﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="96"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[         Le plaisir de conduire
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]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[ Philosophe et magistrat français, Jean Bodin est l’un des premiers théoriciens de l’Etat moderne. Dans les Six Livres de la république (1576), Bo-
din dégage une conception politique de la souveraineté de l’État, perpétuelle et absolue, indissociable de l’in- dépendance. Centralisation du pouvoir, exercice des prérogatives régaliennes dont celle de battre monnaie, sécurité aux frontières (très mouvantes)... L’ensemble de ces missions étaient rattachées à l’Etat. Mais de nombreux domaines tels que l’assistance aux pauvres, les soins de santé, l’éducation n’étaient pas l’apanage de l’appareil d’Etat. Ce n’est que bien plus tard que l’Etat s’empare de la protection sociale (cf. Ré- tropective). Force est de constater que la notion même d’Etat-providence relève de la critique au XVIIIe siècle pour désigner l’empiètement de l’Etat sur de nouvelles mis- sions voire même du mythe réactionnaire aujourd’hui à grands coups de « c’était mieux avant »... De cet effort de délimitation du périmètre d’actions de l’Etat, découlent de nombreuses théories sur l’avenir de ses missions. Verra-t-on un jour l’éducation se li- béraliser comme au Royaume-Uni ? Les entreprises prendront-elles le relai de l’Etat comme c’est le cas en Inde où certains conglomérats sont à l’initiative de la création de villes nouvelles où police et distribution énergétique sont gérés comme filiales de ces conglomérats (cf. International). Observera-t-on en France l’abandon de l’Etat sur la question de la gestion des infrastructures de santé... pour confier la patate chaude au milieu associatif comme tel est le cas au Brésil où la gestion des lits d’hôpitaux re- lève des associations évangéliques ? L’actualité sur notre réseau ferré n’en est-elle pas les prémisses ? La collusion entre entreprises et Etat est aujourd’hui exacerbée. Mais pour quel résultat ? D’autant que nos élites, autrefois enseignants, avocats, journalistes sont aujourd’hui tous sortis d’HEC et de l’ESSEC avant de passer à l’ENA comme le souligne dans ses recherches Pierre Birnbaum, professeur émérite à l’université
Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Cette collusion se traduit aujourd’hui par l’idée que les méthodes du privé vont guérir l’Etat et son administration de ses maux structurels. De la médiocrité de son service public qui continue à creuser les inégalités sociales à l’Education nationale et qui perpétue des apparatchiks de l’administration pour un service inefficace dans la recherche d’emplois... Les critiques vont à vau l'eau. L’Etat empreinte de nouvelles méthodes de travail du privé et, auréolé de l’esprit start-up, se modernise, mais à quel prix (cf. Grand Angle) ? À celui de faire de l’usa- ger un client ? Tendance qui se passe aujourd’hui dans les stades de football (cf. Partie Société spécial Mondial de Russie). L’aficionado du ballon rond n’est plus aujourd’hui un supporter venu se divertir. Il est devenu un client qu’il s’agit de fidéliser toute l’an- née même quand son équipe perd autour de la marque qu’elle incarne... Une vraie question demeure cependant. Peut-on polir les méthodes libérales et les adapter à l’in- térêt général ? Le design thinking (cf. Manager autrement) ou le management inclusif (cf. Carrières et talents) sont autant de démarches tout à fait appréciables dans le cadre du service public.
Mais gardons espoir, car de nouveaux hérauts nous le prouvent en faisant de l’entrepr.e- neuriat un engagement pour la chose publique, comme l’illustrent Joséphine Goube, fondatrice de Techfugees (Cf. Electron libre), ou l’association Enactus (cf. Réseaux et influence) qui fédère dans le monde des dizaines de milliers d’entrepreneurs sociaux.
EDITORIAL
L’Etat dans tous ses états...
Jean-Baptiste Leprince
Fondateur & directeur de la publication
Geoffroy Framery
Journaliste EcoRéseau Business
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 LE CHAT by Philippe Geluck
4 JUIN 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[                                               FAITES DES ÉCONOMIES, PRENEZ L’AVION.
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 ]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[Galaxie ecoRéseau 8-13
Baromètre de l’optimisme 8
- Tendances
- Actions symboliques - The Green Life
en couveRtuRe 14-21 Rétrospective
L'illusion du welfare state 15
Grand Angle
Les entreprises au secours de l'Etat 16
Régions & territoires
L'émancipation des 13 régions 18
International
Les relais de l'Etat à l'étranger 20
Prospective
L'avènement des Etats-entreprises ? 21
spécial spoRt & Business 22-25 France
Comment entretenir la flamme du supporter ? 22
Monde
Le rôle de la data dans la performance sportive 24
L'oeil décalé
Quelles opportunités d'affaires en Russie ? 25
cluB entRepRendRe 26-41
Haute résolution
Smart city et consommation d'énergie : quel avenir ? 48
cahieR pRatique 50-65
SOMMAIRE
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13, rue Raymond Losserand – 75014 Paris
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Geoffroy Framery, Jean-Baptiste Leprince
Chroniqueurs : Alto Avocats®, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France®, Arthur Cohen, Philippe Croizon, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon, IsaLou Regen, Frédéric Rey-Millet, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Cédric Ternois, TheFamily®
Collaborateurs réguliers : Jean-Marie Benoist, Elsa Bellanger, Joseph Capet, Charles Cohen, Anne Diradourian, Julien Fournier, Stéphanie Gallo, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Marc Hervez, Aymeric Marolleau, Emilie Massard, Cyril Michaud, Raphaëlle Mittler, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Nicolas Pagniez, Antoine Pietri, Olivier Remy, Séverine Renard, Julien Tarby, Pierre Tiessen, Carla Verley, Ariane Warlin, Murielle Wolski
Dessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie Boulard
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RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0323 T 91730 Dépôt légal : à parution
Numéro ISSN : 2265-7436
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- Panorama des 13 régions : Quels atouts territoriaux ?
- Immobilier d'entreprise & retail : centres commerciaux :
les dernières tendances
Rh & FoRmation
Réseaux & Influence
Enactus, réseau d'entrepreneurs sociaux et solidaires
Observatoire Manager autrement
Le design thinking appliqué aux RH
Carrières & Talents
51
54 60
  société
- Handicap & Travail : le management inclusif comme levier de performance
74
- Notoriété en demi-teinte pour les écoles française à l'étranger 73
66-77
66 68
72
     Baromètre & Tendances Enquête
Le financement des entreprises en 2018
Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Jopséphine Goube, fondatrice de Techfugees
Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Lancement des Rebondisseurs Français
En immersion
L'école Les mots, premier accélérateur d'écrivains
stRatéGie &
aRt de vivRe & patRimoine 78-91
La Sélection culturelle 78 L’Art du temps 79
L’Actualité automobile : Essais & Tendances 86 Baromètre Finance de marché 88 Baromètre Patrimoine 90
expRessions 92-95
32 Tribune libre 92 Concours de micro-nouvelles 93
26
 36 38 40
Regard sémantique 94
                      Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés
pour appréciation.
innovation numéRique 42-49
     6
JUIN 2018 | ecoreseau.fr
Imprimeur : Léonce Deprez – Imprimé en France
Baromètre de l’innovation 42 Le tour du monde de l’innovation
La foodtech 44
Décryptage
Les concrétisations de la smart city en France 46
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances
Les bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper. Elles sont finalement si nombreuses que nous vous proposons une nouvelle version plus étoffée du baromètre. Bonnes ondes positives !
Le verbatim à retenir...
Celui qui s'engage
dans le désert ne peut revenir sur ses pas (...). Et quand on ne peut revenir en arrière, on ne doit se préoccuper que de la meilleure manière d'aller de l'avant Paulo Coelho, L'Alchimiste
LE CHIFFRE DU MOIS
78%
En 2017, le financement participatif des énergies renouvelables (EnR) a augmenté de 78 % par rapport à 2016. Selon le baromètre GreenUnivers, les citoyens ont investi 20,5 millions d’euros, surtout dans le photovoltaïque (45 %) et l’éolien (45 %). L’investissement n’est pas un don. Les actions ne représentent que 10 %, alors que le financement sous forme de dettes (prêts, obligations, « minibons ») représente 89 %. La finance verte pourrait se développer davantage encore grâce à la loi Pacte qui propose d’augmenter le plafond des levées de fond pour le crowdfunding, en passant de 2,5 millions d’euros à 5 millions d’euros. La Nouvelle Aquitaine, l’Occitanie et l’Auvergne Rhône-Alpes sont les trois régions dans lesquelles les montants investis sont les plus élevés.
     Thierry Saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme,
Incubateur d’énergies positives.
Relativisez
Pourquoi devrions-nous prendre tout ce qui nous arrive de plein fouet, brut de décoffrage, sans nuances ? Un peu de recul et de distance nous conduirait rapidement à donner une importance relative à une contrariété, une situa- tion, un événement tout simplement en les comparant avec d’autres que nous avons vécus.
Les Français, râleurs et enfants gâtés, ont d’ailleurs, sans forcément s’en rendre compte, une propension à la pratique régulière de la relativisation. Ils minimisent ce dont ils pro- fitent et maximisent les efforts ou les contributions qu’on leur demande comme les difficultés qu’ils rencontrent. C’est ainsi que la moitié d’entre eux peut se déclarer touchée par la crise mêlant les Français réellement en galère et ceux qui doivent se priver d’un cinéma dans le mois.
Relativiser ça n’est pourtant pas s’éloigner de la réalité surtout quand elle est contrariante, c’est au contraire la prendre en compte en lui donnant sa juste place, sa bonne mesure. Les optimistes ont cette faculté qui rend leur vie plus sereine. Chacun peut s’en inspirer avec quelques recommandations simples.
L’optimiste ne s’apitoie pas sur la mauvaise passe, il ne maudit pas le sort. Il a droit à l’erreur et l’échec le stimule. Il sort de ses ressentis négatifs, du mécontentement, de l’indignation en se replaçant dans un autre contexte pour s’appuyer sur ce qu’il a réussi et envisager le nouveau challenge. Il se concentre sur ce qui dépend directement de lui et non sur les facteurs sur lesquels il n’a pas prise. Il ne se recroqueville pas dans une honte qui n’est pas de mise, il relève la tête, bouge, sort, repasse à l’action.
Je recommande à ceux qui en doutent une méthode infail- lible : prendre en considération les témoignages de ceux qui ont traversé les pires épreuves et pourtant positivent. J'ai reçu sur mon blog ou ma page Facebook les témoignages de plusieurs femmes qui étaient à leur Xème cancer, se bat- taient et y trouvaient même de nouvelles raisons de vivre et d'espérer. J'ai visité, voici quelques années, comme élu local, des chantiers-écoles de réinsertion pour les Rmistes qui ne pleuraient pas sur leur sort, manifestaient une grande dignité, une formidable envie de s'en sortir. En comparaison, que valent vraiment nos contrariétés et nos petites misères ?
Petit détail non négligeable, relativisez de la même façon vos succès. Ni grosse tête, ni relâchement de la vigilance et de l’effort. Tout est relatif...
     8
JUIN 2018 | ecoreseau.fr
L’onde positive
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[Le baromètre de l’optimisme - Tendances
GALAXIE ECORÉSEAU
   L’IMAGE DU MOIS
NORVÈGE: UN HÔTEL BASSE CONSOMMATION
 Le « slow thoughts » ou prendre le temps de penser
Dans un maelstrom indéfini de mouvements perpétuels,
d’agitation, de zapping, de sollicitations sans fin, l’homme
moderne, immergé, voire noyé dans un bain iconique, ne
prend plus le temps de penser. Or, la réflexion réclame du
temps. L’environnement, notamment au travail, change sans
cesse. La réponse n’est peut-être pas à chercher dans une
adaptation à toute vitesse. Vincenzo Di Nicola, professeur
en psychiatrie, promeut la pensée lente dans l’existence
en général comme au travail. Se concentrer sur une idée,
chercher à l’analyser, à la décomposer en la rapprochant de telle autre... D’une certaine manière, le slow thoughts invite l’humanité à devenir philosophe. Dans la deuxième partie du Discours de la méthode, Descartes insistait sur le fait que, dans la recherche de la vérité, il fallait « éviter soigneusement la précipitation et la prévention ». Si l’esprit français est cartésien, alors il pourra adopter le slow thoughts.
 E-Medys, un serious game pour le soin
Sébastien Le Yaouanq développe l’application E-Medys
qui permet au patient de prendre correctement son trai-
tement et de connaître son état général en temps réel.
Dans le cas de protocoles de traitement lourds, E-Medys
crée un avatar du patient duquel il s’agit de s’occuper à
l’intérieur d’un serious game. Aujourd’hui, E-Medys
sert surtout au « télésuivi » du diabète gestationnel et à
l’auto-surveillance quotidienne du diabète. L’avatar est
prétexte à une éducation thérapeutique, un algorithme analyse les données médicales et une intelligence artificielle ajuste de manière personnalisée le traitement. Avec l’avatar virtuel, on assiste au retour de l’archaïque Tamagochi, mais dans sa version eHealthTech et 2.0.
      En Norvège, au-dessus du cercle polaire, les premières pierres de l’hôtel Svart ont été posées. C’est essentiellement l’énergie solaire qui alimente le bâtiment. A Meløy, à 1 500 km de Oslo, l’hôtel Svart consommera 85 % d’électricité de moins qu’un hôtel classique pour les mêmes prestations. Au pied du glacier Svartisen, le projet initié par l’Artic Adventure of Norway permet d’observer comme nulle part ailleurs les aurores boréales. Il faudra attendre 2022 pour y séjourner (l’accès se fait par bateau depuis Bodø car la voiture, même élec- trique, est bannie).
LE GRAPHIQUE DU MOIS
   D’ici 2022, le secteur des start-up pourrait produire 400 000 emplois en France. Les 10 % des start-up à forte croissance créeraient près de la moitié de ces emplois. On comprend mieux dès lors l’éclosion mensuelle d’incubateurs et d’accélérateurs sur tout le territoire pour aider la mise en œuvre et la concrétisation des projets.
JUIN 2018 | ecoreseau.fr 9
© Snøhetta
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme - Tendances
   AlterEgo, le casque qui lit dans les pensées
Les comédiens sont des menteurs par pro- fession. On ne sait pas à quoi ils pensent ni ce qu’ils ressentent pendant qu’ils incarnent sur scène un personnage. Dans le Paradoxe sur le comédien, Diderot montre que le jeu d’intelligence consiste à jouer sans ressentir. A priori, sur la scène qu’est la vie ordi- naire, il est impossible de savoir ce à quoi
l’autre pense. Quoique... Des chercheurs du Massachu- setts Institute of Technology ont inventé un casque, l’Alte-
rEgo, qui permet de communiquer avec des appareils électroniques sans prononcer le moindre son, simplement en pensant au mot. Un petit écouteur et un capteur sur le menton permettent d’analyser les signaux neuromusculaires émis depuis le cerveau jusqu’à la bouche et à la mâ- choire. Il suffit de penser à l’heure qu’il est, à un mot de passe ou à une commande sur un ordinateur ou un smartphone pour que l’action soit effectuée. Les objets connectés obéissaient au doigt et à l’œil. Désormais, ils sont dirigés par le seul souhait de notre volonté.
 I Wheel Share, rendre la ville accessible aux handicapés
Avec l’application I Wheel Share, Wil- son devient le majordome des personnes handicapées. La plateforme collaborative permet à tous de partager des informations relatives à l’accessibilité des villes, aux pratiques handisport, au logement ou encore aux idées de sorties. De plus, l’intelligence
artificielle Wilson s’adapte au han- dicap de la per- sonne (moteur, visuel et auditif) et, sur le principe du machine lear- ning, anticipe les envies en appre- nant à connaître
l’usager. L’application de cartographie des lieux permet aux trois millions de personnes à mobilité réduite de retrouver les chemins de l’autonomie. I Wheel Share cherche à transformer l’espace urbain en encourageant le vivre ensemble.
L’ENTREPRISE CENTENAIRE
De Buyer, l’art culinaire depuis 1830
« De Buyer est une entreprise qui a 188 ans sur le papier, même si ses bases et son ori-
gine sont bien plus anciennes », affirme Claude Haumesser, PDG de de Buyer depuis
13 ans. L’esprit de l’entreprise est encore marqué par son passé et travaillé par une certaine
conception du produit. « De Buyer met au point des instruments de cuisine faciles à uti-
liser quand la concurrence propose des produits facile à vendre. » L’outil industriel a été
fortement transformé durant ces 25 dernières années et produit dorénavant six millions de
pièces par an. A Faymont-Val d’Ajol, au cœur des Vosges méridionales, la transformation des métaux comme l’acier, le cuivre, l’inox et l’aluminium se modernise. « Dans des bâtiments vieux de plus d’un siècle et demi, de Buyer a créé un site modernisé, reconstruit et réimplanté. » Les gros travaux d’investissement sont aujourd’hui terminés. « Même si nous avons modernisé une société qui a des racines très profondes, les greffes entre l’ancien et le nouveau ont toutes bien pris. »
L’investissement technique a permis de mettre en place un business model unique au monde. De Buyer est une entreprise mul- ti-activités capable de tout produire (plus de 2 500 références) sur un site unique. « Notre business model particulier nous permet d’investir dans l’outillage pour produire de la grande série comme certaines pièces très particulières qui nécessitent un outillage spécifique qui ne sert que deux heures par an. » 55 % du chiffre d’affaires est réalisé à l’export dans environ 95 pays, même si de Buyer refuse la vente en ligne. « En France, le besoin d’ustensiles est réel, la consommation en volume et en qualité est bien supérieure à ce qu’elle est ailleurs dans le monde. » Dans le pays de la gastronomie, le choix des instruments de cuisson est pri- mordial. « L’ustensile de cuisine est le prolongement de la main de l’homme. Selon la forme ou le poids, l’équilibre dans la main du cuisinier – professionnel comme particulier – est important. » Sur l’Internet, pas de prise en main du produit ni de conseils adaptés. « Pour tirer la quintessence du produit, de Buyer forme ses clients et exige des vendeurs compétents. Tout réside dans la formation et l’information. Une poêle culottée est le meilleur antiadhésif qui puisse exister. » Les clients du monde entier viennent au Val d’Ajol pour être formés par des chefs. Il est difficile de vendre un bon produit très technique.
De Buyer est « un fabricant avec une mentalité de fabricant. Quand on est fabricant, l’argent est investi dans la production, pas dans le marketing, la publicité, le négoce où il s’agit seulement d’acheter et de revendre en faisant une marge. » Chez de Buyer, l’essentiel est le produit. La société n’emploie que 180 personnes et a toujours fait le choix de rester petite. « C’est notre croissance régulière et un peu lente qui fait notre pérennité. De Buyer garantit l’emploi à son personnel. Les salariés sont liés à l’entreprise et chez nous il n’y a pas de turnover. » Chez de Buyer, les maîtres-mots ne sont ni vente, ni profit, mais utilisation, satisfaction et... bon appétit !
   LES BONNES IDÉES DU MOIS
Marche solidaire
Entretien avec Catherine Konforti, Secrétaire de l'association L'Auberge des Migrants
De Vintimille à Londres, quel est le rôle des associations et des citoyens sur le parcours ?
Au fil des soixante étapes, les associations comme les citoyens organisent l’arrivée de la marche dans leur ville et en préparent la traversée. La marche reçoit un accueil ex- tr aordinaire. Chacun se demande comment il peut accueillir au mieux les marcheurs, ce qui crée de la solidarité entre tous. Le cor-
tège compte entre 50 et 150 marcheurs par étape. Nous étions 2 000 à Marseille. La marche solidaire nous soli- darise entre nous et nous fait prendre conscience qu’on partage une situation difficile. Un livre de photographies et un long-métrage rendront pérenne la solidarité en- gendrée par la marche.
En quoi la marche permet-elle de lutter contre le « dé- lit de solidarité » ?
De la vallée de la Roya jusque Calais, dans toutes les vi lles traversées, la situation des migrants est très difficile. Il n’existe pas de délit de solidarité à propre- ment parler contre lequel se battre. Néanmoins, l’Etat organise le découragement de la solidarité. La marche dit clairement non à la politique migratoire du gouver- nement. Par ailleurs, le gouvernement se montre très
attentif à la marche. La marche a le soutien des RG, car, étape après étape, il se pourrait que beaucoup de ci- toyens la rejoignent...
Comment définir le projet « Nouvelle jungle » ?
Le collectif « Nouvelle jungle » milite pour l’inclusion de tous les gens qui sont dans des situations difficiles de manière injuste. Le gouvernement crée des sans-papiers qui ne peuvent pas travailler, donc n’avoir ni revenu ni logement. De plus, le collectif aide concrètement les migrants à poursuivre ou à reprendre leurs études su- périeures en France. Il organise également des événe- ments culturels où tous les hommes, quelles que soient leurs attaches, se retrouvent, échangent et partagent.
Le 14 juin, journée mondiale des donneurs de sang
Du 11 au 17 juin, 650 ambassadeurs sensibilisent la popula- tion à l’importance du don du sang qui soigne chaque année plus d’un million de malades en France.
10 000 personnes travaillent à la collecte du
sang sur 128 sites répartis sur l’ensemble du
territoire. Devant le manque de donneurs, l’Etablissement français du sang (ESF)
propose de retirer les lettres A, B et O des
noms des comptes sur les réseaux sociaux.
Avec l’opération #MissingType, les rhésus qui manquent à l’appel dans les noms et les pseudos correspondent aux déficits de dons et rappellent l’importance citoyenne du don de sang. En plus de simplement ôter une lettre, on peut également se rendre dans un ESF et commencer à donner son sang de manière régulière.
     10
JUIN 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                                LES AGENTS DU SECTEUR PUBLIC S’INVESTISSENT POUR LES AUTRES
MAIS CHEZ EUX, C’EST DANS LEUR PROJET DE VIE QU’ILS S’INVESTISSENT
SI NOUS AVONS APPRIS À CONNAÎTRE LES AGENTS DU SECTEUR PUBLIC C’EST POUR MIEUX LES ACCOMPAGNER DANS LEURS PROJETS
Banque Française Mutualiste - Société anonyme coopérative de banque au capital de 114 154 973 €. RCS Paris 326 127 784. Intermédiaire en assurances (ORIAS n° 08 041 372). Siège social : 56-60 rue de la Glacière - 75013 Paris.
Société Générale - S.A. au capital de 1 009 897 173,75 €. RCS Paris 552 120 222. Siège social : 29, boulevard Haussmann - 75009 Paris. Intermédiaire en assurances (ORIAS n° 07 022 493). Crédit photo : Getty images.
    Contactez-nous du lundi au samedi de 9 h à 18 h
                                                                         RETROUVEZ-NOUS SUR BFM.FR ET CHEZ NOTRE PARTENAIRE
            ]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[GREEN TECH
u Isover Recycling, la nouvelle vie de la laine de verre
Excoffier Recyclage prend en charge le retraitement de la laine de verre jusqu’alors déposée en déchetterie et jamais valorisée. La laine de verre est partout présente dans nos murs. En France, tous les ans, la filière de la construction et du bâtiment utilise 400 000 tonnes de laine de verre. Puisqu’il est en verre, cet isolant est recyclable à l’infini. Les isolants issus de la déconstruction ou de la rénovation devraient désor- mais être stockés à part et envoyés à Orange dans le Vaucluse pour y être fondus et réutilisés. Espérons seulement que la manipulation lors du retraitement occasionne
moins de démangeaisons que lors de la pose...
u The Camp se dote d’une piscine connectée
A Aix-en-Provence, les résidents de The Camp, « Camp de base pour explorer le futur », viennent d’inaugurer une piscine dont le coût de fonctionnement est réduit de 75 % par rapport à une piscine traditionnelle. De plus, la propreté de l’eau n’est pas assurée par du chlore et des produits chimiques. Des bactéries et des ultraviolets assurent le filtrage de l’eau en copiant la nature. La BioTech ne fait dans le cas de la piscine connectée qu’imiter un processus naturel de filtrage. On peut donc boire la tasse car l’eau est naturellement rendue potable.
u Everlia, la construction équitable
Le Pass French Tech récompense et soutient la start-up du BTP Everlia pour ses créations de maisons containers. Outre l’aspect économique (20 % moins cher qu’une maison traditionnelle), les maisons Everlia sont écologiques, rapides à construire et permettent une construction sur mesure en fonction des exigences de ses occupants. Les logements produisent plus d’électricité qu’ils n’en consomment. Les modèles de maisons peuvent être exportés dans le monde entier et leur assemblage ne prend que quelques semaines car le bâti est préparé en atelier. Avec Everlia, les 400 à 500 mil- lions de containers dans le monde pourraient bien trouver une seconde vie. En 2017,
3 000 particuliers ont fait appel à la start-up. L’habitat de demain sera issu du recyclage et du remploi, et souhaite faire en sorte que la crise écologique actuelle ne soit que passagère.
ECONOMIE VERTE
Play EC ! L’économie circu- laire des bâtiments et des villes
Brune Poirson et le ministère de la Transition écologique et solidaire soutiennent le Gimélec (Groupement des industries de l’équipement électrique) dans son projet d’économie circulaire appliquée aux bâtiments connectés, aux infrastructures numériques et aux réseaux électriques intelligents. Le Gimélec propose d’inventer de nouvelles formes d’économie circulaire notamment en investissant dans des bâtiments intelligents et connectés (40 % de la consommation d’énergie en France sont absorbés par les bâtiments), en promouvant les réseaux électriques intelli- gents locaux, notamment le photovoltaïque, en défendant une industrie sobre et connectée qui allie productivité et préservation des ressources naturelles. Dernier axe de recherche qui, au moins autant que le bâtiment, nous concerne tous : les data centers. Le Gimélec propose d’optimiser l’énergie des data centers en divisant par deux leur consommation d’énergie et en développant des sys- tèmes de récupération de chaleur. « Play EC ! L’économie circulaire, notre seconde nature. »
GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Actions symboliques / The Green Life
  La COP21 n’était pas une fin, mais un début. Suivi des évolutions bénéfiques à la planète
     EN FRANCE
La drôle d’épicerie à Angoulême
Tous les jours, pendant les heures
d’ouverture de La Drôle d’épicerie
(Place du Palet), les commerçants du
quartier déposent leurs invendus et les
particuliers leurs denrées qu’ils savent
d’avance ne pas pouvoir consommer.
Le « frigo solidaire » est une initiative
lancée par Antoine Précigou à Angoulême, mais Les Frigos Solidaires existent déjà à Paris, à Caen ou à Niort et sont soutenus par Identités Mutuelle. Cette initiative contribue à la solidarité locale. Elle crée du lien social et anime l’espace public, tout en luttant contre le gaspillage alimentaire. A Berlin, de tels frigos existent déjà depuis bien longtemps. Pour mettre en place un projet de Frigo solidaire, une brochure explicative est disponible sur le site Internet Les Frigos Solidaires.
DANS LE MONDE
IncubeMe, premier incubateur panafricain
L’esprit de Nasser et du panarabisme semblent encore flotter sur l’Afrique. Il ne s’agit plus tant aujourd’hui d’unifier les peuples arabes contre les colons, mais de créer une synergie au cœur de laquelle se retrouvent toutes les intelligences de la Tech africaine. A Alger, à Sidi Abdellah, IncubeMe est un incubateur qui promeut l’entrepreneuriat dans toute l’Afrique et valorise les solutions africaines aux grandes problématiques africaines. Depuis le 30 avril dernier, l’incubateur vient en aide aux start-up qui développent la croissance économique de l’Afrique.
Le Congo finance la R&D dans l’énergie renouvelable
Dénis Sassou Nguesso construit un centre de recherche de 10 000m2 dédié à la
recherche dans le domaine de l’énergie renouvelable. La compagnie pétrolière ita-
lienne Eni finance ce projet à hauteur de 30 millions de dollars. A Oyo, à plus de
400 kilomètres de Brazzaville, il s’agira de développer des énergies vertes afin que
toute la population jouisse d’un accès à l’énergie satisfaisant. Même si le Congo dispose d’un sous-sol riche en ressources gazières, le Président mise sur le développement d’infrastructures moins lourdes et moins coûteuses sur le plan écologique pour équiper tous les citoyens du pays. Le centre ouvrira à la fin de l’année 2019.
   12 JUIN 2018 | ecoreseau.fr
CEUX QUI FONT BOUGER LES LIGNES
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[                   Julien, 43 ans. Directeur général, diplômé 2015, Management Général
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]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[ Rétrospective
L'illusion du welfare state ................................... p15
Grand Angle
Les entreprises au secours de l'Etat....................p16
Régions & Territoires
L'émancipation des 13 régions ............................ p18
International
Les relais de l'Etat à l'étranger............................p20
Prospective
L'avènement des Etats-entreprises ?................... p21
EN COUVERTURE
Modernisation de
l'État et entreprises
La période qui court entre la Seconde Guerre mondiale et les premiers chocs pétroliers est entrée dans le panthéon de nos représentations fantasmées avec un Etat fort, gouverné par un exécutif qui l'est tout autant, un système de couverture sociale performant, une administration qui se modernise, une éducation qui s'ouvre aux catégories sociales les plus modestes. Cette chimère regrettée nous mène souvent à un raccourci de pensée : l'Etat demeure un mammouth ô combien difficile à dégraisser aujourd'hui... Se pose naturellement une réflexion sur les pistes d'amélioration de l'Etat, son évolution main dans la main avec le privé, voire son déclin avec peut-être un jour l'avénement des Etats-entreprises comme le suggère la nomination d'un amabassadeur pour les Gafa par le Danemark... Mise en perspective avec notre dossier de une.
 14 JUIN 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[ Par Joseph Capet
Pendant les années 30, on lutte pour l’ins- tauration des droits sociaux. Claude Martin, sociologue, directeur de re- cherche au CNRS, professeur à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), préfère parler de protection sociale ou collective plutôt que d’Etat-providence. « Pour les libéraux du XVIIIe siècle, cette expression était conçue comme une critique des Etats qui dépassent les fonctions régaliennes et se prennent pour la Providence. » Après 1973, l’Etat s’est accaparé la question sociale pour mieux la financiariser.
Rolling Back the WelfaRe State
« On ne devrait plus parler de crise de l’Etat-providence car l’idée de crise contient l’idée d’un retour possible à l’état antérieur. Or, les conditions réunies durant les «Trente glorieuses» n’existent plus aujourd’hui. » Et Bernard Gazier, professeur émérite en Sciences économiques à l’Université Paris 1 Pan- théon-Sorbonne, d’ajouter que « le désengagement de l’Etat-providence est partiel, il est le signe de l’inadapta- tion croissante du système dans lequel nous avons vécu depuis 1945 ». Le chômage, l’entrée dans la vie adulte et la perte d’autonomie sont les principaux éléments qui ont changé, autant de « nouveaux
risques sociaux ». De plus,
« le cas français est pris dans une dynamique qui le dépasse, absorbé dans un tourbillon plus vaste qui comprend les deux Ouest, les Etats-Unis et l’Europe du Nord », analyse Claude Mar- tin. L’Etat libéral souhaite diminuer la dépense sociale, et, idéalement, ne s’en tenir qu’à la stricte administration des choses.
l’ancien monde juSqu’en 1988
Il ne faut pas laisser au mi- lieu du gué ceux qui n’ar- rivent pas à marcher. Bernard Gazier, ancien membre de l’Institut Universitaire de France, explique que « le système industrialo-mascu- lin de protection sociale se complète avec l’instauration du RMI en 1988 et se fissure depuis lors ». Le RMI a pour but d’intégrer les plus pauvres à la communauté. Or, l’industrie, la jeunesse et le monde du travail n’ont cessé de se transformer. « La massification de la précarité chez les jeunes, en particulier ceux qui ne bénéficient pas du soutien de leur parents, est réelle. Le social care ne devrait donc pas se limiter à renvoyer vers la famille et les proches le soin de tous les vulnérables. Car la famille ne compense pas les inégalités, mais les renforce », regrette Claude Martin, titulaire de la Chaire CNAF « Enfance,
La protection sociale relève d’une instruction civique ou citoyenne
spécialistes. « Il faut «détech- niciser» et «définanciariser» le discours sur la protection sociale pour retrouver ses fondements et accroître sa légitimité, ce qui était le cas après-guerre. On pourrait la considérer comme relevant d’une instruction civique ou citoyenne », défend Claude Martin. Chacun est concerné par la question sociale car elle porte sur le devenir de la société. Selon Bernard Gazier, la question sociale s’articule aujourd’hui autour de quatre éléments : « 1/ l’écologie et la maîtrise de l’appareil productif avec un rééquilibre des pouvoirs entre salariés et actionnaires ; 2/ la maîtrise de la carrière et l’investissement social dans la petite enfance ; 3/ l’égalité absolue de genre ; 4/ l’établissement d’une «so- ciété des semblables» (pour reprendre Robert Castel), d’une so.ciété de citoyens informés et intelligents. » A cela, l’Etat doit y mettre le prix.
EN COUVERTURE
 Rétrospective
EcoRéseau Business revient sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient il y a un demi-siècle. Pas question de comparer, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.
L’évolution de l’Etat-providence
Au secours de l’Etat bienfaiteur
  Comment garantir la propriété sociale quand la providence est réduite à des tracas financiers et se ne soucie plus d’égalité ?
bien-être et parentalité. » La protection sociale semble de plus en plus précaire. Parmi les pressions qui s’exercent sur l’Etat-providence et qui contribuent à limiter son action salutaire, Bernard Gazier repère six tendances : « 1/ la privatisation (des opérateurs privés payés par des fonds publics) ; 2/ l’indi- vidualisation (faire en sorte de se passer du groupe) ; 3/ la décentralisation (mal- gré la tendance jacobine actuelle) ; 4/ l’activation (on obtient les aides si et seulement si on montre que des efforts sont réalisés) ; 5/ la déréglementation (dé- tricoter le plus possible les arrangements collectifs) ; 6/ la «flexibilisation» (l’autre mot de mondialisation qui fait aller et venir les capitaux). » Décidemment, le libéralisme ne s’accommode pas bien de la protection collective.
le deveniR de la queStion Sociale
La collectivisation de la protection sociale est un enjeu démocratique. « La propriété sociale, au sens de Robert Castel, a été le moyen de protéger sous la forme de droits sociaux ceux et celles qui n’avaient pas de propriétés, de biens pour garantir leur lendemain. La réduction des inégalités est plus que jamais nécessaire pour retrouver une forme de cohésion sociale », ex- plique Claude Martin qui s’oppose aux discours de premiers de cordée qui fra- gilisent les plus démunis en produisant du ressentiment. La protection sociale est devenue ultra-technique et avant tout financière. Elle est confisquée au peuple pour devenir une affaire de
   L’Etat-providence, un trompe l’œil avant tout technique et financier ?
  JUIN 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur un sujet politique, sociétal ou macro-économique
Entreprises et Etat : modernisation et modes de collaboration
EN COUVERTURE
   Etat de
grâce ?
 Dans quelle mesure l’innovation et les entreprises poussent-elles les différents corps d’État à se moderniser ?
tal, des plateaux techniques ambulatoires, ou encore des révolutionnaires hôpitaux modulaires.
education et nouvelleS techno- logieS : je t’aime moi non pluS
Le monde de l’enseignement et de l’éducation sait-il tra- vailler en bonne intelligence avec les start-up ? A vrai dire, le bonnet d’âne nous guette en matière d’écosystème pour les « édupreneurs ». Grands groupes et éditeurs ne semblent guère mieux logés... Même les Gafa semblent s’in- différer sur le destin de nos jeunes ouailles en préférant stratégiquement investir dans l’higher education et l’execu- tive education. La France se distingue effectivement par l’environnementcontraignant qu’elle propose aux « édupre- neurs ». L’éducation n’a pas beaucoup évolué dans son mode de fonctionnement bien que tout le monde s’ac- corde à vouloir dégraisser ce fameux mammouth, secteur perçu comme non rentable et sclérosé par l’inertie de son système. Les entrepreneurs de l’EdTech sont nombreux et
K12 (Kindergarden to 12th grade) français est inattei- gnableenBtoBpourla grande majorité des start-up françaises car les écoles pos- sèdent peu de ressources pour conduire des projets pilotes. La question du "qui paye ?" est cruciale », constate Vic- tor Wacrenier, fondateur et CEO d’Appscho. La filière est trop faiblement structurée et comme pour ses consœurs de la santé, elle doit surtout faire face à un code des marchés publics poussiéreux et indivi- sible. Les pratiques désuètes se perpétuent sur le sujet des services technologiques. Par exemple, leur processus d’achat n’a pas évolué depuis 30 ans même si les partena- riats d’innovation, dispositif corrélé au code des marchés publics, permettent depuis peud’expérimenterdesso- lutions innovantes issues de la R&D. Les mentalités et le manque de compétences en interne aussi n’aident pas à ventiler l’innovation. De là à dire que le monde de l’édu- cation ne comprend pas celui des start-up... Il n’y a qu’un pas. « Dans l’enseignement supérieur, le marché est éga- lement considéré comme
Par Geoffroy Framery
Depuis juin 2017, vous pouvez prendre vos rendez-vous en ligne grâce à la plateforme de la start-up éponyme Docto- lib avec l’un des neuf mille médecins de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Ce lifting opéré sur la gestion des patients répond à des besoins de mo- dernisation des services de santé parisiens. Pour ce faire, la start-up a remporté un appel d’offres passé... l’an- née d’avant en 2016. L’idée expriméeétaitdefluidifier les démarches émanant des patients pour dégager du temps à son personnel via le développement de nou- veaux services digitaux. Ici le numérique joue à plein tube le rôle de facilitateur et permet aux agents de la fonction publique et person- nel soignant de se concen- trer sur les tâches à valeur ajoutée en les déchargeant de l’administratif chrono- phage et très procédurier. Notons que l’AP-HP ambi- tionne une moyenne de 1,2 million de rendez-vous pris en ligne sur les 4 millions de consultations dispensées par ses médecins. Le calcul est simple : une simplification de l’ordre de 30% en termes de rendez-vous. Toutefois, cette dynamique vertueuse demeure l’arbre qui cache la forêt. Car faute de signature de contrat avec les hôpitaux publics, de nombreuses start-up de l’e-santé, de la med-tech ou encore de la Silver Economy se crashent sans même avoir
eu le temps d’éprouver leur proposition de valeur.
Santé : veRS de nouveaux modeS
de collaBoRation ? La racine de tous les maux ? Les procédures de marchés publics –pour changer–... Cela dit, ces démarches lourdes profitent bien évi- demment à d’autres. Et les grands groupes davantage crédibles et fiables sur le long terme s’immiscent depuis longtemps dans la moderni- sationdel’actionduservice public même s’il semblerait que le train de l’innovation ne s’accélère qu’à l’aune d’un choc de simplification. A quand le speed dating entre administration et start-up ? Ailleurs, l’open innovation se joue également entre PME via de nouvelles alliances. Ainsi, Clinifit, a-t-elle vu le jour en recevant un ap-
preuve d’exception. Grosso modo, l’enseignement supé- rieur ne sait pas travailler aveclesstart-up,renchérit Victor Wacrenier. Il faut aussi ajouter que la nature conser- vatrice de notre système ne permet pas de changement de paradigme notamment dans la pédagogie de pro- fesseurs ». Pour preuve dans un autre segment : en 2017, nombreux sont les parents à vouloir inscrire leurs enfants en école Montessori alors que la figure emblématique de cette nouvelles pédago- gie éponyme a commencé ses travaux à la fin du XIXe siècle... Imaginez alors for- mer le corps enseignant à la culture start-up. Mission impossible ?
innovation ceRteS, maiS encoRe diffi- cile à implémenteR Pourtant, le tableau n’est pas toujours à l’image de la nuit étoilée de Van Gogh. « De gros efforts de la part des acteurs académiques et des grands groupes pour travail- ler avec des start-up sont à souligner même si les mo-
dèles de collaboration sont encore à construire, d’autant plus que l’entrepreneuriat, l’éducationetlesgrands groupes sont sur des cycles de vie différents », complète Diane Taieb, fondatrice du programme Starter-Schoolab. Autre sujet qui semble encore balbutiant, celui de l’inno- vation pédagogique en lien avec les technologies dernier cri : Domoscio, spécialiste de l’adaptive learning, semble être l’un des précurseurs mondiaux sur ce sujet et le champion français. « Nous avons voulu développé une solution Saas qui utilise le Big Data et le machine learning pour créer des parcours per- sonnalisés afin d’apprendre plus facilement et surtout de créer un parcours de révision sur mesure », présente Ivan Ostrowicz, co-founder et CEO de Domoscio. Benoît Praly, l’autre co-fondateur, ajoute : « l’apprentissage adaptatif s’adresse aux institutions et entreprises qui possèdent déjà un référentiel d’éducation ou un système de compétences métier. Notre solution travaille indépendamment du contenu
   Aujourd’hui, n’importe quelle administration peut être volontaire pour rentrer dans cette dynamique vertueuse
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
port capitalistique de dix PME. Le but ? Permettre à ce groupement d’entreprises de mutualiser l’innovation et les savoir-faire et de bénéficier d’économies d’échelle pour apporter des réponses inno- vantes autour de la prise en charge des patients. Ce grou- pement fonctionne en open innovation pour délivrer des solutions « ready to use » sur le sujet des chambres d’hôpi-
très dispersés. Et les barrières sectorielles et le manque de visibilité du secteur limitent les modes de monétisation des nouvelles start-up malgré une diversification des concepts proposés.
voiR le Bout du tunnel...
Certains segments de marché semblent presque impossibles à atteindre. « Le marché du
impénétrable. Les tunnels de vente sont longs, à peu près six mois. Et nous avons dû beaucoup batailler pour développer notre produit en co-construction avec l’ESCP Europe. Nous avons réussi à obtenir un terrain d’expé- rimentation gratuit au sein du MBA qui nous a ensuite permis de nous développer à l’échelle de l’école. Mais en définitive, ce cas de figure fait
L’Etat serait-il en train de rattacher ses wagons administratifs au train de l’innovation ?
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle
EN COUVERTURE
  et de l’utilisateur. Mais il faut se poser la question de son insertion dans un dispositif plus large. Nous travaillons avec des entreprises du CAC 40, des étudiants, des élèves de CM1. Nous proposons
Finalement le mammouth est peut-être en train de maigrir...
adminiStRation : l’etat en mode StaRt-up
Face au constat de relations
nières sont financées sur les fonds de l’administration. A chaque start-up est dévolue une attribution budgétaire. Les équipes se composent d’agents publics, de coaches et de développeurs qui ont une expérience de choix dans les start-up ou dans d’autres structures et la mettent un temps à profit pour moder- niser les services publics et partager les compétences. « Les administrations sont nos bailleurs de fonds avec qui nous procédons à une négociation de budget et à la décharge des équipes d’agents publics. L’idée est de faire un deal avec le DG d’une administration au ni- veau du top management. On va « sourcer » des intrapre- neurs qui vont être libérés de leurs missions habituelles pour accoucher d’un service public nouveau qui répond à un enjeu stratégique de l’administration pour une pé- riode de six mois », synthétise Hela Ghariani, Responsable de l’Incubateur beta.gouv.fr. Comment se réalisent les ar- bitrages ? « Nous faisons un appel à projet pour trouver des profils intrapreneurs. Cela passe par de l’envoie de mails aux différents staffs, à la formulation d’un problème et d’une idée exprimée par un
agent public pour le résoudre. Un contingent vient ensuite "pitcher". Le jury pose un regard critique pour éviter de s’attarder sur la résolution de problèmes internes qui n’aurait que peu d’impacts sur les services publics. L’enjeu de la frugalité est important car il faut anticiper le risque financier et éviter les "paque- bots", sans prendre en compte l’usager, et surtout ... sortir des contraintes habituelles », ajoute Hela Ghariani. Aujourd’hui, n’importe quelle administration n’a qu’à être volontaire pour ren- trer dans cette dynamique vertueuse. « Pour l’instant, nous avons intégré des projets qui concernent entre autres les ministères de l’éducation nationale, de la transition énergétique, de l’emploi... L’envie et la volonté sont les critères qui prévalent. L’idée est de mettre en place des équipes autonomes "focusées" sur leur objectif de service, ce qui permettra ensuite une transformation par capillarité des organisations ». Parmi pléthore de projets prenons l’exemple de Pôle Emploi qui depuis 4 ans bénéficie d’un programme d’intrapreneu- riat pour améliorer le taux de retour à l’emploi tout en impactant la DSI en interne.
