﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="84"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ Lifestyle : draguer avec un masque cet été
EN CADEAU L’HONORÉ
le magazine
N°71JUIL./AOÛT2020
entreprendre | innover | positiver
MANAGEMENT
Comment les DRH préparent la rentrée
VISION
Jusqu’où ira Elon
Musk ?
            réuniretréussir
Le retour du made in France ?
Le télétravail, norme de demain... ou pas ? Retour dans des bureaux... en état de siège ! Nos régions ont du rebond
                           de l’art de vivre à la française
           BEL/LUX : 5.20 € - Suisse : 9 FS - Canada : 8.99 $ CAN - Maroc : 55 DH - Dom : 5.50 € - Tom : 750 XPF
ecoreseau.fr
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[éditorial
olivier Magnan
Rédacteur en chef
Réunir et réussir
le chat de
    Comment allez-vous?
La question, en ces temps troublés, se montre purement formelle : tout va normalement mal. La France oscille entre foyers de contamina- tion réactivés, comme à Montar- gis, vacances sous surveillance, explosion du chômage, flics ri- poux et... nouveau gouvernement. Nous savons bien que passé la torpeur estivale, les liquidations, les licencie- ments à méga-échelle, la rentrée avec ou sans masque dans les écoles nous attendent. Un veilleur, en tout cas, restera vigilant cet été, cet inconnu qu’est le nouveau Premier ministre, Jean Castex, alors que 57 % au moins des Français.es souhaitaient retrou- ver le gestionnaire du déconfine- ment, Édouard Philippe, à Matignon. Le maire du Havre, auquel Emma- nuel Macron confie habilement le soin de reprendre en main sa ma- jorité chahutée, ne sera pas regretté pour peu que cette sorte de nouveau Premier ministre parfait impose très vite une méthode efficace. Parfait, Jean Castex? Si l’on veut: haut fonc- tionnaire, énarque, père de quatre filles, à l’accent occitan marqué, il connaît la politique et ses bagarres. Mais élu, adulé par les Pradois.es, il rassure les sénateurs et les maires par
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Fondateur & directeur de la publication
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redaction@lmedia.fr
Rédacteur en chef Olivier Magnan
Comité éditorial Adam Belghiti Alaoui, Jean-Baptiste Leprince, Olivier Magnan, Romain Rivière
Chroniqueurs Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Arthur Cohen, Marc Drillech, H’up Entrepreneurs, Julien Leclercq, Les rebondisseurs français, Patrick Levy-Waitz, Alain Marty, Sophie de Menthon, Ordre des Experts-Comptables, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Jean-Marc Rietsch, Didier Roche, Thierry Saussez,
Cédric Ternois, Mathieu Wilhelm
son expérience du terrain rural. Ses amis ne tarissent pas d’éloges : intel- ligent, organisateur hors pair, cha- leureux, proche des sujets sociaux, sincère et convaincu (n’en jetez plus). Émule de Nicolas Sarkozy, il succède à un émule d’Alain Juppé et confirme ce que l’on ne savait pas forcément avec certitude, la France est à droite toute, mais une droite dite « sociale ». Une France encore présidée par un Emmanuel Macron pour deux ans dont l’ancrage politique ambigu n’a, après tout, plus tant d’importance : le Président connaît sa feuille de route, limiter à tout prix les conséquences économiques de la crise sanitaire en ancrant le pays dans une exigence environnementale compatible avec croissance et restauration écono- mique. Que cet homme ferme une centrale nucléaire et promette de mettre en œuvre les 146 moyens de la transition écologique est de bon augure, à condition qu’il parvienne à se redonner cinq ans de plus en 2022. Et pour ça, il lui faudra choisir le bon « nouveau chemin », en s’appuyant sur un Premier ministre zélé, certes, mais aussi et surtout la formidable envie des entrepreneur.euses de réu- nir et réussir. n
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                               ecoreseau.fr juillet/août 2020 |3
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galaxie
réunir... et réussir
entreprendre & innover
en couverture
RÉuNiR...
et RÉuSSiR
entreprendre autrement
société un pays sans foot ?
l’œil décalé Draguer à masque et à saveur
briefing innovation
32 décryptage jusqu’où ira elon Musk, et nous avec lui...
pratique
FaiRe FaCe et RÉuSSiR
vie privée
DÉFiSCaliSatioN logements neufs Dons & legs
64 baromètre patrimoine & fiscalité patrimoine
68 baromètre finance & marchés 71 santé avec la covid, la chaleur ! 72 culture & co
74 essais auto
75 l’art du temps
80 expressions
abonnez-vous P. 13
la boîte à outils des
accompagnements
36 créer aujourd'hui Réseaux d’accompagnement des entrepreneurs : plus que jamais
40 Business guide l’événementiel en cale sèche veut se réinventer
44 briefing rh & formation
50 manager autrement Comment les DRH
 préparent la rentrée
  4 |
juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[RÉUNIR... et réussir
Juste avant la pause estivale, nous sommes, chez ÉcoRéseau Business, à semi-décon- finés, fier.es, disons-le, d’avoir porté l’information qui nous est propre, cette vision de tout ce qui bouge, rêve et entreprend autour de nous, avec ce ton positif et cri- tique que l’on nous reconnaît. Aux parutions des numéros, jamais suspendues, s’est adjointe une lettre quotidienne gratuite (www.ecoreseau.fr/la-newsletter/) que, dès le début du confinement, nous avons rédigée pour un lectorat toujours plus nombreux aufildesjoursetquipoursuivrasapublication.Aujourd’hui,cenuméroàpeineal-
L’IMAGE
légé entend se projeter dans l’avenir indécis d’une France au gouvernement remanié, et pas superficiellement: le Premier ministre le plus « populaire » en période de crise n’aura pas survécu à la volonté de la reprise en main du jeune président. C’est donc une page d’histoire nouvelle qui va s’écrire dans ce pays meurtri, à la dette abyssale et aux pires perspectives de chômage jamais connues. Les entrepreneur.es seront décisif.ves dans le sursaut vital de l’après-covid. Comptez sur nous pour faire entendre leur voix. jeaN-BaPtiStelePRiNCe,oliVieRMaGNaN
l’onde positive
thierry Saussez
Créateur du Printemps de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
réunir... et réussir
galaxie
    Cet homme dérange, Ddoit-il être exécuté ?
et pour cause...
MON COUP DE CŒUR,
au sens affectif, se porte sur cette po- pulation de Hong Kong, ces hommes et ces femmes qui résistent à la pres- sion dictatoriale chinoise. Ils.elles ont peur, mais osent. Je pense à Jan Palach, qui s’est immolé à Prague en 1969 pour protester contre l’occu- pation soviétique. Eux et elles sont une foule, mais, comme lui, ils.elles préfèrent mourir debout que vivre à genoux.
Sans rapport aucun, j’ai aimé un autre rassemblement, plus pacifique, celui des 150 femmes et hommes, ces Français.es de la Convention ci- toyenne qui ont su réunir 149 propo- sitions avec la sagesse de mettre de côté la plus impensable, la semaine de travail de 28 heures. Ces 150 « Fran- çais.es moyen.nes » qui ont discuté leurs propositions une par une et qui ont beaucoup travaillé. Hors ses trois « jokers », le président n’a d’autre choix que de mettre en train ces 146 mesures. Nous vivons là un moment de démocratie participative, ou dé- libérative, selon le terme conservé. Il ne s’agit pas d’un vote mais d’un consensus, riche de prolongements.
J’AI LU...
Bloch nous invite à libérer l’énergie dans le présent et à avoir de l’audace. Son éloge du présentéisme nous rap- pelle bien que c’est dans l’instant qu’il faut se réaliser.
UN ÉVÉNEMENT PROCHAIN...
me tient à cœur, ce sont les Napo- léons de deux publicitaires de talent, Mondher Abdennadher et Olivier Moulierac. Pour rappel, il s’agit de cette communauté ouverte de femmes et d’hommes animé.es par, je cite, «la volonté de promouvoir une innovation vertueuse, éthique, et qui profite au plus grand nombre. Cette innovation que nous soutenons est technologique, bien entendu, mais aussi sociale, politique et entre- preneuriale. » On se souvient que les Napoléons avaient réussi à faire venir Barack Obama en 2018 à Val d’Isère. Ils reviennent cette année le 16 juil- let à Paris, au stade Roland Garros avec, comme toujours, un panel de speakers qui tiennent du Davos et des TEDx, banquiers, startupers, comé- dien.nes, politiques... Ils ont réussi à créer une sorte de cohorte de dé- cideurs, et ça fonctionne. Les Napo- léons ont mis le pied à l’étrier de pas mal de monde.
L’ENTREPRISE
que je salue est Colgate Palmolive France qui s’associe cette année à la Ligue des optimistes de France, dont je suis incidemment le vice-président exécutif, branche française d’Opti- mistes sans frontières. La marque a décidé de promouvoir l’optimisme au nom bien sûr du « sourire » qui sera le signe dominant de ses cam- pagnes publicitaires, de conférences, de posts, de messages. De notre côté, nous réfléchissons à la journée grand public du Printemps de l’optimisme qui se tiendra en octobre ou no- vembre. Avec vous.
écidément, le professeur Didier Raoult aura été la figure dissonante de la catas- trophe pandémique de l’année 2020. Cet infectiologue, professeur de micro- biologie, spécialiste des maladies infectieuses tropicales émergentes à la faculté des sciences médicales et paramédicales de Marseille et directeur de l’Institut
hospitalo-universitaire en maladies infectieuses, auteur de milliers de publications, s’est érigé très vite contre l’approche « prudente » de ses confrères.sœurs, arcbouté.es – à tort ou à raison – sur les batteries d’essais cliniques « randomisés » et la recherche d’un vaccin. Pour lui, le recours à un antipaludéen très commun, pas cher et utilisé par des millions d’individus depuis des décennies, l’hydroxychloroquine, associé à l’antibiotique azithro- micyne, aurait dû suffire à enrayer la maladie chez les contaminé.es de première phase. Option clinique très controversée. Mais c’est surtout son audition devant la commission parlementaire au cours de laquelle il aura critiqué sans fard ses pairs – lesquel.les parlent désormais de diffamation – qui le désignent aux yeux du monde médical universitaire comme l’ennemi public n° 1. L’avenir dira si ce Français rebelle est à conspuer ou à déco- rer...n
En matière de grandes catastrophes publiques, toujours privilégier la connerie au complot : la connerie est
à la portée de tous, c’est donc assez largement répandu. Le complot nécessite beaucoup d’intelligence et
d’organisation et c’est très rare’
Michel Rocard, homme politique disparu en 2016.
le livre de Philippe Bloch, Ce sera mieux après... sauf si on est très cons. Je sais que la rédaction l’a beaucoup apprécié aussi, on en lira votre im- pression dans ces pages. Avec son talent habituel, le créateur des Co- lumbus Cafés nous rappelle une don- née de Comte Sponville que je cite souvent, « il ne sert à rien de raconter l’histoire si elle ne sert pas les com- bats d’aujourd’hui et de demain. Le passé ne sert qu’à l’avenir, rien ne sert de s’y attarder. Ce qui ne sert à rien sert à tellement de choses... » Sans aller jusqu’à épouser la vision boudd- histe d’un Matthieu Ricard et sa ré- alisation dans le présent, Philippe
J’arbore un sourire Colgate,
 Se connecter au Printemps de l’optimisme www.printempsdeloptimisme.com Rejoindre la ligue des optimistes www.optimistan.org
ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
réunir... et réussir
 le prix moyen du paquet de cigarettes augmente le 1er juillet, pour atteindre les 10 euros promis, mais certaines marques dépassent les 14 euros (comme Winston Connect XXL Red, en 30 unités).
10 665 758
29,38 € par jour
à lire
le premier livre que j’ai lu sur le monde d’après
m’a rendu presque intelligent
Ce sera mieux après... sauf si l’on est trop cons. Signé Philippe Bloch.
Dans l’avalanche prévue d’ouvrages sur l’après-covid, le monde d’après, la crise d’avant, la crise qui vient, le futur sans virus, l’avenir de tous les changements, la cata et rien d’autre, les plus
rien ne sera comme avant, le tout et le reste seront différents, Philippe Bloch a dégainé un peu avant tout le monde. Philippe Bloch, c’est un entrepreneur.
Ses Columbus Cafés ont
marqué leur temps. Quand
il part se confiner dans la
France profonde, il n’oublie
ni son ordinateur ni son
cerveau. Ce graphomane
de la note au quotidien
commence à réfléchir en
entrepreneur à ce fameux
« après » dont en France,
aujourd’hui, l’on commence
à croire qu’il sera comme avant. Les boîtes vont crever, rebondir, se créer, les villes vont s’embouteiller, avec quelques vélos en plus, la pollution va reprendre toute sa place, le plastique se démultiplier. Pour Bloch,
c’est ce qui risque d’arriver... « si l’on est trop cons ». Car pour lui, optimiste réaliste, Ce sera mieux après... sauf si l’on est trop cons, et ce titre en dit long sur son amour de l’humanité. « Quand on est trois milliards d’individus à vivre un tel traumatisme, me dit-il, il
est impossible que le monde reparte comme avant, avec ses principes de précaution qui ont affaibli notre capacité à ne pas nous comporter en trouillards compulsifs. »
L’intelligence de l’écrivain du monde qui bouge (voilà son 8e livre réactif, depuis le fameux Service compris, qu’il a publié à travers sa propre maison d’édition, Ventana, de quoi griller tout le monde !), c’est de s’être emparé de quinze thématiques et d’opposer pour chacune l’avant et l’après : ça commence par le type de mortalité « extraordinaire » que la crise nous a valu, ça finit par Le ressentiment versus l’unité. Et au passage, cet hyperactif règle son sort à L’ennui versus Projet –
« Comment peut-on s’ennuyer ? » s’insurge celui dont la vie n’est que projets (il en a fait aboutir certains !) – et en termine avec la décroissance pour la renommer Autre croissance (un vrai titre de magazine !), comme
il refuse de fustiger l’Europe objet de toutes les critiques au profit d’une Autre Europe. Car à force
de raisonnements binaires (c’est oui ou non, pour ou contre), on oublie la richesse de l’« autre » quelque chose.
Et tout à l’avenant. Chaque chapitre nous persuade qu’effectivement quelque chose a changé en nous,
et que ce quelque chose finira par changer le monde. Pourtant, à entendre et voir certains dirigeants qui,
eux, elles (surtout eux du reste) restent figés dans
leur monde de pouvoir immobile, on se prend à penser, en refermant l’immense claque d’espoir que Philippe Bloch nous assène sur la tête, que son option, « ...sauf si l’on est trop cons », n’est pas entièrement exclue.
En tout cas, cette lecture nous rend presque trop intelligents. C’est déjà ça. oM
chiffreS
leS 10€
  cas de contamination confirmés dans le monde le 2 juillet, 515 973 décès :
la pandémie s’accélère.
revalorisation le 1er juillet
de l’allocation minimale de chômage par jour contre
29,26 euros actuellement. Sacré coup de pouce !
     mode de vie
Quand la covid-19 fait sauter les bouchons
Les embouteillages, eux aussi, « victimes » de la covid-19 ? TomTom, l’un des grands du GPS routier a analysé l’impact de la crise sanitaire sur le trafic routier des grandes métropoles françaises.
À l’aide de GPS, téléphones portables ou de systèmes embarqués dans les voitures,
ce sont plus de 600 millions de produits qui fournissent des données analysables par TomTom. Pas de surprise, le trafic routier s’est écroulé – baisse du trafic de 85 % lors de la première semaine de confinement à Paris intra muros, en comparaison avec une semaine témoin du 2 au 8 mars (avant confinement). Repli moins
marqué mais tout aussi visible
à Marseille, avec une réduction
de 72 % du trafic dans la ville même, toujours par rapport à la semaine d’avant confinement. Les Français.es ont progressivement repris leurs habitudes. Sans compter que la voiture individuelle s’est présentée comme l’un des moyens de transport les plus sûrs en vue d’éviter toute contamination. Il fut dès lors inévitable de retrouver des taux de congestion rituels, très proches de ceux de 2019. Parmi les pistes évoquées pour éviter ce fléau, le décalage des horaires de travail pour casser les fameuses heures de pointe.
