﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[MANAGER AUTREMENTEN IMMERSIONNOUVEAUX MÉTIERSTRANSHUMANISMELES CONCRÉTISATIONS DANS LE MONDEL’ASSURANCE DE DEMAINle patron?Des algorithmes qui conduisent, qui jugent, qui gouvernent...JUSQU’OÙ ?LE REVERSE MENTORINGAMAZON WEB SERVICESC’EST QUOI UN GROWTH HACKER ?POURQUOI LA FRANCEHUMAIN vs INTELLIGENCE ARTIFICIELLEC’est QUIN’AIME PAS LES RICHES !PERSONNALISATION ET PRÉDICTIONGRACE ÀLATECHLES ASSISTANTSNUMÉRIQUESINTELLIGENTSGÉNÉRATEURS DE BUSINESSLES BUREAUX DU FUTURecoreseau.froctobre 2017 N°44BEL : 4,90 € - DOM/TOM : 4,90 € - N CAL/S 590 cfp - POL/S 650 cfp - CAN 6,50 $ca - MAR 46 MAd]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[EditorialQue d’effets d’annonce concernant la voiture autonome ! Mais si, telle sœur Anne dans La Barbe Bleue, nous nevoyons toujours rien venir, c’est parce que les technologies des prototypes doivent être perfectionnées, mais aussi parce qu’elles soulèvent des questions quasi-philosophiques et non résolues. Que doit faire l’algorithme dirigeant le véhicule, s’il doit, dans une situation catastrophique, choisir entre tuer le passager ou deux piétons dans la rue ? Doit-il être loyal à celui qu’il transporte ? Ou épargner le plus grand nombre de vies humaines dans la cité ? Le sujet de la « morale » de l’algorithme reste à trancher. L’assistant numérique intelligent, qui demain organisera nos vacances et gèrera nos comptes comme l’Enquête le révèle, pourra-t-il accumu- ler des données sur nous pour le compte des géants du Web, ou sélectionner les informations qu’il nous transmet ? La responsabilité juridique est aussi un casse- tête : qui incriminer en cas d’accident de la voiture autonome ? Les passagers ? Le fabricant de la voiture ? L’entreprise qui a développé l’algorithme ? L’employé de cette entreprise qui a écrit le programme ? Alors que l’IA est amenée à prendre des décisions impactant toujours plus nos vies, comme le Rétrospective le retrace, accordant ou refusant des prêts à la consommation, décidant de verbaliser ou non les automobilistes, permettant des avancées tous azimuts selon le Régions & Ter- ritoires, il est temps de se poser des questions sur ce que nous, humains, devons déléguer. L’exemple de la justice, souligné dans le Prospective, est évocateur :une décision de condamnation peut-elle être con ée à des algorithmes-juges ? Des juges d’application des peines inhumains, impartiaux, incorruptibles, non soumis à leur métabolisme – les études démontrant qu’aujourd’hui les juges sont plus sévères avant le déjeuner que juste après ! Il importe de calibrer le rôle de l’IA, en fonction des progrès techniques réalisés. Aujourd’hui nous ne sommes pas capables de concevoir des IA qui aient l’empathie nécessaire pour tenir compte de la complexité humaine de chaque cas. Mais la question se reposera... De même, le « transhumanisme » abordé dans le Tour du Monde de l’innovation doit se ré échir et parfois se freiner, au nom de la notion d’humanité. Aujourd’hui des innovations sont synonymes de tels bouleversements qu’elles nous questionnent sur ce que nous sommes et voulons. Certaines sont acceptables et même souhaitables, d’autres sont à limiter, en attendant des améliorations, en accord avec des cercles de ré exion philosophiques, sociologiques, universitaires... Encore faut-il connaître le degré d’avancement. L’éducation à la programmation et à l’info.rmatique à l’école, ou encore le reverse mentoring exploré dans le Manager Autrement sont les premiers pas vers une meilleure connaissance des technologies, et donc moins de préjugés face à ces questions ô combien importantes pour la suite...Questions d’intelligence non arti ciellesJean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationJulien TarbyRédacteur en chefOctObre - n°44@EcoReseauSuivez-nous également sur :LMedia - EcoRéseau Business www.facebook.com/EcoReseauFRLE CHAT by Philippe Geluck2]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[VOYAGEZ À LA CARTEDÉCOUVREZ LA CARTE D’ABONNEMENT FRANCE - EUROPE - AFRIQUE DU NORD• RÉDUCTIONS ET SERVICES EXCLUSIFS • RÉSERVATION 100% FLEXIBLE• ACCÈS AU PARCOURS SKYPRIORITYRenseignez vous sur airfrance.fr, au 36 54 (0,34€ ttc/min à partir d’un poste fixe), dans votre agence de voyages ou sur afklm-biztravel.com.]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[SOmmairewww.ecoreseau.fr 201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)9 51 05 87 72 Courriel : contact@lmedia.frFondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste LeprinceRédactionCourriel : redaction@lmedia.frComité éditorialJulien Tarby (rédacteur en chef), Geoffroy Framery, Jean-Baptiste LeprinceChroniqueurs : Alto Avocats®, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France®, Arthur Cohen, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon,IsaLou Beaudet Regen, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, TheFamily®Collaborateurs réguliers : Jean-Marie Benoist, Elsa Bellanger, Joseph Capet, Charles Cohen, Anne Diradourian, Julien Fournier, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Marc Hervez, Aymeric Marolleau, Emilie Massard, Cyril Michaud, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Nicolas Pagniez, Yann Petiteaux, Antoine Pietri, Olivier Remy, Séverine Renard, Pierre Tiessen, Carla Verley, Murielle WolskiDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardRéalisationCourriel : production@lmedia.frResponsable production : Frédéric Bergeron Conseiller artistique : Thierry Alexandre Crédits photos : Shutterstock, DRPublicité & Opérations spécialesCourriel : publicite@lmedia.frJustine Boduch, Anne-Sophie Monthioux-Goujon,Pierre-Marie NauleauDiffusion, abonnements & vente au numéroLMedia - EcoRéseau Business201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)9 51 05 87 72 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 41 €TTC au lieu de 45 €TTC Abonnement 2 ans : 75 €TTC au lieu de 90 €TTCVente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPCoordination & PartenariatsCourriel : partenariat@lmedia.fr Julia BourgeoisAdministration & gestionCourriel : gestion@lmedia.fr Jean-Eudes SansonEcoRéseau Business est édité par LMediaRCS Paris 540 072 139 Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adresséspour appréciation.Imprimeur : Léonce Deprez – Imprimé en FranceGalaxie ecoRéseau 4-9Baromètre de l’optimisme 6- Tendances- Actions symboliques - The Green Lifeen couveRtuRe 10-19 RétrospectiveL‘émergence de l’IA depuis les années 50 12Grand AngleCon ance dans les algorithmes ? 14Régions & TerritoiresLes innovations locales bouleversées par l’IA 16ProspectiveLa justice par les robots en 2050 ? 18PanoRama 20-21 HexagonePourquoi n’aime-t-on pas les riches en France ? 20club entRePRendRe 22-33cahieR PRatique 42-59 Créer aujourd’huiComment dynamiser l’actionnariat salarié 42Business guides- Agences de développements et Technopoles,créateurs de réseaux 46 - Affacturage, la  ntech pour les TPE 50 - Flottes Auto : Véhicules de fonction vs nouvellesoffres de mobilité 54Rh & FoRmation 60-79 Réseaux & In uenceConférenciers et diffusion d’idées 60 Observatoire 62Manager autrementLe reverse mentoring, lien intergénérationnel 65Carrières & Talents- Gestion du risque et les outils d’aide à la décision 66 - Les mutations des MBA 70 - Les formations continues et les réseaux 74 - La double compétence en 2017 77 - Handicap, l’aménagement de l’espace de travail 78Baromètre & Tendances EnquêteLe potentiel business des assistants intelligentsNominé Electron libre - Trophées Optimistes 2018Aurélie de Rolin, fondatrice d’Ad’Elite dans l’YonneNominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2018Ciel & Terre, le photovoltaïque désormais sur eauEn immersionLes nouveaux locaux d’Amazon Web Services2226 Spécial IA : pour aller plus loin30 32L’Actualité automobile : Essais & Tendances Baromètre Finance de marchéBaromètre PatrimoineFinancement dépendanceAnticiper la dépendance et la perte d’autonomieexPRessionsTribune libreConcours de mini-nouvellesLe monde de demain vu par les étudiants Regard sémantiqueaRt de vivRe & PatRimoine 80-95 La Sélection culturelle80 28 Les nouvelles tendances alimentaires (vegans,  exitariens...) 82L’Air du temps L’Art du temps84 92 93 949596-989697 98stRatéGie &innovation numéRique 34-41 Baromètre de l’innovation 34Le tour du monde de l’innovationLes concrétisations du transhumanisme 36DécryptageL‘assurance de demain transformée par la tech 38Haute résolutionLe phénomène des clickbaits (pièges à clics) 404OctObre - n°44]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[Galaxie ecOréSeauLe baromètre de l’optimisme - TendancesLes bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper. Elles sont  nalement si nombreuses que nous vous proposons une nouvelle version plus étoffée du baromètre. Bonnes ondes positives !Le verbatim à retenir...Le plus grand échec est de ne pas avoir le courage d’oser L’abbé PierreThierry SaussezCréateur du Printempsde l’Optimisme,Incubateur d’énergies positives.Vous avez des marges de manœuvreLes béné ces humains, commerciaux, les succès comme d’ailleurs les échecs, se jouent souvent à la marge. C’est d’ailleurs une raison majeure pour laquelle il faut, après une victoire, rester vigilant et au lendemain d’une défaite ne pas désespérer.La plupart des recherches, tests et enquêtes, notamment aux États Unis, constituent une véritable révélation. Le bonheur dépendrait de 3 facteurs : à 50% de notre héritage génétique, à 40% de nos aptitudes et de nos choix et à 10% seulement de l’environnement et des circonstances extérieures. Cela in- dique, sans équivoque, que chacun d’entre nous a au moins plus d’un tiers de capacité de positiver. De la même façon, l’excuse classique des pessimistes pour renoncer au prétexte que tout se ligue contre eux, toutes les circonstances sont dé- favorables, n’a qu’une réalité potentielle très minime.Tant mieux si nous béné cions d’un ou plusieurs parents qui nous légué le gène de l’optimisme. Réjouissons-nous, de toute manière, des 40% de facteurs variables qui ne dépendent que de notre volonté, ce qui constitue une appréciable marge de manœuvre.Vous avez donc des réserves personnelles, un capital pour positiver qu’il vous appartient d’activer ou non. Vous n’avez pas à vous abriter derrière les défaillances des autres, du système, de votre environnement en général, pour justi er vitre défaitisme.Le pire, avec une telle approche, est qu’elle  nit par neutraliser toute initiative nouvelle, le cercle vicieux du renoncement ou du traintrain. Or, notre cerveau fonctionne moins bien avec des tâches habituelles et répétitives. Il a besoin que vous le surpreniez, que vous renouveliez son alimentation.Vous pouvez donner l’exemple. À la moindre dif culté, ne ruminez pas, ne ressassez pas. Regardez d’abord où vous avez des marges de manœuvre pour faire face. Elles existent tou- jours, Ne vous enfermez pas dans «les dignités permanentes», la routine, les avantages acquis, la protection des statuts. Ne subissez pas le changement comme une contrainte ou une menace pour un changement de poste, une modi cation des horaires, une réorganisation de service ou, bien sûr, une mo- bilité professionnelle.Faites du changement une chance d’utiliser les autres cordes de votre arc. Bougez avec le monde qui évolue à une vitesse accélérée. Utilisez tout votre potentiel, la plus in me marge de manœuvre qui est en vous. Tout optimiste sait qu’elle peut être un facteur déclenchant.LE CHIFFRE DU MOIS150PME françaises dans le rapport annuel du London Stock ExchangeLe London Stock Exchange a publié un rapport annuel dans lequel il liste les « 1000 compagnies pour inspirer l’Europe ». Parmi les entreprises choisies dans 28 pays européens différents, 150 sont françaises ! Pourquoi ? Parce qu’elles af chent des croissances de chiffre d’affaires parmi les plus rapides. Grâce à ces 150 entreprises, la France se hisse à la troisième place du podium, derrière l’Allemagne et le Royaume-Uni, qui comptent 180 et 170 entreprises sélectionnées. Seule contrainte  xée par le rapport, les chiffres d’affaires des entreprises éligibles devaient osciller entre 20 et 300 millions d’euros. La plupart ont cependant un chiffre d’affaires compris entre 30 et 50 millions d’euros, seules huit dépassant le chiffre d’affaires de 250 millions d’euros.6 OctObre - n°44L’onde positive]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[Le baromètre de l’optimisme - TendancesGalaxie ecOréSeauLE GRAPHIQUE DU MOISCréation d’entreprises en France Source : Insee / données mensuelles CVS/CJOA 51153, le nombre de créations d’entreprises en France, en juillet, retrouve un niveau qu’on ne lui connaissait plus depuis 2010. L’entrepreneuriat af che une hausse de 4,9%, toutes catégories d’entreprises confondues, elle-même faisant déjà suite à une hausse de 3% en juin dernier. Unchiffre encourageant qu’il convient cependant de regarder d’un peu plus près : cette hausse a été portée par un nombre important de nouvelles immatriculations d’autoentrepreneurs, qui af chent une progression de 11,6% en juillet dernier. De manière générale, les secteurs qui portent le plus cette hausse sont le soutien aux entreprises et les transports, dont les services de livraison à domicile. Un Women’s Forum à Paris sous le signe de l’actionEn ce début de mois d’octobre se tient à Paris le Women’s Forum. Une première pour cet événement mondial qui se tient généralement à Deauville, et qui réunit des femmes inspirantes du monde entier. S’il se tient cetteannée à Paris, c’est parce que le « Davos des femmes » change de posture. Jusque-là animé par la ré exion sur les grands sujets contemporains, ce- lui-ci veut à présent agir, sous l’impulsionde la nouvelle directrice générale, Chiara Corazza. Une rencontre placée cette année sous le signe de l’engagement et de l’impact positif, accueillant plus de 2000 participants, avec notamment une interven- tion d’Isabelle Kocher, la PDG d’Engie, ou encore de José Angel Gurria, le secrétaire général de l’OCDE. Les contrats d’apprentissage ont la cote !Voilà une nouvelle qui va plaire aux plus jeunes en quête d’expérience professionnelle. Les entreprises augmentent leurs embauches en apprentissage. D’après une étude du ministère du Travail, celles-ci ont em- bauché 288000 apprentis en 2016, soit 1,9% de plus qu’en 2015, secteur public et privé confondus. Dans le détail, le secteur privé a accueilli 275300 nouveauxcontrats d’apprentissage sur l’année, soit 1,2% de plus qu’en 2015, avec notamment des hausses notables dans l’industrie ou encore dans le tertiaire. Si toutes les en- treprises sont concernées, ce sont surtout les moyenneset grandes entreprises qui ont augmenté leur nombre de contrats d’apprentissage : les entreprises de plus de 50 salariés af chent une hausse de 4,4%, là où les entreprises qui af chent moins de 10 salariés af chent un taux d’embaucheen apprentissage en très léger recul de 0,9%. Du côté du secteur public, l’augmentation est notable, puisque les inscriptions en apprentissage ont bondi de près de 20% en 2016, soit 13400 nouveaux contrats signés. Les industriels ont le moral au beau  xe !Voilà plusieurs mois que les industriels français ont le sourire. Et ce sourire s’offre même un point de sa- tisfaction supplémentaire en août d’après l’Insee, s’af- chant ainsi à 109 points. Une légère progression qui doit sa tenue à l’embellie de l’industrie française sur la même période. Et qui dit bon moral dit confiance dans l’avenir. Selon l’Insee toujours, la con ance desindustriels s’af chait à 111 points en août alors que la moyenne de long terme de l’indicateur est à 100. Unebonne nouvelle, à laquelle il faut ajouter que sur le second semestre l’industrie française n’aura presque pas détruit d’emplois. Autant d’indicateurs au vert pour les industriels qui prévoient d’augmenter leurs dépenses d’investissement de 7% de plus qu’en 2016. Une croissance trimestrielle continuePour le troisième trimestre d’af lée, la croissance éco- nomique a atteint 0,5%, selon l’Insee. Le chiffre est en phase avec ce que prévoit le gouvernement, qui s’attend à une hausse du produit intérieur brutde 1,6%. Une croissance qui s’explique par une aug- mentation de la demande intérieure de 0,3% et par un rebond assez marqué des importations de 2,5%. Les dépenses de consommation des ménages ont elles aussi participé à l’effort, af chant une légère hausse de 0,7%, portée notamment par les achats pour la maison : meubles ou électroménager. Les patrons français anticipent demain en embauchantLe Medef, avec l’aide de l’institut ViaVoice, a réalisé un baromètre qui interroge les salariés et patrons français sur les dé s de demain. Et selon les résultats, si l’ave- nir proche est certain, l’avenir lointain n’a jamais été aussi incertain : 79% des patrons et 76% des salariésecoreseau.fr 7]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[Galaxie ecOréSeauLe baromètre de l’optimisme - Tendances / Actions symboliquesestiment ainsi avoir une bonne visibilité de l’entreprise sur la prochaine année. Lors- qu’il leur est demandé de se projeter à dix ans la visibilité se réduit alors à 27% pour les patrons et 36% pour les salariés. Et que projettent les patrons face aux incertitudes du marché ? Embaucher ! « Embaucher de nouveau pro ls de salariés » est, en effet,la réponse de près de la moitié des sondés. Viennent ensuite l’inves- tissement dans le matériel et en n dans la recherche, pour prévoir demain. Concernant les grandes évolutions en cours, près de 60% des chefs d’entreprise se disent concernés par les objets connectés, et seuls 35% par la mondialisation et le développement des échanges commerciaux. 1ère édition du Global Positive ForumLe 1er septembre s’est tenu à Paris le GlobalPositive Forum. A l’initiative de Jacques At-tali, cet événement a pour but de militer pourle développement responsable, la lutte contrela pauvreté, et l’identi cation des chantiersqui permettront de « laisser à nos enfants unmonde meilleur ». 1200 initiatives positivesd’horizons divers étaient regroupées lors decet événement, portées par des entrepreneursou des étudiants qui s’engagent pour que le « monde de demain soit meilleur que celui d’aujourd’hui », comme le rappelle le slogan de l’événement. L’art s’engage pour les réfugiésL’événement WE DREAM UNDER THE SAME SKY s’est tenu en septembre au Palais de Tokyo et avait pour but de proposer une exposition autour de la question des réfugiés et de leur condition.En collaboration avec cinq associations, l’évé- nement proposait des rencontres quotidiennes avec ces dernières, des projections et des per- formances de façon totalement gratuite dans le but de sensibiliser le public à la situation des réfugiés. Au-delà de l’exposition, l’événement a également proposé une vente aux enchères à la Galerie Azzedine Alaïa, dont les fondsrécoltés seront reversés aux cinq associations partenaires de l’évé- nement, qui s’occupent de l’intégration, mais surtout de la santé des réfugiés sur le sol français. Un niveau d’absentéisme stable chez les FrançaisLes Français sont aussi absents que l’année dernière ou que l’an- née d’avant en entreprise dans le privé, nous montre le baromètre du groupe de conseil Ayming. Le taux d’absentéisme en 2016 aatteint 4,59%, soit légèrement plus que les 4,55% de 2015. Cela porte à 16,8 le nombre de jours chômés, hors congés, par les salariés français. Les secteurs où il y a le plus d’absentéisme sont ceux des services et de la santé, à plus de 5%, ce qu’expliquent les auteurs du baromètre par le fait que ces secteurs cumulent desconditions de travail dif ciles, des situations de désengagement et d’usure professionnelle et une moins grande habitude de la mise en place d’actions de prévention. Des actions de prévention qui ont d’ailleurs porté leurs fruits dans le BTP, où le taux d’absentéisme est aujourd’hui de 3,43%, soit 1% de moins qu’en 2015. De manière générale, les plus de 55 ans sont logiquement plus absents que leurs cadets, et les salariés sont plus absents durant leur première année dans l’entreprise. A cause, peut-être, d’une mauvaise intégration ?L’ENTREPRISE CENTENAIREMonin : des sirops au goût de voyageLe succès international de cette entreprise française est avant tout l’histoirede trois générations d’une même famille. Tout commence en 1912 avecGeorges Monin, qui dès 19 ans parcourt les rues de Bourges avec sa car-riole pour vendre des vins et des spiritueux. Dix ans plus tard, en 1922, ildécide de s’installer Place des marronniers à Bourges, adresse qui est encorecelle de l’entreprise aujourd’hui, a n de distiller lui-même certains de sesproduits. Georges Monin ne s’intéresse pas aux sirops avant 1930 et mêmeà ce moment-là, ces derniers ne pèsent pas encore lourd dans son chiffred’affaires. Quelques années plus tard la guerre éclate, et comme beaucoup de Français, George et sa femme partent en zone libre et ferment temporairement l’usine, non sans utiliser certains fûts de celle-ci pour faciliter le passage de certains Français en zone libre. Lorsque le  ls de Georges, Paul, reprend l’usine, il a 22 ans. Il gèrera l’entreprise jusqu’en 1986 quand, alors que l’entreprise traverse un moment dif cile, il demandera à son  ls, alors analyste  nancier aux Etats-Unis, de venir le rejoindre. C’est donc à 27 ans que l’actuel PDG de Monin, depuis 1992, rejoint l’aven- ture. A l’époque, l’entreprise a deux activités : la fabrication de sirops d’un côté, et de liqueurs de l’autre, qui représente la part la plus imposante de son chiffre d’affaires. Père et  ls prennent alors la décision de revoir l’offre de Monin, et de se spécialiser uniquement sur les sirops, qu’ils vendront, face à la concurrence féroce en France, essentiellement à l’étranger. Un pari audacieux, qui se révèlera être un beau succès puisque les produits Monin sont petit à petit distribués dans 145 pays et surtout s’imposent auprès des barmen dans la confection de leurs cocktails. En 1996, l’enseigne ouvre une usine en Floride, et en 2009 une seconde en Malaisie, qui viennent soute- nir la production des deux usines françaises de la marque. Aujourd’hui, Monin pèse près de 450 salariés et vise le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2025.Focus sur ces petites interventions discrètes qui changent le quotidienL’ACTION SOLIDAIREIls jouent et récoltent des fonds pour les sinistrés d’IrmaSi l’initiative n’est pas banale, elle a, pour le coup, été ef cace !Suite au passage de l’ouragan Irma sur les îles des Caraïbes, Cubapuis la Floride, de nombreux habitants se sont retrouvés avec desdégâts importants à devoir gérer, et parfois même plus de toit souslequel dormir. Un événement qui a attiré la sympathie d’un grouped’une trentaine de gamers qui a décidé de reverser les dons obtenuspar leur initiative solidaire « ZEvent », prévue avant le passage del’ouragan. Le principe est simple, les gamers se sont  lmés dans un local en direct en train d’enchainer les parties pendant cinquante heures d’af lée. Au total, ils ont récolté 450000 euros, via des dons allant de 5 à 2000 euros, d’anonymes spectateurs. L’événement étant en direct, chaque don apparaissait sur l’écran et donnait ainsi lieu à une réaction des gamers pendant qu’ils jouaient. L’affaire n’a pas échappé à Emmanuel Macron qui s’est fendu d’un tweet aux participants, tout comme la Croix Rouge, à l’initiative du projet.LA BELLE ACTION INATTENDUEIls travaillent pour réaliser les rêves des enfants maladesSamedi 16 septembre dernier, les salariés de l’entreprise Juva Production à Forbach sont allés travailler ! Et ce n’est pas banal, car ils ont décidé de travailler bénévolement sur leur temps libre en cette matinée de début de week-end a n de verser l’argent ainsi récoltéà l’association Petits Princes, qui s’est donné pour mission de réaliser lesrêves des enfants malades. Au total, ce sont plus de 100 personnes quisont venues travailler dans le laboratoire et à la production de l’entre-prise, mais avec des rôles inversés. Ce sont les cadres de l’entreprise :comptables, commerciaux, personnel des ressources humaines ou en-core la direction, qui ont actionné les machines et assuré la productionen blouses et charlottes. Travail à la chaîne, test en laboratoire, emballage, l’entreprise s’est activée comme une matinée normale, peut-être même légèrement plus, avec la motivation de récolter le plus d’argent possible pour l’association. Au total, l’opération aura rapporté 23657€ à l’association Petits Princes, en plus de souder les équipes et de familiariser ou re-familiariser toutes les fonctions support avec les métiers de la production.8 OctObre - n°44]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[Le baromètre de l’optimisme - The Green LifeGalaxie ecOréSeauICI ET LÀ...La COP21 n’était pas une  n, mais un début. Suivi des évolutions béné ques à la planèteIsalouBeaudet RegenFondatrice de Kama Conseil & AssociésSelon l’adage, « le monde sourit à ceux qui se lèvent tôt », rencontres matinales avec nos dirigeants.Arnaud RIOU,Conférencier et auteur du best seller« Réveillez le chaman qui est en vous » et« Les Nouveaux sages », sortie en septembre dernier qui tente d’associer le management à la sagesse, et propose de s’ouvrir à une spiritualité laïque tout en repositionnant l’économie au service de l’humain.Le matin représente quoi pour vous?La page blanche, l’univers des possibles, la naissance. Le commencement du monde, la virginité.Réveil à quelle heure, et rituels ?J’aime me caler sur le lever du soleil. J’ai la chance de me réveiller avec l’esprit clair. Je médite toujours un temps pour permettre à mon âme qui a voyagé la nuit de réintégrer le corps. Je me prête à quelques exercices physiques d’assouplissement, je bois un ci- tron chaud tous les matins. C’est un temps pour moi, pour me recentrer. L’aube est un moment privilégié pour écrire mes livres.« Les nouveaux sages » quelle intention dans ce livre ? Les chamans appellent les occidentaux « les petits enfants de la terre » parce que nous avons perdu le sens du sacré, nous avons perdu le lien à la terre et aux éléments. Nous nous comportons souvent avec la terre comme des enfants gâtés et inconscients. Surtout dans nos entreprises. Heureusement, il existe des êtres pleins d’inspiration et des attitudes qui peuvent redonner à notre monde sa plus belle dimension. J’ai voulu me faire écho de cette nouvelle sagesse.Que souhaitez-vous apporter dans le monde de l’entreprise ? De la conscience, du coeur, un retour au sens ... Davantage d’humanité et d’intégration de la sagesse dans le management. Il est temps de se poser une question essentielle : quelle est place du coeur en entreprise ?Votre credo de management de demain ? Demain se construit aujourd’hui. Nous avons besoin de retrou- ver la beauté de notre humanité. Sur le terrain nous pouvons déjà voir de nouvelles formes d’innovation managériales et de gouvernances intelligentes: entre- prises libérées, coopératives, holacratie, sociocratie, économie participative et circulaire...L’entreprise peut vraiment être moteur dans ce sens !Pour #SeLeverDeBonheur, vous pouvez me suivre régulièrement sur la page Facebook et la chaine Youtube “La Magie du Matin”, Editions Leducu L’Etat recentre ses aides pour les agriculteurs débutant dans le bioLe ministre de l’Ecologie Stéphane Travert a annoncé le 20 septembre que l’Etat allait se désengager à partir de 2018 des « aides au maintien » à destination de l’agriculture biologique. Le gouvernement souhaite, en effet, se recentrer sur les aides à la conversion, destinées à donner un coup de pouce aux agriculteurs qui se lancent dans le bio. Plein d’espoir, le mi- nistre de l’Agriculture a déclaré : « C’est au marché de soutenir le maintien de l’agriculture biologique car la demande est là ». Il en a également pro té pour rappeler que le secteurbiologique français connaissait une croissance « historique ». Le marché est, en effet, estimé à plus de sept milliards d’euros en 2016, soit une croissance de 20% par rapport à l’année précédente qui af chait déjà, elle- même, une hausse de 15%.u Les Franciliens vont pouvoir parrainer des arbresLa présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, souhaite faire parrainer des arbres dits « remar- quables » par les Franciliens. Si le contour de ce que sont les arbres remarquables n’a pas encore été dé ni, le projet vise à assurer la sauvegarde de ces arbres, dans le cadre d‘un plan de protection de l’environnement en Île-de-France. Yann Wehrling, président du groupe du Centre et des Démocrates a, en effet, remis récemment un rapport intitulé « Mission Arbre » à la présidente, ce qui a fait dire à cette dernière que « les arbres sont es- sentiels pour leur valeur patrimoniale, pour notre cadre de vie, mais aussi pour la qualité de l’air, le climat et la santé ». En parrainant un arbre remarquable, les Franciliens feraient ainsi une donation directement utilisée dans des actions de protection de ces arbres et, bien sûr, la plantation de nouveaux arbres.u L’Inra lance un programme de recherche sur l’agriculture bioL’Institut national de recherche agronomique (Inra) a annoncé prévoir de lancer un pro- gramme de recherche pluridisciplinaire sur l’agriculture biologique dès 2018. Ce sera ainsi le neuvième meta-programme lancé par l’Institut, après une ré exion sur le changement climatique, la protection animale, ou encore l’alimentation mondiale. Ces programmes béné cient d’un niveau d’engagement de 4 à 5 millions d’euros (salaires des chercheurs compris) au total. Le but de ce meta-programme est de « participer à la transformation agro-écologique de l’agriculture ».u Quatre mesures pour le climat de Nicolas HulotMinistre de la Transition écologique et solidaire du gouvernement Macron, Nicolas Hulot a annoncé les quatre mesures phares du plan climat, prévues pour venir en aide aux ménages aux moyens limités. D’abord, l’élar- gissement de la prime à la conversion des véhicules, une mesure qui encourage les propriétaires de véhicules polluants à passer sur des modèles plus respectueux de l’environnement via une prime allant de 500 à 1000 euros. Une mesure jusque-là limitée aux Français aux revenus modestes, généralisée en 2018 à tous les propriétaires de véhicules jugés polluants. Deuxième mesure, Nicolas Hulot propose une revalorisation du « chèque énergie », qui sera automatisé en 2018 pour les ménages aux revenus très bas, et augmenté à 200 euros à peu près dès 2019. La troisième mesure pour le climat de Nicolas Hulot concerne le crédit d’impôt transition énergétique. Le Ministre veut, en effet, transformer celui-ci : il deviendra une prime versée à tous ceux qui ont engagé des dépenses pour des travaux d’énergie, dès que les travaux seront terminés. Dernière mesure, Nicolas Hulot souhaite encoura- ger les changements de chaudière, en aidant  nancièrement les ménages à passer aux énergies renouvelables.INITIATIVE VERTETetiaroa, une île où luxe et écologie se nourrissentL’île est paradisiaque, située dans la Polynésie française, et a appartenu un temps à MarlonBrando qui l’a découverte durant le tournage des « Révoltés du Bounty » en 1961. S’il y apassé beaucoup de temps, à sa mort son testament demandait que Tetiaroa contribue à la pré-servation de l’environnement et à l’étude de la biodiversité. Et il a été écouté, car se côtoientaujourd’hui sur l’île luxe et écologie. Celle-ci abrite, en effet, un hôtel de luxe, le Brando,écologique, qui accueille une clientèle célèbre comme Léonardo DiCaprio ou encore BarackObama. Si le prix est élevé, les 10000 dollars par nuit servent à  nancer l’activité de rechercheécologique sur l’île, notamment sur l’évolution de l’acidi cation des océans et le blanchimentdes coraux. D’un côté, un restaurant étoilé et un complexe hôtelier parmi les plus respectueux de l’environnement, et de l’autre de l’électricité qui provient de 2000 panneaux solaires installés sur l’île, mais aussi de générateurs nourris à l’huile de coco. La climatisation est elle aussi écologique, connue pour être très consommatrice d’énergie ; celle-ci fait intervenir de l’eau des profondeurs de la mer pour son refroidissement. Au-delà du complexe, des naturalistes surveillent les oiseaux tropicaux et les tortues dans un centre de recherche, tandis que l’ONG Tetiaroa Society, qui tire son nom de l’île et dont la porte-parole n’est autre que la  lle de Marlon Brando, préserve, entre autres, les 167 espèces aquatiques qui vivent dans la lagune de l’île. D’après Tetiaroa Society justement, l’île est aujourd’hui un des endroits les plus vulnérables de la terre, et en devient une sorte de laboratoire concernant toutes les questions de changement climatique.ecoreseau.fr 9Les petits matins des dirigeants]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURERétrospectiveL’IA depuis les années 50......................................................... p12Grand AngleCon ance dans les algorithmes ? ............................................ p14Régions & TerritoiresInnovations locales autour de l’IA............................................ p16ProspectiveLa justice par les robots en 2050............................................. p1810Ces choses qui pensent...Les intelligences arti cielles atteignent un niveau tel qu’on peut leur con er des tâches qu’on croyait fondamentalement humaines : prises de décision impactant les gens, conduite, jugement... Jusqu’où ?OctObre - n°44]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[Le plaisir de conduireDÉCOUVREZ LA NOUVELLE FINITION BUSINESS DESIGN BMW.Découvrez la nouvelle finition Business Design disponible sur BMW Série 1 et BMW Série 3 incluant notamment les équipements suivants :• Projecteurs Full LED et antibrouillards LED• Jantes en alliage léger 17’’• Navigation Business avec Services ConnectedDrive • Eléments extérieurs et intérieurs en noir laqué• Radars de stationnement avant/arrière PDC• Sièges Advanced avec sellerie tissu spécifiqueDécouvrez l’ensemble des équipements sur bmw-businessdrive.frConsommations en cycle mixte de la BMW Série 1 : 3,4 à 7,8 l/100 km. CO2 : 89 à 179 g/km selon la norme européenne NEDC. BMW France, S.A. au capital de 2 805 000 € - 722 000 965 RCS Versailles - 3 avenue Ampère, 78180 Montigny-le-Bretonneux.]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTURERÉTROSPECTIVE : EcoRéseau Business revient sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient il y a un demi-siècle. Pas question de comparer, de fustiger ou de glori er le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.L’émergence de l’intelligence arti cielle depuis les années 50 Cybernétique en berne ?L’intelligence arti cielle serait-elle en petit ce que l’esprit humain est en grand ? Peut-on modéliser toutes les capacités de l’intelligence humaine ?Par Joseph Capet«Qpluriel : elle est musicale, empathique, corporelle, relationnelle...La programmation ne fait pas l’intelligence de la machine. Depuis 2005, le deep lear- ning et l’analyse de Big Data permettent seulement de perfectionner des logiciels. Il faut encore doter ces logiciels de cap- teurs. Créer des robots. Les senseurs de la cybernétique sont l’analogue des organes sensoriels de l’animal. « L’intelligencel’humain est une ressemblance super cielle et de surface. S’il se spécialise dans tel type d’intelligence (la perception ou le calcul) ou tel type de comportement (la préhen- sion ou la marche), c’est au détriment des autres capacités.Face à l’ia, un sentiment am- bivalentJouer aux échecs contre l’ordinateur ou se laisser conduire par l’AutoPilot de Tesla cause un sentiment désagréable : je suis face à un comportement intelligent, sans personne à l’intérieur, sans personne au volant. « La fascination pour l’intelligence arti cielle repose sur un sentiment mitigé mêlant désir et refoulement : l’homme a con ance dans la machine en même temps que celle-ci l’effraie », précise Pierre Cassou-Noguès, auteur de « Les rêves cybernétiques de Norbert Wiener ». Certaines machines semblent disposer d’une âme et être ca- pables de discernement. Or, l’intelligence arti cielle conjuguée au singulier ne prend en charge qu’une in me capacité des intel- ligences de l’homme et des modes d’ad.ap- tation des espèces desquelles s’inspirent la cybernétique et la bionique. La peur de Frankenstein semble donc immotivée.u’est-ce qu’une chose qui pense ? C’est une chose qui doute, qui entend, qui conçoit,philosophe, professeur à la Louvain School of Management et à Centrale Paris, insiste sur un point : « L’hypothèse de la possibilitéqui af rme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent », af-  rmait Descartes au XVIIème siècle. John McCarthy et Marvin Minsky forgent l’expres- sion provocante « intelligence arti cielle » en 1956. En soixante ans, l’amélioration des capacités de calcul des logiciels et des interactions des robots avec leur environ- nement est telle qu’un esprit impersonnel semble habiter nos machines.modéliseR la PenséeL’IA naît d’une tentative d’automatisation de la pensée. « L’intelligence arti cielle repose sur l’explicitation des règles et des procédures que suit l’être humain dans son comportement intelligent, puis sur leur traduction dans un langage de machine de type système formel ou algorithme », indique Pierre Cassou-Noguès, professeur de phi- losophie à l’Université Paris 8 Vincennes- Saint-Denis. Le premier programme capable de jouer aux échecs voit le jour en 1958. Or, tout comportement ne repose pas sur des règles. Dif cile d’exposer celles de l’hu- mour ou du sentiment amoureux. Avec les années 80, l’intelligence arti cielle s’élargit pour englober la cybernétique (les machines capables d’interagir avec leur environne- ment) et les réseaux neuronaux arti ciels (les algorithmes capables de se modi er eux-mêmes). L’informatique « animiste » apparaît à la  n des années 90. L’usager interagit avec la machine grâce à des in- terfaces naturelles comme le geste ou la parole. Devant la machine, on a l’impres- sion d’être devant quelqu’un. L’IA peut dès lors plus facilement s’immiscer dans notre quotidien.intelliGence (aRtiFicielle) sans conscience n’est que Ruine de l’âme ?Identité et intériorité sont étrangères à la machine. Luc De Brabandere, ingénieur,même de l’intelligence arti cielle est très rarement remise en question ; or, je conteste cette hypothèse ». Certes, l’ordinateur ef- fectue des raisonnements logico-déductifs.arti cielle consiste à doter les machines d’une capacité constante d’adaptation devant des tâches contradictoires entre elles. Le vivant fait tout à peu près bien etBibliographie :P. Cassou-Noguès,Les rêves cyberné- tiques de Norbert Wiener, Paris, Seuil, coll. « Science ou- verte », 201412 OctObre - n°44L’intelligence arti cielle ne saurait désirer, vouloir, sentir... La machine n’estque certitudeMachine et deep learning pas suf - sants pour susciter la conscience arti cielle ?Mais, s’il bat l’homme aux échecs, il n’est pas content d’avoir gagné. Il n’est même pas conscient d’avoir joué ! On ignore ce qu’est la conscience. Comment pourrait-on la programmer ? « L’intelligence arti - cielle ne saurait désirer, vouloir, sentir... La machine n’est que certitude », précise l’auteur de « Homo Informatix » (à paraître aux Editions Le Pommier). L’intelligence humaine est multiple et se conjugue auévolue dans le compromis. La machine est souvent monotâche et incapable de faire beaucoup de choses à peu près », explique Agnès Guillot, maître de conférences en psychophysiologie à l’Université Paris-X Nanterre, chercheur à l’Institut des systèmes intelligents et de robotique à l’Université Paris 6 Pierre-et-Marie-Curie. Qu’on ne se trompe pas sur le progrès du machine learning. La ressemblance du robot avecL. De Brabandere, Homo Informatix, Paris, Le Pommier, coll. « Essais & Do- cuments », 2017]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[Le plaisir de conduireDÉCOUVREZ LA NOUVELLE FINITION BUSINESS DESIGN BMW.Découvrez la nouvelle finition Business Design disponible sur BMW Série 2 Active Tourer et BMW Série 2 Gran Tourer incluant notament les équipements suivants :• Projecteurs LED• Radars de stationnement avant/arrière PDC avec système de manœuvres automatiques « Park Assist » • Rétroviseurs extérieurs rabattables électriquement• Navigation Business avec Services ConnectedDriveDécouvrez l’ensemble des équipements sur bmw-businessdrive.frConsommations en cycle mixte des BMW Série 2 Active Tourer et BMW Série 2 Gran Tourer : 4 à 6,5 l/100 km. CO2 : 106 à 152 g/km selon la norme européenne NEDC.]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTUREGRAND ANGLE : L’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur le sujet principal du panorama, politique, sociétal ou macro-économiqueLa con ance dans les IA et autres algorithmes C’est qui le patron ?Jusqu’où peut-on faire con ance aux ma- chines en matière de décisions, prévisions, surveillance, etc., domaines autrefois réservés aux humains ?Par Julien TarbyElon Musk, le physicien Stephen Hawking ou encore Bill Gates, qu’on peut difficilement taxer de technophobie, ont fait chorus dernièrement à propos de l’IA, s’inquiétant du pouvoir et de l’in uence future des superintelligences sur les humains. La crainte des algorithmes apprenants, des IA prenant des décisions à la place de hommes fait son apparition, même dans le sérail de la Silicon Valley. « En Europe, on s’inquiète de l’impact de l’IA sur l’emploi. La convergence de multiples technologies invasives et transformatrices de sec- teurs fait peur. La révolution agricole avait en son temps seulement transformé le do- maine agricole... », déclare Catherine Simon, fondatrice et directrice d’Innorobo, salon de robotique, souli- gnant une certaine culture anti-humanoïde héritée des légendes du Golem sur le Vieux Continent. Au-delà de la crainte du chômage technologique, c’est bien la peur d’être concurrencépar une intelligence non humaine qui alimente le débat. Fantasmes erronés de Cassandre contempo- rains ? Nullement. D’après les calculs d’Angèle Christin, maître de conférences au département de communica- tion de Stanford, plus d’une soixantaine d’algorithmes prédictifs seraient employés aujourd’hui dans les diffé- rents États du pays par la justice américaine. Sont-ils dignes de con ance ?toujouRs des doutes suR l’imPaRtialitéCes « outils d’évaluation du risque » sont principalement utilisés pour estimer le risque de récidive des détenus et décider ou non de leur libé- ration conditionnelle. Mais ils sont controversés car, bien qu’utilisés pour réduire les risques de discrimination, ils sont soupçonnés justement de reproduire certains biais humains... Les personnes de couleur noire ont deux fois plus de chances d'être labellisées personnes à haut risque par l’outil Compas...maticien perse Muhammas Ibn Musa Al-Khwarizmi, ils ne sont que de simples séries d’instructions, qu’une méthode pour résoudre un problème. « Lorsqu’on fait une addition, nous utili- sons l’algorithme qui fait commencer par les uni- tés, puis les dizaines et les centaines », illustre Gilles Dowek, chercheur à l’Inria, rompant avec les fantasmes. Et pourtant les débats hou- leux à l’Assemblée nationale lors du projet de loi sur le renseignement, parce que l’algorithme du gouver- nement allait scanner les mails et s’auto-paramétrer, en  xant la liste des mots dangereux à partir de son expérience de messages de criminels, démontrent que la machine, dès qu’elle commence à faire preuve d’autonomie, suscite les pires angoisses.les alGoRithmes aPPRenants chanGent la donne En France la start-up Pre- dictice, fondée en janvier 2016, a numérisé près dedes possibles semble dé- sormais in ni – qu’il soit positif avec une IA capable de diagnostiquer des cancers en quelques minutes, de matérialiser 36000 heures de travail d’un avocat en une seconde, de diminuer la facture d’électricité de Google de 40% – ou inquié- tant : à Chicago, « grâce au traitement des données collectées, des appels télé- phoniques et témoignages des personnes, nous dé - nissons des micro-zones où nous pouvons prendre des décisions éclairées grâce aux algorithmes, quant à la présence policière par exemple », illustre Brett Goldstein, le Chief Data Of cer de la ville qui cherche à anticiper l’acte malveillant. Grâce à ces programmes de nombreux phénomènes du monde, réduits à des don- nées, ont pu être toujours mieux expliqués, étudiés, comparés comme l’ingénierie ou la science, mais aussi la santé, les loisirs, la justice et autres domaines des sciences humaines et sociales. Mais les algorithmes apprenants14 OctObre - n°44« La voiture autonome ? Non, pas de sitôt. Restons entre humain, je préfère... »Comme pour la bioéthique, il importede sortir de la simple ef cience et de s’inscrire dans le projet collectifEst-ce à dire que les stéréo- types des programmateurs entrent aussi en jeu ? Car les algorithmes n’ont pas d’intention en eux-mêmes, comme le rappelle Serge Abiteboul, informaticien de l’ENS et directeur de re- cherche à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) (cf. Prospective). Comme l’a révélé jadis le mathé-2,5 millions de décisions de la Cour de cassation, et utilise la puissance du Big Data pour calculer les probabilités de résolution de litiges, afin de rendre le système juridique plus transparent et prévisible. Au risque de dresser un palmarès des bons ou des mauvais tribunaux, comme on classe déjà les lycées ou les hôpitaux. Le champchangent vraiment la donne.