« Ces projets permettent de changer les façons de faire. Nous poussons les services à gérer non plus un projet mais un produit pour sortir de l’esprit cahier des charges et se tourner vers la réso- lution de problèmes sur un produit qui est tourné vers l’utilisateur », poursuit la responsable de l’incubation.
open innovation : la RecheRche d’em- ploi Se dépouSSièRe Ce faisant, Pôle Emploi re- crute depuis quatre ans deux intrapreneurs, des conseil- lers pour la plupart qui ont travaillé auprès des publics concernés. Deux produits ont émergé : « la bonne formation » qui permet de mieux orienter l’accès à la formation en se basant sur l’évaluation de la qualité de formation, le taux de satis- faction et le taux de retour à l’emploi en lien avec ladite formation. Ailleurs, « la bonne boite » aide ceux qui cherchent un emploi à réaliser des candidatures spontanées pertinentes. « Nous nous basons sur les déclarations préalables à l’embauche et sur un algorithme prédictif. Le postulat est de se dire que si l’entreprise a récemment recruté, elle sera amenée à
le refaire. Aujourd’hui, 95% du réseau y a recours », dé- peint Hela Ghariani. N’imaginez pas cependant que l’innovation se réaliserait en vase clos. L’Etat recourt grâce à son plan de moder- nisation numérique à l’open data. Ainsi, Paul Duhan, créateur de Bob Emploi qui avait défrayé la chronique en pensant éradiquer le chô- mage a eu accès aux API des services publics ainsi qu’à certaines métriques et datas. Et les vases semble- raient mieux communiquer avec cette démarche qui part des entrailles de l’Etat. « La finalité est de faire profiter les acteurs privés de nos technologies et ainsi élar- gir "La bonne boite" aux Monster, Indeed et autres », continue Hela Ghariani. Les modes de collaboration progressent, si bien qu’une nouvelle application sou- haite simplifier...les marchés publics en réutilisant les données de l’administration (DGFIP, URSSAF, etc.) pour permettre aux entreprises de seconcentre.runiquement sur les aspects techniques de l’appel d’offre. Tout un programme.
 un système d’alerte quand la remédiation est néces- saire. Mais le relai humain doit ensuite se faire ». Une innovation de taille à l’heure où l’individualisation des parcours devient une priorité tant dans le primaire que dans la formation continue.
complexes entre privé et public, l’Etat a opté pour une approche différente et intrapreuneuriale. L’agilité possède son sceau étatique. Celui de beta.gouv.fr, incu- bateur 100% public qui choie les start-up d’Etat. Ici, pas de business plan. Ces der-
  avec
A Avoir la cote
près un mois de mai (durant lequel
une cotte de mailles aurait été
utile pour se protéger de la pluie et franchir... les ponts !), les entrepreneurs semblent avoir quelques bleus à l’âme et des fourmis dans les jambes.
Après des cotes record d’optimisme et de confiance, le ralentissement de la croissance, la hausse du chômage et les contestations des politiques mises en œuvre, se font sentir. A preuve, avec 52 %, la proportion d’entrepreneurs qui se déclarent confiants ou optimistes est toujours majoritaire mais en baisse (respectivement moins 6 points et moins 3 points).
Et la cote de popularité du président de la République s’en ressent. Evaluée sous le prisme des actions économiques engagées, elle a, elle aussi, chuté. La cote d’alerte
n’est pas atteinte. Avec 41 % des entre- preneurs qui se déclarent satisfaits, elle rejoint celle des Français (40 %).
Cote, encore et toujours, mais au sens pre- mier du terme dans cette vague d’enquête, avec une question relative au prélèvement à la source. Brocardé de-ci, de-là, le dis- positif qui entrera en vigueur en janvier 2019 recueille l’assentiment de 57 % des chefs d’entreprise (avec une surcote dans les structures de dix salariés et plus où le taux d’opinions favorables s’élève à 72 %). Sans doute faut-il lire dans ce décrochage quelques signes d’impatience chez les entrepreneurs, attentifs au concret. A corréler avec ces envies de changement que traduit la cote record de l’innovation ce mois-ci ? 53 % des chefs d’entreprise considèrent en effet qu’elle est un investis-
sement pour leur entreprise, soit le cours le plus élevé depuis le début de la Grande Consultation en 2015.
Sentiment ponctuel de frustration, donc, chez les chefs d’entreprise, peut-être peu enclins, demain, à apprécier les cotes mal taillées...
Béatrice Genoux Planneur stratégique CCI France
Retrouvez l’intégralité des résultats de la Grande Consultation sur www.grandeconsultation.fr
  JUIN 2018 | ecoreseau.fr
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Jugement de valeurs
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Régions & Territoires
EcoRéseau Business s’attache à décrire les innovations des territoires en France concernant une thématique particulière
La mort avérée du jacobinisme d’état ?
Territoires en quête de pouvoir
    A défaut de pouvoirs politiques forts, les 13 nouvelles régions héritent d’autres missions dont la portée n’est pas nécessairement secondaire.
tif qu’un retour à un passé historique commun ».
Par bien des aspects, les relations Etat-Régions des dernières décennies pour- raient se résumer par l’ex- pression « je t’aime moi non plus », à l’image de l’évolu- tion de la clause générale de compétences, attribuant à la région à partir de 1982 « une capacité d’interven- tion générale sur les affaires de la collectivité », selon la définition officielle. Cette clause a ensuite été suppri- mée en 2010, réinstaurée en 2014, avant de disparaître à nouveau en 2015.
deS chefS d’oRcheStRe de
la compétitivité
Si les régions n’ont pas le poids décisionnel de leurs homologues allemandes par exemple, et servent essentiel- lement de relais pour déployer les politiques initiées par les ministères, elles jouent toutefois, notamment depuis
la loi NOTRe (Nouvelle or- ganisation territoriale de la République) d’août 2015, un rôle essentiel en matière de structuration des forces éco- nomiques locales. En plus des compétences relatives à la formation profession- nelle, la gestion des lycées, des transports, ou encore l’aménagement du territoire, les régions sont aujourd’hui chargées de définir et piloter le Schéma régional de dé- veloppement économique, d’innovation et d’internatio- nalisation (SRDEII). Concrè- tement, il s’agit de la feuille de route qui détermine les aides à l’investissement et à l’innovation des entreprises, les soutiens à l’internatio- nalisation, ou encore les initiatives pour favoriser l’attractivité territoriale. Les pôles de compétitivité se
deS levieRS économiqueS ?
Les nouvelles prérogatives des régions ont vu naître un véritable marketing régional, transformant chaque territoire en marque à part entière dont l’objectif est la conquête in- ternationale. La Normandie a ainsi officialisé en 2017 sa marque « Normandy » qui a vocation à servir de tremplin aux activités en la matière et contribuer à un rayonnement accentué. Une nouvelle agence dédiée à l’attractivité de la région, et installée dans les locaux de la CCI du Havre, a hérité de cette mission. Selon certaines études, la Normandie serait la deuxième région la plus connue au monde derrière la Californie. Quelque 16 millions de visiteurs arrivent chaque année dans la région
régions. Les échanges entre responsables de filières et de chambres de commerce entre Lyon et Clermont-Ferrand se multiplient pour donner lieu à des collaborations atypiques. Des synergies ont d’ores et déjà vu le jour, comme entre le pôle de compétitivité rhônalpin Minalogic, spécialiste des solutions micro et nano-élec- troniques, et le pôle de com- pétitivité Céréales Vallée en Auvergne. Les opérations visent à provoquer des ren- contres et rapprochements entre les deux écosystèmes, en vue de croisements des connaissances, car l’agricul- ture utilise toujours plus de technologies numériques, pour garantir la traçabilité et mettre en place des pro- cessus d’automatisation. Il en résulte de nouvelles op-
 Par Mathieu Neu
On reproche souvent à notre Hexagone son fonctionnement trop
centralisé, avec Paris comme unique centre névralgique. Romain Pasquier, politologue et directeur de recherche au CNRS, est partisan de l’analyse suivante : « Depuis la monarchie absolue et la Révolution française, tout corps intermédiaire ou en- tité politique avec un corpus territorial potentiellement concurrent à l’Etat central n’est pas accepté. C’est l’une des raisons des difficultés que nous avons à nous adapter à la mondialisation, où il faut de la réactivité, ce qui va totalement à rebours de
Les relations Etat – Régions des dernières décennies pourraient se résumer
par l’expression "je t’aime moi non plus"
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notre histoire politique et ins- titutionnelle. » Pas étonnant avec un tel poids du passé que les régions manquent d’autonomie et de pouvoir. La réforme des territoires de 2016 aurait pu être l’oc- casion d’opérer une refonte complète des institutions, de créer une nouvelle carte où une redistribution des pouvoirs politiques s’ajoute à l’objectif de simplification de l’organisation régionale et d’amélioration de la compé- titivité des territoires. Il n’en a rien été. Pour l’historien Nicolas Lyon-Caen, la carte des 13 nouvelles régions est davantage le fruit d’un « pragmatisme administra-
retrouvent ainsi animés par les régions.
De manière analogue, les régions héritent de l’élabo- ration et du suivi du Schéma régional d’aménagement et de développement durable du territoire (SRADDET). En co-construction avec d’autres partenaires, tels que les collectivités territoriales, les acteurs de l’énergie, des transports, de l’environne- ment et la sphère associa- tive, il s’agit de conduire une stratégie de long terme concernant le développe- ment autour d’un ensemble de thématiques, comme les transports et mobilités, la gestion des déchets, de l’air ou de l’énergie.
avec un objectif culturel, dont six millions pour le seul tourisme de mémoire. « Nous profitons de trois à quatre millions de touristes rien que sur nos plages. Il s’agit désormais aussi de soutenir les visites théma- tiques, comme le tourisme vert », estime Michel Col- lin, président de la CCI de Caen Normandie. La « Nor- mandie médiévale » ou la « Normandie littéraire » se situent parmi les potentiels sur lesquels la région veut capitaliser.
En Auvergne Rhône-Alpes, le nouveau cadre régional contribue à rapprocher des savoir-faire complémen- taires des deux anciennes
portunités d’affaires ainsi que des innovations. D’autres initiatives sont pous- sées dans les Hauts-de-France par les nouvelles ambitions régionales, comme le projet Simafond, autour du pôle I-Trans, dédié à la mobilité, aux transports terrestres et notamment ferroviaires. Le but est de rapprocher les sa- voir-faire de l’Université de technologies de Compiègne, l’Ecole centrale de Lille, et le centre de transfert de com- pétences CM2T Ingénierie, pour produire des pièces ferroviairesdansunefon.te particulière, un alliage de fer et de carbone plus léger et économique que l’acier.
Le transfert de pouvoir, une querelle française multiséculaire ?
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[                    CHEZ NOUS, ON NE TROUVE PAS TOUT ET N’IMPORTE QUOI.
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 International
Les bonnes pratiques existent partout dans le monde. Encore faut-il se demander si elles sont duplicables?
Les relais de l’Etat à l’étranger
Corps à corps avec l’Etat
  En France, l’auto-déclaré néo-libéral Emmanuel Macron pourrait être tenté par les nombreuses expériences de désengagement de l’Etat au profit du privé observables dans les pays anglo-saxons. Revue d’efficacité de ces relais associatifs et privés, qui se rapprochent toujours plus des compétences exclusives de l’Etat.
pas toujours, comme dans les télécommunications ou l’informatique. Externaliser certaines missions régaliennes peut également s’avérer stra- tégique, afin de s’exonérer de certaines contraintes... « Les sociétés militaires privées ont permis de ne pas impliquer le
mies de maintenance au fur et à mesure de l’avancement du contrat, défaut de renégo- ciation du service en fonction de l’évolution des besoin. La confrontation public-privé peut rapidement tourner au vinaigre. « Au-delà d’un coût final plus élevé, ces parte-
versité de 300 à 9 000 livres sterling par an ! », indique Annabelle Allouch, maître de conférence de sociolo- gie à l’université de Picardie Jules Verne, et auteur de La société du concours, l’empire des classements scolaires (Seuil 2017). « On assiste
actuellement à une véritable bulle spéculative sur la dette étudiante en Angleterre. Et si l’efficacité de ces mesures reste difficile à évaluer, il n’est pas sûr que ce désengage- ment ne soit pas plus coûteux que les dépenses induites en matière d’accompagnement professionnel, de chômage ou de santé... Sans parler des conséquences en termes d’accès au logement et de mixité sociale ! »
Dans les secteurs les plus
stratégiques, le fait de confé- rer des positions privilégiées à des entreprises privées peut entraîner de graves dérives, comme l’ont montré les crimes, notamment sur le sol irakien, des mercenaires privés de Blackwaters. « Plus on s’ap- proche du régalien, moins cette externalisation est lé- gitime et souhaitable, car elle implique le risque pour l’Etat de perdre définitivement certaines compétences », juge Frédéric Marty.
Ces échecs n’empêchent pas l’émergence de nouvelles ini- tiatives encore plus extrêmes : en Inde, des villes entièrement privées sont construites par des entreprises à qui les ha- bitants paient le loyer, leur facture d’eau ou encore une police privée. « Potentielle, on peut presque tout envisager, comme ce nouvel Etat entiè- rement privé actuellement en projet en Polynésie, imagine Alexandre Delaigue. Et en terme d’efficacité, pourqu.oi pas ? En particulier comparé aux nombreux états dysfonc- tionnels dans le monde ! »
Par Pierre Havez
Eglise évangéliste en charge de la gestion des lits d’hôpitaux au Brésil, sociétés de sécurité militaire ou « charter school » aux Etats-Unis, intervention du privé dans le système éducatif britannique : certains pays étrangers n’hésitent pas à se faire suppléer par des struc- tures privées ou associatives, même au cœur leurs domaines régaliens. Si en France, ces relais se limitent en général à des partenariats public-privé pour la gestion des autoroutes, diverses délégations de service public et la construction d’in- frastructures, comme l’hôpital Pompidou ou le nouveau siège du ministère de la Défense de Balard, à Paris, les économies d’inspiration néo-libérale, comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis, vont beaucoup plus loin.
deS SecteuRS inattenduS
« Dans le secteur péniten- tiaire français par exemple, le privé peut intervenir dans la conception, la construction, le financement ou même l’ex- ploitation-maintenance des prisons, mais au Royaume-Uni, même les missions de surveil- lance des détenus peuvent lui être confié, tout en restant sous le contrôle public, explique Frédéric Marty, chercheur en économie au CNRS. Mais dans le domaine de la Dé- fense, c’est aussi le cas au Royaume-Uni des avions avi- tailleurs, des navires rouliers ou des portes-chars. » Dans
ces pays, où l’Etat ne doit pas se substituer au privé au nom de la libre concurrence, ces partenariats apparaissent dans des secteurs inattendus. « Aux USA et au Royaume- Uni, des politiques sociales de réinsertion professionnelle ou d’accès au logement de réfugiés sont même prises en charge, à travers des social impact bonds, par le privé : ces acteurs sont rémunérés en fonction de la sur-perfor- mance qu’ils réalisent par rapport à l’Etat », reprend le chercheur.
Secteur public défaillant, fin de l’Etat-providence, rigueur budgétaire, crise de l’emploi, foi dans l’efficacité du privé : les motifs poussant à favoriser ces associations sont divers. « Mais elles commencent souvent pour de mauvaises raisons, analyse Alexandre Delaigue, professeur d’éco-
important dans le privé que pour l’Etat... »
la pRomeSSe d’un SeRvice inégalaBle Pour l’usager, ces initiatives privées laissent ainsi espérer des gains potentiels de coût, en particulier dans les secteurs gourmands en main d’œuvre. Par ailleurs, l’existence même d’un choix suffit à satisfaire
gouvernement américain dans certaines missions à l’étran- ger, contraires au respect de la convention de Genève », soulève l’économiste, ancien enseignant à St-Cyr.
Enfin, la promesse d’une qua- lité de service inégalable peut devenir irrésistible. « Si le contrat est aussi bien ficelé qu’exécuté, on peut parvenir à contractualiser la qualité du
nariats peuvent engendrer des risques de coûts cachés, de corruption, de manipu- lation, voire de népotisme, lorsque les contrats sont mal ficelés », prévient Alexandre Delaigue. Une triste réalité pour la direction de l’hôpital d’Evry, obligée de rompre, en 2014, le PPP qui la liait au groupe Eiffage, après avoir fait constater par huissiers plus de 8 000 contrefaçons dans la construction du site ! Idem pour l’Université de Versailles, proche de fermer ses portes, au même moment, pour cause de faillite, notam- ment sous la pression des nouveaux tarifs de location imposé par son partenaire, le groupe Bouygues. Ailleurs, ces mirages peuvent avoir des conséquences encore plus lourdes. « En Angleterre, les politiques menées par les néo-travaillistes de Tony Blair ont contribué à réduire le poids de l’Etat dans le secteur éducatif et l’enseignement supérieur... et à l’explosion des frais d’inscriptions à l’uni-
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Externaliser certaines missions régaliennes peut également s’avérer stratégique, afin de s’exonérer de certaines contraintes
  nomie à l’Université Lille 1. Les PPP apparaissent en général pour contourner les contraintes budgétaires. Au lieu de s’endetter pour construire un nouveau stade, par exemple, les collectivités préfèrent le faire bâtir par une société privée qui lui loue par la suite. Alors que le prix final se révèle plus élevé, car le coût du capital est plus
l’usager, à l’image des parents américains, dont une majorité se contente du fait de pouvoir sélectionner un établissement dont les méthodes pédago- giques leur conviennent, même si son niveau s’avère finalement moindre.
L’intervention d’acteurs privés ou associatifs permet encore de bénéficier d’une expertise que l’administration ne possède
service public, et le rémuné- rer en fonction des résultats mesurés. Mais dans les faits, les PPP n’y parviennent pas toujours », estime Frédéric Marty.
une flexiBilité à douBle tRanchant De fait, les risques de dérive ne manquent pas : manque de contrôles publics, écono-
En Inde, les entreprises construisent des villes entières. Loyer, police, énergies. Tout leur est dû.
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[Après le récent scandale Facebook en lien avec l’élection de Trump, comment nos pays pourront résister demain au pouvoir politique croissant des géants du Web, véritables Etats-entreprises en devenir ?
Par Charles Cohen
Avis d’expert : Romain Pigenel, ex-conseiller du président François Hollande et cofondateur du cabinet Futurs.io
«Vers un jeu d’alliances entre gouvernements et géants du Web »
EN COUVERTURE
 Prospective
Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau Business vous propose une lecture prospectiviste d'une tendance qui pourrait s'imposer dans le futur.
Vers des Etats-entreprises ?
Gafa : des États dans le brouillard
    Un œil de la Providence qui deviendrait celui de l’Etat ?
 Comment s’exerce le pouvoir politique des Gafa dont la valeur boursière équi- vaudrait aujourd’hui au PIB
de la France ?
Les révélations sur la dernière campagne présidentielle américaine ont ouvert le débat sur la puissance inouïe des géants du Web. Leur maîtrise sans précédent de l’information, entre autres, pourrait laisser craindre de les voir in fine rivaliser avec les États souverains. D’ailleurs, la nomi- nation en 2017 d’un ambassadeur danois auprès des Gafa marque une certaine rupture parmi nos gouvernants : la recon- naissance de facto d’une forme de statut d’État souverain à de tels acteurs privés. Cette grande première, qui m’a semblé avoir été saluée par les acteurs du digi- tal en France, doit pourtant nous alerter. Car élever la relation avec Google au rang diplomatique n’est en rien comparable
avec la nomination d’un cyber-préfet en charge de la protection des données, un parti adopté par exemple par la France en 2014. Là, le risque est d’entretenir une confusion entre le rôle des Etats, agissant au service des citoyens, et celui d’acteurs privés défendant leurs propres intérêts.
Alors comment contrer l’hégémonie croissante des Gafa ?
Pour remettre ces entreprises à leur juste place, il faut déjà dépassionner le débat autour des Gafa. Et ce, en trou- vant une voie médiane entre les opinions angéliques de type « startup nation » et la récente frénésie technophobe du #De- leteFacebook visant à spécialement punir ces géants du Web. Deux positions mani- chéennes qui en disent long sur notre in- capacité à avoir un regard normal sur ces
entreprises, comme nous l’avons pour des géants industriels qui ne bénéficient sou- vent pas du même traitement de faveur en matière fiscale. Car la force des Gafa est le brouillage qu’ils opèrent de par leur dis- cours marketing très « cool », les services géniaux qu’ils apportent et le nouveau rapport capital-travail qu’ils induisent. On l’aura compris, Google n’est pas Ford. Même si ce dernier a bouleversé, en son temps, la mobilité, les Gafa mènent une révolution qui impacte plus encore notre
intimité, nos modes de vie, notre façon de penser, d’organiser notre temps. En cela même, ils sont au cœur du « politique ».
Peut-on parler de « totalitarisme technologique » déjà à l’œuvre, capable d’entraver demain toutes nos libertés ? Je ne crois pas aux scénarios dystopiques prédisant le dépassement inéluctable des humains par l’intelligence artificielle d’ici 2050. Les spécialistes en la matière re- connaissent que nous en sommes encore très, très loin. Si nous avons des raisons d’avoir peur – et la décision du Danemark a de quoi inquiéter – ce n’est pas pour les raisons que l’on croit. Je crains des me- naces bien plus pragmatiques et immé- diates. A savoir, un jeu d’alliances entre gouvernements et géants du Web pour servir mieux encore des intérêts natio- naux. Déjà aujourd’hui, on voit combien de tels acteurs privés – de la Silicon Valley à Pékin – savent s’adosser aux Etats clas- siques. Il n’y a qu’un pas à franchir avant que de nouveaux outils high-tech émer- gent pour défendre tel ou tel impérialisme. Pour y faire face, c’est dire si les pays eu- ropéens doivent dès maintenant veiller à ce que leurs élites ne se désarment pas en termes de compétence technologique... •
 Pour aller plus loin, quelques références culturelles
De nombreux écrivains, cinéastes, etc., nous alertent, de- puis plusieurs décennies déjà : les progrès technologiques – armes à double tranchant – peuvent mettre à mal nos dé- mocraties ! Voici quelques œuvres montrant que la réalité n’est pas loin de rejoindre la (science) fiction :
-Simulacres : Peu connu du grand public, ce livre de Philip K. Dick (1964), auteur de science fiction américain qui a inspiré Blade Runner, présente une société futuriste et to- talitaire dominée par un président robot et une matriarche qui ne vieillit pas d’un pouce depuis un siècle. Le pouvoir li- berticide qu’ils exercent – avec l’aide des multinationales – manipule les masses pour orienter leur vote, la démocratie n’étant qu’une arme de plus pour parvenir à leurs fins.
-Matrix : Impossible de faire l’impasse sur ce cyberfilm amé- ricain, un must du genre cyberpunk, qui dépeint un futur dystopique dans lequel la réalité perçue par les humains est une simulation virtuelle appelée la « Matrix », créée par des machines intelligentes. Leur objectif : soumettre la population humaine.
-Shadowrun: Dans ce jeu de rôles –qui crée le buzz outre-Atlantique – le monde de 2070 est dominé par les mé- gacorporations, dotées de leurs forces armées et disposant de l’extraterritorialité. Ces firmes dictent leur politique aux pays via le recours aux implants cybernétiques, désormais légion.
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]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[            SOCIÉTÉ
                                                                          Sport & Business - France
  Fan expérience
EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité française, afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
Avant, pendant et après le match !
  Avec l’explosion du sport data, être un fan est une expérience bien différente qu’il y a quelques années.
menu à sa place...
Les Etats-Unis, qui explorent ces idées depuis plusieurs années, sont une source d’inspiration constante. « Les spectateurs sont très fans, et très consommateurs : il y a des pauses dans le jeu, mais pas de temps mort, avec des animations, des cheerleaders, des mascottes, desKissCam...Etilyaun résultat commercial à la clé », souligne Jean-Philippe Danglade. Car il ne faut pas oublier que cela reste, pour le club, l’objectif final... L’expérience du fan devient un élément tellement central pour les clubs que mainte- nant, quand on conçoit un nouveau stade, on pense à l’expérience spectateur – et
notamment la VIP, qui prend une importance croissante. Aux Etats-Unis, ils parlent de 80/20 : 80 % du chiffre provient de 20 % des places. Et comme la cote du VIP ne cesse de monter, des sections plus aérées sont prévues, des espaces restauration, des vil- lages partenaires... Le tout dans un ensemble architec- tural soigné, non seulement d’un point de vue esthétique, mais aussi pour maximiser l’ambiance sonore. Après une course au gigantisme,
loin. Un supporteur est bien différent d’un consomma- teur ; il ne faudrait perdre sa passion sportive, et qu’il ne devienne qu’un simple spectateur. Par exemple, les matchs dans le stade d’Arse- nal, un grand club avec une belle marque, offrent peu d’ambiance... « Un fan est un client, certes, mais il est aussi plus qu’un client : il fait partie de la famille », résume Jean-Philippe Danglade. De fait, avant, les fans et les supporters vivaient déjà une expérience : ils la créaient eux-mêmes, avec des chants, des animations... Toute une culture qui s’est retrouvée intégrée à l’identité – et à la marque – du club. Peut-être plus que pour tout autre sec- teur d’activité, l’interaction et la reconnaissance de ces interactions est essentielle pour le fan.
ReSteR connecté avec l’équipe
Mais la fan expérience ne s’arrête pas aux portes du stade. L’aspect digital a pris une très forte importance pour les interactions hors match. Par définition, le fan veut toujours en sa- voir plus sur l’objet de son soutien : les joueurs, la
peut sembler anodin : quand un fan, téléphone mobile à la main, demande à un joueur de chanter bon anni- versaire à sa fille, le joueur –quiestfilmé–nepeutpas vraiment refuser.
On le voit : toute l’expé- rience hors match a été bouleversée par l’arrivée des réseaux sociaux. « À partir du moment où les réseaux sociaux sont apparus, la communication est deve- nue essentielle », explique Jacques Vendroux. Les clubs ont dû évoluer pour utili- ser ces nouveaux médias, notamment en embauchant des community managers. Ils ont aussi dû accepter le fait qu’une partie de cette communication, entre joueur et fan directement, échappe maintenant à leur contrôle. « Nous sommes passés du besoin d’exposer les joueurs au besoin de les protéger », continue Jacques Vendroux. Mais le jeu en vaut la chan- delle : les données récoltées sur les fans sont précieuses. Encore faut-il que tout ce lien créé hors match soit bien coordonné. « Notre coach le répète : le football est un sport collectif, et la communication doit aussi faire l’objet d’une démarche collective, souligne Philippe Tournon, chef de presse de l’Équipe de France. Il n’y a pas d’interdiction pour les joueurs, à Clairefontaine, d’utiliser leurs réseaux sociaux ; mais on leur de- mande d’être vigilants. Et l’équipe est suivie par un journaliste embarqué, qui réalise des courtes vidéos. Derrière cela, il y a le souci de satisfaire la pass.ion des fans. » Et quand tout le monde joue le jeu, cela donne des fans ravis.
Par Jean-Marie Benoist
Les fans ne sont plus ce qu’ils étaient – ou plutôt, leurs attentes changent, et on ne s’occupe plus d’eux comme avant. La principale cause de ce changement : l’arrivée de ce que l’on regroupe sous le nom de sport data, qui com- prend aussi bien des données sportives sur la performance des joueurs que le suivi des clients. Avant, on ne savait même pas vraiment qui était dans le stade... La data a changé la donne, et permis l’éclosion du concept de la fan expérience telle qu’on l’en- visage aujourd’hui : digitale, personnalisée, interactive et immersive (rien que ça). D’un point de vue marke- ting, l’idée est de construire une expérience autour du service : un discours que
nombre de marques pro- fessent aujourd’hui. Mais « le sport a un avantage par rapport aux marques : l’événement est déjà chargé émotionnellement, alors que les marques doivent travailler sur les interactions », sou- ligne Jean-Philippe Danglade, directeur du département marketing de Kedge.
SatiSfaiRe le fan même danS la dé- faite
L’objectif premier d’une fan expérience réussie est la sa- tisfaction client. En fait, c’est même là où le sport connaît un désavantage par rapport à d’autres secteurs : il faut que le client soit satisfait, quelle que soit la qualité et le ré- sultat du match (on peut être satisfait de son expérience
– sièges confortables, bonnes animations... – et mécontent de son équipe). « Il faut ar- river à générer une fidélité à la marque du club plus qu’au club en lui-même », explique Jean-Philippe Danglade ; un exercice d’équilibriste, mais
Depuis, on ne sert plus d'alcool dans les stades de football français...
  Nous sommes passés du besoin d’exposer les joueurs au besoin de les protéger
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qu’ont réussi la plupart des équipes des quatre sports majeurs américains, et des clubs de foot comme le Real ou le Barça. Et cela s’atteint en multipliant les services pertinents – et en les digi- talisant. Billets, place, paie- ment par smartphone, guide jusqu’à la place de parking, « ticketing », livraison de
les stades semblent vouloir revenir à des espaces plus petits. Par exemple, le stade du Turin ne fait que 40 000 places, mais il est rempli à tous les matchs...
tRouveR l’équiliBRe
Il faut faire attention ce- pendant à ne pas aller trop
composition de l’équipe...
« Les attentes ont changé : les fans ne veulent plus un autographe, mais un selfie, décrit Jacques Vendroux, directeur sport dans le groupe Radio-France. Ils sont devenus également plus inquisiteurs, et moins respectueux de certaines limites. » Un exemple, qui
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[                   Meeting* avec vue
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]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[            SOCIÉTÉ
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EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité internationale, afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
La “datafication” du football
Dopés à la data ?
  Jusqu’à 4,5 millions de données peuvent être collectées pendant un match de football professionnel. Quels usages sont faits de ces données ? Et comment leur exploitation influence le milieu ?
Par Elsa Bellanger
Occupant une place croissante dans les esprits des profes-
sionnels comme des spec- tateurs, la culture du chiffre s’immisce dans le monde du football. Données et statis- tiques sur les joueurs et les matchs sont aujourd’hui citées par les journalistes, analysées par les clubs, scrutées par les parieurs et commentées sur les réseaux sociaux. Au point qu’aucun recrutement de joueurs professionnels ne semble désormais pouvoir se concrétiser sans un œil sur ses dernières “stats”.
la Royal aiR foRce cRéatRice du kick and rush
Si le phénomène prend de l’ampleur depuis dix ans avec la multiplication des sources de collecte de données et le développement d’algo- rithmes pour les analyser, l’intérêt des milieux spor- tifs pour les statistiques est un peu plus ancien. Dans leur ouvrage The Numbers Game, sous-titré pourquoi tout ce que vous savez sur le foot est faux, David Sally et Chris Anderson racontent comment un ancien comman- dant d’escadron de la Royal Air Force, Charles Reep, a inspirélatactiqueanglaise du “kick-and-rush” tirée de ses observations de près de 2 000 rencontres depuis les années 1950.
Research), pour recruter des joueurs sous-cotés et obtenir le meilleur ratio masse sala- riale/résultats possible.
Dans le monde du foot pro- fessionnel, c’est Arsène Wen- ger, désormais ex-entraîneur d’Arsenal, qui fait office de précurseur, en décidant d’un recrutement sur la seule base de statistiques. « A la re- cherche d’un milieu récupé-
opta et pRozone, la face cachée de l’iceBeRg footBall ?
Depuis, la pratique s’est déve- loppée et des sociétés spéciali- sées alimentent désormais les clubs, mais aussi les médias et les parieurs, en données et analyses. Ce marché est dominé par deux principaux acteurs : Opta, dont les ana- lystes scrutent chaque match,
GPS, des logiciels d’imagerie vidéo ou même des drones, ces sociétés appliquent les principes du Big data en recoupant et exploitant les données physiologiques mais aussi technico-tactiques ré- coltées, afin d’acquérir une meilleure compréhension du jeu. Certains clubs, parmi les plus aisés, ont créé des cellules dédiées en interne pour analyser les données
collectées.
RéduiRe leS BleS- SuReS et optimi- SeR leS peRfoR- manceS phySiqueS Très répandue dans les clubs anglais et en Alle- magne, la pratique reste moins développée en France. Une question de moyens, mais pas seule- ment. « En France, seul le PSG dispose d’une struc- ture dédiée. Ce n’est pas un problème de budget. Le frein est plutôt culturel. Les clubs n’y voient pas d’utilité et fonctionnent à l’intuition. Or, ce sont des
outils d’aide à la décision, qui ne la remplacent pas ! », estime Luc Arrondel. Malgré ces réserves et s’il reste difficile d’évaluer un joueur par rapport à un col- lectif qui influence le jeu et les performances individuelles, les clubs s’appuient de plus en plus sur ces outils. « Les décisions de transferts, par exemple, s’appuient désormais sur des modèles d’évalua- tion, comme celui élaboré par l’Observatoire du foot- ball du Centre international d’études sportives (CIES), baséàNeuchâtel.L’ambition est d’identifier des joueurs sous-cotés au regard de leurs performances », constate Luc Arrondel. Les usages touchent également à l’entraînement.
« Collecter et analyser ses données physiologiques permet de mieux connaître le joueur, d’individualiser les séances et de doser les charges de travail à l’entraî- nement. Les clubs peuvent ainsi réduire le nombre de blessures dans l’effectif et optimiser les performances physiques », indique Gauthier Stangret, qui pointe par ail- leurs le risque d’une dérive avec une individualisation exacerbée de ce jeu pourtant collectif.
Autre influence de l’usage des statistiques, la gestion même des clubs est mise en données. Budget, masse salariale, ratio entre performances et budget, nombre de spectateurs en lien avec les performances du club : « Ces données servent les intérêts du club comme entreprise », analyse Patrick Mignon, ancien responsable du laboratoire de sociologie de l’Institut national du sport et de l’éducation physique (Insep). « Cet usage peut se mêler avec celui fait des données issues du terrain. Le recrutement de Neymar par exemple permet d’augmenter le nombre de spectateurs et les droits de retransmission télévisée. Il y a ici une articu- lation entre le développement du club et celui de l’équipe. » Mais, selon le sociologue, cette articulation peut être source de conflit. « Une par- tie du travail de l’entraîneur ne relève pas du domaine statistique, mais de choix stratégiques. Deux logiques et deux finalités peuvent ainsi s’opposer : d’un côté, il s’agit de gagner la compétition, del’autre,ilestquestionde gagner de la visibilité..Les technologies peuvent booster ce phénomène conflictuel », explique le sociologue.
 RecRuteR deS joueuR SouS-cotéS gRâce aux Sta- tiStiqueS
La démarche ne com- mencera cependant à se développer, voire à s’in- dustrialiser, qu’après le succès, dans les années
90, d’un pionnier, l’Amé- ricain Billy Beane dont l’histoire est racontée
dans le livre Money Ball,
de Michael Lewis, et le
film Le stratège, sorti en 2011. Ancien joueur de baseball professionnel,
puis directeur général
de l’équipe des Athle-
tics d’Oakland (Califor-
nie), Billy Beane « est
le premier à utiliser les statistiques de performances des joueurs pour optimiser la constitution de l’équipe en fonction des besoins et du budget du club », souligne Luc Arrondel, économiste, directeur de recherche au
rateur capable de courir sur de longues distances pour remplacer Patrick Vierra, il mise sur un jeune joueur, Mathieu Flamini, que seuls les chiffres mettent en avant. Il offre ainsi son premier
et Prozone, dont les caméras équipent les stades de Pre- miere League. Ces sociétés comptent parmi leurs clients des clubs comme le FC Bar- celone, Arsenal, Dortmund, ou l’équipe de France. Des
  Depuis toujours chaque geste est épié, sauf qu'au- jourd'hui, c'est aussi stocké et analysé...
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
Très répandue dans les clubs anglais et en Allemagne, la pratique reste moins développée en France
 CNRS et auteur, avec Richard Duhautois, de L’argent du football(juin2018).Billy Beane développe ainsi une approche statistique du base- ball, dite «sabermétrie» (issue de l’acronyme SABR pour Society for American Baseball
contrat pro au joueur de l’Olympique de Marseille en2004,pouruntransfert de «seulement» 480 000 euros », rappelle Gauthier Stangret, auteur de Le foot est une science (in)exacte.
sociétés françaises, comme Sport Easy ou My Coach Football,cherchentégalement à démocratiser l’usage de ces outils en proposant des supports numériques aux clubs. Avec d’autres acteurs proposant des capteurs, des
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[            SOCIÉTÉ
                                                                          Sport & Business - L’Oeil décalé
Etude d’un sujet, d’une polémique pour mieux en saisir les enjeux
Mondial 2018 et opportunités d’affaires
Ballon rond et circonspection
  À la veille du Mondial de football, l’économie russe connaît une embellie. Une bonne occasion de s’y implanter, à condition de savoir où l’on met les pieds.
  Par Jean-Marie Benoist
Augmenter son attrac- tivité économique à l’international est l’un des avantages poursuivis lorsqu’un pays héberge un événement sportif interna- tional, comme les JO ou le Mondial de foot. (Le fait que ces événements sont de moins en moins rentables est une autre question). Et la Russie en a bien besoin. «L’économierussesere- lève progressivement de sa deuxième crise grave en dix ans, explique Julien Vercueil. Après trois années de stagnation, puis de réces- sion, et une crise de change, sa production s’est pour la première fois redressée en 2017. L’économie a enregistré cette année une croissance de 1,5 %. » Une embellie liée directement à la hausse des prix de pétrole, secteur dont dépend – trop – fortement l’économie du pays. Mais surtout, le marché russe est vaste, avec plus de 143 millions d’habitants, et di- versifié en termes de modes de consommation.
attRactif pouR tout SecteuR (ou pReSque)
Des considérations qui n’ont pas échappé aux en- treprises étrangères. Celles présentes en Russie sont de toutes tailles. « Pour prendre des illustrations françaises, on trouve aussi bien des micro-sociétés de conseil, portées par un ou deux fon- dateurs, que des géants de la grande distribution, de
l’automobile et de l’énergie, comme Auchan (premier em- ployeur étranger de Russie), Renault-Nissan, ou Total, et des entreprises de l’agroa- limentaire, comme Lacta- lis ou Bonduelle, présent de longue date », énumère Julien Vercueil. Et, de leur point de vue, la situation s’améliore. « L’évaluation du climat des affaires en Russiepardesinvestisseurs étrangers a atteint un ni- veau comparable à celui de 2013, c’est-à-dire celui d’avant la crise », estime Elena Fadeïeva, directrice générale de Fleishman-Hil- lard Vanguard/Orta CG. Selon une étude menée par l’agence et l’Union russe des industriels et des entrepre-
les rencontres entre profes- sionnels seront nombreuses. C’est un événement durant lequel les entreprises invi- teront leurs clients et par- tenaires du monde entier. Cela peut être une occasion de rendez-vous d’affaires extrêmement intéressants pour une entreprise. C’est donc un moment propice – et peut-être même un peu trop:lesprincipauxdéci- deurs ont certainement un carnet de rendez-vous très rempli pour cette période. « Il faut surtout détermi- ner un mode d’approche adapté : l’utilisation d’un «poisson pilote» implanté localement en Russie est vivement conseillée, sou- ligne Julien Vercueil. Mais
nal) peut être vite présent, de manière parfois désa- gréable, dans des projets économiques qui ont quelque importance », souligne Ju- lien Vercueil. Mais lorsque l’ingérence est minimale, de belles réussites sont possibles, comme le cluster automobile
plus attractif (et non une opportunité de remplir les poches des officiels locaux). « Le Kremlin a tout à ga- gner à monter un Mondial bien organisé », explique Konstantin Sonin, professeur adjoint à l’École Supérieur de sciences économiques de Moscou. « D’ailleurs, il n’a pas cherché à exploi- ter le tournoi à des fins de propagande politique, plus pas que les précédents pays organisateurs en tout cas, qui tous ont voulu mettre en avant leur ouverture et leur hospitalité... Et le rapport de l’enquête du procureur Michael Garcia (qui a en- quêté en 2014 sur l’attribution des mondiaux 2018 et 2022, NDLR.) montre que la Russie voulait désespérément être le pays hôte, mais n’a trouvé aucune preuve de collusion ou de pots-de-vin. »
En filigrane, derrière ces considérations, plane cepen- dant le spectre de la géopo- litique. Impossible d’ignorer que le contexte est difficile : le régime des sanctions et contre-sanctions ne s’est
pas allégé ces derniers mois, bien au contraire. L’affaire Skripal, la campagne et la réélection triomphale de Vladimir Poutine, les discus- sions internationales autour de Nordstream 2... Autant de sujets qui marquent – et renforcent – les tensions in- ternationales, qui ne prennent pas le chemin de la récon- ciliation. « La présomption est donc forte que le statu quo a priori instable, mais qui dure paradoxalement depuis plus de trois ans maintenant, se prolonge, tandis que les entreprises continueront de s’adapter à des conditions politiques et diplomatiques difficiles », analyse Julien Vercueil. On sent bien, d’ailleurs, que ces considérations géopolitiques ont refroidi l’enthousiasme des marques. D’habitude, les campagnes promotionnelles autour d’un Mondial sont
Une notoriété en demi-teinte à redorer, mais de véritables op- portunités d’affaires...
  Les considérations géopolitiques ont refroidi l’enthousiasme des marques. On est loin du matraquage publicitaire de 2014
 neurs, 33 % des entrepreneurs livrent actuellement un avis favorable, et 22 % un avis négatif. Mais les problèmes restent, aux premiers rangs desquels figurent le manque de personnel qualifié, la cor- ruption dans les structures étatiques et les obstacles administratifs.
le mondial, une poRte d’entRée ? Les organisateurs espèrent du Mondial des retombées économiques de l’ordre de 31 milliards de dollars. Et que
potentiellement, tous les secteurs sont susceptibles d’offrir des opportunités d’affaires intéressantes – sauf, évidemment, ceux qui sont concernés par les sanctions. »
Sur le terrain, l’immixtion de la politique est, dans certains cas, presque inévitable. Si les interlocuteurs russes font en général preuve de pragma- tisme lorsqu’ils discutent business avec les étrangers, « le milieu micro-politique (municipal, local ou régio-
de la région de Kalouga par exemple. Et des secteurs en plein développement ont pu se développer sans appui po- litique, comme les entreprises de services informatiques de Saint-Pétersbourg, Moscou ou Novossibirsk.
un RiSque géopoli- tique à dépaSSeR Mais le Mondial pourrait bien changer – temporairement du moins – les choses. En effet, tout laisse à penser qu’il est pour la Russie l’occasion de montrer justement un visage
r a r e m e n.
on est loin aujourd’hui du matraquage publicitaire de 2014...
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t discrètes, mais
]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  Le carnet des nominations
en partenariat avec
uSyndicat deS éditeurS de la preSSe magazine
Alain Augé, 60 ans, HEC (1979)
est élu président
u criteo
Jean-Baptiste Rudelle, 49 ans, Supelec, Imperial Colle- ge de Londres,
devient président-directeur général
u aufeminin
Olivier Abecassis, 43 ans, Télécom SudParis (1996), est promu président-directeur général
ucogedim (altarea codedim) Philippe Jossé, 63 ans
est promu président du directoire
upierre fabre
Eric Ducournau, 50 ans, maîtrise droit public - Univer- sité Bordeaux-IV Montesquieu (1989), IEP Bordeaux (1988)
est promu directeur général
u iliad
Thomas Reynaud, New York University, HEC (1996) est promu directeur général
ulazard frèreS banque
Matthieu Bucaille, 56 ans, ESSEC Business School (1982)
a été nommé président
uHertz france
Alexandre de Navailles, master finance et fiscalité - Université Paris-Dauphine (1997)
est promu président
uaudencia buSineSS ScHool
Christophe Germain, doctorat en sciences de gestion - Université Montesquieu Bordeaux-IV, IHEE
est promu directeur général
u bpce
Laurent Mignon, 54 ans, HEC (1986), Stanford execu- tive program
est promu président du directoire
u natixiS
François Riahi, 44 ans, executive program management - Université de Stanford (2011), ENA (2001), IEP Paris (1997), MSc engineering - Centrale Paris (1995)
est promu directeur général
                                VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?