6 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                    LA PETITE BOUTIQUE DE JULIE SE DÉVELOPPE AUSSI EN LIGNE
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]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
réunir... et réussir
la relance de l’économie ? une « course contre la montre », estime Geoffroy Roux de Bézieux
et faire en sorte que « l’argent privé remplace l’argent public », plaide l’ancien de L’Oréal.
« les investissements d’aujourd’hui représentent
les profits de demain »
L’État ne doit pas perdre une seule seconde. Il doit relancer la machine économique. D’ailleurs, selon notre interlocuteur, « pour l’État, investir maintenant dans l’économie et dans les entreprises, c’est vraiment le meilleur investissement qu’il puisse faire ». Nous sommes entré.es
dans une véritable « course contre
la montre » où « chaque jour qui passe est un jour perdu », a illustré
le porte-parole des patrons. Il s’agit de retrouver ce lien profond entre économie et confiance, condition sine qua non pour que l’argent circule. La prise en charge des salaires par l’État sous la houlette du chômage partiel devrait progressivement se réduire, avec un reste à charge plus élevé dès le 1er octobre. « Il faut que certains de mes collègues entrepreneurs sortent de cette situation où le chômage partiel apparaît comme une forme de confort », n’a-t-il pas hésité à tacler. D’autant qu’à ses yeux, le plan de relance français se montre trop
« complexe ». Après le mille-feuille administratif, celui des plans de relance sectoriels. Là où l’Allemagne a fait preuve de davantage de clarté en annonçant 125 milliards d’euros, d’un coup, la multiplication des plans de relance sectoriels a fait perdre de la visibilité et de la puissance à notre relance même, analyse-t-il. Plan aérien, plan auto, plan tourisme... la liste s’allonge.
D’autant que Roux de Bézieux ne voit pas dans les investissements de l’État français une relance démesurée :
« Quand on regarde le compte de ce qui a été décaissé, ça reste assez raisonnable », surtout au regard d’autres pays comme les États-Unis. Traditionnellement, de l’autre côté
de l’Atlantique, les chômeur.euses demeurent très peu – voire pas du tout – indemnisé.es, mais avec la crise sanitaire, « certain.es vont toucher, parfois, plus en ne travaillant pas qu’en travaillant », a-t-il révélé. Un réel tabou dans l’hexagone.
et le monde d’après dans tout ça ?
Sceptique sur certains points. Geoffroy Roux de Bézieux s’inquiète quelque peu – bien qu’il ait été fort utile pendant le confinement – du télétravail. Il voit en sa généralisation « un danger pour le lien social ». Le télétravail ne doit pas devenir une norme, même s’il est apparu comme un progrès durant la crise sanitaire. Symbole de demain encore, la Convention citoyenne où 150 membres – tiré.es au sort – ont été reçu.es à l’Élysée pour discuter de plus d’une centaine de propositions en faveur du climat. Quasi toutes
ont été acceptées. Une page se tourne, vraiment? Pour le Medef, cette Convention citoyenne se lance le défi de parvenir à « concilier la liberté d’entreprendre et la volonté collective de nos concitoyen.nes d’une transition énergétique et environnementale accélérée ». C’est le débat d’aujourd’hui. Résoudre
la schizophrénie des citoyen.nes consommateur.rices, partagé.es entre désir de transition énergétique et incompréhension d’une inflation
« made in France ».
Enfin, l’invité d’Ethic se montre particulièrement confiant en l’avenir. Il s’appuie sur l’une des forces de cette crise: le dialogue social. « Il y a eu une très forte densité du dialogue social, notamment dans les entreprises avec presque 6 000 accords d’entreprises entre syndicats et la direction », s’est-il félicité. Conscient de la force des autoprophéties en économie,
le successeur de Pierre Gattaz se
doit d’insuffler la confiance. « Un optimisme de volonté. » GW
 Il se considère comme le porte-parole des patrons français. Geoffroy Roux
de Bézieux, président du Medef depuis 2018, était l’invité mardi 30 juin d’un déjeuner-débat dont l’intitulé La crise a-t-elle changé le rapport du politique à l’entreprise ? campe une question essentielle. Un événement concocté par Ethic, une organisation patronale présidée par Sophie de Menthon, figure emblématique de la promotion de l’entreprise privée. Face à la crise sanitaire que nous traversons, jumelée à une crise économique, Geoffroy Roux de Bézieux a passé au peigne fin le caractère inédit de la crise covid, le plan de relance et le monde d’après. Une crise pas comme les autres. Une crise « sans précédent » pour le FMI. Les qualificatifs ne manquent pas. Geoffroy Roux de Bézieux, lui, évoque la dimension inédite du fléau covid-19 qui s’est abattu sur le globe il y a quelques mois. « Traditionnellement, les crises du capitalisme constituent des excès de spéculation dans un lieu géographique ou un secteur précis.
Là, les pouvoirs publics ont décidé de ralentir, voire d’arrêter volontairement l’économie », a rappelé le président du Medef. Une fameuse crise exogène qui ne remet pas en cause les mécanismes de marché. Les entrepreneur.euses,
les actionnaires et les salarié.es ne relèvent d’aucune responsabilité. Mais ils.elles paieront les conséquences économiques, difficiles à estimer pour le moment.
les PGe sont allés au bon endroit
Une des principales bouées de sauvetage pour les entreprises, les prêts garantis par l’État, reste une exception de l’État-Providence français. Si l’on a tendance à se focaliser
sur les très grandes entreprises comme Renault ou Air France KLM, bénéficiaires sans délais de ces prêts garantis, le succès de ce plan de soutien est allé bien au-delà. Geoffroy Roux de Bézieux avance que pas moins de « 520 000 entreprises ont obtenu un PGE », pour un « montant moyen de 170 000 euros ». Bien loin des cinq milliards versés au Losange.
C’est dans ce sens qu’il estime que
« l’argent est bien allé là où il fallait qu’il aille ». Les prêts ont évité des faillites, au point d’aboutir à un étonnant paradoxe:
« Le nombre de faillites au mois de
mai 2020 se révèle inférieur au nombre de faillites au mois de mai 2019 », a souligné Geoffroy Roux de Bézieux. Une mesure
a priori efficace, mais qui ne pourra s’éterniser. Il faut progressivement se passer de cet interventionnisme d’État
les trophées 2020 du handicap s’ouvrent aux candidatures
le créateur des trophées h’up est l’un des plus clairvoyants chefs d’entreprise aveugles du moment : Didier Roche, créateur d’entreprise dès 1995, à 24 ans, et
à l’origine de la radio Vivre FM, de l’attraction les yeux grands fermés du Futuroscope, d’ethik investment et
de la chaîne de restaurants Dans le noir et les Spa dans
le noir. l’événement des trophées h’up entrepreneurs, l’occasion de mettre enfin en avant des entrepeneur.euses handicapé.es, prépare sa 3e édition.
Ils.elles sont près de 75 000 entrepreneur.euses en situation de handicap (quel qu’il soit). Le 3 novembre, ils. elles ne seront que cinq, sur sélection sévère, à représenter
8 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
l’ensemble des handicapé.es attaché.es à démontrer que le handicap n’existe que dans la tête des gens parfaitement valides ! D’ores et déjà, s’ouvrent les candidatures, closes le 10 juillet.
Les Trophées 2020 h’up entrepreneurs
s’organisent en cinq catégories :
• entrepreneur.euse créateur.trice en herbe
• entrepreneur.euse créateur.trice
• entrepreneur.euse expérimenté.e
• entrepreneur.euse à l’international
• entrepreneur.euse de l’année
Vous qui lisez sans aide et connaissez un.e entrepreneur.euse en situation de handicap,
cliquez sur https://h-up.fr/trophees-h-up- entrepreneurs-candidats
 ]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[réunir... et réussir
galaxie
 Médiation & entreprises Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
Ensemble relevons le D#DefiEntreprisesSolidaires !
ès le début de la crise, l’espère, un maximum d’acteurs j’ai appelé toutes les économiques. Cette situation entreprises, quelle inédite a mis à jour des pratiques que soit leur taille, à très négatives de la part de cer-
faire preuve de solidarité pour taines entreprises mais elle a
  Course aux brevets : PSA devance Valeo
surmonter au mieux les difficul- tés rencontrées et pour partici- per au mouvement de reprise. Si certaines mauvaises pratiques ont vu le jour, beaucoup de com- portements vertueux ont été mis en place. C’est pour valoriser ces initiatives solidaires que j’ai lancé un appel pour que chacun partage ses bonnes pratiques sur les réseaux sociaux en relevant le #DefiEntreprisesSolidaires.
Cet appel a été entendu par un certain nombre d’organisa- tions professionnelles, d’asso- ciations et d’entreprises qui se sont prêtées à l’exercice du défi. L’AFDCC et le CNA ont soutenu cette campagne dès le premier jour en relayant les messages clés auprès de leur écosystème. La liste de participants s’est ensuite allongée grâce à la participation de la CPME, de Pacte PME, de l’Observatoire Com Media, de l’ObsAR, de Cinov Numérique, de la Figec... Les entreprises se sont également mobilisées. Par- mi elles : Jouve, RDSL, Rivalis, Libeo...
Cet élan de mobilisation sur les réseaux sociaux a révélé la di- versité et la multiplicité des ini- tiatives solidaires mises en place dans le monde de l’entreprise. Le « monde d’après » doit tirer les leçons de cette crise et favo- riser les bonnes pratiques sur le temps long. Car c’est à l’avenir qu’il faut penser dès à présent pour reconstruire une économie basée sur la solidarité, le dia- logue et la confiance. C’est pour- quoi je souhaite que cette ini- tiative se pérennise et devienne un mouvement des entreprises solidaires auquel adhéreront, je
surtout permis de donner la pa- role aux dirigeants responsables et vertueux. Sortir de cette crise prendra du temps et ce sont ces témoignages, ces actions, ces idées que je veux valoriser car elles permettront de créer les conditions de confiance néces- saires à la reprise économique.
Le Médiateur des entreprises a connu un nombre record de sol- licitations durant ces deux der- niers mois. Consciente des diffi- cultés et des enjeux de la reprise, la médiation est plus que jamais une solution à privilégier pour établir une relation responsable et durable entre les entreprises. Le Médiateur des entreprises s’y engage depuis dix ans à travers la Charte relations fournisseurs responsables et le Label relations fournisseurs & achats respon- sables, qui visent à instaurer des relations équilibrées et durables entre les entreprises et leurs fournisseurs. La crise actuelle a révélé l’importance de ces dis- positifs pour accompagner et ai- der certaines entreprises. Ils de- viennent aujourd’hui également essentiels pour construire une économie basée sur la solidarité.
C’est le moment de mettre en place plus d’actions responsables pour mieux travailler ensemble, mieux s’écouter et mieux com- muniquer. C’est par la solidarité et la confiance que nous sorti- rons par le haut de cette crise. À vous, chefs d’entreprise, qui avez mis en place des pratiques solidaires : relevez le défi et par- tagez-les sur les réseaux sociaux avec #DefiEntreprisesSolidaires ! n
Avec 1 183 demandes de brevets, PSA est leader du classement 2019 dévoilé par l’Inpi. Valeo se retrouve deuxième et Safran complète le podium.
PSA retrouve sa prééminence. L’Institut national de la propriété intellectuelle (Inpi) a dévoilé le classement des entreprises qui ont déposé le plus de brevets en 2019, en France. Le constructeur automobile PSA arrive en tête devant Valeo, Safran se retrouve troisième. Avec en filigrane une concentration des demandes de brevets : selon la taille de l’entreprise, le secteur, et la localisation. Chiffres clés.
Entre PSA et Valeo, c’est un véritable mano a mano. Comme chaque année, l’Inpi a publié le classement des entreprises qui protègent le plus leurs inventions. Et à ce petit jeu, le groupe PSA devance Valeo sur le nombre de brevets déposés lors de l’édition 2019. Avec 1 183 demandes – soit unehaussede10%enunan–,le constructeur automobile devance l’équipementier, auteur de 1 034 demandes « seulement », en baisse d’environ 23 % par rapport à 2018. Un repli qui empêche Valeo de conserver la première place du classement, détenue depuis 2016. De son côté, le groupe PSA retrouve une position qu’il avait occupée entre 2007 et 2015. Safran, groupe présent dans les domaines de l’aéronautique, de l’espace, et de la défense, complète le podium avec 871 dépôts au compteur.
Des demandes de brevets toujours plus concentrées
Un des premiers enseignements à tirer du classement dévoilé par
l’Inpi tient au caractère élitiste des demandes de brevets. Réservées
à un tout petit nombre. Parmi les
14 844 demandes publiées en 2019, près de la moitié ont été déposées par 50 acteurs. Une poignée ! En réalité, aucune PME ne parvient à se hisser au sein des 50 premières entreprises les plus « brevetées », mais la première se nomme Aledia (20 demandes), une start-up basée à Grenoble, connue pour avoir breveté sa technologie innovante de LED. Pas de surprise, les mastodontes dominent le classement. « Cette nouvelle édition montre que
les grands groupes dominent largement le palmarès, parce qu’ils ont pleinement intégré la propriété industrielle dans leur stratégie d’innovation, ce qui n’est pas toujours le cas pour les plus petites entreprises », a souligné Pascal Faure, directeur général à l’Inpi. Quant aux secteurs les plus représentés, la mécanique s’élève au premier rang. Sur l’ensemble des demandes de brevets publiées par l’Inpi, environ 40 % demeurent le fruit d’entreprises assimilées
au secteur mécanique. Une omniprésence marquée, entre autres, par PSA, Valeo ou encore Renault (5e de ce classement). Enfin, l’Île-de-France constitue la région la plus représentée – avec 60 % de brevets –, un bilan logique pour l’Inpi : « Les déposants peuvent privilégier le dépôt par le siège social ou l’administration centrale souvent localisé.e en Île-de- France, indépendamment du lieu où l’invention a été mise au point », a précisé l’institut. La fameuse centralisation du savoir. GW
Pour découvrir ou re-découvrir notre activité, rendez-vous sur le site du Médiateur des entreprises : www.economie.gouv.fr/mediateur-des-entre- prises/lactivite-du-mediateur-des-entreprises-presentee-la-presse
ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
réunir... et réussir
 Le sol au service
des normes sanitaires
Jean Castex, Premier ministre : la France de l’après-covid sera « adroite » ?
L’inconnu du déconfinement devient l’inconnu de Matignon. Jean Cas-
tex, jusqu’alors un M. Déconfinement invisible mais apparemment effi-
cace, se révèle Macron compatible comme le fut Édouard Philippe: des
élus de droite « technocrates », mais pas taillés pour faire de l’ombre à l’unique décideur de la Ve République selon la Constitution gaullienne, le président.
• Le metteur en route du « nouveau chemin » est un haut fonctionnaire expérimenté, jeune mais pas trop – 55 ans – originaire de la France profonde, le Gers.
• Énarque, bien sûr.
• Secrétaire général adjoint de la présidence de la République sous Nicolas Sarkozy, à partir de 2010 et jusqu’à la fin du mandat. Franck Louvrier, ancien conseiller du chef de l’État, dit de lui : « Un vrai couteau suisse, il a des connexions un peu partout, il sait faire ce qu’il faut faire au bon endroit. » • Étymologie de son patronyme : Castex est un nom de famille béarnais, forme de « castel » qui signifie château, d’où « celui qui travaille au château ». En l’occurrence l’Hôtel (de Matignon) et le Palais (de l’Élysée). On ne saurait mieux dire... n
 Un spécialiste de la conception et de la fabrication de sols modulaires, Interface, propose des pistes de réflexion pour répondre à des enjeux désormais stratégiques. Le sol devient un mode d’emploi. Il était essentiellement utilisé à des fins esthétiques, signalétiques ou d’image de marque, il s’utilisera comme indicateur de règles de sécurité à suivre. Il demeure un excellent moyen pour marquer un sens de circulation, mais aussi pour modifier des comportements sociaux et créer un sentiment de sécurité physique et psychologique grâce aux repères visuels.
