﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="92"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ POUR OU CONTRE
devons-nous passer à la semaine de 4 jours ?
N°72 SEPTEMBRE2020
entreprendre | innover | positiver
LA FRANCE
Vie en entreprise
Apprendre à savoir dire
Anti-covid : les meilleures idées et innovations à travers le monde
INVESTIR
EN TEMPS DE CRISE
les bons conseils
NON!
À LA RELANCE?
perspectives
Pourquoi
LA TRANSITION
ÉCOLOGIQUE
n’est pas (encore) au rendez-vous ?
LE BILAN CHIFFRÉ AUJOURD’HUI
RÉTRO : LES PIRES CRISES DE L’HISTOIRE
11 OBSERVATEURS PRENNENT LE POULS DES ENTREPRISES
TÉMOINS : 2 ENTREPRISES EN STRATÉGIE RELANCE
BEL/LUX : 5.20 € - Suisse : 9 FS - Canada : 8.99 $ CAN - Maroc : 55 DH - Dom : 5.50 € - Tom : 750 XPF
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]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                   Entrepreneurs.
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]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[éditorial
Olivier magnan
Rédacteur en chef
La relance,
Faffaire de psychologie ?
rustrant : impossible, pour quelques mois encore. On se remet à cause de différé gouvernemen- acheter de façon soutenue ces der- tal, de commenter ce fameux nières semaines, les plans sociaux et plan de relance qui va répartir les faillites semblent ne pas se préci-
un nombre de milliards inouï axés sur piter comme l’avaient prévu les cas-
le chat de
     l’offre. Pas besoin d’être devin pour savoir qu’il ne satisfera personne, pas même les chef.fes d’entreprise qui auront applaudi le Premier ministre Jean Castex comme s’il venait de remporter le Prix de l’Arc de Triomphe à l’hippodrome de Longchamp où s’est transportée la Renaissance des entreprises françaises, université d’été historique du Medef. En évoquant la « psychologie collective dansl’artd’investiretdeconsommer», Jean Castex, comme Bruno Le Maire, lorgnent sur l’épargne forcée des Fran- çais.es – quelque 100 milliards d’eu- ros,autantqueleplanderelance.Mais la psychologie collective exige de la confiance. Dieu sait si ce gouvernement l’aura achetée au prix fort.
Du coup, ce pays qui s’est bien désha- billé l’été, qui a redécouvert un tou- risme domestique en réinvestissant hôtels, restos, campings (surtout sur les littoraux), n’affronte pas une ren- trée si maussade, même si les masques sont et seront notre quotidien partout
ecoreseau.fr
13 rue Raymond Losserand 75014 Paris contact@lmedia.fr
Fondateur & directeur de la publication
Jean-Baptiste Leprince
n RÉDACTION
redaction@lmedia.fr
rédacteur en chef Olivier Magnan
Comité éditorial Adam Belghiti Alaoui, Jean-Baptiste Leprince, Olivier Magnan, Romain Rivière
Chroniqueurs Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Arthur Cohen, Marc Drillech, H’up Entrepreneurs, Julien Leclercq, Les rebondisseurs français, Patrick Levy-Waitz, Alain Marty, Sophie de Menthon, Ordre des Experts-Comptables, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Jean-Marc Rietsch, Didier Roche, Thierry Saussez,
Cédric Ternois, Mathieu Wilhelm
sandres du catastrophisme, les mi- cro-entreprises et les PME en création battent des records. Et puis tout est normal dans ce pays : le PSG perd son match et les joueurs n’empochent pas leur prime de 500 000 euros chacun (ce qui n’aurait choqué personne !), on brûle quelques bagnoles, on pille quelques bijoutiers et les écolos se dé- chirent.
La France est à la relance, donc. Nos 11 témoins en attestent (p. 19), les entreprises se battent. Nous aus- si, tiens. À aucun moment, nos titres n’ont déserté les kiosques. Notre lettre quotidienne gratuite (www.ecoreseau.fr/la-newsletter/) re- noue avec son gai babil et les projets se concoctent dans nos bureaux asepti- sés chaque jour. Puissions-nous vous retrouver tous et toutes en parfaite santé avec un moral de battant. De la psychologie collective, certes, mais l’optimisme est le seul ingrédient qui assure les victoires. n
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Collaborateurs réguliers
Anna Ashkova, Jean-Marie Benoist, Jean-Baptiste Chiara, Charles Cohen,
Chloé Consigny, Philippe Flamand,
Geoffroy Framery, Marie Grousset,
Pierre Havez, Marc Hervez,
Jean-Pierre Lagarde, Pierre-Jean Lepagnot, Jean-Baptiste Leroux, Thibault Magnan, Julie-Chloé Mougeolle, Jonathan Nahmany, Guillaume Ouattara, Nicolas Pagniez, Lili Quint, Patrice Remeur, Philippe Richard,
Charlotte de Saintignon, Ariane Warlin, Geoffrey Wetzel, Murielle Wolski
Dessin de Philippe Geluck secrétaire de rédaction
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Élodie Coin
                     ecoreseau.fr septembre 2020 |3
]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[ 16
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galaxie
briefing de l’optimisme
entreprendre & innover
en couverture
LA FrANCe
À LA reLANCe
société semaine de quatre jours : yalleroupas?
société Comment quelques nanomètres de virus rebattent
les cartes de la géopolitique mondiale
l’œil décalé La renaissance des entreprises de France – medef –, un réseau to be
en immersion GeA Invest, des bonbons au parfum d’ambition
Trophées Optimistes 2020
38 électron libre Olivier de montlivault 80 % de l’électroménager
se réparent
40 culture du rebond Xavier Ginoux rebondir, avec sens !
42 briefing innovation
44 décryptage La relance verte mythe
ou (future) réalité ?
pratique
CADeAUX D’AFFAIres LA reVANCHe DU
mADe IN FrANCe
46 manager autrement savoir dire non à son patron
50 business guide Cadeau d’affaires, valeur (presque) sûre
56 briefing rh & formation
60 carrières & talents Grandes écoles,
grandes rentrées
vie privée
LA GestION
De pAtrImOINe ? DANs LA tOUrmeNte
72 baromètre patrimoine & fiscalité patrimoine
76 baromètre finance & marchés
78 culture & co
80 essais auto
81 santé Le régime cétogène : utile, mais... 82 l’art du temps
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septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[briefing de l’optimisme
galaxie
  l’onde positive
thierry saussez
Créateur du Printemps de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
Le temps des opportunités dans la difficulté
  L’IMAGE
J’AI UN COUP DE CŒUR
pour le formidable déploie- ment d’activité de Bpifrance, la « banque » des entrepreneurs, cet organisme français de finance- ment et de développement des en- treprises qui regroupe Oséo, CDC Entreprises, le FSI et FSI Régions. Depuis 2012, cette compagnie fi- nancière soutient efficacement les petites et moyennes entreprises, les entreprises de taille intermé- diaire et les entreprises inno- vantes, soutenue par les politiques publiques de l’État et des régions. Plus que jamais, nos entreprises ont besoin de ce « coup de main ». D’où l’intérêt de voir Bpifrance repartir en tour de France pour son Big Tour, depuis le 29 juillet, jusqu’au 19 septembre (il sillonne le littoral, après Paris, à la ren- contre des jeunes, des familles et des entrepreneurs) pour promou- voir le savoir-faire technologique, autant d’atouts pour la France qui innove et entreprend.
UNE PERSONNALITÉ
ME FRAPPE TOUJOURS celle de Philippe Croizon, bien connu par vos lecteur.trices, cet ancien ouvrier devenu ath- lète après la perte de tous ses membres. Pas seulement par fi- délité à cet homme d’exception et par admiration pour les défis qu’il a relevés. Aussi parce qu’il fait école. Le voilà parrain de quatre jeunes athlètes de haut niveau en situation de handicap, Élisa, Paul, Théo et Selman, qu’il accompagne pour une nage en relais de 30 kilo- mètres entre deux caps de la côte d’Opale. Je trouve très beau que ce parrain du Printemps de l’Op- timisme se consacre ainsi aussi à autrui.
DEUX LIVRES MÉRITENT VOTRE ATTENTION
• Celui de Virginie Grimaldi, cette romancière française dont le premier roman, Le premier jour du reste de ma vie en 2015, est
resté dans les mémoires. Ses cinq romans sont tous des best-sellers, ils brillent par ce positivisme que l’on appelle la littérature feel good. Le dernier, Et que ne durent que les moments doux, chez Fayard, n’échappe pas à la règle de l’onde positive.
• Celui d’un politique que je connais bien, Nicolas Sarkozy, premier président à avoir tant écrit et autant de livres à suc- cès. Le premier tome de ce qui constitue ses mémoires au fil des livres, Le temps des tempêtes (édi- tions de l’Observatoire), n’est pas l’exemple d’un optimisme à tous crins, mais il rappelle que lorsque tu sais d’où tu viens, tu sais où tu vas. Il réexplore cette grande crise financière mondiale dite des subprimes, raconte comment il l’a traversée avec efficacité et réfléchit à la crise actuelle et à celles qui viendront. Le moment de rappe- ler le mot de Winston Churchill, « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un op- timiste voit l’opportunité dans chaque difficulté ».
À VENIR, LE FESTIVAL
DES ÉNERGIES POSITIVES dans le cadre du Printemps de l’Optimisme. Je ne suis pas sûr qu’il soit possible, dans les cir- constances, de prévoir une grande manifestation comme les années passées, en live. Mais nous envi- sageons de reprendre un ancien projet un peu fou, le Train de l’Optimisme, qui, à la manière du Big Tour de Bpifrance, sillonnera une douzaine de villes françaises. Il véhiculerait l’image de notre pa- trimoine culturel, nos initiatives économiques, avec animations et ateliers. Comme Churchill, je vois l’opportunité dans la crise, et ce train-événement médiatique cor- respond à ma personnalité et à ma culture. Nous en reparlerons avec ÉcoRéseau Business, notre fidèle partenaire. n
La Terre élargit sans cesse
sa ceinture des tropiques.
À cause de l’activité humaine.
La Terre élargit sans cesse sa ceinture des tropiques. À cause de l’activité humaine.
On se demandait bien pourquoi, à partir de 2006, la bande tropicale, naguère très circons- crite, n’en finit pas de s’élargir, de façon plus prononcée au sud. Le Journal of Geophysical Research : Atmospheres en a identifié la cause, elle est océanique. Or, le réchauffement de l’océan subtropical est directement lié au réchauffement climatique. Anthropique, c’est-à- dire dû aux pollutions générées par l’homme. n
   Les prévisions pour 2020 suggèrent une chute de la croissance de 6 ou 7 % pour l’Allemagne, les États-Unis ou le Japon, de 11 ou 12 % pour la
France. Pourquoi ? L’austérité passée sur l’hôpital nous a laissés dans une impréparation totale
face à la pandémie, nous obligeant à confiner
plus fort qu’ailleurs...
Christian Chavagneux, directeur d’Alternatives économiques.
se connecter au printemps de l’Optimisme www.printempsdeloptimisme.com rejoindre la Ligue des optimistes www.optimistan.org
ecoreseau.fr septembre 2020 | 7
]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme
 950 076 22 août
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Les conseillers commencent à ressentir la marée montante des
600 000 à 900 000 suppressions de postes attendues d’ici à la fin de l’année. Or les services viennent à peine de se réorganiser pour rouvrir les agences. Sans un recrutement massif de quelque 1 500 agents maintenant (et autant en octobre et en novembre), estime le syndicat CFDT, qu’il faut d’abord former à leurs tâches et les accompagner, les files d’attentes risquent de se transformer en autant de clusters et de houles de mécontentement. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a beau promettre depuis juillet une « aide » en ce sens, il ne dépend que de Bercy de débloquer les fonds voulus. Encore faut-il organiser les recrutements : peut-être en embauchant directement ceux et celles qui se presseront aux guichets ?
voitures 100 % électriques et hybrides rechargeables ont été vendues dans le monde sur les six premiers mois de l’année, estime le cabinet Inovev. Soit une hausse de 4,1 % par rapport au premier semestre 2019.
se présente comme le jour du dépassement en 2020, la date à partir de laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an. Motif d’espoir : c’est trois semaines plus tard qu’en 2019, mais uniquement « à cause » de la pandémie.
seront reversés au Paris Saint-Germain par l’UEFA pour son parcours global en Ligue des champions. Pour rappel, le club de la capitale s’est incliné en finale face au Bayern Munich (1-0).
 leS chiffreS
    Pôle emploi face au raz de marée
   8 | septembre 2020 ecoreseau.fr
la bonne idée
et si le yoga entrait
dans le programme scolaire ?
Le yoga a fait la conquête
du monde, écrivent Sylvain Wagnon, professeur des universités en sciences de l’éducation, de l’université de Montpellier et Sihame Chkair, docteure en économie de la santé et doctorante en sciences de l’éducation au sein de la même université. Et si cette activité sportive, éveil spirituel, art de vivre transformait l’enseignement ? se demandent les deux spécialistes.
Des enseignant.es l’ont déjà tenté. Certes, la dimension spirituelle cède généralement le pas à une
pure recherche de bien-être physique et mental, la création d’un climat scolaire de qualité pour les apprentissages. Des associations agréées, telle que RYE, accompagnent déjà les multiples initiatives au sein de l’Éducation nationale. Elle-même propose des formations et des ateliers de yoga au personnel enseignant. Encore faudrait-
il l’intégrer aux disciplines existantes ou créer une réelle éducation intégrale, concluent les pédagogues. Une piste pour Jean- Michel Blanquer.
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[                    CATHERINE, INDÉPENDANTE MAIS BIEN ACCOMPAGNÉE.
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]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing de l’optimisme
3 questions à Quentin Guilluy, CEO d’Andjaro
 « Aucun.e dirigeant.e ne prend plaisir à lancer
un plan social, mais ils.elles ne savent pas que
des outils existent pour faire autrement »
Face au fléau covid-19, des milliers d’emplois se retrouvent menacés. Des plus petites entreprises aux plus grandes... comme Air France ou Nokia. Quentin Guilluy, cofondateur et président d’Andjaro, la start-up qu’a choisie le gouvernement pour l’épauler en début de crise, se révèle intarissable sur les possibilités qu’ont les dirigeant.es afin de réduire les licenciements. Et plus globalement de résoudre l’équation du staffing. Entretien.
Les plans sociaux inondent au sein de bon nombre d’entreprises, face à la crise que nous traversons, pen- sez-vous que les licenciements sont évitables ?
Tous ne sont pas évitables, mais les recettes du passé qui assimilent la crise économique à des plans de dé- parts volontaires pourront être atté- nuées lors de cette crise qui ne res- semble à aucune autre. Des secteurs vont rebondir très vite. Tout n’est pas évitable, mais tout est « atténuable ». Aucun.e dirigeant.e ne prend plaisir à lancer un plan social, mais ils.elles ne savent pas que des outils existent
Lettre du Liban
La générosité en héritage,
Iavec Thibaud et Roland de Barnier
pour faire autrement. C’est très dif- ficile d’être dirigeant.es de grandes entreprises, s’ils.elles peuvent éviter de licencier, ils.elles le feront. Andjaro entend sauver 10 % des emplois me- nacés. De quoi limiter déjà l’impact sur le chômage.
Les ressources humaines au sein même des entreprises ne suffisent pas ? Quels outils apportez-vous à vos clients ?
Pour l’anecdote, j’étais moi-même « RH ». Les ressources humaines en France demeurent spécialistes de la gestion des temps longs. Par exemple, tout ce qui relève de la gestion pré- visionnelle de l’emploi et des com- pétences, du droit social. Là, nous sommes sur des laps de temps très courts. Un.e employé.e appelle le ma- tin pour témoigner d’une absence et, en un claquement de doigts, nous de- vons trouver un.e autre employé.e qui voudra bien le.la remplacer. Ce n’est pas de la compétence d’un.e DRH. Imaginez sur une organisation de 10 000 collaborateur.rices, difficile pour eux.elles de faire « matcher » l’offre et la demande.
Nous, chez Andjaro, on répertorie sur un logiciel l’ensemble des ressources
de nos clients. Le ou la manager d’une entreprise se connecte alors sur une plate-forme qui lui proposera tout le personnel dont l’activité cor- respond au personnel recherché mais qui se retrouve tout ou partie dispo- nible ou moins occupé. A fortiori, ce personnel pourra se voir redéployé au sein même de l’organisation, mais sur d’autres postes/activités qui exigent du renfort. On priorise les ressources internes, puis si besoin, externes. Un manager opérationnel, par exemple – et ça, c’est universel –, va chercher du monde le matin pour assigner un.e employé.e à tel poste. Mais du côté d’Andjaro, le logiciel sera beaucoup plus rapide ! Durant la crise, notre activité auprès de certains clients a quintuplé, des entreprises ont parfois atteint le pic de 40 % d’absentéisme alors qu’en moyenne en France, ce taux ne dépasse pas les 5 %.
Êtes-vous optimiste à l’avenir du côté des emplois? Pour celles et ceux déjà en poste et les jeunes qui entrent sur le marché du travail ?
À mon avis, tout dépendra des sec- teurs. Bien sûr, il n’est pas bon pour l’instant d’exercer dans l’aéronau- tique ou le tourisme. Mais imaginez
celui ou celle qui s’est lancé.e dans la téléconsultation médicale, il.elle se porte plutôt bien... Cette crise rend difficile toute anticipation, tout est imprévisible, nos clients se révèlent incapables de prévoir leurs besoins. Cette imprévisibilité est particuliè- rement forte dans la gestion quoti- dienne des hommes et des femmes, des plannings en général. Donc, oui, certains secteurs vont fortement em- baucher, d’autres moins. En réalité, je suis davantage inquiet pour les sé- niors, qui vont devoir retrouver un emploi. C’est dramatique, ce genre de situation, il faudra un vrai accompa- gnement car les séniors se montrent moins mobiles, ils.elles ont plus d’im- pératifs familiaux, contrairement aux jeunes qui sauront rebondir.
prOpOs reCUeILLIs pAr GeOFFreY WetZeL
 love Beirut ! Ce cri du cœur, « les » Barnier n’ont pas Mikhael à 80 % détruits, la poussière omnipré- attendu l’artiste Mika et l’annonce d’un concert ca- sente. Les bâtiments neufs soufflés, les fondations ritatif, pour le lancer. En moins de 24 heures, ils ont qui ont résisté. Ils pourraient être rénovés, à la préparé leur paquetage pour venir en aide à la popu- différence des petites maisons des artisans dont
lation meurtrie par cette explosion du 4 août qui a réduit les murs ont bougé. Avec un litre de lait à un dol-
le port de la capitale cosmopolite en un amas de gravats. Co-fondateur de l’organisation non gouvernementale Ulis (pour Unité légère d’intervention et de secours), Roland de Barnier est sapeur-pompier professionnel – lieutenant co- lonel –, avec le sauvetage et le déblaiement pour spécialité. « Cette mission a une saveur particulière » : Thibaud, son fils, ingénieur diplômé de l’ISA-Supaéro (institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace),est de la partie. Avec une douzaine de missions à son actif (Inde, Turquie, Pakistan, Philippines...), le père est rompu à l’exercice. Pour Thibaud, ancien jeune sapeur-pompier pendant quatre ans, c’est un baptême du feu.
« Ce n’est pas la balade, détaille d’emblée Roland de Bar- nier, pour jeunes cadres dynamiques en mal d’émotion. Le port, zone d’intervention des seules autorités militaires. Notre théâtre d’opération : les quartiers Achrafieh et Mar
10 | septembre 2020 ecoreseau.fr
lar, des banques qui leur refusent de retirer leur
agent des comptes, la nourriture pourrie dans les habitations, les personnes âgées encerclées de décombres, la population est meurtrie. Pas de quoi pour autant altérer un accueil chaleureux. La France est perçue comme une grande sœur. Notre organisation politique leur est fami- lière. Comment obtenir le même statut que la Corse ? Voilà l’une des questions qui nous a été posée. Les libanais.es. n’ont plus rien, mais nous proposent de l’eau. C’est un pays de cœur. Peu importe d’où vous venez, peu importe dans quel quartier vous vous rendez, l’attitude est la même par- tout. » leur mission a duré six jours. « Il y a un moment où vous sentez que les locaux reprennent leur vie en main. Il faut savoir s’en aller. Il y a des images et des mots que l’on garde pour soi. Que l’on ne souhaite partager que bien plus tard. » n
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[Pour la première fois,
le renouvelable devance le fossile
Alerte au méthane : ça sent le soufre !
La pente vers le réchauffement accéléré de la planète est toujours plus raide. Dans le second
bilan mondial du méthane, des scientifiques font état d’une hausse record des émissions de ce gaz
à effet de serre, vers des niveaux
jamais enregistrés. Le méthane reste moins longtemps dans l’atmosphère que le CO2, mais son potentiel de réchauffement est bien plus élevé.
Si le confinement a fait baisser pendant un temps les niveaux
de dioxydes d’azote et de carbones et des particules fines responsables d’une partie de la pollution atmosphérique, la course effrénée de notre planète vers son réchauffement ne s’est pas pour autant arrêtée. Bien au contraire. On cite souvent le dioxyde de carbone (CO2), pour parler de l’effet de serre et
du réchauffement climatique, on parle moins du méthane
(CH4), deuxième gaz contribuant à ce même effet délétère. Les 90 scientifiques issus de 15 pays et réunis par le consortium
du Global Carbon Project (GCP) ont publié mercredi 15 juillet
le second bilan mondial du méthane, à l’occasion de l’édition 2020 du Global Methane Budget. Le constat, dressé à partir de données satellitaires, d’inventaires au sol et de modélisations, est alarmant : les émissions de ce gaz, dues principalement à l’agriculture intensive et aux énergies fossiles, ont augmenté
de 9 % entre la période de référence 2000-2006 et 2017. De quoi atteindre les niveaux les plus élevés jamais enregistrés, et miner les objectifs des accords de Paris.
Attention, gaz dangereux
Bien que beaucoup moins présent dans l’atmosphère que
le dioxyde de carbone, et pour moins longtemps (environ 10
ans contre au moins un siècle pour le CO2), le méthane n’est
pas moins redoutable. Et pour cause : il piège 28 fois plus de chaleur que le CO2, son potentiel de réchauffement se révèle
28 fois plus important sur un horizon de 100 ans et 86 fois plus sur vingt ans ! Si le dioxyde de carbone reste la principale
cause du dérèglement climatique, le méthane est responsable de 23 % du réchauffement depuis l’ère préindustrielle. Là encore, l’augmentation continue des émissions anthropiques [imputables à l’homme] est en cause : 30 % des émissions de méthane sont issues des troupeaux d’élevage, 8 % de la culture du riz, 18 % de la gestion des déchets, 22 % de l’exploitation du pétrole et du gaz et 11 % de l’extraction du charbon.
Selon les calculs du GCP, les émissions de CH4 ont atteint près de 600 millions de tonnes en 2017, soit 50 millions de plus que sur la période 2000-2006, durant laquelle les émissions étaient stables. Développement massif du secteur des énergies fossiles et de l’agriculture intensive obligent, les émissions de méthane augmentent en continu depuis 2007, jusqu’à des records de croissance annuelle battus en 2018 et en 2019. Résultat : la concentration de méthane dans l’atmosphère est passée de 730 parties par milliard [1 ppb correspond à un rapport de 10-9] en 1750, début de l’ère préindustrielle, à 1 875 ppb en 2019.
Les objectifs de l’accord de Paris, dans le cadre de la COP
21 en 2015, visaient à maintenir l’élévation globale de la température « nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5 °C ». Les récentes constatations et observations dressées par les chercheurs du GCP correspondent cependant à des scénarios climatologiques de fort réchauffement, sans mitigation à l’horizon : entre + 3 °C et + 4 °C d’ici à la fin du siècle. L’ONU tire la sonnette d’alarme et affirme que pour tenir la promesse des objectifs de l’accord de Paris, qui paraît désormais bien loin, il nous faudra abaisser les émissions de gaz à effet de serre (CO2 et CH4 en tête) de 7,6 % annuellement. AbA
The green life®
galaxie
  Le renouvelable prend l’ascendant. Dans une étude publiée par le centre de réflexion Ember, l’éner- gie renouvelable a généré plus d’électricité que les combustibles fossiles durant le premier semestre 2020 en Europe. Une première. Grâce notamment au tandem so- laire-éolien en plein essor. Malgré tout, on note des divergences au sein même de l’Union européenne. Quelques chiffres.
Le « plafond de verre » se brise- rait-il ? Pour la première fois en Europe, au premier semestre 2020, l’énergie renouvelable a généré 40 % d’électricité, soit environ six points de plus que l’électricité pro- duite par les combustibles fossiles (34 %). Les énergies renouvelables ont vu croître leur production de 11 % par rapport au premier se- mestre 2019. Une hausse expli- quée notamment par le boom de l’éolien et du solaire. À eux deux, ils représentent un peu plus d’un cinquième de l’électricité produite en Europe. Jusqu’à 64 % au Dane- mark.
Le charbon a du plomb dans l’aile
L’une des principales énergies im- pactées par la percée des énergies renouvelables, le charbon. C’est en tout cas ce que révèle Ember, spécialiste de la transition éner- gétique, qui souligne une chute brutale de 32 % du fossile dans l’UE. Qui s’explique aussi par une demande moins forte d’électri- cité due à la pandémie covid-19. Ce n’est pas l’Allemagne, engagée dans la disparition à terme de ses centrales à charbon, qui dira le contraire : - 32 % de recours au charbon sur le premier semestre 2020. Avec en filigrane, l’exploit d’avoir été détrônée par la Po- logne, premier producteur de la roche sédimentaire. Triste record
pour les Polonais.es qui pro- duisent et consomment désormais autant de charbon que 25 pays de l’UE réunis.
Idem pour la Tchéquie qui n’a ja- mais réellement affiché une vo- lonté profonde de basculer dans un mode de production renouve- lable. Un constat que regrette Dave Jones, analyste en électricité chez Ember : « Pour des pays comme la Pologne et la Tchéquie, il existe désormais une issue claire, s’ils la choisissent. »
Vers la bonne voie...
mais encore loin des objectifs
S’il faut certes se rassurer de cette première historique, du chemin reste à parcourir. Bien entendu, nous nous dirigeons vers une électricité produite – et ce de plus en plus –, via les énergies renou- velables. Comme en témoignent l’Autriche, pays dans lequel la pro- duction de charbon a été divisée par plus de la moitié (54 %), en raison notamment de la fermeture de la dernière centrale au charbon en mars, ou la Suède, qui a œuvré pour le même scénario : condam- ner son ultime centrale au char- bon. « C’est un progrès rapide de- puis neuf ans à peine, lorsque les combustibles fossiles généraient deux fois plus que les énergies renouvelables », a souligné Dave Jones.
Toutefois, difficile de se reposer à l’ombre de ses lauriers. Surtout si l’on souhaite parvenir à l’objec- tif de réduction des émissions de carbone à hauteur de 55 % d’ici à 2030. Pour ce faire, les installa- tions éoliennes et solaires devront doubler, voire tripler dans les an- nées à venir, en comparaison à la décennie précédente. Des pâles sur le pylône ! GW
ecoreseau.fr septembre 2020 | 11
]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[                 galaxie
briefing économie
 Été, 82 000 entreprises créées !
  Sitôt déconfiné.es, sitôt entreprenant.es. Dès le mois de mai, la rage d’entreprendre a saisi les start-upeurs, réduits au silence pendant le confinement. Secteurs les plus prolifiques, l’hébergement et la restauration
(+42,2 %), tout spécialement la restauration rapide. Un ap- pétit lié aux besoins d’une demande saturée de congelés et de prêt-à-cuire ? Idem en prévision de la reprise du travail : les créations d’entreprises dans le secteur des services aux ménages (+15,9 %) ont cartonné. Au total, 82 086 entreprises en juillet, après 75 331 en juin et 54 552 en mai. Ce sont les chiffres d’avant crise où dominent bien sûr TPE et mi- cro-entreprises. Mais les créations de boîtes plus classiques devancent encore les micro-entreprises. n
81%
des personnes interrogées affirment qu’elles se sentent plus à l’aise à l’idée de conduire un véhicule plutôt que de prendre les transports en commun à cause de la pandémie.
84%
des sondés qui se projettent vers leurs prochaines vacances pensent à la voiture plutôt qu’à l’avion.
69%
envisagent d’acheter une voiture d’occasion.
34%
estiment que l’achat en ligne serait facilité par la possibilité de se faire livrer le véhicule au domicile.
60%
ne sont pas trop rassurées, voire pas du tout, à l’idée d’utiliser des services d’autopartage ou de covoiturage.
1
Small data
La voiture,
reine maudite de l’épidémie...
 Source : Étude de CarNext sur les impacts de la covid-19 sur les mobilités
personne interrogée sur 3 affirme se projeter plus facilement vers l’achat d’un véhicule en ligne qu’avant la crise de covid-19.
 mouvements
p baron philippe de rothschild (bpr)
Ariane Khaida
est nommée directrice générale déléguée du pôle d’activité Châteaux
p bitdefender
emilio roman
a été nommé vice-président EMEA de Bitdefender
p Capgemini France (CAp) tony mudry
a été nommé directeur segment retail de Capgemini France
p Carrefour International (Groupe Carrefour)
Christophe rabatel
est promu directeur exécutif Italie
p econocom France (eCs) Ivan rignault
a été nommé directeur des systèmes d’information
p eDF
thierry milhe
est promu directeur performance opérationnelle
p Free2move (Groupe psA) brigitte Courtehoux
est promue directrice générale de Free2Move
p GFI Informatique
rachid Chtioui
a été nommé directeur commercial département Assurance de personnes de Cleva Insurance Software
p OL Groupe
Vincent ponsot
est promu directeur général du football d’OL Groupe
p philips France
Adrien michaud
a été promu head of health economics, market access & public affairs
p Vivendi
Damien marchi
été promu vice-président opérations de Vivendi
          Vous avez changé de fonction ? Faites part de votre nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !
12 | septembre 2020 ecoreseau.fr
82 000
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[                  MATHILDE
 EST CONFIANTE
 GRÂCE À SON COMMISSAIRE
AUX COMPTES, ELLE A RENFORCÉ LA CYBERSÉCURITÉ DANS
SON ENTREPRISE.
Mathilde dirige une entreprise de conseil RH de 35 salariés. Après le confinement, elle a décidé de pérenniser le télétravail mais s’inquiétait de la sécurité de son réseau informatique. Elle a demandé
un audit cybersécurité à son commissaire aux comptes. Maintenant, elle y voit clair sur ce qu’elle doit mettre en place
pour développer le travail à distance
en toute sécurité... et sérénité !
lavenirenconfiance.fr
 LES COMMISSAIRES AUX COMPTES
Bâtisseurs d’une société de confiance
Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes (CNCC), 216 rue Raymond Losserand 75014 Paris - SIREN 784 179 798 - Photo : © Getty Images - Création :
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
briefing économie
à lire
manuel pratique : même les pme devront agir pour le climat
Petit manuel pour l’entreprise,
comment agir pour le climat,
Pascale Baussant, EMS
Nous entrons – enfin – dans une
décennie où les politiques des
États – enfin – clairvoyants et les
prises de conscience, de la part
des entreprises, que l’écologie au
quotidien n’est pas réservée aux
individus chez eux et elles, vont
déboucher sur des actions concrètes. Les grandes « boîtes » ont déjà recruté leur responsable RSE ou du développement durable. Mais 99 % des entreprises françaises sont des PME (moins de 250 salarié.es). Sans poste dédié, par nature sevrées du temps nécessaire pour réfléchir à la mise en place de gestes efficaces, elles doivent – que l’initiative vienne du.de la dirigeant.e ou d’un.e salarié.e – puiser dans la documentation en passe de fleurir chez les éditeurs.
Après tout, ces mêmes TPE/PME ont bien su, largement contraintes, mettre en place des procédures pour l’accueil sécurisé de leurs collaborateurs. La même démarche de bon sens pourrait dans la foulée s’appliquer à des
« bonnes pratiques » dont l’énumération traîne un peu partout. Et notamment dans les premiers « manuels » qui s’y consacrent.
Celui qu’a rédigé Pascale Baussant, cheffe d’entreprise, spécialiste de finance responsable et administratrice de l’association 1 % pour la planète, en fait partie. Mince comme tout – 131 pages de papier recyclé –, il s’ouvre sur une préface de Yann Arthus-Bertrand qui a le mérite de ne pas théoriser à outrance l’urgence à agir : « Il est trop tard pour être pessimiste », assène celui qui voit le monde dans sa globalité. Agir, donc, non seulement pour contribuer à limiter le réchauffement climatique, mais pour normaliser son entreprise dans des
Jugement de valeurs
QComment les dirigeants ont-ils passé leur été ?
règles de comportement qui seront, qu’on le veuille ou non, la norme de l’après-covid. Et comme 60 % de la population française pensent qu’il est urgent d’agir, cette majorité, masquée ou pas, choisira parmi les 3 millions d’entreprises en France celles qui afficheront leur engagement. Or « une génération de PME françaises très engagées fait de la contrainte écologique une clé de son succès », constate Pascale Baussant, en écho à l’article de Cécile Ezvan paru en 2017 dans
la revue Projet, Les cercles vertueux des PME innovantes. Marc Ingham, enseignant-chercheur à l’ESC Dijon, ne disait pas autre chose en 2014 : Vers l’innovation responsable – Pour une vraie responsabilité sociétale (De Boeck).
De la gratuité au coût raisonnable
L’opuscule a beau se vouloir mince, on est surpris par la densité de son sommaire. Baussant a
rangé ses actions sous des angles qui parlent
aux PME, Les actions gratuites, Les actions peu coûteuses, Les actions plus coûteuses. On est emballé par le pragmatisme : dans le gratuit, l’écologue nous conseille de choisir une police de caractères économe en encre, créée à cet effet. Comme la Ryman Éco ou l’Écofont. Ou la Century Gothique qui réduit l’appel à l’encre de 30 % par rapport à l’universelle Arial ! Le choix du moteur de recherche agit à son tour sur l’environnement : avec Ecosia, 45 à 60 requêtes déclenchent la plantation d’un arbre. Avec Lilo, on contribue au financement de projets sociaux. Ce qui coûtera un peu plus à la PME volontariste, ce sera par exemple le choix d’un fournisseur d’électricité verte. Ou s’investir dans le mécénat environnemental. Entre les deux, prendre les seuls taxis à hydrogène ou réduire la pollution des mégots ne mettra pas en danger la plus petite des entreprises... Om
TOP 10
Les dix questions les plus courantes lors d’un entretien d’embauche :
  1
Parlez-moi de vous
 2
Que savez-vous de notre entreprise ?
 3
En quoi le poste à pourvoir vous intéresse-t-il ?
 4
Exposez-moi un projet professionnel dont vous êtes particulièrement fier et inversement, que vous n’avez pas mené à bien
5
 Comment envisagez-vous votre carrière ?
6
 Pourquoi êtes-vous le candidat idéal ?
 7
Êtes-vous un leader ?
 8
Parlez-moi de votre ancien employeur
9
 Quelles sont vos prétentions salariales ?
 10
Avez-vous... des questions ?
      béatrice
uelques mois après la préhensions. la 5 G, ne les mobilise guère pour du commerce subit encore les sortie du confinement, Les intentions de départ en va- l’instant. Neuf entrepreneurs ressacs des fermetures adminis- l’optimisme avait rega- cances s’en sont ressenties. Et sur 10 considèrent à ce stade que tratives.
gné un peu de terrain pour cause, les chef.fes d’entre- cette innovation ne changera Quoi qu’il en soit, qu’ils.elles
chez les chefs d’entreprise avec un prise ont été sensiblement moins rien ou presque à la vie de leur soient parti.es en vacances ou pas
Genoux
Responsable Pôle Études/ Enquêtes CCI France
indicateur en hausse de 5 points dans notre grande consultation de juillet. Et la confiance dans l’éco- nomie française et mondiale pour les prochains mois se stabilisait à la hausse avec 35 % des interrogé.es. Chapeau bas pour ce volontarisme. Mais pas bas les masques pour autant, car le risque d’une nou- velle vague épidémique suscite nombre d’interrogations et d’ap-
nombreux.ses que l’an dernier à vouloir ou pouvoir prendre du champ (67 %, soit moins 9 points par rapport à juillet 2019, et un dirigeant sur deux seulement dans le secteur du commerce). Parmi ceux.celles qui sont parti. es, près de 7 sur 10 exprimaient une très forte envie de déconnec- ter. Rien d’étonnant à ce que l’ar- rivée, possible mais contestée, de
entreprise.