Nomination, les 200 000 décideurs
Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr
 Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant l’entrepreneuriat, picorés de-ci de-là
 NOUVELLES DES INCUBATEURS
 Lancement du CCI Store
En avant-première, un sérail de journalistes fut convié mercredi 16 mai à l’Auditoire à Paris par CCI France pour la présentation de CCI Store, une marketplace de e-services 100 % digitaux. Le livrable officiel de cette nouvelle plateforme a eu lieu la semaine du 21 mai. CCI Store amorce donc actuellement sa phase de diffusion. Le
projet aurait coûté deux millions d’euros. « C›est un symbole fort de l›innovation de notre réseau consulaire », qualifie Pierre Goguet, le président de CCI France. Et Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie d’ajouter : « La marketplace a été faite par les entrepreneurs pour les entrepreneurs et couvre les besoins d›un marché de trois millions d’entreprises via des bases de données, des web applications, du contenu... » Le store présente de nombreux atouts. Il est multidevices, multicanal, ergonomique et immédiatement exploitable par les entreprises. L’idée est d’avoir sur une même plateforme un accès à tous les services qui concernent l’en- treprise tout en donnant de la visibilité pour les solutions des éditeurs. Six grandes thématiques jalonnent le site pour accompagner TPE et PME : entrepreneuriat, développement, financement, gestion, management, performance. Les Chambres consulaires ambitionnent par ce rôle de facili- tateur de créer à terme de nouvelles sources de revenus pour le réseau.
 In’li LAB imagine le logement de demain
A La Défense, l’incubateur In’li LAB promeut les start-up de la domotique, du BTP ou en- core de l’environnement et de la relation client
pour inventer le logement de de- main. D’ici 2025, le Groupe Action Logement souhaite investir 18 mil- liards d’euros et créer 80 000 biens intermédiaires en
Île-de-France, c’est-à-dire des logements qui facilitent la vie des jeunes actifs comme des salariés au revenu moyen. Le Groupe dispose actuellement de 42 000 logements auxquels les start-up incubées auront un accès privilégié. L’incubateur In’li LAB se lance donc à la re- cherche de projets qui renforcent d’une certaine manière le lien entre habitat et emploi.
 Le baromètre des jeunes et des start-up
Le baromètre Grand Public Viva Technology Ipsos 2018 rend visibles et lisibles les relations des jeunes avec les start-up dans quatre pays : Etats-Unis, Al- lemagne, France et Royaume-Uni. La France est le premier utilisateur de services et de produits de start-up (60 % des moins de 35 ans). Les jeunes se disent d’ailleurs motivés pour travailler en start-up à hauteur de 63 %, tandis que 42 % sont prêts à investir dans le dé- veloppement d’un projet. Le salariat traditionnel ou le fonctionnariat sont en peine car 48 % des moins de 35 ans envisagent de créer leur propre start-up ; reste le plus difficile, trouver l’idée et bien la faire germer. Autre information impor- tante, la parité ne semble plus poser de problème dans le monde des start-up puisque 63 % des jeunes femmes accepteraient de travailler pour
une start-up.
 L’incubateur du Barreau de Bor- deaux, six mois après
Le droit et la jurisprudence découvrent petit à petit la LegalTech et ses avantages, notamment en termes de recherches d’archives. Les 1 574 avocats inscrits au Barreau de Bordeaux peuvent bénéficier des innovations numériques, de plate- formes qui les mettent
en relation avec les jus-
ticiables, de l’automa-
tisation des actes ou
encore de la robotisation
juridique. Comment
s’orienter et se repé-
rer parmi plus de sept
millions de décisions
de justice qui consti-
tuent une immense « lé-
gathèque » ? L’intelligence artificielle classe et permet de retrouver les décisions de justice ainsi que toute la jurisprudence. Les nouvelles tech- nologies permettent de rapprocher et de faciliter les relations entre les professionnels du droit et leurs clients. Comme dans les autres domaines de la Tech, mais peut-être plus encore, des règles déontologiques et morales sont à respecter, puisqu’en dernière analyse il s’agit de rendre la justice et d’être équitable.
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qui font le business en France !
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[                                 Une solution qui paye
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]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
    avec
Je peux tester mon
futur salarié avant de signer un contrat
Cde travail !
a y est, vous êtes presque au bout de votre process de re- crutement ! Vous avez choisi
votre candidat∙e et vous voulez vous assurer que ses compétences vont véritablement répondre à vos at- tentes ? C’est le moment de conclure un essai professionnel !
L’essai professionnel se situe avant le contrat de travail ; ce n’est pas une période d’essai, et il n’est pas rémunéré.
Toutefois, certaines conventions col- lectives peuvent prévoir le versement d’une indemnisation, par exemple dans le secteur de la coiffure. Enfin et surtout, l’essai professionnel doit être de « courte durée » et le/la candidat∙e ne doit pas être placé∙e dans les « conditions normales d’em- ploi ». Tels sont les points critiques de l’essai professionnel.
La courte durée, si rien n’est prévu par la convention collective, est d’abord une question de bon sens : de quelques heures à une journée maximum, en fonction du contexte et du poste.
Quant aux « conditions normales d’emploi », c’est le point le plus délicat. Il faut mettre le/la salarié∙e en situation réelle, sans en retirer un quelconque bénéfice (par exemple, le boulanger testé repartira avec le pain qu’il a fabriqué).
Un essai professionnel se manie donc avec précaution. En effet, si les conditions ne sont pas réunies, vous vous exposez au paiement des salaires, cotisations sociales afférentes, éventuelles indemnités pour rupture abusive, et aux sanc- tions civiles et pénales pour travail dissimulé...
monrhamoi.fr
   DU BON USAGE DES « APPLIS »
 Fido 2, exit les mots de passe perdus
A chaque site Internet, son nouveau mot de passe. Parfois six caractères, souvent huit avec une majus- cule, un chiffre, un symbole de ponctuation, bientôt un espace insécable ou un tiret semi-cadratin. Fast
Identity Online (FIDO) propose de se passer de mot de passe et les remplace par une empreinte digitale, une reconnaissance faciale ou une montre connectée. Les méthodes d’identification sans mot de passe sont évidemment plus simples, mais aussi plus sûres. Le système de reconnaissance est physique au
lieu d’être alphanumérique. Partant, le piratage de mot de passe par phishing ou hameçonnage semble impossible puisque les données essentielles ne sont ni sur la Toile ni sur un trousseau de clés numérique.
FINANCE ET LEGISLATION
 Loi Pacte et transformation des entre- prises
Le Plan d’Action pour la Croissance et la Transfor- mation des Entreprises (projet de loi Pacte) proposé par Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, affiche deux ambitions majeures : d’abord, permettre la croissance des entreprises en favorisant l’emploi ; ensuite, repenser la nature et la fonction de l’entreprise et associer les salariés aux résultats de l’entreprise. L’essentiel est de faire grossir les TPE et
les PME pour qu’elles deviennent performantes sur le marché interna- tional et à l’export. Le projet de loi propose d’intégrer la responsabilité sociale des entreprises (RSE) dans la définition juridique de l’entreprise. La transformation des entreprises
passerait donc par une croissance due à une meilleure prise en compte de la RSE qui deviendrait une oppor- tunité, une réelle source d’avantages économiques. Par ailleurs, toujours dans le but de faciliter la vie des entreprises, le projet Pacte propose de mettre en place un guichet numérique unique qui regroupe tous les services auxquels ont recours les entrepreneurs, aussi bien pour la création de l’entreprise que pour sa gestion administrative courante. Tous les détails du projet sont encore en discussion, mais le gouvernement annonce d’ores et déjà recourir aux ordonnances pour faire adopter certains articles de la loi...
 « French Fab », le label de l’industrie Made in France
Les ETI et les PME françaises ont obtenu un label qui valorise l’industrie. Le label « French Fab » offre une visibilité aux produits de l’industrie dans un contexte de croissance favorable. La French Fab est perçue par les industriels comme un étendard ou un maillot reconnaissable qui fédère autour d’elle un collectif
d’hommes, de talents et d’inno-
vations, afin de créer l’équipe de
France de l’industrie. Le manifeste
de la French Fab soutient notamment
l’industrie du futur, la digitalisa-
tion, la mise en réseau des acteurs
industriels et le renforcement du
capital humain de l’industrie. Pour
inventer la Smart industry, la French Fab pourra se rapprocher et s’allier avec les jeunes pousses de la French Tech, constituée essentiellement de start-up prometteuses.
 Tudigo, le crowdfunding pour TPE et PME
La plateforme Tudigo ouvre des nouveaux bureaux à Lyon pour le financement participatif dédié aux TPE et PME. Tudigo cherche à mobiliser l’épargne locale en développant l’économie réelle, c’est-à-dire
un investissement concret et fléché au service des citoyens et de la collectivité à l’échelle locale. Il ne s’agit pas du tout ici de placer aveuglément son argent en Bourse ou dans la finance, mais de prendre part
à un projet de crowdfunding entrepreneurial. Avec Tudigo, le citoyen investit dans un projet qui aura un impact sur la vie et l’économie locales. A ce jour, la plateforme a recueilli 12 million d’euros qui ont financé plus de 1 000 projets. Pour une PME ou une TPE, le taux de réussite de la campagne de crowd- funding sur Tudigo est de 76 %. « Devenez un héros local : participez ! »
MODE DE VIE
 Lâche ton téléphone !
Le smartphone a dix ans et est entré en 2012 dans le Larousse. Au travail comme à la maison, pour les adolescents comme pour les adultes, Catherine Price a rédigé Lâche ton téléphone ! Programme de détox digitale (Livre de Poche). On sait disposer du droit à la déconnexion. On sait également que, en dehors des heures de travail, le week-end compris, on ré- pond aux mails les plus importants dès qu’on trouve cinq minutes. Le problème est que ces cinq minutes multipliées représentent des heures etdesheuresàlafindumoiset
représentent l’aliénation du col-
laborateur moderne. Catherine
Price part d’un constat : 75 % de
la population mondiale possède
un smartphone et 36 % a le sentiment d’être dépen- dante. Poser le téléphone, prendre du temps et se reconcentrer sur autre chose qu’un monde parallèle fait de conversations creuses et d’amis avec lesquels on ne partage que des liens et des likes. Le livre n’a pas pour finalité de nous faire jeter le smartphone à la poubelle, mais de nous aider à en réformer notre usage, afin simplement de gagner du temps comme d’améliorer la qualité de notre vie.
       28
JUIN 2018 | ecoreseau.fr
Mon RH me dit que...
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                                                                                               ]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[Qu’on se souvienne du film Les portes de la gloire avec Benoît Poelvoorde, Etienne Chicot et Michel Duchaussoy. Ces vendeurs, représentants et placiers avaient toutes les peines du monde à vendre leurs encyclopédies dans les corons du Pas-de-Calais. Aujourd’hui, le métier de commercial connaît une révolution grâce au digital. Le commercial du futur devra maîtriser le traitement des données, la prospection en ligne, l’inbound marketing dans lequel il s’agit d’attirer le client à soi sur l’Internet plutôt que de le démarcher individuellement... Comment transformer un
CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  Le VRP 2.0
lead (client potentiel) en deal commercial grâce à la maîtrise parfaite des outils nu- mériques et des nouvelles technologies ? Fini le temps du porte-à-porte pour vendre les produits de « Pégase Diffusion Paris » ?
 # Adopte un entrepreneur
Le Mouves (Mouvement des entrepreneurs sociaux)
et le French Impact (Communauté des acteurs de
l’innovation sociale) lancent « Adopte un entrepre-
neur » pour mettre en relation les jeunes pousses et
les entreprises sociales. Le Mouves compte 800 ad-
hérents, soit autant d’entreprises susceptibles de
conseiller les jeunes pousses. Il ne s’agit donc pas
de recruter de nouveaux salariés qu’on déposerait
dans un caddie, mais bien d’aider les entreprises qui « ce matin avaient déclose » à se développer. Les entreprises sont hébergées six mois et reçoivent les conseils d’un mentor et de leurs pairs. Les jeunes pousses doivent avoir entre une et trois années d’activité pour candidater et être adoptées.
 #Entreprendre sa vie : L'engagement citoyen reconnu au bacca- lauréat soutenu par le monde économique
Association reconnue d'utilité publique depuis plus de 40 ans, la Jeune Chambre Économique Française (JCEF) œuvre pour l’intérêt général et participe activement à l'accompagnement des transitions, qu'elles soient sociales, environnementales ou sociétales.
Au cœur de ces transitions, la JCEF place la jeunesse comme moteur du progrès et milite pour son insertion économique et citoyenne, notamment par la promotion du bénévolat. Non seulement celui-ci répond à la quête des jeunes d’un monde meilleur, mais constitue également une clé vers la réussite éducative, professionnelle, sociale et personnelle grâce aux compétences et expériences acquises.
Dans ce but, la JCEF a rédigé en 2017 un plai- doyer pour la Jeunesse, le Pacte Citoyen.
Il s’agit d’un outil de positionnement militant de notre organisation qui propose des dispositions concrètes, claires et assumées :
1. Faire découvrir et motiver les jeunes à s’en- gager dans des projets d’intérêt général
2. Promouvoir le bénévolat des jeunes
3. Changer le regard des employeurs sur les expériences bénévoles
En 2018, la JCEF souhaite s’inscrire dans le contexte règlementaire des dispositifs existants en accompagnant leur mise en œuvre et leur essaimage. Parmi ces disposi- tifs, sont ciblés l’option Engagement citoyen au baccalauréat, le Compte Engagement Citoyen, le Compte Engagement Associatif.
Concrètement, la JCEF entend contribuer au déploiement de l'option "engagement citoyen" au Baccalauréat toutes filières confondues, en s’appuyant sur son fort mail- lage territorial, sa méthodologie originale, et le soutien de ses partenaires privés et institutionnels (la Fondation EDF, l’UNML, France Bénévolat, UnisCité, les EPIDE, la CPME, le MEDEF, ...). Ce sont ainsi plus de 100 Jeunes Chambres Economiques Locales (JCEL) qui ont porté le CV Citoyen en 2017 sur leurs territoires, pour va- loriser l’engagement des jeunes.
 Smart Energies Paris, 5 & 6 juin, Espace Grande Arche, La Défense
Tous les acteurs du secteur sont attendus au salon Smart Energies pour faire le point et développer de nouveaux projets autour des énergies renouvelables, de la transition énergétique, de la révolution des usages ou encore de l’autoconsommation.
 Be a boss, 7 juin, Epitech Strasbourg (4, rue du Dôme, Strasbourg)
Elles ont osé. Pourquoi pas vous ? A l’heure du leadership et l’entrepreneuriat au fé- minin, Be a boss est un forum dédié aux femmes entrepreneures. Après Bordeaux, Lyon et Toulouse, il restera au salon Be a boss à se tenir à Marseille le 28 juin avant la journée de clôture prévue à Paris en septembre prochain.
 Salon des entrepreneurs Lyon Auvergne-Rhône-Alpes, 13 & 14 juin, Centre de Congrès (50, Quai Charles de Gaulle, Lyon)
Depuis 15 ans à leur service, le Salon des entrepreneurs permet aux dirigeants de TPE-PMI, ETI et start-up de passer de l’idée à l’action. 850 experts sont présents pour répondre aux questions de démarrage, de communication, de développement...
                                                                                                                                                                                                                        Julien Leclercq
Directeur général agence Com’Presse Editions Yakabooks
Auteur de Journal d’un salaud de patron (Ed. Fayard) et de « RDV avec la France qui bouge » (Ed. du Rêve) www.salauddepatron.fr
L’association Entreprendre pour Apprendre vient de boucler son championnat de France. Evènement majeur de sa saison, celui-ci vient conclure une année qui aura vu 35 000 jeunes se mettre en mode projet, le plus souvent sur le temps scolaire.
Le programme phare de cette association qui insuffle l’esprit d’entre- prendre chez les jeunes : la mini-entreprise. En collège, en lycée, en post-bac, en missions locales ou écoles de la deuxième chance, plus de 30 000 jeunes ont créé leur mini-entreprise, sous l’œil bienveillant d’enseignants et de parrains et marraines issus du monde de l’entre- prise. Ils ont gambergé en groupes, trouvé l’Idée, souvent bluffante, toujours engagée, passé des entretiens d’embauche pour que chacun
trouve sa place dans le projet, réalisé des business models, fabriqué le produit ou service.... Puis l’ont commercialisé, générant un véritable chiffre d’affaires, reversé soit à l’établissement pour financer d’autres projets pédagogiques, soit à une association tierce.
Entre le début et la fin du programme, le jeune se transforme. Il prend confiance en lui, apprend à travailler en groupe, acquiert une culture économique (grand sujet dans notre pays !), révèle ses talents, précise ses envies pour plus tard... et devient évidemment beaucoup plus acteur de son orientation et de sa vie en général. J’ajoute un élément très factuel, aussi : la ligne sur le CV, qui ne manque jamais d’éveiller curiosité et intérêt d’éventuels recruteurs quelques années plus tard. Ils apprennent à se mettre en danger, aussi, même si cette mise en danger se déroule dans un cadre absolument pas dangereux puisqu’il ne peut y avoir aucun impact négatif sur leur vie en cas de loupé. Un championnat académique ou régional met en compétition l’ensemble des mini-entreprises. Les lauréats régionaux se challengent ensuite en championnat de France. Qui vient donc de livrer son ver- dict et de choisir son représentant français en championnat d’Europe, puisqu’En- treprendre pour Apprendre fait partie d’un réseau européen et même mondial. Cultiver l’esprit d’entreprendre, celui qui consiste à croire en soi, en ses idées, en ses rêves, en ses ambitions, celui qui consiste à refuser une vie qui ne nous convient pas, c’est un engagement majeur. Et, croyez-moi, les jeunes auxquels nous avons accès sont très rassurants pour l’avenir de cet état d’esprit dans notre si beau pays !
 Liberté, égalité, fierté
30 JUIN 2018 | ecoreseau.fr
Save the dates
Salauds de patrons !
© Nicolas Dias
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[                                 Le plus beau voyage est celui qu’on n’a pas encore fait.
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                           ]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre, en rapport avec l’innovation et l’entrepreneuriat
Financement des entreprises en 2018
Choisir la bonne option selon ses besoins
    Les entreprises disposent aujourd’hui de nombreuses options pour se financer, même si elles ne sont pas nécessairement simples à utiliser.
le pRêt BancaiRe toujouRS Roi
Chez les TPE et les PME, en matière de financement, le crédit bancaire reste très majoritaire. Bonne nouvelle, aujourd’hui, le contexte est favorable : les taux sont bons, et devraient le rester – et le secteur semble en 2018 être tout aussi dynamique qu’il l’aétél’anpassé.«Ilya,en un sens, un effet d’aubaine, mais l’analyse faite par les banques reste la même », souligne Frédéric Rochoux, responsable du développe- ment commercial entreprises chez ‎ BNP Paribas. « Au- jourd’hui, un dossier cor- rectement bâti trouve à se financer.»Deplus,enprofes- sionnels aguerris du milieu, les banques multiplient les services, digitalisent leurs offres – il est maintenant possible de demander et d’ob- tenir un crédit entièrement à distance... Certains acteurs se sont même spécialisés dans un profil particulier d’entreprise à l’image de la banque Palatine, référente sur le marché des ETI. Judicaël Perrin, Directeur Adjoint du
Marché Entreprises précise :
« La banque Palatine est tournée toute entière vers les ETI et ses dirigeants. Nous cultivons un lien stra- tégique avec eux, notam- ment sur leur réflexion en matière de croissance. Cela se décline côté services en solutions de financement classique, bilatéraux ou en organisation de dettes avec plusieurs établissements. Notre offre "6-15" (millions d’euros, NDLR.) couvre de nombreux cas de figures où les entreprises veulent une solution de financement agile et rapide, associant leurs 2-3 principales banques sur des montants raisonnables. Nous organisons aussi la dette non bancaire de nos clients en organisant notamment des émissions d’Euro PP. Nous accompagnons enfin les ETI sur les introductions boursières et les levées de fonds ».
D'autres enfin capitalisent sur leur data pour proposer des solutions de sécurisa- tion comme le met en avant Creditsafe, fournisseur d'in- formations BtoB mondial qui avec 240 millions de
Les banques présentent l’avantage certain d’être un des rares acteurs du finan- cement à pouvoir agir sur du court terme, et ce n’est pas un hasard si elles pro- posent toutes aujourd’hui des solutions d’affacturage (cf. encadré). Mais pour pouvoir bénéficier de cette rapidité, voire de façon générale, il vaut mieux ne pas décou- vrir son interlocuteur le jour du dépôt de sa demande. « L’élément le plus important, pour réussir son opération de financement, est d’avoir une vraie proximité avec son chargé d’affaires : avoir des échanges fréquents, le tenir informé de l’évolution de l’entreprise, lui présenter en amont les projets... », estime Frédéric Rochoux.
la jungle deS financementS puBlicS
Entre des subventions, des crédits d’impôt, des exoné- rations fiscales et des prêts à taux zéro ou bonifié, les aides publiques en France proposent de multiples accès au financement. Il ne faut pas hésiter non plus à jeter
blés. Tous visent le même objectif : créer de l’emploi en France. » Quatre critères de base sont partagés : le secteur d’activité (certains ne peuvent pas bénéficier d’aides), la taille de l’entre- prise (les TPE et PME sont favorisées), la localisation (il y a plus d’aides pour s’instal- ler dans la Creuse qu’à Paris), et le domaine (l’expertise ou innovation apportée). Et en- suite, chaque dispositif a ses propres critères, exigences et démarches. Autant dire que pour trouver la perle rare, l’aide d’un expert est précieuse. « Sur le principe, nous ne devrions pas exister. Mais le besoin est réel », sourit Frédéric Rey.
Le deuxième problème est qu’il faut avoir du temps et de la patience. « En moyenne, une demande est traitée entre trois et neuf mois, estime Frédéric Rey. L’obtention d’avances se fait souvent sur des justificatifs de dé- penses... » De plus, la plupart des dispositifs sont plafonnés aux fonds propres de l’entre- prise. Tout cela fait que les aides publiques ne peuvent pas être la pièce centrale d’un
Par Jean-Marie Benoist
Pour toute entreprise (ou presque), la ques- tion du financement est toujours importante – et parfois délicate. « De façon générale, les sociétés fran- çaises manquent de fonds propres », souligne Nicolas Brige, directeur des entre- prises et du développement économique à la CCI de Caen. « Cela a des réper- cussionsnotammentsur l’innovation, qui demande de la trésorerie. » Après quelques années un peu difficiles (compréhensibles en temps de crise écono- mique mondiale), cependant, la situation s’améliore : le capital-investissement a levé en 2017 16,5 mil- liards d’euros (contre 14,7 milliards d’euros l’année précédente), un record ; l’encours des crédits aux
entreprises a augmenté de 5,6%surunanen2017, contre 4,4 % l’année pré- cédente... Plus important encore, de nouveaux modes de financement sont appa- rus, et d’autres confirment leur potentiel. Il est trop tôt encore pour se prononcer sur l’influence de la loi Pacte (qui veut inciter les Français à placer leur épargne dans lesentreprises),surleprêt interentreprises (qui semble pour l’instant ne pas avoir été utilisé par grand-monde), ou encore sur les promet- teurs minibons (un système de financement participatif par bons de caisse, main- tenant revendables). Mais les options disponibles sont nombreuses : dette bancaire, subvention, augmentation de capital, aides publiques, financement participatif...
La domination du crédit bancaire n’est pas près de s’arrêter
Encore trop tôt pour anticiper les effets de la loi Pacte...
   rapportscompletssurdes entreprises actives de 90 pays vous permet de clari- fier la situation d'un client ou d'un fournisseur. Bref, la domination du crédit bancaire n’est pas près de s’arrêter. Malheureusement, la pré- férence des établissements bancaires pour le matériel n’évolue pas non plus, mal- gré l’apparition de solutions dédiées notamment au fi- nancement de l’innovation.
unœilauniveausupérieur: l’Europe propose plusieurs dispositifs – en majorité tour- nés vers le financement de la R&D –, et d’autres devraient suivre. Malheureusement, y recourir est rarement une opération simple. Le premier problème est de s’y repérer. « Il y aurait entre 800 et 1 000 dispositifs en France, explique Frédéric Rey, direc- teur associé d’Aread. Mais ils sont cependant très ci-
financement,etnedoivent être recherchées que comme complément. De fait, même après avoir été obtenues, elles ne sont pas de tout repos : « Pour beaucoup d’aides, chaque versement nécessite de faire un dossier – qui doit, lui aussi, être traité », souligne Frédéric Rey. Par exemple, 30 % des aides de l’ADEME ne sont pas versées, notamment parce qu’elles sont liées à des in-
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[                 THE GLOBAL BUSINESS INTELLIGENCE EXPERTS
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 ]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
 dicateurs et demandent un suivi qui n’est pas toujours assuré... De même, il ne faut pas compter pouvoir utiliser les fonds obtenus à d’autres fins que celle ex- primée lors de la demande, même s’il s’agit d’acheter une version plus récente du bien que celle précisée dans le dossier. Malgré tous ces obstacles, cependant, les aides publiques ne sont pas à négliger.
faiRe appel à la foule
« Environ 20 % de nos por- teurs de projets sont des entreprises, souligne Mar- gaux Thierrée, directrice du pôle projet chez Ulule. Nous avons par exemple beaucoup de librairies qui veulent sauver leur activité. Mais beaucoup collectent à titre personnel car la création de leur entreprise est encore en cours. » Si elles gagnent incontestablement en popu- larité (et en médiatisation), les solutions de financement participatif ne représentent
« C’est une vraie campagne de communication qui donne un coup de projecteur sur le projet, et en même temps un crash-test, pour voir si le
sont moins aisés d’accès : il faut avoir un dossier suffi- samment convaincant – ce qui est normal, les inves- tissements étant de plus
rigera plutôt vers les solu- tions d’apport de capital ; pour la création, les dons ou les subventions. En ma- tière de financement, il n’y
crowdfunding sert à consti- tuer l’apport nécessaire à l’obtention d’un prêt, est aujourd’hui recommandée par les banquiers eux-mêmes. BNP Paribas et Ulule ont d’ailleurs noué un partena- riat... Petit bémol cependant au mélange des genres : pour des financements complexes, le recours à un expert en in- génierie financière devient indispensable.
pRépaReR l’avant match
Car un des charmes de l’uni- vers du financement des entreprises est que chaque méthode – voire, dans cer- tains cas, chaque aide – a ses propres critères d’éligibilité et démarches à accomplir. S’il est impossible de pré- parer à la chaîne ses de- mandes et dossiers, il reste néanmoins des éléments communs, tournant autour de la même idée : pour bien présenter son cas, il faut déjà bien le comprendre soi-même. « Qui sont les dirigeants ? Quel est le projet de l’en- treprise (qui est souvent lié de près ou de loin à une notion d’avantage concur- rentiel) ? Quels sont les fac- teurs-clés de succès ? Quel
est le modèle économique, le business plan prévisionnel, la capacité à rembourser ou à dégager un bon retour sur investissement ? Il faut pouvoir expliquer et dé- fendre le cas échéant tous ces points avec clarté, et cela ne s’improvise pas », souligne Nicolas Brige Et Judicaël Perrin, Directeur Adjoint du Marché Entreprises d'ajou- ter : « Le meilleur conseil aux entreprises ? Choisir un interlocuteur qui a une compréhension fine de vos besoins. De notre côté, notre rôle est de traduire la stra- tégie économique en straté- gie de financement. Plus la stratégie de croissance est claire, plus les financements que nous pourrons profiler seront sur-mesure ». Il ne faut pas hésiter à recourir aux services d’experts. Une fois tout cela établi, il reste à le transcrire sous le format nécessaire pour le mode de financement voulu. On comprend du coup aisément qu’on ne décide pas d’ob- tenir un financement sur un coup de têt.e – c’est une opération qui, pour avoir les meilleurs résultats, doit être réfléchie.
  produit ou le concept séduit », souligne Margaux Thierrée. Autre avantage : lancer une campagne peut être fait en ligne, et ne demande pas d’apport préalable autre que du temps. Le crowdfunding, notamment, s’associe très
long terme. « L’avantage du crowdlending est qu’il permet de couvrir des be- soins allant de la dizaine de milliers à plusieurs millions d’euros, avec beaucoup de souplesse : il est possible de monter une opération en
a pas une réponse unique, mais un besoin spécifique à un instant donné », résume Nicolas Brige.
Il ne faut donc pas hésiter à avoir recours à plusieurs solutions, ni à les combiner, ce qui présente l’avantage supplémentaire de répartir les risques sur différents supports. Par exemple, le montage évoqué précédem- ment, où une opération de
 Le financement participatif remplit un rôle
de plus en plus important, notamment en apportant une solution nouvelle et dynamique au financement de l’immatériel
  Financement TPE-PME
L’affacturage a toujours la cote
« L’enjeu est de démocratiser l’affacturage »
En 2017, selon l’Association française des sociétés financières (ASF), l’affac- turage a été le premier moyen de finan- cement court terme des entreprises et a constitué une solution de financement pour plus de 43 000 entreprises. Et 2018 semble témoigner du même dynamisme – tant du point de vue des besoins que des acteurs se multipliant pour y ré- pondre. Il faut dire que la solution a de quoi séduire. L’affacturage consiste pour une entreprise commerciale à sous-trai- ter par contrat à une société financière le recouvrement de ses factures. Contre une commission, elle finance son cycle d’exploitation tout en se protégeant contre les impayés et en externalisant leur recouvrement. Une formule qui plaît particulièrement aux TPE et aux PME.
Malgré son succès, le secteur ne se re- pose pas sur ses lauriers. Aujourd’hui, «l’enjeu est de démocratiser l’affactu- rage », explique Eugénie Aurange, di- rectrice du développement des marchés et de la communication, Crédit Agricole Leasing & Factoring. « On constate au- jourd’ hui un changement dans les at- tentes de nos clients, notamment auprès des professionnels, TPE et PME. » Les offres et les prestations évoluent, deve- nant plus rapides et plus digitales pour plus de simplicité et de transparence, comme l'illustre par exemple la dernière offre du Crédit Agricole intitulée Cash in Time qui sous réserve de la conformité des factures et du respect des condi- tions générales de financement vous paye vos factures en moins de 24h. Qui disait que le besoin de trésorerie ne pouvait pas attendre...
encore qu’une proportion très minoritaire du montant global du financement aux entreprises. Mais elles rem- plissent un rôle de plus en plus important, notamment en apportant une solution nouvelle et dynamique au financement de l’immatériel. Il existe aujourd’hui trois formes de financement par- ticipatif : le plus connu est le crowdfunding, du don contre don – c’est ce que pratique Ulule, par exemple – mais il existe aussi du crowdequity, qui consiste en la souscrip- tion de titres de capital ou de créance, et du crowdlending, qui délivre un prêt.
Une campagne réussie de crowdfunding apporte plus sur la table que des fonds.
bien avec un crédit bancaire : les fonds récoltés lors de la campagne servent d’ap- port complémentaire pour la banque, et les données récoltées lors de la campagne appuient d’autant le projet. « On voit aussi l’inverse se produire : après l’obtention d’un crédit, en cas de besoin non anticipé, le crowdfun- ding permet d’obtenir le financement complémentaire nécessaire », décrit Frédéric Rochoux. Pour autant, ce n’est pas une panacée : les montants sont limités par la nature même du procédé, et tous les projets ne sont pas adaptés.
Les plus récents crowde- quity et crowdlending, qui se développent rapidement,
ligne en moins de 48 heures. Et une fois les projets ap- prouvés, ils partent vite, souvent en moins d’un quart d’heure », décrit Olivier Goy, président de Lendix. L’activité souffre encore d’un manque de notoriété, mais va se développer sur les chapeaux de roue.
mélangeR leS genReS
Toutes ces solutions ne sont pas interchangeables, et ne répondent pas au même be- soin. « Dans les grandes lignes, on peut dire que si l’on veut financer du matériel, la dette bancaire est la plus appropriée ; pour soutenir l’innovation ou renforcer les fonds propres, on se di-
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
Le crowdfinding, alterna-
tive intéressante à condi- tion de bien s’entourer pour animer sa campagne.
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Originaire de Ca- lais, elle a été très vite sensibilisée à
leur sort. « J’ai toujours trouvé très injuste que des personnes nées en France aient le droit de voyager. Et pas les autres. J’ai vu la situation se dégrader au
ciaux à la London School of Economics et une start-up orientant les migrants dans leurs démarches pour obte- nir des visas (Migreat), elle se lance dans la création de Techfugees, aux côtés de Mike Butcher, éditeur de TechCrunch. « Je voulais
CLUB ENTREPRENDRE
 Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Dans cette rubrique EcoRéseau Business met à l’honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu’il (elle) a un profil atypique,
parce que son entreprise évolue dans un secteur unique ou parce qu’il (elle) a eu l’idée de sa boîte d’une manière peu conventionnelle
Joséphine Goube, fondatrice de Techfugees
Quand la tech sauve des vies
   A la tête de l’ONG Techfugees, Josephine Goube souhaite favoriser l’empowerment des réfugiés. Près de 18 000 personnes font partie de cette communauté, animée par des personnes hors du commun.
une quelconque coloration politique à son engagement. « Lorsque la photo d’Aylan, le bébé migrant décédé, a circulé, il y a tout de même eu un électrochoc. Nous avons alors réuni, en 2015, 300 personnes à Londres pour monter Techfugees », explique Joséphine Goube.
communauté
de pRofilS tech
au SeRvice deS RéfugiéS
L’objectif, aider les réfugiés dans cinq domaines : l’in- clusion sociale, l’emploi, la santé, l’éducation et l’accès aux droits.
sur une centaine de bénévoles partout dans le monde. En- trepreneurs sociaux, anciens humanitaires, ingénieurs, désigners...
Cette communauté crée des technologies qui facilitent l’accès à des services juri- diques, des consultations médicales en différentes langues, des cours en ligne, qui mettent à disposition des routeurs wifi mobiles, qui connectent réfugiés et locaux pour un dîner ou un match de foot... « C’est une façon pour des jeunes en quête d’engagement de mener des actions pleines de sens », souligne Joséphine Goube. Parce qu’elles sont particu- lièrement vulnérables, les femmes font l’objet d’une at- tention toute particulière dans le cadre d’un programme pilote d’accompagnement à Paris. Au-delà des actions virtuelles, des événements sont par ailleurs régulière- ment organisés par les am- bassadeurs locaux. Meetups,
ont par ailleurs pu retrouver des personnes égarées dans la forêt, affamées et frigorifiées. « Bien qu’épargnées par la mort, ces personnes vivent néanmoins de véritables traumatismes émotionnels », précise Joséphine Goube.
femme digitale entRepReneuRe 2017
Elle était jusqu’il y a quelque semaines la seule salariée de cette organisation à but non lucratif, qui vit essen- tiellement grâce au soutien de donateurs, sponsors et partenaires privés. Techfugees peut compter aussi sur l’aide d’une sta- giaire et de deux personnes qui ont quitté leur travail pour contribuer, bénévo- lement, à lever des fonds. « Nous sommes désireux de nous développer, mais ne cherchons pas pour au- tant des personnes qui ont besoin d’un shoot de sens. Nous avons une vision de
aussi par les organisateurs du prix Margaret, qui lui ont décerné le prix de la Femme Digitale Entrepreneure 2017. Les apparatchiks de la Com- mission européenne l’ont, quant à eux, sollicitée pour réfléchir, en tant qu’experte, aux affaires d’immigration. Enfin, Joséphine Goube s’est rendue, il y a quelques mois, aux Etats-Unis, dans le cadre du grand festival de la Tech, SXSW, pour faire le discours d’ouverture devant 300 000 personnes, parmi lesquelles Bernie Sanders.
Comment vit-elle cette « sta- rification » ? De façon assez « opportuniste », répond avec franchise l’intéressée. « C’est forcément déstabili- sant car cela entame la vie privée. Je souhaite surtout que ces différents portraits attirent l’attention sur les vrais problèmes. Je préfère que l’on parle de nos ac- tions pour contribuer à les résoudre que de moi en tant qu’entrepreneur, femme en particulier », analyse t-elle. Il n’en demeure pas moins qu’elle est convaincue que c’est par l’entreprenariat, plus encore que par la politique, que l’on pourra changer le monde. « Ce dernier se doit d’être inclusif, sinon, on n’y arrivera pas. Les change- ments climatiques sont à l’origine de b.on nombre de déplacement de populations. L’avenir s’écrit ensemble », conclut-elle.
   Notre monde doit être plus inclusif
  fur et à mesure. De mon point de vue, ce n’est pas tant une question de moyens que de volonté. Certaines personnes agissent avec humanité, d’autres moins », analyse-t-elle.
Il lui paraissait inenvisa- geable de ne pas mettre la technologie au service des moins privilégiés pour leur permettre d’accéder à une vie plus digne. Après avoir créé un incubateur pour les entrepreneurs tech et so-
invalider le mythe des mi- grants qui viennent juste pour prendre nos emplois», raconte celle pour laquelle la France vit une crise de l’hos- pitalité plutôt qu’une “crise des réfugiés”. « Auparavant, on se faisait un honneur d’ac- cueillir des boat people, des Yougoslaves... Désormais, les naufrages successifs en Méditerranée font l’actualité dans l’indifférence géné- rale », déplore-t-elle, sans pour autant souhaiter donner
« 95 % des réfugiés avaient un smartphone. Beaucoup de personnes pensent, à tort, qu’ils sont illettrés et n’ont aucun accès à la technologie. En réalité, ce sont juste des gens qui doivent fuir pour survivre et se font trop sou- vent avoir par des passeurs peu scrupuleux », précise cette diplômée de Sciences Po et de la London School of Economics.
Pour animer la communauté Techfugees, elle peut compter
hackathons, workshops... plus de 3 500 personnes y ont d’ores et déjà participé. Sans compter les sommets organisés chaque année. A événement d’envergure, lieu d’envergure : le dernier s’est déroulé à Station F.
Le plus valorisant pour Jo- séphine ? Les témoignages qu’elle a reçus. Hassan Kakad était en mer lorsqu’il a coulé pour la seconde fois. Grâce à son téléphone, il est parvenu à dire où il se trouvait, ce qui a permis aux gardes côtes turcs de le sauver. Grâce à la géolocalisation, véritable fil de survie, des humanitaires
très long terme », tient à préciser Joséphine Goube. Ce qui est certain, c’est que cette vision lui a permis d’être repérée par Forbes, parmi les espoirs de moins de 30 ans, dans la catégorie « entrepreneur social ». Mais
                                                                                                    36
JUIN 2018 | ecoreseau.fr
Un simple smartphone peut sauver des vies.
 trophees-optimistes.fr
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 Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique, qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l’avenir
Lancement des Rebondisseurs français
Huiler les mécaniques du pivot
   Quatre entrepreneurs sont à l’origine de l’association « les Rebondisseurs français ». Ils se donnent pour objectif de valoriser la capacité de rebond des chefs d’entreprise français pour changer notamment le regard sur l’échec.
événements seront organisés dans un se- cond temps sur Paris et en région, avec le soutien des ambassa- deurs, partenaires et bienfaiteurs du mou- vement, pour créer des moments privi- légiés de rencontre entre les adhérents (prochain événement le 27 juin pour le Prix du rebond remis par Bpifrance).
Les règles d’ad- hésion ? Partici- per aux Rebon- disseurs Français
requiert juste d'adhérer à l’association (10 € TTC an- nuels pour un particulier, 700 €TTC annuels pour un établissement d’enseignement supérieur et 1 500 €HT pour une entreprise) et de signer la charte des valeurs. Une bou- tique web sera prochainement
lien Coulon, co-fondateur de Cedexis, Hélène de Saint Front, fondatrice de ‎ B-Har- monist, Christel le Coq, co-fondatrice de e-sensory. Et Jean-Michel Davault, pré- sident du fonds du rebond, fondateur de W4P4.
Hélène de Saint Front, fonda- trice de B-harmonist, agence de communication qui ac- compagne les entreprises pour définir et incarner leur stratégie, se remémore : « J’ai vécu trois échecs successifs, des échecs entrepreneuriaux dont deux entreprises au Portugal. L’erreur fut surtout celle de courir deux lièvres à la fois. J’ai vécu dans le déni surtout après mes deux échecs, j’ai beaucoup lu sur le cycle du deuil. Il faut se donner le temps d’aller au fond, pour faire preuve d’in- trospection. C’est au plus noir de la forêt que l’on trouve la lumière comme l’écrivait
du rebond association, exor- cise l’expérience malheureuse des banques qui ne sont pas capables de suivre la cadence à raison d’une croissance de 60%etd’uneVAde66% pour un CA d’un million. « Le 2 décembre 2010, les banques ne suivent pas. Je me retrouve avec un euro en poche... C’est un peu plus tard que je suivrai le conseil avisé du président du tribunal de Commerce qui m’indique la possibilité de signer avec Singapour Telecom et avec Samsung sans pour autant être ennuyé. Sans son bon sens, je ne faisais pas la jointure. » Julien Coulon, fondateur de Cedexis, créé en 2009, évoque en cette journée qu’avant la vente à « huit zé- ros » de Cedexis considérée à plusieurs reprises comme une future licorne, il fut contraint de ne pas se payer pendant plus de deux ans et demi... et de piocher dans le livret A de ses enfants ! L’actuel entrepreneur est également coach en incubateur et prône la vigilance à l’égard des fonds d’investissements.
Outre cette sincérité entre- preneuriale, l’association souhaite peser sur le débat public. Jean Michel Davault précise que les entrepreneurs ont « besoin d'un lobby très fort pour aller au plus haut niveau de l’Etat et convaincre de prendre.des mesures et des outils financiers pour supporter le pivot entrepre- neurial ».
 Par Geoffroy Framery
Les mentalités évoluent dès lors que l’Etat s’au- torise à dédramatiser l'échec par le « droit à l’er- reur » des entrepreneurs et d' « être au service d'une société de confiance ». Souve- nez-vous. Janvier 2014, Fleur Pellerin, alors ministre délé- guée à l’Innovation, appelle à la création d’un «Plan Re- bond» pour lutter contre la stigmatisation de l’échec. Juil- let 2017, un projet de loi sur « le droit à l’erreur » est mis sur la table. Octobre 2017, Oli- via Grégoire, députée de Paris et membre de la commission des affaires économiques de l’Assemblée, lance avec la cheffe d’entreprise Clé- mentine Gallet, le groupe de réflexion sur «la création, la transmission et le rebond» dans le cadre du projet de loi Pacte qui a été présenté début mai. C'est dans cette dynamique et ce nouveau souffle que s'inscrit les Re- bondisseurs.
Lancé officiellement ce 15 mai 2018, les Rebondis- seurs Français est ce fai- sant le premier mouvement national, entrepreneurial et citoyen, créé pour valoriser, au travers d’actions concrètes, le rebond comme moteur de réussite et de croissance. Son ambition est de porter la voix et de fédérer tous les entre- preneurs qui se reconnaissent dans cette conviction et ont la volonté de faire bouger les lignes. Isabelle Saladin, se-
rial entrepreneuse fondatrice d’I&S Adviser est présidente du mouvement. Elle compte à ses côtés Alexandre Nobé- court, fondateur de Pu- nchlive Agengy et vice-pré- sident du mouvement. Claire Flin, consultante en com- munication media est se- crétaire, et Christian Veaux, fondateur de Neskorpas, arti- san du Web, occupe la fonc- tion de trésorier. Et Isabelle Saladin de compléter : « Il faut changer les mentalités mais surtout il faut les as- sumer. Le vrai sujet c’est le rebond et non le creux de la vague. C’est le bon moment car l’entrepreneuriat gagne ses lettres de noblesse en France. »
compléteR leS initiativeS exiS- tanteS en valoRi- Sant ceux qui l’ont déjà fait !
