﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[          ENQUÊTE
MANAGERAUTREMENT CRÉERAUJOURD’HUI
Comment gérer l’après levée de fonds
       Droit à la déconnexion, OÙ VA LA FRENCH TECH ? quelles concrétisations ?
Découvrez 2018 les nominés
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 MARS 2018 N°48
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 ]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                              www.audencia.com
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                                                         ]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[Si l’on réduit le champ de l’innovation aux années 2000, force est de constater que cette dernière tient dans notre poche ou se
diffuse sur nos écrans, voire est impalpable. Nos paysages n’ont pas forcément changé à l’aune de la nouveauté. L’innovation possède donc plusieurs visages, certains sont reconnaissables entre mille comme l’«Hyperloop» de Tesla qui projette les personnes sur coussin d’air à plus de 1000km/h. Et d’autres sont invisibles à l’image du cloud computing (à moins de se tenir face à un data center) ou de l’accélération du temps via nos façons de communiquer et de vivre. Autres nouveautés qui ne sont pas perceptibles à l’œil, les innovations non technologiques abreuvent, elles aussi, notre quotidien. Elles peuvent être par ailleurs légales comme le droit à la déconnexion et ses premières applications décryptées en « Manager autre- ment ». Les innovations peuvent aussi être incrémentales comme l’atteste notre « Grand Angle » qui évoque le glissement du marketing et de l’expérience client vers les RH pour aboutir à un réel travail sur la marque employeur et l’expérience collaborateur a n de  déliser les talents. L’innovation est également encouragée de multiples façons avec des résultats probants comme se l’accordent à dire Elan, le réseau national de pépinières d’entreprises dans notre « Réseaux & In uence », Usine IO, un des rares accélérateurs français spécialisés dans le hardware visité par la rédaction « En immer- sion » ou encore la French Tech dont le bilan est dressé en « Enquête ». L’innovation demeure également comportementale. Nos « Culture du rebond » et nos « Electron Libre », nominés pour nos Trophées Optimistes, démontrent avec manière comment
se réinventer pour mieux rebondir ou conquérir de nouveaux marchés.
Notre « Œil décalé » revient sur une autre innovation comportementale, tel l’essor en Occident du minimalisme comme coup de gueule contre la surconsommation mondiale. Dans la foulée, notre article sociétal « Monde » aborde l’arrivée d’un néo-puritanisme
sur l’espace public qui n’est pas sans évoquer l’émergence d’une pensée ambiguë et contradictoire quant aux regards portés aux autres. Facebook le dit d’ailleurs, dans ses CGU, « cachez-moi ce sein que je ne saurais voir ». Mais en bon Tartuffe, le réseau social n’hésite pas à relayer des concours de mini-miss ultra-sexualisées ou des pages de pseudo-stars dont les habits ne laissent que peu de place à l’imagination. Idem avec une société ambivalente qui se souhaite ouverte et progressiste qui consacre un chan- teur Drag Queen autrichien à l’Eurovision 2014 et qui balance ses porcs à tout-va, mais qui ne souhaite pas encore briser dé nitivement le plafond de verre que subissent les femmes dans leur carrière. Ne nous trompons pas. L’innovation n’augure pas toujours de progrès sociétaux et ne dépasse pas toujours nos contradictions. C’est pourquoi, la rédaction a souhaité en savoir plus, sans verser pour autant dans la dystopie, sur ce que serait la ville de demain dans notre « Tour du monde de l’innovation » ou le recrutement du futur en « Prospective », ainsi que sur ce qui nous attend avec le développement des assistants intelligents en « Décryptage ». Autant de ré exions sur le futur qui en appellent aux classiques. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », écrivait Rabelais. Et le législateur aurait en n entendu le message pour prendre position sur l’exploitation des données privées avec l’arrivée prochaine du RGPD. Ne versons donc pas dans un discours simpliste, qui ferait de nous des dévots de l’i.nnovation. Soyons critiques. Mais faisons-le avec un esprit positif qui nous donne con ance en l’avenir plutôt que de tomber dans une nostalgie rance. L’innovation n’a jamais été autant à la mode. Faisons en sorte de la mûrir pour qu’elle devienne progrès.
EDITORIAL
Les 1001 visages de l’innovation
 Jean-Baptiste Leprince
Fondateur & directeur de la publication
Geoffroy Framery
Journaliste EcoRéseau Business
   @EcoReseau
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 LE CHAT by Philippe Geluck
MARS 2018 | ecoreseau.fr
3
]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[Galaxie ecoRéseau 3-13
Baromètre de l’optimisme 6
- Tendances
- Actions symboliques - The Green Life
TRophées opTimisTes 2018 14-17
Présentation Trophées Optimistes 2018 14 - Liste des nominés « Electron libre » 16 - Liste des nominés « Culture du rebond » 17
en couveRTuRe 18-27 Rétrospective
La mobilité professionnelle pendant les trente Glorieuses 19
Grand Angle
Développer sa marque employeur et son
expérience collaborateur 20
Régions & Territoires
Migrations pendulaires et mobilité pro 24
International
La  délisation des talents dans le monde 25
Prospective
Le recrutement en 2015 26
sociéTé 28-33 France
Vers un recul de l’État face aux esprits contestataires 28
Monde
La montée du néo-puritanisme 30
L’oeil décalé
Le minimalisme comme art de vivre 32
club enTRepRendRe 34-41
Baromètre & Tendances 34 Enquête
Où va la French Tech ? 38
En immersion
Usine IO, accélérateur de projets hardware 40
cahieR pRaTique 50-57
SOMMAIRE
                  www.ecoreseau.fr
13, rue Raymond Losserand – 75014 Paris
Courriel : contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
Rédaction EcoRéseau Business
Courriel : redaction@lmedia.fr
Direction de la rédaction
Geoffroy Framery, Jean-Baptiste Leprince
Chroniqueurs : Alto Avocats®, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France®, Arthur Cohen, Philippe Croizon, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon, IsaLou Regen, Frédéric Rey-Millet, Jean-Marc Rietsch,
Thierry Saussez, TheFamily®
Collaborateurs réguliers : Jean-Marie Benoist, Elsa Bellanger, Joseph Capet, Charles Cohen, Anne Diradourian, Julien Fournier, Stéphanie Gallo, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Marc Hervez, Louis Marquis, Emilie Massard, Cyril Michaud, Raphaëlle Mittler, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Nicolas Pagniez, Antoine Pietri, Olivier Remy, Séverine Renard, Julien Tarby, Pierre Tiessen, Carla Verley, Ariane Warlin, Murielle Wolski
Dessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie Boulard
Réalisation
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Responsable production : Frédéric Bergeron Conseiller artistique : Thierry Alexandre Crédits photos : Shutterstock, DR
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RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parution
Numéro ISSN : 2265-7436
Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés
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Business guides
- Séminaires d’entreprises : Hôtellerie et « premiumisation » des événements
51 54
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Réseaux & In uence
Elan, réseau national de pépinière d’entreprises
Observatoire Manager autrement
La dif cile application du droit à la déconnexion
Carrières & Talents
58-73
58 60
63
                        - MBA : concilier vie privée et vie pro
- Formation continue diplômante : comment s’y retrouver ? 68 - IAE : Le bilan du réseau en matière de formation continue 70
aRT de vivRe & paTRimoine 74-93
La Sélection culturelle 74 L’Art du temps 75 L’Actualité automobile : Essais & Tendances 82 Baromètre Finance de marché 84 Baromètre Patrimoine 86 Patrimoine
- Investissements personnels : L’assurance-vie toujours
un bon placement ? 88 - Immobilier : Dé scalisation : jouez l’originalité 92
expRessions 96-98
Tribune libre 96 Concours de micro-nouvelles 97 Regard sémantique 98
64
          4
MARS 2018 | ecoreseau.fr
Imprimeur : Léonce Deprez – Imprimé en France
Le tour du monde de l’innovation
Les villes intelligentes
Décryptage
La bataille des assistants virtuels
Haute résolution
L’avenir de la grande distribution
44
46
48
sTRaTéGie &
 innovaTion numéRique 42-49
Baromètre de l’innovation 42
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[                                                               Grandir avec vous.
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]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances
Les bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper. Elles sont  nalement si nombreuses que nous vous proposons une nouvelle version plus étoffée du baromètre. Bonnes ondes positives !
Le verbatim à retenir...
Rien ne s’est fait de grand qui ne soit une espérance exagérée
Jules Verne
LE CHIFFRE DU MOIS
12 ans
Selon un sondage Aviva-Odoxa, le moral des Français n’a jamais été aussi haut depuis 12 ans. Un Français sur cinq parie que 2018 sera une année de prospérité économique.
     Thierry Saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme,
Incubateur d’énergies positives.
Engagez-vous
L’indignation peut précéder l’action mais le plus souvent elle est statique, proclamatoire, quand elle ne débouche pas sur l’aigreur et la jalousie. Le fameux «y a qu’à faut qu’on» sert trop aisément de paravent à l’absence d’engagement personnel et à la démission collective.
Il est vrai que nous sommes passés d’une société dans laquelle l’individu était noyé dans une masse censée être disciplinée et contrôlée par un pouvoir supérieur, à une société dans laquelle chacun se produit lui-même, construit sa propre vie.
Certains prétendent que cette primauté de l’individu, cette af-  rmation de l’autonomie nous conduisent à ne plus produire de lien social. C’est la théorie de l’individu replié sur lui-même, dans un égoïsme croissant et l’abandon des solidarités les plus élémentaires. Je n’y crois pas.
L’optimiste sait que s’af rmer individuellement ne veut pas dire que l’on cesse d’être avec les autres. J’en veux pour preuve les Restos du coeur, le Téléthon et bien d’autres initiatives solidaires qui sont soutenues avec constance par le public, ou ces réseaux entiers et nouveaux qui se multiplient entre voisins, pour le co- voiturage ou la garde partagée des enfants. Comme l’a écrit Luc Ferry, « nulle part et à aucune époque, le souci d’autrui ne fut plus grand ».
Acteur et pas seulement spectateur, l’optimiste a des convictions. Il s’engage. À ses yeux, le sentiment d’appartenance, l’identité, la  erté sont aussi de l’ordre du dépassement des intérêts per- sonnels ou catégoriels.
Nous ne sommes jamais aussi grands qu’au service des autres, de causes qui nous dépassent, quand nous accrochons notre char à une étoile.
Mais il est vrai que nous pouvons et devons en faire plus.
Cela commence avec l’exercice éclairé du droit de vote pour pro ter de cette chance de vivre dans une démocratie, ainsi que l’engagement syndical ou politique. On a souvent envie de rétorquer à ceux qui critiquent, en paraphrasant Kennedy : ne vous demandez pas seulement ce que la France peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour elle. Cela se poursuit avec les responsabilités à assumer près de chez vous dans la vie locale, associative, les écoles, pour être élu municipal, etc. Cela concerne l’environnement et le développement durable. Quels comportements devons-nous adopter pour éviter de saccager la planète ou de la piller ?
Nos entreprises n’échappent pas à la règle. Au-delà du sponsoring sportif ou du mécénat, leur engagement doit aujourd’hui s’af r- mer en faveur de la responsabilité sociale, environnementale, de la formation ou de l’emploi.
      6
MARS 2018 | ecoreseau.fr
L’onde positive
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                  Bien s'entourer
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]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme - Tendances
   LE GRAPHIQUE DU MOIS
Le crowdfunding en France depuis 2015
 Famileo, créer un journal papier pour rester en contact avec les aînés
La start-up Famileo, en remportant le concours du Carre-
four de la citoyenneté à Rennes, a pu achever son projet
de réseau social familial privé et d’édition de journaux
papier à destination des grands-parents. Sorte de gazette,
Famileo permet d’imprimer un journal papier sur la base
des messages et des photos postés par les membres de la
famille. Famileo met en forme le journal de la famille et
s’occupe de l’envoi postal. Pour une personne âgée, la
solitude équivaut à fumer dix cigarettes par jour. Ainsi,
à domicile ou au sein d’une maison de retraite, les se-
niors peuvent-ils recevoir des nouvelles de leur famille.
Si les seniors sont de plus en plus connectés, ce n’est
pas encore le cas de tous. Famileo permet donc de rassembler la famille au cœur d’un journal quand l’éloignement géographique et les contraintes professionnelles rendent les retrouvailles familiales parfois dif ciles à organiser.
 UV Sense de L’Oréal, un capteur d’exposition aux UV
Ce n’est pas encore l’été sur l’Hexagone. Néanmoins, celui-ci se prépare déjà. En plus de réserver la destina- tion des vacances, on peut dès à présent se procurer le capteur d’UV mis au point par L’Oréal. UV Sense est un capteur qui se place sur l’ongle ou sur les lunettes de soleil. En scannant le UV Sense à l’aide d’un smart- phone, l’utilisateur, en fonction de son type de peau, sait s’il est resté trop longtemps au soleil. Pour éviter les désagréments, voire les maladies liées à une trop longue exposition au soleil, en plus du capteur, on peut revoir l’inénarrable sketch Le bronzage de Dany Boon...
 myteepi, surveiller les lieux isolés sans 4G ni Wi 
« Que se passe-t-il chez vous quand vous
êtes absent ? » La start-up Ingenious
Things a mis sur pied myteepi, un objet
connecté qui surveille les domiciles iso-
lés. Petit objet en bois, sans  l, myteepi
ne requiert pas de connexion Internet.
Simplement par SMS, myteepi envoie
des informations relatives à la mai-
son : présence d’une personne, capteur
d’humidité, alarme incendie, coupure
de courant... Myteepi est totalement autonome en terme d’énergie et de réseau. Petit, design et non intrusif, ce capteur permet de garder le contact avec ce qui compte pour nous. Présenté au Consumer Electronic Show de Las Vegas en janvier dernier, ce produit made in France sera bientôt disponible à la vente.
 Projet de Maison des mathématiques à Paris
Sur le modèle du MOMATH de New York
ou du musée Das Mathematikum de Giessen
en Allemagne, la capitale va se doter d’une
Maison des mathématiques d’ici 2020.
Adossée à l’Institut Henri Poincaré de la
Sorbonne, la Maison des mathématiques
se veut un lieu de recherche, de transmis-
sion et de partage. Il s’agit notamment de
favoriser l’interdisciplinarité et de créer
des passerelles entre les mathématiques,
le public et la société civile. 600 m2 seront
consacrés à l’exposition et à la médiation
concernant les mathématiques et la physique théorique. Le projet muséographique et les travaux de réhabilitation commenceront à l’hiver 2019.
       8 MARS 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
Le baromètre de l’optimisme - Tendances
L’ENTREPRISE CENTENAIRE
Toiles de Mayenne ou la gestion paternaliste de l’entreprise
   Depuis 1806, à Fontaine-Daniel en Mayenne, Toiles de Mayenne confectionne du textile pour les vêtements, puis, dans une deuxième phase de développement industriel, pour l’aménagement intérieur. L’entreprise est encore aujourd’hui une manufacture qui fabrique et façonne les toiles à la main, même si les techniques de production ont été modernisées au  l du temps. Depuis plus de 200 ans, tissus, rideaux, stores, voilages, cana- pés, coussins sont produits par des couturières, parfois de mère en  lle.
L’une des clés de la pérennité de l’entreprise Toiles de Mayenne est certainement à chercher dans le mode de gestion de l’entreprise. Depuis 1832, la famille Denis dirige l’entreprise. Les dirigeants actuels, Grégoire et Raphaël Denis, sont repré- sentants de la septième génération directe. Le management a toujours été paternaliste et social (voir à ce sujet notre rubrique « Rétrospective » qui oppose la gestion familiale à l’organisation rationnelle du travail). Il s’est toujours agi de veiller au bien-être moral et physique des ou- vriers. L’entreprise prend racine dans une abbaye cistercienne désertée. De ces racines naîtront alentour des maisons (1832-1968), des jardins ouvriers (1940), des bâtiments industriels et une chapelle (1939) construits par les dirigeants et les employés. Au début du XIXème siècle, le maître de l’école gratuite est payé par l’entreprise. En un siècle et demi, l’entreprise permet l’enraci- nement, l’éclosion et la croissance d’un des plus beaux villages de la région Pays de Loire qui loge  lateurs et tisserands. Les familles vivent dignement et se montrent reconnaissantes envers les dirigeants.
Dans les années 20, Jean Denis se passionne pour la question sociale. En 1924, il choisit le bien commun (l’investissement industriel et la poursuite de l’édi cation du village) et exige que les actionnaires familiaux renoncent à leurs dividendes. Souhaitant un prolétariat heureux, Jean Denis publie en 1945 De la constitution d’une vie sociale harmonieuse. Quelque mou- vementés et dif ciles que furent les XIXème et XXème siècles sur le plan du travail et de la vie ouvrière, la manufacture n’aura connu qu’une seule journée de grève en août 1860.
En 1952, la marque Toiles de Mayenne est dé- posée. Parallèlement, un système de vente par correspondance est crée (repris aujourd’hui par
le e-commerce). En 1961, l’entreprise diminue le volume de production du tissu d’habillement pour développer le tissu de décoration. Grâce à la confection sur mesure (et plus seulement au métrage), Toiles de Mayenne connaît alors une phase de grand essor. A partir de 1968, Toiles de Mayenne ouvre des magasins et invente le conseil en décoration. Aujourd’hui, 115 personnes travaillent pour l’entreprise structurée autour de quatre grands
axes : création, fabrication de tissus, confection à façon et conseil. Si elle est une histoire industrielle, Toiles de Mayenne est au moins également une aventure sociale et architecturale.
 MARS 2018 | ecoreseau.fr
9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Actions symboliques
CEUX QUI FONT BOUGER LES LIGNES...
EN FRANCE
Diffuz, quand le service civique diffuse la solidarité
Via la plateforme diffuz.com, une centaine de jeunes
effectuant leur service civique promeuvent l’engage-
ment solidaire. Pendant six mois, sous le parrainage
de l’association Unis-cité, les jeunes deviennent
des ambassadeurs et des facilitateurs de l’engagement solidaire auprès des citoyens et des associations. Les dé s solidaires portent sur quatre grands domaines : la santé, la  nance, la mobilité et l’habitat. « Petites actions pour grands dé s. » Ces jeunes diffuseurs de solidarité seront mobilisés sur cinq principales villes : Tours, Mulhouse, Paris, Lyon et Niort.
Entourage ou comment créer du lien avec les
sans-abri de son quartier
Une application vertueuse et citoyenne est mise en place pour rapprocher les voisins, que ceux-ci disposent d’un logement ou qu’ils soient SDF. Le ré- seau Entourage et l’application éponyme permettent d’éviter l’isolement qui déshumanise. Grâce à l’application Entourage, chacun peut connaître les actions solidaires qui ont cours dans son voisinage immédiat. Le réseau so- cial Entourage fonctionne à rebours des réseaux sociaux existants. En effet, l’essentiel est de faire se rencontrer les personnes et de lutter contre l’iso- lement des SDF. Ce qui prime c’est bien la relation humaine, pas le réseau social abstrait et désincarné. Ici, pas d’avatar ni d’identité numérique fantas- mée. D’abord mis en place à Paris, Entourage, grâce notamment au soutien de la Fondation Bettencourt-Schueller, s’étend depuis la  n de l’année 2017 à d’autres grandes villes comme Lyon, Grenoble ou encore Lille. A ce jour, 25 000 citoyens ont rejoint le réseau lancé par Jean-Marc Potdevin.
DANS LE MONDE
HandyFriend ou comment jouer les «handi-sitters» en Belgique
Lorsqu’un enfant est atteint de handicap, les parents
aimeraient parfois avoir du temps pour eux, pour
souf er et se retrouver. Or, les places manquent
souvent dans les foyers d’accueil et la garde à domicile ponctuelle suppose une logistique et une intendance lourdes. La plateforme HandyFriend répond au besoin de répit des familles et des aidants. Après avoir rempli un for- mulaire nommé «Passeport», qui reprend les coordonnées de l’enfant, son handicap, les besoins en matière de soin ou encore les spéci cités de trai- tement journalier, la  che d’informations est rendue publique à une commu- nauté d’aidants (sous la forme d’un groupe Facebook fermé). Les trois jeunes Bruxellois à l’origine du projet souhaitent réaliser concrètement leur idée de baby-sitting pour enfant en situation de handicap en mars 2018. Pourquoi ne pas proposer ses services de «handi-sitters» le temps d’une soirée ?
Traveler, une appli camerounaise pour lutter
contre les accidents de la route
Triste réalité. Selon l’OMS, au Cameroun, les accidents de la route font plus de morts encore que le paludisme. Achiri Arnold Nji, jeune entrepreneur de 27 ans, a créé la technologie Traveler grâce à laquelle la vitesse des bus est surveillée à distance et en temps réel. Les routes et les véhicules sont parfois en mauvais état. Mais la première cause d’accident reste l’excès de vitesse. Grâce au GPS et aux traitements des données, cette appli pour les compagnies de bus prévient les conduites dangereuses. Le ministère camerounais des Transports soutient cette initiative.
    Isalou Regen
Fondatrice de Kama Conseil & Associés
Selon l’adage, « le monde sourit à ceux qui se lèvent tôt », rencontres matinales avec nos dirigeants.
Entretien avec Richard Gazeau
PDG des Transports Gazeau «Spécialiste du One way» en France - Parc logistique pour conteneur référencé par les 15 premières compagnies maritimes mondiales.
Le matin (starter) représente quoi pour toi ? : Une image, une cita- tion, un lieu, une ambiance, un souvenir... ?
Le matin c’est le souvenir d’un lever de soleil au dessus d’une dune de sable dans le désert et se dire que c’est le premier jour de votre vie.
Réveil à quelle heure et rituels du matin de démarrage de la journée ? Depuis ma rencontre avec « La magie du matin » c’est 5h30... mes rituels sont consacrés à mon bien être : sport mini 30mn gainage ou course à pied et 15 à 20mn de méditation. Ce temps le matin est devenu très important car après c’est trop tard et je suis envahi par mes tâches et mes nombreux rendez-vous.
Qu’est ce qui t’enthousiasme le matin ?
Le matin c’est le début d’une nou- velle aventure enthousiasmante ; que va-t-il encore se passer de bien aujourd’hui ?
Quel est ton «Why» ta motivation à te lever le matin ?
Parce qu’il faut y aller on a besoin de moi ! Et mieux que rien c’est pas assez !
Ton appli indispensable ?
WhatsApp.
Quel temps pour toi ? rempli de ?
Le temps pour moi devient le matin car après c’est trop tard je suis envahie par mes taches et mes rendez-vous. Le temps sera consacré au bien être : sport mini 30mn gainage ou course à pied et 15 à 20mn de méditation.
Astuces pour en prendre
Relire « La magie du matin » et savoir respirer.
Comment est-ce que tu recharges tes batteries dans la journée ?
Je ne les recharge pas. Je ne peux pas, donc elles ont donc intérêt à être bonnes dès le matin !
Qu’est-ce que tu fais quand tu souhaites couper du travail ?
je ne sais pas bien faire ca, mais je vais voir mes enfants en compétition.
Gestion du temps : quel feeling ? cool ? enseveli ?
Le temps est plutôt trop rempli sur mon agenda faut que je travail ca...
Dans les 2 dernières années, quelle habitude a le plus amélioré ta vie ? Celle toute récente d’avoir choisi de prendre soin de mon bien-être.
Quel est ton credo de management ?
J’espère dire l’empathie ; en tous cas j’aime beaucoup donner con ance à mes équipes en leur présentant mon cap avec sincérité et détermination et les emmener en con ance dans mes projets tout en prenant le temps de les écouter.
Ton plus grande  erté ?
Mes enfants.
Une citation une devise ?
On a rien sans rien !
Pour #SeLeverDeBonheur, vous pouvez me suivre régulièrement sur la page Facebook et la chaine Youtube “La Magie du Matin”,
Editions Leduc
   10 MARS 2018 | ecoreseau.fr
Les petits matins des dirigeants
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Actions symboliques
L’IMAGE DU MOIS
LES BABYLABS DU CNRS
En France, une dizaine de babylabs permettent de mieux comprendre les capacités et les procédés cognitifs des bébés. Le plus connu est certainement le babylab de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm. Au CNRS, l’oculométrie suit le regard de l’enfant et nous autorise à savoir ce à quoi les bébés sont attentifs. L’objectif est notamment de comprendre comment les tout-petits apprennent leur langue maternelle. C’est une lapalissade que de rappeler que l’enfant ne parle pas. Comment dès lors savoir ce qu’il connaît et ce qu’il est en mesure de comprendre ? La question sous-jacente reste de savoir ce qui intéresse les bébés.
LA BONNE IDÉE DU MOIS
Action Hunger, distributeur d’invendus pour les SDF
Sur les modèles des distributeurs de
boissons ou de snacking, l’association
Action Hunger a mis au point un distributeur d’invendus pour les personnes les plus démunies. Des bénévoles collectent les invendus des supermarchés alentour et remplissent les distributeurs. A l’aide d’une carte magnétique, les utilisateurs peuvent retirer trois produits frais par jour. Le distributeur Action Hunger est déjà implanté en Angleterre et en Amérique. Le système devrait bientôt faire son apparition en France.
          Philippe Croizon
Aventurier, conférencier/chroniqueur
Marie Bochet : une championne tout schuss !
-elle prétend d’ailleurs qu’elle carbure au beaufort- et elle commence le ski à l’âge de cinq ans. Sa carrière est, depuis, totalement ahurissante. En Espagne, en 2013, elle réalise le « grand chelem » en remportant les cinq épreuves in- dividuelles. En 2014, pour couronner cet exploit inédit, elle reçoit l’un des titres sportifs les plus prestigieux, le « Laureus world sportsperson of the year with a disability award 2014 » (athlète avec un handicap de l’année). Elle est également chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur. En 2015, elle poursuit sa moisson en arrachant cinq titres aux Championnats du monde de ski alpin au Canada. Rebelotte en 2017 en Italie avec trois médailles d’or et deux d’argent. Quinze titres de championne du monde au total !
Rendez-vous en Corée
En Corée, elle nourrit tous les espoirs de la délégation française qui comptera 12 athlètes et 3 guides pour accompagner les compétiteurs dé cients visuels. Parce que son palmarès est insolent, Marie
Bochet a été désignée porte-drapeau de l’équipe de France. Une sacrée gageure car elle devra veiller tard, dans le froid polaire, et se lever dès 4h du matin pour disputer sa première compétition. Les Jeux paralympiques de PyeongChang auront lieu du 9 au 18 mars. « Je sais bien qu’encore aujourd’hui les compé- titions valides suscitent plus d’attente mais les choses bougent, je le vois et je le veux », déclarait Laura Flessel, ministre des Sports, récemment. Mais les choses pourraient bientôt changer. A PyeongChang, France Télévisions proposera 100 heures de direct. Certains médias (trop rares !) ont en n compris que les para pouvaient aussi faire de l’audimat. On compte bien sur celle que l’on surnomme affectueusement Marinette pour nous scotcher devant la télé ! Selon Christian Fémy, sélection- neur de l’équipe de France, « tous les clignotants sont au vert » ! On y croit... Marie Bauchet fait partie, du capable autrement ! du tout est possible !
Marie Bochet, c’est la championne de ski qui fait mieux que Martin Fourcade. Un palmarès ahurissant pour celle qui sera porte-drapeau de la délégation française aux Jeux paralympiques de PyeongChang. Avec elle, l’handisport atteint des sommets !
Le 18 février 2018, la presse annonce que Martin Fourcade est devenu le « premier » sportif français à décrocher une 4e médaille d’or, après sa victoire sur le 15 km de biathlon à PyeongChang (Corée). Il serait ainsi le « sportif français le plus titré aux Jeux d’hiver ». Mais aucun n’a mentionné qu’il avait, dans ce domaine, une rivale de poids. Elle
s’appelle Marie Bochet et s’est taillé la part du lion avec quatre médailles d’or... sur une même olympiade ! Quarté ga- gnant en slalom géant, descente, super G et super combiné. C’était en 2014 aux Jeux de Sotchi. Marie n’avait que 20 ans. Mais la nuance qui fait qu’elle ne tient peut-être pas la comparaison dans l’esprit des medias, c’est qu’elle concourrait chez les paralympiques !
Un palmarès de dingue !
Marie Bochet a aujourd’hui 24 ans. Cette jeune skieuse originaire de la sta- tion savoyarde d’Arêches-Beaufort est atteinte d’une atrophie congénitale du bras gauche. Ses parents sont éleveurs de génisses et producteurs de fromage
MARS 2018 | ecoreseau.fr
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Tout est possible
©Nicolas BAKER / LPP / CNRS Photothèque
]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[Le baromètre de l’optimisme - The Green Life
GALAXIE ECORÉSEAU
   GREEN TECH
u Le plus grand puri cateur d’air au monde
En Chine, dans la ville de Xian, le plus grand puri ca- teur d’air au monde – 100 mètres de hauteur – retraite dix millions de mètres cubes d’air par jour et restitue autant d’air pur. Depuis moins d’un an, la teneur en par- ticules  nes de l’air est réduite de 15 % lors des périodes de très forte pollution. Néanmoins, le smog résiduel et persistant dans les grandes villes de Chine comme
La COP21 n’était pas une  n, mais un début. Suivi des évolutions béné ques à la planète
ECONOMIE VERTE
Shareterre ou la location de potagers entre particuliers
Impossible de cultiver son jardin à la manière de
Candide quand on ne dispose pas d’un extérieur.
Dif cile de se tenir à l’entretien quotidien de celui-ci
quand on possède un jardin. « Venez cultiver votre
jardin chez votre voisin ! » La plateforme Shareterre
propose de prêter ou de louer tout ou partie de son
jardin à un jardinier en herbe qui accepte de l’entre-
tenir. Avec Shareterre, le lien social est (re)créé, le
circuit de consommation est ultra-court et on connaît
parfaitement la provenance des produits. Pour cause,
chacun s’occupe soi-même de son propre potager. Le
lopin de terre est la propriété d’un tiers, mais avec le
partage, chacun peut en avoir l’usage. A la manière
de l’épilogue voltairien de Candide : « Toute la petite société entra dans ce louable dessein ; chacun se mit à exercer ses talents. »
Le Syndicat national des Régénérateurs de matières plas- tiques a lancé un certi cat d’économie carbone
Limiter la mise en décharge des déchets valorisables pour diminuer l’émission de CO2 et favoriser l’économie des ressources, voilà l’ambition du certi cat d’économie carbone. Depuis mars 2017, 10 000 certi cats ont été délivrés et représentent une économie de près 300 000 tonnes de CO2. L’industrie du bâtiment pourrait, grâce à l’obtention de ce certi cat, réaliser un gain d’émission de carbone de 150 000 tonnes par an. L’utili- sation de matières recyclées permet des économies d’émission de CO2 et de matières premières considérables. Le certi cat d’économie carbone est soumis à deux critères : ne pas jeter les déchets valorisables et recourir aux matières recyclées.
100 % des plastiques agricoles recyclés en 2025
La plasticulture française annonce recycler 100 % des plastiques agricoles d’ici 15 ans. Le Comité français des plastiques en agriculture (CPA) souhaite déve- lopper un système de collecte des  lms, bâches,  celles,  lets paragrêles... La France veut devenir leader européen en matière de recyclage et de retraitement des plastiques agricoles.
La Fédération Envie ou l’ancêtre de l’économie circulaire et solidaire
Depuis 1984, Envie lutte contre l’obsolescence pro- grammée des machines et travaille à l’insertion sociale de jeunes travailleurs. Depuis 2006, la Fédération Envie s’occupe du traitement des déchets d’équipe- ments électriques et électroniques. Aujourd’hui, plus de cinquante enseignes Envie recyclent ou réparent les appareils domestiques. Envie forme et engage les salariés et permet l’accès à l’électroménager pour tous.
  Pékin ou Tianjin ne disparaît pas. Malgré l’ef cacité de ces  ltres, mastodontes de ciment et concentrés de technologie, la concentration de particules  nes ne baisse quasiment pas. De la même manière que les campagnes comptent des champs d’éoliennes, il y aura peut-être bientôt des champs de puri cateurs d’air géants. Pour ne pas avoir à imaginer un tel scenario, mieux vaudrait, en amont, ne pas polluer l’air. Mais ça, c’est un autre enjeu qui implique de repenser bien d’autres choses...
u BALEO, un pressing écologique
L’industrie du vêtement est la deuxième source de pro- duction économique au monde, derrière le tourisme et bien avant le nucléaire ou les nouvelles technologies. L’agriculture et l’industrie (notamment les colorants chimiques) qui permettent de créer les vêtements qui habillent l’humanité représentent un foyer colossal de
    pollution. A l’autre bout de la chaîne, les lessives pol- luent également les nappes phréatiques et les cours d’eau en y déversant quantité d’enzymes. BALEO, réseau de pressings en franchise, implante des solutions de soin du vêtement écologique et sans solvant. Le nettoyage des vêtements s’effectue de manière naturelle et les lessives sont biodégradables.
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                 Louée soit la nouvelle mobilité
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          ]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[TROPHÉES OPTIMISTES 2018
 Rendez-vous le 23 mars
Electron libre et Culture du Rebond : Récompenser ceux qui osent
en dehors des sentiers battus
                                                  Les Trophées Optimistes d’EcoRéseau Business, en partenariat avec le Printemps de l’Optimisme, sont décernés pour la troisième fois, le 23 mars 2018, première journée de cette manifestation qui se déroule à la CCI Paris Ile de France et donne le « smile ». C’est l’occasion pour le journal de choisir, avec un jury de personnalités, les lauréats parmi une liste de candidats apparus dans deux rubriques phares du journal : Electron libre et Culture du rebond. Une manière de souligner cet esprit optimiste, conquérant et iconoclaste que le journal soutient depuis sa création.
LE MOIS DE L’OPTIMISME
Palmarès Trophées Optimistes 2016 :
Culture du rebond: Charles-Henri Looten et Looten Industries : cette PME du Nord cen- tenaire, leader dans le négoce de robinetterie industrielle, a connu un incendie qui a tout détruit. Mais grâce au cloud, et à la solidarité de toutes les entreprises du Nord (y compris celle du concurrent direct qui a prêté ses locaux inoccupés !), elle a pu renaître de ses cendres en très peu de temps.
Electron Libre: Guilaume Rolland : petit génie étudiant qui a déposé son premier brevet pour une machine à infuser le thé à 13 ans. Il a récemment créé le réveil olfactif Sen- sorwake, avec lequel il a gagné le concours Lépine et a été nominé aux Google Science Fair, pour  nalement créer son entreprise.
Palmarès Trophées Optimistes 2017 :
Culture du rebond: Olivier Remoissonnet : la Brosserie Française a échappé à la li- quidation judiciaire, grâce à un soupçon de relocalisation, une pincée de formation et de marketing de la part de cet entrepreneur de territoire. Le modèle d’abonnement, le made in France et la conscience environnementale ont représenté la recette pour sauver la  lière en Picardie.
Electron Libre: Philippe Croizon : quadri-amputé suite à un accident de ligne électrique alors qu’il démonte son antenne, désormais sportif de l’extrême, écrivain, aventu- rier-conférencier de 48 ans. Il a traversé la Manche à la nage en 2010, et vient de faire le Dakar au volant d’une voiture aménagée,  nancée par des sponsors.
Pour sa 5e édition, le Printemps de l’Optimisme se développe sur un mois !
C’est un événement unique en son genre. Il a déjà ras- semblé des dizaines de milliers de participants.
En 2018, nous changeons de format. Pour démarrer à Paris et aller partout, du 23 mars au 2 mai 2018, au cœur de nos territoires, de Saint-Étienne à Marseille, de Nantes à Niort, à Clermont-Ferrand et dans bien d’autres villes. En même temps, nous mettons en place une organisation territoriale, avec la Ligue des Optimistes de France, en désignant des délégués régionaux qui porteront au plus près du terrain nos messages.
Des messages optimistes et lucides.
Nous ne sommes pas des optimistes béats qui sont les extrémistes de l’optimisme.
Nous savons que la vie est belle à proportion qu’elle est féroce. On sait vraiment ce qu’est le bonheur quand on traverse des épreuves. Et le succès à la lumière de ses échecs.
Nous ne rêvons donc pas le monde plus beau qu’il n’est. Mais nous ne voulons pas être obsédés uniquement par ce qui est moche, triste, effrayant. En valorisant aussi ce qui est beau, positif, ce qui marche en France, les traceurs, les innovateurs, les entrepreneurs.
Les recherches sur le cerveau con rment les intuitions des fondateurs de la psychologie positive. L’esprit soigne le corps. Nous avons en nous les ressources naturelles pour éviter le stress et libérer, avec la seule force de la pensée, toute la kyrielle des hormones positives.
Le pessimisme est une démission. Respecter les autres commence par se respecter soi-même, c’est-à-dire utiliser toutes ses capacités, sans se réfugier dans les sempiter- nels « y’a rien à faire, c’est toujours la même chose, on n’y arrivera jamais ! ».
Le Mois de l’Optimisme débutera le vendredi 23 mars 2018 par une grande journée à Paris (à la Chambre de commerce et d’industrie Paris Île-de-France – 27 avenue de Friedland, 75008 Paris).
Les meilleurs experts et philosophes vous y attendent : Florence Servan-Schreiber, Philippe Bloch, Joël de Rosnay, Philippe Gabilliet, Ilios Kotsou, Charles Pépin, Frédéric Saldmann. Et beaucoup d’autres.
Vous pourrez pro ter des formations les plus variées sur le développement personnel ou le bien-être au travail, ainsi que des animations phares qui font le succès de
l’événement : la librairie optimiste, l’espace de l’enga- gement, la table de l’optimisme, les espaces sportifs, bien-être et vitalité, les espaces créatifs, le photocall des sourires, etc.
Nous remettrons également, ce jour-là, avec le mensuel EcoRéseau Business, les deux « Trophées Optimistes » qui récompenseront deux entrepreneurs, l’un(e) dans la catégorie « Culture du Rebond », l’autre dans la catégorie « Électron libre ».
Passez une journée inoubliable et faites le plein d’en- thousiasme, inscrivez-vous dès à présent : https://www.weezevent.com/printemps-de-l-optimisme-2018 (entrée gratuite sur inscription).
Diffusez vous aussi l’optimisme.
Prenez part à cette action d’intérêt général. Faites reculer la sinistrose et la morosité. Développez l’envie d’y croire ! Partagez à votre tour des énergies positives.
Thierry Saussez Créateur du Printemps de l’optimisme
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[TROPHÉES OPTIMISTES 2018
 Liste des nominés, catégorie Electron Libre
Rubrique qui met chaque mois à l’honneur une personne qui entreprend. Celle-ci ne crée pas forcément une société, mais entreprend sa vie,
et attire notre attention pour le côté atypique qu’elle dégage : soit son parcours est singulier, soit le secteur dans lequel elle évolue est étonnant, soit encore la manière avec laquelle elle a eu son idée est unique. Nous recherchons des personnages avant tout, des gens qui bougent les lignes par leur imagination ou leur volonté.
   N° 39 Avril 2017
Christian Vié, PDG D’Orséry
Crise du papier et des petits commerces face aux GAFA, Christian Vié n’en a cure. Fondateur et gérant d’Orséry, entreprise située en région parisienne, il aurait  airé la solution miracle pour augmenter le chiffre d’affaires des librairies. Une solution d’impression à la demande qui contenterait presque tous les acteurs de l’édition.
N°40 MAi 2017
BaDis DiaB, Créateur De GalaCtik FranCe
Après une carrière mitigée de footballeur qui l’a fait voyager de l’Al- gérie au Vietnam en passant par les Etats-Unis, Badis Diab devient une étoile  lante dans le football consulting. A 25 ans et consécutive- ment à plusieurs expériences concluantes parmi un parterre d’agents réputés, il décide de se pencher sur le sport amateur et crée la fonda-
tion Galactik France qui accompagne ceux qui pensent pouvoir passer pro. Et ce aux quatre coins de la planète...
N°41 JuiN 2017
ranD hinDi, entrePreneur Dans l’intelliGenCe artiFiCielle
Enfant doué, entrepreneur acharné, Rand Hindi est repéré par le MIT en 2014 comme faisant partie du sérail des «30 under 30» – entendez les 30 jeunes de moins de 30 ans à surveiller en raison de leur potentiel. Spécialiste de l’IA et des assistants intuitifs, le fondateur et dirigeant de
SNIPS veut faire disparaître écrans et claviers. Rien que ça.
N°42 Juillet-Août 2017
Julia seDeFDJian, CheFFe aux FaBles De la FOn- taine
Créé il y a 15 ans par Christian Constant, le restaurant, niché non loin de la Tour Eiffel, s’est taillé rapidement une réputation pour ses spécialités de poissons et de fruits de mer. La jeune cheffe au caractère bien trempé décide de le reprendre en juin 2015 et le réalise avec audace et réussite
en conservant le macaron Michelin, à seulement 22 ans...
N°43 SepteMbre 2017
Jean-PhiliPPe BOsnet, PrésiDent FOnDateur De GlOBal COnCePt
A 54 ans, cet autodidacte peut se targuer d’avoir bien secoué le cocotier des télécoms avec sa société Paritel qui deviendra ensuite Global Concept, grâce à une méthode bien à lui, emprunte d’humanisme et d’ouverture. Un parcours atypique qui l’a mené d’un poste de commercial chez un disquaire
à la création de Global Concept qui compte 800 salariés pour un CA de 100 millions.
N°44 octobre 2017
elODie De rOlin, FOnDatriCe D’aD’elite
Après 15 ans de parcours atypique et diversi é, Aurélie de Rolin doit s’exiler dans l’Yonne. Qu’à cela ne tienne, cinq ans plus tard, la fondatrice d’Ad’Elite, agence spécialisée dans les services aux entreprises (comp- tabilité, immobilier, communication, marketing...), alors mère de deux enfants, reçoit le label «Artisan de qualité». Preuve que l’on peut créer
partout et pas forcément dans les conditions les plus favorables.
N°45 NoveMbre-DéceMbre 2017
Cyril aOuizerate, FOnDateur De MaMa shelter et De MOB hOtel
A 48 ans, ce créateur de restaurants et d’hôtels, féru de philosophie et grand lecteur de Spinoza, Jankélévitch et Levinas, veut faire de ces lieux des espaces de culture... Et ça marche.
N°46 JANvier 2018
eMManuelle ChaMPauD, FOnDatriCe De tOteM MOBi
A 50 ans, après une carrière bien accomplie où elle a déjà un peu touché à tout, Emmanuelle Champaud se lance dans l’entrepreneuriat en inventant une solution de mobilité écologique au business model qui n’existait pas en France. C’est la création de Totem Mobi, concept de location de voitures électriques en libre accès,  nancé en partie par du street sponsoring, qui
permet à des utilisateurs des coûts d’utilisation les plus bas du marché.
N°47 Février 2018
Martine liautauD, MentOr De FeMMes entrePreneurs
Déterminée. Volontaire. Altruiste. Trois mots qui décrivent à merveille Martine Liautaud. Il n’est pas pour autant évident de résumer son parcours, tant elle mène de front de nombreux projets. Banquière d’affaires, entre- preneure, elle est par ailleurs très engagée en faveur de l’égalité hommes- femmes et coache les femmes entrepreneures.
        16
MARS 2018 | ecoreseau.fr
©Christophe Géral
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[N°39 Avril 2017
eMery JaCquillat, rePreneur De la CaMiF
Créée en 1947 pour équiper les instituteurs, le «grand magasin des fonction- naires» est déclaré en 2008 en cessation de paiements et accuse 18 millions d’euros de perte pour la seule vente aux particuliers. La liquidation judiciaire laisse 568 employés sur le carreau. Un choc pour la ville de Niort. C’est sans compter Emery Jacquillat, à l’époque dirigeant de Matelsom spécialisée dans la literie, qui réalise 25 % de son CA avec la Camif. Histoire d’une refonte où la Camif n’a pas perdu de son âme militante et où le dirigeant a inventé le made in France avant l’heure via la «consolocation».
N°40 MAi 2017
Jean MOreau et BaPtiste COrVal, FOnDateurs De Phé- nix
Phénix est aujourd’hui un acteur incontournable de l’économie sociale et so-
lidaire. Start-up spécialisée dans l’anti-gaspillage alimentaire de la grande distribution, l’entreprise connaît des jours heureux. Un quotidien loin de leur première start-up dédiée au même sujet mais qui a implosé en plein vol en raison d’un désaccord entre associés. Méthode pour divorcer et se remettre en couple après un premier mariage toxique.
N°41 JuiN 2017
ChristOPhe BarBier, PrésiDent Du Ca De PilPa
En 2013, l’actionnaire majoritaire de Pilpa, usine de fabrication de glaces alimentaires basée dans l’Aude, juge l’activité peu rentable et décide de son arrêt. Face à ce tollé, les salariés se mobilisent et reprennent l’usine sous la forme d’une coopéra- tive et décident d’un lifting de l’usine et d’un nouveau positionnement. Alors en Scop, les ouvriers se réinventent dirigeants, recruteurs, commerciaux. Certains passent de la chaîne de fabrication au board ! Résultat, Pilpa revit et se développe aujourd’hui via une fabrication basée sur le local et le qualitatif.
N°42 Juillet-Août 2017
anne-CharlOtte VuCCinO, FOnDatriCe De la
start-uP yOGist
Comment tirer parti de son handicap en développant une start-up dont le concept de niche souhaite développer le bien-être en entreprise ? A cette question, la maître yogi a décidé de monétiser des solutions pour tous, mêlant digital et exercices au bureau, qui lui ont notamment permis de dépasser son accident survenu au Bénin. La start-up aujourd’hui s’internationalise et propose d’ef caces solutions contre les troubles musculo-squeletti- ques en entreprise.
