﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ ENQUÊTE
LE CAPITAL RISQUE EN FRANCE
POLÉMIQUE
Faut-il séparer l’œuvre de l’artiste ?
RÉFORME PÉNALE
Des alternatives crédibles à la prison ?
AVRIL-MAI 2018 N°49H
ENTREPRENDRE INNOVER POSITIVER
ecoreseau.fr
                                    LA FEMME, l’avenir de
l’entreprise ?
Une irrésistible ascension ?
Le leadership au féminin
Les inégalités sur nos territoires
Les initiatives à l’international Prospective: vers des comex féminins
 LAURÉATS 2018
TROPHEES OPTIMISTES
CRÉER AUJOURD’HUI
CYRIL AOUIZERATE
SAVOIR S’ENTOURER & OPTIMISER SON RÉSEAU
MAMA SHELTER ET MOB HOTEL
ET EMERY JACQUILLAT
CAMIF MATELSOM
COMMUNICATION
THÉORIE DU COMPLOT
TOUS DES MENTEURS : OUI, MAIS POURQUOI ?
  BEL : 4,90 € - DOM/TOM : 4,90 € - N CAL/S 590 cfp - POL/S 650 cfp - CAN 6,50 $ca - MAR 46 MAd
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                 NOUVEAU LEXUS NX 300h HYBRIDE L’ARTDESE
DISTINGUER
L’ALTERNATIVE HYBRIDE PREMIUM
   Consommations (L/100 km) et émissions de CO2 (g/km) en cycle mixte : de 5,0 à 5,3 et de 116 à 123 (C).
Consommations et émissions de CO2 selon données d’homologation. * Vivez l’exceptionnel.
]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[                                     ]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[ Dans la mythologie grecque, les Ama- zones, étymologiquement « celles à qui il manque un sein », étaient de
« semi-divinités » filles d’Arès et de la nymphe Harmonia qui avaient de fait renoncé à une part de leur féminité pour devenir de redoutables guerrières. Dit autrement, il s’agissait de se mutiler un sein pour pouvoir bander l’arc sans être gênée. Une métaphore qui trouve encore écho aujourd’hui lorsqu’Anne Lauvergeon, ex-patronne d’Areva qui a siégé dans plu- sieurs conseils d’administration ou Isabelle Kocher, DG d’Engie expliquent à quel point cela leur a coûté notamment de se sur-adapter pour convaincre et di- riger dans un milieu d’hommes. Filons la métaphore de ces indomptables cavalières. Et nous constatons une organisation pyramidale reflet d’une société matriarcale qui dénigre les hommes. Une critique sociétale évidente où les règles ne sont faites que pour celles qui dominent. Une société où l’autorité ne se discute pas. Une organisation où le pouvoir – potestas en latin – incombe naturellement aux femmes. Un miroir in- versé de notre société patriarcale latine ? La fonction symbolique de ce mythe résonne enfin avec le changement de paradigme qui s’opère dans les entreprises. Les femmes prennent plus de place et de pouvoir. Doucement... mais sûrement ? Du «pouvoir», les femmes l’utilisent en «pouvoir de» faire – potentia en latin – et de se réaliser... Elles sont les garantes de la diversité au sens large du terme et incarnent de nouveaux mo- des de management, une autorité légitime et respectée. Nos codes d’entreprise latins
et « virilistes » seraient sur le point de vaciller.
Aragon avait déjà raison en disant que « la femme est l’avenir de l’homme ». Nous ajouterons juste qu’elle est aussi l’avenir de l’entreprise... et des organisations comme nous le suggérons dans notre dossier «En couverture».
L’avenir de l’entreprise se joue également sur sa propension à intégrer les nouvelles technologies dans leur transition digitale. Tant en termes de cybersécurité analysée dans notre «Tour du monde de l’innovation» que d’innovations de rupture comme l’atteste notre enquête en «Décryptage» consacrée aux applications de la transmission de pensée aux machines.
L’avenir s’envisage enfin en suivant les traces de nos nouveaux explorateurs. Ces ex- plorateurs osent l’impensable ou ressuscitent d’anciens volcans économiques.
C’est d’ailleurs pour récompenser ces femmes et ces hommes que nous avons lancé, il y a trois ans déjà, les Trophées Optimistes d’EcoRéseau (https://www.trophees-optimistes.fr/) décernés cette année encore en partenariat avec le Printemps de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives créé par Thierry Saussez à qui nous aurions également pu remettre un prix pour son initiative positive, qui met en lumière depuis cinq ans « les innovateurs, les traceurs, les entrepreneurs, etc. ».
Aussi le 22 mars dernier – à l’occasion de l’ouverture du Mois de l’Optimisme à la CCI Paris Île-de-France dans les salons de l’hôtel Potocki –, avons-nous décidé de récompenser deux «tempéraments» respectivement lauréats 2018 dans les catégories «Electron libre» et «Culture du rebo.nd» : Cyril Aouizerate entrepreneur philosophe, co-fondateur de Mama Shelter et de MOB Hotel et Emery Jacquillat, dirigeant de Matelsom et de la Camif, qui démontrent que rien n’est écrit. Surtout pas l’avenir, encore moins les belles histoires. In hoc signo vinces.
EDITORIAL
Leçon de « latins »
 Jean-Baptiste Leprince
Fondateur & directeur de la publication
Geoffroy Framery
Journaliste EcoRéseau Business
   @EcoReseau
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 LE CHAT by Philippe Geluck
4 AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[Galaxie ecoRéseau
2-11
cahieR pRatique 48-67
Créer aujourd’hui
Comment apprendre à réseauter ou à exploiter son réseau 49
Business guides
- Nouveau management pour nouveaux espaces de bureaux 52
SOMMAIRE
      Baromètre de l’optimisme 6
            www.ecoreseau.fr
13, rue Raymond Losserand – 75014 Paris
Courriel : contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
Rédaction EcoRéseau Business
Courriel : redaction@lmedia.fr
Direction de la rédaction
Geoffroy Framery, Jean-Baptiste Leprince
Chroniqueurs : Alto Avocats®, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France®, Arthur Cohen, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon,
IsaLou Beaudet Regen, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, TheFamily®
Collaborateurs réguliers : Jean-Marie Benoist, Elsa Bellanger, Joseph Capet, Charles Cohen, Anne Diradourian, Julien Fournier, Stéphanie Gallo, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Marc Hervez, Aymeric Marolleau, Emilie Massard, Cyril Michaud, Raphaëlle Mittler, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Nicolas Pagniez, Antoine Pietri, Olivier Remy, Séverine Renard, Julien Tarby, Pierre Tiessen, Carla Verley, Ariane Warlin, Murielle Wolski
Dessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie Boulard
Réalisation
Courriel : production@lmedia.fr
Responsable production : Frédéric Bergeron Conseiller artistique : Thierry Alexandre Crédits photos : Shutterstock, DR
Publicité & Opérations spéciales
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Numéro ISSN : 2265-7436
Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés
pour appréciation.
- Tendances
- Actions symboliques - The Green Life
Trophées Optimistes 2018
Palmarès 2018
14
- Immobilier d’entreprise : les bons réflexes avant de déménager
- Les innovations au service de la relation et l’expérience client
- Se préparer au RGPD
Rh & FoRmation
Réseaux & Influence
Le CEFA (cercle économique franco-allemand)
Observatoire Manager autrement
56
60 64
68-77
68 70
                    en couveRtuRe 20-27
   Rétrospective
Les pionnières cheffes d’entreprises
Grand Angle
20
Qu’est-ce que le leadership au féminin ?
22 Les champions de la parité et ceux du machisme 24
Le CDI intérimaire comme nouveau levier de recrutement 73
Régions & Territoires International
Parité homme-femme, les pays et les entreprises qui se démarquent
Prospective
La prise de pouvoir par les femmes
société
France
Des alternatives crédibles au milieu carcéral ?
Monde
Polémique : distinguer l’œuvre de l’artiste
L’oeil décalé
Théorie du complot et crise d’autorité du discours
club entRepRendRe
Baromètre & Tendances Enquête
Carrières & Talents
Se former au e-business et au marketing digital
74
aRt de vivRe & patRimoine 78-95
La Sélection culturelle 78 26
L’Art du temps 80 L’Actualité automobile : Essais & Tendances 87 Baromètre Finance de marché 88 Baromètre Patrimoine 90 Patrimoine
29
30
32-41
32
38 La réalité augmentée comme pédagogie innovante à Néoma 40
42-47
42
44 Les applications de la transmission de pensée aux machines 46
25
 28-31
28
       Imprimeur : Léonce Deprez – Imprimé en France
Enquête sur le capital risque en France
Des investissements et des interlocuteurs pour
chaque patrimoine 92
expRessions 96-99
Tribune libre 96 Concours de micro-nouvelles 97 Regard sémantique 98
 En immersion
 stRatéGie &
 innovation numéRique
Baromètre de l’innovation
Le tour du monde de l’innovation
La cybersécurité
Décryptage
AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances
Les bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper. Elles sont finalement si nombreuses que nous vous proposons une nouvelle version plus étoffée du baromètre. Bonnes ondes positives !
Le verbatim à retenir...
Le succès fut toujours un enfant de l’audace Crébillon, Catilina (III, 6)
     Thierry Saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme,
Incubateur d’énergies positives.
L’onde positive
Comme M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir, nous pratiquons la méditation dans sa définition d’origine, une réflexion intense sur un sujet, la réalisation de quelque chose
d’important, d’un projet et bien sûr l’application à des croyances religieuses.
Une approche de la méditation plus exigeante, plus consistante, se développe à vitesse accélérée, partout dans le monde, entraînée et enseignée par les grandes références de la psychologie positive. Elle s’est donc laïcisée bien qu’inspirée de Bouddha et des moines tibétains.
Le point de départ est d’offrir à l’esprit les exercices que l’on réserve habituellement au corps, de développer son attention et sa concen- tration, d’obtenir une meilleure conscience de soi et un rapport plus harmonieux avec le monde.
Notre cerveau fonctionne constamment, toutes sortes de pensées et d’émotions nous assaillent. À laisser les plus négatives d’entre elles s’installer, elles deviennent, à force de répétition, des traits de caractère.
La méditation n’est pas un remède miracle mais en nous apprenant à ordonner réflexion, concentration et respiration, elle nous permet d’augmenter notre potentiel positif.
Sans vous donner le ou les modes d’emploi que vous trouverez à foison sur le net, notons simplement quelques principes de base. Décider du moment propice, se mettre à l’aise, pratiquer un moment de relaxation, choisir la posture, la position du lotus, du semi-lotus ou assis sur une chaise, le dos bien droit, ajuster son regard, les yeux mi-clos, afin de rester relié au monde en ramenant l’attention vers l’intériorité, se concentrer sur le souffle, l’inspiration, l’expiration, laisser les pensées surgir sans réserve (méditer n’est pas faire le vide). On sait que cette forme d’entraînement mental restructure le cer- veau, les connexions avec les neurones, qu’elle active certaines zones cérébrales et en désactive d’autres, notamment l’amygdale qui, mise en sommeil, fait refluer la peur et la colère.
Mathieu Ricard qui n’est pas seulement le célèbre moine bouddhiste mais également un grand scientifique, spécialiste de la génétique, explique que le fait de mieux gérer nos pensées et nos émotions renforce notre système immunitaire, la fabrication d’anticorps et des cellules souches dans le sang. C’est bien pourquoi la méditation constitue une révolution dans le traitement de la dépression ou pour les grands malades à l’hôpital. Elle commence à être reconnue par les autorités de plusieurs pays.
Ce voyage vers soi-même demande, pour être efficace, un inves- tissement dans la durée estimé à 20 minutes par jour durant huit semaines pour commencer à mieux apprécier chaque
instant qui passe, avoir moins d’anxiété, plus d’émo-
tions positives.
Cette recherche de la paix intérieure, du bonheur, ce moment de sérénité vaut bien, si vous ne l’avez jamais essayé, de commencer dès demain.
               LE CHIFFRE DU MOIS
253 500
Selon l’INSEE, 253 500 postes salariés ont été crées en 2017 dans le secteur privé. Les services et l’intérim ont été les principaux moteurs de cette hausse
(+ 1,3 % en 2017).
  6
AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
L’onde positive
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                   Julien, 43 ans. Directeur général, diplômé 2015, Management Général
Et si vous aussi,
vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?
Consolidez vos expériences, actualisez votre vision stratégique et pilotez la conduite du changement avec Management Général.
12 mois à Paris, 2 immersions à l’étranger, format week-end. Pour les cadres dirigeants.
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                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              © Getty Images – 570220216
]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme - Tendances
L’IMAGE DU MOIS
UNE ARCHE DE NOÉ VÉGÉTALE
 Flex, robot chirurgien inspiré du serpent Dans les années 50, c’est en comprenant le mode de dé- placement de la chauve-souris, que les scientifiques et les techniciens ont pu créer le procédé de l’échographie. Le vol de la chauve-souris par écholocation a inspiré sa modélisation et a donné naissance à l’échographe. Aujourd’hui, le biomimétisme et
l’étude du déplacement du serpent
permettent l’invention du robot Flex,
instrument de chirurgie qui limite
le nombre d’incisions, diminue
les risques infectieux et réduit le temps de récupération du patient. L’entreprise Medrobotics a mis au point un «serpent» qui rampe à l’intérieur du patient. Ce Flex System peut saisir et couper des tissus. Il doit encore être perfectionné, mais Flex apparaît déjà comme le bras droit du chirurgien de demain.
 Hill-Rom, le lit médicalisé 2.0
Dans le Morbihan, à Pluvigner, les 350 salariés de Hill- Rom produisent le lit connecté de demain. L’entreprise est spécialisée dans le mobilier médical,
et en particulier dans le matelas thérapeu-
tique et le lit médicalisé qui intègrent un
système de pesée du patient, une gestion
des signes vitaux et une optimisation des
soins. Des capteurs sophistiqués préviennent
les chutes, la formation d’escarres, l’agi-
tation nocturne... Un visiophone permet
également de contacter l’infirmerie.
 Des chaussons qui se rangent tout seuls Dans le tambour de la machine à laver ou dans la corbeille à linge, il arrive que nous égarions une chaussette. Et se pose le problème de la chaussette célibataire. Il en va de même pour les chaussons. Soit on égare la paire, soit on en égare un seul (ce qui finalement
revient au même). La technologie
ProPILOT Park de Nissan permet à
des chaussons équipés... de se ran-
ger tout seul. Au Japon, les enfants
mettent les chaussures des adultes
et des invités devant la porte dans
le sens de la sortie. Nissan a produit de tels chaussons (qui ne sont pas commercialisés) surtout pour mettre en avant son système de stationnement autonome. Il s’agit d’abord de familiariser les conducteurs à l’idée d’une voi- ture complètement autonome, dont la commercialisation est elle prévue en 2020.
 Peek Vision, le smartphone comme testeur oculaire
Andrew Bastawrous veut faire reculer la cécité dans le monde, surtout dans les pays en voie de développement. Faute de moyens, d’équipements sophistiqués et de mé- decins spécialisés, la cécité frappe
davantage les populations les plus
pauvres. En Afrique subsaharienne,
80 % des aveugles le deviennent faute
de dépistage. Peek Vision permet de
réaliser des tests ophtalmologiques
avec la caméra d’un smartphone en testant notamment l’acuité visuelle et la perception des couleurs. Il est éga- lement possible de réaliser un fond d’œil, un examen en
       L’Arche de Noé végétale fête son dixième anniversaire et franchit le million de graines en réserve. Située dans un archipel de l’arctique, enterrée à plus de 120 mètres de profondeur, l’inestimable Réserve mondiale de semences du Svalbard conserve et préserve des graines de riz, de blé, de niébé ou encore de sorgho des changements clima- tiques et des possibles guerres chimiques ou nucléaires. Si l’Amazonie est souvent considérée comme le poumon de la planète, le Réserve mondiale de semences est comme son grenier.
  LE GRAPHIQUE DU MOIS
  Les incubateurs et les start-up sont bien implantés sur tout le territoire métropolitain. Les fleurons de la FrenchTech se situent d’abord à Paris, Lyon et Bordeaux. Néanmoins, quel que soit l’endroit sur la carte où naît un projet de start-up, il est désormais assez facile de trouver un incubateur alentour.
 8
AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
©(REUTERS / Heiko Junge / NTB Scanpix)
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme - Tendances
profondeur pour déceler une cataracte ou prévenir un glaucome. Le Botswana, la Tanzanie et l’Inde ont déjà adopté ce programme et commencent à former à son utilisation.
 Seeing Al, l’œil de Microsoft
A la manière de l’audiodescription disponible pour les films, l’œil numérique de Microsoft raconte le monde qui nous entoure. L’application Seeing Al peut lire
et décrire les objets et les couleurs présents dans l’environnement de la personne aveugle. Dès lors, il est permis d’écouter le monde autour de soi. En plus de faire la lecture à voix haute (y compris des textes manuscrits), Seeing Al décrit les visages, prévient les obstacles lors de la marche, décrit les vêtements le matin devant la penderie... Pour les personnes souffrant de troubles sévères de la vision, cette application permet de s’orienter plus facilement dans le quotidien.
L’ENTREPRISE CENTENAIRE
Lampe Berger purifie nos intérieurs depuis 1898
     Isalou Regen
Fondatrice de Kama Conseil & Associés
Selon l’adage, « le monde sourit à ceux qui se lèvent tôt », rencontres matinales avec nos dirigeants.
Entretien avec Pierre Antoine Charpentier
Directeur de la Sidan
Le matin (starter) représente quoi pour toi ? : Une image, une cita- tion, un lieu, une ambiance, un souvenir ... ?
« Ma première heure est le gouvernail de ma journée », depuis qu’on me l’a enseigné, ça se confirme jour après jour. Alors je la passe au calme, avec moi-même.
A quelle heure te réveilles-tu et quels sont tes rituels pour démarrer la journée ?
L’idéal est un réveil à 6:20, au saut du lit je fais des étirements pendant 10 minutes, puis 10-20 minutes de méditation selon mon agenda. Pas vraiment de petit déjeuner en semaine, juste un jus de fruits, une barre de céréale (bio) et c'est parti.
Qu’est ce qui t’enthousiasme le matin ?
Tellement de choses, tel qu’un joyeux réveil avant la sonnerie, le sourire de mon amoureuse, un rayon de soleil, un moment de convivialité avec un collaborateur-trice,
Quel est ton "Why", ta motivation à te lever le matin ?
Faire de mon mieux pour optimiser les solutions clients. Réfléchir aux meilleures solutions, être disponible aux évènements qui surviennent. Avoir du temps d’écoute.
Ton appli indispensable ?
Outlook m’est une application indis- pensable, apparemment c’est obsolète, mais j’apprécie ; et puis je conserve toujours des méditations guidées (de Jon Kabat-Zin / Bernard Giraudeau), dans mon téléphone.
Quand prends-tu du temps pour toi ?
Quand j'ai du blanc dans mon agenda !
Quelles sont tes astuces pour en prendre ?
Me mettre moins de pression, accepter de faire moins de choses ; reporter ou ne pas faire sans culpabiliser ; garder
du temps pour la contemplation.
Comment est-ce que tu recharges tes batteries dans la journée ?
En respirant consciemment, passant un coup de fil à une personne que j'aime, en parlant vrai.
Qu’est-ce que tu fais quand tu sou- haites couper du travail ?
Je participe à un cours intensif de gym suédoise, ou pars dans le désert.
Gestion du temps : quel feeling ? cool ? enseveli ?
Dans une semaine ou une journée, je passe souvent par tous les stades ; Les journées se suivent et ne se res- semblent pas. Arrivé le vendredi, tout s'apaise.
Dans les 2 dernières années, quelle habitude a le plus amélioré ta vie ? 10 minutes de gymnastique au réveil.
Quel est ton credo de management ?
Il ne savait pas que c’était impossible, alors ils l’a fait.
Ta plus grande fierté ?
D’avoir des amis formidables qui comptent sur moi et réciproquement ; et d’être en paix avec l’enfant qui fait partie de moi.
Une citation une devise ?
« L’avenir n’est pas ce qui va nous arriver, mais ce que nous allons en faire » H. Bergson
Pour #SeLeverDeBonheur, vous pouvez me suivre régulièrement sur la page Facebook et la chaine Youtube “La Magie du Matin”,
Editions Leduc
  Lampe Berger n’est pas une entreprise fa- miliale. « L’histoire de la marque, déposée en 1898, est fortement liée à l’histoire des cessions et des reprises par des entrepre- neurs qui ont chacun contribué à faire le succès de Lampe Berger », déclare Sandra Culotta, directrice marketing de Maison Berger Paris. Maurice Berger
est préparateur en pharmacie
et travaille sur les propriétés
purifiantes et assainissantes de
la catalyse. A la fin du XIXe
siècle, son catalyseur est prisé
des hôpitaux et des morgues
car il empêche la diffusion
des maladies nosocomiales
et des bactéries. Au début des
années 1900, Maurice Berger
dépose le brevet d’un dispositif
de plus petite taille auquel il
ajoute le parfum. Ainsi, la
Lampe Berger allie-t-elle purification d’air et diffusion de parfum d’intérieur. « A peine sur le marché, le produit de- vient un objet tendance et de convoitise. Picasso, Cocteau, Coco Chanel, Colette ou encore Sagan font un usage domestique de la lampe », rappelle Sandra Culotta. Avant la guerre, des manufactures comme Baccarat, Daum, Lalique ou Saint-Louis produisent des lampes en cristal et en verre. «L’histoiredelamarqueestjalonnéepar l’histoire industrielle. Puisque la guerre détruit les manufactures, la lampe sera désormais produite en porcelaine. » En 1927, Jean-Jacques Failliot rachète l’entre- prise alors située à Courbevoie et réoriente la production sur la porcelaine. Dans les années 50-60, le céramiste Camille Tharaud signe beaucoup de modèles et de décors sur porcelaine.
En 1973, Marcel Auvray, industriel à la retraite, rachète l’entreprise et développe
l’activité. D’abord, l’usine s’installe à Bourgtheroulde en Normandie pour disposer de plus de terrain. Ensuite, Marcel Auvray part à la conquête du marché international. « A cette époque, les pays limitrophes de la France sont déjà «conquis» par Lampe Berger, sourit Sandra Culotta. On
doit l’internationalisation de Lampe Berger, notamment la création des marchés Europe, Amérique du Nord et le dé- marrage du marché asiatique, à Philippe Auvray, le fils de Marcel Auvray, à la fin des années 90. » La marque est aujourd’hui présente dans 56 pays et distribuée dans 7 000 points de vente. En 2008, la vente en ligne fait son apparition.
L’entreprise emploie 150 sa- lariés, fabrique 800 000 lampes par an et vend plus de 5 millions de litres de parfum à travers le monde. « Une direction du digital à l’international et des équipes dédiées sont crées en 2018 afin que Lampe Berger passe du statut de PME dyna- mique à celui d’ETI [entreprise de taille intermédiaire, NDLR] incontournable », conclut Sandra Culotta. Lampe Berger ambitionne la place de premier groupe international sur le marché de niche de la catalyse. Olivier Sillion, directeur gé- néral depuis septembre 2017, s’emploie à développer la marque tout en restant fidèle à son histoire et au sillon duquel elle émerge. Ainsi, Lampe Berger Paris devient-elle cette année Maison Berger Paris pour proposer une offre de produits élargie et créer de nouvelles gammes afin de devenir leader sur le marché mondial en pleine croissance du parfum d’intérieur
haut de gamme.
  AVRIL 2018 | ecoreseau.fr 9
Les petits matins des dirigeants
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances / Actions symboliques
  LA BONNE IDÉE DU MOIS
La transition énergétique comme
discipline du nouveau Baccalauréat
Les élèves qui passeront le Baccalauréat en 2020 (qui entrent
donc en Seconde à la rentrée prochaine) pourront suivre des
cours de transition énergétique. Les problèmes liés à la bioé-
thique, au développement durable et à la transition énergétique pourront faire, en fonction des choix personnels de l’élève et de l’offre de son établissement, l’objet d’un enseignement. Le contenu de cet enseignement n’est pas encore déterminé à ce jour. La réforme proposée par Pierre Mathiot et Jean-Michel Blanquer doit encore être acceptée par le Conseil supé- rieur des programmes, ainsi que par le monde enseignant. Toujours est-il que les jeunes adultes ne réviseront plus leur «bachot» comme avant.
CEUX QUI FONT BOUGER LES LIGNES...
EN FRANCE
Trois questions à Yaël Derhy, coordinatrice générale du World Clean Up Day 2018 - France
Quelle est la racine du World Clan Up Day prévu le 15 septembre 2018?
Il y a dix ans en Estonie, 4 % de la population a collecté en une journée 10 000 tonnes de déchets. Aujourd’hui, nous proposons de nettoyer la planète en un jour. En France, comme dans les 150 pays mobilisés, il s’agit de regrouper 5 % de la population. Chaque année, huit millions de tonnes de déchets sont produits en France et 81 000 tonnes de déchets sauvages sont déversées dans la nature. 60 kg par seconde ! L’associa- tion veut créer une prise de conscience et opérer un changement dans les comportements. Après avoir ramassé ne serait-ce que deux heures,
le comportement du citoyen n’est plus jamais le même.
Quelles contributions apportent les entreprises et les particuliers ?
Le consommateur est sensibilisé à la quantité de déchets qu’il produit. Les entreprises sont appelées à diminuer leur production de déchets. Elles apportent leur soutien financier et lo-
gistique. Des camions sont prêtés pour acheminer les déchets du point de collecte jusqu’au centre de valorisation. Aucune entreprise n’est blacklistée. Nous allons chercher les «mauvais élèves». C’est pour nous un moyen de dire : « Commencez quelque part en essayant de faire mieux. »
Comment participer à ce projet de nettoyage de la planète en un jour ?
L’association milite afin de produire une mobilisation de masse. L’universalité du projet est centrale. Le 15 septembre 2018, on souhaite mobiliser le monde entier dans une ambiance conviviale et citoyenne. Let’s do it ! Avant le jour J, on peut télécharger une appli mobile pour géolocaliser les déchets. L’as- sociation envoie alors des responsables sur le site qui s’occupent de l’inten- dance, prévoient le nombre de volontaires, estiment la quantité et la nature des déchets.
Wintegreat à Sciences Po Rennes
Science Po Rennes met en place un programme d’études destiné aux réfu- giés. 23 étudiants originaires de Syrie, d’Irak et du Soudan suivent une forma- tion en sciences politiques pendant douze semaines d’enseignement. En plus, ils reçoivent une formation intensive en français et en anglais. Les étudiants qui intègrent cette formation ont déjà dans leur pays d’origine commencé des études supérieures qui ont été stoppées à cause des guerres ou des situations sanitaires tragiques. L’association Wintegreat cherche à remettre de la stabilité dans la vie (estudiantine) des réfugiés.
DANS LE MONDE
Salon Made in Burkina à Ouagadougou
En mars dernier se tenait à Ouagadougou le premier salon dédié à l’entrepre- neuriat au Burkina Faso. L’Association entrepreneur d’Afrique (AEA) soutient que c’est par la promotion de l’entrepreneuriat qu’aura lieu le développement socio-économique du pays. L’association cherche à développer la création d’entreprises chez les jeunes et la valorisation et l’utilisation des ressources endogènes du pays. Le Salon Made in Burkina avait pour sous-titre «Entre- preneuriat, vecteur du développement»: le lien est donc très fort dans les représentations entre le développement général du pays et les vertus de l’en- treprise, des échanges et du commerce.
      Philippe Croizon
Aventurier, conférencier/chroniqueur
Laissez venir le bonheur...
On nous dit, on nous répète, que l’époque est maussade. Serait-ce même dans l’intérêt de certains de nous convaincre que tout est noir ? Inquiéter pour mieux régner ! Pourtant, dans ce paysage en gris foncé se glissent parfois des bulles d’optimisme qui maintiennent notre moral à flot.
Le 23 mars 2018, je participais, au sein de la Chambre de commerce et d’indus- trie de Paris, au lancement du Mois de l’optimisme. Son objectif ? Un mois pour rassembler les initiatives positives, pour échanger, pour partager des témoignages inspirants ; un mois pour faire grandir toujours plus la confiance collective.
Cet évènement rendait notamment hommage à Jean d’Ormesson, qui fut membre fondateur de la Ligue des optimistes de France. J’y ai découvert le concept d’happytalisme qui prône une société orientée vers le bonheur et le bien-être. J’ai fortement adhéré au principe d’« oser la générosité pour agir et rayonner ». Une conférence ludique proposait même 101 expériences pour être
heureux 7 jours sur 7. Ce bel élan déferle partout en France, qui invite chacun à témoigner, à proposer, à oser. Je ne m’en suis pas privé. Je suis passé de l’abîme le plus profond après mon amputation à un océan d’optimisme et d’envies. Même à moi, la vie a offert son sourire...
Ce qui est encourageant c’est que les plus hautes sphères se saisissent de cette idée, y compris en matière d’emploi. En mars 2018, Sciences Po publie un livre blanc destiné à contrer les idées noires. Son titre est sans équivoque : « Le bon- heur au travail ». Ce serait devenu, une véritable « stratégie des organisations ». Il interroge : « Pour être heureux, vivons... au bureau ? ». Une révolution !
Dans Emile ou de l’éducation, Jean-Jacques Rousseau écrivait : « Tout homme veut être heureux mais, pour parvenir à l’être, il faudrait commencer par savoir ce que c’est que le bonheur. » Je ne sais pas forcément à quoi il ressemble mais j’ai une petite idée de l’endroit où il se niche Chez l’autre ! Qui n’est pas forcé- ment un « enfer », comme prétendait Sartre. Jamais je n’aurais pu mener à bien toutes mes folles aventures sans la richesse de mon entourage, sans le soutien de ceux qui ont cru en moi, au-delà de l’imaginable. Fin mars s’achève le mois de l’Optimisme mais j’ai déjà en tête un autre rendez-vous, la Journée mondiale de l’altruisme. Elle aura lieu le 28 mai à Paris. C’est une première, organisée par Mouvement altruiste. Je partage cette très forte conviction que l’entraide peut devenir un « moteur » indispensable pour nos sociétés futures. Et c’est donc dès à présent que je me mets au volant de ce véhicule propulsé à la générosité ! Il reste des places à mes côtés...
10 AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
Tout est possible
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                                LES AGENTS DU SECTEUR PUBLIC S’INVESTISSENT POUR LES AUTRES
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Société Générale - S.A. au capital de 1 009 897 173,75 €. RCS Paris 552 120 222. Siège social : 29, boulevard Haussmann - 75009 Paris. Intermédiaire en assurances (ORIAS n° 07 022 493). Crédit photo : Getty images.
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                                                                         RETROUVEZ-NOUS SUR BFM.FR ET CHEZ NOTRE PARTENAIRE
            ]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - The Green Life
  GREEN TECH
u Algopack, du «plastique» à base d’algues
L’entreprise et le centre de recherche d’Algopack sont basés à Saint- Malo et sont leaders sur le marché de la solution sans plastique. Afin de mettre en place une réponse à la solution traditionnelle du tout plas-
tique, Algopack produit des emballages ou des contenants qui sont 100 % à base de déchets indus- triels d’algues brunes. Algopack a inventé une matière rigide qui évite la pollution du plastique et qui est «compostable». Par ailleurs, l’algue brune ne consomme que très
peu d’eau, absorbe le CO2 et favorise le développement du plancton. La matière première (qui se présente sous forme de billes marrons) peut être extrudée, thermoformée ou injectée, exactement comme le plastique, son prédécesseur. « Réduisons notre dépendance au plas- tique par une matière vertueuse. »
u Wivaldy, diagnostic de consommation réelle d’électricité
Avec le compteur EDF Linky et l’application Wivaldy, il est possible de valoriser l’électricité verte. Pendant sept jours, on commence par ne rien changer à ses habitudes de consommation et Wi- valdy collecte des don- nées. Un diagnostic gratuit est ensuite envoyé afin de connaître la consomma-
tion réelle d’électricité et de changer quelques habitudes pour favo- riser l’usage de l’électricité verte. Avec l’application et le diagnostic, il est possible d’identifier des périodes de consommation anormales et d’agir. La start-up Wivaldy est actuellement hébergée à la Station F, le plus grand campus de start-up au monde.
u Lego lance des pièces en plastique durable et responsable
Les enfants (et parfois les grands enfants) jouent encore avec des Lego. En 2018, certaines des pièces de Lego seront produites en polyéthylène issu de la canne à sucre. Ce sera le cas pour les arbres, les buissons et les feuillages proposés dans certaines boîtes. Lego s’associe avec le WWF (World Wild Fund for Nature) pour la produc- tion de plastique durable et responsable. Aidé dans sa mise en œuvre par la Bioplastic Feedstock Al- liance, Lego cherche à protéger la nature en ayant moins recours à des matières premières de plus en plus rares et tellement polluantes.
La COP21 n’était pas une fin, mais un début. Suivi des évolutions bénéfiques à la planète
ECONOMIE VERTE
Relever le défi Zero Waste
Le défi 2018 de l’association Zero
Waste consiste à ne rien acheter de
neuf pendant un an. En France, chaque
personne produit environ 600 kg de
déchets par an. En plus d’utiliser
des métaux rares et d’exploiter une
main d’œuvre souvent mineure, la
production d’un seul smartphone
génère 70 kg de déchets. La fabri-
cation d’un pantalon jean requiert
32 kg de matières premières et 8 000
litres d’eau. Pour ne rien acheter
de neuf, il faut se tourner vers des
modes différents de consommation : l’occasion, la location, le prêt ou encore la mutualisa- tion. 4 000 personnes sont déjà inscrites au Défi Zero Waste France. Sinon, quoi de neuf ?
NégaWatt, pour une France sans nucléaire et sans carbone
L’association négaWatt propose un agenda pour que la France sorte du nucléaire d’ici 2050 et réussisse sa transition énergétique. Le scénario n’est ni fantaisiste ni celui de quelques illuminés. Après cinq années de recherches et d’étude de faisabilité, négaWatt affirme la possibilité technique d’une France utilisant 100 % d’énergies renouvelables. Le secteur du bâtiment est actuellement le premier consommateur d’électricité. La circulation automobile représente la première source d’émission de gaz à effet de serre. D’où la nécessité de repenser le co-voiturage, le transport en commun, la marche et le vélo. Contre l’obsolescence, l’industrie devrait préférer produire des outils durables, réparables et recyclables... En suivant les préconisations de né- gaWatt, l’émission de gaz à effet de serre pourrait être
divisée par 20. Encore faut-il que les dirigeants politiques, les entreprises et l’ensemble des citoyens se donnent réellement les moyens de réaliser le scénario du meilleur de négaWatt.
AgTech, le nouvel incubateur d’Euratechnologie
A Lille, Euratechnologie est le pre- mier incubateur de start-up de France avec 80 000 m2 de locaux, dont 1 000 seront désormais réservés à l’Agri- Tech. Euratechnologie devient donc un hub pour préparer l’agriculture connectée de demain. Il est urgent de réduire l’impact écologique de l’agriculture. Les nouvelles techno- logies permettent aux agriculteurs d’optimiser les coûts de production et de mieux produire. L’AgriTech valorise le travail des agriculteurs et leur permet de mieux négocier le virage du numérique.
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                        ]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[TROPHÉES OPTIMISTES 2018
 Printemps de l’Optimisme 2018
Happy therapy
Il existe un ferment d’acteurs en France qui veulent promouvoir de nouvelles façons de penser et de considérer le monde. Le Printemps de l’Optimisme fait partie de ces événements qui mettent en lumière les initiatives positives à l’échelle des territoires et des organisations. Attention, cette année, l’événement se poursuit tout le mois !
Par la rédaction
 2018, Philippe Croizon, conférencier, sportif de l’extrême, auteur de Pas de bras, pas de chocolat ! et Plus fort la vie et David Ken, photographe et créateur du LOL PROJECT.
Séance suivie d’échanges avec des grands témoins acteurs économiques : Christine Fumagalli, présidente d’ORPI, Stéphane Layani, président de Semaris-Marché international de Rungis, Jean-Pierre
phane Layani, président de Semaris-Mar- ché international de Rungis, Jean-Pierre Letartre, président d’EY France, Francine Pommier, dirigeante et fondatrice, C. Format Pro Conseil, Alain Scafarto, président de la Commission paritaire nationale emploi et formation professionnelle Coiffure, dirigeant du groupe Provalliance (Franck Provost).
Les cloches qui ont sonné midi furent le
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
Le somptueux siège de la CCI Île-de-France fut l’écrin de la cinquième édition du Prin- temps de l’Optimisme. La journée s’est ouverte en rendant hommage à Jean d’Ormesson, membre fon- dateur de la Ligue des Optimistes de France et invité d’honneur de l’avant-garde optimiste en 2015.
Puis dans la fastueuse salle des lustres, s’est tenue une série de conférences. Ceux qui cherchaient l’inspiration ou qui souhaitaient recharger leur bat- terie d’ondes positives ont été servis. Le thème «Transmettre» fut à l’honneur en plénière d’ouverture, avec une ré- flexion menée autour du livre Trans- mettre co-écrit par Céline Alvarez, Chris- tophe André, Catherine Guéguen, Ilios Kotsou, Frédéric Lenoir, Caroline Le- sire, Frédéric Lopez et Matthieu Ricard. Thierry Saussez, créateur du Printemps de l’Optimisme, pour cette première partie de journée, a ainsi fédéré une armada de partenaires dont Didier Kling, président de la CCI Paris Île-de-France, Florence Servan-Schreiber, professeure de bonheur et marraine du Printemps de l’Optimisme 2018, Ilios Kotsou, docteur en psychologie et parrain du Printemps de l’Optimisme
Letartre, président EY France, et la modé- ration de Alexandre Jost, délégué général et fondateur de la Fabrique Spinoza.
L’entreprise, un Lieu de bouiLLonnement optimiste
La journée s’est ensuite poursuivie sur le thème «Entrepreneurs et nouvelles générations, qu’avons-nous à apprendre les uns des autres ?», avec notamment une présentation d’une étude exclusive Opinionway-Agefos-PME sur les jeunes et l’acquisition de compétences profes- sionnelles par Frédéric Micheau, directeur des études d’opinion, Opinionway. Pour débattre, la table ronde laissait la parole à Farah de Barros, étudiante en M1 en alternance en école de commerce, Astrid Chenard, directrice Offre de services et Apprentissage, Agefos-PME, Renaud Desforges, DRH Air Liquide Advanced Technologies, Gaétan de Lavilléon, docteur en neurosciences, directeur de Cog’X, Sté-
temps fort d’EcoRéseau Business par la remise des trophées optimistes que nous développons dans les pages suivantes.
des thèmes atypiques par des intervenants presti- gieux
Plusieurs keynotes se sont ensuite enchaî- nées durant l’après midi. Charles Pépin, philosophe et journaliste, auteur de Quand la beauté nous sauve, et Isalou Regen, entrepreneuse et conférencière, auteure du best-seller La magie du matin, l’heure de plus qui va changer votre vie (Prix du Livre Optimiste 2016) sont intervenus sur le thème «Le choix du design : privilégier le beau, c’est bon pour tous, y compris pour les territoires !».
La keynote sur le thème de «Rêver, jouer et parier sur soi !» fut animée par Florence Servan Schreiber, professeure de bonheur, auteure de Power Patate, 3 kifs par jour
© 2018 Florence Bonny pour le Printemps de l'Optimisme
© 2018 Florence Bonny pour le Printemps de l'Optimisme
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[Printemps de l’Optimisme 2018
TROPHÉES OPTIMISTES 2018
   et co-auteure de La Fabrique à kifs, sur le thème «Libérez vos supers pouvoirs !».
Philippe Gabilliet, professeur de psy- chologie et de management à ESCP Europe (Paris), docteur en sciences de gestion, conférencier et auteur de Éloge de la chance, apprendre à saisir les opportunités de la vie et L’art de changer sa vie en 5 leçons, nous a exposé sa vision sur le thème Éloge de la chance.
En parallèle de ces plénières et key- notes, le Printemps avait également
réuni moult acteurs de l’optimisme. Des séances de coaching gratuites avaient lieu dans l’aile gauche du bâtiment. Des start-up de la happy-tech étaient également présentes pour présenter leur concept.
« La 5e édition du Printemps de l’Optimisme a été inspi- rante, riche et exceptionnelle. Nous y avons accueilli plus de 2 000 participants, dans un lieu magni- fique, la CCI Paris Île-de-France. Ce n’est que le début de notre ac- tion, nous continuons notre mobili- sation jusqu’au 2 mai, tout au long
du Mois de l’Optimisme, avec près de 50 événements partout en France. Rejoignez-nous lors des conférences optimistes, des dîners-débats de la Ligue des Optimistes. Je remercie tous les participants du Printemps de l’Optimisme, tous les partenaires, les intervenants et les soutiens qui animent nos événements et se font le relais de nos énergies positives. L’optimisme collectif est de retour, faisons-le rayonner jusqu’au 2 mai et plus encore ... », explique Thierry Saussez, créateur de l’événement..
Retour sur la remise des Trophées Optimistes d’EcoRéseau Business, en partenariat avec le Printemps de l’Optimisme
et avec le soutien de Philips France Commercial
                                  AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
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Lors de l'ouverture du mois de l'Optimisme le 23 mars dernier, les Trophées Optimistes d’EcoRéseau Business ont été décernés dans les salons de l'hôtel Potocki de la CCI Pa- ris Ile de France. L'occasion pour le journal de choisir, avec un jury de personnalités, les lauréats parmi une liste de candidats apparus dans deux rubriques phares du journal : Electron libre et Culture du rebond.
Une manière de souligner cet esprit optimiste, conquérant et iconoclaste que le journal soutient depuis sa création. Cette année, Cyril Aouize- rate – co-fondateur de Mama Shelter et Mob Ho- tel – et Emery Jacquillat – repreneur et PDG de Camif Matelsom – ont été récompensés. Retour sur le parcours de ces deux entrepreneurs hors du commun.
Jury 2018
 Yoni Cohen,
CEO Colom Paris
Philippe Croizon,
Consultant, conférencier et chroniqueur Lauréat 2017
Philippe Dourcy,
Directeur communication et affaires publiques Decathlon
Pascal Evanno,
National account manager BtoB Philips France Commercial
Geoffroy Framery,
Journaliste EcoRéseau Business David Layani,
Président directeur général Onepoint
Jean-Baptiste Leprince,
Fondateur & directeur de la publication
EcoRéseau Business
Jean-Pierre Letartre,
Président EY France
Olivier Remoissonnet,
DG La Brosserie Française – Lauréat 2017
Thierry Saussez,
Créateur du Printemps de l’Optimisme
Ariane Warlin,
Journaliste EcoRéseau Business
  ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[TROPHÉES OPTIMISTES 2018
 Lauréat, catégorie Electron Libre
Les « sept vies » de l’entrepreneur philosophe
  Retour sur un parcours atypique qui a mené Cyril Aouizerate des bancs de l’université hébraïque de Jérusalem et de la philosophie à l’hôtellerie avec Mama Shelter et Mob Hôtel, deux concepts inhabituels, lieux de rencontre, de créativité, de solidarité et d’hospitalité. Un parcours qui lui vaut le Trophée Optimiste de l’Electron libre pour notre édition 2018.
                   Par Ariane Warlin
 ConCept hors normes
Les établissements conçus par Cyril Aouize- rate sont avant tout des lieux de mixité sociale, et une façon de sortir du dogme des territoires excentrés. Ce sont aussi des espaces d’expériences et de rencontres. Le concept a immédiatement séduit, si bien qu’un autre MOB Hotel a ouvert ses portes à Lyon. D’autres établissements de ce type ouvriront prochainement près de la gare de l’Est à Paris, mais aussi à Bordeaux. Des projets sont en cours ailleurs en Europe et même à Washington et Los Angeles. Imaginer des lieux en adéquation avec les aspirations, mais aussi avec les besoins actuels de flexibilité et de mobilité : telle est l’ambition de Cyril Aouizerate. Pas question de rester sur des principes figés. A ses yeux, l’hôtellerie est un mouvement permanent de réinvention.
Le portrait de cet homme peu ordinaire ne serait pas complet si l’on n’évoquait pas sa passion pour le montage de projets urbains. Il est ainsi l’un des artisans de Bercy Village. Et plus récemment, de la
Lauréat 2016, Guilaume Rolland : petit génie étudiant qui a déposé son premier brevet pour une machine à infuser le thé à 13 ans. Il a récemment créé le réveil olfactif Sensorwake, avec lequel il a gagné le concours Lépine et a été nominé aux Google Science Fair, pour finalement créer son entreprise.
Lauréat 2017, Philippe Croizon : quadri-amputé suite à un accident de ligne élec- trique alors qu’il démonte son antenne, désormais sportif de l’extrême, écrivain, aventurier-conférencier de 48 ans. Il a traversé la Manche à la nage en 2010, et vient de faire le Dakar au volant d’une voiture aménagée, financée par des sponsors.
+ trophees-optimistes.fr
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
Aussi brillant qu’atypique, Cyril Aouizerate vient de remporter un trophée dans notre rubrique Elec- tron Libre. Electron libre, il l’est à coup sûr tant il fait partie de ceux qui plutôt que de passer par les voies toutes tracées préfèrent emprunter leur propre chemin. Le sien commence à l’université hébraïque de Jérusalem, où il étudie la philosophie. C’est un fervent admirateur de Spinoza, Jankélévitch ou encore Levinas. Pourtant, c’est à l’hôtellerie qu’il se destinera. Ou plutôt à l’invention de concepts hôteliers.
nouveau départ
Sans perdre de vue pour autant les philo- sophes qu’il affectionne car leurs œuvres y figurent en bonne place. Tenter de réunir culture et convivialité, finalement, c’est ce qui l’anime. C’est ainsi qu’en 2001, cet entrepreneur audacieux se lance dans la création des désormais célèbres Mama
Shelter. Il ouvre son adresse parisienne rue de Bagnolet en 2008. Puis décline ensuite ce modèle à Marseille, Lyon et Bordeaux.
En 2014, après avoir quitté cette aventure, il se lance dans le développement des MOB Hôtel avec des partenaires, dont le célèbre designer Philippe Starck. En mars dernier, il ouvre ainsi son premier MOB Hôtel à côté des Puces de Paris, à Saint- Ouen. Une façon aussi de montrer que l’on peut faire vivre des quartiers parfois trop stigmatisés. Et qu’il n’y a pas de fatalité dès lors qu’on se donne les moyens de les animer. Après tout, n’a-t-on pas sorti le Bronx de sa torpeur ?
Pour revenir à ce «nouveau-né», c’est un lieu fascinant qui rassemble un hôtel, mais aussi un restaurant bio, une piscine chauf- fée à l’année, un jardin de 2000 m2, un atelier de réparation de vélos, un cinéma extérieur, et même un potager partagé sur les toits. L’université Paris Dauphine y installera ses étudiants de Master, venus des quatre coins du monde, pour finaliser leur thèse dans une ambiance créative et inspirante.
