﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[TÉLÉCOMMUNICATIONS
LA 5G, quels bénéfices pour les entreprises ?
FESTIVAL DU BRUIT QUI PENSE
De la musique classique pour oublier la crise...
   SANTÉ
État des lieux du système français
 N°74 NOVEMBRE 2020
ENTREPRENDRE | INNOVER | POSITIVER INTERVIEW
         Agnès PANNIER- RUNACHER
« Une politique de reconquête industrielle est possible »
RELOCALISER ...OUPAS!
 Les vrais enjeux et les vraies stratégies
   ecoreseau.fr
ENQUÊTE
          FAUT-IL (VRAIMENT )
QUITTER PARIS?
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]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[  ]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[éditorial
olivier magnan
Rédacteur en chef
Le nouveau confinement doit Udessiner un « nouveau normal »
n confinement, ça va, deux confine- au réflexe de l’état d’urgence national, les mesures, ments, bonjour les dégâts. La France demi-mesures, hésitations ou, au contraire, la titube sous l’annonce, le 28 octobre, reconnaissance d’une prise de décision courageuse du retour à la claustration généralisée, décideront d’un quinquennat deux pour celui qui n’a
à quelques aménagements près, dont les écoles et toujours guère de concurrent crédible face à lui. Le
le chat de
     l’industrie – usines, BTP... Alors que les entre- prises – dont ÉcoRéseau Business – reprenaient leurs marques et dosaient leur part de télétravail, les voilà replongées dans l’incertitude et le bouleversement des conditions de leur pérennité. L’a-normal rede- vient le new normal, comme disent les spécialistes : l’économie, la société (re)trouvent des ajustements courants qui diffèrent de la situation d’avant-crise. Il ne faut pas que le yo-yo s’instaure. Le « nouveau confinement », comme préfère le nommer Estelle Dossin, une psychologue que publie Michel Lafon (Devenir son meilleur allié), doit nous établir dans une nouvelle organisation où, entre autres, le télé- travail, quand il est possible, va devenir une norme encadrée. Des avalanches de réajustements vont en découler : aménagement des habitats, éclaircisse- ment du droit du travail, immobilier d’entreprise, réunions par visioconférence, bouleversement de la restauration localisée au pied des bureaux, trans- ports...
L’autre psychodrame national sera au cœur de la vie politique avant l’échéance de 2022 : Emmanuel Macron, président du choc pandémique et d’un hor- rible attentat terroriste, sera ou non jugé à la hauteur par l’opinion. Au moment où l’échelle territoriale tant vantée par le Premier ministre Castex cède face
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rédaction Adam Belghiti Alaoui, Geoffrey Wetzel
Comité éditorial Adam Belghiti Alaoui, Geoffrey Wetzel, Jean-Baptiste Leprince, Olivier Magnan, Romain Rivière
Chroniqueurs Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Marc Drillech, H’up Entrepreneurs, Julien Leclercq, Les rebondisseurs français, Patrick Levy- Waitz, Alain Marty, Sophie de Menthon, Ordre des Experts-Comptables, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Jean-Marc Rietsch, Didier
4 | novembre 2020 ecoreseau.fr
décisionnaire reste le virus et sa circulation à échelle mondiale. Avec un peu de recul, rien n’indique que la France soit le mauvais élève du concert des nations, toutes confrontées au même syndrome d’un virus mortel et si mal connu : la Belgique « couvre » mais ne reconfine pas, le Portugal place ses hôpitaux en alerte maximale, la Grande-Bretagne reconfine jusqu’au 9 novembre, l’Irlande s’est refermée, l’Ita- lie est en couvre-feu par régions, l’Espagne, qui es- time à 3 millions les contaminé·es, ne confine pas, l’Allemagne ferme restaurants, centres de loisir, spectacles, sans confiner. Autant d’exemples qui auront donné au président français l’occasion en or de démontrer que l’« échec » français n’est pas isolé. Mieux : l’Australie brûlée, confinée quatre mois d’af- filée, semble avoir éradiqué le virus...
Un autre phénomène à l’œuvre, sans bruit, va re- configurer le « nouveau normal » français : la re- localisation. Nous l’explorons. Ni révolution ni mouvement éphémère. Heureusement, l’industrie française ne décrète nullement un impossible « re- confinement » hexagonal. L’avenir de l’humain est mondial, dès lors que ce mondial-là n’est plus synonyme de dévastation planétaire. Le virus nous rappelle que nous n’avons plus le droit au n’importe quoi d’avant. n
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Élodie Coin
                               ]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[ 18
  42
   galaxie
6 briefing de l’optimisme entreprendre
18 en couverture reLoCALISer... oU PAS
30 société La santé et son système, poids lourd français
31 l’œil décalé Profession vélotypiste !
32 réseaux & influence Global Diwan est le premier club d’affaires à Paris pour les pays de la zone menA
34 en immersion Au festival du bruit qui pense
Trophées Optimistes 2020
36 électron libre Alex vagner
Le besoin de créer dans la peau
37 culture du rebond Francis Lelong multi-entrepreneur récidiviste
38 briefing innovation
40 décryptage « Le tournant 5G », bonne ou
mauvaise idée ?
pratique
boÎTe A IDÉeS, Continuer à travailler (autrement) et à se former...
42 réflexion & stratégie Quitter Paris, une tentation - piège
58 briefing rh & formation
63 carrières & talents Les IAe face
à la crise sanitaire
vie privée
37
     & innover
ConTInUer À PLACer
50 business guide L’événementiel sur la corde raide
abonnez-vous P. 58 ATTenTIon : Compte-tenu de la crise sanitaire actuelle et des contraintes liées à l'impression de ce numéro,
certaines informations peuvent avoir été modifiées ou être obsolètes au moment de la diffusion
PenDAnT LA CrISe
78 baromètre patrimoine & fiscalité patrimoine
82 baromètre finance & marchés
86 culture & co
88 essais auto
90 santé Dents un peu plus blanches ?
Les solutions...
91 l’art du temps 96 expressions
 54 business guide Flotte d’entreprise :
du diesel à l’hybride à chevaux forcés !
  ecoreseau.fr novembre 2020
| 5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme par Olivier Magnan, Adam Belghiti Alaoui et Geoffrey Wetzel
  l’onde positive
Thierry Saussez
Créateur du Printemps de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
Les perdants regardent les obstacles, les gagnants les destinations
L’IMAGE
CBallet d’étoiles
ette reconstitution du ballet de poussières créé par la rotation de deux étoiles l’une autour de l’autre plonge les astrophysiciens dans un abîme de questions. Les étoiles dites Wolf-Rayet, très chaudes et lumineuses – en général plus de 20 fois la masse du Soleil – éjectent d’énormes quantités de masse par le biais
de puissants vents stellaires. Le spectacle durera peu, à l’échelle de temps de l’Univers. Mais « c’est la dynamique de la queue de poussière rougeoyante qui s'est formée autour qui nous a laissés perplexes », commente l’un des chercheurs de l’observatoire de Sydney qui a capté le phénomène. Cette queue de poussière devrait être déchiquetée par les vents stellaires émis par les deux étoiles. n
  AUJOURD’HUI, JE PLACE MES PROPOS...
... sous le signe de la résilience face à toutes les crises. Covid, économique et sociale, sépara- tisme. Au nom de cette devise sportive dont on ne connaît pas l’auteur, « les perdants re- gardent les obstacles, les ga- gnants, la destination ». Je pense qu’elle correspond pleinement à l’idée de la résilience. Les crises ne vont pas nous emporter éter- nellement. L’idée du rebond doit nous habiter.
LA PERSONNALITÉ
qui répond le mieux en ce moment à l’une de ces crises, c’est à mes yeux Bruno Le Maire, dans ses habits de ministre. Il est sur tous les fronts pour aider partout les entrepreneurs, les structures, les associations, les personnes. On peut discuter et critiquer la gestion de la covid, mais sur le plan économique, des finances, le gouvernement s’est montré à la hauteur, il il- lustre ce que doit être un gou- vernement de mission.
L’ÉVÉNEMENT
publié sur le site du Figaro, l’ap- pel de six femmes de culture mu- sulmane dont Sonia Mabrouk, présentatrice de CNews, qui ont pris position contre l’islamisme idéologique et politique, contre le communautarisme. Cet appel mérite d’être soutenu. De même l’ensemble de la communauté musulmane française pour éviter la confusion et l’amalgame qui trop souvent s’emparent de ces crises. Il faut souhaiter une
large mobilisation face à cette crise du séparatisme que nous vivons.
L’ENTREPRISE
Si les perdants regardent les obstacles, les gagnants, la desti- nation, il est clair qu’il faut pen- ser maintenant à l’après-crise. Si je m’élève contre l’idéologie écologiste qui semble donner la priorité à la nature contre l’humain, je revendique notre responsabilité face au dérègle- ment planétaire qui nous as- saille. Parmi bien d’autres en- treprises, Saint-Gobain a lancé un programme de neutralité carbone, certes sur la longue durée puisque son programme s’achève en 2050, mais il est lan- cé. Nous devons faire face aux crises et penser au monde de demain, à une croissance verte, pour finir par trouver un jour l’équilibre entre le bien-être des humains aujourd’hui et ceux qui nous succéderont, et une planète en meilleur état.
UN CLIN D’ŒIL
à une dame que beaucoup connaissent, Florence Ser- van-Schreiber, notre profes- seure de bonheur qui depuis longtemps accompagne le Printemps de l’optimisme, et qui malgré ses superpou- voirs* a été contaminée par le coronavirus. Au repos pour quelques jours, elle rappelle que « tant d’ajustements sont requis de nous que l’adaptation per- manente est devenue le dernier cri».n
Le télétravail peut, dans certaines conditions, devenir la source de gains de productivité substantiels,
et contribuer ainsi à inverser
l’épuisement de la productivité constaté
sur les dernières décennies et en
particulier depuis le début des années
2000. Il nous ferait alors entrer de plain-
pied dans la révolution technologique
numérique et aiderait à trouver la
réponse aux grands défis
économiques qui sont devant nous
Gilbert Cette, professeur d’économie associé à l’université d’Aix- Marseille, Télétravail et croissance économique : une opportunité à saisir dans Futuribles, L’anticipation au service de l’action, juillet-août 2020, n°437.
 à LIRE
 * Florence Servan-Schreiber anime l’atelier Détecter ses superpouvoirs, www.florenceservanschreiber.com/atelier/atelier- detecter-ses-super-pouvoirs/
Se connecter au Printemps de l’optimisme www.printempsdeloptimisme.com rejoindre la Ligue des optimistes www.optimistan.org
L’optimisme opérationnel : vaincre l’adversité,
Jean-Luc Hudry, maxima éditeur
Un gros pépin au bureau ? Petit tracas ? Épreuve pénible
ou majeure ? Au bureau, certes, mais, dit l’auteur, dans la
vie personnelle aussi. On aimerait en pareil cas un conseil,
trouver la bonne attitude, lire quelque part « ce qu’il faut
faire ». Jean-Luc Hudry le sait qui a tiré de sa vingtaine
d’années à la tête d’une entreprise familiale des pratiques
managériales mises en œuvre, efficaces, dit-il. On le
croit sur parole avant de se plonger dans son Optimisme
opérationnel, vaincre l’adversité, belle promesse pour un
guide pratique qui promet de « mieux manager et vivre au bureau ». Il a tiré 60 règles comportementales de son expérience qu’il affirme « instantanément applicables ». Il nomme sa démarche de l’« optimisme opérationnel », ce qui sonne de façon plus convaincante que la méthode Coué de l’éternel sourire !
6 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                                AVEC DE L’AUDACE,
ON PEUT TOUT
ENTREPRENDRE.
Clarisse Crémer, Skipper Banque Populaire, Vendée Globe 2020.
Nous sommes fiers d’accompagner Clarisse Crémer sur le chemin de la réussite pour son premier Vendée Globe : le mythique tour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale.
À la Banque Populaire, nous encourageons vos projets et votre détermination car avec de l’audace on peut tout entreprendre.
ÉQUIVALENCE QUADRI
DÉGRADÉ CYAN 100 % MAGENTA 85 % NOIR 35 % VERS CYAN 66 % MAGENTA 6 %
CYAN 100 % MAGENTA 85 % NOIR 35 %
                      BANQUE POPULAIRE
BPCE - Société anonyme à directoire et conseil de surveillance au capital de 170 384 630 euros - Siège social : 50, avenue PiBeArPr_1e8_1M221e0_nLodgoèBsL_QFuardance - 75201 Paris Cedex 13 - RCS Paris N° 493 455 042 - Crédit photo : BPCE /
Martin Keruzoré -
17/08/2018
24, rue Salomon de Rothschild - 92288 Suresnes - FRANCE Tél. : +33 (0)1 57 32 87 00 / Fax : +33 (0)1 57 32 87 87
Web : www.carrenoir.com
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]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme
 2,8 milliards
10 200 milliards
60 %
Qui sont les lauréates et lauréats des Prix Nobel 2020 ? Rétrospective
leS chiffreS
Le montant en euros empoché par l’État lors de la phase d’attribution des fréquences 5G. C’est l’opérateur Orange qui a remporté la meilleure « part », devant SFR, Bouygues et Free.
  La fortune cumulée, en dollars, des milliardaires du monde fin juillet 2020, selon une étude de la banque UBS et du cabinet de conseils PWC. 10 200 milliards de dollars détenus par 2 189 milliardaires.
Le taux de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 adopté par les eurodéputé·es, dans le cadre d’une ambitieuse loi climat qui acte l’objectif de la neutralité carbone pour 2025. La Commission européenne n’entendait aller que jusqu’à 55 %.
   Physiologie-médecine : michael Houghton, Harvey Alter et Charles rice
Le britannique Houghton et les Américains Alter et Rice ont été récompensés pour « la découverte du virus de l’hépatite C ». Ce prix vient couronner la « contribution décisive » (selon l’Académie suédoise) du trio de virologues à la lutte contre cette maladie, qualifiée de « problème de santé mondial majeur, qui provoque la cirrhose et le cancer du foie ». L’hépatite C cause 400 000 décès chaque année sur la planète, selon l’Organisation mondiale de la santé.
Physique : Andrea Ghez,
roger Penrose et reinhard Genzel
L’Américaine Ghez et l’Allemand Genzel ont été primé•es pour « la découverte d’un objet compact supermassif dans le centre de notre galaxie ». Comprenez qu’est retenu leur apport à la recherche sur les trous noirs, dont l’existence faisait encore débat il y a à peine un demi- siècle. Le britannique Penrose a lui été salué pour avoir découvert « que la formation d’un trou noir [était] une prédiction solide de la théorie de la relativité générale ».
Chimie : emmanuelle Charpentier et Jennifer Doudna
Il ne pouvait en être autrement! La Française Charpentier et l’Américaine Doudna, inventeuses des « ciseaux génétiques » ont été saluées. Sous l’impossible dénomination de Crispr-Cas9, la technologie microgénétique ouvre la voie à la modification de l’ADN des animaux (personne n’ose dire « de l’humain »), des plantes et des micro-organismes avec une précision extrême. À la clé, de nouvelles thérapies contre le cancer et les maladies héréditaires.
Littérature : Louise Glück
La poétesse Américaine de 77 ans a été remarquée pour « sa voix poétique caractéristique qui avec sa beauté austère rend l’existence individuelle universelle ». Une récompense qui couronne son œuvre entamée dans les années 1960. Et qui confirme la féminisation des
prix Nobel : jusqu’en 2020, seules 14 femmes ont été lauréates sur les 113 prix Nobel attribués, elles sont quatre cette année.
Paix : le Programme alimentaire mondial de l’onU (WFP)
Les Nations Unies ont été distinguées, pour les « efforts de lutte contre la faim, pour sa contribution à l’amélioration des conditions de paix dans les zones touchées par les conflits et pour avoir joué un rôle moteur dans les efforts visant à empêcher l’utilisation de la faim comme arme de guerre », menés par son programme alimentaire mondial. En 2019, 690 millions de personnes, soit 1 sur 11, souffraient de sous-alimentation chronique. Cette même année, le Programme a distribué 15 millions de rations et assisté 97 millions de personnes.
Économie : Paul milgrom et robert Wilson
Les deux Américains, enseignants à l’université de Stanford, ont décroché le graal pour leurs travaux sur la théorie des enchères. Les recherches du duo ont notamment servi aux attributions des fréquences télécom aux États-Unis et des créneaux d’atterrissage dans les aéroports. Fun fact : paradoxalement, Robert Wilson a confié n’avoir jamais participé à une enchère !
à LIRE
manager et mettre en place le télétravail, maxime robache, eyrolles
L’entrepreneur (Adhoc Company) et consultant décrit comme un mode d’organisation collectif au service de la performance et de la qualité́ de vie, il y voit l’intelligence collective à l’œuvre comme nouvel ordre social dans l’entreprise et les méthodes agiles – « un vecteur d’efficacité́ et d’adéquation au besoin des utilisateurs ». Ses « références » : il a accompagné un projet de télétravail sur 4 000 salarié·es entre 2012 et 2019 au sein du groupe EDF, il a endossé la responsabilité de la stratégie et de
la transformation d’une direction informatique de 500 collaborateurs·rices au sein de laquelle il a conduit une transformation agile, culturelle et managériale. De quoi savoir ce dont il parle ! om
  8 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[Encore une branche d’opti- misme à laquelle s’accrocher. Après un sursaut des décla- rations d’embauches au troi-
sième trimestre, un secteur fait bien mieux que sortir la tête de l’eau : le luxe. Qui continue progressivement à retrouver des couleurs. LVMH et Hermès en tête de gondoles. Après le groupe dirigé par Bernard Ar- nault, c’est Hermès qui a publié jeudi 22 octobre les chiffres de ses ventes. Entre juillet et septembre, les recettes ont bondi Et quel rebond ! D’après les chiffres dévoilés par le spécialiste du luxe Hermès, l’entreprise a vu ses ventes s’élever à 1,8 milliard d’euros au troisième trimestre contre 982 mil- lions d’euros au deuxième, soit une hausse de... 83 %. Spectaculaire donc. Un peu plus tôt, LVMH annonçait qu’il s’en tirait tout aussi bien : après un chiffre de 7,7 milliards de ventes au printemps, la saison estivale a été marquée par presque 12 milliards de ventes, une augmentation de 52 %.
Alors, certes, le rebond se fait après un printemps marqué par le confinement, mais la dynamique reste très positive : Hermès apporte « une nouvelle preuve sans équivoque que la demande pour les produits de luxe s’est concrètement redressée cet été, et ce même si les voyages intercontinentaux sont prati- quement inexistants », constate Luca Solca, analyste chez Bernstein.
Merci la clientèle asiatique
Un secteur du luxe qui doit sa pros- périté notamment à sa clientèle asia- tique. D’après Arnaud Cadart, gérant de portefeuilles chez Flornoy : « Le secteur du luxe se porte très bien. La sphère asiatique est très puissante, en particulier en Chine où celles et ceux qui n’ont pas pu venir en Europe ont quand même fait leurs emplettes sur place. » Plus concrètement, sur neuf mois, l’Asie représente environ 34 % des revenus du groupe LVMH, soit un tiers. Envolée aussi de l’e-commerce, Hermès observe d’ailleurs que la vente en ligne est devenue le premier maga- sin du groupe dont la croissance frôle les « trois chiffres », a souligné le di- recteur financier du géant du luxe, Éric du Halgouet. En Europe et aux États-Unis, les dépenses qui n’ont pas
été englouties pour certaines activités comme aller au théâtre, au restaurant ou voyager, ont sans doute davantage été orientées vers le luxe.
Des répercussions en Bourse, Noël tombe à pic
Des chiffres qui ont de quoi rassurer les investisseurs. Ainsi, dès l’annonce officielle des résultats de ventes de LVMH, l’action du groupe s’est en- volée de 7,34 %. Même son de cloche chez Hermès, qui a signé depuis le 1er janvier la meilleure performance du CAC : + 23 %. Une confiance semble installée entre les investisseurs et le secteur du luxe. Bien entendu, ce sur- saut du luxe dépendra aussi de l’évo- lution de la situation sanitaire, qui n’apparaît pas emprunter le bon che- min. Mais, selon Arnaud Cadart, « le quatrième trimestre est celui des fêtes de fin d’année, synonymes d’achats massifs chez les Occidentaux·ales. Or, privés de déplacements, les gens pour- raient continuer à se réorienter vers le luxe, de quoi assurer une bonne ré- sistance à ces trois derniers mois », anticipe le gérant de portefeuilles. Ça tombe bien, les ménages français ont rarement autant épargné depuis le
GW
Le secteur du luxe, lui, a le sourire !
Fin des animaux sauvages dans les cirques : processus engagé
À l’image des 30 milliards d’euros alloués à la transition écologique dans le cadre du plan
de relance, l’écologie et sa ministre de la Transition Barbara Pompili ont touché le gros lot. Et l’écolo du gouvernement se préoccupe également du sort de nos amis les bêtes. Avec sa série de mesures sur le « bien être de la faune sauvage captive », la ministre lance un pavé dans la mare et espère faire bouger les lignes. Un pas de plus pour la cause animale
et une victoire pour ses défenseurs dans un combat qui ne date pas d’hier. « Notre époque
a changé dans son attitude à l’égard de
l’animal sauvage », estime Barbara Pompili. Les annonces tiennent en quelques mesures : fin progressive des animaux sauvages dans
les cirques itinérants, interdiction de la reproduction et de l’introduction de nouvelles orques et de nouveaux dauphins dans les trois delphinariums du pays, et fin de l’élevage, d’ici à cinq ans, des visons d’Amérique pour leur fourrure. En résumé : « Fauves, éléphants, singes, dauphins ou visons : il est temps d’ouvrir une nouvelle ère dans notre rapport à ces animaux ». Une décision qui tranche enfin le débat ouvert au printemps 2019, sous l’égide du ministre de l’Écologie d’alors, François de Rugy, dans le cadre d’une consultation sur le sujet auprès des associations et des professionnels concernés par l’exploitation d’animaux sauvages.
Des mesures en question
L’annonce du gouvernement s’inscrit dans un mouvement général de prise de conscience, plus tardive que dans bien des pays qui interdisent totalement les animaux dans les cirques : Autriche, Belgique, Pays-Bas, Inde, Irlande, Italie, Israël, Mexique, Portugal, Suède et Singapour pour ne citer qu’eux. Même si
les annonces font enfin bouger les choses, aucune précision n’a encore été donnée quant aux dates d’application des interdictions. Le futur des quelque 500 fauves aujourd’hui en captivité dans les cirques français, selon la profession, reste flou : « Des solutions vont être trouvées au cas par cas, avec chaque cirque, pour chaque animal. » On n’est pas sorti de la cage ! Idem pour les cirques, dont l’activité va devoir s’adapter, en particulier
les cirques en itinérance, concernés par
les mesures (les autres spectacles qui présentent des animaux sauvages échappent à l’interdiction, le Moulin Rouge conserve ses serpents aquatiques...). Le gouvernement
a, dans la foulée de l’annonce, débloqué
une enveloppe de huit millions d’euros
pour la reconversion des cirques et des delphinariums et leur personnel. Le « combat idéologique » entre défenseur·euses de la cause animale et écologique et exploitant·es de cirques et de delphinariums sera encore long, notamment autour du flou des mesures annoncées. À commencer par le cadre formel des mesures (arrêté, décret ou loi) et le manque de précisions sur les modalités et le calendrier de leur application. n AbA
confinement ! n 3 questions à Clément Alteresco, CEO de Morning
briefing de l’optimisme
galaxie
  espaces de travail et crise sanitaire : la solution du coworking
Quels sont les impacts de la crise sanitaire sur les espaces de travail que vous observez ?
La crise a créé plusieurs phénomènes. D’abord, le confinement, qui accélère le mouvement du télétravail. Aujourd’hui, on a gagné en gros cinq ans ou peut-être même dix, sur ce phénomène qui était déjà à l’œuvre. En conséquence, les entreprises
ont besoin de moins de postes de travail : qui dit télétravail dit salariés chez eux et mise en place du flex office ou places non attribuées.
Dans les années qui viennent, les entreprises vont abaisser plus ou moins rapidement leur nombre de mètres carrés de bureaux, de 20 à
40 %. Le second phénomène, c’est la crise économique, qui a également des conséquences sur les espaces de travail. Toutes ces incertitudes sont plutôt négatives pour le marché du bureau en général et la demande.
Le télétravail et le coworking sont- ils compatibles ?
C’est un vrai débat, je suis absolument sûr qu’à terme, le
télétravail ne se fera pas chez
soi. Pour trois grandes raisons. La première, c’est que les gens ont rarement une pièce pour travailler et ils s’installent souvent dans le chambre ou la cuisine, ce n’est pas un bon cadre. La deuxième, c’est
le manque d’échanges sociaux et d’interaction avec des collègues ou d’autres personnes. La troisième, qui est sûrement la plus difficile à évaluer, c’est que pour la plupart des gens le travail est une aliénation.
Si on instaure cette aliénation du travail chez les salarié·es, il n’y
a plus de séparation et c’est un souci. Le coworking permet de travailler ailleurs qu’au bureau,
tout en interagissant avec d’autres coworkers.
Comment voyez-vous l’évolution des espaces de travail ?
Je suis persuadé que demain se créera une sorte d’équilibre : un peu de travail chez soi, pour gérer sa vie personnelle, un peu de coworking dans les espaces de quartiers, un peu de présence au bureau selon
les profils et l’emploi du temps. Les
gens auront la capacité, selon leurs besoins, leur temps de transport et leurs emploi du temps, de réserver un espace via une application. Aujourd’hui, il n’existe pas assez d’offres de salles de réunions et de coworking de quartier, le maillage territorial est insuffisant et très inégal, ça fait partie des sujets sur lesquels on travaille.
On collabore avec Nexity et la Caisse des dépôts pour tenter de créer un réseau d’espaces de coworking de quartier, qui me paraît être un sujet d’infrastructures publiques. Valérie Pécresse [présidente du conseil régional de la région Île-de-France] avait dit il y a 5 ans qu’elle voulait
1 000 espaces de coworking en Île-de- France, nous n’y sommes pas encore. Et c’est normal, la demande n’était pas assez puissante. Aujourd’hui, elle est là. C’est quasiment une inversion totale de la façon d’occuper les espaces de travail, il y a une vraie dynamique en marche et un travail
à mener pour accompagner cette transformation des espaces de travail. ProPoS reCUeILLIS
PAr ADAm beLGHITI ALAoUI
ecoreseau.fr novembre 2020 | 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
The green life®
Greenpeace veut décarboner
le patrimoine des grandes fortunes
L’argent sale du capital : pour un ISF cli- matique, l’intitulé du rapport de l’antenne française de l’ONG Greenpeace ne fait pas dans la demi-mesure. Un rien caricatu-
ral mais la vérité est bien là : nous vivons dans un monde où il est difficile de s’enrichir sans polluer toujours plus. Dans le rapport, nous pouvons lire : « En termes de capitalisme et d’écologie, une règle est irréfutable : plus on est riche, plus on pollue. » L’affirmation est assumée. Sa forme peut se discu- ter, mais son fond est indéniable et prouvé, 1 % des plus riches de la planète sont responsables de deux fois plus d’émissions de CO2 que la moitié la plus pauvre. Un constat également vrai en France, où le niveau d’émission d’un individu est « fonction croissante de son niveau de vie ».
Pour un juste partage de l’effort climatique
La proposition est « simple » : rétablir l’impôt sur la fortune (ISF), en y joignant une composante car- bone appliquée au patrimoine financier. En rap- prochant les données divulguées par l’Insee sur le patrimoine des ménages des facteurs d’émissions fixés par le cabinet d’analyse Carbone 4, l’ONG est arrivée à la conclusion, que nous évoquions plus haut, que « le patrimoine financier du pourcent
 Nous assistons depuis des
semaines à la fracture d’un des
plus grands glaciers d’Arctique,
le Nioghalvfjerdsfjorden (N-79). Une perte d’environ 113 km2 de glace, conséquence du réchauffement climatique. Plus de temps à perdre. Fini les raisonnements insensés comme les « ça va se refroidir », scandés par
le président des États-Unis lors des incendies qui ont ravagé la Californie. Cet été, la banquise, soit la glace qui se forme sur l’eau, a atteint son deuxième niveau le plus bas, le triste record avait été observé en 2012.
Un minimum atteint
le 15 septembre
Le directeur du National Snow
and Ice Data Center aux États-Unis, Mark Serreze, constate les dégâts : « L’année a été folle dans le nord, avec la banquise presque au niveau le plus bas jamais vu, des canicules [...] en Sibérie et des immenses feux de forêts ». Face à cette fonte de
la banquise, le minimum aurait été atteint le 15 septembre : environ 3,74 millions de kilomètres carrés. La banquise pourrait disparaître plus
10 | novembre 2020 ecoreseau.fr
rapidement que ce que tous les modèles climatiques avaient prédit.
Et les conséquences pourraient
être dramatiques. Puisqu’une fonte accélérée de la banquise pourrait bouleverser le mode de vie des
Inuits au Groenland. En parallèle,
les ours polaires souffriraient de
cette disparition prématurée, ils en dépendent pour attraper les phoques par exemple.
La fonte de la banquise ne contribue pas directement à la montée des océans, mais produit des effets indirects : « À cause de la fonte de l’Arctique, l’océan va absorber plus
de chaleur, et nous finirons toutes
et tous par être exposé·es aux
effets dévastateurs du dérèglement climatique », s’inquiète Laura Meller de Greenpeace. D’où la nécessité de réagir, les dirigeants mondiaux doivent se réunir à l’ONU pour discuter climat et biodiversité. On attend aussi avec impatience la COP26, qui devait avoir lieu cette année à Glasgow du 9 au
20 novembre et qui a finalement été reportée en 2021 en raison de la crise sanitaire. Avis aux climatosceptiques, baissez les armes. GW
des ménages les plus riches est associé à une em- preinte carbone 66 fois supérieure à celle des 10 % les plus pauvres ». En chiffres, les plus riches (1 %) produisent 189 tonnes de CO équivalent car-
2
bone (tCO2eq) par an par foyer fiscal, contre 2,9
tCO2eq chez les plus pauvres. Pour Greenpeace, pas de doute : « L’urgence climatique doit faire évoluer la fiscalité française qui structure le par- tage de l’effort entre les acteurs économiques ».
Une nouvelle manne
pour la transition écologique
L’évolution de la fiscalité ainsi préconisée reprend donc les bases de l’ISF, en y intégrant les dispari- tés d’empreinte carbone associées à la consom- mation et au patrimoine. Ce dérivé climatique de l’ISF devrait pouvoir aboutir à une recette annuelle de 4,3 milliards d’euros (estimation réalisée à partir du montant actuel de la taxe carbone, 44,6 euros/ tCO2eq/an), sur les 10 milliards d’euros générés par cet ISF new look. Cela pourrait, selon l’ONG, parti- ciper à combler le déficit d’investissements publics dans la transition écologique. Et également inciter les ménages les plus fortunés à décarboner leurs ac- tivités et leur patrimoine, pour réduire leur « rede- vance climatique ».
Greenpeace propose un exemple. Bernard déclare
un patrimoine de 2,25 millions d’euros, il est donc éligible à l’ISF selon sa formule de 2017, l’empreinte carbone de son patrimoine est de 190 tCO2eq. En reprenant le barème 2017 de l’ISF, Bernard est donc redevable de 15 750 euros, auxquels s’ajoutent 8 474 euros, composante climatique de son impôt. Ber- nard doit donc s’acquitter de 24 224 euros d’ISF climatique auprès de la République française. Ad- dition salée s’il en est. Bernard, un conseil, décar- bonez ! n ABA
Plus que jamais, la fonte de la banquise inquiète
 ]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                                Nous préservons plus que notre planète.
  Si nous sommes leader du recyclage en France, c’est parce que nous voulons préserver la planète pour les générations futures. Et cette mission commence aujourd’hui avec vous.
 Conception et réalisation : Nouvelle Cour
]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie
« on aime son·sa patron·ne, mais on n’aime pas les patron·nes », estime Sophie de menthon, fondatrice de J’aime ma boîte
entretien avec celle qui ne cesse de témoigner son engagement pour l’entreprise – via notamment J’aime ma boîte ou ethic –, Sophie de menthon.
à lire
Les holdings • Aux éditions Francis Lefebvre le 28 octobre 2020,
un « pavé » pratique utile aux dirigeant·es de sociétés et leurs conseils : loi Pacte relative à la croissance et la transformation des entreprises, loi de simplification, de clarification et
d’actualisation du droit des sociétés, ordonnances
Macron réformant le Code du travail... Plus toutes
les nouveautés fiscales : aménagements du régime
des sociétés mères et filiales, réforme du régime de
déductibilité des charges financières des entreprises
soumises à l’impôt sur les sociétés, aménagements
du régime spécial des fusions, réforme du régime
d’imposition des dividendes distribués par les
sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés à leurs
associés personnes physiques, réforme du régime d’imposition
des plus-values de cession de valeurs mobilières et droits sociaux, aménagements du dispositif d’exonération Dutreil-transmission... À vos souhaits !
mozart s’est-il contenté de naître ?par François de Coincy •
« Faisons l’effort d’un raisonnement sincère pour sortir des analyses économiques convenues. Il y a une énorme inégalité des contributions individuelles, une majorité produit
peu et une minorité produit beaucoup. La majorité
de la population française obtient un niveau de vie
supérieur au produit de son travail. La mesure de la
solidarité est donnée par le rapport entre l’inégalité
de production et l’inégalité de niveau de vie. La valeur
ajoutée du capital est un mythe, elle est en réalité la
valeur ajoutée d’un travail réalisé dans une période
antérieure. C’est l’investissement qui génère le crédit,
l’argent n’existe pas, le système monétaire est un jeu
d’écritures. Nous pouvons alors découvrir des voies nouvelles pour créer un monde libre et solidaire où le chômage structurel sera supprimé en instaurant le produit social où on passera d’un système monétaire dirigé à un système régulé et où on changera le mode de calcul du résultat des entreprises pour avoir une vision long terme. »
 La crise sanitaire a-t-elle renforcé l’attachement des Français·es à leur entreprise ? Quelle perception ont-ils·elles de leur patron·ne ?
Environ 1 % de plus aiment
leur boîte. En réalité,
l’attachement ne change pas, c’est pourquoi je considère que l’entreprise constitue un socle très solide, assez hermétique aux bonnes ou mauvaises nouvelles. Un socle de confiance, vous avez la famille puis l’entreprise. Bien entendu, je ne dis pas que des choses ne peuvent être améliorées, je ne peux accepter que des gens comme les gilets jaunes, encore aujourd’hui, ne puissent pas vivre de leur travail. Mais en aucun cas il ne faut stigmatiser l’entreprise.
On aime son·sa patron·ne, mais on n’aime pas les patron·nes. Regardez Bernard Arnault, un chef d’entreprise qui pour moi représente le symbole de l’esthétique à la française, du rayonnement et de l’élégance. Or,
il semble trop riche pour nous. Un patron riche reste un patron critiqué. Mais, selon moi, j’estime que nous
mouvements
p Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACoSS)
Sophie Patout
est promue directrice déléguée
p Agromousquetaires (CoFIPAr)
Ismaël Colnet
est promu directeur des systèmes d’information
pAxaXL
Stéphane Gobet
est promu responsable de la distribution
p Carmila (Carrefour Property)
Pierre-marie David
a été promu responsable France Carmila Franchise & Développement
p Carrefour Hypermarchés (Groupe Carrefour)
Katia Statuto
a été nommée responsable
devons apprécier autant
un·e très grand·e patron·ne qu’un·e artisan·e, les deux ont exactement la même valeur.
Comment percevez-vous la reprise au regard de cette crise sanitaire qui n’en finit
pas ? Êtes-vous optimiste ?
Par nature, un·e patron·ne ne se
révèle pas pessimiste. En revanche, personnellement, je suis inquiète de cette pandémie qui n’en finit pas, je suis désolée qu’on n’ait pas fait davantage confiance aux entreprises. Par exemple, pour fournir des tests salivaires à ses salarié·es, l’entreprise se retrouve obligée de se référer à l’État, tout doit passer par lui. On pointe du doigt les entreprises, vues comme des clusters, mais on ne dit rien sur le métro... Je suis convaincue que l’on s’en sortira par
les entreprises, grâce à elles. Même
s’il faut en passer par le télétravail,
qui revêt beaucoup d’inconvénients comme une moindre créativité. Si c’est une des conditions pour poursuivre l’activité, alors le télétravail représente un moindre mal. ProPoS reCUeILLIS
PAr GeoFFreY WeTZeL
    de la sécurité des systèmes     relations investisseurs et
p ma French bank (La Poste)
Christophe bitner
est nommé directeur général délégué de Ma French Bank
p office national des forêts (onF)
Aline Combettes
est nommée directrice des systèmes d’information
p rémy Cointreau olivier ruault
est nommé directeur du système d’information de Rémy Cointreau
p Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDn)
Laurent voillot
est promu responsable de la sécurité des systèmes d’information de l’OSIIC
p Spark Archives valérie Desjardins
est nommée directrice générale de Spark Archives
p Thales
nathalie Sonrel
a été promue directrice ingénierie IT outsourcing
p Warner music France (Warner bros. Interactive entertainment)
Alain veille
est promu président de Warner Music France
p Woonoz (projet voltaire)
benoît Aufrère
est promu directeur général adjoint projet Voltaire
       d’information
p Centre national de la musique (Cnm)
michel Wagner
est nommé directeur des systèmes d’information
p Conforama (but international)
Alain Souillard
est nommé directeur général
p Direction générale du travail (DrT)
Pierre ramain
est promu Directeur général du travail (DRT)
p Flunch (Agapes restauration) emmanuel Saussard
est nommé directeur des ressources humaines
p Fnac-Darty Stéphanie Laval
est nommée directeur
communication financière
p Groupe Carrefour Laurent Amsel
est promu responsable de la sécurité des systèmes d’information Groupe
p IeLo Group : Directeur marketing et communication
Céline marques
est nommée directeur marketing et communication à ce poste depuis octobre 2020
p Kosc Télécom (Altitude Infra)
Phillipe Pautonnier
est promu secrétaire général
p L’oréal (or)
barbara Lavernos
est promue directrice générale en charge de la recherche,
de l’innovation et des technologies
    vous avez changé de fonction ? Faites part de votre nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr nomination, les 200000 décideurs qui font le business en France ! 12 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[                  MATHILDE
 EST CONFIANTE
 GRÂCE À SON COMMISSAIRE
AUX COMPTES, ELLE A RENFORCÉ LA CYBERSÉCURITÉ DANS
SON ENTREPRISE.
Mathilde dirige une entreprise de conseil RH de 35 salariés. Après le confinement, elle a décidé de pérenniser le télétravail mais s’inquiétait de la sécurité de son réseau informatique. Elle a demandé
un audit cybersécurité à son commissaire aux comptes. Maintenant, elle y voit clair sur ce qu’elle doit mettre en place
pour développer le travail à distance
en toute sécurité... et sérénité !
lavenirenconfiance.fr
 LES COMMISSAIRES AUX COMPTES
Bâtisseurs d’une société de confiance
Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC), 216 rue Raymond Losserand 75014 Paris - SIREN 784 179 798 - Photo : © Getty Images - Création :
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie Marché des transferts,
Les équipes des cinq principaux championnats européens ont déboursé Lau total 3,3 milliards d’euros durant le marché des transferts.
 le football anormalement raisonnable...
es supporter·rices ne s’atten- barre symbolique des 100 millions Henrique (8 millions) et le départ daient pas à des miracles, d’euros. de Bouna Sarr vers le Bayern Mu- ils·elles ne se sont pas trom- nich pour la même somme. Idem à pé·es. Les cinq grands cham- Le championnat Lyon, qui a quand même déboursé
pionnats européens ont déboursé français à l’agonie 20 millions d’euros pour faire venir
surtout porté sur les droits TV, qui représentent pour certains clubs la moitié des revenus totaux. Non négligeable donc.
En dehors des clubs de football, c’est toute une filière qui se révèle à l’ago- nie. La filière du football profession- nel aurait subi un manque à gagner d’environ 1,27 milliard d’euros pour la saison passée d’après les estima- tions d’EY. Sans oublier qu’un match de football débouche sur toute une économie indirecte. D’autres em- plois locaux, proches des stades par exemple, pourraient être menacés : « Parmi les 33 000 emplois directs et indirects qui composent la filière du football professionnel, 3 400 à 8 000 seraient à risque la saison prochaine », anticipe l’étude. De quoi inquié- ter les clubs français économique- ment... et sportivement ! n GW.
lors de ce marché des transferts spé- cial covid un total de 3,3 milliards d’euros pour se renforcer en vue de la saison 2020-2021. Un chiffre qui s’apparente à une chute des dé- penses de l’ordre de 40 % par rap- port à l’été 2019 où les clubs avaient dépensé la modique somme de 5,5 milliards d’euros. Même en période de crise, le championnat anglais dé- croche la palme du mercato le plus dépensier avec 1,3 milliard d’euros déboursés cet été. Avec au premier chef, Chelsea. Le club londonien a cassé sa tirelire, 250 millions d’eu- ros de transferts, dont notamment l’arrivée du milieu allemand Kai Havertz pour 80 millions d’euros, plus haute transaction de ce merca- to. Car pour la première fois depuis 2015, aucun transfert n’a franchi la
Timide sur le plan européen, en- core plus timoré en France. Même le Paris Saint-Germain qui nous avait habitué·es à des opérations de haute volée a maîtrisé son budget. Résultat : à peine 61 millions d’euros dépensés durant le mercato, dont la majorité de l’enveloppe a été consa- crée à l’achat de Mauro Icardi pour 50 millions d’euros. Le PSG se place même derrière le Stade Rennais, puisque l’équipe entraînée par Ju- lien Stéphan a flambé pas moins de 71 millions d’euros, notamment pour s’attacher les services de Gui- rassy (15 millions), en provenance d’Amiens, ou de Doku (26 millions), venu du club belge d’Anderlecht. Pas d’écarts non plus à Marseille dont le mercato a été marqué – entre autres – par l’arrivée de Luis
Lucas Paqueta, mais qui a, en pa- rallèle, vendu Bertrand Traoré (18 millions) au profit du club anglais d’Aston Villa. Finalement, près de 14 clubs de Ligue 1 sur 20 souffrent d’un solde négatif (revenus infé- rieurs aux dépenses), et pourtant les dépenses n’ont pas été faramineuses. C’est dire. La Ligue 1 affiche un solde négatif pour ce mercato de 57 mil- lions d’euros, ce n’était plus arrivé depuis 2017.
