﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="96"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[   GREEN BUSINESS
DISRUPTION
PENDANT CE TEMPS-LÀ...
L’entreprise face à la transition écologique
20 innovations qui vont changer le monde - part 2
La Chine prend sa revanche
    N°76 FÉVRIER 2021
      ENTREPRENDRE | INNOVER | POSITIVER
   LA FRANCE A
(POURTANT)
   UN INCROYABLE TALENT !
     • 10 inventions tricolores
qui ont bouleversé le monde
• Les licornes progressent
• Des filières qui brillent
• À chaque région son atout
         ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                                  ]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[éditorial
Olivier Magnan
Rédacteur en chef
Osons rabâcher nos talents !
le chat de
     Le titre de cette couverture vous est peut-être fami- lier, pourvu que vous fré- quentiez M6 et l’une de ses
émissions les plus surprenantes, La France a un incroyable talent. Elle est portée chez FremantleMedia par Déborah Huet à partir du for- mat original américain, Americas’ Got Talent. Déborah nous a donné fort aimablement l’autorisation de l’affirmer haut et fort à notre tour. Au plus fort d’une crise mondiale sanitaire et économique qui nous fait voir tout en noir, il fallait le rap- peler : oui, la France innove, crée, gagne, invente, ses régions valo- risent d’authentiques atouts mon- diaux. Seulement, nous l’oublions. Et nous oublions, nous médias, de le rappeler.
Il n’est pas surprenant que cette af- firmation de talent apparemment prétentieuse émane des États-Unis : ce pays s’est érigé en nation leader en n’éprouvant aucune pudeur à se persuader qu’elle était la meilleure. Il est temps que nous martelions à notre tour que la France « dégotte »
ecoreseau.fr
13 rue Raymond Losserand 75014 Paris contact@lmedia.fr
fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
n RÉDACTION
redaction@lmedia.fr
rédacteur en chef Olivier Magnan
rédaction Adam Belghiti Alaoui, Geoffrey Wetzel
Comité éditorial Adam Belghiti Alaoui, Geoffrey Wetzel, Jean-Baptiste Leprince, Olivier Magnan
Chroniqueurs Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Marc Drillech, H’up Entrepreneurs, Julien Leclercq, Les rebondisseurs français, Patrick Levy- Waitz, Alain Marty, Sophie de Menthon, Ordre des Experts-Comptables, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Jean-Marc Rietsch,
aussi ses talents.
Le virus et ses confinements ne doivent pas nous faire perdre de vue ces étincelles à l’œuvre. Nous n’avons pas de vaccin ? Nous avons un champion de l’anticorps, Xe- nothera, une biotech de Nantes. Je la cite depuis près d’un an à la moindre occasion. À l’heure où Pasteur et Sanofi reconnaissent leurs impasses, quand le Président de la République se pique (!) de souveraineté sanitaire, pourquoi ne voit-on pas cette pépite dont le mé- dicament serait susceptible de faire baisser l’occupation des lits de réa ? Est-il si douloureux de reconnaître et soutenir la réussite quand elle est française ? n
PS : ÉcoRéseau Business fête ses... 8 ans ! L’occasion pour nous tous de souhaiter cet anniversaire à son créateur, Jean-Baptiste Leprince, avec lequel nous nous battons tous pour défricher chaque jour les ta- lents de cette (trop) modeste na- tion !
@EcoReseau
Didier Roche, Thierry Saussez, Cédric Ternois, Mathieu Wilhelm
Ont collaboré
Jean-Marie Benoist, Marie Bernard, Jean-Baptiste Chiara, Charles Cohen, Philippe Flamand, Geoffroy Framery,
Marie Grousset, Anna Guiborat,
Lucie de la Héronnière, Pierre-Jean Lepagnot, Julie-Chloé Mougeolle, Guillaume Ouattara, Nicolas Pagniez, Lili Quint, Charlotte de Saintignon, Valéry Laramée de Tannenberg
Dessin de Philippe Geluck Secrétaire de rédaction
Anne-Sophie Boulard
n RÉALISATION
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responsable production
Frédéric Bergeron
Conseillers artistiques Thierry Alexandre, Bertrand Grousset
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Secrétaire général Jean-Eudes Sanson (associé) ressources humaines
Delphine Guin-Debuire
EcoRéseau Business est publié par
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Actionnaire principal Jean-Baptiste Leprince
Commission paritaire CPPAP n° 0323 T 91 730 Dépôt légal à parution
Numéro iSSN 2609-147X
imprimé en france par Léonce Deprez, ZI le Moulin, 62620 Ruitz
Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans ÉcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.
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Élodie Coin
                               ecoreseau.fr février 2021 |3
]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[ 16
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16
28 29 30 31
galaxie
briefing de l’optimisme
entreprendre & innover
en couverture
32 en immersion Thunderstone,
la marketplace physique qui bouscule le retail
Trophées Optimistes 2021
34 électrons libres Alexandre Prot et Steve Anavi, Qonto
36 culture du rebond Céline Santini en se « réparant », elle a nourri et sublimé ses nouveaux projets
38 briefing innovation
40 décryptage 20 inventions qui vont changer le monde • 2e partie : les innovations/ révolutions à l’horizon 2025/2030
pratique
48 business guide écologie industrielle : comment le décarboné cisèle
nos industries
54 briefing rh & formation
58 carrières & talents Comment les grandes
écoles ont transformé le distanciel en programmes gagnants
vie privée
OSeZ LeS PLACeMeNTS « riSQUéS » eN 2021 !
74 baromètre patrimoine & fiscalité patrimoine
78 baromètre finance & marchés 82 culture & co
84 essais auto
86 santé Jeûner un jour sur deux 88 l’art du temps
92 expressions
abonnez-vous P. 9 et 39
LA frANCe A
D’iNCrOYABLeS
TALeNTS...
eNTrePreNeUriAUX !
société Crise sanitaire : quelles aides pour les entreprises en 2021 ?
société La Chine, bientôt première puissance économique mondiale ?
l’œil décalé Cinq inventions utiles et décalées... fallait y penser !
réseaux & influence Les Premières veulent développer l’entreprenariat féminin et mixte
CréATiON D’eNTrePriSe
Le GUiDe 2021
42 réflexion & stratégie Le boom de l’année noire !
   4 |
février 2021 ecoreseau.fr
ATTeNTiON : Compte tenu de la crise sanitaire actuelle et des contraintes liées à l'impression de ce numéro, certaines informations peuvent avoir été modifiées ou être obsolètes au moment de la diffusion
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[                                 Que pouvons-nous faire
d’autre pour nos enfants?
Contribuer à rendre le monde plus durable ? Tout comme nos investissements?
   Face à certaines questions que la vie nous pose, on n’est pas seul. Ensemble, nous trouverons les réponses.
Faisons connaissance. Tel: 01 44 56 45 45 ubs.com/france
UBS (France) S.A., filiale d’UBS Holding (France) S.A., est un établissement de gestion de fortune. Société Anonyme à Directoire et Conseil de Surveillance au capital de 132.975.556 euros. Siège social : 69, Bd Haussmann, 75008 PARIS. R.C.S. Paris B 421 255 670 Code NAF 6419Z. Agréée pour le courtage d’assurances. Numéro d’inscription ORIAS : 07 004 822 © UBS 2020. Tous droits réservés.
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme
 l’onde positive
Thierry Saussez
Créateur du Printemps de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
100 % gastro ou presque
CETTE FEMME M’A ÉMU
Il s’agit de la poétesse Amanda Gorman, cette jeune femme de 22 ans venue dire un poème lors de l’inves- titure de Joe Biden, aux États-Unis. Impressionnante de maîtrise et de profondeur, elle porte des valeurs de l’optimisme, du respect, de la tolérance, de la recherche du vivre ensemble.
Tiré de son poème, The Hill We Climb, Cette colline que nous gravissons,
« When day comes, we ask ourselves where can we find light in this never-ending shade? »
À la pointe du jour, nous nous demandons où trouver la lumière à travers cette ombre qui n’en finit pas...
TOUT LE RESTE DE MON ONDE POSITIVE, JE LA DÉDIE À LA SAVEUR... ... au plaisir des papilles, à la cuisine, à la gastronomie. Ce plaisir qui fait s’activer les neuromédiateurs et pro- duire les hormones positives comme autant de petits bonheurs. Partager la cuisine conviviale, entre ami·es, même pas plus de six autour d’une table, dégage une valeur des énergies positives et on l’oublie souvent.
LISEZ LE DERNIER LIVRE DE...
... Thierry Marx, ce grand chef, parrain des Printemps de l’optimisme. Il a écrit Celui qui ne combat pas a déjà perdu chez Flammarion. La marque de la valeur positive d’un grand chef qui incarne la gastronomie, attractivité française, aujourd’hui sinistrée à coups de restaurants fermés, définitivement ou en situation dif- ficile. Thierry Marx est le symbole de la bienveillance, avec tous les engagements qui sont les siens.
... Exceptionnellement, je citerai un second livre, celui de David Khayat, qui fut chef du service d’oncologie de la Pitié-Salpêtrière, entre autres responsabilités. Il a composé Arrêtez de vous priver, manger, boire, bien vivre, tout est enfin possible (Albin Michel), ce qui n’est quand même pas courant pour un médecin ! Les inter- dits sont partout, la culpabilité généralisée et pour tous ceux et celles qui n’ont pas l’intention de mourir guéri, on passe à côté de tous les petits bonheurs. S’adresse à tous ceux qui entendent en profiter, de ces petits bon- heurs.
MON ENTREPRISE GASTRO...
... se nomme Chefclub. C’est une start-up façon success story à la française des trois frères Thomas, Jonathan et Axel Lang, aux millions de consultations vidéos dans le monde de recettes assez faciles à réaliser chez soi. C’est aussi dans l’ordre des valeurs positives que la créativité n’a pas de limites. Même sur des marchés saturés comme les sites de cuisine. Très réconfortant pour les start-up et ceux·celles qui se lancent dans des aventures nouvelles.
Se connecter au Printemps de l’Optimisme www. printempsdeloptimisme.com
rejoindre la Ligue des optimistes www.optimistan.org
L’IMAGE
   L
en réduire le nombre par notre comportement ! C’est son message. Laurent Ruquier lui a assuré une belle visibilité dans l’un de ses On est en direct. Un Français comme on en aimerait des millions !
udovic « sans nom » est éboueur à Paris. Il a pris l’initiative de partager son quo- tidien sur le réseau social TikTok. Lui qui nettoie tous les jours depuis quatre ans certaines rues de Paris, trouve du bonheur à nettoyer nos immondices car il y
voit le geste qui soulage l’environnement. Mais ces immondices, nous pourrions
La jeunesse constitue un extraordinaire élément d’optimisme car elle sent d’instinct que l’adversité
n’est que temporaire et qu’une période continue de malchance est tout aussi improbable que le sentier tout droit et étroit de la vertu. Charlie Chaplin
Créations d’entreprises record en 2020
Paradoxal ou pas, mais c’est pourtant bien vrai. Contre vents et marées, malgré une crise sanitaire doublée d’une crise économique qui a vu l’activité économique globale chuter de 10 %, les Français·es n’ont jamais créé autant d’entreprises qu’en 2020. Dans le détail fourni par l’Insee, ce sont près de
850 000 nouvelles entreprises qui ont vu le jour en cette année covid, soit 35 000 de plus qu’en 2019. Point notable : ce sont surtout les entreprises individuelles qui ont rendu cette dynamique possible.
Les microentreprises ont ainsi vu leur nombre progresser de 6 %, à 630 000. L’Insee observe que les créations ont été particulièrement importantes dans le secteur « transports et entreposage », qui a vu de nombreux livreurs de repas et chauffeurs de VTC se lancer en tant
qu’auto ou microentrepreneurs. Et la demande de livraison à domicile a explosé au gré des confinements et des restrictions sanitaires. Autant dire que beaucoup de ces créations d’entreprises ne seront pas toutes pérennes ou réussies, mais le constat est bien là. Malgré la crise, l’entrepreneuriat garde la cote. ABA
  6 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[leS chiffreS
46
444 milliards d’euros
194 730
fonds d’urgence
pour l’économie sociale et solidaire
Souvent méconnue, l’économie sociale et solidaire (ESS) pèse pourtant près de 10 % de l’économie française. Comme pour le reste
des entreprises, les temps sont
durs pour les acteurs de l’ESS. Et le
gouvernement vient d’annoncer qu’un
plan qui leur est consacré allait être
mis sur les rails. UrgenceESS, c’est
son nom, est doté d’une enveloppe
de 30 millions d’euros et se destine
en priorité aux petites entités du
secteur de l’ESS, employant moins
de dix salarié·es. Il sera piloté par le
mouvement associatif France Active, qui chapeaute 40 associations territoriales. D’ici au printemps 2021, le fonds nouvellement créé se donne pour objectif de soutenir 5 000 structures. Si les entreprises de l’ESS sont également pleinement éligibles aux autres dispositifs mis en place par le gouvernement (fonds de solidarité, chômage partiel, PGE...), l’enjeu est de leur donner les moyens de les activer, car l’accès leur est souvent méconnu ou difficile. « Au-delà de l’information, si l’accès aux aides reste difficile, il faut pouvoir compléter le dispositif : c’est l’objectif du fonds UrgenceESS », explique la secrétaire d’État Olivia Grégoire. L’aide apportée sera comprise entre 5 000 et 8 000 euros, selon la taille et les besoins de chaque structure de l’ESS qui en fera la demande. ABA
à LIRE
180° Reconversion (vuibert), un livre didactique et pratique à l’attention des aspirants entrepreneurs
L’un des premiers ouvrages de ce type à aborder la question
de l’échec et du rebond et à y consacrer un chapitre. Marjorie Llombart et Magali Perruchini consacrent un chapitre au témoignage d’Isabelle Saladin, fondatrice d’I&S Adviser et cofondatrice du club des Rebondisseurs français. Marjorie Llombart le dit elle-même, elle pensait qu’« il suffisait d’apprendre dans les livres et de bien travailler pour réussir ».
En revenant sur « les raisons culturelles d’une conception négative de l’échec en France, Marjorie Llombart et Magali Perruchini aident, grâce au témoignage d’Isabelle Saladin, à envisager l’échec non comme le résultat d’un projet d’entreprise mais comme une étape de son développement et de sa transformation en « homo-entrepreneurus ».
galaxie
Le montant colossal gagné par les dix personnes les plus riches du monde en 2020.
Le nombre de véhicules électriques et hybrides rechargeables immatriculés en 2020, soit 125 264 de plus qu’en 2019 et une évolution de + 180 % !
briefing de l’optimisme
entreprises françaises aux états-Unis, le bon moment pour se lancer
Trois questions à Yoann Brugière, expert-comptable et co-fondateur du cabinet Orbiss, spécialisé dans la croissance des entreprises
aux États-Unis.
Quelles grandes évolutions avez-vous observées depuis que vous travaillez sur le marché américain ?
Il y a trois observations à faire, une économique, une politique et une opérationnelle. Économique parce qu’on est passé d’une économie de services à une économie numérisée. Et les sociétés françaises en profitent, à travers le développement de la French Tech ou l’accent mis sur la « start-up nation ».
Politique ensuite, notamment par l’aspect migratoire. Pour venir s’implanter ou vivre aux États-Unis, il vous faut des visas, pour vous et vos employé·es. La politique s’est durcie, les durées de visas ont été raccourcies et en cette période covid, certains ont même été suspendus et supprimés.
L’observation opérationnelle concerne la fiscalité. Durant le mandat de Trump, de nouvelles provisions fiscales
ont pénalisé les sociétés et les investisseurs non américains. Pour donner un exemple, si une entreprise française envoie un de ses fondateurs développer une filiale américaine, il risque de se retrouver imposé sur des revenus des filiales non américaines, quand bien même il n’en reçoit pas de dividendes. Forcément, de quoi refroidir l’optimisme des entreprises. Il a fallu s’adapter, se restructurer, ce qui passe par un meilleur accompagnement.
Joe Biden désormais élu et investi, à quels changements peut-on s’attendre ?
Entre Trump et Biden, le changement principal est vraiment celui de la confiance retrouvée. Biden se montre favorable aux accords hors États-Unis et vient de revenir dans les accords de Paris sur le climat. Il
est plus ouvert, il redonne confiance aux entreprises.
Il est clair que les sociétés qui avaient mis leur projet américain en suspens se réveillent aujourd’hui. On observe un engouement nouveau depuis novembre 2020. Sous Trump, un visa spécifique, le visa H1B, utilisé par les géants du numérique, Google, Amazon, Facebook..., pour faire venir des salarié·es très qualifié·e a été suspendu. Aujourd’hui, ces géants font pression sur l’administration Biden pour libérer l’usage de ces visas, ce qui profiterait aussi aux entreprises françaises.
en définitive, est-ce le bon moment pour se lancer aux états-Unis aujourd’hui ?
La réponse est oui, pour moi c’est le bon moment, il existe de très belles opportunités qui s’ouvrent. Depuis l’élection de Biden, l’économie verte est de retour
sur le devant de la scène et les opportunités sont nombreuses. Ça se voit dans les premières propositions du gouvernement Biden. Il prévoit déjà beaucoup de provisions et d’avantages fiscaux pour ce domaine d’activité. Le marché américain, c’est près de 350 millions de (sur)consommateurs. C’est énorme. Pour les visas, il y a encore quelques restrictions jusqu’au 31 mars, mais c’est le bon moment pour planifier une prochaine implantation. Je dirais même que c’est le meilleur moment depuis que je suis aux États-Unis pour se lancer, en raison de la conjoncture économique et politique.
PrOPOS reCUeiLLiS PAr ADAM BeLGHiTi ALAOUi
   Depuis le 20 janvier 2021, Joe Biden est le 46e président des États-Unis, en lieu et place de Donald Trump.
     ecoreseau.fr février 2021 | 7
]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme
RCrédit Mutuel : nooéparative...
Euronext Paris : Madame la PDG
Il faut des premières à tout, même pour ce qui paraît tomber sous le sens. Si la nouvelle ne devrait pas en être une ni être un fait exceptionnel, elle reste historique : Delphine d’Amarzit, directrice générale déléguée chez Orange Bank et spécialiste des marchés de capitaux, a été nommée
PDG d’Euronext Paris, la place de gestion de la Bourse parisienne. Une nomination
qui prendra effet à compter du
15 mars 2021, et qui constitue
une première remarquable à bien des égards, quand on sait qu’il n’y a plus aucune femme à la tête d’une entreprise du CAC 40, depuis qu’Isabelle Kocher
a été débarquée de son poste
de directrice générale chez Engie, en février 2020. Aucune femme française à la tête d’une des principales entreprises cotées à la Bourse de Paris et censées refléter la tendance globale de l’économie. ABA
Audencia et Centrale Nantes
lancent le BBA Big Data&Management !
Audencia et Centrale ont annoncé le lancement d’un nouveau programme, le BBA Big Data & Management. Une formation hybride qui mise sur une double compétence à la fois en ingénierie et en management. « C’est une première en France », s’est félicité Christophe Germain, directeur général d’Audencia. La première fois qu’un bachelor hybride obtient le grade de licence si l’on s’en tient au référentiel commun créé pour les écoles de commerce et les écoles d’ingénieurs. Le BBA Big Data & Management formera ses étudiant·es en quatre ans – et non trois – pour assurer une double expertise. D’un côté, l’ingénierie propre à Centrale. De l’autre, le management appuyé par Audencia. Un programme qui accueillera une première promotion de 40 étudiant·es en septembre 2021, dont un tiers d’étranger·ères.
Une forte dimension internationale
Le jury d’admission se penchera principalement sur les notes de mathématiques, d’anglais – le programme sera proposé
à 100 % en anglais – et de français obtenues en Première
et en Terminale. Sans oublier une phase d’oraux (entretien
et épreuve d’anglais). Le crédo du nouveau programme ? Une dimension internationale forte ! « Les étudiant·es passeront au minimum 15 mois à l’étranger », décrit Luisa Silva, directrice Centrale Nantes du BBA BDM. Soit pour les cours, soit pour les stages, eux aussi, très présents dans le programme.
Les deux écoles restent convaincues d’un intérêt croissant des entreprises pour les profils avec une double casquette, notamment sur le plan de la collecte, du traitement et de l’analyse de données. Les étudiant·es pourront ensuite
se diriger vers des métiers comme « data scientist, data manager, data architect, business intelligence manager, etc. », liste Luisa Silva. Pour suivre le BBA Big Data & Management, il faudra s’acquitter de frais de scolarité à hauteur de 12 000 euros par an. GW
ien ne va plus entre la Confédération natio- nale du Crédit Mutuel et l’une de ses caisses
interfédérales majeures, Arkéa,
ou Crédit Mutuel Arkéa, comme
voudrait continuer à l’appeler la Confédération. Rien de surpre-
nant : voilà plus de dix ans que
le torchon brûle lentement entre
les deux entités sœurs. Mais cette
fois, c’est une « décision de carac-
tère général » (DCG) brutale qui
enjoint la seconde caisse fédérale,
Arkéa, à rentrer dans le rang, sous
la houlette de la Confédération.
Arkéa est l’une des six caisses
fédérales qui composent Crédit
Mutuel. Elle est implantée dans le Finistère et se compose elle-même des fédérations du CM de Bretagne et du Sud-Ouest, plus une trentaine de filiales spécialisées. Mais la bancassurance coopérative et mutualiste bretonne présidée par Jean-Pierre Denis et dirigée par Hélène Bernicot ne l’entend pas de cette oreille. « La démarche de la Confédé- ration au travers de ce projet de DCG revient à contraindre notre liberté d’entreprendre, nous explique Cédric Malengreau, directeur du Secrétariat général et de la communica- tion institutionnelle d’Arkéa. Nous deman- dons le retrait pur et simple de cette DCG, pour le moins inquiétante. » Il ne s’agit pas même d’une querelle entre dirigeants, insiste le directeur du secrétariat général, « mais la
négation de notre modèle d’affaires, axé sur notre impact territorial de proximité avec nos clients particuliers et entreprises, les col- lectivités locales et territoriales, chambres consulaires, alors même que nos élus des caisses locales ont validé notre volonté de préserver notre modèle à 94,5 %. Nous vou- lons préserver notre autonomie et refusons tout contrôle a priori de nos produits et ser- vices, inimaginable dans un market timing efficace et contraire à nos principes de sub- sidiarité ». C’est la « relation singulière à ses clients » que veut à tout prix défendre Arkéa, alors que la caisse finistérienne a présenté le 28 janvier son plan stratégique, Transition 2024, qu’elle appliquera contre vents et ma- rées bretons. n OM
  Numérisation : les TPe/PMe iront jusqu’au bout
73 % des TPE/PME poursuivront leur numérisation une fois la crise passée, précise une étude menée par YouGov pour PayPlug. La pandémie donne du fil à retordre aux entreprises françaises. Il a donc fallu faire preuve d’imagination : depuis le début de la crise, 71 % des interrogé·es déclarent avoir investi ou développé des outils et processus pour poursuivre l’activité malgré la situation sanitaire, notamment dans le secteur de la vente au détail (72 %). Une transformation avant tout numérique qui – pour la grande majorité – se prolongera après la crise covid. Autres enseignements à tirer de l’étude YouGov : 74 % du panel ne s’est pas senti suffisamment aidé pendant cette période. C’est beaucoup moins vrai pour les commerçant·es (vente au détail), puisque 57 % des sondé·es ont le sentiment d’avoir été suffisamment accompagné·es. GW
  8 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[Délit d’écocide, patrons mécontents et ministres désaccordés
L’Association française des entreprises pousse pour la taxe carbone aux frontières
L’objectif de neutralité climatique que l’Europe s’est fixé pour 2050 dans le cadre du « Green
Deal », embête les
grands groupes. Et ils le font savoir. Un rapport d’expert·es commandé par l’Association française des entreprises (Afep)
et publié jeudi 14 janvier avance que l’objectif de neutralité carbone risque d’entraîner une hausse de 23 % des
fuites de carbone, en provoquant des délocalisations industrielles hors de l’Union européenne. Selon le rapport, cet état de fait bénéficierait
en premier lieu à la Russie, à la Chine et à l’Inde. Pour éviter cet effet boule de neige, Bruxelles a engagé des préparatifs pour instaurer un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF), souhaité et soutenu par les grands groupes. Concrètement, le MACF prendrait la forme d’une taxe qui limiterait les délocalisations et permettrait de réduire effectivement les émissions de CO2 de l’Union. Mais pour qu’il ait l’influence souhaitée, le MACF devrait également être accompagné de mesures de soutien pour protéger les entreprises de l’UE et de nouveaux accords commerciaux internationaux. Dans le meilleur des scénarios,
le mécanisme pourrait même faire évoluer positivement la croissance de l’UE de 0,33 %, tout en faisant reculer les émissions de CO2 de 8 700 mégatonnes d’ici à 2050. Gare à l’idéalisme... ABA
The green life®
galaxie
  D’abord rejetée par Em- manuel Macron, la pro- position de la Conven- tion citoyenne pour le
climat d’instaurer un délit d’éco- cide dans une future loi devrait bien aboutir. Aujourd’hui, le débat resurgit, au sein même du gouver- nement, et les organisations patro- nales s’arc-boutent contre la mesure. En juin 2020, lorsque le président de la République recevait à l’Élysée les 150 membres de la Convention, il s’était montré sceptique. Depuis, la position du gouvernement a évolué. De crime d’écocide à délit d’éco- cide, la notion devrait bien être in- tégrée à une future loi. La Conven- tion citoyenne pour le climat avait demandé d’intégrer la « notion de crime d’écocide dans la loi afin de sanctionner la violation de ces li- mites planétaires ». En somme, un principe de responsabilité légale vis-à-vis de l’environnement.
Patrons vent debout
Tel que le projet de loi est défini, les faits d’écocide les plus graves pourraient, en cas de pollution in- tentionnelle avec des conséquences durables ou irréversibles, aboutir à des peines jusqu’à 10 ans d’empri- sonnement et 4,5 millions d’eu- ros d’amende. Autant dire que le monde de l’entreprise et du patro- nat n’accueille pas le texte à bras ou- verts. Selon Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CPME, « le terme d’écocide en soi est complè- tement inadapté et renvoie à des crimes de sang. Sur le fond, nous sommes inquiets sur la façon dont sera caractérisée l’intentionnali- té dans ce délit ». La question de l’intentionnalité, justement, est au cœur des tensions. On le sait au- jourd’hui, durant plusieurs mois, la pression s’est exercée en coulisses. Le 16 décembre 2020, le Medef en- voyait une lettre au gouvernement, assurant que « surajouter un tel dis- positif serait une source d’insécuri-
té juridique majeure et constituerait un signal contraire à la volonté de relance de l’économie et à la réin- dustrialisation de notre pays ». Les grand·es patron·es ont en partie été entendu·es : la notion de « négli- gence », caractérisée par une viola- tion non intentionnelle des obliga- tions a été supprimée de la version finale du projet de loi.
Merci, Bercy
Selon le Journal du Dimanche, les pressions exercées par les organi- sations patronales ont bénéficié du soutien du ministère de l’Économie de Bruno Le Maire. Du moins, le patron de Bercy joue-t-il les média- teurs, en penchant d’un côté. Mar- quant sa différence avec la ministre de la Transition écologique et le garde des Sceaux, Bruno Le Maire a appelé mardi 13 janvier à don- ner de « la certitude juridique aux entreprises ». Le patron de Bercy n’est pas un fervent défenseur du délit d’écocide. Loin de là. Il se fait l’écho des inquiétudes patronales et industrielles, en particulier pour la qualification du délit : « Il faut simplement que ce crime d’écocide soit très clairement qualifié, atteinte grave et durable, commis de ma- nière intentionnelle, de façon que les entreprises puissent être rassu- rées sur leur environnement écono- mique. »
Malgré le discours victimaire du patronat, l’étude d’impact du projet de loi réalisée par le gouvernement stipule que le projet va permettre « d’accélérer la montée en puissance de la création de nouveaux emplois » et que les politiques bas carbone amèneront à la création de « plu- sieurs centaines de milliers d’em- plois non délocalisables d’ici à 2030 ». Le tout au prix d’un délit d’éco- cide formellement inscrit dans la loi. Il n’y a plus qu’à.
ADAM BeLGHiTi ALAOUi
 ecoreseau.fr février 2021
| 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie
Les tickets-restau 2020 rempilent jusqu’en... septembre 2021
Les titres restaurants ne seront pas périmés au1er févriercommec’étaitlecaslesannées précédentes, mais bien
valides jusqu’au « 1er
septembre 2021 », a indiqué
le ministre de l’Économie
et des Finances, Bruno
Le Maire. Une manière de
soutenir les établissements
les plus durement frappés
par la crise. Autre mesure
prolongée : le doublement du plafond journalier (de 19 à 38 euros)... il faudra toutefois utiliser au moins la moitié de la somme dans un restaurant. Pour rappel, en raison des deux confinements, les Français·es ont accumulé près de 700 millions d’euros de tickets- restaurants.
Croissance économique,
la Chine seule au monde
La crise covid-19 a fait des ravages au sein de la plupart des économies mondiales. La Chine, elle, ne
s’en sort pas si mal. En 2020,
la locomotive chinoise aurait dégagé une croissance de +
2,3 % selon les statistiques officielles dévoilées à Pékin. Seule économie majeure à afficher une croissance positive durant la période. Malgré tout,
c’est la première fois depuis 1976 que la Chine connait une hausse aussi faible de son PIB, « l’économie chinoise ne s’est pas pleinement remise de la covid, mais elle est très bien repartie par rapport aux autres pays », juge Zhang Lin, économiste indépendant basé à Pékin. Une « reprise rapide » dont se félicite aussi le Fonds monétaire international (FMI).
Le fMi revoit ses prévisions à la hausse pour 2021, sauf pour l’europe
Visiblement, la mise au point des vaccins contre la covid et l’annonce de nouveaux plans de soutien aux économies partout dans le monde boostent l’optimisme du Fonds monétaire international (FMI). Dans ses dernières prévisions publiées mardi 26 janvier, l’organisation internationale dirigée par Kristalina Georgieva anticipe une activité économique en 2021 plus importante que prévu. Selon le FMI, la croissance mondiale devrait atteindre 5,5 %, soit 0,3 % de plus que ses calculs d’octobre 2020. Reste que, comme pour tout, les pays ne sont pas tous logés à la même enseigne, en particulier
en termes d’accès au vaccin. En ce qui concerne la reprise économique, le FMI a par contre revu à la baisse ses pronostics pour la zone euro, à qui elle prédit une croissance de 4,2 %. Dans le détail, l’Allemagne est créditée de 3,5 % (-0,7 point), l’Italie de 3 % (-2,2 points), l’Espagne de 5,9 % (-1,3 point) et la France de 5,5 % (-0,5 point). En cause : un contexte de hausse des infections
et de nouveaux confinements en Europe, qui résultent
en une faiblesse de l’activité fin 2020, qui devrait se poursuivre au début de 2021. Dans le même temps, les États-Unis devraient dépasser leurs niveaux d’activité d’avant crise et la Chine devrait connaître une croissance de 8,1 %. Le Vieux continent peine à suivre le rythme.
TOP 10
Les 10 pays africains qui
prétendent au plus fort rebond
économique en 2021
Source : Agence Ecofin, qui s’appuie sur les perspectives économiques de la Banque mondiale
  1
Djibouti + 7,1 %
 2
Kenya + 6,9 %
 3
Tunisie + 5,8 %
4
 Rwanda + 5,7 %
5
 Botswana + 5,7 %
 6
Guinée + 5,5 %
7
 Tanzanie + 5,5 %
8
 Côte d’Ivoire + 5,5 %
9
 Cap-Vert + 5,5 %
 10
Maurice + 5,3%
      mouvements
p Accor
floor Bleeker
est promu group chief technology officer
p Agence BiO
Laure verdeau
est nommée directrice de l’Agence BIO
p Altice france (Sfr) Jules Neutre
est promu directeur des ressources humaines d’Altice Media
p Biocoop
Sylvain ferry
est nommé directeur général
p ArianeGroup (ASL) Jacques-Benoît Le Bris
a été nommé chief digital & information officer
p Bouygues Telecom Céline Tevissen
a été promue directrice des achats Groupe
p Bpifrance
Mame Dieye
est promu responsable animation accompagnement réseau
p Comité interprofessionnel des vins du Jura
Olivier Badoureaux
est nommé directeur
p Conforama (But international)
Olivier Baraille
est nommé président-directeur général France
p emova
Saloua Maslaga
est nommée directrice des
opérations et des systèmes d’information
p eutelsat
Pascal Homsy
est nommé directeur technique Groupe d’Eutelsat
p Groupe Axa Giovanni D’Aniello
est promu directeur des systèmes d’information
p ievA Group
Gaëlle Bouvier
est nommée directrice de la communication
p informatique CDC (iCDC)
Laurent Mirguet
a été nommé chief technical officer
p Office national des forêts (ONf)
Olivier rousset
est promu directeur général adjoint
p Orange Cyberdéfense (Orange)
Nathalie Krick
a été promue group controller
p Orano
Christophe Ballot
est nommé directeur de projet Systèmes d’information
p Primonial (Primonial) Yann Micque
a été nommé directeur du réseau Primonial gestion privée
p Primonial Partenaires (Primonial)
Geoffrey repellin
est promu directeur général
p Qonto
Jordi Gudiol
est nommé chief operations officer
p renault
Laurent rossi
est promu directeur général de la marque Alpine
p Safran
frédéric verger
est nommé directeur Groupe du digital et des systèmes d’information
p Théâtre de la Croix- rousse
Courtney Geraghty
est nommée directrice
p Walter france Michel Gire
est promu président
             vous avez changé de fonction ? faites part de votre nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr Nomination, les 200000 décideurs qui font le business en france ! 10 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie Micro-entreprises, de plein fouet
Renault, le coup dur Mavant le rebond ?
algré sa restructuration récente, sous l’égide de Luca de Meo, et l’ac- cent mis sur son inter-
nationalisation, le
n’échappe pas aux contrecoups de la
crise sanitaire et économique. Le mar-
di 12 janvier, la marque au Losange
a publié un bilan de ses ventes mon-
diales en chute libre de 21,3 %. Après
d’inévitables fermetures d’usines et de concessions partout dans le monde au gré des restrictions sanitaires, les volumes de ventes repassent sous la barre symbolique des 3 millions d’unités vendues. Pour relativiser, Luca de Meo, directeur général de Renault, rappelle que son groupe privilégie « dé- sormais la profitabilité aux volumes, avec une marge unitaire par véhicule plus élevée, et ce sur chacun de nos marchés ». Heureusement, l’augmenta- tion des ventes de véhicules électrifiés a permis au Losange de bien résister sur le marché européen. En attendant des jours meilleurs. n
enterrer la PS4 ?
Sans grande surprise, après l’arrivée de la PlayStation 5, Sony lève le pied sur la PS4 et notamment quatre modèles : la PS4 500 Go Glacier White, la PS4 1 To, la PS4 2 To Jet Black et la PS4 Pro 1 To Glacier White. Pour rappel, le premier modèle était sorti en 2013. Toutefois, la PlayStation 4 n’est pas morte
! Pour se procurer un de ses modèles, tout dépendra avant tout des stocks des fournisseurs et des magasins. Pour Sony, il s’agit là de se concentrer exclusivement sur la production de sa
nouvelle console (PS5), commercialisée fin 2020 et qui aurait représenté le meilleur lancement de l’histoire des consoles aux États-Unis, d’après la firme japonaise.
2021 doit être l’année des #SolidaritesEconomiques Epour lutter tous ensemble contre les effets de la crise !
L’indépendance a ses
avantages... et ses inconvénients, particulièrement notables pendantlacrisedelacovid.Selon uneétudedel’Uniondesmicro- entrepreneur·ses, 45 % d’entre eux et elles n’ont toujours pas retrouvé un chiffre d’affaires à 20 % de leur volume d’activité de 2019. Pire,
80 % d’entre eux·elles affichent unCAenbaissede40%ouplus par rapport à 2019. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Si seul·es
5 % des interrogé·es ont arrêté leur activité face aux difficultés, la
moitié se retrouvent sans revenu et sujet·tes au RSA (revenu de solidarité active). Selon François Hurel,présidentdel’Uniondes auto-entrepreneurs,«ceuxet celles qui stoppent leur activité sont des candidats aux minimums sociaux. Il faut absolument les accompagner en sortie de crise pour leur permettre de retrouver un niveau d’activité normal ». D’autant plus que – pour l’heure – seul·e un·e auto-entrepreneur·se sur cinq a bénéficié d’aides du fonds de solidarité.
groupe Renault
 La chaîne fatburger arrive en france
  Des calories, encore et encore ! La chaîne américaine Fatburger débarque sur le sol français avec l’ouverture de deux restaurants à Paris dans les dix-huit mois à
venir : « Fatburger a connu un grand succès international au fil des ans, ce n’était donc qu’une question de temps avant que nous entrions en France », a expliqué Andy Wiederhorn, PDG de FAT Brands. Chez Fatburger,
on trouve notamment des burgers à plus de 2 000 calories, les fameux « XXXL ». Le·la consommateur·rice peut aussi personnaliser son burger avec des produits plus frais. Bref, une sorte d’American Way of Life...
Médiation & entreprises Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
  n ce début de 2021, nous ou- de trouver une solution à tous les fournisseurs, ne pas imposer de pé- nagers), un mouvement des Solidari- vrons une nouvelle page, différends ou pour vous informer au nalités, rééchelonner des factures... tés économiques. De nombreux or- après une année 2020 par- mieux. Nous nous sommes battus Être solidaire c’est aussi se serrer les ganismes nous ont déjà rejoints pour ticulièrement difficile qui a pour que chacune des milliers de mé- coudes. Cela passe par le dialogue et partager leurs pratiques solidaires ou
fortement impacté l’activité des en- diations que nous avons gérées trouve l’écoute pour mieux se comprendre et donner leur avis sur la solidarité éco-
treprises françaises. C’est d’abord l’occasion pour moi de vous rendre hommage, vous acteurs économiques français·es qui avez fait preuve d’une résilience extraordinaire lors de cette année 2020. Et je m’adresse en par- ticulier à toutes les entreprises, aux commerçants, à tous ces entrepre- neurs qui se sont battus et se sont mo- bilisés pour maintenir l’activité et la production partout où cela était pos- sible dans un contexte inédit.
De notre côté, les équipes du Média- teur des entreprises se sont mobilisées comme jamais pour vous permettre
une issue positive.
2021 sera pleine de défis mais aussi pleine d’espoir dans un contexte éco- nomique de relance. La résilience et la combativité sont donc les maîtres mots de l’état d’esprit qui doit pré- valoir une nouvelle fois cette année. Mais tout cela ne fonctionnera que si nous sommes toutes et tous soli- daires !
Être solidaire c’est quoi ?
Tout d’abord, être solidaire c’est aider les autres à surmonter une difficul- té. Ce qui veut dire payer plus tôt ses
trouver ensemble des solutions. Enfin, être solidaire c’est donner l’exemple en mettant en place des mesures pour soutenir ses partenaires. Donner de son temps et partager autour de soi les impacts « positifs » de cet état d’esprit solidaire.
Cette solidarité, ou plutôt ces solidari- tés que j’appelle de mes vœux, doivent être le point de départ d’une réelle prise de conscience. C’est pourquoi nous avons lancé, en partenariat avec l’Observatoire Com Media, le Conseil national des achats, Pacte PME et l’AFDCC (Association des credit ma-
nomique.
Vous êtes chef·fes d’entreprise, acteurs publics, petites ou grandes structures ou vous vous engagez individuelle- ment, rejoignez-nous dans ce mouve- ment avec le hashtag #SolidariteEco- nomique pour partager votre vision de la solidarité économique, les pra- tiques que vous mettez en place ou que vous constatez autour de vous. Et faisons en sorte que des idées et des paroles deviennent des actes ! n
Pour découvrir ou re-découvrir notre activité, rendez-vous sur le site du Médiateur des entreprises : www.economie.gouv.fr/mediateur-des-entreprises/lacti- vite-du-mediateur-des-entreprises-presentee-la-presse
12 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[Me Alexandra Sabbe-Ferri, avocate en droit social
« Le “quoi qu’il en coûte”, c’est reculer pour mieux sauter ! »
Me Alexandra Sabbe-Ferri est avocate en droit social, diplômée d’Assas, spécialiste de la rupture des contrats de travail et à l’origine du site Mesindemnites.com.
Pourquoi avoir conçu Mesindemnites.com ? Quel ac- cueil votre site a t-il connu dans la profession ?
J’ai voulu inverser le processus. Généralement, en tant qu’avocate, on commence par le droit, par exemple com- prendre les motifs de licenciement, on s’attarde à bien suivre la procédure. Or, ce qui intéresse les clients avant
tout, c’est combien. Combien va me coûter la procédure en tant qu’employeur si je vais au bout de cette rupture de contrat ? Pour les salarié·es : quelles se- ront mes indemnités ? Donc j’ai procédé ainsi, je commençais par calculer les indemnités de mes clients, ils étaient très contents, rassurés et j’avais le sentiment de répondre à leurs besoins.
Bien entendu, la création de mon site n’a pas reçu un bon accueil au sein de la profession, très traditionnelle. Les avocat·es ont vraiment un mode de fonc- tionnement archaïque et continuent à faire ce qu’ils ou elles ont toujours fait en dépit d’un monde qui change et qui se numérise. On s’envoie encore des fax, imaginez ! Sans oublier le papier, encore très présent chez pléthore d’avo- cat·es... ils·elles ne veulent pas transposer dans leur vie professionnelle les changements qu’ils·elles opèrent eux·elles-mêmes au sein de leur vie privée, ce monde connecté fait peur. À côté de ça, on m’a accusée de concurrence déloyale et même de « braconnier du droit » ! Effectivement, mon site calcule plus vite, via un algorithme, les montants d’indemnités par exemple, ce qui rend dingues les confrères·sœurs contraint·es à pratiquer des prix plus élevés puisqu’ils y passent plus de temps. Libre à eux et elles de changer et de s’adap- ter ! « Heureusement », la crise sanitaire a quelque peu changé la donne, la place du numérique dans le droit s’est fortement intensifiée.
Durant la crise sanitaire, sur quelles problématiques avez-vous le plus ac- compagné vos clients ?
Pas mal de sujets sont venus sur la table depuis le mois de mars. D’abord l’ac- tivité partielle, car personne n’y comprend rien ! Notamment parce que le dispositif légal est difficile à suivre, des décrets sortaient en retard avec des effets rétroactifs. Il faut savoir que certaines entreprises démarraient le mois sans avoir la connaissance exacte des caractéristiques de prise en charge du mois en question. Le télétravail a aussi été un sujet préoccupant : qu’ai-je le droit de faire ou de ne pas faire ? J’ai aussi rencontré des problématiques liées aux salarié·es qui ne voulaient pas revenir travailler. Pour beaucoup, la peur de se confronter au risque sanitaire prenait le dessus.
Et puis – bien évidemment – la question des licenciements et des ruptures individuelles. Soit parce que des entreprises ont commencé à vouloir réduire leurs effectifs. Soit car certain·es salarié·es voulaient complètement changer de métier ou se reconvertir. Pour les PSE [plans de sauvegarde de l’emploi, ndlr], ça reste assez marginal mais ils apparaissent progressivement. Et pour certains d’entre eux, c’est de l’opportunisme ! Ni plus ni moins. Une façon clean pour les entreprises – sur le dos de la crise – de revoir leurs effectifs. Tous ces gens que les entreprises conservaient par défaut... ceux-là sont déjà partis.
Quel regard portez-vous sur le « quoi qu’il en coûte » tant prôné par Em- manuel Macron. Faut-il s’en féliciter ?
C’est reculer pour mieux sauter ! Je pense que cette crise a – dans un premier temps – débouché sur un choc psychologique très brutal, qu’il a fallu absorber. Imaginez si l’on ajoute un choc économique en parallèle ? Non, je comprends la décision politique du gouvernement, je la trouve bonne. La santé prime sur l’économie. Malgré tout, dès lors que l’activité économique ne sera plus sous « perfusion », on subira une nouvelle claque, non plus sanitaire mais économique. On commencera à constater les dégâts au deuxième semestre 2021 et en 2022, sauf en cas de nouveau report de remboursement comme les prêts garantis par l’État. Les Français·es devront faire preuve de résilience et d’agilité pour rebon- dir et oublier notre ancien monde, qui s’est écroulé. Il faudra aussi s’appuyer sur toutes ces success stories – et il y en a eu – nées « grâce » à la crise.
