﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[                L’ÉVÈNEMENTIEL BTOB, FACILITATEUR DE BUSINESS ? • INNOVATION : VERS L’UBÉRISATION DE L’ÉDUCATION
 ecoreseau.fr
                          ENTREPRENDRE INNOVER POSITIVER
        Que nous préparent les GAFA ?
       LEURS MÉTHODES POUR IMPOSER LEUR VISION
STRATÉGIE, MONOPOLES, ALLIANCES, ETC.
    RH LE NOUVEAU MANAGEMENT
STRATÉGIE COMMERCIALE
JUSTICE / LEGALTECH
DE TRANSITION
SAVOIR CONVAINCRE LES GRANDS GROUPES
L’ACCÈS AU DROIT FACILITÉ
L’IMPOSSIBLE HERITAGE
  SOCIÉTÉ / MAI 68
BEL:4,90€-DOM/TOM:4,90€-NCAL/S590cfp-POL/S650cfp-CAN6,50$ca-MAR46MAd
  N°50
MAI 2018
    ]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[Les deux visages de la fée
« Entrepreneuriat »
En France, face à une démocratie qui peine à se moderniser, face même à un « Etat-Voyou » pour plagier certaines des plumes les plus
EDITORIAL
  LE CHAT by Philippe Geluck
 virulentes de nos confrères, se dresse la fée entrepre- neuriat. La France n’est pas qu’une « start-up nation », sorte d’écosystème bienveillant et encourageant à entreprendre quel que soit le domaine d’activité et quel que soit son parcours. Elle est bien plus. La France est perçue comme étant un Etat-start-up selon le livre de Yann Algan (L’Etat en mode start-up, Eyrolles, 2016) qui « disrupte » les anciens partis politiques et qui « ubérise » les processus démocratiques pour imposer ses réformes. Côté « macron »-économique, on ne s’y trompe pas. Les investisseurs applaudissent. L’indice de confiance et le climat des affaires sont au zénith. Au comptoir de nombreux bistrots adossés aux quartiers d’affaires et autres incubateurs-accélérateurs, on se réjouit. « Enfin, peut-être un gouvernement qui gérera l’Etat comme une entreprise... » Fantasme libéral, qui faute de se concrétiser, laisse subrepticement place à l’idée de vouloir de moins en moins l’intervention de l’Etat. Une croyance où l’individualisme est roi. Le Français sans le savoir devient « libertarien ». Bien que profondément libérale au sens actuel du terme, cette doctrine trouve sa raison d’être dans l’affirmation de l’individu en tant que tel. Cette lutte pour la reconnaissance de l’individu est l’un des combats rudement menés durant le fameux mai 1968. Il s’agirait donc d’un des héritages contradictoires de l’Evénement sociétal du siècle dernier, traité dans notre dossier spécial qui souhaite revenir sans idéologie sur ses conséquences... Autre héritage porteur de contradictions, celui de vouloir créer une entreprise « à la cool », comme l’ont fait les hippies dont le plus célèbre mangeur de pomme de la Silicon Valley, en oubliant que la disruption technologique se réalisait aux dépens de certaines entreprises, non sans violence économique. Un esprit à la cool, de plus en plus instrumentalisé, comme le dépeint notre article dans la rubrique « Société monde » qui montre que la « gamification » du travail demeure un vernis qui ne résiste pas longtemps à l’agressivité commerciale voulue par nos jeunes pousses de l’économie qui doivent sans cesse prouver leur potentiel de croissance. Pour autant, il ne s’agirait pas de diaboliser ce mouvement libéral qui nous touche tous aujourd’hui. Nous sommes entre le gris clair et le gris foncé. Et comme l’attestent de nombreux secteurs, l’innovation a du bon. Qu’il s’agisse des « LegalTech », ana- lysées en « Décryptage » qui autorisent aux particuliers et aux entreprises un accès plus aisé aux démarches légales, ou des « EdTech », qui démocratisent l’éducation et la formation grâce au numérique. On ne saurait trop le dire. L’innovation et ses déclinaisons entrepreneuriales doivent être muries tant elles ont un impact sur nos modes de vie. Telle est la réflexion que nous avons voulu mener dans le « Grand Angle », en proposant une photographie de la stratégie des GAFA. Une enquête qui nous évite un tant soit peu de s’aliéner aveuglément aux nouvelles technologies et de réfléchir l’entrepreneuriat différemment. Cet effort intellectuel, à la croisée de l’optimisme réfléchi et du journalisme de solutions, nous le maintenons depuis 50 numéros. Ce numéro spécial - qui représente beaucoup à nos yeux - est toujours l’occasion de vous encourag.er à entreprendre vos vies avec détermination et op- timisme et à persévérer dans une voie qui est aussi la nôtre, celle de l’innovation
comme vecteur de progrès.
Jean-Baptiste Leprince Geoffroy Framery
Fondateur & directeur de la publication Journaliste EcoRéseau Business
Suivez-nous également sur :
@EcoReseau LMedia - EcoRéseau Business www.facebook.com/EcoReseauFR
  Julien Leclercq
Directeur général agence Com’Presse Editions Yakabooks
Auteur de Journal d’un salaud de patron (Ed. Fayard) et de « RDV avec la France qui bouge » (Ed. du Rêve) www.salauddepatron.fr
50 ! 50 numéros, pour une publication indépendante qui défend une vision dynamique et optimiste du travail, ça n’est pas rien ! Cinquante numéros qui viennent régulièrement valoriser les ini-
tiatives entrepreneuriales, nombreuses dans ce pays si créatif que l’on est pourtant tellement prompt à critiquer.
S’il est essentiel de défendre, promouvoir, encourager l’entrepreneuriat, ce n’est pas par narcissisme, parce qu’on aurait envie que tout le monde fasse comme nous, mais bien pour au moins trois excellentes raisons : Entreprendre, c’est un passeport pour la liberté. Devenir (pas toujours, mais souvent) maître de son emploi du temps, de ses engagements, ainsi que des valeurs que l’on souhaite insuffler à son entreprise. Entreprendre, c’est accessible à tous. Sans distinction de sexe, d’âge, de religion ni même de classe sociale ou de diplôme. Bien sûr, la majorité des créateurs ont fait des études. Mais les exemples de personnes en échec scolaire ayant réussi leur parcours d’entrepreneur sont légion. Entreprendre, c’est une formidable voie d’accomplissement de soi. Pas toujours simple, certes, mais immense source de fierté à certains moments. Pour finir, je pense qu’il est important de souligner qu’entreprendre, ce n’est pas seulement créer une entreprise. Être entrepreneur, c’est avant tout un état d’esprit. Celui de croire en demain, et en sa capacité à bou- ger les lignes. Pas forcément celle d’un marché précis, ni même celles du monde économique, non : celles de sa vie, dont il est primordial de ne jamais oublier que l’on en est le premier acteur.
 Liberté, égalité, fierté
   2 MAI 2018 | ecoreseau.fr
Salauds de patrons !
© Nicolas Dias
]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[Galaxie ecoRéseau
2-11
cahieR pRatique
Créer aujourd’hui
Comment draguer les grands comptes ?
Business guides
- MICE : l’intérêt de recourir au numérique
- Flottes automobiles : Tendances de marché et best practices 58
club entRepRendRe 28-39
SOMMAIRE
          Baromètre de l’optimisme 4
- Tendances
- Actions symboliques - The Green Life
en couveRtuRe 12-17 Grand Angle
Jusqu’où iront les GAFA ? 12
société 18-27 Rétrospectives
Anticonformisme et jeunesse : Que reste-t-il ? 18
L’oeil décalé
Quatre figures idéologiques de mai 1968
et l’évolution de leur pensée 20
Régions & Territoires
Où sont les irréductibles babas ? 22
France
Le renouveau libertarien
48-61
48
        www.ecoreseau.fr
13, rue Raymond Losserand – 75014 Paris
Courriel : contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
Rédaction EcoRéseau Business
Courriel : redaction@lmedia.fr
Direction de la rédaction
Geoffroy Framery, Jean-Baptiste Leprince
Chroniqueurs : Alto Avocats®, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France®, Arthur Cohen, Philippe Croizon, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon, IsaLou Regen, Frédéric Rey-Millet, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Cédric Ternois, TheFamily®
Collaborateurs réguliers : Jean-Marie Benoist, Elsa Bellanger, Joseph Capet, Charles Cohen, Anne Diradourian, Julien Fournier, Stéphanie Gallo, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Marc Hervez, Aymeric Marolleau, Emilie Massard, Cyril Michaud, Raphaëlle Mittler, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Nicolas Pagniez, Antoine Pietri, Olivier Remy, Séverine Renard, Julien Tarby, Pierre Tiessen, Carla Verley, Ariane Warlin, Murielle Wolski
Rh & FoRmation
Réseaux & Influence
FCE, femmes cheffes d’entreprise
Observatoire Manager autrement
Du bon recours de la VAE
Carrières & Talents
- Le nouveau management de transition
- L’avenir du métier d’ingénieur vu par les grandes écoles 72
aRt de vivRe & patRimoine 76-95
La Sélection culturelle 76 L'Air du temps
Comment investir, conserver et sécuriser dans le vin ? 78 L’Art du temps 80 L’Actualité automobile : Essais & Tendances 87 Baromètre Finance de marché 88 Baromètre Patrimoine 90 Patrimoine
Epargne, retraite, prévoyance, quoi de neuf ? 92
expRessions 96-99
Tribune libre 96 Concours de micro-nouvelles 97 Regard sémantique 98
62-75
62 64
68
52
    Dessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie Boulard
Réalisation
Courriel : production@lmedia.fr
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RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0323 T 91730 Dépôt légal : à parution
Numéro ISSN : 2265-7436
23 L’esprit cool a-t-il sa place dans l’entreprise ? 24
L’héritage inconciliable de mai 1968
Monde Prospective
26
69
  Baromètre & Tendances Enquête
28 Grands groupes et start-up : le ROI de l’événementiel BtoB 32
 Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Anaïs Barut 34
                    Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Isabelle Saladin
En immersion
Le SWAVE, incubateur fintech/assurtech
stRatéGie &
36 38
     Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés
pour appréciation.
innovation numéRique 40-47
  Imprimeur : Léonce Deprez – Imprimé en France
Baromètre de l’innovation 40 Le tour du monde de l’innovation
Les edtech 44
Décryptage
Les legaltech, la disruption du droit arrive 46
MAI 2018 | ecoreseau.fr
3
]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances
Les bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper. Elles sont finalement si nombreuses que nous vous proposons une nouvelle version plus étoffée du baromètre. Bonnes ondes positives !
Le verbatim à retenir...
L’avenir de l’humanité
reste indéterminé, parce
qu’il dépend d’elle
Bergson, in Les deux sources de la morale et de la religion
LE CHIFFRE DU MOIS
103,6 %
Au mois de mars dernier, le Portugal a dépassé les 100 % d’énergies renouvelables. La production éolienne et hydraulique a pris en charge la quasi totalité des besoins électriques du pays. La Commission européenne propose qu’en 2030 tous les pays membres produisent 27 % d’énergie propre. Nous en sommes loin, d’autant que le surplus d’électricité produit par le Portugal a été perdu faute d’une connexion en réseau avec les pays voisins. Pour se convaincre qu’une sortie du nucléaire est possible en France, relisons le scénario du meilleur des experts de l’association négaWatt.
     Thierry Saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme,
Incubateur d’énergies positives.
Cultivez votre sixième sens !
Validons nos intuitions. Avant de raisonner et de dé- cider, ce sont souvent nos intuitions qui déclenchent émotions et pensées et jouent donc un rôle dans notre manière d’être et d’agir. Certains scientifiques estiment que lorsque ces intuitions nous poussent à l’empathie, à la gratitude, au réconfort, c’est-à-dire à des attitudes morales, notre cerveau libère des neuropeptides. Ils ont, en complé- ment de la sérotonine, une fonction de neuro-modulation et interviennent en particulier dans la régulation du sommeil, l’éveil, la récompense.
On peut définir l’intuition comme une impression brus- que, une vision directe et immédiate, sans médiation, un pressentiment. Les femmes, plus sensibles, les suivraient davantage que les hommes, plus rationnels, plus prudents à l’égard de l’expression de leurs sentiments. Les qualités dites féminines progressent néanmoins dans la gente mas- culine du fait notamment d'une paternité mieux assumée, source de grandes émotions positives.
Pour les uns, c’est un sixième sens, le raisonnement in- conscient de nos pensées, un indicateur central, un être en soi qui, à lui seul, peut déclencher confiance et action. Steve Jobs a déclaré que l’intuition est plus puissante que l’intellect.
Pour les autres, l’intuition s’oppose à la connaissance par le raisonnement, une dimension paranormale voire mystique, une pulsion incertaine. À leurs yeux la sécrétion des subs- tances bénéfiques évoquées plus haut serait classiquement celles des émotions positives. La science nous en apprendra sans doute plus avec le progrès spectaculaire des recherches sur le cerveau. Elle nous dira si notre esprit est capable d'anticiper un petit saut dans le futur.
Dans cette attente, convenons par expérience que nous avons, en tous cas, un instinct qui peut nous faire imagi- ner ce qui va se passer ou qui nous pousse à agir comme un avertissement ou une opportunité à saisir. On peut le nommer comme on veut. Reste qu’il est déterminant dans nos attitudes et nos choix.
Nous, les optimistes, n’avons pas plus à accepter la tutelle de nos intuitions que celle de nos émotions. Nous avons à les entendre, à les décrypter, à les valider par une intense capacité d’observation et d’analyse, même rapide, du maxi- mum de données disponibles.
     4
MAI 2018 | ecoreseau.fr
L’onde positive
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme - Tendances
L’IMAGE DU MOIS
VERS DES GRATTE-CIELS ÉCOLOGIQUES ?
Le groupe Sumitomo Forestry fait le vœu de fêter son 350e anniversaire en 2041 à l’intérieur du W350 Project, une tour en bois d’une hauteur de 350 mètres. Située près du Palais impérial à Marunouchi, la tour nécessiterait 185 000 m3 de bois contre seulement 10 % d’acier. Penser une architecture verte permet d’absorber le CO2 et de produire des tonnes d’oxygène. Il est également permis d’imaginer des architectures en bois de plus petite taille mais en plus grande quantité.
 Simply City, pour mieux connaître la ville L’application Simply City facilite le quotidien du citadin comme du voyageur. Avec un système de filtres qui prend en compte les préférences de chacun, l’appli indique ce qu’il y a à voir ou à faire dans la ville. De plus, un programme de réalité augmentée décrit les façades des bâtiments les plus emblématiques. Aujourd’hui,
Simply City fonctionne pour la ville
de Nouméa en Nouvelle-Calédonie.
Avec le soutien de Engie, l’application
a pour vocation de se développer bien
au-delà des frontières de l’île. La ville du futur est une ville intelligence, une smart city.
 AVA, converser avec les sourds L’application AVA permet aux sourds et aux malenten- dants de comprendre une conversation animée entre un groupe de personnes. Les participants à la conversation doivent simplement posséder l’application et disposer leur téléphone à proximité, sur la table par exemple. Ensuite, AVA retranscrit par écrit les propos de chacun. Ainsi est-il permis au sourd de lire sur
l’écran les conversations en temps réel
comme sur un fil de discussion. AVA
sous-titre en quelque sorte les conver-
sations en transformant visuellement
l’information auditive. La synthèse
vocale est ultra-rapide et fidèle aux
propos des interlocuteurs. A ce jour, la version en langue anglaise fonctionne parfaitement. Une version française est disponible, mais elle n’est pas encore aussi aboutie que la première. Il faut parler un peu plus lentement qu’à la normale. D’ici dix ans, AVA veut faire converser les 400 millions de personnes souffrant de troubles sévères de l’audition dans le monde.
 Lilo, moteur de recherche utile et généreux Les revenus publicitaires du moteur de recherche Lilo sont reversés à hauteur de 50 % à des projets sociaux et environnementaux que l’utilisateur choisit de parrainer. La navigation est la même que sur les mastodontes des GAFA, mais, goutte d’eau par goutte d’eau, elle permet le financement de beaux projets. Chaque recherche produit une goutte d’eau. Tous les mois, les
gouttes d’eau sont transformées en
un chèque réellement un revenu re-
versé à des projets concrets. Puisque
le moteur de recherche est gratuit
et permet le financement de projets
sociaux, pourquoi ne pas quitter
notre moteur de recherche actuel ? Lilo compte 676 365 utilisateurs mensuels et 39 054 576 gouttes ont déjà été échangées contre 739 280 euros. Il ne tient donc qu’à nous produire un déluge ou un océan de gouttes.
 SAUVLife, en cas d’urgence...
Depuis le 13 mars dernier, il est possible de télécharger l’application SAUVLife. Si on est capable de pratiquer les premiers secours, notamment un massage cardiaque, alors nous sommes comme d’astreinte, susceptibles d’être bipé pour effectuer les soins de premiers secours. En France, 400 000 arrêts cardiaques ont lieu tous les ans. Le SAMU déplore 95 % de décès, faute d’une formation suffisante aux premiers secours. SAUVLife «géolocalise»
        LE GRAPHIQUE DU MOIS
   6
MAI 2018 | ecoreseau.fr
L’intelligence artificielle applique des règles de déduction et actionne des mécanismes en fonction d’un programme. A priori, elle ne saurait sentir, vouloir, aimer, se réjouir de gagner une partie d’échecs. Cette projection laisse néanmoins présager que l’IA pourrait bien rattraper certaines capacités cognitives proprement humaines.
©Sumitomo Forestry Co
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme - Tendances
   les particuliers en capacité de soigner immédiatement et susceptibles d’arriver sur place un peu avant le SAMU. Ces quelques minutes gagnées peuvent à coup sûr sauver des vies. Le SAMU appelle les citoyens volontaires et leur indique où se rendre et quoi faire en attendant l’arrivée des secours professionnels. L’urgence réelle consiste à établir une communauté de citoyens sauveteurs.
#HumainDemain, exposition au Quai des Savoirs
Toulouse est nommée Cité européenne de la science pour l’année 2018. Aussi organise-t-elle jusqu’au 2 septembre 2018, une exposition sur les innovations techniques et scientifiques dans le domaine de la santé et du corps. A l’aide d’un bracelet connecté, il est possible de faire l’expérience à la première per- sonne de l’homme augmenté. Le Quai des Savoirs et le Muséum de Toulouse souhaitent mettre en avant les travaux actuels des laboratoires de recherche. « #HumainDemain. Réparé, augmenté... jusqu’où irez-vous ? »
L’ENTREPRISE CENTENAIRE
La boule QUIES, le prix du silence
Au début du XXe siècle, il est encore courant de préparer onguents, crèmes et sirops dans les pharmacies. En 1918, dans une officine du XVe arrondissement de Paris, un pharmacien invente une «sourdine» pour une patiente qui souffre du bruit. « Dès 1921, la société Les labo- ratoires de boules QUIES installée porte de Versailles voit son volume de production augmenter », affirme Olivier Denis du Péage,
président du directoire de
QUIES, directeur R&D,
arrière-petit fils du fonda-
teur. Avant 1939, 700 000
boules sont produites par
an. « Après 1945, les «bou-
leuses» et les «condition-
neuses» confectionnent à
la main un million de boules de cire et de coton, toujours rue Auguste-Chabrières dans le 15e. » Une dizaine de boules sont déposées serrées dans la boîte flanquée de l’épervier, symbole de la marque.
Yves Denis du Péage, père de Olivier Denis du Péage, fait le choix, à Gennevilliers, de la mécanisation de la production des boules. A Chauvigny, les «conditionneuses» continuent de travailler à domicile. « L’avantage de nos boules roses réside dans une sorte de «secret» : à 37°, les boules deviennent tendres et malléables ; elles suivent alors le mouvement permanent du conduit auditif. » Avec sa sœur Christine Postel-Vinay, Olivier Denis du Péage reprend l’entreprise il y a 35 ans. Le condition- nement n’est pas encore automatisé. La société ne peut pas croître davantage car elle est encore confinée dans l’étroitesse des locaux. En 1989, l’entreprise déménage à Palaiseau. « Si mon père a mécanisé la production, j’ai
cherché à l’automatiser. Grâce à l’automatisation, au début des années 90, QUIES produit 60 boîtes par minutes et 60 millions de boules par an. » Depuis, QUIES développe différents produits de plus en plus techniques, notamment des solutions auditives pour l’avion, la baignade, la musique. « QUIES se spécialise dans le développement de produits de niche comme du spray anti-ronflement, des orthèses mandibulaires, une gamme pour l’hygiène de l’oreille ou encore Médusyl, un produit qui protège du soleil et permet d’éviter les piqûres de méduse. »
La société QUIES est très au fait des normes. « Les boules sont des produits très réglementés qui ont évolué dans le temps. Le respect de la pharmacopée européenne est crucial pour nous. Les boules sont produites dans des salles blanches et QUIES dispose de la certification ISO 9001 et ISO 13485
relative à la conformité des dispositifs médicaux. » En avril 2018, les normes évoluent à nouveau et la réglementation européenne change. « Le bruit est désormais considéré comme néfaste et dangereux. Il représente un danger sa- nitaire. Les boules deviennent un produit de classe 3. De nouveaux contrôles et de nouveaux tests seront imposés par l’Europe. Or, avant ces normes, QUIES faisait déjà de la qualité sans le savoir, un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. »
QUIES emploie environ cinquante personnes et exporte dans 25 pays. « Malgré la concurrence en Europe, notamment en Espagne, Suisse, Allemagne et Norvège, QUIES demeure leader européen des boules de cire. » Ulysse pourra donc se prémunir encore longtemps du chant des sirènes...
  MAI 2018 | ecoreseau.fr
7
]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[LA BONNE IDÉE DU MOIS
Poietis "bio-imprime" de la peau
Start-up de Pessac, près de Bordeaux, Poietis emploie 28
salariés qui conçoivent une méthode de bio-impression de
tissus pour les implants. On imagine bien les progrès dans
le domaine de la médecine régénératrice ou des greffons.
Poietis vient de lever 5 millions d’euros pour industrialiser
sa technologie. En 2021, on espère voir les premiers tissus "bio-imprimés" implantés chez des patients. Pour le moment, Poietis "bio-imprime" de la peau, mais souhaite également produire d’autres tissus afin d’aider à la régénération d’autres organes. La bio-impression laser de tissus vivants n’est plus un mythe. L’humain pourra être réparé par des tissus naturels produits par des machines.
CEUX QUI FONT BOUGER LES LIGNES...
EN FRANCE
Tonbooktoo, plateforme d’échange de livres
Comment classer une bibliothèque ? Les possibilités sont multiples, mais la place manque souvent. La plateforme Tonbooktoo permet d’échanger ou de revendre des livres tirés des bibliothèques personnelles. Le réseau connecte entre elles les bibliothèques des par- ticuliers. Beaucoup de livres dorment sur des rayonnages. Tonbooktoo propose de les réveiller et de les remettre en circulation. Avec l’application, il est possible de scanner le code-barres du livre et de déposer sa fiche sur le réseau. Qu’on se souvienne de ce que disait Montaigne à propos de son activité dans la «librairie» : « Là je feuillette à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre et sans dessein, à pièces décousues. Tantôt je rêve, tantôt j’enregistre et dicte, en me promenant, mes songes que voici » (Es- sais, III, 3, « De trois commerces »).
France eMotion ou le voyage animé
Atout France et l’Institut français ont soutenu une exposition de 35 œuvres en réalité augmentée. Des productions digitales inédites mettent en valeur le patrimoine français. Quatre photographes internationaux proposent leur vision de 35 sites culturels français en mêlant photographie et animations numériques. A l’aide d’une application mobile, un personnage animé guide le visiteur à travers l’exposition et s’immisce ou se métamorphose au sein même des photographies. L’exposition est visible à la Conciergerie de Paris (1er arrondissement) avant d’entamer une itinérance internationale jusqu’en 2020. France eMotion, le voyage animé met ainsi à l’honneur sur la scène internationale le patrimoine culturel français en même temps que les jeunes talents de la French Tech.
DANS LE MONDE
SexAPP, éducation sexuelle 2.0
Au Guatemala, Lucia Canjura a développé une application qui sensibilise à la sexualité et cherche à transformer le regard sexiste et machiste porté sur les femmes. SexAPP est une sorte de jeu vidéo avec des défis et des prix qui permet de s’éduquer à la sexualité et de faire de la prévention MST. A travers le jeu, l’éducation devient amusante et les informations distillées au fil de la partie sont certainement mieux intégrées que lors d’un cours d’éducation sexuelle proprement dit. Lucia Canjura espère que son application SexAPP pourra être traduite dans la vingtaine de langues mayas du pays.
Polin, incubateur pour l’élection des femmes
En Belgique, les futurs bourgmestres seront des femmes contre 84 % d’hommes aujourd’hui. Polin est un incubateur bruxellois qui permet aux femmes de réussir en politique en créant un réseau. L’image, le profil, les discours seront analysés par l’incubateur afin de servir au plus près la cause des femmes. Avec Polin, on espère que les femmes pourront se présenter comme tête de liste aux prochaines élections communales d’octobre prochain. Polin ou le développement du leadership au féminin, version belge.
GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances / Actions symboliques
       Philippe Croizon
Aventurier, conférencier/chroniqueur
Qui osera miser sur les talents «autrement capables» ?
Il évoque les «soft skills» (littéralement : compétences douces), c’est-à-dire les com- pétences comportementales que peuvent manifester les personnes en situation de handicap, comme le «savoir-être», la fa- culté de travailler en équipe, l’empathie mais aussi la capacité à savoir dépasser les obstacles, la persévérance.
Stop au gâchis de talents !
Une web-série, «La Beauté de la neuro- diversité au travail», mise en ligne début 2018, enfonce le clou, visant la promotion de tous types de travailleurs dits «neu- roatypiques», c’est à dire pourvus d’un fonctionnement neurologique différent. Par exemple avec autisme, dyslexiques, dyspraxiques, dyscalculiques ou porteurs de TDAH (troubles de l’attention avec hyperactivité). Elle dit clairement «stop au gâchis de talents !».
Microsoft embauche des autistes
Dans ce contexte, des initiatives com- mencent à émerger, surtout à l’étranger. Dès 2016, par exemple, Microsoft annonce qu’il engage un programme pilote de recrutement de personnes avec autisme Asperger, informaticiens le plus souvent mais pas seulement. Comme d’autres grands groupes, le géant de l’informatique a saisi l’intérêt de ces cerveaux atypiques qui manifestent une étonnante capacité à retenir l’information, portent une attention sidérante aux détails ou excellent en ma- thématiques ou en langages codés. Josef Schovanec, autiste Asperger, philosophe, rappelle que la Silicon valley a saisi le
potentiel de ces «gens bizarres». Idem en Allemagne, au Danemark, en Israël...
Pas que les autistes
La France reste encore à la traîne même si quelques initiatives similaires commencent à émerger. Mais force est de constater qu’elles valorisent surtout les personnes avec autisme dites «de haut niveau». Or cet arbre en pleine croissance ne doit pas cacher la forêt ; que dire des candidats plus lourdement handicapés ou avec un handi- cap psychique (schizophrénie, dépression, bipolarité...), par exemple, qui sont, il faut bien l’avouer, la bête noire des entreprises.
Macron tente le Duoday
Le concept du Duoday va-t-il secouer le monde du travail ? Le 26 avril, portée par le secrétariat d’Etat au Handicap, c’est une vague de duos handi/valides qui a déferlé dans toute la France. L’idée, c’est de permettre à une personne handicapée de passer une journée en binôme avec un travailleur valide. Deux mille duos ont ainsi vu le jour, dans les entreprises, les medias. Plusieurs ministres ont joué le jeu, y compris Emmanuel Macron. Alors, certes, une journée sur 365 ça ne va peut- être pas changer la face du monde, mais elle aura au moins le mérite de marquer les esprits et d’interpeller le grand public et les employeurs. Pour faire de la singularité une option «bankable» ?
Sur le Web Site du Duoday 2018 https://www.duoday.fr/
Embaucher une personne handicapée, c’est souvent une contrainte. Pourtant, malgré les fantasmes et les préjugés, certains employeurs sautent le pas et y trouvent leur compte. Même Macron a tenté le challenge à l’occasion du Duoday...
C’était le 1er avril 2018. On aurait pu croire à une blague dans la conjoncture ac- tuelle. 510 000 travailleurs handicapés en recherche d’emploi avec un taux de chômage pour ce public de 20 %, soit le double de la moyenne nationale, sans cesse en hausse. Et, pourtant, c’est dans le très sérieux Figaro que quarante-cinq personnalités, pour la plupart dirigeants de grandes entreprises françaises, ont signé une tribune collective : «Notre en- gagement pour l’emploi des personnes handicapées». Il y a là Vincent Bolloré (groupe Bolloré), Martin Bouygues (groupe Bouygues), Dominique Desseigne (groupe
Lucien Barrière). D’une même voix, ils affirment avoir besoin de « personnes autrement capables » et avoir « constaté ce qu’apportent des talents différents à l’efficacité de nos entreprises et à la fierté de nos collaborateurs ».
Promouvoir les soft skills
Ils ne sont pas les seuls à tenir ce discours qui, plus que dans la réalité, est dans l’air du temps. Edouard Philippe, lui-même, lors du lancement de la stratégie autisme, le 6 avril 2018, a confirmé, parlant notamment des personnes avec autisme, qu’elles sont une « valeur ajoutée dont il serait absurde de se priver ». Il répond en écho aux propos de François Martinez, conseiller innovation de l’Agefiph (Fonds pour l’in- sertion des personnes handicapées dans le privé), qui promeut la «révolution des compétences» et constate que certaines entreprises commencent à diversifier leurs recrutement, à ouvrir d’autres horizons.
8 MAI 2018 | ecoreseau.fr
Tout est possible
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[                                LES AGENTS DU SECTEUR PUBLIC S’INVESTISSENT POUR LES AUTRES
MAIS CHEZ EUX, C’EST DANS LEUR PROJET DE VIE QU’ILS S’INVESTISSENT
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Société Générale - S.A. au capital de 1 009 897 173,75 €. RCS Paris 552 120 222. Siège social : 29, boulevard Haussmann - 75009 Paris. Intermédiaire en assurances (ORIAS n° 07 022 493). Crédit photo : Getty images.
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                                                                         RETROUVEZ-NOUS SUR BFM.FR ET CHEZ NOTRE PARTENAIRE
            ]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - The Green Life
La COP21 n’était pas une fin, mais un début. Suivi des évolutions bénéfiques à la planète
GREEN TECH
u Red Mud, recycler les boues rouges d’aluminium Produire de l’aluminium c’est aussi produire énormément des déchets appelés boues rouges. Chaque année, 150 millions de tonnes de boues rouges proviennent de la production d’alu- minium primaire et seulement 2 % sont recyclées. Un projet
est lancé, notamment à l’Université Catholique de Louvain,
afin de valoriser ces déchets issus de la sidérurgie. Les boues
rouges sont chauffées dans des fours laboratoires à 1 300° et sont transformées en une pâte de verre qui est ensuite introduite dans la composition de briques, de tuiles ou de dalles pour le sol. Le projet Red Mud se donne comme objectif de multiplier par cinq l’actuelle revalorisation des boues rouges.
u Smart X, compteur intelligent pour bâtiments
La start-up Smart Impulse développe le compteur électrique
Smart X à destination des bâtiments industriels comme les
bureaux, hôtels, centres commerciaux... Sans aucun travaux
hormis l’installation du compteur, Smart Impulse permet de
réaliser un diagnostic de la répartition des consommations par
usage. En analysant les données provenant de l’usage du chauffage, de l’éclairage, de la ventilation comme de l’informatique, on peut réaliser une économie d’énergie de 15 %. La solution Smart Impulse a déjà analysé 600 bâtiments, soit plus de cinq millions de mètres carrés. Smart X tend à s’imposer comme un outil précieux pour les gestionnaires de bâtiments d’autant que le retour sur investissement est inférieur à un an.
u GobUse ou le recyclage des gobelets plastique
En France, quatre milliards de gobelets en plastique sont utilisés
tous les ans. Ils finissent entassés pêle-mêle dans des poubelles
et seulement 1 % d’entre eux sont recyclés. En fonction du degré
d’addiction au café, les salariés produisent en moyenne entre 1,9
et 5,2 kilos de «déchets-gobelets» par an. A Viry-Châtillon, Mat-
thieu Lukasi lance GobUse qui installe moyennant un loyer mensuel une GobMachine, un collecteur en carton qui peut contenir 640 gobelets (pour le plus petit modèle). Avec les gobelets, il est possible de fabriquer par exemple la matière première de certaines imprimantes 3D. En plus de valoriser les gobelets usagés, GobUse participe surtout à l’insertion sociale et professionnelle de travailleurs handicapés. Les établissements sociaux et les structures médico-sociales de l’Essonne sont partenaires du projet. L’entreprise est adaptée et le cadre de travail est rassurant. GobUse ou comment mêler réellement l’économie sociale et l’économie circulaire.
u LeanShips, des navires moins polluants
Les prototypes de nouveaux navires sur lesquels travaille un
projet européen basé à Hambourg sont conçus pour réduire
jusqu’à 25 % les émissions de CO2. C’est la glace des eaux
froides du Nord qui nécessite de repenser un nouveau modèle
d’hélice. Le projet LeanShips prépare une nouvelle génération
de navires, moins polluants et moins gourmands en énergie. Des
remorqueurs sont également à l’étude. Les scientifiques tentent d’inventer des modèles qui fonctionnent au gaz naturel comprimé. La glace, d’abord obstacle, devient tremplin et levier du progrès scientifique.
ECONOMIE VERTE
L’UDES demande des comptes
Les entreprises sociales et solidaires représentent plus de
10 % de l’emploi en France. Selon l’Union des employeurs
de l’économie sociale et solidaire (UDES), l’économie
sociale et solidaire (ESS) n’est pas suffisamment soutenue
par l’Etat. Afin que la politique en matière d’ESS soit plus
ambitieuse, l’UDES demande à l’Etat et aux collectivités
locales de réserver une part des marchés publics à l’ESS.
Afin que l’ESS soit réellement considérée et connaisse une
réalisation à la hauteur des ambitions affichées par l’Etat, l’UDES se montre également favorable au projet de redéfinition de l’entreprise qui intègrerait les problématiques sociales et environnementales (voir à ce sujet, dans notre Baromètre & Tendances, la brève « Révision de la définition de l’entreprise dans le Code civil »).
     Isalou Regen
Fondatrice de Kama Conseil & Associés Auteure de "la magie du matin"
et de "la magie du sommeil"
« Le monde sourit à ceux qui se lèvent tôt », rencontres matinales avec nos dirigeants.
Entretien avec Sébastien Delaby
Founder & Creative Director MEGASTORY PARIS
Le matin (starter) représente quoi pour toi ? : Une image, une citation, un lieu, une ambiance, un souvenir ... ? « si vous pensez que l’aventure est dangereuse essayez la routine elle est mortelle » Paolo Coelho
A quelle heure te réveilles-tu et quels sont tes rituels pour démarrer la journée ?
Premier réflexe, dès que j’ouvre les yeux, je regarde mes mails et mes messages, j’ai des clients à l’étranger qui ont pu chercher à me joindre dans la nuit et des moments de rush où mon équipe travaille tard la veille, je m’assure donc de ne pas avoir des « Mayday » et d’avoir toutes les informations dès mon réveil qui me permettent de commencer la journée rassuré.
Ensuite, je regarde les résultats du Basket américain, je suis un grand fan de NBA !
Toujours dans mon lit, je transmets les tâches journalières à ma collabora- trice la plus proche et le rythme que je souhaite donner à la journée. Le lit est pour moi un endroit de relaxation, de méditation, de réflexion et de travail, ça n’est pas juste un endroit où dormir ! Puis c’est lever à 7h30, une douche tiède, un citron pressé, des oeufs brouillés...et GO, GO, GO !
Objectif : tous les matins avoir une nouvelle « idée de génie » !
Qu’est ce qui t’enthousiasme le matin ?
La passion ! Je suis un passionné, j’aime le partage, l’idée de casser les codes, trouver des idées qui vont créer de la valeur pour mes collaborateurs et mes clients, relever des nouveaux challen- ges, être chaque jour meilleur et plus performant...
J’ai la chance d’avoir des grands profes- sionnels, des amis uniques et précieux qui m’accompagnent dans chacun de mes projets fous. Mon équipe, c’est ma tribu !
Ton appli indispensable ?
Fubiz, Instagram, Evernote.
Quand prends-tu du temps pour toi ?
Dès que je peux, 10 minutes sur ma méridienne avec mon casque sur les oreilles.
Après le travail quand je vais dans des vernissages pour découvrir des nouveaux artistes. Au cinéma, seul, pour voir un film. Puis mes séances de sport, avec mon coach trois fois par semaine, sont des moments indispensables pour moi...
Comment est-ce que tu recharges tes batteries dans la journée ?
Une micro sieste dans les VTC entre chacun de mes rendez-vous.
Quel est le credo de ton entreprise ?
LA MEGASTORY : Une histoire inat- tendue, universelle, marquante, qui donne du sens, crée du lien et procure des émotions pour rendre le message ou l’évènement de mes clients INOU- BLIABLES.
Les clefs de ton succès ?
Les rencontres et le partage sincère Croire que rien n’est impossible
Ne jamais cesser de rêver
Oser l’inattendu et laisser une place à l’irrationnel
L’alchimie des talents qui m’entourent Se remettre chaque jour en question
Une citation une devise ?
« Je ne puis rien acheter avec l’argent qui vaille plus cher que le plaisir d’avoir dit ce que je voulais dire » Antoine de Saint-Exupéry
Pour #SeLeverDeBonheur, vous pouvez me suivre régulièrement sur la page Facebook et la chaine Youtube “La Magie du Matin”,
Editions Leduc
        10 MAI 2018 | ecoreseau.fr
Les petits matins des dirigeants
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                   Julien, 43 ans. Directeur général, diplômé 2015, Management Général
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]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
Jusqu'où peuvent aller
les GAFA?
Ils sont convaincus qu'ils changeront le monde. Mais quelle vision du monde nous offrent- ils en miroir de leur stratégie? Et voulons-nous vraiment de ce monde ?
 12 MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[ EN COUVERTURE
 Grand Angle
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur un sujet politique, sociétal ou macro-économique
La stratégie sans limite des GAFA
De l’art de conquérir le monde réel par le digital
  Avec des réserves financières équivalentes aux PIB de pays développés, des situations de quasi-monopole sur leurs marchés principaux, et des prises de position fortes sur les marchés futurs, les GAFA se comportent presque comme des nations à part entière et semblent impossibles à arrêter. Et les seuls à pouvoir agir, c’est nous, les utilisateurs – encore faut-il le vouloir.
maison connectée (Nest, HomeKit), interfaces vocales (Siri, Alexa), intelligence artificielle (DeepMind)... Ces deux derniers, notam- ment, sont d’une importance capitale, car ouvrant des marchés potentiellement aussi larges que ceux créés par l’Internet.
Si les appétits sont simi- laires, les buts poursuivis et les points d’entrée diffèrent. Le domaine de la santé en offre un bon exemple. Goo- gle s’est lancé (entre autres initiatives) dans les médi- caments bioélectroniques et les robots chirurgiens, sans oublier les données de santé ; Amazon vend des médicaments ; Apple, avec l’application iHealth et la montre connectée Apple Watch, a pris pied dans les services de médecine préven- tive... Quant à Facebook, il semble, pour le moment, ne pas s’intéresser directement au secteur, mais doit-on dire pour jamais ?
Une domination qUi ne saUrait être discUtée
Dans la plupart des cas, la stratégie est la même : des investissements mas- sifsenR&D–Googleya consacré 16,6 milliards de dollars en 2017, et Apple 11,5 milliards de dollars – et le rachat, à coup de millions de dollars, de start-up et entreprises-clés. Le total est impressionnant : de- puis dix ans, les GAFA ont mis la main sur plus de 350 entreprises, dont la moitié est partie dans le giron de Google.
Il faut noter que les GAFA
 Par Jean-Marie Benoist
GAFA : peu sont ceux qui aujourd’hui ignorent la signi-
fication de cet acronyme. Si l’on raisonne en termes de succès entrepreneurial, Google, Apple, Facebook et Amazon sont sans conteste les grands gagnants de l’ère Internet. Mieux encore, ils sont devenus une partie in- tégrale du quotidien de leurs utilisateurs – et ceux-ci, en cumulé, dépassent allègre- ment les plusieurs milliards d’individus.
Aujourd’hui, ils sont à la tête de véritables fortunes : on estime les réserves d’Apple à près de 270 milliards de dollars – gardés à l’extérieur des Etats-Unis pour des raisons fiscales –, la valori- sation d’Alphabet – l’entre- prise-parapluie regroupant toutes les activités poursui- vies par Google, et elles sont nombreuses – dépasse 700 milliards de dollars, et celle d’Apple flirte avec le trillion de dollars, un record absolu... De la même fa- çon, les GAFA accumulent les résultats spectaculaires chaque année. Leurs profits
agrégés dépassent les 100 milliards de dollars, leurs réserves de cash ne sont pas loin d’atteindre les 500 milliards de dollars.
Tout cela n’est pas le fruit du hasard, mais la traduction financière de la mainmise des GAFA sur les univers numériques. Ils dominent leur marché à tel point qu’ils sont régulièrement considé- rés comme des monopoles. Le moteur de recherche de
Notre vie et leur emprise en quelques cases...
  Silva, présidente de l’Autorité de la concurrence, que ce soit en search, en display ou sur mobile. La seule ex- ception est en fait Apple : en termes de volume de vente de smartphones, Samsung
bout leurs produits et pro- cessus, jusqu’à la relation avec le consommateur », explique Pascal Malotti, directeur conseil marketing de l’agence Valtech. Et puis, tout simplement, les ser-
gle et consorts disposent de deux avantages : leur connaissance intime de la data, et le fait que tous les métiers effectuent leur trans- formation digitale... dans laquelle les données jouent un rôle essentiel. Cela, ajouté à leurs gigantesques moyens financiers, fait d’eux, dès leur entrée dans un secteur d’ac- tivité, des acteurs majeurs. « Ces entreprises vont là où la concurrence ne peut les suivre, souligne Pascal Malotti. Aucune entreprise aux Etats-Unis ne peut ri- valiser avec les milliards d’investissement d’Amazon dans la logistique. » Et la liste de ce qui les intéresse est longue : services finan- ciers (Apple Pay, Messenger Payments...), automobile autonome (Waymo, iCar), fournisseur d’accès à In- ternet (internet.org, Loon),
 Depuis dix ans, les GAFA ont mis la main sur plus de 350 entreprises
 Google compte pour plus de 90 % des requêtes sur le Web ; Amazon Web Services a31%departdemarché du cloud computing, loin devant Microsoft (11 %) et IBM (7 %) ; et Facebook et Google phagocytent, selon les études, entre 60 et 70 % du marché publicitaire en ligne mondial, et ont en France « une position écra- sante », selon Isabelle de
fait à peu près jeu égal avec la firme à la pomme, avec unpeumoinsde20%du marché au dernier trimestre 2017. Mais c’est en valeur qu’Apple écrase sa compé- tition, puisqu’elle en a capté 51 % sur la même période... Cette domination, là encore, n’est pas le fruit du hasard. « Les GAFA pratiquent la verticalisation à outrance : ils maîtrisent de bout en
vices proposés plaisent, sont performants, et de bonne qualité. Et comme ils sont basés sur l’utilisation des données, plus ils séduisent, plus ils sont efficaces... Un cercle fructueux que les GAFA veulent étendre à d’autres secteurs d’activités.
Un appétit féroce toUs azimUts ?
Dans leurs conquêtes, Goo-
 MAI 2018 | ecoreseau.fr
13
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Grand Angle
 n’hésitent pas non plus à investir dans leur domaine d’activité premier pour y garder leur avantage concur- rentiel. « Ils savent qu’il ne suffit pas de collecter la donnée pour être puissant : il faut aussi maîtriser la seule technologie capable de la traiter, l’intelligence artificielle. Investissant de- puis des années dans la recherche fondamentale, ils ont réussi à se position- ner comme leaders d’une techno qui attire toutes les convoitises », écrivait récemment Éric Scherrer, directeur de l’innovation et de la prospective de France Télévisions. Ils savent, plus que tout autre, que dans le monde numérique, les choses peuvent aller vite, et les usages se transfor- mer du tout au tout. Mais finalement, peu importe : il leur suffit d’acheter leurs possibles challengers.
Le deuxième site le plus vi- sité de l’Internet après Goo- gle est YouTube ? Qu’à cela ne tienne, Google l’achète. Les jeunes se détournent de plus en plus de Face- book, et sont séduits par Instagram et WhatsApp ? Idem, Facebook les achète... La concurrence, en un sens, est travestie.
Au vu de tout cela, il est naturel que les GAFA in- quiètent, surtout qu’ils ne montrent aucun signe de ralentissement. En quelques années – Facebook a été fondé en 2004, mais ses vrais débuts datent de 2006 –, ceux qui apparaissaient comme des jeunes entrepreneurs sympathiques plein d’entrain et de fougue sont devenus des multinationales avec une mainmise totale sur un marché numérique qui est censé être totalement ouvert et mondial, et qui est censé encourager la concurrence et l’innovation. Et pourtant, aujourd’hui,quipeutima- giner l’arrivée d’un concur- rent aux GAFA ? Il existe bien les BATX (les quatre géants chinois), mais ils sont encore loin d’atteindre
la même dimension, et se reposent principalement sur l’énorme marché intérieur chinois.
ruption pures et simples, et par ces méthodes ont, selon certains, amené la Grande Dépression. Si le débat fait encore rage, il semble ce-
de multinationales. « Quand Google devient un acteur de l’énergie, c’est d’abord pour limiter les coûts liés à ses fermes de serveurs », estime
de la matière première des GAFA qui pose problème. Ayant compris bien avant tout le monde la valeur des données, et plus particuliè- rement des données per- sonnelles, ils ont bâti leur business avant que les usa- gers et les gouvernements ne puissent se faire une opi- nion et légiférer. « Personne n’avait compris la valeur de la data. Et personne n’avait compris le modèle de va- leur de ces entreprises », souligne Jérôme Wallut, auteur de Patrons, n’ayez pas peur ! et associé chez ICP Consulting. Aujourd’hui, ils disposent unilatéralement des données qui empruntent leur plateforme, ce qui met en jeu la vie privée de leurs utilisateurs – et les consé- quences vont bien au-delà du marketing. Ce qui est en jeu, c’est le contrôle des idées.
des poUvoirs politiqUes
« Ce qui est en jeu, c’est le contrôle des idées. Un bug du système », estimait Tim Berners-Lee, un des fondateurs de l’Internet. La meilleure illustration en la matière se déroule devant nos yeux, avec pour acteurs Facebook, Cambridge Ana- lytica, les Etats-Unis et la Russie. Face à l’enquête du
de chacun en lui exposant majoritairement ce qu’il veut entendre – ont des consé- quences sociales impossibles à ignorer. Et le problème n’est pas limité à Facebook. De fait, ce qui est désormais la source d’informations par excellence pour la majorité de l’humanité est gouverné par des algorithmes conçus par des entreprises privées.