« Le bébé écoute les gens parler, répète, puis petit à petit comprend les règles de syntaxe et de grammaire. Ceux-ci font de même : on ne programme plus des règles en amont ; ils tâtonnent, s’essaient sur des données, pour découvrir par eux- mêmes comme le bébé », décrit Stéphane Mallard, digital evangelist chez So-]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[ciété Générale et conféren- cier, qui cite pour illustrer son propos les nouvelles manières qu’ont choisies ces IA pour jouer à Super Mario. « Elles battent tous les records en faisant sauter le personnage dans tous les sens, de manière contre-in- tuitive, parce qu’elles ont déterminé par expérience que c’était l’attitude la plus ef cace. Et demain ces pro- grammes apprendront à diri- ger une voiture dans la ville, à reconnaître des cellules cancéreuses, des visages sur des photos... » Wat- son, l’IA d’IBM, concocte de nouvelles molécules et pose des diagnostics en li- sant des études. Pour Marc Zuckerberg, il y a là le po- tentiel pour guérir toutes les maladies avant la fin du siècle...Risque de déRive déshumanisanteEt si, plus que des suppléants, les machines devenaient les remplaçants des humains ? Si l’arbitre de football, qui commence à être aidé par la vidéo, venait à disparaître au pro t d’une IA ? Beau- coup de tâches humaines, qui existaient pour pallier le manque d’information, sont menacées. Sans retour en arrière possible, en raison de l’ef cience de la machine. Quel médecin se passerait des renseignements fournis par les algorithmes, quel urbaniste, quel ingénieur, quel commerçant... ? Pour autant que le numérique choisisse, juge, décide pour nous, puisse même gouver- ner, nous voilà dépossédés de nos droits et de nos fa- cultés. Ne serait-ce pas un monde d’optimisation, de  uidi cation, de sécurisation extrême qui se préparerait sous l’in uence de ces IA ? Et pourtant il n’est pas cer- tain qu’il fasse bon vivre dans un tel monde, « qui pourrait être déshumanisé si nous ne nous posons pas les bonnes questions », avertit Catherine Simon, fondatrice et directrice d’Innorobo, salon de robotique. Les machines paramétrées ne tiennent pas compte du contexte, une IA peut devenir raciste à force d’observer de tels propos sur le Net. Une étude de l’université d’Har-vard montre que lorsqu’on saisit un nom à consonance afro-américaine, il y a des chances de voir apparaître, dans les premiers résultats, des sites qui proposent de consulter son casier judi- ciaire. Un phénomène qui serait dû aux habitudes de navigation des internautes. « Ce qui me dérange est que l’industrie du numérique s’est arrogé un pouvoir de "gouvernementalité" – au sens où l’entendait Michel Foucault comme la faculté de certaines personnes à agir sur le cours de l’existence d’autres personnes », pointe le philosophe Eric Sadin.le projet collectif. « On ne demande pas seulement à l’Etat d’être efficace ; celui-ci a aussi un rôle à jouer dans le bien-être, lacréateur de la société d’IA Anotherbrain, rappelle que « le monde de l’IA et des robots sera synonyme de transformation possible dedes emplois est peut-être une bonne nouvelle s’il y a redistribution et si les gens peuvent occuper leur temps, leur énergie et leuren récoltant des données sur moi a n de mieux me vendre des choses, d’un robot chinois ou japonais trop mécanique et pas assez porté sur l’interaction avec l’humain », caricature Bruno Maisonnier, qui précise que « nous attendons que les machines se comportent mieux que le humains ». Optimiste prudent, partisan d’une éducation plus poussée aux nouvelles technologies, Serge Abiteboul concède que les possibilités considérables offertes s’accompagnent de risques, qu’on s’habituera à maîtriser, comme à l’époque de la naissance de la machine à vapeur ou de l’électricité... « Nous règlementerons les décisions de justice s’ap- puyant sur l’IA, comme nous l’avons fait avec l’arrivée des caméras et des images dans les tribunaux », assure Bruno Maisonnier. En pé- riode de bouleversement, les débordements peuvent survenir, à l’exemple de cette IA polémique développée à Stanford, soi-disant à même de déterminer l’orienta- tion sexuelle des gens en analysant leur visage. Pour l’heure, la raison prime. Les algorithmes aident les juges dans des conditions très particulières, simples et circonscrites (conseils lors des libérations sous condi- tions). « Ceux-ci utilisent depuis des années, soit dit en passant, des moteurs.de recherche pour retrouver des cas de jurisprudence », précise Serge Abiteboul.Depuis 10000 ans le travail était au cœur de notre rôle social et de nos vies. Cela ne sera plus le casdignité des personnes, le vivre-ensemble... », ajoute Henri Verdier. Bruno Mai- sonnier, ingénieur infor- maticien, ancien fondateurl’organisation de la société ». « La peur de la perte d’em- ploi ou d’une intelligence supérieure sont légitimes, mais il nous faut adopterdéveloppement personnel à autre chose », soutient Catherine Simon, évoquant une société à réinventer. « Depuis 10000 ans le tra- vail était au cœur de notre rôle social et de nos vies. Cela ne sera plus le cas », avertit Bruno Maisonnier.bon sens et GaRde-Fous« Et si, avant de souscrire à cette vision pessimiste d’as- servissement, de restriction de la liberté, de perte de la dignité humaine, nous exa- minions la situation d’un peu plus près ? Après tout, les algorithmes sont des créa- tions de l'esprit humain. Ils sont ce que nous avons voulu qu’ils soient », insiste Serge Abiteboul, selon qui mieux connaître ces outils permet- tra de ne pas y être assujetti et de prendre les bonnes décisions. Le périmètre que nous leur laisserons dépen- dra de notre rapport aux technologies. « Je ne veux pas d’un robot américain qui me rend service toutAinsi Edward Snowden a révélé l’existence d’un algo- rithme qui décide si on est ou non citoyen américain : si on ne l’est pas, on peut être surveillé sans mandat !débats PouR PRéPaReR une nouvelle société Les décisions prises à partir de calculs algorithmiques, qui touchent à la démocratie, doivent être étroitement en- cadrées. « Souhaitons-nous que les libérations anticipées dépendent d’une machine ? Si on le fait, c’est la porte ouverte à un monde dés- humanisé, si on ne le fait pas, on laisse une marge d’erreur dommageable pour la société », campe Henri Verdier, « Chief Data Of - cer » de la France. Comme pour la bioéthique, il importe de sortir de la simple ef - cience et de s’inscrire dansde la société Aldebaran, qui développe des robots humanoïdes comme Nao, Pepper ou Romeo, désormaisune vision plus large, sur le futur que nous voulons avec les machines. Le fait qu’elles prennent 50%Attention aux algorithmes séducteurs...ProspectiveDernièrement des chercheurs de Stanford ont créé un implant crânien qui permet à des personnes paralysées d’écrire huit mots par minute. Facebook vise la vitesse de 100 mots par minute « d’ici quelques années ». Plus de 60 scienti ques et ingénieurs travaillent à inventer des capteurs non invasifs sur un casque ou un bandeau, au sein de Building 8, le nouveau labo de l’entreprise, entouré d’une culture du secret digne de celle qui en- toure Google X poursuivant le même but. Les GAFA sont de la partie, pour à terme supprimer les écrans. Les assistants vocaux ont fait leur apparition, et les énergies sont désormais tournées vers l’élaboration de la commande par la pensée. Dès lors, la crainte qu’on puisse lire, détourner, voler nos informations cérébrales devient sensée ! D’où l’appel des scienti ques Marcel- lo Ienca, neuroéthicienne de l’université de Bâle, et de Roberto Andorno, avocat spécialisé dans les droits de l’homme de l’université de Zurich, demandant la re- connaissance de nouveaux droits au vu des avancéesNos pensées mises à nu ?des neurotechnologies, a n de protéger nos pensées contre l’accès, la collecte, le partage et la manipula- tion des données du cerveau humain : premièrement le droit à la liberté cognitive, donc la possibilité d’uti- liser ou de refuser la stimulation cérébrale et d’autres techniques pour modi er l’état mental ; deuxièmement le droit à la con dentialité mentale, sachant que des scienti ques ont déjà réussi à reconstituer des ex- traits d’un  lm en scannant le cerveau de participants ; troisièmement le droit à l’intégrité mentale pour anti- ciper les risques de « hacking », de prise de contrôle des appareils auxquels une personne est connectée ou de transmission de faux signaux vers le cerveau de l’utilisateur. Quatrièmement le droit à la continuité psychologique car de telles technologies, notamment à des  ns médicales, peuvent bouleverser la façon dont une personne se perçoit, s’identi e. Il s’agit de rester la même personne !15ecoreseau.fr]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTUREREGIONS & TERRITOIRES : EcoRéseau Business s’attache à décrire les innovations des territoires en France concernant une thématique particulièreInnovations locales autour de l’IAAlgorithmes régionauxLe développement de projets intégrant des intelligences arti cielles agit comme un ac- célérateur de mutations dans d’innombrables secteurs.tives prometteuses pour surfer sur une image tournée vers le futur. L’assistant personnel hybride Wiidii (cf. Enquête), développé depuis trois ans en Gironde, est devenuun véritable étendard régional. Cette offre étonnante qui a attiré l’attention de nombreux experts lors de l’édition2017 du CES de Las Vegas consiste en un service associant un savoir-faire technolo-gique d’intelligence ar- ti cielle et une équipede concierges profes- sionnels. Pour traduireune phrase, rechercherun médecin au coursd’un déplacement, ou prendre un rendez-vous, il fait  gure d’assistant révo- lutionnaire.Plus largement, les décideurs locaux souhaitent mettre le tissu entrepreneurial dansà ce que le robot reproduise les gestes souhaités de façon automatique. Cette démarche permet de réaliser de nom- breuses opérations de débutsur l’industrie du contenu et des usages numériques. La jeune structure UpAndGo est l’un des symboles de la dynamique lyonnaise avecligence arti cielle a vocation à faire évoluer rapidement de multiples  lières. Des usages peuvent ainsi être trouvés dans de nombreux domaines despécialisation régionale. Dans le Nord, autour du pôle de compétitivité Picom consacré aux in- dustries du commerce, les entreprises voient émerger des nouveautés singulières. L’éditeur de logiciels Vekia, spécia- liste de l’optimisation de la supply chain pour la distribution et la grande distribution, a développé un savoir-faire spéci que grâce à des recherches poussées en machine learning, permettant detranscender le traitement de l’information et d’anticiper le niveau des ventes avec une grande  nesse.La protection des e-commer- çants est un autre terrain d’in- novation. L’entreprise Sell Secure se propose ainsi de tra- quer et détecter très en amont sur les sites de commerce en ligne les fraudeurs et usages détournés de carte bancaire. Elle a mis au point un enquê- teur virtuel qui se connecte et vise à établir un faisceau de cohérences permettant dans de nombreux cas d’éviter d’entrer en interaction directe avec l’internaute pour des raisons de sécurité. Thibault Ramecourt, analyste fraude chez Sell Secure, explique que « l’intérêt de la détection de la fraude en amont est de pouvoir dynamiser le choix du moyen de paiement en fonction du risque du client. Si une menace est identi ée,Par Mathieu NeuSous les feux des projec- teurs médiatiques, le début de l’année 2017a vu naître le vaste plan na- tional France IA. Le but : rassembler l’ensemble de la communauté française de l’intelligence arti cielle a n de mieux valoriser ses potentiels au service des entreprises. Dans plusieurs régions, les porteurs d’initiative n’ont pas attendu l’officialisation de cette démarche pour mettre sur les rails des projets en la matière.En Île-de-France, les forma- tions se multiplient pour mettre à disposition des organisations de demain des pro ls armés. Les entreprises PSA Peugeot Citroën, Safran, Criteo et la Fondation Télécom se sont associées à l’école Télécom ParisTech pour créer la Chaire d’enseignement et de recherche « Machine Learning for Big Data ». L’établissement avait déjà lancé depuis trois ans un Mastère spécialisé (MS) « Big Data : Gestion et Ana- lyse des Données massives », ainsi qu’un Certi cat d’études spécialisées (CES) « Data Scientist » qui rencontrent un vif succès. Ces filières constituent toutes le terreau de l’intelligence arti cielle. Au sein de l’EDHEC Global MBA, le nouveau cours « Big Data & Arti cial Intelligence @ Work » s’inscrit également dans cette tendance.Ce domaine d’avenir dispose d’ores et déjà de son événement annuel spécialement dédié : le Congrès Big Data Paris qui se tient désormais chaque prin-temps. « L’intelligence arti - cielle joue un rôle stratégique dans de multiples domaines d’activité. Des applications concrètes sont déjà déployées dans l’énergie, la santé ou encore les transports. Nous nous sommes donné pour mission la valorisation des savoir-faire français associés qui ouvrent aujourd’hui le champ des possibles », dé- crit Clémence Simmelide, responsable conférences du Congrès. Parmi les start-up qui se distinguent se trouve DietSensor qui a conçu une application pour combattre le diabète et l’obésité. Le système analyse, mesure et enregistreet fin de chaîne, d’assister l’opérateur dans la mani- pulation de pièces lourdes », explique Jean-Claude Potier, directeur du CRITT Informa- tique. L’analyse prédictive estson offre atypique d’e-lear- ning, associant pédagogie inversée et intelligence ar- ti cielle par le biais de mo- dules d’apprentissage visant à proposer à l’apprenant une expérience interactive, ludique et hautement personnalisée. Toujours dans le domaine de la formation, la société Woo- noz propose aux entreprises la possibilité de créer leur formation en s’appuyant sur la technologie particulière de l’ancrage mémoriel, une solution innovante qui com- bine les sciences cognitives et l’intelligence arti cielle dans le but d’obtenir d’excellents résultats de mémorisation et la création de ré exes com- portementaux. La méthode conduit à une individualisa- tion automatique et ef cace du parcours d’apprentissage afin de s’adapter à chaque individu.anticiPation des ventes et détective viRtuel contRe la FRaudeCaractérisée par des applica- tions très transversales, l’intel-L’entreprise Sell Secure se propose ainside traquer et détecter très en amont sur les sites de commerce en ligne les fraudeurs. Elle a mis au point un enquêteur virtuelL’IA accouche de nouveaux concepts en régionles nutriments des aliments et boissons en temps réel, en tout lieu et à tout moment grâce à un spectromètre de poche capable d’analyser pour tout aliment homogène ses proportions de glucides, lipides, protéines et sa teneur calorique. DietSensor fournit des recommandations permettant de suivre des ob- jectifs nutritionnels grâce à une intelligence arti cielle embarquée.aGilité décuPlée des entRePRisesLa Nouvelle-Aquitaine s’ap- puie également sur des initia-les meilleures conditions, à l’image des ressources mises à disposition par le Centre régio- nal d’innovation et de transfert de technologie Informatique (CRITT) dont la vocation est notamment de proposer aux entreprises des savoir-faire d’intelligence arti cielle en termes de robotique. « A titre d’exemple, nous développons une télécommande intelligente où l’opérateur montre à la machine ce qu’il veut faire et les différentes variantes qu’il envisage. Le système crée en- suite lui-même le programme et le généralise de manièreun autre champ d’application local, à l’image des solutions de la start-up bordelaise Qucit qui se base sur le deep learning pour prévoir l’encombrement des stations utilisées pour les véhicules en libre-service.PeRsonnalisation Fine dans la FoR- mation PRoFession- nelleEn Auvergne Rhône-Alpes, d’autres projets futuristes voient le jour, articulés no- tamment autour des activi- tés du pôle de compétitivité Imaginove, qui se focalisele règlement pa.par virement peut être pré- conisé, l’usage de la carte bancaire n’étant alors pas recommandé ».r chèque ou16 OctObre - n°44]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[En harmonie avec votre vie]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[EN COUVERTUREPROSPECTIVE : Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau Business imagine dans une  ction ce à quoi il ressemblera en 2050, puis demande l’avis d’un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnésLa justice par les robots en 2050« Minority Report » à éviterEt si ces systèmes de calcul qui exploitent les data pour prévoir et prévenir étaient mieux encadrés à l’avenir ?Par Julien TarbyFlu Trends pour prévenir l’ex- pansion des épidémies virales comme la grippe, grâce aux gens qui recherchaient sur le moteur la cause de leurs symptômes. Mais nous nous sommes engagés dans une nouvelle société sans nous en apercevoir. A un moment donné les mathématiques ont pris le dessus... Nous avions sans le savoir basculé dans la société de l’anticipa- tion, mais aussi de la peur àment élevé qui se renseignait sans symptôme. Les autorités ont commencé à abuser de ces Cassandre arti ciels, ce qui inévitablement s’est ac- compagné de restrictions de libertés. L’idée à la base était que beaucoup d’infractions, comme des cambriolages ou le racket, ne se commettaient pas au hasard, mais suivaient des schémas particuliers. En pratique, l’algorithme s’ap- puyait sur une base de donnéesFICTIONJournal intime de Justine, mai 2050« J’essaie de ressentir ce qu’a dû vivre mon père en 2025, il y a 25 ans, lorsqu’il a été arrêté "par anticipation". Messieurs, vous êtes tous suspectés par l’algorithme d’être sur le point de com- mettre un délit. Avouez ! » La voix robotisée et inhumaine lui a glacé le sang, comme il me l’a souvent raconté. Il a jeté un coup d’œil sur le côté à ses comparses, et ses smart glasses à reconnais- sance faciale lui ont indiqué qu’ils se trouvaient dans les mêmes dispositions d’esprit que lui : ils avaient peur et ne comprenaient pas. Ces gens, citoyens lambda sans problèmes apparents, ne sa-vaient pas vraiment pourquoi ils étaient là. Les algorithmes ont commencé à in uencer notre environnement au début du siècle par de simples « re- commandations ». Effectuer nos achats, choisir un  lm à visionner ou encore une chanson à écouter, gérer nos relations amoureuses sur des sites qui calculent le « taux de correspondance ou d’af-  nité », nous repérer sur la route... Tout a été plus ef - cace et rapide. Brassant des quantités gigantesques de données, les algorithmes ont même commencé à prévenir la propagation des épidémies, offrant aux gouvernants des outils de gestion de l’incer- titude. Mon père aime à me raconter que Google, en 2017, utilisait son algorithme GoogleDes domaines ont été décrétés réservés aux hommes, au nom de la notion d’humanitérisques de se produire. L’al- gorithme Police prédictive, né au début des années 2010 à Los Angeles, a été amélioré. En 2017, la municipalité de Santa Cruz af rmait d’ailleurs qu’en utilisant cet outil, elle avait fait baisser le nombre de cambriolages de 20%. Puis les algorithmes prédictifs ont été adossés à des outils de pro lage hérités de la pu- blicité ciblée, prévoyant les actions des individus... C’est ainsi que mon père, innocent, s’est retrouvé incarcéré. Heu- reusement il fit partie des derniers. La pression de la société civile et les terribles manifestations ont forcé à une législation stricte en matièred’utilisation d’algorithmes prédictifs. Ceux-ci ne peuvent désormais plus structurer a priori le champ d’action possible des individus. Des domaines ont été décrétés réservés aux hommes, au nom de la notion d’humanité. Les IA sont devenues des êtres juridiques, avec des droits, des responsabilités et des devoirs. Nous avons recti-  é le tir, et je suis heureux de pouvoir en discuter avec mon père par hologrammes interposés – mon paternel coulant de.s jours heureux sur l’île  ottante d’Utopia – en riant de cette aventure passée... »Avis d’expert : Serge Abiteboul, informaticien à l’ENS et directeur de recherche à l’INRIA, qui a écrit « Le temps des algorithmes » : « Les algorithmes n’ont pas d’intention »Peut-on parler d’une prise de conscience du potentiel de l’IA et d’une crainte ?Les algorithmes inquiètent. Des métiers disparaissent par leur faute, des gouvernants s’en servent pour res- treindre nos libertés, des entreprises privées les uti- lisent dans leurs calculs cyniques. Les « algorithmes intelligents » à venir sont redoutés. Mais ce sont avant tout des solutions. S’ils sont à l’origine de transforma- tions radicales des notions de travail, de propriété, de gouvernement, de responsabilité, de vie privée... c’est à nous de décider de quel côté faire pencher la balance. Il y a effectivement anxiété, car l’informatique et l’IA annoncent des possibilités énormes, et donc en paral- lèle des risques. Mieux vaut les comprendre pour lesmaîtriser.Une utilisation abusive est-elle à redouter ?Depuis 50 ans les algorithmes font des progrès consi- dérables. Mais quand ils s’illustraient en battant un champion de Go, nous étions encore dans la sphère du jeu. Désormais leurs accomplissements sont plus com-plexes et impactent directement notre vie quotidienne, nous faisant de plus en plus nous poser des questions sur notre humanité. Ils vont accomplir des tâches qu’on pensait humaines et intelligentes. Aux Etats-Unis, sur- tout sur la côte Ouest, on regarde en priorité leurs as- pects positifs. Les Français les craignent plus, mais s’en emparent tout autant. En Asie les gens se posent moins de questions sur les robots et l’IA, étant prêts à leur con er un maximum de tâches. La culture européenne accorde plus de spéci cités à l’être humain, qui a des domaines réservés. Dans notre culture s’occuper des personnes âgées fait partie de notre humanité. Evidem- ment il sera utile de s’appuyer sur des robots, qui feront gagner des années d’indépendance aux seniors. Mais les algorithmes ne peuvent tout faire. Les proches hu- mains ne peuvent être remplacés par des robots. Il y a un choix de société à accomplir.Quels sont selon vous les limiteset garde-fous à poser ?Comme les algorithmes vont in uencer tout le monde,ils doivent se comporter commedes citoyens dans la vie dela cité, à savoir être justes etaller dans le sens d’une sociétéplus humaine. On attend mêmequ’ils se comportent mieux quedes êtres humains. Cela signi eleur montrer des cas d’espèces particuliers, pour qu’ils ne reproduisent pas les biais humains. N’oublions pas qu’ils n’ont pas d’intention et sont ce que nous vou- lons qu’ils soient. En n ils doivent être transparents : le choix, aussi rationnel soit-il, d’envoyer un adolescent dans tel lycée doit être expliqué aux familles.Propos recueillis par JT.«Le temps des algorithmes», de Serge Abiteboul et Gilles Dowek, éd. Le Pommier, 2017.18OctObre - n°44cause de ces intelligences arti cielles prédictives. Ainsi nous nous sommes aperçus qu’elles étaient devenues trop sensibles aux rumeurs. A chaque fois une nouvelle ma- ladie occasionnait des peurs collectives, et l’algorithme gon ait ses prévisions, du fait du nombre de gens anormale-rassemblant l’historique, la géolocalisation et les heures des crimes. En prenant en compte le tra c routier, les horaires de sortie d’école ou la tenue d’événements spor- tifs, l’IA pointait en rouge sur la carte des policiers les lieux où les crimes avaient statistiquement le plus deEt si le  lm Matrix n’était pas si  ctif ?]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[FORFAIT RÉSIDENTIELÀ PARTIR DE 217 €*NUIT ET PETIT-DÉJEUNER2 PAUSES CAFÉS THÉMATIQUES, DÉJEUNER ET DÎNER, 1 SALLE DE RÉUNION PLÉNIÈRE ÉQUIPÉERenseignements et demande de devisau 0 970 818 478 ou sur www.meetings-barriere.comTravaillez di éremment, soyez Barrière. *Tarif HT «à partir de», donné à titre d’exemple pour L’Hôtel du Golf Deauville, par personne, selon conditions de vente et dans la limite des chambres réservées à cette o re, et susceptible d’être modi é. Le déjeuner et le dîner sont proposés en bu et, en  nger bu et ou à l’assiette, boissons comprises. Le déjeuner peut également être servi en lunch box ou en menu express. L’accès Internet haut débit en salle de réunion et en chambre est inclus dans le forfait résidentiel. Groupe Barrière SAS au capital de 1 215 144,68 euros. R.C.S. Paris : 320 050 859 - © Laurent Fau / Fabrice Rambert.]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[PanOramaHexagoneUne détestation, empreinte de jalousie, qui n’est pas sans exprimer, outre l’évidente fracture sociale, une culture de l’entre-soi. Le riche ne sera de fait jamais populaire.truction des souverainetés nationales au pro t d’une commission européenne re- groupant tous les pouvoirs et, sur le plan économique, parfossé. Nous sommes passés d’une forme d’enrichissement naturelle à de la prédation, pointe-t-elle. L’ubérisation de l’économie représentePhilippe Crevel. Pour ce dernier, notre conception malthusienne du fonction- nement de l’économie ali- mente ce malentendu. « Nous pensons que l’économie est un gâteau qui se partage. Mais nous ne comprenons pas ce que c’est la crois- sance !, s’emporte-t-il. Nous raisonnons à état constant dans un système à une ou deux dimensions quand il faudrait passer à trois ou quatre dimensions en inté- grant le temps. »De même, en matière d’im- pôt, les plus riches ne mé- ritent pas d’être la cible de l’opprobre publique, juge l’économiste. « La France est un des pays qui taxe davantage, non pas les plus fortunés, qui peuvent utili- ser légalement les failles du système, mais plutôt les cadres supérieurs, di- rigeants de PME, et pro- fessions libérales, qui se situent dans la tranche des 20 % les plus aisés, reprend Philippe Crevel. En outre, il faut garder en tête que les 10% des contribuables les plus riches acquittent 70% de l’impôt sur le revenu. Et que l’ISF n’est payé que par 350 000 personnes, dont unprésidentielles de réhabili- tation des plus fortunés ne semblent pas avoir l’effet escompté. Les derniers son- dages montrent que certaines mesures favorables à ces derniers passent dif cile- ment. « Bien qu’il avance masqué, sous couvert de réduction des inégalités, le gouvernement prend des mesures massivement en faveur des riches : suppres- sion des valeurs mobilières de l’ISF, taux d’imposition des revenus du capital passé de 60 à 30% ou détricotage du Code du Travail, par exemple, énumère Monique Pinçon-Charlot. Mais les gens sont en train de le ré- aliser, d’où un sentiment de défiance actuellement en train de battre des records. » Les riches seraient ainsi définitivement irréconci- liables du reste de la po- pulation, juge sévèrement la sociologue. Son dernier ouvrage « Panique dans le 16e », sorti en septembre, décrit ainsi, en bande-des- siné, les « stratégies de l’entre-soi » élaborées par les castes dominantes pour maintenir leurs privilèges, à travers l’épisode médiatique de la révolte des habitants du 16e arrondissement de Paris contre l’implantation d’un centre d’hébergement d’urgence en bordure du bois de Boulogne. « La gravité de la situation ne demande pas de mesurettes mais une révolution totale du système capitaliste, défend-elle. ». À moins que nos riches choi- sissent la voie américaine pour redorer leur.blason, en s’engageant pour une meilleure redistribution, des investissements responsables, ou des fondations.Panique dans le 16e ! (Monique Pin- çon-Charlot - Michel Pinçon - Étienne Lécroart), aux éditions La Ville Brûle.HEXAGONE : EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l’actualité française, a n de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)L’aversion en France pour les richesLe « mal »- aimé ?Par Pierre HavezEn enjoignant les « jeunes Français [à avoir] envie de devenir milliardaires » dès 2015, puis en lançant « le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler » à un jeune en mai 2016 alors qu’il était encore ministre de l’Economie, Emmanuel Macron tente, depuis son entrée en poli- tique, de redonner ses lettres de noblessesaux valeurs de travail et de création de ri- chesse, a n de réconcilier la France avec ses riches. Aussi, l’arrivée au pouvoir d’un jeune banquier de chez Rothschild suscite-t-elle un fol espoir de réhabilitation chez les plus prospères du pays, régulièrement pris pour cible par l’opinion au moment de dénoncer les dérives d’une économie de plus en plus libérale qui se caractérise par l’accroisse- ment des inégalités sociales. « Pour les chefs d’entreprise, la richesse est synonyme de réussite et de  erté, si l’on exclut les héritiers, indique la présidente du syndicat patronal Ethic, Sophie de Menthon. Ce ressentiment contre eux est donc très violent. Pas étonnant que certains quittent la France pour ne plus être montrés du doigt... »mytholoGie RévolutionnaiReLe rejet des élites dure de- puis la Révolution Française. « De la mythologie révolu- tionnaire à l’avènement dumouvement de la France Insoumise, en passant par les utopies fouriéristes et l’illusion communiste, notre histoire est jalonnée par cette soif d’égalité absolue, rap- pelle l’économiste Philippe Crevel. Les mouvements de droite comme de gauche ont exploité ce sentiment. » Incarné par les concepts de « fracture sociale » de Chirac, de « France d’en bas » de Jean-Pierre Raf- farin, ou des involontaires « sans dents » de François Hollande, ce fossé ne cesse, ces dernières années, de se creuser entre riches et mo- destes. En France, ancien pays de castes et d’agricul- teurs, il reste ainsi dif cile d’accepter la réussite de son voisin, même modeste. Pire, la jalousie pousse encore à y voir une injustice ou un privilège, plutôt que le fruit du travail, des compétences ou du mérite.la violencedes RichesPourquoi cette idée a-t-elle la vie si dure ici, alors que nos voisins semblent mieux accepter leurs riches ? En Allemagne, le succès de Porsche pro te aux habitants de Stuttgart, qui en en sont  ers. Mais dans l’Hexagone, la position de leadership du groupe Nissan-Renault ne suscite que peu de réactions de positives. Au contraire, la rémunération de Carlos Gohsn agace... « La dé ance actuelle s’explique, sur le plan politique, par la des-la  nanciarisation de l’éco- nomie, qui réserve l’accès à la spéculation à ceux qui détiennent déjà l’argent », analyse la sociologue Mo- nique Pinçon-Charlot, qui étudie les classes les plus riches sous toutes leurs cou- tures depuis plusieurs années.ainsi par exemple une nou- velle forme d’esclavagisme. »un Pays qui Reste éGalitaiReCertains chiffres relativisent pourtant cette vision. « La France est un pays égalitaire. Le rapport de revenus aprèsJe me réjouis d’avoir calfeu- tré les murs. La grogne populacière ne m’atteint plus.Le rapport de revenus après prestations entre les 10% les plus riches et les 10% les plus pauvres est de 3,5, un des ratios parmi les plus faibles de l’OCDEUn rejet également justi é, selon l’ancienne directrice de recherche au CNRS, par ce qu’elle décrit comme étant « la violence des riches » à l’égard du reste de la so- ciété. « Les inégalités se transforment désormais enprestations entre les 10 % les plus riches et les 10 % les plus pauvres est de 3,5, un des ratios parmi les plus faibles de l’OCDE. Mais rien n’y fait. Nous pensons que les riches volent l’argent des autres ! », se désolegrand nombre n’ont comme richesse que leur résidence principale. »stRatéGies de l’entRe-soiPour l’heure, force est de constater que les tentatives20 OctObre - n°44]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[S’ENGAGER SUR LA QUALITÉDE NOS SERVICES & DE NOS PRODUITS, OUI, C’EST SIGNÉ !Chez Bruneau nous ne faisons aucune concession sur la qualité de nos services et de nos produits...Garantie satisfait ou remboursé, garantie intégrale couvrant tous vos besoins et imprévus, garantie des prix af chés sur tous nos catalogues, garantie de s’adresser à un partenaire responsable certi é Q.S.E, garantie d’être accompagné tout au long de sa commande et d’être pris en charge par un service après-vente performant...C’est ça la garantie Bruneau !3924 ou 0 825 06 02 02 contact@bruneau.fr bruneau.fr (0,15 €ht/min + prix appel)]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[club entrePrendreBaromètre & TendancesLe carnet des nominationsen partenariat avecuAutorité des mArchés finAnciers Natasha Cazenave, 40 ans, magistère banque- - nance-assurance - université Paris-Dauphine (2000) a été promue secrétaire général adjoint de l’Autorité des marchés  nanciersuBArclAys frAnce (AnAcAp finAnciAl pArtners)Philippe Vayssettes, 63 ans, IEP Paris (1974)a été nommé directeur général de Barclays Franceudirection de lA sécurité sociAle (dss) Mathilde Lignot-Leloup, 43 ans, ENA (2000), IEP Paris (1996)a été promue directeur de la sécurité socialeuGroupe des écoles nAtionAles d’économie et stAtistique (Genes)Olivier Biau, 45 ans, DEA économie - Université de Montpellier (1995)est nommé directeur de l’Ecole nationale de la statis- tique et de l’analyse de l’information (ENSAI)uhémisphère droitAnne Guivarc’h est nommée directeur général de Hémisphère droitulA BAnque postAleTony Blanco, 52 ans, INSEAD, Polytechnique (1984) est nommé secrétaire général de La Banque postaleulA plAce mediAMarianne Siproudhis, IEA Parisest nommée président de La Place Mediaumicrosoft frAnce (microsoft Group) Carlo Purassanta, 45 ans, MBA - Henley Business School (2007)est promu président de Microsoft Franceumoët hennessyPhilippe Schaus, MBA business - INSEAD (1990) est promu président-directeur général de Moët HennessyurAtpCatherine Guillouard, 52 ans, ENA (1993)est nommée président-directeur général de la RATPVOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Nomination, les 200 000 décideursFaites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frqui font le business en France ! Bien pitcher son entreprisePersonne ne somnole dans le public. Convaincre et persuader en un temps record. Contraindre l’auditoire à assentir au propos. Du rythme ! Il s’agit de lever des fonds sans les extorquer. Les start-up comme les PME se perfectionnent dans la présentation éclair et le storytelling. Quelques astuces : ne pas se perdre dans un dédale de détails techniques, être sur la retenue,éviter de trop embellir la réalité de l’entre- prise, connaître par- faitement son marché et le public à qui l’on s’adresse. Au début du pitch, mieux vaut ne pas présenter l’entre- prise, mais partir duproblème que celle-ci résout, des solutions ou des innovations qu’elle apporte. Evidemment, garder le sourire et être disponible. Filer une anecdote pendant la présentation et investir subjectivement le propos, sans tomber dans le pathos. Le pitch repose sur l’art délicat de la mesure. Les 12  nalistes du Prix EDF Pulse qui porte sur l’habitat, la ville, le bien-être, reçoivent un coaching sur mesure, notamment pour le pitch et la communication, tant ces domaines sont devenus importants dans le monde de l’entreprise. Réforme du travail et télétravailLes ordonnances Macron s’inscrivent dans la lignée des chartes relatives au télétravail rédigées par les employeurs. Selon Muriel Pénicaud, ministre du Tra-vail, 61% des salariés se disent tentés par le télétravail. En France, 17% des salariés tra- vaillent depuis chez eux. Les ordonnances du 31 août encadrent mieux les conditions dutélétravail. Le salarié est juridiquement protégé. Par exemple, l’accident de travail à domicile est désormais reconnu. De plus, quand il est matériellement possible, le télétravail est accepté d’of ce. C’est à l’employeur de justi er son refus, le cas échéant. Le télétravail séduit de plus en plus de PME soucieuses du bien-être deleurs salariés. Le taux d’arrêts maladie baisse signi-  cativement pour les entreprises qui mettent en place le télétravail. Se pose encore la question du temps de travail à domicile, du home of ce, de la solitude et de la déconnexion. BCD Travel France, agence de voyages d’affaires, met en place une méthode de management virtuel pour ses cadres. Après le management humain, le management 2.0. Vers une taxation des GAFA ?Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, se prononce en faveur d’une taxation des GAFA. Il s’agit d’imposer les géants du numérique sur leur chiffre d’affaires. A l’occasion du Conseil européen du 4 décembre prochain à Tallinn en Estonie, laFrance souhaite « unedécision ferme » del’Europe. L’Allemagne,l’Espagne et l’Italie semontrent égalementfavorables à une telle« taxe d’égalisation ».Pour mémoire, le tribunal administratif de Paris a jugé que Google n’était pas imposable entre 2005 et 2010 et refuse l’injonction de redressement  scal de 1,115 milliards d’euros. Toutefois, pour ce qui regarde la  scalité, un accord unanime des Etats membres de l’UE est requis. Comment penser que l’Irlande ou le Luxembourg signent un tel accord ? Par ailleurs, la TVA est la seule taxe sur le chiffre d’affaires autorisée en Europe. De nombreux obstacles juridiques sont donc encore à franchir avant une taxation effective des GAFA. La  n de l’ISF-PMEPour les particuliers soumis à l’ISF, il sera bientôt impossible de dé scaliser en investissant dans le ca- pital des PME. Depuis dixans, grâce à la loi Tepa età hauteur de 45000 euros, on pouvait déduire 50% de l’argent investi de l’ISF. Pas moins de 516 millions d’euros ont été ainsi investis dans les PME en 2016. Des mesures compensatoires devraient voir le jour, no-Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant l’entrepreneuriat, picorés de-ci de-làFini les vacances, la cloche a sonné. Bonnes résolutions avant l’heure, les entrepre- neurs retroussent leurs manches et se creusent la tête. Le gouvernement propose de taxer les GAFA, tandis qu’il repense l’encadrement juridique du télétravail et de l’ISF-PME. Les start-up françaises sont à la fête, et les jeunes sont de plus en plus attirés par le social et l’environnemental. Xavier Niel met en place un pro- gramme gratuit pour les entrepreneurs étrangers et ceux dont l’histoire person- nelle est dif cile. Côté opérationnel, la messagerie Slack pourrait bien révolution- ner la communication en interne dans le monde de l’entreprise. En n, cerise sur le gâteau : les délais de paiement des entreprises aux fournisseurs s’améliorent. En un mot, la rentrée entrepreneuriale laisse augurer de belles choses pour le dernier trimestre 2017.22 OctObre - n°44]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre & Tendancesclub entrePrendretamment lors des débats parlementaires de l’automne, a n de continuer à  nancer les jeunes entreprises et les start-up innovantes. Amélioration des délais de paiement des entreprisesSelon le cabinet Altares, le retard dans les règlements des factures aux fournisseurs est passé de 20 jours au milieu des années 90 à 11 jours actuellement. Les artisans sontles entrepreneurs qui règlent leurs factures en temps voulu (8,3 jours de retard). Ils connaissent l’impor- tance de ne pas être en dette. A l’inverse, le secteur public, no-tamment les départements et les régions, voient leur délai de paiement augmenter (13,2 jours pour les pre- miers, 18,8 pour les secondes). L’idée s’installe chez les entrepreneurs que la croissance repose également sur des échanges équitables et des relations de con ance entre entrepreneurs et fournisseurs. Régler ses factures en temps et en heure est le signe d’une entreprise res- pectueuse de ses clients. Le retard moyen en Europe est de 13,2 jours ; aux Pays-Bas de 6,8 jours contre 26,8 au Portugal. Dans ce domaine et pour le bien de tous, des progrès restent à faire. Des start-up à impact social et environ- nementalFini l’engagement à l’ancienne et la carte au Parti. Une partie delajeunessedé- serte les urnes et les listes électorales. Les jeunes s’engagent de plus en plus au service de structures commeTicket for Change en faveur de l’entreprenariat social ou Voxe.org favorisant les pratiques démocratiques.L’engagement au sein d’une start-up sociale, solidaire et environnementale permet aux jeunes de se réaliser en inventant une identité sociale nouvelle et de nouveaux modes de vie. En s’inspirant du monde associatif, les jeunes start-up misent sur une croissance forte autour de salariés et de bénévoles. La visée première des start-up comme MakeSense reste l’effet positif sur la société et l’impact réel sur les individus. CCI Linkhub Normandie : accélérateur de businessDes start-up peuvent actuellement intégrer le CCI Linkhub. Contrairement aux traditionnels espaces de coworking et pépinières, le CCILinkhub propose uneimmersion au sein desgrandes entreprises dela région normandecomme ARKEAM(leader français de lachimie), le laboratoirebritannique GSK ouencore Duhamel Lo-gistique (spécialiste de la prestation logistique de proxi- mité). Pour le moment, 12 grandes entreprises font partie du projet. Une synergie de proximité avec l’entreprise partenaire permet aux projets de se développer et de trouver des solutions innovantes. Des entrepreneurs sans le sou Non pas repartir à zéro, maispartir de zéro. Xavier Niel pro- pose à la station F un dispositif gratuitpourlesentrepreneurs issus de milieux défavori- sés, réfugiés, immigrés ou bien encore entrepreneurs au passé dif cile. Dix places sont encore à saisir au sein du Fighters program (candidature à envoyer avant le 2 octobre).Parcours France 2017,le rendez-vous des projets en régions 10 octobre 2017, Paris, Espace Champerret 3 questions à Antoine Colson, co-gérantQuelles sont les nouveautés pour l’édition 2017 ?Le thème de l’édition est « Open Territoires ». Les territoires sont invités à ré échir à leurs problématiques avec les visiteurs du salon,comme s’ils se faisaienthacker par eux. Troisgrands espaces de visiteseront mis en place. Le« cœur du salon » avec100 territoires. Deuxvillages « Entreprendreen régions » et « Emploi en régions ». Un « Business Fo- rum », évènement dans l’événement, où 200 entreprises proposent des rencontres BtoB.Quelles sont les spéci cités au regard de l’événe- mentiel dédié à l’entrepreneuriat en France ?Parcours France se veut – toute proportion gardée– le Davos économique des territoires. Le but est de faire se rencontrer les top décideurs et les acteurs. La croissance de demain se joue en région. Il est crucial de valoriser les opportunités économiques offertes par les territoires. Parcours France permet aux porteurs de projets, aux entreprises et aux acteurs de tisser des liens pour faire aboutir des projets.Quels sont les grands chantiers auxquels doivent s’atteler les territoires pour être attractifs et por- teurs d’espoir économique ?Ils sont déjà en cours. L’augmentation de la croissance et de l’attractivité des villes moyennes et des territoires crée un effet de rattrapage des métropoles régionales. Les territoires se saisissent de ce phénomène de rattrapage et mettent en place un package d’accueil et d’attractivité à l’égard des entrepreneurs, des star- tuppers et des familles. Les lignes LGV, les nouvelles technologies, le télétravail font qu’on peut aujourd’hui créer en région une entreprise à rayonnement mondial.Propos recueillis par Joseph CapetClair-obscur : technique consistant à dis- tribuer l’ombre et la lumière dans un  lm. Clair-obscur : procédé pouvant aussi s’appliquer ponctuellement comme grille de lecture du moral des chefs d’entreprise. Zoom sur le moral des patrons en sep- tembre. Des visages inquiets à 39% (soit 9 points de plus qu’en juillet) ou mé ants (33%). Accentuation du coup de blues cci.fr encore plus nette chez les dirigeants d’entreprise de moins de 10 salariés, tra- duisant leur désenchantement par rapport au trimestre écoulé. Cette inquiétude grandissante est à mettre en perspective avec le taux de satisfaction à l’égard du Président de la République. Tout juste plus d’un dirigeant sur deux déclare être satisfait de son plan d’ensemble, soit uneEn clair – obscurbaisse de 23 points depuis le début de l’été. Nos interrogés se montrent donc tout à la fois acteurs et spectateurs, en- trepreneurs et citoyens.Plan séquence sur les actions à l’égard des entreprises. L’appréciation dans ce champ est meilleure. Ainsi, pour 78% des dirigeants, le projet de contrats de chantier est une bonne chose, le secteur de la construction s’y montrant assez naturellement le plus favorable (83%). Le plafonnement des indemnités prud- hommales proposé dans le cadre de la réforme du Code du Travail recueille l’assentiment de 61% d’entre eux. La simpli cation est toujours de mise, le principe du « One-In, Two Out » (pour toute nouvelle norme, deux autres serontsupprimées) prenant la lumière avec 59% d’opinions favorables.Les effets spéciaux des plans visant à favoriser l’investissement et la croissance continueront donc d’être scrutés par les entrepreneurs. Avec l’attente qu’ils soient raccord avec leurs préoccupations...Béatrice Genoux Planneur stratégique CCI FranceRetrouvez l’intégralité des résultats de la Grande Consultation sur www.grandeconsultation.fravec23ecoreseau.frJugement de valeurs]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[club entrePrendreBaromètre & TendancesIl s’agit de « se battre » a n d’inventer ou de révéler son talent. Diversité et pluralisme sont facteurs de progrès, y compris au sein de la station F. Lut- ter contre la reproduction des élites et l’hégémonie des anciens élèves des grandes écoles sur les start-up qui décollent. Le Fighters program permet d’attirer les talents et de les aider à réaliser leur projet quelle que soit leur histoire passée. La messagerie Slack en VFRemplacer les e-mails en interne, rien que ça ! Repenser la communication en entreprise. De- puis 2014, la messagerie collaborative compte pas moins de 6 millions d’utilisateurs par jour. Diminuer le nombre d’e-mails, diminuer l’en- combrement des boîtes de réception, organiser les discussions par canaux, par équipes, par  ls de discussion. Idéal pour archiver les documents. Pourquoi ne pas essayer ce logiciel de gestion de projets ? Une version gratuite, en français, est désormais disponible en ligne. Lyon, capitale des Gaules ... et des start-up !Selon un rapport de la London Stock Exchange qui porte sur 1000 PME européennes dont le chiffre d’affairescroît rapidement, 13 sont installées dansla Métropole de Lyon. Le classement estdivisé en trois catégories en fonction duchiffre d’affaires. Entre 100 et 150 mil-lions d’euros de chiffre d’affaires, on peutciter La Vie Claire située à Montagny ; lespécialiste du conseil et de l’ingénierie eninformatique Solutec dans le IXème arron-dissement de Lyon, lauréat de la catégorie75-100 millions d’euros. Charlott’ pour lavente de lingerie à domicile ou Huttopia conception de campings et de vil- lages dans des lieux naturels d’exception réalisent un chiffre d’affaires entre 20 et 50 millions d’euros. Le 19 octobre se tiendra la neuvième édition du Forum Franchise Lyon. 150 enseignes de la région Auvergne-Rhône-Alpes présenteront leur franchise et accueilleront les créateurs d’entreprise. Ceci explique peut-être cela. Octobre 2017 : Planète PME (Paris, Palais Brongniart)Un salon consacré aux entrepreneurs, aux PME et aux TPE, avec une forte orientation business. L’objectif : répondre toujours mieux aux attentes des chefs d’entreprise, relayer les questions qu’ils se posent, leur présenter les innovations et apporter les réponses qu’ils méritent 10 octobre Parcours France 2017C’est l’une des initiatives pour promouvoir les projets en régions. Par- cours France est une société dédiée à l’analyse et à la communication économique des territoires. Elle soutient les collectivités territoriales qui souhaitent valoriser leurs projets, faire connaître leurs opportu- nités et comprendre leur environnement. Paris, Espace Champerret, ParisPlus d’infos: Cf. Encadré 12 octobre: I’Nov Pro - Journée professionnelle des inven- teurs - Concours Tremplins I’Nov ProI’Nov Pro est une journée de business et de rencontres profession- nelles, organisée par Transtech pour des inventeurs et porteurs de projets innovants. Lors de cette journée, chaque porteur de projet inscrit au concours Tremplins I’Nov Pro aura 3 minutes pour convaincre un jury de professionnels. 