C’est le cas des couloirs de voies de circulation uni ou bidirectionnelles ou du marquage de séparation avec des éléments d’espacement. Dans les open spaces, les sols se combinent
au mobilier pour créer des zones et suggérer
des limites tout en conservant une logique incitative. Pour le fabricant, l’utilisation de machines de découpe facilite l’ajout d’éléments graphiques dans les dalles de moquette pour présenter simplement le sens de circulation aux utilisateurs d’un espace de travail.
mouvements
p altarea
jérôme Bibinet
a été promu deputy chief marketing officer d’Altarea
p Feu Vert (Bpifrance) Christian lou
a été promu directeur des opérations Groupe de Feu Vert
p Fujitsu France (FujitSu tS) Stéphane lemée
est nommé responsable de la sécurité des systèmes d’information et directeur de la sûreté
La Romanée Conti vedette chez Artcurial
Les élégants tanins des grands
crus de la Romanée Conti
ont toujours la cote auprès
des amateurs de vins et des
investisseurs. Les 29 et 30 juin,
Artcurial a organisé sa seconde
vente de vins de l’année, laquelle
a totalisé plus de 500 000 euros
de résultat. Les collectionneurs,
européens et asiatiques notamment, ont placé quatre assortiments de millésimes du domaine dans le top 5 de ces ventes.
En tête, un assortiment de 13 bouteilles du millésime 2005 a été adjugé 49 600 euros, soit
10 000 euros de plus que le prix estimé. Les autres millésimes n’ont pas été en reste. Un assortiment de 14 bouteilles 2010 a été acquis pour près de
48 000 euros, tandis que le lot du millésime 2014,
constitué de
14 bouteilles, est parti à
40 900 euros. Enfin, le lot de
11 bouteilles 2008 a été vendu 37 800 euros.
Tous sont partis au-delà de leur prix d’estimation. Les grands bordeaux ont également séduit les collectionneurs, comme
ce lot de 16 bouteilles de Petrus 2003, adjugé à
6 000 euros. « Le marché, en cette fin de saison et en dépit de la crise, reste soutenu pour les lots d’exception. Les domaines les plus recherchés, en Bourgogne comme à Bordeaux ou dans les Côtes-du-Rhône, continuent de séduire les amateurs », assurent Laurie Matheson et Luc Dabadie, experts du département Vins Fins & Spiritueux chez Artcurial. RR
   p Hyundai Motor France Maxime Nathan
devient directeur commercial de Hyundai Motor France
p Nissan Motor
laurent le Guilcher
est promu directeur du développement réseau et de la qualité de Nissan Europe
p oracle
emmanuel obadia
est vice-president of marketing EMEA CX applications d’Oracle
p Paris la Défense Georges Siffredi
élu président de Paris La Défense
p PMu
Romain Rogister
est nommé directeur des réseaux commerciaux du PMU
p Presstalis
Martine Bolâtre
a été promue directrice des services informatiques
p PSa Retail (Peugeot) Guillaume Faurie
directeur des ressources humaines France de PSA Retail
p Salesforce
jean-Pierre Binet
sera regional sales director Southern Europe de Salesforce
p technicolor
tim Spence
a été promu directeur des opérations
         Vous avez changé de fonction ? Faites part de votre nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !
10 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[Les villes françaises se mettent aux Verts
réunir... et réussir
galaxie
    Attention, c’est historique. Au gré de leurs victoires et de leur percée électorale dans la course aux grandes villes et mairies
françaises, les écologistes s’imposent in- déniablement comme une force politique de premier plan. On la sentait arriver, la vague verte a bien déferlé sur tout le territoire. L’écologie politique s’impose comme un incontournable, à deux ans de l’élection présidentielle.
Bordeaux, Lyon, Besançon, Poitiers, Annecy, Tours... Une vague verte his- torique a traversé la France ce dimanche 28 juin 2020. La percée des écolos dans les grandes villes est considérable, la bascule est historique pour Europe Écologie-Les Verts (EELV), propulsée force majeure de l’opposition, taux d’abstention élevé ou pas. Des résultats qui bouleversent l’ordre établi, à l’instar de la mairie bordelaise, fi- dèle à la droite de Jacques Chaban-Delmas et François Juppé depuis 1947! Le troi- sième maire de Bordeaux depuis l’après- guerre sera donc Pierre Hurmic qui bat au second tour Nicolas Florian, protégé de Juppé soutenu par LREM. Idem à Lyon, le berceau de la macronie, où Gré- gory Doucet met fin au règne de Gérard Collomb, dont le ralliement aux Républi- cains aura finalement été vain. Outre les mairies remportées par des maires éco- los à la tête de coalitions, EELV participe également à la victoire à Paris (Anne Hi- dalgo) et à Marseille (Michelle Rubirola). Malgré un second tour si particulier, mar- qué par la crise sanitaire et une très forte abstention (près de 60 %), les écologistes sont les grands vainqueurs du scrutin et la gauche socialiste se félicite de s’être al- liée aux Verts, pendant que la macronie et les Républicains comptent les pots cassés. C’est maintenant clair : les Français.es, ou du moins les votants de ce second tour, aspirent à d’autres modes de décisions politiques pour faire face aux urgences environnementales et écologiques.
Macron conserve la main... verte
Dans la foulée de l’annonce des résultats
et de la poussée des candidats écolos, le Président de la République s’est empres- sé de se prononcer sur les enjeux clima- tiques. Malgré le méchant revers encaissé par le parti présidentiel, le chef de l’État ne perd pas pied et reprend la main. Comme pour anticiper les critiques por- tant sur son manque d’engagement pour la conversion verte, le Président s’est enga- gé à mener deux référendums sur l’envi- ronnement. De quoi satisfaire les proposi- tions des 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat, reçus à l’Élysée ce lundi. Deux référendums donc, dont le premier devrait avoir lieu « d’ici à 2021 », et portera sur l’introduction des notions de « biodiversité, d’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique » dans l’article premier de la Constitution. De plus, Emmanuel Macron laisse la porte ouverte à un projet de loi spécifique intégrant directement des propositions de la Convention citoyenne. Cependant, le chef de l’État s’est montré ferme, en s’op- posant à trois propositions: les 110 km/h sur les autoroutes, l’inscription de l’écolo- gique comme valeur fondamentale dans le préambule de la Constitution et la taxa- tion à 4 % les dividendes des entreprises supérieurs à 10 millions d’euros, pour financer la transition écologique. Que l’exécutif évalue à 15 milliards d’euros sur deux ans – ce qui paraît peu au vu des 146 propositions –, et la mise en place d’un « fonds de transformation écologique », lors de la présentation du plan de relance cet automne.
Grâce à cette déferlante écologique mise en lumière et incarnée par les élections municipales, exécutif, parlementaires et politiques en tout genre ne peuvent plus se cacher: l’heure est à la mise au vert et à la réflexion sur notre bilan carbone et énergétique. Et les propositions pleuvent, à l’image du rapport rendu et présenté au Sénat le 24 juin par la commission de l’aménagement du territoire et du déve- loppement : 25 autres pistes pour lutter contre l’empreinte carbone du numé- rique. n aBa
serial rêveur
Didier Roche
Entrepreneur français aveugle depuis son enfance, il est notamment le directeur général et associé du groupe Ethik Investment, qui a créé entre autres le Spa « Dans
le Noir ? », où les esthéticiennes sont aveugles et la chaîne des restaurants « Dans le Noir ? », où les clients dînent dans l’obscurité totale, guidés et servis par des aveugles. Il est aussi président fondateur de l’association H’up entrepreneurs qui accompagne les entrepreneurs handicapés. www.didierroche.com / www.serialreveur.com / www.ethik-connection.com/
Quand le rêve a rendez-vous avec la vie
Vois-tu, Didier (tous m’ont tenu à peu près ce même propos), si le confinement nous a quelque peu empêchés d’agir, s’il a ralenti, voir frappé de plein fouet la réalisation de
projets, ce confinement ne nous a pas empêchés de rê- ver... Eh oui, que veux-tu, cher Didier, on ne se refait pas. Lorsqu’on est serial rêveur, on rêve notre vie et on veut vivre nos rêves.
Ce fut l’occasion, pour beaucoup d’entre ceux et celles que j’ai eu la chance d’interviewer pour mon média, de se recentrer sur des valeurs, notamment autour de la relation à l’autre. Une même idée circule chez eux et elles : être plus empathique, plus à l’écoute pour mieux accompagner leurs proches, leurs associés, leurs col- laborateurs afin de construire un avenir meilleur. Et qu’est-ce qu’un avenir meilleur ? Pour moi, c’est être à l’écoute de choses essentielles dans mon environne- ment. Comprendre le sentiment de la personne avec laquelle j’échange, comprendre le ou les besoins qu’elle m’exprime alors. Sans juger, qui suis-je d’ailleurs pour le faire, du bien ou du mal, du normal ou de l’anormal, évacuer tout ça pour écouter et mieux recevoir, et ain- si mieux accompagner. Sortir du jeu infernal de qui a raison, ne plus me sentir agressé, violenté par la ma- nière que l’autre peut avoir de s’adresser à moi, com- prendre, comprendre pour mieux permettre l’avenir: la réalisation de nos rêves en commun.
Quitter cet habit de victime dans lequel on se glisse parfois pour trouver un responsable quand on ne veut pas assumer ses choix. Abandonner le regard inquisi- teur que l’on pose parfois sur l’autre pour mieux le.la soumettre, voilà aussi des choses qui me semblent sal- vatrices pour notre futur. Être libre de choisir et dé- cider d’assumer seront incontestablement deux étoiles qui guideront mes pas. n
ecoreseau.fr juillet/août 2020
| 11
© olivier merzoug
]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[galaxie
réunir... et réussir
Airbus décroche...
L’industrie aéronautique internationale connaît une crise sans précédent. Airbus, géant du secteur et fleuron européen porté aux nues, est dans l’œil du cyclone. Après un mois de réflexion et d’analyse des perspectives du marché aéronautique, la nouvelle redoutée est tombée. Réunie en Conseil économique et social européen (CESE), la direction du groupe a annoncé un plan de restructuration d’ampleur, fondé sur la suppression de postes.
Selon les mots de Guillaume Faury, président d’Airbus, c’est « l’ampleur et la profondeur de la crise due à
la covid-19 » qui poussent aujourd’hui l’avionneur à faire le choix fort de la suppression de quelque 15 000 emplois d’ici à l’été 2021, donc 5 000 sur le territoire français. Un plan de restructuration concentré sur
le périmètre des avions commerciaux, qui compte près de 90 000 salariés dans le monde. Rapporté à l’ensemble des effectifs d’Airbus (135 000), le plan concerne plus de 11 % des salariés du groupe ! Plus précisément, 14 931 postes seront supprimés, dont
4 952 sur les 49 000 salariés que compte Airbus en France. Sur ces suppressions de postes français, 1 464 appartiennent à la filiale d’aérostructures Stelia Aerospace. Le même sort attend la filière allemande du groupe, avec 5 100 suppressions de postes. Viennent ensuite le Royaume-Uni, 1 700 postes et l’Espagne, 900 postes.
Jugement de valeurs
PEn temps masqués
récautions sanitaires obligent, rivés à leurs écrans, interdits de sortie nous n’avons pas complète- mais pas de travail. Avant, quelle que ment tombé les masques. soit la taille de l’entreprise, la règle Et nous avons retrouvé avec était plutôt à l’interdiction du télétra-
plaisir notre échantillon représentatif vail qu’à son encouragement. C’est du
À crise historique, mesures historiques
Une perte d’activité de plus de 40 %, un trafic aérien international cloué sur le tarmac et une perte sèche de 500 millions d’euros au premier trimestre... Airbus est mal en point. Guillaume Faury avait annoncé des décisions « difficiles » et « amères » à venir pour faire face à la crise. Et quelles décisions ! Il s’agit là de la plus grosse réduction d’effectifs et du plus gros plan de restructuration de l’histoire de l’aviateur européen. Le dernier vaste plan de réduction d’effectifs chez Airbus remonte à la crise de 2007, avec le plan « Power 8 » qui avait abouti à 10 000 suppressions de postes. L’américain Boeing, son rival de toujours, avait déjà annoncé 16 000 suppressions de postes en avril. La crise n’épargne personne. Et pour cause, selon les dernières études de marchés commandées par les avionneurs, le trafic aérien ne devrait pas retrouver son niveau d’avant crise avant 2023 au mieux. Airbus n’aura finalement pas pu éviter l’inévitable.
Dès avril, le groupe avait réduit sa production de
plus d’un tiers, voici maintenant venu le temps de l’adaptation structurelle des effectifs, jugée inévitable pour retrouver un semblant d’équilibre financier. Pour sauver les meubles, le groupe européen compte bien profiter du nouveau dispositif de chômage partiel de longue durée, qui devrait permettre aux entreprises
de l’aéronautique, en vertu de leur appartenance à
un secteur particulièrement touché, de bénéficier d’une aide financière de l’État sur deux ans. Car
fidèle à sa notion d’entreprise « stratégique », l’État
a tenté, mercredi, de démontrer au consortium que
les dispositifs d’aide devraient pouvoir « sauver »
2 000 emplois, sur les 5 000 menacés, ce qui n’est
pas rien. Mais tout en admettant la pertinence de la déclaration du secrétaire d’État aux Transports, Jean- Baptiste Djebbari, la direction d’Airbus n’a parlé que de 1 500 postes « sauvables ». Tractations d’autant plus essentielles quand il s’agit d’hommes et de femmes passé.es de l’essor fier à l’essorage penaud.
En outre, Airbus ne fait pas figure d’exception dans
la filière aéronautique occitane. Dans la foulée de l’annonce du plan de l’avionneur, les sous-traitants
et équipementiers aéronautique de la région lancent aussi leurs plans sociaux. Pour rappel, l’industrie aérospatiale emploie 110 000 salariés en Occitanie. aBa
    Béatrice
Genoux
Responsable Pôle Études/ Enquêtes CCI France
de chefs d’entreprise avec un moral qui repart à la hausse.
Bien qu’il soit nettement en-deçà des ni- veaux observés les années précédentes - l’arrêt brutal de l’économie est passé par là - l’indicateur de l’optimisme a en effet gagné 24 points entre mi-mai et mi-juin 2020. Si le terme de résilience n’était pas trop galvaudé, il prendrait ici tout son sens. 61% des dirigeants se déclarent même confiants pour leur entreprise dans les 12 prochains mois (soit plus 9 points). Naturellement cet état d’esprit est un peu moins positif dans les services où les entrepreneurs ne sont que 60% à partager cette rela- tive sérénité. Quant au commerce, sec- teur qui a fourni le gros des premiers de corvée si utiles pendant la crise, le pourcentage chute à 57%, avec des in- tentions d’embauche plus faibles.
C’est aussi de temps masqué dont il a été question pour nombre de salariés
moins ce que pointe notre enquête. Aujourd’hui 24% des dirigeants dont l’activité est compatible avec cette pra- tique envisagent d’augmenter la part de télétravailleurs dans leur entreprise, y compris (et ils sont 22%) ceux qui ne le pratiquaient pas. De fait, la responsabi- lisation des collaborateurs est une pra- tique managériale appréciée par plus d’un dirigeant sur 2 (61%, dont 7% qui pensent la renforcer à l’avenir). Il en va de même pour la gestion en mode agile des projets (60 % d’adeptes dont 9% qui comptent y recourir davantage). L’orga- nisation des espaces de travail semble en revanche peu amenée à évoluer : le flex office, par exemple, n’est envisa- gé que par 1% des dirigeants ayant au moins un salarié.
Voilà de premiers enseignements sur de nouvelles façons de faire que nous suivrons avec attention.
Pour l’heure, je me ... déconnecte. n
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juillet/août 2020 ecoreseau.fr
Retrouvez l’intégralité des résultats de la grande consultation sur
www.grandeconsultation.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[... et Fessenheim ferme
Quarante-trois ans après sa mise en service, la centrale nucléaire de Fessenheim a définitivement cessé toute activité, après l’extinction de son second et dernier réacteur lundi 29 juin à 23 heures. Un processus de fermeture de la centrale entamé avec l’arrêt du premier le 22 février. Et qui continue à nourrir les controverses.