La baisse de l’activité enregistrée par près de 60 % des dirigeant. es depuis le début de l’été a pu expliquer également l’attentisme affiché par certain.es dirigeant. es. Seul.es 6 % des interrogé.es ont constaté une augmentation de leurs affaires. Plus d’un tiers (35 %) jugent, en revanche, que leur activité stagne et le secteur
cet été, les chef.fes d’entreprise espèrent maintenant une relance qui leur permettra de passer l’hi- ver. n
14 |
septembre 2020 ecoreseau.fr
retrouvez l’intégralité des résultats de la grande consultation sur
www.grandeconsultation.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[briefing économie
galaxie
  p 10 décembre
France Innovation meetings
p 7 septembre
10 000 start-up pour changer le monde
Remise du prix « 10 000 start-up pour changer le monde » organisé par La Tribune.
Cérémonie numérique
p 7 et 8 septembre
salon produrable
Rendez-vous européen des acteurs et des solutions de l’économie durable. Organisé en partenariat avec le ministère de la Transition écologique et solidaire.
Palais des Congrès, Paris
p 9 et 10 septembre Omyagué
Le salon du cadeau d’affaires. Carrousel du Louvre, Paris
p 14 et 15 septembre
big Data paris
Innovations radicales, technologies inédites, créativité à 360°... Plus que jamais l’édition 2020 de Big data Paris s’annonce... big. Porte de Versailles, Paris
p 15 et 16 septembre
Journées du crédit
Le rendez-vous annuel des professionnels du crédit Journées du courtage
Le rendez-vous annuels des courtiers et des assureurs Palais des Congrès, Paris
p 18 septembre
Access masters
Rencontrez les grandes écoles de commerces françaises et internationales et leurs masters.
Melia La Défense
p 19 septembre
Access mbA
Rencontrez les directeurs d’admissions de prestigieux programmes de MBA du monde entier
Le Méridien, Paris
p 1er et 2 octobre
patrimonia Lyon
La convention phare des professionnels du patrimoine Centre de Congrès, Lyon
p 2 octobre
salon du trading
Apprentissage théorique et activité pratique du trading salon de l’analyse technique
Comprendre et apprendre le fonctionnement des marchés UIC-P – Tour Eiffel Center, Paris
 serial rêveur
Didier roche
Entrepreneur français aveugle depuis son enfance, il est notamment le directeur général et associé du groupe Ethik Investment, qui a créé entre autres le Spa « Dans
le Noir ? », où les esthéticiennes sont aveugles et la chaîne des restaurants « Dans le Noir ? », où les clients dînent dans l’obscurité totale, guidés et servis par des aveugles. Il est aussi président fondateur de l’association H’up entrepreneurs qui accompagne les entrepreneurs handicapés. www.didierroche.com / www.serialreveur.com / www.ethik-connection.com/
Chère France, une douce révolution serait-elle en route ?
Je viens vous raconter ce qui m’est arrivé il y a quelques jours de cela, au risque de passer pour un menteur au- près de vous, chers lecteur.trices.
Avec Anthony, mon nouveau complice depuis
le confinement, nous avions le projet de monter une société pour y héberger nos projets communs. Nous voilà donc partis dans la rédaction des documents nécessaires à cet heureux événement, de quoi occu- per quelques heures. Nous envoyons l’ensemble de ces documents à l’administration française pour obtenir le KBis, carte d’identité de notre nouveau-né. Cette demande intervient lundi et... ô surprise, le mardi, soit moins de 24 heures après, je reçois un mail ac- compagné de ce fameux document. Extraordinaire, du jamais vu.
Deuxième événement tout aussi surprenant. Nous sommes vendredi milieu d’après-midi, j’échange avec ma banquière sur une demande d’un prêt garantie par l’état (PGE). Je raccroche et elle m’adresse dans la fou- lée l’accord de principe pour obtenir la garantie de la BPI. C’est une formalité que l’on accomplit en ligne. Quelques minutes après la garantie m’est donnée. Je transfère cette garantie le samedi matin à ma ban- quière. Le lundi d’après, dans la matinée, je reçois un mail qui m’invite à aller signer numériquement mon PGE. Étonné, je me pose la question d’un virus, imagi- nant impossible une telle rapidité. Je transfère ce mail à mon associé pour avis. Il regarde et valide la procé- dure de la signature, je suis éberlué. Moins d’une heure après, alors que j’allais le quitter, il me propose en sou- riant d’aller vérifier si l’argent de ce PGE était arrivé sur le compte, et là ! stupéfaction, l’argent était sur le compte. Incroyable !
Nous sommes plusieurs à constater ce changement d’efficacité, l’impossible d’hier devient possible au- jourd’hui.
N’est-ce pas là l’adage d’un serial rêveur : à l’impos- sible nous sommes tenus.
Douce France, cher pays des différences, une révolu- tion est bien en route. Ce que nous espérons tous. n
  ecoreseau.fr septembre 2020 | 15
© olivier merzoug
]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
 La France à la relance
 DOssIer rÉALIsÉ pAr,
OLIVIer mAGNAN, ADAm beLGHItI ALAOUI, JeAN-bAptIste CHIArA,
CHLOÉ CONsIGNY, tHIbAULt mAGNAN
1 Le pouls des PME bat à 100 pulsations minute
2 Autopsie économique d’une France post-covid : c’est grave docteur ? 3 Deux entreprises en stratégie relance
4 Mapping de l’innovation : de la crise émerge l’innovation
5 Prospective : il y a 500 ans, la mystérieuse pandémie covidienne...
p. 16 p. 24 p. 26 p. 28 p. 30
que limiter les dégâts, même si l’« effet retard » des plans sociaux pour entreprises en sursis nous promettent des lendemains difficiles. 4 575 500 personnes privées d’emploi : c’est le plus haut niveau depuis près de 25 ans. Une certitude : les modèles économiques changent, la visibilité n’est pas bonne (Isabelle Saladin, I&S Advi- ser), mais les entrepreneurs se battent plus que jamais. Om
La France des entreprises a beau revenir de va- cances avec l’obligation de masquer ses colla- borateur.trices, elle n’affiche pas la courbe affli-
gée d’un pays en déconfiture absolue. Avec 13,8 % de contraction du PIB au deuxième semestre 2020, nous sommes bel et bien en récession. Toute l’Europe l’est. Mais le retour graduel de l’activité nous épargne les 17 % du scénario noir de l’Insee. À l’écoute de ceux et celles qui passent beaucoup de temps auprès de leurs
16 | septembre 2020 ecoreseau.fr
adhérents, membres et alter ego, se fait entendre une petite musique qui n’a rien d’un lamento. Au positif, la reprise est au rendez-vous, surtout pour les entreprises et les commerçants qui auront « animé la communau- té de leurs clients pendant le confinement », comme l’exprime Pierre Goguet, président de CCI France. Les interventions gouvernementales – PGE, remises de charges, prêts participatifs, injections de milliards dans des filières à vocation internationale – auront fait plus
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[                 Besoin
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 ]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
Crises sanitaires : la France – et le monde – en ont connu de pires OLIVIer mAGNAN
 30 500 décès en France attribués à la covid-19, dont 20 000 à l’hôpital, un pourcentage minime des quelque 600 000 décès annuels. L’Italie la plus touchée n’a pas dépassé 10 % du taux
de létalité d’épidémies géantes du passé. Alors, petit accroc transitoire, la pandémie actuelle ?
foyer, victime de la septième pandémie connue de choléra.
• Années 1880
La tuberculose raflait 100 000 personnes par an quand la France comptait 40 millions d’habitants. Elle est réapparue dans le monde (lire infra).
Dans le monde
•541
Peste dite de Justinien, nom de l’empereur d’Orient : quelque
25 millions de victimes, notamment autour du bassin méditerranéen. Elle a suivi les voies commerciales.
• 166-189
La peste antonine, sous les empereurs Marc-Aurèle et Commode, décima l’Empire romain à la fin de la dynastie antonine à hauteur de 10 millions de morts (variole ou maladie similaire).
• 1347
Peste noire. Elle apparaît dans un comptoir de Crimée génois quand des Tatars, faute de s’en emparer, jettent leurs cadavres pestiférés par-dessus les murailles. Les Génois quittent
la ville et emportent le mal partout, notamment à Marseille. Cette épidémie de peste totalise quelque 75 millions de morts, dont 30 à 50 % de la population européenne de 1347 à 1352.
• xve et xvie siècles
Les expéditions Colomb apportent
  en europe
• xive siècle
La peste emporte le tiers de la population européenne. En 1720, 100 000 victimes en Provence.
• 1664-1665
Venue par bateau des Pays-Bas,
la peste bubonique tue 20 % de
la population de Londres (100 000 victimes).
en France
• 1832 et 1854
Deux vagues de choléra font plus de 200 000 morts dans une France de
30 millions d’habitants.
À son origine, le choléra se répand dans toute l’Inde, atteint la Russie (plus d’un million de morts), avant l’Europe. Aujourd’hui, plusieurs millions de personnes sont touchées tous les ans. L’Afrique en reste le principal
1
11 acteurs et observateurs témoignent
Le pouls des PME
bat à 100 pulsations minute
Pierre Goguet, président de CCI France
Qui ? Expert-comptable de profession, ancien président de la CCI
Bordeaux-Gironde avant son élection à la tête de CCI
France en 2017.
« Un bilan contrasté largement sauvé par les mesures gouvernementales »
Prendre le pouls des entreprises suppose qu’elles ont un pouls ! Heu- reusement, je plaisante, je le sens très bien, mais le diagnostic varie selon les régions, les secteurs et la vocation exportatrice des entre- prises. Si je commence par celles- ci, c’est pour constater que l’export, locomotive de l’activité, se traduit par des carnets de commandes ex- sangues et un manque criant de vi- sibilité. Depuis notre observatoire, nous constatons que 65 % des ex-
portateurs sont en veille et dans les starting-blocks. Heureusement, avec notre partenaire Business France, nous avons mis en place une infor- mation essentielle, des webinaires, nous avons lancé une prospection sous forme de programmes d’ap- pels à raison de 250 conseillers mobilisés. Or un signe fort s’en dé- gage qui montre une dynamique économique globale en Europe – je ne parle pas des États-Unis et de la Chine repliés sur leurs bastions.
Un modèle économique changé favorable
aux proactifs
Par secteurs, le bilan est très contrasté. Il est catastrophique pour l’aéronautique qui travaille sur un cycle long de dix ans et dont l’arrêt de l’activité se répercute sur toute une chaîne de compétences. Guère meilleur pour le tourisme, privé des étrangers, mais dont le cycle court promet un redémarrage. En revanche, biotech, composants électroniques et société de services
d’accompagnement de la transfor- mation numérique, tout comme l’agroalimentaire à des degrés va- riables, profitent d’une embellie face à ce pourcentage énorme de 75 entreprises sur cent qui ne sont pas passées au numérique. Un élément très positif reste l’effort maximal du gouvernement, sous forme de PGE, de remises de charges en mode cy- bernétique, autrement dit avec un affinement des besoins au fur et à mesure. À telle enseigne que les dépôts de bilan ont été divisés par deux au cours du 2e trimestre, sans présumer de l’effet retard ! La trans- formation des PGE en quasi-fonds propres sur 7 à 10 ans sous la forme de prêts participatifs est une excel- lente formule. Il n’empêche que le plus dur est à venir dans un modèle économique changé où les com- merçants qui ont su animer la com- munauté de leurs clients pendant le confinement les ont retrouvés à son issue. Notre campagne de soutien aux commerçants, « Se serrer les coudes », est allée dans ce sens.
Carole Couvert, vice-présidente du Conseil économique social et environnemental (Cese)
• Qui ? Ancienne présidente
confédérale du syndicat CFE-CGC (confédération de
l’encadrement), elle assure aujourd’hui
la vice-
présidente du Cese, assemblée nationale de représentation socioprofessionnelle.
« Il faut que les mesures de soutien aux entreprises soient conditionnées au maintien de l’emploi »
Pour cette rentrée, il faudrait que l’on soit dans une logique d’antici- pation, faire un retour d’expérience
  18 |
septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[la variole qui décime un tiers des Aztèques, Incas et Mayas. On la retrouve en Inde en 1970 (lire infra).
• xviie siècle
Le commerce des esclaves introduit dans le Nouveau Monde la fièvre jaune et en Europe la syphilis.
• 1918-1919
Grippe dite à tort « espagnole » au prétexte que c’est l’Espagne qui a dénoncé ce secret militaire : 50 à
100 millions succombent en une année.
Il s’agit d’une souche H1N1 entre 1917 et 1918, que l’on rencontrera à nouveau en France en 2009 (grippe dite aviaire).
• 1957
Année de la première apparition
dans la province du Guizhou en Chine de la grippe asiatique, rapidement mondialisée (le virus Sars-CoV-2
venu de Chine ne s’est pas comporté autrement). L’OMS en chiffre les morts à hauteur de 1 à 4 millions (dont les États-Unis, 69 800). Son évolution en H3N2 déclenche une autre pandémie de 1968 à 1969 – grippe dite de Hong
Kong – avec environ 1 million de morts.
• Années 1970
> On la croyait éradiquée, mais la variole resurgit en Inde : plus de
100 000 trouché.es et 20 000 morts. Cette maladie intrinsèquement humaine sera totalement éradiquée en 1977 grâce à un vaccin que l’OMS généralise.
> À la fin de la décennie, le VIH, virus de l’immunodéficience humaine, se manifeste en Amérique du Nord.
À mesure que l’infection affaiblit le
système immunitaire, d’autres signes et symptômes peuvent apparaître. Désormais, alors que le virus n’est pas éradiqué, des médicaments antirétroviraux évitent dans la plupart des cas la mort, après un bilan de plus de 36 millions de décès. C’est toujours une préoccupation majeure de santé publique.
• Années 1980
Les échanges aériens mondialisent les épidémies, le Sars-Cov-2 en est la dernière illustration.
• 2015
La tuberculose reste l’une des dix premières causes de mortalité dans le monde.
Cette année-là, 1,8 million de personnes en sont mortes quand
480 000 sujets ont développé une tuberculose multirésistante. Un traitement antibiotique parvient à la juguler.
en couverture
entreprendre & innover
      de la période, en tant que salarié.e, chef.fe d’entreprise ou fonction- naire, sans langue de bois et en re- gardant ce que l’on doit améliorer. Il faut travailler sur la question du comment vivre avec un risque de pandémie chronique et comment l’anticiper pour qu’on ne soit plus dans l’attente permanente de nou- velles consignes. Ce qui mériterait une saisine officielle du gouverne- ment sur ce sujet, pour demander l’éclairage de l’ensemble de la so- ciété civile, représentée au Cese.
Relance équilibrée
Ce que j’attends, en tant que vice-présidente du Cese, c’est un plan de relance équilibré. Il faut que les mesures de soutien aux en- treprises soient conditionnées au maintien de l’emploi, pour éviter les effets d’aubaine. Deuxièmement, il faut des mesures pour soutenir les ménages et inciter à la consomma- tion. Il faut des annonces du côté de l’intéressement et de la partici- pation, pour mobiliser les salarié.es
et tirer tout le monde vers le haut. Le troisième sujet important est le télétravail. Les salarié.s, les chef.fes d’entreprises et les indépendant. es n’auront pour la plupart pas eu le temps de repos et de recharge des batteries nécessaire. Ce qui m’amène à lancer une alerte sur les risques psychosociaux, à tous les degrés de l’entreprise. Le gouver- nement doit engager un effort de dialogue et de pédagogie. Si j’ai un seul vœu à formuler, c’est celui-là.
François Asselin, président
de la CPME
• Qui ? Il préside
la CPME depuis janvier 2015.
« La baisse annoncée des impôts de production s’avère fondamentale »
La France figure parmi les quatre pays européens les plus touchés par la crise avec la perte de 13,8 % de PIB annoncée par l’Insee. L’État français a réagi rapidement en mettant en place des dispositifs massifs de soutien afin d’aider les
entreprises et les salarié.es durant cette période difficile. On peut ain- si citer le chômage partiel, les re- ports de charges sociales et fiscales, et le prêt garanti par l’État. Désor- mais, se pose la question du « mur de la dette » qui ne doit pas briser la spirale de reprise. Comment ac- compagner cette reprise afin d’in- citer les entreprises à réinvestir et les Français.es à consommer ? Un des enjeux du plan de relance.
Accompagner
les entreprises
et insuffler la confiance Redonner des perspectives aux entrepreneur.euses passe par des mesures de soutien au redémar- rage économique mais également par un message optimiste, porteur d’espoir et de confiance. En ce sens, la baisse annoncée des impôts de production s’avère fondamentale. De quoi dégager des moyens et redonner un nouvel élan de com- pétitivité. Nous plaidons pour que l’on diminue en priorité la fiscalité locale qui concerne toutes les en- treprises. L’emploi des jeunes doit également constituer une priorité. Nous n’avons pas le droit de sacri- fier une génération.
 ecoreseau.fr septembre 2020
| 19
]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
  Pierre Pelouzet, médiateur des
ment leurs factures et même dé- bloquer des avances. L’explosion des demandes de médiation dont j’ai été saisi est un signal plutôt sain : j’y vois la volonté de ne pas se bloquer et d’éviter de s’en tenir à des rapports de force et le recours aux tribunaux : de plus en plus, les dirigeant.es acquièrent le réflexe du dialogue et de la médiation : il faut que l’on se parle.
Au fond, je vous redis ce que j’ai eu l’occasion de répéter sur nombre de plateaux de télévision : la pire crise que l’on ait connue se révèle moins grave qu’attendu.
Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic
Qui ? Cheffe d’entreprise et porte-
parole d’un patronat éclairé, elle préside
Ethic depuis 1995 où elle crée la Fête des
entreprises sur le thème « J’aime
ma boîte ».
« Il faudrait que cette crise soit une leçon et serve de rebond »
Je suis assez ambivalente. D’une part je suis bluffée et admiratrice de la capacité de réaction des en- trepreneurs, qui se sont mis à fa- briquer autre chose, à devenir plus écolos, à protéger les salariés. Nous avons été des entrepreneurs entre- prenants. Mais d’autre part, je suis pessimiste parce que malgré les nombreux plans de relance annon- cés, je ne sais pas où ça va aller. On a fait des actes certains, repoussé des charges, mais je me demande
même si l’on n’est pas allé trop loin. Notamment sur le chômage par- tiel. Je me dois de dire la vérité, je pense qu’il y a eu des abus. Il faut dire stop au télétravail. C’est dur pour les managers, pour le respect de la vie privée et c’est préjudiciable pour un dynamisme qui se perd. Toute cette générosité, nous la paie- ront de toute façon, l’État n’est pas un puits sans fond et les entreprises sont les seules sources de revenus des finances publiques.
Faire confiance
aux entreprises
Je pense que la solution viendra des entreprises et que le gouvernement devrait plutôt prendre exemple sur nous et nous consulter. Je ne jette pas la pierre au gouvernement, qui a été généreux. Mais ces aides ont révélé un dysfonctionnement de la technostructure administrative. C’est un examen de conscience de toute l’administration qui doit se faire. Il faudrait que cette crise soit une leçon et serve de rebond.
Émeric Oudin, président du Centre des jeunes dirigeants (CJD)
•Qui?Ilestàla tête d’une PME de 17 salariés, Axe Environnement, de
Romilly-sur-Seine, dans l’Aube, solutions
techniques aux agriculteurs,
dispositifs de protection de la santé, traitement des eaux usées. CA de 6 millions, interventions dans toute la France. Il a été porté
à la présidence du CJD le 1er juillet 2020.
« Les entreprises au management déjà agile seront les gagnantes de la crise »
Prendre le pouls des entreprises, mais lesquelles ? Je fuis les généra- lités. Je vois des enseignes qui vont bien, d’autres beaucoup moins. Il va de soi que la restauration et les établissements de nuit souffrent beaucoup. Mais là aussi, je constate des situations hétérogènes entre des entités à la trésorerie saine- ment gérée, capables de faire face, et d’autres sans tréso ou en phase d’investissement, en grande dif- ficulté. Au CJD, nous travaillons beaucoup avec de jeunes dirigeants qui ne s’en sortent pas si mal, des avocats aux commerçants, dès lors que leur management s’est déjà projeté dans le coup d’après grâce à leur mode agile. Il est patent que des entreprises déjà engagées dans une démarche RSE ont su saisir les opportunités des besoins nou- veaux. Je pense à cette entreprise des Ardennes de réparation de ma- chines industrielles productrice de masques ou à ce vendeur de photo- copieurs qui distribue des écrans de plexiglas et qui a sauvé son CA. J’en tire l’enseignement que seul un management qui aura d’emblée placé l’individu au centre de l’entre- prise sortira gagnant de l’épreuve. Un exemple personnel par la force des choses. Le 13 mars, je décide d’un chômage partiel. Mais le 14, mes clients sont tous là. J’appelle mes collaborateur.trices. Le lende- main, ils.elles reviennent tous et toutes, trouvent des solutions pour la garde des enfants...
Les acheteurs doivent
jouer la carte France
Un des grands combats que je mène au CJD est de faire com- prendre aux acheteurs publics qu’ils doivent se positionner non pas en fonction du mieux-disant, mais en respectant l’externalité positive qui veut que des masques produits en France coûtent 40 cen- times contre 20 en Turquie. Un hô- pital, une collectivité doit prendre la responsabilité de son achat. De même, les entreprises n’accueille- ront des jeunes en apprentissage que s’ils disposent des outils pour le faire. L’État en porte la responsa- bilité comme il a assuré avec effica- cité la distribution des PGE via les banques. Au global, tous les entre- preneurs doivent donner du sens à leur activité en prenant en compte
entreprises
 • Qui ? Directeur des achats (Exxon Mobil,
Cegelec, SNCF) il est nommé médiateur des entreprises le 14 janvier 2016.
« tout est affaire de psychologie : l’entreprise ne doit pas
se replier »
Les entreprises ne vont pas si mal. Mon optimisme naturel n’est pas seul en cause : je constate que les mesures gouvernementales ont évi- té – ou repoussé – des faillites dont le nombre est inférieur à ce que l’on constate ordinairement. Certes, des secteurs connaissent de grandes dif- ficultés, et le gouvernement y a mo- bilisé beaucoup d’argent, comme dans l’aéronautique. Mais même les activités de tourisme, en France, auront passé un assez bon été. L’au- tomobile a renoué avec les ventes. Je ne me fais pas d’illusion : demain sera terrible. Mais tout est affaire de moral, de psychologie. Si le.la diri- geant.e se replie sur un pessimisme de prudence, si les commandes sont décalées « en attendant », l’écono- mie se bloquera. Si l’on croit en de bonnes chances de « passer », l’éco- nomie tout entière tiendra le coup dans une année difficile.
On m’a davantage « saisi » : c’est bon signe
J’ai répété inlassablement que les entreprises doivent payer rapide-
  20 |
septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[l’environnement. Un avionneur ne doit plus projeter son business vers les mêmes avions. Les jeunes dirigeants restent ouverts sur leurs modèles économiques à adapter et les opportunités qui se présentent.
Isabelle Saladin, présidente des Rebondisseurs français et entrepreneure
• Qui ? Cette
« rebondisseuse »
invétérée est présidente
d’I&S Adviser, accompagnement des chefs d’entreprise.
Elle a cocréé les Rebondisseurs
français, « club » qui réunit des créateurs d’entreprises aux parcours riches et mouvementés.
« La crise est un révélateur du leadership des dirigeant.es face aumur»
Nous sommes tous et toutes dans le brouillard. Au sens propre : im- possible de voir au-delà de deux se- maines. Dans un contexte où s’ac- cumulent les plans sociaux – 275 en 5 mois –, il faut gérer le retour au travail des équipes en respectant de nouvelles normes, du reste déjà mises en place. Mais il s’agit d’une pression logistique à nulle autre pa- reille.
Il existe un paradoxe : nous chef. fes de PME ne lâchons rien, alors même que tout nous lâche. La crise
est un révélateur du leadership du.de la dirigeant.e face au mur. Le salut passe par une transformation du mode de consommation, notre capacité par exemple à passer du btob au btoc, avec la perspective d’une numérisation à marche for- cée, justement un domaine où la plupart des PME accusent un re- tard certain.
Les deux semaines à venir seront primordiales sur fond de plan de relance décalé. Les aides par la dette – les PGE – ne seront efficaces que si la confiance des consom- mateurs est au rendez-vous. Pour l’heure, les annonces mirobolantes à coups de milliards ne signifient plus rien pour les chef.fes d’entre- prise : des matelas financiers sont vains quand les entreprises, pour résister, doivent créer de la valeur. L’important est d’avoir lancé nos transformations internes et ex- ternes avant le 30 septembre, sur fond d’un poste supplémentaire de dépenses dans un monde sans relance. Équation complexe. Un autre facteur anxiogène s’ajoute, l’angoisse de la rentrée scolaire. Pourtant, au final, ce pays peut compter sur les PME.
Olivier
de la Chevasnerie, président de Réseau Entreprendre
• Qui ? ODLC arrive à la tête de Réseau Entreprendre
en 2018 pour coordonner
14 000 chef.fes d’entreprise bénévoles.
En parallèle, le Nantais dirige la société Sygmatel.
« L’État a assumé son rôle de protecteur et de régulateur avec efficacité »
L’ampleur inédite de cette crise met en exergue des points essentiels : circuits courts, modes collabora- tifs, réindustrialisation, télétravail et nouveaux modes de collabora- tion, mais aussi réinstauration du lien social, en plaçant l’humain au cœur de nos priorités. Par exemple, nous avons constaté à quel point, au plus fort de la crise sanitaire, les entrepreneur.euses se sont pré- occupé.es avant tout de la santé de leurs collaborateur.rices.
Une capacité d’adaptation des entrepreneur.euses... facilitée par l’aide de l’État Un sondage que nous avons mené avant l’été nous rend op- timistes pour cette rentrée : nos entrepreneur.euses demeurent au rendez-vous pour construire des projets de proximité et déve- lopper davantage l’économie so- lidaire et circulaire. Les chef.fes d’entreprise ont su se réinventer avec souplesse et rapidité dans ce contexte. La plupart d’entre eux.elles ont déjà pris des che- mins de traverse pour résister au choc. D’ailleurs, l’accompagne- ment de pair à pair dont ils.elles bénéficient au sein de Réseau Entreprendre leur a permis ces prises de décisions inédites pour la survie de leur entreprise. Bien entendu, les mesures simples, ra-
pides et efficaces mises en place par l’État facilitent cette reprise. Il a assumé son rôle de protecteur et de régulateur avec efficacité. Nous espérons qu’il poursuive son ac- tion dans les prochains mois et travaille à restaurer la confiance, ce qui s’avère primordial pour la relance.
Dominique Restino, président CCI Paris et fondateur de Moovjee
• Qui ? Diplômé d’HEC et ancien président de l’Agence pour la création d’entreprise (APCE-AFE), il crée Moovjee en 2009 (Mouvement pour les jeunes et étudiants entrepreneurs).
« Il faut réalimenter la machine de l’investissement et de la consommation »
Ces derniers mois, je pense que l’État a eu l’audace de bien réa- gir. Tout ce qui a été mis en place, c’était très bien : les PGE, les re- ports de charges... Il a fallu mettre en place des ajustements au fur et à mesure et les organisations de chefs d’entreprise que nous sommes font régulièrement re- monter les dysfonctionnements de ce qui était mis en place. On a re- poussé des situations dramatiques et certains secteurs exigent encore un très fort soutien du gouverne- ment, comme le tourisme et l’hô- tellerie-restauration.
en couverture
entreprendre & innover
     ecoreseau.fr septembre 2020
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]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
  L’entrepreneuriat,
une solution parmi d’autres Un secteur que je connais parti- culièrement bien est celui du re- crutement. Il va déjà très mal et va aller très mal. Pour les secteurs d’intégration dans l’emploi, l’évo- lution sera très lente. Malgré tout il ne faut pas qu’on tombe dans le pessimisme ni dans l’optimisme béat qui consisterait à dire qu’il n’y a pas de problème. Je pensais déjà avant la crise qu’il faut encourager l’entrepreneuriat et notamment celui des jeunes, je ne vais pas changer d’avis. C’est une solution pour la relance, mais tout le monde ne veut pas créer une entreprise. Il faut que nous puissions réalimen- ter la machine de l’investissement et de la consommation, sans quoi ce sont des pans entiers d’activité qui s’arrêtent.
Hind Elidrissi, porte-parole du syndicat Indépendants.co
• Qui ? Co-fondatrice du syndicat
Indépendants. co lancé en
février 2020. Elle dirige aussi Wemind, une mutuelle pour indépendant.es.
« Les projets qui naissent en période de crise s’illustrent le plus souvent comme les plus solides et prometteurs »
Je suis optimiste pour les indépen- dant.es qui ont fait preuve de rési-
lience tout au long de la crise. Ils. elles témoignent d’un état d’esprit de rebond, je ne suis pas inquiète sur le moral des indépendant.es. En revanche, l’État doit les aider à franchir ce cap. Certes, un dis- positif « fonds de solidarité » a été créé pour tous les indépendant.es pendant les quatre premiers mois de crise, puis, pour des raisons budgétaires, environ deux mil- lions d’entre eux.elles se retrouvent aujourd’hui exclu.es des aides du gouvernement. Ils.elles ne se ré- vèlent pas responsables de la crise. Je crois alors qu’il serait profondé- ment injuste de laisser de côté un grand nombre de gens qui, pour certain.es, ont perdu toute source de revenus du jour au lendemain.
Le moment opportun
pour se lancer
Pour la rentrée, je suis convain- cue d’un essor de créations d’en- treprises. Les gens doivent y aller, il ne faut pas hésiter d’autant plus que créer son statut d’auto-entre- preneur.euse s’avère gratuit. Enfin, je souhaite rappeler que les projets qui naissent en période de crise s’il- lustrent le plus souvent comme les plus solides et prometteurs.
Patrick Levy Waitz, président de la Fondation Travailler autrement,
• Qui ? Président d’ITG
(portage salarial)
et vice-président
du syndicat des Professionnels
de l’emploi en
portage salarial
(Peps), il est à
l’origine de la
Fondation Travailler autrement, think tank
sur le travail et le coworking.
« L’avenir sera difficile,
il ne sera pas négatif »
La France fait face à une crise sans précédent. Le taux de chômage va augmenter, les jeunes ont des dif- ficultés à être recrutés, la consom- mation et les investissements sont en berne... Malgré tout, il faut noter que la France a montré une incroyable capacité d’adaptation et de réactivité. Le télétravail, la simplification des démarches ad- ministratives des entreprises, la re- localisation de la production, sont autant de pistes d’innovations que la France a su saisir. Si l’avenir se révèle difficile, il ne sera pas négatif.
Trois priorités
Il faut rester résolument opti- miste, creuset des meilleures
initiatives. Les priorités sont multiples, mais si je devais en re- tenir trois, il s’agirait d’abord de résoudre la fracture numérique. Trop de citoyens ont pâti de la- cunes dans ce domaine et il est désormais patent que le numé- rique est une des pierres angu- laires du fonctionnement de notre société. La deuxième priorité est la « démétropolisation », avec une réduction de l’échelle de produc- tion. Les villes ne sont plus l’alpha et l’oméga pour vivre et travailler. Enfin, la formation devra se réin- venter en redonnant au « faire » ses lettres de noblesse. Apprendre en faisant, faire en apprenant...
   22 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[en couverture
entreprendre & innover
 ecoreseau.fr septembre 2020 | 23
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
2 Autopsie économique
c’est grave docteur ?
Au deuxième trimestre, le pays a subi une baisse de 13,8 % du PIB. En parallèle, le taux de chômage a diminué. Ambiance schizophrénique.
d’une France post-covid :
 Place au(x) diagnostic(s). En pleine rentrée, la France – bien qu’elle prétende vouloir amorcer la reprise et retrouver son monde d’antan au plus vite –, n’exclut pas un nouveau scénario catastrophe. À l’aube d’une potentielle nouvelle vague de contaminations au Sars-CoV-2, retour sur les conséquences de plus de deux mois de confinement qui ont déréglé l’économie française. Croissance, plans de soutien, chômage, relance... autopsie chiffrée de la France post-covid. Faut-il s’inquiéter ?
évocateur sans doute, l’écono- miste Raul Sampognaro, lui, préfère caractériser ce deuxième trimestre par « un PIB inférieur de 19 % par rapport à l’année dernière ». Aucune fausse note lorsque l’on parle de récession. On y est.
Faut-il dramatiser pour autant ? Pas si sûr. Certes, la crise que nous vivons ne ressemble à au- cune autre. D’un point de vue purement économique d’abord, puisqu’elle constitue à la fois « un choc d’offre, les salarié.es ne peuvent pas travailler, et un choc de demande », souligne Raul Sampognaro. Une réalité expliquée notamment par les mesures sanitaires prises par le gouvernement. Car bien enten- du, « le PIB n’est pas le seul ob- jectif de la politique publique », scande l’économiste, avant de faire remarquer la corrélation entre « la sévérité des restrictions sanitaires décidées et les pertes économiques au sein d’un pays ». Et à ce petit jeu-là, la France se retrouve dans le peloton de tête. Décisions radicales, répercus- sions économiques immodérées. De là à dire qu’il fallait suivre l’exemple suédois, séduit par le non-confinement de la popula- tion, le raccourci serait trop aisé.
Pour accompagner les entreprises : un mélange de PGE et de chômage partiel
Du côté des entreprises, il a ra- pidement fallu panser les plaies. Un des remèdes miracles propo- sés par l’État : les fameux prêts garantis. Afin de préserver la liquidité des sociétés les plus en difficulté – comprenez, entre autres, hôtellerie, restauration, événementiel –, le gouvernement a – au départ –, mis en place des
Une première. Le 17 mars, le gouverne- ment a fait le choix du confinement.
Jusqu’au 11 mai, les Français.es se devaient de rester chez eux. elles, sauf motif(s) dérogatoire(s). Les entreprises, elles aussi, ont dû stopper net leur activité, du moins lorsqu’elle n’était pas per- çue comme « essentielle ». En première ligne donc : la restau- ration, l’hôtellerie, l’événemen- tiel... et bien d’autres. Renoncer à l’économie au profit de la santé. Un dilemme viable deux mois et demi. Puis le pays a tenté de re- bondir à l’aide de multiples plans de relance sectoriels et de me- sures d’accompagnement pour – d’abord maintenir à flot –, puis redynamiser l’activité. Quels en- seignements tirer de cette crise sanitaire ? Face à tant de chiffres qui donnent le tournis, voilà ce
qu’il faut retenir pour dresser le bilan de la situation économique du pays. Avec l’éclairage de Raul Sampognaro, économiste à l’Ob- servatoire français des conjonc- tures économiques (OFCE).
Une récession inévitable, pire que prévu ?