Les GAFA ne font pas que bouleverser notre quotidien technologique : ils influent – ou ont le potentiel d’influer, sciemment ou non – sur des questions de société d’enver- gure mondiale, avec autant de poids que bon nombre de pays. Le fait que le Dane- mark ait décidé de nommer en janvier dernier un am- bassadeur aux GAFA peut sembler une boutade, mais pour citer Anders Samuel- son, ministre des Affaires étrangères danois, « Google, Apple ou Amazon doivent être considérées désormais comme des nouvelles nations avec lesquelles il faut donc entretenir des relations di- plomatiques ». Ils n’hésitent pas à faire connaître leurs avis, et à peser – lourd – dans la balance. « Nous sommes devenus, en un sens, des colonies numériques », estime Thomas Fauré, fon- dateur et directeur général du réseau social Whaller. Entre les prises de position sur la neutralité du Net aux Etats-Unis et sur l’immigra- tion, les prises de position forte de Tim Cook sur les données privées fin 2016 face au FBI, ou encore les déclarations fracassantes de Jeff Bezos, les GAFA pèsent de plus en plus dans les débats. « Quand Mark Zuckerberg évoque la mise en place d’une «Cour Su- prême» privée pour régler les questions de contenu, on n’est pas loin d’un État », souligneThomasFauré.
le cUlte
dU leader
Pour mieux comprendre cet aspect des GAFA, il faut se
  Un précédent historiqUe
L’Histoire a déjà connu des entreprises privées ayant autant – si ce n’est plus – de pouvoir que les Etats. Si comparer les GAFA à la Compagnie britannique des Indes orientales, c’est aller un peu trop loin, il suffit de regarder les événements postérieurs à la guerre de Sécession aux Etats-Unis. Le pays se trouve alors entre les mains de titans de l’in- dustrie, dotés d’immenses fortunes et régnant sans partage sur leurs monopoles : Rockefeller, Vanderbilt, J.P. Morgan... Et le bilan, au- jourd’hui encore, est disputé. Certains les qualifient de «barons voleurs» («Robber Baron»), d’autres «d’indus- triels hommes d’Etat» («In- dustrial Statesman») ; leurs actions économiques et poli- tiques ont sans conteste fait des Etats-Unis la première puissance économique et industrielle mondiale, et ils ont fondé nombre d’écoles et institutions caritatives. Mais ils ont aussi laissé derrièreeuxunsystème profondément inégalitaire, ont utilisé sans vergogne des méthodes que l’on considère- rait aujourd’hui comme de l’exploitation et de la cor-
pendant plus ou moins ac- quis que la croissance et la domination économique qui ont résulté des actions des Robber Barons ont fait plus de bien que de mal... Pourquoi ne serait-ce pas également le cas pour les GAFA ? Après tout, le slogan de Google est bien « Do the right thing » (faire ce qui est juste), qui a succédé au plus concis, mais déroutant, « Don’t be evil » (ne soyez pas malveillant)...
Cédric Deniaud, associé dans le cabinet de conseil The Persuaders. Mais avec les GAFA, rien n’est simple. Le nœud du problème est qu’il dépasse le contexte économique, et que l’in- fluence des GAFA s’étend bien au-delà du monde di- gital. Depuis longtemps, Amazon est accusé de dé- truire – preuves à l’appui – le commerce physique, ce qui a une influence directe sur la vie de millions d’em- ployés. « Les piles d’Amazon
Difficile d’être contesté lorsque les positions sont monopolistes.
 Quand Google devient un acteur de l’énergie, c’est d’abord pour limiter les coûts liés
à ses fermes de serveurs
 aU-delà
de l’économie D’une certaine façon, le comportement des GAFA peut s’expliquer «simple- ment» par la recherche de croissance tous azimuts. Une hypothèse que semblerait confirmer l’attachement profond des GAFA au jeu de l’évasion fiscale. Goo- glefaitcirculersesfonds entre l’Irlande, les Pays-Bas, et les Bermudes ; Apple passe par l’Irlande et l’île de Jersey... En cela, ils ne diffèrent pas de bon nombre
représentent désormais un tiers des piles vendues aux US », décrit Scott Galloway, professeur à la NYU Stern School of Business et au- teur de The Four. « Lorsque vous demanderez à Alexa de vous commander des piles, cette dernière vous recommandera probable- ment la marque Amazon entantquemeilleurevente. Les conséquences pour- raient être terribles pour les marques. »
Surtout, c’est la nature même
Congrès, qui a convoqué, en mars dernier, Mark Zuc- kerberg à un entretien, les révélations s’accumulent, et font froid dans le dos : 126 millions d’Américains touchés par des messages politiques sur sa plateforme, les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs «tombées» dans l’escarcelle deCambridgeAnalytica...et un processus démocratique mis à mal. Les phénomènes des fake news et de la bulle – l’idée qu’Internet ne fait que renforcer les opinions
 14
MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[                                               FAITES DES ÉCONOMIES, PRENEZ L’AVION.
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                                                  Crédit photo : Getty images
 ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle
pencher sur la personnalité de leurs fondateurs et di- rigeants. « Tous les GAFA ressemblent, avant tout, à ceux qui les ont créés », souligne Jérôme Wallut. Et ceux qui les ont créés ont non seulement des positions politiques, mais, suivant en cela la tradition américaine, ils n’hésitent pas à y engager activement leurs entreprises. Cela donne parfois l’impres- sion d’être devant de grands enfants, qui ont les moyens d’imaginer et de réaliser leurs jouets, comme par exemple avec Jeff Bezos et Blue Origin, sa compagnie spatiale. C’est vrai, sauf pour l’aspect infantile. L’intérêt de Google pour la santé, plus particulièrement pour la maladie d’Alzheimer, et pour les technologies NBIC en général (nanotechnolo- gies, biologie, informatique, sciences cognitives) sont le reflet direct des visions transhumanistes de Larry Page et Serguei Brin et de la découverte par ce der- nier qu’il avait de fortes
chances de développer lui- même Alzheimer. L’objectif premier de Calico est de « combattre la mort » : pour peu, on se croirait en pleine science-fiction...
Les fondateurs partagent certains points communs : ils sont tous Américains, sont tous plus ou moins des libertariens, et sont tous des partisans de la technolo-
pond à la question de savoir jusqu’où iront les GAFA : ils ont l’intention de changer le monde.
indispensable action pUbliqUe Que l’on adhère ou non aux prises de position écono- miques, politiques et sociales des GAFA, tout le monde ou presque s’accorde sur le fait
etc., ont rarement le beau rôle. Les changements se profilent déjà à l’horizon, sur plusieurs fronts. Les pouvoirs publics multiplient les initiatives. En Europe, le nouveau règlement sur la protection des données est un premier pas, tardif, vers une reprise en main de leurs données par les utilisa- teurs. Facebook, d’ailleurs,
EN COUVERTURE
    Nous sommes devenus, en un sens, des colonies numériques
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
gie. Pour eux, l’humanité est confrontée à des dé- fis planétaires – pollution, maladie, conquête spatiale, mort... – dont les solutions sont technologiques, et ceux qui vont les trouver ne seront pas les institutions publiques, mais des entrepreneurs (une prise de position, soit dit en passant, qui n’est pas sans fondement historique). Et ils assument complètement le rôle. Ce qui, en un sens ré-
que leur domination est trop forte, et que leurs grands pouvoirs devraient aller de pair avec de grandes respon- sabilités. Notre culture nous a conditionnés à nous en méfier : dans la science-fic- tion, les méga-entreprises qui contrôlent le monde et en dominent tous les as- pects, de la santé à l’in- formation en passant par les transports, les relations sociales, la communication,
a limité les dommages en rapatriant tous ses utilisa- teurs non-européens sur ses serveurs américains. L’aspect fiscal devrait lui aussi évoluer dans les an- nées à venir. L’Europe, elle encore, s’est lancé dans un projet de directive de taxa- tion du chiffre d’affaire des GAFA. On évoque un taux de 6 %, mais les négociations intra-communautaires sont encore en cours. Par ailleurs,
 Fiches d’identité
Apple
Capitalisation boursière : 829,16 Mds $ (au 25/04/18) Chiffre d’affaires 2017 : 229,2 Mds $
Réserve de cash : 256,8 Mds $ (juin 2017)
Date-clés
1976 : Fondation à Los Altos 1977 : Lancement de l’Apple II 1984 : Lancement du Macintosh 1985 : Steve Jobs quitte Apple 1997 : Retour de Steve Jobs 2001 : Lancement de l’iPod 2007 : Lancement de l’iPhone 2011 : Mort de Steve Jobs
2016 : Conflit avec le FBI
Tout le monde connaît l’histoire d’Apple grâce à la po- pularité et à la large médiatisation de Steve Jobs : des
débuts en fanfare, suivis d’une phase de marasme puis d’une renaissance explosive. En deux produits, l’iPod et l’iPhone, Apple a révolutionné le secteur de la musique et celui de la téléphonie mobile, créant au passage l’im- mense marché des applications. Admirée par certains pour son génie du marketing, critiquée par d’autres pour son recours à des sous-traitants en Chine, accu- sée de pratiquer l’obsolescence programmée, la firme à la pomme divise. Jusqu’à l’arrivée de Tim Cook, Apple est restée plutôt concentrée sur quelques secteurs pré- cis. Depuis, Apple expérimente plus, notamment dans le domaine de l’automobile, de l’intelligence artificielle – Apple vient juste de recruter l’un des principaux res- ponsables en la matière chassé chez... Google – et de la santé.
Amazon
Capitalisation boursière : 711,32 Mds $ (au 25/04/18) Chiffre d’affaires 2017 : 177,8 Mds $
Réserve de cash : 26,0 Mds $ (juin 2017)
Dates-clés
1994 : Création du site amazon.com
1997 : Entrée en Bourse
2003 : création de la plateforme Marketplace
2006 : Lancement de la gamme de services d’infrastruc- ture informatique Web Amazon Web Services
2007 : Lancement du premier appareil Amazon Kindle aux États-Unis
2009 : Lancement de la version internationale du Kindle 2013 : présentation du système de livraison par drone «Prime Air»
2014 : lancement du Fire Phone 32 ; à la fin de l’année, Amazon annonce Alexa en même temps qu’Echo
2017 : rachat de Whole Foods Market pour 13,7 milliards de dollars
Amazon est peut-être la plus ouvertement agressive des GAFA, en partie à cause de la personnalité de Jeff Be- zos, son fondateur, adepte des déclarations médiatiques et fan sans complexe de l’automatisation (les condi- tions de travail dans les entrepôts sont régulièrement dénoncées). Les débuts furent difficiles : il a fallu six ans avant qu’Amazon dégage de – maigres – bénéfices. Aujourd’hui encore, les activités marchandes d’Amazon sont financées par AWS. Les activités d’Amazon sont plus étendues qu’on ne le croit. Outre le e-commerce, les e-book et la vidéo, la firme de Seattle s’est intéres- sée au fret, au commerce physique avec des librairies et des supermarchés, au textile, à la maison connectée et à l’intelligence artificielle.
    ]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[ Alphabet (Google)
Capitalisation boursière : 711,91 Mds $ (au 25/04/18) Chiffre d’affaires 2017 : 110,9 Mds $
Réserve de cash : 92,4 Mds $ (juin 2017)
Dates-clés
1998 : enregistrement du nom de domaine «Google.com» et mise en ligne du nouveau moteur de recherche
2000 : Google devient le premier moteur de recherche à référencer un milliard de pages Web
2004 : lancement de Gmail
2005 : lancement de Google Maps, un service inédit de cartographie en ligne
2006 : rachat de YouTube pour plus de 1,6 milliard de dol- lars ; lancement de la suite Google Apps
2007 : Google annonce Android
2008 : Google présente Chrome, son premier navigateur Web
2011 : l’État du Nevada autorise la circulation de voitures sans conducteur
2014 : rachat de Nest
2015 : création d’Alphabet, et restructuration des acti- vités
En moins de 20 ans, Google a atteint des dimensions tentaculaires. Ce qui a commencé comme un très effi- cace moteur de recherche sur le Web est maintenant un empire, qui vit principalement de la publicité, avec AdWords et AdSense notamment. La liste des secteurs d’activité investis par Alphabet est étonnante par sa variété: la domotique et les objets connectés (Nest), la santé et plus avec Verily et Calico, l’intelligence ar- tificelle avec DeepMind, la géopolitique avec Jigsaw, la voiture autonome avec Waymo, le mobile avec Androïd, tous les services liés au Web et à l’informatique, restés sous étiquette Google... La liste est encore plus longue si l’on y rajoute toutes les compagnies où Google a mis la main à travers GV et CapitalG et tous les projets de recherche poursuivis par Google X.
Facebook
Capitalisation boursière : 465,13 Mds $ (au 25/04/18) Chiffre d’affaires 2017 : 40,6 Mds $
Réserve de cash : 32,3 Mds $ (juin 2017)
Dates-clés
2004 : lancement du site TheFacebook.com
2006 : le site s’ouvre à tous les internautes âgés d’au moins 13 ans et disposant d’une adresse e-mail valide 2008 : le cap des 100 millions de membres inscrits est franchi
2011 : la version mobile de Messenger est lancée.
2012 : entrée en Bourse pour une valorisation de 104 mil- liards de dollars, et rachat d’Instagram
2013 : lancement de la nouvelle interface qui agrège les flux d’informations en provenance de médias établis et de ses amis
2014 : Facebook rachète Oculus VR et WhatsApp
2016: Facebook lance le réseau social d’entreprise Workplace; des controverses sur la sélection des contenus se font jour
2018 : Éclatement du scandale Cambridge Analytica
Facebook a beau être le plus jeune des GAFA, il a déjà eu une histoire mouvementée, et a probablement eu l’impact socioculturel le plus fort. Six ans après sa naissance, la gestation du réseau social faisait déjà l’objet d’un film. Le nerf de la guerre de Facebook, c’est la publicité et la vente des données générées par les utilisateurs ; et le problème, c’est que Facebook a ré- gulièrement des problèmes avec la confidentialité des données. Entre les révélations d’Edward Snowden en 2013 et les élections américaines de 2017, la crédibilité de Facebook a été mise à mal ; pour autant, le réseau social ne semble pas s’en porter plus mal.
    Grand Angle
EN COUVERTURE
   l’OCDE devrait mettre fin, dans les prochaines années, à certaines pratiques d’éva- sion fiscale.
encoUrager l’émergence de noUveaUx acteUrs Reste la question de la concurrence. Les procédures sont maintenant presque monnaie courante : par exemple, Google fait en ce moment l’objet de deux enquêtes de la Cour de Jus- tice de l’Union européenne, l’une sur sa régie publicitaire AdSense, l’autre sur son sys- tème d’exploitation mobile
estime Scott Galloway.
Les autorités américaines l’ont déjà fait par le passé, avec Bell System et AT&T, alors en situation de mo- nopole, afin de restaurer la concurrence sur le marché de la télécommunication. » Facebook pourrait redeve- nir Facebook, Instagram et WhatsApp ; Amazon serait séparé de Amazon Web Services... Cependant, rien pour l’instant n’indique qu’une action de ce genre soit en préparation.
En attendant ce déman- tèlement peu probable, il reste l’option d’encourager
nous avons actuellement »,
estime Thomas Fauré. L’idée serait de créer des potentiels concurrents, mais surtout des entités capables de pe- ser dans le dialogue avec les GAFA, une piste déjà poursuivie par certains sec- teurs d’activité, notamment les régies publicitaires. On peut citer, par exemple, la News Media Alliance, qui fédère environ 2 000 édi- teurs américains autour des problématiques de data ; en France, Skyline réunit les régies publicitaires du Monde et du Figaro ; Gra- vity fédère elle plusieurs
Mais toutes ces initiatives ne serviront à rien tant que les GAFA continueront à jouir d’une telle popula- rité. « D’après une enquête d’opinion récente, 42 % des Français se posaient la ques- tion de fermer leur compte Facebook, décrit Cédric Deniaud. Mais personne ne le fait. » Si le grand public a maintenant conscience du problème posé par les GAFA, et n’hésite pas à s’exprimer sur le sujet, les usages, eux, demeurent. Mais le plus important n’est pas vraiment de ne plus utiliser Gmail. « Nous avons pris le pouvoir sur la conversa- tion, pris le pouvoir sur les usages. Maintenant, il faut avoir la conversation sur les données », souligne Jérôme Wallut. Savoir quelles don- nées sont récoltées et géné- rées, pour quelles raisons, et à que.lle fin. La RGPD est un début, mais il appartient à chacun d’entamer le dia- logue.
 Pour eux, l’humanité est confrontée à des défis planétaires que seuls les entrepreneurs peuvent régler.
 Androïd. Mais certains pré- conisent des solutions plus radicales. « Nous devrions procéder à une scission de ces entreprises afin de restaurer la concurrence,
Et non pas les Etats
l’émergence de nouveaux ac- teurs. « Il faut investir dans les sociétés européennes, et pour cela, il faut une politique plus offensive et plus cohérente que celle que
journaux (Les Échos-Le Parisien, Lagardère, Mon- dadori, Prisma...), des télé- visions (M6, BFMTV), des opérateurs télécoms (SFR et Orange).
MAI 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[Par Joseph Capet
En un demi-siècle, la jeunesse a inventé de nouveaux modes de politisation en même temps qu’elle a contribué à «chan- ger la vie». Le travail, la sexualité, le lien social sont autant d’éléments politiques reformés par la jeunesse.
de la jeUnesse aUx jeUnes
Dans la Rome antique, on est jeune jusqu’à la mort du père. Ce n’est qu’avec le développement de la psycho- logie et de la sociologie au XIXe siècle qu’on s’intéresse à la jeunesse. « On commence à parler de la jeunesse à partir du cri d’alarme lancé par Alfred Sauvy à la fin des années 1950 quand les effets du baby-boom qui débute en 1943 deviennent sensibles », indique Michelle Zancari- ni-Fournel, professeure émé- rite d’histoire contemporaine à l’Université de Lyon 1, membre du LARHRA CNRS (Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes). La jeunesse commencerait alors avec la majorité. « Quels que soient les objets d’étude, la jeunesse, le genre, la ruralité, on définit une catégorie de population en fonction de critères. Pour les bornes de
la jeunesse (18-30 ans), le Crédoc retient le logement in- dépendant et l’emploi stable, même si cet angle d’analyse est traversé par beaucoup d’autres facteurs », explique Sandra Hoibian, directrice du Pôle Evaluation et So- ciété du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). La jeunesse déborde ces critères car elle est mul- tiple et changeante. « Il n’y a pas une jeunesse, mais des jeunes ou des jeunesses très différentes selon les catégo- ries sociales, les parcours de vie et les destins », soutient Michelle Zancarini-Fournel qui a co-dirigé Les années 68 : le temps de la contestation (Editions Complexe, 2008).
de la politiqUe aUx commUnaUtés
« Le gaullisme d’avant 68 avance déjà l’idée d’une dépolitisation de la jeunesse. Aujourd’hui, les jeunes s’en- gagent moins autour de mou- vements très structurés. Ils inventent d’autres formes de politisation. » Les jeunes portent un regard critique sur l’autorité et les figures connues de la politique. « Le chef ou le leader sont des notions très datées pour
nous suit. Prendre parti sur l’Internet suppose plus de risque et plus d’engage- ment que selon les anciens canons. » La République intègre les individus sur le modèle de l’assimilation. Or, la jeunesse considère la diversité comme une ri- chesse et valorise la diffé- rence. « Contre le discours de l’unité et de la cohésion nationales que les jeunes trouvent irréaliste, ils portent un regard différent sur le lien social. Ils réinventent l’idée de communauté. »
La jeunesse est un miroir grossissant qui rend visibles les transformations
de la société
SOCIÉTÉ
 Rétrospective
EcoRéseau Business revient sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient il y a un demi-siècle. Pas question de comparer, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.
  L’héritage de 68 chez les jeunes
« Néo-politisation »
Des barricades à l’écran, du collage d’affiches au post sur l’Internet, du slogan au tweet, la jeunesse est autrement politisée qu’en 68.
les jeunes, des figures de l’ancien monde vis-à-vis desquelles ils sont en total décalage », remarque Sandra Hoibian. L’horizontalité et la société collaborative sont deux nouvelles valeurs de la jeunesse, surtout depuis que le numérique est devenu un «fait social total» dans les années 2000. Pour s’afficher sur la Toile, l’engagement politique des jeunes n’est pas pour autant un engagement post-it. « La vie numérique
La jeunesse s’investit dans l’économie sociale et soli- daire, la défense des mi- norités ou la protection de l’environnement.
de la sexUalité
aU genre
La jeunesse façonne la so- ciété autant qu’elle est fa- çonnée par elle sous l’effet d’une causalité réciproque. S’intéresser à la jeunesse revient à s’intéresser à la société tout entière. Selon
Sandra Hoibian, « la jeu- nesse est comme un résumé de l’évolution de la société, son miroir grossissant qui rend visibles les transfor- mations qui la travaillent ». La sexualité fait partie des préoccupations majeures de 68. « Durant les années 68, on ne parle pas encore du genre, mais de sexualité et de différence des sexes. En 1974, la révolution contracep- tive a bouleversé la vie de toutes les femmes », rappelle
Michelle Zancarini-Fournel. En 1920 et 1923, l’Assemblée vote des lois contre l’avor- tement et la contraception. En 1961, le premier Planning familial est ouvert à Gre- noble et diffuse illégalement des moyens contraceptifs. « On pourrait dire que le moment 68 commence en 1961 et s’achève en 1981 lorsque la politique prend en charge la contestation et les revendications des minorités qui étaient jusque là portées par le peuple et les associations », précise Michelle Zancarini-Fournel. L’attention portée au genre est le propre de la jeunesse actuelle.
de l’aUtorité à la responsabilisation Depuis la création de l’ANPE en 1967, le travail a changé et les jeunes veulent s’épanouir au travail. « En 1968, ce n’est pas le travail en soi qui est rejeté, mais le travail tel qu’il est organisé, notamment au- tour de sa durée, du rythme et de la discipline », distingue Michelle Zancarini-Fournel. Au travail, les jeunes sont les variables d’ajustement de la société. La «flexibilisation» du marché du travail touche surtout les jeunes. Depuis les chocs pétroliers, le dévelop- pement du management et l’émergence des start-up à la fin des années 90, les jeunes préfèrent l’entrepreneuriat au salariat. Toutefois, « la jeu- nesse souffre d’un sentiment d’invisibilité. A l’heure où les responsabilités sont très individualisées, les jeunes veulent être reconnus. Le besoin de reconnaissance estlepe.ndantd’unetrès forte attente portée sur les individus », ajoute Sandra Hoibian.
   « La jeunesse souffre d’un sentiment d’invisibilité »
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]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[                  Découvrez votre nouveau Terminal Audi Autoroute A1 - Sortie Aéroville
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]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[L’Oeil décalé
De quatre figures de 68
SOCIÉTÉ
   Etude d’un sujet, d’une polémique pour mieux en saisir les enjeux
Les idéaux de 68 tiennent-ils encore le haut du pavé ?
La fougue adolescente se décolore-t-elle avec les années ? Le rouge vif est une couleur qui peut durer dans le temps...
Plutôt que de présenter en quelques lignes l a c o n i q u e s d e s i n f o r m a t i o n s d é j à c o n n u e s sur l’évolution intellectuelle d’un grand nombre de figures marquantes de mai 68, la rédaction a choisi de dresser un portrait plus
patient de quatre intellectuels acteurs et hé- r i t i e r s c h a c u n. à l e u r m a n i è r e d e l a p e n s é e 6 8 . Leur point commun est d’être toujours vivants. Leurs évolutions intellectuelles sont loin d’être parallèles...
Par Joseph Capet
L’activiste
Daniel Cohn-Bendit, le libertaire libéral
Ce serait une gageure que de rappeler 68 sans en passer par la carrière politique de Daniel Cohn-Bendit (23 ans en 68). Tout le monde a en tête les photographies et les propos de Dany le Rouge sur les barricades
Le militant
Alain Krivine, la résolution de la ré- volution
Contrairement à Daniel Cohn-Bendit, Alain Krivine (27 ans en 68) n’a jamais renié ses idéaux révolutionnaires : il veut en finir avec le capital. Militant commu-
niste depuis 1956, il fonde la Ligue com- muniste révolutionnaire (LCR). Trotskiste, il est exclu du Parti communiste français pour dénonciation du stalinisme étatique russe. En 1969 et en 1974, Alain Krivine se présente à l’élection présidentielle sous la bannière de la LCR. En 2002, il est l’une des chevilles ouvrières du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) de Olivier Besancenot. Alain Krivine s’est présenté aux élections avec le projet, non pas de réformer la so- ciété française, mais bien de transformer le monde. La perspective de l’instauration par une révolution d’un régime véritable- ment communiste n’a jamais disparu de son esprit. Une certaine critique sociale est encore mâtinée de cette tradition, non pas initiée, mais reconduite et perpétuée par Alain Krivine.
Le sociologue
Luc Boltanski, une sociologie politique
Luc Boltanski (28 ans en 68) est un socio- logue dont les premiers travaux de recherche ont été dirigés par Pierre Bourdieu. En 68, il publie sa thèse de troisième cycle Prime éducation et morale de classe. Il considère
L’intellectuel
Alain Finkielkraut, la réaction à mai 68
Au lycée Henri-IV, le futur «nouveau philosophe» prépare le concours d’entrée de l’ENS de la rue d’Ulm en 1967-1968. Etant donné la difficulté du concours, Alain Finkielkraut (19 ans en 68) n’a pas tellement
         et dans les amphithéâtres. Le 21 mai 68, il est frappé par un arrêté d’expulsion. Plus libertaire et anarchiste que Mao, Daniel Cohn-Bendit comprend peu à peu que l’Etat de droit est le garant de la justice et de la liberté. C’est pourquoi il entame une carrière politique respectueuse du droit et de l’élection. Il abandonne toute forme de perspective révolutionnaire en 1981. Entre les années 80 et le début des années 2000, Daniel Cohn-Bendit défend l’idée d’une écologie politique prise en charge par les Etats. Franco-allemand et «Europhile», il est désormais En marche avec Emmanuel Macron.
Pour l’anecdote, le 28 juin 68, à Francfort- sur-le-Main, il reçoit un mot de soutien de la part d’une des plus grandes figures philosophiques du XXe siècle, Hannah Arendt : « Je suis convaincue que tes pa- rents, surtout ton père, seraient fiers de toi s’ils étaient encore en vie », (notons que Finkielkraut épouse de nombreuses thèses de la philosophe).
la sociologie comme une autre manière de militer. En 1999, il publie avec Eve Chia- pello Le nouvel esprit du capitalisme dans lequel il montre comment le capitalisme prend au sérieux les revendications de 68 et contribue à dégrader la société et le travail, notamment en inventant le management moderne (à ce propos, lire notre rubrique Société - Monde, « La disneylandisation du travail »). Luc Boltanski a contribué à mettre au jour les formes actuelles de domination. Son travail porte encore aujourd’hui sur une approche sociologique de la critique de la valeur et de la marchandise. Même en s’étant éloigné de Marx et de Bourdieu, Luc Boltanski a gardé en mémoire quelque chose de l’esprit de 68. Sorte de nominaliste refusant les abstractions et les oppositions binaires, la révolution, Luc Boltanski l’a faite en inventant une sociologie politique et militante.
battu le pavé. Après 68, il épouse un temps les idées du maoïsme et devient militant de l’Union des jeunesses marxistes-léninistes. Parmi ses objets de prédilection, la critique de l’évolution de l’école est certainement celui qui lui tient le plus à cœur. L’Education nationale n’a pas été sourde aux revendica- tions de 68. Tout ouïe, dirait-il ! En voulant abolir la hiérarchie et en refusant l’ordre social, les slogans de mai ont contribué à déplacer les lignes à l’école. La différence est bannie, l’égalitarisme a gagné, tous les élèves se valent. Le maître n’est plus dans une position de surplomb qui fait autorité. Le maître, la culture et la langue étaient au centre de l’enceinte scolaire. Depuis 68, les réformes de l’Education nationale n’ont eu de cesse de décentrer l’enseignant pour mettre l’élève au cœur du dispositif scolaire. Si Luc Boltanski analyse les re- prises des idées de mai par le capitalisme, Alain Finkielkraut pense et regrette les reprises par l’Education nationale de ces mêmes idées.
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© DR
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]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[SOCIÉTÉ
 Régions & Territoires
EcoRéseau Business s’attache à décrire les innovations des territoires en France concernant une thématique particulière
La France des irréductibles babas
En quête du politiquement zen
    "La misère se- rait-elle moins pénible au soleil?"
Aquelques kilomètres de la commune de Boulc, dans la Drôme, sur les pentes raides des montagnes dioises, ils sont une cinquantaine, hommes, femmes et en- fants. Les cheveux sont courts, les traces de mo- dernité prégnantes. Il sub- siste pourtant un parfum d’années 70 au sein de cette communauté d’un nouveau genre. Les termes «baba- cools» ou «hippies» sont plus volontiers remplacés par «néo-ruraux» ou «décrois- sants» pour les décrire. Ils semblent se définir comme des amoureux de la nature. Les voitures réparties dans l’herbe abîmée – parfois des 4x4 du siècle dernier – n’ont pourtant rien d’écologique. En guise de logements, d’étranges constructions mêlant parpaings, planches et tôle récupérées, dressées dans la boue, dénotent dans l’harmonie de la région faite de pierre et de bois. « Pour- quoi ils sont là ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? Franche- ment, on n’en sait rien. En
tout cas, ils ne viennent pas d’ici », confient quelques riverains de toujours en fronçant les sourcils. Les plaques d’immatriculation de leurs véhicules, toutes différentes du «26», le nu- méro départemental de la Drôme, le confirment.
hétérogénéité entre les "babas", les néo-rUraUx et les hippies
Souvent assimilées à une même population «néo- babas», ces communautés s’apparentent en réalité à des groupes hétérogènes quant à leurs attentes, leurs convic- tions, leurs contradictions.
néo-ruraux qui l’a racheté et qui en est aujourd’hui le patron. L’occasion pour lui de faire travailler les ma- raîchers et producteurs du coin, car l’autogestion et le fonctionnement en circuit court prennent ici une di- mension sacrée.
l’engagement aU cœUr des forêts
Il y a aussi ceux dont le po- sitionnement politique est bien plus marqué, à l’image des zadistes, toujours aux prises avec les forces de l’ordre sur le fameux site de Notre-Dame-des-Landes. Bien sûr, parmi les 250 individus présents depuis
« d’incarner une autre forme de vie, un moyen d’accéder à la terre pour y dévelop- per une autre agriculture, loin des valeurs de l’éco- nomie marchande ». On y rencontre aussi Benjamin, issu de Sciences-Po, qui a été séduit par la possibilité de croire en un mode de vie alternatif, « sans contrepar- tie de loyer ou monétaire quelconque ».
Plus au sud, dans l’est de l’Ardèche, d’autres personnes ont élu domicile dans la nature. Ils sont souvent trentenaires avec enfants en bas âge. Sans poste de télévision, et pas toujours avec téléphone portable, ils
 Plusieurs décennies après l’âge d’or des «babas cool», des hippies du 21e siècle peuplent toujours l’Hexagone, ça et là. Mais qui sont aujourd’hui ces individus singuliers en rupture avec leur temps ?
Par Mathieu Neu
La prison ou la rue pour certains, tandis que d’autres ont essuyé les bancs de l’EHESS ou de Polytechnique
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
De l’autre côté du sud de l’Hexagone, dans l’Ariège, autour de la commune de Massat, les flancs de mon- tagne sont peuplés de «hip- pies» ou «néo-ruraux», selon les qualificatifs employés au fil des décennies. Depuis la disparition des paysans à la fin des années 1960 et l’impossibilité de mécaniser cette terre en vue de l’exploi- ter sur un plan agricole, le territoire s’est mué en espace où les rêves écologistes de- viennent réalité. Ici, on vit en famille, entre amis, au milieu de jardins partagés, loin des technologies et des symboles de l’industrie. Le Maxil, bar-restaurant voisin, est devenu avec les années le QG de cette po- pulation. C’est un enfant de
plusieurs années figurent des agriculteurs historiques du bocage nantais, parfois éleveurs depuis plusieurs générations et propriétaires d’une partie des terres occu- pées. Mais d’autres sont des «néo-ruraux» en provenance de villes quelquefois loin- taines, et souvent militants altermondialistes, écolo- gistes ou anticapitalistes. En matière d’âge et d’ori- gine sociale, c’est le grand écart. De la bouche même des zadistes, ils ont connu « la prison ou la rue pour certains, tandis que d’autres ont essuyé les bancs de l’EHESS ou de Polytech- nique ». On y croise ainsi Céline, ingénieur agronome de formation. Elle voit dans la ZAD une opportunité
forment des porte-drapeaux d’une critique radicale de la société de consomma- tion, de Saint-Vincent-de- Durfort à Dunière-sur-Ey- rieux en passant par Les Ollières-sur-Eyrieux. Même s’ils n’arborent ni slogan ni banderole, ils croient eux aussi à des alternatives où la fabrication de miel, les cultures maraîchères et les élevages de poules, d’oies, de canards et de cochons trouvent toute leur place. Aux dernières élections présidentielles, certains ont voté, d’autres non. Non pas par désintérêt, mais parce que se reco.nnaître dans l’offre politique du moment se résumait à une mission impossible.
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[France
SOCIÉTÉ
   EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité française, afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
Histoire et propagande autour de mai 1968
L'inconciliable héritage ?
Commémorer le cinquantenaire d’un mouvement de révolte ayant conduit à la grève générale ? Un pari impossible pour le gouvernement déjà en proie à un «printemps syndical». Si la mémoire de cette révolution – autant sociale que culturelle – divise la société française, c’est parce que les utopies d’hier ont laissé place aux désillusions d’aujourd’hui.
d’Université concurrentielle ». C’est dire la portée avant tout symbolique d’un tel évé- nement reflet d’une époque charnière, « où s’imposent le planning familial et la loi Veil de 75 », poursuit-elle.
perte de repères
Révolution de mœurs, re- mise en cause de l’ordre gaulliste ou encore lutte
de libéralisme politique en rupture avec une société sclérosée et hiérarchisée. D’autant que Mai 68 sym- bolise bien « ce point de bascule entre l’ancien et le nouveau monde, ana- lyse Jean-Pierre Le Goff, un passage opéré dans le psychodrame via la mise en scène d’une vraie révolution même si les barricades et
donc par « la conjugaison de cette révolution culturelle parfois démesurée avec la fin du plein emploi ». Car en effet, « en fustigeant le moralisme jusqu’à la mo- rale, l’autoritarisme jusqu’à l’autorité, Mai 68 a fait voler en éclat les modèles traditionnels de la famille et de l’école. Or, cette perte de repères combinée avec
Par Charles Cohen
Dénonciation de la « gréviculture » d’un côté, promo- tion de la « convergence des luttes » de l’autre. Cinquante ans après Mai 68, le conflit social qui divise aujourd’hui la France – du rail aux uni- versités – semble tomber à point nommé. Un clin d’œil à cette révolte des Trente Glorieuses qu’Emmanuel Macron a tergiversé à com- mémorer... Preuve que cet héritage clive toujours la société française : 45 % des Français souhaitent célébrer un tel cinquantenaire d’après un sondage YouGov tandis que 29 % s’y opposent. Un clivage tout aussi prégnant chez les politiques. Si Fran- çois Hollande saluait « les piétons de Mai 68 ayant compris qu’il fallait chan- ger », Nicolas Sarkozy, ten- tait déjà, cinq ans plus tôt,
des postérités contradictoires
A en croire Serge Audier, auteur de La pensée anti-68, Essai sur les origines d’une restauration intellectuelle, de telles diatribes reflète- raient une haine de plus en plus partagée dans l’opinion à l’égard des «évènements de mai», bien au-delà de la rhétorique réactionnaire. Alors, serions-nous en train de devenir anti-soixante-hui- tards ? « Disons que nous oscillons depuis cinquante ans entre fascination et re- jet », nuance le sociologue Jean-Pierre Le Goff, qui vient de publier La France d’ hier - Récit d’un monde adolescent, des années 1950 à Mai 68 après avoir été l’auteur en 1998 de Mai 68 : l’héritage impossible, réédité en 2006. C’est dire si la difficile mémoire d’une
avis partagé par Danielle Tartakowsky, professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 8, rappelant qu’« il n’y a pas une, mais des mémoires de Mai-68, en concurrence les unes avec les autres ». Mémoire ouvrière, étudiante, fémi- niste, etc., « cet événement complexe est porteur de postérités contradictoires tant les acteurs en pré- sence se sont battus sur des bases pas forcément convergentes. Exemple probant : les mouvements libertaires de l’époque très hostiles au «tout carcéral» alors que les courants fé- ministes se mobilisaient pour une pénalisation plus rigoureuse des auteurs de viols », détaille Danielle Tartakowsky. Et de rap- peler que « contrairement aux grèves de 1936 qui ont
syndicale : de quoi Mai 68 est-il alors le nom ? Impos- sible de répondre « tant ce mouvement mêle à la fois des aspirations sociétales et sociales. Or, on imagine mal le gouvernement actuel commémorer la grève géné- rale, ironise Danielle Tar- takowsky, résultat, chaque acteur politique célèbre son petit bout de Mai 68 ». Pour Emmanuel Macron, il s’agit avant tout de commémorer la seule révolte romantique, universaliste, empreinte
blocages de stations-services s’arrêtent les week-end de trêves pour que le peuple puisse s’aérer en bord de mer ». On l’aura compris, si Mai 68 questionne les dérives de cette nouvelle société de consommation et de loisirs, les Français « s’accommodent toutefois aisément des acquis offerts par la modernité », com- mente Jean-Pierre Le Goff. Pour ce dernier, l’héritage aujourd’hui impossible d’un tel mouvement s’explique
l’effet de la crise a fait d’au- tant plus mal aux classes populaires ». Autant de dé- sillusions qui expliquent ce besoin de regain d’autorité, « même si Mai 68 est loin d’être responsable de tous les maux, ni celui du chô- mage de masse, ni celui des banlieues et de l’isla- misme ». Les Français eux- mêmes .en sont convaincus, du moins les 52 % espérant un mouvement similaire en 2018...
    "Il n’y a pas une, mai sdes mémoires de Mai-68, en concurrence les unes avec les autres"
 de «liquider un tel héritage, responsable d’un relativisme intellectuel et moral ». Un discours repris aujourd’hui par Laurent Wauquiez, pa- tron des Républicains.
telle histoire fait date. Pour Jean-Pierre Le Goff, elle s’explique par la nature pa- radoxale « de ce mouve- ment de révolte iconoclaste à multiples facettes ». Un
illico débouché sur des ré- formes majeures, les acquis directs de Mai 68 restent peu perceptibles à court terme, excepté la loi Faure qui met en échec le projet
MAI 2018 | ecoreseau.fr
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Commémorer 68: Une idée "pavée" de bonnes intentions.
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[Monde
SOCIÉTÉ
   EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité internationale, afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
Le rôle du jeu dans les start-up
La «disneylandisation» du travail
Chasse au trésor, jeux de rôles, challenges... Le jeu institue un nouvel ordre et une forme d’autorité qui passent par la responsabilisation de l’acteur.
et personnel, dont l’acmé culmine aujourd’hui dans la figure du Chief Happiness Of- ficer », constate Emmanuelle Savignac. Le management joue sur la psychologisation jusqu’à devenir narcissique. « Pour soustraire l’autorité
devient un style de vie à part entière », explique Mathilde Ramadier, diplômée en de- sign graphique, spécialiste de philosophie française contemporaine, réchappée des start-up berlinoises. Le travail est encore aliénant,
comme un panoptique », défend Mathilde Ramadier, auteur de Bienvenue dans le nouveau monde. Comment j’ai survécu à la coolitude des start-ups (Premier Pa- rallèle, 2017). Le travail en start-up n’est cool qu’en ap- parence et le jeu n’est peut- être pas amusant. Aucun débat préalable au jeu et les problématiques abordées sont imposées. « Le jeu est vecteur de normes sociales et professionnelles. On joue dans un cadre problématisé qui se substitue à la définition des problèmes rencontrés qui pourrait être faite par les travailleurs eux-mêmes. Le jeu apparaît comme un dispositif d’incorporation des normes qui passe par l’action ludique et non plus par un discours argumenté », indique Emmanuelle Savi- gnac. Rien n’est explicite dans le jeu, tout passe par les processus et les dispo- sitifs. Sous couvert du jeu, on fabrique des individus disciplinés.
lénine, pionner de la «gamification» ? Vital Roux – fondateur de l’École spéciale de commerce et d’industrie en 1819 – intro- duit le jeu dans les appren-
est récompensée par l’octroi de médailles et de distinc- tions. Le management par le jeu est repris en Suisse dans les années 30. Il explose au début des années 80 avec les figures du Fun work environ- ment et du Fun management héritées de la contre-culture hippie des seventies dans la Silicon Valley. Aussi le jeu devient-il une autorité qui ne s’énonce plus, mais à laquelle tout le monde se soumet. « Au travail, c’est la performance qui prime. On fonce sans toujours réfléchir. L’inflation des challenges produit une vision «court-termiste» où tout est fait à la va-vite », regrette Mathilde Ramadier, auteur de Vous n’espériez quand même pas un CDD ? (Seuil, à paraître en mai 2018). Le jeu est une activité imposée qui n’a rien de complètement innocent. « Le jeu, souvent infantilisant et régressif, permet d’intégrer le fait qu’il y a nécessairement des gagnants et des perdants. » L’argument managérial du bien-être au travail grâce au jeu évolue donc entre la res- ponsabilisation du salarié et l’omniprésence de l’autorité. « L’émancipation au travail est taraudée par une «force
Par Joseph Capet
   Au travail, le jeu revêt une autre signifi- cation que dans la vie ordinaire. Sous prétexte de «coolitude», d’égalité de tous et de refus de l’ordre hiérarchique, il rend possible l’intégration d’un ensemble de normes qui servent l’en- treprise davantage que le bien-être du salarié. Le jeu ne serait-il alors plus convivial ?
seUl contre toUs
« Après 68, avec ce que Bol- tanski et Chiapello appellent la «critique artiste», la ques- tion de l’épanouissement au travail est devenue centrale. Les salariés réclament plus d’autonomie et veulent que leur talent individuel soit
reconnu. Contre le taylo- risme et le fordisme, ils demandent une reconnais- sance individuelle », sou- tient Emmanuelle Savignac, anthropologue, maître de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, membre du CERLIS CNRS (Centre de recherches sur les liens sociaux). Le manage- ment intègre cette demande et se réforme. L’important est de reconnaître le talent personnel. La figure du créatif s’impose. Le cœur des pra- tiques managériales est centré autour de l’individu qu’on considère désormais comme un acteur. « Le management deviendrait alors vecteur d’épanouissement individué
aux fonctions de gestion et d’audit afin d’aboutir à une «entreprise libérée» (selon Geetz), l’acteur doit être responsable et se prendre en charge intégralement. Dans ce nouveau mode de management, qu’on pour- rait en fait penser dériver du toyotisme, le travailleur est mis en situation centrale et devient entrepreneur de lui-même. »
s’aliéner dans la joie
L’ordre est intimé de jouer. « La «coolitude» est le mo- dèle managérial prôné par la culture start-up qui déborde le cadre de l’entreprise et
mais on dirait bien qu’on s’y amuse. « Avec l’open space, on croit décloisonner et limiter les effets d’une
 Le jeu correspond à une forme d’autorité qui ne s’énonce plus, mais à laquelle tout le monde se soumet
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
"Tiens ta "to do list" à faire jusqu'à minuit... mais dans la bonne ambiance!"
hiérarchie surplombante et autoritaire. Le faux-sem- blant consiste à faire croire que le dirigeant n’est plus dans sa tour d’ivoire et que tous les salariés sont égaux. Or, l’open space fonctionne
tissages des commerciaux. Lénine fait entrer la «ludifi- cation» au travail. Jusqu’en 1929, dans les usines, le «so- cialisme compétitif» propose des jeux d’émulation aux prolétaires. La performance
de rappel» qui réintroduit les rapports sociaux hiérar- chiques par une hyper-res- ponsabilisation du sala.rié. C’est le salarié qui intériorise alors la contrainte », conclut Emmanuelle Savignac.
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[Prospective
Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau Business vous propose une lecture prospectiviste d'une tendance qui pourrait s'imposer dans le futur.
Le « libertarianisme »
Utopie en devenir ?
Après la révolution de Mai 68, place à la contre-culture "libertarienne" ? Cette pensée ultra-libérale volontiers anti-autorité et anti-Etat est plus que jamais tendance outre-Atlantique à l’heure de "l’esprit start-up". Au point de bientôt s’imposer sur la scène française ? Pas si sûr...
SOCIÉTÉ
   Par Charles Cohen
Et si les GAFA étaient déjà en mesure de remplacer nos gou- vernements ? Loin d’être une mauvaise blague, cette position soutenue par Peter Thiel, créateur de Paypal, en dit long sur l’ampleur d’un mouvement qui a le vent en poupe aux États-Unis et pour- rait peut-être s’imposer en Europe : le «libertarianisme». Le liberta... quoi ? Rassu- rez-vous, des expressions plus évocatrices – «libéraux libertaires», «anarchistes de droite»... – aident à mieux cerner cette idéologie hy- per-individualiste et pro-dé- réglementation peu connue au pays de Molière. Son fondement : « défendre la souveraineté de l’individu contre les empiétements de l’État, dans le domaine économique comme celui de la vie privée », explique Kevin Brookes, doctorant à Sciences Po Grenoble, qui travaille sur la pensée libertarienne en France. « Bien qu’il existe des pré- curseurs français d'une telle pensée comme Fré- déric Bastiat ou Benjamin Constant, le mouvement n’a pas pris forme dans l’Hexa- gone encore très attaché à l’État Providence », pour- suit le doctorant, évoquant toutefois « l’existence de quelques organisations dans le pays, dont une lancée par le très médiatique essayiste
abolition des frontières
Aux détracteurs de cette idéo- logie néo-libérale poussée à l’extrême, Kevin Brookes répond : « Le libertarianisme
quoi de plus libertarien « que
de vouloir créer une société
interconnectée sans centre de
décision ? », analyse Kevin
Brookes, pour qui « le Bit-
coin – en tant que monnaie
décentralisée – est largement
d’inspiration libertarienne.
Idem pour l’encyclopédie
collaborative Wikipédia ».
Son fondateur Jimmy Wales,
mais aussi Jeff Bezos, patron dépasse le clivage gauche/ une utopie qui se saborde
milliardaires de la Silicon Valley en farouches oppo- sants aux technocrates du grand capital.