N°43 SepteMbre 2017
exCelrise, hOlDinG sPéCialisée Dans le reBOnD
Des PMe
Holding spécialisée dans les  lms et emballages plastiques, Excelrise a pro té du redres- sement et du renouveau de Celsa Packaging pour appliquer la même recette à Semo ex quelques années plus tard. Aujourd’hui, la holding se voit récompensée par de nombreux prix et concilie enjeux environnementaux et développement dans la  lière plastique tout en ayant intégré, depuis 2013, le réseau Bpi Excellence.
N°44 octobre 2017
Ciel & terre, inVenteur Du PhOtOVOltaïque FlOt- tant
L’entreprise aurait pu concourir dans nos deux catégories tant elle fait
preuve de rebond et d’originalité. L’histoire ? L’entreprise Ciel & Terre est créée en 2006. Elle conçoit et fabrique des centrales photovoltaïques. Cependant les atermoiements des marchés français et anglais risquent de mettre l’activité en péril. Les dirigeants décident dès lors de s’internationaliser et de concevoir une centrale d’un genre nouveau : du photo- voltaïque  ottant pour répondre à des problématiques d’espaces contraints dans des pays tels que le Japon et la Chine. Aujourd’hui, l’entreprise est devenue un de nos champions français à l’export.
N°45 NoveMbre-DéceMbre 2017
le GrOuPe POClain et sa réVOlutiOn Du CODe Du
traVail
En 2009, c’est la crise et Poclain la vit de plein fouet. En cinq mois, c’est -41 % de CA. Une claque mais surtout une expérience qui a soudé salariés, syndicat et patrons pour trouver une solution qui contournait le Code du travail et qui l’a depuis modi é. Une histoire aty- pique qui démontre également une très bonne utilisation des médias pour mieux rebondir.
N°46 JANvier 2018
MaxiMe renault, CO-FOnDateur De MOn Banquet
Récit d’un pivot critique pour transformer un projet hasardeux en une pépite du commerce de proximité. Mon banquet est ainsi devenu une référence en tant que traiteur qui recourt aux artisans et commerçants de proximité. Une solution permise par une bonne entente entre les fondateurs et les partenaires.
N° 47 Février 2018
Bertier luyt, DG FranCe De teChstars
Bertier Luyt est devenu rapidement l’un des chantres du phénomène des ma- kers en étant notamment à la création de Fabshop, de Maker Faire et de Batitrad.com. Il est également membre fondateur du Hub IA et cofondateur des Digital Makers Meetup. Mais en quelques mois, il a failli presque tout perdre... sauf peut-être sa soif d’aider les startuppers et sa ferveur intacte en l’entrepreneuriat.
TROPHÉES OPTIMISTES 2018
 Liste des nominés, catégorie Culture du Rebond
Rubrique qui cherche à décortiquer les échecs des entrepreneurs pour en connaître les causes classiques et profondes, et pour voir la manière avec laquelle des leçons peuvent en être tirées pour recréer une société, la faire repartir ou s’orienter vers une autre expérience en s’étant enrichi d’un vécu. Il s’agit de percevoir le revers d’une autre manière, de le concevoir comme une étape vers des succès futurs et non une marque honteuse et indélébile dans un parcours, comme il est encore malheureusement trop considéré en France.
           MARS 2018 | ecoreseau.fr 17
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[ Rétrospective
La mobilité professionnelle pendant les trente Glorieuses...... p19
Grand Angle
La marque employeur pour booster vos RH ............................. p20
Régions & Territoires
Le phénomène des migrations pendulaires.............................. p24
International
Benchmark pour  déliser les talents à l’étranger .................... p25
Prospective
Le recrutement en 2050...........................................................p26
EN COUVERTURE
Mutations et stratégies
RH
Une étude du Lab Bpi France de janvier 2018 évoquait des PME-ETI désemparées face à leur problème structurel d’attraction et de  délisation des talents. Le problème s’étendrait aux grands groupes et aux start-up dans un contexte de plein emploi pour les cadres. L’occasion pour EcoRéseau Business d’aborder les RH dans tous leurs états.
 18 MARS 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[ Par Joseph Capet
Pendant les Trente Glorieuses, les dirigeants cherchent à  déliser les salariés par la formation et la progres- sion au sein de l’entreprise. Toutefois, du point de vue de la mobilité professionnelle, les Trente Glorieuses n’auront pourtant pas pris la peine de durer trente ans...
la GestiOn Paternaliste De l’entrePrise
« Avant la deuxième moitié des années 50, beaucoup de Français estiment ne pas encore avoir retrouvé leur niveau de vie d’avant-guerre et leurs considérations sur la vie sont plutôt négatives », af rme Rémy Pawin, docteur en histoire contemporaine, chargé de conférences à Sciences-Po Pa- ris. Jusqu’en 1955, le recours à l’épithète « glorieux » est illégitime pour caractéri- ser ce que les Français ressentent. Rémy Pawin ajoute que « le "chrononyme" Trente Glorieuses ne correspond pas  dèlement à ce que les contemporains perçoivent de l’époque qui d’ailleurs ne forme pas une unité entre 1945-1975 ».
Sur le plan de l’emploi, le début des Trente Glorieuses s’inscrit dans la tradition de la gestion paternaliste de l’entreprise héritée de la  n du XIXe siècle. Les directions s’at- tachent à la main d’œuvre. « Le plein emploi donne un grand pouvoir de négociation aux employés, qui peuvent logiquement refuser d’être forcés à quoi que ce soit », explique Thibault Le Texier, docteur en économie, chercheur en sciences sociales associé au Groupe de recherche en droit, économie et gestion (GREDEG-CNRS, Université de Nice). Les dirigeants promeuvent la longévité au sein de l’entreprise. On voit se développer les promotions à l’ancienneté, les augmentations de salaire, les cantines, parfois la prise en charge du logement, des frais médicaux. Le savoir-faire et l’expé-
rience sont reconnus et considérés comme des valeurs. « Les salariés ne restaient alors peut-être pas toute leur vie dans la même entreprise, mais il y avait souvent un re- latif attachement à celle-ci, aux dirigeants et aux collègues. Le management gardait un côté paternaliste, surtout en France », indique Thibault Le Texier. Or, au milieu des années 50, l’entreprise familiale fait place à l’organisation rationnelle.
le DéraCineMent De Mai 68
« En 1962, la guerre d’Algérie est termi- née, la "Détente" se con rme, le change- ment constitutionnel est plutôt bien vécu, l’industrie lourde a achevé sa phase de modernisation, si bien que les gains de la productivité commencent à profiter aux gens. Commence alors la période des "Treize heureuses" de 1962 à 1975 », explique Rémy Pawin. De cette période d’euphorie émergent des revendications nouvelles. Le capitalisme aidé du mana- gement se réforme pour tirer avantage des demandes des travailleurs. Aussi, Mai 68 signe-t-il l’acte de naissance du nouvel esprit du capitalisme.
Après-guerre, la mobilité devient une composante essentielle des nouvelles règles du jeu du salariat
Contre la hiérarchie et l’ordre établi, la jeunesse demande davantage de liberté. Dans l’entreprise, cette liberté s’incarne dans la  gure de la mobilité professionnelle qui s’érige en véritable vertu du salarié moderne. « L’idéologie de la mobilité et
EN COUVERTURE
 Rétrospective
EcoRéseau Business revient sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient il y a un demi-siècle. Pas question de comparer, de fustiger ou de glori er le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.
La mobilité professionnelle pendant les Trente Glorieuses
De l’enracinement professionnel à l’éloge de la fuite
  Comment le management est-il parvenu à démonétiser l’expérience et la  délité à l’entreprise au pro t de la mobilité ?
de la  exibilité, du développement et de l’épanouissement devient plus forte que la  xation au sein d’une entreprise », soutient Daniele Linhart, sociologue, directrice de recherche émérite au CNRS, membre du Centre de recherches sociologiques et po- litiques de Paris (Cresppa) à l’Université Paris 8 Vincennes. De là les dispositifs de gestion des salariés qui correspondent à des stratégies de mobilisation de la main d’œuvre : CDD, temps partiel, stage ou intérim. « La mobilité devient une compo- sante essentielle des nouvelles règles du jeu du salariat. » Le salarié qui n’aime ni l’aventure ni « effectuer un pas de côté » est de fait considéré comme apathique et sans ressources.
la Crise De 73 et l’inVentiOn De la FlexiBilité
Le vocabulaire du management change et transforme la conception de la vie profes- sionnelle moderne. Après le premier choc pétrolier, c’est le marché qui pousse les en- treprises. Pour le salarié, « l’important est de "se remettre en question", de «prendre des risques», de sortir de la sacrosainte "zone de confort" pour «grandir» a n de mieux "rebondir" », explique Daniele Linhart. Le nomadisme dans le monde du travail disloque le corps ouvrier. Exit «les Renault» ou « les Michelin ». L’épanouissement personnel et la réalisation de soi deviennent l’effet de l’engagement spéci que de chacun. Le management individualise les parcours au sein de l’entreprise. Le salarié  exible est censé s’engager totalement, mais pour une durée limitée. « Quand l’enracinement dans l’entreprise n’est plus la norme, le salariat se fait mercenariat. » Gestion de carrière, promotion et prime individuelle désunissent la communauté des travailleurs. Les travailleurs ne s’opposent plus aux di- rigeants, mais le salarié aux con.ditions du marché. L’entreprise se réduit au patronat et les salariés ne font que passer.
Vous aviez dit « glorieuses » ?
   Une époque idéalisée, telle l’image d’Epinal...
  MARS 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[  « Il faudrait dire aux "créa" qu’ils ont en font un peu trop... »
EN COUVERTURE
 Grand Angle
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur un sujet politique, sociétal ou macro-économique
Développer sa marque employeur et son expérience collaborateur
RH et marketing : le mariage de raison
  Au pays des em- ployeurs les plus courtisés par les jeunes diplômés, règne une tranquillité qui en dit long sur le fossé qui sé- pare les grands groupes des autres entreprises en termes d’attractivité. La routine depuis quelques années voit caracoler en tête des classements d’une part les Airbus, Google, Safran, Thales, Dassault et consorts chez les ingé- nieurs, et d’autre part les LVMH, L’Oréal, Google, Danone, EY chez les étu- diants d’école de commerce. Dans ces classements, point de start-up, de PME, ETI, encore moins de licornes et autres moutons à cinq pattes. Les atouts des grands groupes ne sont pas seulement d’être un
employeur, introduit lors d’une conférence sur la marque employeur qui s’est tenue le 15 février à Paris : « Le concept est né dans les années 90 et a été formalisé par Simon Barrow. Son développement concerne cinq piliers dans l’entre- prise : l’image employeur en interne, en externe, l’identité employeur (vi- sion de la société, culture, valeurs...), les pratiques RH et managériales, et l’impact sociétal. Pourquoi le sujet est-il autant à la mode ? De nombreuses rai- sons l’expliquent et parmi celles-ci, nous pouvons citer le numérique qui redistribue les cartes en termes de communication, la tension sur les profils tech et commerciaux, la difficulté à recruter pour
de talents. D’ailleurs sur les observations que l’on peut avoir, le capital hu- main des ETI est souvent le maillon faible avec des problèmes de "sous-staf- fing" et de gouvernance. » Ajoutez à ces données, un contexte de recul massif du chômage de 0,7 point au quatrième trimestre et de 1,1 % pour atteindre 8,9 % fin 2017 (selon l’INSEE, et mesuré au sens du Bureau international du travail) et surtout une situation de plein emploi pour les cadres – avec notamment 215 000 cadres recrutés en 2017 (un niveau record selon l’APEC), 200 000 cadres recrutés en 2016, et 225 000 recrutements de cadres prévus cette année selon les projections de l’APEC – et l’on comprend
  Les entreprises développent les techniques du marketing et de l’expérience client et les adaptent aux RH dans
la perspective de mieux recruter, plus vite, moins cher
et surtout pour retenir les talents. De l’art d’enjoliver, d’attirer et de retenir sans mentir.
Par Geoffroy Framery
PME et ETI ne savent pas se raconter dans le branding et verbaliser hors des murs ce qui se passe à l’intérieur. De nombreuses
entreprises ne font pas rêver
grand groupe ou de pro- mettre des carrières fulgu- rantes comme le poing de Goldorak. Leur attrait est aussi question de marque employeur, de parcours candidats, d’expérience collaborateur... Des mé- thodes que veulent s’ap- proprier les entreprises, surtout celles en croissance, malgré quelques wagons de retard.
la COnCurrenCe est ruDe
Mathilde Bastié, directrice de la communication à Wel- come to the Jungle, start-up spécialiste de la marque
certains secteurs, le désen- gagement des salariés, et le turnover. »
Et Elise Tessier, direc- trice du Lab Bpifrance de compléter lors de la conférence du 15 janvier « Attirer les talents dans les ETIetPME»:«D’après nos études de 2016, le prin- cipal obstacle que devaient surmonter les dirigeants étaient la solitude de l’en- trepreneur. En corollaire, ils pointaient la difficulté à s’entourer pour gouver- ner, structurer et manager l’entreprise. Nous en avons déduit plus largement que les entreprises manquaient
mieux l’enjeu de recruter et de fidéliser les talents... Jean-Marie Peretti, pro- fesseur à l’Essec, qui a accompagné de nombreuses thèses sur le sujet, identi- fie d’autres causes : « Le marché du conseil s’est développé en 2010 pour aider les entreprises à construire leur marque employeur et attirer les ta- lents. Certaines entreprises ont beaucoup investi en raison d’une dégradation de leur image. » C’est le cas d’Orange en 2007 et 2008 après l’épisode tragique des suicides de salariés ou encore de McDonald’s aux
 20 MARS 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[                                             FAITES DES ÉCONOMIES, PRENEZ L’AVION.
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 ]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Grand Angle
  Etats-Unis. « On a souvent parlé de McJob comme d’un boulot par défaut ou un boulot d’étudiant. Pourtant McDonald’s a recruté l’année dernière 50 000 personnes », illustre Jean-Marie Peretti. D’autres entreprises enfin semblent être dans le be- soin en raison de secteurs sous tensions qui souffrent de la pénurie de talents. « PME et ETI ne savent pas se raconter dans le branding et verbaliser hors des murs ce qui se passe à l’intérieur. De nombreuses entreprises ne font pas rêver car elle ne sont pas connues et ne renvoient à rien. Le réflexe Inter- net prévaut dans les dé- marches de recrutement ou de recherche d’emploi. Et nombreuses sont encore les entreprises à ne pas pos- séder de rubrique «postes à pourvoir» sur leur site... C’est pourquoi parmi nos
initiatives pour aider au développement des PME et des ETI, nous avons lancé la marque French Fab avec le logo qui reprend le coq
développent avec comme objectif de recruter des millenials, des profils tech ou commerciaux qui se jettent tous principalement
and Director chez Linke- dIn, qui a fait beaucoup de bruit sur le sujet, trois motifs ressortent et légi- timent la mise en place
d’un marketing employeur,
« l’entreprise doit se doter d’une stratégie business claire et bien définie et avoir un bon niveau de conscience de l’identité de son entreprise, de ses valeurs fondamentales ». Et Véronique de Saint-An- dré, associée fondatrice chez la Compagnie (agence de conseil en développement RH) de préciser sur la fonc- tion RH dans le cadre de l’étude du Lab Bpi France: « Une entreprise de crois- sance, ce n’est pas tant d’un gestionnaire RH dont elle a besoin, que d’un respon- sable du développement RH. Ce n’est pas le même pro l. Le premier gère plutôt les aspects juridiques et admi- nistratifs, le second conçoit et anime une stratégie RH en l’alignant sur le business. Son champ d’action est différent : recrutement, gestion des talents, marque employeur. Son pro l est à mi-chemin entre la RH et le marketing. »
entrePrise MaGnétique et syMétrie Des attentiOns
« Devenir une entreprise magnétique passe par le développement de la sy- métrie des attentions chez les collaborateurs », note Jean-Marie Peretti, pro- fesseur au département management de l’Essec, spécialiste des ressources humaines. « L’attention portée au client et à son expérience d’achat doit être la même chez le candidat et chez le collaborateur surtout. »
La marque employeur fi- nalement, c’est utiliser les techniques et méthodes de la connaissance client adaptées au capital humain. « Aujourd’hui on s’inté- resse moins à la marque employeur, on privilégie l’expérience collabora- teur avec comme objectif la symétrie d’attention. Et c’est là que l’on voit apparaître des problèmes
 Quid des CHO (Chief Happiness Of cer), ces marchands de bonheur qui se substituent parfois aux RH dans les start-up ?
 de la French Tech, mais en version bleue, en nouvel étendard de l’industrie française », légitime la di- rectrice du Lab Bpifrance.
une sOlutiOn POur tOutes les entrePrises
Quelle que soit la taille de l’entreprise, le dévelop- pement de la marque em- ployeur devient un incon- tournable. Grands groupes, ETI, PME et start-up la
vers les GAFA ou d’autres marques très attractives. Si pour les grands groupes, l’idée est également de capitaliser sur la culture d’entreprise, les PME-ETI sont davantage concernés par des enjeux de notoriété, d’attractivité et de diffé- renciation tandis que les start-up cherchent avant tout visibilité et compétiti- vité. Selon une étude réali- sée par Eda Gultekin, alors Global Solutions Founder
de la marque employeur :
« Les coûts de recrutement peuvent baisser parfois de moitié ; le turnover serait en baisse de 28 % sur le panel d’entreprises interrogées et surtout cela vous permet de dialoguer avec les candidats et de prendre le lead sur ce type de communication. » Une autre étude du réseau social vient également asseoir l’intérêt de telles pratiques marketing adaptées aux ressources humaines. Selon l’étude publiée en octobre 2012 s’intitulant LinkedIn Talent Solutions, The State of Employer Branding, 91 % des entreprises ont aug- menté ou au moins main- tenu leur investissement dans la marque employeur pour recruter ou fidéliser les talents. Et 83 % des recruteurs ont affirmé que la marque employeur a significativement impacté leur process pour recruter de hauts potentiels.
struCturatiOn rh
Lorsqu’une entreprise gran- dit, les RH sont souvent le parent pauvre. Par expé- rience, c’est la direction qui est structurée la dernière. Pourtant le développement de la marque employeur qui accompagne les besoins en recrutement d’une entreprise nécessite « une DRH struc- turée, forte et proactive au risque d’être ralentis par le facteur humain », comme le quali e Elise Tessier, di- rectrice du Lab Bpifrance. En amont du développement
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
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 Grand Angle
   notamment vécus sur le process de recrutement. Les entreprises ne construisent pas toujours des parcours valorisants pour les candi- dats », continue Jean-Marie Peretti. C’est dans cette veine qu’ont été dévelop- pés serious games et sites emplois où la direction donne des conseils sur le jobboard. C’est également dans cette optique que les entreprises désireuses de développer leur marque employeur décident de dé- velopper des promesses employeur. Certaines sont tartes à la crème telle que l’excellence, le fun, l’esprit start-up, l’innovation, la passion. D’autres néces- sitent une véritable stratégie RH comme la qualité de vie au travail, les carrières à l’international, le style de management innovant, responsabilisant, horizon-
tal... « Je suis frappé de voir combien on accorde d’importance aux éléments périphériques au travail. Les «open bars» et les élé- ments qui concourent au bien-être ressortent peu au moment de nommer les
site l’aide d’un tiers ou la solidarité des équipes », regrette Jean-Marie Peretti.
l’assaut Des start-uP sur l’exPérienCe CanDiDat
Dans le créneau de l’ex- périence collaborateur se sont immiscées les start-up. Deux exemples pour illus- trer notre propos. Yaggo, qui propose de faire le re- tour candidat à la place de l’entreprise et qui offre du coaching au candidat pour lui permettre de se mobiliser malgré un retour négatif. « Notre solution intervient à trois niveaux. L’équipe de consultants RH apporte sous trois jours une réponse personnalisée et bienveillante aux personnes dont la candidature a été écartée en leur donnant no- tamment des conseils pour optimiser leur CV. Ensuite, notre technologie analyse chaque candidature a n de déterminer celles poten- tiellement intéressantes à long terme et les  délise en leur envoyant réguliè- rement des mails dédiés avec les actualités et les nouvelles offres d’emploi correspondant à leur pro-  l et en n, Yaggo reprend contact avec les anciens dès que de nouvelles op- portunités apparaissent », décrit Mathieu Penet, son fondateur.
Uzeel ont ainsi créé une plateforme visitée un de demi-million de fois par mois et qui compte parmi ses clients LVMH, Saint-Gobain, MylittleParis, Leboncoin, BNP Paribas, ou encore Accor Hotels. Le pitch ? Proposer un média print, Web et vidéo qui parle des entreprises comme aucun autre. Pour cela, les deux compères ont développé interviews, portraits et re- portages dans les entreprises. Et aujourd’hui, la start-up lance une websérie avec en guest Joey Starr, Mélanie Doutey, Richard Gasquet... « Avec Bertrand recrute, la première série originale produite par Welcome to the Jungle, nous souhaitons pro- poser une série inattendue pour décomplexer le sujet du recrutement et continuer à parler du travail avec un ADN nouveau », explique Jéremy Clédat.
trOuBle transParenCe : PruDenCe reste Mère De sureté
Et la partie d’ombre dans tout cela ? La marque em- ployeur se dégrade quand l’expérience vécue avec les récents collaborateurs est en décalage par rapport à l’expérience de recrutement. Et il n’est pas rare que cer- tains stagiaires ou jeunes embauchés découvrent une réalité perçue de l’entreprise
ce qui se passe dans les bureaux », complète l’en- seignant de l’Essec. Pas la peine de mettre un baby- foot dans la salle de pause si une personne pleure et craque dans l’open space. « Et les entreprises font de plus en plus attention au home boarding », ajoute Jean-Marie Peretti. Enten- dez par la locution anglaise l’accueil qui est fait aux primo-embauchés. L’exi- gence de transparence est forte. Mais ne vous atten- dez pas non plus à voir les entreprises communiquer sur les dividendes versés en  n d’exercice comptable, la politique salariale homme/ femme, le fait religieux en entreprise. Trop touchy pour communiquer sur ces sujets ! En termes de marketing RH, les entre- prises sont donc prudentes et cultivent la crainte de ne pas tenir la promesse envoyée par leur direction de la communication et des RH aux candidats.
« Des entreprises plus pru- dentes vont passer par des labels », souligne Jean-Ma- rie Peretti. Le label Top Employeur a aujourd’hui dix ans et 80 entreprises l’ont reçu l’année dernière, preuve que la demande est encore plus forte. De même avec les études relatant le bonheur au travail et les classements qui en dé- coulent comme le fameux Great place to Work ou encore le ranking Happy at Work. Une course effrénée qui oblige à un effort d’ob- jectivité sur ces classements qui sont en général payants pour les participants... Quid des CHO (Chief Happiness Of cer), ces marchands de bonheur qui se substituent parfois aux RH dans les start-up de moins de 50 salariés ? Sommes-nous en train d’entrer dans une nouvelle matrice qui nous fait croire que s’épanouir profes.sionnellement est exempt de labeur, de dis- cipline et parfois de sacri-  ce ?
Des PME et ETI décontenancées pour communiquer sur leur marque employeur
 Les entreprises privilégient l’expérience collaborateur avec comme objectif la symétrie d’attentions de part et d’autre du miroir,
tant côté candidat et collaborateur que chez le client
 éléments qui réduisent le stress. Car on va moins parler des éléments intrin- sèques tels que l’équipe- ment et le management et tout ce qui concerne les supports d’organisation. Ce qui reste primordial lorsqu’un projet néces-
Sur un autre créneau, Wel- come to the Jungle permet aux 20-35 ans de se projeter dans l’entreprise via un mé- dia dynamique et créatif qui fournit des informations et une expérience qualitative avant même de postuler. Jérémy Clédat et Bertrand
en interne différente de son image extérieure. « Les études montrent à ce sujet que les réseaux sociaux sont de véritables contre-pou- voirs aux entreprises qui manqueraient de sincérité ou qui auraient délivré un message loin de décrire
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]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Régions & Territoires
EcoRéseau Business s’attache à décrire les innovations des territoires en France concernant une thématique particulière
Migrations pendulaires et mobilité professionnelle
La banlieue et le Sud en odeur de sainteté ?
    A l’exception de quelques grandes villes, les agglomérations françaises de plus de 50 000 habitants voient leur cœur se vider lentement mais sûrement de leur population.
le taux de vacance commer- ciale (c’est-à-dire les locaux commerciaux inoccupés) n’est imputable à l’économie que lorsqu’il est inférieur à 5 %. Un rapport de Bercy publié en 2016 sur la revitalisation commerciale des centres- villes souligne que le taux de vacance commerciale a augmenté de 4 % en moyenne au cours de la seule période 2000-2015, dans les aires urbaines dépassant 50 000
pante. Elles sont caractérisées par un niveau important de pauvreté, un fort taux de chômage, ainsi que par de nombreux logements vacants. Parallèlement à leur déclin, bon nombre d’entre elles dé- veloppent actuellement des projets de reconquête com- merciale censés augmenter l’attractivité commerciale locale. Et comme un mal- heur n’arrive jamais seul, le rapport de Bercy insiste par ailleurs sur la perte pro- gressive d’équipements et de services dont souffrent ces villes, alors que leur niveau de  scalité est supérieur à la moyenne.
Dans la même catégorie, on peut encore citer Montargis, Châlons-en-Champagne, Verdun, Evreux. Le Nord, et notamment le Nord-Est, est largement touché par le phénomène, même si Grasse et Carpentras partagent des bilans identiques. Le rap- port de Bercy indique que la déserti cation des com- merces a souvent précédé
nuelle de 4 % des mètres carrés de centre commerciaux construits entre 1995 et 2015, alors que la croissance de la consommation atteignait seulement 1 % par an. Il y a d’un côté un discours fa- vorable à la création com- merciale, à l’implantation de grands projets, qui est celui de Bercy, et de l’autre une logique territoriale, un code de l’urbanisme avec toutes les contraintes qui s’y rattachent. » Les commissions autorisant les implantations, et dans lesquelles siègent les élus locaux, se retrouvent par ailleurs régulièrement pointées du doigt et présen- tées comme des machines à dire «oui» dans un trop grand nombre de cas.
les éCOnOMies D’aVenir COMMe sOlutiOn ?
En dehors de quelques excep- tions comme Paris, la France délaisse ses centres urbains. Elle est pourtant un pays de plus en plus citadin. Entre
poupe comme l’électronique, les technologies de l’infor- mation et de la communica- tion, la santé. Des domaines d’activité qui font justement la force de ces territoires. En conséquence, les populations que l’on y trouve sont jeunes. L’âge médian est de 38 ans. D’énormes disparités existent dans l’Hexagone, puisque la moitié des emplois se situent dans 30 zones urbaines. Le pays est sur ce plan littéra- lement coupé en deux : au sud se concentrent des zones urbaines à fortes concentra- tions de cadres et professions intellectuelles, au nord des territoires plus agricoles, plus industriels et ouvriers, à l’exception de Paris et son pourtour.
Nantes, qui béné cie d’un positionnement économique prometteur autour des nou- velles technologies et des industries d’avenir, tire égale- ment son épingle du jeu, avec une croissance démographique équivalant à 6 000 nouveaux habitants chaque année. « On remarque depuis quelques années des arrivées massives, notamment un grand nombre de Parisiens qui déménagent à Nantes dans le but de saisir localement des opportunités professionnelles intéressantes, et plus généralement pour y trouver un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée », décrit Philippe Lefebvre, gérant du cabinet de conseil et de recrutement ST Developments. A noter que les Pays de la Loire en général sont concernés par une tendance de fond tr.ès avantageuse : ils ont gagné 670 000 habitants au cours des 35 dernières années.
Par Mathieu Neu
Pour les salariés français, les déplacements quo- tidiens domicile-lieu de travail durent en moyenne 50 minutes. C’est dix minutes de plus qu’en 1998, indique la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES). En Île-de-France, la durée monte même à 68 minutes par jour. Une évolution qui semble plutôt logique dans un contexte de déserti ca- tion lente mais certaine des centres-villes.
Selon une étude de 2015 de l’Insee sur «la démographie des territoires depuis 30 ans», on constate que les zones pé- riurbaines gagnent aussi bien en super cie qu’en population, au détriment des zones ru- rales et des centres-villes. Le
nombre de commerces au sein des agglomérations, indicateur révélateur des migrations, té- moigne de cet exode massif. Jusqu’en 1920, il connaissait une croissance constante. Il y a une centaine d’années, on en dénombrait environ 500 000 dans l’Hexagone. Les décennies suivantes ont ensuite été synonymes de déclin inéluctable. En moins d’un siècle, tandis que la po- pulation nationale augmentait de moitié, le nombre de bou- tiques a été divisé par deux. Bien sûr, l’évolution conjonc- turelle et structurelle de l’éco- nomie, ainsi que les mutations associées, ont un impact direct sur les configurations des métropoles sur ce plan. Mais la Fédération du commerce spécialisé Procos indique que
Les Pays de la Loire ont gagné 670 000 habitants au cours des 35 dernières années
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Le centre-ville : espace uniquement réservé aux cadres et aux touristes ?
habitants. Que dire alors de villes comme Béziers, Châ- tellerault ou Forbach, qui af chent un taux de vacance bien supérieur à 20 % ?
Des Villes MOyennes aux aBOis Tourcoing, Valenciennes, Châteauroux, Troyes, Mon- tauban font également partie de ces agglomérations où la déserti cation est galo-
celle de la population. La faute au développement de grands ensembles commer- ciaux périphériques ? C’est bien possible. Pour Philippe Schmit, secrétaire général de l’Assemblée des commu- nautés de France (ADCF), la fédération nationale des élus de l’intercommunalité, le pro- blème se situe effectivement ce niveau : « On a constaté en moyenne une hausse an-
1985 et 2015, la population des villes a crû de 9 millions de personnes. 80 % des Fran- çais habitent aujourd’hui en ville. Parmi celles qui, mal- gré tout, deviennent de plus en plus denses,  gurent par exemple Toulouse et Montpel- lier. Phénomène intéressant : la croissance de leur popu- lation est directement liée à la dynamique de l’emploi et les secteurs ayant le vent en
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 International
Les bonnes pratiques existent partout dans le monde. Encore faut-il se demander si elles sont duplicables?
Fidélisation des talents dans le monde
Cocooning sans zone de confort
  Mieux vaut structurer son talent management et faire preuve de créativité pour  déliser les meilleurs salariés. Exemples.
RH. Il s’agit de se focaliser sur l’individu. Google se distingue avec Googlegeist, baromètre annuel de satis- faction, ou les TGIF, ces réunions hebdomadaires au cours desquelles les salariés ont l’opportunité de poser à leur direction les questions qu’ils souhaitent. Les «selec- tives seeds» peuvent visiter des bureaux à l’étranger, rencontrer des VIP de l’en- treprise ou pro ter de courts
ciété de conseil en stratégie de transformation digitale. Si Orange, Danone, IBM, SNCF... se sont convertis à la pratique, c’est parce qu’elle donne con ance aux jeunes talents, tout en les récompensant.
Bien-être Du COllaBOrateur
Tout ce qui facilite la vie sur place – conciergerie, crèche, CE, salles de repos et de
rice Thévenet. Les talents doivent aussi être en mesure de s’épanouir en dehors des murs. Google, qui a fait des émules, s’est illustré par le fameux concept des «20% time», qui veut que chacun puisse s’adonner à un pro- jet personnel un jour dans la semaine. Mais d’autres sont allés beaucoup plus loin dans la considération portée à la sphère privée. Initié par Net ix en 2004,
le concept d’»open va- cances», où les salariés ne comptent pas leurs jours de congés, existe, comme chez Indeed, la start-up PopChef ou encore le groupe immo- bilier vosgien Avinim, où les salariés sont res- ponsables de leurs pro- jets et peuvent prendre des vacances s’ils en ont besoin. « Ce concept se prête au secteur immo- bilier, très irrégulier dans son activité de- puis la crise, et donc vecteur de stress pour les salariés », explique Martial Demange, gé- rant du groupe. Virgin,
dans ses sièges de Londres ou New York, n’a pas eu à regretter ce vecteur de  délisation.
DéVelOPPeMent Du Plan De Carrière Surtout les talents attendent que ces organisations tra- vaillent leur employabilité, les fassent progresser. Chez Google, les promotions se font principalement par «banding», c’est-à-dire par changement de poste – et donc ouverture de nouveaux champs de possibilités – plutôt que par passage au niveau hiérarchique supé- rieur. Si le besoin s’en fait sentir, les employés peuvent
même imaginer le dévelop- pement d’un poste inédit, qui sera mis en place s’il est validé par l’entreprise. Rio Tinto a mis en place le modèle 70/20/10 : 70 % de la formation se déroule sur le terrain, 20 % par le biais de coaching ou mentoring et 10 % en salle. Le groupe propose le Rio Tinto Collège, un portail qui combine mo- dules e-learning, webinars et plateformes d’échanges collaboratifs. Les cadres identi és comme hauts po- tentiels béné cient de me- sures ciblées. Pour les faire évoluer, le groupe les expose à différentes problématiques en les envoyant en rotation dans d’autres pays ou en les confrontant à des projets spéci ques. LVMH a déve- loppé sa «Talent Factory», un programme destiné à faire évoluer les forts potentiels au sein du groupe. Et les ETI ne sont pas en reste. Le groupe Urgo a créé la Vivac, université d’entreprise « qui comporte des promotions de 100 à 130 personnes par an, avec des cours pour 15 salariés de 8h à minuit non- stop, selon le format MBA classique à l’américaine », décrit le président Hervé Le Lous, selon qui l’élévation mais aussi le challenge sont primordiaux. « Nous cher- chons l’»empowerment» des salariés. Je leur rappelle sans cesse leurs objectifs et résul- tats, et ils béné cient d’une autonomie très large pour utiliser différents chemins, s’essayer à des nouveautés, développer des compétences pour y parvenir », soutient Jean-Charles Samuelian, fondateur d’Alan, start-.up dans les assurances. Leur management ne connaît ja- mais de temps faible...
Par Julien Tarby
Les chiffres sont connus, et pourtant toujours aussi élevés : environ 64 % des cadres envisagent de changer de poste ou d’employeur dans les trois ans selon l’Apec. Et la France ne semble pas un cas isolé devant cette envie d’ailleurs, qui n’est pas non plus uniquement générationnelle. Certes les «millennials», nés au milieu des années 1990, sont réputés pouvoir quitter l’entreprise comme ils plantent un ren- dez-vous Tinder. Mais ils ne semblent pas être les seuls à être hantés par le démon de la «bougeotte». Les talents dans leur ensemble ont tôt fait aujourd’hui de ressentir le «bore-out» – l’ennui au travail – ou encore le «brown- out» – la perte de sens. Les initiatives des RH se mul- tiplient donc pour commu- niquer avec eux, les rendre heureux de travailler dans les entreprises, qui savent qu’elles se videraient de leur substantifique moelle en cas de turnover élevé parmi leurs meilleurs éléments. « Le marché s’adapte à cette tension, on fait la danse du ventre pour les convaincre », s’amuse Maurice Thévenet, professeur au CNAM et à Essec Business School, titu- laire de la chaire de gestion des ressources humaines. La rétention des collaborateurs les plus prometteurs s’appuie sur trois piliers : valorisation, bien-être du collaborateur, développement du plan de carrière.
ValOrisatiOn
Evidemment la rémunéra- tion et tous ses à-côtés est essentielle. Mais pas seule- ment. « Les managers doivent communiquer fréquemment et intensément avec
leurs collaborateurs
a n de les rassurer et
de connaître leurs élé- ments de motivation : l’augmentation, mais aussi la reconnais- sance, l’épanouisse- ment... D’autant plus
que ces leviers peuvent
se cumuler, et évoluer selon les périodes de
vie », explique Damien Girard, associé du ca-
binet en management Florilège. Les mana-
gers de proximité, qui connaissent le mieux
les employés, sont les
plus à mêmes de les retenir. Le minier Rio Tinto a créé les postes de «leadheads», des collabo- rateurs hiérarchiquement en dessous du manager, en charge des aspects opéra- tionnels, a n que celui-ci
programmes de formation dans des lieux prestigieux comme la Duke University. Autre instrument malin de mise en valeur, le «reverse mentoring». « Des managers
loisirs, locaux agréables et feng-shui... est le bienvenu. « Sous l’in uence des socié- tés américaines modèles, l’avantage en nature a pris de l’importance, ainsi que
    Les «élus» peuvent visiter des bureaux
à l’étranger, rencontrer des VIP de l’entreprise ou suivre des formations courtes dans
des lieux prestigieux
 puisse se concentrer sur le côté humain. Chez Sano , la situation est assez similaire. Les managers investissent enmoyenne50à60%de leur temps dans la gestion
expérimentés sont sensibilisés à l’intérêt de l’IA ou des ré- seaux sociaux, et même coa- chés par de jeunes talents », explique Nicolas Delpérier, partner chez Akka DS, so-
la souplesse vis-à-vis du télétravail, à destination de ceux qui ont 5-6 ans d’expérience et sont plus établis au niveau familial et immobilier », observe Mau-
Certains n’ont pas encore saisi que le management de talents se fait toujours plus bienveillant...
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]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Prospective
Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau Business imagine dans une  ction ce à quoi il ressemblera en 2050, puis demande l’avis d’un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnés
Le recrutement en 2050
Seulement le savoir-être ?
  Comment se présentera-t-on à un entretien d’embauche en 2050 ? Y aura-t-il seulement un entretien d’embauche ?
Par Jean-Marie Benoist
Avis d’expert : Entretien avec Jean-Ghislain De Sayve, Partner & Board Advisor chez Hunteed
« La mise en avant du bien-être du salarié dans l’entreprise est déjà un élément dont l’importance grandit »
Start-up du recrutement
Comme beaucoup de secteurs en pleine mutation, le recrutement présente un écosystème varié de start-up, qui cherchent à creuser leur niche sur le marché. On dénombre parmi elles un certain nombre de plateformes spé- cialisées sur un secteur d’activité ou une population : TeePy met en contact PME et baby-boomers pour des missions ponctuelles, reseau-freelances est une plateforme de mise en relation entre les freelances et leurs recruteurs (plutôt orienté vers les premiers), Deep sh est dédiée aux pro ls com- merciaux IT... L’autre tendance majeure est à l’utilisation de l’intelligence arti cielle, principalement comme accélérateur et outil d’aide à la décision,
l’un ou l’autre aspect étant mis en avant. Publeesh veut ainsi digitaliser le consulting, et centraliser les process de recrutement de consultants : en quelques clics, pouvoir publier un appel d’offres, recevoir des chiffrages et pro ls candidats, les sélectionner et les convoquer pour des entretiens techniques... Brigad, qui se veut généra- liste en matière de secteur couvert, argue aussi pour sa rapidité. D’un autre côté, Talents4 met en avant son
recrutement assisté par IA, et Saven veut utiliser l’analyse prédictive pour optimiser le recrutement.
L’IA n’est pas la seule piste suivie : par exemple, Merito est une plateforme de matching entre responsables de magasins et vendeurs à la recherche d’un job qui repose beaucoup sur la notion de communauté : cooptation recommandation, évaluation et con ance sont au cœur du concept. Waiter, quant à lui, utilise l’analyse sémantique a n de faire matcher des candidats avec des établissements dans le domaine de l’hôtellerie et la restauration, notamment en intégrant toute une dimension sociale.
Et puis il y aussi des start-up qui offrent des services entièrement nouveaux. Parmi celles qui se détachent du lot, on peut citer, par exemple, le Vrai du Faux, qui permet aux recruteurs de véri er le pro l et les expériences professionnelles des candidats en automatisant les prises de référence.
 Comment se présentera le recrutement en 2050 ?
Déjà, il faut souligner qu’il est impossible de prévoir à quoi ressemblera le recrutement en 2050; l’échéance est trop lointaine... On parle des enfants des millenials, et on a déjà du mal à les comprendre eux ! Mais les ten- dances actuelles peuvent donner quelques idées, pour nourrir la ré exion. À la  n du XXe siècle, les plateformes de recrutement, type Monster, ont redistribué les cartes du secteur. D’autres, ensuite, ont terminé le changement de valeur entamé. Avant, la valeur, pour les ca- binets, résidait dans l’information – l’étendue et la qualité du pool de CV dont ils disposaient. Aujourd’hui, cette information ne vaut plus grand-chose : les CV sont présents partout. La valeur se trouve maintenant dans l’exploita- tion de l’information : comment trouver le bon CV – voire, plus largement, savoir comment trouver la compétence, dans un univers de l’emploi plus  exible où les services s’achètent
et se fédèrent.
Quel rôle jouera l’informatique ?
Les ordinateurs, l’intelligence arti cielle, se- ront des outils précieux pour améliorer et ac- célérer les processus. Mais il y aura toujours un humain derrière, pour  nir la sélection : je ne vois pas une intelligence arti cielle être com-
plètement aux commandes. Le prochain RGDP va encore faire bouger les lignes : toute information non actualisée de- puis six mois devrait, en prin- cipe, être détruite... La base de données doit donc être vi- vante, et entretenue. Tout cela va faire évoluer les méthodes et les process.
Comment seront jugés les candidats ?
Un autre élément à prendre en compte est que le recru- tement, dans le futur, se fera
pour des métiers et des postes que l’on ne connaît pas. Selon les études, en 2030, entre 60 % et 85 % des emplois n’existent pas au- jourd’hui... Comment trouver des candidats pour des postes inconnus ? C’est déjà en partie le cas aujourd’hui : on recrute pour des métiers nouveaux, où il y a beaucoup d’apprentissage en entreprise. On recherche, de plus en plus, un savoir-être en plus d’un savoir-faire. Ma conviction personnelle est que le meilleur atout, à ce moment, sera la bienveillance : la mise en avant du bien-être du salarié dans l’entreprise est déjà un élément dont l’impor- tance grandit.
  Saurons-nous mieux lire dans l’esprit des candidats?
 Pour aller plus loin : dans la  ction...
Le recrutement en lui-même n’est pas un des sujets favoris d’exploration de la  ction, mais on peut, dans certaines œuvres, en imaginer le  ligrane. Et la science- ction n’est souvent pas tendre avec le monde du travail : souvent, l’expression «chasseur de tête» est à prendre au pied de la lettre... Entre les dystopies totalitaires de Georges Orwell ou la bureaucratie kafkaïenne de Brazil, le travail y est rarement dépeint comme une source de bien-être. Avec, par exemple, Le meilleur des mondes, la littérature et le ciné- ma n’hésitent pas à explorer certaines idées que la réalité n’ose pas encore envisager (ou admettre qu’elle pratique déjà dans une certaine mesure), notamment, la sélection par la biologie, par exemple selon l’ADN (pour l’instant, l’humanité se contente encore, comme critère, de la race ou du sexe/genre). Une possibilité pas si éloignée que ça : il est aujourd’hui possible de faire cartographier son génome pour une somme modeste, et déjà, dans une certaine mesure, une sélection par la santé s’opère dans certaines
entreprises. Le même glissement – le candidat est jugé pour ce qu’il est et non pour ce qu’il sait – se montre dans d’autres œuvres d’anticipation, comme par exemple la récente série 3 %.
Même pour le recrutement d’aujourd’hui, l’image qu’en renvoie Hollywood est quelque peu distordue (ce qui n’est pas si étonnant). On tombe soit vite dans la parodie – Les stagiaires, 35 heures, c’est déjà trop, The Of ce – soit dans le tour de force, où le cœur du candidat prévaut sur le «sens commun» (À la recherche du bonheur en est un parfait exemple). Il ne faut tout de même pas oublier l’ensemble des œuvres qui abordent des sujets sociaux – les  lms de John Wells The Company Men... –, qui dépeignent eux des recruteurs et des candidats au bord de la dépression nerveuse et surmenés. Et c’est peut-être, malheureusement, cette image qui offre la meilleure prédiction...
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[                   Julien, 43 ans. Directeur général, diplômé 2015, Management Général
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]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[France
SOCIÉTÉ
   EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité française, a n de la décortiquer et de la mettre en perspective.
La  n de l’État jacobin
Vers un veto populaire ?
L’opposition locale farouche puis le recul de l’État sur le dossier Notre-Dame-des-Landes ont fait couler beaucoup d’encre. Au-delà des conceptions politiques de l’affaire, plusieurs notions ont vu le jour à la suite de ce bras de fer. La démocratie environnementale et le droit d’initiative citoyenne viennent-ils remettre
en cause le rôle de l’État à penser les grands projets ?