« Une crise sans précédent », avait annoncé le Fonds moné- taire international (FMI). « Un chiffre sévère, mais moins sévère que prévu », plaidait de son côté le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire. Dif- ficile de s’y retrouver face à une vague soudaine d’interprétations d’un même constat. La France – fortement touchée par la co- vid-19 –, a vu son produit inté- rieur brut (PIB) fondre de 13,8 % au deuxième trimestre 2020 (In- see). Juste après avoir subi une perte de 5,9 % au premier. Plus
prêts remboursables sur cinq ans (la durée serait en passe d’être étendue, voire les prêts deve- nir « participatifs », autrement dit une forme de quasi-fonds propres. Sur une enveloppe ini- tiale de 300 milliards d’euros, « à peine » 120 milliards avaient été alloués fin juillet. Une sous-ex- ploitation donc. Pour le moment, car les demandes de PGE pour- ront se déposer jusqu’au 31 dé- cembre 2020. Avec une volonté manifeste du gouvernement de basculer plus tard vers des prêts
La solution de maintenir les entreprises en vie grâce aux PGE s’avère « totalement efficace si l’épidémie s’arrête ». A contrario, « si l’épidémie redémarre, les pertes seront alors très importantes, on ne pourra sauver toutes les entreprises ».
      24 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[de plus long terme. Unestratégieviable?Pournotre expert, la solution de maintenir les entreprises en vie grâce aux PGE s’avère « totalement efficace si l’épidémie s’arrête ». A contra- rio, « si l’épidémie redémarre, les pertes seront alors très im- portantes, on ne pourra sauver toutes les entreprises ». Là réside toute la difficulté. Nos plans de soutien ne se révèleront efficaces qu’a posteriori. Pour l’heure, l’ef- ficience des politiques publiques reste soumise à l’incertitude de la crise sanitaire. Dont le scéna- rio d’une nouvelle vague a claire- ment brisé la frontière de la fic- tion. À en croire les prévisions de
Notre nation aurait intérêt à faire comme l’Allemagne,soit«baissertemporairementlaTVA
pour relancer la consommation » et ainsi remettre dans le circuit économique plus
de 75 milliards d’euros épargnés par les ménages.
normes comptables fonctionnent très mal durant cette période dans la mesure où la situation s’avère anormale », explique Raul Sampognaro. En réalité, « certain.es, au vu du contexte, n’ont pas entamé de démarches actives pour trouver un emploi et ont ainsi disparu » de la grille d’analyse. Nombre de chômeurs s’extirpent de l’étiquette d’actif. ives – car les chômeurs font par- tie de la population active –, pour rejoindre les inactif.ives. D’où la chute miracle.
En filigrane, difficile donc de dire que le chômage a bais- sé. Puisqu’en parallèle, « si l’on mesure la moyenne des heures travaillées pour les gens en em- ploi – normalement autour de 32 –, là c’est moins de 26 heures. Donc, oui, le volume d’emplois en France a chuté au premier semestre », corrige notre interlo- cuteur, particulièrement inquiet pour les jeunes qui ne bénéficient « d’aucun filet de sécurité pour l’emploi ». Pas sûr que l’aide de 4 000 euros proposée par l’État pour l’embauche d’un jeune de moins de 26 ans en CDI ou CDD d’au moins trois mois suffise.
Que faire pour la relance ?
Dans la jungle des plans de re- lance sectoriels, avant l’arrivée d’un plan global de relance es- timé à 100 milliards d’euros, la France a opté pour une succes- sion de relances sectorielles. On se souvient des 15 milliards an- noncés en juin pour sauver l’aé- ronautique ou encore des huit milliards afin de soulager l’auto- mobile. Raul Sampognaro, lui, ne pense pas qu’un investissement massif dans les entreprises ap- paraisse comme le plus efficace. Il faudrait avant tout privilégier « l’investissement public comme les hôpitaux ou le fret ferroviaire pour qu’ensuite les retombées se ressentent dans le privé », ana- lyse-t-il. Un projet qui n’irait pas dans le sens d’une réduction de la dette publique, prévue à hauteur de 120 % du PIB.
Toujours dans cette perspective de relance, notre nation aurait intérêt, selon l’économiste, à faire comme l’Allemagne, « bais- ser temporairement la TVA pour relancer la consommation », et ainsi remettre dans le circuit économique plus de 75 milliards d’euros épargnés par les ménages durant cette période de ronron- nement économique. Du pain sur la planche.
GeOFFreY WetZeL
en couverture
entreprendre & innover
     000 emplois). Enfin, l’État a éga- lement insisté sur la baisse des impôts de production de 10 mil- liards d’euros qui figurera dans le projet de loi de finances pour 2021, une mesure confirmée par
vaient respecter des critères bien précis et patienter longuement en vue d’un potentiel accord de chô- mage partiel, « durant la crise, les critères ont été largement as- souplis et les dossiers accélérés », constate Sampognaro. Comme une nécessité de répondre à l’ur- gence.
Dès le 31 août, les salarié.es qui travaillent à domicile – notam- ment les assitant.es maternel.les –, ne pourront plus bénéficier de l’activité partielle. Le 1er octobre, les règles d’indemnisation se durciront, la prise en charge de ce qu’on peut appeler une sociali- sation du salaire passera ainsi de 84 à 72 %. Le retour au chômage partiel classique donc. Sauf pour le tourisme – dispositif avan- tageux jusqu’en fin d’année –, principale victime du fléau Sars- CoV-2. Une suspension par trop prématurée ? Pour Raul Sampo- gnaro, spécialiste des finances publiques, il y a fort à parier que le gouvernement revienne « au dispositif généreux de l’activi- té partielle en cas de deuxième vague ». Pour rappel, les salarié. es atteint.es d’une pathologie (diabète, etc.) peuvent tout à fait demander le chômage partiel s’ils.elles justifient d’un certifi- cat médical et se retrouvent dans l’impossibilité de télétravailler.
Près de 270 000 chômeurs en moins au deuxième trimestre 2020, paradoxal ? Gare aux données en trompe- l’œil. Au premier chef, le taux de chômage. Lors du deuxième tri- mestre 2020, le nombre de chô- meurs a reculé de 270 000 par rapport au premier trimestre. Une baisse d’environ 0,7 point, soit un taux de chômage qui s’établit à 7,1% (Insee). À plus rien n’y comprendre ! Forte ré- cession et baisse du chômage, bel oxymore. Explication : le chô- mage tel qu’on le mesure obéit aux critères du Bureau interna- tional du Travail (BIT). Qui re- cense les personnes en recherche active d’un emploi, disponibles dans les quinze jours. Or, « ces
 l’OFCE – très hypothétiques elles aussi –, 2 % des entreprises pour- raient faire faillite. Y compris les plus grandes, énième singularité de cette crise (comme l’a exprimé Philippe Darmayan, président de l’Union des industries et mé- tiers de la métallurgie – UIMM –, les grosses entreprises n’ont pas les reins si solides. L’indus- trie, partie avant-crise pour créer quelque 200 000 recrutements, estime le non-recrutement et les plans sociaux prévisibles dans une fourchette de 400 000 à 500
Bruno Le Maire fin août.
Les ménages, eux, n’ont globa- lement pas pâti d’une baisse ra- dicale de leur revenu – excluons les indépendant.es et salarié.es précaires comme les CDD –, une prouesse permise en grande par- tie par le dispositif de chômage partiel. Qui ne s’apparente en au- cun cas à une révolution puisque le système existe depuis long- temps. Mais il a pris du poids ces dernières semaines, plus avan- tageux et moins hermétique. Quand, avant, les entreprises de-
ecoreseau.fr septembre 2020 | 25
]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
3 Deux entreprises en stratégie relance
Guillaume Ferroni
franc succès chez les cavistes. « La fête des pères a joué en notre fa- veur », s’amuse l’entrepreneur qui constate que le mois de juin 2020 aura été un très bon cru. « D’habi- tude, notre pic de vente se situe en décembre. Nous avons enregistré un fort retour de notre clientèle dès le mois de juin, alors que durant toute la période de confinement nos ventes étaient très maigres malgré l’ouverture des cavistes. » Les aides, chez Ferroni, ont donc pleinement joué leur rôle. Sans les- quelles, au 11 mai, l’usine n’aurait pas été en mesure de livrer ses par- tenaires commerciaux.
Préserver l’écosystème
et l’ensemble de la chaîne de valeur
Dans une période très incertaine, les deux entrepreneurs ont très vite acté qu’il était impératif de jouer la carte de la solidarité vis-à-vis de l’ensemble des clients et four- nisseurs. Chez Coronia, Laurent Cohen a fait de la communication auprès de ses partenaires com- merciaux une priorité. « Dès la fin mars, j’ai écrit à l’ensemble de mes partenaires en leur assurant que Coronia paierait l’ensemble de ses fournisseurs en temps et en heure. Le tissu économique des TPE et PME français a été particu- lièrement éprouvé par les mesures de lutte contre la propagation du virus. Il était donc essentiel de jouer la carte de la solidarité. Du côté de nos clients, certaines en- seignes ont été exemplaires et ont choisi de payer leur fournisseur comptant et non plus à 60 jours comme précédemment. » L’autre côté de la médaille, a constaté le dirigeant, fut l’attitude de firmes souvent de grande taille qui ont choisi de geler l’ensemble de leurs dettes. Manque à percevoir avec lequel l’entreprise familiale se doit de composer en attendant la reprise. Depuis la fin du confi- nement, Coronia a retrouvé un fonctionnement presque normal. Presque, car, aux côtés de la pro- duction de parfums, l’entreprise familiale poursuit la fabrication de gel hydroalcoolique au point de développer sa propre marque responsable et solidaire. Le groupe s’est même rapproché d’une usine de mobilier urbain de la région. Ensemble, ils ont imaginé une borne de distribution de gels à destination des collectivités et des entreprises. Imaginons un monde où toutes les entreprises se seraient réciproquement soutenues... Qui a dit utopie ?
CHLOÉ CONsIGNY
Coronia, parfumeur, et Maison Ferroni,
spiritueux, ont franchi à leur façon
l’été de tous les dangers
Fallait-il tout arrêter ? Maintenir un semblant de production ? Repenser les processus ?
Et de toute façon dessiner le monde d’après. Rencontre avec deux dirigeants d’abord sur la défensive puis carrément opportunistes.
 Quand j’analyse a posteriori ma ré- action durant le confinement, je
des hôpitaux de Marseille », ré- sume Laurent Cohen. Durant les deux mois de confinement, le chef d’entreprise retrouve chaque jour plusieurs de ses salariés à l’usine. La solidarité s’organise. Des bé- névoles viennent même prêter main-forte aux salariés de l’usine. Entre le 1er avril et le 31 mai, l’uni- té de production fonctionne sept jours sur sept pour la fabrication de gel. Au-delà des dons aux hôpi- taux et aux associations, un chiffre va surprendre : Coronia vend sa production aux entreprises et le chiffre d’affaires atteint 1 million d’euros ! Dont 100 000 sont immé- diatement reversés à l’APHM. Im- pressionnant. L’entreprise n’aura fait appel au chômage partiel que pour une durée très limitée : « Dès le 1er avril, nos salariés étaient de retour à l’usine. La reprise du tra- vail, en revanche, fut plus progres- sive du côté des fonctions ventes et marketing », explique Laurent Cohen. L’entreprise a bel et bien sollicité un prêt garanti par l’État – obtenu en quatre jours ! – pour se montrer sûre d’honorer ses dettes et de payer ses nouveaux fournis- seurs : « Pour la fabrication de gel hydroalcoolique, nous avons fait appel à des fournisseurs avec les- quels nous n’avions pas l’habitude de travailler. Nous avons donc dû payer comptant. » Des aides parti- culièrement bienvenues en période difficile, confirme Guillaume Fer- roni, à la tête de Maison Ferroni, entreprise de spiritueux également installée dans le sud de la France. Le groupe a choisi de poursuivre sa production durant toute la période
de confinement. « Pour produire, nous avions besoin de matières premières. Nous avons fait appel à toutes les aides possibles. » Guil- laume Ferroni a lui aussi sollicité un PGE à hauteur d’un quart de son chiffre d’affaires.
Une période propice à l’innovation et à la créativité À Aubagne, la Maison Ferroni a donc fonctionné en faible ca- dence durant toute la période de confinement. Sur les 9 salariés que compte le groupe, trois sont restés en poste. « Nous avons continué l’activité sans générer de chiffre d’affaires. Pour nous, la période de confinement a correspondu à un changement radical d’univers. A posteriori, je me dis que cette parenthèse nous a forcés à devenir plus créatifs et à mettre en place de nouveaux process. » À l’usine, par exemple, les salarié.es se sont vus intégralement chargé.es de la pro- duction de spiritueux, tandis qu’un salarié dirigeant se consacrait aux documents administratifs voulus pour l’octroi d’un PGE. Décroché, malgré un « dossier bancaire pas tout à fait excellent », concède le di- rigeant. La production ne s’est pas arrêtée mais il a fallu faire preuve d’ingéniosité : les stocks d’alcools ont été gracieusement cédés aux laboratoires et pharmacies de la région pour la fabrication de gel hydroalcoolique. Il a donc fallu composer avec l’existant, explique Guillaume Ferroni : « Depuis des années, nous ne savions que faire des restes d’alcool. Nous avons profité de cette période très calme pour imaginer un gin à partir d’un assemblage des stocks de la mai- son. Et nous avons ainsi produit à 2 000 exemplaires une “édition confinement” de notre Gin Juil- let!»Résultat:dèsle11mai,le Gin Juillet labellisé a rencontré un
«constate que je me suis très rapi- dement focalisé sur l’après confi- nement », explique Laurent Cohen à la tête de Coronia, entreprise de parfumerie du sud de la France. « En tant que chef de famille et chef d’entreprise, mon premier ré- flexe fut de mettre tout le monde à l’abri. Dès le 17 mars, nos 47 colla- borateurs étaient chez eux. » Une situation forcément transitoire : « Passés les trois premiers jours à applaudir les soignants, j’ai réfléchi à la façon dont je pouvais apporter ma pierre à l’édifice. Il m’était très difficile de rester les bras croisés. Le 20 mars, un arrêté ministériel autorise les industriels de la par- fumerie à fabriquer des produits biocides. En dix jours, nous avons appris à produire du gel hydroal- coolique. Nous avons adapté nos machines de conditionnement. Le 6 avril, nous étions en mesure de livrer deux tonnes de gel hydroal- coolique à l’assistance publique
 Un chiffre va surprendre : Coronia vend sa production de gel aux entreprises
et le chiffre d’affaires atteint 1 million d’euros !
26 | septembre 2020 ecoreseau.fr
   ]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[                                   DAF, DIRIGEANTS, JOURNALISTES, ÉCONOMISTES, ÉTUDIANTS... VOUS ÊTES LES BIENVENUS
                                                                                                                                                                                      30 septembre au 2 octobre 2020
Où que vous soyez ! congres.experts-comptables.com
 ]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
4 De la crise émerge l’innovation
états-unis
Le virus accélérateur numérique
La plate-forme de communication in-
cloud américaine Twilio a réalisé une étude visant à connaître l’opinion de plus de 2 500 décideurs quant à la vitesse de la stratégie
de transformation numérique des entreprises induite par la covid. Des États-Unis à Singapour en passant par la France ou l’Allemagne, entre autres, le verdict est sans appel, le virus aurait accéléré de 6 ans la transformation numérique des entreprises.
Intérêt : entre les nouveaux modes de communication multicanaux et l’augmentation significative des budgets consacrés à la transition numérique, la crise de covid aura définitivement convaincu les réticents au numérique, et aura révélé tout le potentiel de la dématérialisation.
en couverture
 « Si la vie te donne un citron, fais une limonade. » On pourrait ainsi – ironiquement – résumer l’impact de la crise de covid sur notre environnement, car si le virus tue (de moins en moins), il nous aura quand même rendus plus forts. De ce grand malheur que représente l’actuelle crise sanitaire ont émergé de nombreuses innovations.
De la triste fatalité à l’heureuse marche en avant, il n’y a qu’un pas. JeAN-bAptIste CHIArA
   états-unis/MIT
traquer les traceurs, l’arroseur arrosé
Si la crise sanitaire a accéléré et mis en exergue l’utilisation d’applications de traçage – à
l’image de l’inefficace StopCovid en France –
elle aura aussi aidé à une prise de conscience
de la population des risques de dérives que représentent de telles technologies pour la liberté et la vie privée de tout un chacun. Face à ce potentiel danger antidémocratique, le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT)
a créé une application chargée de tracer les traceurs.
Intérêt : Covid Tracing Tracker analyse les données des applications de tracking de nombreux pays et les concentre au sein d’une base de données mondiale histoire de comparer les utilisations variées de cette technologie.
Le gage de transparence des entreprises ou des États ne suffit plus, c’est désormais la « population » qui s’investit de la mission de contrôle.
 COSTA RICA/OMS
Du communisme sanitaire
Sous l’impulsion du Costa Rica et de son président Quesada, l’Organisation mondiale de la Santé a lancé fin mai un projet de plate- forme d’échange des avancées technologiques et des brevets dans le but d’améliorer la lutte contre la pandémie mondiale. Son objectif, faciliter l’accès aux vaccins, aux médicaments et autres produits sanitaires efficaces contre le Sars-CoV-2. Si la notion directrice de ce projet est celle de « bien public mondial », elle n’est cependant pas au goût de tout le monde, car peu de pays ont accepté de se joindre au projet, découragés par les puissants lobbies pharmaceutiques. Même notre cher président Macron n’a pas souhaité y prendre part, alors même qu’il évoquait cette idée de bien public mondial pour parler du probable futur vaccin.
Intérêt : à l’heure où la tendance mondiale est plus au nationalisme
qu’à l’ouverture sur le reste de la planète, parfaitement illustré par les frasques de la présidence Trump, l’espoir d’humanité n’est pas mort
et une certaine idée du communisme refait ici surface pour tenter d’y parvenir.
28 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[france
Festival en réalité virtuelle
Le Bordeaux Geek Festival, prisé des amateurs de culture jeu-vidéo, a décidé de ne pas se laisser faire par le corona. Pour maintenir la tenue de son édition 2020, les organisateurs ont décidé de proposer un festival installé dans un monde numérique, sur une île plus précisément. Muni d’un
casque de réalité virtuelle, ou pas, vous êtes représenté.e par un avatar à votre image. Via ce vous virtualisé, vous rencontrez des gens, leur parlez, assistez à des conférences, vous promenez aux détours des stands...
Intérêt : le monde futuriste du film Vanilla Sky devient petit à petit « réalité ». Vous pourrez demain assister au festival de votre rêve à l’autre bout du monde ou même organiser votre propre festival, du même endroit.
estonie
Le visa numérique ++
Parce que la crise a largement répandu la pratique du télétravail, le concept de « nomade numérique » – une personne qui travaille à distance – a logiquement resurgi, notamment grâce à la création par l’Estonie d’un visa numérique : toute personne a la possibilité de venir télétravailler dans le pays durant 12 mois. Sur place, des entrepôts transformés en espaces
de travail accueillent les « nomades ». En 2014, le pays avait déjà mis en place un système d’identité numérique par lequel quiconque a la possibilité d’ouvrir un compte bancaire ou de créer une entreprise et l’y domicilier.
Intérêt : ce visa a entre autres pour but d’attirer une population hautement qualifiée et entreprenante dans le pays, mais il est surtout le premier véritable visa pour nomade numérique. Il est à rappeler qu’il est aujourd’hui bien souvent illégal de télétravailler à l’étranger.
singapour
Agriculture verticale
Depuis le début de la crise, de réelles inquiétudes ont émergé au sein des populations liées à la capacité des États à subvenir à leurs besoins alimentaires. C’est ainsi que l’agriculture verticale connaît un regain d’intérêt considérable, notamment sous la houlette de la firme Bayer et de la société d’investissement Temasek basée à Singapour. Les deux entités viennent de créer l’entreprise Unfold, ont levé 30 millions d’euros dans la foulée et comptent bien révolutionner la production de denrées alimentaires en milieu urbain.
Intérêt : Cette agriculture pourrait jouer un
rôle important dans la refonte des systèmes d’approvisionnement alimentaires et répondre aux défis qu’a posés sur la table la pandémie actuelle. Unfold se démarque en consacrant davantage d’efforts en R&D au service du développement des semences, plutôt que sur l’aspect technologique comme c’est actuellement le cas.
en couverture
entreprendre & innover
     MONDE/NUMÉRIQUE
publicité in-game
Durant le confinement, la consommation de jeux vidéo a littéralement explosé et les annonceurs ont vite perçu l’opportunité qui s’offrait à eux. À l’intérieur du jeu Animal Crossing de Nintendo, par exemple – véritable carton du confinement – vous pouvez habiller votre avatar en Marc Jacobs ou Valentino, trouver un magasin dématérialisé Gémo et même assister à un défilé de la dernière collection de la marque.
Intérêt : la frontière entre le monde numérique
et le monde réel est de plus en plus ténue. Cette situation offre d’innombrables possibilités pour les entreprises qui savent percevoir les opportunités. Nos amis de la réclame savent désormais exercer leurs talents directement chez les clients et proposer des événements personnalisés à moindre coût.
 rwanda
Le commerce numérique pour tous
Le géant chinois Alibaba et son fondateur Jack
Ma ont le regard tourné vers l’Afrique. La firme
est venue à la rescousse des petits producteurs africains en leur proposant d’intégrer sa plate-forme de commerce numérique internationale eWTP (Electronic World Trade Platform). Le premier à avoir sauté le pas aura été le Rwanda.
Intérêt : grâce à cet accès à la plate-forme chinoise – reconnue par le G20 – le café rwandais, le poivre blanc du Cameroun ou encore la vanille des Comores ont su trouver preneur durant la crise de covid. La plate-forme propose également des formations
et soutiens dans divers domaines. L’Afrique est désormais bien engagée dans la route de la soie numérique des Chinois. Pour le pire et le meilleur.
 ecoreseau.fr septembre 2020
| 29
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
5Ilya500ans,
la mystérieuse pandémie covidienne...
À la façon dont commence une nouvelle descience-fiction,noussommesen2520. Sous la forme qu’il vous reste à imaginer, un présentateur androïde, virtuel ou quasiment humain, Miguel Drucker, plonge dans les archives du passé en présentant ce jour-
là, quelque part sur la planète, un très,
très vieux document daté de 2069. À cette époque, les protagonistes de la saynète ont enregistré le curieux rite qui les réunit, à une époque où l’épidémie coronavirienne sévit encore : on se confine traditionnellement tous les ans, sans plus trop savoir pourquoi... Un extrait de la nouvelle imaginée par Thibault Magnan, acteur amateur et désormais scénariste qui, dans son intégralité, exigerait 3 pages de magazine.
Àla façon dont com- mence une nouvelle de science-fiction, nous sommes en 2520. Sous
la forme qu’il vous reste à ima- giner, un présentateur androïde, virtuel ou quasiment humain, Miguel Drucker, plonge dans les archives du passé en présentant ce jour-là, quelque part sur la pla- nète, un très, très vieux document daté de 2069. À cette époque, les protagonistes de la saynète ont enregistré le curieux rite qui les réunit, à une époque où l’épidé- mie coronavirienne sévit encore : on se confine traditionnellement tous les ans, sans plus trop sa- voir pourquoi... Un extrait de la nouvelle imaginée par Thibault Magnan, acteur amateur et dé- sormais scénariste qui, dans son intégralité, exigerait 3 pages de magazine.
Introduction.
Plateau TV « archives d’histoires »
miguel drucker, journaliste Chers téléspectateurs, bonsoir. Je suis Miguel Drucker, bienve- nue dans ce nouveau numéro d’Archives d’Histoire. C’est un document exceptionnel que nous allons vous présenter ce soir, ex- humé par notre équipe de cybe- rhistoriens : un voyage 500 ans en arrière.
Quelques éléments de contexte. Nous sommes sur terre en 2069 et voilà un demi-siècle que les pandémies covidiennes font rage tous les ans, faute de traitement
efficace. La quasi-totalité de l’hu- manité a pris l’habitude de se confiner annuellement depuis 2019. Le xxie siècle respire une fois sur deux. Au premier soir de chaque confinement, la tradi- tion veut qu’on se retrouve entre proches derrière des écrans pour une visioconférence afin de célé- brer le CoviDay.
C’est une de ces « visioconfi » que vous allez découvrir. Un docu- ment exceptionnel de par son état de conservation et la richesse du témoignage historique qu’il re- présente : le CoviDay 2069 sera le dernier avant le Grand Effon- drement de 2070 et la troisième guerre mondiale qui en décou- lera, en précipitant la fin de l’ère terrienne de l’humanité... CoviDay, un document exclusif d’Orbital Prod pour Archives d’Histoires.
séquence 1.
Visioconférence entre amis. Les protagonistes apparaissent progressivement au gré des connexions. Salutations au fur et à mesure, formules de politesse, banalités. Puis l’un d’eux prend la parole formellement. Tous portent un masque qui leur recouvre le bas du visage. À leur gauche, un rou- leau de papier hygiénique. william Lesamis!Çava?Toutlemonde m’entend ? Tout le monde va bien?Bonilest...19h59...Vous êtes prêts ?
Tous
Oui !
william
Allez, comme tous les ans : main gauche sur le rouleau, main droite sur l’élastique s’il
vous plaît... et à mon décompte : 10...9...8...7...6...(à5,les autres décomptent en chœur) 5... 4... 3... 2... 1... Je déclare la 50e visioconfi officiellement ouverte ! Tous enlèvent d’un seul geste leurs masques et jettent le rouleau de papier hygiénique derrière eux. Joyeux CoviDay ! Bon confi ! Cris de joie, sifflements, vœux de bonheur, de bonne santé, réussite, un peu pêle-mêle. Puis l’agitation retombe progressivement.
alex
Bon... on ne sait toujours pas le
pourquoi du papier toilette ? C’est quand même spécial, ce rituel ! jeanne
Aucune idée précise ! J’ima- gine que ça a un rapport avec les grandes pénuries primo-co- vidiennes... En tout cas, ça fait plaisir de voir vos bouches, les copains ! Ça faisait longtemps... camille
Unan...
camille
C’est fou comme ça passe, hein ? alex
En parlant de bouches... je suis tombé sur un vieux bouquin chez moi, sûrement à mon grand- père... Je ne vous mens pas... plein de photos de gens dans la rue, mais sans masques ! On voit leurs bouches et tout ! Et ils se promènent, tranquilles l’air de rien !
Réactions multiples de dégoût amusé.
marie-jo
Non mais tu n’es pas sérieux... c’est sale ! C’était genre au xviiie siècle ou dans les années euh mitextiles ?
jeanne
Au xviiie, Marie-Jo, on était plus pinceaux que photos !
marie-jo
Ah oui ! Le style Rococo Siffredi tout ça... Ils sont loin les cours d’histoire du lard !
alex s’absentant du champ de la caméra on l’entend en off Non mais attendez, je vais vous le
trouver !
raoult
Si c’est vrai c’est vraiment im- monde, des sauvages. En pleine rue... quel incivisme ! Heu- reux de ne pas avoir connu cette époque... Franchement, j’aurais pas supporté...
maïeul Empathique
Toujours hypocondriaque, Raoult ? raoult
Un peu...
alex Revient face caméra, un livre à la main, l’ouvre et montre à la caméra : Le baiser de l’Hôtel de Ville de Doisneau.
Ah ah ! Quand je vous disais que c’était dingue !
Réactions de dégoût, vraiment sincère cette fois. Offuscation générale.
marie-jo
C’est juste immonde ! Seigneur Marie-Joséphine ! (Elle se signe) terez
Dégueulasse !
[...]
C’est pas jeune ça... plus d’un siècle ! Tiens, d’ailleurs, c’était sous quel président ça ? Camille, Tusais?
camille
Qui?Moi?
terez
Non, l’autre !
camille
Bonne question... C’était pas... Sarkozy ?
camille
N’importe quoi... Sarkozy...
en couverture
CoviDay, une dystopitrerie, un documentaire de 2069...
 30 |
septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[Mais c’est beaucoup plus tard ma pauvre ! Sarkozy, c’est celui qui a légalisé le mariage pour tous... jeanne
Je ne crois pas, Camille... Pour moi, le mariage pour tous, c’est antérieur. J’aurais dit... Pompi- dou !
alex
Pompidou ! C’est drôle comme nom ! Mais lui, c’était pas l’aboli- tion de la peine de mort ? william
Vieux souvenirs d’école virtuelle, mais il me semble que la Première abolition, c’était sous François Hollande, à vérifier... Par contre, qui d’entre vous se souvient qui était à l’Élysée pour le premier confi... covid-19 ?
Silence. Moues dubitatives. william
Tu ne sais pas, Camille ? camille
Qui ? Moi ?
william
Non ! L’autre !
séquence 2.
FONDU
AU NOIR/TRANSITION jeanne
Bon et sinon... qui a du saison- nier avec lui pour le confi ? Pour ma part : rien. Comme j’ai tra- vaillé sous covid-68 cette année, je préfère rester seul avec mon chat et sa liberté !
terez
Toujours aussi poète ! Eh bien écoutez, ça faisait longtemps que je voulais le faire, mais cette an- née je me suis lancée... Je suis passée par une agence humani- taire et j’ai fait venir une petite d’un bidonville du 16e arrondis- sement...
marie-jo
Oh c’est beau et très charitable ce que tu fais, bravo !
terez
Ce n’est pas grand-chose. Je me sens si seule pendant les confis... maïeul
Parle-nous d’elle !
terez
Mignonne comme tout... 20 ans. Elle est arrivée à Montreuil il y a cinq jours. Je l’ai fait venir avant, exprès. Première fois qu’elle pas- sait le périphérique. Si vous aviez vu ses yeux... Émerveillée ! jeanne
J’imagine... Passer du 16e au 93, ça doit être un choc !
terez
Dans la favela où elle survit avec sa famille – rue de Passy –, il n’y pas beaucoup de distractions... à part regarder les ouvriers dé-
manteler la Tour Eiffel, se racon- ter des histoires sur le Grand Pa- ris... Alors quand elle a débarqué ici... en larmes, petite mère. On s’est offert la tournée des grands- ducs ! Le Stade de France, le Vil- lage Olympique qui n’a jamais servi, la Basilique de Saint-De- nis... [...] J’aimerais qu’elle re- tourne dans le Un-Six avec des projets. Sa famille a failli tenter la traversée de la Méditerranée l’an dernier. Mais ils n’avaient pas assez de pangos pour payer les passeurs.
maïeul
C’est un mal pour un bien, mal- heureusement... Hier encore, 23 Italiens et 18 Français qui sont morts en tentant la traversée... Les États-Unis d’Afrique font rê- ver, mais ils défendent leurs fron- tières avec tellement de zèle... sans parler des passeurs corrom- pus... Pauvres gens...
raoult
Moi aussi, j’y ai songé... Pen- sez... le seul continent qui a tou- jours su résister à l’épidémie... Tous les ans... Et puis quand tu compares les cours du pango et du dollar africain, forcément ça donne envie... Mais bon, ils ont claquemuré leurs portes et jeté les clés à la mer...
[...]
jeanne
Bon et vous autres ? Seuls ? Ac- compagnés ?
raoult
Pour moi c’est comme tous les ans... Confiné avec le professeur Didier et sa femme infirmière. Ça me rassure, rapport à ma frêle constitution. On n’est jamais trop prudent.
alex
Tous ces gens chez toi ? marie-jo
Tu m’étonnes, ça fait du monde au postillon !
raoult
Je leur laisse ma chambre, je vais dormir dans le cabinet aménagé. Comme ça, au cas où, je suis sur place et y’a tout ce qu’il faut. Eux, ils ont leur intimité, et moi l’odeur de l’antiseptique m’apaise. camille
Mais t’es un grand malade ! raoult
J’espère que non ! En tout cas, sur la table d’examen, je dors comme un bébé vacciné !
jeanne
Les journées vont être longues non ?
raoult
Oh non ! Check-up du matin, test covid toutes les deux heures, check-up de fin de journée et soirées séries médicales sur Me-
dflix. C’est divertissant et ça m’apaise quand ce sont les autres qui sont malades. D’ailleurs... tout le monde est en forme ? Murmures d’approbation, ac- quiescements.
raoult Soupir
Dommage.
maïeul Empathique
À y repenser, ma hanche fait des siennes.
raoult Rasséréné
Tu devrais consulter, à tous les coups c’est une tumeur au cer- veau qui migre !
maïeul
C’est sûrement ça ! Il lui fait un clin d’œil.
raoult Ohlàlà...Moi,sionmedit«tu- meur », je meurs.
[...]
william
Bon... il se fait tard, je crois que les esprits s’échauffent... Il est peut- être temps de mettre un terme à cette 50e Visioconfi, les amis ? En tout cas, moi, je vais vous laisser. Encore un excellent CoviDay à toutes et tous... Joyeux confine- ment ! Je vous aime. Tâchez de faire de même... Allez, je clos offi- ciellement la séance avec la devise
rituelle que je vous demanderai de reprendre « en chœur et avec cœur » conformément à l’article 15 alinéa 13 du Code-Vide. La session restera ouverte après mon départ afin que vous puissiez vous dire au revoir !
Il dit la devise rituelle seul une première fois, solennel, puis tout le monde la répète.
« Il y avait assez de masques pour tous Des tests à foison – Prenez soin de vous Restez à la maison »
NOIR/RETOUR
PLATEAU ARCHIVES D’HISTOIRE
miguel drucker, journaliste Merci d’avoir suivi ce numéro d’Archives d’Histoire. Tout de suite, votre soirée découvertes continue avec Envoyé Spatial. C’était Miguel Drucker, en di- rect de l’orbite martienne. Por- tez-vous bien.
Le scénario complet est en ligne. Mise en scène par les Amis du Théâtre Berthelot-Jean Guerrin, Montreuil-sous-Bois
en couverture
entreprendre & innover
 ecoreseau.fr septembre 2020
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]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
Semaine de quatre jours : yalleroupas?
Chez LDLC, la semaine raccourcie sera mise en place dès 2021
Travailler moins pour gagner plus ? Non, travailler autrement. Après l’essor
du télétravail, nouveau guide de survie pour tous.toutes salarié.es des temps modernes, la semaine de quatre jours refait surface. Oui refait, car depuis 1999 et l’ouvrage de Pierre Larrouturou, partisan du partage du temps de travail, intitulé Pour la semaine de quatre jours, rien de concret à se mettre sous la dent. Pour combien de temps ? Car les initiatives foisonnent : en Nouvelle- Zélande, en Suède, en Allemagne et même en France par l’intermédiaire de LDLC, une société informatique de commerce en ligne qui a sauté le pas. Précurseuse ?
société
Toutes les entreprises ne peuvent envisager la semaine de 4 jours tant les coûts de réorganisation s’avèrent lourds : « Un million d’euros pour LDLC », dont l’activité n’a pas été bousculée par
la crise sanitaire.
catif certes, derrière les Espagnol. es tout de même (63 %). Dans les locaux de LDLC, « 90 % d’entre eux.elles ont accepté sans pro- blème », constate Laurent de la Clergerie. Un facteur supplémen- taire de bien-être qui permettrait aux employé.es de se ressourcer et ainsi se concentrer sur l’essentiel pendant les jours travaillés. A for- tiori être plus productif.ives. Pour le président de LDLC, pas question de renoncer aux hausses de sa- laires, convaincu que ses salarié.es parviendront – globalement – aux mêmes résultats en 32 heures, soit huit heures par jour. Exit les réu- nions inutiles et la tendance à la procrastination. Se pose ensuite la question des heures supplémen- taires. Au-delà de la 32e, « tout surplus sera comptabilisé comme une heure supplémentaire pour
Difficilement
applicable partout
Une petite révolution. Qui ne pourra se faire sans dommages collatéraux. Le travail joue le rôle d’intégrateur social par excellence, dixit Robert Castel, sociologue français spécialiste de la désaf- filiation. Supprimer un jour par semaine menace les relations so- ciales au sein d’une entreprise. Un constat partagé par Laurent de la Clergerie : « Pour certain.es – une minorité –, l’entreprise constitue un lieu de vie, donc je leur enlève un jour de sociabilité, peut-être que je ferai des exceptions. Car oui, celles et ceux qui ont besoin du côté relationnel au travail pour vivre, comment vont-ils.elles ré- agir ? », s’inquiète le fondateur de LDLC.