Elle était à l’ordre du jour depuis plusieurs années
et fruit de débats incessants entre partisans du statu quo et militants de la transition énergétique :
la fermeture de la centrale nucléaire alsacienne
est désormais actée. En activité depuis 1977, Fessenheim, doyenne des centrales françaises,
ne sera pas cinquantenaire. Comme pour l’arrêt du premier réacteur, l’opération qui a eu lieu dans la nuit du lundi 29 juin au mardi 30 a consisté en une baisse progressive de la puissance du second réacteur.
La centrale est de fait définitivement déconnectée du réseau électrique. Mais le chemin est encore
long avant la fermeture totale du site du Haut-Rhin (68). Quatre étapes restent à franchir avant la fin
de la démolition prévue pour 2040 et la fermeture totale en 2041 : démantèlement électromécanique, assainissement des structures, démolition des bâtiments et enfin réhabilitation du site (le « retour à l’herbe », comme on dit). Une opération fastidieuse et très coûteuse (entre 250 et 500 millions d’euros pour chaque réacteur).
Loin de porter leur regard jusqu’en 2040, les détracteurs de la fermeture n’ont pas attendu
pour faire entendre leurs critiques. Avec en tête
une affirmation qui, il faut le dire, paraît curieuse
au premier abord : la fermeture de la centrale
de Fessenheim est une mauvaise nouvelle pour l’environnement.
une fermeture en questions
Entre partisans de l’atome, syndicalistes et élus locaux, les craintes et les regrets ne manquent pas autour de Fessenheim. « Un gâchis économique, social et environnemental », dénonçait Jean-Luc Cardoso, délégué CGT à la centrale, auprès de nos confrères de France Bleu Alsace, « ça va devenir une catastrophe sociale ». Selon le syndicaliste, les promesses de maintien des emplois des salariés de la centrale ne seront pas tenues. Pour rappel, le site emploie 650 salariés d’EDF et 300 d’entreprises prestataires. De son côté, Élizabeth Borne, ministre de la Transition écologique, et EDF, affirment le contraire.
Outre le sort des employés, les détracteurs de la fermeture vont jusqu’à dénoncer « un écocide », causé par la future compensation de l’énergie perdue. La question : comment remplacer une capacité de production annuelle de 1,8 gigawatt ? Selon la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), la transition
se fera dans la douleur puisque l’arrêt de la centrale provoquera des émissions additionnelles de CO2 de l’ordre de 10 millions de tonnes par an. Rien que ça. La cause ? Le recours, suppose la SFEN, à des centrales à charbon ou au gaz pour alimenter la région. S’il est indéniable que les énergies fossiles émettent plus de CO2 que l’exploitation nucléaire, le raisonnement de la SFEN est à relativiser : la stratégie française de fin du tout nucléaire s’accompagne d’une dynamique de fermeture des dernières centrales à charbon,
d’ici à 2026, au bénéfice des énergies renouvelables. L’inquiétude concernant l’approvisionnement de la région Alsace en énergie n’en est pas moins légitime,
rappelons que Fessenheim produisait 90 % de l’électricité du territoire. Mais EDF l’affirme : aucune pénurie n’est à prévoir, grâce au réseau électrique européanisé, la région sera fournie par d’autres centrales du continent.
Malgré tout ce tintouin, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’est présenté ce mardi 30 juin sur les ondes de BFMTV et RMC comme un « défenseur du nucléaire », en réaffirmant la « pertinence »
de l’énergie nucléaire, garante, selon lui, de notre
indépendance énergétique. « Je veux bien qu’on me dise qu’il faut réindustrialiser le pays [...], mais il ne faut pas fragiliser nos atouts stratégiques, dont le nucléaire », a-t-il ajouté. Une chose est sûre, avec la fermeture de Fessenheim, la première pierre de la politique de transition énergétique est... déposée. Pour rappel, l’exécutif souhaite limiter la production d’électricité d’origine nucléaire à 50 % en fermant douze nouveaux réacteurs d’ici à 2035 (contre 70 % aujourd’hui). aBa
réunir... et réussir
galaxie
  ecoreseau.fr juillet/août 2020
| 13
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[ réunir... et réussir
DoSSieR RÉaliSÉ PaR,
oliVieR MaGNaN, MuRielle WolSKi, CHaRleS CoHeN, aDaM BelGHiti alaoui, jeaN-BaPtiSte CHiaRa, jeaN-MaRie BeNoiSt
1 Entreprendre autrement
• Télétravail, nouvelle norme
• Made in France, vraiment ?
• Revenir dans un bureau en état de siège !
2 Territoires : les rebonds des régions
3 Mapping de l’innovation : le souffle de l’après-covid sur terre 4 Le journal du futur : prêt à affronter l’ennemi invisible
p. 16
p. 22 p. 24 p. 26
villes que devront remodeler les nouveaux élus EELV dans une France « démondialisée » où le made in va tenter sa chance. Et comme le projette notre journaliste du futur, nous allons réunir et réussir dans un monde où les épidémies ne nous prendront plus au dépourvu. Au moins. oM
Derniers volets de la trilogie de nos éditions spé- ciales « covid » (Tenir... et réfléchir en avril, Re- bondir... et s’affranchir, mai-juin), voilà de quoi «Réunir... et réussir»: nous entrons dans un monde entrepreneurial nouveau, avec, pour les entreprises et leurs bureaux, un nouveau mode de travail « déporté », le télétravail, qui pourrait d’au-
tant plus devenir la « norme » que les contraintes imposées au nom de la sécurité du.de la salarié.e transforment les bureaux en bunkers: distancia- tion, sens de circulation, réunions sous haute sur- veillance, gels à tous les étages et machine à café sous caméra en solo (et non Caméra Café avec Bruno Solo!). Impact sur les transports dans des
entreprendre & innover
14 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
D’une crise naît le « nouveau raisonnable » oliVieR MaGNaN Chocs et créations
avec l’individualisme forcené délétère et de sortir du cycle crise > dépression immunitaire > montée du cortisol, l’hormone du stress.
Le « bon stress » est créatif. Quand Hewlett-Packatd, Toys
« R » Us ou Domino’s Pizza apparaissent, c’est en pleine période de crise ou d’inflation. La moitié des entreprises américaines recensées aujourd’hui par Fortune 500 sont nées de crises et de débâcles boursières comme l’établit
De la disparition des dinos à la
crise de 1929, celle de 2008-2009
et désormais la crise sanitaire
mondiale, en passant par la chute
de l’Empire romain, la crise des
tulipes de Hollande en 1637 ou les
chocs pétroliers, notre brave new
world, le meilleur des mondes à la
Orwell, s’est toujours transformé
sous l’effet de ces krisis qui, en
grec ancien, signifiaient « décision
entre deux choix ». De la crise de
1929 sont nés, pour le meilleur
etpo1urlepire,lesmatières communication. Il s’agit d’en finir Emmanuel Macron. n norme, l’anti-fragilité
 plastiques, la radio de masse,
le ciné populaire, la télévision, l’aviation, la pénicilline, le nylon ou le radar.
Qu’on ne se la raconte pas : malgré tous les efforts
entrepris pour, surtout, revenir
à la « prospérité » d’avant
(pour certains), les trois crises majeures qui nous secouent – sanitaire, climatique et sociale
– ne se résoudront pas à coups d’élections et de « gadgets » de
la Fondation Ewing Marion Kauffman. Or, au moment où
le monde est essaimé par des millions de start-up, on comprend que ces graines d’entreprises fondées sur des ressorts autres que la SARL du siècle dernier
se révèlent beaucoup moins sensibles aux retournements conjoncturels. Notre brave new world va tâtonner, mais se trouver de « nouveaux chemins » comme le pressent si bien le Président
à avoir réfléchi au
« nouveau raisonnable », sa projection dans
le futur à partir des attentes du « nouveau consommateur » (Post- covid-19 consumer habits & corporate strategies : guessing the ‘new reasonable’. https://info.fabernovel. com/fr/post-crise- covid-19-habitudes- de-consommation-et- strategies-dentreprise). Dans son rapport, Fabernovel dégage
5 scénarios : « la distanciation physique/ sociale comme nouvelle
Entreprendre autrement Télétravail : bientôt la norme ?
En trois mois, le télétravail imposé a fait gamberger et rédiger les théoriciens de l’organisation. Les commentateurs de tout poil y ont même vu l’un des piliers du monde du travail de demain. Véritable panacée pour tous ! Et si le tableau n’était pas si idyllique qu’il n’y paraissait de prime abord... ?
le « nouveau raisonnable » de Fabernovel
Fabernovel, entreprise internationale de création de produits et de services numériques, fondée en 2003 par Stéphane Distinguin, donc d’origine française, est l’un des premiers
et l’adaptabilité, le
lien aux données, des espaces remodelés
et un intérêt pour le collectif ». Il est urgent de « penser à l’après », estiment les auteurs pour s’établir dans les enjeux nouveaux des sociétés. À commencer par la santé : elle
en passera par l’informatique et les IA pour parer rapidement les épidémies.
Les entreprises vont adapter leurs modèles « pour anticiper et traverser les prochaines crises (résilience),
mais aussi tirer profit de ces situations exceptionnelles ». n
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juillet/août 2020 ecoreseau.fr
Google n’affiche pas moins de 20 800 000 ar- ticles qui traitent du té- létravail. Le flot n’est pas
près de se tarir. « Les entreprises avaient essayé de lancer cette nou- velle modalité, commente Domi- nique Lemaire, directeur national du réseau IFAG, Institut de for- mation aux affaires et à la gestion – 18 établissements en France –, seul le coronavirus aura permis de le mettre en place. Il a accéléré ce qui aurait mis encore des an- nées à aboutir, en raison des réti- cences, nombreuses. » De part et d’autre de l’Atlantique, des effets d’annonce se sont multipliés avant
même la chute du coronavirus. Chez Twitter, PSA, Facebook et la plupart des géants, la téléorganisa- tion s’est mise en place en quelques jours... Demain, sera-ce 100 % de télétravail pour tous ?
À marche forcée
Rien de bien révolutionnaire à par- ler télétravail pour Caroline Diard. Aujourd’hui enseignante-cher- cheuse au sein d’EDC Paris bu- siness school, elle se rappelle avoir déjà étudié cette thématique en 1995, lors de son stage de fin d’études au conseil régional d’Île- de-France. « À l’époque, à ce sujet, mes pairs avaient souligné le vide
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[les 5 scénarios du nouveau raisonnable
en couverture
entreprendre & innover
  la distanciation physique, nouvelle norme sociale uPaiement mobile ou sans contact, e-commerce pour les courses et éducation à distance, plus télétravail, sont susceptibles d’« adoption massive ».
uLe virage du numérique est désormais indispensable pour une viabilité en ligne.
uIl s’agit de réfléchir à
la manière de concilier
le « besoin de proximité nécessaire à la fidélisation et les exigences sanitaires ».
anti-fragilité et capacité d’adaptation pour générer
de la valeur
Estimer la valeur d’une entreprise se heurte à l’incertitude de la pandémie et
à la volatilité des marchés. Pour réussir dans le monde de demain, les entreprises devront sans doute mieux démontrer leur capacité
de résilience, et donc leurs perspectives de croissance
à long terme, approche systémique – et équilibrée entre – les parties prenantes – à la clé. Vision stratégique de long terme et pris en compte des actifs incorporels majeurs – clients, talents, écosystème, infrastructure ou impact externe de l’entreprise (sociétal et environnemental). « Adapter en fonction des réactions du marché sa communication, ses investissements et son business ».
Bouleversement du rapport
à la donnée et à l’intelligence artificielle va être bouleversé La crise sanitaire est sur le point de balayer un principe fondamental, la protection de
la vie privée, en dépit du RGPD. uCréation de consortiums internationaux de référentiels de données de santé – issues des appareils
portables connectés et des hôpitaux.
u Analysées par des IA et des modèles prédictifs pour traiter sans délai les porteurs de maladies contagieuses, partagées avec les médecins.
les villes, les magasins et les lieux de travail remodelés
u Magasin, entreprise, gare devraient s’adapter aux nouvelles normes nées de
la crise : par exemple, une usine ou un supermarché compatible « gestes barrières ».
uModèle urbain alternatif de l’expérience utilisateur dans les espaces clos.
u Hypothèse de l’exode urbain, avec une économie repensée autour de services plus inclusifs et plus
homogènes.
L’intérêt collectif « réel et tangible »
uCristalliser collaboration et coopération entre entreprises privées et gouvernements dans un souci environnemental : chute de la pollution, « consortiums mis en place en quelques jours », pour « combiner le modèle de croissance avec inclusion et durabilité ».
les entreprises devront arbitrer entre court
et le moyen terme
uÀ court terme, préserver le modèle économique et les actifs actuels.
u À moyen ou long terme, renforcer ou créer des facteurs de différenciation pour une croissance à long terme à travers les 5 piliers
de création de valeur de Fabernovel pour une approche systémique :
• les talents à intégrer dans
le cadre du travail et de la formation continue à distance. • l’écosystème : développer et pérenniser les relations avec les gouvernements après la crise.
• impact social et environnemental : respecter et amplifier les engagements environnementaux et sociétaux malgré des contraintes budgétaires fortes.
• infrastructure : « chaîne de production plus résiliente via une agilité renforcée et un changement dans le sourcing des partenaires »
• Clients : dans un environnement nettement plus virtualisé.n
expertise, plus la relation person- nalisée prend une dimension im- portante. »
Nouvelle fracture sociale ?
Tout fraîchement élue à la tête de la French Tech One Lyon-Saint- Étienne, dirigeante de Troops, Émilie Legoff n’a pas créé d’élec- trochoc avec la mise en place du télétravail pour ses 30 collabora- teurs. Depuis un an, le parti pris de Troops (spécialiste de la numérisa- tion des RH pour les groupes d’in- térim) est clair : « Ils.elles viennent quand ils.elles le veulent. A mini- ma deux jours par mois. Un choix qui s’est imposé à moi sur des pro- fils en tension. Ils ne vivent pas tous.tes à proximité de la capitale des Gaules. »
Les outils numériques, Jona- than Vidor les connaît très bien, ses équipes réparties à Shanghai, Montpellier, Paris et Genève aus- si. Discord pour recréer un tchat vocal, le partage d’écran comme au bureau, tout a roulé très vite en mars. Même écho du côté de Pas- cal Grémiaux, fondateur d’Euré-
 juridique qui entourait cette no- tion. On est en train de réinventer ou de redécouvrir des concepts assez anciens, finalement. » 1995- 2020: en 25 ans, la formule a pour- tant eu du mal à séduire, en dépit des ordonnances Macron de sep- tembre 2017 qui ont tenté de faci- liter sa mise en place. Pour preuve, juste avant la crise, seuls 9 % des collaborateurs.trices d’entreprises le pratiquaient régulièrement, dixit une étude de Malakoff Médéric Humanis de février 2019. « Un ac- cord sur le télétravail signé par un grand groupe bancaire en excluait, il y a peu encore, les conseillers pour les clients professionnels, ra- conte Andjelika Kichian, experte RH au sein de l’Institut Mines Té- lécom (IMT) Business School. La raison ? Des conditions techniques pas réunies, pas assez de bande passante pour transférer les don- nées... » En mars ou avril, entre 5 et 8 millions de salarié.es sont res- tés travailler à domicile, soit 40 % d’entre eux.elles. La banque n’a pas échappé au télétravail à « marche forcée », pour reprendre l’expres- sion d’Andjelika Kichian.
Prémices d’une rentrée sociale crispée ?