Nombreuses sont les initia- tives existantes sur le sujet du rebond : 60 000 Rebonds, Se- cond Souffle, SOS Entre- preneurs, 24h Chrono, Re- Créer... La plupart ambitionne avant tout d’aider l’entre- preneur dans sa gestion de l’échec et des traumatismes associés (financier, social, personnel). Les Rebondis- seurs français viennent en complément de leurs actions. Leur vocation est de donner la parole à ceux qui certes ont échoué, mais surtout ont rebondi, puis réussi. Une fa-
çon de montrer que l'échec ne signifie pas la mort de l'entrepreneur et de parta- ger quelques bonnes pratiques inspirantes. Valoriser la ca- pacité de rebond et les mo- teurs qui ont guidé certains entrepreneurs vers le suc- cès éclaire sur la façon dont une période de « traversée
   Le vrai sujet c'est le rebond et non le creux
de la vague. C'est le bon moment car l'entrepreneuriat gagne ses lettres de noblesse en France
 du désert » peut devenir une phase de reconstruction et de préparation au retour, une marche vers le succès. Première action ? Les Rebon- disseurs français ont donc lancé un site Internet par- ticipatif et ludique : www. lesrebondisseursfrançais.fr, où chaque adhérent pourra exprimer ses points de vue, partager ses expériences et interagir avec les autres Re- bondisseurs. Des groupes sont également ouverts sur Facebook et LinkedIn pour offrir un maximum d'oppor- tunités de partage et de lieux d'expression sur le rebond. Des
ajoutée au site pour tous ceux qui voudraient ne serait-ce qu’afficher leur conviction de l’importance du rebond comme levier pour avancer.
deS amBaSSadeuRS connuS pouR avoiR ReBondi Soutiennent le mouvement
Les Rebondisseurs fran- çais bénéficient, dès le lan- cement, du soutien d’am- bassadeurs reconnus dans le monde entrepreneurial pour leurs parcours et leur(s) rebond(s) parmi lesquels : Denis Fayolle, co-fondateur de LaFourchette.com, Ju-
Joseph Campbell. J’ai aussi appris à savoir ce que je ne voulais pas reproduire, avoir des personnes autour de soi pour minimiser l’échec. Ex- plorer de nouveaux mondes, faire renaître la curiosité. » Jean Michel Daveaux, entre- preneur rennais, fondateur de la W4P4 et président du fonds
                                                                                                    38
JUIN 2018 | ecoreseau.fr
Les premiers Rebondisseurs Français à WeWork La Fayette.
 trophees-optimistes.fr
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[ Clim
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Janus 2017 de l'Industrie
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 En immersion
Dans chaque numéro, un(e) journaliste d’EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...) afin de décrire ce qu’il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiers
Les mots
Pour le plaisir... mais pas seulement
   On croyait que l’incubation/accélération avait été déclinée à toutes les sauces... Cela, c’était avant de découvrir Les Mots, première école d’auteurs et accélérateurs d’écrivains en herbe. Bienvenue dans ce lieu inédit de transmission de l’écriture.
deux heures avec des ateliers hebdomadaires.
accéléRateuRS d’écRivainS et maS- teR claSS avec de gRandS écRivainS
Il y a deux mois, l’école com- mençait à organiser ses ateliers au long cours. Sur un panel de 30 projets, une huitaine a été retenue pour travailler avec trois auteurs dans le perfectionnement de leur manuscrit sur une période de huit mois. Sur ce programme, trois auteurs de renom, Denis Bonbère, Chloé Deleaume, Marin de Viry explicitent les difficultés, les achoppements
le thème : « Loups-garous, magiciens et chamanes : com- ment construire un person- nage hors-norme ? », mené par Isabelle Sorente pour la somme de 250 euros pour une quinzaine de personnes maximum.
Cette session s’organise en quatre séances de trois heures. A partir de grands romans comme Le Loup des Steppes, Abattoir 5 ou Le Livre des Il- luminations, Isabelle Sorente partira durant deux jours sur les traces de votre propre personnage hors-norme. A la fin de l’atelier, vous aurez créé votre personnage, ex- ploré son psychisme et son rapport au monde et serez prêt à raconter son histoire. « Nous fonctionnons géné- ralement par trimestre pour les prochaines inscriptions. Il existe également des abon- nements annuels pour faire partie du club. La cotisation est de 125 euros par mois avec ateliers au choix dont 18 heures de stage. Cela in- clut également la gratuité pour tous les événements et une réduction de 25 % pour les master classes. Les mots est aussi un espace de coworking toute l’année où l’on peut s’inscrire via notre plateforme. Les retours positifs sont nombreux car notre école permet d’offrir du temps pour écrire. Un luxe aujourd’hui et au-delà des conseils d’écriture et des techniques, c’est le re- tour humain, et les échanges inspirants avec les auteurs qui rythment les séances d’écriture », conclut Char- lotte Steisel à propos de cette structure unique.en France qui fédère une communauté de 1 500 participants et de 4 000 membres.
Par Geoffroy Framery
Selon un sondage Le Figaro littéraire-Opi- nionWay datant de
2009, un adulte sur trois sou- haiterait écrire et peut-être être un jour publié pour coucher sur le papier ses idées, ses histoires, ses pensées. « La première mission de notre structure est d’offrir un temps d’écriture à raison de deux heures par semaine et offrir un lieu calme, reposant, où est également à disposition une multitude d’œuvres », explique Charlotte Steisel, responsable adjointe à propos de l’école Les mots, installée au 4 rue Dante, voie de Paris
d’écRiRe et de paRtageR
« Les mots est un lieu qui permet aux amateurs de se rassurer et de se confronter, de se donner du temps. C’est un espace dédié à la littéra- ture. De l’événementiel est programmé en soirée notam- ment pour rencontrer des auteurs réputés. Des master classes sont aussi organi- sées pour par exemple être conseillé par des éditeurs. Nous allons plus loin que les ateliers d’écriture existants en donnant les moyens de concrétiser les projets. Nous fonctionnons comme un ac-
sorte d’espace à tout faire, pour lire, discuter, s’entre- tenir. De l’autre côté du mur bariolé de livres, des tables disposées en quadrilatère accueillent les sessions d’écri-
    Pas d'écrivain sans café?
 A la fin de l’atelier, vous aurez créé votre personnage, exploré son psychisme et son rapport au monde
et serez prêt à raconter son histoire
 constellée de petites librai- ries indépendantes dans un quartier réputé pour y voir siéger quelques maisons d’édi- tions historiques. Le lieu a été inauguré en février 2017 en présence de Bernard Pivot et de ses deux co-fondateurs, Alexandre Lacroix, directeur de la rédaction à Philosophie Magazine, auteur et écrivain, et Elise Nebout, ancienne directrice du Numa Sprint, un fonds d’investissement et accélérateur de start-up. pRendRe le tempS
célérateur d’écrivains. L’idée est de propulser certaines personnes vers la publica- tion », complète Charlotte Steisel, responsable adjointe de ce lieu de transmission. Dans une ancienne galerie d’art donc, une bibliothèque de bois clair habille le sous- sol sur plusieurs de ses murs tout en servant de cloison pour deux espaces. D’une part, un grand tapis tressé en jonc de mer réchauffe un premier lieu occupé par plusieurs sièges confortables,
ture pour une jauge de quinze personnes. L’ambiance est feutrée, calme. Même sans fenêtre, nous n’étouffons pas. Au contraire même... Nous remontons les escaliers. Les livres remplacent les chandeliers aux murs. Au rez-de-chaussée, du carre- lage comme dans une église. Des murs blancs immaculés, un bar et de grandes tables. Une paroi de verre sépare le bar et l’espace de coworking d’une autre salle d’écriture. Ca travaille aujourd’hui. Point
d’auteurs mais l’équipe des Mots qui s’attèle à l’orga- nisation de l’événementiel, au développement des pro- jets. Lors de son année de lancement, Les mots ont adopté le modèle des ateliers classiques, événementiel en sus en nourrissant l’idée de devenir un incubateur d’écri- vains. Le format classique se compose de dix séances de
de l’écrivain, encouragent et conseillent les auteurs en ayant en ligne de mire pour les participants le Graal de tout auteur, la publication ! D’autres ateliers plus intensifs se passent sur une journée, un week-end voire une semaine durant les vacances scolaires. Au menu pour ce mois-ci, un atelier les 23 et 24 juin sur
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
Tous les che- mins mènent à l'écriture.
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                  LA CLÉ DE LA TRANSFORMATION DIGITALE
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    ]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[ STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Baromètre de l’innovation
Le verbatim à retenir...
Gutenberg n’a pas attendu le développement du marché du livre pour inventer l’imprimerie Nicole Notat, fondatrice de VIGEO
Le monde ne sera plus jamais comme avant...
CAMEROUN
Naissance du paiement 4.0
Face aux spécificités du continent africain, les ingé-
nieurs d’Infinitiv Space ont inventé une technologie de paie-
ment innovante. En effet, le continent africain est bien moins avancé que ses pairs occidentaux en matière d’achats en ligne,
alors que la demande est largement présente. Sur l’ensemble du continent, composé d’un milliard de personnes en 2016, 800 millions ne possèderaient ni compte bancaire ni moyen de paiement en ligne. Paradoxalement, la moitié d’entre elles possèdent des téléphones mobiles et des solutions de paiement en ligne, soit un marché im- mense qui s’ouvre pour le e-commerce en Afrique. Infinity Space a ainsi développé une solution permettant de faire communiquer des systèmes de mobile money hétérogènes sur chacun des 54 pays du continent africain. Chaque personne munie d’un téléphone mobile pourrait alors effectuer ses achats en ligne si le site a, au préalable, intégré l’API WeCashUp développée pour l’occasion. Celle-ci intègre notamment des algorithmes de deep learning capables de détecter des transactions à risque afin de réduire la fraude et ainsi rassurer les commerçants.
BURKINA FASO
Du savon contre le paludisme
Qui n’a pas rêvé de repousser naturellement les mous-
tiques ? Ce rêve pourrait devenir réalité grâce à l’innovation
de deux jeunes étudiants du Burkina Faso, du moins si vous
vous lavez au savon. Ils ont ainsi mis au point un savon qui
repousse les moustiques grâce à son odeur. Composé de citronnelle, de souci officinal ou encore de karité, le savon ne se contente pas de repousser les indésirables volants, mais tue également leurs larves et empêche leur prolifération dans les eaux stagnantes. Une innovation qui n’a rien d’un confort mais qui a pour but de réduire les risques de contamination du paludisme, notamment transmis par les piqûres de moustique, sur le continent africain. Pour l’heure, le savon a déjà été distribué sur six pays parmi les plus touchés par cette maladie.
GHANA
Une application pour lutter contre la fraude de médicaments
Originaire du Ghana, Bright Simons a lancé une application
qui permet de lutter contre la prolifération de faux médi- caments sur le continent africain. MPedigree permet ainsi d’authentifier les médicaments en fédérant autour d’elle les industries pharmaceutiques, les principaux opérateurs afri-
cains de téléphonie mobile et les instances gouvernementales
de santé. Le fonctionnement ? Les utilisateurs envoient par
SMS le code du médicament qu’ils souhaitent acheter afin
que les serveurs de l’application vérifient que ce médicament est bien en circulation auprès des industries pharmaceutiques. Luttant ainsi contre un fléau de la prise en charge des soins en Afrique, l’applica- tion dépasse les frontières du Ghana pour aller se déployer au Niger, en Tanzanie, au Kenya ou encore en Ouganda.
La rupture du mois
AlterEgo, la start-up qui vous fait devenir télépathe
Cette technologie est capable de vous entendre penser,
tout simplement. Si la promesse peut être légèrement
terrifiante, elle concerne aujourd’hui la détection
des signaux neuromusculaires. Anav Kapur a ainsi
mis au point un appareil qui permet de contrôler un
ordinateur par la simple action de penser. Sous la forme
d’un dispositif à accrocher le long de sa mâchoire, le
casque vient écouter les mots que l’utilisateur pense
dans sa tête et les verbalise par la suite sans que ce
dernier n’ait besoin de les prononcer. Pour arriver à ce résultat, quatre électrodes placées au niveau de la mâchoire et du visage détectent les signaux neuromusculaires déclenchés par la verbalisation interne. Comprenez : chaque mot prononcé dans votre tête génère des impulsions électriques à la surface de la peau. Signaux captés par l’appareil et envoyés à une intelligence artificielle entraînée à associer les signaux à des mots particuliers. Pour l’heure le prototype a été testé sur dix sujets qui ont passé une quinzaine de minutes à adapter leur propre neuropsychologie. Ils ont ensuite passé une heure trente à utiliser ce système afin d’effectuer des calculs, avec une précision de transcription d’environ 92 %. Au-delà des calculs, le casque a ainsi donné l’heure à des gens qui n’avaient rien demandé (enfin à haute voix), et a même permis à son créateur de naviguer sur une plateforme de streaming. Prochaine étape, communiquer avec les assistants connectés que l’on voit arriver sur le marché. Tout comme notre vie privée, nos pensées seraient-elles aussi vouées à être partagées ?
Les innovations BtoB en bref...
GESTIONNAIRE DE STOCK RÉVOLUTIONNAIRE
Une innovation qui devrait permettre à chaque retailer de mieux gé-
rer ses stocks. OneStock propose une suite logicielle d’unification des
stocks à destination des acteurs du retail qui veulent optimiser la ges-
tion de leurs commandes. La technologie développée par OneStock
permet à chaque enseigne d’avoir une vision à l’instant T de ses stocks
afin d’adapter ses scénarios de vente et de réassort. La jeune entre-
prise a ainsi travaillé avec la marque Kaporal face au constat d’une indisponibilité croissante des produits en ligne couplée à des invendus en forte hausse également. Une collaboration qui a permis à la marque de vêtements de passer d’une indisponibilité produits de 21 % à 7 % et d’augmenter le nombre de commandes. Une collaboration que le directeur E-Business et relation client de Kaporal a qualifiée de « succès commercial immédiat », allant même jusqu’à qualifier OneStock de « standard de demain des retailers ».
OUTIL DE TRACKING DES DOCUMENTS COMMERCIAUX
Créée par Sylvain Tillon, la start-up Tilkee entend révolutionner les
échanges commerciaux dans les entreprises. Celle-ci a ainsi éditée un lo-
giciel qui permet de tracker les documents envoyés par email, notamment
les propositions commerciales. Ainsi lorsqu’un nouvellement appelé Bu-
siness Developer envoie une proposition commerciale, il peut savoir quand
la proposition a été ouverte, si elle a été lue, jusqu’à quelle page elle a été
lue et combien de temps la personne qui a ouvert le document est restée
sur chaque page. L’algorithme va même jusqu’à donner une note et donner des conseils de relance au commercial. Une solution qui trouve même une vie en dehors des applications com- merciales puisque Tilkee a adapté son algorithme à la recherche d’emploi afin de permettre aux candidats de suivre la lecture de leur CV. Plus récemment la start-up a même décrypté la lecture des programmes des candidats à la présidentielle !
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]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Baromètre de l’innovation
L’entreprise du mois
Withings, retour à la case départ
                                                                                     Welcome back ! L’entreprise innovante Withings repasse sous giron français. Cofondée par Éric Carrell et experte en objets connectés notamment dans le domaine de la santé et du maintien en forme, l’entreprise avait été ra- chetée par Nokia en 2016 pour 170 millions d’euros. Le groupe finlandais anticipait à l’époque de l’intégrer à son département objets connectés. Une décision qui n’a
L’innovation autrement
Cuisiner à partir de ses déchets
finalement pas porté ses fruits, l’entreprise avait même annoncé dans son rapport financier trimestriel en oc- tobre 2017 avoir surévalué les actifs de Withings d’un montant proche des 140 millions d’euros. Depuis, Nokia a décidé de se recentrer sur ses activités dédiées aux entreprises, tout en proposant une licence de sa marque auprès d’industriels qui l’exploitent auprès du grand pu- blic. Éric Carrell, qui ne s’était guère montré heureux du rachat de son entreprise par Nokia, s’est ainsi position- né afin de racheter l’entreprise entretemps rebaptisée Digital Health. Une annonce qui devrait rassurer les 219 salariés actuellement en poste sur la pérennité de leur emploi. Si Google et Samsung s’étaient également por- tés candidats, les dirigeants ont indiqué avoir préféré l’offre de d’Éric Carrell car il était « le mieux positionné, il a fondé et dirigé l’entreprise, il connaît donc très bien son activité. C’était la meilleure solution ». Le montant de la transaction n’est pas encore connu mais devrait être très inférieur au prix d’achat par Nokia. Reste à savoir si Withings/Digital Health va redevenir Withings.
 Du 21 au 23 juin 2018 : Futur.e.s in Paris
Plus grand festival européen de l’innovation, le festival revient cette année à la Grande Halle de La Villette à Paris (anciennement appelé Futur en Seine). Cette année six parcours thématiques seront proposés autours de dé- monstrations d’innovations émer- gentes, de labs et de conférences visionnaires.
 28 juin 2018 : Assemblée générale de l’EBG
Principal think tank sur l’inno- vation digitale, l’EBG fête cette année ses vingt ans à la Cité de la Mode et du Design. Une grand- messe qui réunira plus de 800 ac- teurs de l’écosystème digital : dé- cideurs, entrepreneurs, agences, éditeurs de solutions...
    Créer son propre gaz de cuisine, c’est maintenant possible grâce à l’innovation de trois israéliens. HomeBioGas permet ainsi de faire de la méthanisation chez soi, à savoir transformer ses déchets organiques en biogaz. De la taille d’une tente pour une personne mais ressemblant plutôt à une piscine gonflable sur plusieurs niveaux, le mécanisme consiste à déposer ses déchets dans HomeBioGas et à attendre que le gaz se crée. De la même façon que certains font du compostage au fond de leur jardin, mais avec des bactéries en plus qui viennent ainsi faire fonctionner HomeBioGas comme un tube digestif géant : les bactéries décom- posent les déchets, la fermentation produit du gaz qui va être récupéré dans la
partie supérieure du système après filtration avant d’être acheminé à la cuisine au moyen d’un tuyau. Selon les créateurs, deux kilos de déchets pourraient ainsi suffire à alimenter deux heures de gaz. Mais quels déchets justement ? Tous les restes, fruits, viande, laitages, légumes et même les excréments d’animaux. Si la quantité de gaz gé- nérée est trop faible pour
chauffer la maison, elle permet de faire des économies de gaz tout en offrant une deuxième vie à ses déchets. De son côté l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie est pour l’heure réservée sur ce procédé qu’elle n’a pas encore testé. Elle reconnaît cependant que cela peut être une solution intéressante pour les maisons isolées. L’agence reconnaît que le procédé est novateur mais miserait plus sur des installations géantes, dont 600 sites sont déjà opérationnels en France, mais produisant 0,1 % du gaz français. Objectif pour 2030, passer à 10 %.
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Save the dates
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ Livraison de repas bio en un temps record, scan de produits alimentaires, conception de fours intelligents... Partout dans le monde, des start-up de la foodtech cherchent à créer la différence dans ce secteur ultra-concurrentiel, au-delà du filon toujours très porteur du "manger mieux". Tour d’horizon.
Par Charles Cohen
ROYAUME-UNI
Alimentaire on-line : de la robotique dans la logistique
Outre-Manche, c’est LA success story de l’alimentaire on-line : la société Ocado est parvenue en quelques années à concurrencer des poids lourds comme Tesco et Sainsbury ! La recette de son succès
? Offrir un bon rapport qualité prix via l’automatisation de ses deux entrepôts propre à optimiser chaque étape du processus, de l’achat sur le site web à la livraison. Et pour cause : grâce à la robotique développée en interne, et à de puissants algorithmes, Ocado présente un faible taux de déchets, économise sur sa main d’œuvre, et accroît le volume de livraison, via moins d’espace. Preuve d’une telle performance logistique : le picking produits est assuré en à peine deux minutes !
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Le tour du monde de l’innovation
Passage en revue des innovations mondiales sur une thématique particulière.
Foodtech
L’innovation dans nos assiettes
CANADA
Un thermostat bioclimatique pour le vin
« Vous aimez le vin ? Alors protégez-le ! » La start-up franco-canadienne Cellier Domesticus joue la formule choc pour faire valoir les atouts
de son innovation : un thermostat bioclimatique connecté pour le vin. Concrètement, l’outil permet d’optimiser à distance l’environnement des caves à vin. Pilotable via à une application, le thermostat intelligent envoie en temps réel les données relatives à la température, le taux d'humidité et la consommation électrique de la cave, ainsi que des rapports d’analyse détaillés et des alertes si nécessaire. De quoi savourer son vin dans les meilleures conditions tout en protégeant l’environnement via la réalisation d’économies d’énergies.
ÉTATS-UNIS
Un moteur de recherche pour recettes de cuisine
C’est un moteur de recherche pour recettes de cuisine qui compte 20 millions d’utilisateurs. L’application Yummly, rachetée en 2017 par Whirlpool, crée le buzz en proposant des recettes de cuisine en fonction des goûts, allergies, etc., de chacun. Pour proposer une offre complète allant de la recherche de recettes à un service de commande des aliments et d’outils pour la confection de ces dernières, Yummly a multiplié les partenariats, notamment avec la start-up de livraison Istacart.
FRANCE
Des repas "faits maison" livrés en 30 minutes Miser sur la technologie pour servir des repas "faits maison" à tout moment. Voilà le credo de la start-up Frichti qui livre en moins de trente minutes des plats à base de produits de saison fraîchement cuisinés par des chefs. A cette fin, la société mise sur un algorithme qui optimise les parcours de livraison. Pas moins de vingt développeurs ont planché sur un tel outil permettant d’internaliser une grande partie de la chaîne de production de la société qui peut ainsi sourcer et cuisiner elle-même ses produits. De quoi proposer des repas haut de gamme à un bon rapport qualité-prix (10 à 14 euros).
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[ Le tour du monde de l’innovation
ISRAËL
Des plats concoctés dans des fours intelligents Des fours qui préparent des repas de qualité restaurant en 2-3 minutes, du poulet au brocoli à la sauce Alfredo aux flocons d’avoine aux pommes et à la cannelle. Voilà la prouesse technologique de Génie, start-up israélienne, dont les fours intelligents s’appuient
sur une fonctionnalité clé : des gousses intégrées contenant des aliments lyophilisés. Chaque repas est préparé via des séquences d’actions paramétrées par le four : chauffage, refroidissement, micro-ondes et cuisson à la vapeur. Ciblant les chaînes de café, hôtels, hôpitaux, etc., la start-up exploite une installation de remplissage de gousses dans le nord d’Israël.
INDE
Des livreurs traqués en ligne
140 000 commandes par jour. Avec un tel volume de repas livrés quotidiennement, on comprend pourquoi la start-up
Swiggy s’impose comme un des leaders de la restauration en ligne dans le pays de Gandhi. Fondée il y a quatre ans à Bangalore, la société se distingue grâce à une application propre à traquer en ligne les livreurs – dotés d’un GPS – durant leur course, un peu comme les taxis Uber. De quoi renforcer la transparence d’un tel service et in fine sa réactivité malgré les aléas du trafic routier en Inde.
AUSTRALIE
Des burritos livrés par des drones
Place aux drones de livraison de burritos ! Si de tels engins fournissent déjà des vivres de première nécessité dans des zones d’Afrique isolées, le "Project Wing", l’entreprise de recherche sur les drones de livraison de Google, duplique le concept en Australie où l’oubli d’une bouteille de lait dans un magasin, impose, dans certaines régions reculées,
un aller-retour en voiture de 40 minutes ! Le Project Wing s’est ainsi associé à une chaîne alimentaire mexicaine pour permettre aux clients australiens de commander des burritos via une application. Expédiés pour récupérer les aliments, les drones les déposent ensuite au domicile de chaque client. Les engins peuvent livrer n’importe où, et ce, à l’aide de capteurs identifiant les obstacles éventuels. Un moyen d’améliorer les algorithmes de l’appareil ainsi que sa capacité à choisir un endroit sûr pour la livraison.
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
ALLEMAGNE
Une ferme hydroponique dans un magasin
Récolter des herbes aromatiques fraîches directement dans le rayon des fruits et légumes de son magasin. Voilà le parti adopté par la chaîne alimentaire Metro Cash & Carry en installant une mini-ferme hydroponique dans son enseigne du quartier de Friedrichshain à Berlin. Cette serre de 5m2 propre à cultiver un panel d’herbes aromatiques en plein milieu du magasin est le fruit d’un projet pilote lancé en partenariat avec la start-up InFarm. La finalité : conférer à chaque plant une quantité optimale de nutriments et d’eau. Sans pesticides et fort d’une empreinte carbone quasi-nulle – en contournant tout transport –, ce système fournit ainsi aux clients des produits frais de qualité.
SUISSE
Du scan de produits alimentaires
Scanner le code-barres des emballages pour connaître les données nutritionnelles des aliments : voilà le créneau de l’application suisse Nutriscan. Cette solution gratuite intègre un score nutritionnel permettant de noter grâce à un algorithme la qualité nutritionnelle d'un aliment transformé avec cinq couleurs, du vert foncé (très bonne qualité) au rouge (qualité médiocre). Preuve que le scan de produits alimentaires a le vent en poupe, la start-up française Yuka propose également une application dédiée passant au crible les étiquettes alimentaires (additifs, labels...) évaluant ainsi l'impact des produits consommés sur la santé.
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]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
L’occasion pour EcoRéseau Business d’expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
Les start-up françaises de la Smart City
Ces start-up veulent réinventer la ville
  Soutenues par les grands groupes, qui cherchent les métiers de demain, autant que par les grandes villes, soucieuses d’améliorer la qualité de vie de leurs habitants, les start-up de la « smart city » ont le vent en poupe. Panorama des principales jeunes pousses françaises qui veulent réinventer la manière dont les citadins circulent, se garent et respirent.
afin d’anticiper les opérations d’entretien. L’entreprise a levé 1,4 million d’euros en 2016 pour accélérer son internatio- nalisation.
eclaiRage puBlic
Avec neuf millions de points lumineux sur le territoire, l’éclai- rage public représente 12 % de la consommation d’électricité française et coûte 9,3 euros par habitant et par an, selon l’Asso- ciation française de l’éclairage (AFE). Les collectivités y voient un gisement d’économies im- portant et espèrent notamment s’appuyer sur les nombreuses start-up qui veulent optimiser ce domaine. C’est par exemple le cas de Glowee, née en 2014 de l’imagination de Sandra Rey, diplômée de l’école de design Strate. En s’inspirant d’espèces marines qui ont la faculté de produire leur propre lumière, comme la méduse, elle a l’idée de greffer sur des bactéries un gène de bioluminescence. Cette lumière produite chimiquement ne consomme donc aucune énergie et n’émet aucun CO2. La société de 15 salariés a levé
octobre 2017 dans la revue scientifique The Lancet, « les maladies causées par la pol- lution ont été responsables de neuf millions de morts pré- maturées en 2015, soit 16 % de l’ensemble des décès dans le monde ». Pour participer à l’amélioration de la qualité de vie, des entrepreneurs se lancent dans le domaine de la Clean City. C’est par exemple le cas de Green City Solutions, une entreprise créée en Allemagne en 2014 qui a mis au point un mur végétal, baptisé CityTree, couvert d’une mousse qui a la propriété d’absorber les par- ticules polluantes, comme le dioxyde d’azote et l’ozone. La start-up assure qu’un seul de ces mobiliers urbains a la ca- pacité de filtrage de 275 arbres. Une vingtaine de villes dans le monde ont installé un CityTree dont Paris, Londres et Bruxelles. En Suisse, la société Cortexia a développé une solution pour aider les villes à améliorer la propreté de leurs rues. Des caméras, installées sur les bus ou les voitures de la police mu- nicipale, dopées à l’intelligence artificielle, évaluent le niveau de pollution des espaces parcourus en comptabilisant mégots, bouts de papiers et bouteilles jetés sur la chaussée. Les gestionnaires peuvent ainsi optimiser le travail de leurs équipes de nettoyage.
deS incuBateuRS SpécialiSéS
Les start-up françaises de la smart city peuvent s’appuyer sur des incubateurs spécialisés. A l’instar de Newton, créé à Bègles en avril 2016 par le technopôle Bordeaux Technowest. D’une surface de 600 mètres carrés, il a depuis accompagné plus d’une douzaine de start-up spécialisées dans des domaines comme la prédiction de la mobilité urbaine (Qucit, 600 000 euros levés en 2017), l’optimisation de la gestion des parkings (Parking
  Par Louis Marquis
Des feux de signalisation qui donnent la priorité aux bus, des citoyens qui signalent un accident ou des déchets sur la voie publique depuis leur mobile, des lam- padaires dont l’intensité est modulée à distance, des bennes à ordures dotées de capteurs pour mesurer leur taux de rem- plissage... le tout commandé à distance depuis un poste de gestion centralisé. Les tech- nologies de la ville intelligente sortent progressivement du do- maine de la science-fiction. En septembre 2017, Dijon a signé un contrat avec un consortium d’entreprises privées composé du groupe Bouygues, de Citelium (filiale d’EDF), de Suez et de Cap Gemini, qui mettront en place ce dispositif unique en France, composé d’une my- riade d’objets connectés, et vont l’opérer pendant 12 ans. Les 26 communes de la capitale de la Bourgogne vont investir 53 mil- lions d’euros, pour notamment installer 34 000 lampadaires LED et remplacer 269 caméras vidéo. A la clé, 65 % d’écono- mie d’énergie, une quarantaine d’emplois créés, et 15 millions d’euros de gains, selon la mé- tropole. Cet exemple est aussi le symbole du dynamisme du secteur de la ville intelligente en France, où de nombreuses start-up ont éclos ces dernières années pour connecter les ser- vices et les équipements ur- bains, sur des domaines aussi
variés que le stationnement, l’éclairage public, l’entretien, la qualité de l’air ou l’optimi- sation du trafic. « En 2050, la population mondiale atteindra 10 milliards d’habitants, dont 66 % seront urbains et le nombre de voitures en circulation aura quadruplé. Si nous ne chan- geons pas nos approches, cela aura pour conséquence une saturation des infrastructures existantes, une raréfaction de l’espace disponible en ville et malheureusement un impact sur la santé publique. Il y a donc une nécessité de réinventer les mobilités au cœur de la ville », explique Jean-François Dhinaux, directeur marketing et syner- gies de ViaID, un incubateur spécialisé dans les nouvelles mobilités.
Stationnement
Le stationnement est l’un des problèmes les plus épineux des grandes villes. « La recherche de places pour se garer constitue entre20%et30%dutrafic des grandes agglomérations », expliquait en novembre dernier à La Tribune David Vanden Born, le fondateur de OnePark. Pour résoudre cette question, sa start-up met en relation depuis 2013 via une application mobile les acteurs qui possèdent des places de parking vacantes avec ceux qui en cherchent – touristes, professionnels en mobilité. Les tarifs sont infé- rieurs aux horodateurs et aux
parkings privés, et OnePark prélève une commission de 30 % sur les transactions. OnePark dispose au total de 50 000 places dans plus de 1 000 parkings en France, en Belgique, en Suisse et en Espagne, notamment grâce à des accords avec des hôtels, comme le groupe Accor, des aéroports, dont Beauvais, Charles de Gaulle et Nice, et des gares. L’entreprise de 55 salariés a procédé à plusieurs levées de fonds depuis sa créa- tion, dont une de 12 millions d’euros fin 2017 auprès de Keolis (détenu à 70 % par la SNCF) pour accompagner son inter- nationalisation. Son principal
start-up a développé un capteur qui, installé par exemple sur les éclairages publics, permet d’identifier les places de par- king libres dans un rayon de 100 mètres afin de prévenir les automobilistes qui en cherchent une. Ses clients ? Les collec- tivités et les gestionnaires de parkings privés.
optimiSation
du tRafic
Même lorsqu’elles ne sont pas garées, les voitures représentent souvent l’un des pires fléaux des villes, tant en terme de pollution que de congestion. Diplômé de l’ENS Lyon, chercheur à
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Fera t-il un jour meilleur à la ville qu’à la campagne ?
En 2050, la population mondiale atteindra 10 milliards d’habitants, dont 66 % seront urbains et le nombre de voitures en
circulation aura quadruplé
 concurrent, Zenpark, a levé 8 millions d’euros depuis son lancement en 2013 par William Rosenfeld et Fabrice Margue- rie, dont 6,1 millions en avril 2016 auprès de MAIF Avenir, Demeter Partners et Frédé- ric Mazzella, le fondateur du site de covoiturage Blablacar. Parkmatch et Asaplace se sont lancées sur le même créneau en 2016 et étaient présentes au CES 2018. Elles y avaient pour voisine Parkki. Créé en 2016 par quatre diplômés de l’ISEN, école d’ingénieurs lilloise, cette
l’INRIA pendant sept ans, Guillaume Chelius a cofondé Hikob en 2011 à Villeurbanne. Depuis, l’entreprise déploie ses capteurs de données miniatures et autonomes en énergie un peu partout en France et dans le monde pour rendre la route intelligente. Implantés dans la chaussée, ils permettent par exemple à la ville de Troyes de gérer les flux de véhicules sur les points clés de son réseau depuis 2016, et au Grand Lyon de connaître en temps réel l’état et la température de ses routes
1,7 million d’euros depuis sa création, dont 600 000 euros en 2016 sur le site de crowd- funding Wiseed. Créée en 2016 à Nîmes, Safelight développe un dispositif pour renforcer la sécurité des passages piétons : un capteur détecte quand une personne veut traverser et transmet l’information à des signaux lumineux installés sur la chaussée qui avertissent les automobilistes.
pollution
Selon une étude publiée en
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[Décryptage
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
   Data et pouvoirs publics
L’open data toujours en suspens
Pour se développer, les start-up de la mobilité de- mandent l’accès aux données que possèdent des ac- teurs comme la SNCF et la RATP. Pour les y aider, la loi Macron avait prévu en 2015 que les entreprises « as- surant un service de transport public » ouvrent leurs données. Mais l’entrée en vigueur de ce texte était soumise à l’adoption d’un décret en Conseil d’Etat, ce qui devait être le cas avant le 6 novembre 2015. Deux ans et demi plus tard, les start-up attendent toujours. C’est que, pour Annabel Quin, maître de conférences à l’Université de Bretagne-Sud, les pouvoirs publics redoutent que l’ouverture massive profite surtout aux grandes plateformes américaines. Les choses se font donc plutôt progressivement : à l’été 2017, la SNCF, la RATP, Transdev et Blablacar ont annoncé une alliance data pour mettre en commun certaines de leurs don- nées, et le ministère des Transports met en place un “point d’accès national” pour centraliser les données de transport.
Facile) des transports en com- mun (Facebot), des bâtiments (iQSpot, 300 000 euros levés depuis sa création) ou encore l’énergie solaire (newHeat). A Lyon, le lieu d’innovation TUBA (pour “Tube à expéri- mentations”), essaie également
de faire naître les solutions de la ville intelligente. Cet éta- blissement public/privé créé en novembre 2014 accueille sur 600 mètres carrés des en- treprises et des start-up, ainsi qu’un espace ouvert au public pour tester leurs applications.
Au Canada, la ville de Montréal a créé en 2013 un Quartier de l’Innovation pour donner aux start-up, aux grandes entre- prises et aux universités un terrain pour expérimenter leurs innovations. Flagtown, une jeune pousse française qui propose une application mobile pour dynamiser les centres villes, y teste sa solution depuis quelques mois. Son fondateur, Stéphane Grandjean, témoigne : « Montréal a de nombreuses problématiques propres aux grandes métropoles. Elle est notamment très congestion- née, car il existe peu de ponts pour entrer et sortir de la ville, elle cherche donc à améliorer la gestion de ses flux. Le fait d’être incubé par l’une des quatre universités partenaires nous donne accès à des oppor- tunités de développement très intéressantes. »
fondS d’inveStiSSe- ment SpécialiSéS Certaines sociétés de gestion ont aussi lancé des fonds spécialisés.
C’est par exemple le cas de De- meter Partners, spécialisé dans le financement de la transition énergétique, qui a notamment participé en 2016 à une levée de fonds de ZenPark. Annoncé en novembre 2017, son fonds dédié aux acteurs de la smart city est doté de 50 millions d’euros et veut accompagner 15 à 20 jeunes pousses en Europe. Il a déjà misé 1 million d’euros dans la société Energie IP pour développer sa solution de ges- tion des bâtiments intelligents. En début d’année, Demeter a aussi été choisi par la mairie de Paris pour gérer Paris Fonds Vert, son outil d’investissement dans les start-up de la transition écologique, qui cherche à lever 150 à 200 millions d’euros.
leS entRepRiSeS pRivéeS
De nombreuses grandes entre- prises soutiennent activement les start-up de la smart city. « La quasi-totalité des industriels du secteur ont une politique d’open innovation. Leur collaboration
ne relève pas que de la R&D, puisque les grands groupes ont bien compris qu’une valeur stratégique peut émerger d’une start-up. Cela leur permet de se positionner sur des métiers d’avenir », explique Benjamin Wainstain, general partner chez Demeter Partners.
Ainsi, Veolia soutient par exemple financièrement le TUBA, à Lyon, où il a expé- rimenté plusieurs de ses services, dont une application mobile pour mesurer le niveau de bruit en ville, baptisée Adam, et des capteurs pour mesurer la qualité de l’air et le confort intérieur (Eden et Cricket), développés par sa filiale M2o- City. En 2015, GDF Suez a fait appel à Paris&Co pour créer un incubateur, baptisé “Pour une meilleure énergie dans la ville”, qui a sélectionné cinq start-up françaises : Datapole (logiciels de suivi d’activité, de mesure de performance et d’aide à la décision), Ener- giency (économies d’énergie dans l’industrie), Partnering
3.0 (robotique), Sharette (co- voiturage en zone urbaine) et Smart Impulse (compteur nouvelle génération). Mobivia a vu dans l’accompa- gnement de start-up de la smart city l’opportunité d’accompagner les bouleversements de son secteur. Ce groupe, spécialisé dans l’entretien de véhicules à travers ses diverses marques, dont Norauto et Midas, compte 21 000 salariés dans 19 pays et 2 000 ateliers et magasins de détail. Il a créé en 2009 une structure comportant accé- lérateur, incubateur et fonds d’investissement, centrée sur les nouvelles formes de mobilité. Baptisé Via ID, il détenait en octobre 2017 des participa- tions dans une quinzaine de jeunes pousses, en France et à l’étranger, dont Drivy (location de voiture entre particuliers), Heetch (covoiturage), Smoove (vélo en libre service), WayzU.p, You2You (solution logistique pour la livraison urbaine) et Ector (service de voiturier).
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]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[Haute résolution
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
   Focus sur un sujet high tech dans l’air du temps
Smart Cities et consommation d’énergie
Demain, tous au régime ?
La courbe de consommation de l’énergie ne cesse de croître. Les nouvelles technologies sont-elles un moyen suffisant pour réaliser la transition énergétique ?
gement, mais il se trouve que beaucoup de personnes ont d’autres soucis en tête que de se préoccuper de l’énergie », soutient Marie-Christine Ze- lem. La classe moyenne et la classe moyenne inférieure sont embarquées dans la transition énergétique, mais font déjà beaucoup d’efforts dans bien des domaines. « Les efforts des citoyens sont nécessaires, mais pas encore suffisants à eux seuls. Des outils et des moyens pour diminuer la consommation énergétique existent, mais les technolo- gies n’existent pas partout et tout le monde n’y recourt pas avec la même facilité », constate Amel Attour. Or, comment adapter sa conduite sans adopter de nouveaux modes de consommation ? Les bonnes volontés indi-
viduelles des écologistes ou des bobos qui ont les moyens de faire des travaux ne suf- fisent pas. « En matière de consommation d’énergie, l’Etat doit se montrer plus offensif et développer une réglementation qui soit cohé- rente à toutes les échelles », préconise Marie-Christine Zelem.
Rééducation
à l’attention éneRgétique
« A la place de «sobriété énergétique», on préfère l’ex- pression «attention énergé- tique» ; l’attention renvoie à du bon sens, ainsi qu’à une réflexion qui installe dans le temps de nouveaux compor- tements. » Au lieu de montrer du doigt le consommateur final, on gagnerait à dési-
gner le producteur pollueur et la société marchande de surconsommation. Tant que croissance et consommation seront les deux mamelles aux- quelles s’abreuve l’économie, alors la transition énergétique tournera au vinaigre. « On ne change pas de compor- tement si on ne change pas de mode de vie en général. On doit mettre en place une approche globale car c’est tout un système social qui doit s’engager vers moins de consommation. L’attention énergétique devra s’impo- ser à tout le monde comme allant de soi. » L’évidence de l’attention énergétique doit
Par Joseph Capet
Les appareils sont de plus en plus perfor- mants. Toutefois, un effet rebond fait que moins un appareil consomme, plus il est utilisé. C’est dans l’usage que des changements sont à opérer pour, collectivement, consommer moins d’énergie.
paS de smart cities, SanS «SmaRt haBi- tantS» ?
Ael Attour, maître de confé- rences en Sciences écono- miques à l’Université de Nice Sophia Antipolis, membre du GREDEG CNRS (Groupe de recherche en droit, éco- nomie et gestion), affirme que « les smart cities sont des villes qui recourent aux technologies numériques pour optimiser les flux, fa- voriser le développement durable et respecter l’envi- ronnement sur le territoire ». Les smart cities se donnent
donc se m.
la maternelle au campus... même si nous n’en avons plus le temps.
   de Toulouse - Jean Jaurès, membre du CERTOP CNRS (Centre d’étude et de recherche travail organisation pouvoir). Le territoire se modernise en transformant les services qu’il propose, tandis que le citoyen doit adapter son comporte- ment coutumier. « Dans une vision plus globale, les smart cities sont mises en place pour préserver la terre dans son ensemble en transformant notamment les comportements
sociales en ce qu’elle permet d’offrir au citoyen davantage de bien-être. « Les digital cities devenues smart cities ont pour but d’améliorer globalement la qualité de vie sur le territoire. »
politiSation
de la tech Marie-Christine Zelem, spécialiste en sociologie de l’action publique environne- mentale et en anthropologie du développement, affirme que « la problématique du changement ne relève pas du citoyen, mais de décisions politiques fortes qui auraient un impact sur le fonctionne- ment du marché ». Et Amel Attour d’ajouter que « dans la manière de consommer l’énergie, les biais cogni- tifs sont très ancrés car très anciens. Les incitations à la sobriété énergétique se heurtent encore souvent à une forme de résistance au changement ». Les normes sociales sont une conséquence de la manière dont on conduit lemarché.«Iln’yapasde véritable résistance au chan-
ettre en place de
 Smart Energies, les 5 et 6 juin à l’Espace Grande Arche de La Défense
Trois questions à Grégoire Cortot, responsable conférences
Comment inclure l’ensemble des parties prenantes (entreprises, élus, citoyens) dans un nouveau modèle de partage de l’énergie ?
Les investissements en matière d’éco- nomie d’énergie sont très lourds et la rentabilité se calcule sur des temps de plus en plus courts. La promesse de réduction de coût est réelle, mais la dissonance cognitive est forte entre un investissement lourd et un retour sur in- vestissement long. Sur les 36 000 com- munes françaises, seules six comptent plus de 300 000 habitants et ont un élu spécialiste de l’énergie. Il est difficile de trouver le bon interlocuteur et les capacités d’investissement dépendent de la taille de la commune. Le citoyen est ignorant du mode de production de l’énergie car l’éducation aux probléma- tiques de l’énergie est presque inexis- tante. Le manque de conscience des problématiques environnementales fait que les choses avancent lentement.
Peut-on continuer à produire toujours plus tout en consommant moins ?
Notre modèle économique est à repenser, nos modes et nos habitudes de consom- mation à revoir. La sobriété énergétique est loin de se traduire dans tous les actes. Contrairement à l’écosystème qui fonc- tionne en cycle, nous consommons en ligne. La matière première est consommée et devient rapidement un déchet. Mais, on peut continuer à produire en diminuant la consommation énergétique des « pro- cess » de production. Dans l’industrie, il y a d’énormes gains d’efficacité énergé- tique à aller chercher.
Doit-on imaginer de nouveaux compro- mis ?
Les smart energies ne sont pas un obsta- cle à la croissance. Les investissements lourds peuvent se révéler des mannes incomparables d’économies. On peut concilier croissance et énergies vertes en appuyant sur des leviers spécifiques à chaque entreprise.
 Pas de smart cities, sans «smart habitants»
 comme objectif prioritaire la décongestion des centres villes et la gestion des flux de population. « Il n’y a pas de smart cities, sans «smart habitants». Dans un bâtiment passif, l’humain doit être actif, sinon le bâtiment consomme », déclare Marie-Christine Ze- lem, professeur des universités en sociologie à l’Université
de consommation énergétique et de mobilité des indivi- dus », ajoute Amel Attour, responsable pédagogique du Master of Science Engineers for Smart Cities à l’Institut méditerranéen du risque, de l’environnement et du dévelop- pement durable (IMREDD). L’utilisation habile des tech- nologies possède des vertus
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L'effet rebond, l'écueil à ne pas sous-estimer pour la smart city.