à démontrer aux opposants régionaux que s’ils arrivent à mobiliser largement les po- pulations locales, ils peuvent bloquer les processus. » Au- delà de donner raison à des contestations locales et a n de préserver un équilibre po- litique, l’abandon du projet rebat les cartes de la création
des moteurs centraux dans la prise de décision. »
Des POPulatiOns lOCales à la taBle De DisCussiOn Comment 200 personnes, dans l’illégalité de l’occupation, ont-elles alors réussi à faire de leur opposition un enjeu
environnementale [une démo- cratie au niveau local sur des sujets d’aménagement ayant un impact sur l’environnement ou le territoire, ndlr.], mais c’est justement la loi de la majorité qui est de plus en plus bafouée, explique Eddy Fougier. Dans un contexte de réseaux sociaux, ce sont les minorités les plus actives et souvent les plus radicales qui peuvent avoir gain de cause. » Des minorités qui rebattent les cartes de la prise de décision sur les grands projets. Derrière le blocage régulier de grands projets en cours, les populations locales ont réussi à mettre un pied dans la porte et à s’invi- ter à la table des discussions. Là où hier l’Etat prenait une décision centralisée et tentait ensuite de la communiquer et de l’expliquer aux populations concernées, celles-ci souhaitent maintenant être associées à la prise de décision en amont. Une volonté que le gouver- nement a prise en compte. L’Assemblé nationale a adopté le 15 février dernier deux or- donnances datant d’août 2016, qui prévoient notamment un droit d’initiative citoyenne. Celui-ci impose aux porteurs de projets de communiquer une déclaration d’intention et autorise citoyens, élus locaux ou associations de protection de l’environnement à deman- der une concertation préalable dès que le projet dépasse cinq millions d’euros.
la ChiMère De l’intérêt Général Une évolution progressive de la prise de décision qui témoigne d’une dé ance vis- à-vis de l’État à prendre la bonne décision. « L’État a beaucoup perdu de sa légiti- mité à dire l’intérêt général, explique Philippe Subra. Sa conception de l’intérêt général
en matière d’aménagement du territoire est aujourd’hui ouvertement critiquée par une part importante de la société française. » A la place chaque acteur voit l’intérêt public selon ses propres intérêts, en fonction de sa culture, de ses priorités ou de son territoire. « A l’idée d’un intérêt national partagé s’est substituée une situation où coexistent, de manière con ictuelle, des conceptions opposées et concurrentes », continue Philippe Subra. « Le problème c’est que jusque dans les année 1970, l’État pouvait convaincre les po- pulations locales au nom de l’intérêt général, mais à cause d’épisodes, comme le sang contaminé ou l’amiante, où l’État a favorisé des intérêts particuliers à l’encontre de l’intérêt général, cet argu- ment ne fonctionne plus », complète Eddy Fougier. Le politologue prévoit « la fin d’un État colbertiste qui au nom de l’intérêt général va prendre une décision dans l’intérêt des populations, même si à l’échelle locale, elles ne sont pas d’accord ». Doit-on alors s’attendre à voir l’État désengagé des grands projets ? « Son rôle doit évo- luer, nuance Philippe Subra. L’État doit à présent  xer les grandes priorités nationales, les règles selon lesquelles les décisions sont élaborées, et trancher pour les projets les plus importants. » Pouvoir que la légitimité politique d’une élection présidentielle et législative lui confère. Si l’État doit se repenser, Phi- lippe Subra tempère tout de même : « Ne critiquons pas si vite l’État centralisé : c’est son intervention, et no.n celle des élus locaux, qui a permis de sortir du con it de Notre- Dame-des-Landes. »
 Par Nicolas Pagniez
Mercredi 17 janvier, Edouard Philippe annonçait l’abandon du projet de construction de l’aéroport à Notre-Dame-des- Landes. Surnommé « l’aé- roport de la division » par le Premier ministre, celui-ci lui a préféré la modernisation de l’aéroport Nantes-Atlantique existant. Si le projet a été ini- tié au tout début des années 1970, les oppositions farouches qu’il a suscitées ont porté le sujet sur la scène nationale, notamment depuis 2009 où les premiers militants antica- pitalistes, futurs «zadistes», ont commencé à occuper la Zone d’aménagement différé (ZAD). Pourtant, avant ce recul of ciel, un référendum local avait été lancé en 2016, donnant le « oui » à l’aéroport à 55 % des voix. Que penser alors du recul du gouverne- ment, à l’encontre même des promesses de campagne du président de la République sur le sujet ?
un PrinCiPe De PréCautiOn Vis-à-Vis De l’OPiniOn
Une décision qui repose sur trois facteurs selon Philippe Subra, professeur à l’Institut français de géopolitique, Uni- versité Paris 8-Saint-Denis et auteur de l’ouvrage Zones à défendre. De Sivens à Notre-
Dame-des-Landes. D’abord l’arrivée d’un nouveau gou- vernement non lié à la ges- tion antérieure du projet et d’un ministre de la Transition écologique ouvertement op- posé au projet. Ensuite le fait d’envisager sérieusement la modernisation de l’aéroport existant, jusque-là présenté comme un «plan B». Le troi- sième facteur est lui plus po- litique : « Ce qui a été décisif, à mon avis, c’est le sentiment de l’équipe au pouvoir que l’abandon serait moins coûteux politiquement que la poursuite du projet », explique Philippe Subra. Une démarche inquié-
des grands projets en France.
« Cela donne l’impression d’un veto populaire sur des projets qui ont pu être adoptés par le gouvernement ou le parlement », constate Eddy Fougier. Le référendum, certes consultatif, n’a pas réussi à
national ? « L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est devenu un symbole, explique Eddy Fougier. Il a illustré le combat entre ceux qui dé- fendent un développement basé sur des infrastructures et ceux qui considèrent ces grands
  Ce qui a été décisif, à mon avis,
c’est le sentiment de l’équipe au pouvoir que l’abandon serait moins coûteux politiquement que la poursuite du projet
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tante selon le politologue et consultant Eddy Fougier qui y voit un message encoura- geant pour les opposants aux grands projets de tous bords. « Nous assistons à une sorte de principe de précaution vis-à-vis de l’opinion, c’est- à-dire que s’il y a une incer- titude alors le gouvernement préfère s’abstenir. Ce qui est inquiétant c’est que cela tend
débloquer la situation pour autant. Selon le politologue, l’enjeu a dépassé le projet pour se concentrer sur un retour à l’ordre : « Pour évacuer la ZAD sans trop de dommages, il fallait renoncer à l’aéroport. Si l’opposition se faisait sentir dans la population locale, chez certains élus et au sein de collectifs d’opposants, la ZAD a sans doute été l’un
projets inutiles aux vues de ses nuisances diverses pour l’environnement. » Au-delà d’un débat récurrent forma- lisé ici, les réseaux sociaux et les médias nationaux sont venus apporter à cette op- position régionale un écho national, avec son lot d’excès. « Tout le paradoxe, c’est que les opposants à ce type de projet prônent une démocratie
Nous sommes en n prêts
à amorcer les discussions préliminaires à la concerta- tion autour de la faisabilité potentielle du projet !
 ]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[                   Team building* à 27,5 °C
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                           ]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[SOCIÉTÉ
 Monde
EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité internationale pour en saisir les enjeux et la portée.
  Le néo-puritanisme
Vrai retour de balancier
Un mouvement de fond, plutôt déconnecté de la religion, faisant suite à une période de libération des mœurs. Rien de nouveau sous le soleil...
rue ces dernières années, a rassemblé des publics très divers, parfois non religieux.
inFluenCe aMériCaine et COntre-CyCle
Les Etats-Unis semblent avoir exporté le concept. Les Américains poussent des cris d’orfraie lorsque
avec le «Monicagate» de Bill Clinton notamment, et s’est petit à petit exportée vers le monde occidental », retrace Thibault Isabel qui a réalisé une évaluation psy- chologique et morale des mentalités contemporaines en étudiant le cinéma américain entre 1981 et 2000(2). Pour ce spécialiste la résurgence
leur vision plus rigoriste de la morale après le mariage pour tous, mais ce sont sur- tout les milieux progres- sistes qui semblent porter le flambeau aujourd’hui. « Dans les années 60-70 les mouvements féministes militaient pour l’émanci- pation sexuelle synonyme de libération du corps des femmes. Désormais elles ont conquis une certaines place, et les discours portent un regard plus sombre sur la sexualité pour contrer de mauvaises attitudes », constate Lucien Belgrand, sociologue spécialisé dans l’étude de genre. Mais ce genre de réajustement suit bien un mouvement de libé- ration des mœurs, explique Thibault Isabel, qui cite la  n de l’empire romain : « Pen- dant des siècles les auteurs ont décrit les orgies de la bourgeoisie romaine, l’hé- donisme régnant, et même l’éclatement des cellules familiales. En vrai retour de balancier, des tabous ali- mentaires, sexuels, moraux sont apparus vers la  n de l’empire romain, consti- tuant un creuset favorable au christianisme, dans un même contexte de mondia- lisation, d’idées nouvelles et de fortes migrations. »
relatiVisatiOn
Nous vivons donc une consé- quence de l’émancipation des mœurs à l’excès. Les publicités ont exploité à ou- trance le corps féminin, et celui qui dénonçait la por- nographie dans les années 70-80 comme une marchan- disation fétichiste du corps féminin ou un dévoiement matérialiste et vulgaire de l’érotisme, passait pour un rabat-joie. S’en est suivie en France une montée en puissance d’un nouveau pu-
ritanisme moral, à travers la vogue de l’hygiénisme (lutte anti-tabac, anti-al- cool, anti-obésité...), mais aussi à travers le politique- ment correct et l’aseptisation du langage, sans parler du culte quasi-totalitaire de la «transparence», qui place de facto dans une société de surveillance générali- sée. Cette nouvelle donne ne signifie-t-elle pas une restriction des libertés indi- viduelles, comme certains contempteurs du mouvement le redoutent ? Les relations hommes/femmes changent, et beaucoup craignent que les comportements deviennent de plus en plus arti ciels au nom d’une certaine morale. « Un président peut être un bon président et un mau- vais mari. Les Français ne mélangent pas les deux », déclarait Charlotte Le Van, professeur de sociologie et auteur des Quatre Visages de l’in délité en France(3). Cela sera de moins en moins le cas avec cette in uence américaine – l’alignement d’opinions étant peut-être le véritable fait nouveau. Le néo-puritanisme est quant.à lui, rappelons-le, annoncia- teur d’une nouvelle période de libération des mœurs...
(1) « Le parti de la tolé- rance », de Thibault Isabel, éd. La Méduse, 2014
(2) « La  n de siècle du cinéma américain », éd. La Méduse, 2015 (rééd.)
(3)« Les quatre visages de l’in délité en France », de Charlotte Le Van, éd. Payot, 2010.
Par Julien Tarby
Les 100 femmes dont Catherine Deneuve qui ont écrit une tri- bune hostile au contexte généré par #balancetonporc, suite à l’affaire Weinstein, ont déclenché une levée de boucliers. Accusées de freiner le mouvement de dénoncia- tion de harceleurs, elles n’en ont pas moins – sans rentrer dans le débat – souligné un phénomène sociétal de fond : le puritanisme se développe dans la société française contemporaine. « Celle-ci, de culture latine, est pourtant traditionnellement étrangère à ce mouvement », observe Thibault Isabel, philosophe, historien des civilisations(1). Comment a-t-il pris racine et implique-t-il une restriction de liberté ?
une relatiVe DéCOnnexiOn
De la reliGiOn Stricto sensu, le «purita- nisme » est un mot étroi- tement lié aux débuts de l’anglicanisme, courant du christianisme qui apparaît au XVIe siècle. Ce drôle de schisme à l’anglaise n’est en fait pas du tout dû à une question de foi, mais a une volonté du roi de pouvoir tranquillement divorcer de sa première femme pour en épouser une deuxième... avant de devenir un vrai courant religieux du calvi- nisme désirant « puri er » l’Église d’Angleterre du ca-
tholicisme. Plus tard, Alexis de Tocqueville l’assimilera presque à un courant poli- tique... Dans l’autre assertion, plus générale, le mot désigne d’ailleurs simplement une pudeur excessive, un re- fus des plaisirs, antonyme de l’hédonisme. Le purita- nisme en version moderne n’est pas forcément lié à la religion. Bien sûr ce sont les Associations Familiales Catholiques qui ont porté plainte contre Black Divine, l’éditeur américain du site de rencontres extraconjugales Gleeden, qui évoquait dans ses af ches publicitaires les tentations d’Eve en montrant une pomme croquée. Mais si sept municipalités françaises ont décidé de faire retirer ces af ches placardées sur les bus, c’est parce qu’elles recevaient des plaintes de personnes très différentes, parfois athées, choquées
Janet Jackson dévoile par accident son sein droit en direct de la  nale du Super Bowl, et les grandes sociétés de l’oncle Sam étonnent par leur pudibonderie en ma-
d’un tel mouvement est assez commune et se retrouve dans l’antiquité ou la Renaissance. Ce qui est nouveau est son export depuis les Etats-Unis, preuve d’une américanisa-
    Hygiénisme, politiquement correct, aseptisation du langage, culte de la «transparence» en réponse aux excès des années précédentes...
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par cette « atteinte » à la moralité publique. De même la campagne menée contre la légalisation du mariage homosexuel, qui a vu des centaines de milliers de ma- nifestants défiler dans la
tière de nudité – à l’exemple de la censure exercée par Facebook sur les photos. « Cette pensée puritaine a resurgi à la  n des années 80 et même au début des années 90 outre-Atlantique,
tion des cultures toujours plus mondialisées. Il y avait donc un terreau en France, et l’affaire Weinstein n’a été que le catalyseur. L’Hexagone a peut-être vécu un regain des milieux religieux et de
« Regardez, il n’a pas sa veste ! Exhibitionniste ! »
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    ]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[L’Oeil décalé
SOCIÉTÉ
   Etude d’un sujet, d’une polémique dans l’air du temps pour mieux en saisir les enjeux
Le minimalisme comme art de vivre
Du bien-avoir au bien-être
Courir après le bonheur et perdre sa vie
à vouloir la gagner ? Certains disent non merci si bien qu’on assiste en Occident à un retour à la sobriété dans les modes de vie. Le minimalisme dénonce les pratiques qui réduisent l’être à l’avoir et condamne au malheur. Mais sans faire de bruit...
Par Joseph Capet
aux seconds. Evidemment, le minimaliste défend le Buy Nothing Day et abhorre le Black Friday. L’homme ne vit pas au temps présent, mais sera enfin heureux quand il possédera l’objet convoité, puis tel autre, puis tel autre, à l’in ni. Le dé- sir de possession est sans
auteur de L’art de la simpli- cité (Robert Laffont, 2005). Plutôt que d’avoir une année à cent à l’heure, sans répit ni repos à faire souvent des tâches ingrates pour s’oc- troyer deux semaines de « vacances de rêve » dans des lieux luxueux, le mini- maliste préfère avoir une
repentir »). S’il se contente de plaisirs simples, le mini- maliste n’est pas pour autant austère. « La simplicité ce n’est ni être strict, stoïque ou ascétique. L’essentiel est de trouver un juste milieu entre le trop-plein et le défaut », précise Dominique Loreau, auteur de L’in niment peu (J’ai lu, 2012). La tempérance ou la mesure sont les vertus qui permettent de tenir en équilibre et qui autorisent l’existence du bonheur au présent. « On ne se sacri-  e pas en vivant de façon simple ayant conscience de tout le bonheur généré et des malheurs évités », ajoute Laure Waridel.
la siMPliCité, FOrMe D’aCtiOn POlitique
« Le minimalisme est l’abou- tissement d’une réflexion profonde sur la vie et le sens d’exister. Il tient compte de l’empreinte écologique et de l’impact social de cha- cun de nos choix », assure Laure Waridel, pionnière du commerce équitable au Canada, auteur de Acheter, c’est voter (Editions Ecoso- ciété, 2005). Avoir, faire et être apparaissent comme les caractéristiques fondamen- tales de l’humanité. Depuis plus d’un demi-siècle, le faire et l’être sont réduits à l’avoir, décidé par avance par le marché et les cabi- nets de tendance. « On nous in ige des désirs qui nous af igent », continue Alain Souchon en 1993. « Pour consommer toujours plus, des personnes s’»auto-su- bissent» par l’endettement », explique Laure Waridel. Le ré exe est rarement de tra- vailler moins pour dégager du temps et devenir oisif, vivre «sans lustre». Souvent,
on travaille plus et on vit à crédit pour continuer à mener grand train.
Dans un contexte de surcons- ommation, la  n de l’action et du travail est réduite à l’acte d’acquisition. Les po- pulations semblent de plus en plus conscientes des risques humains et écologiques de la consommation de masse. Une évolution culturelle semble quelque peu enclenchée. Tou- tefois, les habitudes de vie ne changent pas dans les faits. Et Laure Waridel de rappe- ler le proverbe québécois : « Les bottines ne suivent pas toujours les babines. » Tout le mode de production et de consommation est à repenser si l’homme veut se montrer plus respectueux de l’homme comme de la nature. « Pour motiver un changement dans les pratiques de consomma- tion et éduquer les citoyens, il faut internaliser les coûts environnementaux et sociaux dans le prix de ce que l’on achète. La mise en place de taxe carbone pour réduire l’empreinte carbone est un exemple d’éco- scalité qui a un impact », défend Laure Wa- ridel, cofondatrice, porte-pa- role et ancienne présidente d’Équiterre, ONG écologiste québécoise. Pour qu’un chan- gement de paradigme et de pratiques s’opère réellement, les citoyens et les décideurs doivent faire pression sur les entreprises, puisque l’industrie n’est pas d’abord à l’écoute des citoyens. « Le minima- lisme est une manière de s’impliquer politiquement dans sa vie individuelle, rap- pelle Laure Waridel, car les modes de production et de consommation dominan.ts polluent, déshumanisent et gâchent des vies. »
« Comme on nous parle... »
  «O
n nous fait croire / Que
signi e excès, intempérance et démesure.
Après les révolutions indus- trielles, pleonexia et hybris semble s’être mariés, surtout pour le pire. En réduisant le bien-être au bien-avoir, l’homme moderne se damne et se dispose malgré lui au malheur. « L’individu mo- derne se dé nit par l’avoir. Pour beaucoup de gens, avoir moins signi e incon- sciemment "exister moins". Personne ne souhaite exister moins ! Or, il ne s’agit pas d’exister moins, mais d’exis-
le bonheur c’est d’avoir / De l’avoir plein nos armoires / Déri- sion de nous dérisoires », chante Alain Souchon dans Foule sentimentale. Loi- sir de masse et société de consommation ont réussi à nous faire accroire que le bonheur consistait à avoir. Or, le minimalisme prône un mode de vie simple où l’être reprend le dessus sur l’avoir. « La simplicité n’a rien de nouveau et n’est pas extraordinaire. Des hommes ont toujours existé qui pré- féraient la sérénité à l’agi- tation, la vie simple et sans excès au luxe et au mouve- ment permanent », indique Dominique Loreau, auteur qui s’est établie depuis plus
 n et le bonheur sans cesse repoussé à demain, si bien qu’il n’existe jamais. « Ainsi nous ne vivons jamais, mais nous espérons de vivre, et
vie plus simple animée d’un tempo plus lent, mais faire tous les jours des choses qu’il apprécie faire avec des gens qu’il aime. « Le minimalisme
  On ne se sacri e pas en vivant de façon simple
 de trente ans au Japon.
aCtuels PleOnexia et hyBris
« Μηδὲν ἄγαν » (Mêden agan), telle est l’inscrip- tion que les Grecs lisaient sur le fronton du temple de Delphes. Cet adage grec signi e « Rien de trop » et représente la maxime cardi- nale de la sagesse grecque. La pleonexia et l’hybris ne datent pas d’hier. La première désigne le fait d’ambition- ner plus que sa part et d’en vouloir toujours plus. Le second, honni par les Grecs,
ter autrement », explique Laure Waridel, sociologue, conseillère stratégique au Centre interdisciplinaire de recherche en opérationna- lisation du développement durable (CIRODD) de Mon- tréal. Pourquoi courir après le bonheur ? De peur qu’il ne se sauve ? Exister autrement revient à prendre son temps, à tenter de vivre au présent en n’étant pas poussé au devant de soi par la quête effrénée des choses qui nous manquent. Le minimaliste fait la différence entre les besoins et les désirs vains, et ne veut pas être aliéné
nous disposant toujours à être heureux, il est inévi- table que nous ne le soyons jamais », soutenait Pascal dans les Pensées (Laf. 47).
le MiniMalisMe COMMe éthique et DisCiPline
« Le minimalisme est une mode qui provient surtout des Etats-Unis et du Japon, tandis que la simplicité est un mode de vie ; le minimalisme est arti ciel et creux, alors que la simplicité correspond à un art de vivre qui implique la personne toute entière », explique Dominique Loreau,
est un moyen de tenir en équilibre en évitant la spi- rale du consumérisme et du manque de temps », défend Laure Waridel.
« La simplicité correspond à une façon de vivre en se battant contre les désirs de posséder, de se montrer et de briller », ajoute Dominique Loreau, auteur de L’art de l’essentiel (J’ai lu, 2009). Le minimalisme implique une certaine conception du monde et de l’humaine condition. « Je propose une vie basse et sans lustre, c’est tout un », conseille déjà Montaigne dans les Essais (III, 2, « Du
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
Le minimalisme ne signi e pas austérité.
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[ 12 révolutions | 50 ans | 100 brevets
Clim®
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LABEL D’EXCELLENCE JANUS 2017
DE L’INSTITUT FRANÇAIS DU DESIGN
Architecte : Jean-François Brodbeck - AMRS Architectes
Barrisol® Climatisation invisible - froid/chaud - acoustique & lumineux
12e Révolution
11e Révolution 10e Révolution 9e Révolution 8e Révolution 7e Révolution 6e Révolution
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1967-2017
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Architecte : Benedetto Camerana
Designer: Ross Lovegrove
Architecte : Marek Deyl & Jan Šesták
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Architecte : Aedas Architects
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Design : Barrisol® Finland
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Architecte : Jienarol Architecture
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Réalisation: Simon Norris
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]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  Le carnet des nominations
en partenariat avec
uAgence nAtionAle de lA recherche (Anr)
Thierry Damerval, 56 ans, ENS Saint-Cloud (1980)
est nommé président-directeur général de l’ANR
uAlAin Afflelou
Didier Pascual, 54 ans, MSTCF - Université Toulouse 1 Capitole (1985)
est promu président-directeur général du groupe Alain Af elou
uconforAmA (Steinhoff internAtionAl) Frank Deshayes, 42 ans, DESCF (2002)
est promu directeur général délégué de Conforama
uconSeil d’AnAlySe économique
Philippe Martin, 52 ans, doctorat d’économie - Univer- sité de Georgetown (1992)
est promu président délégué du Conseil d’analyse économique
uinStitut nAtionAl du pAtrimoine (inp) François Weil, 57 ans, ENS Paris
est nommé président de l’INP
u groupm frAnce (groupe Wpp)
Mathieu Morgensztern, 45 ans, executive education de la Wharton University of Pennsylvania (2008)
est nommé chief executive of cer de GroupM France
u performAnSe
Dominique Duquesnoy, 46 ans, ESSCA (1997) est promu directeur général de PerformanSe
uplAce deS editeurS
So a Bengana, 50 ans, avocat au Barreau de Paris, titulaire du CAPA
est nommée président de Place des éditeurs
u primAxiA
Laurent Joly, 53 ans, Institut national des sciences appliquées de Lyon
est promu directeur général de Primaxia
upubliciS communicAtionS
Nick Law
est nommé président de Publicis Communications
                                VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?
Nomination, les 200 000 décideurs
Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr
 Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant l’entrepreneuriat, picorés de-ci de-là
Nouvelle année rime parfois avec nouvel enfant, voire premier enfant. L’entreprise ne peut rien quant au choix du prénom de l’enfant. Elle n’est pas concernée par
la couleur de la chambre ni celle de la layette. En revanche, le Guide pratique de
la Parentalité en Entreprise permet aux jeunes parents de trouver des solutions pour allier au mieux vie personnelle et vie professionnelle. A ce propos, le gouver- nement propose d’allonger la durée du congé parentalité à dix semaines. Lors de l’éducation de l’enfant se posera également la question de l’éducation religieuse. Pour l’entreprise, Harris Interactive a produit un état des lieux du fait religieux au travail. Pour traiter notamment du fait religieux entre salariés et de bien d’autres choses encore, A5sys vient de mettre sur pied un incubateur destiné aux salariés. Les enfants, aujourd’hui jeunes adultes, investissent de plus en plus dans les en- treprises. Pour eux, le crowdlending peut même se substituer à l’épargne bancaire traditionnelle. S’ils souhaitent s’investir dans un projet d’entreprise, la saison 7 des « 100 jours pour entreprendre » vient de commencer ! Pour s’assurer sur me- sure et peut-être pour faire baisser les coûts des polices d’assurance, Wizzas rend désormais possible l’achat groupé d’assurances.
 Naissance du Guide pratique de la Parentalité en Entreprise
 Comment concilier vie personnelle, vie parentale et vie professionnelle ? L’Observatoire de l’Equilibre des temps et de la parentalité en
à dix semaines, tout en maintenant le salaire et les avantages (congés, RTT, ancienneté...). Aviva France est pionnière dans ce domaine. En effet, le groupe Aviva est le
de satisfaire les intérêts des parents en même temps que ceux de l’entreprise. C’est pourquoi le Guide pratique de la Parentalité propose des solutions qui semblent satisfaire les différentes parties prenantes. Le guide est structuré autour de neuf grandes thématiques comme la grossesse, l’ adoption, l’ arrivée de l’ enfant, le retour au travail, l’enfant malade... Le guide recense de nombreux exemples de pratiques et de dispositifs mis en place pour favoriser un meilleur équilibre des temps de vie.
 Allongement du congé parentalité, une proposition ministérielle
Le gouvernement et Marlène Schiappa, secrétaire d’ Etat à l’ Egalité entre les femmes et les hommes, souhaitent augmenter la durée du congé parentalité au sens large. Il n’est pas question du congé paternité, mais bien du congé parentalité. Quel que soit le sexe du conjoint, la proposition consiste à allonger le temps du congé
 Le fait religieux en entreprise, un état des lieux
entreprise a publié, avec le soutien du Groupe Grandir, le Guide pratique de la Parentalité en Entreprise le 12 février dernier. Les salariés sont pour beaucoup également des parents. Il est parfois dif cile
premier groupe en Europe et dans le monde à signer un accord de parentalité. Grâce à une telle politique parentale ambitieuse, le gouvernement cherche à favoriser l’égalité professionnelle et à permettre une meilleure séparation entre la vie privée et la vie au travail.
 Seul Dieu peut sonder les cœurs et les reins, mettre à l’ épreuve la foi du croyant. Dans l’ entreprise, la croyance religieuse et son expression doivent
tenir compte du cadre de vie en collectivité. Un sondage Harris Interactive, publié le 2 février dernier, souligne que l’ initiative des salariés, le coworking, les échanges oraux et
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
qui font le business en France !
écrits tendent à se multiplier grâce à la gestion moderne des entreprises. Dans un contexte où le collaboratif, l’échange et le partage se déploient, des problèmes se posent quant à l’expression du fait religieux. La croyance religieuse peut-elle in uencer les choix, les options, les décisions des collaborateurs ? Remet-elle en cause la neutralité de l’entreprise ? Près d’une entreprise sur cinq est confrontée à des problèmes ou à des demandes
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
particulières qui ont trait à la croyance religieuse. 53 % des dirigeants interrogés font état de demandes de congés liés à des fêtes religieuses qui ne correspondent pas à des jours fériés. Des sollicitations d’adaptation des horaires de travail, notamment pour prier, voient également le jour (48 %). Les dirigeants interrogés af rment, à hauteur de 27 %, que certains salariés refusent de serrer la main à une personne de l’autre sexe. Majoritairement, les dirigeants ne sont pas favorables à l’idée de laisser une trop grande place au fait religieux dans leur entreprise. 88 % d’entre eux refuseraient par exemple de créer un espace dédié à la prière. En un mot, les manifestations religieuses sont acceptées dans l’entreprise si elles restent à la discrétion du seul salarié et n’impliquent pas de répercussions sur les autres. Laïcité, j’écris ton nom...
 A5sys, incubateur pour les salariés
d’applications, a lancé le 20 février un incubateur à destination des salariés. A5sys cherche à développer les meilleurs projets des salariés. Bel exemple de méthode de management de l’entreprise qui permet au travailleur de redonner du sens à sa présence. A bon entendeur...
 Millenials et Xennials investissent dans les entreprises
La novlangue et le «globish» ont produit deux nouvelles appellations certi ées conformes : les Millenials sont les jeunes adultes âgés de 25 à 33 ans, tandis que les Xennials sont leurs aînés âgés de 34 à 40 ans. Il s’avère que 79 % des 25- 40 ans se disent prêts à placer leurs économies dans des entreprises. La jeunesse reste prudente et préfère une épargne avec une rentabilité limitée, mais garantissant des risques limités. L’achat
CLUB ENTREPRENDRE
   A l’ère de l’intrapreunariat, l’esprit d’entreprise et les bonnes idées ne sont plus l’apanage des seuls dirigeants. On comprend que les collaborateurs et les salariés disposent également d’idées innovantes et de solutions qu’il convient de considérer, voire de réaliser. Le salarié devient ainsi lui-même force de proposition. A Saint-Herblain, l’entreprise A5sys, spécialisée dans le développement de logiciels et
  d’actions ne fait plus peur aux jeunes. L’Internet et la presse spécialisée
   avec
cci.fr
« Le pessimisme est d’humeur, l’op- timisme est de volonté ».
A peine posée, j’ai la tentation d’effacer cette première ligne. Trop consigne pour dissertation, ce propos du phi- losophe Alain. Pa s assez proche du néo-vocabulaire managérial. Pourtant, à la réflexion... Et s’il entrait un peu de ça aussi dans cette posture de volontarisme qu’on observe chez les entrepreneurs ?
Avec ses 45% d’optimistes déclarés dans notre vague d’enquête, janvier était peut-être atypique. Mais la ten- dance se confirme un mois après. Seulement 23% des entrepreneurs se sentent inquiets, soit le deuxième score le plus bas depuis 2015. Le pourcentage des confiants dans leur entreprise et
dans l’économie française est un des plus élevés enregistrés depuis 2015, et même depuis le début du quinquennat Macron. A 70 %, la confiance dans l’économie mondiale n’a même jamais été aussi forte.
Tout ne dépend pas d’eux, certes. Mais ils ont un rôle à jouer dans la société et ils le disent. Interrogés en janvier sur le sujet, ils mettent principale- ment en avant la création de richesse et d’emploi localement (55%) ou au niveau national (48%), ex-aequo avec une mission plus sociale : donner les moyens à leurs salariés de s’épanouir professionnellement.
Autre indice de leur souhait d’être en prise avec leur avenir, ils sont 64% en février à considérer qu’une consulta-
tion publique est un procédé efficace pour co-construire la future loi visant à favoriser la croissance et la transfor- mation des entreprises. Volontaristes jusqu’à... passer un PACTE ?
Béatrice Genoux Planneur stratégique CCI France
Retrouvez l’intégralité des résultats de la Grande Consultation sur www.grandeconsultation.fr
Parce qu’ils le veulent bien ?
  MARS 2018 | ecoreseau.fr 35
Jugement de valeurs
]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
  permettent de comprendre le fonctionnement des placements. Toutefois, les jeunes épargnants préfèrent aujourd’hui le contact humain avec leur banquier ou un conseiller en gestion de patrimoine. Le seul véritable frein à l’investissement des jeunes dans les entreprises reste le fait que l’argent soit bloqué et qu’il ne peut pas être récupéré en cas de pépin ou de projet coûteux.
 Le crowdlending, un  nancement participatif qui se substitue aux banques
  Julien Leclercq
Entrepreneur engagé Président Entreprendre pour Apprendre France
Une idée pour mieux connaitre S le marché de l’emploi
ur le point de boucler mon prochain livre, Ren- dez-vous avec la France qui bouge, je termine un tour de France des actions citoyennes qui vise à
résoudre des fractures de notre pays. Un voyage de 18 mois en optimisme, qui donne franchement la banane. Je pro te de cette chronique pour mettre en avant l’une de ces initiatives, aussi simple que brillante.
Bien qu’of cieux, les chiffres sont là : Pôle Emploi re- caserait une personne sur huit... et surtout ne verrait le marché du travail que par un bout de la lorgnette, puisque l’on estime que 80% du marché de l’emploi est « caché ». L’ensemble des acteurs en conviennent, pour gagner en ef cacité, il faut innover. La maison de l’Emploi de Saverne, en Alsace, a prouvé qu’elle avait de la suite dans les idées en créant les « Moissons de l’Emploi® », initiative transposée du côté d’Auxerre, qui l’organise pour la septième année consécutive.
Pendant une semaine, et après une formation préalable, des demandeurs d’emploi volontaires et des bénévoles vont en binôme rendre visite aux entreprises a n de faire le point sur leurs besoins en matière d’emploi. La bienfait évident, c’est une cartographie en temps réel du marché de l’emploi, bien plus précise que la connaissance que la Maison de l’Emploi en a habituellement. Déjà génial en soi, mais les béné ces de la démarche vont bien au-delà de cela, puisqu’en envoyant des demandeurs d’emploi moissonner, on les maintient en contact avec les entre- prises, ils prennent con ance en eux, font du réseau, se sentent véritablement accompagnés...
Résultat : en 2017, 49% des personnes ayant participé au « programme » ont trouvé un emploi dans les mois qui ont suivi.
Plus d’infos sur www.mdeauxerrois.com/moissons-emploi
A Paraitre : Rendez-vous avec la France qui bouge (Ed. du Rêve), le 29 mars 2018
  Comme les autres, les projets de développement durables doivent être  nancés. Toutefois, ils n’ attirent pas immédiatement les gros investisseurs. Le crowdfunding est connu de tous ; il consiste à donner de l’argent via une plateforme Internet sans attendre de contrepartie  nancière. L’usage veut que des formes de cadeaux ou des avantages en nature soient néanmoins proposés aux généreux donateurs. Le crowdlending permet de  nancer des projets de développement durable qui ne
 trouvent pas d’investissement auprès des banques ou à taux pouvant avoisiner les 10 %. Le crowdlending autorise donc le particulier à prêter de l’argent, et à se voir rembourser mensuellement capital et intérêts. L’épargne recourant au crowdlending est plus lucrative que l’épargne traditionnelle proposée par la banque, jusqu’à six fois plus élevée. Pour la start-up, le taux du prêt se trouve diminué. En un mot, le crowdlending semble vertueux, du moins il permet aux deux parties de s’y retrouver ou de joindre les bouts.
 «100 jours pour entreprendre», BNP Paribas lance un appel à candidatures
Jusqu’25 avril prochain, les jeunes créateurs d’entreprise sont appelés à publier une vidéo de leur projet. Créer le buzz pour obtenir des votes ! Les dix lauréats remporteront une « Boîte 100 jours » d’une valeur de 15 000 euros, sorte de kit du futur entrepreneur contenant un soutien logistique, technologique et humain pour lancer l’entreprise. Pourquoi ne pas tenter l’aventure et se lancer dans la saison 7 des « 100 jours pour entreprendre » ? Le 23 mai, 20  nalistes seront
 appelés à faire un pitch devant un jury d’experts et de professionnels. Début juin, les dix lauréats recevront leur prix, intégreront le « Club 100 jours » et prépareront avec soin la piste de décollage de leur entreprise.
 Wizzas, l’achat groupé d’assurances
L’uberisation et le digital ne pouvaient pas ne pas toucher également le monde de l’assurance. L’« AssurTech » vient donc de voir le jour. Le particulier comme le professionnel souhaitent disposer d’un contrat d’assurance sur mesure qui prenne en compte la spéci cité des biens à assurer. Or, souvent, les assurances proposent des forfaits tout prêts avec des polices trop chères ou qui ne couvrent pas les besoins réels. L’union fait la force dans le domaine de l’achat groupé d’assurances. Wizzas permet à chacun
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
de se regrouper et de proposer à une compagnie d’assurance une extension de garantie. Un exemple parlant : une compagnie d’assurance ne prend pas en charge l’héliportage d’un skieur. Si une communauté de skieurs se regroupe et sollicite auprès des assurances la prise en charge d’un tel rapatriement, il est alors envisageable de négocier la meilleure solution à moindre coût. Wizzas ou « ensemble pour des assurances qui nous ressemblent vraiment ».
Salauds de patrons !
© Nicolas Dias
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
  Commune Image lance un incubateur dédié à la réalité virtuelle
  La Fabrique de Cinéma met en place un laboratoire numérique a n de développer une réalité virtuelle nouvelle génération. A Saint- Ouen, avec le soutien de Créatis, Nexus Forward et Génération Numérique, l’incubateur Commune Image VR souhaite bien produire des contenus de réalité virtuelle de qualité. L’offre est aujourd’hui réelle et abondante, mais jusqu’alors les contenus sont encore à parfaire. Avant le lancement de
 Franchise Expo Paris. Du 25 au 28 mars 2018, Porte de Versailles, Pavillon 2.2 (Paris 15e)
Pour ouvrir une franchise et devenir franchisé, rendez-vous au plus grand salon international dédié à la franchise. L’im- portant est de répondre à cette question : mon concept est-il «franchisable» ? Toutes les solutions de franchise sont propo- sées pour que rien ne soit infranchis(s)able !
 Smart Industries. Du 27 au 30 mars 2018, Paris Nord Villepinte, ZAC Paris Nord 2
Permettre la mise en place de l’usine et de l’industrie du fu- tur, voilà le dessein du salon Smart Industries. Tout mettre en œuvre pour permettre l’émergence de l’usine connectée intelligente, collaborative et ef ciente, sans oublier la place de l’homme et de la formation.
 Printemps des études, 5 & 6 avril 208, Palais Brogniart, Paris
Créé à l’initiative de la profession Communication, Marketing, Opinion, le Printemps des études est un événement qui répond aux vœux de la  lière en combinant exposition, conférences, rendez-vous, témoignages et retours d’expérience et  ash benchmark, à fort contenu intellectuel.
                                                                                                                          cet incubateur, en France, il n’existait pas de dispositif structurant la  lière de la réalité virtuelle. C’est désormais chose faite.
                           Rimbaud’Tech, nouvel incubateur à Charleville-Mézières
Arthur Rimbaud et Charleville-Mézières, une longue histoire de séparations et de retrouvailles forcées. Rimbaud quali ait « Charlesotteville... de suprêmement idiote entre les villes de province ». Au génie littéraire du XIXe siècle succède le génie du XXIe siècle au sens d’esprit du temps incarné dans l’innovation, le développement et l’ entreprenariat. Rimbaud’ Tech est un incubateur pluridisciplinaire qui cherche à valoriser la création d’entreprises innovantes dans les Ardennes. L’innovation et l’implantation sur le territoire sont les critères de sélection de l’incubateur. Recréer de l’emploi et du dynamisme dans la vallée de la Meuse pour donner tort à la phrase de Rimbaud semble être l’ambition de l’incubateur Rimbaud’Tech.
                                                          MARS 2018 | ecoreseau.fr
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Save the dates
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre, en rapport avec l’innovation et l’entrepreneuriat
  Mais où va la French Tech ?
Jusqu’ici, tout va bien...
avec sa Berlin Valley et les succès de Rocket Internet, par Israël vu comme la «start-up nation» de réfé- rence, et surtout l’Angleterre qui enjolivait les chiffres en comptant les salariés des  liales de grandes sociétés américaines (Oracle, IBM...). Il fallait exister », retrace Olivier Ezratty, consultant et auteur chaque année du Rapport du CES de Las Ve- gas. L’objectif a été rempli au-delà des espérances. 88 % des investisseurs s’attendent à ce que la croissance des start-up Deep Tech soit plus forte en France que dans le reste de l’Europe, et 61 % classent la France dans leur top 5 de destinations pour investir dans la Deep Tech, d’après une étude menée par le cabinet de conseil Wa- vestone en décembre 2017. « L’écosystème a triplé en cinq ans, les montants levés par les gérants de fonds et ceux levés par les entreprises innovantes ont triplé depuis 2012. Faits historiques : en 2016, la France a connu plus de tours de  nancement de type capital-risque que la Grande-Bretagne et en 2017, les capitaux-risqueurs français ont levé sur les trois premiers trimestres plus
chaines années », se réjouit Jean-David Chamboredon, également CEO du fonds d’investissement Isai. La délégation française au CES – mais aussi dans d’autres manifestations – accompa- gnée par la French Tech et les régions, est toujours plus conséquente. Le portefeuille de jeunes pousses est incon- testablement devenu dense et diversi é. « Mais il est dif cile de discerner si des champions vont émerger de ce terreau fertile. Nous en sommes là, la Grande-Bre- tagne a dix ans d’avance, avec un portefeuille plus ancien et donc déjà des têtes de pont, qui ont pro té de Business Angels et d’un ca- pital risque plus fournis. De notre côté, nous verrons si ces graines prometteuses pousseront, se feront racheter par des gros ou périclite- ront », résume Jean-David Chamboredon.
un risque D’éParPilleMent ? Les start-up hexagonales au CES, accompagnées pour les trois quarts par les régions ou de grandes sociétés comme La Poste, sont censées ren- contrer distributeurs, clients, fabricants, investisseurs...
  L’approche quantitative – la délégation de start-up françaises au CES en atteste – n’est pas si incohérente. Les problématiques sont ailleurs.
Par Julien Tarby
a French Tech a-t-elle un mail-
«L
une MOntée
en PuissanCe inDéniaBle
Le label visait à mettre la France sur le radar des grosses sociétés, des prin- cipaux médias du monde de la tech. Il s’agissait de montrer que la gastronomie, la haute couture et le parfum n’étaient pas les seuls atouts. « François Hollande avait inscrit dans son programme sa volonté de créer des quar- tiers numériques, dans une optique plutôt sociale d’accès
lot de bain ? » Le titre humoristique du post LinkedIn de Jean-David Chamboredon, co-président de France Digitale, associa- tion d’intérêt des start-up numériques, ne soulève pas moins une question fonda- mentale : alors que Warren Buffet a déclaré qu’on voit ceux qui nagent nus quand la mer se retire, l’écosys- tème français de start-up numériques porte-t-il un maillot de bain ? La French Tech enchaîne les records et les effets d’annonce, mais la stratégie suivie, après quatre ans d’existence du label, est-elle la bonne ? L’impressionnant contingent de jeunes pousses hexago- nales au CES de Las Vegas, supérieur à celui des autres pays européens ou même des Chinois, parle au grand public, mais seront-elles les championnes de demain, créatrices d’emplois et ré- sistant à la prochaine crise ?
L’écosystème a triplé en cinq ans,
les montants levés par les gérants de fonds et ceux levés par les entreprises innovantes ont triplé depuis 2012
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Eureka Park, au CES de Las Vegas...
aux technologies par tout le monde. Finalement le dossier est passé chez Jean-Marc Ayrault, puis Fleur Pellerin, pour devenir beaucoup plus économique et entrepreneu- rial. Les décideurs étaient aussi titillés par l’Allemagne
d’argent que leurs homolo- gues britanniques. La France a un portefeuille de start-up «early to mid-stage» extrê- mement fourni et prometteur. Les VCs Français ont les moyens d’être offensifs pen- dant les trois ou quatre pro-
Mais « les Françaises re- présentent le tiers des ex- posants de l’Eureka Park, qui est une espèce de grand hall rempli de stands de 8 m2 en lés les uns à côtés des autres, une sorte de Rungis des start-up », reconnaît Oli-
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[Enquête
CLUB ENTREPRENDRE
  vier Ezratty. N’est-ce pas le symbole d’une stratégie qui a fonctionné les premières années pour acquérir de la notoriété, mais qui peut à terme favoriser la dilution, l’éparpillement ? D’autant plus qu’un certain contexte de rivalité entre les régions amène à la surenchère de jeunes pousses encoura- gées à faire le voyage, même si elles ne sont pas prêtes. « Certains innovent dans des domaines où il n’y a pas apport d’un réel «béné ce cognitif» pour l’utilisateur  nal. La technologie est dé- sormais accessible, elles le font pour faire parler d’elles. Je ne suis pas sûr que le préservatif connecté soit fondamentalement utile », illustre Nicolas Mourier, consultant spécialisé IoT. D’autres pays semblent pri- vilégier des thématiques, presque des  lières. Les Al- lemands mettent en avant leurs start-up du secteur automobile par exemple, les hébergeant directement sur leur pavillon, plutôt en mode «showcase». Les Suédois ont adopté la même logique. Une
ce qui rebute les grands ac- teurs –, est éloquent selon Nicolas Mourier : « Ceux qui répondent à un vrai besoin et parviennent à simpli er l’usage pour convaincre un maximum d’utilisateurs et donc collecter des data pertinentes perdureront, ou se feront racheter par de grands industriels. Les autres disparaîtront. » Malgré le nombre, certaines start-up pro tent à plein de leur pré- sence au CES, à l’exemple de Netatmo, spécialisée dans les objets connectés : en six ans la jeune pousse a obtenu des prix et levé 20 millions d’euros. Comptant Legrand comme actionnaire, avec qui elle expose désormais au CES, elle est devenue une des locomotives du secteur. Tout ne peut être régenté et organisé, les thématiques se mettent en place d’elles- mêmes, petit à petit. « Quand je vois que Valeo, Faurecia et Business France exposent au même endroit, je me dis que les choses vont dans le bon sens. La force des grands, l’innovation des petits et l’accompagnement
sommes tous embarqués dans un processus d’apprentissage collectif », déclare Olivier Ezratty.
