﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="112"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[                 ••• SPÉCIAL 5 ANS •••
 FÉVRIER 2018 - N°47
                     ENTREPRENDRE INNOVER POSITIVER
ecoreseau.fr
                NOUVELLES TECHNOLOGIES DRESS CODES & BUSINESS Les innovations au service Comment donner bonne
DRAGUE & SÉDUCTION
La (re)découverte du consentement
# BALANCE TON...
Les réseaux sociaux peuvent-ils remplacer les tribunaux ?
des forces de l’ordre impression ?
  MANAGER AUTREMENT
PROSPECTIVE - CES LAS VEGAS
OBJETS CONNECTÉS
ENTRE CONFORT ET FLICAGE
PATRIMOINE
OÙ PLACER VOTRE ARGENT ?
LE CHAMP DES POSSIBLES
 MOTIVER
ET IMPLIQUER SES ÉQUIPES
MARTINE LIAUTAUD
     ÉLECTRON LIBRE
MENTOR DE FEMMES
ENTREPRENEURES
RELOCALISATION
L’INDUSTRIE DU FUTUR PEUT-ELLE REDYNAMISER NOS TERRITOIRES ?
 Culture du rebond
BERTIER LUYT
DE L’ENTREPRENEURIAT À L’ACCÉLÉRATION DE START-UP
NOUVELLE FORMULE
ENTREPRENDRE EN 2018
 DÉCOLLAGE IMMÉDIAT
• LES CLÉS POUR FAIRE PIVOTER SON ACTIVITÉ
• INCUBATEURS/ACCÉLÉRATEURS EN FRANCE, L’HEURE DU BILAN • CONCURRENCE & ÉTUDE DE MARCHÉ, LE POTENTIEL DU BIG DATA • RÉSEAUX & INFLUENCE, LE CLUB DES REPRENEURS D’AFFAIRES • GESTION & SERVICES GÉNÉRAUX, LES DERNIÈRES TENDANCES
   BEL : 4,90 € - DOM/TOM : 4,90 € - N CAL/S 590 cfp - POL/S 650 cfp - CAN 6,50 $ca - MAR 46 MAd
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[EDITORIAL
Merci pour ces 5 années et pour celles à venir...
  Un taux de croissance estimé à 1,9% à la  n de ce premier semestre 2018. Du jamais vu depuis trois quinquennats. Le moral des investisseurs
américains qui grimpe de 49% en 2016 à 72% en 2017 selon le baromètre AmCham-Bain. Des stars mondiales de l’économie réunies à Versailles dans le cadre du sommet
choose France (bon, il nous a paru qu’il manquait quand même à l’appel un peu plus de représentants français, dommage...). Et cerise sur le gâteau bleu-blanc-rouge, l’indice du climat des affaires de l’INSEE qui crève
le plafond, avec le niveau le plus élevé qu’ait connu l’industrie en 10 ans. Se serait-il arrêter de pleuvoir
au pays des pessimistes mangeurs de grenouilles ?
Si les économistes évoquent un moment de grâce conjoncturel ou invoquent un effet de rattrapage classique après une crise économique et  nancière, il n’empêche que d’autres forces vives sont à l’ac- tion. Une bascule psychologique s’opère dans nos esprits. Il n’y a qu’à regarder les couvertures de nos confrères pour réaliser le pas de géant que nous sommes en train d’accomplir tous de concert. Quand Marianne réalise son double numéro de  n d’année au Panache français, le Point lui titre la France
comme pays de l’optimisme ! Et si 2018 sonnait le glas de nos ataviques lamentations ?
Si tel est le cas, nous tenons humblement à vous remercier de nous faire con ance depuis cinq ans. Cinq ans que nous faisons germer l’idée que l’optimisme est de volonté mais aussi d’actions. Cinq ans pendant lesquels nous avons tenu à développer une ligne éditoriale qui trouve de plus en plus de lec- teurs, comme l’illustrent le virage « positif » de nos confrères... De notre côté et en janvier 2013, nous titrions d’ailleurs notre premier édito « Vent d’optimisme », guidés par une ligne éditoriale centrée sur l’entrepreneuriat au sens large du terme et le progrès car oui, la France est ce pays qui sait innover et dont la capacité de ses concitoyens n’est plus à prouver . Mais encore faut-il en parler et en faire le relais plus souvent et plus spontanément.
C’est le pari que nous avons fait en avec le lancement d’EcoRéseau Business, dont l’ef cacité de sa périodicité n’est plus à prouver ; au diable les « fast / brake / fake-news », concentrons-nous sur le fond, avec des articles d’analyse optimistes et éclairants à contre-courant de l’infobésité sinistre et morose. En bref, il est possible de vous faire découvrir l’économie autrement. Merci donc pour ces cinq années de soutien et surtout pour celles à venir, vous qui grandissez chaque jour un peu plus les rangs de nos  dèles lecteurs. Mais il ne serait question de nous reposer sur nos frêles lauriers. D’autant qu’à l’una-
nimité, les études de neurosciences montrent qu’à contenu égal, une information délivrée avec un ton négatif sera plus ancrée dans la mémoire qu’une même info diffusée avec le sourire...
Et pour garder le sourire en 2018, nous vous proposons quelques nouveautés. Des rubriques inédites d’abord avec l’œil décalé qui souhaite revenir sur un thème sociétal atypique, ce mois-ci, la drague sans les applications, vaste sujet par les temps qui courent et qui donne des idées sur comment appro- cher et séduire Catherine Deneuve... Des rubriques sur le retour aussi avec notre rubrique monde qui souhaite investiguer des problématiques business internationales. Des rubriques revisitées également comme notre prospective qui mettra en lumière des œuvres de la littérature et du cinéma. De nouveaux chroniqueurs aussi avec Philippe Croizon, quadri-amputé et aventurier de l’extrême ou encore Frédéric Rey-Millet, fondateur d’Ethikonsulting qui nous éclairera sur les nouvelles façons de manager. Car si « tout est possible », « manager n’est pas jouer » !
Pour ce numéro anniversaire, nous n’avons pas boudé notre plaisir et avons concocté un numéro dédié à l’entrepreneuriat dans son sens large avec la Une du Club entreprendre dédiée au pivot et au rebond entrepreneurial, avec notre nominé culture du rebond, Berthier Luyt, autrefois chantre du phénomène des makers et aujourd’hui DG de TechStars, un des principaux accélérateurs de France, avec égale- ment notre électron libre Martine Liautaud, mentor de femmes entrepreneures, engagée et engageante. Notre média tient également à con rmer sa fonction d’outil stratégique des décideurs avec une enquête réalisée sur le bilan des incubateurs /accélérateurs en France, un autre dossier portant sur l’utilisation du Big Data dans l’étude de marché et notre cahier pratique qui épouse chaque aspect de la gestion d’une entreprise pour mieux vous guider dans votre métier d’entrepreneur. Last but not least, notre enquête sociétale et macroéconomique analyse le phénomène de relocalisation de nos entreprises en France pour mieux rediscuter l’avantage comparatif de la production à bas coût et espérer, à terme, constater le retour de notre industrie et de nos services dans notre cher pays.« Pendant des millénaires, on n’était ni optimiste ni pessimiste parce que les choses ne changeaient pas. Demain était semblable à hier », disait Jean d’Ormesson. Aujourd’hui le monde est en pleine mutation, pro tons-en ! Stop le passé, regardons l’avenir. Vous vouliez de l’optimisme ? Vous voilà servis.
Jean-Baptiste Leprince Geoffroy Framery
Fondateur & directeur de la publication Journaliste EcoRéseau Business
   @EcoReseau
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 LE CHAT by Philippe Geluck
2 FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[    Le plaisir de conduire
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Découvrez la nouvelle finition Business Design disponible sur BMW Série 1 et BMW Série 3 incluant notamment les équipements suivants :
• Projecteurs Full LED et antibrouillards LED
• Jantes en alliage léger 17’’
• Navigation Business avec Services ConnectedDrive • Eléments extérieurs et intérieurs en noir laqué
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Consommations en cycle mixte de la BMW Série 1 : 3,4 à 7,8 l/100 km. CO2 : 89 à 179 g/km selon la norme européenne NEDC. BMW France, S.A. au capital de 2 805 000 € - 722 000 965 RCS Versailles - 3 avenue Ampère, 78180 Montigny-le-Bretonneux.
    ]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[Galaxie ecoRéseau 2-11
Baromètre de l’optimisme 6
- Tendances
- Actions symboliques - The Green Life
en couveRtuRe 12-19
SOMMAIRE
                  www.ecoreseau.fr
13, rue Raymond Losserand – 75014 Paris
Courriel : contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
Rédaction EcoRéseau Business
Courriel : redaction@lmedia.fr
Direction de la rédaction
Geoffroy Framery, Jean-Baptiste Leprince
Chroniqueurs : Alto Avocats®, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France®, Arthur Cohen, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon,
IsaLou Beaudet Regen, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, TheFamily®
Collaborateurs réguliers : Jean-Marie Benoist, Elsa Bellanger, Joseph Capet, Charles Cohen, Anne Diradourian, Julien Fournier, Stéphanie Gallo, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Marc Hervez, Aymeric Marolleau, Emilie Massard, Cyril Michaud, Raphaëlle Mittler, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Nicolas Pagniez, Antoine Pietri, Olivier Remy, Séverine Renard, Julien Tarby, Pierre Tiessen, Carla Verley, Ariane Warlin, Murielle Wolski
Dessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie Boulard
Réalisation
Courriel : production@lmedia.fr
Responsable production : Frédéric Bergeron Conseiller artistique : Thierry Alexandre Crédits photos : Shutterstock, DR
Publicité & Opérations spéciales
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Justine Boduch, Anne-Sophie Monthioux-Goujon,
Pierre-Marie Nauleau
Diffusion, abonnements & vente au numéro
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13, rue Raymond Losserand 75014 Paris Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 39 €TTC au lieu de 45 €TTC Abonnement 2 ans : 75 €TTC au lieu de 90 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLP
Coordination & Partenariats
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EcoRéseau Business est édité par LMedia
RCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parution
Numéro ISSN : 2265-7436
Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés
pour appréciation.
Imprimeur : Léonce Deprez – Imprimé en France
Rétrospective
Consommation : de la possession à l’usage
Grand Angle
La relocalisation en France : les raisons d’espérer
- Développement économique : comment les agences dedéveloppementcapitalisentsurlesforcesdeleurterritoire 58 - MICE : les tendances pour 2018 62
Rh & FoRmation 68-79 Réseaux & In uence
Le CRA (club des cédants et repreneurs d’affaires) 68
Observatoire 70
Manager autrement
13 Comment éviter les « bullshit job »s pour son équipe ? 73
  14 Les enfants du mariage entre innovation et artisanat 16
Carrières & Talents
- Réforme de la formation professionnelle :
la nécessaire mue de ses acteurs 74
Régions & Territoires International
Les champions français de l’export
société
France
La dénonciation en France et les lanceurs d’alerte
Prospective
Les start-up des objets connectés au corps humain
club entRepRendRe
Baromètre & Tendances Enquête
Le rebond entrepreneurial dans tous ses états
Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2018
Martine Liautaud et son engagement pour les femmes entrepreneures
- Grandes écoles et innovation : de l’EIP à la success story, retour sur des parcours d’Epitéchéen
18
22-25
22 24
26-37
30
32
aRt de vivRe & patRimoine
La Sélection culturelle
L’Air du temps
- Evasion et voyages haut de gamme : les petites perles de la relation client
- Dress code et entreprises : vers de nouvelles mœurs ?
L’Art du temps
78
80-106
80
82 86
89 95 97 98
   26 L’Actualité automobile : Essais & Tendances Baromètre Finance de marché
Baromètre Patrimoine
Patrimoine
                    Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2018
Bertier Luyt, du maker au dirigeant d’accélérateur
En immersion
Lion, école avant-gardiste pour employés de start-up
Le tour du monde de l’innovation
Forces de l’ordre mieux armées 42
Décryptage
Incubateurs / accélérateurs : l’heure du bilan 44
Haute résolution
Le Big data pour mieux scruter le marché et la concurrence 46
cahieR pRatique 48-67 Créer aujourd’hui
Lancement du produit : comment faire évoluer son MVP ? 49
- Placer son argent en 2018 : panorama des investissements,
de l’atypique au plus risqué 100 - Dé scaliser en 2018 : évolutions réglementaires et possibilités dans la pierre 104
stRatéGie &
Regard sémantique 110
34
36 Tribune libre 107
expRessions 107-111
    innovation numéRique 38-47 Baromètre de l’innovation 38
     4
FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
Business guides
- Gestion et services généraux : les tendances entrepreneuriales pour 2018
54
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[               Le plaisir de conduire
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• Projecteurs LED
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    ]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances
Les bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper. Elles sont  nalement si nombreuses que nous vous proposons une nouvelle version plus étoffée du baromètre. Bonnes ondes positives !
Le verbatim à retenir...
L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait Georges Bernanos, La liberté pour quoi faire ?
Selon Digital Baby Boomer, 8 seniors sur 10 estiment que l’Internet contribue à améliorer signi cativement leur quotidien. Loin d’être des digital natives (et pour cause), les seniors ne sont pas lésés quant aux possibilités de mieux-être offertes par l’Internet. Ils sont de plus en plus connectés et de mieux en mieux équipés. Le soin est laissé aux jeunes pousses d’offrir aux seniors des sites et des plateformes utiles, adaptés et instructifs.
LE GRAPHIQUE DU MOIS
« La France, champion du monde dans l’émission de green bonds en 2017»
    Thierry Saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme,
Incubateur d’énergies positives.
Ayez con ance
L’imbrication est évidemment permanente entre con ance et dé ance, optimisme et pessimisme. En réalité nous devrions parler des con ances. Nous connaissons la con ance aveugle, celle du nourris- son et de l’enfant envers leurs parents. Au-delà de l’affect, c’est une con ance de dépendance que l’on peut étendre à d’autres nécessités comme à l’égard d’une autorité ou d’une monnaie lorsqu’on n’a pas d’autre choix que de s’y astreindre.
Il y a également la con ance totale, sans retenue, celle de la croyance, de la foi, de l’amour, la con ance spontanée, intuitive, subjective avec une prise de risque assumée. Ajoutons la con ance raisonnée, mesurée, calculée re- posant sur une capacité de discernement. C’est celle du contrat dans toutes ses dimensions.
Finissons avec la con ance qui repose sur une adhésion à des causes, des valeurs, des engagements, celle qui nous fait dépasser notre condition de simple individu.
Les frontières de ces con ances ne sont pas fermées. Nos décisions sont souvent à la fois raisonnées, intuitives, par- fois même passionnelles. Je ne partage pas une analyse, en vogue actuellement, selon laquelle ce sont les sentiments qui, généralement, déterminent nos choix. Je pense, au contraire, hors les con ances aveugle et totale, que le sentiment échappant à notre volonté et notre contrôle ne peut être le déclencheur dominant de la con ance.
Au quotidien, c’est avec la con ance rationnelle que vous avez le plus à faire. Convenons qu’elle a plus à voir avec la raison qu’avec l’affect.
Au moment de prendre une décision, ayez en tête que la con ance est un état intermédiaire entre le savoir et le non savoir. Sur les mêmes bases, on peut opter pour la con ance ou pour la dé ance. La con ance est un éco- nomiseur d’informations, un réducteur de la complexité, un neutralisateur d’incertitude.
Le pessimiste n’en  nit pas de se poser des questions, d’hésiter, de renoncer.
L’optimiste mesure que, sans con ance, il risquerait de ne jamais rien entreprendre, de ne jamais progresser, jamais réussir. L’optimiste lucide n’ignore pas pour autant les garde-fous qui éclairent ses décisions, l’analyse préalable des données et l’évaluation des résultats attendus.
    LE CHIFFRE DU MOIS
8/10
     6
FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
L’onde positive
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances
 LegalTech, vers une plus grande équité
Comment s’orienter et se repérer parmi plus de sept millions de décisions de justice ? Doctrine.fr met en place une base de données à destination des
avocats et des juristes d’entreprise. L’intelligence arti cielle classe et permet de retrouver les déci- sions de justice ainsi que toute la jurisprudence. L’algorithme mis sur pied par Doctrine.fr offre un gain de temps précieux aux professionnels du droit en cherchant des réponses adéquates et sur mesure dans la base de données. Les LegalTech dégagent du temps et rendent l’avocat plus disponible à l’étude de
son cas, autrement dit plus prompt à échanger avec son client. Le travail d’un juge équitable consiste à appliquer le caractère général de la lettre de la loi au cas particulier et singulier qu’il traite. Comme une règle souple en plomb qui s’adapterait aux mesures exactes d’un tambour de colonne grecque, la tâche du juge est de travailler sur mesure et à la mesure du cas. Le temps gagné grâce aux LegalTech est du temps dédié à l’étude et à la recherche d’une plus grande équité dans les décisions rendues.
 Atalante, un exosquelette pour faire remarcher les paralysés
La société Wandercraft vient de mettre au point un exosquelette qui simule les situations de déséquilibre permanent de la marche et offre à des malades en fauteuil roulant la possibilité de remarcher. Le robot marcheur tient lieu
d’organes de la motricité pour les membres infé- rieurs. Atalante est le premier robot qui libère les bras pendant la marche (contrairement à son ancêtre, le fauteuil roulant). L’homme, à la différence des autres grands singes, est le seul à avoir les mains libres, c’est-à-dire que ses mains ne lui servent pas à maintenir l’équilibre pendant la marche. Ainsi, avec Atalante, les patients pourraient de nouveau marcher en faisant tout autre chose avec leurs mains. Cet exosquelette ne sera d’abord mis en circulation
que dans les cliniques et les milieux médicaux. Grâce à une importante levée de fonds, Wandercraft pourra reprendre et développer ses expérimentations à partir de février 2018. On espère que cette première mondiale se démocra- tisera et franchira les portes des foyers des particuliers.
 Brain Invaders ou le progrès de la commande cérébrale
Pour fêter ses dix ans d’existence, le Gipsa-lab de Grenoble (laboratoire du CNRS) a remis au goût du jour l’antique jeu Space Invaders. Il s’agit encore de détruire de vilains extraterrestres, non plus avec un clavier ou une manette, mais avec la seule force de l’attention et de la concentration. A l’aide de l’électroencéphalographie (un ensemble complexe d’électrodes placé sur la tête), l’intelli- gence arti cielle peut saisir la partie de l’écran sur laquelle l’esprit est concentré et agir en fonction. Bien au-delà du domaine du jeu et des écrans, on imagine le secours apporté aux personnes lour- dement handicapées : l’analyse en temps réel des ondes électriques émises par le cerveau changerait la vie des malades paralysés qui pourraient ainsi piloter à distance le mouvement de telle ou telle machine. Faire exploser les envahisseurs en les  xant des yeux, reprise du succès de Marc Lavoine, Les
yeux revolvers ?
 De vraies étoiles  lantes sur commande
On se souvient que Serge Gainsbourg aimait emmener Jane Birkin à la tom- bée de la nuit au pied de la Tour Eiffel. Claquant alors des doigts, il feignait d’allumer l’éclairage de la Dame de fer, offrant ainsi le privilège et la beauté de l’instant à sa bien-aimée. A Tokyo, à partir de 2019, il sera possible de
 produire une pluie d’étoiles  lantes sur demande. Un satellite (plus petit qu’un gros sac à dos) projette de mini-météorites à plus de 8 km/seconde. En faisant leur entrée dans l’atmosphère, les billes colorées sont visibles dans un rayon de cent kilomètres. Le Shooting Star Challenge de la société japonaise Ale est désormais lancé. Aux commanditaires d’être alors aussi poétiques
et de métaphoriser aussi génialement que le grand Serge.
 reBuy, lutter contre l’obsolescence programmée
L’obsolescence programmée est un délit passible d’une peine de prison et de 300 000 euros d’amende ou d’un montant de 5 % du chiffre d’affaires annuel réalisé en France. Malgré cette loi, il reste très dif cile pour le consommateur de réparer
un appareil défectueux. Même s’il est animé du souci d’une consommation responsable, la réparation reste ultra technique et, quand elle est possible, réservée à quelques spécialistes de la bidouille. reBuy répare tablettes, téléphones, montres connectées, appareils photo... L’achat de produits reconditionnés est colossal et atteint les 100 000 articles par jour en s’ouvrant au marché français depuis juin dernier. A l’heure où la consommation de masse et l’écologie semblent faire
partie des préoccupations les plus importantes, acheter un appareil reconditionné est doublement vertueux : 50 % d’économie par rapport à un produit neuf mêlés à un désencombrement des déchèteries ou à un respect plus conséquent de l’envi- ronnement, quand on sait que 70 kg de matières premières sont nécessaires pour produire un Smartphone. reBuy est le lieu d’incarnation s’il en est de l’économie circulaire dédiée aux objets connectés. Ne dit-on pas d’ailleurs que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes ?
 Le Tesla Semi, un camion électrique
Après la voiture et le taxi électrique et sans chauffeur, Tesla a présenté son prototype de semi-remorque. A charge complète, il sera possible d’effectuer 800 km. Ce semi-remorque est également semi-autonome puisqu’il implique la présence d’un chauffeur (pour lequel aucun espace couchage n’est encore prévu). Le carénage du camion est pensé de manière à offrir le moins de résistance possible au vent. Le coût au
kilomètre d’un camion traditionnel fonctionnant au diesel est plus élevé de 20 %. L’économie serait donc bien réelle. Reste encore à penser les modes de production de l’électricité du futur...
 In Memori, quand le numérique accompagne les familles en deuil
« Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » Voici ce qu’écrit Camus dans le célèbre incipit de L’Etranger. Lors de la mort d’un proche, deux courses contre la montre se mettent en place pour la famille : organiser les
obsèques et prévenir les proches. La plateforme nu- mérique In Memori met à la disposition des familles les informations pratiques relatives aux obsèques et permet de partager l’annonce du décès. Nos familles et nos amis sont de plus en plus dispersés sur la surface du globe. Ce service gratuit permet de recueillir sur une page privée tous les témoignages, de publier un faire-part, d’organiser une éventuelle collecte de dons...
La version anglaise de cette plateforme est déjà très implantée aux Etats-Unis. En France, In Memori soulage, non pas la souffrance des personnes en deuil, mais la gestion toujours dans l’urgence des obsèques.
       FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 7
]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Tendances
    Isalou
Beaudet Regen
Fondatrice de Kama Conseil & Associés
Selon l’adage, « le monde sourit à ceux qui se lèvent tôt », rencontres matinales avec nos dirigeants.
À l’occasion du 5eme anniversaire du journal EcoRéseau Business,
rencontre avec Jean-Baptiste Leprince, fondateur et directeur de la publication
L’ENTREPRISE CENTENAIRE
Paraboot, l’art d’être bel et bien chaussé
« Tout le développement de la marque s’est fait en auto nancement - ce qui souvent marque les esprits. »
En 1908, à Izeaux dans
l ’Isère, Rémy Richard
confectionne des chaus-
sures qu’il vend à Paris.
Très vite, il peut embau-
cher son propre person-
nel. La marque Paraboot
est officiellement dépo-
s ée en 1927. « Pendant
l es Trente Glorieuses,
la société se développe presque inconsciemment dans toute la F rance », explique Pierre Colin, directeur marketing et commu- nication de Paraboot. La marque touche à l’époque les métiers de bouche, les travailleurs, les populations agricoles et rurales. Jusqu’à la fin des années 70, le développement commercial et in- dustriel de Paraboot est assez peu marquant.
Ce sont les années 80 qui marquent une rupture brutale dans l’his- t oire de l’entreprise qui voit « une période financière succéder à u ne période commerciale ». Alors que les modèles de montagne, notamment la marque Galibier, sont essentiellement tournés vers l’export en Amérique et au Canada, l’arrivée de Reagan au pou- voir change tout. « Le passage du dollar américain de 10 francs à 4 francs a pour conséquence une rupture très nette sur le marché de l’export», précise Pierre Colin. Paraboot a alors besoin d’un fond de roulement très important, mais les banques ne suivent plus. Paradoxalement, le carnet de commande reste plein. C’est principalement grâce à la confiance des fournisseurs, surtout de quelques tanneurs alsaciens, que l’entreprise a duré grâce à l’octroi de lignes de crédit. Malgré le retrait des banques, l’en- dettement de l’entreprise est toujours resté quasi nul : « Tout le développement de la marque s’est fait en autofinancement — ce qui souvent marque les esprits. »
Dans les années 1990 - 2000, Paraboot développe des boutiques et achète des pas-de-porte. L’entreprise finance à 100 % l’achat des magasins, sans recourir au crédit. Toujours dans les années 1990, Paraboot développe l’export et s’empare du marché asiatique et surtout du Japon. Aujourd’hui, l’Asie représente le pilier du dé- veloppement de la marque et près de 50 % du chiffre d’affaires : « Depuis les années 2000, la part de l’international n’a cessé d’augmenter, si bien que la part de l’export est devenue la plus importante. » En 2017, Paraboot connaît une phase industrielle im- portante, car l’entreprise quitte ses ateliers ancestraux pour créer un nouvel outil industriel en investissant près de 9 millions d’euros. « Selon la Fédération Française de la Chaussure, cet investissement est le seul dans le milieu de la chaussure en France depuis trente ans », soutient Pierre Colin. C’est ainsi que sont produites environ 120 000 paires de chaussures par an.
Tout cela sans la moindre vente sur la toile : « J’exagère un petit peu, mais l’Internet a pendant longtemps été un gros mot chez nous. Le e-commerce pur et dur n’est pas dans la philosophie de Paraboot. » Depuis 20 ans, Paraboot s’est doté d’un site web qui est une vitrine, mais refuse la vente en ligne. 400 détaillants en France distribuent la marque et permettent de servir au mieux une clientèle exigeante, désormais autant urbaine que rurale.
   8
FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
Le matin représente quoi pour toi ? Une image, un lieu, une ambiance, un souvenir ? Inévitablement un peu de tout cela : c’est d’abord un souvenir ; les matins où plus jeune je pre- nais le petit déjeuner avec mon cher père, les informations en fond sonore. C’est également une ambiance : le calme avant le tumulte, le temps de la ré exion avant celui de l’action, le moment d’écrire. C’est en n un lieu voire une image : chez moi, quand j’observe de loin ma petite famille en plein sommeil ; cela m’apaise, et en même temps me remplit d’énergie. Et si j’ai la chance de les croiser avant de partir, c’est encore plus encourageant !
Réveil à quelle heure ? Quels rituels de dé- marrage et de préparation de la journée ? Deux réveils possibles : soit à 5h45 si je suis au départ de Tours, soit à 6h30 si je suis sur Paris. Le rituel quant à lui est à peu près identique : réveil musculaire et quelques exercices, suivi d’un petit déjeuner devant mon ordinateur a n de lire mails et newsletters du jour, organiser ma journée, prendre la température sur le net... tout en écoutant les dernières nouvelles à la radio. Ensuite une douche et c’est (re)parti !
Qu’est ce qui te donne envie de te lever le matin ?
J’aime ce que je fais, et j’estime que chaque journée en vaut la peine. Bien sûr tout n’est pas toujours parfait et drôle, mais on peut faire énormément avec envie, conviction et détermination. Jusqu’à quand ? Je n’en sais rien alors je continue, j’en pro te et j’apprends tous les jours un peu plus.
Ta motivation ?
Bonne question ! Peut-être tenter, à mon échelle, de fédérer autour de l’esprit entrepreneurial. Parce qu’entreprendre, c’est oser. Et oser, c’est potentiellement réussir. Développer cet état d’esprit pour nous permettre de combattre notre sport national favori: se plaindre de tout ! C’est épuisant, n’est-ce pas ?
Quelle est la place du “positif” et de “ l’opti- misme” dans ta vie ?
Les deux sont incontournables, que ce soit dans ma vie personnelle ou professionnelle ! J’ai conscience que la vie n’est pas un long  euve tranquille, et qu’elle vaut la peine d’être vécue. Encore faut-il se donner les moyens de croire
en ses idées, de créer, de faire con ance en son entourage. Je suis aussi convaincu qu’un (simple) sourire fait souvent la différence. C’est un geste avenant qui ne coûte pas bien cher, et qui permet d’envisager plus sereinement bien des situations !
Quelle est la mission d’EcoRéseau Business, mensuel économique optimiste ?
Flash back janvier 2013 : quelle morosité ! Tous les médias - quels qu’ils soient - privilégiaient un pessimisme ambiant. Certes, cela faisait « ven- dre », mais était-ce vraiment le re et de notre société ? Je n’en étais pas certain. La France est selon moi toute autre chose ; nous avons de véritables savoir-faire, des entrepreneurs et des idées, des institutions reconnues, etc. Mais encore faut-il les mettre en lumière. C’est cette mission que nous nous sommes assignés en sortant ce journal.
Si j’étais une fée avec une baguette magique, quel souhait voudrais-tu voir réaliser ? Sachant que je ne peux dissocier ma vie profes- sionnelle et personnelle, un mot résumerait mon souhait : « s’agrandir ! ». Avec le journal d’une part : que nous continuons de progresser et de développer notre audience a n de partager nos convictions entrepreneuriales optimistes ; et d’au- tre part avec ma petite famille - c’est prévu pour juin avec l’arrivée d’une petite  lle -, car c’est un réel moteur et mon véritable point d’équilibre !
Ta clef du succès ?
Pro ter pleinement du matin évidemment, pour prendre un temps d’avance et anticiper ! D’ail- leurs il est 7h30, et je réponds à tes questions ; sinon le travail, la persévérance, la loyauté et la  délité. Après la route est encore longue, restons modestes, mais soyons tout de même  ers de ce que nous avons déjà accompli. Et continuons à innover et à regarder l’avenir. Avec optimisme, celavadesoi!
Pour #SeLeverDeBonheur, vous pouvez me suivre régulièrement sur la page Facebook et la chaine Youtube “La Magie du Matin”,
Editions Leduc
 Les petits matins des dirigeants
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - Actions symboliques
  L’IMAGE DU MOIS
Fin novembre 2017, en Australie, une équipe de scienti ques a réussi
à transplanter un jeune corail sain sur la Grande barrière de corail tant endommagée par les activités humaines et le réchauffement climatique. À long terme, l’écosystème fragile pourrait ainsi se forti er, voire se régénérer.
LA BONNE IDÉE DU MOIS
Little Miss Inventor, Monsieur-Madame par Roger Hergreaves
Ne pas oublier les femmes, y compris leur place dans l’imaginaire
et dans les destins des enfants. Adam Hergreaves ( ls de Roger
Hergreaves, premier dessinateur des Monsieur-Madame) vient de
créer le 36ème personnage de la collection fondée en 1982, à savoir
Madame Invention. A travers elle, il s’agit de critiquer les stéréotypes portés sur les femmes, ainsi que sur le rapport qu’elles entretiennent à la science. Non, le cerveau des femmes n’est pas différent de celui des hommes. Oui, les femmes sont autant capables que les hommes. Selon un rapport de l’Unesco publié en 2015, seulement 28 % des chercheurs sont des femmes. En France, pas plus de 20 % de femmes accèdent à des  lières mathématiques et scienti ques. Cette limitation provient surtout d’un problème culturel et éducatif. Gageons que la sortie du livre (prévue en mars 2018) contribuera à faire évoluer le regard des enfants et des adolescents sur le rapport des femmes à la science. Il existe forcément de nouvelles Marie Curie dans les cours de récréation.
CEUX QUI FONT BOUGER LES LIGNES...
EN FRANCE
La ferme de la Glutamine, le premier Ferme-Lab
Près de Bordeaux, sur la commune de Tresses, l’association La Glutamine réalise un projet de coworking agricole adossé à un Centre de Formation diplômant en agro-écologie. Avant de pouvoir accéder au foncier agricole, seize maraîchers par an pourront accéder au coworking agricole sur 6,5 hec-
tares : une parcelle de 4 000m2, un conteneur adapté aux
besoins de l’activité, une petite serre pour les semis, et,
surtout, une Tiny-House, une micro-habitation de 24m2.
La ferme de la Glutamine est un incubateur moderne qui
lutte contre la crise du monde agricole, expérimente de
nouvelles technologies de culture et redonne du sens à
l’activité la plus haute qui consiste à nourrir les hommes.
Les quatre premiers exploitants s’y sont installés en début d’année.
DANS LE MONDE
La philanthropie chinoise sur les devants de la scène
internationale
Le Carnegie Medal of Philanthropy 2017 de New York a récompensé Mei Hing Chak, présidente de la Heungkong Charitable Foundation, qui œuvre depuis plus de 20 ans au soutien  nancier du développement urbain, de l’éducation, de la santé et du tourisme en Chine. Depuis 2005, Mei Hing Chak possède
sa propre fondation caritative privée et le gouvernement chinois
l’autorise à disposer des fonds comme bon lui semble. Ainsi,
la fondation privée Heungkong Charitable Foundation a pu
venir en aide à des provinces sinistrées, mettre en place des
solutions de soutien éducatif, construire 1 000 bibliothèques.
L’objectif de Mei Hing Chak est de se concentrer surtout dé-
sormais sur l’éducation et la santé (à laquelle elle prévoit de consacrer 150 millions de dollars américains). Avec Mei Hing
Chak, la Chine reçoit l’un des prix de philanthropie les plus convoités.
         Philippe Croizon
Aventurier, conférencier/chroniqueur
Le Re et*, la di érence « aux petits oignons »
Une organisation du travail repensée
Tous novices en restauration, les employés, ayant chacun écopé d’un surnom (le beau gosse, la tornade, la bombe, le farceur...), ont eu un mois pour se familiariser avec le métier et apprendre les fondamentaux, quitte à répéter des gestes anodins des centaines de fois. L’organisation du travail a dû être totalement repensée pour s’adapter à leur rythme et leurs compétences. Payés un peu plus que le SMIC, ils travaillent seulement 22h30 par semaine, disposent d’une salle de repos. Les encadrants tentent d’éviter toute situation de stress ; gérer le «feu» mais dans le respect de l’autre.
Des clients ravis
On a également simpli é la prise de com- mande car certains ne savent ni lire ni écrire : un tampon par choix entre les trois entrées, les deux plats et les trois desserts proposés au menu du jour. Ce management souple et «à la carte» fait le pari de valori- ser, parfois aussi de réconforter. Parce que certains ont des dif cultés de préhension, le restaurant a également investi dans des assiettes ergonomiques, plus stables.
« Dresser la table, faire le service, c’est très compliqué, mais j’adore ça », con e Antoine, 35 ans qui a longtemps travaillé en Établissement et service d’aide par le travail (Esat), toujours en milieu protégé. Sa bonne humeur est communicative ; son envie de bien faire ravit les clients. Thomas Boulissière, gérant du Re et, se dit « ébahi » par les progrès de ses recrues.
Des investisseurs convaincus
On doit celle belle initiative à Flore Le- lièvre. A 26 ans, cette ancienne étudiante en architecture d’intérieur a imaginé ce lieu en pensant à son frère, trisomique lui aussi. Elle a réussi à convaincre des investisseurs pour un montant de 380 000 euros. L’objectif de cette SAS « économi- quement viable » selon la jeune femme ? Faire tomber les préjugés et convaincre que, quelles que soient les différences, chacun a du talent et sa place en milieu ordinaire. Le Re et af che complet, les critiques des clients sont unanimement positives ; besoin d’un autre argument ?
*www.restaurantlere et.fr/
Dans ce restaurant de Nantes, on fait le pari de la diversité. Six employés avec trisomie 21 sont au service. Le Re et convainc investisseurs et surtout clients qu’avec un management ad hoc, l’inclu- sion professionnelle en milieu ordinaire c’est possible !
« Nul n’est inemployable », conclut le rap- port de Jean-Marc Borello en faveur des personnes les plus éloignées de l’emploi le 16 janvier 2018. Un exemple concret ? Ouvert début 2017 dans le centre-ville de Nantes, le restaurant Le Re et ne désemplit pas. Quel est le secret de cette recette à succès ? L’équipe est composée de quatre salariés ordinaires et six «extraordinaires», c’est-à-dire porteurs de trisomie 21.
En n visibles
Il y a une trentaine d’années, l’espérance de vie des personnes trisomiques n’atteignait pas trente ans, elles vivaient recluses dans des institutions et n’avaient aucun espoir d’aller à l’école et encore moins de trouver un travail. La peur de l’autre les tenait à distance du reste du monde. Le  lm Le Huitième jour ayant peut-être encouragé le changement des mentalités, elles reven- diquent, depuis quelques années, le droit, comme tout un chacun, de contribuer à la richesse collective. La singularité de ce restaurant nantais, c’est qu’elles sont en première ligne, au contact du public, en n rendues «visibles». Il existe des initiatives similaires dans d’autres pays, par exemple en Allemagne mais surtout en Italie...
FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 9
Tout est possible
©AFP
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[GREEN TECH
u Un verre qui se répare tout seul
A la manière de la patte de salamandre qui repousse toute seule ou comme l’organisme vivant qui répare les plaies, une équipe de chercheurs japonais dirigée par Takuzo Aida a inventé un verre capable de s’auto- réparer. A température ambiante et sous l’effet d’une
pression, un polymère semi-transparent répare et redonne au verre toute sa solidité. Il n’est ainsi plus nécessaire de chauffer le verre pour le réparer. De plus, la réparation est quasiment
instantanée. On viendra peut-être à bout du verre brisé qu’on ne sait pas actuellement recycler ef cacement. La France doit recycler 200 000 tonnes de verre plat issu des chantiers, de la déconstruction et du bris (surtout, façades vitrées et fenêtres). Avec la réintégration du verre, les déchets de verre plat pourront s’en trouver limiter. Cette invention japonaise n’aurait pas déplu au philosophe Aristote qui soutenait déjà qu’une plaie triangulaire guérit plus vite qu’une plaie circulaire en raison de sa plus faible surface et de la plus grande proximité entre ses différents côtés.
u RemoveDEBRIS, l’éboueur de l’espace
Depuis 1957 et le lancement du Sputnik, pas moins de 17 000 déchets spatiaux de plus de dix centimètres gravitent autour de la terre à une vitesse de 28 000 km/h. Sur terre, certaines régions sont inhabitables à cause des déchets et des continents de plastique se forment. De la même manière, autour de la terre, les déchets s’accumulant et s’agrégeant pourraient bien barrer la route aux satellites lancés sur leur orbite. On imagine facilement que si les débris spatiaux rendent impraticables des régions orbitales,
ce sont l’Internet, les systèmes GPS et les télécommunications qui deviendraient caducs. Scenario catastrophe des temps modernes ! D’où la mission RemoveDEBRIS mise en place par le Centre
spatial de Surrey en Angleterre. Les successeurs de Thomas Pesquet sur l’ISS auront en charge de lancer le futur camion-poubelle de l’espace qui harponnera les débris ou les prendra au piège dans un grand  let. Depuis 1992 et la création d’Eco-Emballages, nous faisons le tri dans nos poubelles. Faire le tri dans les ordures spatiales, bien que si éloignée de nous, cette pratique semble être d’une importance capitale si nous souhaitons continuer à être connectés.
GALAXIE ECORÉSEAU
 Le baromètre de l’optimisme - The Green Life
  La COP21 n’était pas une  n, mais un début. Suivi des évolutions béné ques à la planète
ECONOMIE VERTE
French Business Climate Pledge ou l’investissement dans l’économie bas carbone
Au siège du Medef, 91 grandes entreprises françaises af rment consacrer d’ici 2020 environ 300 milliards d’euros aux énergies renouvelables. Les mastodontes de l’économie (EDF, Veolia, Total, Schneider Elec- tric...), grâce à des investissements réels dans les projets de développements durables, la R&D et les partenariats publics-privés, souhaitent poser les bases d’une société bas carbone. Sensibles à l’appel des 15 000 scienti ques relatif au dérèglement clima- tique et à la diminution de la biodiversité, les grands groupes français veulent peser de tout leur poids sur le  nancement et le développement de la recherche en matière de production et de consommation plus respectueuses de la planète.
Dans LDD, il y a développement durable
Le Livret de Développement Durable et Solidaire
(LDDS, ex Codevi - Compte pour le développement
industriel) sera désormais davantage dédié à l’inves-
tissement vert et aux grands problèmes de l’écologie.
Le LDDS n’est pas l’apanage des grands groupes qui
investissent, mais s’adresse à tous les épargnants,
aux particuliers. L’épargne française déposée sur les
LDDS dépasse les 100 milliards d’euros. Toutefois,
aujourd’hui, seulement 10 milliards sont alloués à
la transition énergétique en tant que telle. L’argent
du LDDS  nance le logement social, la construction
ou la rénovation d’infrastructures durables, les pro-
jets de collectivités locales. Avec Bruno Le Maire,
Ministre de l’Economie et des Finances, l’acronyme LDDS pourrait bien désigner une réalité et ne plus être seulement un  ot de paroles ou un songe creux. Le taux de ce produit d’épargne réglementé (et non imposable) n’est pas revu à la hausse et reste de 0,75 % avec un plafonnement à hauteur de 12 000 euros.
L’appel de la forêt ou les Assises de la transition énergétique
Du 30 janvier au 1er février prochains se déroule-
ront les 19ème Assises européennes de la transition
énergétique à Genève. Les acteurs de tout genre
seront présents a n de coopérer pour réussir. On
ne compte plus le nombre des manifestations ou de
rencontre de ce genre, ni leur effet parfois très re-
latif sur les consciences et les pratiques. Cela étant,
le problème écologique et la précarité de la nature
semblent être de plus en plus présents et ré échis
dans l’esprit des hommes grâce peut-être notamment
à la tenue de telles assises où la nature elle-même
pourrait être appelée à comparaître. Dans ce cas,
il faudrait donner des droits aux éléments et aux
différentes espèces, et relayer leurs intérêts et leurs craintes au travers de discours humains. Les choses et les non-humains devraient avoir la parole. C’est en tout cas ce que défend une certaine philosophie de l’écologie politique actuellement.
     10
FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                 Louée soit la nouvelle mobilité
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          ]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[ Rétrospective
Consommation: de la propriété à l’usage ................................ p13
Grand Angle
La relocalisation en France, les raisons d’espérer ................... p14
Régions & Territoires
Mariage entre l’innovation et l’artisanat ................................. p16
Monde
Les champions français de l’export.......................................... p18
EN COUVERTURE
Mieux produire en France en 2018
Le made in France n’est ni un effet de mode, ni un repli poujadiste de notre production sur notre pré carré national. Nombre d’entreprises attestent revenir pour monter en gamme et être plus réactives avec leur environnement business. Les innovations pour mieux fabriquer sont tant artisanales qu’entrepreneuriales. Les success stories existent. Comme l’illustrent nos champions de l’export.
 12 FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[ EN COUVERTURE
 Rétrospective
EcoRéseau Business revient sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient il y a un demi-siècle. Pas question de comparer, de fustiger ou de glori er le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.
De la propriété à l’usage
Du Lavomatic à Uber : faire de la propriété une rente
  Comment passe-t-on de la propriété individuelle à des plateformes numériques de partage ? Que signi e d’ailleurs partager ?
un paRtaGe désintéRessé ?
L’économie du partage n’est donc, bien évi- demment, pas née avec la démocratisation de l’Internet dans les années 2000. Le troc, la mutualisation des machines agricoles, l’éco- nomie de voisinage précèdent l’apparition de la petite propriété. Bernard Perret, membre du Laboratoire interdisciplinaire pour la So- ciologie économique (LISE-CNRS), indique que « les frontières de ce qui ressortit en propre de l’économie de partage sont labiles et mouvantes ». En 1900, dans l’Hérault, ap- paraissent les premières caves coopératives. Les viticulteurs indépendants se regroupent alors pour mettre en commun des équipe- ments. Partager consiste à mettre un bien à disposition d’un tiers en mobilisant des
ressources inemployées.
« L’Internet a permis un renouvellement de pratiques ou de réalités sociales qui ont toujours existé sous différentes formes ; les nouvelles technologies permettent une diversi cation de l’offre de services et une mise en rapport avec les besoins à un ni- veau très fin », souligne Bernard Perret, professeur à l’Institut catholique de Paris. Les sites internet substituent à la proximité physique et aux relations de voisinage une pratique délocalisée de mise en rapport entre les individus. « L’intermédiaire cherche un pro t en servant de truchement, effectue des marges tant du côté des offreurs que du côté des demandeurs », assure Frédéric Marty. Avec les plateformes d’intermédiation nu- mériques, il s’agit de rentabiliser son bien : « Pour le propriétaire, la rente repose sur une logique purement "maximisatrice" ». D’où une logique de calcul qui vise une maximi- sation individuelle du bien pour dégager un revenu additionnel.
echanGeR ou pRoduiRe (toujouRs) plus
Avec l’échange, le modèle économique ne re- pose plus sur la production de nouveaux biens. On cherche à tirer pro t du capital physique existant. C’est notamment ce que Bernard Perret, membre du comité de rédaction de la revue Esprit, nomme « démarchandisation ». Plus on partage, moins il y a de marchandises à produire. Le Lavomatic évite que chaque foyer soit équipé de machine à laver. Uber accroît le taux d’actualisation du capital physique puisque la voiture reste moins long- temps immobilisée. « L’économie du partage repose sur diverses formes d’hybridation entre l’échange marchand et la logique du don, avec Wikipedia du côté du don et Uber du côté du marché. Mais même dans ce dernier cas, on cherche à valoriser l’aspect relationnel, la logique du pair-à-pair. » L’économie de partage est donc doublement vertueuse : elle constitue le ressort explicite de projets socio-éc.onomiques innovants ; écologiquement, elle prend en compte le respect des « communs » en ce qu’elle permet de moins produire.
Par Joseph Capet
Au début du XXème siècle, les coo- pératives agricoles (les laiteries par exemple) sont le modèle ar- chaïque, le lointain ancêtre de l’économie du partage. Aujourd’hui, le déclin de la croissance, la limitation du cycle d’accu- mulation capitaliste, les problèmes liés aux besoins des particuliers et à l’écologie ont fait émerger des modes de production et de consommation inédits, de nouvelles relations à la propriété, desquels le marché a toujours su tirer pro t...
vie et moRt de la pRopRiété
Frédéric Marty, membre de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) de Sciences Po Paris, rappelle que « la petite propriété apparaît avec la Révolution, notamment dans les articles 2 et 17 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ». La propriété est considérée comme un droit imprescriptible, inviolable, sacré. « "La propriété est le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue", indique l’article 544 du Code civil de 1804 ; le Code civil consolide l’idée que la propriété est la base de l’ordre social », af rme Frédéric Marty. Au XIXème siècle, l’usus (le droit de disposer de la chose), le fructus (la perception des fruits d’un bien) et l’abusus (le pouvoir de se séparer du bien, de le détruire) sont les éléments constitutifs de la propriété. L’idée d’un droit absolu de propriété n’est remise en cause que dans les années 45- 50. La théorie de la « tragédie des biens communs » montre que la propriété n’est jamais unilatérale. Les ressources natu- relles sont le bien commun de l’humanité par-delà les époques. « Avec le problème des «communs», on comprend bien que nous ne sommes jamais que les usagers provisoires d’un bien et qu’une forme de
responsabilité dépasse le propriétaire et porte sur tout le corps social autant que sur le futur », défend Frédéric Marty, membre de la chaire EPPP (Economie des partenariats public-privé) de Paris Panthéon-Sorbonne. L’idée d’une petite propriété sacrée que l’abusus permet même de détruire meurt au milieu du XXème siècle. De ses cendres naît l’économie de partage.
   Nous ne sommes jamais que les usagers provisoires d’un bien...
 Le partage et l’usage permettent de penser un nouveau mode de consommation :
la “démarchandisation”
 FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Grand Angle
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur un sujet politique, sociétal ou macro-économique
Relocalisation en France
La  n du mal du pays ?
    La relocalisation, d’abord une question d’automatisation?
Marre du french bashing ? Spécialistes et chefs d’entreprises explicitent les avantages d’être revenus en France.
Par Geoffroy Framery
L’homme a longtemps haï la machine. L’au- tomatisation dans sa période fordiste a mis sur le carreau nombre de travail- leurs. Plus tard, la révolution logistique et la libéralisation des échanges ont déporté la production vers les pays ateliers. La France s’est ainsi effeuillée de son appareil productif au  l des années si bien qu’aujourd’hui, notre industrie représente 12 % du PIB. Nous sommes loin des champions de l’industrie que sont l’Allemagne et le Japon avec 20 % de PIB industriel, et nous sommes toujours à la traine derrière la Chine, la Corée et ces fameux dragons d’Asie qui ont parfois récupéré une partie de notre fabrication de produits manufacturés. Malgré ces chiffres, le Grou- pement des fédérations in- dustrielles estime que le PIB industriel français pourrait passer de 12 à 15 % d’ici cinq ans.
Un chiffre qui annoncerait la relance de l’industrie fran- çaise. Parmi les tendances
qui pourraient y concourir, la relocalisation peut être un atout qui permettrait de re- battre les cartes de l’appareil productif français. D’autant que l’impératif industriel glisse doucement d’une re- cherche du bas coût de main d’œuvre vers aujourd’hui une recherche de réactivité et d’intégration pour mieux répondre aux exigences du marché.
un sujet de tous les Fantasmes
L’atout est toutefois très idéo- logisé. Depuis que le pro- duire moins cher a signi é la délocalisation sacri ant l’emploi pour accroître le taux de marge des entreprises, les politiques n’ont eu de cesse de s’accaparer la question de l’appareil productif national. « Un sujet d’autant plus brû- lant que les mécanismes de compensation attendus après les chocs des délocalisations touchant certains territoires, tels que la mobilité du travail ou l’effet de spécialisation sur d’autres secteurs, n’ont jamais marché. Même si au niveau national l’effet des
nière et au made in France. Et sous l’impulsion d’Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, les entreprises françaises parties à l’étranger étaient incitées à relocaliser leur production dans l’Hexagone via un système d’aides, de primes ou de crédit d’impôt. Les subventions pouvaient at- teindre jusqu’à 200 000 euros. L’Etat français était même allé jusqu’à créer l’outil Colbert 2.0, sorte de questionnaire et de FAQ pour envisager une relocalisation qui ser- vait également de plateforme d’intermédiation vers des spécialistes du développement économique territorial. Ces mesures ne sont cependant pas parvenues à intensi er le rapatriement d’industries malgré quelques réussites telles que Rossignol, Solex, Sphère ou encore la Brosserie Française. « On recense en- viron 150 relocalisations en France entre 2005 et 2013. Les mesures incitatives ont commencé en 2005 avec le "crédit d’impôt relocalisa- tions". Mais en France, les mœurs ne sont pas à l’éva-
qui étudie la relocalisation depuis les années 80. Ainsi outre-Atlantique, Donald Trump fait-il jouer la pré- férence nationale en taxant sévèrement les entreprises qui délocaliseraient tout ou partie de leur production en dehors de l’espace états- unien. Un coup de tonnerre protectionniste qui a pro- voqué le rétropédalage de Ford l’année dernière sur ses nouveaux choix d’installation aux dépens du Mexique. En France, le sujet a également été récupéré par le Front Na- tional alors en campagne présidentielle bien que les règles européennes soient claires à ce sujet : au sein des 28 pays membres, biens marchandises et personnes circulent librement. D’où l’impossibilité de taxer les marchandises. D’autres poli- tiques tels que Manuel Valls ont également défendu une idée de protectionnisme mais qui serait, lui, européen. Taxer pour favoriser la production nationale n’est toutefois pas un sujet tranché au sein de la communauté scienti que. Si les eurosceptiques plaident
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FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
Il y a eu depuis une prise de conscience chez les chefs d’entreprises sur la fragilité de ces relations à distance
 délocalisations sur l’emploi demeure minoritaire, les des- tructions d’emplois dans certains territoires ne sont pas endiguées », explique El Mouhoub Mouhoud, écono- miste et professeur à Paris Dauphine, auteur de Mondia- lisation et délocalisation des entreprises, (La Découverte, 5e édition, 2007)
Les volontés politiques pour relocaliser sont très fortes en 2013. L’heure est à la mari-
luation des politiques pu- bliques et nous savons que les différentes mesures d’aides publiques n’ont pas vraiment été ef caces. Davantage que des aides, il aurait pu être question d’abord d’anticiper les chocs territoriaux des délocalisations et de créer un cadre facilitant le retour en France au moins pour diminuer les risques de dé- localisation », tempère l’éco- nomiste de Paris Dauphine,
en faveur de cette mesure, d’autres économistes insistent sur les répercussions à moyen terme de la montée des prix, qui se réaliseraient au détri- ment d’autres secteurs.
pRise de conscience
Henri Mahé de Boislan- delle, professeur des uni- versités en sciences de gestion à l’Université de Montpellier I précise : « Les relocalisa- tions s’opèrent beaucoup plus
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Grand Angle
 dans l’industrie que dans les services et inversement de nombreuses sociétés de service n’hésitent pas à se délocaliser. Il semble qu’il y ait un chassé-croisé. D’au- tant que la délocalisation du tertiaire a été plus tardive. En revanche les relocalisa- tions industrielles ne sont pas négligeables ». L’économiste qui s’est surtout intéressé aux PME et PMI évoque la prise de conscience de nombreux déboires liés à la recherche du bas coût d’ex- ploitation. « Nombreuses sont les entreprises à déchanter après un choix de déloca- lisation. Défaillance et im- perfections sur les produits et non-respect des délais de livraison ont caractérisé ces relations commerciales. Il y a eu depuis une prise de conscience chez les chefs d’entreprise sur la fragilité de ces relations à distance. La France a perdu de son industrie au niveau mondial car nous avons eu pendant des dizaines d’années des dirigeants politiques très peu clairvoyants sur les effets de la délocalisation. On a prêché pendant des années la tertiarisation de l’écono- mie. Et aujourd’hui on s’en mord les doigts. D’autres pays ont été plus clairvoyants. Le réveil est un peu tardif et de nombreux secteurs ont été affaiblis », continue Henri Mahé de Boisdlandelle.
stRatéGie à GéométRie vaRiable Les chiffres évoquent un bilan somme toute assez modeste. Entre 2005 et 2013, 2680 em- plois ont été relocalisés vers la France alors que 17 500 emplois ont été délocalisés. Même si le nombre de re- localisations reste modeste au regard des déploiements d’entreprises à l’international – l’économiste El Mouhoub Mouhoud évoquant que pour 20 installations à l’étranger, 1 entreprise décide de reloca- liser sur le territoire français –, nous ne pouvons réduire les relocalisations d’activités à un phénomène marginal
ou traduisant un quelconque «repli» vis-à-vis du reste du monde. Les relocalisations correspondent à des choix stratégiques variés et com- plexes, touchent des entre- prises de secteurs, de taille et de zones géographiques divers, et traduisent l’évolu- tion d’avantages comparatifs permis par la mondialisation aujourd’hui rediscutés. Si peu d’entreprises ont décidé ce pari, ces dernières qui ont choisi de réindustrialiser la France le légitiment entre autres par un changement de positionnement fournis- seurs. Il s’agit d’abord pour ces entreprises de mener une politique d’achats en France et en Europe, animée par la volonté de trouver des four- nisseurs locaux. Les velléités de relocalisation expriment donc l’impératif économique de retrouver des fournisseurs de proximité. El Mouhoub Mouhoud précise : « sur le sujet de la relocalisation, Il faut adopter une démarche sectorielle. Chaque secteur possède ses contraintes technologiques, de produits, de compétitivité. Certains secteurs relocalisent car ils ne
La hausse des salaires en Chine, les coûts logistiques et l’automatisation des métiers sont autant d’incitations à la relocalisation. Autre cas de  gure, l’habillement est toujours obligé de recourir aux mains des travailleurs car les robots ne sont pas encore capables de manier des ma- tériaux souples. Malgré cet obstacle, il peut y avoir mal- gré tout rapatriement d’une partie de la production pour optimiser la chaine de valeur et stopper les imperfections du produit  nal. Mais cette logique de rapatriement de sous-traitance ne se réalise pas toujours en faveur du
fois question de reinsourcing qui autorise une montée en cadence plus rapide,», ex- plique Michael Valentin, directeur associé d’Opéo, cabinet conseil spécialisé dans l’excellence opérationnelle.
l’intéGRation veRticale pouR les technoloGies de pointe ou les pRoduits à valeuR ajoutée
Dit autrement, « l’intégration verticale favorise un cadre où ingénieurs et équipes de production sont co-localisés et résolvent les problèmes beaucoup plus rapidement,
nant des tâches à faible va- leur ajoutée », ajoute l’expert fondateur d’Opéo.
seulement une question de montée en Gamme et de communica- tion exteRne
Ne limitons cependant pas les bienfaits de la reloca- lisation aux seules entre- prises qui conçoivent des solutions ou produits à haute valeur ajoutée nécessitant un repositionnement de la chaîne de valeur ou la sécurisation de l’écosystème créatif. Les relocalisations sont aussi ques- tion d’optimisation de site, de
dit, relocaliser et jouer la carte du made in France constitue également un vecteur puis- sant, notamment au niveau de l’image de marque. Tel fut le parti pris par la société Kiplay qui consécutivement à des dif cultés  nancières choisit de délocaliser sa production en Tunisie dans les années 90. En 2014, le dirigeant de cette entreprise de 48 sala- riés choisit de faire revenir la production dans l’Orne. Il justi e son choix par une forte attente du client. Michael Valentin d’Opéo renchérit : « Nous accompagnons cer- tains acteurs majeurs du luxe. Et certains d’entre eux font un choix contre-intuitif au niveau business en relocalisant en France pour conserver une image de marque et ne pas décevoir leurs clients. » Pour le professeur El Mouhoub Mouhoud, il est possible que le secteur industriel revienne demain : « C’est une hypothèse que j’ai formulée dans les années 80’. Mais à l’avenir, il y se peut que la tendance soit à la relocalisation de l’industrie lourde, car elle ne rencontre pas d’obstacle technique à l’automatisa- tion et à la robotisation des chaînes d’assemblage. Cela dit, rappelons qu’elle ne se fera pas toujours dans le pays d’origine. Cette relocalisa- tion signi erait la création d’un nouvel hinterland éco- nomique. Le vrai problème, ce n’est pas vraiment la dé- localisation qui représente moins de 5% de la destruction d’emplois en France, ce sont plutôt les effets néfastes sur les zones très vulnérables et touchées qui ne se relèvent pas du départ des usines. La première source de déstruc- tion d’emploi en France, ce sont les gains de productivité et non les délocalisations ». L’universitaire table, en re- vanche, sur une vague de délocalisations dans le secteur des services à haute valeur ajoutée. En tout état de caus.e, la relocalisation en France est, pour l’heure, loin d’être un phénomène généralisé.