étrangère. » Un courant de pensée somme toute un peu fourre-tout et qui n’est donc pas à une contradiction près. Surtout chez nos libertariens de Californie « toujours ravis que l’État intervienne pour protéger leurs innovations via des brevets », confirme Sébastien Caré, pour qui « le libertarianisme reste
 Gaspard Koenig », ou divers sympathisants politiques comme Alain Madelin. Dans le reste de l’Europe, des ini- tiatives symboliques émer- gent. Comme la création en 2015, sur quelques kilomètres carrés – entre la Croatie et la Serbie – du Liberland. Un État « avec le moins d’État possible » qui ne bénéficie d’aucune reconnaissance internationale...
structuré dès les années 60, il constitue aujourd’hui la troisième force électorale du pays ! Depuis une di- zaine d’années, la pensée libertarienne devient même «tendance» « avec l’avène- ment de l’esprit start-up », explique Guillaume Caré, maître de conférence en sciences politiques à l’uni- versité de Rennes-1, en rap- pelant que « les libertariens sont aujourd’hui très présents
Le libertarianisme dépasse le clivage gauche/droite puisque ses adeptes prônent tout simplement la liberté et la "propriété de soi"
  d’Amazon, ou encore Travis Kalanick, PDG de Uber, se réclament d’ailleurs tous de la contre-culture libertarienne. Et leurs innovations de rupture tendent à s’inscrire dans une
droite puisque ses adeptes prônent tout simplement la liberté et la «propriété de soi». Résultat : ils peuvent à la fois se battre pour l’abo- lition de l’impôt et la fin des
dès qu’elle est en contact avec la réalité ». Un peu comme Mai 68 dont le slogan fédérateur – « il est interdit d’interdire » – pourrait seoir à nombre de libertariens.
Pour Kevin Brookes, « il n’y a pas, en effet, d’op- position frontale entre les deux mouvements. Au-delà des fortes divergences sur le plan économique, l’un comme l’autre s’inscrivent dans une dimension liber- taire critique de l’autorité ». Et surtout, les idées li- bertariennes – à défaut de bouleverser les échiquiers politiques – essaiment, elles aussi – sur le plan culturel. Dans le cinéma par exemple, avec les films à cow-boy de Clint Eastwood, liber- tarien assumé, à ceux de superhéros, incarnations de la supériorité individuelle et d’un transhumanisme déjà à l’œuvre. D’ailleurs,
savez-vous quelle est la der- nière lubie d.u fondateur de Paypal ? Prendre des pilules d’hormones pour devenir... immortel !
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
Une utopie qui serait de plus en plus à la mode à l’ère des start-up.
halte aU nanny state
A contrario, chez l’Oncle Sam, marqué par une tradi- tion anti-étatiste très forte, ce mouvement ultra-libéral et capitaliste a une histoire politique bien plus heureuse :
parmi les entrepreneurs de la Silicon Valley soucieux d’en découdre avec les structures existantes et le «nanny-state» perçus comme des entraves à la liberté d’entreprendre et au lancement de nouvelles technologies ». Car en effet,
même dynamique : favoriser l’émancipation individuelle en permettant à chacun de faire ses propres choix. Mais si le libertarianisme entend «libérer» les individus des puissants monopoles et cor- porations, dur de voir ces
banques centrales, le mariage gay et le port d’arme, la dé- fense de la vie privée et la légalisation de la prostitution et des drogues ou encore l’ouverture des frontières. Enfin, ils sont non-inter- ventionnistes en politique
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  Le carnet des nominations
en partenariat avec
u AFP
Fabrice Fries, 58 ans, ENA (1986)
est nommé président-directeur général de l'AFP
u DHL ExPrEss FrAncE
Philippe Prétat, 55 ans, TGM certificate - INSEAD (2014)
est promu président-directeur général de DHL Express France
u nEwEn
Bibiane Godfroid, 63 ans, licence droit et fiscalité - Université catholique de Louvain
est promue directeur général du groupe Newen
u OVH GrOuP
Laurent Garcia, master en comptabilité et gestion des affaires - Sup de Vente (2006)
est nommé directeur de réseau de distribution cloud mondial d'OVH Group.
u PMu
Cyril Linette, 47 ans, IEP Paris (1991) est nommé directeur général de PMU
urADiO cLAssiquE (GrOuPE LEs EcHOs-LE
PArisiEn)
Jean-Francis Pécresse, 52 ans, IEP Paris (1988)
est promu directeur de la radio, de l'antenne et de l'information de Radio Classique
uréuniOn DEs MuséEs nAtiOnAux-GrAnD
PALAis
Emmanuel Marcovitch, 44 ans, ENA (2008)
est promu directeur général délégué de Réunion des musées nationaux-Grand Palais
utrAVAiLLEr AutrEMEnt
Florence Dépret, 45 ans, DESS communication poli- tique et sociale - université Paris-IV
est nommée délégué général de la fondation Travailler autrement en mars 2018
uuni-éDitiOns (créDit AGricOLE)
Nicole Derrien, master II marketing - IAE Aix-Marseille (1987)
est promue directeur général d'Uni-éditions
uuniOn rOutièrE DE FrAncE (urF)
Jean Mesqui, 65 ans, Polytechnique (1972) administrateur de l'URF depuis 2001, devient président en avril 2018
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NOUVELLES DES INCUBATEURS
 French Event Booster, incubateur de la filière événementielle
Partout, tout le temps, sont organisés des salons. Leur nature et leurs objets sont souvent différents, mais leur forme ou leur organisation générale sont toujours sen- siblement assez proches. A Paris, Porte de Versailles,
est lancé un nouvel incuba- teur qui regroupe les start-up développant des produits et des services qui ont trait à la filière de l’événementiel. Il s’agit de comprendre com- ment s’y prendre pour attirer les visiteurs, augmenter les
rencontres physiques, améliorer l’expérience visiteur. Les projets des start-up en lice doivent porter notam- ment sur le traitement de la donnée pour optimiser le parcours client, les nouveaux concepts d’événements ou encore les technologies appliquées au monde de l’événementiel. Si vous souhaitez renouveler l’univers quelque peu standardisé et uniforme des salons, les candidatures sont ouvertes jusqu’au 2 mai 2018.
 Musika InKubateur, l’incubation de start-up musicales
« De la musique avant toute chose... », écrivait Verlaine dans son Art poétique en 1874. Pierre Bleuse, chef d’orchestre, vient de lancer dans le Lot un incubateur qui porte sur le développement des arts musicaux. Avec l’Ecole européenne des métiers de l’orchestre, Musika InKubateur soutient les projets qui rapprochent
le monde artistique et celui de l’entreprise. L’incubateur aide les start-up à développer l’image, la logistique, la communica- tion et le développement des projets de jeunes talents dans le domaine de la musique, de
la régie, de l’ingénierie du son, de la production ou encore de l’administration. Exception faite de musi- cien d’orchestre, les possibilités d’emploi semblent encore limitées pour les jeunes musiciens. L’équipe de Musika incube de jeunes talents de haut niveau qui feront la musique de demain. « De la musique encore et toujours ! Que ton vers soit la chose envolée... »
DU BON USAGE DES «APPLIS»
 myDevices, solution IoT pour les PME Une seule boîte semble aujourd’hui suffisante pour connecter l’entreprise, que celle-ci soit un restaurant, un magasin, une ferme, une agence immobilière... La solution IoT in a Box contient capteurs, «microcontrô- leurs», actuateurs, extensions physiques, connectique et application de configuration pour réaliser soi-même un Internet connecté et étendre la connexion aux objets de l’entreprise. Les solutions proposées s’adressent aux différents métiers et à leurs multiples problématiques. Toutes évitent de recourir à un technicien extérieur pour la pose et la maintenance. Le paramétrage est très
intuitif et s’effectue avec un smartphone. Le contenu de la box est personnalisable en fonction des besoins de l’entreprise : température d’un réfrigérateur, pompe à eau connectée, taux de satisfaction d’un magasin...
 Yuka ou comment bien faire ses com- missions
Yuka est une appli qui donne la valeur nutritionnelle des aliments au moment même des courses. Sans lire l’étiquette – que de toute façon on ne comprend pas –, simplement en scannant le code-
barres, on connaît immédiate-
ment les qualités nutritionnelles
d’un produit et s’il est bon pour
la santé. La présence des ad-
ditifs nocifs, comme E171 ou
E245, est prise en compte dans
la note globale de l’aliment,
comme d’ailleurs le respect
de l’environnement dans le mode de production. Un code couleur très intuitif permet de savoir si finale- ment on dépose l’article dans le chariot de courses ou si on passe son chemin.
FINANCE ET LEGISLATION
 Révision de la définition de l’entreprise dans le Code civil
Les mots ont un sens et changer la définition juridique d’un terme revient à en modifier la signification pro- fonde, sa nature même. Le langage n’est pas d’abord un instrument de communication, mais ce par quoi nous nous rapportons au monde. Or, notre rapport et notre compréhension de l’entreprise pourraient bien changer grâce à l’intégration dans la définition de celle-ci des enjeux sociaux et environnementaux. In- hérentes à l’essence de l’entreprise, seraient désormais contenues l’attention portée au
social et la prise en compte
de l’impact environnemental
de l’activité. Dans le cadre du
projet de loi Pacte, Bruno Le
Maire, ministre de l’Economie
et des Finances, propose de
modifier le Code civil pour inscrire dans leurs statuts les objectifs sociaux et environnementaux des entre- prises qui se montrent sensibles à ces enjeux. De plus, Nicole Notat et Jean-Dominique Senard (président de Michelin) souhaitent également modifier le Code du commerce afin que mention soit faite de « la raison d’être » de l’entreprise. Reste maintenant à voir si ces projets seront réalisés ou s’ils resteront lettre morte ou simple flatus vocis.
 Baisse des défaillances d’entreprise Selon un récent sondage d’Ellisphere, les défaillances d’entreprises, comme le redressement et la liquidation judiciaires, poursuivent leur recul. Ces défaillances ont baissé de 6,3 % sur les 12 mois glissants et touchent 52 812 entités. Les entreprises les plus souvent dé- faillantes sont les sociétés commerciales qui salarient moins de trois personnes et qui ont moins de cinq ans.
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant l’entrepreneuriat, picorés de-ci de-là
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
 152 586 emplois restent cependant menacés, d’autant que les liquidations judiciaires directes sont importantes (70,4 %) et entraînent la disparition de l’entreprise.
 Educapital, fonds d’investissement pour numériser l’école Marie-Christine Levet et Litzie Maarek dirigent un fonds d’investissement européen et veulent investir dans des start-up qui valorisent et diffusent le numérique à l’école. Educapital a levé 45 millions d’euros à l’automne dernier. Ces deux femmes font progresser l’»EdTech». Educapital avance donc l’argent qui permet aux start-up de concrétiser leurs projets. Reste à comprendre la nature et la fonction du numérique à l’école. Dit autrement, mis à part quelques heures de codage, y a-t-il un intérêt pédagogique réel à vouloir à tout prix numériser
l’Education nationale ?
MODE DE VIE
 En Europe, 800 000 postes dans le numérique en 2020
Selon la Commission européenne et l’étude «E-skills en Europe», le secteur du numérique devrait connaître une véritable pénurie à l’horizon 2020. En effet, à
l’échelle européenne environ 800 000 postes seraient à pourvoir, dont environ 80 000 en France. La digitalisation de l’usine nouvelle et l’essor du numérique nécessitent des besoins en main-d’œuvre sans cesse croissants. Aujourd’hui, les ingénieurs sont plus recherchés que les techniciens ou les opérateurs. Pour connaître les bases du codage, Coding days propose à tous d’acquérir en une
seule journée les compétences nécessaires pour avoir la main sur un site Internet par exemple. Grâce à la formation de Coding days, on comprend les enjeux et les grandes lignes de la grammaire du codage.
 Recupidee, recycler les idées de seconde main
Pourquoi ne pas appliquer les principes de l’économie circulaire aux actifs imma- tériels ? Pourquoi ne pas chercher à recycler son travail ou à donner une seconde vie à ses recherches ? Recupidee est une plateforme collaborative qui centralise et revend des documents de travail, des projets, des actifs immatériels. On peut se procurer des études de marchés, des business plans, des ébauches de sites internet, des logos... Pour les créations d’entreprise qui n’ont pas abouti, Recupidee permet de donner un second souffle au projet. En rachetant des documents ou des études
       avec
La grève des personnels SNCF est sur toutes les lèvres ce mois-ci. Interrogés sur les impacts sur leur activité, les chefs d’entreprise sont près d’un quart à en déplorer les conséquences négatives et le pourcentage s’élève à 47 % dans les structures de dix salariés et plus. Peu solidaires de ce mouvement, ils sont plus de la moitié (52 %) à considérer que le gouvernement doit maintenir ses positions et refuser toute concession (en correspondance avec le point de vue des usagers - sondage IFOP pour le JDD - 26/27 avril 2018).
Mais même si ça déraille un peu, les en- trepreneurs ont le moral.
Plus d’un sur deux déclare que la situation est « très bien en ce moment », soit 8 points de plus que le mois dernier. Leur niveau
de confiance dans leur propre entreprise gagne même
6 points pour atteindre le taux record dans notre baromètre de 83 %. Avec un pic à 96 % pour le secteur de la construction et 86 % pour celui des services. La confiance dans les perspectives de l’économie mon- diale affiche, elle aussi, une cote record et une hausse de 14 points pour atteindre les 69 %.
Le train de mesures mises en œuvre par le gouvernement est perçu favorablement. Interrogés sur les pratiques pour enrayer la fraude des entreprises, 65 % y voient une bonne chose. Les récentes annonces liées au plan de développement de l’intelligence artificielle sont aussi très commentées. Certes, à ce stade, un entrepreneur sur deux redoute des effets néfastes sur l’emploi et
35 % pensent que cela bouleversera leur écosystème. Mais pour 67 %, l’intelligence artificielle aura un impact positif sur la croissance. Rattraper notre retard en la matière apparait indispensable pour que notre pays reste compétitif. Comme si, pour eux, il y avait urgence à prendre le train en marche...
Béatrice Genoux Planneur stratégique CCI France
Retrouvez l’intégralité des résultats de la Grande Consultation sur www.grandeconsultation.fr
Un train peut en cacher un autre
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Jugement de valeurs
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  déjà réalisés, le gain de temps et d’argent est significatif. Voilà donc lancé le recyclage des actifs immatériels et la valorisation des projets qui n’ont pas abouti. Une nouvelle idée du rebond...
 Wateroom ou l’uberisation de la salle de bain
Après la maison, la voiture, la cave, la piscine, le jardin, le salon, il fallait bien ajouter la salle de bain. L’application Wateroom permet de louer sa propre salle de bain. Deux jeunes Corses sont à l’initiative de ce projet. Après des événements sportifs d’envergure, comme un marathon par exemple, on imagine facile- ment les besoins en termes d’équipements sanitaires.
L’application est internationale ; c’est peut-être là son réel intérêt. Dans certains pays, l’eau et les possibilités de se laver manquent. Sharing coolness voudrait offrir la possibilité de disposer d’un point d’eau partout dans le monde.
 Innorobo, du 15 au 17 mai, Parc des expositions, Hall 5, Porte de Versailles (Paris XVe)
Le salon Innorobo est dédié à la transition et à la transformation robotique de l’en- treprise. Tous les acteurs de la robotique, du chercheur au roboticien en passant par les investisseurs et les institutionnels, sont présents pour développer une approche humaine des technologies robotiques. Innorobo ou le trait d’union de la robotique.
 Viva Technology, du 24 au 26 mai, Parc des expositions, Porte de Versailles (Paris XVe)
La nouvelle édition du salon mondial des start-up de la Tech est lancée. Si le salon est international, il s’agit également de mettre en avant les fleurons français qui sont au cœur de l’innovation européenne et mondiale.
VEnova, 30 & 31 mai, Parc des expositions, Hall 1, Toulouse
Le salon repose sur l’intégration dans les nouvelles technologies des innovations en matière d’électronique, de mesure, de vision et d’optique. Les parcours thématiques tournent notamment autour de l’aéronautique, de l’agroalimentaire, des transports ou encore de l’industrie 4.0.
TROIS QUESTIONS À...
Le Printemps des études
5 & 6 avril 2018 au Palais Brongniart à Paris Stéphanie Perrin,
commissaire général du Printemps des études
 Quels ont été les grands temps forts de la septième édition du Printemps des études ? Se sont tenus en deux jours, 77 conférences, 30 speed speech, 16 visites guidées. 276 ora- teurs ont pris la parole. Jon Orwant de Boston, directeur ingénierie de Google Research, a présenté la recherche fondamentale et le Market research. L’histoire de l’intelligence artificielle a permis de montrer les utilisations des études dans le pilotage des entreprises. Il s’est agi de mieux comprendre les enjeux du Searching for news et du Market research.
Quelle est la place du digital dans les nou- velles méthodologies des études marketing et des sondages ?
Le digital est omniprésent. Les outils en matière d’études évoluent : la collecte, le tri et l’utilisation des données ne font pas l’économie d’un traitement digitalisé. Tou- tefois, l’analyse et l’interprétation produites par l’institut d’études demeurent proprement humaines. Avec le digital, la collecte de
données en fonction de la «cible» est plus massive et plus précise. Mais le travail de fond de constitution des panels et de choix dans la sémiologie des questions reste fon- damentalement humain.
Quel est le rôle du sondage et de l’opinion dans le développement d’une stratégie de communication ?
Les études n’offrent pas seulement un outil décisionnel qui aide à l’action en proposant la lecture d’un instantané. On observe au- jourd’hui une véritable hybridation en termes d’écoute marketing. Le sondage devient également un outil de transformation de l’entreprise de l’intérieur. Le sondage n’est plus seulement un outil de lancement qui permet à une marque de se positionner ou de conquérir de nouveaux territoires, il accom- pagne véritablement l’entreprise en interne et devient un outil de pilotage valable pour transformer l’entreprise en étant à l’écoute des collaborateurs.
                                                                                                                                                                                              Cédric Ternois
Président de Jalix
LY a-t-il un pilote dans mon entreprise ?
eslie Nielsen n’est pas revenu de l’au-delà pour une ultime parodie, mais c’est la question que l’on se pose assez souvent dans nos entreprises, que ce soit en tant que salarié et même en tant que patron.
Il peut y avoir beaucoup de sources d’inquiétudes associées à une telle expression ! RH, stratégie d’entreprise... J’ai surtout envie de mettre en évidence l’importance, pour ne pas dire l’obligation, d’avoir les bonnes informations pour pouvoir piloter son entreprise pour un chef d’entreprise, mais aussi pour un responsable de service, et bien entendu pour les salariés.
Si l’on prend l’exemple des données financières, avoir les bons KPI (indicateurs clés de performance) est essentiel, car par exemple, si vous augmentez votre chiffre d’affaires mais que votre marge s’effrite de plus en plus, cela peut être une course en avant bien inutile et même dangereuse, donc dans ce cas, le KPI fondamental est le taux de marge et non le CA. Or ce dernier est souvent plus difficile à obtenir ! L’aberration que nous vivons aussi est que nous disposons de beaucoup d’infor- mations : commandes/factures issues de l’ERP, prévisionnel de ventes issu du CRM, budget... sous Excel... et l’enjeu c’est de croiser toutes ces données ! Et là... c’est le drame !
Le premier réflexe est de sortir son tableur préféré, de créer des formules de calculs plus com- pliquées les unes que les autres et d’essayer d’en faire ressortir la révélation tant attendue ! Mais c’est sans compter sur les erreurs de formules, les fautes de frappe et autres
erreurs dites humaines, qui rendront cette mission longue et fastidieuse...
Je passe sur le fait que cette opération se répète mensuellement, que ce rapport doit être capable d’être consulté sur n’importe quel périphérique utilisé par la direction, etc., etc. Heureusement des entreprises informatiques bienveillantes ont développé des solutions de BI (Business Intelligence), et non pas uniquement pour vous puissiez frimer un peu lors d’un dîner en amis dirigeants mais bien pour atteindre l’objectif de vous rendre la vie plus agréable en collectant les données, des différentes sources (ERP, CRM...) afin de pouvoir les croiser !
Le gain est immédiat, plutôt que de passer du temps à saisir, ou ressaisir, des données manuellement, vous utilisez ce temps (libre) pour analyser les données ! En effet, la solution BI récupère automatiquement les données, applique des règles de gestion et vous permet de les croiser avec d’autres : c’est ainsi que l’on peut facilement faire un tableau présentant son budget, ce qui est déjà facturé, ce qui est déjà en commande et ce qui est portefeuille (opportunités CRM).
C’est parfait me direz-vous ? Presque ! Tout d’abord parce que les solutions historiques étaient souvent coûteuses et le ROI pas si simple mais surtout la gestion de ces tableaux de bords est devenue complexe !
Pourquoi ? Parce que nous sommes dans un monde qui évolue tellement vite que les données analysées hier ne seront peut-être pas tout à fait celles de demain, et c’est bien la difficulté avec beaucoup de solutions de BI : elles font des rapports magnifiques mais dès que l’on veut modifier une virgule, il faut être diplômé du MIT !
Dans notre quête permanente (Arthur aurait parlé de Graal) que les pratiques numé- riques soient au service de l’utilisateur... nous avons accompagné nos clients pour trouver des solutions simples, intuitives, ergonomiques où l’intelligence n’est pas dans la longueur des lignes de code, mais dans la faculté pour l’utilisateur de pouvoir réa- liser ses propres rapports, facilement et rapidement !!! Et quel gain de temps ! Quelle efficacité ! Pour paraphraser un célèbre équipementier : « Just do it ! »
Plus besoin de ramper devant votre DSI préféré le vendredi soir pour qu’il vous mo- difie le report tant attendu avant son départ en weekend... Vous prenez votre PC sous le bras et vous le ferez tranquillement au bord de la piscine ! Les solutions existent !!!
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Save the dates
Pratiques numériques
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                                                                                               ]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre, en rapport avec l’innovation et l’entrepreneuriat
Le ROI des grand messes B to B
Retombées des deux mondes
  Si VivaTechnology a fait de la relation grands groupes/start-up son cheval de bataille, d’autres événements proposent de favoriser ces échanges. Quelles sont les retombées réelles de ceux-ci sur les relations entre grands groupes et start-up ?
 Par Nicolas Pagniez
Nombreux sont les événements profes- sionnels où start-up et grands groupes peuvent se croiser, échanger et espérer voir leur relation s’initier ou s’accroître. Parmi eux, VivaTechnology a choisi d’axer son concept spéci- fiquement autour de cette relation. Créé en 2016 à l’ini- tiative du Groupe Publicis et du journal Les Echos, ce dernier ambitionne de devenir une référence de la «tech» au même titre que le Consumer Electronic Show ou le Web Summit. Au-delà de ce rendez-vous qui tend chaque année à devenir in- contournable pour tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au numérique, quels peuvent être les impacts de tels événements sur les rela- tions que peuvent entretenir start-up et grands groupes ?
Une priorité : les opportUnités
commerciales
Il faut bien l’avouer, les grands groupes et les start-up sont dans une relation de séduction. Les start-up cherchent à rencontrer les grands groupes afin de gé- nérer des opportunités com- merciales, tandis que ces derniers cherchent à intégrer l’innovation des start-up au sein de leurs propres enjeux
de digitalisation. En ce sens, les salons sont de vrais fa- cilitateurs de rencontres. « Les salons permettent de rencontrer de gens que l’on ne toucherait pas par d’autres moyens », explique Maximilien Costet, fondateur de Braineet, qui se définit comme la plateforme des idées innovantes pour les marques. Ce dernier confesse participer à une dizaine d’évé- nements d’entreprise par an. Un avis partagé par Olivier Toledano, co-fondateur et CMO de Bypath, une solution d’intelligence commerciale : « Nous avons fait très vite le choix de participer à un maximum d’événements. Cela s’inscrivait dans notre fibre très commerciale mais c’est également une vraie opportunité d’aller confron-
que de rester sur des notions conceptuelles. La démonstra- tion permet d’en démontrer toutes les possibilités et de se projeter dans l’usage.
les grands groUpes avides de rencontres
De leur côté, les grands groupes sont à l’affût de solutions qui pourraient venir
en la matière. Thales a, par exemple, décidé de participer cette année à VivaTechnology pour la première fois. « Nous travaillons depuis plusieurs années avec les start-up, il nous a donc semblé essentiel d’être présents sur Viva- Technology pour témoigner de notre expérience en la matière », explique Jean- Yves Plu, vice-président
elles, neuf start-up du pro- gramme cyber@stationF, autour de la cybersécurité, que l’entreprise a lancé en 2017 dans l’incubateur ima- giné par Xaviel Niel. Une façon de mettre en avant ces start-up accompagnées par le groupe dans le but de les intégrer au sein des enjeux business de Thales. « L’idée de ce programme est d’aider les start-up à trouver un an- crage, des uses-cases et de travailler leur proposition de valeur au sein du groupe, explique Jean-Yves Plu. Sur cette thématique particu- lière, nous fabriquons des choses concrètes dont nous estimons qu’elles répondent à un besoin particulier des clients du groupe. » Un in- térêt potentiel des clients de Thales que l’entreprise teste sur des salons comme VivaTechnology, ou lors de la RSA Conference à San Francisco.
vivatechnology, le pari de la ren- contre des deUx mondes
Au-delà de la cybersécurité, le groupe accueille également des start-up sur son stand avec lesquelles il n’a jamais travaillé. Un dispositif rendu possible par l’organisation de l’événement qui souhaite créer des échanges privilé- giés entre grands groupes et start-up. Contrairement aux autres grands salons «tech», les start-up ont la possibilité de participer gratuitement à VivaTechnology. Pour cela l’organisateur propose aux grands groupes partenaires d’héberger des «Labs» où ils pourront ensuite accueillir les start-up avec lesquelles ils souhaitent créer des échanges. Pour y figurer, les start-up ont la possibilité de répondre à des challenges en ligne et d’expliquer comment leur
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Ce ne sont plus les start-up qui exposent dans l’espoir que les grands comptes passent sur leur stand, mais start-up et grands comptes qui exposent ensemble selon des thématiques
 ter sa solution au marché. » Il constate d’ailleurs que lorsque que l’on vend une solution numérique, il est beaucoup plus aisé de faire une démonstration de la so- lution en cinq minutes plutôt
communes
accélérer leur digitalisation et créer de nouvelles oppor- tunités business. Si les évé- nements ne sont qu’un aspect de cette stratégie, ceux-ci constituent un bon moyen de témoigner de leurs avancées
Digital Ecosytem au sein de Thales. Selon le modèle de l’événement, l’entreprise sera donc présente sous la forme d’un «Lab» où elle accueillera 32 start-up en lien avec ses enjeux. Parmi
L’enjeu, faire parler de soi entre deux petits fours !
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
 offre peut s’intégrer dans la stratégie d’innovation de l’entreprise. Parmi elles, Orange, Manpower, EDF, SAP, la RATP ou encore JCDecaux ont ainsi proposé à des start-up de venir les rejoindre le temps d’un pitch, d’une journée ou de l’événe- ment. Au total 38 challenges portés par de grandes entre- prises proposent aux start-up de postuler à cette nouvelle forme de relation lors d’un événement. Une façon de changer le rapport entre start-up et grands groupes, ce ne sont plus les start-up qui exposent dans l’espoir que les grands comptes passent sur leur stand, mais start-up et grands comptes qui ex- posent ensemble selon des thématiques communes.
L’approche est d’ailleurs appréciée des start-up : « L’intérêt d’un événement comme VivaTechnology c’est que la sélection sur les Labs en amont par le grand groupe témoigne de la pertinence du produit sur un secteur d’activité. C’est également révélateur d’un niveau de confiance et d’un relationnel de qualité, qui sont deux données impor- tantes en BtoB », témoigne Lionel Chouraqui, co-fon- dateur de la start-up Pitchy, solution SaaS de création de vidéo automatisée présente sur le stand de Manpower cette année. « La rencontre est géniale, elle permet de présenter son cas d’usage au travers d’un grand compte. Start-up et grands groupes présentent en direct la fa- çon dont elles travaillent ensemble », complète Ro- nan Pelloux, co-fondateur de Creads, qui propose une plateforme de création de contenus créatifs, présente cette année sur le stand de la SNCF. Ce dernier regrette cependant que les stands soient uniformisés, ce qui ne permet pas de comprendre visuellement pourquoi telle start-up a été choisie plutôt qu’une autre.
les événements bU- siness spécifiqUes
Si dans l’ensemble les start-up sont heureuses de voir qu’un tel événement prend chaque année plus d’ampleur, celui-ci ne vient pour autant pas faire oublier d’autres événements professionnels qui peuvent exister tout au long de l’an- née. « Un événement comme VivaTechnology est parfait en termes d’image. On y tra- vaille également des relations puisque l’on va y retrouver des gens croisés sur d’autres salons », explique Vincent Mendes, co-fondateur et CEO d’Entr’Up, qui propose un assistant de collaboration et d’efficacité d’équipes. Il sera présent lui aussi sur le stand de Manpower cette année. « Mais il existe aussi d’autres événement, plus discrets, qui misent plutôt sur le qualitatif et dont le nombre plus réduit de visiteurs permet de tisser
Une sorte d’évènement dans l’évènement qui facilite les rencontres. Car selon les ver- ticales métier ou les secteurs d’activité proposés par les salons, Maximilien Costet constate comme Vincent
stand pour attirer l’œil. Selon Olivier Toledano, l’important est avant tout de donner une vision aux grands comptes. C’est-à-dire de prendre la parole, non pas sur sa solu- tion mais sur la vision que
de montrer les relations de qualité qu’il entretient avec ses clients. Il a ainsi invité deux de ses clients grands comptes à venir accueillir les visiteurs sur son stand le temps d’une heure afin de
Natacha Dufour, manager intelligence collective chez Bluenove. Celle-ci conseille notamment de bien penser toutes les étapes de l’évé- nement : avant, pendant et après. Se demander no- tamment ce qu’attendent les différents protagonistes de la rencontre. De façon plus générale, Ronan Pel- loux, également sherpa de la délégation française du G20 des entrepreneurs, a soumis un certain nombre de recommandations au gou- vernement sur les qualités de la relation entre grands groupes et start-up. « Il faut créer tous les liens pour que start-up et grands groupes avancent encore plus en- semble. Aujourd’hui le lien entre start-up ou PME et grands groupes n’est pas en- core là, il peut même parfois être nuisible sur des ques- tions d’échéances de rému- nération. On sent qu’il faut que chacun apprenne encore au contact de l’autre. » Un sujet d’acculturation partagé par Lionel Chouraqui : « Les grands groupes et les start-up doivent apprendre à se par- ler et à intégrer plus d’agi- lité dans leurs échanges. » Nombre de start-up sont par exemple d’accord pour dire qu’elles préfèrent un «non» franc à des échanges sur le long terme qui n’aboutissent pas. Des impératifs à une re- lation vertueuse revendiqués chez Thales : « Afin de ne pas noyer les start-up, nous avons défini un process d’exé- cution agile et rapide qui a d’ailleurs surpris les start-up avec qui nous travaillons ! Il est important de garder une vitesse d’exécution et de ne pas noyer la start-up avec nos process internes. Nous devons avoir l’obsession de la création de valeur pour les start-up dont le timing est plutôt court et se concentrer sur .les choses qui peuvent donner des résultats à court terme », conclue Jean-Yves Plu.
(1) Possibilité de postuler à la nou- velle promotion jusqu’à fin Mai sur le site de Station F.
 L’intérêt d’un événement comme VivaTechnology est que la sélection sur les "Labs" en amont par le grand groupe témoigne de la pertinence du produit sur un secteur d’activité
 Mendes que l’on y croise souvent les mêmes personnes «Dans40%à50%descas les salons permettent de re- croiser des personnes que l’on connaît déjà », constate- t-il. Se pose alors la question de se démarquer, afin de transformer des échanges déjà initiés ou pour attirer de nouveaux prospects.
l’on a du secteur afin de les embarquer sur des projets beaucoup plus grands. Au- delà des bonnes pratiques sur le salon, un salon réussi se joue en amont. « Il faut déjà avoir un site internet et une stratégie de communication bien établie depuis plusieurs mois », explique Houssem Hamza fondateur de Data4job qui propose des plateformes
répondre à leurs questions. L’occasion de leur expliquer au passage pourquoi ils ont eux-mêmes choisi la solution.
et après ?
Faut-il en conclure qu’une fois la rencontre effectuée start-up et grands groupes collaborent ? La réalité est plus complexe. Si les évé- nement peuvent permettre
  une relation. Cela permet d’entrer tout de suite dans le vif du sujet, de faire une démonstration et de com- prendre les besoins. » Ce dernier a notamment été vain- queur du Digital Challenge à ROOMn, événement autour de la mobilité et du digital. Cela lui a permis de se faire rapidement connaître auprès de nombreuses entreprises.
maximiser sa présence sUr Un événement
Sur ce sujet, chacun y va de ses bonnes pratiques même si certaines tendances se dégagent. Selon Maximilien Costet, envoyer un mail en amont aux personnes que l’on souhaite rencontrer peut être très utile, tout comme le fait d’avoir une vidéo sur son
permettant de gérer le recru- tement et la mobilité interne. Data4job utilise ainsi tous les canaux pour prévenir son écosystème de sa présence sur un salon : des teasings en amont aux signatures de mail en passant par une mention du salon dans le discours commercial. L’en- trepreneur n’hésite d’ailleurs pas à utiliser un salon afin
de s’adresser à certaines personnes clés au sein des grands groupes, les échanges peuvent parfois en rester là. « Pour que les échanges soient constructifs, il faut se demander qui vient chercher quoi, préparer les temps d’échange et clarifier les attentes afin d’installer une notion de performance et de confiance », conseille
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Partager sa vision, le moyen le plus sûr de créer de l’adhésion.
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 Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2019
Dans cette rubrique EcoRéseau Business met à l’honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu’il (elle) a un profil atypique,
parce que son entreprise évolue dans un secteur unique ou parce qu’il (elle) a eu l’idée de sa boîte d’une manière peu conventionnelle
Anaïs Barut et son diagnostic immédiat du cancer
De l’art de faire tomber les barrières
  Talentueuse et déterminée, Anaïs Barut est présidente et co-fondatrice de Damae Medical, une start-up donc la vocation est de détecter d’éventuels mélanomes ou carcinomes.
lement conseillé. Autrement dit, nous ne sommes pas partis d’un problème pour trouver une solution. Nous sommes partis directement de la so- lution », témoigne-t-elle. Et la solution en question, c’est un dispositif destiné au dia-
matologues une technologie optique permettant de voir à l’échelle cellulaire à l’intérieur de tissus biologiques. L’outil peut repérer aussi bien les mé- lanomes que les carcinomes. Evidemment, cette techno- logie intéresse au plus haut point le corps médical autant qu’elle suscite la convoitise d’autres entrepreneurs (mais le brevet est protégé). L’intérêt et le potentiel de cette technologie sont tels qu’Anaïs Barut a été lauréate, en 2015, du prix de la MIT Technology Review, alors qu’elle n’avait à l’époque que vingt et un ans. « C’est une vraie reconnaissance pour l’activité globale et l’ensemble des collaborateurs, mais c’est surtout une énorme visibi- lité pour attirer les investis- seurs », explique-t-elle. Cette
partenaires pour concevoir ce dispositif, notamment un assembleur bureau d’études. « C’est passionnant de créer une équipe pour générer une intelligence collective. Chacun apporte sa propre touche. Tout ceux qui passent par notre société en sortent grandis. » Son ambition est en effet d’optimiser toujours plus les interactions profes- sionnelles au service d’une meilleure performance, et de rendre ses collaborateurs épanouis.
... aU marketing
Son créneau aujourd’hui, c’est donc principalement le management, mais aussi le marketing. Il s’agit en effet d’expliquer au corps médical la valeur ajoutée des dispo- sitifs, dans le cadre d’une
Forts de leurs retours, les dispositifs sont régulière- ment améliorés. Pour le mo- ment, il n’existe qu’un seul spécimen «en circulation». Il est installé au CHU de Saint-Étienne, et a été testé sur 200 patients. Toutefois, Damae Medical commence à prendre les premières com- mandes dans plusieurs pays européens, au premier rang desquels l’Allemagne, par- ticulièrement intéressée par cette technologie. « Nous al- lons développer une dizaine de prototypes d’ici l’été. Cela servira à lancer une nouvelle étude clinique », note Anaïs Barut.
Pour l’avenir, Anaïs Barut souhaite conserver une pe- tite équipe avec pour ADN l’innovation. Ce dont elle a désormais besoin, ce sont
Par Ariane Warlin
    Si elle s’est intéressée au cancer, c’est parce qu’il est omniprésent.
« Nous connaissons tous dans notre entourage proche ou moins proche une personne concernée par cette maladie. C’est très motivant de tra- vailler sur cette cause et de faire en sorte que les tumeurs soient détectées le plus tôt possible, afin d’être soignées le mieux possible », précise la jeune femme de 25 ans. Sans parler des perspectives d’économies pour la Sécurité sociale. A condition bien sûr de trouver des accords de remboursement.
Le fait d’être issue d’une famille d’ingénieurs a-t-il influencé son parcours aca- démique ? Sans doute, recon- naît-elle. Passionnée depuis toujours par les nouvelles technologies et le médical,
elle obtient un diplôme de l’Institut d’Optique Graduate School à Palaiseau, puis fréquente ensuite les bancs d’HEC Paris pour acquérir des connaissances en manage- ment. Parce qu’elle n’envisage pas sa carrière dans un grand groupe, elle choisit de réaliser ses stages au sein de start-up. Ces différentes expériences achèvent de la convaincre que c’est bien dans ce type de structures qu’elle souhaite évoluer. « C’est un univers dans lequel on a la possibi- lité d’innover. De plus, on y apprend beaucoup plus vite qu’ailleurs », précise-t-elle.
l’aventUre entre- preneUriale
Très vite, elle tente à son tour l’aventure entrepreneuriale dans le secteur des «Med- techs». « Nous avons fait l’inverse de ce qui est généra-
gnostic immédiat des cancers de la peau sans biopsie. Avec deux associés, elle fonde ainsi Damae Medi- cal en 2014. « Nous avions déjà mené quelques projets avec un camarade d’école, David Siret. Puis, nous avons rencontré Arnaud Dubois, chercheur au sein du Labo- ratoire Charles Fabry, une unité mixte de recherche entre le CNRS, l’Institut d’Optique et l’Université Paris-Sud. Il cherchait des partenaires pour valoriser son invention associant imagerie haute ré- solution et algorithmes. Nous avons eu envie de lancer ce projet pour diagnostiquer l’ensemble des cancers de la peau de manière non invasive et précoce », précise-t-elle. Grâce à une technologie très prometteuse, après un an de travail commun, ils sont en mesure de fournir aux der-
Nous avons fait l’inverse de ce qui est généralement conseillé. Nous ne sommes pas partis d’un problème pour trouver une solution. Nous sommes partis directement de la solution
 reconnaissance, elle a pu en mesurer pleinement l’impact puisqu’en avril 2017, elle est parvenue à lever 2 millions d’euros pour mener à bien son ambitieux projet. C’est ce qui a permis à l’entreprise de passer d’une phase de recherche-développement à une phase industrielle.
dU management...
« C’était un vrai enjeu. Et ce changement d’étapes n’a rien d’évident », souligne- t-elle. Aujourd’hui, treize personnes travaillent pour Damae Medical, pour partie à Palaiseau, pour partie dans le centre de Paris, où sont fabriquées les sondes. L’entre- prise travaille avec différents
approche partenariale. « Nous avons eu et continuons d’avoir beaucoup d’échanges avec des dermatologues et des pa- thologistes pour comprendre leurs besoins. Ils ont vu que nous étions capables d’être réactifs et précis, mais aussi que nous avions une bonne compréhension de leurs en- jeux », précise Anaïs Barut.
des conseils pour garantir la maintenance des dispositifs. « Nous sommes très fiers d’avoir réussi à transférer des technologies de pointe à des médecins », conclut Anaïs Barut. Et si elle avait un conseil à donner à tous les entrepreneurs.quels qu’ils soient, il tient en quelques mots : ne jamais relâcher sa détermination !
                                                                                     34
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Evangéliser en milieu médical... pas une mince affaire.
                ]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                 THE GLOBAL BUSINESS INTELLIGENCE EXPERTS
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 ]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[Son échec ne lui a pas ôté sa confiance en elle. Au contraire, après la liquidation de sa première entreprise en 2012, Isabelle Saladin a su rebondir en tirant les enseignements de cette expérience avortée.
mon idée n’était pas assez concrète, trop conceptuelle, ajoute la dirigeante. D’autres avaient besoin de temps pour réfléchir. Mais au bout de huit mois, l’échéance redoutée s’est présen- tée... » Alors que le concept cartonne aux USA, l’entrepreneuse
doit renoncer, incré-
dule : liquidation de
la structure à Mon- tigny-le-Bretonneux, vente de la base de données, licencie- ment de trois salariés, défilé d’huissiers, fi- chage au 040... Elle
jette un coup d’œil en arrière et réalise que,
trop concentrée sur
son propre projet, elle
n’a pas assez pris en compte la stratégie et les problématiques des inves- tisseurs.
retoUr aU salariat
Mais elle ne s’appesantit guère sur son échec. « Un mois et demi plus tard, je retrouve un poste salarié de développement économique à l’international chez Lex- mark, sourit Isabelle Saladin. Tout sauf un hasard : dans
ou en Europe, Isabelle Sa- ladin découvre l’existence des operating partners, ces créateurs d’entreprises ex- périmentés, qui conseillent
chés à l’étranger, analyse l’entrepreneuse. Mais les Anglo-Saxons ont raison ! En ajoutant ces compétences dans notre circuit d’inves-
se montrent rapidement inté- ressées, mais désargentées. Les PME opposent qu’elles sont déjà les plus expertes de leurs marchés traditionnels.
Enfin, les entreprises cotées répondent que la création de valeur des modèles économiques de court terme ne les concerne pas directe- ment. « Ces objections m’ont permis de dessi- ner ma cible et d’insis- ter sur la notion d’en- gagement de résultat de mon offre, sans prise de participation au ca- pital des entreprises, car en France, on ne paie définitivement pas pour voir », comprend Isabelle Saladin.
Aujourd’hui, I&S Adviser fête ses trois ans d’existence. L’entreprise présidée par Isabelle Saladin rassemble un réseau de sept operating partners ayant piloté entre 35 et 40 entreprises à Bordeaux, Lille, en région parisienne ou à New York. Un démarrage prometteur. Le risque d’un nouvel échec est-il pour au- tant définitivement éloigné ? « Je reste toujours préparée à un possible échec, même si, cette fois, ça ne paraît pas parti pour, lance Isabelle Saladin, enthousiaste. Mais si ça flanche, je serai prête
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 Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2019
Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique, qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l’avenir
  Isabelle Saladin, Présidente d’I&S Adviser
Maîtrise des risques
  Par Pierre Havez
L’idée d’Isabelle Saladin de fonder Art-DV, une plate- forme de vente de produits faits mains entre particuliers, se révèle novatrice en 2007. Peut-être même trop. Lors de sa création, l’écosystème des marketplaces est encore balbutiant : Ebay, Amazon ou Cdiscount n’ont pas en- core véritablement percé en France. « J’étais partie seule étudier le business et le marketing à l’université de San Diego, après mon BTS en France, et je voya- geais très régulièrement entre les deux continents, raconte l’entrepreneuse. En tant qu’acheteuse, j’avais découvert là-bas un site de vente de produits fabriqués manuellement. Mais ce mar- ché n’existait pas encore chez nous, hormis quelques précurseurs comme Pierre Kosciuzko Morizet, le créa- teur de PriceMinister ou les frères Rosemblum, co-fon- dateurs de Pixmania. J’ai donc eu l’envie d’importer cette idée pour répondre à un nouveau besoin. »
l’hypothèqUe de la maison
Malgré un solide réseau per- sonnel, grâce à une famille de serial entrepreneurs, la trentenaire préfère solliciter ses premiers investisseurs dans ses anciens contacts professionnels et auprès de business angels. Mais
elle profite tout de même de l’expérience de son en- tourage pour se préparer. « J’ai axé mon business plan sur la législation française, l’établissement du prix et les canaux pour attirer à la fois les créateurs et les acheteurs, décrit-elle. Coté personnel, je me suis imposé un entraînement de spor- tif en analysant la prise de risque, tout en anticipant la possibilité que ça ne marche pas. Comme un joueur de casino, je me suis fixé comme ultime limite l’hypothèque de la maison. »
la coUrse aUx in- vestissements
Mais avec un coût d’acquisi- tion de clientèle élevé, en rai- son d’un panier moyen faible, le projet se révèle gourmand en capitaux. Une nouvelle
et apportent leur expertise aux fonds, en pré- ou en post-investissement. Une révélation. « J’ai trouvé très intéressante cette manière d’épauler les investisseurs par des spécialistes de la création de business et de changements d’usage. D’au- tant que c’est exactement ce qui m’avait manqué pour faire aboutir ma première idée ! », précise t-elle. L’idée prend
tissement, nous n’avons plus rien à envier à personne ! »
le panel gagnant
En 2015, la fin de sa mission avec Lexmark se précisant, Isabelle Saladin sent que le timing est favorable à cette nouvelle entreprise. Mais encore faut-il cette fois s’as- surer que la valeur ajoutée apportée sera suffisamment tangible pour convaincre d’éventuels partenaires. « À partir de LinkedIn et d’ar- ticles de presse, j’ai constitué un panel de responsables de start-up, de PME et de grands groupes du CAC 40 pour leur soumettre l’idée et recueillir leur ressenti », décrit la dirigeante. Sans surprise, les jeunes pousses
   De projets d’achats en opérations de fusion,
en Australie ou en Europe, Isabelle Saladin découvre l’existence des operating partners.
Une révélation
à rebondir car des opti. toujours plus nombreuses s’offrent à moi. » On est prêt à parier qu’elle dit vrai.
ons
 levée de fonds s’impose. Alors que les pionniers du e-commerce lui conseillent de voir grand, Isabelle Saladin vise un objectif d’un million d’euros, qui lui semble plus raisonnable. « J’ai fait le tour des fonds d’investisse- ment de la place. Certains m’ont très vite dit non car
la culture anglo-saxonne, mon aventure, malgré son issue, est valorisée pour son expérience entrepreneuriale et sa capacité de rebond. On sait que ces erreurs ne seront pas commises deux fois. Alors qu’en France... » De projets d’achats en opéra- tions de fusion, en Australie
très rapidement forme dans son esprit. « En France, nous avons un excellent niveau technique et financier, de bons ingénieurs et des brevets de qualité, mais on ne sait pas faire d’argent avec ces idées. La majorité de nos start-up sont donc rachetées ou leurs créateurs débau-
trophees-optimistes.fr
                                                                                      36
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Le monde, un terrain de jeu où Isabelle Saladin a rebondi à de multiples endroits.