Cité de la Mode et d.
solidarité, hospitalité : voici en quelque sorte le trio gagnant de ce personnage peu conventionnel.
Palmarès
u Design. Créativité,
 © 2018 Florence Bonny pour le Printemps de l'Optimisme
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[TROPHÉES OPTIMISTES 2018
 Lauréat, catégorie Culture du Rebond
Un rebond tout en vertu
 Vente en ligne, animation d’une communauté, consommation responsable et locale, organisation plate, made in France... Camif.fr s’est réveillée, grâce à Emery Jacquillat, notre lauréat 2018 des Trophées Optimistes dans la catégorie Culture du rebond.
                Par Geoffroy Framery
     L’orage gronde. En octobre 2008 le «grand magasin des fonctionnaires» se déclare en cessation de paiement. A la dérive depuis des années, la coopérative d’achat des adhérents de la mutuelle des instituteurs de France, créée en 1947 pour équiper les professeurs des écoles, accumule alors 18 millions d’euros de pertes pour la seule vente aux particuliers ! La liquidation judiciaire laisse 568 salariés sur le carreau. Un choc pour la ville de Niort et les 300 000 clients actifs, dont la moitié sont des socié- taires de la coopérative. Personne ne joue alors des coudes pour reprendre à la barre ce bateau ivre, malmené par Internet ou Ikea. Personne ? Pas tout à fait. Emery Jacquillat, 35 ans alors, plonge dans l’aventure. Cet HEC ne part pas à l’aveugle car il a créé dix ans plus tôt un site de ventes de matelas,
Matelsom, à une époque où l’e-commerce était balbutiant. La Camif, qui réalise un quart de son CA avec la literie, ne lui est pas inconnue...
Chasseur d’opportunités
« Mes amis de promo partaient dans le conseil, le marketing et les grands groupes. Nous étions deux sur 300 à vouloir monter notre boîte ! », se souvient celui pour qui les cours de Robert Papin, centrés sur des cas pratiques dans la majeure entrepreneuriat, ont été une révélation. Son année passée en coopération comme vendeur Orangina à Manhattan lui donne l’idée de Matelsom, alors qu’il voit passer des camions livrant des matelas commandés par téléphone. « J’étais convaincu, mais je ne connaissais pas le domaine. Après neuf mois d’études, je me suis lancé en 95. Les clients pouvaient essayer chez eux », se souvient celui qui connaît d’emblée sa première crise. « Les grandes grèves de fin 95 nous empêchaient de livrer, ou de recevoir des chèques par la Poste. Mais dans chaque danger se niche une opportunité : mon agence d’achat d’espaces m’a conseillé de communiquer dans le métro. Les tarifs avaient baissé à cause de la baisse du trafic. Nous avons acheté 1000 panneaux, ce qui s’est révélé
un superbe support quand tout a redémarré. Nous sommes restés dix ans dans le métro », explique ce pionnier qui a tôt fait de passer du minitel au Web en 96-97. Deux tiers du CA sont réalisés sur Internet en 2000 ! Mais l’entrepreneur dans l’âme ronge son frein : « Avoir un positionnement clair ne suffit pas, il faut une marque à laquelle sont attachés les gens, ce qui m’a mis sur la piste de la Camif. »
Le ChoC des CuLtures
Après la reprise il a fallu repenser tout le modèle, « remettre en risque tout ce que j’avais fait », affirme-t-il, ayant commencé par convaincre sa femme de quitter Paris pour vivre à Niort. Outre l’abandon du grand catalogue papier et le basculement en ligne, il décide de garder le côté militant en axant la stratégie sur le made in France avant l’heure, la consommation locale et responsable : la «consolocation». « Les gens veulent être mieux informés sur ce qu’ils achètent, ils tiennent à savoir où et par qui les produits ont été fabriqués », répète-t-on désormais chez Camif.fr. Depuis 2012, des reportages vidéo postés sur le site décrivent les coulisses de la fabrication et montrent à quel point l’empreinte carbone
est réduite. Emery Jacquillat rend visite à ses fabricants une fois par an dans un tour de France de cinq semaines, en compagnie de clients. Tous imaginent les produits de demain, comme le bureau connecté. Et le renouvellement fonctionne : « Depuis 2013, deux tiers de nouveaux clients sont de nou- veaux consommateurs. » Le repreneur crée un blog pour entamer le dialogue avec les 25 000 foyers dont les commandes n’ont jamais été honorées à cause de la faillite. A titre de dédommagement, il leur propose une carte de remise de 7 % valable à vie ! Et
cela fonctionne : les sociétaires renouvellent leur adhésion en masse. Depuis 2009 une croissance à deux chiffres, pour désormais 40 millions d’euros de CA. Autre virage pris en 2017 : « La refonte du site qui devient une plateforme collaborative au service de la consommation responsable, com- prenant de la vente, de la mise en relation locale pour des échanges de meubles, de la co-création... » Et 2018 augure encore de nouveaux changements pour l’entreprise historique : le distributeur français modifie ce faisant son objet social. Emery Jacquillat a inscrit en début d’année dans les statuts de la Camif la mission sociale de son en- treprise. Une mesure pour anticiper ainsi l’évolution législative du Pacte (plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises). Ce faisant, l’entreprise devient une des premières Sociétés BCorp à objet social étendu (SOSE). La Camif n’est vrai- ment pas une entreprise comme les autres. Deux exemples parmi tant d’autres : pour finir un blocage volontaire des ventes le jour de l’opération commerciale et marketing «Black Friday» comme coup de gueule à la surconsommation. Et autre exemple en termes de gouvernance innovante, neuf des 55 salariés ont collaboré au dernier bud- get. En parallèle, le r.epreneur de la Camif milite toujours pour une TVA responsable sans oublier la participation active de ses salariés à Emmaüs.
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
Palmarès
Lauréat 2016, Charles-Henri Looten et Looten Industries : cette PME du Nord cen- tenaire, leader dans le négoce de robinetterie industrielle, a connu un incendie qui a tout détruit. Mais grâce au cloud, et à la solidarité de toutes les entreprises du Nord (y compris celle du concurrent direct qui a prêté ses locaux inoccupés !), elle a pu
renaître de ses cendres en très peu de temps.
Lauréat 2017, Olivier Remoissonnet : la Brosserie Française a échappé à la liquida- tion judiciaire, grâce à un soupçon de relocalisation, une pincée de formation et de marketing de la part de cet entrepreneur de territoire. Le modèle d’abonnement, le made in France et la conscience environnementale ont représenté la recette pour sauver la filière en Picardie.
+ trophees-optimistes.fr
© 2018 Florence Bonny pour le Printemps de l'Optimisme
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              ]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[ Rétrospective
Les pionnières cheffes d’entreprises ....................................... p21
Grand Angle
Qu’est-ce que le leadership au féminin ? ................................. p22
Régions & Territoires
Les champions de la parité et ceux du machisme ................... p24
International
Parité homme-femme, les pays et les entreprises
qui se démarquent....................................................................p25
Prospective
La prise de pouvoir par les femmes ......................................... p26
EN COUVERTURE
Les femmes, l’avenir de
l’entreprise et des organisations ?
Le plafond de verre se fissure sans se briser. La faute à des codes d’entreprises établis par les hommes pour les hommes. Bien que les entreprises et les organisations soient d’accord sur le principe de la parité et de l’égalité salariale, les achoppements sont encore nombreux malgré des mesures qui se mettent en place. Le machisme est encore répandu en France et s’exprime avec toute une palette discriminatoire. Pourtant, la femme incarne cette mixité et cette diversité qui fait tant défaut aux entreprises en tant que levier de performance et de croissance...
 20 AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[ EN COUVERTURE
 Rétrospective
EcoRéseau Business revient sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient il y a un demi-siècle. Pas question de comparer, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.
Parité et représentation des femmes
L’irrésistible ascension des femmes ?
  La parité et la mixité sont-elles des solutions suffisantes pour garantir aux femmes la direction d’une entreprise ou d’une institution politique ?
pouvoir reste sexuée et les femmes ne sont pas en position de leadership », explique Marion Paoletti, maîtresse de conférences en science politique (HDR) à l’Université de Bordeaux, membre du centre Emile Durkheim. A la fin des années 90, l’idée de parité est apparue comme une réponse à la crise de la démocratie représentative. « Toutefois, la parité repose encore sur l’identité «genrée» traditionnelle et le discours sur les femmes reste différentia- liste », regrette Marion Paoletti, spécia- liste de la question du genre en politique et membre du comité de rédaction de la revue Travail, genre et société. Les maires et les présidents de Région restent prin- cipalement des hommes. Le nombre de femmes maires d’une commune de plus de 100 000 habitants n’augmente pas. La parité introduit une égalité numérique, mais ne rime pas avec une égalité réelle. L’ordre hiérarchique est différenciant et les hommes restent souvent à la tête.
mythe du Leadership
au féminin
Depuis 2010, toutes les entreprises du CAC 40 luttent contre l’hégémonie mas- culine et la ségrégation des emplois. En 2011, la loi Copé-Zimmermann incite à recruter des administrateurs « du sexe le moins représenté ». « L’arrivée des femmes dans les CA permet peut-être de lutter contre les archétypes «viriliste» et contribue certainement à faire évoluer les cultures », déclare Anne-Françoise Bender. Néanmoins, « l’expression «leadership au féminin» est à manier avec précaution car une telle rhétorique cache souvent une es- sentialisation qui dessert les femmes ». Le mythe du management au féminin ressortit d’une série de représentations culturelles qui opposent le féminin au masculin : la douceur, l’émotion et le care contre le ra- tionnel, le courage et la force. « La parité n’est pas l’égalité. Si les femmes deviennent des représentantes politiques, la hiérarchie des sexes n’est pas pour autant remise en cause. C’est pourquoi la mise en place de la parité peut être lue comme une «rév.o- lution conservatrice» », conclut Marion Paoletti, co-directrice de l’ouvrage Sexes, genre et politique (Economica, 2007).
Par Joseph Capet
En 1938, Yvonne-Edmond Foinant est la première femme déléguée à la Confédération générale du patronat français. Elle crée l’association Femmes chefs d’entreprise (2 000 membres aujourd’hui). Une goutte d’eau dans une marre remplie de testostérone pour l’époque. L’INSEE chiffrait, en 2012, 900 000 femmes indé- pendantes ou dirigeantes salariées d’entre- prise, contre 1 800 000 hommes. Une sur trois... Et le ratio ne cesse d’augmenter. Et ce depuis les années 80.
L’infLuenCe des entreprises amériCaines
Le féminisme français s’essouffle avec les Trente Glorieuses et le baby-boom. Les années 70 voient naître une vague de fé- minisme qui porte sur la maîtrise du corps. Ce n’est qu’au début des années 80 que les femmes revendiquent leur droit à faire de la politique et à diriger des entreprises. « Il y a trente ans, les lois américaines ont lutté contre la discrimination et ces pratiques d’égalité étaient également res- pectées dans les filiales US en France », affirme Anne-Françoise Bender, maîtresse de conférences en gestion des ressources humaines au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Les filiales françaises d’IBM, de Hewlett-Packard, de Manpower ou encore de Coca-Cola ont alors promu des femmes aux postes de direction. « Dans les années 90 apparaît l’argument de la per- formance de la mixité. Avec la rhétorique de la diversité, il s’agit de promouvoir et de tirer parti de tous les talents, y compris féminins », précise Anne-Françoise Ben- der, spécialiste de la carrière des femmes et de leur représentation dans les conseils d’administration. La question de la fémi- nisation des emplois à haute responsabilité n’est donc pas tant amenée par la politique que par des entreprises comme Total ou Orange qui ont des filiales en Amérique ou dépendent de fonds de pension américains.
La question de la féminisation des emplois
à haute responsabilité n’est donc pas tant amenée par la politique que par des entreprises comme Total ou Orange
     « Les multinationales prennent conscience de l’enjeu de la diversité les premières, au début des années 2000, suite aux pratiques américaines, mais également parce qu’elles sont soumises aux notations sociales des marchés internationaux », explique An- ne-Françoise Bender, membre de l’axe genre, droit et discriminations au Lise CNRS (Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique). Pour répondre aux attentes des actionnaires américains et parce que la diversité semble vertueuse, les grandes entreprises françaises nom-
ment des femmes aux premières échelles de l’encadrement.
L’invention de La parité
C’est au début des années 90 qu’appa- raissent les revendications paritaires. Le féminisme d’Etat et la «nouvelle gram- maire de la parité» ont contribué à faire avancer la «bataille de la parité». « Au début des années 90, la revendication de parité a pu faire ricaner. On a pu obser- ver une féminisation très rapide du corps politique. Néanmoins, la distribution du
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« "Leadership au féminin" est à manier avec précaution »
]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[Grand Angle
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur un sujet politique, sociétal ou macro-économique
Les femmes et l’avenir de l’entreprise
Vers une troisième voie ?
EN COUVERTURE
   S’il n’est pas question d’essentialiser le leadership au féminin dans les entreprises et les organisations, ces dernières connaissent
de meilleurs performances si les femmes sont intégrées à chaque maillon décisionnaire,
du premier N+1 au Comex en passant par le Conseil d’administration et le top management. Car accepter une femme comme pair, c’est implicitement s’enrichir, accepter l’altérité, sa complexité et mieux décider de façon altruiste pour finalement améliorer la performance
de son organisation. Ou comment faire des stéréotypes un moteur de progrès.
de leurs clients ou fournis- seurs au nom du pragmatisme des affaires. Certains codes sociaux également évoluent peu. L’émission grand-public Top Chef nous présentait 100 meilleurs ouvriers de France dans les métiers de bouche. Aucune femme n’était à l’écran. Finalement, en France, il y a encore la moitié de la po- pulation qui n’a pas le droit
où les femmes ne représentent que 15 %. Nous sommes 50 % de la population, 55 % des diplômés, 80 % de la déci- sion d’achat et pourtant si peu dans la gouvernance des entreprises. »
Outre les codes et les organi- sations, ce plafond de verre serait également perpétué à l’échelle des individus. Vi- vianne de Beaufort, Profes-
d’origine afro-américaine ou latino-américaine restaient en retrait et n’avaient pas de bons résultats en raison d’un sentiment d’imposture. L’une des raisons qu’expliquerait le psychologue social Serge Mos- covici dans ses travaux serait que le fait d’être en minorité serait à l’origine d’un com- plexe d’infériorité. Vivianne de Beaufort ose le glissement entre ces minorités ethnique et la minorité féminine. « Le parallèle va jusque dans la loi quota décidée il y a quelques années, qui peut également donner l’impression d’être des imposteurs pour les femmes fraîchement arrivées dans les conseils d’administration. Mais ce sentiment plutôt vivace en 2011-2012 s’évanouit au fil des années. Les mandats sont assurés plus sereine- ment d’autant qu’il y a plus de femmes dans les conseils d’administration », poursuit l’enseignante à l’ESSEC.
des CompLexes qui aCCouChent de nouveLLes quaLités « L'arrivée des femmes dans les CA permet peut-être de lutter contre les archétypes "virilistes" et contribue cer- tainement à faire évoluer les mentalités. La femme placée en position d’outsider est constam- ment sur la sellette et doit
organisations restent le fruit de nos histoire et influence latines. « Les hommes n’ont pas conscientisé de pratiquer des codes racistes ou sexistes. Ils ont fait des codes à leur image : lutter pour le pouvoir est naturel. La compétition et l’esprit combattif sont des codes masculins », souligne Vivianne de Beaufort. Les conséquences psychologiques sont lourdes. Soit « on souffre, mais on se «sur-adapte», à l’image d’Anne Lauvergeon ou Isabelle Kocher qui ont déjà témoigné à quel point elles ont dû faire face à la culture des ingénieurs. C’est un effort de «sur-adaptation» qui coûte à la personne », ana- lyse l’enseignante de l’ESSEC. Soit le deuxième réflexe, c’est l’évitement, mais cela se paie cher aussi car l’abandon des valeurs peut être aussi très mal vécu.
Cette position d’outsider ne s’explique pas seulement par la nouveauté du phénomène. Les femmes sont effective- ment affublées de nombreux stéréotypes.
« Nous serions incapables de décider, hésitantes et fuyantes lors des conf lits. Mais ces stéréotypes intégrés aux co- des des entreprises ont été moteurs de progrès pour aboutir à un leadership plus moderne, précise Vivianne de Beaufort. Culturellement, les femmes ont intégré générale- ment qu’élever la voix ou se dresser physiquement face à un garçon puis à un homme était peine perdue. Le conflit direct est synonyme d’échec. En parallèle, elles ont donc nourri une appétence pour une capacité de médiation dans un processus de décision collectif. » En d’autres termes, entre ces deux extrêmes, se crée une troisième voie qui bouscule les codes masculins.
 Par Geoffroy Framery
L’hallali du chef d’entre- prise fumeur de cigare qui demande un whis- key à «maman», une fois rentré et ses pantoufles chaussées, a bel et bien sonné. La cloche tinte d’ailleurs depuis plusieurs années... D’une étude de 2011 du cabinet de conseil américain Zenger Folkman menée à par- tir d’un échantillon de 7 280 leaders dans des entreprises de divers pays, et se basant sur 16 compétences en leadership, il ressortait que les femmes seraient considérées comme de meilleures dirigeantes que leurs pairs masculins par leurs collègues, leurs collabora- teurs directs (N-1 et N+1) et autres. Les dirigeantes sur- classaient les dirigeants sur 15 compétences sur 16 (prise d’initiative, développement personnel, intégrité/honnêteté, orientation vers les résultats) exception faite de l’habileté à développer un point de vue stratégique. En outre, selon un baromètre Manageo, les entre- prises tenues par des femmes dirigeantes connaîtraient trois fois moins de défaillances que lorsque ce sont des hommes qui sont aux commandes. Il y
a même mieux. Les femmes afficheraient de meilleures performances : 4,8 % de crois- sance sur trois ans et 6,6 % de rentabilité, contre respective- ment4,4%et5,6%pourles entreprises menées par un homme, selon les chiffres de l’association Women Equity For Growth tirée d’une étude réalisée en 2012 auprès de 164 entreprises françaises ayant réalisé au moins 4 millions de CA en 2011. L’homme ne se sentirait-il pas menacé par le présupposé sexe faible ?
un pLafond de verre ConsoLidé par Les deux sexes ? « Set fluctuat nec mergitur », la devise de la ville de Paris pourrait qualifier la situation d’inégalité entre les deux sexes. « Pourquoi cela perdure ? D’abord en raison d’une inertie culturelle. Cela fait 30 000 ans d’histoire que les orga- nisations ont été pensées par les hommes pour les hommes. Il existe encore aujourd’hui un apartheid féminin. Et peu de dirigeants français s’of- fusquent sur la condition de femmes esclaves avec certains
aux honneurs qu’elle mérite »,
tranche dans le vif Daniel Feis- thammel, fondateur et gérant du cabinet Solutions Fortes, cabinet de conseil en stratégie des organisations et également auteur de Le management par les femmes, une autre culture de la réussite et de l’autorité. Et Anne-Sophie Panseri, pré- sidente FCE France (Femmes Chefs d’entreprise) d’ajouter :
seure et directrice du Centre européen de droit et d’écono- mie, ESSEC Business School, ajoute : « Cela est moins vrai pour les nouvelles généra- tions, mais j’ai constaté au cours de mes travaux que les femmes éprouvaient certaines difficultés à se positionner sur un salaire, à réclamer un poste. Elles se mettent, elles- mêmes, en position de retrait
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Les entreprises tenues par des femmes dirigeantes connaîtraient trois fois moins de défaillances
 « Le constat est amer. Sans la loi Copé Zimmermann nous n’aurions jamais eu les résul- tats actuels, pourtant nous avons encore un long chemin dans les Comex (abréviation de comité exécutif appelé aussi comité de direction, NDLR)
tout en cultivant un complexe de l’imposteur très travaillé en sociologie. » De nombreux travaux américains des années 90 ont ainsi étudié l’effet de la politique des quotas dans les universités américaines. Conclusions : ces étudiants
prouver ses compétences ; bonne élève, elle assure », rappelle Anne-Françoise Ben- der, maître de conférences en sciences de gestion au CNAM de Paris. Qui dit entrepreneur, dit souvent homme dans l’esprit de tous. Les entreprises et les
« Ma fille, tu porteras du rose et suivra les rails de la conformité »
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 Grand Angle
 Les moteurs féminins actuels du leadership sont donc le résultat de caractéristiques intégrées par éducation dans une situation de minorité, au sens littéral du terme. C’est l’émergence d’un modèle fé- minin qui inclut la mixité et l’autre. Il n’est désormais plus essentiel d’écraser l’autre pour s’imposer...
Le Leadership féminin existe-t-iL vraiment ?
« Il me paraît dangereux et réducteur de réduire la mis- sion au genre. Le manage- ment a évolué avec le temps et l’adaptation à la fonction est la priorité. Notre histoire, notre éducation sont autant de freins à l’envie d’entreprendre. 55 % des diplômés sont des femmes, la capacité est évi- dente », explique Anne-Sophie Panseri pour FCE France. L’expression «leadership au féminin» est donc à manier avec précaution car une telle rhétorique cache souvent une
essentialisation qui dessert les femmes.
« Le mythe du management au féminin ressort d’une série de représentations culturelles qui opposent le féminin au mas- culin : la douceur, l’émotion et le care contre le rationnel, le courage et la force », op- pose Anne-Françoise Bender. Au sein du CA, les femmes doivent prendre de bonnes décisions pour les actionnaires et le business, elles ne sont ni activistes ni militantes de la cause des femmes. Plus que de genre, il serait plus à propos de parler de personnalité ou de style qui serait plus communé- ment l’apanage des femmes. Une femme pourrait aussi avoir un style de management traditionnel tout comme un homme pourrait avoir un style plus féminin. « Les femmes portent cette transition non pas parce qu’elles sont des femmes mais parce qu’elles sont de nouvelles entrantes », pointe Vivianne de Beaufort. Cela dit, l’émergence de ce
nouveau style redessinerait plus sainement les contours de l’ambition. Sophie Muf- fang, executive coach, doc- teur en linguistique et auteure de Femmes, osons réussir, affirme : « L’ambition et le pouvoir deviennent un moteur, ce ne sont plus des notions en rapport avec son propre ego et sa réussite personnelle. Le curseur se place davantage sur la quête de sens et sur les moyens qu’on vous confère pour accomplir vos missions. Nous passons de la potestas au potentia. Du pouvoir en tant que tel au pouvoir de... faire, se réaliser... »
Et Daniel Feisthammel de systématiser : « Si on oublie le sexe, il y a des infrastructures de personnalité sociale : soit plus responsables, plus tour- nées vers les autres, soit plus égocentriques plus compéti- tives... Evidemment cela donne des pratiques de management différentes. Ces deux axes de personnalité ne sont pas génétiquement liés au sexe
puisqu’on en trouve des deux côtés mais on ne trouve pas la même proportion des deux côtés. Décentrées, respon- sables, altruistes, impliquées, engagées : les femmes s’enre- gistrent plus dans ces qualités et les hommes se situent plus naturellement dans l’autre registre par éducation ; les garçons ont le droit d’être ainsi car considérés comme plus forts. La différence est culturelle. »
s’adapter
à La diversité
ou mourir ?
De nombreuses pratiques pour l’égalité des chances dans une carrière sont déjà mises en place. Il peut s’agir comme chez BNP Paribas ou Sodexo d’enveloppes de rattrapage pour une meilleure équité des salaires, ce qui présuppose au niveau RH un état des lieux précis pour mettre en place ce type d’actions. D’autres sociétés font également le choix volontariste de pro-
mouvoir et de faire accéder à l’offre de formation un plus grand nombre de collabora- trices. Enfin certains diri- geants décident d’octroyer des primes à l’égalité quand les managers ont constitué des équipes mixtes. Mais est-ce bien suffisant pour faire re- culer les mentalités les plus traditionnelles ? « Beaucoup d’entreprises mettent en place des associations pour la mixité, pour déterminer des actions et des indicateurs. Il faut être sur des actions pragmatiques. Par exemple, en privilégiant les entreprises et les marques qui sont attentives à cette mixité dans nos décisions d’achat », recommande An- ne-Sophie Panseri. Et Daniel Feisthammel d’y ajouter son grain de sel : « Ma préconi- sation fondamentale est sur le rééquilibrage à la base. Je n’ai pas vu de dispositifs qui posent radicalement le problème de l’ascension par les femmes en commençant par le bas. La question est
d’abord de savoir si au pre- mier niveau de responsabilité on promeut autant de femmes que d’hommes.» Finalement, cette question du leadership au féminin n’existe pas sans poser la question de l’altérité dans l’entreprise. Car mieux comprendre et prendre en compte permettent souvent de prendre de meil- leures décisions. Vous l’au- rez compris. Cette question concerne à terme les autres minorités : « La prochaine grande échéance est 2020 et concerne les entreprises qui compteront jusque 250 salariés. En parallèle à la demande du club XXIe siècle et de Bruno Le Maire en sa qualité de ministre, je me penche actuellement sur com- ment transposer mes travaux aux minorités visibles et lutter contre l’effet miroir des dir.i- geants qui ne recrutent que ceux qui leur ressemblent », ouvre Vivianne de Beaufort.
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]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Régions & Territoires
EcoRéseau Business s’attache à décrire les innovations des territoires en France concernant une thématique particulière
  Les disparités hommes femmes à l’échelle des territoires
Impressionisme machiste
Le territoire français n’a rien d’homogène en terme d’inégalités femmes-hommes. Une véritable mosaïque d’inégalités, qui fluctue même selon
les sujets car les bons élèves dans un domaine peuvent être les bonnets d’âne dans un autre.
femmes dans leurs effectifs. C’est un problème majeur car la mixité participe direc- tement de la richesse d’une entreprise et de sa capacité à innover. En parallèle des actions que nous menons déjà, il nous semble important de mettre sur le devant de la scène les talents au féminin qui composent nos sociétés, et surtout, de valoriser les expertises pointues de ces professionnelles », confie Nicolas Jachiet, président de Syntec-Ingénierie, qui a récemment appelé toutes les ingénieures à prendre la parole sur les réseaux so- ciaux sous le hashtag #Je- SuisIngénieurE, avec pour but de casser les codes très masculins de l’ingénierie.
pLus d’ouvriers, moins d’inégaLités saLariaLes
A l’inverse, on observe que les villes moyennes princi- palement ouvrières, comme Saint-Etienne, Rouen, Mul- house Caen, Metz, Amiens,
encore dans la Vallée de la Bresle en Normandie, le taux affiché est de près de deux points inférieur à la moyenne nationale.
Les chiffres deviennent encore meilleurs dans la Maurienne, en région Au- vergne Rhône-Alpes, en région PACA, ainsi qu’en Corse, avec près de quatre points de différence avec le taux moyen national. Mais ceux-ci sont à relativiser, en raison d’un grand nombre de CDD relatifs aux activités touristiques omniprésentes sur ces territoires.
Pour trouver les vrais bons élèves de la France dans ce domaine, il faut aller beau- coup plus loin, de l’autre côté des océans, car ce sont les DOM qui constituent les exemples à suivre. Les iné- galités salariales constatées sur place (hors Mayotte) ne représentent pas plus de la moitié du taux global français, même si la part des femmes parmi l’ensemble des salariés y est plus faible qu’au sein des
ne se limitent pas aux iné- galités de revenus. L’INSEE a également publié en 2016 un intéressant comparatif inter-régions sur plusieurs thématiques comme l’édu- cation, l’accès au marché du travail, la représentation dans la société ou encore les conditions de vie.
Si la Corse affiche quelques résultats meilleurs que d’autres territoires en matière de dif- férences salariales, elle fait plutôt figure de mouton noir sur d’autres sujets. Elle est la seule région où les femmes et les hommes présentent un grand écart en terme de taux de chômage. Au moment où l’étude a été réalisée, avec 9,4 %, les hommes étaient moins touchés que la moyenne nationale de 11,6 %, tandis que les femmes connaissaient un taux de 14,6 %. A l’échelle de la France, les demandeuses d’emploi représentaient alors 12,9 %. Face à cette difficulté d’accéder à l’emploi salarié, les initiatives visant à soutenir l’entrepreneuriat féminin se
générale d’Initiative France. En matière de représentation dans les conseils municipaux, la Corse se hisse également sur le podium des exemples à ne pas suivre, aux côtés de la région Grand Est et de la Bourgogne-Franche-Comté. Les femmes n’y atteignent pas la barre des 40 %, alors qu’elles représentent 58 % au niveau national. En Corse, seuls 11,2 % des maires sont des femmes. A noter par ail- leurs que ces trois régions figurent parmi les territoires qui comptent le plus grand nombre de petites communes. Or, la loi de mai 2013 portant sur la parité lors de l’élection des conseillers départemen- taux, municipaux et commu- nautaires ne concerne que les communes de plus de 1 000 habitants. Une preuve, s’il en faut une, que l’égalité de traitement ne semble ren- contrer la réalité que par la contrainte.
La Corse présente toutefois un meilleur bilan lorsqu’il s’agit d’évaluer la réussite scolaire. Les jeunes filles de la région sont celles qui réus- sissent le mieux à l’épreuve du baccalauréat. L’INSEE indique aussi qu’elles restent bien plus scolarisées que les garçons après 18 ans. Quant aux conditions de vie, mesurant essentielle- ment la capacité à vivre de façon autonome, l’Institut souligne que la région Lan- guedoc-Roussillon-Midi-Py- rénées offre le contexte le moins inégalitaire : les jeunes femmes quittent plus tôt le domicile parental que les jeunes hommes, elles de- viennent parents plus jeunes, et vivent égalemen.t plus sou- vent seules ou en situation de monoparentalité que dans d’autres régions.
Par Mathieu Neu
   Plus que des paysages de carte postales, les DOM seraient les bons élèves en termes d’équité.
Selon l’INSEE, en 1995, le revenu salarial des femmes était inférieur
de 27 % à celui des hommes, à compétences égales et à poste de valeur égale. En 2014, l’Institut notait que ce pourcentage atteignait 24 %. Les 19 journées in- ternationales des droits de la femme qui séparent ces deux constats n’ont pu apporter qu’un modeste progrès de trois points. A croire que ces mobilisations annuelles relèvent plus du folklore que d’une opération de sensibili- sation et de pression à l’égard des politiques.
Au-delà de ce funeste tableau national, où en sont nos ré- gions ? Une enquête récente publiée par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES), le bureau d’études rattaché au ministère du Tra- vail, prouve que sur un plan salarial tout le monde n’est
pas logé à la même enseigne. Loin de là. Les convaincus que le sexisme est davantage une affaire de zones rurales, pour ne pas dire provinciales, qu’un phénomène urbain, ont de quoi faire les yeux ronds. Paris figure en réalité parmi les mauvais élèves, tout comme d’autres agglo- mérations telles que Lyon, Toulouse, Marseille, Lille en raison d’un taux d’inégalités supérieur de 1,6 point à la moyenne nationale.
Les contrats qui sont très largement à durée indéter- minée, la forte proportion de salariés travaillant dans les services, ainsi que la pro- portion élevée de cadres, d’ingénieurs et de salariés figurent parmi les grandes explications de cette ten- dance. « Si on observe une amélioration ces dernières années, les entreprises d’in- génierie souffrent toujours d’une sous-représentation des
Niveau d’éducation, accès au marché
du travail, représentation dans les institutions ou encore les conditions de vie... Malheureusement pour les femmes, les écueils sexistes ne se
limitent pas aux inégalités de revenus
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
Valence, ou encore Tours, forment une catégorie d’élèves un peu plus satisfaisante, avec un taux situé à 0,5 point sous la moyenne nationale. Si l’on se tourne vers des zones dans lesquelles les activités ouvrières sont très largement représentées, cette amélioration se confirme : du côté de Mont-de-Marsan et Bergerac, en Nouvelle-Aqui- taine, de Nogent-le-Rotrou, en Centre-Val de Loire, ou
autres groupes analysés. Les départements d’Outre-Mer se caractérisent également par des proportions très proches de femmes et d’hommes travaillant à temps complet. La part des seniors (plus de 50 ans) est moins élevée que dans les autres territoires.
Contrastes inquiétants Malheureusement pour les femmes, les écueils sexistes
développent. « Aux Etats- Unis, près de 50 % des en- treprises sont créés par des femmes, tandis que la France affiche un taux de 32 %. En 2017, 39,2 % des sociétés que nous avons soutenues ont été reprises ou créées par des femmes, soit une progression d’un demi point par rapport à 2016. Cette tendance à la hausse est une bonne nouvelle », se réjouit Bernadette Sozet, déléguée
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 International
Les bonnes pratiques existent partout dans le monde. Encore faut-il se demander si elles sont duplicables?
Inégalités salariales
L’inspiration vient du Nord
  Dans le sillage de l’affaire Weinstein, Emmanuel Macron déclare, le 25 novembre 2017, l’égalité hommes-femmes « grande cause » de son quinquennat. Quatre mois plus tard, les mesures en faveur de l’équité salariale se font toujours attendre. Les exemples d’initiatives ne manquent pourtant pas à l’étranger.
l’association féministe Les Glorieuses...
La radiCaLité au nord, La soft Law pour L’aLLemagne et L’angLeterre et L’exCeption sué- doise
Cette inégalité est une aber- ration économique. « Nombre d’études montrent que l’ab- sence même de diversité en entreprise engendre un re- tard de croissance, déplore l’économiste. Pas uniquement sur le plan comptable, mais surtout en terme de producti- vité (avec des marges brutes supérieures dans 23 % des cas), de bien-être du salarié (+4 % de taux d’engagement) et d’image de marque. » Pour accroître la perfor- mance de leurs entreprises, d’autres pays font preuve de davantage de volontarisme. En Islande, où ces inégali- tés s’élèvent en moyenne à 16 %, le gouvernement
 Par Pierre Havez
Le 8 mars dernier, pour la journée de la Femme, Edouard Philippe, Muriel Pénicaud et Marlène Schiappa dé- voilent leurs très attendues 50 mesures pour l’égalité hommes-femmes. Parmi elles, une poignée vise le monde de l’entreprise : in- tégration obligatoire d’un logiciel libre pour comparer les écarts de rémunération dès 2019 (pour les entreprises de plus de 250 salariés) puis en 2020 (pour les organisa- tions de plus de 50 salariés), publication d’une liste des noms des mauvais élèves (le fameux name & shame), multiplication des contrôles de l’Inspection du travail (de 1 700 aujourd’hui à 7 000) et création d’une amende pouvant atteindre 1 % de la masse salariale pour les entreprises qui n’auraient pas résorbé ces différences à partir de 2022. Censées réduire les écarts d’ici trois ans, ces mesures seront fina- lement examinées fin avril en Conseil des ministres.
des inégaLités en hausse
En France, la loi d’Yvette Roudy impose pourtant déjà, depuis 40 ans, une égalité de rémunération à travail égal. Des sanctions contre les entreprises ne respectant
pas ce principe (amende plafonnée à 1 % de la masse salariale ou interdiction de candidater aux marchés pu- blic) sont également prévues par d’autres textes. Malgré ces dispositions, l’Hexagone peine à se hisser en première ligne dans ce combat. Pire, cet arsenal semble bien timide alors que les diffé- rences de salaires en fonction des sexes ne cessent de se creuser en France. « Contrai- rement à ce que l’on pourrait croire, ce phénomène ne tend pas à se résorber chez nous, bien au contraire », observe l’économiste Erwann Ti- son, directeur des études du think tank l’Institut Sapiens, spécialisé sur les questions du numérique. « Avec la hausse du chômage et la stagnation des salaires, il tend même à s’accentuer. L’écart s’élève aujourd’hui à 24 % chez les cadres et 9 % chez les employés et les ouvriers. » Ces chiffres placent tout juste la France dans la moyenne des pays de l’Eurostat. Mais la tendance n’est pas favorable. Le jour symbolique à partir duquel les femmes commencent à travailler «bénévolement» à cause de ces écarts a même reculé, passant du 7 novembre en 2016, au 3 novembre à 11h44 précise, l’année der- nière, selon les calculs de
salariés qui le demandent de connaître le salaire moyen de cinq homologues du sexe opposé. De même, le Royaume-Uni a voté, le 6 avril 2017, une loi obligeant les entreprises de plus de 500 salariés à déclarer les revenus moyens de leurs 15 millions d’employés et à révéler la répartition par sexe
dispositifs comme le name and shame, pour « taper là ou ça fait mal », pointe Erwann Tison. Le risque de réputa- tion peut en effet aboutir à des coûts bien supérieurs à ceux d’une simple amende, comme l’a récemment mon- tré le scandale Volkswagen, par exemple. » L’économiste prône égale-
ce partage plus égalitaire, au sein du couple, entre l’envi- ronnement professionnel et privé, le Portugal dispose par exemple d’un congé pa- rental compris entre 80 et 100 % du salaire, pour une durée de 120 à 150 jours. En Norvège, le pays alloue même une somme à partager à discrétion par le ménage.
La peur doit Chan- ger de Camp
Mais du côté des entreprises françaises, en particulier au sein des grands groupes où les postes de direction restent trustés par les hommes, le choc fait encore peur. « L’éga- lité des rémunérations devrait conduire à une hausse de la masse salariale, mais aussi à une baisse de l’impôt sur les sociétés, précise Erwann Tison. Mais on remarque que les entreprises qui y parviennent le mieux sont celles qui appliquent des mesures progressives de rattrapage. Il ne faut bien évidemment pas le faire en un exercice, mais viser une croissance de 2,5 %.par an des salaires féminins, pour atteindre l’équilibre entre cinq et sept ans. »
   En Suède, des incitations pécuniaires sont accordées aux entreprises qui respectent un cahier des charges de bonnes conduites
 s’est donné deux ans pour les éradiquer. Pour cela, le pays est devenu le premier à mettre en place une loi ren- dant strictement obligatoire la parité salariale : depuis le 1er janvier, toutes les entre- prises privées et publiques de plus de 25 employés doivent ainsi justifier, document à l’appui, qu’elles appliquent un strict équilibre salarial, sous peine d’amende.
Un peu moins radicale, l’Al- lemagne (21 % d’écarts) a instauré depuis le 6 janvier dans les entreprises de plus de 200 employés une loi de transparence, permettant aux
de leur grille salariale. Mais sans prévoir de sanctions financières. En Suède, des incitations pécuniaires sont accordées aux entreprises qui respectent un cahier des charges de bonnes conduites.
La norvège et Le portugaL, meiL- Leurs éLèves pour Le Congé paternité Le gouvernement d’Emma- nuel Macron opte pour une autre voie. « Ce qui apparaît intéressant est qu’il n’a pas seulement la volonté d’utiliser l’arsenal législatif, mais qu’il compte aussi sur d’autres
ment d’autres propositions touchant davantage la sphère sociale. « En priorité, la mesure qui a eu le plus de résultats partout consiste à revaloriser les congés paternité et parental. Ac- tuellement, les nôtres font partie des moins attractifs en Europe, avec seulement 11 jours pour le premier et un traitement de moins de 400 euros par mois pendant un an pour le second !, analyse l’économiste. En France, seuls 4 % des pères choi- sissent de prendre un congé parental et 70 % un congé paternité. » Pour favoriser
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Un équilibre qui tarde...
]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Prospective
Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau Business imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050, puis demande l’avis d’un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnés
Les femmes à la tête des organisations en 2050 ?
Elles arrivent...
  Même si les plafonds de verre résistent encore aux niveaux les plus hauts, il est fort à parier que les femmes vont de plus en plus diriger. De quoi remodeler la société de demain ?
Par Julien Tarby
Avis d’expert : Viviane de Beaufort, Professeure et directrice du Centre européen de droit et d’économie, ESSEC Business School
« Une gouvernance plus pérenne »
Eléments marquants de la problématique :
+ Des lois :
L’Islande pionnière :
Le 1er janvier 2018, l’Islande s’est engagée à rendre obligatoire l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. Plus d’écart de salaire entre les hommes et les femmes à compétence égale dans ce pays qui compte un peu plus de 330 000 habitants. Les entreprises qui ne respecteront pas la règle se verront financiè- rement sanctionnées. Une première mondiale qui prouve que le problème du déséquilibre peut être traité à-bras-le-corps.
+ Des entreprises qui conseillent :
Egaé :
C’est une société de conseil aux entreprises et aux collectivités sur la thématique de l’égalité femmes-hommes. Fondée par la militante féministe Caroline de Haas, elle propose accompagnement, formation et méthodologie participative pour que les femmes et hommes de l’entité quittent « l’illusion de l’égalité » et transforment les pratiques.
+ Des chiffres :
Le CAC 40 fait chou blanc :
La France est désormais championne de la
féminisation des instances dirigeantes, grâce aux quotas imposés dans les conseils d’administration. Mais les autres hauts lieux du pouvoir en entreprise – les comités exécutifs et de direction – de- meurent encore peu accessibles : aujourd’hui, 100 % des PDG du CAC 40 sont des hommes. Isabelle Kocher reste finalement directrice d’Engie et ne récupère pas la fonction de président comme prévu.
 Comment pouvez-vous être optimiste,
alors que les plus hauts postes sont encore l’apanage de la gente masculine ?
Je suis sereine parce que les dirigeants du CAC40, SBF120, voire même en dessous, ont tous entamé une politique plus globale pour faire monter des femmes au Comex. Mais des difficultés indéniables retardent le mouvement : le vivier de celles qui ont un parcours correspondant au poste n’est pas encore démesuré. Le «pipe» de n-1 et n-2 idoines est encore réduit. Les RH doivent donc organiser la préparation de profils en amont. Celles qui sont repérées passent par des postes clés comme directrice de BU puis vivent une expérience à l’international... Tout ce travail prend du temps. Ensuite ce sont parfois celles qui sont pressenties qui refusent parce que le poste qui s’an- nonce à terme n’est pas compatible avec leur vie de famille ou parce qu’elles manquent d’ambition. Enfin beaucoup de femmes ne rentrent pas dans les cases parce qu’elles privilégient des missions qui les inté- ressent au lieu d’envisager des carrières tracées. Elles cherchent à combler le retard pris lors des ma- ternités en suivant des formations executive ; elles rendent leur profil atypique. Leur parcours n’est pas
linéaire. Le repérage des talents doit donc évoluer pour les prendre en compte.
Pourquoi le management fémi- nin aurait-il des vertus supplé- mentaires ?
Des entretiens qualitatifs avec 50 dirigeantes sur leurs par- cours et leurs méthodes de management m’ont appris que les femmes ont un ressenti du pouvoir moins vertical que celui de leurs homologues masculins, du moins d’un certain âge. Elles ont une manière de faire réagir leurs équipes pour les embar- quer dans les projets, plutôt que
de s’imposer parce qu’elles sont le chef. Les millenials réagissent très bien à cette approche. En outre les études américaines montrent que leur gouvernance est plus pérenne, avec moins de croissance externe, d’endettement, de problèmes d’égo, de distribution de dividendes...
Propos recueillis par JT
  Mythe ou futur proche?
 Pour aller plus loin : livres, expos, films et séries
Livres :
«Le Pouvoir» (de Naomi Alderman, éd. Cal- mann-Lévy, 2018) :
Les femmes découvrent tout à coup l’existence
d’un courant électrique qui leur court de la clavicule jusqu’au bout des doigts. Le mot se répand à travers la planète, toutes deviennent capables de se défendre, de blesser, légère- ment ou plus grièvement, et de tuer. Le monde bascule. L’équilibre des forces est renversé. Dans ce roman que Barack Obama a dit être un des
meilleurs de 2017, le matriarcat semble aussi rencontrer des problèmes. En guise d’ordre nouveau s’installe le chaos, puis un glissement progressif vers la violence et la dictature, à l’ini- tiative d’une petite minorité de femmes qui vont abuser de leur pouvoir pour mener les autres à leur perte. Roxy, une fille de mafieux londoniens dont le pouvoir est particulièrement puissant, Margot, une femme politique américaine, et Tunde, un photo-journaliste nigérian qui va cou- vrir les conséquences politiques du mouvement
à travers le monde, guident le lecteur à travers ce renversement des forces sanglant.
«Le rivage des femmes» (de Pamela Sargent, éd. LGF, 2002) :
Dans cette utopie les femmes prennent le pou- voir et les hommes sont dominés. Les féministes du futur ont mis les hommes à l’index, à cause des millénaires d’oppression, des agressions sexistes, des viols et pour finir de la catastrophe
nucléaire ! Les femmes s’épanouis- sent entre elles désormais. Car les Mères des cités, gardiennes des traditions, ont créé une société où les hommes obéissent aux interdits religieux soigneusement édictés pour les maintenir dans l’ignorance et la servitude. Mais on n’arrête ja-
mais longtemps l’Histoire. Birana, expulsée de la ville, parvient contre toute attente à survivre, en apportant à un homme, Arvil, les réponses aux interrogations qu’il nourrit sur son univers. Et leur lutte commune va peu à peu ébranler la structure traditionnelle. Une société meurt,
une autre peut se préparer à naître... Écrit par une féministe, ce roman est un véritable bijou d›intelligence, de tolérance et de réflexion sur les rapports entre hommes et femmes. Elle s’op- pose aussi bien au machisme satisfait qu’aux thèses des féministes intégristes.
Films :
Numéro Une (de Tonie Marschall, 2017) :
En abordant le thème du pouvoir de la femme en entreprise, Tonie Marshall se penche sur les rapports de force que cela implique. Comment se faire respecter, à quel type d’humiliations quotidiennes est-on confronté ? C’est ce que la
réalisatrice a voulu apprendre en côtoyant des femmes occu- pant des postes importants qui jusqu’à maintenant sont essen- tiellement dans les mains des hommes. Dans ce film, Emma- nuelle Devos joue une femme
ingénieure brillante et volontaire, siégeant au comité exécutif du géant français de l’énergie. Un jour, un réseau de femmes d’influence lui
propose de l’aider à prendre la tête d’une en- treprise du CAC 40. Certains ne l’entendent pas ainsi... Le casting réunit aussi Richard Berry, Benjamin Biolay et Sami Frey.
Potiche (de François Ozon, 2010) :
En 1977, dans une province de la bourgeoisie française, Suzanne Pujol est
l’épouse popote et soumise d’un
riche industriel, Robert Pujol. Il
dirige son usine de parapluies
d’une main de fer et s’avère aus-
si désagréable et despote avec
ses ouvriers qu’avec ses enfants
et sa femme, qu’il prend pour
une potiche. À la suite d’une grève et d’une sé- questration de son mari, Suzanne se retrouve à la direction de l’usine et se révèle à la surprise générale une femme de tête et d’action. Mais lorsque Robert rentre d’une cure de repos en pleine forme, tout se complique... Un casting de choix, avec Catherine Deneuve, Gérard De- pardieu et Fabrice Luchini.
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]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[                                             FAITES DES ÉCONOMIES, PRENEZ L’AVION.
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                                             Crédit photo : Getty images
 ]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[France
Réforme pénale
SOCIÉTÉ
   EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité française, afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
La probation, clé de la réinsertion ?