Les conséquences
de la pandémie
D’après une étude du cabinet EY, notre Ligue 1 aurait perdu environ 600 millions d’euros de chiffre d’af- faires sur la saison dernière. Car, certes, la billetterie a été impactée, mais le manque à gagner s’est aussi
Les achats responsables,
Lclé de voûte des relations clients/fournisseurs
Médiation & entreprises Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
  a crise sanitaire et les difficultés sa propre croissance tout en dévelop- D’une part, les clients ont pleinement qui l’accompagnent obligent les pant à son échelle la confiance au sein conscience des valeurs et de la façon entreprises à s’adapter et à re- de sa filière. de travailler de leur partenaire. D’autre penser leurs stratégies. Le dia- Le Médiateur des entreprises, en parte- part, les fournisseurs savent qu’ils
logue et la confiance entre partenaires nariat avec Provigis, a publié une étude peuvent faire confiance à leur client
eu la plus grande marge de manœuvre pour rebondir et s’adapter rapidement. La crise sanitaire rend particulièrement complexe la situation de milliers d’en- treprises dont de nombreux artisans, TPE et PME qui nous contactent encore tous les jours. Je tiens à rappeler que c’est aujourd’hui que l’on reconstruit la stabilité et la confiance de demain et j’aimerais déjà remercier les entreprises qui sont de plus en plus nombreuses à jouer le jeu en soutenant leurs fournis- seurs et en décidant de nouer des parte- nariats autrement. n
1 Baromètre d’évaluation de la relation clients/fournisseurs TPE/PME - Provigis et Médiateur des entreprises
est davantage aujourd’hui la clé de voûte de la résistance ou de la réussite. Quelle que soit la taille d’une structure, les achats responsables peuvent générer un impact important sur son activité ! Un achat responsable, c’est quoi ? C’est acheter un bien ou un service après avoir anticipé ses impacts environne- mentaux et sociétaux tout en mettant en avant l’éthique et les bonnes pratiques entre les parties prenantes. Une bonne pratique, c’est, par exemple, payer un fournisseur à l’heure ou encore respec- ter pleinement un contrat. De cette ma- nière, un acheteur responsable conforte
qui confirme que de plus en plus de TPE/PME sont pleinement conscientes de l’importance des achats responsables pour la santé des relations clients/four- nisseurs. Appartenance à une com- munauté partageant des valeurs com- munes, engagement sur des pratiques vertueuses, pilotage amélioré... font partie des critères d’appréciation d’un positionnement auquel les entreprises françaises adhèrent toujours plus. Concrètement, renforcer la confiance c’est aussi étendre son réseau et amélio- rer les relations avec ses fournisseurs en dégageant une image forte et positive.
pour payer en temps et en heure. Quoi de mieux pour gagner en compétitivi- té ? Réciproquement, l’acheteur respon- sable acquiert une meilleure connais- sance de ses fournisseurs et sait compter sur eux. Connaître ses partenaires et dialoguer avec eux est essentiel ! De quoi prévenir d’éventuelles tensions en sachant qu’il y a toujours moyen de trouver une solution ensemble.
L’étude menée avec Provigis démontre également que les entreprises les mieux préparées en amont dans leur chaîne d’approvisionnement et dans leurs rela- tions contractuelles sont celles qui ont
Pour découvrir ou re-découvrir notre activité, rendez-vous sur le site du médiateur des entreprises : www.economie.gouv.fr/mediateur-des-entreprises/lacti- vite-du-mediateur-des-entreprises-presentee-la-presse
14 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[Relance : à chaque région
ses priorités !
La relance de la France s’opère conjointement par l’État... et les régions
Pour le Grand est et les Pays de la Loire, épauler les Pme
Pour les Pays de la Loire, dès le mois d’avril, un fonds territorial baptisé Résilience offrait aux PME un total de 32 millions d’euros répartis sur
le territoire et accessibles sous la forme d’avances remboursables. Désormais, en plus de son budget annuel, le conseil régional a voté en faveur d’une enveloppe d’environ 320 millions d’euros supplémentaires. Un pécule qui viendra en priorité en aide aux PME les plus en difficulté : « Le risque est que les entreprises n’innovent plus ou stoppent leurs investissements », avance Christelle Morançais, présidente LR des Pays de la Loire. À côté, un budget de 100 millions d’euros sur dix ans sera consacré à la filière hydrogène.
Même combat dans le Grand Est, région dans laquelle un fonds Résistance avait vu le jour en pleine crise sanitaire. Des discussions se déroulent actuellement en
lien avec le monde bancaire
pour aboutir à un dispositif
régional d’investissement au
capital des PME et des ETI
enfondspropresouquasi
fondspropres.Undispositif
à hauteur d’environ 500
millions d’euros. La région
met aussi l’accent sur la
relocalisation des chaînes de
production, une des priorités
du gouvernement pour la
relance, « dix secteurs à fort
potentiel de relocalisation
défensive et offensive »
devront être identifiés. La relocalisation, un cheval de bataille, donc, pour le président LR du Grand Est, Jean Rottner.
Une Île-de-France verte
C’est la priorité des années à venir pour la région présidée par Valérie Pécresse. La reconstruction écologique bénéficiera « d’un euro sur deux du budget ». Dix milliards d’euros devraient être consacrés à l’environnement sur la période 2020-2024. Pour un territoire plus vert, la région a déjà annoncé la création d’un cinquième parc régional en Seine-et-Marne et une aide de 2 500 euros pour les particuliers qui se convertissent au véhicule électrique. Sans oublier aussi 640 millions d’euros d’aides aux entreprises dont 500 millions à destination des PME et TPE. Notamment via des prêts à taux zéro.
La région Bourgogne-Franche-Comté, elle, n’a qu’un mot à l’ordre du jour : investir encore et encore. D’autant plus envisageable que les élu·es de la région ont voté début octobre un plan d’accélération de l’investissement régional de 435 millions d’euros.
L’occitanie au secours de l’aéronautique
Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, souhaite d’abord
agir parmi les filières les plus touchées. Multiples plans d’actions
se sont succédé : aéronautique (100 millions d’euros), tourisme (12 millions d’euros) et viticulture (7 millions d’euros). Car l’aéronautique qui constitue sans doute l’un des poumons du territoire, a vu son activité chuter de 40 % cette année avec le tourisme, environ 100 000 emplois. Enfin, Laurent Wauquiez (LR) n’a pas fait dans la dentelle pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. En juin, il annonçait déjà un plan d’un milliard d’euros et espère « un effet de levier de trois milliards sur trois ans ». La relance passera avant tout par le BTP et la commande publique (443 millions d’euros). Mais Laurent Wauquiez veut aussi préserver et relocaliser entre 50 000 et 100 000 emplois, et assume ce qu’il appelle « la préférence régionale et le patriotisme industriel ». Les régions ont démarré leur relance avec un peu plus d’autonomie qu’à l’accoutumée... et on ne va pas s’en plaindre ! n GW.
serial rêveur
Didier roche
Entrepreneur français aveugle depuis son enfance, il est notamment le directeur général et associé du groupe Ethik Investment, qui a créé entre autres le Spa « Dans
le Noir ? », où les esthéticiennes sont aveugles et la chaîne des restaurants « Dans le Noir ? », où les clients dînent dans l’obscurité totale, guidés et servis par des aveugles. Il est aussi président fondateur de l’association H’up entrepreneurs qui accompagne les entrepreneurs handicapés. www.didierroche.com / www.serialreveur.com / www.ethik-connection.com/
Décidément je vais de Isurprise en surprise !
l y a moins d’un mois, j’envoyais à la Maison dé- partementale de l’autonomie – plus connue sous le sigle MDPH (Maison départementale des per- sonnes handicapées) –, un dossier de demande
de renouvellement de droits. Dans l’Ancien Monde, avant la covid-19, nous n’espérions pas de réponse avant une dizaine de mois. Dans le Nouveau Monde, après le confinement et en pleine crise sanitaire, la ré- ponse est intervenue en moins d’un mois.
Il y a peu, un ami me téléphone pour prendre de mes nouvelles et là... Surprise ! Il me propose de m’aider à développer la chaîne des spas « Dans Le Noir ? » sur dix villes, en exposant combien aujourd’hui l’argent coulait à flots et ne trouvait pas de projets.
Quelque temps avant, le propriétaire d’un grand fonds d’investissement européen dont je tairai le nom me faisait la même remarque : « Didier, nous avons plu- sieurs dizaines de millions d’Euros et nous ne savons pas où les mettre, ni où investir ! »
Rêver hier me paraissait surréaliste, alors qu’au- jourd’hui cela semble possible. Étonnant.
Ajoutons à cela une rencontre humaine que je vous présenterai dans quelque temps, sûrement à l’occasion d’une prochaine chronique : celle d’un homme qui, après un accident, fut déclaré mort cérébral pendant plus de trois mois, aujourd’hui devenu chef d’entre- prise à force de volonté !
Je me dis alors que vraiment le mur de l’impossible recule devant l’être qui marche et que définitivement, ce n’est pas parce que les choses sont difficiles qu’il ne faut pas oser les affronter. Bien au contraire.
Ce Nouveau Monde réinterroge notre façon d’être chef d’entreprise, et indéniablement ouvre des nou- velles perspectives. Alors vous qui me lisez et si vous rêvez votre vie, n’est-il pas temps de donner vie à vos rêves ? n
briefing économie
galaxie
    ecoreseau.fr novembre 2020
| 15
© olivier merzoug
]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie Bercy s’attaque au loyer
Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a annoncé la création d’un dispositif pour réduire les loyers des entreprises en difficulté.
  p Transfair
du 16 au 20 novembre
100 % digital
Pour la sixième année consécutive, Transfair accompagne les entrepreneur·euses, forme les professionnel·les et offre au marché le plus grand temps fort de la transmission d’entreprises en France. Plus que jamais, les expert·es et professionnel·les de
la transmission d’entreprises devront mobiliser toute leur énergie, leur capacité de pédagogie et leur imagination financière pour aider les entrepreneur·euses à trouver les justes compromis pour faire aboutir les opérations stratégiques en cette année hors normes.
p Salon des Services à la personne 17 & 18 novembre
100 % digital
Vous êtes particulier·ère-employeur·euse, aidant·e familial·e, salarié·e, professionnel·les du secteur ou créateur·rice d’entreprise/candidat·e à
la franchise : pendant deux jours, vous pourrez échanger en direct par tchat ou visio avec les expert·es des exposant·es et les intervenant·es en conférences, regroupé·es pour vous, dans des halls thématiques. C’est l’opportunité d’obtenir les réponses à vos toutes questions, sans avoir à vous déplacer !
p Silver economy expo
17 & 18 novembre
100 % digital
Vous dirigez un Ehpad ou une résidence séniors, vous êtes à la recherche des nouvelles solutions que la crise aura fait émerger, vous souhaitez entreprendre au service des aîné·es, vous êtes un·e acteur·rice de la filière..., les 17 et 18 novembre, connectez-vous et découvrez les innovations pour le mieux vivre des séniors.
des entreprises en crise
Une situation d’ur- gence et une nécessi- té d’agir relayées par le patron de Bercy
devant l’Assemblée : « Nous ne voulons pas ajouter plus de crise économique à plus de crise sani- taire. Nous voulons protéger du point de vue sanitaire et conti- nuer à travailler. » Venu devant les député·es pour défendre les
crédits du plan de relance, Bru- no Le Maire a surtout annoncé avoir remis sur la table des dis- positifs mis en place au plus fort de la crise au printemps, notam- ment les rendez-vous hebdoma- daires avec les filières. Et le lan- cement prochain d’un dispositif concentré sur les loyers des en- treprises.
marc Drillech,
professionnel de la communication, et directeur général d’Ionis Education Group
16 | novembre 2020 ecoreseau.fr
Pression sur les bailleurs
Concrètement, des filets de sé- curité doivent être mis en place, en ciblant les loyers payés par les entreprises en difficulté, comme l’a expliqué le ministre : « Nous mettrons en place un dispositif fiscal pour inciter les bailleurs à réduire leurs loyers. Je précise- rai les règles du dispositif dans le courant de la semaine. Cela correspondra exactement à ce que demandaient les entreprises les plus fragilisées par la crise. » Le dispositif reste donc à détail- ler, il devrait prendre la forme d’un crédit d’impôt dirigé vers les bailleurs, notamment dans l’hôtellerie et la restauration, comme les professionnel·les de ces secteurs le réclament depuis des mois.
En perspective donc, un peu de répit pour les entreprises parti- culièrement touchées, à com- mencer par les commerces « non essentiels. » Et pour cause : le loyer est le plus souvent le deu- xième poste de dépenses pour ces indépendant·es. L’initiative du gouvernement est d’autant plus bienvenue que des conflits sont nés, entre entreprises et bailleurs, concernant le paie- ment des loyers du confinement et le niveau des loyers à payer à l’avenir. n AbA
AProtégeons-nous pour protéger les autres
 Libres propos
 lors je pense à celles et à ceux Nous partageons toutes et tous le raison à d’autres moments dans l’his- qui souffrent de l’immonde même sort alors démontrons que l’es- toire, à d’autres lieux sur cette terre, covid, à celles et à ceux qui prit d’individualité à la française n’est aujourdhui même.
soignent et se dévouent en pas synonyme d’individualisme. Pro- Cette épidémie se nourrit de nos contra-
attendant des jours meilleurs, à celles tégeons-nous pour protéger les autres. dictions alors faisons de nos solidarités
et à ceux qui télétravaillent et se de- mandent de quoi demain sera fait, à celles et à ceux derrière les grilles fer- mées de leurs magasins, de leurs cafés, de leurs usines, et qui cherchent l’es- poir.
Faisons des sacrifices, souvent pe- tits, pour aider celles et ceux qui sont confrontés vraiment à la détresse. Enfin, osons adopter cette relativité si saine pour ne pas oublier ce que nos malheurs ont de limités en compa-
qu’on disait impossible la meilleure ré- ponse à cette inhumanité. n
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[Marché du travail : les personnes handicapées peinent à y accéder...
Entre 2016 et 2018, 36 % des personnes handicapées entre 15 et 64 ans
Uoccupaient un emploi.
n air de discrimination ? Entre
2016 et 2018, la Direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques
(DARES) a révélé que les personnes recon- nues handicapées se retrouvaient moins bien loties que les autres sur le front de l’emploi. Sur cette période, 36 % des han- dicapé·es âgé·es entre 15 et 64 ans occu- paient un emploi... contre 65 % des autres personnes de cette tranche d’âge. Leur taux de chômage s’affiche deux fois plus élevé. Difficile de parler d’un écart structurel tant un gouffre sépare les deux catégories de population. Un phénomène qui ne pour- ra évoluer si nous ne changeons pas notre perception du handicap : celle qui assimile régulièrement personne handicapée et fau- teuil roulant. Illogique, puisque Jean-Sé- bastien Morvan, psychologue clinicien, a montré que seulement 3 % des personnes en situation de handicap se trouvent en fau- teuil roulant.
Des professions
bien plus réduites
Non seulement l’accès au marché du tra- vail demeure inégal, mais même lorsque les personnes handicapées parviennent à s’y faire une place, elles n’occupent pas les mêmes professions. Une situation caracté- risée d’abord par un manque criant d’hété- rogénéité : « Les 20 professions les plus ré- pandues représentent 37 % de l’emploi des personnes reconnues handicapées, contre seulement 25 % de l’emploi sans recon- naissance », constate la Dares entre 2016 et 2018. Secteurs publics ou privés, des écarts entre handicapé·es et non handicapé·es s’observent.
Ainsi, dans le secteur public, les personnes handicapées se montrent surreprésen- tées au sein des postes d’employé·es : 44 % exercent les fonctions d’employé·es civil·es ou agent·es de service de la fonction pu- blique. Pas plus glorifiant dans le privé où seulement 6 % des handicapé·es occupent un poste de cadre. Soit environ dix points de moins que les actif·ives sans reconnais- sance d’un handicap.
Des critères
qui tentent de l’expliquer...
La Dares s’est penchée sur les marqueurs distinctifs des deux populations : per- sonnes reconnues comme handicapées et celles sans reconnaissance. Primo, les per- sonnes en emploi et en situation de han- dicap demeurent plus âgées, environ trois sur quatre ont au moins 40 ans. Idem côté diplômes, les handicapé·es qui occupent un emploi détiennent en moyenne un ni- veau de diplôme plus faible que les autres : seul·es 40 % ont au moins obtenu un bacca-
lauréat ou un brevet professionnel (contre 62 % pour les gens en em- ploi non handicapés). Enfin, elles résident moins souvent en Île-de- France, région pourvoyeuse d’op- portunités.
Des critères qui viennent expli- quer une partie de cette dissimi- larité professionnelle, mais une
partie seulement : « Ce
profil très spécifique de
la population recon-
nue handicapée explique pour partie seulement la dissimilarité socioprofessionnelle des emplois qu’elle occupe, qu’il s’agisse de leur sous-représentation ou sur- représentation de certaines caté-
gories socioprofessionnelles », ex- plique-t-on à la Dares. Autrement dit, demeure une part non expli- quée dès lors que l’on neutralise les caractéristiques d’âge, de localisation géographique, de ni- veau de formation... n GW.
briefing économie
galaxie
  ecoreseau.fr novembre 2020
| 17
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[RELOCALISER... OU PAS
  1 Interview Agnès Pannier-Runacher
2 La relocalisation dans tous ses états
3 À quoi ressemble une relocalisation en France ?
4 Mapping de l’innovation : Les firmes délocalisées un peu partout dans le monde... et qui ne se relocaliseront jamais
p. 20 p. 22 p. 24
p. 28
rÉALISATIon
oLIvIer mAGnAn, ADAm beLGHITI ALAoUI, GeoFFreY WeTZeL, JeAn-bAPTISTe CHIArA PATrICe remeUr
entreprendre & innover
C’est un mot d’ordre, un cri unanime, la perspective du salut : re-lo-ca-li-ser. Un sondage en plein confinement mené pour le conseil en communication Comfluences
a, entre autres consultations, bien établi que les Français·es, qui se sont à peine rendu compte du transfert vers l’étranger de 4,2 % des sociétés mar- chandes non financières de 50 salariés entre 2009 et 2011 (Insee, 2016), veulent désormais à tout prix les voir se réinstaller dans l’hexagone. Difficiles à chiffrer, les destructions d’emplois induites par le transfert à l’étranger de productions se comptent en dizaines de milliers. Pas de miracle : les grands groupes ne vont pas reconstruire des usines (d’autant que l’on veut préserver les terres arables) et recruter à grande échelle. Mais le réamorçage est réel. Agnès
18 | novembre 2020 ecoreseau.fr
Pannier-Runacher, ministre déléguée de l’Industrie, nous l’a dit haut et clair : elle suit de près des dizaines de dossiers à commencer par l’usine Sanofi primiti- vement envisagée à Singapour mais qui s’élèvera en France. Au-delà de l’effet Montebourg qui voit dé- sormais sa « vision » du made in France triompher, les avantages et les inconvénients de la « dé » et de la « re » (localisation) commencent à se rééquilibrer. Or les avantages de la « dé », manifestes, ne sont pas négligeables : abaissement des coûts de 30 à 60 %. Souplesse d’adaptation en cas de montée en charge ou de baisse d’activité. Compétences inexistantes en France. Recentrage sur son activité principale. Amélioration de la productivité. Effet de boost sur le système informatique. Mais justement, l’on prend conscience que ces avantages – hors le coût intrin-
sèque de la main-d’œuvre – appartiennent à une vi- sion du passé. Car les inconvénients de la « dé » ne sont pas mineurs, à commencer par, souvent, la perte de contrôle de l’activité (et du savoir-faire). L’énergie parfois colossale à consacrer à l’installation off-shore (où entrent la langue et la culture). Le contrôle de la qualité (avec l’atteinte d’image de la firme française en cas de défaut). Les délais de livraison. Les exi- gences environnementales...
Relocaliser n’est pas simple. Un produit est compo- site et jamais 100 % « domestique ». Et si les prix du « fabriqué en France » augmentent, il n’est pas sûr que la volonté populaire parfois simpliste d’acheter fran- çais n’en soit pas entamée. Mais l’effet covid n’est pas étranger à cette prise de conscience que la Chine ne doit pas forcément rester l’usine du monde... om
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
1
en couverture
Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie depuis le 6 juillet 2020, se voit confier le pilotage d’un chantier gouvernemental majeur, la « réindustrialisation »
« Une politique de reconquête industrielle est possible »
Agnès Pannier-Runacher ne répond pas forcément à certaines questions précises, mais ses explications d’une démarche globale ont l’avantage de resituer le phénomène de relocalisation dans une complexité mondiale. Du reste, elle parle à juste titre de « réindustrialisation », ce
qui d’emblée ouvre les horizons : il est autant question d’attirer des industriels étrangers en France que de favoriser une modernisation écologique des producteurs français. Car, dit-elle,
« tout n’a pas vocation à être réindustrialisé en France ». De même, à la question du coût de main-d’œuvre – une des causes seulement de la délocalisation – l’ancienne directrice générale déléguée chargée du développement à l’international de La Compagnie des Alpes répond
« industrie 4.0, productivité et baisse des coûts ». Le tout sous l’égide d’un plan de relance. Reste aux industriels eux-mêmes à s’inscrire dans une logique aidée. om
de la réindustrialisation de nos territoires une priorité de notre action. Nous avons structuré notre industrie au plan national autour de 18 Comités stratégiques de filières, les CSF, et nous avons investi sur le plan local, dans
148 Territoires d’industrie. Nous avons systématisé notre accompagnement des projets industriels portés par des investisseurs étrangers pour les réaliser en France. Nous avons baissé la fiscalité comme aucun autre gouvernement avant. Et il y a eu des résultats ! Nous avons eu une création nette d’emplois industriels en 2017, en 2018 et en 2019, ce qui n’était jamais arrivé depuis 2000. La France a pris
la première place européenne
en 2018 et 2019 pour les investissements directs étrangers dans l’industrie et la R&D. Ce que nous montrent ces résultats, c’est qu’une politique de reconquête industrielle est possible.
Nous devons maintenant
la modernisation de notre industrie et en réduisant notre empreinte carbone.
Tout n’a pas vocation à être relocalisé en France. Sur chaque industrie, nous devons identifier les chaînes de valeur et les secteurs les plus appropriés. Cette identification, nous l’avons menée avec nos partenaires européens, qui sont sur la même ligne que nous. Nous avons une feuille de route claire et avons identifié cinq secteurs prioritaires : la santé, les intrants critiques pour l’industrie, l’électronique, l’agroalimentaire et les applications industrielles de la 5G.
C’est prioritairement sur ces secteurs que nous allons cibler notre effort. À titre d’exemple sur les industries de santé,
nous avons mis en place un appel à manifestation d’intérêt doté de 120 millions d’euros pour identifier les projets d’investissement pour la production de médicaments et pour permettre la relocalisation de production de principes actifs. Et le message est bien passé auprès de toutes les filières :
c’est le travail que je fais en les réunissant régulièrement et en dialoguant avec les collectivités locales. Le ministère a également publié un guide à destination des entreprises sur tous les dispositifs de soutien aux entreprises pour que chacune puisse se saisir des instruments proposés.
 Le ministre de l’Économie, bruno Le maire, sous l’égide duquel est placé votre ministère, a annoncé en août qu’un milliard d’euros serait consacré à la relocalisation de l’activité. Il a précisé qu’il s’agirait d’appels à projets pour « toute entreprise industrielle qui voudrait relocaliser son activité en France ». vous êtes donc à la manœuvre. madame la ministre, comment, à partir d’une telle carte blanche, élabore-t-on sa stratégie ?
Comment fait-on passer
le message auprès des entreprises ciblées ? Quels secteurs privilégie-t-on ? Nous ne partons pas de rien. Le débat sur les relocalisations ou
la localisation de la production n’est pas nouveau, même s’il trouve une actualité brûlante avec la crise de la covid et ses conséquences économiques qui ont crûment mis en lumière notre dépendance à certaines zones de production.
Depuis le début du quinquennat, nous avons fait
Nous avons identifié cinq secteurs prioritaires :
la santé, les intrants critiques pour l’industrie, l’électronique, l’agroalimentaire et les applications industrielles de la 5G.
    20 | novembre 2020 ecoreseau.fr
capitaliser sur ces fondamentaux avec le plan de relance présenté par le gouvernement début septembre. Notre objectif est clair : préparer le rebond et les emplois de demain en accélérant
La relocalisation suppose un avantage économique pour l’entreprise qui décide de renoncer aux bas coûts de main-d’œuvre qu’elle
© P.Bagein
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[ cherchait, entre autres, en installant une usine hors de France. De quelle nature sera cet avantage ou cette compensation ?
Le plan de relance a quatre ambitions pour notre industrie
la relocalisation, mais aussi la transition environnementale,
la modernisation de l’appareil productif et l’innovation. Ce
sont ces trois autres piliers qui permettront la localisation d’activité en France et constitueront notre avantage compétitif.
Moderniser, c’est faire en sorte que les entreprises prennent
le virage de l’industrie 4.0. Ce n’est pas une option, quand on sait qu’elle apporte une nette amélioration de la productivité
et une baisse des coûts jusqu’à
30 % de gains de compétitivité. C’est pourquoi le plan prévoit
1,2 milliard d’euros pour la modernisation des PME et ETI dans les filières industrielles. Innover, c’est croire en l’avenir.
Et c’est le rôle de l’État que de soutenir l’innovation dans
des moments où les industries pourraient être tentées de réduire leurs dépenses pour parer au plus pressé. Ce serait une erreur qui empêcherait notre renaissance industrielle sur le long terme. Avec 20 milliards d’euros sur
les cinq prochaines années, le quatrième Plan d’investissements d’avenir aura pour objectif de développer les technologies pour favoriser une croissance durable et développer l’écosystème numérique.
Quant à la transition environnementale, elle aide à réduire nos émissions de gaz
à effet de serre et à relocaliser
les sources d’énergie, ce qui assure une indépendance à notre industrie et au pays tout entier. C’est particulièrement vital quand on vit des moments de tensions comme aujourd’hui.
Les entreprises éligibles définies, que va-t-il se passer ? Sur quels critères la puissance publique va- t-elle accorder des fonds, et comment les qualifier ? Aide, participation, prêt, compensation ?
Concernant le volet national, le financement apporté par l’État intervient sous forme de subventions à l’investissement et s’inscrit dans le cadre de la réglementation européenne des aides publiques aux
entreprises. Nous avons choisi des subventions qui vont contribuer immédiatement au financement de l’investissement de l’entreprise. Les projets attendus doivent
être d’au moins 200 000 euros pour les secteurs aéronautique et automobile et d’au moins
1 000 000 d’euros pour les autres secteurs stratégiques. Ils doivent être innovants, favoriser la transition énergétique et s’inscrire pleinement dans la stratégie du plan de relance et de la relocalisation.
En outre, un volet territorial
est également prévu pour accompagner des projets de plus de 200 000 euros de tous les secteurs.
Nous soutiendrons des projets viables et pérennes. Tous les dossiers envoyés seront examinés jusqu’à épuisement des moyens financiers affectés en 2020 et
des vagues suivantes d’appels à projets seront lancées en 2021 et 2022.
Quel contrôle votre ministère va-t-il exercer sur l’emploi des sommes ?
Nous instruisons les projets en amont et vérifierons leur bonne réalisation. C’est tout le travail qu’effectuent quotidiennement Bpifrance et la Direction
générale des entreprises, tant ex-ante, comme sur les risques de blanchiment par exemple, ou de financement du terrorisme, qu’ex- post, sur la bonne réalisation des investissements dans des sites pressentis ou le contrôle des factures des équipements.
Mais nous ne voulons pas complexifier inutilement les processus. Le but est que les décisions soient rapides et les investissements rapidement réalisés.
vous avez cité les premiers secteurs vers lesquels se tourne votre action : outre l’usine de vaccins Sanofi
qui devait être érigée à Singapour et le sera en France (vous le confirmez ?), vous pensez, dites-vous à l’électronique, au textile.
en tout, avez-vous dit avant l’été, plus de trente dossiers sur votre bureau. Depuis,
que s’est-il passé ? où en sont-ils ? Quelles entreprises pouvez-vous nous citer qui ont entrepris l’effort de relocalisation ?
Plus de 3 600 entreprises industrielles ont déjà manifesté leur intérêt pour au moins un
:
en couverture
entreprendre & innover
Pour la première fois, nous mettons en place la compensation du surcoût de l’énergie décarbonée par rapport aux énergies fossiles, sous la forme d’une aide au fonctionnement.
    de nos dispositifs de relance.
Je rappelle que l’industrie, c’est
33 000 entreprises. C’est le
témoin d’une véritable envie de développer l’activité dans nos territoires et des opportunités
que sont prêts à saisir nos industriels malgré les difficultés conjoncturelles.
Des projets sont déjà en marche. Le 15 octobre, avec la région Bourgogne-Franche-Comté,
nous avons par exemple dévoilé 30 lauréats qui représentent
20 millions de subventions pour plus de 100 millions d’euros d’investissements productifs.
De la production de matériel de santé, aux technologies hydrogène en passant par du soutien à des projets de création d’emplois
dans l’industrie en général.
Parmi ces premiers lauréats, nous recensons plusieurs projets de relocalisation, comme l’entreprise SIS dans la maroquinerie qui va relocaliser en France une partie de la production de composants ou d’accessoires nécessaires à la fabrication de sacs ou articles de maroquinerie. Quarante emplois seront créés grâce à ce projet.
enfin, madame la ministre, comment concilier de telles relocalisations et l’exigence environnementale du gouvernement ?
des solutions en matière de transition énergétique. Car
c’est dans l’industrie que seront mises au point les solutions pour décarboner les transports, la construction ou l’agriculture.
Les relocalisations elles-mêmes favorisent des circuits plus courts et donc un coût carbone moindre. Surtout, elles permettent de réduire notre empreinte carbone en produisant selon des niveaux d’exigence environnementale nettement plus élevés que
dans beaucoup d’autres pays, notamment en Asie.
Ensuite, nous allons porter
des projets qui favorisent la décarbonation de l’industrie.
Le plan de relance consacre
1,2 milliard d’euros d’ici à 2022 à cet objectif. Ce soutien passe par deux appels à projet ambitieux. Le premier porte sur l’investissement dans des procédés industriels moins émetteurs, par exemple en améliorant l’efficacité énergétique. Le second porte sur l’accès à
une chaleur décarbonée pour l’industrie. Pour la première fois, nous mettons en place
la compensation du surcoût de l’énergie décarbonée par rapport aux énergies fossiles, sous la forme d’une aide au fonctionnement.
Ce n’est donc pas une histoire de conciliation, ce sont au contraire deux ambitions inséparables. ProPoS reCUeILLIS
J’ai l’habitude de dire que l’industrie, c’est 20 % des émissions de CO2 et 100 %
PAr oLIvIer mAGnAn ecoreseau.fr novembre 2020 | 21
]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
150 ans de délocalisation oLIvIer mAGnAn machines à découdre
Des définitions qui expriment une co
 On en parle depuis peu, on la remet en cause, mais le phénomène
n’a rien de nouveau ! C’est dès 1867
que l’américain Singer, champion de la machine à coudre, s’est dit que confier le montage de ses machines à des ouvriers écossais abaisserait le prix de revient, malgré le transport. Eastman Kodak trouve l’idée juste. Ford aussi. Dès le début du xxe siècle, le roi capitaliste de la chaîne qui abaisse les coûts exporte ses usines dans des pays à bas coût de main- d’œuvre.
Délocaliser (en anglais off-shoring), rien de plus simple : transfert
par une entreprise d’activités, de
capitaux et d’emplois dans des régions du monde qui lui offrent
un avantage compétitif par des coûts abaissés (main-d’œuvre,
accès aux ressources naturelles, fiscalité allégée, réglementations sociale et environnementale
moins contraignantes), un pôle
de compétence technologique,
du personnel plus qualifié, des infrastructures adaptées ou tout
un environnement plus attrayant pour des experts dans leur domaine. Mais dans une deuxième acception, la délocalisation désigne aussi « le recours à la sous-traitance proposée par une société étrangère afin de fournir des biens auparavant produits localement ».
• Dans Délocalisations, aurons-
nous encore des emplois demain ? (Seuil, 2005), Philippe Villemus voit la délocalisation comme « la séparation entre les lieux de production et de consommation. Autrement dit, les
Revenir au made in France, relocaliser pour conserver ou rétablir l’indépendance économique et industrielle nationale... Autant de rengaines qui gagnent en ampleur et en écho au fil des mois, en particulier dans le contexte de crise sanitaire internationale. Si l’opinion publique semble majoritairement favorable au rapatriement de moyens de production en France, si
le gouvernement a fait le choix de soutenir cette dynamique, la relocalisation n’est pas pour autant une solution miracle. Derrière le fantasme, une montagne d’enjeux et de questions. Qui
• À partir des années 1960, le Japon du yen délocalise vers l’Asie du won Mais c’est au tournant des années 1980 que le Soleil levant, dont la devise se hausse, se lance dans une vague d’internationalisation. D’un côté ses grandes entreprises clientes se délocalisent vers l’Occident,
de l’autre la production sur le sol japonais se renchérit : le pays voit son historique système de fourniture/ sous-traitance restructuré.
• En 2014, le bilan des délocalisations françaises inquiète déjà les économistes depuis des années Cette année-là, Le Figaro souligne que la délocalisation détruit 36 000 emplois en moyenne par an en France. « En période de croissance, le secteur de l’emploi est touché par une perte de 20 000 personnes et, en récession, c’est 60 000 emplois de perdus. Des secteurs comme celui de l’automobile ont supprimé plus de 100 000 emplois en l’espace de dix ans à cause de la délocalisation. » n
produits sont fabriqués dans un
lieu différent de celui où ils sont consommés ». Il rejoint en cela par Jean Arthuis (1993) : « Les délocalisations industrielles consistent à séparer
les lieux de production ou de transformation de marchandises des lieux de consommation. »
• Brahim Labari, sociologue marocain, souligne « la multiplicité des formes voisines, comme les investissements directs étrangers ou la prise de participation dans une entreprise locale. La délocalisation tient aussi
au secteur d’activité concerné. La différence existe entre une filiale d’une grande entreprise de fabrication des ordinateurs et une unité des costumes ou des jouets. L’impact est inégal que ce soit en termes d’emplois perdus ici et gagnés là, ou en ce qui concerne la capacité de l’entreprise à faire face à la concurrence. »
• Dans Quand voyagent les usines (1985), Alain Wisner, ergonome
français, écrit : « La technologie
est une grande culture et non une science. Pour faire du transfert, il faut
 2 La relocalisation dans tous ses états
             C méritentréflexion.
’est l’une des grandes sa- tendance de la relocalisation s’accé-
tisfactions de Bercy en lère. Et le débat resurgit avec force, cette fin 2020 : les aides au motif d’une trop grande dépen- à la relocalisation indus- dance économique et industrielle,
trielle font fureur. Le dispositif, vis-à-vis notamment des pays asia-
calisations, cela ajoute une dose de patriotisme économique sur un problème purement indus- triel et cela laisse entendre qu’il faudrait relocaliser parce que nous avons vécu des situations de pénurie. » Or, la situation était, par définition, exceptionnelle. L’extrême tension de l’offre fut causée par une demande anormale et extraordinaire. Le meilleur exemple étant la pénurie de masques, qui aujourd’hui n’est plus un problème maintenant que l’éco- nomie a réagi.
Autrement dit, la crise sanitaire et économique actuelle est loin d’être le prisme idéal pour juger le phénomène de relocalisation.
Pour ce faire, mieux vaut prendre du recul, regarder le tableau d’en- semble, d’hier à aujourd’hui. Quels sont les véritables causes, enjeux et opportunités de la relocalisation ? Le premier constat, qui pose le dé- cor, nous est offert par notre éco- nomiste : « Le fait générateur de la relocalisation, par définition, c’est qu’il y a eu délocalisation au préa- lable. Dès lors, la vraie question est de savoir quels ont été les motifs de cette délocalisation. »
Économie fragmentée
Il s’agirait donc se s’interroger sur les causes des délocalisations pas- sées, pour pouvoir discriminer une bonne idée de relocalisation de ce
 doté d’un milliard d’euros, a déjà séduit 3 600 projets de demande de financement d’une ligne de production en France, en attente de traitement et de sélection par la Bpi (Banque publique d’inves- tissement). Entre 2015 et 2018, la Fondation européenne pour l’amé- lioration des conditions de vie et de travail n’avait recensé que 253 cas de relocalisations en Europe. Entre 2014 et 2018, la Direction générale des entreprises (DGE) en a dénom- bré 98 en France. C’est certain, la
tiques, supposément révélée par le manque de matériel sanitaire en début d’année. Mais cette interdé- pendance internationale ne date pas d’hier et participe de l’essence même de nos économies globali- sées et fragmentées.
Selon Sarah Guillou, économiste et directrice adjointe du Département innovation et concurrence à l’Observatoire français des conjonctures écono- miques (OFCE) : « La crise sani- taire parasite le débat sur les relo-
22 | novembre 2020 ecoreseau.fr
m
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[en couverture
entreprendre & innover
 mplexité
Les gagnants, les perdants
On a tendance à distinguer les pays qui subissent les délocalisations, qui perdent leurs centres de
production. Ce sont en général les pays industrialisés : Europe Occidentale ou États-Unis. Et ceux qui bénéficient des délocalisations, en général les pays émergents. Mais les premiers, qui en retirent des avantages concurrentiels, bénéficient aussi d’installations, comme la France avec l’usine Toyota
à Valenciennes. En revanche, les annonces de retrait récents de telles implantations comme Bridgestone créent de véritables séismes dans les bassins concernés. n
Certains services sont à leur tour concernés par la délocalisation
un émetteur et un récepteur, et si le récepteur ne peut pas avoir le même langage, la même compréhension que vous, il n’y aura pas de transfert », (anthropotechnologie).
• Enfin David Ricardo, économiste anglais, met en avant la théorie des « avantages comparatifs » : « Chaque nation a intérêt à se spécialiser dans une production donnée pour être compétitive et, partant, jouer une carte gagnante dans le commerce international. » Cette spécialisation même que remettent en cause les tenants de la réindustrialisation française. n
qui n’en est pas une. En partant du principe qu’un « présupposé géné- ral envisage positivement la pers- pective d’augmenter les capacités de production françaises », Sarah Guillou nuance toutefois son ana- lyse : « On peut avoir une grille de lecture qui consisterait à dire qu’il y a plusieurs motifs distincts de délocalisation, le plus souvent, ce sont des motifs de coûts de produc- tion. » Pas de secret, quand l’herbe demeure plus verte – et surtout moins coûteuse – ailleurs, les en- treprises ne se font pas prier pour aller y jeter un coup d’œil.
Historiquement, et logiquement, le coût du travail se révèle plus élevé en France que dans les pays où l’on a délocalisé. La représentante de l’OFCE schématise : « Le contexte fiscalo-réglementaire français est construit de telle sorte que la fisca- lité, défavorable au travail et au ca- pital et favorable à la R&D, a poussé les entreprises à faire leurs arbi- trages et à aller produire ailleurs à moindre coût, en se concentrant sur la R&D en France. » Une sorte d’« industrie sans usine », motivée par la forte taxation du travail peu qualifié, relativement à d’autres pays, et qui a conduit la politique et la culture industrielle française
T
d’importantes infrastructures
                durant des dizaines d’années. À tel point que « la France est moins manufacturière que d’autres pays d’Europe », avance Sarah Guillou.
En conséquence, les délocalisa- tions, au sens strict, s’expliquent aisément. Ce qui conduit naturel- lement à s’interroger : si les motifs principaux des délocalisations, prédécesseures inévitables des re- localisations, s’avèrent les coûts de production, la donne a-t-elle chan- gé aujourd’hui ? La relocalisation apparaît-elle rationnelle sur le plan financier et économique pour les entreprises ? Il est certain qu’après des décennies de règne du para- digme de la mondialisation et de la fragmentation de la chaîne de valeur, une relocalisation généra- lisée n’est pas envisageable. « L’État ne cherche pas à relocaliser toute la chaîne de valeur, cela serait ana- chronique et même stupide au vue de ce que l’on sait aujourd’hui des chaînes de production », explique Sarah Guillou. La relocalisation doit ainsi concerner des maillons de cette chaîne de valeur mondia- lisée.
Relocalisation, délocalisation
et localisation
Outre le motif « coûts de produc-
tion », il faut également distinguer un motif de délocalisation naturel- lement légitime : l’accès à un nou- veau pays et à un marché étranger. Dans le cas d’une expansion d’une entreprise à l’international, l’ins- tallation de moyens de production hors des frontières nationales ap- paraît naturelle, et non synonyme de départs d’actifs dommageables. Selon notre économiste : « On confond souvent la délocalisation motivée par des coûts avec l’expan- sion à l’étranger, qui correspond à une localisation de la production vitale pour les entreprises qui se développent. »
En résumé, on parle ici de loca- lisation de la production, et non de délocalisation des moyens de production. Dans ce cas de figure, l’entreprise n’a aucune raison de rapatrier ses actifs en France ou de fermer ses usines à l’étranger, qui participent à son rayonnement. Mais le distinguo n’est pas toujours si évident. Certes les délocalisa- tions permettent de substituer des moyens de production moins coû- teux aux usines françaises, mais les entreprises peuvent dans le même temps localiser pour s’étendre et saisir de nouvelles opportunités à l’étranger. « Une imbrication des motifs qui complique l’adoption
d’une position générique et arrê- tée sur le bienfondé des relocali- sations », estime Sarah Guillou. Une chose est sûre, nous pouvons compter sur les entreprises pour faire leurs habituels calculs coûts/ bénéfices et de les mettre en ba- lance avec les risques et les oppor- tunités d’une relocalisation. Avec l’idée qu’aujourd’hui, le bénéfice en termes d’image et de discours d’en- treprise n’a rien de négligeable : il est de bon goût d’annoncer un rapatriement de production en France.
Mais rien n’est gratuit, faire pen- cher la balance des dépenses vers la relocalisation de la production peut notamment impliquer une baisse des investissements en R&D, que l’on sait être le nerf de la guerre pour les entreprises. Ceci étant dit, le grand enjeu de la relocalisation apparaît être l’attractivité de la perspective pour les entreprises. Et l’État semble l’avoir compris. Il y a du revirement dans l’air.
Cultiver le tissu productif
Nous avons admis que s’il s’agit d’augmenter les capacités de pro- duction en France et de créer de la valeur et des emplois sur le terri-
out dépend de la disponibilité
cette tendance : services d’assistance technique par exemple, fournis aux clients américains qui ignorent la localisation de leur appel. En France, Axa ou Société générale ont délocalisé leur comptabilité en Inde, British Airways et Swissair leurs activités de réservation... n
de communication, conséquence
du développement des télécommunications et d’Internet à la fin des années 1990. L’informatisation de nombreux services a rendu possible leurs délocalisations vers des pays à bas salaires. Au premier rang desquels figure l’Inde, première bénéficiaire de
  ecoreseau.fr novembre 2020 | 23
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
toire, personne ne saurait véritable- ment s’opposer à la relocalisation. Reste à répondre au comment, à rassembler suffisamment de cer- titudes pour penser que les entre- prises auront intérêt à le faire. L’un des principaux points de blocage, entre les entreprises et le marché français, réside dans la pression fiscale sur les entreprises. Comme l’explique l’économiste de l’OFCE, « cela fait des années que l’industrie réclame, à plus ou moins juste titre, l’allègement des impôts de produc- tion qui, relativement à d’autres pays, se révèlent très importants en France ». Les mesures récemment annoncées par le gouvernement sa- tisfont à ces exigences.
Il apparaît clairement qu’au travers de ce revirement, accompagné par l’instauration d’un fonds de reloca- lisation, l’État cherche à orienter le
comportement des entreprises en faisant en sorte qu’elles intègrent de nouvelles subventions et gains fiscaux dans leurs calculs coûts/bé- néfices, en cas de relocalisation. On n’a rien sans rien, si le gouverne- ment offre ces millions aux projets d’investissement en France, c’est qu’il attend un retour sur investis- sement, des emplois. À condition qu’il esquive les comportements opportunistes de certain·es. Mais les entreprises n’ont pas le mono- pole de l’opportunisme. Sans doute que ce revirement relève d’un dis- cours politique porteur sur le plan électoral, le made in France et les
relocalisations ont la cote. « Le changement de paradigme réside dans le fait de s’inquiéter de la fai- blesse des capacités de production françaises et de teinter cela d’une musique de patriotisme écono- mique en réponse à la peur suscitée par la crise », lance Sarah Guillou. D’autant plus qu’une relocalisation aujourd’hui pourrait, sans sombrer dans un scénario de science-fic- tion, voir des usines s’ouvrir avec des robots pour les faire fonction- ner. Bénéfique pour la balance de nos importations mais bien insi- gnifiant pour l’emploi...