Des sOuCis De Plus lOnG terMe
Tout est donc rose au pays de la French Tech ? Oui pour l’instant, en partie pour trois raisons selon Jean-David Chamboredon : « Premiè- rement Bpifrance, lancée  n 2012 a, depuis sa créa-
de Criteo fin 2013 et ont, depuis, été les chefs de  le deplusde60%desgros tours de tables réalisés par nos «start-up/scale-up». » Ces facteurs expliquent les progrès colossaux accomplis, mais rendent la French Tech vulnérable à une éventuelle crise  nancière mondiale. « Tous ces investisseurs retireraient leurs billes et Bpifrance ne pourrait pal- lier. Nous ne disposons pas encore assez de capital long, essentiel pour construire un écosystème pérenne », regrette Jean-David Cham- boredon. Regrettable, quand on sait qu’il faut dix ans pour
construire un champion du numérique. Il manque d’in- vestisseurs institutionnels ou de très gros fonds. Les concurrents étrangers bé- né cient d’investissements longs avec les university endowments (35 milliards de dollars pour Harvard !) ou les caisses de retraite par capitalisation qui investissent de5à10%deleursactifs dans le non-coté, dont un quart dans le capital-risque. France Digitale recommande que l’assurance-vie soit ré- formée en ce sens, mais le sujet est délicat pour les épargnants français. Quant aux fonds paneuropéens, ils
sont plutôt situés à Londres, et Paris serait bien inspiré de les faire venir suite au Brexit. Autre écueil, plus structurel, pouvant empê- cher de faire émerger des leaders mondiaux : le manque de talents internationaux. Les convaincre de venir en France sera possible quand il y aura une vraie continuité pour eux, ce qui signifie des écoles internationales, des régimes de retraite par capitalisation... Depuis le Brexit et la concurrence des places  nancières pour atti- rer les traders, les pouvoirs publics semblent avoir pris la mesure du problème... On l’aura compris, c’est une combinaison de facteurs qui déterminera la réussite de nos start-up. « Leur produit doit être pertinent, leur histoire doit évoluer dans le temps pour qu’elles puissent intéres- ser les médias, leurs équipes doivent avoir cette capacité à établir des relations avec les revendeurs, distributeurs, investisseurs... », énumère Olivier Ezratty. Mais en tout cas la French Tech pour le branding, Bpifrance pour le  nancement et Business France pou.r l’opérationnel jouent – pour l’instant – une partition des plus pertinentes pour elles.
   Nous ne disposons pas encore assez de capital long, essentiel pour construire un écosystème sur le long terme
  Périmètre
Qu’est-ce que la mission French Tech au juste ?
La French Tech recouvre l’écosystème des start-up. C’est aussi une initiative pu- blique innovante au service de ces jeunes pousses qui représentent la valeur et les emplois de demain, portée par le ministère de l’Economie. Trois actions peuvent être distinguées :
Fédérer avec une marque collective, un réseau national (Paris IDF, 13 métropoles, neuf réseaux thématiques), des acteurs de l’accompagnement et du  nancement qui s’associent.
Accélérer avec un fonds d’investissement de 200 millions d’euros pour les accélé- rateurs de start-up privés, une bourse French Tech pour  nancer l’amorçage opéré par Bpifrance, un Pass French Tech (une offre premium) pour les start-up qui ont la plus forte croissance, un programme French Tech diversité pour favoriser l’accès à tous publics.
Rayonner avec un budget de 15 millions d’euros pour promouvoir à l’étranger, les French Tech Hubs qui est un réseau mondial de 22 communautés French Tech label- lisés, le French Tech ticket qui est un programme d’accueil d’entrepreneurs interna- tionaux dans les métropoles. Le French Tech Visa sert à faciliter les démarches des investisseurs et entrepreneurs étrangers.
   plus grande spécialisation dans la stratégie serait donc à ré échir. La French Tech a commencé à mettre l’accent sur l’IA et la Deep Tech, et une présence plus sectorielle pourrait être envisagée. Mais la dynamique start-up est par nature multisectorielle...
un Faux PrOBlèMe qui Va se résOuDre De lui-MêMe
La French Tech remplit en fait à merveille sa mission de marque ombrelle. Et le marché va s’»écrémer» tout seul. L’exemple des objets connectés – secteur frag- menté qui ne se développe pas aussi vite que prévu,
sont béné ques », témoigne Olivier Ezratty, qui cite aussi Myfox. « Ce spécialiste de la maison connectée a été exposant trois ans, puis a été racheté par Somfy, qui organise désormais un stand. Start-up et entreprises plus traditionnelles  nissent par collaborer de manière intel- ligente ». L’effet masse n’est donc pas néfaste et permet des rapprochements, parfois orchestrés. « Nous ne sommes pas là pour amuser la galerie chez Business France. Et les régions ont peut-être moins l’habitude de coacher sur la partie business, mais elles le font accompagnées de consultants externes. Nous
tion, fait feu de tout bois en mobilisant des montants en forte croissance à la fois en  nancements directs dans des start-up ou indirects dans de nombreux fonds de capital-risque trico- lores. Deuxièmement les grandes groupes français ont, dans leur quasi-totalité, lancé des initiatives de type «open innovation/corpo- rate venture» investissant eux-aussi en direct ou en indirect dans l’écosystème français. Troisièmement les investisseurs internationaux basés à Londres, Berlin, New York voire Moscou ont redé- couvert l’Hexagone depuis la belle entrée en Bourse
La French Tech a fait émerger et connaître des start-up. Saura-t- elle les aider à grandir ?
MARS 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 En immersion
Dans chaque numéro, la rédaction d’EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...) a n de décrire ce qu’il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les  ux  nanciers
  Usine IO, accélérateur de projets hardware
Usine à tout faire ?
Selon le dernier classement publié par Bloomberg à la  n du mois de janvier sur le sujet de l’innovation, la France se hisse à la neuvième place et éjecte les Etats-Unis du Top 10. Une place qui s’explique entres autres par la multiplication des lieux d’innovation où Usine IO semble sortir son épingle du jeu.
numériques, outils de plastur- gie, laboratoire de chimie...) « Aujourd’hui, les ateliers s’adaptent aux projets et les lieux évoluent en fonction des programmes lancés mais ils fédèrent toutes les techno- logies de pointe », explique Emanuel Allely, responsable du programme d’accélération.
un MOyen D’aCCélérer POur le harDware, unique en FranCe Le premier plateau sert égale- ment de lieu événementiel qui va du workshop en passant par la conférence de Kickstarter pour expliquer une levée de fonds, d’un cabinet d’avocats sur le sujet de la propriété intellectuelle, ou d’un spécia- liste de la sous-traitance sur le thème de l’outsourcing voire
projets, 400 sont des start-up et une centaine concerne des PME, des institutions et des grands groupes », segmente le responsable de l’accéléra- teur. Les degrés de maturité varient. Usine IO intègre les projets du prototype à la commercialisation en passant par l’industrialisation. Tandis qu’Emanuel Allely nous dé- taille le champ d’expertises, nous passons à côté du pre-
souligne Emanuel Allely. L’objectif principal est de suivre le projet pendant quelques mois avec des ren- dez-vous avec le project mana- ger d’Usine IO et avec tout un pool d’experts en mécanique, design, électronique, industria- lisation. « Les rendez-vous ont pour but de faire avancer le projet concrètement. Ensuite, les start-up ont également accès à notre réseau indus-
cinq des six start-up ont monté un programme avec un grand groupe. »
OPen innOVatiOn et COMMerCialisatiOn De PrODuits innOVants.
Dernière mission et non des moindres, Usine IO propose aux grands groupe son exper- tise pour développer l’open innovation et l’intrapreneuriat
Par Geoffroy Framery
  Sur les 500 projets, 400 start-up ont levé plus de 200 millions et ont accouché d’une quarantaine de produits commercialisés et d’une trentaine de partenariats avec les grands groupes
   mier prototype d’Hypersuit, exosquelette sur lequel vous vous couchez pour que votre corps ensuite devienne la manette du jeu vidéo...
triel qui se compose d’usines partenaires, de fournisseurs et de free-lances. Ainsi sommes- nous considérés comme un tiers de con ance, un hub », ajoute Emanuel Allely. Ensuite, Usine IO lance des programmes d’accélération de quatre mois avec ses par- tenaires industriels dont des grands groupes. Ces start-up sont hébergées à la Station F (à deux minutes à pied d’Usine IO). Elles sont sélectionnées selon la thématique dé nie avec les partenaires. L’an- née dernière, Usine IO, six start-up, PSA, Systra et Valéo notamment planchaient sur la mobilité connectée et au- tonome. En avril, sera lancé un nouveau programme sur l’Industrie du futur.
« Notre principale force est notre capacité à «sourcer» les start-up, poursuit Ema- nuel Allely. Et à l’issue de ces programmes, nos parte- naires pourront collaborer en primeur avec les start-up. Car au terme des quatre mois, le but est également d’aboutir soit au lancement d’un pilote, soit à la concrétisation d’un projet avec un grand groupe. Sur notre premier programme
en leur sein. « Nous allons qualifier les idées qui ont un fort potentiel et la plus forte proposition de valeur. Nous allons ensuite travailler au sein de ce grand groupe comme nous le ferions dans une start-up », complète Ema- nuel Allely.
Sur les 500 projets, 400 start-up ont levé plus de 200 millions et ont accouché d’une quaran- taine de produits commer- cialisés et d’une trentaine de partenariats avec les grands groupes. Parmi les plus no- toires, nous pouvons pêle-mêle citer SmartPixel utilisé dans les Nike Store entre autres pour projeter holographique- ment textures et couleurs sur une chaussure pour que vous puissiez constater les effets immédiats de votre personnali- sation de sneakers, Timescope, utilisé notamment à Bastille, qui fonctionne à la façon des longues vues payantes mais qui, lui, vous immerge dans le Paris historique, ou encore Groupeer, boîtier qui.permet lors d’une excursion d’être à la fois autonome et de se re- grouper si besoin...
  Toutes les technos de pointe pour pouvoir développer son hardware.
Niché au 181-183 rue de Chevaleret,
e
dans le XIII arron-
dissement de Paris, Usine IO n’est ni un fablab, ni un incubateur encore moins un espace de co-working. L’es- pace de 1 500 mètres carrés se dédie à l’accélération de projets hardware. Usine IO a été co-fondée en 2013 par Benjamin Carlu, le CEO, ingénieur de formation, pas- sionné de projets hardware, Gary Cige, actuel DAF, serial entrepreneur qui a participé au lancement de plusieurs accélérateurs en France, et Agathe Fourquet, directrice de la communication et qui s’occupe notamment de l’ani- mation de la communauté. Le bâtiment présente de grands volumes qui rappellent
ses anciennes vo-
cations. Celles
d’usine d’abord
pour Pixmania,
fondé par les frères Rosenblum, puis
de galerie d’art contemporain éponyme. Au- jourd’hui, deux plateaux per-
mettent d’accueillir les por- teurs de projet. D’ailleurs, à l’ouverture de ce lieu d’in- novation, les prototypes cô- toyaient encore les œuvres d’art...
A disposition, des postes PC en rang d’oignon avec les derniers logiciel de CAO mais également de nombreux ateliers dont le matériel ferait rougir n’importe quel fablab (imprimantes 3D, fraiseuses
de rendez-vous individuels entre experts d’Usine IO et les startuppers. Au total, une centaine d’événements en tous genres mais toujours dédiés au hardware et à l’innovation, jalonnent le calendrier de ce lieu atypique.
« Nous accompagnons depuis nos débuts 150 projets par an, ce qui nous donne un bilan en trois an et demi de 500 projets accompagnés. Sur ces 500
rePenser la relatiOn GranDs GrOuPes et start-uP Usine IO propose donc trois type de services. « D’abord, nous accompagnons les projets hardware avec un système d’abonnement qui commence à 500 euros par mois. Les partenariats nous permettent d’avoir des prix attractifs pour les start-up qui ont souvent un maigre budget à consacrer »,
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
Un des nombreux projets développés : Teleretail et son système de navette de livraison autonome.
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                                 Une solution qui paye
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]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[ STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Baromètre de l’innovation
Le verbatim à retenir...
On dit que le temps change les choses, mais en fait le temps ne fait que passer et nous devons changer
les choses nous-mêmes
Andy Warhol
Le monde ne sera plus jamais comme avant...
ETATS-UNIS
Une épicerie autonome qui apporte fruits et légumes
Robomart est une start-up qui a décidé de disrupter la vente de produits frais. Bien sou-
vent les gens n’ont pas envie de se déplacer chez le primeur, mais ne sont pas tentés par la vente
en ligne parce qu’ils préfèrent choisir leurs fruits et légumes. La solution que Robomart a mise
au point est un véhicule autonome réfrigéré qui distribue des produits frais, dont un prototype miniature a été dévoilé au CES. Le consommateur commande simplement ses courses sur une application et à son arrivée, ouvre la voiturette avec son smartphone. Le véhicule détecte les produits emportés pour les facturer en ligne au client. Ali Ahmed, le fondateur, va mettre ses premiers vendeurs autonomes en circulation d’ici l’été 2018, à San Francisco.
FRANCE
Un body anti-ondes pour bébé
Un an après le lancement de son boxer anti-ondes pour hommes, la start-up française
Spartan dévoile un premier body conçu pour protéger les bébés contre les ondes électromagné- tiques des smartphones et du Wi-Fi, grâce à sa technologie Wavetech intégrant des  bres d’argent. Le produit baptisé Pandaroo a été exposé au CES de Las Vegas. Déjà en vente pour 39 euros...
JAPON
Un robot humanoïde pour présenter le JT
Erica, robot humanoïde mis au point par le célèbre roboticien Hiroshi Ishiguro, devrait
«présenter» un journal télévisé dès avril prochain. Disposant d’un système de synthèse vocale très performant, l’automate est uniquement capable de réciter un texte entré au préalable dans sa base de données. L’androïde, âgée de 23 ans selon Ishiguro, peut aussi suivre le regard de son interlocuteur grâce à une quinzaine de capteurs infrarouge et un logiciel de reconnaissance faciale.
Les innovations en bref...
TOUR DE TABLE RÉUSSI POUR EHTRACE
Editeur de solutions informatiques dans le domaine de la santé, la
start-up vient de concrétiser sa deuxième levée de fonds à hauteur
de 530 000 euros. Le but? Accélérer la croissance bien-sûr, investir
dans la R&D et mener à bien la commercialisation. Rappelons que
la start-up a élaboré une solution de traçabilité mobile scanDM per-
mettant une dématérialisation totale de la traçabilité des dispositifs médicaux.
NOUMA, RÉCOMPENSÉE POUR SON SERVICE D’ACCÈS AUX MARCHÉS PUBLICS
Dans le cadre de transformation numérique de la commande publique, l’association Apeca (acteur de référence pour la promotion des échanges commerciaux et achats dématériali- sés) a remis les Trophées Blaise Pascal. Ces trophées visent à récom- penser les structures ayant la chaine de la dépense publique la plus dématérialisée. L’Apeca s’est associée au SGMAP (Secrétariat général pour la modernisation de l’action publique) pour créer une catégorie spéci que récompensant une solution originale et prometteuse, déve- loppée par une start-up ou une entreprise innovante. NouMa est lau- réate de cette catégorie en tant que Coup de coeur du jury ! Kha Tran, fondateur de NouMa, s’est donc vu remettre ce prix au Ministère de l’Économie et des Finances. L’entreprise s’est spécialisée dans l’élaboration d’une plate- forme multidevices qui permet de créer des alertes pour les appels d’offre, d’accéder aux DCE, de surveiller un marché. Elle donne ainsi aux TPE/PME accès aux marchés publics
en quelques clics.
Save the dates
42 MARS 2018 | ecoreseau.fr
La rupture du mois
Bagaille Moon Fou, des voiles à bateau révolutionnaires
Le projet est, comme son nom l’indique, un peu fou. Il s’agit de voiles solaires modulables et rigides (SSRS® pour Solar Segmented Rigid Sail). Elles pourront
être disponibles pour bateaux à voile mais aussi pour les transports de fret. Cette technologie brevetée de voile rigide solaire est la seule à offrir une possibilité d’autonomie énergétique à 100 % pour pratiquement tous les types et tailles de navires. Un voilier de 31 mètres de long pourra
être alimenté par 300
mètres carrés de voile
solaire. Les panneaux
rechargent le moteur
pendant la journée et lui
offrent une autonomie
de 24 heures en ordre
de marche normale. La
livraison mondiale est prévue pour mars 2018. Tout a commencé avec un char à voile. Gilles Serre, primé au concours Lépine, avait conçu une voile rigide à variation de surface. Cyril Bécu l’alors contacté pour étudier avec lui la possibilité de créer une voile rigide, en carbone, dotée de capteurs solaires que l’on ouvre ou ferme
selon la puissance du vent. Elle a été présentée au salon nautique 2017. Elle permet une navigation avec le vent et surtout un moteur électrique, c’est-à-dire sans vibration ni odeur. Une compagnie de porte-conteneurs s’est intéressée à cette nouvelle forme de propulsion.
 20-22 mars 2018 : Mobility meetings, le salon meetings de la mobilité (Palais des festivals et des congrès, Cannes) :
Parce qu’aujourd’hui l’espace de travail a changé, parce que notre mode de vie repose sur la capacité à travailler de n’importe où et à tout moment, les entreprises doivent s’équiper d’outils et services pour faciliter la mobilité en entreprise.
 27-30 mars : Smart Industries (Parc des expositions Villepinte, Paris)
Evénement dédié à l’usine du futur. Sur 10 000 m2, plus de 10 000 visiteurs viendront à la rencontre des 400 exposants pour quatre jours de business sur le thème de l’usine connectée intelligente, collaborative et ef ciente. Conférences de haut niveau, dizaines de start-up, donneurs d’ordres pour parler du virage numérique, des machines communicantes et de la chaîne de valeur indus- trielle.
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Baromètre de l’innovation
L’innovation autrement
Pourquoi la blockchain est-elle un terreau d’innovation ?
  Il s’agit d’un registre comptable totalement dématé- rialisé. Ce qui rend cette technologie particulièrement intéressante, c’est que ce livre de compte est géré par plusieurs personnes. Lorsqu’une transaction est faite, elle est véri ée par un certain nombre d’acteurs, dits «acteurs validateurs», qui disent si oui ou non la transaction est valable. Ce n’est que si la majorité de
L’entreprise du mois
ces acteurs l’acceptent que la transaction est inscrite dans un bloc. D’où le succès des crypto-monnaies par exemple, soudain plus  ables. Celui qui dit donner 1 000 bitcoins alors qu’il n’en possède que 200 ne se verra pas autorisé à inscrire la transaction. La techno- logie est donc décentralisée, sécurisée, et l’inscription dans un bloc est dé nitive. Elle ne pourra jamais être modi ée. Pour être sûr que personne ne puisse venir modi er ce qui est écrit à l’intérieur d’un bloc, une sorte d’empreinte digitale numérique est générée pour chaque bloc. Cette empreinte s’appelle le «hash». Ce hash est ensuite inscrit dans le bloc suivant. Donc, si quelqu’un veut modi er le bloc A, il doit aussi modi er le B. Et donc le C. Et ainsi de suite... Falsi er toute la chaîne nécessiterait que l’attaquant possède plus de la majorité de la puissance de calcul du réseau. Cette attaque théorique des 51 % est très dif cile à réaliser en pratique du fait de l’étendue du réseau d’acteurs et de leur «pseudonymat». En outre tout est trans- parent, puisque tout le monde peut consulter le livre de compte et voir ce qui s’y passe. Cette innovation majeure apporte de la con ance, et a donc de fortes
chances d’en générer une in nité d’autres. Moins de tiers de con ance, moins de frais. Banque, assurance, e-commerce sont concernées en priorité, mais aussi l’énergie, la santé, l’économie collaborative. Des ap- plications vont pouvoir faciliter le prêt direct entre entreprises ou même particuliers, en court-circuitant banques et courtiers, puisque les fonds transférés via la blockchain qui sécurise la transaction. D’autres applis peuvent faire leur apparition dans l’immobi- lier pour faciliter les transactions entre propriétaires et locataires, d’autres encore peuvent garantir l’au- thenticité de documents, comme les diplômes ou les brevets des inventeurs, ou encore des médicaments. Et demain, certaines plateformes de l’économie col- laborative pourraient être menacées, comme Airbnb. En Allemagne, Slock.it veut coupler ce système à des objets connectés : avec un «smart contract» et une serrure connectée, plus besoin d’Airbnb, le locataire passe son smartphone devant le verrou pour entrer dans l’appartement...
   Ubitransport, croissance sur-exponentielle...
Avec une croissance de 6 528 % sur quatre ans, Ubitransport, éditeur-intégrateur de solutions de billettique, est incontestablement une gazelle très rapide... Cette start-up de Mâcon, créée en 2012 par Jean-Paul Medioni, est spécialisée dans des solutions de billettique, SAE et SIV (systèmes d’aide à l’exploitation et à l’infor- mation du voyageur), fondées sur des smartphones embarqués dans les véhicules et le Cloud. Autrement dit, il n’y a pas de serveurs déployés chez le client et les solutions proposées peuvent se déployer en quelques semaines. L’offre coûte donc
quatre fois moins cher en in- vestissement et deux fois moins en fonctionnement qu’un système de SAE clas- sique. Ubitransport s’adresse ainsi aux réseaux de petite taille et de taille moyenne, et certaines de ses solutions sont référencées dans le catalogue de la Centrale d’achat du transport pu- blic. La start-up qui rend le transport intelligent compte notamment comme clients la SNCF (cars de substitu-
tion), le département de Saône-et-Loire (cars scolaires) ou plus récemment la communauté d’agglomération du Grand Cahors (réseau de bus). 70 réseaux l’ont déjà sollicitée en France métropolitaine, intéressés par des logiciels capables de gérer des titres de transport, de faire remonter les statistiques d’utilisation des lignes ou d’informer les usagers sur leur temps d’attente. Elle a été placée en tête du classement 2017 Technology Fast 50, réalisé par le cabinet d’audit Deloitte.
 MARS 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ Le tour du monde de l’innovation
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Passage en revue des innovations mondiales sur une thématique particulière.
Villes intelligentes
Vers un happy « Metropolis » ?
La smart city, oui, mais comment ? Si le concept de «ville intelligente» connaît un succès qui ne se dément pas à l’heure d’une métropolisation croissante, la réalité n’est pourtant pas la même de Paris à Singapour. Open data, mobilité écologique, mobilier urbain connecté, éclairage public intelligent... Tour d’horizon des initiatives déployées où les start-up françaises sont loin d’être en reste.
Par Geoffroy Framery
CANADA
Du mobilier urbain interactif
Visionner la bande-annonce d’un  lm, obtenir un coupon-rabais dans une boutique, visiter le showroom virtuel d’un concessionnaire automobile... A Montréal et Toronto, et désormais dans toute l’Amérique du Nord – Boston, Seattle... –, le mobilier urbain joue à fond l’interactivité. Après les abribus de la société Astral dotés de tags NFC – propres à interagir avec les af ches publicitaires via son smartphone équipé de la techno
ad hoc –, place aux bancs connectés ! Leur particularité : recharger les téléphones, tablettes et ordinateurs, offrir une connexion 4G et fournir des informations sur la ville. Conçus par la start-up Soofa, ils fonctionnent grâce à un bloc en ciment alimenté en énergie solaire.
ÉTATS-UNIS
Cap sur la Data City
Fournir à 500 villes américaines un portail de données clé en main, disponible sur la plateforme Amazon : voilà le juteux contrat ra é par la start-up française Opendatasoft, acteur clé de la Data City qui aide les administrations dans la valorisation des données ouvertes. Ainsi, les communes américaines pourront souscrire
un abonnement à la plateforme cloud hébergée sur Amazon et
y ajouter leurs données municipales disponibles en open data.
A savoir, des données démographiques (nombre d’habitants, d’enfants par famille...), des infos sur la qualité de l’air, la localisation des écoles ou le prix moyen de vente des logements. Agrégées, les données permettent la création de nouveaux services et applications.
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
SUÈDE
Transports en commun : un abonnement «tout en un»
Des abonnements de transports «tout en un» pour vous motiver à laisser votre voiture au garage ! Voilà le credo de la start-up suédoise UbiGo, dont l’application exploite le  lon du MaaS (Mobility as a Service) inventé par les pays nordiques. Le concept : rassembler tous les moyens de transport publics, privés et partagés à disposition des citadins dans une seule offre illimitée. Une panoplie associant métro, bus, taxi, mais aussi vélo ou voiture en libre-service, VTC, scooter électrique, et même voiture de location classique pour s’évader le week-end. Après une première expérience réussie à Göteborg, la start- up va dupliquer le concept à Stockholm.
PORTUGAL
Du wi  en ville via des bus connectés
Des bus et des camions-poubelles munis de hotspots wi  pour doper la connectivité sans
 l dans les grandes villes, de Porto à Mexico City : telle est la prouesse de la start-up portugaise Veniam. De quoi mettre gratuitement à disposition un réseau 4G pour les habitants de ces smart cities. Autre gain pour les entreprises de transport en commun ou de ramassage de déchets : optimiser le service rendu aux usagers via la géolocalisation en temps réel des bus et des camions-bennes.
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[ STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Le tour du monde de l’innovation
BELGIQUE
Dénoncer les incivilités en un clic
Dépôts sauvages, panneaux de signalisation abîmés ou manquants, voirie en mauvais état : grâce à l’application belge BetterStreet, les citoyens peuvent dénoncer les incivilités à leur commune en un clic. Plusieurs dizaines de villes du pays se sont dotées d’une telle solution intuitive pour les usagers. En quelques secondes, ces derniers signalent, photo géolocalisée à l’appui, tout problème sur la voie publique, du nid de poule à la dégradation publique. L’application permet aussi au citoyen d’avoir un feedback quant au problème signalé et connaître ainsi l’avancement de sa prise en charge par les services communaux.
FRANCE
Stationnement : rentabiliser les places inoccupées
Exit les galères de stationnement dans les grandes villes ! La start-up Zenpark, pionnière du parking partagé en France, surfe sur un créneau : rentabiliser les places inoccupées. Comment ? En permettant aux automobilistes d’accéder à des parkings privés, dont une partie des places est libre comme ceux des hôtels, plutôt remplis le soir, ou ceux des entreprises, occupés le jour. Via leur smartphone – en activant l’application Zenpark – ou le Zenpass, une télécommande «intelligente», les clients réservent leur place à l’heure, à la journée, la semaine, au mois ou à l’année, dans les parkings partenaires. Les béné ces ? Des prix inférieurs à ceux des horodateurs, un gain de temps pour les automobilistes et des revenus en plus pour les propriétaires de parkings.
ISRAËL
La mobilité intelligente a la cote
Pionnières de la mobilité intelligente, les start-up israéliennes ont la cote en Europe, France en tête. Ainsi, la société Via, basée à Tel-Aviv – et dont la technologie s’inspire des taxis collectifs – a réalisé en 2016 une
levée de 100 millions de dollars à laquelle a notamment participé Keolis. L’innovation proposée ? Révolutionner
le covoiturage via un algorithme propre à «matcher» en temps réel le nombre de passagers aux places vacantes dans les voitures. Début 2015, la  liale de la SNCF avait déjà investi dans le GPS de transports en commun Moovit, né aussi en Israël, et s’appuyant sur le crowdsourcing.
SÉNÉGAL
De l’éclairage public solaire intelligent
50 000 candélabres solaires autonomes pour éclairer un tiers du Sénégal. Ce colossal chantier d’éclairage public intelligent et écologique a été remporté par la PME française Fonroche. Un investissement rentable pour ce pays africain qui n’aura plus autant de factures d’électricité à régler et verra ses coûts en maintenance réduits. En effet, ces lampadaires de cinq mètres sont dotés de panneaux photovoltaïques de haute performance. Aussi, seule la batterie – qui stocke l’énergie captée par le module solaire en journée, et la restitue la nuit vers le bloc à led – nécessite d’être remplacée après dix ans d’utilisation.
SINGAPOUR
Des navettes électriques sans chauffeur
A Singapour, place aux bus électriques sans chauffeur ! Engagée dans la smart city, la mégalopole asiatique recourt à des navettes autonomes conçues par la start- up française Easymile, et ce, pour desservir plusieurs zones d’activité. Nommé EZ10, ce véhicule de transport en commun emporte avec lui jusqu’à douze passagers et roule à une vitesse de 20 km/h. De quoi révolutionner la mobilité dans un pays ultra-urbanisé où les dif ciles conditions de transport encouragent la recherche de solutions innovantes.
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]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
L’occasion pour EcoRéseau Business d’expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
  La bataille des assistants virtuels
Guerre froide
?
Outre leurs colossales capitalisations boursières, Amazon, Google, Apple, Microsoft et Samsung ont en commun d’avoir développé un assistant virtuel qui repose sur l’intelligence arti cielle. Comment ces géants s’y prennent-ils pour faire d’Alexa, Assistant, Siri, Cortana et Bixby nos nouveaux con dents ?
 Par Louis Marquis
Commander une pizza, consulter la météo, lancer un  lm ou une
chanson, monter le chauffage, baisser les volets, envoyer un SMS... Tout cela est déjà possible par une simple ques- tion à Alexa, Assistant, Siri ou Cortana, les assistants personnels développés res- pectivement par Amazon, Google, Apple et Micro- soft. La plupart des géants américains du numérique développent en effet leur propre majordome virtuel, avec l’espoir de l’installer dans le plus grand nombre possible d’objets connectés,
de l’enceinte à la voiture en passant par la télévision. Même Orange a annoncé en avril 2017, à l’occasion de son show annuel Hello, préparer un assistant franco-français. Baptisé Djingo, il devrait être lancé au premier semestre 2018. L’objectif, pour tous ces acteurs : recueillir le plus de données possible sur leurs utilisateurs et se placer comme intermédiaires entre les marques et les consom- mateurs. « A mesure que les utilisateurs s’habituent à ces interfaces nourries à l’intelligence artificielle, les fournisseurs veulent
leur fournir les outils pour les garder dans le giron de leur marque, voire dans leur écosystème. Alexa permet par exemple à Amazon de pousser son service de mu- sique Prime ou ses ventes en ligne », explique Jessica Ekholm, vice-présidente Research chez Gartner.
La course est lancée depuis la création de Siri par Apple en 2011, et se joue sur des terrains aussi variés que les langues parlées, la vente d’enceintes connectées dans les foyers, les partenariats industriels ou le nombre de
compétences intégrées. Si Amazon semble avoir un temps d’avance, notamment grâce aux ventes par millions de ses enceintes, Google n’a pas dit son dernier mot. Passage en revue des forces en présence.
enCeintes COnneCtées
Les enceintes connectées constituent le front le plus visible de la lutte à laquelle se livrent les GAFA dans le domaine des assistants virtuels. Amazon a été le
lancé en mai 2016, et Mini pour l’entrée de gamme (60 dollars). Apple est le dernier de cordée. Son HomePod, annoncé en juin 2017, ne sera  nalement commercialisé qu’à partir de février 2018, au prix de 349 dollars. Cela en fera un concurrent du Google Home Max et ses 399 dol- lars. « Le marché des outils électroniques pour le grand public est encore occupé à 94 % par les smartphones, les ordinateurs et les télé- visions, mais la catégorie des enceintes connectées
exacts, il faut se contenter des indices qu’ils veulent bien semer. Par exemple, Amazon a indiqué  n décembre que l’Echo Dot fut le produit le plus vendu pendant les fêtes sur sa plateforme. Et début janvier, Google assurait avoir enregistré « plus d’une vente par seconde » depuis le lancement de Google Home Mini le 19 octobre 2017. Heureusement, quelques études permettent de se faire une idée plus précise de la progression de ce marché. Selon eMarketer, Amazon
   En pratique
Un usage encore limité
Malgré les efforts des géants du numé- rique, plusieurs obstacles se dressent encore en travers de la route des as- sistants vocaux. Par exemple, leur utili- sation à l’intérieur des smartphones est encore peu développée. Selon l’étude Global Mobile Consumer Survey menée par Deloitte en mai 2017, si 37 % des utili- sateurs de smartphones connaissent les assistants vocaux, ils ne sont que 12 % à les utiliser. Et l’usage qui en est fait est encore bien éloigné des fantasmes qu’ils nourrissent souvent dans la ges- tion des tâches et la maison connectée. En effet, selon une étude de CB Insight, les utilisateurs des enceintes connec- tées d’Amazon et Google les utilisent principalement pour programmer une alarme, lancer une chanson et consulter
la météo. « Cela ressemble plutôt à une radio intelligente qu’à de l’intelligence arti cielle », remarque Ducan Stewart, directeur de la recherche dans le sec- teur des technologies, médias et télé- communication chez Deloitte. « Ces en- ceintes ont une faiblesse intrinsèque : ce ne sont pas des outils très pratiques pour le search ou faire ses courses, car elles ne proposent qu’une seule réponse, alors que l’écran d’un smart- phone par exemple permet de comparer plusieurs prix. » Ces dif cultés semblent même avoir déjà refroidi les ambitions d’un compétiteur, et non des moindres, puisque Facebook a annoncé l’abandon en janvier 2018 de M, l’assistant auquel il travaillait depuis août 2015.
 Jeff Bezos veut que les consommateurs aient accès au plus grand nombre possible d’intelligences arti cielles
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« Voilà le petit bijou qui va révolutionner notre quotidien... »
premier à dégainer, en lan- çant Echo (100 dollars) en juin 2015, suivi de plusieurs déclinaisons, comme Echo Dot, son produit d’entrée de gamme commercialisé à 30 dollars, et Echo Plus, une version plus luxueuse à 150 dollars. Google lui a emboîté le pas avec Home,
est celle qui croît le plus rapidement », explique Dun- can Stewart, directeur de la recherche dans le secteur des technologies, médias et télécommunication chez Deloitte.
Comme ni Amazon, ni Google, ne communiquent sur leurs chiffres de vente
possédait, en mai 2017, 70 % du marché des enceintes connectées contrôlées par la voix, devant Google (23,8 %). Le reste du marché (5,6 %) se partage entre Lenovo, LG, Harmon Kardon et Mat- tel. « En 2017, 36,5 millions d’Américains interagiront avec un de ces objets au
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
 Qui remportera la bataille des assistants virtuels ?
plateformes se battent aussi sur le terrain des start-up de l’intelligence arti cielle, a n de développer plus ra- pidement leurs compétences dans l’apprentissage profond et neuronal, la recherche vi- suelle, l’analyse prédictive, les bots, la reconnaissance vocale et faciale, ou encore la traduction automatique à partir de la voix. Goo- gle est le champion en la matière, avec 12 jeunes pousses achetées depuis 2012 (DNN Research, Deepmind, Moodstock, Koogle, Api.ai), contre huit pour Apple (Per- ception, Turi, Tupplejump, Emotient, Realface), six pour Facebook (face.com, Wit.ai, Masquerade, Zurich Eye), cinq pour Microsoft et trois pour Amazon. Siri, l’assistant d’Apple, a d’ail- leurs été développé à partir d’une start-up rachetée en 2010.
aMazOn DeVant GOOGle
Grâce à ses ventes d’enceintes connectées, les partenariats industriels qu’il a noués ou encore le nombre de compé- tences créées, Amazon fait la course en tête, de plus en plus talonné par Google. Les autres prétendants auront fort à faire pour rattraper le retard. Pour le consultant Olivier Ezratty, « on est (...) face à un duopole d’agents conversationnels. Les autres comme Apple Siri, Microsoft Cortana, Samsung Bixby ou le récent Baidu DuerOS semblent marginalisés dans l’écosystème. Ceci étant, il existe d’autres solutions de traitement de la parole indépendantes des GAFAM et faites pour être intégrées en marque blanche dans des produits tiers, comme celles du Français Snips, de Nuance et SapientX, qui sont surtout utilisées dans l’automobile ».
Vers le DialOGue Desia?
Mais l’avenir est peut-être à l’interopérabilité des as- sistants virtuels. En août 2017, Amazon et Microsoft ont inauguré cette voix en nouant un partenariat pour permettre à Alexa et Cortana de communiquer entre eux, a n qu’elles aient accès à leurs fonctionnalités respec- tives. Dans un communiqué, Amazon a ainsi indiqué qu’un propriétaire d’Echo pourrait par exemple utiliser Cortana pour plani er une réunion ou véri er son ca- lendrier. Dans une interview accordée au New York Times, le fondateur d’Amazon Jeff Bezos a déclaré s’attendre à l’avenir à ce que l’on utilise différents assistants selon les usages, et vouloir que «lesconsom.mateursaient accès au plus grand nombre possible d’intelligences ar- ti cielles ».
  Groupe
    Assistant virtuel
   Date de création
   Enceinte connectée ?
  Nombre de start-up de l’IA achetées depuis 2012
  Nombre de compétences
    Alexa
 2014
 Echo, Echo Dot...
3
  25 000
       Assistant
   2016
   Home, Home Mini...
  12
    378
     Siri
 2011
 HomePod
8
  NC
       Cortana
   2014
   Non
  5
    230
     Bixby
 2017
 Non
NC
  NC
       Djingo
   2017
   Non
  NC
    NC
   moins une fois par mois, soit une hausse de 128,9 % par rapport à 2016 », expliquait aussi eMarketer. Et selon des chiffres publiés par le cabinet Consumer Intelli- gence Research Partners en décembre 2017, Amazon aurait écoulé 20 millions d’enceintes entre juin 2015 et septembre 2017. Selon la même étude, Google aurait
tées et même une application pour iPhone. Amazon, de son côté, a annoncé à l’oc- casion du CES de janvier 2018 des partenariats avec Toyota, Lexus, et l’équipe- mentier automobile français Faurecia. Les occupants des voitures autonomes pourront ainsi dialoguer avec Alexa pour régler la température, programmer le GPS, sélec-
POlyValenCe
Pour séduire les consomma- teurs, les assistants virtuels doivent démontrer leur poly- valence. Si sur un smartphone cette polyvalence dépend du nombre d’applications disponibles, l’étendue du savoir-faire d’un assistant virtuel dépend de la variété des «skills», ou compétences,
  L’objectif pour tous ces acteurs : recueillir le plus de données possible et se placer comme intermédiaire entre les marques
et les consommateurs
 de son côté écoulé 7 millions d’unités entre mai 2016 et septembre 2017.
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Cette compétition se joue aussi sur le terrain des par- tenariats industriels, qui permettent aux géants de l’électronique d’intégrer leur assistant virtuel dans un maximum de produits tiers, des postes de télévi- sion aux voitures, en passant par les frigidaires. Dans ses communiqués of ciels, Google assure par exemple que son Assistant officie dans « plus de 400 millions d’appareils », en intégrant des univers aussi variés que les smartphones Android, des écouteurs, des TV connec-
tionner la musique... Alexa est aussi intégré dans un réfrigérateur connecté de la marque LG. Dans son rapport annuel sur le bilan du CES, le consultant Olivier Ezratty écrivait  n janvier que « si au nez, il y avait plus de pro- duits présentés supportant Google Assistant qu’Amazon Alexa, un décompte objectif montrait qu’Amazon Alexa avait encore le dessus ». Samsung estime que son assistant, baptisé Bixby et qui n’était à son lancement en 2017 intégré qu’à une dizaine d’applications sur le smartphone Galaxy S8, sera à l’avenir présent dans tous les produits de la marque, de l’électroménager aux té- lévisions.
qui peuvent lui être associées. A ce jeu, Alexa est une fois de plus le meilleur, avec 25 000 compétences, contre 230 en décembre 2017 pour Cortana (Microsoft), et 378 en juillet 2017 pour Google Assistant. Il faut dire que Microsoft a par exemple attendu jusqu’en mai 2017 pour rendre disponible son kit de développement, tan- dis qu’Amazon multiplie les passerelles pour permettre aux développeurs d’intégrer Alexa à leurs applications et objets connectés.
les start-uP
De l’intelliGenCe artiFiCielle
Une récente étude de CB In- sights montre que les grandes
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]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[Haute résolution
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
   Focus sur un sujet high tech dans l’air du temps
L’avenir de la grande distribution
Révolution de fond
Confrontés à une nouvelle concurrence et à de nouveaux paradigmes, les acteurs de la grande distribution sont en train de prendre à grande vitesse le train du numérique. Et cela demande des métamorphoses profondes.
Pour survivre, et dans un contexte où une course à la baisse des prix – initiée par Casino – a réduit les marges à leur portion congrue et mené à des associations à l’achat, les marges de manœuvres sont réduites.
rePenser l’exPé- rienCe Client Comme beaucoup d’autres secteurs d’activité, la grande distribution se doit de repen- ser complètement son expé- rience client pour répondre à
toutes ces évolutions. Et les réponses sont aussi variées que les questions, le tout grâce à des nouveaux par- tenariats, des acquisitions, des rachats... « Leclerc, par exemple, diversi e ses for- mats de vente : grands, petits, drive, e-commerce... », sou- ligne Yves Marin. D’autres cherchent à redé nir la for- mule du super, en introdui- sant des coins traiteur, des corners d’autres marques – comme Carrefour et Rue du Commerce. Et surtout, « la frontière entre le «online» et le «of ine» est devenue poreuse : comparaison des prix, click-and-collect... », souligne François Costa de Beauregard, directeur général France chez Criteo.
Pour repenser l’expérience client, il faut le connaître – et c’est malheureusement l’autre domaine dans lequel les hypers accusent un fort retard par rapport aux nou- veaux venus digitaux. « En un sens, la grande distribution a dû passer du zéro marke- ting au marketing produit, et maintenant au marketing client », analyse Yves Marin. Ce qui marchait auparavant – l’hyper-segmentation – est aujourd’hui dépassé : pour créer une expérience marketing continue entre le «online» et le «of ine», il faut une vision globale du consommateur. Un domaine dans lequel les pure players excellent, ce qui explique les rapprochements récents, du moins du point de vue des grands distributeurs. « Un des moyens d’apporter de la valeur au consommateur est qu’il puisse trouver ra- pidement et ef cacement ce qu’il cherche, estime Fran- çois Costa de Beauregard. Constituer un écosystème marketing, entre tous les
acteurs – les éditeurs, les annonceurs, les marques, les agences – peut générer suffisamment de données pour être capable de com- prendre le consommateur. » L’idée pourrait être de suivre la même démarche qui a donné naissance à Airbus face à Boeing.
De Vraies allianCes
Mais même dans un monde où les données dominent, tout le monde s’accorde sur le fait que la proximité et l’expérience physique, dans un magasin, sont une partie essentielle du dialogue avec le consommateur. C’est pour cette raison que les alliances récentes entre des acteurs de la grande distribution et des online natives, comme entre Auchan et Alibaba, est un partenariat au sens propre du terme. Les pre- miers viennent chercher le savoir-faire des seconds en matière de données, et les seconds, eux, viennent chercher une expérience du magasin chez les pre- miers. « Amazon, Alibaba et consorts sont, au départ, des techniciens : ils gèrent leurs SKU (stocks) comme une base données, souligne Christophe Meuter. Leur savoir-faire est dans l’offre digitale et les algorithmes. Mais ils ne savent pas faire des beaux rayons de fruits et légumes. » La mutation du secteur a commencé, avec tout ce que cela entraîne – y compris les problématiques sociales posées par l’opti- misation des magasins... –, même si personne ne sait aujourd’hui exactement.à quoi ressemblera la grande surface du futur, ni même si elle sera si grande que ça.
Par Jean-Marie Benoist
Depuis le début de l’an- née, les annonces se succèdent : Carre- four veut miser sur le digital, Leclerc envisage de pénétrer le marché parisien par l’in- termédiaire de la livraison, Amazon lance ses premiers magasins physiques, Walmart conclut un partenariat avec Rakuten (et l’année dernière avec Google)... Sans oublier, l’année dernière, le rappro- chement entre Auchan et Alibaba. Si le monde de la grande distribution a déjà connu des révolutions, le remue-ménage actuel est d’une ampleur rarement vue – mais les bouleversements qui agitent le secteur vont jusqu’à ses fondations. Jusqu’à maintenant, le but du jeu, pour les acteurs majeurs de la grande distribution, était de couvrir le territoire. Cette expansion géographique reposait sur une croissance du taux de pénétration, une croissance de la quantité, et une croissance du nombre de magasins. « On arrive aujourd’hui à un plafond sur ces trois croissances, souligne Yves Marin, ex- pert grande consommation chez Wavestone. Du coup, il faut passer à une crois- sance intensive – une meil- leure optimisation du chiffre d’affaires au mètre carré de l’existant. » Aujourd’hui, des concurrents spécialisés ont petit à petit fragilisé la position des hypers : par exemple, on n’y fait plus
aujourd’hui du lèche-vitrine pour des vêtements, on va chez H&M ou Zara – de même pour l’électroménager et Darty. Depuis maintenant plusieurs années, le hard discount a gagné la guerre des prix. Et en n – surtout –, les écrans sont arrivés.
le BOuleVerse- Ment nuMérique
La révolution digitale, comme partout où elle passe, pro- voque une mutation profonde du secteur. L’arrivée des e-commerçants a posé à la grande distribution des dé s nouveaux, du moins sur le non-alimentaire. La taille, et le nombre de références, était un des atouts des hy- pers ; et tout d’un coup, le consommateur se retrouve confronté à une profondeur de catalogue inouïe acces- sible depuis sa chaise. « Un hyper propose, en moyenne, 60 000 références, souligne Christophe Meuter, directeur Général Kantar Consulting France. Amazon propose près de 480 millions de ré- férences. Lutter sur le choix est impossible. »
Et surtout, maintenant, les attentes du consommateur ont changé. Il veut avoir le choix entre plusieurs cen- taines de références, et pour s’y orienter, il se repose sur les avis clients, des tests, des comparatifs... Et, de façon croissante, s’attend à pouvoir recevoir ou aller chercher son achat de la façon
qui l’arrangera lui, en toute  uidité – pour lui, tous les canaux se valent, physiques ou virtuels.
Face à tout cela, le modèle de l’hyper ne fait plus le poids.
   Un avenir  ou qui gardera ses indémodables ?
 L’idée pourrait être de suivre la même démarche qui a donné naissance à Airbus face
à Boeing
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
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Gérer l’après levée de fonds ........................................................................p51
Business guides
- Séminaires d’entreprises: l’hôtellerie premium: le meilleur choix ? ..........p54
   CAHIER PRATIQUE
CAHIER PRATIQUE
 Conseils, astuces et nouveaux outils
Pour cette édition, EcoRéseau Business revient sur deux sujets: l’après levée de fonds et la montée en gamme des séminaires. Bonne lecture.