Exit le tout carcéral pour les petits délits ?
Si la nouvelle réforme pénale entend mettre les peines en milieu ouvert à l’honneur
– travail d’intérêt général, sursis, bracelet électronique –, encore faut-il optimiser la pratique de la probation et l’ancrer dans les mentalités. A la clé, l’enjeu est de taille : faire chuter les taux de récidive.
Par Charles Cohen
par an en moyenne contre 32 000 euros pour une per- sonne en détention », lance l’intéressé, convaincu que « la prison doit constituer la solution par défaut pour les délits les moins graves ». En effet, toute démarche de réinsertion suppose un suivi « toutefois impossible à mener en deux ou trois mois. Difficile, dans ces délais, de travailler avec le détenu sur son passage à l’acte, sa sortie de prison, etc., tant celui-ci restera focalisé sur son quotidien difficile entre quatre murs », analyse Yannick Le Meur. On l’aura compris, « l’intérêt de condamner quelqu’un à autre chose que de la prison, c’est justement de pouvoir parler avec lui de son avenir, dans des condi- tions plus sereines. Et pour cause : il bâtira son projet de réinsertion de manière plus efficace, en n’étant pas coupé de sa famille ni de la société ». Des argu- ments convaincants, mais loin de suffire à rompre avec « cette logique contre-pro- ductive du tout carcéral », estime Amid Khallouf, coordinateur régional de
de référence. » Un chantier sur lequel pourrait s’atteler la réforme actuelle en imposant les bracelets électroniques – portés aujourd’hui par 10 000 personnes – comme une peine en soi. Idem pour les travaux d’intérêt général, trop peu décidés par le juges (environ 16 000 cas par an).
comportements des détenus via des programmes d’ac- compagnement dédiés, tan- dis qu’en France on peine encore à franchir le cap », analyse Yannick Le Meur. Pour ce dernier, l’enjeu est donc de taille : « Changer le paradigme dans lequel nous sommes installés depuis
La réinsertion, L’affaire de tous
Si l’individualisation peut conférer un vrai sens à la pro- bation, force est de constater que les juges sont encore loin de faire dans le « sur-me- sure ». « C’est plus facile de mettre quelqu’un en prison que de lui préparer un suivi adapté en milieu ouvert. Ce qui exige d’étudier son profil, de prendre son temps pour anticiper sa sortie de prison alors que la justice s’avère toujours plus expéditive, faute de moyens », déplore Florent Boitard en rappelant « qu’à l’échelle des 28 pays de l’Union européenne, le budget français de la jus- tice n’arrive qu’à la... 23e place ». Et ce, alors que le coût de la prison plombe davantage un tel budget que le suivi en probation, même pourvu de plus de moyens, comme la création de postes de conseillers en insertion. Pour Amid Khallouf, « les 1 500 postes en plus dé- cidés par Macron restent insuffisants alors que 4 000 conseillers assurent déjà le suivi de 250 000 personnes placées en détention ou en milieu ouvert ». Au-delà de la question des ressources, reste encore à ancrer la probation dans les mentalités. « Et ce, en impliquant la société civile dans la réinsertion des prisonniers, selon Yannick Le Meur, ce qui suppose que chacun d’entre nous – bien au-delà des associations spé- cialisées – joue pleinement son rôle dans la prévention de la récidive. A commencer par les chefs d’entreprise avec lesquels nous cherchons à nouer toujours plus de liens afin.qu’ils offrent aux condamnés un nouvel avenir qui les aidera à tourner la page. »
  «L
a prison est une période dans la
doper la probation « bien plus efficace en termes de réinsertion », constate Florent Boitard, délégué syndical à l’USM, Union syndicale des magistrats.
La prison, Chère et ineffiCaCe
La preuve en chiffres : « un taux de récidive de 63 % dans les cinq ans pour les sortants de prison, contre 10 % pour les personnes condamnées à une peine alternative – travail d’in- térêt général, sursis, mise à l’épreuve, contrainte pé- nale... – ou bénéficiant d’un aménagement de peine : libé-
vie d’un individu qui est voué à se réinsérer. C’est pourquoi la punition doit permettre ce retour et non un risque renouvelé ou accru. » En fustigeant les maisons d’arrêt françaises qui « déshumanisent » voire deviennent des « écoles du crime », Emmanuel Macron a donné le ton, lors d’un discours à Agen au début du mois de mars, sur le sujet de sa nouvelle réforme pénale. A savoir, mettre à l’honneur les peines de probation, exé- cutées en milieu ouvert, pour les auteurs de petits délits. Exit l’emprisonnement en deçà d’un mois, voire de six – sauf cas exceptionnels –, simplification du maquis des peines alternatives, etc. : au- tant de mesures qui visent à repenser le sens et l’efficacité de l’emprisonnement dans un pays avec un taux de surpopulation carcérale de 125 % ! L’un des pires scores en Europe, avec près de 70 000 détenus, dont 20 000 prévenus et moult condam- nés à de courtes peines. La généralisation des travaux d’intérêt général via la créa- tion d’une agence nationale illustre une telle volonté de
des peines pLus individuaLisées
Si toute politique pénale reste tiraillée entre deux impératifs, – « protéger la société, et favoriser la nécessaire réinsertion des inculpés », comme le rappelle Florent Boitard – c’est dire
des décennies. Et ce, afin de créer un vrai consen- sus autour des peines de probation, pas assez pen- sées aujourd’hui. » Car le système reste « trop figé » selon le directeur du SPIP 77, puisque pour condamner une personne à une peine de probation, c’est soit un travail d’intérêt général, soit un sursis avec mise à l’épreuve, soit le port d’un bracelet électronique. « On pourrait imaginer un régime plus progressif, où la peine s’avère flexible et indivi- dualisée. Par exemple, en mixant de la surveillance électronique les premiers mois et un simple contrôle judiciaire les mois restants, en cas de bon comporte- ment. Cela éviterait d’opter pour une solution unique dès le départ sans pouvoir la faire évoluer aisément par la suite. »
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Un taux de récidive de 63 % dans les cinq ans pour les sortants de prison, contre 10 % pour les personnes condamnées à une peine
Aller dans une autre direction pour mieux penser la résinsertion ?
 ration conditionnelle, brace- let électronique... », précise Yannick Le Meur, directeur départemental des services pénitentiaires d’insertion et de probation de Seine-et- Marne (SPIP 77). Des solu- tions aussi moins coûteuses pour l’État : « 1 000 euros
alternative
l’Observatoire international des prisons, en dressant le constat suivant : « Dans notre pays, on peut encourir de la prison même pour un délit mineur, comme la fraude dans les transports. Jamais la peine alternative n’est éri- gée comme peine maximale
si trouver le bon équilibre entre l’un et l’autre relève de la gageure. « Dans les pays anglo-saxons et surtout scandinaves – où les peines de probation sont bien plus admises et répandues – on croit davantage en la pos- sibilité de faire changer les
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SOCIÉTÉ
   EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité internationale, afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
Vie privée de l’artiste et morale de l’art
Au nom de l’artiste
A l’heure où il s’agirait de tout savoir sur la vie privée des artistes, ne sommes-nous pas en train de cesser de les idolâtrer ?
chose dans les consciences de l’aura romantique accordée à l’art et à l’artiste, même si tou- tefois on demande aujourd’hui des comptes à l’artiste. » Avec l’émergence de la visibilité et de la transparence, l’artiste n’échappe plus au jugement ni à la vindicte populaires.
La moraLisation des œuvres
Dada, le futurisme, le surréa- lisme, l’actionnisme viennois ont érigé la transgression mo- rale en valeur artistique. La valeur de l’art était différente
nation radicale de l’individu imprévisible. Il recherche le coefficient de différenciation par rapport à nous tous ». Il apparaît possible de s’intéres- ser à la vie privée des artistes car elle nous renseigne sur ce que nous ne sommes pas. « Il est difficile de transposer sur l’œuvre les qualités morales de la personne, l’œuvre n’est pas contaminée moralement par l’immoralité de son auteur. L’œuvre d’un individu moral est-elle nécessairement une œuvre à soutenir ? », demande Carole Talon-Hugon, auteur de
l’auteur ou le créateur, d’une part, et l’interprète, le comédien ou le chanteur par exemple, d’autre part. La question de la visibilité se pose pour les interprètes puisque ceux-ci se donnent en spectacle », précise Nathalie Heinich, socio- logue, directeur de recherche au CNRS, membre du Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL). De l’auteur, on ne connaît souvent que la partie de son travail qu’il veut bien rendre publique. En revanche, l’interprète se montre et peut devenir une véritable star. « Dans les arts du spectacle, la star est «une personnalité publique» telle que l’entend Edgar Morin. Les gens célèbres peuvent se servir de leur vie publique pour alimenter l’énergie créatrice autant qu’entretenir la fasci- nation », ajoute Pierre-Michel Menger, qui a dirigé la Revue française de sociologie. Nous sommes nombreux à igno- rer la vie des compositeurs de musique contemporaine comme Steve Reich ou Philip Glass. La fascination vouée à la personnalité publique semble problématique quand on sait les actes immoraux de certains artistes. « Bertrand Cantat est auteur autant qu’interprète. Sur scène, le chanteur se produit en personne. Or, le dispositif du concert rock produit une adoration de la personne, fri- sant l’adulation sans réserve », remarque Nathalie Heinich, auteur de De la visibilité. Excel- lence et singularité en régime médiatique (Gallimard, 2012). Pour le chanteur-interprète, il est difficile de séparer l’ar- tiste et l’œuvre au moment de la performance scénique. Les artistes ne semblent faire qu’un avec leur œuvre dans le cas des «arts d’exécution» comme la danse, le théâtre ou le chant. Mieux vaut cependant
ne pas moraliser la relation personne-œuvre, ni réduire l’œuvre à l’artiste. Et Nathalie Heinich d’ajouter que « mettre en couverture le portrait de Bertrand Cantat relève d’une confusion dommageable entre l’œuvre et la personne ».
La vie et Le travaiL de L’artiste
« Si on ne moralise pas, alors l’intérêt porté à la personne de l’artiste est encore une porte d’entrée possible dans l’art. La réaction esthète à la diffusion culturelle consiste souvent à produire une stigmatisation purement hiérarchique d’un rapport à la culture qui n’est pas celui du rapport classique, savant et légitime des gens qui disposent d’un patrimoine culturel », complète Nathalie Heinich. L’opposition entre une vision savante de l’œuvre et une vision populaire qui s’intéresse à la psychologie de l’artiste a pour soubassement une condamnation sociale et hiérarchique du rapport à l’art. Les médias rendent visible la vie de l’artiste, tandis que l’artiste décide parfois d’expo- ser son travail, même s’il ne rend pas public tout ce qu’il fait. Victor Hugo lègue une malle remplie de manuscrits à la Bibliothèque nationale. Picasso demande à Clouzot de le filmer en train de travailler. « Le système de travail de l’artiste est toujours aléatoire et imprévisible. En décidant de rendre public une partie du travail créateur, l’artiste cherche à donner à voir le mystère, à aider à percer «l’infracassable noyau de nuit» selon de mot d’André
Par Joseph Capet
Pardonnerons-nous les penchants sexuels peu avouables de certains artistes pour redécouvrir leurs œuvres une fois leur traversée du Styx terminée ? Si la gra- vité du meurtre de Cantat fait exception, il interroge avec force notre rapport à l’artiste. Lors de manifestations «an- ti-Cantat», on pouvait lire sur les pancartes : « Ecouter, c’est cautionner. » Pourtant, est-ce qu’écouter du Bob Marley, c’est être Rastafarien, misogyne et polygame ? Est-ce qu’appré- cier Voyage au bout de la nuit fait de nous des racistes et des antisémites ?...
La rédaction a donc voulu rentrer dans le débat par une nouvelle entrée. Celle de la distinction entre l’œuvre et l’artiste, celle des limites de l’idolâtrie et de la starifica- tion. Notre rapport à l’artiste change... Une certaine de- mande de transparence mâtinée de voyeurisme semble quelque peu changer la représentation que l’opinion se fait des artistes. On demande de plus en plus à l’artiste d’exhiber un certi- ficat de moralité et de bonne conduite. Lui aussi se devrait d’être conforme à la morale ambiante. Cependant, faut-il nécessairement considérer le caractère moral de la vie privée de l’artiste pour apprécier son œuvre ?
L’œuvre par-deLà L’artiste
« On peut contempler l’œuvre sans se soucier de la vie de l’ar- tiste. D’ailleurs, cela s’est fait entre le Ve siècle avant J.-C. et
la Renaissance car les artistes étaient anonymes et ne s’ap- pelaient même pas artistes », rappelle Carole Talon-Hugon, professeur des universités en philosophie à l’Université Nice Sophia Antipolis, présidente de la Société française d’esthé- tique. En effet, c’est au début du XIVe siècle qu’on trouve chez Dante la première occur- rence du mot «artiste». « Ce n’est qu’avec la Modernité que l’œuvre est attachée à une personne et la création liée à une individualité », ajoute Carole Talon-Hugon, membre senior de l’Institut Universitaire de France (IUF). La vie pari- sienne de Toulouse-Lautrec, les relations de Gauguin avec les fillettes aux îles Marquises, les rapports de Gide avec les jeunes garçons d’Algérie forgent la personnalité de l’artiste et transparaissent certainement dans l’œuvre. « En tant que personne, l’artiste ne bénéficie plus d’un statut d’extrater- ritorialité morale. » Avant la surexposition des artistes
et supérieure aux valeurs mo- rales traditionnelles. On parle du caractère moral de l’œuvre et non de la morale privée de l’artiste. Pierre-Michel Menger, professeur au Collège de France,
Morales de l’art (PUF, 2015). « Rien n’est moins sûr. » Aujourd’hui, on connaît quasi- ment en temps réel les moindres incartades et les actes répréhen- sibles des artistes. Comment
   Dada, le futurisme, le surréalisme, l’actionnisme viennois ont érigé la transgression morale en valeur artistique. La valeur de l’art était différente et supérieure aux valeurs morales traditionnelles
  médiatisés, soit on ignorait la vie privée de l’artiste, soit son statut privilégié lui permettait des écarts de conduite qu’on réprimandait sans conteste s’ils étaient commis par un homme ordinaire. « Il reste quelque
titulaire de la Chaire Sociologie du travail créateur, soutient que « l’artiste transgresse les limites. Relativement à la mo- rale ambiante, il préfère être déviant plutôt que conforme. Souvent, l’artiste est l’incar-
considérer les œuvres de Woody Allen ou de Roman Polanski, les performances de Kevin Spacey ? « Quand on parle d’artiste, il est nécessaire de faire des distinctions. Il existe une différence majeure entre
Breton », conclut Pierre-. chel Menger, auteur du Travail créateur. S’accomplir dans l’incertain (Seuil, 2014).
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L’étoile s’est depuis quelque peu ternie...
Mi-
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[L’Oeil décalé
Etude d’un sujet, d’une polémique pour mieux en saisir les enjeux
Transparence & discours des entreprises et des institutions
Maison de verre opaque
La communication transparente vise à produire l’adhésion et à gagner en légitimité. Mission qui ne semble plus remplie aujourd’hui à l’heure des fake news, des contre-discours et des théories du complot. Comment expliquer cette crise d’autorité du discours des entreprises et des organisations ?
associatif ou relèvent du service public. On s’organise en communiquant. » Aussi, la transparence permet-elle d’orchestrer la communica- tion des institutions comme celle des entreprises. Les acteurs doivent se justifier pour trouver de la légitimité en se rendant notamment
le dispositif Nos députés, scrutent le fonctionnement des institutions et demandent un droit de regard sur les procédures des prises de décisions », précise Claire Oger. Le citoyen veut com- prendre le fonctionnement des institutions, tandis que le salarié veut être un spec-
serve parlementaire. Cepen- dant, « certaines activités de l’Etat sont abritées par un voile d’opacité juridiquement établi et résumé par exem- ple par le Conseil d’Etat dans son rapport public “La transparence et le secret” de 1995 », rappelle Claire Oger. Le secret d’Etat, les délibérations du Conseil des ministres ou encore les activités des diplomates ne peuvent être rendus publics. Malgré l’exigence de trans- parence, il faut veiller au bon fonctionnement de l’Etat comme à celui de l’entreprise. « L’exigence de l’opinion et les pressions des asso- ciations pour tout savoir sont mises en balance avec d’autres exigences de l’ordre de la privacy protection », assure Andrea Catellani. L’entreprise ne peut pas ex- poser au grand jour toutes ses entrailles. Elle dispose d’un droit de réserve. Les organisations ont à rendre compte de ce qu’elles font, notamment en ce qui regarde les communs, le respect du droit, de certaines valeurs, l’intérêt des différents ac- teurs. « La transparence ne peut pas être l’unique valeur en jeu : elle est encadrée car elle est soumise à des normes juridiques autant qu’à un devoir d’adéquation avec des normes éthiques. Il est important de penser la transparence à l’intérieur d’un contexte », signale An- drea Catellani, membre de la Société française des sci- ences de l’information et de la communication (SFSIC).
La CommuniCation transparente et Le soupçon
La communication publique s’appuie sur le discours d’au- torité des élites. En théorie,
l’impératif de transparence favorise la légitimité du dis- cours puisque tout semble dit. Or, le faux-semblant de transparence mêlé à la langue de bois alimentent parfois le soupçon. Pour s’adresser à tous les citoyens et afin d’être relayé par eux, le discours gomme les par- ticularités, les clivages et les dissensus. Le propos doit-il être acceptable par tous. « Le jargon technocratique et la prétendue technicité du propos peuvent masquer les désaccords politiques. Le discours dans ce cas apparaît comme ouaté et inconsistant, mais “assumable” par tout le monde », ajoute Claire Oger, membre du comité éditorial de la revue Mots. Les langages du politique. Ce discours neutralisé et artificiel fait naître la défi- ance dans l’esprit du citoyen. L’inconsistance du propos est comprise comme l’effet de l’inaction politique. Et Claire Oger d’avoir cette for- mule : « Lorsqu’on parle de “langue de bois”, on évoque le fait que la communication publique tend à produire un discours acceptable par tout le monde, mais dans lequel personne ne se reconnaît à titre personnel. » Le soupçon émerge alors qui attaque en profondeur la légitimité même du système démocra- tique. Des questions comme « la politique peut-elle faire quelque chose ? » ou « que nous cache-t-on encore ? » sont autant d’attaques qui sapent le discours politique dans ses fondements. La communication transparente, alors même qu’elle consiste à légitimer le fonctionnement des organisations, finit parfo.is par produire l’effet inverse de l’effet escompté, à savoir la défiance et le soupçon.
Par Joseph Capet
SOCIÉTÉ
     «D
parole, réservée au périmètre de zinc des bars est aujo- urd’hui presque sur toutes les lèvres. Une enquête de l’Ifop pour la Fondation Jean Jaurès et l’observatoire Con- spiracy Watch, publiée le 7 janvier 2018, révèle que huit Français sur dix croient aux théories du complot. Qu’importe les raisons, tant qu’il y a la transparence ? Ladite transparence est un élément de langage et un mode de discours mis en circulation après la Seconde Guerre mondiale. L’opin- ion publique demande des comptes aux entreprises et aux institutions politiques quant à leur rôle dans les con- flits. « Le monde économique et les entreprises sont ob- servés. C’est pourquoi au- jourd’hui la communication transparente est un mot-clé », soutient Andrea Catellani, professeur de communication à l’Université catholique de Louvain. Les organisations sont désormais soumises à une sorte de procès continuel. Toutefois, la transparence ne consiste certainement pas à tout dire...
une obsCure transparenCe
« C’est seulement après la Seconde Guerre mondiale et même à partir des an- nées 1960/1970 qu’émerge la communication publique en tant que mouvement de professionnalisation de la communication des institu- tions publiques. Un nouveau secteur d’activité apparaît au
e toute façon, tous des men- teurs », cette
 conformes aux attentes de la société. Les entreprises et l’Etat se font dès lors communicants. « Le par-
tateur averti, quand il n’est pas acteur, des décisions que prend l’entreprise. « Avec la transparence, l’entreprise
Ce discours neutralisé et artificiel fait naître la défiance dans l’esprit du citoyen. L’inconsistance du propos est comprise comme l’effet de l’inaction
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sein de l’Etat dans lequel il s’agit de produire en perma- nence une communication qui porte sur le fonctionnement des institutions », explique Claire Oger, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris-Est Créteil. Andrea Catellani, auteur de Les relations publiques (Dunod, 2015), définit ainsi les organisations : «Un en- semble de personnes qui, avant tout, communiquent. La communication est au cœur des projets, que ceux-ci soient d’ordre marchand,
adoxe de la transparence repose sur le fait qu’en au- cun cas il ne s’agit de tout dire. Cette transparence en trompe-l’œil naît de la rupture avec la logique du secret et des arcana impe- rii », explique Claire Oger, membre du Céditec CNRS (Centre d’étude des discours, images, textes, écrits, com- munication). Contre le secret et l’arbitraire, la valorisation des formes démocratiques du pouvoir a fait naître l’idée d’une communication trans- parente. « Des associations comme Regards citoyens,
est comparée à une “maison de verre” qui montre ses entrailles, pour reprendre le nom de la première as- sociation professionnelle française des relations pub- liques fondée en 1950 », mét- aphorise Andrea Catellani.
Les Contours de
La transparenCe Afin d’approfondir la démocratie, les associations et les regards des militants réclament une transparence toujours plus accrue. On de- mande comment sont utilisés les fonds spéciaux ou la ré-
Vaut-il mieux se taire ou parler quitte à ne jamais convaincre ?
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[                 Depuis plus de 40 ans, la Fondation des Monastères poursuit son œuvre au service des communautés religieuses chrétiennes.
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La loi n° 2003-709 du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations a doublé l’avantage fiscal attaché aux dons. (art. 238 bis du Code Général des Impôts).
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]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  Le carnet des nominations
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uAcer FrAnce
Karim Ouahioune, master II marketing et communica- tion - ESP (2008)
a été nommé directeur marketing et communication d’Acer France
u B&B Hôtels
Fabrice Collet, 46 ans, Centrale Paris (1992)
est promu directeur général du Groupe B&B Hôtels
uFédérAtion FrAnçAise des télécoms
(FFt)
Didier Casas, 47 ans, ENA (1998)
est promu président de la FFT
u H2o Productions (grouPe Bolloré) Lionel Stan est promu directeur général de H2O Pro- ductions
ugrouPement des sociétés de Protection
juridique
Laurent des Brest, président de CFDP Assurances depuis 2005
est nommé président du Groupement des sociétés de protection juridique
ulA BAnque PostAle PrévoyAnce (lA
BAnque PostAle)
Catherine Kerrevel, 54 ans, CHEA (1999)
est promue directeur général de La Banque postale Prévoyance
ulvmH
Sidney Toledano est promu président-directeur général de LVMH Fashion Group
unAtixis FinAncement (nAtixis)
Didier Miquel est promu directeur général de Natixis Financement
u renAult
Thierry Bolloré, 54 ans, MBA finance et marketing - université Paris-Dauphine
est promu directeur général adjoint du groupe Renault
u suez WAter tecHnologies & solutions
(suez)
Christophe Cros, 57 ans, ENA (1986)
a été promu président de Suez Water Technologies & Solutions
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qui font le business en France !
NOUVELLES DES INCUBATEURS
 Startup Club de la Maif au cœur du Sentier
A Paris, la Maif lance un nouvel incubateur. Contrai- rement aux formes plus traditionnelles des accélé- rateurs ou des incubateurs, le Startup Club ne met
pas en avant la rentabilité du lieu. L’ambition n’est pas d’abord financière. Le Club promeut les activités des Start-up pour
augmenter le marché et développer les offres de la Maif. Les Start-up hébergées ont à imaginer de nouveaux services pour les sociétaires et les assurés Maif. L’AssurTech trouve entre les Grands Boulevard et la Bourse un espace pour s’épanouir.
 La Commune, incubateur culinaire à Gerland
Dans une ancienne menuiserie de Lyon, 1 500m2 sont dédiés à l’art culinaire. Il s’agit de mettre à l’honneur la cuisine dans toutes ses dimensions. La Commune ac-
cueille des projets de restaurants en phase de test. Il sera évidemment possible pour le particulier de manger sur place, aussi d’échanger,
de jouer, de danser... Dans une cantine XXL, les chefs se repartissent sur une quinzaine d’échoppes et pro- posent leurs plats. De plus, l’Institut Paul Bocuse et le Refugee Food Festival s’associent au projet. Il est encore temps de rejoindre la communauté des chefs...
 Le BIC de Montpellier, deuxième incu- bateur au monde
Le Business Innovation Center de Montpellier vient d’être classé deuxième incu-
bateur du monde. Histori-
quement, le BIC est l’un des
premiers incubateurs tech-
nologiques de France. Il va
bientôt fêter ses 30 ans. Après
un an d’exercice, 100% des
entreprises accompagnées
par les équipes du BIC sont
encore en activité (contre
seulement 75% à l’échelle internationale). Le BIC a jusqu’ici incubé des jeunes pousses essentiellement dans le numérique, la BioTech et la CleanTech. Pas moins de 5 000 emplois ont été créées par ces en- treprises.
DU BON USAGE DES « APPLIS »
 Heroes Jobs, l’application qui remplace le CV
Il est plutôt difficile de connaître au fil de l’eau les Start-up qui recrutent. Par ailleurs, plutôt que de ré- diger un CV formel pour intégrer une Start-up, il est désormais possible
de postuler par le
biais d’une vidéo
de 60 secondes.
L’application He-
roes Jobs permet,
unpeuàlama-
nière de Snapchat,
de voir les vidéos
des Start-up et d’y
répondre par le même canal. Rassurez-vous, on peut s’y reprendre autant de fois qu’on veut (un peu comme Murielle Robin avec son répondeur). Les recruteurs visionnent les vidéos des candidats et les recontacte. Ou pas...
 Zei, accélérateur d’écologie
Comme dit le proverbe québécois : « Les bottines ne suivent pas toujours les babines. » 84% des Français sont sensibles aux problèmes environnementaux. Ils sont bien moins nombreux à
mettre leurs actes
en conformité avec
leur pensée. Zei est
une ‘appli’ qui fonc-
tionne comme un jeu
vidéo et un réseau
social qui récom-
pense les bonnes
actions écologiques
sur le principe du
reward. Pour cha-
cune des actions
écologiques proposées sur la plateforme (événement, bénévolat, don...), le citoyen investi gagne des points qui se transforment en récompenses (massage bio, allume-feu solaire, box bien-être...). « Vous allez adorer faire de l’écologie ! »
FINANCE ET LEGISLATION
 Le trafic de drogue intégré au PIB français
L’Insee accepte désormais d’intégrer le trafic illé- gal de drogue dans le
calcul du PIB français.
Puisqu’avec la drogue
de l’argent est mis en circulation, alors cette activité économique, bien qu’illégale, peut désormais entrer dans
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant l’entrepreneuriat, picorés de-ci de-là
 ]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  le calcul du produit intérieur brut (comme c’est d’ailleurs le cas aux Pays-Bas). Le PIB sert de base au calcul de la contribution des pays de l’UE versée à l’Eu- rope. Les activités illégales restent marginales et ne représentent que 1% du PIB français annuel.
MODE DE VIE
 Petit dictionnaire illustré de l’innovation et de l’entrepre- neuriat
« Target costing », « Crowdlending », « Dis- ruption », « Pitch », « Hackathon »... Cette liste des néologismes et des anglicismes de la novlangue des entreprises est loin d’être exhaustive. Pour la comprendre et s’y repé- rer, on peut lire le Petit dictionnaire illustré de l’innovation et de l’entrepreneuriat sous la direction de Cédric Denis-Rémis (Les Presses des Mines, 2017). Les illustrations
permettent d’apprendre l’origine et le sens d’un vocabulaire pour le moins abscons. Juste un mot : le langage n’est pas d’abord un outil de communication, mais il
     avec
Coup d’œil par la fenêtre. Le printemps semble - enfin - me faire de l’œil.
Je pose un oeil très attentif, celui-là, sur le moral des entre-
preneurs en cette fin de premier trimestre.
C’est d’un œil favorable que les entrepreneurs voient la conjoncture. Jamais autant d’entre eux ne sont déclarés aussi optimistes (79% des interrogés, soit une hausse record de 14 points) et confiants (3 points de plus qu’en février, avec 45%).
Cette confiance se porte sur leurs prévisions d’activité à 12 mois, même si elle est décorrélée de leurs perspectives d’embauche que seuls 5% envisagent d’ici la fin de l’année.
L’optimisme est soutenu par une conjoncture mondiale vue comme facilitatrice. Et en regardant d’encore plus près, on note que la hausse pourtant prévue des taux d’intérêt (on n’emprunte jamais « à l’œil ») inquiète à peine un quart des interrogés.
En outre, si les chefs d’entreprise n’ont pas forcément les yeux de Chimène pour les mesures gouvernementales ou les réglementations en préparation, ils y sont réceptifs. 63% des dirigeants affirment ainsi qu’ils seront prêts à appliquer en mai le nouveau Règlement Général sur la Protection des Données (46% en ayant déjà anticipé la mise en œuvre, les difficultés se traduisant en revanche dans les secteurs de l’industrie et du BTP).
Et puisque les carnets de commande semblent se regonfler, les entrepreneurs sont plus de la moitié à considérer que le nouveau dispositif de soutien à l’export sera efficace. S’ils sont plus dubi- tatifs pour l’instant quant à son impact sur l’amélioration de la balance commerciale, c’est parce qu’ils savent que l’augmentation du volume des exportations tient d’abord à la restauration de notre compétitivité.
Un œil averti en vaut deux...
Béatrice Genoux
Planneur stratégique
CCI France
Retrouvez l’intégralité des résultats de la Grande Consultation sur www.grandeconsultation.fr
Regards sur...
  AVRIL 2018 | ecoreseau.fr 33
Jugement de valeurs
]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  est avant tout ce qui constitue notre rapport au monde et la compréhension que nous en avons. Avec tant d’anglicismes dont le sens est plus ou moins connu, peut-on affirmer encore maîtriser notre discours ?
 Les Living Labs ou la recherche au service du soin
Sur le modèle du Fab Lab, le Living Lab regroupe les chercheurs, les amateurs et les bidouilleurs de solutions à destination des personnes en situa-
tion de handicap, des seniors, des individus dépen- dants ou encore des aidants. Les Living Labs fa- vorisent l’auto- nomie à tous les âges de la vie et
le bien vieillir. Les professionnels de la santé, les familles, les malades et les financeurs se retrouvent autour d’un projet d’innovation ouverte qu’il s’agit de co-construire. L’essentiel est de démocratiser l’accès au soin et de réduire les coûts de certains équipements médicaux très lourds.
TROIS QUESTIONS À...
Salon SME Online
Salon virtuel pour les entrepreneurs, 20 & 21 mars 2018 Trois questions à Alain Bosetti, Président du Salon SME Online
Quels sont les avantages offerts par le numérique pour la troisième édition du Salon Solutions pour Mon Entre- prise (SME) Online ? Lenumériqueestunesortedecanaldecommunicationad- ditionnelle. Chez soi, on peut être conseillé par des experts etprendredesrendez-vousphysiqueenrégion.Quecesoit pour créer, reprendre ou entreprendre, une cinquantaine d’experts proposent des solutions adaptées. Le visiteur virtuel peut poser des questions lors d’un webinar en solo, télécharger des documents, assister à une conférence ou téléchargerunpodcast.Nousnousattendionsà8000visi-
teurs uniques pendant ces deux journées.
Quelles différences établir entre les deux formats du Salon que vous proposez : l’un numérique, l’autre au Palais des Congrès de Paris (1er & 2 octobre 2018) ? 70% des entreprises sont crées en région. Le salon phy- sique attire 80% de Franciliens. Le potentiel de visiteurs
est de 5 millions. Les salons généralistes dédiés à l’en- trepreneuriat n’attirent que 100000 visiteurs. Les deux formes du Salon SME cohabitent et se distinguent. A par- tirdu22mars,uneplateformepermanenteaétémiseen place pour consolider les acquis du Salon et permettre auxexpertsdecontinueràrépondreauxsollicitationsdes entrepreneurs.
Quelles sont les grandes tendances actuelles en ma- tière de création de start-up et de TPE ? Onremarqueunetendancedefondavecdesajustements ponctuels. La transition entrepreneuriale est en cours. Beaucoup de salariés deviennent indépendants. Le ser- vice à la personne, notamment aux seniors, l’artisanat de qualité, le domaine du digital sont en plein essor. A côté de cette tendance durable s’opèrent des ajustements conjoncturels qui ne durent pas (les VTC, Uber, la e-ci-
 garette...).
Propos recueillis par Joseph Capet
   Cédric Ternois
Président de Jalix
L RGPD - contrainte ou opportunité ?
a question mérite d’être posée car l’échéance approche et crée une certaine effervescence mais peu de personnes ont une vision claire de ce qu’est le Règlement (européen) Général pour la Protection des
Données personnelles, et par conséquent s’il représente une contrainte ou au contraire une opportunité.
Tout d’abord, il faut définir le point de vue dans lequel l’on se place : en tant qu’individu ou en tant qu’entreprise !
En tant qu’individu, le règlement a pour objectif de mieux protéger nos données personnelles qui sont de plus en plus stockées, partagées... et pas toujours de manière maitrisée comme en témoigne l’actualité de Facebook. La loi informatique et liberté avait préalablement fixé un cadre, mais il était d’une part franco-français et d’autre part, les amendes étant peu dissuasives, les entreprises prenaient beaucoup (trop) de libertés. Le RGPD confirme les dispositifs français existants (droit de modification, d’information, consentement ...) et en renforce certains comme le consen- tement qui doit désormais faire référence à une demande compréhensible et dont la finalité est précisée. Nous avons tous reçu des mails commerciaux ou newsletters que nous ne n’avons jamais demandé, voire même pour lesquels nous ne sommes déjà désabonnés. Le RGDP va permettre d’éliminer ces sollicitations peu vertueuses. A titre personnel, nous nous réjouissons que le RGPD définissent de bien meilleures pratiques et garde-fous, et étendu au niveau européen.
Pour les entreprises, la situation est bien différente si on se réfère aux études réalisées, car ce règlement est peu connu ou du moins mal maitrisé. Par exemple, 50% des entreprises ignorent les problématiques induites par
la mise en conformité et 36% des entreprises pensent que l’impact IT va être considérable. Pourquoi ? Parce que les entreprises maitrisent mal le RGPD et ses implications, et surtout qu’elles ne savent comment aborder les chantiers à mener ! A leur décharge, le document officiel n’est pas une prose que l’on lit aisément ! Le sujet est d’autant plus subtil pour ne pas dire complexe, qu’il n’est ni uni- quement technique, ni uniquement juridique mais un savant mélange des deux. Ne traiter la mise en conformité que sur l’un des deux sujets est une erreur trop souvent commise ! Cependant, en se faisant accompagner, la mise en confor- mité n’est pas si complexe et peut même être une opportunité intéressante. Quelle opportunité me direz-vous ? Premièrement, le fait que le RGPD fixe une règle commune au niveau européen facilite grandement la gestion pour les en- treprises travaillant au-delà de nos frontières.
Par ailleurs, pour les processus existants, le fait de les lister et de les analyser permet aussi d’identifier des rationalisations possibles, voire même y inclure une approche plus globale visant à valoriser les données à leur juste valeur.
En effet, la valorisation des données est actuellement difficile, car les processus de collecte ne sont pas suffisamment normés pour permettre d’inscrire au bilan des sociétés le vrai capital dont elle dispose. Notons par exemple le rachat par la FNAC en 2013 de la base de données contenant les coordonnées des 1,6 million de détenteurs de la carte de fidélité des magasins Virgin Megastore, placés en liquidation judiciaire, pour 54000 € ! Autant dire que la FNAC a fait une bonne opération. La mise en conformité est donc l’occasion de mettre en place des pro- cessus qui auraient dû l’être bien avant.
L’obligation d’inclure dès la phase de conception d’un processus l’impact sur la gestion des données personnelles (privacy by design) est aussi une approche saine ... plutôt que d d’essayer de trouver des solutions palliatives à posteriori. Le fait d’avoir des pratiques marketing et commerciales plus vertueuses pourra aussi être finalement valorisé auprès de ses clients.
Cependant, ne négligeons pas que pour certaines entreprises, la mise en confor- mité ne sera pas aisée et qu’elle peut même obliger à repenser certaines stratégies commerciales et marketing ! D’un point de vue technique, certains processus comme la suppression des données ne sera pas toujours aussi aisée, notamment dans les sauvegardes.
Alors, en bon normand, je dirais que le verre n’est ni à moitié plein, ni à moitié vide ...mais étant d’un naturel positif – qualité que nous partageons avec l’équipe EcoRéseau – le RGPD reste une opportunité d’assainir certaines pratiques !
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
Pratiques numériques
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                                  CRÉDIT-BAIL IMMOBILIER
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]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
TROIS QUESTIONS À...
Plug &Start, c’est parti !
Entretien avec Francis Bécard, Directeur général de la Technopole de l’Aube. « Je ne connais pas un séminaire de deux jours de cette nature. L’événement "Plug and Start" n’existe nulle part ailleurs en France »
 Workspace Expo. Du 10 au 12 avril 2018,
Parc des expositions, Porte de Versailles, Pavillon 1 (Paris 15e) Salon Français du mobilier et de l’aménagement des espaces de travail, son ambition est de présenter de nouveaux concepts d’aménagement, d’être un carrefour d’échanges, de mettre en lumière les nouveautés produits des acteurs du marché (Fa- bricants de mobilier, de luminaires, de revêtements de sols, de cloisons, etc.).
 Salon des achats & environnement de travail. Du 10 au 12 avril 2018, Parc des expositions, Porte de Versailles, Pavillon 1 (Paris 15e)
Le bien-être au travail est peut-être aussi important que la question du salaire. En plus de proposer un village e-achats et externalisation, un autre sur le traitement du document et la di- gitalisation, le salon propose de réfléchir au bonheur au travail : comment mettre en place une crèche, une conciergerie, une salle de sport, une autre de relaxation...
 Stratégie Clients Du 10 au 12 avril 2018,
Parc des expositions, Porte de Versailles, Pavillon 1 (Paris 15e) Le salon de la relation client est le rendez-vous incontournable des professionnels de la relation clients, un lieu de partage et une source d’inspiration pour les visiteurs
Il est organisé en deux pôles : Relation client et connaissance client. En tenue conjointe avec E-Marketing Paris, c’est la plus grande plateforme dédiée à l’univers du marketing digital et de la relation client cross canal !
 E-Marketing Paris Du 10 au 12 avril 2018,
Parc des expositions, Porte de Versailles, Pavillon 1 (Paris 15e) Lorsqu'on travaille dans le digital, s'il y-a un événement à ne pas manquer chaque année, c'est bien le salon E-marketing Paris. Des rencontres, des conférences inspirantes et des exposants de qualité, de quoi rester connecté avec son métier. Durant 3 jours, ce sera l’occasion pour vous de vous tenir informé des dernières innovations et de découvrir les dernières tendances.
CLUB ENTREPRENDRE
                                                                                        Pouvez vous me présenter le programme d’accéléra- tion « Plug & Start » ?
C’est l’événement entrepreneurial à ne pas louper en France. Blague à part, c’est un condensé en deux jours de l’accélération d’un projet. C’est à dire que nous choi- sissons une vingtaine de porteurs qui vont être coachés avec des professionnels de l’entrepreneuriat, des avo- cats, experts comptables, des fonds d’investissement. Les jours sont optimisés pour multiplier les workshops, la rencontre avec les grands comptes. Dit autrement, vous venez en tant que créateur et vous repartez en
entrepreneur.
Pouvez-nous nous en dire un peu plus sur le rôle des grands comptes ?
L’événement est un écosystème positif qui mobilise gratuitement 200 personnes sur deux jours au profit d’une vingtaine de porteurs triés sur 400 projets. De grands groupes nous accompagnent car ils demeurent friands d’open innovation, mais ne savent pas l’organi- ser, ni obligatoirement accompagner les porteurs de projets. C’est ici que nous faisons jouer notre expertise. Leur présence est précieuse car leur marque attire les
bons projet. Parmi eux, nous pouvons citer Air Médical, Coyote, Optic 2000, Havas,Coyote, Petit Bateau, Engie...
Quels tamis de sélection ?
La nature d’un projet et surtout son potentiel de crois- sance. Un regard sur l’équipe aussi est mené. Nous apprécions les équipes pluridisciplinaires et doté d’une capacité à écouter et à accepter les conseils.
On accepte à tous les stades de maturité. On accepte des projets qui manquent encore de maturité et d’autres qui ont déjà réussi un tour de table. Notre dénominateur commun c’est le mot start-up.
Pourquoi venir chez vous ?
Je ne connais pas un séminaire de deux jours de cette nature. L’événement « Plug and Start » n’existe nulle part ailleurs en France.
Propos recueillis par Geoffroy Framery
Plug and Start du 30 mai au 1er juin Technopole de l’Aube en Champagne 2 rue Gustave Eiffel
10430 Rosières-près-Troyes
                                                                                                                                                                                                                                                                                     Le Printemps des études
Fortes des succès consécutifs de ses deux précédentes
éditions avec notamment une hausse de 11% de sa
fréquentation en 2017, ces rencontres professionnelles
sont le rendez-vous incontournable en matière de
Research, Data, Insights. Le consommateur au cœur
de la stratégie des marques Le Printemps des études
fera un tour d’horizon des tendances et des innova-
tions en matière d’étude marketing : du social media listening au nudge, en passant par la détection des tendances, il abordera des thématiques variées et apportera des réponses et des conseils aux professionnels du marketing, de la communication et aux dirigeants d’entreprise. Dans cette perspective, plusieurs temps forts sont à souligner : une conférence « Expérience client et stratégie de marque », le 06 avril 2018 à 14h ; une autre « Management et RH : les études pour l’accompagnement au changement et la transformation des organisations », le 05 avril 2018 à 14h. Le Printemps des études par ses contenus souhaite répondre aux enjeux actuels des entreprises. Les thèmes suivants seront ainsi abordés : les tendances métiers via deux conférences dont le Baromètre MRNews-Callson et l’Observatoire SYNTEC études ; le point sur la réglementation et l’éthique, à quelques jours de l’entrée en vigueur du RGPD : avec la conférence « Données & Confiance » et celle d’Esomar pour une mise en conformité patente ; l’innovation comme leitmotiv dans plusieurs conférences et dans le cadre du tout nouvel espace La Parenthèse donnant la parole aux start-up, entrepreneurs, auteurs et chercheurs qui viendront partager leurs innovations et expertises.
Le Printemps des études
5 & 6 Avril 2018 - Palais Brongniart – Paris Visuel : extraire le logo du pdf en PJ
 36
AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
Save the dates
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[                 THE GLOBAL BUSINESS INTELLIGENCE EXPERTS
            Vous pensez connaître tous vos clients
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                                                                    Mieux vaut prévenir que guérir.
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 ]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[Selon Capital Finance, les start-up françaises ont levé 1,6 milliard d’euros en 2017, un record (c’était 1,4 milliard en 2016). Cela notamment grâce au dynamisme croissant des fonds d’investissement basés dans l’Hexagone. Privés, publics, corporates : EcoRéseau Business vous propose un panorama de ces acteurs.
de la fintech iBanFirst, y voit aussi l’effet du Brexit : « Il a complètement cassé la dyna- mique d’investissement au Royaume-Uni. Jusqu’à pré- sent, beaucoup d’entreprises internationales et la majorité des entreprises américaines choisissaient de rayonner en Europe depuis Londres. Cela favorisait un écosystème extrêmement dynamique et faisait de Londres la place incontournable pour inves- tir en Europe. Ce n’est plus le cas car les investisseurs craignent de ne plus accéder aussi facilement à l’Europe en cas de «hard-brexit». » Le développement des sociétés de gestion françaises sera aussi facilité par un nouveau règlement européen. Depuis le 1er mars, les sociétés qui gèrent moins de 500 mil- lions d’euros peuvent en effet obtenir plus facilement un passeport pour l’ensemble
CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre, en rapport avec l’innovation et l’entrepreneuriat
   Les fonds d’investissement en France
Moins de timidité pour le capital risque français ?
 Par Louis Marquis
Traditionnellement, le Royaume-Uni est le premier centre euro-
péen du capital-risque, avec 8,9 milliards d’euros levés pour l’investissement dans les start-up depuis 2015, devant la France (5,4 mil- liards) et l’Allemagne (3,4 milliards), selon le cabinet d’étude Dealroom. Mais les fonds d’investissement en ca- pital-risque français ont pour la première fois devancé leurs concurrents britanniques au
premier semestre 2017, en levant 2,7 milliards d’euros, contre 2,3 milliards. Cette progression des venture-ca- pitalists français s’explique notamment par la montée en puissance d’acteurs tels que Partech Venture (près d’un milliard d’euros levés en 18 mois), Cathay Capital ou encore Alven Capital, qui a bouclé un fonds de 250 millions d’euros en janvier 2017. « Il y a eu une baisse des fonds apportés par les
investisseurs institution- nels aux fonds d’investis- sement, mais le relai a été pris par deux types d’acteurs : des entrepreneurs qui ont réussi et veulent mettre leur expérience au service de nouveaux projets, et des industriels qui ne veulent pas rater la start-up qui pourrait faire évoluer leur secteur », analyse Marc Sudreau, partner chez Chaus- son Finance. Pierre-Antoine Dusoulier, CEO et fondateur
des marchés de l’Union euro- péenne, et investir dans des entreprises cotées comptant jusqu’à 500 salariés, contre une limite à 250 salariés pour des entreprises non cotées autrefois.
Les fonds privés
Fondé en 1982 par Tom McKinley et Vincent Worms, Partech Ventures a été re- pris en 2007 par Jean-Marc Patouillaud et Philippe Co- lombel. Il gère près d’un milliard d’euros à travers trois fonds, de l’amorçage au growth capital. Avec
des bureaux à Paris, Ber- lin, San Francisco et Dakar, la société investit 200 000 à 40 millions d’euros dans les projets technologiques qu’elle choisit de soutenir. Elle a ainsi réalisé plus de 300 investissements, auprès notamment de Dailymotion, Sigfox et La Fourchette, et revendique plus de 70 sorties au-delà de 100 millions d’eu- ros. Le fonds a même créé un incubateur dans Paris en 2014, baptisé Partech Sha- ker. Le fonds sino-européen Cathay Capital, qui compte une cinquantaine de colla-
Le nouveau ré- flexe dans l’air du temps? Investir dans l’éco réelle.
  Capital risque et entreprises
De plus en plus de fonds d’investissement corporate
Pour accélérer leur transformation numérique, de nom- breuses grandes entreprises ont fait le choix de créer leur propre fonds d’investissement. Le premier baro- mètre Deloitte des Corporate Venture Capitalists (CVC) français montrait ainsi en mai 2017 que 36 % des 14 sorties réalisées par les 14 acteurs de son panel en 2016 sont des acquisitions par le groupe. En outre, la santé est le secteur auxquels ils s’intéressent le plus, avec 19 % des deals réalisés, devant la fintech (15 %), l’énergie et les transports (13 %) et le big data (9 %). Au total, les 14 fonds corporate étudiés géraient 1,1 milliard d’euros en 2016 et ont réalisé 146 investisse- ments depuis 2008.