 La relocalisation permet de gagner en réactivité, mais aussi de maîtriser les parties critiques de la chaine de valeur
 pays d’origine (relocalisation au sens large) ».
Si deux tiers de nos voitures fabriquées sous marque fran- çaise le sont à l’étranger comme l’illustrent l’usine PSA en Slovaquie ou les Twingo  ambant neuves sortant des rails mécaniques de leur usine
avec un impact très net sur les coûts de production, les innovations sont beaucoup plus rapides. Les délais de nombreux secteurs suivent le même mouvement en France : la réintégration verticale est à la mode et mène souvent à des relocalisations. Elle permet de gagner de la réactivité, mais aussi de maîtriser les parties critiques de la chaîne de valeur, avantage impor- tant pour créer les services associés aux produits manu- facturés », détaille Michael Valentin. Une relocalisation qui serait donc rendue possible grâce à l’automatisation des process et à l’hybridation des technologies numériques, de la distribution, de la fabrica- tion et de la logistique. Vaste chantier... « La fabrication additive permet par ailleurs de réduire drastiquement le coût et la vitesse de fabrication des pièces, des outils et des prototypes dans les secteurs intenses en opérations mé- caniques. Ainsi, il redevient viable de fabriquer certaines pièces en France alors qu’elles avaient été transférées dans les pays à bas coûts. En n, la digitalisation des différents métiers permet des gains de structure évidents, en élimi-
logique de coûts logistiques et d’aides pour s’intégrer dans le raccourcissement des cycles économiques et des horizons de décisions. Tout comme il peut être également question de communication externe. Olivier Remoissonnet, diri- geant de la Brosserie française explicite : « Notre stratégie de relocalisation ? Nous l’avons faite car nous avions une seule détermination : pouvoir prétendre à la cohérence, pour nous démarquer des multinationales sur des biens de grande consommation. Il nous fallait remettre en place une gamme de produits Bio- septyl entièrement fabriquée en France, pour mettre en avant le made in France et l’écocitoyenneté. Nous ne voulions surtout pas être exposés à des accusations de clients nous reprochant de faire fabriquer une petite partie en Chine, comme cer- tains de nos gros concurrents l’ont vécu. Depuis le début nous suivons la stratégie du contre-pied, sinon nous n’avons aucune chance face aux géants. Le savoir-faire était resté sur le site de fa- brication à Beauvais. Nous n’avons pas redécouvert le métier en relocalisant. » Cela
  rencontrent pas d’obstacles à l’automatisation qui permet d’avoir un coût de production par unité produite inférieur aux coûts de production dans les unités délocalisées. Ce sont également des secteurs de biens pondéreux qui pro- duisent d’importants volumes.
slovène, nos géants de l’indus- trie ont récemment changé de fusil d’épaule. Ainsi la moitié des fournisseurs de PSA sont-ils basés en France et 90 % en Europe. Même phénomène observable dans l’aéronautique. Dit autrement, « la relocalisation est par-
La réactivité, un en- jeu qui prévaut sur la logique des coûts?
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]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 Régions & Territoires
EcoRéseau Business s’attache à décrire les innovations des territoires en France concernant une thématique particulière
Les innovations locales chez les artisans
L’artisan, le maker et le startupper
    L’artisanat n’est pas en reste en matière d’innovation. Les initiatives se multiplient et accouchent de nouveaux procédés qui dépoussièrent nos savoir-faire ancestraux.
lution économique rapide dans laquelle ils sont in- tégrés », estime Béatrice Herrou, responsable du ser- vice Recherche et Innova- tion de l’Agglomération de Saint-Brieuc. A la clé, une enveloppe de 15 000 euros apportée par la ville et un accompagnement fourni
start-up, positionnées au carrefour des technologiques numériques et des vins. On y dénombre aujourd’hui une soixantaine de jeunes sociétés membres. La Gi- ronde, cœur mondial des vins de qualité, est large- ment représentée parmi les acteurs de la fédération : on peut notamment y trouver Mabouteille.fr, spécialiste de la personnalisation de bouteilles et caisses, Wine Funding, qui œuvre dans le  nancement participatif du domaine, On s’occupe du vin, positionnée sur le stockage et la logistique en zone urbaine, ou encore Wine Tour Booking, spécia- lisée dans l’œnotourisme. « Nous avons eu l’idée d’un label commun, en essayant de surfer sur l’esprit de la French Tech, avec l’objectif de devenir plus visibles et porter ce sujet de l’inno- vation par le numérique dans le domaine viticole »,
gramme des investissements d’avenir qui soutient les grandes mutations indus- trielles et leurs innovations. Mais l’artisanat dispose elle aussi de son PIA : Pôle d’innovation pour l’artisa- nat. Il s’agit d’un label mis en place par le gouverne- ment, dont la vocation est de favoriser l’émergence de nouveautés artisanales, de renforcer leur lisibilité. 16 centres de ressources sont étiquetés «PIA» à l’échelle nationale, dans toutes sortes de domaines.
des accompaGne- ments en Guise de tRemplin
Parmi ceux-ci, le Centre européen de recherche et de formation aux arts verriers (CERFAV), en Lorraine, se distingue par une approche innovante où les technolo- gies numériques sont dé- sormais mobilisées pour concevoir des créations en
que les jeunes créateurs puissent utiliser toutes les techniques actuelles pour inventer et créer de nou- velles formes, de nouveaux produits », explique Denis Garcia, directeur du CER- FAV. L’impression 3D est également utilisée pour cer- taines réalisations. Quelques heures suf sent aujourd’hui pour passer de la concep- tion 3D à la fabrication du produit  ni.
De nombreuses initiatives notables ont également été prises en Île-de-France, à l’image du FabLab Ici Montreuil, consacré spéci-  quement aux artisans en recherche d’espaces et des équipements singuliers dont ils ont besoin pour leurs créations. Les fraiseuses électriques pilotées par or- dinateur et découpeuses laser sont quelques-unes des machines installées. Qu’ils soient ébénistes, stylistes, maroquiniers, luthiers ou encore bijoutiers, les artisans de tous horizons peuvent y trouver leur bonheur. Plus de 60 savoir-faire différents y sont proposés. En plus d’un large parc de machines, les résidents ont à leur disposi- tion des espaces collectifs de travail. Un abonnement de 400 euros par mois leur est demandé pour béné - cier de l’ensemble. Ce lieu atypique propose égale- ment des formations pour différents types de pro ls. Des modules d’introduction, d’initiation ou de perfec- tionnement aux outils de production numérique et aux techniques artisanales sont disponibles. Des for- mations de longue .durée permettent de se réorienter vers de nouveaux métiers en pleine mutation.
Par Mathieu Neu
Auvergne, mai 2013. Sous l’impulsion des Etats généraux de l’Industrie, le Comité stratégique de  lière régio- nal (CSFR) Cuir/Luxe voit le jour. Il regroupe certains services régionaux de l’Etat (Direccte, Dreal) et sur- tout les professionnels du secteur, avec pour but de « répondre aux évolutions économiques auxquelles sont confrontés les indus- triels du domaine ». Une manière de donner un coup de fouet à des savoir-faire qui rassemblent près de 2 000 salariés. L’heure est depuis à l’innovation et au regroupement des forces et spéci cités de chacun. Pour parvenir à redonner au cuir son plein éclat, plusieurs axes de travail ont été dé-  nis parmi lesquels l’amé- lioration de la qualité des
peaux et le développement de synergies entre acteurs. A l’image de cette  lière auvergnate, aux quatre coins de l’Hexagone, on cherche désormais à dépoussiérer l’artisanat sous toutes ses coutures. En Bretagne, l’ag- glomération de Saint-Brieuc et la Chambre de métiers et de l’artisanat des Côtes d’Armor ont récemment lancé un appel à projets destiné à encourager les artisans à innover. Ce sont les métiers de bouche en par- ticulier qui sont concernés par l’initiative, à savoir les pâtissiers, les boulangers, les bouchers, les chocolatiers et restaurateurs. « Lorsqu’on évoque l’innovation, on pense spontanément à de grands projets industriels. Or, il est également essen- tiel d’aider les artisans à prendre place dans l’évo-
Notre but est de faire en sorte que les jeunes créateurs puissent utiliser toutes les techniques actuelles pour inventer et créer de nouvelles
formes, de nouveaux produits
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Des savoir-faire qui perdurent mais qui dans l’ombre se modernisent...
par la Chambre de métiers et de l’artisanat.
le numéRique omnipRésent
La  lière vinicole cherche elle aussi à se draper d’une image 2.0 pour trouver un nouvel essor. Il y a 18 mois, une fédération originale a vu le jour dans le but de rapprocher le vin du grand public. Il s’agit de la Wine- Tech qui a rassemblé dès son lancement environ 20
indique Vincent Chevrier, porte-parole et animateur du mouvement. Cette fédération permet aux membres d’accé- lérer leur business et d’amé- liorer leur communication avec des stands communs à l’occasion d’événements de grande portée. L’utilisation du label WineTech pour la communication sur les ré- seaux sociaux est également un levier précieux.
Quand on parle de PIA, on pense généralement au Pro-
verre d’un nouveau genre. Certains cours peuvent par exemple porter sur la créa- tion d’un programme sur ordinateur destiné à mettre au point un verre intelligent capable de signaler que le liquide qu’il contient est à la température souhaitée. « On imagine parfois que les métiers du verre sont uniquement traditionnels, anciens, archaïques. En ré- alité, il n’en est rien. Notre but est de faire en sorte
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[                                                               Grandir avec vous.
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]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURE
 International
Les bonnes pratiques existent partout dans le monde. Encore faut-il se demander si elles sont duplicables?
Les champions français de l’export
L’internationalisation, le salut des entreprises françaises ?
  Retour d’expériences d’entrepreneurs et d’experts en la matière sur la méthode à adopter pour réussir son internationalisation. Focus.
qui peuvent être des VIE, en tenant compte de leur pratique de langues étrangères et de leur goût pour l’internatio- nal...», poursuit Pedro Novo. Et Alexis Gaveau, PDG de Ciel & Terre qui conçoit et fabrique des centrales photo-
présente en Chine, Asie du Sud Est et au Brésil caresse des perspectives de déve- loppement mondiales tout en rendant le produit plus compétitif et mieux protégé. Le développement en 2017 se poursuit en Chine, un des plus
est également dans notre ligne de mire, mais nous regardons comment y aller prudemment», se projette Alexis Gaveau.
encouRaGeR à passeR à l’étape suivante Bpifrance propose désor- mais une gamme de produits unique au monde qui permet de se projeter sereinement à l’international : l’assurance prospection permet d’évaluer l’opportunité de s’implanter dans un pays, l’assurance change permet de limiter le risque de change pendant la négociation, « Avance + Export » permet de mobiliser sereinement ses créances, le « Prêt Croissance Internatio- nal » permet d’avoir le temps de grandir (7 ans dont 2 ans de différé sans garantie pour un montant compris entre 30 K€ et 5 M€). En n, le crédit export offre une solution de financement à votre client tout en neutralisant le risque de non-paiement. « Avec cet arsenal il est plus risqué de ne pas exporter que de le faire. Les champions de de- main sont ceux qui auront su innover et s’internationaliser, les autres seront en danger», estime Pedro Novo.
Experts et entrepreneurs s’ac- cordent aussi sur un autre point : plusieurs solutions existent pour s’internationali- ser, mais elles ont un dénomi- nateur commun, il faut savoir trouver le bon partenaire. L’entreprise peut se faire re- présenter, négocier avec un masterfranchisé,construire une co-entreprise ou encore racheter une entreprise pour en faire sa  liale dans le pays cible. Dans tous les cas cela exige de trouver un partenaire local. Alexis Gaveau complète : «Onrecherchecomment
se défendre au mieux. Mais cela ne veut pas dire que cela passe uniquement dans une logique de protection. Cela peut aussi se passer sous la forme de partenariat. »
même loGique pouR les staRt-up ?
« La logique est la même pour une start-up. Avec ses liquidités généralement abondantes, elles ont les moyens de croitre rapidement, elles y sont même condamnées. Ce qui nécessite d’aller vers les bassins de consommations les plus forts c’est-à-dire, la Chine, les Etats-Unis et l’Europe », argue Pedro Novo de Bpifrance. Pour montrer l’importance que prend le marché chinois dans le seul e-commerce par exemple rap- pelons qu’en 2010, le nombre d’acheteurs en ligne était déjà équivalent en Chin et aux Etats-Unis, de l’ordre de 140 millions. Mais dès 2020, leur nombre devrait atteindre 270 millions aux Etats-Unis et même 891 mil- lions en Chine. Une start-up dans le retail ou le service à la personne ne peut pas passer à côté de ces marchés. Jérôme Tricault, co-fondateur de la start-up Xtend, qui fabrique et commercialise un bagage extensible et connecté de type premium, serial entrepreneur ayant à plusieurs reprises in- ternationalisé ses projets para- chève : « Quand on est petit on doit avoir une spéci cité forte. La porte d’entrée c’est souventl’innovation.Notre dernier projet nous l’avons breveté mondialement..Et avec le recul, la plus grosse galère vécue, c’est de loin le passage aux normes ».
Par Geoffroy Framery
Parmi le CAC, nombreux sont les exemples qui attestent d’une inter- nationalisation réussie grâce au recours à des techniques diverses : innovation inver- sée pour L’Oréal ou encore Schneider Electric dans les marchés émergents, fabrication mondialisée pour Airbus – à l’opposé de son éternel rival Boeing-, diversi cation, in- tégration/ acculturation et complémentarité des services pour Accor Hotel a n d’assurer sa présence dans plus de 140 pays. Autant d’exemples qui incarnent l’arbre qui cache la forêt. Pedro Novo, Directeur des Financements Export de Bpifrance alerte sur le sujet : « L’export doit être aujourd’hui une grande cause nationale sous peine de perdre davantage en compétitivité et de mettre en danger les ETI et PME qui n’auront pas pris la dimension attendue. »
manque de matu- Rité GénéRalisé pouR GRandiR hoRs de FRance ? Aujourd’hui, la France recense 125 000 exportateurs. Soit deux fois moins que l’Italie et presque quatre fois moins que l’Allemagne.Nosmillepre- miers exportateurs concentrent 80% des recettes à l’export. La France a quelques cham- pions internationaux, mais de nombreuses TPE et PME balbutient encore à l’export, alorsqu’ils’agit,avecl’inno-
vation, d’un levier de crois- sance essentiel. Ces deux leviers exigent toutefois un changement de paradigme dans le fonctionnement des entreprises.
Nombreuses sont donc les PME et ETI à exporter par accident, par opportunité sans pour autant avoir mis en place une straté- gie. « Pourtant, construire une stratégie export pour un chef d’entreprise signi e retrouver le frisson, le goût et le plaisir de ses débuts », poursuit Pedro Novo. La démarche est d’ail- leurs la même : concevoir un business plan, s’armer d’outils  nanciers et se doter de moyens humains pour y parvenir. « Glo- balement, c’est une décision
voltaïques  ottantes d’illustrer sur ses débuts à l’international : « Notre marché désormais, c’est le solaire sur l’eau en produisant de l’électricité photovoltaïque. Nous avons apporté de l’originalité sur
importants marchés mondiaux en matière d’énergie solaire. « Notre activité est d’abord une histoire de time to mar- ket et d’innovation, car le marché mondial n’est pas encore rentré en phase de
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Nos mille premiers exportateurs concentrent 80% des recettes à l’export. Nombreuses sont les TPE et PME qui balbutient encore
 qui nécessite de transformer l’entreprise : on veut grandir, on veut innover et on veut vendre plus à l’export. Cela nécessite bien évidemment de se préparer en se dotant d’un servicejuridiquepourrédiger des contrats commerciaux in- ternationaux par exemple ou encore d’un service comptable sachant traiter des factures en devises et gérer le risque de change éventuel, de veiller à recrutersescollaborateurs,
à l’export
le marché du solaire avec notre système Hydrelio®, une application qui permet l’installation de grandes cen- trales solaires sur l’eau. La technologie était prête en 2012 etnousavonsréussiàlacom- mercialiser au Japon. Nous avons décidé dès lors de nous concentrer sur ce pays qui est structurellement contraint et doit faire face à un problème évident de place utile. » Aujourd’hui,Ciel&Terre,
maturité. Nous déposons un ou deux brevets par an. Nous essayons de nous protéger avec les règles d’usage des brevets. Notre dernier brevet a été obtenu pour la Chine en juillet.Nosregardsseportent sur Taiwan... Les Etats-Unis restent un rêve mais cela est rendu plus compliqué par la mise en place de nouvelles taxes parfois rétroactives. On est face à une complexité que nousnemaitrisonspas.L’Inde
Les entreprises doivent comprendre que leur terrain de jeu n’est pas uniquement hexagonal...
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[                  Bien s'entourer
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]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[France
SOCIÉTÉ
   EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité française, a n de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)
La dénonciation en France
Un tabou qui fausse les débats
Délations de juifs en 40, WikiLeaks, lanceurs d’alerte, et récemment #Balancetonporc... Les amalgames en matière de dénonciation sont malheureusement encore monnaie courante en France. Mise au point.
dénonce des délinquants ou terroristes aux policiers, pour que ces derniers fer- ment les yeux sur ses délits mineurs ? Le résultat reste malgré tout noble. Tout n’est pas noir et blanc, le contexte doit être pris en compte. Certains soulignent cette incertitude, et redoutent la
qui traquent les fraudes et tricheries à l’encontre de l’intérêt général. « Sans dénonciations, anonymes ou non, nombre d’affaires politico- nancières n’au- raient jamais vu le jour », a rappelé à maintes reprises dans la presse le chercheur Fabien Jobard, chercheur au
ou Bahamas Papers, c’est bien parce qu’il a besoin de ces précieux informa- teurs en complément de ses services internes. A différencier juridiquement du lanceur d’alerte, que la loi Sapin II de 2016 a dé ni comme « un être signalant, de manière désintéressée et de bonne foi, un fait illicite ou des risques d’atteinte à l’intérêt général dont il a pris connaissance dans l’exercice de ses fonctions ». Sa protection contre les re- présailles a été renforcée et il peut béné cier de l’appui du Défenseur des droits. Ceux qui avertissent de débordements sont deve- nus essentiels. « Justement #Balancetonporc alerte les gens que la violence est partout dans les familles », précise Caroline de Haas.
GaRde-Fous et contexte
La journaliste de la Lettre de l’audiovisuel Sandra Mul- ler, initiatrice du hashtag en question, a dès le début insisté sur le fait que les ac- cusations restaient souvent anonymes, « visant à faire prendre conscience avant tout ». Toutefois la mise au pilori d’un innocent reste possible, surtout sur les réseaux sociaux où le tri du bon grain de l’ivraie est ma- laisé. Ce genre d’information virale détruit une réputation en un éclair sur la Toile. Les hackers qui s’adonnent au « doxing », méthode consis- tant à faire tomber l’anony- mat de quelqu’un dont les méfaits n’ont pas été punis, en savent quelque chose. Des cadres de l’Église de scientologie en ont pâti. Mais à l’issue du funeste rassemblement de l’Alt-Right à Charlottesville, quand
le compte Twitter « Yes, you’re racist » a appelé à une grande battue numé- rique pour rendre publique l’identité des marcheurs, des erreurs ont été commises : un employé de l’université de l’Arkansas a été identi é à tort comme néonazi ! Un risque limité en matière de violences sexuelles selon Ca- roline de Haas, qui explique qu’ « une femme désignant en plein jour son tourmen- teur prend des risques vis- à-vis de son bourreau, de sa famille, de son entourage professionnel... et est très loin de vivre des moments valorisants ». Il existe in- déniablement un avant et un après affaire Weinstein, et la dynamique enclenchée, qui ouvre les yeux sur des pratiques abjectes d’une autre époque, ne saurait être apparentée à de la délation. Mais elle témoigne aussi d’un état de dé ance générale envers les institutions. La cause de ces femmes ne doit pas se perdre dans le lynchage médiatique permis par les nouveaux moyens de communication, faisant en- dosser le costume de « boucs émissaires » à ceux qui sont désignés - au sens de René Girard (2). C’est l’éloigner du cadre juridique et socié- tal dans lequel elle devrait s’inscrire s’il y a désigna- tion. Ce qu’exprime Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, qui a salué le mouvemen.t, mais a plusieurs fois af rmé que « Twitter ne devrait pas remplacer le tribunal ».
(1) « La délation peut-elle être civique ? », de Jean-Paul Brodeur et Fabien Jobard, éd. Autrement, 2005.
(2) « Le bouc émissaire », de René Girard, éd. Le livre de poche, 1986.
Par Julien Tarby
Bien avant la tribune du Monde cosignée par Catherine De- neuve ou Elisabeth Levy sur le retour du « purita- nisme », Bruno Lemaire, ministre de l’économie, a fait grand bruit en expri- mant son aversion pour la dénonciation sur Twitter, alors que des milliers de témoignages de harcèle- ments et agressions sexuels surgissaient sous le hashtag #Balancetonporc dans le sillage de l’affaire Weins- tein. Son rétropédalage en catastrophe face au tollé démontre que le sujet est délicat. Alors que sur les réseaux sociaux de nom- breuses langues de victimes se délient pour dévoiler leur expérience traumatisante et parfois le nom de leur bourreau, des voix s’élèvent pour condamner le procédé. Une aberration pour des Associations comme Osez le féminisme, qui rappelle qu’ « une femme sur six sera agressée ou violée au cours de sa vie ». Il n’empêche qu’en France la gêne est plus palpable qu’ailleurs lorsqu’il s’agit de dénon- cer. Les résistances face aux hotlines d’éthique de sociétés américaines, ou à la simple obligation de l’employeur de dénoncer les infractions routières de ses employés, démontrent les incompréhensions et tabous autour de cette notion.
peuR de la délation
Les mots délation et dé- nonciation, s’ils ont une étymologie latine commune, les deux mots, doivent bien être distingués. L’intention et le but visé sépare radica- lement l’un de l’autre. Le délateur qui fournit des in- formations accusatoires sur autrui, vraies ou fausses, cherche à nuire, voire à en pro ter. Haine, jalousie, ap- pât du gain, amour propre entrent en jeu. Et à ce sujet le traumatisme de l’Occupa- tion reste vivace. Dans les heures les plus sombres de l’histoire française, les dé- lateurs qui ont signalé leurs
calomnie possible de ceux qui accusent publiquement un harceleur sexuel ou un violeur. « L’argument est
CNRS et membre du Centre Marc Bloch à Berlin, qui a écrit sur le sujet (1). Même à l’heure des fake news tou-
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Dans une société complexi ée ceux qui avertissent de comportements contraires à l’intérêt général sont devenus essentiels
 voisins juifs à la Gestapo, les ont irrémédiablement conduits aux camps de la mort. A différencier des dénonciations de criminels nazis réfugiés en Amérique du Sud par Serge Klars- feld, qui agissait pour le bien commun, perçu comme un militant de la justice et de la mémoire. Quand quelqu’un accuse les parents d’un en- fant maltraité, l’acte citoyen est loué. La limite peut être ténue. Quid de l’« indic » qui
fallacieux, car il existait déjà un risque de dénonciation calomnieuse avant l’émer- gence de #Balancetonporc », nuance cependant Caroline de Haas, militante féministe.
un phénomène dont on a aujouRd’hui besoin
Impôts, police, mairie, plusieurs administrations reçoivent lettres et témoi- gnages, qui se révèlent par- fois fort utiles pour ceux
jours plus présentes, les administrations ont besoin, dans une société toujours plus mondialisée et com- plexi ée à cause de la so- phistication des nouvelles technologies, de ces canaux de renseignements, à véri er dans les moindres détails évidemment. Si le  sc a dans les textes la possibilité de récompenser une personne qui livre des renseignements sur une fraude  scale d’en- vergure comme les Panama
Twitter ne doit pas pour autant remplacer le tribunal dans
certains cas...
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[                                               FAITES DES ÉCONOMIES, PRENEZ L’AVION.
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 ]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[SOCIÉTÉ
 Prospective
Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau Business imagine dans une  ction ce à quoi il ressemblera en 2050, puis demande l’avis d’un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnés
Objets connectés et corps humain
Entre confort et  icage
La fournée 2018 de start-up françaises présentes au CES de Las Vegas esquisse l’avenir des objets connectés en interaction avec le corps humain, qui pose question.
Par Julien Tarby
Avis d’expert : Nicolas Mourier, consultant spécialisé IoT
« Des erreurs sont à éviter en matière d’objets connectés »
L’Internet des objets s’annonce comme un marché colossal, qui va s’écrémer de lui-même.
    Quelles grandes tendances distinguez-vous chez les fabricants d’objets connectés ? Elles ont multiples, les produits sont très di- versifiés. Ils atteindront le nombre de 25 milliards d’ici à 2025, pour 300 milliards de dollars de revenus selon Gartner, grâce à la mise en œuvre de services et de nouvelles ap- plications rendues possibles. Je distinguerais deux sortes d’acteurs : premièrement ceux qui concentrent leurs efforts sur la récupération et la revente de données qui intéressent par exemple les acteurs de la santé ou de l’as- surance quand les objets sont en interaction avec le corps humain. Deuxièmement les in- dustriels qui utilisent les données collectées pour mieux connaître les habitudes d’utilisa- tions de leurs produits, afin d’y apporter des
améliorations et mieux répondre aux besoins.
Les acteurs français sont-ils bien placés dans cette course aux data et à leur analyse ?
Les acteurs hexagonaux sont efficaces en en- gineering, et donc en conception de ces ap- pareils et collecte de données. Mais l’étape
suivant sera de mieux répondre aux besoins ex- primés après analyse des données, notamment grâce à l’IA. C’est à ce niveau que nous ne de- vons pas accumuler de retard.
Cette multitude d’objets au CES n’est-elle pas la preuve d’une certaine gadgétisation ? Assurément, le CES démontre que certains in- novent dans des domaines où il n’y a pas apport d’un réel «bénéfice cognitif» à l’utilisateur final. La technologie est désormais accessible, ils le font pour faire parler d’eux. Je ne suis pas sûr que le préservatif connecté soit fondamentale- ment utile. Le marché va s’écrémer tout seul. Ceux qui perdureront ou se feront racheter par de grands industriels sont ceux qui répondront à un vrai besoin et sauront simplifier l’utilisa- tion. Et l’idée même d’ajouter des fonctionnali- tés communicantes à un produit risque de chan- ger totalement la perception que l’utilisateur en a, en bien ou en mal. Il existe un grand nombre d’erreurs à ne pas commettre, pour créer un cercle vertueux : une utilité maximale, pour un grand nombre d’utilisateurs garant d’une large collecte de data et d’une amélioration continue.
 Des objets connec- tés auprès de nous, demain en nous ?
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Pour aller plus loin : livres, expos,  lms et séries
Cette double perception quant aux objets connectés en interaction avec le corps – progrès, amélioration transhumaniste, plus grand confort d’utilisation d’un côté, surveillance de l’autre – a largement été reprise. Voici quelques exemples :
Iron-Man : on ne présente plus le héros de chair et d’acier de chez Marvel. Les technologies déployées dans les  lms et comics ne seront bientôt plus de l’ordre du fantasme : assitant intelligent pour guider l’armure et surveiller les fonctions vitales, IA qui lui permet de faire des recherches même en plein vol... La seule limite concerne peut-être les couleurs criardes de l’armure.
Robocop : dans un Détroit futuriste aux allures de ghetto géant, Alex Murphy, po- licier exemplaire est abattu en opération. Au lieu du traditionnel champ d’honneur, un industriel véreux décide de garder le cerveau et ses bonnes pratiques de  ic mo-
dèle et de les greffer à un robot muni d’un arsenal qui pourrait faire pâlir n’importe quel gangster... Malgré ses scanners thermiques, ses capteurs implantés, son ultra-réactivité de machine, Robocop commence à bug- guer. La faute à sa mémoire qui revient doucement des limbes...Un  lm visionnaire et ultra-violent.
Bienvenue à Gattaca : un  lm dystopique dans lequel est dépeint une société où l’on peut choisir le génotype de ses enfants. Cette société épurée et axée sur la technologie pratique l’eugénisme à grande échelle. Gattaca, dans ctte société qui laisse peu de place au hasard est le  euron de ce monde, un centre d’études et de recherches spatiales prisé par des pro ls au patrimoine génétique impeccable. Vincent, enfant naturel, rêve depuis tout
petit de partir dans l›espace. S’engage alors un combat pour battre les probabilités, les données et le déterminisme par les gènes. Un bel aperçu de «quanti ed self»
      ]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[  poussé à l’extrême où les gens ne sont plus maîtres des données que leur corps produit.
Neuromancien : livre qui a fondé le genre de science- ction Cyberpunk. Case est un hacker qui s’est fait griller par ses anciens employeurs, et a perdu la faculté de se connec- ter à la Matrice des données. Une femme, Molly, vient le chercher pour une mission qui va le mener aux quatre coins du monde.
Molly possède des implants qui émettent ce qu’elle voit, entend et ressent. Case possède le récepteur, et peut donc suivre tout ce que fait sa collègue en direct.
  Prospective
DREAMINZZZ
Met l’hypnose à portée de tous : d’abord éprouvé auprès de professionnels de santé (chirurgiens, dentistes, kinésithérapeutes...), le masque d’auto-hypnose connecté de DreaminzZz est vendu depuis quelques semaines chez Nature et Découvertes et Boulanger. Avec le CES 2018, la start-up vauclusienne créée en 2015 veut pénétrer les Etats-Unis, berceau de l’hypnose ericksonienne. Guillaume Gautier et Kevin Kastelnik, respectivement thérapeute en hypnose et ingénieur Arts&Métiers, ont créé le masque « Hypnos » pour lutter contre la douleur, en prévention de l’anxiété, pour améliorer le sommeil... Ils ont aussi initié une branche ‘Mental Sport’ pour sponsoriser des sportifs avec le masque.
SURICOG
Jeune pousse parisienne, présente au CES ses solutions EyeBrain et EyeDee, deux dispositifs d’eye-tracking à destination, respectivement, de la médecine et de l’in-
dustrie. L’idée est d’in- teragir avec le regard, comme re et de l’acti- vité du cerveau. Avec EyeBrain une monture capte et géolocalise les
mouvements de l’œil pour une aide au diagnostic des principales maladies neurologiques et des troubles de l’apprentissage. Remboursé dans plusieurs pays, il est utilisé dans 50 centres d’exploration clinique d’excel- lence dans le monde et près de la moitié des CHU de France. Avec EyeDee les interfaces homme-machine sont optimisées ; le processus de fabrication, le suivi et le contrôle, l’ergonomie du poste de travail et la for- mation des opérateurs peuvent être améliorés.
E-VONE
Fondée en 2017, a mis au point une chaussure connectée qui aide les seniors à rester autonomes. La semelle intègre un système de détection de chutes et d’immobilité basé sur plusieurs capteurs de mouvements. En cas de situation
anormale, une alerte géolocali- sée est envoyée aux proches. Au- tonome grâce à
une pile de montre, ce dispositif fonctionne dans 120 pays. Le module électronique, qui intègre un gyros- cope, un accéléromètre et un capteur de pression, est recyclable et se réintroduit dans de nouvelles chaus-
sures. Le produit sera couplé à une offre de services sur abonnement et sera soutenu par un réseau de prescripteurs comme les aidants, les professionnels médicaux ou paramédicaux et les mutuelles et assurances.
KINEQUANTUM
Créée en 2015, veut améliorer la kinésithérapie grâce à la réalité
virtuelle. La start-up veut projeter les utilisateurs dans des jeux
en 3D a n de réduire leurs douleurs lors des exercices et mesurer
plus précisément leurs progrès. Lucas Vanryb, Mathéos Frey-
dier, Natacha Vanryb et Nathan Toledano entendent immerger le
patient dans un monde où il aura moins peur d’exercer certains
mouvements. Leur logiciel propose des exercices qui touchent à la rééducation et au bilan concernant le rachis cervical ou lombaire, l’équilibre, les séquelles des AVC ou encore le système vestibulaire.
SOCIÉTÉ
  Start-up symboliques du CES
    FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 23
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[L’Oeil décalé
SOCIÉTÉ
   La séduction en 2018
Etude d’un sujet, d’une polémique pour mieux en saisir les enjeux
Pour un nouvel art du consentement
Redistribuer les cartes et les codes. Comprendre ses interactions dans l’espace public. Rendre simplement la parole et le pouvoir aux femmes... Si elle veut devenir un exercice partagé et ne pas être perçue comme une agression, la séduction doit s’inscrire dans le consentement.
exerçons tous une distance sociale : une relation de service ne relève pas de l’intime. Pour les femmes, ces règles d’inte- raction sont plus souvent mises à mal. En prenant un café au comptoir par exemple, elles peuvent s’attendre à subir des remarques sur leur physique ou leur attitude. Leur intimité
spécialiste de la question du genre dans la ville, « les femmes subissent toutes sortes d’injonc- tion dans l’espace public, sur leurs attitudes, leurs manières de s’habiller, etc. Ces discours et certaines pratiques laissent penser qu’elles n’ont pas leur place dans l’espace public ».
première étape » estime Yves Raibaud. « Le large écho de ces questions, toutes classes confondues, est porté, principa- lement via les réseaux sociaux, par une nouvelle génération de femmes, plus jeunes, éle- vées dans l’idée d’égalité. Dans une société qui tend à être égalitaire, c’est devenu un sujet. Ces pratiques ne sont plus considérées comme normales : les femmes ne les tolèrent plus » ajoute Mary- lène Lieber.
Depuis plusieurs années déjà, des prises de parole et des ini- tiatives ont émergé pour tenter de mettre au jour et en débat ces questions. En 2014, par exemple, le collectif #stophar- celementderue avait décrété, le temps d’une soirée, la rue (animée) de Lappe, à Paris , « zone sans relou » afin de sensibiliser à la limite entre séduction et harcèlement dans la rue. Idem pour d’autres bars de nuit disséminés partout en France. Cette mise en lumière d’un type de comportement ne doit pourtant pas occulter l’ampleur du phénomène. Avant la médiatisation de l’affaire Weinstein et la diffusion du hashtag BalanceTonPorc qui ont révélé l’étendue du malaise, un débat portait en France sur la pénalisation du harcèlement de rue. Or, en pénalisant seule- ment ce type de harcèlement, « on stigmatise une partie de la population, les hommes des milieux populaires, et on occulte ainsi la réalité des violences sexistes que l’on retrouve dans tous les milieux et toutes les sphères » souligne Marylène Lieber. « L’attention ne doit pas se porter uniquement sur la rue, mais sur tous les lieux où ces pratiques s’exercent. Il s’agit bien d’un continuum de pratiques qui va des invectives sexistes, parfois quali ées de ‘blagues lourdes’ jusqu’au
harcèlement » ajoute Mélanie Gourarier, anthropologue, chargée de recherche au CNRS.
veRs la Fin de la séduction ?
C’est donc bien un ensemble de pratiques, de discours et de rapports qu’il faut interroger pour concrétiser dans les faits la possibilité d’une interaction consentie. « Au Québec ou en Autriche, des politiques pu- bliques ont pris en compte la dimension genrée de l’espace public avec des résultats très positifs. Cela montre bien qu’en luttant contre les violences, on ouvre un espace apaisé et agréable à tous » indique Yves Raibaud. « La présence de femmes seules la nuit est un indicateur. Si elles se sentent en sécurité, elles seront plus enclines à séduire et être sé- duites » poursuit-il.
Reste à se questionner sur ce que séduire implique. « Par dé nition, la séduction, c’est amener l’autre vers on ter- ritoire, le faire céder donc. L’étymologie ramène à une pratique de pouvoir » rappelle Mélanie Gourarier. « Qu’est-ce qui empêche les femmes d’être les initiatrices ? On le voit bien, la norme de la réserve féminine est toujours d’actua- lité. Il n’est pas certain que la ‘libération sexuelle’ se soit faite au béné ce des femmes. Nos désirs reposent toujours sur des stéréotypes, des rapports de pouvoir, des différences de classe, d’âge ou de ‘race’. Ils sont socialement et politique- ment construits » poursuit-elle. Ainsi, la séduction n’est-elle peut-être pas morte, mais, si l’on souhaite l’inscrire dans une perspective égalitaire et de plein consentement, il faut revoir t.ous les cadres dans lesquels elle est amenée à se pratiquer. Un vaste chantier donc...
Par Elsa Bellanger
Dans un monde qui sort de l’horreur de la Seconde guerre, le dit « baiser du marin » immor- talise un baiser farouchement volé de Georges Mendonsa à Greta Zimmer Friedman. Tout le monde connait le cliché. Si l’image a longtemps été auréo- lée de glamour, la vérité elle est tout autre... Le baiser volé étant une agression sexuelle. En 2017, il est donc de bon ton de ne plus draguer comme avant. La séduction et le jeu de pouvoir tels qu’il s’exerçaient dans nos sociétés patriarcales perdent du terrain. Avec la libération de la parole des femmes et la dénonciation des violences et agressions sexuelles, le doute s’installe dans certains esprits. L’inquiétude semble réelle : la séduction, élevée au rang d’art de vivre à la française, pour- rait-elle être perçue comme une agression ? Il ne serait plus permis de draguer, s’affolent-ils, semblant ne pas distinguer la ligne entre le harcèlement et l’agression sexuelle, d’un côté, et la séduction et les notions de plaisir, d’échange et de respect qu’elle implique, de l’autre. « La séduction reste possible s’il y a un cadre approprié et surtout un consentement » rappelle Marylène Lieber, sociologue, professeure à l’Université de Genève. Cette ligne entre sé- duction et agression, c’est donc le consentement. Pour autant, même cette notion en appa-
rence simple, porte quelques limites. L’anthropologue Ni- cole-Claude Mathieu démontre, dans l’article « Quand céder n’est pas consentir » (1991), que la question du consentement est toujours liée à la capacité à donner le dit consentement et au rapport de domination dans lequel il s’inscrit.
un espace public qui n’est pas Fait pouR les Femmes ?
Rien ne semble désormais ni simple, ni évident. Une séduc- tion consentie exige ainsi de prendre conscience du contexte. En premier lieu, « les femmes ne réagissent pas de la même manière au fait, par exemple, d’être abordées dans la rue. Certaines, qui ont acquis une expérience et sont souvent plus
est d’emblée exposée. Ce n’est pas une forme de séduction, mais un rappel à l’ordre des rapports de genre » explique Marylène Lieber.
Ce même type de déséquilibre se retrouve dans l’attitude des groupes qui « draguent » dans la rue. « Ces hommes, mais aussi ceux que l’on nomme les suiveurs, appliquent une stratégie de chasseur et ne
la libéRation de
la paRole, une pRe- mièRe étape veRs de nouveaux codes de la dRaGue ?
La libération de la parole des femmes, le partage de leurs expériences dans l’espace public, apparaît ainsi salu- taire. Alors que la plupart des femmes ont en mémoire au moins une anecdote sur la
    L’attention ne doit pas se porter uniquement sur la rue, mais sur tous les lieux où ces pratiques s’exercent. Il s’agit bien d’un continuum de pratiques
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âgées, n’ont aucune gêne à être abordées, tandis que d’autres l’éprouvent comme une vio- lence » souligne la sociologue et anthropologue Catherine Deschamps. En second lieu, les règles d’interaction dans l’espace public diffère que l’on soit un homme ou une femme. « Dans la vie courante, nous
séduisent personne. Le but n’est pas la séduction, mais l’af rmation de la masculi- nité. C’est une culture ancrée jusque dans la littérature : pensez au sort de Nadja dans le livre d’André Breton » décrit Yves Raibaud, géographe et chercheur à l’université Bor- deaux Montaigne. Selon ce
question, il devient néces- saire, voire urgent, de créer des conditions équivalentes d’interaction dans l’espace public. Il s’agit de permettre à chacun, hommes et femmes, de se sentir pleinement libre de susciter, mais surtout de refuser, une interaction. « La libération de la parole est une
A l’aise ou malaise ?
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
   Le carnet des nominations
en partenariat avec
uArvAl
Ferréol Mayoly, 40 ans, ingénieur économie et  nance - École des Ponts ParisTech (2003)
a été promu directeur général d’Arval
uAssociAtion Progrès du mAnAgement (APm)
Béatrice Castaing de Longueville, 53 ans, ESCP Europe (1986)
est nommée directeur général de l’APM
udomAines BArons de rothschild (dBr) Saskia de Rothschild est diplômée de HEC (2010)
est promue président de DBR – La te
ueuroP AssistAnce FrAnce (grouPe generAli)
Nicolas Sinz, 46 ans, ESSEC Business School (1993)
est nommé directeur général d’Europ Assistance France
u essec Business school
Vincenzo Esposito-Vinzi, 46 ans, docteur en statistique est promu directeur général de l’ESSEC Business School
uFrAnce digitAle
Rachel Delacour, BS  nance - KEDGE (2003) est élue coprésident de France digitale
u geoconcePt
Hervé Camus, 46 ans, docteur ès sciences et ingénieur a été nommé directeur général de GeoConcept
ugrouPe cAisse des déPôts (cdc)
Eric Lombard, 59 ans, HEC (1981)
est nommé directeur général du Groupe Caisse des dépôts
ugrouPe PsA
Grégoire Olivier, 57 ans, Mines ParisTech (1982) est nommé secrétaire général du Groupe PSA
                                VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?
Nomination, les 200 000 décideurs
Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr
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qui font le business en France !
 Les réglementations qui entrent en vi- gueur au 1er janvier 2018
L’exhaustivité n’est pas la  nalité de cet encadré. Nous n’indiquons que les évolutions réglementaires majeures qui touchent le monde de l’entreprise. Soit :
- établir un accord collectif ou un plan d’action quant à la pénibilité au travail (travail de nuit, répétitif, soumis au bruit, à une température extrême, postures pénibles, manutentions manuelles de charges...)
- dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés, le CHSCT, le CE et les DP fusionnent dans une seule entité, le Comité Social et Economique (CSE)
- pour les lieux de travail qui accueillent plus de 100 salariés, la mise en place du « plan de mo-
bilité » est obligatoire. Il s’agit de faciliter le télétravail, le covoiturage, le vélo, les transports en commun...
- les entreprises ont jusqu’au 25 mai 2018 pour se mettre en conformité avec le règlement européen de protection des données personnelles (RGDP)
- pour les entreprises de bâtiment, les rénovations de bâtiments existants à usage résidentiel et non résidentiel devront mettre en place des performances thermiques minimales si les rénovations lourdes portent sur un bâti- ment construit après 1948 et comptant plus de 1 000 m2. Source : Bureau Veritas
 Le porte-monnaie bientôt inutile ? Vers la  n du cash...
Les jeunes générations ne sont pas attachées à l’argent liquide. Les ados ont une carte de crédit et font leurs achats sur l’Internet. L’arrivée du paiement sans contact (dont le plafond atteint désormais 30 euros) n’incite guère à compter les piécettes pour faire l’appoint. Néan- moins, l’argent liquide est encore le moyen d’échange de 85 % du volume des transactions en France. Mais, la monnaie  duciaire peut susciter bien des convoitises et conduire à des dérives... En Europe, les Suédois sont prêts à se passer des grosses coupures et à accepter une société sans cash. La contrepartie de la  n du cash serait une traçabilité parfaite de toutes les transactions
privées, ainsi qu’une dépendance absolue au numérique. Malgré cela, il semblerait que cette solution soit celle vers laquelle le monde s’achemine, chaque pays à son rythme. Dans un avenir assez proche, on s’inquiète dès lors du succès de l’Opération Pièces Jaunes lancée en 1990 par la Fondation des Hôpitaux de Pa- ris, puis rapidement présidée par
Bernadette Chirac.
 Le « costockage » ou comment louer sa cave à ses voisins
Dans ce numéro d’EcoRéseau, la rubrique « Rétrospec- tive » est consacrée à l’histoire du passage de la propriété à l’usage. Voici une illustration de ce changement de pratique : avec le numérique et l’uberisation des pratiques naît la préférence de plus en plus marquée de l’usage sur la propriété privée en première personne. Ainsi, à défaut d’être propriétaire de sa cave, il est désormais possible de louer des espaces de stockage chez des voisins. Moins chère qu’un garde-meuble, souvent plus proche et assurée à hauteur de 2 500 euros, la cave du voisin
devient une aubaine pour celui qui n’a pas assez de place et une manne pour le propriétaire. Dans les grandes agglomérations, ce type de location rapporte entre 800 euros et 1 000 euros par an. Plus de 20 000 clients ont déjà
trouvé leur espace de stockage à moindre coût grâce à la plateforme Costockage.fr.
 Bercy lutte contre la fraude  scale à l’aide d’un algorithme
Un arrêté du 14 novembre 2017 publié au Journal of ciel autorise la Direction Générale des Finances Publiques (DGFP) à mettre en place un traitement automatisé de lutte contre la fraude en croisant les données personnelles du contribuable déposées sur l’Internet, recueillies par les différents services publics en ligne et les administra- tions (y compris étrangères). L’intérêt est de modéliser les comportements frauduleux les plus fréquents a n de mieux pouvoir les cerner ou les prévenir. Cette ex-
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant l’entrepreneuriat, picorés de-ci de-là
En plus des traditionnels vœux aux collaborateurs et aux salariés, juste après la galette des rois qui signe la reprise et la nouvelle année, les entreprises doivent également tenir compte dans leurs souhaits des nouvelles réglementations entrées en vigueur au 1er janvier. Pour les étrennes, il se peut que bientôt l’enveloppe conte- nant de l’argent liquide n’existe plus faute de cash. Vous souhaitez vous débar- rasser de votre argent liquide ? Pourquoi ne pas louer votre cave ? Pendant que l’intelligence arti cielle aide Bercy à lutter contre la fraude  scale, les faux avis sur l’Internet sont également soumis à un contrôle plus strict. Pour déposer de tels avis et plus généralement pour naviguer sur l’Internet, pourquoi ne pas préférer Qwant — moteur de recherche français — au mastodonte Google ? Quel que soit votre moteur de recherche, il vous indiquera la naissance de deux nouveaux incu- bateurs en ce début d’année : l’un à Rouen, dédié aux solutions sociales innovantes, l’autre à Avignon, porté sur les innovations dans l’agroalimentaire.
 ]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[périmentation de Bercy semble en contradiction avec le Gouvernement qui, malgré la procédure de rescrit  scal (où l’administration interprète sur demande une situation de fait en cas de doute), promeut le « droit à l’erreur » lors de la constitution de la déclaration d’impôts.
 Expérience client : vers une  n des faux avis ?
Si 80 % des clients ou acheteurs en ligne déclarent tenir compte des avis publiés sur les sites marchands et non marchands, cela n’implique pas que ces avis soient justi és ou  ables. Les fausses critiques émanant des concurrents sont légion. Les avis à coup sûr élogieux proviennent de sites qui rétribuent leur auteur. La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a mené une enquête auprès de soixante entreprises, de laquelle il ressort une non-conformité des avis à hauteur de 35 %. A partir du 1er janvier 2018, un décret oblige les entreprises à être plus transparentes en présentant davantage d’informations relatives aux avis qu’elles recueillent et publient. Seulement, le recours à la contre- partie n’est pas interdit par la loi. De plus, les sites ne sont pas obligés d’instaurer un tel contrôle. Conséquence : continuer de faire con ance au bouche-à-oreille et aux conseils des amis ou des spécialistes reste un gage de sûreté.
 Qwant, moteur de recherche niçois, concurrent de Google
Le service R&D de Qwant est basé à Nice et met tout en œuvre pour le respect de la vie privée. Avec Qwant, pour une meilleure neutralité des résultats, pas de cookie. Aucun souvenir de nos recherches passées donnant lieu à telle suggestion. Le moteur de recherche classe les réponses aux requêtes par catégories (web, images, vidéo, ac- tualités, réseaux sociaux...). Quand on sait interagir plus de 2 000 fois par jour avec son Smartphone, ne pas être guidé par lui, mais rester maître de l’outil est une chose
appréciable. Autre élément digne d’attention : le Qwant Junior dédié aux 6 - 13 ans qui garantit une navigation en toute sécurité. Depuis la rentrée, Qwant Junior est d’ailleurs le moteur de recherche préconisé par l’Education Nationale car il met en avant les sites éducatifs et pédagogiques.
 Katapult, incubateur des entreprises socia- lement innovantes
Jusqu’au 28 février, il est possible de candidater a n d’intégrer l’incubateur normand Katapult à Rouen. L’innovation sociale, la dimension collective, l’implantation en Normandie sont quelques uns des critères de sélection. Critère assez rare pour être souligné : la lucrativité limitée. Impulser une démarche entrepreneuriale collective, impliquer ses partenaires et ré échir son impact social sont les  nalités premières de ce nouvel incubateur. Pour décoller et prendre son envol, si rentabilité et pro t sont des éléments à penser, ils ne passent pas au tout premier plan. Qui disait : « L’humain d’abord » ?
