﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="92"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[     ENTREPRISES
TOURISME
L’ŒIL DÉCALÉ
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N°73 OCTOBRE 2020
Les Français ont sauvé le bilan estival
Pourquoi aimons- nous tant les jeux de société ?
           entreprendre | innover | positiver
VIVE LA CRISE?
 • Créationsd’entreprises,reconversions,opportunités, nouveaux produits... la France réagit !
• Lesrégionsquis’ensortentlemieux
• Desréussitesetdesrebondsdanslemondeentier
     BRUNO LE MAIRE
« Les entreprises doivent accélérer leur transition écologique et sociale »
TÉLÉTRAVAIL
Est-il désormais ancré
dans les modèles d’entreprise ?
 L’INTERVIEW
BEL/LUX : 5.20 € - Suisse : 9 FS - Canada : 8.99 $ CAN - Maroc : 55 DH - Dom : 5.50 € - Tom : 750 XPF
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RETROUVEZ TOUTES NOS ACTIONS POUR VOTRE SÉCURITÉ SUR SNCF.COM
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          ]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[éditorial
olivier Magnan
Rédacteur en chef
Vive la crise, ? ou ! Affaire de ponctuation
Vive la crise ? Le point d’interroga- tion s’impose : optimistes comme nous voulons l’être, nous avons cherché à qui profite l’épidémie car
il existe toujours des opportunités à chaque sursaut de l’économie. Honnêtement, nous n’avons pas trouvé de chef·fe d’entreprise ravi·e en train de surfer sur un créneau d’af- faires porté par la récession (p. 22). Malgré tout, de reconversions rapides en filières por- teuses, nous avons déniché ces « réactifs », ces « bébés covid », entreprises nées en pleine pandémie ou qui ont su adapter leur activité au contexte sanitaire. Sans oublier quelques nouveaux « métiers » qui ont émergé, directe- ment inspirés du Sars-CoV-2 : contact tracers, temperature takers, workplace redesigners ou covid-19 testers. Inutile de traduire: les tra- queurs de virus ne chôment pas qui testent et mesurent, avec l’espoir que ces fonctions n’au- ront guère de pérennité dans un état d’épidé- mie chronique à bas bruit. On attend en tout cas les masques supportables et les écrans invisibles « à port permanent » qu’un auteur de BD de SF pourrait imaginer, l’industrie suivra.
Au lieu de demander à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et de la Relance, de nous décortiquer les milliards de son plan (p. 20), nous avons préféré l’entraîner sur le positif de la France qui réagit. Et nous n’avons
ecoreseau.fr
13 rue Raymond Losserand 75014 Paris contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
n RÉDACTION
redaction@lmedia.fr
rédacteur en chef Olivier Magnan
rédaction Adam Belghiti Alaoui, Geoffrey Wetzel
comité éditorial Adam Belghiti Alaoui, Geoffrey Wetzel, Jean-Baptiste Leprince, Olivier Magnan, Romain Rivière
chroniqueurs Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Marc Drillech, H’up Entrepreneurs, Julien Leclercq, Les rebondisseurs français, Patrick Levy- Waitz, Alain Marty, Sophie de Menthon, Ordre des Experts-Comptables, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Jean-Marc Rietsch, Didier
4 | octobre 2020 ecoreseau.fr
le chat de
    pas été déçus! Le général en chef de l’armée Macron-Castex nous renvoie un discours de combat hérissé d’exclamations de victoire, ce qui, au fond, fait du bien. Après tout, dès lors que les gouvernements naguère arc-bou- tés sur les 3 % de déficit de leurs budgets em- pruntent sans se soucier du chiffre balayé de Maastricht, acceptons l’augure enthousiaste du ministre, propos politiquement indispen- sables sans doute, mais après tout plus comba- tifs que la fameuse tirade churchillienne, « Je n’ai à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur », il est vrai dans un contexte de pandémie nazie.
Des larmes et de la sueur, ne soyons pas des optimistes béats·es, nos entreprises les connaîtront, avec elles les victimes collaté- rales du virus, des millions de chômeur·ses face à un marché de l’emploi languide. Pour- tant, il existe dans ce pays une énergie, le goût de la revanche et une certaine « révolte » qui laisse espérer que les indemnités du chômage ne seront pas le paravent passif du retour de flamme. Des milliers de nouveaux télétra- vailleur·euses sont en train de créer une ac- tivité provisoire ou pérenne qui font bouger les lignes du travail du xixe siècle: du capital, un·e patron·ne et des salarié·es. De quoi, peut- être, titrer un jour prochain Vive la crise avec un point d’exclamation ! n
  @EcoReseau
Roche, Thierry Saussez,
Cédric Ternois, Mathieu Wilhelm
collaborateurs réguliers
Anna Ashkova, Jean-Marie Benoist, Jean-Baptiste Chiara, Charles Cohen, Philippe Flamand, Geoffroy Framery, Marie Grousset, Pierre-Jean Lepagnot, Jean-Baptiste Leroux, Julie-Chloé Mougeolle, Jonathan Nahmany, Guillaume Ouattara, Nicolas Pagniez, Lili Quint, Patrice Remeur, Charlotte de Saintignon, Murielle Wolski
Dessin de Philippe Geluck Secrétaire de rédaction
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Numéro ISSN 2609-147X
Imprimé en France par Léonce Deprez, ZI le Moulin, 62620 Ruitz
Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans ÉcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.
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Élodie Coin
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6 briefing de l’optimisme entreprendre
18 en couverture
VIVe LA crISe !
30 société tourisme, du plein français au creux étranger
31 société Élections américaines : bis repetita ?
32 l’œil décalé Françaises, Français, le jeu de société vous va si bien
33 réseaux & influence Le comex-40 réunit des chef·fes d’entreprise de moins de 40 ans
34 en immersion Au cœur du conseil économique, social et environnemental, la troisième assemblée
Trophées Optimistes 2020
36 électron libre Paola Fabiani l’appel au cœur
38 culture du rebond Nash Hughes
Même par temps de covid, il garde son engagement entrepreneurial
40 briefing innovation
42 décryptage télétravail : la norme de
demain ?
pratique
crÉAteUrS
LA PANoPLIe DeS AIDeS
45 créer aujourd’hui création de boîte ? Faites-vous aider financièrement !
48 business guide Immobilier d’entreprise : se repenser pour ne pas disparaître...
54 briefing rh & formation
58 carrières & talents Formation continue,
les écoles assurent
vie privée
IMMobILIer et PLAceMeNtS
coMMeNt DIVerSIFIer SoN PAtrIMoINe eN toUte SÉcUrItÉ
70 baromètre patrimoine & fiscalité patrimoine
74 baromètre finance & marchés 78 culture & co
80 essais auto
82 l’art du temps
87 expressions
abonnez-vous P. 11
    & innover
   ecoreseau.fr octobre 2020
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]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme par Olivier Magnan, Adam Belghiti Alaoui et Geoffrey Wetzel
  l’onde positive
thierry Saussez
Créateur du Printemps de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
Ben Smith (Air France) à l’heure de Chosson (montre Routine)
 J’AI LU ET JE RECOMMANDE
D’un monde à l’autre, le temps des consciences de Nicolas Hulot et Fré- déric Lenoir, qui sont bel et bien des lanceurs d’alerte. Un grand écologiste d’un côté et un grand philosophe de l’autre démontrent incontesta- blement qu’un autre monde, fondé sur l’humilité, la sobriété, le partage mérite d’être entendu. Ils l’écrivent avec leurs mots : « Un monde où les joies profondes seraient plus dési- rées que les plaisirs éphémères. Un monde plus équitable, plus fraternel, davantage relié à la terre. Ce monde n’est pas une utopie. Nous pouvons tous contribuer à le faire advenir. » On peut s’interroger sur les circons- tances actuelles, crise économique, crise sociale, crise sanitaire, qui font que l’emboîtage entre la difficulté des fins de mois et les inquiétudes face aux grandes ambitions écologiques et planétaires se révèle compliqué. Je pense que nous devons être des optimistes lucides et réalistes, mais en tout cas, cette vision de l’évolu- tion future du monde, tout en tenant compte des obstacles humains et sociaux devant nous, nous en avons besoin, nous avons besoin de ces voix-là pour, tôt ou tard, les prendre en compte.
J’AI BEAUCOUP AIMÉ L’ENTREPRISE
de Florian Chosson, un jeune homme de 28 ans, créateur
de la montre la plus française
qui soit, conçue, fabriquée
en France. On dit qu’il faut
innover et créer en France,
quand bien même la mondialisation restera
nécessaire car il faudra
toujours cofabriquer, eh
bien ces jeunes créateurs
vont dans le sens de l’inno-
vation française.
La filière horlogère française,
dit ce jeune homme, est passée de 50 000 emplois dans les années 1970 à 2 000 aujourd’hui. Sa montre, Rou- tine, contient 80 % de composants fabriqués en France.
L’INITIATIVE DU MOMENT
appartient évidemment aux 24 heures pour la France des solu- tions, événement mis sur pied par Reporters d’espoir dont le Printemps de l’optimisme est partenaire depuis des années. Le 12 octobre, une foule de médias s’engagent à valoriser cette France des solutions. Compte tenu des circonstances, l’événement se vit en ligne, mais Reporters d’espoir continue à promouvoir ces solutions sur le terrain. On en a besoin pour prouver que la France continue à bouger, que la crise n’impose pas le repli, au contraire, elle veut que l’on continue à entretenir la flamme.
UN CHEF D’ENTREPRISE
force mon admiration, il s’agit de Ben Smith, le patron d’Air France. Parce que l’énergie qu’il déploie, le consensus rare qu’il crée à Air France autour des efforts de rénova- tion, de redéploiement qu’exige cette crise incroyable pour une compagnie aérienne prouve que les obstacles n’existent que pour être contournés, que l’on peut les transformer en op- portunités. J’insiste sur ce constat de consensus qu’il a créé en pleine crise majeure ce qui n’était probablement
pas arrivé, même hors crise, depuis longtemps dans cette compagnie. Ben Smith fait preuve de vision, ce qui manque souvent en période de crise, en montrant du cou- rage, l’une des grandes vertus de l’optimisme. Il mobilise, il rencontre, il écoute, il arrive à convaincre et il manifeste la virtus antique, un exemple pour
L’IMAGE
TLa mygale émoi
yphochlaena seladonia, dite le « joyau brésilien », est bel et bien une mygale. Mais outre qu’elle est de taille modeste – 6 cm pour les dames et 4 pour les messieurs – elle est une espèce arboricole qui se nourrit d’insectes volants. Donc pas de quoi « flipper » à l’admirer, d’autant plus que son dos irisé, ses pattes bleu scarabée
recouvertes de soie fine justifient amplement son surnom précieux. Tout comme dans l’espèce humaine, il est des présupposés et des aversions racistes fondés sur une couleur et un nom qui montrent leur bêtise. Photo de Jonathan Novio. n
André Citroën, à l’origine de la marque centenaire, ne voulait-il pas changer le monde en démocratisant l’accès à l’automobile ?
L’entreprise deviendrait-elle un lieu majeur de la transformation du monde ? Parfois perçue, de manière antagoniste, comme un lieu d’exploitation et de profits, l’entreprise contemporaine n’est-
elle pas en train de muter vers un projet
sociétal... ? David Autissier, directeur de la chaire Essec
Innovation managériale et Excellence opérationnelle, in Entreprises à mission et raison d’être, Dunod.
   beaucoup de patrons. n
Se connecter au Printemps de l’optimisme www.printempsdeloptimisme.com
rejoindre la Ligue des optimistes www.optimistan.org 6 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                                 Unir nos forces pour l’investisseur d’aujourd’hui et de demain
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   ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
briefing de l’optimisme
Le parc éolien
a progressé de 11 %
en 2019 par rapport à 2018
Le parc éolien poursuit son envol. Par rapport à 2018, il aurait même pro- gressé de 11 %, relate l’Observatoire de l’éolien. En 2019, ce sont 8000 éo- liennes supplémentaires qui ont été installées sur le sol français. Résultat, la part de l’éolien dans la production totale d’électricité en France s’est élevée à 6,3 % en 2019, soit une hausse de 21 % en référence à l’année précédente. Même si le nucléaire continue à marquer son hégémonie dans la produc- tion électrique française, environ 70 %, bien loin devant l’hydraulique (11 %). La France se classe au quatrième rang des pays européens les plus « éoliens », derrière le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Allemagne.
Le secteur éolien ne cesse de stimuler l’emploi: pas moins de 20000 per- sonnes travaillent dans le secteur. Probablement « 50 000 en 2028 », a esti- mé Nicolas Wolff, le président de France énergie éolienne. Encourageant. GW
8 | octobre 2020 ecoreseau.fr
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74,4 %
10,1 %
42 milliards
de l’année 2020 sont consommés. Il faut y caser l’élection présidentielle américaine qui promet des éclats, le dénouement réel du Brexit, la dernière année complète d’Angela Merkel avant les législatives de l’automne 2021 et des chiffres record pour la pandémie.
la bonne idée
Une crise sanitaire qui très vite provoque une crise économique et tout bascule. Dès avril, le Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables publie son baromètre de la situation des clients et révèle l’inquiétude des entreprises : 75 % des clients
des cabinets connaissaient une baisse de CA, dont 43 % une baisse supérieure à 50 % et 72 % d’entre eux disposaient alors de 2 mois au maximum de trésorerie. Le risque de mort économique et d’arrêt brutal de l’activité pesait donc sur beaucoup d’entreprises, en particulier les TPE et PME.
Ce sont les 21 000 expert·es- comptables, leurs 130 000 collaborateur·trices et les 6 000
expert·es-comptables stagiaires, rassemblé·es dans l’ordre des expert·es comptables placé sous la tutelle du ministère de l’Économie et des Finances, qui ont bravé la crise aux côtés des entreprises. Pour le président
du Conseil supérieur de l’ordre, Charles-René Tandé, « les libertés qui ont été octroyées ont permis d’affronter la violence
de la vague ». À l’ordre du jour
du congrès annuel de l’ordre,
le 75e du nom, qui s’est tenu
du 30 septembre au 2 octobre, 100 % virtuel : « Management x Marketing x Marque : l’équation gagnante au service de la relance économique ! » AbA
Accroissement de la population de la France métropolitaine entre 2000 et 2019.
Paris a crû de 0,5 %.
La part des 100 milliards du plan de relance prévus sur deux ans injectés dans l’économie d’ici à la fin de l’année prochaine, selon le projet de budget.
expert·e-comptable, profession clé
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[                    LA PETITE BOUTIQUE DE JULIE SE DÉVELOPPE AUSSI EN LIGNE
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]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme
3 questions à Philippe Bernis, fondateur de Recouvr’up
 Retards de paiement :
« Un mail ou un courrier
sans réponse doit alerter une entreprise »
Chaque année, des milliers de PME déposent le bilan en raison de retards de paiement de leurs clients.
Lorsque vous avez créé recouvr’up en 2016, vous partiez d’un constat inquiétant : des milliers de PMe déposent le bilan pour des motifs d’impayés ou retards de paiement...
Effectivement. Des études ont été réalisées en France qui montraient que le retard moyen de paiement, en France, atteignait 13 jours. Quand on dit 13 jours, on parle là d’un délai supplémentaire qui intervient déjà après le délai légal et contractuel accordé dans notre pays qui correspond à 30
jours. En France, nous sommes les spécialistes des retards de paiement, les entreprises ont l’habitude de payer avec des retards ou même – parfois – ne paient pas du tout. Très problématique, puisque chaque année et hors covid, environ
60 000 entreprises déposent le bilan dont un quart s’explique par des difficultés d’encaissement. Autrement dit, vous avez des entreprises qui fonctionnent bien, avec des carnets de commandes bien remplis, mais qui demeurent contraintes de déposer le bilan car leurs clients ne les paient pas à échéance. Tout ça pèse sur la trésorerie et peut déboucher sur un effet domino : l’entreprise non payée va se retrouver, elle aussi, dans l’urgence de devoir régler ses fournisseurs...
Que pensez-vous du name and shame opéré par bercy pour afficher publiquement les mauvais payeurs ?
C’est une pratique qui vient du monde anglo- américain, de l’Angleterre et des États-Unis. Je pense que tout demeure bon à prendre pour lutter contre les délais de paiement et donc combattre les mauvais payeurs. Après, s’agit-il réellement d’une mesure efficace ? Je n’en suis pas convaincu. Car seules quelques entreprises se révèlent affichées publiquement, et très majoritairement les grands groupes, donc difficile d’analyser l’efficacité de la mesure. Bercy doit nommer ces entreprises, mais n’audite que les grands groupes, donc beaucoup d’entreprises restent dans l’anonymat alors qu’elles présentent les caractéristiques du mauvais payeur.
Y a-t-il des signes pour les PMe qui laissent pressentir que leurs clients aboutiront à un impayé ?
Dès les premiers jours après une échéance, il faut absolument réagir pour les PME. Tout est question de réactivité. On observe une corrélation entre l’ancienneté d’une facture et le taux de
réussite en recouvrement de créance. Plus une facture apparaît ancienne, plus une entreprise
a des chances de subir un impayé. Après, en amont, des signes laissent présager un retard de paiement. Selon moi, un mail ou un courrier sans réponse doit alerter une entreprise. Ne pas hésiter alors à se diriger crescendo vers des actions
de recouvrement. D’autres signaux plus faibles vont intervenir, comme une diminution du chiffre d’affaires avec un client, preuve sans doute que ce client se confronte à une baisse de son activité.
Il pourrait ainsi éprouver plus de difficultés à respecter ses engagements. Plutôt que de réagir, les PME doivent anticiper et se renseigner le plus possible – en amont – sur leurs clients afin d’éviter les impayés.
ProPoS recUeILLIS PAr GeoFFreY WetZeL
Le commerce ambiant, successeur de l’e-commerce
 « Fin de l’âge d’or de l’e-commerce pour entrer dans une nouvelle ère, celle du commerce ambiant », dixit Cécile Gauffriau, directrice de l’Échangeur BNP Paribas Personal Finance. Dont les GAFAM joueront les principaux promoteurs, mais pas seulement. Une transformation qui sera également pilotée par les générations Z et Alpha. Des enfants ultraconnectés, puisque pour la génération Z, « 47 % d’entre eux·elles ont possédé un téléphone portable avant 12 ans », remarque Nicolas Diacono, digital trends analyst pour l’Échangeur. Une précocité
qui devrait se généraliser avec la génération Alpha, soit tous les enfants nés à partir de 2010 (ils·elles s’élèvent déjà à 650 millions). A priori deux milliards d’ici à 2025, anticipe l’institut McCindle.
Faire ses courses à l’ère du commerce ambiant
Dans quelques années, la plupart d’entre nous fréquenteront les magasins sans friction : sans caisse
et sans personnel. Main sur son smartphone, le·la consommateur·trice lambda achètera ses produits avec
son gadget et ressortira du magasin
10 | octobre 2020 ecoreseau.fr
comme si de rien n’était. Difficile pour autant de parler de la mort
du magasin physique, « 97 % de la génération Z veulent toujours se rendre dans les magasins pour y vivre une expérience », précise le rapport de l’Échangeur. Simplement, l’expérience sera vécue autrement. Notamment via la réalité augmentée : visualiser en temps réel la façon dont les produits proposés s’adapteront
à votre chez vous. Enfin, accéléré
par la crise sanitaire mais en rodage bien avant, l’essor du shopstreaming ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. C’est la tendance pour un·e consommateur·trice à acheter des produits directement à partir de la vidéo d’un·e influenceur·euse qui présente un produit.
L’avènement de l’auto-diagnostic
La téléconsultation a le vent en poupe. Veiller à sa santé n’a jamais été aussi indispensable, il faut donc faire face à un afflux de demandes
de consultations. De là, pas étonnant qu’à horizon 2023, « le marché mondial de l’e-santé devrait représenter
235 milliards de dollars, notamment grâce à la démocratisation de l’IoT
médical », constate Guillaume
Rio, responsable tendances technologiques. Le corps médical pourra alors bénéficier de toutes vos données médicales sans se déplacer, et vous guider.
Autre petite révolution, certaines sociétés comme DNA Nudge joueront les coachs de vie sur nos habitudes alimentaires. Après tests génétiques, un bracelet connecté pourra vous encourager ou au contraire vous raisonner, dès lors que vous scannerez divers produits alimentaires... en fonction de votre passé génétique. Une nouvelle mobilité dans les villes
La vie en ville prendra une place prépondérante : « En 1950, 25 % de la population étaient urbains, environ lamoitiéen2020etprèsde70%en 2050 », estime Guillaume Rio. Il faudra donc repenser notre mobilité d’autant plus que les gens ne misent pas à l’avenir sur les transports publics. Plutôt sur les vélos personnels ou voitures individuelles. Alors autant rouler proprement, la voiture électrique rythmera notre quotidien, une évidence désormais de l’affirmer. Après le toyotisme, le teslisme de Tesla ? GW
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[L’apprentissage, Smiraculé de la crise ?
elon Élisabeth Borne, la ministre du Tra- Des incitations à l’embauche
vail, parvenir au même nombre de contrats des apprentie.es
d’apprentissage signés en 2020 qu’en 2019 D’autres secteurs, pourtant loin d’être épargnés se trouve « à notre portée », malgré les tur- par la crise, plébiscitent les jeunes apprenti.es. Le
bulences économiques auxquelles nous faisons transport ferroviaire, via notamment la SNCF,
L’innovation et la recherche sont autant d’indicateurs de choix pour juger du dynamisme d’une
économie et d’un secteur industriel et scientifique national. Chaque année, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) révèle son indice mondial de l’innovation. En pleine progression, la France gagne quatre rangs (12e) et dépasse désormais la Chine.
• Le top 11 des « pays à revenu élevé » > Suisse, Suède, États- Unis, Royaume-Uni, Pays-Bas, Danemark, Finlande, Singapour, Allemagne, Corée du Sud et Hong Kong.
• L’effort public français s’incarne notamment via la Banque publique d’investissement (Bpifrance),
qui dynamise l’innovation et
les créations d’entreprises. La Station F à Paris, l’un des plus grands campus de start-up dans le monde, ou le plateau de Paris- Saclay et son pôle technologique et universitaire grandissant, sont autant de symboles de la culture de l’innovation qui s’empare de l’économie française.
• Le crédit impôt recherche, créé dès 1985 et récemment élargi
en 2013 et 2014, donne le moyen aux entreprises de toute taille de déduire de leurs charges fiscales
des dépenses de R&D.
• Le crédit d’impôt d’innovation, extension du CIR réservée aux PME, s’applique sur les dépenses nécessaires à la conception de prototypes et d’installations pilotes de produits nouveaux.
• Le gouvernement a créé
en 2018 le Fonds pour l’innovation et l’industrie
(FII), doté de 10 milliards d’euros, visant à « garantir la souveraineté scientifique et technologique
de notre pays ainsi que son développement économique ».
• L’indice mondial de l’innovation montre que la France compte parmi les 10 premiers pays en termes d’entreprises mondiales à forte intensité de R&D, ainsi que de qualités de publications scientifiques de la part des chercheurs dans le secteur privé. • Les cinq pôles scientifiques
et technologiques français sont classés parmi les 100 principaux pôles mondiaux, avec Paris qui pointe à la dixième place.
• Le label French Tech est décerné depuis 2014 aux métropoles reconnues pour leur riche écosystème entrepreneurial et innovant. L’innovation écologique et technologique est aujourd’hui au cœur du plan de relance du gouvernement annoncé pour cette rentrée. La dynamique continue. AbA
briefing de l’optimisme
galaxie
 face. Et pourtant, l’année passée avait déjà des allures d’inédit : pas moins de 370 000 contrats avaient été conclus. Pourquoi ne pas faire mieux? Jean Castex, Premier ministre, a déclaré vouloir « faire sauter le verrou ! » des quotas fixés par l’Agence régionale de la santé (ARS) et la région, qui précisent la quantité d’apprenti.es dans les formations d’aides soignant.es et d’infirmier. ères. Une nouvelle qui ravira sans doute aussi le secteur privé. Dont les besoins seraient large- ment supérieurs à ce qui se pratique actuellement pour l’apprentissage : 600 à 800 places disponibles d’aides-soignant.es sur le plan national. Bien trop peu, il en faudrait « plusieurs dizaines de milliers », estime Sophie Boissard, dirigeante de Korian, premier groupe privé européen d’Ehpad.
La France de l’innovation bondit
poursuit sa volonté d’embaucher toujours autant sous la forme du contrat d’apprentissage. Idem pour la RATP en Île-de-France. En parallèle, des aides à l’embauche d’un.e apprenti.e ont été mises en place pour favoriser ce type de recrutement dans les PME-TPE.
Pour tous les contrats d’apprentissage signés entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021, une entre- prise qui embauche un.e apprenti.e pourra béné- ficier d’une aide exceptionnelle comprise entre 5 000 et 8 000 euros. Le montant de l’aide varie en fonction de l’âge de l’apprenti.e : 5 000 euros pour un.e alternant.e de moins de 18 ans, 8000 pour un.e alternant.e majeur.e. De quoi pousser les en- treprises à ne pas délaisser le vivier de l’appren- tissage, indispensable pour former les talents de
demain. Attention toutefois, pour les entreprises de plus de 250 salarié.es, l’aide sera conditionnée au seuil de contrats de professionnalisation ou de contrats d’apprentissage dans leur effectif en 2021, par exemple atteindre 5 % de contrats qui favorisent l’insertion professionnelle (contrat de professionnalisation, d’apprentissage, CIFRE... ). Alors année record pour nos jeunes apprenti.es? GW.n
  ecoreseau.fr octobre 2020
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]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[                 galaxie
The green life®
L’hydrogène décarboné,
priorité de la transition écologique
L’impact carbone
des mobilités en France
Anne de Bortoli, chercheuse en durabilité des transports (et ingénieur-chercheuse en écoconception routière) à l’École des Ponts ParisTech (ENPC), démontre que la trottinette gérée en flottes cache son jeu de dupe... Son impact carbone grimpe en flèche. En revanche, la trottinette individuelle achetée par son utilisateur se révèle des plus favorable à l’environnement.
Purifier l’air qu’on pollue...
Un vrai bol d’oxygène pour nos salles de classe? Direction
Poissy où Suez, bien épaulé par Fermentalg, spécialisée dans
les microalgues, a décidé de purifier l’air au sein d’une école
afin de lutter contre la pollution – elle tue chaque année des centaines de milliers d’enfants dans le monde. Une initiative intervenue en pleine rentrée scolaire... marquée par la fermeture d’un certain nombre d’écoles en raison de la pandémie. Il s’agit d’utiliser des microalgues qui vont piéger les particules fines comme le dioxyde d’azote et le CO2, et faire ressortir l’air plus pur. Au départ farouchement convaincu.es que le virus ne circulait pas dans l’air, les scientifiques se retrouvent de plus en plus divisé·es. Le fameux débat d’une possible aérosolisation. En juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’excluait pas cette hypothèse: « Nous reconnaissons que des preuves émergent dans ce domaine, comme dans d’autres, qui concernent le virus de la covid-19 et la pandémie. Par conséquent, nous devons être ouverts à cette possibilité et comprendre ses implications pour le mode de transmission et les précautions qui doivent être prises » (Benedetta Allegranzi, responsable technique à l’OMS). GW
  La France entend développer la produc- tion d’électrolyseurs grâce à sa stratégie nationale de l’hydrogène décarboné et son enveloppe de 7 milliards d’euros.
Pour réduire la dépendance énergétique vis-à- vis de l’Asie notamment, l’idée d’un « airbus de l’électrolyse », en collaboration étroite avec l’Al- lemagne, fait son chemin.
Le 9 septembre, devant l’Association française de l’hydrogène et des piles à combustible (Afhypac) et les acteurs de la filière, Barbara Pompili, mi- nistre de la Transition écologique, et Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et de la Relance, ont présenté la stratégie nationale pour le déve- loppement de l’hydrogène décarboné. Pour rap- pel, l’hydrogène dit « décarboné » désigne une production et une utilisation sans émission de CO2. En France, l’hydrogène est très utilisé dans l’industrie pétrolière et chimique notamment, jusqu’à 900 000 tonnes par an, dont l’immense majorité est carbonée et engendre près de 9 mil- lions de tonnes de CO2 par an.
Stratégies d’avenir
La volonté française de développer sa produc- tion d’hydrogène par électrolyse – méthode de production par des réactions chimiques cau- sées par une activation électrique – ne date pas d’hier. Dès 2018, un « plan hydrogène » a été lancé dans le cadre du programme d’investis- sement d’avenir (PIA). Depuis, l’État a mobilisé
mouvements
p ADLPerformance
Nancy Faure
est nommée directrice générale du pôle Presse
p Alliance Automotive Group Gauthier Philippe
est promu directeur des opérations
p Altran France (Groupe Altran) Aurelien Gosselin
est nommé directeur des opérations
p bpifrance
Philippe Martin
a été nommé chief technical officer Group
p breD banque populaire Nadhir Zouaghi
devient directeur du réseau Métropole
plus de 100 millions d’euros pour les entreprises à fort potentiel. Aujourd’hui, la dynamique s’ac- célère: le plan stratégique du gouvernement est doté de quelque 7 milliards d’euros sur 10 ans et s’articule autour de trois priorités. Le paquet est mis sur l’électrolyse, considérée comme le meil- leur procédé pour une production décarbonée et dont l’émergence d’une filière sera la clé de voûte de la réussite de la stratégie. D’ici à 2030, le gou- vernement fixe l’objectif de 6,5 gigawatts d’élec- trolyseurs installés en France, pour quelque 600 000 tonnes d’hydrogène décarboné par an. L’idée est simple : décarboner l’industrie en rem- plaçant l’hydrogène carboné et les procédés à base de combustibles fossiles. Deuxième priori- té: développer une mobilité lourde à hydrogène décarboné. Les technologies de l’hydrogène, qui offrent une capacité de stockage complémen- taire à celle des batteries électriques, répond aux besoins des mobilités « lourdes ». Il s’agit ici de développer les partenariats entre collectivités et industriels pour synchroniser le développement des usages décarbonés. Troisième priorité : sou- tenir la recherche, l’innovation et le développe- ment de compétences pour favoriser les usages. Autrement dit, booster l’effort de R&D pour les technologies de l’hydrogène.
Un enjeu européen
Pour mener à bien sa stratégie et ses ambitions, il est primordial que la France produise elle-même des électrolyseurs. Pour cela, la collaboration avec l’Allemagne pour le développement d’une filière européenne hydrogène, sur le même mo- dèle que l’alliance européenne des batteries, pourrait bien faire la différence. En l’occurrence, et à la différence du secteur de la batterie, il ne s’agit pas de relocaliser des productions concen- trées en Asie, mais bien de construire une nou- velle filière industrielle compétitive. AbA n
  p bureau national interprofessionnel du cognac (bNIc)
p elior France (elior Group) Damien Penin
est directeur général Elior Enseignement et Santé
p France terre d’asile (FtDA) Delphine rouilleault
est nommée directrice générale
p Groupe Legendre christophe Poiron
dirige les systèmes d’information
p Huawei France
Steeve bourdon
a été promu director corporate communications
p KissKissbankbank & co Nicolas rousseau-Dumarcet
a été nommé directeur administratif et financier
p La compagnie
Laurent bayol
est nommé directeur des systèmes d’information
p La Poste
Marie-Frédérique Naud
est promue directrice générale adjointe du Réseau
p SAS France
Jean-François Sebastian
est promu country manager France
p Sodexo
Nicolas rolland
est nommé global chief technology officer de Sodexo
      raphaël Delpech
est nommé directeur général
p cité des congrès de Nantes Francky trichet
est promu président
p commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (ceA)
Patrick baldit
en est le chief data officer
p eDF
Vincent Niebel
est nommé directeur des systèmes d’information
   Vous avez changé de fonction ? Faites part de votre nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr Nomination, les 200000 décideurs qui font le business en France ! 12 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie
ELes cadres, féminisation en trompe-l’œil
Les banques veulent soutenir les PMe... mais pas toutes
Un changement bienvenu semble agiter les banques françaises, sous la forme d’une sorte de patriotisme intéressé : elles se rangent
en ligne de bataille pour soutenir les PME. Intéressées ? Bien sûr, puisque si l’armada des petites et moyennes entreprises venait
à se désagréger, les banques elles-mêmes en seraient déstabilisées. Il n’empêche que
la volonté des banquiers d’éviter un raz de marée de dépôts de bilan prend des allures de croisade.
Ce qui ne veut pas dire que toute demande de prêt est acquise d’emblée. « C’est beaucoup moins intrusif mais très sélectif quand même », tempère une banquière dans les colonnes de La Tribune. Et
pour cause :
au grand jeu
du soutien aux
entreprises,
l’hôtellerie et
le tourisme
font figure de
pelés, de galeux.
En cause, les
déficits structurels de trésorerie qui font fuir, outre les banques, Bpifrance elle-même. Le secteur de l’hôtellerie-tourisme ne représente aujourd’hui que 7 % du montant global des prêts garantis accordés. Celui de la santé et de l’action sociale, 2,4 %.
n 2019, la part des cadres et supérieures comptait 21 % de femmes professions intellectuelles su- alors qu’elles occupaient 41 % de l’en- périeures représente 19 % de semble des emplois.
l’emploi total. • « En quarante ans, le nombre de
Ils sont le plus souvent gage de stabili- femmes cadres a été multiplié par six
 té et de sécurité. Les postes de cadres
n’ont jamais été autant convoités de-
puis ces dernières années : résultat,
leur nombre ne cesse d’augmenter. À
en croire une étude de l’Insee publiée fin septembre, la proportion de cadres et professions intellectuelles su- périeures a plus que doublé en quarante ans. Plus nom- breux ou plus nombreuses? Car oui, les cadres restent encore aujourd’hui le plus souvent des hommes, mais l’équilibre se dessine peu à peu.
• 1,8 million de personnes étaient cadres en 1982 – en- viron 8 % de l’emploi total.
• En 2019, la part des cadres et professions intellec- tuelles supérieures représentait 19 % des personnes en emploi. Soit plus qu’un doublement en à peine 40 ans. Un groupe social qui cache six sous-catégories. Leur nombre a particulièrement augmenté en raison de la hausse progressive depuis 1982 des ingénieur·es et cadres techniques (+ 7 points). Ils·elles constituent 29 % des cadres en 2019, juste devant la catégorie cadres ad- ministratif·ives et commerciaux·ales (28 %). Enfin, les professeur·es et professions scientifiques complètent le podium puisqu’ils·elles représentent 16 % des cadres et professions intellectuelles supérieures.
Toujours plus nombreuses, les femmes partaient de très loin.
• En 1982, le groupe cadres et professions intellectuelles
Médiation & entreprises Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
pendant que le nombre d’hommes cadres a doublé », remarque l’Insee.
• Mais quels postes les femmes oc- cupent-elles ? Elles sont surreprésentées
au sein de l’enseignement secondaire général et tech- nique (60 %). Plus globalement, on les retrouve bien plus parmi les cadres de la fonction publique par rap- port à leur poids total au sein de l’ensemble des cadres. Des portes s’ouvrent, pas toutes.
• Les jeunes qui aspirent à accéder à un poste de cadre s’affichent comme celles et ceux qui poursuivent les études les plus longues. D’où leur très faible présence: en 2019, 3 % des cadres et professions intellectuelles su- périeures ont moins de 25 ans. À voir si la pandémie covid-19 entraîne ce taux encore à la baisse...
• Pour être cadre, mieux vaut être diplômé·e du su- périeur. Près de neuf cadres sur dix l’étaient en 2019. Mieux encore, environ 54 % des cadres ont obtenu un bac +5 ou plus. Un constat expliqué en partie par l’exi- gence de certaines professions d’un seuil plancher de qualification pour exercer (professeur·es, professions scientifiques, etc.). Les cadres se révèlent de plus en plus nombreux·euses... et pourraient encore faire des adeptes via le joker covid qu’est le télétravail, peut-être promis à perdurer: il est très apprécié par les salarié·es. GWn
   Le Médiateur des entreprises en temps de crise
Nou comment construire des relations basées sur la confiance, le dialogue et la solidarité ?
ous y sommes, la rentrée tant d’entre elles jusqu’à ce que l’activité des solutions en urgence au travers du entre les entreprises et les administra- redoutée par certains obser- reprenne normalement. Et enfin car dialogue. Comme pour la crise de 2008 tions. Il s’agit également de promouvoir vateurs est arrivée. Il est vrai cette crise a permis une réelle prise de qui a permis la création du Médiateur, la l’affacturage inversé collaboratif au ser- que la période de confine- conscience de la part des chef.fes d’en- crise de covid-19 rend crucial notre tra- vice de la trésorerie des TPE-PME, aider
ment a fortement marqué l’économie treprise. Ils et elles se sont rendu compte vail depuis 10 ans. les commerçant.es et leurs bailleurs à
française et les conséquences risquent de perdurer dans les mois à venir. Mais je reste optimiste. Pourquoi ? Tout d’abord car les signaux économiques ces derniers mois ne sont pas si alarmistes que cela. Certains secteurs très touchés ont réussi à se relancer au sortir du confinement, je pense notamment au tourisme qui s’est adapté très rapidement à ce contexte différent ou encore à l’automobile avec des offres qui ont attiré énormément de nouveaux acquéreurs. Ensuite, car l’État est là. Depuis le début de la crise, toutes les entreprises françaises ont été soutenues ce qui devrait permettre de maintenir à flot un très grand nombre
que le dialogue et la connaissance de ses partenaires commerciaux sont une des clés de la survie d’aujourd’hui et de la croissance de demain. L’activité du Médiateur des entreprises durant cette période si particulière en est la parfaite illustration
Utile en temps normal, l’action du Mé- diateur des entreprises s’est avérée vitale en temps de crise: 5 000 sollicitations et demandes de médiations entre le 16 mars et le 16 juin, alors que nous re- cevons habituellement 1 300 saisines à l’année. Le nombre de saisines multiplié par 10 au pic de la crise a confirmé le be- soin qu’ont eu les entreprises de trouver
Le Médiateur des entreprises, mobilisé par le ministre de l’Économie, des Fi- nances et de la Relance pour venir en aide aux entreprises, bénéficie doréna- vant d’une forte visibilité. Les chef.fes d’entreprise se rendent aussi davantage compte que notre service est efficace et rapide pour régler leurs litiges puisqu’ils et elles trouvent une solution dans 70 à 75 % des cas.