               ]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[                 Depuis plus de 40 ans, la Fondation des Monastères poursuit son œuvre au service des communautés religieuses chrétiennes.
- soutien financier, aide sociale pour le paiement des cotisations obligatoires, entretien et réhabilitation du patrimoine religieux et des lieux d’accueil, création ou rénovation d’infirmeries...
- activité de conseil dans les domaines administratif, juridique et fiscal.
Avec votre entreprise, soutenez les monastères, ces lieux de silence et d’accueil
  Des avantages fiscaux pour les entreprises
Les entreprises qui peuvent nous soutenir
Sont concernées les entreprises relevant de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), des bénéfices non commerciaux (BNC) ou des bénéfices agricoles (BA). Les entreprises doivent relever d’un régime réel d’imposition.
60 % de votre don déductibles dans la limite de 5%0 de votre CA
Pour plus d’informations
0145310202
fdm@fondationdesmonasteres.org 14, rue Brunel 75017 Paris
                          Le mécénat
La loi n° 2003-709 du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations a doublé l’avantage fiscal attaché aux dons. (art. 238 bis du Code Général des Impôts).
   ➔
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 En immersion
   Dans chaque numéro, un(e) journaliste d’EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...) afin de décrire ce qu’il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiers
Le Swave, plateforme fintech et assurtech
Du bonsaï à l’hyperion de la finance
L’assurance et la finance possèdent des barrières à l’entrée pour les start-up qui font bien plus obstacles que dans d’autres secteurs. Une plateforme a décidé de leur tendre la perche. Histoire de «scaler»...
Par Geoffroy Framery
Bienvenue au Swave, nouvelle plateforme d’accompagnement des start-up fintech et assur- tech située aux 19e et 20e étages de la paroi nord de la Grande Arche du quartier d’affaires de la Défense. Deux plateaux de 1 250 mètres carrés se dédient à l’accom- pagnement de start-up spé- cialisées dans l’assurance et la finance. Rassurez-vous le baby-foot est là et la table de ping-pong en cours de livrai- son. Les espaces sont sobres et bien équipés notamment de tableaux numériques. Les noms des salles de réunion sont autant de clins d’œil à l’univers de la finance et des fantasmes qui l’auréolent avec
des salles «Gordon Gekko» du film Wall Street, Warren Buffet ou encore Satoshi Nakamoto, inventeur du Bitcoin... L’équipe de la plateforme travaille en open space à proximité des ascen- seurs du 19e. Les fonctions
gUichet UniqUe et commUnaUté
de besoins et de solUtions
Le reste des locaux se divise en salles de réunion, bureaux, cabines téléphoniques assez spacieuses pour accueillir
à ce nouveau programme d’incubation. Lancée officiel- lement le 20 octobre dernier, la plateforme est opération- nelle depuis le 29 janvier et s’occupe aujourd’hui de 22 jeunes pousses (avec un taux d’admission de 25 %)
  Nous sommes également une plateforme hybride et un guichet unique entre les start-up, la recherche, les services publics et les partenaires corporate
 38
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support se composent de deux chargés d’incubation, d’une personne en charge de la communication, d’une directrice technique.
les entretiens one-to-one. La «Corbeille», l’une des plus grandes pièces, sert de salle de réunion, d’événementiel et de jury lorsqu’il s’agit de sélectionner les ayant-droits
désireuses de répondre aux enjeux d’innovations des par- tenaires corporate de la struc- ture. Car là est la proposition de valeur de cette nouvelle plateforme : « Connaître
  Qu’importe la tech, pourvu qu’il y ait l’esprit start-up.
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[  Ambiance feutrée pour cerveaux en ébullition.
 En immersion
CLUB ENTREPRENDRE
  intimement les besoins de nos partenaires. Nous tra- vaillons en profondeur avec les équipes métier de nos entreprises partenaires. Nous sommes également une plate- forme hybride et un guichet unique entre les start-up, la recherche, les services publics et les partenaires corporate. Nous voulions créer une communauté à taille maîtrisée pour assu- rer un accompagnement sur mesure », détaille Edouard Plus, Chief Swave Rider, tel qu’il est écrit sur sa carte de visite. La structure compte accueillir trois nouvelles start-up d’ici le mois de juin et une quarantaine est prévue pour la fin de l’année pour obtenir le workflow souhaité.
aide à deUx braqUets ?
Une première promotion de vingt start-up a été re-
crutée pour travailler avec des partenaires de renom parmi lesquels Société Géné- rale, NewAlpha AM, Crédit Municipal de Paris et Exton Consulting avec l’appui d’un réseau de partenaires (Paris Europlace, le Pôle Finance Innovation, l’Institut Louis Bachelier, France fintech et Finance for Tomorrow). Les start-up ont été choisies pour des besoins qui concernent la néo-finance en tant que nouvelles façons de conce- voir les modèles de banque et d’assurance traditionnels, la cyber-sécurité – dont la blockchain, l’intelligence arti- ficielle et la finance de demain qui comprend finance durable, finance climat, finance so- lidaire, «regtech»... Parmi celles-ci, prenons l’exemple de Utocat, qui développe une plateforme d’accès à la blockchain et une solution de gestion de titres non cotés et
qui compte Axa parmi ses clients. Ze Profile a fait le pari du customer empowerment en créant un modèle où les consommateurs monétisent – enfin ? – leurs données. D’autres se concentrent sur la prévention de la fraude comme Paytech, la gestion des notes de frais à l’image de Jenji, le conseil en investissement comme Smile, ou encore sur l’assurance-vie comme l’ambitionne la start-up Wlth. « Nous apportons deux types d’accompagnement. Un premier en mode décol- lage où nous jouons le rôle de "nounou" sur les théma- tiques classiques de l’entre- preneuriat (développement commercial, levée de fonds, visibilité, recrutement, inter- national) et un autre qu’on va designer sur mesure sur la verticale finance (approche réglementaire, agrément, connaissance du marché,
besoin des partenaires...) », souligne Edouard Plus, qui ne semble pas regretter les salles de marchés... Chaque start-up est recrutée pour une durée d’un an sur une base tarifaire de 5 000 euros par an. Peanuts... Ajoutez à cette somme, celle de la lo- cation des locaux. Comptez 200 euros HT par mois par personne vendu par pack de trois ou quatre personnes ou en location de bureaux à 330 euros HT du mètre carré à l’année... pour être à proxi- mité des grands groupes de la finance et faire du business avec eux !
« Le contrat d’un start-up est reconductible deux fois. Et nous estimons que pour bénéficier de chaque aspect de notre programme, la start-up
 MAI 2018 | ecoreseau.fr
39
doit rester .
mois », nous confie le res- ponsable du Swave. A bon entendeur...
idéalement 18
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[  STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Baromètre de l’innovation
Le verbatim à retenir...
Toutes les choses sont prêtes si nos esprits le sont
   William Shakespeare
Le monde ne sera plus jamais comme avant...
AUSTRALIE
Une capsule pour vivre l’euthanasie autrement
Durant le dernier salon funéraire d’Amsterdam qui s’est tenu au mois
d’avril, le docteur Philip Nitschke, alias "Docteur Death", a défrayé la chronique
en exposant son "Sarco", une capsule/cercueil qui permet de vivre l’euthanasie
de façon plus tranquille, voire "euphorique" selon les dires de son concepteur.
Ce défenseur de l'euthanasie qui n’exerce plus depuis 2015 a fondé l’ONG Exit International en 1997 pour promouvoir le suicide rationnel. Le sarcophage n’est pas sa première expérience dans le genre et est connecté à une bonbonne d’azote qui se déverse dans celui-ci. Inhaler l’azote permettrait à l’utilisateur de ressentir les mêmes sensations que lors d’une ivresse alcoolique pour une durée de cinq minutes avant de succomber. Ajouter aussi le choix pour l’utilisateur de réaliser ce "one shot" dans l’obscurité, ou avec une vue sur la mer ou un coucher de soleil... "Sarco" sera bientôt disponible à la vente sur Internet. Les plans seront accessibles à tous pour pouvoir produire la capsule via une imprimante 3D. Et pour pouvoir acheter l’engin, il vous suffit d’être âgé de plus de 50 ans et de réussir un test en ligne qui prouve que vous êtes sain d’esprit et que vous êtes pleinement conscient de ce que vous faites...
ANGLETERRE
Une enzyme capable de manger les bouteilles en plastique Le continent de plastique qui voguerait au nord du Pacifique serait trois
fois plus grand que la France. Chaque jour, à chaque minute, serait déversé dans
les océans l’équivalent d’un poids lourds rempli de plastiques. Il faudrait 400 ans pour qu’un sac en plastique disparaisse à l’air libre... Pour s’armer contre ce fléau environnemental, le chercheur anglais John McGeehan et son équipe ont découvert,
en étudiant une première enzyme capable de désagréger du plastique, une seconde enzyme, plus efficace par l’ajout d’acides aminés. L’étude a été publiée le 16 avril 2018. La première enzyme, elle, avait été découverte en 2016 par des chercheurs ja- ponais. L’équipe japonaise a remarqué que l’enzyme s’attaquait à un type de utilisé dans la fabrication des bouteilles en plastique. En voulant découvrir sa structure, les équipes de l'Université de Portsmouth au Royaume-Uni et du Laboratoire national des énergies renouvelables du Département américain de l'Énergie (NREL) ont conçu par accident une enzyme encore plus efficace capable de détruire le plastique PET en seulement quelques jours. L’effort des équipes scientifiques est aujourd’hui tourné vers l’amélioration de la performance de l’enzyme.
ETATS-UNIS
Lire dans vos pensées et agir en conséquence
Une équipe du MIT (Massachusets Institute of Technology) a présenté
le 4 avril dans un article en ligne publié sur le site de l’institut, AlterEgo, une
interface cerveau-machine capable d’entendre et de comprendre des mots que
vous avez en tête, sans même que vous les ayez prononcés. La technologie re-
pose sur des signaux neuromusculaires au niveau de la mâchoire, et l’appareil se
compose d’une série d’électrodes positionnées au niveau de la mâchoire et du visage. Un programme recourant au machine learning analyse les mots pour agir en conséquence. Le dispositif est capable de comprendre la subvocalisation en étudiant les signaux électriques envoyés par le cerveau dans les muscles qui sont censés commander la parole. AlterEgo peut aussi répondre en utilisant la conduction osseuse pour transmettre les informations jusqu’à l’oreille interne. Cela permet un échange complètement silencieux entre AlterEgo et son porteur sans dégrader le sens de l’ouïe sur l’environnement extérieur. Les premières expérimentations concluantes à 92 % concernent des parties d’échec et la résolution de problèmes mathématiques simples avec la compréhension d’une vingtaine de mots.
La rupture du mois
L’arlésienne de la contraception masculine ?
Hélas point de salut encore pour la contraception masculine
hors du préservatif et de la vasectomie, pratiquée par seulement 0,8 % des Français en raison de l’acte chirurgical et de son caractère irréversible. D’autres médicaments hormonaux sont à l’essai mais s’attaquent directement à la production, affectent les hormones masculines et provoquent donc des effets secondaires. L’espoir viendrait d’un laboratoire américain de Caroline du Sud qui vient de mener des premiers tests concluants sur une pilule contraceptive pour les hommes et sans effets secondaires. La molécule EPO55 pourrait agir sur la motilité des spermatozoïdes et ainsi les ralentir temporairement pour empêcher la fécondation. Loin d’être commercialisée, la molécule a été testée sur une population de singes dont la motilité des spermatozoïdes a disparu après une trentaine d’heures pour un retour à la normale au terme de 18 jours. En outre aucun dysfonctionnement physique n’a été constaté durant l’expérience.
Les innovations en bref...
UN GUIDON DE VÉLO QUI INDIQUE LE CHEMIN
La start-up française Velco propose
un guidon de vélo connecté, équipé
en premier lieu de phares à LED,
qui peuvent s’allumer automatique-
ment et manuellement. Mais sur-
tout, le Wink Bar indique le chemin
à prendre de manière astucieuse :
une fois l’itinéraire défini sur une
application, le guidon indique au
conducteur la direction à prendre grâce à des signaux lumineux pour qu’il n’ait plus à ressortir son smartphone. Enfin, le vélo peut être géolocalisé en cas de vol grâce au GPS intégré dans le guidon.
UN PARASOL CONNECTÉ QUI SUIT LE SOLEIL
Et si votre parasol devenait intelligent ? ShadeCraft Robotics, start- up de Los Angeles, a développé un parasol qui se déplace de fa- çon autonome en même temps que le soleil pour être sans cesse à l’ombre. Sunflower est équipé de plusieurs capteurs pour analyser le vent, l’humidité, la qualité de l’air... L’appareil peut en plus être contrôlé à la voix pour diffuser de la musique ou lancer une conversation vidéo grâce à une caméra HD. Inutile de le recharger vu qu’il utilise l’énergie solaire ! Le Sunflower est déjà
disponible en précommande au prix de 4 300 euros.
                                                                                                                                                                                                                                                           40 MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre de l’innovation
L’entreprise du mois
Le drone-insecte intelligent contre la pollution
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
                             Start-up grenobloise, Beeyond a conçu des drones abeilles pour analyser la qualité de l’air de cinq mètres à 150 mètres d’altitude. Ces drones d’une dimension de 45 cm d’en- vergure pour un poids d’un kilogramme – oui cela fait de grosses abeilles – peuvent ainsi délivrer de la donnée sur des zones de fait peu accessibles. L’idée serait donc d’analyser la qualité de l’air pour ensuite cartographier les nuages de pollution et trouver des moyens pour s’en prémunir afin d’améliorer la qualité
de vie et l’environnement des espaces. L’atout de ces drones est davantage dans leur comportement. D’où la métaphore avec l’in- secte butineur. D’abord, ces mini-machines volantes possèdent une autonomie de 12 minutes. Elles peuvent voler en solitaire ou en escadron et retournent ensuite à la ruche de départ pour transférer les données et re- charger leur batterie. Des missions de vol via programmation leur sont donc assignées avec vue satellite à l’appui. La machine recherche avant tout les gaz (SO2 et SO4) provenant de l’activité humaine ou composant les nuages de pollution (combustion, transports, in- dustrie), les particules fines présentes dans l’atmosphère (les PM 2,5). L’appareil est également doté d’autres fonctionnalités telle que la mesure de la température et du taux d’humidité.
 14 mai 2018
Assises du capital humain entrepreneurial
Ouvert à tous les praticiens d’ac- compagnement RH et Création ainsi qu’aux récents dirigeants de sociétés.
 17 mai 2018
Be a boss Toulouse
Le forum des femmes entrepre- neures
 24-26 mai 2018
Viva Technology
Rendez-vous des start-up & leaders
 30-31 mai 2018
Enova Toulouse
Salon des technologies pour les in- novations de demain
 31 mai 2018
Plug and Start
Venez en créateur, repartez en en- trepreneur
                                           L’innovation autrement
Quand l'art évolue selon nos pensées
L’innovation, fort heureusement n’est pas que question de pragmatisme d’affaires. Elle accouche également d’œuvres artistiques qui interrogent sur notre propre nature, sur notre manière de penser. Ainsi, jusqu’en mars dernier, la Galerie Pilevneli a présenté l’exposition personnelle de Refik Anadol intitulée "Melting Memories". Cette exposition est la deuxième exposition monographique d’Anadol en Turquie, après celle au Pilevneli Project en 2012.
"Melting Memories" traite du rapport qu’entretiennent les êtres humains avec le souvenir et la mémoire. Ce faisant, il recourt habilement à l’utilisation des dernières technologies et de la seule matière première infinie sur Terre, la matière grise et les possibilités infinies du cerveau. L’artiste évoque notre période contemporaine
comme une période qui permet de cultiver une nouvelle manière de se soucier du souvenir ; le XXIe siècle permettant une connexion avec le passé plus facile qu’avant en raison des nouvelles techno- logies. Par ailleurs, le fondement du travail d’Anadol est de ma- térialiser toute sorte de donnée en matériel visuel. En filtrant plusieurs critères intimes tels que les souvenirs, l’artiste révèle la matérialité du cerveau. Cette
démarche aboutit à la création d’un lieu de rencontre, un tiers-lieu, un nouvel espace où l’intelligence artificielle n’est plus en conflit avec l’intimité. Tirant son inspiration notamment, des ouvrages du philosophe John Dewey (« La science a des significations, l’art les exprime ») et des expériences scientifiques de neu- rosciences réalisées par le laboratoire Neuroscape de l’Université de Californie à San Francisco, Anadol réconcilie les disciplines pour créer une sculpture aug- mentée composée de données cérébrales et de projections de lumière grâce à des LED. Les figures mouvantes se formant à la surface de l’œuvre matérialisent la retranscription de la fonction cérébrale d’individus (à partir d’encéphalogrammes) qui ont été invités à se concentrer sur des souvenirs d’enfance
  MAI 2018 | ecoreseau.fr 41
Save the dates
]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[                 Barrisol Clim®
La Climatisation silencieuse, invisible et homogène
elle peut également être acoustique et lumineuse
                                   Barrisol Clim® Acoustique & Lumineuse Arch.: Jean-François Brodbeck - AMRS Architectes
 www.barrisol.com
 ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[ Janus 2017 de l'Industrie
Le système Barrisol Clim® est compatible avec toutes les technologies de production de froid et chaud par air soufflé.
Passage d’air en soufflage Passage d’air en aspiration
La température des parois et de l’air est homogène en tout point de la pièce
Écologique (moins d’énergie, moins de matière). Performance AAA froid et AAA chaud selon
la norme Iso 7730.
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ Réinventer l’apprentissage à l’école comme en entreprise ? Une mission cruciale pour des milliers de start-up des "Edtechs". Partout dans le monde, elles rivalisent d’ingéniosité pour adapter l’éducation du futur aux usages numériques de générations toujours plus hyper-connectées. Tour d’horizon.
Par Charles Cohen
ROYAUME-UNI
Des tutoriels vidéo en guise de leçons de marketing Booster son référencement naturel sur la Toile, comprendre les enjeux du big data, optimiser sa stratégie de e-commerce... Grâce à la start-up londonienne Circus Street, les formations en marketing digital n’ont jamais été aussi ludiques. A cette fin, la société mise sur l’interactivité via la production en interne de vidéos très courtes et pédagogiques s’appuyant sur le motion design. En parallèle de tels cours en vidéo, des PDF de chaque leçon détaillent les points clés à retenir. Depuis sa création en 2009, la start-up affiche près de 15 000 clients dans plus de 30 pays.
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Le tour du monde de l’innovation
Passage en revue des innovations mondiales sur une thématique particulière.
« EdTech »
Uberisation de l'éducation ?
CANADA
Du serious game dans l’apprentissage
Transformer les matériels de formation des entreprises en expériences intuitives, éducatives et mémorables pour leurs publics. Voilà le credo
de la société montréalaise Affordance Studio fondée par des experts en design de complexité et des vétérans de l'industrie des jeux vidéo. Pour intégrer les serious games et la "ludification" dans l'apprentissage et la formation continue, la start-up mise sur une solution alliant un panel de leviers : le transmédia storytelling, l’Iot (Internet of things) ou encore la "gamification". L’analyse des données sur le comportement des utilisateurs permet de constamment perfectionner un tel système personnalisé.
ÉTATS-UNIS
Des cours on line en mode SaaS
4 200 clients, 16 millions d'apprenants... S’il est un acteur des Edtechs qui fait un tabac outre-Atlantique, c’est sans aucun doute Everfi. Experte des cours en ligne, la start-up se démarque de
ses concurrents en misant sur des ingrédients simples. A savoir, des prix accessibles via un abonnement en mode SaaS, des logiciels compatibles avec de multiples appareils, des contenus autour de thèmes porteurs : la prévention du harcèlement, le respect des minorités, la gestion des comportements à risque, la responsabilité sociale et financière, et les réglementations qui y sont associées. Parmi les clients d'Everfi figurent des universités prestigieuses (Harvard, le MIT, Stanford...), ainsi que des entreprises, qui utilisent de tels cours pour leur formation continue (Google, Oracle, Airbnb...).
FRANCE
Des manuels scolaires "ubérisés"
Proposer un site complet et gratuit pour aider
les collégiens et les lycéens à réviser : telle est
la vocation de kartable.fr. Propre à "ubériser" les manuels scolaires, la plateforme se revendique comme le premier recueil en ligne de ressources éducatives conforme aux programmes officiels. Elle couvre ainsi toutes les classes, de la sixième à la terminale, et toutes les matières : maths, français, histoire-géo, physique-chimie... Dotée d'un design sobre et moderne, la plateforme vulgarise les programmes à l'aide de cours, de quizz et d'exercices concoctés par une communauté de 200 profs, dont 50 "référents". Avec un million d’utilisateurs réguliers, la start-up séduit déjà 20 % des collégiens et lycéens de France !
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[ Le tour du monde de l’innovation
KENYA
Intelligence artificielle : des cours adaptés au profil des élèves
Doper l’éducation de millions d’élèves de primaire d’Afrique subsaharienne : voilà la vocation de la start-up kényane M-Shule, inventrice d’une plateforme d’e-learning personnalisée misant sur l’intelligence artificielle. Ainsi, l’outil conçoit des centaines de mini leçons d’anglais ou de maths en les adaptant aux capacités et objectifs de chaque élève. Le système évalue le niveau initial de l’enfant et
son évolution tout au long de l’accompagnement, afin de valoriser ses progrès. Les leçons comme les évaluations sont envoyés par SMS aux parents, 100 % impliqués dans la démarche.
ISRAËL
Des matériels de cours mutualisés
Conçue par la start-up Spitball, cette plateforme gratuite de partage de dossiers pour le monde estudiantin fait le buzz auprès de 65 % des Israéliens de l’éducation supérieure. Comment
? En combinant les fonctionnalités de Dropbox, Google Drive et des groupes de discussion de Facebook. De quoi mettre en commun – via une application baptisée "GradeBack" – des résumés de cours, quizz de révisions ou encore des évaluations établies par les étudiants sur leurs profs et la qualité de leurs cours. La société tente désormais de percer en Hollande et au Royaume-Uni.
JAPON
Des cours particuliers collaboratifse Des élèves qui s’entraident grâce à des cours particuliers collaboratifs. Voici le concept inventé par Arcterus, start-up japonaise créatrice de l’application Clean déjà utilisée par 1,2 millions d’Asiatiques. La clé d’un tel succès ? Permettre aux élèves de mieux préparer leurs examens
en s’échangeant et corrigeant leurs prises de notes et exercices clés. L’application permet ainsi de prendre en photo et faire partager de telles ressources au reste de
la communauté qui pourra ainsi y insérer remarques et commentaires. Pour exporter sa technologie, la start-up a conclu des partenariats avec d’autres acteurs phare de la "Edtech" japonaise.
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
SUÈDE
Des examens 100 % dématérialisés
Exit les examens en version papier ! La plate-forme suédoise DigiExam gère on line une session d'examen dans sa globalité, de l'administration à l'évaluation. De quoi améliorer les conditions d’examen pour les étudiants en favorisant plus de transparence, d’engagement et de traçabilité. Un gain tout aussi notable pour les professeurs qui gagnent du temps dans la correction des copies dématérialisées. Utilisée par un millier d’établissements dans plus de 50 pays, la plateforme a fait l’objet de partenariats avec des grandes écoles : l'India Institute of Management et la Cass Business School de Londres.
EMIRATS-ARABES-UNIS
Réinventer la formation continue
Lauréate de l’édition 2016 des prix EdTech 20, la start-up dubaïote Potential.com surfe, depuis 2005, sur le créneau de la formation continue. Et ce, en misant sur une approche originale propre
à réinventer un tel mode d’apprentissage : des cours en ligne, pratiques et plutôt brefs, touchant à de nombreux sujets, qui vont de la gestion du temps au design thinking en passant par des conseils de nutrition pour le ramadan. Preuve du succès d’une telle solution
: la société compte plus de 200 clients dans le monde dont Google, Microsoft et PepsiCo.
MAI 2018 | ecoreseau.fr
45
]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
L’occasion pour EcoRéseau Business d’expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
Legaltech
Ces start-up qui veulent disrupter les métiers juridiques
    Une justice qui ne serait plus si aveugle tant elle sait lire le langage binaire...
Boostées par plusieurs changements législatifs récents, les start-up du droit sont parmi les plus dynamiques de la French Tech. Elles se comptent désormais par dizaines, ont leurs propres incubateurs, et multiplient les levées de fonds. Panorama de leurs principales représentantes.
autorisé les avocats à faire de la publicité, ce qui a permis la création de plateformes de mise en relation entre clients et avocats, comme Mon-avocat.fr. Et en 2015, la loi Macron a autorisé les avocats en activité à créer des sociétés commerciales.
plUs de 150 start-Up dU droit en france
Le barreau de Paris a de- puis été imité par ceux de Marseille, Lyon, Toulouse, Montpellier, Nîmes, Rennes et Bordeaux, le dernier en date à créer son incubateur, début 2018. Ils forment le Réseau national des incuba- teurs de barreaux (RNIB). « Il s’agit d’offrir un soutien aux cabinets d’avocats pour développer des solutions innovantes. Elles pourront être tournées vers la pro- fession, pour faciliter leur exercice quotidien, la re- lation avec les clients... Ou elles pourront être purement
Gramage, vice-bâtonnier du barreau de Bordeaux. Si bien qu’en janvier 2018, le site internet Village de la justice recensait 157 start-up du droit. Depuis peu, un salon est même consacré au secteur en France. Baptisé Village de la Legaltech, il est organisé par le site Village de la Justice et l’association OpenLaw. Sa deuxième édi- tion, en décembre 2017, a accueilli 2 000 participants, pour une quarantaine d’ex- posants.
domaines des legaltechs
Selon une étude du site Vil- lage de la justice, la rédac- tion d’actes et de documents juridiques est le premier domaine d’activité de ces acteurs (38 %) devant l’in- formation juridique (20 %), la mise en relation (BtoB et BtoC) et les outils métiers (gestion de process pour les métiers du droit).
De nombreuses legaltechs se
PME à gérer leur paie et leurs déclarations sociales via un outil d’automatisation, com- mercialisé en SaaS. Après avoir d’abord été soutenue par l’accélérateur The Family, la société a levé 5 millions d’euros en 2016 auprès Xavier Niel et Otium Venture, puis 14 millions d’euros en juillet 2017 auprès d’Accel et de ses investisseurs historiques. Créée en 2014 par deux frères, Philippe et Maxime Wagner, Captain Contrat aide les créateurs d’entre- prise dans leurs démarches juridiques et administratives en s’appuyant sur l’expertise d’une centaine d’avocats et de juristes. L’entreprise, qui compte 40 collaborateurs, a 6 000 clients qui la rému- nèrent de deux manières. Les avocats paient pour les outils que Captain Contrat met à leur disposition (logiciel, communication, marketing), tandis que les entrepreneurs paient pour les démarches administratives qu’elle réalise
Par Louis Marquis
  Démocratiser l’accès au droit et réduire le coût des prestations juridiques grâce à la tech- nologie (Web, algorithmes, intelligence artificielle), telle est la promesse des «legaltechs», les start-up de la justice. Le phénomène n’est pas nouveau, puisque les premières «legaltechs» sont apparues en France dès 2013 et le barreau de Paris a créé son incubateur en 2014. Mais plusieurs changements, notamment législatifs, ont facilité son essor. En 2014, la loi Hamon du 17 mars a ainsi
Les nouvelles technologies ont fait naître dans la profession un sentiment équivalent
à celui de la GrandePeur de
l’an Mil
(enregistrement au greffe, au service des impôts...). La jeune pousse a levé 1 million d’euros en 2016 puis 4 millions en décembre 2017 auprès de CapHorn Invest, du fonds F3A (Bpifrance) et de plusieurs business angels. Sur ce créneau, on pourrait aussi citer Legalstart, Lega- life (abonnement mensuel de
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technologiques, autour de l’intelligence artificielle par exemple. L’incubateur pro- posera des solutions clés en main, notamment une offre de prestataires avec des prix négociés. Ce package sera adapté aux besoins des ca- binets d’avocats bordelais », expliquait en mars au Jour- nal des Entreprises Pierre
proposent d’aider les petites et moyennes entreprises, qui n’ont pas les moyens de recruter un juriste, dans leurs démarches légales et administratives. Créée en 2015 par Firmin Zochetto, Ghislain de Fontenay et Florian Fournier lorsqu’ils étaient encore étudiants, PayFit aide plus de 1 400
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[service juridique externe), Ca crée pour moi, Lawcost, Bettr ou encore Impal’Act. Certaines legaltechs s’adressent au grand public. C’est par exemple le cas de MaFiscalité.com. Créée en 2016 par Jean-René Alonso et Eve d’Onorio du Méo, ce site internet propose aux contri- buables de personnaliser une cinquantaine de documents (réclamations, réponse à une demande de renseignements de l’administration, déclara- tion de compte à l’étranger...) pour 2,99 euros ou d’entrer en contact avec un avocat fiscaliste. LeBonBail, de son côté, propose depuis 2015 aux propriétaires une plateforme gratuite pour faciliter la rédaction de leur bail locatif. Il se rémunère par la mise en relation avec des professionnels, grâce aux données renseignées par les propriétaires. Testamento, créé en 2013 par Virgile Delporte, propose de créer
son testament en ligne pour 29,90 euros. Plusieurs sites aident aussi les internautes à mener des actions en justice, comme DemanderJustice.com et Actoowin. Enfin, WeJus- tice.com est une plateforme de crowdfunding spécialisée dans les opérations en justice qui se rémunère en prélevant une commission de 5 % sur les collectes réussies.
Une menace poUr les avocats ?
En février 2017, le rapport Haeri sur l’avenir de la pro- fession d’avocat remarquait que les legaltechs ont soulevé de grandes craintes : « Les nouvelles technologies et l’utilisation des plateformes ont fait naître dans la pro- fession un sentiment équi- valent à celui de la Grande Peur de l’an Mil. » Mais que c’est « à tort [qu’elle y a vu] l’annonce des prémices de sa disparition ». « Il y a quelques années, les rela-
le Google des avocats car il permet aux professionnels du droit de rechercher (par mot clé, date, avocat, entre- prise...) une décision de jus- tice dans sa base de données, qui en réunissait 7 millions en septembre 2017, contre 2,9 millions pour LexisNexis, 2 millions pour Dalloz, et 900 000 pour LegiFrance.
quarantaine de salariés, a levé 2 millions d’euros en octobre 2016 auprès d’Otium Venture, Kima Ventures, The Family et des business angels. Doctrine n’est pas la seule à proposer ses services aux avocats. « Les acteurs fran- çais de l’analyse des données juridiques bénéficient d’une barrière à l’entrée contre les
big data au service du droit pour les professionnels et avocats), Secib (logiciel de gestion pour avocats), ou encore YouSign (signature électronique).
Les legaltechs qui se pro- posent de mettre en relation clients et avocats sont un autre atout pour ces derniers. C’est par exemple le cas de
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
  Capital risque
Le secteur plaît aux
investisseurs
En septembre 2017, une étude de SNCF Développe- ment sur les levées de fonds de la French Tech notait que « le secteur des services juridiques, la legaltech, qui représente 4 % des levées de fonds, était qua- si-inexistant en 2015 et 2016, c’est le secteur qui pro- gresse le plus vite ». Ses représentants ont en effet levé 51,9 millions d’euros en 12 opérations en 2017, contre 4,2 millions en quatre opérations en 2014 (voir graphique ci-dessous).
Pour SNCF Développement, son émergence devrait encore s’accélérer en 2018, grâce à la combinaison de deux ruptures : la blockchain, « utilisée pour la no- tarisation des documents », avec des acteurs comme Keex et Stratumn, et l’application du règlement eu- ropéen sur la protection des données (RGPD), « qui va accélérer l’émergence de la Privacy Tec », repré- senté par des acteurs tels que Qwant, Cozycloud ou Onecub.
 tions entre les professions réglementées et les acteurs des legaltechs étaient ten- dues. Elles les accusaient d’être des "braconniers du droit" », se souvient le pré- sident d’OpenLaw Benjamin Jean. Mais les choses se sont apaisées, tous ces acteurs collaborent. Au lieu d’une
La société revendique 8 000 clients juristes (avocats in- dividuels ou cabinets, ex- perts-comptables, huissiers, responsables juridiques de PME ou de collectivités lo- cales) et des grands comptes (grands cabinets, directions juridiques, services publics). Le logiciel est commercia-
acteurs américains, car ils ont pu entraîner leurs intel- ligences artificielles sur des décisions judiciaires bien différentes de celles aux- quelles ont eu accès leurs concurrents d’outre-Atlan- tique », analyse Benjamin Jean (OpenLaw).
Nous pourrions aussi citer
Mon-avocat.fr. Lancée dé- but 2015 par Benjamin Bing et Charles Passereau, elle propose aux internautes de chercher le professionnel qui correspond le mieux à leurs problématiques selon leur localisation, leur domaine d’intervention ou encore leur expérience. Gratuite pour les utilisateurs, la plate- forme se rémunère grâce aux services de publicité et de visibilité qu’elle offre aux avocats, commercialisés sous forme d’abonnement. Le panier moyen est de 350 euros par an. Cette start-up a levé 1 million d’euros en mars 2017 en amorçage auprès du fonds d’investissement du groupe W3 (VivaStreet, EasyRoomate). A l’époque, elle revendiquait 1 600 avo- cats inscrits dans 300 villes françaises. Ses concurrents se nomment LegalUP, Do- maine Legal, JuriTravail, Le Droit pour moi, WebLex, ou encore Rocket Lawyer aux Etats-Unis. « C’est un marché très concurrentiel, mais il n’y aura pas à terme de la place pour autant d’acteurs », observe Benjamin Jean.
les avocats se lancent aUssi
Les acteurs traditionnels du secteur juridique ont bien compris les opportunités des legaltechs. Les cabi- nets d’avocat Herbert Smith Freehills et Baker McKenzie organisent par exemple des concours de start-up de la justice et des hackathons. Et en février 2017, Aurélie Charnier et Pascal Lorain, les dirigeants du groupe d’ex- pertise comptable Secab, fondé en 2007 et qui compte une douzaine de cabinets en France, ont créé Wity, une start-up qui pourrait disrupter leur propre métier. La société propose en effet aux créateurs d’entreprise, moyennant un abonnement mensuel (à partir de 29 euros par mois), des prestations de comptabilité et de cons.eil juridique en ligne. Elle a levé 4,7 millions d’euros auprès de M Capital Partners.
 Les acteurs traditionnels du secteur juridique organisent concours de start-up de la justice et hackathons, en réaction
 disruption, les avocats uti- lisent ces outils numériques pour améliorer leur activité. En effet, de nombreuses start-up du droit, loin de vouloir prendre la place des 60 000 avocats qui exercent en France, veulent en faire leurs clients. C’est par exemple le cas de Doctrine. fr, qui se présente comme
lisé sous forme de licence (129 euros par mois et par utilisateur, ou tarif négocié au-delà de dix utilisateurs). Doctrine a été fondée début 2016 par Nicolas Bustamante (diplômé de l’ENS), Raphaël Champeimont et Antoine Dusséaux (diplômé de Po- lytechnique et Berkeley). La start-up, qui compte une
Case One (logiciel de gestion pour les cabinets d’avocat), Deepblock (blockchain), Dicma (dictée automatisée), Gino Legaltech (automatisa- tion de la rédaction d’actes juridiques), Jarvis Legal (aide à la gestion des cabinets d’avocat), Legal Suite (éditeur de logiciels juridiques), Luxia (intelligence artificielle et
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Enfin, un magistrat qui n'accélère pas les procédures à 11h55...
]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[ Créer aujourd’hui
Comment séduire les grands groupes? ................................ p49
Business guides
- Le numérique au service du MICE......................................p52 - Flottes automobile : trouver la nouvelle équation ............. p58
   CAHIER PRATIQUE
CAHIER PRATIQUE
 Conseils, astuces et nouveaux outils
Pour cette édition, EcoRéseau Business est parti interroger les start-up et les grands groupes pour comprendre comment établir des relations commerciales sereines. Deux autres dossiers également à l'ordre du mois pour les services généraux, les directions achats et directions générales: un dossier MICE qui met en exergue les apports du numérique et un dossier flottes automobiles pour saisir les dernières tendances du marché du véhicule d'entreprise en attendant le changement de législation prévu pour septembre. Bonne lecture.
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]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[   CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
La création d’entreprise, c’est avant tout du concret et de l’opérationnel. D’où cette rubrique qui explore de manière très pratique l’une des phases de l’entrepreneuriat.
Développement commercial
Et si la pérennisation de votre activité passait par les grands comptes ?
    Adoptez une attitude modeste, sinon gare au grand compte qui fait tout vaciller...
Les majors de la construction, les grands
du milieu bancaire, les géants industriels... Ils peuvent paraître hors de portée pour une jeune entreprise. Et pourtant... Ce graal est atteignable à tout entrepreneur justifiant d’une réelle innovation. A condition qu’il sache dompter et chouchouter les décideurs de ces grands comptes. Conseils.
Par Stéphanie Gallo
mon métier. C’est compliqué de faire entendre que mon offre est réellement innovante. » Et d’ajouter : « Sans compter qu’avec un grand compte, vous êtes peut-être payé avec des délais plus ou moins importants mais vous finissez toujours pas être payé. » Avec dix salariés, une quarantaine de grands comptes dans son portefeuille clients et une rentabilité à faire pâlir d’envie tout le secteur de la com’, Charlotte Hoang-Bitar semble avoir choisi un chemin extrémiste mais fortement créateur de valeur.
Sans aller aussi loin que la patronne de Hippie, se tourner vers les grands comptes est la plupart du temps un choix gagnant pour la jeune entre- prise. Avec eux, crédibilité et gros marchés sont en général au bout du chemin.
crédibilité
et bUsiness «L’intérêtmajeurdetravail- ler avec un grand compte est d’attirer une référence pre- mium. Pour une start-up, cela change tout de dire que Re- nault ou Danone lui ont fait confiance », explique Cécile
Viniane, à la tête du cabinet de conseil Elixir, spécialiste de la stratégie commerciale. « Les grands comptes ont la réputation d’avoir un process de rigueur et de sélection ex- trêmement précis. Avoir passé toutes les étapes est un gage de sérieux. » Julien Legat, codirigeant de l’agence de business development stépha- noise Kosmoss, confirme. Il vient de décrocher son premier contrat avec un grand compte : un design sprint pour L’Oréal. Et il compte bien le faire valoir auprès de ses clients. « On ne va pas faire un cocorico sur tous les toits, ni de grandes annonces phosphorescentes sur notre site internet mais il est évident qu’on va s’en servir. En termes d’image, c’est un grand pas en avant. » Mêmes espoirs du côté de Christophe Giraud, patron de la start-up Swabbl (cinq salariés, CA 2017 : 100 000 euros). Il est à l’origine d’une plateforme collaborative BtoB dédiée au business. Il a signé récemment avec l’entreprise Intrasoft International (1 800
salariés) et entend bien lui aussi s’appuyer sur cette première belle référence pour se créer une meilleure visibilité.
Et puis, évidemment dans grands comptes, il y a grands... Cela signifie plus de besoins, plus de moyens. « Grands comptes = gros contrats souvent, avec la plupart du temps de la récurrence », sou- rit Georges Liberman. C’est lui qui avait créé, en 1998, l’entreprise Xiring, autour du porte-monnaie électronique. Il avait rapidement bifurqué sur l’authentification pour l’Inter- net bancaire et sur les lecteurs de cartes vitales. La première activité a été rachetée en 2018 par Gemalto, la seconde en 2014 par Ingenico. Il est aujourd’hui président du comité d’inves- tissement du fonds Hi-Inov. « La relation de confiance qui s’instaure avec le grand donneur d’ordre permet d’avoir accès à d’autres services et à d’autres marchés. Les process sont longs et complexes dans les grandes entreprises. Elles ne changent pas de fournisseur sur un coup de tête. Si vous
donnez satisfaction, vous avez de bonnes chances de rester longtemps dans la place. » Eric Burdier, cofondateur de l’accélérateur lyonnais destiné aux jeunes pousses positionnées sur la transformation digitale de grands clients en BtoB, voit d’autres avantages à la collaboration avec un grand compte : « Il peut devenir un futur investisseur, ou un inté- grateur, ou un distributeur, ou un bac à sable. » Bref, tous les experts sont unanimes : comp- ter de grandes marques dans son portefeuille est souvent un facteur de réussite. Reste donc à les séduire...
premier pas
Comme dans toute chose, le plus difficile est souvent le pre- mier pas. Une fois convaincu le premier grand compte, il sera plus facile de frapper à la porte des autres en faisant état de cette première victoire. « C’est un cercle vertueux. Les cadres des grandes entreprises se parlent, se rencontrent dans des clubs business ou infor- mels. Cela fait boule de neige.
 «A
la création de mon entreprise,
Il me fallait donc avoir en face de moi un client avec un grand niveau de maturité afin qu’il comprenne ce que je fais et qu’il en accepte la valeur. Les grands comptes consomment beaucoup de prestations. Ils savent que ma proposition de valeur est différente et qu’elle vaut le tarif affiché. »
Une question de prix donc, mais pas seulement. « J’ai créé une start-up et pourtant je ne veux pas travailler avec les start-up. Pourquoi?Jesuisbienplacée pour savoir qu’elles vont pivo- ter dix fois, que les briefs vont être instables. Et puis, avec une start-up, vous discutez directement avec le patron. Or, il n’est pas spécialiste de
j’ai décidé que je ne travaillerai que pour des grands groupes. Pas de PME, pas d’agence, pas de start-up. Uniquement des grands comptes. » Une ligne directrice ambitieuse que Char- lotte Hoang-Bitar, à la tête de Hippie (agence parisienne de creative content spécialisée dans la datavisualisation), tient scrupuleusement depuis cinq ans.Sansjamaisdépasserla barrière fixée. La dirigeante n’a pas fait ce choix par snobisme mais pour des questions straté- giques de survie. « J’ai inventé un segment de marché dans le secteur du contenu éditorial.
  Négociations
Attention aux rapports de force !
« C’est un peu le pot de terre contre le pot de fer, souligne Cécile Viniane. Et ça se joue à tous les instants. Par un regard, par un mot, un décideur d’une grande en- treprise peut vous faire comprendre que vous avez de la chance de pouvoir tra- vailler avec lui. » A chacun d’accepter, ou pas, selon ses propres limites et besoins. Mais dans tous les cas, il est important de négocier les prix et les délais de paie- ment. « Il ne faut pas se mettre en position d’infériorité, en gardant bien en tête une ligne en dessous de laquelle vous ne pou-
vez pas descendre. Il faut se respecter et pouvoir vivre de son travail », insiste Jean Tuloup, dirigeant d’une entreprise de for- mation à la communication créée il y a deux ans. « Pour eux, une différence de quelques pourcents ne change pas grand- chose bien souvent. Mais nous, cela peut mettre en péril notre entreprise. » Une exception néanmoins, selon Eric Burdier : « Il peut être utile de «sous-pricer» si la start-up est trop en avance sur son mar- ché. Elle peut avoir besoin d’acheter ses références. »
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
 Sans compter qu’ils changent aussi souvent d’entreprise, sur des niveaux de fonctions similaires, en emmenant avec eux les adresses de leurs four- nisseurs privilégiés », souligne Charlotte Hoang-Bitar. Tho- mas Effantin, le jeune patron de Trusk, start-up parisienne prometteuse et spécialisée dans le transport immédiat de marchandises, va dans le même sens : « Nous avons d’abord réussi à contractua- liser avec Leroy Merlin. Cela nous a ouvert les portes de nombreuses autres grandes enseignes. »
Alors, comment emporter le premier grand compte ? Com- ment atteindre ces multina- tionales dont la liste des di- rections est plus longue que le bras ? « C’est aujourd’hui très facile d’avoir un premier contact. Dans les salons, les conférences, les événements liés à l’innovation comme les hackathons ou les start-up week-ends, par les réseaux sociaux, via le monde univer- sitaire... Obtenir un premier rendez-vous est très simple », affirme Cécile Viniane. « En re- vanche, la plupart des start-up ne qualifient pas assez tôt leur interlocuteur. Elles font l’erreur de penser que la personne qui a accepté le rendez-vous est
forcément celle qui décide. Elles ne pensent pas qu’il peut en être autrement ou elles n’osent pas poser la question », complète Eric Burdier d’Axe- leo. Une erreur, source d’une perte de temps infinie. « Il faut absolument vérifier que la personne en face de nous a la capacité de décider du budget ou pas. Sinon, c’est un coup pour rien. Or, dans une start-up, le facteur temps est essentiel. Perdre trois ou six mois avec le mauvais interlo- cuteur peut être fatal. Il faut savoir dire non. » Pour s’en assurer, Georges Liberman, l’ex-patron de Xiring, a une recette infaillible... « Trouvez le moyen de facturer rapidement ! Un conseil, une maquette, une étude..., n’importe quoi. Cela permet de valider rapidement le niveau de responsabilité de la personne avec laquelle on est en discussion. »
premier rendez-voUs : comment convaincre ?
Vous avez réussi à entrer ? Vous avez en face de vous le bon décideur ? Bravo. Mais commence maintenant la partie la plus difficile de votre his- toire avec les grands comptes. Etienne Krieger, professeur
affilié à HEC, spécialiste de l’entrepreneuriat, n’y va pas par quatre chemins. « L’offre doit être vraiment différente. Elle doit permettre au grand compte de régler un problème. Sinon, vous serez relégué im- médiatement au service achats. Et là... c’est perdu d’avance. Il ne s’agira plus que d’une question de prix. » Georges Liberman, ex-patron de Xi- ring, complète : « Dans la présentation de son offre, il
les startuppers débutants et trop enthousiastes. Ensuite parce que vous n’avez pas forcément toutes les données. Ce n’est pas parce que votre service ou votre produit vous semble idéal pour solutionner tel ou tel problème qu’il réglera l’en- semble des problématiques du grand compte. N’oubliez pas que vous ne connaissez sans doute votre prospect que par un petit bout de la lorgnette. Damien Huyghe, codirigeant
mêlés de leur management interne. Ils sont restés courtois mais nous avons eu droit à a une exécution en direct. Nous n’en avons pas dormi pendant quinze jours. »
Mais même avec une pro- position de valeur ultra-per- tinente, présentée en toute humilité donc (!), si le grand compte vous sent trop fragile, il ne signera pas. Il est donc absolument indispensable de préparer très minutieusement
bresaut conjoncturel. Quitte à enjoliver légèrement la réalité. Sans trop tirer sur la corde évidemment. En ne lésinant pas sur les relations presse par exemple. Si le prospect vous «googlise», il sera rassuré de voir que des journalistes vous ont déjà consacré quelques lignes. Ou en recrutant des seniors qui ont déjà l’habi- tude de manier ces grandes entreprises. « Vous pouvez aussi mettre en exergue un advisory board bien pourvu », conseille également Etienne Krieger. Charlotte Hoang-Bitar est allée plus loin encore. Trop peut-être. Elle l’admet d’ailleurs sans détour. « Mon premier grand client était Michelin. Je venais de m’installer dans un centre d’affaires. La directrice des relations extérieures m’a annoncé qu’elle passerait me voir le lendemain. J’ai fait venir deux copains en leur demandant de jouer le rôle de salariés et j’ai demandé aux autres locataires du centre d’af- faires de jouer le jeu. Comme sur des roulettes... »
A chacun son style et ses as- tuces, mais toutes les routes doivent vous mener à.la confiance de votre prospect. Faute de quoi, vous pourrez retourner à la case départ.