Pourra-t-on
vraiment tout
 Bien loin, le programme du Front populaire et ses 40 heures de labeur par semaine. Entre-temps, la
réforme des 35 heures décidée par le gouvernement Jospin est passée par là. Et elle pourrait prochaine- ment battre de l’aile. D’abord sous la houlette de pansements tem- poraires. La faute au Sars-CoV-2. En Nouvelle-Zélande, la Première ministre Jacinda Ardern a émis l’idée d’une semaine de quatre jours, synonyme de week-end pro- longé, essentiel pour (re) stimuler le tourisme, touché de plein fouet par la crise. Même son de cloche en Allemagne où le premier syn- dicat IG Metall voit d’un bon œil la suppression d’un jour de travail hebdomadaire, perçue comme un moyen de « conserver les emplois industriels au lieu de les suppri- mer », a fait savoir Joerg Hofman, leader d’IG Metall. Dans l’hexa- gone, c’est du côté de Laurent de la Clergerie, patron de LDLC, que la sacro-sainte semaine à cinq jours vient d’être démystifiée. Une dé-
cision inspirée de Microsoft, une des pionnières en la matière, via notamment sa filiale japonaise.
La semaine de quatre jours, bénéfique pour le tandem productivité-emploi ?
Le fameux métro-boulot-dodo. Arriver au travail usé.e devrait se faire plus rare si les Français.es bénéficient d’un jour de repos en semaine. À en croire une étude menée en 2019 par ADP, société spécialisée dans la gestion res- sources humaines et paie, plus de la moitié de nos concitoyen.nes souhaiteraient basculer vers une semaine de quatre jours. Signifi-
le.la salarié.e », affirme Laurent de la Clergerie, mais les salarié.es bénéficieront des heures supplé- mentaires défiscalisées unique- ment à partir du seuil de 35 heures comme le réclame le cadre légal.
Côté embauches, elles pour- raient repartir à la hausse en réduisant le temps de travail. Notamment pour les postes qui de- mandent une présence constante : « Pour les postes manuels, il faudra que je compense, idem pour la re- lation client, donc il y aura effec- tivement des embauches, on table sur + 4 %. A contrario, les postes de cadres ne seront pas concernés. »
boucler en quatre jours par se- maine ? La question préoccupe nombre de managers, « eux.elles travaillent déjà en temps nor- mal largement plus, donc s’ils. elles peinent à tout accomplir en 35 heures, en 32... », souligne Laurent de la Clergerie. En outre, toutes les entreprises ne peuvent envisager telle mesure tant les coûts de réorganisation s’avèrent lourds : « Un million d’euros pour LDLC », dont l’activité n’a pas été bousculée par la crise sanitaire. Bien au contraire. Sinon, « en cas de difficultés liées au contexte sani- taire, j’aurais reporté ma décision sans y renoncer », concède l’ancien diplômé de l’École supérieure de chimie-physique-électronique. Et si l’avenir de l’entreprise se résu- mait à travailler quatre jours par semaine... le tout en télétravail ? Clergerie : « Les deux se révèlent compatibles. »
GeOFFreY WetZeL
     32 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[La Chine et la Russie ont masqué l’Occident
Comment quelques
nanomètres de virus
Des États membres divisés
Cher coronavirus... Grâce à lui, la Chine a fait très très fort. Pre- mière nation du monde à avoir été touchée de plein fouet, l’Empire a réussi le tour de force de retour- ner la situation à son avantage. Initialement critiquée par le reste du monde pour son autorita- risme face à cette crise – opacité de l’État, censure des médecins chinois, mensonges officiels pour cacher l’épidémie... –, la Chine s’est depuis illustrée comme le modèle de gestion réussi d’une telle pandémie. Quitte à prouver – ou presque – la supériorité de son système de gouvernance face
Quand la Chine attrape un rhume, c’est le monde entier qui éternue – Pascal Boniface, Iris
Soft Power
Non seulement la Chine a réus- si à faire valoir sa méthode forte d’endiguement de l’épidémie, mais aussi à se présenter comme un modèle susceptible de venir en aide aux autres pays en inondant le monde de milliards de masques et d’équipements médicaux. Très durement touchée, l’Italie a reçu une aide médicale, non pas de ses voisins européens, mais de la Chine, de la Russie et même de Cuba. En abandonnant, pour la première fois depuis 1945, toute ambition de leadership mondial sur la scène internationale face à une crise d’une telle ampleur, les Etats-Unis ont – eux aussi – libé- ré un espace à conquérir pour la Chine mais également la Russie. Laquelle, soucieuse de s’imposer comme intermédiaire entre Was- hington et Pékin dans un contexte de conflit sino-américain larvé, s’est, en effet, aussi illustrée par son recours au soft power de l’aide humanitaire. Fournir une aide médicale à de nombreux pays, à l’instar de la Serbie, jusqu’aux États-Unis eux-mêmes, le pays de Poutine a rivalisé avec son partenaire chinois pour entre- tenir l’idée d’une incapacité des dirigeants occidentaux à jouer la solidarité propre à enrayer la crise sanitaire. Autant d’opérations de communication qui ont ainsi aidé Moscou et Pékin à s’engouf- frer dans le vide laissé par l’Occi- dent... Si, sur le long terme, l’im- pact, dans son ensemble, d’une telle crise historique reste diffi- cile à évaluer – et même pour la Chine, malgré tout dépendante de la reprise du commerce mondial – une chose est sûre : la covid-19 a rebattu les cartes de la géopo- litique mondiale en défaveur du monde occidental.
rebattent les cartes de la
géopolitique mondiale
Europe dépassée, leadership américain évaporé et une Chine regonflée à bloc. En bousculant les rapports de force entre les grandes puissances, la crise de covid-19 a révélé qu’elle était aussi une affaire géopolitique, face à un Occident tombé de son piédestal, au profit de l’Empire du Milieu – d’où est
pourtQ
«qui éternue. » En parodiant Alain Peyrefitte et son fameux « Quand la Chine s’éveillera... », Pascal Boniface, directeur de l’Iris (Ins- titut des relations internationales et stratégiques) en dit long sur la dimension géopolitique de la crise sanitaire, tant elle bouscule les rapports de force entre grandes puissances. Ne serait-ce qu’en ac- centuant peut-être « l’effritement de l’Europe », tel que le redou- taient déjà, en avril, des sénateurs de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sé- nat ? Une inquiétude largement partagée par les observateurs, à l’instar du journaliste Pierre Haski, le chroniqueur géopoli- tique des affaires du monde sur France Inter. En mars, il a qualifié le fameux virus de « révélateur du déclin et des faiblesses de l’Occi- dent, Europe et États-Unis, dont la suprématie reposait en partie sur l’image de sociétés perfor- mantes ». Et par contrecoup, ré-
ant partie la pandémie – et même face à la Russie.
uand la Chine attrape un rhume, c’est le monde entier
société
entreprendre & innover
   vélateur aussi d’un géant asiatique de taille, inutile de nommer... Et pour cause : ceux qui pariaient que cette épidémie, pourtant partie de Chine « allait stopper son ascension pourraient en être pour leurs frais », confirme Pas- cal Boniface, alors que le nombre de morts en Grande-Bretagne, France, Espagne, Italie et États- Unis – pays occidentaux aux sys- tèmes de santé réputés comme les plus avancés – a largement dépas- sé le bilan chinois officiel. « Oui, dit-il, la Chine semble sortir ga- gnante de la pandémie ! Déjà lors de l’épidémie de Sras, certains avaient émis l’idée que Pékin ne s’en relèverait pas. Pourtant, le pays a repris son rythme infernal vers la croissance. S’il représen- tait, en 2003, 4 % du PIB mondial, n’oublions pas qu’il caracole au- jourd’huià17%!»
à une Union européenne dépas- sée, « et des États membres divi- sés, incapables de répondre rapi- dement à l’urgence de la situation à l’intérieur même des frontières de l’Union », déplorent les séna- teurs de la commission des Af- faires étrangères et de la Défense du Sénat, qui concluent sur « un bilan nuancé de la coopération européenne et la nécessité d’une autonomie stratégique renfor- cée » du Vieux Continent. Pénu- rie de masques et d’équipements de protection, manque de moyens pour réaliser les tests face à une industrie pharmaceutique par trop délocalisée... C’est dire si la crise actuelle a mis en évidence la dépendance de l’Europe vis-à-vis, entre autres, de la... Chine, poids lourd à l’échelle mondiale dans l’approvisionnement en médica- ments et en matériel médical.
CHArLes COHeN
ecoreseau.fr septembre 2020 | 33
]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
réseaux & influence La Renaissance des entreprises
Qu’est-ce que le Medef sinon un réseau d’entrepreneurs ? Au- delà de sa présence forte dans les débats politico-sociaux en France, le Mouvement des entreprises de France offre à ses adhérents des opportunités de rencontres et de réseautage à l’échelle locale. La tenue de la REF (ex-Rassemblement, aujourd’hui Renaissance pour l’occasion), son université d’été, fut the place to be. Un signal fort de reprise.
 de France – Medef –, un réseau to be Signal fort
Nous avons voulu montrer qu’il était possible de tenir un événement d’ampleur dans le contexte actuel. – Fabrice Le Saché, Medef
    Fabrice Le Saché
Le Medef, de « mouve- ment » en « rassemble- ment », se donne une petite sonorité de parti
politique depuis 1998, quand il a remplacé le CNPF. Il reste, comme il le fut toujours, l’un des interlocuteurs majeurs du débat social en France. Et bien sûr l’un des trois syndicats patronaux (avec l’UPA, Union profession- nelle artisanale, et la CGPME, Confédération générale des pe- tites et moyennes entreprises) à pouvoir signer des accords collectifs à l’échelle nationale. Mais au-delà de son rôle, le plus médiatique, de représentant des entreprises auprès des syndicats et de l’État, le Medef est aussi – et ce n’est pas une partie mineure de son activité – un réseau d’en- trepreneurs. But avoué : leur faci- liter la vie !
À commencer par le soutien apporté à divers réseaux profes- sionnels, à poursuivre par toutes les initiatives prises par les ins- tances régionales – plus de 150, chacune association loi de 1901 indépendante – de l’organisa- tion patronale. On y glane des conseils d’experts, on y trouve du réseautage classique sous forme de rencontres, des webinaires... Pour donner un exemple parmi d’autres, le Medef Lyon-Rhône propose de l’accompagnement à tous les stades ou presque de la vie de l’entreprise, le tout mené par des chefs d’entreprise ex- périmentés, des opportunités de rencontres et de réseautage
à travers des groupes de travail, des contacts entre adhérents, des matinales, des forums... Chaque instance régionale décide de ses activités en fonction des besoins de ses membres. Au sommet du réseau, chapeaute le Medef In- ternational. Il accompagne les entreprises adhérentes de toute taille ou secteur d’activité dans leur expansion au-delà des fron- tières.
La REF, coup d’envoi des événements de la rentrée L’envergure du Medef le rend en mesure de créer des événements à l’échelle nationale – et c’est le cas, notamment, d’un des événe- ments majeurs de la rentrée dans le monde économique français : la Renaissance des Entreprises de France, ou REF. « La REF – rebaptisée exceptionnellement pour cette année Renaissance des Entreprises de France – est l’évé- nement économique de la rentrée. Et il était pour nous particulière- ment important, cette année, de donner un signal fort de reprise. Car elle est là, et nous voulons l’accompagner », justifie Fabrice Le Saché, vice-président du Me- def. « Et le secteur événementiel, notamment, avait besoin d’un signal fort. Nous avons voulu montrer qu’il était possible de te- nir un événement d’ampleur dans le contexte actuel en mettant en œuvre les mesures sanitaires. » Très fort ! De plus, l’endroit choi- si depuis l’année dernière – après l’éternel campus de HEC – s’y prêtait bien : l’Hippodrome de Longchamp est un endroit en pleinair,çaaide.L’organisation a été aménagée : plus d’espace
d’échange B2B, un sens de circu- lation unique, le nombre de places limité et les interventions se sont déroulées sur une grande scène, avec un seul programme. De plus, la REF a été diffusée en direct sur les réseaux sociaux du Medef, les échanges sont devenus accessibles à tou.tes – un dispositif fidèle à l’esprit d’ouverture qui dirige l’événement.
Fabrice Le Saché: « L’ambi- tion de la REF reste la même : aborder, en prenant du recul et avec un esprit d’ouverture, des questions de fond, avec l’apport de personnalités des mondes po- litique, économique, associatif. Sont venus des élus, des membres du gouvernement, des chefs d’en- treprise, aussi bien de grandes entreprises que de PME et d’ETI, des intellectuels... » Cette an- née, les thèmes ont compté : la transition climatique (comment l’aborder, ce qui marche...), la guerre des mondes (au-delà du
Geoffroy Roux de Bézieux
Le patron des patrons positif
Le président du Medef aura assis sa légitimité : par son parler direct, « le jeune » Geoffroy Roux de Bézieux rompt définitivement avec les vieux
barbons du patronat. Suspecté d’optimisme aigu, il a délivré à la REF de son syndicat un discours on ne peut plus positif : non, dit-il, les chiffres ne sont pas aussi noirs qu’attendus et, oui, les entrepreneurs se montrent « raisonnablement optimistes ». Quand son prédécesseur Gattaz arborait un pin’s « Un million d’emplois », lui se contente de fustiger les prévisions à « un million de chômeurs ».
duopole Chine-États-Unis, com- ment avoir un pôle européen ?) Quid des problématiques de sou- veraineté technologique? Les modifications du marché du tra- vail et de l’organisation du travail elle-même avec la montée du ter- tiaire hors commerce... Et évi- demment, les questions posées par la pandémie. « Plus que des mesures pratiques ponctuelles, nous avons évoqué les questions structurelles: comment amé- liorer notre capacité de réponse collective, quelles frontières pour le principe de précaution, comment optimiser l’efficacité de l’action publique, quelle place pour l’initiative décentralisée... La volonté fut de mener une ré- flexion globale et à long terme. » Et il n’est pas rare qu’une idée, notion nouvelle ou remarque en passant trouvent, chez certains auditeurs, des applications pra- tiques et innovantes.
JeAN-mArIe beNOIst
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]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                                                           Toute la Team NetVox vous donne rendez-vous aux Journées du Courtage sur le STAND P41 !
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   ]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[e
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GEA Invest, des bonbons au parfum d’ambition
Avec Bonbonprint et OTC Concept,
Paul-Luc Perez espère développer
le made in France au-delà de nos froVous connaissez sans
Vous connaissez sans doute les pastilles Pulmoll. Nos grands- parents ne juraient que par elles pour apaiser l’irritation de la gorge. Depuis, de la chimie pharmaceutique a coulé sous les ponts et les gorges irritées ont connu d’autres remèdes, mais la Pulmoll demeure. À la tête de GEA Invest depuis plus de quatre ans, Paul-Luc Perez, producteur des fameuses Pulmoll, a élargi sa pharmacopée. Il compte bien étendre le savoir-faire auvergnat à l’international. Il passera à la fois par Bonbonprint, OTC Concept ou encore Reservoircom, toutes trois filiales du groupe GEA Invest. Covid ou pas.
doute les pastilles Pul- moll. Nos grands-pa- rents ne juraient que par
elles pour apaiser l’irritation de la gorge. Depuis, de la chimie phar- maceutique a coulé sous les ponts et les gorges irritées ont connu d’autres remèdes, mais la Pulmoll demeure. À la tête de GEA Invest depuis plus de quatre ans, Paul-Luc Perez, producteur des fameuses Pulmoll, a élargi sa pharmacopée. Il compte bien étendre le savoir-faire auvergnat à l’international. Il pas- sera à la fois par Bonbonprint, OTC Concept ou encore Reservoircom, toutes trois filiales du groupe GEA Invest. Covid ou pas.
La qualité à la française. Avec Bon- bonprint, une entreprise qui per- sonnalise des boîtes de bonbons, Paul-Luc Perez vise à concilier fond
et forme. D’abord parce que les bon- bons fabriqués relèvent du made in France, artisanaux et bien sûr 100 % naturels. Des bonbons à base de sucre tout de même, de sucre cuit plus précisément : « Les bonbons sans sucre, tout le monde en parle, mais personne n’en achète », ironise Paul-Luc Perez. Sur la forme, l’entre- prise s’est diversifiée. Au départ par- tisane des boîtes de bonbons, puis adepte des boîtes à sucre ou à savon. Le tout jusqu’à 30 centimètres de hauteur. Quant à la matière sur la- quelle imprimer, tout se révèle pos- sible ou presque : « Le métal, le bois, le verre et même le cuir. »
Des pharmacies...
aux boulangeries
Mais c’est bien grâce à OTC Concept que GEA Invest réalise les deux tiers de son chiffre d’affaires. À l’origine, une distribution de
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entreprendre & innover
 paul-Luc perez
président
  Les boîtes de bonbons siglées se destinent essentiellement aux entreprises qui organisent des événements ou des salons.
Devant ricola !
pourquoi avez-vous racheté OtC Concept en 2016 ?
J’ai perçu ce rachat comme un beau challenge, je pensais qu’il y avait quelque chose à faire pour joindre les réseaux de pharmacies et les réseaux hors pharmacies. D’où la naissance du réseau Impulse en 2018. Il a connu un fort développement en 2020. Autrement dit, au-delà de nos 11 000 points de ventes en pharmacies,
on distribue aussi nos pastilles
au sein des bureaux de tabac, des boulangeries, des supermarchés ou même des jardineries. L’offre se retrouve élargie.
Quel a été l’effet de la crise covid-19 sur votre activité ?
Nous travaillons surtout avec
des entreprises qui créent des événements, des salons, voire des courses de vélo ! Sans compter les associations. Avec Bonbonprint, nous travaillons à 10 % seulement pour des particuliers. Donc clairement, côté événementiel, c’est tombé à zéro. Mais à partir du mois de juin, on a connu un redémarrage, notamment en personnalisation des boîtes pour des boulangers. Pour s’en sortir, on a fait comme tout le monde : demander un prêt garanti par l’État.
Comment envisagez-vous
l’avenir de votre groupe ?
C’est nous qui avons la plus large gamme de bonbons au sucre cuit, devant même Ricola, qui, pourtant, dépense bien plus que nous en publicité. C’est pourquoi l’on se doit de travailler sur un spot pour 2021.
On souhaite devenir de plus en plus visible. Ce qui passera par la publicité. On a démarré l’export à Cologne, beaucoup de personnes étaient intéressées, on refait le salon de l’ISM à Cologne [foire internationale des confiseries] cette année, soit l’un des salons les plus importants au monde, où on aura un stand et bien sûr nos boîtes de bonbons. Objectif, se faire connaître. Personnellement, je me vois chez GEA Invest jusqu’à la retraite !
    pastilles Pulmoll au sein des phar- macies – 11 000 points de vente à l’heure actuelle –, puis le réseau s’est étendu bien au-delà, avec « les bureaux de tabac, les boulangeries, les supermarchés ou même les jar- dineries », a listé Paul-Luc Perez, pour qui le rachat d’OTC en 2016 a constitué un véritable « challenge ». L’idée tendait à rapprocher les ré- seaux de pharmacies et les réseaux hors pharmacies. Un pari en voie de réussite dans la mesure où OTC Concept se retrouve désormais présent sur 900 points de ventes hors pharmacies. Le fameux réseau Impulse, lancé en 2018.
L’avenir, entre ambition
et besoin de visibilité
Les boîtes de bonbons siglées se destinent essentiellement aux en- treprises qui organisent des évé- nements ou des salons. Les par-
ticuliers – pour un mariage, un baptême, ou un anniversaire – ne représentent finalement que 10 % de la clientèle de Bonbonprint. Alors forcément, la pandémie co- vid-19 – tueuse d’événements pour les entreprises –, a clairement frap- pé de plein fouet la boîte aux boîtes et l’équipe : « Pour l’événementiel, notre activité est retombée à zéro. » D’où la nécessité de faire appel aux tant convoités prêts garantis par l’État (PGE) pour affronter ce pas- sage à vide. Puis l’activité a rebondi dès le mois de juin. L’entrepreneur pense parvenir à une progression de 40-45 % par an pour GEA In- vest. « Généralement, on tourne aujourd’hui autour de 25 % par an de progression. » Il faudra alors jouer de toutes ses marques comme Saint-Ange, Fluogom, Respival ou bien API Phaa. Et surtout se don- ner davantage de visibilité.
Dans ce sens, la nouvelle partici- pation au salon ISM de Cologne (Allemagne) pourrait y contribuer. C’est la plus grande foire inter- nationale des confiseries. Et cette année encore, le savoir-faire auver- gnat aura son propre stand pour tenter de s’étendre à une échelle plus large. Autre levier, s’appuyer sur Candyprint. Une marque qui se soucie de créer des masters fran- chises dans chaque pays, soit « un copier-coller de ce que l’on sait faire en France, notre savoir-faire et nos compétences », pour se rendre aus- si visible à l’étranger. Un groupe promis à de hautes destinées donc, mais dont l’ambition requiert en- core beaucoup de travail. Peu im- porte, Paul-Luc Perez se voit bien chez GEA Invest... « jusqu’à la re- traite ». Avec des Pulmoll à portée de main, sans doute.
GeOFFreY WetZeL
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]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[   entreprendre & innover
les trophées optimistes
  trOpHÉes OptImIstes
Tout comme fut pragmatique l’évolution de l’offre SOS. Ce pure player de la pièce dont on trouve le site sur www.sos-accessoire.com et les places de marché s’est hissé à la première place du clic salvateur, au cœur d’une concurrence protéi- forme – tous les petits dépanneurs, tous les grands de l’électroménager y compris Amazon, les nouveaux acteurs de la réparation type Mur- phy qui, lui, envoie ses réparateurs à domicile... Un succès qu’il ne doit pas seulement à son antériorité sur la place. Mais à son évolution. Et c’est là que le modèle Montli- vault exprime sa force : les quelque 12 000 commandes de pièces par semaine confortées par une crois- sance de 50 % tous les ans pour 10 millions de CA s’expliquent par... l’information gratuite.
Information non accessoire
Ce fut une évolution naturelle : au fil du temps, la clientèle s’est mise à chercher des pièces dites techniques, celles qui exigent plus qu’un échange facile, un véritable démontage avec petit outillage. Cartes électroniques, joints sioux, tout ce qui commence au tournevis et finit par le fer à souder. Les pre- miers acheteurs de SOS Accessoire s’étaient mis au travail souvent faute de SAV sur place, car isolés en campagne ou CSP- sans grands moyens financiers, plutôt retraités – racheter un lave-linge à 400 euros ou remplacer une pièce à 20 euros ? La nouvelle vague – CSP+, public féminin, jeunes débrouillards, ennemis du déchet – s’est mise à surfer sur Internet pour trou- ver comment réparer à condition qu’on lui dise comment faire. Des tutos, certes, mais pas une vague démo : un vrai mode d’emploi pas à pas, via une vidéo de quali- té, voire un tchat et une assistance par mail. Olivier de Montlivault a bien accompagné cette exigence du mode d’emploi didactique, mais il a surtout compris que seule la gra- tuité du service inciterait à acquérir les pièces voulues, unique modèle commercial viable.
Ce ne sont donc pas seulement des « magasiniers » fureteurs qui
constituent les 40 collaborateurs de SOS, mais bien des techniciens très expérimentés, forts du savoir-faire acquis par des centaines de répa- rations, associés à des rédacteurs de tutos et d’aides en ligne. L’es- sentiel du trafic en ligne consiste en la demande de ces éclairages gratuits qui débouchent ou non sur l’achat des pièces voulues. Et pour cause. « Dans presque 50 % des cas, confirme Olivier de Montlivault, l’appareil en panne ne demande pas d’échange de pièces. » Un ser- vice gratuit et un lourd investisse- ment, mais condition nécessaire au réflexe du bricoleur satisfait qui commandera un jour une pièce chez SOS Accessoire aux entrepôts bien approvisionnés d’Élancourt. Olivier de Montlivault ne voit pas de crise à l’horizon : laver-cuire-re- froidir sont des besoins universels que l’ouverture à l’international qu’il prépare vérifiera. Sans re- noncer, dans le proche avenir, à l’ouverture d’ateliers de réparation. Même avec tutos, tout le monde ne sait pas manier un fer à souder... OLIVIer mAGNAN
80 % des appareils sont réparables
L’obsolescence n’est, pour Olivier de Montlivault, pas forcément programmée dans le « blanc » :
il suffit, pour une certaine production chinoise, d’user de pièces à bas coût pour réduire la vie d’un appareil peu cher. Quant à la « matière première », elle n’est pas près de manquer. En moyenne, chacun des
30 millions de foyers français détient une vingtaine d’appareils. Soit quelque 600 millions d’engins électroménagers en panne un jour ou l’autre...
trophées
Optimistes
ÉcoRéseau
trophées-optimistes.fr
  Son SOS Accessoire vous rend bricoleur.se
Olivier de Montlivault
80 % de l’électroménager se réparent
À la première panne, je jette, je rachète. Même si ma cafetière ne réclame qu’un détartrage. Ce modèle au final cher aux Darty et autres Boulanger commence à avouer ses limites : le budget électroménager d’une famille n’est pas infini,
la conscience d’une planète saturée où l’humanité périra sous ses déchets pousse à ne plus jeter et le vieux cliché de l’Américain qui brade sa Cadillac au cendrier plein ne fait plus sourire. Olivier de Montlivault lance un grand SOS : l’accessoire devient le principal.
Primo, tout le monde n’est pas un as de la bricole, secundo la pièce, l’acces- soire, ne se trouve pas dans la première grande surface venue. Pour le responsable de la centrale d’achat de l’accessoire chez Darty, dix années à faire face à une certaine insatisfaction de la clien- tèle en quête de la pièce détachée non gérée en magasin finissent par laisser des traces... et identifier un réel besoin. Cet ancien élève d’une petite école de commerce après Pa- ris V Descartes réfléchit : besoin dit demande dit business. Olivier de Montlivault suppute, calcule, bu- sinessplanifie, interroge, puis lance son SOS Accessoire en 2008.
N° un de l’accessoire électroménager
Ses cinq ou six ans de premier emploi passés à prospecter des projets pour des jeunes de 18 à 35
ans en quête de jobs au Québec, dans l’organisme France-Québec, lui avaient sans doute donné le goût d’une certaine aventure que la vie Darty n’avait pas étouffé. Olivier de Montlivault « largue les amarres » et se découvre les deux qualités sans lesquelles point de chef d’entreprise : « La prise de risque et le non-conformisme ». Marrant, dans conformisme, il y a confort. Les premières années de SOS Accessoires l’ont tiré du divan Darty, mais son premier modèle, un catalogue en ligne de la pièce introuvable ailleurs, rencontre pourtant sa clientèle. Au départ, nulle conscience « écolo » chez l’accessoiriste. « Je suis comme M. Jourdain, contribuer à ne pas jeter un appareil à la première panne n’a éveillé ma conscience “verte” qu’au fil du temps. Aujourd’hui, cette di- mension rejoint le concret. C’est de l’écologie pragmatique. »
CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Audace et hors-cadre, mais aussi pragmatisme, pivots et l’idée d’assumer les risques de l’entrepreneuriat. Olivier de Montlivault a imaginé, adapté et développé une société prometteuse qui fait sens au XXIe siècle et répond à un besoin croissant. De belles perspectives à explorer.
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]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[   entreprendre & innover
les trophées optimistes
Il a fondé les Openmind Kfé
Le parcours de Xavier Gi- noux n’a rien du fleuve tranquille. Il s’est forgé de réussites en échecs
et réciproquement. Ses débuts professionnels chez l’Oréal puis sur les marchés financiers se sont soldés par... des licencie- ments : il ne respectait pas « les règles », il ne rentrait pas dans « les cadres ». Il bifurque vers la communication en 1998 au sein d’une agence qui lui confie l’introduction en Bourse du Pu- blic System – événementiel et autres festivals de cinéma. Il se sort haut la main de l’expérience nouvelle. En quelques années, il rejoint son client au sein d’un département en charge du mon- tage d’événements financiers.
« Démissionné » de la boîte que l’on a créée...
À 39 ans, fi du salariat, vive l’en- trepreneuriat. Xavier Ginoux participe avec des associés à la création de W One le temps, quelques années plus tard, qu’il fusionne avec un département d’Havas. Qui dit fusions dit sou- vent histoires d’hommes et de management. Xavier n’adhère pas à la feuille de route de la nou- velle entité. Neuf ans plus tard, ladite entité le « démissionne », pas vraiment en douceur. Peut- être le pire coup dur quand on a monté la boîte qui vous expulse. Ginoux, secoué, rejoint... une vieille connaissance, Le Public System.
Mais quelque chose lui manque, cette adrénaline de l’entrepre- neuriat. Son métier l’ennuie, ce qui s’est passé chez Havas le marque. Il peine vraiment à se relever de cette mésaventure. En même temps, des idées lui trottent dans la tête, s’y bous- culent. Dans la com, le marke- ting et l’événementiel, l’avan- cée en âge n’est jamais un atout quand on n’est pas le patron. Un nouveau projet ?
Sauter le pas
Il le laisse mûrir pendant un an. Prend son temps. Sagesse de l’entrepreneur expérimen- té ? Quoi qu’il en soit, il fouille,
établit des benchmarks, se fait épauler par un coach dont le rôle sera clé pour qu’il ose à nou- veau, qu’il se convainque qu’il n’a rien à perdre et que la rage née du sentiment d’injustice de son « échec » devienne sa force. Un jour, déclic. Son principal client à l’agence annonce mettre un coup d’arrêt à tous les projets. Xavier saute le pas, parle à ses boss de son projet. Ils le sentent enthousiaste, reconnaissent la construction solide de l’idée. Ils le libèrent pour qu’il parte dans cette nouvelle aventure. Chômeur à 51 ans, Xavier Gi- noux se concentre sur le turbin, riche d’une énergie énorme et d’un esprit positif. L’appui sans faille de ses proches potentia- lise la réussite. Il puise dans son passé de jeune athlète à succès (jusqu’à ce qu’un accident ne mette un terme à ses ambitions). Rien n’est encore concret, mais son intuition le porte. Aucune difficulté et aucun mur ne lui pa- raissent plus infranchissables ! Mais l’idée ?
Bâtir un entrepreneuriat res- ponsable et utile aux autres. Dans le secteur événementiel qu’il connaît par cœur. Il s’agit de proposer des points de chute adaptés à une diversité de types de manifestations qui soient porteurs de sens. Des lieux por- teurs de sens ? En événementiel, le concept se révèle encore neuf.
Openmind Kfé,
lieux à idées
Qu’est-ce qu’un site porteur de sens? C’est... plus qu’un site. Au-delà de la location d’espace, Xavier a voulu que sa société soit centrée sur le collaboratif. C’est pourquoi il propose des lieux atypiques et vivants, des « cafés à l’esprit ouvert ». Là, on y trou- vera un piano. Ici, une... ba- lançoire. Ailleurs, des balles au plafond... Chaque espace forme un univers original, positif, étudié sur une surface de plus de 250 m2. La scénographie est fluide et accueillante. Le design favorise l’efficacité cognitive. On y trouve les outils adaptés aux méthodes d’innovation, à la ré-
Xavier Ginoux
Avez-vous déjà poussé la porte d’un espace Openmind Kfé ? Tout de suite, on s’y sent bien. Sans doute est-ce l’esprit solidaire et inclusif de ces espaces qui crée cet effet. À l’origine, un entrepreneur « quinqua » qui, à force de rebonds, a voulu de la solidarité et de l’éthique au cœur de son projet tout en restant fidèle à son secteur de prédilection – la communication et l’événementiel. Et ce n’est pas la covid19 qui va l’arrêter.
trOpHÉes OptImIstes
Rebondir, avec sens !
     Il se fait épauler par un coach dont le rôle sera clé pour qu’il ose à nouveau, qu’il se convainque qu’il n’a rien à perdre et que la rage née du sentiment d’injustice de son « échec » devienne sa force.
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]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[   Openmind Kfé propose des lieux atypiques
et vivants, des « cafés à l’esprit ouvert ».
Là, on y trouvera un piano. Ici, une... balançoire. Ailleurs, des balles au plafond...
les trophées optimistes
entreprendre & innover
  CE QU'EN DISENT LES REBONDISSEURS français, association partenaire des Trophées optimistes
Combien de fois faut-il se relever avant d’avoir la bonne idée ? Xavier Ginoux connaît des débuts professionnels contrariés. Pire, il est licencié de la boîte qu’il monte. À 51 ans, cette injustice le conduit à l’idée des OpenMind Kfé, des espaces à louer centrés sur le collaboratif et la solidarité qui sont une force face à la crise.
     flexion collaborative et au bien- être : équipements numériques, tableaux et murs inscriptibles, soit tous les outils du facilita- teur, confort sonore et espaces détente.
Pas seulement. Le sens de son affaire, Xavier le trouve en s’en- tourant de jeunes gens qui par- tagent ses convictions, ont envie de faire bouger les lignes au nom de leur énergie à revendre. C’est aussi donner du sens à l’entre- prise, qu’elle contribue à l’in- sertion et à l’égalité des chances pour tous. D’où son soutien à des associations solidaires qui agissent pour l’insertion par le mentorat, la formation et l’entrepreneuriat. La structure Openmind Kfé s’ouvre gratui- tement aux réunions, monte des afterworks pour rencontrer les clients. D’où le rapprochement avec les Cafés Joyeux montés par Yann Bucaille ou avec Les Déterminés présidé par Moussa Camara. À ce jour, Opemnind Kfé s’est fait mécène de huit as- sociations.
Face à la covid19, continuer d’y croire
La crise sanitaire de 2020 marque un coup d’arrêt aux ac- tivités des Kfés – mais pas aux projets de Xavier. Afin de se te- nir prêt pour la reprise, il reste proche de ses clients et asso- ciations, adapte le concept aux gestes barrières et nouvelles approches phygitales... Dès mi-mai, ça repart doucement. Et l’avenir ? Xavier le voit sous l’aune de l’hybridation en cours des lieux de travail qui auront besoin d’espaces de co-mee- ting. 2021 pour rebondir encore donc !
Ce que retient Xavier Ginoux ? Il faut oser, ne pas se laisser ga- gner par la peur d’échouer. Et surtout, il faut croire en soi et rester positif, et ça, ce n’est ja- mais une question d’âge.
CLAIre FLIN
trophées
Optimistes
ÉcoRéseau
trophées-optimistes.fr
 ecoreseau.fr septembre 2020
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]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
briefing innovation par Adam Belghiti Alaoui
UNION EUROPÉENNE
L’europe veut terrasser la covid-19
Elle fut longtemps critiquée
pour son manque de réactivité
et d’unité face à la pandémie
et ses conséquences. L’Union européenne affirme désormais ses engagements. Le 11 août,
la Commission européenne annonce le financement de 23 nouveaux projets de recherche par l’UE, à hauteur de 128 millions d’euros. Des financements au titre d’Horizon 2020, le programme européen pour la recherche et l’innovation, et accordés dans le cadre de l’engagement pris par
la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, en mai 2020. Ces 23 projets font intervenir
347 équipes de recherche, en provenance de 40 pays, dont 16 pays non-membres de l’UE. Le but de la manœuvre : renforcer
la capacité industrielle de fabrication et de déploiement
santé
Deep learning et Irm
Intelligence artificielle
et innovation médicale
font bon ménage. Grâce à
leur partenariat, l’école de
médecine de l’Université de
New York (NYU) et la division
de recherche en intelligence
artificielle de Facebook (FAIR)
ont développé un modèle
d’intelligence artificielle qui
vise à réduire drastiquement la
par résonance magnétique). Le
ça ne s’invente pas), entamé en
mission de réduire la durée desdites IRM pour en faciliter l’accès aux personnes malades, blessées ou en bas âge. En temps normal, il faut compter une heure d’immobilité dans un « tube » pour le moins étroit. Pour « gagner du temps » et éviter des tracas, les équipes de recherche ont créé un algorithme capable de combler un manque de données pour reconstituer une image en comblant lui-même le manque de données. Apprentissage nécessaire oblige, ce réseau de neurones artificiel a été entraîné à recréer des images à partir de 1 200 IRM du genou. Du deep learning. Après évaluation par des radiologues, il a été établi qu’il n’y avait pas de différences de diagnostic entre un praticien
et l’algorithme. Un premier pas de l’intelligence artificielle dans l’imagerie médicale.