C’est donc une opportunité pour agir au plus près des entreprises dans les mois à venir. Dans le sillage des actions de l’ad- ministration à leur service, nous devons aller encore plus loin dans le dialogue et favoriser toujours plus la médiation
trouver un terrain d’entente pour le re- port ou à l’annulation des loyers, ou en- core à gérer les litiges liés aux surcoûts provoqués par la crise dans les marchés de travaux publics.
Mes équipes se sont fortement mobi- lisées et de nombreux médiateurs vo- lontaires et bénévoles nous ont proposé leurs services pour gérer l’afflux de sai- sines. Nous sommes donc en capacité de traiter les demandes dans des délais d’urgence que la situation rend néces- saires. Chef.fes d’entreprise, faites-nous confiance, nous sommes-là pour vous aider!n
Pour découvrir ou re-découvrir notre activité, rendez-vous sur le site du Médiateur des entreprises : www.economie.gouv.fr/mediateur-des-entreprises/lacti- vite-du-mediateur-des-entreprises-presentee-la-presse
14 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[La France de la reprise :
les grandes lignes
Ldu plan France relance
serial rêveur
Didier roche
Entrepreneur français aveugle depuis son enfance, il est notamment le directeur général et associé du groupe Ethik Investment, qui a créé entre autres le Spa « Dans
le Noir ? », où les esthéticiennes sont aveugles et la chaîne des restaurants « Dans le Noir ? », où les clients dînent dans l’obscurité totale, guidés et servis par des aveugles. Il est aussi président fondateur de l’association H’up entrepreneurs qui accompagne les entrepreneurs handicapés. www.didierroche.com / www.serialreveur.com / www.ethik-connection.com/
Un Serial rêveur, c’est capable ou compétent ?
briefing économie
galaxie
   es trois priorités du plan: transition écologique, compétitivité des entreprises et cohésion sociale.
Le jeudi 3 septembre marque le jour de l’annonce du plan de re- lance gouvernemental pour cette rentrée 2020. Destiné à amortir
les effets de la crise sanitaire et à pousser la reprise économique, le plan fait notamment la part belle à la transition écologique. Il disposera de 100 mil- liards d’euros sur deux ans et visera à retrouver le niveau d’activité d’avant crise d’ici à 2022. Y entrent 20 milliards d’euros de baisses d’impôts (de production) pour les entreprises. La volonté est claire: préparer la France de 2030 et ne pas se limiter à un simple rebond d’après crise. Depuis le début de la récession covid, 460 milliards d’euros ont déjà été débloqués pour soutenir l’économie sur le long terme. Avec son plan de deux ans, le gouvernement espère éviter le pire. En 2020, le PIB devrait se contrac- ter de 11 % quand les suppressions d’emplois attendues s’élèvent à quelque 800 000 postes. Le Premier ministre, lui, « espère que le plan de relance en 2021 créera 160 000 emplois».
Le comité de pilotage, présidé par Jean Castex lui-même, véri- fiera l’allocation des fonds. Au- tour de trois priorités, écologie, entreprises et cohésion sociale. Sur les 100 milliards d’eu- ros consacrés au plan de re-
lance, 30 milliards le
à la transition écologique. Le
volet « prioritaire » est ain-
si, paradoxalement, celui qui
bénéficiera de l’enveloppe la
moins importante. Signal su-
bliminal ? Au menu : réduc-
tion des émissions de CO2 dans les transports, rénovation énergétique des logements et évolution vers une agriculture plus durable (mais qui, aussitôt, renoue avec les néonicotinoïdes, betterave oblige...) En détail: 11 milliards d’euros pour la modernisation des transports, dont 4,7 milliards pour la SNCF, 1,2 milliard pour les mobilités quotidiennes et le reste pour les transports en commun, 9 milliards d’euros seront voués à la transition énergétique des entreprises, dont 2 milliards pour les re- cherches portant sur l’hydrogène « vert », 7 milliards d’euros pour la réno- vation énergétique des bâtiments, publics et privés, des logements sociaux, des entreprises, ainsi que des Ehpad et des hôpitaux, dans le cadre du Ségur de la santé, 1,2 milliard d’euros pour l’agriculture et le développement des circuits courts, 300 millions d’euros pour la rénovation des réseaux d’eau. Deuxième grand volet du plan France Relance: le soutien aux entre- prises. Sur l’enveloppe de 35 milliards d’euros prévue pour la compé- titivité des entreprises, 20milliards concernent la baisse des impôts de production et des impôts fonciers pour les entreprises, dont 42 % d’ETI et 26 % de PME. En outre, 3 milliards sont consacrés aux fonds propres des entreprises et viseront à mobiliser le secteur bancaire. Sans oublier 1milliard d’euros pour le développement industriel des ter- ritoires, 11 milliards pour le Programme d’investissements d’avenir (PIA) et 385 millions pour la transition numérique des TPE et PME. Enfin, le volet cohésion sociale et territoriale disposera également de 35 milliards d’euros. Déjà établi cet été, le plan pour l’emploi des jeunes (aide de 4 000 euros pour embauche d’un jeune de moins de 26 ans pour trois mois minimum, prime pour embauche en alternance, contrats d’in- sertion...) disposera de 6,5 milliards d’euros. L’enjeu du chômage, sera, lui, traité à l’aide d’un « bouclier antichômage » qui englobe l’activité partielle de longue durée et le dispositif du Fonds national pour l’emploi. Côté col- lectivités, 5,2 milliards d’euros soutiendront leurs investissements, pen- dant que 6 milliards d’euros alimenteront l’investissement des hôpitaux. En somme, vaste programme d’investissement que ce plan France relance. Le 2 septembre, Bruno Le Maire lançait : « C’est le temps de la dépense publique! » Un investissement de l’État qui va inévitablement peser sur la dette publique, qui devrait rester supérieure à 120 % du PIB jusqu’en 2025. AbA n
L
certaines matières », alors lorsque je me suis lancé dans l’entreprenariat j’étais compétent en très peu de choses. La comptabilité, le marketing, le droit social, le droit des sociétés, etc., je n’en connaissais stricte- ment rien. Je décidai donc d’apprendre, comme beau- coup d’entre nous lorsqu’on débute, persuadé que ce que je saurai faire, ce serait ça en moins à payer à au- trui, donc ça de plus dans ma poche !
« Didier, fais ce pourquoi tu es bon et laisse aux autres le soin de faire ce que tu n’aimes pas faire et ce que tu ne sais pas faire. Là alors, tu commenceras à gagner ta vie ! » Mon cher Lionel, ton conseil fut détonnant. En tant que personne handicapée depuis mon plus jeune âge, je mettais en œuvre toutes mes ressources pour pouvoir faire ce que j’avais envie de faire. Pour- quoi ne pas continuer ainsi dans mon entreprise! Je me mis donc à changer de mode de fonctionnement et à regarder dans mon réseau qui pouvait faire ceci et qui pouvait faire cela. Je me suis mis à recruter davan- tage de personnes, à les encadrer, les accompagner. Je m’appuyais sur leurs compétences et constituais ainsi autour de moi un système efficace. J’étais donc capable de mobiliser mes connaissances, d’apprendre et d’acquérir des compétences reconnues par autrui, mais aussi de mettre en action celle des autres, j’étais en mesure de pouvoir faire vivre aussi les capacités de ceux qui m’entouraient et ensemble nous écrivions nos rêves.
La bonne nouvelle, cher lecteur·trice, c’est que pour donner vie à vos rêves, nul besoin d’être compétent·e, il faut simplement mobiliser toutes ses ressources pour agir.
Pour un serial rêveur, l’important c’est d’être capable, capable d’agir. n
 seront
e dictionnaire dont je dispose dans mon smartphone définit la compétence comme « une connaissance approfondie, reconnue, qui confère le droit de juger ou de décider en
ecoreseau.fr octobre 2020
| 15
© olivier merzoug
]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie
Salon SME des microentreprises 12 et 13 octobre
L’épidémie révèle
des indépendants plus résilients
  p 10 octobre
QS World MbA tour et QS World Grad School tour
La formation MBA, vrai sésame pour l’évolution de carrière, sera tout entière vivante à travers les directeurs d’admissions des plus prestigieuses business schools françaises & internationales, Essec, London Business School, IE, IAE Paris, EMLyon, Neoma, Hult, etc. Du côté du World Grad School Tour, le Salon QS des Formations Internationales vous place au contact de prestigieuses universités et écoles internationales accessible en France ou à l’étranger après le bac. L’occasion en outre de postuler aux bourses de QS.
Hyatt Regency Paris Étoile.
p 12 au 13 octobre
Salon SMe
Pour Alain Bosetti, cocréateur du salon, « entrepreneurs, freelances, créateurs d’entreprises, demandeurs d’emploi ont besoin d’obtenir des réponses à leurs questions, de découvrir les nouvelles solutions pour se faire connaître ou mieux gérer leur activité. Nous avons donc décidé d’organiser cette 22e édition du Salon SME, en innovant fortement et en l’adaptant à l’air du temps : le Salon SME devient hybride
et sera organisé à la fois au Palais des congrès de Paris et sur Internet sur le thème Rebondir ! »
p 14 au 15 octobre
Siec, le salon du retail
et de l’immobilier commercial Organisé sous le parrainage du Conseil national des centres commerciaux,
le grand rendez-vous des leaders européens de l’immobilier commercial et du commerce de détail !
Porte de Versailles, Paris
p 15 octobre
Forum national des associations
et fondations
L’événement annuel des dirigeants et responsables du secteur associatif : 90 partenaires et exposants,
350 experts réunis, 4 940 visiteurs mobilisés, 80 conférences et ateliers, 10 animations thématiques en 2019. Palais des Congrès, Paris
p 22 octobre
Forum Franchise
Près de 160 enseignes régionales, nationales ou internationales
qui souhaitent accélérer leur développement en recrutant de nouveaux franchisés seront présentes à Lyon. Cibles : franchiseurs, enseignes du commerce organisé et experts
du domaine.
Centre de congrès, Lyon.
p 5 novembre,
14 et 25 novembre
Salon des entrepreneurs
Créé en 1993 par Xavier Kergall et organisé par le Groupe Les Échos-
Le Parisien à Paris, Lyon, Nantes et Marseille. La session parisienne a refermé ses portes, tout comme Lyon. L’événement marseillais aura lieu le 5 novembre, le nantais les 14 et 25 novembre.
p 9 novembre
trophées H’up
5 trophées pour 5 entrepreneurs en situation de handicap ou fragilisés : Créateur en herbe. Créateur. Expérimenté. À l’international.
Plus un parcours d’exception : une grande réussite entrepreneuriale ou un parcours remarquable d’entrepreneuriat.
2 180 Français·es représentatif·ves de la population active interrogé·es par le Salon : salarié·es, indépendant·es, en recherche d’emploi ou inactif·ves
> 52 % se disent éprouvé·es surtout psychologiquement par la crise sanitaire et le confinement.
> 15 % le sont physiquement.
> 33 % indiquent sortir renforcé·es psychologiquement et se sentir d’attaque pour la rentrée – 40 % pour les indépendant·es. Or ce sont eux·elles qui ont été durement impacté·es par le confinement : 62 % des entrepreneurs interrogés indiquent avoir fermé leur entreprise ou ils·elles ont été contraint·es de réduire fortement leur activité.
Mais
> 20 % des « patrons » français
étaient au bord de l’épuisement,
au premier rang desquels figurent
les agriculteurs, les artisans et les
experts-comptables, note Alain
Bosetti, le commissaire du salon
(étude de l’Institut Amarok publiée
en février).
> 7 % des entrepreneur·euses
interrogé·es ont constaté un
accroissement de leur activité
(livraisons, consommation
de produits frais, services
au personnes âgées et
handicapées...)
> 29 % des indépendants se sont montrés pro-actifs (se diversifier, 12 %, mettre en œuvre des projets dormants, 12 %, travailler plus en réseau, 5 %).
Salarié·es
> 85 % indiquent que la crise a renforcé leur envie de rester salarié·e.
Qu’ont-ils·elles fait du temps libéré ?
> 37 % des indépendants ont cherché des solutions pour soutenir leur entreprise et rebondir (salarié·es, 3 %).
> 8 % des indépendant·es se sont formé·es (salarié·es, 12 %).
> 11 % des indépendant·es ont mené des actions de solidarité (salarié·es, 6 %).
   Jugement de valeurs
AChanger d’air près le coup de froid
sur l’économie pro- voqué par la crise sa- nitaire, le climat des
affaires se réchauffe.
Notre baromètre de rentrée le mesure.
Premier signe de réchauffement : les dirigeant·es (interrogé·es entre le 1er et le 8 septembre dans la Grande consultation des entrepreneurs) trouvent globalement que leur entreprise est bien avancée dans la reprise
de l’activité et plutôt en phase avec celle de leur secteur : 45 % d’entre eux·elles constatent que leur niveau d’activité est sem- blable à celui de l’an dernier à la même époque, 10 % témoignent même d’une croissance.
Les entreprises industrielles – hormis celles de la construction – sont, en revanche, davantage à la peine : 54 % déclarent que leur business est en baisse par rap- port à l’an dernier. Et les entre- prises de moins de 10 salarié·es
ont peu de visibilité : 17 % sont incapables d’estimer à quelle échéance elles retrouveront leur dynamique. La circulation ac- tive du virus (sur ce point les entreprises sont quasi unanimes à relever que le port du masque a été une consigne nécessaire et facile à faire appliquer) contri- bue à gonfler ce nuage d’incer- titudes. Il n’est pas de vent favo- rable pour celui ou celle qui ne sait où il·elle va...
Alors, dans ce contexte, le Plan de relance est manifestement un appel d’air. Plus d’un·e diri- geant·e sur deux le voit comme
un catalyseur qui permettra de redonner de la confiance, 42 % des interrogé·es estiment égale- ment qu’il est parfaitement ci- blé sur les secteurs stratégiques pour notre économie.
Enfin, l’indice de l’optimisme gagne 6 points par rapport à juillet, et pour près d’un·e di- rigeant·e sur trois la situation « sera mieux demain ».
Malgré les trous d’air, les chef·fes d’entreprise semblent donc tenir bon la barre. n
 béatrice
Genoux
Responsable Pôle Études/ Enquêtes CCI France
16 |
octobre 2020 ecoreseau.fr
retrouvez l’intégralité des résultats de la grande consultation sur
www.grandeconsultation.fr
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[   1 Bruno Lemaire : « Les entreprises doivent accélérer leur transition écologique et sociale » 2 Entrepreneur·euses, la crise les stimule !
3 Santé, numérique, transition écologique : les « gagnants » de la crise ?
4 Régions et territoires : reprise, mais quelle région s’en sort le moins mal ?
5 Mapping de l’innovation : ces bonnes fortunes nées de la crise
p. 20 p. 22 p. 24 p. 26 p. 28
       VIVE LA CRISE !
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oLIVIer MAGNAN, ADAM beLGHItI ALAoUI, GeoFFreY WetZeL, JeAN-bAPtISte cHIArA
   entreprendre & innover
                          Le virus a beau, avant tout, générer morbidi- té et mort – y compris mort d’entreprises –, il est aussi un vecteur d’idées et de rebonds. De
création. De renouvellement. Toute crise génère son lot de positif. On le démontre ici. Des filières se sont réorganisées. Des entreprises sont carrément nées sous l’effet du besoin. En Chine, premier géant du commerce électronique, les dépenses de publicité ont crû de 17,7 %, les médias sociaux ont connu un bond de 22,2 % (mars 2020, The Drum) sous l’effet des
18 | octobre 2020 ecoreseau.fr
confinements et de son relais pérenne, le télétravail. Aux États-Unis, Business Insider Intelligence montre que 75 % des internautes américain·es veulent éviter durablement les centres commerciaux. En Europe, la tendance, plus nuancée, semble elle aussi booster le commerce en ligne dont les modèles vont évoluer avec son cortège de logistique innovante.
Le ministre de l’Économie – et désormais de la Relance en majuscule –, Bruno Le Maire, s’engouffre dans nos questions ouvertes avec l’appétit d’une offre de crois-
sance nouvelle : « Le métier de tous a été démultiplié par cette crise ! » Et l’on aurait pu titrer notre explora- tion optimiste du pile de la crise à l’aide de ses mots : « J’en suis convaincu, le pays sortira plus fort de cette crise ! » Alors, le monde « martyrisé », mais « libéré », avec l’accent gaullien ? N’allons pas jusque-là : encore faudra-t-il que, toute positive soit-elle relativement, la crise sanitaire cesse jusqu’à la prochaine, l’immense choc écologique. Lui aussi vecteur, sans doute, de po- sitivités. oM.
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[                      dans la gestion de votre entreprise.
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]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
1
en couverture
Quatre questions de motivation à Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance
les faillites pour manque de trésorerie. Le fonds de solidarité
a soutenu les indépendants,
les microentrepreneurs, les commerçants malgré la fermeture de leur lieu de travail ou l’absence d’activité. Nous avons évité le pire.
Nous relançons immédiatement l’économie avec un plan de relance qui va soutenir sur 2020-2022 l’emploi et l’activité mais avec une stratégie à long terme. Cette stratégie est celle
de l’investissement dans les nouvelles technologies, dans
la décarbonation de notre économie, dans les compétences de demain. Notre plan de relance est ainsi un plan d’investissement d’avenir pour construire la France de 2030. Nous n’avons
pas décidé de subventionner notre industrie pétrolière, nous avons décidé d’investir pour décarboner notre économie, pour être à la pointe des technologies d’avenir, pour relocaliser en France la production de produits stratégiques et les activités à haute valeur ajoutée.
Surtout, nous avons en France des chef·fes d’entreprises talentueux·ses et innovant·es, des salarié·es hautement quaifié·es
et une capacité à faire face aux difficultés et à les surmonter en toutes circonstances. Je crois profondément dans la force des Français·es, des entreprises et des collectivités locales.
Dans le même registre, nous avons entendu une autre de vos certitudes, celle que le plan de relance prélude à un nouvel élan
de la France. Vous citez
la transition écologique
et ses opportunités de marché, vous évoquez
des projets de conquête, comme l’IA, le calcul quantique, l’hydrogène, la décarbonation, la santé... Dans une certaine mesure, le métier d’un ministre de l’Économie est-il démultiplié par une crise ? et au-delà
de vous-même, le pays lui- même peut-il sortir plus fort d’une crise de cette nature ?
Le métier de tous a été démultiplié par cette crise ! Cette crise a
été une épreuve pour tous les Français·es, pour les soignant·es, pour les services de secours, pour les aidant·es, pour les salarié·es de la grande distribution, mais aussi pour les agents du ministère de l’Économie et des Finances qui
« Les entreprises doivent
Voilà trois ans que ce normalien, énarque, agit en grand trésorier de la présidence Macron, nommé ministre de l’Économie dans le premier gouvernement Édouard Philippe, avec un élargissement de son portefeuille à la Finance un mois plus tard. Premier ministre, Jean Castex le confirme immédiatement au même ministère qui s’enrichit de la Relance. Bruno Le Maire, signataire de la loi Pacte en 2019, fut député, conseiller régional, de quoi avoir vécu au tempo des territoires. Droit dans les bottes de sa mission, l’homme affiche depuis l’essor de la crise
le mental affirmé d’un optimiste, option indispensable dans sa fonction. Nous avons voulu, par nos questions, sonder ce mental plutôt que de lui faire répéter ses mantras chiffrés. Rien à faire, il n’entre guère dans le jeu de l’implication personnelle. À l’évidence, pas de place pour l’autocritique chez Bruno Le Maire, persuadé que tout a été fait... oM
accélérer leur transition
écologique et sociale »
L’orthographe inclusive est de notre fait.
  Vous misez, Monsieur, l’avenir du pays sur la croissance. Avec ou sans crise, c’est
bien sûr l’objectif de toute démocratie occidentale. Pour y parvenir dans le contexte d’une crise sanitaire majeure soudaine, le gouvernement dont vous êtes un pilier décisionnaire a décidé de soutenir les entreprises
au nom de l’emploi. on en connaît les mécanismes : prêts garantis ouverts sur
du participatif, allongement de leur remboursement
à des taux bas négociés, prêts bonifiés, avances remboursables, soutien de trésorerie, etc.
Dans le même temps,
vous soulignez à plusieurs reprises votre confiance
en la réussite de pareil effort – « Nous allons nous en sortir » –, alors que vous citez vous-même l’effet des licenciements et des faillites
qui vont se révéler bientôt – « Nous allons entrer dans le dur ». Au-delà des mesures évoquées, dites-nous sur quoi se fonde une telle certitude de réussite.
Oui, je vous le redis, nous allons
y arriver ! Bien sûr que les mois
à venir seront difficiles pour les Français·es, je ne l’ai jamais caché. Mais la France a tout pour être plus forte à la sortie de la crise qu’à l’entrée de la crise. Regardez ce que nous avions réussi à
faire en seulement deux ans : le chômage était passé sous la barre des 8 % pour la première fois depuis dix ans en métropole, la croissance était solide, la France était le pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe !
Nous avons tous les atouts pour surmonter cette crise. Nous avons
Nous avons évité le pire.
pris des mesures ambitieuses au bon moment pour protéger les entreprises et les salarié·es. Notre dispositif de chômage partiel,
le plus généreux en Europe,
a permis de protéger l’emploi de millions de Français·es, de préserver le pouvoir d’achat et ainsi de soutenir durablement la demande. Les prêts garantis par l’État ont permis d’éviter
20 | octobre 2020 ecoreseau.fr
© H. de Oliveira
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[ont fait un travail exceptionnel. Cela a été une épreuve tant professionnelle que personnelle et je pense que chacun s’est endurci face à ces difficultés nouvelles. Oui, j’en suis convaincu, le pays sortira plus fort de cette crise ! Parce que nous sommes solidaires et nous mettons tout en place pour protéger les plus faibles.
Je pense à l’augmentation de l’allocation de rentrée scolaire
de 100 euros, les nouvelles mesures en faveur de l’emploi des jeunes ou encore le soutien aux hébergements d’urgence
Parce nous avons une vision de long terme pour notre pays, celui d’un pays neutre en carbone, d’un pays qui veut être un géant technologique et d’un pays solidaire.
Sur la transition écologique proprement dite, nous sommes ravis, parce que nous soutenons dans nos colonnes la perspective
du green business comme un levier de croissance,
que vous en ayez fait,
avec le Président et le Premier ministre, une priorité positive. Mais comment allez-vous l’inscrire dans la réalité ? Les plans bien identifiés, celui de l’hydrogène
(conçu sous la forme d’une aide au financement de produits industriels), de la décarbonation, de l’isolation des bâtiments suffisent-
ils à faire entrer l’industrie française dans la transition ? À quels leviers pensez-vous pour convaincre les chef.fes d’entreprise de ne penser leurs activités qu’à l’aune
de cet objectif écologique majeur ?
De nombreux industriels français sont déjà dans la transition ! Allez visiter l’usine pilote de Nersac qui produit des batteries électriques ou le site Renault de Cléon qui travaille sur la motorisation électrique. L’industrie est entrée dans la transition écologique
il y a des années déjà, mais
elle doit accélérer sa transition sans détruire d’emplois en accompagnant les transitions professionnelles. L’État est au rendez-vous du défi écologique en investissant 30 milliards d’euros, effort sans précédent.
Les entreprises doivent aussi
être à la hauteur. Elles doivent prendre des engagements
pour réduire leurs émissions,
améliorer l’égalité entre les femmes et hommes ou encore mieux partager la valeur créée. Avec une relance résolument écologique, l’État prend sa
part de responsabilité. Les entreprises doivent en faire de même et accélérer leur transition écologique et sociale.
Il n’y a pas d’un côté un objectif écologique et de l’autre un objectif économique. Les deux vont de pair. Je reprends l’exemple de l’industrie automobile. Sans les succès et la place de leader qu’ont connus nos entreprises françaises au xxe siècle grâce aux moteurs thermiques, il n’y aurait jamais
eu les capacités d’investissement pour faire de la R&D sur la motorisation électrique. Les leviers, ensuite, sont simples :
des financements pour aider les industriels à se décarboner. Un exemple très concret, nous allons accompagner les sites industriels français les plus polluants pour les faire passer de fours à énergie fossile à des fours à biomasse. De l’investissement pour faire de la recherche en matière d’hydrogène dans l’industrie aéronautique
ou automobile. Des formations pour développer les compétences nécessaires en France afin
de rénover nos bâtiments, de concevoir des piles à combustible ou des réservoirs de stockage d’énergie de renouvelable.
M. le Ministre, vous
avez travaillé avec deux présidents, Nicolas Sarkozy et emmanuel Macron, vous avez été le directeur de cabinet du Premier ministre Dominique de Villepin, autant de personnalités « fortes » auprès desquelles vous avez, à travers les responsabilités endossées, pratiquement décrypté l’ADN français. comment, presque comme un scientifique spécialiste de ce pays que vous connaissez par cœur, définiriez-vous cet ADN?
C’est un ADN d’une richesse
et d’une diversité comparable avec aucune autre nation dans le monde. Quand vous prenez le calva avec un paysan normand, dans ma circonscription de l’Eure, vous êtes en France. Quand vous prenez le kawa, à l’autre bout du monde sur un rocher de quelques kilomètres carrés au milieu du Pacifique avec le roi de Futuna ou avec
le roi de Wallis, vous êtes en France. Quand vous allez dans
Nous avons une vision de long terme pour notre pays, celui d’un pays neutre en carbone, d’un pays qui veut être un géant technologique et d’un pays solidaire.
en couverture
entreprendre & innover
     le quartier de la Madeleine, à Évreux, participer à une rupture de jeûne, vous êtes en France. Quand vous êtes dans ce Pays basque que j’aime tant, où j’arpente les montagnes, vous êtes en France. Quand vous êtes auprès de salarié·es qui sont inquiet·es pour leur avenir et qui vous demandent de les aider car ils et elles savent qu’ils et elles ont des compétences exceptionnelles,
rares et compétitives comme c’est le cas chez Ascoval, vous êtes en France. Quand vous discutez avec des chercheurs et des industriels qui travaillent ensemble pour concevoir et développer un avion neutre en carbone d’ici à 2035, vous êtes en France. L’ADN français est notre plus grande force, ayons confiance dans l’avenir !
ecoreseau.fr octobre 2020 | 21
© H. de Oliveira
]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
2 Entrepreneur·euses, la crise les stimule !
Souvenez-vous de l’es- clandre des masques. Dé- but du confinement, la France se retrouve inca-
pable de distribuer à l’ensemble des citoyen.nes une quantité suf- fisante de ces protections faciales. Nombre d’entreprises viennent alors en aide au gouvernement français via la production de masques et de gel hydroalcoo- lique. D’abord les grands groupes comme LVMH ou L’Oréal, qui ont participé à « l’effort de guerre». Une volonté non dé- pourvue d’arrière-pensée. Pour l’économiste Gilles Saint-Paul, ces « fausses reconversions » tem- poraires s’illustrent comme de purs « coups de communication, ce n’est pas une restructuration structurelle, au contraire, c’est de la communication pour promou- voir une image de marque, ce ne sont pas de bons exemples », es- time l’expert. Pour lui, « Le gel hydroalcoolique correspond à un produit complètement banal, il n’y a vraiment aucune raison d’acheter du gel hydroalcoolique à ces grandes entreprises du luxe plutôt que d’autres ». D’autres entreprises, bien plus petites, ont elles aussi participé à la pro- duction de masques, comme la PME drômoise 1083 (habituel- lement fabricante de jeans made in France) ou Tuffery, une en- treprise textile basée en Lozère. Mais tous ces exemples relèvent d’une reconversion temporaire, utile pour venir en aide à l’État. Pas vraiment une perspective de long terme.
La révolution Plaxtil,
fierté française
Et puis, une poignée d’entre- prises sortent du lot. Celles qui pourraient révolutionner toute une industrie. La crise covid-19 aura au moins eu le mérite de mettre sous le feu des projecteurs Plaxtil, le fruit d’un projet pensé par Jean-Marc Neveu et Olivier Civil, les deux fondateurs. Direc- tion la Vienne, Châtellerault plus précisément, où Plaxtil a décidé de recycler les masques jetables (et lavables). La première solu- tion circulaire de recyclage de masques. Les écrans textiles pol- lués se retrouvent d’abord récol- tés au sein de nombreux points relais de la région (supermar- chés, pharmacies, drive...), avant d’être récupérés par Audacie, un partenaire, qui s’occupe de reti- rer les barrettes métalliques, puis envoyés dans les locaux de Plax- til. Leur devenir ? « Des visières de protection, des ouvre-porte, etc. », se félicite Jean-Marc Ne- veu, qui garantit la décontamina- tion des masques via un système d’UV et la protection des salarié. es, équipé.es de la tête aux pieds.
L’exemple de Plaxtil s’analyse comme une adaptation à la crise. Il s’est agi de rebondir sur une urgence de société pour créer une entreprise durable. Car oui,
Plaxtil recycle les masques par temps de covid-19, mais pense long terme. La structure com- bat initialement la pollution en- gendrée par l’industrie du tex- tile, l’une des plus polluantes au monde. Elle s’inscrit donc dans le post-covid. « On conçoit des pro- duits, des solutions, sans se sou-
cier de l’après. Il faut savoir que le volume du nombre de vêtements croît plus rapidement que la po- pulation mondiale. Une prise de conscience s’avère nécessaire. Oui, on produit des masques, indispensables pour limiter la propagation du virus, mais les effets de la pollution liés à cette
en couverture
Créations d’entreprises, reconversions, nouveaux métiers, l’ère covid a fait bouger les lignes. Mais l’incertitude demeure.
Des entreprises ont fait faillite durant la crise et feront faillite dans les mois qui viennent. Celles qui, du jour au lendemain, ont vu leur activité fondre comme neige au soleil, alors obligées de recourir aux prêts garantis par l’État (PGE) et/ou au dispositif de chômage partiel. Pour d’autres, le virus a muté... en une source d’opportunités. Ce sont les « bébés covid », ces entreprises nées en pleine pandémie ou qui ont su adapter leur activité au contexte sanitaire. Sans oublier tous les nouveaux métiers qui ont émergé directement inspirés du Sars-CoV-2.
 Il faut repenser la manière dont on produit pour anticiper les conséquences en amont, je ne crois pas qu’il y ait une fatalité à polluer – Jean-Marc Neveu, cofondateur de Plaxtil
   22 |
octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[production n’attendent pas, il faut repenser la manière dont on produit pour anticiper les consé- quences en amont. Je ne crois pas qu’il y ait une fatalité à polluer », argumente le cofondateur de Plaxtil, Jean-Marc Neveu, qui es- père donner des idées à d’autres secteurs, fier de prouver qu’in- nover et créer peut aussi se faire « en province, donc en dehors de Paris ». Ironie.
Leur amour pour le golf a débouché sur la création de Qondor en pleine pandémie.
Créer son entreprise pendant la crise
Quand la passion prend le pas sur la peur d’échouer en temps de crise, le confinement s’avère le moment idéal pour mûrir un projet. Et ce n’est pas Antoine Durand, cofondateur de Qon- dor avec Benoit Lesur, qui dira le contraire. Leur amour du golf a débouché sur la création de Qon- dor en pleine pandémie. « Nous voulons proposer une alternative au fonctionnement le plus répan- du du golf actuel qui est de payer 9 ou 18 trous mais n’en parcourir que 5, 6 ou 13. On veut s’attaquer
golf ». Or la pandémie est loin de n’être qu’un mauvais timing pour l’entrepreneur: «Beaucoup de gens vont probablement changer leur manière de jouer, la cotisa- tion à l’année présente un risque, on l’a vu avec le confinement, certain.es n’ont pas été rem- boursé.es... » Les deux golfeurs raisonnent: «On se lance dans un sport où les pratiquant.es dé- pensent en moyenne 1 300 euros par an, hors cotisation, pour le matériel et les accessoires. Cette population n’est pas vraiment représentative de la société, elle aura donc tendance à moins se
à cette logique du forfait pour un paiement au réel », explique An- toine Durand. L’idée: mettre en place un capteur qui « détermine en temps réel le taux d’occupa- tion d’un terrain de golf, bien plus efficace que les plannings de réservation des directeur.rices de
confronter à la crise », anticipe Antoine Durand, conscient éga- lement que le golf doit se démo- cratiser. Miser sur le golf, sport individuel ou pratiqué le plus souvent « avec ses proches », dans un contexte d’angoisse gé- néralisée et de crainte de la foule, très judicieux. Aucun regret pour Antoine Durand, qui conseille- rait d’ailleurs « à d’autres aspi- rant.es entrepreneur.euses de le devenir », crise ou pas crise.
Attention toutefois à ne pas voir uniquement le verre à moi- tié plein. Le nombre de créations d’entreprises a bondi de 38 % en juin par rapport au mois précé- dent, puis, en août, ce rebond s’est quelque peu tassé (+ 0,4 %) comparé à juillet. Pour Gilles Saint-Paul, cet enthousiasme à l’idée de créer son entreprise constitue ni plus ni moins qu’une « illusion d’optique » : « Les sta- tistiques sont construites par rapport à la période précédente. Or, si l’on prend une longue pé- riode, admettons les six premiers mois de l’année, ce n’est plus du tout la même histoire qu’on ra- conte. Donc, certes, on a obser- vé un rebond, mais ce rebond ne compense pas la chute précé- dente. En l’occurrence, le rebond des créations d’entreprises est intervenu après de précédentes périodes très déprimées », ana- lyse le professeur à Paris School of Economics.
De plus, indispensable aussi de se concentrer sur les types de créa- tions d’entreprises. Pas forcément les plus viables à long terme : « On a vu beaucoup de travailleurs in- dépendants et de microentrepre- neurs se lancer. De quoi nourrir encore un peu plus mon scepti- cisme sur ce rebond. Il existe tou- jours une grande incertitude, on ne sait pas comment la conjonc- ture va évoluer. On constate un rebond de l’emploi intérim ou des postes précaires, moins des contrats longs. Le confinement s’est traduit par un effondrement économique, pas étonnant en- suite que ça reparte, ce pouvait difficilement être pire », relativise Gilles Saint-Paul.
De nouveaux
métiers naissent
La fameuse «destruction créa- trice ». Des postes disparaissent, des métiers se créent, étroitement liés à la pandémie. On connaît de
mieux en mieux, notamment, les référent.es covid, qui doivent s’as- surer que l’entreprise respecte les mesures sanitaires préconisées par le gouvernement et ainsi ga- rantir la sécurité à l’ensemble des salarié·es. D’autres métiers dé- coulent de la pandémie: contact tracers, temperature takers, work- place redesigners ou covid-19 testers (faut-il traduire?). «La pandémie a constitué un choc sans précédent sur le marché du travail et a créé très rapidement un besoin de nouveaux métiers et de nouvelles compétences», rappelle Julia Pollak, économiste du travail.
Au premier chef, le « contact tracer » identifie les individus qui ont pu se trouver en contact avec des porteur.euses du Sars-CoV-2. Puis leur enseigne la marche à suivre et les accompagne jusqu’au test covid. Un métier accessible aussi bien à temps plein qu’à temps partiel, dont la rémunération horaire varie entre 17 et 25 dollars (environ 14,5- 22 euros). De leur côté, les « tem- perature takers » s’adonnent à « questionner les gens dans les aéroports, les écoles ou les entre- prises, en lien avec l’épidémie, et à prendre leur température », explique Julia Pollak. Un poste médiocrement destiné aux nou- veaux entrants sur le marché du travail, mais davantage aux actif. ives en emploi et en reconversion.
La crise covid-19 démontre que des opportunités existent. Des entreprises naissent, d’autres adaptent leur activité et des mé- tiers voient le jour. Mais cette crise ne suit pas les raisonne- ments habituels de pensée écono- mique. « Avant, on pouvait ima- giner une trajectoire de reprise de l’économie, on pouvait se dire dans deux ans, ça ira forcément mieux, c’est donc le bon moment pour restructurer mon entre- prise, je profiterai des retombées ensuite. Là, si on me demande quand l’économie va repartir, je ne pourrai vous répondre...!» tempère Gilles Saint-Paul. Alors, fallait-il se lancer ou se reconver- tir en pleine pandémie ? Bien sûr que oui, dès lors que l’on s’adapte aux nouveaux besoins. Comme toujours. GeoFFreY WetZeL
en couverture
entreprendre & innover
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]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
3 Santé, numérique,
en couverture
transition écologique :
les niveaux d’avant crise sont encore loin. Le bilan est partagé, plutôt que négatif ou positif ». Outre la reprise globale entamée depuis le déconfinement, ce bi- lan partagé tire notamment son bilan positif parmi les secteurs qui limitent la casse.
• Le premier « gagnant » de la crise: le secteur de la santé. Mieux que résister, le secteur progresse: l’industrie pharma- ceutique a à elle seule vu son taux de production bondir de 13 % en moyenne, pendant que le secteur de l’énergie chutait de 13 %. Selon une étude du Boston Consulting Group, les valeurs liées à la santé (industrie phar- maceutique, technologies mé- dicales) ont progressé de 24 %. Dans ce contexte si particulier, la santé a retrouvé ses vertus de valeur défensive sur les marchés financiers qui ont vu les titres des entreprises de santé et de médicaments particulièrement bien résister. Autre facteur : la capacité des acteurs de la santé à assurer la continuité de la pro- duction et à répondre à la de- mande durant le confinement.
• La grande distribution alimen- taire a, elle aussi, bien résisté aux premières semaines de crise. Autorisées à rester ouvertes, elles furent prises d’assaut dès les premiers jours du confine- ment (+ 11,7 % de vente de pro- duits alimentaires en mars). Les grandes surfaces ont donc limité la casse, malgré une baisse si- gnificative et inévitable de leur chiffre d’affaires (- 11,7 % en avril). Grâce au développement
les « gagnants » de la crise ?
Soyons clairs : nos « gagnants » de la crise ne sont pas des opportunistes qui auraient fait fortune dans le marasme de la crise économique. La plupart des secteurs économiques et leurs entreprises ont composé avec bien des obstacles et des coups d’arrêts. Mais certaines filières tirent leur épingle du jeu. Suffisant pour parler de « gagnants de la crise » à l’heure de la relance ?
dans des secteurs comme la construction (- 88 %), l’hôtel- lerie-restauration (- 90 %) ou le transport (- 64 %). De quoi pro- voquer une chute du PIB natio- nal jamais vue depuis 1945.