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[ Créer aujourd’hui
Lancer son plan de communication et sa stratégie de contenus...............p51
Business guides
- Panorama des 13 régions : Quels atouts territoriaux ? ........................ p54 - Immobilier d'entreprise & retail : centres commerciaux,
les dernières tendances .......................................................................... p60
   CAHIER PRATIQUE
CAHIER PRATIQUE
Conseils, astuces et
nouveaux outils
Ce mois-ci EcoRéseau se penche sur un aspect stratégique dans lequel les entrepreneurs et startuppers n'ont jamais beaucoup à investir au démarrage: la communication. La rédaction vous dispense trucs et astuces, ça et là pour organiser votre stratégie et votre content marketing. Nous avons également souhaité dresser un panorama des régions pour mettre en relief leur forces et leur attractivité. Et pour finir ce cahier pratique, retrouvez le témoignage d'experts sur l'avenir des points de vente physique, et plus particulièrement les centres commerciaux. Un aperçu de ce qui vous attend si vous entreprenez "phygitalement"...
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]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
La création d’entreprise, c’est avant tout du concret et de l’opérationnel. D’où cette rubrique qui explore de manière très pratique l’une des phases de l’entrepreneuriat.
Concevoir et déployer son plan de communication
La communication pour les « nuls »
   Expertises et conseils de professionnels de la communication pour éviter de faire feu de tout bois sans retour. Beaucoup de stratégie, une pincée d’agilité, un soupçon de malice mais surtout beaucoup de psychologie et de contenus adaptés...
peut le faire avec des chiffres et des prévisions, de façon froide. Mais les personnes ont besoin de sens. Donner du sens c’est naturellement raconter une histoire. Tout ce que les conteurs savent faire. Le leader doit faire rêver. Et on ne fait pas rêver avec des tableurs Excel. »
Mais pour mettre en musique le récit, encore faut-il définir le message, son format et son canal de distribution. Pour cela, rien ne vous empêche de discuter avec vos collègues du service commercial qui auront pour vous pré-identifié les prospects et le public ciblé. Quoi qu’il en soit, les approches BtoB diffèrent du BtoC. Il ne s’agit pas des mêmes canaux de promotion, notamment des mêmes médias. « Ils sont certainement plus limités dans le BtoB, plus exclusifs, moins accessibles. Les médias BtoB sont souvent des médias de niche, peu connus mais très respectés dans leurs secteurs et considérés comme notre «cœur de cible». Le travail avec eux
est plus complexe. Mais il faut impérativement les connaître et tisser des liens solides avec eux. La communication auprès de publications, journalistes, blogueurs et influenceurs spé- cialisés se révèle précieuse dans une situation de déploiement sur un marché », explicite Carine Lennuyeux.
Outre cette granularité re- cherchée dans l’audience, l’autre défi pour le BtoB sera de gagner en notoriété et en influence en adaptant ses conte- nus pour séduire des médias plus généralistes. « Dès lors, il faut identifier de nouveaux angles ou prétextes pour avoir la possibilité de toucher une presse plus généraliste. Pour les start-up, les médias audio- visuels, par exemple, seront approchés avec des angles business plus «BtoBtoC». Le but est d’élargir la cible et de basculer d’un contenu pure- ment BtoB à des sujets acces- sibles au plus grand nombre », poursuit la spécialiste des RP. La question du ton n’est pas non plus à éluder. Le BtoC
 Par Geoffroy Framery
Communiquer n’est-il qu’une question de bon sens ? Pas vraiment,
car la concurrence oblige les entreprises à faire preuve d’ori- ginalité tant dans le contenu que dans le format. Un lieu commun, pensez-vous. Eh bien, détrompez-vous car la démultiplication des points de contacts entre votre marque et son usager, la démocra- tisation des médias et bien sûr « l’infobésité » orientent doucement les entreprises quelles qu’elles soient vers un nouveau mode de pensée de la communication. TPE, PME, start-up et ETI en particulier, sans oublier grands groupes, tous sont amenés à devenir des entreprises médias et à « éditorialiser » leurs conte- nus. Les créations de ce poste se multiplient. Pas une mince affaire à l’heure où la com- munication corporate, figée, peu empathique, nombriliste et souvent trop laudative fait encore des émules entre les murs de nombreuses entre- prises. Chers lecteurs, quelques conseils pour engager votre communication dans la bonne direction. Sans prétendre à l’exhaustivité.
un pic, un Roc, un cap... que diS-je... fixeR un cap ?
« La première chose à prendre en compte, c’est de s’adapter à son audience : comprendre à qui nous nous adressons, connaître les besoins de son
prospect ou client, ses habi- tudes. Et surtout se demander quelle mécanique va pousser à l’achat. Comprendre la psy- chologie de son audience est primordial. Pour ensuite se demander jusqu’à quel point je segmente mon discours en fonction des publics que je souhaite toucher », introduit Diane Gaillard, co-fondatrice de StandOut, agence de forma- tion en communication pour les start-up et de Consultancy32, réseau international d’experts en communication.
Or, les petites entreprises et les start-up ne peuvent pas capi- taliser sur le même sujet que les grands groupes. Difficile pour elles de témoigner de leur présence à l’international, de leur nombre d’employés, de leurs filiales, des avan- tages corporate à intégrer leur groupe... Le message n’est de fait pas le même. Très pragmatiquement, il importe de se demander comment bien allouer le budget dont on dispose : outbound mar- keting ou content marketing, acquisition de trafic sur le site Internet, relations presse... Parmi ces différents outils, l’établissement d’une stratégie de communication permet de retrouver les grandes lignes directrices quel que soit l’ou- til. Souvent les entreprises s’épuisent car elles n’ont pas tissé de fil rouge. D’autant que la stratégie permet aux messages de s’aligner sur les thèmes de communication
choisis.
Sur le sujet de la cohérence, Jeanne Bordeau, fondatrice et présidente de l’Institut de la qualité de l’expression, avance que « le storytelling permet à une marque de s’incarner dans une saga. Le storytelling est transmédia. Les réseaux so- ciaux ont rendu le storytelling de marque plus accessible et immédiat et exige la cohérence justement fondée par une his- toire ». Le storytelling connaît donc son apogée à l’ère des social medias tout en procurant un avantage concurrentiel : « Dans de nombreux marchés, nous sommes arrivés dans une situation de concurrence pure et parfaite ou les produits sont quasiment fongibles ou substituables. Dans ce cas précis, la marque et le sto- rytelling qui lui est associé auront pour but de créer un sentiment d’appartenance plus que de parler de subtilités techniques. Car sans histoire, il n’est point de communauté », constate Marcel Botton, expert des marques et dirigeant de l’agence Nomen
BtoB et Btoc, même comBat maiS StRatégieS diffé- RenteS
« Notre rôle est de trouver une ou plusieurs histoires à
raconter. Avec les start-up, il faut être original et créatif. C’est souvent l’occasion de mettre en lumière des profils d’entrepreneurs atypiques », introduit Carine Lennuyeux, fondatrice et gérante de l’agence RP au carré. Hamid Bouchikhi, professeur de management à l’ESSEC et professeur et directeur du Centre Impact Entrepreneurship abonde dans cette forme de mise en scène : « Un leader articule une vision et un projet autour d’un groupe qui va se les approprier. Il
    Tendances marketing et communication
Enquête de l’Institut de la qualité de l’expression
Jeanne Bordeau, fondatrice de l’Institut de la qualité de l’expression, chroni- queuse à EcoRéseau Business, a déli- vré au mois d’avril un état des lieux et les perspectives de l’écriture digitale à partir d’un questionnaire qualitatif re- présentatif de 60 acteurs économiques majeurs qui ont mis à contribution leurs directions communication, marketing, relation client et ressources humaines. Quels faits saillants ? Tout d’abord, la langue bouleversée en externe comme en interne. L’utilisation des datas et l’interactivité permise par le digital a d’abord touché les écrits de la relation client. Le second secteur touché par la transformation digitale est l’interne où les échanges sont fluidifiés. Les inno-
vations placent les collaborateurs en véritables ambassadeurs de voix de l’en- treprise. L’écriture digitale, elle, est plus rythmée, vivante. Elle devient une écri- ture de conversation. Le canal le plus utilisé demeure le site interne, en tant que référence de l’expression de l’iden- tité de l’entreprise. Twitter est le grand gagnant des réseaux sociaux, même si la mode, le luxe, la cosmétique affec- tionnent particulièrement Instagram. Autre tendance, celle des nouveaux ac- teurs du contenu, de la relation client et de la structuration de l’écriture. L’Insti- tut de la qualité de l’expression met en exergue un foisonnement de nouveaux métiers et de titres.
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La com’ actuelle a conscience que la manipulation des influenceurs est impossible...
]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
 est souvent moins solennel. Le contenu va être destiné à alimenter une image de marque ou mettre en avant le produit de façon émotionnelle. « Le BtoB cherche davantage la conversion ou le lead à travers des expertises, livres blancs, et autres contenus de haute valeur », qualifie Carine Len- nuyeux.
Reste ensuite à penser la coor- dination de votre commu- nication avec vos exigences marketing. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le community management afin de fidéliser l’audience par du contenu de qualité tout en suscitant l’acte d’achat... Il permet ainsi de cultiver votre « absolute moment of truth »... par la diffusion de vos stimuli de communication.
et à l’inteRnatio- nal ?
« Je recommande aux créateurs et aux startuppers d’intégrer la dimension internationale dès le début de leur stratégie de communication », intro- duit Diane Gaillard. Certes en comparaison avec le plan de communication national,
les outils diffèrent peu, mais les contenus changent presque du tout au tout. Un rewriting s’impose. Et un changement d’attitude aussi. L’effort se situe dans l’adaptation de son discours et de son image pour coller aux façons de faire des influenceurs et journalistes étrangers.
« Il faut se poser la question de ce qui est essentiel à parta- ger. Parler de soi n’intéresse pas tellement les autres et les journalistes s’indiffèrent quand vous communiquez uniquement sur qui vous êtes. Il importe de fédérer une communauté en s’exprimant sur des sujets qui rallient l’audience ciblée », explique Diane Gaillard. Vous l’aurez saisi. L’idée est de se créer une réputation en terra incognita. Vous êtes un explo- rateur, résolu à itérer la manière de délivrer vos messages jusqu’à temps de faire mouche. « A l’international comme dans son marché local, il faut de- venir un leader d’opinion et expert dans son secteur d’ac- tivité au sens large, connaître l’écosystème attenant, l’inno- vation, les bonnes pratiques, etc., rappelle Diane Gaillard.
La clé de la communication est aussi de rassurer les clients qui ne vous connaissent pas ou qui veulent prendre le temps de vous connaître. »
Cas pratique avec Early Metrics, agence internationale de notation de start-up et PME innovantes. Celle-ci analyse le potentiel de croissance de jeunes entreprises technologiques pour le compte des différentes directions (direc- tions achat, RH, innovation...) de grands groupes ou encore d’investisseurs. Créée il y a quatre ans, Early Metrics est désormais présente à Paris, Londres, Tel Aviv et Berlin et compte une cinquantaine de collaborateurs. « Au moment de nous déployer à l’international, nous avons souhaité accentuer notre communication et avons fait appel à Diane Gaillard pour son expertise en relations presse. Le Royaume-Uni présentait une opportunité commerciale avec un enjeu marketing intéressant. Dès le départ, nous avons pris le parti de nous positionner en tant qu’expert dans la re- lation start-up/grand groupe, en proposant des articles de fond sur ce sujet, ainsi que sur des thématiques d’innovation
sectorielle comme l’énergie, le transport, la finance. Nous nous sommes aussi positionnés sur certains sujets d’actualité comme le Brexit. Après une phase d’externalisation, nous avons intégré la fonction créa- tion de contenus afin d’être plus réactifs », décortique Soline Kauffmann-Tourkestansky, Global Head of Ecosystem chez Early Metrics
La communication doit éga- lement être agile, non seule- ment pour rebondir sur « l’actu chaude » qui la concerne mais également pour créer et s’adap- ter à son lectorat si le contenu ne crée pas d’interactions ou d’engagement. « Il faut ap- prendre aux entrepreneurs à s’ouvrir et être à l’écoute. Il faut être capable de s’au- to-critiquer : si on fait une campagne qui ne marche pas, il faut savoir se remettre en cause rapidement » ajoute Diane Gaillard. Finalement, ce qui s’applique à l’indus- trie, convient également à la communication, car comme le scandait A.kio Morita, ancien PDG de Sony, « think glocal » (« glo-bal » and « lo-cal », NDLR).
 Paroles d’expertes
Les erreurs à ne pas commettre
-L’avis de Diane Gaillard, co-fondatrice de StandOut, première marque de formation en communication pour les start-up, et de Consultancy32 : « Les entre- preneurs font souvent l’erreur de «pitcher» de la même façon qu’il s’agisse d’un grand groupe en rendez-vous client, d’une banque à convaincre pour un futur inves- tissement ou d’un prospect sur les réseaux sociaux. La forme et le fond diffèrent selon les interlocuteurs. Par exemple, vous serez plus sur le registre émotionnel sur les réseaux sociaux tandis que vous serez plus axé sur les chiffres quand il s’agira de «séduire» une banque ou de nouveaux investisseurs »
-L’avis de Carine Lennuyeux, fondatrice et gérante de l’agence RP au carré :
« Persuadées de leur proposition de valeur ou par be- soin de visibilité rapide, les start-up sont parfois trop pressées de communiquer alors qu’elles ne sont pas prêtes. Concrètement, je me souviens d’un projet que j’accompagnais qui développait un service très ambi- tieux dans la civic-tech. Le client voulait profiter d’un moment qu’il pensaitpropice à la communication en France puisque nous approchions des élections prési- dentielles. Le calendrier a pris le dessus. Et les jour- nalistes, quoi qu’enthousiasmés par l’idée, se sont vite aperçus que la plateforme n’était pas tout à fait opéra- tionnelle... Or, on n’a souvent qu’une chance avec les journalistes ! Dans notre mission de conseil, il y a aussi l’identification du bon moment pour lancer les relations presse »
   Cédric Ternois
Président de Jalix
Le numérique est partout,
Dans la gastronomie, les chefs de renom sont une inépuisable source d’ins- piration et d’apprentissage pour les managers recherchant l’excellence dans la gestion de crise, la capacité à travailler sous
pression mais aussi à former et à inspirer les futurs talents.
J’ai récemment échangé avec un grand chef et j’ai découvert des passerelles
cachées entre la cuisine et le bureau des grandes entreprises, qui vont au-delà des qualités humaines les plus recherchées.
J’ai en effet constaté que la transformation numérique était même au service de nos papilles et que l’esprit créatif de nos chefs pouvait être assisté.
Pour tester de nouvelles associations, le grand chef n’hésite plus à utiliser de manière intelligente les différentes technologies disponibles. Il ne s’agit pas ici de substituer l’ingéniosité humaine à la rationalité d’une machine, mais d’accom- pagner la prise de décision, en fournissant, sur une palette de plusieurs milliers de combinaisons possibles, les associations gustatives les plus pertinentes. Ces applications qui permettent de traiter les caractéristiques de différents pro- duits tout en assurant une certaine cohérence dans la compatibilité des résultats peuvent s’imaginer dans une multitude de marchés aussi différents que la mode et l’industrie.
C’est vrai que je m’étais toujours demandé comment les chefs pouvaient parfois tester des associations gustatives improbables sans être malades, ces applications sont là pour cela... Mais c’est une boutade bien entendu, car leur sens inné des saveurs les épargne déjà d’accident gustatif mais par contre, ce type d’application leur permet de confronter rapidement des hypothèses et peut leur faire gagner un temps précieux.
Et finalement la morale de cette histoire est que le numérique est bien au service de nos chefs dans le cas présent ou de manière générale de nos entreprises, mais l’intelligence reste l’adage de l’homme, sans lancer un débat sur l’Intelligence Artificielle...
La transformation numérique est un formidable accélérateur de croissance et le champ des possibles est impressionnant comme en a témoigné le Viva Tech... mais des solutions innovantes mais néanmoins très pragmatique se retrouvent jusque dans nos assiettes.
même dans mon assiette
Depuis de nombreuses années, le monde des affaires s’inspire volon- tiers de certaines pratiques issues de métiers très différents.
Le plus souvent, il s’agit de tirer parti d’expériences managériales qui ont fait leurs preuves, notamment dans le milieu du sport. On ne compte ainsi plus les interventions d’anciens entraîneurs et sélectionneurs de rugby ou de handball auprès d’un parterre de directeurs, pour leur insuffler l’esprit et l’énergie nécessaires à la mobilisation des troupes dans les moments difficiles. J’avais également suivi une conférence passionnante d’un ancien négociateur du GIGN qui traduisait l’importance d’une bonne communication au sein d’une équipe et entre différentes équipes.
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
Pratiques numériques
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[ CAHIER PRATIQUE
Business guides
Dans chaque numéro, EcoRéseau Business s’intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeant (logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l’avis des prestataires et conseils
Panorama des régions
Treize à table !
La réforme du 16 janvier 2015 a profondément modifié le visage de notre pays. Donner envie d'y aller, d'y vivre,
d'y investir. L’enjeu est de taille pour les 13 régions de la France métropolitaine qui se livrent à un véritable marketing territorial. La rédaction a choisi d’analyser les attraits et les forces de chacune d’elles dont les dimensions se rapprochent de leurs consœurs européennes, à l’instar des Länder allemands. Quatre filtres ont été retenus : l’écosystème entrepreneurial, les secteurs clés en termes d’emploi, la coopération territoriale et européenne ainsi que le poids du tourisme.
Par Jonathan Nahmany
Auvergne - Rhône-Alpes
Ecosystème entrepreneurial : première Région de France à mettre en place une « French Fab » régionale qui dispose d’un dispositif complet pour les entreprises industrielles,
TPE, PME et ETI, en matière d’innovation et de digi-
talisation, allant du diagnostic au financement dédié
en passant par l’accompagnement à l’investissement.
Secteurs clés : mécanique, composants électroniques,
énergie, pharmacie, technologies médicales, décolletage,
pneumatique, plasturgie, éco-technologies, chimie...
Coopération territoriale et européennes : l’Union euro-
péenne a créé un programme de coopération transfron-
talière autour des Alpes latines : ALCOTRA. Une coopération affirmée dans les domaines du social, de l’économie, de l’environnement et de la culture.
Tourisme : avec 19,7 milliards d’euros de consommation touristique, soit 8,1 % du PIB, c’est aussi la 2e économie touristique de France.
Le regard de Philippe Guérand, président de la CCI Auvergne - Rhône-Alpes : « Nous avons à la fois la taille, la diversité et l’agrément de vie. Avec ses 70 000 km2 et ses 8 millions d’habitants, la région a la taille d’un petit pays. Son tissu économique est particulièrement dynamique. En termes de PIB, elle se classe à la deuxième place française et à la quatrième au niveau européen. La région réalise 12,6 % des exportations françaises et son taux de chômage (8,8 %) y est inférieur à la moyenne nationale. »
Bretagne
Ecosystème entrepreneurial : l’objectif de la stratégie régionale de déve- loppement économique, d’innovation et d’internationalisation est de fixer un cap : la « glaz-économie » mêlant le bleu (économie marine), le vert (l’agriculture et l’agro-alimentaire) et le gris (numérique).
Secteurs clés : l’agriculture et la pêche se maintiennent mais une industrie performante s’est aussi développée autour de quatre champs d’activités phares (l’agroalimentaire, les télécoms, l’automobile, la construction navale). Le secteur des services connaît également un essor important.
Coopération territoriale et européennes : doté d’une enveloppe de 307 M€ gérés par la Région, le Fonds européen de développement régional (FEDER) intervient dans les domaines de la recherche, de l’innovation et du numérique, et accompagne la transition énergétique et écologique.
Bourgogne-Franche-Comté
Ecosystème entrepreneurial : Dijon et son écosystème ré- gional sont membres du réseau thématique Food Tech.
La FoodTech Dijon Bourgogne-Franche-Comté est au croisement de trois enjeux majeurs : santé et bien-être,
goût et plaisir et environnement, sur un domaine clé,
l’alimentation.
Secteurs clés : l’industrie automobile est l’un des plus
importants employeurs de la région, avec le site historique
du constructeur PSA à Sochaux et ses nombreux équipe-
mentiers. L’industrie de la chimie, des caoutchoucs et
des plastiques occupe également une place importante.
Coopération territoriale et européennes : partenaire de plusieurs projets européens, dont le projet Astus, co-financé par Interreg Espace alpin, qui vise à trouver des solutions de mobilité « bas carbone ».
Tourisme : le secteur génère 3 % de l’emploi dans la région selon des statis- tiques de l’INSEE.
Le regard de Marie-Guite Dufay, présidente de la Région : « Notre économie est à la fois plus industrielle et plus agricole, et elle dispose de champions nationaux et internationaux qui font l’excellence de notre région, qu’il s’agisse de l’automobile, de la mécanique de précision, de l’énergie ou de l’agroalimen- taire, avec des niveaux de recherche et développement qui nous placent parmi les meilleurs. C’est en Bourgogne-Franche-Comté que l’on invente l’énergie de demain, les véhicules et les trains du futur, les nouvelles conceptions de la nutrition et les thérapies innovantes. »
Tourisme : la région est la 4e destination touristique
hexagonale en termes de fréquentation, et est celle qui
est la mieux identifiée en termes de notoriété.
Le regard de Loïg Chesnais-Girard, président de la Région :
« Entre terre et mer, alliant tradition et innovation, la Bre-
tagne cultive, dans un cadre de vie apprécié, une identité
forte nourrie par une ouverture au monde jamais démentie.
Une «marque» reconnue et plébiscitée qui lui permet de se
placer en pointe dans de nombreux domaines : industrie, énergies renou- velables, numérique, cybersécurité, pêche, agriculture... en se montrant créative et compétitive. »
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[ Business guides
Centre-Val de Loire
Ecosysteme entrepreneurial : la région a officialisé le 10 novembre dernier
la création de son Conseil régional du numérique (CR’NUM). Une première
en France. Sous la forme d’un espace de discussion, il réunit entrepreneurs, universitaires et acteurs de l’écosystème numérique local (représentant plus de 20 000 emplois).
Secteurs clés : l’industrie agroalimentaire (9,5 % de l’effectif), la plasturgie (7,4 %),
la pharmacie (6,2 %), la métallurgie (5,8 %, en majorité de la sous-traitance) et le
secteur du caoutchouc (5,1 %).
Coopération territoriale et européennes : la région anime le réseau Europe O Centre. Composé des acteurs mobilisés sur les questions européennes, il permet de mieux diffuser l’infor- mation de l’Union européenne et de créer une dynamique propice à l’émergence de projets européens sur le territoire.
Tourisme : 32 700 emplois sont liés au tourisme, ce qui représente 3,5 % de l’emploi total de la région. Le regard de Mathieu Petit, conseiller du président de Région : « Région de nature et de culture, le Centre-Val de Loire est reconnu pour sa qualité de vie, le charme de ses paysages et la splendeur de son patrimoine historique, naturel et culturel. Le Val de Loire et ses châteaux, berceau des rois de France, est d’ailleurs classé au patrimoine mondial par l’Unesco. Région motrice aussi, à travers ses pôles d’excellence dans les domaines essentiels de la gestion de l’énergie, des ressources en eau, de la pharmacie, de la cosmétique et de l’aéronautique. »
Corse
Ecosystème entrepreneurial : se révèle être en pleine émulation
pour se structurer, se muscler et gagner en visibilité. Toute la com- munication visuelle rappelle les codes de la French Tech. Pourtant, il n’en est rien. Aucun label n’a été attribué sur ce territoire, aucun réseau thématique non plus. Mais avec un sanglier version origami pour emblème, les entrepreneurs corses veulent, eux aussi, être identifiés dans le tissu numérique français.
Secteurs clés : agroalimentaire et énergie.
Coopération territoriale et européennes : la Corse consacre près de 20 % de la
dotation FEDER pour engager le territoire régional dans la transition énergétique en augmentant la part des énergies vertes et en diminuant la consommation énergétique dans les logements collectifs et bâtiments publics tertiaires.
Tourisme : sur l’île, un emploi sur dix est lié au secteur.
Le regard de Philippe Albertini, directeur général de CCI Corse : « Bénéficiant des effets fa- vorables du tourisme et de la forte expansion de la construction, sa situation économique offre de multiples opportunités aux porteurs de projet. Elle connaît notamment un fort potentiel dans différents domaines, et, plus particulièrement, dans celui de la création d’entreprises. Cette dy- namique entrepreneuriale est un point fort pour l’économie locale car la Corse est considérée comme l’une des régions les plus créatrices d’entreprises. »
Hauts-de-France
Ecosystème entrepreneurial : la région lilloise regorge d’incubateurs
et accélérateurs mis en place par l’Etat et les collectivités locales pour
les start-up. Labellisée French Tech, Lille et sa région offrent une large
palette de dispositifs et programmes d’accompagnement publics, capables
de faire éclore les jeunes pousses du numérique.
Secteurs clés : Avec 17 000 établissements et 9,7 % des effectifs nationaux,
l’industrie reste le 1er secteur employeur de la région.
Coopération territoriale et européennes : situés au centre de l’Europe du
Nord-Ouest, les Hauts-de-France disposent d’une position géographique stratégique, à proxi- mité des principales capitales européennes : Bruxelles, Londres, Paris. L’État accompagne et conforte l’ouverture internationale de la région, source de dynamisme économique et de plus grande solidarité entre les territoires, en s’impliquant dans quatre niveaux de coopération : la coopération territoriale européenne, la coopération franco-britannique, la coopération fran- co-belge, la coopération décentralisée.
Tourisme : près de 70 000 emplois, 4 % du PIB régional... En Hauts-de-France, le tourisme est une industrie à part entière, située au cœur du bassin de consommation le plus riche d’Europe avec 78 millions d’habitants dans un périmètre de 300 kilomètres.
Le regard de Philippe Hourdain, président de la CCI Hauts de France : « Le tertiaire supérieur a continué à recruter, le numérique explose et la distribution connaît, elle aussi, de beaux jours. La logistique et les transports jouissent, eux, d’un positionnement des Hauts-de-France leur assurant de formidables atouts pour le développement de cette économie. »
Grand Est
Ecosystème entrepreneurial : la Ré-
gion a un rôle important à jouer dans
la préservation d’un équilibre territo-
rial et d’un tissu économique de proximité
en tirant parti de l’effet d’entraînement des agglomérations pour irriguer l’ensemble du
territoire régional. Le but : doper la création
de start-up issues de la recherche régionale
via un travail avec les sociétés d’accélération
du transfert de technologies (SATT) mais aussi consolider un réseau des incubateurs labellisés.
Secteurs clés : l’industrie, la bioéconomie et l’artisanat. Coopération territoriale et européennes : pour la période 2014-2020, plus de 1,4 milliards de fonds européens sont dé- diés aux projets mis en œuvre sur le territoire du Grand Est grâce en particulier au programme INTERREG. De nombreux projets sont lancés autour de la mobilité et du développement territorial, de l’éducation, de la formation...
Tourisme : les destinations touristiques composantes de la Région Grand Est (l’Alsace, la Lorraine, la Champagne, l’Ardenne, les Vosges) ont développé une économie bâtie principalement sur la rencontre, le lien social, l’expérience et les savoir-faire partagés ainsi que sur des événements et des animations s’appuyant sur des traditions fortement ancrées. Le regard de Jean Rottner, président de la Région Grand Est : « Mon ambition est de faire du Grand Est une région attrac- tive, connectée, compétitive et innovante. On peut compter sur notre leadership industriel, l’excellence de nos savoir-faire et notre engagement pour la transformation industrielle. Les po- tentiels sont là. A nous de les accompagner dans la transition vers l’Industrie du Futur. Car la réussite de nos entreprises, c’est la réussite de notre Région. »
Île-de-France
Ecosystème entrepreneurial : la Région mise
sur les start-up pour faire de l’Île-de-France la
« Silicon Valley » de l’Europe. Soutien financier,
parcours d’accompagnement, appels à projets... elle
déploie un panel d’aides pour soutenir la stratégie
de croissance de ces entreprises prometteuses. De-
puis deux ans, la Région Île-de-France, 1ère région
économique d’Europe, s’engage dans une démarche
résolument pro-business et largement tournée vers l’innovation. Elle est un partenaire majeur des start-up franciliennes et internationales. Secteurs clés : première région aéronautique française. La filière des contenus numériques est portée par un tissu de PME dynamiques et créatives. Plusieurs autres filières, telles que la chimie, les industries agro-alimentaires ou l’industrie du luxe, contribuent également au développement de l’économie francilienne.
Coopération territoriale et européennes : dans le cadre de la Stratégie Europe 2020, la région Île-de-France entend donc répondre à quatre défis : le développement harmonisé de son territoire, en particulier des zones urbaines sensibles ; le renforcement de sa position compétitive en Europe et dans le monde, en mettant l’accent sur les PME/PMI ; l’amélioration de l’insertion sociale et professionnelle, notamment pour les jeunes et les personnes les plus fragiles ; et la mise en œuvre de réponses adaptées à l’urgence environnementale.
Tourisme : première destination mondiale avec 49 millions de touristes accueillis en 2017. 500 000 emplois directs et indirects.
Didier Kling président de la CCI Île-de-France : « Il y a un projet éco- nomique qui est assez exceptionnel pour le territoire, et il faut qu’on veille à ce que ce projet se réalise, c’est le Grand Paris Express. Il doit se réaliser, dans l’intérêt des entreprises mais aussi et surtout dans l’intérêt général. Derrière, ça doit contribuer pour partie à régler les problèmes de chômage, à structurer l’Île-de-France. »
56 JUIN 2018 | ecoreseau.fr
CAHIER PRATIQUE
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[ Business guides
Normandie
Ecosystème entrepreneurial : la Normandie, avec
son axe Seine, s’inscrit dans la dynamique du Grand Paris. Des villes comme Rouen, Le Havre ou Caen développent une attractivité qui devrait contribuer à doper l’écosystème innovant normand.
Secteurs clés : la construction, le commerce et le secteur
des services reflètent la vitalité économique de la région.
Coopération territoriale et européennes : la Région participe
à des réseaux qui permettent à leurs membres de promouvoir leurs intérêts communs et de coopérer sur des projets : la Conférence des régions périphé- riques maritimes d’Europe (CRPM) et l’Association française du conseil des communes et des régions d’Europe (AFCCRE).
Tourisme : la fréquentation touristique génère 38 000 emplois en moyenne annuelle, avec un pic à 50 000 l’été.
Hervé Morin, président de la Région Normandie : « Du Mont-Saint-Michel à Étretat en passant par Giverny et Omaha Beach, la Normandie figure parmi les régions les plus connues au monde. Elle tire ses forces économiques de ses nombreux secteurs d’excellence : automobile, chimie-pharmacie, flaconnage de luxe, nucléaire et énergies renouvelables, filière équine, électronique, agro-alimentaire... Que ce soit au niveau économique ou touristique, son po- tentiel en termes d’attractivité et de développement est sans limites ! »
Occitanie
Ecosystème entrepreneurial : la Région se positionne en véritable pépinière d’entreprises. Les raisons : un bon maillage du territoire en outils d’accompagne- ment, une interconnexion entre les acteurs de la recherche, de l’accompagnement, les réseaux tels que LeadeR Occitanie et les start-up.
Secteurs clés : l’Occitanie est la deuxième région française en termes d’emploi agricole. L’accent est tout particulièrement porté sur l’agriculture biologique. Coopération territoriale et européennes : depuis 2001 (Midi-Pyrénées) et 2006 (Languedoc-Roussillon), à l’instar de 220 régions européennes, la Région est pré- sente à Bruxelles. L’objectif : travailler le plus en amont possible avec les institu- tions européennes pour anticiper, voire influencer les décisions communautaires.
Pays de la Loire
Ecosystème entrepreneurial : lancé par la région, l’appel à projets baptisé Résolutions marque son en- gagement en faveur du développement économique via l’innovation.
Secteurs clés : si la région bénéficie d’un tissu économique diversifié, elle possède également certaines spécificités sectorielles. L’industrie et l’agriculture sont davantage représentées en Pays de la Loire qu’au niveau national, au contraire de certaines activités de services.
Coopération territoriale et européennes : le rôle du dispositif CAP Europe est d’encourager les Ligériens à participer à des projets de coopération trans- nationale, en contribuant notamment au cofinancement d’un projet européen (type Erasmus), et de soutenir des actions ou colloques d’information sur les politiques européennes ayant un impact utile sur le territoire.
Tourisme : 18 millions de visiteurs annuels, ce qui place la région au 6e rang national.
Le regard de François Bonneau, président de Région : « Le Centre-Val de Loire est l’une des toutes premières régions agricoles de France, et la première en Europe pour la culture céréalière. C’est le grenier à blé du pays. C’est enfin une grande région industrielle, qui produit notamment 40 % de la production pharmaceutique nationale, et occupe une position de premier plan dans de nombreux secteurs »
Nouvelle Aquitaine
Ecosystème entrepreneurial : dans sa volonté de rendre encore plus compétitives les entreprises du territoire, en particulier à l’international, la Région a mis en place, en
lien avec Bpifrance, un programme d’accompagnement ren- forcé, sélectif et sur mesure : Nouvelle-Aquitaine Accélérateurs. Secteurs clés : l’industrie se montre particulièrement dyna- mique avec des filières d’excellence comme l’aéronautique et l’aérospatial.
Coopération territoriale et européennes : depuis 2015, la Région
œuvre au sein de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM, 150 Régions) pour promouvoir un développement plus équilibré du territoire européen dans plusieurs domaines (transports, recherche, emploi-formation, énergie, pêche).
Tourisme : 720 km de littoral, 12 milliards d’euros de dépenses touristiques et plus de 103 000 emplois liés au secteur.
Le regard de Rachid Belhadj, directeur du service de presse de la Région : « Fruit d’un soutien massif de la Région envers ses artisans, usines et entreprises, la reprise économique bat son plein en Nouvelle-Aquitaine. En effet, la Région a su créer un véritable écosystème de talents, grâce à un accompagnement de proximité et le pari de l’innovation, à travers des programmes comme «Usine du Futur» ou «Booster», ou encore le développement des clusters et filières. »
Tourisme : deuxième industrie de la région devant le BTP et l’aéronautique et talonnant le secteur « agriculture–agroa- limentaire ».
Le regard de Carole Delga, présidente de la Région :
« Située au cœur de l’arc méditerranéen, carrefour de civili-
sation, la région vit une double dynamique d’intégration euro- péenne et de coopération avec de nombreux pays du bassin méditerranéen. Pour l’Europe du Nord et du Sud, elle est un
espace ouvert et attractif, grâce à ses moyens de communica-
tion (maritimes, aériens et terrestres), mais aussi ses pôles universi- taires et de recherche et son réseau de PME internationales ».
Paca
Ecosystème entrepreneurial : la région est à cheval sur trois pôles labellisés French Tech: Aix-Marseille, Nice Sophia-Antipolis et Avignon. Ils sont le reflet de sa vitalité et son dynamisme.
Secteurs clés : avec 400 000 emplois directs et indirects, l’in-
dustrie représente près d’un tiers des emplois salariés privés
de la région.
Coopération territoriale et européennes : du fait de sa posi-
tion géographique, la région est très impliquée dans la coopération territoriale européenne. Pour la période 2014-2020, elle participe à cinq programmes de coopération.
Tourisme : deuxième destination pour l’accueil des touristes internationaux, PACA accueille chaque année 31 millions de séjours touristiques. L’économie touristique génère en région 18,6 milliards d’euros, soit 13 % du PIB régional, et représente 141 000 emplois associés.
Le regard de Philippe Servetti, PDG de Team Côte d’Azur : « Au-delà de sa qualité de vie exceptionnelle, la Côte d’Azur constitue un véritable «living lab» au cœur de la smart city Nice Côte d’Azur et de Sophia Antipolis, 1ère technopole d’Europe. Connectée à l’international grâce à son aéroport, classé 2e de France, la Côte d’Azur multiplie les atouts : une offre immobilière compétitive, un vivier de talents spécialisés notamment dans l’IT, et des secteurs technologiques de pointe (bio- tech, IA, automotive, cleantech...). »
58 JUIN 2018 | ecoreseau.fr
CAHIER PRATIQUE
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                                                   ALORS DÉCOUVREZ LA NOUVELLE ATTRACTION 2018
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   ]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 Immobilier et retail
La grande mue
moderne doit être motivée. « On veut faire des lieux qui ne ressemblent pas à des lieux de commerce. On essaye de sortir des sentiers battus en faisant du centre commercial un point de rendez-vous divertissant, ludique et confortable », note par exemple Sandrine Bober, responsable projet et innova- tion chez Hammerson, société foncière spécialisée dans le retail, qui illustre son propos en citant les toits végétalisés d’Italie 2. « On sait qu’il y a une attente particulière en matière de végétalisation et de lumière naturelle », ajoute- t-elle. En plus de divers la-
venus un champ d’expérimen- tation pour notre profession. Dans la tête de certaines gens, le centre commercial est une grosse boîte moche. C’est faux, il s’agit de l’un des secteurs les plus innovants au niveau de l’architecture. » Logique, plus un lieu est beau, plus il est attirant. Tant pour les clients que pour les franchises.
leSS iS moRe ?
En matière de consommation « en dur », il convient de dis- tinguer deux types de com- portements. En premier lieu, ce qu’on appelle le shopping de devoir. Pour celui-ci, la
vier Rasquinet, dont l’agence a récemment développé le concept G La Galerie pour la société Mercialys. « Tout ce qui n’est pas indispensable pour les courses est supprimé. On exprime l’idée d’efficacité. Ces mesures ont engendré une hausse de fréquentation. » Il distingue ce style de consom- mation du shopping loisir. Celui où le temps n’est pas compté. « Là, des investissements sur l’expérience et le parcours client sont indispensables. » Et inutile de préciser que le parcours client est enrichi à l’aide d’un design innovant. Là où, il y a une dizaine d’an-
  Pour cacher l’aspect fourmilière, l’effet
« waouh » est recherché.
Face à la digitalisation massive des achats et une saturation du territoire, les centres commerciaux sont contraints de revoir leur modèle historique en diversifiant leur offre. Mais attirer le visiteur en boutique passe aussi par une prise de conscience des problématiques architecturales, tant sur le plan de l’ergonomie que du design visuel. Focus sur cette nouvelle approche.
Faire du centre commercial un lieu de destination volontaire et non
un passage obligé
  Par Marc Hervez
bels environnementaux, les donneurs d’ordre axent leurs demandes vers toujours plus de spectaculaire. « A chaque nouveau projet, nos clients réclament un «effet waouh», admet Thierry De Dinechin, architecte associé fondateur du cabinet ZUO. Résultat, les centres commerciaux sont de-
politique du « less is more » semble la mieux adaptée aux modes de consommation mo- dernes. C’est-à-dire qu’il faut s’affranchir de toute futilité, tout en simplifiant l’expérience, via notamment la facilitation de la recherche produit. « La simplicité et la sobriété sont les maîtres mots », pointe Oli-
nées, le design était envisagé comme un coût (élevé), il est aujourd’hui considéré comme un investissement par les ac- teurs de l’immobilier commer- cial, qui ne sont plus rétifs à l’idée de doter leurs espaces de matériaux nobles. « Le design permet d’une part de faire la différence par rapport à
 80%
dans le retail et la concep- tion de centres commerciaux et d’hypermarchés, nuance : « Certains centres commer- ciaux souffrent, ce n’est pas un secret. On entend parler de fermetures, de dépôts de bilan. Pourtant, en France, il y a plus de mètres carrés qui ouvrent que de mètres carrés qui ferment. » C’est bien la preuve que le magasin physique a encore de beaux jours devant lui et continuera à attirer le chaland... A condition de bâtir une stratégie tenant compte des nouveaux enjeux de l’époque. « Le consommateur aimera toujours aller en boutique, poursuit Olivier Rasquinet. Le contact humain reste essentiel, à l’heure du tout digital. Un site marchand ne proposera jamais d’expérimenter le produit en live, par exemple. Le retail n’est pas mort, il est simplement en mutation. »
effet « Waouh »
L’enjeu est de taille et va plus loin que le simple seuil de rentabilité des gestionnaires de parcs : l’activité des centres commerciaux, en France, re- présente 5 % du PIB, 25 % du commerce de détail, alors que la filière emploie 525 000 personnes. Pour être effective, cette mutation passe par une nouvelle approche en matière de design et d’architecture. Les besoins des clients ayant évolué, les promoteurs et ges- tionnaires de centres commer- ciaux doivent en effet « donner envie » au public de prendre son automobile et de passer plusieurs heures sur leurs sites, notamment en faisant de ces derniers des endroits à la fois confortables et agréables pour l’œil. En définitive, là où au- trefois il s’agissait d’une cor- vée dont on ne pouvait être exempté, la séance shopping
française dispose d’un centre commer- cial à moins de 30 minutes de son domicile, et pourtant. Les files d’attente interminables, la promiscuité, l’immensité des malls... Quiconque a un jour poussé un caddie pen- dant plusieurs heures le sait : il existe des séances shopping dont on se serait bien passé. D’où une question légitime : la génération Amazon, celle qui dématérialise au maxi- mum ses emplettes, est-elle par ses mœurs en train de sonner le glas des centres commer- ciaux physiques ? A quoi bon alors que tout est à portée de clic ? Malgré ce contexte, le centre commercial n’a pas dit son dernier mot. Olivier Rasquinet, directeur associé de Minale Design Strategy, agence de design spécialisée
de la po- pulation
  Save the date
“Le commerce au cœur de tous les terri- toires”, tel est le slogan de la quinzième édition du salon SIEC, retail et immobi- lier commercial, qui se tiendra les 6 et 7 juin prochains porte de Versailles pour la seconde année consécutive. 5 000 participants et 160 exposants français et européens seront présents. Haut-lieu de rencontres et d’échanges entre les diverses professions liées à la filière (architectes, gestionnaires d’espaces commerciaux, prestataires, avocats), le SIEC 2018 abordera cette année la problématique de la dévitalisation des centres villes, qui selon le CNCC n’est pas une conséquence de la multiplica- tion des malls en périphérie, contrai-
 SIEC 2018
rement à l’idée reçue. « Dans une ville moyenne, la vacance commerciale est estimée à 15 %, soit moitié moins que la vacance des logements habitables. Les centres villes se meurent ou se muséi- fient. Sans habitants, le commerce ur- bain ne peut vivre », appuie Gontran Thü- ring, président du CNCC, qui revendique la dimension humaine et sociale du point de vente physique. Le thème fera l’objet de plusieurs débats et conférences tout au long du salon. Un pavillon Street Re- tail, dédié au commerce de centre-ville, a également été spécialement aménagé pour l’occasion. 700 représentants de villes et collectivités sont attendus.
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[                 Evaluez un site commercial en quelques minutes
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]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
  Prospective
Entretien avec Vincent Ferat, directeur général de SCC France
SCC France est pionnier de l’immobilier commercial et a importé le modèle du centre commercial il y a déjà 50 ans. Le groupe est présent aujourd’hui en France, Belgique, Italie, Suisse, aux Emirats Arabes-Unis et au Maroc et gère un por- tefeuille composé d’une centaine d’actifs.
Quel est pour vous l’avenir des centres commerciaux ?
L’avenir s’inscrit dans l’attente du consom- mateur et sa relation avec le commerce. Les espaces physiques tireront leur épingle du jeu s’ils développent leur ca- pacité à répondre à une double probléma- tique : celle de l’accueil et de l’expérience client et celle de la connexion avec le
commerce digital.
Comment cela se traduit-il concrètement ?
Cela se traduit par la transformation du lieu, historiquement centré sur le com- merce, en y ajoutant une dimension loi- sir. Dit autrement, il s’agit de transformer le temps subi en lieu de temps choisi, et faire de ces lieux des endroits conviviaux où chaque visiteur prend plaisir à s’y
rendre.
Concernant le digital, il importe de convertir l’expérience sur site en expé- rience physique à l’image des nouveaux
concepts qui émergent partout notam- ment à l’initiative des pures players.
Et hors des centres commerciaux ?
Il y aussi une carte à jouer pour les centres de proximité surtout axés sur les services. Le besoin de proximité est une tendance observable.