  50 FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[   CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
La création d’entreprise, c’est avant tout du concret et de l’opérationnel. D’où cette rubrique qui explore de manière très pratique l’une des phases de l’entrepreneuriat.
  Gérer l’après levée de fonds
Day one ?
  Alors que les capitaux d’amorçage abondent pour le  nancement des start-up, les enjeux d’une levée de fonds relèvent aujourd’hui
de la relation de con ance nouée avec ses investisseurs et de la co-construction de valeur.
orientations stratégiques de l’entreprise. Le document pose en effet le cadre de la gouvernance, mais aussi celui qui prévoit les condi- tions de défaillance du ou des fondateur(s) (clause de sortie, revente, etc.).
un PaCte D’aCtiOn- naires ValiDé Par un COnseil Juri- Dique
En lien avec le business plan présenté lors du tour de table, ce pacte dé nit par ailleurs les modalités de validation, de manière périodique (tous les six mois ou tous les ans), d’un business plan actualisé. Les investisseurs disposent ainsi d’un droit de regard sur tous les aspects qui peuvent faire évoluer le business plan. Le pacte d’actionnaires encadre également les mo- dalités de validation d’un certain nombre de décisions non prévues dans le projet initial, comme la création d’une  liale ou le recrutement d’un pro l spéci que. Les décisions concernées sont négociées, par les conseil- lers juridiques de chaque partie, dans les termes du pacte d’actionnaires. Ainsi, après la levée de fonds, deux niveaux de discussion entre dirigeants et investisseurs coexistent et alimentent la prise de décision. « Un niveau informel et pédagogique pour alerter, expliquer, et un niveau formel pour les aspects juridique et  nan- cier », explique Jean-Philippe Arie, chargé d’affaires au sein de Genopole Entre- prises, qui accompagne les porteurs de projet dans les biotechnologies.
La relation entre dirigeants et investisseurs, mais aussi
le partage d’une vision et d’une ambition communes, apparaissent fondamentaux, mais restent dépendants de la typologie des fonds récoltés. « Dans le cas du crowdfun- ding, et d’une multitude de souscripteurs non regroupés dans une holding représentée au conseil d’administration, le dialogue est dif cile », estime Jean-Philippe Arie. « Les investisseurs issus du secteur bancaire préfèrent généralement ne pas interve- nir au quotidien. Présents au conseil d’administration, ils peuvent même ne pas voter. Les business angels, quant à eux, sont des entrepreneurs aguerris qui ont la volonté de s’investir dans la vie des start-up. » Ainsi, chaque investisseur a sa propre phi- losophie. À chaque tour de table, une renégociation se réalise entre toutes les parties prenantes. À charge du ou des fondateur(s) de la start-up de respecter ces différentes philosophies et de trouver un compromis acceptable par tous. « L’entrepreneur doit choisir son investisseur, s’assurer de sa disponibilité, mais surtout comprendre avec qui il traite, ses am- bitions », souligne Nicolas
Menet, directeur général du cluster Silver Valley, et co-au- teur de Start-up, arrêtons la mascarade. « Par exemple, lorsqu’il s’agit d’investisse- ments par le biais des FCPI, Fonds commun de placement dans l’innovation, les start- ups sont envisagées comme des véhicules financiers. L’ambition se résume alors souvent à une création ra- pide de valeur » poursuit Nicolas Menet. « Si l’on a affaire à un grand groupe, il faut également se poser la question des motivations : est-ce un véritable partena- riat ou une prédation ? ».
« Il est nécessaire de prendre le temps de bien cibler les pro ls d’investisseurs avec lesquels on souhaite travail- ler », témoigne Victor Wacre- nier, co-fondateur d’AppScho, qui propose une application de gestion des services liés à la scolarité. « Pour notre première levée, en décembre 2017, nous avons cherché des interlocuteurs avec une vraie compréhension du projet et une volonté de s’investir dans son développement. » « Dans le choix d’un inves- tisseur, l’aspect humain est aussi essentiel que la valeur
apportée par l’expertise ou le réseau », complète Jona- than Cherki, fondateur de la société ContentSquare, qui analyse les parcours clients web et mobile. « Les investis- seurs ne sont pas seulement des partenaires  nanciers, ce sont des partenaires tout court. » Pour celui qui a levé 42 millions de dollars en janvier dernier, après une première levée en 2012 auprès de business angels, « quel que soit le montant levé, du plus faible au plus élevé, c’est la relation de con ance qui compte ».
le Business Plan DeVient le Plan De traVail
De fait, si des rendez-vous formels jalonnent la colla- boration, inscrite dans une gouvernance partagée via un comité consultatif qui suit le tableau de bord établi, la relation doit s’inscrire dans un dialogue continu et trans- parent. La vie d’une jeune société n’étant pas stable, le business plan, devenu plan de travail une fois les fonds récoltés, connaîtra des évolutions liées par exemple à des retards dans des certi-  cations ou des agréments.
Par Elsa Bellanger
Cruciale dans la vie des start-up, la le- vée de fonds et ses
suites dessinent les contours d’une entreprise et son avenir. Parce qu’elle  nance un projet de croissance ambitieux et qu’elle aboutit à l’intégration au capital de nouveaux ac- tionnaires, elle est source de profonds changements qui détermineront la vie de la société. Dans sa suite, des profils techniques, régle- mentaires ou commerciaux sont recrutés, des équipe- ments sont acquis pour lancer une production ou une force commerciale est dévelop- pée. Autant d’éléments qui structureront l’entreprise et qui nécessitent des arbi-
trages stratégiques et, en pre- mier lieu, une collaboration étroite avec les investisseurs. « En levant des fonds, une start-up ne s’adresse pas à un simple guichet : le nouvel investisseur siégera dans les organes de décision et il faudra s’accorder avec lui sur certaines décisions stra- tégiques », rappelle Tanguy de La Fouchardière, président de France Angels, fédération de réseaux d’investisseurs privés. La levée de fonds, et le partage de capital qu’elle implique, s’accompagne en effet de la signature, entre les dirigeants de la start-up et les différents investisseurs, d’un pacte d’actionnaires qui  xe les objectifs et les
La réussite d’un tour de table ? Mieux vous projeter pour mieux rassurer
   Capital risque
Un niveau record d’investissement dans les start-up
Selon l’étude de France Invest (ancien- nement l’Association française des in- vestisseurs pour la croissance) d’octobre 2017, 8,1 milliards d’euros ont été levés au premier semestre de 2017, soit une crois- sance de 30 % par rapport au premier semestre de 2016. Il s’agit, note l’étude, « d’un niveau d’ investissement record ». 6,4 milliards d’euros ont ainsi été investis
ou réinvestis dans près de 1 200 start-up, PME et ETI (+16 % par rapport au premier semestre de 2016). 1 000 entreprises ont reçu un peu plus d’un milliard d’euros (avec des tickets inférieurs à 5 millions), et plus de 150 entreprises ont reçu 5,4 milliards d’euros (tickets supérieurs à 5 millions).
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]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
 Ces évolutions doivent être discutées.
« Les investisseurs doivent être tenus informés régu- lièrement des écarts par rapport au business plan et des conséquences que cela aura notamment sur l’accès au marché. Si les explica- tions sont convaincantes et satisfont les investisseurs, ces derniers valideront un nouveau plan de marche », assure Jean-Philippe Arie. Ce dialogue s’avère d’au- tant plus nécessaire dans les phases précoces de la vie de la société et si son dévelop- pement est conditionné par les résultats de la recherche et développement (R&D) ou la signature de partenariats. Lors des phases plus tardives, les échanges se resserrent sur les aspects plus commerciaux du projet. « Au démarrage, les contacts s’établissent à une fréquence hebdomadaire. Les actionnaires, souvent expérimentés, peuvent alerter sur les problèmes dans cette période cruciale de la vie de l’entreprise où les ajus- tements doivent intervenir rapidement », ajoute Tanguy de La Fouchardière. Une relation de con ance, basée
sur la transparence et à la limite du co-entrepreneuriat, doit ainsi s’instaurer. Il s’agit de montrer l’usage fait des liquidités, mais aussi d’an- ticiper au mieux les risques ou d’ajuster, si nécessaire, le positionnement. « Notre comité stratégique se réunit tous les deux mois, mais les échanges par mail ou téléphone interviennent dès qu’un besoin émerge. L’idée, c’est de tirer pro t de l’expé- rience de nos investisseurs et de leur connaissance du marché visé », raconte Victor Wacrenier.
l’éCriture D’une histOire COMMune Les modalités du dialogue diffèrent selon la typologie des actionnaires et les mon- tants investis, et nécessitent des réajustements au  l des réinvestissements. L’évolution du conseil d’administration transforme l’organisation de l’entreprise. « Chaque levée représente un nouveau challenge. Le partenariat se renouvelle à chaque fois. Une relation continue fa- cilite l’écriture d’une his- toire commune », souligne Jonathan Cherki. Dans cette
perspective d’une relation de confiance et de bonne compréhension des problé- matiques de chacun, pour- suit-il, « on peut s’appuyer sur les investisseurs pour les décisions stratégiques : la création de la force de vente, le recrutement des postes
et un projet d’entreprise, ne pas se focaliser sur la communication et assurer la gestion », estime le di- recteur général de Silver Valley. « À terme, la vie de la société relèvera à 60 ou 70 % de la pure gestion. Il faut s’y intéresser car c’est
marché arrivant à matu- rité, nous voulions accélérer notre développement avec des bases solides. » Pour Rodolphe Ardant, fondateur de Spendesk, qui a développé une solution de cartes de paiement connectées pour entreprises, « actuellement,
l’écoute de leurs questions. En répondant aux interroga- tions sur le produit, l’offre, le marché et la manière de l’adresser et de tester l’adé- quation de l’offre et du mar- ché, ou encore sur l’identi-  cation de partenaires dans l’écosystème (académiques, grands groupes, etc.), on prépare la transformation d’une offre commerciale en projet d’entreprise ». Dans la même optique, il faut être en mesure de répondre aux questions sur la valorisation. « Le business plan, présenté lors de l’étude du dossier, justi e un besoin de tréso- rerie, ce qu’on veut  nancer et dans quelles proportions. Il faut être précis et respec- ter les engagements pris. Une survalorisation pourra devenir une source d’em- barras pour les prochains tours de table », poursuit le président de France An- gels. Ainsi, quel que soit le montant levé, « le dialogue reste l’élément fondamental de l’après levée de fon.ds, ne serait-ce que pour  déliser les actionnaires », conclut Jean-Philippe Arie.
 Le partage d’une vision et d’une ambition communes apparaît fondamental, mais reste dépendant
de la typologie des fonds récoltés
 clés, l’adéquation au marché, etc. Ils sont accessibles. Il faut savoir les solliciter, les utiliser, les écouter ».
S’appuyer sur les compé- tences, l’expérience et le réseau des investisseurs s’avèrent d’autant plus cru- cial quand le ou les porteur(s) de projet n’ont pas de com- pétences dans la gestion opérationnelle d’une en- treprise. « Il faut garder le tête froide, rester modeste et savoir s’appuyer sur des expertises avérées : il ne faut pas confondre des likes sur les réseaux sociaux et un business plan, une idée
essentiel pour la pérennité de l’entreprise. » Conscients de cette réalité, les deux ingé- nieurs fondateurs d’Appscho se sont attaché, dès la le- vée achevée, les services d’un directeur administra- tif et  nancier externalisé. « Nous avions besoin d’une véritable expertise dans la gestion opérationnelle de la société », souligne Vic- tor Wacrenier. « De même, pour un autre poste struc- turant pour l’avenir de la société, le développement commercial, nous avons pris le temps de dénicher le pro l expérimenté dont nous avions besoin. Notre
alors que de nombreux fonds sont en place et que l’argent est disponible, le  nancement n’est pas une question, c’est le recrutement des bons pro-  ls, expérimentés et motivés par le projet, qui compte ». « On ne réussit pas seul, complète Jonathan Cherki. Il faut recruter les pro ls capables de construire l’his- toire d’après. » Là encore, les investisseurs peuvent apporter leurs expertises, d’autant qu’ils investissent souvent dans des secteurs qu’ils connaissent bien. À cet égard, il est nécessaire, souligne Tanguy de La Fouchardière, « de rester à
  avec
altoavocats.com
Ce mois-ci, nous avons traité un cas parti- culier qui recouvre une situation qui peut arriver dans la vie d’un entrepreneur : la vente de sa société.
Dans notre affaire, deux jeunes entre- preneurs avaient construit un véritable « empire des soins », comprenant plusieurs centres dédiés aux massages et au SPA. Forts d’un concept innovant, un plus gros acteur leur proposait de racheter leur so- ciété par l’acquisition de tous les centres, leur faisant signer une GAP – Garantie d’Actif et de Passif.
Cette garantie souvent utilisée dans des cessions conséquentes est la protection habituelle des acquéreurs. Elle leur permet de prendre le risque de l’acquisition tout en insérant dans un contrat dédié tous les risques dont ils connaissent l’existence. Pour les autres risques, ils sont prévus dans la GAP, et s’ils ne sont pas prévus ils peuvent donner lieu à une réduction
du prix de vente. La réduction du prix de vente se fait par deux mécanismes :
Si les sommes pour réaliser l’acquisition sont toutes versées d’un seul coup, l’acqué- reur peut réclamer le remboursement de certaines sommes si le risque se matérialisé. Si les sommes pour acter l’acquisition sont versées progressivement, l’acquéreur peut déduire des sommes à verser lors des diffé- rentes échéances ce qu’il considère comme préjudice suite à la réalisation des risques. La GAP porte généralement sur des éléments standard. Ainsi le vendeur va con rmer que : - la société a été régulièrement consti- tuée - la société exerce son activité dans les limites de l’objet social - la société n’a jamais été mise en procédure collective - les droits sociaux ne font l’objet d’aucun gage ou nantissement - les comptes sociaux qui ont servi de base à l’évaluation des droits sociaux sont exacts et donnent une image  dèle de la société et le cas échéant
de ses  liales
En l’espèce, le risque qui est arrivé concernait l’isolation des centres notamment contre les intempéries et les fuites.
Au bout de plusieurs mois d’acquisition, les acquéreurs se sont aperçus que la plupart des centres avaient été mal isolés et que les réparations représentaient un montant important susceptible de déséquilibrer fortement la vente.
Le dossier a pris un tour extrêmement contentieux, les deux fondateurs consi- dérant que désormais la responsabilité de leur société ne leur revenait plus. Conseil : la GAP est un élément stratégique d’un accord de vente, elle ne doit pas être prise à la légère. Même si cela risque de refroidir des investisseurs potentiels ou des acquéreurs, cette GAP doit être exhaustive dans la mesure du possible. La transparence étant la meilleure allié d’une vente réussie.
GAP : Céder sa société oui, mais à tout prix ?
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
Le droit en pratique
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  Premiumisation des séminaires
Mieux qu’en vacances... mais pour le travail...
Sur le segment haut de gamme, les séminaires n’échappent pas à
la tendance de tous les événements corporate et professionnels : aujourd’hui, les entreprises recherchent avant tout une expérience. La notion de plaisir doit impérativement faire partie du package proposé par les organisateurs. Exit les séances de travail interminables, désormais le séminaire doit être un moment de partage et d’échanges, en laissant si possible un souvenir marquant dans les têtes des participants. Les hôtels de luxe et lieux de prestige l’ont bien compris, et mettent tout en œuvre pour satisfaire la clientèle professionnelle qui vient s’échapper dans des lieux enchanteurs le temps d’une journée.
elle intéressait 91 % des entreprises interrogées par Coach Omnium en 2005, 82%en2010,61%en2012 etàpeine57%en2016. Ce type d’infrastructures présente l’avantage d’of- frir sous un même toit les salles, la restauration et l’hébergement. Un tout- en-un qui limite ainsi les déplacements et facilite grandement l’organisation ou le rassemblement lors de grands-messes. Des atouts d’autant plus importants que les opérations tendent à se raccourcir en durée. De plus, de nombreux hôtels se sont spécialisés sur le cré- neau des groupes affaires et proposent des prestations, des services et un accom- pagnement commercial souvent très profession- nels. C’est la raison pour laquelle on fait également – paradoxalement – appel aux hôtels y compris pour des journées d’études, sans besoin d’hébergement. Les entreprises interro- gées par Coach Omnium se tournent essentiellement vers les établissements
sateurs qui font appel à l’hô- tellerie de luxe sont moins nombreux (13 % en 2016 contre 35 % en 2008) car la prestation y est considérée comme coûteuse et l’image de prestige qu’elle véhicule ne convient pas à toutes les opérations, ni à toutes les entreprises, surtout en période d’austérité af chée. Le principal utilisateur de ce type de prestations haut de gamme, qui se démarque, est le secteur de la  nance et de l’audit. Quoi qu’il en soit, le choix de ce type de prestataires se justi e le plus souvent pour des événements de relations publiques et d’information, visant à communiquer sur l’image de la société.
equiPeMents et serViCes FOnt Partie Du stan- DarD
Au sein des établissements de luxe, les équipements et la capacité d’accueil ne sont pas des critères de choix pour l’entreprise, ou tout du moins ne devraient plus l’être. La question ne
châteaux mettent en avant le cadre et la verdure de leur établissement, à l’abri du rythme effréné de la ville, pas question pour autant de faire l’impasse sur les nouvelles techno- logies, indispensables aux réunions de travail qu’ils accueillent. Difficile en effet de promouvoir un lieu d’exception s’il n’est pas équipé de vidéoprojecteurs ou d’une connexion Internet digne de ce nom. Certains n’hésitent donc pas à rac- corder leur établissement en  bre optique, malgré les dif cultés que peut poser la position géographique du lieu.
Autre prérequis attendu par les clients profession- nels, le niveau de service doit être à la hauteur de ce qu’on peut attendre d’un hôtel de luxe. Discrétion et disponibilité sont les maîtres-mots des équipes des grands établissements de luxe. De nombreux lieux d’exception vont cependant plus loin pour satisfaire leurs clients professionnels, à l’image d’Evian Resort,
Par Emilie Massard
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
Nous avons l’écrin, reste désormais à formaliser le contenu du séminaire...
Selon l’étude Coach Omnium 2017, étude indépendante sur
l’évolution de la demande et des dépenses des entre- prises et fédérations sur le marché des MICE, l’hôtel reste, depuis plus de 25 ans, le premier lieu d’accueil de manifestations profession- nelles. L’hôtellerie reste donc le choix privilégié des entreprises, même si elle perd depuis quelques années des parts de marché sur le secteur du MICE :
Le recours à l’hôtellerie de luxe est encore
à la marge (13 % en 2016 contre 35 % en 2008) car l’image de prestige qu’elle véhicule ne
convient pas à toutes les opérations
 trois et quatre étoiles (ou assimilés) pour des rai- sons d’image, de niveau de prestations et de confort, quitte à chercher à négo- cier les tarifs. On cherche à honorer les participants dans la plupart des cas. Dans un lieu sympathique ou agréable, les messages passent mieux ! Les organi-
se pose pas, en effet, pour les entreprises qui choi- sissent ces établissements : certains équipements sont des prérequis. Espaces de travail modulables et avec une capacité suf sante, mais aussi équipements technolo- giques, sont «de série» dans les hôtels haut de gamme. Si les hôtels, domaines et
un domaine privé arboré de 19 hectares dominant le lac Léman qui propose 230 chambres réparties entre deux hôtels (quatre et cinq étoiles). Outre ses 22 salles de conférence modulables, son audito- rium de 1 200 places et ses 11 restaurants et bars, le complexe met l’accent
 ]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                                   Gowling WLG, cabinet d’avocats d’affaires, a une expertise approfondie couvrant des secteurs-clés à l’échelle internationale, pour une offre à forte valeur ajoutée. Depuis 19 bureaux répartis à travers le monde, 1 400 professionnels sont à même de vous aider à relever les défis qui se présentent à vous.
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Gowling WLG (France) AARPI est une filiale de Gowling WLG (UK) LLP. Gowling WLG (UK) LLP est membre de Gowling WLG, un cabinet d’avocats d’envergure internationale qui regroupe des entités indépendantes et autonomes proposant des services dans le monde entier. Pour en savoir davantage sur notre structure, consultez www.gowlingwlg.com/avisjuridique.
]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
   sur le service : transports, business corner, activités à la carte, conciergerie, journaux, pressing, tout est fait pour répondre aux moindres demandes des clients. Autre exemple, en 2016, Le groupe Viparis a repensé l’offre gastrono- mique de l’Hôtel Salomon de Rothschild en signant un accord exclusif avec la maison Kaspia Récep-
Rothschild, Viparis a si- gné une collaboration avec Novelty, société spécialiste du son, de la lumière et de l’image au service des lieux événementiels. « Notre politique de service est irréprochable et sur me- sure : disponibilité totale des équipes pour l’accueil d’évènements de prestige et variés. A l’Hôtel Salomon de Rothschild, chaque invité est
Virginie Bonin, directrice de l’Hôtel Salomon de Rothschild, résume tout. Aujourd’hui, pour attirer les clients, et notamment les clients professionnels, les hôtels, mais aussi tous les lieux de prestige, misent avant tout sur le cadre en- chanteur de leur établisse- ment, avec un unique objec- tif : faire vivre l’expérience la plus inoubliable possible
 Dif cile en effet de promouvoir un lieu d’exception s’il n’est pas équipé de vidéoprojecteurs ou d’une connexion Internet digne de ce nom
  tions,  euron de l’activité traiteur de Moma Group. À l’occasion de cette collabo- ration, Kaspia Réceptions a créé Kaspia Signature, une offre premium dotée d’une gamme de produits de restauration dédiée unique- ment à l’Hôtel Salomon de Rothschild, et élaborée par le chef multi-étoilé Pierre Gagnaire. Par ailleurs, pour une sonorisation optimale de l’Hôtel Salomon de
un hôte de marque, chaque événement un privilège », ajoute Virginie Bonin, di- rectrice de l’Hôtel Salomon de Rotschild.
Plus qu’un hôtel, C’est un CaDre et une exPérienCe qui sOnt PrOPOsés « C’est un joyau au cœur de Paris où se vivent des moments grandioses. » La phrase prononcée par
à leurs clients. « C’est un lieu d’exception, de prestige et intimiste. Mobilier chic et contemporain, jardins mêlant inspirations an- glaise et française : l’Hôtel Salomon de Rothschild a rouvert en octobre 2016 avec un look  ambant neuf, susceptible de s’accorder à des événements de pres- tige. Grand atout de cette adresse parisienne, l’es- pace extérieur a conservé
son aspect intimiste, mais offre désormais un cadre plus fastueux, dans l’esprit des jardins romantiques du XIXe siècle. » C’est ainsi que Virginie Bonin décrit son établissement, mettant en avant les charmes de l’éta- blissement situé au cœur de Paris. En dehors de la ville, les châteaux et lieux
de prestige ne sont pas en reste, et promeuvent le cadre idyllique de leurs espaces. Pour tous, l’objectif est le même : faire la différence dans les esprits des clients. « Nos établissements ont un supplément d’âme reconnu par nos clients », estime Franck Marie, référent pour l’hôtellerie et les loisirs
du resort Barrière de La Baule. « Notre objectif est de créer un moment décalé, quitte à casser les codes de l’hôtellerie de luxe, qui peuvent parfois être un peu lourds. » Check-in sur la plage avec verre de vin blanc et plateau d’huîtres ou réveil musculaire dans le parc, ou privatisation,
  avec Permettre aux malades de continuer leur travail, c’est aussi une façon de les aider à guérir. Mais ce n’est pas facile, on a peur, peur de les faire travail- ler, peur de la maladie, peur de mal s’y prendre... Voici une nouvelle cause qui devrait interpeller tous ceux qui aiment leurs boîtes ! En effet, d’après la Ligue Contre le Cancer, plus de 1 000 personnes apprennent leur maladie chaque jour en France... et c’est peut-être votre voisin
de bureau.
Depuis cinq ans, Cancer@work, une association active, à l’initiative d’An- ne-Sophie Tuszynski et Philippe Salle, expérimente et valide une méthodologie de «management» (dans le bon sens du terme) de la maladie au travail. A ce jour, 350 000 personnes ont déjà été sensibili- sées, qu’il s’agisse des chefs d’entreprise, des salariés, des malades eux-mêmes... Les dirigeants ont en effet un rôle fonda-
mental à jouer dans cette démarche qui nécessite de l’humanité, de la proactivité et de la compréhension. Matériellement, l’aménagement de poste ou du temps de travail sont les mesures le plus souvent mises en place pour combiner maladie et entreprise, mais ce n’est qu’une partie de l’iceberg.
C’est un enjeu sociétal mais surtout per- sonnel, or, l’entreprise est un lieu de vie. Chacun à travers son expérience doit contribuer à l’harmonie de ceux qui sont atteints. Mais pour ce déclic, il fallait une structure où trouver un appui. C’est pourquoi j’ai tenu à associer le mouvement ETHIC à cette initiative et cela grâce à un de nos membres éminent du conseil d’administration, Philippe Salle qui est actuellement président de Foncia.
J’ai connu l’expérience d’une jeune femme directrice de production dans ma boîte, qui a été atteinte d’un cancer fulgurant et
malgré son arrêt maladie elle m’a suppliée de la laisser venir au bureau pour ne pas rester seule avec sa maladie chez elle... Elle est aujourd’hui guérie !
Plus qu’une cause pour votre entreprise, c’est un témoignage d’empathie vis-à-vis des collaborateurs et c’est aussi un acte fort de cohésion pour l’entreprise.
Sophie de Menthon
Rendez-vous sur www.jaimemaboite.com
Cancer@work : quand on aime sa boîte on soutient ses salariés !
 ethic.fr
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
Une expérience où le salarié peut tout exiger?
J’aime ma boîte
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
   de privatiser la plupart de leurs espaces de travail, jusqu’à l’établissement en- tier ! Du côté du groupe Barrière, « le client doit se sentir comme chez lui. Du logo de la société apposé partout dans l’hôtel aux photos de collaborateurs au milieu de clichés de person- nalités, nous pouvons tout imaginer », détaille Franck Marie. Le programme du séminaire, lui aussi, peut être adapté aux besoins des organisateurs. Certains établissements proposent ainsi de prendre en charge l’organisation de certaines activités, avec une équipe dédiée. C’est le cas d’Evian Resort, dont le service Sport & Culture propose des pro- grammes adaptés selon la demande, les objectifs et le budget, autour d’un socle d’objectifs communs de performance : « Les pro- grammes d’activités team building sont établis tota- lement sur mesure. Tous les ateliers sont ensuite articulés de la même fa- çon : compréhension du problème, mise en place d’une stratégie collective, organisation du groupe en fonction des qualités de chacun et atteinte de l’objectif tous ensemble. »
COMMuniquer et FiDéliser : les hôtels De luxe Passent aussi Par Cette étaPe
S’ils ont une réputation et une image solides, les hô- tels de luxe ne se reposent pas pour autant sur leurs lauriers. Ils n’attendent pas que les clients viennent à eux et maintiennent une démarche proactive pour attirer les clients profession- nels. « Le bouche-à-oreille est notre premier vecteur de communication, note Franck Marie. Nos clients sont des ambassadeurs de nos établissements. » Mais le groupe Barrière a égale- ment des équipes déployées sur le territoire national et international pour faire la
promotion de ses établis- sements, une promotion différente en fonction de
ratoire pharmaceutique ou un comité d’entreprise par exemple. Nous avons mis en
nos clients professionnels. Nous utilisons également les médias professionnels,
présents sur les réseaux sociaux. Le numérique est aujourd’hui la clé de voûte de toute stratégie promo- tionnelle », estime Franck Marie. Le groupe Barrière a ainsi récemment diffusé de courtes vidéos sur Lin- kedIn pour promouvoir ses
 l’établissement ne manque pas d’idées pour marquer l’expérience de ses clients et apporter cette « dimension plaisir. Aujourd’hui, les or- ganisateurs de séminaires cherchent à favoriser la rencontre, le partage et l’échange, et nos établis- sements sont très propices à cette notion de partage », ajoute Franck Marie.
PersOnnalisatiOn à l’enVie
Sortir des sentiers battus, offrir des expériences inou- bliables, oui, mais comme à la maison. Si les organisa- teurs de séminaires veulent éblouir les participants, ils souhaitent également qu’ils se sentent comme chez eux. Et pour cela, les hôtels de luxe offrent des services de personnalisa- tion très poussés. « Nous nous engageons à offrir à nos clients une expérience sur mesure. Scénographie, décoration, aménagement, sens du détail, etc., les es- paces se métamorphosent à l’envi a n de créer une identité unique pour chaque manifestation », explique la directrice de l’Hôtel Salo- mon de Rothschild. Nombre d’établissements proposent
Tous les détails sont pensés. Du contenu
de votre assiette jusqu’à l’intensité de la lumière et la qualité acoustique...
établis.
humoristique. Une manière de casser les codes à nou- veau.
 la cible. « Nous n’avons pas la même approche pour convaincre un labo-
ligne un nouvel espace sur notre site internet a n de  uidi er l’information pour
nous créons des animations, participons à des salons, et bien sûr, nous sommes
sements sur un ton
 MARS 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Réseaux & in uence
Décryptage d’un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networking
Elan, réseau national de pépinières d’entreprises
De l’ombre à la lumière
  Pour ce « Réseaux & In uence », nous sommes partis à la rencontre d’Aurélien Borius, délégué général d’Elan, et de René Silvestre, serial entrepreneur, ancien patron de presse, désormais dirigeant de la Pépinière 27 et pré- sident du réseau Elan pour évoquer l’avenir des pépinières en France.
Par Geoffroy Framery
La Pépinière 27 voyait lejourilyasixans. Il s’agit du premier incubateur généraliste à 100 % privé qui accompagne chaque année une centaine de start-up. Quid des autres ? Les pépi- nières ont commencé à sortir
mique. Nous sommes loin du modèle du Numa ou de The Family qui sont adossés à des fonds d’investissement qui prennent des participations dans les start-up sélection- nées, explique Aurélien Bo- rius, délégué général d’Elan, réseau national des pépinières d’entreprises. Nous sommes un modèle hybride. Nous ne prenons pas de participation mais, outre notre offre de coworking, nos dispositifs sont très poussés sur l’ac- compagnement. »
Si l’on revient quelques an- nées en arrière – en 2015 précisément –, des états gé- néraux des réseaux ont lieu, le réseau Elan représentant 440 pépinières réparties sur tout le territoire, Outre-Mer inclus.
« Ce fut un moment où nous avons décidé de redé nir ce qu’était une pépinière face au saupoudrage marketing de certains lieux. Notre ADN concerne donc trois piliers : l’accompagnement, l’anima- tion et l’hébergement. Puis avec la refonte de l’APCE en
struCturatiOn nu- Mérique Du réseau Le logiciel Synintra a été créé il y a deux ans. Son principe est d’offrir gratui- tement, sans engagement, à toutes les pépinières, un Intranet pour la communi- cation en interne, la création d’événements, de sondages et d’ateliers. Aujourd’hui, sur les 440 pépinières, 300 intranets ont été déployés. La plateforme fédère également tous les anciens. « En outre, nos partenaires, avec entre autres EPSON, Microsoft, LCL,... peuvent identi er un besoin. Mais la réponse doit venir de la start-up. Sinon, elles ne sont pas dérangées. C’est une sorte de Tinder de la mise en relation business », ajoute le délégué général d’Elan tandis que son pré- sident complète :
« Synintra permet de faire appel à la communauté pour un dossier de  nancement, il permet également aux jeunes projets de se faire connaître. C’est un outil d’aide entrepre- neurial. Bien sûr les start-up peuvent se vendre des choses
nières notamment via la créa- tion d’événements partout en France. Le premier a eu lieu en 2016 à Lunéville avec 1 500 visiteurs. Puis ce fut le tour de Saint Brieuc, avec 3 500 visiteurs. Et bientôt Marseille. « Il s’agit de regrouper 70 start-up sur plusieurs villages thématiques et de faire décou- vrir ce qu’est la réalité de la start-up au grand public », résume Aurélien Borius. Et René Silvestre de compléter : « Notre réseau regroupe 8 500 start-up (l’abonnement est symboliquement de 100 euros par mois par start-up) pour 40 000 emplois directs. Il est temps de parler d’elles. Car trop souvent dans les esprits, start-up sonne avec Silicon Valley. Le thème de l’innovation renvoie à ail- leurs, pourtant en France, les forces vives sont pré- sentes. Et notre écosystème est puissant. Notre politique chez Elan est de démocrati- ser la start-up notamment en montrant qu’elle investit tous les secteurs d’activité, l’IT et le digital ne représentant que 15 % de l’ensemble des
   Faire comprendre au grand public le rôle de ces couveuses de talents.
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de terre dans les années 70 en zone rurale pour répondre au besoin des professionnels de mutualisation de services et qui ressentaient quelques dif - cultés à trouver un local. Dans les années 80, un phénomène de regroupement est à l’œuvre. L’organisation réticulaire se structure régionalement. Puis avec les prémices de la French Tech, de nombreuses structures émergent quitte à galvauder le terme bota- nique. Car en 2018 encore, « 95 % des pépinières sont animées par les mairies ou par un fonctionnaire chargé du développement écono-
Les start-up sont les premières clientes des autres start-up présentes
 AFE, de nouvelles missions nous ont été con ées. Entre autres, celle de réaliser une photographie nette des acteurs existants. Mon rôle fut alors d’effectuer un audit pour mettre à jour l’annuaire et ensuite de leur demander leur surface, la répartition entre bureaux, ateliers et stockage. Cela a notamment permis à l’AFE de mieux orienter les projet par spécialisation », poursuit Aurélien Borius.
entre elles ainsi que mu- tualiser leurs services. Les start-up sont les premières clientes des autres start-up présentes. La proximité y joue beaucoup. Aujourd’hui, ce service est agrémenté d’offres d’emploi. »
reCherChe lettres De nOBlesse
Aujourd’hui, la tendance est à redorer le blason des pépi-
entreprises. Actuellement nous menons également un combat concernant un projet de loi pour nous faire recon- naître sur le travail réalisé sur l’ensemble de l’écosystème car aujourd’hui encore nous avons le même statut qu’un espace de coworking, ce qui
est tout bonneme.
leux », lance René Silvestre. Un combat qui s’annonce long et périlleux.
nt scanda-
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
Brèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles, les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivité
   Le verbatim à retenir...
LE CHIFFRE DU MOIS
134 523
élèves-ingénieurs en 2015-2016 (+3,5 % de hausse annuelle) Depuis 2000-2001, le nombre d’élèves-ingénieurs
a augmenté de +50 %
Croissance continue de +130 % de l’effectif des écoles d’ingénieurs en 26 ans
Versailles, Lyon et Créteil : académies avec le plus grand nombre d’inscrits en formation d’ingénieurs
Aix-Marseille, Nantes et Dijon : académies avec la plus forte
hausse d’effectif d’élèves-ingénieurs.
Source : CDEFI
des programmes postgraduate de SKEMA.
Lancé en 1992, ce programme Mastère Spécialisé® labellisé par la
Conférence des grandes écoles est accessible à tous les candidats, soit en
stage alterné (formation initiale), soit en contrat de professionnalisation
(formation continue), un format destiné aux professionnels qui souhaitent
se spécialiser ou se réorienter. Le référencement du diplôme au RNCP
niveau 1 confère à ses diplômés un haut niveau d’expertise en gestion de
patrimoine pour exercer les responsabilités de conseillers en investissement
 nancier. Il permet également de passer l’examen de la certi cation AMF
2010. En outre, grâce à la forte reconnaissance du programme par les dirigeants des ré- seaux bancaires qui participent chaque année au Conseil de programme, les diplômés af chent un taux net d’emploi de 90 %.
Source : SKEMA
L’École polytechnique élargit son offre de cours en ligne
Alors qu’une série de cinq mini-MOOCs en mathématiques vient tout juste d’être lancée, l’X continue d’enrichir son offre de cours en ligne en proposant quatre nouveaux MOOCs. Ces cours sont destinés aux futurs bacheliers ou aux jeunes étudiants : «Photovoltaic solar energy», «Plastic electronics», «Voyages de l’in niment grand à l’in niment petit», «Mécanique quantique».
Source : Ecole Polytechnique
GEM un nouveau MOOC pour les entrepreneurs
Créé par Grenoble école de management (GEM), le MOOC «Lever des Fonds pour ma Startup» est disponible depuis le 22 janvier 2018 et propose de se familiariser avec les acteurs et les techniques de la levée de fonds. Premier cours en ligne français entiè- rement consacré à ce sujet, «Lever des Fonds pour ma Startup» est
destiné aux entrepreneurs ayant créé ou envisageant de créer une jeune entreprise innovante. Il s’adresse également aux étudiants en gestion/management souhaitant se spécialiser en entrepreneuriat ou en  nance et, plus généralement, à toute personne intéressée par le  nancement des start-up. Dispensé sur quatre semaines, ce cours permettra aux apprenants de :
- mieux identi er les principaux types d’investisseurs dans les start-up, mieux com- prendre leurs objectifs et leurs processus de décision ;
- connaître les principaux termes liés aux contrats entre créateurs et investisseurs lors des différents tours de table ;
- évaluer la faisabilité et la valeur de leurs projets en établissant un plan de  nance- ment  able ;
- identi er les principaux points de vigilance pour réussir sa phase de post-investisse- ment.
  La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert
D’André Malraux, dans Hommage à la Grèce
L’actu de l’enseignement supérieur et de la formation continue
Le Mastère spécialisé® Manager en Gestion de Patrimoine Financier de SKEMA ouvre à Paris en formation initiale et continue
SKEMA Business School a décidé de relocaliser son programme Mastère spécialisé® Manager en Gestion de Patrimoine Financier de Sophia-Antipolis à son campus de Pa- ris La Défense. Cette évolution sera effective dès la prochaine rentrée, en octobre 2018. « Cette nécessité de former des étudiants et des professionnels s’appuie sur un pro- gramme de formation centré sur la relation client haut de gamme et doté d’une ouver- ture internationale, aujourd’hui indispensable », estime Christophe Dispas, directeur
                                Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation
Travailler Autrement
PDG d’ITG, leader du portage salarial
A l’heure où l’âge moyen de la population active augmente et où la richesse des entreprises réside dans les compétences qu’elles détiennent, ces questions sont centrales.
Toutefois, maintenir les seniors dans l’entreprise n’est pas la seule question qui devrait nous intéresser. Contrairement à ce que l’on croit, le spectre des nouvelles formes d’emploi, qu’il s’agisse de l’auto-entreprenariat, du portage salarial, du temps partagé, de l’intérim, des managers de transition ou encore des coopératives d’activité, n’est pas uniquement l’apanage des jeunes diplômés ou des jeunes cadres.
Les nouvelles formes d’emploi émergent partout et tous les actifs sont attirés par la promesse de plus d’autonomie et de liberté qu’elles proposent. Les seniors sont eux aussi acteurs des mutations observées sur le marché du travail. Mo- biles, enclins à changer de vie professionnelle, les seniors souhaitent également découvrir des modes de vie différents.
L’orientation, la formation et l’accompagnement, à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise, doivent être au cœur des sujets pour que retrouver du travail après 50 ans ne tienne plus du miracle !
Nos seniors ont du talent !
Nos seniors ne manquent pas de ressources mais comme tous les actifs, il faut les accompagner et les orienter pour qu’ils trouvent pleinement leur place dans un marché du travail compétitif.
Leur expérience et leurs compétences transversales, si prisées par les entreprises, sont reconnues de tous même si les seniors font souvent face à des discrimina- tions liées à l’âge. Usure professionnelle, dépassement technologique... Comment faire pour que les seniors aient envie de rester dans l’entreprise ? Comment encourager les entreprises à valoriser ces talents en interne ? Comment créer les conditions pour que le mentoring ou le tutorat des jeunes soit ancré au cœur de la politique de l’entreprise ?
  60 MARS 2018 | ecoreseau.fr
Travailler autrement
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
RH & FORMATION
  Il apportera aussi des réponses précises aux questions : comment déterminer la valeur d’une start-up ? Comment déterminer la dilution des fondateurs suite à une levée de fonds ? Comment structurer le conseil d’administration après une levée de fonds ? Source : GEM
KEDGE Business School et AFNOR Compétences, partenaires de la transformation digitale de l’entreprise
AFNOR Compétences, la  liale formation/conseil du groupe AFNOR, a fait appel à KEDGE et à ses enseignants-chercheurs pour conduire une étude sur le rôle de la fonction Qualité, Sécurité, Environnement (QSE) dans la transformation digitale des entreprises. Cette étude a été menée au sein des Clubs Parcours croisés qui réunissent des décideurs
intervenants sur des thématiques qualité et développement durable.
« Les clubs Parcours croisés sont des lieux conviviaux d’échanges et de montée en compétences entre pairs souhaitant développer leur réseau », explique Pascal Prevost, directeur général d’AFNOR Com- pétences. « La transformation digitale des entreprises est au cœur des préoccupations des dirigeants : nous souhaitions apporter une vision prospective qui mette en lumière l’importance de la fonction QSE
pour cet enjeu majeur. Il était important de mener la ré exion avec l’aide de KEDGE Business School. » Des ateliers ont eu lieu durant six mois et dans neuf villes en France auprès d’une centaine de dirigeants. En complément, une enquête en ligne sera menée sur parcourscroises.com, première communauté digitale des acteurs QSE. L’étude de KEDGE, qui dressera un état des lieux de la digitalisation de la fonction QSE et du rôle de la fonction QSE dans la démarche de transformation digitale de l’entreprise, sera pu- bliée début 2018 aux Editions AFNOR dans la série Parcours Croisés
Source : Kedge
Centrale Nantes et Pôle Emploi accompagnent des titulaires de doctorat
Pôle Emploi et l’Ecole Centrale de Nantes proposent aux docteurs demandeurs d’emploi de Loire-Atlantique une formation gratuite et rémunérée : « Compétences pour l’entre- prise ». Depuis la  n d’année dernière, Centrale Nantes ouvre la formation « Compétences
pour l’entreprise » (CPE) à destination de dix docteurs demandeurs
d’emploi, issus de parcours universitaires, toutes disciplines confon-
dues. Centrale Nantes a obtenu le label CPE délivré par la Conférence
des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI) pour ouvrir
cette formation en mai dernier. Première école d’ingénieur à proposer
la formation « Compétences pour l’entreprise » à dix docteurs de-
mandeurs d’emploi de toutes disciplines confondues, Centrale Nantes met son expertise au service des docteurs formés dans d’autres cadres académiques pour cette première expérimentation. Habituellement proposé aux doctorants, le parcours CPE, initié par la CDEFI et soutenu par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, n’a encore jamais été ouvert aux docteurs. Cette formation s’appuie sur le constat suivant : le diplôme de doctorat est la formation la plus reconnue à l’internatio- nal, nos docteurs français sont ainsi très appréciés à l’international. Il s’agit avant tout de faire comprendre à ces jeunes diplômés qu’ils ont reçu une formation d’excellence qu’ils doivent apprendre à valoriser auprès de leur futur employeur. Destiné à favoriser l’insertion professionnelle des docteurs, le parcours vise à leur transmettre un certain nombre de compétences attendues par les entreprises et validées par un certi cat de réussite à validité nationale.
Source : Centrale Nantes
L’actu RH
Hays annonce la publication de la 8e édition de son étude de rémunération nationale en partenariat avec RegionsJob
Le cabinet Hays lance pour la huitième année consécutive son étude de rémunération nationale, en partenariat avec RegionsJob. Elaborée à partir d’un panel de plus de 4 000 candidats et clients, cette étude fait le point sur les grandes tendances du marché du recru- tement. Cette année, elle passe notamment en revue les évolutions des rémunérations dans 24 secteurs et les préoccupations des candidats et des employeurs. En voici les principales tendances 2017 et perspectives pour 2018 :
           MARS 2018 | ecoreseau.fr 61
]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
    Frédéric Rey-Millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
Faut-il donner des primes pour motiver ?
Bonjour à tous.
Dans ma précédente chronique, je vous suggérais de supprimer l’entretien annuel d’évaluation en le remplaçant par plusieurs, abordant une thématique différente à chaque fois.
Attaquons-nous à une nouvelle croyance. Pour mo- tiver ses collaborateurs, il faut leur  ler des primes. De nombreuses études, citées par Dan Pink dans « La vérité sur ce qui nous motive », montrent que le système de primes développe des ré exes condi- tionnels pavloviens, qui ne vont, ni dans le sens de la performance de l’entreprise, ni ne pro te au collaborateur qui se stresse sur un résultat plutôt que de prendre du plaisir à bien faire son travail. Ce type de relation « si tu fais cela, tu auras cela » est- elle la seule façon d’obtenir des résultats ? Donner systématiquement des carottes pour faire avancer nos coéquipiers, n’est ce pas les prendre (un peu) pour des ânes ?
Que faire ?
Vous pouvez les supprimer tout simplement. Consi- dérer que seul l’argent motive les collaborateurs relève de la pensée courte. La motivation en 2018 c’est du sens, de l’autonomie et du plaisir à progres- ser dans son job.
Si vous souhaitez garder le système de primes. Arrêtez de les verser à des individus mais plutôt à l’équipe. Jouez collectif. Si vous voulez stimuler la performance d’équipe, pourquoi continuer à rému- nérer individuellement vos collaborateurs ?
Pourquoi ne pas changer leurs règles d’attribu- tion et en déléguer la responsabilité aux collabora- teurs concernés ?