Malgré tout, des exceptions existent dans la tourmente. Nous sommes en 2020 après Jésus-Christ, toute la Gaule est occupée par la crise et tous les acteurs économiques sont à l’agonie. Tous ? Non ! Car cer- tains secteurs et entreprises, plus réactifs qu’irréductibles, résistent à l’envahisseur et à ses conséquences. On aimerait dire qu’ils résistent encore et tou- jours et mènent la vie dure au virus, mais la métaphore s’arrête là. De la santé au numérique, en passant par la grande distri- bution, certains secteurs tirent leur épingle du jeu et résistent au raz-de-marée, jusqu’à en « pro- fiter », pour certains chanceux de l’épidémie, pour développer leur activité. De quoi participer grandement au rebond français, le plus significatif par rapport à nos voisins européens. À l’heure de la relance, en particulier des secteurs les plus touchés par la
 « Le premier trimestre a été catastrophique pour l’ensemble de l’économie », ré- sume Bruno Ducoudré, écono- miste à l’Organisme français de conjoncture économique (OFCE), responsable du pôle modélisation de l’économie française et de son environ- nement international. Et pour cause, pour la quasi-totalité des entreprises et des acteurs écono- miques, le choc fut brutal. Entre pertes sèches de chiffre d’af- faires, fermetures contraintes, usines au ralenti et lieux tou- ristiques désertés, c’est toute la machine économique française qui s’est enrayée durant les deux mois de confinement. Au plus fort de la crise, mi-avril, l’Insee estimait que l’activité écono- mique en France était inférieure de 36% à la «normale». Un constat encore plus alarmant
De manière générale, il ne faut pas parler
de « gagnant » de la crise, mais plutôt de ceux qui ont le moins perdu – Bruno Ducoudré, responsable du pôle modélisation de l’économie française à l’OFCE
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crise, et du plan gouvernemen- tal pour celle-ci, l’exemple des « gagnants » de la crise ouvre à quelque optimisme. Avec le cap de la transition écologique en ligne de mire.
La santé et le numérique font de la résistance
À propos de la conjoncture éco- nomique, Bruno Ducoudré ana- lyse : « Le troisième trimestre 2020 est un trimestre de reprise, la dynamique est présente mais
exponentiel des drives et des li- vraisons à domicile, dont le débit a respectivement été multiplié par trois et par deux, la grande distribution a notamment pu compter sur sa numérisation. Malgré la baisse drastique des ventes de carburant durant le confinement, la demande ali- mentaire est restée stable. Si le secteur se maintient à flot, il semble également prendre le chemin d’un changement de modèle, pour laisser plus de
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[place au commerce en ligne. En atteste l’annonce d’Auchan lan- cée début septembre : l’enseigne française va supprimer près de 1 475 postes malgré des indica- teurs plutôt à la hausse.
• Le numérique, voilà l’autre « gagnant » de la crise. Confi- nement et mesures de distancia- tion sociale obligent, l’usage des écrans, des applications, des ser- vices et des outils numériques est monté en flèche ces derniers mois. Les géants américains du numérique, les GAFAM (Goo- gle, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) sont même, selon Bruno Le Maire, « les seuls ga- gnants de la crise actuelle ». Et pour cause, Amazon a embauché quelque 100 000 intérimaires pour faire face à son regain d’ac- tivité et la fortune de son patron Jeff Bezos atteint des sommets, impressionnants ou indécents, c’est au choix. Dans ce sillage, Netflix atteint son plus haut ni- veau depuis son introduction au Nasdaq en 2002. Symbole des opportunités « offertes » par la crise : l’application de télécon- férence pour particuliers et pro- fessionnels Zoom, qui compte 148,4 millions d’utilisateurs in- dividuels. Entre confinement, essor vertigineux du télétravail et rendez-vous familiaux vir- tuels, la marque états-unienne affiche un chiffre d’affaires de 663,5 millions de dollars et une hausse de 355 % en un an, dont 122 % d’activité sur les seuls mois de mars, avril et mai ! Pour 2021, Zoom prévoit un CA de 2,4 milliards de dollars.
Malgré ces quelque trois ex- ceptions, notre économiste de
l’OFCE nuance ce constat et réfute l’idée de « gagnants de la crise » : « Effectivement cer- taines entreprises dans l’in- dustrie pharmaceutique ou les nouvelles technologies ont tiré leur épingle du jeu, mais ça ne représente qu’une faible minori- té. Ces acteurs ont su répondre au bon endroit au bon moment, mais le terme “profiter” est sujet à caution, toutes les branches de l’économie française ont subi des dégradations. Il est plus juste de parler de filières qui ont le mieux résisté au choc. »
La transition écologique, grande gagnante ?
Certes, certaines entreprises et certains secteurs ont mieux ré- sisté, mais leur réussite ne suf- fit pas à titrer Vive la crise sans point d’interrogation. « Ce n’est pas ça qui permettra de relan- cer l’économie, insiste Bruno Ducoudré dans la morosité, je ne pense pas que réfléchir en termes de secteurs favorisés soit la bonne clé. L’objectif du plan de relance n’est pas tant de relancer des filières en particu- lier que de plutôt soutenir l’en- semble de l’économie pour re- fermer le creux créé par la crise sanitaire. » Plutôt que de raison- ner au cas par cas, l’heure est à une réflexion globale et struc- turelle, pour freiner les destruc- tions d’entreprises et d’emplois et pérenniser le rebond de l’éco- nomie. À l’instar du développe- ment du télétravail, perçu par l’économiste de l’OFCE comme un facteur de transformation structurelle. Le choix du gou- vernement pour son plan de re-
L’application de visioconférence américaine Zoom a gagné 122 % d’activité sur les mois de mars, avril et mai, et a multiplié ses profits par 34.
en couverture
entreprendre & innover
    lance est notamment celui d’une logique structurelle, à l’horizon 2030, mais aussi d’un soutien immédiat aux entreprises. Bru- no Ducoudré résume : « Il y a une tension dans ce plan entre une nécessité ou une injonction à court terme à soutenir l’ac- tivité et une volonté de mettre l’économie sur une trajectoire de croissance durable via des mesures plus structurelles. »
Si tout le monde s’accorde pour dire qu’il est urgent de favoriser la relance des secteurs très im- pactés (tourisme, transports, services), la question de la place des secteurs les moins impac- tés par la crise dans ce fameux plan de relance pose question. Dans une tribune parue dans Le Monde début septembre, David Cayla, membre des économistes atterrés et Thomas Guénolé, po- litologue, regrettaient ainsi « le refus de faire contribuer les ga- gnants de la crise à la relance ». Ils ajoutaient : « Un plan de re- lance qui généralise les aides sans distinction entre les ga- gnants et les perdants serait non seulement injuste, mais surtout très inefficace. » Effets d’aubaine pour les entreprises favorisées ou coup de pouce décisifs, l’ave- nir nous le dira.
Au-delà de toute incertitude, une chose paraît claire : l’accé- lération de la transformation
de l’économie vers la transition écologique. Outre les 30 mil- liards d’euros, sur les 100 mil- liards consacrés au plan, dédiés à une transition écologique érigée en volet prioritaire de la relance, l’écologie semble s’im- poser dans les esprits comme une cause incontournable. Et comme un gagnant véritable de la crise que nous vivons. Selon Bruno Ducoudré, « d’un point de vue fondamental, la tran- sition écologique est quelque chose d’essentiel. À partir du moment où l’on a besoin de re- lancer l’économie et de donner des perspectives de croissance, autant le faire dans une dyna- mique qui puisse faciliter la transition écologique et l’adap- tation du système productif. »
La transition écologique, le made in France, l’entrepreneu- riat responsable et durable, au- tant d’opportunités, plus nou- vellement mises en lumière et en ordre de bataille que nouvel- lement accessibles, pour les en- treprises et les entrepreneurs qui sauront s’emparer de ces enjeux et participer à la relance d’une économie française au goût du jour. Après l’ère du numérique, s’ouvre l’ère du green business... ADAM beLGHItI ALAoUI
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]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[  entreprendre & innover
en couverture
4 Reprise, mais quelle
région s’en sort le moins mal ?
Les régions aussi ont « morflé » ! Du rouge au vert, du confinement à la deuxième vague, les territoires sur lesquels compte tant le Premier ministre Castex se sont rangés en ordre de bataille dans un contexte sanitaire et économique inédit. D’autant plus en cette dernière année du mandat régional 2016-2021. Entre progression notable et retard accumulé, les dynamiques régionales sont disparates. ADAM beLGHItI ALAoUI
Pays de la Loire, dynamique supérieure
Les régions métropolitaines sont sur la voie de la reprise, la région nantaise est, elle, en très bonne voie. Son activité industrielle est aujourd’hui estimée à 91 % par rapport à l’avant crise, selon la note de conjoncture de
la Banque de France, elle dépasse la moyenne nationale de89%.Surlemoisde septembre, les chef·fes
d’entreprise de la région anticipent
un degré d’activité qui se stabilise
légèrement en deçà de la moyenne nationale. Les
services marchands des Pays de la Loire dépassent les
attentes. Sur le mois d’août, leur degré d’activité (99 %)
dépasse largement la moyenne nationale (88 %) et
place la région en tête des dynamiques du secteur. Il
s’agit d’une des seules régions dont les services marchands retrouvent
quasiment leur pleine activité d’avant crise. Si la demande intérieure est le moteur de cette reprise soutenue, la demande extérieure continue de s’essouffler comme partout en France. Une conséquence de la crise que subissent moins les Pays de la Loire, région qui ne compte que 4 % d’entreprises exportatrices. La dynamique positive de la région nantaise, huitième territoire en termes de PIB, et son activité industrielle et économique dépassent les moyennes nationales. Elles font des Pays de la Loire un des champions métropolitains de la reprise.
î
Pays de la Loire
      Nouvelle-Aquitaine, dans la moyenne
La plus grande région métropolitaine, qui connaît en cette rentrée 2020 une nouvelle vague de contaminations au virus scrutée de près par les pouvoirs publics, voit un redressement de son économie semblable à la dynamique nationale. Le secteur industriel néoaquitain évalue à 93 % son degré d’activité, au-delà des 89 % de moyenne nationale. Pour les services marchands, même constat, la Nouvelle-Aquitaine dépasse légèrement le national : 89 % contre 88 %. Sur le mois de septembre,
ces dynamiques devraient se poursuivre, selon les prévisions de la Banque de France. Une enquête
menée par le club ETI de Nouvelle-Aquitaine rappelle toutefois que les temps sont durs : seules 15 % des
PME et ETI de la région s’attendent à un chiffre d’affaires comparable à celui de 2019 et 27 % déclarent que la survie de leur activité est en jeu. Reste que, preuve d’une confiance intacte, 92 % des dirigeants conservent un
« bon » moral. D’un côté, la reprise économique avance bien et s’inscrit dans la même dynamique que la moyenne nationale, de l’autre la crise sanitaire gagne encore du terrain. La recrudescence inquiétante de l’épidémie
dans la région bordelaise, si elle n’est contenue, pourrait mettre à mal la (fragile) reprise économique actuelle.
Nouvelle aquitaine
    occitanie, l’aéronautique lui a coupé les ailes
Le constat se confirme, l’Occitanie est l’une des régions les plus impactées par la crise sanitaire et son contrecoup économique. La région toulousaine, berceau et centre névralgique de l’aéronautique
française et européenne, subit comme un crash aérien la crise sans précédent du secteur. Conséquence : une chute jamais vue de l’activité industrielle régionale. Selon les estimations, le CA de l’industrie occitane va reculer de 20,3 % sur l’ensemble de l’année 2020. L’aéronautique, en perdition, subit une chute d’activité de 34,2 %. Au global sur
le mois d’août, l’activité industrielle occitane est évaluée par ses chef·fes d’entreprise à 79 % des capacités d’avant crise, loin des
89 % de la moyenne nationale et parmi les plus faibles de métropole.
Pour ce qui est des services marchands, si le secteur du transport et de la réparation automobile est parmi les plus dynamiques (104 % d’activité par rapport à l’avant crise), le secteur information et communication est très en retard (71 % d’activité
contre 90 % sur le plan national).
Au global, les services marchands
occitans connaissent une dynamique
comparable à la moyenne nationale (86 %
contre 88 %). En somme, l’Occitanie, qui
compte en « temps normal » parmi les champions
régionaux en termes d’activité économique, se retrouve
aujourd’hui en queue du peloton, plombé par une filière aéronautique à l’arrêt.
Occitanie
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  l
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[    en couverture
entreprendre & innover
 Hauts-de-France, vers l’élan national et au-delà
  hauts-de- France
le-de-France
La région du Nord, territoire le plus touché par le chômage (9,6 % au sens
du Bureau international du travail, contre 7,6 % au national), n’est
pas en retard pour la reprise. Plus
que de
se situer dans la moyenne nationale, elle démontre même une dynamique légèrement supérieure. Si, comme pour toutes ses homologues, le redressement de l’activité économique de la région lilloise a été plus modéré en août que lors des semaines qui ont suivi le déconfinement, son industrie et
ses services marchands progressent bien. Le secteur industriel
des Hauts-de-France atteint un niveau d’activité de 91 %
par rapport au degré d’avant crise, il dépasse
légèrement la moyenne nationale (91 %). Pour le mois
de septembre, les prévisions tablent sur une stabilisation de
cette dynamique. Les services
Île-de-France, un retour à la « normale » poussif
marchands de la région connaissent eux aussi une activité légèrement supérieure à la moyenne nationale (89 % contre 88 %), mais cet écart devrait s’accentuer en faveur des Hauts-de- France. La région du Nord, qui pèse
7,3 % du PIB national, présente donc une dynamique globale positive. Reste qu’à court terme, les industriels anticipent un recul de la production, ce que confirme le scénario d’une reprise nationale « en aile d’oiseau », observé par la Banque de France.
     La première région économique française (31 %
du PIB métropolitain, 23 % des emplois, 4,6 % du PIB de l’Union européenne) se relève petit à
petit du choc des deux premiers trimestres. Si l’été une progression soutenue de l’économie francilienne,
  Auvergne Rhône-Alpes
a vu
elle marque le pas en cette rentrée. Sur le plan industriel,
les chef·feu d’entreprise interrogé·es par la Banque de
France pour son enquête de conjoncture mensuelle
évaluent à 86 % leur niveau d’activité, par rapport à celui d’avant crise. Un constat qui place l’Île-de-France en dessous de la moyenne nationale (89 %). Pour les services marchands, même son de cloche : le niveau francilien (83 %) est en deçà du niveau national (89 %) : l’Île- de-France est bien la région la plus impactée. En somme, tant dans l’industrie que dans les services marchands, le retour à la « normale » s’annonce plus long et progressif que dans d’autres régions. Mais l’optimisme est permis, les dirigeants d’entreprise anticipent un léger
regain de l’activité globale sur le mois de septembre, encore inférieur au sursaut national mais qui s’en rapproche de plus en plus. Sans surprise, le cœur économique français,
qui compte plus d’1,1 million d’entreprises et 6,4 millions d’emplois et qui a subi de plein
fouet l’effondrement du tourisme et des activités industrielles durant le confinement, a beaucoup de chemin à rattraper.
Auvergne-rhône-Alpes, redressement soutenu
Lyon et sa région, qui comptent parmi les territoires les plus dynamiques du pays, ont durement subi la crise (78 % des TPE-PME ont vu leur CA baisser au premier trimestre), mais Lyon et sa région sont déjà sur de bons rails pour la reprise. Le redressement de l’activité s’est poursuivi durant l’été, à un rythme légèrement plus élevé qu’attendu. Dans l’industrie, selon la Banque de France, le niveau d’activité se situe à
88 % des capacités d’avant crise, très proche
du chiffre national (89 %). Un constat très encourageant, pour la première région industrielle française. Dans les services marchands, la dynamique
de l’Auvergne-Rhône-Alpes dépasse même la dynamique nationale, 91 % d’activité contre 88 %. Sur le mois de septembre, le courant d’affaire global devrait se maintenir, pour le troisième mois de suite, et confirmer la bonne
dynamique régionale. Néanmoins, la chambre de commerce et d’industrie (CCI) aurhalpine reste mesurée sur la sortie de la crise. Elle révèle notamment que près de la moitié des TPE-PME anticipent un CA encore en retrait au deuxième semestre, de
quoi nuire aux perspectives d’investissement. Reste que 25 % des TPE-PME se disent sorties d’affaire ou ne pas avoir été impactées par la crise. Autre preuve de la dynamique de reprise des entreprises de la région : 25 % d’entre elles ont lancé de nouveaux produits ou prestations à la suite de la crise.
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]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
5 Ces bonnes fortunes nées de la crise
états-unis
the big Short version supermarché
En 2008, un groupe d’investisseurs anticipe l’effondrement du système bancaire, parie contre lui et amasse ainsi des centaines de millions de dollars. L’histoire fut adaptée au cinéma dans
The Big Short. En 2020, l’investisseur Carl Icahn, entre autres, serait sur le point de rééditer l’exploit grâce à la crise de covid. Il a dès 2019 shorté –
parié contre – les centres commerciaux américains (en vendant à découvert leurs dettes), déjà en mauvaise passe face à la percée de l’e-commerce. Il voit aujourd’hui ses projections se réaliser et sa fortune augmenter (on parle de 400 millions de dollars) au fur et à mesure que les fermetures de malls s’enchaînent au pays de l’oncle Sam. Well done, Carl Picsou !
Intérêt : type de placement pas très éthique, il est toutefois très rentable pour ceux qui ont le nez suffisamment creux.
argentine
Le clone argentin d’Amazon
prend du grade
L’équivalent argentin
d’Amazon, MercadoLibre, a su
profiter du confinement et de la baisse de fréquentation dans les magasins pour affirmer sa
position de leader sur le secteur de l’e-commerce en Amérique latine.
Présent dans 18 pays, MercadoLibre annonce avoir doublé ses volumes de
vente par rapport à 2019, sur la période avril-juin, et se retrouve ainsi fièrement à la 37e
place du classement Financial Times des 100 entreprises qui ont le plus prospéré durant la crise
de covid.
Intérêt : parce que le marché de l’Amérique latine est délaissé par un Amazon qui tourne davantage son regard vers l’Asie, l’Argentine tient ici une pépite qui pourrait lui donner le moyen de s’imposer technologiquement dans la région sud-américaine.
en couverture
 La crise dite du coronavirus a considérablement accéléré une transition numérique déjà bien en marche, mais elle est bel et bien en train d’essorer de par le monde un nombre considérable d’entreprises. Comme les jeunes pousses en forêts brûlées, de très nombreuses opportunités naissent de la catastrophe : du boom des jeux vidéo jusqu’aux entrées record à la Bourse de Séoul, la covid aura quand même fait des heureux. Fortunes réelles et richesses nouvelles. JeAN-bAPtISte cHIArA
    unesco
La formation pour tous
Stefania Giannini, sous-directrice générale de l’Unesco pour l’Éducation : « La crise a mis en évidence l’urgence de doter les jeunes des compétences adéquates pour accélérer la transition vers des économies plus inclusives, durables et résilientes. » C’est ainsi que l’Unesco a lancé en juillet une Académie mondiale des compétences. Appuyé par des partenaires tels que Dior, Huawei ou Microsoft,
qui y proposent des formations, l’Académie bénéficiera du réseau Unevoc – promotion de l’enseignement technique et de la formation professionnelle – et de ses 250 centres dans 160 pays. Le projet s’adresse à un million de jeunes de milieux défavorisés.
Intérêt : plus de 40 % des personnes employées dans les secteurs les plus durement touchés par la crise sont des jeunes. Dans la période de récession qui s’annonce, ce projet a donc pour but d’améliorer leur employabilité. Peut-être le début d’une uniformisation grandissante des compétences professionnelles à une échelle mondiale.
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]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[france
L’automédication à fond
Défiance envers les autorités de santé provoquée par la crise de covid aidant, la pratique de l’automédication connaît de beaux jours – au plus grand désespoir des médecins. Entre autres exemples, le Natto, un plat japonais à base de soja fermenté, censé aider à lutter contre le coronavirus, aura connu un vif succès depuis le début de la pandémie. Dans les pages de Challenges, le fondateur de l’entreprise Natto du Dragon,
Laurent Villatte, explique avoir vu ses ventes de soja fermenté bondir considérablement, notamment après la diffusion d’une émission sur France Info qui vantait les mérites du fameux mets japonais.
Intérêt : qu’ils fonctionnent ou non, les produits « miracles » font ces derniers
temps l’objet de toute la convoitise d’une population en quête de solutions alternatives. L’automédication n’a pas fini de faire couler de l’encre chez les professionnels de santé. Les vendeurs d’argile ou de gui ont de beaux jours devant eux.
SUISSE
Le Qr code reprend du poil de la bête chez les Helvètes
Dans le quotidien Le Temps, on apprend que l’utilisation du QR code en Suisse est à son apogée en cette période de crise. Depuis que ces petits codes-barres carrés ont réapparu, notamment sur les tables de restaurant où ils livrent les cartes et menus, ils ne cessent de se trouver de nouvelles applications : paiement simplifié, traçage, cartes de visite virtuelles, liens vers des informations complémentaires pour les produits alimentaires... Intérêt : déjà largement répandu en Asie – il est presque impossible de payer autrement dans certains endroits en Chine –, le QR code a de beaux jours devant lui sur le Vieux continent, bien au-delà de la crise du corona. En créant un pont entre le monde réel et une page virtuelle, le QR code est un véritable portail numérique.
CORÉE DU SUD
Le jeu vidéo en force
Le groupe Kakao Games, filiale jeu vidéo de Kakao Talks – service de messagerie le plus populaire en Chine – vient de faire une entrée fracassante au Kosdaq. À peine quelques heures après son entrée à la Bourse de Séoul, l’action avait déjà grimpé de 160 % avant d’atteindre le plafond fixé par le Kosdaq. La capitalisation de Kakao Games s’est arrêtée à
3,7 milliards de dollars.
Intérêt : si la pandémie de coronavirus a largement boosté la pratique du jeu vidéo, le phénomène se répercute sur les Bourses où les actions s’envolent. Il est temps de s’intéresser à ce secteur plus que prometteur, boudé par une partie des investisseurs d’une autre génération, dubitatifs vis-à-vis des technologies modernes de divertissement.
malaisie
La superapplication
comme moyen de diversification
Alors que ses avions étaient cloués aux tarmacs,
le directeur général d’Air Asia, Tony Fernandes, a cherché de nouvelles idées pour générer des revenus. Il a donc lancé la création d’une superapplication Air Asia. Qu’est-ce ? À l’image de WeChat ou de Grab, une superapplication en héberge d’autres. Sur WeChat, par exemple, – initialement destiné à la messagerie – il est possible de commander un taxi ou de réserver un restaurant.
Intérêt : si la super app’ semble un modèle prometteur, c’est qu’elle réunit plusieurs entités d’un même groupe au sein d’une même plate-forme, et donc augmente sa force de proposition, mais pas seulement. Si Air Asia propose au même endroit ses propres services et ceux de BigPay (paiement en ligne), de Santan (restauration), ou de Tuna Hotels, elle pourra faire entrer d’autres services ou en développer elle-même de nouveaux.
en couverture
entreprendre & innover
     afrique
L’oNU veut reconnecter l’Afrique
Quelque 3,6 milliards de personnes dans
le monde n’ont pas accès à Internet, et le bilan
s’est aggravé durant l’épidémie. C’est ainsi que l’Union internationale des télécommunications (UIT) – agence
onusienne – a décidé de lancer le programme Connect2Recover qui se donne pour but d’améliorer
l’accès à une connectivité abordable et fiable dans certains pays. L’initiative se concentrera en priorité sur des pays africains, car 21 des 25 pays les moins connectés s’y trouvent.
Intérêt : posséder des infrastructures numériques stables
est aujourd’hui une nécessité pour exister, aussi bien sur les plans social qu’économique, dans un monde globalisé ultraconnecté. Les pays africains qui bénéficieront de cette initiative vont prétendre une fois connectés à de nouvelles activités : administration publique en ligne, cyberrenseignement, cybersanté, télétravail, etc.
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société
Tourisme, du plein
53 % des citoyen·nes français.es ont pu profiter de vacances cette année entre juillet et août, pré- cise un rapport publié par ADN Tourisme. Bien moins qu’en 2019 où plus de 70% d’entre nous étaient parti·es s’aérer sur la même période. Mais principal motif de satisfaction, la quasi-to- talité (94%) des vacancier·ères
s’enchaîne alors une vague d’an- nulations », précise notre inter- locuteur qui fut le directeur de la Fédération nationale des offices detourisme.
Le relais des indigènes français a-t-il rétabli l’équilibre? Pas sûr: « Les grandes villes et surtout la Côte d’Azur ont besoin de cette clientèle étrangère pour vivre », estime Christophe Marchais. Ne nous leurrons, pas, c’est la France entière qui «vit» du tourisme: 7,5 % du PIB!
L’État à la rescousse
Raison pour laquelle l’État-SOS s’est porté immédiatement au secours de la profession. Pour Christophe Marchais, le contrat semble plutôt bien rempli : « On a la chance en France d’avoir du soutien, les professionnels du secteur ont de la reconnaissance pour l’aide de l’État. » Aides in- téressées, certes, du prêt garanti par l’État (PGE) au dispositif d’activité partielle. Jusqu’à la fin d’année. Pour la Fédération ADN, il n’est «pas impossible qu’on vienne à rediscuter de son prolongement avec le gou- vernement » si la crise venait à perdurer, euphémise Marchais. Sans oublier le fameux «PGE saison » identique au PGE tradi- tionnel mais propre aux profes- sionnels dont l’activité demeure saisonnière, le tourisme en tête. Globalement, le plan de relance satisfait le secteur, même si, re- marque Christophe Marchais, le terme « “tourisme” ne se trouve cité que quelquefois, [...] d’autres mesures qui balaient d’autres vo- lets comme le numérique aide- ront le tourisme à bénéficier – in- directement – de soutien, ce qui souligne ainsi la transversalité du secteur ».
Le cœur de saison, avec l’entrain – forcé ou non – des Français·es à séjourner sur le territoire na- tional, aura évité le pire pour le secteur touristique. Seulement voilà, les vacances sont termi- nées et les professionnels du secteur s’inquiètent d’un retour extrêmement lent d’un tourisme d’affaires. D’abord parce que les entreprises affichent une réelle réticence à imposer des déplace- ments à leurs salarié·es. Et sur- tout parce que l’incertitude sani- taire nous guette encore. « Rien de pire pour un professionnel du tourisme de ne pas pouvoir se projeter », s’inquiète l’expert du secteur. Or le virus, lui, semble ne pas prendre de vacances... GeoFFreY WetZeL
français au creux étranger
Après un printemps catastrophique, le
tourisme tricolore a rebondi pendant l’été
français·es « génération ont séjourné... en France !
2020 »
grâce... aux Français·es
Un tourisme d’hyperproximité
Cet été 2020 ne ressemble sans doute à aucun autre. Oubliez les vacances au soleil à l’autre bout du monde, car cette année s’ap- parente à la revanche des ter- ritoires oubliés. Étranger·ères comme Français·es ont boudé « les grands espaces urbains pour découvrir la campagne, la mon- tagne ou le littoral», souligne Christophe Marchais, directeur général adjoint chez ADN Tou- risme, Fédération nationale des organismes institutionnels de tourisme.
Un délaissement des grandes villes – hormis Marseille – qui s’explique notamment par le bouleversement des secteurs de l’événementiel et de la culture en pleine crise sanitaire: annu- lations de spectacles, festivals, congrès ou séminaires. Si bien que les juillettistes et aoûtiens ont séjourné dans une forte proportion «dans un départe- ment limitrophe, voire dans leur propre département!», constate Christophe Marchais.
Parmi les types d’héberge- ments, « l’hôtellerie a vraiment souffert de la crise, idem pour les voyages de groupes », tout ce qui pouvait induire une proxi- mité avec autrui a rebuté un bon nombre de voyageur·euses. A contrario, « les activités de plein air, comme la randonnée, le vélo ou le canoë » ont clairement atti- ré, analyse le représentant d’ADN Tourisme. Sur le plan du com- portement des touristes, cette année a été marquée par l’essor «de la réservation de dernière minute et le choix de séjours très courts », un phénomène expliqué par une attitude attentiste, dans la dépendante de l’évolution de la situation sanitaire. « Dès lors qu’un nouveau cluster apparaît,
Jamais des départements comme le Jura ou la Lozère n’avaient séduit autant de vacancier·ères ! Assigné·es à résidence, nous avons contraint le secteur touristique à un printemps catastrophique. Puis sur le cœur de saison juillet et août, l’activité a repris jusqu’à dépasser les attentes prudemment chiffrées des professionnels. Enfin le soutien de l’État a soulagé le secteur touristique. À défaut d’une présence massive d’étranger·ères sur notre territoire, notre côté franchouillard aurait sauvé la mise des professionnel·les. Éclairage avec Christophe Marchais, directeur général adjoint chez ADN Tourisme, l’une des fédérations professionnelles scrutatrices de cette richesse nationale absolue qu’est le tourisme.
 #CetÉtéJeVisiteLaFrance. Il sem- blerait que l’initiative lancée par le Collectif Patrimoine 2.0 porte ses fruits. Des frontières long- temps fermées, couplées à une incertitude-angoisse sanitaire, ont largement suffi à décourager plus d’un·e touriste à déposer ses valises sur notre sol. C’est à ses habitant·es trop content·es de sil- lonner le pays que le secteur tou- ristique doit de s’être sorti d’un sacré bourbier, on dirait que per- sonne n’a été gêné de « marcher dans la boue » ou de (re) décou- vrir des terroirs ! Même si seul·es
Dès lors qu’un nouveau cluster apparaît, s’enchaîne une vague d’annulations – Christophe Marchais, ADN Tourisme
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]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[       Élections américaines :
Swing States,
clés du dénouement
Les sondages attribuent d’ores et déjà quelque 212 grands élec- teurs à Biden (dont 118 qui lui sont largement assurés), contre 115 à Donald Trump. Mais il y a quatre ans, le même candidat n’était guère en meilleure pos- ture! Or il a remporté une ma- jorité d’États – certes pas les plus peuplés –, de quoi lui assurer 304 délégué.es (contre 227 pour Clin- ton). Et en particulier, les fameux Swing States, la douzaine d’États qui balancent d’une élection à l’autre, soit en faveur des démo- crates, soit en faveur des républi- cains: Floride, Ohio, Wisconsin, Pennsylvanie, New Hampshire, Arizona, Texas, Géorgie, Maine... C’est dire si tout l’enjeu de cette élection va dépendre de la capacité du président sortant à reproduire le même scénario: convaincre à nouveau, même de manière serrée, ces «États hé- sitants», donnés pour l’heure acquis aux démocrates. On com- prend, dès lors, pourquoi les deux grands finalistes – car d’autres « petits » candidats sont aussi en lice* – ont les yeux rivés sur ces fameux Swing States. Ils y en- chaînent les meetings de cam- pagne – même en ligne, covid-19 oblige – pour défendre bec et ongles leurs programmes. Mais quels programmes exactement? C’est là que le bât blesse: si Joe Biden en a dévoilé début juillet les éléments clés, en faveur « des familles des travailleurs et de la classe moyenne » – subventions, hausse du salaire minimum à 15dollars/heure, prêts pour les PME, tests gratuits pour lutter contre le coronavirus, plan d’in- vestissement pour les énergies bas carbone... –, Donald Trump et les républicains, au contraire, se sont concentrés sur la défense du bilan actuel. Quitte à être cri- tiqués pour leur absence d’idées face à un second mandat.
Des financiers divisés
La mauvaise gestion de l’épidé- mie de coronavirus – qui a causé près de 200 000 morts outre-At-
lantique et une récession sans précédent – handicape lourde- ment Donald Trump. De quoi largementternirsonbilanécono- mique d’avant la crise sanitaire, désormais difficile à « vendre » pour l’élection présidentielle: « chômage initialement au plus bas depuis cinquante ans, crois- sance supérieure à celle de l’Eu- rope, essor de Wall Street... », comme le martèlent les républi- cains. Car malgré une certaine reprise de l’emploi depuis le dé- but de l’été et du déconfinement, le crédit de Trump auprès des financiers de Wall Street semble s’étioler, celui-là même qui avait osé bousculer nombre d’adeptes du libéralisme à la Reagan en mi- sant sur la carte du protection- nismeetdesdéficitsbudgétaires. Mais c’est sans compter sur la récente note du stratégiste très en vue Marko Kolanovic, ana- lyste chez JP Morgan. Il affirme ni plus ni moins que « l’élan en faveur de Trump – dont la po- pularité est toujours forte dans son électorat – va bien se pour- suivre, tandis que la plupart des investisseurs restent encore trop confiants dans une victoire de Biden ». Pour ce nouveau gou- rou de la Bourse, invoquant, lui aussi, « le biais potentiel dans les sondages », il ne fait pas de doute que « les chances d’une victoire du candidat démocrate ou répu- blicain sont désormais presque à... égalité ». Reste l’inconnue relative de l’ego trumpien qui pourrait aboutir à la non-recon- naissance de sa défaite. Dans Le Point, Gérard Araud, am- bassadeur de France aux États- Unis jusqu’en 2019, se dit per- suadé que « Trump criera à la
bis repetita ?
Trump est donné perdant face à Biden. Mais...
La grosse affaire de novembre dans le monde, l’élection présidentielle américaine. À J-30, Trump est donné perdant face à son rival démocrate, Joe Biden. Exactement le même scénario qu’il y a quatre ans face à Hillary Clinton...
Comme un air de dé- jà-vu? À quelques se- maines des élections américaines qui au-
ront lieu le 3 novembre, jamais les prévisionnistes n’ont autant craint d’étaler leurs pronostics du grand gagnant de cette pré- sidentielle pestilentielle. L’ombre du précédent de 2016 obscurcit cette campagne électorale qui semble, qui plus est, se jouer, une nouvelle fois, en faveur du parti démocrate! Dans la configura- tion actuelle – Joe Biden en tête dans les sondages, avec quelque sept points de plus que Donald Trump (50% contre 42-43%) –, elle n’est pas sans rappeler celle d’il y a quatre ans. À cette époque, les augures furent, en effet, tout aussi favorables à Hil- lary Clinton, alors grande favo- rite des sondages. Pourtant, la candidate démocrate a – grande surprise – échoué, faute d’avoir raflé la fameuse majorité du col- lège électoral. On l’aura compris,
tout va se jouer, cette fois en- core, dans l’épineuse course aux 538 grands électeur.trices, eux- mêmes électeur.trices du chef de l’État américain. C’est la grande particularité de ce mode de scru- tin indirect, propre aux présiden- tielles du pays de l’oncle Sam: le vainqueur est celui qui remporte, non pas le plus de voix d’élec- teur.trices à l’échelle nationale, comme ce fut le cas de Clinton, mais a minima 270 voix de ces délégué.es, dont le nombre alloué à chaque État varie selon leur po- pulation respective.
fraude et
– ce qu’il a laissé sous-entendre sous couvert d’ironie. Biden le craint qui évoque l’interven- tion de l’armée pour le chasser de la Maison-Blanche, ce que la porte-parole du président juge une « hypothèse absolument ri- dicule ». Mais le ridicule ne tue pas, on le sait pour Trump... Verdict, donc, le 3 novembre. cHArLeS coHeN
* Le parti Libertarien, prône de l’ultralibéralisme et du libre-échange, avec sa présidente Jo Jorgensen et
son vice-président, Spike Cohen,
et le Parti vert H’2O, avec Howie Hawkins, président du parti, et sa vice- présidente, conductrice de bus, Angela Nicole Walker. Bien sûr, ces deux partis n’ont aucune chance.
Le vainqueur est celui qui remporte, non pas le plus de voix d’électeur.trices à l’échelle nationale, comme ce fut le cas de Hillary Clinton, mais a minima
270 voix de ces délégué.es, dont le nombre alloué à chaque État varie selon leur population respective.
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]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
l’œil décalé
 Françaises, Français,
peut compter sur des entreprises très dynamiques, à l’instar d’As- modée, créé en 1995. L’éditeur du fameux jeu Jungle Speed s’est im- posé comme un mastodonte fran- çais, leader du marché en France avec 24 % de parts de marché, devant les américains Hasbro et Mattel. Symbole de ce savoir-faire français, le Festival international des jeux se tient à Cannes depuis 1986. Devenu un rendez-vous in- contournable, l’autre « festival de Cannes » est aujourd’hui le plus grand rassemblement du genre au monde. En 2020, il a rassem-
« la France peut se féliciter d’être devenu le fer de lance du monde ludique. Et nous parlons souvent de réussite française à l’export: on évoque désormais la french touch, les auteurs français s’ex- portent et le dynamisme de nos éditeurs contribuent pleinement au succès du jeu de société fran- çais ». Les marques françaises jus- tement, qui représentent 15 % des ventes de jouets, affichent une dy- namique remarquable. En 2019, elles ont connu une progression de 6 % de leur chiffre d’affaires et le secteur français du jeu a connu une croissance de 10 %. Une dy- namique paradoxalement boostée par la crise sanitaire.
Le jeu de société,
« gagnant » de la crise sanitaire
Confinement oblige, les Français. es sont resté.es chez eux.elles et se sont tourné.es vers des valeurs sûres pour les soirées en famille : les jeux de société. Chez Asmo- dée, on dresse le bilan : « Il faut re- connaître que l’on fait partie des marchés privilégiés, les ventes se sont plutôt bien comportées pour nous. Il faut souligner le dyna- misme des distributeurs, qui ont de leur propre initiative fait des efforts de promotion des jeux pen- dant cette période. » Outre un en- gouement réaffirmé pour les jeux de société durant le confinement, le secteur a su innover. Asmodée a ainsi lancé sa gamme de jeux Un- lock, capable de transformer son salon en salle d’escape game grâce à une application mobile.