Toujours est-il que les manœuvres
« La crise sanitaire parasite le débat sur les relocalisations, cela ajoute une dose de patriotisme économique sur un problème purement industriel »
pour rendre le marché français plus attractif pour nos entreprises fleu- rissent. Il faudra patienter pour les voir se matérialiser dans les capa- cités de production et pour juger de leur efficacité. En définitive, il s’agit avant tout d’en finir avec le fantasme autour de la relocalisa- tion qui, selon notre spécialiste, réside dans le suffixe « re ». Peu importe que certaines entreprises soient parties, le contexte a chan- gé. « L’enjeu d’aujourd’hui n’est pas de se contenter de faire revenir ceux·celles qui ont fait le choix de partir, mais plutôt de faire naître des capacités de production en ren- dant le tissu productif plus attractif et dynamique, conclut Sarah Guil- lou, pour construire le futur, on doit partir de là où l’on est et non vouloir effacer le passé. »
ADAm beLGHITI ALAoUI
Sans doute l’une des obsessions du moment pour le gouvernement : les relocalisations. Si bien qu’il n’a pas hésité à inclure dans son plan « France Relance » la baisse de 10 milliards d’euros des impôts de production. Une nécessité pour le président de la République Emmanuel Macron qui scandait en début de confinement :
« Il y a des biens et des services qui doivent être placés en dehors du marché [...] nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà, une France, une Europe souveraine », relocaliser pour plus de souveraineté et donc moins de... dépendance. Mais l’encouragement de l’État à revenir – car toute relocalisation sous-entend qu’il y a eu à l’origine délocalisation – apparaît-il suffisant ? Analyse en compagnie de deux entreprises qui ont fait le choix de la relocalisation partielle, Lucibel et Biosynex. GeoFFreY WeTZeL
    3 À quoi ressemble une relocalisation en France ?
Un certain nombre d’en- treprises n’ont pas atten- du le réveil du gouver- nement pour entamer
un processus de relocalisation. Et ce n’est pas Lucibel qui dira le contraire. L’entreprise spécialisée en technologie LED a décidé en 2014 – un monde encore étranger au syndrome Sars-CoV-2 –, de fer- mer son usine en Chine. Sacrifier Shenzhen au profit de Barentin, commune située en Normandie. Six ans plus tard, en pleine crise sanitaire, Biosynex, société qui s’occupe notamment de la fabri- cation de tests de diagnostics en tout genre – grippe, angine, VIH et bien sûr covid, etc. – choisit de relocaliser une partie de sa produc-
tion, celle de l’assemblage de ses tests de dépistage de la covid-19. À Illkirch-Graffenstaden, retenez au sud de Strasbourg, en Alsace. Pourquoi ? Frédéric Granotier, pré- sident et fondateur de Lucibel, et Larry Abensur, PDG de Biosynex, nous expliquent les raisons qui ont motivé leur choix, les obstacles et les retombées de ce processus de relocalisation.
Abaisser les coûts
du transport et promouvoir le made in France
Pour le patron de Lucibel Frédéric Granotier, plus possible de pour- suivre l’aventure chinoise : « C’était très compliqué de gérer une usine en Chine, nous avons été victimes
d’atteinte à la propriété intellec- tuelle, des copies de brevets se sont retrouvées chez nos concurrents avec la complicité parfois de nos propres salarié·es chinois·es. À côté de ça, les ouvrier·ères en Chine ne respectaient pas toujours le pro- cess qualité défini par le groupe Lucibel », déplore-t-il. Un calvaire qui a donc pris fin en 2014. Re- localiser a aussi permis à l’entre- prise technologique de diminuer les coûts du transport et les délais (six semaines d’acheminement par bateau entre la Chine et la France). De plus, « faire venir nos produits par avion constituait un non-sens à la fois économique, environ un tiers de notre marge brute était englouti par le transport aérien,
et écologique », explique Frédéric Granotier. De son côté, Biosynex a fait face à un afflux de demandes en France, « nous avons été forte- ment sollicités, c’est pourquoi nous avons relocalisé l’assemblage de nos tests covid, ce fut une oppor- tunité stratégique, on manquait de tout en France, il y avait un réel enjeu », décrit Larry Abensur. Et c’est ce manque de tout – et surtout de médicaments – qui a conduit le gouvernement à prôner des mou- vements de relocalisation, pour les laboratoires pharmaceutiques français par exemple.
Relocaliser, c’est aussi avoir la mainmise – du moins un meilleur contrôle – sur la chaîne de pro- duction. Essentiel de ne pas « dé- pendre d’un fournisseur en par- ticulier [...] aujourd’hui, environ 50 % de notre activité se révèle – en partie – produits en France ; dont 10 à 15 % intégralement made in France », souligne le président de
« Faire venir nos produits par avion constituait un
non-sens à la fois économique, environ un tiers de notre
marge brute était englouti par le transport aérien, et écologique », Frédéric Granotier, président-fondateur de Lucibel
24 | novembre 2020 ecoreseau.fr
     ]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[                                 Unir nos forces pour l’investisseur d’aujourd’hui et de demain
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   ]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[         entreprendre & innover
en couverture
à l’équipement robotique de Bio- synex.
Et si c’était le bon moment pour se lancer ? D’un côté, le gouverne- ment entend montrer son soutien aux entreprises via la baisse des impôts de production, de l’autre, une entreprise a-t-elle intérêt à chambouler toute ou une partie de son activité en pleine crise, d’autant plus marquée par des sursauts sa- nitaires ? Larry Abensur voit d’un très bon œil cette réduction d’im- pôts de production, et son entre- prise a bénéficié de « subventions de la région Grand Est à hauteur
relocalisation.
Deux entreprises, deux patrons,
qui ne regrettent absolument pas leur décision. Toutes deux tendent à cultiver leur ancrage en France sans penser toutefois 100 % made in France. Pour Biosynex par exemple, si la relocalisation récente découle d’une opportunité liée à la crise sanitaire, demain – et on l’espère –, les tests covid devraient se réduire, mais derrière, « nous envisageons l’assemblage d’autres types de tests en France comme celui de la grippe ou d’autres mala- dies amenées à perdurer », souligne
              Biosynex, Larry Abensur. Ce tam- pon estampillé fabriqué en France, le fondateur de Lucibel est lui aussi « fier de le promouvoir », gage sans doute de qualité, conscient aussi de la nécessité de « se rapprocher des client·es français·es et euro- péen·nes. » Voilà pourquoi Frédéric Granotier a opté pour Barentin. La relocalisation s’est opérée au sein d’un ancien site industriel de Schneider Electric (environ 12 400 mètres carrés).
Des obstacles
et la nécessité
de se ré(organiser) Relocaliser, peut-être, mais aucune entreprise ne se détourne de son objectif initial – pas forcément le seul mais condition sine qua non de pérennité –, celui de la recherche du profit. D’où la volonté de modi- fier sa chaîne de production pour éviter que relocalisation rime avec fardeau. Chez Biosynex, place donc à l’automatisation : « Avant, notre production était semi-automatisée, désormais elle le sera totalement. Une manière pour nous de rester compétitifs », précise Larry Aben- sur. Idem pour Lucibel, qui a dû procéder à un « reengineering com- plet ». Frédéric Granotier avance que son entreprise a retravaillé la « conception de ses produits en simplifiant leur fabrication et leur assemblage ». Résultat, Lucibel a vu le temps moyen d’assemblage d’un luminaire Tubular passer de 30 minutes, lorsqu’il était fabriqué en Chine, à 10 minutes pour une fabrication en Normandie.
Lucibel ou Biosynex, toutes deux plaident davantage pour une relo- calisation partielle et non totale. Produire en France et vendre en France a du sens pour les biens haut de gamme, « où la présence d’une forte valeur ajoutée pourra justifier l’élaboration de prix plus élevés », illustre le PDG de Biosynex. Dif- ficile en revanche de lutter face à ses concurrents en produisant « les entrées de gamme » sur le sol fran-
çais, estime Frédéric Granotier. Deux entreprises qui veulent donc renforcer leur mouvement de re- localisation, mais qui n’en restent pas moins conscientes des limites d’une production 100 % française. Pour Lucibel, la fermeture de l’usine en Chine en 2014 a aussi dé- bouché sur des imprévus : « Nous avons été surpris du niveau des coûts de la CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) et de la CFE (Cotisation foncière des entreprises) à Barentin », concède le fondateur de l’entreprise de LED, qui regrette également « la baisse des droits de douanes pour les im- portations de produits chinois, un obstacle à la fabrication de produits français ».
Des retombées positives
Il a fallu accompagner ces reloca- lisations, c’est pourquoi les deux entreprises françaises ont embau- ché. Dans les locaux de Biosynex « nombre d’intérimaires ont d’abord participé à l’assemblage des tests de diagnostic covid afin de soute- nir la demande accrue au plus fort de la crise sanitaire », mais à partir de novembre-décembre, « une di- zaine de personnes devraient être embauchées chez nous, un person- nel alors plus qualifié et pour des contrats de plus long terme. Non négligeable puisque – globalement – nous sommes entre 180 et 200 salarié·es », chiffre Larry Abensur. Même son de cloche chez Lucibel où la relocalisation a bénéficié à la main d’œuvre locale. Car mal- gré la ruralité du territoire, « nous n’avons pas rencontré de difficul- tés à trouver une main d’œuvre qualifiée, je suis très satisfait, les gens en Normandie ont un goût de l’effort et veulent travailler », décrit Granotier qui encore aujourd’hui « ne regrette pas sa décision de s’être relocalisé à Barentin ». Sans compter les effets indirects et bé- néfiques qu’entraîne une relocali- sation pour d’autres entreprises, à l’instar de celles qui ont participé
« Avant, notre production était semi-automatisée, désormais elle le sera totalement. Une manière pour nous de rester compétitifs »,
Larry Abensur, PDG de Biosynex
    26 | novembre 2020 ecoreseau.fr
de 450 000 euros ». Pour Frédéric Granotier, c’est le « bon moment pour relocaliser. Il y a eu comme une prise de conscience de la part de la population, qui semble s’attacher davantage au made in France ». Le gouvernement doit poursuivre son effort d’accompagnement pour rendre effectifs d’autres projets de
Abensur. Reste à savoir si toutes les entreprises peuvent se « per- mettre » une relocalisation, pensez notamment à l’univers très concur- rentiel du textile... Qu’importe, la machine est en route. Et s’apprête à faire demi-tour pour la France. GeoFFreY WeTZeL
Marc Brière, Président du directoire Arkéa Capital
« Le secteur financier est au cœur du logiciel de relocalisation »
Comment soutenir
la relocalisation ?
Pour mieux relocaliser, il faut d’abord soutenir la dynamique des entreprises installées. C’est en effet la densité d’un tissu existant qui attirera d’autres projets. Je pense qu’il est important d’aider les managers à garder les commandes
de leurs entreprises, pour conserver les centres
de décision en région,
les sièges, les sites de production, les expertises, la matière grise et l’emploi pour continuer à développer les territoires. Par exemple, nous accompagnons
avec Arkéa Capital le groupe Le Graët, dans l’agro-alimentaire, Paprec, dans le recyclage, Armor, spécialiste de solutions d’impression, Sermeta, dans les échangeurs thermiques, Vivalto Santé et le Groupe Legris. ABEI (Arkéa Banque Entreprises
et Institutionnels),
autre entité du groupe, accompagne Ecomiam dans le surgelé produit en circuits courts. Nous ne sommes pas seuls. Avec la région Bretagne et la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), nous nous sommes alliés pour permettre à des agriculteur·rices de développer leur outil de production.
Quels sont les axes
de progrès ?
Le secteur financier est
au cœur du logiciel de relocalisation, en première ligne pour faire pivoter nos systèmes économiques vers la durabilité́ et l›inclusivité à partir des territoires. Chez Arkéa, nous vivons comme une banque « à impact », citoyenne, responsable au cœur
de son environnement.
Il ne peut plus y avoir de
performance financière sans performance extra- financière. Nous avons déjà plusieurs outils, comme la Filière transition environnementale d›ABEI, le lancement des crédits à impact positif...
Ensuite, les organisations prospères et résilientes dans la durée sont
celles qui auront intégré l’engagement sociétal dans leur stratégie. Au-delà d’une éthique ou d’une conscience, c’est bel et bien une question de survie business. L’engagement des dirigeant·es dans la société n’est plus une option mais un sujet de responsabilité et de performance, et
les entreprises qui s’en sortiront le mieux demain auront engagé cette transition.
ProPoS reCUeILLIS PAr PATrICe remeUr
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[                      dans la gestion de votre entreprise.
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]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
4 Les firmes délocalisées
en couverture
  un peu partout dans le monde...
et qui ne se relocaliseront jamais
La crise de covid a mis en évidence l’interconnexion économique entre tous les pays du monde. Mais ce sont bien les multinationales qui représentent le mieux ce constat. Quelles sont-elles, à qui « appartiennent »-elles, combien pèsent-elles ?
Ce sont désormais des firmes-monde qui ne rejoindront jamais
leur pays d’origine. JeAn-bAPTISTe CHIArA
 états-unis
THe CoCA CoLA ComPAnY
Siège social : Atlanta, États-Unis
Création : 1892
Activité principale : boissons
Slogan : « Refresh the world » [Rafraîchissons le monde]
effectif : Plus de 700 000
CA 2019 : 32,5 milliards d’euros
Capitalisation : 201 milliards d’euros
Principaux actionnaires : Berkshire Hathaway (9,31 %), Vanguard Group (7,06 %), Capital Research & Management (5,41 %), SSgA Funds Management (4,29 %)
900 usines tenues par 225 partenaires
Les principaux regroupements :
Coca-Cola european Partner (UK) – Europe de l’Ouest
Coca-Cola Hellenic bottling Company (Suisse) – Europe Centrale et de l’Est
Coca-Cola FemSA (mexique) – Amérique Latine ArCA Continental (mexique) – Mexique, Argentine, Équateur, Pérou, États américains frontaliers Coca-Cola Amatil – Asie Pacifique
Swire beverages (Hong Kong) – Chine, Taïwan et Côte ouest des États-Unis
  amérique du sud
CemeX
Siège social : Monterrey, Mexique Création : 1906
Activité principale : fabrication de ciment et béton
Slogan : « Just one day without accidents... today » [Un seul jour sans accident... Aujourd’hui]
effectifs : 40 640
CA 2019 : 11 milliards d’euros Capitalisation : 4,9 milliards d’euros Appartenance : Vanguard Group (3,32 %), BlackRock (2,32 %), Norges Bank (1,88 %) 65 usines de ciment : Mexique (15), États- Unis (11), Amérique du Sud (15), Europe (20),
Asie et Moyen-Orient (4)
1 427 usines de béton : Mexique (250), États- Unis (333), Amérique du Sud (99), Europe (663), Asie et Moyen-Orient (83)
262 carrières : Mexique (12), États-Unis (60), Amérique du Sud (22), Europe (159), Asie et Moyen-Orient (9)
279 centres de distribution : Mexique (95), États-Unis (42), Amérique du Sud (45), Europe (74), Asie et Moyen-Orient (23) Usines dans 19 pays : Mexique, États-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Espagne, Pologne, Rép. Tchèque, Croatie, Colombie, Panama, Costa Rica, Jamaïque, Philippines, Égypte, Israël, Barbados, Trinidad y Tobago, Puerto Rico
28 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[suède
IKeA
Siège : Delft, Pays-Bas
Création : 1943
Activité principale : conception et vente de mobilier
Slogan : « Affordable for better living » [Un mode de vie meilleur pour pas cher] effectif : 217 000
CA 2019 : 41,3 milliards d’euros Appartenance : INGKA Holding détient les magasins et les usines, Inter Ikea Holding
B.V. détient les franchises et la marque, toutes deux sont installées au Pays-Bas. 374 magasins dans 30 pays
Sites de production : Pologne, Suède, Russie, Slovaquie, Chine, Portugal, France, Hongrie, Lituanie
Futures implantations de magasins : Chili, Pérou, Colombie, Philippines, Slovénie, Ukraine
france
SAnoFI
Siège : Paris, France
Création : 1973
Activité principale : Pharmacie et vaccins
Slogan : « Donner toute sa force à la vie »
effectif : 106 000
CA 2019 : 36,6 milliards d’euros
Capitalisation : 109,4 milliards d’euros
Principaux actionnaires : public (82,2 %), L’Oréal
(9,4 %), Blackrock (5,9 %)
73 sites industriels
Production : France, États-Unis, Belgique, Allemagne, Hongrie, Irlande, Turquie, Brésil, Chine, Singapour, Mexique, Canada
r&D : France, Allemagne, Belgique, Pays-Bas, États- Unis, Chine, Japon, Canada
renAULT
Siège : Boulogne-Billancourt, France Création : 1899
Activité principale : constructeur automobile Slogan : « La vie, avec passion »
effectif : environ 179 500
CA 2019 : 55,5 milliards d’euros
Capitalisation : 6,2 milliards d’euros
Principaux actionnaires : public (62,44 %), État français (15,01 %), Nissan (15 %)
7 centres de design : France, Roumanie, Brésil, Chine, Inde (x2), Corée du Sud
40 sites de production et 46 centres d’ingénierie dans 16 pays : France, Portugal, Slovénie, Espagne, Russie, Roumanie, Turquie, Mexique, Colombie, Brésil, Argentine, Chili, Chine, Maroc, Israël, Algérie, Corée du Sud, Inde
réseau commercial : 10 898 sites commerciaux dans le monde entier
CORÉE DU SUD
SAmSUnG eLeCTronICS
Siège : Séoul, Corée du Sud
Création : 1938
Activité principale : électronique
Slogan : « Do what you can’t » [Réalisez ce que vous ne savez pas réaliser]
effectifs : 287 000
CA 2019 : 180 milliards d’euros
Capitalisation : 408 milliards d’euros
Principaux actionnaires : service de pension Coréen (10,9 %), Samsung Life Insurance (8,5 %), Samsung C&T (5,01 %), Lee Kun-Hee, président (4,18 %), Vanguard Group (2,16 %)
28 filiales en Corée du Sud
212 filiales hors Corée du Sud : fabrication, ventes, R&D
54 filiales aux États-Unis : New Jersey, Californie, Texas, Connecticut
66 filiales européennes : Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Slovaquie, Hongrie, Pologne
30 filiales en Asie (hors Chine) : Singapour, Australie, Philippines, Malaisie, Inde, Vietnam
34 filiales en Chine : Beijing, Hong Kong, Shanghai, Xian, Suzhou
28 sites de production et de vente combinés : Afrique, CIS, Moyen-Orient
en couverture
entreprendre & innover
     RUSSIE
GAZProm
Siège : Moscou, Russie
Création : 1989
Activité principale : énergie
Autres activités : téléphonie, finance, médias Slogan : « Les rêves deviennent réalité » effectifs : 473 800
CA 2019 : 88,6 milliards d’euros
Capitalisation : 71,7 milliards d’euros (2 019) Principal actionnaire : gouvernement russe (50,2 %) Production de gaz : Russie
Production de pétrole et raffinage : Russie, Irak, Serbie
Pétrochimie : Russie, Italie, Kazakhstan Prospection hydrocarbure : Bolivie, Irak, Grande- Bretagne, Pays-Bas, Ouzbékistan, Algérie, Vietnam, Libye
 ecoreseau.fr novembre 2020
| 29
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
La santé et son système, poids lourd français
Le système de santé français. Voilà bien une institution, une pierre centrale de l’édifice France, tantôt érigée en modèle international de couverture maladie, tantôt présentée comme un gouffre financier et un poids pour le budget national. Derrière la Sécurité sociale et la couverture quasi gratuite et universelle, pas de recette miracle, mais un système de financement et de pilotage caractéristiques. État des lieux.
société
 On présente souvent le modèle français comme l’un des meilleurs systèmes de santé au
monde. S’il est vrai que la France se distingue sur ce point, le think tank britannique Legatum Insti- tute n’a classé son système de santé qu’au... 16e rang de son classement annuel ! Qui se fonde sur : le taux d’obésité, la couverture vaccinale, la mortalité infantile, le nombre de médecins par habitant·e ou en- core l’espérance de vie. Singapour disposerait du meilleur système de santé, là où la France verrait la Suède ou l’Italie la dépasser. Reste que la part de la richesse nationale dédiée à la santé se révèle la plus importante de toute l’Union eu- ropéenne (11,3 % en 2019, soit 208 milliards d’euros), et de loin (+ 1,4 point par rapport à la moyenne européenne). Et cette part pro- gresse, + 2,1 % en 2019. La France s’affiche comme le pays de l’OCDE où les ménages sont le moins mis à contribution : 6,9 % de la consom- mation de soins et de biens médi-
caux (CSBM) sont à la charge des ménages en 2019. Jusqu’ici tout va bien, mais à y regarder de plus près, le système ne fait pas que des heu- reux·euses. En 2009, la satisfaction des citoyen·nes français·es vis-à-vis de ce dernier était de 82,9 % ; en 2019, elle tombe à 69,4 %. Malgré tout, le système français demeure remarquable, au sens propre. Et sa Sécurité sociale apparaît comme un savant mélange de deux grands modèles de protection sociale : le modèle bismarckien (en référence au chancelier allemand Otto von Bismarck, 1815-1898) et sa logique assurantielle, et le modèle beve- ridgien (du nom de l’économiste William Beveridge, 1879-1963) et sa logique assistancielle.
Un système
unique et solidaire
La Sécurité sociale à la française repose sur trois principes fonda- teurs : égalité d’accès aux soins, qualité des soins et solidarité. L’as- surance maladie offre à toutes et tous la possibilité de se faire soigner
selon ses besoins, quels que soient l’âge et le niveau de ressources. À l’archétype beveridgien, la « Sécu » empreinte ses trois U : universali- té de la protection – incarnée par la Couverture maladie universelle ou CMU, mise en place en 1999 –, uniformité des prestations et unité de gestion, en ajoutant des nuances, issues notamment du modèle bis- marckien : les cotisations sociales constituent le point d’entrée du sys- tème, les régimes de Sécurité sociale se retrouvent gérés par des caisses publiques et non directement par l’État. Côté particularités, le sys- tème français étend sa couverture à des populations non cotisantes (étudiant·es, retraité·es) et permet un maintien de l’aide sociale pour les personnes en insuffisance de ressources. Le qualificatif « soli- daire » sied bien au système fran- çais : près de la moitié des dépenses concernent seulement 5 % de la population. En 2019, le montant moyen des dépenses de santé s’élève à 3 102 euros par habitant·e, dont seuls 213 euros restent à charge.
Concernant la répartition de l’offre de santé, le système s’appuie sur trois types de structures de soins : ambulatoires pour les soins « de ville » (médecine générale, spécialistes, dentistes...), sanitaires pour la prise en charge hospitalière (hôpitaux publics, cliniques pri- vées) et médico-sociales pour les publics dits fragiles, âgés ou han- dicapés.
Difficile équilibre
Les dépenses de santé se divisent en trois gros morceaux. Au pre- mier chef les soins hospitaliers, qui représentent près de 50 % des dépenses (97,1 milliards d’euros en 2019). Viennent ensuite les soins de ville (56,5 milliards d’euros) et les médicaments (32,6 milliards d’eu- ros), le reste des dépenses, soit 21,8 milliards d’euros, s’avère diffus. À noter qu’à l’exception des dépenses médicamenteuses, le reste des com- posantes de dépenses enregistrent une progression par rapport à 2018. La « démographie » de ce coûteux système nous est donnée par l’Insee: 1 356 établissements hospitaliers publics, 681 établisse- ments privés à but non lucratif et 999 établissements privés à but lu- cratif. Pour un total de 395 693 lits et 77 291 places. Le personnel de santé se compose – entre autres – de 722 572 infirmier·ères, 226 859 médecins, 73 782 pharmacien·nes, 42 524 chirurgien·nes-dentistes, 22 941 sages-femmes, auxquel·les s’ajoutent plus d’un million de personnels non médicaux salariés dans les établissements de santé.
L’assurance maladie finance à près de 78 % le système de santé, via no- tamment les cotisations sociales et patronales, la contribution sociale généralisée (CSG) et autres taxes. Les mutuelles et complémentaires santé financent, elles, 13,4 % des dépenses. Au bout du compte, les dépenses excèdent les recettes. Un constat exacerbé en cette période de crise sanitaire. La dette sociale, qui rassemble les déficits des or- ganismes de Sécurité sociale, re- présente près de 10 % de la dette publique, et le déficit de la Sécu, plombé par la covid-19, devrait atteindre quelque 44,7 milliards d’euros fin 2020. Malgré l’orage et la tendance à la réduction des dé- penses de santé, le Ségur de la san- té, conclu en juillet 2020, prévoit 19 milliards d’euros d’investisse- ments dans le système, notamment pour revaloriser les métiers de san- té et recruter à l’hôpital public. Un moindre mal.
ADAm beLGHITI ALAoUI
La France s’affiche comme le pays de l’OCDE où les ménages sont le moins mis à contribution pour les dépenses de santé : 6,9 % de la consommation de soins et de biens médicaux sont à la charge des ménages en 2019.
   30 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[Profession vélotypiste !
Je tape les discours et les sous-titres en temps réel...
Vélotypie, écrire à la vitesse de la parole. Bien plus accessible que la langue des signes, la vélotypie a sans doute entamé son ère de gloire en pleine crise sanitaire.
littéralement « tape rapide ». De quoi susciter des vocations. Qui seraient les bienvenues tant les vélotypistes se comptent sur les doigts d’une main en France, al- lez de deux mains, et Dieu sait si les dix doigts comptent... « Une dizaine de vélotypistes exercent dans le pays, c’est un marché de niche », avance Sylvia Costy, gé-
propos d’autrui... d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une personnalité publique de renom. Pour ce faire, « des tests sont organisés par Pôle emploi pour juger les profils des candidat·es et mesurer s’ils·elles se révèlent aptes à devenir véloty- piste », révèle notre championne de la frappe.
Un métier de carrière
« Bien plus dans l’ombre que le·la chanteur·euse qui entre sur scène pour donner un concert... et pourtant le même stress », estime Sylvia Costy pour qualifier l’avant retranscription. Car tout se passe en direct. Pas vraiment le droit à l’erreur non plus. C’est pour- quoi il arrive que les vélotypistes perdent pied (ou main, plutôt): « Les imprévus peuvent arriver, honnêtement quand ça arrive, ma collègue à côté est là pour reprendre le fil, mais il n’y a pas toujours quelqu’un. Parfois, nous sommes confronté·es à des élocu- tions plus ou moins audibles, ça rend la chose difficile », avoue la vélotygraphe.
S’il y a bien un métier qui s’ap- prend sur le tas et pour lequel on devient de plus en plus à l’aise avec l’expérience, c’est celui-là. Plus on pratique, plus on acquiert d’assurance. On ne s’improvise
Souvenez-vous des allocu- tions du Président de la République Emmanuel Macron, moment durant
lequel vous étiez sans doute da- vantage focalisé·e sur le sous-ti- trage éclair des propos du chef de l’État que sur l’écoute du discours en lui-même ! À guetter les cor- rections et les raccourcis ! Vous avez aussi sans doute ri des fautes d’orthographe en direct et des hésitations lors du sous-titrage. Interdit de rire. Derrière, des vé- lotypistes qui n’ont pas le droit à l’erreur et tentent de retranscrire le plus fidèlement possible un dis- cours, présidentiel ou pas. Ana- lyse d’un métier encore mécon- nu jusqu’alors, mais promis à de hautes destinées. Éclairage prodi- gué avec Sylvia Costy, vélotypiste chez Voxa Direct.
Les vélotypistes en auraient presque oublié les traditionnels claviers Azerty – ou Qwerty, c’est selon – au profit de ce qui semble devenu leur plus fidèle allié : le clavier vélotype. Beaucoup plus rapide. Beaucoup plus pratique donc : possible d’appuyer sur plu- sieurs touches à la fois grâce aux lettres positionnées de façon sy- métrique. Il suffit parfois d’une frappe sur le clavier pour écrire
une syllabe, voire un mot entier, là où vous n’avez d’autres choix « que de taper lettre par lettre sur un clavier traditionnel », ex- plique Sylvia Costy, vélotypiste depuis... vingt ans. On doit l’in- vention du clavier en question à une société néerlandaise fondée par Nico Berkelmans et Marius Den Outer. En France, l’essor de la vélotypie a pris une tournure sans précédent en 2005, année marquée par l’adoption de la loi pour « l’égalité des droits et des chances, pour la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ». Les demandes de sous-titrages ont alors explosé. Les vélotypistes s’adressent avant tout aux « huit millions de per- sonnes sourdes et malentendantes présentes en France », chiffre Syl- via, car toutes ne « maîtrisent pas nécessairement la langue des signes ». Potentiel de la vélotypie, les conférences, les meetings, les réunions...
Aucune formation requise... mais des
qualités attendues
La crise sanitaire et les régulières allocutions présidentielles qui l’ont accompagnée ont mis en lu- mière la pratique de la vélotypie,
Bien plus dans l’ombre que le·la chanteur·euse
qui entre sur scène pour donner un concert... et pourtant le même stress – Sylvia Costy, Voxa Direct
l’œil décalé
entreprendre & innover
     Sylvia Costy
rante de Voxa Direct. Une forma- tion exigeante alors ? Non, pas de formation du tout. Du moins, pas encore : « On cherche des parte- naires pour trouver des finance- ments et ainsi créer une forma- tion, car il n’en existe aucune à l’heure actuelle », regrette Costy. Il n’existe pas non plus, dit-elle, « d’études standard pour travail- ler en tant que vélotypiste ».
Pas de formation certes, des qualités indispensables malgré tout. Pour se lancer dans le sec- teur, mieux vaut très bien maî- triser la langue française, savoir synthétiser, analyser, être doté·e d’une bonne mémorisation et surtout disposer d’une excellente culture générale pour s’imprégner de discours relatifs à des sujets multiples. Sans oublier l’exigence d’être capable de gérer son stress, jamais simple de parvenir à re- transcrire – de manière fidèle – les
pas vélotypiste : « Une personne m’a contactée pour faire de la vélotypie en complément d’autre chose, j’ai refusé. C’est un métier à part entière. Si vous ne le prati- quez pas régulièrement, vous per- dez en compétence, c’est comme un instrument de musique, vous deviendrez performant·e au bout d’un mois ou deux, mais réelle- ment compétent·e après 12 à 18 mois environ », argumente Syl- via Costy. Elle-même a appris le métier sur le tas. Bref, si vous cumulez les qualités énumérées supra, si vous cherchez un temps plein, si transcrire la parole d’un·e président·e ou d’un·e conféren- cier·ère ne vous donne pas un trop gros trac, il est peut-être l’heure de vous convertir au clavier bien tempéré...
GeoFFreY WeTZeL
ecoreseau.fr novembre 2020 | 31
]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
réseaux & influence Global Diwan est le premier club d’affaires
l’Afrique et le sous-continent in- dien. »
Global Diwan a été officiel- lement créé trois jours avant le début du confinement en France. Mais il n’est pas resté inactif, entre l’activation de divers ré- seaux, l’organisation de webi- naires, par exemple sur les fonds souverains des pays du Golfe, ou sur la Turquie... Le directoire compte déjà des membres de divers pays de la zone MENA, dont le Koweït et Oman, qui pré- sentent la particularité de pou-
partenaires, des financements, des associés... « 60 % de la popu- lation du monde arabe ont moins de 25 ans, ce qui représente un fort potentiel de développement pour la zone », souligne Karima Anbar, qui dirige le programme, forte de son expérience de huit années au ministère des Affaires étrangères (elle est également di- rectrice de la fondation Intisar, qui apporte un soutien psycho- logique aux femmes victimes de la guerre dans le monde arabe). « Les jeunes talents sont là. Et
à Paris pour les pays de la zone MENA
Ouvrir les portes du Moyen-Orient
La France et le Moyen-Orient entretiennent une relation longue et complexe. Et pourtant, il n’existait pas de club d’affaires à Paris où rencontrer les acteurs de la zone. Global Diwan, lancé juste avant le confinement en mars, vient combler ce manque.
Éric Schell est le fonda- teur de Global Diwan. Ce passionné d’Orient qui a consacré une partie
de sa carrière aux collectivités lo- cales avant de lancer, en 2000, son cabinet de lobbying à Bruxelles, a fondé LexisNexis The MENA business law review (MENA, appellation du FMI, désigne le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, et regroupe le Maghreb, les pays arabes – Israël en est exclu car rattaché, selon la nomencla- ture du FMI, à l’Europe). Il s’agit désormais de la principale mai- son d’édition juridique de la zone MENA. En découle la création du Paris MENA Legal club, dont l’objectif est d’établir la « rule of law » entre le droit anglo-amé- ricain et le droit continental. Et pour cause, les deux types se ren- contrent dans la zone.
« On s’est alors rendu compte qu’il n’existait pas à Paris de club, d’endroit de rencontre pour les pays de la zone MENA, alors que la France est l’une des portes d’entrée historiques de la zone, explique Éric Schell. C’est ain- si qu’a germé l’idée de fonder le Global Diwan. » Heureux choix ! Le diwan, un mot d’origine orien- tale (on le retrouve à la fois dans la culture arabe et dans la culture perse), est « le lieu où l’on se ren- contre pour parler et prendre des décisions importantes », conti- nue Éric Schell. Qu’à l’origine, à la manière du Moyen-Orient, de telles rencontres impliquaient la confortable installation des pro- tagonistes de ces réunions sur des sortes de « divans » moelleux explique l’origine de notre « di- van » !
 Il s’agit bien
d’un club d’affaires
Le Global Diwan inclut dans sa zone d’influence et d’échange, en plus des pays classiquement re- groupés sous l’application MENA, la Turquie et l’Iran. « La vision du club s’est concentrée sur les trois principales économies eu- ropéennes, en amenant la France, l’Angleterre et l’Allemagne à la table, décrit Éric Schell. Le Global Diwan n’est pas un club français, mais européen. Si échanger avec les deux Amériques ou l’Asie du Sud-Est, ou la Chine, n’est pas exclu, ce n’est pas non plus la priorité. Le Global Diwan répond également au désir d’en faire plus sur cet espace euro-méditerra- néen, et, en poussant un peu, vers
voir discuter avec tous les pays de la zone, de par leur position neutre. Le Global Diwan est bel et bien un club d’affaires, et non un think tank au sens classique. « À la différence d’autres clubs, les rencontres ne se font pas à l’occasion de grands dîners assis, mais plutôt lors d’apéritifs plus informels, dans l’esprit diwan, explique Éric Schell. Nous allons également organiser des voyages d’étude de 3 ou 4 jours, avec no- tamment des rencontres d’en- trepreneurs au programme, par exemple au Koweït, au Liban, en Égypte, en Irak... »
Réseaux et grandes écoles
La publication d’une newsletter, mensuelle, aide les adhérents à appréhender les marchés, leurs problématiques, leurs opportu- nités... Le club a lancé un pro- gramme, Diwan Young Leaders, il accompagne des jeunes, por- teurs de projets et d’ambitions, vers les trois capitales euro- péennes, pour identifier les nou- velles technologies, trouver des
nous pouvons également aider des entreprises françaises à la recherche de ces jeunes talents à trouver la perle rare. Pour les identifier, nous avons conclu un partenariat avec le ministère des Affaires étrangères, un autre avec HEC Qatar (un véritable hub régional pour la formation), un partenariat avec l’ENA dans le cadre de sa masterclass Lea- dership... Et nous faisons jouer nos propres réseaux locaux », dé- taille Karima Anbar.
En pratique, il existe deux mo- des d’adhésion au club, l’une pour les parrains, l’autre pour les membres. Et si, pour l’instant – pandémie oblige – les événe- ments restent principalement virtuels, à terme, « l’un des objec- tifs du club est de mettre sur pied un lieu physique permanent, une sorte de maison du Diwan à Pa- ris », projette Éric Schell. L’aven- ture du Global Diwan ne fait que commencer.
JeAn-mArIebenoIST
60 % de la population du monde arabe ont moins de 25 ans, ce qui représente un fort potentiel
de développement pour la zone –
Karima Anbar, Global Diwan
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entreprendre & innover
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Au festival
du Bruit qui pense
Il a beau sillonner le monde entier et porter un nom qui rime, à consonance, quoi, allemande, suédoise ? Ing-
mar Lazar est tout ce qu’il y a de français, né à Saint-Cloud. Son prénom porte une preuve d’amour, celui de ses parents : Ingrid, sa mère, Marius, son père. Une addition de syllabes ! Ou, déjà, de notes. Son pia- no-jouet de la petite enfance devient un vrai piano quand il a cinq ans. Ce curieux de la mé- canique de la beauté devient en moins d’un an un « prodige » du piano. Le voilà en public à Ga- veau à six ans !
Rencontrer le public
La suite de sa vie ressemble tel- lement à un tour du monde de concours et de prix, de concerts, de conservatoires, d’audito- riums, de scènes et de festivals que l’on a du mal à revenir en
France. Aux Mesnuls, Yvelines, en 2016, il réalise, gentiment, calmement, non pas un énième festival en smoking et paillettes, mais un rendez-vous de mélo- manes discrets attirés par ses amis artistes étrangers qu’il a promis de faire connaître en France. Ingmar, lui, veut trouver une plus grande proximité avec les auditeurs. Ne pas seulement entrevoir des publics plongés dans l’ombre. S’offrir le luxe de... parler avec des gens sim- plement amateurs de musique classique. « Le vrai mélomane doit profiter de la musique, me dit ce gourmand, mais le néo- phyte, plongé dans le mystère du bruit qui pense, a le droit que l’on brise la glace avec lui. » Alors le directeur artistique du festival oublie son clavier le temps d’une bienvenue au public et revient sur scène répondre aux vraies questions de cette proximité
En mars, à Louveciennes,
L’homme est calme mais l’énergie sourd de ce jeune homme de pas même trente ans. De Saint-Étienne à Salzbourg, de Boulogne-Billancourt à Munich ou de Colmar au fin fond de l’Asie, Ingmar Lazar enchaîne les concerts dans le monde entier, joue dans les plus grands orchestres, promène ses
dix doigts de virtuose du piano sous le tempo de chefs d’orchestre tel·les Julien Chauvin, Anna Duczmal-Mróz, Constantin Adrian Grigore, Jean-Jacques Kantorow, Nicolas Krauze, Vladimir Spivakov et... crée il y a cinq ans un festival en France. Il l’intitule Festival du bruit qui pense. C’est du Hugo ! Sa définition géniale de la musique : du « bruit qui pense ».
Il pensera, ce bruit, du 20 au 28 mars 2021 à Louveciennes, Yvelines. Petite immersion dans les préparatifs.
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Ingmar Lazar, lui, veut trouver une plus grande proximité avec les auditeurs.
Ne pas seulement entrevoir des publics plongés dans l’ombre.
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entreprendre & innover
     2016, Christoph Seybold & Ingmar Lazar
Ingmar Lazar
« Je veux que tous les arts dialoguent »
Quelle fut votre intention en créant le festival ?
Il existe quantité de concerts, partout, créés pour le même public. J’ai
vécu dans plusieurs pays d’Europe, rencontré des artistes de qualité, malheureusement peu connus en France. Je me suis fait ce pari : les inviter à participer à des concerts de qualité. Je n’imaginais pas, il y a cinq ans, que le Festival du bruit qui pense allait prendre pareille tournure. C’est une réussite artistique, peut-être l’une de celles dont je suis le plus fier. Partager mes coups de cœur pour des artistes français et étrangers.
À Louveciennes, la musique classique flirte avec la peinture et le théâtre...
J’ai voulu en faire un festival des arts, un lieu où tous les arts dialoguent. Cette année a vu l’exposition
des peintures et dessins d’Enny Huylebroeck autour de L’enfant et les sortilèges de Ravel, du théâtre autour de la même œuvre, un spectacle pour les tout-petits...
Penser à intégrer dans un festival d’adultes des plages destinées aux enfants (dès 9 mois !), c’est donner le signal d’un authentique souci
du jeune public, les mélomanes de demain.
À 3 ans, vos parents vous offrent un piano jouet. vous aurez envie de vous asseoir devant un vrai à 5 ans. est-ce à dire que vous recommandez aux parents l’achat d’un instrument, fût- ce un jouet ?
En tout cas, ça ne peut pas nuire. Pour moi, très bien, ça a fonctionné. Le déclic se produit ou pas. Pareil avec un spectacle musical : emmener son enfant, dès 5 ans, assister à un tel spectacle, même une comédie musicale, c’est lui donner la chance d’éprouver un choc, ou pas.
 2017, Quatuor Szymanowski
2018, François Salque
  2020, Ingmar Lazar & Patrick Poivre d’Arvor
2019, Haiou Zhang
Mesnuls des débuts, l’enveloppe n’avait pas dépassé de modestes 10 000 euros). Mais désormais largement « parrainé » par Lou- veciennes, il n’est pas autorisé à parler de la « générosité » des édiles. Lesquels investissent à leur mesure, avant tout par la mise à disposition des scènes et de la logistique nécessaire. La ville se dit largement comblée par l’image et la notoriété de l’événement. Il y aura donc du « bruit » dans Louveciennes du 20 au 26 mars, Salle Saint-Saëns à 17 kilomètres de la Tour Eiffel et à 8 kilomètres de Versailles, si tant est que les élections muni- cipales ne bousculent les dates. On l’annoncera avec tambours et trompettes.
oLIvIer mAGnAn
simple qu’il recherche. L’autre trouvaille : demander à un « récitant » de présenter le programme. En février cette année, l’un d’eux·elles fut Pa- trick Poivre d’Arvor, bardé des poèmes de Verlaine, Ronsard, Nerval ou Alexis d’Orgel sur les improvisations du virtuose. « Il y a encore une soixantaine d’années, rappelle Ingmar La- zar, l’artiste restait muet. Il était inaccessible. Puis la radio, la télévision ont brisé la cara- pace... » Aux Mesnuls, en 2016, il s’en va voir la municipalité. On l’accueille volontiers. Alors il programme et cherche des mécènes privés. Et le Bruit qui pense entame, tout petitement, sa carrière. Désormais piloté par une association où se cô- toient un Ivry Gitlis et un Poivre d’Arvor.
Ni bénéfices ni pertes
Des Mesnuls, le festival a fait un saut d’octave à Louveciennes, à trente kilomètres. Ingmar a besoin de plus d’espace et... de moyens d’accès moins dange- reusement campagnards qu’aux Mesnuls. Mais sa recette est la même : des espaces mis à dispo- sition, un piano loué par la ville, une programmation cosmopo- lite – des amis du monde entier –, des mécènes qui goûteront en retour à des concerts privés, un peu de droits d’entrée. Le jeune directeur qui ne se rétribue pas vise à couvrir les frais, rien de plus. « Ni bénéfices ni pertes ». Il met un point d’honneur à dé- frayer ses invités et à leur pro- curer un cachet. Pour autant, le budget final reste modeste et... secret. Non pas tant parce qu’In- gar Lazar veuille le taire (aux
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]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[    entreprendre & innover
les trophées optimistes
Trophées
optimistes
ÉcoRéseau
trophées-optimistes.fr
seurs chinois avec lesquels elle travaille proposent des masques. Ni une ni deux, il n’hésite pas, il saisit l’opportunité au vol et dans l’heure, il fait sa première com- mande de masques. La suite, il la raconte : « Je me suis aperçu qu’il y avait une demande, j’ai donc créé ma société Banana Co. le 12 mars. J’ai fini par vendre trois mil- lions de masques en quatre mois. » Et avec un joli chiffre d’affaires. Banana compagnie, 2 000 emplois – 2 000 sourires, la métaphore est filée. Aujourd’hui, Alex Vagner continue de vendre masques et produits stérilisants, pour, aussi, « aider les gens ».