PrOPOS reCUeiLLiS PAr GeOffreY WeTZeL
serial rêveur
Didier roche
Entrepreneur français aveugle depuis son enfance, il est notamment le directeur général et associé du groupe Ethik Investment, qui a créé entre autres le Spa « Dans le Noir ? », où les esthéticiennes sont aveugles et la chaîne des restaurants « Dans le Noir ? », où les clients dînent dans l’obscurité totale, guidés et servis par des aveugles. Il est aussi fondateur de l’association H’up entrepreneurs qui accompagne les entrepreneurs handicapés. www. didierroche.com /
www.serialreveur.com / www.ethik-connection.com/
La covid-19,
pour un retour
vers les années folles ?
briefing économie
galaxie
    D
mettre en route, ça veut dire faire revenir l’équipe, avec des gens qui ont peut-être changé d’orientation et sans savoir si les clients vont revenir tout de suite... Je t’avoue que ça me fait peur. Là, on a de quoi payer les charges avec les aides covid, on ne coule pas. On attend... sans être pressé de rouvrir finalement, c’est terrible. »
Il y a quelques jours, un de mes collaborateurs me faisait un bref compte rendu d’une réunion. Il me disait que l’on consta- tait une diminution significative des dépôts de bilan. Cela s’ex- pliquerait notamment par le fait que les structures fragiles, qui auraient dû normalement fermer, se trouvent aujourd’hui en sursis grâce aux aides covid.
La reprise inquiète évidemment beaucoup d’entrepreneurs, soit parce que l’arrêt des aides va poursuivre le processus dans le- quel ils étaient inscrit auparavant, celui d’une cessation d’ac- tivité annoncée, soit parce que ne pas voir les clients revenir en nombre suffisant pour assumer les charges les conduirait à l’étouffement.
Voyez-vous, chers lecteurs, nous sommes quelques-uns à perce- voir quelque chose de surprenant en ce début d’année. L’impres- sion subtile, mais bien présente, d’une période d’années folles qui s’annonce. Est-ce le ras-le-bol général, l’envie d’en découdre avec la vie après tant de privations ? Ce qui est sûr, c’est que des choses inattendues arrivent à une poignée d’entrepreneurs que je côtoie. Oui, nous sommes de plus en plus nombreux à croire en cette période nouvelle, une période de changement incontes- tablement, dans laquelle nous avons l’impression que nos rêves auront largement leur place. n
à LIRE
1 000 mots pour rester connecté, comment décoder le vocabulaire du digital et de l’entreprise moderne
Si le jargon tech vous laisse un peu désarmé, si Atawadac, Byod, Mooc, Spoc ne vous parlent pas outre mesure, si vos jeunes recrues commencent à vous lancer des onomatopées que vous faites semblant de comprendre, il est peut-être temps de vous plonger dans « les principaux termes, signes, acronymes, néologismes et anglicismes à connaître pour comprendre les usages et les enjeux de ce changement profond qui impacte notre civilisation ». Éditions Gereso.
ernièrement, j’échangeais avec un ami restaurateur qui m’expliquait combien l’idée même de reprendre était de- venue inquiétante pour lui désormais : « Tu comprends
Didier, ça fait des mois que nous ne travaillons plus. Se re-
 ecoreseau.fr février 2021 | 13
© www.cecilemuzard.fr
© olivier merzoug
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie
Vaste plan de suppression de postes chez Michelin
  p référencement : 10 conseils pour optimiser votre stratégie en 2021 Quand?le24février2021à11h30
Où ? 100 % virtuel
Organisé par l’Institut Supérieur du Marketing (ISM), le webinaire visera
à discuter des fondamentaux du référencement, décrypter les tendances pour maximiser sa visibilité sur les moteurs de recherches. Fort utile pour les entreprises en vue de mettre en avant leurs sites Internet.
p ireP forum : Communiquer en période de crise, stop ou encore ? Quand?le3mars2021à9h Où?100%enligne
Comment communiquer en temps de crise ? Tel sera le crédo d’une visioconférence organisée par l’Institut de Recherches
et d’Études Publicitaires (Irep) et l’Association des Agences-Conseil en Communication (AACC). Accès libre sur inscription.
pBeaBoss2021
Quand ? le 4 mars 2021
Où ? Lyon (Auvergne-Rhône-Alpes)
Un forum national dédié aux femmes entrepreneures. Nombre de femmes pourront ainsi défendre leur projet dans l’optique de concourir aux Be a Boss Awards. Au programme : des conférences liées à l’entrepreneuriat, deux tables rondes ainsi que la présentation des candidates.
 Le manufacturier va supprimer des centaines de postes en France pour doper sa compétitivité.
« Plan de simplification et de compétitivité », for- mule cruellement simple utilisée par Michelin pour annoncer un vaste plan de suppression d’emplois parmi ses usines françaises. L’objectif annoncé par le pneumaticien est celui d’une « amélioration de sa compétitivité pouvant aller jusqu’à 5 % par an », pour les activités tertiaires et pour l’industrie. Le groupe Michelin, dans ce but, va supprimer jusqu’à 2 300 postes et emplois en France, sur les 21 000 que compte le groupe. Un plan vraisemblablement mo- tivé par le contexte économique et commercial ten- du, dû en partie à la crise économique et sanitaire, mais aussi à la concurrence des pneus à prix cassés que subit Michelin. Depuis 2017, dans le cadre de sa réorganisation, le géant du pneu a déjà supprimé près de 1 500 postes. Cette fois, ce sont donc de 1 200 emplois dans ses usines et 1 100 dans ses fonctions tertiaires que Michelin va se séparer. En revanche, le projet ne comprendra aucune fermeture de site.
Diversification en vue
Dans son communiqué, le groupe de pneumatiques précise que « près de 60 % des départs envisagés se feraient sur la base de départs anticipés à la retraite et le reste par des départs volontaires accompagnés ». Le tout dans le cadre de ruptures conventionnelles collectives (RCC). Pour autant, le groupe l’affirme, il
« n’abandonne pas la France ». Pour accompagner l’annonce de son plan de suppression d’emplois, Michelin s’est engagé à « recréer autant d’emplois qu’il y aura de supprimés ». Comment ? L’entre- prise prévoit d’accompagner les territoires tout en développant son activité dans divers domaines. « Michelin va réinvestir une partie des économies réalisées dans le développement de nouvelles activi- tés », a ainsi assuré Florent Manegaux, président du groupe. Il s’agit notamment de développer des acti- vités « hors pneus », à forte valeur ajoutée, à l’instar de l’hydrogène, de l’impression 3D ou du recyclage des déchets plastiques. À tel point que Michelin souhaite, d’ici à 2030, que 30 % de son chiffre d’af- faires soit réalisé hors pneus.
Le marché, c’est le marché
Invité sur France Info ce 6 janvier 2021, Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, n’a pas tar- dé à justifier le plan annoncé par Michelin. Son ana- lyse : « Le marché automobile français, c’est – 25 % [en 2020], on est revenu au niveau de 1975 en ventes de voitures, ça ne peut pas passer sans des consé- quences sur les fournisseurs de ce secteur-là. » En somme, rien de très étonnant ni de très alarmant pour le numéro 1 du plus grand syndicat patronal du pays qui ajoute que « ce qui est bien, c’est que ce soit un plan sans licenciements secs ». Selon Roux de Bézieux, il y aura d’autres plans du genre dans le secteur de l’automobile, mais aussi dans le secteur aéronautique, notamment. « N’oubliez pas, a dit le patron des patrons, que ces plans-là sont très mé- diatiques, mais les vraies suppressions de postes ne sont pas là : ce sont les non-embauches, les non-re- nouvellements de CDD qui font l’essentiel des gens qui s’inscrivent au chômage. » Pas sûr que celles et ceux qui iront pointer chez Pôle emploi après avoir perdu leur travail à la suite d’un plan de suppression comme celui de Michelin soient en accord avec l’af- firmation medefienne...
Le taux d’emploi des bac +5 en pleine chute
La france investit dans le « quantique »
La physique et les recherches quantiques, le pan scientifique consacré à l’étude du comportement des atomes, des particules et de la matière à l’échelle de l’infiniment petit. Si la discipline est souvent incomprise, elle pourrait à l’avenir transformer
en profondeur les technologies
informatiques et industrielles. Par
exemple en fournissant des capacités de
calcul ridiculisant des supercalculateurs
actuels. Dans un monde où la course à la
R&D est permanente, l’enjeu est énorme.
Le jeudi 21 janvier, Emmanuel Macron a
présenté sur le plateau de Saclay, cœur
technologique et scientifique français,
un plan d’investissement national de
1,8 milliard d’euros dans les technologies
quantiques. Dans le détail, 1,05 milliard en provenance de l’État et des organismes affiliés, 200 millions d’euros de crédits européens et 550 millions d’euros du secteur privé. L’Élysée ajoute que la France va faire passer ses dépenses publiques pour
le quantique de 60 millions à 200 millions d’euros par an. De quoi la placer « à la troisième place derrière les États-Unis et la Chine », en termes d’investissements dans ce secteur. Le plan prévoit de consacrer 800 millions d’euros aux seuls ordinateurs, le reste réparti dans les domaines d’études quantiques (communication, cryptographie...). La course aux technologies du futur est à ce prix.
Ce constat fait partie de la
longue liste des conséquences malheureuses de la crise sanitaire : le marché de l’emploi en général est bouleversé et le marché du premier emploi en particulier
l’est encore plus.
Si, globalement, le
marché de l’emploi
des bac +5 a tenu
et ne s’est pas
effondré, les délais
de recherche, eux,
s’allongent. Fin
2020, un peu moins
d’un·e jeune sur deux n’avait toujours pas trouvé de travail six mois après avoir décroché son diplôme bac +5, contre un·e sur quatre avant la crise. C’est ce que nous apprend un sondage Épisto. Lors du sondage, 54 % des bac +5
14 | février 2021 ecoreseau.fr
étaient en poste, contre 74 % en 2018, selon l’Apec (Association pour l’emploi des cadres). Le taux d’embauche en CDI est lui aussi sur le déclin : 50 % aujourd’hui contre 69 % avant la crise. L’une des
explications de cette morosité : le manque d’accès aux marchés étrangers. Les manques de débouchés qui en résultent poussent les plus employables des bac +5 à se rabattre
sur la France. Et tout le monde ne peut pas avoir sa part.
Syntec conseil, fédération qui a commandé le sondage, encourage les entreprises à continuer à embaucher et demande un maintien des aides à l’embauche jusqu’en juin.
ADAM BeLGHiTi ALAOUi
  ]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[                     OSEZ, ENTREPRENEZ,
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]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[  1 Les licornes tricolores valorisées à plus de 850 millions d’euros se multiplient ! 2 Une France qui brille...
3 Recruter des talents, la France réinvente
4 Régions & territoires : les incroyables pépites des régions
5 Mapping de l’innovation: fulgurances mondiales
p. 18 p. 20 p. 22 p. 24 p. 26
réALiSATiON
OLivier MAGNAN, ADAM BeLGHiTi ALAOUi, GeOffreY WeTZeL, JeAN-BAPTiSTe CHiArA
LA FRANCE A D’INCROYABLES TALENTS... ENTREPRENEURIAUX !
entreprendre & innover
 Oui, la France, quoi qu’en pense la morosité ambiante, dispose d’« incroyables talents ». Un titre qui emprunte bien à la brillante émission éponyme sur M6, avec l’aimable
autorisation de la directrice des programmes de Fre- mantle Media qui la produit, Deborah Huet : cette France des artistes, des athlètes, des chanteur·ses, des illusionnistes, des danseur·ses rejoint l’hexagone des chercheur·ses, des inventeur·rices, des entrepreneur·ses – l’écriture inclusive se justifie plus que jamais – qui rivalisent de talents et de réussites.
La start-up nation a beau ne pas encore rivaliser avec l’« usine » de production d’entreprises américaine,
16 | février 2021 ecoreseau.fr
chinoise, indienne ou israélienne, elle est en passe de mériter pleinement le slogan, covid ou pas. Dans nos grandes écoles, se mijotent partout des idées en phase de concrétisation commerciale. Le dernier événement Epitech Experience en témoigne : 122 projets réalisés par des équipes d’étudiant·es qui tous répondent à un besoin pointu. ÉcoRéseau Business a participé au jury de 14 projets étonnants dans le cadre des Trophées de cette école de l’expertise informatique du xxie siècle : un boîtier qui sauvera les pompiers en mission, une appli qui calcule l’insuline des diabétiques et dialogue avec le médecin, le traqueur de fraudes en cryptomon- naies (un besoin nouveau mais déterminant), le boîtier
qui détecte les bruits de la maisonnée pour alerter les sourds et malentendants – capable d’afficher « robinet ouvert » ou « on sonne à la porte » ! Et tant d’autres, comme ces équipes qui sillonnent les spectacles vi- vants, les enregistrent et les restituent pour moins cher qu’une entrée ou encore le chariot de course inéluctable de l’avenir qui vous suivra comme un robot... Dites- vous que toutes ces inventions françaises pourraient, demain, devenir des standards mondiaux. Il faut sim- plement que leurs inventeur·ses soient solidement capi- talisé·es et parrainé·es. À quand la vraie agence à l’amé- ricaine qui les propulsera sur l’orbite des incroyables réussites ? OM
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[                 UNE BANQUE QUI SE BAT POUR LES ENTREPRISES.
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]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
Talentsfrançais:10inventionsquiontbouleversélemonde OLivierMAGNAN
 Une Gaule inventive
Une constante dans le génie dit français : l’invention est chevillée à l’âme des Gaulois, mais contrairement au pragmatisme anglo-américain elle ne se traduit pas toujours par des entreprises multinationales aux brevets juteux ! On ne reprochera à nos ancêtres ce manque de vision entrepreneuriale : dans le lointain passé de ce que qui n’était pas la France, on se souciait
plus de subsistance locale que d’entreprises mondiales. Il n’empêche que certains
« talents » portaient des braies. Ce
sont les inconnu·es gaulois·es qui ont donné la cervoise, tiède ou pas,
ce précurseur de la bière qui offrait l’avantage de se révéler moins dangereuse qu’une eau pas toujours
saine. On prête à ces mêmes Gaulois l’entreposage dans des tonneaux et non
des amphores de terre. Tonneaux d’une technologie parfaite... C’est dans la Gaule
chevelue aussi (chevelue car boisée,
non parce que nos aïeux arboraient une longue chevelure) qu’est apparu le
Les 10 inventions françaises majeures
1114, contre les bulles
Les moines champenois ne
sont pas censés avoir inventé le champagne, vin fermenté à bulles, mais le mousseux, après un vin rouge et non effervescent qui tentait d’imiter le bourgogne ! On prête (seulement) à un certain Dom Pérignon, mais bien plus tard, en 1668, la tentative de faire cesser cet inconvénient qu’était la deuxième fermentation, cause de l’éclatement de bouteilles fragiles au printemps. En désespoir de cause, le moine finit par mettre au point cette méthode champenoise qui relaya le vin mousseux.
1642, la calculatrice pour papa
Étienne Pascal, surintendant de Haute-Normandie, devait calculer
à la main les recettes fiscales. Son fils, Blaise,
capacité de calcul infinie. Il en
eut l’exclusivité par privilège royal mais n’en produisit pas plus d’une vingtaine, jusqu’à un accident de carrosse qui le poussa à devenir philosophe plus que scientifique. Dommage. Pratiquement toutes les calculatrices suivantes découlèrent de ses principes.
1705, parapluie de poche
l’idée et la tentative de faire rouler par lui-même (automobile) un véhicule sans la traction humaine ou animale. La voiture (latin vectus, littéralement « transporté », qui a donné veiture, moyen de transport) viendra plus tard, sous l’aspect d’un tricycle à pétrole (Karl Benz). Le fardier de Cugnot (transporteur de fardeaux) à trois roues était affublé d’une chaudière à vapeur dont
les deux bielles de deux pistons attaquaient directement la roue de bois à l’avant – première « traction ». Il devait porter des charges militaires lourdes. On n’en fit... rien.
1801, un métier, des grévistes
Il aurait dû se nommer métier Charles, mais Joseph Marie Charles
  L’histoire est excellemment racontée par une Américaine, dans Du Style, Joan DeJean, sous-titré Comment les Français ont inventé la haute couture, la grande cuisine, les cafés chics, le raffinement et l’élégance (Grasset). Jean Marius,
« maître boursier », imaginait des fermoirs de sacs. Il inventa un parapluie qui se dépliait en trois parties – donc bien plus poche
que les modèles encombrants d’aujourd’hui. On n’a rien inventé de mieux depuis pour se protéger de la pluie. Louis XIV lui conféra son privilège et le monopole
de la production pendant cinq
ans, protégé par une amende
de 1 000 livres, l’équivalent de
50 000 dollars. On savait protéger nos inventeurs...
 savon lustrant, de suif et de cendre. Et là, il vrai que
les cheveux longs en bénéficiaient... La faucille des
Romains ne luttait pas non plus contre la carriole tirée
par des bœufs dont les roues dentelées arrachaient
l’épi qui tombait dans la caisse de bois. On a appelé ça
depuis la moissonneuse. Goscinny a bien fait de vêtir
ses Gaulois·es de braies, ces pantalons jusqu’alors
inconnus. Selon les tribus, on les portait larges et
flottantes ou au contraire étroites et collantes – slim !
– mais garrottées aux chevilles. Et au iiie siècle av. JC,
la technique du fer d’où sont nés les clous, fibules,
cout1eaux, ciseaux, haches, casques a donné aussi la chaque chiffre offraient une 1771, une voiture... automobile de sélection des
cotte de mailles promise à un destin guerrier durable.
Il faut bien attribuer à Joseph Cugnot
fils de chaîne que
nées + haïku, les petits poèmes structurés à partir d’idées libres), Dataiku cache une bien belle boîte d’origine française, spécialiste de la science de la donnée, autrement dit le marché stratégique des mé- thodes prédictives à partir des big data. Même si ses créateurs l’ont installée à New York en 2015, ses bureaux maillent le monde de Paris à Londres, en passant par Singapour, Sydney, Francfort. À l’origine, en 2013, ils sont quatre à partir de leurs fonds propres pour connaître l’étape de l’incubation : Florian Douetteau, le PDG ac- tuel, Clément Stenac, rejoints par Thomas Cabrol et Marc Batty. Au fil des courtes années, les fonds se ruent pour la « licorniser ». Le Da- taiku Data Science Studio, le pro-
au QI légèrement gonflé à 18 ans, inventa pour l’aider la première machine à calculer, la machine d’arithmétique dont les roues à pignons lanternes miniaturisés et le sautoir d’isolement de
est dit Jacquard, c’est sous ce nom qu’il met au point un métier à tisser qu’il dote d’un mécanisme
 Les licornes tricolores valorisées à plus de 850 millions d’euros se multiplient !
Dix, vingt, cinquante, des centaines, des milliers, des dizaines de milliers, les start-
up françaises n’en finissent pas de tisser le maillage de l’avenir. Mais elles connaissent toutes les tailles et tous les destins. Pour les mettre en valeur, nous avons opéré un choix, celui de la réussite à portée mondiale : les
« licornes ». Ces entreprises ainsi baptisées par l’Américaine Aileen Lee, une spécialiste du capital-risque, en 2013, décrochent l’appellation dès lors qu’elles sont valorisées à plus d’un milliard de dollars, soit 850 millions d’euros, par les apports de capitaux et la croissance ultrarapide. En France, on se gaussait encore il y a peu de la rareté de nos deux ou trois « géantes » pionnières. Mais ces entreprises du siècle dépassent aujourd’hui la dizaine et n’en finissent pas d’allonger la liste du « premium » français.
1 Dans le monde
du covoiturage, BlaBlaCar fait cavalier seul...
« Être un champion local, avoir un succès national n’a jamais eu d’in- térêt pour nous. Depuis le début, nous voulons être un acteur glo- bal », n’a cessé de marteler Nico- las Brusson, l’un des co-pilotes de BlaBlaCar avec Frédéric Mazzella et Francis Nappez. Sur la grille de départ, la volonté de proposer à des millions de Français·es de partager leurs trajets, qu’ils soient quotidiens ou occasionnels. Depuis, Covoi- turage.fr est devenu BlaBlaCar en 2013, l’une des licornes bleu blanc rouge les plus populaires et qui n’a pas manqué de se faire un nom à l’international, présente dans 22 pays... pour plus de 70 millions
de membres au compteur. Après avoir enchaîné les levées de fonds, le leader du marché mondial du covoit longue distance se retrouve valorisé à 1,6 milliard d’euros. A priori adepte de la théorie de Markowitz, BlaBlaCar a compris l’intérêt de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. D’où BlaBlaLines, BlaBlaBus et même BlaBlaRide lancé en mai 2020, en lien avec l’entreprise suédoise Voi pour s’initier au marché des trot- tinettes électriques. Un réservoir d’ambition.
Valorisation : + de 1,3 milliard d’euros
2 Dataiku, un géant
de la donnée prédictive Avec son nom à la nippone (don-
18 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[programment des cartes perforées inventées par Basile Bouchon. La
« tireuse de lacs » disparaît, un seul ouvrier pilote la machine. Les prémices de la révolution industrielle que marquent le chômage des canuts et leur révolte...
1824, l’écriture et la lecture
au bout des doigts
Louis Braille avait assez de deviner des lettres en relief reliées par des fils
de cuivre. Auparavant, bien des systèmes relief avaient existé, mais le jeune Braille aveugle depuis
l’âge de trois ans, séduit par le système Barbier inventé pour lire dans le noir (des messages codés), plus innovant, déplorait qu’il ignore l’orthographe. Barbier méprise la suggestion du gamin. Qui travaille alors seul, avant que son système ne soit publié en 1829.
1826, des toits fixés par la lumière
Joseph Nicéphore Niépce n’était pas doué en dessin. Pour améliorer ses techniques de lithographie, il tente de fixer des images sur une plaque enduite dans sa camera oscura. De nombreux
essais aboutissent à l’emploi du bitume de Judée puis au « développement » de l’image latente au solvant. On connaît l’image des toits de sa propriété en Saône et Loire, considérée comme
la première « photo », avec ses murs éclairés des deux côtés puisque la pose a duré des heures. L’idée qu’une image n’est pas visible immédiatement va aboutir aux procédés des négatifs, notamment avec Daguerre, en 1839. Vrai inventeur d’une image presque instantanée, mais toujours français.
1861, la machine à courir se pédalise
Utiliser un engin à deux roues avec guidon articulé pour se propulser, c’était l’œuvre du baron allemand Karl Von Drais de Sauerbrun en 1817, mais sans pédales il fallait user de ses jambes pour faire rouler cette « machine à courir » (premier nom de la populaire
« draisienne »). Mais en France, on l’appela vélocipède. C’est alors que Pierre Michaux, artisan serrurier, inventa la pédale (Vélocipède Michaux), à moins qu’il ne s’agisse de Pierre Lallement
dès 1862 ? Le Britannique Macmillan, dès 1939, avait imaginé un complexe mouvement de transmission à la roue arrière d’un système animé par les pieds, mais non, la pédale est française ! Le pédalier à chaîne arrivera plus tard.
Tout comme le bandage caoutchouc,
révolutionné par la chambre à air des frères Michelin en 1891.
1889, un corset coupé soutient
la gorge des dames
Eugénie Sardon, épouse Cadolle, dite
« Herminie », ouvrière corsetière à Paris, sera communarde en 1871. Véritable féministe, elle s’exile à Buenos Aires en
1887 pour y ouvrir une boutique de lingerie. C’est là qu’elle a l’idée de couper le corset sous les bonnets qu’elle armature par le bas. Elle nomme maintien- gorge, ou corselet- gorge, ce sous-
vêtement beaucoup moins contraignant. Elle présente en 1889 ses créations
à l’Exposition universelle, brevette
son sous-vêtement, puis revient définitivement en France pour ouvrir la maison Cadolle. Seule une Française pouvait imaginer cet objet-culte...
1973, le premier micro-ordinateur
à embarquer le microprocesseur
Hoff, pour Intel, miniaturise en 1970 un circuit LSI de traitement logique binaire doté de son propre programme, le 4004. En 1968, François Gernelle, ingénieur
chez Intertechnique, découvre l’évolution 8008 d’Intel qui lui donne l’idée de concevoir un micro-ordinateur autour
de ce microprocesseur. Intertechnique ne le suit pas. Gernelle démissionne
et rejoint R2E, en 1972, fondé par Paul Magneron et André Truong Trong Thi. Il
y crée le Micral pour l’Inra, brevette son appareil, intègre le français Bull qui a acheté Micral, mais, décidément, ne croit pas au « PC » individuel. Il préfère créer Forum international pour y développer des micro-ordinateurs professionnels. Il tenait l’invention du siècle. Ce sont IBM et Apple qui en profiteront.
Il existe des centaines d’inventions françaises qui ont bouleversé le monde : la voûte d’arêtes (1100), la ligature des vaisseaux sanguins (Paré, 1565), le
piston à vapeur (Papin, 1690), la conserve alimentaire (Appert, 1796), le gaz d’éclairage (Lebon, 1801), le stéthoscope (Laennec, 1819), le taille-crayon (Lassimone, 1828), la machine-outil, tour (Calla, 1830), le ciment armé (Lambot, 1847) et le béton armé (Monier, 1867), la batterie rechargeable au plomb (Planté, 1859), la bicyclette à chaîne (Meyer et Guilmet, 1869), la moto (Perreaux, 1871), la poubelle (Poubelle, 1884), le projecteur de cinéma (Lumière, 1894), la pétanque (Hugues, 1907), le cœur artificiel autonome Carmat (Carpentier, 2013), etc.
en couverture
entreprendre & innover
   duit logiciel phare de la société, se classe parmi les strong performers des évaluateurs américains. Valorisation : + de 1,1 milliard d’eu- ros (décembre 2019), avant une nou- velle levée en 2020 à hauteur de 85 millions d’euros pour financer le dé- veloppement du machine learning.
3 Kyriba, à la conquête
de l’Ouest...
Sa naissance remonte au début des années 2000. Kyriba, c’est cette start-up experte de la gestion de tré- sorerie dans le cloud. Et petit à petit l’oiseau... En 2010, bien ancrée sur le territoire national, la licorne dé- cide de planter des bureaux à New York avec le marché américain en ligne de mire. Grâce à son logiciel accessible dans le cloud – SaaS pour les intimes –, les entreprises qu’elle accompagne ont une meilleure visibilité de leur trésorerie. Parmi les clients convaincus : Amazon, LVMH, Sodexo, Expedia. Bref, Ky- riba a séduit la moitié du SBF120. Aujourd’hui, la start-up emploie presque 800 personnes. Autre coup
de poker en 2019 : le rachat de Fi- reApps, spécialiste de la gestion des risques de change, « le marché des changes va beaucoup évoluer compte tenu du contexte géopoli- tique avec la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, et le Brexit. Les entreprises maîtrisent mal ce risque », anticipait Jean-Luc Robert, le CEO. Toujours une lon- gueur d’avance.
Valorisation : près d’1 milliard d’euros (août 2020)
4 Hébergement, accès Internet, télécoms, réseaux de fibre : OVHcloud,
le pionnier
En 1999, le jeune Oles Van Herman cache sous son pseudo d’étudiant l’état-civil d’Octave Klaba. Il est en 3e année à l’Icam, école d’ingé- nieurs de Lille. OVH a trouvé ses initiales dont on tirera plus tard le sigle réinventé « On vous hé- berge » ! Quoi ? Des serveurs. OVH est aussi fournisseur d’accès In- ternet, puis opérateur de télécom- munications pour les entreprises.
Depuis les années 2010, la licorne perce les nuages du cloud et ajoute le mot anglais à son appellation. À l’image des grands câbleurs, la firme a déployé son propre réseau de fibre optique à travers le monde. OVHcloud gère désormais l’un des plus grands parcs mondiaux de serveurs. Avant de lever des montagnes d’argent, Klaba avait commencé tout doucettement en louant sept petites baies... Ce pas- sionné de technologie est même, un temps, redevenu « simple » directeur technique avant de re- prendre les rênes. En 2020, son al- liance avec Google fait parler dans les chaumières, en plein débat sur la souveraineté numérique ! Valorisation : près d’1 milliard d’euros (juin 2019)
5 Doctolib, la licorne
qui dépoussière
le monde médical
Vous la connaissez forcément, la plate-forme Doctolib, spécialisée dans la prise de rendez-vous médi- caux sur Internet, qui vous relance
la veille de votre rendez-vous. Elle est parvenue à s’imposer dans le cercle très fermé des licornes fran- çaises. Une création en 2013, une sixième levée de fonds en 2019 de quelque 100 millions d’euros. Ré- sultat, Doctolib dépasse le milliard d’euros de valorisation. Une ascen- sion à vitesse grand V, presque sans surprise : « J’ai six mois d’avance sur mon business plan », confiait à l’époque Stanislas Niox-Château, un fou de tennis et ancien d’HEC. Aujourd’hui, Doctolib enregistre 65 000 praticien·nes réparti·es dans 1 300 établissements de santé et emploie environ 1 500 personnes ! Le pompon, c’est que la crise covid a rendu la start-up encore plus in- contournable grâce au boom de la téléconsultation... Une hégémonie grandissante.
Valorisation : environ 900 mil- lions d’euros (juin 2015)
6 Meero, l’Uber de la photo Ne dites pas ça à Thomas Rebaud et Guillaume Lestrade, ses créateurs,
 ecoreseau.fr février 2021 | 19
]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
 ils vous diront qu’ils n’ubérisent rien du tout s’il s’agit des prix re- versés à leurs adhérents. Pourtant, quand ils créent la start-up en 2014, ils entendent bien rompre dans le monde de la photo par cette place de marché de sous-traitance pho- tographique : les photographes, tels des livreurs, restent des indé- pendants, mais leurs images sont diffusées aux tarifs de Meero. Il n’empêche que la plate-forme qui a très vite alimenté des centaines de pays et des milliers d’entre- prises consommatrices d’images (photos et vidéos) fournit, à travers une fondation, des outils précieux (comptabilité, CRM, marketing) aux photographes. Quand, en juin 2019, la clairvoyante Meero lève 205 millions d’euros, elle clai- ronne son intention de bâtir une communauté « disruptive » pour ses quelque 58 000 photographes inscrits. Il est vrai que la retouche automatique qui, à son tour, sus- cite la critique, est pilotée par une intelligence artificielle. Mais que la licorne suscite la critique en niant le caractère d’œuvre aux photos qu’elle diffuse ne l’empêche pas de prospérer. Se bureaux se multi- plient, de New York à Singapour, de Sao Paulo à Tokyo et Sydney... Valorisation : environ 900 mil- lions d’euros (mars 2019)
7 Contentsquare,
pas une minute à perdre Une naissance en 2012, entre 100 et 150 % de croissance entre 2015 et 2018, un chiffre d’affaires qui bondit de 200 % en 2019, une levée de fonds à 190 millions d’euros la même année, Contentsquare n’a
une plate-forme, donne aux entre- prises le moyen de comprendre la façon dont les utilisateur·rices inte- ragissent et fait de l’innovation une obsession. Et pour y parvenir, elle multiplie les acquisitions comme Dareboost, la pépite bretonne ré- putée pour son outil de mesure des performances de pages Web. Ou Adapte Mon Web qui facilite l’ac- cès à Internet aux personnes mal- voyantes, ou handicapées auditives ou cognitives. La liste n’a rien d’ex- haustif. Grandir encore et encore : Contentsquare emploie près de 800 personnes et dispose de bureaux aux quatre coins du monde : New York, Munich, Londres, Tel Aviv ou Singapour. Coup de chapeau à Jonathan Cherki, son fondateur. Valorisation : environ 900 mil- lions d’euros (juin 2019) levée de 205 millions d’euros en 2019, la so- ciété est entrée au Next40.
8Elleamisprèsde20ans pour se reSaaSer : Ivalua
En 2000, David Khuat-Duy ne parlait pas encore forcément le SaaS couramment, mais il en sen- tit le potentiel dès son apparition en 2001. Ce Software as a Service, que l’on rend opportunément par Logiciel en tant que service consiste en moyens, services et savoir-faire qui « externalisent » tout ou partie du système d’information des en- treprises (messagerie, sécurité...). Dès lors, on n’investit pas dans un SaaS, on en fait un coût de fonc- tionnement. Ivalua commercialise un contrat de services de gestion des achats en SaaS. En s’assurant la clientèle de grands comptes tels Michelin, Valeo, EDF ou encore Honeywell, la licorne se mesure dé- sormais aux géants SAP, Oracle ou Ariba. Ivalua est une plate-forme
de gestion du sourcing des fournis- seurs, de gestion des appels d’offres et des contrats d’approvisionne- ment. Après une levée de 60 mil- lions de dollars, la licorne française a convaincu le fonds américain Ti- ger Global de miser sur elle. Valorisation : environ 900 mil- lions d’euros (mai 2020), dernière levée (2020), 174 millions d’euros.
9 Voodoo, la plus gameuse des licornes françaises... Discrète, Voodoo l’est de moins en moins. Reine du gaming, la li- corne tricolore fondée en 2013 par Alexandre Yazdi et Laurent Ritter ne peut plus se cacher : en 2018, la start-up signe une levée de fonds époustouflante de 172 millions d’euros auprès – entre autres – de Goldman Sachs ! Plus récemment, elle parvient à faire entrer dans son capital le fonds du chinois Tencent... Voodoo se retrouve donc valorisée à 1,2 milliard d’eu- ros ! Connue pour l’édition de jeux vidéo sur smartphone, la licorne mise sur l’« hyper casual gaming », soit proposer des jeux gratuits, ac- cessibles au plus grand nombre et au design sobre. Ses revenus ? Voo- doo les tire de la publicité et elle a de quoi attirer, en témoignent ses 3,7 milliards de téléchargements dans le monde accumulés depuis sa création. « Good Game » pro- nonceraient les geeks... et ça reste un euphémisme.
Valorisation : + de 800 millions d’euros (mai 2019)
10 Mirakl, c’en est un
Notre 10e licorne s’épanouit, elle aussi, dans l’industrie du logiciel en mode SaaS. Mais elle fait mieux : elle est le leader mondial des places de marché du commerce électro-
nique en b to b. Son vecteur phare : Mirakl Marketplace Platform, dé- veloppé depuis 2012. Les débuts sont modestes : quand, en 2005, Philippe Corrot et Adrien Nussen- baum lancent Splitgames, un site de vente en ligne en place de mar- ché, ils veulent vendre et échanger des jeux vidéo. Ça devient un peu plus costaud quand ils sont achetés en 2008 par la Fnac. Qui a la bonne idée de les conserver à la tête de sa marketplace que Philippe et Adrien développent hardiment trois ans durant. Les deux compères com- prennent alors qu’ils ont de quoi tenter le Mirakl en 2011. Ils de- viennent fournisseurs de places de marché et facturent un pourcen- tage du CA réalisé à travers leurs solutions. Bingo ! Quatre ans plus tard, ils sont crédités de 55 clients dans 11 pays, aujourd’hui 250 dans 40 contrées, avec des bureaux, outre Paris, à Londres, Boston, Sin- gapour et en Australie. Mais c’est en 2019 qu’ils imaginent Mirakl Connect, une plate-forme de mise en relation de l’écosystème des places de marché.
Mirakl aura recruté 300 personnes en 2020, prévoit 300 ingénieurs en France entre 2021 et 2023 parmi les 1 000 recrutements planifiés dans le même temps. Elle a procédé à une nouvelle levée de fonds en 2020 de 255 millions d’euros et... décro- ché une pluie de contrats. Valorisation : + 1,2 milliard d’eu- ros (septembre 2020)
D’autres bébés licornes françaises sont en passe d’entrer dans le cénacle des firmes mondialisées : ManoMa- no, Ynsect, Openclassrooms, Ves- tiaire Collective, Backmarket, Talent- soft, Shiftechnology, Ledger, Sigfox. GeOffreY WeTZeL eT
OLivier MAGNAN
les 150 milliards d’euros, dopé par les mastodontes du secteur, y com- pris à l’échelle mondiale : LVMH, Hermès ou Kering. Environ trois fois plus que l’aéronautique, pour- tant lui aussi une référence fran- çaise mondiale. Entre 2008 et 2018, les revenus de la filière aéronautique et spatiale se sont envolés, + 89 % sur la période, pour franchir la barre des 50 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel ! Jolie per- formance aussi pour le vin : en 2019, la France en a produit 4,2 milliards de litres, soit 17 % de la production planétaire. Deuxième producteur mondial de vin derrière l’Italie en
ri2
Oune France aux incroyables talents.
n les rappelle sans cesse, nomie française a été classée au ces talents. Tourisme, Patrimoine culturel immatériel de notre territoire bleu- l’humanité de l’Unesco. Une fier- blanc-rouge se hisse en- té qui passe aussi par le luxe : « La
core aujourd’hui à la première place France n’a pas les GAFA, mais elle a
en contre les sensations fortes. La licorne spécialiste de l’analytics, via
Une France qui brille...
Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est la plus belle ? La France, bien sûr ! Un brin chauvin peut-être, sans doute même, mais dans une période où l’économie française – et elle n’est pas la seule
– se retrouve aux abois, on ne fera pas la fine bouche à rappeler ce qui fait la force de notre pays. Oui, la France brille par son élégance, le luxe reste un fleuron national, ou par sa gourmandise, la réputation de la gastronomie française n’a plus rien à prouver. Sans oublier le vin, le tourisme ou bien l’aéronautique. Zoom sur
ture du contrat stratégique de filière mode et luxe. Bref, la France aligne des atouts à faire valoir sur lesquels elle s’appuiera pour rebondir après la crise.
Des atouts aux poids économiques majeurs
C’est parce que c’est « un des piliers économiques majeurs et qu’il té- moigne d’un lien ancré historique- ment avec la France » que le luxe est devenu l’un des principaux sujets de recherche de Franck Delpal, écono- miste et professeur à l’Institut fran- çais de la mode, au-delà de son goût personnel pour le domaine. Fin 2019, le chiffre d’affaires annuel de l’industrie française du luxe atteint
des destinations les plus visitées dans le monde (ou qui le sera à nou- veau sitôt les frontières rouvertes). Art culinaire, en 2010, la gastro-
les géants du luxe mondial », se ré- jouissait le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, en janvier 2019 à l’occasion de la signa-
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février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[                                 EN 2020
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  ]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
  volume, mais devant l’Espagne qui complète le podium. Dans ce monde d’échanges, la France se dis- tingue par les exportations de « vins qui traversent les frontières, multi- pliés par 2 en 15 ans », peut-on lire sur le site du Comité national des interprofessions des Vins (Cniv). Et pour cause, « le vin s’est populari- sé, globalisé, à la fois en termes de production et de consommation », décrit Jean-Marie Cardebat, pro- fesseur à l’université de Bordeaux et auteur de l’Économie du vin (2017). Ces atouts nourrissent la création d’emplois. Dans l’aéronautique, le secteur recrutait un peu moins de 200 000 personnes en 2018. Une prouesse par laquelle la France représentait naguère un tiers des emplois européens du champ aéro- nautique et spatial. Le vin, lui aussi, emploie sans modération : 500 000 jobs directs et indirects, de quoi donner le tournis ! La gastronomie tire également sa saveur du jeu. On sait les Français·es gourmand·es et – cocorico –, ce ne sont pas les res- taurants qui manquent. Car lors- qu’ils sont ouverts – fichue pandé- mie – on en compte 175 000 sur le territoire dont un dixième dans la capitale. Voilà qui donne l’eau à la bouche. Mais de tout ce patrimoine, que restera-t-il post-covid ?
Les effets de la pandémie ?
En temps de crise, gare à ce que vos atouts ne se transforment pas en talons d’Achille. La France l’a bien compris qui n’a pas tardé à mettre en œuvre son fameux « quoi qu’il en coûte », tant prôné par le Président de la République. À coups de plans de soutien, prêts garantis par l’État (PGE) et de dispositif d’activité partielle. Entre autres. Dans l’aé- ronautique par exemple, où « l’on comptait à peu près 60 000 emplois menacés en 2020-2022, nous nous
le président du Groupement des industries aéronautique et spatiale (Gifas). Mais l’un des secteurs qui a le mieux résisté au fléau Sars-CoV-2 est le luxe, du moins est-il parve- nu à « limiter la casse en faisant preuve d’une incroyable capacité de résilience », juge Franck Delpal, docteur en économie, déjà cité. « Le choc a certes été très rude, le luxe a subi l’une des pires crises des der- nières décennies avec une baisse de 20 % de son chiffre d’affaires en 2020. Mais, dès que le marché chinois a redémarré, les entreprises ont redécollé. Les dispositifs de sou- tien mis en place ont aussi apporté un filet de sécurité au secteur », analyse l’économiste du luxe. Une capacité à surmonter les obstacles qui confirme – pour le luxe – son statut de valeur refuge en temps de crise. Et le vin ? Cette même crise aura sans doute mis du tanin dans la filière, prompte à tirer des leçons. D’abord, « il s’agit d’un des rares secteurs où l’on trouve beau- coup d’intermédiaires », rappelle Jean-Marie Cardebat, président de l’European Association of Wine Economists. En France, viticulteur et vigneron se confondent souvent, mais la vente du produit passe par un intermédiaire. « Dans une pé- riode où l’on a tendance à vouloir réduire le nombre de ces intermé- diaires, la filière du vin sera sans doute, elle aussi, concernée dans la prochaine décennie », prévoit le di- recteur de la chaire « Vins et spiri- tueux » de l’Inseec.
Les défis à venir
La France se distingue donc – de par ses atouts vin, luxe, aéronau- tique, etc. – à travers le monde, certes. Elle ne devra toutefois pas se reposer sur ses lauriers. Dans le secteur du vin, la France rayonne par sa production haut de gamme mais « souffre encore sur l’entrée de gamme. Les vins dont le prix se situe entre 2 et 7 euros constituent le cœur du marché, il ne faut pas s’en
désinvestir. Ça ne nuira pas à la ré- putation ni à l’image de l’industrie française du vin », estime l’écono- miste Jean-Marie Cardebat. Notre pays ne doit pas non plus sous-es- timer une concurrence étrangère qui émerge, une centaine de pays producteurs aujourd’hui. Autre défi pour le vin, il devra s’adapter aux conséquences du dérèglement climatique et notamment son ré- chauffement. « On saura trouver les cépages les plus adaptés, le vin de
La France représente un tiers des emplois européens du champ aéronautique et spatial
  ensons que nous avons déjà pu en sauver la moitié, c’est-à-dire 30 000 personnes », estime Éric Trappier,
La France n’est pas moins fière de ses start-up ! D’après le baromètre
EY 2020, la French Tech devient le deuxième écosystème de l’Union européenne par ses levées de fonds en passant pour la première fois devant l’Allemagne. Le Royaume-Uni reste devant. En 2020, les start-
up françaises ont levé
5,4 milliards d’euros, soit 7 % de plus qu’en 2019 en termes de valeur. Pour un total de 620 opérations de levées de fonds. C’est le secteur des logiciels et services informatiques qui est parvenu à lever le plus : 1,42 milliard d’euros sur 140 opérations. Un avenir prometteur.
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la France réinvente
Recruter des talents,
S’assurer des talents en France, au sein des entreprises, c’est aussi... un talent ! Bien recruter via un cabinet de recrutement ou par les ressources humaines en interne reste plus que jamais le gage de la pérennité. Entre crise du marché de l’emploi, numérisation des process et impératifs d’innovation, le recrutement de demain se dessine. En pleine période covid.
22 | février 2021 ecoreseau.fr
«Pendant cette crise, les DRH au sens large et tous les métiers des RH sont en pre- mière ligne pour gérer la situation des entreprises et accompagner les managers. » Les mots d’Audrey Ri- chard, directrice des ressources hu- maines du groupe Up et présidente
de l’Association nationale des DRH (ANDRH), sont clairs : la fonction RH est au cœur de l’entreprise. Du recrutement à la gestion du collec- tif, en passant par la formation et la recherche de talents, les charges stratégiques ne manquent pas. Un besoin aujourd’hui exacerbé : la crise sanitaire a freiné les recru-
tements, recentré les efforts sur la préservation des équipes. L’année 2020 était pressentie comme une nouvelle année record en termes de recrutement des cadres (+ 10 % selon les prévisions de l’Apec en 2019). Elle fut une année de chute historique ! Entre -29 % et -40 %. Les entreprises françaises exter-
bordeaux doit toujours être bon, il peut évoluer en goût et l’a déjà fait d’ailleurs. L’une des clés sera de sor- tir de ce conservatisme, encore bien présent dans le secteur », détaille Jean-Marie Cardebat. On lira avec profit Menace sur le vin, les défis du changement climatique (2015, Buchet-Chastel, avec Yves Leers) et à paraître Les vignerons se rebiffent (Buchet-Chastel) du journaliste Va- lérie Laramée.
Pour le luxe, il faudra poursuivre son adaptation à une demande qui se transforme. Marquée par « l’émergence de grands marchés mondiaux, la Chine, Taïwan, Singa- pour, la Corée... », énumère Franck Delpal, qui préfère parler d’une « massification » de la demande pour le luxe plutôt qu’une « dé- mocratisation » : « Les entreprises prêtent attention à un maintien d’exclusivité et de rareté. En réalité, les prix ne cessent de progresser ! », remarque le coauteur de l’ouvrage Économie du luxe (2014, Dunod). Le profil de consommateur change, certes plutôt vieux en Europe, et plus jeune en Asie. Pour la France, le moteur économique se décale vers l’est donc, avec 50 % du marché trusté par les client·es asiatiques. D’une opportunité, attention à ne
pas basculer dans une forme de dé- pendance – asiatique, donc – de la demande. Car on l’a dit, c’est avant tout grâce à elle que le secteur du luxe a pu se relever fin 2020.