 Terralia Impulsion, un accélérateur pour les start-up de l’agroalimen- taire
A Avignon, le pôle de compétitivité Terralia lance un nouvel incubateur où les jeunes pousses des  lières végétales, agricoles et alimentaires trouveront un terreau fertile et une terre sur laquelle naître, croître et se développer. Les Opérations d’Intérêt Régional (OIR) de la région PACA se concentrent notamment autour de l’alimentation de qualité, des in- trants naturels, des cosmétiques naturelles et de la nutraceutique (pharmaceutique à base
CLUB ENTREPRENDRE
 Baromètre & Tendances
       avec
cci.fr
AFaire des vagues
u moment où les pouvoirs publics
lancent une mission de ré exion
sur le rôle de l’entreprise et son utilité sociale, nous avons plus que jamais envie de continuer à faire des vagues... d’enquêtes pour faire entendre le point de vue des entrepreneurs. Radiographier leur moral chaque mois, faire entendre leur point de vue sur les mesures qui les impactent directement ou sur les débats de société. Flux et re ux de l’optimisme entrepreneu- rial, donc, en 2017.
Avec du vague à l’âme pendant la campagne présidentielle en France (92 % estimant que la situation des entreprises était insuf sam- ment abordée) puis un indice de con ance record de 37 % après le raz de marée des résultats en mai.
Tous «macronpatibles», les chefs d’en-
treprise ?
Comme pour les Français dans leur ensemble, les premières mesures gouvernementales ont suscité chez eux un enthousiasme variable. Mais sur le dernier trimestre (les protesta- tions sociales sur les décrets de la nouvelle loi ont fait peu de vagues), c’était presque à nouveau la lune de miel. 42 % appréciaient les efforts d’équilibrage entre les mesures en faveur de la sécurité des salariés et celles en faveur de la sécurité des entreprises (un indice tout neuf à suivre dans ce baromètre). En décembre, ils se projetaient ainsi avec entrain dans l’année à venir, les perspectives économiques étant particulièrement bonnes selon eux. 71 % se disaient con ants dans l’avenir à court terme de leur activité, soit le taux le plus haut enregistré pour cet indi- cateur. Et, comme une pulsation nouvelle,
près de la moitié d’entre eux voyaient dans l’innovation non une prise de risque mais bien un investissement.
Dans un contexte de promesses de stabilité  scale et de réduction des charges accessibles à tous, ira-t-on alors jusqu’à une nouvelle «super Lune» pour 2018 ?
Béatrice Genoux Planneur stratégique CCI France
Retrouvez l’intégralité des résultats de la Grande Consultation sur www.grandeconsultation.fr
   FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 27
Jugement de valeurs
]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendances
CLUB ENTREPRENDRE
  d’aliments naturels). L’incubateur accompagnera entre 15 et 20 projets en 2018 (les dates de candidature ne sont pas encore communiquées).
 Bientôt un nouveau pôle entrepreneurial à Lyon A la Duchère, dans le IXème arrondissement de Lyon (rue Rosa Parks et rue Ben Gourion), on a posé la première pierre d’un chantier qui offrira 1 700 m2 d’accompagnement de proximité, d’aide au déve- loppement des structures, d’espaces de travail... Ce premier pôle en construction en appelle, selon les décisions de la Métropole de Lyon, encore deux autres (dans la périphérie de la ville). Riche de ses trois pôles entrepreneuriaux, la Métropole veut accompagner cent entreprises tous les ans et créer 300 emplois tous les trois ans.
Reste à trouver un nom à ce grand projet.
 Pharmapack. Les 7 & 8 février de 9h à 17h - 18h à Paris Expo, Porte de Versailles, Hall 7.1 (Paris 15e)
Evénement majeur pour l’industrie de l’emballage pharmaceutique et pour les innovations en matière d’administration de médicaments. Un programme d’éducation est mis en place a n de connaître les progrès de l’industrie, tandis que les Pharmapack Awards récompensent les meilleures innovations.
 Enova. Les 7 et 8 février de 9h à 17h - 18h au Centre de Congrès de Lyon, Entrée B, 50 Quai Charles de Gaulle
Enova représente le rendez-vous de la R&D en France en matière d’électronique, de mesure, de vision et d’optique accompagnant les progrès de la mutation numérique actuelle. Pour sa troisième édition, le salon cherche à s’inscrire dans les écosystèmes régionaux au cœur des grandes régions industrielles de France.
Salon des entrepreneurs, l’événement n°1 des créateurs, start-up et dirigeants d’entreprises
7 & 8 février 2018 - Palais des Congrès - Paris
Trois questions à Laurent Baccouche, commissaire général du salon
  Quelles seront les nouveautés du 25ème Salon des entrepreneurs ?
Le salon permet aux visiteurs de franchir des étapes-clés dans l’histoire de leur en- treprise. Tous les acteurs sont présents. L’essentiel est d’aider à grandir, à franchir plus rapidement des caps. Le salon est un accélérateur de projets. 25 millions d’eu- ros sont à lever à l’occasion du Marathon Pitch. Sur deux jours, on peut rencontrer des experts et partager avec des pairs. 90 % des problèmes d’entrepreneurs peuvent être résolus par d’autres entre- preneurs. En préparant sa visite, on repart avec des solutions, de nouveaux collabo- rateurs, des moyens de développer son chiffre d’affaires. Le salon est un bain de jouvence duquel on ressort boosté avec
l’envie de continuer.
Qu’est-ce qui permet à l’entrepreneur d’être plus optimiste en 2018 ? L’environnement actuel est favorable à l’entreprise. La révolution numérique, le serviciel, le Made in France... sont autant de marchés à repenser. Les indépendants et les start-up répondent à l’offre de ma-
nière agile. Les statuts sont simpli és et le  nancement est disponible.
Quelles seront les caractéristiques de l’entreprenariat dans les années
à venir ?
Mieux produire et mieux entreprendre sont les tendances de fond qui traversent l’entrepreneuriat. La recherche de la qua- lité fonctionne avec la volonté de remettre du sens dans le travail. On préfère le re- tour au métier plutôt que l’accomplisse- ment d’une fonction abstraite. L’important est de mettre en avant ses savoir-faire et
de s’épanouir.
Propos recueillis par Joseph Capet
                                                                                                                                                                                 Julien Leclercq
Directeur général agence Com’Presse Editions Yakabooks
Auteur de Journal d’un salaud de patron (Ed. Fayard)
www.salauddepatron.fr
Et si on se parlait ?
L’économie française va mieux. L’ensemble des indicateurs sont au vert, la majorité des entreprises semble respirer moins dif cilement (c’est- à-dire qu’elles ont trois semaines de visibilité plutôt que quinze jours), et, preuve plus grande encore de l’optimisme ambiant, les discussions devant la machine à café, haut lieu de vivre ensemble de notre société, tournent plus autour du développement que des plans de licenciement. Bien sûr, j’occulte l’annonce d’un grand groupe, rabâchée par les ondes de France Info pendant que j’écris ces lignes, qui laissera des milliers de salariés sur le carreau mais semble ravir les boursicoteurs. Bref. Parlons des entreprises qui embauchent encore en France, les petites. Car, faut-il le rappeler, 80% des emplois créés ces vingt dernières années dans notre pays l’ont été par des PME.
Ces PME sont dirigées par des hommes et des femmes qui se sont lancées sur la conviction d’avoir une idée suf samment forte pour pouvoir en vivre un jour. Et même, soyons fous (osons, les folies sont les seules choses que l’on ne regrette jamais nous enseigne Oscar Wilde), en faire vivre d’autres personnes. Une idée tellement puissante qu’un matin, sous la douche ou en se rasant,
chaque centimètre de leur corps s’est mis à trembler, mu par le besoin irrépressible que l’idée – toujours elle – voie le jour.
Oui, ces courageux ont franchi le pas portés par une grande con ance en leur créa- tivité et en leur savoir-faire. A aucun moment parce qu’ils se prétendaient spécia- listes du droit social, du droit  scal, des réformes législatives. Disons-le carrément : les entrepreneurs sont généralement nuls en ce qui concerne leur environnement, notamment législatif.
On pourrait s’en contre cher, me direz-vous. Sauf que, rappelez-vous, ce sont eux qui ont les clés du pays. Ou en tout cas celle de la relance de l’emploi. J’ai la profonde conviction qu’avant de pondre de nouvelles mesures censées nous encourager à créer de l’emploi, il serait d’abord bon de s’assurer que chaque dirigeant d’entreprise a connaissance de celles qui sont déjà à sa disposition. Je viens par exemple, alors que je dirige (sans doute maladroitement, mais avec des résultats très honorables) ma PME depuis huit ans, d’apprendre qu’il existe un truc appelé AFPR (on est très forts pour les acronymes en France) qui me permet de tester et former un futur salarié pendant deux mois et demi avant de l’embaucher, sans avoir à le rémunérer puisqu’il reste inscrit à Pôle Emploi, et tout en étant moi-même (mon entreprise, pardonnez ce raccourci malheureux), indemnisé par Pôle Emploi au titre de ladite formation. J’ai sondé une vingtaine de chefs d’entreprise. Une seul connaissait. Elle est expert-comptable.
Plus que jamais, maintenant que le contexte économique est légèrement plus favorable que ces dernières années, il est impératif d’aller à la rencontre de ces hommes et ces femmes qui sont les forces vives de notre pays et de leur parler. Leur rendre visite, là où ils sont, dans leurs entreprises, et les conseiller. Les aider, leur apprendre, leur montrer, ce à quoi ils ont droit ou ce qu’ils ne respectent pas, la plupart du temps sans le savoir.
Car à ce jour, trop souvent, les seules personnes qui se rendent dans nos boites pour en décortiquer le fonctionnement sont des contrôleurs. Qui nous envoient la note quelques semaines après leur passage. Cela ne fait aucun doute : la relance de l’emploi passe par une plus grande proximité avec les entrepreneurs.
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Save the dates
Salauds de patrons !
© Nicolas Dias
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[                                 Une solution qui paye
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]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Enquête
L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre, en rapport avec l’innovation et l’entrepreneuriat
La délicate notion de pivot
Penser le changement, pour ne pas changer le pansement
    Pivoter son business pour le faire croître de manière exponentielle. Belle idée sur le papier, mais à concrétiser au bon moment, sans abus...
Par Julien Tarby
Ce fameux revirement, dans lequel il faut embarquer toutes les
parties prenantes, n’est pas l’apanage des start-up. Nokia commence dans l’indus- trie du papier puis s’oriente dans le caoutchouc avant de prendre le tournant de l’industrie électronique... Bien mené, il peut sauver des emplois et créer de la valeur, comme en témoigne Olivier Remoissonnet, sauveur de la Brosserie Française dans l’Oise, créée en 1846, et menacée de liquidation, en repensant totalement la fabrication et la vente de brosses à dents, puis de brosses à cheveux. Emery Jacquillat, repreneur de la Camif, a aussi agi au bon moment, en la transformant en une plateforme en ligne de «consolocation», évitant à 568 salariés d’être lais- sés sur le carreau à Niort. Mais d’autres n’ont pas eu la même fortune, échouant dans la réorientation ou le timing. Quelques facteurs
clés de succès peuvent être distingués.
une ceRtaine touRnuRe d’espRit Le pivot n’est pas une amé- lioration, un changement à la marge du business, mais bien une révolution complète de l’approche, en se servant toutefois des acquis de l’ex- périence passée. Lancée en 2005, Criteo se positionnait
se lance dans le retargeting publicitaire. Les raisons ? Des modèles pas assez ren- tables et «scalables». Ce sont le produit, le business model, la cible de clientèle, le mode de distribution ou la technologie qui peuvent être modi és. Facile ? Pas tant que cela. Les entrepre- neurs sont concentrés sur la résolution d’un problème spéci que, d’un besoin qu’ils
qu’ils craignent le pivot. « Les entrepreneurs n’aiment pas tant que cela prendre des risques. Le changement devient ardu après deux mois d’existence de la société, même si elle est en crise. Et cette dif culté s’accroît avec le temps », déplore Didier Tranchier, dirigeant d’Adelit, cabinet de conseil en innovation, fondateur d’IT Capital, club de business angels. Si les entrepreneurs peuvent s’apparenter à des chercheurs, qui font des ex- périmentations, la réalité est bien souvent autre. Quand Olivier Remoissonnet est parti rechercher des moules à injection en Chine pour relocaliser et a axé le dé- veloppement sur la marque Bioseptyl en abandonnant les MDD, il n’avait pas droit à l’erreur. De nombreux emplois étaient en jeu. « Il a fallu convaincre, batailler pour imposer le «made in France» intégral, la RSE avec des matières recy- clables, et surtout la re- cherche du circuit direct, du
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Je n’aime pas
me perdre en explications stra- tégiques. Tu vas pivoter, oui !?!...
Certains entrepreneurs tombent malheureusement amoureux de leur idée
 en premier lieu sur de la recommandation de vidéos. En 2006 et suite à une pre- mière levée de fonds de trois millions d’euros, la jeune pousse change de business model, pour proposer une technologie de recomman- dation de produits destinée au e-commerce. C’est  na- lement en 2008, suite à une nouvelle levée de fonds de sept millions d’euros, qu’elle
ont décelé chez des clients potentiels. « Agiles, ils sont normalement prêts à tester une myriade de solutions pour réussir. Mais certains tombent amoureux de leur idée », révèle Alice Zagury, seriale entrepreneure, fon- datrice de The Family, so- ciété d’investissement qui accompagne aujourd’hui des centaines de start-up. Certains s’entêtent parce
contact avec le consomma- teur  nal grâce à un système d’abonnement où la brosse à dents est livrée tous les six mois. J’ai démontré que j’avais préparé de longue date ces nouveautés », se souvient le dirigeant.
de l’aGilité
à la GiRouette
Il est désormais acquis, dans le monde des start-up sur-
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[Enquête
tout, que celui qui commence avec une idée pourrait bien au  nal rencontrer le succès avec un business très éloi- gné du concept originel. Le risque consiste aussi à abuser de ces réorienta- tions et de ne pas suivre un  l rouge. « L’entrepreneur a quand même l’intuition qu’une des solutions est meilleure que les autres, et se doit de l’explorer en profondeur. Pivoter n’est pas forcément la panacée », nuance Alice Zagury. Un équilibre fragile doit être trouvé par le créateur, qui n’a pas intérêt à remettre sans cesse sa stratégie en cause en fonction des op- portunités qui se présentent. « Ce qui m’a guidé pour la Brosserie Française est une stratégie du contre- pied, une vision sur neuf ans visant à se différencier complètement des multina- tionales des biens de grande consommation, contre qui nous n’avions aucune chance si nous nous positionnions sur la bataille des prix, des produits basiques et de la grande distribution. Notre présence dans les magasins bio, nos produits élaborés pour répondre à des pro- blèmes bucco-dentaires, notre production complète en Picardie, notre écoci- toyenneté... sont autant de preuves de cohérence. Nous ne sommes pas là pour faire un coup », énumère Olivier Remoissonnet. L’entreprise doit se  xer un objectif am- bitieux, souvent jugé inattei- gnable par d’autres. « Puis toute l’organisation, toutes les décisions s’ensuivront pour pouvoir prétendre y parvenir. Ce point en ligne de mire est essentiel, surtout dans une start-up, pour que les employés acceptent les changements de taille et les pivots », soutient Jean-Charles Samuelian, créateur d’Alan, start-up très en vue de par sa crois- sance, qui a obtenu l’agré- ment d’assureur. La jeune pousse de ce professeur à Lion – l’école des employés
de start-up –, évoluait au départ dans la prévention santé et le matching patients/ médecins spécialistes. Un premier départ qui lui a per- mis d’acquérir une grande connaissance du monde de l’assurance, ainsi que de ses rouages. La volonté d’apporter de la  uidi cation dans ce domaine est restée la même. Une constance dans le changement également suivie par Maxime Renault, cofondateur de MonBanquet, traiteur qui intervient lors d’évènementiels en agré- geant les artisans proches. Avec deux comparses il a d’abord lancé le site Du- BonPain pour promouvoir la qualité de la production artisanale des boulangeries sur la Toile. Il a rendu vi- site aux boulangers en leur proposant de se référencer en ligne. « Les «râteaux» se sont enchaînés, car les commerçants ne percevaient pas la valeur ajoutée de cette solution », se souvient celui qui a tout de même créé une page Internet, donc une vitrine gratuite sur le Web, pour 30 000 artisans boulangers – dont 300 l’ont agrémentée. « Nous sommes
pivoté autour de son idée centrale : promouvoir la production artisanale locale grâce à la Toile, avec une valeur ajoutée qui réside
dispose encore », précise Michaël Coenca, cofon- dateur et coordinateur de Start The F*** Up, collectif d’entrepreneurs pluridisci-
ces moments clés peuvent être violents pour eux », précise Marion Rousset, responsable des opérations dans l’école Lion. Ce que
différente identi ée, ou un nouveau vivier de clients détecté, est dans ce cas l’élé- ment déclencheur », décrit Alice Zagury, qui cite en exemple Slack, service de messagerie professionnelle. « Le fondateur Stewart But- ter eld avait dans l’idée de créer un jeu vidéo. A n de faciliter la communication entre les designers, déve- loppeurs, storyboarders, etc., son équipe a mis en place un système de messagerie interne qui s’est révélé si performant que la société l’a  nalement commercialisé. » Certains réussissent, dé- gagent du chiffre d’affaires, mais restent déçus en leur for intérieur parce qu’ils rêvaient d’une croissance exponentielle. « Ils testent alors d’autres business, en utilisant juste une partie des ressources de l’entreprise. Une sorte de pivot partiel », observe Didier Tranchier, qui cite Travelsoft, qui édite la plateforme de distribution de voyages Orchestra par laquelle transitent des ventes de packages touristiques en France à destination des agences de voyage : « Les fondateurs ont plus tard donné naissance à Meteojob, utilisant le même logiciel afin de révolutionner les processus de recrutement et de matching. La  liale a vite connu une croissance supérieure. » Avec des cy- cles de marché toujours plus courts, ceux qui restent àl’affûtde.sopportunités tout en restant cohérents semblent bien être les grands gagnants.
CLUB ENTREPRENDRE
    dans la capacité à réunir divers savoir-faire et être l’unique interlocuteur du client final. « Nous sen- tions que nous pouvions leur apporter de la valeur, mais nous ne savions pas encore comment, malgré quelques signaux faibles. Le rebond est survenu na-
plinaires qui ont appris les méthodes d’innovation par leur expérience en start-up. Une clari cation initiale sur laquelle insiste aussi Didier Tranchier : « Pour moi qui suis formateur et adminis- trateur, la capacité à pivoter tient plus à la gouvernance qu’à l’état d’esprit. L’orga-
con rme Jean-Charles Sa- muelian, fondateur d’Alan : « Dans la prévention en santé je n’étais pas sûr à 100% du modèle de dis- tribution, et de revenu. Je m’en suis ouvert à l’équipe, en toute transparence, pour qu’elle intègre les raisons du pivot vers une société d’assurance. »
le pivot positiF d’oppoRtunité Parfois le pivot est exécuté non pas parce que la solution précédente ne fonctionnait pas ou ne trouvait pas son public, mais parce que l’en- trepreneur a découvert un élément inattendu et, suf-  samment con ant, décidé de repartir de zéro. « La bonne surprise, comme une demande pour une solution
 L’équipe fondatrice doit au début se mettre d’accord sur le sens qu’elle veut apporter au monde. Elle pourra ensuite pivoter autour de cette vision
  nalement parvenus à ga- gner une véritable crédibilité auprès de la profession, et c’est ce qui nous a servi plus tard lors du pivot. » L’entrepreneur espérait se rémunérer en proposant des outils supplémentaires de dynamisation des ventes, telle la possibilité de com- mandes en ligne. Cela n’a pas fonctionné. Mais il a pu faire appel à eux pour déve- lopper l’activité de traiteur.
un contexte qui évolue, une vision qui subsiste MonBanquet a  nalement
turellement. Nous n’avions pas vu le marché traiteur », relate l’ancien étudiant de Centrale Paris. Contextes d’affaires et rencontres vont faire évoluer la société dans des directions insoupçon- nées. Avec un risque pour les dirigeants de se perdre ? « Avant de travailler sur un projet, l’équipe fondatrice doit se mettre d’accord sur le sens qu’elle veut apporter au monde. A ce moment elle peut pivoter autour de cette vision. Sinon elle change de produit, de marché à l’aveu- glette, sans  l rouge, selon le cash et le temps dont elle
nisation doit permettre à l’entrepreneur d’analyser la situation et de comprendre l’intérêt de tester. Il importe d’éviter l’acharnement thé- rapeutique, et de prendre des décisions rapides et... collégiales. » Mieux vaut effectivement convaincre également les équipes du bienfondé du changement. « Dans une start-up la dé- cision de pivot n’appartient pas aux employés, mais ils ont souvent leur mot à dire. L’entrepreneur a plutôt intérêt à prendre le pouls, les écouter, et sur- tout les convaincre. Car
 Bonnes pratiques
La table des lois du pivot
 Connaître sa vision, son point d’ancrage et ses forces
 Ecouter le marché en continu, par une récolte
pertinente des données
 Voir l’état de la situation et le partager clairement
avec les équipes
 Tester une nouveauté avec un «Minimum Viable
Product»
 Quand elle fonctionne, changer, se réorganiser
vraiment
FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
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Grande entrepreneure ha-
bituée aux pivots, mais qui garde secrets ses techniques de choix de stratégie...
]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[Par ArianeWarlin
CLUB ENTREPRENDRE
 Nominé Electron libre - Trophées Optimistes 2018
Dans cette rubrique EcoRéseau Business met à l’honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu’il (elle) a un pro l atypique,
parce que son entreprise évolue dans un secteur unique ou parce qu’il (elle) a eu l’idée de sa boîte d’une manière peu conventionnelle
Martine Liautaud et la parité au travail
Osez, osez...Martine...
   Déterminée. Volontaire. Altruiste. Trois mots qui décrivent à merveille Martine Liautaud. Il n’est pas pour autant évident de résumer son parcours, tant elle mène de front de nombreux projets. Banquière d’affaire, entrepreneure, elle est par ailleurs très engagée en faveur de l’égalité hommes-femmes.
son indéfectible sourire. Elle démissionne donc pour créer une entreprise de conseil et d’investissement. Toujours très active, elle acquiert en parallèle la société de jouet Meccano et elle participe au lancement des éditions de La Martinière dont elle devient vice-présidente. En 2000, elle vend ses parts à la famille Wertheimer et lance Liautaud & Cie, une
de choisir sa propre culture et son propre environnement. C’est très précieux de se sentir bien sur son lieu de travail », précise-t-elle. Mais c’est aussi ce qui lui permet de consacrer du temps à ses activités philan- thropiques. « J’ai conscience d’avoir été une enfant gâtée du système (même si j’ai pris des risques), et j’ai eu envie
à demander. Elles n’ont pas toutes le ré exe de le faire ».
Breaking Trough
Martine Liautaud semble tou- tefois con ante. Les débats qui ont en ammé le Web et les réseaux sociaux entre les adeptes du #balancetonporc et celles qui défendent le droit d’être importunées ont eu le
elle le partage dans un livre publié aux Etats-Unis, intitulé Breaking Through. Elle y partage les bonnes pratiques d’entreprises qui ont permis à des femmes de réussir. Elle est en convaincue : aider les femmes à s’accomplir profes- sionnellement est une façon de promouvoir la diversité. « Je souhaitais une préface
  Aider les femmes à s’accomplir professionnellement est une façon de promouvoir la diversité
   Un engagement de tous les instants qui pourrait faire éclater ce plafond de verre.
C’est au sein de la banque IndoSuez qu’elle commence
sa carrière à l’âge de 22 ans, avec un premier fait d’armes : elle est la première femme à rejoindre le groupe dans le métier phare de responsable de grands clients. Si le fait de s’imposer dans cet univers ex- clusivement masculin n’a rien de facile, ses dons de négocia- tion et de conviction lui per- mettent d’être reconnue. « On ne m’a pas nécessairement fait de cadeaux, mais j’ai su progressivement gagner la
con ancedesclientsetde ma hiérarchie. J’étais sans doute perçue comme une sorte de Rastignac au féminin », s’amuse-t-elle avec le recul. Seize années de bons et loyaux services dans le cadre de ce groupe lui permettent de se forger une belle réputation et une expertise sans failles, mais elle sent qu’il est temps de tourner la page. « Depuis l’enfance, j’avais envie de devenir en quelque sorte le conseiller des princes, de les aider à penser leurs stra- tégies », raconte-elle avec
structurespécialiséedansle conseil aux grands groupes pour leurs diversi cations et leurs acquisitions.
mentoReR, son
FeR de lance pouR militeR
Dans ses locaux du boulevard Malesherbes à Paris, elle nous fait partager son amour de l’art contemporain et avoue un goût prononcé pour l’art numérique, tout en allumant un tableau révélant un Nar- cisse en mouvement. « Le fait d’être à son compte permet
de rendre une partie de ce que j’avais reçu », raconte- t-elle. Mais pourquoi avoir choisi la cause des femmes ? Parce qu’au moment de la loi sur les quotas, elle a pris conscience qu’il y avait encore beaucoup à faire : « Des jour- nalistes étaient venus faire un reportage sur mon conseil d’administration, lequel était égalitaire. Un fait hélas suf-  samment rare pour justi er un sujet dans un journal té- lévisé ! »
Il faut dire que la diversité et la mixité sont des évidences pour cette femme mariée à un Américain d’origine haïtienne, et rompue aux échanges inter- culturels.Auteurdedifférents ouvrages, dont un Guide de l’entrepreneuriat féminin, elle est convaincue que les programmes de mentoring permettent d’aider les femmes à s’accomplir. Mais il faut aller plus loin, en faisant bouger les lignes. Et elle s’y attelle avec énergie : « Il faudrait par exemple continuer à promou- voir une  exibilité au niveau des horaires, notamment pour faire en sorte que des femmes hauts potentiels ne soient pas évacuées trop vite du système. Il faut aussi leur apprendre
mérite à ses yeux de mettre au grand jour un ras-le-bol latent. «Ilyavaituntroppleinetla marmite a explosé. Ce n’est pas que la parole n’existait pas, mais les gens ne voulaient pas l’entendre. Ces débordements sont  nalement très sains. Ce sera peut-être un détonateur pour permettre aux femmes de briser le plafond de verre », résume-t-elle.
Cette mixité réelle, elle l’ap- pelle avec force de ses vœux, par le biais de la Women Ini- tiative Foundation qu’elle a créée en 2015. Son objec- tif : soutenir des missions d’intérêt général à caractère éducatif, en permettant l’in- tégration des femmes sur le marchédutravailetdansle monde de l’entreprise. Elle peut compter sur le soutien  nancier de sponsors comme Engie ou BNP Paribas, les- quels lui font une parfaite con ance. Son engagement,
de Christine Lagarde, et là aussi, j’ai pris l’initiative de la contacter. Si j’ai un conseil à donner, c’est d’oser ! S’il y a bien une chose que j’ai apprise à Stanford, c’est que si on n’ose pas, on n’obtient rien ! » Généreuse en conseils, elle recommande aussi aux femmes d’avoir des rêves. Et de viser haut. « J’ai toujours eu beaucoup d’ambition. Je me fixe des buts sans trop savoir comment j’y arriverai, mais j’y parviens. »
Au programme de cette hy- peractive : un livre sur les actions de la fondation qu’elle a créée, avec de nombreux témoignages. Martine Liau- taud y consacre près de 50 % desontempsets’estentou-
rée d’une ce.
voles. Nul doute qu’elle leur a communiqué sa ferveur et sa passion !
ntaine de béné-
                                                                                                     32
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trophees-optimistes.fr
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2018
Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique, qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l’avenir
Bertier Luyt, de la fabrication 3D à l’accélération de start-up avec Techstars
  Serial entrepreneur, Bertier Luyt a failli presque tout perdre... sauf peut-être sa soif d’aider les startuppers et sa ferveur intacte en l’entrepreneuriat. Témoignage.
merciaux de nos partenaires. Cette année, ce sont les données appliquées qui sont le sujet principal; l’exploitation des data dans le cadre industriel et commercial», résume Bertier Luyt sur sa nouvelle fonction de managing director France chez TechStars.
selF empoweRment
Le serial entrepreneur a au- jourd’hui fait choix de dorloter et tirer le meilleur des start-up plutôt que de partir dans une énième aventure entrepreneu- riale. Le « Maker », fondateur notamment du Fabshop, de Maker Faire et de Batitrad. com, membre fondateur du Hub IA, fondateur des Digital Makers Meetup et de Art of Faire, aurait-il choisi le repos du guerrier pour un temps, en
la prise de pouvoir; et cela commence par soi-même. Mais pour moi aujourd’hui, il semble dif cile de se projeter loin en
recrutent vite pour faire face à la demande, elles devraient pouvoir licencier rapidement avec des mécanismes simpli-
excommunié quand cela est arrivé », note Bertier Luyt. Cet échec entrepreneurial l’a d’abord poussé à retourner aux
La foi à l’épreuve
 Par Geoffroy Framery
L’appétence et l’intérêt pour les nouvelles tech- nologies pourraient ex- pliquer le parcours atypique de Bertier Luyt, un des précurseurs du mouvement des makers et de l’impression 3D en France. Une fois le bac obtenu, et une première expérience dans la musique, il entre chez Warner Chappell Music où il fait un début de carrière prometteur jusqu’à ce que la vague du MP3 et de Napster fasse tomber le géant de la musique et les autres. Une ubérisation avant l’heure ! Bertier s’installe alors en Bretagne et se recentre sur des projets personnels autour de la décoration et la menuise- rie. Sa curiosité et sa maitrise des nouvelles technologies l’amènent vers la modélisa- tion 3D, la programmation et la fabrication numérique. En 2010, Google l’invite au Colorado pour le SketchUp 3D Basecamp. C’est le seul Français. S’en suit une pre- mière conférence en tant que speaker “La modélisation 3D pour la fabrication numérique”. Bertier Luyt décide alors de faire traverser l’Atlantique à l’impression 3D. « En 2008, je crée mon entreprise dans la menuiserie et la construction de décors assistée par ordinateur. Fin 2011, avec le FabShop, un atelier de modélisation, de pro- grammation et de fabrication numérique, je remporte le Coup de Coeur du Jury du concours de création d’entreprises inno- vantes Etonnants Créateurs, organisé par l’agglomération de Saint-Malo. Nous innovons dans le domaine des matériaux
de fabrication avec la création du SeaWeed Filament, matériau d’impression 3D écologique à base d’algue; nous écrivons également des livres sur le sujet et nous fédérons les acteurs avec le FabClub et Maker Faire. Tous nos projets sont en effervescence. Jusqu’au coup d’arrêt de Makerbot, notre principal fournisseur, qui sera le début d’un cercle vicieux qui nous conduira à la liquidation judiciaire », témoigne l’entrepreneur.
RebondiR pouR mieux accompa- GneR
«Aujourd’hui, je suis chargé d’installer la marque Techstars en France et de l’ancrer dans le paysage de l’ac- compagnement de start-up
à Paris. Après Londres et Berlin, notre arrivée à Paris, s’est faite avec la complicité de Partech Ven- tures. Notre programme
est soutenu par Accorho- tels, Air Liquide, FDJ, Groupama, Renault et RCI Banque, et Total. Notre mission consiste à recruter et à investir dans
10 start-up. Chaque année, 40 programmes Techstars sont déployés dans 15 pays. Si cer- taines antennes de Techstars se sont spécialisées comme Tel Aviv, New York et Londres sur le thème de la Fintech avec le concours de Barclays, ou De- troit sur le sujet de la mobilité, nous sélectionnons les start-up en mettant en perspective les enjeux technologiques et com-
La prochaine étape est celle de penser la modernisation des procédures pour que les sorties de route soient moins pénalisantes pour les jeunes entrepreneurs
    recherche du second souf e ? Que nenni. Berthier Luyt, autodidacte de son état, a décidé de demeurer dans l’écosystème de l’entrepre- neuriat en attendant que le vent tourne, ou plutôt qu’une décision de justice tombe... « J’ai toujours eu la liberté de faire ce dont j’avais envie au niveau professionnel. Je suis un partisan de l’empowerment,
tant qu’entrepreneur, j’attends la  n de la procédure de liqui- dation », précise le directeur de Techstars Paris.
des pRocéduRes non taillées pouR les staRt-up
« La procédure de redressement est un moment particulier que je ne souhaite à personne.
L’ensemble des acteurs jouent un jeu dont personne ne vous explique tout à fait les règles, c’est très dur à gérer », se re- mémore le serial entre- preneur. Entraîné par les dif cultés de son principal fournisseur en 2014, le Fabshop af che des pertes de près de 800000 euros, impossible à re nancer en 2015. La con ance des investisseurs du secteur de l’impression 3D a été ébranlée par les dif cultés du numéro un.. Et sans trésorerie, il devient vite impossible
pour la start-up de trouver de nouveaux fournisseurs ou de  nancer un plan de licencie- ment... S’en suit, le redresse- ment, puis la liquidation, et le licenciement des 13 salariés. Tiercé infernal.
Bertier Luyt ajoute : « Les jeunes entreprises en forte croissance devraient béné cier de procédures exceptionnelles. De la même manière qu’elles
 és, au moins dans les cinq premières années de leur exis- tence. Après l’épisode vécu, je réalise que le cadre légal nécessite encore des ajuste- ments. Pensez dans mon cas, qu’il s’agissait de la première start-up à laquelle avait affaire le tribunal de commerce de Saint-Malo... Les mentali- tés ont beaucoup progressé, le financement également. Peut-être que la prochaine étape est celle de penser la modernisation, des procédures pour que les sorties de routes soient moins stigmatisées et pénalisantes pour les jeunes entrepreneures. »
un Fossé entRe les etats-unis et la FRance suR le sujet des staRt-up
Le parcours du Maker lui donne raison. Notamment sur le fossé qui sépare la mentalité anglo-saxonne de la pensée française. « Steve Blank, serial entrepreneur et professeur à Stanford, m’a dit récemment qu’à San Francisco, une li- quidation c’est “de l’expé- rience”. Pourtant en 2016, j’ai eu l’impression d’être
Etats-Unis pour se ressourcer.
«Avec mon parcours et ma manière de penser, j’estimais que j’aurai plus de chance de retrouver un projet aux Etats- Unis. D’ailleurs, cet emploi chez Techstars, je le dois à une proposition de Jenny Lawton, COO de Techstars qui me suivait depuis l’époque du Fabshop. Ma résilience je la dois aussi à la mère de mes enfants, à mon entourage, ma famille, mes amis et aussi à certains entrepreneurs fran- çais tels que Raphaël Gorget, Bruno Bouygues ou encore à des investisseurs tels que Yanai Zaicik qui m’ont suivi dans la tourmente, m’ont conseillé, re- commandé et soutenu », détaille Bertier Luyt qui met la solitude du startupper comme l’un des principaux pièges à éviter : « Mon expérience me permet aujourd’hui d’accompagner les start-up. Mon premier conseil est un lieu commun. Etre entrepreneur, c’est être seul face à ses responsabilités et ses choix. Il faut savoir parler de ses di.fficultés et s’entourer le mieux possible dans les vies professionnelle et personnelle. »
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La menace couve toujours pour Bertier Luyt
trophees-optimistes.fr
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                 Depuis plus de 40 ans, la Fondation des Monastères poursuit son œuvre au service des communautés religieuses chrétiennes.
- soutien  nancier, aide sociale pour le paiement des cotisations obligatoires, entretien et r habilitation du patrimoine religieux et des lieux d’accueil, création ou rénovation d’in rmeries...
- activité de conseil dans les domaines administratif, juridique et  scal.
Avec votre entreprise, soutenez les monastères, ces lieux de silence et d’accueil
  Des avantages fiscaux pour les entreprises
Les entreprises qui peuvent nous soutenir
Sont concern es les entreprises relevant de l’imp t sur les soci t s, de l’imp t sur le revenu dans la cat gorie des b n fices industriels et commerciaux (BIC), des b n fices non commerciaux (BNC) ou des b n fices agricoles (BA). Les entreprises doivent relever d’un r gime r el d’imposition.
60 % de votre don déductibles dans la limite de 5%0 de votre CA
Pour plus d’informations
0145310202
fdm@fondationdesmonasteres.org 14, rue Brunel 75017 Paris
                          Le m c nat
La loi n° 2003-709 du 1er ao t 2003 relative au m c nat, aux associations et aux fondations a doubl  l’avantage fiscal attach  aux dons. (art. 238 bis du Code G n ral des Imp ts).
   ➔
]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[CLUB ENTREPRENDRE
 En immersion
Dans chaque numéro, un(e) journaliste d’EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...) a n de décrire ce qu’il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les  ux  nanciers
Lion, l’école de l’avant-garde des employés de start-up
Chevilles ouvrières de la disruption
  Dans le monde des jeunes pousses toute l’attention est tournée vers les fondateurs. Beaucoup moins vers les employés clés pourtant essentiels. Reportage dans la première école destinée à les former.
et ils acquièrent une facilité de changement. Passer ra- pidement au prochain ges- tionnaire de mails ne doit ensuite plus leur poser de problème », illustre Alice Za-
à avoir obtenu l’agrément administratif pour exercer en tant qu’assureur depuis 1986, start-up très en vue de par sa croissance soutenue. « J’essaie de leur décrire
avons rencontré beaucoup de dif cultés, notamment au niveau des prescrip- teurs. Quelques signaux faibles m’ont indiqué que nous faisions fausse route :
polytechnicien, autodidacte, ex-BCG, développeur, ap- prenti charpentier... tout le monde peut candidater via le formulaire en ligne qui contient des questions très diverses et dont le but est d’évaluer la capacité d’ap- prentissage des candidats », résume Marion Rousset. Cette école originale tota- lise déjà une communauté de plus de 700 alumni, ce qui n’est pas négligeable. « Nous constituons avant tout un réseau d’employés : avec la solution Random Lunch l’algorithme déter- mine qui va manger avec qui, par table de quatre, pour permettre un échange d’expérience maximal et les prémices d’une com- munauté », illustre Marion Rousset. Les 150 profs sont précisément les fondateurs, CEO, CTO et employés de start-up en croissance - Agri- cool, Doctrine, Algolia, Alan ou encore Doctolib et Trainline - mais aussi des partners de The Family, dont les fondateurs Oussama Ammar, Alice Zagury et Nicolas Colin. Pour  nancer ces enseignements, l’école propose des séminaires aux grands groupes aspirant à créer leurs digital labs par exemple, ou à rendre leurs équipes plus agiles. Du- rant la semaine des salariés viennent appréhender cette culture, dans des forma- tions payantes cette fois-ci. « Aux Etats-Unis les talents intègrent le mindest des start-up en passant par Goo- gle, Facebook, Dropbox... avant de se tourner vers de petites structures. En France, comme nous ne disposons pas de ces loc.o- motives, l’école Lion va vite devenir essentielle », anticipe Alice Zagury.
 Par Julien Tarby
Le porche du 10 rue de Charonne dans le
ème
11 arrondissement
de Paris semble mener à des immeubles résidentiels ano- dins. Seulement les pavés de l’arrière-cour, où est garée une myriade de vélos, sont éclairés par les luminaires d’une grande salle vitrée qui n’est pas un appartement. Le lieu aux couleurs vives est accueillant, mais se veut studieux avec ses tableaux, son matériel vidéo et ses nombreuses chaises. C’est ici que sur deux étages, Lion, «l’école de l’avant-garde des employés de start-up», dispense ses cours mêlant pragmatisme et théorie a n de mieux cerner la com- plexité des start-up, de savoir juger leur potentiel et... d’en rejoindre une un jour.
RendRe opéRation- nels des talents Cette formation est née d’un constat de The Family, so- ciété d’investissement qui accompagne des centaines de start-up et qui a œuvré à la création de l’établissement : les jeunes pousses peinent à trouver des talents. La ma- jorité des pro ls viennent d’entreprises traditionnelles ou sortent directement de l’école, et un temps d’adap- tation leur est nécessaire pour maîtriser les codes particuliers. Lion vise à gommer cette inadaptation.
« Le focus sur le storytelling et les décisions du fonda- teur mis sur un piédestal occultent l’importance de ces employés clés ; de plus, nombre de gens se font une image tronquée de la vie en start-up, qui certes peut présenter un environnement jeune et sympathique mais peut aussi imposer une réa- lité opérationnelle violente par sa demande de prise d’initiative, d’autonomie. Les gens ont l’habitude d’être «cocoonés» depuis l’enfance, tel n’est pas le cas au sein des entreprises de croissance, où nous voulons qu’ils soient vite opéra-
gury, seriale entrepreneure, fondatrice de The Family. Pour ces promotions qui se rencontrent huit samedi d’af lée, le «multitesting»
en détail par des exemples notre culture d’entreprise basée sur la transparence, l’horizontalité, la suppres- sion des meetings... Avec le
je n’étais pas sûr à 100% du modèle de distribution, ou du modèle de revenu. Lorsque nous avons dé- cidé d’aborder l’assurance, j’ai tout de suite senti qu’il s’agissait de la bonne idée. Au bout de deux mois et demi nous avions levé 12 millions d’euros – le pitch était plus assuré et les inves- tisseurs me connaissaient – et l’équipe comptait déjà huit personnes. Ce sont ces retours d’expérience dont les Lions ont besoin. »
tisseR une toile pouR l’aveniR
Lion a été créée en mai 2016 et compte six promos. La formation est gratuite, mais très sélective, proposant à 100 élèves tous les deux mois conférences et études de cas. « Seuls 10 % des can- didats sont sélectionnés sur 1 000 candidatures reçues chaque saison. Que l’on soit
  36
FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
Bien sûr les élèves Lions apprennent à utiliser des outils comme Slack, Mixmaw... mais surtout ils apprennent à apprendre
 tionnels », af rme Marion Rousset, responsable des opérations JoinLion.
inculqueR un savoiR-êtRe
Pour les élèves l’éducation dispensée a un impact sur le long terme, puisqu’elle est mise en pratique dans les en- treprises en croissance qu’ils rejoignent ensuite. « Bien sûr ils apprennent à utiliser des outils comme Slack, Mixmaw... Mais surtout ils apprennent à apprendre, les outils changent constamment
est exploré, et un travail sur l’ego est effectué. « Les employés en start-up al- ternent tâches intellectuelles et opérationnelles, sans que certaines soient considérées comme plus valorisantes que d’autres », énonce Alice Za- gury. La culture d’entreprise est très forte et évolutive dans ces environnement, mieux vaut donc s’y pré- parer, comme le rappelle Jean-Charles Samuelian, entrepreneur-professeur à Lion, qui a créé Alan, pre- mière société indépendante
temps notre niveau de ma- turité s’est élevé, la culture n’est pas figée alors que les valeurs subsistent dans une entreprise », déclare celui qui a créé puis revendu une entreprise  orissante équipant les avions de sièges ultra-légers. Il est aujourd’hui à la tête d’une start-up qui au début faisait de la prévention dans la santé, proposant des ren- dez-vous chez des spécia- listes à des personnes selon leur pro l, puis qui a pivoté vers l’assurance. « Nous
Session d’ouverture avec l’intervention d’Oussama Ammar, cofondateur de The Family
 ]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[                   Brainstorming* gastronomique
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]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[ Les innovations en bref...
    Baromètre de l’innovation
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
  Le verbatim à retenir...
 Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience
 Le monde ne sera plus jamais comme avant...
ETATS-UNIS
Miroir intelligent
Parmi les derniers brevets déposés par Amazon, un miroir en réalité augmentée permet
d’habiller son re et de vêtements virtuels. Une invention apte à combler les fans de mode, qui pour- raient essayer des habits avant de les acheter en ligne. Il est même possible de changer le décor en arrière-plan, pour être certain que la tenue s’accorde bien avec telle couleur. La technologie est dite semi-virtuelle : quand l’utilisateur regarde le miroir, il voit à la fois le re et des objets présents dans la pièce et les images émises par l’écran au travers de la glace.
ISRAËL
Cellules souches réparatrices
Des chercheurs de l’Institut Technion ont réalisé une prouesse très prometteuse : des rats dont la
moelle épinière a été volontairement sectionnée ont retrouvé leur mobilité grâce à l’injection de cellules souches humaines. Celles-ci sont parvenues à rabouter les deux extrémités nerveuses. Pour autant, la communauté scienti que estime dans Frontiers in Neuroscience qu’il reste du chemin à parcourir avant de passer à l’expérimentation humaine.
JAPON
Exosquelettes pour vignerons
Pour répondre au vieillissement et à l’exode rural de la population nippone, les exosquelettes
spéci quement dédiés au travail agricole se perfectionnent. Comme la moyenne d’âge des agriculteurs japonais s’élève à 67 ans, l’équipe du professeur Shigeki Toyama, de l’université d’agriculture et de technologie de Tokyo, améliore d’année en année une ossature équipée de capteurs de mouvement, de huit micromoteurs placés au niveau des articulations des coudes et des genoux, et d’une commande vocale permettant d’ampli er les gestes, réduisant de deux tiers l’effort physique requis. L’appareil soutient la colonne vertébrale et maintient les bras en l’air sans risque de crampes, pour la cueillette des raisins. L’équipement se double d’une paire de Google Glass des campagnes qui mesure le rythme cardiaque, la température ou encore la tension du paysan.
PRÉPARATION À LA PLANÈTE ROUGE
Après le Louvre Abou Dhabi, les Emirats Arabes Unis s’apprêtent à bâtir, sur Terre, une planète Mars bis avec l’aide des Russes. Un projet scienti que de 136 millions de dollars abrité sous plusieurs dômes d’une surface totale de 170 000 mètres carrés. Cet immense laboratoire à ciel fermé aura pour mission de préparer l’établisse- ment d’une première colonie sur la planète rouge dans les 100 prochaines années. Dans un premier temps les scienti ques recréeront, au plus près, l’environnement martien. Il sera alors temps de ré échir à la conception d‘une base de vie pour les futurs colons. Il est déjà prévu qu’une équipe séjourne sous les dômes au moins un an. Cette cité scienti que comprendra également un musée de l’espace, lui bien destiné aux Terriens d’aujourd’hui...
LE TOAST MARRANT DU MATIN
Les innovations peuvent aussi être très légères et ne pas avoir pour vocation de changer le monde. Toasteroid, qui lève des fonds du Kickstarter, a mis au point, pour ré-enchanter les petits déjeuners, un grille-pain qui délivre des messages imprimés sur le toast lui-même, tels qu’un emoji heureux, un « I love you Dad », ou même des informations utiles comme la météo du jour. Sans oublier la fonction «mémo», pour les étourdis...
La rupture du mois
Le frigidaire, exemple de ce que le «tout connecté» va nous apporter
Les frigos intelli-
gents existent de-
puis deux ou trois
ans, mais n’ont pas
vraiment décollé
parce qu’ils ne
sont  nalement
que des appareils
avec une tablette
tactile géante sur leur porte. Avec son nou- veau Family Hub, Samsung démontre au CES 2018 que l’ajout de nouvelles fonctionnali- tés, propres aux réfrigérateurs cette fois-ci, pourrait tout changer. L’accès à Internet n’est pas suf sant. Samsung propose une fonc- tionnalité basée sur les caméras intégrées dans le frigo. Ces caméras, qui prennent une photo du contenu du frigo à chaque fois que l’utilisateur le referme, permettent désormais de créer des recettes à partir des aliments restants. L’appareil sera capable de trouver
de lui-même des recettes sur Internet et de proposer des idées de plats à ses utilisateurs, en prenant en compte la date de péremp- tion des aliments, mais aussi les préférences alimentaires ou encore les régimes spéciaux de l’utilisateur. En plus de cela, les photos du contenu du frigo seront toujours acces- sibles sur le smartphone pour véri er ce qui se trouve à l’intérieur en faisant ses courses. L’autre grande innovation est un résumé de l’alimentation des derniers jours de l’utilisa- teur. Celui-ci pourra constater le nombre de calories ingurgitées, mais aussi suivre par graphiques sa consommation dans la durée pour faire plus attention. L’assistant intelli- gent intégré, Bixby, sera capable de recon- naître les différents membres de la famille grâce à leur voix et d’af cher des contenus qui leurs sont adaptés, leur agenda notam- ment. Le frigo sera commercialisé en France dans le courant de l’année, autour de 1 500 euros...
René Char.
                                                                                                                                                                   38
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]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Baromètre de l’innovation
 L’entreprise du mois
Amplitude Surgical, des ambitions internationales
Fondée en 1997 à Valence, Amplitude Surgical est un acteur français de premier plan sur le marché mondial des technolo- gies chirurgicales destinées à l’orthopédie pour les membres inférieurs. L’ETI, qui compte un peu moins de 400 salariés, développe et commercialise des produits haut de gamme couvrant les principales pathologies affectant la hanche, le genou et les extrémités, notamment pour les chirurgies du pied et de la cheville. En collaboration étroite avec les chirurgiens et établissements de soins, cette société multiplie les innovations et enregistre par conséquent une très forte croissance depuis 2012, avec un CA en progression de 16 % par an, pour 100 millions d’euros en 2017. Le déploiement international – avec des  liales et un réseau d’agents et de distributeurs exclusifs présents dans plus de 30 pays – opéré par le PDG Olivier Jallabert, qui ne cache pas ses ambitions, est une autre explication : l’objectif af ché de doubler le CA en 5 ans – à juin 2021 – est en bonne voie. Et la commercialisation prochaine de ses prothèses de hanches et de genoux sur le marché américain va encore gon er les chiffres.
    L’innovation autrement
Et pourquoi pas une Darpa à la française ?
Mais pourquoi Antoine Petit, directeur de l’Inria, Stéphane Siebert, directeur de la recherche du CEA ou encore Pascal Colombani, président d’honneur de Valeo, réclament avec autant d’insistance la créa- tion de l’équivalent de l’agence pour les projets de recherche avancée du Département de la Défense américain (Darpa) ? Pour mémoire la Darpa a été créée outre-Atlantique en 1957 pour réagir au lan-
 cement de Spoutnik par les Soviétiques. C’est peut- être parce qu’aujourd’hui encore elle joue un rôle clé dans le développement des voitures autonomes. Elle a aussi cru, dès les années 70, au potentiel de l’IA. En n les prouesses du fabricant de robot Boston Dynamics, qui a reçu un  nancement abondant et régulier de la Darpa, sont une publicité continue pour l’agence à la vision clairvoyante : après avoir mis au point BigDog, un quadrupède tout terrain, ou encore RiSE, un automate capable de franchir les murs à la verticale, le constructeur, revendu en juin 2017 par Alphabet au Japonais SoftBank, a mis au point avec la dernière version d’Atlas un bipède de 1,50 mètre pour 75kg, capable de réussir des acrobaties... sachant que l’équilibre est le plus dif cile à réaliser pour un humanoïde !
FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 39
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[ WORLD N°1 MONDIAL
Arch.: Jean-François Brodbeck - AMRS Architectes
Barrisol Clim®
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Passage d’air en sou age Passage d’air en aspiration
Janus 2017 de l'Industrie
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                                    Barrisol Clim®
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ISO 7730 : AAA
Confort selon
ISO 7730 : AAA
                                        Puissance chaud Puissance froid
Vitesse de l’air
différence de température
entre les pieds et la tête d’un occupant
Réalisation : Estrikor
Réalisation : Group Accor
différence de température
entre les pieds et la tête d’un occupant
Vitesse de l’air
Arch. : Jean-François Brodbeck - AMRS Architectes
Arch. : De Schepper E.C.
]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[ Nouvelles techno & police
Force de l’ordre mieux armées ?
La révolution digitale n’épargne pas les forces de l’ordre. Des robots- policiers aux drones-tasers, sans oublier les gilets pare-balles high tech ou les caméras sur les uniformes ... Partout dans le monde, la police entre dans une nouvelle dimension, loin des  lms de science- ction. Décryptage d’une tendance désormais incontournable dans un contexte sécuritaire dégradé.
ROYAUME-UNI
Des caméras embarquées sur les uniformes Des centaines d’of ciers de police londoniens équipés de caméras sur leurs uniformes. Cette mesure pionnière prise il y a quelques années par Scotland Yard pour doper l’ef cacité et la transparence des interventions fait désormais recette partout en Europe. Après le déploiement d’un tel dispositif dans dix quartiers sensibles de la capitale britannique pour enregistrer les faits et gestes des policiers et ceux des personnes
à qui ils ont affaire, ces caméras piétonnes s’invitent en Belgique et dans l’Hexagone.
Pas moins de 1000 policiers et 600 gendarmes français ont testé, à titre expérimental, ces petits boîtiers de la taille d’un paquet de cigarettes, surmontés d’un objectif et accrochés au niveau de la poitrine. De quoi enregistrer des preuves propres à dissuader toute montée des tensions ou passage à l’acte violent.
Par Charles Cohen
ÉTATS-UNIS
Le drone-taser prisé par les forces de l’ordre Les drones pourraient bientôt s’imposer au sein
de la police américaine. Alors qu’une loi adoptée dans le Dakota du Nord légalise l’utilisation par la police de drones équipés d’armes non mortelles
(gaz lacrymogène, tasers ou balles en caoutchouc), la police fédérale a d’ores et déjà échangé avec l’entreprise Taser International pour développer un drone équipé d’un pistolet à impulsion électrique. Une telle technologie pourrait être déployée dans des scénarios à haut risque comme un siège terroriste, dans le but de neutraliser les suspects sans les tuer. C’est aussi une manière d’éviter aux of ciers de police de prendre trop de risques ou de commettre certaines bavures, comme en juillet 2016, lors de l’usage par la police de Dallas d’un robot- bombe. Pour la première fois, un assaillant était tué par une telle machine.
FRANCE
Le polo pare-coups de couteau est de mise
Nolan : tel est le nom de code du polo pare-coups de couteau créé
par le Groupe Marck, couturier attitré des armées, de la Garde républicaine et des écoles Polytechnique et Saint-Cyr. Ce polo aux manchettes high tech – qui se porte sous l’uniforme – est doté d’un textile ultra-technique qui résisterait à l’épreuve des lacérations.