 L’humilité est de mise même si votre offre vous semble révolutionnaire
 faut absolument prendre en compte la résistance au chan- gement extrêmement forte dans ces grandes entreprises. Il est donc nécessaire de leur mâcher le travail en quelque sorte, de prendre en charge tous les aspects du déploie- ment du service, y compris la formation des salariés et la communication avec les clients finaux si besoin. » L’humilité est également ab- solument de mise même si votre offre vous semble ré- volutionnaire. D’abord parce que c’est une question de sa- voir-vivre parfois oubliée par
de Idenea à Grenoble, agence conseil en ergonomie, en a fait lesfraisilyaprèsde15ans alors qu’il débutait comme jeune entrepreneur. « Nous avions réussi, avec mon asso- cié, à être reçus par le Codir de Soitec. On leur a raconté ce qu’on faisait pendant cinq minutes. Puis, on a passé les trente suivantes à leur expli- quer ce qu’ils devaient faire, à leur répéter que leurs salariés étaient trop sous pression en raison de la forte croissance de l’entreprise. » Et de recon- naître : « Nous avons été trop prétentieux, nous nous sommes
l’entretien. Et, si possible de ne pas y aller seul. « Vous avez souvent en face de vous plu- sieurs personnes. Il vaut donc mieux se présenter à forces égales », sourit Etienne Krieger. « Le grand compte a besoin d’être rassuré car la personne signataire peut risquer sa place si elle se trompe ! Ces grandes entreprises aiment l’idée de travailler avec des start-up innovantes mais elles n’aiment pas du tout l’idée du risque... » Il s’agit donc de montrer patte blanche, de leur assurer que vous ne leur claquerez pas entre les doigts au moindre sou-
 avec
altoavocats.com
Ce mois-ci notre chronique se penche sur un cas qui arrive souvent dans la vie d’une entreprise : la perte d’un client stratégique.
Dans notre cas, une société de services infor- matiques assurait la maintenance de nombreux établissements culinaires depuis plusieurs années pour une somme fixée annuellement de plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Les relations entre les parties étaient marquées par une telle confiance qu’elles avaient commencé à discuter d’un contrat mais que celui-ci n’a finale- ment jamais été signé et les factures présentées par la société avaient permis pendant plusieurs mois d’assurer la relation. Après quelques mois, elles se décidaient tout de même à signer un contrat annuel avec reconduction tacite. Malheureusement, le contrôle des établissements clients de cette société de maintenance avait changé et les nouveaux actionnaires ont entrepris de tout revoir de fond en comble dont ce contrat. Fidèles à la réputation qui les précédait, ils cessaient du jour au lendemain la prestation qui avait pourtant commencé depuis plusieurs années par un simple
courrier ne contenant aucune explication. Simplement, entre commerçants la bonne foi pré- vaut et le droit protège la partie victime de cette rupture brutale d’une relation commerciale établie. Ainsi, si des relations commerciales «établies» existent, peu important l’existence d’un contrat, l’article L. 442-6 du Code de commerce prévoit une protection.
Pour déterminer si une relation commerciale peut ou non être qualifiée d’établie, notamment en l’absence de toute convention, la jurisprudence prend en compte plusieurs critères tels que :
la durée des relations entre les partenaires ;
la continuité de celles-ci ;
l’importance du chiffre d’affaires réalisé. Cependant, le critère de la durée reste souvent prépondérant. Une succession de factures peut être suffisante pour conclure à l’existence d’une relation commerciale établie.
Cette solution initialement prévue pour protéger des abus dans le secteur de la grande distribution permet ainsi de lutter contre l’habitude prise par certains distributeurs de dénoncer systématique-
ment, quelques semaines avant leur renégociation pour l’année suivante, les contrats qui les lient avec leurs fournisseurs.
L’application des dispositions du Code de com- merce n’est pas subordonnée au motif de la rupture. Ce n’est pas la cause de la rupture qui engage la responsabilité de son auteur mais bel et bien le caractère brutal de la fin des relations commerciales.
En l’espèce, les conditions très cavalières de la rupture permettaient de réclamer à la société cliente d’avoir à payer un préjudice réel. Le pré- judice indemnisable devait alors être calculé de la manière suivante : multiplication de la période de préavis qui aurait dû être donnée par la moyenne du bénéfice réalisé antérieurement à la rupture. Conclusion : si un client que vous savez défini- tivement perdu se croit permis de rompre bruta- lement votre relation d’affaires, n’hésitez pas à invoquer le Code de commerce pour rétablir un équilibre et vous permettre de vous reconvertir ou de réorganiser votre entreprise.
Perdre un gros client : comment réagir ?
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Le droit en pratique
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                  LA CLÉ DE LA TRANSFORMATION DIGITALE
Pour affronter de nouveaux défis, vos activités ont appris à s’adapter en permanence. Il est donc normal que vous exigiez autant de votre système d’information. En vous apportant une expertise de plus de 10 ans et un éventail de solutions adaptées à l’ère digitale, JALIX vous aide à vous consacrer pleinement à votre
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    ]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
Dans chaque numéro, EcoRéseau Business s’intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeant (logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l’avis des prestataires et conseils
Le numérique au service du MICE
Impérieux recours au digital ?
   Mots-clés
1 Gagner du temps pour mieux l’utiliser 2 Le numérique pour innover
3 Accompagner une démarche d’entreprise 4 Valoriser ses collaborateurs
5 Evaluer ses actions
Comment utiliser le numérique dans une opération dédiée à l’humain ? Le tout digital ne va-t-il pas à l’encontre des objectifs recherchés dans l’incentive ou le team building ? Nous avons essayé de savoir comment le numérique venait au service de l’humain dans ce marché particulier du MICE.
Par Emilie Massard
Le numérique s’invite aujourd’hui sur tous les marchés, et l’incen- tive, comme le teambuilding, ne font pas exception. Quel que soit l’objectif d’une entreprise, remotiver ses troupes, intégrer de nou- veaux salariés, récompenser un service ou créer une cohésion d’équipe, le numérique est incontournable. Il est partout, de la recherche d’un lieu pour accueillir un événement aux outils proposés pour mieux communiquer
au sein d’une équipe, en passant par le contenu des animations proposées pour un team building. Le numérique est omniprésent, mais il ne doit pas voler la vedette à l’humain. Celui-c.i est en effet au cœur des démarches incentive et opérations de team building organisées par les entreprises, qui doivent veiller à ne pas passer à côté de leur objectif principal : créer ou retrouver du lien par l’échange.
 Fiction : quand le virtuel déborde sur le réel
  Lorsqu’il croise les collaborateurs de son service
dans les couloirs de son entreprise, Sofiane ne
peut s’empêcher de noter leurs mines renfrognées,
et leur visage qui semble se fermer davantage
lorsqu’ils l’aperçoivent. C’est un signe qui ne
trompe pas, et même s’il n’a pas pris la peine
d’évaluer les résultats des dernières actions qu’il
a entreprises 5, il est bien conscient qu’elles
n’ont pas porté leurs fruits et que l’ambiance
ne s’est pas améliorée dans le service. Il avait
pourtant cru bien faire lorsqu’il avait proposé à
son patron de mettre en œuvre la réorganisation
de son service pour améliorer la productivité de
l’équipe, celle-ci montrant des signes de démo-
tivation. Il a donc mis en place force outils issus des nouvelles technologies pour communiquer autour de cette nouvelle organisation et permettre à ses collaborateurs d’échanger sur le sujet 3. Mais la communication est restée du domaine du virtuel, et ses collaborateurs ne se sont pas vraiment impli- qués dans l’utilisation de ces outils, faute peut-être d’accompagnement et de sensibilisation de sa part. Pour symboliser le lancement de cette nouvelle ère pour l’équipe, il a aussi organisé une opération de team building. Il a passé tellement de temps à construire l’événement parfait, en cherchant un
lieu insolite et une activité innovante, qu’il a finalement relégué le jour J au deuxième plan dans son agenda, et n’a fait qu’une apparition rapide pour lancer les animations 1. Un com- portement qui n’a fait qu’accentuer la distance entre le manager et son équipe. Et à trop vouloir innover, Sofiane a choisi une activité certes inédite pour ses collaborateurs, mais surtout beaucoup trop physique pour certains d’entre eux, et peu adaptée à la cohésion d’équipe. Ses collaborateurs n’ont finalement que peu apprécié l’activité qui ne leur a pas permis de réels échanges, voire s’est avérée un moment pénible pour certains 2. Ceux-ci ne se sont
donc pas vraiment sentis valorisés, de la même manière que lorsqu’ils ont reçu un mail les informant que leurs objectifs seraient désormais suivis en ligne, sous la supervision constante de leur manager 4. A nouveau, l’initia- tive aurait peut-être mérité d’être accompagnée dans le "réel" afin d’éviter que les collaborateurs n’aient l’impression d’être surveillés en permanence dans leur travail par leur chef. Décidément, la motivation de son équipe n’est pas près de remonter en flèche, comme il l’espérait...
   52
MAI 2018 | ecoreseau.fr
Un rêve caché pour les organisateurs ?
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                           www.lemeridiennice.fr
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        ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  1
gagner dU temps poUr mieUx l’Utiliser
   2
Dans le domaine du team building, l’offre est aujourd’hui très importante. Il suffit de surfer quelques minutes sur Inter- net en ayant tapé le mot-clé pour faire face à pléthore d’activités proposées par différents acteurs du secteur, qu’ils soient agences événementielles, lieux de réception ou structures faisant la promotion d’un territoire. Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver, et on peut perdre beaucoup de temps dans cette première phase qu’est l’organisation en elle-même. Pas
question bien sûr de bâcler cette étape qui permettra de construire l’événement le plus adapté aux objectifs de l’entreprise, mais il existe tout de même aujourd’hui des services numériques qui permettent de l’optimiser. C’est le cas de la plateforme Kactus.fr, dont l’objectif principal est d’optimiser le plus possible la réservation d’un événement professionnel. « Aujourd’hui, les entreprises passent parfois par des agences qui leur prennent des commissions importantes. Nous avons pensé notre plateforme pour leur simplifier la vie et réduire les coûts », indique Alexis Fournier, responsable marketing chez Kactus. « Pour beaucoup d’événements, en effet, les entreprises n’ont pas besoin d’une agence, dont le travail se résume dans certains cas à compiler une liste de prestataires. Nous avons donc eu l’idée de mettre en place une plateforme de référencement de lieux d’accueil d’événements MICE, une sorte de Booking.com dédié aux professionnels. » Kactus qualifie donc la demande de ses clients sur sa plateforme, ce qui lui permet d’obtenir des devis très rapidement. Un système de messagerie permet également au client de communiquer directement avec le prestataire du lieu. Mais la plateforme a aussi une équipe spécialisée par domaine d’activité et par type de lieux, ce qui permet
d’apporter une réelle expertise aux clients. « Notre équipe est là pour accompagner et rassurer le client, précise Alexis Fournier. On ne peut pas digitaliser totalement le process, nous devons être présents pour nos clients. Si certains sont très autonomes, d’autres ont besoin d’un accompagnement, notamment pour mieux qualifier leur demande. Certains sont même parfois surpris d’être rappelés par un de nos collaborateurs après avoir posté une demande sur notre plateforme ! » En gagnant du temps pour choisir leurs prestataires, les entreprises peuvent ainsi en consacrer davantage à l’activité qu’elles souhaitent proposer à leurs collaborateurs pour privilégier l’échange entre eux. Au sein du groupe hôtelier Barrière, on est par exemple toujours en veille pour innover et proposer de nouveaux services à ses clients. De l’application mobile pour promouvoir un événement à un nouvel espace sur son site internet pour fluidifier l’information, tout est fait pour améliorer l’efficacité de l’organisation et ainsi optimiser la dimension de plaisir des événements.
le nUmériqUe poUr innover
 Lorsqu’ils recherchent une activité de team building à proposer à leurs collaborateurs, les chefs d’entreprise ou managers d’équipes n’ont pas toujours d’idée précise en tête. Un mot revient pourtant souvent dans le brief de départ qu’ils soumettent à leurs interlocu- teurs : l’innovation. Les boot camps et autre escape games sont déjà des classiques et doivent se renouveler pour attirer l’attention des entreprises. Les prestataires doivent proposer du nouveau, et lorsque l’on parle d’innovation, le numérique n’est jamais loin. « Lors- qu’elles viennent vers nous, les entreprises demandent de l’innovation et du numérique, sans plus de précision »,
note Dorianne Wotton, creative technologist et consultante en e-marketing au sein de L:EDigitalab, un cabinet de
conseil en digital qui accompagne les entreprises dans leurs démarches de digitalisation et propose des activités de
team building. « Les entreprises ont très envie de numérique, parce que cela fait écho à leur organisation interne,
par exemple, mais elles ne savent pas comment le mettre en œuvre. Notre travail est donc de re-contextualiser leur
demande pour savoir si elles ont déjà une sensibilité autour du numérique, si elles ont besoin d’accompagner une
transformation digitale ou si elles souhaitent simplement sortir du team building classique. L’objectif de l’opéra-
tion est évidemment très important. Nous ne proposons pas la même prestation si l’objectif est de travailler sur les
tensions qui existent au sein d’une équipe ou s’il est d’aider une équipe à apprendre à mieux se connaître. Lorsque
tous les collaborateurs découvrent en même temps une activité qu’ils n’ont jamais réalisée, l’entraide et les échanges
sont plus importants. » De l’atelier de prototypage pour créer une œuvre interactive, à la robotique, en passant par le
scan des participants pour qu’ils repartent avec une statuette imprimée en 3D à leur effigie, le numérique se glisse partout dans l’offre de team building pour l’amener à se renouveler. La société I-Way, à Lyon, a même réussi à proposer une offre qui mêle travail colla- boratif et réalité virtuelle. Avec I-Reality, la société lyonnaise propose une véritable expérience de réalité virtuelle collaborative en développant un scénario dans lequel jusqu’à six participants peuvent évoluer en simultané pendant 30 à 40 minutes. Les participants sont projetés dans l’espace à destination de la station spatiale internationale, avec une mission bien précise à réaliser, et doivent faire preuve de réflexion, d’agilité et d’esprit d’équipe pour l’accomplir. Mais le numérique a aussi un autre atout dans sa manche, celui de désacraliser le code et le digital pour certaines entreprises. « Avec des team building numériques, nous pouvons proposer des moyens plus ludiques pour que les collaborateurs aient moins peur du digital et apprennent par exemple les bases du code, précise Dorianne Wotton. Nous pouvons ainsi montrer que les outils numériques sont des vecteurs de communication et peuvent être des facilitateurs dans certaines équipes. Mais nous avons également déjà travaillé avec des équipes qui ne communiquaient plus à force d’abus de l’outil numérique. Dans ce cas-là, nous leur montrons que ces outils ne doivent pas entraver la communication et nous leur réappre- nons à bien les utiliser. » Si le numérique est partout, il ne doit toutefois pas être utilisé à tort et à travers, et bien souvent les outils numériques ne se suffisent pas à eux-mêmes.
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]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
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accompagner Une démarche d’entreprise
 L’organisation d’un événement de team building ponctuel ne suffit pas toujours pour renforcer la cohésion d’une équipe et améliorer la moti- vation des troupes. Un travail quasi-quotidien est parfois mis en œuvre par certains dirigeants pour assurer cette cohésion et cette motivation et, bien sûr, le numérique est là pour les aider. Certaines entreprises entreprennent même une démarche qui s’intègre complètement dans leur gestion quotidienne des ressources humaines en proposant des actions et des outils complémentaires à leurs équipes. Car la complémentarité est bien le maître-mot utilisé par de nombreuses entreprises. Tout comme une journée de team building, la seule utilisation d’outils numériques
ne suffit pas à réussir un tel projet. Celle-ci doit s’intégrer dans une démarche plus générale de motivation des équipes. Christophe Bergeon l’a bien compris. Il est le co-fondateur de la start-up Zestmeup, qui a développé l’application Zest, dont l’objectif est de développer la motivation, mais aussi l’efficacité et la réussite des équipes au sein d’une entreprise ou d’un service. L’outil permet d’envoyer des sondages, des remerciements, pousse à la créativité grâce à la mise en place d’une boîte à idées, etc. « L’outil favorise les échanges, la communication et la bienveillance, indique Christophe Bergeon. Il est très adapté au fonctionnement d’une en- treprise dont les équipes se font et se défont en permanence au gré des projets, en favorisant la libération de la parole. Grâce à l’outil, on s’aperçoit que les entreprises recommencent à organiser des pots en soirée, donc le digital ne vient pas en opposition, mais en complément de leur démarche. » Ce sont d’ailleurs les utilisateurs qui parlent le mieux de ces outils, comme l’entreprise T&B Vergers, qui cultive, conditionne et vend des pommes et des poires dans le Pas-de-Calais. Cette entreprise familiale de 40
collaborateurs a décidé de reprendre en main la motivation de ses collaborateurs en 2013. « Nous avions un climat social avec des hauts et des bas, dans un contexte de métiers difficiles et très «accidentogènes», explique David Varras, PDG de la société. Nous avons profité de l’agran- dissement d’un bâtiment pour changer de méthode et impliquer nos collaborateurs dans l’évolution de l’entreprise. Nous avons mis en place de nombreuses actions pour rendre notre organisation plus horizontale. Notre objectif était de remettre l’homme et la nature au cœur de notre fonctionnement. Nous avons donc cherché des outils pour lever les barrières managériales. » Réveils musculaires, ateliers de relaxation, co- mités sur différents thèmes, mais aussi l’application Zest sont alors mis en place. En deux ans, le taux d’absentéisme de l’entreprise est passé de 12 à 1,5 %. Pourtant, l’utilisation d’outils numériques n’était pas forcément aisée dans une entreprise qui n’en avait pas la culture. « Nous avons mis des postes informatiques et des tablettes à disposition des collaborateurs et tout nouvel arrivant est formé à l’utilisation de Zest, comme à n’importe quel logiciel que nous utilisons dans le cadre de notre activité. » Bien accompagnés, les collaborateurs se sont donc investis dans l’utilisation de l’application, en renseignant leur humeur du jour par exemple. « Nos actions ont renforcé l’esprit d’équipe et la cohésion. Nous avons par exemple organisé un réveil musculaire tous les matins, ce qui a permis de renforcer la proximité des équipes. Et autour de cela, Zest a imprégné ce sentiment dans l’entreprise, estime David Varras. L’outil vient préciser des idées et les concrétiser pour suivre la philosophie d’entreprise que nous nous sommes fixée. »
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Action ponctuelle ou démarche de transformation profonde, opé- ration de team building ou incentive au long cours, peu importe, c’est le résultat qui compte ! Et celui-ci n’est pas toujours facile à mesurer, il faut s’en donner les moyens. Rien ne sert en effet mettre en place force actions si c’est pour ne pas en mesurer les résultats ensuite. Et encore une fois, le numérique se tient en embuscade pour aider les entreprises dans cette évaluation. Les applications proposant une évaluation à chaud après un team building sont lé- gion, et les outils ne manquent pas pour
envoyer des sondages directement sur le
smartphone des participants. « Un outil tel
que Zest permet par exemple d’identifier
les leviers de la motivation en envoyant des
sondages, explique Christophe Bergeon. Les
résultats sont parfois surprenants ! Nous
fournissons des outils aux entreprises pour
qu’elles aient du feedback permanent, pour
qu’elles puissent avoir une vision agile de
la gestion d’une équipe. » Grâce aux outils
numériques existants, et notamment ceux
qui s’utilisent sur la durée, les entreprises peuvent identifier rapi- dement les signaux faibles au sein d’une équipe et ainsi les traiter très rapidement. « Notre démarche d’évaluation est plus collective », ajoute le fondateur de Zest. « Les entreprises performantes sont celles qui ont un collectif performant, c’est ce que nous essayons de montrer. Des outils existent pour augmenter l’épanouissement des équipes, et le digital y participe pleinement. »
  valoriser ses collaborateUrs
evalUer ses actions
Dans l’incentive, le numérique est présent depuis longtemps, et permet un suivi et la récompense des meilleurs collaborateurs, souvent des commerciaux, d’une entreprise. Attention toutefois à ne pas en faire un outil impersonnel qui manquerait sa vocation de motiver les troupes. « Evidemment, les dotations d’un challenge sont
souvent motivantes pour les commerciaux, mais un suivi qualitatif est également important », note Roland Deponge, directeur général de Motivation Factory France, une plateforme dédiée à la moti- vation des collaborateurs et à l’innovation colla- borative. « Notre plateforme peut ainsi également servir à mettre à disposition des outils d’aide à la vente, à faire du partage d’expérience, etc. Les entreprises ne veulent pas d’une plateforme où les commerciaux viennent uniquement chercher leur cadeau à la fin d’un challenge. Le digital étant au cœur de tout aujourd’hui, les entreprises doivent
avoir un outil accessible à tout le monde et tout le temps. » Les plateformes qui animent les démarches incentive ne sont ainsi pas des réseaux sociaux, mais elles doivent créer une émulation et faire que les collaborateurs s’y retrouvent, pour les encourager à l’utiliser. « Certains clients s’en servent comme d’une plateforme d’animation commerciale à l’occasion d’un challenge ponctuel tandis que d’autres la font vivre toute l’année, voire l’intègrent à leur propre intranet », ajoute Roland Deponge, montrant ainsi que l’incentive est une vraie démarche de long terme que le numérique se fait un plaisir d’accompagner.
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]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                                         Choisissez le charme de cette demeure de prestige nichée au cœur de la forêt de Chantilly pour un séminaire sur mesure !
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]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  Flottes automobiles
Trouver la bonne équation
  Un marché de l’hybride toujours dynamique malgré la fin des dispositifs incitatifs.
Bien que les entreprises soient toujours consommatrices de véhicules, alors que le marché du particulier est lui, plus capricieux, leurs besoins et leurs demandes ont évolué avec le temps. Car, en plus d’être un
outil de productivité, la voiture de société est devenue un outil de communication interne et externe. Le point sur les nouveaux enjeux.
des sommes à cinq chiffres d’une seule traite, il s’agit du mode de financement idoine pour équiper leurs collabo- rateurs de véhicules neufs. En moyenne, les contrats de LLD s’étalent sur 36 mois, quand le particulier change en général de voiture tous les huit ans. Mais le lissage des coûts n’est pas la seule raison du succès de ce service. « La LLD s’accompagne en géné- ral d’un service de gestion de flotte externalisé, ajoute Laurent Penhouet. Ensuite, vous ne payez que les coûts liés à l’utilisation du véhicule, l’assurance et l’entretien étant pris en compte dans le contrat. De plus en plus de sociétés sont attirées par la LLD. » Toutefois, il convient de ne pas occulter une source de dépenses supplémentaires : les frais de remise en état. A la remise du véhicule, à la fin du bail, il arrive parfois que la facture s’alourdisse. Il est donc important de l’avoir à l’esprit. Jean-Loup Savigny, directeur commercial et marketing chez Leaseplan témoigne « Le mar- ché du véhicule d'entreprise reste en croissance. La LLD est toujours très présente. Avec la mise en place du plan de mobilité, les entreprises doivent désormais implémenter
de mobilité qui recensent le coût de la mobilité, le coût du travail et l'ensemble des mobilités au sein de l'entre- prise ». Ajoutons également que l'obligation du plan de mobilité pour les entreprises fait évoluer les moeurs.
fin de «la deUx places» avec logo Plusieurs facteurs expliquent cette conjoncture. Il faut dire que désormais, le véhicule fait partie intégrante de la politique salariale des entreprises. Cet avantage en nature n’est plus réservé au top management et est utilisé comme argument pour attirer ou conserver des talents, alors que l’utilisation à des fins privées et familiales est entrée dans les mœurs des employeurs. Le marché est également tiré vers le haut par la multiplication des véhicules utilitaires. L’essor du e-com- merce et des nouveaux modes de consommation “depuis son canapé” implique forcément d’acheminer les produits de- puis les rayons aux logements des clients. Or, les grosses agglomérations se sont peu à peu fermées aux gros trans- porteurs pour des questions écologiques et de régulation du trafic : une aubaine pour les fourgons et autres camion-
tation stratégique », appuie Arnaud Martinet, chef du département ventes société chez Toyota Europe. Il a vu la demande et le marché du véhicule d’entreprise évoluer, avec l’assouplissement des pratiques RH. « Autrefois, la voiture de société était assimi- lée aux “deux places”. Il y en a moins désormais. Les com- merciaux qui se déplaçaient chez clients et fournisseurs en voiture blanche avec banquette arrière condamnée et logo sur la portière sont de plus en plus rares. Ils roulent en voiture classique. » Véritable facteur de fidélisation et de valorisation des collaborateurs, la voiture de fonction moderne est de surcroît de mieux en mieux équipée. « La voiture est en- visagée comme une extension du bureau, illustre Arnaud Martinet. L’accent est davan- tage mis sur les finitions et les technologies, quitte à avoir des motorisations plus basses. »
le diesel, toUjoUrs le meilleUr allié des gros roUleUrs ?
La motorisation, voilà jus- tement l’un des enjeux ma- jeurs du marché du véhicule d’entreprise. Un domaine sur
Par Marc Hervez
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Pour une société dis- posant d’une flotte de 300 à 500 véhicules en location longue durée, le coût de revient est estimé dans une fourchette qui varie de 8 000 euros à 10 000 euros par voi- ture et par an. Des chiffres colossaux qui n’empêchent pas, malgré un contexte gé- néral de réduction des coûts, de voir le marché du véhicule d’entreprise croître encore et toujours. D’après l’Obser- vatoire du véhicule d’entre- prise (OVE), plus de 800 000 nouvelles immatriculations ont été enregistrées en 2017, un chiffre record, pour une croissance de 1,5 %. Mieux, sur le premier trimestre 2018, selon les chiffres de l’OVE, le
cumul des mises à la route en entreprise affiche une hausse de 6,5 % par rapport à 2017 sur la même période, avec un jour ouvré de moins cette année. Au total, le nombre de véhicules immatriculés au nom des entreprises excède les quatre millions. « Environ un quart de ce parc global est financé via la location longue durée », note Laurent Pen- houet, directeur commercial et marketing d’Alphabet France, filiale du groupe BMW, mais loueur BtoB multimarque qui gère en France une flotte de plus de 97 000 véhicules, répartis entre entreprises du CAC40, grands comptes, PME et TPE. Pour les sociétés n’étant pas en mesure de débourser
Si la géolocalisation des véhicules en temps réel a été source de résistances, la barrière semble tomber aujourd’hui
  d'autres solutions de mobilité qui réduisent certains risques. Cela passe par un audit. Et cela permet par exemple de se demander s'il faut privilégier la voiture ou le train pour un trajet de 300 km. Le diagnostic permettra de chiffrer le coût de la mobilité mis en perspective avec le coût du travail. Nous accompagnons ainsi les entre- prises en menant des audits
nettes. Conséquence, face à ce constat macroéconomique, de plus en plus de constructeurs ont vu dans le véhicule d’en- treprise une opportunité de développement, à l’heure où le marché des particuliers patine. C’est le cas, par exemple, de Toyota. « Nous avons aug- menté de 35 % les ventes aux sociétés par rapport à l’année passée, suite à une réorien-
lequel la fiscalité, les problé- matiques environnementales et le récent Dieselgate ont changé pas mal de choses. «Ilyadixans,98%denos clients étaient au diesel », es- time ainsi Théophane Courau, président de Fatec, premier gestionnaire indépendant de flottes automobiles en France. « Aujourd’hui, nos clients nous demandent de calculer chaque
 ]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                                           What’s next?
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]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 mois leurs émissions de CO2, signe que les mentalités ont changé. Ensuite, la différence de coût entre le diesel et l’es- sence s’est considérablement réduite. » Ainsi, l’essence conquiert à petit feu des parts de marché et se positionne de plus en plus comme l’alterna- tive au diesel dans les parcs automobiles des boîtes. A la fin du premier trimestre 2018, l’essence représente en effet 14,20 % des immatriculations au nom des entreprises. Soit 3,9 points de plus qu’à la même époqueilyaunan.Dansle même temps, “seulement” 63 000 immatriculations de véhicules diesel professionnels ont été comptabilisées en mars 2018, soit un recul de 3 %. Pour autant, le gasoil reste selon Théophane Courau le meilleur type de motorisation pour les collaborateurs dont le compteur facture plus de 20 000 kilomètres par an. « A vrai dire, nous conseillons aux entreprises qui doivent équiper de gros rouleurs «diesel ou diesel» », s’amuse-t-il. Pour les besoins intermédiaires, entre 15 et 20 000 kilomètres par an, l’essence semble une solution raisonnable, adaptée au rouleur moyen, qui a un usage quotidien mais essen- tiellement urbain.
Bien évidemment, d’autres types de motorisation modernes peuvent s’adapter à des usages professionnels, tout dépend des contraintes. Quid de l’hybride, par exemple ? « Sincèrement, hormis Toyota, qui est abor-
Part des énergies essence, diesel, hybride et électrique dans le marché des immatriculations de véhicules d’entreprise en France
(Source : Observatoire du Véhicule d’Entreprise)
Théophane Courau. Toutefois, la transition des parcs autos vers ce type d’énergie reste marginale. Et Jean-Loup Sa- vigny, directeur commercial et marketing chez Leaseplan de tempérer sur le sujet des motorisations : « Les cartes vont être rebattues au mois de septembre qui annonce de nouveaux arbitrages. Le calcul des émissions de CO2 va être encore plus contraignant pour les constructeurs. Et le coût de détention va de nouveau être travaillé. »
télématiqUe à grands renforts de lecteUrs de badge et de clefs person- nalisées
L’autre point sur lequel les entreprises disposant de flottes automobiles sont très regar- dantes, la télématique et les technologies embarquées. Quoi de plus logique, alors que nous vivons dans l’ère du tout-connecté ? Si la géo- localisation des véhicules en temps réel, grande thématique des années 2000, occasionnait
le véhicule de l’entreprise. Enfin, il y a un gain adminis- tratif non négligeable. Tout est reporté informatiquement, fini le carnet sur lequel on note une intervention sur le capot du véhicule... » Sur les 24 derniers mois, deux tendances ont fait leur appa- rition en termes d’innovation. En premier lieu, le lecteur de badge et la clef personnalisée. Depuis le premier janvier 2017, la loi impose aux entreprises l’identification du conducteur en cas d’infraction. Voilà qui retire une épine du pied des en- treprises adeptes des véhicules multiconducteurs. Retrouver le contrevenant au volant du véhicule tel jour à telle heure, autrefois un casse-tête, de- vrait être largement simplifié. L’autre problématique actuelle concerne l’optimisation de la conduite. Les véhicules intelligents étant désormais générateurs de data, l’em- ployeur peut s’assurer que ses salariés qui prennent la route conduisent dans le respect du véhicule, faire des comparai- sons si besoin, et les recadrer le cas échéant. « L’idée derrière cette technologie étant d’aider les conducteurs à s’améliorer. Il s’agit d’un élément supplé- mentaire de sécurité », appuie Julien Rousseau. Sa société a notamment mis au point une appli à destination des sala- riés, qui leur communique en temps réel les données compilées, et la notation que l’algorithme leur a attribuée. Si la télématique représente une vraie valeur ajoutée pour les véhicules d’entreprises comptant plusieurs utilisateurs, reste un enjeu de taille : la va- lorisation de la multitude de données collectées. C’est en tout cas l’avis de Théophane Courau. « Cette data doit être traitée. Les entreprises ont tout intérêt à créer un poste pour les analyser et les convertir positivement en termes de management. Car il est délicat en matière de RH de simple- ment dire à un commercial qui a des im.pératifs de ren- tabilité de freiner moins fort lorsqu’il va d’un rendez-vous à l’autre. »
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                         Diesel Essence
Hybride Electrique
    dable, l’ensemble des modèles hybrides sont réservés aux personnels de direction tant cette technologie est chère, notamment les marques alle- mandes », avance le président du groupe Fatec. Ce à quoi il faut ajouter la disparition des aides à l’achat depuis le 1er janvier dernier. Mais ce changement de législation n’a pas eu d’impact négatif, bien au contraire : l’hybride vient d’enregistrer une hausse de 42 % des immatriculations BtoB. En revanche, le président du Fatec tient à souligner la percée de l’électrique, dont les
progrès en matière d’autonomie n’ont pas laissé les entreprises insensibles. La voiture étant un outil de communication informelle, rouler en élec-
mars. « 300 kilomètres d’au- tonomie effective, ce n’est pas négligeable. Doter son parc de véhicules électriques peut être cohérent sur un usage de
 La valorisation de la data demeure un chantier majeur pour les gestionnaires de flottes
 trique permet de renvoyer une image positive. La preuve en chiffres : les immatricula- tions de véhicules électriques affichent une croissance de 32%enfévrieretde55,4%en
«site à site», avec borne de rechargement implantée, ou dans des grandes métropoles type Paris ou Grenoble. Mais à mon sens cette technologie ne convient pas à un commer- cial qui va de ville en ville. L’accès à l’infrastructure est primordial », analyse Théo- phane Courau. Il se souvient d’un client qui, il y a deux ans, a remplacé 30 Clio par 30 Zoé, le modèle électrique de chez Renault. Ce dernier s’était heurté à des craintes du personnel, qui craignait de voir son utilisation du véhicule dans le cadre privé chambou- lée. « Finalement, ceux qui ont basculé vers l’électrique ont une certaine fierté et ont changé leur mode de conduite. L’électrique n’a plus vocation à se développer exclusive- ment chez l’écolo-geek », note
parfois des problèmes RH internes, les collaborateurs ayant tendance à assimiler cette technologie à du “fliquage”, la barrière semble s’être écrou- lée. « Maintenant, même des comptes publics, des mairies ou des collectivités s’équipent de ces solutions. Il suffit d’en expliquer les bienfaits pour que ce ne soit pas perçu né- gativement », explique ainsi Julien Rousseau, PDG de Sui- viDeFlotte.net, solution de géolocalisation. « D’une, cela permet par exemple de don- ner des informations précises aux clients qui attendraient un dépannage. Ensuite, la géolocalisation est vecteur de confiance de la part de l’employeur. Résultat, on peut élargir l’usage et offrir au technicien la possibilité de rentrer à son domicile avec
 Marché du véhicule d’entreprise
Focus sur la croissance de l’électrique
Malgré de nombreux débats actuels sur le mix énergétique et notamment les alertes lancées par les constructeurs, l’électrique continue de grignoter des parts de marché. Dans les rues, l’engoue- ment s’observe à l’aune des scooters électriques de plus en plus nombreux à rouler silencieusement dans nos métro- poles. Côté entreprises, l’année 2017, a enregistré une hausse des immatricu- lations de 44,2 % selon l’OVE (Observa- toire du Véhicule d’Entreprise) soit 6 556 unités de plus. La part de marché passe ainsi à 1,4 % dans les VP, contre 0,97 %
il y a un an. Notons que tous segments confondus, l’électrique a vu ses immatri- culations progresser de 25,1 % en 2017, avec un total de 11 811 unités, pour une part de marché de 1,47 %. Et pour le dé- but de l’année 2018, les immatriculations de véhicules électriques, qui affichaient une croissance molle depuis le début de l’année (+32 % en février et +28,8 % en janvier), ont bien rebondi en mars, avec une hausse de +55,4 % à 1 672 unités (VP + VUL). Les immatriculations de VP électriques affichent pour leur part une progression de +70,1 % à 1068 unités.
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 Réseaux & influence
Décryptage d’un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networking
Le réseau FCE, femmes chefs d’entreprises
La force des relations
    À coups de partage d’expérience, et de création de vrais liens, le FCE France aide la cause de l’entrepreneuriat féminin depuis plus de 70 ans.
qu’une bourse d’échange de cartes de visite. « Le but est de mieux se connaître pour mieux s’aider : comme le di- sait notre fondatrice, seule on est invisible, ensemble on est invincibles, souligne Anne-Sophie Panseri. Le réseau ne cherche pas à accroître ses membres de façon exponentielle, mais un vrai partage de valeur. Les contacts se font natu- rellement, et évoluent na- turellement. » C’est l’une des raisons pour laquelle le mode d’entrée principal dans le réseau est la cooptation. Il compte aujourd’hui 1 900 membres, dont près de 1 400 qui possèdent leur entreprise – l’association compte égale- ment des cadres supérieurs dans les grandes entreprises, ce qui offre l’opportunité de pouvoir s’appuyer sur leurs compétences. « La mixité du regard est importante, conti- nue Anne-Sophie Panseri. L’une des forces de FCE est d’être multi-métiers, ce qui permet d’apporter une
une fois par mois. À cela, il faut rajouter quatre ren- contres annuelles au niveau national, qui sont encore l’occasion de se concentrer sur un thème d’importance.
accompagner le développement des entreprises dirigées par des femmes et aider la prise de mandat par les femmes
La mission que s’est donnée le FCE est double. Le premier objectif est d’accompagner le développement des en- treprises dirigées par des femmes. « Nous ne penchons pas vraiment sur la création d’entreprise, mais plutôt sur celles qui existent depuis plus de trois ans, explique Anne-Sophie Panseri. Nous voulons accélérer leur dé- veloppement et leur crois- sance. » Pour cela, le FCE France se repose principale- ment sur un outil : le partage d’expérience, que ce soit par des formations ou par des
de formations, conférences, interventions d’experts... Et au travers d’opérations spéciales, comme les «FCE Days», des thématiques plus larges sont adressées. Ils sont par exemple centrés cette année sur la notion de métamorphose. « Cela repose beaucoup sur le partage d’expérience, ex- plique Anne-Sophie Panseri, notamment en termes de transformation, d’apport du numérique, de passage du produit à l’usage... Les intervenants viennent ap- porter leurs compétences. » Le deuxième objectif est l’objectif historique, toujours aussi important aujourd’hui qu’hier : aider la prise de mandat par les femmes en matière de gouvernance économique – tribunaux de commerce, prud’hommes... Pour atteindre son but, le FCE France organise des rencontres avec les prési- dents de CCI et les syndi- cats patronaux ; l’idée est de comprendre les enjeux et
Par Jean-Marie Benoist
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
Le réseau FCE France est né en 1945, à l’ini- tiative d’une femme elle-même cheffe d’entre- prise : Yvonne-Edmond Foi- nant, maître de forge, bien en avance sur son temps. « Assez vite dans sa carrière, elle a ressenti le besoin de s’investir dans les enjeux économiques, et s’est vu op- poser une fin de non-rece- voir, raconte Anne-Sophie Panseri. Elle a alors voulu mobiliser autour d’elle ses congénères. Sa vocation a été d’inciter la prise de responsabilité des femmes dans les mandats patronaux, d’informer et de former ses membres, de promouvoir la solidarité, l’amitié et le partage d’expérience au tra- vers de liens privilégiés. Et le mouvement a rapidement
pris de l’envergure. » Il s’est également, très vite, ouvert à l’international : dès les années 50, la Belgique, l’Al- lemagne et le Japon fondent leurs réseaux. Aujourd’hui, la fédération FCEM réunit les associations nationales de 70 pays... Car le combat mené est toujours d’actualité. Si l’entrepreneuriat féminin est dans une situation plus favorable qu’il y a 70 ans – heureusement –, il reste des obstacles structurels et organisationnels qui le freinent ; et le meilleur re- mède, c’est le partage de modèles, de témoignages de femmes qui ont réussi ce parcours pour apprendre, et s’en inspirer.
créer dU lien
Le FCE France n’est ainsi pas
FCE France se repose principalement sur un outil : le partage d’expérience
FCE ou comment fédérer un maximum d’expertises au féminin.
  vision vraiment transverse, source d’évolutions. » Le FCE France entretient aussi des liens avec d’autres asso- ciations, le CJD, Initiative France, Force Femme... L’association compte 48 délégations, chacune à l’échelle d’un département. De nouvelles se créent ré- gulièrement : les Landes, la Guadeloupe, Saint-Pierre et Miquelon... Chaque délé- gation compte un bureau et une présidente, et se réunit
rencontres entre membres.
« Nous travaillons, au travers des délégations, au niveau local, sur plusieurs sujets : le financement, la croissance externe, l’entraide, le re- cours à des stratégies mul- ti-schéma ou multi-plan pour accélérer la croissance... », liste Anne-Sophie Panseri. Toutes les compétences dont on peut avoir besoin au quotidien dans la ges- tion d’une entreprise font ainsi régulièrement l’objet
le contenu de ces mandats. « Par exemple, ces mandats ne peuvent être pris que par un syndicat patronal, sou- ligne Anne-Sophie Panseri. Nous faisons comprendre l’importance de ces sujets. C’est pourquoi la formation est importante également – car on ne prend pas.un mandat simplement pour le mettre sur son CV ; il faut une action probante. »
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[                              www.audencia.com
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 Observatoire
Brèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles, les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivité
    Le verbatim à retenir...
LE CHIFFRE DU MOIS
37%
des salariés français déclarent songer à partir travailler à l’étranger dans les deux années à venir
Source : Etude Workforce View in Europe menée par ADP (Automatic Data Processing) publié le 25/04/2018
L’actu de l’enseignement supérieur et de la formation continue
ESCP étend ses partenariats en Chine
ESCP Europe renforce actuellement sa présence en Chine, grâce notamment à la signature d’accords avec l’Université de Tsinghua et au lancement d’une formation courte intitulée «ChinaMed Business Program».
ESCP Europe accueille aujourd’hui 400 étudiants chinois et souhaite en recevoir près de 600 dans les années à venir. L’école développe depuis toujours des partenariats avec le C9 – top 9 des universités chinoises, notamment l’université de Tsinghua, l’université de Pékin, l’université de Zhejiang et l’université
de Shanghai Jiao Tong. Elle envoie ainsi chaque année 250 à 300 étudiants en Chine que ce soit en stage, en learning expeditions et study trips ou en échanges universitaires et doubles diplômes.
Deux accords ont récemment été signés avec l’université de
Tsinghua : le premier concerne le programme ABMD (Art
Business Management Doctor) qui démarre en juin 2018 et dont le but est de donner aux participants le savoir-faire et les connaissances spécifiques nécessaires à la produc- tion et à la diffusion de biens et d’activités culturelles en Chine ; le second concerne le Bachelor in Management de ESCP Europe (BSc). Il prévoit le lancement à la rentrée 2019 d’une filière «Chine-Europe», soit une première année à Tsinghua et ensuite deux années sur nos campus européens. Les cours seront identiques à ceux dispensés aux étudiants qui suivent leur première année sur nos campus mais contextualisés à l’Asie. Cette filière s’inscrit parfaitement dans notre stratégie d’internationalisation et dans notre logique de préparer les futurs leaders à se mouvoir entre les cultures.
Enfin, cet été, un programme de six semaines est proposé par notre campus de Turin à de jeunes professionnels et étudiants envisageant une carrière internationale et qui sont conscients de la place centrale de la Chine dans l’économie mondiale, et aux en- trepreneurs cherchant à améliorer leurs compétences stratégiques dans le domaine de l’internationalisation des entreprises et du management interculturel et qui s’interrogent sur la meilleure manière de faire des affaires en Chine ou avec la Chine. Il se dérou- lera sur plusieurs campus de l’université de Pékin et mettra l’accent sur la dynamique commerciale entre la Chine et la région euro-méditerranéenne.
Source : ESCP
Nouveau positionnement chez GEM
GEM lance sa nouvelle plate-forme de marque pour orchestrer l'ensemble de ses com- munications, et ainsi fédérer ses communautés autour d'une marque unique. Premier outil : un film de marque impactant et ancré dans le monde actuel. « À Grenoble Ecole de Management, nous voulons faire plus que de la formation et de la recherche. Par le mouvement, l'expérimentation, la pensée en action ; par notre capacité à nouer
  L'éducation doit se donner comme objectif primordial la formation d'un individu capable, non de subir,
mais d'agir socialement
Pierre Trinquier, Le métier d’instituteur, 1979
          Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation
Travailler Autrement
PDG d’ITG, leader du portage salarial
Participez à la mission Coworking : J territoires, travail, numérique !
e suis fier d’annoncer le lancement de la consultation pu- blique nationale dédiée à la Mission Coworking : Territoires, Travail, Numérique, que m’a confiée Julien Denormandie,
secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires. Ouverte à tous ceux qui s’intéressent aux questions du dévelop- pement et de la cohésion des territoires, ainsi qu’à l’émergence de nouvelles formes de travail ou encore à la transformation des usages digitaux, cette consultation se déroulera jusqu’au 15 juin 2018 (http://mission-coworking.fr).
La consultation permettra d’identifier les modèles de tiers-lieux et d’espaces de coworking existants et de mieux comprendre les enjeux actuels et futurs.
Elle est l’occasion pour les acteurs dans les territoires de pré- senter les dynamiques locales, les besoins identifiés dans les régions et les communes, et de favoriser ainsi l’émergence d’idées concrètes. En les associant et en les fédérant largement, la consultation publique permettra d’établir un diagnostic des pratiques et expériences passées, de valoriser les initiatives, de produire des recommandations et de dresser les contours des nouveaux modèles.
La consultation publique nationale est le cœur de la Mission Coworking. Que vous soyez porteurs de projets, animateurs, élus, utilisateurs, entrepreneurs, cette mission est aussi la vôtre. Donnez votre point de vue, questionnez, commentez... C’est par votre participation que nous pourrons tirer les meilleurs enseignements sur les espaces de coworking.