Si votre désir est de considérer vos collaborateurs comme des adultes responsables, proposez-leur des échanges adulte-adulte, en leur demandant de décider avec vous de la répartition des primes. Vous serez étonné de constater à quelle vitesse les équipes acquièrent cette maturité !
Elle consiste justement à déléguer mensuellement la décision d’attribution des primes et parties variables aux coéquipiers. Bien sûr, le manager a forcément un avis sur la performance de ses collaborateurs, mais ni plus ni moins que les autres membres de l’équipe.
Attendre une année entière pour « s’apprécier » n’est plus compatible avec le temps digital. Comment se souvenir, au mois de décembre, d’une action po- sitive réalisée par un collègue huit mois plus tôt ?
- Moins de mobilité externe, plus de recrutements
En 2017, la tendance à la mobilité observée ces deux dernières années s’est quelque peu ralentie : seuls 33 % des salariés ont changé de poste en 2017, contre 48 % en 2016. 55 % d’entre eux envisagent cependant de trouver un autre emploi en 2018, ce qui montre que la mobilité sur le marché des compétences sera importante l’an prochain. Parmi les motifs invoqués, une rémuné- ration plus attractive (61 %), l’intérêt du poste (55 %), et les perspectives d’évolution (47 %) restent le trio de tête des principales raisons poussant les candidats à la mobilité externe.
En parallèle, tout comme en 2016, 92 % des entreprises répondantes déclarent avoir recruté de nouveaux col- laborateurs en 2017. Les perspectives pour 2018 sont également prometteuses puisque 71 % des recruteurs envisagent d’embaucher cette année (contre 69 % en 2017 et 58 % en 2016). Dans les deux tiers des cas, les recrutements prévus concernent moins de 10 % de l’effectif.
La mutation du travail
DE LA FUTURE IMPORTANCE DU DPO
- Le bien-être en entreprise, sujet de ré exion pour
la majorité des entreprises
65 % des entreprises ont fait du bien-être des salariés
un sujet de ré exion, et travaillent à mettre en place
des actions concrètes pour l’améliorer au sein de leur
structure, avec un focus sur le management et la for-
mation. 46 % de[s salariés se déclarent conscients de RH sondés pensent avoir recour]s à l’intérim en 2018.
Entretien avec Gérard Péliks, directeur adjoint du MBA Management de la Sécurité des Données Numériques de l’ILV (Institut Léonard de Vinci – Paris La Défense)
Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le rôle du DPO ?
Le DPO, Data Protection Of cer ou Délégué à la pro- tection des données, est un métier nouveau imposé à certaines organisations européennes, et conseillé aux autres, par le Règlement général pour la pro- tection des données, qui entrera en vigueur le 25
mai 2018. Le DPO a la responsabilité de protéger les gisements de données per- sonnelles détenues par une organisation et par ses sous-traitants. Mi-technicien, mi-juriste, le DPO prend la place du correspondant informatique et libertés, mais le métier est assez différent et les sanctions en cas de manquement à l’obligation de protéger les données à caractère personnel des organisations sont beaucoup plus élevées qu’aupara- vant.
Quels pro ls ? Quels background ? La formation en France est-elle suf samment armée ?
Dans l’idéal, un DPO est un technicien en cyber- sécurité avec des connaissances approfondies en droit du numérique, ou un juriste maîtrisant les tech- nologies de la protection des données. Il doit carto- graphier les données et placer les contre-mesures nécessaires pour les protéger. Il doit connaître les métiers de son organisation et avoir le goût de com- muniquer et de former ses collègues, car la cyber-
sécurité est l’affaire de tous. Pour être ef cace, un DPO doit être très proche de la direction.
Ce métier étant nouveau, trop peu de formations for- ment spéci quement aux fonctions de DPO. Des ins- tituts, des écoles d’ingénieurs abordent en plus de l’enseignement des technologies du numérique, ce-
lui du droit autour de ces technologies et l’idée fait son chemin dans les facultés de droit pour ajouter des modules de cy- bersécurité. Mais les DPO bien formés restent en nombre insuf sant. Les insti- tuts et écoles d’ingénieurs, les facultés de sciences, les IUT, et les facultés de droit doivent impérativement mettre le cap sur l’enseignement des matières indispensables aux fonctions de DPO. L’Institut Léonard de Vinci, par exemple,
a su très tôt orienter ses formations de niveau MBA vers les technologies et le droit du numérique.
Pourquoi le rôle de DPO va-t-il prendre de l’am- pleur avec la RGPD ?
La présidente de la CNIL a déclaré que 80 000 entre- prises et organismes publics en France vont devoir se doter d’un DPO. Nous sommes aujourd’hui loin du compte. La fonction de DPO mutualisé sur plusieurs
entreprises va donc connaître un grand avenir.
Propos recueillis par Geoffroy Framery
ces efforts, et ils sont 62 % à avoir le sentiment que leur entreprise travaille à améliorer les conditions de travail, le management (60 %), les avantages proposés (49 %) et la formation (40 %).
- Une hausse contrôlée des rémunérations
En 2017, 85 % des employeurs déclarent avoir augmenté la rémunération des salariés (contre 80 % en 2016), mais dans des proportions limitées : dans 51 % des cas, l’augmentation se situe entre 0 et 2 %. Elle ne dépasse les 5 % que dans 10 % des entreprises seulement. Dans un tiers des cas, l’augmentation est générale au sein de l’entreprise (34 %).
Le travail temporaire, porteur de la reprise économique
Le recours au travail temporaire a
été aussi important en 2017 qu’en
 2016 : plus de 60 % des clients ont
eu recours à l’intérim en 2017 et
80 % au CDD. Les entreprises
sont plus de 80 % à estimer que
le travail temporaire est un bon tremplin vers le CDI (contre 72 % côté candidats), et trois employeurs sur quatre ont proposé un contrat à au moins une personne ayant effectué une mission dans leur entreprise cette année. En termes de perspectives 2018, plus de 81 % des
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
Manager n’est pas jouer !
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Manager autrement
Les innovations RH émergent constamment. Focus sur l’une d’entre elles
Droit à la déconnexion
Mise en application: une chimère ?
    « Di cile de faire respec- ter une loi alors que tout nous incite à la connexion en dehors du travail ? »
La nouvelle loi se heurte à des chantiers d’ampleur que sont nos mœurs numériques et l’organisation du travail en tant que telle. Malgré une «soft
law», des concrétisations émergent pour concilier qualité de vie au travail et obligations de résultat.
que peut amener ce droit à la déconnexion. Ces dispositions légales peuvent ressembler à une « soft law » : tout juste oblige-t-elle les entreprises à discuter pour le cas échéant trouver un accord avec les syndicats, ou, à défaut, convenir d’une charte signée par l’em- ployeur », commente l’avocat du cabinet Benssoussan.
tiMiDes COnCrétisatiOns
Dans les faits, le droit à la dé- connexion se concrétise pour les entreprises qui ont dédié de l’appliquer par l’arrêt du renvoi d’e-mails professionnels vers le téléphone portable après une certaine heure voire par la suppression de la réception des e-mails le week-end jusqu’au lundi matin.
« En synthèse, voilà ce que pré- voient les chartes aujourd’hui qui prennent en compte le droit à la déconnexion : vous n’êtes pas obligé de lire vos mails et vous n’êtes pas obligé d’y répondre mais si vous le faites néanmoins ce n’est pas grave », précise Emmanuel Walle. Dans les faits, Michelin est considérée comme une entre- prise pilote à ce sujet. Le groupe n’a d’ailleurs pas attendu la loi pour proposer il y a deux ans un accord pour aider les cadres à se déconnecter. Grosso modo, un message d’alerte est envoyé aux RH, à l’employé et au N+1, au delà de cinq connexions hors des horaires prévus par l’accord. Les RH reçoivent consécutivement le manager et le managé pour ouvrir le dialogue. « La vraie question demeure l’urgence du travail et son organisation », insiste l’avocat du cabinet Benssoussan. Des start-up se sont également emparées du sujet. Timyo (pour Times Is MY Own) consiste en une solution collaborative qui vise à responsabiliser l’émet- teur d’un e-mail. Avant d’en-
voyer un e-mail, son émetteur devra préciser s’il attend une action, une information, juste une consultation et surtout dans quel délai. Un code couleur correspondant à l’action et le délai de réponse permet ensuite de faire un premier tri dans ses mails.
s’aFFranChir De
la PressiOn Des Pairs, Du Client
et Du ManaGer
Si dans les faits, nombre d’en- treprises n’auraient pas encore bougé le petit doigt, certaines études actuelles évoquent le pourcentage de 75 % pour les entreprises concernées, et la question de la déconnexion met sur le devant de la scène le problème du travail compulsif et
de l’organisation du travail car «l’hyperconnectivité» renvoie à «l’hyperconcurrence». Les tensions à l’œuvre sur le plan économique se déversent natu- rellement sur la force de travail. De plus, nombreuses sont les entreprises qui apprécient le salarié à l’aune de sa capacité sacri cielle. Au revoir mes temps sociaux, bonjours mes temps pro supplémentaires. Un équilibre qui est également brouillé car l’articulation n’est plus claire entre vie pro et perso. Temps et lieu de travail ne signi ent plus grand chose en 2018...
A qui la faute ?, peut-on se demander... Un peu à tout le monde : les demandes excessives de l’employeur, la pression du client roi, une frontière  oue entre conscience professionnelle
et obsession de la performance, une crainte d’être mal vu auprès de ses collègues dans un pays qui fait peu confiance à ses salariés dès lors qu’il s’agit de home of ce ou de télétravail... Malgré toutes ces racines du mal, les experts s’accordent pour éduquer et informer sur le long terme. Ce n’est qu’à ce prix qu’un changement culturel va s’engager. Et les chartes ar- rivent comme première pierre à l’édi ce. « Le droit à la décon- nexion est un sous-ensemble de l’organisation du travail. Par le truchement du droit à la déconnexion, les entreprises doivent mettre dan.s le débat toute l’organisation du travail et tout remettre à plat... », lance Emmanuel Walle.
LPar Geoffroy Framery
’article 55 de la loi Tra-
vail, entrée en vigueur le
er
1 janvier 2017, prévoit
l’obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés de négocier avec les partenaires sociaux des « dispositifs de régula- tion de l’utilisation des outils numériques, en vue d’assurer le respect des temps de repos et de congé, ainsi que de la vie personnelle et familiale ». L’esprit de la loi souhaite donc aménager de nouveaux temps de repos à l’ère du tout connecté et créer une frontière nette entre vie privée et vie professionnelle dans un contexte où, selon l’Ifop, avoir un outil numérique à sa disposition est un facteur de stress pour 51 % des salariés et que seuls 25 % des cadres déconnectent pendant les week- ends et les vacances.
la qualité De Vie Passe Par le sans nuMérique... «Ilyaunbesoindedé niret de clari er les frontières par rapport aux outils digitaux qui impactent l’organisation du travail dans l’entreprise et l’individu dans son quotidien » introduit Emmanuel Walle, avocat à la cour de Paris, expert des nouvelles technologies.. Ori-
ginalité juridique française, le droit à la déconnexion pourrait embrasser un périmètre plus large que celui de l’entreprise pour  nalement dé nir ce qu’est travailler aujourd’hui. D’autant que le temps de travail, le lien de subordination et le lieu de travail, les trois piliers qui dessinent une situation professionnelle, sont attaqués par la digitalisation. Et Me Walle de continuer : « La commission des affaires sociales de l’Assemblée na- tionale a également sorti un rapport en 2017 sur le droit à la déconnexion dans le secteur public. La ré exion s’élargit et concerne l’ensemble des travailleurs ».
S’il est encore trop tôt pour parler de jurisprudence, le droit à la déconnexion reste une pre- mière marche légale qui touche à la qualité de vie au travail et à l’organisation de ce dernier au sein des organisations, au sein desquelles il ouvre une ré exion. « Il s’agit d’une pre- mière phase : l’entrée du droit à la déconnexion sans véritable sanction et il y a fort à parier que le législateur y apporte des modi cations pour ensuite y introduire graduellement des sanctions. On fait digérer pour l’instant les recommandations
  MARS 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[Pur produit made in USA, le Master of Business Administration s’est imposé
sur le marché français comme une valeur sûre pour cadres à haut potentiel. Mais, le Saint Graal s’obtient à coup de sacri ces «perso».
Par Murielle Wolski
Sarah Torki a 30 ans. Elle s’apprête à boucler ses valises direction
l’Espagne pour y attaquer la seconde moitié de son MBA (Master of Business Admi- nistration) in international management de l’Ecole supé- rieure de commerce de Paris (ECSP) Europe. « 30 heures de cours par semaine, une mission en entreprise à réa- liser, les travaux à conduire en groupe... le programme est costaud, débriefe-t-elle. Impossible d’avoir un boulot à côté, même à mi-temps. » Rupture conventionnelle avec son entreprise précédente, elle s’est jetée à corps perdu
dans ce nouveau challenge. Les séances de cinéma ou les restos avec les amis sont passés à la trappe. Seul le sport a réussi à être préservé. Sarah Torki a 30 ans, sans enfant et est célibataire. Mais voilà, tout le monde n’a pas la chance d’être célibataire et sans enfant pour relever le dé  du MBA, qu’il soit modulaire comme les executives, ou full time comme celui de Sarah Torki. « Avec 500 heures de cours, le volume total de travail oscille entre 1 800 et 2 000 heures, y compris le dé- veloppement personnel », commente Pascale Martin-
RH & FORMATION
 Carrières & Talents
  Analyse d’une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprises
MBA : concilier vie privée et vie pro
Travail d’équilibriste ?
  Faire un MBA demande l’accord de tout le monde...
   64
MARS 2018 | ecoreseau.fr
Saint-Etienne, directrice du tout nouveau MBA d’ESCP Europe, ouvert à la rentrée 2017. « Les participants se doivent d’être acteurs de ce cursus. » Florence Rey-Millet, co-fondateur
d’Ethikonsulting, cabinet conseil et formation en ma- nagement, par ailleurs à la tête des alumni du MBA de l’Essec, de résumer la cadence par un tonitruant « ils en chient tous, au point
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & Talents
RH & FORMATION
    même d’avoir un gros coup de blues quand cela s’ar- rête ».
Délicat pendant, déli- cat après, mais pourquoi courent-ils tous après un MBA, alors ? L’effet boos-
ter de carrière est sys- tématiquement mis en avant – toujours énoncé, jamais garanti. Ni titre, ni diplôme, ni label, le contenu du MBA n’est pas balisé, d’où une qua- lité à géométrie variable. « Ces trois lettres sur un curriculum vitae peuvent abuser un recruteur pour décrocher un entretien, ouvrir la porte, mais ja- mais un médiocre MBA ne donne accès au fauteuil », analyse Stéphane Boîteux, expert en enseignement supérieur au sein du ca- binet conseil CESAM (Conseils en évolution stratégique et accompa- gnement managérial). « Par ailleurs, ce marché évolue. Il est en souffrance
depuis 2009. L’hybridation des études – de plus en plus fréquente dans les écoles d’ingénieurs – va le.tarir. Demain, le public des MBA sera davantage composé d’universitaires. »
 Valéria Brancato, diplômée en 2015
« Le planning distribué à toute la famille, belle-mère et maman sollicitées »
« Je suis italienne ». Valéria Brancato com-
mence l’entretien par ce court auto-portrait.
Une indication à ne pas négliger. En 2013, cette
Italienne – donc – est en poste – en France –
dans une boîte américaine, Jacobs, un bureau
de conseils en ingénierie, qui travaille pour BP,
Total... « Avec un siège situé à Los Angeles, on manque de visibili- té. Quelles peuvent être les opportunités d’ évolution ? Difficile de ré- pondre à cette question d’ici. D’où l’idée de suivre un MBA. J’avais déjà changé de poste dans l’entreprise. Aussi, ma démarche n’a-t-elle pas été comprise. » Valéria Brancato a assumé son choix jusqu’au bout : financement personnel, congés sans solde pour les séminaires à l’étranger, à Singapour, Hong-Kong ou New York, mis en place par l’Executive MBA de l’Essec. Le rythme ? Du mardi au mardi, toutes les six semaines. « Je suis quand même italienne, insiste Valéria Branca- to, ma fille n’avait qu’un an, c’était flippant ! Le planning a été distribué à toute la famille, mon mari, ma maman, toujours en Italie, et ma belle-
mère, domiciliée en Allemagne. Leurs venues – à tour de rôle – ont été planifiées. Tous les soirs, on doit bosser. Et puis, il y a les calls régulières, plusieurs fois par semaine, avec les autres membres du MBA. » Et pas question de lâcher prise côté boulot. Sa N+1 enceinte, à elle de reprendre le job. « Impossible d’avancer sans avoir une «to do list» tenue à jour, avec une estimation fiable du temps à consacrer à chaque tâche. Sur les 18 mois, certains moments sont très difficiles à gérer. On apprend à déléguer. Mais plus on met de l’énergie dans un projet, plus on reçoit. » Preuve que cette parenthèse intense n’a pas été insurmontable. Aujourd’hui, c’est au tour de Thorsten, son mari, de s’y coller. « Ça nous rend complices de vivre la même expérience. »
 MARS 2018 | ecoreseau.fr 65
]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & Talents
RH & FORMATION
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
Stephen Platt, diplômé en 2010
Faire preuve de pédagogie auprès de ses enfants
Le monde de l’enseignement, il connait. Au moment d’entamer son MBA de l’Institute of Education (IOE) de l’University College London (UCL), Stephen Platt est enseignant à l’Ecole supérieure de commerce (ESC) de Pau. « Les universités britanniques restent parmi les meil- leures au monde, souligne-t-il. Je voulais mieux comprendre ce système. Et il y a des moments où il est bon d’attaquer un MBA. Avant, mes filles étaient trop petites. » Lancaster, Warwick... tous les trois mois, direction la Grande-Bre- tagne, avec un point de chute différent. « Si ce challenge est important, il est essentiel de faire preuve de pédagogie et d’expliquer aux enfants qu’ils restent «le plus important». » Pour autant, le rythme n’en est pas moins intensif : « 15 à 20 heures de travail par semaine, à préparer des articles sur la gouvernance des écoles, à bos- ser le soir après 22h jusqu’à 1h du matin, et ça
Odile Vernaud, diplômée en 2016
pendant deux ans. Sans répit. » Rétrospective- ment, rien d’étonnant à avoir moult questions sur la famille pendant l’entretien de recrute- ment. Vous êtes marié ? Comment ça se passe ? Et vos enfants ont quel âge ?... « Si quelqu’un s’embarque dans cette aventure, il doit dérou- ler le film dans sa tête. Où ça peut coincer ? Qu’est-ce qui doit changer pour rendre le MBA possible? On sort épuisé d’un tel parcours, d’une telle stimulation intellectuelle. Comme un sportif de haut niveau, préparer l’après est in- dispensable. » Sans conteste, ce MBA a boosté sa trajectoire professionnelle. Quelques mois après, Stephen Platt est devenu directeur des programmes, pour finalement diriger l’école. Aujourd’hui, il est consultant spécialisé dans l’enseignement supérieur, le «branding à l’in- ternational».
 « Optimiser chaque heure »
« Clôtures mensuelles, clôtures annuelles... j’avais fait le tour de mes fonctions de directrice du contrôle de gestion. » Le début de l’histoire est assez classique à l’évocation d’un MBA. La suite l’est moins. « J’ai vu arriver le tsunami du dé- veloppement durable. La fonction n’existait pas chez Haribo. Mon DG convaincu, j’ai réorienté le track «entrepreneurship» de Kedge en «intrapreneuship», histoire de créer mon poste, ma fonction et de mettre en place la stratégie, de la tester grandeur nature. » Odile Vernaud s’est lancée en toute connaissance de cause, après avoir assisté à un cours de MBA, gratuitement, une opportunité propo- sée par Kedge. « De par mon métier, j’étais habituée à avoir des échéances non négociables, explique-t-elle. Il suffisait de continuer. Condition sine qua non de la réussite : optimiser chaque heure. Mari et enfants le savent, on s’engage tous. Avant de commencer, il faut convaincre d’être déchargée des tâches mé- nagères. Parfois, le samedi, ma fille et moi travaillions en parallèle, chacune de notre côté. Moi avec des rendez-vous sur Skype. » Libérée, délivrée... Odile Ver- naud aurait pu reprendre ce refrain. « J’ai eu la sensation d’avoir énormément de temps libre après. Avec une capacité de travail développée. On a besoin de remplir les plages horaires. » Elle lit beaucoup.
]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & Talents
Malek Brahmi, diplômé en 2009
La France attachée aux diplômés, et tout particulièrement aux Bac+5, ça n’est pas un scoop. Et même si un Master 1 de sciences de gestion jouit d’une solide réputation, si l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Grenoble compte parmi les plus cotés... c’était un peu court pour Schneider Electric. La candidature de Malek Brahmi les intéressait pourtant. Le deal proposé par l’entreprise : « une embauche à condition d’aller chercher un Bac+5 dans les trois ou quatre ans qui suivaient ». Proposition inhabituelle. Une chance. Malek Brahmi a dit : « banco ». Et même s’il a mis un peu plus de temps, il s’est attelé au MBA de l’Euro-
pean Institute of Purchasing Management (EIPM) d’Archamps, situé à la frontière franco-suisse. Un format tout en anglais, spécialisé dans l’achat et la supply chain. « En parler avec sa conjointe est essen- tiel avant de se lancer, commente-t-il. La
Florence Guyader, diplômée en 2008
« Je n’étais pas prête à tout sacri er »
Trois enfants, divorcée, et un MBA, mais où est le problème ? Florence Guyader n’a pas eu peur. Elle a accepté cette proposition du groupe Wilo, constructeur allemand d’en- vergure mondiale de pompes et de systèmes de pompage pour le génie climatique... Elle se reconnaît un peu inconsciente. « Un re- groupement de six jours, toutes les six se- maines, la formule proposée par l’European Institute of Purchasing Management (EIPM) d’Archamps était «manageable», grâce à un soutien familial fort. Un autre format, avec vendredi et samedi bloqués, ne l’était pas. Je n’étais pas prête à tout sacrifier, les en- fants durant les week-ends. Et en journée, l’entreprise ne s’arrête pas de tourner pen- dant mon absence. » A la clé de cet inves- tissement ? Un poste au siège de l’entreprise à Dortmund. « Sans diplôme d’une grande école, j’avais besoin du MBA pour gagner en confiance et me sentir capable de m’expa- trier en Allemagne, avec mes deux derniers enfants. Et je me souviens du commentaire du jury : tu n’as pas cherché à être la meil- leure, mais tu as dosé et fait le nécessaire pour décrocher le sésame. C’est bien. »
distance, le temps passé dans les transports, le travail nécessaire... autant de motifs qui peuvent générer des moments de tension. De quoi assurément mettre son couple en danger. » De très loin, la période la plus critique a été la préparation de la thèse. Avec « à la clé, en plus, des allers-retours pour réaliser des interviews pour le benchmark, encore plus chronophages. Ces difficultés-là, il faut en avoir conscience ».
RH & FORMATION
   « Pas sans tension pour le couple »
  MARS 2018 | ecoreseau.fr 67
]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 Formation continue diplômante
MS & MSc, comment s’y retrouver ?
A l’occasion du QS World Grad Tour qui
se tiendra le 25 mars prochain à Paris, EcoRéseau Business vous propose de
revenir sur l’imbroglio des appellations de
la formation professionnelle. D’autant que derrière les sigles se cache une volonté des écoles de favoriser l’insertion professionnelle et de s’ouvrir à l’international. Décryptage.
Par Nicolas Pagniez
Pas facile de s’y re- trouver dans les di- plômes obtenus lors de formations supérieures ! Si le milieu professionnel parle de Master dès qu’il s’agit d’un Bac+5, la réalité est plus complexe. Depuis début 2014, date d’entrée en vigueur de la loi ESR de 2013, les établissements privés ne peuvent plus déli- vrer le diplôme de Master, réservé aux Etablissements publics à caractère scienti-  que, culturel et profession- nel (EPSCP) ainsi qu’aux Etablissements publics ad- ministratifs (EPA). Écoles de commerce ou d’ingénieur privées sont alors obligées de s’associer à un EPSCP si
elles souhaitent continuer à délivrer le Saint Graal. De nombreuses écoles proposent cependant des formations dont le diplôme de sortie équivaut au grade de master, à défaut d’en être un. Parmi les formations proposées, deux sont reconnues pour leur excellence par la Confé- rence des grandes écoles (CGE) : les Masters spécia- lisés (MS) et les Masters of science (MSc). L’associa- tion étudie les formations proposées avant d’apposer le précieux label, gage de qualité vis-à-vis de leur cible. Le MS propose des formations très spécialisées et pour des secteurs précis, là où le MSc est destiné aux cursus internationaux. A ce jour, il existe 593 for- mations labellisées par la Conférence des grandes écoles. L’institution en a même labellisé 43 de plus rien que sur l’année 2016- 2017. Sur la même année, 7 900 élèves ont suivi une formation en Master spé- cialisé et 3 500 en MSc.
le Master OF sCienCe POur l’internatiOnal
Le MSc a été créé pour ré- pondre à une demande de formation internationale. « C’est une formation à destination des étudiants étrangers ou des étudiants français désireux de s’expa- trier », explique Christophe Digne, président de la com- mission des accréditations de la CGE. « Au moins la moitié des cours est dispensée dans une langue étrangère. » Créé en 2002, le MSC est aussi un moyen pour les écoles d’accroître leur rayonne- ment international. « Il y a un vrai engouement pour les carrières internatio- nales chez nos étudiants », explique Julien Manteau,
    Proposer des formations en anglais nous permet d’attirer les meilleurs professeurs sans barrière de la langue
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directeur de la stratégie et du développement d’HEC Paris. « Dans un contexte de globalisation, proposer des formations en anglais nous permet d’attirer les meilleurs professeurs sans barrière de la langue », précise-t-il. Un facilité à double sens
puisqu’elle permet aussi d’accroître la renommée de l’école auprès des étu- diants internationaux. « Il y a trente ans, lorsque vous étiez numéro un dans votre pays, vous étiez connu à l’international. Aujourd’hui c’est l’inverse, il faut être
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & Talents
reconnu à l’international pour attirer les étudiants français. » Selon la CGE, les étudiants étrangers repré- sentent 70 % des étudiants en MSc.
entreprises sur des postes ou des métiers très précis. Au sein de NEOMA Bu- siness School, les choix de création de Master sont faits suite à leurs échanges avec
avons des liens très forts avec les entreprises, mais nous travaillons aussi avec des comités de perfection- nement afin d’anticiper les besoins de compétences de demain. Cela nous permet de monter rapidement des formations en adéquation avec les attentes des en- treprises. » Des attentes aujourd’hui tournées majo- ritairement vers le numé- rique. Au sein des écoles
les entreprises : « Notre MSc International Luxe est en partenariat avec Tait- tinger et Gucci depuis de longues années », détaille Anne-Sophie Courtier, directrice des MS et MSc full-time de l’école.
une aPPrOChe Plus inDiViDuelle Si les entreprises pèsent beaucoup dans la création des Masters spécialisés,
les individus financent de plus en plus leur formation eux-mêmes », explique Jean-François Fiorina, directeur général adjoint de Grenoble Ecole de Ma- nagement. Une tendance qui pourrait s’expliquer par une conception plus individuelle des carrières et des changements de postes plus nombreux. Selon la CGE, 62 % des élèves en Master spécialisés sont
concernent essentiellement des étudiants en formation initiale qui réalisent une alternance en entreprise.
Au-delà de l’insertion pro- fessionnelle, les MS et MSc sont aussi un moyen pour les écoles d’afficher leurs différences. « Au sein de NEOMA, nous avons dé- cidé de mettre l’accent sur trois pôles d’excel- lence : Supply Chain Mo- bility, Entrepreneuriat et Luxe, explique Anne-So- phie Courtier. Il est donc évident que les créations de MS ou MSc dans les an- nées à venir vont s’inscrire dans cette logique. » Une façon de se différencier résumée par Jean-Fran- çois Fiorina : « Les MS et MSc sont un des élé- ments de val.orisation de la marque d’une école, ils permettent de diffuser son expertise. »
RH & FORMATION
    Les MS et MSc sont un des éléments de valorisation de la marque de l’école, ils permettent de diffuser son expertise
 de commerce, la data est par exemple un enjeu, mais côté usages. « Au sein de notre MSc Datascience for business nous essayons d’apporter un enseigne- ment technique avec un point de vue stratégique », détaille Julien Manteau. Ce dernier concède éga- lement que si les échanges avec les entreprises sont le premier facteur de créa- tion de Master, la création d’un MSc peut aussi inter- venir car la demande des étudiants se fait de plus en plus forte. A Neoma les Masters spécialisés en formation continue sont parfois même pensés avec
le modèle où l’entreprise finance une formation à ses ouailles prometteuses tend à perdre du terrain. « Nous constatons que
dans des programmes de formation continue ou mixte formation initiale/ continue. Cependant, à NEOMA, les MS part-time
  le Master sPéCialisé POur l’insertiOn PrOFessiOnnelle
En ce qui concerne le MS, la spécificité de sa forma- tion lui permet de corres- pondre aux attentes des
les entreprises partenaires.
« Nous créons un nouveau Master en anticipant la création des marchés », explique Odille Letrillart, directrice de l’Executive Education des MS part- time de NEOMA. « Nous
Master ou pas, le diplôme est validé !
 RNCP
Vers un découpage en blocs de compétences
Le RNCP, qui tient à jour les informations concernant les diplômes, titres ou cer- ti cations des formations reconnues par l’État, a vu ses prérogatives évoluer. « Depuis 2014, les certi cations qui sont enregistrées dans le RNCP peuvent être déclinées en blocs de compétences, ex- plique Georges Asseraf, président de la CNCP. Dans la lignée de la création du Compte personnel de formation qui avait une cible de 150 heures, il a fallu décou- per les formations professionnelles qui comptabilisaient 500 heures, ou plus, en
blocs de compétences pour que les titu- laires du CPF puissent béné cier des for- mations. » Les organismes de formation tentent depuis d’adapter leurs formations en blocs, même si la démarche complexe rend le processus lent. « Si l’on veut être cohérent, c’est lors de la construction de la certi cation qu’il faut penser le décou- page en blocs, explique Georges Asseraf. Cela prend du temps mais nous devrions recevoir beaucoup plus de formations en blocs dans les mois qui viennent. »
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]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 La place de la formation continue dans le réseau IAE
De l’art de capitaliser sur ses qualités intrinsèques
Quelles méthodes pour innover pédagogiquement sur le plan de la formation continue ? Les IAE précisent leur positionnement et leurs ambitions. Analyse.
Par Geoffroy Framery
Jerôme Rive, président du réseau IAE France, directeur général de l’IAE Lyon depuis 2008, met en perspective : « La formation continue est au cœur des politiques de dé- veloppement RH. En tant qu’écoles publiques, la for- mation continue est une de nos missions sociétales.
versités tout en développant les premiers INSA. »
la FOrMatiOn COntinue : un DéVelOPPeMent
au Cœur Du réaC- teur Des iae Historiquement, cela s’est donc matérialisé avec le développement du diplôme C2AE, de la double com- pétence qui est devenue ensuite le Master Mana- gement des entreprises.
« Notre métier de base c’est de former à la double com- pétence. A nos débuts, il s’agissait d’un cycle com- plémentaire. Nous étions sur des programmes qui nous ont permis de toucher des publics déjà en poste, dans le but de les former à l’action collective », conti- nue Jérôme Rive. On dit d’ailleurs que ce diplôme est le MBA à la française car l’in uence des travaux américains sur les méthodes pédagogiques ainsi que les allers-retours des ensei- gnants-chercheurs chez l’Oncle Sam ont participé à la coloration du premier diplôme des IAE.
Dans les esprits français, encore aujourd’hui, le di- plôme, en tant que sésame, joue pour beaucoup dans l’accès à certains postes dans certaines entreprises. Il n’y a qu’à constater les recrutements à poste et expériences équivalents avec une grille de salaires variant en fonction du clas- sement et de la réputation de votre école.
En développant l’ensemble des formats de sa forma- tion continue, le réseau IAE va pro ter de ce biais culturel français en matière
de recrutement. « L’IAE de Lyon a développé ses premiers programmes de formation continue à par- tir des années 1960. La formation diplômante va rapidement être une activité lucrative qui va permettre le développement des IAE côté formation initiale. Cette politique atteindra son apogée durant les an- nées 1980-1990. Le modèle économique revient donc à utiliser les revenus des programmes de formation continue pour notamment permettre aux bacheliers d’entrer à moindre frais dans l’école », précise Jé- rôme Rive.
Globalement les IAE vont longtemps se satisfaire de cette optique car les pu- blics étaient friands de ces diplômes d’Etat. Depuis dix ans cela dit, les IAE développent à nouveau de la formation courte et non diplômante. Hervé Penan, directeur de TSM (Tou- louse School of Manage- ment, anciennement IAE de Toulouse) illustre : « Nous proposons aujourd’hui des formations courtes de plu- sieurs jours sur plusieurs sujets spéci ques :  sca- lité des entreprises, droit social, rémunération des dirigeants... Le position- nement, ici, est de viser les cadres supérieurs et les dirigeants et de leur proposer de faire un point qualitatif sur l’actualité du management. »
D’un point de vue sociétal, les IAE font même mieux. Pour ses 60 ans, le réseau a tenu à comprendre  ne- ment son marché, avec une grande enquête – la pre- mière du genre pour cette
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La double compétence demeure un des fers de lance des IAE.
Et ce pour de multiples raisons : les IAE ont été fondées il y a 60 ans, avant la loi Delors de 1971 rela- tive à la formation. Gaston Bergé, philosophe et chef d’entreprise, a alors décidé d’intégrer la formation du management dans les uni-
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 composante universitaire.
« L’attractivité ne cesse de progresser. Avec une pro- gression de 13 % du nombre de candidats à l’entrée, quel que soit le niveau », témoigne Sarah Lempereur, directrice exécutive d’IAE France. Les raisons de ce succès ? Un rapport qualité/ prix en IAE qui dé e toute concurrence. « Les frais d’inscription à un mas- ter d’une business school oscillent entre 10 000 eu- ros et 12 000 euros par an, contre 350 euros – à la louche – dans nos éta- blissements », note Nadine Tournois, qui pilote l’IAE de Nice. « La différence ? La subvention de l’Etat. Pour prendre une image qui fait sens, on retrouve la même distinction entre une clinique et un hôpital public, sauf qu’il n’y a pas ici de carte vitale, mais une carte étudiant ! » Résul- tat : le brassage social est
une caractéristique de ces écoles de commerce. « Nos établissements remplissent réellement un rôle d’élé- vateur social », explique Virginie de Barnier, di- rectrice de l’IAE d’Aix. « Quand la Conférence des grandes écoles af che un taux de boursiers de 18 %, noussommesà45%!Nos étudiants ne sont pas issus du même milieu. Il n’y a qu’à regarder les voitures sur les parkings pour mieux s’en convaincre... » Sans compter les développements de la VAE et de l’alternance pour toujours un peu plus démocratiser ces ensei- gnements de qualité. De belles trajectoires profes- sionnelles sont ce faisant au rendez-vous. 62 % des diplômés sont insérés sitôt leur stage de  n d’études, 84%àsixmois.15% d’entre eux le font aussi à l’étranger, avec un salaire brut moyen à l’embauche es-
timé à 28 237 euros.
innOVatiOns COnDitiOnnées
Par les MarChés lOCaux
Dif cile qu’une moyenne nationale rende objecti- vement compte d’une ré- alité tant les chiffres sont disparates. Pour l’IAE de Grenoble, 300 étudiants
effectifs nationaux sont en formation continue, c’est une tendance qui se renforce avec la différen- ciation des supports et des programmes de formation selon les données des mar- chés locaux », synthétise Jérôme Rive, président de France IAE et DG de l’IAE de Lyon. Premier exemple avec Caen qui a très tôt
techniques de commercia- lisation de l’IAE de Lyon a ainsi été élu Meilleur MOOC de l’année dans sa catégorie. « Nous avons développé ce produit en par- tenariat avec la fédération des agents commerciaux de France. Et pour toucher d’autres publics, nous avons travaillé sur une nouvelle version avec la fédération
analyse Jérôme Rive. Les exemples sont légions et demeurent toujours dans l’esprit de développer la double compétence : for- mation avec la cartographie d’emploi avec le rectorat de Lyon, programme avec Agro’Sup l’école vétérinaire pour apprendre les bases du management, partenariat avec l’Ecole d’application de l’Etat d’inspection vété- rinaire pour appréhender la transformation du métier, la gestion managériale et les partenariats publics /privés, de même avec les métiers de l’industrie pharmaceu- tique ou encore ceux de la chimie... Hervé Penant des- sine la même dynamique dans le Sud-Ouest : « Avec Airbus, nous avons déve- loppé un programme court intra-entreprises pour les cadres dirigeants de la fonc- tion  nancière. Sur quatre jours, nous présentons aux participants les éléments
 Notre métier de base c’est de former à la double compétence
 sont en formation continue sur les 1 500 inscrits. Pour celui de Paris, qui s’est spécialisé dans la forma- tion continue, les ratios sont presque inversés avec 2 000 inscrits dont 500 en formation initiale. « Cela dit, trois cinquièmes des
opté pour de la formation à distance en raison d’un marché local réduit. Aujourd’hui, certains des acteurs du réseau ont éga- lement accéléré leur offre digitale pour délivrer des MOOCs et autres SPOCs de qualité. Le MOOC sur les
des commerces de gros. De  l en aiguille, nous avons abouti à la création d’un autre média. Très souvent, c’est par ces logiques de partenariats qu’on est ame- nés à faire des parcours innovants, élargir et ap- profondir nos contenus »,
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]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[Trois cinquièmes des effectifs nationaux
sont en formation continue, tendance qui se renforce avec la différenciation des programmes et contenus de formation selon les données des marchés
RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 les plus importants sur la gestion financière et les challengeons en mettant en face d’eux des ensei- gnants-chercheurs qui ont publié des travaux de réfé- rence sur le sujet. »
CréatiOn De FOrMats DiPlô- Mants uniques en FranCe
Eric Lamarque, directeur de l’IAE de Paris, com- mente au sujet de l’école
de gestion, qu’il s’agisse du secteur du droit, de la santé ou de l’ingénierie. Outre la double compé- tence, nous avons déve- loppé une offre comprenant des mastères spécialisés et des parcours diplômants de niveau master ou de niveau doctorat. »
Ici une des spécificités fortes de l’IAE de Paris est à mettre en exergue. Spécificité qui n’est pas sans rappeler ce qui se
que programme généraliste destiné à des profils en exercice sans formation managériale... Ensuite parce que l’IAE fait partie d’un des rares établisse- ments français à prendre le parti des docteurs en France, profils pourtant recherchés à l’étranger et aux Etats-Unis essentielle- ment. Enfin, la formation doctorale de qualité est permise grâce à l’ados- sement de ces écoles de
    de commerce parisienne :
« Nous gardons l’ADN de la double compétence d’autant que 60 % de nos étudiants toute formations confondues n’ont jamais fait
passe outre-Atlantique. D’abord parce que le di- plôme historique des IAE, hors MBA en tant que tel, a souvent été considéré comme un MBA en tant
commerce à une université qui regorge d’expertises. « Ils ont un MBA, ils ont été DRH, directeur... mais désirent continuer avec un très haut niveau de ré-
Une o re sur laquelle se sont positionnés les IAE avec succès !
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]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
  flexion. Nous avons déve- loppé des doctorats dans toutes les disciplines de gestion. C’est en quelque sorte un Executive Phd co- loré fortement par une vo- lonté de professionnaliser le contenu et les profils », précise Eric Lamarque.
OPen innOVa-
tiOn POur Mieux COnstruire les PrOGraMMes
Le monde de la formation continue est un univers mouvant. Il n’y a qu’à re- garder le turnover et la naissance de nouveaux MS au sein de la CGE. Les IAE n’échappent pas à la règle et vont même jusqu’à exhumer certains programmes.
Bien que tombé dans l’ou- bli suite à la réforme de l’enseignement supérieur
(avec le fameux consensus de Bologne pour segmenter le supérieur en 3/5/8 ans d’études), l’IAE de Lyon a relancé le Master 1 Manage- ment et administration des entreprises qui peut ensuite se poursuivre avec un M2 de spécialisation. Dans les faits, cette ancienne maîtrise est prisée par les profils
Une ré exion complémen- taire à celle que nous avons menée dans le cadre de la VAE dans l’effort de for- maliser les diplômes en compétences. Autant de questions qui nous per- mettent d’être innovants », résume Jérôme Rive.
l’internatiOna- lisatiOn, De la suite Dans les iDées ?
Si l’internationalisation n’est pas le point fort des IAE au regard des business schools privées concur- rentes en France, les actions à l’étranger se multiplient et l’on peut attendre des ambitions de plus en plus affirmées de la part des acteurs publics à l’égard des marchés internationaux. Christian Defélix, directeur de l’IAE Grenoble, circons- crit : « Cette tendance à l’internationalisation des programmes et aux doubles diplômes est déjà dévelop- pée à Lyon, Aix, Rennes, Paris. Ce n’est pas aty- pique car en tant qu’école universitaire nous avons un corpus d’enseignants internationaux en consé- quence. Les partenariats
  Nos ré exions sur la VAE nous ont permis de formaliser les diplômes en termes de compétences
 managériaux en exercice mais qui n’avaient pas de formation, ni de background managérial.
« La remise au goût du jour de ce programme nous interpelle sur nos métiers pédagogiques. Nous avons réalisé un hackhaton avec les participants du M1 pour travailler sur les pontages à créer entre connaissances pragmatiques et connais- sances académiques et trouver des passerelles avec ses pro ls en activité. Cela nous a questionnés sur la manière dont les compétences s’actionnent.
de formation se nouent et accouchent de nouvelles formations. » Plus précisé- ment à Grenoble, la moitié des inscrits se trouve être en activité en France, tan- dis que l’autre moitié est à l’étranger : « Au Brésil, en Chine, en Indonésie, au Maroc, en Iran, au Li- ban, toujours dans une logique de double partena- riat. L’idée est d’aider nos partenaires à l’étranger à renforcer l’expertise de leurs étu.diants en ayant un diplôme national fran- çais », complète Christian Defélix.
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]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[Exposition
■ Le Pérou avant les Incas
Vous avez encore jusqu’au premier avril pour décou- vrir les cultures Cupisnique, Mochica, Chimú, Lam- bayeque... Autant de civilisations qui n’ont pas la part belle dans notre imaginaire sur l’Amérique La-
tine mais qui ont pourtant in uencé ce quie sera le plus vaste empire préhis- panique. L’exposition se veut être une enquête sur les traces de ces civilisa- tions disparues avec pour toile de fond une ré exion sur le pouvoir. Au pied de la cordillère des Andes, se trouve l’un des déserts les plus hostiles qui existe au monde qui correspond au- jourd’hui au Nord du Pérou. Malgré
ces contraintes structurelles, des civilisations s’y sont developpées. Parmi celles-ci, les Mochicas (ou Moché) – sans doute l’une des premières à avoir construit une structure étatique – ont posé, il y a plus de 1500 ans, les bases de la civilisation préhispanique. Se basant sur les dernières études archéologiques réalisées sur les sites des Huacas près de Trujillo ou des tombes royales de Sipán, l’exposition se propose d’étudier l’origine et l’organisation du pouvoir dans ces sociétés anciennes. Une enquête qui nous plonge parmi une organisation et un panthéon oubliés : dieux célestes, rois, élites et seigneurs urbains, guerriers et prêtres.
Le Pérou avant les Incas, jusqu’au premier avril 2018 Musée du Quai Branly, Paris
Cinéma
■ Le  lm pour ré échir
La Troisième Révolution Industrielle : une nouvelle éco- nomie collaborative radicale de Jeremy Rifkin
Pour Jeremy Rifkin, l’économie collaborative est le premier nouveau système économique à éclore dans le monde depuis le capitalisme et le socialisme du XIXe
siècle, en faisant, de fait, un évènement historique ma- jeur. Rifkin est le principal architecte de la transition vers une Troisième Révolu- tion Industrielle intelligente pour l’Union Européenne
et la Chine, et d’une nouvelle économie collaborative radicale. La Troisième Révolution Industrielle offre une nouvelle contre-narration dynamique dans le débat sur le futur de l’économie Américaine et mondiale. Rik n et l’Union Européenne
Selon le vice-chancelier et ministre de l’économie al- lemand, Sigmar Gabriel, Jeremy Rifkin « présente un grand scénario pour le futur : une approche visionnaire que personne n’a osé proposer pendant ces derniers cinquante ans et qui va stimuler notre pensée et aider notre orientation ». La European Energy Review dé-
clare que « peut-être nul auteur ou penseur n’a eu au- tant d’in uence sur l’ambitieuse politique climatique et énergétique de l’UE que le célèbre « visionnaire » étasunien Jeremy Rifkin ».
Rifkin et la Chine
Le Huf ngton Post rapporte depuis Pékin que le « premier ministre Chinois Li Keqiang a non seulement lu le livre de Jeremy Rifkin, La Troisième Révolution Industrielle, mais l’a pris très au sérieux. Lui et ses collègues l’ont aussi porté au cœur du treizième plan quinquennal du pays... » Le Huf ngton Post écrit même à dire que « ce plan sur le futur de la Chine met en lumière le plus grand changement de direction depuis la mort de Mao et la mise en place des réformes et de la libéralisation portées par Deng Xiaoping en 1978 ». Un  lm accessible sur la Toile qui permet de ré échir sur l’avenir de nos sociétés.
La Troisième Révolution Industrielle, Jeremy Rifkin, VICE Média.