Crise sanitaire oblige, notre ex- traverti autoproclamé n’est pas aussi actif qu’il le voudrait. Action, réaction, il devient le conseiller en communication d’un président de conseil départemental. « Je suis passé de commercial à homme de lobbying mais je suis aussi un homme de communication et de marketing », explique-t-il. Mieux, il monte un projet de plateforme, Mon média à moi, qui offrira aux entreprises et aux collectivités
  TroPHÉeS oPTImISTeS
Alex Vagner
Le besoin de créer dans la peau
Entreprendre est parfois un besoin quasi vital, un comportement imprimé à l’encre indélébile. Atypique et passionné, Alex Vagner, président et fondateur de Banana Co. et du salon 2 000 emplois – 2 000 sourires, accumule les projets. De la radio à la vente de masques sanitaires en passant par l’organisation
de salons et l’investissement pour la recherche et les structures contre le handicap mental, cet amateur de lunettes fantasques de 61 ans vit pour créer. Et crée pour vivre.
était DRH et s’occupait de l’emploi des jeunes. » De quoi satisfaire ce besoin de transmission. Et pas question de supprimer le salon, crise sanitaire ou pas. Son édition 2020 s’est donc tenue début octobre en virtuel, grâce à l’agence en Personne virtual. « Il y a plein de jeunes à quai, il faut leur tendre la main », estime le créateur du salon.
Un projet mené en mémoire de son père, il manquait à Alex Va- gner un projet « pour » sa mère, décédée de la maladie de Parkin- son. Pour boucler la boucle. Grâce à son réseau d’ « homme de lob- by », il rencontre des scientifiques qui développent une molécule sur le retard mental. Convaincu, il crée en 2017 une biotech et lève 10 millions d’euros pour la recherche. Pour ramener plus d’ « humain », il monte en 2018 le fonds de dota- tion J’aime mon enfant différent, pour assister les parents d’enfants en situation de handicap mental. À terme, il espère ouvrir un centre d’accueil qui favoriserait l’autono- mie malgré le handicap. La boucle est bouclée.
  « Besoin de créer, besoin de faire du business et besoin de faire pour les autres pour occuper ma vie et transmettre »
    «Je me définis comme une personne atypique, hyperactive, hypersensible, j’ai besoin de créer et d’entreprendre sans arrêt », explique Alex Vagner. C’est aussi simple que ça. De ses débuts à la sortie de ses études en sciences économiques à une année 2020 faite de nouveaux projets en pa- gaille, l’entrepreneur a gardé le même fil rouge : créer. Son pre- mier « gros » job ? La gestion de 32 vendeur·euses à l’Office uni- versitaire de presse (Ofup). Mais, comme il le dit lui-même : « Mon vrai démarrage a été de bosser dans une radio, à Vibration ». La radio donc, et très vite, d’autres radios. Avec d’autres, Alex Vagner participe à la création du groupe connu aujourd’hui comme le groupe 1981 : « Nous avons posé les premières pierres en 1983, et le groupe possède aujourd’hui huit radios : Oui FM, Swigg, Black Box, Forum, Latina, Wit FM, Vibration et Voltage. » Pendant 36 ans, de 1983 à 2019, notre électron libre est
le directeur commercial du groupe 1981. Le 31 décembre, il quitte la maison, tout en restant l’un de ses actionnaires. Un coup de massue mais certainement pas un coup d’arrêt. Alex Vagner n’attendra pas pour se relancer corps et âme dans de nouveaux défis. Et sa carrière parallèle, à côté de sa vie de direc- teur commercial, était déjà bien remplie.
Entreprendre
et créer pour transmettre
« Besoin de créer, besoin de faire du business et besoin de faire pour les autres pour occuper ma vie et transmettre », résume-t-il. Une vo- lonté de transmettre omniprésente qui le pousse, en 2012, à créer le sa- lon de recrutement 2 000 emplois – 2 000 sourires, pour «faciliter l’accès à l’emploi pour les jeunes». Une idée qui mûrit dans son esprit à la suite d’un drame : « J’ai perdu mon père, je considère que la meil- leure façon de gérer son deuil c’est de faire ce que notre proche au- rait aimé que l’on fasse. Mon père
Pas de temps mort
Malgré ses nombreux projets, son départ du groupe 1981 fut un vé- ritable coup dur pour notre sexa- génaire, « après 36 ans dans une entreprise, cela a été une phase difficile, j’étais un peu perdu pen- dant trois mois ». Mais le doute n’aura pas eu le temps de s’instal- ler, « on a voulu me couper les ailes mais elles ont vite repoussé et je vole de mieux en mieux », affirme notre serial entrepreneur. Début mars, l’épouse d’Alex Vagner lui fait savoir que certains fournis-
de leur construire un studio télé, radio et podcast, pour gérer leur communication. Et selon Alex Va- gner, « quand on gère sa comm’, on maîtrise sa comm’ ».
De projets en projets, de défis en défis et de lunettes en lunettes, Alex Vagner, électron libre s’il en est, ne s’arrête jamais. Il se résume de lui-même : « Si je ne crée pas, je meurs, comme je n’ai pas envie de mourir, je crée. »
ADAm beLGHITI ALAoUI
 CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Alex Vagner se révèle en mouvement permanent, sinon perpétuel, comme un électron autour du noyau de son atome. Étonnant et détonnant, cet inlassable
bâtisseur construit un peu pour lui, beaucoup pour les autres, y compris ceux qui ne sont plus là. Un entrepreneur fondamentalement libre, qui se relève toujours et diffuse son énergie autour de lui.
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]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[ InFormATIon : en raison de la crise sanitaire, la cérémonie de remise des prix 2020
est reportée. rendez-vous en début d'année prochaine pour connaître les lauréats. entreprendre & innover
Il a été mis à la porte de Sarenza qu’il avait fondé
l’exécution du plan qui a péché : la réalisation technique du site a pris trop de retard, il a sombré sous les bogues. Impossible de délivrer une promesse pourtant séduisante.
Le plus violent reste incontesta- blement son éviction de Sarenza après cinq ans d’investissement personnel aux côtés de ses as- sociés pour imposer la marque en tête des sites e-commerce à un moment où les modes de consommation ne connaissaient pas la maturité qu’ils ont acquise en 2020. Et pourtant, c’est aussi en Sarenza qu’il puise ses plus beaux souvenirs.
Sarenza,
du succès à l’échec
En 2005, Francis et ses deux as- sociés mettent en commun leurs économies, achètent un stock de chaussures, se partagent les postes de direction et lancent leur site. Très vite, l’activité ren- contre son marché : la société réalise 800 000 euros de chiffres d’affaires la première année et projette 5 millions pour l’année suivante. Pour accompagner cette croissance, ils lèvent des fonds d’abord auprès de business an- gels, un moment d’euphorie dont Francis parle encore avec émotion et enthousiasme. Un de ses plus merveilleux et plus beaux souve- nirs en tant qu’entrepreneur.
Pour accélérer encore, ils lancent une seconde levée de fonds clôturée avec Galileo et la Sgam (Société Générale As- set Management) qui entrent au capital. Là et las, des difficultés se font jour : bogues informa- tiques, impasses logistiques... Les relations se tendent entre les associés et avec les investisseurs qui demandent à Francis de de- venir l’unique dirigeant. En pa- rallèle, ils mandatent un audit externe auprès de Stéphane Trep- poz, ex-dirigeant d’AOL France. L’aventure Sarenza s’arrête brus- quement pour Francis Lelong, en février 2007, par ce jeu d’ombre des investisseurs où la money chasse l’humain.
Parler, assumer
et ne pas se morfondre Comment rebondir après une telle déception/trahison ? Francis éprouve le besoin d’en parler autour de lui et jusque dans les médias. Sans ce « délestage », rebondir au- rait été compliqué. On se trompe si l’on pense qu’après l’échec, rien n’est plus possible. Ses échanges avec d’autres entrepreneurs l’ont aidé à avancer. Il a pu assumer, reconnaître ses erreurs et les pres- sions financières qui pesaient sur ses amis/associés.
Il savait aussi qu’il devait tour- ner la page rapidement et très vite remonter une société. TooFoot se lance quatre mois après son débar- quement de Sarenza.
Puisque Sarenza n’était pas sa première entreprise, il était convaincu que d’autres occasions de réussir se présenteraient – et qu’il ne répéterait pas les mêmes erreurs ! L’important ? Gnôthi seau- ton, se connaître soi-même, savoir quelle est sa capacité de résilience. Celle de Francis est élevée. Peut-être parce qu’il a toujours gardé un très bon sommeil ? Allez savoir.
Face à la covid-19, entreprendre, encore
et toujours !
Aujourd’hui, alors que la crise sa- nitaire bouscule les entreprises et les entrepreneurs, Francis Lelong avance, avec un nouveau projet d’entreprise en ligne de mire. Ale- gria. tech devrait voir le jour pro- chainement.
Il ne cesse de s’étonner du contraste entre ceux qui font 40 % de croissance et ceux qui chutent de 70 % à cause du contexte pan- démique et économique. Pour lui, la période actuelle est vraiment incroyable, avec une grande in- certitude (ce qui est mauvais pour l’économie) mais aussi de formi- dables opportunités à saisir (ce qui peut être aussi très bon pour l’éco- nomie... et le sommeil). Alors, Francis relativise... et estime que le job le plus compliqué en ce mo- ment, finalement, ce n’est pas en- trepreneur. C’est celui de président de la République ! À quand un sau- vezlepresident.com ? CLAIre FLIn
Francis Lelong
multi-entrepreneur récidiviste
Sarenza, vous connaissez. Des chaussures, des pointures, des prix. Mais connaissez-vous son créateur ? Il se nomme Francis Lelong, c’est un multi- entrepreneur récidiviste et un infatigable créateur de projets. Pendant 20 ans,
il a dirigé une dizaine de sociétés dans le numérique, dans des industries diverses, avec des succès comme Sarenza mais aussi des échecs comme le site communautaire pour footballeurs amateurs TooFoot et l’éditeur de meubles contemporains communautaires L’edito.com. Rebonds et (més)aventures.
TroPHÉeS oPTImISTeS
     Son histoire en tant qu’en- trepreneur commence en 1999. Il est de formation commerciale. Commence
sa carrière comme chargé de clientèle en Chine, puis comme consultant en systèmes d’in- formation chez feu Andersen Consulting, crée sa première en- treprise : Blackorange. En 2001, soit tout juste deux ans plus tard, ce distributeur online de logiciels packagés figure dans le top 15 français de l’e-commerce. L’entre- preneur Francis Lelong est lancé ! En 2003, il fonde avec Alexandra André Vecteur d’images, une agence de relations presse. Puis en 2005, ce sera Sarenza, un site de vente en ligne inspiré de l’améri- cain Zappos qui deviendra numé- ro 1 pour les ventes de chaussures sur Internet. Toofoot naît en 2007, L’Edito.com en 2010...
Quand il ne crée pas ses propres entreprises, Lelong pilote les so- ciétés d’autres entrepreneurs comme Hapsatou Sy dont l’en- treprise Beauty Revolution Inter- national était en liquidation. Il en devient CEO, l’aide à transformer
la marque en HapsatouSy, pro- duits cosmétiques et capillaires distribués en France et à l’interna- tional. C’est aussi Qobuz, service de streaming et de téléchargement musical français fondé en 2007 par Yves Riesel et Alexandre Lefo- restier dont il devient le directeur général et qu’il a réorganisée pour créer les conditions d’une crois- sance forte. Et ce n’est pas fini ! Après avoir découvert il y a cinq ans les outils NoCode, il part sur un nouveau projet de création de start-up pour la fin 2020 : Alegria. tech.
Le goût du partage
Et comme ce n’est jamais assez pour ce passionné d’entrepre- neuriat, il s’investit en tant que bénévole auprès de plusieurs so- ciétés dans le cadre du Startup Leadership Program, commu- nauté mondiale d’entraide béné- vole entre entrepreneurs, portée en France par François-Alexandre Glaudet. Dans ce cadre, il assure un accompagnement intensif sur huit mois de fondateurs de start- up, sans prise de participation, pour accélérer la croissance et acquérir des réflexes de serial en- trepreneurs. Multi-récidiviste, on vous dit...
Parmi ses aventures, forcément aussi des histoires d’échecs. Ce- lui qui l’a le plus déçu, Toofoot. Tout était réuni pour réussir, c’est
 CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Un parcours typique de l’entrepreneur, qui est porté par son envie d’entreprendre et en assume les risques et ses échecs. Francis Lelong sait aussi combien
son expérience est précieuse pour les autres et il n’hésite pas à la partager. Un profil multifacette et un candidat haut en couleur pour le Trophée du Rebond ÉcoRéseau Business
 ecoreseau.fr novembre 2020
| 37
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
briefing innovation par Adam Belghiti Alaoui
 Ouverture
de porte anticovid et made in France !
 Être le premier à un sommet n’a pas d’équivalent. On innove,
on crée, on marque de son empreinte. On donne une mémoire
Maurice Herzog (1919-2012),
alpiniste et homme politique français
Casino se lance
dans le magasin autonome
 La jeune start-up française EverEver n’a pas manqué l’opportunité des nouveaux usages covid : elle lance sa gamme EverFoot, solution d’ouverture de portes à l’aide du pied pour réduire les risques de contamination via les poignées de porte. Une idée simple, encore
fallait-il y penser, qui part d’un constat tout aussi simple : les poignées de porte sont autant de nids à microbes et à bactéries, que l’on touche sans même réfléchir. À l’heure de la covid-19, cette erreur risque de coûter cher, aux entreprises comme à tout un chacun : le virus « survit » trois jours sur de l’acier et jusqu’à six jours sur du plastique. Pour éviter un difficile nettoyage après chaque utilisation, EverEver propose deux modèles : Ever- Foot Opener et EverFoot Ultimate, pour ouvrir et fermer une porte d’une pression ou d’un mouvement vertical du pied. Le slogan est tout trouvé : « EverFoot : la solution efficace, hygiénique et made in France pour fermer la porte au virus ». On applaudit... des deux pieds ! n
Z event 2020 : le marathon caritatif du jeu vidéo
Le futur de la grande distribution passera par là, l’automatisation des supermarchés est en marche. Et Casino veut en être. Le groupe devient le premier distributeur français à présenter officiellement
son concept de magasin autonome, BlackBox,
avant ses concurrents directs Carrefour, Auchan et Intermarché. Le concept, exploité sous enseigne Monop’, affiche pour l’instant une offre réduite à
300 références (snacking salé et sucré) ainsi que
des produits d’hygiène accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le tout dans une boutique de 18 m2, exempte de personnel et de caisse enregistreuse. Une description qui peut faire penser à la technologie Just Walk Out utilisée dans les boutiques Amazon
Go. Mais les deux concepts sont bien différents. BlackBox se veut plus simple d’utilisation et
ne s’accompagne pas d’une application ou de caméras sur place, en vertu notamment de la RGPD (Règlement général sur les données personnelles). L’entrée dans la boutique se fait sur présentation
de sa carte bancaire, on se sert dans les rayons,
on valide son panier généré automatiquement puis on paie par carte. Léger souci : si un produit tombe (seul) d’un rayon, le système considère que nous souhaitons l’acheter... Et si l’assistance humaine était irremplaçable ?
     Souvent pointée du doigt par ceux qui la connaissent peu, sans trop que l’on sache pourquoi, la communauté francophone du jeu vidéo sait montrer l’exemple. En octobre 2020 s’est déroulée la quatrième édition du Z Event, le rendez-vous annuel
des stars françaises du streaming de jeux vidéo, sur Twitch et YouTube. L’événement caritatif, créé par Adrien Nougaret et Alexandre Dachary, n’a qu’un but : réunir la communauté streaming pour lever
des fonds via des dons réalisés par les viewers. 100 % des bénéfices sont reversés à une association. En 2019, le Z Event avait déjà explosé les records avec la levée de 3,5 millions d’euros. Cette édition 2020, tenue du 16 au 18 octobre, a fait encore mieux avec quelque 5,7 millions d’euros
qui seront distribués à l’ONG Amnesty International. Pendant plus de 50 heures, une trentaine de personnalités du jeu
vidéo et du streaming français se sont affrontés, succédé en streaming live, ou
ont simplement discuté en direct avec la communauté et les viewers réunis en direct sur Twitch. L’événement a été salué par Emmanuel Macron sur Twitter. Il y a de quoi. Bravo Mesdames et Messieurs !
38 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[Fredonneur·ses
briefing innovation réalité holographique
entreprendre & innover
 professionnel·les
Combien de films hollywoodiens ont fait la part belle à des projections
holographiques, observables sur toutes sortes de surfaces et à
l’œil nu, de quoi nourrir l’espoir de l’invention d’une telle technologie
dans un futur proche ? Le coréen Sony entend bien répondre à ce
fantasme. La firme a annoncé le lancement de Spatial Reality Display,
son écran holographique 4K, vendu 5 000 dollars américains. Le principe est
simple : l’affichage de l’écran aboutit à une vue stéréoscopique – qui reproduit une
perception de relief à partir de deux images planes – grâce à un micro-objectif optique, et offre un suivi oculaire qui adapte la vue des objets projetés en 3D à la position des spectateur·rices. Le tout sans avoir besoin d’une quelconque paire de lunettes spéciales ou d’un casque de réalité augmentée. Et les prestations sont au rendez-vous : l’écran de 15,6 pouces offre une définition 4K (3 840 pixels x 2 160 pixels) et couvre l’ensemble des couleurs perceptibles (espace colorimétrique). Le monde numérique passe de son espace au nôtre. La réalité n’a décidément plus, ou pas assez, de limites.
Un algorithme au secours
de la mobilité francilienne
L’heure est à la covid-19, à la crise sanitaire et aux règles de
distanciation physique. Malgré tout, les transports en commun ont
de quoi inquiéter plus d’un·e voyageur·se. L’idéal serait d’anticiper les
taux d’occupation de nos rames habituelles, afin d’éviter au mieux
la cohue. Obstacle, c’est impossible pour l’instant, mais Île-de-
France Mobilités y travaille. L’établissement public a lancé deux projets expérimentaux, menés en partenariat avec Keolis et Transdev. L’entreprise vise à pouvoir informer les usager·ères
sur le taux d’occupation des bus en temps réel, sous la forme d’un indicateur visible sur l’application vianavigo, d’ici à fin 2021. Il s’agit de faire appel à un algorithme, pour traiter les données récoltées sur le nombre d’usagers, notamment grâce aux traces wifi laissées par les smartphones, via une captation de la charge du véhicule ou en mesurant le nombre de montées et de descentes. Des expériences qui rappellent l’initiative de la RATP, qui a lancé une fonction collaborative sur son application : toutes·tous indiquent le niveau d’affluence en temps réel.
« Je l’ai sur le bout de la langue ! », « ça va me reve- nir ». Qui n’a pas vécu cette scène ? On bute sur le titre d’une chanson dont la mélo-
die glisse dans la tête et sur
les lèvres. Nous avons beau
fredonner, tenter de chanter
les paroles en « yaourt »,
rien à faire, le titre ne nous
revient pas. Recours à l’IA
développée par Google. Le
géant californien du numé-
rique propose désormais
l’option Rechercher une
chanson (Hum to search),
via Google Assistant ! Sur
iOS ou sur Android, une fois le micro ouvert, il vous suffit de fredonner ou même de marmonner la mélo- die qui vous occupe l’esprit et, miracle, après quelques secondes d’écoute, Google vous propose une liste de correspondances. Ne cherchez pas plus loin, le pre- mier morceau de la liste est le bon. C’est grâce au ma- chine learning que l’application est capable de capter l’« empreinte numérique » propre à chaque titre. L’IA se charge de faire correspondre la séquence mélodique captée avec son immense base de données. Shazam, l’application leader du « marché » de la reconnaissance musicale, a du souci à se faire.
    ecoreseau.fr novembre 2020 | 39
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
« Le tournant 5G », bonne ou mauv
Le virage à destination de la 5G a été pris. Non sans encombre. L’État, lui, aurait empoché environ 2,8 milliards d’euros lors de la phase d’attribution des fréquences 5G. Avec en pole position l’opérateur Orange (90 MHz de spectre) devant SFR (80 MHz), Bouygues Telecom et Free (70 MHz). Mais paradoxalement,
si l’entrée dans l’ère 5G s’opère rapidement, derrière, ses principaux·ales détracteur·rices n’ont pas hésité à se faire entendre. Et s’inquiètent de l’impact de la technologie sur l’environnement. Entre autres. Décryptage avec Hugues Ferreboeuf, directeur associé chez Virtus Management, et Marceau Coupechoux, professeur à Telecom Paris et Polytechnique.
Sans doute l’un des plus grands paradoxes du dé- bat sur la 5G. D’un côté, pléthore de levées de
boucliers, des tribunes dans les journaux, des critiques, des éditoriaux pour casser la dyna- mique empruntée par la 5G. De l’autre, un gouvernement qui avance tête baissée vers ce qui semble s’apparenter naturelle- ment à un progrès. Jusqu’à en devenir presque caricatural, le président de la République Em- manuelMacronpréfèrelouerles mérites de la 5G, tournant né- cessaire pour rester compétitifs, et discrédite ses détracteur·rices, condamné·es au « modèle Ami- sh ». Et pourtant, le débat mérite d’exister, essentiel de dépasser la caricature pour poser les bonnes questions. Pour Hugues Ferre- boeuf, directeur de projet chez ShiftProject: « Nous devons nous interroger sur le devenir de notre société. Voudrons-nous, dans une dizaine d’années, vivre au sein d’une techno-société s’ap- puyant sur le déploiement massif de la 5G ou au contraire dans un monde moins artificiel? Mal- heureusement, le débat n’a en réalité pas eu lieu », regrette-t-il. Même son de cloche du côté de Marceau Coupechoux, qui n’a ja- mais perçu « l’ombre d’un débat au sommet de l’État. Du moins sur le plan de l’agenda, tout était déjà décidé : les enchères ont eu lieu, les fréquences ont été attri-
buées, le président a clos le dé- bat ».
La 5G, pour quelle utilité ?
Des retombées positives. Le dé- puté LREM Éric Bothorel a vanté les mérites de la 5G, une avan- cée qui facilitera – entre autres – l’accès à la culture grâce à des visites virtuelles ou la télécon- sultation dans les déserts médi- caux. Mieux encore, Marceau Coupechoux évoque la possi- bilité pour les « chirurgien·nes de réaliser des opérations à distance », une étape sera sans doute franchie avec la 5G. Gare pour autant à ne pas se satisfaire d’épineux problèmes comme le manque de médecins dans cer- taines zones au prétexte que la 5G tente d’y remédier. Pour les particulier·ères, le déploiement de la 5G leur rendra la vie plus confortable. Des télécharge- ments encore plus rapides que maintenant, un frigo connecté qui vous préviendra que vous n’avez plus de lait et vous pro- posera donc de vous en livrer, ou encore votre machine à laver qui se mettra automatiquement en marche lorsque votre panier de linge débordera. Autrement dit, « les objets connectés grand public éviteront aux gens de faire encore moins d’efforts intellec- tuels ou physiques. Bien enten- du, tout cela reste superflu », explique Hugues Ferreboeuf. Comme le sentiment de créer des
besoins superficiels, mais dont « les gens se serviront », assure Coupechoux. À noter aussi la réduction des temps de latence, ce qui aboutira à des échanges instantanés entre les machines et les serveurs et pour une interaction en temps réel.
Plus globalement, les défen- seur·ses de l’arrivée de la 5G y voient un moyen de ne pas se lais- ser (trop) distancer par l’avance technologique prise par les États- Unis et la Chine. Deux puis- sances qui ont entamé leur virage 5G l’an dernier. En Europe aussi,
douze pays avaient déjà lancé des offres grand public. Sans oublier la Corée du Sud, loin, très loin, avec ses 117 00 antennes 5G et ses sept millions d’abonné·es. Ainsi, pour nos entreprises, « l’Internet des objets (IoT) industriels par- ticipe à un processus productif. S’équiper de testeurs ou de cap- teurs pour automatiser et opti- miser la production sous-entend un gain économique potentiel », estime Hugues Ferreboeuf. De leur côté, les vendeurs de smart- phones devraient aussi voir leurs ventes repartir à la hausse. Une opportunité économique indé- niable. Et l’environnement dans tout ça ?
Des effets néfastes
sur l’environnement
La 5G entraînera avec son dé-
« Nous conduisons un TGV qui se dirige droit dans le mur ! », Marceau Coupechoux
décryptage
   40 | novembre 2020 ecoreseau.fr
a
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[ise idée ?
« Les citoyen·nes ont le droit de se prononcer. Devons-nous nous plier à l’avènement d’une société hyper connectée sous couvert que d’autres le font ? », Hugues Ferreboeuf
décryptage
entreprendre & innover
    ploiement son lot d’externalités négatives. Avec au premier chef les conséquences sur l’environ- nement : « Par définition, la 5G vient se rajouter à des réseaux existants, car il n’est pas encore question aujourd’hui d’en fi- nir avec les réseaux 2G ou 3G. Donc logiquement, il ne peut y avoir qu’une augmentation de la consommation électrique », justifie Ferreboeuf. « Les études académiques tendent à montrer que les chercheur·euses ont fait des efforts afin d’améliorer l’effi- cacité énergétique, soit le nombre de bits/joule », souligne Marceau Coupechoux, mais c’est en réalité « la consommation globale qui va forcément augmenter ». Autre- ment dit, même si l’on observe un gain en termes d’efficacité éner- gétique (nombre de bits/J) avec la 5G, cela ne compensera pas la hausse des stations de base, syno- nyme de consommation plus éle- vée. Ce qui aura donc un impact négatif sur l’environnement.
ger·ères vont utiliser de plus en plus de données », anticipe Hugues Ferreboeuf. Un constat partagé par le professeur à Tele- com Paris Marceau Coupechoux qui ajoute que « celles et ceux qui prendront le chemin de la 5G se révèlent déjà grand·es consom- mateur·rices de 4G. Du moins dans un premier temps ».
Peut-on arrêter
le progrès ?
Mauvais timing pour la 5G... celui de pointer le bout de son nez dans une société inquiète d’une atteinte à ses libertés. L’ap- plication pour lutter contre la diffusion de l’épidémie de co- ronavirus, initialement bapti- sée StopCovid puis renommée TousAntiCovid, a subi un échec total. Du fait sans doute de la ré- ticence des Français·es face à une potentielle traque permanente, malgré l’insistance du gouverne- ment sur la garantie de protec- tion des données personnelles.
question. Devons-nous nous plier à l’avènement d’une socié- té hyper connectée sous couvert que d’autres le font ? », s’inter- roge le directeur associé de Vir- tus Management. Des citoyen·nes gêné·es par l’émergence de la 5G, dont certain·es perçoivent en elle une intrusion dans la vie privée, « je n’avais jamais vu un débat aussi vif dans la société civile », concède Coupechoux. Concer- nant l’impact sur la santé, l’Or- ganisation mondiale de la santé (OMS) privilégierait la catégorie peut-être cancérogène, « très peu d’études ont été réalisées pour les nouvelles fréquences de la 5G. Mais si l’exposition globale reste faible et inférieure aux règles internationales, il ne devrait y avoir aucune conséquence pour la santé publique », affirme Tarik Jašarevic, porte-parole de l’orga- nisation.
Débat vif peut-être, et pourtant, la 5G ne constitue-t-elle pas ce qu’on pourrait appeler, éva- sivement, la suite logique des choses ? Comme une continuité dans le progrès. Selon nos deux spécialistes, non ! Pour Marceau Coupechoux, auteur d’une tri- bune dans le journal Le Monde qui insiste sur la nécessité de re- prendre en main notre destin, « il faut se réapproprier les nouvelles technologies. Celles que nous avons laissées au marché. Nous devons retrouver un contrôle démocratique sur l’utilisation des technologies ». D’ailleurs, le professeur à Polytechnique reste convaincu que nous « conduisons un TGV qui se dirige droit dans le mur ! ». Idem du côté d’Hu- gues Ferreboeuf : « Si le progrès s’apparente à la continuation de ce que nous avons fait depuis 30 ou 50 ans, la trajectoire s’inflé- chira à terme d’elle-même, car le progrès dont on parle va de pair avec la hausse des émissions de gaz à effet de serre », assure-t-il. Alea jacta est, les premières com- mercialisations débuteront dès la fin de l’année dans certaines villes françaises. Une trajectoire a été prise, sera-ce la bonne ? GeoFFreY WeTZeL
 Sans oublier les effets indirects, comprenez que l’offre crée sa propre demande : « L’introduc- tion de la 5G pousse à la hausse la croissance du trafic, les usa-
Serions-nous toutes et tous de- venu·es paranoïaques ? Ne tom- bons pas dans les raccourcis. Simplement, « voulons-nous de ce monde-là ? Les citoyen·nes ont le droit de se prononcer sur cette
ecoreseau.fr novembre 2020 | 41
a
]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[      Quitter Paris, une tentation piège
L’événementiel sur la corde raide
Flotte d’entreprise : du diesel à l’hybride à chevaux forcés ! Briefing RH & Formation
Carrières & talents : les IAE face à la crise sanitaire
p. 43 p. 50 p. 54 p. 58 p. 63
BOÎTE à IDÉES
Continuer à travailler (autrement) et à se former...
 pratique
 42 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[ Quitter Paris,
une tentation piège
Les entreprises franciliennes en bien meilleure santé
Vue de Paris ou de sa banlieue, la Province apparaît comme le lieu de bureaux plus grands, moins coûteux, et d’une vie moins stressante peut- être, pour les entrepreneur·euses comme pour les salarié·es. Mais partir est-il un bon calcul ? Rien n’est moins sûr. L’écosystème francilien reste le lieu des talents et de nombreux·euses client·es. Son dynamisme ne cessait de croître ces dernières années, pérennisant la vie des entreprises, bien plus que dans n’importe quelle autre métropole.
réflexion & stratégie
gine, bien entendu : le montant   attiré·es aussi par le coût du mètre
pratique
    «P
différent. » Ainsi s’exprimait Anne Hidalgo lors de l’inaugu- ration de la Station F en 2018, le plus grand campus de start-up au monde. L’actuelle maire de Paris saluait alors « une véritable am- bition économique, résolument tournée vers la créativité » sur les mandats actuels et précédents. « Nous sommes la capitale de l’innovation en Europe, et n°1 en levée de fonds pour les start- up », avance aujourd’hui Afaf Gabelotaud, adjointe à l’emploi et au développement de la mai- rie de Paris. En dix ans, l’inves- tissement d’un milliard d’euros de fonds publics par la capitale a rendu possible l’ouverture de nombreux incubateurs, espaces de coworking, fablabs et quelques milliers de start-up.
Pour une bonne part, ces jeunes pousses ont grandi et ont créé des emplois, portées par un écosys- tème économique régional déjà
du mètre carré ! Il faut s’éloigner de Paris pour un peu d’espace, ce qui accroît le temps de transport, grandfacteurdefatiguedéjàdé- cuplé ces dernières années avec la migration massive des lieux de travail en couronne. L’envie de partir trouve en partie écho dans les statistiques, même si la fuite des cadres francilien·nes s’est sta- bilisée ces dernières années.
Du retour sur Paris intra-muros à la fuite
en Province
Côté « personnes morales », y a-t- il un même désir de fuite ? Sur Paris intra-muros, RAS. Le taux de vacance des bureaux plafonne à 3 %. « Dérisoire », confie Ma- rie-Laure de Sousa de Jones Lang LaSalle (JLL), pour qui l’attrait économique parisien demeure incommensurable. Il connais- sait même une hausse avant la crise : « Jusqu’à février dernier, on constatait des tentatives de re- tour de sièges sociaux sur l’ouest parisien », confirme Afaf Gabelo- taud. La raison ? Beaucoup d’en- treprises, spécifiquement dans la tech, ont des problèmes de recru- tement.
À l’échelle francilienne, l’état des lieux demeure nuancé. Il varie aussi selon la taille des so- ciétés. « Plus les entreprises sont petites, plus elles imitent les comportements des individus », constate Vincent Gollain, direc- teur du département économie à l’Institut Paris Région. Les boîtes qui arrivent en région parisienne s’affichent comme les plus ro- bustes, les plus structurées. À l’autre extrémité, un· auto-en- trepreneur·euse francilien·ne réalisant la pleine possibilité de travailler à distance a des chances de partir là où il·elle paiera un loyer plus abordable pour davan- tage d’espace. Pour les petites et moyennes entreprises également, le solde migratoire francilien s’avère négatif. Elles se montrent un peu plus nombreuses à quit- ter l’Île-de-France qu’à s’y im- planter. Les entrepreneur·euses sont poussé·es par l’attrait des « villes à 30 minutes » – où tout se situe à une demi-heure maxi- mum, travail compris. Bénéfique pour leurs salarié·es et eux·elles- mêmes. Des entrepreneur·euses
carré de bureau, bien moins cher. La crise actuelle et ses incerti- tudes peuvent aussi accroître la tentation «économique» de la province. Raisonnable ?
Les entreprises parisiennes, un record
de pérennité
La « rationalité » économique inviterait plutôt les patron·nes parisien·nes à ne pas partir. Se- lon le Métroscope 2017, les entre- prises de la métropole du Grand Paris sont celles qui survivent le mieux, en comparaison à l’en- semble des métropoles. En 2015, le taux de survie des sociétés pa- risiennes les dépassait toutes de plusieurs points (38 %). Hormis Strasbourg peut-être, qui talonne Paris de peu. Mais à peine 12 % des Strasbourgeois·es créent des entreprises, contre presque 14 % des habitant·es du Grand Paris. Bordeaux (> 16 %), Montpellier et Lyon (15 %) atteignent un fort taux de création, mais le taux de survie y laisse un peu à désirer.
Plus largement, « l’Île-de- France fait partie des régions où les entreprises nouvellement créées sont les plus pérennes », relevait l’Insee en 2017. En effet, environ 63 % des sociétés créées en 2010 étaient toujours actives cinq ans après, contre moins de la moitié au niveau national. L’importance des secteurs de pointe et des activités de conseil aux entreprises expliquerait en partie cette excellente santé, mais pas seulement. Résultat, la hausse de l’emploi salarié franci- lien s’est élevée entre 2010 et 2015 de + 66 % contre + 41 % au ni- veau national.
L’an dernier, le fossé province/ca- pitale se creusait davantage. Par rapport à 2018, l›IDF voyait, sur l’exercice 2019, ses défaillances d’entreprises baisser de 5,2 %. Tous secteurs confondus, une réduction supérieure à celle du Pays (4,8 %). Sur ce même laps de temps, les entreprises franci- liennes de plus de 50 salarié·es qui ont défailli (7 %) étaient deux fois moins nombreuses que sur le plan national (13 %). Encore mieux, la région Île-de-France a vu baisser (de 2 %) ses défail- lances entrepreneuriales dans un secteur essentiel à Paris, l’in- formation et la communication. Alors qu’au national, dans ce secteur, elles se sont accrues de 4,3 % !
aris aurait pu de-   très robuste: aujourd’hui, avec
   venir une ville musée, mais nous avons fait un choix
ses centres de recherche renom- més, ses «100 meilleures univer- sités» du classement de Shan- ghai, ses nombreuses entreprises technologiques, et ses pôles de compétitivité de réputation in- ternationale, l’Île-de-France (IDF) ne cessait – jusqu’au début de l’année 2020 – d’accroître son emploi salarié.
Et pourtant, les habitant·es ont tendance à prendre la poudre d’escampette. Ou attendent de le faire, ce qui impose aux entre- prises parisiennes de questionner le bien-fondé de leur coûteuse localisation. D’après un sondage pré-covid, un·e francilien·ne sur deux aspirait à quitter sa ré- gion. Pour les cadres, le taux de « résident·es malheureux·euses » s’élève à 90 %. Le problème d’ori-
  Ne pas quitter Paris, c’est rester porté·e par un écosystème bien plus large que la capitale intra-muros.
      ecoreseau.fr novembre 2020
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]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
réflexion & stratégie
Selon le Métroscope 2017, les entreprises
de la métropole du Grand Paris sont celles qui survivent le mieux, en comparaison
à l'ensemble des métropoles.
Des talents à foison
essentiels pour un recrutement   Le lieu de l’influence
D’autant que de nombreuses grandes entreprises parisiennes ont des choix à faire à l’étran- ger. « Paris garde une fonction de siège international, remarque Marc Lhermitte, associé chez EY Consulting, pour trois raisons : l’accessibilité (avec ses quatre aéroports), les compétences... et l’influence. En France, le sys- tème reste jacobin, très centralisé sur Paris. Et il se trouve que les dirigeant·es de groupes interna- tionaux ont besoin de passer du temps avec les décisionnaires », précise le consultant, pour qui la France serait le pays européen le mieux placé pour bénéficier des effets du Brexit. D’après lui, Paris profite également de « la loi Tra- vail, de la baisse de l’impôt sur les sociétés, de la simplification administrative et des généreux coups de pouce fiscaux pour les entreprises innovantes ».
Hélas, rien parmi ces condi- tions favorables n’abolit le pro- blème du coût de l’immobilier, premier facteur de départ en pro- vince des entreprises comme des Francilien·nes. « Les entreprises vont devoir relever [des défis fi- nanciers] à court terme, affirme Pierre-Antoine Matrand, direc- teur général d’Arthur Loyd Île- de-France, en pleine campagne pour inciter les entreprises à mi- grer « à deux heures de Paris ». « Tous les regards convergent en ce moment sur l’immobilier d’exploitation, avec un leitmo- tiv : réduire les surfaces occupées lorsque cela est possible. »
            Roissy, Saclay, Marne-la-Vallée, Cergy, qui exercent eux-mêmes une forte attraction de proximi- té sur les territoires franciliens et départements proches.
de qualité. Mais avec de la di- versité, c’est encore mieux. Dans une étude auprès de plus de 1 000 entreprises à travers 12 pays, le cabinet de conseil McKinsey & Company constatait en 2018 que la diversité ethnique et culturelle favorisait en moyenne les per- formances financières des entre- prises, de 33 %. Plus la diversité apparaît forte et variée dans le re- crutement, plus cette plus-value semble s’accroître. Aujourd’hui, pour s’engager dans une entre- prise, les jeunes diplômés bran- dissent comme premier critère de choix « la diversité et l’inclu- sion », devant la responsabilité sociétale et environnementale, d’après une étude réalisé en 2019 par le NewGen for Good de l’Ed- hec Business School.
Un écosystème
unique au monde
De là à dire qu’on ne quitte pas
Paris impunément, il n’y a qu’un
pas. Rester sur la capitale, c’est
bénéficier d’un écosystème bien
plus large que la capitale in-
tra-muros. Le Grand Paris se pré-
sente comme la deuxième métro-
pole la plus attractive au monde,
derrière Londres mais devant
Singapour en termes « d’inves-
tissements greenfield », affir-
mait le Global Cities Investment
Monitor en 2019, et la première
destination mondiale des projets
d’investissements en R&D.
En produisant à elle seule le tiers
de la richesse nationale, la région
francilienne représente 4,6%
du PIB de l’Union européenne,
devant le Grand Londres et la
Lombardie. Son tissu industriel
compte des secteurs de pointe
– l’automobile, l’aéronautique,
l’imprimerie, l’électronique, la
pharmacie ou encore l’agro-ali-
mentaire. LÎle-de-France, région
du tertiaire marchand (70% de
son PIB : commerce, transports,
activités financières, services,
hébergement-restauration, im-
mobilier, information-commu-
nication), soit 25 bassins d’em-
ploi, disséminés sur plusieurs
grands pôles économiques:   Les diplômes et les compétences,     penser.
Marie-Laure de Sousa, directeur Leasing Markets Advisory chez JLL
Tout apparaît favorable à l’attrac- tivité économique de la région la plus jeune de France. Y compris la fuite de certain·nes de ses ha- bitant·es ! « Bien que de plus en plus déficitaires, les échanges mi- gratoires avec les autres régions métropolitaines contribuent au dynamisme démographique et économique de l’Île-de-France », affirmait l’INSEE en 2010, « les arrivant·es sont jeunes, le plus souvent actif·ives et diplômé·es alors que les partant·es sont plus âgé·es et moins qualifié·es ».
Le paramètre « diversité diplô- mée » s’affiche clairement comme un argument pro-francilien pour l’implantation. En 2016, 53 % des enfants nés en IDF avaient au moins un parent né à l’étranger. En dépit de persistantes discri- minations à l’embauche, « nous sommes la région française où l’ascenseur social fonctionne le mieux », assure Vincent Gollain. L’économiste salue l’influence de la société Disney, implantée en Seine-et-Marne, pour avoir conduit divers groupes culturels à travailler ensemble. « La diver- sité est une richesse indéniable pour l’entreprise », abonde Ma- rie-Laure de Sousa, qui affirme la nécessité de confronter encore davantage « l’intelligentsia pa- risienne » à d’autres façons de
Avec 37,8% de diplômé·es du deuxième ou troisième cycle, contre 21,4% en Province, la main d’œuvre francilienne est en effet hautement qualifiée. Pre- mier bassin d’emploi européen, l’Île-de-France regroupe consé- cutivement 34% des cadres du pays, 23% de ses universités,
25 % des écoles d’ingénieurs 22 % des écoles de commerce.
La région de la diversité, facteur de performance
et
  « L’écosystème économique francilien reste un gros facteur d’attractivité pour les entreprises »
marie-Laure de Sousa de chez JLL, spécialiste conseil en immobilier, assure qu’un mouvement des bureaux des entreprises parisiennes du tertiaire marchand vers la province n’est pas pour demain, n’en déplaise aux quelques contre-exemples défiant les statistiques et relatés dans la presse.
Constatez-vous depuis la crise un mouvement sur le marché locatif des bureaux sur Paris ?
Le temps de la crise n’est pas le temps des baux commerciaux. On ne casse pas du jour au lendemain ces contrats qui s’étalent le plus souvent sur neuf ans, et ne sont résiliables que tous
les trois ans. Et encore, beaucoup de dispositions contractuelles prévoient la
44 | novembre 2020 ecoreseau.fr
possibilité d’une révocation tous les six ans seulement, en échange de mesures d’accompagnement (amortissements, franchises de loyer) lissées sur la durée du bail.
Contrairement à ce qu’on lit dans la presse, il n’y a donc aucun mouvement de fond sur Paris. Pour les entreprises en difficulté – et il y en a –, bailleurs et les locataires négocient des solutions, comme par exemple une gratuité
du loyer pendant 6 mois contre une extension du bail de la même durée.
Comment se portait l’attractivité parisienne, avant la crise ?
Paris restait et reste extrêmement attrayante, à tel point que nous avons généralement très peu d’offres locatives. Le taux de vacance était très
faible ces dernières années, de 2 %.
Il s’est élevé à 3 % depuis février, à la suite d’une livraison d’immeubles. Un taux de rotation « normal » pour une grande ville s’élève en moyenne à 7 %. Depuis dix ans, 2,3 millions de mètres carrés parisiens sont loués en moyenne aux entreprises. Et sur les
« pires » années de crise (Internet en 2000, Lehman Brothers en 2010-2011 et la dette européenne en 2008-2013), au plus « bas du plus bas » du marché, nous étions à 1,8 million de mètres carrés en location.
Quid du déploiement du télétravail ?
La crise actuelle a en effet démontré les possibilités techniques du travail
à distance. On peut imaginer que des grosses entreprises laissent une partie
de leurs cadres s’installer en région, tout en gardant leur siège à Paris. Ces dernier·ères travailleraient à distance une partie de la semaine. Mais tout n’est pas si simple. Les salarié·es concerné·es devront toujours se loger à Paris, et effectuer des allers-retours chronophages et coûteux entre la capitale et leur métropole. La vie familiale serait aussi impactée.
Concernant le télétravail, les entreprises parisiennes avec qui nous discutons, tablent plutôt sur un jour
de télétravail par semaine, deux au grand maximum. Au-delà, c’est la crise identitaire qui guette.