Certes, les entreprises et les bou- tiques spécialisées ont souffert des fermetures forcées (chute de 25 % des ventes durant le confi- nement), mais le secteur dans son ensemble a su s’adapter. Beaucoup d’éditeurs ont offert des contenus gratuits, sous forme de « PnP » (print and play) et les joueurs se sont tournés vers les versions nu- mériques de leurs jeux préférés. Depuis le déconfinement, la dy- namique se confirme et se traduit par un bond des ventes de près de 15 % par rapport à l’an passé. Résultat : on estime que 80 % des pertes du secteur dues au confi- nement ont été récupérées entre le 11 mai et le 16 août. La dyna- mique atteint des croissances re- cord, très encourageantes à l’ap- proche des fêtes de fin d’année. On peut le dire, la crise a frappé le monde du jeu au moins mauvais des moments. Le secteur français du jeu de société n’aura pas atten- du le plan de relance pour abattre ses atouts. ADAM beLGHItI ALAoUI
le jeu de société vous
va si bien
Malgré les temps durs et les retards qu’accuse la France en bien des domaines, il est une chose qui ne change pas : les jeux de société ont la cote en France. À l’heure numérique, le bon vieux jeu de table, qui se partage en famille ou entre amis, reste très populaire dans l’hexagone. Mieux encore, la France est un des cadors européens et le plus gros marché du jeu en Europe. Ces derniers mois ont vu les ventes s’envoler.
Dans la famille des spé- cialités françaises, entre les bons petits plats et le bon vin, je
demande les jeux de société. Non, cette spécialité-là ne se mange ni se déguste, mais elle est et reste bel et bien un classique indémo- dable des soirées en famille et entre amis bien de chez nous. Accessible et populaire (entre 10 et 40 euros en moyenne), le jeu de société ne connaît pas la crise, à l’instar du fameux Monopoly, classique (américain) parmi les classiques, créé en 1935 et qui continue de se vendre à 500 000 exemplaires annuels ! En France, on ne compte pas moins de 114 éditeurs de jeux de société et plus de 1 200 boutiques spécialisées. Il n’y a pas à dire, les Français.es aiment les jeux de société, une évidence pour Cynthia Des- champs-Reberac, commissaire général du Festival international des jeux de Cannes : « C’est deve- nu un objet culturel tendance, il y a un jeu pour tous les âges, tous les
Sur l’année 2019, plus de 23,2 millions de boîtes de jeu ont été vendues en France (près d’une par seconde !), pour près de 578 millions d’euros de chiffre d’affaires.
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goûts, tous les prix, c’est l’occasion de se retrouver pour un moment convivial, loin des écrans. »
Et pour cause, si les Français.es en raffolent, c’est bien parce que le marché français du jeu de société n’est pas en reste.
Un secteur au top
Sur l’année 2019, selon une étude du groupe NPD, plus de 23,2 mil- lions de boîtes ont été vendues en France (près d’une par seconde !), pour près de 578 millions d’euros de chiffre d’affaires. Avec plus de 1 000 nouveaux jeux publiés chaque année, le jeu de socié- té français se porte très bien. La France est le cador européen du secteur, devant l’Allemagne, et
blé quelque 310 exposants, 5 000 professionnels et plus de 110 000 visiteurs.
Loin de stagner, le marché du jeu de société évolue, comme l’ex- plique la commissaire générale du festival : « Au détour des an- nées 2010, tout s’est accéléré avec l’arrivée de nouveaux éditeurs, de l’autoédition et du financement participatif, le monde du jeu est passé ces dernières années de l’ère artisanale à l’ère industrielle, les derniers rachats dans le secteur nous le confirment (Asmodée, Hachette). » En insistant sur le rayonnement du marché français et de son savoir-faire, Cynthia Deschamps-Rebérac pense que
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[Le Comex-40 réunit des chef·fes d’entreprise de moins de 40 ans
réseaux & influence
etc., on rencontre, on échange,
on challenge... » Une ambition qui ne se limite pas aux fron- tières françaises. L’année der- nière, le Comex-40 est parti en Corée du Sud pour y découvrir la culture, l’écosystème de start- up... « L’idée est de s’immerger dans des nouveaux concepts et de les rapporter», confirme la présidente. Tiens, jouerait-on au jeu favori des entrepreneurs chinois ?
La deuxième mission est de saisir – ou d’être saisi.e – de sujets d’ac-
explique Paola Fabiani. Cette année, les sujets – liés à la Com- mission Relance du Medef – sont centrés autour du thème de... la relance. Comme l’anticipation des risques ou encore la tran- sition professionnelle... Paola Fabiani : « Les thèmes sont liés à la crise, mais aussi à d’autres ten- dances de fond, comme l’évolu- tion des modes de travail. »
L’organisation du Comex-40 – du moins la première année – s’est voulue assez classique: des réu-
Regard neuf, idées jeunes et parité
Réfléchir au monde de demain avec un œil neuf de force de proposition : c’est le rôle du Comex-40, un « comité exécutif » composé de chef.fes d’entreprise de moins de 40 ans,
venu.es de tous les secteurs, zones géographiques et activités. Un « club » idées du Medef.
Devinez qui en a eu l’idée? Et le désir? Geoffroy Roux de Bé- zieux, bien sûr, le cha-
rismatique patron des patron. nes, à la fin de l’année 2018, soit peu après son élection à la tête du Medef, de concert avec Fabrice Le Saché, vice-président du ré- seau. Ce fut l’une des premières actions de rajeunissement du ré- seau après les ères des « vieux » président.es. Bézieux et Le Saché voulaient un « Medef de proposi- tions ».
L’idée fut de réunir, pour cap- ter leurs points de vue et leurs regards sur les enjeux sociétaux comme sur n’importe quel autre thème, des chef.fes d’entre- prise de moins de quarante ans, dans un comité le plus mixte possible, représentatif du tissu économique. Aujourd’hui, le Comex-40 compte 45 membres (moyenne d’âge 35 ans, le critère est respecté), dont 23 femmes, représentant presque tous les secteurs d’activité (80 % d’entre eux), la grande majorité des zones géographiques (70 %) et toutes les formes et tailles d’en- treprises. «Nous sommes, en quelque sorte, une photographie des typologies d’entreprises en France : un tiers de start-up et de nouvelles technologies, un tiers de PME-ETI et un tiers de grandes entreprises», décrit Paola Fabiani, présidente du Co- mex-40 (son portrait en Électron libre, p. 38). Le comité a été com- posé par appel à candidatures
tualité, dans l’objectif d’émettre des rapports et des propositions concrètes en réponse aux ques- tions. Par exemple, les attentes des chef.fes d’entreprise de moins de quarante ans sur les nouvelles élections européennes. Pendant le confinement, le Comex-40 s’est autosaisi de la question de savoir comment la génération qui subis- sait la crise voyait l’avenir. Com- ment mieux se préparer pour la prochaine pandémie...
Aborder des grands enjeux
La troisième mission consiste à réfléchir aux enjeux sociétaux, et, là encore, d’émettre des pro- positions pragmatiques. L’année dernière, le Comex-40 s’est pen- ché sur deux sujets: la remise en cause de la démocratie dans le monde et ses conséquences éco- nomiques, puis la place de l’en- treprise privée, de plus en plus ac- tive dans la vie civile. Deuxième sujet: flux migratoires et impact sur les entreprises. « Nous écou- tons des experts, rencontrons des acteurs, proposons une vision »,
nions sous trois formes, des plé- nières, au rythme de quatre par an, dédiées au partage et à la ren- contre d’un écosystème local, des groupes de travail mensuels et des ateliers en rencontres parfois hebdomadaires. Avec la crise, comme tout le monde, le Co- mex-40 est passé à la visioconfé- rence, au rythme plus informel, mais tout aussi intense, avec une ou trois réunions virtuelles par semaine, pour ceux.celles qui en ont eu le temps. « Les groupes de travail n’ont pas des délais très long pour émettre leurs conclu- sions. Même si chacun.e peut rédiger, nous voulons nous don- ner le temps de bien explorer le sujet», exige la maîtresse des jeux. Lesdits rapports, bourrés de propositions concrètes, sont livrés aux diverses commissions du Medef et à sa direction, pour impacter leurs réflexions et leurs recommandations.
JeAN-MArIe beNoISt
Nous sommes, en quelque sorte, une photographie des typologies d’entreprises en France : un tiers de start-up et de nouvelles technologies, un tiers de PME-ETI et un tiers de grandes entreprises – Paola Fabiani.
entreprendre & innover
 auprès des territoires, par l’entre- mise des antennes régionales du Medef, puis filtrant lesdites can- didatures par un comité de sélec- tion. Sur les 45 membres, 35 sont également membres du Medef, 10 sont externes au réseau.
Réfléchir... et proposer
L’objectif du Comex-40 se traduit sous la forme de trois grandes missions. «La première est de créer des synergies, à tous les de- grés: en interne, au sein du Me- def, mais aussi des commissions, des fédérations, et sur le plan po- litique, explique Paola Fabiani. Lors de rendez-vous, déjeuners,
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Appelez-moi Cese
Au cœur
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économique, social
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et environnemental,
la troisième
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nisations professionnelles et autres syndicats tiennent leur organe de représentation dans le processus législatif. Du Conseil économique, renommé Conseil économique et social sous le général de Gaulle en 1960, puis Conseil économique social et environnemental (Cese) consacré par la loi constitution- nelle de 2008, il n’y a qu’un pas de quelque 62 ans. Depuis toujours, la mission du Cese se limite à un rôle consultatif et à la production d’avis: sur des projets de lois ou des sujets publics, au gré des saisines par le gouvernement et les deux autres assemblées. L’organisme se
veut le témoin de la société civile dans son ensemble. Fort de 233 membres, désignés pour cinq ans pour deux mandats consécutifs au plus, il réunit représentantes et représentants d’organisations et d’associations professionnelles (sa- larié·s, entreprises privées, exploi- tants agricoles, artisans, économie mutualiste, associations familiales, fondations, départements et col- lectivités d’outre-mer, jeunes et étudiant·es...), ainsi qu’une soixan- taine de personnalités associées. En somme, une « mini France » réunie entre les murs du somptueux Palais d’Iéna, pour produire des avis rela- tifs aux projets de loi et à l’attention du législateur. Et les avis du Cese sont loin de rester sur une pile en attente... ADAM beLGHItI ALAoUI
assemblée
epuis 1946 et l’inscrip- tion du Conseil éco- nomique (CE) dans la
C’est une institution qui intervient dans le processus législatif au quotidien, au même titre que l’Assemblée nationale et le Sénat, mais qui n’est pourtant que trop peu connue ou citée. Le Conseil économique social et environnemental (Cese), la troisième assemblée constitutionnelle française qui siège au Palais d’Iéna, assure au quotidien la représentation nationale des organisations professionnelles et de la société civile. Mais encore ?
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Constitution, les orga-
    © Photos : Cese-KatrinBaumann-Benoît Fougeirol
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entreprendre & innover
 Patrick bernasconi président du Cese depuis 2015
    L’organisme se veut le témoin de la société civile dans son ensemble.
« Nos travaux montrent le degré d’acceptabilité sociale d’une réforme ou d’un projet de loi »
Si vous nous donniez le pitch du cese, son rôle et sa mission, que diriez-vous ? C’est une assemblée constitutionnelle de la République, la troisième, avec une mission différente de celles qui écrivent et votent la loi. Notre rôle consiste en
la concertation sur des projets de lois
et l’éclairage que peuvent apporter la société civile et ses représentants.
Nous nous inscrivons dans le processus législatif de façon à éclairer les pouvoirs publics et donner un avis aux deux autres assemblées. Nous sommes également l’un des garants de la parole citoyenne.
L’apport du cese est sensible
dans le processus législatif ?
Pour fonctionner, une démocratie a besoin d’outils de représentations. Il existe la représentation nationale avec les élections et les assemblées, et il y a la société civile organisée. Nous sommes une assemblée citoyenne et participative complémentaire des deux autres, nous nous inscrivons dans le processus législatif pour éclairer les débats. Concrètement, nos travaux montrent
le degré d’acceptabilité sociale
d’une réforme ou d’un projet de loi au législateur. Parmi les réformes résultant ou bénéficiant d’avis du Cese, je citerais la loi sur les travailleurs détachés, les droits sociaux européens ou l’aide au logement pour les jeunes.
Quel bilan tirez-vous de votre mandat à la tête de l’institution ?
Nous avons fait attention à être beaucoup plus saisis qu’auparavant
et nous avons traité des dizaines de pétitions citoyennes, nous gagnons
en visibilité. Le Cese est bâti pour la représentation des intérêts particuliers et la recherche du compromis. Le projet de loi qui doit bientôt être voté va donner un peu plus de force au Cese autour de deux axes : une inscription plus concrète dans le processus législatif et l’écriture de la loi, dans son rôle consultatif, et puis une valorisation de son rôle sur la participation citoyenne.
  carole couvert
vice-présidente du Cese et présidente d’honneur de la CFE-CGC
comment fonctionne le cese au quotidien ?
Il faut imaginer : 233 conseillers en provenance de 80 organisations et 60 personnalités associées, répartis dans 18 groupes (les jeunes, les entreprises, les associations, la mutualité...). Quel que
soit le sujet, on procède tout d’abord à des auditions pour acculturer les membres et déterminer les points d’opposition. Le but est ensuite de dialoguer pour parvenir à
un point d’équilibre acceptable par le plus grand nombre. L’idée est de placer nos idées dans le débat public et de les soumettre
au législateur. Il appartient ensuite aux députés·és et aux sénateur·trices de s’en servir pour fabriquer la loi.
craignez-vous que l’institution ne soit pas suffisamment mise en valeur ?
Oui, le Cese devrait être plus connu. Dans
la période actuelle, un lieu où le dialogue
est à la base de tout, c’est très précieux.
Bien utilisés par le gouvernement et le parlement, nous sommes en quelque sorte une mini France. La relance passera par le dialogue et la prise de température des corps
intermédiaires représentés au Cese. Le Cese est peu connu parce qu’il a longtemps été sur une logique de « vivons heureux, vivons cachés ». Aujourd’hui, ça n’est plus possible de procéder de la sorte, si on ne communique pas le grand public risque de penser qu’on ne travaille pas. Nos travaux offrent des vertus pédagogiques à tous les niveaux et sont consultables gratuitement en ligne.
Que vous a appris votre expérience au cese ?
Je ne sais pas si c’est l’architecture magnifique du lieu qui génère cette « magie du dialogue », mais quand on arrive au
Cese, on n’est pas dans la posture ou la défense d’intérêts, mais dans la recherche du dialogue et du bien commun. Il faut
aussi préciser que le Cese compte parmi
70 institutions équivalentes dans le monde, réunies au sein de l’Aicesis [Association internationale des conseils économiques sociaux et institutions similaires]. En la matière, il peut être une forme de diplomatie parallèle qui contribue au rayonnement de la France.
« Il est une forme de diplomatie parallèle qui contribue au rayonnement de la France »
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]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[   entreprendre & innover
les trophées optimistes
  troPHÉeS oPtIMISteS
dans le huitième arrondissement, en se focalisant sur la qualité des interactions. Pour nous, le concept était viable. » La décision, si elle n’a pas été subite, a néanmoins été ra- pide. Entre la définition du concept et sa mise en œuvre, quelques mois seulement s’écoulent, riches d’obstacles à surmonter – trouver des banques, trouver des locaux. Sans bilan, ce n’était pas gagné, à l’époque, le coworking n’existait pas... Et puis convaincre les clients du bien-fondé du modèle, alors que tout le monde délocalisait... « L’un de mes meilleurs souvenirs dans ma carrière, l’un des mo- ments clés, correspond à l’instant où un client important nous a fait confiance, aux débuts, alors que nous étions encore relativement jeunes et n’avions pas beaucoup de capitaux. Nous avions beau croire en notre projet, nous avions tout de
vraie complémentarité, une syner- gie forte et par extension un parte- nariat durable, sans minimiser des prix compétitifs.
Wisecom a su, plusieurs années avant la concurrence, se placer sur deux tendances aujourd’hui ma- jeures. « À l’époque, en 2005, le consommateur n’avait pas le même pouvoir qu’aujourd’hui, explique notre Électron libre. Les notions de qualité de service, par exemple, n’étaient pas les mêmes. Au- jourd’hui, la qualité prime. Et c’est, depuis le début, au cœur de notre business. » Celle du service, mais aussi de la RSE, essentielle au sein de la « boîte »: c’est l’idée du bien consommer. Là encore, Wisecom, depuis ses débuts, fait de sa poli- tique RH une force. La deuxième tendance majeure se nomme in- novation et intelligence artificielle. Rôle assigné: apporter de nouvelles
   Présidente et fondatrice de Wisecom, centre d’appels
« Nous avons décidé de prendre le contrepied de la délocalisation,
et d’ouvrir un centre d’appels au cœur de Paris, dans le huitième arrondissement, en se focalisant sur la qualité des interactions »
  Paola Fabiani
  l’appel au cœur
On pourrait parler de parcours météoritique. À 35 ans, Paola Fabiani est à la tête de Wisecom, après l’avoir fondé en 2005 et en avoir fait un des acteurs les plus innovants du télémarketing. La voilà depuis deux ans présidente du Comex-40, une structure de réflexion interne au Medef où se côtoient des chef·fes d’entreprise de moins de 40 ans (lire dans ce numéro, p. 35). Le tout à coup d’audace et de passion.
même des doutes, et cette marque de reconnaissance a beaucoup compté. »
Viable, le concept l’est, effecti- vement, et l’a depuis prouvé. La croissance de Wisecom en est la preuve. Il y a un peu plus d’un an, la société a acquis son troisième site, elle compte maintenant 200 salariés. Le succès s’explique par son modèle d’abord : s’implanter dans le huitième arrondissement, en plein quartier d’affaires, a don- né au centre d’appels une image de marque rassurante pour les client. es et les salarié.es. Une proximi- té capable de se passer de toute logique industrielle et de privilé- gier la relation client en rendant l’échange plus simple, plus inte- ractif, plus libre. De là découle une
réponses et nouveaux services aux consommateurs. « Notre ambition, aujourd’hui, est d’optimiser les ré- ponses aux tâches sans valeur ajou- tée et de faire intervenir l’humain quand il prend toute sa valeur », souligne la « wise » Paola Fabiani. Qui jette un œil de l’autre côté des
frontières : Wisecom envisage de développer à l’international. Une façon de se... délocaliser ? JeAN-MArIe beNoISt
trophées
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trophées-optimistes.fr
 Paola Fabiani s’offre toute jeune le bac, choisit des études économiques à As- sas et un DECF – Diplôme
d’études comptables et financières – à l’Intec. Un bon bagage pour cette bosseuse qui travaille, en pa- rallèle de ses études, dans un centre d’appels de Téléperformance (alors leader du secteur). Le tout à 18 ans. « Finalement, j’ai débuté dans les centres d’appels et le télémarketing un peu par hasard – ce n’était pas vraiment une vocation. Mais j’ai bien aimé ce métier, notamment à travers le rapport au client. Direct. De plus, à l’époque, il n’existait pas de parcours type et les évolutions de carrières étaient rapides. En moins de six mois, je suis arrivée du côté du management. » Lors du rachat de Téléperformance par Armatis, elle se retrouve ainsi à la direction des opérations. « Et là, à l’âge de 24 ans, je bascule, je
quitte le côté du prestataire à celui de l’annonceur, recrutée par Neuf Télécom au poste de directrice des ventes directes grand public. » Neuf Télécom était alors un client. « J’ai été séduite par l’opportunité de voir de l’autre côté de la barrière, explique Paola. Et, en plus, le sec- teur était alors en plein boom, avec l’explosion de l’ADSL. » En paral- lèle, les centres d’appels changent, happés par la délocalisation et la transformation en plates-formes.
Délocalisation dans...
le 8e arrondissement
Deux ans plus tard, forte de ce double background, Fabiani crée Wisecom. « Nous avions vu un signal, avec la disparition des centres d’appels des centres-villes, explique-t-elle. Et nous avons dé- cidé de prendre le contrepied de la délocalisation et d’ouvrir un centre d’appels au cœur de Paris,
se
 CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Du parcours assumé et du succès rencontré par Paola Fabiani avec le projet de Wisecom, nous retenons qu’il faut écouter son marché, travailler les points d’excellence de son concept et de son offre, mais aussi oser aller à contre-courant et explorer son « océan bleu ». Avoir eu cette audace à 18 ans en fait un indéniable et formidable « électron libre » !
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octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[                 FONDATION DES MONASTÈRES
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 ]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[   entreprendre & innover
les trophées optimistes
Il accélère l’innovation
entre flottement personnel, envie de rien, nostalgie du tumulte vécu peu de temps avant.
Heureusement, et comme tou- jours chez eux, ça dure peu de temps. Nash et Élodie vont à nou- veau faire d’un échec une oppor- tunité et lancer leur next projet. Le passage outre-Atlantique a finale- ment porté ses fruits: s’il y a bien une chose qu’ils ont rapportée de la Silicon Valley, ce sont des méthodes d’intelligence collective pour ac- célérer l’innovation ou les process, pour pivoter et se remettre en ques- tion, pour tester et se lancer vite au contact de ses clients... bref : pour travailler mieux et moins cher.
Alors, très vite, l’échec du Time- Funding laisse la place à nouveau p r o j e t d ’e n t r e p r i s e : L i g h t M e Up-Innovation Studio qui naît dès 2017. Vocation: accélérer l’innova- tion des grands groupes en utilisant des méthodes d’intelligence collec- tive. La force de Nash: connaître et vivre le monde des start-up depuis 10 ans et faire preuve de la même énergie et de la même culture du « tout bousculer et tout voir autre- ment » qui plaît à des acteurs moins agiles. C’est d’ailleurs ce qui lui vaut de gagner les appels d’offres – parce qu’il propose des réponses complè- tement différentes, que le groupe n’avait pas du tout imaginées et qui pourtant répondent en tout point au besoin exprimé.
L’engagement
Ça ne suffit pas à Nash. Le rebond, il a surtout envie d’en donner les res- sources aux autres, parce qu’il sait que ce « don » lui aurait permis d’al- ler plus vite encore. Alors il s’engage.
Ildonne20%desontempsàdes jeunes entrepreneurs via Les Déter- minés, le Start-up Leadership Pro- gram, la Ruche et le WeWork Labs. Il s’implique au sein de l’association des Rebondisseurs Français dont il est membre du conseil d’adminis- tration. Il va aussi régulièrement partager ses expériences avec les étudiants du pôle universitaire Léo- nard de Vinci ou à l’Hetic.
Début 2020, coup de frein forcé à cause du coronavirus.
Comme tout le monde, il fait le dos rond, il adapte ses méthodes et son organisation de travail, il met en place de nouveaux outils pour pas- ser ses prestations en mode remote. Le temps libéré par la suspension de projets, il l’utilise pour faire évoluer son SEO [Search Engine Optimi- zation, référencement naturel ou organique en français], travailler une stratégie de growth hacking [des idées disruptives qui rendent fous les marketeurs classiques, avec ses techniques, son état d’esprit, sa mé- thodologie qui vise à obtenir la crois- sance rapide, par tous les moyens, d’un service ou d’un produit]. Avec l’aide de Guillaume Dumortier, un expert de la Silicon Valley, fondateur de The Growth Concierge.
Il lance aussi des initiatives so- lidaires comme la plate-forme en- trepreneurs-covid19.com (https:// entrepreneurs-covid19.com/) – sans oublier de prendre soin de lui et de ses proches.
La crise économique finalement ne l’arrête pas. Elle ne change rien ni à sa posture ni à sa façon d’envisager l’entrepreneuriat. Pour Nash, elle impose surtout d’aller encore plus vite dans le déploiement de sa stra- tégie, de se préoccuper sérieusement et régulièrement de sa trésorerie, sans oublier d’adopter de nouvelles habitudes professionnelles pour que les collaborateur·trices, client·es et partenaires soient en sécurité et en bonne santé au travail.
Avec le recul, Nash en est certain: chaque échec est le marqueur d’un succès suivant et la promesse d’une nouvelle aventure.
L’important est d’essayer et d’ap- prendre, d’échouer vite et d’ap- prendre vite, pour rebondir vite, de faire les choses plutôt que de cher- cher à atteindre la perfection. C’est ce qui le motive quand il se lève et qu’il répète chaque jour à ses clients et à ses « protégés ». cLAIre FLIN
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Nash Hughes
Même par temps de covid, il garde son engagement entrepreneurial
L’échec et le rebond, Nash connaît, et plutôt deux fois qu’une. Et comme il entreprend depuis toujours avec Élodie, sa femme, les échecs et rebonds, c’est en famille ! Aujourd’hui, en pleine covid, Nash Hughes continue à avancer, à construire et à partager. Le virus ne change en rien sa posture et sa façon de vivre l’entrepreneuriat. Un exemple ?
  troPHÉeS oPtIMISteS
   En 2010, Élodie et Nash Hu- ghes lancent au Festival de Cannes la start-up PURE- channel, l’une des toutes
premières WebTV françaises. L’idée était là, pas le marché. On dit alors que le concept était trop en avance. Surtout, sa mise en œuvre avait ignoré les retours des utilisateurs ! Grosse erreur! Et voilà donc cet ovni médiatique, mélange croisé de culture, Web et nouveaux usages des annonceurs en route vers la sortie: parce qu’il n’a pas démontré la por- tée « business » de cette activité, et malgré une jolie levée de fonds en 2011, l’entreprise stagne. Le couple d’entrepreneurs finit par céder sa start-up avant l’heure à la barre du tribunal de commerce en 2014.
Le rêve de la Silicon Valley
Cet échec, le premier, n’arrête pas pour autant des deux fonceurs. D’autant que Nash, entrepreneur invétéré, détient toujours une so- ciété de production audiovisuelle. Ses contrats avec la télévision lui donnent le moyen de réinventer, deux ans plus tard, TimeFunding : une start-up qui veut réinventer la
sweat equity (en gros, la valorisa- tion des compétences par l’octroi de parts de capital). Grosse couver- ture médiatique en France, l’idée et la start-up font grand bruit au point qu’on en parle jusque dans la Silicon Valley.
C’est là que Géraldine Le Meur, Carlos Diaz et Pierre Gaubil les in- vitent à rejoindre l’accélérateur The Refiners pour s’attaquer au marché américain.
Ni une ni deux, Nash et Élodie ac- ceptent et font leurs bagages. Enfants sous le bras, ils·elles quittent tout ce qu’ils ont ici, direction la Silicon Valley. Là, las, c’est le pragmatisme américain et les retours du marché qui sonnent le glas d’une aventure de près de deux ans. Après quelques mois, et surtout une vingtaine de tentatives de pivots et de switch, il faut casser le rêve californien et ren- trer en France.
Les leçons de la vallée
Le retour n’est pas facile. De ce côté de l’Atlantique, contrairement aux États-Unis, on vous fait « payer » d’avoir échoué. Du coup, Nash et sa femme vivent une période étrange,
  CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Un parcours d’entrepreneur rebondisseur, résolument optimiste et innovateur, qui avance quoi qu’il arrive. Nash Hughes nourrit certainement cette force et cette énergie grâce à son binôme avec Élodie, riche des hauts et bas qu’ils ont traversés ensemble et de leur expérience américaine. Aujourd’hui, il a à cœur d’essaimer cet esprit de rebond pour qu’il profite à beaucoup plus d’entrepreneurs français.
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]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
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 ]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
briefing innovation par Adam Belghiti Alaoui Lavage des masques ?
Avec les assiettes...
On nous a dit : les
masques en
tissu se lavent
à 60°. Un rien
malcommode.
Depuis, l’Académie
de médecine a revu
la copie : en machine
ou pas, un lavage main
suffit, à température
modérée. D’où l’idée de cette entreprise de l’Eure, Dedienne Multiplasturgy Group : des masques destinés au lave- vaisselle. En mettant au point
un textile barrière qu’il suffit de glisser entre deux plats pour le désinfecter le temps d’un cycle, l’entreprise normande pourrait relayer à bon escient son activité en berne dans le secteur de
RÉALITÉ VIRTUELLE
télétravail au bureau... virtuel
Le 16 septembre, Facebook connect, la conférence annuelle du réseau social de Mark Zuckerberg, a fait la part belle à la présentation de la nouvelle techno- logie de réalité virtuelle développée par le géant du numérique : Infinite Office. Voilà maintenant plusieurs années que Facebook, en partenariat avec la marque de casques de réalité virtuelle Oculus, dé- veloppe des logiciels de VR pour les en-
André Santini, juriste et homme politique français. DROIT DU TRAVAIL
Uber cède du terrain
40 | octobre 2020 ecoreseau.fr
l’aéronautique et l’automobile. L’idée du patron eurois, Pierre-Jean Leduc : développer une gamme de produits nommée Protectiv. Parce qu’il estime les masques jetables aberrants par leur impact environnemental, il mise sur des produits biosourcés, 100 % recyclables et sans détérioration, donc lavables à l’infini, autour d’un filtre
jetable ou lavable. L’intérêt du
bout de tissu à filtre tient à la facilité
de le désinfecter en lave-vaisselle en programme 60
au besoin, mais la température elle-même
n’est pas si impérative à en croire les spécialistes. En hôpital,
les masques eurois passent à l’autoclave – ils supportent les 130° de ce type d’appareil. Le filtre supporte le même traitement, voire le four. La gamme des masques Dedienne commence à 24 euros – 68,90 euros le modèle à visière intégrée. Un choix rationnel grâce au lavage simplifié.
S’il ne fallait retenir qu’une vertu des technologies de l’information et de la
treprises. En cette période marquée par la crise sanitaire et le télétravail, Facebook offre le bureau depuis chez vous ou de n’importe où. Le principe: l’utilisateur place le casque sur la tête et est trans- porté dans son bureau virtuel, person- nalisable à souhait. Ce bureau virtuel, l’Infinite Office, est multi-écran et reste en mémoire de session en session. Grâce au partenariat avec Logitech, un clavier spécial, doté d’un trackpad compatible avec le casque Oculus Quest 2, assure la saisie de texte sur Infinite Office. La tech- nologie Office with Spatial organise des réunions virtuelles. L’immersion sera le cas échéant totale, en réalité virtuelle, ou partielle, en réalité augmentée, grâce au mode Passtrough. La version bêta du bu- reau virtuel signé Facebook sera lancée cet hiver. Le monde devient numérique.
Voilà désormais trop longtemps que nous connaissons les oppositions et les controverses entre la firme de transports urbains Uber et son service de livraison, Uber Eats et ses chauffeurs
et livreurs. En France notamment, des syndicats s’élèvent pour protester contre le statut des travailleur.euses Uber, indépendant.es et non- salarié.es et donc très peu couvert.es et instables pour la plupart. À Genève, les 500 livreur.euses
de la firme ont enfin obtenu gain de cause. Suite
à une décision de justice rendue par un tribunal cantonal, ils disposent depuis le 1er septembre
du statut de salarié.e et des droits qui lui sont attachés : contrat de travail, salaire horaire brut minimum, droits sociaux (congés payés, protection santé, assurance...). Une première pour Uber, qui travaille exclusivement avec des indépendant.es. Patience cependant, la victoire de ces 500 chauffeur. es reste soumise à la décision finale du tribunal administratif fédéral, saisi après la décision d’Uber d’interjeter l’appel. Confirmé ou pas, ce jugement d’un tribunal cantonal suisse ne restera pas une victoire anecdotique, mais pourrait bien être un tournant symbolique.
communication, ce serait celle-ci : la possibilité d’offrir à chacun.e une tribune, un espace de liberté, d’expression
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[ INTERNET OF THINGS
Au temps des enceintes connectées
Une fois n’est pas coutume, les GAFA vont accorder leur violon. Depuis plusieurs années, leurs enceintes connectées – Alexa,
Siri et Google Assistant en tête – s’imposent de plus en plus dans les chaumières et les quotidiens. Problème : chaque assistant déploie son propre écosystème, avec ses avantages et ses inconvénients et, sans surprise,
sa liste d’appareils compatibles avec son offre. Plutôt ennuyeux pour quiconque souhaite équiper son domicile de plusieurs produits domotiques (thermostat, enceinte, climatiseur...). Pas de panique,
ce petit tracas devrait bientôt prendre fin. En décembre 2019, Google, Amazon, Apple, leurs partenaires et la Zigbee Alliance (le Zigbee est une alternative au bluetooth, supposée plus efficace et moins consommatrice) se sont réunis pour annoncer la création d’un standard de connectivité pour les objets connectés
de la smart home. L’horizon 2021 est fixé pour atteindre cet objectif. Une
alliance de circonstance et d’intérêt : selon une analyse Canalys, il y aura plus d’enceintes connectées utilisées dans le monde que de tablettes en 2021 (plus de 600 millions). On apprend aujourd’hui que le projet de spécification sera livré fin 2020, la norme commune finale devrait être publiée en 2021. Plusieurs mois après le lancement de l’initiative, 145 entreprises sont impliquées dans le projet, dont Facebook et Oppo. La norme permettra donc aux appareils de maison de communiquer avec toutes les enceintes connectées. Les GAFA ne manquent pas de ressources.
p Dr bracelet
Les objets intelligents et connectés n’en finissent plus de nous étonner
et de s’immiscer dans tous les aspects de la vie quotidienne. Les grandes multinationales du numérique sont bien décidées à conquérir ces nouveaux marchés, notamment celui de la e-santé, la santé connectée. Le géant de l’e- commerce Amazon a annoncé le lancement d’un bracelet connecté, destiné à « aider les clients à améliorer
leur santé et leur bien-être ».
Le fameux bracelet, baptisé
Halo, doit prétendument
évaluer la santé physique et
mentale de ses possesseurs,
rien de moins. S’il n’embarque
pas d’écran, contrairement
à ses concurrents comme
Fitbits ou l’Apple Watch, le
Halo d’Amazon offre des
fonctions classiques telles
que le nombre de pas ou la
fréquence cardiaque, mais
également la qualité du
sommeil et la température
corporelle. En outre – et c’est
là que ça devient intéressant
– le Halo Band est capable
de calculer le taux de masse
grasse et de concevoir un modèle 3D du corps de l’utilisateur, grâce à une
série de photographies. La santé mentale, elle, est évaluée grâce à l’analyse
du ton de la voix, de son énergie et de sa positivité grâce au machine learning. Expériences passées obligent, Amazon rassure déjà sur le respect de la confidentialité des données de santé des futurs utilisateurs de son bracelet, qui seraient chiffrées.
briefing innovation
entreprendre & innover
        ecoreseau.fr octobre 2020
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]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
La crise sanitaire a accéléré la pratique du travail à distance, bientôt ancré et légiféré. Avec
Télétravail : la norme de demain ?
Non, le télétravail ne rime plus avec jour de repos déguisé. À l’ère Sars-CoV-2, travailler depuis chez soi est devenu ten- dance. Au point que 73 % des col- laborateur·trices qui l’ont pratiqué durant le confinement souhaitent le poursuivre (enquête Malakoff Humanis). Soit de façon régulière (32 %), soit ponctuellement (41 %). A priori, les salarié·es se sont mon- tré·es réceptif·ives au télétravail. Un constat partagé par Véronique Marimon, qui via son expérience chez Salesforce, assure que « le travail à distance deviendra la norme pour les salarié·es fran- çais·es ». Alors le télétravail, en voie de généralisation ? Attention à la surinterprétation de certains chiffres. Des salarié·es récep- tif·ives certes, des salarié·es an- goissé·es par le contexte sanitaire, surtout. Pour la sociologue Danièle Linhart, répondre favorablement à la poursuite du télétravail en pé- riode de pandémie signifie aussi « pouvoir rester chez soi, se proté- ger, ne pas affronter l’angoisse du monde extérieur et ainsi diminuer le risque de contamination », rela- tivise-t-elle. Pas sûr qu’un sondage decetypedansunanoudeuxne débouche sur les mêmes résultats.
Télétravail,
plus d’autonomie ?
Qui n’a jamais rêvé de travailler en jogging ? Le télétravail a sans doute permis aux commuters – habitants
de la couronne périurbaine – une plus grande liberté et une plus grande souplesse dans la façon de travailler. Dans leur organisa- tion, « les salarié·es peuvent tra- vailler le matin, le midi ou le soir, peu importe, tant que les objectifs restent atteints », souligne Véro- nique Marimon, qui avoue s’être mise à la marche : « Désormais, je me réserve au moins une confé- rence téléphonique en marchant, le télétravail participe à ce que cha- cun.e trouve son équilibre », se ré- jouit-elle. Danièle Linhart concède que le télétravail offre aux travail- leur.euses une meilleure autono- mie sur tout ce qui relève du péri- phérique, « les horaires travaillés, la façon de s’habiller ou l’appa- rence », mais en aucun cas le télé- travail ne change quoi que ce soit au « contenu, les objectifs s’avèrent fixés à l’avance [...] les cadres restent confronté·es à la nécessité de travailler selon des procédés imposés, la prescription du travail ne change pas », défend-elle. En bref, le télétravail facilite le confort périphérique pour atteindre des objectifs, qui eux, ne diffèrent pas, que l’on soit chez soi ou au bureau.
Au-delà de l’autonomie, pour laisser ses salarié·es travailler depuis chez eux.elles, la relation entre les collaborateur·trices doit reposer sur la confiance, « le télé- travail a développé de façon im- portante la notion de confiance. Les collaborateur·trices ne tra- vaillent plus à côté les un·es des
autres, il y a une forme de lâcher prise », avance Marimon. Finie l’époque du flicage et du contrôle accru de ses salarié·es? Place à la confiance ?
Un lien social menacé ?
L’une des principales controverses du télétravail tient à ce lien social. Exit les pauses-café/cigarette, les apartés entre collègues, les discus- sions... Le télétravail menacerait-il la qualité de nos relations pro- fessionnelles ? Sans aucun doute pour la directrice de recherche au CNRS, Danièle Linhart : « Si le télétravail devient un mode per- manent, on court le risque que le travail perde toute sa dimension
socialisatrice pour aboutir à une forme de déréalité », s’inquiète-t- elle. La vision du travail comme intégrateur social par excellence pâtirait d’une généralisation d’un labeur à domicile.
Pourtant, dans un monde rythmé par l’effervescence des nouvelles technologies, rien de plus simple aujourd’hui que de s’appeler, se voir et travailler à distance. Véronique Marimon encense l’essor de ces outils numériques qui autorisent « un processus d’intégration et d’accueil aussi efficace en virtuel qu’en présentiel ». Elle nous confie que Salesforce a continué à recru- ter des salarié·es qui n’ont – encore aujourd’hui – jamais vu les bureaux de l’entreprise. Bien sûr, chaque entreprise qui prône le télétravail doit faire en sorte que ses employé. es puissent en profiter: d’où la né- cessité de les équiper en matériel informatique, accessoires, etc. Une
décryptage
 Sans doute l’un des effets structurels majeurs de la crise covid-19, le travail depuis son domicile. « Très fortement recommandé pour celles et ceux qui le peuvent », le télétravail a d’abord été mis en place de manière verticale, comme imposé aux salarié·es. Et puis, il a fallu penser à l’après 11 mai. Confinement levé, difficile pour nombre de Français·es de retrouver le chemin du bureau. Non plus une imposition, mais une option – parmi d’autres – de travailler. Une pratique partie pour durer ? Un vrai progrès ? Décryptage avec les analyses
de Véronique Marimon, Chief of Staff de Salesforce France, et Danièle Linhart, sociologue du travail et directrice de recherche au CNRS.