Un moyen de protéger les avant-bras exposés lors d’attaques au couteau, alors que les policiers sont de plus en plus victimes de telles agressions. Au Québec, les vêtements intelligents ont aussi la cote dans la police, puisque l’Université Laval a mis au point des «smart textiles» capables de géolocaliser des policiers en intervention tout en captant leurs données biomédicales.
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FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
Le tour du monde de l’innovation
Passage en revue des innovations mondiales sur une thématique particulière.
BRÉSIL
Des robots pour sécuriser la Coupe du monde de foot
Prêter main-forte aux services de police en recourant à des robots.
Tel est le parti adopté en 2014 – lors de la dernière Coupe de monde de football – par le gouvernement brésilien pour renforcer les dispositifs de sécurité d’un tel évènement. Après avoir été déployés en Irak ou
en Afghanistan et dans la zone dévastée de Fukushima, les robots américains PackBot se sont imposés aux abords des stades d’une douzaine de villes brésiliennes. Pilotables à distance, les machines sont équipées de plusieurs caméras haute résolution, conçues pour prendre jusqu’à 400 images par seconde, d’un GPS et de capteurs détectant des explosifs.
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[ Le tour du monde de l’innovation
ISRAËL
Aider la police à sauver des vies
Localiser les personnes en danger et leur faire parvenir des secours dès que possible : voilà l’application conçue par la start-up israélienne SayVU, notamment utilisée pour sécuriser les JO de Rio. Propre à enregistrer les particularités de fonctionnement de son porteur, le système reconnaît tous les faits anormaux, comme les accidents ou agressions. Aussitôt, les fonctions GPS et microphone se mettent en marche, tandis que l’application – connectée à une hotline
– lance une procédure d’appel vers la police et les pompiers. Ceux-ci peuvent alors localiser la source de l’appel, et aidés par les informations sonores qui leur parviennent, intervenir en conséquence.
EMIRATS ARABES UNIS
Un premier robot policier à Dubaï
100 kg pour 1,70 mètre : Reem serait en surpoids, s’il n’était pas un... humanoïde ! Recruté par la police de Dubaï en 2017, ce premier robot policier – conçu par la société espagnole Pal Robotics – remplit plusieurs missions. Identi er – via sa caméra dotée d’un logiciel de reconnaissance faciale – des individus recherchés et les signaler
à des collègues humains. Régler des contraventions grâce à son écran tactile intégré. Ou encore assister la population en cas de soucis – touristes en tête (puisque Reem parle neuf langues) – via un détecteur d’émotions interprétant les gestes de mains et les expressions faciales. D’ici 2030, la police de Dubaï espère que 25 % de ses effectifs seront composés de tels robots.
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
BELGIQUE
Des véhicules d’intervention qui  lment les chauffards
Sur certaines routes belges, mieux vaut se tenir vraiment à carreau! La police de la ville de Malines a présenté deux nouveaux véhicules d’intervention – des Volvo XC60 – auxquels rien n’échappe. Dotées d’un système de caméras installé sur le toit des voitures, celles-ci lisent automatiquement toutes les plaques d’immatriculation des alentours en scannant les trois côtés de la route. De quoi repérer illico les chauffards et autres délinquants au volant. Et pour cause : plus de 1000 voitures peuvent être scannées en une heure, qu’elles soient garées le long de la chaussée, sur la route ou qu’elles roulent à contresens.
POLOGNE
Des gilets pare-balles «liquides» ultra-performants
Un liquide révolutionnaire qui rend les gilets pare-balles plus résistants et sûrs. Telle est l’invention de chercheurs de l’Institut de sécurité technologique Moratex situé à Łód . Le procédé ? En cas d’impact avec une balle tirée par une arme à feu, le liquide durcit instantanément, absorbant ainsi l’impact et évitant toute blessure majeure. Et pour cause : le liquide est constitué de particules qui
le rendent particulièrement visqueux. Par conséquent, celles-ci forment une barrière contre la pénétration d’un facteur externe. De quoi équiper les policiers d’une armure liquide plus ef cace que les gilets pare-balles actuels en kevlar.
FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 43
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
 Décryptage
L’occasion pour EcoRéseau Business d’expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numérique
  Incubateurs et accélérateurs français
Cherche... modèle
La France est l’un des pays d’Europe où le nombre d’incubateurs
et d’accélérateurs, ces structures destinées à aider les start-up à se développer, est le plus nombreux. Ces structures se livrent donc à
une guerre féroce pour attirer les meilleures équipes et les meilleurs projets. Pour générer des revenus, ils n’hésitent pas à diversi er leurs activités, par exemple en conseillant de grands groupes sur leur transformation numérique, en proposant des formations ou des espaces de coworking.
qu’ils ont accompagnées et les levées de fonds réussies. La qualité de l’équipe d’ani- mation et des mentors mis à disposition des entrepreneurs est souvent un argument mis en avant. Certaines structures avancent des fonds pour  nan- cer des études ou le dépôt de brevets. “Le bouche à oreille fonctionne souvent très bien entre les entrepreneurs et cela leur permet de postu- ler auprès des structures les
un : Cap Omega, dédié aux TIC, Cap Alpha, pour les biotechs et les cleantechs, et MIBI, pour l’international. 33 Entrepreneurs, qui a com- mencé comme un spécialiste du vin, du tourisme et de l’ali- mentation, accompagne aussi désormais les entrepreneurs de la mobilité, de l’énergie, de la  ntech et du luxe. “Les incubateurs privés cherchent à identi er les pépites de de- main, à l’instar d’Airbnb et
lération, qui vise à favoriser l’émergence d’accélérateurs privés en France. Doté de 200 millions d’euros, il est géré par BPI France dans le cadre du Programme d’In- vestissements d’Avenir.  n 2017, il a déjà investi plusieurs dizaines de millions d’euros pour soutenir une douzaine de projets. Parmi eux Alacrité, à Lille, est doté de 8,5 mil- lions d’euros et spécialisé dans l’accompagnement de
Par Aymeric Marolleau
   L’incubateur/accéléra- teur, tour de contrôle des start-up en plein décollage ?
Les grands groupes sont tellement en quête d’innovations qu’ils n’hésitent pas à  nancer ces structures, qui leur servent de tamis pour identi er
  Plus de 3 000 stations de travail, un fablab, des magasins éphémères, un auditorium, un bar, un café et un restaurant ont rem- placé les cinq voies ferrées qui courraient sous les trois nefs de ce bâtiment long de 310 mètres. Les ouvriers qui ont arpenté le lieu depuis la  n des années 1920 auraient bien du mal à reconnaître la halle Freyssinet, ce vaste bâ- timent ferroviaire érigé dans le 13ème arrondissement de Paris. Station F, le plus grand incubateur de start-up numé- riques au monde, occupe en effet depuis juillet 2017 ses 34 000 mètres carrés. Avec le fonds d’investissements Kima Ventures et l’Ecole 42, Station F est la troisième
initiative majeure de Xavier Niel pour soutenir l’innovation en France.
Mais ce n’est pas le seul lieu destiné à accueillir, couver et porter des start-up dans l’Hexagone. Une multitude d’incubateurs ont vu le jour un peu partout sur le territoire ces dernières années. Selon une étude de l’accélérateur Keirus, il y avait en France, en 2016, 233 incubateurs et 51 accélérateurs. Ces struc- tures mettent généralement à disposition des start-up un support technique, adminis- tratif et légal, des séances de formation et de coaching, ainsi que des locaux. Elles peuvent aussi les aider à lever des fonds ou à accéder à des partenaires industriels. “L’engouement
croissant pour l’innovation et la création d’entreprises explique la multiplication des incubateurs et accélé- rateurs. Mais le nombre de jeunes pousses est  nalement assez réduit, ce qui rend la concurrence très vive entre ces structures d’accompa- gnement pour attirer les bons projets”, souligne Etienne Krieger, directeur scienti que du Centre d’Entrepreneuriat d’HEC Paris.
Pour se distinguer, les incu- bateurs soignent donc leur proximité avec les laboratoires de recherche et les investisseurs potentiels. Ils nouent parfois des partenariats industriels et commerciaux, mettent en avant les références des start-up
plus adaptées à leur pro l”,
remarques Etienne Krieger.
stRuctuRes spécialisées
Pour se démarquer, certains incubateurs se sont aussi po- sitionnés sur des thématiques précises. C’est par exemple le cas de Creatis, dans les mé- dias et la culture et La Ruche, dans l’économie sociale et solidaire. A Montpellier, BIC réunit trois incubateurs en
les meilleurs projets
de Dropbox, qui ont bâti la réputation de l’accélérateur Y Combinator dans la Silicon Valley et que beaucoup d’ac- teurs cherchent à imiter dans le monde”, explique Etienne Krieger.
soutien de l’etat
L’Etat soutient activement le développement de ces struc- tures d’accompagnement. Il a par exemple créé en 2014 le fonds French Tech Accé-
projets dans les secteurs des services numériques et des télécommunications à fort contenu logiciel portés par des étudiants ou de jeunes diplômés. French Tech Ac- célération a aussi participé à des levées de fonds pour Axéléo, Usine IO, West Web Valley ou encore les fonds d’investissement Breega, New Alpha et Hardware Club. Il a aussi investi 6,8 millions de dollars dans The Re ners, un
 Concurrence et attractivité
Les incubateurs d’écoles
Selon une étude de la Conférence des grandes écoles et du groupe Caisse des Dépôts dévoilée en avril 2017, 5,3 % des étudiants en sortie de cursus créent leur entreprise. Pour accompagner les projets de leurs diplômés et améliorer leur attractivité auprès des candidats, nombre d’universités et de grandes écoles ont aussi créé leur propre incu- bateur. C’est par exemple le cas d’Essec Venture, IncubateurHEC, Blue Factory de l’ESCP Europe, Edhec Young Entre- preneurs (EYE), EM Lyon Incubateur,
TBSeeds de Toulouse Business School ou encore Symbios, d’Audience Group et de l’Ecole Centrale de Nantes. Certains sont regroupés au sein du réseau Incu- bateurs de l’Enseignement Supérieur (IES!). “Les enjeux des incubateurs des écoles et des universités sont d’accom- pagner au mieux la demande croissante des étudiants qui souhaitent, pendant ou directement après leur cursus, de créer leur propre entreprise”, explique Etienne Krieger, directeur scienti que du Centre d’Entrepreneuriat d’HEC Paris.
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]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[Décryptage
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
  la participation au capital des start-up accompagnées. Quant aux incubateurs des écoles et des universités, ils sont développés sur les fonds propres des structures concer-
euros par an aux start-up), aide à l’implantation en France de start-up étrangères, mise en relation entre jeunes pousses et grands groupes, organisation d’événements. Numa pro-
prises. Certains leur proposent par exemple de co-créer un incubateur thématique. Crea- tis a par exemple annoncé la création d’un incubateur pour le Centre des monu-
  Les statistiques de ROI ne sont pas bons. Une étude américaine de la Kauffman Foundation a montré que dans le meilleur des cas, cela ne rapporte rien
  accélérateur créé en 2016 à San Francisco pour accompagner les entrepreneurs étrangers qui veulent s’internationaliser.
Dès 1999, la loi Allègre de 1999 sur la recherche et l’in- novation a donné naissance à plusieurs incubateurs publics, comme IncubAlliance, sur le plateau de Saclay, SEMIA en Alsace, AVRUL dans le Limousin, ou encore de Normandie Incubation. “Les incubateurs publics cherchent à favoriser les transferts de
technologies issues de la re- cherche publique via la créa- tion d’entreprises innovantes”, explique Etienne Krieger.
modèle
économique
Mais peu d’incubateurs et d’accélérateurs se contentent des revenus de leur activité principale. “Les statistiques de retour sur investissement dans les start-up ne sont pas bons. Une étude américaine de la Kauffman Foundation a montré que dans le meil-
leur des cas, cela ne rapporte rien”, explique Fabrice Ca- varretta, professeur associé au département management de l’Essec, auteur de l’ouvrage Oui, la France est un paradis pour les entrepreneurs (Plon). “L’essentiel des charges de fonctionnement des incuba- teurs publics est  nancé par des subventions et par le rem- boursement à terme des frais d’incubation des start-up qui se sont développées avec succès. Les incubateurs privés tentent souvent de vivre de
nées et béné cient parfois de subventions publiques. Mais en règle générale, aucune de ces structures n’est “rentable” et l’équilibre économique n’est assuré que grâce à des subventions ou d’autres dota- tions  nancières”, remarque Etienne Krieger.
Les incubateurs doivent donc faire preuve de créativité dans leur modèle économique. Outre sa formule d’accompagnement, facturée de 350 euros à 650 euros par mois, Creatis propose par exemple des espaces de coworking. Paris & Co, de son côté, propose plusieurs services différents : incubation (dont le service est facturé 12 000
pose trois offres différentes : un accélérateur où il prend une participation au capital des start-up accompagnées (voir lexique), avec l’espoir de réaliser à terme une plus- value ; des programmes d’open innovation, d’intrapreneuriat, et des formations à destination des grands groupes et des institutions ; l’organisation d’événements sur le numérique pour des tiers (1 000 par an). “Il y a tellement d’argent sur les marchés et les grands groupes sont tellement en quête d’innovations qu’ils n’hésitent pas à  nancer ces structures, qui leur servent de tamis pour identi er les meilleurs projets”, remarque Fabrice Cavarretta.
liens avec les entRepRises
Pour diversi er leurs sources de revenus, certains incuba- teurs nouent aussi des passe- relles avec les grandes entre-
ments nationaux en décembre 2017. Il prévoit d’accueillir en mai prochain une première promotion de cinq start-up, pour une durée d’un an. En 2016, Numa s’était associé à Unibail-Rodamco, foncière spécialisée dans la gestion de centres commerciaux (dont le Carrousel du Louvre, le Fo- rum des Halles, les 4 Temps ou le Palais des Congrès de Paris) pour créer un incuba- teur-accélérateur destiné à accueillir des start-up dont l’objet serait de “révolutionner le retail”. Baptisé UR Link, il a déjà accompagné une vingtaine de jeunes pousses, dont Jam (chatbot), Deliver.ee (livraison), Amano (relation clients sur mobile), ou encore Dress in the city (vide dres- sing en ligne). En juillet 2016,
Les principaux incubateurs et accélérateurs français
L’accélération n’est toujours pas un sujet rentable en France.
The Family a créé. studio Path nder, “qui lance des start-up  nancées par des grands groupes”.
le start-up
 Incubateurs et accélérateurs
 Date de création
  Modèle économique
    Exemples de start-up
  Secteurs
  Fondateurs et dirigeants
 33 Entrepreneurs
  2014
Accélération (prise de participation de 7 % au capital des start-up) ; conseil en transformation numérique ; formation
  NC
Tourisme, alimentation,  n- tech, mobilité, énergie, luxe
  Vincent Pretet
  50 Partners
   2012
 Accélération (prise de participation de 7 % au capital)
   Monsieur Drive, Kitchen Trotter, Bird Of ce, Energiency
 Nouvelles technologies (mo- bile, media, SaaS, big data...)
   Jérôme Masurel, Chares Fourault
  Creatis
    2012
  Incubation et coworking
    NC
  Médias et culture
    Steven Hearn
  Day One (ex L’Accéla- rateur)
   2012
 Accélération
   Animal Box, AskAnna, GuestApp
 NTIC, retail, biens de grande consommation
   Michel de Guilher- mier, Juan Hernandez
  EuraTechnologies
   2009
 Incubation, accélération, formation, transformation numérique, événements
   Mazeberry, Fitizzy, Ef Pilot, Giroptic
 Digital, data, cybersécurité, IoT
   Raouti Chehih, directeur général
  Numa (ex Le Camping)
  2011
Accélération (prise de participation au capital des start-up) ; programmes d’open innovation, intrapreneuriat et formations à destination des grands groupes et des institutions ; événe- ments sur le numérique
  Sketchfab, Bankin, Agriconomie, Gooded
Généraliste
  Marie-Vorgan Le Barzic
  Paris & Co (ex Paris Région Lab)
    2014
  Incubation (pas de prise de partici- pation)
    Footovision, Oocar, Privateaser, Zelty
  Edition,  ntech, esport, tou- risme, sport, immobilier...
    Philippe Grangeon, président
  Station F
  2017
Incubation, événéments, coworking
  NC
Généraliste (alimentation,  ntech, gaming, cybersécuri- té, intelligence arti cielle...)
  Xavier Niel ; Roxane Vada, directrice générale
 The Family
 2013
  Accélération (prise de participation de 3 % au capital des start-up) ; start-up studio (Path nder)
    Algolia, Heetch, Pay t, Pumpkin
  Généraliste
  Alice Zagury, Oussa- ma Ammar et Nicolas Colin
   Lexique
Incubateur : Un Incubateur d’entreprises est une structure d’accompagnement de projets de création d’entreprise. Il peut apporter un appui (hébergement, conseil,  nancement) lors des premières étapes de la vie de l’entreprise. Il existe des incubateurs publics et privés.
Accélérateur : Les accélérateurs sont un modèle d’incubateur de démarrage à but lucratif, avec un système de candidatures ouvertes. Ils proposent des aides au lancement (hébergement, coaching, mento- rat, logiciels informatiques) pour une période donnée (généralement quelques mois) en échange de parts au capital de la start-up. Le premier accélérateur, baptisé Y Combinator, a été lancé dans la Silicon Valley en 2005 par Paul Graham. Il a notamment ac- compagné Dropbox et Airbnb. Ce modèle a été imité par TechStars en 2006, puis par Seedcamp en 2007. En France, ce modèle a notamment été adopté par Numa, The Family et 50 Partners.
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]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[Haute résolution
STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE
   Focus sur un sujet high tech dans l’air du temps
Big Data, veille et études de marché
Donner du sens à la donnée
Un temps déclarés ennemis, le big data et les études de marché ont aujourd’hui démontré leur complémentarité plus que fructueuse.
sont perçues comme essen- tielles. « Avec le big data, de nombreux indicateurs, comme par exemple ceux ayant trait à la consomma-
intégré une fonction qui pro- pose de consulter les meil- leurs dashboards, ou les plus intéressants. C’est la tendance forte pour les an-
estime Guillaume Aurine. « Aujourd’hui, mener une veille, rassembler et ana- lyser les résultats prend du temps – et dans le domaine digital, cela veut souvent dire que l’information ré- coltée est déjà obsolète. En la matière, les clients ont besoin de temps réel. » C’est une exigence d’autant plus complexe que les canaux de communication entre une marque et son public se sont multipliés – sans pour autant s’éliminer : papier, Web, téléphone, applications diverses... Tous doivent être pris en compte.
Avec de telles perspectives, autant dire que le marché du « big data analytics » n’est pas près de voir sa croissance ralentir dans les années à venir. Mais pour pouvoir pro ter de tout cela, il va falloir relever un autre dé  : savoir où garder les données. Les grandes entreprises ont le plus souvent des serveurs en local, hérités des archi- tectures précédentes, alors qu’aujourd’hui, débuter direc- tement sur le Cloud semble avoir la préférence des en- trepreneurs. Pour autant, si le big data a dé nitivement établi une certitude, c’est que la vraie valeur des données réside dans leur confrontation avec d’autres ; les grandes entreprises devront donc trouver des solutions pour arriver à cette  n avec leurs installations locales, tout en respectant les exigences en matière de cybersécurité. Et outre leur localisation, la question de la propriété des données – entre ceux qui les possèdent, ceux qui les traitent, ceux qui les récolte.nt, ceux qui les créent – va devoir être résolue. Là encore, plus facile à dire qu’à faire...
Par Jean-Marie Benoist
Il fut un temps, on pen- sait que le big data allait écraser les études de mar-
ché, les rendre obsolètes. Un point de vue qui s’est vite avéré erroné. « Ce n’est pas l’existence d’un ensemble particulier de données parti- culières qui compte, explique William Pink, senior partner chez Creative Analytics. Ce qui compte, c’est notre capacité à répondre à des questions. Le big data gé- nère, de fait, des nouvelles questions, qui peuvent être éclairées par des études plus classiques. » C’est une question d’éclairage et de contexte. De fait, le défaut du big data est sa qualité : les volumes de données non structurées traités sont telle- ment gigantesques qu’il est dif cile de répondre à des questions très spéci ques, particulièrement quand elles portent sur les motivations – le big data donne des faits, mais pas les explications. « L’un des enjeux majeurs du big data est de donner du sens à la donnée », rappelle Guillaume Aurine, directeur marketing produit de sales- force en France.
Et c’est là que l’alliance entre big data et études de marchés classiques entre en jeu. « Bien que l’on puisse avoir une idée générale sur une marque en utilisant des analyses sur des tweets ou des messages Facebook, les questions marketing les plus ciblées ne peuvent être résolues que par des mé- thodes ciblées, telles que les enquêtes », souligne Michael Liebermann, fondateur et
président de Multivariate Solutions.
Les données issues d’études de marché tendent à avoir une taille d’échantillon plus petite, mais elles sont pleines d’informations sur les mo- tivations, les perceptions, le contexte du comporte- ment... Certaines grandes entreprises abritent ainsi un véritable trésor – et elles en sont conscientes –, avec des décennies de données structurées en réserve. Mais pour en faire usage, il faut résoudre des problèmes plus techniques de reformatage ou de traduction des données. Plus facile à dire qu’à faire.
ce qu’on peut FaiRe aujouRd’hui
Mais le jeu en vaut la chan- delle. Les outils alliant big data et méthodes plus tra- ditionnelles se sont multi- pliés, par exemple la vision à 360 degrés du client (qui intègre ses interactions avec
mener des analyses prédic- tives dont la précision est accrue par l’intégration de données structurées sur les motivations, et qui permettent de décider rapidement sur les actions à mener.
tion, peuvent être récoltés par des mesures passives, ce qui permet de ne plus avoir à poser les questions s’y rapportant – et ainsi de réaliser des enquêtes plus courtes », continue William
nées à venir : l’intelligence arti cielle va s’immiscer de plus en plus dans les ana- lyses. » Ce qui est, en  n de compte, inévitable, compte tenu – là encore – de l’effa- rante quantité de données à considérer. Non content de proposer les dashboards les plus pertinents (grâce au deep learning), les outils de veille et d’étude devraient bientôt pouvoir donner des conseils, y compris d’ordre stratégique.
Les commandes vocales sont une autre avancée at- tendue. Demain, conduire une étude sera très diffé- rent d’aujourd’hui : il pourra suf re de demander au lo- giciel, à voix haute, de re- chercher une donnée et de mener les analyses ad hoc dessus. Enfin, en matière de veille, « la révolution va venir de l’accélération »,
    Les outils de veille et d’étude devraient bientôt pouvoir donner des conseils, y compris d’ordre stratégique
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la concurrence). En cumulant données démographiques, préférences de contenus, achats, etc., le big data ar- rive à des segmentations de marchés  nes et évolutives, dont les motivations peuvent être cernées par des études ciblées ; et surtout, les vo- lumes traités et les capacités d’observation des tendances en temps réel permettent de
En même temps, « le big data nous permet de résoudre l’un de nos plus gros pro- blèmes : les enquêtes trop longues », souligne William Pink. De nombreuses études montrent que trop de ques- tions nuit à la qualité des données récoltées, et pour autant, la pratique perdure – en partie parce que les informations demandées
Pink. Or faire court et rapide est une nécessité absolue dans un univers digital.
et demain ?
« Aujourd’hui, les clients veulent des solutions d’« ana- lytics», qui fournissent des rapports simples à fabri- quer, souligne Guillaume Aurine. La nouveauté est que maintenant, nous avons
L’étude de marché accoucherait d’un nouvel outil d’aide à la décision.
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[ Créer aujourd’hui
- Relation client : de la version Bêta au MVP............................................................p49 Business guides
- Tendances entrepreneuriales de l’année.................................................................p52 - Attractivité des territoires: les atouts des agences de développement .................p58 - MICE: ce qui vous attend en 2018 ...........................................................................p62
   CAHIER PRATIQUE
CAHIER PRATIQUE
 Conseils, astuces et
 nouveaux outils
2018 sonne le changement sur de nombreuses réglementations qui circonscrivent l’entrepreneuriat. Tour d’horizon et des tendances à venir.
 48 FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[   CAHIER PRATIQUE
 Créer aujourd’hui
La création d’entreprise, c’est avant tout du concret et de l’opérationnel. D’où cette rubrique qui explore de manière très pratique l’une des phases de l’entrepreneuriat.
Relation client et lancement de produit
Start-up, votre client est roi, uniquement s’il paie !
  mum Viable Product. « L’idée du MVP est de mettre très vite dans les mains de l’uti- lisateur le produit minimum pouvant être commercialisé, en investissant un minimum d’argent donc », détaille Phi- lippe Silberzahn. « Le MVP est primordial, il sécurise le parcours et chaque pivot », complète Gérald Crescione. « Le MVP,  nalement ce n’est que du bon sens. On véri e le marché avant d’investir. C’est logique non ? », questionne Guilhem Bertholet, fondateur de la Cuisine du web.
un pRoduit
minimum avec
un minimum d’investissements
« Elaborer un MVP n’est pas si facile car l’entrepreneur doit accepter de ne pas développer l’ensemble des fonctionnalités. Il doit faire un
choix, ne garder que ce qui est absolument essentiel et tant pis s’il n’est pas joli, ce n’est pas le problème du moment. La bonne méthodologie étant d’établir un cadre très strict, avec des hypothèses précises à véri er », conseille Guilhem Bertholet.
En la matière, le Parisien Clé- ment Mauguet semble un bon élève. Cofondateur en
croisées auprès de potentiels clients. Grâce à un sondage sur les réseaux sociaux auprès de 400 dirigeants, Clément Mauguet et ses associés ont validé le besoin en pilotage de trésorerie. Puis, pendant six mois, ils ont élaboré des maquettes de leur fu- ture appli. « Nous avions un échantillon d’une trentaine de personnes. Il fallait que ce
 Trois lettres qui peuvent rendre fou ?
  De la version bêta au MVP (Minimum Valuable Product), jusqu’où faire con ance avec ses premières expériences client ?
offre qui n’existe pas encore, est déstabilisé. » Le spécialiste rappelle le cas de Nespresso confronté à des années d’études de marché catastrophiques et qui avait eu le bon goût de s’entêter. « Tous les startuppers ne sont pas des visionnaires. Dans ces conditions, la seule solution pour appréhender le marché est de s’y confronter par le réel. »
Gérald Crescione, cofondateur du studio Start-Up maker insiste : « Il faut absolument éviter le syndrome du garage c’est-à-dire le startupper restant enfermé pendant un an pour développer un super produit grâce à de la love mo- ney. Il risque de se ramasser une claque monumentale le jour où il décide de montrer son bijou technologique dont personne n’a besoin. »
se conFRonteR Rapi- dement au maRché Les jeunes entreprises doivent donc aller très vite à la ren- contre de leurs clients. Mais cela ne signi e pas pour autant qu’elles doivent investir des millions d’euros. Car cette idée qu’elles trouvent si chouette fera peut-être «pshitt» très vite. D’où le concept du Mini-
Développer un produit, c’est facile. En vivre, beaucoup moins
 Par Stéphanie Gallo
Pour une start-up, plus encore sans doute que pour une entreprise tra- ditionnelle, la culture de la relation client est primordiale. Naviguant sur une mer d’in- connues et d’incertitudes, au milieu de magnifiques innovations plus ou moins avortées, les jeunes pousses doivent s’appuyer sur leurs futurs clients a n de s’assurer un écho favorable au moment de la commercialisation de leur produit ou service. Parmi les outils à leur disposition, prédomine le MVP, le fameux Minimum Viable Product, si cher aux pépites en devenir. Mais attention, la méthode a ses limites. A trop prendre en compte l’avis de ses clients, on peut en oublier l’essentiel, faire entrer de l’argent dans les caisses.
Parfaitement inconnu il y a encore quelques années, le concept de Minimum Viable Product est aujourd’hui sur les
lèvres de tous les startuppers. Le MVP, associé à la lean start-up attitude inventée par Eric Ries il y a une dizaine d’années, fait fureur dans les cours des incubateurs et autres accélérateurs. Pourquoi ? Hor- mis l’amour inconsidéré des startuppers pour ces barba- rismes linguistiques, l’exploi- tation de la relation client est devenue incontournable dans un monde où les innovations se démultiplient à une vitesse incroyable. « Les start-up sont, par dé nition, positionnées sur des marchés innovants. Il est dif cile de connaître vraiment les besoins des utili- sateurs, puisqu’eux-mêmes ne les connaissent pas encore ! , sourit Philippe Silberzahn, spécialiste de l’innovation et de l’entrepreneuriat à l’EM Lyon. Dans les secteurs in- novants, les études de marché donnent régulièrement des résultats qui s’avèrent faux. Le consommateur, face à une
2016 de la start-up Agicap, il a développé une application permettant aux dirigeants d’entreprise d’anticiper leurs problèmes de trésorerie. L’ap- pli est commercialisée depuis six mois, elle est le fruit d’un long parcours de véri cations
soit suf samment large pour ne pas prendre pour argent comptant l’avis possiblement isolé d’une personne », ra- conte le jeune entrepreneur. « Quand la maquette a semblé convenir, nous avons sorti notre MVP. Nous étions sur
   Rodrigue Le Gall, dirigeant de Adooviz (38)
« Tous les retours du MVP étaient néga- tifs mais je me suis entêté »
« Adooviz a été créée sur l’idée de four- nir une solution d’accompagnement de déploiements de logiciels dans les entre- prises. Rapidement, nous avons décidé de nous réorienter vers du pilotage d’ac- tivités. Pour con rmer ce pivot, en 2017, nous avons décidé de chercher immé- diatement une validation marché. Nous avons constitué des «focus group» avec un panel d’une vingtaine d’utilisateurs po- tentiels et nous avons lancé dans la foulée notre MVP. Nous avons con rmé que la  nalité était la bonne mais nous avons mis beaucoup trop de temps à accepter des modi cations. Nous avions élaboré une stratégie de lancement en trois étapes, avec des fonctionnalités de plus en plus élaborées. Les retours des groupes mon- traient, sans erreur possible, que les uti-
lisateurs étaient intéressés par l’étape trois mais pas par les deux premières. Lorsque le constat dé nitif est arrivé, nous étions à la veille du lancement, nous nous étions laissés embarquer par l’affec- tif. Pour des questions de management, j’ai décidé d’appuyer sur le bouton quand même. Il fallait que les équipes aillent au bout de ce projet.
Dès le lendemain, nous avons tout repris de zéro. Et en adoptant une vraie dé- marche de lean start-up cette fois, avec une réelle validation marché. Lorsqu’on a créé une première entreprise (Bonitasoft) qui est passée de zéro à 150 salariés en deux ans, on croit qu’on a le temps et que la validation  nira par arriver. C’est faux ! Aujourd’hui Adooviz est les rails. »
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[  Créer aujourd’hui
CAHIER PRATIQUE
  des itérations très courtes, deux/trois semaines. Toute évolution était validée avant d’aller plus loin. » Grâce à cette méthode, Agicap peut se prévaloir d’avoir déjà 150 clients. « Mais il faut être prêt psychologiquement à se remettre en question chaque jour, à tout renverser en permanence. D’ailleurs, le process n’est jamais terminé, même avec une version abou- tie, le client est au cœur de nos développements. »
A Nantes, Pascal Fourtoy a une expérience similaire. Il a fondé Uprigs, il y a un an et demi. Son idée : une plateforme faisant jouer des algorithmes pour mettre en relation des recruteurs et des demandeurs d’emploi. Le concept étant tourné vers des postes ne né- cessitant pas d’expérience par- ticulière, ni de diplôme. Après avoir levé 325 000 euros il y a six mois, il est aujourd’hui en version bêta. « Nous avons procédé par mode itératif. Le MVP a été créé en un mois, très rapidement donc, mais on se  chait du graphisme et des détails. Nous avons contacté 100 personnes en direct, dans notre réseau, pour tester notre produit et 6 à 7 000 par les réseaux sociaux.
C’est très facile et cela coûte peu d’argent. » Pour Pascal Fourtoy, le passage par le MVP a représenté une étape cruciale du développement de sa plateforme. « Nous avons appris par exemple que les formulaires demandés aux candidats étaient beaucoup trop longs. Cela aurait pu être un frein à l’inscription. Nous avons aussi constaté que nous n’étions pas assez chers, cela ne semblait pas crédible aux recruteurs. » Maximilien Petigenet, di- recteur associé de Domalys, entreprise créée en 2012 à Poitiers et spécialisée dans les produits destinés notam-
âgées. Nous avons pu éta- blir une liste très précise des besoins. Domalys est partie du marché, améliorer la vie des personnes dépendantes et de leurs soignants, mais
MVP. « Nous sélectionnons des besoins remontés par les clients puis nous développons rapidement un produit qu’on leur met entre les mains : du mobilier, des charriots, des
le client, même tes- teuR, doit payeR Pascal Fourtoy insiste sur la nécessité de faire payer son MVP. « Même si c’est un produit basique, il faut le faire payer. Moins cher que pour la version aboutie évidemment mais il faut le faire payer. D’abord parce que c’est mérité, ce n’est pas un proto, et d’autre part parce que tant que le client n’a pas payé, on n’est pas sûr qu’il le fera un jour ! » Maximilien Petitgenet, de Domalys, est sur la même ligne : « Un MVP gratuit n’a aucune valeur. On le vend moins cher mais on le vend. Et pas toujours aux mêmes. Nous essayons d’élargir le cercle de nos clients tests car une relation affective a tendance à s’installer dans la durée et les critiques sont moins fortes. »
ne pas oublieR le maRché !
Thomas Guyon, spécialiste du management international de projets et expert en montage d’incubateurs, met en garde contre une démarche trop cen- trée sur le client et le produit. « Malgré la généralisation des méthodes de développement de produit comme le Lean
start-up entre 75 et 95% des start-up se plantent. Pour- quoi ? Parce les entrepreneurs se focalisent entièrement sur leur relation avec leur client testeur, sur leur développe- ment produit. Ils s’attachent à faire un produit répondant totalement aux attentes de l’utilisateur. » En clair, trop de jeunes entrepreneurs en oublient l’essentiel, ou au moins un côté tout aussi primordial que le produit lui-même : le business model. « Pourtant, aujourd’hui développer un produit, c’est facile. En vivre, beaucoup moins. » Attention donc à ne pas placer l’exigence client sur un pié- destal en négligeant le modèle économique. D’autant que dans une start-up, le processus d’amélioration n’est jamais vraiment terminé, notam- ment dans le digital où les versions peuvent s’enchaîner indé niment. Trop attendre pour valider le business model peut s’avérer mortifère. Un excellent produit sans modèle économique n’est pas viable. Idem pour un excel.lent bu- siness model appuyé sur un produit ne répondant pas aux attentes de la cible.
   Grâce à du matériel de production souple, Domalys peut faire plusieurs MVP. La démarche s’interrompt lorsque les remontées clients négatives se tarissent
 ment aux Ehpad, est lui allé encore plus loin dans la re- lation clients pour mettre au point ses produits. Avec son associé, il s’est carrément immergé dans les établisse- ments. « Nous y avons dormi, mangé, nous avons changé les couches de personnes
sans produits. Ils sont venus après. » L’entreprise a grossi au  l des années jusqu’à at- teindre 27 personnes pour un CA de 2,7 millions d’euros et une centaine d’établissements clients. Chaque année, elle sort un ou deux nouveaux produits. Tous passent par la phase
systèmes de prévention de chute... » Grâce à du matériel de production souple, une imprimante 3D, Domalys peut faire plusieurs MVP. La démarche s’interrompt lorsque les remontées clients négatives se tarissent. La ver- sion dé nitive est alors actée.
  avec
altoavocats.com
Pour cette nouvelle année notre cas pratique porte sur un sujet en pleine actualité : le RGPD. Ce mois, nous avons reçu Alexandre, jeune entrepreneur, a n de répondre à ses interro- gations face à l’entrée en vigueur du Règle- ment européen sur la protection des données (RGPD).
Le RGPD crée la fonction de Délégué à la protection des données (DPO). Quelle est sa fonction ? Est-il obligatoire ?
Le DPO est le successeur du correspondant informatique et libertés, avec des prérogatives et des missions renforcées. Il a un rôle de conseil et de contrôle sur la mise en oeuvre du dispositif. Il a également une fonction pivot au sein de l’entreprise et fait le lien avec la CNIL et les utilisateurs.
Le DPO n’est obligatoire que si l’activité exercée récolte des données personnelles à grande échelle ou relatives à des condam- nations pénales. Toutefois, il est conseillé de recourir à ses services pour coordonner
l’opération de traitement.
Le DPO peut être un membre du personnel, même sous-traitant, ou exercer ses missions sur la base d’un contrat de service.
Conseil : le DPO, que vous nommez, doit avoir une formation juridique étendue et des connaissances pointues en matière de protec- tion des données. Et surtout, il doit exercer cette fonction en toute indépendance !
Deuxième question de notre jeune entre- preneur : je fais régulièrement appel à des sous-traitants, suis-je responsable de leur traitement de données ?
Le RGPD instaure une responsabilité totale pour tous les acteurs traitant de la donnée, qu’ils soient donneurs d’ordres ou sous-trai- tants. Le donneur d’ordre, c’est-à-dire vous, devra s’assurer que ses prestataires sont en conformité avec le règlement et inversement. A défaut, vous engagerez votre responsabilité. Conseil : se protéger au maximum en insérant une clause dans les contrats avec
les sous-traitants, par laquelle ils certi ent protéger leurs données et leur demander régulièrement de fournir les justi catifs de conformité.
Si j’anonymise mes données est-ce que je sors du champ d’application du RGPD ? Le RGPD libère bien l’entreprise de ses obli- gations sur les données anonymisées. Cepen- dant, l’anonymisation peut être immédiate ou ultérieure. Lorsque la donnée n’est pas cryptée initialement, le processus permettant sa transformation reste soumis au RGPD.
En cas de non respect quels sont mes risques ?
Les sanctions ont été renforcées avec le RGPD. En cas d’infraction, l’amende maximale est portée à 20 millions d’euros ou 4 % du CA mondial annuel, le montant le plus important étant retenu.
Conseil : anticiper le nouveau cadre légal et entamer le plus rapidement possible le pro- cessus de mise en conformité.
RGPD: de quoi s’agit-il ? quelles conséquences pour les start-up ?
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S’enquérir des pre- miers retours clients pour arriver au most valuable product ?
Le droit en pratique
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]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
Dans chaque numéro, EcoRéseau Business s’intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeant (logistique, marketing,  nance, communication...) en demandant l’avis des prestataires et conseils
  Entreprendre en 2018
Changements à tout va
  Si la création d’entreprise est toujours forte – et encouragée –, l’année 2018 voit arriver nombre de changements, d’importances diverses, qui au final bousculent le paysage établi, tant pour la gestion que pour la création. Tour d’horizon des évolutions et des points à surveiller.
Par Jean-Marie Benoist
- les micRo-en- tRepReneuRs libé- Rés
Depuis sa création en 2008, le régime micro-entrepreneur a connu un succès mitigé. S’ils sont plus d’un million en France à être inscrits sous ce régime, le revenu moyen dégagé par ceux qui se consacrent à temps plein à leur entreprise est, selon l’Insee, de 460 euros par mois. Si le régime est sou- vent critiqué pour mener à un salariat déguisé – et sans obligations sociales pour le client –, « il correspond à un
- bulletin de paye simpliFié pouR tous
S’il est présent déjà dans les entreprises de plus de 300 salariés, le bulletin de paie simpli é – aussi appelé clari é – est maintenant obli- gatoire pour toutes les entre- prises. Si, d’un point de vue technique, le changement n’est pas nécessairement complexe – les logiciels de bulletin de paie ont intégré le nouveau modèle depuis longtemps maintenant –, le
Préparez-vous au chan- gement. En 2018, on ne va pas entreprendre comme en 2017... Le début de l’année voit entrer en vigueur non seulement les mesures résiduelles de la loi El Khomri, mais aussi celles voulues par le gouver- nement Macron. La bonne nouvelle, c’est que la grande majorité cherche à favoriser la création et la pérennité de l’entreprise : baisse de l’impôt sur les sociétés, dou- blement des plafonds pour les micro-entrepreneurs (ex-au- to-entrepreneurs), accès au compte personnel formation pour les indépendants, éli- gibilité accrue du portage salarial... Une façon pour le gouvernement d’encourager la dynamique actuelle de création d’entreprise – 2016 était déjà une année forte, avec une croissance de 6 %, et 2017 devrait au  nal faire mieux encore. Les réformes ouvrent également de grands chantiers, comme la négo- ciation de certains accords
au niveau des entreprises et des branches. D’une fa- çon ou d’une autre, tout le monde sera impacté par un ou plusieurs change- ments cette année, que ce soit dans sa gestion RH ou dans sa comptabilité... Sans oublier la nécessité de plus en plus urgente d’ef- fectuer sa transformation digitale, et l’arrivée de la RGDP en mai prochain. Et si, notamment pour les grandes entreprises, tout cela peut sembler contraignant, nombre des évolutions né- cessaires représentent aussi des opportunités d’optimi- sation ou de digitalisation de ses processus.
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dant, croit à la simplicité et à l’accessibilité du disposi- tif, et depuis le 1er janvier dernier, le principal critère est devenu beaucoup moins contraignant : le plafond de chiffre d’affaire annuel (au- delà duquel la bascule doit être faite sur le régime de l’entreprise individuelle) a été doublé, à 66 400€ pour les services et 165 600€ pour les activités commerciales. Une bonne nouvelle pour ceux qui risquaient de devoir changer de statut, mais en revanche, les seuils pour l’exemption de TVA n’ont pas changé, ce qui va com- plexifier la comptabilité. L’autre bonne nouvelle, c’est que le gouvernement veut faire converger les protec- tions sociales des micro-en- trepreneurs vers celles des salariés. Ainsi, depuis le 1er janvier, les plateformes de type Uber doivent prendre en charge l’assurance vo- lontaire acquittée par les travailleurs en cas d’accident du travail, ou leur proposer un contrat collectif.
l’en-tête – la Sécurité So- ciale des Indépendants – a changé, et tout le reste est identique. Les prestations ne changent pas, le régime ne change pas, les interlo- cuteurs ne changent pas... Et surtout, les cotisations et leur mode de calcul, pour l’instant, ne changent pas. La loi prévoit en fait une période de transition de deux ans, pendant laquelle la gestion des différentes missions du RSI (liquida- tion des retraites, assurance maladie, recouvrement des cotisations, etc.) sera reprise au fur et à mesure par les caisses du régime général (CPAM, CARSAT et URS- SAF). Le vrai changement n’arrivera de fait qu’en 2020.
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- la (pResque) dispaRition du Rsi C’était peut-être l’une des promesses de campagne de Macron les plus attendues par les indépendants : la  n
 Les salariés ont maintenant un droit
à la déconnexion, mais quid de la pratique ?
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RGPD : êtes- vous prêts ?
désir croissant des Français vers plus d’autonomie, notamment chez les jeunes générations », rappelait ré- cemment François Hurel, président de l’Union des auto-entrepreneurs.
Le gouvernement, cepen-
du RSI, usine à gaz critiquée pour sa lenteur et son inef-  cacité – « une catastrophe industrielle », selon la Cour des Comptes... Et depuis le 1er janvier, c’est chose faite, ou presque... pas. Pour l’instant, seul le nom sur
changement pourra deman- der un accompagnement de la part des équipes RH ou de la communication. En effet, si le nouveau bulle- tin est plus simple à lire, il perd en niveaux de dé- tails. Les cotisations sont
 ]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 désormais regroupées par risque : santé, accidents du travail-maladie profes- sionnelle, retraite, famille, assurance chômage, etc., et les noms des organismes de collecte n’apparaissent plus.
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ajoutées au CPF par année travaillée dans la limite de 150 heures. En pratique, il faudra créer un compte personnel d’activité pour pouvoir consulter ses droits acquis.
Le panel de formation est, là aussi, le même que celui pro- posé aux salariés : bilan de compétences, actions d’ac- quisition de compétences, actions d’accompagnement pour les créateurs d’entre- prise ou encore validation des acquis de l’expérience (VAE). Les formations ou- vertes sont déterminées par le fonds d’assurance-forma- tion dont vous dépendez ou par les chambres de métiers ou d’artisanat ; c’est auprès d’eux donc qu’il faudra vé- ri er l’éligibilité des forma- tions qui vous intéressent. Cerise sur le gâteau : il est même possible – sur accord exprès de l’organisme d’as- surance-formation dont on dépend – de béné cier d’une
indemnité compensant la perte d’exploitation entraînée par le suivi de la formation. Par ailleurs, les Chambres et le fonds de formation des non-salariés  nancent des formations accessibles même au-delà du plafond du CPF. Alors, cette année, n’hésitez plus : formez-vous !
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et le Compte d’engagement citoyen (CEC), autre nouveau venu, qui permet d’inscrire jusqu’à 20 heures sur le CPF grâce à certaines activités de bénévolat ou de volontariat. Autres exemples : les salariés peuvent maintenant prendre les jours de congé au fur et à mesure de leur acquisition sans attendre la première année ; ou encore, en ce qui concerne les contrats saisonniers, d’une saison sur l’autre, la reconduction des contrats serait négociée et l’ancienneté permettrait l’obtention d’une prime... D’autres posent des questions auxquelles on ne sait pas en- core répondre : les salariés ont maintenant un droit à la déconnexion, mais quid de la pratique ? En n, d’autres évolutions en cours d’année sont à prévoir ; par exemple, le gouvernement a af ché sa volonté d’harmoniser les conditions des congés maternité entre salariées et indépendantes, probablement de façon échelonnée.
Mais les évolutions du Code du travail touchent aussi des questions plus fonda- mentales. Un des points les plus discutés l’année dernière était le fait que certains accords et négocia-
 - n’hésitez pas à vous FoRmeR ! Décidément, 2018 est une année faste pour les indépen- dants. Depuis le 1er janvier, ils béné cient de l’accès au Compte personnel d’activité (CPA), et plus spéci que- ment au Compte personnel formation (CPF). Il suf t pour cela de s’acquitter de la contribution à la formation professionnelle. Les pres- tations sont les mêmes que celles offertes aux salariés : il est possible de cumuler 24 heures de formation pour une contribution correspondant à une année pleine d’activité, jusqu’à un plafond de 120 heures. Au-delà, 12 heures de formation pourront être
- le code du tRavail : des chan- Gements petits... Au total, c’est bien plus d’une centaine de modi - cations au Code du travail qui sont entrées en effet au 1er janvier, combinant des mesures issues de la loi El Khomri et les ordonnances du gouvernement Macron. Les changements impactent tous le quotidien de la RH, y compris ceux qui semblent les plus anodins. Mainte- nant, un Compte personnel d’activité (CPA) rassemble le Compte personnel formation (CPF), le compte pénibilité
modalités de recours res- treintes, nombre limité de renouvellements... Tout un planning de négociations qui devront être menées dans l’année. Par ailleurs, un nouveau type de contrat, mis en place au niveau de la branche, fait par ailleurs son apparition : le CDI de projet, aussi appelé contrat de projet, qui devrait être plus ou moins un décalque du CDI de chantier déjà existant.
Les règles de licenciement évoluent également. Les in- demnités prud’homales en cas de licenciement abusif sont plafonnées, sauf en cas de harcèlement ou de discrimination ; il existe maintenant un « droit à l’er- reur » pour les employeurs en cas de vice de procédures
la baisse de l’impôt sur les sociétés a été enclenchée au 1er janvier. Si l’objectif est d’atteindre un taux de 25 % en 2022 pour toutes les entreprises, quels que soient les béné ces, la mise en place se fait de façon progressive. Cette année, seules les entreprises ré- alisant entre 75 000 euros et 500 000 euros de chiffre d’affaires sont impactées, leur taux étant baissant à 28 % (contre 33 % aupa- ravant).
En revanche, l’autre évo- lution majeure en matière  scale impacte toutes les entreprises tout de suite : il s’agit de la disparition progressive des cotisations chômage et maladie payées par les salariés, qui repré- sentent respectivement
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-...etd’autRes plus GRands
 Un nouveau type de contrat, mis en place au niveau de la branche, fait par ailleurs son
apparition : le CDI de projet, contrat de projet
aussi appelé
2,4 % et 0,75 % du salaire. La baisse sera compensée, pour l’État, par une hausse de 1,7 point de la CSG. Si la mesure affecte négativement certaines retraites, elle est en revanche favorable aux salariés, qui devraient ga- gner une hausse estimée de 1,45 % de leur pouvoir d’achat, l’assiette de la CSG étant différente. Mais les indépendants en pro tent aussi, puisque les cotisations
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tions prévus par la branche se font désormais au niveau de l’entreprise. C’est, par exemple, le cas des primes. Il va falloir mener cette adaptation, sachant que, de façon parallèle, certains ac- cords et négociations prévus auparavant par la loi se font désormais au niveau de la branche. C’est notamment le cas des CDD qui, restent néanmoins encore très en- cadrés : durée maximum,
de bonne foi dans les TPE et PME ; les indemnités légales de licenciement augmentent... Et surtout, le recours au licenciement économique est plus facile, la période de temps prise en compte variant en fonction de la taille de l’entreprise.
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- petite embel- lie FinancièRe Mesure annoncée pendant la campagne, et donc attendue,
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 disparaissent en France. Pourtant, nombreux sont les acteurs de la finance à s’être penchés sur cette problématique: Abn Amro, BNP Factor, Crédit Agricole Leasing et Factoring, Sol- va n, Finexkap,...L’écosys- tème y est dynamisée par les start-up, plateformes de benchmark et courtiers en tout genre.
Néanmoins, seulement 3 % desPMEet1%desTPE françaises ont recours à une solution de  nancement de leur poste client. Or les avantages de l’affacturage pour ces entreprises sont nombreux. « Ce service leur permet de  nancer leur cycle d’exploitation tout en les protégeant contre les im- payés et d’externaliser leur recouvrement », souligne Eugénie Aurange, directrice du développement des mar- chés et de la communication, Crédit Agricole Leasing &
Factoring. En augmentation constante depuis plusieurs années déjà, le marché de l’affacturage a connu une croissance de +6,6 % sur les neuf premiers mois de l’année 2017, selon l’ASF. Cette ten- dance devrait vraisemblable-
solution de  nancement de factures du Crédit Agricole, ils béné cient d’un service 100 % digital, transparent et à la demande, continue Eugénie Aurange. Il suf t de quelques minutes pour ouvrir un compte en ligne, déposer
rié de travailler comme un indépendant – et surtout de facturer – tout en gardant son statut, ce qui limite considé- rablement les risques liés à la création d’une entreprise. La société de portage émet les factures, se charge des
être plus de 600 000 à l’ho- rizon 2025... Il faut dire que le portage salarial a de quoi attirer, et les modi cations apportées par la loi Travail, effective depuis le 1er jan- vier, ne font que renforcer cette attractivité. Ainsi, la convention collective – récente pourtant, car en- trée en vigueur le 1er juillet dernier – va faire l’objet de nouvelles négociations au premier semestre 2018, notamment sur le temps de travail, les congés payés et la création d’un fond mu- tualisé consacré à la forma- tion professionnelle. Mieux encore, mis à part quelques secteurs réglementés et les métiers de service à la per- sonne, un nombre croissant d’activités sont éligibles au portage. Le dernier chan- gement majeur concerne lui les sociétés de portage salarial, pour lesquelles le minimum de garanties
  Le recours au licenciement économique est plus facile, la période de temps prise en compte variant en fonction de la taille de l’entreprise
  Le RSI est mort... Vive le RSI ?
sociales sont calculées sur le chiffre d’affaires mensuel hors taxes. Des nouvelles données à intégrer dans vos prévisions de l’année.
ment se poursuivre en 2018.
« L’enjeu pour 2018 est de démocratiser l’affacturage, explique Eugénie Aurange. On constate aujourd’hui un changement dans les attentes de nos clients, notamment auprès des professionnels, TPE et PME. » Ces derniers sont à la recherche de solu- tions plus souples, rapides et sans engagement. « Avec Cash in Time, la nouvelle
une facture et savoir si elle est  nançable. En moins de 24h, l’argent est viré sur le compte bancaire. »
diverses démarches admi- nistratives, et peut même proposer de l’accompagne- ment et des conseils, tout cela contre rémunération. C’est encore le seul point noir du dispositif : les frais de gestions peuvent être élevés, de l’ordre de 15 %. Mais tout laisse à penser que la tendance va s’accélérer : de 70 000 aujourd’hui, les freelances portés devraient
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- le poRtaGe sa- laRial de plus en plus attRactiF
Le secteur du portage sa- larial connaît depuis 2006 une forte croissance, de prèsde20%paran.Le dispositif permet à un sala-
- l’aFFactuRaGe se démocRatise Selon le cabinet d’étude Altarès, chaque trimestre, faute de trésorerie, 14 500 entreprises de toutes tailles
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]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
  financières exigée passe de9%à10%delamasse salariale, leur donnant ainsi un surcroît de crédibilité.
Dif cile de parler d’entre- prendre en 2018 sans évoquer la question de la transforma- tion digitale des entreprises, que ce soit pour les créateurs ou pour des sociétés déjà existantes. La percée des logiciels internes – CRM, GED, SIRH... – en mode Saas devrait faciliter cer- taines évolutions évoquées dans les points précédents, du moins d’un point de vue technique.