Plus de huit Français.es sur dix se disent satisfait.es du télétra- vail (sondage Odoxa-Leyton-Sap, juin 2020). Mais des voix discor- dantes commencent à se faire en- tendre. « Trop d’articles positifs ont été publiés, déplore Jonathan Vidor, fondateur de JVWEB, spé- cialiste en e-marketing, des ar- ticles pas suffisamment ancrés dans la réalité. » Justement. « On se trompe de réalité, lance d’entrée de jeu Nathalie Fontaine, chargée d’enseignement chez Neoma Bu- siness School. Ce que viennent de vivre les salarié.es n’est pas du té- létravail, mais du “ home office”. » La différence ? « Le “ home office” est totalement improvisé, sou- ligne-t-elle, quand le télétravail est cadré par la loi. Que réclament au- jourd’hui les salarié.es ? L’autono- mie que la situation leur a conférée, la capacité à choisir les activités à assurer, l’ordre pour les faire, une posture pourtant pas tout à fait compatible avec les prérequis de la performance. Un DRH s’est en- tendu dire il y a quelques jours par l’un de ses salariés: “Je ne veux pas
reprendre le travail parce qu’il va faire trop chaud !” Je n’imagine pas que ce modèle soit pérenne. L’or- ganisation du travail est d’ordre stratégique pour une entreprise. La confusion est grande entre ce que veulent entendre les collaborateurs et ce que veulent les employeurs. La démocratisation du télétravail va devenir un sujet de crispation à la rentrée. »
Les zèbres sceptiques
Responsable du master Digital RH de l’École de management Léo- nard de Vinci (EMLV), Michel Delmas a inscrit une figure impo- sée dans son programme : la pro- mo des étudiant.es doit réaliser un sondage. Coronavirus oblige, les jeunes en 2020 ont choisi de ques- tionner leurs congénères sur le té- létravail. Surprise. 60 % de ceux. celles que l’on qualifie pourtant de « digital native » souhaitent qu’il reste exceptionnel. « Ils.elles ont bien compris qu’ils.elles avaient plus à perdre qu’à y gagner, com- mente l’enseignant. La situation de travail s’est pas mal dégradée. RH est un métier de contact, et non pas de distanciation. Plus on s’élève en
  ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 17
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
 cia, spécialiste des logiciels de ges- tion RH. La charte du télétravail a été travaillée il y a cinq ans. Tous trois ne sont plus à convaincre de l’intérêt du télétravail. Mais « tout est une histoire de dosage », dixit le patron d’Eurécia. Et puis des pans entiers de l’économie en sont ex- clus. Il n’y a pas que le numérique dans la vie !
« Longtemps, le travail dans une petite structure avait un côté “germinal”, commente Jonathan Vidor, mais ça s’est amélioré. La distinction s’est faite après, entre cadres et non-cadres. Avec le té- létravail, se recrée l’opposition cols blancs d’une part, cols bleus d’autre part. Aux seconds, les em- bouteillages, les horaires fixes...
De quoi créer deux ambiances dans l’entreprise, ajouter une frac- ture. Plus tard, on entendra, je fais du télétravail parce que j’ai bien travaillé à l’école... » Fracture so- ciale 4.0 ou fracture 19, pour co- vid-19. « Le bureau est un endroit sanctuarisé, ajoute Andjelika Ki- chian, tous.tes les salarié.es y sont sur un pied d’égalité. Un process qui n’est plus de mise, à domicile. Pour autant, l’employeur aura-t- il le droit de poser des questions sur la configuration du logement, le nombre d’enfants... ? » Le té- létravail, perçu comme accéléra- teur, non pas de particules, mais de tensions. On l’entend peu. Or Émilie Legoff reconnaît avoir eu « du mal à les désamorcer ». Rai- son pour laquelle elle ne se voit
pas développer 100 % de télétra- vail.
La QVTD, après la QVT?
Nathalie Fontaine parle toujours sans détour. « Si le lieu du travail est différent, quid de la Qualité de vie au travail, la QVT? Le ou la happyness chief officer, à quoi sert-il.elle dans ce cadre-là, avec des salarié.es à domicile ? C’en est terminé du babyfoot ou de la fon- taine au chocolat ? » L’édition 2020 de la semaine de la QVT s’est dis- crètement tenue du 15 au 19 juin, d’ailleurs. Pas facile de transposer ces bonnes intentions au domicile de chacun. Et de développer la QVTD, la Qualité de vie au travail à domicile. « Les Whatsapéros de- vant les écrans fonctionnent bien,
analyse Charles Chantala, senior sales director chez Indeed France, à condition d’avoir déjà réussi à créer du lien. » Le télétravail ? Un vrai chamboule-tout. « Veiller à l’ergonomie du poste de travail, détaille Dominique Lemaire, in- combe à l’employeur. La respon- sabilité de la sécurité se déplace au domicile. Qu’en est-il aussi du
Le made in France, gagnant de la crise ?
C’est l’un des grands enseignements de la crise sanitaire et de son corollaire, la crise économique : le made in France est de retour. Ou du moins, le vent lui semble favorable. Entre nouvelles exigences des consommateurs, besoins stratégiques et mise en valeur des savoir-faire français, il y a du patriotisme économique dans l’air. Et un sacré casse-tête pour l’exécutif.
respect des
Quel est le
Le risque pendant le confinement était majeur. Toutes les entreprises étaient en défaut. On est en rup- ture par rapport à tout ce que l’on
a vendu jusque-là ! Le.la perdu en protection. »
salarié.e a
normes électriques ? coût des diagnostics ?
Après la marche forcée, « la marche arrière » ?
MuRielle WolSKi
 Àl’heure du ralentisse- ment forcé de la «glo- balisation», en français mondialisation, vieille
rengaine oblige, l’idée d’indépen- dance économique et d’un made in France retrouvé refait son trou. De l’avis de nombre d’observa- teurs économiques, la pandémie a mis en lumière une dépendance industrielle et stratégique trop im- portante, notamment vis-à-vis de la Chine et de l’Asie en général, en particulier pour l’industrie phar- maceutique. Mais surtout, en paral- lèle d’une conjoncture économique inédite, les Français.es revoient leurs habitudes de consommation, alimentaires et vestimentaires en tête, au bénéfice de la production française. Manger local, acheter français, s’habiller chez nos bonne- tiers, pas forcément une évidence après plusieurs décennies de délo- calisations industrielles massives hors de l’hexagone. Mais malgré quelques contradictions, la nécessi- té d’une souveraineté économique semble faire consensus. De son côté, Emmanuel Macron affirmait le 31 mars qu’il fallait « produire davantage en France ». Un constat qui n’étonne pas Sarah Guillou, économiste et directrice adjointe
du Département innovation et concurrence à l’OFCE: « Il est vrai qu’en France, on revient souvent à la rengaine du patriotisme écono- mique, le discours politique y a tou- jours été favorable et la conjoncture actuelle va dans le sens de ce pen- chant français, bien plus important que chez nos voisins européens. » Entre aspirations ancestrales et ré- alités économiques, la marche est haute, selon l’économiste. Mais le made in France ne relève plus du seul discours patriote, il trouve un nouveau souffle dans le mouve- ment écologique.
Made in France et écologie, tendances de fond
Une campagne présidentielle de 2012 marquée par la mode du made in France et du patriotisme industriel pour lutter contre le chômage, Arnaud Montebourg et sa fameuse marinière en une du Parisien magazine... La classe politique l’a compris, parler made in France, c’est vendeur. Selon un sondage Odoxa-Comfluence, 90 % des Français.es désirent que l’État pousse à la relocalisation de la production de médicaments et des entreprises industrielles, au risque d’une hausse des prix.
Pourquoi aller chercher à l’autre bout du monde quelque chose qu’on a ici et souvent de meilleure qualité ? – Brice Lambert, Chevrons
   Côté alimentaire, même son de cloche : 60 % des consommateurs affirment privilégier dorénavant la production de leur région, pour soutenir l’économie (sondage Ip- sos). Élan éphémère dû à la crise sanitaire ou véritable dynamique durable, toujours est-il que les Français.es se montrent sensibles et réagissent à la conjoncture. Une situation que Sarah Guillou explique simplement : « Les ten- sions d’approvisionnement dues à la pandémie ont eu deux consé- quences : l’arrêt de la production dans certains pays et donc l’arrêt de l’approvisionnement, étant donné l’interdépendance pour tout ce qui relève du manufacturier. La situa- tion a questionné les pays sur leur autonomie et leur insertion dans la
chaîne de valeur mondiale. » Lo- giquement, et par ricochets, tous les grands producteurs mondiaux ont eu le réflexe d’alimenter et de se préoccuper en priorité de leur marché local. De quoi remettre le made in France sous les projec- teurs. Et ce made in France là n’est plus seul, il a su trouver un second ressort dans le mouvement écolo- gique. « Produire en France de la bonne façon, ça a un impact écolo- gique positif direct, made in France et écologique sont directement liés », affirme Samuel Holichon, fondateur d’Another Way, jeune pousse française qui développe des solutions écologiques, à base de cire d’abeille notamment pour
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]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[                 UNE BANQUE QUI SE BAT POUR LES ENTREPRISES.
Aux côtés des entrepreneurs,
avec constance, technicité et créativité.
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]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
remplacer les produits jetables du quotidien. L’écologie, voilà bien un enjeu qui tend à s’imposer parmi nos principales préoccupations, ce ne sont pas les élections munici- pales de cette année qui nous di- ront le contraire. « Les préférences écologiques structurent de plus en plus les attentes des citoyens, ça a donc du sens pour les entreprises d’investir cette dimension de leur production, l’argument écologique et la production locale justifient notamment la différence de prix », analyse Sarah Guillou. Produire français et écolo, nouveaux mots d’ordre d’un entrepreneuriat fran- çais prêt à faire la différence, dans tous les secteurs.
Protéger les savoir-faire français, l’exemple des
« petits »
En surfant sur cette vague favo- rable à l’entrepreneuriat made in France, de jeunes pousses fleu- rissent chaque année, portant en elles des valeurs locales et éco- logiques prépondérantes. Brice Lambert, fondateur de Chevrons, est l’un de ces entrepreneurs « nou- velle génération ». Sa marque de denim 100 % français, lancée en plein confinement, s’inscrit dans une perspective en rupture avec l’industrie textile internationale d’aujourd’hui, ultra-fragmentée et ultra-polluante. « Dans l’univers textile, le jean est l’archétype du produit anti-écoresponsable, il est créé à base de coton, très gourmand en eau, et parcourt en moyenne
65 000 km avant d’arriver sur les étals, résume Brice Lambert. C’était donc un beau challenge à relever : produire des jeans français écoresponsables. » Chevrons est un de ces « petits » qui montrent la voie aux « grands » du secteur. Le patron de la marque clame ses va- leurs : « Le simple fait de favoriser la production locale et de réduire les transports, c’est intégrer des pra- tiques plus écoresponsables. Pour- quoi aller chercher à l’autre bout du monde quelque chose qu’on a ici et souvent de meilleure qualité ? » Des produits de qualité mais à quel prix? C’est l’un des défis du made in France : rester accessible. Un défi que relève Renaissance Luxury Group. Fondé en 2014, il se donne pour mission de revitaliser des entreprises françaises de la mode et du bijou et de pérenniser ces sa- voir-faire. Et pour cause, toutes les entités du groupe ont reçu le label d’« entreprise du patrimoine vi- vant » pour une production fran- çaise ancestrale. Son président, Éric Lefranc, livre la recette: « On est parti sur une stratégie de marque basée sur l’innovation et l’indus- trialisation, pour valoriser le made in France et le rendre accessible. Quand on a repris le groupe GL Paris, 50 % de la production étaient délocalisés en Asie. Aujourd’hui, on est à 75 % de fabrication en Ar- dèche pour les bijoux et 100 % en Bretagne pour le cuir. » Citée plus haut, la jeune pousse Another Way accélère encore plus la démarche au nom de l’écolo et du social
d’abord, du made in France en- suite. Samuel Holichon : « Au mo- ment du lancement, aucune usine en France ne maîtrisait le process pour confectionner notre embal- lage en cire d’abeille, on a donc préféré sous-traiter à l’étranger le temps d’installer l’activité. Un an après, on a relocalisé toute la pro- duction en France. » À son enga- gement écolo, Another Way ajoute un engagement social : la marque fait déjà travailler des personnes en situation de handicap et vise de de- venir une entreprise à mission.
Le compromis
d’un made in Europe
Malgré la multiplication des dé- marches entrepreneuriales simi- laires à nos trois défenseurs du made in France et de l’écologie, chacun dans leur secteur, l’écono- mie française dans son ensemble et ses gros poissons semblent en- core loin d’une révolution. « Il se manifeste une forme de naïveté à croire qu’on va faire une croix sur la globalisation », souligne Sarah Guillou. Pour l’économiste, si le contexte actuel est favorable au made in France, il est futile, voire idéaliste, de préconiser des reloca- lisations des unités de production à tout va. D’autant plus qu’il faut savoir de quoi l’on parle : « Il y a de la délocalisation mais aussi de la localisation, si une entreprise s’implante à l’étranger c’est le plus souvent pour s’assurer l’accès à ce nouveau marché. Et dans ce cas, il n’y a pas de substitution, il s’agit
Entreprise bunkérisée
sous la surveillance du juge...
d’étendre une activité qui n’a au- cune raison d’être localisée en France, il ne faut pas tout mélan- ger. » Autrement dit, la relocali- sation en France est à réfléchir au cas par cas. Elle n’est pas toujours souhaitable, la production locale n’est pas la solution miracle. « On peut juger nécessaire une reloca- lisation pour un type de produits dans le cas où il existe une tension sur l’offre de ce produit à l’étran- ger sur laquelle on n’aurait pas de levier, diagnostique Sarah Guillou. On peut estimer que relocaliser la production de médicaments sur le sol européen est nécessaire, mais la relocalisation prendra alors un sens européen, pas national. » Voilà ce que préconise notre économiste estampillée OFCE : un made in Eu- rope, plus performant qu’un made in France jugé trop protectionniste. Attention, avis tranché : « Je suis convaincue des bienfaits d’une production localisée à l’échelle européenne, en premier lieu parce que, grâce à cette échelle de pro- duction, on pourrait produire en plus grande quantité pour un plus grand marché et donc réaliser des économies d’échelle. L’échelle du marché européen est comparable à celle des marchés américains et asiatiques, ça aurait donc du sens en termes de capacité de produc- tion, d’exportation et d’influence sur les prix. » Alors, renouveau du made in France, développement du made in Europe ou statu quo? Faites vos jeux.
aDaM BelGHiti alaoui
prise de dresser
état des lieux et passer au crible les mesures de prévention nécessaires en fonction de ses contraintes spé- cifiques et des impératifs régle- mentaires et sanitaires. »
Des risques à évaluer
Avec, en premier lieu, une actua- lisation nécessaire du Document unique d’évaluation des risques professionnels (Duerp) – obli- gatoire pour les entreprises d’au moins un salarié – face à ce chan- gement majeur des conditions de travail. « Or une part importante des entreprises sont encore en retard dans cette mise à jour », avertit Olivier Hassid, soit envi- ron un tiers d’entre elles, selon une étude de l’ANDRH (Association nationale des DRH) d’avril 2020. À l’INRS (Institut national de re- cherche et sécurité), on préconise même d’élaborer, en complément, un plan de reprise d’activités, « certes pas obligatoire sur le plan
Revenir dans un bureau
en état de siège !