Le travail à distance deviendra la norme pour
les salarié.es français.es – Véronique Marimon, Salesforce France
  42 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[son lot d’avantages et d’inconvénients.
décryptage
entreprendre & innover
Si le télétravail devient un mode permanent,
on court le risque que le travail perde toute sa dimension socialisatrice pour aboutir à une forme de déréalité – Danièle Linhart, chercheuse.
     fois l’obstacle pratique dépassé, le télétravail a tout pour réussir. Malgré tout, Marimon s’accorde pour louer les bienfaits des retrou- vailles au bureau qui, en raison de leur rareté, aboutiront à de réels moments « d’échanges, d’intelli- gence collective et émotionnelle, de mise en commun de projets et de brainstorming enrichissant », davantage bénéfique que d’aller au bureau chaque jour « et rester as- sis·e devant son écran seul·e toute la journée. Autant travailler depuis chez soi pour éviter la pénibilité des transports en commun », argu- mente-t-elle.
Mais le virtuel peut-il vraiment remplacer le réel ? Bien sûr, les outils numériques n’ont jamais été aussi performants, mais ils in- duisent des comportements en dé- calage avec le réel: « Les réunions virtuelles ne se déroulent pas de la même manière. En présentiel, quand vous parlez, vous perce- vez mieux si vous êtes compris·e ou non, vous pouvez ajuster votre propos. Le virtuel laisse moins de place à la prise de parole sponta- née, tout demeure beaucoup plus
formel, vous parlez avec plus de prudence de peur qu’on ne vous comprenne pas », énumère Da- nièle Linhart, qui s’inquiète aussi d’une « moindre créativité à dis- tance, puisque orpheline de l’effet de groupe ». Gare également à ce que le virtuel n’augmente pas la perte de finalité et de sens que l’on attribue à son travail, ce sentiment de ne plus pouvoir peser sur les tâches qu’on applique mécanique- ment sur des logiciels et ainsi tom- ber dans les travers de l’abstraction du travail. Un phénomène redouté par la sociologue, auteure de Tra- vailler sans les autres. Elle rap- pelle que nous devons « travailler avec autrui pour autrui et non tout seul pour soi ».
Bien s’organiser
pour éviter le surmenage
Le télétravail s’avère d’autant plus utile, efficace et confortable, que l’environnement se montre propice à y recourir. Organiser chez soi un espace de travail, et surtout éviter que la frontière travail-vie privée ne s’amincisse. Début du surme- nage. Véronique Marimon veut à
tout prix l’éviter. D’où, chez Sales- force, l’organisation de « sessions où les salarié·es sont invité·es à s’interroger sur leur bien-être. On leur recommande des plages ho- raires de repos, parfois des pro- fesseur·es de yoga ou des psycho- logues interviennent et chacun·e peut réfléchir à son état ».
Pourtant, il n’est pas sûr du tout que le risque de burn-out, dépres- sion fourre-tout, soit plus élevé en télétravail qu’au bureau. Pour la chercheuse, « attention à ne pas sous-estimer le burn-out sur le lieu de travail, c’est-à-dire au bureau. Existent aussi des risques psy- chosociaux et des addictions qui se développent pour pouvoir tenir au travail et parvenir à se concen- trer », estime Linhart. Mais après, oui le travail, pour beaucoup, reste un moyen d’évasion, « on se jette dans le travail pour oublier tout ce qu’il y a autour, notre environ- nement », se couper de notre vie privée et de notre quotidien. Le télétravail pourrait rendre plus difficile cette « déconnexion entre travail et sphère privée », rapporte Danièle Linhart.
Alors, oui, dans une socié- té post-covid – ou prédeuxième vague –, le télétravail voit s’ou- vrir un boulevard devant lui pour s’ancrer dans la vie des salarié·es. D’un certain nombre en tout cas. Car travailler depuis chez soi ne peut concerner tout le monde, nous l’avons constaté au plus fort de la pandémie avec les profes- sions « premières de cordée ». Le télétravail, une affaire de cadres? Avant tout, oui. Difficile de le nier, mais là où certain·es salarié·es vont accomplir l’ensemble de leur activité en télétravail, d’autres pourraient tout à fait y recourir très partiellement. « Des gens qui doivent nécessairement assurer des déplacements physiques chez leurs clients pourraient établir leurs comptes rendus en télétra- vail», imagine Véronique Mari- mon. Le télétravail prendra de plus en plus de place dans nos vies... pour le meilleur comme pour le pire.
GeoFFreY WetZeL
 ecoreseau.fr octobre 2020 | 43
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[  CRÉATEURS
LA PANOPLIE DES AIDES
business guides et enquêtes utiles aux créateurs et dirigeants
              Création de boîte ? Faites-vous aider financièrement ! ... Immobilier d’entreprise : se repenser pour ne pas disparaître ... Briefing RH & Formation
Carrière & talents : Formation continue, les écoles assurent
p. 47 p. 50 p. 54 p. 58
                    pratique
         44 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[ Création de boîte ?
donné à un emprunt bancaire.   3000et 5000 euros (baromètre
Faites-vous aider
Il est octroyé par des réseaux comme Réseau Entreprendre ou Initiative France.
2. Le prêt Nacre, lui aussi à taux zéro, sans intérêt et sans garan- tie.
• Montants envisageables: entre 1000 et 8000 euros
• À savoir: ce type de prêt doit être apparié à un prêt bancaire ou microcrédit. Seule contrainte, vérifiez bien que votre région le délivre toujours, car le disposi- tif demeure – sur certains terri- toires – en pleine refonte.
3. Le microcrédit.
• Montant envisageable: au maximum, 10 000 euros, pour 48 mois au plus et à des taux d’inté- rêt généralement de 6 ou 7 %.
• À savoir: si les banques vous boudent par manque de garan- ties réelles ou d’apport suffisant, le microcrédit sera peut-être le point de départ. Il est octroyé par l’Association pour le droit à l’ini- tiative économique (Adie).
FPF-KPMG). Il se révèle beau- coup plus élevé par prêt ou par- ticipation au capital.
• À savoir: vous devrez lancer votre appel à contribution sur la plate-forme adéquate. Il en existe une multitude, généralistes ou dédiées à des types de projets pré- cis : culturel, sociaux, environne- mentaux etc. La « liste ultime » : www.crowdfundingfactory.fr/ la-liste-ultime-des-plateformes- de-crowdfunding/
Crédit-bail (leasing) : tout se loue
Il s’agit là de louer un matériel, un véhicule ou un immeuble, pour une période définie en amont. Un contrat de location opéré entre deux parties, une entreprise et une banque (ou un leaser). À la fin du contrat, l’en- treprise se portera acquéreuse, continuera à louer, tentera de bé- néficier d’un prix réduit ou ren- dra l’équipement. Le crédit-bail a notamment la cote pour la lo- cation d’un bien automobile ou d’un matériel industriel puisque la maintenance est incluse dans le loyer la plupart du temps.
• À savoir : le locataire a la possi- bilité de choisir la périodicité du règlement des loyers: mensuel, trimestriel, semestriel ou annuel.
Les garanties bancaires : le coup
de pouce décisif
Plus le prêteur – surtout la banque – s’adosse à une garantie pour couvrir une partie de la perte fi- nale en cas de défaillance d’un emprunteur, plus la décision d’un établissement bancaire à octroyer un prêt à un·e créateur·rice d’en- treprise sera favorisée. Les entre- prises existantes le vivent à travers le PGE, où « garantie d’État » fait merveille. Dans le cadre d’une création, consultez Bpifrance ou France Active, deux acteurs qui proposent des garanties ban- caires. Avec le côté discrimination positive pour le second. France Active présente des garanties bancaires qui s’adressent spécifi- quement aux femmes qui créent leur entreprise, aux demandeurs d’emploi, à des créateur·trices is- su·es des quartiers dits « politique de la ville » ou qui s’y implantent.
À la recherche d’associé.es fortuné.es
D’autres aides financières à la création existent, comme les
financièrement !
Financement participatif, crédit-bail, garanties
bancaires... Petit panorama des aides à la
création d’entreprise. Et à l’embauche.
Deux mois de confinement, moment clé pour mûrir ce projet que vous méditiez entre deux allers-retours vers le boulot d’avant. Crise ou pas crise, vous vous lancez. Mais où trouver les premiers fonds ? Comment payer votre premier·ère collaborateur·trice ? Il n’existe pas seulement des prêts bancaires pour créer sa boîte.
La crise covid-19 n’aura   mais ciblés sur des publics par-
Financement participatif :
mieux vaut
un projet original
Et si vous vous en remettiez au public, le plus large possible, pour financer votre création d’entreprise? C’est possible avec ce qu’on appelle le financement participatif, soit la participation du grand public à votre projet via un don (crowdfunding), un prêt (crowdlending) ou une prise de participation au capital de votre entreprise (crowdequity). Utiles et indiqués pour un projet dit « inattendu » qui ne rassure pas les établissements bancaires ni les réseaux prêteurs.
• Montants envisageables: le montant moyen collecté de dons via le crowdfunding varie entre
créer aujourd’hui
pratique
     • Le Prêt à la création d’entre- prise (PCE) a été remplacé par une garantie bancaire, accordée par Bpifrance (jusqu’à 60 % d’un prêt bancaire).
• L’Arce (aide aux chômeurs créateurs d’entreprise): le montant du reliquat des allo- cations-chômage versé sous forme de capital est passé de 50 % à 45 %.
• Une adresse: www.aides-en- treprises.fr
   pas empêché les Fran- çais·es d’officialiser leurs projets. D’après l’Insee,
en juin, le nombre de créations d’entreprises a bondi de 38% par rapport au mois précédent, après s’être quelque peu tassé en août (+0,4%). L’autonomie semble à beaucoup la réponse à des perspectives bouchées ou des salariats étriqués. Un projet dans lequel ils·elles se sentent pleine- ment investi·es. Pour franchir le cap, comme un jeu de cartes ouvert en éventail, vous tirez un financement participatif, des garanties bancaires, un cré- dit-bail... Encore faut-il savoir jouer de ces atouts. Règles du jeu.
Les prêts : cumulables jusqu’à 50 000 euros, mais...
C’est une jungle ! On a décompté jusqu’à 1 200 aides et soutiens,
ticuliers – chômeurs, jeunes femmes, ex-salarié·es... Un ré- seau d’accompagnement vous aidera à faire le tri. Pour éclaircir le terrain, trois grands types de prêts pour situer les enjeux.
1. Parmi les prêts un petit peu moins traditionnels, le prêt d’honneur s’apparente à un prêt à taux zéro, sans intérêt et sans garantie. Il ne s’agit pas d’un prêt qui s’adresse à l’entreprise mais à la personne, d’où la possibilité de multiplier les prêts d’honneur si vous êtes plusieurs associé·es.
• Montants envisageables: entre 2 000 et 50 000 euros.
• À savoir: le prêt reste subor-
 Le microcrédit correspond à un prêt maximal de 10 000 euros, pour 48 mois au plus
et à des taux d’intérêt généralement de 6 ou 7 %.
       ecoreseau.fr octobre 2020 | 45
]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
créer aujourd’hui
Pour les plus philanthropes, donc dans le cadre d’un crowdfunding, le montant moyen de dons collectés varie de 3 000 à 5 000 euros.
subventions en fonction des sec-   mais aussi de la visibilité, une
La boîte existe, comment recruter ?
        teurs. Les domaines de l’édition, de la presse écrite ou du spectacle vivant en sont particulièrement les cibles.
Pensez à bénéficier d’une exoné- ration des charges sociales lors de la première année d’activité si vous remplissez les conditions du dispositif de l’Acre (Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise), un coup de pouce prioritaire accordé – depuis jan- vier 2020 – aux jeunes ou aux demandeurs d’emploi qui crée- raient ou reprendraient une en- treprise.
Un·e créateur·trice opiniâtre doit penser aux concours qui récom- pensent nombre de projets. Vous gagnerez peut-être des dotations,
un conseil qui compte
aide précieuse.
Autre voie, royale et ambitieuse: les business angels. Des per- sonnes physiques qui investissent une part de leur patrimoine au capital d’une entreprise, le plus souvent jeune, innovante et pro- metteuse. Des sommes levées qui vont couramment de 100 000 au(x)... million(s) d’euros. M6 a diffusé jusqu’en février 2010 une sublime émission intitulée Qui veut être mon associé? La revoir a de quoi donner des idées et des repères. Une page Wikipe- dia lui est consacrée: https:// fr.wikipedia.org/wiki/Qui_ veut_%C3%AAtre_mon_asso- ci%C3%A9_%3F.
GeoFFreY WetZeL
• Le plan #1jeune1solution
L’une des priorités affichées du gouvernement est de ne pas sacrifier les jeunes générations durant cette phase d’incertitude sanitaire. Une aide financière existe destinée aux entreprises qui embaucheraient – entre le 1er août 2020
et le 31 janvier 2021 – un·e jeune de moins
de 26 ans sous un contrat de type CDI, CDI intérimaire ou CDD d’au moins trois mois. Pour une rémunération inférieure ou égale à deux fois le montant du salaire minimum (Smic). Le montant de l’aide ? jusqu’à 4 000 euros sur un an pour un·e salarié·e à temps plein.
• embaucher un·e travailleur·euse handicapé·e
L’aide à l’emploi des travailleur·euses handicapé·es (AETH) vise à compenser d’éventuelles charges supplémentaires pour l’employeur liées à une organisation particulière de travail, un accompagnement professionnel ou social ou encore à un éventuel tutorat. En fonction de la gravité du handicap, l’employeur bénéficie d’un taux normal ou majoré. Pour un poste à temps plein pour un an : 5 434 euros pour le taux normal et 10 818,60 euros pour le taux majoré.
• embaucher en contrat d’apprentissage
Une aide exceptionnelle pour l’embauche d’un·e apprenti·e, valable pour un contrat signé du
1er juillet 2020 au 28 février 2021, a été annoncée par le gouvernement pour faire face à la crise. L’aide s’élève à 5 000 euros pour un·e apprenti·e de moins de 18 ans, 8 000 euros pour un·e jeune majeur·e. Sont concernées avant tout les entreprises de moins de 250 salarié·es. Pour les autres, il faudra justifier d’un seuil minimum d’apprenti·es dans son effectif (5 % prévus pour 2021).
• Aide à la formation pour l’embauche d’un demandeur d’emploi
Pas rare qu’un demandeur d’emploi doive
se former pour atteindre les compétences requises pour un poste donné. Se trouvent concernées par l’AFPR (Aide à la formation préalable au recrutement) les entreprises
qui déposent une offre d’emploi auprès de
Pôle Emploi et qui s’engagent à recruter le·la demandeur·euse d’emploi en CDD d’au moins
6 mois à moins d’un an, en intérim durant au moins six mois pour les neuf mois qui suivent la formation ou en contrat de professionnalisation de moins de 12 mois. Le montant de l’AFPR se limite à 5 euros net maximum par heure de formation réalisée en interne à l’entreprise, dans la limite de 2000 euros et 8 euros net maximum par heure de formation réalisée par un organisme de formation externe, soit un maximum de 3 200 euros.
    Avez-vous déjà vérifié
si votre expert·e-comptable en est un·e ?
 Marie
Avant de confier la gestion de votre   formation d’actualisation de leurs connais-   cice illégal, aux côtés du Conseil supérieur
Alvarez
entreprise à un tiers, une vérifica- tion préalable est indispensable.
Pourquoi s’assurer que vous avez affaire à un vrai expert-comptable ?
De nombreuses PME et trop d’entrepreneurs ont souffert, et souffrent encore, de la crise sanitaire. La vigilance des chef·fes d’entre- prises face à la recrudescence des illégaux doit être totale, car de faux experts-comp- tables cherchent à tirer profit de cette situa- tion économique.
Seul un expert-comptable, inscrit au tableau de l’ordre, couvert par une assurance civile de responsabilité professionnelle, garant du respect des normes et soumis à une déontolo- gie rigoureuse peut être le partenaire efficace du·de la chef·fe d’entreprise, qu’il conseille intelligemment de la création ou la reprise jusqu’à la cession de l’entreprise en plus de tenir la comptabilité.
Les illégaux n’ont ni les compétences ni le savoir-faire que le diplôme d’État garantit. En outre, les experts-comptables ont égale- ment l’obligation de suivre chaque année une
sances et de leur perfectionnement. Cette remise en cause régulière oblige les profes- sionnel·les à rester performants et à satisfaire toujours au mieux les demandes des clients.
Le titre d’expert-comptable est ainsi pour l’entreprise un gage de sécurité, d’impartia- lité et d’honnêteté. Vous ne devez donc pas vous laisser tromper par des publicités allé- chantes ou des prix attractifs qui masquent un illégal incompétent qui pourrait vous ex- poser à un redressement fiscal, voire, pire, à une liquidation judiciaire.
Comment vérifier si vous avez affaire à un vrai expert-comptable ?
Vous devez adopter un réflexe de vigilance, aussi facile que rapide, lequel consiste en une simple consultation de l’annuaire de l’ordre pour s’assurer d’être accompagné par un ou une professionnel·le de l’expertise comptable.
Un simple clic suffit : www.experts-comp- tables.fr/annuaire. Alors cliquez, vérifiez et partagez.
Devenez tous acteurs de la lutte contre l’exer-
et des conseils régionaux de l’ordre des ex- perts-comptables, en relayant l’information auprès de votre réseau.
Que faire si vous avez affaire à un·e illégal ·e?
Pour rappel, l’exercice illégal de la profession d’expert constitue un délit passible de sanc- tions pénales pouvant atteindre une peine d’emprisonnement d’un an et 15 000 euros d’amende.
Dès lors, si vous êtes confronté à un illégal, un formulaire vous permet de signaler tout acte, ainsi que tout soupçon d’exercice illé- gal de la profession d’expert-comptable, et ce, très facilement, à partir du site: www. experts-comptables.fr/signalement-exer- cice-illegal.
Votre signalement sera transmis au conseil régional de l’ordre concerné, chargé de sur- veiller et d’enquêter sur l’activité litigieuse.
  Garzon
Expert- Comptable, membre de l’ordre des experts- comptables Paris Île-de- France.
Commissaire aux comptes inscrite à la Compagnie régionale des commissaires aux comptes de Paris.
Membre de la Chambre de commerce franco- espagnole de Paris
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octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[                 Créons ensemble
votre profil patrimonial
      Dirigeants d’entreprises, personnes morales et particuliers, votre patrimoine est le résultat de votre travail, de vos idées, de votre histoire. Nous créons depuis 1924 des solutions bancaires, financières et successorales personnalisées pour chacun de nos clients. Pour vous accompagner, vous et votre famille, notre modèle de banque indépendante à taille humaine fait la différence.
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 ]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
En marge du salon Siec (14 au 15 octobre, Porte de Versailles à Paris)
lire infra) que les locaux com- merciaux en raison de la désaf- fection croissante des consom- mateurs pour les zones d’activité implantées dans les zones péri- phériques.
La modification des habitudes de travail et l’explosion du com- merce en ligne : deux marqueurs forts mis en lumière depuis le déclenchement de la crise de covid-19, vécue comme un véri- table choc par les protagonistes du secteur. Même si les indica- teurs négatifs ne manquent pas, les derniers mois ont aussi ras- suré sur le désir des Français·es de retourner en magasin et sur la capacité des enseignes à adap- ter leur offre à la demande et aux besoins des consommateurs. La fréquentation des centres com- merciaux reste sensiblement in- férieure aux chiffres de l’an pas- sé, même si les grandes foncières font état d’une augmentation graduelle du nombre de visi- teurs. Le rattrapage est là encore très inégal selon l’activité. Les performances varient également selon les types de centres, le télé- travail et la baisse de fréquenta- tion des transports en commun pénalisent les sites de centres urbains denses. La hausse de la vacance semble pour l’instant contenue, même si les ferme- tures risquent de s’accélérer en cas de dégradation des condi- tions sanitaires et d’accélération des difficultés des enseignes. Ces difficultés se sont d’ores et déjà traduites par une diminution de la perception des loyers et des charges, ce qui incite les fon- cières à négocier au cas par cas avec les enseignes (allègements de loyers en contrepartie de l’al- longement des durées fermes des baux, etc.).
Un marché mature
Arrivé à maturité, le marché français offre moins de potentiel de développement. « Sur l’en- semble de 2020, seuls 150 000 m2 de centres commerciaux, dont 44 % de créations pures, sont at- tendus en France, soit une chute de15%surunanetde58%par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le volume des ouvertures de parcs d’activités commerciales est plus impor- tant, avec 235 000 m2 attendus en 2020 dont 79 % de créations pures. Mais la tendance est, là aussi, fortement baissière, avec une chute de 54% sur un an et de 46 % sur cinq ans, dans un
  Immobilier commercial,
se repenser pour ne pas
disparaître
Entre incertitudes et certain optimisme, les centres veulent « accueillir la ville »
 La crise sanitaire a fortement impacté le secteur qui tente de reprendre du poil de la bête.
Une évolution inévi- table. Avec de nou- velles approches de « cadre de vie » qui
redessinent la relation, dans le temps et dans l’espace, entre l’in- dividu et le lieu commercial quel qu’il soit, l’immobilier commer- cial est amené à changer. Ses concepts. Sa conception de nou- veaux projets. Qu’il s’agisse de bureaux ou de commerces, les investissements dans le secteur de l’immobilier d’entreprise at- teignent un rythme soutenu. La tendance amorcée il y a quelques années en faveur d’un retour des locaux professionnels vers le centre des villes semble se pour- suivre. Elle concerne aussi bien les immeubles de bureaux (avec le développement du coworking,
    48 |
octobre 2020 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                                           ]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
Sur l’ensemble de 2020, seuls 150 000 m2
de centres commerciaux, dont 44 % de créations pures, sont attendus en France, soit une chute de15%surunanetde58%parrapportàla moyenne des cinq dernières années –
Antoine Grignon, Knight France
            pose en préambule Hélène Sal- mon, en charge de la commu- nication corporate et interne du groupe Klépierre (détenteur entre autres de Créteil Soleil). « Notre modèle, dit-elle, est structurellement robuste, basé sur des partenariats de long terme avec les enseignes, des in- vestissements engageants et une plate-forme européenne de 100 centres leaders. C’est enfin une rigueur financière constante et reconnue qui assure la péren- nité de notre entreprise. Au- jourd’hui, le cours de Bourse des foncières en général traduit les doutes du marché. Compte tenu aussi du retail en difficulté et certains acteurs en situation complexe, les propriétaires de commerces ne sont guère dans
Salon Siec du retail et de l’immobilier commercial, 14 et 15 octobre, Porte de Versailles à Paris. Gontran Thüring, délégué général du Conseil national des centres commerciaux
   çants qui sont en première ligne de la crise et qui sont gravement pénalisés aujourd’hui. L’im- mobilier commercial subit par rebond le choc infligé au com- merce, avec des taux de collecte des loyers qui sont encore faibles mais qui progressent, et des né- gociations longues avec les loca- taires pour régler la question des
Le centre commercial obligé de « se réinventer » Pourtant, le centre commer- cial n’a jamais cessé depuis son invention de se réinventer. Il doit faire face à la progression de l’e-commerce d’une part, mais également au besoin d’ex- périence que manifestent les consommateurs. Il tente de s’y adapter en offrant de nouveaux services, des prestations sur-me- sure, de l’émotion. « La préoc- cupation environnementale des consommateurs est récente et s’accentue fortement. C’est une tendance que nous avons su voir venir et anticiper. Et elle trouve un écho dans la gestion et l’exploitation de nos centres dont nous réduisons fortement l’empreinte environnementale »,
contexte politique de plus en
plus favorable à la limitation des
créations de nouvelles surfaces
commerciales », souligne An-
toine Grignon, directeur du dé-
partement commerce de Knight
France. À l’heure où l’épidémie
n’a pas fini de faire parler d’elle,
les acteurs du marché tentent d’y
faire face, comme ils peuvent.
« Ce sont certes nos commer-   loyers pendant le confinement »,   une posture de confiance. »
   50 |
octobre 2020 ecoreseau.fr
« on a plus besoin de rénover, de restructurer ou d’agrandir les centres existants plutôt que d’en créer de nouveaux »
en cette période sanitaire exceptionnelle, comment se présente cette nouvelle édition du Siec ?
En premier lieu, nous aurons
le plaisir de nous retrouver
non pas par écran interposé mais physiquement. Toutes les précautions sanitaires seront prises. Les gens ont un besoin humain basique de se retrouver physiquement. À l’aube de cette édition 2020, nous ne sommes pas à l’abri d’une interdiction de la tenue de l’événement. Comme tout le monde, nous vivons
dans un temps d’incertitude.
Le Siec est le rendez-vous des leaders européens du secteur de l’immobilier commercial et du retail. C’est l’événement business
attendu et reconnu par tous les acteurs hexagonaux.
En termes d’exposants, les principales foncières de commerce seront présentes. Nous avons renforcé aussi la partie « éditoriale » du salon avec deux conférences importantes : la séance inaugurale et un débat pour décrypter les conséquences de la crise et l’avenir de l’investissement dans le retail.
Les centres commerciaux tablent-ils vraiment sur un
« avenir prometteur » ?
Ils ont retrouvé un niveau d’activité satisfaisant, aussi bien en termes de chiffres d’affaires que de fréquentation. À hauteur de 90 % comparé à l’an passé.
La reprise a été plus rapide
qu’on pouvait espérer. Le port
du masque qui s’est généralisé
et auquel les chalands se sont habitués ne constitue plus une dissuasion pour les lieux de commerces clos. Les enseignes qui étaient en liquidation ont toutes trouvé des repreneurs, preuve que des entrepreneurs et des investisseurs ont toujours confiance dans l’avenir du commerce physique. L’épargne de précaution constituée pendant la crise – 75 milliards d’euros selon Bercy – devrait générer un regain de consommation pendant le dernier quadrimestre jusqu’aux fêtes de fin d’année et laisser espérer un niveau d’activité équivalent à celui de 2019. Notre
secteur est mature. Rappelons qu’on a fêté l’an passé les 50 ans des centres commerciaux en France. Leur moyenne d’âge est de 25 ans. Aujourd’hui, on a plus besoin de rénover, de restructurer ou d’agrandir les centres existants plutôt que d’en créer de nouveaux. Pendant le confinement, 80 % des centres commerciaux sont restés ouverts, ils ont joué pleinement leur rôle de lien social. Chaque année, ils drainent 3 milliards de visites en France. Commerces physiques et numériques sont parfaitement complémentaires. Les commerçant·es comme
les consommateur·trices sont devenu·es « omnicanal ».
 ]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
La préoccupation environnementale des consommateurs est récente et s’accentue fortement. C’est une tendance que nous avons su voir venir et anticiper. Et elle trouve un écho dans la gestion et l’exploitation de nos centres dont nous réduisons fortement l’empreinte environnementale – Hélène Salmon, Klépierre.
         centre sera connecté aux smart-   acteur de son territoire d’implan-
    revendique Hélène Salmon, Klé- pierre.
Des nouvelles tendances émer- gent côté shopping. « Le ou la consommateur·trice n’est plus seulement acquéreur·euse. Il et elle sont co-concepteurs, prescrip- teurs, influenceurs. Il·elle plébis- cite l’engagement et l’authenticité des marques ainsi que l’expérience qu’elles offrent. Il·elle recherche la nouveauté, la diversité. » Que l’on peut constater notamment à travers le développement massif des concepts de restauration au- jourd’hui disponibles en centre commercial.
À quoi ressemblera le centre commercial du futur ? Il devra in- tégrer de plus en plus de magasins temporaires avec des baux modu- lables en fonction de l’activité et du chiffre d’affaires de l’enseigne. Le
phones des client·es. Lesquel·les pourront recevoir des offres privi- légiées valables un laps de temps. Des espaces de coworking connec- tés s’installeront, de quoi travailler avant, pendant ou après les achats dans le centre. Il appartient aux acteurs de se montrer plus ima- ginatifs et créatifs que jamais. À l’exemple de Carmila France, 3e société cotée de centres commer- ciaux qui ouvre un service clé en main dédié à l’accompagnement de franchises ou affiliation. « Nous accompagnons la performance de nos enseignes dans nos centres », innove Éric Robert, directeur commercial.
La vacance commerciale déjà élevée va s’aggraver Sur le plan local, insiste Hélène Sal- mon, le centre commercial est un
tation. « Il fait entrer la ville en son sein. Il favorise l’emploi, promeut la diversité sur le terrain et s’ouvre aux initiatives locales. Il propose aux visiteurs des job datings, des bourses d’études, des initiatives so- lidaires de proximité. Il fait entrer le sport, la danse, la culture, l’art, le jeu, le divertissement, le soin, les services de santé en ses murs. Un lieu de shopping où l’on se re- trouve, se rencontre, où l’on vit des émotions. »
Pourtant, entre la crise du co- ronavirus et l’essor des théma- tiques écologiques qui leur sont peu favorables, l’avenir des centres commerciaux soulève des incerti- tudes. D’autant plus qu’au nom de la lutte contre « l’artificialisation des sols », le gouvernement promet en particulier un moratoire sur les nouvelles zones commerciales à la
   handicapés sûrement, entrepreneurs avant tout !
Hamou bouakkaz
Secrétaire général de l’association h’up entrepreneurs
  Lever les freins à l’expansion du travail indépendant : une clé pour la relance.
La France se distingue de tous les pays du monde par le soin qu’elle a mis à soutenir les entreprises et leurs salariés
afin qu’elles passent cette période difficile.
Cette option porte ses fruits puisque les statistiques semblent indiquer que l’impact de la crise est plus faible qu’anticipé et la reprise plus forte.
Les entrepreneur·euses indépen- dant·es ont la souplesse d’innover et nombre d’entre eux et elles ont fait
évoluer leur modèle économique et leurs services pour transformer ce coup dur en rebond.
Tous les moyens et les intelligences doivent donc être mobilisés pour optimiser le soutien à ce tissu d’en- treprises qui crée la plupart des nou- veaux emplois, en particulier les en- treprises portées par les publics les plus éloignés de l’intégration profes- sionnelle.
H’up place beaucoup d’espoir dans le futur pacte d’inclusion par le travail
indépendant liant le ministère du Travail et les principaux acteurs de l’accompagnement de ces publics.
Il prévoit de rationaliser l’accom- pagnement en le simplifiant, d’har- moniser les prélèvements sociaux en faveur des entrepreneurs à faible revenu pour sécuriser leur parcours.
Grâce au soutien de l’Agefiph, l’as- sociation va tripler le nombre d’en- trepreneur·euses accompagné·es et renforcer ses partenariats pour béné- ficier de l’expertise d’autres acteurs.
H’up forme le vœu que ce pacte soit rapidement signé et se traduise concrètement dans le cadre de la re- lance de cet automne.
Les entrepreneur·euses handicapé·es ne veulent ni ne peuvent être déçu·es.
Ils fourmillent d’idées comme le montreront ceux et celles récompen- sé·es lors des trophées H’up du 9 no- vembre. n
         52 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[ Àquoiressembleralecentrecommercialdufutur ? Il devra intégrer de plus en plus de magasins temporaires avec des baux modulables en fonction de l’activité et du chiffre d’affaires de l’enseigne.
périphérie des villes. Pour l’heure,   tendances déjà à l’œuvre sur le
et sélectives dans leur choix d’im- plantation. Il n’est pas impossible que les complexes les plus fra- giles ferment définitivement leurs portes. L’intégration du commerce dans des projets mixtes urbains avec logements et bureaux devrait aussi s’accélérer. Les foncières vont vouloir diversifier leur portefeuille d’actifs et se redéployer sur des segments plus porteurs que les seuls centres commerciaux. Ces projets mixtes urbains sont favori- sés par l’aspiration des Français·es pour le commerce de proximité ». JoNAtHAN NAHMANY
business guide
pratique
          l’application de cette mesure reste floue dans l’attente d’une loi an- noncée pour 2021.
marché des centres commerciaux en France. La vacance commer- ciale, déjà élevée, va encore pro- gresser alors que les enseignes, pour beaucoup fragilisées, vont se
Pour Philippe Gattet, directeur
d’études Xerfi, « cette même crise
va agir comme un catalyseur des   montrer extrêmement prudentes
   Le coworking
en forte croissance
Il dépoussière, ébranle
et modernise la vision traditionnelle des bureaux. En 2019, la France comptait plus
de 1 700 espaces de coworking (le premier espace a ouvert à Paris en 2008). Un marché qui
a triplé depuis 2017. Près de la moitié de l’offre des espaces
de coworking se concentre en Île-de-France. Une récente étude du cabinet de conseil Knight Frank relève qu’en 2010
il a été recensé environ 21 000 personnes à travailler dans ce type de configuration. Elles sont aujourd’hui près de 1,7 million.
« Dans ce nouveau monde numérique, les entreprises ont plus que jamais un besoin de flexibilité et de simplicité. Le coworking y répond parfaitement et va plus loin en proposant aux entreprises des écosystèmes collaboratifs propices à
leur bon développement. Le marché ne sera jamais saturé car le coworking a vocation à remplacer le bureau classique. Aujourd’hui, il représente 2 ou
3 % du marché du bureau, mais dans 10 ans il pourrait bien en représenter 20 % », estime Clément Alteresco, fondateur de Bureaux à Partager.
ecoreseau.fr octobre 2020
| 53
]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation par Adam Belghiti Alaoui et Geoffrey Wetzel
  le chiffre
            54%
Information tirée de l’étude Les grandes tendances du marché du travail réalisée par l’Ifop pour Michael Page. On y lit que 66 % des actifs occupés ont intégré de nouveaux outils dans leur quotidien professionnel au cours des trois dernières années (77 % des cadres). 64 % ont connu un élargissement de leurs missions (71 % des cadres) et 34 % avaient déjà connu de nouveaux environnements de travail lors du confinement (51 % des cadres).
Travailler autrement
Patrick Levy Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement
e plan de relance, présen- verdir l’économie française, pour té par le Gouvernement et respecter les accords de Paris et dont le credo est de soute- diminuer l’impact humain sur l’en- nir la relance économique, vironnement. Le numérique, car la
a réussi à bien identifier la plupart crise a révélé un besoin très impor-
EXPO
“Attention, Àtravail d’Arabe ”
la Maison du Com- battant, de la Vie as- sociative et citoyenne (Macvac), l’expo se
promet de « démonter tous les cli- chés des imaginaires collectifs ». Le centre culturel s’en prend aux préjugés racistes, et ça fait du bien. Jusqu’au 9 octobre, sur réservation, 20 rue Édouard Pailleron, 75019 Paris,0153728910.n
À toulouse,
evotec dynamise la biotech
seulement des actifs occupés jugent aujourd’hui efficace l’accompagnement proposé par leur employeur
     France Relance :
une opportunité pour Ll’emploi et la formation
Voilà déjà cinq ans qu’Evotec, spécialiste allemand de la recherche et de la découverte de médicaments, est installé à Toulouse. Le groupe qui siège à Hambourg s’est installé sur le biopark de la ville rose en 2015, dans le cadre d’une alliance stratégique avec Sanofi, qui comprend la reprise par Evotec de ses activités de R&D à Toulouse. La filiale d’Evotec donne un nouvel élan
au secteur biotech toulousain : après avoir triplé ses effectifs, elle emploie aujourd’hui 600 personnes sur le site. En juillet 2020, l’entreprise annonce son acquisition du biopark de Sanofi, désormais nommé Campus Curie, en l’honneur à la célèbre chimiste franco-polonaise.
Un rachat qui témoigne du dynamisme de la filière biotech et de l’écosystème toulousain. Craig Johnstone, président d’Evotec France : « Nous bénéficions ici
d’un environnement privilégié : nous avons accès à
des personnels hautement qualifiés, l’écosystème scientifique de la région est dynamique et varié, la qualité du site et des services est excellente. » Le groupe recrute activement et plus de 200 emplois, dont la plupart à haute valeur ajoutée, seront créés dans les deux prochaines années sur le site.
Soit A un succès dans la vie.Alors,A=x+y+z,
où x = travailler, y = s’amuser, x = se taire.
Albert Einstein
  des enjeux économiques, sociaux et environnementaux présents et fu- turs (écologie, numérique, emploi). 100 milliards d’euros sur 3 ans c’est ambitieux, mais nécessaire. Alors que la crise a heurté de plein fouet l’activité, il était d’abord essentiel d’investir dans l’emploi et la forma- tion. Je salue cette volonté double de créer et de protéger l’emploi déjà existant. C’est aussi une priorité de soutenir la formation (y compris pour les personnes sans qualifica- tion) ainsi que la transition profes- sionnelle, dans ce monde du travail en constante évolution. Acteurs pu- blics et privés doivent s’intéresser de plus près aux métiers de demain, notamment ceux liés à la transition écologique et à l’adaptation au nu- mérique. Il faut investir dans ces métiers, porteurs d’avenir. L’éco- logie, car nous devons à tout prix
tant d’améliorer les dispositifs de communication et de connexion. En investissant sur ces secteurs, le gouvernement innove et fait d’une pierre deux coups ; pour répondre à ces nouveaux besoins, de nouveaux emplois et formations spécialisées seront créés. Les jeunes, enfin, sont le dernier fer de lance de ce plan. Porteurs économiques de la France, ils doivent être encouragés pour s’orienter, se former et encourager les entreprises à les recruter. De nouveau, le dispositif semble am- bitieux, tout comme le démontre le slogan “1 jeune, 1 solution”. Mais ce plan est-il concrètement réali- sable ? Il nous appartient à tous d’y participer, de le rendre concret pour relever les défis et préparer la France à un avenir économique et social ambitieux. n
  54 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[ Mines Paristech-PSL signe
un contrat d’exploitation exclusive de technologie avec Sublime Énergie
des Masters in Management du Financial Times
excelia business School (ex-La rochelle business School) intègTre le top 50 mondial
out juste (48e sur 50), mais bel exploit cependant pour intégrer le Top 50 et entrer dans le clas- sement mondial des meilleurs
masters in management (programme Grande École). Voilà qui sacre bel et bien la réussite d’Excelia Business School, créée en 1988, qui s’offre au passage la 3e plus forte progression mondiale, et la plus forte progression des écoles fran- çaises – 10e des écoles de management en France, dans un classement resserré sur 90 établissements dans le monde. Beau
résultat de même pour Kedge qui décroche le 46e meilleur master en ma- nagement dans le monde.