Par ailleurs, les tendances majeures de la  n 2017 vont perdurer en 2018, avec une
accélération probable à pré- voir : émergence de l’intel- ligence arti cielle, et son apparition à petite dose dans des domaines de plus en plus variés, développement de la blockchain et des smart contrats, attention accrue portée à la cybersécurité, expansion des fonctionna- lités liées au big data... Le choix des solutions reste donc toujours aussi crucial, sachant que l’accent va de plus en plus porter sur la  exibilité et les questions de compatibilité (en partie à cause de la RGDP). Mais comme d’habitude, le diable se niche dans les détails. Par exemple, l’utilisation d’un logiciel de caisse certi é est obligatoire depuis le 1er janvier pour toutes les
entreprises qui manipulent des sommes en liquide. Une évolution qui impacte tout de même nombre de PME
péenne sur la protection et la manipulation des données personnelles, en vigueur à partir du 25 mai prochain. Une mise à jour nécessaire à l’heure du big data, des réseaux sociaux, du Cloud et de la publicité ciblée... Et tout le monde est concerné : tout le monde manipule au moins les données de ses salariés et les données de ses clients. Si, techniquement, les textes de loi français ne sont pas encore connus, ils devraient suivre de très près, avec quelques ajustements à la marge, les mesures présen- tées par le texte européen. Et les changements à venir
droit à l’oubli, c’est-à-dire à l’effacement dé nitif des données personnelles du système de l’entreprise, et le troisième est un droit à la portabilité des données, c’est- à-dire de pouvoir changer d’opérateur en récupérant, sous un format exploitable, ses données. Ces deux der- niers points notamment de- mandent encore du travail pour être mis au point. Si, d’un point de vue technique, ce sont surtout les éditeurs de logiciel du secteur qui planchent sur le sujet, toutes ces évolutions demanderont des optimisations voire révi- sions de processus en place
à l’image par exemple de Generali.
Les évolutions de la RGDP ne concernent pas que les particuliers. Pour les en- treprises, le changement est aussi d’envergure : plutôt qu’un système déclaratif et de contrôle, les entreprises sont maintenant elles-mêmes responsables du respect des nouvelles règles. En pratique, par exemple, cela voudra dire qu’il n’y a plus besoin de faire de déclaration préalable à la CNIL... mais il faudra être en mesure, à tout moment et sur demande, d’apporter la preuve que les processus de traitement des données sont conformes aux exigences législatives. Autrement dit, les entreprises devront, dès la création d’un  chier, s’as- surer que les données collec- tées sont uniquement celles nécessaires à la  nalité du traitement envisagé, ne sont pas exploitées dans d’autres buts et sont conservées uni- quement le temps nécessaire à la réalisation de cette  na- lité. Elles devront également
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- tRansFoR- mation diGitale
Selon le cabinet d’étude Altarès, chaque trimestre, faute de trésorerie, 14 500 entreprises de toutes tailles disparaissent en France
 et TPE. Si, dans la plupart des cas, une simple mise à jour suf t, il faut néanmoins s’en assurer.
vont demander des ajuste- ments majeurs. Les personnes vont ainsi béné cier de trois nouveaux droits, qui im- pactent fortement la gestion
dans l’entreprise. Une oppor- tunité également pour les assurances dont les acteurs ne semblent pas faire preuve du même stade de maturité.
- l’aRRivée des données : le premier, Si Axa et Oddo BHF ont tenir un registre de traitement 11 .
vigueur de la RGDP, la nou- toute connaissance de cause. particulièrement préparés velle réglementation euro- Le deuxième est un véritable à cette mise en conformité
de la RGdp une évolution d’un concept déjà explicité médiatique- des données, et réaliser des L’évolution majeure qui at- déjà familier, est de pouvoir ment leur feuille de route études d’impact dans les cas tend le digital en 2018 est consentir ou s’opposer à tout sur ce sujet dès l’été dernier, de traitement de données sans conteste l’entrée en ou partie d’un traitement en d’autres acteurs semblent sensibles.
  avec Le droit à l’erreur tant attendu laisse un peu sceptique.
ETHIC après avoir lancé le groupe En- treprenalisme composé de dirigeants d’entreprises et de députés, a proposé des mesures concrètes :
Instaurer un médiateur des questions ad- ministratives qui pourrait être un recours notamment pour « juger » de la bonne foi Fixer un délai raisonnable pour recti er chaque infraction au préalable
Lister les sujets pour lesquels la « Présomp- tion » est exclue (pas de droit à l’erreur) Intégrer les retards (déclarations, règle- ments, ...) pour le droit à l’erreur. Supprimer les notions « A titre expéri- mental » car cela entraine des traitements inéquitables.
Reste le plus dif cile, faire changer les
mentalités de contrôleurs. Tout un pro- gramme de « conduite du changement » pour la fonction publique.
Sophie de Menthon
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Vous avez désormais le droit de vous tromper ?
  ethic.fr
Le projet de loi « pour un Etat au service d’une société de con ance » examiné  n janvier à l’Assemblée Nationale est porteur d’espoir pour les chefs d’entreprise; ceux du mouvement d’ETHIC (www.ethic.fr) se félicitent de la généralisation du « res- crit » mais restent sur leurs faims quant aux articles liés au « droit à l’erreur ». Un projet de loi un peu « fourre-tout », truffé d’exceptions, ce qui n’est pas de bonne augure. En effet, une même situa- tion pourrait être jugée différemment par deux agents qui sont les seuls à pouvoir, selon le texte initial, juger de la bonne foi du chef d’entreprise...
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Des évolutions légales qui vont dans le sens des entrepreneurs et des entreprises ?
 J’aime ma boîte
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                                                          CAHIER PRATIQUE
Communiqué
  Bruneau : le client au cœur du métier
Depuis plus de 60 ans, Bruneau a fait du service client son leitmotiv. Le leader e-commerce, en France, de la vente de mobilier ou fournitures de bureau, bouscule ainsi les codes du secteur pour o rir aux entreprises « tout le bureau... en mieux ! ». Démonstration en 7 étapes.
                            • Etape 1 : Dans tous ses univers (mobilier, équipement, hygiène, informatique, alimenta- tion...), Bruneau référence des produits testés et approuvés pour répondre aux besoins quo- tidiens des entreprises. Avec plus de 45000 ré- férences disponibles, et plus de 300 marques, Bruneau répond à toutes vos exigences en termes de choix comme de gammes de produits.
• Etape 2 : Grâce aux fonctionnalités pratiques de Bruneau.fr, choisir et commander n’a jamais été aussi simple. Re-commande, création de listes, bon de commande rapide... Sur Bruneau.fr, vous créez vous-même le parcours d’achat qui vous ressemble et disposez d’un compte qui conserve toutes vos informations essentielles. En quelques clics, vos produits sont commandés. Et en cas de doute, 150 conseil- lers téléphoniques restent à votre écoute.
• Etape 3 : Dès sa création, Bruneau s’est démarqué en garantissant la livraison en 24 heures. Aujourd’hui encore, où que vous soyezetoùquevoussouhaitiezêtrelivré,même à l’étage, les chau eurs-livreurs Bruneau ache- minent vos produits dans les meilleurs délais (y compris le jour même à Paris !). Dans votre en- treprise, en drive, en relais : avec les solutions de livraison Bruneau, votre entreprise ne risque jamais de se trouver privée de ses moyens !
• Etape 4 : Avec Bruneau Partner, le quotidien des grandes entreprises est facilité par une équipe de commerciaux et des services dédiés : gestion des circuits de validation, gestion centralisée des achats, intégration du catalogue Bruneau dans votre système informatique... Dites-nous comment vous fonctionnez, nous trouverons la solution pour optimiser vos démarches !
•Etape5:Vousvoulezunenvironnementde travail à votre image. Si vous ne trouvez pas exactement le produit ou l’équipement que vous désirez, le service My Bruneau le cherche pour vous. Et s’il n’existe pas, nous pouvons aussi l’in- venter, grâce à nos solutions sur-mesure. Avec My Bruneau, vous pouvez aussi personnaliser vos
agendas, stylos, clés USB... Une équipe de com- merciaux dédiés est à votre écoute pour imaginer avec vous toutes vos solutions personnalisées.
• Etape 6 : Imaginer ses locaux, les équiper, les installer, les adapter aux besoins de ses ef- fectifs et de leurs missions... Avec Bruneau Aménagement, implanter ou déménager votre entreprise n’est plus une gageure. De la concep- tion à la prestation logistique, nos experts vous accompagnent tout au long du projet : étude per- sonnalisée, plans 2D ou 3D, sélection, livraison, montage... Bruneau Aménagement vous assure une prise en charge totale, vous faisant écono- miser temps et énergie pour continuer à vous consacrer pleinement à votre activité.
• Etape 7 : Votre entreprise est unique, ses besoins aussi. C’est pourquoi nous privilégions l’écoute pour que le service rendu soit toujours irréprochable et personnalisé. Grâce à ses com- merciaux sur le terrain,
Bruneau vient à la ren- contre de votre entre- prise, pour mieux vous connaître, et mieux vous conseiller. De quoi expli- quer que plus de 9 clients sur 10 soient satisfaits de nos services !
          Trois questions à Ludovic LOY, directeur marketing et digital BRUNEAU
« Dématérialiser ne doit pas rimer avec déshumaniser mais avec faciliter »
  Les chi res clés
• CA : 320 M€ en 2017
• Plus de 45 000 produits
• E ectif : 700 collaborateurs, dont plus de 150 conseillers clients
• 3 certi cations : ISO 9001, ISO 14001, ISO 18001
• 6 plateformes logistiques de livrai- son dans toute la France
• 6,8 millions de colis préparés et acheminés par an
• 98% des commandes livrées conformément à l’engagement com- mercial Bruneau
• 75% des appels pris en moins de 10 secondes
• Plus de 97% de clients satisfaits* *enquête clients  e Links 2016
Depuis sa création, Bruneau a bousculé les usages du secteur. Est-ce un parti pris ?
Bruneau est e ectivement une en- treprise pionnière depuis son origine, créée par un entrepreneur visionnaire, qui a dé ni des standards du marché comme par exemple la livraison en 24 heures. Mais cela ne va pas sans une autre caractéristique, qui est de placer
le client au cœur de notre métier : nous nous sommes donné pour mission de lui apporter e cacité et bien-être au travail. Notre parti pris serait donc plutôt d’être irréprochables de son point de vue à lui, tant dans les produits que nous proposons que dans les services que nous mettons à sa disposition.
www.bruneau.fr
Téléphone : 39 24 (0.15€ht / min + prix appel)
Comment le déclinez-vous au quotidien ?
Bruneau considère vraiment que « le client est roi ». Nous mettons donc tout en œuvre pour que notre marque soit  able, engagée, et facilitatrice. Nos équipes ancrent leurs actions sur quatre va- leurs-piliers. L’implication, soit l’engagement des équipes dans la manière dont on fait notre métier, est la première. La seconde est l’expertise : nous testons tous les produits, véri ons les usages, sommes à l’a ût des innovations et défrichons les tendances. La troisième est le sourire, car même si aujourd’hui plus de 80% de nos ventes se font en ligne, dématérialiser ne doit pas rimer avec déshumaniser mais plutôt avec  uidi er, faciliter. En n, la considération du client, c’est avant tout une qualité d’écoute qui nous permet de satisfaire, voire d’anticiper ses besoins.
Est-ce cette écoute qui vous permet d’o rir « tout le bureau... en mieux ! » ?
Les collaborateurs Bruneau, qu’ils soient conseillers télépho- niques, commerciaux terrain, livreurs ou autre, partagent cette culture du service. Or pour o rir le bon service, les bons produits, et faciliter réellement la vie de nos clients, encore faut-il les écouter ! Apporter des solutions aux besoins spéci ques de nos clients exige de placer le client au cœur du métier. C’est ce qui fait notre succès, et notre di érence.
  FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 57
]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
CAHIER PRATIQUE
  Agences de développement économique et promotion du territoire
De l’art du marketing territorial
Favoriser l’accès à l’immobilier tertiaire, orienter vers un interlocuteur idoine pour une question logistique... Les agences de développement économique accompagnent les entreprises dans leur développement au niveau local. Mais ce n’est pas leur seule fonction : elles sont censées avant tout assurer la promotion de leur territoire. Zoom sur leurs méthodes.
bonnes personnes. Notre fonction est de favoriser la négociation et de lui apporter des réponses cohérentes en rapport avec ses attentes », poursuit Béatrice Aliphat.
des pRêts à taux zéRo en Guise de caRton d’invitation Selon le CNER, la fédération des agences économiques, on dénombre environ 90 entités sur le territoire hexagonal. Toutes n’ont pas vocation à draguer des géants de l’in- dustrie asiatique, mais toutes sont chargées de mettre en valeur leur bassin régional et d’en faire un terreau éco- nomique fertile pour attirer les porteurs de projets, puis de les guider dans leur lan- cement. A l’heure de l’exode rural massif, décentraliser économiquement le pays est devenu un enjeu majeur. Dans cette optique, les agences de développement économique ont leur part à jouer. « Les territoires ne peuvent pas tout attendre de l’état jacobin », prévient Antoine Angeard, délégué général du CNER. Les agences de développe- ment économique sont donc
du réseau d’acteurs de dé- veloppement économique : entreprises, collectivités, associations. Les agences servent à porter des pro- jets partenariaux et à les coordonner », souligne An- toine Angeard. Exemple entre autres, avec la Technopole de l’Aube où les entrepreneurs qui s’y installent, peuvent bénéficier de l’aide finan- cière et de l’expertise d’un club de Business Angels. Quelque 4 millions d’euros ont déjà été investis en par- ticipation directe ! Isabelle Corbin, directrice de l’agence Pays d’Aix Développement, abonde : « Nous sommes des facilitateurs. On répond au besoin des entreprises et nous les aidons à trouver des produits en rapport avec leur projet, que ce soit des grands bureaux ou un entrepôt de trois mètres carrés. L’enjeu, pour nous, est bien évidem- ment la création d’activité et d’emploi. » Les agences de développement économique s’adressent aux professionnels de tous secteurs, sauf aux commerces de proximité et à l’hôtellerie-restauration. Mais il ne s’agit pas seulement
cice bénéficiaire. Le jury chargé d’accorder ces prêts accepte sept projets par an en moyenne, pour des prêts situés entre 20 000 et 40 000 euros. Le centième lauréat a été fêté en décembre der- nier. Un dispositif lancé en 2003 qui a de quoi rendre le pays d’Aix attractif auprès des apprentis entrepreneurs. « Cette mesure a créé plus de 550 emplois depuis son intronisation, relate Isabelle Corbin. Plusieurs entreprises digitales commencent à être connues sur le territoire. 40 000 euros, ça paraît peu quand on connaît les levées de fonds du secteur de l’innovation. Mais avant la création, c’est signi catif. Cela permet au porteur de projet de ne pas engager des fonds personnels. »
a chaque RéGion
sa pRoblématique Plus à l’ouest, dans le Mor- bihan, on privilégie l’accom- pagnement personnalisé et la mise en avant d’un terreau à la fois fertile économiquement – les métropoles Rennes et Nantes sont à proximité, le tissu universitaire est impor-
Par Marc Hervez
  Après une mise en concurrence de 28 sites européens potentiels pour cet inves- tissement qui s’élève à 105 millions d’euros, correspon- dant à la construction d’un centre de R&D et d’une usine de production de silice à destination notamment des pneumatiques écologiques, le géant industriel chinois Quechen a choisi d’implan- ter sa prochaine plateforme métropolitaine PIICTO à Fos-sur-Mer. Cette arrivée est bien sûr synonyme de créa- tion d’emplois à venir pour le bassin régional. L’agence de développement écono- mique Provence Promotion, qui a mené les négociations et réuni autour de la table les différents interlocuteurs
(la région, le Grand Port, Quechen, etc.) peut se frot- ter les mains. Actuellement, les parties sont en train de  naliser les derniers termes de ce qui représente le pre- mier investissement chinois qui soit une totale création industrielle en France, et non un rachat d’entreprise existante. Car derrière cette annonce, c’est tout un terri- toire qui pourrait être boosté économiquement. « Dans son sillage, beaucoup d’acteurs de la  lière du pneu pourraient rejoindre la région. Tout un tas de sites pourraient venir se greffer sur celui-ci. No- tamment grâce au concept d’économie circulaire et de mutualisation des moyens. Ce qui est un déchet industriel pour un acteur devient une
matière première pour un autre », se félicite Béatrice Aliphat, vice-présidente de la Métropole AMP déléguée à l’industrie et à l’énergie, vice-présidente de Provence Promotion. Voilà un exemple typique du rôle des agences de développement économique : valoriser un territoire pour y attirer des entreprises. Dans le cas présent, l’agence Pro- vence Promotion a envoyé des agents sur des salons internationaux a n de pro- mouvoir le bassin de Fos-sur- Mer, puis, une fois le projet lancé, a dû répondre aux demandes des industriels, notamment sur le juridique ou l’administratif. « Lorsqu’un homme d’affaires chinois passe 48 heures en France, il a besoin de rencontrer les
Le CNER cite volontiers l’exemple de LVMH, un géant mondial, qui établit des ateliers dans des territoires ruraux, pour s’éviter un fort turnover au sein de ses effectifs
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Les agences de dev’ comme aimants dans le processus d’attractivité territoriale
 des structures dédiées, dont la mission s’articule autour de trois points. « Tout d’abord, accompagner les entreprises dans leur développement, en favorisant l’accès à l’immo- bilier tertiaire, ou les aider pour obtenir des finance- ments. Ensuite, renforcer l’attractivité du territoire. En n, assurer l’animation
d’attirer le chaland. « Nous aidons les entreprises à se pérenniser une fois qu’elles sont dans le bain », con rme Isabelle Corbin. Comment ? Pays d’Aix Développement propose par exemple des prêts à taux zéro en amont de la création d’entreprise. Le remboursement débute à l’issue du premier exer-
tant et il s’agit du premier dé- partement français en termes de retombées économiques de l’agroalimentaire à va- leur ajoutée – et agréable en termes de qualité de vie. L’agence Vipe Vannes a der- nièrement créé la marque Yes We Vannes pour courtiser les chefs d’entreprise. « Chaque porteur de projet voit son
 ]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[  Business guides
Vanter la qualité de vie... Mais ne pas oublier la connexion Internet
CAHIER PRATIQUE
  dossier pris en main par un interlocuteur unique et dédié, avance Xavier Colas, directeur général de Vipe Vannes. Il ne s’agit pas que de paperasse. Nous pouvons aussi accompagner un entre- preneur sur la problématique de la mobilité du conjoint. » Selon lui, l’attractivité de son bassin passe par la mise en place de pôles, offrant ainsi aux entrepreneurs en devenir la possibilité d’étoffer leurs réseaux rapidement. Pour faire de la région une place forte du numérique, notamment tout ce qui touche à la cyber-sé- curité, Vipe Vannes organise par exemple un concours nommé Cyber Challenge, avec dotation en capital à la clef. Quant à l’événement annuel Planet e-commerce (spécialisé BtoB), il est en train de prendre une place majeure à l’échelle nationale. « Il est l’occasion pour les entreprises déjà implantées de rayonner au delà des fron- tières locales, et d’attirer l’installation de potentiels nouveaux acteurs», détaille Xavier Colas. Evidemment, chaque agence doit s’adapter au tissu éco- nomique propre à sa région, qui varie d’un territoire à un autre. Francis Bécard, DG de la Technopole de l’Aube précise sur sa région et l’un de ses événements phares: « "Plug & Start", c’est le rendez-vous annuel entre des personnes qui portent des projets innovants de création d’entreprise et des personnes
dont l’expertise et le parcours professionnel peuvent aider l’accélération de ces projets. C’est aussi l’addition d’une expertise solide, d’un terri- toire bienveillant et d’idées innovantes. : le territoire est en ébullition pendant 48 h et
rien». Mais justement ! C’est aussi valorisable. Les enjeux sont simplement différents. Pourquoi ne pas souligner auprès des porteurs de projet le fait qu’il est plus facile d’y faire de l’expérimentation économique que dans un
développement économique se retrouvent en situation de concurrence dans leur pros- pection – chacun voulant invi- ter des entreprises à s’établir sur son propre territoire –, elles savent aussi travailler en bonne intelligence. « Elles
la Normandie au sens large ça évoque quelque chose. Dieppe ou Rouen, un peu moins. Donc autant y aller ensemble et mutualiser les coûts pour ce type de pros- pection. »
Au service des entreprises, les agences de développe- ment économique se veulent également au cœur de l’ex- périmentation. Dernière- ment, le CNER a signé un partenariat avec Orange et Nordnet, le fournisseur d’ac- cès à Internet par satellite, pour l’opération «Ma Petite Entreprise Connectée» dans le but de se mettre au ser- vice du développement des entreprises et des territoires en apportant, au travers des agences de développement,
dans une logique d’aména- gement numérique basé sur un mix technologique ef cace à court-moyen terme. Ainsi, ce n’est pas parce qu’une zone est peu couverte en réseau qu’elle ne doit pas être attractive pour des so- ciétés », note Christophe Outier, directeur commercial chez Nordnet, en charge des relations avec les collectivités locales. La fracture numé- rique étant parfois un frein à l’implantation de nouvelles sociétés dans des territoires non éligibles à l’ADSL ou à la  bre, une telle mesure, si les retours d’expérience sont bons, peut potentiellement réanimer l’activité dans des territoires traditionnellement peu dynamiques. « Il y a une réelle problématique d’accès au haut débit pour les professionnels, insiste Christophe Outier. Le e-com- merce explose, le télétravail se développe : à l’heure du numérique, l’accès à une connexion Internet haut-dé- bit est indispensable à la compétitivité et à la trans- formation digitale des en- treprises. » L’opération «Ma Petite Entreprise Connectée» va leur permettre de déve- lopper de nouveaux usages auxquels elles n’avaient pas accès, comme l’entretien de la notoriété via les réseaux sociaux, pa.rtager des dossiers volumineux... Le premier bilan est prévu pour dans six mois.
   Des mesures sont en phase de test pour rendre des territoires traditionnellement peu dynamiques de nouveau attractifs. Premier chantier : la fracture numérique
 près de 200 personnes sont mobilisées ! » Si la région en question possède une forte tradition industrielle ances- trale, sa mission et ses actions diffèreront de celles d’une agence dont le territoire de base est prisé par les touristes. Mais, Antoine Angeard en est sûr, chaque bassin a des atouts à faire valoir pour inciter des entrepreneurs à s’y installer : « Un jour, quelqu’un d’une collectivité m’a dit «ça me paraît impos- sible d’attirer qui que ce soit sur mon territoire, il n’y a
milieu ultra dense ? » Le délégué général du CNER cite volontiers l’exemple de LVMH, un géant mondial, qui établit des ateliers dans des territoires ruraux, pour s’éviter un fort turnover au sein de ses effectifs. « En territoires dits reculés, les gens sont implantés. LVMH met donc le paquet sur la formation et ensuite conserve sa main d’œuvre durant de longues années. C’est un atout à valoriser pour les bassins dépourvus de métropoles. » Si, de fait, les agences de
ont avant tout conscience de se battre pour le territoire français », analyse Antoine Angeard, qui assure que le CNER diffuse également des bonnes pratiques. Pour leur rayonnement à l’international, plusieurs agences normandes se sont regroupées sous une bannière commune : Norman- die Avenue. C’est sous celle-ci qu’elles vont à la rencontre de grands groupes sur des salons hors de nos frontières. Antoine Angeard salue cette initiative : « Lorsque l’on est sur un événement à Tokyo,
une solution numérique pour soutenir leur développement. Le concept ? Les agences de développement ont identi é des entreprises disposant d’un débit inférieur à un méga. En février, une vingtaine d’en- treprises seront sélectionnées pour béné cier gratuitement d’une connexion Internet haut-débit par satellite pen- dant un an. Les entreprises lauréates pourront ainsi tester cette technologie et mesurer son impact sur leurs activités économiques. « Les territoires impliqués s’engageront ainsi
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CAHIER PRATIQUE
  MICE : tendances 2018
Le plaisir toujours au cœur des événements
Après une hausse en 2015, le marché du MICE a de nouveau accusé le coup en 2016. Dans des périodes incertaines, l’organisation d’événements pour lancer un produit, remercier ses partenaires
ou rassembler ses troupes fait donc toujours partie des postes de dépense qui sont réduits en priorité. Mais cela n’empêche pas les professionnels du secteur d’innover pour répondre à une demande toujours bien présente, centrée sur le contact humain et le plaisir.
et agences d’événementiel ciblés et représentatifs du secteur, que les dépenses sur le marché français ont atteint 8,07 milliards d’eu- ros estimés en 2016 (hors transports et hors dépenses pour les manifestations se déroulant à l’étranger). On évalue à seulement 15 % la demande en MICE en France provenant de l’étranger. Il s’agit d’une baisse estimée d’activité de 1,6 % par rapport à 2015, ce qui con rme une fois de plus que la demande se pro le en montagnes russes. L’activité semble imprévi- sible à en perdre son latin, surtout depuis la crise écono- mique de 2008. Si l’activité demeure sans prévisibilité et sans visibilité, et les dépenses des entreprises en baisse en
séminaires et conventions, et rien ne peut remplacer ces rencontres.
expéRience et plaisiR Guident
le choix du lieu
La tendance frémissait de- puis quelques années, elle est maintenant bien installée. La réunion plan-plan dans une salle de séminaire avec présentation PowerPoint n’est pas morte – on est toujours là pour travailler – mais elle s’ac- compagne désormais d’autres activités, voire d’un cadre différent. Quitte à réduire le nombre d’événements organi- sés, les entreprises soignent les rassemblements qu’elles conservent, et veulent frapper fort. Et c’est au moment de choisir le lieu de l’événement
pratiquer d’activité nautique. Pas non plus besoin d’avoir le pied marin pour participer à une activité nautique. 95% de nos participants sont des néophytes. » D’autres lieux ont bien aussi bien intégré cette tendance et se mettent en quatre pour accueillir cette clientèle professionnelle. C’est le cas par exemple du Parc Astérix, qui vient d’étoffer son équipe pour développer l’accueil de conventions et sé- minaires, et qui va également étendre ses dates d’ouverture aux entreprises, de manière à leur permettre d’accéder au parc toute l’année, alors qu’il reste fermé au grand public pendant l’hiver. « Nos clients recherchent des lieux toujours plus originaux et désertent les traditionnels
Par Emilie Massard
   On ressent vraiment un besoin important de se lâcher, de retrouver une cohésion d’équipe
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Toujours plus d’acti- vités et surprises mais pour des budgets qui ne varient pas...
L’année dernière à la même époque, l’étude annuelle produite par Coach Omnium, une réfé- rence dans le secteur, faisait état d’une légère embellie en 2015 pour le marché des MICE, après plusieurs an- nées dif ciles. Mais selon les données recueillies en 2016, il ne faudrait pas se réjouir trop vite, puisque la demande MICE a connu une rechute. Il ressort de l’enquête annuelle Coach Omnium, réalisée auprès d’organisateurs de réunions professionnelles
2016, l’étude Coach Om- nium montre toutefois que les manifestations courtes se maintiennent, en réunis- sant moins de participants. Les temps de transport sont raccourcis, et certaines acti- vités périphériques pâtissent de ce léger recul. Cependant, si les événements professionnels se réduisent dans le temps et dans l’es- pace, il demeure difficile pour les entreprises de s’en passer. Selon l’étude Coach Omnium 2017, neuf partici- pants sur dix sont enthou- siastes à l’idée de partir en convention ou en séminaire. Les entreprises con rment donc qu’elles ont besoin de réunir leurs troupes dans des
qu’elles peuvent faire la dif- férence pour marquer les esprits, qu’elles réunissent leurs commerciaux pour le lancement d’un nouveau produit, une équipe pour renforcer sa cohésion ou leurs partenaires pour une soirée de gala. Et certains formats sortent vraiment du lot. Romain Lépine, PDG associé de Team Yachting précise : « Nous possédons tous les types de bateaux possibles, à voile et à mo- teur. Le bateau peut servir à tout type d’événements, team-building, incentive, séminaires, congrès... Nous tenons surtout le discours qu’il s’agit d’une hérésie de venir sur la Côte d’Azur sans
hôtels de banlieue », note Quentin Dumail, responsable développement conventions et séminaires du Parc Astérix. « Nos infrastructures leur permettent d’organiser des réunions, avec notre centre de conventions ouvert depuis l’année dernière, mais aussi grâce à notre capacité hô- telière qui passera de 150 à 300 chambres en juin 2018, puis à 450 chambres en 2019. Du team-building de dix per- sonnes jusqu’à la convention de 1 600 personnes, nous pouvons tout envisager. » Si certains viennent seule- ment pro ter de la mise au vert permise par la situation de l’hôtel du parc, d’autres souhaitent pro ter pleine-
 ]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[                 Séminaires au Negresco : changez de point de vue...
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     ]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 ment des activités qu’un tel lieu leur offre. « Les par- ticipants sont demandeurs de sensations fortes, ajoute Quentin Dumail. De la pri- vatisation d’une attraction à l’organisation d’une course de drakkars sur le lac en passant par un atelier de construction de chars ro- mains, nous pouvons tout imaginer. On ressent vrai- ment un besoin important de se lâcher, de retrouver une cohésion d’équipe. »
hôtels :
comment se Renouvellent-ils ? Si les lieux atypiques et origi- naux ont le vent en poupe, les hôtels restent tout de même incontournables pour l’or- ganisation de certains évé- nements, notamment pour la multiplicité des services dédiés qu’ils offrent aux en- treprises. Cependant, pour ne pas céder trop de terrain aux lieux qui émergent et ciblent la clientèle MICE en parti- culier, les hôteliers doivent se renouveler sans cesse et s’adapter à la demande en pleine évolution des clients professionnels. Ils peuvent tout de même s’appuyer sur des fondamentaux, comme l’explique Patricia Criqui, directrice commerciale hô- tellerie au sein de groupe Barrière, dont les MICE re- présentent 30 % du chiffre d’affaires : « Notre attractivité repose sur quatre piliers : la qualité du service Barrière, la variété des activités que nous proposons, la capacité de nos hôtels et l’accessibilité de nos établissements pour notre clientèle européenne ou internationale ». Et loin de se satisfaire de ces acquis, le groupe Barrière mise lui aussi sur la notion de plai- sir. « Aujourd’hui, c’est une notion essentielle que nos clients cherchent à intégrer dans leurs événements, note Patricia Criqui. Nous essayons donc de décloisonner notre offre et de comprendre avant tout l’objectif et le message que doit faire passer l’évé-
nement. Les entreprises attendent aujourd’hui un retour sur investissement des événements qu’elles or- ganisent. Pour répondre aux attentes de nos clients, nous pouvons utiliser tous les espaces des hôtels, mais aussi aux alentours, pour proposer des respirations ou des activités, et ainsi sortir de la traditionnelle pause-café dans le couloir face à la salle de réunion. » Parcours de golf au Touquet, dégustation d’huîtres sur la plage de Deauville, pause yoga autour de la piscine,
le hall d’entrée comme salle de réunion, décloisonner les espaces, etc.
les teRRitoiRes se lancent à l’assaut des mice
Les lieux d’accueil et presta- taires ne sont pas les seuls à regarder avec intérêt la clien- tèle MICE. Désormais, c’est à l’échelle d’un territoire que l’on s’organise pour promou- voir ses espaces, coordonner l’offre et servir d’intermé- diaire pour répondre à la demande. A l’image de la ville de Biarritz qui, par l’in-
séminaires et incentives qui peuvent y trouver toute l’offre de la destination Biarritz, les activités, les centres des congrès et autres lieux évé-
attentes. « Notre clientèle vient très majoritairement des Etats-Unis », nous explique Guy-Joffroy Lord, directeur des ventes de Tourisme Mon-
activité. Le format «Before» avec transfert en bateau ren- contre aussi un vif succès », détaille le président associé de Team Yachting. Outre la réunion d’une demi-journée ou d’une journée qui est bien souvent organisée en interne dans l’entreprise, lorsqu’ils sortent de leurs murs, les organisateurs d’événements ne prévoient pas plus de deux ou trois jours de réunions, voire quatre s’ils partent à l’étranger. Les séjours sont plus courts, mais les réu- nions sont également moins fréquentes. « Les entreprises ne viennent pas chez nous tous les mois », souligne Quentin Dumail, du Parc Astérix. « C’est la raison pour laquelle marquer les esprits est encore plus im- portant pour elles. Lors- qu’elles viennent pour un événement de team-building, les entreprises prévoient la journée. Pour un événe- ment plus important, c’est 2-3 jours au maximum. Et nous avons de plus en plus de demandes en last minute. Les organisateurs arrivent souvent avec le nombre de participants et un budget, ils ont besoin de conseils. » Un constat qui oblige les prestataires à démontrer leur capacité d’adaptation, mais surtout leur réactivité. La tendance des événements moins fréquents est con r- mée par Hicham Chagraoui, co-fondateur de la plateforme Lemon Tree. « Les entreprises organisent aujourd’hui un, voire deux gros événements dans l’année en plénière, pour réunir leurs salariés ou leurs partenaires, à l’occasion des fêtes de  n d’année ou des vœux, par exemple. Après, d’autres petits événements ont lieu, mais ils sont bien souvent organisés par les services ou les équipes eux- mêmes : team-building, réu- nion de travail, conférence de presse, etc. » Quant au budget, l’étude Coach Om- nium le dit : les dépenses des entreprises étaient en baisse dans les MICE en 2016. Ce qui semble être constaté
 Le premier mot d’ordre : le plaisir...
  ou cours de paddle, tout est imaginable pour permettre une réelle expérience aux par- ticipants. Le groupe Barrière propose même la possibilité
termédiaire de sa structure Biarritz Tourisme, vient de créer un « Meeting and Tra- vel Planner » pour détailler son offre et conquérir les
échelle, la ville de Montréal pense avec soin à la manière dont elle se vend auprès de la clientèle MICE. Et son credo est un mot qui semble
nementiels de Biarritz et ses alentours, sans oublier les hébergements et les presta- taires référencés par le bureau des congrès de Biarritz. Plus loin de nous, et à une autre
tréal. « Notre premier dé  est donc de convaincre les associations ou entreprises américaines de considérer des destinations en dehors des Etats-Unis. Dans l’imaginaire américain, Montréal est une ville européenne, avec une culture et une gastronomie particulière, et c’est ce que nous souhaitons mettre en avant. Aujourd’hui, les en- treprises ne regardent plus seulement la capacité des salles de congrès, la desti- nation qu’elles choisissent doit séduire. » La Ville de Montréal af che donc son offre culturelle (festival de jazz ou d’humour), culinaire avec la présence de nom- breux chefs français, festive (l’lgloofest en hiver), mais aussi son aspect sécuritaire pour attirer les organisateurs d’événements. La qualité de vie et le plaisir sont les maîtres-mots que met en avant la plus grande ville du Québec.
séjouRs plus couRts, moins FRéquents et last minute, le tout dans un budGet toujouRs RestReint De l’avis de nombreux pro- fessionnels du secteur, les événements d’entreprises sont depuis quelques années organisés sur des durées plus courtes. « Certaines entre- prises nous demandent des prestations en Bretagne, en Sardaigne, en Croatie, au Maghreb, mais notre activité se concentre principalement sur Marseille et Monaco. Le format séminaire d’une demi-journée ou d’une jour- née a le vent en poupe et représente 60 % de notre
  Notre objectif ? Que les personnes qui organisent ces événements au sein des entreprises, typiquement les assistantes de direction ou commerciales, puissent
construire leur événement en trois clics
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de privatiser entièrement un établissement, laissant libre cours à l’imagination de l’en- treprise pour personnaliser les lieux à son image, utiliser
organisateurs d’événements. Disponible en PDF et en version papier, cet outil pra- tique et fonctionnel cible les organisateurs de congrès,
décidément inévitable sur le marché aujourd’hui : le plaisir. De l’autre côté de l’océan, les clients professionnels ont visiblement les mêmes
Partie de pêche à la Baie de Somme ou pro ter de la privatisation d’un parc d’attractions ?
 ]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[ En 2016 :
8,07 milliards d’euros de dépenses dans les MICE sur le marché français
1,6 %de baisse par rapport à 2015
15 %de demande provenant de l’étranger
Source : Etude MICE Coach Omium 2017
 « Rdv à 16h30 au bar de la piscine pour activité ludique »...le numérique en pense-bête !
  CAHIER PRATIQUE
 Business guides
 par de nombreux acteurs du secteur, même si nombre d’entre eux restent optimistes. « Les entreprises ont une activité assez intense, elles semblent sorties de l’ornière de ces dernières années, mais elles ne dépensent pas à tout-va pour autant, note Patricia Criqui, du groupe Barrière. Les budgets sont étudiés avec précision, mais la bonne nouvelle est que les entreprises recommencent à sortir de leurs murs pour organiser leurs réunions. » Pour Guy-Joffroy Lord, le problème ne se situe pas for- cément dans l’enveloppe de départ : « Les organisateurs n’ont pas forcément des bud- gets plus restreints, mais il y aujourd’hui plus d’éléments à prendre en compte lorsque l’on organise un événement : les besoins technologiques, la restauration – les parti- cipants veulent aujourd’hui bien manger –, les activités ludiques, etc. Faire plus d’ac- tivités créatives coûte forcé- ment plus cher. Et puis il y a aussi les enjeux de sécurité, qui peuvent ajouter un poste de dépense. »
le maRché peu impacté paR les enjeux sécuRitaiRes Les enjeux de sécurité sont en effet aujourd’hui une donnée de plus en plus intégrée à l’organisation d’événements. Cependant, ils n’empêchent pas les entreprises de se réu- nir et ne sont pas forcément dans tous les esprits, d’après la seconde enquête réalisée sur ce thème par Coach Om-
nium pour connaître l’impact des attentats en France sur le marché des séminaires et conventions. Cette enquête révèle que les conséquences économiques ont été peu notables, avec un impact quasiment imperceptible à nul sur la demande. A peine 4 % des entreprises interrogées se déclarent affectées par ces faits au point d’avoir modi é leurs habitudes, commandes ou même d’avoir décidé d’an- nulations de manifestations. Contrairement à la clientèle touristique étrangère, les MICE (88 % des entreprises concernées) et plus largement la clientèle d’affaires sont peu in uencés par ces événements malheureux. Leur activité en réunions professionnelles doit continuer à fonctionner dans l’intérêt de l’entreprise. D’autres entreprises font pourtant exception malgré une reprise attestée depuis les attentats. Romain Lépine, dirigeant de Team Yachting témoigne sur le sujet : « Il y a eu redressement du mar- ché depuis les attentats de Nice même si les demandes pour le Moyen-Orient ou l’Afrique du Nord sont en baisse. Nos clients vont privi-
Aujourd’hui, la demande revient à la normale après la résilience du territoire. »
les destinations lointaines ne sont pas en Reste
La diminution de la durée des événements n’empêche pas certaines entreprises de parier sur des destinations lointaines pour dépayser les participants et créer cette expérience tant recherchée. « Aujourd’hui, les tarifs aériens sont plus compétitifs, et le côté plus intrépide des voyageurs les pousse à partir plus loin pour des petits séjours », note Thierry Lhoyer, respon- sable des ventes France de la
par Javier Roig, General Ma- nager Europe du Sud chez Finnair : « L’exotisme d’un voyage intercontinental est aussi apprécié par cette clientèle MICE. Le Japon, la Chine et l’Inde sont les destinations que nous pro- posons en Asie qui sont les plus demandées dans le cadre de projets MICE, les budgets étant très variables d’une des- tination à l’autre. La Laponie  nlandaise est également une destination phare pour les incentives. » Bien souvent, les compagnies aériennes proposent un service dédié aux groupes et aux profession- nels pour les accompagner dans leur voyage. C’est le
un seul dossier ou l’émission de billets possible jusqu’à une semaine avant le départ.
inteRnet de plus en plus pRésent
Avant, pendant, ou après les événements, Internet, les applications et les équi- pements numériques sont partout. Et pour commencer, au moment de l’organisation de l’événement. Si certains prestataires mettent en avant le contact humain, d’autres font tout pour faciliter et accélérer les étapes néces- saires à l’organisation d’un événement pour leurs clients. C’est le cas de Lemon Tree, une plateforme digitale de
Chagraoui, co-fondateur de Lemon Tree. « Les utilisateurs ont l’habitude aujourd’hui d’être autonomes, et grâce à notre outil, ils gagnent du temps et de l’argent. Cepen- dant, même en digitalisant toute la chaîne de valeur, nous ne pouvons pas rem- placer la partie humaine dans ces événements qui sont toujours stratégiques. » Lemon Tree met donc à dis- position des ambassadeurs qui interagissent avec les clients sur la plateforme, mais qui sont aussi présents sur place lors de l’événement. A Montréal aussi, le numé- rique prend de plus en plus d’importance. Une start-up met par exemple à disposi- tion des clients un outil pour gérer la problématique de la réservation de chambres dans les hôtels. Les organisateurs mettent également en place des applications dédiées aux événements, de manière à partager du contenu en amont de l’événement, ou mettre en relation les participants après le jour J. Plus près de nous, le groupe Barrière prévoir également tous les outils numériques nécessaires dont une application que le client peut mettre à disposition des participants tout au long de l’événement. « Cela  uidi e la communication et permet de donner des informations en temps réel, explique Pa- tricia Criqui. C’est quand même plus pratique qu’un papier glissé sous la porte de la chambre d’hôtel pour informer d’un changement de salle au dernier moment ! » Applications pour permettre le contact entre les partici- pants au cours de l’événement ou enquêtes de satisfaction, les outils numériques per- mettent de  uidi er la com- munication ou l’organisation, mais de l’avis unanime des acteurs interrogés, rien ne remplace le contact humain et l’éc.hange, qui restent d’ail- leurs les objectifs prioritaires des événements profession- nels.
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compagnie Cathay Paci c.
« L’Asie est ainsi devenue une destination prisée, ce qui n’était pas le cas il y a dix ans. Les organisateurs
cas de Cathay Paci c, mais aussi de Finnair, qui propose un service «groupe» dédié géré par une professionnelle spécialisée pour répondre
destinatio
il y a dix ans
aux besoins de cette clientèle spéci que. La compagnie offre par exemple un service sur-mesure en bloquant un grand nombre de sièges sur
création et de réservation d’événements d’entreprises. Créée en 2017, cette plate- forme vise à permettre aux organisateurs une complète autonomie dans leurs par- cours en sélectionnant leurs critères : date, nombre de participants, type d’événe- ment. « Notre objectif est que les personnes qui organisent ces événements au sein des entreprises, typiquement les assistantes de direction ou commerciales, puissent construire leur événement en trois clics », explique Hicham
 L’Asie est ainsi devenue une prisée, ce qui n’était pas le cas
 légier la France. Rappelons toutefois que les terribles attentats de Nice ont rendu la clientèle américaine et anglo-saxonne très frileuse.
cherchent des lieux ou des activités inédits à proposer, et nous participons aussi à la promotion de nos destina- tions. » Un constat con rmé
]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[                  ]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Réseaux & in uence
Décryptage d’un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networking
Cédants et repreneurs d’a aires (CRA)
Une histoire de transmission(s)
  Entreprendre, c’est aussi potentiellement pouvoir reprendre une entreprise. Pourquoi ? Comment ? Avec quels conseils ? Le CRA en a fait une expertise spéci que.
notre cas, le repreneur a acheté le fonds et acquerra les murs dans deux ans, ce qui permet à tout le monde d’avancer sereinement.» 1,6M€ de CA, seize sala- riés, 26 ans d’existence, les époux Delahaie ont cédé
Il a aussi su être clair dans ses intentions et contraintes personnelles pour pouvoir les négocier avec le repre- neur », explique-t-on au CRA.
une adhésion simple
Le CRA ? Trente ans d’ex- périence dans l’accompagne- ment. « Concrètement, nous mettons en relation cédants et repreneurs avec des offres mises à jour en temps réel sur notre site Internet, ex- plique l’association. Grâce aux 200 délégués, tous an- ciens chefs d’entreprise ou dirigeants, répartis dans les soixante-douze délégations régionales, nous mettons à la disposition des repreneurs potentiels des dossiers de présentation des entreprises, nous nous appuyons sur des experts juridiques,  - nanciers, marketing et  s- calistes pour accompagner les parties, nous organisons
par CRA. » Ensuite, tout est contenu dans la cotisa- tion annuelle, autour de 500 euros pour les personnes morales, 800 euros pour les personnes physiques, avec un barème d’adhésion qui prévoit aussi une cotisation pour les cédants entre 1200 et 1600 euros pour dix-huit mois selon le CA. La garan- tie d’intermédiaires passés au crible et d’un accompa- gnement, y compris dans les négociations, qui a fait ses preuves puisque l’asso- ciation revendique le suivi de 13 000 entreprises, soit quelque 400 par an.
mentoRat
« Reprendre une entreprise n’est pas anodin, expliquait Christian Morel, président du CRA, lors du dernier Salon des entrepreneurs. Reprendre, transmettre, c’est technique. Nous of- frons des formations pour y voir clair, pour se rassu-
nous animons. Deux cent cinquante repreneurs sont formés chaque année par le CRA. » Nicolas Robinet, issu de l’industrie chimique et qui a complété sa formation par un Executive MBA, a repris la première affaire présentée par le CRA, la société Phybris Spa, dans la Marne, il y a quelques mois. « Je n’ai pas suivi la for- mation de reprise d’entre- prise, mais j’ai constitué une équipe d’experts dans leur domaine a n de me conso- lider dans mon choix. J’ai parcouru à de nombreuses reprises le guide du CRA en m’intéressant à des points juridiques pour lesquels j’avais une certaine appré- hension, témoigne ce jeune quadra sur le site du CRA. Un bon accompagnement ? C’est quand le cédant a l’intelligence de s’effacer au  l du temps. C’est ce qu’il s’est passé, ce qui fait que j’ai les manettes, mais aussi
Par Olivier Remy
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FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
«Au-delà de céder notre affaire, nous cherchions quelqu’un qui apporte autre chose que ce que l’on faisait déjà, dans un contexte où mon mari souhaitait consacrer davantage de temps aux chantiers. Il y avait aussi la nécessité de continuer à travailler quelques mois jusqu’à la retraite pour nous deux. Nous avons accompagné le repreneur dans la prise en main de l’entreprise. Le lien avec le CRA de Cholet s’est fait par un chef d’entreprise de notre entourage qui en avait béné cié. L’affaire avait été réalisée rapidement, et dans de bonnes conditions. Dans
leur entreprise d’agence- ment du Maine-et-Loire à Frédéric Jégo il y a un an sans attendre l’échéance de la retraite. « Madame Delahaie a pu rester dans ses fonctions administra- tives, ce qui déchargeait son repreneur d’une tâche non déterminante pour le développement de l’activité. Le cédant, qui, dans ce cas, a conclu une période d’ac- compagnement de trois ans avec son repreneur – et pas seulement trois mois comme c’est souvent le cas –, a montré sa capacité à recon- naître ses propres limites par rapport aux exigences de croissance de son en- treprise, et transformé les contraintes en opportunité.
Une entité experte qui oriente systématiquement vers ses ressources régionales et qui ne perçoit aucune commission sur les affaires réalisées par son intermédiaire
Le CRA, l’organisme qui donne les clés pour mieux reprendre celles du cédant ?
 des formations et des réu- nions pour les cédants et les repreneurs. » Une entité experte qui oriente systéma- tiquement vers ses ressources régionales et qui ne perçoit aucune commission sur les affaires réalisées par son intermédiaire. « Chaque adhésion est conditionnée par un entretien indivi- duel a n de nous assurer de l’adéquation du projet avec les possibilités offertes
rer sur la viabilité du pro- jet, pour valider l’état de murissement du projet. Une bonne transmission passe par une bonne préparation. » Un mentorat solide pour un long processus. « Entre le closing et la reprise effec- tive, il se passe entre treize ou quatorze mois. Il faut continuer à s’entourer, à échanger, ce que nous pro- posons notamment avec les groupes de repreneurs que
l’avis disponible de mon prédécesseur si besoin. » Fin janvier, elles étaient plus de six cents entreprises, des services, du commerce, du bâtiment et des industries en attente d’un repreneur, et plus du double de repre- neurs potentiels inscrits dans la base de donné.es de l’association nationale de référence pour la trans- mission des PME-PMI.
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
Brèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles, les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivité
  L’actu des grandes écoles
GEM au CES de Las Vegas
30 étudiants du Mastère spécialisé (MS) Entrepreneurs de Grenoble Ecole de Management (GEM) ont accompagné neuf start-up de la Tech française au CES de Las Vegas du 6 au 13 janvier 2018. Dans ce cadre, ils ont travaillé à leurs côtés à l’élaboration de la stratégie de
communication, à la gestion des retombées du salon en passant par la tenue du stand sur place. Pour la première fois, un Pôle de compé- titivité mondial con e ses start-up à des étudiants. Ce projet unique et totalement inédit à ce jour au sein des grandes écoles françaises est le fruit d’un partenariat entre le MS Entrepreneurs de GEM et Mina- logic (Pôle de compétitivité mondial des technologies du numérique en Auvergne Rhône-Alpes). Il a pour but d’établir un travail collabo-
ratif entre les étudiants et neuf start-up du Pôle de compétitivité : Ark Innovation, Aryballe Technologies, Euveka, EyeSee, Hap2U, Kalray, Oekon, Oria et Smart Me Up. Cette mission permettra à la fois aux étudiants et aux start-up de tirer un maximum de béné ces de leur participation au plus grand salon mondial dédié à l’innovation.
Source : GEM
Classement FT European Business Schools 2017 : l’EDHEC conforte sa position dans le Top 3 des grandes écoles françaises
L’EDHEC Business School consolide son rang dans le Top 15 des meilleures bu- siness schools en Europe, selon le classement du Financial Times publié le 4 décembre. Dans un contexte international fortement concurrentiel, l’école con rme de nouveau son
leadership en se classant en 14e position, maintenant ainsi la place qu’elle a gagnée l’an dernier. L’EDHEC réaf rme son appartenance au Top 3 des grandes écoles françaises avec HEC et l’ESCP Europe. Rappelons que le classement des European Business Schools du
Financial Times prend notamment en compte les classements 2017 Masters in Management, MBA, EMBA et Executive Education. Ce résultat témoigne de la réussite de l’école en termes d’im- pact sur la carrière des diplômés. Leur insertion fait en effet partie des critères majeurs évalués par le Financial Times, no- tamment au travers de la progression de leur salaire à la sortie.
Il souligne par ailleurs l’excellence du portefeuille de programmes de l’EDHEC, en constante évolution pour tenir compte des besoins des entreprises et des aspirations des étudiants. « Le classement du Financial Times conforte de nouveau notre appartenance au Top 3 des grandes écoles en France, tout en con rmant notre leadership en Europe parmi les meilleures business schools, explique Emmanuel Métais, directeur général de l’EDHEC Bu- siness School. Forte de cette reconnaissance internationale, l’EDHEC va poursuivre sa stratégie ambitieuse, alliant excellence académique et modèle de recherche unique, pour former de futurs leaders, agiles et ouverts d’esprit, prêts à inventer des modèles nouveaux. » Source : EDHEC
Un nouveau MSc en Data Analytics & Digital Business et nouvelle péda- gogie à l’EDHEC
La data est au cœur de la révolution économique qui bouleverse aujourd’hui la stratégie des entreprises. Pour prendre pleinement part à cette révolution, il est non seulement nécessaire d’acquérir de solides compétences scienti ques, mais aussi des compétences en matière
de business et management. Le nouveau master de l’EDHEC a
été spécialement conçu pour combler le fossé entre les spécialistes de la donnée et les managers. Lancé au mois de septembre sur le campus de Lille, le nouveau MSc en Data Analytics & Digital Business per- met aux étudiants d’acquérir un « langage commun », compréhen- sible à la fois par les data scientists et les managers, pour ainsi former de futurs leaders capables de se positionner au cœur des décisions de
demain. Ces pro ls à double compétence sont rares et très recherchés par les entreprises. Pour débuter l’année, les étudiants ont pu expérimenter plusieurs modes d’apprentissage inno- vants. Après avoir validé le processus de recrutement, une quinzaine d’étudiants a eu l’op- portunité de suivre le programme du Wagon au sein de son école lilloise. Le Wagon apporte une expertise nouvelle et démarre un partenariat avec le MSc en Data Analytics & Digi-
tal Business. Classé 1er bootcamp mondial en 2017, présent dans 20 pays et avec un réseau à l’international de 2 500 élèves, le Wagon a pour mission d’apporter un savoir-faire technique à des esprits créatifs. Son programme intensif de neuf semaines permet à ses élèves de devenir autonomes dans le développement de leurs produits web. L’autre partie de la promotion a pu choisir de suivre des cours avec le partenaire OpenClassrooms, leader européen de l’E-Edu- cation.
Source : EDHEC
ESCP Europe encensée à la cérémonie annuelle de remise des prix du Times Higher Education
ESCP Europe a été récompensée dans la catégorie «Meilleure Business School de l’année» par le Times Higher Education, lors de la cérémonie annuelle de remise des prix, qui s’est tenue à Londres le jeudi 30 novembre. ESCP Europe, avec ses différents campus dans six pays – Londres, Paris, Berlin, Turin, Madrid et Varsovie – était la seule institution en lice à ne pas être exclusivement basée au Royaume-Uni.
Pour Franck Bournois, directeur général de l’ESCP Europe : « Cette réalisation remarquable démontre la pertinence de notre stratégie multi-campus. Pour être une véritable école de commerce paneuropéenne, nous devons être reconnus comme une institution leader dans chaque pays où nos campus opèrent et seule ESCP Europe peut le faire ! Je suis très  er que THE considère ESCP Europe comme une des meilleures écoles de commerce du Royaume-Uni. » L’année 2016 a été marquée par de nombreuses réalisations sur le campus de Londres, notamment l’introduction du Bachelor in Management (BSc) et
d’un nouveau Executive Master in Manufacturing Automation & Digital Transformation, axé sur les priorités de l’industrie 4.0.