Rendez-vous sur http://mission-coworking.fr
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
Travailler autrement
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
 des alliances ; notre expertise en management de la technologie, de l'innovation et de l'entrepreneuriat ; notre ancrage sur le territoire et notre développement national et international ; nous souhaitons apporter des solutions concrètes aux grands défis humains », explique Loïck Roche, directeur général de Grenoble Ecole de Manage- ment. GEM devient donc un «Business Lab for Society», un laboratoire à ciel ouvert
pour inventer l’entreprise et la société de demain, un espace ouvert de test, d’expérimentations, de réflexion, d’hybridation pour résoudre des problèmes complexes. De nouveaux espaces sont aussi prévus à Grenoble pour Gemù Labs et un nouveau camp à Paris est prévu en 2020. Cinq ans après l’ouverture de son campus parisien rue Ranelagh à Paris 16e, GEM va investir dans un nouveau bâtiment. Le projet : repenser tous les espaces de travail pour faire évoluer les enseigne- ments. Au programme : très peu de salles de réunion, de cours et de
bureaux dédiés. Place aux espaces de concentration et de collaboration, aux project rooms et aux cloisons mobiles ! 5 000 m2 de plain-pied avec un patio intérieur avec un puits de lumière et des cloisons transparentes ; mais aussi des espaces d’apprentissage actif (un espace immersif expérientiel appelé le garage et un espace ouvert appelé l’agora) ; des espaces d’étude et de documentation (un learning center avec des bulles de travail) ; des espaces d’enseignement modulables dédiés aux étudiants en formation initiale mais aussi des espaces spécifiques pour les étudiants de formation continue. Source : GEM
Alliance stratégique entre l’ESSCA et l’EFREI
L’ESSCA, grande école de management et l’EFREI Paris, grande école d’ingénieurs, ont décidé de mettre en place un projet d’alliance stratégique durable qui vise à for- mer des experts dotés de doubles compétences. Les deux écoles innovent en ouvrant la possibilité d’obtenir un double diplôme, celui d’une école de management et d’une école d’ingénieurs, accessibles toutes deux après le bac. Un bachelor en marketing digital est également créé. « Il ne s’agit pas d’une fusion ou d’un simple partenariat, mais d’une alliance stratégique durable », a précisé Frédéric Meunier, directeur d’EFREI Paris. Cette alliance stratégique, qui mêle l’ingénierie et le management, répond à l’émergence de nouvelles formes et de nouveaux rythmes de travail, ainsi
qu’à la transversalité et l’adaptation exigées dans un environ- nement évolutif où les entreprises sont à la recherche d’experts dotés de doubles compétences. Les deux écoles souhaitent créer des groupes de réflexion communs afin de mettre en place de nouvelles méthodes pédagogiques novatrices ; rapprocher leurs laboratoires de recherche respectifs ; et enfin renforcer l’entrepreneuriat, un des fers de lance des deux écoles. Cette
alliance stratégique se concrétise dans une alliance pédagogique, qui a notamment pour but de mettre en commun la double expertise management/ingénierie au service des étudiants et des entreprises qui les embaucheront. De cette alliance sont nés deux programmes construits et pensés en commun : le bachelor et le programme grande école. Les doubles diplômes entre écoles de management et d’ingénieurs sont courants mais la spécificité de ces cursus est d’être proposée dès le début des études afin que l’hybridation soit réelle et que les étudiants puissent développer, en six ans, un fort esprit d’appartenance aux deux établissements. Des projets en commun seront propo- sés aux étudiants inscrits dans ces deux programmes. Ce double cursus suppose en effet un allongement des études d’une année. Il concerne davantage les « bac S ou ES option maths, qui ont une appétence pour les mathématiques financières, la finance quantitative par exemple mais aussi les scientifiques qui hésitent entre une école de management ou d’ingénieurs », explique Samir Ayoub.
Source : ESSCA
Nouvelle filière en apprentissage pour Toulouse INP-ENSIACET
A compter de la rentrée universitaire 2018/2019, Toulouse INP-ENSIACET ouvre une formation en apprentissage dans la spécialité génie industriel. D’une durée de trois ans, cette formation s’adresse à des élèves titulaires d’un bac+2. 24 places sont ouvertes. Elle vient s’ajouter aux trois formations en apprentissage déjà proposées par Toulouse INP-ENSIACET dans les spécialités matériaux, génie chimique et génie des procé- dés. Laurent Prat, directeur de Toulouse INP-ENSIACET, l’école de la transformation de la matière et de l’énergie, détaille : « La première promotion d’apprentis a été accueillie à l’ENSIACET en 2009, avec la volonté forte de mener ces élèves au même diplôme d’ingénieur que sous statut étudiant. Les enseignants-chercheurs de l’école ont su adapter les modes
pédagogiques, en ouvrant une place réelle aux apprentissages dans l’entreprise. Ces diplômés contribuent à la diversité des profils qui renforcent les entreprises de la transformation de la matière et de l’énergie. Par ailleurs, l’ouverture de cette nouvelle formation nous permet également d’élargir le champ du génie industriel en étendant la notion de système au-delà de l’entreprise pour aller vers les réseaux industriels à l’échelle d’un territoire. »
Source : Toulouse INP-ENSIACET
Partenariat entre l’ESSEC Business School et l’Ecole nationale su- périeure d’architecture de Versailles (ENSA-V)
Les deux écoles initient un double diplôme d’architecte-manager sans équivalent en France. Ce double cursus, d’une durée totale de cinq ans, suivi en alternance dans les deux écoles, débouche sur l’obtention à la fois du diplôme d’Etat d’architecte et de l’ESSEC Grande Ecole. Il forme aux pratiques professionnelles novatrices dans le do- maine architectural et urbain, caractérisées par l’interdisciplinarité
et la gouvernance complexe des projets.
La conception et la production du monde bâti à toutes les échelles
doivent faire face partout dans le monde à des enjeux multiples,
devenus souvent critiques. L’accélération de l’urbanisation et des
transformations urbaines, la préservation des ressources environ-
nementales et les changements de modes de vie qu’elle appelle, la
révolution numérique et ses multiples impacts techniques, économiques et sociaux, le besoin d’apporter des réponses diversifiées et équitables aux besoins des ménages et des entreprises en maîtrisant au mieux les impératifs économiques, entraînent une complexité croissante des projets architecturaux et urbains. « Pour répondre à ces défis, il faut transformer les méthodes de conception et de mise en œuvre des projets, l’organisation et le pilotage de leurs acteurs. Le double diplôme créé par l’ESSEC et l’ENSA-V répond à ces enjeux. En conjuguant les deux cultures et les compétences de l’architecture et du management, il forme des professionnels capables de répondre aux besoins de conduite de projet des grandes agences internationales pluridiscipli-
      MAI 2018 | ecoreseau.fr 65
]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
 naires d’architecture ou d’urbanisme ou des grands maîtres d’ouvrage publics ou privés », explique Patrice Noisette, professeur à l’ESSEC Business School. Les étudiants obtiendront le diplôme d’Etat d’architecte et le diplôme de l’ESSEC Grande Ecole, et pourront préparer l’habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en son nom propre (HMONP). Ce cursus innovant a pour objectif général de former des architectes-managers et de leur permettre de concevoir et piloter des projets complexes en prenant en compte toutes leurs dimensions spatiales, environne- mentales, économiques et sociétales et en conjuguant les attentes de leurs parties prenantes Les débouchés professionnels sont diversifiés : agences d’architecture ou d’urbanisme et de développement économique, établissements publics ou sociétés publiques locales d’aménagement et de développement, sociétés d’investissement ou de promotion privée, direction immobilière des grands groupes internationaux, nouveaux métiers de la transformation digitale de l’architecture et de l’urbanisme et des services urbains...
Source : ESSEC –ENSA V
Challenge Open ISEG : Weliink lauréat 2018 !
Ce concours de projet - qui reçoit chaque année une centaine de candidatures dans des domaines aussi va- riés que la découverte du monde, l’entrepreneuriat, la tech, la mode ou encore l’organisation d’événements - a récompensé pour la 9ème année consécutive 10 projets. Ces 10 projets ont ainsi été présenté le 5 avril dernier à un grand jury composé de professionnels reconnus dans
leur domaine, qui a décidé de récompenser cette année 3 projets des plus ambitieux, dont certains sont déjà actifs :
1er PRIX – 10.000€
WELIINK
Farid Oudali / Elie Castier - Campus de Paris
Première plateforme web d’événements gaming chez le particulier, Weliink a pour philosophie de considérer que le jeu vidéo se vit ensemble. L’équipe a développé une plateforme qui permet de réunir physiquement les communautés virtuelles de joueurs et de leur faire vivre une nouvelle expérience sociale autour du jeu vidéo.
2e PRIX – 7.000€
VOLUMEDIA
Lucie Guilloux - Campus de Nantes
Volumedia a pour objectif de proposer aux musiciens un service dédié à la gestion de leur stratégie de communication. La plateforme web permet la mise en relation des groupes de musique avec une équipe de professionnels du marketing et de la com- munication en mesure de produire un contenu adapté à leur projet musical qui leur permettra de fidéliser leur audience.
3e PRIX – 5.000€
SIMULATEURS DE MÉTIERS
Charlotte Tandou - Campus de Toulouse
Création d’un simulateur de métiers qui vise à aiguiller les lycéens et à fournir des informations essentielles pour leurs choix d’orientations. L’idée est de leur faire vivre pendant une courte période la vie d’un professionnel en direct. A titre d’exemple, les lycéens découvriront via des alertes en temps réel le quotidien d’un graphiste : depuis les réunions, briefs clients jusqu’au processus créatif et ses techniques de travail.
Jury 2018
Guillaume Bardèche (Directeur des incubateurs - IONIS 361), Nordine Benali (Di- recteur Adjoint Département Conquête Partenariats et Prescription - Banque Populaire Rives de Paris), Marc Drillech (Directeur général - IONIS Education Group), Isabel Kurata (Co-founder - ACT Responsible & The Good Report), Jean-Baptiste Leprince (Fondateur & directeur de la publication - EcoRéseau Business, Président LMedia), Ca- roline Radat (Directrice Générale - The Marketing Store), Charles Rambeau (Direc- teur associé - Tout Le Monde Aime Les Pingouins, Président du Club des Entrepreneurs de 2AI - l’Association des Anciens ISEG), Mathilde Vigoureux (Chef de projet senior - Momentys, Vice-présidente de 2AI - l’Association des Anciens ISEG), Béatrice Ven- deaud (Directeur des partenariats entreprises et du réseau des Anciens - ISEG Group)
www.iseg.fr/ecole/challenge-open-iseg
L’actu RH
         L’étude RH du mois
Où veulent travailler les Français ?
Les statistiques à retenir :
• 37 % des salariés français déclarent songer à partir travailler à l’étranger dans les deux années à venir
• 18 % des moins de 35 ans l’envisageraient activement
• L’Amérique du Nord arrive en tête des destinations préférées des salariés français
• Pour 32 % d’entre eux, famille et amis constituent un frein pour chercher un travail à l’étranger
Destination préférées des Français
Les Européens sont sans doute les citoyens qui voyagent le plus dans le monde, mais les résultats suggèrent qu’ils n’ont pas le même esprit aventureux lorsqu’il s’agit du travail. D’après l’étude "Workforce View in Europe" menée par ADP (Automatic Data Processing), le leader mondial des solutions de ressources humaines, auprès de 9 908 employés européens, près d’un tiers des Français interrogés envisagent de partir à l’étranger dans les deux ans et 7 % pensent activement à leur départ.
Les salariés italiens sont beaucoup plus susceptibles de partir à l'étranger que les autres, avec plus de la moitié (57 %) des personnes interrogées déclarant l’envisager dans les deux années à venir. Un chiffre qui contraste fortement avec la Suisse où moins d'une personne sur cinq (18 %) partage cette opinion, et les Pays-Bas où seulement 3 % en- visagent activement de déménager.
Il existe aussi une légère fracture entre les sexes, avec 45 % des hommes déclarant envisager un départ à l’étranger dans les deux ans, contre seulement 30 % des femmes françaises. L'âge est également un facteur important ; près d’une personne de moins de 35 ans sur cinq (18 %) envisage activement un déménagement à l’étranger au cours des deux prochaines années, contre seulement 8 % des plus de 45 ans.
Destinations professionnelles
L’Amérique du Nord arrive en tête des destinations préférées des travailleurs français avec 25 %. Puis vient la Suisse (19,3 %). Le Brexit ne semble pas dissuader les Fran- çais : 18,8 % déclarent envisager de déménager au Royaume-Uni.
Certaines préférences par pays se dessinent. Par exemple, l'Amérique du Nord est le premier choix des salariés britanniques et suisses, tandis que le Royaume-Uni est la destination préférée des Espagnols. Quant aux Allemands, ils sont davantage attirés par l'Autriche ou la Suisse, les Néerlandais par la Belgique, et les Italiens et les Polonais sont plus susceptibles d'opter pour l'Allemagne.
Les barrières
Partir pour l'étranger n'est pas une décision facile à prendre. Les barrières sont multi- ples, qu’elles soient personnelles ou professionnelles. Ce sont avant tout la famille et les amis qui retiennent près d’un tiers (32 %) des Français. Vient ensuite la barrière de la langue, pour un cinquième des personnes interrogées (21 %), et 12 % déclarent les formalités administratives et la législation comme frein pour chercher du travail à l’étranger.
Source : ADP
  66 MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
Transformation digitale des métiers
Qu’est-ce qu’un chargé de projet SIRH ?
Le chargé de projets Système d’information des ressources humaines (SIRH) devient aujourd’hui un métier dans l’air du temps. Quelles sont ses missions ? Surtout pourquoi ce métier devient-il indispensable pour les entreprises ?
Véritable médiateur entre la direction des ressources humaines et la direction des systèmes d’in- formation, le chargé de projets SIRH a pour mission de recueillir, formaliser et traduire les besoins en solutions pour que celles-ci puissent être développées par les équipes techniques. A ce titre, il recherche notamment des solutions pour automatiser certaines tâches des ressources humaines comme la gestion des salaires ou encore le recrutement. Cette mission demande une bonne com- préhension des métiers RH, de leur quotidien et des enjeux de leurs fonctions. Tout ne peut pas être développé, un travail de priorisation s’opère alors reposant sur la stratégie définie par l’entreprise. Une fois la solution technique développée, son rôle ne s’arrête pas là. Il veille au bon fonctionne- ment du système d’information et recherche en permanence des améliorations afin d’assurer un fonctionnement optimum de l’outil collant au plus près aux besoins des utilisateurs. Enfin, le chargé de projets SIRH peut être amené à assurer les formations et à rédiger les manuels d’utilisation de ce nouvel outil.
Vous l’aurez compris, le chargé de projets SIRH est une personne aux multiples facettes. Pour réus- sir à ce poste, de bonnes compétences en informatique et une bonne maîtrise des logiciels propres aux ressources humaines sont nécessaires. Ce collaborateur travaille en mode projet et doit donc maîtriser la gestion de projets et faire preuve d’une bonne capacité d’analyse et d’organisation. D’autre part, un excellent relationnel et la capacité à travailler en équipe sont indispensables à ce poste.
L’heure est à la transformation digitale et aux développements des nouvelles technologies mais cette révolution est en réalité plus culturelle que technique. Ainsi, l’entreprise doit-elle diffuser et accompagner les changements car les usages et les pratiques changent. C’est là le principal défi du chargé de projets SIRH qui devient un acteur incontournable du changement.
 26 mai 2018 : Salon Access MBA
Participez aux rendez-vous en One-to-One avec les meilleures écoles business mondiales
Chaque année, l’Access MBA Tour offre l’opportu- nité à des milliers de professionnels de rencontrer personnellement les directeurs d’admission des meilleures formations MBA internationales. Avec une formation MBA en poche, vous pourrez dé- velopper vos compétences professionnelles, bé- néficier d’un réseau international et ainsi faire la différence face aux recruteurs.
Ce qui vous attend au salon:
Plus de 50 programmes MBA et Executive MBA Entretiens individuels avec les directeurs d’ad- mission des meilleures écoles de commerce fran- çaises et internationales
-Conférences thématiques animées par les repré- sentants d’écoles et anciens élèves
-Discutez de votre projet avec un consultant spé- cialisé
-Workshops d’aide à la préparation au test GMAT -Bourses d’études et solutions de financement
En pratique : Access MBA, Samedi 26 Mai 2018 à partir de 9h30
Le Méridien Etoile, 81 Boulevard Gouvion Saint- Cyr, 75017 Paris
RH & FORMATION
                               MAI 2018 | ecoreseau.fr
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Save the date
]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[Manager autrement
VAE
RH & FORMATION
   Les innovations RH émergent constamment. Focus sur l’une d’entre elles
Un dispositif qui gagne à être connu
  Même après 16 ans d’existence, la validation des acquis de l’expérience (VAE) reste un dispositif méconnu. Dommage : il «dope» souvent les trajectoires professionnelles.
un an d’expérience. Quand on creuse, ça n’est pas le cas. Pour ceux qui vont au bout, c’est un régal ! »
le parcoUrs dU combattant ?
Dans le médico-social, François Hermier s’est lui aussi lancé. Objectif : un diplôme de niveau I, contre une licence précé- demment, pour décrocher sa titularisation à la tête d’une structure. Sa pre- mière tentative – menée en solo, sans accompa-
Le processus du livret 2 vise à décortiquer le quo- tidien professionnel. La formation sur le tas colle t-elle aux exigences des blocs de compétences d’un diplôme ? Une vraie in- trospection. Savoir-faire, savoir-être, tout est passé en revue. « On descend dans le détail, dixit Claudine Hennard, en charge de ces questions pour Burgundy school. Tâche après tâche. Qu’est-ce que manager une équipe, par exemple ? » Facilement, 100 pages au final.
en collectif aUssi
Air France, Carrefour... sont des adeptes de la VAE col- lective, Auchan aussi pour voir délivré aux hôtesses de caisse un bac accueil-re- lations clients et usagers – 260 VAE sont en cours actuellement. Un élément de la marque employeur. Autre secteur gros consom- mateur de la formule ? Les Entreprises de services du numérique (ESN).
de formation s’attèlent à ce dossier. Sans entrain. C’est le cas dans l’enseignement supérieur. Exemple : sur 37 645 ingénieurs diplômés en 2016, seuls 0,4 % le sont via la VAE. « Ce n’était pas dans leur culture, insiste Xavier Bouvier, directeur de l’Efreitech. Valider des compétences acquises sur le terrain dans un milieu de chercheurs n’est pas facile. »
Toutefois, la réforme de la formation professionnelle de 2014, qui prône le dé- coupage des diplômes en blocs de compétences, tend à faciliter la démarche. Tant pour le candidat que pour le certificateur. Jean-Marie Peretti, professeur à l’ES- SEC, parle d’ailleurs « des habits neufs » de la VAE. Toutefois, la frilosité est toujours de mise.
« Cette pratique d’utilité publique correspond avant tout au développement de l’empreinte sociale d’un établissement, souligne Ma- rie-Anne Grodein-Pisano, directrice de la formation professionnelle à Montpel- lier business school. Elle n’est pas la plus lucrative. » De2700€à6000€–900€ à Paris 10 Nanterre —, selon les écoles, les tarifs restent très éloignés de ceux d’une année de formation classique. Ils couvrent les frais administratifs, le jury et l’accompagnement, vi- vement recommandé, de 24 heures. Preuve qu’une marge est malgré tout dégagée et qu’un regain d’intérêt semble poindre, de nouveaux acteurs se positionnent .sur le marché, comme le CNFDI (Centre national privé de formation à distance).
Par Murielle Wolski
 Koffi Hounnou est sur le point de boucler ses bagages, di- rection Montréal. Avec à la clé, pour cet expert es agilité en entreprise, une culbute salariale de... plus de100%qu’ildoitàla validation des acquis de l’expérience (VAE). C’est lui qui le dit. Récit. En 2016, scrum master dans une banque en ligne, Koffi Hounnou ne se sent pas à l’aise. « Les nouveaux em- bauchés étaient plus diplô- més que moi, explique-t-il. L’écart entre le libellé de ma fonction et mon diplôme d’origine me gênait. Une question de légitimité. » Huit mois plus tard : une VAE menée tambour bat- tant, un titre d’ingénierie de l’informatique et des systèmes d’information de l’Ecole supérieure de génie informatique (ESGI) de ni- veau I, contre une licence avant, un poste transitoire avec un bonus salarial de
12 % et, maintenant, une expatriation qui se profile, un salaire doublé pour... le même poste. « Une vraie révolution. J’ai gagné en confiance. Je sais mieux me vendre. »
Environ 60 000 candidats entament chaque année la
 La formation sur le tas colle t-elle aux exigences des blocs de compétences d’un diplôme ?
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
L'effet diplôme pour de nom- breux métiers se compense- rait par 5 ans d'expériences...
démarche. 1 300 certificats ou diplômes sont acces- sibles, du CAP au bac+5. Mais, le taux de déperdi- tion est élevé. Seuls 24 600 ont obtenu une validation totale. « Le législateur a présenté ce système comme révolutionnaire, commente Caroline Diard, chargée de mission VAE à l’EM Nor- mandie. Il allait permettre à tous d’avoir un diplôme, avec aujourd’hui seulement
gnement – en 2017 ? Un échec : un seul bloc de compétences validé. « On pense savoir ce que l’on attend de nous (lecture in- ternet, témoignages...). Cela n’a pas l’air si compliqué. Première erreur. Ensuite, il suffirait de remplir ce fameux livret 2 en peu de temps. Deuxième erreur. On se perd rapidement. » Il récidive en 2018 : quatre blocs décrochés.
« Nombre de recrutements ont ciblé des profils bac+2, détaille Christophe Felidj, directeur pédagogique du réseau des Grandes écoles spécialisées. Or, avec un bac+5, c’est 20 % de fac- turation en plus. Le retour sur investissement est facile à calculer. »
Un bUsiness jUteUx ?
Petit à petit, les organismes
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Témoignage d'une poignée d'acteurs majeurs de l'enseignement supérieur sur le devenir du métier d'ingénieur.
Par Jonathan Nahmany
«L’ingénieur joue un rôle clé pour innover et donner aux technolo- gies des applications qui bénéficient à la société. L’ingénieur s’assure que ses créations sont utilisées pourlebiencollectifetsont insérées sur le marché de façon rentable », introduit François Lureau, président de la fédération Ingénieurs et scientifiques de France (IESF). Le monde se com- plexifiant de plus en plus, le métier doit sans cesse ré- pondre à de nouvelles ques-
tions et à de nouveaux défis. L’ingénieur devra traiter, par exemple, les questions d’eau, d’agriculture, de déplacements de populations, de réoccupation de certains territoires. Il faudra également qu’il prenne en compte la révolution numérique et ses nombreuses implications, de l’éducation à la cybersécu- rité. De manière générale, l’ingénieur devra s’engager dans des grands projets d’aménagement planétaire. Pour François Lureau, l’in- génieur est le seul qui peut
répondre aux probléma- tiques contemporaines : « C’est celui qui sait gérer les transitions, qui a une vued’ensemble.Ilsaitcom- ment valider les nouvelles technologies et gère les aspects économiques ainsi quelesimpactsenvironne- mentaux. » Pour s’adapter au mieux, les formations existantes accordent une place centrale à l’interna- tional. « La connaissance d’autres cultures, d’autres coutumes, d’autres pays et manières de penser, d’autres contextes est fondamentale,
insiste Jean-Eric Aubert, vice-président de la Fon- dation 2100, sous égide de la Fondation ParisTech. L’idéal serait de suivre un tiers de la formation à l’étranger, y compris dans les pays les plus pauvres, avecdesONG.C’estcapital pour pouvoir être en accord avec les autres cultures. »
RH & FORMATION
  Formations & nouveaux métiers
Les défis permanents du métier d’ingénieur
    MAI 2018 | ecoreseau.fr
69
]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[Vanessa Proux directrice déléguée de Sup’Biotech
« Répondre à des besoins non pourvus »
« Les biotechnologies consistent en la valorisation du vivant à des fins utiles à l’Homme. La thérapie génique, la médecine personnalisée ou encore la syn- thèse d’une peau par impression 3D dans le secteur des cosmétiques sont au- tant d’applications liées à ce secteur d’avenir. Les biotechnologies dépassent
le cadre scientifique pour pénétrer l’ensemble de la société. Leur pouvoir transformateur n’a jamais été si grand et elles permettent de s’affranchir du temps de l’évolution. Elles proposent des solutions à de nombreux défis (médicaux, environnementaux, agricoles, etc.), en offrant de nouveaux possibles : la capacité de com- prendre, de prévoir, de transformer et de créer. La mis- sion de l’ingénieur est de valoriser tous les travaux de la recherche dans les sciences du vivant pour répondre à
des besoins non pourvus. On attend également des bio-ingénieurs qu’ils aient de fortes compétences en termes d’éthique. Par ailleurs, nos profils formés chez Sup’Biotech parviennent à bien se positionner sur le marché de l’emploi, notamment dans le secteur de la bio-production, des nouvelles thérapie et des dispositifs médicaux. »
Dieudonné Aboud directeur de l’Isep
« La nécessité d’un travail collaboratif »
L’Isep est une école du numérique au sens large qui a toujours été dans une démarche innovante depuis sa création en 1955, sept ans après l’invention du transistor, lequel est à la base de toute la révolution numérique. Depuis nous formons des ingénieurs inno- vants pour toutes les industries. En 2000 nous nous sommes lan- cés dans la recherche et dans le développement de l’international et nous entendons maintenant ajouter de plus en plus la dimen- sion innovation comme notre troisième pilier après la formation et la recherche. « La pénurie prévue par la Commission européenne
est de 910 000 emplois en Europe dans le numérique à l’horizon 2025. Notre école, qui a doublé ses effec- tifs en l’espace de six ans, tente de répondre à cette demande accrue en formant des ingénieurs qui soient
rodés sur les technologies nouvelles. Parce qu’il transforme les entreprises, parce qu’il est un acteur perturbant, l’ingénieur numé- rique doit d’autant plus savoir accompagner et humaniser le chan- gement en montrant tous les apports du numérique. C’est pour cela que, d’entrée de jeu, nous mettons nos étudiants en confrontation avec la nécessité d’un travail collaboratif. »
Joël Courtois directeur général de l’Epita
« Le défi de la transformation digitale »
«L’Epita, créée en 1984, est une grande école d’ingénieur CTI, dédiée à l’informatique et au numérique. Elle compte aujourd’hui près de 2 500 élèves et apprentis, français et étrangers, avec plus de 8 000 anciens présents dans une quarantaine de pays. L’école couvre tous les domaines du numérique avec des spécialités telles que cybersécurité, intelligence artificielle, robotique et embarqué, IoT, télécommunications, multimédia, finance, systèmes d’informa- tion... Le métier d’ingénieur fait partie de ces
métiers en forte demande de talents depuis
des années et cela dans le monde entier. Par-
ticulièrement recherchés : les ingénieurs «à la
Française», formés à la science, les techno-
logies et le business. Une école comme Epita
forme actuellement moins de 300 étudiants
par an et reçoit plus de 6 000 offres d’emploi
en France. Chaque année, 25 à 30 % des diplômés prennent leur premier poste à l’étranger, symbole de cette excellence française. Le métier d’ingénieur offre d’innombrables variantes, en termes de domaines d’application, et tout autant de possibilités de carrières passionnantes à l’international. Les grands défis de l’ingénieur dans les prochaines années se situent dans la transformation digitale de la société, la cybersécurité, les nanotechnologies, le changement climatique, les transports, l’énergie, la chimie, les biotechnologies, l’agriculture et la faim dans le monde... »
RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 Verbatim de dirigeants d’écoles sur la mue du métier d'ingénieur
     70
MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 Opal Fritz-Nicholls directrice de programmes de l’Ecole polytechnique
« Former une nouvelle génération
d’ingénieurs »
Le modèle stratégique de Polytechnique repose sur trois piliers : enseignement, recherche, développement économique. Son mo- dèle de formation, fondé sur des enseignements poussés dans plusieurs disciplines scientifiques et ouvert sur les humanités, a toujours été en adéquation avec les besoins de la société. Opal
Fritz-Nicholls, directrice de programmes: «Dans un monde en constante mutation, la mission de l’École polytechnique est de former par la recherche et au contact des entreprises une nouvelle génération
d’ingénieurs, d’entrepreneurs, d’innovateurs et de scientifiques. C’est pourquoi l’X a développé des programmes sélectifs de haut niveau qui répondent aux enjeux stratégiques auxquels se trouveront confrontés les ingénieurs du futur. Elle forme aujourd’hui les ingénieurs qui inventeront demain de nouvelles solutions face aux défis de la transition énergétique, de l’intelligence artificielle, de la ville intelligente, de la régulation financière, de la santé et de la cybersécurité. »
Philippe Courtier directeur de l’UTC
« Les problématiques industrielles
ont évolué »
Crée en 1972, l’Université de technologie de Compiègne (UTC) est au service de la compétitivité des entreprises. L’UTC compte 4400 étu- diants principalement en formation ingénieur, master et doctorat. Ces formations sont adossées à une recherche technologique d’excellence. L’UTC se situe dans les 15 premières écoles d’ingénieurs du pays et dans les deux premières qui recrutent post-bac. « Les pro-
blématiques industrielles ont évolué, atteste le direc-
teur Philippe Courtier. Les entreprises ne cherchent
plus seulement des fournisseurs d’expertises scien-
tifiques et techniques, mais des partenaires pour ac-
compagner les mutations industrielles, conceptuelles
et cognitives de leur métier. L’ingénieur doit maîtriser l’entrelacement irréductible entre fait technique ou technologique et monde socio-éco- nomique, entre situations de travail et responsabilité éthique et politique à dimension sociétale et citoyenne. »
Francis Pollet directeur général de l’Ipsa
« Les plus jeunes cherchent moins
que les anciens »
Installée à Paris et à Toulouse, l’IPSA est, depuis 2011, la quatrième école d›ingénieurs aéronautiques du pays derrière l'Isae-Supaero, l'Enac et l'Ecole de l›air. Son directeur est lui-même général de l’armée de l’air. « L’aé- ronautique est un domaine normé et robuste mais qui exige
pour son développement et sa pérennité de l’innovation et
des nouvelles technologies. L’ingénieur d’aujourd’hui est
comme celui d’hier, à l’exception qu’il est ultra-connecté,
en permanence. Avant tout, l’ingénieur est un manager qui
doit gérer des choses de plus en plus compliquées et des
systèmes de plus en plus transverses. Il faut continuer à faire en sorte que nos ingénieurs aient de l’ouverture d’esprit en allant chercher l’information là où elle se trouve. L’interconnexion permet de mettre beaucoup de gens ensemble. Un constat s’ impose : les plus jeunes cherchent moins que les anciens. L’ingénieur est avant tout un manager. Il doit savoir utiliser son intelligence, l’intelligence artificielle et tous les systèmes dont il dispose ».
Véronique Bonnet directrice générale déléguée de l’ESME Sudria
« S’adapter et sentir les tendances »
Présente à Paris, Lille, Lyon et Bordeaux, l’ESME Sudria est une école d’ingénieurs
généraliste fondée en 1905 qui s’est développée avec l’essor de l’électricité « Au-
jourd’hui, l’électronique, l’informatique, le numérique et l’énergie font partie de
nos domaines clés », assure Véronique Bonnet, directrice générale déléguée. Qui
poursuit : « L’ ingénieur a vocation à construire les produits et services de demain.
Pour cela, il doit forcément s’adapter, sentir les tendances, avoir une bonne compréhension des enjeux et ne pas avoir peur du changement. Aujourd’hui, on voit également que les ingénieurs tendent de plus en plus à devenir des managers, Désormais, la partie technique s’efface petit à petit dans sa carrière professionnelle et laisse place à la gestion, à la stratégie, etc. » Quid des débouchés ? « L’employabilité est plus qu’assurée. Nous recevons dix offres d’emploi par diplômé dans le secteur de la robotique, du numérique, de l’informatique, de la télécommunication... »
David Hill directeur adjoint de l’Isima
« L’éthique, un vrai enjeu »
« Nous formons des ingénieurs en développement logiciel avec des spécialités en calcul scien- tifique, informatique embarquée, réseau, sécurité, aide à la décision... Nous cherchons à for- mer des ingénieurs qui en plus d’un savoir-être nécessaire, et de la capacité à travailler à l’international, soient aussi de vrais professionnels de l’informatique ; capables de concevoir des projets, d’innover, de développer des systèmes
ou des services informatiques fiables qui nécessitent
souvent la mise en œuvre de techniques complexes.
A l’époque de la convergence des nanotechnologies,
de l’intelligence artificielle et de la bio-informatique, l’éthique est aussi un enjeu pour le métier d’ingénieur en informatique. Cette discipline fera partie de la formation de nos futurs ingénieurs. Fournir assez d’informaticiens de bon niveau pour répondre aux attentes des entreprises est un réel défi. La sécurité informatique est aussi l’une de nos priorités pour accroître la confiance dans le numérique. »
      MAI 2018 | ecoreseau.fr 71
]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
Analyse d’une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprises
L’évolution du management de transition
Ils ne font pas que couper des têtes
    Importé des Pays-Bas, le management de transition connaît une croissance exponentielle en France. Reconversion pour cadres dirigeants, cette pratique managériale séduit petites et grandes entreprises, pour développer, déployer une activité, et pas uniquement pour le clap de fin.
Pays-Bas dans les années 70, les managers de transition ont le vent en poupe dans l’Hexagone.
croissance insolente
+26 % en 2017, après une année 2016 qui avait atteint +23 % (chiffres de la Fédéra- tion nationale du management de transition, FNMT) : ces bonds de croissance sont à faire pâlir nombre de sec- teurs. Celui du conseil en premier lieu. Même si cette profession devrait commu- niquer à la fin du mois sur une progression de 10 % de l’activité, c’est quand même deux fois moins bien que le management de transition. Le marché représente envi- ron 2 000 missions, de sept mois en moyenne, assurées par des ex-cadres dirigeants, en free lance, via le portage salarial ou affiliés à des ca- binets dédiés, avec à la clé un chiffre d’affaires de 300 à 350 millions d’euros, pour grosso modo 60 acteurs ré- férencés par la FNMT, tous «pure players». Voilà pour le tableau général. Mais, c’est quoi, au juste, le management de transition ?
stop aUx
«coUpeUrs de tête» Jean-Pierre Lacroix est à la fois patron de MCG France et de la Fédération nationale du management de transition (FnTM), Il a une voix de sten- tor et le verbe franc. « Des fous furieux se targuent, chez Elise Lucet, de virer des salariés, s’énerve-t-il. Ce ne sont que des salopards. Des coupeurs de têtes. Ca n’a rien à voir avec le ma- nagement de transition. » Pourquoi une telle sortie ? Longtemps, cette nouvelle
pratique managériale a été associée au «restructuring». Autrement dit, aux ferme- tures d’usines, aux plans de sauvegarde de l’emploi, aux terrains industriels vidés de leur substance, aux villes décimées... On pouvait aussi parler de «cost killing». Le manager de transition était sollicité pour « faire le sale boulot ».
Mais, les temps ont changé. En 2018, les missions de gestion de crise et de retour- nement perdent du terrain, et ne comptent que pour 9 % de l’activité, perdant cinq points en douze mois. Chez Way- den transition, c’est un peu plus : 15 %. « Pendant des années, certains ont voulu faire croire que 20 % d’ef- fectifs en moins généraient un gain de productivité de 20 % supplémentaire, soupire Emmanuel Buée, l’un des co-fondateurs d’H3O. C’est terminé. » Cette redistribu- tion des cartes dépend aussi beaucoup de la conjoncture économique nationale. Et elle retrouve des couleurs. « 60 % de notre activité
concernent la mise en place de projets, analyse Grégoire Cabri-Wiltzer, PDG de Nim Europe. Nouvelle organisa- tion, nouvel ERP (Enter- prise Resource Planning), ouverture d’une filiale à l’étranger, implantation d’une nouvelle entreprise en France... Quand il y a quelques années, on ne sol- licitait que les compétences internes, aujourd’hui, ces missions sont confiées à des managers de transition, ex- térieurs. » DAF pour direc- tion des affaires financières, DSI (direction des systèmes d’information), direction des achats, de business unit, de site de production, supply chain... tous les pans d’une entreprise sont concernés. L’une des dernières missions de Wayden : accompagner le redressement d’une en- treprise chimique, un site classé Seveso dans les Hauts- de-France, frappée d’une menace de fermeture par la Préfecture. 150 salariés à la clé. 150 emplois d’un fleuron du secteur chimique finalement sauvés.
Par Murielle Wolski
Le manager de transition lève
des verrous... en suscitant des résistances mais pour des bien- faits avérés.
 Wanted ! Ancien directeur géné- ral d’une petite et
moyenne entreprise (PME), Olivier Kimmerling est ma- nager de transition depuis une dizaine de mois. Référencé par Delville groupe, il n’en est qu’à sa deuxième mission. A 44 ans, il reçoit deux appels par mois de cabinets concur- rents. Petites structures ou pointures du marché comme Valtus, Robert Half, Nim Europe ou Wayden transition, ces cabinets sont toujours à l’affût pour étoffer leurs effectifs – sous des statuts variés. H3O, petit cabinet doté de quatre sites en France (Nantes, Tours, Rennes et Paris) s’apprête en 2018 à
s’adjoindre les services de cinq à sept nouvelles recrues – deux remplacements pour cause de départ en retraite, cinq pour faire face au sur- croît d’activité. Ils sont 33 aujourd’hui. Sur sa page LinkedIn, le cabinet de re- crutement Robert Walters affiche la couleur, avec pas moins d’une vingtaine de missions de manager de transition à pourvoir. Avis aux amateurs, les sélections ont lieu en ce moment. Avec pas moins de 6 000 profils référencés dans sa base de données, Nim Europe n’a même pas besoin de chasser. Sa notoriété est telle que les CV tombent tout seuls, comme à Gravelotte. Nés aux
  Us et coutumes des entreprises
Qui a recours au management de transition ?
Les entreprises de taille intermédiaire (dont le chiffre d’affaires oscille entre 50 millions d’euros et 1500 millions d’euros) sont les premières consommatrices, à hauteur de 32 %. Les groupes internationaux et les grandes entreprises françaises sont au coude-à-coude avec respectivement 22 %, et 21 %. Et le secteur indus- triel reste le premier commanditaire.
Concentration géographique. Rien d’étonnant, l’activi- té se développe avant tout en Ile-de-France : cinq mis- sions sur dix s’y déroulent. La région Auvergne-Rhô- ne-Alpes arrive loin derrière, avec 11 %.
Source : Fédération nationale du management de transition (Fnmt), avril 2018.
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                 ]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
  Partage d’expérience - La parole à... David Ostrowski, 41 ans, ma- nager de transition de Delville groupe
« Si les entreprises ne trouvent pas d’écho favorable en leur sein pour faire bouger les lignes, le manager de transition est là pour mener à bien cette tâche »
« Je suis un bâtisseur. Apolitique, avec pour seules obsessions le timing et l’ob- jectif visé. Aucune dérive de temps pos- sible comme dans les grosses boîtes. Pas de cachoteries dans l’espoir de prendre une place. Pas de besoin de reconnais- sance. Je ne suis pas donneur de leçons non plus. Un manager de transition est dedans, dans l’opérationnel. Les gars de l’équipe de nuit, ou du week-end, je les connais. Ils me connaissent. Cela ne se passe pas que dans un bureau !
Le fonctionnement par mode projet est privilégié, tout comme dans le secteur automobile, par exemple. Avec l’objectif de multiplier les «quick win». Les réfrac- taires ? On les décèle vite. Garder le cap
est alors indispensable, être optimiste. Ca fait des bébés !
Si les entreprises ne trouvent pas d’écho favorable en leur sein pour faire bouger les lignes, le manager de transition est là pour mener à bien cette tâche. Le leadership, on l’a ou on ne l’a pas. La défaillance est parfois à chercher de ce côté-là. Cette dimension se travaille. Si c’est impossible, l’organigramme peut être changé. Des emplois menacés ? Comment je fais pour travailler «mes reclassements» ? Cela veut dire appeler le Préfet, le directeur général, même à l’étranger... Bouger. Le quotidien m’en- nuie vite. »
  Conduite de projet et gestion du changement restent les fers de lance du management de transition, avec 61 % des missions réalisées. Et pour quelle efficacité ? 76 % des directeurs des affaires finan- cières (DAF) considèrent que recourir à un manager de transition crée des gains
d’efficacité, dixit le com- muniqué de presse de mars dernier de Robert Half. Et Karina Sebti, qui dirige la division management de tran- sition chez ‎ Robert Walters, d’ajouter : « La part intuitu personæ est importante dans la réussite de la mission. »
et le coUsinage avec le conseil ? A la tête d’Origa consulting & advisory, Michel Noiry met la dernière main à la rédaction de l’édition 2018 de l’étude annuelle du marché du conseil en stratégie et management, qu’il produit pour le compte de Consult’in
France-Syntec Stratégie & Management. Va-t-il déve- lopper quelques lignes sur le management de transition ? Réponse : non. « Ce sont deux façons de répondre au même problème, explique Michel Noiry. Deux ap- proches différentes. L’un n’exclut pas l’autre d’ail- leurs. Si manager de tran- sition et consultant sont des prestataires, s’ils s’inscrivent dans un contrat avec un début, une fin, des points d’étape, à chacun son pro- cess. Le consultant pose un diagnostic et établit des préconisations. Le second est moins dans la métho- dologie, plus dans l’action immédiate. »
marché qUi se strUctUre
10 octobre 2017. Date retenue pour la tenue des premières assises du management de transition. « Nombre d’ac- teurs économiques ne savent pas ce que recouvre cette activité, souligne Jean-Pierre Lacroix. Un travail sur la notoriété, sur l’image est requis. A nous de donner des preuves de ce qui est fait. D’où la première étude
Longtemps, cette nouvelle pratique managériale
a été associée au restructuring voire au cost killing.
« Vous n’êtes plus seuls pour changer le scope de votre nou- veau développement »
     Frédéric Rey-Millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
Dans la peau de Didier Deschamps...
Le 16 juin prochain, «notre» équipe de France de football entamera la coupe du Monde contre l’Australie. Nous sommes potentiellement 67 millions de sélectionneurs à avoir un avis sur la meilleure équipe possible pour gagner, une nouvelle fois, ce prestigieux trophée. Atteindre cet objectif renvoie à deux questions : qu’est-ce qu’une équipe performante dans le sport de compétition et quels parallèles pouvons-nous établir avec nos entreprises ?
Tout d’abord, éliminons le sujet de la motivation. Je suis extrêmement motivé mais cela ne suffit pas
pour faire partie des 22 élus parce je ne possède pas les compétences requises.
Si nous étions dans la peau de Didier Deschamps, comment choisir les 22 joueurs qui défendront nos couleurs ? Je vous propose trois compétences clés.
La volonté de progresser sans cesse
Le goût de l’effort, la volonté de se dépasser, de progresser, de faire un peu mieux que la veille et un peu moins bien que le lendemain sont les piliers du sport de haut niveau.
Un sportif professionnel doit consacrer des dizaines de milliers d’heures à répéter ses gammes pour atteindre l’excellence. Le talent sans travail n’a aucune chance de réussir au plus niveau.
Il en est de même dans nos entreprises. L’atteinte du résultat n’est pas un objectif mais la consé- quence de milliers d’heures de travail accumulé.
Le collectif d’abord
Tout le monde sait qu’une équipe est performante lorsque sa force collective est supérieure à celles de ses talents individuels. Pourquoi est-ce si dur d’y arriver ? Parce que les joueurs doivent mettre de côté leur ego, être humbles et se mettre au service de l’équipe. La capacité de l’entraineur à trans-
mettre l’amour du maillot, le talent du manager à faire rêver ses collaborateurs pour atteindre les objectifs fixés, sont des incontournables du métier. Le résultat n’est pas une fin en soi. Il n’est que la conséquence d’une ambition, inspirante, qui transcende les joueurs et nos coéquipiers.
L’amour de ses joueurs
L’exigence, les efforts répétés ne peuvent être ac- ceptés par les joueurs sans considération, empathie, et n’ayons pas peur des mots, sans l’amour de leur entraineur ou la considération de leur manager. Quand la pression est trop forte, que les joueurs et collaborateurs doutent, le rôle du coach et du manager est d’écouter, de rassurer, de lever la pression d’enjeu pour aider son groupe à retrouver le plaisir du jeu, le goût de l’effort.
A vrai dire, j’ai été un peu aidé par Didier Des- champs pour écrire cette chronique. Il a rédigé la préface de mon prochain livre Une saison avec Pascal Dupraz : leçons de leadership qui sort dans toutes les bonnes librairies le 12 juin prochain. Allez les Bleus !!!
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
Manager n’est pas jouer !
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 sUjet taboU
Pas facile – voire impos- sible – de faire parler les entreprises clientes. Le sujet n’est pas simplement confi- dentiel, il est tabou. « Quelle est la problématique ? Quel est le frein ? Qu’est-ce qui coince ? Ce sont des ques- tions importantes, souligne Emmanuel Buée, d’H3O. Leur réponse demande de la maturité. Un dirigeant peut ne pas vouloir faire connaître ses trois derniers choix hasardeux. L’échec est mal vécu en France. Aux Etats-Unis, il prend de la valeur grâce à ses erreurs. Dans l’Hexagone, il est cloué au pilori. » Et puis, évoquer les problématiques en jeu revient à rendre publiques les stratégies.
pas qUe des qUinqUas
Laurent L. a 59 ans. Il tourne
actuellement la page du sa- lariat. Ses perspectives ? Le management de transition. « A mon âge, les solutions ne sont pas légion. Décrocher un contrat à durée indé- terminée est quasi mission impossible, constate-t-il. Prendre au pied levé une mission, relever un défi, est une posture qui me plaît bien.
C’est passionnant de remettre de la vie dans un corps en train de mourir. Il faut avoir l’esprit commando, être un
managers de 50 à 59 ans –, un cadre dirigeant qui cherche à rebondir, différemment, avec d’autres règles du jeu.
au groupe Delville (cf. en- cadré verbatim), est sur le marché du management de transition depuis trois ans.
professionnelle durant à une entreprise ne leur convient pas, commente Rémi Des- sertine, directeur associé de Wayden transition. Ils sont davantage dans une logique de contribution, plutôt que de statut. Ils ne sont pas dans l’exhortation mais dans l’action» Coût horaire de la prestation : 1 000 euros. Et un cador–un.anciendirecteur général, riche d’une longue expérience – peut percevoir le double.
  Ils sont davantage dans une logique de contribution, plutôt que de statut.
 guerrier dans l’âme. » En quelques mots, on retrouve là le portrait robot du ma- nager de transition – 64 % des missions opérées par des
Olivier Kimmerling a tout juste 44 ans, et un an d’ex- périence comme manager de transition. A 41 ans, David Ostrowski, affilié lui aussi
Déjà. Effet de contagion de la génération Z ou Y ? Cette profession est embrassée de plus en plus tôt. « L’idée d’être indexé toute leur vie
 sectorielle conduite par Xerfi. N’importe qui peut se présenter comme tel. Au- cune contrainte n’encadrait jusque-là. » Pour séparer le bon grain de l’ivraie, un réfé- rentiel des bonnes pratiques a été rédigé. Et le Bureau Veritas passe au crible les sociétés de management de transition.