42 | septembre 2020 ecoreseau.fr
de l’humanité. Mais il pourrait aussi être l’ultime [...] Une telle forme d’intelligence pourrait s’émanciper et même améliorer sa propre conception à une vitesse toujours croissante. Les humains, limités par leur évolution biologique lente, ne pourraient pas rivaliser et seraient détrônés
de fournitures et équipements médicaux, développer des technologies médicales et des outils numériques, améliorer la compréhension des incidences comportementales et socio- économiques de la pandémie et tirer des enseignements de grands groupes de patients (cohortes)
à travers l’Europe. Sans oublier
de renforcer la collaboration
des cohortes européennes et internationales déjà existantes en mettant en réseau les instituts de recherche. Cette nouvelle étape du plan Horizon 2020 se nourrit
de deux financements : 48,2 millions alloués à 18 projets pour la mise au point de diagnostics,
de traitements et de vaccins, 117 millions alloués à 8 projets dans le cadre de l’initiative en matière de médicaments innovants.
Stephen Hawking, physicien et cosmologiste britannique disparu en 2018. Dr spot, au rapport
durée des IRM (Imagerie projet FastMRI (IRM rapide, 2018, s’était donné pour
MOBILITÉ
robots taxis, test XXL
Les projets de mobilité autonome pullulent ces dernières années et ces derniers mois. Si la plupart sont encore loin de la phase
de test, AutoX, start-up chinoise, est sur le point de réussir son pari. Depuis le 17 août, une flotte de 100 véhicules autonomes de son service RoboTaxi est ouverte au public, dans le district de Jiading, à Shanghai. Depuis AutoNavi, l’application de réservation de transports détenue par Alibaba, géant de l’e- commerce qui soutient directement AutoX, les utilisateurs shanghaien.nes peuvent réservent leur course. De quoi concurrencer DiDi, autre entreprise chinoise, dont le
La création de l’intelligence artificielle serait le plus grand événement de l’histoire
À l’heure d’une crise sanitaire et épidémiologique mondiale, l’innovation s’adapte. Pour améliorer la prise en charge médicale tout en limitant les risques de contagion, la robotique s’avère utile. Les médecins, en première ligne, n’ont d’autres choix que de multiplier les contacts physiques avec les patients atteints par
la covid. Le Massachussetts Institute of Technology (MIT) et Boston Dynamics,
entreprise spécialisée dans la robotique, proposent une solution métallique : Docteur Spot. Il s’agit d’une nouvelle version « médicalisée » du robot-chien de Boston Dynamics – baptisé Spot. Les chercheurs ont équipé Spot de caméras grâce auxquelles les médecins surveillent l’état des patients sans contact. C’est le robot qui pénètre dans la chambre, pas le médecin. Grâce à une tablette, le praticien s’adresse directement au patient. En outre, Dr Spot est capable de mesurer les signes vitaux des malades via une caméra infrarouge et trois caméras monochromes : le dispositif VitalCam, qui mesure la température, la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire et la saturation pulsée en oxygène. Le tout sans contact et sans exposition du médecin. De nombreux tests cliniques préluderont à la mise au travail de Dr Spot.
service de robots taxis dans un quartier de la ville fin juin a fait ses preuves. En attendant les résultats de ce test grandeur nature et une prochaine expansion de la technologie sur les routes françaises et européennes, gardons le gai babil de nos chers conducteurs de taxis et autres VTC : espèce en disparition...
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[ télécom
Amazon a la tête dans les étoiles et des idées derrière la tête
Les GAFAM n’ont pas de limites. Après SpaceX et la constel- lation Starlink d’Elon
Musk, c’est au tour d’Amazon de se lancer dans un projet fou. Kuiper – son nom évoque la ceinture d’astéroïdes au-de- là de Pluton – prévoit le dé- ploiement de quelque 3 236 microsatellites autour de l’or- bite terrestre pour former une constellation artificielle dé- diée à la couverture Internet haut débit, à destination, no- tamment, des habitant.es des zones blanches. Le nombre très important de microsatel- lites à déployer s’explique sim-
IA
Lecture artificielle
plement: la techno- logie s’appuie sur des éléments en orbite ter- restre basse (jusqu’à 2 000 km d’altitude) qui orbitent donc beaucoup plus vite que les satellites en orbite géostationnaire (envi- ron 36 km d’altitude),
d’où le nombre considérable nécessaire pour garantir une couverture stable.
Fin juillet, la Federal Commu- nications Commission (FCC), organisme fédéral américain de régulation des télécommu- nications, a approuvé le projet à l’unanimité. D’ici à 2026, la moitié de la constellation doit être déployée et dans sa tota- lité opérationnelle en juillet 2029. Pour arriver à ses fins, le géant de l’e-commerce a annoncé un investissement de 10 milliards de dollars. Pas de quoi rassurer quant à la ges- tion des débris orbitaux et de la pollution lumineuse... n
Avis aux parents pressés et aux amateurs d’objets intelligents. Naver Corp, une entreprise sud-coréenne, a développé Clova Lamp, une lampe intelligente qui va lire un conte aux enfants... intelligemment. En utilisant la vision par ordinateur (sous- catégorie de l’IA), cette lampe nouvelle génération est capable
de convertir
le texte et les images d’un livre en discours et en parole. Le produit prend la forme d’une lampe LED de bureau classique, embarque une petite caméra en son centre, décode les illustrations
et identifie les
mots grâce à la reconnaissance optique des caractères et
des images. En outre, un assistant virtuel intégré explique
la signification de certains vocables et sait répondre aux questions de l’enfant pour l’aider à apprendre. L’entreprise entend remplacer le smartphone pour occuper les enfants quand papa et maman ne peuvent s’en occuper. Clova Lamp parle en coréen, en anglais et en japonais. Pour les lectures en français, il faudra attendre. Cerise sur le gâteau, cette liseuse intelligente fait aussi... lampe.
briefing innovation
entreprendre & innover
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]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
La relance verte mythe ou (future) réalité ?
Entre l’urgence d’affronter le pré
Parce qu’il fallait bien tenter de trouver un peu d’espoir au plus fort de la crise sanitaire, nombreux
sont ceux.celles qui ont espéré un effet positif du confinement sur la planète. Réduction drastique du nombre de véhicules sur la route, fermeture d’usines et d’indus- tries... Les émissions de gaz à effet de serre ont chuté de plus de 30 % durant cette période. La reprise de l’activité économique sous sa forme débridée actuelle a mis un coup de frein à cette tendance. Et sur le long terme, cette période de confinement n’aura sans doute pas les effets bénéfiques attendus. Une étude publiée par la revue Nature Climate Change détaille que le confinement n’aura aucun effet pour lutter contre le réchauf- fement climatique : d’ici à 2030, il contribuerait à la limitation de la température moyenne de 0,01°C seulement.
Il n’empêche que la pandémie aura mis en lumière la fragilité d’un certain nombre des sys- tèmes de nos sociétés modernes. Elle a remis en perspective une constante de l’humanité : rien n’est acquis, tout peut chan- ger. « Cette crise de covid-19 et toutes les conséquences sociales, environnementales et politiques préfigurent ce que sera la situa- tion de crise en plein cœur d’une période de réchauffement clima-
tique, explique Jacques Delpla, économiste, directeur du think tank Asterion. Il y a urgence à trouver les bonnes solutions pour lutter contre ce phénomène. »
Bonnes solutions ? Sont-ce les mesures pour venir en aide aux industries et aux entreprises que, dès la mi-juillet, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a voulu flécher vers un plan de relance verte avec l’accent mis sur la ré- novation des bâtiments (source majeure de surconsommation électrique), les transports et l’énergie ? « Nous veillerons à ce que toutes les décisions de relance favorisent un nouveau modèle de croissance fondé sur la décarbo- nation, la sobriété énergétique et les innovations vertes. Le plan de relance sera un plan vert », a virilement martelé le ministre en répondant à notre confrère, le JDD. Des annonces dotées de financements concrets. Près de 40 milliards d’euros pour le dé- veloppement de l’industrie et 20 milliards pour la transition éco- logique. Mais face à l’urgence et aux situations parfois délicates dans lesquelles des entreprises se retrouvent, la relance verte se dé- crète-t-elle à coups de milliards ? « D’un point de vue économique, il faut se figurer le confinement comme une crise cardiaque, ana- lyse Jacques Delpla. Il y a d’abord une urgence vitale à régler avant
de pouvoir mettre en place d’autres mesures. Quand un in- dustriel doit relancer toute une production, il n’a pas forcément le temps ni les moyens de penser à la transition écologique. » On le croit volontiers.
Le vert, encore
qu’à moitié plein
Il n’empêche qu’une relance verte, outre sa contribution essentielle à la limitation du réchauffement climatique, produirait des ef- fets bénéfiques sur l’économie mondiale. Une étude publiée par l’Oxford Smith School of Enter- prise and the Environment révèle que les relances vertes sont les plans économiques les plus viables pour les pays. La raison ? Qu’il s’agisse de construction de nou- veaux bâtiments, d’exploitation de nouvelles sources d’énergie ou de développement de nouvelles technologies, de nouvelles filières et de nouvelles opportunités pro- fessionnelles surgiraient de ces orientations. Dans son dernier
rapport réalisé avec EY, WWF estime à un million le nombre d’emplois que pourrait générer une relance verte d’ici à 2022 en France.
De telles annonces chiffrées sont-elles perçues par les entre- prises ? Tom Lecrosnier, créa- teur de GreenKit, conseille des marques et des enseignes pour le développement et la vente de produits conçus écologiquement. Pour lui, l’ère post-covid offre un véritable challenge pour l’entre- preneur : « Nous redoutions que les entreprises décident soit de mettre de côté leurs projets écolo- giques, soit carrément de revenir en arrière sur certaines avancées par souci d’économies. Mais fi- nalement ça n’a pas été le cas. Nos industries partenaires restent en- gagées sur la voie du développe- ment durable. » Un constat parta- gé par Vincent Auriac, président d’Axylia, un cabinet de finance responsable. Lui accompagne des organismes pour réaliser des investissements responsables. La crise sanitaire n’a pas eu d’impact négatif sur son activité, ses clients continuent à investir. « Ceux avec lesquels je travaille continuent à vouloir réaliser des investisse- ments engagés et plein de sens, confirme-t-il. L’activité de mon
La pandémie aura mis en lumière la fragilité d’un certain nombre des systèmes de nos sociétés modernes.
décryptage
 C’est bien simple : en deux mois de confinement, la Terre s’est refait une – petite – santé. Air meilleur, faune préservée, déchets moins nombreux... Du coup, on s’est pris à espérer... quoi ? Que ça allait continuer ? Raté. Sitôt les meutes automobiles lâchées, les touristes libérés, les agriculteurs
à engrais empoisonnés validés, pollution, néonicotinoïdes, incendies monstrueux et masques souillés à gogo par terre ont triomphé. Allons-nous vraiment nous autogénocider ou bien le scénario de la croissance « convivialiste » (selon le manifeste des EELV – Europe Écologie les Verts) a-t-il une minuscule chance de s’ancrer dans un nouveau modèle de développement ? Repères optimistes (malgré tout).
  44 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
sent et celle de préparer l’avenir
Une relance verte, outre sa contribution essentielle à la limitation du réchauffement climatique,
produirait des effets bénéfiques
sur l’économie mondiale.
décryptage
      cabinet après le confinement n’a pas diminué, bien au contraire. » À quelle échelle, tout est là... L’expert des marchés financiers plaide pour un élargissement de l’investissement vert. « Avec le confinement, les Français.es ont beaucoup plus épargné que d’habitude. Près de 900 milliards d’euros dorment sur les livrets en France. Aujourd’hui, seuls 200 millions d’euros sont utilisés par les particuliers pour des activités vertes. Il faudrait réussir à inver- ser la tendance. »
Pour l’économiste Jacques Delpla, un plan vert ne sera pas suffisant pour affronter le défi environnemental à venir. « L’ur- gence écologique est là, bien pré- sente, mais tout est une question d’échelle. Si du jour au lende- main la France stoppait toutes ses émissions de gaz à effet de serre, la pollution ne serait réduite, sur le plan mondial, que de... 1 %. » D’où son plaidoyer pour des dé- cisions à échelle planétaire, et c’est une autre affaire. « L’idée d’un plan de relance uniquement français est questionnable. Pour se révéler utiles, les solutions pro- posées doivent se vouloir univer- salisables. » Au-delà d’une simple relance verte, l’économiste est favorable à l’instauration d’un prix mondial du carbone et à un investissement massif dans la recherche. « Lorsqu’il a fallu mettre en place la bombe nu- cléaire, l’urgence que représentait la guerre a justifié une avance très rapide. Nous devrions prendre conscience de l’urgence ac- tuelle. »
Résilience
et longueur de temps
On en est loin. Preuve en est avec le paradoxe de décisions majeures d’un État comme la France, qui se dédouane par 146 proposi-
tions citoyennes dont personne ne parle plus, en réalisant en pa- rallèle des investissements qui questionnent. À commencer par l’aide conséquente apportée à Air France : 7 milliards d’euros. « En choisissant de renflouer l’indus- trie aéronautique et automobile, très gourmandes en pétrole, l’État envoie un signal contrasté », ana- lyse l’économiste.
Autre difficulté majeure, la re- mise en cause du green deal euro- péen. Ce projet, qui vise à rendre le continent européen climati- quement neutre en 2050, risque de prendre un coup dans les pro- chains mois. Les différents chan- tiers engagés sont repoussés, dont la COP26 reprogrammée en 2021. Et déjà, certains États tentent de renégocier leurs exigences.
Pour faire face à tous ces défis et aux changements à venir, un concept issu des sciences de ges- tion ressort souvent dans les dis- cours des experts : la résilience, capacité pour une entreprise, ou des individus, à faire face à des si- tuations totalement inédites. « Il faut bien comprendre que cer- tains secteurs d’activité risquent d’être durablement touchés par cette crise. La restauration, le tou- risme ou le monde de la nuit ne seront jamais plus comme avant. Il faut prendre cette donnée en considération dans nos façons de concevoir nos prochaines struc- tures économiques», conclut l’économiste Jacques Delpla. Im- portant, donc, de repenser nos manières d’agir dans un univers aussi incertain. Le terme rési- lience avait, d’ailleurs, été utilisé par l’armée pour nommer son opération de soutien logistique et de protection durant le confine- ment. Preuve, donc, qu’agir dans un cadre inédit est une véritable bataille.
GUILLAUme OUAttArA
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é
]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[ cadeaux d’affaires
la revanche du made in france
                                         Manager autrement : savoir dire non à son patron p. 47 Business guide : cadeau d’affaires, valeur (presque) sûre p. 50
 pratique
46 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[ Savoir dire non à son patron
On l’apprend dans les business schools !
communication, vient de consa- crer un livre à ces trois petites lettres, La révolution du non (éditions Eyrolles). L’émergence d’un mouvement. « Voici trente ans, le ou la salarié.e était do- cile, même s’il.elle n’en pensait pas moins, commente celui qui est à l’origine du concept de la marque employeur. Avec la gé- nération Y, on peut noter une fracture. Elle a importé de l’in- dividualisme dans l’entreprise, simple prolongement de la so- ciété civile. La tendance de fond à vouloir remettre en question l’ordre établi quand il n’est pas exemplaire est perceptible. Il n’y a qu’à regarder l’explosion des abandons de poste, avec les zèbres (les QI supérieurs à la moyenne, d’au moins deux écarts types). L’entreprise est un concept collectif qui se heurte à la montée en puissance de l’in- dividuel. De quoi ébranler le modèle d’organisation des en- treprises. De quoi impacter le management. » À poser le sujet, on s’aperçoit qu’il est loin d’être anodin.
Condition sine qua non Loin d’être léger, le « non » peut se traduire en espèces son- nantes et trébuchantes. Autre séquence souvenir. Avant de pi- loter un cabinet conseil baptisé Ethikonsulting et d’intervenir à l’Essec, Isabelle Rey-Millet a été responsable de promotion des ventes chez Lafarge. Elle a su écouter un collaborateur de terrain qui a dit non au nouveau process industriel d’uniformisa- tion – et donc a priori de réduc- tion des coûts – de la taille des palettes dédiées à recevoir des enduits de façade. Trop larges, elles ne rentraient plus dans les fourgonnettes des entreprises en bâtiment, leurs clients, avec, à la clé un manque à gagner bien supérieur à l’économie ré- alisée avec les dimensions des palettes. « Savoir dire pourquoi non est essentiel, explique celle qui se définit elle-même comme une rebelle du management. La forme est alors plus importante que le fond. Si le manager à qui s’adresse ce refus l’interprète comme une atteinte portée à son ego, une contestation de son au- torité, alors on peut rentrer dans lemur!»
Dire non, ça s’apprend !
« Il n’y a pas de bonne entre- prise qui n’accepte pas le non,
Effet des générations Y, Z ou pas, le « non » se démocratise en entreprise. On l’apprend même dans les business schools. C’est dire ! Tendance donc ? À une ou deux conditions près.
manager autrement
pratique
   Séquence souvenir. Paul Courtaud est un jeune patron d’entreprise. À tout juste 25 ans, il a déjà
«non»!Pasenviedeplus.Pas envie de remettre en question son équilibre familial. Ce qui a semé une graine qui a détérioré la relation. L’état d’esprit s’est dégradé. Je proposais clairement une échelle. Ce refus m’a pertur- bé. Elle a fini par partir. » Un cas parmi tant d’autres d’un « non » nocif.
  L’actuelle :
monté trois boîtes.
Néobrain, spécialisée dans l’in-
telligence artificielle au service
de la détection de talents et
de la montée en compétences.
Et, dans sa jeune carrière, un
« non » lui est bien resté en mé-
moire, comme un grain de sable
capable de gripper une méca-
nique pourtant bien huilée. « La
société comprenait une salariée,
particulièrement investie, enga-
gée. Avec un bilan positif. Elle
était au top ! J’ai voulu la faire
devenir associée. Elle a répondu   chevronné en management et
Une révolution culturelle ou générationnelle
Pas facile de dire non ! Et pas toujours facile non plus de re- cevoir le non ! Mais il va falloir s’y faire. Didier Pitelet, CEO de Henoch consulting, expert
Il n’y a pas de bonne entreprise qui n’accepte pas le non – Olivier Staebler, Ippon technologies
    ecoreseau.fr septembre 2020 | 47
]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
manager autrement
Les jeunes sont beaucoup plus dans la relation de pair à pair. Aussi, le non est-il mieux accepté – Arnaud Lacan, Kedge
         résume Olivier Staebler, à la tête d’Ippon technologies, société de conseil dans le domaine des sys- tèmes d’information, même si la vision hiérarchique persiste en- core. Ça s’apprend avec l’expé- rience. » Et même, ça s’apprend, tout court. Il n’y a qu’à regarder les sites Internet de certains établissements d’enseignement supérieur. « Savoir dire non en gardant des relations positives » pour Skema business school, « Savoir dire non à un candi- dat » chez Kedge ou bien encore y voir une séquence sur le canal de Xerfi, signée de Frédéric Fré- ry, d’ESCP business school...
un conseil qui compte
Professeur à Kedge, Arnaud La- can l’a inscrit au programme de ses interventions : « Les jeunes sont beaucoup plus dans la re- lation de pair à pair, explique- t-il. Aussi, le non est-il mieux accepté. Charge à nous de leur apprendre à mettre les formes, à se situer dans le respect de la performance de l’entreprise. Et, aux plus anciens, à écouter et à ne pas tomber dans le travers du symptôme d’hubris, à ne pas de- venir intolérants à la contradic- tion. » Bref un créneau pour les formations initiale et continue. mUrIeLLe WOLsKI
    Un business plan bien construit,
gage de succès de votre projet international !
     Adam Nicol
expert- comptable
et président
du Comité Missions Internationales du Conseil supérieur
de l’ordre
des experts- comptables.
Financer pour se lancer
Un projet international se réfléchit, se construit, s’évalue, se finance, évolue, se sé- curise. La réalisation d’un diagnostic pour valider la capacité de la structure à se déve- lopper à l’international conduit à l’élabora- tion d’un business plan, outil indispensable à la réussite du projet. Cette étape cruciale dans la mise en œuvre d’une telle évolution permet de connaître et de maîtriser sa capa- cité financière, commerciale et organisation- nelle, à chaque étape clé.
L’expert-comptable, de par sa maîtrise de l’environnement économique, est le garant d’un business plan fiable vous permettant ainsi de déterminer le montant de finance- ment à mobiliser ainsi que des propositions d’outils ou de modalités de financement adaptés, de disposer de chiffres précis rela- tifs à votre chiffre d’affaires et votre marge, d’identifier vos besoins et moyens humains, financiers et techniques nécessaires à la mise en place d’actions gagnantes mais aussi d’en limiter les risques et les coûts. Vous serez alors à même d’affiner votre stratégie et ainsi de convaincre les partenaires financiers de vous suivre, vous épauler dans votre projet, avec une vision sur 3 à 5 ans.
La qualité du business plan favorise le pilo- tage et le cadrage du projet par la suite. Le lancement est seulement le début d’une aven- ture qui nécessite la mise en œuvre d’outils
de gestion pour mesurer les écarts, les com- prendre et orienter les décisions qui s’im- posent.
Financer pour rebondir
La covid-19 est une crise sanitaire, écolo- gique, sociale et économique sans précédent induisant un frein brutal d’activité. Elle sou- lève de nombreuses interrogations quant à la continuité de l’activité, aux impacts sur le fonctionnement de l’entreprise, la gestion des ressources humaines et sur les financements et la trésorerie de l’entreprise.
Dès à présent il convient de penser à la reprise de l’activité avec un redémarrage opération- nel de l’entreprise et les flux logistiques en prenant en compte les délais supplémentaires dans les approvisionnements, la gestion des stocks, les modalités de communication ou de déplacements perturbés, etc.
Repenser et adapter la stratégie, analyser et revoir les besoins financiers et les prévision- nels afin d’y intégrer les évolutions actuelles et à venir, à horizon au moins 3 ans, est plus que nécessaire pour votre pérennité.
Un expert-comptable, acteur de l’internatio- nal, saura répondre à ces nouveaux besoins et enjeux de votre entreprise et vous accom- pagner dans ce nouveau défi.
On retient :
La profession des experts-comptables est en- tièrement mobilisée pour vous accompagner dans la gestion de crises, de leurs impacts immédiats à ceux à venir.
Le business plan traduisant une stratégie cohérente est un véritable outil de pilotage adapté à vos besoins pour un développement à l’international sécurisé.
Grâce à sa connaissance des flux et des en- jeux de l’entreprise, un expert-comptable peut assurer le suivi et l’analyse du pilotage de votre projet international. n
Retrouvez notre fiche solution sur le site de TFE : www.teamfrance-export.fr/besoins/ structurer-strategie-internationale/solutions
Rencontrez les professionnels comptables, échangez avec d’autres chefs d’entreprise et découvrez nos solutions et celles de nos partenaires lors de la 1re Journée de l’Inter- national organisée par le Conseil supérieur de l’ordre des experts-comptables.
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]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[ manager autrement
pratique
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
Salon Omyagué, 9 au 10 septembre, Carrousel du Louvre
du geste (20 % des cadeaux). Pour- quoi offrir ? Primo, pour fidéliser des clients, secundo marquer un événement, tertio favoriser col- laborateurs et partenaires. Sans surprise, la fin d’année constitue le pic d’achats. Les trois critères du choix n’ont à leur tour rien de surprenant : c’est le prix le facteur décisif, puis l’on veut de l’origina- lité avant même – mais de peu – la qualité de l’objet. Pour 64 % des acheteurs de cadeaux d’affaires, le made in France et les produits écoresponsables sont devenus importants. Qu’offre-t-on, enfin ? De la dégustation, de la gastrono- mie (47 %), des champagnes, vins et spiritueux (46 %). Les acces- soires de bureau pointent au troi- sième rang (43 %), suivis par les produits high-tech (audio, photo et vidéo).
« Le marché du cadeau d’af- faires a incontestablement évo- lué, considère Aurélie Queyrat Maître, responsable Boutique Entreprises chez Longchamp. Au-delà du traditionnel cadeau de fin d’année, ces présents de prix sont devenus des outils stra- tégiques pour les entreprises : ils sont l’occasion parfaite d’expri- mer une gratitude tout en renfor- çant les valeurs de l’entreprise. » « Nos clients sont sans cesse à l’affût de services premium et de cadeaux personnalisés, confirme Bénédicte Barraqué, respon- sable du pôle Cadeaux et entre- prises chez Fauchon. En tant que grande maison, nous avons le devoir d’offrir tous les services possibles pour s’adapter à toutes les exigences de nos clients, à commencer par les personnalisa- tions. De la carte message confiée par nos clients ou imprimée pour eux. Au logo de l’entreprise et/ou le message du client sur le four- reau qui enserre chaque coffret. » Rien ne doit être laissé au hasard, le cadeau d’affaires est sensible au détail : rien de pire qu’une décep- tion ou une mauvaise impression, l’objet inadapté. Des exemples ? Offrir un set de golf à un amateur de tennis ou une caisse de vin à une personne qui ne supporte pas l’alcool. Les facteurs culturels et les préférences personnelles font partie des règles d’or pour ne pas commettre d’impairs.
Arnaud Wielgus, directeur commercial chez Relais et Châ- teaux, réalise 55 % de l’activité sur le marché de l’entreprise : « Nous proposons deux types de produits à destination des entreprises : le coffret cadeau et les chèques ca-
  Cadeau d’affaires, valeur (presque) sûre
 Fidéliser des relations, récompenser et stimuler collaborateurs et partenaires : le cadeau d’affaires fait partie intégrante de la vie de l’entreprise. Il a fait ses preuves : il ancre le nom de l’entreprise chez le bénéficiaire. Sa valeur symbolique n’est du reste pas toujours à la hauteur de sa valeur tout court. Petit geste, grand effet. Le cadeau d’affaires connaît ses tendances. On les repère.
Chèques, coffrets ca- deaux, services pre- mium... L’offre se veut aujourd’hui plétho-
rique, pour tous les goûts et tous les budgets. Avec souvent pour dénominateur commun ce souci de privilégier la personnalisation, l’individualisation. Il faut mar- quer les esprits. Selon la dernière étude menée par Omyagué en 2019, les clients sont les destina- taires archiprioritaires (90 %), suivis par les collaborateurs et les partenaires (50 %). Les fournis- seurs restent les parents pauvres
  Les clients sont les destinataires archiprioritaires (90 %), suivis par les collaborateurs et les partenaires (50 %).
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business guide
 Le tiercé cadeaux : la gastronomie (47 %),
les champagnes, vins et spiritueux (46 %). Les accessoires de bureau (43 %), les produits high-tech (audio, photo et vidéo).
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Prix sur devis
deaux disponibles dans la plupart de nos établissements à travers le monde. Deux offres destinées à récompenser les équipes en fin d’année ou « incentiver » les équipes commerciales. »
Allier cadeau
et préférence française Onavuplushautquelemadein France était plébiscité. Offrir du Bleu Blanc Ruche, comme dirait le prophète du tricolore Arnaud Montebourg, c’est maximiser l’effet : l’agrément du cadeau et l’impression que la firme qui
offre se soucie d’éthique natio- nale. C’est tout l’objectif de Bleu Blanc Ruche qui, comme le rap- pelait son fondateur au Parisien, vise avant tout à « acheter du miel à des apiculteurs français à un prix supérieur au marché, en contrepartie de quoi ceux-ci s’engagent à eux-mêmes repeu- pler, c’est-à-dire à augmenter leur cheptel ». Mais pas seulement. L’ancien ministre de l’Économie positionne aussi son offre sur le secteur du cadeau d’affaires par l’intermédiaire de la société C&J Trade, son distributeur exclusif.
    Nathalie Cozette, directrice du salon Omyagué (9 au 10 septembre) au Carrousel du Louvre
« La tendance est à la pluralité des univers cadeaux »
    Relais & Châteaux, Déjeuner ou dîner gastronomique pour deux, 171 € HT
Comment s’annonce
cette 18e édition ?
Par la tendance à la pluralité
des univers cadeaux, avec une prédominance gastronomique.
Au total, 105 marques sont attendues pour y dévoiler leur toute nouvelle gamme btob. Parmi les temps forts cette année figure l’organisation des parcours découvertes, en partenariat avec la société Forevent, autour d’une kyrielle de thèmes : gourmandise, design, voyage, maroquinerie, décoration maison... Les visiteurs munis de tablettes prêtées à l’accueil, sont éligibles à des cadeaux... prestigieux. Autre
point fort, de nombreux ateliers jalonneront l’ensemble du
salon. Par exemple, la marque Christofle montrera aux visiteurs comment dresser une table avec des cadeaux originaux. De son côté, Tumi proposera un espace
« gravure » et la marque ST Dupont fera tourner sa roue de la fortune à l’occasion de la sortie d’un tout nouveau briquet. Enfin, la soirée Omyagué constitue un moment à ne pas manquer. Elle réunit acheteurs et marques
pour une balade sur la Seine en bateau-mouche.
  52 |
septembre 2020 ecoreseau.fr
ST Dupont, Porte- documents atelier ST Dupont, 1 250 € HT
Côté cadeaux d’affaires, Omyagué reste assez
« incontournable ». Vos secrets ? Omyagué souhaite rester au plus près des attentes en proposant notamment aux entreprises
de numériser leurs achats et
de simplifier les processus de commandes. C’est assez rare dans un salon. Son côté unique repose essentiellement sur le modèle marketplace et sur une base de données produits en permanence actualisée. Les articles proviennent de marques de renommée nationale et internationale. Depuis plus de 18 ans, Le lien de confiance n’est plus à démontrer.
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                                                ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
 durant cette crise tout en prenant des risques. Les entreprises phar- maceutiques ou informatiques, qui ont mis les bouchées doubles ces derniers mois, nous ont com- mandé des coffrets pour récom- penser leurs salarié.es. Plus que jamais, les entreprises vont avoir besoin de réactiver leurs clients ou motiver leurs équipes. C’est une année spéciale. Même si certaines sociétés, en difficulté financière, ne sont pas au ren- dez-vous du cadeau d’affaires, on voit bien que d’autres sont prêtes à investir tout spécialement sur ce créneau », analyse Bénédicte Barraqué, Fauchon. L’enseigne gastronomique aligne sur sa carte d’affaires le « simple » dîner à 130 euros jusqu’aux 3 nuitées et 3 dîners facturés 1 560 eu- ros à l’entreprise. « Les coffrets cadeaux “marchent” très bien, dit-elle, car ils offrent une flexi- bilité en fonction des besoins du client, quels que soient le bud- get ou les envies, concrétisés par nos écrins de chocolats, nos pla- teaux de confiseries, nos boîtes de macarons et un large choix de vins et champagnes. Il n’y a pas de budget moyen : l’enveloppe varie entre 15 euros et plus de 1 000 euros par cadeau grâce à notre large gamme de produits et parce que nous savons nous adapter. Nos clients sont nos meilleurs baromètres pour créer de nouvelles recettes, de nou- veaux produits. Nous avons re- nouvelé par exemple entièrement notre collection de chocolats qui exaltent les saveurs intenses du cacao. » Mince, on aimerait bien mériter un cadeau d’affaires...
LEntreprendre avec un handicap : un angle mort bien vivant
’inspection générale des affaires incitatives font baisser les contribu- de handicap. Ces entreprises sont- esdanscechoixquinevapasdesoi! sociales publie un rapport de tions acquittées, quand les dépenses elles plus fragiles que les autres ? Au C’est l’un des nombreux axes de tra- 200 pages sur l’emploi des per- liées à l’emploi de collaborateurs contraire, après trois ans, elles sur- vail de H-up : faciliter la création sonnes handicapées. handicapés augmentent. vivent dans des proportions supé- ou la reprise d’entreprises par des
Le système est à bout de souffle. Trop L’entrepreneur, en revanche, semble rieures à la moyenne. La proportion personnes handicapées de tout âge et
    Moulinex, Robot cuiseur companion XL, 473 € HT
handicapés sûrement, entrepreneurs avant tout !
Hamou bouakkaz
Secrétaire général de l’association h’up entrepreneurs
Moulinex, Cafetière Subito Timer, 28.50 € HT
Arnaud Montebourg résume bien la démarche : « Répondre aux be- soins des entreprises d’offrir des produits qui ont du sens, fabri- qués en France et responsables sur le plan environnemental. » Chez Lonchamp, Aurélie Quey- rat Maître valide la tendance : « On constate que les entreprises font davantage attention à va- loriser le savoir-faire français d’autant plus depuis la crise sa- nitaire qui invite à un retour au local. » Y compris pour des objets « bateau » du cadeau d’affaires ? Oui. Le manque d’originalité du produit ne nuit pas dès lors que l’objet se veut prestigieux. Raison pour laquelle le Véritable Cher- bourg est devenu le Parapluie de Cherbourg. L’entreprise nor- mande, dirigée depuis 2018 par Charles Yvon et qui vend 15 000 parapluies par an, se positionne elle aussi sur le marché du cadeau d’affaires au nom de l’excellence. L’obtention du label Entreprise du patrimoine vivant – EPV – et sa qualité de fournisseur de la bou- tique de l’Élysée suffisent à attirer les entreprises.
    Samsonite, Valise 4 roues 55 cm, 199 € HT
La covid n’a pas
tué le cadeau
Les entreprises ont-elles modifié
leur façon de stimuler leurs sa-
lariés en cette période troublée ?
« Hormis le mois d’avril où l’ac-
tivité a été complètement à l’ar-
rêt, nous avons réalisé le même
chiffre d’affaires en activité ca-
deaux en mai et en juin, comparé
à la même période l’année der-
nière. L’explication est connue :
un certain nombre de collabo-
rateurs ont donné de leur temps   JONAtHAN NAHmANY
        complexe, peu inclusif, il ne permet pas l’égalité des droits et des chances alors que l’enjeu est d’importance. Le nombre de personnes à bénéficier d’une reconnaissance de handicap a plus que doublé en 15 ans et l’allon- gement de la durée de la vie profes- sionnelle entraîne une augmentation massive de la proportion des per- sonnes handicapées. Les politiques
passé aux oubliettes : il faut notam- ment attendre la page 59 pour voir mentionnés les travailleurs indé- pendants, et ce sera la seule fois de l’étude !
Comment expliquer cet angle mort ? La population concernée est-elle minime ? Selon des statistiques lacunaires, on estime à 60 000 le nombre d’entrepreneurs en situation
de plus en plus élevée des salarié.es de plus de 50 ans a pour corollaire l’augmentation des situations de handicap liées au vieillissement. Ces salarié.es vulnérables sont très expo- sé.es au licenciement et aux fins de carrières difficiles !
Or ils.elles constituent un groupe de futurs entrepreneurs, pourvu qu’ils. elles soient soutenu.es et encouragé.
de toute formation. Dès septembre, la H-up Académie formera sa se- conde promotion d’entrepreneurs qu’elle armera pour durer, créer des emplois, payer impôts et charges et prendre leur place dans le cercle ver- tueux de la relance de l’économie de notre pays. n
   54 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                         ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation par Geoffroy Framery
La Fédésap et IGS Formation continue au service de l’humain
   le chiffre
+ 651 %
Source : étude réalisée par Misterprepa.net
Travailler autrement
patrick Levy Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement
L’emploi des jeunes :
Lun exercice d’équilibriste
’un des impacts majeurs de la jeunes pourront trouver un souff le crise sanitaire est incontes- dans le travail indépendant. D’une tablement l’augmentation du part, il représente une opportuni- nombre de chômeurs. Avec té pour celle ou celui qui sort des
l’accroissement du nombre de licencie- études et souhaite créer son activi-
L’incroyable augmentation des frais de scolarité, une moyenne qui dépasse les 50 000 euros pour un cursus global en France en grandes écoles.