En pleine crise économique, le pays de Molière ou des Lumières – voi- là encore deux autres fiertés fran- çaises – conserve de la ressource pour entrevoir le bout du tunnel. Ses atouts d’antan seront aussi ceux de demain si notre pays demeure capable de s’adapter à un monde qui change car de plus en plus mon- dialisé. Il pourra alors continuer à faire rayonner son made in France aux quatre coins du monde. GeOffreY WeTZeL
La french Tech au top de sa forme...
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[nalisaient moins leur recrutement que leurs homologues britanniques (30 % contre 70 % selon une étude de Digitalrecruiters de 2017). Elles s’y mettent. Et mécaniquement, les cabinets de recrutement subissent le contrecoup de la frilosité des entreprises. « En recrutement, on se porte bien quand nos clients se portent bien, et des pans entiers de l’économie se sont effondrés en 2020. Le recrutement a direc- tement été très impacté », explique Hervé Van Rijn, cofondateur du cabinet de recrutement RH perfor- mances. Un secteur en crise, rien d’inhabituel dans le contexte de récession actuel. Comme souvent, le salut et le rebond passeront par le renouveau. Pour les entreprises comme pour les prestataires du re- crutement, c’est indispensable.
Marché en crise
Qu’il soit internalisé ou externalisé, le recrutement choisit l’approche dite classique ou opte pour le di- rect. Comme le résume Hervé Van Rijn, « l’approche classique consiste simplement à diffuser une offre sur le Web ou sur les réseaux, à mener des recherches basiques sur les candidat·es qui se manifestent puis à les contacter. L’approche di- recte, celle des chasseur·ses de têtes, consiste à définir avec l’entreprise cliente le profil type recherché pour le poste, puis à contacter di- rectement les profils intéressants, sans passer par une candidature ». Jusqu’ici, rien de neuf. Le recrute- ment n’a pas attendu la crise de la covid pour constituer un enjeu es- sentiel et établir ses codes. Une er- reur de casting se paie d’autant plus cash. D’où l’adaptation à vitesse grand V des recruteurs, même si « peu importe le contexte, aucune entreprise n’a envie de se tromper. Certaines ne peuvent pas même se le permettre, surtout les TPE PME. Je ne perçois pas une attention plus forte sur le bon recrutement dans le contexte covid, elle existe tou- jours », corrige le CEO de RH per- formances. Selon Audrey Richard, présidente de l’ANDRH, « les mé- tiers des RH sont plus que jamais critiques et stratégiques pour la conservation de l’emploi et la san- té des entreprises ». Surtout quand l’activité flanche.
Car au global, le marché du recru- tement a chuté, selon les secteurs, de25à50%en2020.ChezRH performances, on se situe dans la moyenne, à -30 %, et les volumes d’activité ont dégringolé : « Dans notre localisation à Lille, nous avions en permanence une soixan- taine de missions de recrutement en stock, et nous rentrions une
vingtaine de nouvelles missions chaque mois. Jusqu’en mars 2020, nous étions dans ces ratios, puis en avril nous avons rentré une mis- sion, en mai deux, puis en juin et juillet, quatre. Fin août, il nous res- tait 13 missions en portefeuille. » Malgré les temps durs et quelques mois « sous perfusion », le cabinet mise sur l’innovation et la numéri- sation de ses process pour rebondir. « Ce qui a changé, c’est qu’il nous était inconcevable auparavant de présenter un·e candidat·e à un·e client·e sans l’avoir rencontré·e en physique. Aujourd’hui, ce n’est plus un sujet », affirme Hervé Van Rijn. Tiens, tiens.
« Tout en ligne désormais »
Développer de nouvelles pra- tiques de recrutement, accélérer la transformation numérique et repenser son approche pour re- chercher les talents indispensables aux entreprises... Ce qui avançait auparavant au fil de l’eau et au rythme des outils numériques est aujourd’hui contraint d’opérer à plein régime. « L’adaptation et l’in- novation n’étaient pas des options, affirme Audrey Richard, tout le monde des RH et du recrutement s’est adapté, nous faisons tout en ligne désormais. » Même son de cloche du côté du cofondateur de RH performances : « Il a fallu in-
le cabinet accompagne souvent ses entretiens vidéo de questionnaires et tests rapides soumis au·à le·la candidat·e. Les processus RH bien établis voient les outils numériques et le télétravail devenir la norme. Tant et si bien que le paradigme de l’entretien en face à face, sommet inévitable du processus de recrute- ment, s’efface au profit d’un face to face par écran interposés.
Du pareil au même ? Pas du tout. Pour les recruteur·ses comme pour les candidat·es, il faut l’acquisi- tion de nouvelles compétences de communication, d’observation et d’adaptation pour se montrer per- formant·e. Un nouvel attirail de soft skills à acquérir, pour bien s’insérer dans un marché de l’emploi et du recrutement en pleine réinvention. Hervé Van Rijn, lui, en tire une leçon pleine d’optimisme : « Nous nous sommes retrouvés face à une situation sans avoir pu y être pré- parés, je retiens qu’on n’a jamais autant innové, on a eu de très belles surprises. » RH performances s’in- vestit sur son activité de formation à distance. Pour autant, la solution numérique n’est pas sans faille et ne saurait se suffire à elle-même.
L’humain et la machine
« À distance, c’est compliqué de re- pérer et de sentir certaines choses comme les micro-expressions et
le non verbal, il est sûr et certain que demain nous allons refaire des entre- tiens en face à face », affirme Audrey Ri- chard. Même constat pour Hervé Van Rijn : « La rencontre physique va toujours plus en profondeur, pour évaluer le lea- dership et les capa- cités émotionnelles, l’œil humain reste le meilleur juge. » Les outils technos restent de l’assistance, ils fa-
cilitent le travail des recruteur·ses, leur fait gagner du temps, mais ne remplacent rien. Robot recru- teur, connais pas. Il n’empêche que le social recruiting consiste à recruter via les réseaux sociaux et leurs algorithmes quand l’analy- tics détermine les profils adéquats à partir d’une base de données ou d’un CRM (Customer Relationship Management) histoire de fluidi- fier et automatiser les interactions avec ses client·es et partenaires. « Il s’agit d’exploiter des plates-formes numériques et des outils technolo- giques pour automatiser des tâches à faible valeur ajoutée et nous faire
gagner du temps et de l’efficacité avec nos client·es », explique le CEO de RH performances. La présidente de l’ANDRH, elle, pense « du bien de l’exploitation de ces nouveaux outils dans nos métiers, même si ce n’est pas le cas de tous les DRH ». Elle n’entend pas se passer en tout cas d’une « caution scientifique et éthique, primordiale et indispen- sable ».
Œil humain ou pas, on sent bien que des outils d’intelligence artifi- cielle entrent dans la danse du re- crutement. Et en matière d’IA, la France n’est pas à la remorque. La start-up française Easyrecrue l’ex- ploite pour combler les manques du recrutement à distance et capter les signaux de l’intelligence émo- tionnelle, même derrière un écran. L’outil d’Easyrecrue, développé en partenariat avec le CNRS, Tele- com Paris Tech et CentraleSupélec, analyse la voix, le ton, le discours, les mimiques et les expressions du visage des candidat·es pour déter- miner si le profil candidat corres- pond au besoin. Le·la recruteur·se définit une grille de questions pour un poste à pourvoir, les candidat·es y répondent en se filmant et l’IA décortique la vidéo grâce à un al- gorithme capable de détecter les qualités attendues. Vraiment ? En tout cas la solution séduit : Easyre- crue compterait déjà près de 70 % du CAC 40 parmi ses clients. Du- rant la phase d’étude de la techno- logie, IA et recruteur·ses étaient en accord dans 70 % des cas. En l’oc- currence, l’analyse de l’algorithme pourrait par exemple remplacer l’étape d’étude du CV et ouvrir le processus du recrutement. Là encore, la machine ne remplace pas l’expérience humaine de A à Z, mais accélère le recrutement. Pour Audrey Richard, « la techno- logie est une aide bienvenue pour améliorer nos façons de travailler, mais l’entretien individuel en pré- sence n’est pas remplaçable, et ne sera pas remplacé ».
Une chose est sûre, les profession- nel·les du recrutement ont vu leurs pratiques connaître un bond en avant ces derniers mois. L’innova- tion devient la norme. La grande étape de la numérisation et de l’au- tomatisation des tâches simples est désormais derrière eux, elles. L’ex- ploitation des technologies d’intel- ligence artificielle et de détections des micro-expressions, elle, ne fait que commencer. Les recruteur·ses et les responsables des ressources humaines vont devoir apprendre à composer avec des technologies nouvelles et des ressources... inhu- maines.
ADAM BeLGHiTi ALAOUi ecoreseau.fr février 2021 | 23
en couverture
entreprendre & innover
 nover en un temps record, sinon on était morts. » En l’occurrence, le cabinet, qui divise ses activités entre recrutement et formations professionnelles, est passé d’une logique de rencontres physiques à une logique 100 % numérisée. De la recherche de profils à la mise en relation avec les entreprises clientes en passant par les entretiens, tous se fait aujourd’hui devant un or- dinateur. « Il y a un côté très pra- tique, je suis derrière mon écran, le·a candidat·e est derrière le sien, les entretiens sont très qualita- tifs », assure Hervé Van Rijn. Pour consolider cette nouvelle formule,
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
4 Les incroyables pépites des régions
en couverture
À chaque territoire ses richesses, ses locomotives économiques et ses fiertés. Il faut 18 régions pour faire une France, des DOM-TOM à la métropole.
À chacune ses talents. Entre secteurs de pointe, cœurs d’activité et spécialités régionales, de l’industrie à l’assiette, tour d’horizon (non exhaustif) des pépites régionales. ADAM BeLGHiTi ALAOUi
    AUVERGNE-RHONE-ALPES
Talents et/ou spécificités : 1re région industrielle de France (18 % de la valeur ajoutée régionale, 14 pôles de compétitivité, 500 000 emplois,
18 clusters – réseaux d’entreprises TPE et PME, à ne pas confondre avec les clusters de contamination covid !), 1re région productrice d’énergies renouvelables, berceau de la cuisine à la française et fief de Paul Bocuse.
Côté cuisine : poulet de Bresse, charcuterie de Lyon, pomme de terre sous toutes ses formes, fromages (Cantal, Fourme d’Ambert, Saint- Nectaire), gratin dauphinois...
BOURGOGNE-FRANCHE-COMTE
Talents et/ou spécificités : 1re région industrielle en part d’activité (17 % des emplois), 3e région agricole et 34 000 ha de vignes à 99 % en AOP, 2e région exportatrice et 1re région productrice de chênes.
Côté cuisine : bœuf bourguignon, moutarde de Dijon, galette comtoise, saucisse de Morteau, comté...
    BRETAGNE
Talents et/ou spécificités : 1re région de pêche, taux de chômage le plus bas de France (7,5 % contre 9 % au niveau national), 1re région du recyclage et du tri (97 kg/habitant/an contre 67 kg de moyenne nationale)
Côté cuisine : kouign-amann, caramel au beurre salé, crêpes, andouille de Guémené, far breton...
Corse
Talents et/ou spécificités : 1re région (monodépartementale) forestière (plus haut taux de boisement de France, 58 %), 1re région en termes de densité artisanale (plus de 335 entreprises artisanales pour 10 000 habitants) Fait historique : la Corse fut le premier territoire métropolitain libéré par les Alliés en 1943.
Côté cuisine : la coppa, le figatellu, le brocciu, la fiadone... entre autres.
  CENTRE-VAL DE LOIRE
Talents et/ou spécificités : 1re région productrice d’oléagineux et 1re région céréalière de France et d’Europe
Côté cuisine : fromages de chèvre (crottin de Chavignol, Sainte- Maure-de-Touraine, Valençay), lentille verte du Berry, tarte tatin, pithiviers...
   GUADELOUPE
 GRAND EST
Talents et/ou spécificités : 1re région en nombre de communes (plus de 5 100), 30 % de moins de 25 ans, 1re productrice d’électricité éolienne. Côté cuisine : boudin de Nancy, bouneschlupp de Metz, choucroute de Strasbourg, flammekueche de Mulhouse...
Talents et/ou spécificités : économie tournée vers le secteur agricole, production de bananes (70 000 tonnes par an), de canne à sucre
(58 000 tonnes) et de rhum (67 000 hectolitres), richesse naturelle exceptionnelle : « L’île aux belles eaux », selon son nom amérindien, ou « île papillon » vue du ciel.
Côté cuisine : accras (plus antillais que strictement guadeloupéen), rhum planteur, poulet boucané, ouassous (écrevisses d’eau douce)...
guyanne
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février 2021 ecoreseau.fr
Talents et/ou spécificités : production de bois, pêche, importantes ressources minières et énergétiques (hydrocarbures, or), centre spatial français et européen de Kourou (700 km2, 12 lancements par an en moyenne).
Côté cuisine : le « jamais goûté » (poisson local), bouillon d’awara (fruit d’un palmier amazonien), bami/nassi (sucré-salé à base de riz et de spaghetti)...
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[en couverture
entreprendre & innover
      LA RÉUNION
ÎLE-DE-FRANCE
Talents et/ou spécificités : cœur économique (31 % du PIB français, 4,6 % du PIB européen), 40 % des dépenses en R&D nationales, cœur démographique (12,2 millions d’habitant·es, 19 % de la population française), 1re destination touristique d’Europe (50 millions de visiteur·ses en 2019), 1re région d’Europe en termes de dépôts de brevets dans les nouvelles technologies
Côté cuisine: champignons de Paris, boudin noir, pot-au-feu, Paris-Brest, sauté de veau marengo...
Talents et/ou spécificités : richesse maritime (zone économique exclusive de 315 000 km2, quasi égale
à celle de la France métropolitaine), canne à sucre (56 % de la surface agricole et 200 000 tonnes par an), « point chaud » de biodiversité des Mascareignes (avec Maurice et Rodrigues) et cirques, pitons et remparts classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Côté cuisine : rougail saucisses, cari poulet, samoussas, gratin de chouchou...
mayotte
Talents et/ou spécificités : biodiversité exceptionnelle (près de 50 espèces végétales endémiques) et lagon fermé parmi les plus grands et les plus riches du monde (1 100 km2 et une double barrière de corail de 200 km de long dans le canal du Mozambique).
Côté cuisine : matsidza (riz cuit dans l’eau de coco), bata-bata (base de banane verte, manioc ou fruit
à pain), kakamoku (soupe de poisson), mataba (brèdes manioc bouillies au lait de coco)...
occitanie
Talents et/ou spécificités : 1re région d’agriculture biologique (10 000 exploitations et plus de 500 000 ha en surface bio ou en reconversion, 24 % de la surface agricole utile bio française),
1re région aéronautique d’Europe (28 % du salariat aéronautique et spatial français). Côté cuisine: haricots tarbais, aligot, cassoulet de Castelnaudary, canard sous toutes ses formes (magret, foie, confits, gésiers)...
MARTINIQUE
HAUTS-DE-FRANCE
Talents et/ou spécificités : plus jeune région de France (39,8 ans en moyenne contre 41,4 en France), 1re région pour la construction ferroviaire et la construction de verre Côté cuisine: andouillette, maroilles, carbonnade flamande, welsh, bière des Flandres...
  Talents et/ou spécificités : fait partie d’un des 35 hotspots mondiaux de la biodiversité (îles des Caraïbes), endémisme de nombreuses espèces, économie tournée vers le raffinage pétrolier (51 % des exportations) et l’agriculture (bananes, canne à sucre, aquaculture). Côté cuisine : le « féroce » (entrée à base d’avocat, de morue, de manioc et de piment), le « ti nain morue », rhum, lambi (mollusque), bondamenjak (attention, piment très puissant)...
    normandie
Talents et/ou spécificités : 1re région productrice de lin (leader européen et mondial) et 1er territoire d’élevage équestre, 1re en nombre de collégien·nes et lycéen·nes en section européenne, 2e en part de PIB consacré à l’export (35 %).
Côté cuisine : camembert, neufchâtel, escalope normande, calvados, teurgoule...
  NOUVELLE-AQUITAINE
Talents et/ou spécificités : plus grande région de France (12,5 % du territoire français), 1re région agricole (180 000 emplois et 85 000 exploitations), vignoble bordelais de renommée internationale,
32 millions de touristes en 2019.
Côté cuisine : vins de Bordeaux, truffe de Dordogne, piment d’Espelette, cannelé, jambon de Bayonne, huitre d’Arcachon.
   PAYS DE LA LOIRE
Talents et/ou spécificités : Nantes Saint-Nazaire, 1er port de commerce de la façade atlantique (30,7 millions de tonnes en 2018) et 4e grand port maritime (GPM) français (24 400 emplois directs), 2e taux de chômage régional le plus faible (7,9 %) et 1re en nombre d’apprenti·es.
Côté cuisine : vins d’Anjou, chaudrée à la vendéenne, boudin blanc du Mans, chapon aux morilles...
  PROVENCE-ALPES-COTE D’AZUR
Talents et/ou spécificités : 1re région maritime (120 000 emplois), 1re région métropolitaine de la biodiversité
(75 % du territoire couverts par des espaces naturels non urbanisés), 1re en production d’énergie solaire (15 % de la production française).
Côté cuisine : herbes de Provence, aïoli, salade niçoise, bouillabaisse, ratatouille, les treize desserts des calendes de Noël...
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]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
5 Fulgurances mondiales
en couverture
 « Le talent provient de l’originalité, qui est une manière spéciale de penser, de comprendre et de juger » (Guy de Maupassant). Si le talent n’est pas toujours gage de réussite, la réussite est, elle, souvent gage de talent. Voici une sélection tout ce qu’il y a de subjectif de certaines des plus belles ascensions de ces dernières années.
JeAN-BAPTiSTe CHiArA
  états-unis
The Time’s Kid of the Year : Gitanjali rao, née en 2005
Après avoir élu Greta Thunberg personnalité de l’année 2019, le Time magazine a décidé d’aller au bout des choses et nommera désormais chaque année l’enfant de l’année. Pour 2020, c’est la prodige américano-indienne Gitanjali Rao, née en 2005, qui rafle la mise. À 15 ans, Gitanjali déroule déjà une belle carrière à son actif. Elle a inventé un appareil de détection de la contamination au plomb dans l’eau du robinet, elle a aussi développé une application de lutte contre le harcèlement en ligne. En plus de quoi, elle a écrit deux livres et a déjà distillé ses « sessions d’innovation » à plus de 30 000 étudiants aux aguets.
Aux dernières nouvelles : la petite génie bosse déjà sur ses prochaines idées. Un dispositif de mesure de la dépendance aux opioïdes, mais aussi un détecteur de parasites présents dans l’eau, indispensable aux populations du tiers-monde. Qui sait, Gita’ Rao deviendra peut-être l’Elon Musk de l’entreprenariat solidaire ?
colombie
La licorne des Andes : rappi, créé en 2015
Le talent, c’est parfois savoir miser sur une valeur sûre. Ce qu’ont fait trois entrepreneurs en 2015 lorsqu’ils créent une start-up de livraison. L’entreprise dépasse rapidement ce que l’on connaît en France pour devenir ce que les Asiatiques appellent une superapplication – plusieurs applications en une seule. Au-delà de la nourriture, l’appli propose la livraison de courses, de cosmétiques ou encore de médicaments, elle assure aussi les transferts d’argent ou propose la mise à disposition
de coursiers « hommes à tout faire ». « Il y a quatre ans, on était huit, aujourd’hui on est plus de 3 500 », enfle Simon Borrero, cofondateur de Rappi.
Aux dernières nouvelles : en juin 2020, Rappi a annoncé se lancer sur les secteurs du jeu vidéo, du streaming et de la musique. La start-up colombienne se positionne clairement comme un futur géant qui n’hésitera pas à aller titiller ses concurrents les plus flamboyants.
Egypte
La licorne cairote : fawry, créée en 2009
À l’image d’autres start-up, la licorne égyptienne spécialisée
dans les systèmes de paiement électroniques a
profité de la crise covid et de l’accélération
massive de la numérisation des activités pour réussir un bond spectaculaire à la Bourse cairote.
En août 2020, tout juste un an après son introduction en Bourse, sa
valorisation atteint ainsi le milliard de dollars. Elle avoisine aujourd’hui le
milliard et demi.
Aux dernières nouvelles : malgré ses très
bons résultats, la société ne prévoit pour le moment pas de s’étendre hors des frontières égyptiennes. Ashraf Sabry, son actuel P-DG et
un ancien de chez IBM, a récemment déclaré à nos confrères de Jeune Afrique : « La société a devant elle un
marché de 100 millions de personnes, pour lesquelles 90 % des échanges commerciaux se font encore en cash. Il y a donc encore une belle marge de progression en Égypte. » Pharaonesque.
   26 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[ROYAUME-UNI
Le « moine » le plus suivi sur
terre, Jay Shetty, né en 1987
Formé en Inde au sein du mouvement Hare Krishna – considéré depuis 1995 comme une secte en France – ce moine businessman est devenu
le roi du développement personnel sur la Toile. Il commence sa carrière médiatique au Huffington Post où il se fait connaître par des interviews de personnalités sur des sujets « profonds ». Ses vidéos cumulent rapidement des dizaines de
millions de vues. En 2017, il fait déjà partie de la version européenne du classement des « 30 under 30 » du magazine Forbes. Records d’audience pour ses podcasts, son livre, et à peu près tout ce qu’il fait. Le moine qui roule en Bugatti est écouté chez Google, HSBC ou encore Barclays, et est autant chouchouté par les médias que par son public. Aux dernières nouvelles : la covid est passée
par là, l’épidémie d’angoisse avec elle. Rien de mieux pour gonfler encore l’influence mondiale de ce gourou 2.0 qui distille ses bons conseils pour rester zen et reprendre sa vie en main.
france
Le start-up studio dénicheur de health-tech : iBionext, créé en 2015
Le Lyonnais Bernard Gilly est de ceux·celles qui croient aux rêves. Son start-up studio – agrémenté
de son propre conseil scientifique – est à l’affût des meilleures idées d’innovation technologique qu’il transforme en business viables. C’est ainsi que neuf entreprises de biotech ont été créées en six ans, elles sont réunies au sein du Passage des innovations, situé à Paris. iBionext, c’est plus de 360 millions d’euros levés, deux sociétés cotées en Bourse et un modèle innovant entre le fonds d’investissement
et l’incubateur. Entre autres pépites, on y trouve Pixium qui veut rendre la vue aux aveugles, ou encore Tissium qui propose de remplacer la suture chirurgicale par une glue pour la réparation des tissus.
Aux dernières nouvelles : GrAI Matter Labs, qui propose une solution de puces avec IA embarquée,
a levé 14 millions d’euros en novembre 2020. Un deuxième fonds devrait également voir le jour afin de pousser encore plus loin les ambitions d’iBionext.
autriche
Le roi des supermarchés :
Signa Holding, créé en 2000
René Benko, 43 ans, est un ambitieux. Plus jeune, il préférait retaper des greniers en appartements de luxe plutôt que d’assister à ses cours à l’Innsbruck Business Academy. À 19 ans, il rachète son premier immeuble. Quatre ans plus tard, il monte Signa Holding en se positionnant sur le rachat et l’amélioration de centres commerciaux. En 2011, il acquiert la chaîne Kaufhof. L’année suivante, il absorbe les 17 magasins de son concurrent Karstadt. En 2018, il se diversifie en rachetant la chaîne de meubles Kika/Leiner. Forbes le place alors à la 365e position des hommes les plus riches du monde. En 2020, sa fortune est estimée à quelque 3,5 milliards d’euros.
Aux dernières nouvelles : en 2020, il rachète la chaîne suisse Globus et ses 48 magasins, aux côtés du thaïlandais Central Group. Coût de l’opération estimé : près d’un milliard d’euros. On n’a pas fini d’entendre parler de René Benko.
chine
L’œil du mal : Sensetime,
créé en 2014
La start-up d’IA la plus valorisée au monde
– 4,5 milliards de dollars – a de quoi faire peur.
Son credo : donner la vue aux machines. De la
très inquiétante reconnaissance faciale jusqu’à la reconnaissance d’images ou d’objets, Sensetime
est devenue en quelques années l’une des plus ambitieuses entreprises au monde. Elle a en
outre accès aux données de l’ensemble de la population chinoise. Également premier fournisseur d’algorithmes en Chine, Sensetime trempe dans à peu près tout ce qui touche à l’IA pour donner plus d’indépendance aux machines. La mégastart-up planche également sur des systèmes facilitateurs de deepfake – vidéo d’images de synthèse créatrice d’un avatar ultraréaliste pouvant tromper l’œil humain. Aux dernières nouvelles : en 2020, Sensetime
figure sur une liste noire à Washington. En cause, l’entreprise aurait participé à la création d’un algorithme de reconnaissance faciale particulière des minorités ouïghours.
en couverture
entreprendre & innover
      australie
La licorne d’Oz :
Canva, créé en 2012
 Avec la normalisation des usages numériques et des réseaux sociaux, les besoins des entreprises et des particuliers en matière de design graphique ont explosé ces dernières années. Avec son système de « design à la portée de tous », Canva offre à n’importe qui de créer son propre logo ou encore
la carte de son restaurant en quelques clics, le tout en version freemium – gratuitement. Si les graphistes n’apprécient pas, le grand public, lui, adore, donc les investisseurs aussi. Fort de plus d’1,5 million d’abonnés payants et de 30 millions d’utilisateurs gratuits, Canva se porte à merveille. Aux dernières nouvelles : en juin 2020, la start-
up a levé 60 millions de dollars, faisant passer
sa valorisation à 6 milliards. Elle devient ainsi l’entreprise technologique privée la plus imposante d’Australie.
 ecoreseau.fr février 2021 | 27
]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
Crise sanitaire : quelles aides pour les entreprises en 2021 ?
Le « quoi qu’il en coûte » présidentiel se pérennise. À coups de prêts, d’aide européenne, de remises de taxes et d’aides directes aux entreprises, le gouvernement tente de maintenir en vie les entreprises en 2021, dans la droite lignée des mesures prises en 2020. Un point sur les dispositifs.
     «2
2
Le maintien de l’exonération ou du report des cotisations sociales PME de moins de 50 salariés, vous pouvez – pour certaines – encore bénéficier, au moins durant les premiers mois de 2021, du recouvrement total de vos charges sociales. Renforcé et élargi, ce dispositif concerne les entreprises fermées ainsi que celles du tourisme, de l’évé- nementiel, de la culture et du sport toujours ouvertes mais qui accusent une baisse de 50 % de leur chiffre d’affaires. Pour les travailleurs indépendants, les prélèvements de cotisations sont automatiquement suspendus sans qu’ils n’aient à accomplir aucune démarche.
La prise en charge totale de l’activité partielle maintenue pour les sociétés quiaccusentunebaissed’aumoins80% de leur chiffre d’affaires.
baisse de plus de 50 % de leur chiffre d’affaires. Elle est accessible sur présentation de sa facture à l’Agence de service et de paiement.
4
Des prêts garantis
par l’État assouplis
Une première échéance de rem- boursement reportée d’avril 2021 à avril 2022 ! Les PGE (prêts garan- tis par l’État) destinés à soutenir la trésorerie des entreprises, TPE et PME en tête, leur offrent le moyen, quelles que soient leur taille et leur forme juridique, d’adresser à leur banque habituelle une demande spécifique pour l’obtention de ce crédit au taux très attractif (1 à 1,5%pourunempruntàrembour- ser en 2022 ou 2023). Les banques françaises sont donc autorisées à commercialiser un tel prêt dont l’Étatseportegarantàhauteurde 90 % via une enveloppe de 300 mil- liards d’euros. De quoi vous aider à optimiser, in fine, votre besoin en fonds de roulement. Des presta- taires financiers, comme Octobre ou Qonto, pratiquent désormais le « PGE direct » alors même qu’ils ne sont pas les entités prêteuses.
5
Chômage partiel :
un report de la baisse
de prise en charge
Face à un virus plus tenace qu’es- péré, priorité à l’emploi ! Avec notamment la prolongation du dispositif de chômage partiel. Alors que le reste à charge pour les employeurs – actuellement nul – devait passer à 15 % dès le 1er fé- vrier (avec une indemnisation inchangée pour les salarié·es, à 70 % du salaire brut), cette mesure a été reportée, sauf pour les en- treprises dont la baisse de chiffre d’affaires est inférieure à 80 %. Pour les autres, fermées ou inca- pables de produire du CA dans des secteurs en grande difficulté (tourisme, culture, sport, hôtel- lerie-restauration...), la prise en charge de l’activité partielle reste totale. Plus encore, les acteurs de ces secteurs bénéficient jusqu’à début mars, mais à des conditions certainement plus strictes, de la prise en charge de dix jours de congés payés.
Pour un accès personnalisé à ces aides, au regard du profil et des besoins de votre entreprise, rendez-vous sur le site plandere- lance.gouv.fr. Un numéro d’ap- pel spécial est aussi proposé : 0 806 000 245.
CHArLeS COHeN
société
 021 sera l’année de la relance de notre économie ! » Cette
 mâle injonction provient des vœux optimistes de la ministre déléguée char- gée de l’Industrie, Agnès Pan- nier-Runacher, de plus en plus présente dans le groupe des mi- nistres qui comptent, aux deux sens du terme. De nouvelles sal- ves d’aides s’ajoutent à la pro- longation de certaines mesurées adoptées en 2020 dans le cadre
mite de 200 000 euros par mois (800 000 euros en cumulé depuis la crise). Le produit de la vente à distance et à emporter ne sera pas comptabilisé dans le chiffre d’affaires de référence pour le calcul de l’aide. A contrario, les autres commerces de proximi- té (boutiques, coiffeurs, fleu- ristes...) n’ont accès à cette in- demnisation que pour les pertes au titre du mois de décembre (dossier à déposer jusqu’à fin février). Nouveauté de taille en revanche pour les entreprises fermées ou celles des secteurs en « lockdown », au chiffre d’affaires d’un million d’euros minimum par mois : elles bénéficient aus- si d’une aide exceptionnelle via la prise en charge de leurs frais fixes, jusqu’à 70 %, dans la limite de trois millions d’euros pour l’ensemble du premier semestre 2021 !
3
Un coup de pouce en faveur de la numérisation Booster la transformation nu- mérique de votre structure pour mieux surmonter la crise ? Afin d’aider les entreprises à se numé- riser, une aide financière à hau- teur de 500 euros est proposée par l’État depuis janvier 2021 pour les entrepreneur·euses engagé·es dans la création de leur premier site In- ternet. De quoi les aider à couvrir les coûts liés par exemple à l’adhé- sion à une plate-forme en ligne ou au développement de leur activité sur la Toile (équipement en solu- tion d’e-commerce, acquisition d’un logiciel de caisse, etc.). Cette aide est ouverte aux commerçants en fermeture administrative et aux professionnels de l’hôtellerie et de la restauration justifiant d’une
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février 2021 ecoreseau.fr
du plan France Relance.
1
Un fonds de solidarité gonflé à bloc mais plus universel
Dispositif à succès de la crise covid, le fonds de solidarité est pérennisé durant les prochains mois mais uniquement pour les sociétés les plus impactées : celles qui sont contraintes à la fermeture administrative ou qui relèvent de secteurs sinis- trés (hôtellerie, restauration, tourisme, stations de ski...) et qui ont perdu au moins 70 % de leur business. Elles profitent d’un droit à l’indemnisation de 20 % du chiffre d’affaires dans la li-
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[Les malheurs du monde feraient-ils le bonheur de la Chine ? Voilà une question un poil provo-
catrice que l’on est presque en droit de se poser alors que la crise sanitaire – pourtant issue de l’Empire du Milieu – serait le moyen pour Pékin de se hisser, plus tôt que prévu, au rang de première puissance économique mondiale ! Et pour cause, la Chine devrait dépasser les États- Unis d’ici à seulement 2028, selon un rapport du Centre for Economics and Business Research (CEBR), et non plus dans treize ans, comme les pré- visions précédentes le laissaient entendre. La crise de covid et sa gestion assez inégale auraient ainsi rebattu les cartes à l’avan- tage de la Chine, qui se targue d’avoir su rebondir vite et fort. Quoi qu’il en soit, elle représente la seule économie majeure de la planète à échapper à la récession en 2020, avec une croissance po- sitive de 2,3 % ! Les États-Unis subissent, eux, de plein fouet le coup d’arrêt lié au coronavirus, avec une contraction de leur PIB d’environ 5 % en 2020. Si 2021 doit augurer d’un rebond d’une même ampleur pour le pays de l’Oncle Sam et du nouveau pré- sident Biden, selon le CEBR, un tel rattrapage devrait tou- tefois plafonner à 1,9 % par an entre 2022 et 2024, pour redes- cendre par la suite à 1,6 % Alors que la Chine devrait connaître, elle, une croissance bien plus en- viable:de5,7%parande2021 à 2025, avant de ralentir à seu- lement 4,5 % par an de 2026 à 2030.
L’arrogance tranquille
des dirigeants chinois Certes, rien ne dit que les Chinois·es verront leur niveau de vie moyen très vite égaliser celui des Occidentaux... Mais de telles perspectives floris- santes ont de quoi regonfler à bloc l’Empire : son noyautage a priori « réussi » de la pandémie ne serait-il pas alors qu’un autre signe de plus de son hégémonie ? Pas pour l’auteur et ex-financier à l’international Alain Lemas- son, pour qui « l’arrogance tran-
La Chine, bientôt première
puissance économique
mondiale ?
La deuxième puissance économique du monde désire plus que tout déposséder les États-Unis de leur trône. Et elle pourrait y arriver plus tôt
que prévu, grâce à la crise sanitaire actuelle. Portrait-robot des forces, mais aussi des faiblesses du modèle chinois qui sait encore conjuguer l’absence de libertés individuelles avec la prouesse économique.
quille des dirigeants chinois en dit aussi long sur les paradoxes de ce régime dont la gestion pré- tendument à succès de la covid ne semble guère déterminante dans l’accélération de leur posi- tion dominante ». Car si Pékin est, de toute façon, loin d’en avoir fini avec le virus – 18 mil- lions de personnes reconfinées dans le nord-est du pays en jan- vier –, ce discours lancinant sur l’autoritarisme chinois, « levier d’une meilleure sortie de crise »,
ne prend guère autant dans les esprits occidentaux. Et pour cause : « L’un des points faibles du pays est bien de pâtir d’une image assez négative, de régime répressif, au regard de l’absence de libertés individuelles et des multiples restrictions qui le caractérisent », tempère Alain Lemasson. En témoigne encore récemment, la disparition très suspecte, pendant trois mois, du P-DG d’Alibaba, Jack Ma, et la suspension de l’introduction en
La gestion prétendument réussie de la covid-19 par la Chine ne semble guèredéterminantedans l’accélérationdesapositiondominante– Alain Lemasson, auteur et ex-financier à l’international
société
entreprendre & innover
Bourse de sa filiale Ant Group après que le magnat chinois a publiquement critiqué la gestion de la crise sanitaire par le pré- sident Jinping (sans oublier la même disparition de la médecin Ai Fen lanceuse d’alerte aux pré- mices de l’épidémie).
Courant janvier, le « disparu » s’est finalement exprimé à nou- veau dans une vidéo où il vante désormais les mérites du parti communiste chinois... Preuve de la capacité des autorités – ex- cédées par le pouvoir jugé exces- sif des grands patrons de la tech chinoise – d’exercer leur totale mainmise sur un tel secteur, aussi puissant soit-il...
Biens de haute technologie
Édifiante, cette affaire nous rap- pelle aussi qu’en l’espace d’une génération, le géant asiatique a tout de même largement imposé son avancée technologique dans des domaines à forte valeur ajou- tée, loin de son image désuète « d’atelier du monde » cantonné aux seuls produits manufactu- rés à bas coûts. Si bien que dans les secteurs de l’aéronautique et de l’aérospatial, comme celui de la construction navale, l’IA et plus généralement le high- tech, les États-Unis considèrent depuis longtemps déjà la Chine – riche de ses « Gafa » natio- naux, les BATX – comme l’un de ses seuls rivaux crédibles. Mais pour la puissance qui s’affirme, une telle montée en puissance ne se paie pas sans « heurts », la pandémie n’en reste pas moins révélatrice des forces et des fai- blesses de son modèle. « Oui, il est possible que la Chine dépasse un jour Washington dans le do- maine économique, industriel et même militaire, composantes clés du hard power, commente Alain Lemasson, en revanche, elle affiche un soft power – at- tractivité culturelle, linguis- tique, etc. – en berne face à celui des États-Unis, dont le mythe puissant de l’Amérique reste so- lidement ancré dans le monde. » Un retard en la matière presque impossible à combler pour Pé- kin à moins que le changement ne vienne précisément de « ces nombreux étudiants chinois expatriés, imprégnés d’un autre mode de vie et pouvant instiller à terme un nouvel état d’esprit dans la population chinoise ». Et peut-être en filigrane, la fin de la soumission politique...
CHArLeS COHeN
    ecoreseau.fr février 2021 | 29
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
Il y a les inventions révolutionnaires, celles qui font le tour du monde et qui laissent une trace derrière elles. Et les autres – non pas moins utiles, mais plus décalées, plus modestes. Certaines passeront même complètement inaperçues. Nous avons épluché les archives du concours Lépine, l’événement créé en 1901 par le préfet de police Louis Lépine, comme Poubelle, son homologue de la Seine qui aurait pu prétendre au prix, dix-sept ans plus tôt ! Un prix qui récompense « les inventions utiles et à viabilité économique ». Modestes ou pas, elles font partie des talents français, non mais...
Lépine et talents
de passage dans la capitale. Une invention qui a d’autant plus de mérite qu’elle remonte... à 2009, l’hégémonie des smartphones – bien que déjà grandissante – était bien moindre qu’aujourd’hui. C’est cette même année que Florence Poulet-Daumas se réjouit de sa première place au concours Lépine. Fallait y penser.
Easy Egg, cuire ses œufs n’a rien de plus simple !
Oui, nos jeunes ont de la ressource pour faire émerger des projets aussi utiles qu’étonnants. À 14 ans, Lu-
n’êtes pas un Etchebest de la cui- sine. Lucas Maignaut n’aura pas compté ses heures pour venir à bout de son Easy Egg, mais comme on dit, on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Fallait y pen- ser.
Viandes verticales ?
Une invention pour le moins ren- versante. Encore quelques mois avant l’été, le temps de revenir sur quelques mauvaises habitudes en matière de barbecue. C’est en écoutant la radio que Rémy Bolzer prend conscience de la dangerosité des barbecues horizontaux en rai- son de la toxicité des fumées. Notre amateur de grillades décide de contourner la question. Ou plutôt de l’incliner. Naît alors le barbecue vertical, bien plus sain pour la san- té. Autres particularités : le fidèle allié des consommateur·rices de viande fonctionne sans électricité puisque c’est le vent qui s’occupe de la combustion, une plaque en inox récupère les graisses qui s’écoulent. On badigeonne la barbaque de la sauce voulue sans éteindre quoi que ce soit. Enfin, barbecue ver- tical peut-être, mais le barbeuc de Rémy Bolzer demeure mobile et donc transportable où vous vou- lez ! Une invention récompensée au concours Lépine 2019 qui s’est déroulé à Montpellier. Fallait y penser.
Clood, plus besoin
de mémoriser tous
vos mots de passe
Mot de passe oublié. Non, vous n’êtes pas un robot, oui il n’est pas anormal de s’emmêler les pin- ceaux pour des dizaines de mots de passe qui ne soient pas 000 ou 12345. Une start-up toulousaine a conçu Clood pour soulager votre mémoire, un gestionnaire de mots de passe. Il suffira de n’en retenir qu’un, celui qui servira à accéder à la plate-forme Clood, puis un algo- rithme générera des mots de passe complexes. Un simple copier-col- ler pour atteindre le site ou ouvrir votre compte Ameli ! La start-up qui s’engage bien sûr à ne pas se souvenir de vos mdp s’est vu attri- buer le troisième prix du concours Lépine du sud de la France. Encore une fois, fallait y penser.
GeOffreY WeTZeL
Cinq inventions utiles et décalées... fallait y penser !
l’œil décalé
 Le Scoot’Partoo,
un fauteuil roulant
pas comme les autres !
Un char d’assaut made in Gérard Lecomte. Voilà un octogénaire qui ne manque pas d’imagination, di- rection le Calvados pour découvrir le Scoot’Partoo, un fauteuil rou- lant électrique et surtout... tout terrain ! Concocté pendant près
d’un an avec ses deux associés, Joseph Collibault et Pierre Her- rburger, Gérard Lecomte voulait enfin concevoir un fauteuil roulant qui franchirait tous les obstacles : herbe, cailloux, marches, escaliers, etc.Cequiressembleàun4x4du troisième âge est monté sur che- nille avec une vélocité de 5 km/h et une autonomie de 10 km. La fameuse chenille qui redémarre, dirait la bande à Basile ! Un coup de génie récompensé au concours Lépine 2019 où Gérard Lecomte décroche la deuxième place dans la section Grand Prix du Sénat. L’ancien salarié du secteur agricole hésite encore à commercialiser son engin – qui serait sans aucun doute fort utile pour des milliers de Fran- çais·es. Gagner de l’argent ne l’inté- resse pas, dit le vieil homme. Fallait y penser.
Easymetros, guide
de survie dans le métro Dompter l’enfer du métro parisien. Si une correspondance à Châte- let-Les Halles vous a déjà donné quelques sueurs froides, imaginez la galère endurée par toutes ces per- sonnes en déficience visuelle. C’est lorsqu’elle accompagne un aveugle
30 | février 2021 ecoreseau.fr
dans le métro que Florence Pou- let-Daumas pense à Easymetros. Un guide vocal qui vous dicte votre trajet : rames à suivre, nombre de stations, éventuelles correspon-
dances... un véritable guide de survie qui – contrairement aux Parisien·nes un peu trop pressé·es – vous répondra bien volontiers. De quoi rassurer les personnes âgées, handicapées et même les touristes
cas Maignaut obtient la médaille d’or du concours Lépine 2019 caté- gorie juniors. D’abord, l’ado a tout de l’inventeur récidiviste : après son set de table lumineux, son ro- bot qui nettoie les lignes des ter-
rains de tennis, place à l’Easy Egg ! Quèsaco ? Une machine qui cuit de façon optimale les œufs à la coque, mollets ou durs. L’appareil se pose sur une casserole remplie d’eau et appelle votre smartphone à 100° ! Vous aurez auparavant indiqué au gadget la cuisson souhaitée (coque, mollet, dur). Rien de révolution- naire peut-être, pour ce minuteur sophistiqué, mais fort utile si vous
    C’est lorsqu’elle accompagne un aveugle dans le métro que Florence Poulet-Daumas pense à Easymetros.
   ©NR
© Canal+
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[Les Premières veulent développer l’entreprenariat féminin et mixte
Toutes en avant !
En 2005, naissent les Pionnières, à l’idée de Frédérique Clavel, un incubateur réservé à l’entrepreneuriat féminin tant les ruches masculines se montrent peu hospitalières, apparemment ! La Fédération Les Premières en est l’héritière.
Le réseau d’incubateurs, en France, outre-mer et à l’international, veut développer l’entreprenariat féminin – et mixte – au nom de deux principes forts, la formation et l’accompagnement.
Douze ans après les Pion- nières, donc en 2017, voici Les Premières, fruit d’une scission :
c’est l’antenne parisienne qui prend alors son indépendance (sous le nom d’abord de Paris Pionnières puis de Willa, faut suivre !). De- puis, en 2019 plus exactement, Les Premières sont revenues s’installer en Île-de-France. Les Pionnières de 2005 était, « à l’époque, un réseau très en avance sur son temps », sou- ligne Grégory Fournier, délégué général de la Fédération Les Pre- mières. L’incubateur vise à « déve- lopper l’entrepreneuriat féminin et mixte, en créant des entreprises à dimension innovante – pas né- cessairement dans les nouvelles technologies, mais aussi dans le service, le social, ou la RSE, le déve- loppement durable, l’économie so- lidaire... Nous sommes des accélé- rateurs de croissance qui voulons générer de l’employabilité. Nous voulons pousser les personnes à avoir l’ambition d’entreprendre », pitche le délégué général.