En 2017, les étudiants du MSc in Energy Management implanté à Londres et Paris ont organisé le 2e circuit européen des véhicules électriques (Electrical Vehicle Road Tour) en collaboration avec Global EVRT, l’association étudiante de l’école sur les énergies et le Centre de recherche
            Patrick Levy-Waitz
Président de la Fondation
Travailler Autrement
PDG d’ITG, leader du portage salarial
A Redé nir l’entreprise et la société
chaque nouvelle rentrée, son nouveau Pacte. L’objectif de celui-ci, le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entre- prises (PACTE), est de faire émerger des propositions concrètes
et ef caces pour soutenir la croissance des entreprises de toutes tailles et dans tous les secteurs.
Ainsi, le gouvernement a lancé en ce début d’année une mission sur la vision de l’entreprise dans la société. La RSE s’inscrit au cœur de cette ré exion.
Je pense que les entreprises, aussi protéiformes soient-elles, ont un rôle majeur dans le pacte social qui structure notre société. Au-delà de leurs objectifs de productivité, elles sont un ciment de la cohésion sociale entre ses membres.
Aujourd’hui, les attentes des citoyens évoluent, les dé s environnementaux et la compétition internationale s’intensi ent et challengent les entreprises qui ne peuvent plus faire l’impasse d’une réelle démarche RSE.
La RSE est un atout du travailler autrement, si elle apparaît comme une volonté af chée de l’entreprise, et ce, à tous les stades de la carrière des collaborateurs. D’une part, c’est un réel enjeu de recrutement, car s’il a fallu plus de quinze ans pour assoir sa reconnaissance, la conscience collective est désormais activée. D’autre part, c’est un atout majeur de  - délisation des talents parce que les collaborateurs pourront être  ers des démarches engagées, qu’il s’agisse du partage de la valeur ajoutée ou de la gouvernance, par exemple.
Espérons que le gouvernement comme les organisations syndicales et patro- nales sauront trouver un équilibre pour transformer au mieux l’entreprise.
 70 FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
Travailler autrement
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[Observatoire
RH & FORMATION
       académique pour la gestion de l’énergie : 6 500 km parcourus dans des véhicules électriques pour participer à des événements et des conférences sur l’e-mobilité.
Source : ESCP Europe
KEDGE accroît son expertise RSE en créant deux MSc : Corporate & Sus- tainable Finance et Sustainable Change
KEDGE renforce son portefeuille de programmes en lançant, à la rentrée 2018, deux nouveaux Masters of Science en formation initiale : Corporate & Sustainable Finance et Sustainable Change.
« La RSE est devenue un enjeu stratégique pour les entreprises qui s’inscrivent de plus en plus dans une politique d’engagement sociétal », déclare José Milano, directeur Général de KEDGE. « Les entreprises ont d’autant plus intérêt à s’engager dans ce changement si elle
veulent être en phase avec leurs publics/consommateurs, et à anticiper pour se mettre en conformité avec les règlementations nationales et internationales en la matière. » Le MSc Corporate & Sustainable Finance, qui fait partie du centre d’expertise «Finance et Économie Autrement - Pays Émergents», forme des professionnels qui maîtrisent la  nance avec une double expertise  - nancière et extra- nancière indispensable dans l’évolution des métiers. La
 nance est un outil qui doit être au service de l’économie et des relations sociales. « Intégrer le MSc Corporate & Sustainable Finance, c’est faire le choix de la  nance d’aujourd’hui et de demain dans une approche différenciante et innovante. L’ensemble des parcours du MSc bé- né cient de cours et conférences orientés sur la responsabilité de l’investisseur et l’intégration des notions de performance extra- nancière et d’impact dans les investissements », précise Christophe Revelli, directeur du MSc Finance de KEDGE.
Le MSc Sustainable Change, qui fait partie du centre d’excellence RSE, a pour objectif d’ap- porter les connaissances et compétences nécessaires aux étudiants pour piloter un changement durable dans les organisations. 40% des grandes entreprises ont accru leur budget RSE ces deux dernières années. Les entreprises ont besoin de collaborateurs qui non seulement maî- trisent les concepts et outils pour traiter les affaires courantes, mais comprennent également la complexité des écosystèmes sociaux, environnementaux et économiques. « Les nouvelles opportunités offertes par la transition vers les modèles durables s’accompagnent de dé s et d’obstacles qu’il faudra surmonter, aussi bien en interne qu’en externe », précise Elizabeth Franklin-Johnson, enseignant-chercheur en RSE et responsable du MSc Sustainable Change. « Dans cette optique, les étudiants recevront des formations axées sur des solutions concrètes et pragmatiques pour gérer au mieux ces transitions. »
L’observatoire des RH
Etude RH du mois sur les discriminations
En 2017, l’entreprise reste encore un lieu de discriminations. Genre, orientation sexuelle ou apparence physique : les raisons des discriminations à l’embauche ou de l’intégration imparfaite des salariés dans leur entreprise existent toujours.
Selon une étude Ifop, réalisée pour l’association spécialisée sur la question LGBT L’autre Cercle et parue en décembre 2017, près de 89% des personnes lesbiennes, gays et bi- sexuelles se sentent intégrées au sein de leur entreprise. De plus, 73% des personnes hétérosexuelles se disent « à l’aise » face à un ou une collègue gay ou lesbienne, des chiffres en constante hausse. Pourtant, 73% des LBGT
éviteraient de parler de leur vie privée et de leur orien- tation sexuelle au travail a n de rester « invisibles ». Ils seraient même presque 14% à faire croire qu’ils sont hétérosexuels.
Le travail : un lieu de discrimination ?
Selon le Baromètre du Défenseur des Droits 2017 et
de l’Organisation internationale du travail (OIT), les
discriminations professionnelles demeurent impor-
tantes : 29% des personnes interrogées déclarent avoir subi des discriminations au cours de leur carrière professionnelle. Selon une étude LinkedIn/Opinion Way, les femmes se décrivent également comme moins à l’aise dans les temps forts de leur vie professionnelle que leurs homologues masculins. Aujourd’hui, seules 28% des femmes se sentent à l’aise pour demander une promotion dans leur entreprise (contre 49% pour les hommes) et 27% sont à l’aise dans la négociation de leur salaire (contre 46% des hommes).
Les femmes et les LGBT ne sont pas les seuls à être discriminés au travail ou à l’em- bauche. Déjà, une étude de l’OIT parue en février 2016 montrait que le physique joue
    Source : KEDGE
Les 5 MOOCs les plus populaires en France
Ouvertes à tous, payantes ou gratuites, ces formations sont devenues les nouvelles armes des universités et grandes écoles qui souhaitent révolutionner les formes d’apprentissage. Côté entreprises, lorsqu’elles sont mises en place en interne, les formations en ligne diplômantes sont une véritable aubaine pour les collaborateurs qui souhaitent élargir
 leurs compétences. Alors qu’en France, le gouvernement fait de l’éducation numérique une priorité pour 2018 et après, les diplômes liés à l’innovation continuent de gagner du terrain. Blockchain, machine learning, intelligence arti cielle... Coursera, l’entreprise numérique pionnière de la formation en ligne ouverte à tous, révèle les cinq cours en ligne les plus po- pulaires en France :
1 - Machine Learning — Stanford University
2 - Les transitions énergétiques/écologiques dans les pays du Sud — École Normale supé-
rieure
3 - Neural Networks and Deep Learning – Deeplearning.ai
4 - Learning How to Learn – University of California, San Diego 5 - Devenir entrepreneur du changement — HEC Paris
Source : Coursera
 3 février : IAE Lyon : forum de la formation continue/ IAE La Rochelle PO
 10 février : PO (Portes Ouvertes) IAE Paris (formation initiales et
apprentissages) / IAE Gustave Eiffel PO Campus Marne la Vallée / PO IAE
de Nantes
 16 février : PO IAE Nice : 16 Février
 10 mars : IAE Gustave Eiffel Campus Créteil 10 Mars
 20 mars : PO IAE Paris (soirée formation continue)
       FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 71
Save the dates
]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Observatoire
    Frédéric Rey-Millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
Pourquoi l’entretien annuel ne sert à rien !
La période de début d’année est propice aux bonnes résolutions. Perdre du poids ou en gagner, redonner vie à vos baskets qui se morfondent dans votre placard depuis que vous avez arrêté le sport, etc.
Dans nos entreprises, elle est aussi le moment des bilans de l’année écoulée.
Et si en 2018, vous preniez la bonne résolution de supprimer l’entretien annuel d’évaluation ? Cette pratique managériale inadaptée qui désole tout autant les collaborateurs que les DRH ?
Pourquoi le supprimer ? Essentiellement, pour une raison.
Est-ce que vous imaginez, Unai Emery entraineur du PSG, faire un bilan individuel avec chacun de ses joueurs au bout de neuf mois et des 38 journées de championnat ? La réponse est bien évidemment non. Faire un point une fois par an sur les performances de ses collaborateurs, ce n’est pas le bon timing. Notre relation au temps grâce ou à cause du toujours connecté, de la révolution digitale, fait que dans une même année, vous pouvez changer de périmètre, de boss, voire même d’actionnaire. Le bon sens voudrait qu’à chaque changement majeur, les objectifs soient revus et adaptés au nouveau contexte. Il n’en est rien. Ne faire qu’un seul point, une fois par an, relève d’une vision de comptable et renvoie au management taylo- riste qui ne fait que véri er la conformité des résultats de ses collaborateurs par rapport à leurs objectifs. Arrêtons de faire plus de «quelque chose» qui ne marche pas.
Il faut supprimer une bonne fois pour toute ce pensum qu’est l’entretien annuel d’évaluation et le remplacer par plusieurs entretiens.
Dans le cadre de l’écriture de Management Game 2, Isabelle et moi avons beaucoup aimé l’enterrement de 1ère classe de l’entretien annuel d’évaluation fait par Atlassian.
Cet éditeur australien de logiciels a décidé de le remplacer par huit entretiens d’une heure, étalés sur l’année. La performance est donc évaluée tout au long de l’année. Le mode opératoire de chaque entretien est différent et traite d’aspects distincts :
• «Cequej’aimeetcequejedétestedansmonjob.»
• La maîtrise du poste. On aborde la question : « Ai-je toutes les compétences pour réaliser ce que
l’on attend de moi ? »
• L’évaluation en mode 360o par ses collègues.
• Les objectifs à horizon quatre mois.
• Les barrières qui peuvent vous empêcher de bien
faire votre job.
• La mobilité à cinq ans.
• Une seconde évaluation en mode 360o.
• La mise à jour des objectifs.
Et si en 2018, votre bonne résolution était d’échanger avec vos collaborateurs sur des sujets qui en valent la peine ?
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FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
dans le recrutement et indiquait qu’une femme obèse est huit fois plus discriminée à l’embauche contre trois fois pour un homme... Une discrimination qui reste donc «genrée» puisque les femmes rapportent plus de deux fois plus de discriminations à l’embauche liées à l’apparence physique que les hommes. En lançant des
campagnes de sensibilisation dans les collèges ainsi que dans les services des ressources humaines de la ville ou encore des dé lés pour les femmes rondes. Source : PageGroup
La start-up RH du mois
Yaggo, la start-up qui a décidé de répondre aux candidats
Entretien avec Mathieu Penet, fondateur de Yaggo
 Comment est née votre idée ?
Il y a deux ans et demi, nous
étions un site emploi. Deux
constats se sont posés avec cette
première société. On envoyait
des candidats pertinents mais
ces derniers se trouvaient sou-
vent sans retour. Le candidat
s’était investi pour postuler et il
n’avait jamais aucune réponse.
Nous nous disions que tout le mondeétaitperdantentermesd’image,nous,entant qu’intermédiaireetl’entreprisequirecrutaitentermesde marqueemployeur.Unedenosétudescandidatrévélait que54%descandidaturesrestaientsansretour,sans mêmeunmailautomatique.Et84%descandidatures spontanées restaient sans réponse.
Quelle est votre solution ?
Yaggoamisaupointlaseulesolutionquiallietechno- logiesur-mesureetexpertisehumainepourrépondreau nomdesentreprisesàtouslescandidatséconduitssur unposte.Lasolutionintervientàtroisniveaux.L’équipe de consultants RH apporte sous trois jours une réponse
personnalisée et bienveillante aux personnes dont la candidature a été écartée en leur donnant notamment des conseils pour optimiser leur CV. Elle analyse chaque candidature a n de dé- terminer celles potentiellement intéressantes à long terme et les  délise en leur envoyant régu- lièrement des mails dédiés avec les actualités et les nouvelles
offresd’emploicorrespondantàleurpro l.Ainsi,Yaggo reprendcontactaveclesancienscandidatsdèsquede nouvellesperspectivesapparaissent.Nouscollaborons aujourd’huiavecLeboncoin,OuiSNCF,Séphoraou encoreBoulanger.
Quel modèle d’affaires ?
L’abonnement est  xe et mensuel pour envoyer les cam- pagnesde délisation.Ensuite,nousproposonsunprix parCVintégrédanslesystème.Carilyadu«temps/ homme»derrièrechaquecandidature.Leconseilhumain nepeutpasêtrecompensépourl’instant.
 [La mutation du travail ] C’EST QUOI UN... E-ATHLÈTE ?
Le secteur devrait générer 24 millions de dollars de recettes en France en 2018. Et avec cet essor, vous l’imaginez bien, se structure un écosystème dotés de ses métiers qui lui sont spéci ques.
Premier signe des temps, aujourd’hui on se forme pour devenir joueur professionnel. Par exemple, la Paris Gaming School, basée à Montreuil en région pa- risienne a reçu 2 500 candidatures pour sa première rentrée pour à peine 30 places. Et dans cette promo- tion, seules deux personnes se préparent à devenir de futurs e-athlètes. D’autres écoles sont récemment sorties de terre à l’image de la Power House Gaming de Mulhouse, du Metz Esport Center, de la Helios Ga- ming School également de Metz et à la Montpellier Gaming Academy. L’engouement pour ces formations a été permis par l’adoption d’un amendement qui re- connait le statut de e-sportif, autrefois assimilé à un statut de joueur de loterie. Aujourd’hui, un e-sportif peut donc signer des CCD, des contrats de sponso- ring, payer des charges et cotiser pour sa retraite.
Toutefois, la profession reste une niche. Aujourd’hui la France recense 120 joueurs professionnels sans compter les Français ayant signé des contrats étran- gers. Question revenus, bien évidemment, cela s’étu- die au cas par cas. Richard Papillon a été en 2016 le joueur français le mieux payé avec 108 000 euros grâce à sa dextérité sur un jeu de tir. Bruce Grannec dit «the Machine», jeune joueur émérite de Fifa, es- time gagner jusqu’à 35 000 euros net par an, ses gains étant estimés à 75 000 euros brut pour l’année 2013. Les différentes sources de revenus se calquent sur les vrais sportifs : salaires  xes, revenus publicitaires et sponsoring. Quoi qu’il en soit, c’est un rêve pour une minorité qui devient réalité : ne jamais sortir de sa chambre d’ado...
Manager n’est pas jouer !
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Manager autrement
Les innovations RH émergent constamment. Focus sur l’une d’entre elles
Eviter de créer des « bullshit jobs »
« Intéresse-moi si tu peux »
    Les bouleversements technologiques et managériaux induisent des postes toujours plus transversaux et évanescents. Quelques pistes pour garder les esprits impliqués.
Par Julien Tarby
habiller d’anciennes fonctions plutôt inutiles, «sbires» qu’une entreprise recrute pour la seule raison que ses concurrents le font, «sparadraps» dont la mission consiste à résoudre un problème qui n’existe pas, «timbres-poste» signalant que l’entreprise se saisit d’un sujet à la mode, «contremaîtres» censés superviser des gens qui se débrouillent très bien tout seuls. Exagéré ? Certainement. Le phénomène est en tout cas révélateur d’une complexi - cation des postes aux tâches toujours plus transversales. Certains s’y retrouvent au  nal, quand d’autres se demandent au bout d’un temps ce qu’ils sont venus faire dans cette galère. C’est au manager qu’incombe la délicate mission d’éviter le désenchantement. Communication et souci de l’autre, les fondamentaux N’oublions pas que plus de la moitié des personnes qui démissionnent le font à cause de leur patron, selon les études. Bien souvent c’est l’attitude de ce dernier qui instille le doute chez les équipes, qui  nissent par se poser des questions sur le sens profond de leur activité. « Cela paraît évident, mais est souvent occulté faute de temps ou d’envie : les mana- gers doivent communiquer fréquemment et intensément avec leurs collaborateurs a n de les rassurer, mais aussi de connaître leurs éléments de motivation : la reconnaissance, l’augmentation, l’épanouisse- ment... D’autant plus que ces leviers peuvent se cumuler, et évoluer selon les étapes de vie », explique Damien Girard, associé du cabinet en manage- ment Florilège.
«empoweRment»
et autonomie
Quand les salariés travaillent sur ce qui les intéresse dans la vie, les risques qu’ils éprouvent
un jour le sentiment de «bullshit job» sont minimes. Elargir leurs champs d’action est donc la ga- rantie d’englober des tâches qui leur apportent de la satisfaction. Pourtant, certains dirigeants encore très «tayloristes» dans leur approche y répugnent et préfèrent cantonner chacun à un périmètre d’activité res- treint, précisément parce qu’ils craignent une baisse de la pro- ductivité. Une hérésie selon Jean- Charles Samuelian, fondateur d’Alan, entreprise de croissance qui a obtenu l’agrément pour être assureur, et professeur au sein de Lion, l’école des employés de start-up : « Si je ne pense pas que les salariés s’ennuient chez nous, c’est parce que leur «empowerment» est important. Je leur rappelle sans cesse
leurs objectifs et résultats, et ils béné cient d’une autono- mie très large pour utiliser différents chemins, s’essayer à des nouveautés, dévelop- per des compétences... pour y parvenir. »
ambiance de challenGe
peRpétuel
Le management ne connaît jamais de temps faibles. Si les collaborateurs manquent de talent, la mission de les faire monter en compétence – en technique ou soft skills – est évidente. Mais si l’équipe est douée, il convient de trouver de nouveaux terrains où elle peut étendre sa gamme de compé- tences. Les meilleurs éléments aussi exigent un feedback, sous
peine d’éprouver une sensation de stagnation et de baisse de leur employabilité. « Mieux vaut donc trouver les moyens de les challenger intellectuellement, de leur faire relever des dé s qui leur semblaient impossibles à première vue parce que trop ambitieux ou en dehors de leurs responsabilités habituelles, tout en les alignant sur les intérêts de l’entreprise », af rme Damien Girard. Même dans des jobs qui ne paraissent pas avoir un impact démesuré sur la marche de l’entreprise, il est possible de faire sortir le collaborateur de sa zone de confort, avec des exigences incitant à l’exploration
et la créativité...
« La révolte des premiers de la classe : mé- tiers à la con, quête de sens et reconversions urbaines », de Jean-Laurent Cassely, Ed. Arkhê, Paris, 2017.
Quelques conseils pour que le collabo- rateur soit incisif, et non un Sisyphe...
.
 «S
crum Master», «Feelgood ma-
nombreuses de jeunes diplômés vers des métiers artisanaux ou de commerces de proximité (1). Le turnover dans les entreprises est néfaste pour leur cohérence, leur développement et leurs bourses, conduisant nombre de managers à ré échir aux moyens d’éviter de tomber dans ces «bullshit jobs», ou du moins dans le sentiment d’exercer un «métier à la con».
peuR de la supeRFicialité
Ces boulots qui deviennent kaf kaïens pour ceux qui les exercent naissent souvent dans les grandes structures. Pour David Graeber qui a employé le premier l’expression dans un article pour Strike! Magazine en 2013, ces jobs émanent en priorité de la bureaucratie de l’entreprise mondialisée, avec ses ressources humaines, ses relations publiques, ses avocats d’affaires, ses experts en in-  uence et autres consultants... Il y distingue cinq catégories, qui prêteraient à sourire si elles ne faisaient pas penser à cer- tains : «faire-valoir» avec une nomenclature  atteuse pour
 nager », «Chief talent of cer»... Certains in- titulés sophistiqués de postes paraissent plus faire référence aux compétences d’un gourou de secte qu’à des métiers à l’an- cienne. Si certains d’entre eux répondent pleinement à des be- soins apparus avec l’utilisation de nouvelles technologies ou la mise en place de concepts ma- nagériaux innovants, d’autres sont plutôt des enjolivements sémantiques de fonctions su- perflues, voire sans intérêt, pouvant conduire à terme ceux qui les exercent au «bore-out» – l’ennui au travail – ou encore au «brown-out» – la perte de sens. Ce que l’anthropologue et activiste altermondialiste amé- ricain David Graeber nomme sans ménagement les «bullshit jobs» ou «métiers à la con». Si certains s’en contentent et même s’y épanouissent (!), d’autres  nissent par rendre les armes et plonger dans la démotivation. Le phénomène ne semble pas anecdotique, et serait une des causes des reconversions toujours plus
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]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
Analyse d’une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprises
Réforme et formation professionnelle
Au creux de la vague ?
  Au moment où les négociations gouvernementales reprennent avec le gouvernement d’Edouard Philippe, les acteurs de la formation professionnelle tirent les leçons de la réforme de mars 2014. Une source d’inspiration...
Par Murielle Wolski
Lui, c’est le goût. In- génieur agronome, Antoine Gambart travaille pour Nactis Fla- vours. Située à Bondoufle, cette petite et moyenne entreprise, spécialisée dans
plus poussée pour me sen- tir à l’aise, maîtriser les agrégats en jeu, savoir poser les bonnes questions au bon moment... » Un échange avec les ressources humaines, et banco ! An- toine Gambart est inscrit au programme de formation continue en finance de l’ESCP-Europe, l’un des établissements phares en France. Une séquence de formation prise à 100 % en charge par l’entreprise. Un dossier « rapidement plié ». « Heureusement, commente Antoine Gam- bart, que l’entreprise a assuré. Faute de temps, ce serait un frein de devoir tout faire. On se contente- rait de ce que l’on a, sans chercher une montée en
compétences. »
de pRoFundis le diF !
Tous les salariés n’ont pas cette chance. « Pas facile de s’y plonger. Quand on regarde l’éventail, c’est assez confus », reconnaît Anita Avisse, ancienne responsable de projet à l’in- ternational pour le compte
de Vivarte (groupe mul- timarques en vêtements et chaussures). 90 000 entreprises, 17 000 for- mateurs indépendants... Deux chiffres qui aident à prendre la mesure du labyrinthe de la formation professionnelle, de cette nébuleuse. Et la dernière réforme du 5 mars 2014 a modifié complètement le paysage, balayant le Droit individuel de formation (DIF), vieux de 11 ans à l’époque, pour introduire le Compte personnel de formation (CPF).
le RetaRd FRançais
Avec une réforme tous les cinq ans en moyenne, à peine les salariés ont-ils le temps de se familiariser avec la nouvelle mécanique qu’elle change. Un effet «shaker» qui déboussole. « Si l’environnement règle- mentaire n’est pas stable, si les réformes sont trop nombreuses, entreprises et salariés ont peu de temps pour expérimenter et trou- ver les ajustements. Or, entre l’idée de suivre un cursus et la concrétisa- tion, six bons mois sont nécessaires », explique Catherine Boiteux, di- rectrice de la formation et du développement RH pour Amplifon, société italienne spécialisée dans les appareillages auditifs des malentendants – leader mondial sur son marché. Sur les quelque 1 000 salariés d’Amplifon, seuls deux ou trois ont activé le CPF, ce quota d’heures acquis par le salarié ou le demandeur d’emploi tout au long de sa vie active. Et point impor- tant, ce «pécule d’heures» est transférable. Changer d’employeur ne remet pas les compteurs à zéro. Seul un tiers de la popula- tion active française béné- ficie chaque année d’une action de formation. Avec un tel score, la France est très loin derrière ces voi- sins européens – ils sont 56 % au Royaume-Uni à le faire, 53 % en Allemagne. Dans un rapport publié en décembre dernier, l’Orga- nisation de coopération et de développement écono- miques (OCDE) pointe les failles du système français.
   Une réforme estimée par beaucoup comme très confuse...
 Seul un tiers de la population active française béné cie chaque année d’une action
de formation
les arômes pour l’indus- trie agroalimentaire mais aussi pour la parfumerie, compte aujourd’hui plus de 200 salariés. Et en dix ans, Antoine Gambart a gravi tous les échelons pour figurer aujourd’hui parmi les têtes dirigeantes de l’entreprise. « En comité de direction, la finance est au cœur des sujets », com- mente ce directeur d’une busines unit, forte de 40 salariés. « Et, par essence, cette problématique est transversale. J’avais besoin d’une vision plus avancée,
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]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[                      www.audencia.com
TOP
 FRANCE & INTERNATIONAL
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      REDESSINEZ VOTRE LEADERSHIP
DIPLÔMES BAC+3 À BAC+5
 MBAs TEMPS PARTIEL / TEMPS PLEIN OU BLENDED FORMATIONS COURTESCERTIFICATSPARCOURS PROGRAMMES SUR MESURE ET INTRA-ENTREPRISE
         INNOVATIVE LEADERS FOR A RESPONSIBLE WORLD
              PARIS | NANTES | BEIJING | SHENZHEN
           LA FORMATION POUR CADRES, MANAGERS OU DIRIGEANTS
                                                     ]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 Or, la formation profession- nelle est un élément clé de la vitalité économique. On parle de «sécurisation des parcours». Cette probléma- tique est loin d’être anodine dans notre société actuelle. Selon le cabinet McKinsey Global Institute, à l’horizon
ça allait se passer, avec des reports de leur plan de formation. Le creux est palpable. Aussi, a-t-on dû décaler notre rentrée en 2015 de mars à sep- tembre. Et l’essoufflement des formations longues est également à noter. » En
mente à son tour Jérôme Rive, à la tête de l’Institut d’administration des entre- prises (IAE) de Lyon – les universités sont aussi des acteurs de la formation continue. « L’individu y met beaucoup. La frustra- tion générée est colossale
mais pas seulement. Doré- navant, des similitudes sont à noter entre la vente d’une formation et celle d’une voiture. Il faut vendre le financement qui va avec... » L’UTT a aussi étoffé son personnel dédié de quatre salariés.
  Source : Mémo, comprendre (en n) la formation professionnelle, édition novembre 2016, Fédération de la formation professionnelle (FFP).
2020 – c’est demain –, et sans aucune action volon- tariste, 2,3 millions d’actifs non qualifiés se trouveront sans emploi tandis que 2,2 millions d’emplois exigeant au minimum un niveau Bac ne seront pas pourvus. Véritable quadrature du cercle ?
un cataloGue en beRne ?
« Les années de réforme ne sont jamais bonnes. Les entreprises sont at- tentistes », souligne Ma- thilde Bourdat, experte Cegos du management de la formation. Et ce n’est pas Jean-Marc Dedulle, direc- teur du département forma- tion continue de Grenoble INP qui dira le contraire. « Cette opération a mis un sacré bazar dans leur tête, explique-t-il. Elles ont attendu de voir comment
2015, comme en 2016, le marché est atone, et une timide reprise se fait sen- tir depuis la rentrée 2017. « La réforme a engendré une baisse préjudiciable de l’investissement dans la formation, et une bureau- cratisation croissante pour le secteur de la formation, faute d’un réel portage
pour les salariés qui font toutes les démarches. Les individus qui maîtrisaient n’y comprennent plus rien. » Aussi, les organismes de formation ont-ils été contraints de s’adapter et d’apporter les réponses nombreuses. « Mes équipes reçoivent elles-mêmes une formation », assure Laurent
Les catalogues ont été re- travaillés. Certains ont subi un régime amincissant. A Cegos, leader mondial, fort de plus de 90 ans d’ex- périence, toutes les cer- tifications n’ont pas été reconduites. Par ailleurs, les formats ont été revisités, plus courts, pour mieux coller au plafond de 150
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Selon McKinsey, à l’horizon 2020, sans aucune action volontariste, 2,3 millions d’actifs non quali és se trouveront sans emploi
 politique », souligne la Fédération de la formation professionnelle (FFP).
« Si les demandes restent à peu près stables, les dé- sistements sont vraiment très nombreux. Bien plus élevés qu’avant », com-
Amice, directeur de déve- loppement de la forma- tion continue au sein de l’Université technologique de Troyes (UTT). « Pour assumer ce rôle de conseil par rapport à l’ingénierie pédagogique, par exemple,
heures du CPF. « On rentre directement dans le sujet, explique Mathilde Bourdat, avec un accompagnement préalable et à l’issu de la formation. » Le découpage des formations en bloc de compétences – et non plus
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[RH & FORMATION
 Carrières & Talents
 en disciplines – a demandé parfois six mois, voire plus. C’est cette architecture qui s’impose dorénavant. Le module suivi par Antoine Gambart, directeur d’une business unit chez Nactis Flavours, est l’un des mo- dules du programme plus
un écRémaGe du maRché ?
Président de l’organisme de certification ICPF & PSI, par ailleurs vice-pré- sident de l’Association de réflexion et d’échange sur la formation (AFREF), François Galinou tient les
Diriger un centre de for- mation sans connaître le droit s’y référant était tout à fait possible. Pour filer la métaphore, ça reviendrait à conduire une voiture, sans permis, sans code de la route. Nouvelle, l’obli- gation pour un organisme
 Entreprises
Top des certi cations choisies
Tests TOEIC (Test Of English for Interna- tional Communication) est le plus connu des tests de langue pour évaluer la maî- trise de l’anglais dans des situations pro- fessionnelles. Papier, crayon, l’évaluation est traditionnelle.
CléA (socle de compétences) propose le bagage minimal de connaissances et compétences pour une insertion plus ai- sée. Sept domaines sont dé nis comme la communication en français, l’utilisation des règles de calcul, la capacité à mener un travail en autonomie...
BULATS (Business language testing ser- vice) est un test de langue mis en place par l’université de Cambridge. C’est un
test en ligne.
Stage de préparation à l’installation (SPI). Obligatoire pour les créateurs d’entre- prise artisanale relevant de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, y compris les auto-entrepreneurs, ce stage doit être validé avant une inscription au registre du commerce.
Certi cat d’aptitude à la conduite en sé- curité R389 cat 1 charriots transpalettes TOSA (Test On Software Applications), outil d’évaluation et de certi cation de compétences en informatique, créé en 2011, et qui concerne les établissements d’enseignement supérieur.
 La loi de 2014: un millefeuille jugé par tous indigeste. Tout l’enjeu des nouvelles négociations lancées  n 2017 pour aboutir à une
 général libellé «piloter la finance d’entreprise» de l’ESCP.
Et, au passage, Dominique Lemaire de l’Institut de formation aux affaires et à la gestion (IFAG) de faire un point sémantique. « Le terme de catalogue est im- propre, trop connoté, or l’ADN de la réforme est de prôner l’individualisation des parcours. »
nouvelle réforme
comptes. « Sur les 90 000 organismes de formation, 30%sontencours,40% n’ont fait aucune démarche, ni postulé au référencement pourtant nécessaire. Ce sont autant de prestataires écartés des mécanismes de financement de la for- mation professionnelle. Jusque-là, jusqu’à cette réforme du 5 mars 2014, seul le déclaratif comptait.
de formation de se faire ré- férencer correspond à une vraie professionnalisation du monde de la formation professionnelle. »
Un coup de balai salué par beaucoup. « La dimension quantitative est dépassée. Elle se posait dans les an- nées 60 ou 70, avec alors une incitation à créer des organismes de formation.
Aujourd’hui, la probléma- tique n’est plus celle du développement, mais de la qualité. Les connaissances ne doivent plus servir à rien », explique Jean-Phi- lippe Cépède, directeur juridique du Centre Inffo, association sous tutelle du Ministère en charge de la formation professionnelle,
expert qui décrypte l’ac- tualité de la formation à l’échelle nationale, régio- nale et européenne. Inscription à l’inventaire, enregistrement au Réper- toire national des compé- tences professionnelles (RNCP), détermination des formations éligibles, donc qui donnent accès au
financement... La loi de mars 2014 a mis en place des filtres pour séparer le bon grain de l’ivraie. Un millefeuille jugé par tous indigeste. Tout l’enjeu d.es nouvelles négociations lan- cées fin 2017 pour aboutir à une nouvelle réforme.
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]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & Talents
La pédagogie de projet au service de l’innovation et des start-up
Made in Epitech
L’innovation peut et doit être encouragée dans les formations post-Bac. La preuve avec les EIP (Epitech Innovative Projects), OVNI de la formation supérieure.
EIP dans lequel cinq élèves ont développé une solution open-source à destination des commerçants désirant ouvrir une boutique en ligne. Devant le succès rencontré, Bruno Lévêque (promotion 2007) décide dès lors de fonder ce qui deviendra Prestashop, référence actuelle dans le domaine avec plus de 150 000 boutiques utilisant cette so- lution. Idem avec l’EIP de Jérémy Nicolas et Alexandre Malsh (promotion 2009) qui devient quelques années plus tard le Melty Group. En moins de quatre ans, ce pure player s’est imposé comme le pre- mier groupe média en ligne, spécialiste des 12-17 ans et des 18-30 ans, avec aujourd’hui plus de 17 millions de visi- teurs mensuels sur 14 diffé- rents sites. Ces histoires ne sont en rien des exceptions. Chaque année accouche de ses pépites. A l’image des Docker, Inc, plateforme de
proposé ce projet il y a deux ans. C’était inédit car le ga- meplay n’existait pas. Depuis, le jeu PlayerUnknown’s Batt- legrounds est sorti. Le jeu est un carton mondial. Il fédère au moins trois millions de joueurs en simultané tous les jours. Cette sortie nous a confortés dans notre démarche mais nous avons également voulu poursuivre en proposant un business model qui n’existe pas dans le jeu vidéo », précise Marc Parveau, actuellement étudiant et membre du projet. Ce faisant, le jeu se télécharge gratuitement. Le gamer paie ensuite un droit d’entrée de 10 cents à 10 euros. Et en fonction de la réussite du joueur lors de ses parties, de son avan- cée dans le classement, il est récompensé par de l’argent qui lui n’est pas virtuel. Dit autrement, « il s’agit d’un jeu d’argent basé sur les compé- tences », ajoute Marc Parveau à propos de ce jeu vidéo qui
trois entrepreneurs pour nous occuper du développement de la partie technique de Brigad. Cela fait aujourd’hui deux ans que nous travaillons dans cette start-up tout en poursui- vant notre cursus. » Thibault Malbranche, autre membre du projet, complète : « Brigad est un service permettant à des professionnels de trouver du staff quali é à la demande et à des «Brigaders» de pouvoir travailler librement sur les missions qui leur plaisent dans l’hôtellerie-restauration. Les établissements s’inscrivent puis font leurs demandes d’extras par SMS ou via notre appli- cation web ou mobile. Un algorithme se charge ensuite de sélectionner la personne la plus quali ée selon plusieurs critères : les compétences du Brigader, sa localisation par rapport à la mission, si le Brigader et l’établissement ont déjà travaillé ensemble ou encore les notes qu’ils se
Par Geoffroy Framery
RH & FORMATION
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Une méthodo pour faire de l’innovation une quête sans relâche chez les étudiants.
Bien longtemps avant d’autres, l’école pari- sienne Epitech s’est distinguée dans sa volonté de créer des pro ls atypiques dotés d’une grande expertise dans l’informatique. Sa pé- dagogie de projets transpire dans chaque enseignement y compris celui de l’innovation. Emmanuel Carli directeur de l’école complète : « Dès la troisième année, les élèves développent en groupe de travail un EIP (Epitech Inno- vative Project). Ces projets de longue haleine amènent les étudiants à présenter le fruit de leur travail en dernière année. Ce qui fut au départ une idée peut devenir en deux ans une start-up innovante ou un projet convoité par une entreprise de renom- mée mondiale. » Autrement dit, les EIP consistent en de véritables projets entrepreneu- riaux, dans toutes leurs com- posantes : business, techno, design et communication. « Compétences techniques, esprit d’équipe et ouverture
à l’international, capacité de répondre à l’accélération du rythme de l’innovation, le croisement de ces trois formes d’aptitudes est essentielle. La réunion en un même pro l de ces trois facettes dresse le pro l gagnant, garantissant la réussite à la sortie de l’école. Qu’ils deviennent salariés ou entrepreneurs, les diplômés d’Epitech sont bien autre chose que d’ingénieux exécutants », se réjouit Emmanuel Carli.
SucceSS STories depuis dix ans
Les success stories existent. Tel est le cas par exemple du Carinae Group. Michael Ourabah et Charles Beyney (promotion 2006) lancent BSO Network Solutions en 2004. Dix ans plus tard, les deux alumni sont à la tête d’une holding  nancière présente en France, au Royaume-Uni, en Irlande, au Luxembourg et à Hong-Kong, avec un chiffre d’affaires de 16 M€ en 2013. PrestaShop, géant du e-com- merce fut aussi à l’origine un
Qu’ils deviennent salariés ou entrepreneurs, les diplômés d’Epitech sont bien autre chose que d’ingénieux exécutants
  développement en ligne (ou «PaaS») dont l’un des fonda- teurs Solomon Hykes et alumni d’Epitech fut sélectionné par Forbes comme l’un des « 30 under 30 » – comprenez les 30 personnalités qui n’ont pas encore 30 ans – à suivre dans la catégorie Technology...
Recette pouR encouRaGeR l’innovation
Chaque année réserve son lot d’innovations et projets aty- piques. Warger fait partie de ces projets qui se démarquent. Derrière cette marque, se développe un jeu de type Battle Royale, entendez un jeu multi-joueurs où il s’agit de survivre. « Nous avons
devrait incessamment faire son apparition sur Steam et qui mobilise aujourd’hui six étudiants d’Epitech et deux graphistes indépendants. Et Flavien Astraud, chargé des EIP, d’ajouter sur les manières de collaborer : « J’ai créé le format en 2002 et la première promotion date de 2004. De nombreux objectifs sont vi- sés : valorisation de diplôme, les former à l’entreprise, la création d’entreprise. Mais l’innovation est vraiment le vecteur de valeur. Ce n’était paslebutpremierilya17 ans. Aujourd’hui, c’est un des piliers. Nous insistons sur tous les aspects de la gestion de projets. » Grisha Ghukasyan illustre : « Nous avons rejoint
sont mutuellement données. Nous nous chargeons de tout automatiquement : le paie- ment, la facturation et même l’assurance des Brigaders pendant la mission. » Le pitch a déjà séduit les investisseurs. Brigad ayant levée 2,5 millions d’euros après deux tours de tables. De quoi «scaler» leur business. Emmanuel Carli complète : « Pour ceux qui souhaitent déjà construire leur réseau professionnel, le projet peut se faire en lien avec une société, un laboratoi.re ou même une autre école. » L’innovation comme passe- muraille entre les écoles.
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[                   Julien, 43 ans. Directeur général, diplômé 2015, Management Général
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]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 La Sélection culturelle
Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune
  Livres - BD
■ Métamorphose des managers à l’ère du numérique et de l’intelligence arti cielle
Nous sommes entrés dans la civilisation dite « numé- rique », au sein de laquelle l’homme conserve un rôle essentiel à condition qu’il comprenne et s’approprie les transformations en cours (intelligence arti cielle, robots,
plateformes numériques) au niveau des acteurs et des usages. Dans ce contexte, se pose une question cruciale à laquelle répond cet ouvrage : comment manager à l’ère du numérique et de l’IA ? Gui- dées, d’une part, par la conviction que la métamorphose du manager s’impose s’il veut préserver des valeurs humanistes au sein de cette nouvelle civilisation et
devenir un « manager augmenté » par l’intelligence arti cielle, et d’autre part, animées par l’envie d’aider les managers à trouver leur place et à redé nir leur rôle dans ce nouvel environnement, Cécile Dejoux et Em- manuelle Léon ont écrit un livre visionnaire, en choi- sissant d’analyser la situation à travers trois prismes : L’être: parce que transformer les organisations, c’est d’abord se transformer soi-même, manager implique aujourd’hui l’acquisition de nouvelles compétences stratégiques telles que les compétences numériques, d’agilité et de Design Thinking. Les lieux : parce que dématérialiser le travail, c’est se poser la question du lieu où il s’exerce (open space(s), télétravail, coworking, fablabs...) et de la capacité de ces espaces de travail à générer performance et épanouissement. Les autres: parce que manager, ce n’est plus donner le « la » mais le tempo, il faut réapprendre à collaborer, en face-à- face et à distance, avec ses collaborateurs, mais aussi avec des plateformes numériques, des robots et des intelligences arti cielles, et développer de nouvelles compétences dans ses relations avec les autres. Métamorphose des managers de Cécile Dejoux et Emmanuelle Léon, Edition Pearson, 2018.
■ Mon cahier poche : Je mets du bonheur dans mon job
Vous n’avez peut-être pas le job idéal, comme tout un chacun vous êtes parfois en désaccord avec vos collègues ou vos supérieurs, vous vous sentez la plu- part du temps submergé par la charge de boulot... Et
si vous arrêtiez de ruminer au travail ? Auto-diagnostic, gestion du stress, EFT, lâcher-prise, méditation, drivers... les outils de ce cahier poche vous aideront à identi er ce qu’il vous manque ou ce qui vous limite, à vous centrer sur l’essentiel pour rétablir votre équilibre et améliorer votre quotidien :
– J’arrête de me pourrir la vie au travail – J’améliore mes relations pour une meilleure am-
biance collective
– Je rééquilibre ma vie pro et ma vie perso
– Je ne reporte plus mon bien-être à demain, je mets plus de fun dans mon boulot...
Votre cahier de poche vous suivra partout pour vous
coacher et vous coacher et vous
encourager ! Offrez-vous la vie dont vous rêvez : vous le méritez.
Mon cahier poche : Je mets du bonheur dans mon job, Béatrice Gomez et Stéphanie Crispin aux Edi- tions Jouvence
 éatre
■ Le Porteur d’Histoire
Synopsis : Par une nuit pluvieuse, au  n fond des Ar- dennes, Martin Martin doit enterrer son père. Il est alors loin d’imaginer que la découverte d’un carnet
manuscrit va l’entraîner dans une quête vertigineuse à travers l’Histoire et les continents. Quinze ans plus tard, au coeur du désert algérien, une mère et sa  lle disparaissent mystérieusement. Elles ont été entraînées par le récit d’un inconnu, à la recherche d’un amas de livres frappés d’un étrange calice, et d’un trésor colossal, accumulé à travers les âges par une légendaire société secrète.
Salué par la critique (lauréat du Meilleur Auteur franco- phone vivant pour Alexis Michalik aux Molières 2014, lauréat du Molière du Meilleur Metteur en scène d’un spectacle de théâtre privé pour Alexis Michalik aux Molières 2014), le porteur d’histoire peut réconcilier les personnes fachés avec le théâtre. La mise en scène est épurée. On voyage uniquement par le biais de cinq acteurs, de cinq tabourets, d’un plateau nu, de deux portants chargés de costumes et du pouvoir illimité de notre imaginaire. Le rythme est haletant. Toute la palette d’émotions vous saisit pendant cette pièce qui mêle la grande Histoire avec la petite. Un habile mé- lange des genres, entre le conte, le roman initiatique et parfois le huis clos psychologique. A voir absolument. Le Porteur d’histoire, Pièce de théâtre d’Alexis Michalik, théâtre des Béliers Parisiens,
14 Bis Rue Ste Isaure, 75018 Paris
Cinéma
■ Downsizing :
Des scienti ques norvégiens découvrent le moyen de réduire l’être humain pour répondre aux problèmes de surconsommation, d’environnement et de surpopulation. L’idée de génie entraine la création de colonies un peu partout dans le monde avec une promesse de taille pour ceux qui décident de mesurer 12 cm : celle d’accroitre exponentiellement leur pouvoir d’achat car le prix de la vie est corrélé à la taille des objets. Entendez qu’un
palace est vendu au prix d’une grosse maison de poupée... Paul Safranek et sa femme Audrey, couple américain incarnant la middle-class sans pers- pectives, se laissent séduire par l’idée d’un renouveau en plus petit. Suite à l’opération de réduction, Paul apprend que sa femme ne l’a pas rejoint. Débute
alors une quête de sens pour cet homme miniature alors en plein désarroi...quête qui le mènera à l’autre bout du monde aux pays des premiers colons minia- tures. Il fallait avoir l’idée de réduire les personnes mais dans une optique de salut de la planète. On est loin de « Chéri, j’ai rétréci les gosses ». Cela dit, l’en- jeu de la miniaturisation semble tellement énorme à gérer que le  lm s’essou e pour tomber dans une morale faite de bons sentiments. Un  lm à regarder le dimanche après-midi lorsque la météo ne se prête pas aux balades...
Downsizing, Drame/Film de science- ction d’Al- exander Payne, 2h 15m avec Matt Damon, Hong Chau, Christoph Waltz. 2017
■ Exposition
« Le rôle social de l’art consiste à introduire dans la conscience humaine le facteur de négation, il permet de remettre en question la rigidité des schémas et des conventions dans le rendu de la réalité. L’art même est évolution, c’est l’introduction de tout nouveau moyen d’expression », écrit Zbigniew Dlubak (1921-2005) qui fut photographe, peintre, théoricien de l’art, enseignant et éditeur de la revue Fotogra a. Première rétrospective qui lui est consacrée en France, l’exposition se tient sur les trois étages de la fondation. L’auteur des clichés, esquisses et tableaux, nous est présenté comme un artiste qui a par- ticipé au décloisonnement des disciplines et a contribué à faire de la photographie une forme d’art à part entière. Les travaux de Dlubak sont d’abord le fruit d’une tradi- tion constructiviste et surréaliste selon les spécialistes de la question. Puis son œuvre entame un virage, celui des mécanismes d’apparition-disparition de la fonction de certains gestes selon la situation. L’exposition souhaite également mettre en perspective la complémentarité de ses travaux en tant que peintre et photographe. La messe est dite. Le tout en noir et blanc. Le résultat n’est pas fait pour les néophytes, ni pour ceux qui n’apprécient guère l’art abstrait. Le commissariat de l’exposition a décidé d’une scénographie très – trop ? – sobre sans nous faire le plaisir d’être plus vulgaire ou accessible dans les explications. Ces dernières étant toutes théoriques... De nombreux clichés voire la plupart et tableaux restent sans titre. De nombreuses séquences également. Dif cile d’adopter une démarche de simple visiteur dans ce dédale de photos abstraites. Si ce n’est celle de s’y sentir humblement perdu... Peut-être que le travail sémiotique qui fait du corps nu un symbole mouvant pourra engager certains sur une ré exion de notre rapport au corps et aux symboles. Peut-être également que le travail sur argentique qui désincarne le corps et la nature captera l’attention de passionnés de photos... En bref, une exposition dif cile d’accès, réservé aux a cionados des critiques de Télérama... Presque un contre-pied à la fonction initiale d’un musée, d’une galerie voire d’une fondation.
Zbigniew Dlubak, héritier des avant-gardes 17 janvier - 29 avril 2018
Fondation Henri Cartier-Bresson
2, Impasse Leblouis, 74014 Paris
 La critique du mois
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]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[« Un soin au chocolat. Ils
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Air du temps
Etude d’un sujet de loisirs ou d’évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovations
  Relation client dans les voyages et hôtels haut de gamme
Séquences émotion
Cadre enchanteur, pres- tations exception- nelles, restauration
étoilée et services à la carte, ces codes du luxe sont in- contournables pour tous les acteurs du tourisme haut de gamme. Pourtant, si tous les hôtels, palaces, agences de voyages et autres prestataires du luxe ne sont pas interchan- geables, c’est parce que la différence se fait avant tout par la relation client. Lieux d’exception et prestations premium ne suf sent pas, les voyageurs comptent sur le contact humain et sur la personnalisation pour faire de leur séjour un vrai voyage de luxe.
conFiance et connaissance pouR alleR
au-delà des attentes
« Le luxe est une notion très aléatoire », note Marine Doisy, directrice de la relation clients de l’agence Voyageurs du Monde. « Pour nous, le luxe, c’est du sur-mesure. Les clients s’adressent à nous avant tout pour un service, ils cherchent de l’émotion. » Le
tous spécialistes d’une des- tination, ils ont un lien fort, voire passionnel avec le pays ou la région. Leur mission est de créer une relation de con ance avec le client pour construire une proposition adaptée. Nous avons des clients très  dèles et nous avons parfois des relations très émotionnelles, voire per- sonnelles avec eux. » Aller au-delà des attentes du client, le faire rêver et l’enchanter dès le premier contact, tel est l’objectif des agences spécialisées dans le voyage de luxe. « De cette relation découle une anticipation des attentes que nous pouvons proposer. Nous pensons au bien-être des enfants dans une famille en prévoyant le nécessaire pour le bébé à l’arrivée et tout au long du voyage par exemple. Nous pouvons également envoyer toute la documentation né- cessaire et des propositions
en temps réel sur les diffé- rentes prestations », ajoute Marine Doisy. « C’est une mine d’informations pour nous, et cela nous permet de garder un contact perma- nent avec nos clients. Nous avons aujourd’hui des outils technologiques formidables, mais rien ne remplace la relation humaine. »
petites
attentions Rappelant la peRsonnalisation Guillaume Leroy, cofonda- teur de l’agence My Luxury Travel, basée à Monaco, con rme le besoin de contact et de conseil des clients haut de gamme. Conseil, disponi- bilité et réactivité semblent être les ingrédients indispen- sables à l’organisation d’un voyage de luxe. « Nous nous adaptons à leurs besoins en proposant des voyages à la carte. Mais ce sont aussi les
  ont réussi à cumuler mes deux passions en quelques instants... »
  Personnalisation, contact humain, disponibilité et réactivité font
entrer un voyage dans la catégorie luxe, selon des touristes en mal de
Lieux d’exception et prestations premium ne suf sent pas
proximité. mot est lâché : « émotion ».
d’activités ou de loisirs au client en fonction de ses in- térêts. » Pendant le voyage, la relation ne s’arrête pas, puisque le conseiller person- nel des clients reste à l’écoute, et un concierge est également disponible pour répondre à toutes leurs demandes sur place. Du routeur Wi-Fi pour éviter les problèmes de connexion au GPS incluant le programme détaillé du voyage sur leur smartphone, tout est pensé pour faciliter la vie des clients. « Nous avons même développé une interface qui permet à nos clients de donner leur avis
petites attentions qui font la différence : l’accueil à l’aé- roport, le transport jusqu’au lieu de résidence ou encore le feu de cheminée allumé à l’arrivée des hôtes. Nous devons essayer d’anticiper au maximum tous les besoins des clients, tout en restant disponibles pour gérer les demandes de dernière mi- nute, grâce notamment à nos partenaires présents sur place. Nous sommes dis- ponibles sept jours sur sept pour eux. Nos clients veulent retrouver le confort de leur domicile tout en vivant une expérience extraordinaire. »
Par Emilie Massard
Créer des émotions semble en effet être le leitmotiv des prestataires du luxe, a n de graver durablement l’ex- périence des clients dans leur mémoire. Reste à savoir comment on crée une émo- tion. Et selon de nombreux acteurs du secteur, rien ne peut se faire sans une relation client privilégiée. « Lorsque le client nous contacte, il a parfois une idée très claire de son voyage, parfois non. Notre rôle est de mettre en scène le voyage du client dans la destination qu’il a choisie », explique Marine Doisy. « Nos conseillers sont
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]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                                        Choisissez le charme de cette demeure de prestige nichée au cœur de la forêt de Chantilly pour un séminaire sur mesure !
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]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Air du temps
 L’établissement cinq étoiles a accueilli, depuis son ou- verture en 1929, de nom- breuses têtes couronnées et clients prestigieux. Et dans cet hôtel discret, la dé ni- tion du luxe passe aussi par l’humain. « L’humain reste primordial », assure Léon Reinartz, front of ce mana- ger de l’établissement. « Le luxe, c’est aussi d’avoir du
clients viennent pour vivre une expérience, nous les invitons dans une bulle et nous tâchons de leur raconter une histoire. Ils s’attendent à ce que les plats soient bons et la chambre confortable. Mais c’est tout ce qu’il y a autour qui fait la différence, et l’attention que nous por- tons aux détails », résume Léon Reinartz. Salarié de
des aliments auxquels ils sont allergiques ou encore de prévoir des oreillers grands, petits, mous ou à plumes selon leurs préférences ! Les attentions qui créent le sourire chez nos clients et qui les touchent ne sont pas forcément les plus coûteuses. Un mug avec la photo de la famille ou bien un peignoir brodé pour la naissance d’un
  Eviter des aliments auxquels ils sont allergiques, prévoir des oreillers grands, petits, mous ou
à plumes selon leurs préférences
 « Quand j’évoquais une envie de décon- nexion totale, je ne pensais pas à cela ! »
 Pour enchanter les clients, et notamment la clientèle européenne, les prestataires doivent inclure au maximum ces petits « plus » dans le tarif initial. « Si les clients américains sont prêts à payer pour ces services, les clients européens, eux, ont plus tendance à penser que tout est compris dans le prix. Cette différence cultu- relle se remarque notam- ment au restaurant, où les Américains n’hésitent pas à laisser un « tips », tandis
que le pourboire est moins automatique pour les Euro- péens. » Ces services addi- tionnels peuvent prendre de nombreuses formes, tout en conservant le même objectif : personnaliser au maximum le voyage du client selon ses envies. Conseiller, réserver un restaurant à l’avance, trou- ver un cocktail bien précis à servir le 31 décembre... sont autant de demandes aux- quelles les agences doivent faire face.