 Formation continue
Une émergence embryonnaire de
programmes
Une nouveauté dans le management, et les établis- sements d’enseignement supérieur s’en emparent. Le management de transition n’échappe pas à la règle, mais ils sont encore peu nombreux à le proposer. Deux ou trois exemples : en collaboration avec H3O, Auden- cia a mis en place un certificat spécialisé. En 2016, les Mines-Paris Tech a inscrit à son catalogue un certifi- cat, autrefois porté par Paris 9-Dauphine-, développé par le cabinet de conseil et formation Rist. Son nom de code : Hermès. « Ces sessions ont vocation à vitaminer des managers de transition qui ont l’habitude de tra- vailler en solo, explique François Fort, gérant de Rist. Les enseignements portent sur le noyau commun de compétences des consultants et managers de transi- tion. Pâtissier et boulanger sont deux métiers différents, pourtant on trouve bien des boutiques qui annoncent les deux, boulangerie-pâtisserie.» Enfin, après un an de tergiversation, les Mines de Saint-Etienne s’apprêtent à ouvrir, en formation initiale, un mastère spécialisé en management de la transition industrielle.
MAI 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[Littérature professionnelle
■ Ni hérisson, ni paillasson, plus jamais peur des conflits ! Comment gérer positivement les
relations difficiles
Qu’on les recherche ou qu’on les évite, les conflits font partie de notre quotidien !
Avec qui suis-je vraiment en conflit ? Ai-je intérêt à résoudre ce conflit ? Com- ment gérer mon émotion et utiliser celle de l’autre de façon constructive ? Quelle posture adopter ? Comment exprimer ma colère de façon juste ? Que faire quand le conflit est résolu et qu’il reste la blessure ?...
Salarié, manager ou dirigeant, vous découvrirez dans ce livre des clés de compréhension et d’action qui vous per- mettront de développer votre capacité à gérer positivement les conflits.
Et si les conflits en entreprise comportent des enjeux spécifiques, leur résolution dans la vie privée et au travail demande la même préparation mentale, émotionnelle, physique et verbale.
À l’appui d’outils pratiques utilisables au quotidien, l’auteur explique qu’il est possible de dénouer les situations même les plus difficiles pour mieux travailler ensemble.
Savoir écouter ou savoir dire non : pour trouver l’équilibre et ne plus être hérisson ni paillasson !
Jean-François Thiriet, Ni hérisson, ni paillasson, plus jamais peur des conflits ! Comment gérer positivement les relations difficiles, éditions Gereso, avril 2018, 139 pages, 20 euros
■ #Like ton job, Comment vivre avec bonheur la transformation digitale
La révolution digitale exprime de nouvelles aspirations sociétales comme l’économie du partage, la fin des intermé- diaires inutiles ou encore la volonté d’être en connexion avec le monde. Des exigences qui ravissent les consommateurs
que nous sommes mais qui maltraitent le salarié qui est en nous.
Le numérique bouleverse notre rapport au travail. Ces transformations offrent pourtant de nouvelles opportunités : redonner du sens à ce que nous faisons, penser différemment notre manière de travailler, vive autrement nos relations personnelles.
Ce livre décrit l’origine de cette révolution digitale et explique son impact sur notre travail, il donne des conseils pour inventer la formule d’un job épanouissant : des relations choisies plus que des connexions subies, un
rapport au temps moins frénétique, une technologie appri- voisée, et une décontraction digitale assumée.
Olivier Bas, #Like ton job, Comment vivre avec bonheur la transformation digitale, Editions Dunod, 2018
Bande dessinée
■ Hypercapitalisme, L’économie moderne, ses valeurs, et comment changer tout ça
Le 9e art n’en est pas à son premier coup d’éclat pour traiter sérieusement d’économie avec un sens de la légèreté qui s’exprime dans la vulgarisation. Merci Economix. Dans la même veine, est sorti dans les bacs ce 25 avril un format de 240 pages aux éditions Delcourt, collection le Seuil, Hypercapitalisme. Il s’agit d’un manuel
critique d’économie optimiste à l’attention de tous ceux qui veulent comprendre et agir dans le monde d’aujourd’hui. Il explique ce faisant l’économie moderne en portant aux nues la loi du marché, qui en privatisant à tout crin, me- nace le développement de l’humanité, la justice sociale et la planète tout entière. Avec humour Larry Gonick, auteur de bandes dessinées et Tim Kasser, professeur de psycho- logie, montrent comment remettre la notion de bien-être au cœur de nos échanges.
Larry Gonick et Tim Kasser, Hypercapitalisme, L’éco- nomie moderne, ses valeurs, et comment changer tout ça, Editions Delcourt, avril 2018, 240 pages, 23,95 euros
Sortie
■ Musée national d’Archéologie
L’ancienne résidence des rois de France située à Saint-Ger- main-en-Laye, lieu également de signature de nombreux édits royaux dont l’édit éponyme de 1678 qui a participé à fixer le français comme langue de référence dans tout le royaume, est depuis une décision de Napoléon III l’écrin de l’archéologie nationale. L’ensemble de ces niveaux nous
font voyager sur les cinq continents avec sa partie d’archéologie comparée. Se perdre dans le musée, c’est vadrouiller parmi 30 000 objets, de l’âge de bronze au premier Moyen- Âge, ce qui en fait une des collections les plus
importantes d’Europe. Surtout, ne passez pas à côté du voyage dans le temps que propose ce musée en reprenant les grandes étapes de l’évolution humaine et qui revient sur la naissance de l’art pariétal et mobilier, le rapport à la mort, la naissance des premiers villages et organisations... Une bonne introspection anthropologique avant de pouvoir butiner les essences du magnifique jardin français qui fait face à ce bâtiment d’exception.
Musée national d’Archéologie, Domaine National de Saint-Germain-en-Laye, Château-Place Charles de Gaulle, 78100 Saint-Germain-en-Laye
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 La Sélection culturelle
  Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune
    La critique du mois
Exposition : Enfers et fantômes d’Asie
Le musée des arts primaires continue de
nous étonner avec ses programmations.
Pour nous occuper pour ce printemps et
le début de l’été, le Quai Branly donne la
part belle aux au-delà asiatiques. L’expo-
sition temporaire nous offre une multitude
de supports civilisationnels pour mieux
aborder les notions de réincarnation, d’en-
fer, de damnation, de fantôme, d’esprits
vengeurs : peintures bouddhiques, salles
dédiées à la J-Horror (Japan Horror pour
qualifier les films d’épouvante nippons),
estampes d’Hokusai, caméo geek des
fantômes de Pac-Man, sculpture et man-
nequins illustrant le culte des esprits en
Thaïlande, références au manga d’horreur, costumes et masques traditionnels...
Les premières salles sont consacrées à la vision des enfers dans les différentes religions asiatiques. L’on apprend par exemple que l’enfer est très structuré. A chaque péché correspond un supplice et chaque étage de l’enfer est gouverné par des tribunaux et un appareil administratif complet. Si le bouddhisme a notamment influencé bon nombre des représentations artistiques et culturelles avec le concept d’attente des âmes entre deux
réincarnations, il est notable de souligner que l’émergence de la figure du fantôme serait davantage le produit du folklore et de la culture populaire. Ainsi au Japon, le fantôme peut-il épouser la forme d’une femme-chat ou d’une femme défigurée vengeresse à une époque où la polygamie était acceptée mais pas la jalousie entre concubines... Tout comme l’on apprend que les plantes épineuses disposées sur le pas de l’entrée des maisons dans certains pays d’Asie du Sud-Est sont traditionnel- lement placées à cet endroit pour faire fuir les revenants affamés (les «walking dead») ou les esprits errants. Une expo-
sition qui entremêle religions, croyances populaires, culture, modes vestimentaires, traditions ancestrales dans des allers-retours singuliers entre l’influence de l’industrie contemporaine artistique et la tradition et l’aspect transcendantaliste des religions.
Enfers et fantômes d’Asie, du 10 avril au 15 juillet 2018, Musée du Quai Branly, 7 euros en tarif réduit, 10 euros plein tarif
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                      VOYAGE UNIQUE AU CŒUR DES OCÉANS
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                   Copyright: Océanopolis - Getty Images - iStock - 015795
]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Air du temps
Etude d’un sujet de loisirs ou d’évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovations
Investir, conserver et capitaliser dans le vin
Un placement pour amateurs / investisseurs avertis
    Le vin continue de susciter l’intérêt des investisseurs. Mais pour éviter les déboires, quelques précautions s’imposent.
dépasser les 300 euros la bouteille, soit la valeur d’un premier grand cru. La bulle s’est ensuite dégonflée entre mi-2011 et 2015 et je doute que les épargnants qui ont acheté à ce niveau de prix puissent rentrer dans leur frais au cours des prochaines années », estime Saad Ralph, associé gérant chez R&S Corp. Jugeant d’ailleurs globalement les prix des primeurs dans le Bordeaux trop élevés, le spé- cialiste n’a jamais investi car il n’y a plus ou très très peu de marge de progression (ren- dement) entre la date de sortie des primeurs et l’arrivée des primeurs physiquement dans
boncoin, ebay) où l’acheteur ne connaît ni l’historique de la cave (risque de mauvaise conservation, de contrefa- çon), ni la fiabilité du vendeur. « Avant de mettre du vin aux enchères, je me déplace person- nellement pour vérifier l’état de la cave, son hygrométrie, sa température et si elle est protégée des vibrations », explique Ariane Brissart, di- recteur département vins et spiritueux chez Tajan. « Ce risque de mauvaise conser- vation est toutefois à nuancer. Un amateur qui a investi au fil des ans des milliers d’euros en vin a, en effet, tout intérêt à bien le stocker », ajoute-t-elle.
« Le placement dans le vin offre sur longue période un rendement supérieur à 6 %. Pour dégager un tel rende- ment, il faut conserver ses vins quatre voire six à dix ans et consentir à ne jamais les boire », prévient Saad Ralph. Sa société propose à ses clients de conserver 100 % des vins d’investissement ou de leur en livrer un pourcentage « pour le plaisir ». Côté pratique, le site se charge du stockage et propose des assurances contre le vol et/ou le transport. Ce mode d’investissement dans le vin souffre toutefois de quelques défauts. En pre- mier lieu, son ticket d’entrée
 Par Pierre-Jean Lepagnot
Qu’importe le fla- con, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Cette
célèbre citation d’Alfred de Musset laisse sans doute de marbre les investisseurs dans le vin, qui considèrent les grands crus du Bordelais ou de Bourgogne comme des actifs financiers moins risqués que les actions par exemple. « Le vin est un ac- tif tangible, dont la rareté se construit avec le temps, ce qui fait mécaniquement augmenter les prix », explique Angélique de Lencquesaing, directrice générale déléguée d’iDealwine. L’engouement qu’il suscite est encouragé par de solides performances. En un peu plus de dix ans, l’indice des 100 plus grands crus français (WineDex 100) a augmenté de 147,5 %. Pour autant, l’AMF invite régu- lièrement les amateurs de bonnes bouteilles à ne pas
écouter le chant des sirènes. Le mois dernier encore, le gendarme de la Bourse a regretté « le développement d’offres émanant d’acteurs qui proposent des investissements, aux rendements annoncés flatteurs, dans des secteurs aussi divers que le vin, les œuvres d’art, les panneaux solaires, les timbres, les dia- mants ou autres secteurs de niche ». Or, « si le produit proposé n’est pas régulé par l’AMF, alors les documents commerciaux établis par la société ne seront pas non plus examinés, et, en cas de problème, les recours seraient limités », rappelle l’institution. Cette dernière appelle donc les épargnants à la plus grande vigilance. « Il n’existe pas de rendement élevé sans risque élevé. L’épargnant pourra notamment se référer au taux du livret A », actuellement à 0,75 %, indique l’organisme.
pas de garantie en cas de moins-valUe Au-delà du risque d’arnaque classique déjà vu sur le Fo- rex (la société de courtage se volatilise avec les fonds des épargnants) l’investisseur dans le vin doit être conscient qu’il s’expose à d’autres écueils, différents selon qu’on achète directement un vin en primeur, en ventes aux enchères ou via des caves patrimoniales clefs en main. Les deux premières solutions sont réservées aux connaisseurs. Pour cela, il faut suivre les actualités du secteur, se rendre aux foires aux vins et lire la presse pro- fessionnelle. La mode joue aussi sur les cours et il faut veiller à ne pas surpayer son vin. « De 2009 à 2011, le prix du second vin de Lafite Ro- thschild, Carruades de Lafite, a flambé sur le second mar- ché, soutenu notamment par la demande chinoise jusqu’à
Il faut s'inscrire dans une perspective de très long terme – au moins dix ans – pour espérer un bénéfice significatif
Faire fructifier son vin, c’est le garder sur le long terme dans des condi- tions optimales.
  votre cave. « L’investissement nécessite patience et prudence. Avec la forte augmentation des prix des primeurs, il faut s’inscrire dans une perspective de très long terme – au moins dix ans – pour espérer un bénéfice significatif », déclare Angélique de Lencquesaing.
attention à la conservation
Aux enchères, où les prix sont censés représenter fidèlement l’état du marché, les investis- seurs se doivent également d’être vigilants. Dans ce cadre, il est fortement recommandé de passer par des maisons d’en- chères qui ont pignon sur rue comme Artcurial, Christie’s, Sotheby’s, iDealwine ou Tajan. En revanche, il faut vraiment éviter des sites internet de ventes entre particuliers (le-
Toujours est-il que l’enjeu est d’importance puisqu’il n’existe aucune assurance ou garan- tie couvrant la dégradation d’un vin.
bien sélectionner son site
Enfin, les investisseurs qui n’ont pas le temps de suivre avec précision le marché peuvent se tourner vers des sites internet proposant de l’investissement en direct dans des grands crus à l’image de Patriwine, Cavissima, U’Wine ou R&S Corp. Ces entreprises achètent, pour le compte des particuliers, des bouteilles, et les stockent. Ces socié- tés conservent les bouteilles plusieurs années dans des entrepôts spécialisés avant de les revendre en espérant une plus-value conséquente.
est élevé, souvent à partir de 10 000 euros. Les frais (de ges- tion, d’assurance, de revente), ne sont pas toujours très lisibles et peuvent être également conséquents. Enfin, certains reprochent à ce système son opacité. « Pour des raisons fiscales, certaines sociétés conservent les vins de leurs clients dans les ports francs de Genève où la TVA n’est pas acquittée ce qui nuance les performances des fonds de placement. Par ailleurs, les conditions de sortie ne sont pas toujours très claires », estime Ariane Brissart. Pour éviter toute mauvaise surprise, la spécialiste conseille aux investisseurs de rester pro- priétaires d.e leurs bouteilles. Au moins, en cas de risque de moins-value, ils peuvent les boire !
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[                 À MARGAUX,
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]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[Vins
www.chateau-armens.fr
Mercurey rouge
« Les Perrières » 2014
Ce 100% Pinot noir, cépage prédominant de la Côte Chalonnaise, prend naissance sur un terroir calcaire exposé Sud-Est, d’où il puise toute sa complexité. Avec sa jolie robe grenat, à la fois profonde et limpide, ce Mercurey a un charme indéniable. Au nez, on songe d’abord à des fruits rouges comme la framboise et
la cerise, accompagnés des notes d’épices douces.
L’attaque est ample, enveloppée et la bouche est
fruitée, minérale pour un bel équilibre. Des arômes de
fruits rouges confiturés qui rappellent la groseille et la
framboise, accèdent alors au palais. Les tanins de ce Mercurey sont ronds et bien intégrés. Une belle longueur se dessine laissant place à une finale persistante. 23,90€
www.etregourmand.com
Le Relais de la Dominique
Millésime 2014
Second vin du Château La Dominique, le Relais de La Dominique (appellation Saint-Emilion grand cru) existe sous ce nom depuis 2009. Il représente environ 45% de la production totale. Il
est issu d’un assemblage de 95% de merlot et 5% de cabernet franc. Le vin s’ouvre sur des notes vives de cerise, de mûre et de myrtille. En bouche, les tanins sont souples, le vin généreux. Le Relais de La Dominique 2014 est en vente au prix moyen de 20€. chateau-ladominique.com/
Bulles de Rosé
Méthode Traditionnelle
Ce Cinsault & Syrah rosé, à la robe rose framboise, révèle au nez des arômes de petits fruits rouges. Ses bulles sont fines et régulières. La bouche est aérienne aux notes délicates de cerise et de rose. Il accompagnera parfaitement la charcuterie fine, les plats exotiques sucrés/salés ou épicés mais aussi les desserts de fruits frais, les charlottes aux fruits et la crème anglaise Prix TTC : 15,90€ www.chateaudesaintmartin.com/fr/boutique
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Sélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivité
Vin Sauvage à poil du
Château de la Terrière
Le Château de la Terrière se dresse depuis le XVI ème siècle à Cercié au cœur de la région du Beaujolais. Il est l'un des plus vieux domaines de la région. Les vignes d'une superficie totale de 36.5 ha., sont âgées de 50 ans en moyenne et s'étendent plein sud, à mi-coteaux, sur une colline de granit. L'objectif de Fréderic Maignet, maitre d'œuvre du Château est de laisser
au vin le temps de prendre pleinement son expression et de refléter la complexité du terroir. C’est un vin fruité, pur et minéral, aux notes florales de violette et de petits fruits noirs et de poivre noir sur la finale. En bouche il offre de beaux tanins fondus et un équilibre sur la fraîcheur. S’accorde à
merveille avec des viandes rouges grillées, des gibiers et fromages bourguignons. Prix départ cave : 12,50 €
chateaudelaterriere.fr/fr/ - www.terroirs-et-talents.fr
Saint-Amour La Poulette
Au cœur du petit village de Saint-Amour, le Domaine de la Pirolette est perché en haut de la colline face à l'église. 2013 est la première récolte depuis la reprise du Domaine par Virginie et Grégory Barbet et des co-propriétaires. C'est une histoire d'amateurs comme l'indique le surnom du Domaine "Les Passionnés". Tout le monde a plaisir à se retrouver ici au moment des vendanges. Sur ce terroir, la vigne produit un vin fruité et plein d'énergie. A la dégustation, c’est un nez gourmand avec des arômes de fruits rouges avec des fragrances de violette. La bouche est ronde, riche et pleine d'énergie. S’accorde parfaitement avec un poulet de Bresse sauce aux morilles, côte de veau et champignons poêlés. Prix départ cave : 19 €
domainedelapirolette.com/fr/ - www.terroirs-et-talents.fr
Pouilly-Fuissé A.O.P. Les Chailloux
Le Domaine Auvigue fait face à la majestueuse Roche de Solutré, au cœur de l’appellation Pouilly- Fuissé. Depuis 1946, tradition viticole et savoir-faire se perpétuent de génération en génération chez les Auvigue. Riches de leur histoire, les deux frères Jean-Pierre et Michel sont les spécialistes des grands vins blancs du Mâconnais. A la dégustation, c’est un nez riche de fruits jaunes, pêche, mirabelle, orange, avec une belle fraîcheur. La bouche est à la fois riche et minérale. Accords mets & vins : Homard thermidor, filet de sole, poissons en sauce et fromages de chèvre. Veggie: Pâtes aux courgettes, tomates cerises et estragon sur un lit d'huile d'olive. Température de service de 12 à 14 °c. Garde 2 à 5 ans. Prix départ cave : 30 €
www.auvigue.fr - www.terroirs-et-talents.fr
Brut Nature Rosé du
Domaine d’Eole
Tout le fruit et la finesse de ces raisins vendangés tôt s’expriment ici dans la pureté du zéro dosage. Ce rosé à la bulle fine, exprime de délicates notes de fruits rouges (groseille, framboise...) et d’agrumes. Sa bouche tonique, désaltérante et gourmande se décline sur des notes de praline, de fraise au four et de rhubarbe. Servi entre 9 et 11°C, il est l’allié de l’apéritif, d’une anchoïade ou d’une tarte aux fruits. Cépages : Rolle 45%, Grenache blanc 45%, Syrah 10%. Prix TTC : 17€ www.domainedeole.com/nos-vins
  Château Armens 2015
Saint-Emilion Grand Cru
Alexandre de Malet Roquefort a eu un véritable coup de cœur pour le Château Armens, ce nouveau Grand Cru dont il veut révéler la personnalité. La cuvée 2015 est issue de l’assemblage de 80% Merlot, 17% Cabernet Franc et 3% Cabernet Sauvignon. Ce vin possède une robe particulièrement soutenue aux reflets rouge vif. Au nez, on découvre des notes de violettes et de cassis. La bouche est souple et harmonieuse, sur un fruit mûr et tout en fraîcheur. Enfin, il offre une finale délicatement réglissée. Disponible chez les cavistes au prix de 25 € TTC.
              80
MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Vins
Aix Rosé 2017
Ce 60% grenache, 20% syrah, 20% cinsault est désormais certifié en agriculture biologique. Convivial et généreux, Aix Rosé a été élaboré pour ceux qui aiment la vie et qui souhaitent la célébrer avec style! C’est le rosé idéal à partager le temps d’une soirée,
d’un repas, d’un moment... Un petit luxe accessible au quotidien qui rassemble tout ce que l’on aime dans un rosé: la Provence, la tradition et la qualité. Le nez est frais, délicat et parfumé avec des notes de pastèques, de fraises et de fleurs. Il possède une attaque franche, un beau volume et une complexité en bouche, le tout soutenu par une acidité qui apporte fraîcheur et vivacité. Accords : Apéritif, salades, poissons, viandes grillées 13.95€ www.aixrose.com
Château du Galoupet 2017
Cru classé rosé
Ce Côtes de Provence 40% grenache, 40% cinsault, 5% rolle, 5% syrah, 5% tibouren et 5% mourvèdre a une couleur bois de rose, une belle fraîcheur au nez sur l’agrume et les fruits blancs. La bouche, équilibrée et complexe, révèle avec délicatesse des arômes de fruits rouges, framboise et groseille. Accord parfait
: Thon à la plancha sauce satay. Le caveau de vente de 250 m2 de style moderne, où vous pouvez prendre le temps de déguster les vins du domaine, avec toujours cette vue époustouflante, organise des journées gourmandes alliant le savoir-faire d’artisans locaux et des expositions de photos, peinture. Prix
de vente : 15.00€
www.galoupet.com
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
       La Rose d’Aimée 2017 AOC Tavel
Grenache, Clairette, Cinsault, Syrah ; la Rose d’Aimée s’affiche dans une belle robe corail aux reflets cuivrés. Le bouquet
embrasé par la fraise et le bonbon anglais
se tempère délicieusement par la soie du menthol. Sur le palais, coule une rivière
de grenade et de framboise où l’on peut décerner des notes iodées et safranées. Le roi Philippe le Bel était un fervent amateur de ce vin que l’on surnomma alors « Le roi des rosés ». Servi entre 10 et 12 °C, ce Tavel accompagnera la cuisine asiatique, la viande blanche, la volaille ou encore une quiche lorraine. Prix TTC : 11 € – en vente au caveau des Grandes Serres à Gigondas (04 90 65 86 55) et chez les cavistes.
Rosé 2017 AOC Bandol
Ce vin aux cépages Mourvèdre 55 %, Cinsault 25 % et Grenache 20 % a une robe d'un rose pâle emprunte de subtils reflets dorés. Alliant finesse et délicatesse, le nez est frais et vineux. Il développe des fragrances d'agrumes, de pêche de vigne et de fleurs blanches. La bouche est racée, dense, soyeuse. Le vin révèle des arômes gourmands de pomelos et de petits fruits rouges accompagnés d'une magnifique tension, lui octroyant une finale réglissée rafraîchissante. Accords : Curry de poisson ou de volaille, cuisine asiatique et exotique, veau. Tarif : 25,60 €. Disponible en 37,5 cl - 75 cl - Magnum - Jéroboam – Mathusalem. www.domaines-ott.com
Janeil, Rosé sans soufre 2017
Ce Côtes du Roussillon aux cépages 30 % syrah, 28 % grenache noir,
15 % mourvèdre, 10 % grenache gris, 10 % macabeu, 7 % carignan
a un nez très fin, minéral, aérien sur des arômes de groseille et de
fruits à noyaux. L’attaque en bouche est vive et fraîche. L’acidité est parfaitement contenue par une certaine douceur en milieu de bouche. Servir entre 12 et 14° C, pour accompagner des gambas grillées et légumes méditerranéens grillés, une salade de bœuf thaïlandaise et, d’une manière générale, toute la cuisine exotique. Capacité de garde : 2-3 ans. Prix public ttc : 24€
www.domainesfrancoislurton.com
Troubadour 2017 Domaine de Rocheville
Ce Saumur Rosé Sec 100% Cabernet Franc est une appellation confidentielle pour un rosé sec tout en fraicheur, bonne humeur et élégance. Ce Troubadour chante la jovialité sur des notes d’abricot et pêche de vigne, et insuffle de la poésie aux repas estivaux ou exotiques : entrées fraiches, grillades de viandes ou de poisson, crevette style thaï, tajine à l’abricot et même couscous apprécieront sa joie de vivre ! Prix TTC : 7,90 € - chez les cavistes – au domaine et sur la e.boutique new-boutique.rocheville.net
Domaine de la Mordorée
Reine des Bois - 2016
Vous apprécierez les arômes très complexes de fleurs
et de fruits blancs et rouges (framboises, grenade, fraise) ainsi qu’un soupçon mentholé. En bouche, cette cuvée est aérienne, élégante, fraîche, très longue. Les accords parfaits sont : les volailles, les viandes blanches, certains poissons, la soupe de poissons, certains fruits de mer, la cuisine avec de l’ail et la cuisine asiatique. Température de service : 12°C / Potentiel de garde : 6 à 10 ans. Ce Tavel, au prix public de 15,55 euro TTC. www.domaine-mordoree.com
Bandol rosé Tradition 2017
De restanques en restanques, le Domaine de L’Olivette descend des collines vers la Méditerranée. Ce Bandol du Domaine de l’Olivette aux cépages 40 % mourvèdre, 30 % grenache, 30 % cinsault a un nez élégant et fruité avec des notes d’agrumes et de fleurs blanches. En bouche, un vin ample, gras, rond et plein avec un final épicé. Service : à une température de 10°C pour accompagner tous les mets d’été : petits légumes farcis, salades de tomates, pissaladière, riz au poisson... Capacité de garde : 3 ans Prix public ttc : 14,90 € En vente à la propriété et chez les cavistes. www.domaine-olivette.com
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Champagne
Nicolas Feuillatte fait peau neuve
En 40 ans, la Maison est devenue N°1 en France, et 3ème dans le monde. Pour Nicolas Feuillatte, si le luxe a toujours été affaire d'élégance et d'attitude, d'émotion et de plaisir, le Champagne est surtout synonyme de partage et de parenthèse enchantée et ne doit être réservé aux circonstances exceptionnelles. Cette année, la marque décide de faire peau neuve. Ce nouvel emblème inspiré des plus belles pièces
d’orfèvrerie, offre des clés de lecture riches et intuitives des valeurs qui composent la marque. Coiffe noire, rose ou or, finition poudrée, papier irisé à la texture particulière qui capte la lumière et révèle l’éclat de la teinte, le nouvel emblème scelle fièrement chacune des cuvées... www.nicolas-feuillatte.com
Champagne Colin, Rosé brut 1er Cru
Ce Champagne Rosé issu de la Côte des Blancs et composé de 15% Pinot Noir vinifié en vin rouge et 85% Chardonnay, est un véritable Champagne de cœur avec sa teinte qui évoque un monde de tendresse, de douceur et de romantisme. Vous apprécierez son nez intense de fruits rouges, pétales de roses, pêche de vigne, cerise avec quelques notes minérales. La bouche est fraiche et tendre, sa texture soyeuse avec une finale vive et acidulée dans une ambiance de cassis et de groseille. Ce Champagne se mariera avec des mets subtils et légers à base de saumon, de Saint-Jacques ou encore avec des desserts aux fruits rouges. Prix TTC : 27,50 euros www.champagne-colin.com/boutique
Rosé de Saignée par Drappier
Champagne Drappier fait partie des rares Maisons à élaborer le Champagne rosé par saignée. Ce pinot noir 100 % jouit d’une robe rose saumon, lumineuse. Son nez floral pétale de rose révèle un fruité fraise des bois herbes aromatiques avec une pointe légèrement épicée. La bouche fruits rouges et agrumes est remarquablement expressive et longue sur une belle fraîcheur, avec une subtile note de réglisse en finale. Ses plats : apéritif, crevettes, antipasti, saumon en papillote, côtes d'agneau grillées, filets de rouget, salade de fraises. Prix public conseillé : 36,00 euros ttc. www.champagne-drappier.com
Les dîners d’EcoRéseau Business
Gastronomie
Gourmandises healthy au DS Café
Dans le paysage élitiste de la restauration parisienne, DS Café s’est hissé depuis 2002 au rang des incontournables pour sa recherche permanente de recettes originales, healthy et gourmandes. Les plats surprennent avec des ingrédients originaux comme le thon fumé accompagné de quinoa bio, edamamés oignons
crispy, cramberries et baies de goji. Audacieux, à l’instar des desserts, des cocktails de jus frais et des brunchs. Le DS café est présent à quatre adresses et une est en création avec une terrasse d’exception au centre commercial de Beaugrenelle. Ouvert de 10 à 19 heures, les recettes sont également disponibles à emporter et à la livraison.
www.dscafe.fr
Chez Roberta, épicerie, labo de
pâtes fraîches et restaurants
C’est une petite Italie téléportée avec ses goûts,
ses couleurs et ses trésors culinaires : huiles
d’olive entre senteurs herbacées et délicates
réminiscences d’amande amère, des produits à la
truffe sourcés par Roberta elle-même au-delà des
frontières du Piémont, de divines charcuteries
telles le speck riserva, la pancetta al pepe nero...
des légumes & condiments en bocaux comme les
artichauts ou encore les peperoncini con tonno,
des sauces tomate rouges ou jaunes. Les deux
restaurants sont inspirés de trattorias typiques. Vous apprécierez le labo de pâtes fraîches crée par Fiorella, une mamma produisant depuis 35 ans de succulentes pâtes fraîches. Adresses à Bercy et à Abbesses.
www.roberta.fr
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
              Ce mois-ci, nous avons testé pour vous la brasserie d’Aumont de l’hôtel de Crillon
 CONCEPT & LIEU : Dans une atmosphère propre aux brasseries parisiennes, aux diffé- rents coins intimistes meublés de sofas et de tables basses, les clients peuvent découvrir les élégantes recettes de la Brasserie
d ’A u m o n t .
Le style typiquement français de la brasserie se prolonge dans la Cour d’Honneur, un pa- tio urbain parisien idéal, au milieu de mer- veilleux arbustes grimpants et de paisibles jets d’eau.
LA CUISINE DU CHEF JUSTIN SCHMITT :
L’équipe du Chef Justin Schmitt séduit avec une cuisine intemporelle typiquement française inspi- rée d’un passé encore proche. Le chef a revisité par exemple un plat qui figurait au menu proposé par
l’hôtel en 1910 : la tête de veau sauce Orly. Ou encore la sole à la grenobloise, le tartare et sau- mon à l’oseille... Les ingrédients et les produits régionaux sont soigneusement choisis, certains sont introuvables à Paris, comme une variété unique d’huîtres du nord de la Bretagne. La pas- sion pour l’art du chef Justin Schmitt lui a permis de se forger une expérience culinaire fine et originale. La carte change très régulièrement, certains incontournables restent.
La passion pour l’art du chef Justin Schmitt lui a permis de se forger une expérience culinaire fine et originale. La carte change très régulièrement, certains incontournables restent.
SERVICE : très acceuillant, rapide, discret, irréprochable.
NOTRE MENU :
ENTRÉES : Poulpe rôti, carottes et spéculoos 24 euros. Très tendre, sauce exquise. L’incontournable pâté en croûte 22 eu- ros. Divin en effet.
PLATS : Ris de veau croustillant, panais glacés au jus, kumquat 62 euros. Fondant. Homard à la verveine, conchiglioni farçis de courgettes 70 euros. Fabuleux.
DESSERTS : Tarte au citron meringuée. 20 euros. Fine, originale. Tarte du jour, aux deux fraises. 20 euros. Sans croûte, si légère !
TARIFS : compter environ 100 euros à la carte sans les boissons
ADRESSE : 10 place de la concorde. 75008 Paris
SITE WEB :
www.rosewoodhotels.com/fr/hotel-de-crillon/dining/brasserie-d-aumont
    MAI 2018 | ecoreseau.fr
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©DR
]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
Evasion
Un nouvel hôtel-restaurant Lalique
Un nouveau projet porté par Silvio Denz, président-
directeur général de la Maison Lalique et mené par
David Bolzan, directeur général des Vignobles Silvio
Denz, verra le jour pour les 400 ans du Château
Lafaurie-Peyraguey : ouverture prévue le 23 juin 2018
! Le Château Lafaurie-Peyraguey est un domaine
viticole très ancien de 36 hectares, situé au cœur du
Sauternais. Après de longs mois de rénovation, il est en
passe de devenir un hôtel-restaurant de très haut-standing : un style « country chic » pour ces dix chambres et trois suites avec des créations originales autour du vin. Les incrustations en cristal Lalique trouvent leur place dans un jeu d’élégance et de sobriété mêlant luminosité et douceur de vivre. Côté cave, un patrimoine de 350 000 bouteilles dont les amateurs pourront profiter !
www.lafauriepeyragueylalique.com
La 3ème croisade pour la santé
Du 14 au 28 juillet 2018, Bernard Clavière organise la 3e Croisade de
la Santé. Elle est avant tout un événement militant destiné à rappeler (ou enseigner) que le jeûne est le premier moyen naturel de santé. Vous apprécierez le cadre idyllique de l’Oasis Ahmara, centre de séjours nature et santé créé par Bernard Clavière, au lieu-dit Labèque, dans le village de
Gironde-sur-Dropt, riverain de la Garonne, à 60 km de Bordeaux. Tarif pour les 2 semaines: 700 €, pour une semaine : 450 €, comprend l’emplacement pour planter la tente , l’accès libre à toutes les conférences, concerts, et autres animations collectives, un cadeau de bienvenue, les cours de yoga et/ou relaxation guidée et/ou stretching... www.croisadepourlasante.org
Intercontinental Bordeaux
Le Grand Hôtel
Situé sur la Place de la Comédie, l’InterContinental
Bordeaux - Le Grand Hôtel est une légende de l’hôtellerie. C’est une véritable renaissance que le Grand Hôtel connaît depuis 2007, grâce à une métamorphose de 8 années. L’établissement possède 130 chambres, dont 44 suites. Son décor élégant et feutré, de style XVIIIème siècle et Empire, a été imaginé par Jacques Garcia. Au Pressoir d’Argent, restaurant gastronomique deux étoiles au guide Michelin, le chef britannique vedette Gordon Ramsay présente une carte hommage au patrimoine culinaire régional. Autre lieu emblématique de l’hôtel, sa « Night Beach » : son vaste toit-terrasse devenu le rooftop le plus couru de la ville. Vous apprécierez aussi le Spa Nuxe Les Bains de Léa. www.intercontinental.com/bordeaux
Le Phébus & Spa,
une merveille du Lubéron
Le Phébus & Spa Relais & Châteaux 5 étoiles et
1 étoile Michelin est situé au cœur du Luberon à Joucas Gordes. « Phébus » en hommage à la lumière
exceptionnelle du pays qui a séduite les plus grands peintres, Cézanne en autres. Après 5 mois de fermeture et d'énormes travaux d'embellissement, vous apprécierez l’entrée du parc paysager, le lobby, le bar, le restaurant étoilé « La Table de Xavier Mathieu », le Spa Carita, la nouvelle salle de réunion/salle de réception privée, et la nouvelle villa privée de 350 m2 aux prestations d'exception. L’hôtel dispose désormais de 29 chambres dont 4 suites de prestige avec piscine privée chauffée et nage à contre-courant. www.lephebus.com
         Bien-Etre
Eneomey, Perfect Body
A la fois lissante et stimulante; cette gamme doit son efficacité à l'alliance de l'acide glycolique à 15% et 30%, et de vitamine C stabilisée à 5%.
Cette synergie permet d'agir dans les différentes couches de la peau. Ces soins hydratent les couches superficielles de l'épiderme et améliorent la qualité de la peau. Le derme est tonifié pour un effet raffermissant et lissant. Disponible en pharmacies. Ci-contre : Perfect Body 30: 150 ml/ 58 euros.
eneomey.com
Mexique et de menthe froide Mitcham. En note de cœur, aux absolues de bourgeon de cassis de Bourgogne et de mimosa de Provence vient s’ajouter une délicate touche d’absolue de jasmin d’Egypte. Enfin, en note de fond, l’accord musqué vient couronner et envelopper ce tableau parfum. Eau de parfum vaporisateur naturel, 70 ml - 175 euros, Eau de toilette vaporisateur naturel, 200 ml - 225 euros www.franciskurkdjian.com
Aqua Celestia forte
de Francis Kurkdjian
Aqua Celestia forte incarne la radiance d’un parfum frais et hespéridé. En note de tête, le petitgrain Bigaradier d’Italie, à la fois doux et amère, ajoute un pétillement aux facettes fruitées et solaires d’Aqua Celestia, traduites par les essences de limette du
Coffret Chic Beauty
Ce Coffret de 4 créations Chic des Plantes est dédié à
la première gorgée de beauté, qui vient de l’intérieur
comme chacun le sait ! Bues chaudes ou fraîches,
nature ou en cocktails, les infusions révèlent des
senteurs et saveurs estivales, fruitées, fleuries... Chic des Plantes souhaite remettre les plantes infusées au cœur des gestes bien-être quotidiens.
Elles sont 100% bio, sans aucun arôme ajouté et made in France. 32€ le Coffret de 4x6 sachets de L’Élancée, Ô Joie, Belle Plante et L’Élixir. En vente dans les points de vente de la marque.
www.chicdesplantes.fr
Sublimes soins à l’Hôtel Crillon
L’Hôtel de Crillon, réouvert après 4 ans de travaux, inaugure son
spa doté d’un espace beauté et d’une sublime piscine. Marques
de soins pointues comme EviDenS de Beauté pour le visage et
Maison Caulières pour le corps et le salon de coiffure David Lucas
dessinent un univers luxueux d’exception. Du 15 au 22 juin
2018, Sense, A Rosewood Spa accueille Pierre Clavreux, Maître
de Kiyindo Shiatsu, discipline thérapeutique qui, en rétablissant
la circulation de l'énergie vitale, réactive le processus d'auto-
guérison du corps. Quatre cabines de soin, dont une dotée de balnéothérapie et une autre permettant des soins en duo, se situent sur deux étages afin de profiter de la lumière directe du jour. Le spa propose des technologies de pointe, comme le Jet-Peel, traitement cutané rajeunissant, sans recourir à la chirurgie. www.rosewoodhotels.com/en/hotel-de-crillon
        84 MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Horlogerie & Joaillerie
La Montre d'Aviateur Mark XVIII
Edition d'IWC
La Montre d'Aviateur Mark XVIII Edition «Laureus Sport for Good Foundation» est la 12e édition spéciale créée par IWC autour de son partenariat avec la Fondation Laureus. Dotée d'un boîtier en céramique noire, cette montre arbore un cadran bleu nuit ponctué d'aiguilles noires luminescentes. Sur le fond en titane est gravé le
dessin d'une fillette brésilienne de 11 ans, Ana Claudia, sur le thème «Time to be Healthy». Ana a remporté le concours annuel de dessin pour enfants organisé par IWC dans le cadre des différents projets de la fondation. La montre, fabriquée en édition limitée à 1500 exemplaires numérotés, se présente sur un bracelet en cuir de veau noir gaufré.
www.iwc.com/fr
Monnaies antiques dans l’ère
du temps
La monnaie de paris frappe le métal depuis le IXe siècle.
L’institution a développé une créativité inspirée lui
permettant de graver les lieux et les époques. Par leur
puissance esthétique, inspirée des pièces historiques originales, et leur multiple symbolique, les parures de bijoux « monnaies antiques » possèdent une forte personnalité. Coup de cœur pour l’abeille d’Ephèse. Assimilée à Déméter, elle
a donné son nom aux prêtresses de l’Artemision. Parfaitement dans l’air du temps, les monnaies antiques sur cordon, le sautoir médaillon en argent et le porte-clés mini médaille souvenir représentent une nouvelle invitation aux cadeaux. A s’offrir ou se faire offrir. Pendentif ci-contre en or jaune : 345 € www.monnaiedeparis.fr
Sublime nouvelle Ellipse d’Or
Patek Philippe fête les 50 ans de l’Ellipse d’Or avec une nouvelle version grande taille en or rose rehaussée par un cadran noir. Au sein de ce fleuron de pureté et d’équilibre bat un calibre 240 à remontage automatique, un mouvement extra-plat doté d’un mini-rotor excentré en or 22 carats entièrement encastré au niveau des ponts – ce qui permet de conférer au boîtier un profil d’une grande finesse (5,9 mm), gage d’élégance intemporelle. Conformément à l’ancien usage, la montre est dotée d’un fond
plein en or rose. La touche de style et de raffinement est complétée par un bracelet en alligator écailles carrées, cousu main, de couleur noir brillant, doté d’une boucle à ardillon en or rose reprenant la forme caractéristique du boîtier. Prix suggéré : 27 980 euros.
www.patek.com
Trio gagnant par Lassaussois Joaillier
Minimalisme et élégance sont les maîtres-mot de ce nouveau bijou dévoilé par Lassaussois Joaillier. Fine mais néanmoins précieuse, cette bague sertie de diamants en toute délicatesse, sublime sans compromis l’éclat d’une belle pierre de centre de forme carrée. Gracieusement architecturée, une rubellite, une tourmaline rose ou verte vient, au choix, habiller ce doux écrin d’or blanc ou d’or rose. Et puisque choisir c’est renoncer, ces bagues peuvent s’associer ou se dissocier à votre convenance et
au gré des tendances...Prix de vente : 3 550 €.
www.boutiquelesmontres.com
Mode & Accessoires
Maroquinerie & accessoires Herbert Frère
Sœur
Dans l’atelier de maroquinerie de leur père installé
en Bretagne, il y a plus de 40 ans, Camille et
Flavien inventent une maroquinerie éternelle et
soucieuse de sa juste valeur : des sacs et des ceintures qui associent le raffinement des formes, la noblesse d’un cuir « bougie » et ce twist contemporain qui fait les Classiques actuels. Ils lui donnent un nom, Herbert, le leur, auquel ils associent ce qui définit leur lien. Herbert Frère Sœur est née. Ci-contre, ceinture 10 mm - Cuir de bovin - taille coulissable de 60 à 105 cm Bijouterie dorée : beige rosé, camel, marine / Bijouterie argentée : rouge, kaki, noir PVC 50,00 € www.herbert-freresoeur.com
J.M. Weston & Roland-Garros
La manufacture de chaussures s'allie pour la deuxième année avec le tournoi de tennis mais délaisse le mocassin pour une basket en cuir de veau. À quelques semaines du tournoi, découvrez les éditions limitées de la basket J.M. Weston x Roland-Garros disponible pour homme et pour femme. Développée en cuir de veau souple et dans des couleurs évocatrices (le orange de
la terre battue, le blanc des lignes de courts, le bleu du ciel...), chaque paire est vendue à 480 euros. www.jmweston.com
La Botte gardiane
Maison fondée en 1958, labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant en 2007, La Botte Gardiane est la seule entreprise française spécialisée dans la fabrication des bottes de gardians camarguais. Des ballerines, des bottes aux coloris variés, des bottines, des sandales par centaines, des bottes hautes
entièrement sur mesure et des classiques. On ne sait plus que choisir devant un tel choix de produits, de couleurs et de textures. Venez les découvrir dans l’une des boutiques parisiennes ou dans l’atelier de fabrication camarguais. Ci-contre, le modèle Opale de type "slippers" est la "pantoufle/ballerine" de la Maison, en
vernis noir - semelle cuir - doublure noire cuir.
www.labottegardiane.com
Balasana, français & eco-conçu !
Balasana® est une marque spécialisée dans les vêtements de yoga pour femmes. Haut de gamme, elle allie élégance
et bien-être à un impact environnemental. Les collections sont éco-conçus avec des tissus en fibres synthétiques ou naturelles. Toutes sont certifiées standard 100 % Oeko-Tex, c’est à dire sans substances nuisibles à l’environnement
et à l’homme. La brassière permet de pratiquer le yoga confortablement tout en restant à la pointe de la mode grâce à son jeu de fines lanières. Le legging est parfaitement
adapté à la pratique du yoga dynamique grâce à l'absorption de la sueur et le séchage rapide. Il est facile à enfiler, et très agréable à porter: élasticité optimisée, maintien flatteur, effet seconde peau.
www.balasana.fr
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
                  86 MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Le XC40 est la première offre du constructeur suédois sur un mar- ché déjà fortement concurrentiel dominé par les Allemands. Les grandes qualités de ce nouveau venu premium risquent toutefois de bouleverser l’ordre établi
Le constructeur sino-suédois propose pour la première fois de son histoire un «petit» SUV compact sur un marché très fortement concurrentiel. Volvo poursuit ainsi l’offensive commerciale lancée en 2015 avec sa gamme 90 – XC90, S90, V90 – suivie du renouvellement de son best seller XC60. Cette fois-ci c’est la catégorie 40 qui se met au diapason des nouveaux standards premium de la marque avec une déclinaison du design scandinave tant à l’extérieur qu’à l’intérieur du véhicule.
Le XC 40 (qui vient d’être élu voiture de l’année) cultive
la ressemblance avec ses aînés et se lance à l’assaut
d’un segment déjà encombré, dominé par les cadors germaniques, BMW (X1, X2), Audi (Q3) et Mercedes (GLA), déjà titillés par le nouveau venu Jaguar (E-Pace) et qui pourraient être rejoints dans un futur proche par les
Italiens Alfa Roméo (Kamal ?) et Maserati.
C’est dire si le XC 40 a de l’ambition. Ses dimensions et son allure cossue le positionnent d’emblée sur le haut du panier et, pour compact qu’il soit, ce SUV est d’abord un luxueux objet de convoitise.
Tous les fondamentaux Volvo sont respectés : confort, élé- gance, espace, ergonomie, qualité irréprochable de finition, plaisir de conduite. Avec un équipement bien évidemment à l’unisson, notamment dans le domaine des aides à la conduite et de la sécurité (anticipation de collision, freinage d’urgence, anti sortie de route, conduite semi autonome, caméra à 360 degrés....). Dommage qu’il manque l’affichage tête haute dans le pare-brise comme sur les gammes 90 et sur le XC60.
ne identité forte
Pour marquer son entrée dans ce club fermé des compact premium Volvo joue la carte de la sportivité avec un look dominateur : face avant volontaire par sa calandre verticale
encadrée par des feux à Led en forme de marteau (celui de Thor, dieu de la foudre et du tonnerre, sic...), ligne de caisse très haute, roues énormes (de 18 à 21 pouces de diamètre) et sous le capot deux moteurs musclés essence et diesel. Pour faire ses premiers tours de roues le XC40 n’offre en effet qu’un choix binaire entre un 4 cylindres biturbo diesel de 190 chevaux (D4) et un 4 cylindres turbo essence de 247 chevaux (T5) rageur et très gourmand, tous deux couplés à la remarquable boîte auto Geartronic 8 vitesses et à une transmission à 4 roues motrices. Une nouvelle mécanique 3 cylindres essence (T3, 1,5 litre, 150 chevaux) viendra les rejoindre d’ici l’été, ainsi qu’un moteur diesel de 150 che- vaux (D3), un moteur essence (T4) de 190 chevaux, une boîte manuelle et des versions 2 roues motrices, avant les gammes hybride et tout électrique attendues à une échéance plus lointaine.
