin osé révéler mes sentiments, cachés depuis des années, à celui que je considérais comme l’homme de ma vie.
Janvier 2019
« Mademoiselle ! Est-ce que vous m’enten- dez ? Mademoiselle ! Revenez parmi nous ! » Une sensation étrange, une douleur atroce, une lumière aveuglante ; j’ouvre les yeux tant bien que mal sans savoir où je suis.
Janvier 2023
Wear2look vient de recevoir le Grand Prix de l’innovation de l’année. Je n’en reviens pas. De- puis quatre ans mon mari, neurochirurgien, et moi, avons tout tenté pour développer ce projet. Comment imaginer qu’un accident qui avait failli me coûter la vie m’apporterait tant de joie ? Des milliers de personnes vont pouvoir recevoir une puce électronique, qui, une fois implantée dans le cerveau, pourra leur permettre de se localiser et de trouver n’importe quelle destination grâce à des neurotransmetteurs qui influent sur vos mouvements. Comme une intuition, chaque porteur saura alors où aller dès lors qu’il pensera à une adresse.
Chaque vie possède un fil conducteur. Je pense que j’ai trouvé le mien.
Marion Trémolière Montpellier business school
Le fil conducteur
EXPRESSIONS
 Concours de micro-nouvelles
   Le monde de demain vu par un étudiant
EcoRéseau Business le clame haut et fort : il existe en France un ferment entrepreneurial et littéraire dans les esprits, qui ne demande qu’à se concrétiser. La preuve avec ce concours de micro-nouvelles organisé dans chaque numéro auprès des étudiants d’une école, où ceux-ci doivent imaginer une start-up qu’ils jugent révolutionnaire parce qu’elle va bouger les lignes dans le futur. Expérience des plus réussies ce mois-ci avec Le fil conducteur, micro-nouvelle de Marion Trémolière de Montpellier business school qui nous décrit sa solution transhumaniste géolocalisée.
   Avis d’expert : Joseph Perez-Pla, responsable de la spécialisation start-up à Montpellier business school (MBS)
«Se lancer dans l’entrepreneuriat exige de s’impliquer deux fois plus que les autres. Travailler l’endurance est essentiel»
« Who I am ? Accelerator innovation & start-up. »
C’est avec ces mots que Joseph Perez-Pla accueille les visiteurs sur son site web. Après une première vie comme journaliste, Joseph Perez-Pla s’investit dans le monde de la création d’entreprise depuis plus d’une dizaine d’années. La création d’un incu- bateur ? Il connaît. Il l’a fait à Montpellier, en région Provence Alpes-Côte d’Azur (PACA)... Au total, il a accompagné près de 50 start-up. Montpellier bu- siness school (MBS) l’a intégré dans ses rangs en janvier dernier.
Quel est l’intérêt des étudiants de MBS
pour l’entrepreneuriat ?
Si l’approche de l’entrepreneuriat est proposée au fil
du parcours au sein de Montpellier business school, la spécialisation start-up est accessible en master 2, de février à avril. L’entrepreneuriat séduit. Pour preuve, toutes les places ont été raflées en 30 mi- nutes. Au total, 20 spécialisations sont proposées à ce stade des études. Clairement, les demandes sont
supérieures au nombre de places. MBS accompagne pas moins d’une centaine de créations d’entreprise par an. On est sur un territoire propice. Pour rappel : le BIC (Business and Innovation Center) de Mont- pellier compte dans le top 10 mondial, selon l’UBI Global, organisme d’évaluation des performances des incubateurs. En février dernier, il a été classé au deuxième rang, derrière Dublin et devant Rio.
Quel est l’état d’esprit de ces jeunes ?