Trois mois ou presque sans revenir « au bureau », puis entrer dans sa boîte quelque peu adaptée aux contraintes sanitaires et de sécurité, lot de millions de salarié.es et collaborateur. trices. Horaires décalés, réaménagement des locaux, gestes barrières. Pendant le confinement, les « boss » ont bossé. Le réaménagement va durer. À quoi ressemble une entreprise d’après covid ?
ration de la part des chefs d’entre- prise, DRH en tête. Car l’équation est de taille pour de tels décideurs, responsables de la santé et sécurité de leurs salarié.es : articuler la re- prise essentielle de l’activité avec leur protection absolue ! Pour les aider à satisfaire leurs obligations légales en la matière, le ministère du Travail a publié un protocole national de déconfinement. « Un document très utile qui liste les conditions optimales dans les- quelles doit se faire le retour des collaborateurs, indique Olivier Hassid, associé au sein du cabinet PwC, même si c’est à chaque entre-
«L
a moitié des sala- riés étaient déjà re- tournés sur site à la
de la recherche, des études et des statistiques. Lentement mais sû- rement, les locaux des entreprises se repeuplent donc, mais ce retour « physique » sur le lieu de travail suppose une bonne dose de prépa-
fin du mois de mai, contre un tiers fin avril », constate la Dares, Direction de l’animation
20 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
ensuite son propre
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[réglementaire mais très utile par rapport au risque de transmission de la covid-19 », estime Jennifer Shettle, responsable du pôle juri- dique au sein de l’institut. Mais en quoi consiste un tel plan de re- prise ? En une démarche d’évalua- tion et de prévention des risques professionnels, dit la juriste, « pour éviter qu’un salarié malade ne contamine ses collègues ou que les salarié.es de l’entreprise ne soient contaminé.es dans l’exercice de leurs fonctions ». Le tout en tenant compte des modalités de contami- nation et de la notion de contact étroit, d’après l’INRS. Selon le mi- nistère du Travail, un espace mini- mum de 4 m2 par salarié doit pour l’instant s’appliquer, règle vouée à assouplissement. Sans oublier le séquencement des activités et la mise en place d’horaires décalés et plus étalés. Autant de mesures qui – en limitant les risques d’af- fluence et de concentration des personnels –, respectent les gestes barrières et les règles de distancia- tion physique. C’est dire si chaque entreprise doit revoir de A à Z la gestion des flux de circulation et donc toute son organisation, bien au-delà de la nécessaire désinfec- tion renforcée de ses locaux !
Kit d’accueil
Un chantier colossal qui s’articule autour de « l’analyse d’environ huit catégories types de situations pro- fessionnelles jalonnant les étapes clés de la journée d’un salarié », décortique Audrey Richard, pré- sidente de l’ANDRH. À commen- cer par le volet des déplacements, notamment en transports en com- mun, « un usage que nombre d’en- treprises recommandent de rem- placer par le vélo électrique alors que certaines régions proposent des aides financières à l’achat en la matière ». À l’instar de l’Île-de- France, avec une prime jusqu’à 500 euros ! Sinon, place aux trajets en voiture, « en favorisant notam- ment le covoiturage, s’il n’a pas déjà été déployé comme c’est le cas dans de plus en plus de sociétés qui ont eu le bon réflexe de s’y engager – mais cette fois, à deux personnes maximum dans le véhicule, le pas- sager assis à l’arrière », indique la présidente de l’ANDRH. Bigre, de quoi se sentir VIP avec chauf- feur et risquer d’affronter un trafic monstre ! Au surplus, des trajets en voiture soumis aux gestes bar- rières jusque dans les parkings d’entreprise: port du masque, dis- tanciation physique, portes d’ac- cès toujours ouvertes pour éviter tout contact avec son badge, etc., comme le conseille l’association.
À l’heure où les joyeux fêtards s’en donnent à cœur joie dans les rues, le monde du travail va avoir du mal à imposer ses nouvelles contraintes.
Car le rituel ne s’arrête pas à la porte d’entrée de la société. « Après presque trois mois d’isolement des salarié.es chez eux, c’est certaine- ment le lieu, l’entreprise, où ils. elles doivent se sentir d’emblée en
bureaux. Mot d’ordre, optimiser la gestion des flux. Un impératif bien sûr appliqué au sein du restaurant d’entreprise et de la cafétéria, si tant est qu’on les ait conservés. Certaines entreprises rivalisent tellement d’ingéniosité pour sé- curiser leurs locaux « qu’elles pro- posent même un système d’ouver- ture des portes de bureaux avec... le coude ! » sourit Audrey Richard,
se réadapter en permanence « au regard d’une veille sanitaire et ju- ridique à mener régulièrement », poursuit Olivier Hassid. Sans ou- blier, ajoute Audrey Richard, de « dresser la liste chaque jour des salarié.es présent.es sur site – au travers d’un formulaire à remplir par les managers par exemple –, afin de pouvoir mettre en quaran- taine immédiatement les collègues
sécurité en prenant la pleine me- sure des dispositifs de prévention adoptés par l’employeur », analyse Audrey Richard. Qu’il s’agisse de marquage au sol des mesures de distanciation dans le hall d’en- trée comme de la distribution de masques et de gel hydroalcoolique, privilégiés par 82 % des entreprises selon l’ANDRH. « Voire, dans certains cas, la mise à disposition d’un stylo mousse pour activer en toute sécurité la machine à café et les copieurs multifonctions » (mais qui désinfecte le stylo mousse ?). Un kit d’accueil que certaines structures distribuent sous forme d’enveloppes individuelles qu’ac- compagne un livret de sensibilisa- tion aux gestes barrières. Un autre monde.
Dialogue social
Des messages à diffuser d’ailleurs sans modération dans tous les es- paces communs de l’entreprise : affichage dans les couloirs, les bu- reaux collectifs (où une présence alternée doit donc prévaloir entre les salarié.es) ou encore les salles de réunion à équiper de matériel de nettoyage. Salles à utiliser avec parcimonie et pour un nombre limité de personnes au profit des meetings en visio. Bien souvent, les anciennes « salles de réu » au- ront été transformées en nouveaux
Un chantier colossal qui s’articule autour de
« l’analyse d’environ huit catégories types de situations professionnelles jalonnant les étapes clés de la journée d’un salarié » –
Audrey Richard, ANDRH
en couverture
entreprendre & innover
      qui rappelle que la réussite d’un tel chantier organisationnel trans- verse suppose une condition sine qua non : « La collaboration rap- prochée entre tous les décideurs de l’entreprise : RH, communica- tion interne, moyens généraux, responsable sécurité, partenaires sociaux, etc. ». Un avis partagé par Olivier Hassid : « Sans l’ins- tauration d’un véritable dialogue social dans ce dossier à très fort risque juridique, les entreprises risquent de jouer très gros et se retrouver, comme c’est le cas déjà pour certaines, poursuivies devant les tribunaux par des salarié.es qui invoquent leur mise en danger au- près de l’inspection du travail. » Un enjeu d’autant plus crucial que pointe la menace d’une potentielle deuxième vague d’épidémie, avec de nouvelles contaminations de salarié.es à anticiper ! On l’aura compris, un tel plan de reprise doit
contaminé ».
d’un collaborateur
Une vigilance et réactivité à toute épreuve qui ne doivent toutefois pas instaurer un climat anxiogène pour les équipes ! Leur information et communication, voire leur for- mation via un accompagnement psychologique adapté sont autant de leviers à activer pour réussir à traverser ensemble cette épreuve humaine collective et inédite.
Pour l’entreprise, l’épidémie sera désormais une composante per- manente de l’organisation, avec ses coûts et ses investissements. Com- prend-on que la crise sanitaire va déboucher inéluctablement sur le développement du télétravail et sur l’adaptation des villes et des trans- ports à la nouvelle donne ? CHaRleS CoHeN
ecoreseau.fr juillet/août 2020
| 21
]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
2 Nos régions ont du rebond
en couverture
  La crise sanitaire et le contrecoup économique qui s’est ensuivi n’ont pas fait de jaloux. Chaque territoire a vu son économie et ses activités industrielles marquer le pas et subir les conséquences de la pandémie. Une fois n’est pas coutume, à l’heure de la relance pour nos régions il n’y aura pas de calme après la tempête, mais bien une reprise économique et un rebond plus qu’attendus.
aDaM BelGHiti alaoui
une reprise dans la moyenne
La reprise économique néoaquitaine se met au diapason
de la tendance nationale : c’est la conclusion à laquelle
parvient le bureau régional de la Banque de France dans son
analyse de conjoncture mensuelle. En comparaison, l’étude
montre que les chefs d’entreprise de Nouvelle-Aquitaine évaluent à 69 %
leur activité au mois de mai, par rapport à un étiage jugé normal, contre 70 % sur
le plan national. À la mi-juin, on estime que 75 % des entreprises de la région ont repris leur activité. En ce qui concerne les services
marchands, les entreprises néoaquitaines sont même légèrement en avance, avec 62 % de l’activité jugée normale, contre 61 % pour la France entière. Idem dans le secteur information/ communication : 82 % d’activité en Nouvelle- Aquitaine, 80 % sur le plan national. Le secteur industriel, lui aussi, rebondit dans la région bordelaise, avec une activité globale évaluée
à 81 % de la normale. Seul hic : le secteur de
l’automobile et des transports reste en dessous
de la moyenne nationale (74 % contre 79 %).
En somme, la reprise est sur les rails en Nouvelle-Aquitaine. Et bonne nouvelle pour les entrepreneurs bordelais, le fonds d’urgence de 15,2 milliards d’euros de Bordeaux Métropole pour les TPE, consommé seulement à moitié, vient d’être élargi aux indépendants et entreprises sans salariés.
Coup dur pour l’aéronautique
La région toulousaine ne déroge pas à la règle établie par l’enquête de conjoncture mensuelle de la Banque de France : depuis le mois de mai l’économie du territoire enregistre un net rebond dans la majorité de ses secteurs industriels et marchands. Signe de la reprise d’activité des entreprises : les demandes de prêts garantis par l’État sont en recul de 50 % à 75 % dans la région. Une reprise notamment pour les entreprises du bâtiment et de travaux publics, qui bénéficient d’un soutien de Toulouse Métropole, laquelle accélère la commande publique en ajoutant 95 millions d’euros aux 365 millions d’euros votés pour 2020, pour financer de nouveaux projets. Mais la conjoncture ne profite pas à tous les secteurs en Occitanie. L’aéronautique, fleuron régional (40 % de l’emploi industriel !), reste à la traîne et se
prépare à une longue traversée du désert. Pour 2020-2021, Airbus
prévoit une production inférieure de 40 % par rapport aux plans
prévisionnels. L’utilisation des capacités de production de l’industrie
aéronautique tourne au ralenti : 58 %, contre 95 % avant la crise. Reste
que, pour la fin du mois de juin, 62 % des chef.fes d’entreprises du
secteur décrivent une activité à « niveau normal », mais s’inquiètent
pour leur carnet de commandes. Loin de rassurer son monde, Airbus a
annoncé le 30 juin un plan de suppression de 15 000 postes...
île-de-France
  Nouvelle aquitaine
Occitanie
  22 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[embellie estivale
La région locomotive de l’économie française et ses industries ont subi de plein fouet l’impact de la
crise sanitaire. Mais l’heure n’est pas au
pessimisme. Le déconfinement et la reprise
d’activité des entreprises après deux mois d’arrêt forcé laissent présager le rebond tant attendu. Dans sa dernière étude de
conjoncture sur l’économie francilienne, la Banque de France détaille cette
reprise régionale : le rebond de l’activité est réel
sur le mois de
mai, particulièrement dans
l’industrie et le bâtiment, très affectés par la crise. En mai, la Banque de France
faisait état d’une perte de PIB de 27 % par semaine en avril,
en comparaison avec le niveau d’avant crise, en juin, son estimation pour le mois de mai remonte à -17 %. De quoi prévoir
une contraction du PIB de -15 % au second trimestre. L’optimisme est donc permis, malgré des constats encore alarmants. Valérie Pécresse, présidente de la région, prévoit 300 000 chômeurs supplémentaires d’ici à la fin de l’année. L’Île de France pourrait donc passer le cap historique du million de chômeurs, selon sa présidente, qui estime la dette régionale à un milliard d’euros. Pour contrecarrer la dynamique
et anticiper la relance, la région a voté début juin un plan de 1,3 milliard d’euros, consacré à l’aide aux
entreprises et à l’innovation, à la lutte contre le chômage et au retour à l’emploi, ainsi qu’à la relance écologique et aux transports. Vaste programme, pour un sacré rebond ?
en couverture
entreprendre & innover
     BOURGOGNE FRANCHE-COMTÉ
Auvergne Rhône-Alpes
De l’urgence au rebond
Longtemps parmi les régions « rouges » durant le confinement et à l’époque de la circulation active du virus, la Bourgogne-Franche-Comté soigne sa relance.
Et souhaite « passer de l’urgence au rebond », selon les mots de la présidente de la région Marie-Guite Dufay (PS). Après avoir, selon l’Insee Bourgogne-Franche-Comté, avoir enregistré une baisse d’activité de 32 % entre le
17 mars et le 7 mai, la région joue aujourd’hui la carte des
aides publiques. Le 24 juin, le conseil régional présidé par
Marie-Guite Dufay a annoncé un plan de relance territorial
en faveur de l’emploi de quelque 400 millions d’euros. Soumis au vote en octobre, le plan vise donc au sauvetage des emplois dans la région, avec en toile de fond la contribution des entreprises à la transition écologique. Reste que la mise en place de la stratégie est soumise à l’acceptation de l’État de garantir ou non les recettes de l’organe institutionnel régional en 2019. Outre ce vaste plan, le conseil régional a également adopté un pacte territorial de 27 millions d’euros pour la reprise de l’économie de proximité, financé par la région, les EPCI et la Banque des territoires. De quoi nourrir l’élan de relance économique qui plane sur les régions françaises et sur les secteurs industriels et commerciaux bourguignons et francs-comtois.
Progression à tous les étages
Le déconfinement réussi au second cœur économique
français. Toujours selon la note de conjoncture de la
Banque de France, l’activité économique aurhalpine
est en progression dans tous les secteurs et pour la
majorité des entreprises de la région en mai. Une reprise
qui s’étend à tout le secteur industriel, particulièrement
important en Auvergne-Rhône-Alpes. Et pour cause : les
entreprises industrielles de la région lyonnaise affichent
une remontée de près de 20 points des rythmes de
production entre avril et mai, après une chute historique
de la production industrielle durant le confinement. Selon les chef.fes d’entreprises, le degré d’activité est ainsi passé à 66 % de la normale, contre 47 % en avril. Et le progrès continue sur le mois de juin, les chiffres définitifs restent à venir mais les anticipations prévoient une activité à 80 %. Même joyeux son de cloche pour le secteur du bâtiment, qui remonte à 70 % d’activité d’un mois de mai « normal », contre 20 % en avril. Le chemin sera long mais le rebond est en vue, pour la seconde économie régionale la plus meurtrie par la crise, derrière la Corse, avec une baisse de -34 % de son activité durant le confinement.
  ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 23
]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
3 En quête du souffle
de l’après-covid sur la planète
en couverture
 Remise en question, réorganisation, restructuration, nouvelles manières de faire... Si la crise pandémique pousse la planète entière à se réinventer, le monde d’après se profile aux quatre coins de la planète. Voyages sur la Toile en quête de pistes. jeaN-BaPtiSte CHiaRa
  états-unis
le new deal numérique et l’empire des GaFaM
L’État de New York – le plus touché par la covid
– vient de donner main libre à l’ancien directeur général de Google, Eric Schmidt, pour inventer le monde technologique de l’après-covid, un new deal numérique façon GAFAM. Schmidt a dit : « La priorité, c’est la télémédecine, l’enseignement à distance et le très haut débit. »
intérêt : face à cette annonce de l’État de New York, l’essayiste Naomi Klein répond dans les colonnes de The Intercept, « c’est un avenir dans lequel nos logements ne seront plus jamais des espaces totalement privés mais feront également office, grâce au tout numérique, d’établissement scolaire, de cabinet médical, de salle de sport, et, si l’État le décrète, de prison. » Un new deal numérique pas vraiment RGPD compatible...
géorgie
l’éducation à l’école hertzienne
L’impossibilité de se rendre à l’école a poussé de nombreux gouvernements à repenser l’approche éducative des jeunes générations. C’est ainsi que
les Géorgiens ont pu, à l’image des Lituaniens ou de Mauriciens, découvrir sur leurs télévisions et via leurs postes de radio des programmes éducatifs destinés à l’éducation des enfants. En Géorgie, ces programmes devraient se prolonger après la crise.
intérêt : face au manque d’équipement technologique nouvelle génération dans les zones les plus défavorisées du monde, les moyens télévisés et radiophoniques étendent considérablement la couverture éducationnelle.