En 2016, une autre autre étude de Deloitte recensait 37 groupes actifs en matière de capital investissement, dont 16 au sein du CAC 40. Elle indiquait aussi que le corporate venture comptait pour 5 % du financement des PME et start-up innovantes en France en 2013.
C’est moins qu’aux Etats-Unis, où cette proportion at- teint 16 %. « Au-delà du retour financier, les bénéfices peuvent être multiples tant pour l’industriel que pour la PME. Partenariats, synergies, esprit d’entreprendre, marché de rupture, renforcement de liens avec les éco- systèmes... c’est l’ensemble de la chaîne de valeur de l’entreprise qui est concernée », explique alors Thierry Billac, associé chez Deloitte.
Parmi les fonds corporate les plus actifs, on peut ci- ter Via ID, SNCF Digital Ventures, SEB Alliance, Axa Strategic Ventures, Engie New Ventures ou encore Orange Digital Ventures.
Via ID, qui compte une douzaine de personnes à Paris, Lille et San Francisco, a été créé en 2009 par Mobivia, groupe spécialisé dans l’équipement et l’entretien de véhicules qui réunit notamment les marques Norauto et Midas. Il a investi dans Drivy, Heetch et Lyko. Doté de 30 millions d’euros, SNCF Digital Ventures a été
créé en 2015 par le groupe public, et sa gestion confiée au fonds Hi Inov. Ses premiers investissements ? Luc- kyLoc, Deepki, Famoco et InterCloud. Créé en 2011 par le groupe spécialisé dans le petit équipement domes- tique, SEB Alliance est doté de 30 millions d’euros. Il investit 300 000 à 3 millions d’euros dans des start-up du bien-être, du monde connecté et du développement durable comme Alkemics, SeniorAdom, RobArt et Fee- ligreen. Parfois, des groupes se réunissent pour fonder une structure d’investissement dite «multi-corporate». Ce fut par exemple le cas en 2017 d’IrisNext, créé par Iris Capital avec Orange, Publicis et Valeo. Doté de 250 millions d’euros, il aide des start-up du numérique en phase d’amorçage et de développement avec des tickets de 1 à 30 millions d’euros. En 2012, Iris avait déjà créé un fonds avec Publicis et Orange. Il s’agit d’OP Ventures, doté de 300 millions d’euros.
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[Enquête
les plus prometteurs, et ils peuvent apporter aux projets qu’ils accompagnent leur expérience de la création et du développement d’entre- prises en croissance. Xavier Niel, le patron de Free, a par exemple créé Kima Ventures en 2010, avec l’objectif d’in- vestir dans 50 à 100 jeunes pousses des nouvelles techno- logies dans le monde chaque année. Son associé, Jérémy Berrebi, a quitté l’aventure en 2015, remplacé par Jean de la Rochebrochard. Ils ont accompagné des sociétés comme Captain Train et Wizishop. Selon l’indica- teur de Chausson Finance, Kima Ventures a investi 7,1 millions d’euros dans les start-up françaises en 2016. Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, a créé son fonds d’investissement Jaïna Capital en 2009, soit deux ans avant de vendre 70 % du capital du site de rencontre à son concurrent Match.com. Depuis, Jaïna a accompagné plus d’une cinquantaine de start-up dont Devialet, Made.com, Restopolitan et Ouicar. Il a réalisé sept sorties : Appsfire (publicité mobile), Keyade (achat média en ligne), Mon- nier Frères (vente en ligne d’accessoires de luxe), Myfox (objets connectés dédiés à la maison), OLX (annonces en ligne), Peak (entraînement cérébral sur mobile) et Plyce (shopping en ligne). ISAI, quant à lui, a été créé en 2008 par une brochette d’en- trepreneurs du web. Il s’agit de Pierre Kosciusko-Morizet, le créateur de Price Minister (vendu à Rakuten en 2010 pour un prix estimé de 200 millions d’euros), Stéphane Treppoz, le président de Sa- renza, Geoffroy Roux de Bézieux (fondateur de Virgin Mobile France, revendu à Numéricable en 2014 pour 325 millions d’euros) et Ou- riel Ohayon, qui a fondé Appsfire en 2009. Le fonds est présidé par Jean-David Chamboredon, initiateur du mouvement des Pigeons et co-président de France Di-
gitale, association qui réunit depuis 2012 les entrepreneurs et investisseurs du numé- rique. ISAI a investi 13,8 millions d’euros dans les start-up françaises en 2016.
Les fonds pubLiCs
A côté des fonds d’investisse- ment privés, les entrepreneurs peuvent aussi se tourner vers les fonds publics. La banque publique d’investissement (Bpifrance) a ainsi été créée en 2012 dans le but de dyna-
Bpifrance Investissement, qui compte 300 collaborateurs et 20 milliards d’euros d’actifs sous gestion, elle peut aussi participer au capital des en- treprises. A sa création, son objectif était d’investir jusqu’à 8 milliards d’euros, via 60 véhicules d’investissement. Ainsi, cette société de gestion prend par exemple des par- ticipations minoritaire dans des entreprises en croissance de secteurs aussi variés que le bois, l’automobile, le fer-
ment peuvent intervenir à différents moments de la vie des start-up. L’amorçage, ou seed, pour aider l’entreprise à mettre au point son pro- duit et trouver ses premiers clients. Les montants levés à ce stade équivalent habituel- lement à quelques centaines de milliers d’euros. La série A correspond au second tour de table et vise à augmenter l’échelle de l’entreprise, par exemple en augmentant la masse de ses utilisateurs,
entreprises de soutenir leur développement. Au-delà de la série C, on parle de fonds «growth».
ISAI, par exemple, dispose de deux fonds d’investissement. Le premier est un fonds de capital-risque, doté de 75 millions d’euros, pour des investissements compris entre 750 000 euros et 2 millions d’euros. Il a notamment par- ticipé aux levées de fonds de la licorne Blablacar, de Privateaser, Teemo, Sticky Ads, Adikteev, Shopmium et Malt. Le deuxième est un fonds de capital-développe- ment, pour accompagner des sociétés plus matures, non co- tées, qui réalisent un chiffre d’affaires compris entre 3 et 50 millions d’euros et n’ont pas accès au financement bancaire. Il accompagne Eulerian Technologies (data management platform), La- belium (marketing en ligne) et Vade Secure (sécurité informatique)..Iris, de son côté, peut investir entre 1 et 30 millions d’euros au total par entreprise.
CLUB ENTREPRENDRE
     borateurs, a quant à lui été créé en 2007 par Edouard Moinet et Mingpo Cai. Son fonds dédié au capital-risque, Cathay Innovation Fund, a été bouclé pour la première fois en 2015 avec 250 millions d’euros. Enfin, Alven a été créé en 2000 par Guillaume Aubin et Charles Letourneur. La société a depuis investi dans plus de 100 start-up, dont Boursier.com, SeLoger. com, Liligo, Captain Train et Drivy. « De plus en plus de sociétés de gestion du private equity et du private development s’intéressent au venture capitalism, note Marc Sudreau. Ce phénomène n’a pas encore fait ses preuves du point de vue économique, car on ne voit pas éclore en France une licorne chaque année, mais plusieurs succès économiques, comme ceux de Talent, Criteo ou Blablacar leur donnent foi. »
Les fonds Créés par des entrepre- neurs à suCCès Plusieurs des principaux fonds d’investissements qui soutiennent les start-up françaises ont été créés par des entrepreneurs à succès. Outre l’aisance financière que leur procure les bons résultats de leur société, ou sa revente, leur expertise sectorielle leur permet en effet d’identifier les projets
Depuis le 1er mars, les sociétés qui gèrent moins de 500 millions d’euros peuvent obtenir plus facilement un passeport pour l’ensemble des
marchés de l’Union européenne
miser l’économie française en accompagnant les projets dans leur innovation et inter- nationalisation. Pour cela, elle a notamment recours aux prêts (6,7 milliards d’euros en 2016), aux garanties ban- caires (8,4 milliards d’euros en 2016) et au préfinancement du CICE (pour 4,3 milliards d’euros en 2016). Mais de- puis 2014, avec la création de
roviaire, la ville intelligente, le numérique ou le nucléaire. Selon l’indicateur de Chaus- son Finance, Bpifrance est l’acteur qui a le plus investi dans les start-up françaises en 2016, avec 155 millions d’euros.
queL type d’inves- tissement ?
Les sociétés d’investisse-
et à l’orienter vers la renta- bilité. Lorsque l’entreprise a atteint une forte traction, avec un produit scalable et un modèle économique stable, elle peut envisager une série B, qui peut l’aider à s’internationaliser ou à ra- cheter d’autres entreprises. Les séries suivantes em- pilent les dizaines de millions d’euros pour permettre aux
Présentation de 12 des principaux fonds d’investissement français
 Fonds d’investissement
Alven Capital
bpifrance Investissement
Catay Capital
IRIS
ISAI
Jaïna Capital
Kima Ventures
Partech Ventures
Serena Capital
Seventure Partners (Natixis)
Ventech
XAnge Private Equity (La Banque Postale)
Date de création
2000 Guillaume Aubin, Charles Letour- neur
2007 Ming-Po Cai et Edouard Moinet
Christophe Raynaud, Ouriel Ohayon, 2008 Jean-David Chamboredon, Pierre Kosciusko-Morizet, Stéphane Trep-
poz, Geoffroy Roux de Bézieux 2010 Xavier Niel, Jérémy Berrebi
Marc Fournier, Philippe Hayat et 2008 Xavier Lorphelin
1998 Alain Caffi
Internet, média, IT Généraliste
Internet (adtech, marke- ting automation, appli- cations mobiles, fintech, marketplace...)
Web, télécom, média, jeux-vidéo
E-commerce, se- mi-conducteurs, télécom, services
Médias, e-commerce, mobile...
Boursier.com, SeLoger.com, Liligo, Captain Train, Drivy
Drivy, Alkemics, Quantifind
Blablacar, Shopmium, Commerce Guys
Shoette, Wizishop, Captain Train, Agricool
La Fourchette, Melty, Aramis
Viadeo, Pure People
2014
NA
Sciences de la vie, numé- rique, écotechnologie...
NC
1986
Antoine Garrigues, Pierre de Fou- quet
médias, télécoms, tech- nologies de l’information et des services Internet
Netatmo, Oodrive, iAdvize, MoPub, MisterAuto.com
2009
Marc Simoncini
Digital
Appsfire, Made.com, Restopolitan, Ouicar.fr, Devialet
1982
Tom McKinley et Vincent Worms
Technologies
Dailymotion, Sigfox, La Fourchette, Made, Lendix
1997
NA
Logiciel et internet, élec- tronique et télécoms, sciences de la vie
Easy Voyage, Vista Print, Parrot
2004
AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
39
NA
Fondateurs
Spécialités
Internet, mobile, high- tech
Exemples de start-up
KissKissBankBank, La Ruche qui dit oui
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 En immersion
Dans chaque numéro, un(e) journaliste d’EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...) afin de décrire ce qu’il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiers
Néoma et la pédagogie en réalité virtuelle
ExE (Experientiel Education)
  Voyage pédagogique en réalité virtuelle chez Néoma. Une première en France.
de Néoma. Les néons violet irriguent le visage de ces jeunes ouailles impatientes de tester la nouvelle techno- logie. Les fauteuils rouge et l’atmosphère tamisée rendent l’antre numérique presque rococo.
Michel Edouard Leclerc, nommé récemment président de l’école, est présent en qua- lité de « chauffeur de salle » polo violet de l’école revêtu au dessus de sa chemise sur mesure.
Assise un peu en retrait avec d’autres confrères, Marie-Laure Massuet nous
périence est accessible en flat, entendez sans casque. L’expérience perd alors en immersion mais pas en inte- ractivité. « Le point fort de la technologie est de ne rendre aucun parcours linéaire. C’est l’étudiant qui choisit comment découvrir l’univers auquel il est confronté », renchérit Alain Goudey.
Une fois le casqué vissé sur nos têtes nous entrons dans
la fanfare, puis derrière un but pour ensuite terminer en pleine liesse pour fêter la victoire de Néoma. Franche- ment, c’est fun et on imagine aisément les applications pour la fan expérience des grandes franchises du sport mondial. Enfin, un dernier cas pra- tique nous emmène pour une durée de 20 minutes dans le plus grand drive Leclerc de France pour une vidéo qui peut se prêter à des exercices
Quelques rangées plus bas, des étudiants retirent leur casque, parfois les joues rougies par l’expérience. Le moment de recueillir des impressions à chaud pour les futurs réci- piendaires de la technologie. Ils sont 150 dans la salle. Cela donne l’impression de revivre la conférence de Zuc- kerberg au CES sur la réalité virtuelle. Pour la plupart, gamers ou non, geeks ou sportifs, techno-sceptiques
Par Geoffroy Framery
   Entreprises, écoles et institutions nous ont fait part de leur enthousiasme sur le sujet. Il y aura des contenus ouverts et gratuits, d’autres nécessiteront des licences
  Nano en back-up du corps professoral se permet d’introduire quelques cours.
  Assis ou debout, l’expé- rience décontenance.
«N
cette journée de sensibili- sation : montrer que nous sommes en capacité de créer et ensuite de déployer des innovations pédagogiques », lance Alain Goudey, profes- seur de marketing, directeur de la transformation digitale, alors que nous venons d’entrer dans les locaux du site rémois de Néoma Business School. Des propos liminaires qui introduisent une activité d’un genre nouveau pour les étu- diants : une expérience de réalité virtuelle à des fins pédagogiques.
« La mise en place de la réa- lité virtuelle sera déployée à destination de 2 000 étudiants, soit 20 % de nos effectifs. Cela nous place en position de pionnier sur le sujet sur la scène mondiale », poursuit le directeur de la transformation digitale de Néoma. Aujourd’hui (le 27 mars 2018) donc a lieu dans l’un des
une réalité qui nous donne le choix entre trois univers : toutes les interactions se réa- lisent via une cible au centre du casque. Si vous la main- tenez sur un univers, il se lance. Si vous voulez stopper l’immersion, il vous faut bais- ser la tête et patienter avec le viseur braqué sur «Stoppez la vidéo». Le tout est intuitif.
teChnoLogie à haut potentieL maLgré de jeunes esprits enCore rétifs ?
Une première étude de cas nous emmène dans un com- merce du centre-ville, 6nétic, un magasin de smartphones d’occasion qui fait de la vente et de la réparation avec la possibilité d’étudier le back office, le labo, la vitrine et la zone de chalandise.
Une deuxième expérience nous emmène dans une com- pétition de handball. L’im- mersion est ici agréable. On vogue de point de vue original en point de vue atypique, on se retrouve dans le cœur de
de logistique, de merchandi- sing, de contrôle de gestion. « C’est un objet pédagogique protéiforme pour faire tra- vailler les étudiants sur leur capacité d’analyse et leur agilité intellectuelle. Pour les entreprises, il s’agit également d’un objet de formation et de communication. Dans tous les cas, il s’agit d’augmenter la qualité de l’expérience de l’apprentissage », ajoute Marie-Laure Massuet.
Et Michel Edouard Leclerc d’ajouter : « Cette expérience fait de Néoma un précur- seur ». Mais pas seulement. Car l’école projette déjà de devenir éditeur de contenus en lançant très prochainement une plateforme. « Entreprises, écoles et institutions nous ont fait part de leur enthousiasme sur le sujet. Il y aura des contenus ouverts et gratuits, d’autres nécessiteront des licences. Nous souhaitons développer une bibliothèque sachant qu’il faut un an de gestation pour que l’idée se concrétise en expérience de réalité virtuelle. »
ou techno-compulsifs, ce fut leur première expérience en VR. « C’est intéressant de s’immerger dans un uni- vers à 360° mais c’est aussi perturbant », reconnaît Julie qui se plaint d’un léger mal de crâne. « Cela donne des idées pour des applications marketing mais peut-être pas pour tous les enseignements », ajoute Coline, sa condisciple. Et François d’ajouter : « La technologie m’est plutôt étran- gère. On voit les applis pour le jeu vidéo. En revanche, on ignore encore toutes ses potentialités. D’un point de vue «péda», ça nous gardera les yeux ouvert mais je suis encore dubitatif. » Son com- père Aymeric abonde dans le même sens : « Le confort est pas mal, je vois des applis en architecture, mais je trouve que cela relève du gadget pour l’instant. » Rome ne s’est pas faiteenunjour.Ilenv.ade même pour évangéliser une promotion sur un nouveau support pédagogique.
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
ous voulions véhiculer deux messages pour
amphithéâtres de
l’école une anima-
tion basée sur de
la pédagogie nou-
velle. « Il s’agit de
ramener en classe
les pratiques d’en-
treprise tout en permettant aux
élèves de connaître
une immersion ja-
mais vécue aupa-
ravant. Cela leur
permet également
de se confronter à
des organisations. Pourquoi ne pas imaginer demain la visite d’un sous-marin alors en mer ou d’un site sensible », note Marie-Laure Massuet, responsable du teaching & learning center.
immersion à 150
Malgré une séance qui se tient durant la pause mé- ridienne, l’ensemble de la promotion des premières années du parcours Grande Ecole grouille dans l’amphi qui s’est habillé aux couleurs
la réalité
explique le b.a.-ba : le parti pris de ne pas choisir les casques trop imposants, de type oculus rift, la création d’une application présente sur Android ou Apple. Malgré tout, la responsable nous met en garde : « Nous appelons cela la cinétose. L’expérience provoque dans 3 % des cas des nausées. La pratique est déconseillée aux personnes enceintes et à celles qui ont subi un accident cérébral (traumatisme, AVC, épi- lepsie...). » Rassurez-vous pour les 3 %, la même ex-
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                           Barrisol Light Lines®
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]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Baromètre de l’innovation
Le verbatim à retenir...
La vie ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie Sénèque
     Le monde ne sera plus jamais comme avant...
ETATS-UNIS
Des baskets à base d’algues pour sauver l’environnement
La start-up new-yorkaise Algiknit crée des chaussures de sport biodégradables grâce au
varech, ces fameuses algues brunes que l’on trouve sur les plages ou les rochers. Le matériau,
appelé Bioyarn, est à la fois durable et biodégradable. Une innovation plus qu’utile pour lutter
contre la pollution produite par l’industrie du textile. Le coton nécessite 2 700 litres d’eau pour un
seul t-shirt et le cuir issu des élevages produit des émissions de gaz à effet de serre à un très haut niveau. La paire ne se dissout pas dans l’eau et peut même être teinte. Pour s’en débarrasser, il suffit de la jeter dans une poubelle destinée au compost pour qu’elle se biodégrade naturellement.
AUSTRALIE
La poubelle des mers gagne du terrain
Après des essais concluants en Europe, la Seabin s’installe en Australie, pays d’origine
de ses créateurs. La ville de Melbourne vient d’en acheter dix qu’elle disposera dans son port. Sydney, Queensland et l’état d’Australie occidentale ont également décidé de s’en procurer très prochainement. Pete Ceglinski et Andrew Turton, deux surfeurs australiens, avaient récolté plus
de 200 000 euros sur Indieagogo en 2016 pour créer cet aspirateur à ordures capable de récolter
en moyenne 1,5 kilogramme de déchets par jour, soit une demie tonne par an, dans les ports et
les marinas. Ses cibles ? Les objets en plastique, les mégots de cigarettes, les canettes mais aussi
les particules de plastique d’un minimum de deux millimètres de diamètre et les matières grasses des carburants. Une fois son sac d’une capacité de 20 kilogrammes rempli, il doit être changé.
AUTRICHE
Une couveuse à larves dans la cuisine
Les insectes, riches en protéines, vitamines et minéraux, seront demain dans nos assiettes.
La designer autrichienne Katharina Unger a donc développé The Hive, la première micro-ferme mobile qui permet de cultiver des vers de farine dans sa cuisine. L’utilisateur nourrit les petites bêtes avec ses déchets organiques, surveille leur maturation grâce aux tiroirs filtrants climatisés et récolte jusqu’à 500 grammes de vers par semaine. Un moyen peu gourmand en ressources de concocter des steaks ou des chips. En début d’année, 300 foyers ont expérimenté cette ruche à 699 dollars.
Les innovations en bref...
LA CHALEUR DU CORPS POUR «MINER» DES CRYPTO-MONNAIES
L’Institute of Human Obsolescence, organisation néerlandaise qui tente de réflé- chir au futur de l’humanité et à la valeur des données collectées, vient de démon- trer qu’on peut convertir la chaleur du corps humain en électricité grâce à une combinaison équipée de générateurs thermoélectriques. La veste portée permet d’alimenter un ordinateur qui va alors «miner» de la crypto-monnaie. Les «travail- leurs» doivent juste s’allonger et ne rien faire.
DES TROTTINETTES ÉLECTRIQUES EN LIBRE-SERVICE
La jeune pousse californienne Bird, spécialisée dans le service de trottinettes partagées, a bouclé une levée de fonds de 15 millions de dollars le 14 février. Basé sur un modèle d’exploitation «free floating» (sans borne d’attache), ce service, facturé 1 dollar par trajet puis 0,15 dollar par minute, semble faire ses preuves auprès des usagers de Santa Monica, à Los Angeles.
La rupture du mois
Un algorithme pour prévoir la date de sa mort !
Des chercheurs de Stanford, aux Etats-Unis, ont élaboré un algorithme d’intelligence artificielle (IA) qui permet de prédire avec 90 % de réussite le moment où les personnes, pour lesquelles on dispose d’un dossier médical précis, mourront. La grande faucheuse serait-elle en passe de perdre son caractère indéterminé, modifiant ainsi notre condition
humaine ? Les universitaires ont en fait répondu une demande
des services de
soins en fin de
vie de l’hôpital
de Stanford.
Ceux-ci voulaient savoir quand transférer les personnes âgées et très malades en soins palliatifs plutôt que de leur faire subir un acharnement thérapeutique. Le but ? Pouvoir se concentrer
sur la réduction de la douleur et apporter aux patients un soin moral et psychologique en les préparant à la mort. S’ils sont transférés trop tard, ils passent à côté de ces soins spécifiques – trop
tôt ils occasionnent un coût démesuré pour le système. L’algorithme emploie le deep learning,
soit la capacité d’une IA à apprendre à partir d’une masse de données informatiques. Après avoir
nourri le programme de plus de 2 millions de data (diagnostics, nombres de scanners effectués, de jours d’hospitalisation, de médicaments prescrits...), les chercheurs ont identifié 200 000 patients adaptés au projet. Sur 160 000 d’entre eux, le programme
a affiné ses compétences, pour les tester ensuite
sur les 40 000 restants. Résultat : dans neuf cas sur dix, l’algorithme a prédit avec succès la mortalité des patients en annonçant quand ils décèderaient, dans trois, six, neuf ou douze mois... L’adoption du dossier médical informatisé et les besoins croissants de tout anticiper par les statistiques laissent entrevoir une généralisation. Et si chacun pouvait connaître précisément son espérance de vie, selon ses caractéristiques ? Les comportements et pensées ne seraient certainement plus les mêmes...
                                                                                                                                                42
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]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre de l’innovation
L’entreprise du mois
Vestiaire Collective
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
    Est-ce exagéré de pressen-
tir la plateforme internet
spécialisée dans les pro-
duits de mode et de luxe
d’occasion comme une
future licorne ? Certaine-
ment pas, tant Sébastien
Fabre, PDG et cofondateur
de la jeune pousse, a su
dès le début marier luxe
et seconde main pour at-
tirer une clientèle toujours
plus large. L’entreprise qu’il dirige a connu une croissance annuelle supérieure à 70 % depuis sa création en 2009 ; 600 000 articles sont disponibles sur le catalogue en ligne de ce leader européen du luxe d’occasion, pour le plus grand bonheur des six millions de membres. Vestiaire Collective est physique- ment implanté à Paris, Londres, Milan, Berlin et aux Etats-Unis. 70 % de ses produits sont livrés à l’étranger, dans 49 pays au total. 70 % des ventes se font sur mobile... De quoi faire pâlir les acteurs de la Fashion Tech à
qui il n’a certainement pas échappé que la start-up a encore levé 58 millions d’euros début 2017 au- près de Vitruvian Partners, un fonds britannique qui réalise son premier in- vestissement en France, mais également auprès de ses investisseurs his- toriques Eurazeo et Idin- vest Partners. Ce sont 116
millions d’euros qui ont été réunis depuis la création de la plateforme communautaire qui lorgne du côté de l’Asie-Pacifique pour exporter son modèle. L’ambition de devenir le leader mondial de la mode d’occasion – sacs à main, pendentifs, paires de ballerines, etc., transitent sur cette place de marché qui retient 25 % de commission –, n’est pas utopique pour cette société qui a encore créé 120 emplois en France et à l’étranger. Les 65 % de chiffre d’affaires déjà réalisés hors de France sont un bon indicateur...
 5-8 avril 2018 : le Salon des seniors, destiné aux seniors actifs, Porte de Versailles, Paris.
Accompagner les seniors dans tous les aspects de leur nouvelle vie, tel est le but de cette 20e édition. 50 000 visiteurs attendus pour ve- nir faire le plein d’idées et trouver des informations et innovations concernant leur retraite, leur santé, leurs vacances et loisirs.
 10-12 avril 2018 : Stratégies client, salon BtoB de la relation client et des centres d’appel
Le paysage de la relation client change. Les clients font au quoti- dien moins d’efforts, gèrent en totale autonomie leurs problèmes et trouvent plus facilement la réponse à leurs questions. Et ce grâce à de nouvelles applications, des services innovants, de l’IA et des ter- minaux connectés en mobilité, explicités lors de cette manifestation.
 10-12 avril 2018 : Salon des achats & environnement de travail, pour l’inspiration et le bonheur au travail
Sujets d’actualité du secteur lors de différentes plénières, table- rondes et conférences, présentation des innovations digitales, RSE, économie circulaire... pour les directeurs des achats et facility ma- nagers.
 25 avril 2018 : Be a boss Lyon, le forum des femmes entrepreneures
Tables rondes d’entrepreneures, pitchs et informations sur la proprié- té intellectuelle et les moyens de se lancer.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       L’innovation autrement
Amazon Go, un changement de paradigme
L’ouverture à Seattle fin janvier 2018 d’un supermarché sans caisse par le géant américain donne à réfléchir sur la manière de faire ses courses et de concevoir les produits. Cette rupture ne va pas seulement accroître l’efficacité et la praticité de nos achats, elle va changer notre perception du supermarché. A l’entrée du magasin le client connecte son smartphone à l’application d’Amazon sur laquelle il entre ses identifiants. Il choisit des marchandises, remplit son sac et sort. Des caméras et des capteurs enregistrent ses mouvements et les biens qu’il prélève
sur les rayonnages au fur et à mesure. Simple, efficace et en apparence indolore. La magie du sans-contact est portée à son paroxysme. Plus d’échange avec la caissière qui était la repré- sentante de toute l’équipe du magasin auprès de l’acheteur. Avec un tel dispositif bien difficile de s’imaginer des employés s’échinant à acheminer les produits jusqu’à nous. Il n’y a plus cette idée de marchandise comme une agrégation de matières
premières, de travail, de rapports sociaux et managériaux. Sous l’ère Amazon Go, toute cette part de réel disparaît à nos yeux. Cette innovation participe aussi à la recherche constante de vitesse qui change notre rapport aux marchandises. Sur un marché traditionnel un acte d’achat est un rituel social dont la lenteur même signifie l’importance. La négociation est longue, cela ne se fait pas à la légère... Ici les produits proposés sont à usage immédiat et obsolescence programmée. Ils étaient disponibles en un clic ; ce dernier n’est même plus nécessaire. Leur valeur perçue est donc réduite à portion congrue. Tout devient plus virtuel. Pendant que nous nous promenons dans les rayons et achetons des marchandises, un panier se remplit quelque part dans le Cloud. Si on redépose une marchandise, elle est éliminée du panier. Amazon accumule de précieuses données de comportement qui seront revendues à de nombreux acteurs, sans que nous le sachions. Enfin, le compte en banque est débité après la sortie, discrètement, de manière dématéria- lisée. Pour fluidifier et optimiser les transactions, certaines innovations masquent une partie du réel au consommateur.
  AVRIL 2018 | ecoreseau.fr 43
Save the dates
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ Le tour du monde de l’innovation
Cyber-sécurité
Sus à la rançon !
Fléau international, la cybercriminalité coûte chaque année quelques centaines de milliards d’euros à l’économie mondiale. Face à des logiciels toujours plus malveillants, de plus en plus de start-up se mettent en ordre de marche, avec des solutions high- tech qui rivalisant d’ingéniosité. Focus.
Par Charles Cohen
ROYAUME-UNI
«Enterprise Immune System»
En mixant mathématiciens et agents du renseignement dans ses effectifs, Darktrace a su développer l’»Enterprise Immune System»
: une approche originale de la cyber-sécurité s’inspirant du système immunitaire humain. S’appuyant sur des algorithmes d’intelligence artificielle pour lutter contre des cyber-menaces protéiformes et toujours plus imprévisibles, la start-up applique la même logique «auto- apprenante» que celle du corps humain à l’assaut de virus en mutation. Et ce, en déterminant un «pattern of life» (modèle comportemental normal) pour chaque machine, utilisateur et le réseau dans sa globalité. De quoi identifier les déviances les plus subtiles qui pourraient indiquer une menace en cours.
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Passage en revue des innovations mondiales sur une thématique particulière.
CANADA
Réseaux : le credo de l’analyse comportementale
Un antivirus basé sur l’analyse comportementale des réseaux infectés. Voilà le concept d’Efficient Protection, créé en 2011 à Montréal par
un entrepreneur burkinabé installé au Canada. À la différence du
modèle classique d’antivirus qui agit poste par poste et reconnaît les cyberattaques par signature, le système de détection de compromission (CDS) de la start-up – une fois branché sur le réseau du client – surveille le trafic web de l’entreprise, la fréquentation par tranche horaire, le pays d’origine des sites visités... De quoi en tirer un schéma des habitudes de navigation, passé au crible par le système qui détecte ainsi en un temps record toutes brèches ou anomalies. Au-delà de l’Amérique du Nord, cette solution brevetée intéresse aussi les gouvernements africains.
ÉTATS-UNIS
Security by design
Fondé en 2014, Contrast Security permet aux applications logicielles de se protéger elles-mêmes des cyber-menaces. A cette fin, la jeune pousse californienne exploite le concept de «security by design» en proposant aux développeurs d’intégrer des capteurs actifs de détection des failles dès le stade de la conception des applications. De quoi identifier en amont tous points faibles et ainsi assurer la surveillance constante des programmes face aux potentielles attaques qui pourraient compromettre la confidentialité des données.
FRANCE
Prévenir des attaques majeures en temps réel Détecter une faille en temps réel, avant même qu’elle ne soit exploitée par d’éventuels pirates. Telle est
la vocation de la start-up Alsid, spécialiste de la sécurité préventive des points névralgiques du parc informatique d’une entreprise : les infrastructures d’annuaire, le contrôle d’accès et le pilotage des ressources du SI. Et ce, en identifiant en amont les points de vulnérabilité afin de les endiguer avant qu’ils ne soient exploités. Preuve du succès d’une telle approche : Alsid a bouclé fin 2017 une levée de fonds de 1,5 M€.
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]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[ STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Le tour du monde de l’innovation
BELGIQUE
Une start-up à la rescousse du gouvernement américain
C’est l’histoire d’une start-up belge qui a su voler au secours du gouvernement américain exposé à un risque majeur de cyber-menace. Sweepatic, basée
à Louvain, a découvert en 2017 un important problème de sécurité dans l’empreinte numérique d’une institution gouvernementale américaine. Pour sécuriser de manière proactive cette faille dans le réseau, la start-up a œuvré en coordination avec l’équipe nationale d’intervention dédiée aux incidents de sécurité informatique (CSIRT) aux États-Unis. Un bel exemple de coopération entre acteurs publics et privés pour parer aux cyberattaques avant qu’elles ne deviennent effectives.
LIBAN
Exit les mots de passe sur smartphone !
Révolutionner la gestion des identités en éliminant les besoins d’identifiants et de mots de passe sur smartphone. La start-up libanaise Myki a rivalisé d’ingéniosité pour permettre une telle prouesse. Au lieu de verrouiller les mots de passe en ligne et d’assurer l’accès au moment de la connexion, elle les maintient cryptés. Ainsi, les utilisateurs peuvent activer l’application Myki pour se connecter à différents services via leur téléphone, mais les mots de passe eux-mêmes ne sont jamais envoyés sur des serveurs en ligne distants. En ne les stockant pas sur la Toile, l’application diminue les risques d’une cyberattaque qui pourrait exposer ces données personnelles.
TUNISIE
Des logiciels malveillants détectés en une seconde
Déceler les ransomware de type WannaCry en une seconde à peine ? Voilà le défi relevé par la start-up tunisienne Barac qui analyse en temps réel les méga- données pour mieux protéger les SI. Pour dompter le big data, la start-up s’appuie sur l’intelligence artificielle via des algorithmes d’apprentissage automatique ou encore l’analyse comportementale des actions. Plus le programme reçoit d’informations, plus il est capable de les analyser, gagnant ainsi en performance.
MAROC
Le filon du Bug Bounty
Basée entre Casablanca, Rabat et Paris, Yogosha est une des rares pépites mondiales surfant sur le créneau du Bug Bounty. Le concept ? S’appuyer sur un réseau de hackers éthiques
afin qu’ils œuvrent au service de la cyber-sécurité des entreprises. Pour être membre de la communauté de Yogosha, les hackers doivent réussir un examen d’entrée drastique au cours duquel leur compétence informatique, leur capacité à interagir avec le client et leur goût de la transmission sont testés. Un fois sélectionnés, ces derniers planchent sur les SI des sociétés, leur rapportent bugs et vulnérabilités moyennant compensation. Prix d’entrée : 10 000 euros.
ISRAËL
Une pépite infiltre la messagerie cryptée de Daech
La start-up Intsights s’est faite connaître
en relevant un exploit et pas des moindres : réussir à infiltrer les messages cryptés de l’Etat islamique sur l’application Telegram. Spécialiste de l’analyse des données du Darknet – la face non référencée et cryptée du web – pour prévenir les cyberattaques, la pépite a mis au point un procédé lui permettant d’infiltrer le tchat utilisé par Daech pour communiquer avec ses recrues à travers le monde. Grâce à sa technologie de monitoring, elle a ainsi intercepté une des dernières listes de cibles prévues par l’organisation terroriste pour y commettre des attentats, notamment en Europe.
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]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
L’occasion pour EcoRéseau Business d’expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
  La transmission de pensée humaine aux machines
Fantasme cérébral ?
  La transmission d’ordres et de pensées aux intelligences artificielles n’est plus si utopique. De quoi soulever les craintes d’un «minority report» si les garde-fous sont inexistants, mais aussi esquisser la transformation de nombreux secteurs.
Ce besoin général d’anticipa- tion qu’il a su repérer passera forcément par la transmission de pensée à un moment donné. Facebook partage le même avis et a décidé de se donner les moyens de répondre à ses ambitions. Plus de 60 scienti- fiques et ingénieurs travaillent à inventer des capteurs non invasifs sur un casque ou un bandeau, au sein de Building 8. Ce nouveau labo de la so- ciété est entouré d’une vraie culture du secret, au même titre d’ailleurs que Google X qui poursuit le même but. Les GAFA sont de la partie, pour à terme supprimer les interfaces écrans. Mark Zuckerberg voit l’avenir en télépathie et semble bien décidé à lire dans le cer- veau des humains. La transmis- sion d’émotions et de pensées n’est plus très loin selon ses récentes déclarations. Posté derrière son ordinateur, le boss du réseau le plus connu de la
les ondes cérébrales. Et très récemment, le Massachusetts Institute of Technology et l’Uni- versité de Boston ont développé Baxter, un robot capable de communiquer avec l’homme uniquement par la pensée. Le robot, doté d’un moniteur d’électroencéphalographie, a la capacité d’enregistrer les ondes cérébrales de son ordonnateur. Ilneluifautalorsque10à30 millisecondes pour les classer, les interpréter afin de corriger ses actions en temps réel. Le système d’électrodes détecte les indications de la personne pour les transmettre au robot.
vers des assistants super inteLLigents et CLairvoyants
La course est lancée pour qu’on arrive au robot qui comprend sur le bout des microproces- seurs la pensée complexe de l’humain qui ordonne. Selon Yann LeCun qui dirige le
taller en priorité dans tous les objets connectés de notre environnement. Ces intermé- diaires entre les marques et les consommateurs peuvent déjà s’illustrer en rendant quelques services à l’utilisateur et en récoltant au passage quelques données. « Et demain, grâce au machine learning, l’assistant ne consultera plus seulement la météo ou commandera une pizza, mais se chargera car- rément de chercher un emploi ou d’organiser en totalité les vacances », entrevoit Bastien Delgorge. Après-demain, l’uti- lisateur l’ordonnera non plus par la voix mais par la pensée... « Le cerveau était un sanc- tuaire. Même les dictatures ne pouvaient y rentrer. On pouvait toujours mentir sous la torture, même si c’était compliqué. Avec les NBIC ce n’est plus le cas », a l’habitude de déclarer Laurent Alexandre, chirurgien neurobiologiste, fondateur de
Par Julien Tarby
Mark Zuckerberg pré- sentera en 2020 son prototype de casque cérébral ; lequel permettra à une personne de communi- quer avec son smartphone sans avoir à le toucher ou à lui parler, à raison de 100 mots par minute. Cinq fois plus que la vitesse d’écriture moyenne sur un clavier. Science-fiction ? Pas tout à fait. Dernièrement, des chercheurs de Stanford ont créé un implant crânien qui permet à des personnes paralysées d’écrire huit mots par minute. Facebook vise cette vitesse de 100 mots « d’ici quelques années ». Les innovations laissent penser que la transmission d’ordres et de pensées aux intelligences artificielles pourrait bien deve- nir monnaie courante dans les décennies à venir. « La pros- pective n’est pas hasardeuse, des faisceaux indicateurs le
laissent penser », se réjouit Bastien Delgorge, associé chez Florilège Consulting, cabinet d’accompagnement à la tran- sition digitale. « Attention aux fantasmes qui collent à l’IA en général. A ma connaissance, les avancées sont encore très embryonnaires en matière de transmission de pensée », tem- père cependant Serge Abite- boul, informaticien à l’ENS et directeur de recherche à l’Inria, qui a écrit Le temps des algorithmes (éd. Le Pommier, 2017). Chaque nouveau pas laisse en tout cas entrevoir de nouveaux usages et services, tout en suscitant moult inter- rogations et angoisses.
du rêve aux prémiCes
« Rendre invisibles les techno- logies et leur complexité », tel est le but que s’est fixé Rand Hindi, génie de l’IA et des
assistants virtuels intuitifs qui a cofondé la jeune pousse Snips. Celle-ci fournit des ou- tils pour déléguer des tâches à des assistants intelligents qui devancent les besoins en analysant le langage et le contexte. C’est par hantise de nous voir devenir esclaves des milliards d’objets connectés qui déferlent – smartphones mais aussi montres, voitures, vêtements, réfrigérateurs, ten- siomètres... – et s’apprêtent à nous harceler d’informations ou de demandes de validations, qu’il a ajouté une voix à tous ces appareils. « Selon le langage et le contexte, l’objet peut ainsi anticiper certaines actions de la personne et les faire à sa place, comme réserver un mode de transport avant un rendez-vous inscrit dans son agenda », illustre celui qui mobilise désormais 40 spécia- listes en mathématique et IA.
Dernièrement des chercheurs de Stanford ont créé un implant crânien qui permet à des personnes paralysées d’écrire huit mots par minute
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Demain, des pen-
sées qui pourront être lues et enregis- trées par une IA ?
planète, qui s’adonnait au jeu des questions-réponses avec les internautes, a affirmé qu’ « un jour, nous serons capables de penser à quelque chose que nos amis pourront ressentir immédiatement ». Les travaux d’une équipe de chercheurs japonais du Computational Neuroscience Laboratories de Kyoto et de l’université de Kyoto n’ont pas dû passer inaperçus dans un tel contexte. Ils ont mis au point une IA capable de scintigraphies cérébrales. De quoi traduire en images les pensées. Les cerveaux pensent à des images et les IA déve- loppent un réseau d’appren- tissage capable de traduire
centre Facebook de recherche en IA de Paris, ce n’est qu’à la fin de la décennie 2020 que l’on pourra interagir avec les assistants intelligents sans erreur ni difficulté de com- préhension. Pourquoi dans ce cas la bataille qui oppose les assistants vocaux Alexa (Amazon), Assistant (Goo- gle), Siri (Apple), Cortana (Microsoft), Bixby (Samsung) et Djingo (Orange) fait-elle déjà rage ? Parce qu’il s’agit pour chacun de ces géants du numérique de prendre de vitesse les concurrents, en rendant déjà leurs majordomes virtuels incontournables. Ils font donc tout pour les ins-
Doctissimo et dirigeant de DNAVision qui évolue dans le séquençage de l’ADN. Les craintes de prise de contrôle ou d’influence du cerveau – le «brain hacking» – sont évidem- ment importantes. Aujourd’hui on est déjà capable de modifier ou retirer le souvenir chez les mouches, par l’optogénétique électronique. Ce sont donc nos idées et notre âme qui pourraient être menacées dans un scénario catastrophe. Les pouvoirs publics devront de toute évidence réfléchir à la mise en place de garde-fous (cf. encadré). Quoi qu’il en soit, la relation homme-machine et nombre de secteurs vont être
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[Décryptage
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
   Législation
Et si le vol de pensées n’était plus une utopie ?
D’après le transhumaniste Ray Kurzweil, tenant de la singularité technologique, auteur de Humanité 2.0., une IA dite forte, capable de prendre des décisions, appa- raîtra vers 2045. Aussi talentueuse que les humains, elle les dépassera vite – et pourrait bien chercher à s’en débarrasser ou à les tenir en esclavage. Scénario catastrophe certainement exagéré. Mais si nous ve- nons à penser que cette IA aura certainement accès à nos pensées, nous sommes forcément parcourus par quelque appréhension. La crainte qu’on puisse lire, détourner, voler nos informations cérébrales devient sensée au vu des diverses innovations neurotechno- logiques énoncées plus haut. D’où l’appel des scienti- fiques Marcello Ienca, neuroéthicienne de l’université de Bâle, et de Roberto Andorno, avocat spécialisé dans les droits de l’homme de l’université de Zurich, deman- dant la reconnaissance de nouveaux droits protégeant
nos pensées contre l’accès, la collecte, le partage et la manipulation des données du cerveau humain : pre- mièrement le droit à la liberté cognitive, donc la pos- sibilité d’utiliser ou de refuser la stimulation cérébrale et d’autres techniques pour modifier l’état mental; deuxièmement le droit à la confidentialité mentale, sa- chant que des scientifiques ont déjà réussi à recons- tituer des extraits d’un film en scannant le cerveau de participants ; troisièmement le droit à l’intégrité men- tale pour anticiper les risques de «hacking», de prise de contrôle des appareils auxquels une personne est connectée ou de transmission de faux signaux vers le cerveau de l’utilisateur. Quatrièmement le droit à la continuité psychologique car de telles technologies, notamment à des fins médicales, peuvent bouleverser la façon dont une personne se perçoit, s’identifie. Il s’agit de rester la même personne !
révolutionnés grâce à cette transmission en temps réel.
innovations en ma- tière de pédagogie Cette transmission directe va par exemple obliger l’école à pleinement intégrer l’IA à sa pédagogie. La salle de classe
pourrait bien disparaître et l’enseignement devenir per- sonnalisé. « Les cours seront paramétrés via des enregistre- ments de l’activité cérébrale pour que leur organisation générale corresponde à l’état cérébral de l’élève du moment », écrit ainsi Laurent Alexandre
dans le livre La Guerre des Intelligences (éd. JC Lattès, 2017).
L’homme bionique pour... aujourd’hui Dans le cadre de son pro- gramme Revolutionizing Prosthetics, le John Hopkins
Applied Physics Lab a déve- loppé un bras robotisé entiè- rement contrôlé par la pensée. Cette prothèse révolutionnaire sera testée par Johnny Matheny cette année en Floride. Jusqu’à maintenant, les travaux portant sur le contrôle des robots par le cerveau n’avaient abouti qu’à
une communication à sens unique, de l’homme vers le robot. Ces méthodes contrai- gnaient l’utilisateur à formuler par la pensée une action pré- définie par des chercheurs, afin que l’ordinateur puisse la «comprendre». Ce qui exi- geait une attention intense et constante. Avec la méthode mise au point par le MIT, la compréhension se fait presque de manière inconsciente. Au- jourd’hui, l’homme n’a pas à penser d’une certaine façon – c’est la machine qui s’adapte à lui, et non l’inverse. Dans le fu- tur, ces technologies pourraient être utiles dans de multiples domaines : pour les personnes ne pouvant pas communiquer verbalement, sur les chaînes de montage, voire pour contrôler des prothèses corporelles par la pensée. La communication étant directe, cerveau-machine, les problèmes posés par les interfaces mécaniques ne se poseraient plus.
une mémoire humaine désormais immorteLLe ?
Et si l’»uploading» était ac- cessible à l’être humain dont on peut visionner l’intégralité de la pensée ? Cette techno- logie connecte le cerveau à des modules de stockage et permet de décharger des informations dessus. Notre mémoire prend ainsi forme matériellement, comme dans Lucy, le film de Luc Besson (2014). Pour Ray Kurzweil, directeur du génie chez Goo- gle, le cerveau humain pourra être connecté à Internet dès 2030. La liste n’est évidem- ment pas exhaustive, mais annonce une myriade de bou- leversements dans différents secteurs. Nous n’en sommes pas encore là mais le fait que certains planchent déjà sur
é-
un nouveau droit pour prot. ger nos pensées (cf. encadré) démontre l’imminence d’un bouleversement sociétal...
 AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[ Créer aujourd’hui
Comment apprendre à « réseauter » ou à exploiter son réseau...................p49
Business guides
- Nouveau management pour nouveaux espaces de bureaux...................... p52 - Immobilier d’entreprise : les bons réflexes avant de déménager ............... p56 - Les innovations au service de la relation et l’expérience client ................ p60 - Les enjeux du RGPD....................................................................................p64
   CAHIER PRATIQUE
CAHIER PRATIQUE
 Conseils, astuces et
 nouveaux outils
Prendre de la hauteur. Souffler et lire pour sortir la tête du guidon. Telles sont les vertus
de notre cahier pratique qui se pense aussi comme un abécédaire des best practices.