Parmi les critères du FT figure la progression salariale des diplômé·es. Ceux·celles d’Excelia Business School voient passer leur salaire à 3 ans de 53,6 K$ à 60, 4 K$ avec une progression de 42 % contre 38 % en 2019. L’école obtient l’EQUIS (European Quality Improvement System)
et l’AMBA (Association of Masters of Business Administration), après l’AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business). Bruno Neil, le directeur général, veut redéfinir les missions de l’école « au regard des profondes mutations sociétales, tout en s’appuyant sur des fondamen- taux solides ».Le groupe compte cinq écoles: Excelia Business School, Ex- celia Tourism & Hospitality School, Excelia Digital School, Excelia Acade- my, Excelia Executive Education. Il compte 4 000 étudiants et un réseau de 18 700 diplômés. n
                         Les grandes écoles
sont un puits de science et d’innovation. La
règle se confirme avec la signature d’une convention d’exploitation exclusive par Sublime Énergie, entreprise à mission de la transition énergétique, d’une technologie développée par l’école d’ingénieurs Mines ParisTech. Créée en juillet 2019, dans
le cadre du mastère spécialisé Second life
deep tech entrepreneur
de l’école parisienne, Sublime Énergie dispose de l’exclusivité de l’exploitation de
la technologie de liquéfaction de biogaz brut à haute efficacité énergétique, mise
au point au Centre efficacité énergétique des systèmes (CES)
Mines ParisTech. Le but : créer de nouvelles filières d’approvisionnement local en biométhane, bioGNV (biométhane utilisé comme carburant vert)
et bioCO2. Par la même occasion, Sublime Énergie décroche le label Mines ParisTech Spin-Off, par lequel l’école accompagne des projets de création d’entreprise et s’engage dans un partenariat d’innovation.
briefing rh & formation Classement mondial 2020
pratique
 Neoma inaugure le premier campus numérique d’europe
Il y a plusieurs semaines, élèves, étudiant·tes et professeur·eures retrouvaient les bancs de l’école et de l’université. Crise sanitaire et impératifs de précaution obligent, les grandes écoles réinventent en partie leur pédagogie et développent toujours plus l’apprentissage à distance, faute de pouvoir continuer à assurer 100 % des cours en présentiel.
Malgré tout, pour Neoma BS, école de commerce basée
à Rouen, Reims et Paris, un cours en distanciel ne saurait se résumer à la transposition d’une classe classique
via une diffusion de
PowerPoint ou une visioconférence sur Zoom ou Skype. Action, réaction : Neoma a créé avec Laval Virtual, entreprise française de technologies de réalité virtuelle et augmentée, le premier campus 100 % numérique d’Europe capable d’accueillir notamment les étudiant·tes internationaux·ales. Les étudiant·es disposent d’un campus virtuel, qui présente grosso modo les mêmes propriétés que les locaux physiques, la proximité physique en moins. Chaque élève se crée un avatar. Connecté·e au campus accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, on accède au bâtiment virtuel pour suivre un cours, une conférence, un groupe de travail ou visiter la bibliothèque et les incubateurs. Proposé en priorité aux étudiant·tes internationaux·ales qui ne pourront se rendre sur les campus, l’alter ego numérique de Neoma est ouvert à tous les élèves lorsqu’ils sont en distanciel.
  ecoreseau.fr octobre 2020
| 55
]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation
 rennes School of business lance l’Académie Diderot pour favoriser l’intégration de ses étudiant·es étranger·ères
 Un pas de plus vers l’international. Avec la volonté d’intégrer – encore un peu mieux – ses étudiant·es étranger·ères au sein des entreprises françaises, Rennes School of Business a lancé ce qui s’appelle l’Académie Diderot, un centre dit FLE (Français
langue étrangère). Pour rappel, l’école de commerce bretonne accueille en- viron 55 % d’étranger·ères. L’objectif de l’Académie Diderot visera à « offrir aux étudiant·es internationaux·ales une opportunité de stimuler leur ni- veau de français et de mieux appréhender les spécificités de la culture fran- çaise, en fonction de leurs perspectives professionnelles et personnelles, à travers des parcours d’apprentissage inattendus, des cours « unframed » ou des jam sessions après les cours ». Sa mise en place définitive s’achève- ra en septembre 2021. Déjà récompensée par le label Bienvenue en France, Rennes School of Business entend bien rafler aussi le label Qualité FLE au cours de l’année prochaine. n
L’Institut Télémaque
lutte pour plus d’égalité
des chances
Renouer avec la sacro-sainte méritocratie. Dans un pays qui figure comme le plus inégalitaire d’Europe, où un enfant d’ouvrier·ères détient 11 fois moins de chances de décrocher son baccalauréat qu’un enfant
de cadres, il semble venu le moment de se focaliser sur l’égalité desdites chances. Un objectif pour Emmanuel Macron : « Je veux retrouver la sève du mérite », avait-il déclaré lors de son discours sur l’égalité des chances. Depuis maintenant 15 ans, l’Institut Télémaque accompagne des élèves issu·es de milieux modestes via notamment des mentorats « école- entreprise ». Plusieurs opérations sont menées pour encourager ces jeunes à trouver leur voie : sorties socioculturelles, visites d’entreprises, accompagnement scolaire. Le tout grâce à un·e salarié·e qui se porte volontaire, en compagnie d’un·e référente·e pédagogique. En moyenne,
chaque mentor, toutes et tous bénévoles, consacrent cinq heures par mois à leur filleul.
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octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[ Six grandes écoles animent la première édition
des Rencontres du développement durable
briefing rh & formation L’It boude les femmes...
jectifs de développement durable (ODD) adoptés par les Nations Unies en 2015. Audencia Nantes s’est vu confier la ses- sion finale, Conduire une transition juste, animée par un plateau d’invités renom- més parmi lesquel·les Sarah El Haïry, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse et de l’Engagement, Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’Économie, en masterclass de- puis l’étranger, Selwin Hart, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé de l’urgence climatique (lui aussi pour une masterclass). n
pratique
ou les femmes boudent l’It ?
  Du 22 au 29, septembre, l’Ins- titut Open Diplomacy a créé pour la première fois ces Ren- contres, coorganisées avec 6
grandes écoles françaises dans 7 villes françaises : Montpellier Business School, Kedge Business School à Marseille et Bordeaux, Burgundy School of Business à Dijon, l’ENA à Strasbourg, l’ESCP Business School à Paris et Audencia à Nantes. Ce rendez-vous désormais an- nuel participe à la mobilisation générale pour le cinquième anniversaire des Ob-
J’aime ma boîte
Aimer sUa boîte, c’est se protéger !
n nouveau virus est ap- Mais les vacances, c’est sacré : on
Où sont les femmes ? L’univers de l’IT (Information Technology) ne semble pas laisser une place bien
large à la gent féminine. Et pourtant, les femmes ont
été pionnières en la matière. Pour rappel, ce sont
bien six mathématiciennes qui ont programmé le
tout premier ordinateur électronique, l’Eniac, dans les années 1940. Jusqu’en 1960, au Royaume-Uni, les postes dits de « codage » se retrouvaient majoritairement occupés par des femmes. Depuis, la tendance s’est inversée : les informaticiens se révèlent rarement... des informaticiennes ! D’autant plus dommageable que le secteur de l’informatique et du numérique s’avère très porteur, plusieurs centaines de milliers d’emplois en France. Une moindre représentativité due en partie à une orientation genrée des jeunes filles durant leur scolarité, phénomène qui les détourne généralement du domaine de l’IT. Problématique puisque les entreprises auraient tout à gagner d’une meilleure mixité du point de vue de leur performance. D’où la nécessité de briser le plafond de verre.
que jamais à se battre pour elle.   mède, meilleur anxiolytique face
       paru en février 2020, oublie tout et on peut faire enfin la une pandémie désar- fête ! Le virus Sars-CoV-2 ne prend çonnant scientifiques pas de vacances.
Pas se battre n’importe comment, non ! Avec des gestes barrières et des masques afin de relancer l’acti- vité de leur boîte.
Ils avaient pour la plupart initiale- ment mésestimé l’importance de ce pilier fondamental de leur quo- tidien de leur avenir.
Au début, chacun se terrait et bé- nissait le télétravail. Puis peu à peu, l’angoisse est montée avec la perte des relations directes entre collègues et l’avenir économique incertain.
aux incertitudes professionnelles de demain.
Défendre sa boîte, aimer sa boîte, c’est se protéger. Et cette protec- tion, ensemble, est le meilleur antidote contre les inquiétudes envahissantes, les insomnies, les dépressions. Au sein de son en- treprise on doit aussi retrouver créativité, innovation et ambition économiques. Rire, réfléchir, créer, travailler et vivre avec. Plus que ja- mais, aimer sa boîte c’est aimer la vie : Les quatre saisons de la vie, ensemble.
William Lowenstein
interniste et addictologue Président de SOS-Addictions
et politiques sur tous les plans ou Automne 2020 : la crise écono-
presque. La cacophonie et l’ul- tracrépidarianisme accompagnent la litanie des chiffres morbides. Les débats des chaînes d’info se révèlent aussi incertains que les ex- perts attirés par la lumière, qui sont tout de même péremptoires dans unélande«toutàl’ego»!Notre Président de la République déclare la guerre à un ennemi invisible. Les entreprises sont atteintes...
mique et sociale prend le dessus. Combattre les deux semble tenir de l’impossible résolution d’une équa- tion à une ligne et deux inconnues. Pourtant, il nous faut « vivre avec », c’est-à-dire trouver un équilibre subtil entre la prise de risque et le travail...
Se protéger, protéger les autres n’était pas qu’une histoire de masques et de mains à laver. Il fal- lait protéger sa boîte !
Nous connaissons aussi un boule-
versement individuel par rapport à
l’activité économique. J’ai entendu
des patients non seulement impa-
tients de retrouver leur boîte, leur
pour éviter les raisins de la colère.   entreprise, mais aussi prêts plus   que jamais célébrée : meilleur re-
Été 2020 : la première vague est passée ? Il faut relancer l’économie
C’est pour cela que la Fête des En- treprises doit se tenir et être plus
 ecoreseau.fr octobre 2020 | 57
]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
   Formation continue, les écoles assurent
Chaque année, des milliers de salarié·es retournent en classe pour se former.
Ils·elles ont 25, 30 ou 40 ans et retrouvent les bancs de l’école. Ces Français·es ont fait le choix de la formation continue, la reprise de leurs études après une courte ou – parfois très longue – interruption. Envie d’évoluer dans leur carrière, d’améliorer leurs compétences ou simple sentiment d’inachevé, les adeptes de la formation continue disposent d’une offre très large en France : écoles de commerce, IAE (Instituts d’administration des entreprises), universités... un panel divers qui rend souvent le choix de son établissement difficile. Éclairage pratique.
constaté un véritable coup d’ac- célérateur ces cinq-dix dernières années », remarque Makram Chemangui, le directeur général adjoint de l’école nantaise. Sans doute pour s’adapter à une de- mande. Contrairement à la for- mation initiale, ils·elles en ont fini – le temps d’un instant – avec les études. Et puis il a fallu se (re) former. Pour des raisons multi- ples: aspiration à un poste plus élevé, reconversion, acquérir de nouveaux savoir-faire pour trouver un emploi. À Kedge Bu- siness School, « on ne forme pas moins de 5 000 personnes dans ce cadre chaque année, dont le public historique s’apparente à une clientèle btoc en quête d’une montée en compétences. Ces dernières années, nous consta- tons une forte évolution du btob et du btobtoc », explique Franck Roger, le directeur du dévelop- pement formation continue de l’école.
Même son du côté de l’Uni- versité de technologie de Com- piègne (UTC) : « Notre public se trouve généralement déjà en emploi, mais beaucoup sont porté·es par leur entreprise qui voient en eux·elles les ingé- nieur·es de demain, d’où cette volonté de préparer un diplôme d’ingénieur·e en formation continue », constate François Velu, directeur de la formation continue de l’UTC. Pour beau- coup de salarié·es qui n’ont pas toujours connu un parcours sco- laire des plus brillants durant leur jeunesse, ils·elles se rendent compte de la nécessité d’obtenir un diplôme pour gravir les éche- lons.
Le caractère professionnali- sant attire. Et il demeure incarné par l’ensemble du corps ensei- gnant, imprégné d’une culture d’entreprise. « Nous avons 60 % de nos intervenant·es qui sont issu·es du monde professionnel, et même nos professeur·es aca- démiques ont souvent eu une expérience en entreprise. D’où notre réelle appétence pour ce type d’enseignant·es », se féli- cite Franck Roger, directeur du développement à Kedge. Idem à l’IAE de Paris qui préfère miser sur des professeur·es capables de valoriser « cette double ex- périence des mondes de l’entre- prise et académique. Beaucoup de professionnel·les viennent aussi restituer leur vécu pour faire le lien avec les entreprises, et c’est cette relation étroite qui
À
accéder ? « La formation ne s’ar- rête pas, nous nous formons tout au long de notre vie », plaide Éric Lamarque, directeur de l’IAE de Paris. Alléchant sur le papier, mais difficile parfois de retour- ner en cours pour un·e salarié·e déjà en entreprise et qui parfois a construit une vie de famille. La formation continue requiert de l’engagement et une motiva- tion à toute épreuve. Condition sine qua non pour délivrer à ces « apprenant·es » des diplômes valorisés et qui témoignent de réelles compétences.
Porte d’entrée pour de nouvelles perspectives professionnelles
La formation continue ne date pas d’hier. Mais elle a claire- ment pris un sacré virage depuis peu : « Le dispositif de formation pendant la vie professionnelle est vieux d’une trentaine d’an- nées chez Audencia, mais on a
Beaucoup sont porté·es par leur entreprise qui voient en eux·elles les ingénieur·es de demain, d’où cette volonté de préparer un diplôme d’ingénieur·e en formation continue – François Velu, UTC.
  qui s’adresse la forma- tion continue ? Pour- quoi se former à 30 ou 40 ans ? Comment y
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octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[                    NANTES | VENDÉE | PARIS | BEIJING | SHENZHEN | CHENGDU
         sharing, innovating and daring !
10th anniversary of the Foundation
20th anniversary of the Audencia brand 10th anniversary of the WWF partnership 40th anniversary of the Executive Education 20th anniversary of the Specialised Master® Management and International Skills
120.audencia.com
#Audencia120
      audencia.com
  *De l’audace, toujours !
]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
     fait de la formation continue l’ADN des IAE, avec 80 % de nos étudiant·es en formation conti- nue », souligne Éric Lamarque.
Comment y accéder ?
Si la formation continue fait des émules, pas de place garantie. L’entrée au sein de la formation s’opère après l’étude du dossier: « On préfère sélectionner et ain- si éliminer l’échec en amont », avance le directeur de l’IAE de Pa- ris, « pour certains programmes, l’accès se fait sur concours no- tamment le programme grande école, mais sinon pour la plu- part, nous regardons les dossiers, qui déboucheront sur une phase d’admissibilité, avant un entre- tien oral d’au moins une heure composé d’un jury de deux per- sonnes », énumère Franck Roger pour Kedge Business School dont l’offre est assez large : « Un tiers de nos formations ont été adap- tées spécifiquement pour un pu- blic de formation continue. »
Bien sûr, pour le·la futur·e ap- prenant·e, il faudra se montrer capable de faire des sacrifices. Ja- mais simple de retrouver le che- min de l’école quand on arpente déjà les murs de l’entreprise pen- dant un certain nombre d’années ou lorsque l’on doit s’occuper de ses enfants. De là, la motiva- tion du·de la candidat·e se devra d’être sans faille. Pour Makram Chemangi, directeur général adjoint d’Audencia, mieux vaut le concours de son entreprise: « S’engager dans une formation continue diplômante constitue un réel investissement person- nel et professionnel. Donc, ef- fectivement, si le projet n’est pas coconstruit avec l’entreprise, l’apprenant·e pourra éprouver de grandes difficultés à suppor- ter les exigences du programme. Mais si le choix de la formation continue est encouragé par l’en- treprise, alors il ou elle saura mieux s’adapter. »
« des classes virtuelles sont mises en place pour plus de flexibilité », annonce Makram Chemangui et les horaires de cours s’étalent entre midi et deux ou le soir pour combiner l’emploi du temps de l’apprenant·e avec celui de son entreprise.
Des diplômes valorisés
et très peu d’échec Plusieurs formules existent. Là où certain·es poursuivent une formation continue diplômante, d’autres souhaitent simplement décrocher un certificat ou va- lider des modules. Un jargon complexe. Bien sûr, les titres dé- livrés n’offrent sans doute pas les mêmes perspectives, un diplôme se montre logiquement plus complet qu’un module, mais en aucun cas – à titre équivalent –, sortir diplômé·e d’un cursus en formation continue relève d’une moindre valorisation comparati- vement à un diplôme qui aurait été préparé en formation initiale. Au contraire, « les entreprises se rendent bien compte que l’appre- nant·e est parvenu·e à sortir de sa zone de confort, témoigne de son évolution, elles voient d’un très bon œil la reprise d’études et n’hésitent pas à l’accompa- gner », affirme Franck Roger. Pas de doutes non plus chez Makram Chemangui : « Nous ne délivrons pas de diplômes maisons! Les diplômes de la formation conti- nue sont accrédités au même titre que les programmes en ini- tiale, on retrouve le même degré d’exigence », estime le directeur général adjoint d’Audencia. Les diplômé·es en formation conti- nue pourraient même se démar- quer des autres via «tout leur background et leurs expériences
 Pour aider au mieux cette
conciliation vie professionnelle
et personnelle, certains emplois
du temps se révèlent aména-
geables pour faciliter l’organisa-
tion de la personne en formation.
C’est vrai à l’UTC : « Il est pos-
sible de travailler en temps parta-
gé, par exemple dans le cas d’une
formation sur trois ans, le·la for-
mé·e pourra se retrouver sur les
bancs de l’UTC deux jours et
demie par semaine et bénéficiera
de six mois en entreprise », pré-
cise François Velu, directeur de
la formation continue. À Nantes,   professionnelles passées »,
60 |
octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[ carrières & talents
pratique
Nous ne délivrons pas de diplômes maisons ! Les diplômes de la formation continue sont accrédités au même titre que les programmes en initiale – Makram Chemangui, Audencia.
formation continue à l’IAE de   toujours possible. Avec une
          plaide François Velu. Le fameux   soft
Paris, les apprenant·es devront se confronter aux travaux en groupe mais aussi au... « bon vieil examen sur table, seul·e devant sa copie », souligne Éric Lamarque. Ce goût pour le sa- voir-être et les projets de groupe reste a priori plus prononcé au sein des grandes écoles de com- merce. « Difficile de mesurer le leadership d’une personne sur une copie », ironise Makram Chemangui.Àl’arrivée,trèspeu d’échec, « 98 % de réussite », se réjouit Audencia, « un pourcen- tage très faible d’échec », note Franck Roger à Kedge Business School.
bonne dose de motivation bien entendu pour suivre le rythme imposé par la formation conti- nue. Sans compter vos activités périphériques, qu’elles soient professionnelles ou familiales. Si vous vous sentez prêt·es, reste alors à choisir l’établisse- ment qui correspond le plus à vos attentes. Hormis les écoles et universités que nous avons déjà mentionnées, la forma- tioncontinueexisteaussidans d’autres établissements comme l’EM Lyon Business School, l’Essec Business School ou en- core l’IAE d’Aix-Marseille. La balle, futur·es apprenant·es, est dans votre camp.
GeoFFreY WetZeL
skills : 360heuresdecourshardskills qui se concentrent sur les no- tions de rentabilité ou de risque, par exemple. Je crois qu’il faut d’abord se montrer compétent·e dans son métier avant de déve- lopper le savoir-être. » Illustra-
« Nous
dispensons
 tandem théorie-pratique, très
convoité par les entreprises.
Avant la remise du diplôme,
indispensable de passer par la
case « examens ». Pour Éric La-
marque, directeur de l’IAE de
Paris, attention à ne pas tomber
dans une évaluation unique des   tion : pour valider un cursus en   parcours, se former demeure
Peu importe votre âge ou votre
   ecoreseau.fr octobre 2020
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]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
 Immobilier et placements Comment diversifier son patrimoine en toute sécurité
 Immobilier, on s’adapte p.64 Des placements calculés dans l’immobilier p.68 Baromètre patrimoine & fiscalité p.70 Baromètre finance de marché p.74 Culture & Co p.78 Essais auto p.80 Art du temps p.82
62 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[patrimoine
vie privée
 ecoreseau.fr octobre 2020 | 63
]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[              vie privée
1
patrimoine
Immobilier, on s’adapte
vel appartement de Boulogne, nous aurions pu acquérir un bien plus vaste à Neuilly, mais nous avons clairement privilé- gié l’existence d’un jardin. Nous avons même installé une piscine gonflable pour les enfants », se félicite Daphné.
D’autres critères, comme l’orientation, pensée
« télétravail »
Les attentes des acquéreurs ont clairement évolué après le confi- nement. La luminosité, le calme, des espaces extérieurs figurent désormais parmi les principaux critères de sélection d’un bien. « Les particuliers qui en ont les moyens cherchent une pièce de plus, un balcon, une terrasse, voire un bout de jardin. Cer- tains regrettent d’avoir dépensé 50 000 euros dans une voiture au lieu de consacrer cette somme à l’achat d’une résidence plus spa- cieuse. On constate en outre une forme de prise de conscience des ménages après la pandémie. Ils se recentrent sur leur noyau familial et cherchent à protéger les leurs, ils veulent faire de leur lieu d’habitation un cocon », constate Pierre-Louis Baslez, agent immobilier chez Michaël Zingraf Real Estate à Paris. De même, certains critères jusque- là plutôt considérés comme des variables d’ajustement, ont changé. Auparavant, beaucoup de Français·es estimaient que leur maison ou leur apparte- ment de rêve devait être orien- té·e au sud. Mais le changement climatique et le confinement ont changé la donne. Interrogée fin août sur Europe 1, Christine Fu- magalli, la présidente du réseau d’agences immobilières Orpi, révélait que 68 % des ménages privilégiaient désormais une exposition ouest. Être orienté à l’ouest évite le plein soleil toute la journée, notamment quand on veut télétravailler, et permet de profiter d’une jolie lumière le soir. Cette quête d’une meilleure qualité de vie n’a pas échappé aux spécialistes de l’immobilier résidentiel. Sur son site Inter- net, Emerige, par exemple, met en avant son programme situé à Paris dans le XVe arrondis- sement, baptisé Ateliers Vau- girard. Le promoteur propose « des appartements lumineux, pour la plupart traversants, dé- clinés du 2 au 5 pièces duplex. Tous disposent de surfaces ex- térieures particulièrement géné-
Des choix nouveaux
à cause du confinement
 « De l’air, un peu d’air, c’est juste une question de survie », chantait au début des années 2000, le groupe L5. Près de 20 ans plus tard, les fans de Popstars confi- nés en ville se sont sous doute surpris à fredonner de nouveau ce tube oublié. Pour preuve, observait début septembre PAP [De Particulier à Particulier], certains types de biens comme les appartements avec balcons ou terrasses ou les maisons en périphérie des agglomérations
(si elles sont bien desservies et connectées à Internet, vogue du télétravail oblige) trouvent en- core très vite preneurs depuis le mois de mai. Au printemps, Ay- meric et Daphné, deux quadra- génaires avec deux jeunes en- fants, n’ont pas hésité à vendre leur spacieux appartement à étage élevé de Neuilly, mais sans balcon, pour acquérir un rez- de-chaussée avec jardin à Bou- logne. « Côté prix, nous n’avons pas fait l’affaire du siècle. Avec le montant déboursé pour le nou-
Certains types de biens comme les appartements avec balcons ou terrasses ou les maisons en périphérie des agglomérations (si elles sont bien desservies et connectées à Internet, vogue du télétravail oblige) trouvent encore très vite preneurs depuis le mois de mai.
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  ]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
reuses, notamment des balcons ou de belles terrasses en attique pour les étages supérieurs ». Ses concurrents comme Pitch Promotion, Catala et Cappelli font également la part belle sur leurs sites aux programmes avec jardins et terrasses en Île-de- France comme en province.
Changer de ville,
de département,
de région ne fait plus peur Si certains particuliers ont fait le choix d’améliorer leur qualité de vie en restant dans leur ville, d’autres rêvent de verdure et/ou de soleil. Alexandra et Stéphane ont vendu dès la fin du confine- ment leur appartement parisien du boulevard Flandrin pour s’installer avec leurs deux jeunes enfants sur la Côte d’Azur. « Le confinement nous a fait réflé- chir. Auparavant, cette instal- lation dans le Sud n’était qu’un vague projet, mais la pandémie a accéléré les choses. Depuis fin juin, nous louons une maison avec piscine près de Cannes en attendant de trouver la villa de nos rêves », explique Alexan- dra qui reconnaît que ce chan- gement de vie a été également rendu possible par l’essor du té- létravail. En juin, Orpi a publié une étude qui confirme cette envie d’ailleurs. Selon le réseau d’agences, un acheteur sur trois a fait évoluer son projet immo- bilier entre mars et mai. Une large tendance se dégageait : la recherche de plus grands es- paces intérieurs ou extérieurs : 26 % souhaitent dorénavant un extérieur, 19 % voudraient un espace de vie plus grand pour leur famille ou bien encore 19 % ne veulent plus de vis-à-vis ni de copropriété. Et pour cela, ils sont prêts à s’éloigner. Un quart des répondants souhaitent changer de ville (9,4 %), de dé- partement (5,6 %) ou de région (8,9 %). En régions, les promo- teurs s’activent pour s’adapter à la demande. Le Groupe Giboire vient de débuter la commercia- lisation d’un programme. À 10 minutes de l’entrée de Rennes, à Betton, la résidence assure à ses habitants, à la fois, les atouts d’une vie au calme, dans un cadre verdoyant, et une vie économique et culturelle dy- namique : commerces, services de proximité, infrastructures sportives de qualité, établisse- ments scolaires... Elle est égale-
patrimoine
  ment très bien desservie par les transports en commun. D’autres promoteurs réputés comme le groupe Oceanis jouent des mêmes armes pour séduire une clientèle à la recherche de calme de confort en régions.
Recherche métropoles
Si Alexandra et Stéphane ont pu réaliser leur projet, la grande majorité des Français·es ont revu leurs ambitions à la baisse. Ce que confirme Seloger : l’exode urbain des Parisien·nes annoncé au printemps n’a pas eu lieu. Les acheteurs ont été rattrapés par la réalité du monde de l’entreprise avec l’obligation faite à une ma- jorité de salarié·es de réintégrer leurs bureaux. Lesquel·les re- gardent donc des biens à moins d’une heure de leur lieu de tra- vail. « Même si la banalisation du télétravail change la donne, force est de constater que c’est en ville que se concentre l’emploi. C’est cette métropolisation de la croissance qui fait se concen- trer les nouveaux jobs dans les grands centres urbains et se vider les petites villes au profit des grandes », observe la plate- forme immobilière. Son étude publiée début septembre révèle d’ailleurs qu’entre le 11 mai et le 31 août de cette année et en 2019, les métropoles ont conti- nué de figurer en bonne place dans les recherches immobi- lières (à l’achat comme à la loca- tion) sur son site.
Une occasion pour
les banques de
s’arracher de bons clients Bonne nouvelle pour ceux qui sont en quête d’une pièce de plus, d’une terrasse ou d’une maison spacieuse, les taux des
Une étude Orpi montre que 26 % des acheteur·euses souhaitent dorénavant un extérieur, 19 % voudraient un espace de vie plus grand pour leur famille ou bien encore 19 % ne veulent plus de vis-à-vis ni de copropriété.
     prêts restent très faibles. Le taux moyen a reculé de 4 points de- puis juin pour atteindre 1,24 % au mois d’août. Dans les mois à venir, ces taux ne devraient guère augmenter grâce à l’ab- sence d’inflation et la politique monétaire très accommodante de la BCE. Mais les banques sont bien moins prêteuses qu’au- paravant. « Le marché du cré- dit immobilier résidentiel est moins dynamique qu’il y a un an. On observe moins de jeunes primo-accédant·es. Une situa- tion qui s’explique directement par les recommandations du HCSF », explique Jean-Marc Vilon, directeur général de Cré- dit Logement. Cet organisme vient d’ailleurs de confirmer ses recommandations formu- lées à l’hiver 2019. Inquiet de la formation d’une bulle im- mobilière, le HCSF contraint les banques dans l’octroi des crédits immobiliers. Parmi ces recommandations, on retrouve l’application de la règle d’endet- tement de 33 % maximum pour les particuliers : le montant des mensualités ne doit pas dépasser un tiers de revenus nets actuels du ménage. Les prêts de plus de 25 ans restent également bannis. « Il faut cependant relativiser cette dernière recommanda- tion. Les crédits supérieurs à 25 ans ne représentaient l’an der-
nier que 2 % du marché. En re- vanche, il est vrai que ce sont les primo-accédant·es qui avaient le plus recours à des crédits de long terme. On observe que les dos- siers qui passaient l’an dernier ne passent plus, que les banques se concentrent davantage sur une clientèle au profil patrimo- nial », précise Jean-Marc Vilon. Selon lui, la baisse de la produc- tion de crédit enregistrée depuis le début de l’année s’explique davantage par les recomman- dations du HCSF que par la co- vid-19. Pour autant, les condi- tions restent attractives. Les taux moyens se sont établis à 1,24 % en août, légèrement au-dessus du plancher de novembre 2019, et sa moyenne de 1,12 %, révèle le dernier observatoire de Cré- dit Logement. « Si les banques respectent les recommandations du HSCF afin d’éviter des sanc- tions, elles n’ont pas fermé le ro- binet du crédit. Elles se livrent une concurrence féroce dans ce secteur qui revêt pour elles une importance majeure. C’est le plus souvent l’unique occa- sion de conquérir un client de
la concurrence », Vilon.
ajoute Marc
 66 | octobre 2020 ecoreseau.fr
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Après la période du confine- ment, les sociétés de gestion ont pu établir de nouveaux objectifs de rendement pour l’année 2020. Mal- gré un contexte économique très impacté, nombre de gestionnaires annoncent des objectifs de ren- dement supérieur à 4 %. Certains fonds se démarquent en communi- quant un rendement prévisionnel 2020 supérieur à 5 % grâce à une exposition sectorielle et géogra- phique diversifiée. « Pour la 9e an- née consécutive, Corum atteindra, voire dépassera ses objectifs grâce à une gestion 100 % interne, agile et opportuniste. Les fondamentaux de nos SCPI sont solides, comme l’a montré la période que nous ve- nons de traverser. Celle qui s’ouvre est faite d’incertitudes et donc de risques, mais aussi, comme sou- vent en pareille situation, d’op- portunités, que nous travaillons à identifier et anticiper», se félicite Frédéric Puzin, fondateur de Co- rum. Un optimisme partagé par d’autres grands acteurs du secteur, comme Asac-Fapes ou Primonial REIM. Lequel recommande aux investisseurs de miser sur les SCPI spécialisées dans les typologies im- mobilières les plus résilientes. « La crise sanitaire a engendré une crise économique asymétrique, forte-
Il apparaît intéressant d’intégrer des SCPI dans une assurance vie afin d’en doper son rendement.
dans l’immobilier Comment diversifier son patrimoine ?
 Si un grand nombre de mé- nages focalisent leur atten- tion sur l’acquisition d’une résidence principale, cer-
tains ont fait le choix d’investir dans une résidence secondaire, comme le constate Éric Raphaël, en charge du secteur de Saint-Tropez pour Michaël Zingraf Real Estate Christie’s. « La pandémie du coro- navirus a déclenché un retour des Français·es à Saint-Tropez et ses alentours. Aujourd’hui, 30 % de notre clientèle est française, contre moins de 20 % auparavant. Avec l’expérience du confinement, notre clientèle française cherche une rési- dence secondaire de standing, dans un cadre agréable et accessible en voiture ou en train. Elle cherche à se faire plaisir sans perdre de vue qu’il s’agit aussi d’un bon place- ment. »
Affaire de TMI
Une analyse partagée par Mar- celina Stark, directrice générale associée chez Angelys Group, spécialiste de l’immobilier an- cien. « L’après-confinement marque une montée importante de demandes pour des villes moyennes telles que Nîmes, Avignon, Perpignan ou Aix-en- Provence. Derrière cette quête de biens de qualité et idéale-
ment situés, les investisseurs té- moignent de leur conviction que l’immobilier ancien reste une vraie valeur refuge. Un change- ment dans l’objectif de l’inves- tissement est à souligner car les investisseurs n’achètent plus for- cément pour revendre. Ils sont nombreux à préférer la conser- vation du bien pour eux, pour leur retraite ou dans le cadre d’une transmission familiale », observe la professionnelle. Ces investisseurs, ajoute-t-elle, en- tendent utiliser les dispositifs fiscaux existants pour doper leur rendement. « Chacun de ces dispositifs a “sa clientèle”. Le Pinel ancien ou Pinel réhabilité s’adressent à des investisseurs dont les revenus ne dépassent pas une tranche marginale d’im- position, TMI, de 14 % et qui est particulièrement sensible aux cœurs de ville où le marché locatif est tendu. Le disposi- tif Denormandie, lui, concerne une clientèle dont la TMI égale 14 % et qui est attentive à des centres de villes moyennes pour les redynamiser et éviter leur paupérisation. Pour le Malraux, la clientèle affiche une TMI qui dépasse les 30 %. Elle s’intéresse au marché de l’immobilier an- cien haut de gamme. Du côté du
dispositif Monument historique, la TMI des investisseurs dépasse les 40 %. Cette clientèle vise l’immobilier ancien et les biens classés. Enfin, le déficit fon- cier est retenu par une clientèle dont la TMI est égale ou dépasse 30 % et qui dispose de revenus fonciers positifs. Ce qui signifie qu’elle détient déjà de l’immo- bilier et que sa sensibilité aux vieilles pierres est élevée », ex- plique Marcelina Stark.
SCPI intégrées
dans une assurance vie
Les sociétés civiles de place- ments immobiliers (SCPI), par lesquelles investir dans l’im- mobilier professionnel, ont eu le vent en poupe ces dernières années. Depuis quelques mois, certains redoutent l’impact de la crise sanitaire sur leur rende- ment en raison de leur exposi- tion à l’immobilier commercial et des bureaux. Pourtant, les premiers chiffres sont encoura- geants.
ment concentrée sur les entreprises dépendantes du tourisme comme hôtels et aéronautique, vulnérables en termes de fonds propres, cas des PME et TPE, et impliquant un brassage social, je pense à l’évé- nementiel, aux centres commer- ciaux, aux restaurants. À l’inverse, les grands « corporates » locataires de bureaux disposent d’un niveau de provisionnement des risques, une diversification de leurs acti- vités, etc., qui leur permettent de traverser une période difficile », analyse Daniel While, directeur du département recherche et stra- tégie de Primonial REIM. Aussi, il apparaît intéressant d’intégrer des SCPI dans une assurance vie afin d’en doper son rendement. « Il faut veiller seulement à ne pas se voir infliger des frais importants, ceux de l’assurance vie et ceux propres à la gestion des SCPI », conseille Christian Cacciuttolo, président de l’Unep – Union nationale d’épargne et de prévoyance. PIerre-JeAN LePAGNot
  68 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[                      Pour investir dans le neuf,
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]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
   bons plans vision
LOsez investir en actions !
a prudence est mère de sû- çais.es estiment que la crise reté et les Français.es l’ont sanitaire des derniers mois bien compris. Rongés par les pousse à épargner davan- l’inquiétude liée à la crise tage, 20 % se tournent vers
sanitaire, les ménages épargnent des placements plus sûrs,
  massivement. Selon la Banque de France, le taux d’épargne pour- rait atteindre 22,3 % cette année, contre15%àfin2019.Oùvacet argent ? Dans des placements sans risque. 2020 s’annonce record pour le Livret A. Depuis le mois de jan- vier, 22,5 milliards d’euros ont été transférés sur un produit qui ne rapporte quasiment rien (+ 0,5 %). Plus édifiant encore. Toujours d’après la Banque de France, les mé- nages français ont déjà placé près de 100 milliards d’euros sur des dé- pôts bancaires au premier semestre, dont 60 milliards sur les dépôts à vue, qui ne rapportent rien du tout. Les investisseurs individuels restent donc allergiques au risque. Selon un sondage réalisé par Odoxa pour l’Institut de l’épargne foncière et immobilière (IEIF), 53 % des Fran-
analyse
Les SCPI face à la génération Z
Les sociétés civiles de placements
immobiliers (SCPI), qui offrent
d’investir dans l’immobilier pro-
fessionnel (bureaux et commerces
notamment), ont eu le vent en
poupe. Depuis quelques mois, cer-
tains redoutent l’impact de la crise
sanitaire sur leur rendement. Face
à cette inquiétude, les profession-
nels du secteur s’emploient à ras-
surer. « Sans minimiser les consé-
quences économiques et sociales
majeures de la crise de covid-19, nous voulons croire en des jours meilleurs », indique ainsi Guillaume Arnaud, président du directoire de Sofidy. Les SCPI de rende- ment, par exemple, ont dégagé en moyenne sur 10 ans et 15 ans un taux de rendement interne (TRI) de res- pectivement 6,4 % et de 8,5 %. « Dans un contexte de taux extrêmement bas, voire négatifs parfois, le risque immobilier a donc rarement été aussi bien rémunéré. Par ailleurs, s’ils sont réinvestis chaque année dans l’achat de parts, les dividendes versés par les SCPI de rendement contribuent sur longue période à l’essentiel de la valorisation du capital initial », rappelle le diri- geant. Toutefois faut-il que ces dividendes soient encore et toujours pérennes, ce qui est selon Sodify, toujours le cas des SCPI. « Gérées par des experts, elles ont l’agi-
17 % sont incités à consom-
mer davantage et seulement
9 % envisagent d’investir en Bourse pour « profiter » de
la baisse du CAC 40 en vue
d’un rebond futur. Si l’on en croit l’IEIF, ces derniers voient juste. Sur une longue période, 30 à 40 ans, la performance des actions, de l’immobilier et des obligations, est très largement supérieure à celle des placements dits « sans risque ». Sur une telle période, elle est supé- rieure ou égale à 10 % par an pour les deux premiers cités et environ 6 % par an pour les obligations. « Certes, une telle durée d’analyse a de quoi paraître excessive, mais elle ne représente ni plus ni moins que la durée de la vie active. Or, c’est justement cette durée qui permet la phase d’accumulation de patri-
moine afin de pouvoir ensuite la restituer au moment de la retraite. Pour performer dans le temps, le meilleur moyen est de ne surtout pas être investi uniquement sur des dépôts bancaires», souligne Gré- gory Lecler, président de Prudentia Patrimoine. « Si les risques et l’in- certitude vous effraient, la solu- tion la plus sage consiste à investir progressivement, en fractionnant les montants, afin de “lisser” dans le temps les prix de revient. Ce qui constituera alors la meilleure des protections pour vous prémunir de futures baisses », conclut le profes- sionnel. n
lité pour s’adapter aux évolutions sociétales et donc à se reposition- ner sur les segments immobiliers les plus porteurs et à déployer des stratégies actives de diversifica- tion », précise Guillaume Arnaud. Tout l’enjeu pour les gérants sera de s’adapter à une nouvelle réalité pour les bureaux. « Les nouveaux entrants sur le marché du travail, qui s’identifient désormais large- ment à la “génération Z”, privi-
légient des valeurs d’interaction sociale, de bien-être et d’éthique au travail. Pour s’adapter à cette nouvelle donne, priorité est donnée à la qualité plutôt qu’à la quantité », souligne Marc Reijnen, responsable des investissements et de la gestion d’actifs pour l’Europe continentale chez M&G Real Estate. Dès lors, les bu- reaux de qualité implantés dans les quartiers centraux et les centres névralgiques seront donc probablement les grands gagnants. « Leurs atouts : une meilleure connectivité, des économies d’agglomération concen- trant de nombreux services, l’attraction et la rétention des talents ou encore une empreinte carbone plus faible. À long terme, nous anticipons que ces facteurs l’empor- teraient sur les problématiques à court terme induites par la distanciation sociale », conclut l’expert. n
   Les investisseurs particuliers restent confiants malgré la covid-19
Boursier.com pense que « les particuliers s’attendent avec optimisme à des rendements
totaux annuels moyens supérieurs à 10 %
au cours des cinq prochaines années, malgré l’incertitude causée par la covid-19,
a constaté l’étude Schroders Global Investor Study 2020. Les investisseurs européens sont plus prudents avec une prévision de rendement moyen de 9,4 %. Les Français.es se situent juste au-dessus, avec des attentes de 8,3%.»