Livre
■ Du chaos à l’éveil spirituel
De l’abandon à la prostitution, du manque d’affection à la destruction de soi... Peut-on un jour vivre plutôt que survivre ? Comment surmonter les épreuves de la
vie, réussir à se reconstruire et construire un nouveau chemin de vie ?
Sans tabou ni fausse pudeur, Aline Peugeot,  lle adop- tive du petit- ls du grand industriel automobile Henri Peugeot, évoque ses années de souffrances et de douleurs pour partager avec les lecteurs le pouvoir du pardon et le bonheur de l’Amour. A la fois autobiographie et guide
de développement personnel, son livre Du chaos à l’éveil spirituel publié aux éditions Exergue résonne en chacun telle une voix vers la libération émotionnelle. Abandonnée par sa mère biologique à l’âge de deux ans puis adoptée par une famille où le souci de «bonne éducation» prime sur l’amour et le bien-être, Aline Peugeot est une enfant violentée, incomprise, dé- nigrée. Plus elle grandit, plus elle refoule
ses souffrances, plus elle se refoule elle-même. Entre expériences douloureuses et questions existentielles, Aline devient l’ombre d’elle-même et à l’âge adulte, tout s’accélère, tout devient extrême... Aline Peugeot fait de ses échecs une réussite et de ses défaites des victoires. Dans son ouvrage Du chaos à l’éveil spirituel, elle livre un témoignage d’amour saisissant envers ses parents et envers la vie, analysant en conscience son existence et les raisons d’être de ses propres errances.
Aline Peugeot, Du chaos à l’éveil spirituel, Editions Exergue, janvier 2018
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 La Sélection culturelle
Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune
     La critique du mois
Effets spéciaux crevez l’écran !
De Jason et les Argonautes de Don Chaffey, en pas- sant par Blanche Neige et les sept nains de Disney, l’Odyssée de Pi d’Ang Lee, Star Wars épisode IV de- George Lucas, la Soupe aux choux de Jean Girault ou plus près de nous avec le Seigneur des
Anneaux de Peter Jackson, Terminator de James Cameron, Gremlins de Steven Spielberg ou encore Rogue One de Ga- reth Edwards, ... Les effets spéciaux sont omniprésents dans le cinéma. Et ce quel soit le style ou l’époque.
Nous ne sommes pas naïfs. Parfois, nous
nous disons que le  lm a mal vieilli. Par-
fois, nous en apprécions le côté suranné.
Mais comme au théâtre, nous passons un
pacte avec l’oeuvre dès que nous sommes
vissés sur le siège de la salle sombre ou
sur notre canapé. Nous acceptons incon-
sciemment que les dinosaures renaissent ou que des vaisseaux soient propulsés à la vitesse lumière. Ne vous inquiétez pas. En découvrant toutes les tech- niques d’effets spéciaux et visuels, vous ne perdrez pas votre âme d’enfant. Seulement, ces trucages, au carrefour des innovations numériques et de profes- sions artisanales vous permettront de mieux com- prendre la magie dans laquelle vous plongez.
L’expo est ludique, convient à tout âge. Et comme dans de nombreux musées aujourd’hui remplit ses couloirs
par un compte en temps réel du nombre de visiteurs ce qui vous permet de pro ter de chacune des ins- tallations qui se déroulent en quatre temps. Lebu- reau révèle l’ensemble des moyens indispensables à
la réalisation d’un  lm, où dès la phase de préproduction, les effets sont dessinés et chiffrés. Le plateau détaille les effets réa- lisés en direct au tournage, des plus an- ciens aux plus récents. Le studio, dévoile comment la postproduction transforme l’image en mille-feuille d’effets visuels. En n, la salle de cinéma raconte comment les effets spéciaux changent notre regard de spectateur. Un système d’accréditation précède l’entrée du plateau de tournage et permet d’enregistrer vos propres produc- tions et de visionner votre bande-annonce à la sortie de l’exposition. Surtout chaque
pièce vous permet de participer à la mise en musique des effets spéciaux. De nombreux jeux jalonnent éga- lement le parcours pour constater votre degré d’éru- dition sur les œuvres qui ont bercé votre enfance ou celle de vos enfants. Une expo que la rédaction vous conseille et qui ravira petits et grands, amoureux du cinéma comme néophytes du 7e art. A voir.
Effets spéciaux crevez l’écran, jusqu’au 19 août 2018 Cité des sciences et de l’industrie, Paris
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]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
  Sélection de produits et services raf nés et sophistiqués en toute subjectivité
Mode & Accessoires
Dior et l’Art contemporain
L’artiste contemporaine Julie Gauthron inaugure sa sculpture en fer forgé intitulé « La Muse de Tim », réalisé en exclusivité pour le nouveau  agship de Dior à Chicago. Cette œuvre est inspirée du modèle fétiche du photographe Tim Walker. La sculpture, exposée de façon permanente au premier étage de la boutique, symbolise l’élégance intemporelle et l’innovation de cette maison de mode
iconique. Au 931 N Rush Street, la boutique présente le troisième  agship de la marque qui se veut un concept moderne inspiré du  agship de l’avenue Montaigne à Paris. www.dior.com
Peter Knapp et la Mode
Peter Knapp révolutionne dans les années 1960 la photographie de mode, en empruntant au vocabulaire des avant- gardes esthétiques et du cinéma. Il traduit en images ce moment où les femmes s’a ranchissent des carcans qui les corsètent, où modernité rime avec ivresse de liberté. À travers plus de 200 photographies, dont un grand nombre inédites, ce
livre nous raconte un demi-siècle de mode et nous fait voyager dans l’univers ludique et joyeux d’un artiste complet, qui tout à la fois saisit la vision des créateurs, valorise le modèle, et rend lisible le vêtement ou l’accessoire. Prix : 45 €. Exposition à la Cité de la Mode et du Design du 9 mars au 10 juin.
Horlogerie & Joaillerie
La Promaster Marine Diver de
Citizen
Conçue pour les plus audacieux en quête d’aventures sous- marines et équipée du concept Eco-Drive lui permettant une autonomie totale et in nie, la Promaster Marine Diver s’inscrit parfaitement dans la lignée des montres à la pointe
de la technologie de la marque Citizen. Montré avec un boîtier et un bracelet en acier inoxydable, le modèle comprend une lunette à rochet unidirectionnel du temps écoulé, une couronne et un boîtier vissés et un verre antire et. Hydrorésistante jusqu’à 200 mètres. Prix : 289€ www.citizenwatch.com
Nouvelles Luminor Due de
Panerai
Avec un diamètre de seulement 38 mm ou 42 mm (épaisseur réduite – jusqu’à 40 % de moins pour certains modèles), les nouveaux modèles Luminor Due 3 Days Automatic déclinent le design iconique Panerai dans six nouvelles versions adaptées à tous les
poignets et toutes les circonstances. Les lignes du boîtier Luminor Due s’inspirent de celles du Luminor de 1950, aboutissement des créations Panerai pour la Marine italienne entre les années 1930 et 1950. Il réunit des caractéristiques bien connues des amateurs de montres de luxe : boîtier coussin solide, grand cadran entouré d’une lunette, cornes intégrées et robustes, et système en forme de pont qui assure l’étanchéité de la couronne grâce à un levier et la protège deschocs.De5900€ à15400€
www.panerai.com
Saint James & le Club
Pétanque
Pour l’été, Saint James s’est associé à la marque Club Pétanque pour proposer un sweat en laine douce aux couleurs iconiques de la marque marine. Il se révèle être idéal aussi bien pour les après-midis pétanque, sur les quais de Seine, que pour les longues balades sur les plages de Normandie. Ce modèle unisexe en
laine douce reprend les couleurs emblématiques de Saint James : le bleu marine, l’écru et le rouge Médoc. Fabriqué en France, ce sweat Pétanque est disponible dans le réseau de boutiques Saint James ainsi que dans celui de Club Pétanque. Prix: 139€
www.saint-james.com/fr/
La douceur de Laura Kent
Laura Kent o re une mode contemporaine de qualité avec des pièces qui s’adaptent à toutes les silhouettes. La tendance marine vogue sur le printemps. Surfez sur la vague marine avec cette marinière revisitée associée au pantalon blanc près du corps. Accessoirisez avec des baskets pour avoir la cool attitude à l’arrivée des beaux jours. Et pour une tenue plus estivale, portez la marinière avec un short en jeans et des sandales, et le tour est joué !
Omega, Collection Trésor
Pour de nombreuses femmes modernes, une montre se
doit d’être le re et de leur personnalité et de leur style. Décontractée en journée ou plus sophistiquée pour le soir, elle apporte parfois la touche  nale qui complète leur tenue.
Dans cet esprit, OMEGA a le plaisir de présenter la nouvelle De Ville Trésor. Chaque modèle est équipé d’un boîtier extra-plat, disponible au format 36 ou 39 mm et serti de diamants qui épousent ses courbes. La couronne forme une  eur éclatante dont les pétales constitués de cinq logos Omega en céramique liquide rouge entourent un
unique diamant. Le fond miroir est orné du motif « Her Time ». Prix : 4100€
            TISSOT T-Wave,
si romantique !
Dotée de courbes aussi  uides que sensuelles, la Tissot T-Wave est le cadeau rêvé pour exprimer tout votre amour. L’être aimé sera séduit par les minutieux détails incurvés ornant la boîte et les entre-cornes, tandis
que les délicates aiguilles squelette et l’index en forme de goutte de rosée sont quelques-uns des symboles de romantisme qui le feront frissonner. Prix de vente : 650 € www.tissotwatches.com
www.omegawatches.com/fr
Reservoir, la
conquête du ciel
Les modèles de certains avions
culte tout comme le design
des instruments d’aviation
o rent une source d’inspiration
inépuisable pour la gamme
Air ght, qui mise sur le noir et la sobriété au service de la mesure et de la précision. Trois modèles se distinguent par les matériaux des boîtiers, les  nitions des index, blancs ou jaunes, et des bracelets en canvas. Prix du modèle ci-contre : 3 925 € www.reservoir-watch.com
      MARS 2018 | ecoreseau.fr
75
]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Evasion
Expérience unique de relaxation
et détox au Belize et Guatemala
 e Family Coppola Hideaways dévoile son o re détox et
bien-être à découvrir dans ses trois éco-lodges d’Amérique
Centrale – Blancaneaux Lodge et Turtle Inn au Belize et La Lancha au Guatemala.
Focus sur La Lancha, surplombant le Lac Peten Itza : un paradis niché au cœur de la
jungle guatémaltèque. Seuls les singes hurleurs et les singes araignée observent de loin
la baignade dans le lac vierge de toute civilisation. Depuis le ponton, au bord du lac,
vous pourrez nager, palmer, voguer en canoë et siroter un cocktail détox face à la calme immensité du lac. Touche culturelle : la découverte de Tikal, l’emblématique site des ruines Maya à 35 minutes du lodge.
www.thefamilycoppolahideaways.com
 e Twelve Hotel Bangkok
Le Twelve Hotel vous accueille dans le quartier reposant de Wattana, à proximité de nombreux spots touristiques incontournables. Les 12 chambres et suites de 30 à 80 m2 jouissent d’un design sobre, élégant, chaleureux et contemporain. Le focus a été mis sur l’essentiel : une literie de grande qualité. C’est un secret bien gardé de Bangkok, un boutique hôtel tenu par deux adorables
Français, qui cherchaient à o rir une alternative aux grands hôtels sans âme. On
est reçu comme à la maison, le luxe et la discrétion en plus. Pendant que Bangkok vibre, vous pourrez lézarder autour de la piscine, lire un livre dans le jardin tropical, boire un délicieux cocktail au bar ou encore commencer doucement la journée avec un copieux et délicat petit-déjeuner. Un spot idéal pour vous aventurer ensuite dans cette métropole avec son incroyable cuisine de rue, ses extraordinaires monuments, ses marchés, ses boutiques et ses sorties nocturnes.
www.thetwelvehotelbangkok.com
Bien-Être
Jean d’Estrées sublime votre visage
Jean d’Estrées compte parmi ses clientes les plus grandes actrices, dont Jeanne Moreau, Claudia Cardinale ou Rita Hayworth. A l’aube du XXI em siècle, la Maison propose une gamme de maquillage aux couleurs chaudes. Objectif : être chic et belle en y intégrant un make-up chatoyant pour sublimer le
visage. Des couleurs métalliques et irisées élaborées spécialement pour l’hiver. Vernis, rouge à lèvres, ombre à paupières et poudre libre seront vos alliées pour passer des soirées mémorables ... Co ret Saint-Valentin 25 € www.jean-destrees.fr
Les Colognes de la
Compagnie des Indes
Il y a trois siècles déjà, les botanistes de la
Compagnie des Indes traversaient les océans
pour rapporter des plantes extraordinaires
à la cour du Roi Soleil. La Compagnie des
Indes renoue aujourd’hui avec cette tradition et lance une gamme de cinq Eaux de Toilette et de Cologne naturelles, conçues par
de jeunes nez français, Patrice Revillard et Marie Schnirer. Elles ont été élaborées à Grasse et sont entièrement conditionnées en France. Les cinq senteurs ont été conçues autour de l’ossature Chronobotanique de la gamme. Eau de Cologne 100ml 65€ www.compagniedesindes.com
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
    Un des plus beaux resorts
de  aïlande
Situé le long de la côte d’Andaman, à Krabi, le resort
Rayavadee 5 étoiles est entouré de tous côtés par des
jardins tropicaux et des plages. Ce sont de luxueux et
charmants pavillons indépendants de 2 étages et des
villas avec piscine en bord de plage. Vous rencontrerez
des singes et des oiseaux exotiques. O rez vous
quotidiennement un des merveilleux massages du spa. Le restaurant Raya sert du homard frais et des plats occidentaux, tandis que le Krua Phranang propose des plats traditionnels thaïlandais. Le restaurant Raitalay Terrace sert des plats internationaux et o re une vue sur la plage de Railay. Vous accéderez en hors-bord à l’île de Bambou en 25 minutes et à l’île Phi Phi en 35 minutes. L’aéroport international de Phuket est quant à lui situé à moins de 2 heures de route.
www.rayavadee.com/fr/
Secret Planet lance l’École
de l’Aventure
Secret Planet, agence spécialisée depuis 1994 dans les voyages aventure et nature, ouvre son école
de l’aventure. Son fondateur, Eric Bonnem, nous
explique : « Nous emmenons des participants dans des voyages souvent engagés et notre mission est de les préparer pour qu’ils puissent réaliser leur projet en sérénité et en sécurité, pour eux et pour l’ensemble du groupe ». L’agence propose une quinzaine de stages centrés sur trois thématiques : connaissance des environnements (haute montagne, polaire, ...), maîtrise technique (alpinisme, ski-kite, kayak de mer, ...), approche pratique et sécurité (médecine d’altitude, médias en voyage, ...). Ces stages sont encadrés par des spécialistes reconnus et formateurs pédagogues. www.secret-planet.com.
Cosmeto Jade Minceur
L’entreprise française Skin’Up a créé une gamme de produits
soins minceur jeunesse sous la marque Beauty  erm. Elle vient de mettre au point une  bre high tech unique qui contient du Jade, une pierre précieuse qui possède la propriété de faire
baisser la température du corps de 1,8°C et d’accélérer la perte centimétrique... La technique de tricotage 3D sans couture sculpte la silhouette et la masse en continu. Un vêtement qui prend toute
sa place dans le dressing «happy care» à constituer avant l’été et qui révèle combien notre corps est précieux ! Disponible en S, M, L ou XL / Coloris : vert ou noir / Prix public : 49 €
www.beauty-therm.com
Comptoir Sud Paci que
L’histoire du parfum Comptoir Sud Paci que est née de l’imaginaire de Pierre et Josée Fournier, deux passionnés de voyages et d’aventures qui lors de leurs expéditions à travers le monde, tels des explorateurs de l’olfaction ont eu la volonté de retranscrire les senteurs et les couleurs croisées sur leur chemin, à commencer par les senteurs de la Polynésie. Vanille Blackberry est une délicieuse fragrance qui mélange fruits et
 eurs : un départ dans la fraicheur avec le citron et la bergamote, puis un coeur généreux fait de rose, de jasmin, de mûres et baies roses. L’empreinte  nale est laissée par une vanille gourmande mêlée au musc blanc et bois de cachemire. 10 ml (24 €), 30 ml (39 €),
100 ml (78 €)
www.comptoir-sud-paci que.com
              76 MARS 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[                 the art of inspiration SEMINAIRE BONHEUR – ATTITUDE, BANDOL – PROVENCE
Faites entrer les petits bonheurs dans votre entreprise! Votre séminaire d’hiver est l’occasion de réveiller la joie et la bonne humeur au sein de vos équipes.
En exclusivité à l’hôtel Dolce Frégate Provence****, situé au cœur des vignes, entre Marseille et Toulon, vivez un séminaire où tout le monde y gagne en participant à des ateliers de bien-être; et ressort dynamisé, détendu et heureux.
Avant votre dîner, vos équipes savourent un apéritif autour d’ateliers de création de « Petits Bonheurs » : gestion du stress par l’automassage, herboristerie, aromathérapie autour des huiles essentielles de Provence et food wellness. L’expérience unique du bonheur!
Séminaire Bonheur – attitude
A partir de 237€ HT / personne (réunion, apéritif autour des « Petits Bonheurs », dîner, hébergement en chambre avec terrasse avec vue mer, petit-déjeuner).
* Tarif minimum indiqué, variable selon disponibilités et dates, minimum de 80 personnes, minimum de 2 nuits, o re valable du 30/10/2017 au 09/03/2018.
                                                                                    dolcefregate.com/fr · 00 33 (0)4 94 29 39 36
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]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
 Vins
Incontournable Coudoulet de
Beaucastel, 2012
Depuis toujours considéré comme le second cru du Château de Beaucastel (ce qu’il n’est pas, un Châteauneuf ne pouvant se déclasser qu’en vin de table), le vignoble étant à quelques mètres de ChâteauneufduPape, Coudoulet a tout d’un grand vin, sauf le prix. Un incontournable ! Le nez se dévoile sur de jolies notes de fruits rouges, de framboises, de fraises des bois, d’épices et de garrigue. La bouche est puissante, ample,
pleine et d’une grande  nesse. Les tanins sont veloutés et la  nale, d’une belle longueur réglissée. Dégusté à l’aveugle, il se situe au dessus de nombreux Châteauneuf duPape. 21,70 € www.lerepairedebacchus.com
Château du Bellay
2014 Cabernet franc
Ce Saumur Champigny est élaboré à partir d’une sélection de vieilles vignes de plus de 50 ans, cultivées en agriculture raisonnée. Trois clos, sélectionnés avec soin, o rent aux vignes un microclimat idéal pour un vin rouge très concentré. La robe est rouge sombre. Le nez complexe mêle des arômes de fruits noirs, de tru e et de noisettes aux nuances toastées et
de moka. Une bouche aux accents de
chocolat, ample et charnue, structurée par des tanins soyeux. Parfait pour accompagner une belle épaule d’agneau au thym et au miel ou un dessert chocolaté. Prix conseillé : 14,20 € www.allianceloire.com
Côte de Nuits-Villages
« Clos de Magny » 2016
Ce grand vin de Bourgogne du domaine Jean Féré et Fils est issu de vignes de Pinot Noir âgées de plus de 50 ans. Ce vin est certi é biologique depuis 2012 par Ecocert. La robe de ce vin généreux et gourmand est d’un rouge profond aux re ets violacés. Le nez est intense sur des notes de petits fruits à grains (cassis). En n, la bouche est ample, sur les fruits noirs. 25 €
www.fery-vin.fr
Le meuble des parcellaires : un design
aussi ra né que les vins
Le meuble construit en verre, métal et bois, contient 36 bouteilles de
sélections parcellaires et de vins d’Hermitage de la Cave de Tain : Crozes-
Hermitage Blanc, Les Hauts d’Eole Crozes-Hermitage Rouge, Les Hauts du Fief Saint-Joseph Rouge, Esprit de Granit Cornas, Arènes Sauvages Hermitage Blanc, Au Coeur des Siècles Hermitage Rouge, Gambert de Loche. 2000 € avec 36 bouteilles d’exception de sélections parcellaires et vins d’Hermitage (liste sur demande) et 12 verres gravés www.cavedetain.com
Château Haut-Bages Monpelou 2014,
Cru Bourgeois – AOC Pauillac
Cabernet sauvignon, Merlot, Cabernet franc Haut-Bages Monpelou est le petit frère du Château Batailley et propriété des Castéja depuis le 17ème siècle. Son nez est très fruité sur la mûre et le cassis avec des notes mentholées, puis des arômes de tru e et sous-bois. Pauillac d’une belle maturité, il o re un bon équilibre en bouche porté par la fraicheur, avec des tanins souples et  ns
et une longueur persistante. Ce Cru Bourgeois accompagnera un agneau de printemps, des viandes grillées ou encore des fromages à pâtes dures.
Prix TTC : 32,50 €
www.lagrandecave.fr
Santenay les Charmes 2015, Albert Bichot
Ce 100% Pinot Noir se révèle harmonieux, gourmand, à la charpente bien équilibrée, parfaite incarnation de la subtilité et de l’élégance des vins de Bourgogne. La vendange manuelle, l’égrappage des raisins et le pressurage doux et sélectif permettent de préserver la délicatesse du fruit et l’harmonie en bouche. Ce Santenay a été élevé durant 15 mois en fûts de chêne, dont 20% de fûts neufs. S’en dégagent des arômes fumés, une touche de balsamique, mais également des notes de fruits rouges tels que la framboise. Se marie parfaitement avec vos viandes rouges grillées ou en sauce, ainsi que vos savoureux fromages. 30 € www.albert-bichot.com
        Crouseilles Côte Abeilles Millésime 2015
La robe de ce Tannat & Cabernet Sauvignon est rouge grenat, intense et profonde.
Le nez est complexe et élégant avec des notes de fruits noirs. En bouche, l’attaque est franche sur la fraîcheur, avec une belle tension. Un vin élégant, équilibré et opulent à l’image
des Madirans, salué par une longue  nale persistante. Ce vin s’accordera à la perfection avec un gigot d’agneau de sept heures, une épaule d’agneau rôtie à la  eur de thym
ou encore des plats typiquement gersois comme un magret de canard juteux avec une sauce aux mûres sauvages. Vin de garde par excellence, néanmoins très  atteur sur la jeunesse. PVC : 25 €
www.crouseilles.com
 Le Roi de Rocheville 2011 Saumur Champigny
100% Cabernet Franc
Le Roi tient son rang : ce vin
est charpenté et équilibré. Son attaque élégante et fruitée dissimule un boisé fondu. La bouche complexe tend vers une  nale longue et d’une grande tendresse.
Le Roi s’apprécie en carafe. Il anoblit les entrées chaudes, les gibiers mijotés ou en sauce, les volailles rôties, les comtés  euris ou les vieux bries.
Prix : 14,50 € new-boutique.rocheville.net
Le Chablis « Les
Vénérables » 2015
Ce Chablis de La Chablisienne est issu à 100% de Chardonnay. C’est un vin limpide et brillant à la robe or pâle. Le premier nez est frais et ouvert avec une très légère réduction minérale. A l’aération il devient plus frais et plus précis, avec des notes minérales et de fruits blancs. Ce vin dévoile un nez persistant. La bouche est fraiche, riche et d’une grande pureté de fruit avec une  ne minéralité. Il o re une très belle
matière, la  nale est longue et sur de très beaux amers. Prix de vente conseillé : 16,30 € chablisienne.com
         78
MARS 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[                                  2016
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
   Champagne
Rosé Prestige des Sacres
Séduisant, tendre et moderne, ce champagne est composé de 30%
Chardonnay, 30% Pinot Noir, 40% Pinot Meunier dont 15% vini és en
rouge. Le premier nez est très fruité. L’attaque est souple, pétulante et
relativement ronde. La  nale est aromatique, onctueuse et acidulée. Sur
un repas, tourné vers la terre, il apprécie la compagnie de viandes rouges
et de charcuteries sèches comme le jambon ibérique ou de charcuteries
plus classiques comme le pâté de tête et le jambon de Reims. Au dessert, il sera parfait sur les desserts à base de fruits rouges. Prix de vente conseillé : 28 € www.champagne-prestigedessacres.com
Blanc de Blanc Brut Grand Cru Millésime 2010
Ce 100 % chardonnay issu du vignoble de Cramant, classé grand cru, o re fraîcheur, rondeur et élégance. La minéralité du vignoble de Cramant, classé Grand Cru s’exprime entièrement dans cette cuvée. Les bulles sont  nes et persistantes. Le bouquet intense aux notes d’agrumes, de miel et de brioche décline des fragances harmonieuses. Ce Champagne ravira les palais les plus exigeants. Vif et caressant à la fois il est à déguster à l’apéritif de belles soirées.Sa complexité et sa longueur en bouche permettent de le proposer avec un foie gras, des Saint-Jacques et bien d’autres mets de rêve.
Prix TTC : 36,50 €
www.champagne-colin.com/boutique
Champagne Pannier
50 % de pinot noir pour la structure, 20 % de meunier pour le fruit, 30 % de chardonnay pour la fraîcheur, un soupçon de vin rouge provenant des vignes de Champagne pour
la vinosité...une formule magique signée Pannier. Cette cuvée s’habille d’une très belle robe saumon tendre traversée par un cordon de  nes bulles. Elle charme au nez, avec
sa palette de petits fruits rouges (cerises, framboises), et con rme son jeu de séduction en bouche. L’attaque est fraîche et onctueuse. Les arômes fruités se fondent et laissent apparaître des notes de pain grillé, d’épices légères et de fruits à noyau. La  nale dévoile un bon équilibre entre charnu et  nesse. 29 €
www.champagnepannier.com
Les déjeuners d’EcoRéseau Business
Gastronomie
Le Petit Duc, du chocolat artiste
Le Petit Duc, laboratoire de
fabrication artisanale de
gourmandises, vous présente
ses tablettes de chocolat au look
moderne et à la fois vintage. Des
étonnants emballages inspirés
des papiers à motifs traditionnels
tels les papiers peints dominotés
français, les papiers carta verese italiens et les papiers traditionnels japonais ; ce sont des chocolats pures origines choisis pour leur typicité et leur originalité.
Notamment, les gammes fruits et fruits secs mettent en musique les ingrédients phares du Petit Duc de Saint Rémy de Provence. 6 €
www.petit-duc.com
La Mère Mimosa,
French touch granola
Des  ocons d’avoine, des graines de chia, de lin, de sarrasin en passant par les di érentes noix jusqu’aux fruits séchés, La Mère Mimosa n’utilise que des ingrédients premium, pour
réaliser «the best granola ever » ! Avec beaucoup de rigueur et de malice, La Mère Mimosa fait en n rimer healthy food et good mood avec 4 recettes 100% plaisir. On adore la version gluten-free « Maman Bobo » : avec du sarrasin, du sésame et des graines de chia, elle est gourmande et exotique, avec ses copeaux de noix de coco et ses morceaux de bananes séchées. 9.50 € le sachet de 350 g ou 12.50 € le bocal de 450 g.
mere-mimosa.fr
          Ce mois-ci, nous avons testé pour vous le Grand Bistrot Breteuil
 Concept & Lieu :
Dans le quartier du Champ de Mars, à quelques encablures de l’Unesco et du Musée Rodin, le Grand Bistro Breteuil a che sa terrasse sous parasols rouges et chaises bistrot bordeaux. Place de Breteuil, au pied d ’un immeuble XIXème, et sous les arbres, 50 couverts dressés sur nappes blanches et l’ambiance maison de famille chic. Mis en scène par le décorateur Pierre Canot, le décor du Grand Bistro Bre- teuil a l’allure théâtrale. Des chaises tapissées de rouge aux lustres baroques, l’ambiance des
salons et de la véranda attire depuis 1975 le Tout Paris, artistes et politiques mélangés, des anciens présidents qui tous sont passés ici, aux  dèles des  dèles, Catherine Deneuve, Jean- Charles de Castelbajac, Alice Taglioni et les autres.
Cuisine :
La cuisine du Chef exécutif Rémi Robert cultive l’héritage gastronomique. Après des débuts auprès de Gérard Vié et Marc Weyrat, il rejoint la Team Dorr Paris et ses Grands Bistrots et réalise une cuisine de goût, instinctive et sincère. Grâce à des relations privilégiées avec ses producteurs, il achète les meilleurs produits frais, produits du terroir, produits bio en direct sans intermédiaires pour ensuite les cuisiner 100% maison. Vous apprécierez bien sûr les gé- néreux plateaux de fruits de mers, qui sont aussi proposés à emporter. Le rapport qualité-prix est excellent
Notre menu :
Entrées :
Minestrone de légumes au basilic mikado de moules de bouchot aux pignons de pin
Velouté de cèpes aux pétales de St Jacques
Plats :
Petit Bar entier sauce tom yam épinards minutes Burger charolais du Grand Bistro tomates con tes roquette pommes allumettes maison
Desserts :
Crème brulée à la fève tonka Cheesecake white lemon
Tarifs : Menu Signature 44 € tout compris ou 35 € hors boissons
Apéritif, entrée, plat, dessert, 1 bouteille de vin pour 2 personnes, café Massaya bio ou thé Mariages Frères
Adresse : 3, place de Breteuil, 7ème. 01 45 67 07 27.
Ouvert tous les jours de 12h00 à 14h30 et de 19h à 23h00. Service continu le week-end
www.legrandbistro.fr
   80 MARS 2018 | ecoreseau.fr
©DR
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
    Essais & TEndancEs
Par Philippe Flamand
Nouvelle Jeep Compass : jolie mais peu agile
Le SUV compact italo-américain a le look des grands espaces d’outre-Atlantique mais souffre de la com- paraison avec ses principaux concurrents européens sur le plan mécanique.
Elle dénote véritablement par son esthétique dans l’offre actuelle, un rien saturée, de SUV compacts. Petite sœur des Cherokee et Grand Cherokee, la Jeep Compass en revendique le look américain avec la fameuse calandre à sept fentes et la face avant très identitaire, un arrière joliment dessiné et une ligne élégante.
L’intérieur est cossu mais sans véritable originalité avec de beaux volumes, notamment aux places arrière, un coffre spacieux, un confort globalement satisfaisant même si les sièges, à première vue accueillants, se ré- vèlent  nalement un peu durs.
Bien  nie, bien conçue, la Jeep Compass souffre en revanche de la comparaison avec ses principales rivales (Peugeot 3008, Volkswagen Tiguan, Seat Ateca, Skoda Karoq, Nissan Qashqai....) sur le plan mécanique. Son moteur diesel 1.6 multijet 120 chevaux d’origine Fiat se révèle un peu juste pour le gabarit du véhicule, et si la boîte manuelle six vitesses est plutôt agréable (la boîte
auto n’est pas disponible sur les versions essence ou die- sel à deux roues motrices, dommage !), sa direction est lourde et sa tenue de route
un peu trop «améri-
caine» avec des ef-
fets de roulis dé-
sagréables quand
on s’éloigne des
longs trajets au-
toroutiers. Autres
fautes de goût : une
visibilité arrière riqui-
qui et l’absence de caméra
de recul sur la version haut
de gamme «limited» (disponible toutefois en option dans les packs et en série sur la version business) pour des tarifs somme toute élevés.
Modèle essayé : Jeep Compass 1.6 Mjt 120 4X2 Li- mited. Tarifs : à partir de 33 250 euros. Tarifs gamme essence à partir de 24 950 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 27 250 euros.
 La Golf reste une valeur sure
La Volkswagen Golf de 7e génération s’offre un mini restyling mais une belle mise à jour mécanique avec un moteur essence 1,5 litre pétri d’ambitions
Petit SUV urbain T-Roc, Nouvelle Polo «révolutionnaire», Tiguan Allspace, Arteon...Volkswa- gen n’est pas avare de nouveautés depuis plusieurs mois. Aussi le restylage de la Golf est-il plus ou moins passé inaperçu au printemps dernier. Il faut dire que la 7e génération du block- buster de la  rme de Wolfsburg a limité au plus juste sa mise à jour : nouveau dessin des feux de jour à diodes et des boucliers, nouvelle teinte jaune curcuma, virtual cockpit, commande
gestuelle de la radio en forme de gadget... Pour le reste rien ne change et c’est tant mieux, tant la Golf est devenue, en 44 ans de carrière, une réfé-
rence absolue du segment.
Seule véritable nouveauté sous le capot
un bloc essence 1,5 litre de 150 che- vaux, qui remplace le 1,4 litre précé- dent. Ce moteur essence à injection directe et suralimenté associe cycle
de combustion Miller (fermeture an- ticipée des soupapes d’admission pour un meilleur rendement), gestion active des cylindres (fermeture de l’admission et de l’échappement de deux des quatre cylindres lorsque le besoin de puissance est faible pour réduire la consommation) et turbocompresseur à géométrie variable. Résultats : souplesse, réactivité et économies de
carburant avec à la clef un plaisir de conduite encore amélioré.
Modèle essayé : Volkswagen Golf 1.5 TSI Evo 150 chevaux BVM6 Carat 5 portes. Tarif à par- tir de 29 230 euros. Tarifs gammes essence 5 portes à partir de 19 940 euros. Tarifs gamme diesel 5 portes à partir de 25 970 euros.
Le Kia Stonic joue sa partition
Le nouveau SUV urbain coréen mise sur son design et son potentiel de différenciation pour séduire une clientèle jeune.
Les deux constructeurs
coréens Kia et Hyundai
arrivent de concert sur
le marché en forte crois-
sance des SUV urbains :
baptisé Kona chez Hyun-
dai, le petit SUV citadin
se nomme Stonic chez
Kia. Sa cible : une clien-
tèle jeune éprise de dif-
férenciation (neuf coloris
de carrosserie, cinq de
toits pour 20 combinaisons
chromatiques) et de joli design. Car le Stonic est plutôt joli, bien dessiné, bien équipé, mais pas très confortable. L’habitacle joue également la carte de la mise en couleurs (inserts sur la console centrale et la planche de bord...) et de la gaité, rompant ainsi avec la tristesse habituelle des intérieurs asiatiques. Le moteur turbo es- sence d’un litre de cylindrée pour 120 chevaux se révèle performant, tonique, enjoué et la boîte manuelle six vitesses plutôt agréable à manier. A noter qu’une boîte auto à double embrayage et sept rap- ports doit faire son apparition mais pas la transmission intégrale, le Stonic étant un strict deux roues motrices.
Modèle essayé : Kia Stonic 1.0 T-GDI 120 chevaux. Tarif à partir de 22 490 euros. Tarifs gammes essence à partir de 16 990 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 21 490 euros.
  82 MARS 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                 Abonnez-vous à ecoRéseAu business
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&
SER-48B
]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Baromètre  nance de marché
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les marchés  nanciers où le particulier peut investir
     la sPéCulatiOn Du MOis
DBV Technologies en pleine santé
Le bureau d’études Portzamparc est passé à l’achat sur la biotech DBV Technologies, contre une recommandation «Conser- ver» auparavant. L’analyste  xe un objectif de cours de 49,80 euros. Ce relèvement d’opinion fait suite à la décision de la Food & Drug Administration, l’autorité sanitaire américaine, qui lui a donné le droit de déposer une demande de mise sur le marché pour le Viaskin Peanut, un traitement contre l’allergie à l’arachide chez les enfants.
 Le chiffre du mois
6 000 milliards de dollars
C’est la capitalisation boursière qui est partie en fumée dans les quelques jours qui ont suivi la journée du 28 janvier, marquée par une violente baisse du Dow Jones. Presque autant que le PIB de la France et de l’Allemagne réunis !
 l’aCtu MarChé Du MOis
Le crowdfunding immobilier décolle
Ce placement, qui consiste à prêter de l’argent à un promoteur par le biais d’une plateforme de  nancement participatif, est en plein essor en France. Selon une étude de KPMG, le crowdfunding im- mobilier a ainsi capté 40 % des sommes collectées par l’ensemble des plateformes
de  nancement participatif. En tout, ce sont plus de 100 mil- lions d’euros qui ont été collectés par ce biais. La raison de cet engouement ? La promesse d’un rendement hors norme, proche de 10 % brut par an.
Céréales : le remède contre la crise ?
Les marchés agricoles, et tout particulièrement les céréales, n’ont pas été touchés par le coup de grisou qui a frappé les actions et les obligations. En un mois, le blé a même augmenté de plus de 9 %, le maïs de 6 % et le soja de 5 %. Selon Commerzbank, les cours seraient soutenus par la spéculation des investisseurs sur fond de sé- cheresse persistante en Argentine.
Crash des cryptomonnaies : l’occasion de se po- sitionner ?
La chute des devises digitales se poursuit. Le Bitcoin, qui a frôlé les 20 000 dollars en  n d’année 2017, est tombé sous les 7 000 dollars. Dans son sillon, la plupart des «crypto» stars se
sont effondrées elles aussi : Ethereum, Ripple, Iota... Alors, faut-il en pro ter pour investir avant une éventuelle re- montée ? La sagesse boursière recom- manderait plutôt la prudence à court terme : selon l’adage consacré, « on ne rattrape pas un couteau qui tombe »...
d’autant plus que les signaux envoyés par les banques invitent plutôt à la réserve : Citigroup, Bank of America et JP Morgan Chase ont ainsi suspendu les achats de cryptomonnaies par carte de crédit...
 le COin Des exPerts
Les actions pourraient poursuivre leur rallye selon Pictet AM
Pictet AM constate l’expansion synchronisée de l’économie mondiale. La zone euro, la Suisse, la Chine, l’Australie, l’Amérique latine et l’Asie montrent des signes d’accélération tandis que les Etats-Unis et le Royaume-Uni se stabilisent à des niveaux robustes. Le gestionnaire n’est pas inquiet de la phase avancée du cycle économique américain. En effet, il souligne la faiblesse de la croissance du crédit privé et remarque qu’aucun secteur ne montre de signes de surchauffe, notamment l’immobilier. Celui-ci enregistre au contraire une évolution mesu-
rée. Les investisseurs semblent sous-estimer le rebond de l’in ation américaine à court terme selon Pictet AM. Dans ces conditions, ce dernier maintient sa surpondération des actions mondiales, qui offrent à la fois un rendement nettement supérieur à celui des obligations et une croissance béné-  ciaire à deux chiffres. Le gérant d’actifs maintient sa sous-pondération des obligations, en raison de leurs valorisations élevées.
Cholet Dupont : très légère surpondération sur les actions
Selon Vincent Guenzi, stratégiste de Cholet Dupont, l’environnement géné- ral reste favorable aux actions des pays développés. Mais combien de temps l’absence de tensions in ationnistes pourra-t-elle se prolonger, interroge-t-il ? Comment les marchés obligataires réagiront-ils à l’amorce du dégon ement du bilan de la FED ? Selon lui, même si ces questions sont légitimes, les in- vestisseurs regardent ailleurs : la réforme  scale américaine. L’ambiance reste haussière, surtout aux Etats-Unis, mais les risques de correction augmentent peu
à peu, analyse-t-il. Dans ces conditions, Cholet Dupont conserve une position tactique relativement prudente, dans l’attente de meilleures opportunités à saisir dans les prochains mois. A court terme, Vincent Guenzi reste cependant très légèrement surpondéré sur les actions, avec les seules actions asiatiques hors Japon privilégiées. A moyen terme, l’accent demeure mis sur les actions européennes.
Aviva prudent sur les obligations souveraines
L’accélération attendue de la normalisation des politiques monétaires des banques centrales devrait pousser les investisseurs à se détourner des obligations souve- raines en 2018, et particulièrement de celles de la zone euro et du Japon, estiment les stratèges d’Aviva Investors.
« Tandis que les actifs risqués devraient être soutenus par la croissance écono- mique, les actifs sans risque seront plus en dif culté », indiquent-ils dans leur note «House View» consacrée à leurs perspectives économiques et de marché pour 2018. Avec l’arrêt probable du programme de rachats d’actifs (QE) de la Banque centrale
européenne (BCE) après septembre, les rendements obligataires de la zone euro devraient commen- cer à remonter à partir de la mi-2018, indique Aviva.
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[fonds
L’Autorité des marchés  nanciers (AMF) a réalisé une étude sur les niveaux de frais courants facturés en 2015 par plus de 8 000 OPCVM en France. Si ceux-ci sont rarement com- muniqués clairement, car nombreux
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre patrimoine
Brèves, actus et chiffres du mois concernant d’éventuels placements patrimoniaux pour le particulier
   l’aCtu PatriMOine Du MOis L’AMF enquête sur les frais de gestion des
 Le placement du mois
C’est la somme qui a été placée par les Français sur le livret A en 2017. Malgré un rendement négatif de 0,25 %, dû à son taux de rémunération bloqué à 0,75 % pendant deux ans, le livret A attire toujours les épargnants français. Au total, l’encours sur ce placement atteint 271,7 mil-
liards d’euro au plus haut depuis 2013. Une tendance due aux in- certitudes électorales, écono- miques et  scales en 2017, mais qui s’est amoindrie sur les quatre derniers mois de l’année. Les conséquences d’une embellie économique qui viendrait inver- ser la tendance pour 2018 ?
10 milliards de dollars
 et intervenant à différentes étapes de la vie du produit d’épargne, elle a relevé les taux pratiqués en moyenne par ces acteurs. En ce qui concerne les frais courants moyens pour les fonds en devises, ils s’établissent à 0,10 %. Ils passent ensuite à 0,69 % sur les obligations, 1,58 % sur les actifs mixtes et 1,80 % pour les actions. Les frais peuvent être légèrement plus élevés pour les fonds de droits étrangers distribués en France. Attention, ces frais comprennent l’ensemble de ceux qui peuvent être facturés comme les frais de gestion, du dépositaire, du commissaire au compte, les frais liés à la distribution
du compte, parfois des commissions de mouvement ou des frais liés à la teneur du compte. Autant de frais qui compliquent la perception globale de la performance de son placement, tout en la réduisant.
Réforme du CEL : vers une  at tax de 30 %
Depuis le 1er Janvier 2018, les détenteurs d’un CEL, Compte épargne logement, ont vu une modi cation du régime appliqué. A présent la  scalité sur le Compte épargne logement prendra la forme d’un prélèvement forfaitaire de 30 %, se décomposant entre 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux compre- nant eux-mêmes une hausse de la CSG. La prime d’Etat à laquelle certains pouvaient prétendre est supprimée pour
tous les comptes ouverts après le 31 décembre 2017. Pour rappel, le CEL est un compte utilisé en vue de se créer un apport personnel pour un projet immobilier. Il peut permettre de béné cier d’un crédit à taux intéressant car aidé par l’Etat dans des cas d’investissement immobilier pour une résidence principale.
Assurance-vie : collecte divisée par deux en 2017
La collecte nette a été divisée
par deux en 2017 sur les contrats
en assurance-vie. Elle s’élevait à 7,2 milliards d’euros contre 16,8 milliards en 2016 selon les esti- mations de la Fédération française de l’assurance début février.
 FOCus sur...
Ce que les leGO raPPOrtent en eurO
4 000 euros
C’est le prix qu’a été revendue la version LEGO du Taj Mahal, alors qu’elle avait été acquise pour 299 euros à sa sortie en 2008. Un prix de vente multiplié par 13 par rapport au prix d’achat, de quoi faire rêver tous les investisseurs. Attention, si les LEGO et surtout les pièces uniques peuvent rapporter, il s’agit ici plus d’une passion que d’un véritable investissement. Pourtant, en 2015, une étude du quotidien britannique The Telegraph estimait que les LEGO avaient été plus rentables que les livrets d’épargne, la Bourse ou même les lingots d’or. La raison, l’émergence de plus en plus de collectionneurs prêts à débourser des fortunes pour certaines pièces. Le site américain brickpic- ker.com s’est d’ailleurs spécialisé dans la revente de LEGO. Ses deux fondateurs estiment la valeur de leur collection à 500 000 euros à peu près. Car qui dit acheteurs, dit investisseurs, prêts à acheter des pièces à leur sortie pour les revendre lorsque les boîtes ont quitté les rayons des magasins. Le Faucon Millenium de Star Wars a ainsi été revendu 5 000 euros par un investisseur qui avait déboursé moins de 600 euros lors de son achat initial.
     A PAS DE GÉRANTS : Investir dans l’immobilier, est-ce toujours le premier investissement à privilégier ?
C’est la certitude que tous partagent quand il s’agit d’investissement, avant toute chose il faut investir dans la pierre. Léon de Montauzan, conseiller en gestion de patrimoine au sein de Baussant Conseil, nous explique pourquoi cet investissement rassure autant, et comment l’aborder.
L’investissement dans l’immobilier est-il toujours le premier investissement à privilégier ?
Cela dépend beaucoup de l’âge et de la situation  nan- cière. Le premier investissement chez toute personne souhaitant développer son patrimoine passe bien sûr par l’achat de la résidence principale. En dehors de celle- ci, l’immobilier reste un investissement intéressant par son rendement plutôt stable dans la durée. Attention cependant, c’est un investissement qui porte aussi ses contraintes, la vacance, les travaux de rénovation et les mises aux normes sont quelques exemples à anticiper. L’immobilier est également attractif car il permet d’utiliser l’effet de levier du crédit (l’investisseur achète un bien avec de l’argent qu’il ne possède pas, ou qu’il ne veut pas mobiliser, au moment de l’investissement). Si la  scalité immobilière est lourde, cet investissement présente des
risques plus faibles que ceux des marchés  nanciers.
Où se situe-t-il en termes d’arbitrage rendement/risque ?