Ce mois-ci, focus sur certains basiques à la sauce nouvelles technologies. Petit point d’abord sur les nouvelles manière d’exploiter son réseau ainsi que sur l’impact des nouvelles formes de management sur l’aménagement des bureaux. S’ensuit un dossier spécial sur les bonnes pratiques pour déménager sans heurts. Enfin focus technologique dans le domaine de l’expérience client et de la donnée personnelle avec les enjeu décryptés du RGPD.
 48 AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[   CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
La création d’entreprise, c’est avant tout du concret et de l’opérationnel. D’où cette rubrique qui explore de manière très pratique l’une des phases de l’entrepreneuriat.
Entrepreneurs & réseaux
La réussite à portée de réseau ?
    Une chaine humaine de réseaux !
Si l’importance du réseau n’est plus à démontrer lorsque l’on se lance dans la création d’entreprise, les porteurs de projet peuvent se retrouver démunis sur la façon de procéder. Décryptage d’entrepreneurs sur les façons d’accroître son réseau et son business.
créer au moment même de la création d’entreprise ». Un réseau business qui s’appa- rente à un écosystème propre à l’entreprise où l’on pourra retrouver tous les facilita- teurs de son activité : « vont s’y retrouver le client final, mais aussi des partenaires commerciaux éventuels, des influenceurs, voire même du capital humain potentiel », détaille Isabelle Saladin. De manière générale, le réseau agit comme un propulseur lorsque tout va bien et à l’in- verse comme un amortisseur lorsque l’activité de l’entreprise ralentit selon Alain Bosetti : « Lorsque l’activité rencontre des freins, le réseau peut per- mettre d’accélérer le proces- sus de décision, à l’inverse, lorsqu’elle fonctionne, cela peut permettre d’accéder plus facilement à des ressources par exemple ».
un réseau aCtif
de 500 personnes ChaCun
Dès lors comment le construire ? « Tout simple- ment dans votre cercle de connaissance, répond Alain Bosetti. Le réseau actif de chacun est généralement composé de 400 voire 500
personnes ! » Des profils que l’on connait directement ou du moins que l’on peut contacter. Une pratique qui permet à la start-up Oohee, plateforme qui connecte les entreprises françaises avec des expatriés partout dans le monde pour des missions ponctuelles, de se faire rapidement connaître. « Une de nos forces, c’est que nous sommes quatre associés avec des réseaux profession- nels derrière nous, explique Hélène Antier, co-fondatrice de Oohee. Cela nous a permis d’avoir très vite un réseau dans la presse, en ingénierie commerciale, en informatique
mais aussi de dirigeants d’en- treprise ». Pour ceux qui ont moins d’années d’expérience et donc moins de liens pro- fessionnels, se retourner vers son école de commerce ou d’ingénieur est un bon dé- but.«L’écoleestunexcellent réseau car ce sont des gens qui nous ressemblent. Si le meilleur réseau d’école sont les gens que l’on connait, il ne faut pas hésiter non plus à faire des sollicitations le plus haut possible » précise Lionel Chouraqui. Quitte à ce qu’il n’y ait pas de lien direct lors d’une sollicitation, autant ne pas se priver de tenter d’entrer
en contact avec des personnes qui auront la capacité d’ap- porter leur aide.
seuL on va pLus vite, à pLusieurs on va pLus Loin
Les réseaux personnels et professionnels accumulés constituent donc une première étape, mais peuvent rapidement montrer leurs limites. Les structures d’accompagne- ment peuvent à ce moment venir prendre le relais. « Nous assistons aujourd’hui à une démultiplication des struc- tures d’accompagnement, comme les accélérateurs,
  Réseaux & influence
Quelques réseaux organisés qui sortent du lot
Nombreux sont les réseaux qui pro- mettent aux entrepreneurs de se re- trouver, d’ échanger et pourquoi pas de déboucher sur des opportunités. Si les af- faires sont souvent reléguées au second plan au profit du réseautage pur, quelques réseaux tirent leur épingle du jeu.
L’Association progrès du management (APM)
L’association est convaincue que le pro- grès de l’entreprise passe par le progrès de son ou ses dirigeants(s). Elle propose des clubs de réflexion et des ateliers de formation afin de permettre aux entrepre- neurs d’échanger sur leurs expériences. A ce jour, 7200 dirigeants composent les 360 clubs dans 26 pays.
Professional Women Network (PWN)
Premier réseau professionnel interna- tional de femmes, le réseau PWN est présent dans 25 villes à travers le monde et est composé de 3500 membres. Le ré- seau met en avant la solidarité comme levier de progression pour ses membres. Il propose également un programme de mentoring pour que les femmes d’expé- riences puissent encadrer les plus jeunes entrepreneures.
Les Business Network International (BNI)
Importé des États-Unis, c’est le seul ré- seau ouvertement business en France. Il est déployé par petites zones de cha- landise sur l’ensemble du territoire (un BNI par arrondissement à Paris par exemple). Basé sur le principe de la re- commandation mutuelle, il comptabilise plus de 200 000 membres dans 64 pays, dont 17000 pour la France. Les profils sont étudiés pour que chacun puisse y faire du business sans se phagocyter, et une réunion matinale hebdomadaire y est obligatoire.
Le Centre des jeunes dirigeants (CJD)
Ce réseau est à la limite entre le ré- seau professionnel et le thinktank. Il se pense comme un lieu de travail où les entrepreneurs réfléchissent pour pen- ser l’entreprise de demain. Formations, conférences et moments d’échanges au programme, autant sur le dévelop- pement de l’entreprise que du dirigeant. Un réseau qui met également en avant le retour d’expérience de chacun sur des outils ou des démarches testés.
Par Nicolas Pagniez
Tous les entrepreneurs le constatent, l’entre- preneuriat ne va pas
sans une certaine solitude, du moins au départ. « L’en- trepreneuriat est une vraie posture solitaire, constate Lio- nel Chouraqui, co-fondateur de Pitchy, une solution SaaS permettant d’internaliser la création vidéo. Même lorsque plusieurs co-fondateurs s’as- socient, chacun est seul à sa place ». Une solitude qui rend le réseau essentiel pour tous les porteurs de projets. « Plus la structure est de petite taille, plus le réseau est primor- dial », analyse Alain Bosetti, président du salon SME pour les entrepreneurs et auteur du livre Je réussis grâce à mon réseau (Dunod). Un constat qui s’appuie sur le fait que plus le chiffre d’affaires de l’entreprise est petit, plus il
repose sur le fondateur lui- même. Pour autant, la notion de réseau recoupe des réalités différentes selon les situations et il est primordial de savoir ce que l’on recherche avant de lancer des sollicitations tous azimuts. « Le réseau n’est pas une fin en soi, détaille Alain Bosetti, ce qui est im- portant ce sont les objectifs associés au réseau. Il faut d’abord être clair sur ses en- jeux principaux et ensuite se demander qui dans son réseau peut apporter une aide pour atteindre ces objectifs ». Pour Isabelle Saladin, Présidente et fondatrice d’I&S Adviser qui propose d’accompagner les entreprises dans leur re- cherche de croissance, l’objectif premier d’un réseau est clair : « La seule chose qui importe c’est de se créer un réseau business, et ce réseau doit se
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
 qui viennent répondre de ma- nière efficace à ce besoin », explique Lionel Chouraqui. Un constat partagé par Alain Bosetti : « Un entrepreneur accompagné passe en règle générale d’un taux de péren- nité de 55% à un taux proche des 70% », commente-t-il. Des réseaux d’accompagne- ment que le Président du salon SME conseille de privilégier dans les premières années de l’entreprise. En plus de ces structures, les jeunes pousses peuvent se faire accompagner par des personnes qui ont une expérience et une expertise à mettre à disposition des projets plus jeunes. Le fondateur de l’entreprise Synthesio, Loïc Moisand a par exemple re- joint le board de Pitchy afin d’apporter son expertise dans la gestion d’une entreprise SaaS. Dans une démarche différente mais complémen- taire, les fondateurs de Pitchy ont également fait le choix de faire mentorer leur start-up par Valérie Papaud, entrepreneure et ancienne directrice géné- rale de Mappy, via l’Institut du Mentorat Entrepreneurial. Au-delà des réseaux d’ac- compagnement, nombreux sont les réseaux organisés où porteurs de projets et en-
trepreneurs aguerris peuvent se retrouver et échanger. Des associations qui favorisent les échanges de bonnes pratiques. Attention cependant à savoir à quoi s’attendre, « la majorité de ces réseaux proposent des rencontres entre pairs afin de faire du relationnel. Il existe peu de réseaux en France aujourd’hui axés directement sur le business , avertit Isabelle Saladin. En revanche, ces échanges peuvent permettre d’obtenir des feedbacks ou des conseils d’autres entre- preneurs ayant connu des
penser son
réseau 2.0 Comme une stratégie marketing
Si les structures physiques sont indispensables, peut-on penser réseau en 2018 sans s’intéresser aux réseaux so- ciaux ? Selon Isabelle Sa- ladin, les intégrer dans sa stratégie est une nécessité. « Si l’activité est BtoB, alors il faudra être sur LinkedIn, si au contraire elle est BtoC Facebook et Instagram se- ront les réseaux sociaux à privilégier ». Nouveau venu
construire un écosystème via les réseaux sociaux passe par une stratégie digne d’une stratégie marketing : cibler les bonnes personnes, et leur proposer du contenu en lien avec sa proposition de valeur. A ce sujet, Isabelle saladin déconseille de pousser du contenu publicitaire. « Il faut proposer à son réseau des in- formations qui l’intéresse. Le but du contenu est de donner envie aux personnes identi- fiées d’entrer dans son propre écosystème », détaille-t-elle. Une stratégie qui permet de
200 à inscrire chaque semaine depuis le lancement officiel ».
Le réseau, maiLLon d’une Chaine d’entraide
Travailler son réseau ne peut cependant pas se résumer à simplement aller solliciter les bonnes personnes. Tous les entrepreneurs interrogés s’accordent à dire qu’il s’agit d’un état d’esprit. « Il faut être un hub, explique Lionel Chouraqui. Pour être connecté aux gens il faut d’abord les connecter entre eux ». Se- lon l’entrepreneur, également professeur d’entrepreneu- riat à l’ESSEC, ouvrir son réseau va de pair avec les sollicitations que l’on peut soi-même effectuer. « C’est un peu comme une chaine géante d’entraide, il ne faut pas garder son réseau pour soi mais en faire bénéficier ceux qui en ont besoin. A force d’être un pont entre différentes personnes, on fi- nit par être identifié comme quelqu’un de réseau et l’en- traide se fait plus facilement ». Hélène Antier se prête, de son côté, volontiers à l’exercice que ce soit lorsque des journalistes recherchent des intervenants, des étudiants un stage ou des
entrepreneurs une solution. Un état d’esprit qui peut parfois demander un investissement en temps : « cela demande d’être organisé, je reçois beaucoup de notifications en peu de temps, mais cela porte ses fruits et c’est plein de belles rencontres ». Une démarche qui permet au fil du temps de s’entourer des bonnes personnes selon Alain Bosetti : « Un cercle vertueux se forme ensuite naturellement autour de l’entrepreneur, qui est identifié comme mettant les gens en relation. Plus l’en- trepreneur va partager, plus il aura de la valeur ajoutée en retour ». Retour qu’Hélène Antier constate de manière concrète : « Lorsque Oohee communique, beaucoup de gens partagent nos communi- cations et nous encouragent. Cela créé un écosystème bien- veillant autour du projet ». Et l’entrepreneure de conclure : « Le but c’est avant tout de créer du lien, faire en sorte qu’il se passe des choses entre les gens même si cela ne nous concerne pas dire.ctement. Une sorte de booster pour l’ensemble des entrepreneurs qui profite à tous ».
 La seule chose qui importe c’est de se créer un réseau business, et ce réseau doit se créer au moment même de la création d’entreprise
 situations similaires. Cela peut être l’occasion d’aborder certaines des nombreuses questions qui rythment les journées de l’entrepreneur comme des sujets liés à une couverture santé, un recru- tement, ou la mise en place d’un outil, explique Alain Bosetti. Il ne faut pas oublier que même lorsque l’on a une expertise, on ne connait pas forcément le métier de chef d’entreprise », rappelle-t-il.
à mi-chemin entre un réseau social et un site de rencontre, l’application Shapr permet, elle-aussi, de se connecter rapidement avec les personnes que l’on souhaite. Fonction- nant sur la base du swaping inspiré de l’application Tinder, Shapr propose chaque jour un nombre limité de profils à l’utilisateur en lien avec ses attentes et son écosystème. En dehors de cette approche très directe de réseautage,
trouver de nouveaux clients ou de se créer un réseau de partenaires comme l’illustre Hélène Antier : « Dans le cadre de Oohee, nous avions besoin de recruter des expa- triés à travers le monde. Nous avons fait un pré-lancement en septembre 2017, et avons axé toute notre stratégie de recrutement sur les réseaux sociaux. En quelques mois nous comptabilisions 1000 inscrits, et ils sont aujourd’hui
  avec
altoavocats.com
C TermSheet et lettre d’intention : comment bien articuler sa négociation ?
e mois-ci, le cas que nous allons Vu la singularité du projet, comment prévoir permis également de solliciter les banques aborder est familier de tous les en- la durée de leur « mariage », leurs objectifs et la BPI pour essayer de compléter les trepreneurs qui ont eu à gérer une communs et la répartition capitalistique ? montants investis par de la dette, des sub-
période de levée de fonds ou de vente de leur société.
Dans notre affaire, trois jeunes entrepreneurs avaient construit un beau projet mêlant in- novation et immobilier de luxe et arrivaient au moment fatidique de la levée de fonds. Initialement peu enclins à faire rentrer de nouveaux acteurs dans leur capital, ils avaient repoussé au plus loin possible cette opération.
Après une période de tournée des investisseurs et de présentation, leur projet avait retenu l’attention de Business Angels franciliens qui avait émis un intérêt pour le projet. Les entrepreneurs comme les potentiels investisseurs avaient du mal à fixer une valorisation à la société-cible mais surtout à définir les clauses du futur pacte d’ac- tionnaires.
Malgré le montant relativement faible de l’investissement, il a donc été construit un processus de levée de fonds similaire à une levée de fonds plus importante ou une ac- quisition avec Term Sheet, lettre d’intention et audit, dans une version allégée.
Le Term Sheet, sorte de note de position a donc servi d’ossature à leur accord, repre- nant les grandes lignes de leur futur accord. Pour rassurer les entrepreneurs, notre ca- binet avait donc pris l’initiative d’envoyer cette trame bien utile à fixer les positions. Dans la foulée, ce sont les investisseurs et leurs avocats qui ont envoyé une Lettre d’intention.
Ce document qui reprend les grandes lignes de l’investissement a permis de purger le gros des difficultés avant de passer à la négociation plus définitive. Ce document a
ventions ou autres types de prêts.
S’est alors ouvert le processus d’audit de la société pour identifier les risques et poten- tielles menaces sur la société pour aboutir à une valeur définitive.
En parallèle, les éléments liés au pacte d’ac- tionnaires ont été négociés progressivement. Une période intéressant pendant laquelle chacun des acteurs de ce qui prend parfois des allures de théâtre dévoile ses intentions, de nature financière ou plus personnelle. Conseil : Le processus de Term Sheet de lettre d’intention n’est pas réservé qu’aux grands groupes ou aux grosses opérations, il peut aussi convenir à des opérations plus modestes mais qui par leur caractère atypique échappent à la valorisation traditionnelle ou aux calculs habituels.
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Le droit en pratique
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                                                                                                                         ]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  L’impact du managementsur les espaces de travail
Bureaux à l'anglo-saxonne
  Nouveaux comportements, nouvelles tendances managériales et, donc, nouvelle façon de concevoir l’immobilier tertiaire. Moins pressurisant, le management moderne implique un cadre de travail agréable et en phase avec les attentes des collaborateurs. Mais comment adapter ses bureaux à cette vision anglo-saxonne ? Décryptage.
Par Marc Hervez
Est-ce de l’humour, de l’autodérision ou de la lucidité ? Toujours est-il qu’Alexandre Pachulski, cofondateur de Talentsoft, leader européen des applica- tions Cloud de gestion RH, a du recul sur lui-même et son entreprise. « Je crois qu’on a tous les stigmates de la boîte moderne qui veut se la jouer cool : table de ping-pong, salle de sieste, décoration geek... Difficile de faire plus cliché », s’amuse t-il. Mais, à la différence de certains mastodontes du Cac 40 qui sont parfois tentés de suivre la mode en mettant un baby-foot dans leur salle de vie, Talentsoft est confrontée à des enjeux qui nécessitent une réflexion sur les nouveaux espaces de travail. Sa population est essentiellement composée de jeunes de trente ans, son marché est extrêmement dynamique, elle enregistre une forte croissance, mais, sur son secteur, les talents
sont rares. Donc précieux. Un bon moyen de les atti- rer, en plus du salaire, est donc de leur proposer un cadre de travail attractif. « Les locaux font partie in- tégrante de la notion d’ex- périence de travail, avance Alexandre Pachulski. Vous vous souvenez du concept d’expérience client, censée approfondir la relation entre un consommateur et un pro- duit ? C’est un peu la même chose, sauf que l’on applique l’expérience au sein même
rection, c’est tout l’espace de travail et l’ergonomie qui en découle qui doivent être repensés.
aCCompagner Les nouveLLes mœurs
A la base, ces nouveaux im- pératifs s’expliquent par la conjoncture de trois forces. Premièrement, la transfor- mation digitale de la vie quotidienne. Explications : le grand écart entre l’expé- rience de consommation au jour le jour, bouleversée par le numérique, et la vie au travail, devenait trop impor- tant. Il a fallu ramener cette dernière dans la normalité. En résumé, le monde dans lequel on entre à 9h30 en passant le seuil de son bureau ne pouvait être éternellement différent de celui dans lequel on est inscrit à 9h29. En second lieu, vient l’extrême facilité pour créer sa boîte aujourd’hui. Une connexion et un laptop suffisent, là où, il y a quinze ans, le concept même de création d’entreprise englobait principalement des notions d’artisanat et d’in- dustrialisation. Un employé mécontent ou malheureux sur son lieu de travail peut aisément sortir du salariat et voler de ses propres ailes et faire un métier davantage en lien avec sa passion. Enfin, vient la quête de sens. Les salariés modernes, surtout en
treprise, car l’expérience de travail dépend aussi de l’espace », appuie Alexandre Pachulski. Si vous êtes per- dus, pas d'inquiétudes à avoir. Certains professionnels du mobilier professionnel ont dédié une partie de leurs services à l'accompagnement et au conseil et ce, de façon sur mesure. « Imaginer ses locaux, les équiper, les instal- ler, les adapter aux besoins de ses effectifs et de leurs missions... Avec Bruneau Aménagement, implanter ou déménager votre entreprise n’est plus une gageure. De la conception à la prestation logistique, nos experts vous accompagnent tout au long du projet : étude personnalisée, plans 2D ou 3D, sélection, livraison,montage... », décrit avec enthousiasme Ludovic Loy, directeur marketing et digital chez Bruneau
La fin des
bureaux pour
Les dirigeants
Sauf qu’en 2018, l’espace de travail ne désigne pas que les locaux. Avec les nouveaux modes de management, se sont développés les «tiers- lieux». Car le travailleur moderne est nomade. Le concept désigne un espace de travail qui ne se situe ni au sein d’une entreprise, ni au domicile du collaborateur. Généralement, il s’agit de
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Un objet encombrant qui envahit les entreprises grâce au flex-office ?
Ces nouvelles tendances invitent le top management et le middle management à évoluer au cœur même des échanges et des équipes
 de l’entreprise, adaptée aux collaborateurs. » Il est donc crucial, pour l’entreprise moderne, d’adapter son ma- nagement à ces nouveaux usages. Mais, derrière les décisions prises par la di-
zones urbaines, sont animés par l’idée d’aligner leur ma- nière de gagner leur vie sur leurs aspirations. « Tous ces concepts ont donc, inévita- blement, des conséquences en termes d’immobilier d’en-
locaux alternatifs que l’on va partager, pour favoriser la créativité et la synergie. Au hasard : des espaces de co-working ou fablabs, prisés par les salariés souhaitant déménager loin de Paris sans
 ]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[ J’adore l’esprit loft, un peu East Village... En revanche qui paie pour l’arrivée de la fibre ?
 Le travail de demain
Top 6 des changements qui vont être opérés selon les salariés
-Outils de travail : 38 % -Contrats de travail : 33 % -Contenu du travail : 28 % -Organisation du travail : 26 % -Espaces de travail : 16 %
-Pratiques de management : 14 %
Source : Etude menée par Revolution@work et Ipsos sur un panel de salariés prove- nant de France, des Pays-Bas, de Grande Bretagne et des Etats-Unis.
 avec
ethic.fr
La Responsabilité sociale de l’entre- prise, nouveau fer de lance de la société, a trouvé dans les entreprises de propreté un écho immédiat.
On le savait déjà, un niveau de propreté élevé permet de valoriser l’image de l’entreprise qui présente de ce fait un environnement sain et soigné. Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que des locaux bien entretenus, des espaces désinfectés si besoin et un cadre de travail tout simplement propre sont des facteurs de bien-être des collaborateurs. Au-delà de notions de productivité, c’est, pour l’entreprise, la possibilité d’avoir des salariés plus investis, plus respectueux d’espaces designés par des spécialistes de l’ergonomie et du confort au travail. La propreté des locaux ne répond pas juste à des critères d’hygiène. Elle offre des parfums de produits de plus en plus travaillés, des consommables sanitaires
en ouate recyclée très douce ou encore des procédures de désinfection écologique. Et lorsque la RSE est une valeur partagée par l’entreprise cliente et le prestataire, un réel partenariat basé sur le progrès social permet de mettre en œuvre le travail en journée. Cette évolution importante dans la relation client/entreprise de propreté ouvre la voie à un véritable progrès dans les conditions de travail des agents de propreté. Travailler durant les heures de bureau, être en contact avec les collabo- rateurs de l’entreprise cliente, c’est ne plus être transparent, ne plus travailler à l’aube ou tard le soir. C’est enfin l’oppor- tunité de développer une relation entre l’agent de propreté et les utilisateurs de l’espace de travail. Il en ressort toujours un renforcement de la confiance et, mais est-ce surprenant, un plus grand respect du travail accompli par l’agent de propreté.
C’est dès lors une réelle évolution positive qui est en train de se développer, quand on ne parle plus de nettoyage mais de propreté, quand l’agent de propreté est au service du bien-être de ses clients tout en retrouvant un rythme de vie plus normal. Nous avons tous à y gagner !
Jean-François Renault Président d’EFICIUM
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La propreté, enjeu majeur de la RSE ?
     CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 pour autant démissionner de leur emploi. Ce système s’avère également idéal pour les équipes commerciales, qui par définition ne sont pas amenées à être au siège social derrière un ordinateur la majeure partie de leur planning. Alors que le té-
sent pour une raison X ou Y, il ne monopolise pas un poste de travail, puisqu’au- cun siège ne lui est attri- bué. Un autre salarié peut donc prendre sa place », remarque Jean-Charles Do- deman, fondateur d’Action Ergo, cabinet de conseil
l’aménagement des locaux. Résultat ? « Un condensé de tous les clichés geek », rigole le dirigeant. Ainsi, du merchandising Star Wars a été installé dans des salles de réunion. Les étages se nomment «movies» ou «mu- sic», et les différents espaces ont été baptisés en fonction de titres de chansons ou de films. « Au moins, ils se sentent bien, car les trente- naires ont choisi eux-mêmes leur univers de travail. Il n’y a rien de pire que des top-managers de 45 ans qui décident de l’aménage- ment pour des salariés de 30, dans l’optique de leur faire plaisir. En général, ils tombent à côté. » Et Ludovic Loy, directeur marketing et digital chez Bruneau d'ajou- ter : « Si vous voulez un environnement de travail à votre image. Si vous ne trouvez pas exactement le produit ou l’équipement que vous désirez, le service My Bruneau le cherche pour vous. Et s’il n’existe pas, nous pouvons aussi l’inven- ter, grâce à nos solutions sur-mesure. » Vous n'ave.z plus d'excuses pour revoir vos exigences immobilières et mobilières à la hausse.
 létravail se répand comme une traînée de poudre (un salarié se sentira toujours bien considéré lorsqu’on ne lui imposera pas sa présence si la nounou est malade, par exemple), « les entreprises ont besoin d’optimiser l’es- pace. Voilà la raison de l’avènement du flex-office : si un collaborateur est ab-
spécialisé en ergonomie et aménagement d’espace de travail. Evidemment, qui dit gain de place dit aussi économie. Dans leurs murs également, les entreprises du tertiaire développent des modes de travail toujours plus collaboratifs. Bye bye l’open space uniformisé et le bureau individuel, place
au flex-office (bureau non attribué), aux salles de ré- unions informelles, et aux lieux d’échange, comme par exemple le coin cafe- teria. Voilà ce que l’on ap- pelle les tiers-lieux. Nicolas Paugam, directeur général de l’agence Artdesk, spé- cialiste de l’aménagement d’espaces de travail, confirme la tendance. Ces nouveaux modes de travail innovants ont été assimilés il y a déjà plusieurs années. « Nos col- laborateurs n’ont plus de postes de travail fixes. Ils se déplacent un peu partout, tout au long de la journée et utilisent différents espaces connectés et parfaitement adaptés à chacune des ac-
tivités du moment. Même moi, cofondateur, je n’ai personnellement plus de bureau. » Après tout, Mark Zuckerberg ne disait-il pas que les réunions n’étaient pas planifiées mais se créaient, de fait, là où il se baladait. Voilà un mode de fonction- ner bien loin des codes en- seignés aux responsables des ressources humaines durant leurs études, mais pourquoi pas ? Nicolas Pau- gam reprend : « Finalement, cette tendance invite le top management et le middle management à évoluer au cœur même des échanges et des équipes. C’est aussi une tendance que nous préco- nisons en ce moment à nos
clients dans l’agencement de leurs nouveaux locaux. »
quid du
mobiLier ?
En ce qui concerne, le mo- bilier et la décoration, il faut croire que l’espace de travail de demain est amené à ressembler de plus en plus à l’appartement. Canapé, grands coussins, cuisine pratique, salles de jeux... « Le graal, c’est bien sûr de faire quelque chose qui s’approche de la maison idéale, comme fantasmée dans les série US », note Alexandre Pachulski. Ainsi, chez Talentsoft, ce sont les salariés eux-mêmes qui ont été sondés pour assurer
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J’aime ma boîte
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                 AMÉNAGEMENT, DÉMENAGEMENT, IMPLANTATION
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   ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  Immobilier d’entreprise : les bons réflexes avant de déménager
Entre les (nouveaux) murs
  « Reste à embaucher les collaborateurs à la hauteur du mobilier... »
Qu’il s’agisse de s’adapter à sa croissance ou de réduire son loyer, déménager ses bureaux est une décision qui nécessite une vraie réflexion. Les clefs pour réussir au mieux sa transition.
Par Marc Hervez
Locaux trop étroits pour répondre à la croissance et aux perspectives de recrute- ment, charges représentant un poste de dépense trop important, emplacement inadapté aux nouveaux mo- des de travail, ergonomie à revoir... Moult raisons et contraintes peuvent amener un entrepreneur à prendre la
tout cas, de le prendre à la légère, et d’en faire un changement anecdotique. Dans certains secteurs en tension, les bons profils sont rares. Disposer de locaux attractifs est donc un ar- gument pour les retenir, au même titre que le salaire. Or, ce raisonnement implique parfois la nécessité d’aller s’installer ailleurs. Mais
ture de bureau et l’aménage- ment d’espaces de travail : « Il est possible de faire du changement de locaux une opportunité d’évolution et de croissance. Mais il s’agit d’un événement sensible qui nécessite un soin particu- lier. Hélas, beaucoup trop d’entrepreneurs font l’erreur de ne pas l’anticiper. Une bonne moitié de nos clients
  L’espace de travail est désormais considéré comme un facteur de productivité
à part entière
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décision d’établir sa société dans de nouveaux murs. Le déménagement est, dans la vie d’une entreprise, un événement majeur qui peut représenter un souffle de renouveau, mais aussi s’avérer source de soucis. Il serait irresponsable, en
attention, cela n’a rien à voir avec un simple changement d’appartement, comme le vivent des milliers de par- ticuliers chaque jour. C’est l’avis partagé par Romain Fusaro, fondateur de Kollori, boutique de e-commerce spécialisée dans la fourni-
nous appellent un peu en panique : « On déménage dans deux semaines, vous pouvez nous aider ? "Il s’agit d’une configuration" stres- sante pour tout le monde : la direction, les salariés et la société qui opère le déménagement. »
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 Ce déménagement en vaut-iL vrai- ment La peine ? Première règle, donc, pour réussir son déménagement d’entreprise : s’y prendre en amont. « Six mois avant la date effective », comme le recommande Romain Fu- saro. Preuve que les enjeux d’un changement d’adresse sont de mieux en mieux saisis de la part des chefs d’entreprise, « de plus en plus de boîtes n’hésitent pas à consulter des experts et à se faire accompagner dans leur phase de transition », admet Jean-Dominique Montandon, fondateur du cabinet de conseil en amé- nagement de bureaux Isotop. « L’espace de travail est désormais considéré comme un facteur de productivité à part entière. Faire appel à un expert extérieur per- met de s’appuyer sur une vision plus objective et de
prendre de la hauteur quant aux besoins. » Mais, avant même de s’affranchir des contraintes administratives (préavis de résiliation du bail, note d’intention aux délégués du personnel, re- cherches actives de nouvel emplacement, mise à jour des documents profession- nels, etc.) il importe de se poser « LA » bonne ques- tion : quelle est la raison qui motive le déménagement ? Car il n’existe pas de mé- thode miracle, tout n’est que cas par cas. « Chaque déménagement doit être une réponse adaptée à la philosophie et au métier de l’entreprise. Ce n’est pas parce que le flex office est à la mode que cette ergono- mie colle à votre société : les collaborateurs de 25 ans n’ont pas les mêmes attentes que ceux de 50 », ajoute Jean-Dominique Montando. Conséquence,
plus on prend conscience de la véritable raison derrière cette décision, mieux on peut organiser les opéra- tions et rédiger un agenda
sion entérinée, il apparaît alors primordial d’établir un cahier des charges sur la base des nouveaux locaux. La sélection de ces derniers
convient d’établir quels ser- vices doivent être proches les uns des autres, et quel sera l’emplacement de la direction générale. Une
s’organiser : il est en effet fréquent, notamment lors de transfert de siège social depuis une ville intra-muros vers une aire extra-urbaine (ZAC, banlieue ou autre), qu’une partie des salariés démissionne ou sollicite une rupture convention- nelle. Autant anticiper sa politique RH et ses futurs besoins en matière d’em- bauche. D’autre part, la transparence a du bon, quel que soit le contexte. « Si un déménagement est motivé par une réduction du loyer, il ne sert à rien de le cacher, pointe Jean-Dominique Montandon. En phase de récession, réaménager ses bureaux en vue de réduire la voilure est perçu comme une saine décision. » Enfin, il apparaît important de valoriser le résultat et les conséquences de cette dé- cision. Avertir ses équipes, donc. Mais pas que. Il est
 Au-delà de l’ergonomie et du cahier
des charges, beaucoup d’éléments étaient à prendre en compte, notamment au niveau de la dimension RH
 cohérent par rapport à ce projet de transfert. Dois-je déménager car mon bail est trop cher ? Dois-je adapter mes bureaux aux nouveaux modes de travail (postes flexibles et non attribués, open space pour favoriser la synergie, télétravail) ? Ai-je vraiment besoin de m’agrandir à l’heure où plus personne ne raisonne selon le ratio surface par poste de travail ? Une fois la déci-
conditionne en grande par- tie le déménagement d’une entreprise. Est-il possible d’y introduire la fibre ? Tout est-il aux normes in- cendies ? Des travaux sont- ils nécessaires ? Quid de l’emplacement des prises ? Autant de questions qui, une fois listées, permettent de mieux organiser l’opération en interne. A ces questions matérielles s’ajoutent des problématiques de terrain. Il
interrogation d’autant plus valable dès lors que l’on s’installe dans des locaux sur plusieurs niveaux.
impLiquer ses équipes
Une fois que ce travail est fait, mettre au plus vite les salariés au courant du pro- jet est fortement conseillé. D’une part, pour que per- sonne ne soit pris au dé- pourvu et que chacun puisse
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]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  également important de les consulter et de les impli- quer dans le processus. Il est possible de réaliser un sondage en intranet, afin d’évaluer les besoins et les désirs de chacun. Par exemple, certains employés peuvent être récalcitrants à l’idée de travailler en open space. Autre astuce : nom- mer un référent en interne qui listera les choses à faire et fera remonter les infor- mations. Souvent, cette tâche incombe à l’office manager. Ce dernier servira d’interlocuteur privilégié avec l’entreprise qui gèrera les opération le jour J. « La principale erreur que font les entreprises, c’est de ne pas prendre en compte toutes les caractéristiques du bâtiment où le transfert doit avoir lieu », remarque Michel Kwarteng, chargé de marketing digital pour le compte du déménageur
UAP Successeurs. « Nous avons beaucoup de ques- tions. A savoir, le nombre d’accès aux locaux, les digicodes, les facilités de stationnement, etc. Il y a énormément de paramètres. Pour des entreprises comme la nôtre, il est plus simple d’avoir un interlocuteur dédié, afin que le démé- nagement s’opère dans les meilleures conditions. » Ce responsable et référent peut aussi avoir pour mission de dresser l’inventaire du mobilier et déterminer ce qui doit être déménagé ou non. En effet, il arrive que certains meubles deviennent obsolètes ou inutiles par rapport au nouvel espace de travail. S’affranchir de déménager tous ces volumes inadaptés permet de réduire les coûts du déménagement de façon non négligeable. Rien de mieux, pour cibler ses besoins et optimiser
les moyens, que de dia- loguer avec les collabo- rateurs. Ancien directeur de l’organisation et des systèmes d’information pour le compte de la coopérative agricole Axéréal, François Laurin avait été recruté en 2012, suite à la fusion
entre deux enseignes, pour chapeauter une opération délicate : l’emménagement sur un site commun situé à Orléans des équipes basées originellement à Bourges et Châteaudun, soit respective- ment à 125 et 135 kilomètres de la préfecture du Loiret.
Ce qui représentait environ 400 collaborateurs. L’idée de fédérer deux équipes dispatchées était louable. Encore fallait-il réussir cette transition. D’autant qu’un site avait l’habitude de fonctionner en open space, quand l’autre était encore estampillé «bureaux cloisonnés à l’ancienne». Comment faire, au final, pour que tout le monde s’y retrouve ? « Associer les salariés dès le début du projet à l’aménagement du nouvel espace de travail
personnes, pour leur ex- pliquer certains nouveaux concepts de bureaux et re- censer leurs envies. Il arrive même parfois qu’il soit ac- compagné d’un architecte d’intérieur qui modélise en temps réel un prototype de nouveau bureau, qui sera ensuite soumis à la direc- tion. Dans la même logique, François Laurin, de son côté, a collaboré avec les instances représentatives du personnel. « Nous par- tions d’une feuille blanche. Après consultation, nous avons opté pour des bu- reaux semi-ouverts, avec des open spaces de quatre à douze personnes, avec cloisonnement de qualité entre les différents pôles. Mais, au-delà de l’ergo- nomie et du cahier des charges, beaucoup d’élé- ments étaient à prendre en compte, notamment au niveau de la dimension RH. Il fallait accompagner le changement et proposer des mesures aux salariés. » Alors, la société a négocié avec la SNCF des places de parking réservées pour les salariés résidant à Bourges. Un service de bus privé avec
   Financement immobilier
Quand recourir au crédit-bail ?
Entretien avec Arnaud Collomb, directeur commercial des réseaux France de Crédit Agricole Leasing & Factoring
« Le CBI peut également être utilisé pour un investissement immobilier mis ensuite en location. C’est pourquoi nous proposons une offre dédiée aux investisseurs »
Dans quel type de situation peut-on recourir au cré- dit-bail immobilier ?
Le CBI est une solution de financement intéressante pour toutes les entreprises et les investisseurs qui souhaitent investir dans un bien à usage professionnel et bénéficier d’avantages comptables et fiscaux. C’est souvent un financement plus accessible que le crédit long terme, du fait de la garantie que constitue la pro-
priété pour le crédit bailleur.
Y a-t-il des secteurs d’activité qui se prêtent le mieux à cette solution?
Le CBI s’adresse à toutes les entreprises – du profes- sionnel, artisan, ou commerçant à la multinationale, quel que soit le secteur d’activité. C’est particulière- ment adapté pour le financement d’immeubles de bu- reaux, commerces, bâtiments d’activité ou logistiques, hôtels ou cabinets médicaux par exemple. L’utilisation est assez souple : le bien peut être à acquérir - avec ou sans travaux-, ou à construire, indépendant comme en lot de copropriété. Par ailleurs, la durée du CBI peut s’adapter à l’activité de l’entreprise ou à la valeur loca- tive du marché. Enfin, l’option d’achat peut être levée en fin de contrat, ce qui permet à l’entreprise de de- venir propriétaire du bien souvent pour un euro sym-
bolique ou une valeur résiduelle du prix du foncier. Le CBI peut également être utilisé pour un investissement immobilier mis ensuite en location. C’est pourquoi nous proposons une offre dédiée aux investisseurs.
Quels en sont les points forts?
Les avantages du CBI sont nombreux. Il permet notam- ment de financer intégralement les investissements, jusqu’à 100 % de leur montant TTC. Terrain, construc- tion, frais et droitsde mutation, honoraires d’archi- tecte, taxes et primes d’assurance, TVA...tout est in- tégré au CBI. De plus, le CBI présente des avantages fiscaux, puisque les loyers sont déductibles du résultat imposable de l’entreprise, et comptables, puisqu’il n’y a pas d’actifs immobilisés au bilan. Enfin, avec le CBI, les investissements sont sécurisés : l’entreprise bénéficie de l’accompagnement d’experts de l’immobilier tant sur le montage financier que sur le respect des règles juridiques et d’urbanisme.
Quels points de vigilance malgré tout?
Le CBI ne concerne que le financement de biens à usage professionnel. Il ne convient pas par exemple aux biens immobiliers mixant bureaux et habitation.
Propos recueillis par Geoffroy Framery
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
« Mince, Didier tourne depuis une heure... Nous aurions du anticiper les recrutements ! »
Chaque déménagement doit être une réponse adaptée à la philosophie et au
métier de l’entreprise
 offre plusieurs avantages. D’abord, cela diminue leur anxiété par rapport à ce changement qui approche. En général, ils sont flat- tés par les démarches de co-conception. Ensuite, étant donné qu’ils sont partie prenante dans les décisions, ils ne râleront pas en cas de non satisfac- tion », reconnaît Romain Fusaro de Kollori. Lorsqu’il intervient dans une société en passe de déménager, il n’hésite pas à auditer les salariés, et à les regrouper en ateliers de huit à dix
points de passage, payé par la société, a également été mis en place pour «récol- ter» les collaborateurs et les amener chaque matin sur le nouveau site. « Et ceux qui ne voulaient pas poursuivre l’aventure ont bénéficié d’une aide au reclassement », souligne François Laurin. Signe qu’entreprendre de démé- nager implique d.avantage de problématiques que le simple fait de passer d’un local à un autre.
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CAHIER PRATIQUE
  Innover sur la relation et l’expérience client
Pari phygital
  Des chatbots à l’intelligence artificielle en passant par la reconnaissance faciale ou visuelle, les innovations technologiques sont nombreuses et permettent aux entreprises et aux marques d’améliorer leur expérience client. Car c’est bien d’expérience qu’il faut parler désormais, plutôt que de relation client. Les interactions entre une entreprise et son client ont lieu aujourd’hui sur de nombreux canaux et prennent des formes diverses. Les entreprises ont donc fort à faire
pour construire un parcours client fluide sur toutes les plateformes sur lesquelles elles retrouvent leurs clients, tout en leur proposant une expérience différenciante.
Par Emilie Massard
Dans le film Minority Report, Tom Cruise et ses congénères ex- périmentaient la reconnais- sance faciale, leur permet- tant de recevoir du contenu personnalisé diffusé par des écrans disséminés un peu partout dans l’espace public. Dans le film Her, Joachim Phoenix tombait amoureux de son chatbot personnel, personnifié par la voix de Scarlett Johansson. Sortis respectivement il y a quinze et cinq ans, ces films imaginaient un futur qui n’est peut-être pas si loin aujourd’hui. Ces technologies existent bel et bien aujourd’hui, même si leur utilisation n’est peut-être pas encore aussi poussée que ne l’imaginaient ces cinéastes. Elles évoluent cependant à grande vitesse, et sont au cœur de la réflexion des en- treprises pour leur stratégie d’expérience client.
de La reLation
à L’expérienCe CLient
La transformation de la rela-
tion client a déjà commencé il y a plusieurs années, avec l’émergence de nombreux canaux d’information, de prospection, d’achat ou d’ex- pression pour les clients. De
uns après les autres, puis le client s’est mis à circuler de manière autonome dans ces différents canaux, ce qui a pu créer des irritants dans son parcours. » C’est pourquoi après être passées du mul- ti-canal au cross-canal, les entreprises ont dû se mettre à l’omni-canal. « Elles doivent mettre en œuvre une méthode de modélisation du parcours client pour identifier tous les points de contact, ajoute Nathalie Innocenti. Notre métier est de décomposer ces étapes, de la phase de recherche au SAV, d’étudier les passerelles d’un canal à l’autre et d’utiliser tous les outils nécessaires pour construire une expérience client augmentée. L’objectif final est de mettre les canaux au service des besoins du client, en gardant en tête la volonté de créer une expé- rience, un ressenti, un niveau d’affection que va générer l’interaction pour le client.
nombreuses, et même si elles ne deviendront peut- être pas toutes incontour- nables, certaines semblent déjà indispensables. Elles font progressivement tomber les frontières entre le virtuel et le réel au profit d’un commerce unique et connecté. « Notre stratégie est d’être au plus proche de nos clients, en étant présents sur les princi- pales plateformes sociales et conversationnelles, au niveau mondial comme au niveau local », indique Florence Estra, directrice du Marke- ting Digital pour Air France. « Nous avons l’opportunité d’accompagner nos clients pendant et après le voyage en passant par la vente, et nous le faisons notamment grâce à notre équipe de So- cial Servicing, composée de 150 conseillers qui répondent aux clients dans neuf langues sur les réseaux sociaux. » Et puisqu’Air France mise notamment sur la complé-
 L’objectif final est de mettre les canaux au service des besoins du client, en gardant en tête la volonté de créer une expérience, un ressenti, un niveau d’affection
 la phase d’inspiration au SAV, toutes les étapes d’un parcours client ont été éclatées sur de nombreuses plateformes, et les entreprises ont dû suivre le rythme. « Le client a re- pris la main, ce n’est plus l’entreprise qui décide de la manière dont la relation client se crée », indique Na- thalie Innocenti, dirigeante et fondatrice de Mission Capital Client, qui accompagne les entreprises à chaque étape de la construction de leur expérience client. « Pendant longtemps, les entreprises ont construit le parcours client en enchaînant les contacts les
» Surinformé, le client attend en effet désormais une expé- rience de sa relation avec une entreprise ou une marque. Le rôle du vendeur évolue de fait de l’information vers l’expertise, le conseil, la dé- monstration.
Les nouveLLes teChnoLogies nous emmènent dans Le futur
Pour créer cette expérience, les entreprises peuvent comp- ter sur les nouvelles tech- nologies qui se multiplient pour enrichir l’expérience client. Les innovations sont
mentarité entre les hommes et les robots, la compagnie a dernièrement saisi plusieurs opportunités d’automatisation des relations. La première étape a été mise en œuvre en juin 2017 en permettant aux voyageurs de recevoir tous leurs documents de voyage ainsi que les informations qui leur seront nécessaires directement sur Messenger, la messagerie instantanée de Facebook. Une nouvelle étape a été passée fin novembre 2017 avec la naissance de Louis, un chatbot qui répond aux ques- tions des clients concernant les bagages sur l’interface
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Laisser le conseiller se concentrer sur sa VA et le chatbot sur la FAQ...
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]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  Messenger. Une question sur le poids des bagages que vous pouvez embarquer, les contenus autorisés, l’embal- lage d’une planche de surf ou des informations sur un bagage manquant ? Louis vous apporte une réponse instantanée. C’est d’ailleurs l’une des qualités mises en avant par la compagnie pour ce robot conversationnel. « Louis répond aux besoins d’instantanéité des clients, qui sont parmi les plus im- portants pour les fidéliser, indique Florence Estra. 13 500 clients ont déjà conversé à ce jour avec Louis. Il évo- lue constamment puisque, basé sur le NLP ( Natural Language Understanding), il apprend tout seul. Cepen- dant, le facteur clé de succès d’un chatbot est également qu’un client puisse avoir ac- cès facilement et rapidement à un conseiller si le chatbot ne peut pas lui répondre, ou tout simplement s’il souhaite être rassuré. » Louis répond aujourd’hui aux questions posées en français, cepen- dant il sera bientôt dispo- nible en anglais. Air France ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, puisqu’un autre chatbot est en cours de test auprès d’utilisateurs. Celui-ci interviendra plutôt
dans la phase d’inspiration du parcours client, en proposant des idées de destinations en fonction des critères que le client lui aura soumis. Ce prochain chatbot pourrait être lancé dès la fin du mois d’avril. La compagnie tra- vaille également sur d’autres utilisations de l’intelligence artificielle, mais aussi d’assis- tants vocaux. « L’humain reste cependant au cœur de nos dispositifs, rappelle Florence Estra. L’intelligence artificielle apporte une aide, tandis que l’humain se focalise sur les
cas les plus complexes où les moments décisifs de la relation client. »
La digitaLisation pour mieux renfor- Cer L’humain
Si les nouvelles technologies s’immiscent de plus en plus dans la relation entre une entreprise et ses clients, les grandes marques n’en oublient pas pour autant l’importance de la relation humaine dans le parcours client. Chatbots, intelligences artificielles et autres objets connectés
s’accompagnent donc bien souvent d’une possibilité de contact avec un conseiller ou un vendeur en chair et
en BtoB. C’est le cas de la société Capifrance, un réseau de conseillers immobiliers indépendants. C’est sur la disparition des agences phy- siques qu’avait misé le réseau lors de sa création en 2002, avec des services proposés uniquement en ligne. « 90 à 95 % des projets immobiliers démarrent aujourd’hui sur Internet, rappelle Philippe Buyens, directeur général de Capifrance. Nous avons fait du web notre unique vitrine, ce qui nous a permis d’inves- tir dans la diffusion de notre offre, mais aussi dans la rému- nération de nos conseillers. » La direction de Capifrance s’est cependant rendu compte que si le développement du nombre de conseillers était fort, il était plus limité dans les grands centres urbains. « Lorsque nous recherchons des candidats, nous avons
des bureaux, etc. Par ailleurs, le travail à domicile n’est pas toujours facile dans les grandes villes. » Capifrance a donc fait évoluer son mo- dèle avec le lancement des Ateliers, un nouveau concept de boutiques «de quartier» pour répondre aux besoins de ces candidats. Des lieux qui se veulent fidèles à son modèle existant centré sur le concept «phygital», associant avancées technologiques et représentation territoriale forte. « Nous avons souhaité proposer des lieux qui ont un sens dans les quartiers dans lesquels nos conseillers sont implantés, ajoute Philippe Buyens. Les Ateliers offrent donc l’ensemble des services de Capifrance et proposent une solution complémentaire à nos conseillers pour exer- cer leur métier. Mais pour participer pleinement à la
  L’exemple à ne pas reproduire en termes de parcours client...