Former pour réussir
Les Premières, féminines, donc, sont encore une nécessité au- jourd’hui. Les femmes rencontrent
toujours des difficultés supplémen- taires par rapport aux hommes pour créer leur entreprise, à com- mencer par le financement. Encore une absurdité à la française puisque 38 % des créations d’entreprises aujourd’hui relèvent d’initiatives féminines ! Rageant : comme la Fédération aime à le rappeler, les chiffres montrent que les entre- prises féminines s’avèrent plus so- lides. Selon l’OCDE, une entreprise compte 40 % de risque de moins de déposer le bilan si elle est créée par une femme ! « Casser ces barrières demande encore un travail impor- tant pour démonter les croyances limitantes, explique Grégory Four- nier. Il faut travailler les notions de réseau, de modèles – et les mettre en avant. »
Aujourd’hui, la Fédération des Premières regroupe dix incuba- teurs en France, dans les territoires d’outre-mer et à l’international. Et il s’agit bien d’incubateurs avant tout. Les Premières ne pratiquent pas vraiment de networking, même si certains incubateurs organisent parfois des événements, en régio- nal ou à l’échelle nationale. Ou si les carnets d’adresses des membres se remplissent aussi au gré des ren- contres au cours des programmes
Casser ces barrières demande encore un travail important pour démonter les croyances limitantes. Il faut travailler les notions de réseau, de modèles – et les mettre en avant – Grégory Fournier.
réseaux & influence
entreprendre & innover
  ou des accompagnements. Mais tel n’est pas l’objectif premier du réseau, clairement la formation. Depuis 2005, les Pionnières/Pre- mières ont ainsi accompagné plus de 14 000 entrepreneuses, dont 1 088 en 2019 (les chiffres 2020, compte tenu du contexte, ne se- ront pas nécessairement indicatifs), assisté à la création de 900 entre- prises, avec un taux de pérennité à trois ans de 85 %.
grâce à l’apport d’experts. « Nous voulons une pérennité des entre- prises qui aille au-delà des trois ans », martèle Grégory Fournier. Enfin, le troisième programme, Boost-1re, est un accompagnement encore plus personnalisé, destiné à des entreprises déjà un peu ma- tures, et qui veulent par exemple se développer à l’international ou cherchent leur pivot (le tournant du numérique, notamment, sur- tout post-covid). Sa durée variera,
     Blended learning
et international
Au fil de l’expérience, les Premières ont élaboré une formule simple, mais efficace. La Fédération pro- pose trois grands programmes de formation. Nationaux, ils sont néanmoins adaptés aux territoires, avec un socle commun. Le premier, dénommé Start-1re, a pour thème la sensibilisation à l’entrepreneu- riat. Cible : des personnes pas né- cessairement actives sur un projet immédiat, mais intéressées par l’idée de fonder leur entreprise. Le deuxième programme, Go-1re, vise les créateur·rices prêt·es à monter le projet dont ils·elles mûrissent l’idée. D’une durée de 6 mois, il invite à se pencher en détail sur tous les as- pects du projet pour le renforcer et lui donner les meilleures chances : l’approche de la communication, le marketing, les soft skills... Le tout
selon les besoins, de 8 à 10 mois.
« Nous sommes en train de travail- ler au blended learning, mixte de distanciel et de présentiel, qui offre beaucoup d’avantages, notam- ment pour toucher les personnes à mobilité réduite », selon Grégory Fournier. C’est l’un des chantiers de l’année 2021 pour la Fédération. L’autre développement correspond à l’ouverture de plusieurs incuba- teurs, en Bretagne, dans les Pays de la Loire... et à l’international : « Nous venons, en octobre 2020, de lancer un incubateur au Congo, en adaptant le modèle Start au contexte local. Un succès, avec près de 100 candidatures pour seule- ment douze places... Et la première promotion est déjà prête pour le programme Go. » Premières et Pionnières, vraiment !
JeAN-MArie BeNOiST
ecoreseau.fr février 2021 | 31
]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en immersion
 32 |
février 2021 ecoreseau.fr
Thunderstone,
la marketplace
physique qui
bouscule le retail
Dans la famille des start-up innovantes qui réinventent leur secteur et l’expérience client, je demande Thunderstone.
Le bébé d’Arthur de Soultrait, 38 ans, s’est lancé un sacré défi : bousculer un marché du retail trop longtemps réticent au changement. Sa solution clé en main : une marketplace
Cphysique qui embarque les avantages du numérique.
’est l’histoire d’un entre- « J’ai souhaité mettre à profit mes preneur qui, encore étu- 12 ans d’expérience du prêt-à- diant, se lançait dans sa porter et du retail, cette fois pour première aventure entre- créer une solution tech innovante
preneuriale : sa marque de prêt-à- qui pouvait rapidement prendre
porter Vicomte A. Un succès ful- gurant, une expansion mondiale dans 650 points de vente et 42 pays et une chute brutale plus tard, Ar- thur de Soultrait doit rebondir. Contraint de céder sa marque à un fonds d’investissement, il tire les bons enseignements et lance sa seconde aventure, Thunderstone. Le principal intéressé se résume :
de la valeur. » Ainsi naît en 2018 Thunderstone. Fort de son réseau et de sa connaissance du secteur, après une levée de fonds de 2 mil- lions d’euros, notre entrepreneur capitalise en partant d’un constat simple : la gestion des stocks et les limites du numérique sont autant de freins pour les marketplaces. La solution toute trouvée : mêler phy-
  ]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[La gestion des stocks et les limites du numérique sont autant de freins pour les marketplaces. La solution toute trouvée : mêler physique et numérique en une seule solution. On appelle ça phygital...
Arthur de Soultrait, fondateur de Thunderstone
« Nous ne sommes pas un retailer »
Comment caractériseriez-vous les avantages d’une solution comme Thunderstone ?
Nous sommes une marketplace au service des points de vente physiques, matérialisée par une borne en magasin directement reliée aux sites d’e-commerce de nos marques partenaires. De quoi contourner les problématiques de commandes et de stocks, de voir la disponibilité des produits en temps réel. On retrouve les avantages de l’online, sans ses inconvénients, dans un point de vente physique. Thunderstone propose en quelque sorte le meilleur des deux mondes : la profondeur de la gamme numérisée avec l’expérience physique.
La création de cette marketplace répond- elle aux besoins d’évolution du retail ?
Le marché est en pleine mutation, il a
été pendant longtemps réfractaire au changement mais si les retailers ne se réinventent pas, ils sont morts. Notre solution assure un taux de retour très faible, d’environ 3 %. En comparaison, un géant comme Zalando est aux alentours de 55 %. Chez nous, les clients essaient en magasin, comparent et commandent. Il n’y a pas surproduction des marques et le magasin n’a pas besoin d’acheter des stocks sans avoir de visibilité. Les marques multiplient leur exposition, notre métier, c’est cette mise en relation entre marques et retailers multimarques.
vos acquis et vos ambitions ?
L’idée est de créer une nouvelle expérience shopping. Une expérience complète. Aujourd’hui, en plus de nos trois showrooms à Paris, Lyon et Nice, nous en sommes à une vingtaine d’implantations dans des boutiques multimarques, nous en visons 80 pour l’année 2021. L’ambition, c’est d’atteindre les 500 installations dans les 4 ans. Et le marché
est grand, il existe plus de 20 000 magasins multimarques en France. La crise, c’est un mal pour un bien pour notre business. Notre positionnement est celui d’une marketplace lifestyle en point de vente physique. La stratégie n’est pas de devenir un retailer, mais de se concentrer sur l’association avec des revendeurs multimarques.
simple : Thunderstone installe sa marketplace dans le magasin via une borne ou une tablette, et vient greffer son catalogue pour multi- plier l’offre disponible. L’aventure ne fait que commencer. Cette fois, Arthur de Soultrait s’appuie sur son expérience. Avec Thun- derstone, il a pris le pari d’une marketplace aux goûts du jour. Et est bien parti pour dynamiser et conquérir un marché du retail en pleine réinvention.
ADAM BeLGHiTi ALAOUi
en immersion
entreprendre & innover
        sique et numérique en une seule solution. On appelle ça phygital...
Le meilleur
des deux mondes
Une borne physique reliée direc- tement aux sites e-commerce des marques partenaires et à leurs stocks, le concept est là. Et bous- cule le circuit traditionnel du retail. Thunderstone s’affranchit des problématiques de stocks en exposant en magasin quelques produits phares de chaque marque tout en proposant l’entièreté de la
gamme via sa borne automatisée (4 500 euros pièce). D’un côté, l’expérience physique du maga- sin, pour voir et essayer le pro- duit, et de l’autre une ouverture en ligne sur le reste des gammes. Thunderstone garantit aux bou- tiques multimarques de ne plus manquer une vente. Oubliés les problèmes de stocks ou d’inven- dus. Les client·es commandent n’importe quel·les modèles et tailles, parmi les disponibilités affichées et garanties. Livraison à domicile gratuite assurée par les
marques ou retrait en magasin, à l’acheteur·euse de choisir. De quoi satisfaire l’enjeu premier du retail : faire revenir les client·es.
Plus de 70 marques partenaires et d’autres à venir. Surtout, taux de retour quasi inexistant (3 %). Thunderstone ne manque pas d’arguments. « Tout ne peut pas forcément être que physique ou que digital, on propose une ex- périence shopping d’avenir sur tous les tableaux », ajoute, sûr de lui, le patron. Pour les boutiques multimarques, le processus est
ecoreseau.fr février 2021
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]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[    entreprendre & innover
les trophées optimistes
Trophées
Optimistes
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multiplier : Sepa, Swift (paiement international), fonctions comp- tables facilitées (analyse, extrac- tions, rapprochements bancaires à partir de la seule photo d’un document comptable, possibilité de multicomptes). Alors bien sûr, Alexandre Prot et Steve Anavi se projettent dans un temps où Qon- to sera banque à part entière, avec ses avantages (panels de services élargis, prêts, investissements) et... ses inconvénients (lourdeurs, risques, ratios règlementaires...). Au fond, nos deux banquiers par défaut ne sont pas si pressés de s’« embourbanquer » ! En 2021, Qonto offrira des services de cré- dit via Crédit Mutuel Arkéa. En 2022, peut-être sera-t-il établisse- ment de crédit avec possibilités de découverts et de lignes de crédit, si l’ACPR et la Banque centrale eu- ropéenne l’agréent. En attendant, l’important était pour le directeur général d’assurer la continuité du service en télétravail pendant les confinements et au-delà. Réussi, à quelques encaissements de chèques près. La machine à accélérer le voyage dans le temps bancaire s’est assuré le partenariat de Payfit (au- tomatisation de la paie et gestion RH) et l’obtention directe des prêts garantis par l’État (avec October et Bpifrance).
Et 2021 ? Et 2022 ? Leur cible de TPE/PME indépendants ne sera- t-elle pas entamée par le « bain de sang » entrevu par les économistes Artus et Pastré* ? « Malheureuse- ment, il y aura de la casse, convient l’électron libre Alexandre Prot, mais comme nous ne sommes pas encore des prêteurs, Qonto ne court d’autre risque que celui de ses abonnements à ses services... » Juste. Avec un CA (non dévoi- lé) qui double chaque année, le pionnier néobancaire désormais archiconcurrencé poursuit sa course en tête. Alexandre Prot me le disait en 2017 : l’important est de conserver un service d’avance. Le prochain, sa mue en établissement de crédit, va parachever sa mise à l’abri des services partis plus tardi- vement.
OLivier MAGNAN
Ils sont le n° 1 en Europe du business finance management, Qonto
qui allument le second étage (on parle dans le jargon des levées de fonds de série A). Septembre 2018, la série B injecte 20 millions d’eu- ros. À cette date, quand on visite Qonto à Paris, c’est déjà une grosse PME de plus de 100 salarié·es dont les besoins en recrutements sont permanents, à coups de titres en anglais : Brand designer, Talent acquisition manager, Legal coun- sel, Product marketing manager, Partnership manager, Lead fron- tend manager, Lead iOS manager, Security software engineer, Backof- fice Officer... En 2021, les voilà plus de 300, et de 27 nationalités.
Mais en janvier 2020, en trois mois de temps, Alexandre Prot et son as- socié jouent de la série C : 104 mil- lions vont désormais placer Qonto en orbite. La start-up s’inscrit dans l’international de l’investissement. Les sigles qui s’alignent sur son site pèsent lourds : Valar, Alven, la Banque européenne d’investis- sement, Tencent le chinois, avec Alibaba et Xiaomi (les A et X des BATX), DST Global, deux business angels, Taavet Hinrikus, fonda- teur et administrateur de Trans- ferWise, et Ingo Uytdehaage, CFO d’Adyen. Non, Qonto n’est plus un fruit mûr franco-français côté capital. Ce qui ne l’empêche pas d’annoncer la couleur, et cette transparence est un gage puissant : « Qonto est un établissement de paiement réglementé et supervi- sé par la Banque de France. L’en- semble des fonds déposés par nos clients sont sécurisés chez notre partenaire Crédit Mutuel Arkéa. En cas de faillite de notre parte- naire, vous êtes couverts et pro- tégés par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) à hauteur de 100 000 euros. Qonto ne peut ni investir ni prêter ou tou- cher aux fonds de ses clients. » Mais ça, c’était aujourd’hui.
En télétravail, assurer la continuité des services Entre sa série B et sa série C, Qon- to s’est européanisé. Il existe en Espagne, en Allemagne, en Italie depuis la fin de 2019. Dans son créneau du finance management, il est le leader européen. Ses services « agiles » n’en finissent pas de se
Alexandre Prot et Steve Anavi
Une capitalisation
à 136 millions d’euros
Ils sont deux électrons libres à concourir pour les Trophées Optimistes 2021 : Steve Anavi et Alexandre Prot sont inséparables dans la course en tête de Qonto, la néobanque des comptes pros. L’une des 83 start-up sélectionnées par le gouvernement pour figurer dans le French Tech 120.
  TrOPHéeS OPTiMiSTeS
  C’est un grand classique : l’entreprise née d’une frustration, d’une ab- sence, d’un défaut de ser-
vice. Ce que je cherche n’existe pas, alors je le crée. C’est le pourquoi de Qonto. Deux jeunes entrepre- neurs, Steve Anavi et Alexandre Prot, se sont juré de ne plus s’em- bêter avec des « banques chrono- phages, peu transparentes et des outils ne répondant pas aux be- soins des entreprises modernes » (dixit). Ils créent Qonto en 2016, opérationnel en 2017, une néo- banque qui vous ouvre un compte (et désormais autant que néces- saire), vous alloue des cartes de paiement, un service d’écoute sept jours sur sept. « Vous », ce sont les TPE/PME et indépendants, plu- tôt clients « pauvres » des banques traditionnelles. Mais demandeurs
34 | février 2021 ecoreseau.fr
d’agilité. On appelle ça du business finance management en français. D’emblée, les abonnements (car la néobanque fonctionne ainsi, des abonnements de 9 à 31 euros selon les services rendus) pleuvent : plus de 120 000 comptes aujourd’hui.
Des fonds chinois
qui croient en la
start-up française
Mais pour Steve (président en charge du produit, du design et des opérations) et Alexandre (directeur général, marketing/croissance, fi- nances, règlementaire), pas ques- tion de rester une PME au service d’autres PME. Il leur faut grandir très vite, de façon exponentielle. D’où fonds. Les levées se succèdent. En 2016, ils attaquent le marché avec 1,6 million d’euros d’amor- çage. En 2017, ce sont 10 millions
CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Les cofondateurs de Qonto se sont laissé guider par leur intuition. Un mélange d’audace et de créativité, de bon sens et de rebond qui a donné naissance à un acteur financier d’un nouveau type avec un très fort
  potentiel à innover.
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                                 DONNEZ UNE DIMENSION NOUVELLE À VOS RÉUNIONS D’ÉQUIPES
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]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[    entreprendre & innover
les trophées optimistes
Trophées
Optimistes
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trophées-optimistes.fr
à « laisser infuser » au lieu de foncer tête baissée dans l’action. « On peut croire que c’est une perte de temps, mais c’est surtout l’occasion de se consolider pour repartir sur de bonnes bases saines. C’est d’ailleurs ce que nous enseigne aussi le kintsugi, un art qui demande beaucoup de patience car les étapes sont nombreuses et la laque exige des temps de séchage longs entre chaque phase : il est parfois né- cessaire de patienter pour mieux rebondir. Sinon les plaies encore fraîches risqueraient de ne pas être suffisamment cicatrisées et de se rouvrir... Il est parfois in- dispensable de laisser le temps au temps. » Air connu. Pas si sou- vent mis en œuvre.
La covid, nouveau défi. Donc source d’opportunités pour qui sait rester à l’écoute et les saisir. Car Céline considère que ne pas savoir n’est pas un obstacle, on peut toujours apprendre si on décide de se lancer. Il faut accep- ter l’éventuelle difficulté. Si ça ne fonctionne pas comme prévu ? On puisera dans sa capacité de résilience pour se relever.
« Cette crise, qui nous oblige à regarder et à nous concentrer sur ce qui est vraiment essentiel pour nous, est peut-être là aussi un choc salutaire. Elle nous amène à nous briser pour mieux nous re- construire, sur de nouvelles bases
Des lignes de failles aux lignes de force
marre un blog sur le sujet : https:// jour-apres-jour. com/. L’exercice la répare. Elle avance dans l’ac- ceptation de ce qu’elle vit et des échecs qu’elle choisit d’assumer.
De l’or liquide
pour cacher ses failles
En 2015, premier, puis deu- xième, puis troisième livre... Ses thèmes ? L’éducation positive. Elle découvre la pédagogie Mon- tessori avec ses enfants. Les San- tini s’empilent : Céline écrit et pu- blie plus de 30 livres en 5 ans sur ces thèmes.
Et alors... le kintsugi vient à elle. Elle a connu un deuxième di- vorce. C’est une véritable révéla- tion. L’esprit du kintsugi l’aide à se reconstruire. Les éditions First lui offrent l’opportunité de publier un ouvrage sur le sujet. Ce sera Kintsugi, l’art de la résilience en avril 2018. Mince, le tourbillon est revenu. Son livre est traduit en 11 langues. Céline Santini enchaîne les conférences à travers le monde pour parler du sujet...
2020. La pandémie de covid-19 se répand. Ses conférences s’ar- rêtent brusquement. Céline re- prend l’écriture, cette fois pour les enfants. La série du Petit Scarabée lancée chez First Editions en jan- vier 2020 la tient sur l’année, avec déjà six opus (Petit Scarabée vit ses émotions, Petit scarabée agit pour la planète, Petit Scarabée devien-
Céline Santini
Sublimer ses failles en les couvrant d’or, c’est ce que Céline Santini a appris à faire avec l’art japonais du kintsugi. Il consiste à souligner d’or les failles d’un objet brisé au lieu de les cacher. Cette découverte, au hasard de ses lectures dans une phase post-échec, l’a très vite inspirée. Intimement convaincue qu’elle allait lui être d’une grande richesse. Restait à trouver comment...
En se « réparant », elle a nourri et sublimé ses nouveaux projets
  TrOPHéeS OPTiMiSTeS
   Céline Santini a très vite eu envie d’entreprendre, une envie qui l’a gagnée alors qu’elle n’avait que
12 ans. Elle s’en souvient : ce fut dans la suite de la lecture d’un article qui racontait le projet et la vie des fondateurs de la marque Caudalie. Tout juste diplômée (ESCP Europe en 1999), elle passe quatre ans en entreprise. En 2003, l’entrepreneuriat l’attrape : l’or- ganisation de mariages sous la marque Pièce Montée ! La voilà dix ans durant à courir partout, à avancer à 100 à l’heure. Aventure folle, stimulante, qu’elle dévore à pleines dents, en développant un solide réseau de professionnels partenaires avec qui elle partage sa méthodologie et qu’elle forme, en bâtissant des relations de proximité et de confiance avec ses clients. Elle écrit aussi sur le sujet, et publie son premier livre, Un mariage inouï, paru en 2007 chez Leduc. s éditions.
Développement personnel après épreuve personnelle La pro du mariage... divorce.
C’est d’ailleurs ce que nous enseigne aussi le kintsugi, un art qui demande beaucoup de patience car les étapes sont nombreuses et la laque exige des temps de séchage longs entre chaque phase : il est parfois nécessaire
de patienter pour mieux rebondir.
     Sa fille n’a que 9 mois. Le choc l’éloigne des couples à marier. Un an et demi plus tard, sa mère décède, brutalement. Céline ap- prend à ralentir, à se poser. Et démonte la Pièce Montée en juin 2012. Sans salarié à licencier, l’affaire lui prend quatre heures pour tourner la page de dix ans de sa vie.
Qu’elle enrichit. La voilà plongée dans le développement personnel. Appréhendé, appro- prié à travers ses nombreuses lectures, stages, conférences... « Telle une plante assoiffée, je buvais et assimilais ces nouvelles notions qui m’aidaient à me poser les bonnes questions et à tenir le choc », se rappelle-t-elle. Deux ans plus tard, en 2014, elle dé-
dra grand, Petit Scarabée prend confiance en lui, Petit Scarabée se détend, Petit Scarabée ressent son corps). On en attend six de plus.
Ralentir,
l’atout de la covid...
Ce qu’elle a appris de ses rebonds : apprendre à ralentir, à se poser,
plus saines... Plus beau, plus fort et plus précieux qu’avant, dans l’esprit du kintsugi. » Souligner d’or ses failles, puissant moteur de résilience...
CLAire fLiN
CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Une femme à rebonds que les épreuves de la vie
ont rendue plus forte et qui, grâce à un art japonais découvert par hasard, a développé sa résilience. Combinée à son tempérament optimiste, elle a tout
pour capter les opportunités qui se présentent à elle et nourrir ses projets et envies. Et ils sont nombreux !
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février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[                 UN DÉFI PLEIN D’AVENIR
 Aider les communautés religieuses à préserver leur patrimoine avec la Fondation des Monastères
 En ce temps de crise sanitaire, la Fondation poursuit son action pour aider les communautés éprouvées, comme tous, dans la santé de leurs membres mais également dans leurs ressources, avec la fermeture des hôtelleries et la réduction de leur activité économique pendant plusieurs mois.
Des avantages fiscaux pour les entreprises et les particuliers
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Afin d’encourager le mécénat des plus petites entreprises, celles-ci peuvent choisir entre la déduction de 5°/°° de leur chiffre d’affaires ou, si cette limite est rapidement atteinte, le seuil de 20000 euros de dons, au titre du mécénat.
   Les entreprises qui
Tout don ouvre droit à
 peuvent nous soutenir
des réductions fiscales
Les entreprises relevant de l’impôt
sur les sociétés, de l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), des bénéfices non commerciaux (BNC)
ou des bénéfices agricoles (BA). Elles doivent relever d’un régime réel d’imposition.
dans le cadre de l’IR, de l’IS et de l’IFI. Legs et donations sont exonérés de droits de mutation.
www.fondationdesmonasteres.org
01 45 31 02 02
fdm@fondationdesmonasteres.org
14, rue Brunel 75017 Paris
Reconnue d’utilité publique par décret du 21 août 1974. Fondation exclusivement financée par la générosité de donateurs privés ou d’entreprises. Ses comptes sont certifiés par le cabinet Mazars.
  ]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
briefing innovation par Adam Belghiti Alaoui CES 2021, une édition
L’avantage concurrentiel d’une société ne découlera pas de l’efficacité avec laquelle ses écoles enseignent la multiplication et les tableaux périodiques, mais de la manière dont elles stimulent l’imagination et la créativité
Albert Einstein (1879-1955) La machine Blue de WeCleen
Fabriquer des produits de ménage et de nettoyage à
la maison, c’est ce que propose la start-up française WeCleen, avec sa machine Blue. Pas de compétences de chimiste requises pour produire son liquide nettoyant et écolo, mais simplement besoin de mélanger eau du robinet et concentré breveté fait de sel de Camargue et de vinaigre d’alcool, grâce à Blue. En dix minutes, par électrolyse, la solution s’enrichit d’acide hypochloreux et de soude caustique et s’utilise pour nettoyer, désinfecter... Une recette de grand-mère à la sauce high-tech. Prix : 129 euros pour le kit de démarrage.
Technologies biométriques,
la Commission européenne doit trancher
C’est l’une des innovations technologiques qui tendent à s’installer
de plus en plus dans le paysage public. L’identification et le traçage individuel via des outils de surveillance biométriques fait des émules. L’ONG European Digital Rights (EDRi), spécialisée dans la protection des droits numériques, a formulé une demande à la Commission européenne pour réclamer l’interdiction des « pratiques de surveillance biométrique de masse », via
un acte juridique européen.
Au titre de la procédure
d’initiative citoyenne
européenne, la Commission
a enregistré cette demande.
Entre partisan·es de
l’usage des technologies
biométriques pour la
surveillance et la sécurité
et détracteur·rices d’une
pratique jugée liberticide,
le débat fait rage. Selon
l’EDRi, la « surveillance
biométrique de masse » devrait être interdite, au nom des principes du RGPD (Règlement général de la protection des données). Reste qu’une quinzaine de pays européens auraient déjà testé des technologies biométriques, en emboîtant le pas de leurs homologues asiatiques. Mais les garanties de respect des droits fondamentaux restent à établir, estime l’ONG. L’initiative est enregistrée, l’ONG dispose donc de six mois pour lancer la collecte de signatures de soutien. Si, en un an, l’initiative recueille un million de signatures en provenance d’au moins sept États membres, la Commission européenne disposera de six mois pour livrer sa décision. Sans contradiction possible.
  virtuelle inspirée
parlacriseChaque année depuis 1967, Las Vegas accueille le Consumer Electronics Show (CES), devenu avec le temps le plus grand salon consacré à l’innovation tech- nologique en électronique. Sans surprise, l’édition 2021, organisée du 11 au 14 janvier, s’est tenue dans un contexte inédit, dicté par la crise sanitaire. Même dans une version 100 % virtuelle, les innovateur·rices n’ont pas manqué le rendez-vous, et se sont montré·es
inspiré·es par le contexte. Petit florilège. n Le Maskfone de Binatone
   Il fallait bien que quelqu’un
surfe sur cette vague. La société anglo-hongkongaise Binatone a mis au point un masque sanitaire qui intègre un micro et une paire d’écouteurs à connecter à son smartphone par Bluetooth.
Tout simplement, on écoute
de la musique et l’on répond
Le MagicFogger
de Scosche
Là aussi, il s’agit d’une innovation « covid ». Le MagicFogger, produit par le californien Scosche, est un appareil désinfectant portable, destiné à l’habitacle d’une voiture ou l’intérieur d’une maison ou d’une école. Ou partout ! Il libère une fine brume d’eau qui contient de l’acide hypochloreux (en faible dose) capable de désinfecter
des surfaces en quelques
aux appels tout en portant un masque, comme c’est désormais l’usage durable. Pas d’inquiétude, le masque est lavable, une fois l’électronique retirée. Il faudra simplement penser à le recharger par-ci par-là. Prix : 41 euros.
  38 | février 2021 ecoreseau.fr
minutes. Les chirurgiens et l’agroalimentaire l’utilisent. Efficacité revendiquée : 99,94 % ! Prix : 65 euros.
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[Des mots aux images en passant par l’iA : l’abandon du processus créatif humain ?
briefing innovation
La batterie de demain
Les technologies de batteries sont essentielles à notre quotidien, nos industries et notre économie. Encore aujourd’hui, les batteries lithium- ion sont omniprésentes, dans tous nos appareils électroniques et électriques. Mais le début de leur fin de règne pourrait commencer plus tôt que prévu, grâce à une découverte des chercheur·ses de l’université d’Austin, au Texas. Lesquel·les sont parvenu·es à créer une batterie
en métaux liquides capable de fonctionner à température ambiante à 20 °C, bien loin en dessous des 240 °C habituellement exigés. Des accumulateurs d’énergies de ce type
existaient déjà, mais réclamaient
de hautes températures pour éviter
la solidification des métaux. Les
scientifiques ont réalisé cet exploit
en utilisant un alliage de sodium et
de potassium (Na-K) pour l’anode
(l’électrode positive) et de gallium(Ga)
pour la cathode (l’électrode négative).
Au-delà de la composition chimique,
ces batteries en métal liquide
pourraient révolutionner le marché
de l’accu. Les accumulateurs d’énergie de type lithium-ion utilisent des électrodes solides et perdent plus rapidement en capacité en raison de la formation de dendrites sur les électrodes, fautrices de court-circuit tueur de batterie. Les électrodes liquides sont beaucoup plus durables et rechargeables plus rapidement. Surtout, la technologie s’adapte à tout genre de capacités énergétiques et d’échelles de batterie. Entre hydrogène décarboné et batterie à métaux liquides, les technologies productrices d’énergie du monde de demain se précisent.
L’intelligence artificielle repousse ses limites et multiplie ses do- maines d’application. Dans cette famille qui s’agrandit, je demande
la modélisation d’images à partir d’une simple phrase. OpenAI, une organisation à but non lucratif dédiée à la recherche en intelligence artificielle, a présenté en début d’année une technologie inédite fondée sur l’exploitation d’une intelligence artificielle finement entraînée. Le modèle, le Dall-E, à ne pas confondre avec le petit personnage robotique Wall-E, héros du film éponyme de Pixar, ni avec le peintre surréaliste Sal- vador Dali, dont il est la contraction (Dali + Wall-E = Dall-E), faut suivre ! Dall-E gé- nère une image en s’appuyant sur une ver- sion à 12 milliards de paramètres de GPT- 3, un modèle de langage développé par OpenAI pour automatiser la rédaction de texte. Un traitement big data et une ana- lyse de millions d’images et de légendes
colossale, que seule une IA sait calculer. Pour illustrer la théorie, Dall-E a com- mencé par générer une image à partir du texte « illustration d’un bébé radis blanc dans un tutu promenant un chien » (!) Le résultat parle de lui-même, l’IA a compris la complexité de l’idée, et l’a retranscrite dans un dessin. Dall-E sait également créer des images à partir d’éléments qui n’existent pas réellement (« une chaise en forme d’avocat », par exemple), sans copier simplement des images qu’il a emmagasi- nées au préalable. Ou bien créer des repré- sentations d’œuvres d’art, sans se limiter à des images réalistes. On imagine que les perspectives sont dès lors infinies, d’au- tant que Dall-E génère plusieurs illustra- tions à partir d’un seul texte. Applications concrètes de la technologie dans le monde réel ? Pour l’instant, mystère et boule de gomme (une expression que Dall-E pour- rait interpréter !). n
dès aujourd’hui
entreprendre & innover
   ecoreseau.fr février 2021 | 39
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
Adrien Book nous livre sa vision sur les technologies du futur les plus innovantes
La suite de l’analyse de ce consultant en straté- gie. Dans le n° précédent (75, Déc.2020/Janv.2021),
Adrien Book avait passé en re- vue 7 innovations désormais bien connues en nous livrant son sen- timent argumenté sur leur im- portance... ou leur surestimation. Voici les autres tournants techno- logiques qui promettent de nous en mettre plein les yeux... à partir de 2025.
2025
Des progrès
à portée... demain
8. Véhicules autonomes
2020 devait être l’année de la voi- ture autonome. Raté. Le « revers du coronavirus » ne va cependant pas refroidir le moral des grandes entreprises qui vont continuer à mettre à jour leurs algorithmes pour créer des voitures pouvant se passer de conducteurs.
Pour rappel, il est généralement ad- mis qu’il existe 5 stades de conduite autonome : de « pas d’automati- sation » à « automatisation com- plète ». Les stades 0 à 2 exigent une surveillance humaine attentive. Les stades 3 à 5 s’appuient sur des algo- rithmes pour surveiller l’environ- nement de conduite. Les voitures autonomes les plus avancées sur le marché (Tesla) sont actuellement à cheval sur les stades 3 et 4. Les chercheurs et ingénieurs espèrent que nous pourrons passer au stade 5 (et à l’automatisation complète de la conduite) d’ici à 2025, si ce n’est plus tôt. Mais la route est encore longue ! Des dilemmes éthiques aux casse-tête statistiques, le ravin entre le stade 4 et 5 sera sans aucun
doute le plus périlleux à traverser. Même si le degré 5 est atteint, il est probable que nous ne remplace- rons jamais vraiment les voitures telles que nous les connaissons. Nous créerons plutôt des routes et des espaces spéciaux pour les voi- tures autonomes. Car la voiture telle que nous la connaissons est si centrale dans nos vies quotidiennes que sa transformation en véhicule autonome signifierait reconstruire une grande partie de notre monde quotidien. Pour citer quelques exemples : le stationnement pas- serait au second plan (plus besoin de parking si la voiture se déplace en nous attendant), les limitations de vitesses seront adaptées (pour accommoder les algorithmes), le comportement des piétons sur des voies sécurisées ne serait plus du tout le même (plus besoin d’avoir peur d’être écrasé, donc plus besoin d’attendre le vert), etc.
9. L’informatique quantique
Petit rappel, les scientifiques an- noncent l’arrivée de l’ordinateur quantique depuis... plus de 50 ans ! Mais cette fois-ci, c’est peut-être la bonne. En octobre 2019, Google a annoncé que ses chercheurs avaient atteint la « suprématie quantique » (supériorité d’un ordinateur quan- tique sur un ordinateur classique pour une tâche spécifique). Et pour cause : l’ordinateur quantique avait mené en trois minutes un calcul qui exigerait environ 10 000 ans sur un superordinateur classique ! IBM, pas d’accord, a néanmoins estimé qu’un programme informatique conventionnel aurait pu résoudre ce calcul en seulement 2,5 jours... Dans les ordinateurs quantiques, les bits sont remplacés par des qu- bits à états superposables (un 0 peut
11. CRISPR,
les ciseaux génétiques
Même si un avenir de type Bienvenue à Gattaca découle de prédictions génétiques, nous pourrions encore créer une situation similaire par le biais du génie génétique pur et simple. CRISPR (Clustered Regu- larly Interspaced Short Palindromic Repeats) donne aux chercheurs le moyen de modifier facilement les séquences d’ADN et les fonctions des gènes. Parmi ses nombreuses applications potentielles : la correc- tion de défauts génétiques, le traite- ment et la prévention de la propaga- tion de maladies et l’amélioration des cultures.
La modification des germes pour en tirer de nouveaux virus ou un « Übermensch » (surhomme) reste cependant une perspective moins amusante, si cette technologie de- vait se retrouver entre des mains non éthiques. Quoi qu’il en soit, j’attends avec impatience le mo- ment où chaque homme ressem- blera à un mélange d’Omar Sy et d’Antoine Griezmann. Miam.
12. Augmentations/ améliorations humaines Heureusement, la génétique n’est pas la réponse à tout. Parfois, un peu d’imagination et de robotique suffit à dépasser nos limites. Lentement mais sûrement, nous voyons apparaître de plus en plus d’altérations naturelles, artificielles
décryptage
20 INVENTIONS QUI VONT CHANGER LE
2e partie : les innovations/révolutions à l’horizon 2025/2030
La suite de l’analyse de ce consultant en stratégie. Dans
le n° précédent (75, Déc.2020/Janv.2021), Adrien Book avait passé en revue 7 innovations désormais bien connues en nous livrant son sentiment argumenté sur leur importance... ou leur surestimation. Voici les autres tournants technologiques qui promettent de nous en mettre plein les yeux... à partir de 2025.
aussi être un 1 en même temps). Ils se montrent en théorie beaucoup plus rapides et plus efficaces que les superordinateurs « classiques », mais ils ont tendance à souffrir de décohérence (perte d’informa- tions). On pense pourtant que leur développement pour les sociétés pharmaceutiques, par exemple, pourrait théoriquement conduire à des percées majeures dans la créa- tion de médicaments. De vaccins, mêmes ?
Plus intéressant encore, les ordi- nateurs quantiques pourraient fa- cilement comprendre les mots de passe cryptés des chaînes de blocs (blockchains), ce qui mettrait à mal la pertinence de cette innovation (n’ai-je pas écrit dans le numéro précédent que la devise bitcoin était condamnée ?).
10. Prédictions génétiques
La puissance de calcul brute évoquée ci-dessus pourrait fort bien analyser votre génome et cal- culer la probabilité de contracter par exemple, des maladies cardio- vasculaires, ou encore divers types de cancers. Vous vous souvenez de Bienvenue à Gattaca, ce monde futuriste où l’on choisit le génotype des enfants ? Eh bien nous y serions, croyez-le.
Les risques de discrimination géné- tique à part, les « prédictions » fon- dées sur l’ADN pourraient consti- tuer le prochain grand bond en avant en matière de santé publique. Un exemple : des femmes statisti- quement à haut risque de cancer du sein subiraient davantage de mam- mographies, celles à faible risque moins. Du coup, de tels examens détecteraient davantage de cancers réels, déclencheraient moins de fausses alertes, de quoi assurer un meilleur taux de traitement et des primes d’assurance moins élevées. De quoi en outre aider à l’essor d’une médecine personnalisée – quoique la logistique d’un tel ob- jectif soit probablement un désastre financier dans le climat politique actuel.
  Les « prédictions » fondées sur l’ADN pourraient constituer
le prochain grand bond en avant en matière de santé publique.
  40 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[MONDE
exige aujourd’hui beaucoup trop de temps (jusqu’à quelques secondes, parfois !). La 5G est une réponse temporaire (lire ÉcoRéseau Business 75, décembre-janvier), mais une so- lution plus simple pourrait se voir mise en œuvre : faire en sorte que les objets traitent les données eux- mêmes (à la « périphérie » de l’éco- système). À la clé, la résolution d’un monceau d’obstacles dans les sec- teurs de la fabrication, du transport et des soins de santé où les décisions prises en quelques microsecondes sont essentielles à toute une série de processus. Même la mode pourrait en profiter en créant des vêtements intelligents et autonomes.
Avec la prolifération des « objets intelligents », attendez-vous à un passage des objets autonomes à des essaims d’objets intelligents collaboratifs. Dans ce modèle, plu- sieurs dispositifs fonctionneraient ensemble, soit indépendamment, soit avec l’apport humain, en addi- tionnant leurs puissances de calcul. La pointe de ce domaine est mise en œuvre par l’armée qui étudie l’uti- lisation d’essaims de drones pour attaquer ou défendre des cibles mi- litaires. L’on pourrait probablement aller beaucoup plus loin avec des centaines d’utilisations civiles po- tentielles.
La technologie est presque dispo- nible, mais comme pour d’autres développements, tant en amont qu’en aval, nous devons d’abord laisser l’innovation de matériaux rattraper leur retard avant de mettre ces idées en œuvre.
15. Micropuces/Biopuces
L’idée principale derrière les mi- cropuces (fabriquées à partir d’un ensemble de capteurs molécu- laires capables d’analyser des élé- ments biologiques et des produits chimiques) : suivre la biométrie humaine dans un contexte mé- dical. On a également vu des cas d’utilisation émerger au sein de l’écosystème technologique de l’espace de travail intelligent.
La technologie des micropuces pourrait toutefois revêtir un attrait beaucoup plus large si les clients décident de lui faire confiance (comme dans le secteur ban- caire – imaginez ne plus jamais avoir à prendre votre portefeuille en sortant de chez vous). Des cas d’utilisation émergent aussi dans l’écosystème de la technologie des espaces de travail intelligents : des puces implémentées sous la peau pour reconnaître les employés dans des espaces hautement sé- curisés ou encore pour payer son café.
À moins que tout le monde n’ac-
cepte soudainement de faire contrôler sa tension artérielle quo- tidiennement au travail, ce type de suivi risque de rester très secon- daire dans un avenir proche. On peut néanmoins imaginer que ces contrôles par biopuces deviennent assez courants dans les hôpitaux.
16. Nanorobotique
Encore plus avancés que les micro- puces... je vous présente les nano- robots. Actuellement en phase de R&D dans les laboratoires du monde entier, les nanorobots sont essentiellement de très, très petits capteurs à la puissance de traite- ment très limitée.
Les premières applications utiles de ces nanomachines viseront sans doute la nanomédecine. Par exemple, des machines biologiques pourraient identifier et détruire les cellules cancéreuses ou ad- ministrer des médicaments. Une autre application potentielle est la détection de produits chimiques toxiques et la mesure de leurs concentrations dans divers envi- ronnements.
17. Tatouages intelligents
Croyez-moi ou pas : les tatouages capables d’envoyer des signaux par le toucher pour interagir avec le monde qui nous entoure ont beau- coup de sens. Ils sont par nature portables, ce qui assure une plus grande liberté de mouvement. Ils touchent à la question des déchets, rarement évoqués lorsque l’on imagine l’avenir de la technologie. Enfin, ils sont personnalisables, une finalité technologique vers la- quelle nous nous dirigeons depuis 15 ans maintenant.
Sous leur forme actuelle, ils seraient temporaires sur la peau. Mais ils pourraient durer beaucoup plus longtemps sur les prothèses. Avec l’avantage de leur faible coût par rapport à bon nombre de matériels disponibles sur le marché.
18. Technologies vertes
Voulez-vous que vos arrière-pe- tits-enfants sachent ce que c’est que de ne pas mépriser le soleil ? Alors oubliez tout ce qui pré- cède et concentrez-vous sur la green tech : la science qui garde le monde vivable. C’est un domaine qui regorge de mille avancées, je me contenterai donc de citer les grands domaines : les générateurs d’électricité à partir d’eaux usées, la fission à base de thorium, le bio- mimétisme, les matériaux d’ex- ploitation de l’énergie, la capture de carbone, le stockage de l’énergie des sels fondus, la photosynthèse artificielle...
En théorie, toutes ces nouvelles technologies/produits sont au point. Mais leur coût d’adoption est incroyablement élevé à cause de la complexité du changement des infrastructures existantes. Elles devraient déjà se révéler opé- rationnelles pour notre survie au long terme, mais la route est en- core longue.
19. Piles à combustible
à hydrogène
Dans une pile à combustible, l’hy- drogène se combine avec l’oxygène de l’air pour produire de l’électrici- té et ne rejette que de l’eau. En soi, ce n’est pas nouveau – le principe a été découvert en 1839. Mais le concept n’était jusqu’aujourd’hui pas suffisamment rentable à grande échelle.
Cette technologie connaît d’ail- leurs encore quelques limites : il est facile de stocker une petite quan- tité d’énergie (d’où son utilisation dans l’industrie de l’exploration spatiale), mais incroyablement dif- ficile de l’envisager à plus grande échelle. Rendez-vous en 2030 pour savoir si nous aurons surmonté ces obstacles.
20. Viande sans viande
Je l’ai essayé : la viande fabriquée en laboratoire sent comme, ressemble à et retrouve le même goût que la viande (au-delà d’un goût qui sort de la « vallée de l’étrange »). Les seules choses qui changent : une alimentation plus saine, pas d’an- tibiotiques, pas d’hormones de croissance, moins d’émissions de gaz à effet de serre et pas de souf- france animale.
Surtout, c’est un marché gigan- tesque qui aiguise les appétits des industriels. Après avoir ciblé les vé- gétariens, ils ont compris qu’il est beaucoup plus facile et gratifiant de commercialiser ces produits au- près des flexitariens (à l’époque, on les appelait encore les omnivores). D’ici à 2030, 10 % de la viande consommée dans le monde ne proviendront plus d’un animal (du moins le suppose-t-on). Le principe est là, la technologie fonc- tionne... il ne reste plus qu’à véri- fier si elle sera largement adoptée.
La technologie a tendance à tendre un miroir à la société. On y voit à la fois ce qui est génial et détestable chez ses créateurs. Il est important de se rappeler que la technolo- gie est souvent neutre sur le plan des valeurs. C’est ce que nous en faisons jour après jour qui déter- mine si nous avons affaire ou non à l’« invention qui va changer le monde » !
décryptage
entreprendre & innover
ou technologiques du corps humain afin d’améliorer les capacités phy- siques ou mentales, souvent sous la forme de membres bioniques. Alors que nous commençons à mieux comprendre comment le cerveau transmet les informations au corps, de plus en plus d’entreprises com- mencent à saisir l’intérêt d’amélio- rer la vie des gens (moyennant une forte rémunération) et à s’aventurer dans cet espace.
Il est très probable qu’au-delà des « augmentations » de bras et de jambes déjà implantés, lesdites « augmentations » intéresseront le dos et les yeux. Puis, lentement mais sûrement, les augmentations deviendront optionnelles, avec son lot d’implications éthiques intéres- santes.
2030
des technologies vraiment passionnantes
 13. le graphène
Bien que le graphène ait été sur- vendu pendant tant d’années, nous voyons enfin des cas d’utilisations utiles se développer. Si vous n’avez pas prêté attention au battage mé- diatique, sachez que le graphène est un sous-produit du graphite, lui-même le très proche cousin du carbone. Il s’agit d’un matériau ex- trêmement solide, mais tout aussi extrêmement fin, léger et flexible (plus solide que l’acier, plus fin que le papier). Et il conduit aussi très bien l’électricité.
Les applications sont nombreuses, en particulier pour l’électronique portable et les technologies spa- tiales, là où la résistance et le poids deviennent des éléments clés.
Il faudra cependant encore attendre de nombreuses années pour arri- ver à un large éventail de cas d’uti- lisation. Nous avons construit le monde autour du silicium : il sera très difficile de remettre en question ce genre de technologie bien établie et mature.