La troisième dimension, sur laquelle nous sommes engagés depuis plusieurs mois, consiste en la revitalisation des centres- villes des villes moyennes touchées depuis 40 ans par le développement économique périphérique, l’externalisation hors de la ville des fonctions publiques, de santé, ou d’éducation, le développement des moyens de transports. Aujourd’hui, le centre-ville est le lieu préféré des Français qui ont besoin de retrouver de la centrali- té dans les services et leurs achats. Mais cette revitalisation implique de repenser l’immobilier, le logement, l’emploi et les facteurs clés de réussite des centres com- merciaux appliqués aux centres urbains : parcours client, stationnement, mobilité, identité de marque.
Nous croyons réellement à la capacité de ces trois polarités. Car elles sont complé- mentaire et ne concernent ni les mêmes moments d’achats, ni la même offre en termes d’enseignes, ni la même mobilité.
Propos recueillis par Geoffroy Framery
la concurrence, mais aussi d’allonger la durée de vie d’un espace avant qu’il ne devienne passé de mode », appuie le directeur de Minale Design Strategy. Devant ce constat, il apparaît alors important de ne pas dédier la totalité de la surface disponible à l’acte de transaction. Nouvelle tendance dans le secteur, le centre com- mercial à ciel ouvert, qui offre un double avantage : en plus de faire baisser le coût global de construction (ainsi que d’alléger la facture en chauffage ou en
du point de
vente excluSif
au tieRS-lieu
Le centre commercial de de- main devra comporter espaces repos confortables et équipés, des décors avec végétation luxuriante et fontaines et pro- poser des services, comme par exemple un espace garderie pour les enfants. Ainsi, le récent retail park ouvert par Frey à Amiens s’est clairement inscrit dans cette logique de « pro- menade ». Pas une dizaine de mètres ne s’écoule sans qu’il ne
un totem de recharges mobiles sur le parcours du client. Des détails symboliques, mais qui en disent long sur la nouvelle manière de penser le mall. D’autant que d’après Gontran Thüring, délégué général du Conseil national des centres commerciaux (CNCC), qui organise le salon SIEC du retail et de l’immobilier com- mercial (voir encadré), « le centre commercial sera de moins en moins commercial. Il va devenir un tiers-lieu, qui mêle sa fonction originelle avec
Tout ce qui n’est pas indispensable pour les courses est supprimé. On exprime l’idée d’efficacité. Ces mesures ont engendré une hausse de fréquentation
  climatisation), cette architecture attire les enseignes modernes et branchées. Or, la fréquenta- tion d’un centre commercial passe avant tout par l’offre de magasins proposée.
se passe quelque chose pour le visiteur : ici une citerne à eau, là un jeu d’échecs géant. Ou quand loisir et éléments de décoration s’entremêlent... A Italie 2, un piano en libre accès succède à
du loisir et même pourquoi pas des espaces de coworking ». Ainsi, convient-il de ne pas ré- duire l’architecture et le design à leur fonction esthétique. Ils ont aussi leur rôle à jouer en
 64
JUIN 2018 | ecoreseau.fr
termes d’ergonomie. L’enjeu ? Rendre le parcours client fluide et agréable, tout en flattant son œil. Depuis sa voiture jusqu’à la caisse. Gontran Thüring milite notamment pour une multiplication des parkings à ciel ouvert. « Un parking souterrain coûte six fois plus cher. Il n’est pas interdit d’en faire à l’extérieur, avec ce qu’il faut de végétalisation. Nos voisins européens en ont l’habitude, et ils ne sont pas disgracieux. Un bon parking est avant tout un parking avec une bonne signalétique et sur lequel il est simple de se ga- rer », relate-t-il.
modulaRité
et flexiBilité
Afin de durer dans le temps, le retail park du troisième millé- naire se doit également d’être modulable et transformable.
Qui dit, en effet, que ce qui est à la mode aujourd’hui sera encore plébiscité dans 15 ans ? « Le centre commercial est amené à évoluer avec le temps. Les architectes en charge des projets doivent donc orienter leur travail vers l’escamotable, préconise Gontran Thüring. A ce titre, la Fondation Galerie Lafayette est un parfait exemple à suivre : la quasi totalité des parois sont amovibles. » Pour faire du centre commercial un lieu de destination volontaire et non un passage obligé, les gestionnaires d’espaces ont orienté leur réflexion vers la concentration d’activité. Sus- citer chez le visiteur le désir de se déplacer plutôt que de l’y contraindre. Ainsi, il est très probable de voir fleurir prochainement des pôles de restauration, sur le modèle des food court américains, avec
des grandes salles de restau- ration communes à diverses enseignes. « Les centres com- merciaux basés sur l’ancien modèle souffrent. Je parle de ceux avec un supermarché et des boutiques de services. Mais ceux qui y adossent par exemple un cinéma et une offre de restauration importante s’en sortent, détaille Thierry De Dinechin. Evidemment, personne ne va voir un film après avoir rempli son caddie. Mais une fois que vous avez passé le cap, en rendant votre lieu agréable, vous devenez un lieu dont la fréquentation peut avoir un objet différent à chaque sortie... » Pas un hasard si même la gare Saint-Lazare est devenue un lieu mixte, alors qu’un gros projet commerc.ial est dans les tiroirs pour faire delaGareduNordunlieuà dimension commerciale.
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RH & FORMATION
   Enactus
Décryptage d’un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networking
Génération d’entrepreneurs solidaires
  Ils ne sont plus que 24 équipes d’étudiants à s’affronter à coups de projets de start-up sociales, mardi 29 mai, au coup d’envoi de la finale du tournoi national Enactus à la Cité des Sciences de Paris. Mais après deux jours de compétition, un seul remporte les 37 000 euros de prix et le droit de représenter la France lors de la finale mondiale dans la Silicon Valley.
Des principes qui ont poussé Steeve Goubet à créer une nouvelle antenne de l’asso- ciation, lorsqu’il a quitté le campus lillois de la Skema Business school, pour celui de Nice Antipolis. « Cette expérience nous permet de développer des projets qui nous tiennent à cœur, mais aussi des compétences du 21e siècle,commel’intelli- gence collective, la pensée critique ou la résolution de problèmes complexes », lâche l’étudiant, avec emphase. Après avoir participé à un projet d’application contre l’insécurité nocturne à Lille, l’année dernière, il encadre aujourd’hui la vingtaine de membres recrutés à Nice depuis le début de l’année scolaire.
développement peRSonnel
Seules conditions pour in- tégrer Enactus : suivre des études dans l’un des 72 éta- blissements supérieurs par- tenaires et s’impliquer dans
ses évènements ponctuels, l’association nous pousse à être plus réguliers dans notre activité de bénévolat. » Tout au long de l’année les « Enacters » sont conviés à des moments-phares pour faire grandir leur projet ou leur propres compétences : séminaires de développement personnel et de projet, speed dating,ateliersthématiques sur le financement, le ma- nagement ou la communi- cation, etc. « L’école nous donne la théorie ; Enactus la pratique et la motivation, résume Steeve Goubet. Grâce à cette énergie, je me suis retrouvé à présenter notre projet devant des investis- seurs. »
une gRande famille
Soutenue par de grandes firmes mondiales comme KPMG, SAP, EDF, Danone ou Vinci Autoroutes, En- actus séduit enfin par son réseau international de plus de 62 000 étudiants et pro-
la reprise d’équipe ou l’im- plication des bénéficiaires. » Une communauté appelée à garder le contact, une fois les études terminées, via la plateforme interne d’offres de stages et d’emplois, des groupes de discussion, et des rencontres entre anciens ou avec les entreprises parte- naires. « Je revois, demain, uncadred’Adeccorencontré lors du dernier séminaire de l’association pour une proposition de stage, raconte Steeve Goubet. C’est une grande famille bienveillante, qui partage des valeurs po- sitives. »
« Les Enacters se re- contactent naturellement, encore davantage qu’entre anciens de l’IAE, car nous sommes liés par des valeurs, et pas seulement par des partages de cours, pointe Alice Lousson, qui se dé- fend de toute angélisme. Je comprends que cette vision puisse choquer certains, qui nous prennent pour des Bisounours. Mais je reste
Par Pierre Havez
  Le vainqueur rejoindra d’autres projets éclos grâce à l’association, comme Greenminded (re- cyclage de mégots), Teneo (accompagnement à domicile nocturne) ou encore Open- Car (réseau de covoiturage professionnel). Avec ses pro- grammes d’accompagnement par des professionnels, ses séminaires de formation et ses concours, Enactus (Entrepre- neuriat, Action, Us) France entend ainsi « développer l’esprit d’entreprendre et l’engagement des jeunes au service de la société », depuis 2002.
projets associatifs
Son tournoi annuel aura rassemblé plus de 1 400 étudiants issus de 64 uni- versités et grandes écoles. Tous d’abord séduits par les valeurs « de l’entrepre- neuriat social » véhiculées par l’association. « J’ai in- tégré Enactus il y a deux ans, via un projet associatif visant à créer du lien avec les demandeurs d’asile et les réfugiés de la ville grâce à des ateliers de couture », raconte Alice Lousson, étu- diante en dernière année à l’IAE Lyon, et responsable du projet Tissu Solidaire.
Soutenue par les KPMG, SAP, EDF, Danone ou Vinci Autoroutes, Enactus séduit par son réseau international de plus de 62 000 étudiants et professionnels présents
dans 39 pays »
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
Des têtes bien faites au service du progrès.
un projet d’entrepreneuriat social. La première mission de l’association consistant à assurer leur suivi. « Enactus nous apporte un soutien en matière de visibilité, de mises en relation avec des partenaires ou des finan- ceurs, et d’organisation pratique, explique Alice Lousson. Sans oublier l’as- pect méthodologie. Par ses coups de fils, ses conseils et
fessionnels, dans 39 pays. « Au cours de l’avancement du projet Tissu Solidaire, nous avons reçu plusieurs avis d’experts – anciens de l’association, entreprises partenaires, incubateurs ou acteurs de l’économie sociale, précise l’étudiante lyonnaise. Leurs retours d’ex- périence nous ont apporté des pistes de réflexion sur le business model, l’aide à
convaincue que l’entrepre- neuriat peut changer les choses. » Gonf lée à bloc par ses valeurs altruistes, l’étudiante en administration des entreprises se destine à intégrer un cabinet de conseil spécialisé da.ns... le bien-être au travail et le management durable. Dans la droite ligne d’Enactus.
]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[                              www.audencia.com
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 Observatoire
Brèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles, les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivité
Le verbatim à retenir...
Une éducation, qui ne consulte jamais les aptitudes et les besoins de chacun, ne produit que des idiots
Citation de George Sand, Lettres retrouvées, Hier et aujourd’hui (1848)
   LE CHIFFRE DU MOIS
10%
 C’est le pourcentage d’entreprises qui se disent bien prépa-
rées sur le sujet du prélèvement à la source. Annoncé pour le
er
1 Janvier2019,leprélèvementàlasourcedel’impôtsurle
revenu–réformedéveloppéeaucoursduquinquennatpré- cédent et continuée par le gouvernement Macron – semble encore un vrai enjeu organisationnel pour les entreprises.
Source:HarrisInteractive
L’actu de l’enseignement supérieur et de la formation continue
Nouveaux partenariats et doubles diplômes entre GEM, l’ESILV et l’IIM.
Un accord vient d’être signé entre les trois écoles afin de proposer des parcours bi-diplômants aux étudiants souhaitant bénéficier des compétences complémentaires de chacune : les étudiants de Grenoble Ecole de Management (GEM) pourront suivre le MBA Vidéo Game Management de l’IIM et les futurs ingénieurs de l’ESILV seront les bienvenus dans le
parcours Digital Marketing Factory de GEM. GEM s’engage à accueillir
chaque année des étudiants de l’ESILV (Ecole supérieure d’ingénieurs
Léonard de Vinci) dans son parcours Digital Marketing Factory en troi-
sième année du Programme Grande Ecole (pour l’obtention du DESMA,
Diplôme d’études supérieures en management). Ce parcours de spécia-
lisation permettra aux élèves ingénieurs de disposer d’une solide forma-
tion dans le management et les modèles de business de demain. - L’IIM s’engage à accueillir chaque année des étudiants de dernière année du Programme Grande Ecole de GEM dans sa formation MBA Video Game Management. Ces futurs managers pourront facilement intégrer des entreprises spécialisées dans les jeux vidéo et disposeront de solides compétences dans les processus de gamification, de plus en plus utilisés dans tous les business.
« Ce partenariat s’inscrit dans la logique de développement de nos collaborations avec des institutions d’enseignement reconnus dans leur domaine afin de permettre à nos étudiants de se spécialiser », indique Jean-François Fiorina, directeur général adjoint de Grenoble Ecole de Management.
Source : GEM
Refonte et enrichissement du cursus centralien
Centrale Lille finalise la réforme de son cycle centralien initiée en 2016 dont l’objectif est de répondre à la fois aux attentes des nouvelles générations d’étudiants formées à l’Ecole Centrale de Lille et aux besoins des entreprises évoluant dans des environnements en pleine transfor- mation. Après avoir complètement renouvelé les deux premières années, il vient de finaliser la refonte de la troisième année. Principale nouveauté : la création de deux «tracks» thématiques, construits autour d’une expérience terrain, l’un pour favoriser la poursuite d’études en doctorat des élèves-ingénieurs, et le second pour expérimenter en entreprise le métier auquel ils se destinent. Le «Track International Recherche» a pour objectif de faire vivre aux élèves une expérience significative en recherche. L’ambition est de mener un plus grand
nombre d’élèves de l’école à faire un doctorat après leur cycle ingénieur.
Cette formation par la recherche se déroule sur un an et demi, avec
une période à l’international d’un semestre minimum.
Le «Track entreprise Junior Graduate Program» : les étudiants inté-
greront une entreprise durant un an pour exercer deux ou trois métiers
différents. Sélectif, ce programme concernera une dizaine d’élèves.
Après une première période en alternance (six semaines en entreprise et deux semaines à l’école), l’élève partira dans un pays étranger pour exercer une ou deux autre(s) fonction(s) pendant un semestre.
Source : Centrale Lille
         Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation
Travailler Autrement
PDG d’ITG, leader du portage salarial
NL’hybridation, mère de l’évolution
ous entendons partout que l’emploi change de visage, que le travail ne sera plus le même, que les actifs ont de nouvelles aspirations... Ces phénomènes se conjuguent
et se développent au fur et à mesure que la digitalisation, l’auto- matisation, le numérique se déploient, rendant ainsi l’économie volatile et les compétences des actifs, parfois dépassées : nous ne connaissons pas la moitié des métiers qui existeront demain ! Notre agilité et notre souplesse sont remises en question. Ces ac- célérateurs, aussi nouveaux soient-ils, vont perdurer et s’amplifier, et nous souhaitons avec eux, qu’advienne une société capable de s’adapter.
Je suis convaincu que l’adaptation passe aussi par l’hybridation. De quelles hybridations parlons-nous ? Tout d’abord, celle des statuts. C’est un enjeu majeur. Chaque actif doit pouvoir changer de statut en toute simplicité et en toute sécurité. Entrepreneurs, salariés, travailleurs indépendants... conjuguer les statuts, c’est savoir parler la langue d’une économie nouvelle. C’est aussi la possibilité de trouver l’équilibre entre prise de risque et sécurité. La seconde hybridation possible est celle des métiers. Les nou- velles façons de travailler se créent partout dans le monde, les fab labs, les makerspaces voient des entrepreneurs mutualiser leurs outils et générer des relations de travail d’un nouveau genre. Un même individu peut faire valoir des compétences diverses dans des domaines très éloignés : agriculteurs et pilotes de drones, designer joailliers... sans parler des slashers : le nombre de per- sonnes cumulant plusieurs activités professionnelles n’a jamais été aussi élevé !
L’hybridation ne serait-elle pas, finalement, mère de l’évolution ?
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Travailler autrement
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
L’ESSEC Business School, Schoolab et UC Berkeley SCET s’unissent pour accompagner la création de start-up dans la Silicon Valley L’ESSEC Business School, Schoolab et UC Berkeley Sutardja Center for Entrepreneurship and Technology (SCET) ont déve- loppé un partenariat annoncé officiellement au début du mois de mai afin de réunir leurs expertises au sein du programme Le Bridge. D’une durée de dix mois, Le Bridge donne aux étudiants de l’ESSEC, et d’autres établissements d’enseignement supérieur, une connaissance approfondie des processus d’innovation et d’entrepreneuriat, ainsi que l’opportunité de monter une équipe pour lancer un projet de start-up au cœur de la Silicon Valley.
En développant ce nouveau partenariat, l’ESSEC permet à ses étudiants de suivre un programme complet d’entrepreneuriat et d’innovation au sein de la Silicon Valley. « L’ESSEC poursuit sa volonté d’ex- cellence et a pour objectif de répondre aux challenges du futur à travers de forts partenariats locaux et internatio- naux. En raison de notre collaboration
pérenne avec Schoolab, nous pensons que la prochaine étape est toujours d’offrir à nos étudiants de nouvelles opportunités pour lancer leurs projets », précise Vincenzo Esposito Vinzi, directeur général de l’ESSEC.
Du mois d’août au mois de décembre, les étudiants de l’ESSEC vont ainsi travailler dans un premier temps à l’UC Berkeley, en Californie, sur le lancement de leur projet d’entreprise. Le pro- gramme se poursuit à Paris de février à juillet, mois au cours desquels les étudiants vont pouvoir bénéficier du soutien et de l’expertise de mentors des communautés ESSEC et Schoolab. « Ce partenariat associe l’esprit pionnier de l’ESSEC, la nature d’accélérateur de Schoolab, et l’esprit avant-gardiste de l’UC Berkeley’s College of Engineering, pour marquer notre volonté commune d’excellence », explique Ken Singer, directeur de l’UC Berkeley SCET.
De nombreux diplômés de l’ESSEC se sont déjà distingués par le passé dans le programme Le Bridge. C’est le cas, par exemple, de Vincent Nallantamby avec Tempow, Pierre-Emmanuel Saint Esprit avec HelloZack, ou encore Hector Balas avec Impala. « Le Schoolab est un lieu innovant dans lequel les jeunes pro- fessionnels sont accompagnés pour devenir les leaders de de- main. Nous offrons des méthodes, un réseau et une expérience pour révéler leur talent d’entrepreneur. Ce programme est un formidable accélérateur pour les start-up en démarrage », déclare Jean-Claude Charlet, co-fondateur et directeur général de Schoolab.
Source : ESSEC
LVMH lance son premier programme dans six pays pour les jeunes diplômés
Le «Inside LVMH Program» lancé dans six pays européens est un parcours digital dédié aux jeunes diplômés de 50 écoles partenaires, et leur offrant l’occasion unique de comprendre l’industrie du luxe à 360° et de s’en approprier les enjeux stra-
tégiques. LVMH a recruté plus de 4 000 stagiaires et jeunes diplômés niveau Mas- ter en Europe cette année et renforce sa collaboration avec les meilleures écoles et universités d’Europe (écoles de design & création, business, ingénierie et tech) en lançant un dispositif digital innovant
et de grande ampleur dédié aux jeunes talents. L’objectif ? Ce programme immersif et disruptif d’une durée de quatre mois offre aux étudiants l’opportunité de s’approprier les enjeux et le fonctionnement de l’industrie du luxe.
Ce programme propose une immersion innovante à 360° dans les coulisses du groupe LVMH, en faisant découvrir l’ensemble de la chaîne de valeur de l’industrie du luxe : Design & Création, Brand Management, Supply Chain & Manufacturing, Trans- formation digitale & Entrepreneuriat et Client Excellence. Les jeunes talents pourront se projeter et comprendre les enjeux du
secteur au moyen de plus de 45 capsules vidéo pédagogiques. Co-créées avec des professeurs d’universités prestigieuses (Central Saint Martins, Université Bocconi, HEC, ESSEC, CentraleSupélec et l’Institut Français de la Mode), les capsules pédagogiques sont illustrées par des témoignages exclusifs de managers de plus de 20 maisons du groupe LVMH. Les parti- cipants approfondiront ainsi leur compréhension des métiers et des carrières au sein du leader du luxe. Le programme invite également les étudiants à imaginer et développer, en équipe, leur vision de l’expérience du luxe de demain. Ils sont pour cela accompagnés lors d’événements sur les campus et soutenus par des professeurs-ambassadeurs associés dès octobre 2017 à la co-construction du programme. Les équipes ayant proposé les idées les plus innovantes au sein de chaque école seront sélec- tionnées afin de venir présenter leur concept devant un grand jury composé de membres du comité exécutif de LVMH. A l’issue d’une cérémonie, les meilleurs d’entre eux pourront rejoindre
les maisons du groupe LVMH, ainsi que le programme dédié aux jeunes talents développé par le groupe.
Source : LVMH
Classement QS européen des Executive MBA
QS a délivré sa dernière étude européenne fin avril pour mettre en lumière les meilleurs Executive MBA européens et mondiaux. Côté méthodologie, rappelons qu’une école est éligible si deux conditions préalables sont remplies : les écoles doivent avoir au moins une classe de futurs diplômés en dernière année et elles doivent avoir l’accréditation AACSB, AMBA, EQUIS ou EPAS. Bien que ces conditions préalables soient essentielles, il peut néanmoins être difficile de définir exactement ce qui devrait être classé comme Executive MBA. Par exemple, le «Executive Master of Global Management» de la Thunderbird School of Global Management a indubitablement des caractéristiques de MBA pour cadres, mais n’est pas nommé en tant que tel.
RH & FORMATION
      JUIN 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
L’une des garanties d’un programme étant un EMBA, malgré les problèmes de dénomination ou de description, est que le programme soit enregistré auprès de l’Executive MBA Council. Les EMBA qui respectent toutes les conditions préalables peuvent toujours présenter des as- pects techniques qui rendent leur classification potentiellement problématique. Par exemple, une école peut proposer plusieurs classes EMBA sur plusieurs campus. Dans de tels cas, les classes sont considérées comme une seule entrée aux fins du classement. Cela inclut des écoles telles que Wharton.
Centrale Nantes, l’Ecole navale et l’ENSM créent le MS LICAS
Dans le cadre de leur collaboration en recherche et formation, Centrale Nantes, l’Ecole navale et l’ENSM proposent en octobre 2018 un mastère spécialisé dans un domaine en émergence, le cycle de vie du navire : le mastère spécialisé «Life Cycle As- sessment of Ship» (MS LICAS).
De la conception à la construction, au cours de l’exploitation,
lors du retrait du service, avant la déconstruction et le recyclage
d’un navire, la prise en compte de l’impact environnemental
de la vie du navire devient essentielle pour répondre aux nou-
velles contraintes règlementaires. Les entreprises des marines de pêche, commerce, service, plaisance, scientifique et la Marine nationale, doivent se renforcer d’experts capables d’évaluer l’impact environnemental et proposer des procédures et des actions qui en réduisent les effets. Les objectifs du mastère spécialisé LICAS sont de former des experts du cycle de vie du navire, compétents en recherche et développement et en gestion de projets. Les diplômés viseront des postes d’ingénieurs, ou de concepteur dans un bureau d’études, responsable environnement, d’ingénieurs QSE d’un chantier, d’un bureau d’études ou d’un armement.
Source : Centrale Nantes
L’actu RH
Les responsables RH et leur perception des réformes d’Emmanuel Macron en matière de droit du travail
La réforme du Code du Travail, qui apparaît comme l'un des grands marqueurs de la première année du quinquennat d'Emmanuel Macron, a été
l'occasion de nombreux débats, suscitant les espoirs des uns et les craintes des autres. Mais concrètement, dans l'entre- prise, comment est-elle vécue au quotidien ? Pour le groupe Wolters Kluwer, Harris Interactive a interrogé les respon- sables RH des entreprises de dix salariés et plus pour com- prendre leur regard sur cette loi et les changements concrets qu'ils entrevoient aujourd'hui dans leur entreprise.
Que retenir de cette enquête ?
-Spontanément, la réforme du Code du Travail renvoie à des évocations contrastées de la part des responsables RH.
-Même s'ils expriment quelques réticences, les responsables RH estiment de manière très nette que les mesures prises dans la réforme du Code du Travail vont dans le bon sens (74 % et jusqu'à 88 % dans les entreprises de 250 salariés et plus).
RH & FORMATION
    Rg
 Université/ Ecole
 Ville
 1 London Business School - Executive MBA
3 Oxford (Said) - Executive MBA
=4 IESE Business school - Global Executive MBA 7 HEC Paris - Executive MBA
9 Imperial - Executive MBA
London
Oxford
Barcelona, New York (NY), Silicon Valley Paris, Doha
London
 2
Chicago (Booth) - Executive MBA
Chicago (IL), London, Hong Kong
=4
Cambridge (Judge) - Executive MBA
Cambridge
6
INSEAD - Global Executive MBA
Fontainebleau, Abu Dhabi, Singapore
8
IE Business School - Global Executive MBA
Madrid, Sao Paulo, Singapore, Los Angeles
    10
SDA Bocconi - Global Executive MBA
Milan, Mumbai, Copenhagen, Ann Arbor (MI), Shanghai
......... ......... ......... .........
.........
=42 NEOMA - Executive MBA Paris, Reims, Rouen, Tehran .........
18
ESCP Europe - Executive MBA
Paris, Berlin, Turin, Beirut, London
24
EM Lyon
Lyon, Paris, Casablanca
 26
EDHEC - Executive MBA
Lille, Paris
28
Grenoble Ecole de Management - Executive MBA
Tbilisi, Moscow
=42
Audencia - Executive MBA
Paris, Nantes, Algiers, Shenzhe
45
Ecole des Ponts - Global Executive MBA
Paris, Casablanca
47+
Aix-Marseille - Executive MBA
Aix-en-Provence
   Frédéric Rey-Millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
Comment progresser quand L vous êtes le meilleur ?
e 23 mai dernier suite à sa non sélection dans le groupe équipe des 23 de l’équipe de France, le talentueux milieu de terrain du Pa-
ris-Saint-Germain Adrien Rabiot a refusé de figurer dans la liste des suppléants (ces joueurs censés se tenir à disposition du coach en cas de blessure d’un des 23 joueurs). Cette attitude renvoie à une question : comment progresser quand on est déjà au top ? Tout dépend de votre état d’esprit
Les gens qui ont un état d’esprit fixe croient que leurs capacités sont fondamentalement invariables.
Si vous avez un état d’esprit fixe, vous pensez sans doute pouvoir progresser ou régresser quelque peu dans ces domaines, mais vous considérez que vos capacités sont surtout le reflet de ce que vous êtes. Votre comportement est donc le reflet de vos capa- cités naturelles, de la même manière que le goût du vin correspond à la bouteille que vous avez achetée. Si vous avez un état d’esprit fixe, vous avez tendance à éviter les difficultés car vous vous dites que si l’on vous voit échouer, vous risquez de donner l’image d’un perdant. Vous ressentez le feedback négatif comme une menace, car vous craignez que les autres se considèrent comme meilleurs que vous. Vous ne voulez pas qu’on remarque vos difficultés. Les gens talentueux n’ont pas besoin de faire beau- coup d’efforts pour réussir, n’est-ce pas ? Songez au tennisman John McEnroe : il était très doué, mais il n’était pas très enclin à s’améliorer grâce à une pratique rigoureuse.
Au contraire, les gens qui ont un état d’esprit de développement pensent que leurs capacités sont comme des muscles, qu’on peut les développer en les exerçant. Selon cette conception, vous devez
pouvoir vous entraîner à écrire mieux, à être meil- leur manager ou à mieux écouter votre conjoint. Si vous avez cet état d’esprit, vous êtes disposé à relever les défis, malgré les risques d’échec. Vous êtes aussi plus enclin à accepter les critiques, car elles vous permettent de progresser. Même si vous n’êtes pas aussi bon que d’autres, vous pensez sur le long terme, comme la tortue face au lièvre de la fable. Tiger Woods avait gagné huit grands cham- pionnats de golf et réalisé une performance inégalée dans l’Histoire avant de décider de revoir son swing. Si vous voulez réaliser pleinement votre potentiel, vous devez adopter un état d’esprit de développe- ment ce qui vous permettra de mieux réussir dans pratiquement tous les domaines. En effet, les gens qui ont un état d’esprit de développement – ceux qui se lancent des défis, qui prennent des risques, qui acceptent les critiques et qui adoptent une vision à long terme – ne peuvent que progresser, dans leur vie privée comme dans leur vie professionnelle. Alors, Adrien Rabiot, plutôt état d’esprit fixe ou erreur de jeunesse ?
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Manager n’est pas jouer !
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
RH & FORMATION
  -S'ils se montrent plutôt bienveillants à l'égard de ces réformes, la grande majorité des responsables RH estiment qu'ils n'y auront pas recours au cours des mois à venir : quelle que soit la mesure, moins de trois responsables RH sur dix déclarent l'envisager ou y avoir déjà eu recours.
-On peut ainsi tirer de premières conclusions quant à la perception des différentes me- sures du gouvernement par les responsables des ressources humaines. Tout en validant l'orientation générale de ces réformes (elles vont dans le bon sens, 74 %, voire redonnent confiance en l'avenir, 59 %), les responsables RH n'envisagent pas une concrétisation immédiate ni des impacts directs sur leur politique d'entreprise.
Réformes à venir : quelle préparation pour les entreprises ?
-Annoncé pour le 1er janvier 2019, le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu – réforme développée au cours du quinquennat précédent et continuée par le gouvernement Macron – semble encore un vrai enjeu organisationnel pour les entreprises. Seules 10 % d'entre elles se déclarent bien préparées et 41 % en cours de préparation, portant à 51 % le nombre d'entre elles qui ont au moins commencé à entreprendre des démarches en ce sens. Les entreprises de 250 salariés et plus, nécessairement plus structurées en termes RH, se disent, elles, davantage prêtes ou en phase de l'être (73 %), portant l'urgence de la prise en charge de ce sujet principalement au compte des PME.
-De même que la mise en place du prélèvement à la source, la future réforme de la formation professionnelle doit encore faire du chemin auprès des responsables RH des entreprises françaises. Actuellement, 59 % déclarent en avoir déjà entendu parler, dont seuls 15 % pensent savoir exactement ce dont il s'agit. Si la proportion de responsables RH qui déclare en avoir entendu parler est plus grande dans les entreprises de 20 sala- riés ou plus (68 %), on note tout de même un manque d'information global sur ce sujet pourtant majeur dans la vie des salariés et des entreprises. Par ailleurs, on observe que les responsables RH qui ont déjà entendu parler de la réforme de la formation profession- nelle en ont un avis mitigé : seulement un peu plus de la moitié estime qu'elle aura une influence positive sur la compétitivité des entreprises françaises. Quant aux impacts pour les entreprises interrogées, la réaction est à nouveau en demi-teinte, les RH étant à nou- veau divisés : un sur deux envisage un changement profond de la politique de formation ou de son financement au sein de l'entreprise. Autant de réactions qui peuvent être mises en lien avec le manque de connaissance approfondie des implications de cette réforme. Méthodologie de l’enquête :
Enquête réalisée par téléphone du 5 au 24 avril 2018. Echantillon représentatif de 301 responsables des questions RH (directeurs des ressources humaines, chefs d'entreprise,
etc.) au sein d'entreprises de dix salariés et plus. Méthode des quotas et redressement appliqués aux variables suivantes : taille, secteur d'activité, et région d'implantation de l'entreprise.
Source : Harris Interactive
Baromètre annuel sur l’alternance - 2e édition
La Fondation INFA, Institut national de la formation, reconnue d’utilité publique, a publié le 17 mai en partenariat avec Viavoice, les résultats de la deuxième
édition de son baromètre sur l’alternance et offre un focus sur l’ap-
prentissage. Le baromètre s’intéresse dans cette deuxième édition à
la perception des parents, dont la préoccupation majeure est l’avenir de leurs enfants et l’emploi à l’issue de leur formation. Ce sondage apporte de meilleures clés de lecture de ces dispositifs. Les résul- tats sont examinés et analysés au regard des résultats recueillis en 2017 auprès de la population des salariés. Tous s’accordent à dire qu’il est urgent de simplifier et de faciliter la mise en place de ces contrats entre jeunes et entreprises.
Pour cette édition du baromètre INFA 2018, les principaux enseignements sont les suivants : • Le niveau de connaissance sur ces formations professionnelles est très élevé : 97 % des pa- rents déclarent connaître l’alternance, et 98 % l’apprentissage, même si ceux-ci en confondent encore parfois les contours et les débouchés.
• Aussi 71 % des parents recommanderaient l’apprentissage ; soit une déperdition de 27 points entre la connaissance et la recommandation.
• L’alternance est perçue très majoritairement comme un bon moyen de se préparer au monde de l’entreprise [91 % de parents et 94 % salariés].
• Les parents (à 72 %) comme les salariés (à 77 %) considèrent que trouver une entreprise d’accueil est le frein principal.
• Les attentes divergent : les parents privilégient les savoir-faire acquis dans les formations, alors que les salariés désignent le savoir-être comme un préalable pour intégrer le monde de l’entreprise.
• Pour faciliter concrètement la mise en place du dispositif, et dans le cadre de la réforme sur l’apprentissage, 33 % des parents pensent qu’une embauche des apprentis déconnectée du temps scolaire favoriserait l’employabilité.
Source : fondation INFA
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]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[Manager autrement
Les innovations RH émergent constamment. Focus sur l’une d’entre elles
RH & FORMATION
   Design thinking et RH
La chasse aux talents est de plus en plus effrénée. La dernière arme dégainée par les directions des ressources humaines tant pour séduire en interne que pour attirer de nouveaux collaborateurs se nomme design thinking. Effet de mode ou véritable révolution ?
fonctionnent les salariés ? Quelles sont leurs attentes ? Quels sont les besoins d’in- teractions inter-services ? Qu’est-ce qui peut les aider à se sentir bien dans leur en- vironnement professionnel ? Comment l’entreprise peut- elle prendre en compte ce be- soin de personnalisation ? » Dans les sociétés adeptes, le design thinking débride la créativité. Quelques exemples en vrac : nouveau mobilier, développement du télétravail, connaissance des métiers de la maison mère ou des filiales, célébration des succès, re- verse mentoring (ou comment un salarié de la Génération Y coache un cadre expéri- menté), financement d’un projet personnel du salarié – comme chez HomeServe, société de services pour la maison... D’annuel, l’entre- tien individuel peut devenir continu – comme pour le baccalauréat –, avec une base de données ou un ca- hier de doléances en ligne accessibles en permanence pour les salariés.
« Mais toutes les idées ne sont pas bonnes, commente Patrice Casenave de Sch- midt groupe. Pour preuve, le réseau social interne a été testé et abandonné. Cet outil servait plus pour les
le réseau social Yammer a été un succès. A chaque terreau ses réussites et ses échecs. Mais, dans tous les cas, être à l’écoute ne veut pas dire oui à tout, non plus.
la Revanche deS Rh?
Pourquoi le monde feutré des ressources humaines commence à s’en emparer ? Est-ce (encore) un coup de la (fameuse) génération Y ou... Z ? « J’en ai ras-le- bol de ce discours », s’agace Charles-Henri Besseyre des Horts, président de l’Associa- tion francophone de gestion des ressources humaines (AGRH). « Toutes les géné- rations sont allergiques à la hiérarchie, aux strates. Que faisaient les jeunes en mai 68 sinon s’insurger aussi ? Le mouvement est peut-être un peu plus marqué avec la dernière... » La question fait débat dans le microcosme. Parfois perçues comme une tour d’ivoire, un département figé, les ressources humaines ont là l’occasion de reprendre la main, de revenir au centre du jeu.
50 SalaRiéS et +
Leroy Merlin, Coca-Cola, Pepsi Cola, Canal +, Veolia... le design thinking fait tache
les 50 salariés, précise Fa- brice Mauléon, dès qu’elle se dote d’une direction des ressources humaines, le DT est un outil utile. »
Pas de raz-de-marée pour autant. Aucun colloque ou publication sur le sujet du côté de l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH). Tou- tefois, le phénomène devrait prendre un peu plus d’am- pleur dans les mois à venir en raison de l’amélioration de la conjoncture écono- mique. La pression change de camp. « Aujourd’hui, dans les grandes structures, démissionner et être recruté par une tierce entreprise est plus facile que de se faire entendre de «son» entreprise. Mais, un ETP (équivalent temps-plein) en RH gère grosso modo 50 parcours professionnels », souligne Pierre Antoine Roy, cofon- dateur de Crafty, plateforme d’échange de compétences Tech (développeurs, data scientists, UI et UX desi- gners ...).
Aux sociétés de convaincre les futurs collaborateurs de venir et de retenir les salariés en poste. Design thinking et marque employeur vont dans le même sens. C’est dans la même veine. Des collaborateurs heureux sont des salariés productifs et peu enclins au turn-over. « Dans le secteur des IT, le marché est tellement pénurique que les entreprises n’ont plus le choix ! », explique Sté- phanie Lagand, associée d’un cabinet de recrutement spécialisé. « Aujourd’hui, le message est clair : .rien ne sert de recruter si les DRH n’effectuent pas un travail sur elles-mêmes. »
Au suivant !
  Par Murielle Wolski
Encore un anglicisme qui fait florès chez les recruteurs. Né aux Etats-Unis dans les années 2000, petit frère du brains- torming, le design thinking a germé dans le monde du... design. Peu à peu, il conquiert tous les pans de l’activité d’une entreprise, tous sec- teurs confondus. Depuis un an, c’est au tour des directions des ressources humaines de succomber. Mais, qu’est-ce donc que le design thinking ? « Une méthode structurée de recherche de solutions créa- tives, tournée vers les besoins du client – en l’occurrence ici le collaborateur », répond Fabrice Mauléon, consultant de New world skills (NWS), société de conseils. « Un problème est identifié ? Un concept trouvé. On le teste sur le terrain. Si besoin,
on le fait évoluer, voire on l’abandonne. Un processus d’itération. En période de crise, les entreprises sont pressées. La logique qui prévaut ici est celle des temps courts. Depuis douze mois, je vois émerger des besoins de ces fonctions supports que sont les directions des ressources humaines. Elles se repensent. »
la foiRe aux idéeS
« Schmidt fait bouger les lignes » ? La signature du cuisiniste alsacien donne le ton de ce qui se passe depuis deux ans dans le service de Patrice Casenave, directrice de la relation humaine et de la transformation pour l’entreprise étendue. C’est « design thinking » à tous les étages » ! Opérateurs, responsables de magasins
– on en compte 700 au total –, managers, Comex... tous sont dans le même mouve- mentdu«DTdesRH».Née d’une séance collaborative de recherche d’innovation, l’évaluation des managers par leurs N+1 et N-1 fait un tabac. Démarche volontaire, 130 sur 300 managers s’y
  Design thinking et marque employeur vont dans le même sens. C’est dans la même veine. Des collaborateurs heureux sont des salariés productifs et peu enclins au turn-over
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Mon manager me de- mande mes attentes... Changer de manager ?
sont déjà collés. Il y a même une liste d’attente...
Et Philippe Burger, associé chez Deloitte, spécialiste en capital humain, de lis- ter quelques questions qui doivent guider la démarche de design thinking. « Comment
loisirs... Laisser aller les collaborateurs, susciter l’envie est important, mais toujours au service du projet d’entreprise. Le cadre est là. » Chez La coopérative Wellcoop, qui œuvre dans le secteur de la pharmacie,
d’huile avant tout dans les grands groupes. S’il n’y a pas de millefeuilles, de strates, de relations top down... point besoin de cette nouvelle re- cette managériale. « Dès qu’une petite et moyenne entreprise (PME) dépasse
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 Carrières & Talents
Analyse d’une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprises
Marketing, employabilité et grandes écoles françaises
Notoriété en demi-teinte à l’étranger ?
  Business schools ou écoles d’ingénieurs jouissent d’une aura incontestée dans l’Hexagone. Les recruteurs s’arrachent leurs diplômés. Les courtisent même avant le diplôme. Mais, la musique est un peu différente hors des frontières.
pour le premier établisse- ment français... C’est bien, mais un tour d’horizon dans quelques capitales euro- péennes montre combien la marge de progression est encore grande. « HEC est connue parce qu’elle existe aussi à Copenhague. Sinon... », souligne An- ders TorbØl, président de la chambre franco-danoise. Même constat du côté de Berlin, avec l’avis de Pascal Jentsch, franco-allemand, à la tête de l’agence PPool media & communication : « Le modèle des grandes écoles françaises n’entre même pas dans le champ de vision des recruteurs germaniques. Ils regardent ailleurs, à savoir aux Etats- Unis et en Grande-Bre- tagne. Et le système des prépas, qui ouvre les portes des grandes écoles, est in- compréhensible aux yeux d’un patron allemand. Deux ans pour apprendre des choses théoriques ? Avec un jeune qui passe pour rester dans les jupons de sa mère, quand l’Allemagne cherche des jeunes qui se forgent une identité par leurs expériences... » Le schisme idéologique est plus marqué encore avec l’autre côté de l’Atlantique. « C’est complètement une autre planète, analyse Marilène Garceau, franco-canadienne installée à Paris. En plus, les Canadiens ne s’appuient pas sur les statistiques de notoriété pour recruter un futur collaborateur. Sait-il gérer un projet ? Négocier un contrat ? Quelle est la taille de l’équipe dans la- quelle il a déjà travaillé ? Le recruteur canadien veut du concret. Le candidat correspond-il à l’ADN de l’entreprise ? »
un culte du di- plôme paS paRtagé Sans diplôme en France, l’in- sertion se révèle difficile. On lui voue un véritable culte. Encore là, une spécificité française qui ne trouve pas écho à l’étranger. C’est vrai au Canada et au Québec, et de l’autre côté de la frontière, en Allemagne. « Pour com- prendre l’état d’esprit qui règne ici – et comprendre nos différences –, il n’y a qu’à regarder la classe po- litique, explique Philipp Hepp, directeur des res- sources de Storengy, filiale d’Engie outre-Rhin. Pas de passage obligé par un équi- valent de l’Ecole nationale de l’administration (ENA) ou d’un Institut d’études politiques (IEP), les diri- geants politiques viennent de tous les horizons. Il n’y a pas que le papier, ni que les écoles qui comptent. » Et son compatriote Udo Thelen, consultant spécialisé dans les questions d’enseignement supérieur d’ajouter : « En revanche, avoir «terminé ses études», si. Un nombre non négligeable d’étudiants quittent les établissements du supérieur sans avoir ter- miné leurs cycles. »
Plus au nord, au Danemark, sauf pour les médecins ou les avocats, peu importe le diplôme. « De grands groupes préfèrent recru- ter et éduquer les jeunes en interne, détaille Anders TorbØl. C’est le cas de la banque. La moitié de notre CAC 40 local est détenu par des patrons sans formation. Sans diplôme. » Elitiste, le modèle français des grand.es écoles apparaît suranné, en décalage avec les réflexes des recruteurs à l’étranger.
 Par Murielle Wolski
Classement de Shan- ghai. Sans être un expert de l’enseigne-
ment supérieur, impossible de passer à côté ! Créé par un professeur chinois de chimie, Nian Cai Liu, il a réussi à s’imposer comme « la » référence, « la » jauge mondiale pour déterminer les bonnes et les mauvaises universités ou écoles. Distri- buer les bonnes et mauvaises notes – la recherche est l’un des critères importants. Mais, il n’est pas le seul à scruter le marché de plus en plus globalisé de la formation. Times Higher Education, référence anglaise dans le monde de l’éducation, en publie, dont un à l’initiative duquel se trouve un cabinet français spécialisé dans les relations enseignement su- périeur et entreprises, Emer- ging. Son « ranking » n’est pas une pâle copie de celui développé par l’université chinoise. L’angle est même bien distinct.