 Les innovations font progressivement tomber les frontières entre le virtuel et le réel au profit d’un commerce unique et connecté
 en os. Certaines entreprises vont même plus loin en re- pensant leur stratégie pour y remettre de l’humain et de la proximité, y compris
noté que de nombreux candi- dats étaient en reconversion professionnelle. Pour eux, il était plus sécurisant d’avoir un cadre avec un manager,
vie du quartier, une partie de la boutique sera éga- lement mise à disposition pour des afterworks sur des thématiques immobilières, mais aussi des animations des commerçants du coin, des expositions d’artistes locaux, etc. ». Une manière de créer du trafic dans la boutique, mais aussi d’ouvrir l’espace pour rencontrer les autres acteurs du quartier, tout en améliorant l’expé- rience client des conseillers indépendants qui travaillent pour la marque. Dans tous les secteurs d’activité, la digitalisation apporte donc des outils incontournables aux entreprises pour rendre l’expérience client inoubliable, sur tous les canaux. Y compris dans les magasins physiques, qui restent à ce jour les prin- cipaux canaux de vente d.ans le retail, et qui trouvent un nouveau souffle grâce à ces nouvelles technologies.
 Evénementiel
Si les technologies fluidifiant le parcours client sur Internet sont nombreuses, les marques n’oublient pas d’enrichir l’expérience des consommateurs en magasin, toujours dans l’objectif d’optimiser la complémentarité entre le digital et le physique. Les magasins phy- siques font d’ailleurs l’objet de nombreuses innovations présentées dans les salons qui sont consacrés à ces nouveautés technolo- giques. En visitant le Retail’s Big Show de la NRF à New York ou, plus près de nous, en par- courant les stands du salon Viva Technology, plus largement consacré à l’innovation tech- nologique, on peut imaginer à quoi ressem- blera le parcours client de demain. Un chariot connecté qui détecte automatiquement les articles déposés à l’intérieur et qui permet de suivre l’avancée des courses, de recevoir des promotions et de payer sans passer par une caisse traditionnelle ? C’est fait, et devrait ar-
river dans certains magasins du groupe Car- refour au deuxième semestre 2018. Des ca- méras placées sur les racks pour identifier les produits manquants ou mal placés sont éga- lement déjà commercialisées par la société Qopius. Carrefour a également testé en 2017 la diffusion d’hologrammes dans ses rayons. Un totem tactile qui détermine votre humeur pour vous proposer un produit cosmétique ? Ça existe aussi, testé par le groupe d’immo- bilier commercial Klépierre grâce à la recon- naissance faciale développée par Microsoft. La reconnaissance faciale pourrait également permettre de diffuser à un client des promo- tions ou publicités adaptées à son profil en magasin. Ce type d’étiquettes dynamiques a déjà été adopté aux Etats-Unis dans l’alimen- tation et le secteur des jouets pour enfants. La reconnaissance visuelle est également en plein boom, et permettra sans doute très
bientôt de pouvoir identifier un objet, et donc l’acheter, simplement en le prenant en photo. Un Shazam des objets, en somme !
Parmi les rendez-vous à venir, les décideurs marketing/comerciaux, IT, les agences marke- ting, communication et CRM pourront décou- vrir toutes les solutions du marketing digital et de la relation client aux salons E-Marketing Paris et Stratégie Clients qui sont organisés conjointement du 10 au 12 avril 2018 dans le hall 4 de la Porte de Versailles à Paris. Lors de leur quatrième édition en 2017, les deux sa- lons avaient accueilli 322 exposants et 15 500 visiteurs. Le thème de cette cinquième édition du salon E-Marketing Paris sera le suivant : «Du data driven au people driver : ré-humani- ser le marketing». Du côté du salon Stratégie Clients, l’accent sera mis cette année sur la relation client augmentée.
Les dernières innovations s’exposent
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
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 Business guides
Dans chaque numéro, EcoRéseau Business s’intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeant (logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l’avis des prestataires et conseils
  Se préparer à la RGPD
Pas de temps à perdre
 N’oubliez pas. C’est pour le 25 mai...
 La nouvelle réglementation européenne sur la protection des données privées entre en vigueur le 25 mai prochain, et elle introduit des changements majeurs. S’y préparer est essentiel ; et la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas nécessairement si compliqué.
Par Jean-Marie Benoist
Le nouveau Règlement européen sur la pro- tection des données privées – plus couramment appelé RGDP – va bientôt entrer en vigueur en France. Pour rappel, la date du 25 mai est bien l’entrée en vigueur de la règlementation : elle a été votée en avril 2016. Au- trement dit, la non-confor- mité peut être sanctionnée à partir de mai prochain. « Beaucoup d’entreprises n’ont pas pensé que le 25 mai était l’entrée en vigueur, mais une période transitoire, estime Gérard Haas, avocat, fondateur du cabinet Haas. Ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, 81 % des entreprises ne sont pas conformité. Et les sanc- tions sont élevées : jusqu’à 10 millions d’euros, ou 2 % du CA mondial, si on n’a pas respecté les principes directeurs ; jusqu’à 20 mil- lions d’euros, ou 4 % du CA mondial, si le droit des per- sonnes a été bafoué. » Les grands groupes sont en ordre de marche : banques, assu- rances, acteurs de l’énergie...
« Les entreprises qui nous contactent pour demander la certification AFAQ Protection des données personnelles sont souvent celles qui ont déjà bien entamer la mise en conformité au RGPD. Ce sont aussi des sous-traitants qui anticipent les demandes de leurs donneurs d’ordre », explique Benoît Pellan, expert produits confiance numérique, RGDP, cyber-sécurité chez AFNOR Certification. Mais il en va tout autrement pour les ETI et les PME – sans même parler du secteur public. « Les principes sont connus : ce sont des évolutions des lois qui se succèdent depuis 40 ans, estime Xavier Leclerc, CEO de DPMS. Si le travail a déjà a été fait, se mettre en conformité avec la RGDP ne demandera pas beaucoup d’effort. » Encore faut-il avoir fait le travail précédent. La
tenant partagée entre les ac- teurs qui traitent les données (typiquement l’entreprise et certains sous-traitants). De fait, chaque entreprise pourra mettre en place un traitement sans le déclarer à la CNIL. En revanche, il doit tenir à jour un registre de tous les traitements actifs : envers le personnel, les clients, et les sous-traitants.
De nouveaux droits, qui concernent les salariés et les clients, sont aussi établis formellement : le droit à la portabilité et à l’effacement des données, le recours au consentement systématique pour la phase de recueil... « Autre point, le règlement renforce les obligations de sécurisation : on passe d’une obligation de moyens à une obligation de résultats, ex- plique Gérard Haas. Et trois risques en particulier sont
au-dessus du seuil de 250 salariés. Pour les entreprises de taille plus modeste, elles échappent aux nouvelles obli- gations – sauf si elles traitent des données de masse (ser- vice marketing, commercial d’une certaine taille...) ou travaillent dans un secteur à données sensibles. « De fait, tout le monde est concerné, à partir du moment où l’on traite des données d’un client européen, car les données à caractère personnel couvrent un territoire très large, mais pas au même niveau : certains ne dénombreront que cinq à dix traitements différents dans leur entreprise », ras- sure Xavier Leclerc. Reste à déterminer ce qui s’applique et à qui. « Nous avons fondé, avec d’autres acteurs de l’in- dustrie du Cloud, l’association CISPE, et nous avons établi un code de conduite pour
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
La RGDP a plusieurs objectifs :
créer la confiance, responsabiliser les acteurs, et assurer une meilleure sécurité juridique de la collecte
  plupart des intéressés ne savent pas qu’il fallait faire une déclaration à la CNIL ; alors, pour l’étape suivante...
Les grands prinCipes
La RGDP a plusieurs ob- jectifs : créer la confiance, responsabiliser les acteurs, et assurer une meilleure sécurité juridique de la collecte. Pour ce faire, elle introduit plusieurs évolutions, certaines étant plus radicales que d’autres. La première est une nouvelle approche de la responsabilité des entreprises, qui passe du déclaratif à une obligation de preuve, et qui est main-
mis en avant : le vol, la mo- dification et la suppression. » Pour piloter le tout, la RGDP recommande la création d’un nouveau poste : le Data Pri- vacy Officer (DPO), en charge du bon traitement des données dans l’entreprise.
tout Le monde
(ou presque) est ConCerné
La RGDP s’applique de façon plutôt large : toute entreprise qui traite les données d’un résident européen est censée respecter, pour ses données tout du moins, les exigences européennes. En fait, tout le monde est concerné, du moins
expliquer les obligations de chacun, explique Jules-Henri Gavetti. Par exemple, en tant qu’hébergeur, nous ne traitons pas les données des clients de l’entreprise ; mais nous avons un rôle important à jouer pour l’obligation de prévenance, par exemple. » En pratique, cela veut dire, par exemple, qu’un héber- geur n’est pas responsable des données ; qu’il faut faire relire les mentions légales et CGV de son site par un avocat spécialisé ; ou en- core, qu’il faut revoir ses formulaires de contact sur le site pour minimiser les données échangées, pratiquer
 ]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 l’opt-in... « Les démarches ne sont pas complexes, mais demandent de l’organisation – en fait, elles demandent de prendre de nouvelles habi- tudes organisationnelles », résume Jules-Henri Gavetti, président et co-fondateur d’Ikoula. En fait, « Les 6 étapes préconisées par la CNIL visent à structurer un projet de mise en conformité en vue de l’échéance du 25 mai 2018 », résume Benoît Pellan. Beaucoup des étapes sont de l’ordre de l’accom- pagnement. Mieux encore : beaucoup des transforma- tions à mener partagent des étapes, que l’on peut du coup mutualiser.
désigner un
piLote
La CNIL a publié, en début d’année, un livre blanc qui fait office de guide, et qui offre un fil directeur pour mener sa mise en conformité. Et la première étape, c’est de désigner quelqu’un qui supervisera tout le processus, en sera le point de contact, etc. : cette personne, c’est le DPO. « La gouvernance doit pouvoir se montrer capable d’être «RGDP-friendly», souligne Xavier Leclerc. Cela passe par la nomination d’un DPO, qui n’est pas obliga- toire pour tous, mais apporte certains avantages. » Cette obligation, notamment, s’im- pose à l’ensemble du secteur public : autant dire que sans mutualisation des postes, c’est un objectif qui ne sera pas rempli d’ici au 25 mai. Avoir un responsable aide à mutualiser les coûts et l’exper- tise, à condition qu’il occupe une position transverse dans l’entreprise. Il doit pouvoir travailler avec tous – no- tamment les RH, la DSI... Du coup, son indépendance, voire sa présence au conseil d’administration, sont des éléments utiles. Le problème est qu’il s’agit d’un métier nouveau, et qu’il est donc délicat de faire son choix. Mais de l’aide est prévue. « J’ai créé en 2017 l’UDPO (L’Union de DPO), en parte-
nariat avec le bureau Veritas, pour certifier les experts », souligne Xavier Leclerc. De quoi déjà pouvoir faire une première sélection...
Constituer
un registre
C’est l’un des éléments es- sentiels pour l’évolution de la responsabilisation : le re- gistre. Il recense l’ensemble des traitements de données personnelles dans l’entreprise, les catégories de données personnelles traitées, les objectifs poursuivis par les opérations de traitements de données, les acteurs (internes ou externes) qui traitent ces données, notamment les pres- tataires sous-traitants, et enfin les flux en indiquant l’origine et la destination des données, afin notamment d’identifier les éventuels transferts de données hors de l’Union eu- ropéenne.
La CNIL proposera un modèle – a priori un simple fichier Excel – pour le registre. Ce ne sera pas le seul outil dis- ponible pour le constituer, mais c’est une bonne base de départ. À noter que même si le registre n’est pas obligatoire, une entreprise a tout à gagner à se plier à l’exercice, qui est loin d’être inutile.
identifier et prioriser Les aCtions
Une fois le recensement fait, chaque traitement doit être analysé et évalué, pour pouvoir ainsi construire un plan d’actions cohérent. Plu- sieurs critères sont utilisés. Tout d’abord, il faut s’assu- rer que seules les données
et sous-traitants connaissent les nouvelles obligations et responsabilités – « il va fal- loir procéder à une grande lecture contractuelle, avec les salariés, mais aussi avec les fournisseurs et les pres- tataires », souligne Gérard Haas –, prévoir la mise en place des procédures né- cessaires au respect du droit
cadre, la CNIL donne neuf critères (deux suffisent), dont la surveillance systématique, les décisions automatisées, la grande échelle...
Un PIA contient plusieurs éléments : une description du traitement étudié et de ses finalités ; une évaluation de la nécessité et de la pro- portionnalité des opérations de traitement au regard des finalités ; et une évaluation des risques pour les droits et libertés des personnes concer- nées, les mesures envisagées pour faire face aux risques.
organiser Les proCessus internes Pour assurer tout cela, les processus internes vont de- voir évoluer. Il suffit parfois de pas grand-chose, comme de vérifier si les logiciels utilisés sont en conformité. Toutes les solutions ne sont pas conformes : par exemple, les logiciels RH américains n’ont pas de raison de se prêter au jeu de la RGDP en matière, par exemple, de collecte. « Un point particuliè- rement complexe est soulevé quand le département RH d’une entreprise équipée de
Henri Gavetti.
Par ailleurs, « un autre chan- gement majeur est l’obliga- tion de déclarer une faille de sécurité dans un délai de 72 heures, une mesure qui s’applique à tous », pré- cise Gérard Haas. La mesure tranche fortement avec les actions pratiquées jusqu’à maintenant, où Yahoo a mis plus de six mois avant de dé- clarer sa faille... Il est vrai qu’il existe un risque d’alerter les pirates à une vulnérabilité, avant d’avoir pu étudier leur modus operandi.
doCumenter
Mais mener toutes ces opé- rations ne sert à rien si le ré- sultat final (voire le processus dans son intégralité) n’est pas documenté, car c’est sur la documentation que reposeront les contrôles. Traitements, information des personnes, contrats... L’exhaustivité est de mise. Et c’est un travail qui doit être fait en continu : il faut pouvoir prouver qu’à l’instant t, l’entreprise était en conformité – et non à t-2 ans. « Au 6 étapes de la CNIL, nous proposons une septième étape pour l’après 25 mai 2018: la certification, explique Benoît Pellan. Le principe est de mettre en place des mesures techniques et opérationnelles pour soutenir la conformité au RGPD dans le temps et dé- ployer un plan d’action pour renforcer progressivement la protection des données personnelles. Cela permettra aux entreprises, par exemple, de répondre aux obligations envers les sous-traitants, et inversement. » Le référentiel est presque prêt : les lignes directrices de la CNIL, atten- dues sous peu, permettront de l’achever. Cette nouvelle certification RGDP n’est pas à confondre avec la norme ISO27001, qui s’attache à la sécurité informatique dans les entreprises ; mais il est à noter qu’une nouvelle ver- sion de la norme 27001 est en préparati.on, qui intègrera les évolutions apportées par la loi européenne. Une piste à explorer.
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Qui est votre champion... votre DPO ?
Mener toutes ces opérations ne sert
à rien si le résultat final (voire le processus dans son intégralité) n’est pas documenté
 strictement nécessaires à la poursuite des objectifs sont collectées et traitées – « en pratique l’approche privacy-by-design, cela veut dire qu’il faut réfléchir aux données strictement néces- saires, et aux conditions de leur exploitation, au moment où l’on commence la réflexion sur un traitement », estime Benoît Pellan – identifier la base juridique sur laquelle se fonde votre traitement (par exemple : consentement de la personne, intérêt légitime, contrat, obligation légale) et réviser en conséquence les mentions d’information ; vérifier que les prestataires
(d’annulation, modification, consentement...), et enfin, vérifier les mesures de sé- curité en place.
gérer Les risques
« Les études d’impact sont la seule réelle nouveauté de la RGDP, dans le sens où c’est maintenant à l’entreprise de les mener, même si cela ne concerne que quelques processus exceptionnels », souligne Xavier Leclerc. Les PIA, analyses d’impact sur la protection des données, sont à mener sur les trai- tements qui présentent des risques élevés. Pour savoir si un traitement rentre dans ce
solutions en mode Saas veut récupérer les informations récoltées pour le compte de l’entreprise », estime Jules- Henri Gavetti.
Sans oublier les contrats conclus avec les prestataires : par exemple, ils n’intègrent pas de clause de droit d’accès ou de modification. « Dans le cas d’un CRM dans le Cloud, par exemple, il va falloir envoyer un courrier en recommandé à l’éditeur, pour demander la conformité à la RGDP et l’extraction de ses processus de traitement pour les intégrer à l’entre- prise, qui en a besoin pour son registre », explique Jules-
]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[                                                            CONSTRUISONS ENSEMBLE VOTRE CYBERSÉCURITÉ
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  ]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Réseaux & influence
Décryptage d’un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networking
CEFA (Club économique franco-allemand)
Avoir le Rhin solide
  Biculturalisme, bilatérisme, rencontre en mode européen avec le Club économique franco- allemand.
effectuées de l’autre côté du Rhin, armes de cadre diri- geant faites dans le groupe Mannesmann en Suisse, il est revenu en France il y a une décennie, et préside le groupe Multivac France, spé-
C’est là que se trouve notre vivier le plus important pour la croissance. Identifier les pratiques et les facteurs de succès, dans nos deux pays, cela donne du sens. Notre contribution au débat public, nos recommandations, qui ne sont pas franchement faites pour plaire cependant tirées de notre expérience, ont été remises au gouvernement. »
pas un think tank
Les adhésions ? « Elles ont lieu sous forme de parrainage, mais nous acceptons aussi les candidatures spontanées qui sont alors étudiées, donnent lieu à un entretien, avant que le Comex ne les valide. Ce qui compte, c’est la volonté aussi de contribuer à l’élan, appuie Oliver Nass, membre de la direction de l’équipe- mentier automobile Punch. On n’attend pas forcément que chaque membre contri- buetoutletemps,ilyaun Comitéexécutifpourcela et un Conseil d’Orientation qui l’aide à avancer. » La pratique courante de l’alle- mand est-elle obligatoire ?
ment seize et onze à ce jour). Le club affiche une volonté affirmée d’ouverture : 30 % des événements accueillent effectivement des non-adhé- rents. Et une facilité d’accès est octroyée aux cadres de moins de trente-cinq ans. Du coup, PME/PMI comme grandes entreprises (Engie, Siemens, Sanofi, Safran...), françaises comme allemandes, se côtoient. « Ce qui compte pour nous ? C’est d’être issu de l’industrie. Deux tiers de nos membres sont des indus- triels ou en sont proches. Des avocats, nous n’en acceptons plus dans un souci d’équilibre, sourit Oliver Nass. Trois cent cinquante membres, avec une quasi-parité entre Français et Allemands, c’est bien pour conserver un esprit de club, des relations étroites aussi, puisqu’il y a entre 40 et 150 personnes lors des événe- ments que nous organisons. Ceux qui nous rejoignent le fontgénéralementaunom de leur société, en tant que chef d’entreprise mais aussi en tant que cadres. » Dîners ou déjeuners-débats avec des
allemandes et les liens privi- légiés avec le club de Berlin.
des pointures
au miCro
Jean Baghdad, directeur de la filiale française de SAF Holland spécialisée dans les essieux pour les remorques et les semis, a rejoint le CEFA il y a un an avec l’ambition de « prendre de la distance, le temps d’analyser et d’échan- ger certaines décisions et problématiques, élargir son horizon ». Un partage d’expé- riences pour ce dirigeant de 30 collaborateurs sur le terri- toire français. « Les objectifs et la configuration du CEFA, avec ce nombre d’adhérents limité, avec une cinquantaine de membres lors des événe- ments, favorisent vraiment les échanges. Et puis, c’est très enrichissant, lors des dî- ners-débats, d’écouter Chris- tian Scherer, le DG d’ATR, Jacques Aschenbroich, DG deValeo,ouThomasBuberl, le président d’Axa. Ce sont des cadres de haut niveau, avec une approche poussée de l’entreprise, de l’indus-
Par Olivier Remy
   Certains rêvent le modèle allemand, d’autres le cultivent bilatéralement.
155 boulevard Haussmann, àParis.L’ambassaded’Al- lemagne est à dix minutes
en Vélib’ en passant par l’Arc de Triomphe et l’avenue Foch, l’Élysée est à moins de cinq minutes, Matignon à dix de plus. Le VIIIe arrondissement est un quartier aussi presti- gieux que stratégique. C’est là que le Club économique franco-allemand (CEFA) a posé sa plaque, à l’entrée du large porche. Statuts, mode d’adhésion et grands principes ont été pensés et mis en place en 2004, le CEFA ayant été officiellement lancé en 2005. « Jusque-là, il existait le Cercle franco-allemand sur Paris, mais il traitait davantage de sujets politiques. Or, Paris est de toute évidence l’une des capitales économiques de l’Europe et il était donc étonnant que cette ressource n’existe pas. Certains membres réfléchissaient à la création
d’une section distincte. Puis leCercleaperduunpeude souffle et le CEFA a vu le jour », resitue Oliver Nass, membre du Comex. Avec le soutien de l’ambassade d’Al- lemagne dont il est toutefois indépendant, le Club a vite défini son premier objectif : atteindre tout de suite une cen- taine de membres pour créer une vraie base, une légitimité afin de proposer à ses membres des conférences de grande qualité. Les dîners-débats, le cœur de la vie du CEFA qui organise quatorze événements par an. « Quelques grandes personnalités nous ont rejoints, nous avons choisi des lieux de prestige, mais tout cela s’est fait, même si nous avons des outils de communication, par le bouche-à-oreille. » Christophe Charoy a rejoint le réseau il y a quelques années. Mère allemande, père français, études supérieures d’ingénieur
cialiste mondial de solutions deconditionnement,depuis six ans. Un PDG totalement biculturel qui a vu son adhé- sion comme un prolongement de son management et un écho à ses prises de décisions. « L’approche est différente de la Chambre de commerce où l’on peut trouver des clients, des fournisseurs, où l’on voit beaucoup de banquiers et d’avocats. Le CEFA, ce sont des acteurs haut de gamme qui ont un passé et une expérience réelle de cette double culture. Christian Streiff (ancien PDG du groupe PSA Peugeot-Ci- troën et vice-président de Safran, NDLR), qui a succédé à Francis Mer, a fixé cinq- six thèmes de réflexion afin d’apporter quelque chose au débat économique. Je me suis personnellement impliqué sur le sujet de l’apprentissage. Mon entreprise compte 2 500 personnes dont 180 apprentis.
L’approche est différente d’une chambre consulaire. Le CEFA, ce sont des acteurs haut de gamme qui ont un passé et une expérience réelle de cette double culture
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« Non, les conférences sont données dans les deux lan- gues. Ce qui est important en revanche, c’est d’avoir cette double approche culturelle, de la curiosité intellectuelle et de vouloir comprendre l’autre. » Quid du montant de l’adhésion ? Le montant s’élève généralement Pour 1000€ par an (4000€ pour les bienfaiteurs, 6000€ pour les partenaires, respective-
grandes personnalités, petits déjeuners avec des interve- nants plus techniques sur des sujets comme la gestion de l’innovation ou la fiscalité, voyages en France et en Al- lemagne, le CEFA se défend d’être un think tank, préférant souligner l’expertise partagée, l’apport de sa contribution au réseau des clubs d’affaires franco-allemands qui compte onze entités françaises et huit
trie, une connaissance des pratiques franco-allemandes. Ce que je retiens, c’est que la qualité de ces intervenants permet de se situer sur cer- taines problématiques, de se rassurer dans son approche. Et cela élargit l’esprit. » D.e quoi aussi entretenir les rela- tions bilatérales et apporter sa pierre au débat européen.
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
Brèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles, les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivité
    Le verbatim à retenir...
LE CHIFFRE DU MOIS
69%
Soit plus des deux tiers des personnes de la génération Y âgées de 25 à 33 ans seraient en «crise du quart de vie» ou crise des 25. Ce chiffre auraitétéextrapoléparOliverRobinson,psychologueetclinicien britannique, à partir de données recueillies sur le réseau LinkedIn. Cette crise serait vécue comme une période d’insécurité, de doute et de déception lors des premières expériences professionnelles.
proposé à la prise de fonction de la nouvelle recrue permettra de former les sala- riés de l’entreprise, incluant la future équipe de travail du diplômé. Un suivi in- dividuel régulier pour la prise de poste sera assuré par GEM afin d’optimiser les performances de ces profils.
KEDGE Business School ouvre un Master of Science Management des Arts et des Industries créatives
-KEDGE a fait du management des arts et des industries créatives un de ses axes d’expertise en produisant une recherche académique appliquée aux probléma- tiques des entreprises, des territoires et des organisations publiques du secteur. A la rentrée 2018, KEDGE s’appuie sur cette expertise pour renforcer son por- tefeuille de programmes spécialisés en lançant à Paris le Master of Science Arts & Creative Industries Management. « La France
est reconnue mondialement pour son attractivité
dans les domaines des arts et des industries cultu-
relles, souligne José Milano, directeur général
de KEDGE. Pour maintenir ce leadership, les
entreprises de ces secteurs recherchent un haut
niveau de compétences adapté à leurs enjeux spé-
cifiques. La mission de notre nouveau MSc Arts
& Creative Indutries Management est de former
ces professionnels grâce à notre expertise dans ce
champ. » « Dispensé en anglais et destiné à des
étudiants étrangers et français, le Master of Science «Arts & Creative Indutries Management» est un programme premium qui propose une pédagogie immersive au cœur de la culture française, précise Anne Gombault, professeur et directrice du centre de recherche Creative Industries & Culture à KEDGE. Cela concerne autant les arts visuels, le patrimoine, le spectacle vivant, les industries culturelles
  L’éducation est plus qu’un métier, c’est
une mission, qui consiste à aider chaque personne à reconnaître ce qu’elle a d’irremplaçable et d’unique, afin qu’elle grandisse et s’épanouisse.
Jean-Paul II
Nouveaux programmes & Nouvelles formations
GEM et C3R proposent une formation en data pour les adultes Asperger
74 à 86 % des adultes Asperger ne travaillent pas, sont en situation de chômage ou occupent un poste sous-évalué par rapport à leurs compétences (Barnard et al., 2001). En parallèle, 900 000 emplois dans le secteur des data seront non pourvus en 2020. Face à ce double constat, Grenoble école de management (GEM) en par- tenariat avec le Centre ressource de réhabilitation psycho-sociale et de remédiation cognitive (C3R) créent une nouvelle formation dans les data destinée aux per- sonnes porteuses du syndrome d’Asperger et aux entreprises désireuses de recruter un étudiant de la formation. Le but : faciliter l’accès et le maintien en emploi de
profils Asperger en répondant à la pénurie de compétences dans le domaine des data. Ouver- ture prévue en janvier 2019. Accessible après le bac, le cursus est réservé aux personnes de plus de 18 ans porteuses du syndrome Asper- ger (diagnostiquées ou en cours) et principa- lement référées par des Centres de ressources autisme. Il alternera cours en ligne et sessions en présentiel pendant six mois. « Les cours à distance seront assurés par des professeurs de
GEM et porteront sur le big data, le développement de logiciels, et la cybersécu- rité. La partie en présentiel sera assurée par des coachs Asperger et sera axée sur la recherche d’emploi, l’aspect social, l’intégration et le maintien en entreprise », explique Laurence Sirac, directrice du programme et responsable de l’insertion professionnelle au sein de Grenoble école de management pour les MBA et les masters, elle-même diagnostiquée Asperger. Les entreprises qui souhaiteront bé- néficier de la formation pourront recruter un collaborateur formé aux spécificités des métiers des data, rigoureux, efficace et expert dans son domaine. Le coaching
                                Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation
Travailler Autrement
PDG d’ITG, leader du portage salarial
D Le compte à rebours a commencé
epuis près de trois décennies, notre pays parle de fracture sociale et territoriale sans réussir à imaginer un futur ni même le début de solutions portant l’espoir de reconquêtes. Il aura fallu attendre
15 ans pour qu’enfin un plan ambitieux visant à réduire la fracture nu- mérique soit décidé. Un accord historique contraignant vient d’être signé par le gouvernement avec les opérateurs télécoms pour éliminer les zones blanches. Cela n’avait jamais été fait auparavant, c’est une grande avancée.
Tous les jours, cette économie nouvelle qui transforme, disrupte et ouvre de nouveaux horizons est plébiscitée ; tous les jours sonnent aux oreilles de ceux d’entre nous qui habitons dans les territoires ruraux ou les villes moyennes, des mots nouveaux : « fabs labs », « tiers lieux », « coworking » mais aussi « start-up », « Cloud » ou autres « Métiers numériques » et « compétences de demain »... sans pouvoir s’y projeter ! C’est ainsi fait ! Le compte à rebours a commencé et c’est dans cette perspective que le ministre Julien Denormandie vient de me confier la « Mission Coworking : Territoires, Travail, Numérique » visant à analyser ces nouveaux espaces de travail et leurs différents modèles, à établir les conditions de réussite en fonction des modèles économiques les plus performants et adaptés et prendre en compte les spécificités des territoires pour recommander ce qui serait le plus adapté à ces derniers.
C’est en s’appuyant sur les initiatives réussies dans les territoires, sur les acteurs innovants et tous ceux qui contribuent à cette nouvelle économie du partage, dans laquelle se multiplient des nouvelles façons de travailler, que nous présenterons des propositions et des plans d’actions porteurs d’espoir pour une grande partie du pays. Dans un esprit collaboratif et participatif nous avons ouvert une consultation pu- blique (http://mission-coworking.fr). Je compte sur votre soutien et votre appui pour m’apporter vos contributions !
70 AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
Travailler autrement
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
comme le cinéma, la musique, l’édition, les jeux vidéo, les autres industries créa- tives comme la mode, le luxe, l’artisanat, la gastronomie, les vins et spiritueux ou encore le tourisme, les loisirs et le divertissement. Les futurs diplômés occuperont des postes de management et marketing dans ces domaines dans le monde entier avec cette compétence spécifique. » Dans le cadre du Master of Science, des insti- tutions artistiques prestigieuses et des petites entreprises dynamiques et créatives font partie des partenaires impliqués. Ils partageront leurs savoir-faire et leurs pratiques lors de visites sur site, d’ateliers ou de voyages d’études. Un séminaire international comparé réunira des professeurs d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Australie pour comprendre le management des arts et des industries créatives de façon globale et territoriale.
-sans oublier : KEDGE Executive Education avec l’Apec, Agefos PME et Pôle em- ploi présentent une nouvelle formation permettant la validation partielle du diplôme Programme management général : manager à l’ère du digital.
-KEDGE lance ses deux nouveaux programmes : la Premium Summer School en partenariat avec FERRANDI Paris (2-14 juillet), et l’International Summer School, personnalisable pour chaque étudiant (18-27 juillet)
Source : KEDGE
Innovation
Eurécia et l’UPSSITECH développent une IA au service des RH
22 étudiants de la filière Systèmes robotiques et Interactifs (SRI) de l’UPSSITECH, l’école d’ingénieur de l’université Toulouse III-Paul Sabatier, collaborent au déve- loppement d’un robot interactif nommé Ziggy pour accompagner Eurécia, éditeur d’un logiciel 100% web de gestion administrative du
personnel et de gestion des talents, dans ses missions RH et événementielles. L’objectif fixé aux étudiants est de développer l’usage du robot français Ziggy en entreprise pour améliorer la communication et la ges- tion des ressources humaines.
Un prototype, réalisé en cinq mois, répond au cahier
des charges exprimé par Eurécia : développer et ex-
périmenter un robot interactif d’accueil qui puisse
assister les services RH et communication dans leurs
missions, et in fine, contribuer à créer un environnement propice au bien-être des collaborateurs. Ce projet s’inscrit dans le Projet de grande envergure (PGE) de la formation de 3e année SRI de l’UPSSITECH, projet longue durée dans lequel les étudiants de dernière année (niveau bac+5) apprennent à gérer toutes les facettes d’un projet industriel. L’enjeu principal est d’humaniser le robot, et le doter de la capacité de pouvoir interagir de manière naturelle, fluide et intelligente. Il pourra notamment apporter son soutien aux collaborateurs d’Eurécia pour l’accueil des visiteurs, sonder l’humeur des salariés, aider à l’organisation des événements, identifier le bon interlocuteur pour un projet.
Source : UPSSITECH
Alliances & Partenariats
Champagne-Ardenne : union de l’université et des grandes écoles
RH & FORMATION
               TSM (Toulouse School of Management) lance sa nouvelle offre de
formations courtes
Ce lundi 5 mars a été l’occasion pour l’ancien IAE de Tou- louse de présenter sa nouvelle offre de formations courtes intra- ou inter-entreprises à destination des managers et des dirigeants. Au programme, des formations pluridisciplinaires permettant d’accompagner l’ensemble des entreprises de son territoire. Ces formations courtes et ciblées permettront aux collaborateurs de perfectionner leurs compétences et d’approfondir leurs connaissances métier. Ce format favo- rise les échanges et le partage d’expérience et permet aux professionnels de construire un véritable parcours personna-
                         lisé. Les entreprises pourront ainsi renforcer leur expertise en comptabilité-contrôle, finance-fiscalité, ressources humaines, marketing ou encore stratégie.
Source : Toulouse School of Management
L’ensemble des acteurs de la région se sont fédérés le 21 mars. Un premier pas institutionnel avant la mise en place de projets concrets qui permettra avec cette
   AVRIL 2018 | ecoreseau.fr 71
]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
 nouvelle bannière de renforcer l’attractivité des écoles et des universités. L’association regroupe 14 membres : l’université de Reims Champagne Ardenne (Urca) et celle de Troyes (UTT), les business schools (Neoma, ESC Troyes), les écoles d’ingénieurs, l’école du travail social (IRTS) mais aussi le Crous et le CHU, sans oublier les écoles à dominante artistique (école du cirque, école du design). AgroParisTech, l’École des arts et métiers de Châlons (Ensam), et l’Institut de la marionnette de
Charleville doivent prochainement emboîter le pas.
     Frédéric Rey-Millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
Arrêtez de manager avec excel
Tous les mois en France, des millions de ma- nagers passent « à confesse » durant d’in- terminables réunions ou chacun s’évertue à
montrer que ses chiffres sont bons (mais pas trop, pour ne pas faire de jaloux), ou à proposer des plans d’actions quand ils sont médiocres. Il s’agit de la réunion budgétaire.
Nous sommes frappés par la maladie du « temps court » où nous pilotons l’activité et les managers avec le budget mensuel. Se focaliser sur un résul- tat mensuel maintient une pression d’enjeu qui empêche de se consacrer à l’essentiel : Comment progresser.
Phil Jackson, entraineur des Chicago Bulls et des Los Angeles Lakers a remporté sept titres de NBA. Il a dirigé les plus grands joueurs de basket tels Michael Jordan ou Shaquille O’Neal.
Dans les moments de grâce, ses joueurs étaient ca- pables de prédire ce que leurs coéquipiers allaient faire sur le terrain. Ils se focalisaient non pas sur le résultat mais sur la maitrise de leurs gestes individuels et collectifs. Imaginez-vous une équipe de basket gagner son match en regardant en permanence le tableau de marques ? Pensez-vous devenir disruptif et gagner des nouveaux clients en devenant un expert d’excel ? Le budget n’est pas un outil de pilotage de la performance des managers et de leurs équipes.
Abandonner le reporting mensuel pour diriger, c’est revenir à des indicateurs qui mobilisent vos collaborateurs.
Faites qu’ils soient heureux, autonomes et travaillent en équipe. Une équipe, ce sont des gens qui se font du bien ensemble, progressent et contribuent à la performance.
Comment faire ?
Avec quatre questions :
- A cinq ans, quel est le sens à donner à notre action ? Quel rêve accessible souhaitons-nous caresser ? - A dix-huit mois, quelle performance économique
voulons nous atteindre ?
- A douze mois, sur quoi souhaitons-nous progresser ? - A trois mois, quel sont les trois objectifs collectifs
qui soudent notre action ?
Lors de vos points collectifs, consacrez 30 minutes pour échanger sur ces quatre points. Vous risquez d’être surpris par la diversité des réponses qui révélera que vous ne vivez pas tous dans la même entreprise. Est-ce grave pour autant ? En être conscient est un bon début pour changer, non ?
Source : UTT
Montpellier SupAgro, AgroParisTech et Agrocampus Ouest se regroupent
Regrouper les grandes écoles agronomiques pour créer un ensemble de 1er rang mondial sur les ques- tions d’agriculture, d’alimentation, et de sciences et technologies du vivant. Les directions estiment que ce regroupement est indispensable pour leur permettre d’opérer les grandes mutations nécessaires
face aux nouveaux défis (augmentation du nombre d’étudiants, adaptation aux nouveaux enjeux et réponses aux besoins du monde économique et des filières, projection à l’international, ouverture à des métiers émergents, transformation numérique et pédagogique, etc.). D’une seule et même voix, les directions affirment également que ce regroupement est essentiel pour renforcer la visibilité, l’attractivité et l’influence de la France sur les questions d’agriculture, d’alimentation, d’environnement et des sciences du vivant en constituant un ensemble de premier rang mondial au même titre que les grands centres de référence à l’international sur ces questions tels que Wageningen aux Pays-Bas, ou Davis ou Cornell aux Etats-Unis. Le
nouvel établissement d’enseignement supérieur et de recherche sera opérationnel au 1er janvier 2020 et regroupera 6 000 étudiants (ingénieurs, masters et doctorants) et 500 enseignants-chercheurs sur l’ensemble des champs des sciences et technologies du vivant.
Source : AgroParisTech
Notre focus RH - L’étude du mois
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
HAYS publie son enquête sur la coha- bitation des générations en entreprise Loindesclichés,lesgénérationss’entendentsurune vision commune du travail. Entre les générations desbaby-boomers(1942-1959),desX(1960-1979), desY(1980-1995)etdesZ(nésaprès1995),cesont dessalariésauxméthodesdetravail,maisaussi auxexpériences,valeursetattentesdifférentes,qui cohabitentdésormaisdanslemondeprofessionnel. Attentif aux préoccupations de ses clients et des candidats,lecabinetHays,leadermondialdurecru- tementspécialisé,s’estintéresséàlaquestiondela cohabitationdesgénérationsauseindesentreprises, etpublieaujourd’huilesrésultatsdecetteenquête. Elaboréeàpartird’unpaneldeprèsde1000candi- datsetentreprises,ellefaitlepointsurlafaçondont les différentes générations appréhendent le milieu du travail et met à mal quelques clichés.
-Stéréotypes vs réalité : les clichés mis à mal
Les stéréotypes sur les différentes générations au travailontlaviedure.Parexemple,silesbaby-boo- mersetlagénérationXsontperçuscommetrès loyauxetrespectueuxdelahiérarchie,avecunfort attachementàlasécuritédel’emploi,lesmembres desgénérationsYetZ,eux,seraientplusmobileset autonomes,avecuneforteenvied’entreprendreet quelques difficultés avec l’autorité. Pourtant,malgrécesidéesreçuessurchacunedes générations,l’étudeHaysmontrequelesdifférentes générationssemblentavoirunevisioncommunedu travail.Ellesserejoignentainsisurl’importancede l’équilibrevieprivéeetvieprofessionnelle,l’accom- plissementdesoi,lasécuritédel’emploietlaliberté au travail. Enoutre,lesmodesdecommunicationdiffèrentpeu: ons’aperçoitquelesjeunesgénérationspréfèrentaussi communiquer de vive voix avec leurs collaborateurs
Source : Hays
et managers, et non par le biais de messageries ins- tantanées comme on pourrait le penser. Pour finir, touteslesgénérationss’accordentsurlescompétences essentielles à avoir au travail : l’autonomie, l’inno- vation,etl’ambitionfigurentparmilestroisqualités essentiellesàlaréussiteprofessionnelle.
-Lesprincipalessourcesdeconflitsentregénéra- tionsautravail 26%desbaby-boomersetdesX,et39%desYet des Z, citent « les différentes méthodes de travail » commeprincipalesourcedeconflitsentrelesgéné- rationsautravail.Cecifaitprincipalementréférence àlanotiondetempstravaillé:lesjeunesgénérations aimentpouvoirgérerplusieurschosesenmêmetemps. Elless’accordentdavantagedetempslibredansleur journéedetravailets’octroientrégulièrementdes «micro-pauses» pour répondre à des sollicitations personnelles tandis que les baby-boomers et X sont davantage focalisés sur une seule tâche.
Par ailleurs, pour près d’une personne sur quatre appartenantauxgénérationsYetZ,l’usagedes technologiesestdavantageunesourcedeconflitsque pourlesrépondantsissusdesgénérationsbaby-boo- mersetX(15%).
-Améliorerlacohabitationdesgénérations
46%desrépondants,toutesgénérationsconfondues, estiment que le levier le plus efficace pour améliorer lacohabitationdesgénérationsdansl’entrepriseestla créationdebinômesintergénérationnels.Leparrainage viaunsystèmedementoratclassique(unexpertd’un secteurversunepersonnequiadesconnaissancesà acquérir)etdementoratinversé(l’accompagnement d’undirigeantparunmembreissudelagénération Y) apparaît alors comme une solution pour dévelop- perdessynergiesentrelesdifférentesgénérationset boosterlesperformancesdel’entreprise.
Manager n’est pas jouer !
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[Manager autrement
RH & FORMATION
   Le CDI intérimaire
Les innovations RH émergent constamment. Focus sur l’une d’entre elles
La «sécu-flexibilité» en toute discrétion
 Une nouvelle ma- nière de constituer ses équipes et les pérenniser ?
 Lancé à titre expérimental en 2013, le contrat à durée indéterminée (CDI) intérimaire sort de sa léthargie quelques mois avant la rédaction d’un premier bilan.
à l’ESSEC. Fin décembre 2017, au total 26 000 CD2I sont comptabilisés.
Le saint graaL pour tous ?
Hirson dans l’Aisne. An- ne-Sophie Lenne pilote les ressources humaines de l’usine d’AML systems, leader sur le segment des correcteurs et actionneurs de phares d’automobile. Six de ses actuels 130 agents de production bénéficient d’un CDI intérimaire. « Le risque de l’intérim classique est de voir partir des per- sonnels qui avaient acquis des habilités techniques, de l’assurance dans le geste, analyse-t-elle. Et de devoir repartir de zéro. Or, former les collaborateurs prend du temps. Assurément, avec le CD2I, la gestion se fait sur le long terme, avec un retour sur investissement positif. » «Gagnant/gagnant», ce slogan a fait flores il y a quelques années. On peut le remettre au goût du jour pour ce CD2I, car les entreprises clientes ne sont pas les seules bé- néficiaires. La concurrence entre les enseignes du travail temporaire fait rage. Aussi, ce contrat permet-il de fidéliser les profils les plus recherchés. Et d’une certaine manière de figer le marché. La volatilité des intérimaires, inscrits dans plusieurs agences en parallèle, tend ainsi à se ré- duire. « Et, on va plus loin dans l’accompagnement de nos salariés, témoigne Ju- lien Tillon, responsable de secteur Aisne et Oise pour Synergie. Notre relation se rapproche ainsi des socié- tés d’ingénierie avec leurs ingénieurs. »
Pour autant, le CD2I n’est pas automatique. Sur les 1 700 intérimaires au sein des 12 agences qu’il chapeaute,
Julien Tillon n’en compte que 170. Tout dépend de la conjoncture, de la visibilité du marché, du savoir-être et du savoir-faire de l’intéri- maire... Cela reste un pari sur l’avenir. Entre les missions, l’agence d’intérim continue de rémunérer son salarié. Avec souvent des formations à la clé. 38 % déclarent ainsi avoir bénéficié d’au moins une action pour monter en compétences.
un speCtre
métiers Large Maintenance curative, conduite de ligne de pro- duction ou manutention ou bien encore cariste industriel et logistique... L’intérimaire
s’engage à accepter des mis- sions sur trois métiers diffé- rents. « La polyvalence est au cœur du dispositif, mais sur des segments de marché proches », explique Vincent Leriche, directeur régional de Randstad Picardie. Tel est le prix à payer pour cette rémunération sans à-coups. Un cocktail qui n’est d’ail- leurs pas du goût de tous, des 26-30 ans tout particu- lièrement. Taux de refus : 26 %. Perte de la liberté de choisir sa mission, de la prime de fin de mission... Une statistique à comparer au 60 % des ruptures de CD2I pour décrocher un CDI dans l’entreprise utilisatrice.
un avenir enCore inCertain ?
Pour Jean-Marie Peretti, il ne fait aucun doute, « ce dispositif est vertueux ». Et il ne voit d’ailleurs pas quel argument pourrait pousser le gouvernement actuel à ne pas le pérenniser à la fin de l’année. Sauf peut-être... la croissance. « Elle pourrait en effet assécher le CD2I, commente encore Jean-Ma- rie Peretti. Une forte reprise économique accroît la pers- pective d’un accès direct à l’emploi, sans passer pa.r la case intérim... même en CDI. » La balle est dans le camp du gouvernement.
Par Murielle Wolski
1000 contrats à durée indéterminée (CDI) in- térimaires sont signés,
chaque mois, par les entre- prises de travail temporaire depuis le début de l’année 2018. Sophie Sanchez, di- rectrice générale déléguée de Synergie, spécialiste du recrutement, ne boude pas son plaisir à livrer ce chiffre national. Et à parler des 8 % à 10 % pour le seul compte de Synergie, réseau doté de 650 agences dans l’Hexa- gone. « 2018 devrait être une année prolifique, avec ce même rythme de crois- sance sur les mois à venir », confirme – confiant – Fran-
çois Roux, délégué général de Prism’emploi. En un an, selon les dernières statistiques, 45 000 emplois ont été créés en France via l’intérim, dont 10 000 en «CD2I». Pourtant, en dépit de ces données, ce sigle et ses mo- dalités restent méconnus. Quasi confidentiels même. Créé en 2013, à titre expéri- mental – c’est vrai –, repris par la loi Rebsamen en 2015, ce nouveau CDI a vécu des débuts poussifs. La raison ? «Ilaétémisenplaceau moment où l’intérim perdait du terrain », dixit Jean-Marie Peretti, professeur et cher- cheur en ressources humaines
   Points forts
Le CD2I en quatre points
1- Duréemaximalede36mois,contre18moisenin- térim classique
2- Garanties et avantages d’un CDI (congés payés, couverture sociale, formation), mais pas les 10 % de prime de fin de mission
3- Maintien d’une rémunération au moins égale au SMIC (majoré de 15 % pour les agents de maîtrise et de 25 % pour les cadres) en période d’intermis- sions
4- Formationenintermissions
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]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & Talents
RH & FORMATION
  Se former dans le digital marketing et le e-commerce
Faut-il être un geek pour faire du marketing 2.0 ?