Actions : les stratégistes divisés
Lu dans Les Échos-Investir : les stratégistes de Natixis Investment Managers et ses affiliés sont partagés sur l’évolution des actifs risqués d’ici à la fin de l’année. Pour
53 % des stratégistes interrogés, un mouvement à la vente sera observé sur les actions, 47 % estiment
au contraire que la séquence de hausse en cours va se poursuivre. Une deuxième vague de covid est en tête des préoccupations, suivie par les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine et les prochaines élections américaines.
L’Ir-PMe passe à 25 % de réduction d’impôts Bonne nouvelle pour les investisseurs ! Le dispositif Madelin/ IR-PME évolue avec une meilleure réduction d’impôts sur le revenu pour l’investisseur. Cet avantage
fiscal particulièrement intéressant autorisait un particulier souhaitant investir au capital d’une PME de bénéficier
d’une réduction de son impôt sur le revenu à hauteur de 18 %. Depuis
le 10 août, la réduction est passée
à 25 %. Ce dispositif s’applique à tout investissement réalisé avant le 31 décembre 2020.
   70 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité
   focus
Transmission : comment réussir
le « saut de génération »
Entre l’augmentation de la longévité, l’accès plus tardif des jeunes au marché du travail et
le poids de droits de succession, de plus en plus de grands-pa- rents sont tentés de sauter une génération et de transmettre directement leur patrimoine à leurs petits-enfants. L’enjeu est d’importance. Les retraités dé- tiennent, en moyenne un patri- moine plus élevé que les actifs. De plus, ils sont plus souvent propriétaires de leur logement. Quelles stratégies pour opti- miser la fiscalité et éviter aux jeunes bénéficiaires la tentation de dilapider le capital ?
Les grands-parents peuvent tout d’abord, par donation de leur vivant, ou par legs testa- mentaire, gratifier les petits-en- fants en utilisant la quotité disponible de leur patrimoine (quiestde50%,33,3%ou25% selon le nombre d’enfants). La donation peut prendre la forme d’une donation à terme, le bien n’étant délivré que lorsque le ou les bénéficiaires atteindront un âge minimum (par exemple, 25 ans). Ils vont également les désigner, totalement ou partiel- lement, en pleine propriété ou en nue-propriété, comme béné- ficiaires de contrats d’assurance vie, chacun d’eux profitera de l’abattement unitaire de 152 500 euros.
Mise en place des stratégies de transmissions résiduelles ou graduelles.
« Ces stratégies consistent à transmettre aux enfants un patrimoine, avec faculté (ou obligation) de redonner ce qu’il en restera aux petits-enfants. Dans ce cas de figure, à la pre- mière transmission, les enfants acquittent des droits identiques à ceux d’une transmission or- dinaire. À la seconde transmis- sion, les petits-enfants devront également acquitter des droits, mais ils pourront imputer sur
  ceux-ci les droits dus lors de la première transmission », ex- plique Jean-Francois Lucq, di- recteur de l’ingénierie patrimo- niale de Banque Richelieu. Cette solution présente également l’avantage de ne pas transmettre trop tôt un patrimoine aux pe- tits-enfants, patrimoine qui pourrait leur donner le vertige, tout en évitant de les pénaliser lors de la seconde transmission. Y a-t-il d’autres stratégies ? Oui, répond Jean-Francois Lucq. « À la succession des grands-pa- rents, leurs enfants vont déci- der de renoncer à la succession. Dans ce cas de figure, ce seront les petits-enfants qui viendront à la succession par représenta- tion des héritiers renonçants. Il convient ici de préciser qu’une acceptation partielle de la succession n’est pas possible, l’héritier n’a le choix qu’entre accepter ou renoncer », précise le professionnel. Les parents peuvent également renoncer au bénéfice de contrats d’assurance vie, mais il convient dans ce cas de vérifier que la renonciation bénéficie bien à leurs enfants et non à d’autres bénéficiaires dé- signés au contrat. « Il est égale- ment possible de mixer les deux stratégies : renonciation à la succession et acceptation du bé- néfice des contrats d’assurance vie, ou l’inverse. » n
 72 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 ACHETEZ/VENDEZ     Le chiffre
 Paris : les 11 000 euros/m2 ne seront pas atteints, selon Meilleurs Agents
 +58%
le gain du fonds de hedge fund le plus performant de l’histoire, Medallion fund, au premier semestre 2020
  ecoreseau.fr octobre 2020 | 73
]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
   bons plans
barclays apprécie
les utilities françaises Dans le sillage des résultats semestriels des géants européens de l’énergie, Barclays
a confirmé
son opinion de surpondérer sur les français Engie et EDF. Le broker
estime que la surperformance de l’action Engie (+ 7 % depuis
la publication des résultats semestriels, le 31 juillet contre
– 3 % pour l’indice Stoxx 600 utilities) devrait se poursuivre au second semestre. Il considère également injustifiée la sous- performance d’EDF compte tenu de ses perspectives encourageantes (réforme
du marché de l’électricité, réorganisation du groupe).
Invest Securities mise sur Dassault Systèmes Invest Securities a relevé
son objectif de cours de 178 à
200 euros sur Dassault Systèmes
tout en réitérant sa recommandation d’achat. Le broker juge l’éditeur français de logiciels décoté eu égard à ses solides atouts avec
une diversification sectorielle bien meilleure qu’avant la précédente crise de 2008 et un développement particulièrement opportun dans le domaine des sciences de la vie.
Pour Mirabaud,
le nickel, c’est nickel Fin septembre, le cours du nickel affichait un repli de 14 % depuis un an. Selon Mirabaud, le cours du « métal du diable » argenté utilisé dans la fabrication de
batteries pourrait progresser à moyen terme, soutenu par l’essor des véhicules
électriques. Il devrait également profiter de la perspective de tensions sur l’approvisionnement en raison du manque de nouveaux gisements en production.
SPÉCULONS !
  Acheter une certaine résilience
85 83 81 79 77 75 73 71 69 67 65
28/07 07/08 19/08
Depuis la crise de la covid-19, la société française d’ingénierie navale GTT a démontré la résilience de son activité, observe le broker allemand Berenberg qui recommande le titre à l’achat avec un objectif de cours de 100 euros.
            24/06 06/07 16/07
31/08 10/09
20/09
   analyse
        UAutomne incertain sur les Bourses
ne fois n’est pas coutume, les Bourses ont vécu un bel été. Le « rallye du coronavirus » commencé après la chute de la fin mars s’est poursuivi. L’optimisme des investisseurs a été
alimenté par les espoirs de vaccins contre la covid-19 et la confirmation de la reprise de la croissance mondiale. Les marchés actions mondiaux ont nettement progressé, en témoigne l’indice MSCI All-Country World qui signe son cinquième mois consécutif de hausse pour la première fois depuis 2018. Mais la tendance s’est progressivement inver- sée en septembre. À Wall Street, le S&P500, l’indice pré- féré des gérants, et le Nasdaq ont accusé vendredi 18 sep- tembre leur troisième semaine consécutive dans le rouge. Est-il temps de prendre du recul ? Les avis divergent. « En cette fin d’été, la question se pose maintenant de savoir s’il est encore temps d’investir dans les actifs risqués. Mais l’automne offrant également de belles journées, ce rallye “défiant la gravité” n’est peut-être pas tout à fait terminé. Les niveaux de valorisations restent facialement élevés mais ne font en réalité qu’intégrer une réalité macroéco- nomique favorable aux actifs risqués », estime Laurent Denize global Co-CIO chez Oddo BHF Asset Manage- ment, qui continue de privilégier les actions. Chez UBS, on estime que de la volatilité est à prévoir sur les marchés actions et une diversification s’impose, mais il faut rester
  investi, la tendance à moyen terme est positive. À court terme en tout cas, Karl Toussaint du Wast, cofondateur de Netinvestissement, recommande la prudence. Selon lui, le « rallye du coronavirus » apparaît purement spéculatif. « Aujourd’hui, les marchés qui sont censés anticiper les profits futurs sont bien trop optimistes. Certes, les licen- ciements ont été globalement évités et bon nombre d’en- treprises ont reçu le soutien de l’État mais bientôt, cette béquille va s’effacer et nous risquons de traverser une crise structurelle. Selon moi, le CAC 40 pourrait bien retomber sous les 4 000 points dès cet automne ».
 74 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre finance & marchés
vie privée
 ecoreseau.fr octobre 2020 | 75
]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés
  experts
 Nicky Maan, CEO de Spectrum Markets
« Nous nous sommes penchés sur l’offre du trading pour les particuliers »
Spectrum Markets a franchi le cap du million de transactions depuis son lancement au mois d’octobre 2019. Les explications du patron.
Pourquoi avoir créé une Bourse pour les dérivés ou- verte 24 heures sur 24?
Nous nous sommes penchés sur l’offre du trading pour les particuliers, et avons estimé qu’elle stagnait depuis des années en raison d’un manque d’innova- tion. Spectrum a été créé pour y remédier. L’une des réalisations la plus significative est de proposer un trading 24 heures sur 24. Avec une actualité constante sur les marchés financiers, les investisseurs veulent être en mesure d’intervenir à chaque fois qu’une op- portunité se présente. Ce ne fut pas simple à mettre en place d’un point de vue opérationnel, et il nous a fallu créer notre propre Bourse en partant de zéro.
Nous avons également constaté que, bien que les initiatives réglementaires visent à renforcer la place qu’occupent les particuliers, les acteurs positionnés sur l’investissement en Bourse se détournent de ces besoins si spécifiques. Par conséquent, nous avons décidé d’offrir un environnement de négociation to-
L’imbroglio LVMH/Tiffany
Rsuscite le scepticisme des professionnels
talement dédié aux particuliers, trans- parent et conforme à la réglementation. Sûr, facile d’accès, en offrant aux inves- tisseurs un très haut niveau de liquidité et de flexibilité afin qu’ils.elles puissent réagir facilement et rapidement face à chaque nouvelle situation sur les mar- chés.
Comment expliquer un succès aussi
rapide ?
Nous avons tenu la promesse d’offrir une nouvelle ex- périence de trading. Nous avons réussi à démontrer que les investisseurs particuliers étaient à la recherche d’une plate-forme dédiée, peu coûteuse, transparente et ouverte 24 heures sur 24. Très concrètement, Spec- trum s’assure par exemple que la liquidité offerte sur les instruments admis à la négociation corresponde à des paramètres très stricts. De quoi restaurer et renforcer la confiance des investisseurs. Spectrum propose en outre une gamme de produits ciblée sur la demande des particuliers. Plus récemment, nous sommes allés encore plus loin dans l’innovation en
étant les premiers en France à proposer les émissions de nouveaux instruments en Intraday, c’est-à-dire définis et im- médiatement disponibles pendant une même séance de Bourse. Tout a été ren- du possible grâce à notre technologie de pointe et à notre solide modèle de développement.
Quelles sont vos perspectives de
croissance ?
Nous allons continuer, dans le cadre que nous consi- dérons être celui d’une gamme de produits sur-me- sure et appropriée, à mettre à disposition sur notre marché des investissements et des fonctions en exclu- sivité – les prochains le seront très bientôt. Nous tra- vaillerons toujours en étroite collaboration avec nos membres pour identifier les secteurs où la demande est actuellement la plus forte alors que l’offre est insuf- fisante. En termes de volumes de transactions, nous enregistrons chaque mois une croissance régulière et constante et prévoyons qu’elle se poursuive sur cette lancée. n
Le chiffre +430%
bond de l’action tesla depuis le début de l’année. La capitalisation du fabricant de voitures électriques dépasse les 412 milliards
de dollars, soit plus deux fois celle de LVMH, premier groupe coté français.
  entrée agitée pour le secteur luxe. En aban- faire l’acquisition qui veut se retirer de l’opération! donnant son projet de rachat de Tiffany, » souligne Antoine Fraysse-Soulier, responsable de LVMH a suscité la surprise des observateurs l’analyse de marchés chez eToro. Selon les analystes, du secteur. Pour justifier cette décision, le cette décision de LVMH pourrait avoir pour objectif
numéro un mondial du luxe a évoqué une demande de faire baisser le prix de Tiffany. En novembre 2019,
du ministère français des Affaires étrangères de dif- férer le mariage « en réaction à la menace de taxes sur les produits français formulée par les États-Unis ». Le groupe de Bernard Arnault a en outre constaté que les résultats de Tiffany au premier semestre étaient «mauvais» et «significativement
inférieurs à ceux des marques
comparables du groupe LVMH
pendant la période ». Il a également
remis en cause le fait la distribution
par Tiffany de «dividendes subs-
tantiels » alors qu’elle était en perte.
LVMH en a déduit que « les condi-
tions nécessaires à la réalisation de son acquisition n’étaient pas réunies ». De son côté, Tiffany conteste les critiques de LVMH sur sa gestion pendant la crise sanitaire. Le groupe américain accuse en outre le géant français de retarder sciemment l’obtention des autorisations administratives relatives aux règles an- ti-trust à travers le monde et de jouer la montre pour que l’accord, annoncé en novembre 2019, échoue. Le joaillier riposte en portant l’affaire devant la justice. « L’affaire est pour le moins inhabituelle, dans une pé- riode qui l’est tout autant. En général, lors d’une offre publique d’achat, c’est l’entreprise cible qui souhaite se désengager de l’opération, alors que dans cette affaire c’est la société prédatrice, c’est-à-dire celle qui souhaite
le « deal » avait été scellé à 16,2 milliards de dollars, qui valorisait Tiffany à 135 dollars par action. Or au- jourd’hui, l’action Tiffany n’est plus qu’à 115 dollars soit une baisse de 15 %. En Bourse, la spéculation s’est emparée de ce contentieux. Lundi 21 septembre,
le titre LVMH affichait un gain de 3,4% en un mois tandis que Tiffany cédait plus de 8,5 %. Pour Invest Securities, cette évolution divergente montre que les investis- seurs estiment que le groupe fran- çais parviendra à s’imposer avec des conditions transactionnelles
actualisées en baisse dans un contexte où tout semble prétexte pour pousser le secteur du luxe à la hausse. Selon le broker cependant, ils seraient bien inspirés d’analyser la position de LVMH, « non sous l’angle d’une faiblesse spécifique de Tiffany, mais à la lumière de la crise sans précédent que traverse le secteur ». D’autant que les chances de l’emporter ne sont pas si établies, surtout auprès d’un tribunal américain. « Si LVMH n’était pas légitime dans ses prétentions – cas de force majeure ou changement significatifs défavo- rables –, une exécution forcée du merger agreement serait une hypothèse tout à fait plausible », prévient Édouard Waels avocat associé et Partner chez Bignon Lebray. Dénouement attendu. n
  76 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[ LE FUTUR MARCHÉ IMMOBILIER DE 13,75 MILLIONS DE SENIORS
 VOUS ATTENDEZ QU’IL VOUS PASSE SOUS LE NEZ ?
Si, depuis 20 ans, nous attirons autant les seniors et les investisseurs, c’est certainement que nos résidences répondent à toutes leurs attentes.
Mais c’est peut-être aussi parce que nous faisons notre métier avec amour, celui que nous devons à nos aînés.
Pour la génération baby boom nous sommes fiers d’avoir le cœur qui fait boom.
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d’amour
,
]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[  vie privée
culture & co par christophe
Le Bourgeois gentilhomme
La dernière comédie-ballet de Molière et Lully est un ouvrage dont les artistes aiment régulièrement s’emparer, tant la complexité scénique, la beauté de la prose et l’imaginaire collectif auquel il renvoie sont inspirants. Jérôme Deschamps, ancien directeur de la salle Favart, signe la mise en scène de ce spectacle total où dix
acteurs, cinq chanteurs et quatre danseurs sont rejoints
par l’inégalable orchestre des Musiciens du Louvre sous
la direction de Marc Minkowski. Et pour incarner Monsieur Jourdain, le bourgeois qui se rêve gentilhomme et convoque ses maîtres à danser, de musique, de philosophie et d’armes, qui marie sa fille au Grand Turc, c’est Deschamps lui-même qui apportera folie et humanité au dupé burlesquement promu Grand Mamamouchi.
À l’Opéra-Comique jusqu’au 8 octobre et à Versailles (Opéra Royal) en juin
expos
Le musée de l’orangerie plus éblouissant que jamais !
Fondé en 1927 autour des Nymphéas de Monet, le musée de l’Orangerie accueille depuis les années 1980 l’extraordinaire collection Walter-Guillaume, composée
de Cézanne, Picasso, Matisse, Renoir, Modigliani et autres Utrillo. Rénové en 2006 et devenu l’un des musées préférés du public, il s’offre une nouvelle jeunesse avec un accrochage entièrement repensé, non plus chronologique, artiste par artiste, mais
qui met en avant le choc de la modernité, le foisonnement des Années folles et la redécouverte des grands maîtres impressionnistes. Une alternance d’artistes et des salles plus intimes qui rendent toute son importance à Derain et nous rappellent, à travers l’exposition d’automne consacrée à Chirico, que Paul Guillaume est l’un des plus
e grandscollectionneursetvisionnairesduXX siècle!
Giorgio de Chirico, la peinture métaphysique, jusqu’au 14 décembre au musée de l’Orangerie (Paris 1er)
cinéma
L’enfant rêvé, de raphaël Jacoulot
Réunir le trio Jalil Lespert, Louise
Bourgoin et Mélanie Doutey : on
pourrait croire de prime abord
à une comédie romantique
franchouillarde où le mari trompe
sa femme. Pas tout à fait ! Pour son
quatrième film, Raphaël Jacoulot
distille certes quelques éléments
de romance, mais au sein d’un
drame-thriller bien plus ambitieux.
Bûcheron chic du Jura, François
dirige la scierie familiale avec sa femme Noémie (Doutey). Le petit couple rêve d’avoir un enfant, en vain. Si elle n’est pas réticente à l’adoption, ce n’est pas le cas de François... C’est alors que débarque la belle et mystérieuse Patricia (Bourgoin) dans la région. Passion, coup de foudre, mensonges, bébé dans le dos et trahisons... L’une des sorties les plus captivantes de l’automne !
En salles le 7 octobre
  combarieu
musique
 Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
dvd
Un divan à tunis, de Manele Labidi
Après avoir passé une partie de sa vie en France, Selma, jeune psychanalyste de 35 ans, décide d’ouvrir son cabinet chez elle, au pays, dans une banlieue popu de Tunis. Quand tant cherchent à partir, elle décide
de revenir ! Au lendemain de la révolution, les Tunisien.nes s’interrogent sur l’avenir du pays en pleine reconstruction après la dictature, ont
grand besoin d’écoute et de conseils. Sauf que les patient. es de Selma se méfient de Freud, ce vieux monsieur avec une barbe comme les Frères musulmans, tandis que d’autres confondent séance tarifée avec prestation
tarifée... Les débuts sont difficiles et les problèmes administratifs se rapprochent. En alternant entre drame et comédie,
le film rend compte avec beaucoup de finesse, de gravité mais aussi d’humour, d’un pays rongé par l’incertitude. La satire d’une société qui n’est pas sans rappeler l’âge d’or de la comédie italienne. Diaphana
Dark Waters, de todd Haynes
Sous ses allures de quasi-documentaire, le nouveau film de Todd Haynes (Loin du Paradis, Carol) s’empare de l’histoire vraie
de l’avocat Robert Bilott qui, en 1999, a dénoncé
les pratiques toxiques
d’une grosse entreprise chimique. De la défense des pollueurs, il retourne
sa veste lorsqu’il découvre qu’une personne de son entourage, un fermier vivant à côté d’une usine, voit
son troupeau décimé puis tomber malade. Dès lors et contre l’avis de ses proches,
il accepte l’affaire et découvre que toute la population locale est touchée : l’eau est polluée par les rejets et les très populaires poêles Téflon sont nocives. Sauf que l’entreprise DuPont est le premier employeur de la région... Un combat professionnel et personnel incarné de main de maître par Mark Ruffalo.
Le Pacte
danse
Le ballet royal de la nuit
C’est un spectacle onirique et histo-
rique, une féerie baroque qui recons-
titue l’une des fêtes les plus mythiques
de la cour de Louis XIV. Recréé en 2017
par Sébastien Daucé et son Ensemble Correspondances, avec la mise en scène
et chorégraphie de Francesca Lattuada,
ce spectacle commandé par Mazarin
pour asseoir le pouvoir de Louis XIV
au lendemain de la Fronde ne fut joué
que quelques fois en février et mars 1653. Le jeune sou- verain apparaissait pour la première fois en Apollon, dans un costume de soleil, entouré de seigneurs qui l’accompagnaient dans sa ronde, symbolisant la course de l’astre. La légende était née. Une soirée pleine de ma- gie qui puise dans les mythes et légendes. Un spectacle baroque, poétique et total.
Au Théâtre des Champs-Élysées les 7 et 8 octobre, puis à Caen, Lille et Nancy
Adieu les cons, d’Albert Dupontel
Dupontel aime surprendre avec
ses films étranges et burlesques
à personnages un peu tarés, voire
carrément barges ! Après le plus
classique (et cinq fois césarisé)
Au revoir là-haut, le comédien-
réalisateur inclassable est de
retour avec un sacré ovni. Une
femme (Virginie Efira), gravement
malade, apprend qu’elle va bientôt
mourir et se met en tête de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a abandonné lorsqu’elle était ado.
Elle croise la route d’un fonctionnaire dépressif
qui rate son suicide (Dupontel) et d’un archiviste... aveugle (Nicolas Marié). Suite à un malentendu, ils
se retrouvent poursuivis par la police. Bref, tout
un programme ! Une vision très cynique du monde actuel et de nos institutions, mais pas déprimant tant l’humour, la poésie et l’absurde sont présents.
En salles le 21 octobre
       78 | octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[ culture & co
Du côté de Guermantes
Pour sa première collaboration avec les Comédiens Français, le cinéaste, écrivain et homme de théâtre Christophe Honoré relève un défi: adapter le troisième des
sept tomes d’À la recherche du
temps perdu, la fresque fleuve de
Marcel Proust. Dans cet opus, le
narrateur emménage avec sa famille
à Paris, dans l’hôtel d’une famille
aristocratique du nom de Guermantes.
Ce Rastignac de la Belle Époque rêve
de s’introduire dans les salons, tombe amoureux de la duchesse Oriane et se
retrouve confronté à l’affaire Dreyfus:
il découvre la complexité des amitiés, les illusions amoureuses et devient adulte. Dix-neuf comédien.ne.es sur la grande scène du Théâtre Marigny – où se situe une partie du roman – pour nous émerveiller avec ce chef-d’œuvre intemporel.
La Comédie Française au Théâtre Marigny jusqu’au 15 novembre
the totale
of La bande à renaud
Alors que la Philharmonie consacre
une grande rétrospective « Putain
d’expo ! » à ce Gavroche des temps
modernes (au musée de la Musique
jusqu’au 2 mai), La Bande à Renaud revient avec l’intégrale des deux albums de reprises sortis en 2014. Ses chansons emblématiques, Mistral Gagnant, La ballade nord-irlandaise, Laisse béton ou encore Manhattan-Kaboul, figurent évidemment dans
cette sélection où la scène actuelle de la chanson française rend hommage à l’une de ses figures les plus populaires et les plus engagées, au timbre reconnaissable entre tous. Cinq inédits viennent enrichir l’hommage, interprétés entre autres par Tryo, Vincent Delerm et Gaëtan Roussel. Un projet dirigé par Renaud, qui a choisi les artistes et les chansons : onn’estjamaisaussibienserviqueparsoi-même! Universal
vie privée
   cd
Lang Lang, Goldberg Variations
À l’approche de ses 40 ans, le pianiste international Lang Lang s’attaque
à l’Everest du piano: les Variations Goldberg de Bach, d’une richesse extraordinaire et irrémédiablement marquées par les interprétations très personnelles de Glenn Gould en 1955 et 1981. Tout aussi intime est ce nouvel
enregistrement par la star chinoise, l’aboutissement d’un long voyage entamé à son adolescence. Œuvre monumentale pour clavier, multidimensionnelle, on la redécouvre ici sous deux formes: un live réalisé lors d’un concert en mars à l’église Saint-Thomas de Leipzig, où repose le compositeur, et un second enregistrement dans l’intimité du studio, moins spontané, plus riche de sens et de détails. Un projet originalquitémoigned’uneprofondematuration artistique. Deutsche Grammophon
théâtre
On purge bébé
C’est l’une des pièces les
plus populaires de Fey-
deau (1910), et il fallait bien
la douce excentricité et la
profonde poésie d’Émeline
Bayart pour révéler toute
la folie de cette irrésistible
comédie de mœurs. C’est la
rencontre entre un couple
qui vit une hilarante scène de ménage et Chouilloux, haut fonctionnaire, qui doit statuer sur la nouvelle commande des pots de chambre pour l’armée française, dont l’époux espère remporter le marché... Fey- deau nous plonge dans l’exemple même de la maison qui rend fou, un huis clos musical où chacun des personnages est au bord de la crise de nerfs. On aurait tort de ne pas les rejoindre, pour rire!
Au Théâtre Montansier (Versailles) du 2 au 4 octobre, à partir du 13 octobre au Théâtre de l’Atelier
Diana Damrau-tudor Queens, Donizetti
Soprano incontournable des scènes lyriques, au tempérament jovial, volontiers exubérante, Diana Damrau nous régale avec les airs hautement virtuoses de la trilogie des reines de Donizetti.
L’ancienne colorature ne fait qu’une bouchée des scènes finales d’Anna Bolena, Maria Stuarda et Roberto Devereux, interprétant trois reines fortes et vulnérables au paroxysme des sentiments et de l’émotion.
Le grand Antonio Pappano l’accompagne splendidement avec son orchestre romain de l’Académie Sainte Cécile. On pourra retrouver la diva le 15 décembre à la Cité de la Musique avec Nicolas Testé et l’Ondif, l’orchestre national d’Île-de-France. Letriomphedubelcanto!
Erato
    ecoreseau.fr octobre 2020 | 79
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Opel Corsa, Astra et Zafira : la mue PSA est en cours
La marque germanique rachetée par le groupe français poursuit son acculturation sochalienne avec notamment une nouvelle Corsa dérivée de la Peugeot 208 mais qui a su garder son identité.
La marque Opel devenue filiale du groupe PSA se convertit petit à petit à la nouvelle philosophie de sa maison mère. Restent au catalogue deux modèles encore hérités
de l’ère General Motors: la berline Insignia et la compacte Astra. Laquelle bénéficie d’un très lé- ger restylage (phares, calandre, bouclier) avant de céder la place prochainement à une nouvelle As- tra made in PSA. Jolie, confortable, de mieux en mieux équipée et agréablement motorisée avec ce trois cylindres 1,2 litre turbo de 145 ch, l’Astra mil- lésime 2020 demeure une valeur sûre du segment. Dommage qu’elle soit finalement trop sage et du coup méconnue, bien en peine de rivaliser avec les vedettes du segment, à commencer par sa cousine Peugeot 308.
La petite Corsa qui tire les ventes d’Opel en France depuis plusieurs années est pour sa part de- venue un pur produit PSA. La sixième génération du modèle hérite bien de la plate-forme de sa cou- sine 208 de Peugeot et des moteurs du groupe : trois blocs essence – un atmosphérique de 75 ch et deux turbos de 100 et 130 ch. Et un moteur diesel de 100 ch. Sans oublier la boîte auto EAT8.
Côté design en revanche, la ressemblance avec la 208 est évitée tant à l’extérieur avec une ligne spé- cifique identitaire (toit flottant, poupe) qu’à l’inté- rieur où la volonté de se démarquer de l’habitacle Peugeot se traduit par une banalité tristoune. Es- sayée en version Élégance, la citadine polyvalente est bien équipée, confortable et un peu moins chère que sa cousine du Lion (1 000 euros). Mais ce seul argument tarifaire est peut-être un peu juste pour faire pencher la balance du bon côté.
Quant au Zafira Life, il n’a plus d’Opel que le nom du modèle, bien loin de l’ancien monospace compact à sept places dont il reprend le patronyme. Le Zafira est un van dérivé de l’utilitaire compact Vivaro, lui-même cousin des Citroën Spacetourer et Peugeot Traveller. Bref, un véhicule familial à 7 places typé VTC façon Uber avec des portes arrière coulissantes électriques mais des vitres arrière fixes (en version L2 4,96 m de longueur et L3 à 5,31 m) et pas de coffre. Pour embarquer des bagages, il faut enlever au sens propre la troisième rangée de sièges. Tout sauf pratique, même si les sièges peuvent tou- tefois glisser sur des rails pour dégager du volume.
Décliné en version business pour le transport de passagers (notre véhicule d’essai) le Zafira propose jusqu’à 9 places (8 en version familiale). Très bien équipé (éclairage adaptatif, affichage tête haute, régulateur de vitesse semi-adaptatif, etc.), il fait pourtant l’impasse sur le park assist qui serait bien utile pour garer automatiquement le véhicule compte tenu de son gabarit. Cela dit, ce gros trans- porteur se conduit plutôt bien y compris en ville ce qui est bien la moindre des choses pour un taxi.
essais autos
  fiche technique
Modèle essayé
 opel corsa 1.2 turbo 100ch bVA8 Élégance
 tarif
 Àpartirde20900€
 tarifs gamme essence
 De15150€à22750€
 tarifs gamme diesel
 De19250€à21850€
   fiche technique
Modèle essayé
 opel Astra 1.2 turbo 145 ch Ultimate
 tarif
 Àpartirde30800€
 tarifs gamme essence
 De21950€à32500€
 tarifs gamme diesel
 De24300€à34250 €
   fiche technique
Modèle essayé
 opel Zafira Life L2 6 pl 2.0 180 Diesel bVA 8 business elegance
 tarif
 Àpartirde49780€
 tarifs gamme diesel
 De35990€à50780€
 80 |
octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[La Mitsubishi Space Star cherche ses marques
essais autos
vie privée
 L’héritière de la colt est une bonne affaire trop méconnue. Qui risque de le rester...
La Mitsubishi Space Star ne sera disponible en France sans doute que jusqu’à l’été
2021. Le constructeur nippon, troisième partenaire de l’Alliance avec Renault et Nissan, a en effet décidé de se retirer du marché européen où il ne lancera plus de nouveaux modèles. Dommage, car la Space Star restylée au printemps est une pure citadine qui ne manque pas de talent. Rivale affirmée des petites coréennes Kia Picanto et Hyundai i10, cette mini cinq portes a vu
le jour en 2013 pour le marché asiatique et pour remplacer la Colt en Europe. Alors pourquoi ne pas l’avoir appelée Colt ? Mystère marketing... D’autant que la Space Star n’a pas à rougir de son héritage.
L’espace redécouvert
La cinquième génération d’Espace a droit à un ultime restyling. ce modèle ne sera pas remplacé. Dommage, car ce grand véhicule familial incarnait une certaine idée du haut de gamme à la française. Au prix fort.
Les constructeurs français peinent depuis toujours à se faire une place au soleil du marché premium face à leurs rivaux allemands. Deux marques s’y sont essayées en misant sur l’audace esthétique sans réussir pour autant à transformer l’essai : Citroën avec la défunte C6, Renault avec l’Avantime, la Vel Satis puis le nouvel Espace. La marque au losange
a fait le pari en 2015 de repositionner sa cinquième génération d’Espace en bénéficiant de l’engouement croissant pour les SUV. Du coup, le grand monospace familial a augmenté sa garde au sol et ses tarifs
pour revendiquer une part du gâteau premium. Son ultime restyling estival ne suffira pas toutefois à le conserver sur les routes, Renault a décidé de ne pas renouveler ses modèles du haut de gamme Espace et Talisman, qui pâtissent du désamour pour les berlines et monospaces.
Comme la Colt en son temps c’est une excellente urbaine plutôt spacieuse pour son gabarit, agréable à conduire, d’une maniabilité hors pair capable de braquer dans un espace très réduit. Son deuxième restylage la rend encore plus sympathique de l’extérieur avec quelques équipements actuels en bonus dont certains se montrent vite insupportables (ouverture sans clé uniquement côté conducteur !). Sous le capot, un 3 cylindres essence de 1,2 litre développe 106 ch, couplé à une boîte CVT qui mouline un peu en position sport mais fait le job. Avec des tarifs qui démarrent en dessous de 12 000 euros et une garantie 5 ans, la nippone est plutôt une bonne affaire. Mieux vaut donc se dépêcher si on veut en profiter.
 fiche technique
Modèle essayé
 Mitsubishi Space Star 1.2 Mivec 80 cVt rde Line edition
 tarif
 Àpartirde14990€
 tarifs gamme essence
 De11990€à16990€
   fiche technique
Modèle essayé
 renault espace 2,0 dci 200 eDc Initiale Paris
 tarif
 Àpartirde56300€
 tarifs gamme essence
 De48600€à53300€
 tarifs gamme diesel
 De44100€à56300 €
 Le lion sort ses griffes sur l’hybride rechargeable
Si vous aimez les belles
familiales, décalées, spacieuses,
confortables, très bien équipées et
très agréables à conduire n’hésitez
pas, vous avez encore quelques
mois pour vous offrir en finition
Initiale un des derniers fleurons
du haut de gamme à la française.
Le millésime 2020 bénéficie
désormais de feux LED Matrix,
une première chez Renault, d’un
régulateur de vitesse adaptatif très
réactif, du maintien dans la voie, de l’affichage tête
haute, d’une instrumentation entièrement numérique et du parking automatisé. Mais aussi depuis le printemps 2019, d’un nouveau moteur diesel de 200 ch couplé
à une boîte robotisée à double embrayage qui en font un bâtiment de croisière
remarquable et économe : 7,8 litres aux 100 en moyenne, compte tenu du gabarit du véhicule il n’y a rien à dire. Hélas, cette mécanique
est désormais fortement malussée (2
370 euros !) et il faut le dire un peu dépassée. Aucune évolution vers l’hybridation rechargeable n’étant au programme, les allergiques au diesel doivent se contenter d’une motorisation essence avec un bloc 4-cylindres de 225 ch emprunté à l’Alpine A110 et qui souffre, lui, d’un malus de 6724 euros!
 Peugeot décline peu à peu sa gamme en moteurs hybrides rechargeables. Avec une totale réussite sur son haut de gamme 508 et surtout sous le capot de son SUV bestseller.