14. Informatique
en périphérie
Alors que la grande majorité du trai- tement des données pour les appa- reils connectés passe désormais par le nuage (le cloud), l’envoi constant de données dans les deux sens
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]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
 Création d’entreprise le guide 2021
            Créations d’entreprises : le boom de l’année noire !
- Créer sa boîte, quels coûts pour se lancer ?
- S’implanter en région ?
Écologie industrielle : comment le décarboné cisèle nos industries - L’Europe à la barre d’acier
- La décarbonation à la française
- Le réchauffement, un élément de la stratégie de l’entreprise Briefing RH & Formation
Carrières et talents : comment les grandes écoles ont transformé le distanciel en programmes gagnants
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p. 58
42 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[ L e n1
Créations
treprises subissent 40 % de fail- lites en moins qu’en 2019, selon l’estimation du Conseil national des greffiers et tribunaux de com- merce (CNGTC). Il faudra toute- fois probablement attendre l’arrêt des aides gouvernementales pour mieux se rendre compte de l’im- pact réel de la covid sur les entre- prises cette année.
Trois secteurs
qui pèsent lourd
Cette floraison n’est bien sûr pas celle d’entreprises à salarié·es dû- ment capitalisées. En 2020, deux
des créations. Ces bons chiffres s’expliquent en partie par la bien portance de la livraison à domi- cile et la tendance à la mobilité décarbonée. Si les chiffres de créa- tions d’entreprises sous forme de société stagnent, le statut d’entre- preneur individuel prend donc de l’épaisseur et continue à modifier la structure de l’emploi en France.
Quelles perspectives pour 2021 ?
Si Airbnb ou Uber ont réussi à se lancer durant la période de grande récession de 2008, avec le succès qu’on leur connaît, c’est bien la preuve que la crise actuelle n’est pas antinomique avec la vo- lonté de création. Bien que cer- tains secteurs comme l’éducation ne semblent hélas pas des plus prometteurs pour l’année 2021, de nombreux autres domaines restent attractifs. L’innovation ré- pondra bien sûr aux nouveaux dé- fis créés par la crise, mais ce sont les nouveaux besoins qui appellent les candidat·es à l’aventure entre- preneuriale. Les grandes entre- prises se concentrent aujourd’hui davantage sur leur cœur de métier afin de limiter la casse. D’où de belles opportunités pour des start- up capables de sous-traiter cer- taines activités jusque-là exercées en interne. E-commerce, services de livraison, alimentation durable, problématiques liées au télétravail, cybersécurité ou encore santé connectée ne sont quelques-uns des secteurs prometteurs pour 2021. La transformation nu- mérique poursuit sa fulgurante progression et continue de jouer comme l’un des rouages de l’en- trepreneuriat de demain. Quant à l’envie des Français·es d’entre- prendre, ils et elles sont un·e sur cinq à déclarer vouloir créer ou reprendre une entreprise en 2021, selon un sondage OpinionWay. Beaucoup l’envisagent sous la forme du commerce associé, autre- ment dit de la franchise en général, un modèle d’entreprise où brille la France : une enseigne plus ou moins connue propose à des ma- nagers ou de futur·es managers de talent d’acheter une licence d’ex- ploitation. Le nouvel acteur dis- pose alors du réseau de l’enseigne, mais s’engage comme entrepre- neur·se dans sa nouvelle activité. Rendez-vous l’année prochaine pour savoir si cette France aux in- croyables talents franchira le cap de l’entreprise « débranchée » des milliards étatiques.
JeAN-BAPTiSTe CHiArA
le boom
de l’année noire !
ombre d’entreprises créées en 2020, on le répète sur tous les tons, atteint un chiffre record, dixit l’Insee. Pourvou qué ça doure, comme disait la mère Bonaparte, car 2021 et 2022, selon les pessimistes sous covid, pourraient bien chanter un autre refrain. Bilan de cette année étonnante et perspectives pour l’entrepreneuriat en 2021.
réflexion & stratégie
pratique
  d’entreprises :
 Une chose est sûre, il fau-   prises créées en 2020, soit environ   tiers des créations relèvent de
  dra plus qu’une pandé- mie mondiale avant de refroidir l’appétence
35 000 de plus qu’en 2019 (+ 4,5 % sur un an). Les mois de septembre et octobre ont particulièrement joué dans ces bons résultats : on a enregistré une hausse de 19 % des immatriculations sur la période par rapport à 2019. En octobre, c’est le secteur du transport qui se sera notablement bien porté, avec une augmentation des créations de 53 % par rapport à 2019 (mais entre 2010 et 2020, cette augmen- tation spectaculaire tourne autour de 40 % d’immatriculations en plus).
microentreprises. Bien sûr, elles sont corrélées à la crise : transport et livraison à domicile auront été les roi et reine du confinement et du couvre-feu. Le « transport et entreposage » représente au- jourd’hui à la fois le troisième secteur le plus abondamment visé en France, mais aussi qui a le plus progressé, avec des créations affi- liées en augmentation de 22 % sur l’année. À la première place du classement, se retrouve un secteur logiquement stimulé par la crise, celui du soutien aux entreprises, qui représente 25 % du total des créations. Sur la deuxième marche du podium, c’est le secteur de la réparation d’autos et motocycles qui brille par ses chiffres, avec
des Français·es pour l’aventure en-
trepreneuriale. L’année 2020 n’au-
ra clairement pas été aussi funeste
qu’on aurait pu le penser pour
la création d’entreprise. 2020 est
même une année record en la ma-
tière. Malgré des chiffres d’imma-
triculations en baisse sur les mois
d’avril et mai 2020 qu’explique
l’arrivée du premier confinement,
l’année se clôture sur des chiffres
globaux qui dépassent ceux de
l’année précédente. La dynamique
de progression des créations enre-
gistrée depuis 2017 se maintient
donc. D’après les statistiques dé-
livrées par l’Insee mi-janvier, on
compte près de 850 000 entre-   aient pesé dans la balance, les en-   une part de 16 % dans le total
Bref, 2020, c’est plus d’entreprises créées que jamais auparavant, mais c’est aussi moins de « plan- tages ». Bien que les aides de l’État et autres systèmes de protection
À la première place du classement, se retrouve un secteur logiquement stimulé par la crise, celui du soutien aux entreprises, qui représente 25 % du total des créations.
     ecoreseau.fr février 2021 | 43
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[pratique
réflexion & stratégie
2 Créer sa boîte, quels
tité de l’entreprise. Pour valider   neurs, un registre de « recettes/
   coûts pour se lancer ?
la création, le créateur doit rédi- ger une annonce légale à publier dans un journal papier habilité du département du siège de l’en- treprise. Le prix de l’annonce reste « relativement flou selon le journal, la longueur de l’annonce et la formalité juridique choisie », reconnaît Victor Boisnard, qui chiffre ce coût à 150-200 euros en moyenne. Cette pièce obligatoire a fait l’objet d’une simplification dans le cadre de la loi Pacte qui n’est toutefois pas encore entrée en vigueur : quand tel sera le cas, la publication dans un titre en ligne obéira à un prix fixe, pour plus de clarté. Autre obligation : assurer un dépôt de capital social à la banque. « En France, on peut créer une entreprise à partir d’un euro de capital social », rassure Victor Boisnard. Parmi les docu- ments obligatoires, figure notam- ment l’attestation de dépôt des fonds en banque. Dans le cadre de la loi Sapin 2, les frais de créa- tion d’entreprise ont été revus à la hausse avec l’obligation d’envoyer un document supplémentaire à l’administration française pour prévenir les éventuelles fraudes fiscales.
Tenir sa comptabilité
Une fois créée, l’entreprise a l’obligation de tenir une comp- tabilité (pour les microentrepre-
dépenses » est suffisant). Soit l’en- trepreneur est en mesure de s’en occuper seul, soit il fera appel à une plate-forme en ligne qui rend la comptabilité plus accessible et pédagogique. Les prix oscillent entre 50 et 70 euros par mois. Là encore, si la comptabilité se révèle trop complexe, mieux vaut faire appel à un expert-comptable qui vous facturera 150 à 250 euros par mois pour la seule tenue de comptabilité. Autre obligation – excepté pour les microentre- preneurs qui n’y sont pas tenus –, ouvrir un compte bancaire pro- fessionnel dédié, souvent là où le créateur a réalisé son dépôt de capital. Pour les comptes profes- sionnels, les tarifs sont là aussi très variables : la Banque Pos- tale propose une offre à 9,80 eu- ros mois pour les microentre- preneurs, tandis que les autres banques « classiques » comme Banque Populaire ou Crédit Mutuel proposent des packages pour environ 30 euros avec des services plus complets. Enfin, les néobanques en ligne type Qonto, Shine ou N26 proposent des tarifs variables de 9 euros mois pour un microentrepreneur à 30 eu- ros mois pour une société. Évi- demment, le nombre de services spécifiques – découverts, avances sur créances... – dont vous allez
Déclaration, dépôts, compta, outils, téléphonie, conseils, business plan, combien ça coûte ?
En 2020, malgré la pandémie, la création d’entreprises a connu de meilleurs chiffres qu’en 2019. Selon l’Insee, 848 164 nouvelles immatriculations, soit 4 % de hausse en un an (35 000 de plus qu’en 2019). Si la réalité des entreprises recouvre autant de cas particuliers, l’entrepreneur va se lancer différemment selon l’activité exercée. Quelques pistes pour se lancer.
    Le timing et les étapes à respecter lorsque l’on crée une entreprise varient effectivement d’une acti-
vité à l’autre. « Se lancer dans le conseil en marketing impose une préparation et un équipement beaucoup moins important qu’un entrepreneur qui souhaite ouvrir un restaurant », remarque à l’évi- dence Victor Boisnard, de Legals- tart. Première étape, matérialiser son idée par un business plan. Ob- jectif : crédibiliser votre projet et rassurer les banques sur votre ca- pacité à rembourser si vous solli- citez un prêt bancaire. « Il ne doit pas être calé sur un coup de tête : il faut se renseigner sur les sec- teurs et les charges fixes », autre- ment dit l’adapter à l’activité, rien de « général » ne convient, aver- tit Victor Boisnard. Il existe des offres standards de business plan chiffres en main de 50 à 150 eu- ros. Autre piste : vous rendre sur la plate-forme Adie de construc- tion d’un business plan en ligne, 100 % gratuit et adapté aux mi- croentreprises. Pour des projets plutôt ambitieux en termes de vo-
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Il faut d’abord rédiger des statuts pour qualifier les éléments de la
société. Ces frais de greffe s’élèvent à 60 euros en moyenne. En échange,
l’administration française délivre un K-bis, sorte de carte d’identité
    de l’entreprise.
lume d’affaires, mieux vaut vous faire accompagner d’un cabinet d’expertise-comptable. En pa- rallèle, vous devez entreprendre certaines démarches administra- tives si vous envisagez de créer votre entreprise sous forme de so- ciété. « Ces questions d’ordre ad- ministratif et fiscales doivent être traitées à la fin, après avoir déter- miné la dimension commerciale, le modèle économique de son en- treprise et ses besoins en termes de financement », avertit Bruno Gautier, directeur du dévelop- pement de l’Adie. Il faut d’abord rédiger des statuts pour qualifier les éléments de la société. Ces frais de greffe s’élèvent à 60 euros en moyenne. En échange, l’ad- ministration française délivre un K-bis, sorte de carte d’iden-
François Cassayre est le PDG d’Hemera Technologies, entreprise spécialisée – entre autres – dans le traitement acoustique en cabines.
Une nouvelle demande au bureau et dans les officines...
    Pourquoi renouveler les cabines acoustiques ? L’offre était correcte, non ?
Le marché des cabines acoustiques, c’était soit noir, soit blanc. Avec
d’un côté les cabines
peu performantes et
peu chères. De l’autre, les cabines bien plus performantes et... très chères ! On a voulu couper la poire en deux. On a d’abord réalisé des équipements auprès de prestataires audiovisuels,
pour des salles de spectacle par exemple. Puis nos clients se sont diversifiés : grandes entreprises, PME, associations... car, oui, avec le développement de l’open space, il est de plus en plus difficile de passer des appels ou assister à des visioconférences sans déranger les collègues. D’où l’intérêt de la
cabine acoustique. Fin 2020, nous avons décidé d’étendre notre offre aux pharmacies. Nos cabines
visent à créer un espace de confidentialité à l’heure où les pharmaciens assurent – et de plus
en plus – certaines missions des médecins : vaccination, tests, suivi des patients... Nous travaillons aussi avec des distributeurs – notamment des vendeurs de mobiliers – qui se sont implantés
en Belgique ou en Suisse. Nous visons d’abord les pays limitrophes, dans un premier temps.
    ]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[                                                     ]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
réflexion & stratégie
Autre obligation – excepté pour les microentrepreneurs qui n’y sont pas
tenus –, ouvrir un compte bancaire professionnel dédié, souvent là où le créateur a réalisé son dépôt de capital. Pour les comptes professionnels, les tarifs sont là aussi très variables.
ros. Deuxième outil, une boîte mail, avec une adresse au nom de l’entreprise (moi@lmedia plutôt que moi@yahoo) : une façon de vous crédibiliser vis-à-vis de vos clients. Chez Google, avec la so- lution Google Workspace dédiée aux entreprises accessible à partir de 5,20 euros par mois par utili- sateur ou via Microsoft, vous dis- posez d’un compte professionnel. Pour publier des documents bien formatés, remplir des tableurs, estimer un budget ou adresser vos premières factures, vous de- vez acheter la suite Google ou Microsoft.
Enfin, dernier investissement utile, le site Internet. Si certaines solutions gratuites existent, il faut disposer d’une certaine auto- nomie pour s’en servir. À partir de 50 euros par mois, le créateur d’entreprise bénéficie d’un enca- drement pour l’accompagner. CHArLOTTe De SAiNTiGNON
          bénéficier augmente mécanique- ment le prix. De la même ma- nière, un créateur doit disposer d’une assurance professionnelle, calculée en fonction du risque. Les prix d’appel démarrent à 10 ou 20 euros par mois (le tarif est directement lié à la nature de l’activité de l’entreprise). L’Adie propose par exemple à ses clients des assurances pour la responsa- bilité civile, un local ou des stocks à des tarifs de 80 à 310 euros par an pour des activités de taille très réduite. Là encore, les tarifs sont très variables d’une activité à l’autre : pour tenir une boutique
en ligne, le coût sera forcément   liser son téléphone, il souscrit aux
moins élevé que pour une activité relevant du secteur du bâtiment. « Une assurance décennale peut ainsi monter jusqu’à 2 500 euros pour un entrepreneur indivi- duel exerçant un métier du gros œuvre », estime Bruno Gautier, Adie.
S’équiper
en outils de bureau Pour la téléphonie, plutôt que d’acheter une ligne profession- nelle dédiée, le créateur a tout in- térêt à souscrire à une offre clas- sique pour limiter les coûts. S’il tient néanmoins à professionna-
services d’entreprises spécialisées qui mettent en place des lignes professionnelles à réseau dédié, d’une solution VoIP (via Inter- net) et de serveurs vocaux inte- ractifs. « Vous avez la possibilité pour adresser les problématiques de vos clients de vous équiper d’une solution téléphonique pro- fessionnelle de manière dématé- rialisée à moindre coût pour 30 ou 40 euros sans nécessairement devoir installer un combiné télé- phonique », suggère Victor Bois- nard. Côté bureautique, l’achat d’un ordinateur est indispen- sable. Comptez 500 à 3 000 eu-
    Tribune libre
« J’ai confiance dans la capacité de nos chef·fes
d’entreprise à miser sur la France pour inventer l’économie »
 Pierre Goguet, Président
de CCI France
souviendrons de cette crise de la covid-19 comme d’un passage en zone de fortes turbulences, d’une période de remise en question de nos certitudes où nous devons ca- pitaliser sur nos forces et apprendre à transformer nos faiblesses en op- portunités pour bâtir l’économie de demain.
Plus de 200 000 entreprises accompagnées
À présent, nous devons dessiner collectivement les contours du nouveau paysage dans lequel nous souhaitons rebondir. Pour cela, nous nous sommes engagés auprès de l’État à renforcer notre mobili- sation au profit des TPE-PME. En tant que partenaire de proximité dans les territoires, notre réseau des CCI composé d’entrepre- neur·ses, est plus que jamais l’ac- teur majeur pour soutenir, relancer et accompagner la transformation des entreprises pour qu’elles soient plus agiles, responsables et outil- lées pour affronter les nouveaux défis qui s’annoncent. Ainsi dans la continuité de 2020, nos équipes sensibilisent et accompagnent plus de 200 000 entreprises dans l’accé- lération de leur transformation nu-
mérique, dans leur transition éco- logique et dans leur développement à l’international dans le cadre des actions de la TeamFranceExport. Nos centres de formation sont éga- lement mobilisés pour développer les compétences des salarié·es et former les jeunes, faisant de l’ap- prentissage un levier de relance et de croissance. Sur tout le territoire, les chef·fes d’entreprise peuvent compter sur l’expérience et l’agilité des équipes de leur CCI.
Filières d’avenir
Enfin, j’ai confiance dans la capa- cité de nos chef·fes d’entreprise à miser sur la France pour inventer l’économie de la relance en déve- loppant de nouvelles filières sur le territoire. Cette dynamique doit aboutir à la création d’une indus- trie innovante, responsable, créa- trice d’emplois et compétitive à l’international. Ces « bâtisseurs » peuvent compter sur les CCI qui s’engagent dès à présent dans le développement de filières d’avenir comme celle de l’hydrogène vert qui, dans les prochaines années, va révolutionner les transports et l’industrie en améliorant la perfor- mance économique et environne- mentale de ces entreprises. n
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février 2021 ecoreseau.fr
En 2020, 3 millions d’entre- prises, du commerce, de l’industrie et des services, ont pu compter sur le sou-
tien des Chambres de commerce et d’industrie. Nous les avons écou- tées, orientées, accompagnées. Nous nous sommes battus aux cô- tés des chef·fes d’entreprises pour la survie de leurs TPE-PME, de leurs commerces et de leurs industries, aussi bien en relayant leurs besoins auprès du gouvernement et du par- lement, qu’en les appuyant concrè- tement et individuellement pour
résoudre leurs difficultés. En 2021, l’année s’annonce difficile pour nombre d’entreprises. Je pense en particulier aux secteurs de l’hô- tellerie, de la restauration, du tou- risme, de l’événementiel, du sport, des discothèques, de la culture mais aussi des professionnels de la montagne. Tous ces professionnels, durement impactés, méritent une attention et un soutien renforcés. Nous devons collectivement, par- tager les indicateurs, être en suivi rapproché, pour leur permettre un retour à la rentabilité. Nous nous
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[ 3S’implanter en région ?
Tout un arsenal d’aides et de facilités s’offre aux entrepreneurs mobiles...
De nombreux avantages et aides existent pour encourager les entreprises, les entrepreneurs et les talents à s’installer en région. Les collectivités et acteurs locaux sont pleins de ressources... Petit tour d’horizon non exhaustif de ces atouts, coups de pouce et initiatives, aux quatre coins de la France.
sure pour créer votre start-up, dé- velopper votre réseau, trouver vos financements et démarrer la com- mercialisation ». Les thématiques attireront des profils particuliers : TIC et médias (incubateur de la Belle de Mai à Marseille), entre- prises sociales (Ronalpia, à Lyon, Grenoble et Saint-Étienne), mode (Maisons de Mode à Lille et Rou- baix), etc. Des associations, comme le Réseau Entreprendre, contri- buent aussi à guider les entrepre- neurs vers une implantation locale, entre autres grâce à un bon mail- lage géographique.
Environnement dynamique
Bien sûr, les territoires travaillent sur tout ce qui peut faciliter le développe- ment harmonieux d’une entreprise : réseau de transports dense et fiable, facilité de recrutement de salariés bien formés, rayonnement interna- tional, marché en pleine croissance, présence de filières d’excellence, immobilier d’entreprise compéti- tif... Sur le site Entreprises en Nou- velle-Aquitaine, des arguments de poids en faveur de l’implantation dans le Sud-Ouest rejoignent ceux d’autres régions sur le même mode
« vendeur » : « Troisième région économique française », « 50 000 créations d’entreprises par an (hors établissements et entreprises individuelles », avec des chiffres sur « l’investissement dans l’innovation et l’effort de recherche », « 11 pôles de compétitivité », une « position stratégique »... Des attraits pour les candidats entrepreneurs du « local » comme pour les boîtes déjà créées en quête de facilités nouvelles.
De nouveaux points de chute contribuent également au dyna- misme des écosystèmes locaux : tiers lieux – espaces de coworking – ou même quartiers... Euronantes Gare propose ainsi de « vivre et travailler dans un cadre urbain ori- ginal », en mêlant de nombreuses entreprises, des logements, des commerces et des équipements de proximité. Il est clair que pour attirer les entrepreneurs et leurs projets, mieux vaut leur offrir un cadre de vie sympathique : climat agréable, offre de services, loge- ments, infrastructures... Une évi- dence : mieux vaut comparer les atouts des régions si votre projet n’est pas localement fixé et si vous êtes climato-orientable !
LUCie De LA HérONNiÈre
réflexion & stratégie
pratique
       Fier, c’est le nom et le sigle d’une « bannière unique » créée par la région Provence- Alpes-Côte-d’Azur. Com-
prendre Fonds d’investissement pour les entreprises de la région. Il regroupe les divers dispositifs de financement, classés en outils « généralistes », d’« innovation » et de « proximité ». Un exemple par- mi beaucoup d’autres : les aides financières directes, proposées aux entrepreneurs par les régions, sont essentielles à leur attractivité. Chacune met en place ses propres dispositifs, en cohérence avec ses objectifs. Subventions, prêts à des conditions très favorables... Ces aides vont concerner la création ou la reprise d’entreprise, le dévelop- pement national ou international ou encore l’innovation. La région Centre-Val de Loire déploie en ce sens tout un panel de solutions, dont une aide régionale pour la création d’entreprise (50 % en subvention et 50 % en avance remboursable à taux zéro), pour « accompagner les PME locales dans le démarrage de leur activité »... Tandis que la Normandie propose par exemple une subvention nommée Coup de pouce ou un prêt d’honneur, le Defi.
mais aussi sur les interlocuteurs à même de conseiller et guider les porteur·euses de projets.
Accompagnement technique et pratique Car pour répondre aux besoins des entrepreneur·euses, une aide pratique et technique, à l’échelle locale, est tout aussi importante que les coups de pouce financiers. Divers programmes bien construits constituent de grands atouts. Ci- tons par exemple Booster Bretagne, conçu par la région en partenariat avec Bpifrance et les 7 technopôles de Bretagne. Le dispositif vise à accompagner pendant 18 mois les dirigeants d’entreprises innovantes dans le développement de leur ac- tivité, grâce à des sessions de for- mations collectives et de conseil individuel.
Les agences régionales représentent des rouages essentiels : elles pro- posent un accompagnement de proximité, plus ou moins étoffé. Dans son « Offre entreprises », l’Agence de développement et d’in- novation de la Nouvelle-Aquitaine déploie des services d’accompa- gnement dans l’émergence d’un business model (ou d’une nouvelle offre, ou d’une nouvelle activité), la transformation numérique, la levée de fonds... En 2018, la ré- gion Grand Est (Alsace, Cham- pagne-Ardenne, Lorraine), la CCI Grand Est et les acteurs de l’inno- vation ont cofondé l’agence Grand E-nov, pour répondre « aux besoins des entreprises en matière d’inno- vation sous toutes ses formes », via plusieurs services pour « couvrir une chaîne de valeur qui part de la faisabilité à la mise sur le marché des projets d’innovation ».
La présence de pépinières, incuba- teurs et accélérateurs dynamiques attire également les talents. Nor- mandie Incubation déploie un mot d’ordre : « Propulsez votre start-up » ! La structure revendique 225 entreprises de technologies innovantes créées, grâce à « 18
  Pour dénicher les bonnes infor-
mations, des plates-formes sont
conçues pour retrouver des conseils
sur la création ou le développement
d’entreprise dans une région, elles
sont adaptées à chaque profil. Ces
« guichets uniques » facilitent les
démarches des dirigeants, à l’image
de Je crée dans ma région, en Au-
vergne-Rhône-Alpes. On y trouve
des données sur le financement,   mois d’accompagnement sur-me-
 ecoreseau.fr février 2021
| 47
]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
Écologie industrielle :
lance (adopté en septembre 2020) consacre 31 % de son budget à la transition écologique ! Curieuse- ment, les souverainistes n’ont rien dit.
Orienter les flux financiers
Petit à petit, un nouveau cadre est mis en place pour réorienter les flux d’investissements publics et privés. L’outil le plus visible est le « règlement taxonomie ». Il fixe une grille de lecture qui distingue les investissements verts (bons pour le climat) des autres. Or, le vert est à la mode dans la finance. Et il n’y a pas que les Green Bonds. Ses nouvelles règles d’engagement interdisent désormais à la Banque européenne d’investissement (BEI) de financer des projets qui impliqueraient les énergies fos- siles. « C’est terminé, même pour le gaz », a rappelé, le 20 janvier 2021, Werner Hoyer, le président (allemand) de la plus grande banque publique mondiale. Chaque année, la BEI finance pour une dizaine de milliards d’euros de projets privés et publics dans l’hexagone. Pas négligeable. À Bruxelles, l’année qui débute sera consacrée au toilettage juri- dique qu’impose le « Pacte vert », conclu entre Ursula von der Leyen et l’Europe. Ce « Paquet ajuste- ment à l’objectif 55 » modifiera les législations communautaires qui encadrent les énergies renouve- lables, l’efficacité énergétique, les bâtiments, l’utilisation des sols, la fiscalité sur l’énergie, la répar- tition de l’effort climatique, le marché des quotas d’émission de gaz à effet de serre, « ainsi qu’un large éventail d’autres textes lé- gislatifs », rappelle-t-on dans les couloirs de la Commission. En incitant à la plantation de forêts urbaines (pour rafraîchir les villes et stocker du carbone), le Pacte vert fera évoluer, par exemple, nos règles d’urbanisme. En redy- namisant l’économie circulaire, L’Europe va accroître l’activité du recyclage. Les entreprises du sec- teur ne s’y trompent pas. Veolia veut racheter Suez. Paprec vient d’ouvrir deux nouveaux centres de tri.
Tarifer le carbone
L’Europe n’entend plus se lais- ser marcher sur les pieds par ses partenaires commerciaux. Avant l’été, elle dévoilera son projet de mécanisme d’inclusion aux frontières. Ce système taxera les importations en provenance de pays qui ignorent la « contrainte
  comment le décarboné cisèle
nos industries
Une enquête de Valéry Laramée de Tannenberg
                      L ’ E u r1 o p e
à la barre d’acier
Bruxelles veut réduire de moitié les émissions carbonées de Onotre tissu industriel. Et s’en donne les moyens.
n a eu tort de la sous-es- péenne annonce la couleur : « Les timer. Qui était donc peuples d’Europe nous ont appelés cette petite blonde, Ur- à mener une action décisive contre sula von der Leyen, que le changement climatique. » Elle
l’Allemagne imposait à la tête de n’est pas la première à tenir pa-
et 2030, il faudra baisser de 55 % les émissions de gaz à effet de serre. Précédemment, l’Europe n’imaginait de réduire que de 40 % sa contribution au réchauf- fement.
La pandémie de covid-19 crée une opportunité politique pour la Commission. En quelques mois, l’économie européenne est à genoux. Les perspectives de re- démarrage s’estompent à mesure que s’allongent les confinements. Bruxelles et Paris font le forcing sur Berlin. Il faut convaincre les grands argentiers allemands de ne plus faire du respect des critères de Maastricht l’alpha et l’oméga de la politique économique et mo- nétaire. Le revirement allemand est acté lors du conseil européen du 20 juillet 2020. Les 27 ac- ceptent que l’Europe empruntent en leur nom. Ils valident aussi un ambitieux budget pluriannuel.
1 800 milliards d’euros
En empruntant à taux très bas, l’Europe finance son plan de re- lance. Next Generation est doté de 750 milliards : 360 milliards seront prêtés, 390 milliards seront distri- bués aux États sous forme de sub- ventions. En plus de cette manne exceptionnelle, lesdits États pour- ront compter sur la redistribution du cadre financier pluriannuel (CFP). Établi jusqu’en 2027, le budget de la Commission est doté de 1 074 milliards d’euros. Au to- tal, l’Europe met 1 800 milliards sur la table pour décalaminer sa machine1. Du jamais vu ! Autre fait inédit : « L’accord stipule que 30 % de ces 1 800 milliards iront au climat, soit 550 milliards. Dans sa première proposition, la Com- mission proposait de ne consacrer au climat que 275 milliards », sou- ligne Thomas Pellerin-Carlin, di- recteur du Centre pour l’énergie de l’institut Jacques Delors.
Pour toucher leur argent, les États devront présenter à la Commis- sion un plan de relance conforme aux priorités communautaires : transition écologique et numé-
    l’Europe ? L’ancienne ministre de la famille et des personnes âgées d’Angela Merkel, ont répondu les commentateurs trop pressés. Pourtant, qui mieux que cette médecin de 62 ans pour incarner une Europe en mal de figure tuté- laire ? Descendante d’une famille de grands bourgeois hanséatiques, ses ancêtres plongent leurs racines dans toute l’Europe. Allemande, elle est née à Bruxelles, a suivi ses humanités en Allemagne pour achever son cursus à Londres. Ur- sula von der Leyen est aussi une politique professionnelle : quatre fois ministre dans des gouverne- ments Merkel. Plus rare, elle a une vision du monde tel qu’il va.
En décembre 2019, dans son dis- cours programmatique, la pré- sidente de la Commission euro-
48 | février 2021 ecoreseau.fr
reil propos. Son problème ? Elle y croit ! En quelques mois, la suc- cesseur de Jean-Claude Juncker met l’Europe (à 28, puis à 27) sur de nouveaux rails. Il ne s’agit plus de soutenir l’activité du Vieux monde, mais de bâtir une écono- mie décarbonée.
Ambition à la hausse
Paradoxe, elle actionne un levier onusien pour faire bouger l’Eu- rope. L’Accord de Paris sur le cli- mat impose à ses pays signataires (dont l’Union européenne) de renforcer tous les 5 ans leur po- litique climatique. Et 2020 est la première échéance. Diplomate, Ursula von der Leyen fait accepter aux 28 gouvernements de l’UE de relever l’ambition climatique du bloc communautaire. Entre 1990
1 Par comparaison, le plan de relance de l’administration Biden ne prévoit «que»1560 milliards d’euros
d’investissements.   rique. Voilà pourquoi France Re-
    ]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[ DES LABORATOIRES SPÉCIFIQUEMENT AXÉS SUR L’HYDROGÈNE
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TERRITOIRE HYDROGÈNE
]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[                 pratique
business guide
  réseaux de transport d’électricité. Plus médiatique : l’hydrogène. D’ici à 2030, l’UE va développer la production d’hydrogène d’ori- gine renouvelable. Bruxelles vise une capacité de 40 GW d’élec- trolyseurs pour produire 10 mil- lions de tonnes d’hydrogène dé- carboné. L’Allemagne, la France, l’Espagne ont déjà publié leur dé- clinaison nationale de la stratégie européenne.
Ces stratégies dynamiseront de nombreux secteurs (transports, énergie, industries), mais aus- si les relations entre l’Europe et ses voisins. Bruxelles imagine déjà que de vastes centrales so- laires, installées au Maghreb ou en Ukraine, produisent l’électri- cité renouvelable nécessaire à la production de l’hydrogène vert qui serait consommée en Europe. Une remise au goût du jour du programme Desertec, imaginé dans les années 2000 par des in-
La décarbonation à la française
Pour soutenir ses industriels, la France mise sur le nucléaire, la production de carburant décarboné et le véhicule électrique. Le tout avec une pointe d’acier.
N’en déplaisent aux éco-   notre contribution au réchauffe-
los, l’Europe est le bon élève de la classe cli- matique mondiale. Ces
     carbone » à imposer à leurs en- treprises. Objectif : améliorer la compétitivité de l’industrie lourde européenne (acier, ci- ment). La menace fait son effet. La Chine vient d’ouvrir son marché national du carbone. L’Ukraine annonce le sien pour 2025. Aux États-Unis, la nouvelle secrétaire au Trésor, Janet Yellen, a confir- mé son intention de tarifer les émissions de CO2.
Bruxelles ne se contente pas de
définir de grandes orientations.
Elle dessine aussi les feuilles de
route de l’industrie européenne.
Mi-novembre, l’exécutif euro-
péen a publié son programme en
faveur des énergies renouvelables
marines. Objectif : multiplier par
30 en 30 ans, la capacité de pro-
duction d’électricité à partir du
vent, de la houle ou des marées.
Montant du devis : 800 milliards
d’euros. Les deux tiers seront
consacrés au renforcement des   dustriels... allemands.
 2
     2 Entre1990
et 2018, les émissions mondiales de CO2 ont progressé de 60 %.
vingt dernières années, le Bloc a
réduit de 24 % ses émissions de
gaz à effet de serre (GES)2 en ac-
croissant de 60 % son PIB. Conclu
en 2020, le Pacte vert européen
nous impose d’alléger de 55 %   En produisant de gros volumes
ment entre 1990 et 2030. Il faudra faire mieux en dix ans que ces vingt dernières années !
Ça commence tout de suite avec la mise en œuvre de feuilles de route sectorielles.
La plus célèbre est la stratégie hydrogène, publiée en juin 2020.
  50 |
février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[ Au total, l’Europe met 1 800 milliards sur la table pour décalaminer
sa machine.
de ce vecteur énergétique à partir     de voitures électriques par an.
cléaire. Après avoir obtenu que le futur « règlement taxonomie » ne classe pas l’atome comme nuisible à l’environnement, Paris veut re- lancer son programme électronu- cléaire. EDF et sa filiale Frama- tome mettent au point, non sans difficulté, une version allégée du réacteur EPR.
Remise à niveau
du nucléaire
Pour espérer une commande de six machines (pas avant 2022 !), l’énergéticien et sa filiale de- vront prouver qu’ils parviennent
à réduire d’un tiers le coût de sa construction par rapport à celle de l’EPR de première génération. Pour ce faire, le groupe présidé par Jean-Bernard Lévy réorganise le tissu industriel nucléaire fran- çais. Les forges devront produire des pièces zéro défaut et à faible teneur en carbone. Une gageure ! Les designers devront réduire le nombre de références équipant les futures centrales. Les fournis- seurs de premier rang devront faire certifier leur système de ges- tion de la qualité via la norme Iso
business guide
pratique
         d’énergies renouvelables, l’Eu- rope espère réduire fortement le bilan carbone de la production de carburants ou d’acier. Allemagne et Espagne ont déjà annoncé plu- sieurs milliards d’euros d’inves- tissements. La France promet de lui consacrer 7,2 milliards d’ici à 2030.
Aides d’État, connais pas...
Rédigé par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), le plan fran- çais ambitionne de construire (si possible avec l’Allemagne) des gi- gafactories d’électrolyseurs pour alimenter les raffineries de To- tal en hydrogène décarboné. En France, le marché de l’hydrogène est évalué à 900 000 tonnes par an. Ce programme pourrait se voir classer Projet important d’in- térêt européen commun (PIIEC) par la Commission. Ce label don- nerait le moyen à la France et à l’Allemagne d’éponger les dettes de leurs industriels, en s’affran- chissant des règles encadrant les aides d’État.
Parallèlement, l’Ademe (Agence de la transition écologique, ex- Agence de la maîtrise de l’envi- ronnement) a ouvert des appels à projets. Objectif : faire émerger de nouveaux modes de transports d’hydrogène, des technologies ap- plicables aux transports (la SNCF va tester des trains à l’hydrogène) et à la production d’énergie. La start-up vendéenne Lhyfe ima- gine produire de l’hydrogène pour véhicule avec ses éoliennes marines. L’État veut aussi faciliter la création de partenariats locaux publics-privés pour favoriser la consommation d’hydrogène en circuit court.
Airbus de la batterie
Mais l’hydrogène n’est pas le seul moyen de décarboner l’énergie. Stellantis (la nouvelle alliance PSA et Fiat Chrysler automobiles) et Saft veulent bâtir un Airbus de la batterie pour véhicules élec- triques. En septembre 2020, l’al- liance PSA-FCA et la filiale de Total ont créé Automotive Cells Company (ACC). Cette co-en- treprise devra produire dans ses usines de Douvrin (62) et de Kai- serslautern (Allemagne) assez de batteries pour équiper un million
Pressenti pour rejoindre ACC, Renault a décliné pour bâtir sa propre usine, dans le nord de la France, probablement avec le Co- réen LG.
Malgré les réticences de nom- breux pays européens, la France n’abdique pas sur l’énergie nu-
      ecoreseau.fr février 2021
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]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
Acier hydrogéné ?
À Dunkerque, ArcelorMittal ima- gine une aciérie « bas carbone ». Audacieux, si l’on se souvient que la fusion d’une tonne d’acier re- jette deux tonnes de CO2. Dans sa vaste usine de Flandre, le groupe va fondre toujours plus d’acier de récupération et recycler plus de
3
Le réchauffement, un élément de la stratégie de l’entreprise
Les multinationales vont devoir inscrire le risque climatique dans leurs comptes. Au moins pour rassurer actionnaires et investisseurs.
L’annonce est passée ina-   Or, le réchauffement entravera de
       19443. L’énergéticien va aussi ou- vrir trois écoles de soudeurs spé- cialisés. Vitale pour le nucléaire, cette spécialité a pratiquement disparu de l’hexagone. D’où les déboires du chantier de l’EPR de Flamanville (50).
gaz sidérurgiques. Ce qui rédui- ra sa consommation de coke (et donc ses émissions carbonées). Le dioxyde de carbone résiduel pourrait être capté à l’émission en vue d’être injecté dans le sous-sol de la mer du Nord. Au large de Rotterdam ou de la Norvège.
À moins que le coût de l’hydro-
gène vert ne baisse suffisamment. En Suède, l’aciériste SSAB teste un haut-fourneau électrique dopé à l’hydrogène. Les premiers essais sont prometteurs : le bilan car- bone de l’acier Hybrit est 80 fois inférieur à celui d’une aciérie clas- sique.
       perçue. Elle vaut, pour- tant, son pesant de mil- liards. Le 12 décembre
2020, les dirigeants des plus grandes entreprises françaises ont célébré, à leur façon, le 5e anni- versaire de l’Accord de Paris. Les groupes cotés au CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris, vont intégrer à leur reporting les re- commandations de la Task Force on Climate-related Financial Dis- closures (TCFD), groupe de tra- vail créé par le Conseil de stabilité financière, le régulateur des mar- chés financiers des pays du G20.
nombreuses activités.
Une enquête de la Direction gé- nérale de l’aviation civile montre que les pistes de l’aéroport de Nice-Côte d’Azur seront de plus en plus ennoyées [submergées par l’eau en parlant d’un terrain] par la montée du niveau de la Médi- terranée. De quoi réduire sensi- blement trafic et profitabilité du troisième aéroport de France.
En janvier 2021, l’agence d’infor- mation financière Bloomberg a estimé que l’empreinte carbone d’Aramco était deux fois supé- rieure à celle indiquée dans les prospectus boursiers de la pre- mière compagnie pétrolière mon- diale. Ce qui pourrait lui valoir quelques différends. Pour avoir surestimé ses réserves de 20 %, la Shell anglo-néerlandaise a été lourdement condamnée par la Securities and Exchange Com- mission, le gendarme de la Bourse américaine.
Certains investisseurs et non des moindres ont pris les devants. Le fonds souverain norvégien (le plus important du monde !)
pations dans des entreprises trop carbonées. Ses administrateurs invitent les dirigeants des 9 200 compagnies dont ils détiennent des actions à alléger leur bilan carbone. Une voie également sui- vie par l’Ircantec, la caisse de re- traite complémentaire des agents contractuels de droit public fran- çais.
ont encore d’énormes intérêts dans des activités liées à l’ex- ploitation des énergies fossiles (mines, industries lourdes, pro- duction d’énergies). Rayer de leur portefeuille les actifs trop carbo- nés, comme l’exige une politique économique basée sur l’accord de Paris, diminuerait de 1 000 à 4 000 milliards de dollars le mon- tant de leurs actifs, a calculé une équipe d’économistes de l’univer- sité de Cambridge.
En novembre 2020, la Réserve fédérale américaine a jugé que le climat présentait un risque pour le système monétaire. Une opinion partagée par Christine Lagarde, patronne de la Banque centrale européenne. La Banque d’Angleterre va obliger les grands investisseurs à évaluer les risques climatiques pesant sur leurs ac- tifs. Une dernière répétition avant la généralisation de cette obliga- tion, en 2025, pour toutes les en- treprises britanniques.
    Évaluer le risque
climatique
Le concept est simple : intégrer
à la communication financière
institutionnelle les conséquences
pour la vie et la stratégie de l’en-
treprise des effets des change-
ments climatiques. La nouvelle
n’a l’air de rien. Elle est d’impor-
tance. Cette mesure donne l’occa-
sion aux actionnaires de mettre à
jour la cartographie des risques
climatiques pesant sur une entre-
prise. Et sur leurs investissements.   s’interdit de prendre des partici-     tionnels (banques, assurances)
Risque systémique
Le phénomène va s’avérer systé- mique. Les investisseurs institu-
L’annonce est passée inaperçue. Elle vaut, pourtant, son pesant de milliards. Les groupes cotés au CAC 40 vont intégrer à leur reporting les recommandations de la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD), groupe de travail créé par le Conseil de stabilité financière, le régulateur des marchés financiers des pays du G20.
      52 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[ eN veNTe ACTUeLLeMeNT CHeZ vOTre MArCHAND De JOUrNAUX
]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation par Geoffroy Framery
   le chiffre
3,1 millions
Patrick Levy Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement
Création d’entreprise : Dpourquoi pas vous ?
epuis 12 mois, la crise sani- partiel et mauvaise situation écono- taire a frappé de plein fouet mique pour l’employeur, de nouvelles tous les secteurs écono- incertitudes pèsent sur l’avenir du sa- miques. Beaucoup d’entre- lariat. La volonté était donc de prendre
prises sont impactées, et certaines font les choses en main, et le travail indé-
Le Collectif de solidarité étudiante Lyon partenaire de #rAJ
Les solidarités se multiplient pour les étudiants de France et de Navarre. Association d’aide alimentaire, matérielle et psychologique
aux étudiants lyonnais, le Collectif de solidarité étudiante Lyon (CSE) rejoint le dispositif d’accompagnement vers l’emploi #RAJ www. relanceaveclesjeunes.fr, créé en octobre 2020 sous l’impulsion de
la start-up lyonnaise JobyPepper,
spécialiste RH de la mise en relation des
jeunes et des entreprises. Le CSE Lyon
entend proposer une solution globale
d’accompagnement vers l’emploi aux
700 étudiant·es aidé·es par l’association
créée dans l’urgence, en mars 2020, lors
du premier confinement. De son côté,
JobyPepper mobilisera l’ensemble de
sa communauté de jeunes aux actions proposées par le CSE Lyon qui devient ainsi le 6e partenaire de #RAJ aux côtés d’acteurs majeurs de l’économie et de l’insertion en Auvergne-Rhône-Alpes : JobyPepper, la CPME 69, Habitat & Humanisme Rhône, Sport dans la ville et la Mission locale de Lyon. Pour rappel, en se connectant gratuitement à RAJ, les 300 000 étudiant·es de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont l’accès
aux ressources des six partenaires du dispositif, axées sur 3 priorités : l’emploi (job, CDD, CDI, intérim), la formation (alternance, stage) et la vie quotidienne (logement, denrées alimentaires, produits d’hygiène, soutien psychologique).
Audencia Bachelor in Management obtient le grade de Licence
Après la reconduction de son « Visa » en 2018, puis l’obtention d’extension de son programme en trois ans post-bac sur son nouveau
campus en Vendée en 2020, Audencia Bachelor devient l’une des premières formations de ce type en France à décrocher le grade de Licence. Marc Gibiat, directeur Audencia Bachelors et formations mastère spécialisé, confirme : « Avec l’obtention du grade de Licence, notre Bachelor fait désormais partie des formations à disposer du niveau de reconnaissance le plus élevé possible en matière de certification
de sa qualité par l’État. Pour les candidat·es et
leurs familles, le double critère Visa-grade de Licence permet une meilleure lisibilité, notamment via la mention du grade sur Parcoursup, parmi l’offre pléthorique sur le marché de formations utilisant cette dénomination commerciale de Bachelor, qui n’est pas règlementée. C’est un accomplissement dont nous nous réjouissons, au service d’une meilleure orientation des étudiants bacheliers. »
À ce jour, Audencia Bachelor rassemble 821 étudiant·es en France, répartis sur l’un des trois campus nantais d’Audencia et son campus vendéen à la Roche-sur-Yon.