10 000 euros de prix seront distribués entre les lauréats.Maison des Associations - 55 Av. du Maréchal de Lattre de Tassigny, 33700 MérignacPlus d’infos: http://inventifs-transtech.fr/inov-pro-jeudi-12-oc- tobre-2017/ 3 avril au 31 octobre 2017 : Etonnants créateurs - Concours de création d’entreprises innovantesCCI Ille-et-Vilaine, Saint-Malo agglomération et Saint-Malo entre- prises sont à l’initiative de l’événement qui souhaitent accompagner les porteurs de projet voulant s’implanter sur le territoire de Saint-Ma- lo. La dotation globale est 70 000 euros, répartis en 3 prix :Création d’entreprise : 24 000 euros - Potentiel de développement : 24 000 euros - Coup de cœur : 22 000 euros.La date limite de dépôt des dossiers est  xée au 31 octobre 2017avecethic.frToutes les entreprises se sentent concernées par le fait de fêter leur boîte et surtout de faire savoir àcette occasion qu’elles aiment leurs sala- riés et réciproquement, leurs clients bien sûr, leurs fournisseurs, leurs prestataires et leurs franchisés.Une « boîte » c’est l’alliance de tous ces différents publics qui sont l’essence même de son existence.Beaucoup d’entreprises de tous les uni- vers estiment également qu’ils peuvent contribuer au bien-être des salariés non seulement dans leur propre entreprise mais aussi de celles des autres.C’est ainsi qu’à l’occasion de la fête desentreprises « J’aime ma Boîte », le jeudi 19 octobre et pour la deuxième année consécutive, les marques de beauté 100% françaises Guinot et Mary Cohr s’associent à cette opération. La cohésion, le bien-être et le professionnalisme sont des valeurs que le groupe familial que je dirige, porte depuis 40 ans.Au travers de l’opération « la plus belle pour aller bosser », le groupe souhaite contribuer au bien-être physique et psy- chologique de ses salariés. Ainsi, nous leur permettrons d’obtenir des conseils de beauté adaptés à la vie de bureau. Parce que nous sommes convaincus qu’aimer sa boîte passe aussi par s’aimer soi-même. Plaire, se plaire, c’est la condition sine-qua-non pour faire aimer son entreprise aux autres et donc, contribuer à la crois- sance économique !Jean-Daniel Mondin Président Guinot Mary CohrRendez-vous sur www.jaimemaboite.comLa plus belle (le plus beau) pour aller bosser !24 OctObre - n°44Save the dateJ’aime ma boîte]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[club entrePrendreEnquêteL’occasion pour EcoRéseau Business d’enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre, en rapport avec l’innovation et l’entrepreneuriatLe potentiel des assistants intelligentsBientôtLes assistants personnels professionnels rendent le quotidien pro et perso plus simple. La tendance traduit un nouveau rapport homme-machine dans de nombreux secteurs d’activités sans pour autant omettre les problèmes de mé ance.tous des « assistés » ?Nos vies prennent un tournant robotique.Par Geoffroy FrameryLa réalité rejoint inéluc- tablement la  ction. Et les grands réalisa- teurs, scénaristes et écrivains incarneraient nos oracles d’aujourd’hui pour prédire ce dont demain sera fait. Dans « L’odyssée de l’espace » de 1968, HAL 9000 sert d’inter- face homme/machine pour contrôler le vaisseau spatial par le dialogue. Aujourd’hui, Alexa d’Amazon ou encore Google Home permettent via des ordres vocaux aux allures de discussion banale de contrôler bon nombre de fonctionnalités en matière de domotique, d’achats ou de recherches sur Internet. Plus près de nous, l’incon- tournable « Interstellar » de Christopher Nolan ou encore « Star Wars Rogue One » nous apportaient, sur un pla- teau cinématographique, une forme d’intelligence arti cielle capable d’ironie voire d’hu- mour absurde en les robots que sont TARS et K2SO. Une manière de deviser qui n’est pas sans rappeler l’art du sarcasme qu’utilise Siri avec doigté lorsque nous luidemandons la Lune. Si bien qu’à la question du sens de la vie, l’assistant répond : « 42 », « Qui suis-je ? Où vais-je ? Et dans quelle étagère ? »... Que penser encore de la voiture Kitt dans « K 2000 » qui ressemble peu ou prou à nos actuels GPS et assistants connectés sur de nombreux aspects... A l’époque, la voiture parlante n’était qu’un fantasme et la carrière de Hasselhof à son  rmament. Aujourd’hui, l’ac- teur n’est plus dans les radars tandis que la technologie s’est concrétisée pour dépasser la  ction. Welcome.usaGes natuRelset intuitiFsQuel point commun entre un chatbot de Facebook, capable de vous renseigner sur les horaires de votre restaurant préféré, un robot de la  ntech qui peut vous conseiller sur vos transferts d’argent, Julie Desk, secrétaire numérique ou encore Alexa, l’IA d’Amazon, etc. ? Les termes d’assistants virtuels ou intelligents recouvrent une multitude d’usages et de technologies et ne font pasconsensus. « Je ne mets pas Siri, Cortana ou les chatbots sur le même plan... Cela ne concerne presque pas notre marché. Car nous nous occu- pons de déléguer des tâches précises avec Julie alors que les autres assistants consistent en une nouvelle manière d’in- teragir avec un outil. La ré- volution est plus une question d’usage que de remplir une tâche à proprement parler. Demain nous n’utiliserons plus que des technologies en langage naturel », tranche Julien Hobeika, co-fondateur et CEO de Julie Desk. Et Ilias Hicham cofondateur et COO de Destygo de compléter : « Le chatbot vient s’adapter à de nouveaux usages : les applis de messagerie ont explosé. Notre technologie est plus intuitive et épouse un comportement plus naturel. Elle se situe dans la prolongation de ce type de technologie ». Derrière l’assistant d’aujourd’hui se cache donc d’abord une ergo- nomie d’usage. L’idée est de « désintermédier » l’homme et la machine par la machine mais au béné ce de l’homme. Peut-être un moyen d’arrêter de prendre votre moitié pour Google et de réduire à néant les crispations sur le sujet de la charge mentale.tRansFoRmation douce des usaGes et chamP inFini des PossiblesJulie Desk ou encore Amy sont deux interfaces qui permettentde caler des rendez-vous, orga- niser des réunions en conf-call ou de visu à votre place tout en devisant de façon courtoise et ef cace avec la personne que vous souhaiter voir contacter prochainement. Dans le BtoB, de nouveaux assistants se dé- veloppent également à l’image de la française Destygo qui redessine la relation client avec les professionnels du tourisme grâce à la conception d’assistants de voyages per- sonnalisés. Incubé à Science Po, la start-up Hubup digita- lise et simpli e les process de transport public. « 75% de sa carrière, un conducteur de la RATP fera la même ligne car la formation est très coû- teuse. Notre assistant rend le conducteur plus  exible, et lui permet d’avoir une journéeplus variée, de se concentrer sur la conduite et l’accueil du client. L’assistant s’occupe dès lors de l’itinéraire ( exibilité pour le changement de ligne/ système de conducteur de réserve) et du signalement. Ce service orienté chauffeur gère la gestion RH », explique Cyprien Moreau, responsable commercial de Hubup.La  ntech et la santé ne sont pas épargnées non plus par l’adoption massive de ces as- sistants. La start-up française Neomy, spécialisée dans le transfert d’argent, nous fait la promesse de nous faire gagner et du temps et de l’argent. Pour ce faire, l’algorithme déve- loppé est spécialisé dans les modèles de taux de change. Molly, téléchargeable via une appli, établit un dialogue très naturel directement avec le patient et peut entamer un processus de véri cation des symptômes et mettre en rela- tion avec du personnel médi- cal – tout en permettant aux hôpitaux de se désengorger. Dans la même veine, l’as- sistant de santé à domicile, Pillo, gère la médication deses usagers et peut renouveler le traitement en question en quelques clics auprès de la pharmacie habituelle. En n, Health Tap et son Docteur AI via l’IA Alexa d’Amazon est un assistant qui pose un diagnostic : un plus de taille pour la qualité de vie des per- sonnes isolées, dépendantes ou à mobilité réduite.hybRidation de seRvices entRe l’homme et la machineSi nous nous mé ons de l’IA – Elon Musk le premier, au sujet des armes automatiques –, nous nous en accommodons aisément dans la vie de tous les jours. Tant qu’elle ne nous dicte pas dans nos choix mo- raux, ou ne nous désarçonne pas le temps d’une discus- sion philosophique (cf Grand Angle). Bref, intelligent, c’est bien mais pas trop ? Ilias Hi- cham, l’un des co-fondateurs de Destygo et COO se veut rassurant : « L’assistant n’a pas vocation à remplacer l’humain, seulement à l’aider. Nous fournissons facilementCas d’usageDécryptage d’Alexa, l’IA d’Amazon« Depuis ses débuts, l’interface homme machine reste source de complications en termes d’utilisation. Il existe encore une barrière et une complexité. Le bon sens voudrait peut être que l’on apprenne aux machines à communiquer avec les humains et non l’inverse : c’est le thème de l’IA depuis bien longtemps. Cela a donc amené Amazon à la conception d’Alexa », lance Julien Simon, Principal Technical Evangelist chez Amazon Web Services. Il s’agit en d’autres termes de traiter ins- tantanément une demande, quelle que soit la complexité du traitement exigé. Alexa ressemble en une version « pi- mpée » de nombreuses technologies d’Amazon : reconnaissance vocale, per- sonnalisation, recommandation, services cloud, traitement du langage naturelet verbalisation. « En termes de hard- ware, Alexa fonctionne avec Echo. Sa particularité ? Celle de permettre à tout développeur de concevoir des skills ac- cessibles sur une boutique. Il existe au- jourd’ hui des milliers de skills permettant un paramétrage personnalisé. Les skills professionnelles existent déjà aux Etats- Unis. A l’aide du service Amazon Lex, le groupe bancaire Capital One a développé un chatbot qui gère une partie de l’expé- rience client. » La techno permet une  ui- di cation des expériences de shopping. « Cela permet également de réengager les clients avec un nouveau canal de com- munication, notamment quand le dialogue est distendu comme dans le secteur ban- caire».26 OctObre - n°44]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[et rapidement une réponse dont l’accès est habituelle- ment compliqué, en posant simplement la question. Grâce à notre technologie, nous désengorgeons le support client de 75% pour certains de nos clients ». L’argument rassure et bien souvent les assistants intel- ligents se doublent d’un ser- vice humain. L’idée est de ne plus penser à l’IA en tant que telle mais de se concen- trer sur la qualité du service rendu : « Julie Desk permet de se focaliser sur autre chose que le fait de  xer un ren- dez-vous. C’est un gain de temps. Mais, l’IA effraye les gens. La délégation de tâches qui sont importantes pour soi ou pour son business crée de l’inquiétude. Nous rajoutons donc une supervision humaine qui peut intervenir, corriger et con rmer. Les clients nous délèguent cette tâche. L’IA est un ressort interne qui permet d’aller plus vite à moindre coût », note Julien Hobeika, co-fondateur et CEO de Ju- lie Desk.En cela, le côté humain vient souvent à la rescousse de l’IA pour contrer la mé ance à son égard ou simplement compléter le service. Cela aboutit donc à une forme hybride d’assistant. Raphael Faugères, fondateur de la start-up Gero, explique que son intelligence permet« de booster sa carrière et d’aider les jeunes à démar- rer leur vie professionnelle. La technologie automatise le conseil pour améliorer un CV, préparer un entretien pro, etc. Mais elle propose égale- ment un coach ou consultant RH pour travailler sa pos- ture ». Les gains de temps sont aisément mesurables. Et bien souvent essayer un assistant, c’est l’adopter dans la foulée. Cédric Fouilleul, responsable commercial de Widii lancé en 2014 pour dé- mocratiser la conciergerie dématérialisée, tire dans le mêmesens:«NotreIAa été développée en propre du- rant 18 mois. Cette dernière est mixée avec l’expertise de véritables concierges. L’inter- face se réalise sous la forme d’un dialogue naturel pour avoir une réponse rapide et personnalisée en français, anglais et chinois. La diffé- rence avec Siri ou Cortana, c’est le basculement vers la conciergerie humaine pour gérer la complexité de l’offre ».GéReR les tâches comPlexes : c’est PouR bientôt ?Brique par brique, les assis- tants virtuels ont également béné cié du développement des interfaces de programma- tion qui permettent d’ajouter de nouvelles fonctionnali-tés. « Notre plateforme, dans l’idée, se veut ouverte et la plus interopérable possible. Pour que la longue traîne des prestataires de services puissent trouver un accé- lérateur de leur activité », commente Luc Bretones, di- recteur technocentre groupe Orange, à propos de Djingo. Songez qu’au départ les pré- mices de Google Home ont été des perfectionnements des systèmes de recommandation ou de relation clients datant d’il y a quelques années. Google, Apple, Facebook, Amazon (cf. Encadré) et Microsoft se sont lancés depuis plusieurs années déjà dans le rachat de start-up pour agréger les technologies. Rappelons que DeepMind et Siri ne sont pas des technolo- gies développées en interne par les GAFAMA. Luc Bretonesou par du soft comme les appli mobile. » La technologie est désormais co-développée avec Deutsche Télécom. L’idée étantl’instant qu’une IA dédiée au BtoC.Le principal dé  de chaque assistant reste toutefois ladans une importante base de données de questions/ré- ponses. La donnée reste ici le sujet sensible qui expliquerait entre autres la segmentation du marché de l’assistant intel- ligent. Certains ont déjà pris les devants. « Sur les données, nous sommes GDPR (General Data Protection Régulation) compliant. Quand on propose la personnalisation, nous demandons l’autorisation pour le faire dans un souci de transparence », note Luc Bretones. Mais cette technique pour rendre l’assistant plus in- telligent ne convainc pas tout le monde. Reste que certains acteurs verticaux tirent leur épingle du jeu en termes de transparence quant au trai- tement des données. « Nous comptons parmi nos clients Aéroport de Lyon, Aéroport de Paris, la RATP, Trans- dev, Voyages-SNCF.com ou encore Mister y. En termes de data, c’est notamment ga- rantir l’indépendance de leurs données face aux GAFA qui intéresse nos clients. Car créer un assistant toujours plus performant exige d’avoir plus de données et la complexité que nous pourrons gérer est fonction de l’accès aux API et à l’information », modère Ilias Hic.ham de Destygo. Le nœud gordien des enjeux de données n’est donc pas encore tranché.Enquêteclub entrePrendreC’est tout ce que tu peux faire... ? Me regarder dans le blanc des yeux.de déployer continentalement la technologie, objet d’in- vestissements importants. Sur cette plateforme, il est possible de « plugger » des bots ou des skills qui vont utiliser des données clientsgestion de tâche complexe. Plus facile de demander à une IA de diagnostiquer un cancer par l’analyse de Big Data et du machine learning plutôt que de lui demander de faire le ménage compte tenuL’idée est de « désintermédier » l’homme et la machine par la machine maisau béné ce de l’hommeajoute : « Djingo s’appelait au départ Ola, un système d’appli vocale présent dans l’offre télé d’Orange depuis 18 mois, pour notamment demander des renseignements sur le programme visionné. C’est un smart assistant qui peut passer par des hardware tierspour fournir le meilleur ser- vice. « Ma  lle qui est trop jeune pour posséder un smart- phone peut téléphoner avec Djingo ou me prévenir qu’elle est bien rentrée de l’école », explique Luc Bretones. Si les use cases BtoB sont aisément déductibles, Djingo n’est pourde la diversité de l’habitat. Lo- giquement, deep et machine learning ainsi que le traitement de la tâche complexe par sa segmentation en tâches plus simples sont les technologies les plus usitées pour de tels assistants. L’idée serait que le robot soit capable de piocherPascal JunghansResponsable de l’activité prospective, Entreprise et Personnel, enseignant à l’université de Paris-Dauphine, chercheur- associé au CEREGE (EA CNRS)La créativité, quelle prospective ?Dans la lutte engagée entre robots et humains, la créativité apparaît comme l’arme essentielle de ces derniers. On voit bien ce que cela signi e pour les mé- tiers de cadre supérieur. Mais pour les emplois d’exécution ?Les chiffres font peur : 47 % des emplois d’aujourd’hui seraient, à terme, rempla- cés par des robots, ou par des logiciels d’intelligence arti cielle. C’est une équipe de l’université d’Oxford qui le dit. Certes, des études européennes allemandes ou françaises, parlent plutôt de 9 % des emplois – la différence est large. Et l’on remet à la mode le vieux concept shumpetérien de destruction créatrice : les emplois auto- matisables détruits seraient remplacés par des emplois à haute intensité intellectuelle. La France des années 50 l’a connu : les ouvriers agricoles ont quitté les champs pourpeupler rapidement et en masse les usines automobiles. Des emplois d’exécution étaient remplacés par d’autres emplois d’exécution. Sauf que ce que nous vivons est différent. Il s’agirait de remplacer des emplois d’exécution par des emplois à haute intensité intellectuelle, des emplois créatifs. Et l’on ironise sur l’employé de call cen- ter, remplacé par un chatbot (robot qui converse) qui devient concepteur de produit chez Google. Impossible ! ricanent les esprits forts. Et c’est vrai que, souvent, les RH refusent d’envisager l’avenir à long terme et rejettent toute idée de prospective qui permettrait de préparer tranquillement l’avenir. Sauf certains qui se lancent ... et réussissent. Comme cette très grande banque française qui, souhaitant préserver son dogme d’emploi à vie et envisageant de longue date le tsunami intelligence ar- ti cielle, a décidé de réorganiser ses call-centers. Plus de référence aux 3 minutes maximum pour chaque relation client qui scandent les pause pipi. Plus d’obligation de moyen mais une obligation de résultat : la satisfaction du client à partir de ses demandes réelles. Exemple réel : une vieille dame appelle pour se plaindre d’avoir donné un chèque à un électricien qui n’a pas réparé son installation. Le conseiller étudie le dossier, envisage des hypothèses puis décide d’appeler l’électricien et le convainc de rapporter le chèque à la cliente âgée. C’est de la créativité simple, humaine, au service du client. Aucun robot ne peut la concurrencer. Mais pour la mettre en œuvre, il faut former intelligemment, diffuser une autre organisation du travail plus collaborative, plus libre, faire con ance aux collaborateurs. Moins s’occuper de temps de travail et plus de résultats. Plus s’occuper d’avenir et moins de présent. Et que cela semble dif cile !27ecoreseau.frStrategy review]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[club entrePrendreNominé Electron libre - Trophées Optimistes 2018Dans cette rubrique EcoRéseau Business met à l’honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu’il (elle) a un pro l atypique,parce que son entreprise évolue dans un secteur unique ou parce qu’il (elle) a eu l’idée de sa boîte d’une manière peu conventionnelleAurélie de Rolin, fondatrice d’Ad’Elite Créatrice en campagneDans l’Yonne, cette mère de deux enfantsde sept et neuf ans, séparée de son conjoint, a décroché le label « artisan de con ance » dans les services aux entreprises. Rien n’était gagné au début...Par JulienTarbyment des Pyrénées Orientales qu’elle a jugé relativement sinistré. « J’ai finalement trouvé un poste dans une TPE de vente de parasols chauf- fants, où je m’occupais de la logistique, en compagnie des deux cogérants seulement », précise celle qui ne s’est ja- mais vraiment habituée à la mentalité locale. Le couple a donc opté pour l’Yonne en 2012, a n de se rapprocher des amis et de la famille. Un territoire guère mieux loti en matière d’emploi, ce quinombre d’expériences pro- fessionnelles, en faveur des petites structures. « Dans les grands groupes les possibi- lités sont plus importantes car ils évoluent dans de gros marchés institutionnels, maisplus demandé de prestations. « J’entre dans les TPE-PME par l’administratif, mais bien souvent par la suite elles exi- gent le même interlocuteur pour une création de site Internet ou l’animation desd’autres associations »,témoigne celle qui a quitté son village et s’est installée à Joigny, ville un peu plus importante et connectée. Il est aisé de débuter grâce au régime micro, mais nombreCréer une boîte de ser- vices aux entreprises contre vents et ma-rées. C’est ce qu’a accompli cette Parisienne d’origine, dans l’Yonne, alors que l’environnement n’était passecrétaire médicale, puis as- sistante d’achat, assistante de direction, dans une  liale du groupe Legrand spécialisée dans la vente de vidéophones, puis dans l’immobilier comme responsable d’agence au seinLes postes concernaient plus l’agriculture que le tertiaire ; on me jugeait trop expérimentée, m’enjoignant de chercher du travail à Parisvraiment favorable. Ad’Elite, qui facilite la vie des entre- preneurs et artisans dans les domaines immobiliers, administratifs, comptables, marketing et communica- tion... a fêté ses cinq ans et décroché le label « Artisan de con ance ». Pour ce faire la jeune femme de 42 ans aujourd’hui, pugnace, s’est appuyée sur son parcours de 15 ans aussi atypique que diversi é, dans des entreprises multi-sectorielles et mul- ti-tailles. Cette diplômée d’un BTS assistante de direction a débuté ses activités commedu réseau Orpi, en n dans les systèmes de freinage au sein du groupe Bosch.viRaGe à dRoite, viRaGe à Gauche... « Mon compagnon et moi n’avons pas voulu rester sur la capitale au moment d’avoir des enfants », se souvient celle qui a pris la décision de partir à Perpignan, où elle est restée durant quatre ans et demi. Volontaire, dynamique, la jeune femme ne concevait pas de rester à la maison à attendre une éventuelle offre d’emploi, dans le départe-a encouragé Aurélie de Rolin à sauter le pas. « Les postes ouverts concernaient plus l’agriculture que le tertiaire ; les organisations profes- sionnelles et recruteurs me jugeaient trop expérimentée parce que j’étais passée par des postes d’encadrement, me conseillant de chercher du travail à Paris. Je n’avais pas réalisé tout ce parcours pour retourner à Paris ! Je voulais créer mon entreprise depuis longtemps. C’était le moment opportun », précise celle qui était à même de trancher, après un grandnous restons malgré tout limités dans notre champ d’action, sans pouvoir sor- tir du cadre », af rme celle qui aspire alors à gérer le client de la commande à la livraison, dans une relation de proximité.RéPonse à besoin uRGentUne étude réalisée par l’IFOP a mis en lumière la nécessité pour les dirigeants français d’externaliser cer- taines tâches : en effet, ils ne consacrent en moyenne que 13% de leur temps à leurs ac- tivités commerciales et 33% d’entre eux n’ont pas pu assez travailler au développement de leur entreprise, notamment à cause des lourdeurs adminis- tratives. « Lorsque j’évoluais dans la location-gérance, il m’arrivait de gérer les travaux et de comprendre leurs pro- blématiques de surmenage et d’éparpillement. Bien souvent ils ne pouvaient embaucher à cause de cet enfer quo- tidien, de ces démarches éloignées de leur cœur de business », remarque celle qui se lance dans la création de devis, la relance de fac- tures, le suivi de règlements, les plans marketing, l’aspect commercial et relationnel... Les artisans lui ont toujoursréseaux sociaux », constate celle qui a eu tôt fait de se former pour cesser d’exter- naliser des services annexes et rémunérateurs.Relationnelle mais autonome« Au début il est évident que mon réseau s’est constitué ailleurs que dans le dé- partement, contre ma vo- lonté. Mais petit à petit je concentre un peu plus les activités géographiquement, grâce au bouche-à-oreille », explique celle qui a frappé à de nombreuses portes et qui a veillé à rester ou- verte et humble. « Malgré cette attitude, j’ai souffert de l’isolement de l’entre- preneur. Je n’ai pas obtenu les  chiers de prospects es- comptésàlaCCIouàla Chambre des métiers. Les clubs RH ou d’entrepreneurs sont encore embryonnaires, et je connaissais mal BGE (boutique de gestion) oude créateurs périclitent au bout de six mois. « On ne s’improvise pas chef d’entre- prise. Les études de marché ne doivent pas être négligées, et les rencontres avec les acteurs économiques idoines se provoquent », serine celle qui analyse assidument les échecs pour ne pas les revivre. A l’époque le soutien de son conjoint, qui était salarié mé- canicien, était vital. Aurélie de Rolin a commencé à tra- vailler avec des associations sportives, des artisans dans le bâtiment, des indépendants dans le secteur de l’évène- mentiel, des importateurs de produits de luxe... et s’est petit à petit constitué une clientèle, au forfait ou à la carte. La quadragénaire in- tervient en mission ponctuelle ou régulière, et ce malgré les dif cultés, comme la sép.ara- tion avec son conjoint, alors que ses deux enfants étaient en bas-âge à l’époque...Quelle que soit la région, les bâtisseurs existent...trophees-optimistes.fr28 OctObre - n°44]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[Depuis plus de 40 ans, la Fondation des Monastères poursuit son œuvre au service des communautés religieuses chrétiennes.- soutien  nancier, aide sociale pour le paiement des cotisations obligatoires, entretien et r habilitation du patrimoine religieux et des lieux d’accueil, création ou rénovation d’in rmeries...- activité de conseil dans les domaines administratif, juridique et  scal.Avec votre entreprise, soutenez les monastères, ces lieux de silence et d’accueilDes avantages fiscaux pour les entreprisesLes entreprises qui peuvent nous soutenirSont concern es les entreprises relevant de l’imp t sur les soci t s, de l’imp t sur le revenu dans la cat gorie des b n fices industriels et commerciaux (BIC), des b n fices non commerciaux (BNC) ou des b n fices agricoles (BA). Les entreprises doivent relever d’un r gime r el d’imposition.60 % de votre don déductibles dans la limite de 5%0 de votre CAPour plus d’informations0145310202fdm@fondationdesmonasteres.org 14, rue Brunel 75017 ParisLe m c natLa loi n° 2003-709 du 1er ao t 2003 relative au m c nat, aux associations et aux fondations a doubl  l’avantage fiscal attach  aux dons. (art. 238 bis du Code G n ral des Imp ts).➔]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[club entrePrendreNominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2018Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credoqui est suivi dans cette rubrique, qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l’avenirCiet & Terre et le photovoltaïque  ottant « Marchés » sur l’eauMalgré un marché français trop contraint et une  n de collaboration en Angleterre qui auraient pu laisser une note amère, Ciel & Terre démontre avec brio comment explorer de nouveaux marchés avec une innovation de taille: le solaire  ottant.industrielles, Ciel & Terre a développé en interne une innovation qui lui a permis de dépasser les contraintes du marché français et de s’exporter pour éviter d’être pieds et poings liés par la législation française.« Notre marché désormais, c’est le solaire sur l’eau encentrales solaires sur l’eau. Le projet a été initié en 2010. Nous avons commencé en 2010. La technologie était prête en 2012 et nous avons réussi à la commercialiser au Japon. Nous avons décidé dès lors de nous concentrer sur ce pays qui est structu- rellement contraint et doitPar Geoffroy FrameryLe photovoltaïque a fait couler de l’encre au début de cette décennie. Sujet sensible, il en était encore à son fré- missement économique en 2008. Et le dopage par les ventes du secteur pu- blic ne fut qu’un feu de paille. Notre cher pays, en tant que champion du nucléaire perpétue cette valse-hésitation quant à son positionnement face à ce marché. Depuis les diffé- rents coups de frein de 2010, le marché a ralenti pour se mettre en dormance depuis 2013. Dans ce contexte, il fallait être un peu de folie pour se lancer dans ce secteur d’activité. Le pari fut pris par l’entreprise Ciel & Terre depuis 2006. Cette dernière développe des centrales solaires photo- voltaïques de grande taille,sommes uniquement tour- nés vers le solaire  ottant tout en proposant le même portefeuille de services. Nous prenons en charge le projet photovoltaïque dansproduisant de l’électricité photovoltaïque. Notre pre- mièr compétiteur, ce sont les centrales au sol. Logique- ment,pour nous l’objectif, est celui de réduire le prix pourfaire face à un problème évident de place utile », détaille Alexis Gaveau.l’inteRnational comme solutionà la moRt du Pho- tovoltaïque en FRance ?Aujourd’hui, Ciel & Terre caresse des ambitions et des perspectives de déve- loppement mondiales tout en rendant le produit plus compétitif et mieux protégé. Le développement en 2017 se poursuit en Chine, un des plus importants mar- chés mondiaux en matière d’énergie solaire. « La pro- blématique du manque de place existe également en Chine notamment dans la Provence d’Anhui, région toute faite de montagnes à30 OctObre - n°44Besso-ike, centralesolaire  ottante de1 426 kWc près de TokyoDépasser les contraintes du marché français par l’innovation et proposer un produit qui séduit au Japon, en Chine, au Brésil, aux Etats-Unis,...en France et à travers le monde. « Nous avons réalisé des projets en toiture ou au sol en partenariat avec des entreprises comme avec des collectivités jusqu’en 2013, date à laquelle nous nousson ensemble: conception,  nancement, installation et exploitation », introduit Alexis Gaveau, son PDG. Forte de son expérience en développement et exploita- tion de centrales solairesarriver au même prix que la centrale au sol. Nous avons apporté de l’originalité sur le marché du solaire avec notre système Hydrelio®, une application qui permet l’installation de grandes©Ciel & Terre International:système solaire  ottant Hydrelio ®]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[Nominé Culture du rebond - Trophées Optimistes 2018club entrePrendrel’Ouest de Shanghai. Nous travaillons en ce moment sur un projet de centrale de 70 mégawatts dans un ancien site d’extraction du charbon (l’équivalent développé par Tesla au sol, s’appelle la Gi- gafactory dans le Nevada, NDLR.) », se réjouit Alexis Gaveau.Question ordre de grandeur, songez que 50 MW est la puissance consommée par les serveurs de Google et que 100 MW est la puis- sance électrique dégagée par le barrage de Verbois, dans le canton de Genève, en Suisse.Aujourd’hui, la plus impor- tante ferme solaire conçue par Ciel & Terre dégage une puissance de 40 mé- gawatts. « Comme sur de nombreux autres sujets éco- nomiques, il y a une folie des grandeurs, une course à la plus grosse installation en Chine. Mais on arrive déjà à un effet de seuil maximal car une centrale de 100 MW poserait notamment des pro- blèmes en matière de placede réservoir. Il ne faut pas oublier qu’on fait du solaire sur l’eau pour ne pas gêner au sol. Il faut garder cet état d’esprit », ajoute le PDG de Ciel & TerreC’est notamment cette men- talité empreinte de prudence qui a poussé cette entreprise à prendre ce virage du solaire aquatique. « Aujourd’hui,la forme de partenariat. »une bascule RetaRdée PaR le maRché FRançaisLe photovoltaïque sur l’eau est donc plein de promesses. Mais l’entreprise y songeait avant la crise du marché fran- çais. « Contrairement à ce qui s’est dit dans la presse,termes d’appels d’offres ce qui a eu pour conséquence de mettre sur le même rang les centrales solaires au sol avec les autres énergies... « Les tarifs ont aussi baissé et nous n’avons pas réussi à nous développer entre autres pour cette raison. En 2011, nous avons donc commencé une nouvelle phase de pros-sur d’autres marchés », se remémore Alexis Gaveau. Aujourd’hui, Ciel& Terre est présente en Chine depuis deux ans et plus largement en Asie du Sud-Est, au Bré- sil. Elle vient cependant de mettre ses projets en stand-by en Angleterre. « En 2015, les tarifs d’achat ont égale- ment baissé. Et aujourd’hui, le Brexit n’aide pas pour nos affaires. Aujourd’hui, nos regards se portent sur Taiwan, qui présente les mêmes contraintes que le Japon. Les Etats-Unis restent un rêve mais cela est rendu plus compliqué par la mise en place de nouvelles taxes parfois rétroactives. On est face à une complexité que nous ne maitrisons pas.L’Inde est également dans notre ligne de mire, mais nous regardons comment y aller prudemment », met en perspective Alexis Gaveau. Aujourd’hui, Ciel & Terre se voit proposer de façon récur- rente des licences d’exploi- tation ou des joint-ventures pour que les pays s’accaparent l’innovation. Surtout, l’en- treprise montre avec brio comment ne pas se casser les dents lorsqu’un marché semble dif cile d’accès. « Au- jourd’hui, notre activité estSi le marché français ne s’était pas arrêté brutalement, nous aurions déployé notre solution encore plus vite à l’internationald’abord une h.to market et d’innovation », car le marché mondial n’est pas encore rentré en phase de maturité.nous déposons un ou deux brevets par an. Nous es- sayons de nous protéger avec les règles d’usage des brevets. Notre dernier brevet a été obtenu pour la Chine en juillet. On recherche com- ment se défendre au mieux. Mais cela ne veut pas dire que cela passe uniquement dans une logique de protection. Cela peut aussi se passer sousnous n’avons pas rebondi en tant que tel grâce à notre innovation. Au contraire, si le marché français ne s’était pas arrêté brutale- ment, nous aurions déployé notre solution encore plus vite », estime le dirigeant. Effectivement, l’année 2010 se caractérise en France par la  n des prix d’achat d’élec- tricité  xes notamment enpection. A notre plus grande surprise, nous avons reçu pas mal d’appels entrants ou de prises de contact d’un peu partout dans le monde notamment via notre site. Par notre innovation, nous étions devenus attractifs et une fois avoir signé au Japon, nous nous sommes concentrés sur ce pays à fort potentiel pour murir et allertrophees-optimistes.fristoire de time31ecoreseau.fr]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[club entrePrendreDans chaque numéro, un(e) journaliste d’EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...) a n de décrire ce qu’il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les  ux  nanciersEn immersionAWS (Amazon Web Services)Amazing AmazonNouveaux bureaux pour Amazon Web Services où la philosophie managériale du groupe épouse ces nouveaux lieux de l’innovation.gagée. De Courbevoie, nous voyons le Sacré Cœur, mug de café à la main. Nous parcourons un couloir où une première guirlande de start-up partenaires ornentbleu dont l’aspect gigogne fait référence au business qui grandit progressivement. Rien n’est laissé au hasard dans ces deux plateaux de 1350 m2 environ. Rosa Parks ou encore Martin Luther King, tels sont les noms inspirants souf és par les employés acollés aux salles de réunion et de travail. Le blanc est partout. Non par sobriété. Des tableaux Veleda tapissent chaque recoin de l’espace. Attention à ne pasdans 18 pays, 14 Datacen- ters, des points de présence pour optimiser le tra c en Europe. Trois nouveaux Data Centers sont prévus en France d’ici la fin de l’année. Nous possédons également un bureau de mentoring à la station F qui leur permet par exemple de vendre leur produit via notre technologie Launchpad. Le support est donc aussi commercial », maille Bo- ris Lecoeur, responsablelocaux. Stéphan Hadinger, Senior manager Solutions Architecture AWS complète : « 1000 nouvelles fonction- nalités ont émergé depuis 2016 et 90% d’entre elles provenaient de recomman- dations clients. Les 10% res- tants sont à notre initiative pour anticiper ou créer de nouveaux usages tels que notre IA Alexa et Echo, son support technologique ou encore notre système de livraison par drone. L’orga-Par Geoffroy FrameryUne ambiance start-up qui transpire dans le management et les nouveaux locaux29 place des Corolles, Courbevoie. Quar- tier de la Défense précisément. Tour neuve toute de béton et de verre. Deux passages de sécurité plus tard, nous accédons au 9e étage. Les bureaux d’Amazon Web Services se déploient aussi au 8e, ce dernier étant exclusivement réservé aux « Amazoniens ». Peut-être une manière de dissimuler leur partie de Nerf, reçu en welcome pack, et leur partie de baby foot. Les locaux  ambant neufs peuvent accueillir jusqu’à 270 personnes.« day 1 » PhilosoPhy ? Aujourd’hui, la vue est dé-un mur encore un peu vide... Partout de l’art contemporain et des stickers qui reprennent les aphorismes à la sauce Jeff Bezos : «Customer obses- sion”, “Hire and develop the best”, “Invent and simplify”. Ces leadership principles, comme on les appelle là-bas, sont censés mettre le pied à l’étrier à chacun des collab- orateurs pour qu’ils pensent et travaillent en mode “day one” comme le rappelle une sculpture en Rubik’s Cube. Comprenez ici, le mantra du CEO également invoqué devant le board cette année pour expliquer qu’Amazon fonctionne toujours en mode start-up. Nous traversons un couloir éclairé par des Matriochka en néons vert etconfondre avec les murs. Un distributeur vend en libre service claviers et  ls en tout genre au cas où. Une oeuvre d’art qui produit un effet d’in ni dans une boîte à lettres jaune de la Poste évoque le champ des pos- sibles ouvert par le groupe.dans la Face visible de l’invisible seRvice cloud d’amazon« Amazon représente 350000 personnes dans le monde, 150000 postes ouverts pour la mi-2018, 15 milliards in- vestis depuis 2010. 990000 professionnels recourent aux technologies Amazon Kindle Publishing, AWS ou Amazon Marketplaces. En France, le groupe concerne 4000 emplois directs avec une phase de recrutement de 1500 collaborateurs d’ici la  n de l’année. AWS se concentre sur l’IT et le cloud compting. C’est un des axes forts du groupe qui représente 20 bureauxdes activités AWS et par- tenaires en France. Entre autres AirBnB, Général Electric, Enel, Net ix pour les cylindrées étrangères, et 80% du CAC et des start-up comme Le Bon Coin ou Spotify côté bleu-blanc- rouge recourent au cloud d’AWS et à ses services associés. « Nous accompa- gnons les entreprises dans leur transformation digitale. Ces entreprises, en choisis- sant de se séparer de leur data centers, se recentrent sur leur métier. Cela leur permet d’accélérer leur internationalisation sur de nouveaux marchés ou encore de déployer l’innovation plus rapidement », con e Boris Lecoeur.nouveaux métieRs et manaGement «2Pizzas»Pour faire face aux besoins client, AWS souhaite main- tenir son ambiance start-up qui transpire dans le ma- nagement et les nouveauxnisation souhaite également être le plus agile possible dans son fonctionnement ». Par exemple, les projets sont segmentés en équipe double pizza, comprenez des équipes projet qui n’ex- cèdent pas 12 personnes, soit le nombre de personnes sur deux grandes pizzas américaines pour éviter la réunionite et permettre une émulation optimale.Ces équipes peuvent colla- borer soit sur des postes non attribués dotés de bureaux modulables – de la station assise à debout – munis de hub pour brancher toutes les devices nécessaires, soit en optant pour des salles modulables qui accueillent certaines formations qui aboutissent à des certifi- cations internes. Car la nouvelle aire de cet aigleDes lumières en poupées Gigognes pour évoquer le business croissant..améri.être l’antre de nombreux nouveaux métiers tel que celui de Solutions Archi- tecte.cain se veut également32 OctObre - n°44]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[12 révolutions | 50 ans | 100 brevetsClim®2017LABEL D’EXCELLENCE JANUS 2017DE L’INSTITUT FRANÇAIS DU DESIGNArchitecte : Jean-François Brodbeck - AMRS ArchitectesBarrisol® Climatisation invisible - froid/chaud - acoustique & lumineux12e Révolution11e Révolution 10e Révolution 9e Révolution 8e Révolution 7e Révolution 6e Révolution5e Révolution 4e Révolution 3e Révolution 2e Révolution 1er RévolutionArchitecte : Benedetto CameranaDesigner: Ross LovegroveArchitecte : Concept Consult Architects SwitzerlandArchitecte : Burdi lekArchitecte : Ateliers Jean NouvelDesigner: Boytorun MimarlıkDesign : Barrisol® FinlandArchitecte : Pulse group of London UKArchitecte : Jienarol ArchitectureArchitecte : Lab Architecture Studio & Bates SmartRéalisation: Simon NorrisBarrisol® Tubes 3DBarrisol Lumière®Barrisol Lumière Acoustique® Barrisol® Miroir acoustique & lumineux Barrisol Lumière® cadres & 3DBarrisol® 3D Barrisol Star® Barrisol® LaquéBarrisol Acoustics®Barrisol®Barrisol Print your mind®1967-2017ans ye sLeader mondial du plafond tenduwww.barrisol.com]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[StratéGie & innOvatiOn numériqueLes innovations en bref...34Baromètre de l’innovationLe verbatim à retenir...L’expérience est le nom que chacun donne à ses erreursOscar WildeLe monde ne sera plus jamais comme avant...ÉTATS-UNISDes avions en boisEt si les avions et vaisseaux spatiaux faisaient appel au bois pour leur construction dans le futur ? Plusprécisément à la lignine, cette matière très solide renforçant les parois de cellules végétales. Birgitte Ahring,de l’université de Washington, spécialiste de la biomasse, était à la recherche d’une valorisation des quantités monstrueuses de lignine rejetées, notamment par les industries du papier. Pourquoi pas les transformer en  bresde carbone, matériau high tech de grande valeur ? Elle n’était pas la première à y penser, mais les autres s’étaient cassé les dents car les  bres n’étaient pas assez résistantes. Birgitte a mélangé les  bres de lignine au polyacrylonitrile, qui sert habituellement de précurseur à la  bre de carbone. Avec 20 à 30%, la super bre de carbone obtenue est parfaite, et bien moins chère. De quoi intéresser les industries aéronautique et automobile.JAPONLigaments et tendons arti ciels cinq fois plus résistants que l’acierDes scienti ques de l’Université d’Hokkaido ont réussi à créer un matériau renforcé à base d’hydrogel.Un tissu qui serait à la fois hautement  exible et cinq fois plus résistant que l’acier. Le secret de ce matériau résidedans sa composition qui combine des hydrogels contenant une forte concentration d’eau et un tissu fait de  bresde verre d’un diamètre d’environ 10 micromètres. Les hydrogels sont déjà utilisés dans de nombreux domainesy compris dans le domaine biomédical car ils présentent la particularité d’être biocompatibles et non-toxiques. Néanmoins, leur résistance limitée a constitué un obstacle pour certaines applications. D’où l’intérêt de cette invention, qui pourrait être utilisée en tant que ligament ou tendon arti ciel, soumis à de fortes tensions pour supporter le poids du corps. D’après le Pr. Jian Ping Gong qui a dirigé les travaux, le principe qu’ils ont utilisé pourrait également être appliqué à d’autres matériaux comme le caoutchouc pour augmenter sa résistance.CHINEExtraction de glace combustible, énergie du futurAu terme de deux décennies d’exploration, des chercheurs chinois ont réussi à extraire, en mer deChine méridionale, à environ 320 km au sud-est de Zhuhai dans le Guangdong, plus de 235000 mètres cubesd’hydrates de méthane ou clathrate. Ces molécules gazeuses d’origine animale ou végétale, piégées dans une«cage» de molécules d’eau congelée, ont l’apparence et la consistance de glace. On en retrouve un peu par-tout sur la planète, notamment dans les sédiments, sous les fonds océaniques, sur les talus continentaux, ousur terre, sous le permafrost des régions arctiques. L’hydrate de gaz est parfois appelé « glace qui brûle » ou combustible, car les hydrates rejettent suf samment de méthane pour qu’une  amme s’en dégage. C’est uneressource énergétique de valeur : un mètre cube d’hydrates de méthane peut libérer jusqu’à 164 m3 de méthane. L’énergie contenue dans l’ensemble des gisements mondiaux représenterait plus du double de toutes les réserves planétaires de gaz naturel, de pétrole et de charbon réunis...LEVURE BUVEUSE D’URINENommée Yarrowia lipolytica, cette levure est capable de se régaler d’urine et de gaz carbonique. Un détail non négligeable pour ceux qui veulent tout recycler, mais aussi ceux qui lorgnent du côté des étoiles. Car par cette action elle synthétise des omégas 3, ou encore toutes sortes de matières plastiques, ce qui signi e compléments alimentaires et outils divers et variés. Mark Blenner, de l’université Clemson en Caroline du Sud, veut faire embarquer cette levure pour Mars, qui pourra du coup recycler l’urine et le CO2 des astronautes en nourriture et instruments.DRONE PLANTEURS D’ARBRESIls sont capables de semer 100000 graines par jour pour sauver les mangroves, écosystème riche et précieux, protecteur lors des cyclones et de la montée des eaux, reconnu comme l’un des 14 biomes par le WWF, et qui est en train de disparaître... Lauren Fletcher, ancien ingénieur de la NASA, a inventé cette technologie, dix fois plus rapide que l’action humaine et deux fois moins chère. A partir de septembre, la start-up souhaite planter 100000 arbres par jour en Birmanie, ce qui équivaudra à recouvrir la surface de l’Inde par des arbres d’ici 2030. Dégradées par la coupe excessive de bois pour le carburant, l’expansion agricole ou la construction de bassins de poissons et crevettes, les mangroves disparaissent trois fois plus vite que les forêts tropicales. L’ex-ingénieur de la NASA aujourd’hui établi à Oxford, en Angleterre, a fondé en 2014 la jeune pousse BioCarbon Engineering, abandonnant ainsi ses projets de conquête spatiale. En survolant les terrains à 300 mètres d’altitude, les drones cartographient les différents espaces. Ils génèrent alors des cartes en trois dimensions, de haute qualité, pour déterminer les zones à reboiser et la quantité nécessaire de graines. Ils recueillent aussi des informations sur la topographie des zones et la qualité du sol. Ces données, analysées par des chercheurs, permettent aussi d’évaluer le type de plantation qui serait le plus approprié. De quoi en  nir avec les 13 millions d’hectares de forêts qui disparaissent chaque année ?La rupture du moisAwakening, pour de- venir un super hérosLe perception des pensées par la machine. La chose paraissait insensée il y a encore quelques années, elle est de plus en plus évoquée aujourd’hui, et donne même lieu à des velléités de nouvelles réglementations (cf. encadré du Grand Angle de cemême numéro). Car au  l du temps le fantasme s’éloigne et la réalité prend le pas. Neurable, unestart-up américaineoriginaire deBoston, a mis aupoint un jeu vidéoen réalité virtuelle,baptisé Awakening.Sa particularité :aucune manetten’est à utiliser, carseule l’interfaceneuronaledirecte contrôle le jeu. Pourfonctionner, ce dispositif utilise deux technologies. Un casque HTC Vivequi comprend des capteurs EEG (électroencéphalographiques) pour détecter l’activité cérébrale du joueur.Et une technologie de suivi des yeux, l’oculométrie. Ce jeu utilise le « machine learning » pour interpréter l’activité cérébrale en temps réel et donner à ses utilisateurs l’impression de pouvoir manipuler des objets par la pensée. Le casque détecte les ondes cérébrales grâce à sept électrodes placées sur le crâne des joueurs. Lorsque leur cerveau répond à une stimulation – une image ou un sonpar exemple –, les ondes sont interprétées par un algorithme qui va réaliser une action. Lorsque le gamer focalise son regard sur un objet animé du jeu, et pense à une action, le cerveau émet un signal, l’algorithme le comprend et le traduit en l’action souhaitée. Cette innovation sera commercialisée d’ici 2018 auprès des salles de jeux vidéo, par une société quine se dé nit pas comme un acteur du secteur du jeu, mais plutôt, d’après sa PDG Ramses Alcaide, détentrice d’un doctorat en neuroscience, comme un éveilleurde conscience quant au potentiel des « Brain Computer Interfaces (BCI), soit les interfaces cerveau-machine.OctObre - n°44]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre de l’innovationStratégie & innovation numériqueL’entreprise du moisLa mue gon ée de ParrotLa concurrence chinoise et le manque de débouchés grand public ont failli avoir raison de la pépite d’Henri Seydoux, fondée en 1994. Fin 2016, le CA s’est effondré de 29% à 233 millions d’euros, avec 136 millions de pertes... Alors qu’on ne donnait pas cher de la peau de la société qui a créé le marchéfrançais du drone, son dirigeant-entrepreneur a eu la bonne idée de mettre le cap sur les marchés professionnels aux plus fortes marges, se séparant aussi de 250 collaborateurs... Les produits sont désormais avant tout des concentrés d’intelligence embarquée. Parrot reste ouvert au grand public avec des objets connectés comme les casques audio, kits main libre... mais sa vraie valeur ajoutée se trouve dans les logi- ciels professionnels, qui grâce aux capteurs du drone récoltent nombre de données. La stratégie a été validée par les marchés – le cours de Bourse s’est redressé de 26% depuis le début 2017 – tant le potentiel desdrones, pour le contrôle des infrastructures et des usines, le suivi des livraisons ou les livraisons en elles-mêmes, est encore inexploité. En visionnaire, le dirigeant-entrepreneur a pris des participations chez le Français Airinov (cf. EcoRéseau Business 34, rubrique décryptage) et l’Américain MicaSense, deux start-up spécialisées dans la cartographie agricole. Un schéma de développement proche d’IBM, qui avait basculé de la vente hardware à celle du service à plus forte valeur ajoutée avec le temps...L’innovation autrementLa « buildtech » révolutionne l’habitat naturelJulien LeclercqDirecteur général agence Com’PresseEditions YakabooksAuteur de Journal d’un salaud de patron (Ed. Fayard) www.salauddepatron.frLes 5 clés pour rester zen...Cet été, les organisateurs du Salon de la Micro-En- treprise m’ont demandé de participer à une table ronde. Le sujet :la santé du dirigeant. La réponse afusé comme un ré exe : « ce n’est pas mon sujet, je ne suis vraiment pas un expert en la matière ! ». Après avoir donné malgré tout mon accord, j’ai fait ce que tout novice en la matière aurait fait : bossé mon sujet. Et j’ai vite compris mon erreur. Non pas que je sois expert, évidemment - n’est pas Olivier Torres qui veut -, mais il m’est apparu évident que ce sujet est partout. Lié à tous les autres : la performance de l’entreprise, la posture du dirigeant vis-à-vis de ses équipes, la vision stratégique... La raison est très simple, exprimée par l’un de mes confrères, invité lui aussi : la santé de l’entreprise est très liée à celle de son dirigeant. Il y a, bizarrement, un lien direct entre le solde du compte en banque de notre PME et notre rythme cardiaque. Blague à part, 4000 patrons rencontrés en trois ans me permettent de donner quelques clés :1/ Prendre du recul. Je sais, ça paraît simple à dire... Et pourtant. Tout Homme doit avoir plusieurs pierres dans sa vie. Plusieurs passions, plusieurs engagements, plusieurs fondamentaux qui composent son équilibre. L’entreprise n’est pas notre vie. Même lorsque l’on est patron, ça n’en est qu’une partie. Se dire que notre bonheur ne dépend pas de la réponse d’un banquier ou de la décision d’un client, ça aide à relativiser !2/ Trouver un exutoire. En ce qui me concerne, j’écris. Et, ne le dites à personne parce que j’habite plutôt une terre de rugby, je joue au foot. D’autres vont préférer la musique, boire un verre entre copains (ou tout seul, mais un ou deux, pas plus, sinon ça fait alcolo !), danser, regarder des séries... Choisissez ce que vous voulez, mais videz-vous la tête. 3/ Notez tout. Ecrire chaque truc que l’on est censé faire, dans une liste ou dans un agenda. Je n’invente rien, il y a des tonnes de méthodes brevetées, ça n’est pas pour rien. Ça fonctionne ! Depuis que je ne fais plus l’effort de me rappeler de rien, j’ai une mémoire catastrophique mais je dors beaucoup mieux !4/ Rappelez-vous l’un des plus grands avantages de la vie de l’entrepreneur : la liberté. Cette liberté, qui fait – qua- siment – tout l’intérêt de notre fonction. Et demandez-vous quand vous en avez pro té pour la dernière fois. Vous en avez marre ? Vous êtes crevé ? Votre journée a très mal démarré et les mauvaises nouvelles s’enchaînent ? Coupez tout, rentrez chez vous ou partez en balade. Si vous n’êtes plus joignable, il n’y aura plus de mauvaises nouvelles. La semaine dernière, sur un coup de tête, j’ai annulé un déjeuner avec un client important. A la place, je suis allé chercher mon petit garçon et l’ai amené à son éveil musical. Quel pied ! Souvent, nous nous sentons l’esclave de notre boîte. La vérité, c’est que l’on est l’esclave que de soi-même. 5/ N’oubliez jamais : Si vous ne prenez pas soin de vous... Personne ne le fera pour vous !L’innovation dans les TIC, enfaisant circuler l’information plusrapidement et ef cacement, a desconséquences non négligeablessur tous les secteurs. Celui dubâtiment, et plus particulièrementde l’habitat individuel, faisaitencore de la résistance. Cen’est désormais plus le cas : la« plateformisation » parvient à« disrupter » les secteurs les plus traditionnels. Archionline, créée en 2013 par un ingénieur, un architecte et un commercial, fait appel aux professionnels les plus adaptés au client particulier, et joue le rôle de plateforme tiers de con ance. 400 professionnels de tous corps de métiers y sont référencés : architectes membres de l›Ordre, entreprises générales du bâtiment, artisans, etc., sont labellisés « Con ance habitat », c›est-à-dire qu’ils ont fait leurs preuves (dix ans d›expérience minimum, évaluation par les clients, etc.) et démontré leur fiabilité. « Celui qui cherche à rénover ou construire sa maison individuelle se verra conseillé par nos experts habitats qui le conseillent selon des critères géographiques, mais 10 octobre 2017 : Parcours France (Paris, Espace Champerret)Un salon dédié à ceux qui veulent innover et créer en région, ou qui sont en quête d’opportunités. La manifestation favorise la mobilité professionnelle à travers toute la France. Emploi, entrepreneuriat, investissement, immobilier, idées alternatives... Tout pour savoir ce qu’il se passe aux quatre coins de la France, et ce que vous pouvez y apporter. Du 19 au 22 octobre : Foire internationale d’art contemporain (Paris)Au Grand Palais, dans le Jardin des Tuileries et le Jardin des Plantes, dans le 1er, le 8ème et le 5ème arrondissement, la Fiac est le rendez-vous incontournable de l’art contemporain.aussi de spécialisation », explique le cofondateur Victor Thoulouze. Pour ce PDG, la « buildtech » se prépare à l’effervescence, avec une myriade de petits acteurs qui ont vocation à grandir, comme RencontreUnArchi, Mon Maître Carré... qui permettent de trouver son architecte d’intérieur, Travauxlib d’estimer le coûtdes travaux, Everlia de construire des containers et maisons écologiques, sans compter toutes les sociétés d’impression 3D comme Sketchfab... « Porch et Buildzoom aux Etats-Unis ont levé 100 millions et 14 millions. Dans leur sillage la buildtech se réveille en France, utilisant les nouvelles technologies pour simpli er tout le process, dans l’information, la construction... », déclare celui qui veut s’imposer comme le leader européen du mouvement, avec ses 700 projets d’habitats sortis de terre. La moyenne des travaux se situe à 200000 euros, avec des utilisateurs qui ne sont généralement pas des primo-accédants, et qui sont en quête de sérénité et de non dépassement des coûts.ecoreseau.fr 35Salauds de patrons !