éthiopie
Des spams téléphoniques
La compagnie de téléphonie Ethiotelecom – propriété de l’État – a trouvé le moyen de faire circuler les informations liées au coronavirus rapidement, de manière efficace, à l’ensemble de la population ou presque. À chaque appel passé, les utilisateurs ont droit à un message de prévention enregistré apportant conseils et indications.
intérêt : en touchant un grand nombre de personnes très rapidement, ces encarts ou « spams téléphoniques » pourraient remplacer un jour le fameux bip d’attente de nos téléphones.
Pas sûr qu’ils ne deviennent pas insupportables, cela dit.
  24 |
juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[royaume-uni
le modèle de bureau « hub & club »
france
le cannabis pour guérir la France
Pour combler le déficit économique d’une France
en quête de relance économique, une soixantaine d’élus de tous bords plaident pour la légalisation
du cannabis. Il faut, selon eux, dépénaliser très vite l’usage et lancer des débats pour une légalisation en 2021.
intérêt : la légalisation de la marie-jeanne pourrait rapporter entre 2 et 2,8 milliards d’euros dans les caisses de l’État, et créerait entre 30 000 et 80 000 emplois en France. Une idée pas si fumeuse que ça ?
le journalisme en open newsroom
Face à la crise de désinformation provoquée par celle de la covid, un regroupement de journalistes bénévoles a créé une rédaction ouverte et collaborative de fact-checking et de réinformation, dite en open newsroom, Journalistes Solidaires, https://journalistessolidaires.com/
intérêt : tout un chacun est amené à suivre l’avancée des enquêtes, soumettre des informations à fact-checker, et même participer à la production d’articles. L’union fait la force.
chine
le commerce de rue vertueux
Après avoir chassé durant de nombreuses années les vendeurs à la sauvette, la Chine retourne enfin son kimono. Le Premier ministre chinois Li Keqiang a récemment qualifié de « vital » le commerce de rue pour l’économie du pays, aussi important que les magasins de luxe selon lui. Il est à rappeler que les fondateurs de Huawei et Alibaba ont tous deux commencé comme vendeur de rue.
intérêt : à l’heure où la tendance est plus au licenciement qu’à l’embauche, le travailleur indépendant retrouve toute sa légitimité et sa
force. Faire la part belle au commerce de rue est surtout une bonne manière de créer de l’emploi et de solliciter une consommation de proximité de plus en plus appréciée. À condition que le commerce ne porte pas sur les animaux exotiques à consommer, comme le pangolin ou la chauve-souris. Sur ce point, aucune certitude.
en couverture
entreprendre & innover
 Les habitudes ont la vie dure. Maintenant
que le monde a embrayé pleinement sur la pratique du télétravail, il sera dur de revenir en arrière. La question du réaménagement des bureaux est donc dans tous les esprits et une certaine conception anglo-américaine du lieu de travail se détache du lot. Le concept du hub & club, un espace plus petit où l’on vient uniquement pour recevoir les clients,
reprendre contact et échanger.
intérêt : les coûts pour l’entreprise chutent
à l’échelle de la taille réduite des locaux, propices à un maintien de la socialisation (un des points négatifs du télétravail qui remonte souvent). Le hub & club est une sorte de point de convergence de l’entreprise de demain, avec des frontières physiques de plus en plus étendues et floues.
     afrique
la jeunesse au service de la vie de la cité
AfricTivistes et Oxfam ont lancé un projet de cartographie
des initiatives de la jeunesse africaine en posant la question :
« Comment les jeunes peuvent-ils.elles contribuer davantage à la gestion de la cité au sortir de cette pandémie de covid-19 ? » Dix pays africains se sont impliqués, dont le Sénégal, le Bénin ou encore la Côte d’Ivoire.
intérêt : en valorisant les initiatives les plus prometteuses de la jeunesse sur la gestion de la crise de la covid, ce projet a mis en lumière le pouvoir de mobilisation et d’action d’une Afrique au sein de laquelle la population est impliquée en collaboration avec le gouvernement de son pays.
 ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 25
]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
en couverture
4 Le Journal du futur de Jean-Marie Benoist
2029, un monde prêt à affronter l’ennemi invisible
 Juste après la première grande pandémie du siècle,
le bond en avant tant espéré par certains – justement nommé « le monde d’après » – ne s’est pas produit. Le monde d’après ressemblait à s’y méprendre au monde d’avant – du moins en surface. Car les leçons du Sars- Cov-2 ont été retenues quand semble se manifester le Sars-CoV-3...
Des tendances jusque-là encore à mi-chemin entre réalité technique et fantasme sur le ter-
rain (les outils pour le télétravail existaient déjà, mais la pratique, on l’a vu, n’a jamais décollé aus- si vite que l’on pensait qu’elle le ferait) ont dû, pendant quelques mois, devenir des réalités pour tous ou presque. Si l’attitude pre- mière a été un bien compréhen- sible retour à la normale, c’est-à- dire aux « anciens » systèmes, la vie étrange de ces quelques mois n’a pas été oubliée. Et à l’heure où se profile la deuxième, nous sommes prêts – au moins autant que nous pouvons l’être après l’épreuve de ce que l’on nomma covid-19 (coronavirus disease, maladie du coronavirus que long- temps les Français.es, toujours aussi peu anglophones, ont mas- culinisée).
Coopération internationale
Si, sur le plan international, les choses restent peu ou prou les mêmes – l’OMS, longtemps cri- tiquée, disqualifiée par l’ex-pré- sident Trump, fut recréditée par son successeur –, en Europe, les choses ont changé. Si certaines divisions demeurent, sur la ques- tion de la dette notamment, le point d’équilibre a changé. Les capacités de réaction de l’Union ont été considérablement renfor- cées, avec l’idée qu’une réponse rapide commune pourrait évi- ter, pendant un temps du moins,
À l’heure où se profile la deuxième pandémie, attendue, nous sommes prêts – au moins autant que nous pouvons l’être après l’épreuve de la covid-19 de 2020.
26 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
l’isolation par nation qui s’était produite en 2020. Il fallait garder ouvert l’espace européen. D’où l’élaboration d’un ensemble de mesures – les essentielles, puisque par définition les caractéristiques d’une nouvelle pandémie sont in- connues : fermeture des frontières avec ou sans conditions, déblocage d’aides financières d’urgences, intensification de la production médicale, confinement par zone si nécessaire, etc. –, en package, qui peuvent être déclenchées en bloc en même temps sans avoir à tout redéfinir. Des dispositifs simi- laires ont été adoptés également
sur le plan national.
L’Union dispose maintenant
d’une vraie influence sur le do- maine de la santé, notamment en matière de production et de ré- partitions de produits de première nécessité médicale (masques, gel, tenues de protections, molécules essentielles...), mais aussi côté recherche. L’Union – ce n’est pas encore le cas des États – est main- tenant autonome en la matière grâce à une politique active de soutien et de maintien aux uni- tés locales de production, tant à l’échelle communautaire que nationale. Le tout est financé par une véritable réserve financière, alimentée à parts égales par les États membres.
Infrastructures et secteur privé renforcés
Si le rôle prépondérant accordé au Conseil scientifique a fait l’objet de critiques pendant la première pandémie, la décision a été prise, après de longs débats, de lui lais- ser ce rôle, mais d’en changer sa
composition (une « réserve » des meilleurs experts en tous les do- maines choisit au moment de la crise dix représentants).
Le réseau Internet filaire et sans fil a fait l’objet d’investisse- ments prioritaires, sur tous les plans – autant son étendue que sa sécurisation. S’il doit y avoir confinement, le réseau pourra af- fronter sans ciller la surcharge de trafic. En outre, les entreprises qui avaient dû incorporer à la hâte des outils de télétravail ont pu – entre autres grâce à des incitations lé- gislatives – prendre le temps de les intégrer et de commencer à les utiliser même en temps nor- mal. Une augmentation massive du télétravail serait aujourd’hui beaucoup plus facile à gérer. Conjointement, un effort impor- tant pour pousser une meilleure culture de la cybersécurité et des bonnes pratiques – et ne pas juste en parler – a, d’après les dernières études, porté ses fruits. Avoir ren- du obligatoire, au même titre que le RSE, d’incorporer ces éléments
    ]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[Surtout, nous possédons maintenant les infrastructures de soutien psychologique qui s’étaient construites dans l’urgence.
Faute de vaccin...
Comme l’avait tant de fois répété le professeur marseillais Didier Raoult qui avait, par ses certitudes scientifiques, quelque peu défrayé la chronique de la première pandémie, aucun vaccin, en
dépit des recherches planétaires menées dès l’apparition de la contamination, n’a jamais prouvé son efficacité sur ce coronavirus ni tout à fait le même ni tout
à fait un autre, comme le rêve familier de Verlaine. En revanche,
les anticorps mis au point par l’improbable start-up nantaise Xenothera en 2020 – rachetée
au printemps 2025 par un consortium international – restent la meilleure parade à administrer aux malades comme l’ont montré les tests à grande échelle commencés dès juillet 2020.
Sur le plan clinique aussi, une pandémie probable ne nous prendra pas au dépourvu.
en couverture
entreprendre & innover
     dans l’évaluation de l’entreprise s’est aussi montré efficace. Les changements les plus longs à ve- nir – en partie parce que vérita- blement structurels, et en partie parce que les investissements de- mandés ont été colossaux – ont concerné la santé et l’éducation. Revalorisation salariale pour les deux, une rénovation progressive des services d’urgences hospita- liers et l’incorporation progres- sive de l’enseignement à distance à raison de deux ou trois heures par semaine, là encore dans l’idée de faciliter la transition, si transi- tion il doit y avoir.
Surtout, nous possédons main- tenant les infrastructures de sou- tien psychologique qui s’étaient construites dans l’urgence. Si ce ne fut pas le premier élément à faire la une au lendemain de la crise, les mois qui ont suivi ont révélé l’impact profond du confi- nement dans les mentalités. Cette fois, nous sommes prêts.
j-MB
ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 27
]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
société
 Un pays sans foot ?
reprise du championnat. Les deux diffuseurs ont finalement accep- té de régler une partie seulement du montant dû qui correspondait aux matchs déjà disputés. Un coup dur pour les clubs français puisque « les droits TV représentent l’es- sentiel des revenus des équipes de Ligue 1, soit environ la moitié des revenus totaux », a précisé Luc Ar- rondel, chercheur au CNRS. En réalité, si nombre de petits clubs ont souffert de cette suspension des droits TV, dans l’absolu, les cadors français ont été les grands perdants de cette situation car les droits TV sont « pour 50 % par- tagés de façon égalitaire entre les clubs, puis 30 % en fonction des performances sportives et enfin 20 % selon la notoriété », a rappe- lé Pierre Rondeau, professeur à la Sports Management School.
Le modèle économique
du football pointé
du doigt ?
Quid du mercato estival ? Épineuse question puisque, alors que les autres championnats ont repris, ils doivent attendre la fin de la saison pour se lancer sur le mar- ché des transferts, donc pas avant
août. Pour patienter, un mercato franco-français a débuté avant le traditionnel trading européen. Bien trop peu lorsque l’on sait que le mercato français « représente à peine 25% du montant total en Ligue 1 », a révélé Luc Arron- del, professeur associé à l’École d’économie de Paris. Cette année, même durant le mercato interna- tional, les clubs ne procéderont pas « à des dépenses faramineuses », a estimé Pierre Rondeau.
Malgré le fléau covid-19, le mo- dèle économique du football reste viable. Luc Arrondel: «Dire que l’économie du football ne marche pas est une erreur, c’est une éco- nomie en forte croissance. Ce n’est pas une crise interne, c’est une crise exogène, tous les secteurs de l’économie sont touchés, c’est un choc d’offre, pas de demande. » En réalité, les clubs de football n’ont jamais été excédentaires, la crise sanitaire a sans doute intensifié l’ampleur du déficit, mais le sys- tème n’a pas soudainement mon- tré de nouvelles failles. Toutefois, le modèle apparaît perfectible. Luc Arrondel a d’ailleurs avancé l’inté- rêt que la ligue aurait à « se consti- tuer un fonds de réserve avec une logique assurantielle pour antici- per les crises ».
Le football a-t-il
besoin de son public ? Économiquement, le foot n’a guère besoin de spectateur.trices. La bil- letterie, c’est environ 10 % seule- ment des revenus totaux des clubs. Pierre Rondeau : « On peut tout à fait imaginer des stades vides ad vitam aeternam », conscient évi- demment du « problème d’am- biance [qu’un tel vide] suscite- rait dans les stades ». Gare tout de même aux recettes indirectes engendrées par les supporters présents dans les tribunes. Luc Arrondel rappelle « toute cette économie annexe qu’il y a avant le match », l’activité économique générée avant, pendant et après la rencontre sportive.
Le peuple, lui, a-t-il réellement besoin du football ? Selon Pierre Rondeau, « la France n’est pas un pays de foot », seulement présent en nombre lors des grands ren- dez-vous comme « les finales de Coupe du monde ». Dire que le peuple a besoin du football serait, d’après lui, « populiste ». Luc Ar- rondel, lui, insiste sur les bienfaits d’une victoire de son équipe, « à l’échelle de la nation, le bonheur national brut augmente, même si ça reste temporaire ».
GeoFFReY WetZel
Comment le sport national
va retrouver son public
et ses repères financiers
On le pensait totalement hermétique, mais lui aussi a vacillé. Fin avril, le Premier ministre Édouard Philippe a mis fin à tout suspense. Le championnat de France de football ne reprendra pas en raison de la crise sanitaire Sars- Cov-2 qui a frappé le pays. Voilà le monde du football en carton rouge, jeté dans ses cages d’incertitudes économiques, sanitaires et sportives. Affronter la crise et rebondir. Le sport national n’a plus le choix, il doit se relever et retrouver son public au plus vite. Aussi rapidement qu’il fut sifflé.
Mardi 16 juin, grâce à sa victoire sur la pelouse du Werder Brême, le Bayern
Munich devient champion d’Alle- magne et décroche son huitième sacre consécutif, le 30e au total. Depuis plus de deux mois, les joueurs du championnat de France ne foulent plus les pelouses. Deux pays, deux visions diamétralement opposées. La France, seule nation à suspendre son championnat par- mi le « big five » européen. D’après Pierre Rondeau, économiste du sport, « il est trop facile de juger a posteriori. Le 28 avril, on était en- core à des centaines de morts par jour ». La reprise ne faisait pas non plus l’unanimité au sein même des sportif.ves, « l’Union nationale des footballeurs professionnels a aler- té de la peur des joueurs à vouloir reprendre, c’était une période de psychose », a-t-il rappelé.
Saison arrêtée,
droits TV chamboulés
Au premier chef des répercus- sions économiques, le bourbier des droits télévisuels. Deux diffuseurs, Canal+ et beIN Sports, ont rapide- ment adressé à la Ligue de football professionnel leur décision de ne pas honorer le paiement des droits TV. Environ 110 millions d’euros pour Canal, 42 pour la chaîne qa- tarie, qui ont convoqué l’argument du manque de visibilité pour la
Dire que l’économie du football ne marche pas
est une erreur, c’est une économie en forte croissance. Ce n’est pas une crise interne, c’est une crise exogène, tous les secteurs de l’économie sont touchés, c’est un choc d’offre, pas de demande – Luc Arrondel, École d’économie de Paris.