Le 3008 était déjà, à n’en pas douter, l’un des meilleurs SUV du marché. Original, moderne, confortable, bien équipé et doté de qualités mécaniques et routières hors du commun, le 3008 bénéficie désormais
d’une motorisation hybride rechargeable. De base, le SUV hérite d’une puissance cumulée de 225 ch avec deux roues motrices qui se transforment en 300 ch et 4 roues motrices sur le modèle Hybrid4. Un régal ! L’autonomie en tout électrique atteint
les 40 kilomètres et la recharge est possible en roulant (mais au prix d’une augmentation de la consommation de carburant). La 508 bénéfice également désormais de la motorisation hybride de 225 ch et, à la différence du SUV, la version break
SW conserve un coffre identique en capacité (530 litres) à celui du modèle thermique, quand le 3008 perd en capacité de chargement (395 litres). Peugeot a réussi à serrer ses tarifs pour que l’écart de prix entre le modèle hybride rechargeable et le modèle thermique (essence ou diesel) à puissance et finition équivalentes ne soit que de quelques milliers d’euros.
  fiche technique
Modèles essayés
 Peugeot 3008 Allure Hybrid 225 e-eAt8
 tarif
 Àpartirde44300€
 Peugeot 3008 GtHybrid4 300 e-eAt8
 tarif
 Àpartirde54350€
  fiche technique
Modèle essayé
 Peugeot 508 SW Gt Hybrid e-eAt8
 tarif
 Àpartirde53100€
 ecoreseau.fr octobre 2020
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]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
horlogerie & joaillerie
Égérie, la nouvelle muse de Vacheron Constantin
Un délicat jeu de textures et de formes enlacées, des aplats et des reliefs, un plissé qui rappelle celui d’une étoffe, une asymétrie singulière portée par un design fluide : voici l’exquise esquisse de la montre Égérie. Inspirée par les
femmes, la nouvelle collection de Vacheron Constantin puise son raffinement dans l’univers de la Haute Couture. Ici, un
cadran à motif plissé. Là, une auréole de diamants semblable à une fine ganse qui souligne le galbe féminin du boîtier. Et, dans
chaque détail, une sophistication qui s’exprime en une harmonieuse géométrie ponctuée de chiffres arabes en or 18 carats, festonnés comme une dentelle. 30000€ www.vacheron-constantin.com
Oris 57th Reno
Air Races Limited Edition
Les spectaculaires courses aériennes de Reno, organisées dans le désert du Nevada depuis
1964, ont été annulées cette année en raison de
la pandémie mondiale de Covid-19. Toutefois, Oris produisant la montre officielle de l’événement,
a décidé de créer une montre en édition limitée
pour soutenir le sport mécanique le plus rapide au monde. L’Oris 57th Reno Air Races Limited Edition, est revêtue de PVD gris et possède un deuxième fuseau horaire ainsi qu’une fenêtre de date circulaire. Ecrin spécial, certificat, 1000 exemplaires. 2550€ www.oris.ch
mode & accessoires
br 03-92 Diver orange – L’orange utilitaire
Limitée à 250 exemplaires, cette nouvelle Diver ne passera certainement pas inaperçue grâce à sa saisissante couleur de cadran. S’inspirant du domaine de la plongée, la BR 03-92 Diver Orange vous replongera dans les années 70. Tout
en capturant l’essence des montres de plongée professionnelle de cette époque, cette montre reprend le boîtier carré emblématique de la Maison pour un style plus contemporain. 3500€. www.bellross.com
rM 27-04 tourbillon rafael Nadal
La RM 27-04 concilie légèreté – 30 grammes, bracelet compris – et résistance. C’est la suspension du calibre tourbillon au sein du boîtier qui a permis d’assurer la résistance
à des accélérations de plus de 12 000 g, un nouveau record. Cette pièce, unique à plus d’un
titre et produite à seulement 50 exemplaires, s’inscrit à merveille dans la lignée des montres de la collection créée pour le champion. www.richardmille.com
Mini Gold Rosemaling
Pour ce sac brodé d’empiècements de cuirs, la Maison Ravin s’est inspirée de bijoux qui habillent les costumes traditionnels norvégiens. Nous retrouvons dans le détail de la rose, au centre du sac, le
travail minutieux des ornements scandinaves. Les broderies sont réalisées à la main dans l’atelier parisien, chaque motif représentant deux jours de travail. Les sacs sont tous en taille mini, format pochette, composés de cuirs de vachette, python ou encore en lézard, selon vos envies, dans les tons or et argent pour illuminer vos soirées.
1650€ Showroom31,AvenueGeorgesMandel75116-Paris
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octobre 2020 ecoreseau.fr
Fairblue Jeans,
contemporains
et éthiques
Cette jeune marque française de jeans premium propose de belles coupes avec les petits détails qui font la différence. Fairblue Jeans adopte une démarche éco-responsable en faisant fabriquer ses jeans avec des procédés respectueux de l’environnement. Elle
va plus loin que la plupart des marques qui se disent écologiques, en proposant des jeans verts de A à
Z, depuis le fil en coton bio, la production du denim jusqu’aux emballages utilisés. Entre 139€ et 169€ fairbluejeans.com
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                  Le plaisir du café –
fraîchement moulu, pas en capsule.
 Roger Federer
Plus grand champion de tennis de tous les temps
 La nouvelle Z6 fascine même les esthètes et les gourmets les plus exigeants, tels que Roger Federer. La façade et la partie supérieure en Diamond Black viennent souligner son design sculptural. Équipée des technologies les plus modernes, comme le Professional Aroma Grinder, P.E.P.® ou la technologie mousse fine, la Z6 per- met de préparer à la perfection 22 spécialités au café, du ristretto aux spécialités lungo Barista, parfaitement digestes. L’intelligence artificielle personnalise le visuel automatiquement selon vos préférences. Le Smart Connect rend même la commande par smartphone possible et l’I.W.S.® reconnaît automatiquement le filtre à eau. JURA – If you love coffee. www.jura.com
]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
évasion
carnet d’Himalaya,
retour hivernal au Zanskar
Dans l’âpreté et la rudesse des régions montagneuses du nord- ouest de l’Inde traversées par le fleuve Zanskar, Jacques et David Ducoin, père et fils, accompagnés du dessinateur Nono, retrouvent dans ce territoire enclavé leurs amis zanskarpas, quittés vingt- cinq ans auparavant. Entourés
de paysages grandioses, ils ne
tarderont pas à découvrir que, sur
le fleuve gelé, beaucoup de choses
ont changé. Un séjour au cœur de
l’hiver himalayen duquel résulte un carnet de voyage à trois voix, rassemblant texte, dessins et photos. Carnet d’Himalaya est le tout dernier livre de David Ducoin, responsable de la zone Amérique latine et HimalayachezTamera.32€ www.librairieduvoyageur. com
Les pépites françaises d’Hôtels & Préférence
Hôtels & Préférence vous accompagne pour organiser de façon « sur-mesure » votre prochaine évasion au coeur des magnifiques et
authentiques régions françaises, avec des conditions de séjour adaptées. Avec une collection de somptueux hôtels situés aux quatre coins du pays : ce sont 150 hôtels, comprenant 90 restaurants et spas, 40 golfs et tout autant de raisons de voyager sur notre territoire français ! Coup de cœur pour le Château de L’Epinay : située tout près des Châteaux de la Loire, cette demeure XVe et XVIIe est entourée d’un parc de 56 hectares où les arbres centenaires côtoient les allées de roses. www.hotelspreference.com
Hildegarde de bingen,
à l’origine de la naturopathie
A l’heure où nous aspirons à un
retour à l’essentiel, la méthode
d’Hildegarde de Bingen séduit
pour ses nombreux bienfaits
sur le corps et l’esprit. Avec son
carnet «les indispensables» pour
démarrer la méthode en douceur,
ses conseils forme et santé
inédits et sa pierre naturelle en
cadeau, le contenu de ce coffret
est une vraie source d’inspiration et
une cure d’optimisme au service du bien-être. 29,90€
ostium, le Sérum tenseur anti-rides
Doté des mêmes vertus antioxydantes et restructurantes que la Crème Riche, cet élixir à la texture gainante et fraîche développe en plus un pouvoir liftant immédiat. Il agit sur tous les signes
de perte de fermeté en redessinant l’ovale du visage. Le Sérum tenseur s’appuie sur le phytocomplexe Opuntia 14G et est enrichi d’autres actifs, tous issus de l’agriculture biologique.
30 ml, 122€ www.ostium-cosmetiques.com
 Le Château Martinay,
 au pied du Mont
 Ventoux
Aux pieds du Mont Ventoux, à proximité d’Avignon et
d’Orange, ainsi que des vignobles de la Vallée du Rhône Mé-
ridionale, ce lieu magique vous offre une parenthèse unique
et intimiste. Laissez place à la détente autour de la piscine du
Château situé en plein cœur du parc de 35 hectares. L’orange-
rie, doté d’un tout nouvel espace de remise en forme, pourra accueillir vos repas pour des ambiances conviviales autour d’un barbecue ou d’un cocktail. Les chambres et suites du Château ont conservé leur volume originel. La décoration raffinée aux notes contemporaines, a gardé des éléments d’antan, des salles de bain spacieuses « belle époque » et mille et un détails dédiés à l’art de vivre en Provence. www.chateaumartinay.com
oenotourisme au château de balleure
Le Château de Balleure est un Monument Historique du XIVe siècle proposant de luxueux appartements et une table d’hôtes qui fait la part belle
à la production du potager bio. Le château de Balleure s’érige comme une étape incontournable grâce à son exceptionnelle carte des vins,
destinée aux œnophiles les plus avertis. Petrus, Romanée Conti, Corton Charlemagne Coche-Dury et bien d’autres pépites...y sont proposés au prix du marché moins 15%. Château de Balleure, 71240 Étrigny
bien-être
Le Salon du 9e, votre couleur au naturel !
Deux ans de réflexion et de travail intense ont donné naissance au Salon du 9e, idéalement situé à l’angle de la rue des Martyrs. Intimiste, atypique, on s’y sent comme chez soi, ou sûrement comme chez Riadh El Hendi. Davines, marque capillaire naturelle d’origine italienne, séduit nos cheveux en contrastes chromatiques. Une technique efficace, tout en douceur ! 52, rue de la Tour d’Auvergne 75009 Paris 01 40 23 91 46.
chouette alors ! Dentifrice bio familial
Pourquoi on l’aime déjà ? 99,3% du total
des ingrédients sont d’origine naturelle ; sa texture « gelée fraîche » originale est très agréable en bouche ; sa formule peu abrasive, à base de sucres végétaux (xylitol et sorbitol) agit efficacement contre les caries et la plaque dentaire ; son goût fruité d’agrumes (clémentine et pamplemousse) : un pur plaisir ! A adopter dès 3 ans. 300ml, 22€ www.doux-good.com
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octobre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[gastronomie
spiritueux
l’art du temps
vie privée
    Les incontournables de Jean Martin
de fruits d’été et de poire mûre. La bouche est raffinée et équilibrée, avec la richesse de la vanille boisée. La
finale est longue avec des notes boisées, douces et élégantes. 59€. https://www.glenfiddich.com/fr/
Domaine Laballe
Armagnac trendy
Laballe sort son Antidote, une Blanche d’Armagnac à 43°. Antidote rappelle les origines de l’eau-de-
vie en France, tel un remède contre l’oubli d’une appellation, la découverte de l’origine de l’armagnac. Sa finesse et sa fraîcheur florale s’apprécient,
se partagent et agrémentent avec panache les cocktails. 70cl - 45€ http://boutique.laballe.fr
JNPr n°1, un spiritueux naturel, sans alcool
JNPR se prononce «Juniper» en hommage à son ingrédient principal : la baie de genévrier. La promesse d’une boisson naturelle, subtil mélange de plantes & d’épices (baies de genévrier, coriandre, cardamome, pomme), distillée selon les codes des spiritueux traditionnels, mais où l’alcool et les voyelles se
sont évaporés. L’alternative rêvée pour mêler sans modération, plaisir des sens & bien-être
corporel. 28€, 70 cl www.jnprspirits.com
Rozelieures
whisky single malt lorrain
En matière de whiskies français, Rozelieures fait partie des pionniers. Ses Single Malts 100% français font l’unanimité. Le Tourbé jouit d’une puissance contenue et de notes végétales, fraîches et délicates. 70cl - 61€ chez les cavistes et sur www.whiskyrozelieures.com
La pâte à tartiner noisettes 42%
La pâte à tartiner Noisettes 42% n’est composée que de 5 ingrédients, tous sains et nobles : de la poudre de cacao, du lait entier, du sucre, de la vanille Bourbon en gousse et, bien entendu, des noisettes entières. Un goût intense et résolument gourmand ! 250 g, 8,95€ www.cluizel.com
coffret Project XX
de Glenfiddich
Le coffret Project XX vous plonge dans l’univers expérimental de Glenfiddich, pour une expérience de dégustation unique. Project XX est le premier Single Malt imaginé par 20 des plus grands experts mondiaux du whisky. Le nez est fruité avec
des soupçons de fleurs de pommier,
  Jean Martin rend hommage à son
histoire en réunissant, dans un
écrin collector, ses 5 produits les
plus emblématiques, à l’origine
de son histoire et de son succès
: Caviar d’aubergine aux olives
noires Grossane de Provence,
recette unique et secrète de la
Riste d’aubergine, Tapenade aux
olives de pays, Anchoïade aux
olives vertes cassées de la Vallée des Baux, le premier kit de Taboulé créé en 1978 ... Presque plus besoin de se rendre en Provence ! www.jeanmartin.fr
Pokawa, délices d’Hawaï
Poke et Hawaï, un jeu de mot pour Pokawa ! Malin non? Le poké se compose de poisson cru mariné accompagné de légumes et fruits frais sur une base de riz vinaigré, riz noir, quinoa ou carotte. Une sauce maison à base de fruit de la passion. Un assortiment d’ingrédients colorés,
nourrissants, simples et non transformés, véritable mine de nutriments. Sur place ou à emporter, évasion garantie ! www.pokawa.com
rillette de canard bio, exquis !
Issu du bocage vendéen,
le canard Ernest Soulard
est exclusivement d’origine française. La recette révèle
une viande tendre et pleine de saveurs qui conviendra à tous les palais.
11,44€ www.canard-soulard.com
    ecoreseau.fr octobre 2020
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]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
   le coup de cœur
Par Alain Marty
Président et fondateur du Wine & Business Club et animateur de In Vino Sud Radio
Le Chemin Blanc PA.O.C Côtes de Duras
artons en Pays de Duras, situé dans le Grand Sud-Ouest. Cette splendide ré- gion est constituée de petites collines aux pentes douces où se sont nichés de
charmants vignobles. Découvrons ensemble l’AOC Côte de Duras, entre harmonie pro- fonde des sols argilo-calcaire et savoir-faire ancestraux de nos vignerons.
Aujourd’hui, nous allons découvrir le Domaine de Dame Bertrande. Le vi- gnoble est certifié agricul- ture biologique depuis 2014 avec la farouche volonté de faire des vins les plus natu- rels possibles. L’entreprise familiale souhaite avant tout être symbole d’humilité et d’ambitions fortes.
Mon coup de cœur est une cuvée en AOC Côtes de Du- ras blanc sec: Le Chemin Blanc 2016. Le domaine re- noue avec cette cuvée phare composée des cépages Sé- millon, Sauvignon Gris et de Chenin pour vous pro- poser un vin à la fois rond et amples avec du volume.
Le tout, soutenu par une pointe de fraicheur légèrement tendue en fin de bouche.
« Le Chemin Blanc est celui que parcourent, main dans la main, vignes, vignerons, vins et vils amateurs de plaisirs vinicoles ».
A savourer entre 8 et 10° et peut se garder 5 ans et plus à le regarder changer et grandir dans votre cave.
Nous vous proposons plusieurs accords mets- vin: cette cuvée accompagne subtilement les fromages, plats en crème ainsi que les poissons gras, coquillages et viandes blanches.
Bonne dégustation! *Photographie non contractuelle
vins à déguster (avec modération)
révélation, Fitou 2018
Cette cuvée à la robe profonde développe des senteurs de garrigue
et de grillé d’une belle intensité. Suivent des arômes de fruits rouges et d’épices. La bouche est ample, charnue, concentrée avec une palette aromatique des plus remarquables. Le bois bien fondu apporte l’élégance et une intensité remarquable en finale. 18,90€ www.vin-cascastel.com
Les ceps d’or AoP
Vacqueyras
Le nom Les Ceps d’Or fait écho aux noces d’or qui se célèbrent après 50 ans d’union. L’or donc, pour les vignes cinquantenaires productrices de cette cuvée d’exception. Un nez très intense et beurré qui déploie
de subtils arômes de fruits mûrs et d’épices. Il confirme
en bouche ses notes douces d’épices, de cumin et de réglisse et nous rappellent des arômes de petits fruits noirs. Un beau
Vacqueyras, ample et gras aux notes poivrées, tout en rondeur et bien structuré.
www.domaine-la-fourmone.com
   Domaine des Sénéchaux rouge 2016
Un premier nez de griotte confite, de fruits mûrs «fraise écrasée»
et d’épices. Cette richesse s’exprime aussi par le terroir, garrigue, résineux, senteurs de Provence et un boisé qui enveloppe l’ensemble.
En bouche la structure est puissante, volumineux, s’ouvrant sur une déclinaison de fruits confiturés rouges et noirs, d’épice avec des notes poivrées et le sous-bois qui ressort admirablement bien. On retrouve en fin de bouche des touches de grillées-torréfactions qui s’évase
en finale et la finesse du boisé dans un bel équilibre de tension. 45€ https://www.chateauneuf.com
Relais de La Dominique 2016
D’une couleur rouge profond, le Relais de La Dominique 2016 développe un nez intense avec des arômes
de fruits noirs (mûres) et de petits fruits rouges, alliés à des notes minérales, dues au terroir de la propriété.
Ce vin offre des tanins
assez présents, tout en se montrant frais et épicé. 19€ https://chateau-ladominique.com
 Toute la classe
  d’un grand
Le nez révèle des arômes de chair de poire, miel, zestes de pamplemousse et notes florales, caractéristiques d’un grand blanc de Provence. L’attaque est gourmande, avec une belle tension pour finir sur un bouquet d’arômes délicats d’acacia et de pêche de vigne. 26€, 75cl - 57€ en magnum
blanc
https://shop.estoublon.com
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octobre 2020 ecoreseau.fr
exceptionnel condrieu 2018
Un nez fruité et frais d’abricot mêlé d’une touche florale. Une note de noisette, d’amande. Une bouche vive puis structurée, les arômes
d’abricot et de pêche envahissent le palais. Une bonne longueur bâtie sur la persistance aromatique et une finale toute en douceur. 51,70€ www.vidal-fleury.com
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[par mathieu wilhelm
Journaliste/Interviewer BFM Paris Éditorialiste médias
Juge un homme par ses questions plutôt que par
ses réponses. Voltaire
Juges, arbitres et partis pris !
médias
[ vite entendu ]
Nextradio réduit
son plan de départ
expressions
Eh bien voilà, enfin une grève qui aura sans
doute servi à quelque chose... Le 19 mai (huit
jours seulement après la grande libération),
NextRadioTV, la branche médias du groupe Altice,
dépose, à grosses gouttes, de l’huile sur le feu : le « projet de transformation et de reconquête » sera mis en place et priera 380 bons petits soldats de quitter les lieux ! Les salariés de l’entreprise, tout à fait bénéficiaire, voient rouge et passent l’été au piquet de grève... Bonne nouvelle, le 17 septembre un accord est conclu avec l’intersyndicale : en lieu et place des 380 départs contraints, ce ne seront « plus que » 245 salariés qui devront manifester leur désir de partir, sur la base du volontariat. Mais double défaite : les syndicats ne sont pas encore pleinement satisfaits, malgré l’augmentation des indemnités de départs des volontaires. Et frein inexorable dans la dynamique du groupe. Autre écueil : quid de la qualité éditoriale ? Mais ça... !
[VITElu]
L’Éco, le journal qui parle aux ados
Un mois après la rentrée, et pour ceux qui veulent
mettre le pied à l’étrier à leur petite progéniture, rien
de plus simple, le journal L’éco est fait pour ça! Tout
part d’un simple constat: sur les bancs de l’école,
l’économie est sans doute l’une des matières les
plus redoutées des élèves, elle leur donne le tournis
à coups de chiffres qui, pour eux, ne veulent rien
dire, et parle uniquement théorie, la barbe! Patrick
Dufour, le rédacteur en chef, s’attelle à expliquer de
façon simple, ludique et très intéressante le jargon de l’éco : ici on décortique « capitaux », « foyers fiscaux », « marchés financiers », rien que du concret ! Toutes les semaines, des lecteurs aguerris sont choisis pour devenir, le temps d’une publication, les rédac chefs adjoints, et choisissent les sujets ! Immersion totale. En dix ans d’existence et 500 numéros plus tard, le magazine a réussi à se démarquer de ses principaux concurrents comme Alternatives Économiques, que certains jeunes, il faut le dire, n’osent plus vraiment ouvrir.
Disponible uniquement par abonnement sur playbacpresse.fr
[ VITE RELAYÉ ]
«toutçapourça!»
Ils l’ont fait, et sans doute de la meilleure des
façons... À l’occasion de l’ouverture à Paris du
procès des attentats djihadistes contre Charlie
Hebdo, des policiers et une supérette juive – 17
morts –, le journal satirique a republié « l’objet du
scandale », et à cœur joie ! Les 12 caricatures se sont donc retrouvées, à nouveau, sur nos tables, au p’tit déj sous le titre Tout ça pour ça ! Mais grande question : comment les médias allaient-ils s’emparer de cette Une ? Le Syndicat national des journalistes a formulé l’appel : pour ne pas laisser Charlie seul (comme à l’époque des premières publications), il engage toutes les rédactions à la relayer sur leurs médias* ! Résultat : pour TF1, France 2, Libé, Le Parisien, Le Figaro, Le Monde, banco ! Rares sont ceux qui ont obscurci le coup de génie de Charlie... Ni La Croix ni Ouest France n’ont passé le pas. Al-Qaïda menace le journal d’une nouvelle attaque (comment en aurait-il été autrement ?). Mais Riss le directeur de l’hebdo emploie les mots justes :
« Nous ne nous coucherons jamais, nous ne renoncerons jamais. » Alors gardons l’œil ouvert, continuons à nous rebeller, et Merci Charlie !
* Ça ne vous rappelle rien ? Lors de l’affaire des Pentagon’s papers, sous Nixon, tous les journaux américains, démocrates comme républicains, avaient relayé le papier du Washington Post pour rendre inopérant tout procès contre le quotidien.
       « Oh je voudrais tant que tu te souviennes, des jours heureux où nous étions vernis. En ce temps-là les idées étaient reines et la parole partagée, applaudie... » Dynamitage, et dans les règles, des préceptes de l’info : où sont donc passé.es les journalistes ? Où sont passés les croupiers exemplaires qui distribuaient les bonnes cartes aux fins joueurs de mots ? À ceux.celles qui alimentaient un débat où tout un chacun, devant son poste, avait quelque chose à se mettre sous la dent ? Fini ! Choi- sissez votre chaîne en fonction de vos idées ! Place à la philosophie assumée d’untel ou untel, des idées politiques de Monsieur P. ou de Madame M. L’animateur. trice n’en est plus un.e, il.elle de- vient gourou. Ne nommons plus les chroniqueur.euses comme tel. les, ce sont dorénavant des « fi- dèles ». Ou « nouvelles bigotes du PAF » : les faire-valoir d’une pensée bien arrêtée par le chef d’orchestre, et qui, lorsqu’elle sera contredite, mènera l’audacieux au nouveau purgatoire : la comp- ta... et puis la porte! Passer d’une volonté d’informer à celle de se donner une identité, dans une télé spectacle qui permettra de chas- ser tel ou tel type de spectateur. trice... On a le public qu’on mé- rite ! Nos nouveaux.elles anima-
[ vite partie(e) ]
JPP: «JeanPeuxPlus!»
« T’as entendu la nouvelle ? » Traînée de poudre dans tous les cafés du coin, chez tous les buralistes et dans les salles de rédac : Jean-Pierre Pernaut se range des voitures ! Après 34 ans de « Mesdames, Messieurs, bonjour », l’infatigable
Mister 13 heures jette l’éponge. Il aura révolutionné le genre jusqu’à présenter son JT depuis son salon pendant le confinement. Il aura fait décoller les audiences de la mi-journée à plus de 6 millions
de téléspectateur.trices, créé une réelle identité et laissé une marque indéfectible à l’information. Mais
qui dorénavant pour nous parler avec malice, avec délice, de la fameuse pipe de Saint-Claude ? Qui, pour ouvrir la saison des asperges ? Sur qui pourrons-nous enfin compter pour réussir l’exploit de choisir un
bon melon ? Et surtout, grâce à qui la ruralité aura- t-elle encore sa place alors qu’elle est trop souvent mise de côté ? Eh bien TF1 mise sur un pur produit du service public, Marie-Sophie Lacarau, fraîchement transvasée de France 2, chaîne qui, furax et pas bonne joueuse, l’a déprogrammée illico presto en apprenant la nouvelle, histoire de la priver de ses « adieux » aux téléspectateur.trices... Les têtes changent, certes, mais que son fan club ne s’en fasse pas, l’ombre de Pernaut continuera de rôder dans les couloirs, et sa sauce assaisonnera encore, et probablement pour longtemps les menus de la Une !
teur.trices seraient-ils.elles.es des commerciaux ? Parfois. Étrange d’ailleurs de remarquer que ce sont aujourd’hui les seules per- sonnalités qui ne se cachent pas derrière un masque. Pour attirer le chaland, le sourire Ultra Brite suffirait-il à dissimuler les crocs du diable ? Probablement. Même nos politiques, dans l’exercice de leur fonction, ont réussi à trou- ver l’autre utilité de ce petit bout de tissu : camoufler l’antipathie qu’ils.elles éprouvent envers leurs interlocuteur.trices. Non, à la télé, ce sont aujourd’hui les paroles dé- bridées qui guident les lignes édi- toriales. Et c’est finalement le joli coup réalisé par CNews qui, sous le feu des critiques de toutes parts, a réussi, en seulement quelques mois, à tirer son épingle du jeu. Zemmour, Praud, ou encore Ma- réchal sont les nouveaux visages d’une télé assumée, celle qui va à la pêche au clash. Les chaînes se sont métamorphosées, effacées derrière les « grandes gueules » ! Et si la petite lucarne, comme le montre une étude de Livres Heb- do, continue de caracoler en tête des médias les plus prescripteurs d’achats, influenceuse de plus de 40 % des ventes, pourquoi n’orienterait-elle pas non plus les idées politiques de chacun.e ? « Ah oui, tiens, il a raison sur la 15 ! » Pas vraiment d’impartialité sur les plateaux... Le petit écran est devenu progressivement la plus belle tribune idéologique du xxie siècle! Y compris, et sur- tout, pour ceux.celles dont les idées ne passeraient pas le péri-
ph... Car d’autres s’y sont déjà brûlé les ailes. La méthode n’est pas nouvelle: le premier d’entre tous, le trublion de C8, Hanou- na, qui, à trop vouloir être le roi, commence à redouter lui aussi la guillotine ! Le pouvoir n’est pas éternel et les révoltes de l’audimat grondent aux portes du château. Si lui perd du terrain, pendant ce temps-là d’autres n’arrivent plus à en gagner. L’intello de TMC, Bar- thès, le très discret chouchou des bobos mal coiffés, porte en lui le défaut de sa qualité: il ne les a ja- mais vraiment posées sur la table en parlant de ses attributs virils. À ne taper que sur ce dont son public a envie qu’il tape, son ob- jectivité se subjectivise... Et c’est là, sûrement, la pire sentence à l’encontre du libre arbitre! Rem- bobinons. Retour sur Quotidien, il y a quelques semaines, lorsque l’ancien président Sarkozy se prend les pieds dans le tapis: une malencontreuse comparaison sémantique, sur fond de déra- page racisé – Les dix petits nègres d’Agatha Christie transformés en dix petits singes – mais contrôlé. Résultat : aucune réaction, aucune objection, pas un mouvement de sourcil, et de qui que ce soit sur le plateau. À croire que regarder l’animal s’enliser – que l’on a pas- sé tant d’années à traquer – doit faire du bien... Mais attention, une fois encore, où est passé le vrai journaliste ? Écoute, pense, réponds : sois juge ou partie, mais certainement pas les deux.
   ecoreseau.fr octobre 2020 | 87
]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[expressions
tribunes libres
La conNfiance : ce bien précieux en voie de disparition
 carole couvert
vice-présidente
du Conseil économique, social et environnemental, présidente d’honneur de la CFE-CGC
Mowgli. Sa formule exacte était : « Aie confiance, crois en moi. Que je puisse veiller sur toi. Fais un somme sans méfiance, je suis là, aie confiance... »
À force de promesses non tenues, le lien s’est distendu entre les po- litiques et les citoyens. Et depuis peu, pour d’autres raisons, entre les syndicats et les citoyens, il suf- fit de consulter le dernier baro- mètre du Cevipof.
Le mouvement des gilets jaunes est né d’un ras-le-bol fiscal, d’un sentiment d’injustice mais éga- lement d’une défiance dans les corps intermédiaires constitués. La pandémie liée à la covid-19 et plus particulièrement l’épisode des masques (du « n’en portez pas, ça ne sert à rien », à son obliga- tion quelques semaines plus tard en sa qualité de rare arme contre le virus...), tout cela a terminé de distiller la défiance à tous les
blème est qu’elle ne se décrète pas, elle se gagne !
Comment reconquérir ce bien si précieux ?
Il est peut-être temps de revenir à des principes de bon sens :
• Dire les choses simplement, telles qu’elles sont, sans travestir la réalité.
• Parler des efforts qui vont être nécessaires, des efforts partagés par tous·tes et pas sur une seule catégorie.
• Demander des efforts aux ac- tionnaires car la donne a changé et les versements de dividendes doivent être revus à la baisse, voire neutralisés un temps. Un temps seulement, afin de pour- suivre l’investissement en R&D et la modernisation de l’outil de production des entreprises, pour innover encore et toujours.
• Redonner des perspectives au
la difficulté c’est bien, mais redon- ner en parallèle des perspectives, par exemple de gain de pouvoir d’achat, c’est mieux. Ce serait un incroyable levier de motivation, de fidélisation et in fine de com- pétitivité globale pour une entre- prise, quelle que soit sa taille, et l’occasion pour le chef d’entre- prise de partager sa vision et de fédérer le collectif.
La confiance reviendra sur la base d’un discours honnête, empreint d’humilité. Ce qui nécessite du courage, celui d’aller au contact du plus grand nombre, même si l’inconnu est anxiogène. Juste dire « je ne sais pas », que l’on soit dirigeant ou chef d’entreprise, c’est un début de réponse qui en- tame le dialogue.
Attention, pas de fausses pro- messes et encore moins de sur- promesses.
crise, d’abord sanitaire puis éco- nomique, sociale, voire politique. Les prochaines élections séna- toriales puis départementales et régionales, nous donneront une idée de l’état d’esprit des Fran- çais·es.
C’est certain, notre sursaut éco- nomique passera par une gouver- nance renouvelée des entreprises. Il nous faut donc envisager de donner une plus grande place aux salarié·es dans les conseils d’ad- ministration.
Essayons de tirer du positif de cette crise dramatique. Cher- chons des leaders qui sauront incarner cette confiance renou- velée et partagée par le plus grand nombre. Repensons également nos modèles, tous nos modèles. Ensemble, retrouvons le chemin de la confiance, pour retrouver le chemin de la croissance ! n
ous nous rappelons étages. travers, notamment, d’un juste Demain est un autre jour et bien tous cette célèbre Or, pour que notre économie re- partage de la valeur ajoutée ou malin serait celui ou celle qui se scène du Livre de la parte et pour, ensuite, construire créée lors du retour à bonne for- lancerait maintenant dans un jungle durant laquelle la relance à moyen et long terme, tune de l’entreprise. C’est impor- pronostic ou dans une prévision.
le serpent Kaa essaie d’endormir la confiance est vitale. Le pro- tant, voire fondamental. Partager Personne n’a vu arriver cette
C y b e r sAé c u r i t é : v e r s l ’ i n t e r o p é r a b i l i t é d e s é d i t e u r s
 Jacques-bruno
Delaroche
ingénieur avant-vente Cybersécurité chez Exclusive Networks
se positionnent désormais en tant que partenaires pour conquérir des marchés de façon plus globale et efficace. Retour sur cette muta- tion du marché.
Les éditeurs travaillent de plus en plus entre eux, pourquoi cette tendance ?
Il existe un vrai mouvement de convergence entre les éditeurs, lié à l’évolution du besoin en sécu- rité. Historiquement, les éditeurs étaient des pure players dans leur domaine. Si une faille de sécuri- té était détectée, l’éditeur déve- loppait un patch et sécurisait la faille. Aujourd’hui, les éditeurs ont grandi et couvrent des péri- mètres de plus en plus étendus. Néanmoins, en augmentant leur capacité d’action via le développe- ment de produits multifonctions qui sortaient de leurs spécialités, ils ont perdu en efficience sur leur cœur de métier.
originel, mais créent des passe- relles entre vendors. D’une part, ils conservent un large champ d’action. D’autre part, ils trans- forment la concurrence en par- tenaires, façon de rester efficaces sur leurs produits cibles tout en couvrant un large périmètre.
Quels avantages tirent-ils de cette pratique ?
Les vendors y voient trois types d’avantages.
• Pour leurs clients, cette redis- tribution des cartes offre une vi- sibilité globale sur la stratégie de cybersécurité, et leur permet de sortir d’une somme de produits qui sécurisent des vulnérabilités différentes sans unité.
• Pour les administrateurs, les sy- nergies les affranchissent de leur rôle purement opérationnel. En cas d’attaque, le rôle de l’adminis- trateur était, jusqu’à peu, de dé- celer l’attaque, de tout faire pour
une dimension stratégique et se concentre sur les raisons de l’at- taque afin de traiter d’éventuelles vulnérabilités et d’anticiper une prochaine attaque. Il ne corrige plus le problème, mais s’attache à éviter les prochaines.
• Pour les vendors, ces accords qui les lient avec d’importantes marques sont également un vec- teur de visibilité et de notoriété. C’est donc un avantage business non négligeable que de dévelop- per des partenariats pour favori- ser la pénétration du marché.
Le marché en tire-t-il un avan- tage ? Quelles sont les consé- quences ?
Oui, c’est globalement bon pour le marché car le catalogue d’offres couvre tout le spectre de la cyber- sécurité.
Néanmoins, dans cette configu- ration, lorsqu’un nouvel acteur entre sur le marché, il lui faut
de compatibilité, et donc moins d’intérêt pour ses clients poten- tiels.
Derrière, le risque est que le mar- ché se concentre et que le système, verrouillé de la sorte, freine l’in- novation. Oui, les investisseurs sont moins enclins à investir sur un outil innovant, mais isolé, plus que sur des outils évolués, qui sont liés à des players bien connus du marché.
Pour éviter cette situation, il est donc important que les protocoles mis en place pour la communi- cation entre les produits soient respectés et que les solutions se développent de façon un peu plus libre, sans confluences avec d’autres partenaires. n
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lors que les vendors Aujourd’hui, on observe un re- la parer et sécuriser le réseau. des partenaires plus connus pour fonctionnaient aupara- tour en arrière : les éditeurs sont Désormais, les logiciels détectent émerger. Or, lorsqu’un vendor vant chacun de son côté moins sur des produits « tout en et lancent automatiquement des arrive sans réseau, il lui est très en intervenant unique- un » et se spécialisent à nouveau actions sur d’autres produits. difficile de se faire une place sur
ment sur certains points clés, ils pour reconquérir leur marché L’administrateur prend alors le marché car sans partenaire, pas
]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[COMMUNICATION
RAISON D’ÊTRE, AUTHENTICITÉ, ENGAGEMENT, LOI PACTE, WOKE ATTITUDE, GOODVERTISING, PUB INCLUSIVE, MARKETING VOCAL, L’IA, EMPEREUR DIGITAL, NÉOBANQUES, NÉOASSUREURS, 5G, CLEANFLUENCERS, TECH FOR GOOD, TIKTOK
le regard sémantique
expressions
  « Communication », Jane Bee, 2019
Jeanne
bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
raison d’être
Avec La Loi PACTE », les entreprises et leurs communicants planchent sur la raison d’être. En 2019, l’émo- tion cède la place à l’authenticité et à l’engagement des marques. La pub est d’ailleurs inclusive et accepte de présenter des personnes du même sexe en couple. Il est question de goo- dvertising et on ne veut plus mentir : adieu au consowashing !
À présent, on adopte la Woke at- titude: une manière d’être cool et combatif face aux injustices. Par ail- leurs, MeToo gagne le monde de la pub pour dénoncer le sexisme et le harcèlement.
Mouvements
L’IA s’infiltre partout. Grâce à elle, la pub devient programmatique et s’adapte aux audiences ciblées. La Tech fait donc basculer le monde. Les néobanques et néoassureurs séduisent avec leurs applis et algo- rithmes. Zuckerberg est lui, sacré Empereur digital. Pendant ce temps, Silencieusement, Amazon s’installe à Metz.
Voix Stories et Images
Le sonore élargit sa toile avec le mar- keting vocal. On entrevoit de diffuser encore plus vite le son et l’image avec l’arrivée de la 5G.
En 2019, les vidéos se regardent sur TikTok. Canal Plus et Netlfix s’offrent eux une alliance pour mieux dis- traire les Français.
Autre tendance: le clean est à la mode. Les cleanfluencers sont les stars d’Insta avec leurs stories de propreté et de ménage. Les influen- ceurs sont plus que jamais au service de leurs communautés. Ils se doivent d’être webgéniques. n
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]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[   expressions
les mots de la fin par Marie Grousset
  [ MOT malheureux ]
Il est toujours amusant - ou pas - de constater à quel point un seul mot peut changer le sens d’une phrase. Parexemple:àlafindela Seconde Guerre mondiale, au moment où le président américain lui demandait de rendre les armes, le Japon plaça dans sa réponse :
« Mokusatsu », un mot qui fut traduit comme la preuve d’une envie de continuer la guerre et de « tuer en silence ». Or, le sens réel dudit mot dans le cas présent était... « Sans commentaire ». Une erreur de traduction qui coûta très cher au pays du Soleil Levant.
[ mot céleste ]
   séraphin
Connu comme « celui qui brûle », le Seraph (Seraphim au pluriel) est un être céleste plutôt intimidant
que l’on retrouve dans certains textes religieux comme la Torah ou la Bible. Notez que l’on dit bien Seraph au singulier. De même, Nephilim (nom donné aux anges déchus) serait le pluriel de Nephil.
     [ Le mot du mois DE VENDÉMIAIRE ]
têtu
Si le bon Groucho vous dirait qu’une Têtue et un Fêtard peuvent donner naissance à des têtards,
il est toujours utile de savoir qu’un têtu est à la base un marteau de fer aciéré voué à dégrossir les pierres irrégulières. Une vraie tête d’enclume, donc.
    Llanfairpwllgwyngyllgogerych- wyrndrobwllllantysiliogogogoch
Il s’agit ici du nom d’un village de l’Île d’Anglesey, au Pays de Galles. Il a une signification, bien sûr : « L’église de sainte Marie dans le creux du noisetier blanc près du tourbillon rapide et l’église de saint Tysilio près de la grotte rouge ».
[ mot en l’air ] La tête dans les étoilestaïkonaute, spationaute, cosmonaute, astronaute... Quelle différence ? Bien que ces termes désignent un même métier, ils proviennent tous d'un pays spécifique. Le taïkonaute désigne un astronaute chinois, le spationaute est français, le cosmonaute est russe, l'astronaute est américain.
 [LEMotlepluslong]
   90 | octobre 2020 ecoreseau.fr
PROCHAIN NUMÉRO LE 5 NOVEMBRE 2020
]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[                                  ]]></page></pages></Search>