ProPoS reCUeILLIS PAr SAbrInA moreAU
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[pratique
réflexion & stratégie
vement général. Pour des raisons   à rester jusqu’à 22 h au travail,
    Le Grand Paris Express rapprochera la grande couronne du centre parisien. Auquel cas, les entreprises revenues sur Paris intra-muros verraient leur « attractivité recrutement » s’accroître encore plus que prévu.
de synergie et de créativité, le té- létravail exclusif est loin d’appa- raître comme la voie privilégiée des acteurs économiques : « Pour les entreprises avec qui nous dis- cutons, c’est un jour par semaine, deux grand maximum », affirme Marie-Laure de Sousa.
« On s’oriente probablement vers une hybridation du temps de travail, imagine Pierre-An- toine Matrand, avec le travail à distance – en home office ou dans un tiers-lieu – pour ga- gner en efficacité sur ses tâches, et le bureau, qui sera le lieu qui rassemble, fédère les équipes et permet à l’intelligence collective de s’exprimer pleinement. L’open space d’hier laisserait alors place à l’happen space. » Une telle op- tion réduirait le budget immobi- lier des entreprises... y compris sans départ pour la province, en réduisant l’espace de bureaux.
Les promesses du Grand Paris, future « ville
à 30 minutes » ?
« Dans les mois à venir, les va- leurs locatives devraient se sta- biliser dans Paris, [et] baisser en première périphérie, [où] le niveau de vacance y est plus éle- vé, notamment dans l’offre de produits neufs », prévoyait le 8 octobre Marie-Laure de Sousa. D’autres expert·es s’attendent à des « soldes immobiliers » sur Paris même, consécutifs à la crise. Une donne susceptible d’accélérer le mouvement de « re- centrage » sur Paris intra-muros.
Ce d’autant plus que sur cer- taines branches comme la tech, et dans une métropole où le taux de chômage plafonne à 7 % et des poussières, les salarié·es sont rois·reines. « Aujourd’hui, les di- plômé·es des secteurs qui portent ne se montrent plus intéressé·es
confie l’adjointe à la mairie. Ils. elles multiplient les exigences, au premier rang desquelles le temps de trajet. Le baby-foot sur le lieu de travail ne suffit plus. » Sans doute comme sur le campus de Microsoft aux Ulis (Essonne), lieu de vie jadis extrêmement apprécié. La société informa- tique peinait pourtant tellement à recruter qu’elle a déménagé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de- Seine). Cette dernière réfléchit en ce moment à la pertinence de franchir les frontières de la capi- tale.
Un mouvement vers
la grande couronne
Le retour de gros sièges sur le ter- ritoire parisien aurait beau soula- ger quelques secteurs en tension niveau main d’œuvre, il n’est pas vu partout d’un bon œil. Afaf Gabelotaud va jusqu’à craindre un parachèvement de la gentrifi- cation parisienne. « Leurs cadres bien rémunéré·es viendraient s’ag- glutiner autour en faisant grimper de plus belle le prix de l’immobi- lier », projette l’adjointe à l’emploi. « On parle ici de branches de su- per-diplômé·es, recherché·es par- tout. Mais que va-t-on faire des autres ? pointe de son côté Ma- rie-Laure de Sousa. D’autant plus avec le télétravail, on risque des les oublier en seconde couronne, et de les reléguer au rang d’inu- tiles si l’entreprise a puisé de la productivité par d’autres biais. » En réponse à la menace d’inéga- lités renforcées, Paris promet de redoubler d’énergie pour le loge- ment social.
Vincent Gollain se montre plus optimiste, misant sur les impli- cations du Grand Paris Express qui rapprochera la grande cou- ronne du centre parisien. Auquel
          Le «Paris-je-te-quitte»,
un marché juteux
Attention toutefois, le marché du « Paris-je-te-quitte » semble juteux et rend indispensable de manier avec des pincettes l’in- formation sur les prix. « Dans le Triangle d’or parisien, les loyers de bureaux «premium» s’établissent ainsi à 860 €/m2/ an. À La Défense, il faut tabler sur des loyers de 550 €/m2/an, énonce dans sa plaquette Ar- thur Loyd. Alors qu’à Lille, Rennes ou Nantes, les loyers des bureaux situés au sein de quar- tiers d’affaires au pied des gares TGV sont compris entre 210 et 240 € m2/an. [Ils plafonnent] à 150 €/m2/an à Orléans, Niort, Tours ou Reims. »
termes de recrutement car y convergent la plupart des lignes de transports, c’est 570 €/m2/an en moyenne, comme à la Dé- fense.
Réduire ses coûts...
sans quitter Paris ?
L’emploi parisien stricto-sensu, où se concentrent les cadres de l’administration centrale, du ter- tiaire supérieur, de la recherche de la finance et de la tech, se re- trouve davantage concerné par le télétravail. Sur une poignée de grands groupes désireux de re- tenir leurs talents en quête d’un meilleur équilibre entre vie pro- fessionnelle et vie personnelle, on constate quelques implanta- tions discrètes en région, dans le Grand Ouest par exemple. Ils gardent généralement leur adresse parisienne. D’autres en- treprises laissent partir quelques un·es de leurs grand·es cadres qui travaillent ensuite à distance, avec des allers-retours sur la ca- pitale. De telles configurations ont toutefois un coût et ne corres-
Le télétravail exclusif, on en revient
   Toutefois, dès que l’on se re-
trouve en petite couronne, les
prix moyens au m2 avoisinent
les loyers nantais. Bureaulocaux.
com affiche pour Montrouge
(Hauts-de-Seine) un montant
moyen à 250 €/m2/an. Pour le
centre de Paris (1er et 2e arron-
dissements), très attrayant en   pondent en aucun cas à un mou-
À lire la presse écrite, l’entreprise multi- sites organisant le travail à distance représenterait l’image générale de la sortie du pic épidémique. Autour de
la « maison des collaborateur·rices », gravitent de nouveaux lieux de travail : bureau, domicile, gare, tiers-lieux, etc. Qu’en est-il de la réalité ? « À en croire nos conversations avec les entreprises, le tableau du travail à distance est plutôt sombre, relate Marie-Laure de Sousa. Au bout du troisième jour hebdomadaire de télétravail, on constate une perte de synergie entre les salarié·es, au bout
de quatre jours, on perd la créativité et l’envie de transmettre, car chacun·e
est rentré·e dans sa mono-tâche. Après cinq jours, l’adhésion à l’entreprise
est émoussée. Nous travaillons avec un laboratoire de sciences cognitives pour nous éclairer sur les raisons de ces constats. » Une étude réalisée
par Google qui porte sur ses salarié·es parviendrait à des constats similaires : le télétravail entraîne quatre problèmes majeurs : le manque d’enthousiasme, l’isolement, le manque d’intérêt pour les réunions virtuelles et le manque de temps consacré à l’émergence d’idées nouvelles.
 46 | novembre 2020 ecoreseau.fr
  ]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[                   S EN SARTHE!
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]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
réflexion & stratégie
Le trajet travail-domicile quotidien, en voie de
rétractation avec le vaste projet de transports, pourrait devenir acceptable si ce n'est plus que trois ou quatre fois par semaine.
communication et à l’innovation   à l’issue incertaine de la crise
            cas, les entreprises revenues sur Paris intra-muros verraient leur « attractivité recrutement » s’ac- croître encore plus que prévu. « Avec une part de travail à dis- tance, la donne pourrait chan- ger », imagine l’économiste. Le trajet travail-domicile des ban- lieusard·es, destiné à se rétracter avec le vaste projet de transports, pourrait en effet devenir gérable s’il n’advient plus que trois ou quatre fois par semaine. Un mouvement des Francilien·nes vers la grande couronne est déjà palpable, constate l’Institut Paris Région. Le déploiement du té-
létravail ainsi que l’imminence du Grand Paris Express auraient débloqué pas mal de prises de décisions. En petite et grande couronne, portées par le dyna- misme démographique de la Seine-Saint-Denis, de l’Essonne et du Val d’Oise, la population apparaissait déjà en hausse.
Les 200 km de métro et 68 nou- velles gares pourraient en effet contribuer à désenclaver le terri- toire. « Avec la construction du Grand Paris Express, le réseau d’infrastructures sera sans équi- valent sur le reste du territoire français, prévoit Geoffroy Bou- lard, vice-président délégué à la
numérique de la Métropole du Grand Paris, désireux d’inciter les entrepreneur·euses à s’y fidéliser. « Vous êtes sur l’un des plus im- portants volumes d’affaires et de transactions. Vous êtes sur une métropole qui s’invente et sera un formidable terrain d’expéri- mentation ». Geoffroy Boulard promet « une ville palimpseste, qui se redessine avec des appels à projets d’architecture innovants, avec tous les services à une roue de vélo », une ville métropole où « il fait bon vivre et travailler, où l’air sera plus respirable, la nature sera au pied de votre immeuble ». « La culture rayonnera sur l’en- semble de la Métropole pour porter une véritable identité mé- tropolitaine. » Et comme si tout cela ne suffisait pas : « Enfin, vous avez actuellement ici un taux de CFE (cotisation foncière des en- treprises) des plus bas. »
Une reprise par paliers
Autant de prédictions indexées
sanitaire et économique, qui ne cesse de faire subir à la capitale les répliques de son premier choc. « Paris est traumatisée », témoigne Afaf Gabelotaud. Les Parisien·nes sont privé·es de tout ce qui fait le sel de leur ville : sa vie culturelle. Les profession- nel·les du secteur sont à bout. La libération s’annonce d’autant plus spectaculaire. Il faut s’at- tendre à une renaissance de la capitale. »
À l’heure où un vaccin libé- rateur pourrait advenir plus tôt que prévu, l’Institut Paris Région se dit plutôt optimiste sur le plan économique. Il tablerait sur une « reprise par paliers ». À l’issue de laquelle l’Île-de-France rede- viendrait elle-même, donc ? Les JO de 2024 pourraient grande- ment l’y aider.
SAbrInA moreAU
    La province, terreau de richesses ?
Toulouse métropole,
jeune et active
La métropole toulousaine, ses
37 communes et ses plus de 760 000 habitant·es réunissent plus de la moitié de la population de Haute- Garonne. Forte notamment d’une filière aéronautique et spatiale modèle (un·e salarié·e sur cinq travaille pour une entreprise de l’aérospatial), Toulouse Métropole compte près
de 450 000 actif·ives en situation d’emploi, dont 400 000 salarié·es. Et Toulouse attire. En moyenne, 5 600 nouveaux·elles résident·es se laissent convaincre chaque année par l’image d’une métropole jeune et active, qui présente un solde naturel important et un rajeunissement progressif de la population. Autre gage d’attractivité : l’annonce d’une nouvelle gestion
de l’eau sur la métropole, confiée à Veolia et Suez, qui permet une baisse d’un euro du tarif du m3 d’eau (de
3,90 euros à 2,91 euros). Une dynamique que Toulouse Métropole s’apprête à cultiver, forte d’un budget d’1,8 milliard d’euros (dont 800 000 millions d’euros d’investissement). Dans la foulée des grands projets aboutis en 2019 (place
Saint-Sernin, parvis de Matabiau...), d’autres se sont succédé parmi lesquels le nouveau quartier Jolimont, qui doit accueillir 1 200 logements
en 15 ans et pour lequel l’État a cédé la surface foncière à Toulouse, ou encore la future Halle gourmande, prévue pour 2021 dans le quartier
de la Cartoucherie. Ce n’est pas le dynamisme qui manque dans la ville rose.
métropole de Lyon,
attractivité et
ambitions intactes
Sacrée métropole la plus attractive de France en 2018 (enquête RégionsJob- ParisJob), seconde métropole la plus attractive pour les investisseurs internationaux (Baromètre EY)
et la ville française où il fait bon entreprendre
(Palmarès des villes L’Express 2019), Lyon fait office de poids lourd national. Et se distingue par son statut
de collectivité territoriale. La capitale des Gaules, première agglomération industrielle hors Ile-de-France
et leader européen des nouvelles mobilités, rassemble 1,4 million d’habitant·es, 74,6 milliards d’euros
de PIB et plus de 170 000 entreprises. Preuve de son dynamisme, près de 16 000 emplois ont été créés dans la métropole en 2019. Parmi les grandes fiertés lyonnaises, le quartier de
la Part-Dieu, second pôle tertiaire français (1 000 000 m2 de bureaux)
qui mélange innovation urbaine et mixité des aménagements. D’ici à 2023, il deviendra le plus grand centre commercial urbain d’Europe (32 000 m2 et 80 boutiques supplémentaires).
En 2020, le budget de la métropole,
3,4 milliards d’euros (dont 2,4 milliards alloués au fonctionnement et 1 milliard d’euros d’investissement), se veut
être à la hauteur des ambitions.
Année électorale oblige, 2020 a été un tournant pour la métropole lyonnaise. Une ville qui sera sans doute plus verte avec la victoire des écologistes.
métropole d’Aix-marseille
Provence, horizon 2040
La dernière métropole à statut particulier et à fiscalité propre, et
la seconde métropole de France, se nomme Aix-Marseille. Avec 1,9 million d’habitant·es, 255 km de littoral, plus de 150 000 entreprises et un pôle de recherche publique très fourni (4 500 chercheur·euses, le second de France après Paris), la métropole présidée par Martine Vassal ne manque pas d’arguments. Pour répondre aux enjeux qui jalonnent les six territoires
et intercommunalités réunis sous la bannière d’Aix-Marseille, la métropole provençale a, comme ses homologues, lancé son Schéma de Cohérence Territoriale (Scot). Lequel encadre
les futurs
Plans Locaux d’Urbanisme Intercommunaux (PLUI), qui s’appliqueront aux différents
territoires, et définit un projet stratégique jusqu’en 2040. 2019 fut l’année de l’élaboration du Projet d’Aménagement et de Développement Durable (PADD), qui entend s’appuyer sur la richesse environnementale du Pays d’Aix pour l’inscrire dans une logique « écoresponsable conciliant proximité et attractivité ». Le tout à l’horizon 2030. Autre étape en 2020 : l’édition du Document d’Orientation et d’Objectifs (DOO, que de sigles !), qui regroupera les outils réglementaires nécessaires pour atteindre les objectifs du PADD. Jusqu’à l’arrêt du projet en 2021 et son approbation en 2022, après consultation publique. Reste que le budget de la métropole, très endettée, a été revu à la baisse pour 2020 (1,1 milliard d’euros de fonctionnement et 645 millions d’euros d’investissements).
ADAm beLGHITI ALAoUI
   48 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                                    RENCONTREZ
  L’AUDACE
Un trait d’union entre la douceur de vivre et le bouillonnement créatif, entre la
ville et la nature,
le patrimoine
et l’innovation, l’épanouissement individuel et l’esprit collectif... Grand Poitiers c’est tout cela à la fois !
Laissez-vous surprendre par tout un territoire qui offre de multiples opportunités dans un cadre de vie durable, bienveillant et stimulant.
  Partagez l’aventure sur
Retrouvez-nous sur :
jouonslefutur-grandpoitiers.f r
Simon et Sylvain travaillent au Fablab des Usines, à Ligugé. Cet espace favorise l’innovation et le prototypage sur notre territoire.
 Photo : Les Usines – Ligugé par Alain Montaufier
/ Grand Poitiers - octobre 2020 et Studio Piccolina
]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
L’événementiel sur la corde raide
Frappé par une crise d’une violence inédite, le secteur plie mais ne rompt pas
échanges par écrans interposés ne remplaceront jamais le « live » avec ses souvenirs partagés, son humanité et ses « off » échangés à la pause et souvent très construc- tifs.
Sur le fil du rasoir
Moribond depuis le premier confinement, l’événementiel affronte avec cette nouvelle fer- meture de l’économie une crise d’une violence inouïe. L’enjeu est de taille. En 2018, 380 000 évé- nements organisés à l’initiative d’une entreprise ou d’une insti- tution ont eu lieu en France – soit plus d’un millier par jour –, gé- nérant 32 milliards d’euros de re- tombées, selon une enquête d’EY publiée en novembre 2019. La pandémie menace directement les 335 000 emplois (en équiva- lent temps plein) d’un secteur composé principalement de PME ou de TPE, voire d’indépen- dant·es. Des petites entreprises, qui, bien souvent, ne disposent pas de la trésorerie suffisante pour laisser passer l’orage, d’au- tant que personne ne sait quelle sera la durée et l’ampleur de la crise. Une situation qui inquiète au plus haut point le délégué général de l’Unimev, le syndi- cat du secteur, Frédéric Pitrou. « Au printemps, les pouvoirs pu- blics ont mis en place des aides pour les principaux acteurs, les agences, les lieux de réception, etc., en oubliant une multitude de prestataires pourtant clefs comme les traiteurs, les hôtesses, la sécurité, le son, etc. » Aussi, ce dernier se félicite d’avoir obtenu récemment d’élargir la liste des acteurs pouvant bénéficier de ces aides (prestataires...). « Si ces en- trepreneur·euses font faillite, le secteur ne pourra pas redémar- rer lorsque la crise sera passée », explique-t-il. Pour lui, seul l’État peut éviter la quasi-disparition du secteur, encore faut-il en sai- sir la spécificité. « L’événementiel n’a pas le même rapport au temps que les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration. Ces derniers peuvent reprendre une activité dans les jours qui suivent l’au- torisation d’ouverture, alors que les événements ont des temps de production qui se comptent en mois », rappelle le délégué gé- néral de l’Unimev. À cet égard poursuit-il, le cas du Salon in- ternational de l’agriculture est exemplaire. L’événement a été reporté alors qu’il ne devait se tenir... que fin février 2021, soit
    Le secteur de l’événementiel, au bord de la crise de nerf depuis le premier confinement, survivra-t-il au deuxième ? Grâce
aux aides de l’État et à l’effet de taille, certains acteurs s’en sortiront sans doute. Mais beaucoup y laisseront des plumes, voire leur peau. Cette crise inédite n’épargne personne... même les plus gros.
Fin octobre, Sodexo, mul- tinationale familiale française et membre du CAC 40 a frappé les es-
boiteront inéluctablement le pas et beaucoup d’entre eux, pour le coup, n’auront pas le choix. Aussi, en attendant d’entrevoir le bout du tunnel, les entreprises concernées vont, elles aussi, ré- duire leur masse salariale et vivoter grâce aux subsides de l’État. « Le chômage partiel à plein, c’est-à-dire 100 % pour l’employeur, va être réactivé pour tous ces secteurs : hôtellerie, ca- fés, restaurants, tourisme, événe- mentiel, culture, sport », a assuré Emmanuel Macron au moment de l’instauration du couvre-feu, mi-octobre. À côté de cet appui vital, les acteurs qui pourront rouvrir connaîtront les mêmes affres que ces derniers mois. « Notre clientèle d’affaires a été au rendez-vous lors du déconfi- nement. En revanche, nous souf- frons de la disparation complète des évènements à Paris comme les salons, les conférences, les défilés de mode, etc. », indique Massimo Mori, propriétaire de l’Armani Caffé et du Mori Ve- nice Bar. « Nous nous sommes adapté·es à cette crise inédite en resserrant notre carte par deux, mais également en recourant aux aides du gouvernement, comme le chômage partiel. Mais pour faire du bon travail, il nous faut du monde : plus de 24 salarié·es au Mori et une trentaine chez Armani. Nous avons également lancé un service de livraison, mais essentiellement pour ne pas rompre le lien avec notre clien- tèle », détaille le restaurateur. Les hôtels, eux, devraient multiplier les offres auprès des entreprises locales en valorisant leurs atouts, une démarche partagée par les parcs de loisirs. Pour tenter de ré- sister à l’explosion de la digitalisa- tion des événements, les agences spécialisées comme les hôtes ont été contraints de s’adapter en lançant des séminaires et autres congrès « hybrides », avec une partie de présentiel et une autre à distance. Mais ce genre d’évé-
prits en annonçant la suppres-
sion nette de 2 083 postes. « La
crise de la covid-19 a fortement
impacté l’activité de restauration
dans les entreprises, les écoles,
les universités et les activités évé-
nementielles. Le développement
de nouvelles tendances comme
le télétravail ou la livraison de
repas a été fortement accéléré »,
a justifié le groupe de restaura-
tion collective. Alors comment
s’organise le secteur ? Le numé-
ro deux mondial de la restaura-
tion collective n’a pas tergiversé
en coupant dans ses coûts fixes
malgré ses milliards d’euros de
liquidités. Avec le confinement,
acte 2, d’autres acteurs lui em-   nements n’est pas la panacée. Des
  50 |
novembre 2020 ecoreseau.fr
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 ]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
      quatre mois et demi plus tard. Un coup dur sachant que ce sa- lon attire quelque 650 000 vi- siteur·euses en temps normal. « Dans ce secteur, tout se décide six mois, voire un an avant », rap- pelle Frédéric Pitrou. En d’autres termes, le secteur marche à la confiance. Or, elle a corps et bien disparu.
le virtuel afin d’engager le maxi- mum de participant·es sans pour autant se lancer dans une orga- nisation complexe, coûteuse et le plus souvent polluante en rai- son du transport. L’événementiel sera ainsi de plus en plus hybride. Cette tendance est dans l’air depuis quelque temps, mais la crise pourrait accélérer son avè- nement. Le but ultime des entre- prises sera de concerner de façon aussi intense la communauté pré- sente physiquement que celle de- vant son ordinateur. Pour autant, les observateur·rices sont tout aussi unanimes, les événements physiques ne s’arrêteront pas avec la crise. « Le secteur a appris à coexister avec Internet depuis une quinzaine d’années déjà. Les gens auront toujours besoin de se réunir, de se serrer la main, etc. », remarque Éric Vence, fondateur d’Eventdrive, une plateforme de gestion d’événements profes- sionnels. « Le salon est un média qui plaît aux entreprises, notam- ment celles qui opèrent en BtoB. Plus globalement, le concept d’événement n’est pas remis en cause. C’est sans doute le meil- leur moyen d’échanger avec sa communauté et de lui trans- mettre un message », renchérit Olivier Cadi, président et fon- dateur de Corp Agency. Frédéric Pitrou aussi croit en une reprise de l’événement physique à terme. « Une fois la crise achevée, les gens auront plus que jamais l’en- vie de se retrouver, d’échanger de vive voix. En visioconférence, on perd un élément majeur des rencontres physiques, le off. Ce qui est dit avant ou après la réu- nion. Ces rencontres informelles sont souvent enrichissantes pour les interlocuteurs et leurs entre- prises. Même dans le business, les sentiments, l’émotion, ça compte. Aussi, à mesure que la situation sanitaire s’améliore- ra, j’espère que le gouvernement augmentera le plus rapidement la jauge des participants aux événe- ments, peut être dans un premier temps pour les événements BtoB. Ces évènements y sont souvent moins festifs, plus facile à gérer au niveau du comportement des participants et également très importants pour favoriser la re- prise économique ». Au final, le principal perdant sur le long terme de cette crise pourrait bien être le transport aérien. Pour des raisons sanitaires, économiques et écologiques, les événements au bout du monde risquent de se faire rares...
Prendre son mal
en patience
L’avantage du deuxième confi-
nement... C’est qu’il arrive
après le premier déconfinement.
Aussi, les acteurs du secteur
connaissent l’impact de la fer-
meture de leur activité et ont
une idée plus précise du futur.
« La crise sanitaire a provoqué le
quasi arrêt de notre activité évé-
nementielle. Or nous organisons
en moyenne 200 événements par
an. L’activité a rebondi avant l’été
dans le sillage du déconfinement.
Mais depuis quelques semaines
et le ton de plus en plus grave du
Premier ministre, les entreprises
jouent la prudence et attendent.
Nos client·es n’ont aucune visi-
bilité... et nous non plus puisque
l’activité est rythmée par les
annonces sanitaires », explique
Rodolphe Lauron, responsable
événementiel chez Parc Asterix.
Face à la crise, le parc détenu
par la Compagnie des Alpes en-
courage la polyvalence de son
équipe. « Au lieu de procéder à
des mesures de chômage partiel,
nous préférons déployer les sa-
larié·es sans mission à d’autres
tâches qui incombent d’habitude
à des intérimaires ou des CDD »,
explique le responsable. En at-
tendant la réouverture, le Parc
Asterix ne baisse pas les bras.
« Nous réfléchissons à la mise
en place de nouveaux produits
commerciaux pour séduire les
client·es quand la crise se sera
estompée. Par exemple, le lance-
ment d’offres tournées vers l’ex-
térieur et nos espaces verts. Nous
faisons en effet le pari qu’après
trois mois de confinement et de
reconfinement, les individus au-
ront besoin de prendre l’air. À
cet égard, nous avons la chance
d’être entouré·es de verdure, de
forêts, autant en faire profiter
nos client·es », indique Rodolphe
Lauron. Une stratégie déve-
loppée également par l’Abbaye
Royale de Fontevraud. Pour elle
aussi, le premier confinement a
été rude. « Bien sûr, le premier
confinement a provoqué l’arrêt
total de l’activité MICE, qui est   adapté nos conditions générales   combiner la présence physique et     PIerre-JeAn LePAGnoT
toutefois repartie timidement à   La pandémie menace
directement 335 000 emplois
 l’été 2020. Selon le maintien ou non des événements de la fin de l’année, notre baisse de chiffre d’affaires en 2020 pourrait at- teindre jusqu’à 50 %. Cependant, nous constatons ces dernières semaines, malgré le regain de la pandémie, le retour de certains de nos client·es. Si les grandes en- treprises internationales évitent les conventions, les entreprises locales, les clubs de dirigeant·es et les fédérations profession- nelles par exemple reviennent vers nous. Les gens éprouvent le besoin de se retrouver, de ré- fléchir ensemble, en groupes réduits et dans le plus strict res- pect des mesures sanitaires », expliquait, juste avant l’annonce du reconfinement, Sophie Gam- biez, directrice communication, commercial et marketing de l’Abbaye Royale de Fontevraud. Pour séduire de nouveau les en- treprises, l’hôtel continuera de promouvoir son site, très vaste, riche d’histoire, en pleine nature et écoresponsable. Selon Sophie Gambiez, « l’Abbaye corres- pond parfaitement au besoin des client·es de se ressourcer, de se recentrer sur l’essentiel et d’être en cohérence avec leurs engage- ments RSE. D’ailleurs, la crise de la covid a accéléré cette ten- dance observée depuis quelques années et qui est désormais une tendance de fond ». Comme le Parc Asterix, l’Abbaye joue la carte commerciale. « Nous avons
de vente en y apportant beau- coup de souplesse, notamment en cas de report des événements. Nous faisons des efforts sur les prix et ajustons nos prestations. Par exemple, nous pouvons pro- poser un service assis au prix d’un cocktail debout, sachant que cette formule n’est plus au- torisée. Enfin, nous jouons sur nos atouts en ouvrant l’abbaye à des visites privées, afin d’of- frir une expérience unique à nos client·es », précise Sophie Gam- biez.
    Innover pour survivre
Malgré ces efforts, les hôte- lier·ères risquent de connaître une reprise compliquée. Selon bon nombre d’observateur·rices en effet, cette crise va accélérer la transition déjà à l’œuvre en faveur du digital. « La tendance est aux événements hybrides. Face aux restrictions de voyage, les entreprises s’organisent par exemple avec une partie des collaborateur·rices en présen- tiel à l’abbaye et une autre en visio-conférence », reconnaît d’ailleurs la directrice de l’Ab- baye Royale de Fontevraud. Dans ce cadre, les acteurs du secteur devront investir ou pou- voir accueillir techniquement des outils plus flexibles, capables de permettre aux entreprises de
52 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                        03 44 62 33 94
business.experience@parcasterix.com www.seminaire.parcasterix.fr
 ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
Flottes d’entreprise : du diesel à l’hybride à chevaux forcés !
bride rechargeable tout comme la TVS, laquelle s’élève à 107 euros pour l’hybride rechargeable contre 5 795 euros pour le diesel et 5 827 pour l’essence. Dernier exemple, en début d’année avec des règles fis- cales différentes, le nouveau BMW X1 xDrive 25 e hybride rechar- geable donnait déjà le tempo. Ce modèle de 220 ch homologué à 1,8 I/100 km de consommation et 48 g/km de CO2 affichait lors de son lancement un prix de revient kilo- métrique de 0,516 euros/km contre 0,606 euros pour les versions die- sel et essence. Gain sur quatre ans d’utilisation en LLD : 9 000 euros.
L’électrique, compétitive selon l’usage
La voiture hybride rechargeable représente-t-elle dès lors le futur automobile ou simplement une technologie de transition en atten- dant que l’autonomie des batteries des modèles électriques progresse ? L’AMO apporte un élément de ré- ponse dans un dernier exemple qui compare les performances d’un même modèle disponible avec trois technologies d’électrification dif- férentes. La berline Hyundai Ioniq est proposée en version hybride et hybride rechargeable, mais égale- ment en version 100 % électrique. Selon les calculs de l’AMO, quel que soit le kilométrage parcouru du- rant son utilisation, la version élec- trique est toujours la plus écono- mique à l’usage. Dans le cas d’une utilisation portant sur 48 mois et 120 000 km, la berline électrique de Hyundai domine avec un prix de revient kilométrique de 0,26 euro, tandis que la version hybride re- chargeable affiche un PRK de 0,33 euro et la variante hybride non rechargeable un PRK de 0,32 euro. Ici, indique cet observatoire, « mal- gré de moins bonnes valeurs de revente que les versions hybrides et hybrides rechargeables, la Ioniq électrique profite de nombreux atouts fiscaux tels que le bonus de 5 000 euros, une TVS nulle, mais également un montant d’amortis- sements non déductibles particu- lièrement réduit ».
La bonne technologie
pour un bon usage
En attendant, face à la variété de nouveaux modèles électriques et hybrides et devant la complexité des règles fiscales, la plupart des loueurs longue durée auxquels font appel les flottes pour le finan- cement et la gestion de leur parc automobile développent une acti- vité de conseil. Comme l’explique
   Les parcs se mettent au vert :
transition ou (r)évolution ?
D’ici à quatre ans, le diesel pourrait avoir disparu du catalogue des constructeurs automobiles. Pour les flottes d’entreprises qui gardent du gazole dans les veines, le sevrage risque
d’être douloureux. À moins qu’avec leurs coûts d’utilisation inférieurs, les voitures hybrides rechargeables succèdent
aux modèles diesel sans coup férir et opèrent en douceur la
transition vers laL
voiture électrique.
e taux de progression de   pact, le RAV4, dans une version   montre le modèle le plus compétitif
  217 % enregistré fin sep- tembre pour les ventes de voitures hybrides rechar-
geables à des entreprises traduit enfin le décollage tant attendu des ventes de véhicules « électri- fiés » dans les flottes. Mais il cache aussi d’autres réalités. Comme souvent dans les statistiques de ventes, les taux de progression les plus élevés correspondent sou- vent à de faibles volumes. Ici, cette croissance des ventes de modèles hybrides rechargeables ne repré- sente que 17 110 unités vendues depuis le début de l’année sur un total de 510 573 immatriculations. De leur côté, les voitures électriques ont enregistré une progression de 16,6 %, soit un total de 17 113 véhi- cules. Quant aux voitures hybrides (non rechargeables) en croissance de 34 % sur les neuf premiers mois de l’année, elles représentent 25 390 immatriculations.
Des volumes de ventes encore faibles mais représentatifs désor- mais d’un retournement du mar- ché en faveur des véhicules élec- triques ou « électrifiés » tels que le sont les voitures hybrides associant un moteur thermique, un moteur électrique et une batterie rechar- geable ou pas.
Une évolution du marché que l’on retrouve dans l’offre de mo- dèles du groupe japonais Toyota. Ce spécialiste des voitures hybrides (non rechargeables) depuis 20 ans propose désormais son SUV com-
hybride rechargeable. Celui-ci dis- pose d’une autonomie électrique de 100 km en cycle urbain seul... Un record pour ce SUV familial dont les rejets CO2 se situent en dessous de 22 g/km, ce qui lui permet d’être exonéré de la TVS pour les voitures d’entreprises et même de bénéficier d’un bonus.
Cette poussée des ventes des modèles plug-in doit en ef- fet beaucoup à la fiscalité auto- mobile appliquée cette année. Depuis le 1er juin, les véhicules hy- brides rechargeables bénéficient d’un bonus de 2 000 euros si leur autonomie en mode électrique est supérieure à 50 kilomètres et si leur coût d’acquisition ne dépasse pas 50 000 euros. Dans ce cas, le montant de la TVS (taxe sur les véhicules de société) est limité à 107 euros contre des montants beaucoup plus élevés dans le cas de motorisations diesel ou essence. Sur ce point, l’observatoire du vé- hicule d’entreprise AMO (Arval Mobility Observatory) a comparé les TCO (coût d’usage total) des véhicules selon leurs motorisations thermique, hybride ou électrique.
L’hybride
à l’épreuve des coûts
La Citroën C5 Aircross hybride rechargeable qui est commercia- lisée à un tarif (bonus déduit) su- périeur de 4 650 euros à la version essence équivalente et de 2 200 eu- ros par rapport à la version diesel se
à l’examen des coûts d’utilisation. L’AMO constate que la version hy- bride rechargeable de 225 ch gagne tous ses duels avec les moteurs ther- miques. Pour un usage de 48 mois et 100 000 km, le C5 Aircross hy- bride rechargeable obtient un prix de revient kilométrique (PRK) de 0,43 euro/km contre 0,564 pour la version essence et 0,58 pour la va- riante diesel. Le bonus écologique accordé aux hybrides rechargeables joue ici à plein pour favoriser cette motorisation alternative. Les va- riantes essence et diesel, elles, sont pénalisées par une taxe sur les véhicules de société qui s’élève à 5827eurospourl’unetà5899eu- ros pour le second. C’est dire le rôle de la fiscalité dans le succès des hy- brides rechargeables.
La même démonstration se véri- fie avec le Peugeot 3008 Hybrid face à ses équivalents thermiques. Mal- gré un tarif catalogue nettement plus élevé, cette version hybride rechargeable du SUV de Peugeot dégage un coût d’usage nettement inférieur, quel que soit le kilomé- trage, à ceux des modèles essence et diesel. Comme l’indique l’AMO, « le total des charges fiscales et sociales explique cette différence. Elles correspondent à un poste de coût de 14 230 euros pour la ver- sion hybride rechargeable, contre 22 227 euros pour le 3008 diesel et 20 885 euros pour l’essence. Ici à nouveau, le bonus écologique de 2 000 euros joue en faveur de l’hy-
  Depuis le 1er juin, les véhicules hybrides rechargeables bénéficient d’un bonus de 2 000 euros si leur autonomie en mode électrique est supérieure à 50 kilomètres
et si leur coût d’acquisition ne dépasse pas 50 000 euros.
      54 |
novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[ DIMINUEZ
VOS CHARGES GRÂCE AUX RECHARGES
 NOUVEAU CITROËN Ë-SPACETOURER
100 % ËLECTRIC
JUSQU’À 9 PLACES
SUV CITROËN C5 AIRCROSS HYBRID
HYBRIDE RECHARGEABLE
NOUVELLE CITROËN Ë-C4
NOUVELLE GAMME CITROËN BUSINESS ÉLECTRIQUE
COÛT D’USAGE : 30 % D’ÉCONOMIE VS VÉHICULE THERMIQUE*
100 % ËLECTRIC
  Coût d’usage/100 km : à partir de 2,4 euros** Coût d’entretien : 30% d’économie vs véhicule thermique Contrat de service avec entretien de la batterie inclus
Bonus écologique jusqu’à
5000€(1)
Citroën préfère Total (1) Bonus écologique de 2000 € sur les véhicules hybrides et de 5000 € sur les véhicules 100% électriques. *Hors énergie. **Basé sur le coût d’électricité à 0,15 €/ kW.
CONSOMMATIONS MIXTES ET ÉMISSIONS DE CO2 DE SUV CITROËN C5 AIRCROSS : WLTP DE 1,3 À 6,9 L/100 KM ET DE 30 À 156 G/KM
 ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
Gilles Bellemère, directeur général     représentent aujourd’hui 17 % de
       du loueur ALD Automotive, « si la
politique fiscale a poussé les entre-
prises à commander des véhicules
électriques et hybrides, des raisons
stratégiques ont également conduit
nos clients à vouloir “verdir” leur
parc automobile, notamment au
moment où l’offre des construc-
teurs commence à se montrer plé-
thorique. Dans ce domaine, notre
conseil de loueur est important
car il faut évaluer l’usage qui sera
fait du véhicule et être certain qu’il
correspond aux besoins du client.
Pour l’hybride rechargeable par
exemple, il est essentiel de s’assu-
rer que ce véhicule circule bien
avec sa faculté à rouler en énergie
électrique ». Ce loueur a également
développé un programme (ALD
Electric) qui comprend l’audit chez
le client pour le choix et l’attribu-
tion des véhicules, la mise en place
d’applications de suivi des consom-
mations, l’évaluation et l’installa-
tion des bornes de recharge néces-
saires et l’attribution de cartes de
recharge pour les collaborateurs.
Même orientation des services chez
le loueur Alphabet avec son pro-
gramme Alpha Electric. « L’orien-
tation fiscale a encouragé les com-
mandes de véhicules électriques
ou hybrides rechargeables. Elles     brides essence. Ce n’est pas la mort
La camionnette bientôt branchée !
nos commandes. C’est colossal au regard de la barre des 10 % qui pa- raissait une étape inaccessible il y a peu », explique Stéphane Crasnier, PDG d’Alphabet. Toutefois, dit-il, « cette évolution va certes entamer la supériorité du diesel, mais nous avons la responsabilité de proposer le meilleur véhicule à nos clients en tenant compte de sa loi de roulage. Pour cela, il y aura toujours un be- soin spécifique de véhicules diesel à destination des gros rouleurs sur des distances auxquelles ni l’élec- trique ni les modèles hybrides ne peuvent répondre ».
32273€ 34187€ 26564€ soitPRK:0,538€ soitPRK:0,570€ soit PRK : 0,443 €
34391€ 35839€ 27983€
Coûts d’usage et prix de revient kilométrique
        Durée/ kilomètres
Hyundai loniq HYBRIDE Creative
CO2 : 105 g/km Prix catalogue + option PM : 32 580€
Hyundai Ioniq HYBRIDE RECHARGEABLE Creative
CO2 : 105 g/km : 26g/km Prix catalogue + option PM :35 830€ Bonus 2 000€ Net:33830€)
Hyundai loniq ÉLECTRIQUE Creative
CO2 : 105 g/km : 0g/km Prix catalogue + option PM:39730€ (Bonus 5 000€ Net:34730€)
    48 mois/ 60 000 km
  48 mois/ 80 000 km
soitPRK:0,430€ soitPRK:0,448€
36967€ 37853€ soitPRK:0,370€ soitPRK:0,379€
soitPRK:0,350€
29790€ soitPRK:0,298€
  48 mois / 100 000 km
  48 mois / 120 000 km
39341€ 39693€ 31434€
soitPRK:0,328€ soitPRK:0,331€
soitPRK:0,262€
     Vers une mixité énergétique
Même constat du côté du loueur Athlon où Gérard de Chalonge, son directeur commercial et mar- keting, constate « l’appétit » des flottes d’entreprises pour les mo- dèles plug-in (hybrides rechar- geables). « Au-delà de la fiscalité favorable, les ventes de modèles hybrides rechargeables décollent en raison de l’arrivée des marques françaises. De quoi démocratiser le plug-in dans les flottes. Renault, par exemple, supprime le diesel sur certains modèles, ce qui va favo- riser les ventes de ses versions hy-
43392€ 52385€ 54683€ SoitPRK:0,723€ SoitPRK:0,873€ SoitPRK:0,911€
45447€ 55278€ 58004€ Soit PRK : 0,568 € Soit PRK : 0,691 € Soit PRK : 0,725 €
48055€ 58725€ 61811€
Coûts d’usage et prix de revient kilométrique en €
        Durée/ kilomètres
 48 mois/ 80 000 km
Peugeot3008 Hybride recharg. 225 ch GT Line
CO2 : 30 g/km Prix catalogue + optionPM:47050€ (Bonus 2 000 € Net:45050€
Peugeot3008 ESSENCE PureTech 180 ch
GT Line
CO2 :165g
Prix catalogue + option PM:40300€
Peugeot3008 DIESEL BlueHDI 180 ch GT Line CO2 : 161g/km
Prix catalogue + option PM:43500€
    48 mois/ 60 000 km
   48 mois / 100 000 km
SoitPRK:0,481€ SoitPRK:0,587€
50436€ 62076€ SoitPRK:0,420€ SoitPRK:0,517€
SoitPRK:0,618€
65271€ SoitPRK:0,544€
  48 mois / 120 000 km
  du diesel, mais le commencement   cette perspective que le nouveau
 Loin d’obtenir pour l’instant le même succès que les voitures électriques, les véhicules utilitaires électriques vont connaître un regain d’intérêt dans les prochains mois.
Tous les constructeurs vont décliner sous peu des versions électriques de leurs principaux véhicules utilitaires. L’enjeu : permettre aux professionnels, aux artisans et aux flottes équipés
de véhicules « propres » d’accéder librement aux centres-villes interdits aux diesels ou dans les zones à faibles émissions (ZFE) qui vont s’ouvrir à partir de 2021 dans de nombreuses grandes agglomérations.
• Chez Renault la gamme utilitaire électrique qui comprend le Kangoo
ZE et le grand fourgon Master ZE
va être enrichie l’année prochaine
d’une variante, hybride cette fois, de son fourgon compact. Le Renault
Trafic hybride pourra parcourir une quarantaine de kilomètres en mode électrique. Ce modèle rejoint ainsi le Ford Custom PHEV, lequel adopte la technologie hybride rechargeable et dispose de 500 kilomètres d’autonomie dont 50 kilomètres en mode électrique pur.
• Chez PSA, l’heure est aussi à un passage massif à l’électrique. Qu’il s’agisse des marques Peugeot, Citroën ou Opel, ce sont les fourgons compacts
56 | novembre 2020 ecoreseau.fr
de ces marques (Peugeot e-Expert, Citroën ë-Jumpy et Opel Vivaro-e) qui ont reçu la primeur de l’électrification. Ces modèles sont proposés avec deux variantes de capacité de batterie et donc deux degrés d’autonomie : 200 ou 300 kilomètres.
Comme on l’explique chez Peugeot,
« partant du constat qu’une majorité des professionnels font moins de
300 kilomètres par jour à bord de leur véhicule utilitaire, la solution d’une version électrique du Peugeot Expert semblait une évidence ». Dans des tonnages supérieurs, les marques du groupe PSA viennent également de présenter les versions électriques de leurs grands fourgons Peugeot e-Boxer et ë-Jumper dotés d’une autonomie jusqu’à 340 kilomètres. Enfin, dès 2021, les versions électriques des Peugeot Partner, Berlingo Van et Opel Combo feront leur apparition sur le marché. L’ensemble de ces modèles électriques vont rejoindre l’offre déjà existante telle celle de Mercedes qui propose ses deux fourgons Vito et Sprinter en version électrique ou de Fiat dont l’utilitaire lourd de la gamme va être également proposé en version électrique. Baptisé E-Ducato, il disposera d’une autonomie de 220 à 360 kilomètres en usage urbain. J-P L.
d’une mixité énergétique selon les usages des véhicules. À terme, le diesel pour les gros rouleurs sera progressivement remplacé par l’hydrogène pour des autonomies de plus de 400 kilomètres. »
Pas certain cependant que l’on at- tende la mise au point de véhicules « hydrogène » pour chasser défini- tivement le moteur diesel sous le capot des voitures neuves. Comme Renault, de nombreux autres constructeurs font le ménage dans leurs gammes pour en supprimer certaines versions diesel.