Modèle essayé : Volvo XC40, T5 AWD G8 247 ch First Edition. Tarif : à partir de 52 000 euros. Tarifs gamme essence à partir de 45 950 euros. Tarifs gammes diesel à partir de 45 100 euros.
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
   Essais & TEndancEs
Par Philippe Flamand
   Le Duster roule dans la cour des grands
Le SUV Dacia se refait une beauté extérieure et intérieure et monte en gamme sans faire s’envoler ses tarifs. Chapeau bas !
En jouant la carte de la montée en gamme sans renoncer à des tarifs très attractifs, Da- cia marque un point incontestable dans sa stratégie de conquête d’une nouvelle clien- tèle. Celle qui veut à la fois un véhicule fiable, agréable à conduire, bien équipé sans superflu, simple, pas ostentatoire mais pourtant joli à regarder, qui conjugue la fiabilité et la robustesse d’un modèle basique et les agréments de la technologie.
Et bien le nouveau Duster a tout cela dans sa version haut de gamme. SUV compact par excellence, en simple transmission à deux roues motrices, il offre une qualité de confort et de conduite renforcée par rapport aux précédents millésimes. Un léger lifting esthétique lui donne plus d’attrait (nouvelle face avant, faux extracteurs d’air en plastique noir derrière les ailes avant, nouvelles jantes 17 pouces, feux arrière carrés façon Jeep Renegade) et améliore grandement son habitacle (nouvelle planche de bord avec interrupteurs type piano, écran tactile plus lisible et mieux position- né, sièges redessinés...). Bien sûr quelques détails sont sacrifiés sur l’autel du tarif : pas de sièges élec- triques (mais une option sièges chauffants), pas de dé- tecteur de pluie ou de frein de stationnement électrique, pas de hayon électrique ; mais le Duster « Prestige » propose néanmoins l’ouverture-fermeture et le démarrage sans clef (avec la carte Renault), le témoin d’angle mort, le limiteur-régulateur de vitesse, l’allumage automatique des feux,
le stop-and-start, la navigation, le Bluetooth, la clim auto et la caméra 360°.
Son moteur diesel dCi 1,5 litre de 110 chevaux est remarquablement discret et très éco- nome, bien que vaillant et agréable et la boîte auto EDC 6 vitesses à double embrayage d’une grande douceur de fonctionnement. Bref un sans faute. Comme le disait une pu- blicité naguère il faudrait vraiment être fou pour dépenser plus.
Modèle essayé : Dacia Duster dCi 110 EDC Prestige. Tarif : à partir de 19 950 euros. Tarifs gamme essence à partir de 11 990 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 14 000 euros.
Bilan en demi-teinte pour la nouvelle Polo
La petite Volkswagen apparue en... 1975 n’a plus rien à voir avec son ancêtre. La 6e génération fait peau neuve et s’essaie à la gaité colorée.
Généralement l’attelage moteur diesel-boîte auto et système stop-and-start se montre peu performant (hormis dans le groupe PSA qui maîtrise à la perfection ce dispositif technologique) avec hoquets mécaniques et calages à la clef. En revanche avec les motorisations essence l’arrêt-redémarrage est la plupart du temps bien contrôlé. Etrange donc l’inconfort ressenti au volant de cette Polo nouvelle donne dotée sous le capot du petit
moteur essence 1 litre de 95 chevaux. Le
stop-and-start se met en marche beau-
coup trop rapidement (par exemple quand
la voiture est à peine arrêtée pour tour-
ner en plein milieu d’une intersection)
et supprime en outre l’assistance de la
direction. Sueur froide garantie. Il crée
par ailleurs systématiquement un trou à
l’accélération à la reprise moteur. Bref on
est très rapidement contraint de décon-
necter le système et dès lors l’agrément
de conduite reprend toute sa place. Cette Polo restylée de 6e génération peut donner toute la mesure de ses qualités : belle finition avec des sièges bicolores mariant cuir et alcantara, jolie façade en alu sur la planche de bord, équipement généreux mais GPS imprécis. La petite VW a grandi, son habitabilité aussi. Elle s’est joliment relookée et propose désormais un habitacle coloré assorti à sa carrosserie histoire de séduire une jeune clientèle. Reste que ses tarifs eux de- meurent élevés alors même que la Polo se montre peu économe côté consom- mation avec 7 litres en moyenne en parcours urbain. De quoi freiner de juvéniles ardeurs au porte-monnaie peu rempli.
Modèle essayé : Polo 1.0 TSI 95 DSG 7 Carat. Tarif à partir de 21 660 euros. Tarif gamme essence à partir de 14 430 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 18 140 euros.
Volvo s’attaque au marché des SUV compacts
  MAI 2018 | ecoreseau.fr 87
]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Baromètre finance de marché
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les marchés financiers où le particulier peut investir
     la spécUlation dU mois
Wordline pourrait bénéficier de ses résultats positifs
Worldline a annoncé une activité trimestrielle en croissance organique de +5,8 %. Celle-ci confirme par ailleurs tous ses objectifs pour 2018, soit une croissance organique entre 5 % et 7 %. Le broker Invest Securities estime que le premier trimestre s’inscrit dans une dynamique organique bien huilée, même s’il reste prudent sur une valorisation actuelle qui intégrerait déjà la création de valeur liée aux futures acquisitions de l’entreprise
 Le chiffre du mois
2296
Selon le Boston Consulting Group, il existerait 2296 fonds de private equity spécialisés dans le hors- cote. Cela représente une augmentation de 25 % par rapport à 2016 où ils n’étaient que 1700. Des fonds qui cherchent cette année à lever 744 milliards de dollars.
  Arthur Cohen
Spécialiste des questions éthiques appliquées au secteur financier PDg des éditions Hermann
Entrée de la corruption dans le débat public ?
L’actualité autour des phénomènes de corruption est forte. Chacun a en tête la mise en examen ré- cente de Vincent Bolloré, et l’annonce, le 22 avril dernier, par Christine Lagarde, directrice générale du FMI, de l’adoption d’un nouveau cadre réglementaire destiné à « évaluer de manière régulière » la corruption dans les 189 pays membres. C’est donc l’occasion de revenir sur cette notion, si floue dans l’esprit des gens mais si lourde de préjugés. Qu’est-ce que la corruption ? Et pourquoi devons-nous la combattre ?
Le terme a d’abord un sens physique : il renvoie à l’altération d’une substance par décomposition. De là en découle une acception morale : la corruption des mœurs renvoie à la dépravation d’un individu ou à la déliquescence des vertus morales au sein d’une société. Mais le terme recouvre aussi un sens juridique précis : le code pénal définit la corruption comme un comportement pénalement répréhensible par lequel une personne sollicite, agrée ou accepte un don, une offre ou une promesse, des présents ou des avantages quelconques en vue d’accomplir, de retarder ou d’omettre d’accomplir un acte entrant d’une façon directe ou indirecte dans le cadre de ses fonctions. La loi distingue alors la corruption active (le corrupteur) de la corruption passive (le corrompu). Dans les faits, la corruption est une transaction perturbatrice qui fausse les règles d’un marché en créant un arrangement occulte, parallèle mais préalable, qui conditionne l’exécution du marché véritable.
La corruption survient lorsque les normes peinent à régir les faits. Comment est-ce possible ? Plusieurs possibilités : les normes conçues sont parfois trop exigeantes, trop peu soucieuses des réalités et donc inapplicables. Cette explication me paraît pertinente notamment dans le domaine moral où les vertus sont souvent conçues comme des idéaux inatteignables. Autre possibilité : les normes sont contournées. Plusieurs réactions sont alors légitimement envisagées : changer la norme, dérèglementer ou concevoir des nouvelles normes complémentaires pour rendre plus difficile le contournement des premières. Tacite disait déjà que « plus l’Etat est corrompu, plus les lois se multiplient ». Il me semble qu’une nouvelle approche, proposée par le philosophe Thierry Ménissier dans son livre Philosophie de la corruption (2018), mériterait d’être davantage creusée : selon lui, la corruption ne renvoie pas « à la déchéance d’une situation paradigmatique, meilleure et idéale » car elle « consiste moins en une dégradation qu’en une véritable forme de vie, qui à sa manière est authentique ». Il en déduit la nécessité de repenser l’éthique civique, la conciliation des intérêts privés avec l’intérêt général, pour refonder une « vertu civique » nouvelle, compatible avec les croyances plu- ralistes de nos sociétés démocratiques contemporaines qui rejettent toute compréhension univoque des vertus morales ou républicaines. Le pari de cette refondation éthique est de taille, et nous sommes curieux de savoir quelle éthique pourra bien nous être proposée, à nous autres, hommes et femmes, qui souffrons tant de la corruption mais qui nous révélons si corruptibles.
  l’actU marché dU mois Augmentation de capital chinoise pour la Banque
mondiale
La Banque mondiale a réalisé une augmentation de capital de 13 milliards de dollars auprès de la Chine. Un projet qui devrait permettre à l’institution de prêter jusqu’à 80 mil- liards de dollars en 2019, contre 59 milliards en 2017. Cette augmentation de capital porte ainsi la part de la Chine à 6,01 % contre 4,68 % pré- cédemment. Autre décision prise par la Banque mondiale : les taux pratiqués par la Banque in- ternationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) vont être augmentés pour les pays en développement dont les revenus sont les plus importants. Une politique qui vient casser la politique de taux unique qui pouvait être trop bénéfique aux
grands marchés émergents.
La Banque de France détient près de 20 % de la dette de l’Etat.
Selon la Banque de France, celle-ci détient aujourd’hui 20 % de la dette de l’Etat contre moins de 5 % à fin 2014. Une conséquence des mesures exceptionnelles de rachat de dette publique en Europe voulu par la BCE, que la Banque de France a donc appli- qué sur la dette française. Quant aux détenteurs étrangers de dette française, ils ne détiennent plus que 55,1 % de la dette à fin 2017, contre près de 68 % à fin 2009.
Lagardère se sépare de ses radios en Europe
 le coin des experts
Cholet Dupont voit dans le recul des indices une opportunité pour les actions
Face à la baisse sensible des actions et la reprise des produits de taux, Vincent Guenzi, stratégiste au sein Cho- let Dupont, appelle à la prudence : « La tendance à court
terme des indices actions nous semble fragilisée ce qui augmente la probabilité d’un recul supplé- mentaire de faible ampleur. Au- jourd’hui, les marchés financiers s’inquiètent moins du risque de remontée des taux que de l’évo- lution de la croissance mondiale. » Selon l’expert, l’environnement
reste favorable mais certains investisseurs commencent à perdre confiance. Une donne liée au fait que nul ne sait quand la surenchère protectionniste s’arrêtera même si personne ne croit vraiment à la mise en place durable de telles barrières douanières. Le stratégiste estime que « la correction actuelle n’est peut-être pas terminée et la pru- dence s’impose encore à court terme ». Il reste cependant confiant sur les perspectives des marchés actions en 2018 car les fondamentaux restent positifs. « Un repli supplé- mentaire permettrait d’acheter à nouveau des actions dans de bonnes conditions », conclue-t-il.
Pictet AM renforce sa position en dette émergente en monnaie locale.
Selon Frédéric Rollin, Senior Investment Adviser chez Pic- tet AM, il y a quatre raisons d’investir dans la dette émer-
gente en monnaies locales. « Pre- mièrement, un endettement élevé et une inflation sous contrôle : le rendement à l’achat de la dette émergente est de l’ordre de 6,06 %, soit très supérieur aux taux des marchés développés. Deuxiè- mement, la reprise du commerce mondial, l’accélération écono-
mique générale relance le commerce mondial, dont les pays émergents, largement exportateurs, bénéficient au premier chef. Troisièmement, les monnaies sont sous-éva- luées d’environ 7,72 % selon les modèles Pictet AM. Le retour en grâce des économies émergentes devrait favori- ser une réappréciation de leurs devises à des niveaux plus normaux. Enfin, le risque est faible au niveau du dollar : la monnaie américaine est, selon nous, surévaluée de plus de 15 % par rapport à l’ensemble de ses partenaires com- merciaux émergents. De plus, l’administration américaine plaide clairement pour une dépréciation du billet vert. Le risque de forte appréciation du dollar, qui viendrait casser la dynamique économique émergente, semble donc limité. » Le stratégiste estime par ailleurs que le retour à la crois- sance réelle de +1,3 % en Amérique Latine combiné à une baisse de l’inflation prévue entre 4,2 % et 3,7 % devraient contribuer à continuer à faire baisser les taux directeurs émergents.
    de l’Est
Le groupe français a cédé ses actifs en République Tchèque, Pologne, Slovaquie et Roumanie à Czech Media Invest pour un montant de 73 millions d’euros. Une vente qui illustre la stratégie du groupe de se recentrer sur les centres commerciaux dans les gares et aéroports et sur l’édition. Deux
secteurs qui contribuent le plus aux revenus et profits du groupe.
Le déficit commercial américain s’affiche au plus haut depuis octobre 2008.
Le déficit commercial américain montre une progression de 1,6 % à 57,6 milliards de dollars, sur le mois de février, grâce à un nombre d’importations et d’exportations record. Les importations de biens et de services ont ainsi totalisé 262 milliards de dollars là où les importations américaines totalisent 204 milliards de dollars. Sur fond d’escalade de tension avec la Chine, le déficit de marchandise avec cette dernière a chuté de 18,6 % à 29,3 milliards de dollars, avec no- tamment des importations qui baissent de près de 15 % là où les
exportations restent stables.
  88
MAI 2018 | ecoreseau.fr
Éthique & Finance
]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[                 FIDUCIAL
Gérance
La gestion de votre épargne immobilière
    ACTIFS SOUS GESTION 1,8 Milliards d’€
Gestion de 7 SCPI et
de 6 groupements forestiers
660 000 m2 d’actifs immobiliers gérés
713 immeubles et 2 047 locataires sous gestion
30 000 associés
    Ficommerce
Visa AMF SCPI n°17-25 en date du 13 juillet 2017
SCPI à capital variable
Immobilier d’entreprise
“commerces”
Éligible Assurance-vie TRI 15 ans au 31/12/2017 : 9,73 % DVM 2017 : 4,52 %
     CAPITALISATION
652 M€
au 31/12/2017
  Buroboutic
Visa AMF SCPI n°17-01 en date du 27 janvier 2017
SCPI à capital variable
Immobilier d’entreprise
“commerces & bureaux” Éligible Assurance-vie
TRI 15 ans au 31/12/2017 : 10,18 % DVM 2017 : 4,55 %
     CAPITALISATION
356 M€
au 31/12/2017
   Logipierre 3
Visa AMF SCPI n°18-03 en date du 23 mars 2018
SCPI à capital variable
Immobilier “géré”
Éligible Assurance-vie
TRI 10 ans au 31/12/2017 : 10,05 % DVM 2017 : 5,16 %
     CAPITALISATION
57 M€
au 31/12/2017
  Sélectipierre 2
Visa AMF SCPI n°17-28 en date du 1er août 2017
SCPI à capital variable
Immobilier d’entreprise
“bureaux Prime Paris” Éligible Assurance-vie
TRI 15 ans au 31/12/2017 : 15,55 % DVM 2017 : 3,92 %
     CAPITALISATION
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au 31/12/2017
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Jean-François Charrier, Directeur du Développement, Claire Roux, Responsable commerciale, Julie Pradeau, Assistante commerciale
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  ]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre patrimoine
Brèves, actus et chiffres du mois concernant d’éventuels placements patrimoniaux pour le particulier
 l’actU patrimoine dU mois
Nouveau mode de calcul pour le taux du livret A
Bruno Le Maire, ministre des Finances, a annoncé fin avril une nouvelle révision de la formule de calcul du livret A. La raison ? « A chaque fois que l’on modifie le taux du livret A, nous sommes obligés de déroger à la règle car la règle ferait que nous aurions des taux beaucoup trop faibles », a-t-il déclaré sur BFMTV. Le gouvernement a ainsi décidé que le livret A serait à présent fixé en faisant la moyenne entre le taux interbancaire à court terme et l’inflation semestrielle. Il sera à présent arrondi au dixième de point et non au quart de point afin de se rapprocher le plus possible de cette moyenne. Pour les épargnants, ce nouveau calcul sera moins favorable que celui qui existe actuellement. Là où le taux actuel garantit une rémunération au moins égale à l’inflation, le nouveau taux s’en détache. Un virage assumé par le gouvernement qui veut faire sortir le Livret A de sa position dominante auprès des épargnants. Le taux reste cependant gelé à 0,75 % jusqu’en 2020, et bénéficiera ensuite d’un plancher minimal fixé à 0,50 %.
La Fondation du patrimoine lance un appel au mécénat
Afin de financer les sites historiques et patrimoniaux jugés en péril, un jeu de grattage avait déjà été lancé par la fondation dirigée par Stéphane Bern. En complément, la Fondation du patrimoine a lancé une campagne nationale d’appel aux dons. Une initiative qui a pour but « d’aider davantage de projets retenus pour le Loto du patrimoine et de manière encore plus significative », explique la Fondation. Celle-ci ambitionne pour l’heure de revaloriser 2 600 projets, le Loto du patrimoine per- mettant déjà d’agir pour 250 d’entre eux. Par ailleurs, en 2017 la Fondation a récolté 14,6 millions d’euros de dons grâce à 40 000 donateurs.
   Le chiffre du mois C’est la progression des investissements "responsables en 2017. +42,5% D’une valeur de 31,2 milliards de dollars ces investissements représentent un marché en pleine expansion selon la société
Novethic. Ces investissements permettent d’investir dans des entreprises compatibles avec les valeurs de l’épargnant. Ils permettent également d’exclure tout investissement en contradiction avec ces dernières comme le tabac, l’alcool, ou
encore les armes. 123 fonds d’investissement "responsables" existent à ce jour, recensés sur le site de Novethic. Des labels ont également été mis en place afin de certifier certains fonds. Le label ISR (Investissement social et responsable) du ministère de l’Economie ou encore le label TEEC (Transition écologique énergétique pour le climat). Des fonds qui peuvent s’avérer tout aussi rentables que les fonds classiques selon Novethic, car les entreprises qui les composent sont déjà performantes par rapport aux défis qu’elles adressent.
 la photo dU mois
Les investissements agricoles dans le vert
En 2017, le prix des vignobles, terres agricoles et des forêts ont tous progressé. Selon le minis- tère de l’Agriculture, le prix de l’hectare foncier agricole était de 6 090 euros, soit en hausse de 0,9 %. Côté vignoble la hausse s’établit à +3,7 % et +4,8 % pour les forêts. Les prix ont même augmenté jusqu’à 8 % pour les forêts de feuillus et de résineux selon l’observatoire Agrifrance de BNP Paribas.
 focUs sUr l’immobilier
"Atterrissage en douceur" pour l’immobilier ancien en 2018
D’après une note de conjoncture des Notaires de France, le marché immobilier français devrait effectuer un « atterrissage en douceur ». Les volumes de vente devraient être plus raisonnables en 2018 après deux années d’euphorie qui ont vu les prix grimper. Le ralentissement ne prévoit pas pour autant une baisse des prix. Ceux-ci ont pro- gressé de 4 % en 2017 et restent orientés à la hausse selon les notaires. Les Notaires de France prévoient un volume annuel de transactions légèrement moins soutenu. 42 % des banques déclarent par exemple une baisse de la demande de crédits à l’habitat.
L’encadrement des loyers limite la rentabilité immobilière
D’après le cabinet d’études sectorielles Xerfi, l’encadrement des loyers est un sujet clivant. D’un côté, il fait courir un risque à l’investissement locatif qui perd alors en rentabilité. De l’autre, il permet de limiter la perte en compétitivité car les loyers trop élevés pénalisent les locataires. Amorcé en 2012, l’encadrement des loyers réduit la rentabilité immobilière, notamment dans un contexte d’augmentation des prix de l’immobilier, comme le montre le graphique ci-dessus concernant la ville de Paris. Cette correction semblait pourtant nécessaire : les loyers ont augmenté de 53 % en France depuis 1998, là où les revenus des ménages ont augmenté de 38 % sur la même période. A Paris, l’augmentation des loyers a même atteint 64 %. Selon Xerfi, un ralentissement de l’augmentation des loyers était déjà en cours depuis 2008. Le cabinet d’études voit dans l’encadrement des loyers un risque de trop accentuer ce ralentissement et de casser la rentabilité des loyers de l’immobilier locatif.
La future recette d’un krach immobilier
Selon Xerfi, un futur krach boursier n’est pas à prévoir, mais il faut tout de même avoir conscience qu’un empilement de mesures défavorables à l’immobilier pourrait avoir un effet néfaste sur le secteur. Transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière, restriction des communes éligibles au dispositif Pinel, poursuite de l’encadrement des loyers, resserrement du prêt à taux zéro dans le neuf et l’ancien... Autant d’arbitrages qui sont systématiquement défavorables au marché de l’immo- bilier. Au-delà, la conjoncture globale laisse anticiper une remontée des taux de l’immobilier. Déjà amorcée aux États-Unis, celle-ci pourrait arriver en France. Le cabinet d’études sectorielles met en garde contre une remontée trop rapide des taux de crédits à l’habitat. Ceux-ci, combinés aux mesures évoquées plus haut, pourraient avoir pour effet d’exclure les primo-accédants du marché immobilier, pourtant es- sentiels à la chaîne d’achat et de revente immobilière.
 90 MAI 2018 | ecoreseau.fr
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Investissements personnels
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Drôle de paradoxe. Alors que la grande majorité des Français se déclarent inquiets pour leur retraite, toutes les études montrent qu’ils sont insuffisamment préparés à la chute inéluctable de leurs revenus à l’heure de passer ce cap fatidique. Pourtant des solutions d’épargne existent : Perp, contrat Madelin, assurance-vie, immobilier, épargne collective. Toutes ont des avantages et quelques inconvénients, à l’épargnant de choisir la formule la plus adaptée à sa situation.
Par Pierre-Jean Lepagnot
En mars dernier, Valérie Plagnol, présidente du Cercle des Epargnants, et Brice Teinturier, de l’ins- titut Ipsos, ont présenté les résultats de la 16e édition du baromètre « Les Français, l’épargne et la retraite ». Son titre est éloquent : « Les Français toujours plus in- quiets face à la retraite ». Le baromètre révèle en effet que plus de sept Français sur dix se disent inquiets pour leur propre retraite, dont 83 % des actifs qui craignent de man- quer d’argent. En effet, seuls 25 % des actifs estiment qu’ils disposeront de ressources financières suffisantes à la retraite. L’inquiétude grandit notablement auprès des retrai- tés. Pourtant, ils sont encore peu nombreux à préparer leur retraite, puisque seule la moitié des actifs épargnent en vue de leur retraite et 27 % en ont parlé avec un profession- nel. L’étude souligne qu’un retraité sur cinq a maintenu une activité professionnelle
rémunérée après avoir réuni les conditions de départ à la retraite, principalement pour compléter son revenu. Quelques jours plus tard, une autre enquête menée par le Cercle de l’Epargne et Am- phitea a dressé les mêmes conclusions. Très clairement, les Français sous-estiment donc le problème des retraites.
posées (âge légal de départ en retraite), mais il faudra agir individuellement. En diversifiant nos sources de revenu (épargne salariale, épargne retraite d’entreprise, épargne retraite individuelle, investissement immobilier), nous éviterons les mauvaises surprises (baisse significative des revenus) liées à la dégra- dation des régimes publics de retraite.
le perp, d’abord Un oUti de défiscalisation
Pour compléter nos futures retraites, plusieurs produits d’épargne ont été créés au fil des ans. Qu’ils s’appellent Plan d’épargne-retraite populaire (Perp) ou contrat Madelin (pour les non-salariés), tous ont la même particularité : l’épargne est bloquée jusqu’au départ à la retraite (sauf en cas d’accidents graves de la vie). Et ils ne peuvent se dénouer que sous forme de rente viagère : c’est-à-dire d’un revenu versé à vie (à l’exception d’une sortie en capital à hauteur de 20 % maximum dans certains Perp).
travers de contrats «multisup- ports». On peut alors miser sur le fonds en euros garanti (les rendements variaient de1,5%à2,5%en2017), ou panacher avec des supports adossés à des actions, des obligations, ou même de l’im- mobilier. Pour les épargnants désirant une gestion plus dynamique (et plus risquée), c’est une meilleure solution. Avec ces contrats, la rente servie dépend du montant atteint par le capital. « Avec 100 000 euros sur son Perp, un homme ou une femme de 65 ans obtient aujourd’hui environ 410 euros de rente par mois à vie (revalorisée dans le temps), hors frais et options diverses », indique Morgane Mathot, ingénieure patrimoniale à l’Institut du Patrimoine. Attractifs sur le papier, ces placements connaissent dans les faits des fortunes diverses. Tan- dis que le contrat Madelin est plébiscité par les travail- leurs non-salariés (TNS), le Perp ne séduit guère. Selon le Cercle des Epargnants, seuls 12 % des Français considèrent le Perp comme
 Les Français sont fâchés avec la rente car elle est synonyme d’aliénation du capital
  Selon l’Insee, vingt ans aupa- ravant, on comptait trois actifs pour un retraité, aujourd’hui, deux actifs pour un retraité et dans vingt ans, les prévi- sions montrent un actif pour un retraité. Penser que dans trente ans, notre retraite sera assurée uniquement par un système par répartition est donc un leurre. Certaines décisions nous seront im-
Il ne s’agit donc pas d’une épargne classique, mais d’un mécanisme de retraite com- plémentaire. Pour inciter les particuliers à y souscrire, ces placements sont dotés d’un avantage fiscal : les cotisations versées sont déductibles du revenu imposable.
La plupart des Perp et des contrats Madelin offrent un choix de gestion plus large, au
le meilleur placement pour la retraite, loin derrière l’as- surance-vie (45 %). Le motif le plus souvent évoqué de la part des épargnants pour ne pas souscrire un Perp est la rente. « Les Français sont fâchés avec la rente car elle est synonyme d’aliénation du capital », estime Morgane Mathot.
Pour autant, avec le plafon-
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[                PUBLICITÉ
 =Ils peuvent partir à la retraite dès 50 ou 55 ans (52 ou 57 en 2023), au lieu de 62.
=Le niveau de leurs pensions est 100 % garanti par l’État.
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10 % pour 3 enfants ou plus. Majorations plafonnées à 85,92 € par mois à l’Arrco et 85,67 € par mois à l’Agirc(1).
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Les retraites “Première classe” de la SNCF
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EcoRéseau 04/18
]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Investissements personnels
 nement des niches fiscales à 10 000 euros et l’augmen- tation du taux marginal, le régime de déduction fiscale des Perp devient de plus en plus attractif. « Le Perp est en réalité utilisé par les Français comme un outil de défiscalisation, indique l’ingénieure patrimoniale. Son système de déduction fiscale est d’autant plus inté- ressant que le taux marginal d’imposition est élevé », pré- cise-t-elle. Ainsi, un ménage ayant versé 10 000 euros sur son Perp bénéficiera d’une économie d’impôt de 4 100 euros si son taux marginal d’imposition est de 41 % mais de seulement 1 400 euros si sontauxestde14%.«Très clairement, le Perp est donc recommandé pour les foyers aux revenus les plus élevés, en tous cas ceux imposés à partir de 30 % », confirme Morgane Mathot. Un bémol cependant, les rentes versées à la sortie sont imposables. « Pour être gagnant, il faut être imposé à la retraite dans une tranche inférieure à celle dans laquelle vous étiez taxé pendant la vie active », pré- vient-elle.
assUrance-vie, la valeUr sûre
Depuis sa création par la loi Fillon en 2003, le Perp n’a jamais réussi à séduire des Français très attachés à l’assurance-vie. Cette der- nière conserve son pouvoir d’attractivité et demeure de loin le premier produit d’épargne avec un encours de 1 681 milliards d’euros à fin mars. Ainsi, selon l’enquête du Cercle des Epargnants, 51 % des sondés considèrent ce produit intéressant et ce ratio atteint 73 % pour les détenteurs d’assurance-vie. Cette dernière arrive toujours en deuxième position derrière l’immobilier parmi les place- ments jugés les plus intéres- sants. Pour 2018, la baisse, moins forte qu’attendue, des rendements des fonds en eu- ros, joue en faveur du premier produit d’épargne français.
Ce placement n’offre pas de carotte fiscale à l’entrée, mais ses atouts sont ailleurs. Côté souplesse, tout d’abord, la plupart des contrats peuvent être alimentés à votre gré, ce qui n’est pas, par exemple, le cas pour un contrat Madelin
gnants ont pu craindre que le projet de loi PACTE modifie le régime de l’assurance-vie, les dernières déclarations de Bruno Le Maire, soulignant que «le grand soir de l’as- surance-vie n’est pas pour demain» peuvent rassurer
chapitre immobilier, Grégory Lecler, CGP et membre du réseau Fiducée Gestion Pri- vée, va plus loin. Il prône en effet la mise en place d’une «caisse de retraite person- nelle» basée sur la pierre. Le CGP recommande ainsi
conditions très favorables grâceàlaflattaxà30%. Ainsi à rendement équivalent, l’investisseur conserve son patrimoine et continue de toucher ses revenus, ce qui est bien plus avantageux que le Perp où le capital est conservé par la banque », précise-t-il. Enfin, ce sys- tème est très pratique dans une optique de transmission. « On permet d’organiser la gestion d’un bien, de pouvoir en garder le contrôle alors même que l’on a donné la nue-propriété (vente...) à ses enfants, de moduler la quote-part transmise à cha- cun d’eux, etc. »
les atoUts
de l’épargne collective
Les Français semblent se méfier des produits d’épargne collective. Ainsi, 58 % pensent que l’épargne individuelle doit
Les moins de 35 ans sont les plus hostiles aux formules d’épargne collective (73 % privilégient à titre person- nel l’épargne individuelle). Pourtant, si vous êtes salarié, votre employeur peut vous aider à vous constituer une cagnotte que vous toucherez à votre retraite, et ce à moindre frais. La plupart du temps, les frais sont réglés par votre employeur. Grâce au Plan d’épargne pour la retraite collectif (Perco), les primes de participation, d’intéressement, abondement de l’employeur et versements volontaires, peuvent être épargnés à long terme. « Certes, l’argent est bloqué jusqu’à la cessation d’activité, mais il existe une possibilité de sortie anticipée lors de l’achat d’une résidence principale et quatre autres possibilités pour des cas de vie difficile. Le jour venu, le salarié peut choisir entre la rente viagère (partiellement imposable) ou le capital, re- tiré en une ou plusieurs fois. Le tout exonéré d’impôt », explique Philippe Gourion, directeur Epargne et Retraite du groupe Henner, courtier en assurance. Autre possibi- lité qui existe par l’intermé- diaire de l’entreprise : le plan d’épargne retraite entreprise (Pere ou PER Entreprises), nouveau nom de «l’article 83» du Code général des impôts. Il s’apparente à l’assurance-vie, mais seule la sortie en rente viagère y est autorisée à ce jour. Les cotisations sont généralement calculées en fonction de ce que vous ga- gnez et ne rentrent pas dans la base imposable, sous cer- taines limites. « Plus souvent collégial à la différence du Perco, il bénéficie le plus souvent aux cadres, et est considéré comme un moyen de rémunération complémen- taire », précise Philippe Gou- rion. Malheureusement, ces produits sont le plus souvent proposés dans des grandes entreprise.s, comme AXA, Total ou BNP Paribas et bien plus rarement aux salariés des PME.
 Au regard des taux bas, même si on dispose
de la surface financière, le recours au crédit s’avère financièrement intéressant en raison de l’ampleur de l’effet de levier
 qui impose des versements réguliers. Même liberté à l’heure de récupérer l’argent, qui est toujours disponible. Il est ainsi possible de sortir son épargne en une seule fois, en étalant les retraits, ou en transformant le capital en rente viagère.
Ce placement présente un autre avantage : sa fiscalité. « L’assurance-vie échappe désormais à l’impôt sur la fortune, excepté pour les fonds immobiliers de type Société civile de placement immobilier (SCPI) ou Or- ganisme de placement col- lectif en immobilier (OPCI) », souligne Sabine Jiskra, responsable de la gestion de fortune à l’Institut du Pa- trimoine. « Par ailleurs, la mise en place, cette année, de la fameuse f lat tax est globalement positive pour environ 80 % des épargnants propriétaires d’un contrat d’assurance-vie », ajoute Pa- trick Janel, responsable de la gestion privée chez Equance. Ce placement reste enfin à privilégier dans une op- tique de transmission. Avec l’assurance-vie, les sommes transmises après un décès le sont en dehors des règles légales de succession. Ce placement reste donc un outil efficace pour donner plus à ses enfants, sans alourdir leurs droits, ou transmettre à un tiers (concubin notamment) qui paierait sinon 60 % de droits de donation. « Si dans un premier temps, les épar-
les épargnants », analyse Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.
l’immobilier, va- leUr refUge mais aUssi de rendement Pour près des 2/deux tiers des Français (65 %), la pos- session de la résidence prin-
d’acquérir de l’immobilier locatif à crédit. « Dans la conjoncture actuelle de taux bas, même si on dispose de la surface financière pour investir, le recours au crédit s’avère financièrement inté- ressant, voire indispensable en raison de l’ampleur de l’effet de levier », explique le
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
Pensez à l’épargne collective. Et au rôle que peut jouer votre entreprise dans votre avenir lointain.
cipale constitue la meilleure solution pour préparer sa retraite, révèle le Cercle de l’Epargne. Ce sentiment est largement partagé au sein de la population. C’est l’avis de 74 % des retraités (à noter que 75 % sont propriétaires de leur résidence principale). Au
CGP. Il recommande d’opter pour l’impôt sur les socié- tés. Ainsi, l’investisseur ne payera pas d’impôts, ou très peu, sur les revenus locatifs avec la fixation du taux mi- noré à 15 % jusqu’à 38 120 euros. « Au moment de la retraite, il sortira avec des
être favorisée et développée contre 42 % qui penchent pour les produits d’épargne collective, indique le Cercle de l’Epargne. Cette proportion est encore plus nette en ce qui concerne les choix individuels, 68 % optent à titre personnel pour les produits individuels.
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                  Le meilleur des résidences meublées du marché secondaire
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EXPRESSIONS
  Super-size me – Part 1
Petit précis marketing de quelques géants du Net
  Par Pascal Malotti
Directeur Conseil & Marketing
de Valtech France
Après des années à analyser les évolutions du digital et ses conséquences à travers le monde pour les marques, il est temps de confronter ces décryptages à la réalité des expériences des marques qui sont ancrées dans notre quotidien. Pour des raisons de cohérence plus que de méthodologie pure, concentrons-nous sur les machines de guerre business américaines, nées ou pas de l’Internet.
Google
Nous devons beaucoup à Google pour avoir structuré la connaissance du monde. Quelle performance incroyable d’avoir des retours immédiats à nos questions avec un classement par grandes catégories ou par importance ! La diversité des questions posées en temps réel dans le monde entier offre à Google un avantage concur- rentiel décisif sur l’usage de la recherche. Le volume massif de données facilite la logique apprenante pour mieux anticiper nos besoins. Et n’oublions pas que la recherche organique est l’entrée vers la cash machine publicitaire de Google ! Un trésor de guerre proche de 100 milliards de $ l’année. Quant à ses tentatives de diversifications business, je les observe médusé, me demandant si Google inventera un jour un nouveau truc révolutionnaire (et je ne parle pas d’acquisitions pour se ré-inventer un destin) : j’en doute fortement !
Facebook
Comparé à Google, FB est d’un tout autre calibre dans la captation de données personnelles : le service offert est toujours connecté à l’identité de l’individu. Ses utilisateurs ont pris le réflexe de « confier » à FB l’ensemble de leurs actes, leurs souhaits, leurs craintes ou leurs intentions d’achats. Le tout consolidé sur un volume quotidien d’un milliard d’utilisateurs actifs. Google peut anticiper avant tout le monde la nature de nos intentions, mais FB est tellement plus pointu dans sa connaissance à l’intersection de nos actions (clics, mots, déplacements géographiques...) et de nos relations avec dix ans d’historique. Que repro- cher à Facebook ? D’être devenu une machine à cash publicitaire impitoyable au point de vous écouter aux États-Unis si votre application est ouverte sur votre smartphone. Tous ses efforts ont été de construire la machine à ciblage la plus puissante de l’histoire du business, capable d’allier la masse à l’affinitaire.
Nous sommes arrivés à cet extrême où FB s’intéresse moins à nos besoins qu’à l’adaptation algorithmique des contenus aux exigences de ciblage des annonceurs pour maximiser le chiffre d’affaires. Ce sera difficile pour FB de tuer les millions de contenus frauduleux qui se propagent, générateurs de clics, donc de revenus.
Amazon
Amazon nous a théoriquement libérés des corvées les plus rébarbatives de la vie avec Amazon Dash : ache- ter du papier-WC ou des capsules de lessive... Né du e-commerce dans la catégorie du livre, Amazon est devenu la caverne d’Ali Baba (non pas son concurrent direct chinois)... On y trouve tout, souvent livré dans la journée ou dans les deux heures. C’est aussi cela la magie d’Amazon : des investissements colossaux dans la logistique, la robotisation ou l’IA pour offrir une qualité de services unique. Plus de 100 millions de clients font confiance à Amazon Prime qui, en échange d’un coût fixe annuel, vous offre livraison gratuite mais aussi vidéos ou musique en streaming pour mieux fidéliser.
Amazon continue d’investir massivement dans des innovations et de pénétrer de nouveaux marchés (en concurrence frontale avec Google, Apple, FB, Netflix...) en promettant à ses investisseurs une domination sans partage. Du drone au supermarché sans caisses Ama- zon Go en passant par l’assistant personnel Alexa pour le B-to-C, aux business B-to-B comme la plateforme publicitaire ou l’activité de cloud AWS, véritables cash machines du groupe, Amazon fait feu de tout bois. Ah j’oubliais : je suis client Amazon Prime. C’est simple et pratique à défaut de me faire rêver !
Finalement, qu’il s’agisse de Google, Facebook ou Amazon, il faut garder à l’esprit que nous vivons dans un monde façonné par la donnée et l’Intelligence Artificielle où ces géants sont quasi-omniscients. Si certains hésitent désormais à utiliser leurs comptes lorsqu’ils ne les désactivent pas carrément, pour la plupart d’entre nous leur utilisation dans la vie quo- tidienne est désormais banalisée ou « comoditisée » et il est compliqué de se passer des trois.n
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
© DR
]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[Vous venez d’être parents et votre merveille dort tranquillement dans son berceau. Sa respiration est calme, sa température parfaite et vous allez prendre enfin quelques heures de re- pos. Seulement voilà, dans votre sommeil jamais profond, vous sentez que quelque chose cloche. Tout est trop silencieux et les gazouillis auxquels vous étiez habitués se sont tus... pour toujours. Aujourd’hui, en France, 900 nouveau-nés décèdent de la mort subite du nourrisson. Au-delà de ces cas tragiques, les parents de nouveau-nés ne peuvent pas constamment veiller sur le bien-être et l’état de santé
de leur enfant. Baby-Watch est là pour assurer aux jeunes parents qu’ils seront avertis sans délai de changements dans la température et les rythmes vitaux de leur bébé.
Baby-Watch est constitué :
- D’un textile doux et respirant, équipé de capteurs, à glisser sous le body du bébé.
- D’une station reliée aux capteurs par Bluetooth.
- D’une application pour smartphone pour les alertes et les enregistrements. Janvier 2018 : idéation entre le directeur d’un family-office et un ingénieur biomé-
dical. La technologie est disponible sur étagère. L’application est à développer. Septembre 2018 : développement de l’App au sein d’un start-up studio sur fonds propres du family-office.
Juillet 2019 : validation par l’équipe du service de réanimation pédiatrique de l’hôpital Robert-Debré. Mise en place de la Supply Chain.
22 mars 2020 : premier message ému de parents nous remerciant d’avoir sauvé leur enfant (avec une photo en prime !).
Vincent Maury, Executive MBA (2016-2018)
« Baby watch »
EXPRESSIONS
 Concours de micro-nouvelles
   Le monde de demain vu par un étudiant
EcoRéseau Business le clame haut et fort : il existe en France un ferment entrepreneurial et littéraire dans les esprits, qui ne demande qu’à se concrétiser. La preuve avec ce concours de micro-nouvelles organisé dans chaque numéro auprès des étudiants d’une école, où ceux-ci doivent imaginer une start-up qu’ils jugent révolutionnaire parce qu’elle va bouger les lignes dans le futur. Expérience des plus concluantes ce mois-ci avec l’Ecole des Ponts Business School et le lauréat de ce numéro 50, Vincent Maury, qui propose une solution connectée dans la santé pour prévenir la mort subite du nourrisson. Instructif.
   Avis d’expert : Entretien avec Martin Calnan, directeur Executive Education à l’Ecole des Ponts business school
« Trouver une idée et la tester, à peu de frais, rapidement. Voilà ce qu’on cherche à leur apprendre »
Martin Calnan a rejoint l’équipe de l’Ecole des Ponts et chaussées business school depuis une année, après un parcours d’une vingtaine d’années dans la sphère des start-up, du digital, du conseil et des grands groupes... La force d’un regard croisé au service de la formation continue. Son public cible – via les MBA et l’Executive MBA – les cadres expérimentés riches de trois à cinq ans d’expérience, ou cinq à dix ans.
Quelle place occupe l’entrepreneuriat dans l’esprit de vos apprenants ? L’entrepreneuriat ? Ils se posent tous la question. L’intrapreneuriat, une autre formule qui les intéresse. Avec leurs années d’expérience, avec ce qu’ils ont goûté de la hiérarchie en entreprise, des aspects né- gatifs ou positifs, cette génération a envie de prise d’autonomie. Mais l’écosystème est tel qu’aujourd’hui, difficile d’imaginer de manière "successful" un quel- conque projet sans avoir un spectre large de savoirs,
sans abandonner les réflexes en silo, sans avoir une connaissance technique... Robotique, intelligence artificielle, big data... sans pour autant creuser ces thématiques, savoir ce que cela recouvre – quelle im- plication technique est sous-jacente dans un projet – est indispensable.
Concrètement comment mettent-ils en application leur intérêt pour l’entrepreneuriat ?
Trouver une idée et la tester, à peu de frais, rapide- ment. Voilà ce qu’on cherche à leur apprendre. Dans une start-up, le temps et les moyens manquent. Chez L’Oréal, des études sont programmées, analysées. C’est chronophage et coûteux. Les étudiants doivent avancer, acquérir la panoplie pour aller à la rencontre du marché et tester un produit ou un service. Idem pour le prototypage. Ils doivent se familiariser avec la création concrète, monter un produit et le faire vali- der sans tarder. Cette agilité-là, peu d’écoles la leur
donnent. Un mot d’ordre : « test and learn ». D’où la mise en place de nos challenges qui s’étalent sur une semaine, pas plus.
En dehors de l’idée et de la technique, quels sont les autres points sur lesquels vous insistez ?
Ils ont entre trois et cinq ans d’expérience profession- nelle pour les MBA full time, de cinq à dix ans pour les participants à l’"Exec MBA", pourtant ils ne sont pas toujours à l’aise avec la communication. Défendre leur projet, une étape pas si évidente pour eux. A nous de leur donner les clés. On n’utilise pas les mêmes argu- ments devant des investisseurs et devant les membres du comité de direction. Cette capacité-là, les jeunes issus de business schools sont convaincus de la maî- triser, les jeunes ingénieurs sont plus humbles. La ré-
alité ? Les deux doivent la travailler.
Propos recueillis par Murielle Wolski
MAI 2018 | ecoreseau.fr
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© DR
]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[La mémoire des mots
IA
IA ; Transhumanisme ; Millennials ; Robots Conseillers ; Netflix ; Storytelling, Moment Marketing ; Productising ; Uniquité ; Xennials ; dark net, black data
Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
EXPRESSIONS
 Regard sémantique
Depuis neuf ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,
ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.
Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées courant janvier à Paris.
    Tableau ‘’Tendances en langage’’ IA, Jane Bee
IA ; Transhumanisme ; Millennials ; Robots Conseillers ; Netflix ; Sto- rytelling, Moment Marketing ; Productising ; Uniquité ; Xennials ; dark net, black data
En 2017, la communication vibre au rythme de « l’IA », de « la disrup- tion », de « la Tech » et plus que jamais « des millennials ». Conséquence... On s’agite sur la planète pub, « Sadoun » devient à 46 ans le nouveau patron de Publicis malgré « la déprime » de la publicité. On s’agite aussi dans l’univers du petit écran : « l’avenir de la télé c’est Internet », et voici « les pure players à l’assaut de la vidéo ». C’est le temps de la consécration française pour « Netflix » qui « crève l’écran » avec plus de 1,5 millions d’abonnés.
Agitation également du côté de l’expérience client. Pour communiquer au mieux avec le client, on peut utiliser ses « robots-conseillers ». « On n’a jamais autant conversé » pour autant, il faut se méfier. Votre interlo- cuteur est peut-être « une intelligence artificielle ». Et ce n’est pas parce que je pense que je dis !
Artificiel ou pas les nouveaux mots de la com’ 2017 ? Comme le « pro- ductising » : pratique consistant à lancer des produits évènementiels pour créer le buzz. Moins rassurant, « le Dark Net », fascine. Cet Inter- net parallèle est objet de fantasmes, on est du côté du trafic d’armes et de stupéfiants, est-il possible de trouver là-bas de vraies informations secrètes, des armes anti « fake news » ?
En 17 vous trouvez toujours « la considération du client », le « consom’ac- teur » car « la parole est au client ». Le « Moment Marketing » désigne lui la capacité à diffuser le bon message au bon moment à la bonne per- sonne. Il faut être à l’heure du « temps réel » comme le prouve la sortie du livre La communication en temps réel. « La Black data » fascine aussi les marques. Il s’agit de toutes les données digitales inexploitées. Données indispensables au « CXO » : « le Chief Customer Experience Officer ». Il incarne au sein d’une compagnie la satisfaction du client. Le mot la tendance de la com’, c’est « uniquité ». Lorsqu’une marque arrive à être présente sur tous ses points de contact en possédant toujours la même forme.
A mi-chemin entre la com’ d’hier et la com’ de demain, « les Xennials » nés entre 77 et 83. Enfance sans Internet et vie d’adulte digitalisée.
Prochain Numéro le vendredi 7 juin 2018
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MAI 2018 | ecoreseau.fr
   ]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[                                                           LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRE CABARET DU MONDE !
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