© Nicolas DiasSave the date]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[StratéGie & innOvatiOn numériqueLe tour du monde de l’innovationPassage en revue des innovations mondiales sur une thématique particulière.Humain « augmenté »Tous trans (-humanistes) un jour ?Les humanoïdes, bientôt parmi nous ? Loin d’être un délire de science- ction, ce futur où l’homme fusionnerait avec les machines commence dès aujourd’hui. Prothèse bionique, exosquelettes, pouvoir décuplé du cerveau... Panorama des start-up du monde entier qui exploitent le  lon du« transhumanisme »..Par Charles CohenCANADADopez votre capacité de concentrationStimuler l’activité cérébrale en améliorant votre capacité de concentration : c’est le dé  de la start-up Personal Neuro, basée à Ottawa. Celle-ci entend libérer le pouvoir potentiel de votre cerveau grâce à des applications connectées à un casque spécial. L’outil mesure les ondes cérébrales en envoyant des impulsions électriques et peut ainsi déterminer la concentration et l’attention de celui qui le porte. Plusieurs applications sont proposées sous iOS et Android : Transcend qui mesure les progrès en méditation ou encore Neuronauts, un jeu qui évalue la concentration de son utilisateur et l’aide à la booster.ISLANDEUne prothèse de jambe contrôlée par la pensée Apprendre à marcher avec une prothèse bionique sans presque jamais trébucher. C’est l’objectif de la société islandaise Össur qui entend favoriser un meilleur contrôlepar le cerveau du membre remplacé, et ce, via des capteurs qui envoient des signaux sans  l à l’ordinateur intégré de la jambe arti cielle. Résultat : il devient inutile de penser au mouvement à effectuer, puisque les ré exes inconscients sont captés puis convertis en impulsions myoélectriques. Un confort non négligeable pour l’utilisateur qui, au lieu de devoir se concentrer sur sa jambe, peut la contrôler inconsciemment. De quoi favoriser une marche plus rapide et plus naturelle.36 OctObre - n°44ÉTATS-UNISUn casque pour « lire » dans votre cerveauPour mieux lutter contre les maladies, notamment neurologiques, pourquoi ne pas explorer l’activité ducerveau avec les détails que peut offrir une caméra de haute résolution ? Voilà le credo de la start-up américaine OpnWatr qui entend « lire » dans le cerveau via un capteur d’imagerie high tech. Elle prétend même pouvoir y « écrire » de manière non invasive, au-delà du contrôle de la perception des sens. Comment ? En réalisant une IRM fonctionnelle très précise du cortex via un système de capteurs tenant dans un bandage ou un simple bonnet. Ce casque permettrait même, in  ne, de détecter à quel mot vous pensez a n de saisir une requête dans un moteur de recherche !FRANCEExosquelettes : des salariés aux forces décupléesC’est la première société au monde à commercialiser des exosquelettes de travail. La pépite française Exhauss conçoit une large gamme de structures d’assistance à l’effort alliant mécatronique et robotique. Renforçant les capacités physiques des opérateurs du BTP, elles préservent aussi leur capital santé via une exposition moindre aux troubles musculo-squelettiques (TMS). Ces exosquelettes – dotés de deux bras  xés à l’opérateur via des harnais électromécaniques – peuvent manipuler une charge de 30 kg comme si elle pesait quelques grammes. Une fois portés par les ouvriers, c’est dire s’ils confèrent aux chantiers des allures de science- ction ! Plus récemment, le MIT a fait concourir les innovateurs européens de moins de 35 ans les plus prometteurs à la station F. L’un des lauréats, Antoine Noël, avec son entreprise Japet Medical Devices, a conçu un exosquelette réduisant les maux de dos causés par les lombalgies via un système de décompression de la colonne vertébrale grâce à des capteurs et des micromoteurs.]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[ISRAËLDes aveugles qui retrouvent la vue ?La vague « transhumaniste » n’épargne pas le secteur de l’optique en Israël. Des lunettes intelligentes pour presbytes créées par la start-up Deep Optics aux lentilles de contact bioniques conçuesà l’université Bar-Ilan à Tel-Aviv. Celles-ci permettraient mêmeaux aveugles de retrouver la vue ! Grâce à un appareil photo et un réseau wi , la lentille serait capable de transférer l’information visuelle aux récepteurs sensitifs de la cornée. D’autres pays misent aussi sur le créneau de l’optique : tel que le Canada où l’espoird’en  nir avec les lunettes et lentilles pourrait venir des travaux d’un optométriste de Colombie-Britannique. Celui-ci a déjà créé sa société, Ocumetrics Technology, proposant des lentilles qui triplent la puissance de votre vision.JAPONUne main connectée, imprimée en 3D« Handiii », tel est le nom de code d’un bras bionique qui surfe sur la mode des prothèses imprimées en 3D pour un faible coût. Il est équipé d’un électromyogramme propre à capter les courants électriques qui accompagnent l’activité musculaire. Point non négligeable : le bras bionique peutse connecter à un terminal mobile qui sert d’intermédiaire entre les mouvements musculaires et ceux de la prothèse. Résultat : lorsque vos nerfs et muscles se contractent, le téléphone les traduit en mouvements permettant de bouger le bras et la main de la prothèse. C’est ce procédé ingénieux qui explique le tarif relativement peu élevé du produit (environ 300 dollars).Le tour du monde de l’innovationStratégie & innovation numériqueROYAUME-UNITilly et sa main bioniqueCette  llette a largement fait parler d’elle outre-Manche. Tilly Lockey, dix ans, s’est fait greffer en 2016 une main bionique créée par la start-up britannique OpenBionics. Handicapée physique depuis qu’elle est nourrisson, la jeune  lle s’est déclarée volontaire pour tester un tel prototype alimenté par une batterie rechargée via une sortie USB dans l’avant-bras. La main bionique est composée de capteurs cutanés qui assurent la conduction électrique de la peau dans les muscles du bras. Les «intentions» de l’enfant sont captées et permettent au corps de faire bouger les doigts mécaniques avec la précision d’un robot. L’ambition de la start-up est de lancer prochainement un produit fonctionnel sur le marché.POLOGNEDormir moins mais mieux ?Être au top de sa forme tout en dormant quelques heures : telle est la promesse de la start-up polonaise Intelclinic, créatrice de Neuro On. Ce masque médical enregistre les ondes cérébrales pour analyser les cycles de sommeil. L’objectif : vous aider à vous réveiller plus tôt tout en restant d’attaque, en passant d’un sommeil en une seule phaseà un sommeil polyphasique de deux à six heures à qui se veut plus ef cace. De quoi rester plus longtemps éveillé, jusqu’à une journée par semaine ! Gros dormeurs s’abstenir.ecoreseau.fr 37]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[StratéGie & innOvatiOn numériqueL’occasion pour EcoRéseau Business d’expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation NumériqueAssurances du futurL’avenir arrive sans prévenir ?DécryptageLa transformation du monde de l’assurance ne fait que commen-cer, mais il apparaît déjà que la bataille se jouera sur la maîtrise des technologies, la capacité à en extraire de la donnée, et surtout dans la capacité des acteurs à se muer en prestataires de services sur toutes les verticales couvertes par un contrat d’assurance.Par Nicolas Pagniezassureurs, l’habitation et l’automobile sont les do- maines où  eurissent le plus d’offres en France.Covéa, le groupe d’assurance mutualiste réunissant les assureurs MMA, MAAF et GMF a, par exemple, noué un partenariat avec Veri- sure, grand nom européenduit la volonté de ces grands groupes de proposer plus de services à leurs clients, plus tôt, a n de prévenir le sinistre. C’est le cas égale- ment dans l’automobile, où les deux enseignes ont mis en place des actions préven- tives : « Le rôle de l’assureur c’est aussi de faire de la prévention. Ce faisant, nous réalisons des campagnes de sensibilisation avec l’appli- cation Waze lors des week- ends de grands départs, ou à destination des jeunes tous les vendredi et samedi soir, directement sur leur télé- phone », ajoute, Gilles Clouët des Pesruches, directeur mar- keting du groupe Matmut. Des initiatives qui semblent être bénéfiques des deux côtés en ce qui concerne l’habitation. « En matière d’habitation nous constatons une amélioration sur le sujet de la sinistralité concernant les maisons qui sont équi- pées. D’abord parce que cela participe de l’effort de prévention, mais aussi parce que lorsque le cambriolage survient, les cambrioleurs restent très peu de temps sur place, cela est statistiquement prouvé », constate Antoine Ermeneux. Un effet que re- lève également la Matmut :cela permet d’augmenter le taux de satisfaction des sociétaires car ils ont poten- tiellement moins de sinistres et se sentent accompagnés », surenchérit Gilles Clouët des Pesruches.l’assuReuR, un PRestataiRe de seRvices ?Au-delà de la prévention des sinistres, les assureurs montrent une propension de plus en plus grande à évoluer en prestataires de services. Peut-être légèrement titillés par les nouveaux arrivants sur le secteur, comme l’assureur Alan, premier nouveau venu indépendant dans le secteur de l’assurance depuis trente ans. « Nous pensons que la ligne va être de plus en plus floue entre assureur et prestataire de services, nous indique son co-fonda- teur et CEO Jean-Charles Samuelian. L’assureur de demain offrira une solution complète à ses utilisateurs. Il ne peut pas juste être un payeur, car les utilisateurs cherchent plus. » Une vision qu’ont intégrée les grands groupes en proposant des services complémentaires, liés à l’accompagnement des assurés. Covéa a, par«Jque l’on m’annonce tous les quatre matins, et je ne crois pas du tout à l’inter- médiation définitive des assureurs, sauf si nous ne nous adaptons pas », répond Antoine Ermeneux, directeur marketing et transformations stratégiques de Covéa lorsque est évoqué le futur de l’as- surance. Si la nécessité de s’adapter semble acquise, il est encore tôt pour dire à quoi ressemblera le secteur demain. Certains prédisent la mort des assureurs tradi- tionnels, d’autres l’arrivée des GAFA sur le marché, d’autres encore constatente ne crois pas du tout à la mort de l’assuranceque la transformation se fera avec l’intégration des nouvelles technologies. Ob- jets connectés, intelligence arti cielle, blockchain, chat- bots, smartphones et consorts assurent que le rôle joué par l’assureur dans le quotidien de ses clients évolue rapi- dement.mieux vaut PRéve- niR que GuéRiRLes grands noms du secteur l’ont d’ailleurs compris, et proposent déjà des offres à leurs assurés, intégrant des services supplémentaires à leurs prestations tradition- nelles, notamment grâce à l’Internet des objets. Parmi le spectre couvert par lesde la télésurveillance, a n d’intégrer ses services au sein d’une offre dédiée. Une offre qui « manifeste notre intention d’aller au-delà deLa donnée est au cœur de la transfor- mation du secteur !Les gens ont besoin de comprendre la  nalité de cette captation de données ou de percevoir le gain de service. S’ils n’ont ni l’un ni l’autre, ils refusent...l’assurance et de fournir une expérience qui prévient et qui accompagne autant qu’elle assure », nous explique An- toine Ermeneux. La Matmut, de son côté, propose, via IMA Protect, une offre similaire. Un positionnement qui tra-« Aujourd’hui la préven- tion c’est du gagnant-ga- gnant : pour le sociétaire cela permet de l’alerter sur une problématique donnée car lui-même n’en connait pas forcément les risques majeurs, et pour l’assureurexemple, lancé une appli- cation servant de livret de bord à l’adulte accompagnant son enfant en conduite ac- compagnée. Connectée aux auto-écoles, celle-ci permet ensuite de faire le lien entre les deux et de garder une38 OctObre - n°44]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[trace de l’apprentissage. Si l’assureur a, bien entendu, tout intérêt à favoriser un bon apprentissage de la conduite, cela permet sur- tout à ce dernier d’alimenter la relation avec son client. « Un de nos grands dé s, c’est d’occuper les temps faibles de la relation avec nos assurés. En moyenne, un assuré subit un sinistre auto tous les huit ans, et un sinistre habitation tous les quatre ans. Entre temps, le risque majeur que nous avons c’est de voir s’interpo- ser entre nous et nos clients d’autres acteurs. Pour cette raison nous avons mis en place une plateforme pour apporter des services de prévention et d’accompa- gnement pour densi er cette relation », nous explique Antoine Ermeneux.se FRayeR unePlace dans l’écosys- tème naissant Apporter de nouveaux ser- vices liés aux nouvelles technologies ou objets connectés est également un moyen d’apparaître comme incontournable dans le do- maine. La Matmut s’est, par exemple, positionnée comme un prescripteur et un garant de con ance dans l’écosys- tème de la maison connectée. « Ce que nous voyons, c’est qu’il y a de très nombreux acteurs dans le domaine des objets connectés sur le thème de la maison connec- tée. Pour pallier la dif culté de nos sociétaires à s’y re- trouver face à un nombre de solutions extrêmement important, notre partenaire Inter Mutuelles Assistance a ouvert un laboratoire à Nantes. De nombreux objets connectés y sont testés et nous recommandons une sélec- tion validée par nos soins », explique Gilles Clouët des Pesruches. Une offre qui ga- rantit que les objets connec- tés correspondent bien aux standards de l’assureur a n de rassurer le client sur leur utilisation, notamment en cas de gestion du sinistre. Mais l’assureur va même plus loin, en véri ant que l’objetconnecté, prévu pour faciliter la vie de l’usager, ne va pas représenter un danger pour ce dernier : « Nous véri ons les objets connectés, nous faisons en sorte qu’ils neconnectés dans l’assurance, les usagers prêts à partager leurs données sont générale- ment ceux dont le risque est faible et qui vont donc s’en retrouver béné ciaires. Enconnectés, mais surtout pour qu’ils soient fiables d’un point de vue clinique, car certains objets connectés, s’ils émettent des recom- mandations, peuvent devenircollecte-t-on des données justement ? D’après l’étude que Xer  Precepta a menée sur le sujet, celle-ci va devenir une ressource critique pour se constituer un avantage concurrentiel. Pour autant, impossible de la collecter sans l’accord de l’usager, pour qui cela est loin d’être évident. « Il faut rassurer sur l’usage qui sera fait de la donnée et il faut mettre en perspective les avantages pour l’assuré, nous explique Antoine Ermeneux. Les gens ont besoin de comprendre la  nalité de cette captation de données. Ils ont également besoin d’un avantage. S’ils n’ont ni l’un ni l’autre, ils refusent ; cela doit être ga- gnant-gagnant. » Si tous les acteurs de l’assuranceacteurs, Alan utilise la don- née dans un objectif marke- ting : « La donnée va nous permettre d’améliorer nos produits. Elle va permettre de comprendre les usages de nos utilisateurs, de nous rendre compte de ce que nous ne faisons pas assez bien, a n de voir comment nous pouvons l’améliorer pour rendre leur vie plus simple. Elle va ensuite aider à per- sonnaliser le produit pour chaque client en termes de prévention », nous explique Jean-Charles Samuelian. Côté distributeurs en n, la donnée n’est pas encore utilisée non plus, comme nous l’apprend Guillaume Rovere, Chairman d’AssurDeal, société spécia- lisée dans l’achat et revente de portefeuilles de courtiers, et fondateur du média dédié à la transformation digitale de l’assurance AssurDeal. media : « Aujourd’hui, les datas ne sont pas du tout utilisées chez les courtiers. Ils collectent les données pour les assureurs, mais jamais pour optimiser le service qu’ils rendent. Nous estimons que cela pourrait représenter une source de revenu de l’ordre de 30% au moins dans les cinq ans qui viennent ». Un virage de la donnée à prendre sur le secteur, peu entamé en France, qui pourrait bien servir de porte d’entrée pour la concurrence et surtout les géants de l’IT qui ont la possibilité de mobiliser d’importants moyens de ciblage et de personnali- sation pour tenter de venir se placer entre assureurs et assurés. « C’est une réelle menace aujourd’hui, pour la plupart des assureurs cela semble impossible car l’assurance est un marché réglementé, mais un Google peut très bien proposer une assurance à l’usage grâce à toutes les données qu’il pos- sède sur l’usager », indique Guillaume Rovere. Avant de conclure : « L’assurance est un marché telle.ment rentable qu’il n’y a aucune raison que Google, Facebook ou d’autres ne s’y penchent pas assidûment ».DécryptageStratégie & innovation numériqueL’’assurance est un marché tellement rentable qu’il n’y a aucune raison que Google, Facebook ou d’autres ne s’y penchent pas assidûmentpuissent pas potentiellement prendre feu, ou encore nous prévoyons des protocoles fondamentaux de sécurité comme, par exemple, que les volets électriques s’ouvrent automatiquement en cas d’incendie », complète-t-il. Des protocoles qui mettent en relation, du coup, des objets connectés entre eux, et qui permettent à l’assureur de se positionner sur de potentiels futurs services à offrir grâce au réseau ainsi créé.santé assuRée, connectée... chas- sez l’intRus ?Pour autant, le mariage objets connectés et assurance n’est pas toujours vu d’un bon œil. Car l’objet connecté collecte des données, des données liées à l’objet, à des habitu- des de vie mais aussi, dans certains cas, des données de santé, qui peuvent per- mettre à l’assureur d’adap- ter son tarif en fonction de l’assuré. Le concept est déjà en vigueur aux Etats-Unis, où plusieurs grands noms des assurances mutualistes comme Prudential, Humana ou encore John Hancock ont développé avec l’assu- reur sud-africain Discovery des offres d’assurance-santé liées aux objets connectés en analysant les rythmes sportifs et les habitudes ali- mentaires des assurés. Si les résultats sont  atteurs – les personnes équipées de cette offre ont des dépenses mala- dies inférieures de 20% en moyenne – il faut les prendre avec prudence car, comme le met en avant une étude Xer  Precepta sur les dispositifsFrance, voir  eurir de telles offres semble utopique au- jourd’hui. La réglementation relative à la protection des données personnelles garantit que les assureurs ne puissent utiliser les données de santé pour tarifer les offres, etdes dispositifs médicaux. La collecte d’une donnée médicale pourrait alors se faire dans l’intérêt du pa- tient, a n de lui permettre de rentrer chez lui après une intervention à l’hôpital, suivi à distance grâce à unRéduire sa cotisationassurance, une moti- vation supplémentaire pour faire du sport ?eux-mêmes, à l’unisson, s’y refusent. Dans le domaine de la santé pourtant, les objets connectés pourraient bientôt venir compléter une offre de soin existante, sur demande des médecins, et ainsi  eurir au sein des plaquettes des mutuelles ou assureurs par ricochet. En 2015, un livre blanc du Conseil national de l’ordre des médecins a proposé un certain nombre de recommandations pour que les consommateurs aient confiance dans les objetsdispositif connecté au méde- cin. Un retour chez soi plus rapide, grâce à une réduction du risque offerte par l’objet connecté. Partant, l’ordre des médecins propose un cadre éthique quant à la gestion des données collectées lors d’une utilisation clinique. Prérequis à toute avancée en la matière.la nouvelle donne de la donnéeDu côté de la domotique ou de la voiture connecté,collectent et possèdent de la donnée, parfois même sans le savoir, l’utilisation de ces données est encore assez peu répandue. Dans le cadre de ses offres « maison connectée », la Matmut laisse pour l’instant les données collectées dans les mains de ses clients, tandis que Covéa en est, à ce jour, au stade de recherche sur le sujet, tentant d’établir des corrélations entre les comportements et la sinistralité a n d’améliorer la prévention. Côté nouveauxecoreseau.fr 39]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[StratéGie & innOvatiOn numériqueHaute résolutionFocus sur un sujet high tech dans l’air du tempsAnalyse du phénomène des clickbaitsSouriez... Vous êtes piégés !Vous hallucinerez quand vous saurez à qui pro te cette pratique honteuse !!! Les clickbaits, ou pièges à clics, polluent l’Internet depuis des années. Et ils ne sont pas près de s’arrêter.Par Jean-Marie BenoistLe format, bien tra- vaillé, est toujours le même. Pas plus de 100 caractères (pour pouvoir être partagé dans un tweet), souvent une inter- pellation directe du lecteur (Vous, Tu...), et surtout une hyperbole bien particulière, qui promet beaucoup mais ne dit rien. Vous l’avez re- connu, c’est un clickbait,un de ces titres bien raco- leurs qui ont envahi nos écrans, et qui cachent le plus souvent des articles écrits à la va-vite d’une qualité plus que douteuse.assumez vos ResPonsabilitésEn soi, la pratique du titre sensationnel et racoleur n’a rien de nouveau : la pressepeople et la publicité, par exemple, l’utilisent depuis des décennies. Sa véritable explosion sur le Web coïn- cide en fait avec celle des réseaux sociaux, qui ont ap- porté un nouveau concept : la viralité. « On a vu appa- raître en 2012 les premiers sites fondant leur stratégie purement sur la viralité de leur contenu, comme Vi-Ce qui est accroché à l’hameçon n’en vaut sou- vent pas la peine.ral Nova aux Etats-Unis,explique Éric Dupin, fon- dateur de Presse-citron, un media pure player. Les titres étaient définis selon un algorithme précis, chaque rédacteur devait proposer 20 titres différents... » Et face au succès foudroyant de la formule (20 millionsils se Font de l’aRGent suR votRe dosSuivant fidèlement notre modèle, la « révélation » promise par le titre allé- chant en haut de la page n’a en effet absolument rien de fracassant. « Il s’agit de méthodes légitimes, puisqueclic, souhaitent le meilleur niveau de performance. » Pour savoir qui profite du clickbait, il suffit, dans un premier temps, de lire les noms en haut de la page web – OhMyBuzz, Mi- nuteBuzz, UpWorthy, etc., qui se rémunèrent avec la publicité – et les noms surde visiteurs uniques au bout de six mois), les émules ne se sont pas fait attendre. Car il ne faut pas s’y tromper : s’il y en a autant, c’est que ça marche – et ça marche grâce à nous. « Nous cli- quons en connaissance de cause, estime Éric Dupin. Le clickbait est maintenant clairement identifié par les internautes pour ce que c’est. »l’action de l’internaute est volontaire, rappelle Gregori Polle, Digital Strategy Of- ficer chez Kiwe, qui offre une application de business intelligence dédiée aux per- formances marketing. Son existence est motivée sur le plan économique par les annonceurs qui souhaitent drainer l’audience la plus large et par les éditeurs qui, étant rémunérés auces irritants inserts en bas de page qui vous proposent de lire d’autres « contenus qui pourraient vous inté- resser », comme Taboola ou Outbrain, qui sont des services payants. On ne peut pas en vouloir à une usine à clic d’adopter la stratégie la plus efficace. Mais les choses se com- pliquent avec les réseaux sociaux, notamment Face-Une interpellation qui promet beaucoup mais ne dit rien en moinsde 100 caractères40 OctObre - n°44]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[Haute résolutionStratégie & innovation numériquebook. Il n’en tire pas lui- même profit, mais il en va autrement du propriétaire des pages. Certains mé- dias et marques ont noué des contrats avec eux : publication de lien contre rémunération au clic. Avec des communautés de plusd’un demi-million de fans, les sommes montent ra- pidement. Et des pages comme ça, il en existe des centaines. Un exemple, pris au hasard dans le classe- ment tenu par Socialbaker : IletElle, 1,5 millions de fans, un post publicitaire épinglé, beaucoup de me- mes, et un renvoi vers un site contenant uniquement des articles compilations (datant de 2016) et des pu- blicités.Et derrière ces pages, ce ne sont pas toujours des particuliers – ou, du moins, plus. Même si la pratique est prohibée, elles se vendent – ou plutôt, se sont vendues : dans une enquête menée par BuzzFeed France en 2015, Guillaume Rassemi, fonda- teur de l’agence Woocom, qui en a lui-même acquis, estimait que « 90% des pages Facebook en France ont déjà été rachetées. Le marché est bien mûr, tout a déjà été englobé ». Les entreprises acquéreuses,aujourd’hui, les rentabi- lisent, par exemple en s’en servant comme plateforme de diffusion de contenu – Woocom met ainsi à dis- position de ses clients unceux qui naviguent en eaux troubles. « Il y a un basculement progressif du clickbait vers la fake news invérifiable, souligne Eric Dupin. Et tout le mondeceux de la pire espèce. »Même si Facebook n’est pas particulièrement res- ponsable de la prolifération de ces titres racoleurs, la nuisance apportée à sonparent de son côté.)La seule véritable solu- tion pour lutter contre les clickbaits, c’est l’attrition : bâtir des filtres (il existe de nombreuses solutions pour cela) et... arrêter de cliquer. « Lorsque les sites utilisant ces techniques ne trouveront plus d’an- nonceurs parce que les internautes s’en seront dé- tournés à cause du manque d’intérêt, ces sites dispa- raitront d’eux-mêmes », estime Gregori Polle. Et en attendant, il reste l’humour. « Ce qui me gêne plus, c’est quand des grands médias utilisent les mêmes mé- thodes : c’est contre-pro- ductif », estime Éric Dupin. Il vient de lancer, pour son plaisir personnel, un site collaboratif ouvert à tous, sobrement nommé clickbait.fr, pour recueil.lir les plus beaux exemples. Autant dire qu’une visite est plus que conseillée.Nous délaissons le fond pour la forme. C’est le terreau idéal pour la prolifération des clickbaits, y compris ceux de la pire espèceréseau de 15 millions de fans. Mais cela a plutôt eu tendance à rehausser la qualité des contenus partagés : au moins, ils ne cachent pas leur affiliation à une marque. découvRez comment lutteR contRe l’invasion Car tous les clickbaits ne sont pas égaux. Il faut dif- férencier ceux qui tiennent du divertissement, qui sont assumés et consommés comme tels – BuzzFeed, le Démotivateur... – etpeut se faire avoir. » Il s’agit typiquement d’un fait divers en provenance de Chine, de Russie, ou de Corée du Nord. Mais – et l’importance qu’a pris le terme le démontre – toutes les fake news ne sont pas bénignes. « Une partie significative de la popula- tion ne prend plus le temps d’analyser une information, estime Gregori Polle. Ils délaissent le fond pour la forme. C’est le terreau idéal pour la prolifération des clickbaits, y comprisexpérience utilisateur l’a poussé à entrer en guerre contre le piège à clic. En 2014, il a introduit l’ana- lyse sémantique dans son algorithme, et il l’améliore régulièrement ; son outil de fact-checking est en place en France depuis mars dernier et depuis cet été, les fausses vidéos sont également filtrées. Mais un algorithme ne peut pas tout faire, d’autant que les éditeurs s’adaptent. (Il faut noter, par ailleurs, que Twit- ter ne fait aucun effort ap-ecoreseau.fr 41]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[CAHIER PRATIQUEConseils, astuces et nouveaux outilsLe temps des pionniers entrepreneurs têtes-brûlées défrichant des terres inconnues à mains nues est bien terminé. Car les créateurs peuvent désormais s’appuyer sur une myriade de structures et d’outils, qu’EcoRéseau Business s’attache à explorer dans chaque numéro tout au long des pages du cahier pratique.Créer aujourd’hui- Dynamiser l’actionnariat salarié, quand et comment ? ................................. p43 Business guides- Agences de développement et technopoles, créateurs de réseaux..............p46 - Affacturage, la  ntech pour les TPE .............................................................. p50 - Flottes d’entreprise, véhicules de fonction vs nouvelles mobilités................p5442 OctObre - n°44]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[Créer aujourd’huiLa création d’entreprise, c’est avant tout du concret et de l’opérationnel.D’où cette rubrique qui explore de manière très pratique l’une des phases de l’entrepreneuriat.Comment dynamiser l’actionnariat salarié Réconcilier capital et travailS’il reste privilégié par les grands groupes, l’actionnariat salarié gagne du terrain en France. Outil de redistribution des fruits de la croissance, c’est aussi un bel atout en termes d’image et de politique RH.Desmouceaux, président de la Fédération française des associations d’actionnaires salariés et anciens salariés (FAS). L’épargne salariale pèse 122 milliards d’euros en France, dont 47 milliards – soit environ 40% – pro- viennent de l’actionnariat salarié pur. Alors qu’en Al- lemagne, seulement 1,8% du capital des entreprises est détenu par les salariés, ce taux atteint 4% dans l’Hexa- gone. « Notre objectif, c’est de mettre le cap sur le seuil des 10% à long terme », admet Loïc Desmouceaux.le Plus avanta- Geux en teRmesde Fiscalité et de Rendement ? L’actionnariat salarié a été rendu possible dans les an- nées 60 par le Général de Gaulle. Mais c’est aux mul- tiples privatisations dans les années 80 qu’il doit son explosion. A chaque fois que l’Etat cède du capital à des acteurs privés, 10% de celui-ci est réservé aux salariés. Ce qui attire cesderniers grâce à la possi- bilité de se constituer une épargne sur le long terme et de participer à la vie de l’entreprise. En moyenne, les salariés conservent leurrévélateur : c’est le produit qui offre le plus d’avantages  scaux et sociaux. » Pour le salarié, les avantages sont faciles à discerner : récolter les fruits de la croissance de sa boîte et se constituer un matelas en vue de sa re- traite ou pour avoir de quoi lancer sa propre affaire dans le futur, même si le risque pris est sans commune me- sure avec le fait de dépo- ser de l’argent sur un livret d’épargne classique, puisque c’est le rendement de l’entre- prise qui fera augmenter ou diminuer le cours des actions. « Dans certaines PME, un rendement de 15% par an est tout à fait possible », appuie Marc Maurel. A ce taux, un cadre qui investi- rait 50000 euros au capital de son entreprise pourrait, en dix ans, accroître son épargne de 150000 euros. A noter que la loi impose aux actionnaires de rester dansde l’actionnariat salarié, sa mise en place se traduit positivement en termes de problématiques RH. Mais il n’a rien du gadget. On serait plutôt sur un concept de par- ticipation gagnant-gagnant. Car la détention directe d’actions renforcerait l’af- fectio societatis. « Lorsque les salariés sont  nanciè- rement impliqués, le sen- timent d’appartenance à l’entreprise augmente et tout le monde tire dans le même sens pour améliorer les performances écono- miques. Cela permet donc d’asseoir une culture d’en- treprise forte, qui va plus loin que le simple objectif de  délisation des talents », indique Laure Delahousse, adjointe au délégué général de l’Association française de gestion  nancière (AFG). Pour illustrer l’implication, même inconsciente, des actionnaires salariés, MarcPar Marc HervezEn plus de renforcer la motivation et la cohésion des équipes, cet outil dépasse le contrat de travail comme relation unique entre l’employeuret le collaborateurCe n’est pas parce que l’ère des boursico- teurs et actionnairesindividuels semble révo- lue (leur nombre a réduit de moitié sur les quinze dernières années) que les Français ont renoncé à l’in- vestissement pour autant. La tendance est à l’achat de parts dans le capital de son propre employeur. « Autant l’actionnariat des petits porteurs individuels chute, autant l’actionnariat salarié se porte bien. En France, 3,5 millions de sa- lariés sont actionnaires en direct ou porteurs de parts de leur propre entreprise. Nous sommes même les leaders européens dans le domaine », se félicite Loïcépargne pendant onze ans. Mais les exemples d’employés qui restent au capital de leur unique employeur pendant toute la durée de leur carrière existent. « On se rappelle de l’histoire de cette caissière d’Auchan qui est partie en retraite avec un capital de deux millions d’euros sur son plan d’épargne, raconte Marc Maurel, fondateur du cabinet de conseil en inves- tissement  nancier Maurel et Cie. C’est la performance économique de l’entreprise sur plusieurs décennies qui lui a permis d’atteindre ce montant. C’est certes un cas exceptionnel mais il estle capital pendant au moins cinq ans et  xe la limite de l’investissement à un quart du salaire annuel brut.outil de PeRFoR- mance caR Risque de PeRte associé Quid de l’intérêt de la mise en place de l’actionnariat salarié pour les entreprises ? Certaines start-up qui af-  chent parfois des taux de croissance à deux chiffres usent de cet outil pour attirer des talents et compenser des salaires parfois en dessous du marché du fait de l’in- certitude qui entoure leur pérennité. Pour les partisansMaurel ose une analogie avec la vie quotidienne. « Faites le test : un immeuble de propriétaires sera tou- jours mieux entretenu qu’un immeuble peuplé de loca- taires... » Le risque de perte associé n’y est sans doute pas étranger.mentalité intRaPReneuRienne et GouveRnance Impliquer les collaborateurs via l’actionnariat salarié renforce l’image d’entreprise citoyenne. Ce système of- frirait également l’avantage de faciliter les ruptures àPas de babyfoot ou de bar à jus mais une forme d’intéressement qui motive.ecoreseau.fr 43]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[CAHIER PRATIQUEl’amiable. C’est en tout cas le point de vue de Marc Maurel. Expli- cations : « Quand un cadre a potentiellement plusieurs dizaines de milliers d’euros en plan d’épargne entre- prise, il se sent plus libre par rapport à son employeur. Ca facilité les séparations ». En outre, l’association des salariés au capital est la garantie d’un alignement des intérêts des forces vives avec ceux des actionnaires. « L’apprentissage des mé- caniques économiques a permis à chaque collabo- rateur de comprendre le fonctionnement d’un compte d’exploitation, le transfor- mant ainsi en auto-entre- preneur motivé et intéressé, ce dont notre pays manque cruellement », rappelle Ré- gis Degelcke, président de Auchan Holding, qui a ou- vert son capital aux salariésdès 1977.Au niveau de la gouvernance, si les salariés possédant quelques parts ne sont pas les décisionnaires  naux, ce système assure, d’après les témoignages, une meil- leure compréhension par le personnel des décisions stratégiques prises par la direction. Ainsi, dans les sociétés cotées, si l’ensembleCréer aujourd’hui44 OctObre - n°44des salariés détient plus de 3% du capital de l’en- treprise, la loi leur assure un représentant au conseil d’administration. Quant à celles non introduites en Bourse, elles ne sont pas soumises à cette obligation légale. Ce qui n’empêche pas certaines de faire siéger leurs actionnaires-salariés au CA. C’est le cas de l’entreprise pharmaceutique Pierre Fa- bre, dont neuf collaborateurs sur dix – sur un total de 13000 – sont actionnaires. Un bel exemple de réussite : à ce jour, 8% du capital du laboratoire est détenu par le personnel. C’est en 2005 que son fondateur, n’ayant pas d’héritier, a ou- vert le capital aux salariés et à une fondation recon- nue d’utilité publique dansqui souscrivent, réinjectent même de l’argent au cours de leur carrière chez nous. Nous ne confondons pas syndicalisme et actionna- riat salarié ce sont deuximmédiats. Mieux, le modèle se duplique à l’étranger. A peine le plan d’actionnariat salarié ouvert au sein de sa  liale au Mexique que 75% des collaborateurs locauxfait certi ée ISO 26000 et attire plus de talents. En n, nous constatons que 70% des fonds redistribués via la participation et l’inté- ressement reviennent dans l’entreprise. Pierre Fabre s’évite ainsi une fuite des capitaux », révèle Christophe Latouche.Cependant, force est de constater que l’actionnariat salarié reste en majorité une affaire grands mastodontes dans les faits. Crainte du partage du pouvoir, mécon- naissance des mécanismes de l’actionnariat salarié, phobie administrative... Les raisons de ce retard chez les PME classiques sont nombreuses. « Les contraintes liées à la mise en place d’un plan d’épargne direct sont plusfaciles à supporter par les grands groupes, reconnaît Marc Maurel. Mais il n’est pas obligatoire de passer par un fonds, ce qui peut occa- sionner des économies de structures. » Pourtant, ceux qui envisagent la formule uniquement sous sa forme mercantile se privent d’un fort pouvoir d’attraction auprès des pro ls à fort po- tentiel. Ouvrir leur capital leur permettrait de combler les écarts de salaires qui les séparent des grandes entre- prises. C’est généralement le raisonnement effectué par les start-up. Leur modèle re- posant, durant les premières années, sur l’argent injecté lors de levées de fonds, il est nécessaire pour eux d’attirer des talents pour atteindre à terme la rentabilité. Or, il est dif cile de se rentre attractif auprès de collabo- rateurs brillants lorsqu’on ne peut rivaliser sur le plan salarial. Ouvrir son capital à ses employés – et lier leurs primes et intéressements au destin de l’entreprise – permet de « rivaliser » en termes d’attractivité avec les mastodontes de la Tech. Ce complément de salaire variable s’avère être un levier de motivation sup- plémentaire. D.es licornes telles que Showroomprivé ou encore Criteo peuvent en témoigner.Ouvrir leur capital permettrait aux start-up de combler les écarts de salaires qui les séparentdes grandes entreprisesun souci de transmission. « Notre volonté, c’est que cette opportunité ne soit pas réservée à quelques cadres », indique Chris- tophe Latouche, président du FCPE d’actionnariat salarié Pierre Fabre, qui siège au conseil d’administration du groupe. « 75% des salariéschoses différentes, mais nous faisons partie intégrante du processus de décision. Nous avons une vision à long terme et avons une bonne connaissance des enjeux de l’entreprise. » L’idée, dit-il, est de créer de la valeur à long terme et non d’espérer des dividendessont devenus actionnaires de Pierre Fabre. « En plus de renforcer la motivation et la cohésion des équipes, cet outil dépasse le contrat de travail comme relation unique entre l’employeur et le collaborateur. L’en- treprise, de son côté, y a gagné en image : elle s’estUn système qui per- met de mieux saisir les rouages de l’entrepriseavecaltoavocats.comL Lancement de l’entreprise : la guerre des noms et des marques’explosion de l’entrepreneuriat et Quelle ne fut pas la surprise du dirigeant dans l’esprit du consommateur. l’extension du domaine des possibles de cette société lorsque des dizaines d’en- Moralité : il existe un délai de deux mois sur Internet font naitre des envies treprises ou même de particuliers qui dis- qui court à compter de la publication dede création de projets à de nombreuses personnes physiques ou morales.Les entrepreneurs ou aspirant-entrepre- neurs ont désormais pris le ré exe de se protéger en déposant plusieurs marques et/ou logos relatifs à leur projet, qu’ils mettent en œuvre ce projet ou qu’il reste dans les cartons.Le cas de ce mois-ci illustre bien cette problématique de territoire de marque et invite les entrepreneurs au recul né- cessaire.Ainsi, une société avait déposé une ving- taine de noms de marque qui mélan- geaient en pré xe des noms fantaisistes et différents mais en suf xe un chiffre identique.posaient de noms de marque contenant ce chiffre en suf xe se ruèrent sur lui pour contester son dépôt de marque.Les mises en demeure étaient variées : pour certaines personnes, ce fût un courrier simple pour d’autres ce fût leur conseil en propriété intellectuelle qui avait pris la plume pour s’offusquer de ce supposé détournement.Il a fallu trier les réclamations solides et celles qui tendaient au farfelu.Il a également fallu trier les réclamations qui tentaient à récupérer de l’argent du chef d’entreprise pour compenser un préjudice qui n’existait pas et les ré- clamations plus sérieuses qui visaient simplement à prévenir toute confusionla demande d'enregistrement au Bulletin of ciel de propriété industrielle (BOPI) pour faire opposition. Cette période où pleuvent les courriers de potentiels concurrents français ou internationaux peut causer du stress à un chef d’entreprise qui vient de se lancer et qui est dans une dynamique positive, alors contrariée. Le rôle du conseil sera de répondre point par point aux arguments des contestations solides. Il devra également répondre fermement à toutes les autres demandes pour éviter l’étape supérieure : le traite- ment de l’opposition par l’INPI qui verra alors se confronter les deux parties avec un risque alors plus important de perdre les droits sur la marque de ses rêves.Le droit en pratique]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[CAHIERPRATIQUE Business guidesDans chaque numéro, EcoRéseau Business s’intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeant (logistique, marketing,  nance, communication...)en demandant l’avis des prestataires et conseilsAgences de développement et technopôles Sites de rencontresd’autres, comme Pôle Emploi et l’APEC. Chaque structure a ses spéci cités, et inter- vient à différentes étapes ou sur différents aspects de la création d’une entreprise. Accompagnement  nancier, technique ou juridique, de l’émergence de l’idée à la mise en production, une multitude d’acteurs sont positionnés sur le secteur de l’accompagnement de porteurs de projets. Fablabs, incubateurs, accélérateurs, pépinières, ils poussent comme des champignonsun outil au seR- vice du teRRitoiRe Par ailleurs, les technopôles sont avant tout des outils au service d’un territoire. Supports de la politique de développement de ce dernier à partir de l’innovation, les technopôles favorisent en effet la fertilisation croisée par l’animation et la mise en réseau des compétences, la création d’entreprises inno- vantes et la promotion du territoire. Les technopôles naissent à l’initiative d’acteurs locaux d’un territoire. C’estsur le territoire », explique Jean-Michel Halm, directeur délégué de la Technopole de l’Aube en Champagne, en charge de l’accompagnement. Depuis 1998, la structure se charge d’animer ce dispo- sitif en accueillant les por- teurs de projets innovants. « L’objectif principal d’un technopôle est de travailler sur le développement de son territoire en accompagnant les entreprises dans toutes les étapes de leur vie. Un technopôle intègre forcément plusieurs métiers. »les technopôles ont la particularité de recevoir tous les porteurs de projet quiles sollicitentTechnopôles, agences de développement économique... Qui permet aux porteurs de projet de trouver des partenaires et de sortir de leur isolement ?Par Emilie Massard’ai une idée gé- niale, je suis sûrDes lieux d’accompagnement technique, mais aussi d’in- teractions avec les autres porteurs de projet...«Jpour dénicher et accompa- gner les meilleures idées. Si certaines structures sont dédiées à une thématique ou une étape précise du cycle de création d’une entreprise, d’autres couvrent plus large- ment le domaine de l’inno- vation, et accompagnent les porteurs de projet à chaque phase de ce dernier. C’est le cas des technopôles, qui accompagnent les créateurs d’entreprise de la genèse à la formalisation du projet, dans son démarrage, son développement, puis sa crois- sance. Les technopôles ac- compagnent l’innovation au sens large. Car l’innovation ne s’arrête en effet pas à son aspect technologique. C’est le caractère innovant décelé dans une activité ou la manière de la mener, et non l’appartenance au secteur de l’innovation technologique de l’activité, qui déclenche l’accompagnement d’un tech- nopôle.le cas de la Technopole de l’Aube en Champagne, qui a été créée pour répondre à la désindustrialisation connue par le territoire suite à la crise textile. « C’est le sénateur Philippe Adnot qui a lancé un programme dont l’ob- jectif était de redévelopper l’enseignement supérieur et de créer un outil permettant les transferts de technologiesParmi les structures au service d’un territoire, les agences de développement économique sont également un acteur important. Ces agences aident les entreprises à s’implanter sur un territoire en répondant à l’ensemble des interrogations des entre- preneurs, de la disponibilité des locaux aux compétences nécessaires en passant parqu’elle va faire un carton. » Ces mots sont souvent la première étape vers l’entreprenariat. En- suite... ça se complique ! Lorsqu’on se lance dans l’entrepreneuriat, les dif - cultés sont nombreuses, et les porteurs de projet sont bien souvent seuls pour y faire face. Pour sortir de cet isolement, de nombreuses structures existent pourtant, publiques ou privées. De grands réseaux existent pour apporter une aide ef cace à la création d’entreprise, les chambres consulaires, Initiative France, le Réseau Entreprendre, les Centres européens d’entreprise et d’innovation (CEEI) et bienQuelques structures pour chaque étape de la vie d’une entreprise☞ Les fablabs, très en amont pour faire émerger l’idée ;☞ Les incubateurs pour aller de l’idée au projet ;☞ Les pépinières, de la mise sur le mar- ché aux premiers résultats ;☞ Les accélérateurs pour démultiplier le modèle46 OctObre - n°44]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[CAHIER PRATIQUEl’orga- nisation de formations ou la mise en rela- tion avec des réseaux professionnels. VIPE Vannes est une structure qui com- prend une agence de dévelop- pement économique, et qui compte bien développer cette activité, notamment grâce à la mise en ligne récente du site internet YesWeVannes. « Nous avions besoin d’une interface numérique pour faire la promotion de cette activité », précise Xavier Colas, directeur général de VIPE Vannes. « Je pense que c’est assez rare pour une ville de taille moyenne comme la nôtre, mais c’est un outil indispensable pour jouer notre rôle d’interlocuteur unique et d’accompagnateur des entreprises qui souhaitent s’installer sur le territoire. » Les structures d’accompa- gnement peuvent en effet dif cilement, aujourd’hui, éviter de se doter d’outils numériques. Mais pour amé- liorer encore leurs services, elles jouent également en équipe. En Bretagne, sept technopôles, dont VIPE Vannes, se sont ainsi rassem- blés pour créer la fédération 7 TB, qui pilote les dispo- sitifs d’incubation comme le  nancement de projets innovants avec Bpifrance et le ministère de l’Ensei- gnement supérieur et de la Recherche. « Ce maillage territorial nous permet d’avoir un technopôle de référence pour toutes les demandes qui nous parviennent », ajoute Xavier Colas. Au niveau na- tional, les agences et autres technopôles sont égalementBusiness guidesstructurés en réseau au sein du RETIS, le réseau français de l’innovation, qui anime et mobilise l’ensemble de ses membres au profit du développement de l’innova- tion et de l’accompagnement de projets innovants sur le territoire français.s’adaPteR à l’entRePReneuRSi l’ensemble des structures dédiées à l’accompagnement de projets portent attention à toutes les demandes qu’elles reçoivent, les technopôles ont la particularité de recevoir tous les porteurs de projet quiture juridique de leur en- treprise ou des partenaires à solliciter, les porteurs dede projet. Un projet qui n’est pas totalement abouti, mais qui est porté par un entre-cas, les besoins d’accom- pagnement ne sont pas les mêmes et cette adaptabilitéest la dif culté aujourd’hui ? Peut-être dans la multiplica- tion des acteurs, justement, et des réseaux qui entourent le porteur de projet, et qui, paradoxalement, peuvent l’isoler encore plus, faute de savoir à quelle porte frapper. Sur ce point, les technopôles ont également une carte im- portante à jouer. « Nous nous présentons comme un guichet unique qui a pour objec- tif de faire la synthèse des partenaires qui pourraient intéresser un entrepreneur, indique Xavier Colas. Nous avons par exemple créé une pépinière qui accueille des structures d’accompagnement spécialisées dans certaines thématiques : BGE, Initiative Vannes, Entreprendre au Féminin, etc. Nous pouvons répondre aux questions des entrepreneurs grâce à un réseau d’experts sur les ques- tions juridiques, marketing, et nous travaillons avec les pôles de compétitivité de notre territoire. » A travers son agence de développement économique, VIPE Vannes joue également le rôle de facilitateur des réseaux éco- nomiques, en rassemblant chaque année les 44 réseaux du territoire sur un événement. Et les technopôles ne se contentent pas de donner aux porteurs de projets accès aux réseaux de leur territoire, ils les font vivre aussi. Lorsqu’il est accompagné par un tech- nopôle, l’entrepreneur est im- médiatement en contact avec un réseau, mais celui-ci doit lui être utile. « Les membres du réseau doivent prendre plaisir à s’y impliquer, à venir écouter, échanger et aider, estime Jean-Michel Halm. Le technopôle doit créer de la proximité et un certain affect dans ses réseaux, car tous les acteurs qui sont parties prenantes de cet écosystème doivent s’y sentir chez eux. Nous devons créer un véri- table univers. » Un univers qui pourra répondre à toutes lesinterrogatio.nsetinquié- tudes des porteurs de projet, tout en rompant l’isolement bien souvent connu par les entrepreneurs.OctObre - n°44les sollicitent. À la différence d’autres organismes, les technopôles n’ont en effet pas de prérequis pour rece- voir un entrepreneur. Qu’ils aient un business plan ou non, une idée de la struc-élément primordial, estime Jean-Michel Halm. Personne ne peut juger d’un projet sur le papier, les professionnels des métiers de l’accompa- gnement doivent avoir cette considération pour le porteurla réussite d’un bon accom- pagnement. « Le processus de l’entrepreneuriat n’est pas une machine, ajoute Jean-Mi- chel Halm. Il faut avoir une certaine agilité pour nous adapter à chaque projet, au porteur de projet et à la maturité du projet. Tous les projets ne sont pas voués à la même réussite. » Il cite ainsi plusieurs projets qui ont connu le succès, chacun à son échelle : « Nous avons accompagné une entreprise qui est devenue une licorne etquiaétérevendueensuite plus d’un milliard d’euros. Mais ce n’est qu’une forme de réussite. Nous avons également une PME qui est devenue leader de son domaine. » Dans les deuxNos outils doivent s’adapter aux besoins des nouvelles générations, avec des lieux de vie plus forts, espaces collaboratifs, événements collectifs...projet trouveront une oreille attentive au sein d’un tech- nopôle. « La considération du porteur de projet est unpreneur dynamique et mo- tivé, ça marche. » S’adapter à chaque porteur de projet semble donc être le secret dedemande une ingénierie de tous niveaux pour la structure accompagnatrice.Et pour s’adapter aux spé-cificités des projets et de leurs porteurs, il faut aussi connaître les besoins des nouveaux entrepreneurs, qui ne sont plus les mêmes qu’il y a dix ans. Ces nouveaux entrepreneurs arrivent avec une approche et un com- portement différents en ce qui concerne le travail et leur mode de vie. « Ils sont animés par une vraie envie et une passion lorsqu’ils viennent nous voir, et nos outils doivent changer de forme pour s’adapter à leurs besoins, avec des lieux de vie plus forts, des espaces collaboratifs, des événements collectifs, etc., note Jean-Mi- chel Halm. Nos structures doivent opérer ce virage pour accompagner cette nouvelle génération, qui remet en cause de nombreux éléments. Aujourd’hui, ils n’ont pas les mêmes combats à mener pour réussir leursprojets. »un mot-clé :le RéseauLes entrepreneurs se trouvent en effet aujourd’hui face à des problématiques différentes de celles de leurs homologues qui sont passés par les mêmes étapes quelques années au- paravant. Le volet  nancier reste un élément capital, mais les acteurs qui proposent un accompagnement  nancier sontnombreux,etunevraie ingénierie a été développée pour accéder à ces outils. Selon la plupart des acteurs de l’accompagnement, un bon projet trouve toujours son  nancement. Alors, où... pour par exemple apprendre des succès du voisin.Le RETIS, réseau français des experts de l’innovation au service des entreprises et des territoires, en chiffres :80 membres44 technopôles, 27 CEEI, 16 incubateurs publics800 professionnels10000 entreprises innovantes accompagnées chaque année48]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[CAHIER PRATIQUEBusiness guidesAffacturageQuand les fintechs ont rdv avec les TPE/PMEMots-clés1 Les  ntechs comblent un manque 2 Une avancée technologique3 Simple, rapide et ef cace4 Des prix attractifs5 Un marché sous-exploitéSe financer à court terme grâce à l’affacturage lorsque que l’on est une TPE s’avère parfois être un vrai parcours du combattant. Pour se faciliter la vie, pourquoi ne pas choisir l’option fintech ? Par Pierre-Jean LepagnotFintech, blockchain, bitcoin... nos comptes Twitter et LinkedIn, notre boîte mail, tous débordent de contenus sur ces thèmes à la mode. A chaque fois, le même slogan : le secteur français de la  ntech est « en ébullition ». A l’instar du crédit ou des services de paiement, le secteur de l’affacturage n’a pas échappé à l’appétit dévorant de ces jeunes louves de la  nance. Il faut dire que le marché a de quoi séduire. Au total, sur l’ensemble du premier semestre 2017, le montant des créances prises en charge dans le cadre d’un contrat d’affacturage a grimpé de 6,2% à 139,5 milliards d’euros. Face aux  liales des grands groupes bancaires CA Leasing & Factoring ou BNP Factor, des  ntechs telles que Finexkap, Créancio ou Edebex tentent de se faire une place au soleil en mettant en avant leur simplicité d’utilisation et leur rapidité. Finexkap par exemple propose aux TPE et PME un produittrès proche de leurs besoins, à savoir une offre de  nancement ponctuel de créances commerciales sans engagement. La société se dit capable de  nancer des factures qui peuvent être très spéci ques et que les factors refusent bien souvent. Revers de la médaille, con e un courtier spécialisé, ces  ntechs peuvent être selon les cas un peu plus chères que les acteurs traditionnels. D’autant que dans le même temps, les factors classiques ont réagi en lançant eux aussi des offres sans engagement proches de celles de leurs nouveaux concurrents. Mais les . ntechs ne visent pas les mêmes entreprises clientes (plutôt des TPE, des PME ou des indépendants) que les sociétés d’affacturage (ETI, multinationales). A ce titre, elles répondent à un besoin non satisfait, et c’est déjà beaucoup.Fiction : le  nancement dans la douleurChristophe Jegu est un patron tendu. Sa jeune entreprise connaît une belle croissance, mais le cash peine à rentrer dans les caisses. La faute à ses principaux clients, des multinatio- nales aux procédures de paiement tellement complexes qu’elles dépassent allégrement le seuil des 60 jours  xé par la loi. L’angoisse monte d’autant plus que les médias spécialisés ne cessent de répéter que 25% des faillites sont causées en France par des retards de paiement. Résolu à échapper au dépôt de bilan, Christophe Jegu étudie les solutions pour ren ouer à court terme la trésorerie de sa société. Au détour d’un article, il découvre le système de l’affacturage. Ni une ni deux, il se rend à sa banque. Las ! Après plusieurs jours d’études de son dossier, la sanction tombe. Son établissement bancaire lui refuse ce service en raison de sa trop petite taille. Selon son conseiller, aucun factor traditionnel ne perdrait son temps et son argent à gérer un poste client d’aussi petite taille1. Eneffet, assure le conseiller, la  liale dédiée de la banque ne dispose pas de la techno- logie susceptible de  nancer ses créances à moindre coût2. La déception est grande pour le dirigeant. Son incompréhension l’est tout autant. Ce qu’il demandait était pourtant simple : percevoir dans les jours prochains des liquidités sans perdre trop de temps en paperasse en contrepartie de quelques fac- tures émises par des entreprises au risque de défaut quasi-nul 3. Finalement, à force d’obstination, Christophe Jegu parvint à amadouer le conseiller qui accepta de faire pression sur sa  liale pour qu’elle lui rachète quelques créances... au prix fort4. Quelques mois plus tard, en marge d’un colloque, il raconta sa mésaventure à un autre patron de ses connaissances. Ce dernier le contempla d’un air mi-gêné mi-amusé avant de lui faire découvrir le charme des  ntechs. A ce mo- ment-là, il comprit son erreur et jura qu’on ne l’y reprendrait plus 5 !Les  ntechs entrouvrent une nouvelle voie pour les TPE.50 OctObre - n°44]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[EN 2017, FINANCEZ VOS FACTURES EN 24H CHRONO AVECBNP PARIBAS FACTORL’AFFACTURAGE SIMPLE ET RAPIDEN’attendez plus le paiement de vos factures, BNP Paribas Factor vous  nance en 24 heures ouvrées*. 