Diesel : clap de fin en 2025 ?
Chez PSA, des mesures plus radi- cales ont été prises. Comme l’an- nonce Laurent Planchet, directeur Produits de Peugeot, « PSA a arrêté le développement de ses moteurs diesel. D’ici à 2025, il n’y aura plus de moteurs de ce type proposés sur les véhicules neufs du groupe PSA ». En attendant, Peugeot réduit déjà la voilure en matière d’offre diesel. Sur la nouvelle génération du Peugeot 3008, la motorisation hybride rechargeable de 225 ch remplace le moteur diesel de 180 ch présent jusqu’ici sur ce SUV. Seule une version 130 ch diesel reste au catalogue sur ce modèle. « Nous voulons accélérer la transition vers les motorisations alternatives, in- siste Laurent Blanchet, et c’est dans
Peugeot 3008 en version hybride rechargeable 225 ch est proposé aux mêmes loyers de location que la version diesel équivalente. » Même opération sur les segments supérieurs où figurent le grand SUV 5008 et la berline 508 en ver- sions hybrides. Du côté des cita- dines, la Peugeot 208 disponible en versions électriques ou essence ne dispose plus que d’une seule pro- position diesel de 100 ch. « D’ici à 2025, des progrès auront été accom- plis sur le plan de l’autonomie des modèles électriques et en matière d’implantation de bornes de re- charge. Dès lors, annonce Laurent Blanchet, pour les gros rouleurs des flottes d’entreprises, le diesel sera remplacé par l’électrique. » Une tendance que suit également Renault chez qui son nouveau directeur général, Luca de Meo, vient d’annoncer qu’en 2022 tous les modèles de la marque comp- teront des versions électriques et hybrides. Et pour mieux illustrer son propos, il a dévoilé le concept de la nouvelle Renault Mégane, laquelle sera à l’avenir un élégant crossover 100 % électrique doté de 450 kilomètres d’autonomie dont la silhouette devrait inspirer l’ensemble de la gamme Renault. Adieu diesel ?
JeAn-PIerre LAGArDe
  ]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                                  Optez pour des bornes de recharge intelligentes et passez à la vitesse supérieure !
L’écosystème de recharge est un élément clé pour le développement des véhicules électriques dans les flottes d’entreprise : Athlon vous propose la location de bornes de recharge, sur votre site d’entreprise ou au domicile de vos collaborateurs, intégrée dans votre offre de location longue durée.
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  Athlon E-Mobility, Louez, roulez, rechargez où vous voulez !
 ]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation par Geoffroy Framery
   40%
le chiffre
Une baisse de 40 % d'étudiant·es en provenance d'Asie. Tel est le chiffre avancé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères au regard du nombre de visas accordés pour cette rentrée scolaire. Le chiffre serait du même acabit pour les étudiant·es provenant d’Amérique du Nord et d’Amérique Latine.
nouvelle promo pour l’incubateur Centrale- Audencia-enSA
Début septembre, huit start-up créées par des alumni et des chercheur·euses de Centrale-Audencia-ENSA ont fait leur
entrée dans la nouvelle promotion de l’incubateur éponyme et portent ainsi à 28 le nombre de jeunes pousses bénéficiant de cet environnement propice à leur croissance qui va leur permettre de valider leur proposition de valeur et leur modèle économique. Parmi elles, 7Smash propose une application permettant à
des particulier·ères de louer des courts de tennis ; Articonnex, plateforme de mise en relation entre artisan·es permettant la location ou la vente de matériaux neufs ou d’occasion ; Diazonis qui développe un collier connecté de
e-santé pour animaux domestiques,
Farwind qui développe une solution de
conversion de l’énergie éolienne offshore
en carburant renouvelable ; Génération
Zébrée qui vise à favoriser l’égalité des
chances en accompagnant la génération
Z dans ses choix d’orientation vers les
études supérieures ; Ouivalo qui anime un réseau de points relais pour les biodéchets des citadin·es en magasins et entreprises ; Soleneos qui propose des services pour réaliser des recherches et expertises sur le climat urbain ; ou encore SuperCargo qui se donne pour mission de créer des espaces de travail inspirants, modulables et évolutifs grâce à un catalogue de containers maritimes recyclés et aménagés en zone périurbaine.
La haute fonction publique souhaite élargir ses viviers
Le 7 octobre, la ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, a annoncé que des places vont être « réservées » à partir de 2021 aux candidat·es issu·es des milieux modestes dans tous les futurs concours de la haute fonction publique.
Lancement de la plate-forme numérique d’information et d’analyse GéoSport
par L’IrIS et emlyon business School
GéoSport propose des analyses d’expert·es reconnu·es sur les enjeux contemporains de la géopolitique et du sport, tels que la diplomatie, les relations
internationales, l’image
de marque d’un État, la
politique et le soft power
etc. GéoSport s’adresse
aux membres d’instances
gouvernementales,
décideur·euses politiques,
dirigeant·es d’entreprises,
managers, universitaires,
étudiant·es et fans de sport.
En d’autres termes, la
plateforme vise à interpeller
toutes celles et tous ceux qui s’intéressent au sport dans ses dimensions stratégiques, c’est pourquoi GéoSport donne accès à nombre de décryptages et d’analyses.
Chaque difficulté rencontrée doit être
l’occasion d’un nouveau progrès. Pierre de Coubertin
      58 |
novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
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 ]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation
 60 |
novembre 2020 ecoreseau.fr
esdes : +18 % d’inscrit·es et poursuite
de l’hybridation Aavec un nouveau bachelor
près plusieurs mois d’enseignement à distance, l’Esdes a fait le choix d’une rentrée en présentiel. Le port du masque est évidemment obligatoire pour toutes
et tous (étudiant·es, personnels, professeur·es). De- puis le 12 octobre, en conformité avec les consignes du ministère, l’Esdes a divisé par deux ses capa- cités d’accueil. Le co-modal devient la règle et les étudiant·es alternent cours en demi-groupe sur le campus et cours à distance. Le nombre d’étu- diant·es inscrit·es à l’Esdes progresse de 18 % cette année et ce malgré une relative stagnation du nombre d’étudiants·e internationaux·ales. La preuve d’une forte attractivité de l’École, dont le
Programme Grande École a été accrédité Epas en mars 2020. n nouvelles nominations
chez South Champagne business School
Moins de deux ans après l’arrivée de Céline Fauchot à la tête de
SCBS, l’école poursuit sa transformation avec la création du poste de directeur des programmes et le recrutement de Matar Mbaye. L’école de management de Yschools renforce également sa faculté avec l’arrivée de cinq nouvelles enseignantes-chercheuses dont les profils très internationaux et leurs expertises renforcent les domaines clés de l’école (entrepreneuriat, innovation et relation-client).
18 parcours de spécialisation pour l’eseo
Nouveauté majeure pour l’Eseo, la création de nouveaux parcours avec au total, 18 options différentes proposées à la fin du parcours de formation d’ingénieur
sur les trois campus, avec
une possibilité de mobilité.
Le but est de préparer les
étudiant·es à leur entrée dans
la vie active dans le secteur
d’activité de leur choix. Ces 18 options ont été conçues notamment en se basant sur des enquêtes auprès des entreprises. Ainsi, les options Big Data, cyber sécurité, ingénierie d’affaires & pilotage de projets et Intelligence artificielle & Aide à la décision seront accessibles l’année prochaine sur le campus de Paris-Vélizy. Les parcours robotique et transports & véhicules intelligents viendront compléter l’offre d’ici 2022.
  L’Estia conclut son premier
touL
r de table
’Estia (École supé- rieure des techno- logies industrielles avancées) officia-
la CCI des Deux-Sèvres, ainsi que les sociétés Herrikoa, Sokoa et PG Invest (Groupe Crédit Agricole Py- rénées Gascogne).
L’équipe éditoriale est constituée de Simon Chadwick, professeur spé- cialiste de l’Industrie du Sport en Eurasie à l’Emlyon Business School, Carole Gomez et Estelle E. Brun, directrice de recherche et chargée de recherche au sein du pôle Sport et Géopolitique de l’IRIS, ainsi que du professeur Paul Widdop de la Manchester Metropolitan Univer- sity au Royaume-Uni. n
 lise son augmentation de capital de 1,25 million d’euros pour un capital de 4,3 millions qui acte aussi l’arrivée de sept nouveaux actionnaires dans sa gou- vernance tandis que la
CCI Bayonne Pays Basque demeure actionnaire majoritaire. Parmi les nouveaux actionnaires, figurent les chambres consulaires suivantes : la CCI de Nouvelle Aquitaine, la CCI des Landes, la CCI de Pau Béarn,
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[ handicapés sûrement, entrepreneurs avant tout !
Hamou bouakkaz
Secrétaire général de l’association h’up entrepreneurs
Le 9 novembre, au Carreau du Temple...
’année 2020 sera unique à plus Le télétravail a simplifié la com- trois3 ans) à « surfer sur la vague » d’un titre. Elle a chamboulé munication et réduit les déplace- grâce à un programme adapté d’ac- nos valeurs, nos priorités, dés- ments, source de stress pour nombre compagnement au rebond anti-crise tabilisé les entreprises établies, d’entrepreneurs à mobilité réduite. covid-19.
fait émerger de nouveaux acteurs. Néanmoins, la réalité de la crise sani- Sur six mois, chaque entrepre-
édition des Trophées h’up entrepre- neurs pour valoriser les parcours de ces hommes et ces femmes, entrepre- neur·euses extraordinaires.
La qualité des histoires entrepre- neuriales des nominés, l’ajout d’un trophée « Entrepreneur à l’interna- tional », le parrainage d’honneur de Frédéric Mazzella (fondateur et PDG de Blablacar) devraient faire de cette édition un moment inoubliable.
Dans le strict respect des gestes bar- rière tout en ne rentrant pas tard chez soi, venez vivre un voyage sensoriel au cœur de l’entrepreneuriat engagé et optimiste le lundi 9 novembre dès 17 h 30 au Carreau du Temple. Pour plus d’informations, RV sur : www.h-up. fr/trophees
Nous vous y attendons nombreux ! n
briefing rh & formation
pratique
  Comme souvent en période de crise, elle a mis de nouveaux obstacles sur la route de nombreuses personnes han- dicapées, retardant leur embauche, compromettant leur carrière, com- plexifiant leur mobilité.
Mais ici encore, 2020 déjoue les pro- nostics : plusieurs entrepreneur·euses handicapé·es ont tiré le meilleur par- ti de cette période et surtout, de par leur habitude de l’inattendu, de l’aléa, nombre d’entrepreneur·euses handi- capé·es ont fait pivoter leur modèle entrepreneurial pour l’aligner sur la conjoncture.
taire et économique que nous traver- sons n’est évidemment pas toujours toute « rose » pour les entrepre- neur·euses et dirigeant·es, qu’ils soient en situation de handicap ou non : ce contexte inédit les fragilise et les questionne, tout du moins dans leur confiance en l’avenir.
C’est la raison pour laquelle l’Agefi- ph et h’up entrepreneurs ont décidé d’unir leurs forces et de prendre sa part dans les mutations en cours en proposant d’aider 150 entrepreneurs en situation de handicap expérimen- tés (ancienneté de création d’au moins
neur·euse h’up en rebond se verra pro- poser un parcours alliant un consul- tant-référent dédié et l’exploration d’une solution de gestion de crise, pour surmonter cette crise sanitaire et économique et garder confiance en son avenir entrepreneurial. Retrouvez toutes les informations sur ce programme et inscrivez-vous sur : www.h-up.fr/rebonds-tih
Pour célébrer ces talents et plus que jamais avoir ensemble confiance en l’avenir entrepreneurial, le 9 novembre prochain au Carreau du Temple (Pa- ris 3e), h’up vous invite à la troisième
 ecoreseau.fr novembre 2020 | 61
]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation Un M2 100 % online
’Efrei Paris a étoffé son offre de formation en proposant aux étu- diant·es de la spécialisation Cybersécurité de faire, le choix de réa- liser leur dernière année de cursus (M2) en 100 % online. Pour ac- compagner l’école dans ce format, deux partenaires exceptionnels :
Lancement de l’École Entrepreneuriale par Kedge
et les Apprentis d’Auteuil
Dispensée sur le site de Marseille, la formation accueille une promotion de 14 étudiant·es entrepreneur·euses,
âgé·es de 18 à 30 ans. Issu·es de
quartiers prioritaires, les candidat·es
ont tous et toutes été sélectionné·es
par un jury qui a jugé leur motivation et leur soif d’entreprendre. Les premiers enseignements seront dispensés le
jeudi 5 novembre dans les locaux de l’accélérateur de Kedge. « La jeunesse de nos quartiers prioritaires est un atout », assure Marie Aubert, préfète déléguée
à l’égalité des chances des Bouches- du-Rhône. Pour la rentrée 2021, l’école entrepreneuriale sera également présente à Marseille mais aussi à Bordeaux et Paris
et espère accueillir 80 étudiant·es-entrepreneur·euses.
L’edhec réaccréditée equis pour la période maximale de cinq ans
L'Edhec Business School a obtenu le
renouvellement de son accréditation EQUIS
(European Quality Improvment System)
pour cinq ans, reconnaissance obtenue
sans discontinuer, toujours pour la durée
maximale, depuis plus de 20 ans. Elle
intervient dans le sillage du renouvellement
de son accréditation AACSB l'an dernier
pour la troisième fois consécutive, faisant
de l'Edhec depuis 2004 l'une des rares
écoles au monde (moins de 1 %) titulaire de
la triple couronne AACSB, EQUIS et AMBA.
Pour obtenir ce label décerné par l'EFMD (European Foundation for Management Development), les écoles candidates doivent démontrer la cohérence de leur stratégie, la qualité de leurs formations, l'excellence de leur recherche ainsi qu'un haut niveau d'internationalisation.
J'étais handicapé, tu m'as em- bauché.
J'étais isolé, tu m'as intégré. J'étais perdu, tu m'as guidé.
Je n'étais rien, tu m'as considéré. J'étais à terre, tu m'as relevé. J'étais cassé, tu as contribué à ma reconstruction.
Je n'avais plus confiance en moi, tu m'as fait grandir et m'as fait évoluer dans mon travail et au- jourd'hui, dans notre relation, j'ai trouvé l'équilibre dont j'avais besoin.
Je t'aime, ma boîte. n
Lpour l’Efrei Paris
 Microsoft France et Airbus CyberSecurity. n
Yncréa Hauts-de-France devient Junia
Pour incarner son
positionnement d’école des
transitions – fabrique du futur
désirable – la grande école
d’ingénieurs se réinvente, en se
dotant d’une nouvelle identité :
Junia. « C’est à l’intersection des
disciplines – en les hybridant –
que l’on trouve les solutions
aux défis. Junia va au bout de
cette démonstration. Avec
nos étudiant·es formé·es à des compétences agiles, nous appuyons les entreprises dans leurs transformations. Nous nous positionnons comme l’école qui accompagne LES transitions. »Thierry Occre, Directeur général de Junia. La nouvelle dynamique vise à sortir du cadre pour inventer les solutions transdisciplinaires du futur. L’école d’ingénieurs a accéléré fortement son développement et diversifié ses activités : international, nouveaux campus, prestations entreprises, nouvelles offres de formation... De plus en plus d’approches transversales se mettent en place dans l’école : innovation pédagogique, recherche, organisation des services aux étudiant·es, partenariats entreprises. En s’affranchissant de la mention
« Hauts-de-France », le changement de nom traduit le positionnement national (trois campus en France à Lille, Bordeaux et Châteauroux) et international (campus de Rabat, partenariats académiques, développement en Afrique de l’Ouest...). Junia porte de façon plus lisible la diversification de ses offres de formation (cycles préparatoires, partnership programs, bachelor...), aux côtés des diplômes historiques, en France et à l’international.
J’aime ma boîte
Mon Hotravail chérie,
Aussi loin que je me souvienne,   qualités derrière mes défauts.
        je n'ai jamais été tout à fait com- plet avant de te rencontrer.
Je le confesse, bien sûr, avant toi, il y en a eu d'autres et ce serait mentir que te dire qu'en me je- tant dans le grand bain de la vie professionnelle je n'ai connu de prétendantes avant toi.
Oui, j'ai eu des expériences et ai frotté mes compétences et mes désirs de construire un avenir à deux auprès de plusieurs entre- prises.
D'échec en échec, je persistais sans comprendre qu'au fond, dans toutes je n'avais fait que te chercher.
Au début j'étais farouche. Comme si les amours précé- dentes m'avaient vacciné et me faisaient craindre tant de bien- veillance et de bonté.
Mais tu as su, Hotravail, te mettre à ma portée.
Tu as été flexible, attentionnée. Et, même si comme dans toute relation, on a parfois toi et moi des hauts et des bas, il n'y a dé- sormais rien qui puisse empê-
De toi à moi, je suis tombé de
Charybde en Scylla et aucune de
celles que j'ai connues avant de
te rencontrer n'ont su voir mes   cher notre idylle.
 62 |
novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[ Les IAE face
à la crise sanitaire
Depuis mars 2020, l’économie française ronronne. À l’heure où 55 % des PME redoutent la faillite et que de plus en plus de structures prolongent leur chômage partiel, la crise sanitaire se double d’une véritable crise économique. Premiers à pâtir de la situation : les jeunes diplômés. Une récente étude de l’Apec (Association pour l’emploi des cadres) a mis
en avant une baisse de près de 70 % du nombre d’offres d’emplois pour
carrières & talents
année 52 000 étudiant·es à des   de continuité pédagogique. À
pratique
   ces derniers. Sur l’année, l’association s’attend l’embauche des cadres de l’ordre de 30 à 40 %.
Face à cette situation, la clé de voûte de l’in- sertion professionnelle des jeunes reste, sans
nul doute, leur diplôme, véri- table passeport pour l’emploi. Si les grandes écoles de com- merce (privées) semblent tirer leur épingle du jeu, grâce aux moyens à leur disposition pour assurer des cours à distance, et
à une baisse globale de
un réseau étendu qui leur per- met un placement facilité des jeunes diplômés, les IAE – Ins- titut d’administration des en- treprises – ne sont pas en reste en termes de capacités d’adap- tation à la crise sanitaire.
Ces « écoles publiques de ma- nagement », comme les définit Christian Defelix, directeur de Grenoble IAE, forment chaque
disciplines aussi diverses que le management, la comptabilité, l’audit, le tourisme ou encore les systèmes d’information. « Les IAE forment aux mêmes métiers et aux mêmes débou- chés que les écoles de commerce privées, poursuit celui qui s’oc- cupe également du dévelop- pement de projets territoriaux pour IAE France. La seule vraie différence, c’est que nos forma- tions ont un coût bien inférieur à ces écoles. »
Avec des moyens plus limi- tés, on aurait pu craindre que l’onde de choc du confinement puis d’une rentrée à effectifs limités aurait pu complexifier la tâche de ces établissements. C’est tout le contraire. « Les IAE étaient prêts à affronter le confinement, détaille Éric Lamarque, président d’IAE France et directeur de l’IAE Paris-Sorbonne. Avant même l’annonce de la fermeture des universités en mars, nos éta- blissements avaient œuvré pour mettre en place des systèmes
Paris, par exemple, dès le 16 mars, tous nos enseignements ont pu être effectués en ligne. »
Adaptation obligatoire
Pour cette rentrée 2020, les IAE ont également dû s’adapter. Du côté de Paris-Sorbonne, il a fal- lu mettre la main à la poche et débourser près de 70 000 eu- ros pour l’informatisation des salles de classes. « Nous avons acheté des écrans tactiles, des caméras et des micros pour que nos enseignant·es puissent dis- penser leurs cours en ligne. » Un modèle hybride, mi-présen- tiel, mi-distanciel, permettant aux cas positifs et cas contacts de suivre une scolarité quasi- ment normale sans pour au- tant mettre en danger la santé de leurs camarades, et qui s’est avéré très utile début octobre au moment de l’annonce de la limitation des effectifs dans les salles de classe. À l’IAE de Lyon, des cours hybrides sont ainsi proposés depuis le 7 septembre. Même capacité d’adaptation du
       ecoreseau.fr novembre 2020 | 63
]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
« À Paris, nous n’avons pas vu de baisse des contrats d’apprentissage. Les entreprises ont bien identifié nos formations et les atouts de nos étudiant·es »
         côté de l’IAE Limoges qui, en plus de son traditionnel wel- come pack de rentrée, a fourni des masques personnalisés à ses étudiant·es et des f lacons de gel hydroalcoolique. La continuité était également de mise pour l’IAE de Metz, qui a organisé le 12 octobre, en présentiel et en distanciel, l’évènement Entre- prendre, c’est facile !, à destina- tion des étudiant·es intéressé·es par l’entrepreneuriat, dans le cadre de la Semaine étudiante de l’esprit d’entrepreneur en Lorraine.
Reste que tout l’intérêt des IAE réside dans la vie étudiante riche avec souvent des dizaines d’associations présentes sur les campus pour l’égayer, et appor- ter des compétences profession- nelles – les fameuses soft skills – à ses étudiant·es. Là aussi, les établissements ont fait preuve
d’innovation. « Évidemment, on ne pouvait pas permettre que se déroulent les habituelles soirées d’intégration qui au- raient mis en danger la sécurité de nos étudiant·es, précise Éric Lamarque. Mais paradoxale- ment la mise en place des cours en ligne a permis de créer un esprit de groupe via notamment la nomination de délégué·es numériques chargé·es d’accom- pagner les enseignant·es dans toutes les manipulations des cours en ligne. »
Les étudiant·es
face aux incertitudes
Il ne reste pas moins que cette rentrée a un goût amer pour certain·es étudiant·es. « Nous n’avons pas pu faire de soirées depuis la rentrée, ni prendre des verres ensemble, confie Noé, étudiant à l’IAE Pa- ris-Sorbonne, mais les conver-
 Grenoble IAE face à la crise sanitaire
Christian Defelix, directeur de Grenoble IAE et vice-président Développement de projets territoriaux pour IAE France
« nous avons tenu à respecter trois principes pour cette nouvelle rentrée : protéger, prioriser et expérimenter »
Comment se sont passés vos cours durant le confinement ?
Ce que l’on peut dire
c’est que le confinement
a agi chez nous comme
un véritable chief digital officer en accélérant notre transition numérique. Nous avons pu mettre sous format numérique l’intégralité de nos cours et accompagner les enseignants qui avaient des difficultés. Notre fin d’année scolaire 2019-2020 s’est relativement bien passée malgré la situation compliquée que nous avons pu connaître.
et pour cette rentrée 2020- 2021, quels dispositifs avez- vous mis en place ?
Nous avons tenu à respecter trois principes pour cette
nouvelle rentrée : protéger, prioriser et expérimenter. Protéger les personnels
et les étudiant·es les plus fragiles en mettant en
place dès la rentrée une alternative numérique aux cours en présentiels. Nos enseignant·es dispensent leurs cours depuis l’endroit qu’ils·elles souhaitent (leur domicile, une salle que l’on met à disposition, etc.) et les étudiant·es ont la possibilité, ou non, de se rendre sur notre campus. Second point, la priorisation. Pour nous
le plus important était de maintenir du présentiel
pour nos formations continues car, au-delà de la qualité de l’enseignement, ce que recherchent les professionnel·les qui suivent des cours chez nous c’est
la qualité des interactions entre apprenant·es et avec l’enseignant·e. Dernier point, l’expérimentation. Il faut innover chaque semaine, repenser nos méthodes d’apprentissage.
en clair, le maître mot est l’innovation ?
Exactement. L’innovation faisait déjà partie de notre ADN avant cette situation
et il nous paraît important que les managers de demain que nous formons aient,
dès leurs études, pu être amené·es à s’adapter à des modes de fonctionnement différents. Ce sont des compétences clefs, des soft skills, qu’ils·elles pourront valoriser dans les années à venir.
L’international est très présent dans votre formation, via une L3 délocalisée notamment. Comment avez-vous fait face à la situation ?
Depuis 2016 nos
étudiant·es effectuent
leur L3 à l’étranger. Pour cette rentrée, certaines destinations étaient toujours accessibles aux étudiant·es, quand d’autres pays ont fermé leurs frontières. Nous avons, du coup, réorienté les étudiant·es vers les pays qui étaient accessibles, tout se passe pour le mieux.
et côté insertion professionnelle quelle est la situation à Grenoble IAe ? Les dernières enquêtes de l’Apec, notamment, ne sont pas très encourageantes
mais nos étudiant·es font face et nous faisons tout pour que l’impact soit maîtrisé. Par exemple,
nous avons prolongé,
pour les étudiant·es qui le souhaitaient, les stages jusqu’en décembre. Notre devise ici est « connecting talents ». C’est un sacré challenge dans la situation sanitaire actuelle, mais c’est une contrainte qui nous rend créatifs.
64 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[ « Les IAE forment aux mêmes métiers et aux mêmes débouchés que les écoles de commerce privées »
sations Messenger nous ont   die le brand management et la   inquiéter, les remontées du ter-
directement proposé de pour- suivre avec eux, explique-t-elle. D’abord sous la forme d’un CDD mais dans les mois à venir ça devrait se concrétiser sous la forme d’un CDI. » Même son de cloche pour les diplômé·es de sa promo de management des éta- blissements de santé : « Autour de moi les diplômé·es trouvent facilement un premier emploi, il faut dire que le secteur de la santé a besoin de forces vives en ce moment. » Constat similaire à l’IAE de Poitiers pour Agathe, jeune diplômée en comptabili- té et audit : « J’ai eu beaucoup de chance car je savais déjà que j’allais être recrutée par la boîte dans laquelle j’ai fait mon stage. Ils m’avaient demandé juste avant le confinement si après mon stage je voulais continuer chez eux. J’ai un peu hésité au début mais avec le confinement et l’incertitude que ça a généré au niveau de l’emploi, j’ai ac- cepté et j’en suis très contente car ce n’est pas une période évi- dente. »
GUILLAUme oUATTArA
carrières & talents
pratique
       quand même permis de nouer des liens virtuels. » Le jeune homme se félicite de la capacité d’adaptation de son école. « Le système mis en place repose sur du présentiel et du distanciel, nous étions déjà un petit effec- tif mais la classe a été séparée en deux, il y a quelque chose de très sécurisant. »
Une autre grande inconnue demeurait pour cette première rentrée sous le signe de la co- vid : la capacité des étudiant·es en alternance à trouver une entreprise pour les accueillir. Là aussi, les premières remon- tées du terrain se révèlent en- courageantes. « À Paris, nous n’avons pas vu de baisse des contrats d’apprentissage. Les entreprises ont bien identifié nos formations et les atouts de nos étudiant·es », se réjouit Éric Lamarque. Pour Noé, qui étu-
communication, trouver un ap- prentissage n’a pas été compli- qué, « dans mon domaine, il y avait pas mal d’offres et j’ai ob- tenu des réponses assez rapide- ment. » Il faut dire que le gou- vernement a mis la main à la poche pour faciliter l’embauche d’apprenti·es avec une aide oscillant entre 5 000 et 8 000 euros pour les entreprises qui recrutent des alternant·es. « J’ai déjà embauché trois alternant·e s cette année, nous raconte un chef d’entreprise de communi- cation, ça ne me coûte quasi- ment rien et ils participent acti- vement à nos projets. » Un bon plan covid, en somme.
Plus de peur que de mal
Et côté insertion profession- nelle, comment s’en sortent les diplômé·es d’IAE ? Si les chiffres de l’Apec ont de quoi
rain au sein d’IAE France, le réseau des IAE français (entre autres, IAE Nice, IAE Poitiers, IAE Lille, IAE Bordeaux...), sont pour le moins rassurantes. « Nous nous attendions à ce que les jeunes diplômé·es aient des difficultés à intégrer le monde professionnel, mais finalement la situation est bien gérée, dé- taille Éric Lamarque. L’accès au premier emploi est parfois un peu plus long, les contrats proposés aux jeunes diplômé·es souvent des contrats courts en CDD, mais ils ont dans la grande majorité pu trouver une pre- mière opportunité profession- nelle. » Illustration avec Jeanne, jeune diplômée de l’IAE Gus- tave Eiffel. « Je n’ai eu aucune difficulté à trouver un job cet été après mon diplôme ; l’éta- blissement de santé dans lequel j’effectuais mon alternance m’a
    ecoreseau.fr novembre 2020 | 65
]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
concours étudiant en partenariat avec Audencia
Dans le secret des copies
d’étudiant/es Audencia (ex-ESC Nantes),
la grande école de commerce française
Le palmarès gagnant des meilleurs « papiers »
Tout a commencé en mai 2020 avec la publication en ligne, dans la lettre quotidienne d’ÉcoRéseau Business, des copies des élèves de Lucie Noury, enseignante chercheuse à Audencia, tous et toutes engagé·es dans un cursus de majeure de spécialisation Consulting – leurs exposés se consacrent à la digitalisation dans le conseil et aux carrières dans le conseil. À l’issue des publications – une vingtaine d’exposés – un jury a distingué les deux meilleures copies !
Audencia : la grande école fon-   avant de rejoindre Audencia Bu-   ils/elles doivent interviewer un·e
Les finalistes
Premier thème :
• Vartika Singh
• Lucille Ladurelle • Élise Tregou
Deuxième thème :
• Mathilde de Villeneuve et Léa Lliboutry • Clémentine Teinturier et Caroline Oyono • Théophile Claudel et Octave Lignaud de Lussac
Les lauréat·es
Première session : Vartika Singh, Comment
les cabinets conseil font-ils face à la transformation numérique
Le commentaire du jury : bien documenté, des questions pertinentes, une écriture efficace. Deuxième session : Mathilde de Villeneuve et Léa Lliboutry, Mythes et réalité : démêler le vrai du faux dans les processus de recrutement des sociétés de conseil
Le commentaire du jury : par leur approche sous la forme de « trois mythes », les deux étudiantes ont su, de façon compacte, pointer les bonnes problématiques de l’enquête.
Les articles gagnants
Chaque contribution a été résumée.
    dée en 1900 conserve son cam- pus principal à Nantes, ainsi que deux autres campus dans la cité ligérienne. Elle possède des im- plantations à Paris, La Roche- sur-Yon, Pékin, Chengdu et Shenzhen. Elle propose des for- mations de bac +3 à bac +8 dans le domaine du management et de la communication. Et dispense notamment un « Programme Grande École » qui confère le grade de master, classé 6e en France (Sigem).
66 | novembre 2020 ecoreseau.fr
Lucie Noury : après quelques
années d’expérience dans le sec-
teur du conseil et un doctorat
en sciences de gestion obtenu à
Mines ParisTech, l’enseignante
a passé plusieurs années en tant
que professeure assistant à la
Vrije Universiteit d’Amsterdam   contenu du cours. Pour ce faire,
siness School en septembre 2019. « Mes travaux de recherche portent sur l’organisation des ca- binets de conseil. »
Son enseignement : « Mes cours sont en lien avec la gestion des ressources humaines, la conduite du changement, la théorie des organisations et la pratique du conseil. Je suis aujourd’hui res- ponsable de la majeure consul- ting. »
Les articles publiés : ils sont ré- digés dans le cadre d’un cours de la majeure de spécialisation Consulting portant sur l’organi- sation des cabinets de conseil.
professionnel·le du conseil sur ce thème, puis rédiger un article avec un angle de leur choix. L’ob- jectif est double : aider les étu- diant·es à développer un point de vue réflexif sur des tendances du secteur et les inviter à utili- ser cet exercice pour mûrir leur projet professionnel. La première cohorte de 41 étudiants s’est penchée sur la question de la “digitalisation/numérisation du conseil”. La deuxième cohorte de 88 étudiants s’est intéressée, en binôme cette fois, aux enjeux liés aux “carrières dans le conseil”. Sur chacun de ces thèmes, j’ai sé- lectionné les huit articles qui me semblaient à la fois les plus ori- ginaux, les plus analytiques et les plus plaisants à lire. » n
« J’invite les étudiant·es à réflé- chir sur des thèmes d’actualité du secteur du conseil, explique Lucie Noury, en lien avec le
   ]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[ Le secteur du conseil aux prises avec la digitalisation
Par Vartika Singh
Le monde de l’entreprise exige toujours plus de technologie numérique et toujours plus vite. Les fournisseurs peinent à répondre à cette demande et l’on se tourne alors souvent vers des consultants. Mais sont-ils prêts pour ce changement ?
concours étudiant en partenariat avec Audencia
pratique
 Difficile de rivaliser avec le confort apporté
par le consulting
Dans le domaine du conseil en transformation digitale, trois types de sociétés interviennent : des cabinets de conseil en stra- tégie, d’autres spécialisés en exécution informatique, et des fournisseurs de technologie. Un collaborateur junior chez BCG explique qu’« il est plus facile pour les cabinets de conseil in- formatique et les fournisseurs technologiques d’asseoir leur crédibilité auprès des clients, qui sont à la recherche de so- lutions pour leurs probléma- tiques digitales ». Mais lorsqu’il s’agit de conseil en stratégie ou en management, « les solutions numériques exigent une réelle expertise durant la phase de déploiement », explique-t-il. Fournir au client une feuille de route stratégique ne suffit pas, ni une simple formation des collaborateurs existants au sein de la société cliente. Il lui faut embaucher des experts en digi- talisation, avec un surcoût as- socié. « Il est parfois difficile de rivaliser avec le confort apporté aux clients par le consulting in- formatique », ajoute la personne interrogée. Ainsi, développer des capacités technologiques in- tégrées à des capacités de mana- gement est impératif.
Les grands acteurs du consulting tels que
McKinsey & Bain ne sont pas considérés comme un premier choix pour mettre en place des solutions digitales, contrairement à Accenture ou Deloitte.
présentait un coût considérable   Le risque ? Que les solutions   ingénierie dans le conseil en
        pour les clients et une pression supplémentaire pour moi. »
Les grands acteurs du consul- ting tels que McKinsey & Bain ne sont pas considérés comme un premier choix pour mettre en place des solutions digitales, contrairement à Accenture ou Deloitte.
proposées deviennent vite ob- solètes et que les consultants perdent en crédibilité auprès des clients. Il faut réinventer en permanence les solutions pour rester dans la course.
Les cabinets de conseil tradi- tionnels tels que McKinsey et BCG s’appuient sur une vaste connaissance des divers sec- teurs. Il faut maintenant mobi- liser toutes ces expériences et les convertir en renseignements décisionnels. L’exploration des données, la technologie du cloud, l’intelligence artificielle, etc., peuvent apporter une forte valeur ajoutée pour le cabinet et ses clients. L’enjeu est de fournir des solutions plus holistiques tout en répondant aux exigences stratégiques et technologiques du client. Et d’imaginer des sy- nergies entre les capacités, les services, les produits, la tech- nologie et les outils digitaux. En
management.
Quid de l’uberisation de l’environnement
du conseil
Autre évolution, la gig economy, qui rime avec contrats courts et missions indépendantes. Dans peu de temps, les clients se contenteront d’appliquer quelques filtres dans une re- cherche en ligne pour trouver le consultant parfait. En effet, les consultants sont nombreux à s’émanciper et créer leur propre cabinet de conseil, avec des ta- rifs compétitifs que les grands cabinets ont du mal à concur- rencer.
Alors, qui survivra à cette mu- tation pour conjuguer transfor- mation digitale, modèle opéra- tionnel et processus internes ?
Cependant, McKinsey a for- tement développé son dé- partement « digital », action complétée cette année par un rajeunissement de son image de marque. Idem pour BCG, qui a également des équipes doréna- vant spécialisées dans la créa- tion d’outils numériques.
De la parole
aux actes
Les cabinets de conseil peinent
parfois à déployer des pratiques
digitales efficaces alors qu’elles
les recommandent à leurs
clients ! Le consultant déclare :
« Alors que nous recomman-
dons à nos clients des solutions
telles que la vidéoconférence et
la téléprésence virtuelle, j’ai dû
me rendre fréquemment à Nai-
robi pour un projet, ce qui re-   et de livrables plus percutants.   somme, une approche de type
Un besoin incessant en nouvelles compétences
et en innovations
Les clients sont en demande d’innovations constantes, de cy- cles agiles, de délais plus courts
  ecoreseau.fr novembre 2020 | 67
]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
concours étudiant en partenariat avec Audencia
Les mythes et réalités des
 processus de recrutement
des sociétés de conseil
Par Mathilde de Villeneuve et Léa Lliboutry
Les carrières de consultants font souvent rêver les étudiants. La réalité est-elle à l’image de leur réputation ? Marie Pommier, employée et ex-chasseuse de têtes spécialisée dans les profils de consultants en stratégie, a accepté de jouer au jeu des mythes et réalités du secteur.
Mythe n° 1
le conseil,
c’est pour
les hommes !
Faux, il y a autant de femmes que
d’hommes... si ce n’est plus...
à la base de la pyramide du
conseil. Au niveau de responsa-
bilité junior, la parité est atteinte.
Toutefois, la tendance s’inverse à
partir de la fonction de manager.
Au niveau « associé », les femmes
ne sont plus que 15 % à Paris.
Malheureusement, elles sont en
effet plus susceptibles de quitter
leurs fonctions de consultantes
après avoir eu des enfants pour
mieux préserver leur équilibre
vie professionnelle-vie privée.
Mais les sociétés de conseil orga-
nisent la riposte ! Actuellement,
être une femme peut même être
« un atout » lors du recrutement.
Marie Pommier confirme :
« Dans le domaine du conseil,
les sociétés sont très exigeantes
en matière d’écoles, mais il m’est
arrivé de voir des femmes venant
de l’EM Lyon ou de l’Edhec en
entretien d’embauche, même si
leurs qualifications et diplômes
ne correspondaient pas à ce
qu’attendait la société cliente ».
De plus, les sociétés de conseil
les plus prestigieuses prennent
des mesures concrètes pour
conserver leurs talents, telles
que de longs congés materni-
té et des horaires flexibles pour
les jeunes mamans (McKinsey),
des crèches d’entreprise (Kea
Partners), des formations pour
vaincre la timidité lors des réu-
nions (BCG), sans compter les   pour lesquelles la relation client/
Les sociétés de conseil font tout pour placer les femmes aux plus hautes fonctions, surtout chez les grands leaders du marché.
68 | novembre 2020 ecoreseau.fr
très nombreux réseaux et as- sociations professionnelles de femmes.
Les sociétés de conseil font tout pour placer les femmes aux plus hautes fonctions, surtout chez les grands leaders du marché.
     Mythe n° 2
il vaut toujours mieux choisir la société la plus grande et la plus prestigieuse pour démarrer
« Choisir l’une des trois plus grandes sociétés telles que BCG, McKinsey ou Bain & Company est bien sûr un excellent point de départ », garantit Marie. Ces grandes firmes sont le gage d’une solide expertise et d’un vaste ré- seau, et permettent d’occuper à peu près n’importe quel poste pour ceux qui envisagent plus tard de quitter le conseil.
Mais pour bien choisir, il faut commencer par répondre à ces questions : voulez-vous un grand nom sur votre CV, même si cela implique de rester ano- nyme au sein d’une grande so- ciété ? Voulez-vous acquérir des compétences spécifiques dans un domaine particulier ? Une excellente méthodologie ? Préfé- rez-vous avoir une relation pri- vilégiée avec votre manager et vos clients ? Ceux en quête d’une méthodologie solide et d’un grand nom se dirigeront naturel- lement vers une grande société. Mais les personnes souhaitant se spécialiser assez rapidement, et
consultant est essentielle, de-   l’explique Marie, « un étudiant
 vraient plutôt s’intéresser aux sociétés de conseil plus petites, les « boutiques ».
d’HEC n’est pas forcément plus doué que quelqu’un ayant fait l’Edhec », mais les clients de ces grandes sociétés viennent eux- mêmes de ces écoles et se sentent plus en confiance lorsque leurs consultants sont leurs pairs !
Les mythes doivent néanmoins être éprouvés. Si l’école d’origine compte énormément, les femmes n’ont pas dit leur dernier mot dans le secteur du conseil, et le choix d’une grande société lea- der ou d’un petit cabinet repose avant tout sur les attentes de cha- cun en matière de relationnel, de spécialisation, ou encore de mé- thodologie !
Mythe n° 3
l’école compte
Vrai. BCG, McKinsey, Bain & Co, etc. ne prennent en compte que les diplômés des 3 meilleures écoles de commerce et écoles d’ingénieurs françaises : HEC, Edhec, ESCP, Polytechnique, Les Mines et Centrale Paris.
Pour couronner le tout, les socié- tés de conseil qui acceptent des personnes de milieux plus variés (c’est-à-dire appartenant aux 10 meilleures écoles, pas moins) fixent les salaires en fonction des écoles ! Injuste ? Bien sûr, comme
     ]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[                    NANTES | VENDÉE | PARIS | BEIJING | SHENZHEN | CHENGDU
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Santé : dents un peu plus blanches ? Les solutions... Art du temps
p. 72 p. 78 p. 82 p. 86 p. 88 p. 90 p. 91
CONTINUER à PLACER PENDANT LA CRISE
70 | novembre 2020 ecoreseau.fr
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]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
patrimoine
Les placements
blement de la crise.
Pour autant, faut-il garder son pécule sous le matelas ? Ce n’est pas la stratégie des Fran- çais·es les plus aisé·es. Selon le dernier baromètre Swiss Life Banque Privée, 78 % des « hauts patrimoines » considèrent que la conjoncture actuelle offre des opportunités d’investisse- ment. L’immobilier pour 58 % des sondé·es, les actions (54 %) et les fonds en euros (35 %) oc- cupent le trio de tête des place- ments préférés. Juste derrière, se classent les SCPI – Sociétés civiles de placement immobilier – (32 %) et les obligations (30 %). En somme, « les hauts patri- moines », comme d’ailleurs « les Français·es aisé·es » sondé·es par la banque privée privilégient la diversification. « L’environne- ment est avant tout marqué par des taux très bas, et ils vont sû- rement le rester encore un cer- tain temps. Dès lors le·la client·e est impacté·e sur ses comptes à vue, mais aussi sur le fonds en euros de l’assurance vie. Il·elle doit choisir de prendre des risques. Lesquels ? Tout dépend de son aversion pour le risque et de son horizon de placement. La principale règle d’investis- sement est immuable : il faut diversifier. L’assurance vie reste le placement préféré des Fran- çais·es, mais il ne faut pas ou- blier les atouts du PEA, du PER (ndlr : Plan d’épargne en action et Plan d’épargne retraite) et du compte titre », confirme Guil- laume Pietruschi, directeur de l’offre au sein de Bnp Paribas Banque Privée.
Le PER(in),
un outil de défiscalisation Né de la loi Pacte l’an dernier, le nouveau plan d’épargne retraite (PER) entend agréger les anciens contrats retraite comme le Perp, le Madelin mais aussi d’autres produits d’entreprise comme l’article 83 ou le Perco. Le prin- cipal atout du PER individuel est d’être un outil de défiscali- sation puisque les versements peuvent être déduits du revenu imposable. Dès lors, il concerne principalement les revenus aisés comme l’explique Morgane Ma- thot, ingénieure patrimoniale à l’Institut du Patrimoine : « Le PER(in) s’adresse en particu- lier aux ménages affichant une tranche marginale d’imposition égale ou supérieure à 30%. Les versements viennent en effet se
face à la crise
La covid a renforcé la prudence des Français·es, mais aussi créé des opportunités d’investissement
 Les professionnel·les de l’épargne sont dépité·es. Aujourd’hui, le grand bénéficiaire de la crise sanitaire est... le Livret A. Liquide, sécurisé, ce support rassure plus que jamais et bat des records historiques de collecte : plus 25 milliards d’euros de janvier à août 2020, soit déjà deux fois plus qu’en 2019 ! Pourtant, avec une rémunération de 0,5 % par an, le Livret A est tout sauf
un placement attractif. Pire, y laisser de l’argent conduit à un appauvrissement invisible et progressif en raison de l’inflation. En même temps, les Français·es, de nature prudente, sont dans l’impasse.