  Si hier les entreprises faisaient la distinction entre marketing et marketing digital, il est aujourd’hui admis que toutes les stratégies marketing se pensent avec le digital. Quelles sont pour autant les dernières tendances en matière de formation en la matière ?
Par Nicolas Pagniez
La transformation digitale des entre- prises et plus par- ticulièrement des métiers du marketing implique de recruter des profils de plus en plus tournés vers le digital. « Chaque année, nous voyons que le digital est devenu incontournable. Les entreprises sont de plus en plus à l’écoute de ce qu’il se passe sur le sujet, même les plus réticentes », explique Paul Nathan, di- recteur de l’Institut du marketing digital lancé par
l’ESSCA. Une tendance de fonds qui implique de recruter des profils de plus en plus tournés vers ces nouveaux enjeux. Des em- ployés qui sont notamment au fait qu’une stratégie marketing se pense au- jourd’hui d’abord sur le mobile. « Aujourd’hui, nous sommes à près de 70 % des stratégies qui se font sur mobile. Il est devenu crucial de l’inté- grer dans sa stratégie », complète Paul Nathan. Au- delà du support, former
aux nouvelles techniques de marketing digital est devenu une nécessité dic- tée par le marché, selon Vincent Montet, direc- teur des MBA spécialisés Digital marketing et Bu- siness à l’EFAP : « Depuis deux ans, le premier levier d’investissement publici- taire est le digital, devant même la télévision. Nous serions des escrocs de ne pas former aux premiers leviers d’investissement publicitaires ! » Les for- mats à prioriser évoluent eux-aussi : « Nous passons des contenus traditionnels à la vidéo. Elle devient to- talement incontournable », explique Paul Nathan. Une tendance particulièrement regardée par les entreprises qui attendent que leurs fu- tures recrues soient forces de proposition sur le sujet, sur la base notamment de leur consommation per- sonnelle de contenus.
La néCessité de savoir prototyper Pour autant, il est difficile de définir un profil qui corresponde de manière globale aux attentes des entreprises. Paul Nathan les sépare d’ailleurs en deux catégories : « D’abord, celles qui ont un virage digital déjà amorcé et qui manquent de compétences dans un domaine particu- lier. Elles ont déjà réfléchi à la stratégie qu’elles sou- haitent mettre en place et vont chercher une sorte de mouton à cinq pattes. Les deuxièmes, au contraire, sont encore en attente d’un électrochoc car tout cela est nouveau pour elles. » Le
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Anglais ? Bilingue. Allemand ? Bilingue. HMTL ? Bilingue.
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & Talents
«mouton à cinq pattes», l’expression revient sou- vent. Une personne capable de traiter un large panel de sujets digitaux, et surtout capable d’apprendre ce qu’elle ne sait pas. « Deux nouveaux prérequis ont fait leur apparition pour le développement d’un business aujourd’hui », explique Mélanie Viala, directrice générale des Ecoles supérieures du digi- tal. « La maîtrise du code et la maîtrise des outils de création sont devenues deux compétences incon- tournables pour devenir chef de projet digital ou «webmarqueteur». » Une double compétence recher- chée par les entreprises afin de pouvoir gérer un projet de transformation digitale en interne.
Cette flexibilité des com- pétences doit permettre à ces futurs diplômés de changer leur façon d’agir en entreprise. Il est toujours attendu d’eux qu’ils soient forces de proposition, mais ils doivent à présent être capables de projeter leur entourage dans leur projet.
vation d’hôtels en ligne AMOMA.com. « Au sein d’AMOMA, nous allons
leurs usages ainsi que les environnements techniques. « On ne peut pas maîtriser
Viala. Dans le cadre du e-commerce notamment, elle rappelle que les sites
de fidélisation au moyen de paiement. Un concert de technologies que le chef de projet digital doit savoir orchestrer et imbriquer entre elles.
se mettre à La pLaCe de L’utiLi- sateur aveC L’ux L’IAB France, qui s’est donné pour mission de structurer le marché de la communication sur In- ternet, édite tous les ans
un classement des com- pétences digitales essen- tielles pour le marketing, en partenariat avec le Hub Institute. Parmi elles, la gestion de projet figure en pole position, suivie de la maîtrise des outils d’ana- lyse, de la gestion CRM et des réseaux sociaux. Si les cinq premières ne sont pas d’une grande surprise, deux nouvelles compétences font leur apparition en 2017 : le marketing automation et la
Le mouton à cinq pattes :
une personne capable
de traiter un large panel de sujets
digitaux, et surtout capable d’apprendre ce qu’elle ne sait pas
chercher des personnes qui ont une bonne appréciation de l’environnement web, et qui savent utiliser les outils numériques. » Ce dernier évoque même un profil de Power Users, des profils capables de passer d’un sujet à l’autre de manière in- tuitive, mais aussi capables de comprendre comment est construit l’outil. « Il doivent savoir manager une multitude de projets en même temps et bien sûr savoir définir leur priorité face aux problématiques », complète-t-il.
Lv2:Css+?
Cette nécessité d’être ca- pable d’intégrer les no- tions basiques de code s’explique par le fait que
un projet digital si on ne sait pas où il va s’inté- grer », martèle Mélanie
marchands font appel à de nombreux partenaires tech- nologiques, du programme
RH & FORMATION
   La maîtrise du code et la maîtrise des outils
de création, sont deux compétences incontournables pour devenir chef de projet digital
ou "webmarketer"
     Comment ? En proposant des prototypes. « La ca- pacité à prototyper est une tendance lourde que nous anticipons égale- ment, explique Mélanie Viala. L’étudiant doit sa- voir prototyper, mais aussi coder et comprendre les environnements digitaux. » Une analyse partagée par Guillaume Watson, Head of Online CRM & Digital au sein du site de réser-
tous les outils nécessaires à la mise en place d’une stratégie de marketing di- gital y font appel. « Que ce soit pour faire du SEO, mais aussi pour créer une landing page, ou faire de l’A/B testing, il est néces- saire d’avoir des bases de code », explique Mélanie Viala. Les futurs diplômés doivent donc connaître les différents langages infor- matiques, ou du moins
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]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
   connaissance des métiers UX. Le marketing automa- tion est le fait d’envoyer des mails personnalisés et au- tomatiques à des prospects ou clients tandis que l’UX signifie User experience et traite de l’analyse du com- portement client. « Chez AMOMA, nous brassons des volumes très impor- tants de mailings. Le but est de driver le processus décisionnel par rapport au comportement client afin d’obtenir le meilleur taux de conversion. L’UX se charge de compiler le de- sign avec l’IT et l’analyse du comportement client sur ces supports », explique Guillaume Watson. Un métier qui nécessite là encore à savoir jongler entre différents univers digitaux : « Connaître l’expérience utilisateurs n’est pas juste une ques- tion de marketing, c’est une question d’interface utilisateur, de référen- cement, d’analytics, et du coup tous ces métiers s’entremêlent au service de l’UX », complète Mélanie Viala.
pas de stratégie sans data
La notion de User expe- rience est elle-même in- duite par une autre ten- dance forte en matière de marketing digital attendue par les recruteurs : l’utili- sation de la data. « L’UX fait appel, entre autres, à l’analyse de parcours cas- sés ou de zones de friction sur une page. Du coup il n’y a plus d’UX sans data », explique Mélanie Viala. Derrière ce mot légère- ment galvaudé se cachent plusieurs réalités au mar- keting. D’abord il s’agit d’identifier les gisements de valeur autour de la data. Les entreprises génèrent énormément de données et doivent se demander comment les optimiser. Celles-ci peuvent être utilisées afin d’identifier de nouvelles opportunités business. La deuxième
réalité est celle de l’ana- lyse de metrics sur des campagnes marketing, qui rejoint donc la User expe- rience. Dès lors ces deux métiers impliquent-ils que le marketing devienne une compétence d’ingénieur ? « Tout dépend de ce que l’on appelle la data, ré- pond Guillaume Watson. S’il s’agit de manager des campagnes, il faut que la personne soit à l’aise avec l’analyse statistique. En revanche, si ce sont des campagnes d’intention d’achat sur des données client, les profils IT seront privilégiés car ils seront plus à l’aise avec la don- née client qui transite sur le site. »
inteLLigenCe artifiCieLLe Au-delà de ces deux mé- tiers, les écoles et centres de formation se préparent déjà aux nouveaux boule- versements à venir dans le marketing digital. « Nous explorons trois
Nous passons des contenus traditionnels à la vidéo. Elle devient totalement
incontournable aujourd’hui
 Le marketing, un métier de chiffre avant tout.
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]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
  nouvelles tendances, ex- plique Vincent Montet, la Voice Experience, la blockchain et l’intelli- gence artificielle. » Si les deux premiers sont encore dans la prospective, l’intelligence artificielle commence à se faire une place auprès des marque- teurs. « C’est une vague qui bouleverse à la fois le traitement de la data et le métier du marque- teur », complète-t-il. Du côté d’AMOMA, l’intelli- gence artificielle est éga- lement regardée de près, voire déjà utilisée : « Il est évident que c’est une tendance, explique Guil- laume Watson, après cela dépend du degré d’intel- ligence que l’on peut ap- pliquer à son business. » Si le site de réservation d’hôtels en ligne y fait appel, cela s’apparente aujourd’hui plus à de la recommandation.
vers du LongLife Learning ?
Pour autant, si toutes ces compétences apparaissent de plus en plus indispen- sables au marketing des entreprises, les postes commencent tout juste à
sité d’évoluer, cela prend parfois du temps, et les formations peuvent être en avance sur leurs besoins. Un décalage qui rend la tâche d’enseigner le digi- tal malaisée. Les centres de formation doivent dis-
En tant qu’enseignants nous devons constamment jouer avec cette prise en direct du marché. »
En entreprise, cette dif- ficulté à prédire l’avenir et l’émergence de nou-
l’employabilité avec la compétence digitale vis-à- vis des plus de trente ans monte en puissance. Il peut devenir très compliqué de se maintenir à son poste si l’on n’a pas cette compétence », explique Vincent Montet. Pour cela les entreprises font aussi appel aux écoles afin de dédramatiser le rapport au digital. L’Ecole du digital a, par exemple, organisé un reverse mentoring vis- à-vis de 180 employés de Cetelem. « Certaines per- sonnes peuvent avoir peur de perdre leur emploi à cause du digital, nous es- sayons de les convaincre et de leur parler du numé- rique de façon positive », explique Mélanie Viala. Car en matière de digital, les choses évoluent si vite que jeunes et m.oins jeunes sont égaux face à l’igno- rance des fondamentaux de demain...
 Les centres de formation doivent distinguer ce que l’on peut apprendre aux étudiants,
ce que l’on peut anticiper, et la prospective pure
 émerger. « Les entreprises ont créé au départ des contrats professionnels pour ces nouveaux mé- tiers. Puis voyant l’intérêt de ces compétences, elles commencent à transformer les contrats de nos étu- diants en poste à temps plein », explique Mélanie Viala. Si les entreprises ont conscience de la néces-
tinguer ce que l’on peut apprendre aux étudiants, ce que l’on peut antici- per, et la prospective pure. « C’est une des problé- matiques d’enseigner le digital, explique Vincent Montet. Certains éléments de prospective deviennent des tendances, dont cer- taines deviennent à leurs tours des fondamentaux.
veaux métiers parfois très techniques peut créer de l’angoisse vis-à-vis des salariés déjà en place. Pour cela, toutes les écoles proposent également des formations continues afin d’accompagner les pro- fessionnels dans la com- préhension des nouveaux enjeux. « Depuis quelques années, la violence de
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]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 La Sélection culturelle
  Littérature professionnelle
■ Préparer son futur profession- nel
Comment s’adapter aux évolutions des dix prochaines années
Avec plus de 30 mil- lions d’actifs en 2030, des emplois différents et la digitalisation des activités, le monde du travail sera encore moins lisible qu’aujourd’hui. Comprendre la com- plexité et se projeter sont les deux difficultés
majeures que les actifs devront gérer pour préparer leur futur. La capacité à s’inves- tir successivement dans des métiers très différents les uns des autres avec ou sans employeur sera essentielle. Le diplôme, les compétences, l’aptitude à se projeter, la volonté de se démarquer des autres postulants feront la différence.
Dans ce livre, l’auteur identifie les dé-
marches qui permettent d’optimiser les parcours de carrières. Il présente les méthodes pour acquérir les capacités de résilience et d’agilité que chacun peut mettre en œuvre rapidement. À travers deux exemples, il explique comment se mettre en mouvement, passer d’une posture d’attente (voire défensive) à une posture proactive.
Pour parvenir à se démarquer et réussir sa vie personnelle et professionnelle !
Roland Robeveille, Comment s’adapter aux évolutions des 10 prochaines années, Gereso Editions, 2018
■ Femmes osons pour réussir
Le guide de l’auto-coaching pour réussir dans son job
Ce guide d’auto-coaching s’adresse aux femmes pour qui s’épanouir dans sa vie
privée et dans sa car- rière n’est pas une op- tion mais une envie impérieuse et assumée. Vous avez envie de grandir professionnel- lement, de performer dans votre poste, de relever de nouveaux défis ? Vous avez be- soin de prendre une
décision importante pour vous ou de changer de carrière ? Cet ouvrage vise à vous accompagner efficacement et à ren- forcer votre confiance. Des partages de bonnes pratiques, des outils, des retours d’expériences vous permettent d’appré- hender concrètement des situations pro- fessionnelles quotidiennes. Des change- ments de perspectives, des ateliers vous incitent à la réflexion et à l’action. Onze femmes généreuses au brillant parcours professionnel vous confient leurs valeurs et expériences et partagent avec vous les clés de leur succès pour vous inspirer. Sophie Muffang, Femmes osons pour réussir, Le guide de l’auto-coaching pour réussir dans son job, Vuibert 2017
Expositions
■ Napoléon stratège
Le musée de l’Armée aborde une des facettes les plus célèbres et fascinantes de l’histoire
de Napoléon : le chef de guerre. Plus de 200 œuvres et objets issus de collections nationales et européennes (peintures, cartes, uniformes, ob- jets personnels, manus- crits...) témoignent de sa trajectoire fulgurante. L’exposition explore sa formation, le contexte de l’époque, les enjeux et le
déroulement de ses campagnes, et montre l’homme au cœur de l’action en analysant ses plus célèbres batailles (Les Pyramides, Austerlitz, Wagram, La Moskowa, Water- loo...). Des outils multimédia spécialement conçus proposent une approche immersive de l’art de guerre de Napoléon.
Stratège inégalé, c’est paradoxalement sur le champ de bataille que vaincu, il perd l’Empire qu’il avait bâti, rattrapé par ses adversaires européens. Néanmoins, deux cents ans plus tard, le nom de Napoléon fait toujours référence au succès militaire. A l’issue de l’exposition, parcourez les espaces des collections permanentes du musée dédiées à la Révolution et l’Empire, et découvrez l’église du Dôme qui abrite depuis 1861 le monumental tombeau de l’Empereur.
Napoléon Stratège
Musée de l’Armée, Invalides
Du vendredi 6 avril 2018 au dimanche 22 juillet 2018. Tous les jours de 10h à 18h Conditions d’accès : 12€ (gratuit pour les moins de 18 ans)
■ Le Musée Tomi Ungerer (exposi- tion permanente)
Le Musée Tomi Ungerer-Centre international de l’Illustration a ouvert ses portes en 2007 dans les murs de la Villa Greiner. Situé au cœur de la ville de Strasbourg, le musée innove en présentant de manière perma- nente une collection d’art graphique. C’est
le premier musée en France exclusivement consacré au dessin d’illustration du XXe siècle et d’aujourd’hui. Ce secteur des arts graphiques, longtemps considéré comme un art mineur, est une véritable tradition à Strasbourg où est né Gustave Doré et où a été créé en 1975 à l’École des arts décoratifs un atelier d’illustration réputé. Le dessi- nateur Tomi Ungerer est également né à Strasbourg en 1931. Cet artiste multiforme de notoriété internationale a abordé de nombreux secteurs d’art graphique comme le dessin de livres pour la jeunesse, la pu- blicité, le dessin satirique... Non seulement son livre Les Trois Brigands est devenu un classique pour les enfants, mais aussi l’ensemble de son œuvre est unanimement reconnue. Ses affiches politiques comme ses dessins de satire sociale sont considé- rés comme des images iconiques de par le monde. Les trois niveaux d’exposition du musée sont consacrés à l’illustration. Au rez-de-chaussée sont exposés les dessins originaux des livres pour enfants les plus connus de Tomi Ungerer depuis le début de sa carrière jusqu’à aujourd’hui. Une table interactive permet également de les découvrir de manière ludique. Au premier étage sont montrés les dessins publicitaires et satiriques de l’artiste, sous la forme d’affiches et de dessins originaux. Au rez-de-jardin sont présentés ses dessins satiriques et érotiques, une autre facette de son œuvre. Quelques jouets mécaniques de la collection de l’artiste sont mis en regard dans le parcours.
Musée Tomi Ungerer-Centre International de l’Illustration
Ouvert de 10h à 18h tous les jours sauf le mardi - Tarif 6,50€ - Tarif réduit : 3,50€ Gratuit pour les moins de 18 ans.
Villa Greiner - 2 avenue de la Marseillaise - 67000 Strasbourg
■ Artistes et robots
Du 5 avril 2018 au 9 juillet 2018
Dimanche, lundi, jeudi, vendredi, samedi de
10h à 20h. Mercredi de 10h à 22h. Fermeture hebdomadaire le mardi. Plein tarif : 14€, tarif réduit : 10€ ; tarif tribu (4 personnes dont 2 jeunes 16-25 ans) : 38€ ; gratuit pour les jeunes de 16 à 25 ans inclus, sans billet ni réservation, les mercredi 2 mai, 6 juin et 4 juillet,
entre 19h et 22h (dernière entrée 21h)/
Grand Palais, 3, Avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris, Paris
Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune
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]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[Horlogerie & Joaillerie
Senator Chronographe – The Capital Edition
L’édition spéciale que Glashütte Original a choisi de présenter à l’occasion de la 68ème Berlinale reflète le mode de vie du gentleman urbain. Dotée d’un style assuré, cette édition originale du Senator Chronographe Date Panorama se décline en une variante en acier inoxydable et une variante en or rouge, chacune étant limitée à respectivement 100 et 25 exemplaires. Les deux modèles arborent un cadran couleur gris fumée baptisée « Bourbon Grey » qui leur confère un style cosmopolite. Enfin, une version platine, limitée à seulement 5 exemplaires dans le monde, enrichit cette édition d’un cadran raffiné couleur « Dry Silver ». Ci-contre, modèle acier et bracelet marron, chronographe automatique, diamètre : 42 mm, édition limitée à 100 pièces. 13 700 €
www.glashuette-original.com
Axiom de Phenomen
« Phénomène » est un terme grec qui, au départ, est synonyme de « constellations visibles ». Phenomen assemble, rassemble, agrège ce qui se fait de mieux dans le domaine horloger pour donner vie à un objet visible, tangible, intemporel comme une constellation : un garde-temps.
La première création de la marque, dénommée Axiom, est une pièce intime, forte, dotée des deux caractéristiques essentielles d’une montre : une mise en scène de la mécanique et un design original. D’une rare complexité, la boîte contraint la mécanique à se déployer en hauteur permettant ainsi une lecture de l’heure en amphithéâtre. Cette architecture induit une émotion visuelle particulière avec la mise en scène spectaculaire d’éléments mécaniques emblématiques comme le balancier ou la roue d’échappement. www.phenomen.fr
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Sélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivité
        Mode & Accessoires Tod’s, de l’intemporel revisité
Tod’s est une marque italienne classique, dotée d’un héritage fort, avec une part importante liée à l’artisanat. L’homme Tods voyage énormément
et aime les pièces souples et confortables. Les costumes très légers se plient facilement. Inutile de renouveler chaque saison son vestiaire, les pièces sont intemporelles. Andréa Incontri, le Directeur Artistique de la Maison, s’est beaucoup inspiré
du jean. C’est un tissu en général démocratique,
mais qu’il a traité de façon luxueuse en imprimant la texture du denim « stonewashed » sur du cuir. A la façon d’une peinture, chaque pièce est différente. www.tods.com/fr_fr/
Jean-Charles de Castelbajac lance son nouveau site officiel
Jean-Charles de Castelbajac a imaginé son nouveau site comme un catalyseur inspirationnel. Le créateur y présente son univers singulier, sa mode, son art, ses collections, ses collaborations mais aussi ses passions, ses rencontres, ses archives, à travers de nombreuses images et vidéos. De son exposition «I Want - The Empire of collaboration» à la Danysz
gallery, au sweat 3 capuches pour le coq sportif, aux collections pour Rossignol et les gants poétiques avec Agnelle, la plateforme réunit les dernières actualités et les directions artistiques et accueillera prochainement un e-shop exclusif proposant des éditions limitées art, mode & design signées par le créateur. www.jeancharlesdecastelbajac.com
Form, l’expression du style urbain
Né de l’alliance entre l’ancien et le nouveau, le style urbain reflète l’air du temps à travers des éléments à la fois minimalistes et fascinants. Entre ses lignes précises et ses détails créatifs, la montre Form de Junghans s’intègre parfaitement dans cet univers visuel. Les nouveaux modèles offrent encore plus de variété avec des
cadrans taupe clair ou gris anthracite foncé. La minuterie gaufrée de forme carrée et le cadran concave produisent une remarquable
tridimensionnalité. De 479 € à 940 € selon le modèle.
www.junghans.de/fr.html
Laura Sayan, si précieuse
Jouant un contraste entre tradition et modernité, la designer arménienne Laura Sayan réinvente le bijou talisman avec élégance et féminité. Pour sa deuxième collection, on retrouve l’emblématique
fleurs de Lys avec sa ligne intemporelle « Chouchane », mais aussi le côté transmission avec ses médailles, une collection de messages ou de signes astrologiques. Sans oublier son collier « amulette
», pavé de rubis rouge, ou de saphirs, qui vous protégera des vagues négatives tout en embellissant n’importe quelle tenue et son célèbre Dream catcher déclinées en pierres semi- précieuses. Ci-contre, collier 3 rangs Chouchane en or, rubis et diamants, vendu chez Montaigne
Market et Mad Lords, 5000 euros
laurasayan.com
Maroquinerie éphémère El Bisonte
Il Bisonte, historique marque florentine de maroquinerie artisanale, inaugure une boutique éphémère Rue Saint Roch, sa troisième boutique parisienne. Ouverte au début du mois de février, elle fermera ses portes le 30 juin, dans la logique d’offrir un espace qui, bien que temporaire, représente et incarne le parcours de modernisation entrepris par la marque dès l’année dernière. Vous
pourrez acheter, en avant- première absolue, une sélection de magnifiques sacs et de petite maroquinerie de la collection du prochain Automne – Hiver 2018 de Il Bisonte. www.ilbisonte.com
Tshirt My President
My President, c’est l’histoire d’un jeune entrepreneur
de 20 ans, Yaron Galula, qui après avoir vu Daft Punk
joué par la Garde Républicaine sur les Champs Elysées
le 14 juillet 2017 a décidé de faire des T-shirts pour le Président. Sans jamais citer son nom car sa démarche n’est
pas militante, il va alors en créer trois : «My President is young», «My President is intelligent » et «Follow My President » qu’il va aller déposer lui-même à l’Elysée. Et le Président va lui répondre. Deux échanges épistolaires plus tard, le T-shirt a fait le tour du monde et s’affiche déjà sur les réseaux sociaux du Japon à Sao Paulo en passant par Abu Dhabi et la Chine. Pour Homme et Femme, disponibles du S au XL à partir de 24,90€
mypresident.fr
        80 AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
 Vins
Les Grandes Serres - Les Hautes
Vacquières 2016
Ce Vacqueyras « Les Hautes Vacquières » est
issu d’un assemblage Grenache, Syrah, et Mourvèdre. Sa robe pourpre profond exhale des arômes complexes de fruits rouges charnus avec une pointe de réglisse. La bouche est ample et soyeuse avec des arômes de cerises confites et de mûre puis une finale d'épices. Servi à 16-17°C,
il accompagnera idéalement une Côte de Bœuf mais également un carré d’agneau aux herbes de Provence.
Prix TTC : 13,25€ – en vente au caveau des Grandes Serres à Gigondas et chez les cavistes
Un 5 à 7 chez mon caviste
Du 5 au 20 avril, la deuxième édition de Un 5 à 7 chez mon caviste revient dans la capitale. On s’offre avec ses amis une soirée originale chez un caviste parisien pour y découvrir les vins des AOP du Languedoc et du Roussillon lors d’une dégustation privée. Deux types d’atelier au choix : l’atelier
« Premier flirt » et l’atelier « À la folie » pour les grands amateurs de vin. Chaque atelier, prévu pour des groupes de 6 à 8 personnes, dure une heure et demi et permet la découverte
de quatre vins issus des AOP du Languedoc et des AOP du Roussillon, agrémentés de spécialités made in Sud de France. Prix de l’atelier : de 50 à 60 € pour un groupe de 6 à 8 pers. Réservations uniquement en ligne. www.5a7chezmoncaviste.com
Bien boire en Beaujolais
Dimanche 15 et lundi 16 avril 2018, plus de 200 producteurs répartis dans 5 associations vont être rassemblés au Château des Ravatys, au Château
de Pizay et au Château de Corcelles pour proposer leurs vins à la dégustation. En plus d’un buffet vigneron servi le lundi midi de 12h à 15h dans
les trois châteaux, deux dîners sont prévus le
dimanche 15 avril au soir à Villié Morgon, l’un
à La Javernière, l’autre à la Salle des Fêtes. Une vingtaine de Domaines, venus de toutes les régions participent à cette grande manifestation (Vallée du Rhône, Provence, Bourgogne, Languedoc, Jura, Loire ou encore Savoie). Entrée gratuite, réservée aux professionnels, sur inscription préalable. www.bienboireenbeaujolais.com
Domaine J. Denuzière – AOC
Condrieu
Ce 100% Viognier est issu d’une parcelle d’un hectare située sur le Lieu-Dit « Le Tinal » et s’habille d’une belle robe or-vert lumineuse. Son nez, complexe, offre des arômes de fleurs blanches et de fruits frais (abricot, pêche) et s‘ouvre sur des notes légèrement beurrées. Sa fraicheur se révèle une fois en bouche sur des arômes fins et élégants de fleurs et fruits frais.
Servie à 12-14°C, cette cuvée J. Denuzière s’accordera avec des fromages de chèvre, des viandes blanches ainsi que des plats à base de poisson blanc ou cru.
Prix TTC : 34 euros – en vente au domaine & chez les cavistes
Domaine d’Eole Rouge 2016 (AOC Coteaux
d’Aix en Provence – certifié AB)
Un caractère solaire et généreux Syrah (50%), Grenache (40%), et Carignan (10%) sont issus de vignes plantées en altitude dans un petit vallon des Alpilles. La vendange est manuelle et totalement éraflée. Légèrement foulés, les raisins sont vinifiés entre 28 et 30° avec deux remontages journaliers pendant les 12 jours que dure la macération. L’élevage en cuve ciment est d’environ deux ans et une légère filtration est réalisée avant sa mise en bouteille.Ce 2016 présente un nez intense de fruits rouges sur fond de violette, de fèves de cacao et de senteurs de garrigue. Attaque franche, tanins fins et délicats, de belle longueur. Un vin séduisant, aromatique et gourmand qui accompagnera à
merveille un filet de bœuf ou un gigot d'agneau aux herbes de Provence. Il est conseillé de le servir entre 16 et 18°. Tarif TTC : 14,50€ chez les cavistes www.domainedeole.com/nos-vins
Dubreuil Chardonnay 2016 : l’unique
Chardonnay de Saint-Emilion
Cette cuvée présente une couleur jaune pâle aux reflets verdoyants.
Le bouquet intense révéle des notes de fleur d’acacia et d’agrumes. La mise en bouche est fruitée et racée. Le corps a de la chair et du muscle. On découvre en finale un caractère élégant et racé. Un Chardonnay désaltérant, complexe et fruité. L’équilibre entre le fruit, la fraîcheur
et la sucrosité est parfait. Dubreuil Chardonnay 2016 est le quatrième millésime sur de très jeunes vignes, il sera prêt à boire d’ici 1 an et devrait très bien évoluer d’ici 4 à 6 ans. Cette cuvée dessine déjà tout le potentiel de ce merveilleux terroir. Prix recommandé : 50 euros. Un vin
très gastronomique !
www.closdubreuil.fr
Domaine Voarick (Domaines Famille Picard) - Mercurey 1er Cru Clos Paradis
Blanc 2014
Ce 100% Chardonnay de la Côte Chalonnaise grandit sur un sol calcaire.Son nez discret dévoile des aromes de tilleul, anis et fleurs blanches (aubépine), des notes d'agrumes comme le citron et le pamplemousse. La finale révèle des notes toastées et de beurre frais. La bouche est pure, saline, crayeuse et tendue.
C’est un vin très équilibré et racé qui représente bien son terroir calcaire.Servi à 12-14°C, ce vin accompagnera des Saint-Jacques laquées au jus d'agrumes, une volaille en sauce blanche ou un fromage de chèvre affiné.
Prix TTC : 20 euros – en vente au domaine et chez les cavistes
  Vouvray Moelleux 2005 – Les Fées
Nous vous conseillons ce vin seul à l’apéritif, afin d’en apprécier tous les arômes, quand les papilles sont encore neutres. Néanmoins, il est reconnu pour accompagner à merveille le foie gras et certains fromages : un Mont d’Or crémeux, un Saint Maure de Touraine affiné, une Fourme d’Ambert, un Roquefort ou une Epoisse. Il s’accordera également avec de belles tartes fines aux fruits. Service : frais (9/11°C). Prix de vente conseillé : 20 €. www.vignoblealainrobert.com
              82
AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  Champagne
Le Brut Rosé de Saignée de Philippe Gamet
A déguster avec du gibier ou en fin d’après-midi avec une tarte aux fraises ou aux framboises, ce champagne vineux laisse éclater des notes de fruits rouges et noirs comme la quetsche, la mûre ou la cerise. Assemblage : 100 % de raisins Meunier issus de la parcelle des Bas-Bauchets. Potentiel de garde : se conservera facilement entre 2 et
Gastronomie
California Bliss
La marque franco-américaine
s’installe à Saint-Germain-des-
Prés au 10 rue de Buci. Les Frozen
Yogurts et la large gamme de
recettes healthy séduiront tous
les gourmands ! Embarquement
immédiat pour les plages de Californie ! Bois flotté, tables en planches de surf, noms de plages mythiques... Tous les parfums sont à base de yaourt 0 % de matière grasse et de lait écrémé, sans gluten, sans sucre ajouté ; une version sans lactose est aussi proposée. Avec un large choix de toppings, les yaourts glacés sont à déguster dans des pots, en cônes ou même à l’intérieur d’une brioche. Les bénéfices des ventes sont reversés à Global G.L.O.W. qui améliore l’éducation des jeunes filles dans le monde.
www.california-bliss.fr
L’Extraverte d’Oliviers& Co
L’Extraverte est une explosion de saveurs végétales
et un véritable bouquet d’herbes coupées. Sa
couleur vert émeraude est préservée dans un écrin
blanc mat, habillé d’un rameau d’olivier. Depuis
plus de 30 ans, Carlota et Mauricio Botton se
dédient à la culture de l’olivier et l’élaboration
d’huiles d’olive de premier choix. Chaque année, ils œuvrent à la production d’huiles de plus en plus qualitatives, parfumées et très riches en polyphénol, ce qui leur confère des propriétés nutritionnelles exceptionnelles. Herbe coupée, artichaut, essence de cyprès, amande amère, feuilles de tomate, note de poivron vert, que de divins arômes ! Prix 32€ la bouteille de 500ml - Edition limitée à 5 200 bouteilles . www.oliviers-co.com
    3 ans en caves. Servir à 8 – 10 ° C. édition limitée (100 exemplaires). www.champagne-gamet.com
Prix : 39 € la bouteille de 75 cl, 92 euros le magnum
Champagne Argonne 2008, une oeuvre d’art
Argonne 2008, luxueuse cuvée en série limitée, a été habillée pour ce millésime par l’architecte japonais Shigeru Ban, reconnu comme l’un des plus grands architectes contemporains. Celui-ci a entièrement conçu le coffret dans des matières simples et brutes d’une beauté naturelle : il s’agit d’un tube de carton - expertise de l’artiste - entrecroisé de bâtonnets cartonnés qui permettent de maintenir la bouteille comme un jeu de mikados. Ce coffret sobre et brut évoque la grande pureté du Champagne. mais aussi sa douceur et sa sensualité. Estampé à la main et doré à la feuille d’or, c’est une véritable oeuvre d’art unique et intemporelle, à la fois très simple et d’une beauté
sauvage très orientale. Prix : 320 euros TTC.
www.champagne-giraud.com
« Louis d’Or » de Venoge
A l’occasion de ses 180 ans, la Maison de Champagne de Venoge édite une
précieuse cuvée spéciale millésimée 1996 et baptisée Louis d’Or. Avec sa
bouteille entièrement parée d’or, cette édition ultra-limitée de la fameuse cuvée
Louis XV est une pure merveille pleine de grâce et d’élégance. Seulement 1837
bouteilles sont disponibles. Cette cuvée est composée uniquement de Grands
Crus, et offre un parfait équilibre entre Chardonnay et Pinot Noir. Le nez est à
la fois subtil et voluptueux. D’une grande complexité en bouche, la Louis d’Or
dévoile un paradoxe d’arômes à la fois fins et intenses, frais et évolués. Sa longueur en bouche est infinie. Prix de la cuvée:153 euros
www.champagnedevenoge.com
Les déjeuners d’EcoRéseau Business
       Ce mois-ci, nous avons testé pour vous le KUBE avec Cédric Ternois, président de Jalix
  Concept & Lieu :
Le monde s’est éteint tel que nous le connaissions.
La ville est devenue hostile, l’horizon un danger. Mais du chaos est né un abri, «Après», un lieu rempli de surprises,
dans lequel vous pourrez vous protéger
de la jungle urbaine. Dans un univers
post-apocalyptique, la nature reprend ses
droits. «Après» deviendra votre lieu de vie
à toute heure : Un restaurant français aux
saveurs d’antan, un bar à cocktails retro,
un espace dédié à la fête, une terrasse
végétalisée et vivante de 300m2, un Ice
Bar où le temps s’est arrêté et des espaces de co-working des plus agréables.
Cuisine :
La carte est assez courte, elle change régulièrement. Des ingrédients traditionnels, pour certains oubliés, sont remis au goût du jour. L’assiette est rassurante. Les plats sont pour certains longuement mijotés. Beaucoup d’originalité, des saveurs fines.
Service :
Personnel attentif, agréable, discret et rapide. Un lieu sans chichi où l’on aime se retrouver entre amis ou pour un moment professionnel convivial.
Notre Menu :
2 cocktails :
Dark & Stormy : dark rhum, jus de citron vert
frais, sirop de gimgembre, eau gazeuse, angous-
tura bitters. 10 euros
Aperol Spritz : apérol, champagne, eau gazeuse, orange. 10 euros
Entrées :
Cannelloni farcis gratinés, vieux parmesan, céleri, duxelles de champignon. 10 euros Terrine maison et pain de campagne à la découpe. 10 euros
Plats :
Noix de saint jacques, purée d’épinard et gingembre, citron confit, salsifis. 20 euros
Pavé de rumsteck de bœuf poêlé, pommes grenailles, sauce au poivre noir 20 euros
Tarifs : compter 50 à 60 euros pour un repas complet apéritif, boissons, entrée, plat, dessert. Très bon rapport qualité-prix !
Adresse : Kube Hotel, 1 Passage Ruelle, 75018 Paris France +33 (0)1 42 05 20 00
www.kubehotel-paris.com
  84 AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
©DR
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                            L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION
]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
Evasion
Saint James Paris
Edifié au XIXème, mi-château mi-maison bourgeoise, Le Saint James Paris se joue des codes du classicisme pour flirter avec l’exubérance. La déco Napoléon III du lobby est passée au shaker des époques et des sources d’inspiration, le tout dominé par un « chaos de lustres » de 14 mètres de haut. Côté saveurs, le chef Jean-Luc Rocha, Meilleur Ouvrier de France, vous propose ses créations. Dans la mythique
bibliothèque de l’ancienne Fondation Thiers, le chef barman vous propose des cocktails à base d’herbes aromatiques. Le jardin privé offre un cadre de verdure exceptionnel. Le Spa Guerlain vous réserve ses cabines de soins précieux. La demeure accueille également en son sein le très exclusif Saint James Club. www.saint-james-paris.com
Hôtel Château Le Cagnard
Entièrement rénové en 2012, l’Hôtel 4* Château Le Cagnard à Cagnes-sur-mer rayonne plus que jamais. Vingt-huit suites et chambres au mobilier d’époque restauré rivalisent de charme et de caractère pour vous offrir un séjour intemporel et inoubliable. Le restaurant
du Château le Cagnard offrant une vue sublime sur la Méditerranée et les collines est un endroit tout simplement magique, réputé pour son plafond coulissant qui s’ouvre sur le ciel d’azur. Une cuisine raffinée, mais ô combien conviviale, se décline avec beaucoup de créativité autour de thématiques régionales et de saison. Bâtisse du XIIIe, perchée sur les remparts du bourg médiéval du Haut-de-Cagnes, le Cagnard est une demeure d’exception.
www.lecagnard.fr
Bien-Etre
I Fly, chute libre indoor hors
norme impératif
Vous rêvez de voler ? iFly Paris situé à Vill’Up, le nouveau spot
inédit de l’Est parisien, propose des initiations à la chute libre
indoor dans une magnifique tour de verre haute de 14 mètres,
la plus haute du monde à ce jour. Pour réussir à voler et à rester
en équilibre, les moniteurs et experts seront aux côtés des aventuriers, pour accompagner les postures de gainage à adopter ! Mais en plein vol, impossible de penser un instant à l’effort tant les sensations de vols sont incroyables !
La séance d’initiation de chute libre indoor comprend 2 vols, comparables à 3 sauts en parachute à 4000 mètres d’altitude. L’expérience iFly dure 1h30 à compter de l’embarquement pour de l’adrénaline, du fun et des sensations sans pareil !
MGallery Cures Marines
Majestueux casino inauguré en 1912 sur les
planches de Trouville-sur-mer, l’hôtel des Cures
Marines thalasso & spa vous propose de vivre
la renaissance d’une légende balnéaire. L’hôtel 5 étoiles des Cures Marines est logé dans l’aile droite du Casino au coeur de Trouville. Son restaurant Le 1912, étoilé au guide Michelin, propose une expérience gastronomique unique. Sur la plage de Trouville, sous l’expertise Thalassa Sea & Spa, l’institut de Thalasso & Spa intégré propose bains d’eau de mer chauffés, salle de fitness, sauna, hammam, soins à la carte.
     www.sofitel.com
Traveller Made
La question de savoir comment créer la Haute Couture du Voyage est née en 2017. Le Luxury Travel Lab est un think tank créé par Quentin Desurmont, réunissant des experts français et anglais de marques de l’industrie du luxe. La
    Haute-Villégiature conçoit des voyages répondant aux normes de qualité les plus élevées, par des personnes expertes et passionnées. Chaque Maison possède son style et sa personnalité, mais toutes sont créatives
et innovantes pour surprendre et dépasser les attentes de leurs clients. L’objectif global de la Haute Villégiature est donc de devenir un facteur amplifiant l’effet “Waouh” dans l’industrie du voyage. Cette année, plus de 650 créateurs de voyages, hôtels, réceptifs et offices de tourisme prennent part à cet événement unique.
www.travellermade.com
Festival Takapabayé
impératif
    www.iflyfrance.com
Venez pour un temps de découverte, de partage et de
rencontre entre toutes les disciplines artistiques de la scène.
Curieux, débutants, amateurs, passionnés, professionnels :
tous les amoureux des arts de la scène ont rendez-vous les
samedi 7 et dimanche 8 avril 2018 à la fabrique artistique
et citoyenne Comme Vous Emoi, à Montreuil, pour vivre un
week-end inédit proposant une trentaine de stages de danse,
théâtre, clown, improvisation, écriture, relaxation, voix,
mime...15-20 euros le stage de 2 heures, pass plusieurs stages possible. takapabaye.viviarto.com/
SOM’Art by ALLOmatelas
Aujourd’hui AllOmatelas bouleverse le classicisme, en fournissant à des street artistes, des têtes de lits, des sommiers et des matelas comme support d’expression. C’est transformer en œuvre d’art unique, l’objet avec lequel on passe plus d’un tiers de sa vie : le lit ! Bien plus qu’un showroom, c’est une véritable galerie d’art, un espace
en évolution permanente alimenté tout au long de l’année par de nouveaux artistes. Plus de 100 œuvres exposés, debout, couchées, encadrées... Les matelas et têtes de lits sont signés des noms parmi les plus connus de la scène française et newyorkaise.  Comptez au moins 600€ pour un matelas-tableau et de 1500€ à 12000€ pour une tête de lit ou lit complet. Tête de lit Tigre 15 000 euros. 60
avenue du Président Wilson, 93210 La Plaine Saint Denis.
www.allomatelas.com
 Ginseng, l’indispensable
Consommée depuis plus de 4 000 ans en Asie, le ginseng y est considéré comme un Panacée, c’est-à-dire une plante capable de soigner ou d’aider à la guérison de l’ensemble des maux et maladie. Le ginseng est devenu la 4ème plante la plus consommée en Europe. Son efficacité est
   désormais prouvée pour lutter contre la grande fatigue, protéger les organes des infections et réguler le système nerveux. Transformés dans le Sud de la France, les compléments alimentaires Jardins d’Occitanie sont constitués de poudre naturelle de racines de ginseng, alliée à des matières végétales (spiruline et chlorelle) également cultivées en France. Focus sur Energie, le complément 100 % ginseng qui aide à maintenir les capacités physiques et mentales, à lutter contre les difficultés de concentration et à retrouver une bonne vitalité. 39€ www.jardins-occitanie.fr
86 AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Essais & TEndancEs
Par Philippe Flamand
Le Citroën C3 Aircross bouscule le marché
 Le petit SUV Urbain aux chevrons se démarque de l’offre pléthorique sur ce segment très tendance. Son design unique et ses réelles qualités routières, de confort et d’habitabilité, en font un véhicule très polyvalent.
Le petit Citroën déboule en fanfare sur le
marché très encombré des SUV urbains.
Pétillant, jovial, véritable rayon de soleil
dans la grisaille automobile, le C3 Air-
cross marque d’emblée des points par son
look. Le constructeur confirme ainsi, s’il
en était besoin, tout son talent en matière
de design. Rablé (4,15 mètres de long),
haut sur pneus avec 1,637 mètre soit 8
cm de plus que le Peugeot 2008 avec lequel il partage sa plateforme, plus haut que la plupart de ses concurrents (Renault Captur, Opel Crossland, Seat Arona, Hyundai Kona, Kia Stonic, VW T-Roc .) le C3 Aircross sort du lot et attire les regards. Sabots avant et arrière, grandes roues élargisseurs d’ailes en plastique noir, il dispose d’un indéniable capital de séduction. Son sex-appeal doit
beaucoup à l’offre de différenciation proposée par le constructeur : huit couleurs de caisse, trois couleurs de
toit, quatre Packs Color, et cinq ambiances intérieures autorisent au final 90 combinaisons possibles. De quoi ne pas passer inaperçu.
Un petit SUV familial
Partageant avec la C3 dont il est dérivé les rondeurs de galbes, les feux à double étage, la fine calandre chromée et les feux arrière à effet 3D, l’Aircross en reprend également les codes dans l’habitacle avec des inserts couleurs (volant, aérateurs, sièges) et des
assises de très grande qualité.
Car c’est là un de ses atouts maîtres : ce SUV urbain typé est très confortable, tant par ses suspensions que par ses sièges profonds. Il est en outre plutôt spacieux et très modulable avec un coffre généreux pour sa caté-
gorie (410 litres) et une banquette arrière coulissable et rabattable. Du coup cet héritier tendance du monospace C3 Picasso en conserve les qualités familiales.
Plutôt bien fini, très bien équipé, offrant une excellente position au volant et une belle ergonomie des commandes, le C3 Aircross est un régal à conduire même si sa boîte manuelle 5 se révèle un peu dure et manque de précision. Mieux vaut opter pour la remarquable boîte auto EAT6. Le petit moteur essence trois cylindres Puretech de 110 chevaux, un peu bruyant, est quant à lui sans reproches tout comme la tenue de route de ce SUV appelé sûrement à un grand avenir. Pour preuve Citroën se flatte d’avoir déjà commercialisé 50 000 véhicules en Europe en seu- lement quatre mois, dont 23 000 en France. Contribuant ainsi à la croissance de ses ventes européennes de 19 % en janvier 2018. Revers de la médaille : il faut compter de trois à cinq mois d’attente pour obtenir son véhicule, de quoi susciter dans la rue des regards envieux.
Modèle essayé : Citroën C3 Aircross Puretech 110 BVM Feel. Tarifs : à partir de 19 250 euros. Tarifs gamme essence à partir de 15 950 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 20 750 euros.
 Opel Grandland X Elite :
un Peugeot 3008 en moins bien
Le clone teuton du bestseller sochalien est produit dans la même usine. Adapté aux standards d’Opel il perd en sex-appeal et en confort mais gagne des points côté portefeuille.
Le rapprochement des deux constructeurs automobiles implantés de part et d’autre du Rhin n’a pas attendu le rachat d’Opel par PSA en août dernier pour se concrétiser par la mise en commun de plate-
formes. Dès 2012 les couples 2008-Crossland X ont uni leurs gènes, et aujourd’hui c’est le très talentueux 3008 du Lion qui se fait cloner par Opel sous forme du Grandland X. Ce SUV fabriqué lui aussi à Sochaux conserve une grande partie des quali- tés mécaniques du mo- dèle originel mais avec du peps en moins. Ici l’habi- tacle et la planche de bord sont typés Opel, tout comme le confort un peu rude. Du coup l’ensemble est affadi et les perfor- mances de l’Opel qui affiche un surpoids de 40 kilos sur la balance s’en ressentent. Seul avantage teuton : la facture, avec des tarifs réduits à équipement et niveau de finition
équivalents.
Modèle essayé : Opel Grandland X Elite 1.6 Ecotec 120 ch. Tarifs : à partir de 19 250 euros. Tarifs gamme essence à partir de 15 950 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 20 750 euros.
Le T-Roc soigne son look
Le nouveau SUV de Volkswagen se positionne entre cross-over urbain et SUV compact. Très joli et bien équipé il vise une clientèle jeune avec son habitacle coloré.