«commeàla maison »
Pour transformer un voyage en séjour de luxe, l’héber- gement reste un critère très important, et les hôtels les plus luxueux misent eux aussi sur la relation client pour faire la différence. A Paris, sur l’avenue Georges V, à deux pas de l’établisse- ment du même nom, l’hôtel Prince de Galles, avec son architecture art déco ré- cemment rénovée, n’a pas à rougir face à ses voisins.
personnel stable, qui connaît et reconnaît nos clients, leur historique et leurs attentes. » Des clients fortunés aux plus modestes qui s’offrent un séjour pour une occasion particulière, l’objectif des équipes de l’hôtel est de leur offrir un souvenir inoubliable. La décoration, les espaces, les plats gastronomiques de la cheffe Stéphanie Le Quellec ou encore le bar dans une ancienne salle de bal à la décoration hétéro- clite sont autant d’éléments qui attirent les clients. « Les
l’hôtel depuis 28 ans, Léon connaît bien les clients de l’établissement et leur fa- mille. Il faut dire que plus de la moitié de la clientèle est composée d’hôtes réguliers. Ces clients apprécient donc d’être « comme à la mai- son » lorsqu’ils séjournent au Prince de Galles, et de ne pas avoir à préciser leurs préférences à chaque sé- jour. « Nous connaissons les goûts et les habitudes de nos clients. Cela nous permet de leur proposer un cadeau de bienvenue adapté, d’éviter
enfant en font partie. » Et si l’expérience se veut excep- tionnelle du début à la  n, cela passe par une atten- tion de tous les services de l’établissement, qui souhaite transmettre une certaine culture du contact humain et de la courtoisie. « Nos clients veulent oublier ce qui se passe à l’extérieur .de l’établissement, et pour cela, le contact humain reste la clé de tout », conclut Léon.
 Compagnies aériennes
A toutes les étapes d’un voyage haut de gamme, la relation client et les services sont attendus à un haut niveau d’exigence. Les transports n’échappent pas à la règle, surtout pas les compagnies aériennes qui font voyager les clients les plus exigeants vers les plus belles destinations du globe. Et pour garantir une presta- tion haut de gamme du départ des voyageurs à leur retour à la maison, elles mettent le paquet. Pour ne pas dénoter avec le reste du voyage, les avions se transforment désormais en véritables palaces volants avec es- paces intimes, vraie literie et restau- ration étoilée servie au moment désiré par le client. Les prestations, les ser- vices, jusqu’au vocabulaire utilisé, tout rappelle les codes de l’hôtellerie de luxe. Sur le long-courrier, Air France
Course au premium
développe ainsi deux offres pour ses clients premium: la Business et la Première. Et sur ces deux créneaux, les mots-clés de la prestation sont les mêmes que pour toutes les autres étapes du voyage haut de gamme: personnalisation et ef cacité. « Avec la Première, nos clients choisissent un voyage sur-mesure, avec une at- tention particulière portée à chaque détail », explique Eugénie Audebert, chef de produit Business long-cour- rier Air France. « Des services au sol, avec un salon exclusif et une restau- ration imaginée par Alain Ducasse, jusqu’aux prestations en vol, tout est pensé pour répondre aux besoins des clients. La personnalisation est pous- sée à son maximum et nos équipes sont aux petits soins avec les clients. » En Business, l’accent est également
mis sur la  uidité et l’ef cacité du service. Par ailleurs, la connectivité à bord se déploie progressivement, avec la promesse d’une  otte 100% connectée d’ici 2020. Pour améliorer l’expérience de ses clients, Air France poursuit aussi la montée en gamme de ses salons au sol, notamment à l’aéroport Charles de Gaulle, à l’image de sa  gure de proue, son salon Bu- siness du hall M, designé par Noé Duchaufour-Lawrance. 200 millions d’euros ont également été investis par la compagnie pour renouveler l’en- semble de ses cabines business dans ses avions, dont le design enveloppant crée désormais une intimité rassu- rante. « Mais ces investissements ne seraient rien sans la notion d’humain, qui est au cœur de notre stratégie », ajoute Eugénie Audebert. « Nous de-
vons être présents auprès des clients les plus autonomes dès qu’ils ont be- soin d’un support, tout comme auprès des clients qui demandent davantage de contact. La relation attentionnée est le  l rouge du voyage, le point qui va faire la différence et qui va faire que l’expérience est réussie. » Pour garan- tir le niveau de service adéquat, Air France fait de nouveau appel aux co- des de l’hôtellerie de luxe dans la for- mation de ses salariés. Un partenariat avait ainsi été noué avec l’hôtel pari- sien The Peninsula (*****) pour for- mer le personnel de la Première, tan- dis qu’une formation a récemment été construite en lien avec l’Institut Paul Bocuse pour former les équipages de la Business au service
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]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[L’Air du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  Le code vestimentaire en entreprise
Le vêtement comme (re)présentation de soi
On n’a pas deux fois l’occasion de faire une bonne première impression. D’où l’importance du vêtement au travail...
tement. Geoffrey Bruyère, DG de BonneGueule, af rme que « la mode a parfois des allures de prophéties auto-ré- alisatrices déterminées par les cabinets de tendances et les marques qui les suivent, tandis que le style personnel s’exprime dans une approche esthétique qu’il s’agit d’in- venter soi-même pour se présenter à autrui ». Contrai- rement à la mode, le style personnel s’installe dans la durée, c’est pourquoi il est reconnaissable. Donner du poids à l’apparence ou faire du vêtement un élément constitutif de soi serait donc tout sauf frivole. Reste à adapter son style à la mode de l’entreprise...
« t’as le look coco »
« Il existe un renouvellement vestimentaire propre au monde de l’entreprise. Avec l’importance croissante de l’image et de la communication, le vêtement permet d’incarner et de véhiculer le message de l’entreprise », défend
Le 24 janvier 2018, un texte qui reprend les droits et les obligations vestimentaires des députés sera proposé au Bureau de l’Assemblée nationale. Fini la veste à col Mao signée Thierry Mugler de Jack Lang (en 1985) ? Interdit le maillot du club de football d’Eaucourt-sur- Somme porté par François Ruf n (en décembre 2017) ? Dans les métiers de repré- sentation, une vision pa- ternaliste impose un dress code qui participe encore de la con ance que cherche à susciter la banque, le cabi- net de conseil, voire l’As- semblée. On change le look de l’entreprise, son logo, ses couleurs, on impose de nouvelles blouses aux cais- sières. Il ne s’agit surtout pas de confondre les fonctions en étant trop bien habillé. Le vêtement demeure un moyen de contrôle et per- met de se repérer dans la hiérarchie. Le stagiaire doit être élégant sans être trop formel. Pour se socialiser dans l’entreprise, il ajuste son comportement vestimen-
goté. « Si l’écart est trop important par rapport à la norme vestimentaire, c’est que l’individu n’a pas inté- gré ce qui fait l’identité du groupe professionnel ou qu’il exprime volontaire- ment ou non qu’il n’adhère pas complètement à l’image de l’entreprise », souligne Anne Monjaret, directrice de recherche au CNRS et membre de l’Institut interdis- ciplinaire d’anthropologie du contemporain (IIAC - UMR CNRS EHESS).
tous éGaux ? aloRs tous en jupe...
Frédéric Monneyron, pro- fesseur de sociologie de la mode à Mod’Art Interna- tional - Paris, précise que « au XIXème siècle, on a pu parler de "non-mode" pour les hommes tellement, en dehors des vêtements de travail, les costumes étaient stéréotypés ». Avec le port du vêtement de métier, il y a peu de possibilité de distinction. Le dimanche, les hommes se ressemblent tous alors que
Par Joseph Capet
   Pourquoi, tout compte fait, l’habit ne ferait-il pas le moine ? Il n’est pas sûr que nous puissions réduire le vêtement à la seule frivolité, à la simple apparence derrière laquelle se cacherait la réalité de la personne. Il faudrait chercher sous le vêtement quelque chose de plus essentiel, de moins super ciel que lui. S’habiller c’est déjà se pré- senter à autrui, même en son absence. Choisir ses vêtements de travail revient à intégrer des codes et des pratiques vestimentaires qui en disent long sur soi-même autant que sur l’entreprise et sur les rapports que le salarié entretient avec elle. Avant l’entretien d’embauche, on tâtonne, on hésite. « Je n’ai rien à me mettre », version féminine du « Je ne sais pas quoi mettre » masculin. Mes- sieurs les psychanalystes ne vous moquez pas, la question est sérieuse. Elle implique de penser le rapport à soi, la relation à autrui, l’image
de l’entreprise, la manière de manager...
« êtRe supeRFiciel paR pRoFondeuR » Frédéric Monneyron, univer- sitaire et écrivain, auteur de La Frivolité essentielle (PUF, 2001, puis Quadrige-Poche 2008 et 2014), soutient que « la tradition occidentale n’imagine pas que les apparences pourraient être profondes ». Et de citer la phrase d’Oscar Wilde : « Le vrai mystère du monde n’est pas dans l’invisible, mais dans le visible. » Chercher de la profondeur dans l’ap- parence ne signi e pas pour autant être superficiel ou futile. L’homme est le seul animal qui, par l’arti ce et la technique, transforme son corps. Le vêtement, comme le maquillage et le tatouage, l’épilation ou encore le pier- cing, correspondent aux moyens que l’homme s’est donnés pour être maître de son apparence et décider de la manière d’habiter et d’habiller
son corps. « L’habillement n’est pas futile, absolument pas neutre, d’où le contrôle à travers des codes précis ou des normes implicites. On discrimine ainsi entre le vêtement acceptable et celui qui ne l’est pas », soutient Alain Quemin, professeur de sociologie à l’Univer- sité de Vincennes Paris 8. Après la chute, Adam et Eve, en cachant leurs parties honteuses, inventent l’idée même du vêtement.
C’est parce qu’il ne veut pas rester tel que la nature l’a fait que l’homme met en place la mode et le style. Alain Quemin soutient que « la mode correspond à une transformation à tendance cyclique du goût collectif, alors que le style est atem- porel, peut être individuel et qu’il est dissocié de l’idée d’un perpétuel retour ». Le style correspond à la manière personnelle de se rapporter à la mode, d’incorporer et d’in- carner les grandes tendances du temps en matière de vê-
Contrairement à la mode, le style personnel s’installe dans la durée, c’est pourquoi il est reconnaissable
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«Dommage que la barbe ne soit pas aussi bien taillée que le costume...»
Anne Monjaret, présidente de la Société d’ethnologie française (SEF). Devant la penderie, les combinaisons vestimentaires sont souvent très importantes et les règles d’usage ou de bon goût sont variables selon les catégories sociales des entreprises. Du point de vue du vêtement, l’entretien d’embauche n’est pas le même dans la  nance, la start-up ou l’agroalimen- taire. Chez Barclays, on ré- dige des chartes concernant la bonne tenue du collaborateur.
taire. « Dans l’entreprise, le vêtement désigne une place dans la hiérarchie. Un sa- larié assurant des fonctions d’exécution ne peut pas se présenter en costume cra- vate, cela serait mal perçu par rapport à son rang. En aucun cas, il ne faut être overdressed sous peine de passer pour un orgueilleux se prenant pour le dirigeant », souligne Alain Quemin. Le vêtement distribue des places et souligne des fonctions. Pas question d’être mal fa-
les femmes se distinguent par leur tenue, leur élégance, le maquillage, le parfum. « Autrefois, on quittait le bleu pour s’endimancher, il y avait une vraie connaissance des codes. Puis l’essor du prêt-à-porter à la fin des années 60 est venu balayer cette culture vestimentaire. Mais aujourd’hui, on ob- serve un retour en grâce des codes du bien habillé », explique Geoffrey Bruyère qui cofonde en 2011 avec Benoît Wojtenka la start-up
 ]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[                  CHEMISES SUR-MESURE DE TRADITION FRANÇAISE
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]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[L’Air du temps
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
  BonneGueule. Toujours dans les années 60, « les femmes annexent le vestiaire mascu- lin et s’emparent notamment du pantalon », ajoute Frédéric Monneyron, auteur de La Sociologie de la mode (PUF, « Que sais-je ? », 2006, puis 2010, 2013, 2017). Le per- sonnel navigant commercial féminin d’Air France n’est autorisé à porter le pantalon que depuis 2005. L’hôtesse de l’air ne représente-t-elle l’élégance féminine à la fran- çaise qu’en tailleur ?
La différence homme/femme par rapport au vêtement est encore très marquée. Même si des modes mixtes tendent à émerger, le vête- ment demeure «genré» et la différence sexuelle mar- quée. « On observe encore aujourd’hui un réel contrôle social particulièrement fort sur le vêtement des femmes ; l’habillement ressortit sur- tout du domaine de compé- tence des femmes, et, dans
ce domaine, la négligence ou la faute de goût ne sont pas pardonnées », souligne Alain Quemin, co-éditeur de « Pour une sociologie de la mode et du vêtement » (revue Sociologie et Sociétés, n°43). Les hommes peuvent se per- mettre des fautes de goût sans que leur existence sociale ni leurs qualités profession- nelles ne soient remises en cause. Qu’on se souvienne de l’anecdote des conduc- teurs de train de Stockholm à l’été 2013. Dans les codes vestimentaires imposés par la société Ariva, les femmes peuvent porter la jupe, le bermuda est interdit aux hommes. Une douzaine de conducteurs et de machinistes décident alors de respecter le règlement à la lettre. Ils viennent travailler en jupe.
RentReR dans le RanG, chanGeR de vêtement
Anne Monjaret, directrice de
publication de la revue Eth- nologie française, assoie une distinction entre « le vêtement de travail et le vêtement au travail ». Le vêtement de travail est conçu pour tra- vailler : il est aux couleurs de l’entreprise,  oqué d’un
les accessoires permettent de se distinguer et d’expri- mer son individualité, sa personnalité ». C’est avec un foulard, une broche, une paire de chaussures que l’in-  rmière peut se distinguer. Le vêtement de travail est
des n’en sont pas moins nor- matifs. « Une tension ou un oscillement s’établit entre la mise en scène personnelle desoisurleplandela pratique et l’anticipation ou la prise en compte des codes de l’entreprise sur le
Les codes implicites et la hiérarchie qu’ils soulignent font que le vêtement au travail s’apparente vite à l’uniforme. « Relativement au vêtement, même lorsque le port de l’uniforme n’est pas exigé, et bien qu’à des degrés divers, l’univers professionnel est toujours normatif », explique Alain Quemin.
Dans le secteur privé, être bien habillé a un coût non négligeable. « La qualité esthétique du vêtement tombe quand on connaît son prix. Dans un contexte de consommation ostentatoire et de représentation de soi, pour qu’un vêtement puisse me seoir, il doit avoir coûté cher », sourit Frédéric Mon- neyron qui rappelle les obser- vations de Thorstein Veblen dans Theory of the Leisure Class, toujours valables au- jourd’hui.
abacos !
« A bas costume ! », selon le mot du président Mobutu au Zaïre qui porte une toque de léopard et une veste sem- blable à une saharienne. Il refuse le costume occidental encore teinté d’impérialisme et de colonialisme. Dans le monde de l’entreprise, il est difficile de s’oppo- ser de la sorte aux codes vestimentaires en vigueur, sous peine d’être montré du doigt, voire mis au placard ou ostracisé. « S’intéresser à la mode enrichit la vie des personnes : on s’amuse, on prend con ance en soi, on s’intéresse à l’artisanat, aux techniques et aux pro- duits de qualité », remarque Geoffrey Bruyère de Bon- neGueule (premier site de mode masculine en France avec plus de 4 millions de visiteurs uniques en 2017). Prenons donc goût à la mode, changeons de masque et d’ap- parence comme on change de costume. Un effort ves- timenta.ireresteàfairetant que nous ne retournons pas notre veste... doublée de vison.
 Donner du poids à l’apparence ou faire du vêtement un élément constitutif de soi serait donc tout sauf frivole. Reste à adapter son style à la mode
 logo et a quelque chose de l’uniforme. Quand on porte le bleu EDF, des chaussures de sécurité, une charlotte jetable ou une blouse, « la personnalisation se fait de manière différente que lorsqu’on porte un vêtement "civil" ; le vêtement de travail montre une appartenance au groupe professionnel, à un métier, et, dans ce cas,
de l’entreprise...
imposé par l’entreprise. Alain Quemin déclare que « la fonction réelle ou première de la tenue n’est pas tant pratique, protéger du froid par exemple, comme on le croit souvent, c’est la fonc- tion esthétique et sociale qui prime sur toutes les autres ; l’important est de se donner une apparence respectable ». Le vêtement de travail im- plique une certaine vision managériale. Les premiers uniformes de McDonald’s ne comportaient pas de poche. Impossible de voler les pièces jaunes dans le tiroir-caisse. Le vêtement de travail possède une fonction de contrôle : il rend visibles les fonctions et souligne la hiérarchie. A l’hôpital, la couleur de la blouse dépend de la fonction. Au musée, l’uniforme des gardiens n’est pas le même que celui des agents d’accueil ou d’entretien.
Le vêtement au travail est choisi le matin par le sa- larié, mais pas n’importe comment. Anne Monjaret explique que « pour s’adapter aux codes de l’entreprise, il faut préalablement avoir anticipé le fait d’appartenir à un milieu ». Le vêtement au travail, dont le choix est a priori laissé au travailleur, doit malgré tout correspondre à son rang et à son fonction, aux vêtements portés par les employés plus anciens déjà habitués aux us. Ici, les usages font of ce de code vestimentaire implicite. Mais, pour être implicites, ces co-
plan de la norme collective », analyse Anne Monjaret. Quand on questionne l’im- portance du vêtement dans l’entreprise, la première ré- ponse est souvent la même. « Au premier abord, les réponses expriment une très grande ouverture et une forte tolérance. Mais si les questions portent sur des «accoutrements incongrus», alors tout ce qui est implicite et incorporé en termes d’at- tente normative réapparaît et l’écart par rapport à la norme est sanctionné », ex- plique le sociologue Alain Quemin. Y compris dans le milieu de la mode, les hommes ne viennent pas travailler en jupe. Des études ont montré que les salariés du secteur privé dépensent plus dans l’habillement que ceux du public. Avant la mode des Hipsters, la barbe n’était tout simplement pas portée dans le secteur privé. A l’inverse, on se souvient du professeur d’histoire avec son collier de barbe, son velours côtelé (toujours le même) et ses Paraboot (cf. rubrique l’Entreprise Cente- naire) certainement achetées à la CAMIF. « Des données statistiques montrent que, du point de vue de l’apparence vestimentaire, les attentes normatives sont beaucoup plus formelles dans le sec- teur privé », indique Alain Quemin. Finalement, le vê- tement au travail semble devenir plus contraignant que le vêtement de travail.
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Lunettes Luguète
Luguète est une marque de haute lunetterie Française, fabricant de prestigieuses lunettes optiques et solaires en séries limitées et numérotées de 99 exemplaires. Chaque Luguète nécessite 90
étapes de fabrication. Le modèle Sarow détonne avec un style ravageur et intemporel. Un regard posé sur l’audace d’une personnalité insolite.
luguete.com
Horlogerie & Joaillerie Les opposés s’attirent
Poncho Gallery, douceur
in nie
Poncho gallery, c’est l’histoire de 2 sœurs,
2 inséparables reliées par un  l invisible...
de cachemire. Vous allez adorer ces coupes intemporelles, la pureté des lignes, la douceur de la maille. Le luxe se repense avec une élégante nonchalance.Poncho gallery joue avec les matières, 100% cachemire, cachemire & soie,
bambou cachemire, les couleurs et les  ls 2, 4, 6, 8, 10  ls, pour créer des collections originales et intemporelles. Pull col montant rouge 100% cachemire - 470€
www.ponchogallery.com/fr/
Laskaris Couture Show été 2018
La Muse de la Maison Laskaris pour l’été 2018 est Olympias, la mère d’Alexandre le Grand. La collection est le récit de voyages d’une femme forte. Les serpents domestiques sont faits de peaux, brodés avec des émaux faits à la main ou représentés sur des vêtements avec des Swarovski. Les sandales de la collection sont traditionnellement faites
à la main. Le chêne donne sa couleur verte pour marquer la collection qui est également composée d’ivoire, de pastel et de quelques pointes de noir. www.laskariscouture.com/fr
    Une céramique à vie chez Rado
Rado propose sa DiaMaster Power Reserve masculine et fascinante. Accessoire classique et ra né, ce modèle couleur terre scintille par son boîtier poli en céramique
haute technologie de couleur brune, son motif ensoleillé blanc et son indicateur de réserve de marche situé à 9 heures. La céramique haute technologie résistante aux rayures fera de cette montre un compagnon de toute une vie pour votre moitié. Prix de vente conseillé: 2710 €. www.rado.com
Les petites Bricc de notre enfance
Graphique et minimaliste, les bijoux Bricc se déclinent pour homme, femme et enfant. Un luxe transgressif qui crée de la proximité transgénérationnelle ! En or ou en argent, avec des diamants ou des saphirs, des bijoux accessibles et ludiques pour Noël. Bracelet à partir de 90€ en argent 950/1000è. Boutons de manchette à partir de 350 euros. chalvet-paris.com/portfolio/bricc/
Akillis - Capture-Moi !
Avant-gardiste, cette bague à nulle autre pareille incarne une modernité intégrale et donne un sens nouveau à la séduction. Subversive et carrément rock sur l’index ou électrisante, où qu’elle se trouve, elle habille le doigt avec insolence. Le diamant serti en centre de bague ou sur le côté, comme un secret, ajoute à son charisme. En or blanc et diamants – 3 980€ www.akillis.fr/fr/
  La collection My Twin o re une nouvelle manière de sceller
son amour en jouant le mariage inattendu de deux tailles
de diamants : la poire et l’émeraude. Entre opposition et complémentarité, les pierres s’interpellent dans un lumineux pas de deux. A la taille poire, sensuelle et scintillante, répond la taille émeraude, stylisée et hypnotique. Dans cette composition,
l’esprit architecturé de la taille émeraude, symbole de force et de masculinité, et la sensualité de la poire, associée aux courbes de la femme, nous prouvent une nouvelle fois que les opposés s’attirent. »
www.messika.com
    La Monnaie de
Paris et Guy Savoy
La Monnaie de Paris et la Maison Guy
Savoy imaginent une monnaie d’un kilo
en or pur qui célèbre majestueusement
l’alliance de leurs deux patrimoines. Frappée
à seulement 11 exemplaires, en écho à la
gastronomie rare et précieuse de Guy Savoy, cette pièce
met en exergue son univers. L’or rose galbé tel un caquelon évoque le cuivre des ustensiles traditionnels de cuisson. L’or blanc devient albumine, l’or jaune semi- sphérique le vitellus de l’œuf au plat et l’argent avec un dépôt sélectif noir une lamelle de tru e. Placée au revers de la pièce, l’empreinte de la main droite de Guy Savoy rappelle que la gastronomie est avant tout un travail artisanal. 5 000 €. www.monnaiedeparis.fr
    FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 89
]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Evasion
La Belle Juliette vous reçoit délicatement
Corinne et Pascal Moncelli, propriétaires de l’hôtel, ont souhaité raconter des histoires autour d’un personnage historique. Une héroïne du 19ème siècle à la beauté exceptionnelle, qui a fréquenté tous les personnages intellectuels et politiques de son époque. Juliette Récamier, que tout le monde appelait La Belle Juliette,
a donné son nom à cet hôtel. Dans les chambres, la décoratrice
Anne Gelbard évoque l’époque et les amitiés de Juliette. Elle
a travaillé sur une variation du style Empire, remplie de poésie et d’humour. Le mobilier s’inspire de créateurs scandinaves, maîtres du design contemporain. La terrasse mi-paysagée mi-abritée sous la pergola, permet de passer un délicieux moment au petit-déjeuner, à l’heure du thé ou à l’apéritif. Vous aurez également le plaisir de vous prélasser au Spa, un vrai cocoon intimiste. Une adresse incontournable à Saint-Germain-des-Prés.
www.labellejuliette.com
Magie des Fleurs selon Emmanuelle Fabre
Emmanuelle Fabre s’installe en 2012 comme  euriste et s’inscrit ainsi dans la lignée familiale. Il est vrai que le choix des  eurs peut parfois s’avérer complexe. Située à Nevers, Emmanuelle Fabre vous facilitera la tâche en vous accompagnant pour sublimer votre journée
avec soin, chic et talent ! Dotée d’un grand sens de l‘esthétisme, elle réalisera la décoration  orale sur mesure dont vous rêvez. Dans son atelier, elle créera les ornements  oraux qui vous ressemblent, à
vous, votre famille ou vote entreprise.
www.emmanuelle-fabre.fr
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
      Como  e Treasury, le meil-
leur hôtel en Australie
COMO  e Treasury à Perth a été nommé Meilleur Hôtel en Australie et Nouvelle Zélande par le prestigieux Prix du Choix des Lecteurs du Condé Nast Traveler 2017. La rénovation méticuleuse a révélé une façade de
style Victorien alors qu’à l’intérieur, COMO a apposé sa patte contemporaine. L’hôtel dispose de deux restaurants ; le Wild ower situé au dernier étage, servant un menu évoluant au  l des saisons, et le Post, un « néo-bistrot » australien et moderne. Le Lounge et le Bar du Treasury proposent des espaces élégants. Le bien-être est au coeur du spa COMO Shambhala Urban Escape, proposant un éventail de soins d’occident et d’orient.
www.comohotels.com/thetreasury
Bien-Etre
Moi # Pur Jus, réinventer sa pause de midi autour du bien-être
C’est un endroit sur la presqu’ile lyonnaise dans lequel je peux me nourrir sainement et prendre soin de moi lors de ma pause déjeuner : o re culinaire délicieuse de produits bios sans lactose, sans gluten et sans sucres ajoutés : Bar à soupes, Bar à Smoothies, Bar à Jus, Bar à Miels, Plats
du jour, salades et sandwichs sans lactose et sans gluten. Quelques minutes de libre ?
Votre pause déjeuner s’agrémente alors sur place de : massage sur chaise, séance de luminothérapie, oxygénation avec le bol d’air Jacquier, detox par les pieds, cours de Yoga, rdv avec un naturopathe.
www.moi.bio
Bouillons Chics des Plantes
Pour une nouvelle année pleine de bonnes résolutions
healthy, Chic des Plantes ! propose 3 bouillons alliant
douceur et peps pour varier les plaisirs. Chic des plantes !
a imaginé des bouillons 100% naturels où herbes, légumes
et épices viennent s’allier. Ils peuvent se consommer aussi
bien seuls qu’agrémentés de morceaux de légumes, d’herbes fraîches, de sobas... Coup de cœur pour le Robuste, rond, piquant, frais et épicé ! Pochon de 3x8 sachets de bouillons à infuser : 24€
www.chicdesplantes.fr
Authentique séjour dans le Val d’Arly
Entre Beaufortain, Mont-Blanc et Aravis, il est une Savoie nature, qui mêle authenticité, partage et convivialité. Son nom : le Val d’Arly, vallée joyeuse formée
par les stations-villages de Crest- Voland/Cohennoz, Flumet/Saint Nicolas La Chapelle, La Giettaz-en- Aravis et Notre-Dame- de-Bellecombe. Dormez dans une des trois incroyables cabanes dans les arbres Entre Terre et Ciel, avec vue sur le Mont-Blanc. Dégustez
du reblochon à la Ferme des Violettes et découvrez la charcuterie ancestrale Grosset. Dînez à la ferme de Victorine, restaurant récompensé d’un Bib Gourmand
par le Michelin, avec vue sur les vaches de l’étable. Pro tez du domaine skiable des Portes du Mont Blanc en ski, en luge, en raquettes ou en VTT sur neige ! www.valdarly-montblanc.com
Dermassentiel® collagène+
Ce complément alimentaire issu des dernières avancées
scienti ques en nutricosmétiques, stimule les réactions
de synthèse cutanées de l’acide hyaluronique et du
collagène, entraine la prolifération des broblastes,
favorise le pouvoir de rétention d’eau et protège les
défenses anti-oxydantes endogènes. Il contient deux
actifs brevetés : «PEPTAN® F» : un peptide hautement biodisponible à l’e cacité cliniquement prouvée et «NUTRIHYL®» : un actif aux incroyables propriétés hydratantes. 1 sachet par jour, pendant 15 jours. Prix public : 52,60 € www.therascience.com
Bien-être dans le Noir
Le Spa Dans le noir propose des massages et des
soins dans l’obscurité totale, réalisés par les mains
expertes de personnes malvoyantes ou aveugles. Il
existe aujourd’hui deux spas dans le noir en France : le premier, qui a ouvert ses portes en avril 2011, se trouve à Paris, dans le quartier Montorgueuil, et le second à Bordeaux. Ces spas proposent : massages bien-être, soins du corps et du visage, soins esthétiques, soins minceurs, Cellu M6, hammam, et massages pour les femmes enceintes.
www.lespadanslenoir.com
            90 FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[L’Art du temps
Champagne
Alpha Rosé vintage 2010
Cette cuvée présente une robe de couleur rose corail aux re ets orangés lumineux et profonds. Le nez évoque une séduction fruitée très savoureuse avec des arômes de pêche de vigne, d’orange amère, de massepain, de framboise et de fraise compotée.
La vinosité confère de l’ampleur, de l’élégance et de l’allonge au palais La  nale, portée
par une matière fruitée pulpeuse et tropicale, révèle de la concentration et une fraîcheur caractérisée par l’orange sanguine et le pomelo. Se marie merveilleusement avec des coquilles Saint-Jacques au champagne rosé, une pêche de vigne rôtie façon Melba.
www.champagne-jacquart.com
Lallier, Grand Rosé – Grand Cru
Ce champagne est composé à 65% de pinot noir et 35% de chardonnay. Son élaboration est minutieuse : couleur et arômes résultent d’une macération dite en « millefeuille » avec une alternance de couches de chardonnay et pinot noir. Le « Grand Rosé » brut présente des arômes enchanteurs de fraises des bois, framboises et agrumes. L’attaque est nette, précise et marque la bouche d’une fraîcheur remarquable, tout en  nesse et pureté. Prix de vente conseillé : 36 € champagne-lallier.com
Cuvée Enjôleuse Colin
Laissez-vous séduire par le ra nement et la délicatesse de ce Champagne Brut Blanc de Blancs Premier Cru - Millésime 2007. Cette dentelle, matière noble depuis toujours, ne sera pas sans vous rappeler que ce sont les femmes qui sont à l’origine de ce vignoble et de cette passion dans la famille Colin. A l’œil : robe limpide et dorée, e ervescence  ne, dense et régulière. Au nez : nez élégant et aromatique qui o re des arômes de  eurs blanches et d’agrumes. En bouche : attaque franche et vive, le vin est ensuite plus soyeux au palais. Il est alors magni é par les arômes
de fruits mûrs et compotés, mêlés à de jolies notes citronnées et beurrées toujours dans une ambiance fraiche, saline et délicate. Prix TTC : 65 €
www.champagne-colin.com
Un repas pour deux avec Nicolas Feuillatte
Le Champagne Gourmand by Nicolas Feuillatte est une déclinaison du café gourmand... servi en début de repas. Pour la Saint Valentin, Nicolas Feuillatte propose son concept aux restaurateurs qui composeront un plateau Champagne Gourmand avec une  ûte de Champagne Rosé Nicolas Feuillatte accompagnée de trois mises-en-bouche. Nicolas Feuillatte et les établissements partenaires vous invitent à participer à un concours- photo qui permettra à 75 gagnants, sur tirage au sort, de remporter un dîner pour 2 personnes. www.nicolas-feuillatte.com
Champagne Valentin Le aive Rosé Brut
Fruit de la rencontre entre Erick de Sousa et Olivier Le aive, reconnus pour leurs savoir-faire, le champagne Valentin Le aive re ète une interprétation unique d’un cépage et des terroirs Champenois. Les 100% de Pinot noir lui confèrent un remarquable fruité de petits fruits rouges ; fraises, framboises, cassis, groseille avec en arrière plan une très belle note de gingembre
rose. Le dosage parfaitement fondu dans l’ensemble lui apporte une longue  nale. Sa fraicheur naturelle au nez comme en bouche de jeune champagne lui promet un bel avenir d’ici 3 / 4 années. A partir de 49 €
m.olivier-le aive.com
Le Philtre d’amour de Cattier
Lové dans un  acon rouge rubis aux courbes élancées, le Brut Rosé Red Kiss est la version la plus séductrice de la maison Cattier. Son élégante et délicate robe saumonée claire, aux re ets rouges, provient d’un assemblage de 60% Pinot Meunier, 30% Pinot Noir et 10% Chardonnay. Son nez riche et complexe, aux arômes de fruits à noyaux et de pruneaux, lui apporte une tenue fraiche et ronde en bouche. En  n de dégustation, ce champagne révèle de subtiles notes de chocolat. 55 € – 75cl, À servir à une température entre 8 et 10° www.cattier.fr
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
               FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 91
]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
 Vins
Château des Bachelards – Saint-
Amour 2015
Contrairement à beaucoup de vins de l’appellation, le vin est dense, profond et droit, solidement construit, taillé pour la grande garde mais déjà prêt à boire dans sa jeunesse. La robe est grenat profond
et lumineux. Le nez est intense de poivre noir, de réglisse noire et d’iris d’une belle profondeur. En n le touché de bouche est velouté et les tanins sont soyeux. Le vin est dense et serré avec du corps et une très belle longueur. Prix conseillé : 28 €
www.bachelards.com
Petit Clos Sauvignon
Blanc 2015, Nouvelle Zélande
Suivant la tradition française, ce vignoble
est planté en haute densité, chaque vigne produisant ainsi des raisins de grande concentration. Les jeunes vignes sont réparties sur les trois terroirs du domaine. Les raisins sont vendangés à la main à l’aube a n de préserver la fraîcheur du fruit. Le nez o re
un envoûtant bouquet de notes minérales entremêlées à des arômes d’agrumes et de fruits à noyaux mûrs. En bouche apparaît un bel équilibre entre rondeur et acidité. Accords mets et vin : Salades mélangées, grillades, Moules vertes à l’ail et au persil... 13 €. www.closhenri.com
La Cavale Rouge 2015
La texture soyeuse du Grenache se double de l’intensité des vieilles vignes de Carignan, quand la fraîcheur du vin provient d’une Syrah typée Vallée du Rhône nord. Une sélection parcellaire très stricte, sur de petits rendements, est à l’origine de cette cuvée au beau potentiel
de vieillissement. Elle a été vini ée et élevée douze mois séparément en foudre, avant d’être assemblée pendant six mois supplémentaires. Dégustation : robe rouge sombre intense. Nez
de fruits mûrs, de poivre et de saveurs subtilement vanillées. Les tanins sont plaisants, les arômes s’expriment avec complexité, ponctués d’une séduisante note de tru e. Bouteille 19,80 €, Magnum 41,60 €. www.domaine-lacavale.com
Uldaric du Château de
Vauclaire 2011
Le rubis éclatant de la robe de cet AOP Coteaux d’Aix-en-Provence à la composition 85 % cabernet-sauvignon, 10 % grenache, 5 % syrah est la promesse d’un vin à la belle facture. L’attaque en bouche est marqué des notes épicées et des notes de framboise et fraise bien mûres. Une puissance généreuse qui donne sa plénitude lors du vieillissement. Accords parfaits : Coquelets au four, steak tartare poivré, pâtes strangozzi aux tru es. 9,60 € départ cave. www.chateaudevauclaire.com
Minuty Prestige Blanc
Cette cuvée Rolle, Sémillon, Clairette, est issue d’une sélection rigoureuse des meilleurs terroirs des Côtes de Provence. La robe est lumineuse aux re ets verts. Le nez jouit de notes  orales,
de pêche blanche, de buis et est légèrement anisé. La bouche est volumineuse, vive et citronnée. Servir entre 8°C et 10°C. Accords mets et vins : Apéritif, fruits de mer, bouillabaisse, cuisine asiatique, sushis, salade de fruits exotiques. 15 à 17 €
Château Bas – Le Temple 2013
Cet AOC Coteau d’Aix-en-Provence aux cépages 47% cabernet-sauvignon, 23% grenache, 18% mourvèdre, 12% syrah, est conduit en Agriculture Biologique.
Les forêts et les vallons de Château Bas s’entrelacent en autant de climats et de terroirs propices à la culture de la vigne. Des secs coteaux argilo-calcaires arrosés de soleil, au creux des vallées ombreuses et fraîches, le vigneron peut accorder savoir-faire et intuition pour recréer la riche palette des saveurs et arômes des Grands Vins de Provence. Prix de vente départ cave : 20 €, existe en magnums. Accord : civet de lièvre, gibier, planches de charcuterie et plats épicés. www.chateaubas.com
Le Dada de
Rouillac, 2015
Ce PessacLéognan a du
caractère, de l’élégance et du
fruit. Ce second vin du Château
de Rouillac représente tout
ce que l’on attend de cette
appellation. Un vin plein et
ample, déjà prêt à boire qui accompagnera parfaitement
les viandes en sauce ou viandes
rouges. La robe est pourpre, très
dense. Le nez dévoile de jolis arômes de sousbois, de fruits rouges et noirs, mûre, cerise et cassis. La bouche est ample et souple avec des tanins superbement  ns. La  nale, d’une belle longueur, est épicée et cacaotée. 19,90 € www.lerepairedebacchus.com
          Saint - Aubin 1er cru le Charmois 2014
Vous apprécierez son nez de
fruits noirs très murs, intenses et
avec un très grande persistance
accompagnée de notes d’épices et
graphites. On perçoit également
quelques notes de violette.
L’attaque en bouche est charnue,
pleine, gourmande. Un bel équilibre entre acidité, tanins et alcool. C’est un très léger boisé au  nal. Servi à 14°, il sera un accord parfait avec un agneau au four, des côtes d’agneau grillées à la  eur de thym, un cake ou un marbré au chocolat. Prix TTC départ : 34 € www.vins-saint-aubin.com
    Guilhaume de Jouclary 2015
Ce Merlot 45%, Syrah 45%, Grenache 10% jouit d’une robe profonde grenat ourlée de re ets pourpres. Il révèle de jolis aromes très purs et épanouis, cumin, poivre blanc, menthe,  gue blanche, fruits secs abricot et raisin. Une matière bien enrobée sur un boisé discret qui assure une magni que persistance. Généreux et puissant, il s’a rme plus riche et plus dense que les millésimes précédents en gardant de l’élégance sans marque de sur maturité. Il sera exceptionnel sur un pigeonneau en salmis, il laissera s’épanouir la saveur des gibiers et de l’agneau, et sera complice des viandes rouges grillées ou rôties. www.chateau-jouclary.com
    92 FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[                                                    2016
DENIS DURANTOU
MIS EN BOUTEILLE AU CHATEAU
                                   GIP LIBOURNE L ' A B U S D ' A L C O O L E S T D A N G E R E U X P O U R L A S A N T É PHOTO STEPHANE KLEIN
]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
 Gastronomie
Cocon blanc, une pure douceur aux saveurs de l’enfance
Un chocolat chaud à base de chocolat blanc, extrêmement gourmand et peu sucré, une pure douceur qui nous rappelle l’enfance. Jeanne-
Antoinette, la marque des chocolats chauds exceptionnels, propose tous ses chocolats chauds en petits pochons individuels pour que
chacun choisisse sa saveur préférée. Les recettes sont préparées à partir de chocolat râpé  nement pour fondre avec le lait (200 ml de lait). La gamme est proposée dans des jolies boites de 6, 12 ou 20 pochons à l’e gie de Jeanne-Antoinette, Marquise de Pompadour, qui  t de cette boisson un must à la cour de Louis XV. Boite de 6 pochons individuels
cocon blanc pour préparer 6 grandes tasses de chocolat chaud. De 13 à 15 €
www.jeanneantoinette.fr
Un moment envoutant avec Mariage Frères
Chaque maison de thé Mariage Frères comporte un comptoir de thé, un salon
de thé et un musée du thé. Le décor colonial, les palmiers transportent vers un passé éloigné : ici, le temps vous appartient. La carte des thés regroupe plus de 650 références de 36 pays producteurs et toutes les familles de thés. Il est loisible de déguster du thé dans de la vaisselle signée par Mariage Frères en découvrant
la cuisine délicate,  ne, inventive et la pâtisserie française au thé. Love Story est une belle déclaration d’amour à la France, à sa joie de vivre, sa gastronomie, son charme romantique, sur les accents séduisants d’un thé noir gourmand aux notes fruitées et  orales enveloppantes. Prix public : 26 € le  acon de 90 g.
www.mariagefreres.com
Le chocolat des Français
Pour la Saint-Valentin, quoi de mieux que des
chocolats aphrodisiaques et Français pour
célébrer l’amour, la vie et Paris ? Sous forme
de mini tablettes, ce trio de cœur imaginé
par Le chocolat des Français vous fera fondre de plaisir. Côté fabrication, cette véritable arme de séduction massive est 100% artisanale, 100% naturelle, 100% pur beurre de cacao, sans conservateurs et sans huile de palme. Une petite attention irrésistible à croquer seul, à deux ou à trois...Prix de vente conseillé : 7,50 €
www.lechocolatdesfrancais.fr
    © Eric Mercier
Déclaration d’amour par
La Durée
Entremets en forme de cœur constitué d’un biscuit moelleux au chocolat, de feuilletine praliné noisette, de caramel passion et
de mousse chocolat Manjari. Le tout est
surmonté d’un crémeux et de décors de petits cœurs en chocolat blanc couleur rouge passion. 19 € - Entremets pour 2 personnes Disponible à partir du 7 février 2018
www.laduree.fr
Tour du monde en chocolat
La chocolaterie met à l’honneur les 4 coins du monde... ... De l’Equateur à Madagascar, du Mexique à la Tanzanie, Castelain développe une gamme de saveurs subtiles, qui feront voyager les amateurs de chocolat grâce à une sélection rigoureuse de matières premières. En cette  n
d’année, Sao Tomé 70%, Papouasie Nouvelle Guinée 70% et Vietnam 70% viennent enrichir cette sélection gourmande. Pour célébrer ce voyage gastronomique et culturel, les tablettes arborent désormais des pertinentes et colorées illustrations évoquant les pays visités, créées par l’Atelier Réan. Prix co ret 21,90 € les 5 tablettes de 100g. www.chocolat-castelain.fr
Côté Jungle, Côté Sushi
La Jungle Box débarque chez Côté Sushi en édition limitée et arbore un nouveau design signé par l’artiste Leona Rose. Elle imagine pour la marque, une jungle déjantée et peuplée d’animaux colorés. Une Box savoureuse et surprenante qui va exalter les papilles des amoureux du Pérou. La Nikkei Box est composée de 42 pièces :
8 Broadway Chicken Tempura, 8 Samba Tuna Poke, 8 California Veggie Tru e, 8 Garden Tempura, 6 Fondants Cheese, 2 Sushi Saumon et 2 Sushi  on. Jusqu’au 4 mars 2018. Prix : 44 € cotesushi.com
        Les déjeuners d’EcoRéseau Business
Ce mois-ci, nous avons testé pour vous les Grands Verres du Palais de Tokyo, en compagnie de Jean-Patrick Mackossaud, président de JPM Consultants et spécialiste du développement stratégique à l’international.
  Concept & Lieu : Imaginez une table se retrouvant en plein Palais de Tokyo. Une table créative et ré- créative, moderne et mouvante, une table que le public s’approprie dans le prolongement du Palais comme dans l’intimité d’un quartier phare de la capitale. Une table motivée à partager, sans jamais se départir du plaisir, les nouvelles vertus de la gastronomie d’aujourd’hui et de demain: sourcing, recyclage, locavo- risme... C’est un lieu agréable, bien pensé, les tables sont espacées avec vue sur les cuisines.
En Cuisine : Volontairement courte pour mieux a rmer sa spontanéité, la carte dispose, chaque jour, une demi-douzaine de recettes originales. À chaque composition, de la couleur, du sourire, du rythme, une façon de fauvisme culinaire où le végétal se plaît des alliances « fruits-légumes », se condimente aux herbes, épices, aromatiques et module les cuissons de vapeur en braise. Côté vin, même esprit! Une carte spirituelle, friande, montée en compagnie et en complicité d’une sacrée bande, neuf vignerons « auteurs ».
Notre Menu :
2 entrées : Topinambours fumés, tournesol tarator, piperade, crosne, aneth (12 €) - Moules et palourdes, vadouvan, céleri, pain au levain, beurre persillé (15 €)
Plat : Epaule de cochon, aubergine fumé, pomme de terre nouvelle, graines de moutarde (26 €)
Tarifs : compter entre 35 et 50 € pour une en- trée+plat ou plat+dessert (à la carte)
Adresse : 13 Avenue du Président Wilson, 75016 Paris
www.palaisdetokyo.com/fr/page/les- grands-verres-restaurant
  94 FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
©DR
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                                  2016
]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[La très belle GT coréenne inaugure une nouvelle ère pour le constructeur qui dispose désormais d’un véhicule de conquête sur le
marché premium.
Kia frappe un grand coup sur la scène des automobiles de luxe avec sa berline coupé Stinger. Le constructeur nous a habi- tués depuis quelques années déjà à des voitures plutôt jolies, dotées de réelles qualités esthétiques aussi bien à l’extérieur que dans l’habitacle, faisant montre d’une indéniable montée en gamme vis-à-vis de son cousin Hyundai.
Kia n’est plus, c’est sûr, la marque lowcost du groupe coréen, mais au contraire un concurrent à part entière de Hyundai. Et avec la Stinger, il marque des points sur le marché premium. La déclinaison de ce coupé familial et sportif chez Hyundai se fait en effet sous le label Genesis (à la façon d’In niti pour Nissan ou de Lexus pour Toyota) mais pour l’heure unique- ment sur le marché américain.
Un bloc diesel parfait
Côté mécanique Kia propose en France deux motorisations : un bloc essence V6 bi-turbo de 3,3 litres, pour l’image, d’une puissance de 370 chevaux mais un peu lourdaud surtout en ville ; et un quatre cylindres Turbo-Diesel CRDi 2,2 litres de 200 chevaux qui fera logiquement le gros des ventes. Un moteur agréable, souple et puissant, parfaitement en phase avec la vocation plus grand tourisme que sportive de la voiture, notamment grâce à la nouvelle génération de boîte automa- tique à huit rapports installée de série. Par ailleurs la Stinger est la première berline de Kia disponible en propulsion ou en transmission intégrale. En n, premium oblige, la Stinger est également équipée du système Drive Mode permettant de choisir entre quatre modes de conduite (eco, confort, sport et sport+) et d’une suspension à pilotage électronique sur la  nition GT.
Cerise sur ce beau gâteau, les tarifs de la Stinger demeurent très raisonnables avec un prix d’appel à moins de 45 000 eu- ros et la garantie sept ans. De quoi susciter bien des envies.
Modèles essayés : Kia Stinger 3.3 T-GDI 370 ch AWD AT8 GT. Tarifs à partir de 59 900 euros. Kia Stinger 2.2 CRDI 200 ch 2WD AT8 GT-Line. Tarif à partir de 44 400 euros. Tarifs gamme essence à partir de 59 900 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 44 400 euros.
La Ford Fiesta vieillit bien
La 7e génération de la citadine apparue il y a plus de 40 ans gagne en séduction. Un peu plus grande que la précédente elle brille par son niveau d’équipement et sa motorisation.
Un coup de maître. La nou-
velle Ford Fiesta 7e généra-
tion marque une réelle évolu-
tion sur sa devancière avec
une ligne plus élégante et
un format allongé (+7 cm) et
élargi qui en fait une citadine
à la polyvalence accrue. Jolie
à regarder de l’extérieur la
Fiesta est également plus sé-
duisante à l’intérieur avec une planche de bord agréable mais des fautes de  nition (plastiques durs sur les portières) et d’équipement (pas de sièges électriques) sur notre version d’essai Vignale, qui se veut pourtant le haut de la gamme. Des lacunes d’autant moins com- préhensibles que la Fiesta est par ailleurs richement dotée (Active Park Assist, régulateur de vitesse adaptatif, aide au maintien dans la voie, dispositif de reconnaissance des panneaux de signalisation, écran tactile 8 pouces à commandes vocales, système audio à dix haut-parleurs, toit panoramique en verre, phares intelligents...). Très agréable à conduire, silencieuse, confortable, la Fiesta se dé- marque surtout par le brio de sa mécanique, le petit moteur 1 litre de cylindrée « écoboosté » à 100 chevaux. Un régal en dépit d’une boîte auto à six rapports un rien paresseuse même en mode sport.
Modèle essayé : Ford Fiesta 5 portes 1.0 ecoboost 100 ch BVA6. Ta- rif à partir de 21 100 euros. Tarifs gamme essence à partir de 13 950 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 17 300 euros.
L’Arteon sublime la Passat
Le nouveau coupé familial de Volkswagen se positionne un peu plus haut en gamme que son inspiratrice. De quoi séduire une nouvelle clientèle.
C’est le nouveau haut de gamme de Volkswagen, situé entre la Passat bien connue et feu la Phaeton, grosse berline élaborée pour le marché chinois qui n’a jamais rencontré le succès en Europe. L’Arteon est donc une Passat «améliorée», coupé quatre portes remplaçant le précédent coupé «CC» apparu en 2008 et lui aussi sans véritable réussite commerciale au regard des perfor- mances du best-seller dont il était dérivé. L’Arteon devrait connaître un meilleur sort. Cette grande
familiale routière plus longue que la Passat de 9 centimètres est plutôt réussie sur le plan esthétique avec une ligne élégante et statutaire qui surclasse in- déniablement la berline originelle. En outre l’Artéon est très spacieuse, aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, en dépit de l’encom- brant pont de transmission, et dotée d’un immense coffre (563 litres) qui s’ouvre par un hayon. Extrêmement agréable à conduire, souple et performante grâce à sa motorisation diesel puissante de 240 chevaux et la toujours remarquable boîte auto DSG7, l’Arteon béné cie, pour ne rien gâcher du plaisir de rouler, d’un amortisse- ment piloté et d’une transmission intégrale. Restent deux écueils : un tarif élevé qui la positionne en concurrente des modèles premium du groupe (Audi) et l’absence de version break qui fait une grande partie du succès de la Passat. Toutefois des rumeurs font état de la possible arrivée d’une version Shooting Brake (break de chasse) – sur le modèle des Mercedes CLS et Porsche Panamera Sport Turismo – qui achèverait sans doute de convaincre les clients les plus réticents.
Modèle essayé : Volkswagen Arteon Elegance 2.0 TDI 240 DSG7 4M. tarif : à partir de 54 900 eu- ros. Tarifs gamme essence à partir de 53 500 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 42 300 euros.
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 L’Art du temps
   Essais & TEndancEs
Par Philippe Flamand
Kia Stinger : séduisante et convaincante
Une pure GT élégante et racée
La Stinger va donc prendre une belle longueur d’avance sur nos routes en faisant tourner bien des têtes avec sa sil- houette italiano-british. La belle est en effet à la fois élégante et racée, grâce au coup de crayon talentueux du designer français Grégory Guillaume, responsable du bureau de style européen de Kia à Francfort en Allemagne. Cette pure GT (Grand Tourisme) aux  ancs sculptés af rme sa sportivité et son aérodynamisme par des épaulements arrière larges et marqués, son long capot, des dé ecteurs avant, des prises d’air sur le capot et sur les ailes, un soubassement caréné et un diffuseur d’air arrière intégré, des jantes 18 ou 19 pouces, sans oublier quatre sorties d’échappement ovales et chromées (sur le modèle GT). De la belle ouvrage pour un «fastback» glamour mais néanmoins familial aux dimensions géné- reuses : 4,83 mètres de long, 1,87 mètre de large, un volume
de chargement de 406 litres.
L’habitacle surbaissé et spacieux est à l’avenant, très bien  ni, très ergonomique, avec des sièges en cuir de grande tenue noirs, rouges ou gris, et un confort sans reproche. Comme toujours chez Kia, l’équipement est complet avec, notamment, un af chage tête haute, un volant et des sièges chauffants de série et un hayon électrique mains libres pouvant s’ouvrir automatiquement s’il détecte la clé à proximité de l’arrière du véhicule pendant trois secondes.
   96 FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Baromètre  nance de marché
Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant les marchés  nanciers où le particulier peut investir
    la spéculation du mois
Solvay : un broker en soutien
Société Générale a relevé sa recommandation sur Solvay de Conserver à Achat, avec un objectif de cours de 135 euros. L’analyste avait abaissé sa recommandation sur le groupe de chimie après un faible troisième trimestre 2016. Aujourd’hui, Société Générale estime que l’accord conclu avec BASF pourrait lui permettre de détenir l’un des portefeuilles les plus attractifs du secteur.
    Arthur Cohen
Spécialiste des questions éthiques appliquées au secteur  nancier PDg des éditions Hermann
Noblesse n’oblige plus
Le 3 janvier 2018, la nouvelle directive européenne MIF II, tant attendue depuis 2010, est entrée en vigueur. Elle a pour but de mieux réguler les marchés  nanciers en apportant davantage de transparence et de protection au client  nal et au système  nancier dans son ensemble. Par exemple, en matière de gouvernance des produits, elle impose de nouvelles obligations aux producteurs et aux distributeurs, ou, en ce qui concerne la structure des marchés, elle encadre mieux les transactions, y compris celles qui se font de gré à gré, en obligeant à communiquer certaines informations avant et après négo- ciation. Les qualités de cette directive sont indéniables : la Commission européenne est parvenue à trouver un équilibre subtil entre la nécessité de garantir la liquidité suf sante au bon fonctionnement des marchés et l’objectif de protection des citoyens.
Un point a retenu mon attention ces dernières années : l’encadrement des avantages et des rémunérations. Depuis de nombreuses an- nées, les conseillers  nanciers indépendants étaient mobilisés sur le sujet : ils craignaient, expliquait notamment dès 2012 la FECIF, que la directive européenne ne détruisît leur modèle économique en interdisant la réversion de toute commission. Or, dans la plupart des pays, dont la France, la plus grande partie de la rémunération des conseillers  nanciers indépendants ne provenait pas des honoraires payés par le client mais était constituée des commissions reversées par les asset mana- gers. En interdisant la rétrocession de tout avantage monétaire ou non (sauf exceptions), la Commission européenne a, me semble-t-il, clairement pris la mesure du sens même de la notion de conseil indépendant. L’étymo- logie latine du mot l’exprime clairement : conseiller, c’est délibérer avec quelqu’un, prendre en considération une problématique et ré échir avec lui aux choix et décisions possibles... Ce n’est certainement pas un acte de vente ou de courtage. Il faut savoir gré à la Commission européenne d’avoir su préciser ce qu’impliquait le titre même de conseiller – précision linguistique certes, mais qui redonne ses lettres de noblesse au métier de conseil.
 l’actu maRché du mois
Ripple : le nouveau Bitcoin ?