L
fonds en euros gorgés d’obliga- tions souveraines ne rapportent plus rien en raison de taux d’in- térêts historiquement faibles. Du côté de l’immobilier, la si- tuation n’est pas plus reluisante. Pour la première fois depuis longtemps, le doute s’installe sur « la » valeur refuge tant le choc lié à la covid est violent. Le marché du résidentiel est atone tandis que certains pans du ter- tiaire risquent de souffrir dura-
Selon le dernier baromètre Swiss Life Banque Privée,
78 % des « hauts patrimoines » considèrent que la conjoncture actuelle offre des opportunités d’investissement.
’époque où l’on pouvait s’enrichir sans prendre de risques grâce à l’assu- rance vie est révolue. Les
    72 |
novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[patrimoine
vie privée
 ecoreseau.fr novembre 2020 | 73
]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
déduire du revenu imposable. Un ménage (2 parts fiscales) qui déclare 100 000 euros par an et qui verse 10 000 euros économi- sera 3 000 euros d’impôts. Pour cette raison, les ménages ont tendance à verser des fonds sur leur PER en fin d’année, lors- qu’ils ont une idée précise de leur montant à déclarer. » Dans ce cadre, il convient de regarder avec attention son niveau d’im- position. En effet, si le·la contri- buable est à la limite basse de la tranche de 30 %, l’opération devient mécaniquement moins intéressante. « Un ménage qui déclare 60 000 euros va se voir appliquer l’économie d’impôts de 30 % sur la tranche allant de 51 318 à 60 000 euros, puis de seulement 11 % sur le solde (50 000 euros à 51 318 euros) », détaille l’ingénieure patrimo- niale. Par ailleurs, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite, et les sorties seront alors soumises à la tranche marginale d’imposi- tion. « Le PER(in) est avantageux lorsque le taux marginal d’im- position à la sortie est inférieur à celui lors de sa constitution. En effet, le capital est taxé à la sortie au taux du moment », souligne Morgane Mathot. Selon elle, il peut être intéressant de transfé- rer un vieux contrat d’assurance vie vers un PER. En cas de ra- chat sur un contrat d’assurance vie de plus de 8 ans, une exo- nération d’impôt sur le revenu, (autrement appelée abattement), s’applique sur les intérêts jusqu’à 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple. « Si la somme issue de ce contrat d’assurance vie est intégralement transférée vers le PER, l’abattement est doublé. Ainsi une personne seule sera exonérée d’impôt sur le revenu (ou de prélèvement forfaitaire) jusqu’à 9 200 euros d’intérêts au moment de son rachat. Une personne en couple bénéficiera quant à elle d’un abattement de 18 400 euros », précise l’ingé- nieure. Ceci étant dit, comment estimer son effort d’épargne en prévision des vieux jours ? Les outils de simulation pro- posés par Mes-Placements.fr permettent par exemple de s’en faire une bonne idée. Après,
patrimoine
  quel PER(in) choisir ? Le mar- ché tend à devenir similaire à celui de l’assurance vie avec des supports ou profils plus ou moins risqués. On peut y mettre des fonds en euros, des unités de compte, mais aussi des SCPI, etc.
L’assurance vie,
la valeur sûre
L’assurance vie, ce produit tant apprécié par les Français·es, fonctionne comme le PER(in), à l’exception qu’il est bien plus liquide puisque l’on peut sortir du capital à tout moment, pas seulement une fois à la retraite. De plus, son mécanisme de capitalisation le débarrasse de la problématique fiscale durant la vie du contrat. Enfin, l’as- surance vie constitue un outil de transmission extrêmement efficace. Avec elle, les sommes transmises après un décès le sont en dehors des règles légales de succession. Ce placement permet donc de donner plus à ses enfants, sans alourdir leurs droits, ou transmettre à un tiers (un·e concubin·e notamment) qui paierait sinon 60 % de droits de donation. PER ou assurance vie, toute la subtilité est de sa- voir avec quoi les remplir. Selon le baromètre de Swiss Life, les actions et obligations restent privilégiées derrière l’immobi- lier.
Le PER(in) est avantageux lorsque le taux marginal d’imposition à la sortie est inférieur à celui lors de sa constitution.
C M J CM MJ CJ CMJ N
   La crise sanitaire accélère la tendance lourde d’un besoin accru d’une économie responsable.
Actions oui,
mais à long terme
Pour obtenir du rendement en assurance vie, l’investisseur·se doit consacrer une part de son capital aux unités de compte, tout en restant en ligne avec sa tolérance au risque et son hori- zon d’investissement. « Je suis très favorable aux actions qui offrent le meilleur rendement à long terme. Chez Bnp Paribas, nous privilégions en ce mo- ment des achats sur repli sur la zone euro et les États-Unis », révèle Guillaume Pietruschi. La grande majorité des profession- nel·les partagent le point de vue de Bnp Paribas Banque Privée sur les actions. « Grâce à la crise, un·e épargnant·e peut devenir copropriétaire d’une entreprise solide aux perspectives robustes. À un horizon de long terme, soit entre 8 et 10 ans, cet·te épar- gnant·e a toutes les chances de dégager de belles plus-values. D’autant plus qu’en Europe, nous avons la chance d’avoir des marchés qui n’ont pas autant re- bondi que Wall Street », souligne Guillaume Eyssette, directeur associé du cabinet de gestion de patrimoine de Gefinéo. À noter que le·la professionnel·le ne re- commande pas tant des secteurs que des entreprises. « Je privilé-
gie celles qui sont peu endettées, qui affichent des taux de crois- sance réguliers et qui, bien sûr, ne sont pas trop chères. Les va- leurs industrielles, survendues pendant la crise, pourraient également tirer leur épingle du jeu quand la conjoncture se re- dressera », affirme-t-il.
Le vert est mis
Impossible de ne pas évoquer le thème de l’Investissement socialement responsable (ISR), désormais au cœur de toutes les stratégies d’allocation d’actifs. La crise sanitaire accélère la ten- dance lourde d’un besoin accru d’une économie responsable. En allouant un montant de plus de 600 milliards d’euros à des mesures de relance « verte », les gouvernements des grands pays témoignent de l’importance de reconstruire les économies au- trement. Cet intérêt des investis- seur·ses s’inscrit également dans un environnement réglemen- taire de plus en plus exigeant qui les incite à se tourner vers l’ISR. Par ailleurs, « la crise a jeté un coup de projecteur sur les dys- fonctionnements d’une société plus fragile que nous le pensions et qui doit prendre en compte
   74 | novembre 2020 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[                      ]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
patrimoine
le « capital humain » en plus du capital financier », indique Da- vid Zylberberg, expert en inves- tissement responsable chez UBS France. La banque suisse appré- cie particulièrement les obliga- tions vertes qui visent à financer la transition écologique, et les obligations de la Banque mon- diale qui financent des projets publics, particulièrement dans les pays émergents, pour aider à financer des projets à vocation environnementale ou sociale. « Nous proposons également des fonds de dette d’entreprises bien notées, des fonds d’actions de sociétés leaders dans la théma- tique ISR ou challengers, c’est- à-dire qui font des efforts pour améliorer leur profil ISR. Enfin, les investisseur·ses peuvent sim- plement acquérir des fonds thé- matiques spécialisés », détaille David Zylberberg. D’un point de vue sectoriel, plusieurs thèmes, déjà porteurs, ont été propulsés sur le devant de la scène par la crise sanitaire, comme la trans- formation digitale ou l’auto- matisation. « Chez UBS, nous anticipons l’essor de la régiona- lisation de la production mon- diale qui impliquera un besoin
accru de machines-outils, etc. Nous attendons de même une révolution alimentaire, avec une industrie bien plus à l’écoute des préoccupations écologiques. Dans le même temps, il faudra produire toujours plus en raison de la démographie mondiale », conclut l’expert.
Les SCPI n’ont pas
rendu leur dernier souffle Les épargnant·es peuvent égale- ment remplir leur PER ou leur assurance vie avec des SCPI. Après avoir eu le vent en poupe, la pierre-papier suscite désor- mais la défiance en raison de son exposition, plus ou moins élevée, à l’immobilier de bu- reau et aux commerces, deux marchés ébranlés par la crise sanitaire. « Les SCPI n’évoluent pas dans une bulle mais sont connectées à l’économie réelle. Si l’économie hiberne encore 6 mois, certain·es locataire·rices pourraient continuer à éprouver des difficultés pour payer leur loyer », confirme Frédéric Puzin, fondateur de Corum L’Épargne. Pour lui, il faut se méfier des modes. « Aujourd’hui, les ex- pert·es vantent les mérites de la logistique en oubliant qu’il y a quinze ans les principaux·les
qu’il soit le plus élevé possible, et sur la durée des baux. Plus le bail est long, plus l’investis- seur·se est protégé·e », complète Frédéric Puzin.
L’immobilier,
un marché de pénurie L’immobilier, reste le place- ment préféré des « hauts patri- moines » en dépit des vents ad- verses. Certes, comme l’explique Christophe Bacqué, président d’Emerige Résidentiel, « la crise sanitaire a causé un léger ra- lentissement sur le marché de l’immobilier résidentiel, loca- tif ou non. Cela s’explique tout d’abord par une frilosité des ac- quéreur·ses qui ont du mal à se projeter dans un contexte d’in- certitudes économiques et sa- nitaires. Ensuite, les conditions d’octroi des prêts bancaires ont été renforcées à la suite des re- commandations du Haut comi- té de stabilité financière. Dès lors, certains profils, comme les jeunes actif·ves, peuvent avoir davantage de difficultés pour accéder à un financement », in- dique le spécialiste. Pour autant, il n’y a pas d’inquiétudes ma-
Il faut se méfier des SCPI hyper spécialisées et privilégier, comme toujours, la diversification.
76 | novembre 2020 ecoreseau.fr
acteur·rices de l’immobilier ignoraient cette classe d’actifs considérée comme peu noble sur le plan immobilier. Désor- mais, ces mêmes acteur·rices se détournent des bureaux et encensent la logistique qui est devenue la classe d’actifs à la mode, non sans raison. Mais l’afflux d’investisseur·ses va faire monter les prix et baisser la prime de risque. Cet afflux sur la logistique va créer des oppor- tunités de cession sur secteur avec de belles plus-values à la clé et pourrait faire baisser les prix sur d’autres secteurs, tels que le bureau ou le commerce et créer de belles opportunités d’inves- tissement. N’oublions pas qu’il y a un an à peine, le coworking était la star de l’investissement immobilier... Un an plus tard, ces espaces sont délaissés », ob- serve le spécialiste. De son point de vue, il faut se méfier des SCPI hyper spécialisées et privilégier, comme toujours, la diversifica- tion. « De même, il faut être vi- gilant sur le taux d’occupation,
jeures à nourrir pour le secteur de l’immobilier résidentiel neuf qui reste en situation de pénurie. « En effet, sur les 500 000 loge- ments supplémentaires néces- saires par an à peine la moitié est construite chaque année. » Pour Christophe Bacqué, « l’en- jeu aujourd’hui est de trouver le bon équilibre entre extension de la construction en périphé- rie urbaine et construction en cœur de ville. L’une et l’autre sont nécessaires pour répondre à l’insuffisance de logements. Et les programmes des centres- villes le sont d’autant plus qu’ils concourent à une limitation de l’augmentation des prix déjà très élevés des loyers. Ce contexte nous impose donc d’être encore plus ambitieux en termes de qualité et de durabilité de nos constructions. Même si chaque projet peut susciter des recours, nous tentons à travers la concer- tation de trouver un compromis pour convenir à toutes les par- ties prenantes ».
PIerre-JeAn LePAGnoT
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[ Pour investir dans le neuf,
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Baromètre patrimoine & fiscalité Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
   bons plans vision
 Immobilier Pinel :
le plafond des commissions
à 10 % validé
Mauvaise nouvelle pour les professionnels de l’immobilier, mais bonne pour les investisseurs. En septembre, le Conseil
constitutionnel a
jugé conforme le plafonnement des commissions versées aux intermédiaires pour la vente d’immobilier
de défiscalisation Pinel. Il avait été fixépardécretà10%duprixdu logement (incluant le prix d’achat, taxes et commission) fin 2019. Les juges ont estimé que législateur entendait bien lutter contre certaines tarifications abusives en matière de commercialisation qui conduisaient au détournement de l’avantage fiscal accordé
au contribuable au titre de l’investissement locatif.
La baisse des loyers en meublé se poursuit à Paris
Après un repli de 5 % au deuxième trimestre 2020 par rapport au deuxième trimestre 2019, le baromètre du meublé parisien Lodgis enregistre au troisième trimestre 2020 une nouvelle
baisse de 2,2 % par rapport au troisième trimestre 2019. Aussi, le loyer mensuel moyen s’élevait-il fin
septembre à 36,60 euros le mètre carré mensuel. Selon Lodgis, cette baisse devrait cesser lorsque les locataires étrangers pourront revenir en France.
Le private equity
pour tous
Le gouvernement a lancé le
1er octobre un fonds de capital- investissement ouvert à la souscription des particuliers. Ce fonds, baptisé Bpifrance Entreprises 1, vise à soutenir le développement des PME et des jeunes pousses
françaises non cotées. Le ticket d’entrée est de 5 000 euros (soit
50 parts à 100 euros chacune) hors droits
d’entrée et frais de souscription. L’investissement est plafonné à
95 000 euros. Bpifrance vise une performance annualisée, entre 5 % et 7 %, net de frais et hors fiscalité, sur sept ans. Attention, le capital n’est pas garanti.
Trois questions à Marcelina Stark, directrice associée d’Angelys Group, un spécialiste de l’investissement dans l’immobilier ancien
 Comment décrivez-vous la situa- tion du marché de l’immobilier an- cien résidentiel ? Des régions sont- elles plus à l’abri que d’autres ? Nous relevons que les investisseurs sont de plus en plus nombreux à s’attacher à la qualité du bâti ainsi qu’aux prestations liées à la transi- tion énergétique. Nous observons également un attrait toujours aussi grand pour les grandes villes mais l’après-confinement marque une montée importante de demandes pour des villes moyennes telles que Nîmes, Avignon, Perpignan ou Aix-en-Provence. Un changement dans l’objectif de l’investissement est à souligner car les investisseurs n’achètent plus forcément pour re- vendre. Ils sont nombreux à pré- férer la conservation du bien pour eux, pour leur retraite ou dans le cadre d’une transmission familiale. Les conditions de revente sont donc moins analysées.
analyse
ALa vie en vert
lors que bon nombre de Fran- çais·es profitent de l’automne
Les dispositifs fiscaux
– Denormandie, Pinel
ancien, Malraux, etc. –
sont-ils un facteur de
soutien à ce marché ?
C’est incontestable. Je rap-
pelle que ces dispositifs
fiscaux visent à restaurer, revitaliser et redynami-
ser les centres-villes dans
toute la France. Ils sont donc des soutiens réels du marché immobilier ancien puisqu’ils stimulent la vente de 5 000 lots chaque année.
Quels conseils prodiguez-vous à un investisseur particulier avant de se lancer dans un projet ?
Le meilleur conseil à donner, c’est d’être précis sur son objectif d’inves- tissement : acheter pour défiscaliser, acheter pour conserver son bien, acheter pour transmettre... Il est également essentiel de prendre les meilleurs conseils pour les aspects fiscaux. Par exemple, il ne faut pas
   pour flâner en forêt, un
investissement de saison,
celui des bois et forêts,
suscite un intérêt croissant
chez des investisseurs de
plus en plus soucieux de
développement durable. Il
y a principalement deux
manières d’investir dans
ce secteur. La première
consiste en l’acquisition de
quelques hectares à gérer
ensuite. Bien sûr, il vaut mieux avoir la main verte et une âme de bûcheron. La seconde s’entend en achetant des parts de groupements forestiers, gérés par des profession- nels. Ce produit procure des avantages fiscaux sans avoir à se soucier bien sûr de la santé des conifères et autres feuillus. En premier lieu, il offre un abattement de 75 % sur la succession sous réserve d’une gestion durable des forêts, assurée par le propriétaire ou le groupement qui les gère. Cet investissement ouvre en outre droit à une ré- duction d’impôt sur le revenu de 18 à 25 % du montant investi selon le type d’investissement réalisé : en direct,
investir dans du Pinel pour un client qui est lourdement fiscalisé ou si son plafond de niches fiscales est au maximum. Un investisseur doit aus- si se renseigner finement sur la qua- lité et la fiabilité du promoteur ainsi que sur le sérieux de ses assurances et ses garanties. Autre point impor- tant : l’étude de la notice descriptive des travaux (ceux des parties priva- tives et ceux des parties communes) ainsi que des équipements fournis (cuisines, salles de bains...). En syn- thèse, un achat immobilier s’étudie finement sous plusieurs angles : le projet, les prix, la fiscalité et les frais annexes. n
en adhérent via un grou- pement à une association de producteurs... Enfin, cet investissement est... de nature à réduire l’impôt sur la fortune immobilière puisque la valeur des inves- tissements en bois et forêts bénéficie d’un abattement de75%,voire100%.«At- tention, les conditions d’éligibilité à cette exoné- ration totale varient selon que vous achetez en direct, pour agrandir un massif ou par l’intermédiaire d’un
groupement forestier, qu’il y a un engagement de location long terme », préviennent Audrey Texier-Godet et Ben- jamin Spivac, ingénieurs patrimoniaux chez Amplegest. Le rendement, en revanche, est faible, compris entre 1 et 3 %, légèrement supérieur si l’on ajoute les multiples avantages fiscaux. « Investir dans les bois et forêts assure une gestion durable de notre patrimoine sylvicole et doit se faire dans une vision de long terme. Cette solution pré- sente l’avantage d’être décorrélée des marchés financiers et d’être moins volatile », soulignent les deux profession- nels d’Amplegest. n
   78 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 ecoreseau.fr novembre 2020 | 79
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité
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620.00 600.00 580.00 560.00 540.00 520.00 500.00 480.00
01/05 01/06
Le cours du blé a franchi fin octobre les 6,30 dollars le boisseau (environ 25 kg), un niveau inédit depuis plus de 5 ans. La céréale est soutenue par les inquiétudes liées à la sécheresse qui frappe la Russie et les États-Unis, principaux exportateurs mondiaux.
          01/07 01/08
01/09 01/10
58,8
milliards de dollars
La fortune estimée de Jack ma, l’homme le plus riche de Chine grâce à sa plate- forme de commerce en ligne Alibaba, selon le classement annuel du cabinet Hurun.
  analyse
Les gérants se mettent au sport
e moment semble peu propice alors que l’agriculture raisonnée. pratiquer du sport en France demande Les investissements une motivation sans borne, mesures an- thématiques présentent ti-covid obligent, mais pourtant... Les l’avantage du concret
sociétés de gestion à la recherche de thématiques et sont relativement
  originales et bien sûr susceptibles d’enrichir leurs clients commencent à s’engouffrer dans le sport. Début octobre, Allianz GI a lancé une stratégie dite de « Sport & Bien-être ». L’objec- tif est de profiter d’un marché prometteur. Selon la société de gestion, les secteurs du sport et du bien-être sont appelés à connaître des taux de croissance presque deux fois supérieurs au PIB, à la faveur de trois mégatendances structurelles : la démographie, avec des populations vieillis- santes de plus en plus actives et des jeunes géné- rations plus attachées à un mode de vie sain, le comportement, parce que l’accès à nos données de santé influence notre quotidien et notre mode de vie, enfin la technologie, dont les innovations révolutionnent la pratique sportive avec les ob- jets connectés, tandis que la recherche alimen- taire/nutritive est source d’une alimentation plus équilibrée. De surcroît, rappelle Allianz GI, la demande des investisseurs pour les fonds thématiques est en croissance, comme l’illustre l’essor des fonds sur la robotique, la reprise « verte », les animaux de compagnie ou encore
décorrélés du cycle
conjoncturel. « Les
stratégies thématiques
doivent différencier les
modes à court terme
des changements struc-
turels de long terme. Le
Sport et Bien-être s’ins-
crit dans les tendances
de fond de la société,
encore renforcées par
la pandémie de coro-
navirus », argumente
Andreas Fruschki, responsable de l’investisse- ment thématique chez AllianzGI. Un point de vue manifestement partagé par la Financière d’Uzès. La société de gestion a lancé également en septembre Uzès Sport. Ce fonds est investi dans les actions internationales présentes dans l’industrie du sport. Pour ce fonds, Uzès Gestion s’associe à la Fédération française handisport, à laquelle elle reversera une partie des frais de ges- tion. Le cœur de la philosophie d’investissement
de ce nouveau fonds réside dans une appréhen- sion globale de la thématique, qui ne se focalise pas uniquement sur les événements, les équipe- mentiers et les acteurs. Son découpage sectoriel repose sur l’identification par l’équipe de ges- tion de l’émergence d’une nouvelle économie du sport : médias et diffuseurs, e-sport, santé-bien- être ainsi que les nouvelles technologies. n
80 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 ecoreseau.fr novembre 2020 | 81
]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
   bons plans
mirabaud Am
joue l’hydrogène
Le développement de l’hydrogène s’accélère à mesure que la demande d’énergies propres croît de plus en plus.
Dans ce cadre, Mirabaud AM conseille de surveiller cette thématique. Pour investir directement, le gérant cite les actions des producteurs américains Plug Power et
Ballard Power. De manière indirecte, il évoque les sociétés les plus engagées dans l’hydrogène, soit Honda, Toyota, Amazon (qui a investi dans Plug Power), Plastic Omnium et Michelin (via sa coentreprise avec Faurecia).
e-Toro lance
un portefeuille
pour profiter du boom
du télétravail
Le portefeuille RemoteWork proposé par le courtier en ligne entend rassembler les entreprises avec lesquelles de nombreuses personnes travailleront désormais quotidiennement et celles
qui fournissent des services essentiels à un avenir où le travail sera de plus en plus distant. Les 25 entreprises du portefeuille comprennent des noms connus tels qu’Apple, Alphabet et Zoom,
ainsi que d’autres entreprises btob offrant des services essentiels aux employeurs qui soutiennent le travail à distance, tels que la gestion des accès et le cloud computing.
IG recommande
de surveiller la dette à haut rendement américaine
« La dégradation des conditions sanitaires avec une hausse sensible
du nombre de cas de covid-19 en octobre aux États-Unis a entraîné un tassement du cours des obligations à haut-rendement », observe Alexandre Baradez, responsable Analyses Marchés d'IG France. Or, il s’agit d’un sujet important car il traduit le degré de confiance des investisseur·ses
dans la reprise mais également
dans la capacité de la Fed (Réserve fédérale des États-Unis) à soutenir ce marché. Si ce dernier est réservé aux institutionnels, les investisseur·ses individuel·les peuvent cependant s’y positionner grâce aux Turbo24 d’IG, premiers turbos disponibles 24h/24
et 5 jours sur 7. Négociés sur la place de négociation alternative Spectrum, les Turbo24 sont des produits à effet
de levier disposant d'une barrière désactivante (ou knock-out) qui permet de maitriser le niveau de risque sur chaque transaction.
SPÉCULONS !
  Portez le fer sur Ferragamo
 14.00
13.00
12.00
11.00
     01/05 01/06 01/07 01/08
01/09 01/10
L’action Salvatore Ferragamo sous-performe le secteur du luxe depuis le début de l’année. Fragilisé par la crise, le groupe de mode italien susciterait l’intérêt de géants du secteur, comme LVMH. Un rapprochement serait très favorable au titre. À suivre donc...
   analyse
       Les marchés à l’affût de la covid
es principaux marchés actions européens évo- la donne », explique le professionnel. Dans ce cadre, luent sans réelle tendance depuis l’été. Les li- les investisseurs ont identifié les thèmes qui profitent quidités abondantes déversées par les banques le plus de la pandémie. En premier lieu, ils portent na- centrales compensent l’incertitude liée à la turellement leur attention sur les groupes les mieux
pandémie et aux élections américaines. Si le plan de placés dans la course aux vaccins. La biotech améri-
relance européen a été validé fin juillet, aux États- Unis les négociations d’un deuxième plan de relance devraient aboutir quels que soient les
résultats des élections américaines. À
propos de la crise sanitaire, l’hypothèse
principale reste qu’un reconfinement à
grande échelle n’aura pas lieu pour des
raisons essentiellement sociales et éco-
nomiques. Dans ce cadre, les profes-
sionnels restent confiants à moyen/long
terme même si un regain de volatilité est
probable d’ici à la fin de l’année. Pour
John Plassard, spécialiste en investisse-
ments chez Mirabaud AM, l’évolution des Bourses au cours des prochains mois va dépendre essentiellement de savoir si les États-Unis feront face à une deuxième vague de coronavirus. « Si tel devait être le cas, on peut aisément prédire une fin d’année assez compliquée côté Bourse pour les principaux indices américains – et européens “par sympathie”. Il convient donc de mo- nitorer – presque – au jour le jour comment les nou- veaux cas évoluent outre-Atlantique. La découverte rapide d’un vaccin pourrait bien évidemment changer
caine Moderna, qui espère lancer son vaccin d’ici à la fin de l’année, affichait fin octobre un bond de 265 % depuis le début de l’année. Les valeurs liées au boom du télétravail sont égale- ment activement recherchées, d’autant que cette tendance pourrait se péren- niser : les fameuses GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) sont le principal moteur de Wall Street depuis le début de la crise sanitaire. Mais les investisseurs misent également sur d’autres entreprises btob offreuses de services essentiels aux employeurs qui soutiennent le travail à distance, tels que la gestion des accès et le cloud computing. Enfin, la crise sanitaire a accéléré l’intérêt des investisseurs pour le thème ESG (Environnement, Social, Gouvernance). Les en- treprises qui adoptent des pratiques commerciales durables sont désormais récompensées, ont montré plusieurs études. Selon Reuters, lors de la correction de mars causée par les craintes liées à la covid, de nom- breuses stratégies à notes ESG élevées ont largement
surperformé leurs indices de référence. n
  82 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                   Entrepreneurs.
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]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés
  experts
 ÀWall Street joue Joe Biden
l’heure où ces lignes sont écrites, les ré- Managers lors d’une conférence téléphonique avec sultats de l’élection présidentielle améri- la presse. Pour autant, prévient César Perez Ruiz, caine ne sont pas connus. À Wall Street, responsable des investissements et CIO chez Pictet les investisseurs spéculent sur une vic- Wealth Management, le résultat de l’élection pour-
toire de Joe Biden et préféreraient un large succès du rait être serré, voire contesté. « Quand bien même
 candidat démocrate. Ce scénario présente le double avantage de réduire le risque d’un scrutin contesté et d’augmenter la probabilité de voir les parlementaires américains se mettre rapidement d’accord sur un nouveau plan de soutien à la première économie du monde. « Les marchés sont de plus en plus convain- cus non seulement que Joe Biden va prendre la Mai- son Blanche mais aussi que les démocrates vont s’as- surer le contrôle du Sénat, ce qui pourrait se traduire par davantage de soutien budgétaire dès le début de l’année prochaine », observait mi-octobre Jack Jana- siewicz, gérant de portefeuille de Natixis Investment
certains observateurs évoquent une “vague bleue”, rien ne permet d’affirmer avec certitude que les dé- mocrates remporteront le Sénat. Le cas échéant, la taille du plan de relance pourrait se révéler substan- tielle, ce qui serait une bonne nouvelle pour des sec- teurs comme les infrastructures et les matériaux », estime César Perez Ruiz. Dans la perspective d’une victoire de Joe Biden, les investisseurs réfléchissent ainsi à la modification de leur portefeuille comme le montre une enquête publiée par UBS fin octobre. Selon le numéro un mondial de la gestion de fortune, 72 % des investisseurs interrogés prévoient de modi-
fier la répartition de leur portefeuille avant le scrutin et 62 % envisagent d’y apporter des ajustements en fonction du résultat de l’élection. Sur les six pro- chains mois, 66 % envisagent d’allouer une partie de leur portefeuille au secteur de la santé, 62 % pensent investir dans les réseaux 5G et 56 % dans le thème de la « reprise verte ». n
Le chiffre
233
milliards d’euros ACHeTeZ Ue !
Demande sans précédent dans l’histoire des émissions obligataires émises par l’Union européenne pour financer son programme
de soutien aux États membres face à la crise du coronavirus.
Les secteurs qui pourraient profiter de la victoire démocrate
  UBS a dévoilé fin octobre les résultats d’une enquête selon laquelle 66 % des investisseurs envisagent d’allouer une partie de leur portefeuille dans les six
mois à venir au secteur de la santé, 62 % pensent investir dans les réseaux 5G et 56 % dans le thème de la « reprise verte ». De telles rotations d’actifs sont classiques. SPRD, une société de gestion spécialisée dans les ETF, rappelle que l’investis- sement sectoriel fut l’un des moyens parmi les plus usités du marché lors des dernières élections américaines. Pour autant, les investisseurs font- ils le bon choix ? Côté santé, SPRD est nuancé. Selon lui, une présidence Biden avec un Congrès divisé ne devrait pas générer trop de changements majeurs pour le secteur. « L’option d’“assurance publique” pourrait ainsi se résumer à un dispo- sitif plutôt peu impactant pour les marchés. A contrario, un raz-de-marée démocrate rebattrait plus nettement les cartes sur ce volet de santé publique », prévient-il. L’intérêt des investisseurs pour la santé pourrait s’expliquer plutôt par le
potentiel suscité par la pandémie. « De nombreuses entreprises sont très actives dans la lutte contre la covid (vaccins, re- cherche de traitements, réactifs entrant dans la composition des tests) : les inves- tisseurs peuvent investir dans la plupart d’entre elles dans le secteur des soins de santé », souligne SPDR. Le potentiel de la 5G, lui, ne fait guère de doute, même si la technologie mobile de cinquième génération est au cœur d’une lutte entre la Chine et le reste du monde. Européens comme Américains estiment en effet que la 5G est un élément essentiel pour assurer la reprise de leur économie qui a
subi un coup d’arrêt avec la crise sanitaire. Cette technologie finira notamment de connecter les véhicules entre eux dans le cadre du développe- ment des voitures autonomes. Elle favorisera aussi une plus grande automatisation dans les usines, elle permettra même de pratiquer la chirurgie à distance. Enfin, les perspectives de la reprise verte apparaissent florissantes. Dans son programme, Joe Biden s’engage à lancer une « green policy » d’envergure avec plus de 2 000 milliards de dol- lars de dépenses publiques afin d’atteindre la neu- tralité carbone dans la production d’électricité américaine d’ici à 2035. Son plan Build Back Bet- ter se concentrera sur l’investissement dans des infrastructures modernes et durables afin d’en- courager la production d’énergies propres. « Les entreprises positionnées sur les énergies renouve- lables pourraient en bénéficier et donner ainsi un grand coup de pouce aux utilities si elles adoptent une production d’électricité plus propre comme l’ont fait leurs homologues européens », conclut SPDR. n
 84 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                                                           ]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[  vie privée
culture & co par christophe
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
dvd
Les Parfums
de Grégory magne
Les films qui éveillent nos sens sont rares. Pour son premier long-métrage solo, Grégory Magne signe le scénario, collabore avec Gaëtan Roussel pour la musique et s’entoure
d’un duo de choix : Emmanuelle Devos et Grégory Montel (Dix pour cent).
Elle, une célébrité dans la création des parfums, sèche et se retrouve sur la touche. Lui, son nouveau chauffeur, jeune divorcé qui
se décide à lui tenir tête. La rencontre détonante de deux êtres que tout oppose, et, pourtant, qui se rapprochent par leurs failles et leurs solitudes. Une réalisation sincère pour un long-métrage qui émerveille. Pyramide vidéo
Le Capital au XXIe siècle de Thomas Piketty et Justin Pemberton
Le capital au XXIe siècle est l’adaptation d’un des livres
les plus importants de ces dernières années. En mélangeant références à la pop culture et
interventions d’experts parmi les plus influents de notre époque, le film est un voyage à travers l’histoire moderne de nos sociétés. Il met
en perspective
la richesse et le pouvoir d’un côté et de l’autre le
progrès social et les inégalités. Une réflexion nécessaire
pour comprendre le monde d’aujourd’hui. Dans les bonus, un passionnant débat entre Thomas Piketty et Lucas Chancel, le patron du Word Inequality Lab. Diaphana
 combarieu
spectacle
  Les Folies Gruss
à la Porte de Passy
Quoi de mieux, pour les fêtes qui approchent, que de faire un petit tour sous le chapiteau du maître écuyer le plus illustre de sa génération ? Alexis Gruss, bien sûr, l’homme aux trois passions : sa famille, sa piste et ses chevaux ! Comme chaque année, une toute nouvelle formule des Folies Gruss, la 45e création de la famille, un moment féerique où, plus que jamais, les symboles de l’amour qui lie l’homme au cheval sont mis à l’honneur, en parfaite harmonie ! Un « spectacle équestre » sublimé majestueusement par 24 artistes et 50 chevaux.
Il faut reconnaître qu’on est ici très loin du cirque démodé avec les lions (qui seront d’ailleurs bientôt interdits) et les clowns au nez rouge ! Alexis Gruss le précurseur a été, souvenez-vous, le premier à supprimer Monsieur Loyal et créer une vraie mise en scène circassienne, tel un père spirituel de Bartabas ! Grandiose. Jusqu’au 28 février 2021, au Carrefour des cascades, Porte de Paris, Paris 16e. Reprise après le confinement.
expos
beethoven par bourdelle
En 2020, Beethoven (1770-1827) aura vulejourilyatoutjuste250ans.Un quart de millénaire. Cet anniversaire donne lieu à de nombreuses commémorations européennes. À Paris, le sculpteur Antoine Bourdelle (1861-1929) a sans doute été l’un des artistes les plus influencés par la
musique du compositeur allemand puisqu’il lui a réservé pas moins de 80 sculptures et une vingtaine de dessins. Le musée Bourdelle a donc décidé de s’emparer de cette occasion pour proposer une exposition unique en son genre : offrir au visiteur la possibilité de s’immerger dans
dvd
eté 85, de François ozon
« C’est l’amour à la plage », chantait Niagara en 1985. L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, est sauvé héroïquement du naufrage
par David, 18 ans. Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves. Mais le rêve durera-t-il plus qu’un été ? Étés de jeunesse, ce temps où s’ancrent les premiers bleus de l’âme, où la vie nous chuchote qui on est, où l’amour est toujours un drame. Qu’il est vivifiant et fédérateur, le fétichisme d’Ozon. Celui d’une époque et de l’énergie ardente des passions courtes. Sous une romance tout à fait classique, son film dégage une puissance
émotionnelle folle emportée par le tourbillon des beaux jours. Déluge de nostalgie dans ce polar contrarié, cette tragédie romantique bouleverse par sa sincérité. La Normandie rayonne et le réalisateur sublime ses jeunes acteurs comme personne. Diaphana
deux atmosphères, l’une, claire et lumineuse, le confrontera aux multiples visages sculptés de Beethoven, l’artiste
total, conçus par Bourdelle comme autant de variations autour d’une face maudite, d’une intériorité souveraine. L’autre, sombre et dramatique, fera dialoguer sculptures, photographies et dessins afin de pénétrer les secrets et
les subtilités de cette identification majeure. Peuplée de sculptures, de photographies, de dessins et d’archives, cette exposition illustre l’histoire d’une obsession, peut- être même d’une filiation, si l’on veut bien relire l’aveu de Bourdelle lui-même : « À mon tour, avec une préméditation tenace, j’ai pris la parole après lui. »
Jusqu’au 17 janvier, au Musée Bourdelle, 18 rue Antoine Bourdelle, 75015 Paris. Reprise après le confinement.
voir le jour, de marion Laine
La vie quotidienne dans un service de
maternité en sous-effectif chronique : les accouchements, les patientes plus ou moins
patientes, les personnels de santé débordés
mais unis dans une sororité bienveillante.
Marion Laine nous ouvre les portes de cette
maternité, avec une grande maestria, tel
un hommage à une profession de cœur. Tout y est, en effet, dans l’humilité, le respect et la sensibilité ! On reste subjugué par l’intensité de chaque actrice, par l’immense sincérité et vérité que chacune d’elles nous offre. Sandrine Bonnaire stupéfiante, dégage toujours cette parfaite alchimie entre une sensibilité fragile pleine d’humanité et une force intérieure d’une puissance rare. A ses côtés, Brigitte Roüan, Aure Atika, ou même la jeune Kenza Fortas, nous impressionnent aussi par la lumière et la vérité qu’elles apportent à ce film essentiel et même indispensable ! Pyramide Vidéo
      86 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
Jewel box d’elton John
Après son biopic Rocketman et son autobiographie Me, Elton John est de retour dans les
bacs ! Jewel Box,
c’est la découverte
immanquable, en
8 CD, de l’immense
catalogue du
chanteur et de
Bernie Taupin, des
premières raretés jusqu’aux chansons les plus importantes de leur répertoire. Les 148 titres ont été soigneusement sélectionnés par Elton John, avec
plus de 60 versions inédites et ses deux duos avec France Gall. Un trésor gargantuesque pour tous les fans... et les autres.
Universal
entre nous, best-of Chimène badi
Elle est l’une des plus belles voix de la chanson française. Plus que le meilleur de sa carrière, la chanteuse de 37 ans confie que ce best-of
est surtout une « belle
histoire à raconter » :
43 chansons qui ont
jalonné sa carrière,
commencée en 2003 et
une discographie sans
fausse note. Outre les
solos, on retrouve ses duos envoûtants avec Billy Paul, Julie Zenatti et, surtout, pour la première fois en CD, son tandem avec Johnny Hallyday, Je te promets, enregistré en live au Parc des Princes en 2003. Chimène is simply the best et cette compil en est la preuve. Capitol/Universal
beethoven par Philippe Cassard et ses amis
Beethoven, compositeur moderne célébrée en « rock star » ! L’histoire en a fait la figure iconique de l’artiste romantique. Et l’objet sans précédent de toutes les récupérations : de l’hymne européen à la cause environnementale...
Pour clore royalement
cette année anniversaire,
l’éditeur La Dolce Volta
propose une Neuvième
Symphonie transcrite
par Liszt pour deux
pianos, rarement enregistrée, avec Philippe Cassard et Cédric Pescia et les deux chefs-d’œuvre que sont les Trios Les Esprits et L’Archiduc, avec Philippe Cassard et ses complices, Anne Gastinel et David Grimal.
La Dolce Volta
culture & co
cd
   théâtre
L’embarras du choix à la Gaîté Montparnasse
La vie est une succession de choix cornéliens. Et, comme tout le monde, à l’aube des 35 ans, on commence à dresser quelques bilans. Max, alias Sébastien Azzopardi, n’échappe pas à la règle. Et le bilan n’est pas fameux, puisqu’il a le sentiment persistant d’être à côté de la plaque. Famille, travail, amours, amitié, rien de folichon ! À défaut d’avoir « l’embarras du choix », il a surtout le choix dans l’embarras ! C’est le moment de tout envoyer valser... ou pas, mais toujours avec l’aide de ses « amis d’un soir » : le public ! Une histoire, somme toute bien banale, mais le traitement n’en est que plus original car ce sont les
spectateurs eux-mêmes qui décident, au gré de leurs humeurs, de l’évolution de la vie de Max. Une interactivité bien équilibrée entre le texte et les interventions de la salle autour de la vaste thé- matique de notre liberté de choix dans la société. Autour de Sébastien Azzopardi, les excellents Benoît Tachoires et Erwan Creignou achèvent de nous offrir un bol d’oxygène bienvenu ! Jusqu’en mars 2021 au Théâtre de la gaîté Montparnasse, Paris 14e. Reprise après le confinement.
Douze hommes en colère
Les douze jurés du procès d’un adolescent
noir accusé de parricide doivent décider s’il est
coupable, et donc s’il mérite l’acquittement ou la
chaise électrique. Tout accuse le suspect. Pourtant,
lors du vote final, un des jurés émet
des doutes. Puisque l’unanimité
est nécessaire pour prononcer
un verdict, un, puis deux, puis dix
débats ont donc lieu. On assiste
alors à un moment plein de tension,
et d’humanité, un drame judiciaire
à la résonance contemporaine qui
met à mal l’intolérance. Adapté de
la pièce de 1953 de Réginald Rose
par Francis Lombrail, ce huis clos
nous interroge sur nos certitudes et nos préjugés.
Une mise en scène simple de Charles Tordjman
et une distribution impeccable avec, entre autres,
l’impressionnant Thierry Frémont.
e
Théâtre Hébertot, Paris 17 . Reprise après le
confinement.
    ecoreseau.fr novembre 2020
| 87
]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Rejets de CO2 :
la bonne ID de Volkswagen
Le groupe allemand commercialise sa première voiture électrique polyvalente sur un marché automobile européen dominé par la course à la réduction des rejets de CO2 imposée par l’UE aux constructeurs.
essais autos
sist ni d’ouverture sans clef. Il faut choisir le deuxième niveau de finition Max (la gamme de- vrait en compter 5 au final : Life, Business, Family, Tech, Tour) pour bénéficier d’un dispositif d’accès sans clef. Au regard du tarif (40 000 euros) la dotation en équipement apparaît franche- ment pingre !
Côté mécanique l’ID.3 ne dis- pose pour l’instant que d’un seul moteur synchrone de 204 ch (logé dans l’essieu arrière) avec une batterie de 58kWh pour une autonomie affichée de 425 km et réelle d’environ 380 (une batterie de 77kWh arrivera dans les pro- chaines semaines pour booster l’autonomie à plus de 500 km). L’année prochaine une plus pe- tite batterie de 45 kWh sera éga- lement disponible pour une au-
  fiche technique
modèle essayé
 volkswagen ID.3 1st
 Tarif
 Àpartirde39900€
 Tarifs gamme
 De39990€à49990€
     88 |
novembre 2020 ecoreseau.fr
Volkswagen se lance à son tour dans la ba- taille de l’électrique : une bataille commer-
ciale et concurrentielle notam- ment face à l’américain Tesla, mais une bataille aussi et surtout réglementaire dans le contexte de réduction des émissions de CO2 voulue par l’Europe. En point de mire l’objectif des 95 g/km en moyenne que les constructeurs devront respecter au 1er janvier 2021, sous peine de payer des amendes colossales. Pour rele- ver ce défi, la firme de Wolfsburg mise sur une nouvelle gamme de véhicules électriques, baptisés ID. L’heure n’est plus à électrifier des véhicules initialement ther- miques (façon e-Golf ou e-Up chez VW, 208,2008, DS3 Cross- back chez PSA...) mais bien à
proposer des voitures conçues pour la motorisation électrique façon Zoé chez Renault, Leaf chez Nissan et bien sûr Model S ou Model X chez Tesla. Présentée officiellement il y a un an l’ID.3 arrive enfin sur nos routes et précède le SUV ID.4 qui devrait être commercialisé en fin d’année. Familiale polyvalente à 5 portes, l’ID.3 n’est pas révolu- tionnaire sur le plan esthétique, ni très jolie. Volkswagen ne pro- pose pas un prototype futuriste mais bien une voiture de tous les jours au gabarit d’une Golf (4,26 m de long et 1,80 m de large) capable de plaire au plus grand nombre. Dans l’habitacle, la mo- dernité est plus large et diffuse sur les commandes : boutons tactiles – audio, clim, plafon- niers, commandes de vitres élec-
triques –, levier de vitesse inédit, démarrage et arrêt du moteur en appuyant sur le frein, rappels lu- mineux des commandes de navi- gation – à droite, à gauche – au bas du parebrise.