 L’agilité pour répondre au contexte actuel est parfois question d’ingénierie pédagogique et de partena- riat. C’est dans ce sens que les équipes du Groupe IGS Formation continue ont signé un accord de
partenariat avec la Fédésap, Fédération française des ser- vices à la personne et de proximité.
Pour mieux adapter les contenus de formation aux compé- tences que requiert ce secteur dans ce contexte de crise, le Groupe IGS Formation continue d’étoffe son portefeuille de formations avec le Bachelor Manager opérationnel en services à la personne. Il se destine aux professionnels de l’encadrement intermédiaire du secteur et ambitionne de former ces cadres pour renforcer la gestion de projet, le management direct et le développement de l’activité. Premier galop d’essai prévu en octobre en 2020 à Paris pour cette nouvelle formation. Cette session, en guise de pilote, se déploiera progressivement sur le territoire natio- nal en 2021. n
      ments, mais également la diminution des embauches, la période qui s’ouvre s’annonce particulièrement éprouvante pour une large frange de la popula- tion française et notamment pour nos jeunes.
Et pour cause ! Plus d’un jeune sur six a arrêté le travail depuis l’appa- rition de la covid-19 selon une étude de l’Organisation internationale du Travail.
Faire de l’emploi des jeunes une « priorité nationale » sera un exer- cice d’équilibriste : sans précariser davantage cette population déjà fra- gile, il faudra imaginer des disposi- tifs d’accompagnement et d’indem- nisation efficaces.
Je suis intimement persuadé que les
té. D’autre part, certaines formes de travail indépendant représentent une possibilité d’accéder à des jobs étudiants scolairement compatibles pour ceux qui ne sont pas encore diplômés.
Dans cette période qui s’ouvre, il faudra aller au-delà des clivages tra- ditionnels qui existent entre travail indépendant et travail salarié où le travail indépendant ne serait qu’une expression de la précarité.
Il faudra néanmoins apporter une attention particulière à ce que nos jeunes choisissent et non subissent leurs parcours professionnels en les informant, par exemple sur l’éven- tail des choix de statut qui s’offre à eux. n
L’enseignement qui ne rentre que dans les yeux et les oreilles
ressemble à un repas pris en rêve.
Proverbe chinois
 56 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[ Création
de double cursus Edhec et Eurecom
briefing rh & formation Une rentrée sous le signe
de la flexibilité chez Kedge bs
Les synergies sont nombreuses dans le monde des grandes écoles.
Dernier exemple en date, celle de l’Edhec et d’Eure- com qui vont mettre en commun leur expertise respectivement dans les domaines de la finance et de l’Internet des objets (IoT). Ce partenariat qui se concrétise par la créa- tion d’un nouveau pro- gramme s’explique par la montée en puissance de l’IoT dans de nombreux secteurs d’activité. « Le monde des affaires re- quiert une parfaite maî- trise des nouvelles tech- nologies et de ses enjeux. Les managers de demain, quels que soient leurs sec- teurs d’activité et leurs métiers, devront intégrer les technologies d’avenir dans l’exercice de leurs responsabilités [...] pour créer un double diplôme quiconjugueinnovation et excellence », s’enthou- siasme Emmanuel Mé- tais, directeur général de l’Edhec Business School. Ce programme s’inscrit
au cœur de la stratégie Impact future générations de l’Edhec qui place l’ac- quisition de compétences numériques et l’hybrida- tion des savoirs au centre de la formation de jeunes. Les étudiants du pro- grammeGrandeÉcolede l’Edhec (filière Business management ou Finan- cial Economics) pourront suivre les enseignements du Master Internet of Things d’Eurecom et ob- tiendront sans allonge- ment de leur scolarité le diplôme national de mas- ter d’Eurecom ainsi que le Master in Management de l’Edhec. D’autre part, les étudiants d’Eurecom rejoindront l’Edhec et compléteront leur forma- tion d’ingénieur en inté- grant l’un de ces quatre programmes MSc de l’Edhec : Finance, Corpo- rate Finance & Banking, Financial Markets ou In- ternational Accounting & Finance et obtiendront ainsi le diplôme MSc de l’Edhec dans les disci- plines de la Finance. n
Circonstances et obligations légales obligent, l’accueil de tous les étudiants simultanément
sur les campus est souvent impossible. Pour Kedge, une partie des cours sera dispensée à distance. Kedge a également mis en place plusieurs investissements d’ampleur
pour équiper les salles de matériels de captation vidéo, de nouveaux outils et de nouvelles formations à l’animation de
pratique
classes virtuelles pour
le corps enseignant et
les intervenants. Kedge a aussi prévu de développer fortement l’hybridation des autres activités
et services : activités associatives, travaux en petits groupes, tutorat, accès aux ressources des bibliothèques, employabilité et un accompagnement renforcé.
Le message de la grande école demeure de privilégier le maximum de cours en
présentiel pour tous les nouveaux étudiants à la rentrée histoire qu’ils découvrent leur campus
et facilitent leur intégration. Cette organisation basculera
en mode 100 % présentiel si les contraintes de distanciation venaient à s’assouplir ou au contraire en 100 % distanciel si les conditions sanitaires venaient à l’imposer.
    ecoreseau.fr septembre 2020
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]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation
L’institut Mines-Télécom persiste et signe
sur les MOOC
 Pionnier en France dans la création et la vulgarisation des MOOC, l’institut Mines Télécom a entamé depuis le confinement et les restrictions de mobilité la démocratisation de ce format à un public large.
Dans cette perspective, l’IMT a également enrichi son portefeuille de MOOC certifiants et crée des parcours de formation qui l’intègrent pour faire face à un éventuel confinement et répondre aussi aux besoins des étudiants internationaux dans l’incapacité de voyager.
Cette formule de MOOC répond également aux besoins des professionnels qui accompagnent la transformation numérique de leurs entreprises ou qui souhaitent donner une nouvelle orientation à leur carrière. À date, 40 MOOC sont disponibles dont 10 réouverts. Cette offre à distance a enregistré près de 110 000 nouvelles inscriptions sur les 5 premières semaines du confinement, en triplant ainsi les chiffres de l’année précédente à la même époque. Ainsi, le MOOC Transformation numérique au service de l’entreprise et de l’industrie du futur a touché plus de 7 000 personnes, dont deux tiers de professionnels, en activité ou en recherche d’emploi. L’IMT travaille actuellement à la production d’une vingtaine de nouveaux MOOC dont trois nouveaux parcours certifiants. Ils traiteront de thématiques sur les réseaux, l’informatique et la programmation, le numérique et l’entreprise, l’économie circulaire, la blockchain, la fabrication numérique, l’Internet des objets ou encore la cybersécurité.
Neoma labellisée pour son programme Grande École
L’IMA (Institute of Management Accountants)
a délivré dans le cadre de son programme de soutien à l’enseignement supérieur (Higher Education Endorsement Program) son label pour le programme de formation initiale Grande École. Il reconnaît en particulier l’expertise de Neoma en matière de comptabilité et participera à renforcer l’attractivité de la spécialisation Accounting, Auditing & Advisory à l’international. Ce label ouvre aux étudiants l’obtention du CMA, Certified Management Accountant, sésame professionnel reconnu à l’international.
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septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[ BANQUE & ASSURANCE
TBS et Formaposte lancent un programme inédit en alternance
nariat avec Formaposte, centre de formation en alternance pour le Groupe La Poste. n
«Manager en stratégie & développement international spécialité banque assurance ». Tel est le libellé de la nouvelle formation proposée en alter- nance à compter la rentrée 2020 pour les bac + 3. Ce cursus forme au métier de conseiller clientèle banque assurance, il a été créé en parte-
briefing rh & formation
pratique
  Lancement
de la plate-forme european Film Factory
 Pilotée par l’Institut français en partenariat avec Arte Éducation et European Schoolnet, organisme
à but non lucratif qui regroupe 34 ministères de l’Éducation en Europe, la plate-forme European Film Factory entend promouvoir l’éducation au cinéma en Europe. Officiellement lancée le 26 août, une journée de rencontres de presse internationale aura lieu le 17 septembre pour soutenir le déploiement de la plate-forme. Ce projet ambitieux invite des élèves de 11 à 18 ans et à des professeurs de tous les États membres du programme Europe Créative d’accéder gratuitement à un catalogue de dix films du patrimoine cinématographique européen en ligne sélectionné par un jury européen
de professionnels de l’industrie du cinéma et de l’éducation. Pensé comme un véritable outil de travail d’éducation au cinéma, il se décline en 8 langues et propose des outils pédagogiques innovants autour des films : cartes mentales, annotations ou encore découpe d’extraits de scènes spécifiques.
ecoreseau.fr septembre 2020
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]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
Toutes les écoles sont en   vont inaugurer une expérience
ordre de bataille pour une rentrée sous le signe de l’agilité et de
la flexibilité. Car au regard de la conjoncture, de nombreuses zones d’ombre planent sur les agendas des grandes écoles. Premier sujet : la capacité des étudiants à rejoindre leur cam- pus en raison de la complexité grandissante pour obtenir des visas, du ralentissement et du coût de la mobilité aéropor- tuaire, de la fermeture de cer- taines frontières. Au-delà de ces contraintes mouvantes, de- meure aussi la réticence pour certain.es de revenir dans les amphis et de courir le risque d’attraper la covid.
Cela dit, nombreuses sont les écoles à enregistrer paradoxale- ment des recrutements très en- courageants. « Le recrutement pendant le confinement au pre- mier semestre 2020 est record, malgré la crise du coronavirus et nous ne sommes pas un cas isolé. Pour l’instant, nous esti- mons que 80 % de notre promo- tion sera présente physiquement à la rentrée du MBA », constate Thomas Jeanjean, directeur général adjoint en charge des programmes post-experience Essec Business School. Pas iso- lé, non, en attestent les chiffres de Kedge qui enregistre un plus 17 % d’inscriptions sur ses pro- grammes de type MS et MSc. Face à cette nouvelle donne, les grandes écoles déploient de nou- veaux dispositifs. Du jamais vu, tant en termes de contenus pé- dagogiques que d’animation des cohortes. « Il a fallu trouver des solutions souples et agiles. Nous avons opté pour la mise en place d’une pédagogie duale. Un étu- diant aura la possibilité de suivre le cours de façon classique ou de se connecter à la salle, explique Thomas Jeanjean. De prime abord rien de neuf à l’heure des meetings Zoom et autres Teams qui aujourd’hui rythment nos journées. Mais l’originalité tient davantage dans la mise en place de nouvelles technologies qui
   Grandes écoles,
à distance de très grande qua- lité. De nombreuses salles de cours ont été ainsi équipées de micros au plafond, de caméras et d’un écran de rappel, un peu à la façon d’un concert en live. L’étudiant qui se connecte voit les slides du cours, converse avec les autres participants et assiste à la démonstration du profes- seur en action. L’objectif est de créer une expérience à distance la plus qualitative et d’être le plus proche de l’expérience vé- cue dans une salle de cours en présentiel. »
Numérisation
des événements : gamification et
refonte des formats internationaux
Autre innovation davantage déployée sur les sites de Cergy Pontoise et de Singapour : la mise en place de nouveaux for- mats numériques intercampus pour maximiser les échanges.
« Avant la crise sanitaire, nous organisions des rencontres entre les participants de Cergy et ceux de Singapour. Pour pallier les restrictions en termes de mobili- té, nous allons produire de nou- veaux événements numériques en s’inspirant de notre Digital Week Competition », complète le diri- geant Essec. Pour information, la Digital Week Competition est un événement dans lequel cinq en- treprises adressent un sujet sur le numérique. Les équipes des deux campus ont alors 72 heures pour apporter une solution à la ques- tion. « Pour ce type de projet, on a revu l’ingénierie pédago- gique du dispositif et le rôle des coachs. On a dû également réin- venter des éléments pour garder la tension. Le format full digital est également plus court et se dé- roule sur 48 heures. Ce format à distance exploite le décalage ho- raire et challenge les équipes sur 48 heures en continu. » Une plus grande gamification de l’évé- nement a également été prévue pour garder une émulation mal- gré la distance et la façon asyn- chrone de collaborer entre les équipes internationales.
Le réseautage
et le relationnel, talon d’Achille des MBA
durant cette crise ?
Dans de nombreux programmes d’Executive Education et c’est d’autant plus vrai pour les MBA,
grandes rentrées De la vertu dans le virtuel
La rentrée 2020 ne ressemblera à aucune autre. Y compris dans le domaine de la formation continue et des programmes d’élitisme que sont les Executive MBA et les MBA. L’occasion de voir comment ces sésames vers de nouvelles perspectives de carrière vont évoluer au gré du contexte.
 La crise sanitaire a joué comme pour de nombreuses entreprises le rôle d’un accélérateur de l’innovation et nous permet aujourd’hui de proposer une offre de formation plus riche et plus flexible – Thomas Jeanjean, Essec Business School
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septembre 2020 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[                    NANTES | VENDÉE | PARIS | BEIJING | SHENZHEN | CHENGDU
         sharing, innovating and daring !
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]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
     53 % du CA sur le programme sont constitués par des financements individuels contre 11 % il y a deux ans. On observe un glissement dans la façon de financer l’Executive MBA – Anne Villate, Audencia Business School
3 questions à Anne Villate, responsable du recrutement executive mbA chez Audencia business school.
la dimension réseautage et re- lationnelle, le service carrière, le coaching et les rencontres d’entreprises font partie des éléments décisifs lorsque l’on opte pour ce type de formation. Thomas Jeanjean : « Des expé- rimentations seront déployées à plus grande échelle. Mais nous tenons surtout à créer une ex- périence numérique de qualité. Le digital simplifie l’invitation à participer des cadres et des experts de renom international. La crise sanitaire a joué comme pour de nombreuses entreprises le rôle d’un accélérateur de l’in- novation. De quoi proposer une offre de formation plus riche et plus flexible ». Pour maintenir la qualité des échanges, inter- venants comme participants re- cevront dans leur welcome pack un casque de réalité virtuel. À l’image de la pédagogie duale, l’objectif est de recréer les condi- tions du physique avec les nou- velles technologiques. Équipé. es de ces lunettes high-tech, les connecté.es parleront avec un ou plusieurs cadres dans un secteur donné quand ils.elles ne partici- peront pas à des visites d’entre- prise. Reste à savoir si nos pro- grammes français, malgré les contraintes actuelles, séduiront davantage de publics avec cette accélération numérique. GeOFFrOY FrAmerY
Save the Date
¨ Qs Connect mbA – France, événement Virtuel Qs Connect mbA, samedi 10 octobre 2020 de 11heuresà13h30
QS digitalise également ses événements et donne naissance à l’événement virtuel QS Connect MBA. À distance, ce nouveau format de 2 h 30 représente l’opportunité de rencontrer en ligne les directeurs d’admissions de prestigieuses business schools du monde entier en entretiens personnalisés. Les briques de services demeurent les mêmes : un service personnalisé et
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• Un concours pour remporter un voyage sur un campus au choix. S’inscrire est plus prudent : www.accessmba.com/link/DMs
      Comment s’est déroulée la rentrée de l’executive mbA en plein confinement ?
On aurait pu imaginer, en cette rentrée du 28 avril, des désistements compte tenu du contexte économique. Mais l’Executive MBA demeure
un programme engageant, coûteux. Les effectifs sont constants par rapport aux inscriptions des années précédentes. Malgré la conjoncture, il ne faut pas oublier que le processus de décision pour réaliser un Executive MBA est long et prend plusieurs années. Au-delà des contraintes
financières, le principal frein à la participation à ce type de programme demeure la disponibilité des participants.
Observez-vous malgré tout des changements en matière de financement ? 53%duCAsurle
programme se constituent
de financements individuels contre11%ilyadeuxans.On observe un glissement dans la façon de financer l’Executive MBA.
Quels signaux faibles identifiez-vous au travers des prochaines cohortes ?
Les effectifs sont constants cette année et attestent
que les professionnels,
sans bénéficier du support
de l’entreprise, souhaitent activement préparer leur deuxième partie de carrière et en être acteur. Si ce modèle de financement persiste,
ça signifie également qu’à l’avenir les participants
en repositionnement professionnel seront plus nombreux. Aujourd’hui, 80 % des effectifs sont en poste, 14 % adossent la formation à un projet entrepreneurial etseuls6%sonten repositionnement.
 62 |
septembre 2020 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
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 ]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
  La gestion de patrimoine ? Dans la tourmente p.66 Baromètre patrimoine & fiscalité p.72 Baromètre finance de marché p.76 Culture & Co p.78 Santé p.81 Art du temps p.82
Protéger de la crise les bénéfices
64 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                 Vous allez prendre goût à l’assurance vie nouvelle génération
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   ]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
patrimoine
La gestion de patrimoine ?
«Entre traumas économique, sanitaire et climatique, et banques centrales de plus en plus convaincues de l’in- suffisance de leur action, la rentrée s’ouvre décidément sous le signe d’une incerti- tude sans égale. » L’écono- miste indépendante Véronique Riches-Flores ne pourra pas se voir taxée d’excès d’opti- misme, mais il semble difficile de contester son analyse. L’am- biance du salon Patrimonia, organisé les 1er et 2 octobre à Lyon, risque ainsi de se mon- trer particulière, au-delà des mesures de sécurité excep- tionnelles mises en place pour protéger ses participants de la covid. Sur quoi porteront prin- cipalement les échanges entre les conseillers en gestion de pa- trimoine, sociétés de gestions, banquiers et assureurs ? Cette crise, comme celle de 2008, touche pratiquement toutes les classes d’actifs, sauf l’or et sans doute certains segments du private equity. Naviguer dans un tel environnement réclame plus que jamais la vision à 360 degrés de spécialistes, encore faut-il savoir de quoi ils parlent. Nous avons tenté d’identifier et d’expliquer les principaux thèmes susceptibles d’ani- mer les discussions autour des stands du Centre de Congrès de Lyon en ce début d’automne
baigné d’inquiétudes.
L’ISR en vedette
Si la crise doit retenir un mé- rite, c’est sans doute d’accélé- rer la prise de conscience des acteurs de l’asset management sur l’importance de l’investis- sement responsable et/ou so- lidaire (ISR). Lors d’un entre- tien publié sur le site du salon Patrimonia, Vincent Auriac, fondateur d’Axylia, cabinet de conseil en investissements fi- nanciers confirme : « Pendant la récente crise, les placements ISR ont montré qu’ils pouvaient offrir davantage de sécurité et de rendement que les produits classiques. Pour mieux appré- hender ce phénomène, nous avons analysé les performances des valeurs du CAC 40 en fonc- tion des notes ESG attribuées par MSCI et les résultats sont probants. La crise de covid-19 semble d’ailleurs marquer l’enclenchement d’une spirale
Dans la tourmente
Avec la crise sanitaire, les placements sont plus que jamais une affaire de pros
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]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[patrimoine
vie privée
 ecoreseau.fr septembre 2020 | 67
]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
vertueuse. » L’explication est simple. De plus en plus d’inves- tisseurs ciblent des entreprises de bonne notation ESG. Ces flux acheteurs font monter les cours et installent la surperfor- mance des entreprises les mieux notées. Dans une étude récente, BlackRock souligne toutefois qu’un long chemin reste encore à parcourir. Selon le premier gestionnaire d’actifs au monde, les risques climatiques – no- tamment le risque hydrique – continuent de se voir sous-es- timés dans les portefeuilles. « Nous observons une trans- formation des investissements vers toujours plus de durabili- té, mouvement amplifié par la crise sanitaire actuelle. Comme le démontrent de récentes études, nous sommes convain- cus que les actifs durables se- raient plus résilients et perfor- mants au cours de la longue transition vers un monde à faible émission carbone », ex- plique le géant américain. Pour répondre à l’intérêt croissant des épargnants vis-à-vis des placements responsables, les conseillers en gestion de patri- moine peuvent compter sur les efforts significatifs fournis ces toutes dernières années par les sociétés de gestion sur le sujet. De plus en plus de produits sont libellés ISR. Si les fonds actions sont très majoritaires, les so- ciétés de gestion poussent les feux sur d’autres produits. Par exemple, La Française a déposé cet été le dossier de candidature de son premier fonds collectif en immobilier. À l’obtention du label, le gérant disposera d’une gamme complète de fonds, en valeurs mobilières et immo- bilières, bénéficiaires du La- bel ISR. Les assureurs aussi se penchent sur l’investissement responsable. De plus en plus de contrats d’assurance vie se pré- sentent comme « solidaires ». Certes, rares sont encore ceux qui sont investis à 100 % en ISR. Mais beaucoup proposent une offre composée de fonds du- rables. Cette tendance devrait se renforcer avec la loi Pacte qui contraint depuis cette an- née tous les assureurs à intégrer dans leur catalogue au moins un fonds labellisé ISR ou bien un fonds de label Greenfin, qui distingue les produits d’inves- tissement dotés d’un objectif environnemental direct.
patrimoine
  L’importance
de la proximité
La crise de la Covid-19 a éga- lement eu pour conséquence de rappeler à quel point la re- lation client était cruciale dans l’univers de la gestion. Forts de leur taille « humaine », des établissements comme Cholet Dupont ou encore la Banque Delubac ont répondu immédia- tement aux inquiétudes de leurs clients. Alors que banques de détail ont industrialisé le mé- tier afin de soutenir une renta- bilité affectée par la baisse des taux et le durcissement de la réglementation, les acteurs de la banque privée, centré sur le service, ont clairement tiré leur épingle du jeu.
L’immobilier
continue de séduire
La pandémie et le confine- ment ont également confirmé l’importante de l’immobilier pour les Français.es. En mai, un sondage réalisé pour les notaires bretons auprès de 571 études et cité par Les Échos
La loi Pacte contraint depuis cette année tous les assureurs à intégrer dans leur catalogue au moins un fonds labellisé ISR ou bien un fonds de label Greenfin, qui distingue les produits d’investissement dotés d’un objectif environnemental direct.
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montrait une hausse de 45 % des consultations en vue d’un achat par rapport à mai 2019. Un quart des demandes concerne l’achat d’une résidence secon- daire Au-delà même de l’achat d’une résidence principale, l’immobilier est sollicité par de nombreux investisseurs, car il représente un bien tan- gible, sécurisé et pérenne. En ce qui concerne l’immobilier physique, les experts affichent ainsi globalement une cer- taine confiance, même si tout dépend, c’est une règle d’or scandée par tout agent immo-
bilier, de l’emplacement. En tout état de cause, les disposi- tifs Pinel, Malraux et LMNP (résidences services) devraient continuer de susciter l’intérêt. « L’atout de l’immobilier phy- sique est d’être assez liquide. Son inconvénient, se concen- trer sur un ou deux biens. En outre, il souffre de droits de mutation qui n’incitent guère à multiplier les achats-ventes », rappelle Éric Fransceschi- ni, banquier privé, gérant de portefeuilles et codirecteur de la gestion chez Bordier & Cie (France). Raison pour la-
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[Avec la fameuse « pierre-papier », un ticket d’entrée de 1 000 euros suffit à n’importe quel épargnant pour devenir propriétaire d’une part d’une société détenant des dizaines, voire des centaines de lots.
quelle les SCPI – la fameuse « pierre-papier » – ont le vent en poupe ces dernières an- nées. Avec un ticket d’entrée de 1 000 euros, n’importe quel épargnant devient propriétaire d’une part d’une société dé- tenant des dizaines, voire des centaines de lots. D’autant que ce placement a longtemps of- fert des rendements supérieurs à 5 % par an. Aujourd’hui pourtant, de nombreux ob- servateurs s’inquiètent. L’ef- fondrement de la conjoncture, conjugué à l’essor du télétra- vail, pourrait casser la martin- gale.
Les SCPI,
du papier solide
comme de la pierre
Une crainte que tient à relati- viser Christian Cacciuttolo, président de l’Unep – Union nationale d’épargne et de pré- voyance. Selon lui, en cas de crise majeure, la SCPI devrait, tout comme l’or, jouer son rôle de valeur refuge avec la certi- tude qu’il s’agit de l’une des seules classes d’actifs à distri- buer des dividendes. « Prenons par exemple, la principale SCPI de Sofidy, Immorente : les défauts n’ont finalement représenté que 7 % des loyers. Résultat, la performance glo- bale de la SCPI pourrait se si- tuer entre 4,1 et 4,25 % cette année après 4,5 % en 2019 », révèle Christian Cacciuttolo. Il faut savoir que le taux d’oc- cupation des lots d’une SCPI se situe traditionnellement entre 85 et 88 %. Dès lors, l’impact de quelques défauts sur ce taux est négligeable. « Le taux de récupération des loyers atteint une moyenne de 78 % au second trimestre. Ce résultat est fina- lement très positif : les socié- tés de gestion avaient envisagé des scénarios plus pessimistes face à la crise. L’hôtellerie et le commerce sont les classes d’ac- tifs les plus affectées alors que la santé, la logistique et le ré- sidentiel connaissent des taux
de recouvrement proches de 100 % », constate Pierre Garin, directeur du pôle immobilier de Linxea, qui publie un ob- servatoire des SCPI qui analyse les résultats de 61 d’entre elles sur la centaine commercialisée. Autre point positif, les SCPI n’ont pour l’instant constaté aucune baisse de la valeur des actifs qu’elles détiennent. La société de gestion Primonial, un acteur majeur du secteur, a fait expertiser son parc immo-
vie privée
bilier au 30 juin. Ces expertises n’ont indiqué aucune baisse par rapport aux expertises de la fin 2019, elles ont même ré- vélé des valeurs en hausse sur les actifs de santé et résiden- tiels. Bien sûr, si la crise venait à perdurer plusieurs années, la performance de ces SCPI s’en trouverait immanquable- ment dégradée. « Toutefois, assure Christian Cacciuttolo, l’immobilier est un objet de
patrimoine
       ecoreseau.fr septembre 2020
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]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
consommation qui s’adapte à la demande et un bien correc- tement placé trouve toujours un locataire dans un marché de l’immobilier marqué dans les grandes villes par une in- suffisance structurelle d’offre. Le marché du bureau va sans doute évoluer, mais pas autant que certains le prédisent avec l’essor supposé du télétravail. Certes, ils vont être réaména- gés, avec des zones plus convi- viales, des salles de réunion plus spacieuses et davantage de bureaux fermés, mais ils ne dis- paraîtront pas. Les sociétés au- ront plutôt tendance à chercher davantage de mètres carrés », juge le professionnel. L’Unep privilégie, schématiquement, une allocation de portefeuille avec 60 % en immobilier (aux trois quarts de SCPI) et 40 % en actifs financiers (15 % en fonds en euros et 25 % en OPCVM). « Nous conseillons, ajoute Cac- ciuttolo, d’intégrer des SCPI dans un contrat d’assurance
patrimoine
vie afin de sécuriser la perfor- mance et la régularité, mais attention aux frais, tous les contrats ne se valent pas ! » Avant de clore le chapitre im- mobilier, il est pertinent d’évo- quer d’autres produits, même s’ils ne sont pas accessibles à toutes les bourses. D’abord, le « club deal ». Il s’agit de plu- sieurs investisseurs qui se réu- nissent pour acquérir ensemble un bien de valeur. L’idée est d’investir dans un bien qui de- mande beaucoup de travaux, de le réhabiliter selon les ten- dances du marché avant de le revendre avec une confortable plus-value. Autre produit, les fonds concentrés sur peu d’ac- tifs et dont le rendement est alléchant. « Chez Bordier &
Le « club deal » réunit plusieurs investisseurs qui acquièrent ensemble un bien de valeur. L’idée est d’investir dans un bien qui demande beaucoup de travaux, de le réhabiliter selon les tendances du marché avant de le revendre avec une confortable plus-value.
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]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[Le private equity, un marché malheureusement encore difficilement accessible pour le commun des mortels. « L’enjeu est de proposer aux professionnels du patrimoine pour leurs clients des solutions jusque-là réservées aux grands fonds et aux investisseurs institutionnels. » – Michael Sfez, président de Kermony Capital
Cie, nous nous sommes spé- cialisés dans ces fonds réservés en principe aux grands institu- tionnels et dont la perspective de rendement est susceptible d’atteindre deux chiffres. La part se chiffre en effet à plu- sieurs millions d’euros. Nous fractionnons chaque part avant de permettre à nos clients d’y entrer pour 200 000 euros », explique Éric Franceschini.
Le private equity encore difficilement accessible Les investisseurs prêts encore une fois à sacrifier leur liqui- dité pendant quelques années miseront entre autres sur le pri- vate equity, un marché malheu- reusement encore difficilement accessible pour le commun des mortels, au grand dam de Mi- chael Sfez, président de Ker- mony Capital : « L’enjeu est de proposer aux professionnels du patrimoine pour leurs clients des solutions jusque-là réser- vées aux grands fonds et aux investisseurs institutionnels. Cette mission est difficile. Le ticket d’entrée dans le non coté est élevé, 100 000 euros mini- mum, et la progressivité des appels de fonds complexifie en- core la donne. Pour autant, le non coté bénéficie de beaucoup de catalyseurs. De nombreuses entreprises ont besoin de capi- taux pour se financer alors que les banques, pour des raisons réglementaires et stratégiques, se montrent de plus en plus ti- morées. À cet égard, une grande partie de la croissance future se situe selon moi sur le non coté. C’est clairement un segment attractif qui peut dégager une rentabilité à deux chiffres. Les family offices ne s’y trompent pas, avec une exposition de 20 % en moyenne. » Au sein du private equity, le capital-risque apparaît un segment attractif. « La covid-19 est en train de mettre en place de nouveaux
vie privée
usages : la livraison de repas, la mobilité individuelle, l’alimen- tation plus saine. Il faut jouer sur ces thèmes de croissance », conclut Éric Franceschini qui commercialise auprès de ses clients un fonds star réservé généralement aux grands de ce monde : le fonds White Star. Mise d’entrée : 250 000 euros, tout de même.
pIerre-JeAN LepAGNOt
patrimoine
       ecoreseau.fr septembre 2020
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]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
   bons plans vision
 Change : attention
à l’effet de surprise
Les indicateurs économiques (PIB, taux directeurs, indices des prix à la consommation) sont suivis de près par les acteurs du marché de changes. L’impact d’un indicateur sur le marché
dépend de plusieurs facteurs, dont la portée et l’exactitude des données analysées, ainsi que la zone monétaire concernée. Pierre-
Antoine Dusoulier, CEO d’IbanFirst, souligne que l’un des facteurs essentiels reste l’effet de surprise. Plus les données révélées seront inattendues, plus les cours de changes seront impactés. Pour anticiper les fluctuations du marché des devises,
il est donc important de suivre un calendrier économique.
Le cabinet Jedefiscalise.com publie son Livre blanc malraux Parce qu’elle fonctionne selon le principe de la réduction d’impôt, la
loi Malraux génère un gain fiscal rapide (quatre ans maximum) et très substantiel, même s’il est plafonné. Toutefois, son mode d’emploi est complexe et les erreurs risquent de se payer cher. Le cabinet Jedefiscalise. com, spécialiste desdites lois, a publié son Livre blanc Malraux où sont présentés les modalités et les enjeux de la loi Malraux, créée pour préserver
et restaurer les cœurs de ville anciens, souvent dégradés et menacés de destruction par la loi du tout béton. Il ambitionne également d’éclairer le
lecteur sur l’impact considérable de la protection du patrimoine, au sens large.
La recherche
de GAm star Credit Opportunities se renforce Anthony Giret rejoint la société de gestion d’actifs indépendante (créée par des investisseurs) comme analyste crédit au sein de son équipe de
recherche. GAM Star Credit Opportunities travaille sur la
dette subordonnée pour obtenir des
rendements supérieurs. Le rôle d’Anthony Giret consistera à analyser les entreprises, en mettant l’accent sur la dette hybride d’émetteurs
« investment grade ». Giret était analyste crédit chez Speed Research, une société de recherche et agence de notation indépendante.