Terminé le « tout numérique ». La technologie – et en l’occurrence le numérique – est l’une des compo- santes. Un moyen d’accéder, rien de plus. Les étu- diants se projettent dans un monde très « fair », équi- table, dans lequel la transparence est importante. Ils sont très éloignés d’une spirale qui prône l’endette- ment pour financer leurs projets, par exemple. Leur discours : « Je me paie peu, et j’investis plus, pour coller à cette éthique, omniprésente. » L’état d’esprit est constructif. Toutefois, les jeunes injectent plus de capital dans leurs projets, car ils sont à un stade
de leur vie où leurs dépenses sont encore limitées. Et ce contrairement à un quadra ou un quinqua qui doit gérer la dimension familiale. Ces derniers partent à l’aventure comme des mercenaires, avec l’obligation de résultats très rapides. Résultat : le taux d’échec est supérieur. La démarche est plus organisée pour les jeunes, tâche après tâche.
Quel point nécessite d’être particulièrement tra- vaillé avec vos étudiants ?
Cela peut surprendre, mais le « pitch » constitue un exercice difficile. Traditionnellement, leur inter- vention commence par leur nom, leurs fonctions... et au fur et à mesure leur idée. C’est presque tout l’inverse qu’il faut faire. Tout l’accompagnement est basé sur le fond du discours à tenir pour que la forme soit simple. Mon rôle est de les mettre à l’aise pour leur permettre d’aller plus loin. Se lancer dans l’entrepreneuriat exgige de s’impliquer deux fois plus que les autres. Travailler l’endurance est
essentiel.
JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
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© DR
]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[La mémoire des mots
« LA GRAMMAIRE C’EST FINI »
Johnny ; Ecriture inclusive ; Prédicat ; Molière ; Au revoir là-haut ; SOS Kiosquiers, Jean d’O, Molière
Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
EXPRESSIONS
 Regard sémantique
Depuis neuf ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,
ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.
Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées courant janvier à Paris.
    Tableau ‘’Tendances en langage’’ CULTURE 2017, Jane Bee
Présent dans les tableaux culture depuis dix ans, il est parti « l’idole des jeunes ». « On a tous en nous quelque chose de Johnny », son écoute a augmenté de « 4000% sur deezer ». « Ah que milliardaire et populaire ! », mais icône finalement ! Alors que « Jean d’O », « Max Gallo », « Michel Tournier » s’éclipsent aussi, éclatent des querelles autour de la langue de « Molière ». « Molière » lui est à l’affiche et reste indémodable, mais revenons aux querelles !
« La grammaire, c’est fini ? » Le complément d’objet direct disparaît temporairement des programmes à l’école primaire. Mais, le nouveau ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer décide à son arrivée de mettre fin au « prédicat », de faire revenir COD et COI. Cela n’empêche pas certains de pencher pour la « grammaire inclusive » et « l’écriture inclusive », où le masculin ne l’emporte plus.
« La grammaire, c’est fini ? » mais pas « Barbara » éternelle amie de « Depardieu », pas « Carmen » de Bizet à Paris et au Festival d’Aix. D’un Festival à l’autre, à Cannes « The Square » ravit « La Palme d’or ». Un film qui divise et égratigne « l’art tourné en ridicule » ! « Jeanne Moreau » et « Mireille Darc » rappellent que les femmes ont lutté pour leur liberté. De la nostalgie aussi endeuillée par les disparitions de « Danielle Darrieux », « Fat Domino », « Chuck Berry » et plus encore « Jean Rochefort ».
Les branches de l’arbre de la culture propulsent les succès du mo- ment : « Louane », « Le sens de la fête » et les sacres du moment – « Kazuo Ishiguro » prix Nobel de littérature, les figures emblé- matiques – « Callas » et « les robes de Dalida ». Au sommet de cet arbre, il y a de beaux films comme « Au-revoir là-haut » et « 120 battements par minute » et toutes les expositions cultes de l’année : du MOMA à Hockney.
Pour prendre de soin de cet arbre, une nouvelle ministre « Françoise Nyssen ». « Cette chère culture » n’a pas donc pas de prix, puisqu’elle seule peut brasser tous les mondes et tous les temps. Et qui entend au pied de l’arbre « Le SOS des Kiosquiers », payés 2 euros de l’heure pour diffuser nos précieux journaux ?
Prochain Numéro le jeudi 6 septembre 2018
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JUILLET-AOÛT 2018 | ecoreseau.fr
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