Un seul moteur
Au quotidien l’ID est agréable à conduire et facile à vivre : très spacieuse, confortable, elle béné- ficie de nombreux rangements et d’un grand coffre (malheu- reusement encombré comme toutes les voiture électriques ou hybrides rechargeables par les câbles d’alimentation !). En re- vanche Volkswagen nous avait habitués jusqu’à présent à une finition plus rigoureuse et à une qualité de matériaux plus élevée (des plastiques durs très bas de gamme sur la planche de bord et les portières).
Dans notre version d’essai bap- tisée 1st, d’entrée de gamme, pas d’affichage tête haute, ni de caméra de recul, ni de park as-
tonomie réduite de 300 km avec un moteur de 150ch.
En ville l’ID.3 est à son aise, ma- niable, dynamique (un couple de 310 Nm disponible instantané- ment), même si le freinage (re- génération oblige) est approxi- matif. Sur route le moteur suffit largement à propulser les 1800 kilos de la voiture sans trop tirer sur la batterie.
Reste l’inconvénient majeur des véhicules électriques : la re- charge. Avec le chargeur fourni de 11kw il faut compter 6 heures sur une borne publique, 9 heures sur une wallbox, 30 heures sur une prise domestique, et seule- ment 30 minutes à 80 % sur une borne de recharge rapide mais encore faut-il en trouver une.
En outre les tarifs pratiqués par Volkswagen sont pour le moins dissuasifs : entre 40 000 et 50 000 euros hors bonus de 7000 euros. La note est salée !
]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[ Le Kia XCeed, un crossover branché
 fiche technique
modèle essayé
 Kia XCeed PHev 1.6 GDI DCTv Premium Pack Secu
 Tarif
 Àpartirde41190€
 Tarifs gamme
 De36490€à41190€
 Le constructeur coréen a doté la version crossover de son véhicule compact Ceed d’une nouvelle motorisation hybride rechargeable plutôt performante.
Kia, comme d’autres constructeurs, a choisi de livrer la bataille du CO2 en électrifiant des modèles thermiques (e-Soul, e-Niro) et en proposant de nouvelles motorisations hybrides et hybrides rechargeables (Niro, XCeed, Ceed SW). Le constructeur coréen annonce par ailleurs sa volonté de devenir « une marque de premier plan dans le domaine des véhicules électriques » avec le lancement de sept nouveaux véhicules 100 % électriques sur plusieurs segments de marché d’ici à 2027.
En attendant, son crossover compact XCeed bénéficie désormais d’une motorisation hybride essence-électrique rechargeable avec une batterie de 8,9 kWh, un moteur électrique de 44,5 kW (60,5 ch) et un moteur
essence de 1,6 litre (105ch) couplé à une boîte à double embrayage DCT6. L’ensemble développe une puissance combinée de 141 ch. Largement suffisante au regard du gabarit du véhicule. Très joliment dessiné le XCeed souffre d’une habitabilité réduite pour les passagers arrière et d’un volume de coffre riquiqui en raison de la batterie logée dans le plancher. Confortable, bien finie, très bien équipé mais comme toutes les Kia doté d’un habitacle un peu tristoune (le fameux syndrome germanique qui fait voir tout en noir), le XCeed permet de réaliser des trajets urbains (une cinquantaine de kilomètres) en tout électrique et en silence. La recharge de la batterie se fait en roulant avec le moteur thermique et au freinage (mais sans possibilité de forcer cette recharge comme par exemple sur le Peugeot 3008). Du coup on arrive assez rapidement à décharger complètement la batterie. Il faut alors entre 2 h 30 et 3 heures pour la recharger sur une borne publique ou une prise domestique.
La Citroën C3 garde le cap du succès
Le best-seller de la marque au chevron a été très finement restylé l’été dernier et conserve tout son potentiel de séduction.
On ne touche pas sans risque à un best-seller. Citroën le sait qui s’est contenté cet été d’un restylage minimum de sa C3. Nouvelle face avant (dans les faits seule la barre inférieure du chevron de la calandre a changé), nouvelles optiques à LED, nouveaux Airbumps sur
essais autos
vie privée
  les côtés, personnalisation accrue (teintes de caisse, d’Airbumps, d’enjoliveurs, d’antibrouillards et de toit) avec 97 combinaisons possibles (contre 36 auparavant). La troisième génération de C3 peut donc (750 000 ventes réalisées voiture la plus vendue nouveaux sièges), dotée l’intérieur (une des clefs de extrêmement plaisante à
 fiche technique
modèle essayé
 Citroën C3 PureTech 110 S&S eAT6 Shine Pack
 Tarif
 Àpartirde23000€
 Tarifs gamme essence
 De15300€à23000€
 Tarifs gamme diesel
 De19300€à22750 €
 garder le cap du succès commercial
depuis son lancement fin 2016, 3e
en France). Confortable (avec de
d’un super look tant à l’extérieur qu’à
son succès) la C3 super équipée est
conduire, avec son moteur essence PureTech de 110 ch et la boîte auto EAT6 mais aussi avec le petit bloc essence de 83 ch en boîte manuelle qui surprend au départ par sa placidité mais se révèle à l’usage fort agréable.
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]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Dents un peu plus blanches ? Les solutions...
santé
 Il est des modes esthétiques qui impliquent le physique : tatouages, coiffures, pier- cings... et dents ! Le média
télé et le cinéma nous ont habi- tués aux dents blanches des su- perprésentateur·rices avec l’envie de les imiter. Mais est-il raison- nable de blanchir artificiellement un émail naturellement altéré dans sa coloration au fil des an- nées et... des tasses de thé et de café ? Le point sur les bons gestes et les techniques si l’on veut vrai- ment éclaircir cette denture* sourire.
En théorie, un brossage soi- gneux, trois fois par jour, devrait retarder le jaunissement. Mais tout est affaire de loterie géné- tique : avec l’âge, la porosité de l’émail s’accentue. Une alimen- tation trop sucrée, le grignotage pas suivi de brossage favorisent
placer sur les dents supérieures et inférieures, pourvu du produit ad hoc) est encore le plus rapide. En théorie, l’on pourrait le placer soi-même. Le mieux est pourtant d’en passer par le·la dentiste dans la mesure où l’agent blanchis- sant, à base de peroxyde d’hy- drogène (de l’eau oxygénée) très concentré, pénètre l’émail. En outre, le praticien usera de subs- tances plus concentrées sur des gouttières sur-mesure. Il est donc proscrit de l’appliquer sur des caries en évolution, comme chez la femme enceinte et les sujets à hypersensibilité dentaire. À ré- server aux adultes. Les gouttières en question sont maintenues selon le produit de 5 minutes à 1 heure, pendant une ou deux semaines. Un avantage : elles évitent le contact des lèvres et des gencives. Mais les couronnes cé-
mique qui tiendra une vingtaine d’années si l’hygiène quotidienne est respectée (contrôles réguliers nécessaires).
Des produits simples à usages quotidiens ou hebdomadaires
Sans recourir à ces moyens coû- teux, l’on mettra chez soi en place un brossage particulier à l’aide de substances inoffensives et pas chères ! À commencer par le bicarbonate de soude dont les fines particules seront brossées chaque jour sur les dents, sans dentifrice, avant le brossage. Le citron sera aussi parfait, avec son action complémentaire sur le tartre et l’haleine, sans parler de la vitamine C, excellente pour la gencive. Il suffit de laver les dents avec un citron (bio !) fraîchement pressé, en un brossage doux, puis de rincer, après un brossage clas- sique. Pas plus de deux fois par semaine car l’acidité du citron s’avère agressive pour l’émail. L’autre blanchisseur naturel est le charbon végétal, vendu en poudre en pharmacie. De la même façon, on l’utilisera en brossage sans le dentifrice que l’on utilisera dans la foulée. Là non plus, pas plus de deux fois par semaine. La « phar- macopée » du blanchiment doux contient aussi l’huile essentielle dite Tea-tree ou huile de Mela- leuca. Elle assainit la bouche, les dents et contient des actifs blan- chisseurs. C’est un antiseptique buccal, utile contre la plaque. Mais c’est une huile essentielle à utiliser avec discernement, après un test sur la peau, proscrite chez les enfants et les femmes en- ceintes. om
Sans recourir à des moyens coûteux comme la pose de gouttières, l’on mettra en place un brossage particulier à l’aide de substances inoffensives
     * On appelle denture le système dentaire en soi après la phase
de dentition, le processus de formation des dents
et pas chères !
l’installation au chaud de bacté- ries causes de tartre et de plaque dentaire. À quoi s’ajoute le tabac avec son cortège de maladies gin- givales et l’apparition de taches dentaires. Une dose régulière de thé et de café par là-dessus altère la blancheur évanouie...
Chez le·la dentiste
Si l’on veut vraiment reblanchir cet émail, le technique « gout- tière » (un dispositif adapté à se
ramiques et les résines ne seront pas blanchies. Il existe en outre des contre-indications en cas de prise de certains médicaments. Le·la dentiste ne dispose pas seulement des gouttières. De- mandez-lui s’il·elle pratique l’in- jection de résine après une pose d’acide. L’absorption procure une illusion visuelle de blanchiment en deux ou trois séances. Ou la pose des « facettes hollywoo- diennes » ( !), couche fine céra-
POUR VOTRE BIEN...
• Dentifrices
« blanchissants »
Ils procurent une abrasion supérieure à l’aide d’oxyde d’aluminium, de bicarbonate de sodium ou d’acide salicylique ou sont censés dissoudre les taches avec du pentasodium triphosphate, du tétracalcium pyrophosphate, de l’acide citrique. Certains contiennent des agents enzymatiques qui cassent les liaisons enzymatiques des molécules colorées àl’œuvresurlesdents.Cespâtesne conviennent pas aux enfants entre 6 et 12 ans selon les agents actifs, sont à proscrire en cas d’érosion dentaire ou collets dentaires dénudés.
90 | novembre 2020 ecoreseau.fr
• Du bon choix des dentifrices
Ce sont surtout des « abaisseurs de tension superficielle », à l’image du savon. Donc, a priori, peu importe la marque et le type. L’important est l’action mécanique du brossage. À la rigueur, choisir un dentifrice adapté à une certaine pathologie dentaire.
> pour les enfants, le dosage du fluor, contesté par certains spécialistes, est à adapter à l’âge : de0à3ans,<50mgpour100gdepâte (< 500 ppm) de3à6ans,50mgpar100g de6à15ans,de1000à1500ppm Adulte : jusqu’à 2 500 mg
> Antiplaque, antibactériens, en cas de maladie parodontale (chlorhexidine) et gingivites.
> Pour le renforcement de l’émail, péroxyde de calcium ou Novamine, sans rinçage.
> Pour dents sensibles à l’effet chaud/ froid, aux aliments acides/sucrés
ou en cours de brossage, signes
d’une dégradation du collet dentaire, utiliser un dentifrice au fluorinol ou permétheol (couche protectrice).
• bains de bouche « blanchissants » au chlorure de zinc. Alterner ces produits réputés éclaircissants et les dentifrices spécialisés.
• brosse à dents manuelle ou électrique ?
Les électriques enlèvent 2 fois plus de plaque dentaire. Si elles sont pourvues de capteurs de pression, elles se révèlent moins agressives que certains brossages manuels à poils durs (il faut brosser doucement et longtemps et non appuyer fort). L’accès aux zones difficiles est meilleur. Sinon, user d’une brosse à dents dite « chirurgicale », douce.
]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[horlogerie & joaillerie
Tourbillon B 1.618 Openwork
Bianchet présente la Tourbillon B 1.618 Openwork, une montre tourbillon polyvalente à la fois résistante et
élégante. Niché dans un élégant boîtier tonneau,
le mouvement se révèle à travers des platines et
des ponts sculpturaux en titane, dans un jeu de transparences et de superpositions géométriques. Le
design tridimensionnel composé d’arcs et de cercles entrelacés respecte les proportions du nombre d’or
de Fibonacci, qui transmettent un profond sentiment d’harmonie. Les premiers garde-temps seront disponibles
en décembre et peuvent dors et déjà être réservés au prix de lancement de CHF 28.500 (HT) sur www.bianchet.com
Barillet devoile la superpunk master+
La collection Superpunk de Barillet Factory monte en gamme comme en taille avec l’arrivée de la nouvelle Master+. Sur cette édition, à l’image des « muscle cars »
dont elle évoque la puissance, le
boîtier asymétrique à six pans,
caractéristique de la Superpunk,
évoluede42mmà45mmpour
une pièce toujours aussi racée et
élégante. Ainsi paré, le garde-temps sportif de Barillet conserve pour autant l’ADN de ses prédécesseurs, alliant design radical, matière et mécanique. A partirde4900€ www.barillet-factory.com
br 05 blue Gold
Ce garde-temps allie élégance et sophistication dans un design intégré. La BR
05 Blue Gold est la synthèse du fonctionnel
et du minimalisme. Son boîtier en or rose
18 ct poli-satiné offre un subtil contraste
avec son cadran bleu marine soleillé. Garantissant une lisibilité optimale, les appliques dorées à l’or rose 18 ct des
chiffres et index ainsi que les aiguilles squelettées des heures et des minutes sont emplies de Super-LumiNova®. 19900€ sur un bracelet en caoutchouc bleu et de 29900€ sur un bracelet en or rose 18 ct. www.bellross.com
Hommage au pilote Ayrton Senna
L’horloger suisse a décidé pour la première fois d’équiper ses montres d’une échelle tachymétrique
allant jusqu’à 400 km/h au lieu des 240 km/h habituels. Le robuste Chronographe TAG Heuer Formula 1 Calibre 16 Édition Spéciale Senna de
44 mm est doté d’un cadran soleillé anthracite dont les compteurs des minutes, des heures et
des secondes sont azurés noirs. Le revêtement blanc Super-LumiNova® présent sur les index et les
aiguilles assure une lisibilité optimale et immédiate quel que soit la vitesse et les conditions d’éclairage. 2000€ www.tagheuer.com
Colmar, doudoune chaude et si chic !
Dans cette collection, Colmar utilise des matériaux haute isolation thermique composés à 90% de fibres recyclées. Cette doudoune à capuche, est réalisée
en tissu lamé effet métal satiné et rembourrée de plumes naturelles. La finition à fort impact
mêlé au jeu du matelassage crée un vêtement au style futuriste et non conventionnel.
Tissu coupe-vent, traitement déperlant et imperméable. 479€ www.colmar.it
l’art du temps
vie privée
      mode & accessoires
 Sweat charmante française
Le sweat femme Stella, sérigraphié « charmante française » pourra séduire toutes les amatrices de collections «
frenchies ». Ce vêtement éthique, fabriqué à partir de fibres biologiques, a été tricoté dans la Somme par Laurent,
confectionné dans le Nord par Henri-Rémi et sérigraphié en Loire Atlantique par Jean-Marc. Ce sweat en molleton est gratté à l’envers, donnant un aspect polaire et lui
apportant chaleur et douceur ! On l’adopte et on ne le quitte plus ! 65€ www.lagentlefactory.com
  mr moustache,
Daniel Hechter, Thermal booster
Daniel Hechter réinvente le vestiaire masculin avec style, performance et praticité. Le but, proposer des pièces
adaptées au mode de vie des hommes d'aujourd'hui.
Daniel Hechter met au jour des vêtements aux fibres
intelligentes, soit des produits à innovation. La parka
Thermal Booster en est le parfait exemple : il s'agit d'une
parka à chaleur adaptative et dynamique où la trame de
tissu réagit à la température extérieure pour assurer une
isolation optimale et une thermo-régulation continue. La
parka Thermal Booster Daniel Hechter existe en 2 versions : la courte est au prix de 399€, la longue à 419€. www.daniel-hechter.fr
shoes made from shoes
M.Moustache, c’est une succès story à la française. Ils viennent de lancer [Re]colte®, la première semelle fabriquée à partir de chaussures recyclées. Baskets Arthur, Suède bordeaux bleu et vert, 135,00€ www.m-moustache.com
 ecoreseau.fr novembre 2020
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]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
bien-être
Baïja, coffret Delirium floral
A l’intérieur de ce ravissant coffret, 4 produits comme autant d’occasions de profiter de cet enivrant parfum floral laissant s’épanouir les notes d’iris et de patchouli. Cette édition limitée contient un gel douche 100ml, un gommage 60ml, une bougie 75g et une crème mains 30ml - 29,90 € https://baijashop.com
Sels de bain,
la promesse bien-être Présence(s) de Bach est un parfum équilibrant qui diffuse, au-delà d’une fragrance fraîche et bienfaisante,
des accords essentiels favorisant
un sentiment fort de réconciliation intérieure ainsi qu’une lecture positive de l’environnement. Élaboré à partir d’essences de fleurs de Bach bio, Présence(s) de Bach procure des sensations de bien-être, d’équilibre et d’exceptionnelle harmonie. 300 g - 24,50€ www.lesfleursdebach.com
gastronomie
Un kit apéro aux insectes Jimini’s
Jimini’s pimente les apéros de fin d’année avec des
insectes entiers à déguster sans modération. Criquets aux
trois baies, Molitors au comté-noix de muscade et Grillons au barbecue-oignons fumé font saliver les papilles. Le trio d’insectes à 19,90 € www.jiminis.com
maison montfort x Tissage moutet
Maison Montfort s’associe à Tissage Moutet, atelier de tissage d’excellence situé
dans le Sud-Ouest de la France, pour confectionner un torchon
de cuisine au design unique qui vient emballer son foie gras. Deux savoir-faire du Sud-Ouest pour
une alliance 100% locale ! Un foie gras de canard entier simplement assaisonné, cuit au
torchon, sur lequel Maison Montfort met en avant ses producteurs en mentionnant leur nom et leur localité.
250g, 24,99€ www.maisonmontfort.com
Le baume démaquillant
oceopin
Un baume crémeux 3 en 1 vegan & bio, riche en huile de graines de pin maritime, actif emblématique de la marque, made in Cap Ferret. À ses côtés, d’autres actifs naturels d’exception, tels l’immortelle
des dunes, la racine d’oyat, les algues marines et l’eau de mer de l’atlantique, pour démaquiller le visage en douceur, laisser la peau souple, fraîche et hydratée. 100 ml, 36€ www.oceopin.com
Taaj, essentiel rituel
automnal
Votre nouveau rituel ayurvédique automnal sublime, assaini, matifie et purifie votre peau. Ce coffret se compose de 3 produits de la gamme Jaïpure : un fluide matifiant
(50ml) qui répond aux problmes des peaux mixtes et grasses ; le masque purifiant détox (75ml) et un gel nettoyant purifiant (150ml). 36,80€ www.taaj.fr
Un calendrier de l’Avent en cube
Présenté en un cube original et gourmand, il permet de découvrir tout au long des 24 premiers jours de décembre, les 11 recettes de Petits Carreaux de Paris, de la douceur du chocolat blanc aux saveurs corsées du chocolat
noir, en passant par l’onctuosité du
chocolat au lait. Les papilles en quête
d’originalité découvriront chaque jour
un carreau de chocolat, en forme de
carreau de faïence, symboles du Paris de
la Belle Epoque. 160g, 34,90€
www.petitscarreauxdeparis.com
Le carrousel de Tsarevna
Pour nous entraîner à sa suite dans un jeu de cache-cache à travers les manèges
tournoyants, Tsarevna a revêtu sa nouvelle robe de fête en édition limitée. Une robe d’un
vert élégant, ornée de carrousels dignes de nos contes de fées préférés. Aussi curieuse qu’Alice et aussi audacieuse que Cendrillon, Tsarevna nous embarque dans un tourbillon de saveurs, avec son parfum envoûtant d’écorces d’orange, d’épices, et de réglisse, sur une base de thé noir. Recette labellisée bio ! Coffret Tsarevna 100 gr & mug : 34,90€ www.kusmitea.com
           92 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[évasion
Aux portes de Paris :
Cle Hyatt Regency Chantilly
et hameau de huit bâtiments en A noter justement le lancement de pierre du 18e siècle - niché au cœur l’offre « workation » qui vous permet- de la forêt domaniale du Château tra de télétravailler dans un lieu pai- de Chantilly et à quelques pas de la sible et confortable, tout en allongeant
ville médiévale de Senlis et de sa remarquable votre weekend efficacement : early
cathédrale - vous propose un environnement propice à la détente et une multitude de ser- vices.
Les 211 chambres, dont 14 suites de luxe, sont dotées d’un confort et équipement certains, tout en proposant des matières naturelles, épu- rées et aux couleurs relaxantes.
Aujourd’hui, l’hôtel privilégie l’accueil des groupes en semaine (1500 m2 d’espace de ré- ception, 10 salons, un grand ballroom de 500 m2, équipement audio et vidéo haut de gamme, etc.), restant évidemment disponible à la clien- tèle individuelle le temps d’un weekend que vous pourrez étendre...
check-in dès 8h le vendredi matin, pe- tit-déjeuner offert, wifi très haut débit, accès au Spa à partir de la Deluxe, accès à la salle de fitness, livraison en chambre disponible, late check-out à 18h, etc.). Ou comment lier l’utile à l’agréable.
Enfin, une cuisine de saison vous est proposée au CRAFT par le chef Christophe Scheller, où vous serez agréablement surpris à la fois par ce bel espace, et par cette table aussi efficace que gourmande.
Bref, rendez-vous avec l’élégance et la simpli- cité. n
 www.hyatt.com/fr-FR/hotel/france/hyatt-regency-chantilly/cdgrc
La Lanterne, délicat boutique-hôtel
du quartier Latin
La Lanterne est un boutique hôtel 4 étoiles qui cultive à merveille le chic parisien. Un hôtel de charme où
les matières jouent l’élégance et le bien-être ; avec quelques notes colorées subtilement placées dans un univers de teintes douces... A l’abri de l’effervescence citadine, se niche le jardin intérieur. Relaxez-vous en toute intimité dans l’espace bien-être : Superbe piscine intérieure, hammam et douche sensorielle. Hôtel La Lanterne, 12 Rue de la Montagne Sainte-Geneviève 75005 Paris www.hotel-la-lanterne.com
L’Hôtel de L’Abbaye,
l’art du temps
vie privée
      un écrin d'élégance
et de verdure !
 Depuis son ouverture en 1973, l’Hôtel de l’Abbaye est le secret le mieux gardé de Saint-Germain-des-Prés. Au 10 rue Cassette, derrière de majestueuses portes en fer forgé, se dévoile un écrin de verdure paisible et chaleureux, habité par le murmure de la fontaine. À deux pas de la Place Saint-Sulpice, cette maison parisienne 4 étoiles de 44 chambres et suites, est bâtie sur un ancien couvent de bénédictines. Quatre terrasses privatives, des appartements du 3è étage, offrent une vue imprenable sur les toits de Paris.
Le Salon offre un cadre feutré pour un déjeuner, un
tea time ou un délicieux cocktail. Vous pouvez aussi opter pour une nuit festive avec un superbe dîner en chambre ! Une adresse confidentielle, où service rime avec perfection. https://hotelabbayeparis.com
 ecoreseau.fr novembre 2020
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]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
 champagnes
EPC, faites gravir vos bouteilles !
Pour Noël, quoi de plus marquant qu’un cadeau personnalisé ?
Champagne EPC a choisi de proposer cette attention toute particulière en lançant son offre de gravure sur bouteille, et pour ne rien gâcher, sur la cuvée de son choix. Gravure 7€ en plus du prix de la cuvée. www.epc-champagne.com
orpale, blanc de blancs Grand Cru 2008
Orpale 2008 est une cuvée d’exception, de passion, et a naturellement une place de choix sur la table. Entre
bistronomie et gastronomie, elle peut être servie lors d’apéritifs gourmets ou avec des mets fins lors d’un repas. L’évolution des arômes dans le verre,
minute après minute, est sublimée. Ce millésime est habillé d’un écrin sobre, élégant, respectueux de l’environnement. C’est une cuvée à la beauté brute dont le luxe réside dans sa sobriété.
110€ www.de-saint-gall.com
 Cœur des Bar Blanc de Blancs
Exclusivement issue de Chardonnay, la cuvée séduit par sa vivacité. Au nez, les agrumes dominent, escortés par de subtiles notes de bergamote. La présence de fruits mûrs et de fruits secs
expriment la pleine maturité de ce Champagne. L’attaque en bouche est vive et charnue. Juteux et croquant, ce Chardonnay rappelle la chair du pamplemousse. La finale marque par sa remarquable fraîcheur mâtinée d’une pointe d’exotisme. 39,50€ sous étui. www.champagne-devaux.fr
   Champagne Delamotte,
coffret tout en blanc de blancs
En bouteille ou en demi-bouteille, Delamotte Blanc de Blancs, au caractère minéral et d’une pureté totale, raconte le terroir crayeux qui l’a vu naître : notes salines, iodées, complétées par des arômes d’agrumes. Appréciable pour lui-même à l’apéritif, ce 100% chardonnay fait trinquer sa minéralité à table avec la fraîcheur des produits de la mer. Trois bouteilles de Champagne Delamotte Blanc de Blancs sises dans un élégant porte-bouteilles gravé aux armes de la maison : trois moments de partage autour d’un grand vin !
115€ www.champagne-delamotte.com
spiritueux
Clos Saint Joseph,
un Grand Spiritueux bourguignon
Issu de la gamme « Esprit de Vin », imaginée pour faire (re) découvrir les deux spiritueux de la Bourgogne, ce Vieux Marc est un digne représentant de sa région. La robe, d’une belle couleur dorée habille un nez sirupeux, épais et
boisé où des notes d’amandes se mêlent à une sucrosité délicate. La bouche est d’une longueur et d’une finesse saisissantes qui confèrent à l’ensemble un bel équilibre. 50cl – 48% vol 69€ www.clossaintjoseph.org
Coffret Lagavulin
16 ans
Lagavulin 16 ans est intense, tourbé, complexe et onctueux. Single Malt emblématique de
l’île d’Islay, il est la quintessence de la distillerie. A la fois suave et fumé, il propose des notes d’algues marines et de fruits secs. 69€, chez votre caviste.
Coffret Mailbox Jack Daniels
Aujourd’hui, Jack Daniel’s rend hommage à ses origines à travers un coffret tout en symbolique autour de l’US Mailbox. Inspiré par cet objet emblématique du pays, le design du coffret reprend les codes de la marque pour une création originale aux couleurs du Tennessee. Naturellement, ce coffret exclusif renferme l’iconique bouteille parée de son étiquette noire et blanche : Jack Daniel’s Old N°7.
19,85€ www.jackdaniels.com
Private bottling – maison Dugas
Cette année à l’occasion des 40 ans de la Maison, François- Xavier Dugas a souhaité mettre à l’honneur seize
distilleries partenaires historiques à travers une collection anniversaire exceptionnelle baptisée « Private Bottling ». La Maison Dugas a ainsi réalisé
une série d’embouteillages exclusifs, sélectionnés directement dans les chais des Maisons participantes. A découvrir notamment : Le rhum Depaz Xo Small Batch (89€), le whisky Fuji Single Grain (113€) et le Bas Armagnac de Gélas (90€). www.dugasclubexpert.fr
     94 | novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[l’art du temps
vie privée
  vins à déguster (avec modération)
La Clef de St Thomas,
Châteauneuf-du-Pape
Constitué à 50% de grenache, 30% de syrah et 20% de mourvèdre, cette Clef de St Thomas rouge 2017 dévoile une belle robe grenat. Le nez s’ouvre sur des notes de bois exotiques (cèdre), puis d’épices et de framboise. La bouche élégante et charnue avec des tanins enrobés, développe de légères notesdetruffesetboiséesenfinale.33,50€ https://
calissanneboutique.fr
Pagodes de Cos 2017
Issu d’un assemblage majoritaire de Cabernet Sauvignon et Merlot, Pagodes de Cos 2017 charme les papilles par
sa rondeur et sa fraîcheur. Un vin au caractère vif, énergique dont les arômes de fruits rouges se révèlent avec puissance et éclat au moment de la dégustation. Son velouté et un milieu de bouche dense le rendent particulièrement plaisant. 42€ www.estournel.com
Les « Chemins de la Croix du Casse» - Pomerol
Ce vin ample, deuxième vin du Château la Croix du Casse, est très représentatif du terroir si particulier de Pomerol.
La robe est foncée et brillante, son nez exprime des notes de fruits rouges et l’attaque en bouche est franche, solide, ronde, relevant des tanins mûrs. D’une finale persistante et toute en fraîcheur où domine encore le fruit, c’est un vin charmant et sapide qui plaira à tout amateur de Pomerol par son naturel. Il aime les viandes grillées ou rôties,
les gibiers à plume ou à poils, les poêlées de cèpes, les fromages à pâtes molles. Assemblage : Merlot (majorité), Cabernet franc. 25 € www.lagrandecave.fr
La Combe des marchands 2018 – Les
Grandes Serres (A.o.P Gigondas)
Belle robe rouge cerise avec des reflets violines. Le nez est complexe, avec des notes de griottes, de fruits noirs et d’épices. L’attaque est vive et franche, sur des notes de fruits noirs. Les tanins sont généreux et fondus.
Il accompagnera les volailles rôties, les magrets de canard au miel, les gibiers. 16,90 € chez les cavistes, au domaine 04 90 83 72 22 et au caveau de dégustation des Grandes Serres à Gigondas (04 90 65 86 55)
L’Ecrin du Vin
C’est pour sublimer chaque bouteille qu’un Ingénieur amoureux du bordelais a créé L’Ecrin du Vin, une gamme de coffrets vins et spiritueux aux façades en dentelle de bois, personnalisables et transformables en lampe design en seconde vie.
https://lecrinduvin.fr
ollieux romanis signe
Alba, un grand rouge
Alba n’a pas vu le bois mais a patienté 12 mois en cuve inox, laissant chaque cépage s’exprimer pleinement et sans ambages. Le Cinsault s’y dévoile croquant et juteux, le Grenache, opulent. De cet assemblage naît
un vin au profil atypique, élégantetdélicat.Un nectar ample porté par le Grenache auquel leCinsaultapporte gourmandise et fraîcheur. Une cuvée taillée pour les plus belles tablées. 30€ https://ollieuxromanis.com
Domaine Pellé- Les cris - rouge 2015
Les Cris nous offre un Pinot noir d’une belle densité où la trame tannique et la minéralité crayeuse se
lient à merveille au fruit. Le vin peut se déguster dès
à présent car il délivre un plaisir immédiat. Mais il pourra très bien supporter une garde de 6 à 8 ans sans problème.20€ www.henry-pelle.com
Le K d’Eole 2016
Domine d’Eole
Ce 100% Carignan au rendement
faible (20hl/ha) est un vin de
caractère élaboré uniquement
lorsque les conditions sont idéales
pour ce cépage. Les vignes de 50
ans sont menées en agriculture
biologique sur un terroir aride
et caillouteux. Fort de corps et
d’esprit, surprenant par l’intensité
de son fruit, le K, aux tanins soyeux,
offre généreusement son accent
du midi. Opulence et délicatesse
aiguisent les sens. Servi entre 16
et 18°, il accompagne avec aisance
et généroisté les gibiers en sauce
gigot d’agneau, les gibiers à plumes.
A noter que le 2016 un millésime d’exception. 40 € www.domainedeole.com
Sancerre, Grande
réserve 2019
La famille Bourgeois travaille depuis des générations sur les terroirs
du Sancerrois. Les sols d’argile- calcaires s’expriment pour donner des vins généreux, minéraux et d’une belle richesse aromatique !
La cuvée «grande réserve» est un équilibre parfait entre tensions, relief et fraîcheur. Le sauvignon apporte des notes d’agrumes. Un vin riche et complexe.16,70€ www.henribourgeois.com
le coup de cœur
Par Alain marty
Président et fondateur du Wine & Business Club et animateur de In Vino Sud Radio
Château de La
   Pauphine 2015
D
artons au Sud-Ouest de la France, dans le département de la Gironde en région Nou- velle-Aquitaine, à Fronsac.
 La ville a donné son nom à l’appella- tion AOC Fronsac avec un terroir es- sentiellement constitué d’un plateau calcaire et de molasse du Fronsadais. Aujourd’hui, nous allons découvrir le Château de La Dauphine.
Situé entre Bordeaux et Saint Emilion, il s’agit d’une des plus grandes propriétés du Libour- nais. Le Château a été construit entre les années 1744 et 1750 par Jean-Baptiste de Richon. Peu de temps après, la Dau- phine de France, mère
de Louis XVI, y séjourne
quelques jours. Cet événe-
ment donnera le nom à ce
lieu en souvenir du séjour
de cette princesse. En 2015,
Jean Halley cède le domaine
à la famille Labrune qui l’a
repris avec la détermination
de poursuivre une politique
de qualité exigeante, tout
en accomplissant un travail minutieux et respectueux du
vignoble. Avec 53 hectares
de vignes aujourd’hui, le do-
maine ne cesse de s’agrandir et reflète 350 années d’histoire.
Zoom sur la cuvée rouge Château de La Dauphine 2015. Avec un vignoble en conduite Bio & Biodynamie, l’en- cépagement est constitué de merlot à 90% et 10% de cabernet franc. Cet ex- cellent Fronsac mérite d’être gardé 4 à 6 ans en bouteille.
Ce rouge est à déguster entre 16 et 18° toute l’année grâce à son fort potentiel de garde.
La robe est d’un pourpre profond, presque velours, avec des notes de fruits rouges mûrs et quelques touches d’épices. Une cuvée singulière qui s’ac- cordera avec de la caille aux raisins, du lapin sauce chasseur, et du osso buco.
Bonne dégustation ! n
       ecoreseau.fr novembre 2020
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]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[ expressions
médias
par mathieu wilhelm
Journaliste/Interviewer BFM Paris Éditorialiste médias
   Quelle économie de papier le jour où une loi obligera
[ vite BAFFÉS ]
on prend les mêmes et on recommence !
France TV l’a bien compris, elle avait trouvé la recette
miracle pendant le confinement : la diffusion de grands films de notre répertoire patrimonial afin de rassembler toute
la famille devant le petit écran. Énorme succès tous les après-midi, alors c’est reparti ! Évidemment,
l’horaire des confiné·es se déplace en nocturne.
Alors, tous les soirs sur ses antennes, France
Télévisions change sa grille de programmes !
Rendez-vous donc sur votre programme télé
pour choisir selon les soirs et les canaux la
meilleure péloche qui est censée encore une fois « divertir et rassembler les familles » ! Ah, tiens, une idée pour Madame Ernotte : changez vos deuxièmes parties de soirée le samedi sur France 2, vous ferez toujours plus d’audience que ce qui semble être un accident industriel. La nouvelle émission de Ruquier, On est en direct (transformée quasiment dès le début de la programmation en On est presque en direct en raison du couvre-feu) s’étiole déjà comme peau de chagrin... Dommage, la promesse était belle.
La concurrence arrive...
...Et ce n’est pas trop tôt ! Attendue depuis de nombreuses années, la plate-forme Salto est entrée en service le
20 octobre. Son but ? Rassembler sur un même support
les contenus de trois grands groupes de télé français : TF1, France Télévisions et M6 ! Le consommateur aura donc libre choix de papillonner d’un programme à l’autre, de la série américaine au film français, de l’exclusif au vieux nanar présent lui aussi sur le support ! Mais rien ne
vous choque ? Où est passé le groupe Canal+ ?
Un temps approché pour faire partie de ce
consortium à vocation de concurrencer les
mastodontes étrangers, il avait néanmoins
décidé de se retirer des discussions, vu le côté
long et fastidieux du projet ! Ni une ni deux, il en avait profité pour lancer son objet bien à lui : Canal+ Séries Films ! Les trois autres s’engagent à injecter 135 millions d’euros, à eux trois, sur trois ans. Petit souci, la consommation de VOD
et replays se fait aujourd’hui massivement via les box des opérateurs, mais Salto n’a pas l’air de bien l’avoir compris dans ses négociations. Il ne sera possible d’y accéder que via ordinateurs, smartphones et tablettes ! Coup d’épée dans l’eau ?
Salto, à partir de 6,99 €/mois
[ VITE DÉMONTÉ ]
nouveaux Podcasts !
Merci France Culture qui, encore une fois,
vient élargir son offre pour le plus grand
plaisir de nos oreilles qui s’adoucissent
à son écoute ! Après les Mécanismes du
complotisme qui s’intéressaient à la façon
dont les rumeurs en tout genre pouvaient
engendrer du torchon bâclé sur le Net, c’est maintenant dans les coulisses de l’investigation qu’elle nous propose de plonger ! Mécanismes du journalisme ou l’envers du décor des grandes enquêtes contemporaines pour aborder la réalité du travail des journalistes ! De la découverte du sujet à traiter, à la façon dont est menée l’instruction, en passant par les recherches efficaces des sources, tout y passe ! Et les reportages présentés ne traitent pas de la petite affaire lambda ! Non, le premier, disponible depuis le 22 octobre s’attelle à l’Affaire Cahuzac, racontée à la première personne par Fabrice Arfi de Mediapart. Suivront Benalla, Fillon et Lux Leaks ! De quoi sans doute susciter des vocations, journalistiques ou politiques...
les écrivains à ne se servir que du mot juste ! Jules Renard
Le poids des mots
   Le«maîtremot»!Paul Valéry en avait fait une définition tout à fait in- téressante : le sens du
mot s’efface complètement der- rière sa valeur. Car si les mots ont un sens, ils ont aussi une in- tention, une responsabilité ! « Il faut trouver le mot juste » ! On ne s’étonne plus aujourd’hui de voir que les grands médias contribuent inlassablement à diffuser, quand ils ne les ont pas créées, des expressions, qui, toujours davantage, déforment nos réalités. Une grève devient une « prise d’otage », un assas- sinat se transforme en « dom- mage collatéral » et la technique n’est pas nouvelle ! La « guerre » d’Algérie a le plus souvent été présentée comme les « événe- ments » d’Algérie ! Tout ou par- tie de ces emplois contribuent à modifier notre perception... Que l’on ait été un jour « rouge », « superrouge » ou « écarlate », finalement cela n’a rien changé,
la petite musique de la couleur sanguinolente était rentrée et la peur avait réussi à s’installer ! Dernier « gros » mot en date ? Vous l’avez ? Il ne vient pour- tant pas des chaînes infos, mais son émetteur a, semble-t-il, sai- si les rouages bien huilés de la machine de l’effroi : « Couvre- feu » ! Les communications ont l’air identiques. « Maître mot » ou « maître des mots », qui en- chaîne celui à qui il est destiné ? Trop bien choisi pour ne pas y voir une volonté de rendre ce- lui qui l’écoute, esclave de la parole dite sacrée ! Un des plus beaux exemples de l’efficacité implacable de tel ou tel terme reste le fameux bandeau d’in- fos en continu ! Celui que l’on croit écrit par un stagiaire, alors qu’il est bel et bien assumé par un journaliste à carte de presse. Il est aujourd’hui le meilleur moyen pour maintenir le télés- pectateur dans un état d’alerte maximal et permanent ! Et le
tout en 150 caractères, espaces compris. Chapeau l’artiste dac- tylo! On critique souvent ces deux petites lignes à tendance anxiogène, mais pour autant, son retrait est très souvent mal vécu par les téléspectateurs qui s’y sont habitués, et qui leur permet, de temps en temps, de couper enfin le son de leur poste de télévision ! Ce bandeau qui s’est d’ailleurs installé de façon permanente depuis... les atten- tats du 11-Septembre. Preuve évidente que le mot juste doit être efficacement trouvé pour répondre à une crise majeure. Pour l’amenuiser, ou pour lui donner une ampleur et une in- tensité tout à fait dramatique. Les mots manipulent, certes, mais ils peuvent aussi donner un nouveau cap dans le cadre d’une transformation de la société et des comportements. Mais alors que faudrait-il penser ? Les médias construiraient-ils vraiment notre réalité ? Est-ce pour cette raison qu’une grande partie de la population les re- jette ? Peut-être car elle ne leur plaît pas, va savoir... Mais à l’inverse, ne sommes-nous pas des consommateurs de sensa- tions ? Il y a évidemment un lé- ger côté « malsain non assumé » par certains de se retrouver face à la hard news qui tient en ha- leine... Et si l’on nous assénait le monde des Bisounours à lon- gueur de journée, ne serait-ce un peu ennuyeux, voire, à l’in- verse, encore plus anxiogène ? Probablement ! Chacun sa res- ponsabilité. En haut lieu, on l’a bien compris. mW
  [ en chiffres ]
L’ACPM, l’Agence pour les chiffres de la presse et des médias, vient de publier son rapport sur la consommation des radios via Internet ! Elle met en avant un bond assez impressionnant en septembre des heures d’écoute avec 119 millions, soit une progression de près de 9 % ! France Inter en tête et de beaucoup, RMC, NRJ, France
Info et Nostalgie suivent et composent le Top 5. Europe 1 ne figure même pas au Top 50...
Classement, en sessions d’écoute :
France inter : 25 769 692 rmC:16796438 nrJ:16298957
France Info : 12 866 617 nostalgie : 7 736 357
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novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[Jeanne
bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
VERBES
Le verbe est l’acteur de la phrase. C’est un mot essentiel. Chaque année les verbes content les actions et les ressentis. en 2019, le verbe bouleverser est relié au verbe changer. Tout doit changer nous annonce le lexique. on doit penser à agir, à créer ... à innover ! c’est la dernière année de la fin d’une époque et on ne le sait pas encore. 2020 sera l’année du basculement !
le regard sémantique
expressions
  ecoreseau.fr novembre 2020 | 97
« Verbes », Jane Bee, 2019
]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[ expressions
les mots de la fin par Marie Grousset
 [ le concept du mois ]
La Mort de l’Auteur
C’est en 1967 que Roland Barthes publia un essai sur la Mort de l’Auteur. Cette expression,
très utilisée de nos jours est souvent associée à l’idée de séparer l’art de l’artiste (le plus souvent pour justifier
la lecture d'un livre en dépit des actions douteuses de son auteur).
En vérité, l’essai de Roland Barthes disait : « Une fois que l’auteur est retiré du pouvoir,
la possibilité de décoder un texte devient futile. Le fait d’attribuer un auteur à un texte impose des limites sur l’écrit. L’écrit devient fermé et prend une signification finale et inflexible. »
John Greene, dans son livre The Fault in Our Stars, abordait le sujet de manière plus cynique mais aussi assez réaliste puisqu’il insinuait que pour faire vivre un livre, il faut savoir passer outre l’idée que l’auteur en connaît la vraie fin.
[ le saviez-vous ? ]
   Griffe de chat
Cette liane venue du
Pérou aux propriétés médicinales multiples doit son nom à ses stipules recourbées qui font penser aux griffes d’un chat. On lui prête notamment des vertus anti- inflammatoires et immunostimulantes.
  [ L’EXPRESSION du mois de brumaire ]
Au fur et à mesure
Au xvie siècle, le mot fur signifiait prix et l’expression
au fur en elle-même signifiait « à proportion ». Cette expression fut accolée à « à mesure » un siècle plus tard car elle était de moins en moins usitée et donc comprise. Il s’agit bien d’un pléonasme puisqu‘« au fur » et « à mesure » ont le même sens.
    [LEMotlepluslong]
Luminomagifantastique
Dans une tentative étrange de renouer avec le succès, Disney a ces derniers temps une certaine tendance
à revoir des classiques, comme Dumbo, La Petite Sirène, Le Roi Lion, Aladdin... Ou encore Mary Poppins.
Dans Le Retour de Mary Poppins, le nouvel ami de la célèbre nounou fait les éloges de la « luminomagifantastique ». En gros : la lumière, c’est magique et fantastique.
   98 |
[ le duel ] Cryo vs Khione Contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord,
Cryo n’est pas un dieu grec mais un préfixe signifiant « froid ». Khione en revanche, est la déesse grecque de la neige et la fille de boreas, dieu grec du vent du nord.
PROCHAIN NUMÉRO LE 3 DÉCEMBRE 2020 novembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[                   LES BELLES ADRESSES D’EMERIGE
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 ]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page></pages></Search>