« En termes d’employabilité, quelles sont les universités et les écoles du monde qui pro- duisent les jeunes diplômés les plus performants ? De- puis 2010, 6 000 recruteurs – dont 200 français – dans 20 pays différents répondent ainsi à cette question. « C’est le point de vue du marché, commente Laurent Du- pasquier, directeur asso- cié d’Emerging. Dans les
échelles de notoriété ou de réputation, il y a une part d’autoperpétuation. Par- ler d’employabilité permet d’objectiver la réflexion. »
danS le top 10
Le premier établissement tricolore à émerger dans le classement de Shangaï édition 2017 se situe à la 40e place. Son nom : université Pierre et Marie Curie, suivie immédiatement de Paris 11. La troisième française était assez loin derrière, à la 69e place. On pourrait parler de l’effet shaker – ou chamboule-tout – du critère de l’employabilité, et de ce sondage qui coûte aux alen- tours de 120 000 à 150 000 euros chaque année à Emer- ging. Sept établissements français se trouvent dans les 70 premières places. En tête de liste, Polytechnique qui s’arroge la 22e place, suivie d’HEC (23e place), de l’EM Lyon (27e)... La France appa- raît dans le top 10 des pays classés pour l’employabilité de leurs diplômés. « On voit une tendance à la hausse se dessiner, concernant les écoles françaises, analyse Laurent Dupasquier, je ne serais pas surpris de voir le nombre d’étudiants aug- menter. Et l’effet «Brexit» devrait jouer également. La Grande-Bretagne s’est tiré une balle dans le pied. » 10e place pour la France, 22e
Dans les échelles de notoriété ou de réputation, il y a une part d’autoperpétuation. Parler d’employabilité permet d’objectiver
la réflexion
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 Carrières & Talents
Handicap et entreprises
Manager la différence,
« Le » levier de performance
   Et si adapter son management au handicap, mais aussi à la diversité, profitait au plus grand nombre ?
pas aisé pour les personnes en situation de handicap, le maintien dans l’emploi peut également être un chemin de croix si l’entreprise n’est pas à l’écoute de leurs besoins.
la StRuctuRe deS gRandS gRoupeS, facteuR d’intégRa- tion ?
Pour se mettre en conformité avec la loi, les grandes en- treprises se sont organisées pour favoriser le recrutement de personnes en situation de handicap. Accords et missions handicaps sont désormais lé- gions dans les grands groupes, cependant cela ne suffit pas toujours pour garantir le suc- cès d’un recrutement. « Si la démarche est au départ liée à une contrainte réglementaire, nous l’avons transformée en opportunité », explique Laurent Gérin, responsable de la mission Emploi Handicap du groupe CGI, cinquième entre- prise mondiale indépendante du secteur numérique. « Nous formons et sensibilisons nos managers pour leur donner les moyens et du soutien pour réussir leur management. Tous les managers sont formés. Nous sommes tous confrontés, àunmomentoùàunautrede notre vie, au handicap. Les
exemple enregistré un taux d’absentéisme en baisse depuis le lancement de la démarche handicap. » L’alternance et les stages sont également un moyen intéressant pour favori- ser l’intégration de salariés en situation de handicap. Au sein de la Matmut, par exemple, l’alternance est utilisée pour former et combler les lacunes que peuvent avoir les personnes en situation de handicap qui n’ont pas toutes les qualifica- tions requises. « Nos mana- gers doivent être en capacité
d’évoquer les difficultés de la personne sans entrer dans les détails de sa pathologie, de manière à les compenser par des aménagements de poste, d’organisation, des formations, etc. », indique Olivier Dufour, responsable Diversité au sein du groupe Matmut. La première étape est de mettre en place un environ- nement pour mettre chacun en confiance. « Une fois ces freins levés et l’environnement propice à l’accueil de tous, nous étudions les besoins
pour l’exercice de l’emploi de chaque personne. Un salarié ne peut être performant que si nous lui fournissons les moyens de donner le meil- leur de lui-même. » L’idéal pour Olivier Dufour serait finalement de transformer les missions handicap en mission diversité : « La diversité, c’est chacun d’entre nous. On at- tend d’un manager qu’il soit bienveillant, attentif, qu’il accepte les moments où l’on se sent moins bien. Chacun doit entrer dans l’entreprise
  Sport, team-building et handicap
Le Free Handi’se Trophy et le Codirathon bousculent les représentations
Si un management adapté est primor- dial au quotidien, des événements d’am- pleur existent également pour favoriser l’intégration de salariés en situation de handicap, mais aussi et surtout pour changer le regard que les collaborateurs et dirigeants de leur entreprise peuvent porter sur eux. C’est le cas du Free Han- di’se Trophy, un raid inter-entreprises de 800 km parcourus par des équipes de quatre collaborateurs (deux salariés valides et deux salariés en situation de handicap) en cyclo-tandem et en canoë. L’édition 2018 s’est déroulée du 25 mai au 2 juin entre Bordeaux et Nantes avec 23 équipes représentant 12 entreprises. « Le raid vient bousculer les représentations du handicap », note Florence Beaune, créatrice de Free Handi’se. « Rien ne remplace le vécu, et les collaborateurs valides, tout comme les dirigeants qui viennent suivre le raid, ne repartent pas comme ils sont venus. Dans une équipe, les collaborateurs doivent compter les uns sur les autres. Quand on est dans le dur, il n’y a plus de handicap, plus de va- lides. On peut facilement faire le parallèle avec un projet d’entreprise et la manière dont il faut ménager ses ressources. Ce type d’ événement contribue à ce que les managers comme les collaborateurs comprennent mieux leurs collègues en si-
tuation de handicap, soient plus compré- hensifs et attentifs. On aborde finalement le sujet de l’altérité par la petite porte du handicap. L’intérêt de Free Handi’se, c’est que l’événement mobilise aussi toutes les strates de l’entreprise, avec l’espoir de faire changer les comportements et les pratiques. » Le raid est en effet précédé d’un week-end de cohésion au cours du- quel les équipes se rencontrent et d’un prologue, le Codirathon, qui donne ren- dez-vous aux présidents et membres des Codir/Comex des entreprises engagées sur le raid le temps de deux épreuves avec des collaborateurs en situation de handicap. Un jeu en ligne est également ouvert à tous les salariés des entreprises participantes pendant six semaines avant le raid pour apporter du support et de la motivation aux équipes, mais aussi pour sensibiliser le plus grand nombre. Et Claude Sarcia, président du directoire d’IMA SA, d’ajouter sur les aspects po- sitifs de cet événement : « L’engouement est tel que nous souhaitons développer l’initiative en interne pour mobilier l’en- semble des salariés. Les bénéfices sont parfois insoupçonnés. Cette année, le Free Handi’se a permis à un participant de prendre du recul sur sa situation et de se sentir soutenu pour ne pas perdre pied. »
 Par Emilie Massard
Le management d’un salarié en situation de handicap, c’est compli- qué ? Pas plus que le mana- gement de n’importe quelle équipe dans n’importe quelle entreprise, semble-t-il. Didier Roche, serial entrepreneur en situation de handicap et président de l’association h’up (association d’entrepreneurs handicapés) abonde : « Quand je manage mes équipes, il n’y a plus de handicap, il n’existe que des singularités que je dois inclure. Là est le déno-
au handicap, mais aussi à la diversité, profitait au plus grand nombre ?
En France, 12 millions de per- sonnes sont actuellement en situation de handicap (source baromètre Handicap, Emploi et Prévention en entreprise, réalisé dans le cadre du salon Handicap, Emploi et Achats Responsables, qui s’est tenu le 28 mai dernier à Paris). La loi impose aux entreprises de plus de 20 salariés un taux de collaborateurs en situation de handicap supérieur à 6 %.
  Les sujets d’inclusion nous permettent aujourd’hui de couvrir des sujets d’intérêt général
 minateur commun dans mon type de management : l’inclu- sion. Handicapés ou valides. » Ecoute et bienveillance sont par ailleurs les mots-clés indis- pensables pour mettre en place un environnement favorable à la réussite des personnes en situation de handicap... mais également de toutes les autres. Et si adapter son management
Pourtant, 500 000 personnes en situation de handicap sont aujourd’hui privées d’emploi en France. Le taux de chômage des personnes en situation de handicap est deux fois plus élevé que la moyenne, il oscille autour de 19 % (chiffres de l’Union nationale des entre- prises adaptées). Si le che- min vers l’emploi n’est donc
aménagements de poste ne posent pas de problème s’ils sont bien réfléchis. Pour les handicaps les plus lourds, nous n’hésitons pas à tra- vailler en partenariat avec les entreprises adaptées, qui ont un savoir-faire important. Il faut casser les idées reçues et montrer les effets bénéfiques de la diversité. Nous avons par
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Avoir la gueule de l’emploi, une expression qui n’a pas de sens pour certains...
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[                  Découvrez le
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                               ]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
   avec ses particularités. La vie peut réserver des surprises, la maternité, le vieillissement, le handicap, mais finalement, c’est la vie, il n’y a rien de plus naturel. » Pour d’autres, l’inclusion des personnes en situation de handicap s’est presque réalisée naturellement. Claude Sarcia, président du directoire d’IMA SA, dépeint : « Le handicap est pris en compte naturellement dans notre mode de fonctionne- ment. C’est presque dans nos gènes. Nous faisons en sorte d’embaucher et d’aménager
comme sur d’autres, certaines ont de belles réussites à citer en exemple. « Le frein principal pour les PME aujourd’hui, c’est la méconnaissance du handicap », estime Caro- line Lemoine, chef de pro- jet RSE au siège de l’Agefos PME. « Certaines entreprises pensent d’emblée qu’elles ne pourront pas accueillir un salarié en situation de han- dicap. Effectivement, certains handicaps sont incompatibles avec certains postes, mais il ne faut pas généraliser. » Tout comme dans les grands
préalable. L’entreprise peut s’adapter plus facilement aux difficultés si elle les a antici- pées. Le management dépend du type de handicap, mais la plupart des salariés vont avoir besoin de motivation et de reconnaissance pour pal- lier un manque de confiance. Nous mettons en place un mode de management plus attentif, nous sommes plus sensibles à certains signaux faibles, sans toutefois som- brer dans le paternalisme. Il est également important de sensibiliser l’équipe qui
la diversité
du management
travaille avec la personne. »
Les entreprises adaptées, qui doivent compter plus de 80 % de travailleurs en situation de handicap dans leurs services de production, reçoivent bien sûr des subventions de l’Etat, mais elles sont aussi souvent des PME et restent de beaux exemples de réussite. C’est le cas d’ATF Gaïa, entreprise spécialisée dans la gestion de fin de vie de matériel IT. « C’est autant à la personne de s’adapter à l’entreprise que le contraire », estime Sylvain
Couthier, président d’ATF Gaïa. « Notre premier objectif est de redonner aux salariés de la confiance, de l’estime de soi et un sentiment d’utilité. Un mois après l’arrivée d’un salarié, nous lui demandons un rapport d’étonnement, pour qu’il exprime la manière dont il perçoit l’entreprise et ses difficultés éventuelles. Il faut du temps pour créer un contexte propice à expri- mer ces éléments. » Sylvain Couthier insiste également sur le rôle clé du service des ressources humaines, qui ap- porte son soutien et son écoute aux salariés, mais qui est aussi l’interface entre le salarié et tous les autres départements de l’entreprise. « Un point
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Le management préconisé pour aujourd’hui, c’est finalement l’avenir
 les postes de travail. Une des valeurs qui transpire le plus dans notre culture d’entre- prise est d’encourager l’éga- lité des chances et de lutter contre l’exclusion. Outre cette culture, cela nous pousse aussi à innover et réfléchir sur nos manières de manager. Par exemple, c’est à la demande d’un employé aveugle que nous avons commencé à vraiment réfléchir sur la flexibilité du travail et le télétravail. Et plus généralement, l’esprit positif des personnes handicapées rayonne et irrigue l’ensemble de la société. Plus générale- ment, les sujets exprimés par les salariés nous permettent de couvrir des sujets d’intérêt général et de se pencher sur de nouveaux enjeux tels que le traitement des personnes âgées ou l’accompagnement des patients atteints de mala- dies auto-immunes. »
leS pme, ReineS de l’adaptaBilité Pour les PME, accueillir des salariés en situation de han- dicap peut être moins aisé. Pas d’accord ou de mission handicap pour accompagner le management et les salariés au quotidien, pas de formations internes, les dirigeants sont parfois livrés à eux-mêmes sur le sujet. Mais la réactivité et l’adaptabilité ne font pas peur aux PME, c’est même leur quotidien, et sur ce sujet
groupes, l’alternance peut être une solution pour lever des craintes. « L’alternance permet de répondre à des besoins et de rassurer l’al- ternant comme l’employeur sur les compétences, tout en facilitant l’intégration. » Pour Florence Micucci, dirigeante de l’ADREC Auvergne, or- ganisme de formation qui emploie trois salariés en si- tuation de handicap sur un effectif de 15, le mot-clé est l’anticipation. « Les contraintes doivent être identifiées au
 Entrepreneur & handicap
Vers de nouveaux lauriers entrepreneuriaux ?
« 7 700 nouveaux entrepreneurs sont recensés en situation d’invalidité chaque année »
Pour ses dix ans, l’association h’up marque le coup et crée les «Trophées h’up entrepreneurs 2018 », événement qui sera placé sous le haut patronage d’Emmanuel Macron dont EcoRéseau Business est aussi média partenaire. Ces trophées souhaitent mettre en lumière le dynamisme des 75 000 entrepreneurs en situation de handicap en révélant et en récompensant des parcours atypiques et hors du commun. L’événement souhaite aussi mettre la lumière sur un contexte national plutôt préoccupant : chaque an- née, 7 700 nouveaux entrepreneurs sont recensés en situation d’invalidité et plus de 700 000 sont reconnus en Affections de longue durée (ALD). Des chiffres alar- mants qui n’empêchent pas ces entrepre-
neurs de tenir à bout de bras des réus- sites étonnantes. Didier Roche, président de l’association en situation de handicap et entrepreneur depuis l’âge de 23 ans, commente : « Le handicap est toujours vécu comme un boulet. L’ image véhiculée dans les médias reste mauvaise et le seul réflexe reste celui de donner de l’argent aux associations car le grand public se dit souvent que c’est le seul moyen pour les handicapés de vivre. Il faut changer les mentalités et faire comprendre que le handicap est porteur d’espoir, d’autant que les récents changements législatifs permettent plus d’ équité entre le salarié et l’entrepreneur handicapés. Par ces trophées, nous récompensons certes des réussites économiques, mais sachez que le critère humain sera le plus discri- minant dans la décision finale. L’idée est de prendre conscience qu’on peut entre- prendre quel que soit son parcours. »
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
  elle-même sa condition, elle choisit si elle ressent que son autisme la handicape ou non. Bien sûr, certains autismes sont handicapants, mais le spectre de l’autisme est très large et englobe une multitude d’autismes aux intensités variées », ajoute-t-elle. C’est donc en étant à l’écoute de son collaborateur, de ses besoins et de ses contraintes qu’un manager pourra trouver les clés d’une relation profes- sionnelle réussie. C’est dans l’objectif d’aider les managers dans leur rôle, mais aussi de donner de la visibilité aux neuroatypiques que Gabrielle Blinet a lancé le projet La Beauté de la Neurodiversité au Travail. Le projet, soutenu par le mouvement associatif EKlore, porté par Solenn Tho- mas, prend la forme d’une série de vidéos dans laquelle des professionnels neuroatypiques, qu’ils soient salariés, entrepre- neurs, artisans, parlent de leur expérience dans le monde du travail, avec le témoignage de leur manager, leurs collègues, etc. L’objectif de la série est de montrer qu’un environnement de travail propice peut être mis en place pour permettre à la personne de développer tout son potentiel. C’est après avoir vécu deux expériences radicalement différentes avec des managers que Gabrielle Blinet a eu l’idée de ce projet. « Au sein de la même entre- prise, j’ai expérimenté deux modes de management très différents. Le premier, que j’appellerais «aspie-friendly», a su mettre en place un cadre humain qui m’a permis d’ob- tenir de très bons résultats. Le deuxième management était plus conformiste, avec de l’implicite, du contrôle, un micro-management de l’emploi du temps et une in- jonction tacite à ressembler aux autres. On me reprochait d’être caractérielle et exu- bérante, et ce management m’a complètement bloquée, je n’arrivais plus à produire quoi que ce soit. » Pour réussir le management d’un autiste, Gabrielle Blinet explique qu’il faut notamment comprendre le fait qu’un autiste peut être
en décalage avec les autres, il ne comprend pas l’implicite et le sous-entendu, pas plus que les jeux de pouvoir qui peuvent exister dans une en- treprise. « Le bon management implique donc une tolérance
pour leur proposer directe- ment des talents appartenant à la neurodiversité. C’est le cas d’Auticonsult, SSII pour laquelle travaille également Gabrielle Blinet et dont l’ob- jectif est d’aider les personnes
candidats », explique Flora Thiébaud, co-fondatrice d’Au- ticonsult et psychologue. « Les autistes ayant des difficultés à se vendre, nous avons par exemple éliminé l’entretien d’embauche du processus
en compte ses forces et ses faiblesses. Nos consultants ont également un référent technique pour les aider à combler leurs éventuelles lacunes basiques dues à un manque de formation. » Flora Thiébaud explique également qu’un référent est identifié au sein de l’équipe du client pour répondre aux questions du consultant sur les normes ex- tra-professionnelles qui règnent dans l’entreprise, normes que les autistes ont parfois du mal à appréhender. Pour ce qui est du handicap comme de la neurodiversité, on se rend rapidement compte que les conseils donnés aux mana- gers pour gérer la diversité peuvent s’appliquer au plus grand nombre. « On essaye tous de cacher nos faiblesses, alors qu’on pourrait mieux vivre avec en les assumant, estime Flora Thiébaud. Le management précon.isé pour la diversité aujourd’hui, c’est finalement peut-être l’avenir du management. »
 Les formations de sensibilisation consacrées aux spécificités de la neurodiversité sont pour l’instant inexistantes
  Le handicap s’efface à l’aune de l’épanouisse- ment personnel et de la performance collective.
régulier est organisé avec chaque collaborateur pour parler de ses réussites, de ses axes d’amélioration, etc. Il est important de montrer à la personne qu’elle est consi- dérée. Cela passe aussi par le collectif, qui doit être as- socié aux performances de l’entreprise. »
la RicheSSe de la neuRodiveRSité
Si le champ du handicap est très large et couvre des si- tuations toutes différentes les unes des autres, la neuro- diversité doit également être prise en compte lorsque l’on parle d’inclusion. L’autisme touche 1 % de la population, soit environ 650 000 personnes en France. Si l’on y ajoute les autres fonctionnements cognitifs qui sortent de la norme (troubles de déficit de l’attention, hyperactivité, haut potentiel intellectuel, etc.), on arrive à une proportion de5à20%delapopulation en fonction des estimations. « La neurodiversité est l’idée que les différences neuro- logiques sont le résultat de variations du génome hu- main », explique Gabrielle Blinet, créatrice du projet La Beauté de la Neurodiversité au Travail. « Il s’agit donc de conditions particulières qui ne sont pas, selon moi, des pathologies et qui n’ont donc pas besoin d’être guéries. » La jeune femme, autiste Asperger, ne se considère pas comme handicapée et a beaucoup de mal à se dire que son autisme limite ses capacités. « Chaque personne autiste doit estimer
face à ses comportements, de les dédramatiser par l’hu- mour pourquoi pas, conseille Gabrielle. La communication doit être claire et explicite. Ce management permet d’épurer et de simplifier les choses, pour se concentrer sur les résul- tats. Et finalement, on se rend compte qu’un management qui convient à un autiste ou à un «dys-» convient au plus grand nombre. Les managers doivent être à l’aise avec les fulgurances intellectuelles aussi bien qu’avec les dé- faillances ou les maladresses de leurs collaborateurs. Je pense que les personnes neu- roatypiques révèlent certains dysfonctionnements du monde professionnel, puisqu’elles sont souvent moins capables de supporter les injonctions contradictoires. En cela, elles peuvent être une chance pour l’entreprise. » Par ailleurs, si les formations de sensibilisa- tion au handicap dédiées au management sont désormais légions, les sessions consacrées aux spécificités de la neuro- diversité sont pour l’instant inexistantes. Pour Gabrielle Blinet, il serait urgent d’inté- grer des modules consacrés au sujet dans les écoles de commerce ou les filières de ressources humaines, pour ap- prendre à recruter et à manager les personnes neuroatypiques.
accompagnement de niche pouR mieux peRfoRmeR
Si le manque de formations pour sensibiliser les entre- prises au management de la diversité se fait sentir, des structures existent toutefois pour les accompagner sur cette thématique, mais aussi
neuroatypiques à avoir un meilleur accès au travail en leur créant un environnement favorable et en étant à l’écoute des forces et faiblesses de cha- cun. Les consultants recrutés par Auticonsult en CDI sont ensuite envoyés en mission chez les clients. Le groupe issu de la fusion avec la société al- lemande Auticon emploie plus de 115 consultants autistes en Europe, pour la plupart dans le domaine informatique en France, du moins pour le mo- ment. « Tout le processus de recrutement est adapté à nos
pour le remplacer par des tests cognitifs et informatiques que nous avons voulus les plus objectifs possibles. Par la suite, nos consultants sont suivis par un coach qui évalue leurs compétences cognitives pour identifier leurs forces et faiblesses. Une relation de confiance forte s’établit entre le consultant et le coach et c’est en duo qu’ils forment et sensi- bilisent nos clients à l’accueil du consultant. L’objectif est d’aider le manager qui s’oc- cupera de notre consultant à bien le connaître et à prendre
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]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 La Sélection culturelle
Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune
  ■ Une saison avec Pascal Dupraz
En 2016, Pascal Dupraz prend les rênes de Toulouse Football Club, le sauvent d’une descent certaine en ligue 2. Au terme de la saison, les supporters le surnomment
« Dieupraz ». Janvier 2018, il quitte le TFC. Au fil d’une saison ce caoch hyper engagé nous révèle ses secrets d’entrai- neur et nous fait vivre son quotidien dans les coulisse d’une équipe de ligue 1. Soue le regard expert de Frédéric Rey-Millet, spécialiste en innovation managériale et ancien coach auprès du Président de la Fédération française de football, il livre au jour le jour ses stratégies et espoirs d’avant-match, ses joies, ses regrets et ses leçon d’après match, ses paris comme ses
coups de génies. Ses échecs aussi.
Pascal Dupraz, Frédéric Rey-Millet, Une saison avec Pascal Dupraz, leçon de leadership. Réussir, échouer, rebondir : ses secrets d’entraineur, Préface de Didier Deschamps, Alisio, Edition Leduc, 2018 19,90 euros
■ La méditation anti burn-out, 7 semaines pour
retrouver la sérénité au travail
Dans un monde au travail sous pression, nombreux sont ceux à avoir mal au ventre en se levant le matin pour aller travailler et à se sentir menacés par le burn-out. La médita- tion que le Dr Colombel expérimente à l’hôpital est un outil efficace pour se protéger de l’épuisement professionnel ou retrouver la sérénité après un épisode de crise. Différentes techniques de méditation sont exposées selon un ordre de difficultés progressives, en 7 étapes. Elles sont guidées sur CD et chaque méditation se présente comme une reprise de la précédente enrichie de nouveaux concepts. La 1e étape consiste dans la prise de conscience de son état physique et psychique avec un 1er état des lieux. Comment on se sent-on à cet instant ? Quel est son niveau de fatigue
? Quelles sont ses émotions ?
Puis, dans un 2eme temps, il s’agit d’ap- prendre à diminuer le stress grâce à la respiration. Lien entre le corps et l’es- prit, celle-ci a une place centrale dans la méditation.
3ème étape : apprendre à faire une pause pour méditer au travail, assis, debout ou allongé. On peut méditer partout et à n’importe quel moment !
La 4ème étape consiste à se confronter
à ses valeurs qui sont essentielles pour chacun. Lorsque celles-ci sont ignorées, elles deviennent l’une des sources principales du burn-out.
La 5ème étape donne les clés pour adopter des positions d’acceptation et d’engagement. Après avoir fait le point sur soi, il est temps d’appliquer la maxime de Marc-Aurèle : « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être, mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre ».
La 6ème étape apprend à développer son sentiment de sécurité intérieure, sa curiosité et son intuition, toutes ces qualités garantes d’une réussite professionnelle.
Enfin, la 7eme étape consiste à adopter l’esprit du débutant. Accessible à tous les niveaux, novices ou déjà expérimentés.
Dr Marine Colombel, en collaboration avec le Dr Jean Sixou, psychiatre, La méditation anti burn-out, 7 se- maines pour retrouver la sérénité au travail (Incluant un CD de 14 méditations guidées), Editions Marabout, 2018, 19,90 euros
■ Petit Quizz Football Spécial coupe du monde
Découvrez 350 questions pour tester votre connaissance football.
Que vous ayez 2, 5 ou 10 minutes, jouez et revivez les Coupes du Monde, seul ou entre amis.
Grâce aux réponses enrichies découvrez l’histoire des 20 Coupes du Monde de 1930 à 2014 de façon ludique : les diffé- rentes éditions, les pays organisateurs, les joueurs emblématiques, les palmarès
et les insolites. Ou lisez-le comme un livre dans l’ordre chronologique.
Petit Quizz Football Spécial coupe du monde, Talents Editions, 2018, 176 pages, 8,90 euros
■ Gérez vos projets : Les clés pour réussir étape
par étapes
Se réinventer ou disparaître : c’est le dilemme auquel doivent répondre toutes les entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité. Cette transforma- tion passe par la réalisation de projets. L’entreprise doit alors mener un délicat jeu d’équilibriste en ménageant ses opérations courantes, source de ses bénéfices ac- tuels, tout en préparant son organisation de demain.
Pour éviter que les retards affectent vos opérations et que les imprévus alour- dissent le budget, vous devez contrôler la réalisation de ces projets. C’est l’ob- jectif de la gestion de projet : planifier les activités, déléguer leur réalisation aux experts compétents, surveiller l’avancement et inspecter le résultat grâce à des points de contrôle prédéfinis. Ce livre s’adresse à tous les entrepre- neurs, managers ou acteurs d’un projet
qui doivent initier, mettre en place et effectuer le suivi d’un projet. Il ne nécessite aucune connaissance spéci- fique dans le domaine de la gestion de projet. Ecrit dans un langage simple et sans jargon technique, il veut être
facilement accessible pour vous apprendre à gérer un projet de bout en bout. De nombreux schémas et des exercices inspirés de cas réels le rendent directement opérationnel.
Thibault Pairis, Gérez vos projets : Les clés pour réussir étape par étapes, Editions Eni, 2018, 318 pages, 45 euros
■ Psychologix Toute la psychologie en BD
Après Economix, logicomix et Hypercapitalisme, EcoRé- seau voulait vous faire découvrir ce mois-ci Psychologix de Grady Klein et du docteur Oppenheimer. Le synop- sis ? Résumer en 226 pages, toute la psychologie en BD. L’œuvre se veut riche, accessible, rigoureuse et drôle et met en exergue de nombreuses questions :
Que cachent nos comportements ? Quel est le secret de nos émotions ? Comment se construit notre personna- lité. Que savons-nous aujourd’hui du
processus de la mémoire ? Comment
notre cerveau peut-il nous tromper ?
Comment entrons-nous en relation avec
les autres et comment ces derniers nous
influencent-ils ?
Ce roman graphique nous donne toutes
les clés pour nous connaître nous-même
comprendre les autres et le monde dans
lequel nous vivons. Au travers d’expé-
riences et de découvertes fascinantes qui
ont marqué l’histoire de la psychologie,
il nous initie au fonctionnement complexe de notre mental pour une vie plus équilibrée.
Adam Alter, professeur de marketing et de psychologie à la New York University Stern School of Business, té- moigne « Le manuel de psychologie le plus réjouissant que je connaisse. Il s’adresse à chacun, aussi bien aux experts e aux étudiants en psychologie que à toute per- sonne curieuse d’apprendre qui nous sommes et ce qui nous motive ».
Psychologix Toute la psychologie expliquée en BD de Grady Kelin et du docteur Danny Oppenheimer, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Clothilde Meyer, Les arènes BD, 2018 224 pages 24, 90 euros.
      La critique du mois - Série
13 reasons why (Netflix)
Tirée des best-sellers de Jay Asher, la série
en deux saisons « 13 Reasons Why » est
une série à regarder avec vos adolescents
pour aborder les problèmes sérieux qui
touchent chaque adolescent au lycée. Bien
que la série soit américaine, elle n’omet
pas de questionner le rôle des parents,
le libre arbitre des ados et de mettre en
exergue les nombreux pièges inhérents à
l’âge ingrat avec beaucoup de réalisme.
La saison 2 commence même par un
aparté où chaque comédien appelle ceux
qui visionnent la série à prendre contact
sur un site dédié qui porte le nom de la
série ou à parler avec un proche s’il se
reconnaît dans les situations extrêmes de la série. Pour le synopsis, la série se concentre sur Clay Jensen, ado-
lescent ordinaire une boîte portant son nom. Dedans, des cassettes enregistrées par Hannah Baker, une camarade de classe qui s’est tragiquement suicidée deux semaines auparavant et avec qui il a eu une relation. Treize cassettes en tout. Chaque cassette est l’occasion d’un flashback sur un personnage en lien avec sa destinée morbide. Une série rythmée au concept original qui n'est pas sans nous rappeler les débuts de Desperate Housewives. Certaines scènes peuvent choquer la sensibilité des plus jeunes. Mais surtout, à voir en tant que parent d'ado pour comprendre un peu mieux
les dangers des réseaux sociaux, de l'isolement et des relations nocives.
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
   Sélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivité
Champagne
Honneur à Lady de Neuville
Une robe de couleur jaune vert pâle présente des bulles fines au crépitement délicat.
Le premier nez évoque des senteurs de pomme verte, la brioche, la craie, la framboise,
le poivre blanc, la fleur de lys... Il évolue à l’aération vers des notes de pâte d’amande,
de menthe fraîche et d’aneth. L’approche dans le palais est souple et fraîche avec une effervescence crémeuse et fondue. Le vin se développe avec une densité de fruits blancs charnus et d’agrumes, bien relevée par une acidité tendue à tonalité citronnée et anisée. Le
milieu de bouche est orchestré par une minéralité crayeuse très pure qui confère de l’envergure tactile. Harmonies culinaires : sashimis de daurade, homard en aspic de thé vert, un chaource fouetté et sa brunoise de poire. Prix : 33 €
lebrundeneuville.fr/fr
Brut rosé premier cru, maison Cattier
Son élégante et délicate robe rose pâle aux reflets bleus et orangés proviennent d’un assemblage minutieux de 50% de Pinot Noir, 40% de Pinot Meunier et 10% de Chardonnay. Son nez riche et complexe aux arômes de fruits rouges séchés, d’amande et de noix lui apporte une tenue fraîche et ample en bouche. En fin de dégustation, une belle vinosité se dessine à travers des notes subtiles de cassis et de pâte de figue. 36,50 € - 75cl, À servir à une température entre 8 et 10°. Un Champagne féminin qui se déguste à chaque instant important !
www.cattier.fr
Confidences Rosé brut 2009
Cette cuvée aux cépages pinot noir 85 %, chardonnay 11 %, pinot blanc 4 % est issue uniquement de l'année de vendange 2009. A la dégustation, ce sont des bulles délicates en forme de perles fines. La robe est corail. Le nez subtil de fraise des bois, de tabac blond miellé et herbes aromatiques séduit avec une touche de vanille. La bouche est ronde et fruitée, épicée, marquée par l'élégance et la fraîcheur ; une finale longue et persistante sur le poivre et le fruit. Définitivement un champagne de gastronomie. Accords parfaits : souris d'agneau confite, magret de canard aux pralines roses concassées. Prix indicatif ttc départ cave : 65 €
www.chassenay.com
Les déjeuners d’EcoRéseau Business
Gastronomie
Araku, un café indien
Exclusivement issu de plantations en agriculture biodynamique, le café Araku est certifié bio et cultivé à la main en petites parcelles. Troisième pays producteur de café, l’Inde est célébrée pour ses cafés grands crus. Le café indien propose une signature aromatique inédite qui allie l’équilibre, la douceur et la rondeur, relevée par
quelques notes d’épices caractéristiques. Araku Micro climat est issu des meilleures parcelles d’un seul village dans la vallée. Il développe un corps généreux, des notes gourmandes tirant sur le fruit presque confit et une pointe d’amertume. Un café typique et onctueux. Boîte 200g 14,90 € www.arakucoffee.com
Confitures Comtesse du Barry &
Alain Milliat
Comtesse du Barry et Alain Milliat
vous offrent le meilleur des fruits dans
cet écrin de 4 délicieuses confitures en
format 45g : Framboise Mecker, Fraise de
Dordogne, Abricot Bergeron et Orange
blonde. Alain Millat a fondé sa maison
en 1993 avec une seule exigence en tête :
élaborer des confitures qui reflètent les
caractéristiques du fruit frais. Il a d'abord utilisé les récoltes du verger familial puis a sélectionné, à travers le monde,
des producteurs partageant la même ambition d'excellence et l'utilisation de matières premières pures. La maturation totale du fruit avant récolte permet d'obtenir un ratio sucre/ acide idéal. 10,50 €
www.comtessedubarry.com
            Ce mois-ci, nous avons testé pour vous Le Prince de Galles
  Concept & Lieu : Le Prince de Galles et le Chef Stéphanie Le Quellec re- çoivent le célèbre Chef libanais Hus- sein Hadid. Dans le cadre enchanteur du Patio, et à l’ombre de ses mosaïques et colonnes art déco, le restaurant Les Heures propose d’emmener du 7 juin au 30 septembre ses convives dans un voyage gourmand au pays du Cèdre.
La Cuisine : Stéphanie le Quellec est généreuse et passionnée. Elle affec- tionne particulièrement le Liban. Alors que le Chef Hussein Hadid étaitprésentàParisaumoisdemars pour une séance de travail, ce dernier s’est rendu sur les traces de son père qui avait ses habitudes au Prince de Galles. Stéphanie Le Quellec l’a ain- si convié dans ses cuisines pour un moment de partage culinaire et c’est alors qu’une osmose entre eux s’est révélée. Est née l’envie de proposer une carte à 4 mains : des plats liba- nais revisités et twistés.
Notre Menu :
t CocktailLevantine:Liqueurdefleurd’oranger,citronjaune, blanc d’œuf, chartreuse verte. 25 € Très délicat !
t Entrées
Tartare de bœuf angus « comme à Beyrouth » marinade truf- fée 28 € / Soupe glaçée d’aubergine à la flamme, haloumi grillé, sorbet menthe coriandre 20 € Superbes toutes les deux.
t Plats
Gambas rôties au raz el hanout, fatteb de pois chiches 42 € / Taouk de volaille fermière doca 38 €
t Desserts
Barbe à papa Libanaise, sur un croquant à la pistache, crème à la fleur d’oranger. 18 € Original, exquis, léger.
t Tarifs
Compter 100-125 euros pour un entrée, plat, dessert et boisson
Adresse : 33 Avenue George V, 75008 Paris, De 12h à 14h30 et de 18h à 22h
Site web : www.hotelprincedegalles.fr
   JUIN 2018 | ecoreseau.fr
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©Benoit Linero
©Caspar Miskin
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  Vins
Esprit d’Escalin 2015
La situation spécifique et le microclimat
qui en découle, permettent de produire des Syrah au profil organoleptique septentrional, et des Grenaches dont la concentration, la signature fruitée, ont participé depuis son origine, à la réputation du vignoble. Le nez est très frais sur des notes de fruits rouges et notamment de la cerise. En bouche, ce sont des arômes de griotte, d’épices douces qui offrent un bel équilibre. Un vin facile pour une dégustation plaisir. Prix 10,20 € départ cave.
www.barondescalin.com
Rocca Luna 2016 AOC
Beaumes de Venise
Ce Rocca Luna – qui signifie « le rocher lunaire » en provençal est issu d’un vignoble au sud-est des Dentelles de Montmirail. L’assemblage de Grenache, Syrah et Mourvèdre à la robe rouge pourpre avec des reflets violets. Il offre un nez intense et complexe d’arômes de fruits rouges frais et de violette. En bouche c’est un vin tendre et gourmand aux tannins très fins. Servi entre 16 et 18°C, il accompagne idéalement les plats sucrés salés, les viandes grillées, un plateau de charcuterie et même un rôti de lotte au lard. Prix : 9,50 € – en vente au caveau des Grandes Serres à Gigondas (04 90 65 86 55) et chez les cavistes. www.beaumesdevenise-aoc.fr
Clef de Saint Thomas AOC Châteauneuf
du Pape - Rouge 2016
Cette magnifique propriété, dont les racines remontent au IVème siècle avant notre ère, produit des vins de Provence et Châteauneuf du Pape et
des huiles d’olive d’exception. Une robe grenat, un nez aux notes de bois exotiques (cèdre), laissant de douces notes d’épices puis de framboise s’élever après aération de quelques minutes. La bouche est charnue, mature, les tannins sont enrobés. Un vin très élégant avec une légère note truffée et boisée en fin de bouche. Prix 32,50 €
www.chateau-calissanne.fr
XX de CORBIN Saint-Emilion
Château Corbin est un Grand Cru Classé depuis l’origine du classement de Saint-Emilion en 1954. XX de Corbin 2015 est issu d'un assemblage de 90% Merlot et 10% Cabernet Franc. Il dévoile une belle robe rouge grenat soutenue au liseré violine. On découvre ensuite un très joli nez de petits fruits rouges accompagnés de notes finement boisées et épicées. La bouche est douce, ronde, charnue et veloutée, avec des tanins fins et délicats, et offre une finale fraîche et aromatique. C’est un très joli vin de plaisir qui sera à son apogée dans 3 à 5 ans. www.vinotheque-bordeaux.com
Rully rouge 2016
La maison Drouhin, forte de son savoir-faire ancestral, a porté au sommet les plus grandes appellations Grand cru et Premier Cru (Beaune Clos des Mouches, Chambertin clos de bèze, Musigny..etc), et nous offre ici une charmante "petite cuvée". Gourmand et raffiné, ce Rully est une merveille de fraicheur et de gourmandise ! Un pinot noir qui enchante par sa douceur et sa légèreté. Quelques notes épicées, une touche de fruits rouges, un rouge rubis séduisant et nous voilà comblés par ce joli vin. Accords recommandés : Caille aux raisins, lièvre à la royale, pintade aux girolles. Se garde jusqu’en 2022.
Prix : 17,5 €. 7, rue d’Enfer, 21200 Beaune
www.drouhin.com
Château Beau-Site 2013 de
la Famille Castéja
Ce cru Bourgeois AOC Saint-Estèphe , de cépages Cabernet Sauvignon 70% - Merlot 30% est un vin souple, suave avec une bonne structure tannique aux notes de fruits rouges (cerise, canneberge) mêlées
à des notes d’épices et de réglisse. Elégant et racé,
il offre amplitude et très belle longueur à la fois. Il servira au mieux une côte de bœuf, un poulet grillé, accompagnés de légumes verts. 24 € www.lagrandecave.fr
 Réserve des Gardians 2016 Rouge – AOC Coteaux d’Aix en Provence
Ce vin aux cépages 50% Grenache, 30% Syrah, 15% Cinsault, 5% Carignan exprime avec gourmandise et finesse cette force puisée au cœur du terroir d’Eole. Sa robe soutenue aux reflets violacés et son nez de fruits noirs et d’épices rappellent l’origine ensoleillée de ses cépages. Sa bouche ample, persistante, nous fait croquer dans les fruits rouges et noirs, avec des touches de réglisse en finale.
La Réserve des Gardians est un appel aux grillades épicées, à la paella, aux aubergines farcies. Prix : 11 € www.domainedeole.com/nos-vins
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]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Vins
se boit chambré sans excès (18°). Bon à boire dès maintenant, il se gardera encore 5-7 années. Prix public : 15,5 €
www.poulette.fr
Jardin de Roses 2017
Ce rosé AOP Côtes du Roussillon apparaît en série limitée portant le nom évocateur de Jardin de Roses, habillé de quatre étiquettes différentes. Illustrées chacune d’une rose magnifique Centifolia, Traviata, Red Eden ou Damask,
elles suggèrent les différentes senteurs de la reine des fleurs. Implanté dans le terroir des Aspres à Thuir près de Perpignan, le Château Lauriga est la dernière acquisition de Jean-Claude Mas, en 2016. Le nez est fin et subtil avec des notes de fruits rouges. La bouche est gourmande, fraîche
et gouleyante. Idéal pour l’apéritif, avec une viande grillée ou une viande blanche. Peut également accompagner des tapas ! 15 €
www.lauriga.com
Saint Véran 2016
Au fil du temps la Maison Joseph Drouhin s'est imposée comme une valeur sûre grâce à un vignoble particulièrement bien pourvu en grands blancs. De
la fraîcheur, une belle tension, ce Saint-Véran 100% Chardonnay jouit d’arômes subtils de fruits (pêche, poire) sur des notes d'amande fraîche et de miel. En bouche, l’attaque est vive, minérale. Sa grande pureté aromatique et son équilibre pertinent entre matière et acidité en fait de lui un favori pour l'apéritif avec quelques olives vertes ou avec de la charcuterie! Servir à 12-13 degrés, temps de garde 1 à 3 ans. Laissez vous tenter les yeux fermés... 7, rue d’Enfer, 21200 Beaune. Prix : 12,50 €
www.drouhin.com
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
    Côtes de Nuits Villages du Domaine de la Poulette
La parcelle du terroir des Vierville est une vieille vigne de 45 ans en moyenne, taillée en royat et produit chaque année, des vins à la hauteur des Nuits Saint Georges avec un prix abordable. Le nez est fin, élégant, harmonieux offrant une fine complexité. La bouche
est soyeuse, équilibrée et ronde ; on perçoit des notes de mûre charnue et de baies rouges, associées à de fines touches de fraise des bois. Les tanins sont très légèrement fermes. Accord vin/mets : parfait sur les viandes blanches ou rouges, plats en sauce, rôtis. Il
Château des Bachelards –
Comtesse de Vazeilles
Ce Pouilly-Vinzelles Les Quarts 2015 100% Chardonnay à la belle robe jaune d’or, offre d’intenses arômes de citron et de fleurs blanches. En bouche c’est un vin long, frais, bien structuré, campé sur une acidité longue tempérée par un élevage discret et de grande qualité. Servi à 13°C, il accompagnera un poulet au pesto, un poisson en sauce ou encore un carpaccio... Prix : 22 € www.bachelards.com/categorie-produit/boutique/
Riche et suave Vacqueras
Ce blanc AOC Vacqueyras aux cépages Roussanne : 9%, Marsanne : 8%, Viognier : 28%, Grenache noir : 21%, Bourboulenc : 19%, Clairette : 14% est parfait pour vos repas estivaux. Tirant son nom d’un quartier historique de l’appellation, Seigneur de Fontimple incarne la diversité du terroir du Cru Vacqueyras.
Ce seigneur, amateur de bons vins, planta un jour
de la vigne autour de son domaine et découvrit l’extraordinaire élégance et le soyeux remarquable de ses vins. Très vite, ses vins furent reconnus à travers les régions pour leur incroyable finesse, des vins suaves et soyeux. Prix de vente conseillé : 11,50 € www.vacqueyras.tm.fr
La box whisky Juste Un Doigt
Chaque mois c'est l'occasion de découvrir un nouveau whisky de grande qualité ! Un voyage gustatif garanti par les meilleurs experts. Grâce aux Échos du Malt devenez
incollable sur le whisky. La gazette vous donnera aussi quelques idées de recettes pour des accords parfaits, des anecdotes et plein d’autres conseils... Tous les trois mois vous recevrez une bouteille de whisky français. 55 distilleries produisent en France des whiskies encore méconnus qui n’ont rien à envier à leurs homologues écossais, irlandais ou encore japonais. Grâce à leur format 35cl, les bouteilles contenues dans les différentes box Juste Un Doigt, vous permettront de vous constituer une véritable cave à whisky et ainsi de devenir un collectionneur averti ! www.vousvoulezunwhisky.com
          82
JUIN 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Evasion
Le Petit Nice Passedat
Façonnée par Germain, Jean-Paul puis
Gérald Passedat, cette maison familiale
a toujours conjugué l’art de l’hospitalité
et l’excellence de la table avec leur temps.