Star des monnaies virtuelles décentralisées, le Bitcoin a fait voler en éclat tous les records l’an dernier. Mais si celui-ci a occupé l’espace médiatique, c’est pourtant une autre crypto-monnaie qui a enregistré les meilleures performances en 2017 : le Ripple. Il valait 0,0064 dollar au 1er janvier 2017, et s’échangeait à plus de 2,3 dollars à l’heure où nous écrivons ces lignes. Soit une progression de... 36 000% en un an. Avec une capitalisation de plus de 90 milliards de dollars, le Ripple est donc devenu la deuxième crypto-monnaie du marché derrière l’Ethe- reum. La fortune personnelle estimée de Chris Larsen, co-fondateur et ancien PDG de Ripple, est désormais estimée à près de 60 milliards de dollars, faisant de lui l’un des hommes les plus riches du monde devant Mark Zuckerberg.
Les obligations vertes se multiplient
Neuf grands groupes industriels européens se sont engagés à émettre des «green bonds», ou obligations vertes, pour accélérer leur transition énergétique. EDF, Enel, ENGIE, Iberdrola, Icade, Paprec, SNCF Réseau, SSE et TenneT participent à ce mouvement. Ensemble, ces entreprises ont déjà émis plus de 26 milliards de «green bonds». Les neuf émetteurs s’engagent donc à être présents à long terme sur le marché et à placer les «green bonds» au cœur de leurs  nancements et de leurs métiers. Ils s’engagent aussi à mettre en place des procédures rigoureuses de reporting, détaillant les béné ces environnementaux des projets et activités ainsi  nancés. 2017 devrait voir une émission record d’obligations vertes : 130 milliards de dollars selon des estimations citées par Novethic.
Spotify : une IPO début 2018 ?
Selon Axios, le leader mondial du streaming audio Spotify pourrait en n entrer en Bourse. Une opération longtemps attendue par les investisseurs, qui pourrait se concrétiser au premier trimestre 2018 selon le site d’informations Axios. La société basée à Stockholm s’est en effet enre- gistrée le mois dernier auprès du régulateur du New York Stock Exchange (NYSE). Spotify viserait une cotation directe, procédure peu fréquente. Cette forme d’intro- duction en Bourse ne prévoit pas d’émission de nouvelles actions, mais permet seulement aux actionnaires actuels de revendre leurs titres. Si cette opération est un succès, d’autres entreprises telles que Airbnb pourraient suivre cet exemple et procéder à une cotation directe selon le Wall Street Journal.
Suravenir et Primonial annoncent les taux 2017 des fonds euros du contrat serenipierre
-SÉCURITE PIERRE EURO (SPE)
Au titre de l’année 2017, le fonds en euros SECURITE PIERRE EURO (SPE) af che une performance de 3,40 %(1), tout en renforçant la réserve constituée en 2016. Malgré la forte augmentation de la PPB (Provision pour Participation aux Béné ces), qui dépasse 1,5% des encours, le taux de rendement demeure très attractif.
SPE est investi à 79,8 % (au 31.12.17) en immobilier tertiaire (bureau, santé et commerce) via un OPCI dédié et via des supports immobiliers collectifs – SCI, SCPI et OPCI.
En 2017, la stratégie d’investissement est restée la même que les années précédentes, à savoir des bureaux neufs ou récents sécurisés par des baux fermes, des commerces de proximité et des actifs
dédiés à la santé et l’éducation.
Comme le précise Laurent Fléchet, Directeur général délégué du groupe PRIMONIAL en charge de l’activité immobilière : « Nous maintenons un niveau de performance élevé sur le portefeuille immobilier de Sécurité Pierre Euro grâce à une sélection de nos actifs et une diversi cation à la fois géographique (France – Europe) et sectorielle (Bureau – Commerce – Santé) ».
Bernard Le Bras, Président du Directoire de SURAVENIR, ajoute : « La qualité des investissements réalisés depuis la création du fonds en 2012 nous permet de servir aujourd’hui un taux de rendement du fonds euros SECURITE PIERRE EURO de 3,40%(1), toujours parmi les plus élevés du marché, tout en dotant la Provision pour Participation aux Béné ces (PPB) pour la 5e année consécutive : un gage de rendement futur pour les assurés. Le contrat SERENIPIERRE nous a permis de réaliser une collecte brute de plus de 700 millions d’euros en 2017, pour un encours de plus de 3 milliards d’eu- ros à  n 2017. Autant de facteurs qui continuent de conforter notre con ance dans l’immobilier : une classe d’actifs à privilégier pour une perspective de rendement attractif ».
-SECURITE FLEX EURO (SFE)
Au titre de l’année 2017, le fonds en euros SECURITE FLEX EURO af che une performance
de 2,40 %. Dynamisé à hauteur de 20 % maximum par une poche de gestion  exible dont la gestion est con ée à Stamina AM, les 80 % restants sont investis sur l’actif général de Suravenir (25,9 milliards d’euros). A vocation patrimoniale, son objectif est de surperformer le rendement des fonds en euros traditionnels, tout en protégeant 100 % du capital net investi par l’investisseur.
FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr 97
Éthique & Finance
]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[d’art !
Avis aux investisseurs attirés par le marché de l’art ! Derrière les salles feutrées des maisons de vente aux enchères et les galeries d’art, le secteur fait aussi sa mue digitale. La jeune entreprise Monuma propose aux
ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Baromètre patrimoine
Brèves, actus et chiffres du mois concernant d’éventuels placements patrimoniaux pour le particulier
   l’actu patRimoine du mois
Une application pour expertiser vos œuvres
 Le placement du mois
C’est le pourcentage de hausse du prix moyen des propriétés haut de gamme à  n 2017. Si les ventes d’immobilier de luxe ont connu un pas- sage à vide ces dernières an-
Résultante des charmes de la ville lumière, mais aussi du Brexit qui draine un  ux continu de travailleurs londoniens qui cherchent à acheter dans la capitale française. Dans son sillage, la
nées, la baisse des prix suite
à l’élection présidentielle a
fait revenir les acheteurs. Fin
2017, le prix moyen d’un achat
s’estime à 1,27 million d’eu-
ros, après un pic à 1,4 million en juillet. La capi- tale se trouve d’ailleurs parmi les villes les plus en vue puisqu’elle se situe en deuxième place du podium des villes les plus prisées par les ac- quéreurs selon le réseau Barnes & Warburg.
«belle endormie» est elle aussi
appréciée des investisseurs
en quête d’immobilier de luxe.
Bordeaux attire chaque année
plus d’habitants, notamment
parisiens, dont les investisse-
14%
ments ont fait bondir le prix au mètre carré de 44 % sur dix ans. Le budget moyen des acquéreurs est, par exemple, passé de 1,4 million d’euros en juillet 2017 à 1,7 millions d’euro  n 2017. Un contexte propice à l’investis-
sement immobilier de luxe !
 collectionneurs et investisseurs une application qui permet à son utilisateur de faire expertiser une œuvre directement
 Focus suR...
l’investissement dans les timbRes !
9 millions d’euros
C’est le prix du timbre le plus cher de l’histoire. Il s’agit du One Cent magenta originaire de Guyane Britannique. Créé en nombre limité à la suite d’un retard de livraison au territoire de timbres en provenance de Londres, sa courte durée de vie en fait un timbre d’une extrême rareté. Si tous les timbres ne connaissent pas cet entrain de la part des collectionneurs, l’investissement dans les timbres attire autant les passionnés que les investisseurs. Mieux vaut cependant avoir une solide connaissance du marché avant de se lancer car nombreux sont les faux proposés à l’investisseur avide de gains rapides, notamment sur Internet. Les timbres an- ciens et bien sélectionnés voient en effet leur prix s’apprécier dans le temps, et garantissent de ne pas perdre le capital investi. L’investisseur devra cependant être prêt à payer son timbre ancien une centaine d’euros minimum. Selon des experts du secteur les timbres datant d’avant la Première Guerre mondiale et des anciennes colonies peuvent être des placements intéressants. Attention cependant, comme pour le vin, pour que la valeur s’apprécie, le timbre doit se trouver en parfait état. Le plus prudent pour l’investisseur néophyte serait donc de se faire accompagner par un expert dans un premier temps. Celui-ci pourra véri er le timbre, son état, et informer l’investisseur ou le passionné des modes  uctuantes de ce marché qui vont, elles aussi, in uer sur les prix.
 sur son smartphone. Si ce n’est pas le smartphone qui fait directement l’expertise, l’investisseur prend cinq photos de l’œuvre et l’envoie via l’application à un expert dédié 24h/24 a n d’obtenir une expertise dans les soixante- douze heures, pour des prix largement inférieurs à une expertise classique. Un compagnon qui devrait séduire tous les amateurs d’investissement tangibles, du vin aux sacs en passant par les tableaux et sculptures.
2,4 % de rendement pour le fonds en euros de l’Afer
L’Afer, l’Association française d’épargne et de retraite, annonce un rendement pour l’année 2017 de 2,4 % sur son
fonds en euros. Celui-ci
af che une légère baisse
par rapport à 2016 où il
s’appréciait à 2,65 points.
L’association a également
doté sa réserve de rende-
ment de 0,25 points pour
atteindre 0,8 points cette
année. Cette réserve permet de faire face à d’éventuels coups durs pour les assureurs, l’Afer ne l’alimente cepen- dant que depuis quelques années, ce qui peut expliquer le taux plus bas que la majorité des acteurs du marché.
   A PAS DE GÉRANTS : La réf me de l’ISF, quel possible impa  ?
Même si tout n’est pas encore déterminé, la réforme de l’ISF semble favoriser l’investissement dans l’économie au détriment de l’immobilier. Décryptage  n 2017 avec Guillaume Lucchini, associé fondateur de Scala Patrimoine.
Que propose la réforme de l’ISF portée par le gouvernement ?
La phrase qui explique le mieux la réforme selon moi c’est une phrase que Bruno Le Maire a prononcée : « Récompenser ceux qui prennent des risques ». En fait, au départ, l’ISF était un impôt qui comprenait tout actif, c’est-à-dire l’immobilier, les actifs  nanciers, les biens de luxe et s’adressait à des patrimoines nets su- périeurs à 1,3 million d’euros. Mais sachant que le pa- trimoine des Français est en grande partie composé d’immobilier, cet impôt taxait  nalement surtout l’im- mobilier, et s’adressait aux personnes aisées. Même si, avec la hausse du prix de l’immobilier, sont entrés
dans son giron des personnes moins aisées.
En 2015, l’ISF concernait moins de 350 000 foyers  scaux en France.
Aujourd’hui la démarche du gouvernement, c’est d’im- poser différemment une valeur refuge et un investis- sement dans l’économie. Ainsi l’ISF devient l’impôt sur la fortune immobilière (l’IFI), et va dorénavant
simplement taxer le patrimoine immobilier.
Quel impact pour l’épargnant ?
La volonté du gouvernement est de rendre liquides les patrimoines trop immobilisés, et de réinjecter ces liquidités dans l’économie française. Ainsi, les pro- priétaires fonciers doivent aujourd’hui faire des arbi- trages et se demander, en fonction de la rentabilité des produits immobiliers, s’il vaut mieux garder un bien qui ne rapporte plus ou le revendre et le réinves- tir dans l’économie.
De manière plus générale, les investissements sûrs et rémunérateurs tendent-ils à disparaître ? Effectivement, il n’y a plus de recette miracle, les fonds euros ont vocation à disparaître et l’immobilier lui va être fortement  scalisé. Aujourd’hui pour avoir du rendement il faut prendre des risques. Les inves- tissements  nanciers peuvent encore faire espérer du rendement, mais pour cela il faut être bien accompa-
gné.
Propos recueillis part Nicolas Pagniez
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FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels
Focus sur un placement ou investissement a n d’analyser les tendances et évolutions
Opportunités de placements en 2018
Investissements new wave
Pierre, or, vins, pierre-papier, bitcoins, assurance-vie, tour d’horizon du champ des possibles en 2018. Selon votre appétence pour le risque...
?
   Par Pierre-Jean Lepagnot
et de la faiblesse persistante des taux d’intérêt, nul doute que nombreux épargnants ont intérêt à adapter la répartition de leurs placements.
placements à la fois réel- lement rémunérateurs et sans risque. Toutefois, cette prise de risque peut rester mesurée grâce à une bonne diversi cation. « Les fonds indiciels, ou ETF, constituent une solution de placement intéressante en offrant à la fois une forte diversi cation et des frais plus faibles que les fonds traditionnels. Ils permettent en effet d’investir dans toutes les régions du monde pour capter le sur- plus de croissance là où il se trouve », estime Bertrand Tourmente. Les frais de ges- tion peuvent eux aussi être réduits en privilégiant des plateformes de gestion en ligne ou «robo-advisors». Yomoni, qui met l’accent sur la transparence et la maîtrise des frais, assure que les épargnants ayant
place l’impôt de solidarité
sur la fortune ». En n, en
abaissant la  scalité, surtout
durant les quatre premières
années, la réforme conduit
les épargnants à considérer
l’assurance-vie comme un
placement de court et moyen
terme. « L’assurance-vie de-
vrait continuer de séduire les
Français même si la baisse
de rendements des fonds
en euros devient problé-
matique », estime Jérémy
Aras, directeur financier
de l’Institut du patrimoine.
Effectivement, ce placement
sans risque, qui rapportait
plusde4%en2007,avu
ses rendements chuter ces
dernières années pour dépas-
ser à peine les 1,5 % dans le
sillage des obligations d’Etat.
Dès lors, quelles alternatives
à ce déclin ? Jéremy Aras re-
commande les fonds de type
même : 30 %. Cette modi- europierre ou eurodynamique accepté de prendre le plus
   L’année 2018 est mar- quée par la révolution  scale promise par Emmanuel Macron et mise en musique par Edouard Philippe. « Depuis plusieurs années, les réformes  scales étaient à la marge. Cette fois, nous sommes en pré- sence d’une véritable révo- lution », con rme Thaline Melkonian, responsable de l’ingénierie patrimoine à la banque privée Degroof Pe- tercam. Faut-il s’en inquié- ter ? Clairement non. Dans la plupart des cas observe Edmond de Rothschild dans une note consacrée au sujet, « ce budget 2018 se traduit pour les contribuables per- cevant des revenus mobiliers (dividendes, plus-values, intérêts) ou assujettis à l’ISF en 2017 par un allégement de leur pression  scale glo- bale ». Pour autant, au vu de la nouvelle loi de  nances
l’assuRance-vie GaRde des atouts, malGRé tout L’assurance-vie connaît depuis la fin de 2017 un vrai bouleversement avec l’introduction d’un prélè- vement forfaitaire unique (PFU). Cette « at tax» sur les revenus du capital réduit fortement l’incitation à la conservation de ses contrats dans la durée. Jusqu’au 26 septembre dernier, la  scalité du placement  nancier pré- féré des Français applicable aux retraits était dégressive dans le temps. Désormais, au cours des huit premières années, l’imposition sera la
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FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
Les Etats seront-ils responsable de l’écla- tement de la bulle?
La réforme conduit les épargnants à considérer l’assurance-vie comme un placement de court et moyen terme
  cation a décontenancé les épargnants qui ont massi- vement effectué des retraits en novembre dernier. Pour autant, pas d’inquiétude, assurent en chœur les spécia- listes. « Le gouvernement n’a pas touché aux atouts  scaux et civils de l’assurance-vie en cas de décès de l’assuré. Sur ce point, ce placement reste incontournable pour préparer sa transmission », indique Bertrand Tourmente, fondateur d’Althos Patri- moine. Ensuite poursuit Thaline Melkonian, « l’en- veloppe investie en actifs financiers sort du champ de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui rem-
qui, davantage exposés en valeurs immobilières et/ou mobilières (mais garantis en capital), surperforment le marché (3,40 % en 2017 pour le fonds Sécurité Pierre Euro du contrat Sérénipierre de Suravenir).
les etF, la nou- velle maRtinGale Pour faire fructifier son épargne à long terme, de plus en plus de profession- nels recommandent d’inves- tir au sein des entreprises. Cela nécessite naturellement de prendre un peu plus de risques, mais dans le contexte actuel, il semble quasi-im- possible de bénéficier de
de risques ont enregistré une performance de 24,6 % en un peu plus de deux ans. Pour dégager une telle per- formance, Yomoni s’appuie sur toute la palette des ETF, dans toute les régions et tous les secteurs. « Notre offre séduit deux grands types de pro ls : les trentenaires, qui se construisent progres- sivement une épargne en vue d’un projet d’investissement à moyen terme, et les quin- quagénaires. Ces derniers souscrivent dès le départ une somme importante, souvent plus de 10 000 euros pour découvrir nos capacités et notre valeur ajoutée », dé- taille le président exécutif de
 ]]></page><page Index="101" isMAC="true"><![CDATA[                  La Banque DeLuBac & cie,
une banque indépendante, familiale et spécialisée au service des entreprises et des particuliers depuis près d’un siècle.
Créée en 1924, la Banque Delubac & Cie n’a cessé depuis plus de 90 ans de se réinventer au service de ses clients et des besoins de l’économie.
Société en commandite simple, ses associés gérants dirigeants sont responsables sur leurs biens personnels. C’est un gage de sécurité dans l’exercice d’un métier qui repose sur la con ance.
    La Banque Delubac & Cie o re des solutions sur-mesure aux entreprises et aux particuliers autour de 5 branches d’a aires spécialisées :
Banque De Gestion D’ÉparGne Banque Des entreprises
Banque D’affaires
Banque Des aDministrateurs De Biens Banque JuDiciaire
                                                                                      PARIS
10, rue Roquépine - 75008 Paris - 01 44 95 86 20 Siège Social
16, place Saléon Terras - 07160 Le Cheylard - 04 75 29 02 99 www.delubac.fr
 www.point-exclamation.com / © Banque Delubac & Cie
]]></page><page Index="102" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
 Investissements personnels
 Yomoni, Sébastien d’Ornano. Une autre start-up nommée Nalo, opérationnelle depuis novembre dernier, entend elle aussi révolutionner le secteur français de la gestion d’actifs. La méthode élabo- rée par cette plateforme est d’ « investir par objectif ». En clair : essayer de dé nir les horizons auxquels il sera nécessaire de « casser sa ti- relire » pour faire face à un événement important : projet immobilier, paiement des études d’un enfant ou départ à la retraite par exemple. « En dé nissant ainsi des horizons d’investissement (cinq ans, dix ans, 20 ans par exemple), il devient possible de prévoir des poches d’investissement dédiées à chaque objectif, qui seront pilotées indépen- damment au sein du même contrat d’assurance-vie. Chaque poche sera progres- sivement sécurisée, en rédui- sant l’exposition aux risques (notamment aux actions et donc à un risque de baisse des marchés) à l’approche de l’objectif  xé », explique Hugo Bompard, l’un des fondateurs de Nalo. Selon lui, « cette stratégie permet de béné cier du dynamisme des actions tout en calibrant la prise de risque en fonction d’objectifs concrets. Il s’agit d’une excellente approche pour les investisseurs dé-
sireux de sortir des tradi- tionnels fonds en euros et continuer à faire fructi er leur épargne durablement ».
le RetouR du pea
Après une année 2017 écla- tante, les principaux marchés actions ont bien débuté le nouvel exercice. « Les pré- visions de croissance pour 2018 et l’effet de la réforme  scale aux Etats-Unis de- vraient continuer de soutenir les indices boursiers cette année », estime Benjamin Philippe, responsable de la gestion action chez Degroof Petercam Gestion. Les mar- chés européens offrent de belles opportunités à saisir, précise le professionnel. De quoi conforter l’intérêt des épargnants français pour l’investissement en actions, de préférence via un PEA, où les revenus et les plus-values sont exonérées d’impôt sur le revenu si aucun retrait n’est effectué durant les cinq années suivant son ouverture. Seuls les revenus et les plus-values restent soumis aux prélève- ments sociaux. « Le PEA est un outil génial pourvu que l’on choisisse un pro l dyna- mique. On peut investir dans des actions européennes, des fonds actions et même dans des actions internationales grâce aux ETF », souligne Bertrand Tourmente.
la pieRRe-papieR conseRve son éclat Côté immobilier, les Sociétés de placement immobilier (SCPI) devraient continuer d’avoir le vent en poupe cette année. Comme en 2017, les SCPI de bureaux devraient béné cier de la majorité de la collecte, suivie des SCPI de commerces et de celles aux actifs diversi és. Quel que soit le choix du ges- tionnaire, son principe est le même : sélectionner des biens ayant un taux d’occu- pation important et régulier, des entreprises ou enseignes locataires solides a n de pou- voir reverser les loyers aux investisseurs déduction faite des frais de gestion. A n de mieux sécuriser leurs actifs et soutenir leurs rendements, les SCPI agrandissent leur périmètre d’actions dans
toute l’Europe. Après l’Al- lemagne, la Finlande et les Pays-Bas, elles se tournent vers l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Et le résultat est au rendez-vous. Avec un taux de distribution de 6,45 % en 2017, la SCPI Corum a con rmé la performance de sa stratégie qui consiste à saisir les opportunités qu’offrent les cycles immobiliers dans l’ensemble de la zone euro. Fort de son expérience, la société de gestion Corum AM
des plus risqués. Mi-jan- vier, la monnaie virtuelle est retombée sous les 10 000 dollars après avoir touché un plus haut historique à 19 783 dollars le 17 décembre der- nier. Le bitcoin va continuer d’être pénalisé dans les mois à venir par des craintes des investisseurs concernant un resserrement de la régle- mentation sur les monnaies virtuelles. La Chine et la Corée du Sud ont notamment évoqué une interdiction des
un effet mécanique baissier sur l’or et inversement », explique Nicolas Chéron, responsable de la recherche marchés pour Binck.fr. Quant aux placements atypiques, il reste recommandé de ne pas y consacrer plus de 10 %, voire 5 % de son patrimoine. En dix ans, l’indice des 100 plus grands crus français (WineDex 100) a plus que doublé. Toutefois, l’augmen- tation signi cative du prix des grands vins depuis 2009- 2010, doit s’inscrire dans une perspective de très long terme – au moins dix ans – pour espérer un bénéfice significatif. Les mises en garde régulières de l’Auto- rité des marchés  nanciers à l’égard des placements dits «atypiques» invitent ainsi à être extrêmement prudent. De nombreux ac- teurs se disputent le marché de l’investissement dans le vin : Cavissima, Patriwine, U’Winevest, Cavacave... Le ticket d’entrée est souvent
  Une valeur qui ne semble pas seule- ment refuge...
 Les Sociétés de placement immobilier (SCPI) devraient continuer d’avoir le vent en poupe cette année
 est allée plus loin en lançant en avril dernier Corum XL, dont la stratégie d’acquisition dépasse la zone euro. « Notre objectif est de combiner les opportunités offertes par les cycles des devises à celles de l’immobilier pour proposer à l’épargnant une performance de 10 % sur dix ans », explique Frédéric Puzin, président de Corum AM. Comparé à un achat dans la pierre, l’atout de la SCPI est son faible ticket d’entrée, autour de 1 000 euros la part.
le bitcoin, allo quoi ?
Du côté des placements à la mode, dif cile d’éviter le bitcoin. Mais n’en déplaise à Nabilla qui en faisait la pro- motion récemment, la plus célèbre des crypto-monnaies semble un investissement
plateformes de transactions pour ces monnaies. Selon Citigroup, le bitcoin pour- rait baisser jusqu’à 5 605 dollars à brève échéance. Âmes sensibles s’abstenir, donc. En revanche, l’or a réussi à tirer en 2017 son épingle du jeu s’adjugeant une performance honorable de 13 %. Et pourrait se dis- tinguer encore cette année. « Pour 2018, le facteur à ne pas négliger est le dollar. En effet, le métal jaune est libellé en dollar. S’il existe bien un facteur qui explique que les cours de l’or soient remontés ces 15 derniers mois, ce ne sont pas les ten- sions géopolitiques dont le marché n’a cure depuis plusieurs trimestres mais bien le dollar américain. Une appréciation de la mon- naie américaine aura donc
assez élevé : entre 10 000 et 50 000 euros pour Patriwine, 20 000 pour Cavissima. Ce dernier propose aussi une offre grand public sans mi- nimum investi. Avant de se lancer, il faut impérati- vement prendre connais- sance des frais (de gestion, d’assurance, de revente) qui peuvent être conséquents. Pour limiter les risques, il peut être judicieux de miser sur des fonds investis dans le vin de façon à béné cier de l’expérience des gérants et de la diversi cation. Ces dernières années, le fonds March Intl. Vini Catena as- sure ainsi avoir surperformé les indices actions mondiaux en investissant sur toute la chaîne .de production de l’industrie du vin à travers des actions internationales cotées.
 Placement entreprise : Que faire ?
Entretien avec Denis Meilhon, Directeur Général à la Banque Delubac & Cie /Banque des entreprises
Quels placements entreprises auraient le vent en poupe en 2018 ? Comptetenudelapolitiquemonétairede tauxbas,deuxconstatssontàfaireenma- tière de trésorerie des entreprises. Sur du courtterme,iln’yapasdesolutionmiracle notamment en raison, les OPCVM moné- tairesquiétaientsouventutilisésontdes rendementsnulsounégatifs.Enrevanche sur le moyen-long terme, et pour la partie delatrésorerierécurrente,onpeutenvisa- gerdesOPCVMditspatrimoniaux,quisont des fonds diversi és à dominante taux. Cela se destine aux entreprises en excé- dent de trésorerie qui possède une bonne visibilité sur plusieurs années. Les place- mentspossèdentunrendementdel’ordre de 2,24% par an de façon régulière.
Vous vous occupez également du  nan- cement du poste client. Pouvez-vous nous préciservosservices? Surle nancementduposteclient,nous intervenons sur les trois grandes théma- tiques:miseenplacedeligned’escompte, deloiDaillyoud’affacturage.Selonlechoix derèglementduclientetdesacapacitéà gérerlasolution,nousluiproposeronsla solution idoine pour ne plus supporter le risque client. Notons que l’affacturage estdeplusenplusprivilégiéeparlesen- treprises, solution qui nécessite moins de contraintes règlementaires, que d’autres solutions alternatives à l’image de la loi Dailly, pour couvrir le BFR et béné cie d’uneassurance-créditattachée.
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]]></page><page Index="103" isMAC="true"><![CDATA[                           ]]></page><page Index="104" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels immobiliers
Dispositifs incitatifs & Investissements dans la pierre
Révolution de velours
  La dé scalisation immobilière, semble-t-il, a survécu à la réforme  scale... Les principaux dispositifs de dé scalisations immobilières ayant été prolongés par le nouveau gouvernement.
de biens neufs et soutenir la promotion immobilière. De même, le dispositif Cen- si-Bouvard destiné aux rési- dences services a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2018. Là aussi, l’Etat a compris que les épargnants pouvaient être une aide précieuse pour faire sortir de terre les résidences étudiantes, seniors et autres Ehpad qui manqueront de plus en plus cruellement à la France ces prochaines années. Dernier exemple, plus édi-  ant encore : les dispositifs Monuments Historiques et Malraux sont gardés intacts année après année malgré leur pouvoir de défiscali- sation. Pour pro ter d’une réduction d’impôt dès cette année, l’investissement dans l’immobilier apparaît encore comme l’une des solutions les plus avantageuses, tout en gardant bien sûr en tête que la carotte  scale ne fait pas le placement.
l’iRRemplaçable loi pinel
Remplaçant le dispositif Du-  ot depuis 2014, le dispositif d’investissement locatif Pinel, dont l’extinction était prévue  n 2017, a  nalement été pro- longé pour quatre ans, soit jusqu’au 31 décembre 2021. La loi de  nances pour 2018
Comme pour le dispositif vous faire
n’a pas modi é les conditions d’application. En contrepartie de l’achat d’un logement neuf pour le mettre en location (et du respect de plafonds de loyer), ce dispositif offre au propriétaire-bailleur un
abattement  scal de 12 %, 18%ou21%enfonctionde la durée de la location (six, neuf ou 12 ans). Le plafond d’investissement retenu est de 300 000 euros, soit 63 000 euros de réduction maximale sur 12 ans. En contrepartie de cet avantage  scal, les loyers et les ressources du locataire ne doivent pas dépasser cer- tains plafonds. Le bien loué doit également se situer dans des zones très précises. Si la liste des villes éligibles au Pinel avait été étendue par le budget 2017, la loi de  nances pour 2018 vient, au contraire, de la circonscrire aux territoires où la demande de logement est forte. Depuis le 1er janvier 2018, le dispo- sitif est ainsi recentré sur les investissements réalisés dans les zones géographiques où le déséquilibre entre l’offre et la demande est le plus im- portant, c’est-à-dire dans les zones A, A bis et B1, telles que dé nies par l’arrêté du 1er août 2014. Il s’agit essen- tiellement des communes de la région parisienne, de la Côte d’Azur et des grandes agglomérations. Ainsi cir- conscrit, le Pinel reste-t-il un placement attractif ? « Bien sûr, à condition de respecter les règles basiques de l’inves- tissement immobilier : ne pas
directeur commercial du groupe Cedif recommande de miser sur l’ancien dans le cœur de ville. « De cette manière, l’investisseur a bien plus de chances de maîtri- ser son sujet », explique le professionnel. « Certes, le cœur de ville est plus cher, mais la probabilité de la valorisation patrimoine est beaucoup plus importante dans le temps que d’autres biens situés en périphérie. » A l’image du reste de la pro- fession, Christian Besnier conseille d’optimiser le dis- positif Pinel avec du dé cit foncier, un mécanisme qui permet de retrancher des loyers perçus les diverses charges liées au(x) bien(s) loué(s), notamment les travaux éligibles à ce même dé cit foncier. Lorsque celles-ci sont supérieures aux revenus fonciers, on parle alors de dé cit foncier. Dans ce cas, le propriétaire peut soustraire ce dé cit de ses autres reve- nus soumis à l’impôt (salaire, dividendes perçus, etc.) dans la limite de 10 700 euros. Et s’il dépasse ce plafond, le surplus est reportable, dans les mêmes limites annuelles, pendant dix ans sur les re- venus de même catégorie (c’est-à-dire l’ensemble de ces revenus fonciers), mais
Par Pierre-Jean Lepagnot
   Le centre de Cayenne. Une place où faire encore de bonnes affaires selon les spécialistes.
La révolution  scale pro- mise par Emmanuel Macron a bien eu lieu. Suppression de l’ISF remplacé par l’IFI, mise en place de « at tax», prélèvement à la source en 2019... Toutefois, n’en déplaise aux chasseurs de niches  scales, plusieurs dispositifs de dé scalisation immobilière ont été prolongés. Une manière sans doute de donner du pouvoir d’achat aux Français. Surtout, le gouvernement a compris, comme ses prédécesseurs, que la dé scalisation pouvait rendre un  er service à l’éco- nomie française ! La loi Pinel, censée disparaître en 2017, a été  nalement reconduite jusqu’en 2021 pour tenter de combler le déséquilibre entre l’offre et la demande
le Malraux, la qualité des biens pour Monuments Historiques ne doit pas oublier celle de leur emplacement
  surpayer le bien par rapport au prix du marché et veiller à la qualité de son empla- cement », indique Antoine Tranchimand, associé chez K&P Finance. Pour limiter les risques, Christian Besnier,
aussi de pouvoir pratiquer la réduction liée au dispositif Pinel dès la  n des travaux, sur la base du prix du foncier et des travaux éligibles à ce dispositif. « Le dispositif Pinel, optimisé au déficit
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]]></page><page Index="105" isMAC="true"><![CDATA[ CONSEILS GRATUITS
]]></page><page Index="106" isMAC="true"><![CDATA[ART DE VIVRE & PATRIMOINE
Investissements personnels immobiliers
  foncier, convient bien aux ménages imposés à partir de 5 000 euros et jusqu’à 12 000 euros et ayant déjà quelques revenus locatifs. Au-delà, je recommande plutôt le Malraux, mais le tout dépend de la stratégie et des objectifs patrimoniaux de l’investisseur, et pour rappel de base, la  scalité n’est pas un objectif, c’est un outil pour avoir un effet de levier et se constituer son patrimoine futur », précise Christian Besnier.
le malRaux se Fait RaRe
Le dispositif Malraux, destiné à faciliter la rénovation du centre historique des grandes villes, a été prolongé jusqu’au 31 décembre 2019. Il devrait continuer jusque-là de susciter l’intérêt des investisseurs, sou- cieux de conjuguer réduction  scale et placement immo- bilier porteur. L’investisseur achète un bien dans un secteur sauvegardé ou dans une zone de protection du patrimoine. Le prix d’achat des murs ne donne aucun avantage. Seuls les travaux ouvrent droit à réduction d’impôt de 30 %. Le plafond de dépenses est limité annuellement à 100 000 euros. Mais, les travaux pou- vant s’étaler sur quatre ans, l’économie d’impôt peut at- teindre 120 000 euros. Pour y prétendre, le propriétaire doit louer nu son bien pendant neuf ans. Aucun plafond de loyer n’est imposé. Cerise sur le gâteau : le Malraux n’entre pas dans le plafond des niches  scales de 10 000 euros, contrairement au Pinel. Revers de la médaille, plus de cinquante ans après le lancement du dispositif, le temps a fait son œuvre et les biens éligibles au Malraux se font rares et chers. Dé- sormais, l’investisseur qui souhaite malgré tout intégrer dans son patrimoine un bien de caractère tout en pro - tant de l’avantage  scal est contraint de se tourner vers despluspetitesvillesaux centres historiques décatis. Une option qui n’est pas sans
risque, puisque la visibilité du marché de l’immobilier, à la location comme à la revente, est en effet plus limitée à Nîmes ou Saintes qu’à Lyon ou Bordeaux.
les monuments histoRiques encoRe debout
Si le Malraux est réservé à une clientèle aisée, c’est-à-dire qui règle chaque année plus de 15 000 euros au Trésor, que dire du dispositif Mo- numents Historiques (MH) ? L’achat des murs ne donne droit à aucun avantage. Mais le propriétaire qui loue après avoir effectué une restau- ration impute la totalité du coût des travaux sans aucune limitation sur son revenu taxable. Si l’appartement n’est pas loué, la déduction des travaux tombe à 50 %.Et le dispositif MH n’entre pas, comme le Malraux, dans le plafond de 10 000 euros des niches  scales. Les conditions de location sont, de surcroît, très souples : pas de durée imposée ni de plafonds de loyers ou de ressources des locataires, liberté totale de louer nu ou meublé. Ce ré- gime est idéal pour ceux qui paient beaucoup d’impôt et souhaitent constituer un patrimoine immobilier de qualité. Seul problème : les programmeséligiblessonttrès peu nombreux. Par ailleurs, comme pour le Malraux, la
qualité des biens ne doit pas vous faire oublier celle de leur emplacement.
Résidences
seRvices : pouR
tous les Goûts
Les résidences services conti- nuent de rester une valeur sûre de la défiscalisation immobilière. Sous ce terme sont regroupées les résidences étudiantes, de tourisme, les Ehpad, les résidences se- niors et d’affaires. Moins importante que le Pinel, la réduction Censi-Bouvard reste toutefois intéressante. L’investisseur un logement de ces résidences sans se préoccuper de sa gestion déléguée à un exploitant.
et ainsi pratiquer la déducti- bilité de l’amortissement du bien, de manière à réduire substantiellement la base imposable à l’impôt sur le revenu. Une fois ceci posé, quelle résidence choisir ? Les biens dans le tourisme ne manquant pas de charme et les programmes de qualité, notamment à la montagne, restent très recherchés comme en témoigne le succès du pro- gramme EdenArc aux Arcs 1800. La commercialisation de la dernière tranche de 50 lots a débuté début janvier pour une livraison en dé- cembre 2018. « Les appar- tements, tous de grand stan- ding, offrent une rentabilité nette comprise entre 2,5 %
appartement en résidence de tourisme, c’est aussi ac- cepter d’en con er la gestion via un bail commercial à un exploitant. Lequel prend en charge la location du bien ainsi que le fonctionnement de l’établissement et verse à l’investisseur, en contre- partie, un loyer  xe garanti. Autrement dit, c’est de lui que dépend la réussite de l’opération. Pour éviter les mauvaises surprises, il faut sé- lectionner un opérateur solide  nancièrement et doté d’une enseigne connue, comme Odalys par exemple. En n, l’investisseur se doit d’être vigilant quant aux conditions du contrat qu’il signe avec l’exploitant. « Le contrat doit comporter une clause de renonciation qui permet à l’investisseur de récupérer son bien aux termes des neuf ans sans indemniser le ges- tionnaire », avertit Jérôme Roche. Chaque type de rési- dence à ses qualités : l’Ehpad offre la meilleure rentabilité nette (entre 4,5 % et 5 %), l’étudiant, le ticket d’entrée le plus faible (80 000 euros HT en moyenne).
cayenne, nouvel eldoRado
Les investisseurs en quête d’exotisme et d’une dé s- calisation majorée peuvent enfin être tentés par les charmes de l’Outre-mer. Le
milliers de kilomètres de sa résidence principale, quelques précautions s’imposent. « En premier lieu, l’investisseur devra se montrer vigilant sur l’emplacement du bien, son rapport qualité/prix et sa rentabilité locative. Il doit également accorder une importance particulière à l’historique du promoteur qu’il choisit. Des investis- seurs ont malheureusement dû faire face par le passé à de nombreuses dif cultés : constructions mal finies, logements non adaptés à la demande locale qui sont ensuite demeurés vacants », indique Elena Azria, direc- trice du développement du Groupe Océanic, leader du marché en Guyane depuis une quinzaine d’années. « Ce département devrait connaître un doublement du nombre d’habitants d’ici à 2030 (de 250 000 à 500 000 habi- tants), alors que la Guyane, et notamment Cayenne, font actuellement face à une pé- nurie de logements », ex- plique-t-elle pour justi er la stratégie de sa société. « Dans ce contexte et avec une po- pulation active à hauts reve- nus, les loyers restent élevés, comparables à ceux d’une grande ville de province », assure Elena Azria. Un point de vue largement partagé par Antoine Tranchimand. Spécialisé, entre autres, dans l’investissement outre-mer, son cabinet K&P Finance a lui aussi un faible pour la Guyane. « C’est selon moi la région la plus attractive pour investir en Pinel outre-mer. Les prix au mètre carré sont corrects et les loyers élevés. En effet, la demande locale est très importante, avec une population en croissance constante. Investir en Guyane aujourd’hui semble aujourd’hui un pari peu risqué », con rme le pro- fessionnel qui estime à 5,5 % brut la rentabilité d’un studio neuf bien .placé à Cayenne ou à Rémire-MontJoly, ville qualifiéede«Neuillyde Cayenne».
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Le Malraux survit mais les places sont chères.
L’Ehpad offre la meilleure rentabilité
nette (entre 4,5 % et 5 %), l’étudiant, le ticket d’entrée le plus faible (80 000 euros HT en moyenne)
 La réduction d’impôt est répartie sur neuf ans et pla- fonnée à 11 % de 300 000 euros d’investissement, soit 33 000 euros. Pour les inves- tisseurs qui se trouvent dans les tranches d’imposition les plus élevées, il est toutefois recommandé d’abandonner la réduction d’impôt pour pri- vilégierlesavantagesliésau statut de Loueur en meublé non professionnel (LMNP)
et 3,6 % », indique Jérôme Roche, directeur commer- cial du programme EdenArc 1800. Atout majeur, le pro- priétaire peut, s’il le souhaite passer plusieurs semaines de vacances dans son bien. Pour s’offrir ce placement plaisir, il faudra débourser entre 200 et 250 000 euros pourunT2etde290000à 455 000 euros pour un T3. Devenir propriétaire d’un
Pinel outre-mer fonctionne comme son cousin de métro- pole, mais à deux différences près. Premièrement, le taux de réduction est plus élevé (23%poursixans,29% pour neuf ans et 32 % pour 12 ans). Deuxièmement, le plafonnement des niches  scales est relevé à 18 000 euros,contre10000euros en métropole. Pour réussir un investissement à plusieurs
]]></page><page Index="107" isMAC="true"><![CDATA[Tribune libre
EXPRESSIONS
  L’IA : nouvel eldorado de la formation
5milliards de dollars : c’est la somme qui sera investie dans le développement de l’intelligence arti cielle à partir de 2020. Trop souvent décriée comme signant la mort du travail humain, l’intelligence arti cielle
présente en réalité beaucoup plus d’avantages qu’on ne le pense sur le marché du travail et transforme en profondeur la formation professionnelle telle qu’elle était pensée jusqu’à maintenant.
C’est dans ce sens que nous avons conçu nos 10 ten- dances 2018 de la formation professionnelle.
Comme le démontre l’ouvrage Le Seigneur des Robots d’Arnaud de Lacoste, associé fondateur de Sitel Group, notre maison mère, robots et algorithmes ne rempla- ceront pas la créativité et le savoir-faire humain. Au contraire, l’IA permet un réel empowerment du salarié par le changement de paradigme qu’elle implique. L’automatisation des tâches ne se substituera en ef- fet pas au salarié mais permettra de le délester des charges à faible valeur ajoutée, lui laissant alors le temps nécessaire pour réaliser d’autres missions et développer des compétences parallèles. Il lui faudra notamment acquérir les connaissances nécessaires pour travailler avec des machines dotées d’intelli- gence arti cielle.
Cette montée en compétences s’accompagne égale- ment du développement des soft skills, ces fameuses qualités comportementales que les entreprises valo- risent aujourd’hui. Et il faut alors que la formation, telle qu’elle est aujourd’hui proposée par l’employeur, prenne en compte cet intérêt croissant, en proposant non seulement des formations permettant une mon- tée en compétences des salariés mais également une valorisation de ces soft skills.
Ainsi, les formateurs devront également faire preuve de polyvalence pour répondre à ces nouveaux dé s et continuer à s’adapter sans cesse à l’apprenant, à ses compétences, ses besoins, son expérience et ses préférences afin de mettre en place des parcours totalement personnalisés. Le blended learning de- viendra progressivement la règle et ira de pair avec le « spaced learning » : les modules de formation sont espacés, laissant le champ libre à l’expérimentation ponctuant chaque séquence.
L’intelligence arti cielle sera mise à pro t pour créer des contenus plus « learner centric », dans une lo- gique ATAWAD (Any Time, Anywhere, Any Device). Cette formation personnalisée permettra également de préserver et de partager la culture d’entreprise, grâce à un apprentissage collaboratif.
L’accent sera également mis sur l’interaction entre les apprenants, tout en laissant une place importante au storytelling : la formation doit rester un plaisir et provoquer des émotions. L’usage de la réalité virtuelle ou augmentée, par le biais des outils mis à disposition par l’IA, offrira des expériences en totale immersion permettant à l’apprenant de s’identi er et de se projeter dans l’action.
Cette hybridation des technologies et des capacités humaines impactera également l’activité des entre- prises et leurs résultats. Les travaux de Kirck Patrick sont, en ce sens, toujours d’actualité et les (nouveaux) outils mis à disposition des formateurs permettent d’optimiser l’évaluation de l’ef cacité de la formation. Ainsi, l’évaluation de la satisfaction est de plus en plus digitalisée - ce qui permet de réagir plus rapi- dement -, l’évaluation des compétences peut être gami ée - ce qui la rend plus ludique et plus enga- geante -, l’évaluation du transfert des connaissances depuis le poste de travail est réalisée par le manager grâce à un suivi plus  n, en ligne, des compétences à acquérir en formation, l’évaluation des résultats et de l’impact sur l’organisation est clairement mieux dé nie en amont et donc plus facile à suivre, en n l’évaluation du ROI pur (coûts vs gains ou économies) est analysée grâce aux indicateurs de performance.
Nous le voyons bien, l’arrivée de l’intelligence arti-  cielle au sein des entreprises ne signe pas l’arrêt du travail humain mais permet une plus grande empathie et plus grande disponibilité du salarié, déchargé des tâches à faible valeur ajoutée. 80% des cadres interro- gés par Narrative Science en 2015 considéraient ainsi que l’IA rendaient les collaborateurs plus productifs et permettraient de créer des emplois. Les organismes de formation doivent se saisir de ce nouvel enjeu qui vient bouleverser le monde de l’EdTech a n de répondre aux besoins et attentes des salariés et des entreprises. » n
Par Philippe Riveron
Président-Fondateur de Learning Tribes
  FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="108" isMAC="true"><![CDATA[Tribune libre
EXPRESSIONS
  Encourager et valoriser le rebond pour ne plus craindre l’échec
  Par Isabelle Saladin Présidente d’I&S Adviser
Le regard et les discours sur l’échec en- trepreneurial commencent à changer en France. Pour aller plus loin encore, il faut que l’échec soit vu comme une simple étape dans un parcours, l’important étant de dé-
velopper et de laisser s’exprimer la capacité de rebond des entrepreneurs.
Initiatives d’associations comme 60 000 Rebonds, SOS Entrepreneurs ou 24H Chrono rebondir... Prises de parole dans les médias de “serial entrepreneurs” qui racontent leur histoire, idée d’un droit à l’erreur pour les entrepreneurs soulevée par l’Etat, puis création d’une commission « Créa- tion, transmission, rebond » dans le cadre des discussions préliminaires sur le projet de loi Pacte... Partout en France, en ce moment, il se dit qu’il ne faut plus regarder l’échec comme une  n rédhibitoire, qu’il y a toujours un « après ». Sauf que souvent, cet « après » consiste uniquement à limiter les dégâts.
Sans minimiser le traumatisme vécu par l’entrepreneur, il me semble que le plus important est de l’encourager à rebondir et de maximiser ses chances et opportunités d’y arriver.
L’art du rebond, une compétence que doit avoir tout entrepreneur
Etre entrepreneur est un métier en soi qui consiste à créer et développer une entreprise. Comme pour tout métier, des qualités et compétences sont requises parmi lesquelles l’au- dace, la détermination, l’écoute, un savoir-faire managérial, la capacité à imaginer le futur d’une activité, à décider, à prendre et à assumer des risques, à anticiper et à s’adapter à des retournements de situation, etc.
Surtout, maîtriser l’art du rebond est un atout pour faire croître une société : si un entrepreneur échoue mais qu’il sait rebondir, alors il ne reproduira pas les mêmes erreurs dans son projet suivant ; s’il voit son activité péricliter ou en danger mais qu’il sait rebondir, alors il saura chercher d’autres pistes pour la relancer. Ce qui fait la différence, c’est de toujours avoir un plan A et un plan B, de savoir que l’on peut échouer et donc d’anticiper des voies de sortie ... C’est pourquoi il est essentiel 1/ d’attirer l’attention des en- trepreneurs français sur ce point 2/ de les encourager, 3/ de les aider en s’appuyant sur ceux qui l’ont déjà fait (ou ‘‘Have it done”) à développer cet état d’esprit très bien exprimé par l’industriel Henry Ford : « Echouer, c’est avoir l’op- portunité de recommencer de manière plus intelligente ».
Des freins au rebond à lever
Encore faut-il que cette force puisse s’exprimer. Lorsqu’un entrepreneur est confronté à la liquidation de sa société, il doit surmonter trois traumatismes :
un traumatisme personnel qui l’amène à s’interroger sur
le pourquoi il n’y est pas arrivé ;
un traumatisme  nancier qui lui impose de trouver rapi- dement comment honorer ses engagements, notamment à l’égard des organismes sociaux qui réclament leur dû moins d’une semaine après une clôture d’activité, et parce que s’il a dû se porter caution personnelle auprès des banques pour sa société, il devra rembourser les emprunts et les garanties d’emprunts sur ses biens personnels, visite d’huissier à la clé ;
et un traumatisme social qui lui impose de se demander ce qu’il va faire demain, la réserve fréquente des  nanciers et les  chages 050 et 060 qui demeurent à la Banque de France limitant considérablement les possibilités pour un entrepreneur de pouvoir relancer une autre entreprise en France avant 12 à 18 mois. Sans compter le changement de regard qui pèse sur lui et ferme beaucoup de portes.
Ce sont tous ces verrous qu’il est important de faire sauter : les délais de remboursement des dettes, le  chage Banque de France, le regard des  nanciers.... Si l’on admet qu’être entrepreneur est un métier, alors il doit être possible de continuer à exercer ce métier même après avoir échoué dans un projet, comme un salarié qui se mettrait en quête d’un nouveau poste après avoir été licencié ou qui suivrait une formation pour se reconvertir. De tels dispositifs n’existent pas pour les entrepreneurs.
Glori er le rebond
Pour que le changement d’état d’esprit soit effectif, il faut aussi valoriser et féliciter ceux qui ont surmonté l’épreuve de l’échec pour aller de l’avant. Il est communément ad- mis qu’un sportif puisse essuyer quelques défaites avant de devenir champion. Et s’il échoue entre deux podiums, personne ne lui en tiendra vraiment rigueur, c’est sa réus- site qui sera glori ée. Tout comme l’on se réjouira d’un artiste qui revient avec brio après une potentielle traver- sée du désert. Ces temps intermédiaires contribuent à la régénération – du sportif, de l’artiste, de l’entrepreneur. C’est d’ailleurs dans le cadre des responsabilités qui m’ont été con ée après la liquidation de mon entreprise que j’ai imaginé la suivante.
Il n’existe pas de bon chef d’entreprise qui n’a pas connu l’échec à un moment ou à un autre de sa vie. Parmi les en- trepreneurs emblématiques, nombreux ont connu plusieurs échecs entrepreneuriaux avant de rencontrer le succès qui les a rendus célèbres comme Steve Jobs, Bill Gates, Elon Musk, Alexandre Mars, Pierre Kosciusko-Morizet, Xavier Niel, etc. C’est pourquoi aujourd’hui, je m’engage. Pour que les entrepreneurs aient ce droit d’échouer qui est intrinsèque à leur métier et pour qu’on glori e ceux qui rebondissent. Aux Etats-Unis, un échec est un « plus » sur un CV. On pourra dire que les choses auront changé en France quand ce sera aussi le cas ici. » n
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FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="109" isMAC="true"><![CDATA[                    Donnez du crédit à vos projets et
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]]></page><page Index="110" isMAC="true"><![CDATA[La mémoire des mots
CONJUGAISONS MACRONIENNES
Retour sur les verbes qui ont tissé l’année 2017. Si le digital bouleverse l’utilisation des conjugaisons prisées, un autre événement bouscule en 2017 notre radioscopie verbale. Il s’agit de la victoire d’Emmanuel Macron.
Jeanne Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
EXPRESSIONS
 Regard sémantique
Depuis neuf ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,
ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.
Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées courant janvier à Paris.
    Tableau ‘’Tendances en langage’’ VERBES 2017, Jane Bee
Comme avant
Au premier abord, rien ne change en 2017. Comme en 2016, on devine la présence des verbes en « re » comme : « reconstruire », « revivre » « repenser »... Et les secousses digitales bruissent de mots tels que « accé- lérer », « simpli er », « interagir ». Mais, si l’on plonge un peu plus dans ce tableau aux multiples facettes et aux couleurs fortes, quelques surprises nous attendent.
Comme un signe
Une énergie se fait jour. Est-ce la consé- quence, en cette année 17, des élections présidentielles et de la victoire d’Emmanuel Macron ? En tous cas, désormais, on doit «bouger»,«secouer»etdonc«gagner»! « Gagner » le scrutin élyséen nous pousse à « transformer » et « changer ». Le ton est donné, il faut « oser » et même parfois « dé- politiser » certains enjeux. « S’engager » sur des résultats si l’on est au pouvoir et  nalement « composer » avec la réalité. L’inconscient collectif a besoin de « reconstruire », on voit donc poindre « métamorphoser ». Mé- tamorphose collective ou individuelle si l’on souhaite « changer de vie ».
Comme une ligne directrice
De la réussite de « En Marche ! » s’est dégagée une autre perspective. Celle de « renouve- ler » la vie parlementaire. « Réenchanter » un pays qui a besoin de « se redresser » puis « redonner du sens » à l’action politique. Il s’agit même de « relancer » et « redynami-
ser », voire de « refonder l’Europe ». Ainsi se conjuguent les ambitions du nou- veau chef d’état : « réconcilier » les Fran- çais ou plus exactement « reconnecter » les citoyens à leurs dirigeants. Après la saga de l’affaire Fillon, il est également urgent de « moraliser ».
Comme une hyper-urgence
Cela fait dix ans que dans tous mes tableaux verbes  gure « sauver ». En 17, à nouveau, il est impérieux de « sauver » la sécu, les migrants, la planète. Comment « survivre » ? Attention, on se sent « débordés », on en vient à « perdre pied » et même à « devenir chèvre ». Un mal être persistant se dessine donc, entre « craquer », « stresser » et « travailler ».
Avec les révélations de harcèlements sexuels à Hollywood et ailleurs, on mesure l’in uence grandissante de verbes comme « dénoncer », « briser le silence ». « Frapper » est aussi très présent en 17. « Frapper » peut faire allusion aux violences faites aux femmes mais il relate aussi la violence du climat, quand une tempête se met à « frapper ». Voilà que notre monde se trouve face à deux possibilités : « sauver » ou continuer à « polluer ». Ce face à face pourrait sembler réducteur pourtant, sommes-nous encore capables de « réparer » l’univers d’en  nir avec ce « détruire » qui emporte chaque jour un peu plus notre écosystème ? Il ne tient qu’à nous de « créer », de « raviver » un avenir durable !
Prochain Numéro le jeudi 1er mars 2018
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FÉVRIER 2018 | ecoreseau.fr
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