Une personnalité qui est allée jusqu’au bout du processus de résilience ne s’est pas
contentée de reconnaître son traumatisme et de faire le dos rond. Elle a su
chercher en elle les ressources nécessaires pour se développer et faire de ce choc un tremplin pour grandir.
Frédéric Lenoir, philosophe,
in Vivre dans un monde imprévisible
de salariés en chômage partiel au mois de novembre 2020 et 2,4 millions en décembre, selon la Dares. Sur ce seul mois de décembre, le chômage a été stable.
      faillite... Pour autant, de manière sur- prenante, la création d’entreprises, et no- tamment des entreprises individuelles et micro-entrepreneurs, a augmenté : près de 850 000 l’année dernière selon l’Insee, soit 4 % de plus qu’en 2019 – qui était déjà une belle année. Et cela malgré un arrêt presque total des inscriptions lors du premier confinement.
Je pense que toute crise est source d’opportunités. Chacun prend du recul, se pose les bonnes questions sur ses envies professionnelles, et avec une pincée d’adaptabilité et beaucoup de résilience, certains se sont lancés dans un métier indépendant qui avait plus de sens et leur concédait plus de libertés.
Il ne faut pas croire pour autant que toutes ces créations d’entreprises se sont faites par choix. Entre chômage
pendant semblait être une solution pour développer une activité solide et pérenne. Les longues périodes d’inac- tivité ont donc été l’occasion parfaite pour certains de développer un projet déjà réfléchi et structuré depuis long- temps.
À tous ceux qui hésitent, je vous en- courage, vous aussi, à vous lancer dans l’entrepreneuriat. Cette crise est l’occasion de repartir à zéro, et de vous concentrer sur un projet qui vous tient à cœur, qui fait sens.
Pour cela, vous devez non seulement avoir les compétences requises pour le secteur vers lequel vous vous tournez, mais aussi et surtout être bien entou- rés, bien conseillés, et il vous appar- tient de bien préparer votre projet. Ensuite, lancez-vous. n
   54 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                FORMATION INITIALE & CONTINUE
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]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
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Junia a officiellement lancé son nouveau lieu d’échanges et de collaborations entre enseignant·es et ingénieur·es pédagogiques. Cet espace de 200 m2 de productions numériques aide à définir le meilleur scénario pédagogique
au service de l’apprentissage, améliore la préparation en amont et facilite l’accès aux nouvelles technologies.
handicapés sûrement, entrepreneurs avant tout !
Hamou Bouakkaz
Secrétaire général de l’association h’up entrepreneurs
Rebondir avec Eson handicap
n 1812, un enfant de trois ans s’enfonçait dans l’œil le poinçon servant à son père pour le travail du cuir.
Il perdit la vue, pleura, déprima, puis, se mettant en mode agile, il créa l’écriture braille, utilisée encore
aujourd’hui par des millions d’aveugles dans le monde.
Le 29 janvier, à l’initiative d’H’Up entrepreneurs, en parte- nariat avec Second Souffle et l’Agefiph se tenait la première université du rebond inclusif.
Plusieurs centaines d’entrepreneurs ont rompu leur isole- ment et planché sur les leviers de la redynamisation de leur entreprise : comment faire de la conjoncture inédite que nous vivons une opportunité et se réinventer.
Au cours de cinq tables rondes, ils ont retrouvé l’inspira- tion.
Le premier levier a consisté à prendre soin de soi. L’entrepreneur, le nez sur le guidon, ne prend pas toujours le temps de penser à sa santé.
Or en période troublée, il convient de disposer de tous ses moyens pour prendre les bonnes décisions.
Le second levier fut celui du développement personnel.
On ne peut réussir seul.
Il convient de s’entourer de tous les coachs et mentors à même d’aider le dirigeant à analyser lucidement la situation qu’il affronte.
Le troisième levier est celui de l’émulation par les pairs. L’expérience d’entrepreneurs chevronnés ayant chuté dix fois et s’étant relevé onze fut un extraordinaire stimulant. Chacun est reparti nourri et prêt à bénéficier à plein du pro- gramme Rebonds TIH* que H’Up entrepreneurs et l’Agefi- ph ont conçu pour accompagner durant six mois 150 entre- preneurs dans cette phase de réinvention.
Comme l’a dit Sophie Cluzel en introduisant les tra- vaux « être en situation de handicap développe chez les entrepreneurs une telle capacité de résilience qu’elle leur permet d’affronter tous les aléas de la vie d’un chef d’entre- prise, avec ses hauts et ses bas. »
* Toutes les informations sur le programme Rebonds TIH et inscriptions sur : www.h-up.fr/rebonds-tih
Tribune libre
 Junia inaugure
  Le secteur vitivinicole
est-il une industrie de
« mâles blancs » ?
par Florine Livat, professeure d’économie à Kedge
Le monde vitivinicole français est secoué par les réactions après la publication d’une caricature méprisante à l’égard des femmes dans le magazine spécialisé
En Magnum (décembre 2020-janvier février 2021, n° 17). Les langues se délient et témoignent de discrimination et de diverses formes de harcèlement subies par les femmes dans le secteur vitivinicole : insultes, dénigrements, menaces ouvertes, remises en cause du professionnalisme. Le monde du vin reste masculin et blanc, femmes et populations de couleur y sont minoritaires. florine Livat décrypte en quatre points les dessous de ce monde.
Un secteur patriarcal et encore souvent patrilinéaire
Quand la question de la transmission de l’entreprise se pose, c’est souvent, naturellement et implicitement, les garçons qui reprennent l’entreprise. La transmission de la connaissance vitivinicole au sein des familles du monde du vin se fait aussi prioritairement vers les garçons alors que des études montrent qu’apprendre en dehors du cercle familial, comme le feront plus fréquemment les filles, permet d’acquérir de nouvelles compétences académiques, sociales et culturelles, utiles pour innover et faire face aux aléas conjoncturels.
Les femmes accèdent pourtant aux postes à responsabilité, un peu plus dans
le secteur vitivinicole que dans d’autres secteurs. Depuis le début des années
2000, plus de 40 % des femmes sont parvenues au titre prestigieux de Master of Wine. Néanmoins, alors que 50 % des étudiants en œnologie sont des étudiantes (jusqu’à 60 % dans certaines formations à la viticulture), elles sont numériquement nettement sous-représentées dans la filière et les attitudes et comportements à leur égard changent lentement.
Des success stories féminines, mais aux effets pervers
Certaines femmes ont brisé le plafond de verre dans le secteur vitivinicole, ce qui témoigne de l’amorce d’un changement culturel et structurel. La féminité devient même un argument marketing. On ne compte plus les biographies et autres ouvrages sur les femmes du vin, qu’elles soient propriétaires de maisons de Champagne, œnologues ou sommelières. Néanmoins, ces success stories risquent de laisser entendre que les femmes sont bien plus présentes dans la filière vitivinicole, notamment à des postes à responsabilité, qu’elles ne le sont en réalité.
Cette image glamour des femmes œnologues ou sommelières masque aussi la quasi-absence des femmes dans les conseils d’administration et aux postes de pouvoir dans les instances de gouvernance de la filière. Les sociologues ont d’ailleurs bien montré que, dans le monde du vin, le prestige et la réputation reposent souvent sur une forte identité masculine.
Des femmes qui façonnent le secteur vitivinicole
Historiquement, l’existence de congrégations et confréries a maintenu les femmes
à l’écart des organes de gouvernance de la filière vitivinicole. Les femmes ont donc créé leurs propres réseaux formels, rassemblés au sein des associations Femmes
de Vins ou Women Do Wine, par exemple, et informels, au sein desquels elles se définissent souvent comme partenaires et concurrentes, dans une logique de coopétition. Si certains considèrent que ces réseaux viennent défier les organisations professionnelles traditionnelles, c’est oublier qu’en améliorant la réputation de leurs vins, ces femmes contribuent aussi à la réputation collective d’une région ou d’une appellation.
D’autres discriminations
En France, le monde du vin est un monde de Blancs. Ailleurs, la situation commence à changer. Aux États-Unis par exemple, les médias vitivinicoles se font l’écho du travail de viticulteurs ou de cavistes noirs. Néanmoins, comme pour les femmes, il leur faut souvent justifier bien plus que les Blancs pourquoi ils sont dans ce secteur. Ailleurs dans le monde, la filière vin est en train de s’emparer des questions de diversité et d’inclusion. En France aussi, il est temps de mettre ces sujets sur la table.
  56 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[ Masters in Management
briefing rh & formation
pratique
  L’eM Normandie et l’epita lancent un MSc Artificial intelligence for Marketing Strategy
Accrédité par la CGE, l’EM Normandie et l’Epita ouvriront ce nouveau MSc en mars 2021. Les deux écoles ont mutualisé leurs ressources et leurs compétences pour développer un programme capable d’offrir aux étudiant·es une vision globale de l’intelligence artificielle et de ses enjeux appliqués au secteur du marketing.
Le Financial Times (FT) a publié son classement 2020 des meilleurs Masters in Management. Pour ce cru 2020, 20 écoles de commerce ont vu leur PGE ou Master in Management classé. Paris School of Business fait même son entrée dans le palmarès
J’aime ma boîte
ORéconcilier le capital et le travail
n oppose souvent le capital et à terme un meilleur climat social et et le travail. Et cette rupture économique à l’échelle d’une entreprise s’accentue encore davantage et d’un pays.
dans un contexte de crise, qui
accélère le creusement des inégalités. Se- C’est pourquoi chez Talence Gestion,
  Classement du fT des meilleurs
lon Mohammad Yunus, économiste, prix Nobel de la Paix, « la concentration des richesses est une bombe à retardement ».
Bien que protégée par son modèle so- cial, la France souffre largement des conséquences de la crise actuelle avec une multiplication des tensions sociales. Nous devons nous saisir de ce sujet et réconcilier le capital et le travail dans le pays. Seul agent économique créateur de valeur, l’entreprise a un rôle à jouer pour relever ce défi. Les mesures de la Loi Pacte visant à encourager un partage plus juste et élargi de la valeur créée au sein des en- treprises privées et la sensibilisation de leurs dirigeants favoriseraient, j’en suis convaincu, une réduction des inégalités
société de gestion de patrimoine (plus d’un milliard d’euros d’encours et 33 collaborateurs) que j’ai cofondée en 2010, près de 100% de nos collabora- teurs sont devenus actionnaires et re- présentent collectivement 20 % du capi- tal. Au-delà d’un partage plus équitable soutenant le pouvoir d’achat, j’ai obser- vé à mon échelle que l’actionnariat sala- rié a de nombreuses vertus : alignement des intérêts, cohésion et stabilité des équipes, meilleures compréhensions des décisions stratégiques... n
Didier Demeestère
Président et cofondateur de Talence Gestion
 rang rang
école
University of St Gallen
ESSEC Business School
Rotterdam School of Management, Erasmus University
Stockholm School of Economics
Università Bocconi/SDA Bocconi
Edhec Business School
EMLyon Business School
IAE Aix-Marseille Graduate School of Management
Kedge Business School
Rennes School of Business
Essca School of Management
Montpellier Business School
Lund University School of Economics and Management
EM Strasbourg Business School
Pays
Switzerland
Satisfaction (/10)
9,98
2020 1
3
5
7
9
16=
29=
42
46=
54
56
61
73
75
2019 1
3
6
13
10
19
40
33
49
51
63
55
–
79
France 9,37
Netherlands 9
Sweden 8,88
Italy 9,16
France 9,11
France/China/Morocco 9
France 8,97
France 8,36
France 8,06
France/Hungary/China 8,69
France 8,58
Sweden 8,56
France 8,86
 2
2
 HEC Paris
  France
  9,38
  4
3
 London Business School
  UK/UAE
  9,26
  6
5
 ESCP Business School
  France/UK/Spain/Italy/ Germany/Poland
  8,61
  8
7
 University College Dublin: Smurfit
  Ireland
  8,78
 ...
...
 ...
  ...
  ...
 28
43
 Neoma Business School
  France
  8,74
 32=
33
 Iéseg School of Management
  France
  9,05
 46=
47
 Grenoble Ecole de Management
  France
  8,32
 48
66
 La Rochelle Business School
  France
  8,55
 55
46
 Audencia Business School
  France
  8,72
 60
62
 TBS (Toulouse Business School)
  France/UK/Spain/ Morroco
  8,74
 62
61
 Institut Mines-Télécom Business School
  France
  8,87
 74
72
 Burgundy School of Business
  France
  8,6
 80
74
 EM Normandie Business School
  France/UK/Ireland
  8,22
 88
–
Paris School of Business
France 8,28
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| 57
]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
De l’art de s’adapter
plômées, comment lancer les suivantes dans un tel climat d’incertitude ? Au cœur de la problématique, une question : comment maintenir l’attracti- vité d’une formation chère par nature et qui pour beaucoup implique un pas vers l’inconnu : déménagement, investissement, changement de travail... Côté écoles, les défis sont nombreux. Elles doivent adapter leurs pro- grammes sans les appauvrir. Vendre du networking en distan- ciel. Convaincre les entreprises de cofinancer une reconversion professionnelle en pleine crise économique. Attirer des cadres étrangers dans un pays confi- né...
Convaincre les étudiants étrangers de venir vivre en France
Les Full time MBA, majoritai- rement composés d’étudiants étrangers, ont probablement été les plus difficiles à remplir, pour la plupart des écoles. Les promo- tions sont composées aux trois quarts, au moins, d’étudiant·es étranger·ères confronté·es aux voyages. En outre, intégrer un Full Time MBA répond autant à une volonté d’acquérir des outils et un réseau qu’à celle de décou- vrir un pays, une culture, un mode de vie. En temps de confi- nement, bonjour l’accueil ! Que peut-on espérer découvrir dans un pays qui restreint les relations sociales, ferme les lieux cultu- rels et autres places d’échanges et menace à tout moment de re- confiner sa population ? De mars à septembre 2020, les écoles ont œuvré pour convaincre leurs prospects de franchir le pas malgré tout. « Nous avons en- tretenu le contact avec tous les étudiant·es prospects grâce à des webinaires, pour répondre à leurs questions et les guider dans leurs démarches administra- tives, raconte Mickaël Naulleau, directeur international MBA chez Audencia. Nous avons dû les rassurer sur le déroulement de la formation, leur expliquer comment nous pouvions les accompagner dans leurs dé- marches administratives. Pour eux et elles, ces études sont une forme d’expatriation. Nous avons accompli un travail de proximité en misant sur le rela- tionnel et la transparence totale sur la situation. » Un investis- sement d’énergie qui s’est avéré payant. « Cette démarche a été
  en temps de crise
Comment les grandes écoles ont transformé le distanciel en programmes gagnants
  Le diplôme international par excellence, le Master of Business Administration, subit de plein fouet les conséquences du distanciel. Mais les écoles championnes du management
ont adapté leurs programmes pour survivre au virus. Un bel exemple de maîtrise...
Maintenir les forma- tions MBA « quoi qu’il en coûte » ! En pastichant un cer-
tain président, ainsi pourrait-on formuler la ligne de conduite adoptée par les écoles de com- merce pour assurer les forma- tions en cours et maintenir les rentrées prévues en 2020-2021. Dès mars 2020, à l’annonce du confinement « sévère », la plu- part ont relevé le défi et ont basculé en distanciel, du jour au lendemain. Une formalité pour certaines, déjà rodées à l’exercice pour les besoins des enseignements, une prouesse pour d’autres. Mais une fois les promotions sortantes di-
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février 2021 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[ Nous avons entretenu le contact avec tous les étudiant·es prospects grâce à des webinaires, pour répondre à leurs questions et les guider dans leurs démarches administratives – Mickaël Naulleau, Audencia.
très appréciée et nous a permis     connu une zone de forte tur-   Nous constatons une évolution
carrières & talents
pratique
 Financer un MBA
Pour intégrer un MBA, un·e participant·e doit engager autour de 40 000 euros,
quelle que soit l’école. Une formation souvent financée
de manière hybride entre les fonds propres du candidat, les aides diverses, les bourses et parfois un cofinancement de l’entreprise. Les Executive MBA les plus chers tournent autour de 120 000 euros par an.
      de remplir la promo. » À l’EM Lyon, la rentrée de septembre a été décalée à janvier pour inté- grer les candidat·es qui n’ont pu obtenir leur visa en septembre. « La promo compte 60 inscrit·es, soit le même chiffre que l’an- née dernière, alors que nous aurions dû être en croissance », rapporte Stéphanie Ousaci, res- ponsable développement MBA à l’EM. « Cinq personnes ont préféré décaler leur rentrée à septembre 2021. » À l’EM, où le FT MBA est passé grade master en juillet 2020, les étudiant·es suivent le programme en présen- tiel à 100 %. Stéphane Canonne, directeur executif Education & MBA à l’Edhec, constate, pour sa part, un regain d’intérêt pour les formations Full Time MBA et une augmentation du nombre de candidatures. Selon lui, deux raisons expliquent ce phéno- mène. « Comme dans toute crise, celle que nous connais- sons génère une peur de la si- tuation sociale, on se sent plus armé avec un MBA que sans. » Seconde raison, le choix de me- ner un MBA répond à un projet à long terme impliquant, dans 90 % des cas, un déménagement. « Face à tant d’incertitude, un diplôme est perçu comme une valeur sûre. Tant que la situa- tion de l’emploi est difficile, les diplômes auront de la valeur. » À l’heure de chercher un tra- vail, le sésame va faire la diffé- rence. Canonne : « Un MBA est un signe fort pour l’employeur. C’est le signe que la personne se bouge. »
EMBA, soutenus
par les plans de sauvegarde de l’emploi Confrontés dans une moindre mesure aux restrictions de dé- placements entre les pays, les Executive MBA qui recrutent des pros d’au moins dix ans d’expérience ont également dû s’adapter. Selon le directeur marketing et communication des MBA d’HEC Paris, Benoît Banchereau, l’appétit pour les EMBA n’a pas faibli (lire enca- dré). « Nous enregistrons une augmentation de 50 % des can- didatures en septembre, idem en janvier. Certes, nous avons
bulence liée à l’incertitude, mais nous avons entièrement numé- risé le parcours des prospects. » Même son de cloche à l’Edhec. « Malgré les circonstances, l’in- térêt pour les MBA ne faiblit pas, assure Stéphane Canonne.
toujours aussi forte, une prise de conscience des cadres qu’ils doivent s’occuper de leur évo- lution professionnelle et de leur formation. » Le classement du MBA et le prestige de l’école
     ecoreseau.fr février 2021
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]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
Habituellement, nous recrutons des promotions de 40-50 participants. Depuis la crise, nous sommes entre 35 et 40 sur les deux dernières rentrées
cette année – Hervé Remaud, Kedge.
            sont probablement un facteur clé au moment de la prise de dé- cision. Les taux de remplissage des promos varient d’une école à l’autre, certaines se voient contraintes de reporter la ren- trée ou d’annuler purement et simplement. Chez Kedge, on constate une baisse sensible du nombre d’inscrits, mais les formations sont maintenues. « Habituellement, nous recru- tons des promotions de 40-50 participants, explique Hervé Remaud, directeur Kedge Glo- bal MBA. Depuis la crise, nous sommes entre 35 et 40 sur les deux dernières rentrées cette année. Chaque promo ouvre deux portes d’entrée, une en décembre, l’autre en mars. Les deux se rassemblent pour ne
faire qu’une promo. Début dé- cembre, nous avons organisé une prérentrée simplifiée. » En- fin, le contexte économique fa- vorise les plans de sauvegarde de l’emploi dont beaucoup incluent un volet formation. À HEC, la rentrée de septembre des EMBA s’est faite en mode hybride : moitié présentiel, moitié dis- tanciel. Et pour les étudiant·es dont l’école dispose de son campus, l’avantage est de taille côté networking. « Rassembler les personnes sur le campus est clairement un facteur différen- ciant », souligne Benoît Ban- chereau. Les étudiant·es vont travailler ensemble par petits groupes, se retrouver pour faire du sport, partager au quotidien et se lier d’amitié.
   Un MBA est un signe fort pour l’employeur. C’est le signe que la personne se bouge – Stéphane Canonne, Edhec
     Le réseautage
version distanciel
On suit un MBA pour acquérir
des outils, travailler un projet de
reconversion, acquérir de l’assu-
rance et puis surtout... networ-
ker, en français canadien, ré-
seauter. Pour travailler durant 18
mois avec des participant·es qui
au fil des missions, des travaux
de groupes, des événements,
deviennent ami·es. Des ami·es
destiné·es à occuper des postes
executive. Mais lorsqu’une telle
formation bascule en distan-
ciel, est-il toujours pertinent
d’investir temps et argent sans
espérer tout le bénéfice initiale-
ment attendu ? Le networking,
c’est bien là que le bât blesse.
Les écoles redoublent d’efforts
et d’imagination pour réinven-
ter les échanges en temps de
covid. Mais le relationnel à dis-
tance, on a beau se convaincre
du contraire, ce n’est pas pareil !
Les participant·es devront s’y ré-
soudre. « Nous ne pouvons plus   ticipant au Executive MBA de
organiser les événements festifs et expérientiels, reconnaît Sté- phane Canonne. La formation est plus austère, mais tant que nous ne sommes pas soumis à un nouveau confinement strict, elle est assurée en présentiel. » Dans toutes les écoles, certains événements tels les week-ends d’intégration ont été annu- lés, d’autres reportés sine die. L’ordre des événements a été modifié dans le programme. Pour les plus chanceux, en fin de formation lorsque la crise a sévi, le préjudice est moindre. La plu- part des événements clés avaient déjà eu lieu.
  Les promos en fin
de formation moins impactées
Si l’incertitude pèse sur les for- mations commencées en 2020, la crise n’a pas impacté de la même manière les cohortes en fin de diplôme. Sébastien Bufflier, par-
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février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[ carrières & talents MBA, un marché ultraconcurrentiel
pratique
 Pas simple de remplir les MBA en temps de crise. D’autant que l’offre est pléthorique, en France comme à l’étranger.
• L’Executive MBA s’adresse
à une population qui souhaite évoluer en entreprise
et prendre de nouvelles responsabilités. Au sein
de cette grande famille,
il existe plusieurs cas de figure, comme le constate Benoît Banchereau, directeur communication, marketing, sales & admissions, pour
les programmes MBA
d’HEC Paris. « Un tiers
des participant·es sont parrainé·es par l’entreprise après avoir été identifié·es comme “haut potentiel”.
Il s’agit de personnes qui peuvent et veulent prendre des responsabilités, l’entreprise leur propose alors un Executive MBA. Cette formation est un contrat win-win entre le candidat et
l’entreprise. Un autre tiers
de la promo se compose de participant·es en quête d’un nouveau poste. Ils et elles arrivent en « bout de course » et ont besoin d’acquérir de
la confiance pour évoluer. Enfin, un dernier tiers correspond à une population de créateur·rices. Ceux·celles- là voient la formation comme une opportunité pour évoluer sur leurs bases et créer leur entreprise en même temps. » À HEC comme dans la plupart des écoles, un Executive
MBA dure 18 mois avec un rythme d’une semaine de cours par mois ou deux
jours en fin de semaine. « La formule end of the week plaît particulièrement aux femmes car elle leur permet de ne pas disparaître de la vie familiale », rappelle Benoît Banchereau.
• Le Full Time MBA. Son appellation l’indique, il se prépare à temps plein, dure
entre 12 et 24 mois. Il s’adresse à de jeunes cadres dont la première partie de carrière réussie les pousse à réorienter leur parcours. La démarche d’inscription dans un FT MBA implique dans 80 % des cas un changement de vie total : de pays, de poste, de secteur d’activité.
• Les MBA spécialisés. Ils ciblent des secteurs d’activité très spécifiques. C’est le cas du Trium Global Executive MBA proposé par HEC. La formule est née d’un partenariat
entre trois écoles, NYU, LES
et HEC. Cette formation est ancrée dans l’international, le degré de séniorité est encore plus fort. Les participant·es ont accès à trois familles réputées dans le monde et pénètrent les réseaux anciens de ces trois réseaux. Compter 180 000 dollars.
  ecoreseau.fr février 2021 | 61
]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[pratique
carrières & talents
    À HEC comme dans la plupart des écoles, un Executive MBA dure
18 mois avec un rythme d’une semaine de cours par mois ou deux jours en fin de semaine. « La formule end of the week plaît particulièrement aux femmes car elle leur permet de ne pas disparaître de la vie familiale » – Benoît Banchereau, HEC.
3 questions à Stéphanie Ousaci, responsable développement MBA à EM Lyon
l’EM Lyon, le constate. Il a dé- marré sa formation en part time en octobre 2018 et a été diplômé en décembre 2020. Son objectif : se former pour accompagner la mutation de son entreprise et en- visager un rachat de parts. Pour cela, il a souhaité améliorer sa capacité de gestion et renforcer son leadership. « Aujourd’hui, j’ai la capacité à être leader. » Carrément. Le distanciel, dans son cas, avec les restrictions so- ciales, se sont avérés profitables. « La covid a été une opportuni- té pour me concentrer sur mon mémoire et la soutenance. »
Le présentiel
plus que jamais plébiscité Le confinement aura au final représenté un défi largement relevé par les écoles. Les per- turbations-tribulations leur ont donné l’occasion de développer une capacité à assurer les cours à distance. Toutes ont acquis une flexibilité maximale. Mais pas question de transformer les MBA en formation en ligne à terme ! « La formation en dis- tanciel fonctionne pour les on- line MBA, mais il s’agit d’un marché très spécifique », estime Stéphane Canonne. Pour les MBA classiques, tous valorisent encore plus les rencontres phy- siques pour travailler ensemble. En attendant un retour défi- nitif à la normale, les équipes pédagogiques mettent tous les moyens en œuvre pour main- tenir le contact au quotidien. Organisation de webinaires fréquents, suivi personnel de chaque étudiant·e...
Des programmes durablement modifiés
Si le mode traditionnel d’en- seignement en présentiel a de beaux jours devant lui, les pro- grammes post-crise auront subi une profonde évolution. « Au- jourd’hui, les cadres se posent clairement la question du sens de leur travail. Nous remar- quons une très forte évolution vers la RSE. Cette tendance est assez récente », analyse Sté- phane Canonne. Pour le direc- teur executif Education & MBA de l’Edhec, la vision du cadre qui génère des profits pour ses actionnaires est révolue. La thé- matique existait déjà dans les formations d’avant-covid, mais son contenu évolue durable- ment.
MArie BerNArD
     « Même en ligne, l’on rencontre bien des gens »
Comment avez-vous adapté les programmes à cette crise ?
Les professeurs savent utiliser la matière des participant·es pour construire leur cours.
Ils utilisent la diversité
des profils présents. Ils demandent, par exemple, aux participant·es de produire des projections sur la réponse à la crise par secteur. En leadership, les étudiant·es ont utilisé un nouveau test de résilience que nous n’utilisions
pas jusque-là. Autre exemple d’adaptation,
les professeur·es ont encouragé leurs publics à
intégrer dans leur mémoire de fin de programme les problématiques auxquelles ils·elles ont été confronté·es au quotidien. Ils et elles en ont tiré un bénéfice direct de leur travail.
Quel est l’impact
du distanciel sur
les événements de networking ?
Depuis mars, tous les voyages ont été reportés. Une learning expedition est prévue pour chaque promo. Elle devait se dérouler au Canada. Finalement, le voyage s’est transformé en expédition en montagne. Plusieurs groupes sont
partis pour un programme autour de la résilience,
de la prise de hauteur, accompagnés d’un guide de haute montagne. Ils apprennent la gestion des priorités. La promo sortante a eu la chance de participer au principal événement
de networking qui s’est déroulé... en février, soit quelques jours avant le premier confinement.
Quid des événements pour la nouvelle promotion ? Nous organisons chaque année un gros événement autour de l’emploi. Cette année, il s’est déroulé
en distanciel, ce qui est
certes regrettable. Mais nous n’avons jamais eu autant de participation ! En outre, les intervenant·es sont globalement plus disponibles. Ne pas
avoir à voyager simplifie leur participation. Lors
de cet événement, des responsables RH donnent des outils pour les aider les étudiant·es à prendre les opportunités où elles sont. Une chose est certaine, en formation, on rencontre plus de gens que tout seul. Même dans le cadre d’une formation en ligne.
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  ]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[                   University of Geneva
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 Executive MBA www.emba-unige.ch
Program Highlights: Wide Choice of Specializations | Located at the heart of Geneva | Vast networking events & activities | Wide range of nationalities | Cutting-edge research center | Reasonable class size
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   ]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                              vie privée
LEGRANDGUIDE () DESPLACEMENTS2021 II
                                                                  €€
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                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     2021 : placements osés mais prometteurs Baromètre patrimoine & fiscalité Baromètre finance de marché
Culture & Co
Essais auto
Santé : jeûner un jour sur deux Art du temps
p. 66 p.74 p. 78 p. 82 p. 84 p. 86 p. 88
  64 | février 2021 ecoreseau.fr
€
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                       Épargne Retraite 2 Plus*
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ASAC-FAPES est une marque de Fapes Diffusion, 31 rue des Colonnes du Trône - 75012 Paris — Enregistrée auprès de l’ORIAS n° 07 000 759 (www.orias.fr) en qualité de courtier en assurance (catégorie B au titre de l’article L520-1 II du Code des assurances), de courtier en opérations de banque et services de paiement et de mandataire non exclusif en opérations de banque et services de paiement. Réalisation : Agence SMALL PLANET.
COMMUNICATION À CARACTÈRE PUBLICITAIRE
                           ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
2021 : placements osés mais prometteurs
patrimoine
 La faiblesse des taux bien partie pour durer va réduire le rendement des
fonds en euros à peau de chagrin. Il ne faut cependant pas désespérer. Dans un environnement marqué par la reprise progressive de l’économie mondiale grâce aux vaccins contre la covid, les épargnants opportunistes sauront tirer leur épingle du jeu. Du côté de l’immobilier, malgré l’impact de la crise, les SCPI restent une valeur sûre. Au surplus, certaines actions, malmenées l’an dernier, pourraient repartir à la hausse dans les prochains mois dans le sillage de la conjoncture. Enfin, il n’est pas interdit de spéculer sur les marchés grâce à des produits de Bourse simples à appréhender. Pour les investisseurs téméraires, le private equity continuera d’offrir des rendements généreux, tout comme le crowdfunding immobilier. En revanche, gare à ne pas oublier cette veille loi d’airain : le potentiel de gains est toujours à la hauteur du risque pris !
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]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[                                      DE BONNES RAISONS DE DEVENIR PROPRIÉTAIRE AVEC MARIGNAN
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]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Une SCPI bien diversifiée avec une exposition internationale peut dégager près de 6 % par an.
   1
Les SCPi
des avantages nombreux, une gestion à diversifier La pierre-papier, placement de plus en plus prisé des épar- gnants, a finalement tenu le choc en 2020. Malgré l’impact de la crise sanitaire sur le mar- ché des bureaux et des com- merces, le rendement moyen des SCPI devrait atteindre 4 % en 2020, contre 4,4 % en 2019. « Les propriétaires sont par- venus à limiter les effets sur les revenus locatifs grâce à des aménagements avec les loca- taires. Des différés de paiement de loyers ont été accordés, sou- vent assortis d’un allongement de la durée du bail », explique Jean-Marie Souclier, directeur général de Sogenial Immobi- lier. Pour autant, l’année qui vient de débuter s’annonce plus compliquée pour des secteurs comme le commerce et le tou- risme. Dès lors, certaines SCPI trop spécialisées sont plutôt à déconseiller au profit de SCPI très diversifiées avec des biais dans les secteurs plus porteurs comme la logistique (dopée par l’e-commerce) et les régions. « Une SCPI traditionnelle, de bureau, rapporte entre 4 et 4,5 % par an, mais une SCPI bien diversifiée avec une ex- position internationale peut dégager près de 6 % par an », ajoute Jean-Marie Souclier. Pour optimiser son rendement sans prendre de gros risques, le spécialiste conseille : sur 100 % à investir en « pierre papier » (SCPI), placer 70 à 80 % dans les SCPI « sûres » et le reste dans des spécialisées afin de gagner un supplément de ren- dement. « Les SCPI régionales très diversifiées ont affiché en 2020 de bonnes performances, plus de 6 %, et cette dynamique devrait se maintenir cette an- née. » « Les avantages des SCPI sont nombreux : investissement dans des bureaux ou com- merces en France ou en Europe avec des locataires de grande qualité pour obtenir une meil- leure rentabilité que dans l’ha- bitation, diversification du risque par le nombre de biens, gestion menée par des profes-
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sionnels, simplicité d’acquisi- tion et de gestion, simplicité de revente dans un marché hors crise », rappelle enfin Benjamin Sipac, ingénieur patrimonial chez Amplegest.
2
Les actions
jouer l’innovation
et la disruption
Le monde de la finance a vécu une année 2020 singulière. Les investisseurs ont traversé la
balement les valorisations sont inférieures à celles de la bulle Internet du début des années 2000. Hors Gafam, le S&P500 n’affiche qu’une hausse de 6 % en 2020. Hors secteur technolo- gique, le MSCI World se traite à 17,7 fois ses bénéfices, ce qui est plus en ligne avec les moyennes historiques. Aussi, nous esti- mons que les marchés actions et notamment certains secteurs ont encore du potentiel », in- dique David Zylberberg, expert en investissement responsable chez UBS France. Il favorise les secteurs cycliques qui vont bé- néficier du retour à la norma- lité. Ainsi, les secteurs qui ont le plus souffert de la pandémie, comme le tourisme et le trans-
télécoms et qui délivrent des di- videndes, devraient également être recherchées », conseille David Zylberberg. Pour les in- vestisseurs plus avertis, Karl Toussaint du Wast, cofondateur de Netinvestissement, recom- mande de jouer l’innovation et la disruption. « Le secteur de l’intelligence artificielle de- vrait connaître une croissance à deux chiffres au cours des vingt prochaines années. De même, le secteur des transports est en plein bouleversement avec l’hydrogène vert lié à l’essor des voitures électriques, les drones, etc. Enfin, je suis persuadé que le secteur de l’alimentation va revenir au cœur des préoccupa- tions grâce à des start-up spé- cialisées capables d’inventer des processus capables de produire énormément pour répondre au défi démographique tout en étant écologiquement respon- sables. Selon moi, ces secteurs pourraient afficher des bonds de25à30%paranpendantun certain temps. Bien sûr, c’est un pari risqué, car certaines socié- tés échoueront. » Dans ce cadre, l’épargnant averti a intérêt à investir plutôt dans des fonds spécialisés comme Carmignac Emergents ou Sustainable de Degroof Petercam AM.
3
Les eTf
« shortez le marché » ! Pour les épargnants sûrs de leurs convictions, pourquoi ne pas jouer sur les ETF (Ex- change-Traded Fund) ou fonds indiciels cotés, aussi appelés trackers. Sous un nom compli- qué se cache un moyen simple et efficace d’investir en Bourse. « Ceux qui pensent que les mar- chés vont s’effondrer de 40 % cette année peuvent acheter un ETF inversé avec effet de levier. Au cœur de la crise en février/ mars 2020, beaucoup d’inves- tisseurs ont largement gagné en “shortant le marché”. Avec un effet de levier de deux, lorsque l’indice sur lequel l’ETF est calé perd 40 %, l’investisseur empoche 80 % ! », jongle Karl Toussaint du Wast. Bien sûr, si le marché va dans le sens opposé, l’investisseur perd l’intégralité de son capital. Heureusement, les ETF n’ont pas d’échéance, ce qui signifie que l’investisseur conserve sa position en atten-
dant des jours meilleurs.
patrimoine
    pire récession mondiale depuis la Seconde Guerre mondiale et pourtant les marchés ac- tions mondiaux ont bondi de 16,5 %. Surtout, depuis le net rebond des marchés commencé en novembre, les investisseurs se demandent si ces marchés montrent des signes de sur- chauffe. « Nous ne le pensons pas. Certes, les GAFAM ainsi que Tesla ont f lambé, mais glo-
port aérien, devraient bénéfi- cier d’un effet de rattrapage. « Selon nous, les marchés de- vraient retrouver leurs niveaux précrise à la fin de l’année. Ils fluctueront d’ici là au gré des annonces autour des vaccins. Le potentiel de progression existe, mais il n’est pas uniforme. Les valeurs de secteurs matures comme la finance, les services aux collectivités, le pétrole, les
 ]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[                                 vie privée
ACHAT IMMOBILIER
pensez à la garantie de votre prêt immobilier
Un prêt immobilier est un engagement financier important. Aussi, pour vous l’accorder,
la banque exige une garantie, en plus de l’assurance du prêt.
La garantie par caution présente de nombreux avantages
Qu’est-ce que la caution Crédit Logement ?
patrimoine
 COMMUNIQUÉ
    La Caution Crédit Logement
Tous les particuliers et les SCI familiales résidant en France
Pas de frais de mainlevée (revente anticipée)
Frais restituable partiellement
Achat, construction,
résidence principale ou secondaire, investissement locatif,...
Crédit Logement, qui travaille avec toutes les banques françaises, est le spécialiste de la caution des prêts destinés au financement du logement des particuliers depuis plus de 45 ans.
Pour accorder sa caution, Crédit Logement réalise une analyse fondée sur un ensemble de critères qui permettent de s’assurer de la solvabilité de l’emprunteur et de sa capacité de remboursement.
En ne se limitant pas uniquement à la valeur des biens financés, soumise aux aléas des cycles du marché immobilier, l’intervention de Crédit Logement s’inscrit dans un dispositif de sécurisation du financement de l’habitat.
DES CHIFFRES QUI DONNENT CONFIANCE
45 ans
d’expertise
7 millions
d’emprunteurs garantis
647 000
prêts immobiliers garantis en 2019
375 milliards d’€
d’encours de prêts immobiliers garantis
     ’est beaucoup plus qu’une simple caution accordée sur un prêt
C
C
’
   Quel est l’intérêt de la caution Crédit Logement pour l’emprunteur ?
Il ne s’agit pas d’une simple caution accordée sur un prêt. C’est une garantie active qui accompagne l’emprunteur tout au long de la vie de son prêt en lui permettant de bénéficier, à un coût compétitif, d’un ensemble de services qu’une hypothèque ne peut apporter.
La caution de Crédit Logement n’est pas attachée au bien pour lequel l’emprunteur a sollicité un prêt. En conséquence, si l’emprunteur revend son bien avant la fin de son prêt, il n’aura aucuns frais de mainlevée à régler, ce qui serait le cas s’il avait pris
un prêt assorti d’une hypothèque.
Enfin, et parce que tout emprunteur peut être confronté à des difficultés finan- cières, Crédit Logement poursuit sa mission d’accompagnement en dialoguant avec l’emprunteur pour identifier toutes les solutions amiables possibles et mettre en place la solution la mieux adaptée à sa situation personnelle. Dans plus de la moitié des cas, l’emprunteur retrouve un cycle normal de remboursement de son prêt.
 Plus d’information sur la caution Crédit Logement sur www.creditlogement.fr
ecoreseau.fr février 2021
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S.A. au capital de 1 259 850 270 € - RCS PARIS B302 493 275 - Contenu non contractuel.
]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Les marchés devraient retrouver leurs niveaux précrise à la fin de l’année.
patrimoine
    4
Les cryptomonnaies un essor soutenu dans les années à venir Ça n’a échappé à personne. L’année 2020 a été exception- nelle pour le bitcoin. La plus célèbre des cryptomonnaies aflambéde300%àplusde 40 000 dollars. La pandémie fut un élément clé qui a provo- qué une nouvelle vague d’in- vestisseurs particuliers vers les marchés des cryptos, selon le sondage réalisé fin juin auprès d’un millier d’Américains par Grayscale Investments, une so- ciété financière qui gère le plus gros fonds bitcoin (10 milliards de dollars de capitaux). Son fondateur, Barry Silbert décla- rait en 2014 que « vous allez perdre votre chemise ou faire fortune » en investissant sur le bitcoin, qui valait alors entre 300 et 1 000 dollars... Preuve de son importance au sein de la classe des actifs alternatifs, BlackRock, premier gestion- naire d’actifs mondial, vient d’inclure des produits dérivés du bitcoin dans la liste des ac- tifs éligibles à deux de ses fonds d’investissement. Selon JPMor- gan, il ne fait guère de doute que son essor se poursuivra dans les années à venir. « Cependant, cette monnaie virtuelle reste très volatile. Bien que nous ne puissions pas exclure la possi-
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bilité que la frénésie spéculative actuelle se propage davantage, jusqu’à pousser le prix du bit- coin vers la zone de consen- sus située entre 50 000 et 100 000 dollars, nous pensons que de tels niveaux de prix s’avéreraient insoutenables », prévient la banque américaine. Mais est-il encore temps de mi- ser sur le bitcoin ? « Le marché des cryptomonnaies est amené à dominer la finance mondiale dans les années à venir. L’éman- cipation de la finance décentra- lisée est irrémédiable », assure Karl Toussaint du Wast. Cepen- dant, l’expert recommande de diversifier son investissement parmi plusieurs cryptomon- naies comme l’ether, le litecoin ou du ripple. Dans le détail, le cofondateur de Netinvestisse- ment conseille d’investir dans un panier d’une quarantaine de monnaies virtuelles à tra- vers des plates-formes agréés par l’AMF et de n’y consacrer que 10 à 15 % de son allocation globale. « Certains paniers ont flambé de 300 à 400 % l’an der- nier, mais avec une grande vo- latilité. »
5
Les produits de Bourse jouer,
mais avec garde-fous Pour gagner vite et beaucoup sur les marchés, un nombre crois- sant d’épargnants se tournent vers les produits dérivés, comme les CFD et les turbos. Il s’agit de véhicules d’investis- sement négociables avec effet de levier. Le CFD (Contract for Difference) se négocie de gré à gré (OTC) avec son émetteur. Il offre aux investisseurs de se positionner à la hausse ou à la baisse sur un sous-jacent (in- dices, actions, devises, futures). En 2018, l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma) a règlementé ce marché en limi- tant les effets de levier à 30 fois pour les devises, 20 fois pour les indices, 10 fois pour les ma- tières premières, 5 fois pour les actions et 2 fois pour les cryp- tomonnaies. Le concept est très simple : lorsque vous tradez un CFD, vous acceptez d’échanger la différence du prix de l’actif entre le moment où le contrat est conclu et le moment où il est clôturé. L’un des principaux
avantages du trading sur CFD est de négocier sur les mouve- ments de cours à la hausse ou à la baisse, et les gains réalisés dé- pendent de la justesse de votre prédiction. Les plates-formes de trading comme IG ont mis en place des garde-fous pour empêcher que l’investisseur ne perde plus que la somme inves- tie. « Plus l’effet de levier est fort, plus le gain sera élevé. Ces produits sont très volatils, aus- si est-il possible de gagner très vite, mais de perdre tout aussi rapidement. C’est pourquoi il est essentiel de prêter attention au ratio de l’effet de levier et de vous assurer que vous res- tez maître de votre trading », prévient Christophe Bert, res- ponsable développement chez IG. Il est donc primordial de mettre en place une stratégie et de s’imposer des règles de « money management », en se fixant des objectifs de gains et de pertes. « L’investisseur a la main à tout moment pour fer- mer sa position. La plupart des investisseurs font du scalping, c’est-à-dire qu’ils prennent des positions de quelques secondes à quelques minutes pour ten- ter de gagner sur des variations très faibles », révèle Christophe Bert. De leur côté, les turbos s’échangent sur des places de négociation plutôt que de gré à
C M J CM MJ CJ CMJ N
Le marché des cryptomonnaies est amené
à dominer la finance mondiale dans les années à venir.
     ]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[                      ]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
gré et offrent un carnet d’ordres transparent susceptible de vous faire évaluer le sentiment de marché et planifier votre stra- tégie. En France, IG a innové en lançant les turbos 24 qui se négocient sur la plate-forme de l’opérateur Spectrum. Le prin- cipal atout de ces produits de Bourse innovants est d’être né- gociables 24 heures sur 24, du dimanche 23 heures au vendre- di 23 heures. « L’intérêt de ce service a été particulièrement criant début novembre, dans la nuit des résultats de l’élection présidentielle américaine. La volatilité était très élevée et cer- tains investisseurs qui avaient des positions perdantes dans la nuit ont pu les conserver et profiter ensuite de l’ouverture en nette hausse de la Bourse de New York le lendemain, ce qui n’est pas le cas des turbos tra- ditionnels qui peuvent expirer prématurément si le marché sous-jacent évolue à l’encontre de l’exercice, et atteint le niveau maximum de pertes – niveau barrière – préétabli. En effet, même si la valeur de l’actif sous-jacent atteint le niveau de perte programmé pendant les fermetures du marché, elle peut se redresser avant la réouver- ture et générer des bénéfices », explique Christophe Bert.