Le coup de crayon des designers Volkswagen pour ce
nouveau SUV est un coup de maître. Le T-Roc attire les
regards avec sa jolie frimousse et son arrière à la ligne
de toit tombante façon Range Rover Evoque. Et pour une
fois dans cet univers de cross-over le dessin du coffre a
également été travaillé pour affirmer son identité. Car-
ton plein ! En revanche l’habitacle est moins séduisant
sauf à opter en option pour une planche de bord repre-
nant les coloris de la carrosserie. Sinon c’est le noir so-
lide et très bien fini à l’allemande avec simplement un
jonc coloré sur la portière (mais dont la couleur ne peut
être modifiée). Une mention spéciale cependant pour les sièges d’une excellente tenue et, sur notre modèle d’essai, revêtus d’un cuir mariant le noir aux gris clair et gris foncé. Très chic. Le niveau d’équipement est également sujet à caution avec, sur cette version en finition First de milieu de gamme, des bizarreries comme un hayon électrique mais pas de sièges électriques, des sièges chauffants mais pas de démarrage sans clef
Chapeau bas en revanche pour le superbe écran digital de la planche de bord qui peut afficher sur toute sa largeur la carte de la navigation. Bluffant.
Côté confort le T-Roc se révèle un peu dur en suspension. Côté espace ses volumes sont suf- fisants (mais le seuil de chargement du coffre est un peu haut). Côté mécanique rien à dire : le T-Roc assure avec son moteur 2 litres TDI de 150 chevaux, sa boîte à double embrayage DSG7 et une tenue de route impeccable grâce à la transmission 4Motion à quatre roues motrices et son châssis hérité de l’Audi Q2. Bref du classique qui a fait ses preuves chez le constructeur de Wolfsburg. A noter que le T-Roc se décline, signe des temps, en trois motorisations essence (115, 150 et 190 chevaux) et une seule motorisation diesel de 150 chevaux.
Avec des dimensions originales (4,23 mètres de long) le T-Roc occupe une place peu encom- brée dans la galaxie SUV, à mi chemin entre le cross-over urbain et le SUV compact, de quoi en faire un concurrent redoutable y compris dans sa propre famille pour la Golf.
Modèle essayé : T-Roc 2.0 TDI 150 DSG7 4MOTION First Edition. Tarifs : à partir de 35 830 euros. Tarifs gamme essence à partir de 21 990 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 33 220 euros.
  AVRIL 2018 | ecoreseau.fr 87
]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Baromètre finance de marché
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les marchés financiers où le particulier peut investir
     La spéCuLation du mois
Lisi pourrait décoller grâce à un broker
Dans une note d’analyse, Portzamparc a relevé sa recommandation sur Lisi de Renforcer à Acheter avec un objectif de cours porté à 42 euros contre 40,8 euros auparavant. Selon le broker, la baisse du titre offre un point d’entrée attractif sur ce dossier, qu’il juge de qualité. Portzamparc évoque par ailleurs les « fondamentaux solides » du groupe d’aérospatiale, qui devrait selon lui parvenir à maintenir un niveau de marge élevé malgré un environnement de marché difficile.
 Le chiffre du mois
7561 points
C’est le record historique enregistré par le Nasdaq à la clôture lors de la séance du
9 mars après six journées de hausse consécutives. L’indice américain a été soutenu par la publication du rapport mensuel du Travail, marqué par un chiffre de créations de postes supérieur aux attentes, ainsi que par un ralentissement de la progression des salaires.
   Arthur Cohen
Spécialiste des questions éthiques appliquées au secteur financier PDg des éditions Hermann
Responsable de nos (P)acte(s) ?
Le premier enseignement du projet de loi Plan d’action pour la croissance et la transforma- tion des entreprises (Pacte) est la qualité du dispositif de concertation publique mis en place par le ministère de l’économie et des finances. Les chiffres à la clôture de la consultation sur la plateforme en ligne parlent d’eux-mêmes : près de 13 000 contributions, 63 502 votes et 7 753 parti- cipants. Rarement un projet de loi a su impliquer dans la délibération autant de parties prenantes. Il faut en savoir gré au gouvernement, et saluer sa méthode aussi innovante qu’intelligente.
Par son ampleur, cette loi, qui a déjà fait couler beau- coup d’encre, mériterait de nombreuses chroniques. Ses ambitions, ses objectifs, les mesures proposées... balaient un champ immense de réformes qui toutes requièrent un examen réfléchi : redéfinition de l’objet social des entreprises, réforme des seuils sociaux, intéressement des salariés, ouverture d’un guichet unique à l’exportation, etc. Mais cette chronique étant d’abord destinée à discuter des problèmes éthiques liées à l’univers financier, je m’arrêterai sur une proposition qui me paraît dangereuse et irresponsable : celle de « supprimer la stigmati- sation des entrepreneurs ayant connu l’échec ». Cette mesure semble plébiscitée par les votants : 73,20 % l’approuvent. Passons sur le fait que son intitulé fausse le résultat du sondage : parler de stigmatisation, c’est déjà orienter la réflexion des personnes interrogées.
De quoi s’agit-il ? De supprimer l’indicateur 050 de la Banque de France qui « marque les entrepreneurs ayant connu deux échecs au cours des 5 dernières années, et de limiter l’indicateur 060 au seul cas des personnes physiques ayant fait l’objet de décisions judiciaires à titre personnel ». Comment une telle mesure peut-elle favoriser l’orientation de l’épargne vers les entreprises ? Ces indicateurs, qui assurent une certaine transparence, sont utiles aux financeurs (investisseurs et prêteurs) pour s’assurer de la viabilité d’un projet entrepreneurial en tenant compte aussi de paramètres extra-financiers essentiels comme les compétences managériales des porteurs du projet. Cette mesure, si elle était appliquée, limi- terait donc l’accès des entreprises au crédit et aux financements. Mais, ce qui m’embarrasse le plus sur le plan éthique, est que cette mesure invite à la déresponsabilisation. Avoir connu l’échec n’est pas une honte : on peut en apprendre beaucoup. Encore faut-il l’assumer et être mis en position de répondre de ses erreurs. Privé de procès en raison de sa maladie mentale, Althusser regretta jusqu’à la fin de sa vie que son crime fut « sanctionné par un non lieu » : l’absence de comparution devant des juges le priva de son droit de répondre de ses actes. Ne pas laisser aux femmes et aux hommes la possibilité d’avoir à répondre de leurs erreurs, c’est, d’une certaine manière, les priver de leur dignité.
 L’aCtu marChé du mois En Chine, les pommes au cœur de la
En une seule journée, 60 milliards de pommes ont été échangées début mars sur le marché à terme chinois de Zhengzhou, dans la province du
Henan, rapporte Bloomberg. En quatre heures, les investis- seurs ont négocié près d’un million de contrats « futures », soit l’équivalent de trois mois de consommation. La Chine est le premier mangeur de
pommes au monde. Le fruit est au cœur d’une vague spéculative, portée par la multiplication de plateformes d’échange : plus de 700 d’entre elles ont vu le jour au cours des six dernières années.
Cryptomonnaie : l’AMF tape du poing sur la table
En 2017, les cryptomonnaies avaient défrayé la chronique lorsque le Bitcoin avait atteint des sommets en fin d’année. Depuis, les «alt-coins», ces monnaies alternatives, se sont multipliées...
mais les sites qui les proposent ne sont pas toujours d’une fiabilité absolue. C’est pour- quoi l’Autorité des marchés financiers a publié au mois de mars une liste noire de 15 sites proposant au public
français d’investir dans des cryptomonnaies sans être enregistrés auprès du régulateur. Début 2018, l’AMF avait recadré la starlette de téléré- alité Nabilla Benattia qui incitait ses abonnés Snapchat à investir dans le Bitcoin « les yeux fermés » en passant par un site de trading dont elle assurait la promotion.
ADP porté par des rumeurs de pri- vatisation
Des rumeurs indiquent que l’Etat français sou- haiterait céder l’intégralité de sa participation de
50,6 % dans ADP, valorisée à 9,1 milliards d’euros. L’Etat pourrait imposer au repreneur du gestionnaire d’Orly et de Roissy une licence d’exploi- tation comprise entre 70 et 90 ans. Parmi les candidats
au rachat, on trouverait les fonds Ardian et Macquarie, mais aussi le Crédit Agricole, l’Es- pagnol Ferrovial ou encore l’Italien Atlantia selon Le Revenu.
 Le Coin des experts
Pictet AM reste neutre sur les actions mondiales
Pictet AM maintient sa position neutre sur les actions mondiales. « La croissance bénéficiaire devrait être très favorable cette année. Mais les craintes inflation- nistes devraient se renforcer dans les prochains mois en raison de la vigueur de l’économie américaine et l’économie chinoise, de son côté, a notablement ralenti depuis le début de l’année », souligne Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.
Par régions, le gestionnaire d’actifs privilégie les actions du Japon, dont l’éco- nomie est tirée par une importante demande domestique et des exportations florissantes. La Banque du Japon reste très accommodante et les valorisa- tions comptent parmi les moins chères des pays développés.
Pictet AM reste également surpondéré sur les actions européennes. « Le cycle économique européen est récent et permet d’anticiper une importante progres- sion des marges. La Banque centrale européenne devrait de plus conserver une politique monétaire accommodante durant une longue période », justifie Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet AM.
Par ailleurs le gestionnaire d’actifs reste prudent face aux actions améri- caines. Il estime que le consensus sur la croissance bénéficiaire est trop éle- vé. « L’ économie US a probablement atteint un pic et les hausses de salaire vont peser sur les marges », explique Frédéric Rollin.
Edmond de Rothschild AM positif sur les actions européennes
Les actions européennes vont continuer à tirer parti de l’embellie sur le front économique et de la croissance des bénéfices des entreprises en 2018. Le consensus anticipe une progression de 8 à 9 % pour le Vieux Continent cette année. En outre, l’horizon politique s’éclaircit en Allemagne, avec l’instaura- tion d’une grande coalition. « Nous restons positifs sur les actions européennes dont les valorisations ne sont pas excessives », a estimé le 8 mars à Paris Phi- lippe Lecoq, coresponsable de la gestion actions européennes chez Edmond de Rothschild Asset Management, à l’occasion d’un point de presse.
Cela dit, l’Italie replonge de son côté dans l’instabilité mais les investisseurs semblent considérer que le risque de contagion est limité. « Loin de nous in- quiéter, le regain de volatilité représente indéniablement une source d’opportu- nités », a indiqué Philippe Lecoq. Toutefois, la sélectivité est clé. Il est néces- saire d’identifier des dossiers présentant des fondamentaux sains (marges et perspectives solides, endettement contenu, bonne génération de trésorerie) ou des cas d’investissement plus complexes mais de qualité (entrés dans une phase de transition). Ces entreprises, qui offrent un potentiel d’appréciation autonome, paraissent attractives.
Pour Cholet Dupont, l’environnement est toujours positif
Selon Vincent Guenzi, stratégiste de Cholet Dupont, le doute a succédé à l’eu- phorie de janvier. « Après les craintes de remontée des taux longs et d’une action plus vigoureuse de laFEDsont venues s’ajouter plus récemment les tensions protectionnistes en provenance des Etats-Unis. » Mais il estime une escalade généralisée du protectionnisme, qui aurait pour conséquence un ralentissement mondial, peu probable. En revanche, les Etats-Unis devraient continuer à exercer des pressions pour obtenir de meilleures conditions dans les échanges commerciaux. « Cette tension pourrait régulièrement revenir per- turber la tranquillité des investisseurs. »
Cet expert conserve son scénario de croissance peu inflationniste, accompa- gnée d’un environnement monétaire graduellement moins favorable. Mais la correction actuelle n’est peut-être pas terminée. C’est pourquoi il reste neutre sur les actions à court terme. « Si les craintes inflationnistes et protectionnistes venaient à s’apaiser, nous serions sans doute amenés à rehausser notre no- tation sur les actions. L’environnement économique demeure favorable et les excès de valorisation des indices se sont quelque peu résorbés grâce au relè- vement des prévisions bénéficiaires et à la baisse des cours. »
spéculation
   88
AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
Éthique & Finance
]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[                PUBLICITÉ
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Les retraites “Première classe” de la SNCF
d
EcoRéseau 04/18
]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre patrimoine
Brèves, actus et chiffres du mois concernant d’éventuels placements patrimoniaux pour le particulier
   L’aCtu patrimoine du mois
Les «néo-banques» à l’assaut
Elles émergent partout et viennent bousculer les banques en ligne qui étaient elles-mêmes venues titiller les banques traditionnelles. Les
«néo-banques» proposent des offres ultra-compéti- tives et «freemium». Le compte courant, la carte bancaire et la gestion mo- bile totalement gratuits séduisent de plus en plus
une clientèle jeune en quête d’instantanéité et de transparence. N26, Revolut, mais aussi le Compte Nickel ont créé une tendance qui vient donner des idées à de grands groupes en recherche de diversification. Le Crédit Agri- cole a ainsi lancé Eko sur le même principe quand l’opérateur téléphonique Orange a lancé Orange Bank.
Thomson Reuters lance un indicateur de sentiment de marché sur le Bitcoin Preuve s’il en est que les crypto-monnaies sé- duisent de plus en plus d’investisseurs, Thomson
Reuters a annoncé mi-
mars lancer un indicateur
de sentiment de marché
sur le Bitcoin en parte-
nariat avec le cabinet
d’étude MarketPsych Data. 400 sites internet et comptes dédiés aux crypto-monnaies sur les réseaux sociaux seront surveillés afin d’en faire ressortir une note. Une décision qui intervient après la découverte d’un lien entre le nombre de recherches du terme Bitcoin sur Google et l’évolution du cours de la monnaie en question.
Carrefour se lance dans la blockchain
Le groupe a annoncé dé- but mars créer la première blockchain alimentaire en Europe. L’objectif ? S’assurer d’une traçabilité complète pour chacun de ses produits. Si celle-ci
devrait concerner dans un premier le seul pou- let d’Auvergne, elle devrait être étendue à huit autres produits d’ici à fin 2018.
 L’investissement du mois
Les fintech ont la cote dans l’Hexagone !
 Dans une étude récente, KPMG met en avant que 60 financements de fintech ont eu lieu en 2017, pour un total de 318 millions d’euros. C’est 84 % de plus qu’en 2016. Une de ces opérations figure même dans le top 10 européen : la levée de fonds de l’éditeur de logiciels Tinubu Square qui s’élève à 53 millions d’euros. Un signal fort que l’investissement et l’épargne se pensent de plus en plus en 2.0.
    foCus sur...
L’investissement dans Les Crypto-monnaies
 Décryptage avec des mots simples et concrets de ce que veut dire investir en crypto-monnaies pour les investisseurs.
Pas une journée ne passe sans que les crypto-monnaies ne soient mentionnées dans la presse financière. Celles qui étaient associées aux échanges illégaux hier viennent nourrir aujourd’hui des espoirs chez les investisseurs, avisés ou non. Malgré les mises en garde d’experts reconnus et malgré la chute spectaculaire du cours du Bitcoin il y a quelques mois, les crypto-monnaies commencent à se faire une place dans le portefeuille des investisseurs.
Derrière le Bitcoin une blockchain
Les crypto-monnaies sont basées sur une technologie nommée blockchain. Si les explications techniques de la blockchain peuvent perdre les moins téméraires, le site Blockchain France a réussi à donner une définition générale : « une technologie de stockage et de trans- mission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle ». Celle-ci fonctionne comme une base de données qui garde en mémoire l’historique de tous les échanges effectués entre tous les membres depuis sa création. Les échanges sont validés par des membres volontaires avant d’être partagés à tous afin que l’ensemble de la communauté puisse vérifier la validité de toute la chaîne.
S’il existe aujourd’hui nombre de crypto-monnaies, du Bitcoin au Stellar en passant par l’Ethereum, le Ripple ou Cardano, toutes sont liées à une technologie blockchain
différente. Celles-ci se différencient par
leur construction informatique, ou par les
usages pour lesquels elles sont prévues. La
blockchain du Ripple, par exemple, permet
de transférer des fonds de particulier à par-
ticulier sans frais, là où une blockchain comme celle de l’IOTA est essentiellement tournée vers les objets connectés.
Le Bitcoin, crypto-monnaie de référence
Si l’utilisation de crypto-monnaies dans les échanges est encore peu répandue à part pour le Bitcoin qui est de plus en plus utilisé dans la vie courante, l’achat de crypto-monnaie(s) concerne surtout les investisseurs.
Pour se lancer, il faut d’abord changer des euros en Bit- coin via des plateformes comme Kraken, Bitstamp ou Poloniex. Ensuite, l’investissement en crypto-monnaies se fera directement en Bitcoin, qui est la crypto-mon- naie de référence. Même schéma pour sortir d’une position, il faut d’abord changer son investissement de la crypto-monnaie sélectionnée en Bitcoin, avant de la récupérer en euros si on le souhaite.
Bien regarder la technologie
Lorsque l’on investit en crypto-monnaies, il faut d’abord regarder le sous-jacent de la monnaie, c’est-à-dire la technologie blockchain derrière. C’est celle-ci qui va donner sa valeur à la monnaie sur le long terme et va convaincre ou non les investisseurs. Il est également important de regarder qui est à l’origine de la blockchain créée : quels développeurs et quels investisseurs. Cer-
taines sont créées par des scientifiques, d’autres par des entreprises, et d’autres restent discrètes sur le sujet.
Bien penser également à prendre en considération la li- mite d’expansion. Les communautés de crypto-monnaies définissent des nombres limités d’unités créées (appelées Token). Il est important de savoir avant d’investir si la monnaie compte suivre un modèle déflationniste ou au contraire préfère jouer sur la rareté.
Comme tout investissement enfin, il est conseillé de ne miser que des sommes que l’on est prêt à perdre. Les marchés des crypto-monnaies sont très volatiles, et les monnaies récentes réagissent très sensiblement aux mouvements des investisseurs.
Selon une étude menée en février par la start-up Paypite qui développe une crypto- monnaie française, près de 97 % des Français ont déjà entendu parler des crypto-monnaies. Ils sont même 25 % à en avoir déjà acheté et un tiers d’entre eux prévoient d’en acheter prochainement. Pour autant cette même étude met en avant qu’un quart des Français ne comprend pas le fonctionnement des crypto- monnaies. Celles-ci ont encore un petit bout de chemin à faire pour se démocratiser.
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
Focus sur un placement ou investissement afin d’analyser les tendances et évolutions
Gestion de patrimoine
Trouver chaussure à son pied
     « En période de fai-
blesse extrême des taux, les épargnants doivent se montrer plus audacieux »
Petites ou grandes économies, peu importe... Il y a toujours moyen de faire fructifier son argent.
Par Pierre-Jean Lepagnot
En décembre dernier, la publication d’une étude d’Allianz a suscité l’étonnement. Les Français, réputés pour leur tempérament de fourmis, ont nettement réduit leur mon- tant d’épargne depuis 2012. Estimant que le bas de laine ne rapportait pas grand chose dans un contexte de taux très bas, nos compatriotes ont préféré consommer. « En période de faiblesse extrême des taux, les épargnants doivent se montrer plus au- dacieux. Il est nécessaire de faire une croix sur les livrets d’épargne peu rémunéra- teurs et se tourner vers des investissements plus risqués pour obtenir de meilleurs rendements », écrit Kathrin Brandmeir, coauteure de l’étude d’Allianz.
vous avez 1 000 euros à pLaCer ? Miser sur les fonds diversi- fiés actions, obligations et produits monétaires) dans
le cadre d’un contrat d’assu- rance vie. Vous confiez votre épargne à un professionnel qui se charge de le gérer en fonction de ses anticipa- tions de marché. « Il existe sur le marché des contrats relativement perfectionnés avec des fonds assez com- plexes susceptibles d’offrir un bon arbitrage rendement/
Nalo, un robot-conseiller lancé fin 2017.
La soLution robot
La méthode élaborée par Nalo est d’ « investir par objectif ». En clair : investir par rapport aux horizons de placements de vos objectifs d’épargne : projet immobilier, paiement des études d’un enfant ou départ à la retraite par exemple. « Cette stra- tégie permet de bénéficier du dynamisme des marchés financiers tout en calibrant la prise de risque en fonc- tion d’objectifs concrets », assure Albert d’Anthoüard, directeur de la clientèle privée de Nalo. Il s’agit donc d’une excellente approche pour les investisseurs désireux de sortir des traditionnels fonds en euros et continuer à faire fructifier leur épargne durablement pour des ob- jectifs concrets. Nalo a par ailleurs l’avantage d’accepter tous les épargnants. Qu’ils placent 1000 euros ou 10 mil- lions d’euros, l’investisseur payera les mêmes frais : de 0,85% (sur la part en fonds euro) à 1,65% (sur la part en
Nous empruntons le chemin inverse : ultra-personnalisa- tion et diminution des frais », souligne Albert d’Anthoüard.
vous avez 10 000 euros à pLaCer ? L’assurance vie via un ro- bot-conseiller reste encore une très bonne option. Ar- thur Poisot recommande également de s’intéresser aux les actions via un PEA ou un compte titre, selon son horizon de placement. Dans ce cas, il est conseillé de diversifier son portefeuille sur une dizaine de lignes. Pour investir dans la pierre sans connaître les problèmes de gestion qui vont avec, les SCPI sont également à considérer.
LesCgpàLa manoeuvre
Vous avez 100 000 euros à placer, le choix s’élargit. « A partir de 100 000 euros, l’investisseur peut bénéficier d’une gestion de son assu- rance vie sous mandat, avec des conseils sur-mesure. En réalité, plus le montant à investir est élevé, plus
  Vous avez 10 000 euros à placer ? L’assurance vie via un robot-conseiller reste encore une très bonne
 risques », indique Arthur Poisot, conseil en gestion de patrimoine et membre du ré- seau Fiducée Gestion Privée. D’autant que le numérique est en train de révolutionner la finance en rendant les ser- vices d’une banque privée à la portée du plus grand nombre. C’est en tout cas la promesse faite par une série d’acteurs émergents comme
unités de compte), soit 2 à 3 fois moins cher que dans une offre traditionnelle, et bénéficiera des mêmes ser- vices pour chacun de ses investissements. « Afin de continuer à être rentable, l’offre traditionnelle gère les actifs de leurs clients dans des profils de plus en plus générique, en augmentant souvent leur tarification.
les services proposés sont nombreux», explique Arthur Poisot.
Cholet Dupont propose par exemple une assurance vie « sur mesure » incluant des titres vifs et des OPCVM. « Grâce à notre architecture ouverte, Nous sélectionnons les meilleurs fonds du marché afin d’offrir à l’épargnant le placement correspondant
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[                  La Banque DeLuBac & cie,
une banque indépendante, familiale et spécialisée au service des entreprises et des particuliers depuis près d’un siècle.
Créée en 1924, la Banque Delubac & Cie n’a cessé depuis plus de 90 ans de se réinventer au service de ses clients et des besoins de l’économie.
Société en commandite simple, ses associés gérants dirigeants sont responsables sur leurs biens personnels. C’est un gage de sécurité dans l’exercice d’un métier qui repose sur la confiance.
    La Banque Delubac & Cie offre des solutions sur-mesure aux entreprises et aux particuliers autour de 5 branches d’affaires spécialisées :
Banque De Gestion D’ÉparGne Banque Des entreprises
Banque D’affaires
Banque Des aDministrateurs De Biens Banque JuDiciaire
                                                                                      PARIS
10, rue Roquépine - 75008 Paris - 01 44 95 86 20 Siège Social
16, place Saléon Terras - 07160 Le Cheylard - 04 75 29 02 99 www.delubac.fr
 www.point-exclamation.com / © Banque Delubac & Cie
]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Investissements personnels
 exactement à ses besoins. Nous démarquons ainsi des réseaux bancaires tradition- nels qui ne proposent que de fonds maisons à travers une gestion pilotée aux perfor- mances parfois décevantes », indique Kilian de Kertanguy, Responsable du développe- ment chez Cholet Dupont. Avec 100 000 euros, il de- vient par ailleurs possible d’investir dans l’immobilier locatif. Pour Elena Azria, directrice associée du pro- moteur immobilier Océanic, « la pierre reste un place- ment attractif cette année. Le risque est relativement faible avec des rendements supérieurs à 3%, en plus ce type de l’investissement immobilier est incontour- nable pour utiliser le levier du crédit ». A partir de 100 000 euros, un investisseur peut acquérir un T2 ou T3 (des studios sont autour de 50 000) à Brest, un studio loué peut dégager une renta- bilité de 7% à 8%. En effet, dans cette ville étudiante où l’offre est tendue dans les résidences modernes et de qualité (beaucoup de loge- ments à Brest sont construits après-guerre et ne répondent pas aux normes RTA mo- derne), les prix au mètre carré sont faibles compara- tivement à ceux des loyers. « Un investisseurs disposant des revenus importants et qui veut profiter de la dé- fiscalisation pouvant aller jusqu’à 32% peut s’intéresser à l’investissement locatif dans Dom-Tom ou les prix dans le neuf sont autour de 100 000 euros pour les pe- tites surfaces et autour 150 000- 250 000 pour les T2 et T3 », poursuit Elena Azria.
Ce type de placement, ré- servé aux épargnants plus avertis, offre donc de belles rentabilités pour peu que l’on choisisse correctement l’emplacement du bien, que l’on achète à un prix rai- sonnable, que l’on s’assure contre les défaillances du promoteur et que l’on ait
conscience que ce type de placement est à long terme (10-15 ans). Benjamin Spivac, ingénieur patrimonial chez Amplegest, peut également recommander les différents dispositifs sur l’immobilier, (Pinel, Malraux, etc.) à ses
revenus. Il peut également choisir de transmettre à ses héritiers la nue-propriété des parts, tout en conser- vant l’usufruit. Il continuera à toucher l’intégralité des revenus et ses héritiers de- viendront à son décès pleins
miser sur L'assuranCe vie Luxembourgeoise? Concernant la poche assurance vie, l’ingénieur patrimonial re- commande lorsque l’enveloppe est suffisante, environ 250 000 euros, de privilégier l’assu-
mise en place de fonds internes dédiés où l’on peut loger des OPCVM bien sûr, mais aussi des titres vifs, de l’immobi- lier, des devises autres que l’euro et du private equity ». Althos Patrimoine, apprécie particulièrement le private equity. De nombreuses en- treprises non cotées offrent en effet un potentiel de gain bien plus important que les grands groupes internatio- naux cotés en Bourse. « Ce type de fonds ont effective- ment rapporté plus de 20% par an. Bien sûr, la sélection des gérants est cruciale et le prix d’entrée également. A cet égard, nous diversi- fions le portefeuille de nos clients entre plusieurs fonds et de différentes échéances afin d’optimiser le rapport
d’ici 2022, soit moins élevé queles30%delaflattax», souligne-t-elle.
Assurance vie, immobilier, private equity, le choix de placements est donc large, comme l’est aujourd’hui le marché du conseil et de la banque privée. Dans un en- vironnement géopolitique trouble et un contexte éco- nomique plus volatile, les établissements indépendants comme la Banque Delubac & Cie séduisent plus que ja- mais les investisseurs. Serge Bialkiewicz, associé premier gérant de la banque organisée en commandite rappelle que l’indépendance constitue l’un des principaux atouts de la banque. « La banque Delubac & Cie est en effet, l’un trois seuls établissements financiers organisé sous le forme d’une société en commandite simple. Avec mon fils Joël-Alexis Bialk- ieiwcz et Jean-Michel Samuel, petit-fils du fondateur, Serge Bialkiewicz est l’un des trois associés de la banque. Nous sommes responsables indéfi- niment et solidairement des dettes de la société. Cet en- gagement des «commandités » est pour les clients de la banque la garantie d’une gestion prudente et précau- tionneuse ».
Comme d’autres, l’établisse- ment fonctionne en architec- ture ouverte, ce qui signifie que les gérants proposent à leurs clients les meilleurs fonds disponibles sur le marché.
Surtout, selon Serge Bialk- iewicz, « les clients de la banque Delubac & Cie ap- précient son esprit familial, sa vision long terme et une véritable proximité avec les responsables en établissant une relation de confiance sur la durée. Les clients sont par ailleurs rassurés par la faiblesse du turnover. La grande majorité des salariés passent toute leur carrière dans l’établissement. »
 De nombreuses entreprises non cotées offrent en effet un potentiel de gain bien plus important que les grands groupes internationaux cotés en Bourse
 clients. «Il convient tou- tefois de sélectionner ces programmes avec attention en privilégiant toujours l’em- placement et le raisonnement financier », précise-t-il.
pLaCe aux banques privées
Vous avez 500 000 euros, un million d’euros, voire plus ? Dans ce cas, difficile de se passer de l’expertise d’un CGP ou d’une banque privée, qui optimisera votre portefeuille selon votre profil. L’expert regardera votre âge, votre horizon de placement, vos besoins et votre feuille d’im- position. « Certains clients n’ont pas besoin de percevoir des revenus supplémentaires car ils sont déjà lourdement imposés. Dans ce cas, l’achat de la nue-propriété de parts de SCPI est souvent une bonne solution. Ce placement offre unedécotede30à50%sur le prix, peu de frais, une fis- calité très favorable et une valorisation qui devrait pro- gresser dans le temps quand le patrimoine de la SCPI est bien géré », indique Patrick Janel, responsable de la ges- tion privée d’Equance. Dans le cas d’un chef d’entreprise qui prépare sa transmission, la solution est particulièrement attractive. L’entreprise peut acquérir l’usufruit des parts de SCPI et s’acquitter de la fiscalité, tandis que le chef d’entreprise acquiert à titre privé la nue-propriété. Une fois l’usufruit éteint, le chef d’entreprise devient plein propriétaire et retrouve les
propriétaires, sans droits à payer. « Lorsque l’horizon de placement est plus long, il peut être judicieux de jouer sur l’effet de levier du crédit afin que les revenus fonciers soient absorbés en tout ou partie par intérêts d’emprunt
rance vie luxembourgeoise. Pour la sécurité en premier lieu : avec la loi Sapin 2, le gouvernement s’est octroyé le pouvoir de bloquer, du jour au lendemain, tout rachat d’assu- rance vie, le tout durant trois mois, renouvelable une fois.
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AVRIL 2018 | ecoreseau.fr
Passé une certaine somme, le CGP ou la banque privée sont inévitables pour ne pas perdre la partie...
du crédit », précise Patrick Janel.
Amplegest déterminera éga- lement la stratégie globale du client en terme d’ingénierie patrimoniale et d’allocation d’actif : préfère-t-il l’immo- bilier, les marchés financiers, une petite place pour le non côté ? « Le placement finan- cier au sein d’un contrat d’as- surance vie reste le socle de la stratégie, toutefois les taux sont bas, et il est judicieux de recourir à l’effet de levier que procure l’endettement. A ce titre, l’immobilier consti- tue un placement à regarder de près », estime Benjamin Spivac.
Par ailleurs, le Luxembourg offre l’opportunité d’investir dans des fonds internes dé- diés, c’est-à-dire sur mesure. «Ces fonds offrent une grande souplesse en terme de choix de supports financiers, ce qui permet d’obtenir une meil- leure rentabilité sur le long terme », souligne l’ingénieur patrimonial.
Un point de vue partagé par Bertrand Tourmente, fon- dateur d’Althos Patrimoine. « Contrairement aux contrats français, les assurances vie luxembourgeoises permettent par ailleurs aux particuliers d’accéder à une gestion finan- cière plus ouverte à travers la
rendement/risques », précise Bertrand Tourmente.
L’assurance-vie luxembour- geoise serait-elle la panacée ? Audrey Koenig, directeur de la gestion de fortune de Natixis Wealth Management est plus partagée sur ce placement de- puis l’instauration de la flat tax qui aligne la fiscalité en matière de rachat de l’assurance-vie sur celles des comptes-titres. « Dans le cas d’une cession d’entreprise, je recommande donc au chef d’entreprise de conserver la structure à l’IS. Ses placements sur un compte titre classique, sont alors soumis au taux d’IS qui devrait baisser à 25%
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                  Le meilleur des résidences meublées du marché secondaire
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EXPRESSIONS
  L’inégalité économique à la française
  Par Jean-Luc Ginder économiste*
L’économie française, après trois ans de croissance insuffisante, connaît une croissance de +0,6 % par trimestre en moyenne. Cette année affichera sans doute la plus forte croissance depuis 2011,
à savoir + 2,1 %. Cela résulte d’un superbe concours de circonstances depuis 2017 : taux d’intérêts incroyablement bas, prix des matières premières à un niveau particulière- ment bas. Toutes les économies du monde affichent une croissance à la hausse, plus particulièrement les pays de l’Union européenne et également la France. Il en découle donc une reprise de l’industrie qui enclenche une accé- lération des investissements, reprise soutenue par une politique budgétaire accommodante. Depuis des années, la croissance française était anormalement plus basse que celle des pays voisins, c’est pourquoi nous ne faisons que constater «un effet zone Euro». On assiste à un décalage conjoncturel entre l’Europe et les USA, on rattrape le retard que nous avons en 2011 nous-mêmes provoqué. Cette nouvelle croissance française est forte et solide car toutes les raisons sont réunies. D’abord parce que la France a un retard à rattraper en matière de croissance d’activité et en matière d’emplois et d’investissements. Il existe une bonne dynamique de la demande extérieure et une bonne dynamique de la croissance intérieure et les salaires commencent à augmenter, surtout dans l’indus- trie (plus de 2 %). Donc s’inscrit dans le moyen terme en France une bonne dynamique économique. Néanmoins en 2018, la dette publique française continuera de croître en volume car la France dépense plus que ses voisins en termes de retraites ou d’aide au logement par exemple. En 2018, la France passera de la 5e à la 7e dans l’échelle des puissances mondiales.
Cependant, cette reprise économique constatée n’est pas ressentie par tous en France. Il ne s’agit pas d’un hypo- thétique problème psychologique mais la réalité d’une reprise inégale au niveau régional et territorial. Certaines régions ont une croissance de 9 % alors que d’autres ont une décroissance de 7 %. La reprise française est donc présente mais de manière inégale.
L’économie n’est pas une science exacte, c’est une science humaine. Les questions humaines sont un paramètre majeur. La reprise est au rendez-vous mais la reprise de l’emploi ne suit pas. On peut l’expliquer par l’effet ralentisseur du système de protection sociale ainsi que par la lenteur de la reprise de confiance en l’économie. Cette confiance ne se trouvera pas tant que le commerce extérieur sera fortement déficitaire et que le déficit des dépenses pu- bliques sera élevé.
Pour poursuivre dans le registre de l’optimisme, il est à noter que les indicateurs fondamentaux sont au vert sur- tout celui de l’investissement. L’économie française a un besoin majeur d’investissement (tout comme l’économie mondiale), on change de modèle économique et donc il va falloir investir massivement (en milliers de milliards USD) à l’échelle mondiale et de dizaines de milliers de
milliards d’euros en France directement injectés dans l’économie réelle, dans les infrastructures et équipements des entreprises, dans le capital humain, c’est-à-dire un investissement productif.
Modérons à cet endroit notre optimisme national pour 2018. Comme déjà trop souvent évoqué, je reviens sur le terme de l’injection trop abondante de liquidités monétaires par les banques centrales dans l’économie financière créant une situation historique incroyable, presque une folie au regard des théories économiques connues.
En pratiquant de la sorte, les banques centrales se sont elles-mêmes placées dans une voie sans issue, et ne savent plus comment sortir de cette situation d’injection massive de milliers de milliards de liquidités en USD ou Euros dans l’économie financière souvent trop virtuelle. Cela veut dire que le système financier reste très fragile et que nous nous trouvons est dans une économie de bulle financière tout comme nous l’étions en 1910, bulle qui déclencha la guerre de 14-18. Pour preuve de cette dangerosité, le ni- veau extrêmement haut du Dow Jones qui n’a jamais été aussi élevé. Ce pointeur est vraiment inquiétant.
La dette française est début 2018 de 30 % plus élevée à ce qu’elle a été avant la crise de 2008 alors qu’elle fut un des éléments déclenchants de cette dernière. Concrète- ment nous sommes à la veille d’un tremblement de terre financier, dévastateur et dont personne n’est en mesure de prédire avec précision le lieu où il va se produire et la date à laquelle il va se produire. Le danger est que nous sommes à fond dans la phase de financiarisation de l’éco- nomie (économie = finance). En d’autres termes, nous sommes en pleine «destruction créatrice», les économies traditionnelles n’arrivent plus à se mettre à jour, n’ont pas assez investi, vont souffrir et les salariés souffriront avec, alors qu’il existe un potentiel de croissance exceptionnel grâce aux nouvelles technologies.
Pour en revenir aux marchés financiers, il est à noter que ces derniers ne réagissent plus aux informations écono- miques, ni aux décisions des banques centrales, mais essentiellement aux nouvelles géopolitiques. Le facteur géopolitique peut devenir en toute logique l’élément dé- clencheur de la crise économique à venir.
Le vieux marché essaie de muter. Le nouveau monde essaie de naître, malgré cette crise de 2008 qui a initié l’injection de masses monétaires considérables. Et maintenant surgit l’appréhension d’un dérèglement géopolitique.
Il nous faut regarder en face que la stabilité actuelle des marchés financiers est artificielle. Nous sommes dans une période de dérèglement d’appréciation des risques alors que l’épargne des Français est garante de ces risques, alors que tous les actifs financiers sont en régime de bulle.
Mais rassurons-nous la France restera une grande puissance en 2018 garantie par nos bas de laine et nous verrons le pouvoir d’achat des Français s’améliorer cette année...n
*Jean-Luc Ginder est auteur de Réflexions économiques, Corps & Âme Editions, 2018
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]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[Concours de micro-nouvelles
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EXPRESSIONS
    Le monde de demain vu par un étudiant
EcoRéseau Business le clame haut et fort : il existe en France un ferment entrepreneurial et littéraire dans les esprits, qui ne demande qu’à se concrétiser. La preuve avec ce concours de micro-nouvelles organisé dans chaque numéro auprès des étudiants d’une école, où ceux-ci doivent imaginer une start-up qu’ils jugent révolutionnaire parce qu’elle va bouger les lignes dans le futur. Et c’est encore une fois une mission dûment remplie par les étudiants de l’IFAG Paris qui n’ont pas manqué d’imagination. Mentions spéciales pour «Andycap 10», d’Alexia Gil, dont la plume est à souligner, qui nous relate la genèse d’une plateforme collaborative pour briser les barrières du handicap. De même pour Victor Vandenhaegen qui propose le Uber des voitures de collection dans un style cristallin. Mais l’attention de la rédaction s’est arrêtée sur la nouvelle de Sarah Lafleur, lauréate pour cette édition, grâce à son idée dans la smart santé avec une dent connectée dans un style pétillant non dépourvu d’humour et de légèreté. « Souriez, vous maigrissez ! »
« Souriez, vous maigrissez ! »
 Les premiers rayons de soleil réchauffent ma peau libérée de certaines couches de textile qui m’ont tenue au chaud tout l’hi- ver. On redécouvre les premiers chants des oiseaux, on distingue les bourgeons poindre sur les branches, les terrasses des cafés s’étalent et les unes des magazines nous rappellent qu’il est temps pour nous de perdre ce stock d’énergie emmagasiné pour combattre cet épisode sibérien. « Perdez 6 kilos avant l’été ! » « Les 10 aliments pour maigrir » « Un corps de rêve sur la plage ». Ah j’en ai fait des régimes ; j’en ai pesé des aliments, j’en
ai bu des solutions à base de poudre, j’ai mangé «hyper-protéiné». Ma bibliothèque s’est alourdie de nombreux livres sur les régimes écrits par un grand nombre de spécialistes encensés un jour et décriés ensuite.
Aujourd’hui, je balaye d’un revers de main légèrement boudinée toutes ces solutions miracles. J’ai rendez-vous chez mon dentiste.
A l’accueil, l’assistante me demande si j’ai bien emporté mon téléphone portable et me fournit le code wifi. « Voici l’application que vous devez télécharger avant l’im-
plantation. » Je m’exécute sans broncher ; consciente de la chance que j’aie d’être la première personne à disposer d’une dent connectée capable de m’indiquer à l’instant T si je mange bien, trop ou pas assez. Cette dent miraculeuse qui devine les aliments, les quantités et calories ava- lées. Cette application sur laquelle j’ai fixé mon objectif pondéral.
Cet été sur la plage, nul doute que j’arbo- rerai mon plus beau sourire !
Par Sarah Lafleur, IFAG Paris
  Avis d’expert : entretien avec Julien Noronha, responsable entrepreneuriat de l’Institut de formation aux affaires et à la gestion (IFAG) Paris. « dans les écoles il y a cinq ans, la thématique n’était abordée qu’en dernière année»
La trentaine à peine sonnée, Julien Noronha a un petit côté hyperactif, avec une orientation bien marquée : l’entrepreneuriat. Il n’imaginait pas sa vie autrement. C’est dans l’ADN familial. Il l’enseigne à l’IFAG Paris depuis plus de quatre ans, à Audencia depuis neuf ans. Et surtout il le pratique, l’entrepreneuriat. Il est l’un des quatre co-fondateurs de Widoobiz, media spé- cialisé dans l’écosystème français des start-up et de l’innovation. C’était sitôt son diplôme. En septembre dernier, soit sept ans plus tard, Widoobiz a changé de mains (Peopletopeople group). A la clé, un chèque de 1,5 million d’euros. Julien Norohna en est devenu le vice-président. Ses responsabilités : 70 salariés et un chiffre d’affaires à doubler.
Comment les étudiants s’approprient-ils l’entrepreneuriat à l’IFAG ?
En poste depuis cinq ans au sein de cet établissement, je peux déjà percevoir l’évolution des mentalités. Assu- rément, les étudiants sont de plus en plus nombreux, et de plus en plus tôt dans le cursus, à avoir un intérêt pré- gnant pour l’entrepreneuriat, avec une réelle excitation.
Pour preuve, au début de l’année, je leur pose la ques- tion. Une création immédiate ? 5 % à 10 % y pensent. Et sitôt le diplôme ? Près des trois quarts.
A quel stade du cursus sont-ils sensibilisés ?
Si on regarde ce qui se passait dans les écoles il y a cinq ans, la thématique n’était abordée qu’en dernière année. A l’IFAG, quels que soient les vœux futurs des étudiants, ils y ont tous droit dès la deuxième année, avec même un accès à l’incubateur. Et déjà, en pre- mière année, la création de structure est à l’ordre du jour, avec les associations. La culture entrepreneu- riale est la based line de l’école, quand même ! Notre objectif est de faire sauter les barrières psycholo- giques. « Je n’ai pas d’argent, je ne peux pas créer. » Voilà ce qu’on peut entendre. Aller chercher 50 000 € ou 000 100 , c’est tout à fait jouable. Le contexte est favorable : des acteurs sont prêts à suivre financière- ment. « Je n’ai pas d’expérience. » En voilà une autre réflexion... fausse, très souvent. Nombre de nos étu- diants pratiquent l’alternance. Et surtout, mon rôle est aussi de faire passer le message qu’il n’y a pas
de vade mecum, de guide avec des leçons bien co- difiées, mais d’expériences passées, des conclusions peuvent être tirées... Leur apprendre à se poser les bonnes questions.
Et combien franchissent le pas ?
A l’IFAG Paris, l’incubateur compte 30 projets, et pas moins de quinze en dehors. Les jeunes n’ont pas peur de se rajouter du travail. Ils s’investissent à fond, mais sur des idées qui évoluent. Leur réflexe ? Penser In- ternet. Mais quasiment tous changent de projet en cours de route. Et depuis quelques mois, un retour au vrai produit est perceptible, au développement dans des secteurs traditionnels.
Info plus : Julien Noronha est aussi membre du bureau de MoovJee, le grand Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs. Association de loi 1901, créée en 2009, MoovJee s’appuie sur plus de 300 ex- perts pour aider les jeunes de 18 à 30 ans à monter leur entreprise.
Propos recueillis par Murielle Wolski
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]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[La mémoire des mots
HABEAS PORCUS
Meetoo ; Balance ton porc ; Habeas Porcus ; Ecriture inclusive ; Cheffe ; Brigitte ; Simone Veil ; Body Positive ; Sans fard
Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
EXPRESSIONS
 Regard sémantique
Depuis neuf ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,
ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.
Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées courant janvier à Paris.
    Tableau ‘’Tendances en langage’’ FEMMES 2017, Jane Bee
Le New York Times du 5 octobre relate que le producteur Harvey Weinstein est accusé d’agressions sexuelles. C’est « Hollywood Cauchemar », c’est « la colère des femmes » ! L’actrice Alyssa Milano propage « #meetoo ». Et plusieurs milliers de femmes racontent ce qu’elles ont subi. « #BalanceTonPorc » est initié par la journaliste Sandra Muller sur Twitter. « Porc », « cochon » étaient d’ailleurs les surnoms de Weinstein à Cannes. Dans Causeur, Elisabeth Levy signe un édito sous le titre « Harcèlement féministe : Habeas Corpus ». Pour elles, les féministes vont trop loin. « Keep Women safe » peut-on lire aussi aux quatre coins du monde, appel à laisser un espace de tranquillité aux femmes même dans les trains et métros ? Et faut-il un espace gramma- tical à la femme ? C’est une autre question majeure de 2017. « Féminiser
l’écriture...ou pas ? ». Faut-il écrire « chéri-e », « la cheffe », « l’entre- preneure », « les footballeuses ». Etrange concordance, en plein débat sur la dignité des femmes, « Simone Veil » s’éteint.
« La femme de 50 ans » est à la mode, même « sans fard ». On tolère les imperfections avec « le body positive ». La nouvelle première dame se nomme « Brigitte », elle est « une femme multi-casquettes ». Elle n’a pas le temps de suivre les conseils du moment : « je relâche la pression ». On se demande encore : « à quoi servent les princesses ? ». Les égéries elles servent à nourrir notre imaginaire, à rester pour toujours des exemples de « Mireille Darc », à « Jeanne Moreau ». « Danielle Darrieux » fait tout simplement partie de l’histoire du cinéma.
La révolution est donc féministe mais aussi technologique, avec « les ovules aux frais », « l’utérus artificiel », la reproduction peut n’être plus sexuée ! La PMA continue d’être dans le débat.
En politique, la communicante de Macron « Sibeth Ndaye » est remar- quée. La femme de l’autre prétendant à l’Elysée, Pénélope Fillon, laisse derrière elle « les mystères de Pénélope ». Un sentiment d’incompréhen- sion. Il reste le sourire « d’Emma Stone » héroïne de « La La Land » pour prouver, que même si « la révolte des actrices » a tonné, il existe encore des belles histoires qui vous conseillent une des formules de l’époque : « faites-vous du bien » !
Prochain Numéro le vendredi 4 mai 2018
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   ]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[                                                           LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRE CABARET DU MONDE !
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]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[                16 octobre 2017, Paris
Hugo Sauzay photographié par Karim Sadli
Boutique en ligne : defursac.fr
         ]]></page></pages></Search>