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Toutefois, trop de TPE, de créateurs d’entreprise, se voient encore refuser une ligne de crédit ou un contrat d’affacturage en raison d’un manque de capi- taux propres ou de perspectives jugées incertaines. C’est à ce marché de « laissés pour compte » que s’adressent les  ntechs. « Finexkap répond à un manque. Le marché de l’affacturage traditionnel n’est pas accessible à tout le monde. Beaucoup de factors sont encore réticents à  nancer des créateurs d’entreprise, des jeunes TPE-PME et des sociétés qui ne cèdent que de faibles volumes de factures », con rme Cédric Tessier, CEO de Finexkap. Un point de vue partagé par Edebex qui vient en aide aux TPE et PME en manque de liquidi- tés grâce à la revente de factures. Cette société belge est en effet une place de marché qui permet aux entreprises de vendre des créances commerciales à des investisseurs. « Aujourd’hui, Edebex est la seule entreprise d’aide à la trésorerie qui  nance ses clients sans véri-  er leur santé  nancière. Cela leur permet d’accepter des entreprises qui sont refusées partout ailleurs, et de leur apporter une vraie aide », indique Xavier Corman, CEO. Le groupe ne s’intéresse qu’à la qualité de la facture. « Nous avons développé un algorithme qui nous permet d’évaluer quel est le risque lors du rachat d’une facture. De plus, un assureur crédit indépendant assure chaque facture individuellement, détaille le dirigeant. Résultat, notre service est beaucoup plus accessible que celui d’un factor classique. »une avancée technoloGiqueLes fintechs ne s’appelleraient pas  ntechs si elles n’étaient pas « tech ». Finexkap, Edebex ou Creancio s’appuient sur des plate- formes digitales de pointe pour commercer avec leurs clients. En quelques clics, ces derniers peuvent percevoir plusieurs milliers d’euros grâce à un processus extrême- ment simpli é. Chez Edebex par exemple, le processus d’inscription est 100% digital. « En premier lieu, l’entreprise nous livre quelques informations de base, telles que l’identité du dirigeant, un RIB et son K-Bis. Une fois les véri ca- tions effectuées, en général en 30 minutes, nous invitons la société à s’abonner à nos services moyen- nant 150 euros. Ensuite, le client n’a plus qu’à nous proposer une facture. En quelques heures, nous lui disons si nous la prenons en charge (15% de refus en moyenne). Quand elle est acceptée, nous la vendons à nos investisseurs. Tout compris, l’opération aura pris moins de 72 heures », indique Xavier Corman. Chez Créancio, le poste client est totalement dématérialisé : le chargement des factures se fait en un clic sur une appli. Son circuit court et rapide lui permet en n de  nancer en 24 heures une facture ou, mieux, le jour même pour les demandes effectuées avant 11 heures. En somme, les entre- prises peuvent pro ter grâce aux start-up des nouvelles opportuni- tés offertes par le développement des technologies numériques, en termes d’optimisation de processus, de frais  nanciers et de trésorerie. Une demande dif cile à satisfaire pleinement par les partenaires  nanciers traditionnels.4des PRix attRactiFs5 un maRché sous-exPloitéLes fintechs spécialisées dans l’affacturage se développent, mais elles sont encore loin de concurrencer les factors. Le marché de l’affac- turage est en effet soutenu par l’offre, qui croît de plus en plus vite. Il représentait, en 2016, 270 milliards d’euros en termes de volume mais ne concerne que 40000 entreprises, dont 80% sont des multinationales et des ETI. Ce marché entre les mains des factors comme CA Leasing & Fac- toring, BNP Factor, est donc en réalité nettement sous-exploité. « Ainsi, 75% de nos clients ne connaissaient pas l’affacturage », révèle Cédric Tessier, CEO de Finexkap. « Nous ne sommes pas là pour voler des clients aux banques mais pour séduire de nouveaux clients », ajoute-t-il. Raison pour laquelle la  ntech a développé récemment une offre commune avec le fournisseur de logi- ciels de comptabilité Sage, baptisée « Clic and Cash ». Le comptable d’une PME peut solliciter un  nancement à partir de son logiciel de ges- tion en cliquant sur un bouton dédié. Finexkap a également noué un partenariat avec la société de gestion Aco  devant lui permettre de monter en puissance en  nançant des entreprises de plus grandes tailles. Edebex de son côté a signé des partenariats avec une soixantaine de cabinets de courtage. De même, Créancio a signé l’an dernier un partenariat avec Baker Tilly France, un réseau de cabinets d’audit indépendants.La technologie n’est pas une  n mais un moyen. Elle permet de répondre au plus vite aux besoins des clients. Ces factors 2.0 peuvent facilement  nancer une facture unique, même pour un client qui travaille avec eux pour la première fois. Le temps de faire les véri cations, un premier  nancement interviendra en 48 heures ou 72 heures. Lorsque la relation est devenue régulière, cela prend moins d’une journée. « Les sociétés qui nous font con ance apprécient notre délai de réactivité et notre système à la carte. Nous comptons actuellement 550 clients. Parmi ces clients, 80% sont récurrents et 55% ont fait de Finexkap leur première source de  nan- cement court-terme. Par ailleurs, la moitié de nos clients cèdent l’intégralité de leurs factures », se félicite Cédric Tessier, CEO de Finexkap. Autre atout des  ntechs, l’absence de contrainte. Elles peuvent  nancer une facture comme la totalité du poste client tout en s’engageant sur des montants dépassant les limites standards de banques. « Chez Edebex, nous n’imposons pas de limite au montant de chaque facture. Une petite TPE peut très bien nous proposer une facture très importante, nous la prendrons en charge pourvu qu’elle soit acceptée par notre algorithme », explique Xavier Corman, CEO d’Edebex.Les sociétés d’affacturage elles-mêmes le reconnaissent. L’arrivée des  ntechs sur le marché a tiré les prix vers le bas, les factors étant obligés de s’adapter à cette nouvelle concurrence. Toutefois, moins agiles que les  ntechs, lestées de coûts  xes plus importants, les banques restent globalement moins disantes sur le marché privilégié des start-up : l’affacturage a la carte. « Questions coûts, les factors qui proposent des services à la carte proches des nôtres sont globalement 30% plus chers avec un coût de 3,5% de la valeur faciale de la facture, contre 2,4% pour nous. En revanche, il se peut que nous soyons légère- ment plus chers si l’on se compare avec une offre tradi- tionnelle », explique Cédric Tessier, CEO de Finexkap. Effectivement dans le cadre d’un contrat d’affacturage classique, les prix pratiqués par les leaders du secteur tels que CA Leasing & Factoring, BNP Factor, ou ABN Amro Group sont globalement inférieurs à ceux des fintech pour un service plus complet ( nancement, gestion du re- couvrement, relances). Chez Edebex, les coûts sont plus complexes à estimer mais compétitifs assure son CEO, Xavier Corman. « Une fois la facture acceptée, nous pro- posons un prix de vente basé sur la maturité de la facture et la qualité du débiteur », explique-t-il. Si un investisseur (établissement de crédit ou fonds commun de titrisation) achète la créance, l’entreprise est libérée de son suivi et créditée du montant dans les 72 heures. «Une fois la vente  nalisée, nous prélevons des frais de services (à partir de 1,45% du montant de la facture). »52 OctObre - n°44]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[PARTENAIRE DE VOTRE DÉVELOPPEMENTActeur majeur du crédit-bail et de l’affacturage en France et à l’international, Crédit Agricole Leasing & Factoring finance les projets de développement et l’activité au quotidien des entreprises, des professionnels, des agriculteurs et des collectivités.20,1 Mds¤ D’ENCOURS FINANCÉS DONT 22 % À L’INTERNATIONAL185 000 CLIENTS EN FRANCE ET À L’INTERNATIONALchiffres au 31/12/20169PAYS D’IMPLANTATIONEN EUROPE ET AU MAGHREBCrédit Agricole Leasing & Factoring - S.A. au capital de 195 257 220 € - 692 029 457 RCS Nanterre Crédit photo : Geoffroy de Boismenu - Communication CAL&F 09/2017]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[CAHIER PRATIQUEBusiness guidesVéhicule de fonction versus offres de mobilité Dilemme cornélien?Mots-clés1 Le véhicule de fonction : un outil toujours attractif2 Un intérêt différent selon les générations3 L’autopartage : optimiser le temps d’utilisation des véhicules 4 Crédit mobilité : le choix de la  exibilité5 Le covoiturage, un complément à envisagerLa voiture de fonction est aujourd’hui concurrencée par un nombre croissant d’alternatives, complexifiant le choix des dirigeants. Tour d’horizon des avan- tages et des inconvénients de ces diffé- rentes solutions.Par Julien FournierPrix du stationnement, dif cultés pour trouver une place en centre urbain, durcissement des politiques des villes vis-à-vis des voitures, embouteillages, pollution... Combinée aux nouvelles attentes et aspira- tions de la «génération numérique», au développement de formes de mobilité novatrices et à son coût conséquent, l’évolution de la perception de la voiture a remis en cause le «tout automobile» dans les entreprises.Au sein des  ottes, le véhicule de fonction occupe une place particulière mais se voit lui aussi interrogé. Autrefois signe de reconnaissance sociale, cet avantage en nature deviendrait-il une contrainte ? A l’heure de la multimoda- lité des déplacements, ce dernier est-il encore la solution qu’il faut pour récompenser/ déliser les collaborateurs et faciliter leurs déplacements ?Cadre dirigeants et responsables de  ottes s’interrogent.Et ce d’autant plus que l’échéance des Plans de déplace- ment d’entreprise (PDE) se rapproche. A compter du 1er janvier 2018, toutes les entreprises regroupant au moins100 salariés sur un même site devront obligatoirement mettre en place un PDE. L’objectif : réduire les émissions polluantes, décongestionner les axes de circulation do- micile-bureau,  uidi er et faciliter les déplacements des collaborateurs, en encourageant l’utilisation de transports en commun et de nouvelles formes de mobilité.Dans ce contexte, le véhicule de fonction constitue donc un sujet de réflexion sensible. Devient-il obsolète, à l’heure où les «baby boomers» cèdent peu à peu la place aux «millenials» dans les sociétés hexagonales ? Est-il plus judicieux de lui préférer de nouve.lles alternatives comme l’autopartage, le vélopartage, le crédit mobilité ou encore le covoiturage ? Comment les associer ? Quels sont les avantages et les inconvénients de chacune de ces solutions potentiellement combinables ?Fiction : Un repas de famille gâchéLa car policy autorise de petites fantaisies.Les repas de famille chez les Trondec sont souvent houleux. Mais jamais Henri, le grand-père, n’avait vu le rendez-vous mensuel tourner aussi vite au vinaigre. C’est bien simple, avant même la  n de l’apéritif, le ton est monté. Tout avait pourtant démarré par ce qui semblait être une bonne nouvelle : Guillaume, son petit- ls, jeune cadre dynamique de 34 ans, venait de se voir proposer une voiture de fonction par son patron. Son père, Jean-François, l’a chaleureusement félicité, se rappelant avec émotion du jour où il avait posé les mains sur le volant de la sienne et de la  erté qu’il avait ressentie en croisant le regard envieux de certains collègues 1.Mais son sourire nostalgique a rapidement fait place à une moue conster- née. Guillaume ne semblait pas heureux, et même presque sur le point de se plaindre. Pire : il songeait à refuser. En entendant cela, Jean-François a vu rouge. Les jeunes n’ont pas conscience de leur chance ! Vous leur proposez une voiture de fonction ? Ils se plaignent du temps qu’ils vont passer dans les bouchons, de la dif culté à se garer, se sentent responsables de la pollution et parlent de transport collaboratif. Au lieu d’un véhicule, ils veulent de la exibilité 2 et des solutions davantage dans l’air du temps...« Lesquelles ?! », s’est emporté Jean-François, manquant de renverser son verre de porto. Guillaume s’est alors mis à plaider longuement en faveur des nouvelles formes de mobilité. Vantant les vertus de l’autopartage, cette solu- tion permettant selon lui d’optimiser le temps d’utilisation des véhicules 3 – Jean-François a levé les yeux au plafond. Expliquant à son père les avantages du crédit mobilité qui, si le salarié opte pour une voiture de fonction plus modeste, lui offre en échange davantage de souplesse 4 – Jean-François a soupiré bruyamment. Faisant en n les louanges du covoiturage domicile-tra- vail, une chance pour mieux connaître ses collègues et gagner du temps 5.Jean-François a failli en avaler ses cacahuètes de travers, craignant que son  ls ne se mette à lui parler vélopartage ou marche à pied. Il s’est alors tourné vers Henri pour chercher du soutien, mais ce dernier s’était déjà assoupi, confortablement installé dans son fauteuil en croûte de cuir.54 OctObre - n°44]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[CAHIERPRATIQUE 1le véhicule de Fonction : un outil toujouRs attRactiFHas-been, le véhicule de fonction ? Pas si vite... « Les mentalités évoluent et de nouvelles formes de mobilité peuvent séduire, mais les voitures de fonction restent un très bon outil de motivation, de rémunération et, plus globalement, de reconnaissance des collaborateurs auquel ceux-ci sont d'ailleurs attachés », tempère Bernard Fourniou, président de l'Ob- servatoire du véhicule d’entreprise (OVE). De fait, le véhicule de fonction constitue aujourd'hui encore un outil du package salarial attractif pour les collaborateurs, mis en avant dans les phases de recrutement, et une proposition pertinente de la part de l'entreprise pour couvrir les besoins de déplacements, aussi bien professionnels que personnels, de ses salariés. Cette solution permet en outre à ces derniers d'accéder à de meilleurs modèles. « Béné cier d'un véhicule pour le salarié au travers de son entreprise lui permet souvent d'accéder à des modèles mieux équipés, récents et à des services associés : entretien, changement de pneumatiques, véhicule relais, assurance, éventuellement prise en charge du carburant. Même si le collaborateur se voit soumis au traitement de l'avantage en nature, il a la possibilité d'accéder à une offre  nancière- ment attractive par rapport à une situation où il aurait dû acheter et entretenir lui-même un véhicule », analyse Barbara Gay, directrice du consulting d'Arval France.2 un intéRêt diFFéRent selon les GénéRationsL'avis est unanimement partagé : l'intérêt pour le véhicule de fonction varie considérablement selon l'âge des salariés. Si les collaborateurs plus anciens restent fortement attachés à l'aspect "prestige" de celui-ci ainsi qu'au statut qu'il leur confère (et sont souvent réticents à l'idée d'opter pour une autre solution), les jeunes générations de cadres entretiennent un rapport plus distant avec l'automobile. « Plus qu'attachés à "l'objet" et à sa valeur matérielle, les jeunes collaborateurs sont davantage sou- cieux d'optimiser leurs temps de déplacement », souligne Julien Honnart, fondateur et président de WayzUp, société à l'origine d'une application de covoiturage sur les trajets domicile-travail. En clair : d'aller le plus vite et facilement possible d'un point A à un point B. Accéder à un véhicule de fonction ne sera pas nécessairement la solution la plus intéressante pour ces "consommateurs de la mobilité", car elle manque de  exibilité. Encore une fois, la communication reste la clé. L'employeur devra ainsi véri er auprès de son salarié sa motivation à l'idée d'obtenir ou non un véhicule de fonction, et évaluer ses attentes, car les actifs plus jeunes pourraient préférer se voir proposer une alternative.cRédit mobilité : 4 le choix de la FlexibilitéLe crédit mobilité est une alternative intéressante au vé- hicule de fonction. « Il s'agit d'une enveloppe budgétaire virtuelle mise à disposition du collaborateur qui opte pour cette solution, en complément ou en remplacement de son véhicule de fonction », précise Steve Besnard, directeur marketing et de la communication B2B chez Ubeeqo, qui propose cet outil et compte notamment L'Oréal, Sano  ou encore Pernod-Ricard parmi ses clients. Le salarié peut ainsi se voir proposer une voi- ture de fonction plus petite, en complément d'un crédit mobilité qu'il pourra dépenser en taxis, VTC, train ou autre. Le crédit mobilité peut également être adossé à la mise en place d'un système d'autopartage dans l’entre- prise. Principal avantage de cette formule: la  exibilité, qui répond aux attentes des jeunes collaborateurs. « Ils ont tous une manière de se déplacer qui est différente, et varie selon les conditions. La voiture de fonction n'est pas toujours la meilleure solution. Ils ont besoin de souplesse », complète Steve Besnard. Cet outil, qui intéresse de plus en plus de sociétés, ne dispose toute- fois pas de cadre  scal spéci que et peut se heurter aux réticences des cadres plus âgés, fortement attachés au "prestige" de leur véhicule de fonction actuel.3« Alors que le coût d'un parc automobile représente l'un des principaux postes de dépense dans les entreprises et les collectivités, l'autopartage permet d'optimiser la taille de ce parc et de la réduire, en moyenne, de 25% », explique Alexandre Fournier, directeur marketing chez Mobility Tech Green, spécialiste de l'autopartage. Cette solution, qui séduit de plus en plus d'entreprises françaises, dont Orange ou La Poste, permet également d'optimiser le temps d'utilisation des véhicules de la société, alors que les voitures de fonction peuvent avoir tendance à... prendre la poussière sur un parking. « Il favorise des déplacements plus faciles et permet de forts gains de temps. Chacun peut en effet réserver le véhicule avec son smartphone et gérer son emploi du temps en toute autonomie, l’entreprise n’a quant à elle pas à consacrer de ressources supplémentaires à la gestion des véhicules placés en autopartage », note Barbara Gay, directrice du consulting chez Arval France, qui propose depuis peu des solutions d'autopartage, de covoiturage et de vélopartage. Par ailleurs, ces parcs de véhicules en autopartage sont de plus en plus souvent équipés en voitures électriques qui peuvent donc être rechargées lorsqu'elles ne sont pas utilisées. Autre avantage de l'autopartage : réduire les frais de déplacement annexes (taxis...) tout en restant souple. L'entreprise peut proposer à ses salariés de réserver ces véhicules pour un usage privé le week-end, moyennant une faible contribution. L'acceptation par les collaborateurs peut en revanche être dif cile si cette solution est proposée en remplacement d'un véhicule de fonction individuel – communication et pédagogie constituent alors des points-clés.5Sur le papier, le covoiturage domicile-travail ne semble pas spéci quement viser la po- pulation de salariés "éligibles" à un véhicule de fonction. Pourtant, la société WayzUp, spécialisée dans cette nouvelle mobilité, s'est vu demander par certaines entreprises clientes d'adapter son application à ce cas de  gure, en ajoutant une option spéci que dans son offre. Alors que le trajet est habituellement facturé 10 centimes/km à chaque passager, il est proposé à titre gratuit si le véhicule utilisé est une voiture de fonction. « Il s'agit vraiment d'entraide, de solidarité entre collègues, précise Julien Honnart, pré- sident de WayzUp, qui équipe par exemple Vinci et Veolia. Des cadres dirigeants s'en servent – plus que ce à quoi nous nous attendions. » Cette solution permet de dé-saturer les parkings des sociétés en réduisant le nombre de voitures sur le site. Avec celle-ci, les salariés utilisateurs réalisent des économies de temps et de moyens et peuvent tisser de nouvelles relations. Elle se heurte cependant à des obstacles contraignants (réticences de nombreux salariés à l'utiliser, contraintes d'horaires et itinéraires semblables...) et s'adap- tera dif cilement à certaines catégories de collaborateurs (commerciaux...).l'autoPaRtaGe : oPtimiseR le temPs d'utilisation des véhiculesle covoituRaGe, un comPlément à envisaGeR58 OctObre - n°44]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[ne ratez pas le train de l’optimismeLisez ecoRéseau Business !RENDEZ-VOUS CHAQUE MOIS CHEZ VOTRE MARCHAND DE JOURNAUXRetrouvez-nous également sur ecoreseau.fr]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[rh & FOrmatiOnRéseaux & in uenceDécryptage d’un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networkingConférenciers et diffusion d’idéesStand up !De la forme et du sens, ou comment les conférences et ceux qui les donnent cisèlent la pensée des cadres sup’ et cultivent l’en- thousiasme.Par Olivier Remyentre 3000 et 10000€ – dans le secteur.utile mais aussi PRécieux« Le plus beau métier du monde, c’est le mien ! Cela demande un gros travail en amont parce que je rencontredans MoovJee et le Réseau Entreprendre, amoureux de boxe, mais qui n’a plus guère le temps d’en ler les gants. Aujourd’hui, 62% des clients nous sollicitent pour une deuxième conférence, alors même que nous rece- vons beaucoup d’appels en- trants. Des questionnements et des réponses de qualité, du partage avec l’idée de construire quelque chose avec un public, et en ce qui me concerne, la volonté de conserver ce lien avec les conférenciers, c’est la marque de fabrique d’AdGency Ex- perts. » Malek A. Boukerchi est l’une de ses trouvailles. Ultra-trailer de l’extrême – il a parcouru des dizaines de milliers de kilomètres, jusqu’aux déserts de sables et de glace –, celui qui se revendique « conteur-mé- diateur » donne une confé- rence par mois depuis un an. « Mon propos, l’in uence que je veux transmettre, quelle que soit l’histoire qui l’amène, c’est de parler du potentiel insoupçonné plutôt que du dépassement de soi, qui touche aux limites, doncune société, dans des so- ciétés-entreprises, en quête d’exemplarité, je délivre un message d’enthousiasme, je viens cultiver l’émerveil- lement dans ces temps an- xiogènes, je souligne qu’il faut voir le possible et qu’il faut apprendre à écouter, pas seulement à entendre. »«il n’y ad’intéRêt quesi l’on Peut tRansmettRe » Docteur en histoire, Azélina Jaboulet-Vercherre enseigne à Sciences Po où elle a créé la « Sciences Po Wine School ». Son approche novatrice du vin, dont elle parle en faisant appel à l’art, à la musique et aux émotions, elle la partage depuis quelques mois devant les clients de l’agence, qui compte parmi ses références Carrefour, Danone, Adidas ou Chanel. « Je suis devenue docteur car je cherchais à renouveler la terminologie du vin. Mais le discours ne vaut que s’il est partagé et ma première motivation est d’aller chercher un public différent de celui de mesplus de sens dans notre so- ciété. Et, justement, devant ces publics, il faut créer le lien, séduire, s’adapter au temps et à l’espace. Et avec AdGency Experts, les choses sont claires : liberté totale de pensée et d’expression, tout est possible ! » Une pa- role libérée, soignée aussi. « C’est de l’improvisation travaillée », reconnaît Malek A. Boukerchi.Pilier du concept et du mail- lage entre les entreprises et les conférenciers, qu’il soumet à une matrice et à des entretiens avant de les programmer et de tirer les  ls en coulisse lors de chaque intervention – parfois plu- sieurs fois par jour –, Denis Adjedje, qui organise aussi ré- gulièrement des dîners-confé- rences, s’amuse de tout cela, y compris de lui-même. Le business, il connaît, mais il fait visiblement partie de ceux dont les années qui passent ont amélioré la posture. En- thousiasme, affirmation, écoute, audace, humilité, partage... des mots cardi- naux qui créent un réseau invisible, mais terriblementDes GAFAM aux PME-PMI en pas- sant par les staffs du CAC40, tous s’en régalent. Cohésion d’équipe, mana- gement des hommes et des idées, mais aussi sentiment de plus en plus prégnant, souvent à juste titre, d’offrir une rencontre rare et quali- tative à ses collaborateurs, à ses partenaires voire à ses clients, la conf’ est à donf’... Economistes, spor- tifs, journalistes, chefs étoi- lés, navigateurs, philosophes, spécialistes du Big Data et de l’intelligence arti cielle, chercheurs, anthropologues, politiques évidemment... Un marché estimé à plu- sieurs dizaines de millionsd’euros qui a explosé en dix ans. Et si tout le monde n’a pas l’opportunité d’écouter le n°1 mondial du genre, l’ancien président américain Bill Clinton, ni même les Tony Blair et autre Nico- las Sarkozy, en France, les acteurs sont nombreux : A Speakers, Plateforme, Brand & Celebrities, StartnPlay, ou encore AdGency Experts. Lancée par Denis Adjedje, un homme de com’, un peu las de ce milieu où il avait réussi dans les années 1990- 2000, et à la recherche au- tant d’un nouveau concept que d’un épanouissement intérieur, l’agence af che près de 2000 interventions – des prestations qui tournenttout le monde, à raison de deux à trois rendez-vous par jour. Nous avons 650 experts, une équipe de six personnes, 20% de crois- sance par an, mais surtout, j’ai troqué un très gros CA et beaucoup de salariés, une con guration dont je ne vou- lais plus, pour de l’humain. Quand on entend Philippe Gabilliet sur la chance, on a le sentiment d’être au contact de quelque chose d’utile et de précieux. Pour les autres, autant que pour soi. » Écouter, convaincre, intervenants comme entre- prises... « La con ance se gagne goutte par goutte et se perd litre par litre, s’amuse ce quinqua très impliquéEnthousiasme, af rmation, écoute, audace, humilité, partage... des mots cardinaux qui créent un réseau invisible, puissant en termes de diffusion d’idées et d’in uencePlus que des confé- renciers, des créa- teurs de débats...au danger », pose celui qui a augmenté les distances autant « par désobéissance physique que pour prendre le temps de rencontrer les gens ». Lui qui cite l’Abbé Pierre, Jean Cocteau, Paul Éluard, les penseurs perses du siècle des Lumières, souligne les étymologies et s’amuse avec chaque mot. « Danscours. Soyons honnête : il y a une forme d’austérité en tant qu’historien et il n’y a donc d’intérêt que si l’on peut transmettre. L’his- toire n’a pas de temporalité là où les cadres sup’ et les entrepreneurs veulent du résultat. J’ai appris cela lors de ma thèse à Yale : le cours magistral, ça n’apuissant si l’on ré échit en termes de diffusion d’idées, d’in uence même. Une pe- lote qui se déroule. Et Malek A. Boukerchi de conclure : « Ensuite, le seu.l endroit où le mot succès arrive avant le mot travail, c’est dans le dictionnaire ».60 OctObre - n°44]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[rh & FOrmatiOnBaromètreBrèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles, les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivitéLe besoin d'expertise s'accroît. Et la double compétence est toujours à l'honneur dans le monde de la formation. C'est ce que prouvent les récents partenariats entre EPITA et GEM sur le sujet de la cybersécurité ou celui de l'ESSCA et de l'IRSS dans le domaine du management du sport. Coté entrepreneuriat, deux faits notoires sont à souligner dans cette veille mensuelle : la création d'un incubateur dédié aux médias en région nantaise ainsi que la création d'un MOOC sur la levée de fonds. En n, ce baromètre s'achève sur une note d'innovation en reprenant les dernières études RH menées auprès des génération Y& Z et au- près des acteurs de l'IT et en explicitant le nouveau métier de Data Architect. Bonne lecture.Actualités des grandes écoles nouveaux PRoGRammes de FoRmationPartenariat entre EPITA et GEMCerti cat de quali cation professionnelle (CQP) en partenariat avec l’EPITA GEM s’associe avec l’EPITA pour proposer une nouvelle formation préparant au CQP Manager de la Sécurité et des Risques de l'Information (MSRI). Les écoles ont été habilitées par la Branche du numérique, de l'ingénierie, du conseil, des études et des métiers de l'évènement pour dispenser ensemble la formation préparant au CQP MSRI. Ce nouveau cursus visant à mieux armer les managers de demain face à la cybercriminalité ouvrira ses portes à la rentrée 2017 à Paris.Source : Epita evolution du mba à l’essecL’ESSEC Business School fait évoluer son offre MBACe nouveau MBA entend préparer les futurs dirigeants à relever les dé s d’aujourd’hui et de demain, en prenant en compte la multiplicité des révolutions technologiques de notre temps. Le Global MBA de l’ESSEC est un programme d’un an dispensé sur les campus de Cergy et de Singapour. Le programme se caractérise par son approche multidisciplinaire qui examine les principaux domaines d'activité du point de vuenumérique, ainsi que par sa présence internationale. «Ce Global MBA est un programme singulier qui place l’expérience humaine au cœur du projet de formation. Chaque étudiant en sortira transformé, lancé sur une trajectoire de réussite », précisent Anne-Claire Pache, directrice générale adjointe de l’ESSEC en charge de la formation initiale et des MBA et Aarti Ramaswami, directrice du Global MBA de l’ESSEC. Les étudiants qui démarreront leur programme à la rentrée 2017 bé-né cieront notamment d’un socle d’enseignement commun, d’un choix entre six majeures (luxury brand, management, hospitality, mais aussi strategy and mana-gement, digital business,  nance, entrepreneurship and innovation), du soutien, pour son développement stratégique, d’un « international advisory board » présidé par Pierre Nanterme, Président-Directeur général d’Accenture.Source : ESSECL'ESSCA Ecole de Management et IRSS créent un bachelor en management du sportL’ESSCA Ecole de Management et IRSS, spécialiste des formations aux métiers du sport, s’associent dans la création d’un bachelor en management du sport, une for- mation diplômante en trois ans, validée par un diplôme commun. La formation vise à développer des compétences opérationnelles et des savoir-faire dans deux domaines : le management et le pilotage de la performance sportive, grâce à une pédagogie in- novante qui place le sport au cœur du programme. Le bachelor en management du sport sera ouvert aux étudiants post-Bac en septembre 2018 sur les sites de Bordeaux et de Nantes. Les frais de scolarité 2018-2019 s’élèveront à 7500 euros.Source: ESSCAL’ESSEC Business School et Coursera offrent des cours certi és aux étudiants du Global BBADans le cadre de l’évolution du Global BBA en cette rentrée 2017, l’ESSEC Business School a signé un partenariat unique avec la plateforme en ligne Coursera pour offrir à ses étudiants un catalogue complet de quelque 70 MOOCs à suivre durant leur cursus. Les étudiants du programme devront ainsi obtenir leurs crédits ECTS en validant un MOOC par semestre au cours de leurs deux premières années, dans des enseignements qui ne sont pas proposés au sein de l’ESSEC, comme l’histoire, la biologie, la psychologie ou encore les sciences de l’ingénieur.Les étudiants pourront choisir les MOOcs qu’ils souhaitent suivre parmi un ca- talogue de plus de 70 MOOCs du monde entier et réalisés par les plus grandes institutions internationales comme Stanford University ou encore the Hong Kong University of Science and Technology. Ils pourront suivre des cours sur l’art, l’his- toire, la philosophie, la musique, les sciences politiques, les sciences de l’ingénieur ou encore le design, et découvrir ainsi des secteurs d’activités qui les attirent tout en élargissant leur culture générale.Source: ESSEC62 OctObre - n°44]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[BaromètreRh & FoRmationDouble-compétence et doubles diplômes entre Ferrières et GEMC’est à partir de la deuxième année du « Parcours Grande Ecole » que les étudiants de GEM ont l’opportunité de passer un semestre entier de formation appliquée au management de l’hôtellerie, de la gastronomie et du luxe à l’Ecole Ferrières. Réciproquement, les étudiants en Mastère 1 de l’Ecole Ferrières effectueront le premier semestre de leur M1 à GEM a n d’y acquérir leurs pre- mières compétences en management de la technologie et de l’in-novation. Par la suite, tous ces étudiants en double cursus passeront l’intégralité de leur année sabbatique à être formés dans l’école partenaire.Pour les étudiants de GEM, cela ouvre les portes des trois spécialisations possibles : - Mastère Management des Services du luxe- Mastère Management de l’Hôtellerie internationale- Mastère Management de la Haute gastronomie et de l’Événementiel Source: GEM inteRnationalNouveau partenariat entre l'École polytechnique et l'Université de Californie-BerkeleyL'École polytechnique et l'Institute of Transportation Studies (ITS) de l'Université de Californie-Berkeley ont signé une entente quant à l'enseignement d'un module du nouveau programme Executive Master de l'École polytechnique. Le module, Transportation Sector and Silicon Valley Ecosystem, traitera des stratégies de ges- tion et d'innovation dans l'industrie du transport de la région de Silicon Valley. Les étudiants du programme auront l'opportunité de visiter des centres d'innovation et de s'entretenir avec des chefs d'entreprise in uents de cette industrie.Source : L'XOuverture d’Asia Europe Business SchoolLa cérémonie d’ouverture d’Asia Europe Business School (AEBS) a eu lieu ce 16 septembre au Zizhu International Education Park et scelle l’alliance sino-française entre deux des acteurs majeurs de l’enseignement supérieur dans leur pays. Bernard Belletante, directeur général d’emlyon business school, Tugrul Atamer, directeur général adjoint d’emlyon business school, ainsi que Wang Hua, doyen des opérations en Asie d’emlyon business school ont assisté à la cérémonie. Étaient également présents de nombreux représentants du corps enseignant universitaire, des repré- sentants des entreprises ayant participé au parrainage d’AEBS et des proviseurs de nombreux lycées internationaux de Shanghai. La cérémonie a été présentée par He Jiaxun, doyen chinois d’AEBS. Tong Shijun, Secrétaire du Conseil Univer- sitaire de l’École Normale Supérieure de l’Est de la Chine (ECNU) a déclaré lors de la cérémonie : « C’est avec honneur que nous accueillons pour la première fois des étudiants de Master et, pour la seconde année consécutive, des étudiants de Licence. » Bernard Belletante a également félicité les nouveaux étudiants, et a souligné dans son discours l’importance de la différence. « Les professeurs d’Occident et d’Orient ont des méthodes d’enseignement distinctes ; ce n’est pas un problème, mais plutôt une opportunité de vous aider à mieux comprendre les différences dans le monde. »Source :EMLyon entRePReneuRiatNMcube, un nouvel incubateur à Nantes pour les médias émergentsLe lancement du programme d'incubation NMcube (pour « Nouveaux médias, nouveaux modèles à Nantes Métropole) est prévu le 19 septembre prochain. Deux clusters, Ouest Médialab et Creative Factory, et deux établissements d'enseignementsupérieur nantais, Audencia Sciencescom-Audencia Business School et Polytech-Université de Nantes, s'associent pour ou- vrir un programme d'incubation a n d'accompagner les médias émergents et les entreprises qui développent des services inno- vants à l'attention des éditeurs de contenus. La première année,le programme NMcube accueillera dix porteurs de projet. Au moins la moitié des projets retenus portera directement sur l'émergence de nouveaux médias d'infor- mation (titres de presse, services de presse en ligne, radios, télévisions, webradios, webtélés...). Le programme sera aussi ouvert aux fournisseurs de solutions (tech- nologiques, graphiques, commerciales...) dédiées aux médias.Source : Audencia BSLes nouveaux chantiers de GEM-Déménagement de l’incubateur Totem à l’espace Cowork In Grenoble au sein du Totem de French Tech in the Alps Grenoble.-Création d’un MOOC sur les levées de fonds pour les start-up pour acquérir, en quatre semaines, les connaissances et les compétences nécessaires pour maîtriser le processus de levée de fonds. Ce cours est destiné aux entrepreneurs qui envi- sagent ou préparent une levée de fonds.Source : GEM RecheRche/ doctoRatCentrale Lille lance un plan ambitieux pour sa rechercheCentrale Lille, établissement public d'enseignement supérieur sur la région Hauts-de- France, déploie sa nouvelle politique scienti que à compter de septembre 2017. Elle servira trois grands objectifs : af rmer encore plus son excellence scienti que dans les hautes technologies, renforcer l'interdisciplinarité au sein des équipes de recherche, et multiplier les passerelles avec la formation. « La recherche de Centrale Lille traite des six enjeux scienti ques, technologiques et sociétaux qui sont au cœur du programme H2020, de l'ANR et de la SRI-SI de la Région des Hauts-de-France : changement climatique, société de l'information, transports intelligents et verts, systèmes urbains durables, énergies propres et santé. Les objectifs, axes de recherche et priorités stratégiques qui viennent d'être formalisés lui donnent la capacité de développer sa recherche dans un continuum allant de la recherche fondamentale à la recherche appliquée et à l'innovation, tout en servant les enjeux du monde socio-économique avec lequel nous interagissons en permanence », explique Philippe Pernod, directeur de la recherche, de la valorisation et de l'innovation de Centrale Lille. Les deux dé s majeurs à relever ? L'attractivité et la formation d'ingénieurs-docteurs. La politique scienti que développée à compter de 2017 entend multiplier les passerelles entre for- mation et recherche au sein de l'école. Plusieurs initiatives ont déjà été lancées pour favoriser la poursuite en thèse des élèves centraliens. Parmi elles, le « Track Recherche » accessible en troisième année du cursus centralien pour inciter un nombre plus grand d'étudiants à poursuivre en thèse en leur donnant la possibilité de commencer leurs travaux de recherche avant la  n de leur cycle ingénieur.Source: Centrale LilleLe coin des RHEnquête RH & bien-êtreTravaille-t-on mieux dans les entreprises de la French Tech ?Le bien-être est-il attenant à la vie des start-up ? L'enquête Paris Workplace, réalisée par l'IFOP pour SFL, explore la question et précise la vie d’un salarié de la French Tech après avoir interrogé les salariés de 1000mercis, Alchimie, Criteo, Devialet, Drivy, GuestTo- Guest, ManoMano, Meetic, MonDocteur, Younited Credit. Le salarié de la French Tech arrive plus tard sur son lieu de travail (9h27, contre 8h) pour un trajet qui lui aura pris 37 minutes (contre 48 minutes pour la population générale). Il en sort ensuite à 19h18, pour cultiver son sens de l’after work (69% de cette population pratiquent l'apéro, contre 26% dans la population générale). Entre son arrivée et son départ, le salarié de la French Tech aura œuvré en open space. Mais surtout, il aura multiplié les séances collectives, il aura vaqué d'un endroit de travail à l'autre (espace isolé de ressourcement, jardin ou terrasse, cafétéria, salle de sieste). Il aura déjeuné avec ses collègues, se sera reposé, détendu. Autant d'activités qui, traditionnellement, relevaient de la vie privée.Mais pour ces collaborateurs d'un nouveau type, ces frontières sont dépassées. Le bureau est avant tout un espace de vie et de travail, et mieux, un espace pour vivre et travailler ensemble. C'est dire l'importance de la con guration des bureaux dans leur motivation. Pour 86% d'entre eux, leurs espaces de travail sont une source de  erté, contre 54% pour la population générale.Source : Paris WorkplaceFED IT PULSEMarché de l'emploi IT : quelles perspectives de recrutement jusque  n 2017 ?Comment les recruteurs perçoivent-ils le marché de l'emploi IT au dernier trimestre 2017 ? Quelles sont leurs perspectives de recrutement jusqu'à la  n de l'année ? À quels dé s doivent-ils faire face ?Fed IT, cabinet de recrutement spécialisé dans les métiers de l'informatique,a interrogé 40 entreprises pour recueillir leurs perceptions du marché deecoreseau.fr 63]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[rh & FOrmatiOnl'emploi jusqu'à la  n de l'année 2017. Ce sondage, réalisé entre juin et août 2017, constitue la première édition du baromètre « FED IT PULSE » dont l'objectif est d'évaluer chaque année l'état et les tendances du marché de l'emploi IT.-Un marché très dynamiqueLa grande majorité des recruteurs in- terrogés (91,3%) estime que le marché est extrêmement dynamique. Cette perception n'est pas surprenante avec un marché de l'emploi IT au beau fixe depuis plusieurs années et un contexte de reprise économique au niveau national.