6
Le private equity : placement juteux mais de long terme Pour les investisseurs aller- giques aux fluctuations des marchés, le private equity (prendre une participation dans une société non cotée en Bourse, puis la revendre avec une plus-value potentielle), représente une alternative. Le private equity est un place- ment susceptible d’offrir une rentabilité significative, de 10 à 20 %. Le ticket d’entrée est élevé, 100 000 euros au mini- mum, et il est complexe d’in- vestir dans les fonds les plus performants qui sont la chasse gardée des grands institution- nels. À cet égard, le lancement récent par Bpifrance d’un fonds qui investit dans le non-côté représente sans doute une op- portunité pour les clients qui voudraient tester cette classe d’actifs avec un ticket d’entrée plus faible. « Le rendement est la récompense du risque. Or, il est possible de perdre une par-
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patrimoine
  Le private equity est un placement susceptible d’offrir une rentabilité significative, de 10 à 20 %.
  tie de son capital dans le pri- vate equity. En outre, il s’agit d’un placement de long terme, 10 à 15 ans minimum, période pendant laquelle les capitaux sont indisponibles. Le private equity se compose de plusieurs segments, le capital-risque, par définition plus risqué mais plus rémunérateur (25 % ou plus), le capital développement et le ca- pital transmission », explique Benjamin Spivac.
7
Le crowdfunding immobilier rendement à court terme, à diversifier absolument Le crowdfunding immobilier a le vent en poupe ces dernières années. Et pour cause, en 2020, le financement participatif de projets de constructions immo- bilières a dégagé 9,3 % de rende- ment annuel moyen, hors fisca- lité, avec une maturité moyenne
de 21 mois. Le crowdfunding immobilier est un placement de très court terme. L’épargnant, via des plates-formes spéciali- sées comme Citésia Anaxago, Clubfunding, Fundimmo, Ho- munity et Wiseed prêtent de petites sommes à des promo- teurs immobiliers (ou d’autres professionnels immobiliers) sur une courte durée pour financer leurs projets. Une fois le bien construit et vendu, le promo- teur rembourse l’investisseur de sa mise de départ majorée d’un intérêt servi pendant l’im- mobilisation. « Nous recom- mandons aux investisseurs de diversifier leurs placements sur plusieurs projets et d’in- vestir des sommes adaptées à leurs capacités financières » conseille Jean-Damien Ceri- sier, président de la plate-forme Citesia. En cas de défaillance du promoteur, la créance obli- gataire, remboursable après la dette contractée auprès de la
banque, risque difficilement d’être honorée. Le crowdfun- ding immobilier affiche une belle résilience en 2020 malgré la crise sanitaire avec « un taux de défaut inférieur à 0,2 % et un taux de retard dans le rem- boursement en baisse à 11 %. On s’attend toutefois à une lé- gère augmentation de ces in- dicateurs sur l’année 2021 », prévient le dirigeant. Le crowd- funding immobilier séduit ma- joritairement des actifs entre 30 et 55 ans, attirés ou enclins aux placements alternatifs. « Je constate également un intérêt croissant des seniors en quête de rendement à court terme ou d’entreprises souhaitant pla- cer leur trésorerie », conclut Jean-Damien Cerisier. Acces- sible sur la plupart des plates- formes dès 1 000 euros, le ticket moyen s’établit en 2020 à 4 711 euros.
Pierre-JeAN LePAGNOT
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[                                  L’ASSURANCE VIE AU SERVICE DE MES PROJETS
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 ]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
bons plans
analyses
Investissement locatif : Pinel vs Denormandie
Les prix de l’or blanc
commencent à fondre A
au soleil
ou la querelle des Anciens et des Modernes
Paradoxalement, le marché de l’immobilier en montagne résiste bien. Malgré la pandémie, les prix dans une majorité des stations de ski restent stables, voire progressent. Toutefois,
dans une vingtaine de stations, les prix affichés sur le site Seloger sont en baisse par rapport à l’année dernière. Les
prix ont chuté de 12 % au quatrième trimestre 2020 aux Arcs, de 10 % à Tignes et de 9 % à Serre Chevalier. Depuis, le gouvernement a décidé
de laisser fermées les remontées mécaniques cette année, de quoi plonger investisseurs et skieurs dans un désarroi qui pourrait devenir une source d’opportunités.
Paris, moindre cote auprès des grandes fortunes
La crise sanitaire a chamboulé
le classement des villes les plus attractives. L’attractivité de Paris
aux yeux des grandes fortunes (dont
le patrimoine est compris entre 1 et
30 millions de dollars et au-delà) a pâli.
Première l’an dernier, Paris a rétrogradé à la septième place, selon le classement établi par le réseau immobilier
de luxe Barnes. La ville Lumière a sans doute été pénalisée par de multiples grèves (gilets jaunes, transports...) couplée à la crise de la covid. Le trio de tête est occupé par Zurich, Copenhague et Tokyo.
Corum L’épargne étincelle
En 2020, les fonds immobiliers de
la gamme Corum L’Épargne ont continué à afficher des performances solides et supérieures au marché.
La SCPI historique de la société de
gestion, Corum Origin, a généré un rendement de 6 %, conformément à son objectif. Corum XL a, elle, dégagé un
rendement de 5,66 %, contre un objectif de 5 %. Surtout, la petite dernière a offert un rendement exceptionnel de 10,39 %, contre un objectif de 4,5 %. Le groupe a précisé qu’il ne pourrait pas reproduire cette performance cette année. Dommage...
vec la pandémie persis- tante, les taux d’emprunts devraient rester au plus bas un certain temps encore.
Ces conditions de crédit très favo- rables constituent une opportunité de développer son patrimoine im- mobilier et obtenir des revenus com- plémentaires pour la retraite. Quel investissement choisir ? De prime abord, notre regard se tourne vers le dispositif Pinel, récemment prorogé jusqu’en 2024 avec un mécanisme de forte dégressivité de l’avantage fiscal à partir de 2023. « La loi Pinel reste le fer de lance de l’investissement im- mobilier locatif dans le neuf. Il est toutefois de plus en plus compliqué de trouver un investissement avec un prix au m2 raisonnable et une si- tuation proche de toutes commodi- tés. Nous recommandons toujours d’investir en Île-de-France, proche d’un métro, d’une gare RER ou d’une future station de métro, RER ou tramway, afin d’espérer une plus-va- lue à la revente en plus d’une rentabi- lité correcte. Le gros du risque est là : ilfautpouvoirlouerconvenablement,
5, voire 10 ans en attendant la station. Si elle arrive, c’est une belle opéra- tion, sinon... », prévient Benjamin Sivac, ingénieur patrimonial chez Amplegest. Surtout, le gouvernement a tendu, sans doute sans le vouloir, un piège aux investisseurs en faisant adopter un décret d’encadrement des loyers interdisant de relouer plus cher que le dernier loyer. « Or, le loyer Pi- nel étant déjà plafonné, une hausse ne pourra pas profiter au propriétaire », souligne l’expert. Moins connu, le dispositif Denormandie pourrait bien susciter l’intérêt succès crois- sant des investisseurs dans les mois à venir. Son manque de notoriété s’ex- plique par le nombre encore limité de programmes. Fort de ce constat, Antoine Tranchimand, ancien gérant de K&P Finance, a créé en 2020 la société PHP Immobilier spécialisée dans le Denormandie. Elle acquiert des actifs mal valorisés dans des villes moyennes, les rénove en amé- liorant leurs caractéristiques, puis les propose à des contribuables inves- tisseurs. Les avantages fiscaux sont identiques à ceux du régime Pinel.
Seul changement, le logement acheté doit exiger des travaux représentant au moins 25 % de l’opération immo- bilière – prix d’achat et montant des travaux. Selon lui, l’atout principal est d’investir dans de l’ancien authen- tique au cœur de belles villes comme Chartes ou Compiègne, et non dans du neuf aseptisé en périphérie de métropoles. « Certes, les biens sont parfois un peu plus chers que via Pinel, mais leurs qualités, en termes d’emplacement et de finition, sont aussi bien supérieures. De plus en plus, les Français·es se détournent des pavillons dans des lotissements sans charme. Ils veulent vivre en centre- ville pour faire leurs courses à pied, arpenter les petits commerces, etc. », rappelle Antoine Tranchimand. n
74 | février 2021 ecoreseau.fr
Le statut de LMNP, attention aux résidences
Si le Pinel et le Denor-
mandie offrent un
avantage fiscal attrac-
tif, le statut de LMNP
(Loueur en meublé
non professionnel) est
également très appré-
cié des investisseurs.
« Ce dispositif bénéfi-
cie d’une sorte de vide
juridique et fiscal par lequel bénéficier à la fois des avantages de l’impôt sur les sociétés – amortissement fiscal du bien – et de l’impôt sur le revenu. Si l’opération est bien montée, l’inves- tisseur voit ses charges entièrement déduites et sa traite mensuelle rem- boursée », explique Benjamin Sivac, ingénieur patrimonial chez Ample- gest. Et si le bien est conservé plus de 30 ans, la potentielle plus-value en cas de cession est exonérée. « Le statut de LMNP est une technique sûre pour celui qui veut s’impliquer dans sa gestion. Ce statut autorise à acheter le bien de son choix afin d’essayer d’op- timiser la plus-value et la rentabilité, à
partir du moment où le bien sera loué meublé : ce qui n’est pas si simple à gérer et qui réduit sensiblement le poten- tiel locatif », souligne le professionnel. Donc l’emplacement, comme pour le Pinel, est une donnée essentielle. Se-
lon lui, une location à Paris dégagerait une rentabilité nette de 2,5 à 3 % à Pa- ris et de 4 à 4,5 % en petite couronne. Le LMNP est aussi couramment uti- lisé pour la location saisonnière d’une résidence secondaire, en direct ou par l’intermédiaire d’une SARL de fa- mille. Cet investissement en direct a la préférence de l’ingénieur patrimonial qui se méfie des investissements en résidences services (affaire, tourisme, étudiante, senior, Ehpad). « Avec ce type de placement, l’investisseur est collé à vie. Quoi qu’en disent les pro- fessionnels du secteur, le bien est très difficile à vendre et le propriétaire n’a pas la maîtrise des charges qui sont
fixées par l’exploitant. Bien sûr, tout peut bien se passer, mais le pire doit être envisagé. » Les déboires rencon- trés par les propriétaires d’appar- tements en montagne semblent lui donner raison. Mi-mars 2020, à cause du confinement, Pierre & Vacances, pour la première fois depuis trente ans, a suspendu le paiement des loyers à ses 20 000 propriétaires durant deux mois et demi, jusqu’à la réouver- ture début juin. Pour compenser cette perte, le géant français du tourisme leur a proposé une clause de « retour à meilleure fortune » lorsque la situa- tion sera rétablie, en 2022 et 2023, et la prolongation du bail d’un an. Depuis, la situation a empiré avec la confir- mation d’une année 2021 blanche en montagne et l’annonce d’un troisième confinement. Pour limiter les risques, l’investissement en résidence senior, démographie oblige, paraît plus judi- cieux. Encore faut-il choisir un opéra- teur qui a pignon sur rue, comme Les Senioriales, une filiale de Pierre & Va- cances... n
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[                Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 Placements et investissements en 2021 : quels seront les bons choix ?
Communiqué
  Quels types de placements envisager pour 2021 dans un contexte où le manque de visibilité est total ?
Pour ne pas se tromper, il faut en rester aux fondamentaux.
Les actifs sans risque n’ont quasiment pas de rendement. Comment pourrait-il en être autrement dans la mesure où la Banque Centrale Européenne prête aux Etats à un taux proche de 0 %, voire négatif dans certains cas, et que les Etablissements bancaires accordent des prêts avec un taux d’intérêt aux alentours des 1 % l’an ? On comprendra donc aisément que si un placement rapporte plus de 1 % l’an, c’est qu’il est investi sur des actifs plus risqués que les emprunts d’Etat.
Pour un investisseur, il ne faut pas non plus confondre l’enveloppe (as- surance-vie, contrat de capitalisation, parts sociales de SCPI, PEA...) et le sous-jacent (les supports d’investisse- ment type actions, immobilier, obli- gations de natures diverses...).
Ça n’est pas l’enveloppe qui fait le risque, c’est le sous-jacent ! De nom- breux paramètres sont à prendre en compte avant tout investissement. C’est ainsi que chaque investisseur devra définir ses objectifs, ses projets de vie et un horizon d’investisse- ment. Partant de ces principes, deux grandes familles d’investissement sont possibles : l’investissement dans des actifs financiers d’une part et l’investissement dans des actifs im- mobiliers d’autre part.
Les placements financiers sont nombreux.
En premier lieu, et sans vouloir être exhaustif, nous trouvons le contrat d’assurance-vie. Il permet de se
constituer un capital sur le long terme. Il bénéficie d’une grande souplesse, d’une fiscalité favorable et d’avan- tages successoraux non négligeables. Proche du contrat d’assurance-vie, l’investisseur peut aussi avoir recours au contrat de capitalisation. Celui-ci fonctionne de la même façon qu’un contrat d’assurance-vie, mais sans bénéficier de la fiscalité avantageuse en matière successorale. A la diffé- rence du contrat d’assurance-vie qui ne peut être souscrit que par des per- sonnes physiques, le contrat de capi- talisation peut être souscrit par une société patrimoniale.
En second lieu, pour les investis- seurs qui souhaitent investir sur des actions pures, ils devront s’orienter soit vers un compte-titres ordinaire, soit vers un PEA (Plan d’Epargne en Actions). Si le premier ne présente à priori aucune contrainte, il n’en n’est pas de même pour le PEA.
Le PEA permet d’investir en bourse, dans des sociétés européennes en bénéficiant d’une fiscalité sur les plus-values très favorable. Trois formes de PEA sont possibles : le PEA assurantiel, le PEA bancaire, le PEA/PME. Les fonds investis, qui ne peuvent dépasser 150.000 €, sont bloqués pour une durée minimum de cinq ans. Tout retrait anticipé en- traîne la clôture du plan.
En troisième lieu, on peut souhaiter investir dans des actifs financiers en prévision de la retraite pour se constituer un capital futur et/ou des revenus. Le PERin est spécifique- ment dédié à cette problématique.
Si vous souhaitez préparer vos vieux jours en bénéficiant d’une réduction d’impôt immédiate et que vous projetez d’acquérir votre résidence principale (et pensez avoir besoin de tout ou partie de ces fonds), le PERin correspondra le mieux à vos attentes.
Pour ce qui concerne l’investisse- ment dans des actifs immobiliers, l’objectif premier sera bien souvent la constitution de revenus complé- mentaires à terme.
Plusieurs façons permettent un tel investissement.
Il peut s’agir en premier lieu d’inves- tir dans de l’immobilier ancien dans la perspective de louer le bien.
Deux régimes fiscaux sont pos- sibles : le régime de la location nue avec imposition des revenus dans la catégorie des revenus fonciers ou bien la location meublée avec impo- sition des revenus dans la catégorie des bénéfices industriels et commer- ciaux.
Le choix entre l’un ou l’autre mode d’imposition dépend de plusieurs facteurs dont la localisation du bien, le marché local locatif, la fiscalité du propriétaire bailleur.
Si vous êtes fortement imposé(e), les dispositifs Malraux ou Monuments historiques sont à envisager. L’investissement immobilier peut également se faire dans le neuf et
dans ce cas, bien souvent, il existe des dispositifs fiscaux intéressants permettant d’allier constitution d’un patrimoine et atténuation de la charge fiscale.
Si l’investissement en direct dans l’immobilier vous fait peur, vous pourrez alors opter pour l’acqui- sition de parts de SCPI ou encore d’OPCI, ce que l’on nomme cou- ramment la « pierre-papier ».
Enfin, à titre de diversification, vous avez aussi la possibilité d’investir dans l’art (pour les chefs d’entre- prise et professions libérales), dans des groupements fonciers forestiers (GFF) ou des groupements fonciers viticoles (GFV) où vous pourrez al- lier plaisir d’investissement et réduc- tion d’impôt !
Ayez le réflexe notaire !
 Frédéric AUMONT, Président de la Chambre des Notaires du Rhône
ecoreseau.fr février 2021 | 75
]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[       vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité
  ACHETEZ/VENDEZ
  Le chiffre
 focus
 Diamant for ever
150 145 140 135 130 125 120 115
         15/02/20
28/03/20
09/05/20
20/06/20
01/08/20
12/09/20
24/10/20
05/12/20
23/01/20
Malmené par la crise sanitaire, le diamant brille de nouveau. Après le choc causé par le premier confinement sur le marché, les investisseurs ont cherché à diversifier leurs actifs avec des valeurs considérées comme refuge.
1,7%
   SLe Portugal reste un eldorado
i les douces mélodies du fado continuent à résonner dans les rues de Lisbonne ou Porto, elles ne plongent pas les retraité·es français·es dans la mélancolie. Malgré la
crise et les confinements, le troisième âge trico- lore reste fidèle aux charmes du pays des œillets, sa beauté, son soleil et sa fiscalité. Depuis 2013, les étrangers qui s’installaient au Portugal bénéfi- ciaient d’avantages fiscaux attractifs. Le statut de résident non habituel (RNH) les exonérait d’im- pôt sur les retraites perçues en France pour une durée de dix ans. En avril 2020, le gouvernement a, légèrement, durci le jeu. Les nouveaux arri- vants sont à présent taxés à 10 % sur leurs pen- sions. « Nous redoutions un impact négatif fort sur les arrivées, mais il n’a été finalement que très limité », constate Cécile Gonçalves, fondatrice de l’agence Maison au Portugal. D’un point de vue fiscal, explique-t-elle, le pays reste généreux. Les dividendes et bon nombre d’autres revenus conti- nuent d’être exonérés et la taxe de 10 % ne s’ap- plique finalement que sur les pensions de retraite. S’installer au Portugal demeure gagnant pour les retraités dont la pension dépasse les 30 000 euros par an, soit la grande majorité des candidats à l’exil. Ainsi, « les demandes restent nombreuses. Les clients attendent que la situation sanitaire s’apaise pour revenir », assure Cécile Gonçal-
ves. Outre la fiscalité, le coût de la vie demeure attractif, 27 % moins élevé qu’en France, selon la spécialiste. Dans l’immobilier, les prix ont lo- giquement bondi ces dernières années en raison du rattrapage de prix suite à l’effondrement des prix durant la grave crise financière du Portugal entre 2009 et 2013 mais restent très raisonnables (4 670 euros/m2 dans le centre-ville de Lisbonne dans l’ancien et environ 7 000 euros/m2 dans le neuf). En raison de la crise sanitaire, l’experte s’at- tend à une légère baisse des prix dans les mois à venir dans l’ancien, même dans les spots les plus recherchés comme Lisbonne, Porto et dans le lit- toral de l’Algarve, au sud et à un maintien des prix dans le neuf. n
Le taux de rendement du fonds en euros de l’Afer, la principale association d’épargnants en france. en 2019, il s’était établi à 1,85 %.
  76 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[                VOTRE ARGENT PEUT CONSTRUIRE DE TRÈS BELLES CHOSES.
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]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
   bons plans
Citigroup recommande le secteur de la boisson, avec modération
Citigroup est positif sur le secteur européen de la boisson. Après une année difficile, il devrait en effet profiter d’un effet de rattrapage.
Et les résultats du quatrième trimestre, sans doute plus solides que prévu, devraient
entretenir l’enthousiasme des investisseurs. Le broker est positif sur Diageo, Carlsberg et Heineken. Mais, prévient-il, l’euphorie du vaccin va s’estomper et laisser place à la réalité d’une conjoncture économique faible.
exane BNP Paribas
mise sur le sport
Le broker est optimiste sur le secteur des équipementiers sportifs. L’attractivité structurelle du secteur
a été accélérée par la covid et Exane BNP Paribas pense que les grandes marques ont terminé 2020 avec
une dynamique de vente accélérée et des niveaux de stocks satisfaisants. L’analyste a relevé son opinion sur Adidas de neutre à surperformance et revu à la hausse son objectif de cours de 20 % à 325 euros. Il reste à surperformance sur Puma et Nike.
Deutsche Bank aime
le luxe
Le luxe ne connaît pas la crise et Deutsche Bank s’en félicite. Le broker salue une rentabilité opérationnelle solide, même en pleine crise. Dans
la foulée, son indice de référence du secteur a bondi de
23 % en 2020 et les valorisations ont terminé l’année au plus haut depuis deux ou trois
décennies : les marchés apprécient des groupes de grande qualité et capables de dégager des bénéfices sur le long terme.
SPÉCULONS !
  eurobio scientific, vive la covid...
24.00
21.00
18.00
15.00
      02/11 12/11 26/11 10/12 24/12
11/01 21/01
La medtech française, productrice notamment de tests pour la covid 19, a bondi de plus de 330 % en 2020. Fin janvier, son titre cotait 21,50 euros. Selon le broker LCM Midcap Partners, il pourrait atteindre 30 euros cette année.
   focus
 PGestion : le label Relance entre dans la danse
as un jour ou presque ne passe sans qu’une so- dent que nous connaissons », détaille la professionnelle. ciété de gestion n’annonce qu’un ou plusieurs « Je vois ce label Relance comme un billard à trois fonds ont été labellisés « Relance ». Mais quid ce bandes, renchérit Antoine Curchod, gérant actions, nouveau label ? Il a été lancé à la mi-octobre par La Française AM. Premièrement, le gouvernement,
Bercy en vue d’inciter les épargnants à investir dans les avec ce label, entend flécher l’épargne vers les ETI et
 PME/ETI. Soutenu par l’AFG et les associations d’épar- gnants, il suscite logiquement l’inté-
rêt des gérants. « Nous avons décidé
de labelliser notre fonds La Française
Actions France PME parce qu’il cor-
respondait déjà aux conditions. Il est
exposé à hauteur de 75 % minimum
de son actif en valeurs françaises de
petites et moyennes tailles (PME) et
de tailles intermédiaires (ETI). Ce
label caractérise notre gestion de ce
fonds depuis déjà des années. Il au-
rait été dommage de ne pas l’obtenir », explique Perrine Dutronc, spécialiste Investissement durable à La Fran- çaise. Selon elle, ce label est une très bonne chose, il flèche l’épargne des Français·es vers les PME et les ETI qui souffrent en France d’un manque de fonds propres. En outre, il répond à une demande croissante des CGP et des institutionnels. « Grâce à ce label, nos clients sont sûrs de participer au financement à long terme des en- treprises françaises. Ils contribuent ainsi à une reprise rapide et durable de l’économie. Cette démarche fait d’autant plus sens suite à la crise sanitaire sans précé-
les PME, qui sont les premières créatrices d’emplois en France. Deuxièmement, ces capitaux viennent renforcer les fonds propres de ces sociétés, un soutien salu- taire en raison de la crise de covid. Troisièmement, ce label mobilise le surplus d’épargne lié à la crise au profit de l’économie réelle. L’enjeu est d’importance au moment où les investisseurs souhaitent donner du
sens à leurs placements ».
Enfin, alors que les taux reste- ront probablement bas un certain temps, ce label pourrait inciter les investisseurs à diversifier leurs pla- cements. « D’autant que sur longue période, les smalls et mids caps ont tendance à surperformer les grandes valeurs. Elles apportent de l’innovation, sont souvent spécialisées sur niches avec des barrières à l’entrée, et font plus souvent l’objet d’OPA (prime d’OPA de 32 % en moyenne ces 12 derniers mois). En 2020, l’indice PEA-PME 150 a surperformé le CAC 40 de 21,56 % »,
conclut Antoine Curchod. n
  78 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[ LE FUTUR MARCHÉ IMMOBILIER DE 13,75 MILLIONS DE SENIORS
 VOUS ATTENDEZ QU’IL VOUS PASSE SOUS LE NEZ ?
Si, depuis 20 ans, nous attirons autant les seniors et les investisseurs, c’est certainement que nos résidences répondent à toutes leurs attentes.
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]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
Baromètre finance & marchés
  analyses
L’or, un actif anti-crise
’or a brillé en 2020. Face à la volatilité des mar- chés, le métal jaune a atteint en août 2020 son plus haut historique à 2 067 dollars l’once. Le cours s’est ensuite replié en raison des bonnes
nouvelles sur les vaccins. Pour autant, les économistes estiment que le potentiel de la « relique barbare » reste intact. Goldman Sachs, Citi, Société Générale et Bank of America notamment misent sur une once (31,103 grammes) au-dessus des 2 000 dollars cette année. Elle devrait bénéficier d’un environnement favo- rable, marqué par la persistance de la crise sanitaire, des taux d’intérêt négatifs, la faiblesse du dollar et la demande soutenue des banques centrales pour l’or. « L’or est un actif à part, qui ne dépend de personne. Il est décorrélé des marchés et évolue de manière in- dépendante. D’une manière générale, je recommande de détenir une poche de 5 % d’or dans son porte- feuille. Selon moi, l’or n’est pas justement valorisé. Il devrait être beaucoup plus haut, mais j’ai le sentiment que l’apparition d’or papier avec des volumes très im- portants a freiné son évolution. On constate que lors des dernières crises, en 2008 et 2020, les cours de l’or ont commencé par chuter car les investisseurs ven- daient leurs papiers or et faisaient ainsi se déprécier le cours de l’or physique... », souligne David Aupetit, gérant de rive Gauche Finance-Alliance Patrimmofi. Depuis peu, l’or affronte la concurrence croissante d’un autre actif, lui aussi décorrélé des marchés tra- ditionnels, le bitcoin ou la cryptomonnaie en général.
« Ces deux actifs sont considérés par les investisseurs comme les seuls remparts à la création monétaire devenue complètement débridée. Aujourd’hui, le marché de l’or avoisine les 10 000 milliards de dol- lars, contre 200 milliards pour le bitcoin. Le bitcoin bénéficie bien plus que l’or de l’effet rareté, et c’est ce qui explique en grande partie sa récente flambée », détaille le professionnel. Sous quels types acheter de l’or ? Le plus évident est d’acquérir de l’or physique. « Les investisseurs qui souhaitent acquérir de l’or phy- sique peuvent se rendre dans une de nos agences et passer commande de pièces ou de lingots. Nos pièces sont boursables, ce qui signifie qu’elles sont cotées. Nous proposons sur demande des pièces non cotées. Elles sont vendues scellées pour être facilement re- vendues », explique Laurent Schwartz, président du Comptoir de l’or. Les épargnants investissent dans l’or sur du long terme. C’est le plus souvent un place- ment de protection contre les fortes perturbations de l’économie. C’est également un outil de transmission dans la mesure où les plus-values sont exonérées après 22 ans. Sinon, la taxation est de 36,2 % de la plus-va- lue réalisée avec 5 % d’abattement par an dès la 3e an- née. « C’est pourquoi il est recommandé de conserver une facture et de mettre ses pièces sous scellés. Sans facture, l’imposition est de 11,5 % du montant de la vente, qu’il y ait plus-value ou pas. Une calculatrice est disponible sur Gold.fr pour déterminer le régime le plus favorable », ajoute Laurent Schwartz.
Les investisseurs peuvent également acquérir de l’or papier via des ETF indexés sur l’or ou des certificats or qui suivent fidèlement le cours de l’or. « Je suis assez méfiant sur l’or papier. Quoi qu’en disent les professionnels du secteur, je doute que les ETF soient adossés à 100 % à des stocks d’or physique détenus par un dépositaire indépendant. Selon moi, les stocks représentent environ 20 % seulement de l’or papier pour accentuer l’effet de levier financier. Aussi, si tout le monde réclamait son or en même temps, il y aurait une grave crise de liquidité et personne ne récupère- rait son investissement. Les émetteurs partent du principe que 20 % des investisseurs sont susceptibles de réclamer leur or en même temps et dans les faits personne ne le réclame jamais », précise David Aupe- tit qui rappelle au passage une déroute célèbre, façon Law. En revanche, les ETF restent un bel outil d’al- location tactique pour diversifier ses placements ou miser à moyen-long terme sur une hausse des cours. En outre, les ETF peuvent s’insérer dans le cadre fis- cal privilégié de l’assurance vie. Enfin, il est possible d’acquérir des mines d’or. L’investissement offre un levier de 2 à 3. Si l’or gagne 3 %, l’action de la mine progresse de 6. En revanche, il faut bien sélectionner les actions, analyser la performance des sociétés, leur endettement, etc. n
million
de particuliers ont passé un ordre d’achat ou de vente sur des actions en 2020 en france, selon l’Autorité des marchés financiers (AMf)
  Trois questions à Françoise Labbé, gérante actions euro chez Aviva Investors France
« La situation est complètement différente de la crise de 2009, qui était financière et bancaire »
d’une ré-ouverture des économies à partir de la fin du printemps. Dans ce cadre, nous pensons qu’une reprise de l’inflation, qui ne s’accompagnera pas d’une hausse des taux réels en raison des politiques accommodantes des banques centrales, sera perçue positivement car le signe d’une reprise.
Quels secteurs privilégiez-vous ?
Nous estimons que les secteurs les plus en retard devraient être les principaux moteurs du mar- ché dans les semaines et les mois à venir. Plus précisément, nous surveillons de près les cycli- ques qui profiteront à plein de la reprise, mais également les valeurs financières. Le secteur des télécoms a également pâti de la crise l’an dernier alors qu’il était pourtant peu exposé. C’est un secteur un peu oublié des investisseurs mais qui nous semble présenter du potentiel. En revanche, nous sommes plus prudents sur certaines valeurs technologiques que nous jugeons survalorisées, notamment dans l’e-commerce. Enfin, nous nous tenons éloignés des secteurs du tourisme et des transports, très fortement impactés par la crise et dont la convalescence pourrait être longue. n
Le chiffre
  Votre point de vue sur les actions européennes ?
Nous sommes positifs sur les marchés actions eu- ropéens depuis novembre. Nous estimons que le succès des campagnes vaccinales est déjà intégré dans les cours. En revanche, les investisseurs n’ont sans doute pas encore pris en considération les effets positifs des plans de relance européen et américain. La situation est complètement différente de la crise de 2009, qui était une crise financière et bancaire. Cette fois-ci, les fondamentaux sont plus solides et la reprise s’amorcera sur des bases bien plus saines.
N’envisagez-vous pas une rechute ?
Les marchés pourraient mal réagir si le second se- mestre 2021 venait à ressembler au premier, c’est- à-dire avec des restrictions sanitaires encore fortes. Les investisseurs font en effet clairement le pari
1,4
80 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[                      Pour investir dans le neuf,
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(1) Le dispositif Pinel est applicable aux investissements locatifs réalisés jusqu’au 31 décembre 2020 : le non-respect des conditions de location (durée d’engagement, plafonds de ressources et de loyer, prise d’effet de la location dans le délai de 12 mois à compter de la date d’achèvement ou de l’acquisition...) et/ou la non location quelle qu’en soit la raison entrainent la perte du bénéfice de la réduction d’impôt. Détails sur le site icade-immobilier.com/informations-immobilier-neuf/investissement-locatif/ defiscalisation-reductions-impots ou auprès de nos conseillers commerciaux, dans nos espaces de vente. Icade Promotion - Immeuble Open - 27, rue Camille Desmoulins - CS 10166 - 92445 Issy-les-Moulineaux Cedex - SASU au capital de 29 683 456 euros - RCS Nanterre 784 606 576 - N° Orias 13003036 - IOBSP Mandataire Non Exclusif Carte T CPI 7501 2016 000 016 385 délivrée par la CCI de Paris. Illustration non contractuelle, à caractère d’ambiance. Octobre 2020. Conception Coef.6
]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[  vie privée
culture & co par christophe
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
cd
Né à Belleville, de Guy Marchand
Celui qui tournait des films pour gagner de l’argent et faisait des disques pour en perdre est de retour dans les bacs ! Guy Marchand n’a jamais cessé d’être un crooner et nous le prouve, en bon héritier des Bing Crosby et autres Leonard Cohen
dont l’univers a sans doute été une source d’inspiration pour ce Né à Belleville. Un autoportrait musical, voire un testament en chansons, dans lequel il oscille entre la mort, la vie, l’amour. Le
tout accompagné par des musiciens hors pair, un doux côté « tzigane- bossanova », et des arrangements signés par le génial Ludovic Beier ! La poésie de Guy Marchand est dite et chantée à la fois, humblement
et sincèrement. Il a souvent défini sa musique comme celle d’un ascenseur, eh bien aujourd’hui, elle s’écoute mollement, couché sur un divan, un bon verre à la main et des souvenirs plein la tête.
ARS Longa Vita Brevis
The freischütz Project, d’après C.M. von Weber
Pour les amoureux de la musique romantique du xixe, le Freischütz
de Carl-Maria von Weber est plus qu’un chef-d’œuvre, c’est un pilier fondateur. En France, Berlioz en était un fan absolu et l’a défendu bec et ongles. Quant à Wagner, il a déclaré à Cosima son épouse, en 1873 : « Si je
n’avais pas été ému par les œuvres de Weber, je crois que je ne serais jamais devenu musicien ! » Rien que ça. La grande cheffe d’orchestre française Laurence Equilbey à la tête d’un casting sublime
dominé par Stanislas de Barbeyrac, offre aujourd’hui une passionnante et inédite lecture sur instruments d’époque. Une vision salutaire d’un monument musical injustement relégué au second plan ces dernières années.
Erato
expo
Picasso Rodin : deux génies, deux musées, une expo !
Pour la première fois, le musée Rodin
et le musée national Picasso-Paris s’unissent afin de présenter l’exposition- événement Picasso-Rodin, riche de
plus de 500 œuvres. Ce partenariat
exceptionnel entre deux grands musées
monographiques offre un regard inédit
sur ces artistes de génie qui ont ouvert
la voie à la modernité dans l’art. Leurs chefs-d’œuvre sont présentés simultanément au sein des deux monuments historiques qui abritent ces musées nationaux. L’exposition invite à une relecture croisée des œuvres de Rodin (1840-1917) et Picasso (1881-1973). Évidemment, il ne s’agit pas de montrer ce que l’un a emprunté à l’autre, mais plutôt d’examiner les convergences signifiantes qui apparaissent entre l’œuvre de Rodin et plusieurs périodes
de la production de Picasso. À des époques et dans des contextes différents, Rodin et Picasso participent à
une articulation décisive de l’histoire et sans doute est-ce là l’une des clés de leurs similitudes. À leur façon,
ils inventent un nouveau mode de représentation, expressionniste chez Rodin, cubiste chez Picasso. Travail en série, fragmentation, assemblage, détournements sont autant d’approches singulières et novatrices. Le travail de l’artiste en perpétuel mouvement explore un motif en constante métamorphose. À découvrir impérativement dès la réouverture des musées.
Jusqu’au 2 janvier 2022, Musée Rodin, 77 rue de Varenne, 75007 Paris – Musée Picasso, 5 rue de Thorigny, 75003 Paris
  combarieu
  Musique
  Dites-moi, Roberto Alagna...
De Puccini à Piaf
Le plus grand ténor du monde produit un nouvel album consacré aux grands airs de la chanson française...
 Peut-on dire que ce nouvel album représente l’hommage d’Alagna à la grande chanson française ?
C’est un peu comme ça que je l’ai pensé, oui. Mais pour être tout à
fait honnête, je suis véritablement nostalgique de tout ce qui nous est interdit de faire aujourd’hui. Alors je crois que ces chansons nous invitent à nous souvenir de cette belle époque où l’on pouvait encore se serrer la main pour se saluer ou s’embrasser...
Aucune partition ne vous résiste : vous le prouvez encore une fois ! De Puccini à Piaf, en passant par Brel, il n’y a qu’un pas ?
Mais vous savez, ce qui me plaît, c’est de toucher un peu à tout. Et cette variété que je chante aujourd’hui,
c’est avant tout de la musique que j’aime ! Et ne vous trompez pas, ce n’est pas une récréation, ça demande beaucoup de travail ! Mais pour moi, c’est une vraie bouffée d’oxygène. Ça me permet de m’évader, de toucher un public encore plus large, et de m’exprimer différemment. Croyez- moi, à travers ce disque, je me raconte
davantage qu’en chantant à l’opéra.
Mais alors y aurait-
il pour vous de la
lassitude à toujours
être un Don José, un
roméo ou un Otello ?
Aucunement ! Et pour la simple et bonne raison que je ne chante jamais de la même façon. Je n’ai jamais les mêmes partenaires, ce n’est pas toujours la même orchestration et les moments d’une vie font que nous agissons toujours différemment.
Un peu comme Pavarotti il y a quelques années, un grand chanteur d’opéra devient une pop star à partir du moment où il enregistre aussi des albums de variétés, non ?
Pop star, le mot est fort. Si vous voulez en devenir une, je ne vous conseille pas de vous tourner vers l’opéra ! Il est vrai que mon premier contrat de maison de disques était chez Eddie Barclay, j’aurais donc pu prendre ce chemin-là dès le départ. Mais ce n’était pas ce qui me plaisait !
J’ai toujours rêvé d’opéra, sans me soucier des sacrifices
et du travail acharné que je devrais produire.
et grâce à cet album, la famille Alagna est plus que jamais présente, et réunie ! vous y chantez avec vos deux filles ! On est chanteurs et musiciens de père en filles chez les Alagna... Un aboutissement ?
Oui c’est vrai, j’accompagnais mon père à la guitare quand j’étais plus jeune et aujourd’hui je chante avec mes filles. Je suis très heureux
parce qu’ici, tous les paramètres sont réunis : des artistes que j’aime, interprétés avec les gens que j’aime. Je suis un père et un mari comblé. Roberto Alagna le chanteur, nouvel album (Sony).
À l’Opéra-Bastille en mai 2021, dans « Tosca » de Puccini
 82 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[ dvd
notion d’indépendance vis-à-vis du pouvoir central, cette fierté qu’il manifeste tout en restant respectueux de la liberté d’autrui.
On pourrait la qualifier de «muse»pourvous?
Oui... Quand je me retrouve dans mon repaire, une petite cabane en bois, à une quinzaine de mètres de hauteur, sur la cime des arbres à Trégastel, j’écris beaucoup plus facilement... J’entends le cri des mouettes et le bruit de mon stylo qui crisse sur le papier, et me voilà immédiatement transporté.
C’est l’autre visage de PPDA ? Passer des 10 millions de téléspectateurs, à cette vie d’ermite au milieu de la forêt ! Le
Tenet, de Christopher Nolan
Portée par John David Washington (Ballers), la dernière pépite de Christopher Nolan ne dépareille parsau milieu de son éblouissante filmographie : Memento, The Dark Knight, Inception, Dunkerque... rien que ça ! Un thriller d’espionnage international dont la mystérieuse intrigue est longtemps restée
top secret, y compris pour les
comédiens ! Tourné dans sept pays, au prix de l’explosion d’un Boeing 747, ce film très ambitieux réunit également un casting alléchant (Pattinson, Poésy, Taylor-Johnson, Caine, Branagh). Notre héros devra inverser le cours du temps pour empêcher une nouvelle guerre mondiale... ce qui nous rappelle Inception et Interstellar. Préparez- vous à un certain éblouissement.
Warner Bros
Livres
L’inoubliable présentateur du 20 heures de TF1 publie aux éditions du Rocher une déclaration d’amour à celle qu’il aime plus que tout : la Bretagne !
Patrick, votre nouveau livre
est une véritable déclaration d’amour à la Bretagne. et je crois savoir qu’il est né grâce au premier confinement... Exactement ! Rappelez-vous de cette ineptie, il y a quelques mois, cette période où il n’était même pas possible de se promener sur les plages ou sur les chemins
de grande randonnée... Eh bien certes, on m’a interdit de le faire, alors je me suis promené dans ma tête, je me suis évadé sur mes terres rêvées en fermant les yeux, et ce livre en est le résultat !
La Bretagne est « l’éternel féminin » pour vous...
Oui, c’est vrai, et j’aime beaucoup le caractère breton ! Cette
cadre vous a aidé ?
Oui, et j’ai toujours été comme ça. Lorsque je présentais le journal, j’avais besoin de m’évader tous les week-end et de me raccrocher à cette terre que j’aime tant. C’est à elle que je dois mon apaisement, alors il était normal que je dédie un livre à sa beauté, même si je ne suis pas breton d’origine, mais champenois.
vous parliez de pouvoir central. La france a apporté plus à la Bretagne ou l’inverse ?
Les deux se sont beaucoup apporté ! Mais d’ailleurs comme toutes les régions de France. Au xve siècle, notre pays n’était composé que de trois petits comtés autour de Paris. Nos
Les Apparences, de Marc Fitoussi Réalisateur de La Vie d’artiste, Pauline détective
et La Ritournelle, mais aussi d’épisodes de Dix pour cent, Marc Fitoussi s’essaie aujourd’hui au thriller chabrolien. Avec ces fameuses « apparences », celles
que tentent à tout prix de conserver Karin Viard, femme moderne et épouse parfaite de Benjamin Biolay, fringant chef d’orchestre à l’Opéra de Vienne. Car leur petite vie idyllique et luxueuse, enviée de tous, vole en éclats lorsqu’elle découvre
que son musicien la trompe avec l’instit de leur jeune fils. Jalousie, coups bas, insinuations et chantage se multiplient dans une atmosphère anxiogène. Un thriller assez haletant où Karin Viard démontre une nouvelle fois son incroyable talent.
M6 Vidéo
Le Bonheur des Uns, de Daniel Cohen
Deux couples aux caractères bien trempés sont amis de longue date. Avec une copine grande gueule qui l’ouvre à tort et à travers, un mari un peu macho sur les bords, la galerie de personnages est au complet !
Jusqu’au jour où la « bonne copine » avoue
avoir écrit un roman, qui s’avère un best-seller.
Et cette soudaine réussite ne va pas plaire à
tout le monde : et voilà que tout le monde se
tire dans les pattes, dévoile les secrets, les
grandes vacheries qui se mettent au service
des petites jalousies. Bref, une fable où on
se plaît à croire que le bonheur des uns fait
vraiment le malheur des autres ! Foresti est
parfaite en jalouse puérile, les textes sont fins et ciselés, Cassel et Damiens parfaits en acteurs complices. Voilà une comédie acide sur une bande de potes grotesques qui ne manque pas de piquant.
M6 Vidéo
culture & co
vie privée
régions et leurs spécificités, ce sont elles qui ont forgé ce que l’on est aujourd’hui.
Dans un des chapitres, vous mettez en garde ceux qui diront que la gastronomie bretonne s’arrête aux crêpes, aux galettes saucisse et aux bolées de cidre ! Mais évidemment ! Il y a quand même 43 chefs étoilés en Bretagne... Et si je peux me permettre, pour se régaler il n’y
a qu’à se pencher ! Je plonge,
je tombe sur un bon homard, quelques huîtres et des ormeaux, et je suis au paradis...
La Bretagne au cœur, Éditions du Rocher
   Dites-moi... Patrick Poivre d’Arvor
Arvor, c’est breton, non ?
    ecoreseau.fr février 2021 | 83
]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Nouvelle Citroën C4 : tradition et modernité
essais autos
Le constructeur « chevronné » espère renouer avec ses succès commerciaux passés sur le segment des berlines compactes. Il propose à cette fin une nouvelle C4 ambitieuse qui consacre son arrivée sur
le marché grand public du tout électrique.
en version électrique : à quand une recharge à impulsion ou des câbles rétractables dans la carrosserie ?). Au volant la nouvelle C4, quelle que soit sa motorisation, brille par son confort grâce à ses remar- quables sièges et ses suspensions à butées hydrauliques progressives (de série dès les versions cœur de gamme) et son insonorisation. La finition est au top, l’ergonomie des commandes parfaite, l’équipement très complet. Citroën offre enfin une caméra arrière de qualité, un affichage tête haute (sur lame) et tous les dispositifs de confort et de sécurité de nouvelle génération disponibles, ou presque, sur le marché. Avec malgré tout quelques incongruités, comme ce réglage électrique du siège conducteur en hauteur, en inclinaison mais pas d’avant en arrière ! Un regret éga-
lement pour l’esthétique basique de l’affichage du combiné numérique. Un doute sur l’utilité du Smart Pad Support, système de support ré- tractable intégré dans la planche de bord pour fixer une tablette numé- rique côté passager. Mais quelques bons points néanmoins comme l’accès aux réglages du système de climatisation par boutons sur la planche de bord (en complément de l’écran tactile dont la généra- lisation dans les véhicules d’au- jourd’hui menace la sécurité au vo- lant), la multiplicité des prises USB (ancien et nouveau format), le ver- rouillage-déverrouillage Proximity (quand on s’approche ou s’éloigne du véhicule), emprunté à Renault, et... le minilevier de commande de boîte (moins réactif toutefois que celui de Volkswagen).
Une mécanique
sans reproche
Sur le plan mécanique, la C4 ther- mique essence (PureTech 130 ch) avec boîte auto EAT8 est sans re- proche tant par sa maniabilité, sa tenue de route (parfaite) que sa réactivité. Des qualités identiques avec la motorisation électrique qui affiche 340 km d’autonomie au départ. Mais la belle se montre très gourmande en énergie et l’au- tonomie diminue rapidement (une centaine de kilomètres d’écart à l’arrivée avec l’autonomie annon- cée). Le constructeur affiche toute- fois des temps de charge optimisés : 80 % de la charge en 30 minutes sur une borne de recharge publique en charge rapide, 7 heures 30 à domi- cile pour une charge totale sur une Wall Box dont Citroën propose de se charger de l’installation, à l’exemple d’autres constructeurs.
  fiche technique
Modèles essayés
 Citroën C4 PureTech 130 eAT8 Shine Pack.