L’investissement en immobilier se situe entre le fonds en euros de l’assurance-vie et la volatilité des places boursières. C’est un produit qui présente tout de même un risque, mais aussi un rendement qui peut être inté- ressant comme sur le marché des SCPI de rendement, investies dans les bureaux et les commerces. Dans un contexte de  scalité élevée, l’immobilier arrive tout de même à tirer son épingle du jeu car c’est un investis- sement stable, un outil de diversi cation et de fond de patrimoine idéal.
Cela vaut-il partout en France ?
Non bien sûr, il faut bien connaître le terrain avant de se lancer. Investir dans l’immobilier pour investir dans l’im- mobilier n’a aucun intérêt en direct et c’est une grande source de risques. Pour un investissement, il conviendra d’être vigilant quant à l’attractivité du marché locatif et au potentiel de valorisation, plus encore dans les zones les plus actives (l’Île-de-France, Paris ou encore Bor- deaux...). La diversi cation peut être un moyen de ré- duire ce risque, via les SCPI par exemple.
Comment va évoluer la situation ?
En ce qui concerne les taux d’intérêt des crédits immobi- liers, les premières estimations laissent présager une an- née relativement stable. Pour autant, il est sûr que cette situation où les taux d’emprunts sont très avantageux va se terminer un jour. Nous sommes aujourd’hui dans une situation unique où les épargnants auto nancent leur achat car les rendements couvrent les taux d’intérêts. Cependant, si nous partons du postulat que l’Europe suit généralement la tendance des États-Unis, nous devons nous attendre à subir nous aussi une remontée progres- sive des taux.
Dans ce contexte, il faudra surveiller la demande, car la situation d’auto nancement viendrait à se réduire, nous devrions voir les prix de l’immobilier se stabiliser un temps. Au moins le temps que d’autres indicateurs éco- nomiques comme l’emploi viennent à leur tour stimuler le marché de l’immobilier.
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[                 Depuis plus de 40 ans, la Fondation des Monastères poursuit son œuvre au service des communautés religieuses chrétiennes.
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La loi n° 2003-709 du 1er ao t 2003 relative au m c nat, aux associations et aux fondations a doubl  l’avantage fiscal attach  aux dons. (art. 238 bis du Code G n ral des Imp ts).
   ➔
]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
Focus sur un placement ou investissement a n d’analyser les tendances et évolutions
Placements personnels
L’assurance-vie fait de la résistance
   La baisse des rendements et l’évolution de la  scalité menacent-
elles vraiment le statut de l’assurance-vie, «placement préféré des Français» ? Non, répondent les spécialistes, pourvu que l’épargnant accepte une dose de risque et n’oublie pas que ce produit à la  scalité avantageuse reste aussi un formidable outil de transmission.
estime le gestionnaire d’actifs. Alors, faut-il, comme le conseillent les réseaux ban- caires, conseillers en gestion de patrimoine, gestionnaires d’actifs et autres journaux patrimoniaux, abandonner ces supports au capital ga- ranti à tout moment contre des UC (unités de compte) qui, exposées aux marchés  nanciers qu’elles suivent à la hausse comme à la baisse, sont susceptibles de rapporter beaucoup plus (l’an passé le Cac 40 a bondi de près de 10 %) mais également d’en- caisser des pertes sévères ?
Certaines PerFOr- ManCes tiennent enCOre la rOute Pas si sûr. En premier lieu, le marché est plus hétéro- gène qu’il n’y paraît et cer- tains contrats parviennent à tirer leur épingle du jeu. Si les gros contrats stan- dards de la bancassurance, manifestement soucieuse de préserver ses marges, af chent de médiocres per- formances (1,33 % pour Sé- quoia de Société Générale, 1,7 % pour CNP One de CNP Assurances), des associa- tions d’assurés (Afer, Asac- Fapes, Gaipare, Agipi...) et certaines mutuelles (la
un taux en hausse par rap- port à l’exercice précédent (2,5 %). Une gageure qui ne s’explique pas seulement par la qualité de l’allocation tac- tique des gérants. Certaines compagnies font le choix de redistribuer à leurs clients une partie de leurs réserves issues des fruits de la gestion des actifs où sont investies les sommes collectées sur les fonds euros. Ainsi, l’un des produits vedettes du marché, l’assurance-vie Afer (gérée par Aviva), a offert l’an passé 2,4 % et a réussi à mettre à nouveau en réserve 107 millions d’euros. Il af che désormais 550 millions en réserve de capitalisation et 600 millions en plus-value latente à redistribuer, de quoi largement soutenir sa per- formance une année de plus dans un contexte dif cile. Par ailleurs, la faiblesse de certains contrats, et a contra- rio la résistance d’autres, s’explique par les frais préle- vés. A titre d’exemple, l’Afer ne prélève que 0,475 % du rendement du portefeuille alors que beaucoup de ses concurrents ponctionnent 0,9 %. A noter également que de nombreux assureurs prennent 2 à 3 % du capital à la signature, parfois plus,
aux fonds en euros sans pour autant prendre le moindre risque, certaines sociétés de gestion ont mis au point de nouveaux produits à ca- pitaux garantis. « Avec le fonds Target + de Primonial, l’épargnant profite de la hausse des marchés actions sans peur de perdre son ca- pital. En 2017, il a offert un rendement de 4,05 % nets, ce qui reste attractif dans l’environnement actuel », indique Sabine Jiskra, respon- sable de la gestion de fortune à l’Institut du Patrimoine. Seul bémol, dans ce genre de contrats, le gestionnaire d’actifs prélève des frais de gestion même s’il ne fait rien gagner à son client en cas de retournement des marchés.
Des risques CalCulés
« Pour retrouver davantage de performance au sein de leur assurance-vie dans un contexte de taux bas, les épargnants n’ont en réalité d’autres choix que de tourner vers les unités de compte », constate Antoine Dadvisard, président du directoire de Matignon Finances. A cet égard, il recommande de jouer la diversi cation. En effet rappelle-t-il, « la palette d’options en fonction de votre «profil d’épargnant», en termes de niveau de risque accepté et d’horizon de placement, est très large ». Certains contrats ne sont en effet exposés qu’à 20 % aux  uctuations du marché, d’autres à 30 %, à 40 %, etc. Les professionnels se veulent donc rassurants concernant les unités de compte. « Pour réussir son placement en as- surance-vie, trois éléments majeurs sont à définir en amont : quel projet derrière
Par Pierre Jean-Lepagnot
   L’assurance-vie reste- ra-t-elle cette année encore «le placement préféré des Français» ? De prime abord, les maigres performances af chées par la plupart des fonds en euros permettent d’en douter. Selon les dernières projections, le rendement de ces fonds in- vestis en obligations d’États devrait s’établir à 1,5 % en 2017 contre 1,8 % en 2016. Une faiblesse qui s’explique bien sûr par le repli historique des taux longs en Europe. « Dans un contexte de taux bas, les portefeuilles des compagnies d’assurance sont mécaniquement affectés par l’arrivée à échéance des obligations acquises il y a huit ou dix ans offrant un rendementde5à6%etpar
l’achat de nouveaux titres en remplacement offrant moins de 1 % », explique Patrick Janet, responsable de la ges- tion privée chez Equance. Résultat, cet expert s’attend cette année à une nouvelle baisse de la rémunération moyenne des fonds en euros. Ce qui, une fois déduits les prélèvements sociaux (pas- sés cette année de 15,5 % à 17,2 %) et les frais sur primes des contrats, laisse à penser que ce placement générera, dans la plupart des cas, un rendement net d’inf lation négatif. Un point de vue partagé par François Jubin. Le président de WiseAM ne s’attend pas non plus à une remontée des rende- ments cette année ni même les suivantes, et ce malgré
la normalisation monétaire progressive des principales banques centrales. « Pour se donner une bonne idée de l’évolution des rendements des fonds en euros, il suf t de regarder l’évolution de la moyenne des taux obliga-
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Un produit tou- jours en odeur de sainteté ?
Ce placement reste donc un outil ef cace pour donner plus à ses enfants, sans alourdir leurs droits, ou transmettre à un tiers
 taires européens avec qui elle est fortement corrélée. Or, même en adoptant le scé- nario central d’une hausse progressive des taux longs, il faudra plusieurs années avant que le rendement moyen des fonds en euros ne revienne à un niveau jugé correct »,
MIF, le Conservateur, la Carac, la Macsf, etc.) ont nettement surperformé avec des taux toujours au-dessus de la barre des 2 %, voire des 3 %. Le groupe Monceau Assurances et son contrat Dynavie est même parvenu à servir en 2017 2,8 %, soit
ce qui revient à précompter au  nal l’équivalent d’un ou deux ans de rendement. Alors que les courtiers en ligne (Linxea, assurancevie.com, Fortuneo, Yomoni, Nalo...) sont, eux, à 0 %.
Pour les épargnants à la re- cherche d’une alternative
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    ]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Investissements personnels
 l’épargne ? Quelle durée d’investissement et quelle appétence au risque ? », ex- plique Christian Pruvost, directeur du développement et ingénierie assurance-vie chez Natixis Assurances. « L’épargnant peut placer 40 % de son capital sur le fonds en euros de son as- surance-vie, puis diversi-  er le reste sur des unités de comptes, qui sont plus volatiles mais aussi plus dynamiques : des fonds sur des zones géographiques pré- cises, des fonds sectoriels... », conseille Christian Pruvost. Ce dernier souligne l’inté- rêt des fonds  exibles, qui adaptent l’exposition actions au climat boursier. « Grâce à une gestion très réactive, ces fonds supportent mieux les baisses et répercutent un peu moins les hausses. Sur le long terme, ça paie ! », assure-t-il. Pour preuve, le fonds  exible Dorval Convic- tions a af ché un rendement
net de 13,3 % l’an dernier. Certains contrats Internet proposent ainsi gratuitement une «gestion pilotée», c’est- à-dire une gestion con ée à des professionnels de renom (Rothschild à Boursorama, Lazard Frères à Altapro-  ts...) en fonction du pro l du client.
Dans le maquis des offres en unités de compte, la nouvelle  ntech Nalo se distingue en offrant un service sur-me- sure à chacun de ses clients. « Notre principal atout, c’est de permettre un arbitrage précis en fonction du projet visé par l’épargnant. Que l’on épargne pour sa retraite ou pour se constituer un capital en vue d’un achat immobi- lier, la typologie précise de l’investissement ne sera pas la même. Nalo propose donc un arbitrage personnalisé à l’utilisateur en fonction de son pro l de risque – pru- dent ou aventureux –, de son capital de départ, des
versements éventuels et de son horizon de placement », explique l’un de ses fonda- teurs, Hugo Bompard. Cet investissement par objectif se traduit dans une gestion multi-poches qui permet de gérer plusieurs projets de front dans le même contrat d’as- surance-vie. Et de sécuriser l’investissement au fur et à mesure que l’échéance d’un projet se rapproche, comme dans les contrats proposés aux clients haut de gamme mais pour un tarif moyen de 1,65 %.
une FisCalité attraCtiVe
En somme, l’assurance-vie, pourvu que l’on assume un certain degré de risque, n’est pas encore has been. D’autant que ce placement présente un autre avantage : sa  scalité. « L’assurance-vie échappe désormais à l’impôt sur la fortune, excepté pour les fonds immobiliers de type
Société civile de placement immobilier (SCPI) ou Orga- nisme de placement collec- tif en immobilier (OPCI) », souligne Sabine Jiskra. Autre avantage, l’assurance-vie permet de faire fructifier son argent sans «frottement  scal». C’est-à-dire sans im- pôt en cas d’arbitrage d’un fonds d’investissement pour un autre. « Par ailleurs, la mise en place cette année de la fameuse f lat tax est globalement positive pour environ 80 % des épargnants propriétaires d’un contrat d’assurance-vie », ajoute Patrick Janet. Le prélèvement forfaitaire unique s’applique
dépasse 150 000 euros, soit environ 20 % des épargnants sont pénalisés. Dans ce cas, le taux de 30 % s’applique au prorata du montant supérieur à 150 000 euros.
un Outil De transMissiOn iMBattaBle
Ce placement reste enfin à privilégier dans une op- tique de transmission. Avec l’assurance-vie, les sommes transmises après un décès le sont en dehors des règles légales de succession. Ce placement reste donc un outil ef cace pour donner plus à ses enfants, sans alourdir
souhaite, sans bien sûr spo- lier ses héritiers. De plus, « l’incidence  scale peut être très importante dans certains cas où, lorsque les conditions sont remplies, tous les béné- ficiaires sont exonérés de taxes jusqu’à 152 500 euros, quels que soient leurs liens de parenté avec le défunt », rappelle Antoine Dadvisard. Un point de vue partagé par Gérald-Henri Vuillien, asso- cié-gérant de la Compagnie française de gestion de patri- moine (CFGP) : « Quand on étudie le tableau des taux de droits de succession appliqués en France on ne peut pas nier le bonus que constitue pour l’assurance-vie l’avantage successoral, appréciable et unique en son genre. » Dans ce cadre, l’assurance-vie reste plus que jamais un outil solide pour la transmission, et ce malgré la baisse des rende- ments, comme le con rme le professionnel : « La baisse des rendements est une chose et la transmission une autre. Il se trouve que dans le cas de l’assurance-vie, le couple rendement/avantages  scaux est un couple gagnant. En effet, même si les rendements sont en baisse, l’assurance-vie reste parmi les meilleurs ou-
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
Des taux faibles qui rendent moins attractifs mais des qualités intrin- sèques qui perdurent.
 Contrairement à ce que voudraient faire croire certaines Cassandre, l’assurance-vie semble bien partie pour rester le placement vedette
 en effet depuis le 1er janvier 2018 pour les versements effectués à compter du 27 septembre 2017. Il permet aux assurés ayant un contrat de moins de huit ans de bé- néficier sur leurs revenus de l’assurance-vie du taux de30%enlieuetplacedes taux précédents (35 % et 15 % auxquels il fallait ajouter les prélèvements sociaux dont le taux est de 17,2 % depuis le 1er janvier 2018). Au-delà de huit ans, le taux du pré- lèvement  scal reste  xé à 7,5 %, soit au  nal 24,7 % sur le gain réalisé. Seuls les contribuables dont l’encours en contrats d’assurance vie
leurs droits, ou transmettre à un tiers (concubin notam- ment) qui paierait sinon 60 % de droits de donation. Aux termes de l’article L 132-12 du Code des assurances en effet, les sommes reçues par le béné ciaire d’un contrat d’assurance-vie ne font pas partie de la succession du souscripteur ; le capital n’est donc pas traité comme une donation : il échappe aux héritiers, et n’est pas soumis aux règles de la réduction pour atteinte à la réserve des descendants. En clair, la liberté est totale pour le souscripteur – ou presque – puisqu’il peut donner à qui il
tils de placement. L’avantage indéniable que constitue l’al- lègement des droits de suc- cession en fait un placement de choix jusqu’à un certain montant. Pour des fortunes importantes dont l’objec- tif principal est l’avantage successoral on complètera le dispositif assurance-vie par d’autres placements comme les groupements fonciers fo- restiers, ou viticoles. »
En conclusion, contrairement à ce que voudraient faire croire certaines Cassandre, l’assurance-vie semble b.ien partie pour rester le place- ment vedette des Français quelque temps encore !
]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 MARS 2018 | ecoreseau.fr 91
]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels immobiliers
Dé scalisation : jouez l’originalité !
Connaissez-vous ces cinq produits atypiques ?
  Il y a une vie en dehors du Pinel ! Pourquoi rester dans les sentiers battus et investir dans les dispositifs de dé scalisation de Monsieur Tout-le-monde quand vous pouvez diversi er votre épargne en incluant dans votre portefeuille des produits qui vous ressemblent ? Cinéma, viticulture, chalet en haute montagne : découvrez nos idées pour dé scaliser malin !
Alexis Poirot, conseiller en gestion de patrimoine chez Fiducée Gestion Privée, évo- quant un rendement de 2 % à 3 % environ. « Lorsqu’on met ce chiffre au regard des avantages  scaux et succes- soraux et qu’on se place dans une optique de long terme, c’est un placement qui fait sens. Je conseille générale- ment d’y investir 5 à 10 % du patrimoine dans une optique de diversi cation. »
- La dé scalisation en chiffres. La loi prévoit une réduction d’impôt sur le revenu pour les personnes physiques égale
qu’on ait l’ivresse ? » A pre- mière vue, le vers célébrissime d’Alfred de Musset semble bien loin de l’univers du ren- dement et des  nances per- sonnelles. Et pourtant... en France, les particuliers sont nombreux, très nombreux, à se tourner vers cet univers de placement parce qu’ils aiment le vin. Et c’est bien naturel : le vin est l’investis- sement-plaisir par excellence. Qui n’a jamais rêvé de servir lors d’un bon dîner un vin de sa propriété ? Bien sûr, l’achat en direct n’est pas à la portée de tout un chacun.
relativement modeste (entre 1,5 % et 3,5 %)... mais il est aussi possible de générer une forte plus-value sur la valeur des parts. « Tous terroirs confondus, sur les 20 der- nières années, la valeur de ce type d’actif a été multiplié par cinq, soit une valorisa- tion annuelle moyenne de 8,37 % », souligne Frédéric Tripier, conseil en gestion de patrimoine chez Fidu- cée Gestion Privée. « Il y a bien entendu des terroirs dont les prix évoluent plus rapidement que d’autres, ajoute-t-il. Mes recomman-
Par Antoine Pietri
   Le rendement attendu des vignobles est relativement modeste (entre 1,5 % et 3,5 %)... mais il est aussi possible de générer une forte plus-value sur la valeur des parts
 Quand te reverrai-je... rendement merveilleux. Tous ceux qui paient... me rendent heureux !
 GrOuPeMents FO- restiers : MOntrez De quel BOis VOus VOus ChauFFez
- Pourquoi investir ? La France se démarque par son patrimoine considérable... notamment en matière de forêts. Alors, pourquoi ne pas en pro ter ? Tangible, rassurante, la forêt a plus d’un atout pour plaire à un inves- tisseur. En cas de remous sur les marchés, c’est une valeur refuge dont la valorisation ne risque pas de s’effondrer du jour au lendemain. Tous les investisseurs peuvent être séduits par son attrait, des plus grandes fortunes aux particuliers les plus modestes. « La forêt comme le vignoble sont des investissements long terme. Les investisseurs ont
plusieurs types d’avantage : réduction sur l’IR, sur les dons et la succession. Rappelons que la philosophie demeure la même : se regrouper et in- vestir sur le long terme avec une notion d’éthique forte pour entretenir les forêts », détaille Anthony Sibuet, DG Savoie-Haute Savoie pour le groupe spécialisé dans la ges- tion de patrimoine Quintesens. Par ailleurs, acheter une forêt en direct est possible... mais le ticket d’entrée peut être un véritable obstacle. L’achat de parts dans un groupement forestier permet de se po- sitionner à partir de 5 000 euros.
« La rentabilité de ce produit est relativement faible, mais il a un côté rassurant, et il est très apprécié dans une optique de transmission », commente
à 18 % du montant de l’in- vestissement, dans la limite annuelle de 5 700 euros pour un célibataire ou 11 400 euros pour un couple. L’investisse- ment forestier est aussi un outil puissant de réduction de l’IFI (impôt sur la fortune immobilière, autrefois impôt de solidarité sur la fortune) : vous ne déclarez que 25 % de la valeur du bien, soit une exonération de 75 %. En n, en matière de succession, la transmission est particu- lièrement avantageuse : là aussi, vous béné ciez d’une exonération de 75 % jusqu’à 78 000 euros, puis de 50 % au-delà... sous réserve que votre héritier conserve les parts pendant 30 ans.
ViGnOBles : in VinO Veritas ? POurquOi inVestir ?
« Qu’importe le  acon pourvu
L’hectare se négocie souvent plusieurs dizaines de milliers d’euros, et les domaines les plus réputés peuvent atteindre des sommets.
La solution : le groupement foncier viticole (GFV). Pour devenir associé d’un domaine ou d’un château grand cru, il suffit d’acheter une ou plusieurs parts. La mise de fonds est raisonnable dans une optique patrimoniale : les produits plus abordables débutent autour de 3 000 à 5 000 euros la part. Chaque part achetée donne droit à la valeur d’un certain nombre de bouteilles du domaine chaque année. Concrètement, vous pouvez donc être payé en numéraire ou béné cier de tarifs avantageux sur des bouteilles bien réelles, pour les revendre en direct... ou en pro ter à votre discrétion. Le rendement attendu est
dations sont de privilégier l’investissement dans des GFV à taille humaine (moins de 90 personnes) pour créer un lien fort avec le viticulteur et les autres sociétaires. » Il conseille par ailleurs de privilégier des vignobles re- cherchés pour protéger son investissement, et d’investir de façon raisonnable : 5 à 10 % de la surface patrimoniale.
la DéFisCalisatiOn en ChiFFres
Si les parts de GFV ne bé- néficient pas directement d’abattement sur l’impôt sur le revenu, il est possible de générer un dé cit foncier rural pour compenser d’éventuels béné ces fonciers urbains. Ce produit offre par ailleurs des avantages intéressants sur le front de l’IFI. La valeur des parts est ainsi exonérée à hauteur de 75 % dans la
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]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             2
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]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels immobiliers
  limite de 102 717 euros, et à hauteur de 50 % au-delà de ce seuil. Le  sc exige toute- fois pour béné cier de cette exonération que les parts soient détenues depuis au moins deux ans. Les parts de GFV sont également un produit intéressant dans le cadre d’une succession. Vos héritiers béné cient d’une exonération du même mon- tant (75 % jusqu’à 102 717 euros puis 50 % au-delà) à condition que les parts aient été détenues plus de deux ans.
sOFiCa : Ce n’est Pas Du CinéMa
- Pourquoi investir ? Vous êtes incollable en matière d’histoire du cinéma ? Vous avez vu tous les classiques, vous pouvez citer sans faillir les répliques cultes de Ca- sablanca ? D’accord, mais connaissez-vous les So ca ? Les sociétés de  nancement de l’industrie cinématogra- phique et de l’audiovisuel ont été créées en 1985 avec un objectif simple : contribuer au  nancement du cinéma et de l’audiovisuel en langue française. Elles doivent s’en- gager à respecter une charte produite par le Centre national du cinéma et de l’image ani- mée (CNC) qui leur impose des quotas de production d’œuvres indépendantes. « Le but d’une Sofica, c’est de  nancer l’industrie du  lm. La rentabilité sera jugée au CA dégagé par le  lm. Mais ces projets concernent sou- vent des  lms indépendants et toucheront sauf exception une audience restreinte. Il s’agit donc d’un investisse- ment risqué où la perte de capital doit être envisagée », ajoute Anthony Sibuet de Quintesens.
Pour obtenir le statut de So ca, les sociétés doivent déposer un dossier contrôlé par la CNC et la Direction générale des finances pu- bliques pour s’assurer du sérieux de leur engagement. Elles doivent même faire viser un prospectus par l’Autorité des marchés  nanciers ! En 2017, 11 sociétés ont été sé-
lectionnées au terme de ce parcours et ont obtenu le sésame qui leur permet de solliciter l’épargne des par- ticuliers pour une enveloppe totale de 63 millions d’euros. Le délai de conservations des parts varie entre cinq et huit ans.
- La dé scalisation en chiffres. Si vous faites le choix d’inves- tir dans une So ca, vous ne serez pas seulement récom- pensé par la grati cation de participer au rayonnement culturel de la France... vous l’aurez compris : ces sociétés permettent de prétendre à un avantage  scal non né- gligeable. Jusqu’en 2017, la réduction d’impôt concernait 30 % des sommes investies. Un chiffre qui pouvait être porté jusqu’à 36 % lorsque la société s’engageait à réa- liser au moins 10 % de ses investissements directement dans le capital de sociétés de réalisation avant le 31 décembre de l’année suivant celle de la souscription. Mais à compter de cette an- née, le taux de la réduction
accessible. C’est le cas à la ville, mais aussi dans les lieux de villégiature : stations balnéaires, campagne... et sta- tions de ski en altitude. Alors, pourquoi ne pas craquer pour une résidence de services ? La formule a de quoi séduire les amateurs de sports d’hiver : elle cumule investissement  nancier, pied-à-terre aux pieds des pistes, et réduc- tion d’impôts. « L’industrie touristique marche très fort
geable : vous choisissez au début du contrat de pro ter de votre bien pendant une à quatre semaines. Natu- rellement, cette occupation a une incidence sur le ren- dement du placement. Pour trois semaines d’occupation dans l’année, celui-ci tourne en moyenne autour de 2,8 à 3 % annuel. Mais atten- tion : ce type d’investissement nécessite un minimum de vigilance. Comme c’est le
à un syndicat libre pour 1 euro symbolique. »
- La dé scalisation en chiffres. Investir à la montagne pré- sente des avantages  scaux loin d’être négligeables. Dif- férentes stratégies existent. La location en meublé non professionnel (LMNP) permet ainsi de béné cier d’un abat- tement de 50 % des revenus au régime forfaitaire, ou de la déduction des charges au régime réel. Celle-ci peut s’avérer particulièrement inté- ressante. En effet, en plus des charges classiques (charges locatives, intérêts d’emprunt, dépenses d’entretien...), la valeur de l’immobilier et du mobilier acquis est amortie chaque année des revenus locatifs que vous touchez par le biais de votre bien. Dans le cas où l’amortissement est supérieur aux recettes, le dé-  cit peut même être reporté l’année suivante. Par exemple, un particulier touchant 10 000 euros annuels de revenus locatifs et amortissant cette somme sur 18 ans touche in  ne un total de... 180 000 euros nets d’impôts !
terres aGriCOles : Misez sur l’Or Vert - Pourquoi investir ? Vous avez la  bre paysanne ? Vous vous posez des questions philosophiques sur l’intérêt de travailler dans une tour à la Défense ou un espace de co-working du XIe arrondis- sement de Paris quand votre cœur bat pour la campagne ?
Rassurez-vous, il est possible de vous offrir un retour à la terre sans forcément tout plaquer !
En France, les terres agricoles sont très convoitées... et les prix grimpent, notamment en raison de l’appétit chinois. Récemment, un homme d’af- faires de l’Empire du Milieu a fait l’acquisition de 900 hectares dans la région de Chevagnes. La spéculation autour de ces terres fait donc miroiter la perspective de plus-values importantes à long terme.
Comme pour les forêts ou les vignes, il est possible en théorie d’investir en direct... Mais cela nécessite des com- pétences techniques, puisque vous devrez identi er une exploitation, en estimer la valeur, négocier, et enfin vous occuper de la gestion en échange d’un fermage. De plus, les agriculteurs bé- né cient de priorités légales d’achat, aidés par les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer). Il est donc recommandé de passer par l’achat de parts de GFA (groupement foncier agricole), dont le ticket d’en- trée débute autour de 2 000 euros. Côté rendement, la rentabilité de ces produits varie entre 1 et 4 % brut.
- La défiscalisation en chiffres. Comme pour un groupement forestier, vous avez droit à une réduction d’impôt de 18 % du montant de l’investissement avec un plafond de 5 700 euros pour un célibataire ou 11 400 euros pour un couple. Par ailleurs, comme la plupart des pro- duits «ruraux», la  scalité des terres agricoles est op- timisée pour en faciliter la transmission, l’idée étant d’éviter le morcellement du foncier. Les parts transmises sont exonérées à hauteur de 75 % jusqu’à une valeur de 102 717 euros, puis 50 % au-delà. Quant à l’IFI, les propriétaires ne sont im- posés que sur u.n quart de la valeur des GFA jusqu’à 102 717 euros, puis sur la moitié au-delà.
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
J’avais le choix entre le front de mer bé- tonné et la forêt...
La clé de voûte de l’investissement à la montagne ? Emplacement, altitude (être le plus haut possible) et la qualité du gestionnaire
 d’impôts a été relevé à 48 % ! Cette réduction d’impôts ne peut toutefois pas dépasser 25 % de votre revenu net. Par ailleurs, elle connaît un plafond de 18 000 euros au maximum, comme le stipulent les règles de plafonnement des niches  scales. Au total, la réduction d’impôts peut donc désormais atteindre 8 340 euros dans les meilleures conditions.
En cas de plus-value de ces- sion, celle-ci est imposable au titre des plus-values sur valeurs mobilières.
iMMOBilier De MOn- taGne : atteiGnez Des sOMMets
- Pourquoi investir ? La fai- blesse des taux aidant, l’im- mobilier a rarement été aussi
en France. La montagne pré- sente des taux de remplissage forts l’hiver et intéressants l’été. Nous privilégions du Censi-Bouvard qui permet une réduction d’impôt et des garanties de gestion. La clé de voûte de cet investissement ? Emplacement, altitude (être le plus haut possible) et la qualité du gestionnaire », note Anthony Sibuet, DG Savoie-Haute Savoie chez Quintesens.
Concrètement, les résidences de service proposent un deal simple : vous vous engagez sur neuf ans et con ez un bail commercial à une société de gestion qui s’occupe de la location. Celle-ci vous verse un loyer quoi qu’il arrive, que le logement soit occupé ou vide. Le petit plus non négli-
gestionnaire qui sera garant de votre rentabilité, il faut s’assurer de son sérieux... et surtout, étudier le bail avec soin. « Beaucoup ignorent qu’ils signent un bail com- mercial », explique Jérôme Roche, directeur commercial d’Edenarc, qui commercialise des appartements dans le do- maine des Arcs en Savoie. « Il faut être très vigilant sur ce qui se passe en cas de sortie de bail. Dans des résidences 4 ou 5 étoiles, on trouve une piscine, des salles de  tness... Qui est propriétaire de ces parties communes ? C’est un levier fréquemment uti- lisé par les promoteurs pour garder la main sur la relation commerciale. C’est la raison pour laquelle nous proposons d’offrir les parties communes
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                             ]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[Tribune libre
EXPRESSIONS
  « L’automatisation des  nances crée plus d’emplois qu’elle n’en détruit »
  Par Gaëlle Marre,
Director - Robert Half France
La numérisation est devenue une partie inhérente de la fonction  nancière, de nombreux domaines étant automatisés. Alors que l’automatisation des lieux de travail est souvent considérée comme né-
gative et synonyme de pertes d’emplois pour de nombreuses personnes, elle peut faire exactement le contraire. Plutôt que d’éliminer des emplois, l’automatisation consiste à s’adapter au changement. En retour, cela offre de nouvelles opportu- nités aux employés qui se concentrent sur des activités à valeur ajoutée pour leur organisation.
Nous avons mené une recherche mondiale indépendante et constaté que les domaines les plus fréquemment automatisés dans le domaine de la  nance sont la collecte de données (47 %), la facturation (38 %) et la saisie de données (34 %). D’ici 2020, la numérisation devrait évoluer vers la modé- lisation  nancière (41 %), le reporting prédictif (40 %) et le stockage de la documentation et la conformité (39 %). L’automatisation est inéluctable, et, au fur et à mesure que la technologie de pointe entre en  nance et automatise les tâches traditionnelles, les entreprises et les employés de- vront s’adapter.
Les avantages commerciaux de la transformation numérique sont bien connus. À l’échelle mondiale, cela a un impact sur les entreprises en optimisant l’exécution des tâches, en augmentant la production et la productivité, ce qui entraîne de meilleurs résultats commerciaux.
Mais ce qui est souvent négligé, c’est la manière dont la transformation numérique sera au service des employés. Nous avons constaté que 87 % des responsables  nanciers dans le monde s’accordent à dire que le recours accru à la technologie et aux processus numériques aura un impact positif sur les équipes  nancières. Interrogés sur l’impact réel, les trois principaux avantages ont été perçus comme une augmentation de la production des employés indivi- duels (61 %), permettant aux employés de se concentrer sur l’exécution des tâches et moins sur l’entrée manuelle des données (56 %). En outre, le personnel apprend de nouvelles compétences (52 %) plus rapidement.
De loin, le changement le plus important lié à l’automatisa- tion des lieux de travail se manifestera dans l’impact sur les emplois quotidiens. La transformation numérique soutient l’apprentissage de nouvelles aptitudes et compétences et, glo- balement, élève le rôle des employés. Les professionnels de la  nance auront l’opportunité de développer des compétences supplémentaires en s’adaptant au changement, augmentant ainsi leur valeur globale sur le marché de l’emploi.
L’automatisation accrue au travail est là pour soutenir les employés plutôt que de les inhiber. La majorité (74 %) des directeurs  nanciers à travers le monde s’accordent à dire que l’automatisation des postes de travail n’implique pas une réduction des effectifs  nanciers, mais nécessite plutôt un
changement des compétences nécessaires. Nous assisterons certainement à une baisse des tâches routinières et intensives en données, mais ce changement de rôles permettra aux employés de se recentrer sur la résolution de problèmes, la vision stratégique, la communication et le sens commercial. Plutôt que d’éliminer des emplois, le compromis ajoutera de la valeur à la journée de travail.
Alors, quelle est la prochaine étape de la transformation numérique ?
Contrairement à la croyance populaire, il s’agit de créer un équilibre entre la technologie et les gens. Tandis que les en- treprises comptent de plus en plus sur la technologie, elles ont besoin des talents et des compétences nécessaires pour tirer parti de leur potentiel pour réussir. Les responsables  nanciers du monde entier le savent, car nombre d’entre eux développent leurs équipes pour contribuer à la mise en œuvre de la transformation numérique.
Globalement, 30 % des cadres  nanciers ajoutent de nou- veaux postes permanents et 22 % envisagent d’utiliser des professionnels du  nancement temporaires ou contractuels pour soutenir la transition. Plus précisément, en France, 16 % recrutent du personnel permanent et 21 % travaillent avec du personnel temporaire.
Cette augmentation est attribuable à la demande de personnel possédant des compétences analytiques bien développées qui peuvent interpréter l’information et l’appliquer au sens des affaires pour soutenir les entreprises en vue d’une au- tomatisation à part entière.
Cependant, le changement ne va pas sans dé s. Dans le mouvement vers l’automatisation, les plus grands dé s pour 2020 comprennent la satisfaction des attentes plus larges des entreprises (34 %), la pression pour améliorer les perfor- mances (34 %) et les charges de travail toujours croissantes (31 %). La fonction  nance devra simultanément élargir et approfondir son rôle pour gérer les nouvelles attentes de l’en- treprise, indiquant que celle-ci a de grandes possibilités de redé nir son rôle et de se positionner pour la réussite future.
Pour résumer, l’automatisation de la fonction  nance sur le lieu de travail n’implique pas une réduction des effec- tifs. L’automatisation devrait être perçue comme le moteur soutenant de nouvelles opportunités attrayantes plutôt que de les saboter. Par conséquent, les professionnels de la  - nance et de la comptabilité développeront de plus en plus de nouvelles compétences qui complètent et exploitent la fonctionnalité de l’automatisation. En  n de compte, nous nous retrouverons avec une main-d’œuvre re-quali ée qui peut jouer un rôle actif dans les opérations commerciales en apportant une compétence plus vaste et plus riche. »n
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
© ALLO PHOTO
]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[Concours de micro-nouvelles
EXPRESSIONS
    Le monde de demain vu par un étudiant
EcoRéseau Business le clame haut et fort : il existe en France un ferment entrepreneurial et littéraire dans les esprits, qui ne demande qu’à se concrétiser. La preuve avec ce concours de micro-nouvelles organisé dans chaque numéro auprès des étudiants d’une école, où ceux-ci doivent imaginer une start-up qu’ils jugent révolutionnaire parce qu’elle va bouger les lignes dans le futur. Expérience des plus concluantes ce mois-ci avec l’EMLV avec l’originalité à souligner pour cette édition que la start-up décrite est réellement en projet. Les deux lauréates du mois de mars ont conçu Okaray, une start-up qui révolutionne notre rapport à l’art de façon interactive et ludique. Juste blu ant!
2Okaray, précurseur de l’art de demain
022. Aujourd’hui c’est l’inauguration La conversation ne fait que commencer... Pour ses fondatrices, OKARAY est la de la première galerie d’art interactive Demandez-lui de vous raconter son histoire. solution face à la lassitude des gens pour au monde. Tous les journaux en parlent, les musées traditionnels. Des endroits
     Satisfait de votre première expérience, votre visite continue. Imaginez que toutes les œuvres d’art qui vous entourent soient interactives et s’animent en fonction de vos mouvements, vos paroles, vos émotions...
  Vous pouvez maintenant rouvrir les yeux... Car ceci n’est pas un rêve mais la réalité.
  OKARAY a révolutionné le monde de l’art. Comment intégrer de nouvelles technologies à l’art ? Pour un domaine aussi classique cela pourrait paraître être un paradoxe. Mais la réalité de la société dans laquelle nous évoluons a dissipé toutes les inquiétudes. Une intelligence arti cielle qui crée une interactivité directe entre l’œuvre et son public promet de moderniser l’art tout en dynamisant les expositions.
 les gens se questionnent et les touristes font ennuyants, peu chaleureux et sans vie.
le voyage jusqu’à Paris pour y participer. Les rumeurs courent, il paraîtrait qu’il serait possible de parler avec une œuvre d’art...
OKARAY permet de redécouvrir l’art en y posant un regard neuf, qui se veut technologique et innovant.
Shana Enkaoua Meghira Shana Sebban
 Il est 19h. La galerie s’ouvre et souf e un sentiment de chaleur sur la foule empressée. Incroyable, une collection pleine de sens avec un art qui prend vie.
  Fermez les yeux. Imaginez-vous quelques instants dans cette galerie. Vous êtes à l’intérieur. Imaginez que les gens autour de vous interagissent avec les œuvres exposées. Une place se libère, c’est à votre tour de vivre l’expérience. Vous êtes devant le portrait d’une femme. Vous souriez. Elle vous sourit. Perplexe, vous faites un signe de la main en lui disant « bonjour ». Elle vous répond.
  Faisons place aux expositions ludiques et plus attractives.
  Il est maintenant 22h, la galerie est pleine. Tous s’amusent avec les différentes œuvres de la collection. OKARAY a fait de l’art un loisir à part entière et accessible à tous.
  Ne soyez plus de simples spectateurs, devenez acteurs de l’art de demain
    Avis d’expert : Entretien avec Fernanda Arréola, professeur en stratégie et entrepreneuriat de l’Ecole de management Léonard de Vinci (EMLV).
« Les idées seules ne suf sent pas, il faut les présenter, les expliquer, les vendre. Aussi, la communication es-ellet essentielle dans ce parcours »
Fernanda Arréola a rejoint, il y a tout juste deux mois, le pôle Léonard de Vinci. Mexicaine, ingénieur en mécanique de formation, elle a préparé un MBA aux Etats-Unis, à la Thunderbird de Phoenix, mené des re- cherches au Brésil, avant de s’installer en France en 2015. Sa multi-culturalité la dote d’un regard aiguisé et plein de recul sur le développement de l’entrepre- neuriat dans l’Hexagone, et au sein de l’EMLV, école post-Bac.
Percevez-vous un intérêt de vos jeunes
pour l’entrepreneuriat ?
Fernanda Arréola : « L’attirance des jeunes pour l’en- trepreneuriat et l’innovation est toute naturelle, en raison des valeurs véhiculées par les start-up comme la  exibilité ou l’opportunité de réussir dans différents domaines, d’avoir des casquettes variées. Aussi, à l’EMLV, pas de majeure dédiée à l’entrepreneuriat. Mais, quelle que soit leur spécialisation, les étudiants sont familiarisés avec cette thématique. C’est une sorte de  l rouge tout au long du cursus, qui va en
augmentant pendant ces cinq années d’études. Dès mon premier cours, ma première heure avec eux, 30 % ont manifesté leur intérêt pour l’entrepreneuriat, trois ont déclaré avoir un véritable projet. »
Concrètement, comme cela se traduit
au sein de l’EMLV ?
F.A : La semaine dernière a été présentée à la direc- tion générale de l’école le projet d’une association dé- diée uniquement à l’entrepreneuriat. Créer un réseau de ceux qui se sont lancés pour savoir à qui poser les questions. Les jeunes préfèrent parler à d’autres jeunes. Aujourd’hui, 500 projets de création d’entre- prise ont déjà été portés. En 2018, 12 de nos étudiants ont adopté le statut d’étudiant entrepreneur. Et c’est sans compter les hackathons, les semaines de trans- versalité où futurs ingénieurs, pros d’Internet et mana- gers travaillent ensemble sur des projets de création d’entreprise. Les idées seules ne suf sent pas, il faut les présenter, les expliquer, les vendre. Aussi, la com- munication est essentielle dans ce parcours. Un point
sur lequel on insiste particulièrement, quel que soit le cursus suivi. Et, preuve encore de la mobilisation de l’école sur cette thématique : la mise en place à la rentrée 2018 d’un MBA axé sur la transformation et l’innovation. Et pas que digitale. Trop souvent, dans le discours, ça se limite à ce champ-là.
Comment se situe la France dans le développement de l’entrepreneuriat ?
F.A :Si la réputation des Etats-Unis n’est plus à faire, c’est le meilleur moment pour être en France actuel- lement. L’intérêt des étudiants est là, les incubateurs aussi. L’écosystème est riche avec des opportunités multiples. Et les jeunes se lancent. A raison, c’est une formidable expérience, riche d’enseignements, appré- ciée des recruteurs également. C’est l’occasion de
développer son capital social.
(Elle monte actuellement sa propre entreprise – dans la bière artisanale. Une casquette de plus pour Fer- nanda Arréola, NDLR.)
Propos recueillis par Murielle Wolski
MARS 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[EXPRESSIONS
 Regard sémantique
Depuis neuf ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,
ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.
Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées courant janvier à Paris.
  La mémoire des mots
JUPITER
Primaire ; Vote utile ; PenelopeGate ; Jusqu’au boutiste ; En Marche ; En même temps ; Moraliser ; Jupiter ; Brigitte ; Autorité ; Refondation de l’Europe ; Changer les Institu- tions ; Fainénants ; Macroniser ; Macronisme ;
Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
  Tableau ‘’Tendances en langage’’ POLITIQUE 2017, Jane Bee
« Révolution » ? La vie politique française repose sur « Jupiter ». Le « Kid président » chamboule le paysage politique, empor- tant avec lui sa volonté de « changer les institutions », de « moraliser », d’agir pour « la refondation de l’Europe ». Il impose ses expressions comme « et en même temps », sa défense de « l’hé- roïsme politique ». Il impose « le temps du franc-parler », avec ses « fainéants » : mot qui stigmatise ceux qui s’opposent aux réformes. La « recomposition » est donc « en marche ». Saperlipopette », « poudre de perlimpinpin » signent eux un style lexical présidentiel aux registres variés.
« Macron est le candidat de la France d’en haut » aux yeux de certains, il réussi à « fabriquer une majorité ». Les « insoumis » entrent à l’Assemblée et cherchent un nouvel élan. A droite « les constructifs » tolèrent la double-ap- partenance politique : être de droite et « marconien ». «Wauquiez » doit relan- cer « Les Républicains ». « Edouard » à Matignon est discret.
Une « campagne au bord de la crise de nerfs » déjà presque oubliée qui laisse
derrière elle « le bal des menteurs » et François Fillon le « jusqu’au-boutiste », accuse Hollande. « Les frondeurs » du parti socialiste sont aussi les per- dants malgré leur désamour pour Valls et Hollande. Il y a eu « les primaires », « l’abstention », « le vote utile » « Le Penelopegate » autour des emplois  ctifs de Pénélope Fillon, et même le premier ratage de l’équipe Macron. Celui de « La Rotonde, petit dîner grand bruit ». Quand « Obamacron » célébrait un peu trop tôt sa quali cation pour le second tour. Sous Macron, « l’état d’urgence doit s’arrêter » et « Charlie c’est  ni ». Emmanuel embrasse Brigitte sous l’œil des photographes : « statut ou charte pour la première dame ? » s’interrogent les éditorialistes. « Impossible statut » peut-être.
Le président possède son « coach vocal ». En « manager darwinien », il s’assure que « l’Elysée verrouille sa com » à la sortie du premier conseil des ministres. La « Start up Macron » toujours aussi jupitérienne est « en marche » et  xe une « voie libérale-étatiste ». Et surtout « Macron », « macronise».
Prochain Numéro le jeudi 5 avril 2018
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MARS 2018 | ecoreseau.fr
   ]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[                                                           LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRE CABARET DU MONDE !
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]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[                 FIDUCIAL
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de 6 groupements forestiers
660 000 m2 d’actifs immobiliers gérés
713 immeubles et 2 047 locataires sous gestion
30 000 associés
    Ficommerce
Visa AMF SCPI n°17-25 en date du 13 juillet 2017
SCPI à capital variable
Immobilier d’entreprise
“commerces”
Éligible Assurance-vie TRI 10 ans au 31/12/2017 : 9,73 % DVM 2017 : 4,52 %
     CAPITALISATION
652 M€
au 01/10/2017
  Buroboutic
Visa AMF SCPI n°17-01 en date du 27 janvier 2017
SCPI à capital variable
Immobilier d’entreprise
“commerces & bureaux” Éligible Assurance-vie
TRI 10 ans au 31/12/2017 : 10,18 % DVM 2017 : 4,55 %
     CAPITALISATION
356 M€
au 01/10/2017
                                   FICOMMERCE
            Sélectipierre 2
Visa AMF SCPI n°17-28 en date du 1er août 2017
SCPI à capital variable
Immobilier d’entreprise
“bureaux Prime Paris” Éligible Assurance-vie
TRI 10 ans au 31/12/2017 : 15,55 % DVM 2017 : 3,92 %
     CAPITALISATION
360 M€
au 01/10/2017
 Une équipe commerciale à votre écoute
Jean-François Charrier, Directeur du Développement, Claire Roux, Responsable commerciale, Julie Pradeau, Assistante commerciale
01 49 07 86 80
www.fiducial-gerance.fr
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