-Les perspectives d'embauche sont favorablesLa plupart des entreprises (87%) dé- clarent avoir prévu un budget pour embaucher :61% ont un budget plus élevé qu'en 2016 26% ont quasiment le même budget.Quels sont les dé s des décideurs RH dans l'IT ?Fed IT a également interrogé les re- cruteurs sur les défis auxquels ils font face et, ils sont nombreux. Leur première préoccupation est l'attrac-tion des talents sur un marché en sur- chauffe où l'offre de postes est im- portante alors que les candidats sefont rares. Dans le secteur IT aussi, la marque employeur reste le principal enjeu des RH et des communicants. Le sourcing arrive en seconde posi- tion, traduisant une réelle dif culté d'identification et de sélection des talents IT sur ce marché pénurique en matière de candidats.Tout naturellement, dans ce contexte tendu, l'adaptation aux nouvelles tech- niques de sourcing arrive en troisième position. En effet, le recrutement mobile et social requiert de nouvelles com- pétences digitales, les professionnels des RH doivent s'adapter.Source : Fed ITRecrutement 3.0Le 18 septembre, Yatedo, spécialiste de l’Intelligence Arti cielle au service du recrutement a publié, au travers d’une infographie, un zoom sur le recrutement des générations Y et Z : « Générations Y & Z, bien les connaître pour bien les recruter ». Ces nouvelles générations sont en train de révolutionner le mo- dèle de recrutement en « imposant » leurs usages.Source Yatedo64 OctObre - n°44Baromètre[Focus sur un ] nouveau métier« GROWTH HACKER »Classiquement, le growth hacker, littéralement « pirate de la croissance » consiste en un mix entre méthodologie, état d’esprit et mise en exécution pour susciter une croissance rapide de l’activité.Entretien avec Paul Depardon, Growth Hacker chez Frichti, start-up de la Food, spécialisé dans l’élaboration et la livraison de repas.Comment dé niriez votre métier ?C’est un titre nouveau et selon les entreprises, les dé nitions qui lui sont associés, différent. Dans les sociétés de la tech, le métier est souvent associé au marketing où le growth hack a la responsabilité de faire croître très rapidement le chiffre d’affaire en trouvant des « hacks » fa- cilement implementable et scalable à moyen terme .L’histoire du métier, on la fait souvent remonter à Hotmail. L’un des pe- tits hacks fut celui d’ajouter danschaque mail envoyé par les utilisa-teurs déjà inscrits un lien pour s’ins-crire sur Hotmail. Cela poussait ainsiles gens non inscrits et recevant unmail à s’inscrire en un clique.Chez Frichti, la vision du métier estplus large, on n’est pas juste là pourtrouver de nouveaux clients maisnous avons la mission de casser les problèmes qui limitent la crois- sance. Nous growth hacker chez Frichti ne nous concentrons pas donc uniquement sur des hacks permettant de générer rapidement du CA mais également sur les freins opérationnels à notre croissance.Quel votre background ?J’ai d’abord fait un cursus de 5 ans à l’université Paris Dauphine puis je me suis spécialisé en  nance ; J’ai donc naturellement opté pour un premier emploi lié à ma spécialisation. J’ai travaillé en  nance de marché chez JP Morgan à Londres pendant deux ans. Puis, j’ai eu envie d’aven- ture, de challenge et de responsabilité et je suis allé chez Jumia qui est un copycat d’Amazon, appartenant au groupe Rocket Internet pour le marché africain. J’étais basé en France avec un scope sur le Nigéria et d’autres pays d’Afrique. J’avais un rôle polyvalent pour maximiser la croissance.Mes projets pouvaient se traduire par des opérations variées : comment avoir le bon assortiment, avoir le bon plan de promotion, allez négocier en direct avec les fournisseurs, organiser des opérations commerciales comme le black friday et le coordonner avec chaque département.En quoi consistent vos missions ?Le growth hacker est mu par une grosse logique d’exécution. Sinon ça a peu d’impact. Le but de ce métier est justement d’en avoir rapidement . J’ai rejoint Fricthi en tant que growth hacker  n 2016.On m’a proposé de récupérer la production en co-animation avec l’em- ployé n°1 de Fricthi a n de faire tourner ensemble le pole de production au quotidien et d’établir le projet de développement. Il fallait notamment penser et mettre en œuvre l’accroissement de notre capacité de produc- tion de façon qualitative et ef ciente.Aujourd’hui nous sommes plusieurs à exercer chez Frichti en tant que growth hacker.Ce que nous avons en commun? Nous sommes tous rattachés à de l’opérationnel. Chaque growth hacker est rattaché à un pôle est a la reponsabilité de mener de front plusieurs projets de la proposition de la solution à la mise en oeuvre de la solution pour faire grandir les ca- pacités operationnelles de son département. Nous ne sommes pas dans une logique de consulting mais bel et bien dans celle d’avoir un impact business sur le département auquel on est rattaché. L’autre point com- mun qui nous lie, c’est le fait que nous avions tous une expérience en start-up dans l’exécution de projet. Et personne n’était familier avec le département pour lequel il avait été embauché. Une manière d’apporter un regard neuf. Nous sommes donc tous polyvalents, curieux et avons eu l’habitude d’avoir les mains dans le cambouis.Propos recueillis par Geoffroy Framery]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[Les innovations RH émergent constamment. Focus sur l’une d’entre ellesLe reverse mentoringPont générationnelA l’aune de la transformation digitale et d’une compréhension inégale des technologies, le reverse mentoring, et plus largement le social learning, peuvent être la clé.Par Julien Tarbyexpérientielle, elle permet aux « mentorés » d’échan- ger en continu, de réagir dans le cadre de leur travail. « Le tout est plus adapté à leurs questions spéci ques, plutôt qu’une formation sur un point précis, payée par l’entreprise, qui survient un an après la demande », souligne Victoria Pell. En outre la mise en œuvre est aisée. « Elle n’oblige pas à casser les silos et à revoir toute l’organisation de la société, et va de pair avec les convictions collaboratives des jeunes collaborateurs », ajoute Nicolas Delpérier. Préparation à peau ner, égos à gérer« Parfois ce n’est nullement une question d’âge. Certains DSI seniors connaissent sur le bout des doigts les nou- velles technologies, quand de jeunes collaborateurs ne sont pas familiarisés avec les nouveaux outils », nuance Victoria Pell, dont la plateforme, sur la base de plusieurs critères, met en relation des collaborateurs, parfois d’entreprises différentes (« cross-men- toring ») dans le cadre du programme Octave. « Pour éviter de tomber dans les clichés qui peuvent braquer les gens, nous leur laissons le choix d’être mentors ou "mentorés". Nous avons tous des talents cachés, de l’expérience à transmettre à quelqu’un qui en manque dans un domaine ». Il im- porte aussi de veiller à une préparation en amont, pour éviter des résistances – sur l’aspect pédagogique des mentors bien sûr, mais aussi sur l’humilité des "mento- rés". « Nous avons travaillé avec le Cnes en ce sens. Beaucoup de sociétés fran- çaises restent très attachées à la hiérarchie. Des mana-gers se voient super héros et ne veulent pas montrer leurs méconnaissances », avertit Nicolas Delpérier, qui recherche en prioritéet une fréquence précises doivent être déterminées. Pour chaque "mentoré" un unique coach est essentiel, a n d’établir une con anceprétexte d’un agenda trop chargé. Il n’en reste pas moins que nous sommes dans la relation humaine, avec tous les problèmes d’égo ou de mésentente qu’elle peut com- porter. « Des postures de leadership sont nécessaires, concernant le sachant bien sûr, mais aussi l’apprenant, qui montre qu’il est capable d’être à l’écoute, de se  xer des objectifs, et qui exprime de la gratitude », rappelle Victoria Pell. La génération Z est en phase de dépasser en nombre d’ici 2020 les autres groupesgé.nérationnels,et cette approche prépare aussi son accession à des postes plus élevés.Manager autrementRh & FoRmationDes postures de leadership sont nécessaires, concernant le sachant bien sûr, mais aussi l’apprenant«Lune personne plus ouverte au sein de la direction. « Il faut un sponsor, auprès de qui, une fois le projet lancé, les collègues vont se gref- fer. » Par ailleurs, une duréeet de permettre toutes les questions. Il faut aussi des lieux propices. Sans toutes ces précautions, les diri- geants ont tôt fait de reporter éternellement, trouvant lee mentoring ne date pas d’hier.SNCF... s’adonnent à la pratique, c’est parce qu’elle renforce les compétences de leurs cadres dirigeants, qui oublient un temps leurs pro- jets et pensent à des points de développement. C’est aussi parce qu’elle valorise, donne con ance et  délise de jeunes collaborateurs. L’outil semble idéal pour rapprocher les générations par le numérique, plutôt que de les éloigner. « Le tout technologique est mauvais, il importe de recréer du lien en entreprise », constate Victoria Pell. Des variantes restent possibles ; en effet les séances du binôme ne sont pas forcément purement pratiques. « Nous privilé- gions l’acculturation à la formation. Les dirigeants sont sensibilisés à l’intérêt de l’IA ou des réseaux so- ciaux par des représentants de la génération Y ou Z », explique Nicolas Delpérier, partner chez Akka DS, so- ciété de conseil en stratégie de transformation digitale, accompagnant les entre- prises sur du mentoring. Enfin cette approche estAvant de partir, Ulysse ne con ait-il pas déjà son  ls Télémaque à son pré- cepteur nommé Mentor ? », introduit Victoria Pell, fon- datrice de la société Unatti, plateforme qui met en rela- tion des collaborateurs pour du social learning. Mais si Léonard de Vinci a joué ce rôle auprès de François Ier, on a rarement vu de jeunes gens former leurs aînés par le passé. C’est pourtant ce qui se passe dans les groupes du CAC40 aujourd’hui, et dans de nombreuses autres socié- tés : des dirigeants managers expérimentés sont coachés par de jeunes collaborateurs sur certains sujets, comme le Big Data ou les réseaux sociaux. La pratique s’est démocratisée dès les années 90 au Canada et aux Etats- Unis. Chez General Electric, Jack Welch avait compris que les seniors n’allaient plus être détenteurs uniques de l’information, et voulait donc que son board soit mentoré.Collaboration et cohésion Si Orange, Danone, IBM,« Allez petit Kévin, parle-moi encore du Big Data. J’ai besoin de tes lumières... »ecoreseau.fr 65]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[rh & FOrmatiOnCarrières & TalentsAnalyse d’une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprisesFormation continue : Gestion du risque et outils d’aide à la décision Dompteurs de risquesLa notion de risque est inhérente à la prise de décision. Comment former ses cadres di- rigeants à prendre les bonnes décisions et à mieux appréhender le risque dans un monde économique aussi complexe et incertain ?Par Nicolas PagniezAu lendemain de la crise de 2008, les professeurs de finance disaient à leurs élèves que ceux qui sui- vaient la voie du manage-ment du risque, appliqué à la finance, seraient les nouvelles stars de l’entre- prise. Longtemps boudés, les managers du risque sont, d’un coup, entrés dans la lumière au sein des banques et des socié- tés d’investissement, pour certifier les niveaux devité avec peu de charges, des idées nouvelles et un business model novateur. Pour survivre, l’entreprise doit donc se remettre en cause sans mettre l’en- treprise, ou le service, en difficulté. Un oxymore pour les cadres, qui ont du coup l’impression de ne pas avoir les moyens des résultats attendus, comme si le seul risque autorisé était celui qui a 100% de chances de réus- site. Prendre une décisionDans la Marine américaine,il est coutume de dire que sous l’effet du stress, l’individu régresse au niveau équivalent à sa phase entraînementrisques de chaque opé- ration, étant entendu que seul le niveau de risque minimum était à présent accepté. En dehors de la finance, cependant, prendre des risques est plutôt une tendance en vogue. L’émergence rapide des nouvelles technolo- gies, leur influence et les disruptions sur les diffé- rents secteurs d’activité, ont eu pour effet de faire prendre conscience aux entreprises de la néces- sité de s’adapter vite et donc d’oser. Epargnées hier, ces dernières ont vu d’un coup arriver de jeunes entrepreneurs, des barbares, qui ont tenté et parfois réussi à « disrup- ter » leur secteur d’acti-pour un manager porte ce- pendant toujours une part de risque. Car comme le souligne l’adage attribué à Gide : « Choisir c’est renoncer ».des diRiGeants déPassés ?Dans une conférence TED, Sheena Ivengar, profes- seure à Colombia Business School et auteur de « The Art of Choosing », affirme qu’un dirigeant prend en moyenne 139 décisions par semaine. Sur ces 139, la moitié n’ont demandé qu’une réflexion de neuf minutes ou moins, là où 12% de ces décisions ont demandé à ces dirigeants au moins une heure de réf lexion. Un lot de dé-Apprendre à choisir autrement, c’est aussi apprendre à se frayer de nouveaux chemins.66 OctObre - n°44]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & TalentsRh & FoRmationcisions important, et où les nouvelles technologies et le monde économique actuel viennent en plus exiger une forme d’instan- tanéité. « L’accélération que l’on vit aujourd’hui avec le digital modifie le rapport au risque des dirigeants, nous explique Benoit Arnaud, directeur de l’Executive Education à l’EDHEC. Autrefois pour prendre une décision, nous mettions beaucoup de temps à collecter l’in- formation. » Un temps de réf lexion qu’il n’est plus possible d’avoir au- jourd’hui car le rapport au temps a changé. D’abord cantonnée aux marchés financiers, la logique de temps réel s’est petit à petit imposée dans les entreprises. « Il n’y a pas si longtemps, le rapport au temps c’était l’année, nous sommes ensuite passés au mois, puis à la semaine, voire même à la journée dans certains cas. Les en- treprises comme Amazon ont, par exemple, des in- dicateurs en temps réel », complète Benoit Arnaud. Plus de décisions à prendre dans l’immédiat, tout en tentant de traiter les in- formations qui arrivent en continu pour en retirer des indices sur la marche à suivre. Un paradigme qui change pour les cadres dirigeants qui peuvent se sentir dépassés. « On ne peut pas résoudre les problèmes d’aujourd’hui avec les méthodes d’il y a trente ans, beaucoup de cadres viennent se for- mer chez nous. Cela leur donne confiance pour résoudre les problèmes qui se posent à eux au- jourd’hui. » Un besoin que constate également Jacques Digout, directeur de la formation conti- nue de Toulouse Business School : « Lorsque l’on échange avec les cadres qui suivent nos formations, le besoin de former à la prise de décision remonte assez systématiquement ». Pour autant, il ne constatepas une augmentation du besoin sur ces dernières années comme on pourraitdirigeant ». Une fois ac- quis, cela permet de voir la part de risque adaptéepour l’entreprise ou son propre écosystème. Nous disons clairement à ceuxsons-le, mettons en place le plus d’éléments objec- tifs possible et voyons s’il faut y aller ou pas », précise Jacques Digout. Et ce qui vaut pour le rachat d’une entreprise vaut pour n’importe quelle situa- tion. Accepter le risque, c’est éviter de ne rien faire. « Avec l’arrivée du digital, nous avons vu beaucoup de dirigeants paralysés par cette nou- velle donne. Certains di- rigeants, bloqués par lapeur, n’ont rien fait, et ont mis leur entreprise en danger », nous explique Benoit Arnaud.les enseiGne- ments des Risques industRiel et aéRonautiqueUne fois le risque accepté, encore faut-il savoir le gérer. A l’EDHEC, les modules liés à la prise de décisions sont intégrés dans toutes les forma- tions. « Nous travaillonsSelon Sheena Ivengar, un dirigeant prendrait 139 décisions par semaine. La moitié demanderait une ré exion de neuf minutes ou moins, là où 12% de ces décisions exigeraient au moins une heure de ré exions’y attendre : « Je ne dirais pasqu’ilyenadeplus en plus, cela va avec les responsabilités. Ce que nous constatons, c’est que les dirigeants cherchent deplusenplusànepas être seuls. Ils veulent être accompagnés, et pouvoir échanger avec d’autres dirigeants ».intéGReR le Risque, tu dois Comment former ces diri- geants ? « Ils ont tous fait des études mais trouvent que ce n’est pas suffi- sant, ils veulent pouvoir aborder un sujet donné de manière spécifique, nous explique Jacques Digout. Nous proposons trois formations en al- ternance, à raisons de trois jours par mois pour un perfectionnement aux affaires, pour se former à diriger une PME, ou encore un Executive MBA pour les cadres, comités de direction et jeunes cadres à haut potentiel. A l’intérieur de chacune de ces formations, il y a des modules sur le risk management où nous montrons différents vo- lets liés au risque : cela va du risque managérial à la communication de crise. » Et le credo de la Toulouse Business School est clair : « Ce que nous essayons de montrer, c’est que le risque fait partie du fonctionnement d’une entreprise. Il ne faut pas chercher à le gommer, il faut chercher à le gé- rer. Eviter les risques ou, au contraire, fon- cer tête baissée sont des mauvaises postures deà chaque situation, « un rachat d’entreprise, par exemple, c’est un risquequi suivent nos forma- tions : gérons le risque raisonnablement, analy-ecoreseau.fr 67]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[rh & FOrmatiOnCarrières & Talentssur les mécanismes qui conduisent aux erreurs, afin de les aider à mettre des mots sur leurs instincts », note Benoit Arnaud. Des formations qui créent des ponts avec les mé- tiers nécessitant une maîtrise complète du risque, comme l’aéro- nautique. Du fait de sa position géographiqueet de sa proximité avec Airbus, la Toulouse Business School reçoit beaucoup de cadres du monde de l’aéronau- tique dans ses forma- tions. Elle dispense même une formation MBA Aerospace en partenariat avec Airbus en France, mais aussi en Inde, à Bangalore. « Ala différence du risque managérial, où nous conseillons de prendre en compte le risque et de l’intégrer, dans ce cas précis il s’agit de risque industriel. Quand on parle de risque industriel, et d’autant plus en aéro- nautique, la posture c’est zéro risque », compare Jacques Digout. Une po- sition évidente lorsquedes vies humaines sont en jeu. Mais si les acteurs de l’aéronautique sont friands de formation à la gestion du risque, ils peuvent aussi venir par- tager leurs compétences avec les cadres de l’en- treprise et trouver des similitudes. L’EDHEC a notamment noué unEn risque industriel,dans l’aéronautique, la posture est le zéro risquePatrick Levy-WaitzPrésident de la Fondation Travailler AutrementPDG d’ITG, leader du portage salarialLes services ou l’industrie du XXIe siècleSi le code du Travail divise, il a le mé- rite de mettre tout le monde d’accord sur sa lourdeur. Une lourdeur qui,depuis vingt ans, apparaît pour beaucoup comme la seule cause de tous les maux dont l’économie française souffre : chômage, rigidité du marché du travail, fermetures industrielles, temps de travail subi... Cette rentrée 2017 n’a pas failli à la règle ! Et pourtant est-ce vraiment la première cause du mal français. Je ne le crois pas ! Pendant les Trente Glorieuses, la pro- duction se destinait au confort matériel. Aujourd’hui, le confort immatériel prend une place prépondérante. Le numérique et la robotisation ont permis de simpli er les modes de productions, de dégager du temps pour les individus, à tel point que le paysage économique en France a com- plètement changé en 60 ans.Produire autrement, c’est ce qui a pro- fondément changé. Le monde industriel laisse progressivement place à celui des services, ceux destinés aux entreprises mais également aux personnes.Prendre réellement conscience de cet état de fait permettrait de mettre en lumière les nombreux atouts que la France possède et nous donnerait les moyens d’adopter un nouvel état d’esprit à toutes les échelles : plus complémentaire avec nos partenaires européens, plus équitable dans nos terri- toires, plus équilibré pour les individus. Les services sont une part de l’industrie du XXIe siècle, alors construisons le New Deal qui permettra de  xer un cap ambi- tieux pour notre industrie et nos services.Coaching de cadresLa culture du risque, un enjeu de leadership« La prise de risque est un enjeu de leadership », selon François Lavoie, formateur en leadership, cohésion d’équipe et relation clientèle. Former ses managers à la prise de risque ne suf t pas à im- poser cet état d’esprit à l’entreprise. « Si l’on veut encourager la prise de décision et la prise de risque, il est nécessaire de développer une culture de lea- dership en prise de risque. La prise de risque c’est oser, et oser c’est perdre pied momentanément », continue l’expert en leadership. Il faut donc, selon cet ancien manager, créer un management positif de l’erreur pour encourager l’innovation et la prise de risque au sein de l’entreprise. Cela tient en cinq points tous commentés par François Lavoie :1) Mettre en place des éléments de con ance : « Il est impératif de dire le pourquoi, de donner le sens de ce que l’on veut faire. On ne peut pas travailler sur le comment faire, tant que toutes les parties pre- nantes n’ont pas compris le pourquoi ».2) Montrer que c’est une réelle conviction de l’en- treprise : « Il faut montrer qu’ il y a une vision der- rière ».3) Faire preuve de bienveillance : « Il faut veillerau bien de l’autre, montrer que l’on n’envoie pas le manager dans le mur. Il faut instaurer une bienveil- lance, que l’on sente que c’est un enjeu collectif ». 4) Dé nir un mode de fonctionnement collectif ac- cepté par tout le monde : « Il faut également oser interroger les parties prenantes : de quoi avez- vous besoin pour prendre des risques et innover, notamment dans les relations entre les uns et les autres ? ».5) Créer de l’empathie : « Pour que cela fonctionne, il faut de l’empathie, une capacité à comprendre l’autre, à se mettre à sa place, pour faciliter le tra- vail en commun ».Des éléments essentiels, mais qui ne suf sent pas, à eux seuls, à garantir les bonnes décisions du diri- geant. Sa personnalité joue également : « Certaines personnes peuvent être en distorsion par rapport à ce que le poste exige d’eux. Un dirigeant d’entre- prise est conscient qu’il doit prendre des risques, mais si, à titre personnel, c’est quelqu’un qui ne sup- porte pas d’être mal perçu, il aura alors beaucoup de dif cultés à concilier sa personne et ce que le poste exige de lui », conclue François Lavoie.68 OctObre - n°44Travailler autrement]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & TalentsRh & FoRmationlesquels l’aéronautique a travaillé pour éviter les accidents d’avion. Elle a notamment travaillé sur les biais cognitifs, par exemple, lorsqu’un pilote est dans un cock- pit, l’alarme peut sonner aussi fort que vous voulez il ne l’entendra pas », illustre Benoit Arnaud. Une métaphore qui peut totalement s’appliquer au dirigeant d’entreprise qui a pris le mauvais cap et ne voit pas, ou plus, les indices de tempête au loin. « Dans la marine améri- caine, il est coutume de dire que sous l’effet du stress, l’individu régresse au niveau qu’il avait lors de son entraînement », indique Benoit Arnaud, expliquant ainsi la né- cessité des dirigeants à s’entrainer à prendre la bonne décision, notam- ment via des études de cas, résolus ou non. Mais l’aéronautique n’est pas la seule activité où l’onpeut trouver des sources d’inspiration pour traiter la gestion des risques. L’EDHEC propose éga- lement un module à par- tir du film Everest, deparfois s’avérer difficile pour d’autres raisons, parce qu’il faut prendre en compte l’histoire de l’entreprise, parce qu’elle a été imposée au dirigeantviennent chercher des réponses à des risques à moyen ou long terme, selon une méthode scien- tifique. « De plus en plus d’entreprises font appel àau-delà de nos frontières, du Kazakhstan pour ré- fléchir à l’après-pétrole, de Chine pour s’interro- ger sur la nouvelle Route de la soie, ou encore du Qatar pour réfléchir à la façon de faire de ce pays une marque de sport (pas clair). Quelle que soit la notion de risque ou sa durée, les dirigeants semblent apprécier ces formations, et les entre- prises aussi. La Toulouse Business School a, elle, adapté un test issu du domaine médical, gé- néralement soumis aux chirurgiens, les tests de convergence de script, pour mesurer l’évolution de la prise de décision des managers entre le début et la fin de la formation. Donneront-ils .raison à Sophocle qui disait que « plus faibles sont les risques, meilleure est l’entreprise » ?Le plus dur ? Passer de l’in- terrogation à l’exclamation.partenariat avec l’Armée de l’air pour travailler sur les processus qui mènent à la mauvaise décision. « Ce sont des sujets surBaltasar Kormákur, pour préparer les dirigeants à prendre des décisions dif- ficiles, notamment celle de prendre conscience du danger et de nos limites et d’accepter qu’il faille parfois faire demi-tour.un zeste de Risque et beaucouP de PRudenceLa prise de décision peutet qu’il doit l’annoncer et la mettre en application, ou encore parce qu’elle s’échelonne dans le temps. Autant de cas traités par écrit, à l’oral et parfois en conditions réelles à l’EDHEC et au sein de la Toulouse Business School. A propos du risque dans le temps, cette dernière a même lancé un Doctorat of Business Administra- tion où des dirigeantsdes profils recherche pour résoudre des problèmes de long terme. C’est un programme doctorat adapté à l’entreprise car la méthode scientifique permet de sécuriser la prise de décision. Nous émettons des hypothèses, nous les testons et nous les mettons en applica- tion », explique Jacques Digout. Un programme qui attire des personnesTBS a lancé un DBA où des dirigeants viennent chercher des réponses à des risques de moyen et long terme69ecoreseau.fr]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[rh & FOrmatiOnLa mutation des différents MBASélection darwinienneCarrières & TalentsLeader incontesté sur le marché de la forma- tion professionnelle pour cadres à haut po- tentiel, le Master of Business Administration (MBA) voit son marché évoluer, devenir plus mature et exigeant. Il y aura des perdants... et des gagnants.Par Murielle WolskiEt si le MBA per- dait de sa superbe ? Commencer ainsi cet article est osé et exa- géré. Mais, le roi américain MBA – pour Master of Business Administration –, qui a conquis la planète en 70 ans, a-t-il toujours la cote auprès des cadres à haut potentiel ? Ou cede connaissance de ce mar- ché », répond une attachée de presse qui compte dans son portefeuille clients des pointures de 50000 à 200000 salariés... Des profils a priori friands du standard américain. « Avec à peine 10% des cadres, nous ne sommes pas repré- sentatifs pour vous parler de MBA », nous répond-on chez un mastodonte du secteur environnemental. Un argument qui ne tient pas vraiment la route... Pourtant, les classementsmanagériales, explique Mickael Lake, manager en charge du recrutement en Grande-Bretagne et en France, qui permet à un salarié de progresser. La plupart de nos dirigeants ont poussé leurs études au-delà de leur bachelor, mais pas tous. Notre PDG, Jean-Paul Agon, ne possède pas de MBA, mais a étudié dans l’une des meilleures business schools. »Que se passe-t-il alors ? Avec les décennies, le MBA a proliféré dans lesChoisir entre les multiples offres de MBA, une gageure ?cursus s’est-il banalisé ? Les entreprises le pro- posent-elles à leurs sala- riés appelés à occuper des responsabilités ? Telle était la batterie d’interrogations soumises par le journal à des entreprises de taille intermédiaire, des piliers du CAC 40, au Medef, dans la distribution, l’assurance, la banque ou bien encore l’industrie... Pas moins d’une quinzaine d’interlo- cuteurs ont été approchés, et aucune réponse. Nada. « Nos clients ne sont pas disposés à répondre sur le sujet des MBA, par manquedes MBA sont surveil- lés comme le lait sur le feu, décortiqués, relayés à grand coup de communi- qués de presse... Dans le même temps, les cylindrées françaises se targuent de formations autorisant un bond de salaire et un place- ment presque parfait pour la cohorte sortante. Nous atteignons les 100% chez HEC ou à l’INSEAD à 3 mois. Le taux à EM Lyon, de 90% à 3 mois impres- sionne tout autant. Mais, les employeurs semblent moins bien disposés à en parler que les écoles –d’in- génieurs ou de commerce – qui le dispensent, ou que les participants –toujours prêts à partager un peu de cette expérience.chanGement d’éPoqueUne exception : L’Oréal commente le MBA, sans pour autant l’encenser. « Le MBA est une «boîte à outils» unique de connais- sances et d’approchesétablissements supérieurs. Ce cursus n’est pas visé par l’Etat. « Le label n’est pas protégé, déplore Sté- phane Boiteux, associé du cabinet CESAM (conseils en évolution stratégique et accompagnement mana- gérial). N’importe quelle business school peut dé- cider d’en afficher un. » Valérie Sabatier, directrice de l’école doctorale de Gre- noble école de management (GEM), parle de « l’effet de masse ». Charles Berger, directeur du programme MBA à l’ISC, préfère le terme de banalisation. « Les candidats et les entreprises ont du mal à se repérer. Le marché souffre. Le tasse- ment de la mode du MBA est perceptible. La compétition est internationalisée. Aussi les jeunes n’hésitent-ils plus, non plus, à franchir les frontières pour suivre ce cursus. »« Le marché a mûri,confirme encore Thomas Jeanjean, directeur de l’ES- SEC Executive Education.Le niveau d’exigences des directions des ressources humaines va crescendo70 OctObre - n°44]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[Julien, 43 ans. Directeur général, diplômé 2015, Management GénéralEt si vous aussi,vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Consolidez vos expériences, actualisez votre vision stratégique et pilotez la conduite du changement avec Management Général.12 mois à Paris, 2 immersions à l’étranger, format week-end. Pour les cadres dirigeants.HTTP://EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.EDU/FR/© Getty Images – 570220216]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[rh & FOrmatiOnCarrières & TalentsEffectivement, on en parle moins. Avant on n’avait qu’à écrire MBA sur un CV et cela le rendait at- tractif. Ce n’est plus le cas. Le marché est plus exigeant. Les candidatsle Fantasme salaRial du mba?MBA, le « booster de carrière » : l’expression est élimée tant elle a été employée dans la presse.indispensable. Le retour sur investissement n’est pas automatique. Aucun tapis rouge ne se déroule devant nous. Les recruteurs nous considèrent souvent comme surdimensionnés. » 15% des diplômés restent dans leur entreprise d’ori- gine – c’est ce qui ressort d’enquêtes internes aux écoles.L’argument financier est de moins en moins mis en avant par les écoles. « C’est une erreur de parler de doublement de salaire, souligne Charles Berger de l’ISC. En revanche, profiter d’un delta de +15%, c’est une progression classique. Les articles qui annoncent des culbutes de 100 % ne sont pas honnêtes, ou mal documentés. Mais, de toute façon, la motivation n’est plus financière. »la clé du succèsLes bémols soulignés, com- ment transformer cette ex- périence en une réussite ? Réponse : se pauser, décor- tiquer l’offre ou bien encore « repérer quelques balises » pour reprendre les termesLa notoriété du MBA varie d’un pays à l’autre. Il est mieux rétribué sur ses terres d’origine, l’Amérique du Nord.à 10 ans à 20 ansEuropeà 20 ansSource : QS, septembre 201769 300 euros 78 290 euros580 000 euros2,4 millions d’eurosSalaire moyen post MBA (hors bonus)15% des diplômés restent dans leur entreprise d’origines’intéressent davantage aux accréditations. Il y a une vraie maturité. Pour- quoi un MBA est-il perti- nent ? Voilà, la question à se poser. Le sigle et la marque ne font pas tout. Le niveau d’exigence des directions des ressources humaines va crescendo. »Selon la dernière livraison du Financial Times – le ranking 2017 –, les progres- sions salariales post MBA peuvent atteindre des taux incroyables : 107% pour celui de Cambridge, 120% pour l’Italien de Bocconi ou 95% pour le champion tricolore, celui de l’Insead – à la tête du classementdepuis deux ans, devant un trio américain (Stanford, Wharton, Harvard). Des chiffres confirmés par QS world university ranking (cf. encadré).Mais, de ce discours à la réalité du terrain, il y aparfois un pas. Tous les participants ne se sentent pas concernés par cette envolée de statistiques. « Nombre de titulaires du MBA ont continué de bosser sans valorisation finan- cière à la clé pendant un à deux ans, certes avec un périmètre un peu élargi. » C’est Rebecca Meurice, ambassadrice de sa promo2011 du MBA de l’école des Ponts et Chaussées qui en fait le constat. « A la sortie, quelques-uns réussissent à transformer l’essai, mais pas tous. On en est plus ou moins conscient. Ce cursus nous transforme. Notre niveau d’exigence croît, nos prétentions sa- lariales aussi. Aussi, re- descendre sur terre est-il72 OctObre - n°44L’émergence du DBAUn concurrent sérieux ?MBA versus DBA, une seule lettre les sépare. Mais un peu plus dans l’esprit. Peu à peu, ce Doctor of Business Administration (DBA) prend place – discrètement (Grenoble école de management, Dauphine, Toulouse Business school, rares sont les écoles à le dispenser) – dans l’enseignement supérieur français, volet formation continue. Au point de « marcher sur les plates bandes » du MBA ?Une cannibalisation ou pas ?A cette question, Michel Kalika, président du Business Science Institute, par ailleurs qui a mis sur les rails les MBA et DBA de Dauphine, développe une réponse de Normand. « Théoriquement, non, aucune cannibalisation possible. Le DBA vient en post MBA. Quantitativement, ce n’est pas la même population. Sur une promotion de 20 participants d’un MBA, seuls un voire deux se lanceront. Si le MBA vise le transfert de connaissances et une approche à 360°, le DBA a pour objet de prendre du recul, de produire une thèse. Toutefois, on peut parler d’un glissement. Avec un MBA banalisé – dans les grandes organisations internationales, la quasi-totalité des managers l’ont –, le DBA va devenir l’outil de différenciation. » De quatre ans, orga- nisé sous forme de séminaires et de rencontres avec un directeur de recherche, ce programme vise à se spécialiser, à produire de la connaissance sur une probléma- tique rencontrée dans le monde de l’entreprise. Avec le DBA d’ingénieur, Chamrong Cheam, manager en charge du développement pour le compte de Roquette Frères, est devenu expert mondial sur le sirop de glucose, l’amidon modi é, les sucres de céréales. « Cela m’a permis d’acquérir une autre dimension. » Ses derniers sujets de ré exion ? Comment réduire le sucre dans la glace ? Comment doubler les ventes de]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[Rh & FoRmationConseil de Xavier de Susbielle, journaliste, promotion 2012 du MBA de l’Essec :« J’ai mis beaucoup d’énergie à résoudre les cas pratiques, bos- ser mes cours, développer des connaissances dans des matières jamais abordées auparavant... que j’en ai délaissé mon projet profes- sionnel. C’est un travers dans le- quel il ne faut pas tomber. »chocolat santé d’ici cinq ans ? Son employeur a tota- lement pris en charge la formation. « J’ai réussi à mon- trer au big boss comment je m’inscrivais alors dans la stratégie de l’entreprise. »Le nec plus ultra de 2022« Déjà bien installé dans les pays anglo-saxons, avec un marché mature, détaille William Hurst, directeur de la formation continue d’Audencia, ce cursus est encore en phase de décollage en France. Comme n’importe quel secteur, de nouveaux produits apparaissent.» Beaucoup croient en son développement. C’est le cas de Karine Doukhan, directeur management ressources chez Robert Half, cabinet en recrutement spécialisé. «L’avenir est aux surdiplômés, prédit-elle, d’où une recrudescence programmée des DBA. Pas immédiate- ment. Certes encore méconnu, ce cursus va devenir la prochaine vedette de la formation professionnelle à un horizon de cinq ans. » Le nec plus ultra en entreprise, dans les écoles aussi. Sans retour sur investissement. De GEM à Dauphine, le DBA contribue à la notoriété de l’établissement, avec les publications diffusées.Murielle Wolski73Un salaire qui s’élève de 15%, est une progression classique. Les annonces de 100%sont malhonnêtesCarrières & Talentscours prendre ? « Surtout ne pas s’éparpiller, conseille Jacques Digout, directeursés. » Les fondamentaux du MBA, dont l’objectif est de donner une vision à 360°,Association of MBA. Elle accrédite. C’est un gage de qualité. « La respectabilitécripteur, cela se complique. Suivre un MBA est alors indépendant de la politique des ressources humaines de l’entreprise. Aussi, faut-il être vigilant sur le contenu, sur la pédagogie mise en place, sur les besoins de votre société... » Maîtrise de l’anglais, bases de gestion... Véritable c.hallenge, l’en- trée en MBA se prépare... comme un athlète avant un dé  sportif.de Stéphane Boiteux, du cabinet Cesam. L’idéal est également de se renseigner sur l’ADN de l’école dans laquelle réaliser le MBA. Car même généraliste, la formation conserve la teinte de l’école: le faire à l’IN- SEAD, c’est étudier dans une cohorte internationale de 1000 personnes chaque année, s’inscrire à Toulouse, c’est mettre un pied dans l’aéronautique ou la santé. Et à EM Lyon, l’accent sera bien évidemment mis sur l’entrepreneuriat.Quelle formule choisir ? Full time en prenant du champ par rapport à la vie active ? Part time avec un executive MBA, à condition de bienarticuler vie professionnelle et formation ? De sacri er aussi de sa vie personnelle ? Quel public veut-on côtoyer ? Des jeunes post master avec un « MBA étudiant » pour citer Karine Doukhan, direc- teur management ressources chez Robert Half, cabinet de recrutement spécialisé ? Ou avoir des échanges nourris par des participants riches de 10 à 15 ans d’expérience, autrement dit le « peer to peer » ? Quel sera le réseau ? Quel est le niveau requis en anglais ? Quels focus seront portés ? Les nouvelles technologies ? L’entrepre- neuriat ? Combien de temps sera consacré au projet pro- fessionnel personnel ? Quelsacadémique des MBA et DBA de Toulouse business school (TBS), même séduit par tous les cours propo-sont-ils respectés ?Un gardien du temple pour répondre à la plupart de ces questions : l’AMBA, pourdu MBA est déterminée par le recruteur, spéci e Sté- phane Boiteux. Quand votre employeur n’est pas pres-ecoreseau.fr]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[rh & FOrmatiOnLes formations continues et les réseaux« You will never walk alone »Carrières & Talentsdans laquelle « on trouve des profils variés, souvent dans de hautes positions : cela ouvre des opportunités et constitue peut-être un véritable accélérateur ». « Le réseau m’a aidé tout au long de mon parcours, aussi bien dans mes stages et mes emplois que pour des choses beaucoup plus simples, comme bien s’in-bureaux luxembourgeois grâce à un collègue de promo. »une diveRsité souRce de Ri- chesseAu-delà des savoirs théo- riques et des compétences techniques qu’elles per- mettent d’acquérir, ces formations misent ainsi surNous aidons les participantsà donner du sens à leur réseau,à avoir le ré exe de mettre en contact des membres, à travailleren arborescenceAnciens étudiants, nouveaux diplômés, futurs associés?Ceux qui suivent ces formations (MS, MBA...) béné cient-ils vraiment, en plus d’une montée en compétence, d’un véritable apport de réseau ?Par Elsa BellangerLes réseaux des Business Schools offrent l’opportunité aux cadres expérimen- tés qui les intègrent de se constituer ou d’étoffer leur carnet d’adresses. Voilà pour la théorie. Mais se vérifie-t-elle ? Désirant se réorienter ou accélé- rer leur carrière, ceux qui reprennent les études s’insèrent aussi dans les communautés créées par les écoles. Intégration dès le départ dans le réseau des anciens (Alumni), péda- gogie participative basée sur l’échange et le partage d’expériences, vie asso- ciative intense, formation pratique auprès de profes- sionnels et participation aux écosystèmes locaux ou sectoriels, constituent le ferment de ces réseaux. « Tout est fait pour créer un esprit de corps parmi les étudiants et faire vivre le réseau », indique Xavier Gendron, Pdg fondateur de BeWe, diplômé de l’ESC Lille en 1996 et actuelle-ment ambassadeur lillois de l’association Skema Alumni. Cela fonctionne « comme une vraie com- munauté », poursuit-t-il,tégrer dans un nouveau pays », ajoute Guillaume Duranton, consultant chez EDGE Luxembourg, di- plômé en 2014 de Skema Business School. « J’ai récemment trouvé le lieu pour installer nos nouveauxle réseau comme support sur lequel bâtir des oppor- tunités. Elles surfent sur la dynamique croissante du réseautage d’affaires, selon laquelle les échanges en- gendrés par la participation à différentes communautésTémoignage« Un véritable accélérateur »« L’association Alumni de Skema Bu- siness School fonctionne comme une vraie communauté, même si ce formi- dable réseau reste trop peu exploité. On y trouve des pro ls variés, souvent dans de hautes positions. Cela ouvre des op- portunités et peut être un véritable accé- lérateur », constate Xavier Gendron, fon- dateur de BeWe, et ambassadeur lillois de l’association Skema Alumni. « Quand je reçois par ce biais une sollicitation ou une demande de mise en relation avec mon réseau, je prends toujours le temps d’y répondre. » Aujourd’hui à la tête de la société BeWe, une entreprise de ser- vices du numérique, spécialisée dans la socialisation des systèmes d’information (réseaux sociaux d’entreprise notam- ment), il n’hésite pas à faire béné cier ses pairs de son expérience. Après l’ob- tention de son diplôme à l’ESC Lille (in-tégré ensuite à Skema Business School) en 1995, il travaille d’abord en Côte d’Ivoire au sein du groupe Axa, avant de rejoindre la PME Absys, basée à Lille et spécialisée dans le développement et l’intégration de solutions de gestion. Il y développera pendant près de six ans les activités de cette société en Belgique et au Luxembourg. Quand la PME devient Absys Group en 2006, il  nit par admi- nistrer une joint-venture basée au Dane- mark et devient ensuite directeur d’une  liale au Brésil. De retour en France, il fonde BeWe, avec un ami rencontré à l’ESC Lille. Aujourd’hui ambassadeur du réseau Alumni, il organise chaque année quatre tables rondes avec l’écosys- tème entrepreneurial lillois. Un « moyen de partager des expériences avec ses pairs et de faire vivre la communauté », explique-t-il.74 OctObre - n°44]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[Carrières & TalentsRh & FoRmation75Témoignage« Un vrai bouillon deculture »«Le réseau, c’est la richesse de ces formations», témoigne Sandrine Zwiller-Panicz, étudiante à Montpellier Business School. « On y rencontre une grande variété de pro ls et d’expériences parmi les participants et les intervenants, mais aussi en réali- sant nos travaux pratiques, comme les audits d’en- treprise. C’est une formidable ouverture, qui aide à adopter d’autres angles », poursuit-elle. « On côtoie également, dès le départ, les anciens, notamment par le biais de conférences. Ces rencontres permettent de créer des liens directs. On sollicite ensuite plus facile- ment le réseau, parce qu’on le connaît. Cela ouvre de nouvelles et nombreuses possibilités », poursuit-elle. Aujourd’hui en reconversion dans le conseil, cette cadre qui a passé 27 ans dans l’industrie pharmaceu- tique sollicite régulièrement ce réseau acquis pendant le MBA pour faire avancer ses projets. « On trouve toujours quelqu’un pour nous renseigner», assure Sandrine Zwiller-Panicz. Elle, qui souhaite développer son projet en Afrique, a ainsi noué des contacts au Maroc, par le biais de l’antenne de Casablanca de l’école, et répondu à un appel d’offres. «L’intérêt, c’est qu’on partage une formation commune et, ainsi, des valeurs, une vision et une même façon de travail- ler. Cela facilite les contacts et les collaborations. »aboutissent à la création de valeur. « Notre volonté, c’est de créer une dyna- mique au sein de chaque promotion et au sein de l’association d’anciens, les Alumni. On s’assure ainsi, dès le recrutement,riété de profils, en termes d’âge(de30à50ansen moyenne), de nationalité, de parcours professionnel et d’expériences, mais aussi de secteurs d’activité. « Ce sont souvent des profils avec un parcours d’origineles enseignements sont adaptés aux expériences des participants », pour- suit-il. « On travaille sur les compétences, mais aussi sur le sens politique, sur l’adoption d’une posture de leadership. L’intégration à un réseau participe à cet apprentissage. » Pro- fesseurs, enseignants et professionnels qui inter- viennent pendant la forma- tion sont mis à contribution dans ce premier réseau des MBA et Mastères. « Tous sont des relais de com- pétences, d’expériences et de savoir-faire. L’en- semble forme une véritable communauté », précise Véronique Caresse. Au sein de Montpellier Business School, la démarche est similaire. « La formation est ponctuée de travaux, comme la réalisation d’un audit, qui nécessitent de rencontrer des entreprises. Notre mission et celle de nos enseignants, très im- pliqués dans l’écosys- tème industriel local, est d’ouvrir des portes, de partager des contacts », souligne Magdalena Fran- çois-Thurin, responsable du MBA à Montpellier Business School. « Il s’agit d’aider les participantsUn premier cercle est constitué par les étudiants et les intervenants. Le second est le réseau des anciens de l’école, que tous intègrentque les participants ont la capacité d’être actifs et de s’engager dans le réseau », souligne Véro- nique Carresse, responsable « programme, admission et développement » de l’Ex- cutive MBA de Skema Bu- siness School. Ingénieur qui accède à un poste de management, médecin qui devient actionnaire d’une clinique, cadre en reconver- sion, entrepreneur porteur d’un projet de création d’en- treprise : ces formations accueillent une grande va-dès leur premier jourplutôt technique ou scien- tifique, sans expérience dans le management, mais qui occupent ce type de fonction », constate Véro- nique Carresse. En MBA, comme en MS, « l’objectif est d'acquérir une double compétence ou de se spécia- liser dans un domaine afin d’accélérer sa carrière », explique William Hurst, responsable de l’Executive MBA d’Audencia Business School. « Quel que soit le programme choisi, MBA ou MS, full time ou part time,à donner du sens à leur réseau, mais aussi de les en rendre courtiers, c’est- à-dire d’avoir le réflexe de mettre en contact les membres de son réseau, d’être créateur de démul- tiplication, de travailler en arborescence. »Il résulte de cette ap- proche un « vrai bouil- lon de culture », témoigne Sandrine Zwiller-Panicz, en cours de diplomation à Montpellier, après 27 ans dans l’industrie pharma- ceutique. « Au cours deecoreseau.fr]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[rh & FOrmatiOnCarrières & TalentsEn chiffresUn réseau de plus en plus internationalParmi les nouvelles écoles du réseau AMBA (organisme britannique qui délivre les accré- ditations de MBA les plus reconnus) :- 35% sont britanniques- 30% européennes- 13% sont implantées surle continent américain- 14% en Afrique- 8% en Afrique et Océaniema carrière, j’ai eu accès à des formations de haut niveau dans mon secteur d’activité. L’intérêt et la richesse du MBA, c’est la rencontre et la confronta-tion avec d’autres milieux, d’autres secteurs profes- sionnels, d’autres points de vue. » Selon elle, « ces rencontres permettent de créer des liens directs. Onsollicite ensuite plus facile- ment le réseau, parce qu’on le connaît. Cela ouvre de nouvelles et nombreuses possibilités ».une communauté visibleAinsi, le parcours en MBA et MS permet d’accéder, explique William Hurst, à « un premier cercle de réseau, constitué par les étudiants et les interve- nants. Le second cercle, c’est le réseau des anciens de l’école que tous intègrent dès leur premier jour ». Pour Martin Barbier, de la direction de l’association EDHEC Alumni, qui re- groupe 40000 membres, dont 22% vivent à l’étran- ger dans 123 pays, « les associations d’anciens sont une communauté que l’on intègre à vie. Nous avons coutume de dire "EDHEC un jour, EDHEC toujours" » s’amuse-t-il. « Le réseau n’est pas seulement une chose vers laquelle onse tourne quand on est dans le besoin, mais un investissement régulier et constant », ajoute l’ancien de Skema, Xavier Gendron. Conscientes de la valeur ajoutée de ces réseaux, les écoles investissent dans leurs associations d’an- ciens. Ces communautés « Alumni » accompagnent la carrière de leurs membres, animent des « clubs » sec-toriels ou géographiques (locaux ou internationaux), recrutent des ambassadeurs et soutiennent l’organisa- tion d’évènements pour multiplier les occasions de rencontres et d’échanges entre les membres. À titre d’exemple, l’association Skema Alumni (40000 membres dont 20% d’in- ternationaux issus de 140 pays) se compose d’uneéquipe de sept personnes chargées d’animer le réseau. Une trentaine de « clubs » organisent ainsi avec son soutien plus de 150 évène- ments chaque année. « Le réseau de l’école reste ainsi un vivier de contacts, qui peuvent être de futurs par- tenaires., de futur recrues, ou de futurs conseillers », résume Magdalena François- -Thurin.76Témoignage« Une approche du réseau horizontale plus que hiérarchique »En intégrant le MBA de Montpellier Bu- siness School (MBS) il y a deux ans, Stéphane Escalier voulait « comprendre le marché et ses évolutions, avoir une vision plus précise du monde de l’en- treprise et du monde entrepreneurial ». Il en est ressorti avec «un projet de création d’entreprise et un Business An- gel prêt à (le)  nancer et (l’) accompa- gner ». L’expérience « a également été une réelle ouverture sur l’innovation, et notamment sur l’innovation managériale et ses potentialités », poursuit Stéphane Escalier. Cet ingénieur de formation, qui a fait carrière dans l’aéronautique, notamment chez Safran, a rejoint le sous-traitant américain du secteur, Triumph Group, il y a cinq ans. Il est aujourd’hui Business development ma-nager du groupe, et « seul représentant français de la société », s’amuse-t-il. Selon lui, la force d’un MBA repose sur la diversité des pro ls rencontrés, tant parmi les étudiants que les inter- venants et le réseau de l’école. «À Montpellier, l’écosystème est orienté vers le médical et le numérique, des univers très innovants et collaboratifs. L’approche du réseau y est horizontale plus que hiérarchique et donne la base d’une relation fructueuse », témoigne-t-il. Cette vision du réseau, faite d’échanges, se retrouve dans le projet d’association qu’il porte avec ses camarades de promo. « Notre idée, c’est de créer un es- pace de partage sur les problématiques des entrepreneurs de tous horizons. » Un nouveau réseau à venir...OctObre - n°44Avec des écoles plus ouvertes, les réseaux se jouent désormais des frontières...]