Aviva Investors joue la prudence sur les marchés dans un monde post-covid 19
 «Plus de trois mois après la chute des marchés et la mise à l’isolement de nombreux pays de la planète à cause de la pandémie de co- vid-19, les débats se poursuivent pour savoir à quoi le monde post-covid ressemblera et pour connaître l’éten- due des dégâts à long terme. » Sunil Krishnan, responsable de la gestion de fonds multiactifs d’Aviva Investors, reste prudent. La société de gestion a profité du rebond des marchés actions pour réduire la pondération globale des actions, tout en orientant les porte- feuilles en faveur de segments qui de- vraient connaître une plus grande sta- bilité de leurs bénéfices. Par exemple des marchés comme la Suisse ou le secteur des biens de consommation de base aux États-Unis. Aviva Investors estime que certains marchés obliga- taires peuvent également jouer un rôle protecteur pour les portefeuilles alors que la Fed envisage de fixer explicite- ment des taux cibles pour les obliga-
analyse
Locations saisonnières : comment résister à la vague covid
tions ainsi que pour les taux d’intérêt à court terme. Selon le gérant, les obli- gations investment grade [émises par les emprunteurs qui bénéficient d’une note de AAA à BBB- par les agences de notation, selon l’échelle de Standard & Poor’s] apparaissent également attrac- tives. Il rappelle que les banques cen- trales se sont explicitement engagées à apporter leur soutien et ont lancé des programmes qui, bien qu’ils ne soient pas encore pleinement opérationnels, permettraient d’acheter des obliga- tions d’entreprises investment grade. Le soutien monétaire devrait égale- ment atténuer le risque de dégradation de notation, ajoute Aviva Investors, qui pense en particulier à l’inclusion de sociétés dont la notation a récem- ment été dégradée dans le programme d’achat de la Fed. Par conséquent, la société de gestion a relevé son expo- sition aux obligations d’entreprises. Rien de tout cela ne devrait cepen- dant masquer les risques de défaut, prévient Sunil Krishnan. « Même si
nous assistions à une reprise en V, la solvabilité de nombreuses entreprises sera sérieusement mise à l’épreuve, en particulier les plus petites. Et bien que le soutien des États se soit avéré utile et que les banques aient fait preuve d’indulgence à l’égard des retards de remboursement de prêts, ça ne durera pas indéfiniment. Les problèmes de solvabilité qui se posent actuellement seront exposés au grand jour dans les prochains mois. Les investisseurs devraient selon nous faire preuve de prudence », conclut le responsable de la gestion de fonds multiactifs d’Aviva Investors. n
  e domaine de la location im- d’un réseau d’entreprises – Dior, ING, mobilière est affecté par la Hermès, Orange... – qui sont en re- pandémie du coronavirus. cherche constante d’appartements Avec la crise du tourisme et meublés pour leurs salariés en mobili-
la distanciation sociale, les proprié- té. Autre piste à envisager pour booster
 taires qui pratiquent des locations
saisonnières, légalement ou non, se
retrouvent avec une limite critique de
gestion de leur location. Les proprié-
taires, notamment de logements Airb-
nb, ont aujourd’hui trois solutions:
laisser leur logement en location courte durée, au risque de le laisser vacant, le penser en location longue durée ou en- core assurer un mélange des deux. Olivier Maréchal, codiri- geant de Rent your Paris, délivre trois conseils pour « boos- ter » sa location saisonnière même pendant la crise. Premier conseil : ne pas céder à la panique. Pour le prix de la location par exemple, il est très important de prendre le temps d’ob- server les tendances du marché, car la situation se révèle très différente d’une ville à l’autre, observe le professionnel. « À titre d’exemple, les prix ont augmenté par rapport à 2019 dans de nombreuses stations balnéaires en France [source, baromètre Likibu.com, juillet 2020] alors qu’ils ont baissé de 5 % en moyenne à Paris. » Deuxième conseil : étudier toutes les options possibles. Les propriétaires ne sont pas toujours informés de toutes les possibilités existantes pour la location d’un bien en meublé. Par exemple, Rent Your Paris dispose
l’attractivité d’un bien : la décoration, l’aménagement et/ou le home staging. « Dans un contexte de crise, les futurs locataires doivent se projeter dans un “ home sweet home” (même saison- nier!) qui sera convivial et chaleu-
reux », précise Olivier Maréchal. Troisième conseil : prendre des mesures pour rassurer les locataires. Dans le monde de « l’après-covid », le rapport de force a changé : désormais, les vacanciers à la recherche de locations touristiques, même en pleine saison, n’ont que l’embarras du choix. Olivier Maréchal précise : « Les propriétaires de biens meublés de- vront professionnaliser leur approche, tant sur le plan de la communication que de la qualité du service offert. Il s’agit de rassurer les locataires sur les mesures d’hygiène adop- tées : à chaque rotation, prévoir le changement du linge de maison, la désinfection en profondeur de l’appartement... Certains services en plus font toute la différence : le respect des normes covid-19 (formation de la personne affectée au nettoyage, utilisation de la signature électronique, une as- sistance disponible et réactive, la capacité à répondre en an- glais...). » n
   72 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 ecoreseau.fr septembre 2020 | 73
]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité
  ACHAT/VENTE
 spot euro-dollar
L’euro a bondi de près de 12 % entre la mi-mars et la fin août pour se rapprocher du seuil psychologique de 1,2 dollar
  1.191 1.176 1.161 1.146 1.131 1.116 1.101 1.087
27/05 12/06 30/06
16/07 30/07
17/08
        focus     Le chiffre
Les SCPI affichent leur résilience
a question taraudait les professionnels de la gestion de patrimoine depuis l’apparition de la
crise du coronavirus. Comment
les SCPI allaient-elles encaisser l’effondrement de l’économie et
l’émergence du télétravail ? Du
côté des loyers, les analyses se
veulent rassurantes. Le taux de
récupération des loyers atteint
une moyenne de 78 % au deu-
xième trimestre, révèle Pierre
Garin, directeur du pôle immo-
bilier de Linxea. « Ce résultat
est finalement très positif : les
sociétés de gestion avaient en-
visagé des scénarios plus pessimistes face à la crise. L’hôtellerie et le commerce sont les classes d’actifs les plus affectées alors que la santé, la logistique et le résidentiel ont des taux de recouvrement proches de 100 % », ex- plique le professionnel dans Le Monde. L’évo- lution du prix des parts de SCPI était égale- ment une source d’interrogation de la part des épargnants. À ce jour, aucune baisse du prix des parts n’a été identifiée depuis le début de cette crise et aucune société de gestion n’a communiqué sur une éventuelle baisse dans les mois à venir. « La société de gestion Primo- nial a même pris l’initiative de faire expertiser son parc immobilier au 30 juin 2020. Ces ex- pertises n’ont indiqué aucune baisse par rap- port aux expertises du 31 décembre 2019 et
   ont même révélé des valeurs en hausse sur les actifs de santé et résidentiels », ajoute Pierre Garin. Enfin, côté rendements, les données de cet observatoire du second trimestre viennent conforter les analyses rassurantes du pre- mier. Sur les 61 SCPI auditées par Linxea, la diminution des dividendes servis sur ce pre- mier semestre reste contenue avec une baisse moyenne de 11,07 %. Et selon les estimations de l’observatoire des SCPI de Linxea, le taux de rendement prévisionnel moyen en 2020 pour les SCPI serait de 3,98 %, ce qui confirme ses prévisions du trimestre précédent. « Avec un taux de rendement qui pourrait s’établir aux alentours de 4 % en 2020, la SCPI pourrait plus que jamais s’affirmer comme une valeur refuge en temps de crise », conclut Pierre Ga- rin. n
86%
Le pourcentage d’emprunts destinés en France à l’achat d’une résidence principale au premier semestre 2020, un chiffre stable par rapport à 2019, selon La Centrale de financement.
  74 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 ecoreseau.fr septembre 2020 | 75
]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
76 | septembre 2020 ecoreseau.fr
   bons plans
s&p revoit à la hausse
le taux de défaut attendu en europe
L’impact de la covid-19 sur
l’économie européenne se fait sentir semaine après semaine. Peu après la mi-août, Standard & Poor’s
a revu à la hausse
le taux de défaut attendu d’entreprises européennes.
Dans leur scénario de base, les économistes de l’agence de notation s’attendent désormais à un taux
de défaut d’ici à juin 2021 de 8,5 % pour les entreprises européennes dont la note de crédit est classée
en catégorie spéculative, ce qui impliquerait 62 défauts. La prévision précédente, en juin 2020, anticipait untauxdedéfautàunande3,5%.
Le « bull market »
est de retour
L’optimisme semble prévaloir
sur les marchés actions. Selon la dernière enquête publiée par Bank of America, un nombre croissant de gérants de fonds estiment que la progression récente des actions ne constitue pas un simple épisode
de rebond temporaire dans une tendance baissière mais qu’il est bel et bien
le signe d’un marché haussier. Le
« bull market », soit une tendance à la hausse interrompue seulement par de brèves phases de corrections, est de retour selon 46 % des investisseurs interrogées par BofA, contre 40 % le mois précédent.
L’Opep affiche
son pessimisme L’Organisation des pays exportateurs de pétrole a relevé sa prévision de baisse de la demande mondiale d’or noir en raison de
la pandémie de coronavirus. Le cartel prévoit désormais une chute de la demande mondiale de brut
de 9,06 millions de
barils par jour (bpj) alors qu’il tablait le mois dernier
sur un recul de 8,95 millions de bpj. D’après l’Opep, la reprise attendue l’an prochain reste soumise à
de multiples incertitudes, dont une éventuelle seconde vague d’infections, ce qui risque de peser sur les cours.
experts
 Les obligations sécurisées, un actif résistant et prometteur
  Comparées à d’autres secteurs des marchés du crédit, les obligations sécurisées ont bien résisté cette année, une performance qui ne surprend pas Henrik Stille, gestionnaire de portefeuille
chez Nordea AM. « Premièrement, cette crise est très dif- férente de celle que nous avons connue en 2008. Elle a ses racines dans le secteur financier et a eu un impact beau- coup plus important sur les banques – qui sont les émet- teurs d’obligations sécurisées. En outre, la volatilité des obligations sécurisées est inférieure à celle des obligations souveraines ou des entreprises, avec un élargissement des spreads [différence entre le prix de l’offre (bid) et le prix de la demande (ask). Ils constituent, avec les commissions et le swap, un élément de rémunération des brokers] réduit dans l’espace des obligations sécurisées », explique le pro- fessionnel. Pour lui, il fut donc assez clair, dès le début de
la crise de covid-19, que la probabilité de taux de défaut ne changerait pas pour les obligations sécurisées. Cependant, la probabilité de défaut pour de nombreuses autres classes d’actifs a considérablement augmenté en raison du ralentis- sement mondial. Cet écart s’explique par les interventions des banques centrales et notamment de la BCE. « Cette dernière a intensifié ses achats d’obligations sécurisées très tôt dans cette crise et achète désormais environ deux fois plus d’obligations sécurisées qu’au début de l’année. Si la BCE achète également des obligations d’entreprises et sou- veraines, il existe des différences importantes par rapport aux obligations sécurisées. Quel que soit le nombre d’obli- gations d’entreprises achetées par la BCE, la probabilité de défaut est toujours là. Du côté souverain, les émissions sont toujours importantes, ce qui n’est pas le cas des obligations sécurisées où les émissions sont beaucoup plus modérées », précise Henrik Stille. Pour autant, ce marché est en pleine croissance dans presque tous les pays européens, ainsi que dans d’autres dans le monde. Parallèlement à davantage de pays entrants, le gérant voit également de nouveaux émet- teurs rejoindre le marché à partir de juridictions existantes. En plus, la classe d’actifs se développe dans de nouvelles de- vises. « Par exemple, il y a eu beaucoup d’émissions natio- nales d’obligations sécurisées au Royaume-Uni – ainsi que des émissions en dollars américains, australiens et cana- diens. Exploiter les opportunités dans les trois domaines – pays, émetteurs et devises – est la façon dont nous générons de l’alpha sur le marché des obligations sécurisées », assure Henrik Stille. n
Les actions suisses tirent leur épingle du jeu
’économie suisse est réputée pour sa robustesse face aux crises. L’épidémie en a été l’illustration. Les actions suisses ont largement surperformé face aux indices de la zone euro ainsi que face aux
actions globales au premier semestre de l’année. Selon Eleanor Taylor Jolidon, co-head Swiss & Global Equity et Ariane Kesrewani, investment specialist, chez l’Union ban- caire privée (UBP), « la bonne performance boursière des entreprises suisses trouve principalement sa source dans la création de valeur supérieure générée par celles-ci [me- surée par l’écart entre le rendement des capitaux investis (CFROI) et le coût du capital] ». Certes, pour l’année 2020, les bénéfices par actions des entreprises helvétiques sont attendus en baisse de 8 % selon leurs estimations de la fin du mois de juin. Pour autant, ce chiffre devrait être com- pensé par le rebond de 16 % attendu pour l’année 2021. Surtout, la contraction des bénéfices par actions devrait être moins sévère que dans les autres régions du monde cette année, avec un recul de 30 % attendu en zone euro et 20 % aux États-Unis, selon leurs estimations. « Cette diffé- rence s’explique par la capacité d’innovation qui distingue les entreprises suisses, ainsi que par leur excellente gestion, deux moteurs essentiels pour créer de la valeur. Excellente gestion des coûts tout d’abord, car le franc suisse a tou- jours été une devise forte et a régulièrement poussé les entreprises helvétiques à optimiser leur rentabilité pour rester compétitives sur le plan mondial. Excellente gestion
également sur le plan du développement durable : très at- tachées à leur responsabilité sociale et environnementale, les entreprises helvétiques affichent souvent d’excellents profils ESG », détaillent les expertes. Les technologies mé- dicales font partie des domaines d’excellence dans lesquels le pays se distingue particulièrement. Plus de 700 entre- prises suisses sont présentes dans ce domaine d’activité, allant des plus célèbres « large caps » (Novartis, Roche ou Lonza) aux « small & mid caps » spécialisées (Tecan, Vifor Pharma ou Straumann). Sur les marchés, ce secteur a na- turellement été plébiscité au premier semestre, avec l’envo- lée notable de 41 % de Lonza, entreprise mobilisée dans la recherche contre la covid-19. n
           ]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[ SPÉCULONS !     Le chiffre
analyse
 buts en or
3,00 2,80
2,76 2,64 2,50 2,40 2,28 2,16 2,00
           26/02 18/03 20/04
20/05 18/06
17/07 20/08
Le bond de l’action de l’Olympique Lyonnais après ses victoires face à la Juventus en quart de finale et Manchester City en demi-finale de la ligue des champions.
 18
 milliards
de dollars
la perte enregistrée au premier semestre 2020 par le fonds souverain norvégien, le plus important du monde, en raison de l’effondrement de ses positions en actions et dans l’immobilier sous l’effet de la crise du coronavirus.
 La querelle entre gestion passive et active n’est pas terminée
e débat entre gestion passive et active, seconde, qui découle en partie de la première : déjà engagé depuis de nombreuses an- leurs performances sont meilleures. Selon une nées, risque fort d’être ravivé au cours analyse de Morningstar portant sur 4 600 fonds, des prochains mois. Selon les dernières seulement 24 % de tous les fonds actifs – ceux
prévisions, d’ici à 2021, les fonds indiciels de- qui détiennent des actions, des obligations ou
  vraient dépasser les fonds gérés activement aux États-Unis, au grand dam bien sûr des gérants qui voient leur activité se réduire peu à peu. De plus, la multiplication des fonds passifs est ac- cusée ces derniers temps de « perturber » l’évo- lution des indices boursiers. Certains analystes affirment que la chute des indices de mars a été amplifiée par les algorithmes, mais aussi le mou- vement des ETF sur les indices. La dernière se- maine de février, les volumes d’échanges ont été gigantesques, avec un record de 1 400 milliards de dollars d’échangés sur les ETF dans le monde. Pour mémoire, les Exchange Traded Funds (ETF) sont des instruments financiers destinés à répliquer fidèlement les variations d’un indice et/ou d’un secteur, à la hausse comme à la baisse. Ils suscitent l’engouement des investisseurs par- ticuliers et des hedge funds pour deux princi- pales raisons. La première, leurs frais de gestion sont moins élevés que dans la gestion active. La
de l’immobilier – ont surpassé leur concurrent passif moyen sur ces 10 dernières années. Pour autant, tempère John Plassard, spécialiste en investissement chez Mirabaud, « ETF ne signi- fie pas gain automatique : selon Morningstar, la performance annualisée du tracker le mieux classé sur trois ans est de + 29 % et celle du moins bien classé est de – 29 %. Il ne faut donc pas se tromper d’ETF ! » Selon lui, le problème intervient notamment quand les investisseurs achètent et vendent de manière active ces trac- kers en pensant gérer de manière passive leur portefeuille sur le coup de leurs émotions. Les pertes alors s’accumulent. « Enfin, les fervents défenseurs de la gestion passive argueront que les marchés d’actions ont réalisé une performance d’environ 7,5 % à 8,5 % annualisés sur le long terme. Mais quelles garanties avons-nous que ça se reproduise ? », souligne l’expert. En somme, le développement des ETF est une aubaine pour
les investisseurs soucieux de parier sur un in- dice ou sur un secteur sans devoir acheter toute la gamme qui les compose. Cependant, rappelle John Plassard, « il faut faire attention à la liqui- dité, à l’évolution de l’indice, aux montages (il est relativement surprenant de voir parfois des ETF proposés par une filiale de grande banque sur des indices créés par une autre filiale de la même banque) et bien évidemment au risque de contreparties ». n
Baromètre finance & marchés
vie privée
ecoreseau.fr septembre 2020 | 77
]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[  vie privée
culture & co par christophe
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
dvd
La Fille au bracelet,
de stéphane Demoustier Enfin un film français qui se démarque
opéra
Le Messie
de Bob Wilson
L’iconique metteur en scène du théâtre minimaliste et expérimental Robert Wilson s’empare du chef-d’œuvre de Haendel... mais dans sa version en allemand revisitée par Mozart ! Un changement d’univers subtil mais des plus intéressants. Les lumières crues, l’économie de mouvement et les personnages fantasques s’épanouissent autant
que le texte sous la vision plus spirituelle que religieuse
du plasticien américain, qui veut « donner de l’espace à la musique ». Un trio vocal de choc : Elena Tsallagova, Richard Croft et Helena Rasker en tête, pour ce sublime oratorio sous la baguette experte et pétaradante de Marc Minkowski et de ses incomparables Musiciens du Louvre.
Au Théâtre des Champs-Élysées les 16, 18 et 19 septembre (Paris 8e)
  combarieu
 profondément, un thriller social- judiciaire à la mise en scène très sobre, presque documentaire.
Un brillant film de procès : Lise, jeune bachelière a priori sans histoire, porte un bracelet car elle est accusée d’avoir assassiné sa meilleure amie. Les répercussions sur ses proches ont fait voler
en éclat l’unité familiale, mais l’épatante Mélissa Guers reste imperturbable,
froide, calculatrice. Une énigme ! Peut-être l’œuvre récente qui parle le mieux du choc des générations et de l’incompréhension qui en découle bien souvent. À la place des jurés, qu’aurions-nous décidé ? Quand la salle de cinéma se transforme en salle d’audience ! Le Pacte
matthias et maxime,
de Xavier Dolan
Xavier Dolan est enfin de retour devant et derrière la caméra pour son 8e film en dix ans. Deux amis d’enfance doivent s’embrasser pour un court métrage. Sauf que ce baiser anodin bouleverse leur amitié, un doute s’installe
et les choix de vie finissent par s’affronter. La pulsion sexuelle, le désir au sein de l’amitié, voilà ce qui est au cœur du film. Un drame intimiste, d’une grande finesse,
où émerge la révélation Gabriel D’Almeida Freitas. Et évidemment, Anne Dorval, l’actrice fétiche de Dolan, méconnaissable.
Diaphana
Une vie cachée,
de terrence malick
L’Europe commence à tomber aux mains
des nazis mais Franz Jägerstätter, un paysan autrichien au milieu des montagnes, refuse de se battre pour le régime. Reconnu coupable de désobéissance et de trahison, il se réfugie alors dans sa foi et son amour pour sa femme
et ses enfants. Libre dans sa tête, il accepte son destin tragique. Après plusieurs errements ces dernières années, Terrence
Malick signe enfin un grand film, peut-être même un chef-d’œuvre d’humanité et de psychologie. Reparti bredouille à Cannes, il était pourtant l’un des grands favoris. UGC Vidéo
expos
La Force du dessin. Chefs-d’œuvre
de la Collection prat
C’est l’une des plus prestigieuses collections de dessins anciens au monde : le Petit Palais dévoile au public pour la première fois
la quasi-totalité de l’incroyable collection réunie depuis un demi-
musique
L’Orchestre de paris fait sa rentrée !
Après plusieurs mois de repos forcé, les
musiciens de la Philharmonie de Paris re-
prennent le chemin des répétitions et des
concerts, pour notre plus grand bonheur
sensoriel ! Avant de retrouver en novembre
leur nouveau directeur musical, le jeune
Finlandais Klaus Mäkelä, la rentrée s’an-
nonce chargée : citons Katia Buniatishvili
au clavier dans le Premier concerto de Bee-
thoven, le grand chef italien Gianandrea
Noseda dans Mozart et Brahms, mais éga-
lement le Troisième concerto de Rachma-
ninoff, le Sacre du printemps et Roméo et
Juliette dirigés par Tugan Sokhiev, l’archet pur de Gil Shaham dans Saint-Saëns et Gautier Capuçon dans le vibrant concerto d’Elgar. Un vrai festival !
À partir du 9 septembre, à la Philharmonie de Paris (Paris 19e)
the King’s man : première mission, de matthew Vaughn
Après le très beau succès des deux premiers opus avec Taron Egerton et Colin Firth, Matthew Vaughn nous raconte les débuts de cette mystérieuse agence d’espionnage indépendante, constituée uniquement
de dandys, pendant la
Première Guerre mondiale.
Ralph Fiennes et Gemma
Arterton s’organisent
pour contrer les plans
diaboliques de Raspoutine
(un méconnaissable Rhys
Ifans). Comme toujours, beaucoup d’action, du fun et de l’humour !
En salles le 16 septembre
    siècle par Véronique et Louis-Antoine Prat, l’actuel président érudit des Amis du Louvre.
Un panorama de l’art français sur trois siècles, 180 feuilles au plus près de la main des artistes, mêlant tous les grands noms, mais aussi des maîtres injustement oubliés. Simples curieux ou passionnés de dessins, voilà une succession de chefs-d’œuvre sans aucune fausse note !
Au Musée du Petit Palais jusqu’au 4 octobre (Paris 8e)
cinéma
Énorme, de sophie Letourner
Fred veut un bébé, Claire
n’en veut surtout pas : sa
vie de pianiste interna-
tionale l’occupe à temps
plein. Fred est le mari,
l’agent, le garde du corps,
bref, l’homme à tout faire.
Il décide donc de lui faire
un enfant dans le dos...
en trafiquant ses pilules
contraceptives ! Claire se
transforme en baleine et
Frédéric devient un papa
complètement gaga. Une
comédie fantaisiste, un
peu potache, où la com-
plicité de Marina Foïs et Jonathan Cohen est des plus communicatives. Pour une rentrée en toute légèreté. En salles le 2 septembre
     78 |
septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
Déjà le 15e album pour le groupe de rock phare des années 1980. En cette année électorale aux États-Unis, le band a fait le choix de chansons
socialement engagées.
La couverture de l’album
opère d’ailleurs un clin
d’œil à une photographie
de John F. Kennedy prise
en 1962... Unbroken traite
des vétérans souffrant
de troubles de stress post-traumatiques, Lower The Flag des fusillades mortelles qui frappent fréquemment le pays de l’Oncle Sam et Blood In The Water des migrants. Jon Bon Jovi étant un fervent démocrate, l’engagement personnel du charismatique leader n’est pas surprenant.
Limitless ! (Def Beat)
sabine Devieilhe & Alexandre tharaud – Chanson d’Amour
Ils étaient de plus en plus complices ces dernières années : l’éblouissante soprano Sabine Devieilhe, notre grande colorature nationale, est
somptueusement accompagnée par Alexandre Tharaud. Pour cette occasion rare, elle délaisse – pour un temps seulement – le répertoire de l’opéra et nous offre un charmant bouquet
de mélodies françaises. Debussy, Ravel et Poulenc : elle a incarné leurs héroïnes sur scène ! Une association idéale de deux chants riches et diaphanes pour un répertoire qui lui sied à merveille. Et une tournée française qui passera par le Théâtre des Champs-Élysées le 28 septembre.
Erato
Adrien La marca – Heroes
Espoir confirmé de l’alto français – un instrument trop discret, le charismatique Adrien La Marca s’associe à l’Orchestre Philharmonique Royal de
Liège pour son deuxième
album. Trois pièces quasi cinématographiques,
où l’archet devient le
héros de l’histoire. Trois
histoires, trois périodes,
trois ambiances : le
destin tragique et passionné des amoureux Roméo et Juliette avec la célèbre musique
de ballet de Prokofiev, le lyrisme anglais
de l’entre-deux-guerres dans le concerto
de Walton et l’écriture cinématographique contemporaine du Belge Gwenaël Mario Grisi. Un projet original pour une éclatante aventure musicale.
La Dolce Volta
culture & co
cd
bon Jovi – 2020
   théâtre
 Richard Berry
madame pylinska
et le secret de Chopin
Éric-Emmanuel Schmitt plonge dans
ses souvenirs d’enfance et redonne vie à Mme Pylinska, son ancienne
professeure de piano aux
méthodes excentriques. Se
coucher sous l’instrument,
faire des ronds dans
l’eau ou encore écouter
le silence... À sa grande
surprise, le jeune Éric
apprend plus encore que la
musique : il découvre la vie.
Accompagné du pianiste
Nicolas Stavy, Schmitt donne vie à une fable pleine de tendresse comme il en a le secret où l’impressionnant Chopin devient un guide spirituel. Un très beau moment théâtral et musical.
Théâtre Rive Gauche du 3 septembre au
4 octobre (Paris 14e)
 reprend ses
Plaidoiries
On oublierait presque que Richard
Berry fut à ses débuts pensionnaire de
la Comédie Française pendant sept
ans, passionné de grands textes et de
jeu d’échecs. Dans ce seul-en-scène
coup de poing avec lequel il triomphe
depuis deux ans, il nous délivre cinq
plaidoiries de ténors du barreau, cinq
affaires judiciaires qui ont indéniablement marqué la société française. De l’interminable procès de Maurice Papon aux effroyables infanticides de Véronique Courjault, en passant par l’avortement ou la peine de mort, l’acteur transcende ces grands moments de vérité. L’occasion de redécouvrir le réqui- sitoire historique de Gisèle Halimi, qui nous a quittés cet été. Un spectacle où chacun va remettre en cause ses propres juge- ments, ses propres certitudes. Éblouissant.
Théâtre Libre, ex-Comédia, à partir du 24 septembre (Paris 10e)
  ecoreseau.fr septembre 2020
| 79
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Peugeot e-2008 : un SUV électrisant
Le nouveau SUV de Peugeot innove avec une motorisation entièrement électrique. Carton plein côté mécanique, confort et équipement mais carton rouge pour l’autonomie riquiqui.
 fiche technique
modèle essayé
 peugeot e-2008 Allure
 tarif
 Àpartirde39150€
 tarifs gamme essence
 De21950€à33350€
 tarifs gamme diesel
 De23550€à28150€
  Est-ce le bon choix ? On nous l’a dit et répété, après le coronavirus rien ne sera plus comme
avant et la voiture électrique qui peinait jusque-là à prendre la route sera désormais le nec plus ultra. De fait, les ventes de véhi-
cules électriques se sont envolées en juin 2020 dans l’hexagone avec près de 14 000 immatricu- lations. En juillet, l’effet covid (et prime à la casse) est un peu re- tombé : 9 967 voitures électriques ont été immatriculées selon le Comité des constructeurs fran- çais d’automobiles, soit un ni- veau comparable à l’avant confi- nement, l’électrique représentant alors seulement 5,5 % des ventes de véhicules particuliers neufs. Pour l’heure, c’est Renault, tou- jours, et sa Zoé qui font la course en tête. Si globalement, depuis le début d’année, les ventes de voi- tures neuves se sont effondrées à cause du confinement (- 33,2 % sur les sept premiers mois com- parés à 2019) ce sont les véhi- cules thermiques qui ont le plus souffert, quand les électriques, hybrides rechargeables et non rechargeables enregistraient tous des hausses significatives de leurs ventes. Les voitures électri- fiées ont représenté ainsi 17,98 % des nouvelles immatriculations en France entre janvier et juil- let 2020, quand leur part de mar- ché sur la même période en 2019 était de seulement 6,92 %. Les voitures électriques à elles seules ont comptabilisé au total 54 955 ventes sur la période, soit 6,14 % de la totalité des immatricula- tions : + 128,2 % par rapport à l’année dernière.
Le premier SUVélectriqueduLion Peugeot espère donc bien profi- ter à plein du phénomène avec son nouveau e-2008, le premier SUV électrique jamais produit par le Lion. Bénéficiant des très grandes qualités du 2008 thermique, tant mécaniques qu’esthétiques, la version élec- trifiée possède quelques spécifi- cités techniques : châssis repensé pour supporter le poids des bat- teries (l’e-2008 accuse plus de 300 kg de dépassement sur la ba- lance vis-à-vis d’un modèle ther- mique). Train arrière propre, suspensions améliorées. Pour le reste, elle hérite de la génétique Peugeot qui lui confère une te- nue de route et un agrément de conduite sans reproches. Point positif, le coffre de ce SUV à bat- teriesestlemêmequesurlesver- sionsthermiques.Pointnégatif, l’autonomie du SUV est plus que riquiqui : 150 kilomètres à tout casser sur parcours routier, 200 à 220 kilomètres tout au plus en ville. Pas de quoi pavoiser ni par- tir en vacances quand on connaît l’indigence actuelle du réseau national de rechargement. Sans parler du surcoût à l’achat du e-2008 d’environ 10 000 euros sur un modèle classique.
essais autos
Volvo joue la carte de l’hybridation avec classe
 fiche technique
modèle essayé
 Volvo XC40 t5 twin engine DCt 7 Inscription Luxe
 tarif
 Àpartirde59670€
 tarifs gamme essence
 De29950€à59670€
 tarifs gamme diesel
 De37050€à54350€
  Le sUV XC40 et la berline s60 polestar boxent bien différentes avec un égal talent.
Volvo fait le pari de l’hybride rechargeable sur une très large partie de sa gamme (XC90, XC60, XC40, S60, V60) avec pour ambition d’échapper comme d’autres constructeurs aux fourches caudines de l’Europe en matière de rejets de CO2. Le
« petit » SUV XC40 préfigure ainsi le modèle tout électrique attendu pour cet automne. Doté d’un nouveau moteur thermique essence 3 cylindres T5 de 180 chevaux
il offre, grâce à son moteur électrique complémentaire, une puissance cumulée de 262 chevaux, avec une autonomie en tout électrique d’environ 45 kilomètres (rechargeable en 3 heures sur une prise standard ou assez rapidement en forçant la recharge en roulant). Le confort et l’équipement sont bien évidemment à
la hauteur des exigences de la marque premium. Seul défaut, un freinage insuffisant en début de course comme la plupart des véhicules hybrides qui utilisent la fonction freinage pour recharger leurs accus.
80 | septembre 2020 ecoreseau.fr
dans des catégories
bête de course
C’est le cas également sur la S60 Polestar hybride rechargeable et là
c’est plus embêtant car la cavalerie dépasse les 400 chevaux. Ce
modèle sportif, dérivé de la nouvelle berline S60, cible la concurrence germanique en utilisant l’hybridation
pour augmenter sa puissance à la
façon des Infiniti Q50 (la marque premium de Nissan qui n’est désormais plus vendue en France). Son gros moteur essence 4 cylindres T8 de 318 ch gagne ainsi 87 ch électriques pour atteindre 405
ch, de quoi voir s’envoler assez rapidement son permis. Là aussi les fondamentaux de la marque sont en tout point respectés avec une esthétique magnifique et des tarifs prohibitifs qui atteignent les 80 000 euros. Pour ce prix, ultime élégance, les ceintures de sécurité sont du même jaune que les étriers de frein. Grande classe !
 fiche technique
modèle essayé
 Volvo s60 t8 twin engine Geartronic 8 polestar engineered
 tarif
 Àpartirde69100€
 tarifs gamme essence
 De59900€à65000€
  ]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[Le régime cétogène : utile, mais...
 Les magazines féminins se font une indigestion du régime cétogène que les Anglo-Américains
nomment « keto diet ». Ce régime « brûleur de graisse » est censé vous faire perdre tout surpoids, réguler le diabète, voire repous- ser l’invasion carcinogène. Le Dr Boris Hansel, maître de confé- rences des universités, praticien hospitalier, met un peu de science dans toutes ces promesses.
• Forcer le corps à consommer ses graisses, vraiment ?
Le principe de ce régime est de provoquer la production de corps cétoniques, des molécules fabriquées à partir des graisses après l’épuisement des réserves en sucre de l’organisme. L’orga-
des glucides, méthode testée par le chercheur Russell Morse Wil- der. C’est le principe même du régime dit cétogène.
• Le régime cétogène,
mode d’emploi
L’idée est de réduire drasti- quement les aliments riches en sucres, les féculents (pâtes, riz, pomme de terre...), les légumi- neuses (lentilles, pois chiches), les fruits et avant tout les sucreries. Sans éviter les graisses – crème, beurre, huiles diverses et mayon- naise. De quoi épuiser rapide- ment les stocks de glucose pour forcer l’organisme à trouver dans les graisses une source d’éner- gie. Du coup, on consommera « normalement » les protéines,
Le régime cétogène n’est efficace... qu’en raison de son effet sur l’appétit ! Moins manger, c’est réduire de beaucoup les apports caloriques.
vie privée
Mais est-ce que « ça marche » ?
• Un régime efficace
contre plusieurs affections
Sur l’épilepsie et ses formes sé- vères, oui, principalement chez l’enfant, moins chez l’adulte. Côté diabète, on assiste à une amélioration du contrôle de la glycémie (taux de glucose dans le sang). Mais pas à sa guérison, ne croyez pas les pubs menson- gères. Et le poids? Le régime cétogène n’est efficace... qu’en raison de son effet sur l’appétit ! Moins manger, c’est réduire de beaucoup les apports caloriques. Même si l’on consomme, mais moins, les produits dits gras. Mais attention: cette perte de poids ne durera que tant que les apports seront limités. Keto, oui, mais alors à vie. Quant au cancer, aucun bénéfice à espé- rer. Personne n’a jamais démon- tré que la suppression du sucre éradique les cellules cancéreuses chez l’être humain. Le rapport scientifique du réseau National Alimentation Cancer Research (Nacre) conclut à l’absence to- tale de preuve de l’efficacité d’un régime pauvre en glucides sur le cancer. Pire, un régime cétogène chez une personne atteinte de cancer risquerait de provoquer une dénutrition, incompatible avec les chimiothérapies. Mora- lité : tout ce qui contribue à ré- duire la quantité de ce que l’on mange agira sur le poids. Volonté comprise...
Om AVeC tHe CONVersAtION FrANCe
santé
    POUR VOTRE BIEN...
Des éthylotests à côté du whisky
C’est la loi qui l’impose depuis le 26 juin (loi d’orientation des mobilités) à tous les débits de boissons à emporter
en France (épiceries, grandes surfaces et ventes à distances) : des éthylotests à vendre à proximité
de leurs rayons d’alcool. Drivecase, société française, propose des tests sans ballons, écologiques, quoique chimiques, made in France. On souffle, on attend 2’30, on connaît son taux.
ménage essentiel
Young Living Essential Oils (marque Thieves) a le défaut d’être américain, ce qui ne l’empêche de soutenir
les agriculteurs français depuis plus de trente ans. Sa gamme
de produits ménagers bannit les produits chimiques agressifs pour les remplacer par des formules
à base de plantes et de minéraux d’origine naturelle. Les avantages
des huiles essentielles formulées ménage. Mais diable, pourquoi baptiser la gamme Thieves (littéralement «Voleurs»!)?Ony trouve un nettoyant
ménager sans fluorure, SLS, parabènes, phtalates, huile minérale, parfums ou couleurs synthétiques, colorants, arômes, conservateurs
ou ingrédients toxiques et sans
test sur les animaux. Idem pour un liquide vaisselle à base de plantes
et d’huiles essentielles pures, une lessive, un savon pour les mains, du gel hydroalcoolique, un dentifrice blanchissant et une huile essentielle.
Il va falloir s’occuper du moral des troupes...
À côté des masques et du gel,
une entreprise pourrait offrir du
« wellbeing », du prendre soin de
soi, à ses salarié.es au nom des trois besoins : santé sociale, santé mentale
et santé physique. Et pour cause, un sondage OpinionWay montre que 44 % des salariés vivraient une détresse psychologique, 18 % seraient en
détresse élevée, comme 20 % des managers. Or 22 % des entreprises n’ont rien mis en place pour accompagner leurs salariés. CYD
– conqueryourday –, propose une offre 100 % numérique d’accompagnement des entreprises dans le pilotage et
la gestion de projets, qui aide leurs équipes à se sentir bien dans leur corps, leur esprit et leurs émotions. Joli programme : chaque collaborateur. trice reçoit des kits de contenu bien-être, réalisés sur-mesure, pour
« apprendre comment prendre soin de soi, continuer à être organisé, bouger, méditer et créer du lien social directement en télétravail » sous forme de podcasts audio (méditation, témoignage, conseils), de vidéos
(rituels, sessions sportives, tutos), de live (cours de sport ou webinar) et d’illustrations (fiches recette, tips).
télétravail et fatigue visuelle, danger
Vizygood, un coach personnel qui diminue la fatigue visuelle due aux écrans et accompagne les services RH, Santé, QVT pour préserver la santé visuelle des collaborateurs face à l’exposition des écrans. Une app Web et smartphone apprend aux utilisateurs
à créer une ergonomie parfaite pour travailler dans des conditions optimales, à
adopter de bons réflexes pour être efficace et à pratiquer des exercices pour améliorer la santé visuelle. Créée par Nathalie Willart, orthoptiste diplômée, Coach for Eyes propose d’aider les employeurs français à découvrir Vizygood dans le cadre de leurs politiques de qualité de vie au télétravail.
nisme va puiser dans les graisses pour produire des corps céto- niques, fournisseurs d’énergie. C’est la « lipolyse ». Diminuer la masse graisseuse, c’est bien mai- grir. Mais comment « épuiser » le sucre ? Par le jeûne, par exemple. Mais une pratique difficile à tenir, dangereuse si elle se prolonge. L’autre « technique » : exclure de son alimentation la quasi-totalité
en quantités modérées – œufs, fromages, poissons, viandes.
Les légumes, en fonction des sucres qu’ils contiennent, seront inclus dans la ration totale de glucides autorisée (environ 5 % des apports énergétiques, soit un maximum de 50 grammes par jour). Les haricots verts, par exemple, apportent 5 grammes de glucides pour 100 grammes.
    ecoreseau.fr septembre 2020 | 81
]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
horlogerie & joaillerie
Marq Golfer : l’indispensable Garmin®
En plus d’un design haut-de-gamme qui sublime le poignet tel un bijou, cette nouvelle venue de la Collection Marq offre le meilleur des technologies Garmin pour les passionnés de golf. À la fois intuitive et simple d’utilisation, la Marq
Golfer propose une multitude de fonctionnalités intégrées directement dans la montre pour ne
plus avoir à se soucier de son téléphone lors d’une partie de golf. La fonction Virtual Caddie
analyse les statistiques du joueur et lui apporte les conseils nécessaires pour améliorer sa performance en temps réel.