 Tarif
 Àpartirde30500€
 Citroën Ë-C4 Shine.
 Tarif
 Àpartirde37600€
 Tarifs gamme essence
 De20900€à31750€
 Tarifs gamme diesel
 De23200€à32300€
 Tarifs gamme électrique
 De35600€à38800€
  Citroën entame l’année 2021 en claquant un grand coup sur la scène du marché automobile
européen. Sa nouvelle C4, qui ne conserve de l’ancien modèle que le nom, devrait secouer le cocotier de la concurrence. Cette berline com- pacte rivale affirmée des Peugeot 308, Renault Megane, Opel Astra et autres Golf, classe A de Merce- des ou BMW Série1, se révèle in- novante à bien des titres. D’abord, parce qu’elle ne propose aucune motorisation hybride, mais donne simplement le choix entre le ther- mique – essence et diesel – et l’élec- trique. Ensuite parce qu’elle fait le pari d’une esthétique audacieuse. Les compactes, Citroën sait faire. GS, BX, ZX, Xsara... ont égrené au fil des années les succès com- merciaux du constructeur. L’opus 2021 ne renie rien de ses origines et s’inscrit clairement dans cette fi- liation avec une évidente intention de surprendre. En empruntant aux codes des SUV, la nouvelle C4 bé- néficie d’une garde au sol surélevée et de grandes roues (690 mm de diamètre, jantes de 18 pouces). Son profil s’inspire des déclinaisons « coupé » des SUV pour gagner en aérodynamisme. La C4 est mas- sive, solide. Vue arrière, sa lunette inclinée en deux parties et surmon- tée d’un becquet aérodynamique
(qui nuit fortement à la visibilité !) rappellent inévitablement le Coupé C4 de 2004. Les feux reliés par un bandeau noir brillant inaugurent une nouvelle signature lumineuse de la marque. Idem à l’avant avec la signature lumineuse en V apparue sur la nouvelle C3 il y a un an (pro- jecteurs à double étage, chevrons chromés étirés sur toute la largeur du véhicule).
Plus spacieuse
En attendant l’arrivée de la rem- plaçante de la C5, la C4 joue des ailes sur son segment de marché avec des dimensions revues à la hausse par rapport à sa devan- cière (empattement long (2,670 m), 4,360 m de long, 1,800 m de large, 1,525 m de haut). Un volume qui se ressent à l’intérieur du véhicule (mais pas vraiment dans le coffre un peu juste, surtout quand il est encombré des câbles de recharge
Le dernier des géants
À l’heure où les SUV
familiaux tiennent le haut
de l’asphalte, Citroën
commercialise encore
un grand monospace
pétri de qualités. Le
Grand C4 SpaceTourer,
outre ses volumes
incomparables, réserve de bonnes surprises en termes de confort (même sans les nouvelles suspensions butées hydrauliques progressives) et de maniabilité. Essayé avec la motorisation diesel de 160 chevaux et la boîte auto à 8 rapports, il se montre brillant en tout point et prouve, s’il en était besoin, qu’il a encore un rôle important à jouer dans la gamme du constructeur. Reste à savoir jusqu’à quand ?
fiche technique
  Modèle essayé
 Citroën Grand C4 SpaceTourer BlueHDi 160 eAT8.
 Tarif
 Àpartirde41250€
 Tarifs gamme essence
 De30300€à37500€
 Tarifs gamme diesel
 De32500€à41250€
 84 |
février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[Seat Leon e-hybrid : puissance combinée
essais autos
vie privée
 Le constructeur espagnol a puisé dans la banque d’organes du groupe vW pour mettre sous le capot de sa nouvelle Leon une motorisation hybride rechargeable performante. Une technologie qui renforce l’attrait de la compacte joliment redessinée.
La nouvelle Seat Leon s’offre une belle remise en beauté qui devrait logiquement renforcer son attrait commercial. D’autant que l’ibère adopte
à cette occasion une motorisation hybride rechargeable. Quatrième génération d’un modèle à succès, la Leon a grandi (de 9 cm par rapport
à la génération précédente) et en version break (+ 26 cm par rapport à la berline) elle offre une habitabilité et un volume de chargement à vocation clairement familiale. Dommage que
le coffre de 620 litres en version thermique
soit réduit à seulement 470 1 en version
hybride à cause de la batterie. L’équipement
est très généreux, mais le tout numérique des commandes concentrées sur l’écran tactile
de la planche de bord nuit à la sécurité de
la conduite (en outre, les touches sensitives
de la climatisation ne sont pas éclairées,
gênant quand on roule de nuit !). Sous le capot, la combinaison d’un moteur thermique essence de 1,4 litre et d’un moteur électrique rechargeable de 85 kW développe au total une puissance
de 204 ch qui en fait la Leon la plus puissante
de la gamme (en dehors des Leon badgées Cupra). L’hybridation tente de parcourir une cinquantaine de kilomètres en tout électrique, mais la batterie peine à se recharger ensuite en roulant (et là aussi, l’accès aux commandes sur l’écran numérique n’est pas des plus aisés). La possibilité de charger son véhicule à domicile est donc une condition sine qua non pour tirer tout
le bénéfice de cette motorisation en termes de consommation.
Clio et Captur optent pour l’hybridation
 fiche technique
Modèle essayé
 Seat Leon Sportstourer e-hybrid 1.4 TSi 204 ch.
 Tarif
 Àpartirde34950€
 Tarifs gamme hybride
 De34950€à36900€
  renault développe une technologie innovante d’hybridation simple et rechargeable qui offre un réel agrément de conduite à un coût raisonnable.
Depuis quelques mois, tous les constructeurs automobiles sont engagés dans la course à la réduction des émissions pour passer sous les fourches caudines européennes. Renault a ainsi entrepris de verdir son parc en multipliant les
modèles équipés de motorisations hybrides et de moteurs électriques. Clio et Captur
entrent dans le jeu avec pour la première une simple motorisation hybride (Clio E-Tech Hybrid) et pour l’autre une motorisation hybride rechargeable (Captur E-Tech Plug-in Hybrid). Les deux bénéficient de la technologie E-Tech Hybrid mise au point par Renault qui associe deux moteurs
électriques, une boîte de vitesses innovante à crabots sans embrayage et un moteur thermique (1,6 litre essence de nouvelle génération). Au volant de la Clio, conformément à ce qu’annonce le constructeur, on peut rouler jusqu’à 80 % du temps en électrique en ville, la recharge de la batterie en roulant (au freinage et en décélération) se révèle très rapide. Du coup,
la Clio offre au quotidien, sur de petits trajets, la souplesse et l’agrément de conduite d’un véhicule électrique.
La technologie hybride rechargeable assure, selon Renault, « de rouler en 100 % électrique sur 50 kilomètres jusqu’à 135 km/h en utilisation mixte et jusqu’à 65 kilomètres en utilisation urbaine ».
In fine, les deux systèmes ont pour même ambition de réduire la consommation de carburant d’environ 40 % par rapport à un véhicule thermique équivalent. Renault affiche ainsi une consommation moyenne de 4,5 litres pour la Clio (140 ch) sur parcours mixte et de seulement 1,5 litre pour le Captur (160 ch). Ce qui nous semble quand même très en deçà de la réalité.
 fiche technique
Modèles essayés
 renault Clio e-Tech
 Tarif
 De22600€à28200€
 e-Tech Plug-in Hybrid.
 De33700€à37200€
  Le Peugeot 5008 fait style neuf
 Le grand SUv de Peugeot bénéficie du restylage de son petit frère mais pas de la motorisation hybride, et c’est dommage. il n’en reste pas moins un véhicule familial très confortable et performant.
Le Peugeot 5008 comme sa petite version 3008 est passé au restylage en fin d’année 2020 (nouvelle face avant, feux arrière
full LED). Mais contrairement au SUV compact, il ne bénéficie pas pour l’heure d’une motorisation hybride (faute de place dans le coffre). C’est donc en versions thermique essence et diesel de 130 chevaux que nous l’avons essayé, l’une et l’autre offre un égal agrément. Plus long que le 3008 d’une vingtaine de centimètres, le 5008 est un véritable SUV familial avec une troisième rangée de sièges dissimulés dans le plancher du coffre (deux strapontins qui
s’installent ou s’effacent en un tour de main) pour accueillir de jeunes enfants ou des adultes en dépannage sur de courts trajets. L’habitacle est peu modifié (un nouvel
écran central tactile de 10 pouces trône au milieu de la planche de
bord) et le confort et la
finition sont toujours au
rendez-vous. Sur la route, le 5008 confirme toutes ses qualités dynamiques. La boîte manuelle à 6 rapports de notre version essence était à la fois douce et précise, mais la préférence va bien sûr à la boîte auto EAT8 qui servait à merveille la version diesel.
 fiche technique
Modèles essayés
 Peugeot 5008 Allure Pack BlueHDi 130 eAT8.
 Tarif
 Àpartirde40900€
 Peugeot 5008 Allure Pack PureTech 130 BvM6.
 Tarif
 Àpartirde36450€
 Tarifs gamme essence
 De32850€à45400€
 Tarifs gamme diesel
 De35250€à47800€
 ecoreseau.fr février 2021
| 85
]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[  pour votre bien...
  vie privée
Jeûner un jour sur deux
Les bénéfices en sont considérables
santé
dans le n° 74 d’Alternative Santé. On l’a testé sur l’animal et à tra- vers des populations humaines. C’est bien joli, mais l’homme et la femme des sociétés d’« opulence » « bouffent » tant et plus. Jeûner ? C’est encore plus difficile que de se restreindre à coups de régimes instantanés et abandonnés, habi- tudes obligent...
Le métabolisme humain n’est pas adapté à plusieurs repas chaque jour
Pourtant, le gain serait spectacu- laire. L’article cité met en avant le rôle majeur des enzymes dé- nommées sirtuines, activées par l’hypocalorisme. Les sirtuines ré- parent l’ADN, augmentent la ré- sistance au stress oxydatif, sensi- bilisent à l’insuline, détruisent les
Les individus en bonne santé ont tout intérêt à l’utiliser en mode préventif.
santé ont tout intérêt à l’utiliser en mode préventif.
Mais comment faire ? Jeûner un jour sur deux. L’objectif de 15 % de réduction de l’apport calorique vise à une perte réelle en 3 à 12 mois. Mais c’est dès la 4e semaine que les effets de l’ADF se font sen- tir : l’indice de masse corporelle (IMC) chute d’un point par la perte de masse grasse de la cein- ture abdominale. Le reste suit : baisse de la pression sanguine, du rythme cardiaque, du LDL-cho- lestérol et des triglycérides. Pour ce « régime », ni comptage ni choix diététique complexe : on mange « comme avant », mais un jour sur deux. Si c’est dur, se li- miter à 500 calories le 2e jour. Du sport par là-dessus et vous voilà aminci·e et prêt·e à vivre plus longtemps... Il ne faut pas man- ger un jour sur deux à vie, mais établir son jeûne intermittent de 2 à 12 semaines maxi. Souvenons-nous des après- guerre, périodes de disette par excellence : nos grands-parents et parents étaient minces comme tout et s’en portaient bien. Non qu’il faille espérer une guerre ! Pendant des millénaires, après tout, nos ancêtres ont jeûné. Se- lon les tenants de l’ADF, il s’agit de retrouver ce métabolisme « normal ». Au passage, si toute l’humanité s’y pliait (rêve uto- pique), c’est toute la planète qui retrouverait un régime moins gaspilleur et moins criminel... OM
de 3 milliards de personnes dans
le monde. Le verre ophtalmique
Hoya Miyosmart Vision a été conçu comme un traitement actif grâce à la technologie alvéolaire DIMS (Defocus Incorporated Multiple Segments). Outre la correction, le verre limite
la progression de l’allongement du globe. Croyez-en un myope, une telle technologie constitue une révolution...
follow, histoire de suivre son dossier
Le privé et le génie d’une start-up pour contrebrattre la complexité de la gestion des dossiers patient·es publics. Créée en 2015, la solution est pensée avec des médecins
et chirurgiens spécialisés. L’interface intuitive et accessible
en ligne – plus de 350 000 patients enregistrés – synchronise agendas et Doctolib. https://follow.fr
 Pour perdre du poids, faut-il jeûner ? Mieux, un jour sur deux ? Eh bien la recherche semble
le confirmer. En nommant « res- triction calorique » ce que les Anglo-Américains baptisent Alternate Day Fasting (ADF), le jeûne un jour sur deux, elle pré- conise ce que nombre de commu- nautés humaines réduites à leurs chasses et collectes pratiquent sans dommage. L’île d’Okinawa, dans l’archipel de la mer de Chine
Sang vital
1 million de malades ont besoin de sang chaque année. Or la collecte est bouleversée par l’épidémie.
L’Établissement français du sang (EFS) se mobilise, pour lequel les 15 % de donneurs au moins une fois par an sont insuffisants. Faute
de collecte mobile aussi efficace que naguère (80 %
des dons), les 10 000 dons de sang quotidiens risquent l’insuffisance. Pour connaître les appels aux dons : https://dondesang.efs.sante.fr
Psychiatrie en crise
Une personne sur trois, selon l’OMS, connaît, connaîtra une dépression, des troubles bipolaires, l’autisme, la schizophrénie, les troubles obsessionnels compulsifs, du
  orientale au sud-ouest du Japon et au nord-est de l’île de Taïwan, l’illustre.
C’est même assez radical : man- ger moins (15 % disent les études) serait la « seule méthode connue à ce jour pour augmenter l’espé- rance de vie tout en améliorant l’état de santé général », lit-on
graisses, diminuent l’inflamma- tion et préviennent les maladies neurodégénératives « et la genèse des cancers ». Wahou ! Il serait même urgent que le jeûne qui les mobilise ne soit pas réservé aux gens en surpoids ou diabétiques type 2 : les individus en bonne
comportement alimentaire. Or on applique à grande échelle le principe
du profit à cette branche de la médecine : d’où lits suroccupés et psychiatres insuffisant·es. D’où aggravation
de la contention, comme à Saint- Étienne en 2018. Comme pour le refus d’augmenter les moyens des hôpitaux malgré la covid, la logique libérale est en train de créer des drames en psychiatrie.
Masque + spray virucide ?
Proneem, spécialisé dans les technologies fonctionnelles appliquées
aux textiles en milieu industriel,
lance des masques et un spray textile virucide. Le masque est imprégné de
l’actif virucide encapsulé, le spray s’applique sur toutes les surfaces textiles (fauteuils, vêtements, draps, coussins...). On les achète en ligne ou dans les pharmacies, bureaux de tabac et pressings.
Une technologie de verre pour le traitement de la myopie chez les gosses
Il·elle, entre 6 et 7 ans, s’approche
un peu des écrans, ne peut lire au tableau, plisse les paupières ? Alerte myopie. On voit
flou de loin et très bien de près : la sphère de l’œil s’est allongée, la focale de mise
au point se fait en avant de la rétine. La myopie est le trouble de la vision le plus répandu, souvent détecté dès le plus jeune âge entre 6 et 7 ans. Ce fléau touche en 2020 près de 33,3 % de la population mondiale donc plus
   86 | février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[                  en vente actuellement chez votre marchand de journaux
  www.myparenthese.fr
]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
 horlogerie & joaillerie
Panerai Luminor GMT Bucherer BLUE
Bucherer BLUE et Panerai
ouvrent un nouveau chapitre de
la success story de leurs garde- temps exceptionnels. Cette vraie emblème de Panerai fête ses 70 ans en 2020. Il s’agit aussi de l’occasion rêvée pour lancer une première exceptionnelle dans l’histoire de Panerai, à savoir le revêtement Super-LumiNova®. La nuit venue, il émet une couleur bleu électrique fascinante. Edition limitée à 288 pièces, disponible en exclusivité chez Bucherer. 13900€
La Tissot T-My Lady
La Tissot T-My Lady livre une vision de la femme dans l’air du temps : active, engagée, sensible et épicurienne. La montre devient son accessoire de mode fétiche pour parfaire ses tenues. Une
montre bijou à la fois élégante et créative qui s’adapte au gré des occasions grâce au bracelet en cuir supplémentaire. Modèle automatique en or
ci-contre : 2190€ www.tissotwatches.com
mode & accessoires
Antonyme, beau,
original et pratique
Antonyme, des modèles de sacs au look simple mais aux détails originaux, aux aménagements intérieurs intelligents, créés pour accueillir toutes sortes
de gadgets hi-tech. Des collections toutes en élégance, sportivité et décontraction, d’inspiration urbaine et un brin «old school». Le combo parfait pour les hommes branchés. Il s’agit ici du modèle Caleb. 110€ www.nat-nin.fr
réalisez votre sac rabat modulable
L’atelier démarre par une présentation des créatrices et du lieu. Puis ce sera à vous de jouer, il vous faudra tout d’abord choisir les cuirs que vous souhaitez utiliser pour votre création. Vous pourrez ainsi vous amuser
à composer avec des couleurs différentes pour le rabat. Julie et Aurélie
vous guideront pas à pas dans la réalisation
de votre sac. La découpe du cuir, l’assemblage par rivets ainsi que les finitions. Vous aurez également le choix parmi les accessoires: chainettes, tissus, franges...L’atelier se clôtura par quelques photos souvenirs et vous pourrez partir fièrement avec votre sac à l’épaule. 2h30, 95€ / personne. https://wecandoo.fr
L’Amour en 3D
Craquant, ce collier Letter Mania de la créatrice portugaise Susana Martins marie or
et diamants pour un style résolument frais & élégant. Le collier fusionne les mots anglais avec l’élégante calligraphie arabe pour un effet 3D.
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   Boucles d’une
princesse moghole
Nomad Jewels, Maison de joaillerie fine, crée des pièces originales en or 18 carats, pierres précieuses et semi-précieuses pour des femmes fortes et audacieuses. Ces boucles d’oreilles Jahanara sont une ode à la princesse moghole Jahanara, une véritable femme de la renaissance, qui était une auteur, architecte et mystique par excellence. Boucle à l’unité
1212€ https://nomadjewels.ch
   Ziad Nakad « Birds of Love »
 Les oiseaux de paradis du créateur libanais Ziad Nakad
sont venus se poser au Château de Vaux-Le-Vicomte
pour une collection haute en couleur et en symboles.
S’envoler de Beirut, meurtri par les évènements
récents, envie d’évasion, de rêve, de voyages. Ziad a
voulu sa collection sexy, un brin frivole, pour retrouver
l’insouciance d’antan. Les robes sont fendues,
transparentes, aériennes, les plumes d’autruche se
mêlent à la soie et à la dentelle. Les pièces sont
entièrement brodées à la main dans les ateliers du créateur, le confinement a laissé le temps au temps... Telle la robe de mariée qui a nécessité 3 mois de travail, ou 3 mois d’évasion... www.ziadnakad.com
La Totale, la combi à adopter 24/24 !
Combinaison pyjama, inspirée de la nuisette en satin, équipée d’un système d’ouverture facile (pas besoin de tout enlever pour aller aux toilettes). Dos nu échancré, bretelles réglables, en satin mat, très confortable, douce et fluide, et hyper pratique. On la met pour dormir, pour aller travailler, pour aller faire du yoga, pour faire la fête le soir. A agrémenter de quelques accessoires selon l’heure et l’envie ! Existe en noir, blanc, terracotta, disco.
https://latotale.love
  88 |
février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[bien-être
La Lavande au quotidien
Créé en Drôme Provençale, l’Essentiel de Lavande est 100% naturelle à base de pure huile essentielle de lavande et lavandin bio. Une peau propre, lumineuse et nourrie grâce à une application quotidienne du lait nettoyant à l’huile essentielle de lavande et lavandin bio. 16€ www.essentiel-de-lavande.com
Total reset a la vitamine C
Liposomale
Ce supplément de vitamine C à la pointe de la technologie a révolutionné l’industrie de la santé et de la beauté. Véritable défenseur de la peau et du bien-être, Altrient C a démontré cliniquement qu’il augmente l’élasticité, l’hydratation et le taux de collagène de la peau jusqu’à 61
%, en 3 mois. La vitamine C aide aussi à
protéger les cellules du stress oxydatif,
à réduire la fatigue
et contribue à la synthèse normale du collagène pour le bon fonctionnement des os, des gencives, de la peau et des dents. 47,99€ laboîtede30 sachets www.altrient.com
Sérum Jeunesse
à la spiruline
C’est toute pureté des fonds marins que
l’on retrouve au cœur de ce sérum à l’action très complète. Grâce à sa teneur en extraits naturels de Spiruline, d’Algue Brune et de Criste Marine, il offre à la peau un indéniable effet repulpant. En s’appuyant sur un extrait de Fougère arborescente et des peptides
jeunesse, il participe
à un vieillissement plus doux de la peau. Ce sérum intègre aussi des ingrédients relipidants à l’instar de l’huile vierge de Jojoba ou des insaponifiables de Soja pour apporter au visage toute la douceur et le confort qu’il mérite.
39,90€ www.bcparis.com
Day+, mon stick Beauté à boire
DAY+ est le stick « mouton à 5 pattes » concocté à partir d’ingrédients naturels, en France. Du collagène pour rajeunir les tissus ; de la spiruline
bio pour favoriser le renouvellement
cellulaire ; de l’acide hyaluronique pour hydrater en profondeur ; de la grenade pour faire le plein d’antioxydants et
du zinc pour aider au maintien de la peau, des cheveux et des ongles.
La saveur citron bio est douce et rafraîchissante. 1 mois, 30 sticks, 80€ https://dplusforcare.com
l’art du temps
vie privée
      ecoreseau.fr février 2021
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]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
gastronomie
Oh Bonheur, du praliné !
Envie du plus incroyable des pralinés dans un coffret personnalisé ? On choisit son format (2, 4, 6, 9 ou bien 18 pralinés), puis on le compose selon ses goûts. On retrouve, sur le site internet, la collection permanente
de la chocolaterie, composée de pralinés aux parfums uniques tels que pistaches/basilic, sésame/sel marin ou encore fève Tonka; mais aussi aux saveurs d’enfance comme le caramel, la nougatine ou bien la noix de coco. Des créations savoureuses disponibles dans leur version originale de 50 grammes, mais aussi en format mini de 10 grammes. Le Bonheur à chaque bouchée. https://lebonheurparis.com
Caffé de Flore 1755, exquises confitures corses
Cette gamme de confitures de saison
aux couleurs chatoyantes de l’île, nous réconforte et nous fait voyager de bon matin ! Laissez-vous tenter par ces délices, tous bio : clémentine, orange amère, figue et noix, marron vanillé...8€. www.caffe-de-flore.com
Haton Eneide, une pépite !
Un Champagne frais et équilibré aux bulles fines. Le savoir-faire de cette maison garantit un rapport prix/ plaisir extra ! Au nez, le bouquet fruité et parfumé dévoile des arômes de fruits frais. A l’aération, on découvre des notes d’agrumes et de zestes d’orange ponctuées par une touche de fleurs séchées et
de fruits secs. En bouche, l’attaque est fraîche et souple, dévoilant une belle charpente. La finale est plaisante et équilibrée. 24,50€ www.lerepairedebacchus.com
Champagne Jeeper édition Saint-valentin
La Maison de Champagne Jeeper a fait appel à à l’artiste In Love pour graver le célèbre flacon aux bords arrondis propre aux champagnes Jeeper. Dans ce bel écrin, nous retrouvons la
fameuse cuvée Grand Assemblage de la Maison. Le nez est fruité, avec quelques notes toastées. En bouche, ce Champagne offre une belle longueur, mêlant des notes de fruits exotiques à la minéralité du chardonnay. 40€ www.champagne-jeeper.com
  L’onctueux Caviar du Bassin
Dernier né de notre gamme, le Caviar du Bassin est une sélection de caviar préparé selon un savoir-faire traditionnel. Peu affinés et légèrement salés, les grains croquants révèlent une subtile complexité gustative. Les oeufs délicats expriment de légères saveurs de noisette avec de douces notes marines. Une alliance d’onctuosité et de fraicheur. 30 g : 60€ ; 50g:99€;100g:198€ www.caviardefrance.com
  Château d’estoublon Héritage 1489
 En édition limitée, cette nouvelle huile d’olive vierge extra bio se dévoile dans un flacon exceptionnel digne d’un chef d’œuvre. D’une remarquable finesse et d’une gourmandise absolue, elle a été concoctée avec les plus grands soins à partir des cinq variétés du domaine. Douce, subtile et délicate, elle exalte un fruité mûr avec une très belle intensité en bouche. 69€ www.shop.estoublon.com
champagnes
Coffret Saint valentin
Champagne Delamotte
Champagne Delamotte propose le
coffret idéal du tête à tête amoureux : une
bouteille de Blanc de Blancs, la spécialité
de la maison, accompagnée de deux verres
siglés Delamotte. 100% Chardonnay, issu
des trois grands crus et élevé plus de 48
mois sur lie, Delamotte Blanc de Blancs est
un vin ample, surprenant par sa délicatesse et sa rondeur minérale. Des senteurs florales et d’agrumes, avec une pointe de gingembre et, en bouche, des notes finales biscuitées et de croûte de pain. 45€ www.champagne-delamotte.com
J. De Telmont, Grande rosé Brut
Ses bulles sont fines et persistantes. Le premier nez révèle des notes d’agrumes. Lors de l’agitation, des notes de fruits rouges se dégagent : fraise, framboise et surtout cerise. L’attaque est belle, la finesse de ce vin est remarquable et offre une extraordinaire longueur en bouche. Une cuvée fraîche, délicate et fruitée. 33,30€ www.champagne-de-telmont.com
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février 2021 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[vins à déguster (avec modération)
flechas de Los Andes Gran
Corte - vista flores 2014
Situé à 120 kilomètres au sud de Mendoza en Argentine, à proximité du
village de Vista Flores, le vignoble de la bodega Flechas de los
Andes s’étend aujourd’hui sur 100 hectares au pied de la Cordillère des Andes. Le malbec semble
avoir trouvé un lieu d’expression privilégié sur ces parcelles de pierres et cailloux granitiques
et de graviers alluvionnaires, localisées à 1 100 mètres d’altitude. Il est accompagné de parcelles
de merlot, de syrah et de cabernet sauvignon. Au Nez, on perçoit épices,
fruitsrougesetréglisse.L’attaqueest rondeetprofondeenbouche.33,80€ https://edmondderothschildheritage.com
Château de France Rouge 2015
Ce Pessac-Léognan à la robe rubis profond, jouit d’un nez intense de fruits rouges (cassis, myrtilles, cerises) et de pain d’épices; en bouche, c’est un vin épicé et réglissé avec des tanins élégants et mûrs, des arômes boisés très fins, une note fumée en finale ; une très belle longueur. Un vin de grande garde. A déguster sur toutes viandes grillées ou rôties, poire au vin etauxépices.25,30€ https://chateau-de-france.com
Mirabelle, grand Blanc du Château de la Jaubertie
Ce Bergerac sec, riche et complexe, séduit par un mélange de fruits jaunes
et exotiques, de sureau et de notes fumées. En bouche, c’est un vin extrêmement minéral, riche mais
bien équilibré avec de la longueur. Harmonies mets-vin : soufflé au comté, terrine de lapin, blanquette de la mer, volaille à la crème, coulommiers.
15,50€ www.chateau-jaubertie.com
« Les Garennes »
2018 Sancerre blanc
« Les Garennes », une parcelle de 2 hectares de Sauvignon Blanc exposée sud-ouest cultivée tel un petit jardin, produit des raisins à la maturité parfaite et au « goût de terroir savoureux » offrant un Sancerre blanc floral aux notes épicées. Subtile et d’une grande persistance aromatique, ce vin présente
des parfums de lys, de pêche de vigne et d’abricot.
En bouche, il offre de délicats arômes de fleurs d’acacia, de poire et de miel.
22€ www.laporte-sancerre.com
Château Margüi rouge 2017
Un nez expressif, riche et complexe où se mêlent des notes de cacao, sous-bois, fruits noirs et à coques. La bouche est charnue, concentrée et dévoile des arômes balsamiques : romarin, garrigue, fève de Tonka, clou de girofle. Se marie parfaitement avec une panisse à la provençale,
un gigot d’agneau de Sisteron et un soufflé au chocolat noir Guanaja. 21€
https://chateaumargui.com
Château les Amoureuses,
Dandy Black
Cet IGP Ardèche - Rhône 40% Syrah, 40% Grenache, 20% Marselan
a une robe rubis intense et
soutenue.
Le nez est frais, complexe, aux arômes de fruits noirs, myrtille et griotte. La bouche est généreuse, raffinée, veloutée, d’une grande finesse.
Se marie à merveille avec les cuisines méditerranéennes et du monde. Température de service : entre 16 et 18°C. 13,50€ https://lesvinsdardeche.com
Le Bon Gustave,
Dénicheur de vins
Le Bon Gustave, fondé par
une passionnée de vins,
Clémence Durieux, il y a 5
ans, est une conciergerie
de vin où chacun devient
son propre sommelier. Pour cela, il suffit
de prendre en photo une bouteille bue au restaurant ou chez des amis, par exemple
et les dénicheurs s’occupent de la retrouver directement auprès de son producteur et de la faire livrer chez vous. Le dénicheur personnel peut également proposer à chacun des vins adaptés à ses goûts. Découvrir une sélection de vins atypique et inattendue fait aussi partie de l’ADN de la marque. Le Club vient d’être lancé
: un conseiller dédié qui répond à toutes les demandes, l’accès à des ventes de vins rares, des événements particuliers et une bouteille à découvrir chaque mois. https://lebongustave.com
le coup de cœur
Par Alain Marty
Président et fondateur du Wine & Business Club et animateur de In Vino Sud Radio
Esprit
Pde Pennautier, 2016
artons à la découverte de Pennau- tier. Puègnautièr, en occitan, est une commune française, située dans le département de l'Aude en région Oc-
citanie. Située à 108 mètres d’altitude, la ri- vière Le Fresquel est le principal cours d’eau qui traverse cette ville. La commune s’étend sur 17,78 km2 et compte de nombreux commerces, d’immeubles et sites his-
toriques protégés comme le Château de Pennautier.
Au cœur de l’AOP Cabardès, à quelques kilomètres de Carcas- sonne, se trouvent le Château et son vignoble, riches de 4 siècles d’histoire. Nicolas et Miren de Lorgeril, les propriétaires, nous font découvrir le monde passion- nant de la vigne, du vin au sein d’un Monument Historique. Pour une heure ou une semaine,
en famille ou entre amis, le Châ- teau offre un panel d’activités très riche et est reconnu comme l’un des plus grands sites oenotouris- tiques de l’Occitanie, en plus de nous proposer des cuvées d’ex- ception !
Zoom sur la cuvée « Esprit de Pennautier ». Elevé en barriques à 50 %, ce grand vin est composé de 3 cépages : Merlot, Cabernet Sau- vignon, Syrah. On note un nez complexe, puis- sant, sur les fruits rouges fruits noirs, épices, sous-bois, tabac. La bouche est élégante, de belle amplitude reprenant les effluves de nez avec un équilibre étonnant.
Cette cuvée accompagnera parfaitement une souris d’agneau confite, un rôti de bœuf, ou bien des fromages à pâte fleurie. n
l’art du temps
vie privée
           ecoreseau.fr février 2021
| 91
]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[expressions
M Gafam, grosse gaffe ?
nemi change de camp. Qu’avons-nous le droit de faire ? Qu’avons-nous le droit de cacher et surtout que pouvons-nous encore montrer ? Car si l’on nous encourageait, à une certaine époque, à déballer nos vies, il faut bien croire qu’aujourd’hui nous devons nous en créer de nouvelles, quitte à ce qu’elles soient illusoires pour bien rentrer dans le moule. Celui de la néobienpensance, néo
mais déjà bien installée.
Attention, s’attribuer
des louanges cache bien
souvent quelque chose
de bien moins honori-
fique... À force de nous
répéter que nous sommes
en « guerre », nous avons
bien l’impression que le monde du numé- rique a, pour le coup, pris ses dispositions. Ou du moins les méthodes sont les mêmes, et les géants du Net sont en train, comme les régimes sombres d’un autre âge, de contrôler les populations. Comment ? En répartissant, à leur guise, certains articles. En attribuant, à leur convenance, les contenus qui, selon eux, correspondent à untel ou untel. À dif- fuser, à filtrer ou à stopper la substance qui leur paraît bonne ou moins bonne. Propa- gande n’est sûrement pas un mot trop fort. Il est dur à entendre car son souvenir fait froid dans le dos, mais sa définition colle tout à fait à notre actualité : « Action exercée sur l’opi- nion pour lui faire accepter certaines idées ou doctrines. » Et la censure à laquelle nous assistons fait partie intégrante du concept. Celle qui consiste à supprimer les informa- tions qui n’iraient pas dans le sens de leurs communes envies. Déshumaniser l’enne- mi ! Lorsque l’on voit aujourd’hui que notre identité passe avant tout par les réseaux so- ciaux, quel meilleur moyen de couper notre attachement au monde que de sectionner cela même qui nous y lie : un compte Twitter ? Car ce sont véritablement ce que ces plates- formes sont devenues : nos personnalités ! Et même pour certains, de nos tristes jours, les seules et ultimes fenêtres qui leur permettent de s’exprimer devant tous. Alors oui, il sera toujours possible de tomber par hasard sur des vidéos qui nous montrent à longueur de journée les atrocités commises par des grou- puscules d’on ne sait où sur la planète. Oui, il sera encore possible d’assister, nos mains
92 | février 2021 ecoreseau.fr
dicule, ça, ça se supprime !
Et c’est le retour de « l’œuf ou la poule » : est- ce le monde qui a créé les médias ou les mé- dias qui tentent de recréer le monde ? Car que le « Monsieur orange en cravate rouge » Tru- mp ne s’inquiète pas, il n’est pas le seul à être victime du courroux des grands manitous ! Le vrai problème ? Le lissage de l’information
et des idées pour se retrou- ver autour d’un même idéal qui n’aura même pas été concocté par les premiers concernés : ceux qui seront amenés à le vivre... Et à force de toute puissance, ils iront jusqu’à donner des idées à certains...
Une polémique en amène une autre, certes à plus petite échelle, et Xavier Gorce en a fait les frais : dix-sept ans de bons et loyaux services à la satire, dix-sept années à être né- cessaire, anéanties car la liberté d’expression a pris aujourd’hui une tout autre tournure : « L’obligation d’adaptation » ! Et la principale erreur du journal Le Monde a été de s’attacher à la perception que l’on aurait pu avoir d’un dessin et d’en oublier totalement le message initial. Qu’ils se sentent bienheureux, ces pingouins vont sans doute gagner leur place à la droite du père, et Charlie les accueille- ra, espérons-le, à bras ouverts ! Ah ? Plantu décide de mettre fin à sa collaboration avec le quotidien ? Au 31 mars ? Selon ses dires, aucun rapport avec l’affaire, mais dans le timing, ça illustre tout de même l’idée que lorsque la peur de la censure pointe le bout de son nez, cela nous pousse à la pratiquer sur nous-même, ne serait-ce que par prévention ou par amour propre. La petite souris va donc quitter le navire...
Si les médias ont pu, à un moment donné, être enrôlés par les grandes puissances in- dustrielles, le renversement de situation est absolument inévitable ! Le pouvoir change de camp, et le monde se construira désor- mais non pas avec eux, mais pour et grâce à eux ! Conceptualisé à leur image. S’ils ont été hier étroitement liés, à leur insu, aux totali- tarismes, ce sont eux, aujourd’hui et demain, qui nous prendront sous leur joug, et qui nous feront inexorablement tendre l’autre... MW
médias
par mathieu wilhelm
Journaliste/Interviewer BFM Paris Éditorialiste médias
   On ne convertit pas un homme en le réduisant
Christopher Morley,
journaliste, essayiste américain (1890-1957)
[ tendance ]
Beau Kobo
Il y a plus de dix ans, elle était un objet quasi hérétique ! Dénué de saveur, et qui allait nous enlever tout plaisir à feuilleter une reliure et à en sentir ses arômes ! Eh bien force est de constater que ces deux dernières années auront été celles de
leurs carton plein, devenant même
aujourd’hui l’accessoire essentiel du
transport en commun, les liseuses.
Dont Kobo by Fnac ! Si essentielle
que c’est sous sa griffe que sortent
annuellement les tendances lecture
des Français·es ! Ou du moins celles
des lectures numériques et audio.
Première donnée intéressante,
et confinement oblige, l’été s’est fait détrôner sur le podium de
la période de l’année où les livres ont été le plus dévorés. Pic de consommation : un certain dimanche 26 avril ! Toujours selon ses données, la plate-forme d’achat d’e-book enregistre une hausse de 50 % du temps de lecture par rapport à 2019. Pour avoir la tête qui tourne, en cumulé, les Français·es ont consacré 4 166 ans à la lecture numérique, soit 590 de plus par rapport à l’année passée ! Plutôt une bonne nouvelle ! La palme du plus lu, qui remporte également celle du plus écouté en mode « audio », revient à Joël Dicker et son Énigme de la Chambre 622 ! À vos Kobo’s !
[ nouveau ]
réfugiés sur insta
S’ils n’ont pas leur droit d’entrée physique, ils l’ont maintenant en numérique sur nos réseaux... Ou du moins tout ce que vous voudrez savoir sur la situation migratoire mondiale se trouve à un seul et même endroit : le compte Réfugiés News
créé il y a peu par Ilham Mraizika ! Avec un
solide background dans l’humanitaire, cette
journaliste diplômée de l’ESJ Paris a décidé
de nous tenir informés quotidiennement de
la situation des réfugiés et des demandeurs
d’asile ! Ultradocumentée et dotée d’un esprit
de synthèse au cordeau, aucune info ne nous
échappe, son travail de fourmi nous ouvre
parfois les yeux sur des situations dont nous
n’avions pas idée. Un travail salutaire et une
actualité hors des sentiers battus que nous ne trouvons, il faut le dire, pas réellement ailleurs. Rendez-vous donc sur Instagram où le droit de circulation reste encore bien plus simple à acquérir que sur d’autres terres, pour ceux dont il est ici question...
@ refugies_news par Ilham Mraizika
Barresurle«T»
Le quotidien historique La Tribune s’adapte à
ses lecteurs en magazine T. À la lettre, T pour Transformations, Territoires, Transmissions et Talents ! Une revue de qualiT au format costaud qui ne gagne qu’à être gardé. Un vrai objet à conserver, éditorialisé pour qu’il puisse l’être par son caractère (le « T ») intemporel ! Si le premier numéro se posait la question du comment « partager l’économie
vers un nouveau capitalisme » sur fond de
crise sanitaire, économique et sociale, celui qui vient de paraître s’intéresse aux espoirs de l’hexagone du « sacré Graal » du made
in France ! De l’approvisionnement à la fabrication, en passant
par relocalisation essentielle pour notre pays, le décryptage est hypercomplet et les analyses très poussées. En prime, une rencontre avec le premier ambassadeur de la marinière, mais pas seulement, Arnaud Montebourg se devait d’y apparaître.
T - Fabriquer (tout) français – En kiosque, 9,90 euros
au silence
 ais où sont-ils ? « Mais qui sont cachant in extremis nos yeux malhabiles, à ces serpents qui sifflent sur nos des spectacles d’atroce maltraitance animale. têtes » numériques ? Plusieurs Mais ne vous inquiétez pas, un « président » fois, ici, nous avons fustigé ceux américain amer, aigri, incohérent, et de toute
qui dirigeaient nos peurs. Aujourd’hui, l’en- façon se rendant, sans l’aide de quiconque, ri-
   ]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[CRISE 2020-COVID
le regard sémantique
expressions
  Jeanne
Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
La covid a fait naître jour après jour un lexique jamais lu ni entendu. Du c’est la guerre du Président de la Ré- publique mi-mars à la mobilisation
générale, aux soignants héros applaudis. Le lexique a généré aussi des expressions qui si- gnaient les attitudes obligées : restez chez vous seuls ensemble.
Bien des mots habituels sont sortis du dic- tionnaire pour changer de sens : des postil- lons aux respirateurs. Un brin d’humour a cherché à exorciser la peur et la tristesse : mal
de tests ou le plus heureux pendant cette pan- démie c’est mon chien.
Ce tableau de 2020 conte dans l’orde chro- nologique de leur apparition ces mots qui dessinent les paradoxes de nos ressentis et de nos peurs. Ce tableau est un flash back qui restera sans doute historique ! Hélas en 2021, tout se poursuit, du consentement au vaccino- drome jusqu’ au virus mutant, le canevas de mots semble une toile sans fin.
Hélas ! n
ecoreseau.fr février 2021
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« Covid », Jane Bee, 2020
]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[expressions
les mots de la fin par Marie Grousset
  Mon nom est personne
Ravaillac
Le saviez-vous? Après avoir assassiné le roi Henri IV, François Ravaillac fut exécuté selon les bonnes mœurs de l’époque (de façon plutôt créative, donc) et sa famille dut changer de nom sous peine d’exécution.
Aucun ravaillac ne figure aujourd'hui dans les Pages blanches.
Pour les curieux, Ravaillac fut
« tenaillé aux mamelles, bras, cuisses et gras des jambes, sa main droite, qui tenait le couteau avec lequel il a commis ledit parricide, sera brûlée de feu
de soufre, et sur les endroits tenaillés, il sera jeté du plomb fondu, de l’huile bouillante, de la poix, de la résine brûlante, de la cire et soufre fondus ensemble. Ensuite, son corps sera tiré et écartelé par quatre chevaux. Les membres de son corps seront consommés au feu, réduits en cendre et jetés au vent ».
orient extrême
   Tanuki
Les kami sont des divinités shintoïstes appartenant
au folklore japonais. On retrouve dans le lot le célèbre Tanuki... aux bourses généreuses, dirons- nous, mais aussi Inari la déesse renarde, Enma, le dieu de la Mort... Et même un dieu épouvantail, le sage Kuebiko qui ne peut se mouvoir mais jouit malgré tout d’une conscience complète.
  geste pas barrière
Rouler un palot
Amoureux des vampires, soyez déçus ! Si le terme employé ici est un homonyme et quasiment un jumeau du vampire pâlot et scintillant imaginé par Stephenie Meyer (Fascination), l’expres- sion « rouler un palot » fait en vérité référence au verbe pe- loter, lui-même tiré de patiner (caresser). On parlait alors – au xixe siècle - de rouler un pélot. Aujourd’hui, on roule des pelles, à défaut d’offrir des roses.
     à couper le souffle
Expression la plus longue ? « Tricherie ! », crierez-vous. À raison : il ne
de Mathias Enard. Non, elle ne sera pas citée ici.
s’agit pas ici d’un mot ou d’une expression, mais d’une phrase. Une phrase longue de 500 pages très exactement, qui a servi à écrire le roman Zone
    -eizh
Breizh ou bleizh
Show, don’t tell
94 | février 2021 ecoreseau.fr
cousins bretons
le discours de la méthode
La langue bretonne, comme la région, est belle et variée. On retrouve notamment deux mots assez similaires en termes de consonnance
: bleizh, qui veut dire loup, et Breizh, qui désigne la Bretagne dans son ensemble. J’entends le loup, le renard et la belette...
Écrivains, à vos plumes ! Nos cousins anglophones le disent : show, don’t tell. Autrement dit : montrez, ne vous attardez pas sur des descriptions longues de soixante-douze mots sans aucune virgule entre eux. Après, chacun sa méthode.
PROCHAIN NUMÉRO LE 5 MARS 2021
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[                  « Fraîchement moulu, pas en capsule. »
 Roger Federer
Plus grand champion de tennis de tous les temps
 Avec ses spécialités dignes d’un coffee shop et son design sculptural, la nouvelle S8 pleine de style séduit même les esthètes et amateurs de café les plus exigeants, tels que Roger Federer. Elle allie le meilleur de la gamme compacte à des éléments de la gamme premium. Le broyeur Aroma professionnel assure 12,2 % d’arôme en plus dans la tasse. La commande intuitive avec écran couleur 4,3" et les innovations comme le P.E.P.® ou la technologie fine mousse permettent de savourer toutes sortes de spécialités, du ristretto au latte macchiato, en passant par le Flat White. Le Smart Connect intégré de manière standard rend même la commande par smartphone possible et l’I.W.S. reconnaît automatiquement le filtre à eau. JURA – If you love coffee. jura.com
HOME
OFFICE READY
]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[                      Un pays, plusieurs territoires, une même exigence :
façonner un environnement
 durable, dès maintenant.
En tant que leader mondial des services essentiels à l’environnement,
nous fournissons une eau de qualité, adaptée à chaque usage,
tout en préservant ce bien commun et nous valorisons les eaux usées et les déchets pour les transformer en de nouvelles ressources.
SUEZ porte cet engagement quotidiennement, y compris pendant la crise sanitaire.
   ]]></page></pages></Search>