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[La double compétence en 2017Moi & mon doublePlus qu’une hybridation des compétences, les écoles à deux visages promettent aux recruteurs de créer des pro ls polyvalents, agiles et (intra-) entrepreneuriaux.verticale droit et management avec la faculté catholique de droit de Lille a n de faire dialoguer juristes et managers et de former des étudiants prêts à candidater pour des postes transversaux dans les divisions RH ou juridique des entreprises.Il y a mieux même, sur le sujet de l’entrepreneuriat. Jean-François Galloin, pré- cise : « Nos deux écoles cultivent des visions très com- plémentaires. Si on vulgarise, généralement, l’ingénieur a eu une idée et le diplômé de la business school veut créer son activité. Concilier ces deux points de vue per- met ensuite de se poser la question du secteur, quelleCarrières & TalentsRh & FoRmationPar Geoffroy FrameryPour former aux mé- tiers d’avenir, certaines écoles choisissent la niche. Classiquement, ces écoles étaient réservées aux métiers de bouche et du luxe, voire ceux de la logistique et des métiers techniques. MaisGRaine de manaGeRs aGilesou d’entRePReneuRs Amis recruteurs, la double spécialisation est d’abord question de posture. « Nous voulons que nos étudiants et pros soient “ future ready”,Caroline Roussel, directrice académique de l’Iéseg Bu- siness School.Vous l’aurez compris. La double compétence concerne directement les savoir-être. Et François Galloin, directeuron a eu la possibilité de se projeter sur une posture de dirigeant avec une vision à 360°, cela donne une pos- ture extrêmement utile quel que soit le fonctionnement. D’autant que les entreprises souffrent d’un problème de cloisonnement, faute de com- prendre d’autres fonctions, d’autres expertises ou de communication sur la vision globale » .Pas qu’une PostuRe, une double exPeR- tise au seRvice de PRoFils Polyvalents Force est de constater que l’essentiel des rapproche- ments entre écoles est géo-graphique : Centrale Nantes et Audencia BS, l’Enac et Toulouse Business School, Vet’Agro et IAE de Lyon, ESC Troyes, UPF et UTT... Mais ces derniers se légiti- ment surtout par un besoin fort des entreprises. Caroline Roussel complète : « La double compétence est un sujet d’actualité qui a émergé chez nous il y a 3-4 ans. Pour revoir notre vision d’ici 2025, nous avons brainstormé avec les enseignants, les anciens, les entreprises, les étudiants. L’interdisciplinarité et la double compétences ont été deux des thèmes forts à res- sortir ». C’est ce qui explique par exemple la création d’unela double compétence, une autre manière de considérer ses possibles.Donner les clés pour appréhender le futurde l’entreprise, sa complexité. Former pour candidater sur des postes transversaux qui exigent de composeravec des équipes aux pro ls diversproposition. association pour aboutir à de beaux projets » (Cf. Le monde de demain vu par les étudiants).de valeur, quelledepuis quelques années, de nouveaux secteurs et créneaux voient émerger de nouvelles abbayes de Thélème de la formation supérieure : l’école 42 dans le code, le Moda Domani Institute dans la mode et le design, l’EAJF pour former les futurs agents sportifs... Hors ces pépites de l’enseignement, le discours est tout autre. L’idée cultivée par bon nombre d’acteurs de la formation supérieure mêle élargissement et approfon- dissement. Sans renier leur ADN parfois centenaire, les business schools font les yeux doux à de nouvelles expertises. Aucun manager ne saurait en 2017 s’épargner d’apprendre ce qu’est un algorithme. Et inversement, le pro l tech a aujourd’hui l’impérieuse nécessité de sortir de sa tour d’ivoire. Si la double com- pétence devient stratégique pour les entreprises, certaines écoles vont encore plus loin en la cultivant dès la première année, voire dès le jour de la rentrée pour créer des pro ls à tout faire.qu’ils aient 25 ou 50 ans. Nous les formons et leur offrons non seulement une vision tech- nologique avec par exemple la transformation digitale mais aussi des clés mana- gériales, avec de nouvelles méthodes motivantes tels que happy scrum ou le design thinking. Tout passe par des méthodes pédagogiques va- riées qui les rend acteurs », explique Valérie Pham-Trong, directrice de Ionis School of Technology and Management (Ionis-STM) (cf. Encadré). Certaines écoles font ainsi autrement le pari de mixer ingénieurs et apprentis ma- nagers au sein de dispositifs pédagogiques : « Pour nos étudiants de master, nous avons créé un projet de consulting et d’innovation avec le groupement d’écoles d’ingénieurs Yncréa (HEI, ISEN, ISA). 80 entreprises nous confient des projets chaque année : Materne sur la valorisation des déchets de pomme, Boulanger sur des produits électroména- gers innovants... », complètedu programme Mastère ES- SEC-Centrale Entrepreneur d’ajouter : « Imaginez ce type de pro l en entreprise. QuandCas d’écoleDans les coulisses de la double compétenceEntretien avec Valérie Pham-Trong, directrice de Ionis School of Technology and Management (Ionis-STM), école de la double compétence de IONIS Education Group.Quelles sont les actualités de Ionis-STM ?Ionis-STM, pionnière de la double compétence, célèbrera prochaine- ment ses 15 ans au Grand Palais. Aujourd’hui, l’école est durablement inscrite dans le paysage de la forma- tion, tant il est devenu indispensable aux managers de développer cette compétence digitale, tandis que pa- rallèlement chez les ingénieurs savoir manager est devenu essentiel. D’ail- leurs les chiffres le prouvent : notre école possède un taux de placementde 95%, six mois après le diplôme. Dans ce monde qui évolue vite, l’agi- lité des entreprises et des collabo- rateurs est indispensable. Chaque année des professionnels nous re- joignent pour se former, mus par leur ambition de progresser, de passer un cap : acquérir une double com- pétence, suivre un coaching et seformer aux enjeux de demain sont les atouts clé de nos MBA. Alors en cette rentrée, nous lançons quatre Executive MBA dédiés à la transi- tion digitale, pour accompagner les cadres à se former à la transforma- tion digitale, à la cybersécurité, au Big Data, à l’entrepreneuriat et à l’in- novation.Quelle est votre culture pédago- gique ? Qu’est-ce qui vous distingue sur la scène de la formation ? Cet ADN « double compétence » propre à Ionis-STM se conjugue avec une dimension proactive qui rend nos étudiants acteurs. Notre pé- dagogie s’appuie sur une dynamique d’entreprise : des intervenants pro- fessionnels, des évaluations basées sur des projets concrets menés en équipe. Nous capitalisons sur l’hu- main et la diversité de nos étudiantsque ce soit en âge, en background ou en choix de MBA : chacun apporte sa richesse, apprend à s’adapter rapidement et se révèle. Tout est décloisonné pour que des pro ls et des caractères différents se ren- contrent, se complètent avec leurs compétences propres, apprennent à penser différemment, à l’image des besoins d’une équipe transverse en entreprise. Car nous avons des étudiants d’une vingtaine d’années qui poursuivent leurs études comme des seniors qui se forment pour ac- quérir cette double compétence. Un terreau plus que favorable au co-ap- prentissage entre pairs et aux péda- gogies innovantes de partage telles que le reverse mentoring.Propos recueillis par Geoffroy Framery77ecoreseau.fr]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[rh & FOrmatiOnHandicap & aménagementEvolution à tâtonsCarrières & TalentsAlors que des solutions et aides existent, les PME tardent à s’ap- proprier ces dispositifs, en partie à cause d’une méconnaissance du handicap, de ses enjeux, et de préjugés qui perdurent.Par Elsa Bellangerpersonnes handicapées (Age-  ph), ont amélioré l’accès et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées. La législation a été renforcée en février 2005 avec la création d’un « droit à compensation »8% des entreprises, sur 800000 établissements concernés, n’ont rien entrepris en matière de handicap, contre 30% il y a six ans. « Des efforts restent à faire, mais rien d’inacces- sible », estime Jean-ClaudeDelgènes.handicaP dansles Pme : de quoi PaRle-t-on ? Aujourd’hui, 12 millions de Français sont touchés par un handicap. Pour 80% d’entre eux, il est invisible : 1,5 million de personnes sont par exemple atteintes d’une dé cience vi- suelle. Sur les 2,6 millions de personnes béné ciant d’une reconnaissance administrative de leur handicap (RQTH), 927000 sont en emploi (Insee, 2016) : 81% occupent un em- ploi ordinaire, 8% travaillent au sein d’un Etablissement et service d’aide par le travail (ESAT), 2% en Entreprise adaptée (EA) et 2% occupent un emploi spécifique dans la fonction publique. Seuls 7% occupent un emploi en entreprise privée avec uneaide à l’emploi de travailleurs en situation de handicap. « 80% des handicaps surviennent au cours de l’existence, en partie en raison de l’usure du corps », rappelle Ivan Talpaert. Ces situations touchent une population en moyenne pluson parle d’inaptitude. C’est là que l’aménagement intervient », souligne Ivan Talpaert.une suRestimation des coûts PaR les en- tRePRises ? L’aménagement de la situation de travail vise ainsi à apporter des solutions techniques et organisationnelles en prenant en compte les capacités de la personne concernée et l’en- semble des caractéristiques de l’employeur (économiques, conditions de production, amé- lioration des conditions de travail, prévention des risques professionnels...). « Pour les PME, il est fondamental de conserver les compétences de l’entreprise, mais elles ne savent pas vers qui se tourner quand un besoin émerge », souligne Aude Lenoir, chargée de mission Emploi Handicap de la CPME des Pays de la Loire. Pourtant, les Services d’appui au maintien dans l’em- ploi des travailleurs handica- pés (SAMETH),  nancés par l’Age ph, ont pour mission, qu’il y ait ou non reconnais- sance de handicap, de poser un diagnostic et de proposer des solutions. Ils sont principale- ment mobilisés par la médecine du travail, mais également par les employeurs et dans une moindre mesure par les sala- riés eux-mêmes. Les aides et«La question du handicap souffredu handicap. « Dès 1987, la loi introduit l’idée que le handicap ne doit pas être une entrave à l’emploi, que ce soit dans l’accès ou le maintien », ex- plique Ivan Talpaert, délégué régional de l’Age ph, chargé de l’animation du réseau. « Enencore de préju- gés dans les entreprises », constate Jean-Claude Delgènes, directeur général du cabinet de conseil Technologia. « Il faut dédramatiser et banali- ser le handicap : sur 450000 personnes handicapées en recherche d’emploi, seules 2 % sont en fauteuil roulant. Dans 80% des cas, aucun aménagement n’est nécessaire pour l’accès ou le maintiendans l’emploi », poursuit-il. L’instauration, par la loi du 10 juillet 1987, de l’obliga- tion, pour les entreprises pri- vées de plus de 20 salariés, de compter au moins 6% de personnes handicapées dans leur effectif, et la création, dans son sillon, de l’Associa- tion de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle desSur les 450000 personnes handicapées en recherche d’emploi, seules 2% sont en fauteuil roulant.Et dans 80% des cas, aucun aménagement n’est nécessaireLa loi de 2005 crée « le droit à compensation », con rmant une logique de réparation.2005, l’esprit, c’est celui de l’accessibilité généralisée. La notion de compensation et la logique de réparation sont toujours là, mais il s’agit de penser l’accessibilité pour ne plus avoir besoin de compen- sation ». Actuellement, seulesâgée, souvent peu quali ée et évoluant dans des métiers pénibles. 55% des personnes concernées ont une ancienneté dans l’entreprise d’au moins dix ans. « Dans les cas de handicap apparaissant au cours de la vie professionnelle,prestations proposées,  nancées par l’Age ph, portent sur la compensation du handicap : aides destinées à faciliter la mobilité (aides à l’acquisition et à l’aménagement de véhicule, aide au permis de conduire), à favoriser l’autonomie (aide78 OctObre - n°44]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[Les dispositifs existants sont relativement complexes et peu lisiblespour les PME et TPECarrières & TalentsRh & FoRmationponctuelle à l’autonomie) ou encore à l’acquisition de ma- tériel (aménagement de poste, logiciels spéci ques, trans- cription braille...). Certaines prestations, comme la prestation ponctuelle spéci que, font in- tervenir un expert spécialiste d’un handicap (visuel, auditif, moteur, psychique ou mental). Une « aide au tutorat » est également disponible pourAinsi, le recrutement d’une comptable malentendante, appareillée et pratiquant la lecture labiale, par le groupe Samse, implanté à Grenoble, n’a-t-il nécessité que quelques ajustements : son bureau est positionné de manière à ce qu’elle puisse voir ses collè- gues et suf samment éloigné de l’imprimante, pour éviter les bruits parasites. « Souvent,Caractéristiques des employeurs privés ayant maintenu dans l’emploi des personnes handicapées :8% 8% 23%TertiaireIndustrie Construction Agriculture34%36% 30%moins de 20 salariésentre 20 et 99 salariés 100 salariés et plus61% nancer le surcoût éventuel d’une réorganisation interne. « Les PME craignent parfois le coût induit par les aména- gements. Or, les SAMETH préconisent des solutions dont la compensation est prise en charge à 100% par l’Age ph », souligne Ivan Talpaert. Suite à l’intervention du SAMETH, 94% des salariés ont été main- tenus dans leur emploi, dont 89% au même poste.aménaGementsau cas PaR cas qui doivent s’inscRiRe dans la duRée« Certains aménagements relèvent du simple bon sens et se réalisent en interne sans intervention externe, avec par exemple un aménagement des horaires permettant les soins ou facilitant le temps de trans- port », constate Aude Lenoir.les aménagements consistent en des choses simples, comme un chariot pour transporter des charges lourdes », ajoute Arnaud de Broca, secrétaire général de la FNATH (associa- tion des accidentés de la vie). C’est la solution préconisée dans le cas d’Alicia, prépa- ratrice de commande pour la société Impex, pour qui un licenciement était envisagé faute de solutions à ses arrêts maladie fréquents liés à des douleurs au dos. Le diagnostic d’un ergonome a débouché sur l’utilisation d’un transpalette pour le transfert des caisses sur le poste de travail, l’acquisition d’un siège assis-debout adapté et d’une table de décondition- nement fabriquée sur mesure. En matière d’aménagement des situations de travail, les nouvelles technologies ouvrent des perspectives en permettantnotamment des aménagements peu coûteux. Il peut s’agir de dispositifs auditifs par exemple, ou de systèmes de transmission audio à distance avec un écran adapté pour les aveugles et les mal-voyants. Pour ces derniers, des logiciels permettent éga- lement de favoriser la vision sur écran. « Le télétravail peut également être une alterna- tive, s’il n’est pas synonyme d’isolement, c’est-à-dire en comprenant des venues fré- quentes dans l’entreprise », ajoute Jean-Claude Delgènes. Quel que soit le besoin identi é et la solution mise en œuvre,l’accompagnement doit s’ins- crire dans la durée. « Dans le meilleur des cas, un tuteur ou un accompagnement au sein de l’entreprise est mobilisé dès l’émergence du besoin et prolonge son intervention une année après la mise en place de l’aménagement, assure Jean- Claude Delgènes. Le rapport au poste de travail évolue et des réglages réguliers peuvent être nécessaires ». « Il ne faut pas hésiter à questionner. Les gens ont parfois du mal à expri- mer ce qui ne va pas », ajoute Aude Lenoir. Dans la même optique, l’information et lasensibilisation des équipes et collègues favorisent la réussite de la démarche. « Cela crée généralement une dynamique et un climat positifs au sein du collectif de travail : une pre- mière prise en charge réussie facilite les suivantes », constate Ivan Talpaert.méconnaissance des mécanismes exis- tants et manque de RessouRces en in- teRneReste que les dispositifs exis- tants sont relativement com- plexes et peu lisibles pour les PME et TPE. « Certaines com- pensations sont trop lourdes à obtenir. En théorie, c’est accessible mais pas en pra- tique », s’inquiète Hervé Al- lart de Hees, responsable du Medef 93 et 94, président de la société Delta Process et par ailleurs membre du Conseil national du handicap. « Dans le cas d’un recrutement par exemple, l’intervention et la coordination des différentes parties prenantes (la personne, le prescripteur, l’employeur, les collègues, le médecin du travail, l’expert ergonomique...) allongent la procédure sur plusieurs mois », poursuit-il. Au-delà du fait que les salariésne s’expriment pas toujours sur leurs dif cultés, « le dia- gnostic et les  nancements des aménagements interviennent souvent trop tard », con rme Arnaud de Broca. « Or, il faut aller vite pour coller à la réa- lité des entreprises. » L’enjeu, estime Ivan Talpaert « c’est que la chaîne d’acteurs soit dans une approche «anticipatrice». C’est cela la dif culté tant pour nous que pour l’entreprise ! ». Un autre frein à l’appropriation par les PME des dispositifs relève d’une simple mécon- naissance des mécanismes existants ou d’un manque de ressources en interne pour traiter les problématiques liées au handicap. « Les grandes entreprises savent traiter la question du handicap : elles ont des cellules en interne et des moyens dédiés. C’est au niveau des PME et avec les acteurs locaux concernés qu’un maillage doit se créer pour améliorer la prise en charge », estime Jean-Claude Delgènes. Cette conclusion est partagée par Hervé Allart de Hees : « Pour plus d’ef cacité, il faut envisager une mu.tuali- sation des moyens au niveau des PME, avec par exemple un chargé de mission pour plusieurs entreprises ».AccompagnementAge ph : vers une révision du modèle ?« Les besoins en 2017 sont de nature totalement dif- férente »Née de la loi du 10 juillet 1987 qui oblige les entreprises de plus de 20 salariés à compter au moins 6% de per- sonnes handicapées dans leur effectif, l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Age ph) collecte les pénalités  nancières exigées des entreprises qui ne respectent pas ce quota. Avec ces fonds, elle a pour mission de favoriser l’insertion professionnelle et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées. En 2016, 404,5 millions d’euros (hors reversements sur accords) ont ainsi été collectés. Sur ce montant,plus de 402 millions ont  nancé 219929 interventions, aussi bien auprès des entreprises (110390 interven- tions) que des personnes handicapées (212570 inter- ventions).Si cette politique a permis jusqu’ici d’améliorer la vie professionnelle des personnes handicapées, elle pourrait évoluer prochainement. « Parce que la situa- tion évolue, le modèle et les mécanismes actuels ne sont pas pérennes », s’alarme Hervé Allart de Hees, responsable du Medef 93 et 94, président de la socié- té Delta Process et par ailleurs membre du Conseil national du handicap. « Les entreprises remplissant de plus en plus leur quota, les ressources de l’Age - ph, issues du versement desecoreseau.fr 79]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[art de vivre & PatrimOineLa Sélection culturelleLivres - BD■ Le dernier Fado de l’androïde (et autres histoires de science exotique)eUn logiciel capable de prédire la longévité d’un mariage au seul énoncé du « oui » du marié ? Evidemment au prix du port d’un casque plein d’électrodes peu élégantes... Un monde plein d’androïdes qui gagnent aux échecs, servent à table, jouent au foot et euthanasient les volon- taires. Tout cela a-t-il du sens ? Pourrait-il exister ? Et sur quelles sciences actuelles cela repose-t-il ? Ce deuxième volume de nouvelles scienti ques, écrit par un professeur d’informatique et directeur du laboratoire d’IA de l’université libre de Bruxelles, explore un monde en devenir, pas si lointain, et nous montre les écueils qu’il nous reste à éviter. Trèsinstructif, et en accord avec le  l rouge de ce numéro.«Le dernier Fado de l’androïde», de Hugues Bersini, éd. Le Pommier, 2013.■ Le Tamagotchi de Mme Yen (et autres his- toires)Un robot peut-il prétendre au statut de vivant ou d’être conscient ? Peut-on con er à un logiciel la décision ul- time de déclencher un con it nucléaire ? Plusieurs de nos certitudes sont ébranlées à jamais par ces dix nouvelles surprenantes ! Dans le numéro du 24 juillet 2015 d’un des rares quotidiens japonais écrit en langue anglaise, le Japan Times, on pouvait lire à la rubrique « faits divers » l’article suivant : « Le procès de Mme Yen, 65 ans, responsable de la mort d’un bébé âgé de trois mois, se déroulera dans une semaine au tribunal de Tokyo. Le 24 mai dernier, Mme Yen se trouvait au volant de son véhi-cule dans le quartier de Shinjuku. Mme Ikegami traversait un des boulevards longeant la mairie en empruntant un des larges passages pour piétons, lorsque le landau qu’elle poussait s’est fait renver- ser par la voiture de Mme Yen. Le bébé, installé dans le landau, est mort sur le coup, sous le regard terri é de sa mère. Mme Yen, apparemment bouleversée, s’est avérée n’être sous l’emprise ni de l’alcool ni d’aucun stupé ant. Interrogéepar la police au sujet de la perte de contrôle de sa voiture, elle a avoué, à la surprise générale, qu’elle avait relâché son attention pour s’occuper, dans l’urgence, de son Ta- magotchi qui, sur le point de mourir, criait famine. Elle s’est défendue en insistant sur l’importance de ce gadget virtuel dans son existence. Très touchée par la détresse de la jeune maman qu’elle venait de séparer à jamais de son être le plus cher, elle a prétendu se trouver dans une situation en tout point analogue avec son Tamagotchi, dont la mort l’aurait plongée dans un désarroi tout aussi profond. Mme Yen vit seule, sans dif cultés  nancières, dans un quartier huppé de la capitale ; elle est séparéede son mari depuis 20 ans et a une  lle dont elle est sans nouvelles depuis des années. Ce jouet lui tient lieu de compagnie et est vite devenu son seul compagnon. Elle passe le plus clair de son temps à s’occuper de lui et de ses besoins plus ou moins pressants. Les policiers sont restés médusés face à la défense avancée par Mme Yen pour justi er son inattention. Elle comparaît devant les tribunaux pour homicide involontaire, encourt jusqu’à cinq ans de prison ferme et une considérable amende. Cependant, lorsque furent portés à la connaissance du public, par voie de presse, les faits, la défense de Mme Yen et la clémence implorée à la justice devant l’impor- tance qu’avait prise ce Tamagotchi à ses yeux, un nombre considérable de personnes se sont émues de ses déclara- tions et se mobilisent pour que la justice fasse preuve de mansuétude. Le procès de Mme Yen pourrait mettre en lumière l’importance grandissante dans nos sociétés (plus encore que dans d’autres pays) des substituts virtuels (type Tamagotchis, robots de compagnie et autres programmes informatiques de réseaux sociaux) aux compagnons hu- mains ou animaux. Pour une population vieillissante et individualisée, ces robots sont appelés à jouer un rôle de plus en plus important. Sommes-nous, Japonais, devenus à ce point mentalement contrariés que nous ne parvenions plus à faire la différence entre un stupide objet de métal informatisé et un bébé ? Sommes-nous à ce point aveuglés par les nouvelles technologies que nous leur octroyions une telle place dans nos existences ? Le procureur ne devrait pas avoir de trop grandes dif cultés à soutenir son chef d’accusation lorsqu’il s’agira de se prononcer sur l’équi- valence en termes de vie et de mort entre un petit jouet, pauvre ersatz d’animal de compagnie, et l’extraordinaire et sacré potentiel de vie et de conscience que représente un nouveau-né. »«Le Tamagotchi de Mme Yen», de Hugues Bersini, éd. Le Pommier, 2012.■ Le temps des algorithmesDepuis quelque temps, les algorithmes sont sur toutes les langues. Et ils inquiètent. Des métiers disparaissent par leur faute, des gouvernants s’en servent pour res- treindre nos libertés, des entreprises privées les utilisent dans leurs calculs cyniques. Bientôt des « algorithmes intelligents » nous asserviront... Et si, avant de souscrire à cette vision pessimiste, dans laquelle nous n’avonspas voix au chapitre, nous examinions la situation d’un peu plus près ? Après tout, les algorithmes sont des créations de l’esprit humain. Ils sont ce que nous avons voulu qu’ils soient. Les algorithmes sont avant tout des solutions, mais ces solutions ne sont pas neutres. S’ils sont à l’origine de transformations radicales des notions de travail, de propriété, de gouvernement, de responsabilité, de vieprivée et même d’humanité, c’est donc à nous de décider de quel côté faire pencher la balance. Pour cela, il faut cesser de les subir en cherchant à les comprendre. C’est ainsi que nous pourrons être maîtres de notre destinée,comme l’expliquent très clairement Serge Abiteboul et Gilles Dowek, tous les deux chercheurs à l’Inria, l’Institut national de recherche en informatique et en automatique. Tous deux ont à cœur d’expliquer l’informatique et de faire comprendre les questions de société qui se posent au temps des algorithmes. De quoi informer le lecteur précisément, a n qu’il se fasse son opinion sur une ques- tion éminemment complexe et d’actualité.«Le temps des algorithmes», de Serge Abiteboul et Gilles Dowek, éd. Le Pommier, 2017. éatre - Expo■ L’inversion de la courbeL’inversion de la courbe ne parle pas de chômage, ou plutôt si, mais de la descente que chacun peut connaître malgré ses performances professionnelles et personnelles. L’inversion de la courbe ce n’est pas juste des chiffres, ou plutôt si, des millions dechiffres qui envahissent lequotidien de Paul-Eloi, lepoussant à être toujoursplus productif, performant,ef cace, et à se dépasser en-core et encore pour justi erson existence au travail,au sport, à la maison. L’inversion de la courbe, c’est une pièce que l’on doit à un jeune et prometteur auteur et metteur en scène, Samuel Valensi. Une pièce où la recherche de performance ne mène pas au bonheur, mais où la non-performance se cache. A l’origine de la pièce, des ateliers d’écriture théâtrale, de scénarisa- tion, d’improvisation animés par Samuel Valensi et sa compagnie La Poursuite du Bleu, avec l’association Les Petits Frères des Pauvres. « Nous avons pu échanger avec des personnes extraordinaires, très cultivées, qui ont eu une vie plus qu’active et qui ont connu une des- cente vertigineuse... », explique le metteur en scène. Autant de témoignages d’accidents de vie réunis dans un seul personnage, pour interpeller sur la honte que peut ressentir celui qui ne « performe » pas en 2017. « Ce qui m’a le plus marqué, c’est que tous ceux qui ont témoigné m’ont demandé l’anonymat, parce qu’ils n’en avaient pas parlé à leurs proches. Du coup j’ai travaillé sur cela, pourquoi n’en avaient-ils jamais parlé à leurs proches ? J’ai travaillé sur la productivité dans le quo- tidien, et cela m’a amené à m’interroger sur le fait que dans un monde aussi productiviste, ceux qui ne pro- duisent rien, on ne veut pas les voir... », complète-t-il. L’inversion de la courbe ne parle pas des chiffres du chômage, mais de notre courbe à chacun d’entre nous, celle que nous voyons croissante mais qui peut s’inver- ser à tout moment, et nous questionne sur le regard que nous portons sur ceux dont elle s’est inversée.« L’inversion de la courbe », écrit et mis en scène par Samuel Valensi, théâtre de Belleville à ParisChoix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucune80 OctObre - n°44Spécial IA - pour aller plus loin...]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[OFFREZ L’EXPOSITION !ASTÉRIX, LUCKY LUKE & Cie04.10.2017 > 04.03.2018METTEZ EN SCÈNE VOTRE ÉVÉNEMENT DANS UN BÂTIMENT DE FRANK GEHRY !ÉVÉNEMENTS PRIVÉS01 71 19 33 08 . evenements@cinematheque.fr3 AUDITORIUMS DE 90, 186 ET 410 PLACES ENTIÈREMENT ÉQUIPÉS550M2 D’ESPACES DE RÉCEPTIONOUVERTS SUR LE PARC DE BERCYGOSCINNYET LE CINÉMAPROJECTION DE COURTS MÉTRAGES / QUIZ CINÉMALA CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE - MUSÉE DU CINÉMA . 51 RUE DE BERCY PARIS 12E . CINEMATHEQUE.FR À10MINDECHÂTELET . 5MINDELAGAREDELYON M BERCY 6 14]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[art de vivre & PatrimOineEtude d’un sujet de loisirs ou d’évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovationsL’Air du tempsLes divers régimes alimentaires d’aujourd’huiDis-moi ce que tu manges...... je te dirai qui tu es. Gluten free, vegan, raw food,  exitarisme... tour d’horizon des nouvelles modes alimentaires.Par Séverine RenardUne déferlante de modes alimen- taires a fait son arrivée en cuisine. Point commun : tous ces régimes alimentaires revendiquent un alibi bien-être. Les sans gluten, flexitariens,lière agro-alimentaire ne pouvaient rester financiè- rement insensibles à ces tendances. De plus en plus d’enseignes affichent des plats « gluten free », tandis que les marques sortent des gammes spécifiques.produits et en demandant systématiquement la composition des plats au restaurant. Je préférerais m’en passer. Alors quand je vois des personnes ré- clamer du sans gluten par effet de mode, ça m’agace un peu. Le côté positif, c’est qu’aujourd’hui je trouve bien plus faci- lement des produits et j’ai un choix bien plus large », témoigne Lisa. Le sans gluten a fait une entrée remarquée dans les foyers français et il y aurait cinq millions de gluten free. Parce que c’est soi-disant bon pour la santé, parce qu’on a 2 kg à perdre, parce qu’on veut se différencier à la période de l’adolescence... il y a toujours une bonne raison de manger sans gluten.Choix d’une alimentation doublé d’une philosophie de vie, la tendance vegan conduit à supprimer tousl’inquiétude née des scan- dales alimentaires, n’est pas anodin. « Quand on exclut un type d’aliments, ça entraîne des carences. Les vegans prennent des compléments alimentaires pour ne pas être trop fati- gués, pour éviter la chute de cheveux... », prévient Florence Thorez, diété- ticienne et membre de l’Association française des diététiciens nutri- tionnistes (AFDN). En septembre 2016, le cabinet CHD Expert a publié une étude dans laquelle 2% des Français se décla- raient vegans, mais selon laquelle 20% consomme- raient occasionnellement vegan.Hank Burger et Hank Pizza, deux restaurants ve- gans, accueillent d’ailleurs 70 % de clients non ve- gans. « Nous avons ouvert début 2014 Hank Burger car nous ne trouvions pas un restaurant convivial« Avec cette pos- ture sociale à tenir toute la journée, je dois compenser le soir à l’abri des regards... »vegans, raw food... pro- mettent tous d’être plus en forme en suivant leurs préceptes.S’il y a quelques années, il pouvait s’avérer diffi- cile de remplir son caddie de supermarché ou de manger au restaurant en respectant les règles de son régime alimentaire, il est presque aussi simple aujourd’hui de trouver un restaurant sans gluten qu’un fast-food. Et oui... la restauration et la fi-Le marché est juteux et le marketing sait parler à tous les adeptes du manger autrement.PhilosoPhie de vieAvant d’être une mode, manger sans gluten est un impératif pour les per- sonnes atteintes de la ma- ladie cœliaque. « Le gluten met ma santé en danger et je dois le traquer au quotidien en décortiquant les étiquettes de tous lesDans un régime de« raw food » (nourriture crue) avec cuisson inférieure à 48°C,les vitamines et minéraux ne s’altèrent pasles produits d'origine ani- male. Pas uniquement dans l’alimentation, mais aussi dans les produits cosmé- tiques ou vestimentaires. Ce régime alimentaire, qui trouve ses origines dans un rejet de la souffrance animale, les préoccupa- tions environnementales etoù manger avec nos amis tout en respectant nos convictions. A l’époque, nous étions parmi les premiers restaurants ve- gans. Depuis, nous avons ouvert Hank Pizzeria il y a un an et, en fin d’année, nous ouvrons un nouveau Hank Burger », fait savoir82 OctObre - n°44]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[vance de purification en se privant pendant des jours, c’est malveillant pour le corps », alerte la spécialiste, qui n’hé- site pas à parler d’effet de mode rattrapé par le marketing. L’AFDN souligne d’ailleurs qu’« en pharmacie ou en magasins bio, de nombreux produits prolifèrent, qui promettent une véritable liste-inventaire à la Pré- vert : l’élimination des toxines, le repos du tube digestif, le nettoyage et la stimulation du foie, la régénération des cellules, une plus grande vitalité, un meilleur sommeil... ». Ce qui est vrai pour la détox l’est pour toutes les nouvelles modes ali- mentaires qui ne sont plus des marchés de niche. Si le créneau n’a longtemps intéressé que les marques spécialisées comme Soy, Céréal, Bjorg ou Soja- sun, ces dernières sont désormais fortement concurrencées. Tous les industriels se sont en- gouffrés sur ce créneau du « mieux manger ». Fin 2015, Carrefour a lancé sa gamme végétarienne sous le nom Carrefour Vegan. Le distributeur expliquait alors que « cette gamme se compose d’une quinzaine de références imaginées pour répondre aux flexitariens comme aux végétariens, dont 11 conviennent également aux vegans ». De quoi satisfaire tout le monde à tel point que de nou- veaux produits ont été mis en rayon ! L’an dernier, c’était au tour de Fleury Michon de mettre sur le« Les consommateurs ont une attente profonde de naturalité. Ils veulent desrester. Aujourd’hui, ils font très attention à la liste de composition des produitsFlexitariens et végétariens se détournent de la viande mais se reportent sur les produits laitiersparticulier alimentai. est devenue objet de sus- picion et les solutions magiques ont toujours la faveur du public ».L’Air du tempsArt de vivre & PAtrimoineAgnès, co-fondatrice de Hank Restaurant. Sur ce créneau du fast good, qui séduit hors du cercle ve- gan pour la qualité des produits et des recettes, l’enseigne pense se déve- lopper en région dès 2018. Les néo-végétariens se nomment flexitariens. Vous êtes peut-être un flexitarien qui s’ignore, puisque 30% de la popu- lation s’inscrirait dans cette catégorie. « Les flexitariens et les végé- tariens se détournent de la viande, mais se re- portent sur les produits laitiers. Ils consomment notamment des fromages en grande quantité, ce qui a un impact sur le poids. C’est assez paradoxal comme comportement », note Florence Thorez. En fait, un flexitarien consomme principale- ment des légumes, des fruits, des légumineuses, des produits laitiers, des œufs, mais ne s’interdit pas, à l’occasion, de la viande et du poisson. « Les recommandations de la Ligue contre le cancer de ne pas manger plus de 500g de viande rouge par semaine ont un impact certain », estime la dié- téticienne. Mise en lu- mière par des stars améri- caines comme Madonna, Gwyneth Platrow et Demi Moore, la raw food a aussi ses adaptes en France. Ce régime consiste à man- ger des produits bruts, bios et très peu cuits. Les cuissons supérieures à 48°C sont bannies. La raw food a ses avantages et ses inconvénients. « Le cru est plus difficile à di- gérer, mais les vitamines et minéraux ne s’altèrent pas », explique Florence Thorez.RécuPéRation maRketinGLes régimes détox se multiplient également et souvent sur des pé- riodes prolongées. « Moins manger un jour dans la semaine, comme on le pratiquait par le passéavec le vendredi maigre, pas de problème. Mais se lancer dans une mou-marché Côté Végétal et de Herta avec sa gamme Le Bon Végétal.produits plus simples et plus sains car ils veulent être en bonne santé et leet aux informations nutritionnelles », analyse Chloé Defours, conseillère clientèle senior produits alimentaires et boissons chez Kantar TNS. Cette préoccupation d’être en forme et de bien vieillir incite à des changements dans les comportements alimentaires et grossit les rangs des sympathisants de ces nouveaux régimes. La conclusion de l’AFDN sur le phénomène détox, transposable à toutes les tendances alimentaires,démontre bien que ces tendances sont sympto- matiques de notre société : « La volonté de maîtrise, associée au besoin de pu- rification, correspond plus à un phénomène sociétal qu’à un besoin clinique. Toute consommation, enre,83ecoreseau.fr]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[art de vivre & PatrimOineSélection de produits et services raf nés et sophistiqués en toute subjectivitéL’Art du tempsBien-EtreBoss  e Scent Intense ForHim and HerChez lui, les notes de tête stimulantes de gingembre épicé sont intensi ées par l’ajout de cardamome. En note de cœur, on découvre le délicieux fruit du Maninka exotique qui se trouve exacerbé pour produire un maximum d’e et. En note de fond, l’ajout de vanille se mêle à la richesse du cuir pour rehausser la force magnétique du parfum. Il y aindéniablement une irrésistible attraction entre l’homme et la femme Boss, les deux fragrances entrent dans leur univers sensoriel pour laisser une empreinte durable dans le jeu de séduction. Eau de parfum 50 ml 77€* Eau de parfum 100 ml 105€* En exclusivité chez Nocibé. www.hugoboss.com/uk/fragrances/myDetoxTEA : L’atout santéincontournableCréation exclusive mêlant savoir-faire sri-lankaiset propriétés détoxi antes, le thé 100% naturelmyDetoxTEA est la boisson parfaite pour brûler lesgraisses, booster le métabolisme, dégon er du ventreet supprimer les ballonnements. Le thé Oolong de Ceylan favorise l’élimination de l’excès de graisse absorbée. La reine des prés, reconnue pour ses propriétés diurétiques et détoxi antes, lutte contre le surpoids. L’anis et le tilleul favorisent la digestion. Le thym stimule le système immunitaire. La menthe poivrée redonne énergie et tonus. En cure de 14 jours, myDetoxTEA se consomme matin, midi et soir, 30 minutes avant ou après les repas. Prix : 19,99€.www.cellublue.comPanacée, l’exception àportée de soiPhyt’s exprime la quintessence de son savoir-faireà travers un soin ultime, certi é bio, à la texture divinement nutritive et subtilement parfumée. Actionanti-âge global. Plaisir des sens. Naturalité absolue. Le luxe à l’état naturel... Secret de jeunesse inaccessible, dissimulé au cœur d’une prodigieuse formule régénérante, elle puise son inspiration dans les facultés de résistance incomparables de l’Edelweiss soumise à des conditions de vie extrêmes. Pot en verre, contenance 50 ml, prix de vente conseillée 90€.www.phyts.comE cazen, pour êtree cace et zenVanina Taddei crée E cazen pour accompagner autrement les entreprises et répondre auvéritable enjeu de prévention santé et bien-être. Ces conférences et ateliers collectifs de bien-être favorisent la gestion du stress des collaborateurs, en apportant énergie et relaxation, et permet aux entreprises de mettre en place un management bienveillant envers ses employés. Sophrologues, professeurs de yoga, de Pilates, praticiens de Shiatsu et de Do-in, hypnothérapeutes, praticiens PNL, ré exologues, art thérapeutes, praticiens Feng Shui, diététiciens/nutritionnistes, experts en sommeil, ostéopathes viennent animer des ateliers en médecines douces construitssur mesure pour les besoins du client.EvasionNagez avec des requins baleines au Como MaalifushiComo Maalifushi, resort situé sur l’île vierge  aa Atoll aux Maldives, o re désormais à ses hôtes l’opportunitéde se rapprocher des requins baleines dans leur habitat naturel. Como Maalifushi se situe à seulement 20 minutes en bateau d’une aire d’alimentation de requins baleines. Ceux qui le souhaitent peuvent admirer ces créatures majestueuses depuis le pont du bateau, ou nager à leur côté pour les plus aventureux. Cette toute nouvelle expérience aété rendue possible par Ecocean, organisme de recherche à but non lucratif dédié à la sauvegarde des requins baleines et partenaire récent du Como Maalifushi. www.comohotels.com/maalifushiMythique Victoria-JungfrauGrand Hôtel & SpaHôtel 5 étoiles de montagne au cœur des Alpes suisses, adresse de luxe mythique depuis plus de 150 ans, leVictoria-Jungfrau Grand Hotel & Spa possède un charme indé nissable qui en fait un lieu à part. Grand par la taille et par la qualité de service irréprochable, typique de l’hospitalité suisse, il témoigne avec élégance qu’un hôtel de 224 chambres, dont 102 suites et suites junior, peut préserver l’intimité stylée d’une demeure privée. La majesté des sommets alentour, la vue à couper le sou e sur le massif de la Jungfrau depuis les balcons, le prestige immuable du splendide décor... sans oublier les 5500 m2 du Spa Nescens, ses protocoles anti-âge hors normes, sa piscine sublime inspirée des thermes romains et des spas de Budapest, son bain thermo-minéral extérieur, divin pour sedétendre dans les vapeurs bienfaisantes en plein hiver.www.victoria-jungfrau.chL’hymne au Cap corseMisincu paradis sauvage embrassé par une nature dominante, presqu’envoûtante. Celle de la presqu’îledu Cap Corse et ses côtes somptueuses pointant versle continent. Un territoire au patrimoine exceptionnel où villages centenaires, villas et palais du XIXème surplombent la mer et ses villages de pêcheurs. Au cœurdu Cap Corse, l’hôtel 5 étoiles Misíncu fait revivre un lieu unique, tout ici est confort et élégance. Dispersées en un hameau au coeur de 28 hectares, accessibles après avoir traversé un pont et croisé quelques moutons, les 11 villas du Domaine ont l’écorce du Cap Corse. Celles-ci sont complétées par deux restaurants, un Spa nature, la plage... www.hotel-misincu.frAventure & Cocooning en AlaskaEn 19 jours, nous explorons deux des plus belles régions de l’Alaska, une des dernières grandes terres d’aventure à l’état pur. Nous démarrons par la péninsule de Kenai vers Homer et Kachemak Bay. Zénitude, yoga, randonnées, bien-manger durant 4 jours au Stillpoint Lodge, une bulle bien- être avant de décoller en avion de brousse pour le parc national de Lake Clark, où nous cheminonsquatre jours le long d’une côte spectaculaire, à la recherche de l’ours brun. Nous atteignons ensuite la région du fameux parc national Denali, abritant le plus haut sommet éponyme de l’Amérique du nord à 6 190 mètres et observons ours bruns,noirs, élans, loups, mou ons, etc. 4 à 7 participants | 10 950 €* TTCwww.e cazen.frwww.tamera.fr84 OctObre - n°44]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[art de vivre & PatrimOineL’Art du tempsVins & SpiritueuxChâteau La Croix du Casse 2012 (Pomerol)Ce vin ample (88% Merlot, 12% Cabernet Franc) et tout en  nesse est très représentatif du terroir si particulier de Pomerol. La robe est très foncée et brillante. Son nez riche, exprime des notes de fruits rouges. L’attaque en bouche est franche, solide, ronde, relevant des tanins mûrs. Le milieu de bouche démontre un équilibre réussi. La  nale épicée est persistante, d’une belle longueur, toute en fraîcheur où domine encore le fruit. Il accompagnera au mieux : Faisan rôti, Risotto aux tru es, Poêlée de cèpes, Magret de canard au miel. Prix TTC conseillé : 23 euros www.lagrandecave.frBeaune 1er Cru « Clos des Mouches » 2015C’est la présence, aux temps anciens, de ruches sur ce climat surplombant Pommard, qui lui a donné son nom. On parlait alors de « mouches à miel » ... Le « Clos des Mouches » est une des perles de la Bourgogne. Ses notes de  eurs blanches, de miel et de cire pré gurent déjà d’un vin de haut niveau.Sa bouche est racée, ciselée, et d’une longueur incomparable. Après l’avoir dégusté seul, a n d’en apprécier toutes les nuances, mariez-le à un beau poisson ou à une viande blanche à la crème. Environ 90 € chez les cavistes. www.albert-bichot.comLe Ciste 2015 duDomaine LaguerreToujours en recherche de complexité, le vigneron Eric Laguerre assemble pour ce Côtes du Roussillon Blanc marsanne, roussanne, rolle, grenache blanc et maccabeu, rien de moins, le tout en agriculture biologique. Un soin particulier est o ert à cette cuvée de haute volée, dont le caractère premier est laminéralité et dont la deuxième caractéristique est la complexité. Ce vin laisse deviner un grand potentiel d’expression et de garde. On découvre de  nes saveurs de fruits blancs mûrs, d’agrumes gorgés de soleil, d’épices douces et de  eurs sauvages. Un compagnon de choix pour un bar de ligne en coque de gros sel et fenouil, un tartare de poisson blanc aux zestes d’agrumes.Prix public : 17,00 € www.domainelaguerre.comIdole du Château BeauBoisCe Rouge 2013 jouit d’une robe rouge sombre et pourpre. Les 5 cépages Rhodaniens Syrah, Grenache, Mourvèdre, Marselan et Cinsault o rent à ce vin exceptionnel une belle composition: originalité, fraicheur et concentration. Le nez très balsamique évoque la gelée de framboise, la noix de muscade, le clou de giro e. En bouche le cacao et le grain de café dominent puis viennent la mûre, le cassis, la myrtille. Onctueux et frais en bouche la  nale est toute en  nesse. Garde 15 ans. 1 000 bouteilles numérotées. Tarif public au domaine: 36€www.chateau-beaubois.comUn Co ret très green !Bordeaux Vineam, leader discret du bio à Bordeaux avec 6 propriétés, propose un co ret de vins premiums, sans sul tes ajoutés. Château Grillon 2016 AOC Sauternes est un vin très aromatique, aux notes de coing et fruit con t, porté par une bouche ample, souple et charnue. Château Moulin de Saint Vincent 2016 AOC Moulis en Médoc séduit par ses arômes croquants de fruits rouges, sa bouche gourmande et soyeuse. 40€ au domaine www.bordeaux-vineam.frGastronomieLe nouveau Chinon deBaudry-DutourRouge Amaranthe est le nom de la nouvellecuvée créée par le duo chinonais ChristopheBaudry et Jean-Martin Dutour. Elle est élaboréeà partir des raisins d’une sélection de parcellesdes 4 propriétés les plus adaptées à l’expression fruitée du cépage cabernet franc. Sa robe estrouge grenat, son nez gourmand de fruitsrouges frais avec une pointe de réglisse, tendreet gouleyant. SE marie à merveille aux volailles, viandes blanches, fromages de chèvre ou à la cuisine exotique. Prix public conseillé 8,50€ www.baudry-dutour.frChocolats exquis et atypiquesPour se démarquer et séduire les gourmands, Stéphane Roux, fondateur de L’Art Chocolatier,mise sur l’originalité de ses produits, mais aussi sur un fonctionnement collaboratif et sur le développement durable. Au programme : des grands crus originaires du Pérou, des îles Grenades, de Saint Domingue, du Brésil, de Madagascar... Cette créativité se traduit par des parfums originaux, comme les chocolats au piment d’Espelette, à la noix de coco et au citron vert, au thé vert mentheou encore aux épices... et également au travers d’une belle gamme de pralinés, des plus classiques comme le malako , la pistache, la noisette... aux plus originaux comme le maïs ! En n, les plus gourmands peuvent savourer le fameux caramel beurre salé, ainsi que l’incontournable palet d’or.www.art-chocolatier.frLes Rillettes d’Esturgeon au CaviarForte de son expérience et de sa réputation quant à la qualité de ses Rillettes de Canard ou d’Oie, la Maison La tte se diversi e en lançant ses Rillettes d’Esturgeon au Caviar (3,5%). Une autre façon de se faire plaisir en les dégustant fraîches à l’apéritif ou en entrée ... De quoi surprendre vos convives avec un mets ra né et plein de goût ! À retrouver dans les boutiques Prix : 12,00 € le bocalde 80 grammes.www.la tte.frMythiques biscuits rosesVive la guimauveà la framboise !Alliance parfaite entre l’acidité du fruit et la douceur de la guimauve, cette con serie est confectionnée artisanalement et découpée à la main pour un moelleux incomparable. Aérienne, légère etdélicate en bouche, la guimauve à la framboise de laMaison Fouquet est un pur délice à déguster sans modération ! Prix au poids / 100g - 8 €. La guimauve est disponibleégalement à la vanille.www.fouquet.frDeux siècles et demi d’histoire sont racontés à travers un collector, remis au goût du jour par la Maison Fossier. Traditionnellemaison à colombages, la biscuiterie artisanale a été créée en 1756. Aujourd’hui, incontournable ingrédient culinaire, le Biscuit Rose séduit de nombreux gourmets. C’est l’originalitéde cette recette, inchangée depuis plus de 300 ans, qui confère au Biscuit Rose la particularité de ne pas se déliter quand il est trempé dans un verre de vin rouge ou dans une  ûte de champagne. Faîtes plaisir en o rant cette jolie boîte métal collector Maison Fossier - 50g de biscuits roses (30 biscuits) - 11,90 euros.www.fossier.fr86 OctObre - n°44]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[2016DENIS DURANTOUMIS EN BOUTEILLE AU CHATEAUGIP LIBOURNE L ' A B U S D ' A L C O O L E S T D A N G E R E U X P O U R L A S A N T É PHOTO STEPHANE KLEIN]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[art de vivre & PatrimOineL’Art du tempsVins & SpiritueuxChâteau de Chamirey - MercureyRouge 2014 (Côtes Chalonnaise)Ce 100 % Pinot Noir est issu des raisins de 10 petites parcelles villages et 3 parcelles en 1er Cru. Il se pare d’une belle robe rubis cerise limpide et s’exprime au nez sur des notes de fruits mûrs con turés et de sous-bois. D’une grande  nesse avec ses tanins  ns et soyeux, ce Mercurey Rouge développe des notes de fruits acidulés dont la griotte que sa fraicheur sublime. Servi entre 13° & 14 °, il tient son rang sur une côte de bœuf, des fromages tels un Brie de Meaux, un Ossau-Iraty, etc. Tarif TTC : 22,50 eurosRully 1er cru « La Pucelle » 2015Entre Bouzeron et Mercurey, l’AOC Rully est située au nord de la Côte Chalonnaise, idéalement exposée sud-est. Le Chardonnay y trouve un terrain d’expression particulier. En dégustation, sarobe dorée laisse place à un nez de notes minérales et fruitées. Le vin est gourmand, salivant, avec une matière bien équilibrée. Il s’entendra à merveille avec des viandes blanches, poissons ou crustacés, et bien sûr avec des fromages de chèvre. 