1850€. www.garmin.com
Jazzmaster Skeleton
Dans un monde où les technologies se développent à une vitesse vertigineuse
et où nous vivons à un rythme effréné,
la montre Hamilton Jazzmaster Skeleton
promet une expérience différente. Avec son mécanisme interne apparent, elle vous propose de faire une pause et prendre le temps d’apprécier toute l’ingéniosité de l’horlogerie traditionnelle. 1095€. www.hamiltonwatch.com
mode & accessoires
Himalayan made, entre Lyon et Katmandou
Himalayan Made, ce sont de magnifiques sacs, créatifs et durables en chanvre. Et aussi une philosophie d’entreprise prônant des valeurs fortes telle l’éthique qui ne devrait pas être une exception mais une
norme. L’industrie textile est aujourd’hui la deuxième industrie la plus polluante sur terre. Le retour au chanvre, fibre naturelle la plus écologique au monde, est devenu essentiel. « La mode éthique doit être une conscience et non une tendance ». Écoutez l’aventure entreprenariale de Joséphine et Lucas, qui vivent
chaque jour avec passion. Adopter un sac Himalayan Made, c’est un voyage au Népal au quotidien. https://himalayan-made.fr
Duo Gold, pédiconfort
À plat ou en talons, cet été on craque pour les sandales Pédiconfort en version dorée. Dotées d’aérosemelles (semelle montée sur mousse amortissant et absorbant les chocs de la marche), elles sont idéales pour se balader toute la journée ou danser toute la nuit ! Sandales en cuir plates dès 59,99 €, sandales en cuir à talonsdès79,99€ Enventesurwww.daxon.fr
  meistersinger, Neo pointer Date
La marque horlogère allemande MeisterSinger, spécialiste des montres à mono-aiguille, introduit, dans sa collection Neo, un nouveau modèle baptisé Neo Pointer Date. Restant fidèle au design des fifties, ce garde-temps se singularise de la pièce d’origine par une présentation différente de la date. A l’identique de son apparition
dans les premières montres bracelet, celle-ci est indiquée par une aiguille. Neo Plus Pointer Date (40 mm) 1390€ www.meistersinger.com
« Urban safari » de seiko
Quatre nouvelles créations déclinées sur le thème « Urban Safari » viennent enrichir la Seiko Prospex Street Series. Cette collection, lancée en 2018, hérite des codes du design de la montre de plongée professionnelle développée en 1975 et surnommée « Tuna » par les fans d’horlogerie. Ces montres adoptent un look
moderne et ludique qui mixe l’ambiance urbaine de Tokyo avec les couleurs safari. Entre 530€ et 580€ www.seikowatches.com
Pétrone, haut
de gamme et
accessible
Ces sous-vêtements
masculins beaux et
confortables, résistants
et efficaces font
vraiment la différence
par rapport à ce que les hommes ont l’habitude de porter. Le tout à un prix accessible grâce à un modèle de distribution sans intermédiaire. https://petroneparis.fr
bonpied, Chaussettes bienveillantes
Pour chaque paire de chaussettes achetée, une paire est offerte aux sans-abris. Bonpied s’engage également pour la planète en lançant une nouvelle gamme de chaussettes écologiques fabriquées à partir de fils issus du recyclage de coton et de bouteilles en plastique. www.bonpied.eu
        82 |
septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                  Le plaisir du café –
fraîchement moulu, pas en capsule.
 Roger Federer
Plus grand champion de tennis de tous les temps
 La nouvelle Z6 fascine même les esthètes et les gourmets les plus exigeants, tels que Roger Federer. La façade et la partie supérieure en Diamond Black viennent souligner son design sculptural. Équipée des technologies les plus modernes, comme le Professional Aroma Grinder, P.E.P.® ou la technologie mousse fine, la Z6 per- met de préparer à la perfection 22 spécialités au café, du ristretto aux spécialités lungo Barista, parfaitement digestes. L’intelligence artificielle personnalise le visuel automatiquement selon vos préférences. Le Smart Connect rend même la commande par smartphone possible et l’I.W.S.® reconnaît automatiquement le filtre à eau. JURA – If you love coffee. www.jura.com
]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
bien-être
Marlay, véritable soin « peau neuve »
Marlay est un soin alternatif et bio à la chélidoine. Cette marque française propose une véritable lotion magique qui a été primée au concours Lépine 1990. Ce coffret de soin « peau neuve » est composé d’une lotion Marlay à la Chélidoine 250 ml, d’une crème réparatrice 100 ml, de coton naturel tout doux et d’une lime Marlay. 44,80€ www.marlaycosmetics.com
Canopia, coffret silhouette
Composée de trois infusions et un thé Premium bio, ce coffret vous aide à affiner votre silhouette. Une sensation de légèreté vous accompagne : Infusion
« Perte de poids », Infusion « Rétention d’eau », Infusion « Cellulite » et Thé « Mélange de Baies ». De quoi repartir sur de bonnes bases en septembre !
essentiel soin du cuir chevelu
Confortablement allongée sur la table de massage, votre protocole débute par un massage des mains et des avant-bras qui active les points d’acupuncture liés à la tête, la nuque et le visage. Le massage crânien lutte contre la fatigue, réduit le stress, combat les insomnies, rééquilibre les énergies et améliore la digestion. 1h, 70€ https://lanqi-spa.com
Le trésor de l’apicultrice
Cette préparation délicieuse composée de miel, de la fameuse gelée royale, d’extrait de propolis, de papaye, d’acérola et de ginseng est bénéfique pour les défenses de l’organisme, est anti-oxydante et favorise les performances intellectuelles. L’acérola, riche en vitamine C, contribue à réduire la fatigue et protège les cellules contre le stress oxydatif. Une ou deux cuillères à café par jour, chaque jour. 2 pots de 125 gr, à partir de 30€ www.secretsdemiel.com
     https://canopia-nature.com
gastronomie
 Été indien
chez Eugène Eugène
Les deux terrasses de la brasserie chic Eugène Eugène
font leur grand retour pour célébrer l’été confortablement installé entre sauge, romarin et laurier. Tel un grand jardin, à deux pas de Paris, elles sont le spot rêvé pour se prélasser au soleil autour des nouveautés fraîches et colorées, pensées par le Chef Jérémy Mathieu. À la carte : burrata, confiture de tomate, tomates anciennes et pistou ; Salade de bœuf, sauce chien, chou et cacahuètes, cocotte de poulet fermier façon tajine, citron confit, olives ravioles à la ricotta, vierge d’antipasti et parmesan, chou au citron et à la noisette, tarte fraise-basilic... Lieu sublime, carte délicieuse, belle ambiance, un trio gagnant ! www.eugene-eugene.fr
macarons safran « Fleur de soleil »
La maison s’engage pour le
Slow Flower avec une très belle collaboration autour du Crocus de Safran, le safran bio, des quatre soeurs de la famille du Bessay, qu’elles cultivent sur les toits de Paris. Subtilement amer, délicatement parfumé, le safran explore de nouveaux équilibres sucrés. Un exotisme parisien, un jardin doré au soleil d’été. Coffret de 14 macarons, 34€ www.laduree.fr
La box bio, 100 % made in provence
Soucieuse de l’environnement, et
dans une démarche de consommation locale et de circuits courts, Maison Brémond 1830 propose une box composée de produits bio et issus de producteurs provençaux : 1 huile d’olive extra vierge bio, 1 vinaigre balsamique bio, 1 ketchup
aux herbes de provence bio,1 sachet de navettes de provence bio, 1 pâte à tartiner bio noisettes, cacao & noix de coco. 44,90€ www.mb-1830.com
     Douce Detox, desserts sans lactose ni gluten
Douce Detox met exclusivement en valeur des aliments bruts, naturels et ancestraux sélectionnés pour leurs saveurs à nulles autres pareilles, ainsi que pour leurs propriétés nutritionnelles hors du commun. Un recueil complet de recettes toutes catégories à consommer sans culpabilité, du fait qu’elles constituent toutes de véritables pépites énergétiques, nourricières et transformatrices. Des recettes faciles en préparation, allant du simple cookie à la pièce montée des grands soirs. 29,5€ www.martinefallon.com
84 | septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[vins à déguster (avec modération)
Carius blanc 2018
Côtes du rhône - Cru Cairanne blanc (Les Grandes serres)
Le vignoble de Cairanne est situé dans le Haut Vaucluse, non loin de Plan de Dieu et Gigondas. Il jouit d’un climat méditerranéen avec un ensoleillement exceptionnel.
Cette cuvée (Grenache blanc, Roussanne, Marsanne, Viognier) est issue des argiles de la montagne et des garrigues et affiche un nez joliment fruité (abricot, agrumes) avec de petites touches de fleurs blanches. La bouche est ronde et équilibrée, avec une belle finesse aromatique et une minéralité toutenfraicheur.8€-(0490658655)
minuty m blanc
Dans la lignée des vins blancs du domaine : sa robe dorée dévoile une belle minéralité.
Ses notes acidulées de citron vert et de pamplemousse laissent une agréable fraîcheur et une bonne longueur en bouche, souple et soyeuse, vivifiée par des arômes persistants de fruits à chair blanche.
14,50€ https ://boutique.minuty.com
Blanc de Côme 2018
Seul domaine de Saint-Estèphe à avoir obtenu la certification Agriculture Biologique, Blanc de Côme offre un parfait équilibre entre fraîcheur et finesse. Son nez délicat et floral est ponctué par de douces notes de pêches jaunes, pomme, abricot et coing, qui se retrouvent en bouche. Cette dernière fraîche et soyeuse présente un parfait équilibre entre acidité, tension et une subtile touche boisée.
32€ www.chateaudecome.com
Domaine J. Denuzière, syrah 2018 – IGp Collines rhodanienne
Ce 100 % Syrah à la robe rouge intense aux reflets rubis possède un nez frais et expressif sur des
notes légères d’épices, de fruits rouges mûrs et de cacao. Ses notes se retrouvent en bouche au caractère souple et gourmand, tout en finesse.
Un vin de partage et de gourmandise, à déguster avec des grillades de viande ou de poisson, des fromages frais ou un fondant au chocolat.
5,60€ – en vente au domaine (04 74 59 50 33) et chez les cavistes
saint-Joseph « La source »
Une petite partie de
ce 100 % Marsanne
est vinifiée en fûts de
chêne, l’autre partie
en cuve. Les deux vins
sont assemblés avant
la mise en bouteilles,
au printemps suivant
la récolte. La robe est
jaune pâle avec des reflets verts. Le nez estminéral,laboucheestronde,lafinale florale et miellée. 17€ www.ferraton.fr
rimapere sauvignon blanc 2019
Ce vin de référence porte le nom de Rimapere. Il signifie « cinq flèches » en langue Maorie et rend un double hommage à l’emblème familial
des Rothschild (les cinq flèches évoquant les cinq fils du fondateur de la dynastie Mayer Amschel Rothschild, partis à la conquête du monde) et à la culture traditionnelle néo-zélandaise. Une texture élégante, riche en gras en bouche, avec une ligne acidulée mûre. Jus de citron vert, citron, pamplemousse, quelques belles notes aromatiques du fruit de la passion et une sensation croustillante de zinc en finale.
18€ https ://epicerie.edmondderothschildheritage.com
le coup de cœur
par Alain marty
Président et fondateur du Wine & Business Club et animateur de In Vino Sud Radio
Le Rosé par Paul Mas
l’art du temps
vie privée
     E
du Languedoc-Roussillon re- posent paisiblement sur une palette de sols et de climats qui autorise toutes les au- daces. Aujourd’hui, nous allons découvrir les Do- maines Paul Mas.
Créés en 2000 à partir
d’un vignoble familial
de 35 ha hérités de son
père, Jean-Claude Mas
– insatiable homme de
défis et d’innovations
– reste convaincu que
les grands terroirs du Languedoc-Roussillon
sont capables de pro-
duire des grands crus.
Son challenge est de réinven-
ter les traditions viticoles afin d’exprimer la quintessence de ce terroir énigmatique.
Mon coup de cœur est Le Rosé par Paul Mas ! Les Domaines Paul Mas ont imagi- né un rosé innovant sur un thème estival et printanier. Un habillage de soirée dans sa magnifique robe longue à l’assemblage inédit pour des saveurs délicatement sédui- santes.
Ce vin est composé de Grenache Gris, Gre- nache Noir, Pinot Gris, Caladoc et Cinsault. Assemblage atypique et détonnant pour ce rosé aux arôme floraux et de fruits à noyaux tels que la pêche à l’arbre.
À servir entre 10 et 12° et peut se garder deux ans. Le vin de l’été par excellence : ju- teux, souple, délicat et subtilement acidulé avec une belle sapidité.
Superbe à l’apéritif, il sera le compagnon idéal d’une terrine de saumon, d’une salade de courgettes aux herbes, pignons de pin et baies roses, d’un jambon juste tranché sur l’os, ou encore de petits farcis à la languedo- cienne. n
ntre paysages su- blimés par des sites naturels uniques au
 Tannat sans soufre 2019 – IGP Côtes de
Gascogne
Ce vin gourmand de chez Lionel Osmin & Cie nous
propose des arômes explosifs au nez, une robe rouge rubis intense pour une bouche généreuse et très ronde. Ce 100 % tannat accompagnera à merveille de nombreux plats dont des incontournables du sud- ouest comme le magret
et le cassoulet, ou encore des côtelettes d’agneau ou des daubes de
viande. 9,90€ www.osmin.fr
monde, les vignobles
     ecoreseau.fr septembre 2020
| 85
]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
  Château de Nages, Cuvée Jt 2016
Cette cuvée inspirée des crus septentrionaux, rassemble les meilleures parcelles de Syrah
relevées par une pointe de Mourvèdre. Le nez est un bouquet
complexe de baies noires aux accents de violette, de poivre et de notes fumées. En bouche,
un beau volume en attaque avec des tannins soyeux. La finale s’étire sur les épices, des notes minérales et une vivacité
persistante.
18,90€ www.chateaudenages.com
terre
de Chailloux 2016
Ce rouge racé et structuré a un nez intense, sur des
notes de fruits noirs (mûres, myrtilles), de cerise à
l’eau de vie et de kirsch.
L’attaque est franche et ronde, la structure est élégante, sur des notes d’épices, de réglisse, de poivre noir et un boisé toasté. Une belle finale persistante. 22,90€ www.chateaudesancerre.fr
du côté des bulles...
Champagne Collet rosé Dry Collection privée
bulbille, Domaine richaud Côtes du rhône 2019
Bulbille – la jeune pousse en botanique – est né de l’envie de Claire Richaud d’élaborer une cuvée où le cépage Counoise tient une belle place afin
d’élaborer un vin friand aux degrés moins élevés. Les raisins de ce cépage noir sont récoltés à
maturité précoce afin de conserver acidité et fraîcheur. Il offre, au nez comme en bouche, une dominante d’arômes de fruits rouges croquants et acidulés (fraise, framboise). Gouleyant, la finale est dominée par de légers amers qui apporte au vin un bel équilibre. 8€ environ au caveau (04 90 30 85 25) et sur
 www.petitescaves.com
Château de sales 2017
D’assemblage 78,5 % Merlot, 12,5 % Cabernet Sauvignon, 9 % Cabernet
Franc, sa robe est rouge grenat, d’un bel éclat. Le nez, complexe et précis,
est marqué par des notes de fruits noirs, d’épices et de vanille. La prise en bouche est fraîche et nette. Le milieu de bouche, caractérisé par un beau charnu, dévoile des arômes de fruits mûrs, des notes boisées bien intégrées, et des tanins fins
et soyeux. La finale est longue et élégante.
31€ www.chateau-de-sales.com
Éole rouge 2019 - AOp Coteaux
d’Aix en provence
Les cépages (45 % Grenache, 45 % Syrah, 10 % Carignan) sont issus de vignes plantées en altitude dans un
petit vallon des Alpilles. La vendange est manuelle et totalement éraflée. Légèrement foulés, les raisins
sont vinifiés entre 28 et 30° avec deux remontages journaliers pendant les 12 jours que dure la macération. L’élevage en cuve ciment est d’environ deux ans et une légère filtration est réalisée avant sa mise en bouteille. Ce vin certifié AB présente
un nez intense de fruits noirs, de fèves de cacao et de senteurs de garrigue légèrement épicées. Son attaque est franche avec une trame tannique qui souligne une bouche lumineuse aux accents de baie rouge. Belle finale sur la cerise noire légèrement épicée et fraîche. Vin gourmand et typiquement provençal. 14,50€ www.domainedeole.com
Champagne Colin - rosé brut 1er Cru
Ce vin (15 % Pinot Noir vinifié en rouge & 85 % Chardonnay), issu de la Côte des Blancs, est un véritable Champagne de cœur avec une teinte évoquat un monde de tendresse, de douceur et de romantisme. D’une robe rose saumon aux reflets argentés, le bouquet est une généreuse meringue truffée de cerises et de framboises délicatement embrassée
sur un lit de pétales de roses.
Agréable à l’apéritif, il se mariera également avec
des mets subtils et légers à base de saumon, de Saint-Jacques ou encore avec des desserts aux
fruits rouges, tarte aux fraises, framboisier. 27,50€ www.champagne-colin.com
Domaine Voarick
Crémant aoc bourgogne brut
Élaboré selon la méthode traditionnelle, cet assemblage (85 % de pinot noir et 15 % de chardonnay) propose une robe or pâle
aux reflets citronnés, des bulles très fines avec un nez riche et complexe de tarte au citron meringuée et de fruits blancs qui
évolue vers des arômes d’acacia et de miel. Sa bouche fraîche et équilibrée offre des notes d’agrumes confits et de pain grillé.
À servir à l’apéritif avec de la charcuterie.
   Cuvée plébiscitée par les pâtissiers qui l’accordent avec leurs créations sucrées, ce rosé charme par sa douceur et sa délicatesse. Issue de
20 crus, cette cuvée est composée de 50 % de Pinot Noir pour la structure, 40 % de Chardonnay lui conférant élégance et finesse et
10 % de Meunier pour harmoniser l’ensemble. Vendu au tarif de 38€ en bouteille et 48€ en coffret So Collet chez les cavistes. www.avenuedesvins.fr / www.champagne-collet.com
beerens, blanc de Noirs
La bouche, d’une belle amplitude, nous livre une effervescence crémeuse rappelant le pain d’épices
associé au pain grillé. La finale, légèrement épicée, nous laisse la sensation d’une jolie cuvée tout en harmonie. Ce Blanc de Noirs reflète à merveille le terroir de la Côte des Bar.
25€ www.champagnebeerens.com/fr/
Les Gravières AOC Chinon
Ce 100 % Cabernet Franc a
une robe rubis, un nez frais et agréable avec une dominante de petits fruits rouges. Une bouche fruitée et souple,
avec de jolis tannins. Un vin charmeur qui accompagnera parfaitement des accras de morue, un dos de cabillaud aux épices, des lasagnes maison, une assiette de charcuterie ou encore un chèvre de Touraine. 9,55€ www.coulydutheil-chinon.com
     86 |
septembre 2020 ecoreseau.fr
13€ www.famillepicard.fr
]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[par mathieu wilhelm
Journaliste/Interviewer BFM Paris Éditorialiste médias
talent étaient devenues ubuesques. Écono- mies ! Le maillon fort de la Une, Laurence Boccolini, devient le sésame de l’audience, et relance Mot de passe sur France 2, en remplaçant Patrick Sabatier qui, lui, n’au- ra pas réussi sa druckérisation... Recon- naissons que l’ancien chéri des ménagères au sourire ultrabright n’inspire plus vrai- ment confiance aux patrons de chaînes. Les traversées de désert dans ce milieu s’achèvent tantôt par une oasis luxuriante, tantôt par un éclair de feu dans la vallée de la mort... Alors on s’en remet aux histo- riques et on ressort des tiroirs les concepts qui ont fait les grandes heures des soirées enflammées ! Si, pendant 14 ans, Laurent Ruquier n’a pas voulu se coucher, il a bel et bien éteint la lampe de chevet de son talk du samedi soir. Mais pour revenir, selon lui, en force... Et sans faiblesse, entendez ici sa productrice de toujours, Catherine Barma. Il change de formule et nous sert sur un plateau On est en direct sur France 2 qui, comme son nom l’indique sera... en direct ! Serait-ce enfin le retour du bon vieux talk show à la sauce Polac ? Où les cendriers volaient d’un bout à l’autre de la table ? Où l’on parlait à cœur ouvert ? Où chacun avait son droit de réponse ? Sans doute aidé par ce qui semblait être de l’eau mais qui, évidemment, n’en était pas. Il y a donc du progrès dans le rétropédalage ! Les producteurs ré-osent enfin mouiller
s’empare d’un canal pour lui tout seul ! Les vingt plus gros clubs de football ont de quoi se rassurer, Mediapro s’est acquitté (avec un jour d’avance) de la première facture relative aux droits télévisés : 172 millions d’euros reversés à la Ligue de football professionnel. Et ce n’est que la première échéance... Juteux, disions-nous !
Téléfoot la chaîne : 25,90 €/mois, disponible sur les Box SFR et autres accords en signature.
France 4 en sursis
Le glas devait sonner pour elle le
9 août, à la clôture des Jeux Olympiques de Tokyo, mais France 4 a le droit à un second souffle. En voilà une qui peut dire merci à la covid ! Le rôle qu’elle a joué pour la jeunesse et la qualité de ses programmes éducatifs pendant
le confinement ont rappelé aux plus hautes sphères du service public qu’elle avait un vrai rôle à jouer. C’est
 Les temps sont durs, ma bonne dame ! Ces derniers mois ont été sanglants, dévastateurs et sans aucune commune mesure. Si,
sans le sou, la reprise se prépare, le sou n’a pas vraiment la même valeur pour tous. Le Puy-du-Sou, dites-vous ? Oups, on s’égare... Dans les médias, seuls les forts et les audacieux réussiront à tirer leur épingle du jeu ! Mais alors sur quoi compter ? Sur qui compter ? Le carnet de chèques ne suffit plus, les comptes sont vides... Économies à tour de bras, mer- cato et chaises musicales pour relancer un secteur en perte de vitesse. Et si dans la vie de tous les jours, les femmes ne sont pas toujours mises à l’honneur, la télévision, elle, leur fait les yeux doux (sans doute grâce à leurs fameux rabais de 30 %...) ! À commencer par la première agricul- trice de France, Karine Lemarchand. Elle remplacera David Ginola, l’ancien foo- teux devenu le playboy de la 6, mais dont les prétentions salariales à la présentation du mastodonte La France a un incroyable
[vitevu]
Coup d’envoi pour téléfoot
Quatre mois sans ballon rond, le public tressaille ! Le groupe Mediapro choisit le meilleur moment pour concocter
aux aficionados du passement de jambes une chaîne 100 % foot ! Téléfoot la chaîne diffusera 80 % de la Ligue1etdelaLigue2 et la prochaine saison
de la Champions League, qui nous a tant fait vibrer en
cette fin d’été. Aux commentaires
pour les meilleurs matchs, Bixente Lizarazu et Grégoire Margotton, commentateurs stars de TF1 avec qui le groupe espagnol a réussi à conclure un marché juteux pour l’utilisation de la marque Téléfoot ! Eh oui, après 42 ans d’existence sur la première chaîne, c’est la première fois qu’un programme
leur chemise à col cassé et se préparent, ou du moins on l’espère, à de grandes soirées de sueurs froides en régie ! Reste à inviter les bonnes personnes... L’homme en noir, lui, décide d’adopter une cure de jouvence : Thierry Ardisson, qui avait cla- qué la porte de C8 car il refusait de cas- ser les prix de ses émissions, décide de se donner un petit coup de bistouri. Et hop, de la petite lucarne « télé de papi », il passe à la baie vitrée médiatique et se retrouve à titiller des portes du Net (flix) ! Le fameux NetFlic qui étouffe tout sur son passage. Serait-ce bien cela, l’avenir de nos salons ? Débrancher son câble TNT et se brancher en 5G sur les Amazon et autres planètes Internet ? Tout le monde en parle, tout le monde s’y met, et le salut viendra sans doute de ce déjà ( ?) vieux média, qui n’a rien de cathodique ! Itou pour la presse écrite. Celle du net, la vraie, celle qui se monnaie, celle qui sera le salut d’un do- maine qui survit tant bien que mal... Mais tout est paradoxal : on s’afflige de l’effondrement d’une industrie, mais on râle de ne plus pouvoir profiter gratuite- ment de ce qui pourrait la sauver ! « Ar- ticle réservé aux abonnés » : ah non, on ira voir ailleurs. Mais si à cheval donné on ne regarde pas les dents, il va donc bien falloir, pour un minimum de qualité, mettre un tant soit peu la main au portefeuille. Une bonne rentrée, ça se paie ! mW
acté, on reporte sa fermeture à l’été 2021 ! Une grâce de courte durée : un an à vivre, ce n’est pas beaucoup ! Mais peut-être suffisant pour, un peu plus encore, prouver sa valeur et,
qui sait, continuer d’exister ? Nous ne nous étonnerons plus de rien, les tergiversations télévisuelles offrent parfois de sacrées surprises ! Les ultramarins, eux en revanche, n’ont pas eu cette chance... France Ô a
bel et bien disparu des écrans et laisse toute une économie, et de fidèles téléspectateurs en rade. Pour justifier son arrêt simple et brutal : la thèse de l’audience
confidentielle (0,3 %)
est avancée et la
mise en place d’un
portail Internet dédié
à l’outre-mer est décidée ! Encore faudrait-il que Rose-Marie, 83 ans, résidente à Pointe-à-Pitre puisse se connecter à Internet. Rien de moins sûr...
Oser, le progrès est à ce prix
expressions
[ vite entendu ]
Lechypre, c’est chic !
Chic, v’là Lechypre ! Après Zemmour et Naulleau sur Paris Première, place à Neumann et Lechypre sur RMC ! Trois heures quotidiennes
de débats où les
deux éditorialistes
auront tout le loisir
de s’écharper et de
défendre leur bout de
gras sur des sujets
de société. L’avantage ? Ils ne seront jamais d’accord ! En digne remplaçant d’Éric Brunet qui arrive sur RTL, on
a hâte de voir comment le maestro
de l’éco va s’en sortir face à l’ancien directeur de la rédaction de Marianne ! Pour arbitrer le combat de coqs, RMC s’octroie la venue d’une journaliste
en la personne de Laure Closier, chroniqueuse dans la matinale de BFM Business. En prime, le duel sera diffusé en simultané sur RMC Story, canal 23 de la TNT. Neumann/Lechypre, du lundi au vendredi, 12 heures-15 heures
[ VITE EN LIGNE ]
Disparition attendue : Dieudonné rayé
de la carte
Le grand nettoyage débute fin juin sous l’impulsion de YouTube qui décide purement et simplement de supprimer la chaîne de Dieudonné M’Bala M’Bala, arguant ses enfreintes répétées aux conditions d’utilisation et au règlement de la communauté. Fin juillet, l’élan mondial s’accentue avec la double offensive américaine de Facebook et d’Instagram : « Les individus qui attaquent les autres
sur la base de ce qu’ils sont n’ont pas leur place sur Facebook ou sur Instagram », a expliqué un porte- parole de la plate-forme. 12 août, coup de grâce : la dernière-née des réseaux, la jeune chinoise TikTok, s’empare également de l’affaire et entérine la disparition pure et simple du premier antisémite de France ! La question pourrait
être : comment avait-il
encore le droit de cité ?
Eh bien oui, il aura fallu
attendre jusqu’ici pour
qu’une décision soit
enfin prise de concert ! Le dernier Mohican de la parole crasse disparaît enfin des écrans radars ! Ça ne l’empêchera sûrement pas de ruminer sa haine, de faire son tour de France
à bord de son bus humoristico- politique, mais ça nous permettra au moins de ne plus avoir les oreilles qui saignent...
médias
   Victor Hugo, Les Misérables En rang et à l’appel !
          ecoreseau.fr septembre 2020 | 87
]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[expressions
tribunes libres
Télétravail
Quelles solutions pour maintenir l’efficacité à distance ?
 Laurent
Fanichet
vice-président, Marketing, chez Sinequa
Dans une crise sanitaire sans précédent, le monde de l’entreprise a été contraint de
mettre en place des dispositifs de travail et les principes d’un ma- nagement à distance. Cependant, certaines lacunes sur le plan technologique se sont fait sentir. Selon un sondage récent, 91 % des responsables RH pointent du doigt le manque d’infrastruc- tures technologiques et les diffi- cultés à s’adapter aux nouvelles méthodes de travail.
Le défi majeur que les entre- prises doivent relever pour as- surer la continuité de leur acti- vité se trouve dans l’accès aux informations. L’enterprise search s’avère une solution décisive sur ce point. Elle vise non seule- ment à maintenir l’activité sur le moment, mais également de la rendre pérenne.
Au-delà du simple investisse- ment, certaines exigences fonda- mentales doivent être prises en compte afin de maximiser tous les bénéfices de cet engagement :
• L’ensemble des contenus et données de l’entreprise doivent être accessibles aux employés en toute sécurité sans la mise en place d’une migration à risque.
• La sécurité des données et le contrôle d’accès aux informa- tions doivent être rigoureuse- ment appliqués.
• La pertinence des informations est indispensable pour que les utilisateurs travaillent de ma- nière efficace et rapide. À cette fin, il est nécessaire de mettre en
place plusieurs types d’analyses statistiques et linguistiques, prêtes à l’emploi pour gagner du temps lors de l’implémentation de l’enterprise search.
La classification, par exemple à l’aide d’algorithmes de machine learning, doit également être dis- ponible à tout moment pour les scénarios où une approche fon- dée sur des règles ne suffit pas. L’interface utilisateur doit être agile et souple afin de prendre en charge des solutions pour des cas d’utilisation multiple au sein de l’organisation.
Ces exigences, si elles sont cor- rectement prises en compte, apportent des avantages signifi- catifs aux collaborateurs de l’en- treprise.
Un gain de temps précieux
La mise en place d’une solution d’enterprise search assure un gain de temps dans la recherche contextuelle de documents et d’informations sans pour autant perturber la concentration et le flux de travail qu’engendreraient des demandes émises auprès des collègues. Ce temps gagné va augmenter la productivité de l’ensemble des employés.
Partage d’expérience et du sa- voir-faire
Selon des données recueillies avant l’essor du télétravail, les entreprises du Fortune 500 ac- cusaient déjà une perte d’en- viron 31,5 milliards de dollars faute de partager suffisamment leurs connaissances. L’enterprise search comble cette lacune en fa- cilitant les flux de partage de sa-
voir-faire ainsi que l’expérience des employés, y compris au mo- ment où ils quittent l’entreprise.
Des informations
faciles d’accès
Selon une étude comparative réalisée par les responsables d’IntraTeam, seulement 25 % des organisations sondées sont satisfaites de la fonction de re- cherche interne mise en place. Ces lacunes enregistrées avant la période de confinement dé- montrent l’importance de la mise en place d’une structure de travail numérique solide. L’enterprise search répond à ce besoin en centralisant la recherche de fichiers, documents et présentations et en facilitant de fait leur accessibilité aux membres de l’équipe.
Augmenter l’efficacité
L’accès à une information perti- nente est un gain en temps pour des employé.es plus productif. ves. Ces avantages fournissent par la suite un meilleur service aux clients et raccourcissent les délais d’exécution.
Il est indéniable que la pandémie de covid-19 a révélé des lacunes dans les systèmes de fonction- nement internes des entreprises. Bien que certains domaines prennent conscience jour après jour de l’importance des in- frastructures technologiques afin d’assurer la continuité de l’activité, beaucoup reste à faire sur le plan de l’accès aux infor- mations. n
88 |
septembre 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[Clown
BALANCE TON QUOI, AU DD, LES MISÉRABLES, TOUTANKHAMON, AU NOM DE LA TERRE, LA PANTHÈRE DES NEIGES, PARASITE, DE VINCI, HORS-NORMES, J’ACCUSE, AFFAIRE MATZNEFF.
le regard sémantique
expressions
  « Culture », Jane Bee, 2019
Jeanne
bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
Le Grand Carnaval
En culture, tout se mélange : de La Panthère des Neiges de Sylvain Tes- son, prix Renaudot, à la disparition de Jean-Pierre Marielle, d’Agnès Var- da, de Karl Lagerfeld, de Jean-Pierre Mocky, d’Alain Barrière, de Marie Laforêt, d’Anna Karina, de Michel Legrand.
Tout se mélange, de l’exposition Toutankhamon, qui atteint une fréquentation massive avec plus de 1,42 million de visiteurs, en passant par De Vinci, le blockbuster muséal de l’année au Louvre, aux records d’audience en streaming et sur You- tube, de PNL avec son titre Au DD. D’autres rappeurs s’imposent comme Ninho, Nekfeu, Jul, Niska... Côté fé- minin, Aya Nakamura et la Belge Angèle avec Balance ton quoi sont en haut de l’affiche, tout comme Clara Luciani.
L’habituelle saisonnalité culturelle
La culture est toujours encadrée par les traditionnels événements, comme les Rencontres d’Arles ou le Festival d’Avignon qui enregistre, en 2019, une fréquentation record. Le Fes- tival de Cannes détient lui aussi un record : Parasite, la Palme d’or 2019, réunit plus de 1,6 million de specta- teurs en salle, c’est du jamais vu pour un film récompensé à Cannes, de- puis 15 ans.
Blockbusters des champs aussi
Le cinéma fait donc recette avec Jo- ker, Hors-normes, J’accuse et Les Mi- sérables qui a bouleversé le chef de l’État. Au nom de la terre, autre film qui a touché le public et affiche une performance, encore plus incroyable, puisqu’il s’intéresse à un sujet sou- vent oublié : le monde agricole.
Quant à L’affaire Matzneff, elle est comme une suite du #MeToo à la Française. n
ecoreseau.fr septembre 2020 | 89
]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[expressions
les mots de la fin par Marie Grousset
 [MOTDUNORD] Ducasse
Un mot étrange que vous avez sans doute entendu lors de vos périples dans le nord de la France. Une ducasse est, tout simplement, une fête foraine. Mais pourquoi « ducasse » ? Eh bien, ce mot trouve son origine dans « dédicace », qui désigne la consécration religieuse d'un oratoire ou d’une église. On le trouve dans les textes dès 1391.
[ MOT bruyant ]
L’orgue de Barbarie, instrument mécanique à vent né au xviie siècle, tire son nom des sonorités jugées moins nobles que celles des orgues d’église.
[ l’empire
du double sens ]
  Babydoll
Nuisette ou surnom affectueux ? Les deux ! Une babydoll, en anglais, désigne aussi bien une poupée qu’une petite nuisette à fines bretelles. Il s’agit aussi du surnom donné à une criminelle de l’univers de Batman.
   [ Le mot de vendémiAire ] Maraudeur
Un maraudeur, dans la langue française,
désigne quelqu’un qui maraude, quelqu’un qui, le plus souvent, commet des actes répréhensibles sans grande envergure, comme un voleur ou un escroc de bas étage. Il désigne aussi (au Canada tout du moins), un joueur de football américain évoluant au sein de la formation défensive d’une équipe.
   Pneumonoultramicros- copicsilicovolcanoconiosis
Maladie pulmonaire et mot le plus long de la langue de Boris Johnson. Résultat de l’inhalation de particules de silice.
[ LE MOT MAGIQUE ] AbracadabraLes formules de Harry Potter, on le sait, sont tirées de langues variées. Mais quid de la plus terrifiante d’entre elles, Avada Kedavra ? C’est tout simplement la version originale, tirée de l’araméen, du mot « Abracadabra ». Sa signification ? Que la chose soit détruite.
PROCHAIN NUMÉRO LE 1er OCTOBRE 2020 septembre 2020 ecoreseau.fr
 [LEMotlepluslong]
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