Intemporelle et contemporaine, cette
maison unique vient de célébrer ses 100
ans. La situation de l’établissement est exceptionnelle : les pieds dans l’eau, orientée plein sud, face à la Méditerranée, avec au large les îles du Frioul, le Château d’If, l’île Gaby. La cuisine maritime et méridionale de Gérald Passedat y trouve cadre à sa mesure pour dévoiler toutes les richesses et les secrets de la mer. Gérald Passedat propose un menu
« 100 ans, 100 € », exclusivement réservé pour le déjeuner. Anse de Maldormé, Marseille.
www.passedat.fr
Le Park Hyatt Vendôme Paris, un palace contemporain voluptueux
Les 153 chambres et suites sont généreuses, de 30 à 250 m2, avec une très belle hauteur sous plafond. Tout a été conçu par l’architecte d’intérieur Ed Tuttle, même le mobilier qui doit son inspiration à différents styles français, depuis Louis XVI jusqu’aux années 30. Signées Roseline Granet, les appliques, les poignées de portes et de fenêtres ont été réalisées en bronze par un fondeur
réputé. Le service est prévenant, toujours exceptionnel. La table étoilée du Chef Jean-François Rouquette « Le Pur’ » vous reçoit pour un dîner mémorable après un moment grisant au bar. Le Healthy Breakfast sous la majestueuse verrière est un régal. Le Spa est un sanctuaire serein de 250 m2 tout de bois, pierre de Paris, acajou et onyx. Huit salles de réceptions et réunions totalisent un espace
de 690 m2. 5 rue de la paix 75002 Paris
www.hyatt.com/fr
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
      Un séjour thermal d’exception à Vichy
  Le Vichy Spa Hôtel Les Célestins jouxte le Parc Napoléon III et l'Allier d'un côté, et le centre-ville
de l'autre. Les 129 chambres et suites à la décoration contemporaine, douce et épurée sont très lumineuses. Le restaurant gastronomique le N3 vous propose une cuisine créative, goûteuse et diététique. Prenez soin de vous au centre thermal d’exception de 7500 m2, doté de l’unique Institut des Laboratoires Vichy, d’un Pôle santé et reconnu comme l’une des plus belles «Destination Spa» d’Europe. Laissez-vous tenter par les soins d’eau thermale de Vichy et l'espace forme et détente avec hammam, saunas, bain bouillonnant géant, salles de cardio et fitness, piscine d’eau thermale...la douche de Vichy
massage à 2 mains ainsi que le diagnostique de la peau suivi d’un bain relaxant et d’un soin visage sont uniques et incontournables.
www.vichy-spa-hotel.fr
Bien-Etre
La Botanic Cream, bonheur capillair
Christophe-Nicolas Biot, expert de la coloration naturelle depuis plus de
quinze ans, a ouvert en 2016 l’Atelier BioT, un concept 100% vegan autour de
la coloration et du soin du cheveu. C’est dans cette démarche vers toujours
plus de naturalité qu’il crée aujourd’hui la Botanic Crème, un conditionneur d’hydratation à la texture crème qui apporte souplesse et légèreté à la chevelure. Il est particulièrement adapté aux cheveux fins, mous ou en soin post coloration végétale grâce à une formulation à base de protéines de riz, d’huile de vétiver, de bergamote, d’huiles essentielles de camomille, de cannelle, et de clous de girofle.
42€ les 250 ml atelierbiot.com
Skin Beauty : super-aliments pour peau
sublimée
Natural Mojo, expert en compléments alimentaires à base de super-aliments
présente sa nouveauté nutricosmétique : des gélules riches en superfoods
qui apportent les vitamines et minéraux précieux, dont l’organisme a
besoin pour une peau resplendissante. L’aloe vera : ses qualités sont nombreuses et précieuses : antioxydants, enzymes, vitamines, acides aminés. La racine d’igname : très appréciée car elle est une "super racine" pleine de minéraux et vitamines essentiels. L’açaï : appelée "baie miraculeuse" grâce à son pouvoir antioxydant qui permet de ralentir le processus de vieillissement, il s'agit aussi d'une vraie bombe vitaminée riche en vitamines A, C et E ! Une boîte de 60 gélules à 19,99 € www.naturalmojo.fr
Aloe Lift Skin care
L’aloe vera est reconnue pour ses multiples propriétés aux vertus dermatologiques. Elle est particulièrement utilisée pour réparer les peaux soumises à rudes épreuves. Chez Aragan, l’aloe vera est méticuleusement choisie et préservée pour offrir des soins d’une efficacité optimale. Il s’agit de la seule marque dont les produits sont formulés à base d’un double concentré de jus et de chair d’aloe vera purs et non pasteurisés, Aragan va encore plus loin dans son expertise de l’aloe vera en développant de l’acide hyaluronique issu de cette plante. Cet acide hyaluronique à plusieurs poids moléculaires possède une action hydratante en surface, raffermissante sur les couches intermédiaires de la peau et repulpante et comblante
en profondeur. 34,90 € en pharmacie.
www.aragan.fr
      84 JUIN 2018 | ecoreseau.fr
©Joel Damase
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Horlogerie & Joaillerie
Hybrid Manufacture, la pre-
mière montre mondiale 3.0
Frédérique Constant associe, pour la première fois dans
l’histoire de l'horlogerie suisse : un mouvement de
manufacture, des fonctions intelligentes, une analyse du calibre mécanique. Bénéficiant d’une réserve de marche de 42 heures, le mouvement automatique offre une lecture précise de l’heure avec ses trois aiguilles complétées d’une fonction date réglable. La partie électronique, quant à elle, commande les fonctions intelligentes de la montre Hybrid Manufacture. La connexion entre la montre et l’application Hybrid s’effectue via le poussoir situé sur le côté gauche du boîtier grâce à la technologie Bluetooth®. La montre Hybrid Manufacture assure un suivi précis d’activité et du sommeil. Série limitée à 888 exemplaires. Entre 3 250 € et 3 550 € www.frederiqueconstant.com
Breguet, Reine de Naples 8918
Breguet revisite l’un de ses bestsellers. Cette pièce envoûtante emporte dans une valse les chiffres Breguet, largement agrandis. Leur calligraphie gaie et pétillante, de couleur bleue, se mêle aux reflets chauds d’une
nacre de Tahiti. Excentré à 6h, un cadran en nacre naturelle blanche guillochée à la main transporte le regard vers un diamant taille poire à l’éclat saisissant. L’ensemble est logé dans une boîte en or rose sertie de diamants taille brillant sur la lunette et le réhaut, ainsi que d’un diamant briolette sur la couronne. La nouvelle Reine de Naples 8918 est disponible sur un bracelet en cuir bleu nuit, au fini satiné, ou montée sur une
gourmette faisant l’effet d’un souple ruban d’or rose.
www.breguet.com
Goralska joaillerie, marque solidaire
Ouvert en janvier 2018, ce lieu conceptuel, inventif et audacieux, est le premier flagship store de la maison Goralska joaillerie au 12 rue de la paix 75002. Le
décor, les matériaux choisis mettent en lumière le lien entre le ciel, la terre et les gemmes précieux, imaginé par Corinne Evens, la créatrice des bijoux Goralska lors d’un voyage en Namibie ...Cet univers magique soutient aussi l’engagement éthique et responsable de la créatrice dans le traitement des matières premières et leurs provenances. Conformément à ses
engagements, Goralska reverse une partie de ses bénéfices aux organisations oeuvrant pour le progrès et le bien être de l’humanité.
www.goralska.com
Dalliage Bijoux, bijoux d’artistes
C’est d’abord l’histoire d’une rencontre, celle de deux
artistes, dont la chaleur et la lumière intérieure viennent
d’Afrique et d’Espagne. Un mélange d’Art déco et de bestiaire
primitif. Chaque bijou est pensé comme une œuvre d’art,
une sculpture de peau, un tatouage, une armure, alliant
masculin et féminin, un brin amazone. La collection est
entièrement réalisée à Paris, à la main, par des artisans au savoir-faire ancestral. Tous leurs bijoux, réalisés en argent, vermeil ou laque, sont élaborés à la cire perdue, puis fondus, polis et patinés dans la plus pure tradition des métiers d’art français. Le cuir qu’elles utilisent pour les liens et les demi-manchettes est travaillé par un ancien ouvrier des ateliers Hermès. 6 bis rue Bridaine 75017 Paris
http://dalliagebijoux.fr
Mode & Accessoires Une collection porte-bonheur inédite !
L’emblématique marinière rayée est signée d’un trèfle brodé, sur la manche droite, en guise de porte-bonheur et de trait d’union entre le maritime et le végétal. Armor Lux et Truffaut partagent des valeurs de savoir-faire et d’authenticité. Les 2 marques se sont associées pour donner naissance à une collection exclusive, en édition très limitée. Un trèfle à 4 feuilles pour provoquer chance et bonheur
aux jardiniers en herbe comme aux marins d’eau douce. Marinière manches longues adulte - en coton issu de l’agriculture biologique. 3 coloris au choix.
Tailles S à 2XL. 39,95 € ; Tailles 4 à 10 ans. 25 €
www.armorlux.com/fr/
Saint James x Rivieras
Rivieras et Saint James larguent les amarres à bord du même voilier le temps d’une régate chic et décontractée de la Manche à la côte atlantique, avant de mettre le cap sur les baies ensoleillées de la Méditerranée. Cette collection capsule embarque des marinières
et des tee-shirts rayés, déclinant un coucher de soleil sur l’atlantique et un plongeur dans les calanques. Deux modèles de Rivieras aux rayures marines et blanches leur font écho le temps d’un voyage autour du littoral. Rivieras Calanque & Rivieras Aber, 85€ Marinières Bonsoir & Grand Saut, 95€, T-shirts Hello & Petit Saut, 49 €
www.rivieras.com
Bill Barton et Patty Perreira,
s’associent en 2007 pour créér unnouveau label de lunettes pour homme et femme, Barton Perreira. Visionnaires, ils révolutionnent l’industrie du eyewear, par leur qualité de fabrication artisanale
unique made in japan, impeccable, leur design ultra innovant, leurs techniques de pointe. Chaque pièce fabriquée à la main est un exemple de technologie avancée pour des masterpieces que tout le red carpet hollywoodien adore : Ryan Gosling, Brad Pitt, Lady Gaga, Heidi Klum, Orlando Bloom, Scarlet Johansson, Michelle Obama, Lenny Kravitz...Modèle
Arlequin ci-contre, en titane & émail coloré 545 €
www.bartonperreira.com
La rue Made in France
L'engouement pour le Made in France ne se dément
pas ! De plus en plus de consommateurs sont séduits
: ils se retrouvent dans ses valeurs de consommation
responsable, font le choix de produits de qualité et
du savoir-faire français et sont fiers de porter haut
le drapeau de nos terroirs locaux. Depuis le 15 mai et jusqu’au 15 juillet, la rueVertbois dans le 3e arrondissement de Paris est la « Rue du Made In France » ! Plus de 100 entreprises françaises mode, food, sport, beauté, design, art de vivre... installées dans 2 concept stores et 5 boutiques. www.laruedumadeinfrance.fr
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
                  JUIN 2018 | ecoreseau.fr 85
]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
   Essais & TEndancEs
Par Philippe Flamand
La Citroën C4 Cactus rentre dans le rang
Audi France poursuit le développement de son réseau
Exploité par le Groupe Bauer Paris, Audi France a ou- vert depuis fin mars son 44ème Terminal : Audi Roissy Charles de Gaulle.
Sur près de 4 700 m2, cet espace propose tous les ser- vices premium (atelier Audi Service, agence Audi Rent, deux Customer Private Lounge, service de concierge- rie et bientôt une Audi Service Station et des services exclusifs Airport) avec 15 véhicules neufs exposés - dont 3 modèles Audi Sport -, et plus de 90 véhicules Audi Occasion :plus.
Ce nouveau showroom met également l’accent sur le digital grâce à ses deux Customer Private Lounge et des bureaux tout équipés permettant de favoriser l’ex- périence client.
Audi Bauer Paris Roissy
1, rue des Marguilliers – 95700 Roissy-en-France www.bauerparis.fr
   La piquante berline avait défrayé la chronique lors de sa sortie par ses audaces esthétiques. La nouvelle Cactus perd un peu de son originalité pour devenir plus statu- taire mais elle gagne un confort remarquable grâce à sa suspension innovante. Bien dans l’esprit Citroën.
Fini les barres de toit (désormais optionnelles) et les air- bump caoutchoutés sur les portières relégués au bas de caisse. Pseudo cross-over décalé lors de sa sortie il y a 4 ans, la Citroën C4 Cactus perd ses épines esthétiques et redevient une berline moyenne moins originale mais plus statutaire, la C4 « traditionnelle » elle, risquant fort de ne pas être remplacée. La Cactus conserve néanmoins sa très jolie ligne façon break de chasse et gagne une face avant restylée conforme aux canons esthétiques de la marque aujourd’hui et de nouveaux feux arrière 3D à LED.
L’intérieur évolue peu avec la même planche de bord em- blématique de l’esprit Citroën qui a contribué au succès du modèle. Surtout, la Cactus hérite de nouveaux sièges et de la nouvelle suspension avec amortisseurs à butées hydrauliques progressives. Une technologie venue de la compétition auto, inaugurée sur le C5 cactus en Chine et désormais disponible de série dans l’Hexagone.
Si on s’approche du grand confort de la suspension hy- dropneumatique Citroën d’antan sans toutefois l’égaler, il faut bien reconnaître que la C4 ainsi dotée bénéficie d’un agrément de conduite exemplaire.
Allié au savoir-faire PSA en matière de châssis cette sus- pension offre une tenue de route sans reproches. Spacieuse, bien équipée, dotée d’un toit en verre panoramique mais, comme dans l’ancien modèle, qui ne s’occulte pas (à haute protection thermique mais mieux vaut quand même éviter de stationner en plein soleil en période de canicule), la C4 millésime 2018 garde une incongruité héritée de sa devan- cière : pas de vitres électriques à l’arrière mais de simples compas pour les entre-ouvrir (comme sur la DS4 !).
Côté moteur rien à dire : le bloc essence Puretech 130 chevaux fait le job même si la boite manuelle 6 est perfectible (mais le moteur 110 ch est disponible avec la remarquable boite auto EAT6) et le Stop and Start made in PSA est comme toujours sans reproches
Modèle essayé : Citroën C4 Cactus PureTech 130 S&S BVM6 Shine. Tarif: à partir de 23 450 euros. Tarifs gamme essence à partir de 16 9650 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 20 800 euros.
   Subaru Impreza : trop raisonnable
La compacte nippone se range des voitures avec un moteur essence atmosphérique anémique. Dommage car pour le reste la Subaru assure.
En cette période d’abaissement de la limitation de vitesse sur les routes, le constructeur nippon devance l’appel. Subaru, pourtant réputé pour la diabolique WRX et ses 300 chevaux, renouvelle sa berline compacte en devenant raisonnable. Ici pas de turbo sous le capot mais un simple moteur
essence à plat, Boxer 4 cylindres de 114 chevaux (le seul disponible), couplé à une boite auto à variation continue Lineartronic (pas de boite manuelle). Ré- sultat : un attelage mécanique dépourvu de toute sportivité ; plutôt pataud, mais finalement pas désagréable à conduire pour peu
que l’on réfrène ses envies d’accélération.
Le châssis, la suspension et la transmission intégrale perma- nente supporteraient pourtant, à n’en pas douter, un surcroît de puissance.
Confortable, bien dessinée, spacieuse avec un coffre à hayon de 385 litres, plutôt bien équipée et bien finie avec un habitacle d’une grande sobriété esthétique tout de noir vêtu, cette Subaru ne manque pas de qualités à commencer par sa belle sobriété à la pompe. Hélas les efforts du constructeur ne paient pas vraiment puisque l’Impreza est pénalisée en matière de rejets de CO2 (153 g) avec un malus de 2773 euros qui vient renchérir ses tarifs quand une Peugeot 308 110 ch essence conserve sur ce plan (95 g de CO2) une
stricte neutralité fiscale.
Modèle essayé : Subaru Impreza Boxer 1.6 Lineartronic Luxury. Tarif à partir de 28 490 euros. Tarifs gamme essence à partir de 23 990 euros.
Renault Megane diesel survitaminée
Le block buster au losange dope sa mécanique diesel à 165 chevaux. Que du bonheur !
C’est indéniablement la meilleure Renault d’aujourd’hui, la plus homo- gène, et la plus agréable à conduire, et sans doute l’une des toutes meilleures compactes du marché. Confortable, bien finie, jolie, bien équipée, la Mégane distille
par sa tenue de route et l’er-
gonomie de ses commandes
un réel plaisir au volant.
Plaisir renforcé avec sous
son capot le nouveau mo-
teur 1.6 diesel dCi gonflé à
165 chevaux. Ce bloc n’offre
que du bonheur grâce à la
boite 6 EDC (robotisée à
double embrayage) qui lui
permet de donner le meilleur
de lui-même. Puissance, vélocité, endurance et sobriété, la Megane dCi 165 est une belle routière qui souffre pourtant d’une autonomie réduite (un petit réservoir de seulement 47 litres). Dommage.
Modèle essayé : Renault Megane Intens Energy dCi 165 EDC GT-Line. Tarif à partir de 32 100 euros. Tarif gamme essence à partir de 19 700 euros. Tarif gamme diesel à partir de 22 800 euros
  86 JUIN 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[                PUBLICITÉ
 =Ils peuvent partir à la retraite dès 50 ou 55 ans (52 ou 57 en 2023), au lieu de 62.
=Le niveau de leurs pensions est 100 % garanti par l’État.
=Leurs avantages sont payés par les contribuables, notamment via une subvention de 3,2 milliards d’euros.
Le régime spécial des agents de la sncf est sans commune mesure avec celui des salariés du privé !
     Régime spécial de la SNCF
Salariés du privé
 Âge de départ
 50 ou 55 ans (52 ou 57 ans à partir de 2023 seulement).
62 ans (en 2019, au moins 63 ans pour éviter la nouvelle décote Agirc Arrco).
 Base de calcul des retraites
75 % des 6 derniers mois de traitement, une grande partie des primes incluse.
CNAV : 25 meilleures années ; AGIRC ARRCO : ensemble de la carrière.
 Niveau des retraites garanti
 Oui, à 100 %.
 Non.
 Majorations de pension pour enfants
10 % pour 3 enfants + 5 % pour chaque enfant au-delà du troisième. Aucun plafond.
10 % pour 3 enfants ou plus. Majorations plafonnées à 85,92 € par mois à l’Arrco et 85,67 € par mois à l’Agirc(1).
 Trimestres gratuits (bonifications d’annuités)
Oui : bonifications de traction pour les agents de conduite(2).
 Non.
 Réversion
 Sans condition d’âge ni de ressources.
  À partir de 55 ans, sous condition de ressources.
        (1) Pour les droits acquis après 2012.
(2) Pour les agents de conduite admis au cadre permanent avant le 1er janvier 2009. Pour ceux admis postérieurement, des compensations ont été mises en place.
Ils n’ont à la bouche que le mot “solidarité”, mais ils sont prêts à bloquer le pays pour défendre leurs privilèges !
   SI, COMME NOUS, VOUS EN AVEZ ASSEZ D’ÊTRE PRIS EN OTAGE,
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                    Conformément à la loi Informatique et libertés N° 78-17 du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux données vous concernant
Les retraites “Première classe” de la SNCF
d
EcoRéseau 05/18
]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Baromètre finance de marché
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les marchés financiers où le particulier peut investir
     la Spéculation du moiS
Ubisoft : des lapins pas si crétins
KeyBanc Capital Markets a repris la couverture d’Ubisoft avec une recommandation Surpondérer et un objectif de cours de 94 euros. Le bureau d’études s’attend à ce que les prochaines sorties de franchises possédées par le groupe (The Division, Assassin's Creed, Ghost Recon...) et ses services en ligne lui permettent d’afficher une croissance supérieure à celle de ses pairs à court terme et de dépasser les attentes.
 Le chiffre du mois
200
millions de dollars
C'est la somme vertigineuse que la banque Goldman Sachs aurait engrangée suite au pic de volatilité enregistré en février. L'indice VIX, surnommé « indice de la peur », avait bondi de plus de 100 % en une seule journée. Une aubaine pour la banque américaine, qui avait commercialisé une protection contre une nouvelle augmentation de l'indice.
 l’actu maRché du moiS
Biotechs : une fausse bonne idée ?
Selon France Biotech, sept sociétés biotechnologiques ont fait leur introduction en Bourse en 2017 et ont permis de lever au total 287 millions d’euros. Ces sociétés (Inventiva, Lysogene, Valbiotis, Biom’up, Theranexus, Erytech et Advicenne) développent des in- novations qui ouvrent la voie à une nouvelle classe de médicaments afin de traiter des pa- thologies graves. Certaines de ces entreprises sont promises à des avenirs radieux... mais pas toutes ! Selon Sacha Pouget, président de Kalliste Finance, les deux tiers des biotechs françaises affichent une performance négative sur
le début de 2018...
Loi Pacte : bonne nouvelle pour l’actionnariat salarié
Avec la prochaine loi Pacte, le gouvernement espère développer l’intéressement et la parti- cipation des salariés dans les entreprises. Il s’est aussi fixé comme objectif d’améliorer l’actionnariat salarié. Le forfait social sera abaisséàuntauxde10%(aulieude20%) pour l’abondement employeur. Le projet de
loi Pacte prévoit également que l’employeur pourra abonder unila- téralement un support d’investissement en actionnariat salarié dans un plan épargne entreprise. L’obligation pour le salarié d’effectuer également un versement sera ainsi supprimée.
Le Livret A a le vent en poupe
Performance inédite pour le Livret A, qui fêtait au mois de mai ses 200 ans. En avril, les Livrets A ont collecté un total de 1,78 milliard d’euros de dépôts. Un record depuis 2013, lorsque le plafond avait
été relevé à 22 950 euros. La raison de cet en- gouement ? Les épargnants fuient le PEL suite à la réforme du gouvernement, qui a soumis les intérêts du placement à l’impôt sur le revenu dès sa première année de détention. La collecte a fondu suite à cette annonce. Pourtant, le taux
du Livret A, qui restera gelé à 0,75 % jusqu’en 2019, n’en fait pas un placement très compétitif – surtout dans la mesure où l’inflation s’établit à plus de 1 %...
88
 le coin deS expeRtS
Pictet AM prudent sur les actions américaines
Pictet AM a maintenu une position neutre en actions mondiales. « La crois- sance bénéficiaire devrait certes être très favorable cette année, mais les banques centrales américaine et chinoise ont adopté une attitude résolument sévère et l’économie mondiale semble marquer le pas », analyse Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement. Le gérant est particulière- ment prudent envers les actions américaines. Aux Etats-Unis, les indica- teurs avancés montrent que l’économie américaine a atteint un pic tandis
que la Fed devrait pour autant continuer de monter ses taux et peser sur le marché. « De plus, les attentes bénéficiaires sur ce marché nous semblent exagérées », explique Frédéric Rollin. Pictet AM est plus optimiste sur les actions européennes et japonaises.
Actions : Aviva surpondère le Japon et l’Europe
Tout comme Pictet, Aviva Investors reste confiant sur les actions européennes et japonaises. En Europe, Aviva Investors souligne que les résultats déjà publiés par les entreprises sont solides et que « les messages des entreprises rencontrées récemment restent positifs ». Les gérants tablent
sur une croissance des bénéfices par action des sociétés de l’ordre de 7 % en 2018, à laquelle s’ajoutent 3 % pour les dividendes, combinée à des valorisations relativement raisonnables (sauf sur les secteurs défensifs). « En Europe, hors zone euro, nous restons à l‘écart des actions britan- niques en raison des incertitudes entourant la mise en œuvre du Brexit. Nous sommes également négatifs sur le marché actions suisse, dont la valorisation nous paraît trop élevée », précise Aviva Investors.
Au Japon, Aviva Investors apprécie la stabilité politique, le dynamisme du tourisme et la soli- dité de la croissance des résultats des entreprises.
Obligations : Edram relève sa recommandation sur les US à Neutre
Edmond de Rothschild AM a relevé de sous-pondérer à neutre son exposition aux obligations américaines. « Si les taux longs devraient continuer de monter un peu, les obligations amé- ricaines offrent désormais un rendement plus satisfaisant, limitant le risque de perte en capital dans la durée et un potentiel de diversification en cas de scénario adverse qui devient intéressant », explique Benjamin Melman, directeur de l’allocation d’actifs et des dettes souveraines chez le gestionnaire d’actifs. En revanche, le gérant reste sous-pondéré sur les emprunts d’Etats européens, leur rendement demeurant insuffisant et intégrant bien la récente prudence de la BCE. « Dans un contexte de ralentissement de la croissance, même jugé transitoire par la BCE, la Banque centrale ne veut prendre aucun risque et a assoupli son discours quant à la normali-
sation de la politique monétaire », observe Edram. JUIN 2018 | ecoreseau.fr
      ]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre patrimoine
Brèves, actus et chiffres du mois concernant d’éventuels placements patrimoniaux pour le particulier
   l’actu patRimoine du moiS
 Le chiffre du mois
C’est le montant total des pensions de « 308vieillesse-survie » versées par l’ensemble
des régimes de base et régimes complémentaires en 2016. Au total, ce sont 272 milliards de pensions de « droit direct » et 36 milliards concernant des pensions de réversion (issues de conjoints décédés) qui ont été versées, soit 13,8 % du PIB. Le rapport annuel « Les Retraités et la retraite » d’où est issu ce chiffre note également que le nombre de retraités en France a augmenté de 149 000 personnes
en 2016 pour atteindre 16,1 millions de retraités. Ils sont en moyenne partis à la retraite à 61 ans et huit mois et touchent 1 249 euros de pension nette. A noter également que la pension moyenne des femmes est de 38,8 % inférieure à celle des hommes.
millions de dollars
Départ en trombe pour l’assu- rance-vie en 2018
Les chiffres sur le quatrième mois de l’année tombent à peine, et ils indiquent déjà une très bonne année de collecte nette pour l’assurance-vie. En avril, celle- ci s’est établie à 2 milliards d’euros. Un chiffre qui dépasse celui de mars mais
qui domine surtout largement les 300 millions de collecte nette en avril de l’année dernière. Depuis le début de l’année cette collecte surperforme la tendance de
collecte de 2017, atteignant un total de 7,5 milliards d’euros contre 1 milliard l’année dernière. Derrière le chiffre, la tendance montre que les Français ont fait monter leur cotisation et ont réduit leur retrait tout en versant 29 % des cotisations sur des supports en unités de compte, plus
risqués que les fonds en euros.
Progression continue pour l’épargne solidaire en 2017
Dans le sillage de l’année 2016, l’épargne solidaire a poursuivi sa progression en 2017, soutenue notamment par une accélération de l’offre chez les banques. Selon le baromètre annuel proposé par le journal La Croix et l’association Finansol, les produits solidaires ont attiré
1,8 milliards d’euros supplémentaires l’année dernière pour atteindre un total de 11,5 milliards. Des montants qui restent marginaux face à l’assurance- vie ou au Livret A mais qui montrent l’appétence des Français à investir dans des projets à vertu sociale ou écologique via leur épargne. Les encours ont ainsi augmenté de 18,3 % par rapport à 2016, portés par l’épargne salariale pour la plus grosse partie mais aussi par les banques. Une tendance que le président de Finansol, Frédéric Tiberghien, qualifie de « vertueuse ».
Moral des ménages : l’épargne redore son image
Interrogés par l’Insee, 55 % des ménages français pensent que c’est le bon moment pour mettre de l’argent de côté. Un
chiffre stable depuis plusieurs mois, mais l’institut de sondage note une « nette amélioration » des indicateurs sur l’épargne sur le mois de mai. Le solde d’opinion passe ainsi de -9 à -3, franchissant la moyenne long terme de l’indicateur. Les choses commencent ainsi tout doucement à bouger et c’est une bonne nouvelle !
Le « meilleur jeune économiste de France » décrie les banques Gabriel Zucman, normalien, professeur assistant à Berkeley et visiting professor à Standford, a reçu le 28 mai dernier à la Banque de France le « prix du meilleur
jeune économiste », remis par le Cercle des économistes et Le Monde. Lors de son discours de remerciement ce dernier, qui avait notamment travaillé avec Le Monde sur les leaks et les papers, a directement mis en cause les banques les accusant de faire « plein de choses illégales, inutiles et nocives ».
SCPI : l’IFI vient compliquer la gestion
L’IFI, l’impôt sur la fortune immobilière vient remplacer l’ISF. Dans ce cadre les épargnants possédant des parts de fonds immobiliers voient la gestion de leur patrimoine se complexifier. En cause, le fait que l’IFI ne s’applique qu’à la quote-part de ces produits réellement investie en immobilier qui est différente selon chaque société de gestion et chaque produit. De leur côté les sociétés
de gestion manquent de coordination pour communiquer les données aux contribuables, certaines le faisant parvenir directement aux particuliers,
d’autres transmettant l’information aux compagnies d’assurance-vie lorsque les SCPI sont investies dans ce cadre. Un casse-tête qui a contribué à faire reculer la date limite de déclaration pour l’IFI au 15 juin.
Banques traditionnelles vs banques en ligne
Le site Cbanque a compilé les notes données aux applications des banques traditionnelles, des banques en ligne et des néobanques sur l’Apple Store, Google Play ou encore sur le store de Microsoft. Si les néobanques dominent le classement avec une note de 4/5 malgré le faible nombre d’acteurs (Nickel, C-Zam,
Revolut, N26), les banques traditionnelles sont mieux notées que les banques en ligne. Ces dernières obtiennent ainsi un 3,3/5 là où les banques traditionnelles, tout aussi nombreuses que les pure players obtiennent 3,8/5. Seraient-elles en train de rattraper l’avance des banques en ligne sur leur propre terrain ?
      focuS SuR... la Bande deSSinée
629 000 euros, c’est le prix auquel a été adjugée une aquarelle signée Hergé représentant Tintin et Milou dans la montagne réalisée pour la couverture du Petit Vingtième publié le 22 juin 1939 illustrant un épisode du Sceptre d’Ottokar. Adjugé au sein d’une vente plus large organisée par Christie’s, les collectionneurs de bandes dessinées ont montré que l’investissement dans les pièces de maître peut s’avérer intéressant. Lors de la même vente, une planche originale crayonnée extraite de Coke en stock s’est estimée à 175 000 euros. Au-delà de Tintin et donc de Hergé, des planches originales de Edgar P. Jacobs, Hugo Pratt, Gotlib, Franquin ou encore Morris ont su attirer les foules. Une illustration en couleur de Lucky Luke a ainsi trouvé un acquéreur à 149 500 euros, soit six fois son estimation par la maison de vente aux enchères.
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]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[                  La Banque DeLuBac & cie,
une banque indépendante, familiale et spécialisée au service des entreprises et des particuliers depuis près d’un siècle.
Créée en 1924, la Banque Delubac & Cie n’a cessé depuis plus de 90 ans de se réinventer au service de ses clients et des besoins de l’économie.
Société en commandite simple, ses associés gérants dirigeants sont responsables sur leurs biens personnels. C’est un gage de sécurité dans l’exercice d’un métier qui repose sur la confiance.
    La Banque Delubac & Cie offre des solutions sur-mesure aux entreprises et aux particuliers autour de 5 branches d’affaires spécialisées :
Banque De Gestion D’ÉparGne Banque Des entreprises
Banque D’affaires
Banque Des aDministrateurs De Biens Banque JuDiciaire
                                                                                      PARIS
10, rue Roquépine - 75008 Paris - 01 44 95 86 20 Siège Social
16, place Saléon Terras - 07160 Le Cheylard - 04 75 29 02 99 www.delubac.fr
 www.point-exclamation.com / © Banque Delubac & Cie
]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[Tribune libre
EXPRESSIONS
    Par Michel-Edouard Leclerc
Président-directeur général d'E.Leclerc et président de NEOMA Business School
Il y a trois mois, j’ai pris la présidence de NEOMA Business School. Un choix qui semble surprendre. D’ailleurs, nous ne sommes que deux distributeurs, avec mon confrère Philippe Houzé, président du
directoire du groupe Galeries Lafayette et à la tête de l’ESCP Europe, à jouer ce rôle dans le paysage des écoles de commerce françaises. Pourtant, ces écoles n’ont-elles pas été créées pour former les acteurs du commerce et de l’économie ? Depuis le changement d’appellation du label historique « Ecole de commerce » en « Ecole de Management » ou « Business School », on tend à l’oublier et à voir la mission comme plus technique. Ce fut donc une motivation supplémentaire de saisir cette occasion pour revenir aux fondamen- taux et partager mon expérience avec les étudiants.
La distribution et l’enseignement supérieur sont deux secteurs très concurrentiels qui connaissent des mu- tations profondes. La distribution est un véritable observatoire de la société et de ses évolutions. Quant à l’éducation, elle a la mission de former les managers de demain qui devront s’adapter à ces changements perpétuels. Ces deux secteurs peuvent donc se nourrir l’un de l’autre. Il a fallu, et il faut toujours, nous adapter à la digitalisation, à l’arrivée des réseaux sociaux, aux nouveaux comportements des consommateurs et de la jeune génération. De nouveaux acteurs arrivent dans nos secteurs, à l’instar des GAFA*, qui se proposent de changer les règles. A nous d’être innovants et proactifs et de faire évoluer les modes de distribution comme d’enseignement.
Être dirigeant, c’est se remettre constamment en ques- tion pour faire évoluer son entreprise en fonction des besoins et des attentes de la société. De notre côté par exemple, au sein des centres Leclerc, nous avons su détecter les opportunités et développer de nouveaux marchés pour les rendre plus accessibles comme les bijoux, les parapharmacies, les voyages, la culture... Nous sommes des patrons, mais nous sommes avant tout des entrepreneurs et nous avons donc beaucoup à partager avec le corps professoral et les étudiants. Nous souhaitons faire bouger les lignes de l’éducation pour porter haut certaines valeurs qui nous semblent fondamentales.
Tout d’abord, il faut replacer l’humain au cœur des stra- tégies. L’enseignement supérieur a un rôle primordial à jouer pour apprendre aux futurs dirigeants à faire preuve d’empathie, à devenir des leaders bienveillants capables de valoriser la performance collective, à
s’adapter aux attentes de leurs clients. L’école doit préparer ses étudiants aux nouvelles approches de management et de leadership.
Une autre qualité attendue chez les étudiants, c’est la curiosité. Il faut se lancer, tester, croire en soi. L’en- seignement est en train d’évoluer à ce sujet. Toutes les écoles proposent aujourd’hui des cours d’entrepreneu- riat et développent leurs propres incubateurs. C’est une vraie révolution et c’est exaltant. Notre rôle est de les aider à aller encore plus loin en partageant nos visions de l’innovation, en leur faisant profiter de nos relations, en allant chercher de nouveaux partenaires entreprises. En outre, dans les carrières d’aujourd’hui, on doit s’adapter et évoluer tout au long de sa vie. L’école doit proposer aux étudiants de nouvelles fa- çons d’apprendre, de trier l’information, de travailler et de créer collectivement.
Enfin, il est essentiel de s’ouvrir sur le monde. L’en- seignement supérieur français, surtout dans les écoles de management, est déjà très international, mais il doit encore renforcer cette dimension. NEOMA Business School a fait le choix des partenariats académiques avec de grandes institutions implantées dans chaque pays. En Chine, nous allons créer un campus joint avec l’Université de Nankai. Nous poussons nos étu- diants à s’immerger dans d’autres cultures et d’autres approches pédagogiques et économiques.
L’humain, la curiosité, l’ouverture sur le monde : trois points essentiels qui vont permettre aux étudiants de s’épanouir dans leur formation et de renforcer leur employabilité. Car c’est bien là mon objectif premier en tant que président : mettre ma vision au service de la stratégie de l’école pour accompagner les étudiants à se réaliser, à trouver leur premier emploi puis à évo- luer dans leur carrière.
J’ai conscience d'avoir un rôle important à jouer en tant que président d’école. Cependant, n’oublions pas que la réciproque est vraie : les professeurs et les étudiants ont également beaucoup à m’apporter ! Je me plais à dire que je retourne à l’école grâce à cette nouvelle fonction. C’est très stimulant de rencontrer la jeune génération et d’interagir directement avec elle, tout comme d’échanger avec les professeurs et les équipes de l’école.n
*les géants du Web, notamment Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
« Nous sommes avant tout des entrepreneurs souhaitant faire bouger les lignes de l’éducation »
© Alexandre Tuaillon
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[Concours de micro-nouvelles
21h. Une terrible envie de jouer de la mu- sique se fait sentir... Assis sur le clic-clac de son studio parisien, Greg, les yeux dans le vague, contemple l’endroit où il avait l’habitude de ranger sa guitare. A cause de sa voisine Michelle, peu sensible au charme d’Hotel California, sa guitare a dû rejoindre la maison de ses parents où repose déjà sa batterie.
Les yeux clos, Greg se met à siffler et à tapoter du pied au rythme d’une chanson d’un boys band des années 80 et imagine le reste. Tout à coup, des beats à la batterie rythment une mélodie au piano, pianissimo puis forte, et voilà le moment du solo de guitare et des quelques notes du sax... Au moment d’ouvrir les yeux, un sentiment de
tristesse envahit Greg.
Enfin, c’était avant de connaître Sound- mates. Un jour, Damien, cet ami qui ne sait toujours pas différencier un violon d’une contrebasse, a parlé à Greg de ce service qui met en relation les musiciens entre eux, leur donne accès à des studios de répétition à moindre coût.
Depuis plusieurs mois maintenant, Greg joue en duo, en trio, en quatuor, se balade dans les différents studios de répétitions – bien qu’il ait une petite préférence pour celui en bas de chez lui – et participe aux Jam Sessions organisées afin de faire de nouvelles rencontres musicales.
Son projet en ce moment ? Envoyer ses en- registrements et tenter d’être diffusé sur la
radio Soundmates. À terme, Greg compte bien profiter des autres services de la plateforme qui offre un accompagnement personnalisé aux musiciens qui, par exemple, souhaitent participer à des tremplins musicaux.
Depuis Soundmates, Greg est un musicien épanoui à Paris. Il retrouve, une fois par semaine, son groupe constitué de Lucie, Nico et Damien – qui endosse très sérieu- sement son rôle de joueur de triangle. Ainsi se sont ajoutés à tous les sons de ces voix et instruments, une autre musique, celle de leurs éclats de rire.
Charlotte Marek
EXPRESSIONS
    Le monde de demain vu par un étudiant
EcoRéseau Business le clame haut et fort : il existe en France un ferment entrepreneurial et littéraire dans les esprits, qui ne demande qu’à se concrétiser. La preuve avec ce concours de micro-nouvelles organisé dans chaque numéro auprès des étudiants d’une école, où ceux-ci doivent imaginer une start-up qu’ils jugent révolutionnaire parce qu’elle va bouger les lignes dans le futur. Expérience des plus concluantes ce mois-ci avec l’ISIT et la lauréate de ce numéro 51, Charlotte Marek, qui a imaginé Soundmates, plateforme de e-learning et de mise en relation entre musiciens pour pallier, telle celle de l’entrepreneur, la solitude du mélomane qui pratique un instrument.
Soundmates
   Avis d’expert : Entretien avec Marianna Gyapay, responsable du parcours Entreprendre de l’ISIT (Institut de management et de communication interculturels) de Paris "L'un des messages qu'on leur fait passer : seul le chemin parcouru compte, pas la validation du diplôme !"
Hongroise, Marianna Gyapay a intégré l'ISIT il y a quatre ans. Sa trajectoire personnelle colle parfai- tement à « l'interculturalité », qui s'affiche dans le libellé même de l'établissement. Elle navigue entre son pays d'origine et la France, décroche là-bas un master 2 en histoire, ici en histoire-géographie pour conclure par un PhD dans l'Hexagone. Et côté pro- fessionnel, là-aussi, les allers-retours sont nombreux, avec l'omniprésence du brassage interculturel. L'un de ses postes précédents : coordinatrice à Budapest du master TEMA Erasmus Mundus. « Mon parcours per- sonnel peut être qualifié d'entrepreneurial, commente Marianna Gyapay, car un travail d'adaptation est né- cessaire. Avec le besoin de bien connaître le client, ses attentes, donc celles de l'ISIT, par exemple.» Aujourd’hui, outre le parcours Entreprendre, elle pi- lote l’insertion professionnelle des diplômés de cette école, forte de 60 ans d’existence
Le parcours Entreprendre que vous pilotez concerne-t-il tous les étudiants ? Management interculturel, stratégie internationale et diplomatie quelle que soit la spécialité choisie –l’ISIT en propose six – par les étudiants, tous sont sensibilisés à l'entrepreneuriat... Un exemple : ouvertes à tous, des tables-rondes sont organisées en M1 avec différents ac- teurs de l'écosystème entrepreneurial, entreprises, bu- siness angels... Notre objectif, avec un tel rendez-vous, est de montrer aux jeunes la diversité des profils, des trajectoires. La création d'entreprise n'est pas réservée à une élite. Il est bon de démystifier ce super héros qui réussit ! Notre population étudiante se compose à 80 % de filles. Une forme d’autocensure est parfois percep- tible. Est-ce que je suis capable ? Est-ce que je connais quelqu'un dans le domaine ? Des pensées « limitantes » peuvent parfois se faire jour. Des séances d'ouverture qui poussent chaque année 70 à 90 étudiants à opter pour ce parcours entreprendre. 10% des diplômé-e-s de
l’ISIT créent une entreprise à la sortie de l’école.
Quelle dimension est à travailler particulièrement avec les étudiants qui se lancent dans le parcours Entreprendre ?
Dans le milieu scolaire, l’examen a lieu à une date don- née. Une seule chance. Ce à quoi sont habitués les étudiants depuis leurs premiers pas dans le système scolaire. La démarche entrepreneuriale est bien diffé- rente. Une idée en tête ? Je la teste. Je la valide, si elle correspond aux attentes du marché. Si tel n'est pas le cas, on change de direction, on repart. L'état d'es- prit n'est pas le même. L'échec ne doit pas faire peur. Cette mécanique-là est nouvelle pour nos jeunes. Et le travail en groupe est nettement plus développé aussi. A l’issue, ils sont probablement moins scolaires que les autres. L'un des messages qu'on leur fait passer : seul le chemin parcouru compte, pas la validation du
diplôme !
[Mais, il faut quand même le décrocher]
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Propos recueillis par Murielle Wolski
© DR
]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[La mémoire des mots
SOLEIL VERT
Glyphosate, Foodtech, Irma, Harvey, Ana, Trop tard, Piège du feu, Voitures volantes, Cofarming, COP 23, Sommet
Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
EXPRESSIONS
 Regard sémantique
Depuis neuf ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,
ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.
Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées courant janvier à Paris.
    Tableau ‘’Tendances en langage’’ DEVELOPPEMENT DURABLE 2017, Jane Bee
En cette année 2017, est-il « trop tard » ? Le citoyen peut utiliser un scooter électrique en ville grâce au « cityscoots » et tenter de réduire la pollution. Demain il conduira « des voitures volantes ». La ville préoccupe beaucoup, elle est en « état d’urgence ». Cela n’em- pêche pas les « centres villes » d’être « sinistrés ».
A la campagne, c’est le combat pour survivre, on met en réseau les com- pétences agricoles avec le « cofarming ».
Sujet de l’année : la peur du « glyphosate » puissant herbicide qui vient jusqu’à nous par le biais de la nourriture. Et puis il y a « les laits infantiles », les plus fragiles se voient exposés au danger de la « salmonella ». La technologie vient à notre secours pour détecter ce qui est comestible et sans danger, avec « la foodtech ».
Seulement, « New Delhi suffoque » sous le poids de la pollution de l’air, et « Harvey », « Irma », « José », « Maria », « Ana » signent « les ou- ragans » et « tempêtes », « apocalyptiques ». Et, « Thomas » désigne « l’incendie » qui frappe la Californie. L’été 2017 si chaud incarne donc le fléau du feu qui anéantit les forêts françaises du sud-est, c’est « le piège du feu ». Sur terre, c’est tristement l’heure de « la destruction des forêts sauvages ».
Oui, les décideurs ne restent pas insensibles à ces maladies de la planète bleue, le « Sommet », voulu par Emmanuel Macron défend à Paris l’idée d’un véritable investissement dans la transition énergétique. « Monsieur Hulot » est aux responsabilités. Aux « Etats généraux de l’alimentation » on nous promet une sortie des produits phytosanitaires et une restaura- tion collective réorganisée. Pendant ce temps les « sulfites » et « métaux lourds » figurent dans la liste des dangers à éviter.
« Zéro déchets au bureau » versus « déchets électroniques » qui ne sont recyclés qu’à hauteur de 20 %, voilà le double visage d’une société qui semble à peine entendre les maux de la terre, malgré Cops et sommets. Le succès du livre « La Vie secrète des arbres » préfigure-t-il un véritable changement dans les têtes des citoyens plus lucides que leurs élites ?
Prochain Numéro le vendredi 5 juillet 2018
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JUIN 2018 | ecoreseau.fr
   ]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                                                           LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRE CABARET DU MONDE !
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