32€, Le Repaire de Bacchus (boutiques et online). www.domainebelleville.com/fr/www.domaines-devillard.com« Le Graveron » de la Famille BourgeoisCe vin à la robe profonde de couleur rubis aux re ets grenat, présente un nez complexe de petits fruits noirs, de fumet et de caramel frais. Il s’ouvre ensuite sur des notes intenses de fruits rouges, de chocolat et d’épices. L’attaque est fraîche. Les tanins  ns et soyeux confèrent du caractère àce vin qui présente une structure en dentelle. Un ensemble onctueux, à la  nale éclatante sur des notes de fruits rouges chocolatées. Son amplitudearomatique saura relever vos viandes blanches ainsi que vos viandes rouges braisées ou poêlées. Il sublimera volontiers des ris de veau ou un  let de bœuf et sa poêlée de marrons. Prix : 35€ TTC www.henribourgeois.com« Un sommelier dans mon canap’ »L’appellation Crozes-Hermitage revient à Paris pour la deuxième édition d’ « Un sommelier dans mon canap’ » et cette année pour la première fois à Lyon. Du 2 au 28 octobre, novices et amateurs de vin s’o rent des soirées « œnologie » à domicile. On découvre le vin de manière ludique en mode home-sweet-home, entre amis, et on devient un véritable expert de l’AOC Crozes-Hermitage. Que l’on soit novice ou initié, les ateliers proposés s’adaptent à tous les niveaux. Le principe : un canap’, un sommelier et de belles cuvées Crozes-Hermitage pour desapéros sous le signe du partage et de la convivialité ! Ateliers de 1h30, de 4 à 8 personnes.www.unsommelierdansmoncanap.comLe K 2015 (Domaine d’Eole – AOP Côteaux d’Aix)Cette cuvée, comme la première sonorité de son cépage, n’est élaborée que les années où le carignan se su t à lui-même. Après 2007 et 2011, le voici en n de retour ! Ce 100% Carig¬nan au ren¬de¬ment faible (20 hl/ha) est un vin de car¬ac¬tère. Les vignes de 50 ans sont menées en agri¬cul¬ture biologique sur un ter¬roir aride et caill¬ou-teux. Fort de corps et d’esprit, sur¬prenant par l’intensité de son fruit, le K - aux tanins soyeux - o re généreuse¬ment son accent du midi. Opu¬lence et déli¬catesse aigu¬isent les sens. Servi entre 16 et 18°, il aime par¬ti¬c¬ulière¬ment le gigot d’agneau, les gibiers à plumes & les viandes rouges. Tarif TTC : 20 euros www.domainedeole.com.nos-vinsLes déjeuners d’EcoRéseau BusinessConcept : Le nom « Garance » signi e une couleur rouge vif un peu orangé, comme le vin jeune qui com- mence à vieillir. Dès 2016, le res- taurant étoilé commence à recevoir et transformer les produits issus la ferme de Garance. La production ne cessant de croître et de se diversi er, les cuisines de Garance s’appro- visionnent aujourd’hui à 70% de récoltes et de viandes en provenance de la Ferme. Les cuisines de Garances’enrichissent également du travail de petits producteurs et de séjours à l’étranger, comme au Japon, pour rentrer à Paris les valises chargées de jolies trouvailles.Lieu : L’architecte est Gilles Reibell. Plusieurs ambiances cohabitent dans ce lieu intimiste :Au rez-de chaussée, il y a plus de bois, un côté chaleureux et convivial avec la cuisine ouverte sur la Table Primeur. A l’étage, l’ambiance est très lumineuse, la décoration épurée, du béton ciré, avec quelques touches de ce rouge Garance. Les luminaires à l’étage sont des lampes Serge Mouille.Cuisine : La carte change en permanence. En ce moment, par exemple :Salade haricots, haddock et piment du jardinBarbue sauce poulette, pied de mouton et condiment chasselas Dernières fraises, framboises pêche de vigne, crème glacée verveineNotre menu :Entrées : Oignon rôti aux trompettes de la mort et Bresaola, cèpes, sauce à la levure. Préssé d’entrecôte au foie gras grillé, crème au raifort, oseille.Plat : Bœuf du limousin, ravioli d’aubergine frit et petits farçis de la fermeDesserts : Chocolat, coulis de pivron rouge, tomate con te, sorbet aux  gues. Pêche de vigne, crème fouétée au miel, framboise, glace à la menthe.Tarifs : Menu déjeuner 39 euros : entrée, plat, dessert Adresse : 34 Rue Saint-Dominique, 75007 Paris www.garance-saintdominique.frCe mois-ci, nous avons testé pour vous Garance, un étoilé à la ferme88 OctObre - n°44]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[art de vivre & PatrimOineL’Art du tempsLa Meister Pilot de JunghansCe nouveau garde-temps, inspiré des instruments de bord des avions, s’inscrit parfaitement dans la tradition des montres d’aviateur de Junghans initiée dans les années 30. La Meister Pilot est protégée contre les chocs et les turbulences par le revêtement résistant DLC qui rend le design d’autant plus original. Mouvement automatique J880.4 avec réserve de marche jusqu’à38 heures, Chronoscope avec stop seconde centralet compteur 30 minutes, boitier en acier 43,3mm avec revêtement DLC, verre saphir bombé traité antire et double face, revêtement luminescent, bracelet cuir & boucle ardillon, étanche à 100 mètres. Prix : 2 440 €www.junghans.de/fr.html« Her Time » d’ OmegaDécouvrez pour la première fois à Paris, l’histoire des montres femmes Omega dans une très belle rétrospective baptisée « Her Time ». Déjà présentée à Milan, à Moscou et en Asie, elle retrace l’évolution des montres pour femme, depuis les premiers pendentifs Lépine jusqu’à l’emblématique Ladymatic. Sont notamment présentées des montres bijoux « secrètes », ces joyaux portés en toute discrétion à une époque où les femmes risquaient de paraître impolies si elles regardaient leur montre. Les visiteurs pourront également découvrir de nombreuses illustrations et publicités vintage de la Maison. Des images quicapturent l’essence des femmes à travers le temps, les modes et les styles de vie. Jusqu’au 16 octobre : Jardins de l’hôtel de Sully de 9h à 19h 62 Rue Saint Antoine Paris 4ème Entrée librewww.omegawatches.com/fr/www.rado.comPierres  orales chez GringoireGracieuse et poétique, la ligne « Rose » de la collection Gem, met en vedette une belle pierre de centre, taillée pour donner vie à une  eur précieuse. Facettée suivant une ligne géométrique novatrice, elle re ète subtilement une rose en éclosion. Déclinés en bagues, boucles d’oreilles,colliers et pendentifs, ces bijoux, ornés d’une imposante améthyste rose de France ou d’un majestueux quartz vert, a chent une douce féminité d’où jaillit un parfum  oral éternel. Brillant de mille feux, ils imposent leur di érence par une forme asymétrique, soulignée de diamants. Bague Rose avec quartz vert et diamants : 2 990 € www.h-gringoire.frHorlogerie & JoaillerieRado HyperChrome Captain CookL’horloger suisse Rado poursuit sa quête du rétro en relançant sa collection Captain Cook vintage inspirée des années 60. Cette collection tient son nom du célèbre explorateur britannique du XVIIIe siècle, le capitaine James Cook. Avec ses index surdimensionnés, ses épaisses aiguilles en  èche et sa lunette rotative en céramique haute technologie et acier ou carbone, le style de la Captain Cook est résolument ludique. Côté femme, le cadran légèrement surélevé couleur argent est incrusté de huit diamants Top Wesselton. La lunette en céramique haute technologie blanche et le bracelet en maille milanaise métallique  ne apportent une touche chic et sportive. Prix de vente conseillé : 2290 eurosDouceur d’un Poncho en cachemirePoncho Gallery, c’est l’histoire de 2 sœurs, Sophie et Lole, 2inséparables reliées par un  l invisible... de cachemire. Créée en 2010,la marque cultive une certaine idée du luxe et décline le cachemiresur tous les tons. Ensemble, elles voguent sur la tendance du slowfashion, et c’est en Mongolie à plus de 4000 mètres d’altitude qu’elles trouvent les chèvres qui produisent leur cachemire. Chaque pièceest authentique, unique, et confectionnée avec soin dans un atelierà l’Île Maurice et fait l’objet d’un savoir-faire artisanal. Chez Poncho Gallery, le cachemire se porte de manière singulière, sur un mode non conventionnel et toujours très personnel. Le Poncho à partir de 450 euros. www.ponchogallery.com/frDes lunettes bijoux pourhommesLa marque John Dalia est née en 2011 de la conviction qu’une paire de lunettes doit être bien plus qu’un accessoire. Le styliste et fondateur de la maison John Dalia pense joaillerie, du dessin à la fabrication de ses modèles, avec comme maîtres-mots élégance, exigence et exclusivité. Une méthode de fabrication artisanale100% française à la production intime mais également par l’utilisation de matériaux précieux comme l’or jaune, rose, blanc et noir. A partir de 420 euros. johndalia.comLe teddy, incontournabledès l’automneMilady, Maison de haute fourrure, dévoile sa nouvelle collection soigneusement travaillée alliant confort et modernité, légèreté et élégance. Depuis 1933, Miladyse caractérise par un savoir-faire traditionnel et une qualité exceptionnelle. Le must : le teddy, sport et très chic ! En Rex : à partir de 1490 euros. En Vison : à partir de 3900 euros. www.miladyparis.comChaque enfant est unique !Alice à Paris présente ses incontournables de l’hiver pour garçons et  lles de 3 mois à 12 ans. Chaque pièce reprend quelques détailsimportants qui font toute la di érence! Pour la veste, plis creux dans le dos, doublure à imprimé  euri et poches pour un confort incomparable au quotidien.Pour le bombers des poches passepoilées sur le devant et à l’intérieur une doublure à carreaux qui lui donne une touche preppy chic.  Blouson Bombers à 59 € en gabardine de coton avec un zip sur le devant. www.aliceaparis.frMode &Accessoires90 OctObre - n°44]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[2016]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[art de vivre & PatrimOineL’Art du temps - L’Actualité automobileeSSaiS & tendanceSPar Philippe FlamandLa nouvelle Opel Insignia monte en gammeLe vaisseau amiral d’Opel est une grande familiale routière qui cherche à titiller les cadors germaniques du segment. En jouant notamment sur le registre esthétique.L’Opel Insignia incarne depuis son origine, en 2008, la grande routière familiale par excellence, dotée d’un coffre immense, d’un confort et d’un espace passagers raisonnables, d’une mécanique satisfaisante, d’un équipement généreux, le tout réservant un plaisir de conduite appréciable.La deuxième génération présentée à Genève cette année et qui arrive aujourd’hui sur nos routes ne renie rien de toutes ces qualités. Elle y ajoute un superbe coup de crayon pour un design encore plus af rmé dans la catégorie des berlines coupées façon Mercedes CLS ou nouvelle Volkswagen Arteon, avec notamment une très belle face avant.Plus large (3 cm) et plus longue (5,5 cm) que sa devan- cière, l’Insignia 2017 est un grand véhicule en berline, Grand Sport (4,90 m) dotée d’un immense coffre (490 litres), ou en break, Sport Tourer (4,99 m).Elle monte indéniablement en gamme par rapport à sadevancière tant sur le plan de la  nition que de l’équi- pement avec, de série ou en option (selon le niveau de  nition), le nec plus ultra de la technologie automobile d’aujourd’hui, notamment pour les aides à la conduite avec entre autres : sièges chauffants avant ET arrière, ventilés à l’avant (mais seul celui du conducteur dispose de réglage électrique et de massage, mesquin !), phares intelligents, régulateur de vitesse adaptatif, af chage tête haute projeté dans le pare-brise, point d’accès WI-FI4G, etc.Reste que l’ensemble demeure perfectible pour l’ergonomiedes commandes, le confort des passagers notamment à l’arrière où l’espace est encombré par un immense tunnel de transmission (bizarre pour une traction !) et la pleine maîtrise de certains bonus de confort à l’exemple des constructeurs coréens (le siège conducteur peut reculer quand on sort du véhicule mais il ne revient pas en place quand on s’assoit au volant, insupportable !). Rien à dire sur le plan mécanique. Essayée avec le mo- teur essence 1,5 litre turbo de 165 chevaux couplé à une boîte auto à 6 rapports (une boîte 8 est disponible avec les moteurs 2 litres), l’Insignia assure et se montre suf-  samment puissante et réactive en toutes circonstances.Agréable sur de longs parcours.Modèle essayé : Opel Insignia Grand Sport Elite 1.5 Turbo 165 ch. Tarif : à partir de 35700 euros. Tarifs gamme essence à partir de 27150 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 31350 euros.Opel Crossland X : la très bonne surpriseLe nouveau SUV urbain d’Opel se révèle extrêmement agréable à l’usage. Facile à conduire, confortable, spacieux, il est aussi à l’aise sur routes qu’en ville.De prime abord, le Crossland X intrigue. Ni totalement SUV ni réel mo- nospace, le remplaçant du Meriva roule sur les platebandes du Renault Captur. Et à l’usage, ce petit véhicule urbain qui ne dédaigne pas les grands trajets routiers se révèle fort agréable à conduire. Confortable, bien  ni, très bien équipé, spacieux avec un grand coffre, il se révèle d’une grande simplicité d’utilisation et d’un fort pouvoir anti-stress. Sonmoteur 1.6 diesel de 99 chevaux couplé à une boîte manuelle à 5 rapports (une 6e vitesse ne serait toutefois par super-  ue) est tonique et endurant dans unegrande sobriété.Au  nal ce Cross- land X, bien supé- rieur au décevant petit Karl, et plus agréable que son frère Mokka, se révèle un parfait véhicule polyvalent dont la carrièrecommerciale devrait logiquement être couronnée de succès.Premier rejeton de l’alliance avec PSA construit sur une plateforme fran- çaise, il hérite également du moteur essence 3 cylindres sochalien (« Pu- retech » chez Peugeot) de 130 chevaux de bonne réputation. Il sera suivi dans quelques semaines par le Grandland X, clone de la Peugeot 3008.Modèle essayé : Opel Crossland X Edition 1.6 disel 99ch BVM5. Tarif : à partir de 21150 euros. Tarifs gamme essence à partir de 18300 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 21150 euros.Le Kodiaq ouvre une nouvelle ère chez SkodaLe grand SUV réussit avec brio son arrivée sur nos routes en éclaireur d’une nouvelle offre du constructeur tchèque, qui se déclinera bientôt sur le segment compact avec le Karoq.C’est le premier véritable SUV du construc- teur tchèque, abstraction faite du Yeti qui n’a pas toujours convaincu. Cette fois–ci Skoda joue dans la cour des grands avec ce véhicule à vocation familiale et routière. Construit sur la base de la plateforme MQB du Tiguan et du Seat Ateca, le Kodiaq (dont le patronyme vient d’un ours brun d’Alaska) est plus long (4,70 m) de 21 centimètres que le SUV de Volkswagen. Il propose ainsi en option une troisième rangée de siègesamovibles, un coffre immense (de 720 à 2065 litres) avec ouverture du hayon par un mouvement du pied (remarquable d’ef cacité), une banquette inclinable et coulissante, et un espace arrière comparable à celui d’un Audi Q7 (familial vous disait-on...). Les gènes de l’immense Skoda Superb ne sont pas loin...Comme toujours chez Skoda la copie est parfaite, ou presque : confort, qualité de  ni- tion, ergonomie des commandes, plaisir de conduite avec le moteur diesel 2 litres TDI de 150 chevaux, équipement (magni que toit ouvrant en verre panoramique...). Seuls petits bémols, l’absence d’un af chage tête haute, d’un système de stationnement au- tomatique, de commutation automatique des phares et du virtual cockpit. Mais celui-ci sera disponible en  n d’année, tout comme la  nition haut de gamme Laurin et Klément. Côté astuces, à noter les parapluies dissimulés dans les portière avant et le système de protection des arêtes de portes qui se déploie à l’ouverture pour amortir les chocs. Disponible en deux roues motrices ou en transmission intégrale permanente, le Kodiaq sera rejoint dans quelques mois par le Karoq, un SUV compact présenté au salon de Francfort en septembre et dont nous aurons l’occasion de reparler.Modèle essayé : Skoda Kodiaq 2.0 TDI 150 4X4. Tarif : à partir de 39450 euros. Tarifs gamme essence à partir de 24950 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 32050 euros.92 OctObre - n°44]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre  nance de marchéArt de vivre & PAtrimoineBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant les marchés  nanciers où le particulier peut investirLe chiffre du mois3,8milliards de dollarsc’est le montant total collecté par les Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) sur les six premiers mois de l’année 2017, selon l’Associa- tion française des sociétés de placements immobiliers (ASPIM). Un record !90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 la sPéculation du moisPortzamparc donne un tuyau sur  ermadorOct NovDec 2017Fév MarAvr Mai JuinJuilletAoût SeptPortzamparc a relevé ce matin son conseil sur l’action Thermador Groupe après l’annonce du rachat de Sodeco Valves. L’analyste recommandait auparavant de conserver le titre. L’objectif de cours associé est légèrement relevé de 105 à 108 euros (+2,8%). Selon Port- zamparc, cette opération va permettre au groupe de distribution de plomberie d’accélérer son développement hors de France, la cible disposant d’un entrepôt en Belgique qui réduira les délais de livraison dans la région. Le tout en accédant à d’autres marques de produits. l’actu maRché du moisMarchés  nanciers : gare à la bulleFaut-il croire à la bulle ? Selon l’Autorité européenne des marchés  nanciers (ESMA), c’est en tout cas un risque à prendre sérieusement en compte. Dans un rapport sur lestendances, les risques et les vulné- rabilités, l’institution tire la sonnette d’alarme. Selon elle, la faiblesse des taux d’intérêt, couplée aux incerti- tudes politiques telles que le Brexit, ont conduit à la formation de bulles dans certaines catégories d’actifs. Ellemet en garde contre un risque de revalorisation du prix de ces actifs, qui se situent à leurs plus hauts niveaux en raison de cette incertitude.Assurance-vie, PEL : à ouvrir avant la  n de l’annéeBruno Le Maire, ministre de l'Économie, a annoncé que les intérêts des Plans épargne-logement (PEL) ouverts àpartir du 1er janvier 2018 seront soumis à un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%. Et ce, dès la première année. Il en sera de même pour les contrats d'assurance vie au-delà de 150000 euros d'encours nets, pour une personne seule. Comme l'a souligné le Ministre, le PFU s'appliquera aux intérêts, aux dividendes et aux plus-values de cessionde valeurs mobilières. En conséquence, il a con rmé, qu'enmatière d'assurance-vie, le prélèvement de 30% s'applique- rait au-delà de 150000 euros d'encours nets, tous contrats confondus, pour une personne seule et 300000 euros pour un couple. En-dessous de ces plafonds, les détenteurs de contrats d'assurance-vie n'ont aucune raison de s'inquiéter. Rien ne change pour les revenus produits par les versements antérieurs à la réforme, quel que soit leur montant.Bitcoin : les arbres montent-ils jusqu’au ciel ?Le bitcoin est une "fraude" qui va exploser en vol, a af rmé mardi Jamie Dimon, le patron de la banque JPMorgan Chase & Co. Selon l’in uent banquier, « cette monnaie ne va pas marcher. On ne peut pas avoir un système où des genscréent une monnaie avec du vent et penser que les gens qui l’achètent sont vraiment malins », a-t-il estimé lors d’une conférence à New York. Et pourtant... la crypto-monnaie a franchi cet été le seuil des 3000puis des 4000 dollars. Un parcours remarquable, alors que le tout premier bitcoin a été miné en 2009. Aujourd’hui, huit ans après, 16 millions de bitcoins s’échangent sur les réseaux. Contrairement à Jamie Dimon, certains analystes s’attendent à ce que la valeur du bitcoin dépasse la barre des 6000 dollars d’ici un an... les plus optimistes anticipent même des variations encore plus folles : jusqu’à 10000 ou 15000 dollars. A suivre ! le coin des exPeRtsCholet Dupont toujours con ant sur les actionsCholet Dupont continue de surpondérer les actions à court et moyen terme. La société de gestion annonce qu'elle a légèrement augmenté son allocation pour pro ter des replis actuels des actions en zone euro. Le gestionnaire d'actifs observe le même positionnement sur les actions asiatiques, et revient à une position neutre sur les actions japonaises. Cholet Dupont reste par ailleurs à sous-pondérer à court terme concernant les actions américaines non couvertes du risque de change, adoptant une position neutre à moyen terme. Le broker surpondère par ailleurs toujours les Bourses européennes à moyen terme. Sur le front des autres classes d'actifs, Cholet Dupont maintient une position neutre sur le dollar à court terme mais surpondère l'euro à moyen terme. « Toutefois, après la forte hausse récente de l'euro, un retour vers le niveau de 1.15 semble possible. Cela donnerait l'occasion de couvrir des positions en actions et en obligations face au risque de baisse du dollar à moyen terme », remarque Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d'investissement de Cholet Dupont.Pictet mise sur les obligations du Trésor américainPictet Asset Management surpondère les obligations du Trésor américain, indique le gérant dans une récente note. Selon Pictet, la Réserve fédérale américaine se trouve confrontée à un dilemme. Le gestionnaire estime qu'il sera dif cile à la Fed d'ignorer la baisse substantielle de l'inflation américaine alors qu'elle envisage un nouveau tour de vis monétaire. Il estime par ailleurs que la chute des indicateurs avancés des Etats-Unis et le fléchissement des statistiques économiques devraient renforcer la prudence de la banque centrale. Pictet AM ajoute que jusqu'à une date récente, les marchés obligataires anticipaient largement un relèvement des taux en décembre. « On s'attend désormais à une approche moins offensive des autorités monétaires – une position renforcée par les récents commentaires de Janet Yellen et par la faiblesse des prêts aux ménages et aux entreprises », écrit-ilHSBC prudent pour la  n de l'annéeLes marchés actions mondiaux devraient marquer le pas, voire reculer un peu, d'ici la  n de cette année, estime HSBC dans une note. Ce qui n'exclut pas un rebond en 2018 avec un potentiel de hausse moyen de 6%, ajoute l'analyste. HSBC constate que la progression des marchés actions depuis le début de l'année, proche de 15%, a été bien supérieure à ses prévisions (+4%), expliquant ce décalage par l'accélération des béné ces et l'amélioration des multiples de valorisation. Selon HSBC, ce mouvement a été favorisé par la lenteur du resserrement de la politique monétaire américaine et la baisse des rendements longs. Anticipant une seule hausse de taux supplémentaire aux Etats-Unis en 2018, HSBC prévoit que « les multiples de valorisation resteront bien soutenus », mais ajoute qu' « il est dif cile de trouver un catalyseur pour une poursuite marquée de la hausse à court terme ». Pour la banque, les investisseurs devront faire face à trois risques importants aux Etats-Unis au cours des prochains mois : un possible "shutdown" des administrations fédérales, le relèvement du plafond de la dette publique et le début de la réduction du bilan de la Réserve fédérale, un "resserrement quantitatif" sans précédent, souligne-t-elle.ecoreseau.fr 93]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[art de vivre & PatrimOineBaromètre patrimoine l’actu PatRimoine du moisLe gouvernement gèle le taux du livret ALe gouvernement a annoncé geler le taux du livret A pendant au moins un an, voire deux. Une déci- sion qui laisserait donc ce produit d’épargne à untaux de 0,75%, déjà gelé depuis deux ans. Cette décision s’explique par la vo- lonté de sécuriser la rémunération de ce placement, mais elle fait débat. Certaines voix s’élèvent, en ef- fet, pour dire que le mode de calcul initialdu livret A aurait dû voir remonter celui-ci à 1% dès cet été, juste avant le gel prévu par le gouvernement. Une décision qui va cependant dans le sens de la poli- tique de ce dernier, à savoir réorienter l’épargne vers la création de valeur.Taxe d’habitation : chose promise, chose dueC’est effectif, le gouvernement a lancé son pro-gramme de réduction de la taxe d’habitation pour une partie des Français. Durant la campagne présiden- tielle, Emmanuel Macron avait promis de supprimer la taxe d’habitation pour 80% des Français. Ce sera  nalement une réduction plus mesurée qui verra lejour dès 2018. Eta- lée sur trois ans, elle  xera un pla- fond d’exonération à 27000 euros pour un célibataire, puis 8000 euros pour les deux de- mi-parts suivanteset encore 6000 euros pour toute demi-part supplé- mentaire. Dès 2018, les foyers concernés verront leur taxe d’habitation baisser d’un tiers, un tiers supplé- mentaire sera exonéré en 2019, avant que l’exonéra- tion ne devienne totale en 2020.Changement de  scalité pour les revenus fonciersLe ministre de l’Economie Bruno Le Maire a an- noncé début septembre que la plupart des revenus issus du capital se-ront à présent taxésvia le Prélèvementforfaitaire unique(PFU), de 30%. Se-ront concernés lesintérêts, dividendeset plus-values decession de valeursmobilières. Les livrets A, LDD, épargne salariale, ou encore les produits investis en action seront pour leur part épargnés.Brèves, actus et chiffres du mois concernant d’éventuels placements patrimoniaux pour le particulierLe chiffre du mois1,7 point’est la hausse prévue par le gouvernement de la Contribution Sociale Généralisée, la fameuse CSG. Seront concernés toutes les personnes qui perçoivent un revenu déjà assujetti à cette fameuse contribution, à savoir les salaires, bien sûr, mais aussi les pensions de retraite, les revenus de capi- taux mobiliers, les revenus fonciers, sans oublier les revenus des indépendants et le traitement des fonctionnaires. Une hausse qui va donc s’adresser à tout le monde ou presque, seuls les chômeurs et retraités aux revenus modestes ne seront pas concernés, mais qui aura pour compensation la dispari- tion des cotisations maladie et chômage sur la  che de paie. Concernant les travailleurs indépendants, la compensation n’est pas encore dé nie mais est inclue dans un plan proposé par le gouvernement ayant pour but de réduire leurs cotisations sociales. Dans l’ensemble, les salariés devraient voir leur salaire brut augmenter légèrement. Et pas d’inquiétude, le gouvernement a indiqué que la hausse de la CSG serait déductible de l’impôt sur le revenu.Focus suR...l’investissement dans les montRes !1 000 000 eurosC’est à ce prix que s’est vendue une montre Rolex Oyster Daytona « Paul Newman », datée de 1969, en 2013. Ce modèle fait partie des fa- voris des collectionneurs et investisseurs ; un autre modèle de la même année s’est, lui, adju- gé en 2014 à 336000 euros.Comme le montrent ces chiffres, investir dans les montres peut s’avérer rentable pour les investisseurs avérés. Il y en a pour tous les budgets, même si les « classiques », à savoir les montres d’exception, voient leurs prix gé- néralement dépasser les 20000 euros. Atten- tion cependant à conserver les montres dans un état parfait, car la moindre rayure peut faire perdre à la montre jusqu’à 20% de sa valeur. Le bracelet peut également valoir son pesant d’or s’il est d’origine. Des sites spécia- lisés comme lacotedesmontres.com, ou encore chrono24.fr proposent une information détail- lée à tout investisseur désireux de se lancer dans l’achat d’une montre. Et si parmi vous se cachent des passionnés, sachez que la véri- table Rolex Daytona portée par Paul Newman, celle qui a rendu ce modèle si mythique, sera en vente à New York le 26 octobre au sein de la maison de vente Phillips. Une vente qui risque bien de dépasser le million d’euros.94A PAS DE GÉRANTS : Placer son argent sans intermédiaire, c’est le pari de ce e start-up !S’il fallait absolument passer par un gestionnaire de patrimoine pour avoir accès à certains produits  nanciers, les choses sont en train de changer avec le numérique et mieuxplacer.com. Décryptage de son fondateur et CEO, Guillaume-Olivier Doré.Pourquoi avoir lancé mieuxplacer.com ?Il n’y a, à ce jour, pas d’outils qui permettent aux néo- phytes de la  nance de gérer leurs propres placements. L’évolution du secteur des Fintechs et les nouvelles technologies font qu’il est possible de simpli er la ges- tion de ses placements. C’est ce que nous avons voulu proposer sur mieuxplacer.com.Comment cela fonctionne-t-il ?Nous avons mis en place un outil de pro lage, a n d’af ner le pro l de chacun des clients pour lui donner une vision à 360 degrés de tout ce qu’il pourrait faire. Le but est de mieux comprendre son pro l, et ensuite de le conseiller a n qu’il puisse tenir ses objectifs pa- trimoniaux. En parallèle nous avons développé un outil d’intelligence augmentée qui va aller sélectionner le produit le plus adapté au pro l du client. Cet outil est dynamique et réadapte les portefeuilles pour qu’ils cor- respondent aux besoins de ce dernier.A qui cela s’adresse-t-il ?de 100 . Une fois connectés, les clients sont totalement libres. Libres de ne pas utiliser l’outil, libres de chercher un produit spéci que, et libres de partir quand ils le sou- haitent. Ils ont également la liberté de supprimer toutes les données les concernant à tout moment.Combien coûte de placer sonargent via mieuxplacer.com ?Pour le client, c’est gratuit, ou alors à des coûts peu éle- vés. Nous fonctionnons sur un modèle simple, d’un côté nous vivons des primes de référencement et de volume versés par les fonds, mais nous faisons également de manière transparente de la collecte de données anony- misées que nous monétisons par la suite. Ainsi, le client a accès à la plateforme en échange de nous laisser utili- ser ses données pour faire du pro lage. Je précise qu’il existe également dans ce métier des primes versées par les fonds, aux distributeurs, sur le capital investi, mais sur mieuxplacer.com nous reversons ces dernières au client.Mieuxplacer.com a ouvert le 28 septembre.Il n’y a pas de ticket d’entrée, l’accès se fait à partirOctObre - n°44]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[Financement dépendanceArt de vivre & PAtrimoineFocus sur un placement ou investissement a n d’analyser les tendances et évolutionsAnticipation de la dépendance et perte d’autonomie Winter is coming...La perte d’autonomie et la dépendance sont des enjeux majeurs de santé publique. Et il reste beaucoup à faire.Par Jean-Marie Benoistcelle-ci s’avère le plus souvent insuf sante pour couvrir les besoins : une personne âgée aux minima sociaux recevra au maximum 1 800 euros par mois. Si les aides sont déjà, aujourd’hui, insuf santes, qu’en sera-t-il dans 20 ans ?les assuRances déPendance encoRe timidesFace à ce constat, il ne reste véritablement qu’une seule solution pour se prémunir :Delanney. Et surtout, les assureurs sont confrontés à un manque de visibilité : avec les pathologies neuro- dégénératives (Parkinson, Alzheimer...), notamment, la lisibilité du risque est com- plexe. » Malgré ces obstacles, un certain nombre d’acteurs se sont lancés : Maif (Praxis), Macif (Garantie Autono- mie), MAAF (Aviseo), Crédit Agricole (Vers l’Autono- mie), Aviva (Aviva Capital Dépendance), Groupamaà la complexité du marché, au manque de connaissance sur le sujet, et aussi parce que les gens pensent être déjà couverts, que ce soit par leur mutuelle ou par l’État. Cependant, sous la pression de certains acteurs du secteur et d’associations, le marché devrait se développer, en partie parce que l’État, à cours d’argent et ne pouvant pas augmenter les impôts, n’a pas vraiment le choix. « Une possibilité – que nousdéfendons – est de dé nir un montant de revenu au-delà duquel chacun serait responsable de pré- venir sa dépendance par un système de mutuelle et d’assurance », décrit Jérôme Ripoll.aideR les aidantsTout ceci ne constitue qu’une face du problème. Il ne suf t pas de se pré- munir contre sa possible perte d’autonomie : il faut aussi envisager lapossibilité de gérer celle d’un proche. Et là encore, la situation n’est pas très en- courageante. On estime qu’il y a, en France, 8,5 millions d’aidants familiaux, dont 4,3 millions s’occupant de personnes en perte d’auto- nomie. Leur pro l moyen : une salariée de 52 ans... « Les aidants ne s’identi- fient pas comme tels : ils se considèrent comme des parents, conjoints... Et de la même façon, ils vont avoir tendance à ne pas prendre soin d’eux-mêmes, voire à s’isoler, alors qu’être aidant représente une lourde charge émotionnelle, psychologique et physique », décrit Do- minique Fauque, directeur des opérations solidaires du service des activités sociales d’Humanis. Et pourtant, ilsont besoin d’aide. Ils s’oc- cupent de tout – hébergement, aide  nancière... -, mais ne reçoivent rien, ou pas grand- chose. Près d’un aidant fami- lial sur deux utilise ses jours de repos pour s’occuper de la personne dépendante ; et une énorme majorité font état d’une perte de vie sociale et familiale. Ils ne connaissent pas les démarches, ni les aides existantes, et l’infor- mation est dispersée et peu disséminée. L’État a créé un statut de « proche aidant », et a notamment prévu des congés pour répit, mais ils sont sans solde... Plus ré- cemment, un don de RTT et un don de formation ont été mis en place, mais c’est encore bien insuf sant. Heu- reusement, pour trouver des soutiens, les aidants peuvent se tourner vers le secteur privé. Par exemple, « nous avons construit un site web – essentiel-autonomie – qui rassemble toutes les informa- tions utiles, de façon orga- nisée, et qui guide de façon simple le visiteur vers les démarches qu’il doit effectuer, lui fournit les formulaires, les listes des établissements appropriés... », décrit Isabelle Blaevoet, directeur de l’inno- vation sociale du service des activités sociales d’Humanis. SPB Family, quant à elle, s’est lancée dans un duo site web – application mobile, appelé l’Atelier des Aidants, là aussi pour informer et proposer des services... ainsi qu’une assurance (portée par Ora- déa), unique en son genre, à destination des aidants, qui offre des aides (admi- nistratives et  nancières), du soutien, de la formation, et surtout assur.e, en cas par exemple d’hospitalisation de l’aidant, que l’aidé continuera d’être soutenu.Le constat est alarmant : la population de per- sonnes âgées souffrant de perte d’autonomie s’élève déjà à 1,2 millions, selon l’Insee et la Drees. Et d’ici 2050, ils seront plus de 2 millions... soit près du tiers de la population de plus de 60 ans. Autant dire que tout le monde, statistiquement, est concerné par la perte d’auto- nomie et de dépendance, que ce soit par la sienne propre ou par celle d’un membre de sa famille. Malheureusement, par manque d’information, peu de personnes se préparent à l’affronter.labyRinthe administRatiF« Beaucoup s’imaginent que l’État prend tout en charge, décrit Isabelle Delanney, présidente de SPB Family. Or c’est loin d’être le cas, et–apriori–celeserade moins en moins... Mais ce n’est pas connu. Il y a un fort besoin de communication sur ce qui est pris en charge, ce qui ne l’est pas, et sur ce qu’est la perte d’autonomie et comment la gérer... » Et malheureusement, la situation actuelle n’est pas vraiment enthousiasmante. La perte d’autonomie est gérée au niveau du département, et les démarches sont loin d’être simples. Pour béné cier des aides, il faut être reconnu comme en perte d’autono- mie, ce qui fait l’objet d’une inspection (délai : entre 4 à 8 mois), qui attribue également un degré de perte – appelé Gir, et gradué de 4 (légère) à 1 (générale) -, inspection quidoit être renouvelée quand la situation évolue, ce qui est toujours le cas... Et il faut penser à organiser l’as- sistance. « Les Ehpads ne constituent qu’une partie de la solution : ils coûtent cher, et ne conviennent qu’aux per- sonnes classée Gir 3 ou4;encasdegrande dépendance, l’accueil s’effectue dans des uni-tés de soin de longue durée, et on en comptetout au plus une à deuxpar département », souligne Jérôme Ri-poll, président de l’association France Dépendance. De fait, l’hospitalisation au do- micile est largement fa- vorisée, y compris parles personnes dépen- dantes elles-mêmes.Et la bonne nouvelle, c’est que pour le coup, l’État fait beaucoup. Par exemple, la Sécurité Sociale peut prendre en charge un lit médicalisé, une chaise percée, etc. ; ellele secteur privé. Il existe quelques produits, mais le choix est encore mince, et peu évident à lire. Ils payent peu, de façon variable, sont à fond perdu (la rente ne se(Groupama Autonomie), ou encore des mutuelles comme Humanis (Capital Dépen- dance et Rente Dépendance). Un label (GAD Assurance dépendance) a été créé, pourCeux qui anticipent ces temps dif ciles ont encore des pro ls assez rares...Peu de produits souscrits, à cause de la complexité du marché, du manque de connaissance du sujet, et de la croyance d’être déjà couvert parcouvre également (grâce au SIAD, Soins Infirmiers à Domicile) trois visites quo- tidiennes. Tout cela coûte de l’argent – beaucoup d’argent. Un mois en Ehpad coûte – au bas mot – 3 000 euros... Et si l’État offre bien une aide – l’APA, l’Allocation Personnalisée d’Autonomie -,la mutuelle ou l’Étatdéclenche qu’en cas de perte d’autonomie) et il n’existe pas de contrat-type, ce qui rend la comparaison dif cile. En fait, « les taux techniques bas de l’assurance ne favorisent pas le développement d’un produit centré sur la dépen- dance ; par lui-même, il est dé citaire, souligne Isabelleuni er les termes employés et certaines prestations, ce qui rend le marché plus lisible. Il existe même aujourd’hui des comparateurs sur le web. Malgré ces progrès, ces pro- duits restent très peu souscrits – 1,6 millions de contrats à  n 2014 – ce qui les grève considérablement. La fauteecoreseau.fr 95]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[exPreSSiOnSTribune libre« Le CDI de projet sonne comme une évidence »Par Emmanuel Stanislas Fondateur du cabinet derecrutement ClémentineLe nouveau contrat de travail qu’envisage de faire passer le président Macron ne sert pas seulement les patrons en recherche de flexibilité, c’est surtout une réponse à lamutation du marché de l’emploi et une direction donnée aux salariés en quête de sens.Dans ce projet de loi porté par la ministre du Travail Muriel Pénicaud, le point qui cristallise toutes les attentions est le CDI de projet, une généralisation du CDI de chantier bien connu dans le BTP. Un compromis entre CDI et CDD dont l’objectif est de favoriser la flexibilité de l’embauche et du licenciement, en se basant sur les projets de l’entreprise, donc sur ses besoins réels.Une évidence pour coller au monde d’aujourd’huiLe monde a changé en 30 ans, mais le CDI et le CDD sont restés les mêmes, rigides, ni l’un ni l’autre ne convenant réellement aux entreprises d’aujourd’hui. Les gouvernements successifs ont mis en place des palliatifs, un exemple récent étant la rupture conventionnelle qui remporte un vif succès, libérant plus facilement patrons et salariés prisonniers du carcan strict et  gé du CDI, et rééquilibrant leur rapport de force.Comme il paraît impensable de briser d’un seul coup ce sacro-saint CDI, il est donc nécessaire de passer par un nouveau palliatif faisant évoluer la situation progressivement. Le CDI de projet n’est peut-être pas la réponse idéale à tous les secteurs, d’où les négociations prévues par branche, mais dans la nouvelle économie du digital, des services innovants, des start-up, des Millenials et des cadres supérieurs cherchant un sens à leur travail, cette idée de nouveau CDI est plus que bienvenue, elle sonne comme une évidence.Les start-up, et de manière plus globale les entreprises du numérique, ne sauraient être représentatives de l’en- semble de l’emploi en France, c’est certain, mais font tout de même  gure de modèles avant-gardistes tournés vers l’avenir, que nous pouvons prendre comme exemple. Dans ces entreprises du digital et de l’IT, le travail est de plus en plus organisé en « mode projet » avec un objectif précis, une durée plus ou moins dé nie et la constitution d’une équipe où chacun a son rôle à jouer. Le CDI de projet prend tout son sens dans ce type de contexte où la  exibilité est primordiale pour multiplier les projets et garantir leur réussite.Un projet pour donner du sens à son travailSi l’on se positionne du côté du salarié, on constate que de plus en plus de cadres et de jeunes diplômés recherchent avant tout une aventure humaine à la vi- sion claire et motivante. Dans CDI de projet, le terme clé est « projet », évocateur de construction positive. L’ouverture récente de Station F, le plus grand incuba- teur du monde aux 1000 start-up, ne nous montre-t-elle pas l’adhésion de milliers de jeunes entrepreneurs au concept de CDI de projet ? Le deal est clair : travailler un temps indéterminé à la réussite de la start-up ou passer à autre chose si le projet échoue.Le CDI classique est-il donc devenu obsolète et dépassé ?Il concerne aujourd’hui 75% des personnes occupant un emploi, en légère baisse depuis dix ans. Mais qu’en sera-t-il dans dix ans ? Les travailleurs indépendants ont de leur côté le vent en poupe (+120% en dix ans) et ne fonctionnent déjà qu’en mode projet.Les syndicats et politiques qui se dressent en évoquant un « coup d’état social » en parlant du CDI de projet ne seraient-ils pas en train de s’opposer au sens de l’histoire, aux signes clairs d’une société du travail en pleine mutation, qui cassent le schéma de la dépendance envers le salaire donné par l’employeur que l’on déteste (parfois/souvent) ?La  n d’un projet n’est pas synonyme d’échecLe salarié est libre, il peut aussi faire le choix de rester dans l’entreprise si celle-ci lui propose un nouveau projet intéressant dans le cadre de la priorité à la réembauche, à un salaire renégocié compte tenu de l’expérience acquise sur la précédente mission. Le salarié reprend du pouvoir et du contrôle sur sa carrière, à charge de l’entreprise d’accompagner son évolution, à travers son service RH ou des prestataires spécialisés.Quand Lubomira Rochet est arrivée au poste de CDO (Chief Digital Of cer) de L’Oréal en 2014, elle décla- rait que son équipe avait vocation à disparaître d’ici dix ans pour être intégrée dans les métiers une fois la transformation numérique de l’entreprise totalement accomplie.La vraie sécurité, c’est l’employabilitéLes détracteurs du CDI de projet pointent du doigt la perte de sécurité de l’emploi et donc une précarité ac- crue pour le salarié. Mais il serait plus sage et lucide de leur révéler la vérité qu’ils n’ont peut-être pas encore comprise ou acceptée : la sécurité de l’emploi n’existe plus depuis longtemps !Rien n’empêche dans les faits une entreprise de licen- cier un collaborateur, cela lui coûte simplement plus ou moins cher, créant ainsi un frein à l’embauche domma- geable. Où est-on le plus en sécurité aujourd’hui : dans un grand groupe, autrefois synonyme de stabilité, qui va annoncer le licenciement de milliers de personnes en CDI ou dans une start-up incertaine mais à la crois- sance fulgurante, embauchant des CDD à tour de bras ? Nulle part objectivement. Les règles ont changé, les cartes sont rebattues, et c’est à l’individu d’assurer lui-même sa sécurité de l’emploi en investissant dans son employabilité. L’Organisation internationale du travail la dé nit comme « l’aptitude de chacun à trou- ver et conserver un emploi, à progresser au travail et à s’adapter au changement tout au long de la vie professionnelle ». CQFD.L’Etat et les entreprises ont leur rôle à jouer dans le développement de l’employabilité des individus, surtout dans certains secteurs, mais c’est avant tout à chacun de se responsabiliser. L’accès à la connaissance et aux formations gratuites (comme les MOOC) n’a jamais été autant facilité qu’aujourd’hui.Donnons une chance au CDI de projet ! ■96 OctObre - n°44© Twitter]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[Concours de micro-nouvellesexPreSSiOnSLe monde de demain vu par un étudiantEcoRéseau Business le clame haut et fort : il existe en France un ferment entrepreneurial et littéraire dans les esprits, qui ne demande qu’à se concrétiser. La preuve avec ce concours de micro-nouvelles organisé dans chaque numéro auprès des étudiants d’une école, où ceux-ci doivent imaginer une start-up qu’ils jugent révolutionnaire parce qu’elle va bouger les lignes dans le futur. Expérience des plus concluantes ce mois-ci avec notre lauréat, Pierre-Marie Soulat, inscrit au MS Centrale-ESSEC Entrepreneurs et fondateur de la start-up Aregia, qui imagine, non sans plume, une jeune pousse du biomimétisme appliqué aux abysses marines.DEEP WALKERLa mer. Les abysses. Deux espaces, deux réalités que nous ne faisons que traverser, parcourir timidement mais que nous connaissons moins bien que la profondeur des eaux de Neptune. Quel horizon entrepreneurial et humain hors du commun ! C’est conscient de cette nouvelle frontière et des formidables en- jeux que son exploration recèle que j’ai fondé Deep Walker en 2022.Ingénieur et biologiste marin, amoureux des aventures littéraires du capitaine Nemo et de celles beaucoup plus risquées des premiers scaphandriers, je souhaitais trou-ver dans la Nature un moyen d’atteindre à pied des profondeurs inégalées. Pression, froid, confort et mobilité, les contraintes à plusieurs kilomètres sous l’eau dépassent celle de l’espace.Or un animal s’en accommode très bien : le cachalot dont l’épaisseur de la peau, la puissante ossature et les muscles contre- balancent les effets de la pression et du froid à mesure qu’il descend dans les pro- fondeurs. Avec Deep Walker, nous avons su créer des scaphandres reproduisant ses trois propriétés grâce à une bio-membrane mécanique. Notre technologie mimétiquenous a ainsi permis de pulvériser le re- cord anciennement établi à 610 mètres. L’IFREMER, Technip, Total, la Marine nationale... Les applications possibles semblent désormais in nies tout comme nos clients potentiels.Notre prochain objectif est désormais d’atteindre la limite des 3000 mètres d’ici 2024, seuil fatidique que ne peut franchir notre si inspirant cétacé. We Will Sea !Pierre-Marie Soulat, MS Centrale-ESSEC EntrepreneursAvis d’expert : Jean-François Galloin, directeur du mastère ESSEC-Centrale Entrepreneur« Chez nos anciens, 40% sont associés ou patrons de la boîte développée au cours du mastère »Comment l’enseignement de l’entrepreneuriat a-t-il évolué dans le temps ?Ce mastère spécialisé est porté par deux écoles. Une école d'ingénieur Centrale Supélec et l'ESSEC qui sont deux écoles pionnières dans la discipline entrepreneu- riale. Pour l’ESSEC, cela remonte pour nos premiers programmes à la  n des années 90. Nous étions en avance sur ces sujets. L’entrepreneuriat évolue rapidement. Du moins dans ses manières de l’enseigner. Il y a un sujet qui commence à poindre, ce- lui de l'intrapreneuriat. Jusqu’en 2015, nous étions axés essentiellement sur la créa- tion d'entreprise nouvelle, from scratch, comme on dit dans le jargon. Aujourd'hui, on a une demande de plus en plus importante des grands groupes et ETI voire de belles PME pour recruter en interne des pro ls entrepreneuriaux.Total, L'Oréal, Michelin recrutent pour porter des projet d’envergure chez eux. Il s’agit de développer une activité nouvelle au sein des entreprises.En conséquence, en termes de volumes, l’entrepreneuriat engage de plus en plus de monde car la proportion de personnes qui entreprennent ne varie guère. Nous sommes toujours dans une proportion de l’ordre de 10% qui démarrent leur projet de création juste après avoir  ni leur programme.Comment cela se traduit-il d’un point de vue des enseignements ?Deux grandes approches concernent l’entrepreneuriat. D’une part utiliser la for- mation pour atteindre des objectifs pédagogiques qui relèvent d’une formation en management. Quand on mobilise des jeunes sur la création cela invoque toutes les disciplines managériales. C’est un fait. D’autre part, un second positionnement dont la  nalité est celle d'accompagner la création. Et de l'ancrer dans le réel.C'est un mastère en alternance et tous nos étudiants sont en situation de création : on les forme et on les accompagne. On ressemble davantage à un incubateur qu'à une formation en tant que telle. Chez nos anciens du MS, 40% sont associés ou patron de la boîte développée au cours du mastère. Les autres se penchent sur des postes intrapreneuriaux ou demeurent dans l’écosystème de la création/ ac- célération/ nancement. Par exemple, certains de nos alumni sont responsables de l'incubateur à la station F ou d’Antropia à l'ESSEC. D'autres sont dans des fonds d'investissements. La connivence avec l’entrepreneuriat se poursuit même si cela ne signi e pas obligatoirement créer immédiatement après.Propos recueillis par Geoffroy Frameryecoreseau.fr 97]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[exPreSSiOnSRegard sémantiqueDepuis neuf ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées courant janvier à Paris.La mémoire des mots49.3Loi travail, grève, 49.3, anti-ubérisation, fab lab, campus digitaux, savoir dans l’entre- prise, migrants accompagnants, sexisme, gros salaires, chefs.Jeanne BordeauFondatrice de l’Institut de la qualité d’expressionDans l’année, deux obsessions :Tableau ‘’Tendances en langage’’ RESSOURCES HUMAINES 2016, Jane Bee... D’abord « 49.3 sur la loi du travail » annonce d’emblée l’actualité so- ciale de l’an passé. Le 20 juillet Manuel Valls utilise pour la troisième fois cet article pour faire passer le fameux projet « El Khomri ». Cinq mois de controverses : « précarité, chômage, recul des droits sociaux, souffrance au travail ». La « contestation sociale » n’empêche pas la loi décriée de passer. Entre temps, Monsieur Hollande aura soulevé la possibilité « d’in- terdiction de manifs » à la suite, notamment, de la journée de mobilisation du 14 juin où les radicaux se sont fait aussi entendre !Ensuite, au chapitre des rêves, le « revenu universel » qui devient un sujet politique. Déjà expérimenté au Canada, en Inde ou en Namibie, sera-t-il la nouvelle protection sociale satisfaisant les besoins primaires d’existence ?En 2016, on s’inquiète de « la religion au travail », 65% des salariés inter- rogés par l’Institut Randstad et l’Observatoire du fait religieux af rment avoir observé à plusieurs reprises « un fait religieux » sur le lieu de travail.Il y a donc l’entreprise avec ses problèmes réels comme la mise en place du « compte pénibilité », et la déclaration par les employeurs des facteurs de risques professionnels de leurs salariés avec paiement de la cotisation correspondante. Il y a le « sexisme » et le lancement d’un « plan d’actions et de mobilisation » contre ce  éau qui toucherait 40% des femmes au moins.Il y a donc ces réalités... Et puis il y a tout ce renouveau du travail : la mode des « fab lab » où l’on se retrouve autour d’outils numériques comme les imprimantes 3D pour fabriquer, créer, partager... On booste l’innovation avec des « labs d’entreprise ». Les « campus digitaux » facilitent les re- lations écoles-entreprises.En matière d’existence, certains salariés ubérisés se révoltent, c’est « l’an- ti-ubérisation du travail ». Chauffeurs VTC ou livreurs à vélo s’estiment  oués par un eldorado où indépendance ne rime pas avec bienveillance. « Salarié, es-tu heureux ? »Prochain Numéro le jeudi 2 novembre 201798 OctObre - n°44]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRECABARET DU MONDE !DINER ET REVUE À 19H À PARTIR DE 175 € REVUE À 21H ET À 23H À PARTIR DE 77 €MONTMARTRE82, BLD DE CLICHY - 75018 PARIS TEL : 33(0)1 53 09 82 82WWW.MOULIN-ROUGE.COM FACEBOOK.COM/LEMOULINROUGEOFFICIEL© Bal du Moulin Rouge 2017 - Moulin Rouge® - 1-1028499 © Pauline NICOLAS -]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>