      28 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[Séduction sans visage
Draguer à masque et à saveur
– qui fonctionne sur l’idée de faire signe à des personnes qui sont pas- sées à moins de 250 mètres de soi –, la chute d’abonnements premium fut violente. D’où certaines adap- tations, comme l’élargissement du passage à proximité à... 90 ki- lomètres (à l’époque première du déconfinement où l’on ne pouvait dépasser 100 kilomètres à vol d’oi- seau). Les abonnements sont reve- nus. Draguer masqué, le sujet a ins- piré TF1 qui a suivi dans la rue un autre pro de la drague, Alex Wa- gner, coach en séduction chez Mor- ning Kiss, un institut qui organise des formations pratiques sur le ter- rain et qui s’est reconverti, le temps de la crise, en sessions de coaching à distance via l’appli Zoom. Voilà notre Alex en chasse dans la rue. « On peut draguer avec un masque. Il faut davantage articuler et parler un peu plus fort [...] Le courage et l’audace sont appréciés et valorisés par une majorité de femmes. C’est vrai tant que l’initiative s’accom- pagne d’un minimum d’intelli- gence sociale et de savoir-vivre. » Démonstration : sous l’œil d’une caméra cachée, notre coach aborde une jeune femme qui déverrouille un Mobike: « Salut [...] j’imagine qu’il n’y a aucun inconnu qui t’a parlé depuis deux mois ? » Appro- bation surprise de la jeune femme. Il enchaîne : « Il fallait absolument que je vienne te dire bonjour, mal- gré les circonstances actuelles. » Sourire de la jeune femme qui se devine à ses yeux. Alors, tout de suite: « J’aurais voulu te revoir au- tour d’un verre ». À défaut, l’incon- nue note son 06. Pas mal... Une façon de comprendre pourquoi l’interaction passe souvent avant le physique.
oliVieR MaGNaN
Relevées sur artdeseduire.com,
quelques punchlines testées et approuvées
Privé des trois quarts du visage, « le lien social est défiguré », les « rites d’in- teraction » sont boulever-
sés, reconnaissent les spécialistes du décodage des attitudes. Depuis l’Américain Paul Ekman, psy- chologue qui a consacré 50 ans de travaux aux expressions faciales, les décrypteurs du geste et de l’ex- pression décodent quelque 100 000 mimiques d’appréciation de l’état émotionnel de l’autre. Au-delà de l’interaction individuelle, les psy- cho-évolutionnistes estiment que le visage est le vecteur de la réduc- tion des conflits et de la cohésion sociale: « L’expressivité du visage est clairement mise à profit dans la communication émotionnelle et dans la régulation des interactions sociales. Les expressions du visage permettraient aux protagonistes impliqués dans une interaction de faire une appréciation de l’état émotionnel de l’autre et ce serait en partie sur cette appréciation que chaque protagoniste ajusterait son comportement. Ce système de régulation serait avantageux pour l’espèce parce qu’il favoriserait une réduction des conflits et une aug-
mentation de la cohésion sociale. » Avec un masque, c’est raté !
Crise chez les coachs
D’autant que le coup de la « bulle personnelle » décrit par l’anthro- pologue Edward Hall – le péri- mètre de sécurité qui explique pourquoi on ne s’assoit pas à côté d’un autre voyageur dans une rame vide – s’aggrave avec la crainte de la contamination : « Le corps de l’autre est suspect. » Peut-être. Mais l’attirance de l’autre balaie quand même toutes les théories de la sé- duction, les coachs en rencontres l’ont bien compris. Draguer mas- qué, ça marche aussi.
Manque le lieu. Avant la réouver- ture des bars et des brasseries, les chances de tomber sur l’âme sœur à visages découverts étaient tom- bées à moins que rien. Les ciné-
Elles sont 31 au total, calculées pour aborder ou faire rire...
« Vous avez un joli
masque » (si c’est le cas)
« J’ai besoin d’un avis féminin. Je dois offrir un masque pour ma sœur pour son anniversaire [variante de « cadeau à ma sœur »]. Elle a les mêmes yeux que toi... » (imparable).
« Ça fait des semaines que je me pose une question quand je vois une fille avec un masque. Est-ce que vous mettez du rouge à lèvres ? » (commentaire d’un coach en séduction,
« j’aime beaucoup cette manière de parler de beauté et de sexualiser tout en douceur »)
« Bonjour, pourquoi les gens portent des masques ? »
(« c’est Jacquouille la Fripouille qui voyage dans le temps ou vient d’une autre planète »)
« Physiquement on se ressemble » (« la fameuse technique des points communs, ça marche toujours ! »)
« Tu as mis de la crème solaire pour éviter la marque du masque ou pas?»
« Salut, j’aime bien votre sourire, ça plisse dans les coins, là. »
« Bonjour, je travaille pour Paris-plage magazine, vous savez que vous portez bien le masque ? Vous avez déjà fait mannequin masque ? Ça vous dirait ? On n’a personne pour la cover de juillet. » (« Sublime »)
« Salut, je pense que dans un autre contexte je serais venu vous parler » (« une des plus simples à utiliser pour draguer une fille »).
mas chichement remplis à raison d’un siège sur deux n’arrangent rien. Quant aux « boîtes », oublier. Restent... les sites de dating. Mais comme leur nom l’indique, ils sont faits justement pour des rencontres réelles. Stéphane Patry, gérant de lespeeddating.com, qui orga- nise, lui, des soirées, a subi l’im- pact: « En mars, l’activité a chuté de 50 %, en avril-mai, 100 %. » Et pour cause. En revanche, les contacts virtuels procurés par les sites de mises en relation, style Meetic, Happn ou aide-seduction. com, n’ont pas chômé, même si la finalité, la rencontre, a été remise à plus tard. Chez Alexandre Cor- mont, l’un des leaders du coaching sentimental en France, le bon ordre était devenu : contact en virtuel, puis téléphone, puis visio, aux lieu et place du rendez-vous en terrasse. Vladimir, l’un des coachs chez Cormont, ne manque pas d’ima- gination pour remplacer le café : « Quand c’est possible, pourquoi pas une balade en bord de mer, si- non, un pique-nique pour rempla- cer le restaurant, une balade en vélo ou un jogging... » Il suggère même de « faire des courses ensemble », masqué ou pas.
La tactique du culotté
Chez Happn fort de 6 millions d’inscrit.es – on estime à 8 millions le nombre de célibataires en France
Chez Alexandre Cormont, l’un des leaders du coaching sentimental en France, le bon ordre était devenu : contact en virtuel, puis téléphone, puis visio, aux lieu et place du rendez-vous en terrasse.
« T’as de beaux masques, tu sais... » Le coup de la réplique culte de Jean Gabin risque de ne pas attirer la réponse tout aussi culte de Morgan : « Embrassez mon masque... » Pourtant, on drague plus que jamais en France et dans le monde. À quelques variantes près.
l’œil décalé
entreprendre & innover
     ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 29
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
briefing innovation par Adam Belghiti Alaoui
 SE PROTÉGER DE LA COVID-19
Quand le verre
se « lave les mains » tout seul
 En ces temps de « guerre » contre la covid, l’innovation bat son plein pour répondre aux nouveaux enjeux sanitaires et préparer l’après. Un élan auquel compte participe Riou Glass, fabricant et transformateur de produits verriers. L’ETI normande a annoncé avoir mis au point
le premier verre sanitaire autodésinfectant. Chauffé à intervalles réguliers à 70 °C, il ferait barrière à la propagation du virus. Une technique inspirée des méthodes de désinfection du matériel médical et qui se base sur la supposée perte de potentiel infectieux du virus
tissu anticoronavirus
lorsqu’il est soumis à une température de 65 °C pendant
5 à 10 minutes. Le principe est simple : le vitrage chauffe par rayonnement grâce à une fine couche de microparticules métalliques déposées à l’intérieur du vitrage. La paroi, reliée à
une alimentation électrique, monte progressivement en température, jusqu’à 70 °C donc, pour son application sanitaire.
Un mécanisme discret (invisible à l’œil nu) et automatisable. Et déclinable selon les besoins. Si même le verre se met à respecter les gestes d’hygiène sanitaires, le salut est proche !
Harold J. Leavitt, psychologue du travail et des organisations états-unien.
MOBILITÉ
Projet attol :
il n’y a plus de pilote dans l’avion
Les innovations sont presque toujours le fait d’explorateurs individuels
ou de petits groupes, et presque jamais celui de bureaucraties importantes
et hautement structurées
  L’entrepreneuriat français et sa capacité d’innovation sont à nouveau
en première ligne, au travers du groupe Serge Ferrari, basé en Isère (38), qui a mis au point une membrane en tissu capable d’éliminer la quasi- totalité de la présence du virus sur sa surface. Le tissu, composé de particules d’argent, profite des propriétés antivirales du métal, utilisé notamment pour endiguer une infection. Son procédé, testé dans le laboratoire indépendant VirHealth de Lyon, aura montré d’excellents résultats. Et pour cause, une membrane aux fameuses particules d’argents élimine 95 % du coronavirus 229E, dit coronavirus humain – du rhume –, de sa surface en 15 minutes et 99,5 % en une heure. L’innovation, d’ores et déjà convoitée par des
institutions publiques et des entreprises,
est appelée à satisfaire de nombreuses
applications. Les membranes
pourront par exemple recouvrir des
surfaces souvent touchées par le
public (transports en commun, écoles,
bureaux...), mais aussi s’employer dans le
domaine de la santé pour confectionner
des toiles protectrices ou recouvrir
du matériel médical. Sans oublier de
potentielles protections vestimentaires
individuelles qui embarqueraient ce tissu
anti-coronavirus.
Le chemin vers l’avion autonome se poursuit. Et le projet Attol, pour Autonomous Taxi, Takeoff and Landing (roulage, décollage et atterrissage autonome), lancé en 2018 par Airbus a franchi une nouvelle étape. Après avoir réussi
le premier décollage aérien entièrement autonome le
18 janvier, une première mondiale, le géant européen annonce une nouvelle réussite. Le 18 juin, tout pile six
mois après le premier décollage autonome, l’aéroport
de Toulouse-Blagnac a été le théâtre des premiers atterrissages autonomes, sans aucune intervention humaine. L’A350-1000 de démonstration utilisé pour les essais embarquait le logiciel Wayfinder d’Airbus, qui guidait l’appareil grâce à un savant cocktail de reconnaissance d’images couplé à des algorithmes de machine learning. Autrement dit, aucune aide au sol ni intervention du pilote, présent dans le cockpit durant les essais.
Le projet Attol a donc réussi son premier atterrissage autonome et sans pilote actif, en attendant les premiers vols tests sans pilote du tout dans l’appareil. Et une mise en service pour 2030 ?
 30 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Partenariat mondial pour réfléLchir à l’IA de demain
HIGH-TECH
apple harmonise sa gamme
C’était la grande annonce high-tech de la fin du mois de juin. Le géant californien Apple, par l’intermédiaire de son PDG Tim Cook lors de
sa conférence annuelle pour les développeurs, a annoncé qu’il allait désormais fabriquer ses propres puces pour sa gamme d’ordinateurs, sans pour autant délaisser complètement Intel qui fournit la marque à la pomme. Le but de la démarche : rassembler les écosystèmes des iPhones, iPads et Mac. Les nouvelles puces seront fabriquées sur la même architecture que celle utilisée pour les smartphones
et tablettes de la marque, les ordinateurs Apple pourront donc désormais héberger et faire tourner des applications de l’Appstore. La marque l’assure : le tout offrira de meilleures performances et
une consommation d’énergie plus faible, qui se traduira
en théorie par des appareils plus fins
et une plus grande autonomie. Apple va malgré tout lancer de nouveaux modèles qui embarqueront encore des puces
Intel, la transition vers des puces
100 % Apple se fera
en deux ans. Une stratégie logique, quand on sait que depuis plusieurs
années, Apple améliore considérablement la vitesse et l’efficacité de ses puces,
pendant qu’Intel n’avance pas.
briefing innovation
entreprendre & innover
e futur de l’intelligence arti- nos sociétés futures. Il s’agit pour ficielle se dessine peu à peu. les pays engagés de fournir un cadre À l’initiative de la France et de développement et d’utilisation du Canada, le Partenariat responsables de l’IA, en respect des
mondial pour l’IA (PMIA) a été lan- droits individuels et en vertu de l’in-
 cé le 15 juin. Ce consortium d’ac- teurs du public comme du privé ré- unit quatorze pays. Outre la France et le Canada donc, on retrouve les États-Unis, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni, la Slovénie, l’Austra- lie, la Corée du Sud, l’Inde, le Japon, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et Singapour. Sans oublier l’Union eu- ropéenne, qui se joint à la fête. Au- tant dire que l’initiative franco-ca- nadienne trouve un écho planétaire. Ce PMIA est également porté par l’OCDE et l’Unesco, et dispose de l’appui de deux centres de recherche à Paris et Montréal. Le but de l’en- treprise : réfléchir à l’avenir de l’IA et à la place de cette technologie dans
novation et de la croissance écono- mique. Pour donner forme à l’initia- tive, des experts issus de l’industrie et de la recherche se réuniront dans un groupe de travail construit au- tour de quatre thèmes: l’utilisation responsable de l’IA, la gouvernance des données, l’avenir du travail et l’innovation, enfin la commercia- lisation. La première réunion plé- nière du PMIA est, elle, prévue en décembre 2020 au Canada. Actualité et crise sanitaire obligent, le consor- tium entamera son activité en se penchant sur l’apport de l’IA dans la lutte contre la pandémie de covid-19. n
  ecoreseau.fr juillet/août 2020
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]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[entreprendre & innover
Toutes les sociétés innovantes qu’il crée collaborent à une vision large que l’entrepreneur spa
Jusqu’où ira Elon Musk, et nous
Depuis la création de SpaceX en 2002, que n’a-t-on pas
dit sur et contre Elon (prononcé « ilone ») Musk ! Ses deux principales boîtes, SpaceX et Tesla, frôlent la banqueroute, mais l’ingénieur sud-africain d’origine sait les remettre sur roue et sur orbite. Depuis, son lanceur spatial réutilisable
a déchaîné dans le public la passion proche des premiers succès de la NASA : voir en direct, et grâce à des images de très haute qualité, « son » Falcon et « son » Dragon acheminer deux astronautes jusqu’à l’ISS valide plus que jamais la devise de SpaceX : « The Moon, Mars and beyond ». Pas la peine de traduire...
30mai 2020, centre spatial Kenne- dy, spatioport de Cap Canaveral. La fusée Falcon 9 équipée de la capsule Crew Dragon s’élève. À son bord, deux astronautes américains. Direction, la station spatiale internationale. Un peu moins de 20 heures plus tard, les deux hommes s’amarrent, puis rejoignent les trois passagers sur l’ISS. Mission réussie. Entre- temps, le fuselage largué est reve- nu en douceur sur sa base. Avec le succès de ce lancement – le premier vol spatial habité orga- nisé par une compagnie privée – ce n’est pas seulement l’indé- pendance spatiale des États-Unis retrouvée après des années de dé- pendance à la fusée russe Soyouz qui flatte les nombrilistes Amréi- cain.es, c’est aussi la démons- tration de la fiabilité gagnée par SpaceX quand la NASA en vient à louer les services du transpor- teur. Elon Musk hume le musc (signification de son patronyme) de la victoire. Toujours, chez lui, transitoire. Son ambition est
« beyond », au-delà.
L’ISS,
un petit saut pour Musk... Xavier Pasco, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste des questions spatiales américaines nous l’explique : « La NASA in- vente une nouvelle relation avec ses partenaires industriels qui dépasse le cahier des charges
technique. Elle achète un ser- vice et non plus un système, elle s’engage financièrement sur une enveloppe fixe, à charge pour les entreprises de se débrouiller comme elles veulent ou presque. Ces sociétés sont comme de pe- tites agences spatiales. » Mais pour Elon Musk, la réussite de Crew Dragon sur l’ISS n’est qu’une étape vers un objectif plus transcendant, raison même de la création de SpaceX: coloniser Mars et faire passer l’humanité au grade d’espèce multiplané- taire. À peine Crew Dragon lan- cé, Musk s’est donc empressé, par un mail fuité, de demander à ses employés de concentrer leurs ef- forts sur son projet Starship, une fusée démesurée à destination de la Lune, puis de Mars. Sur ce point, les ambitions de la NASA et de SpaceX semblent coïncider, comme le note Xavier Pasco, « la question de l’ISS dans le paysage spatial américain devient un peu périphérique, l’objectif central aujourd’hui, c’est la Lune ».
La vision d’un entrepreneur de guilde spatiale...
Depuis quelques années déjà, le cœur de la géopolitique de l’es- pace bat plus fort, la course spa- tiale semble redevenir une réalité, notamment autour des projets lu- naires et martiens. Ce regain d’in- térêt a été alimenté en 2019 par la création du programme Artemis de la NASA, validé par Donald Trump : il s’agit de reposer le pied sur la Lune d’ici à 2024. Sur ce
projet, trois entités privées ont été sélectionnées et mises en concur- rence pour développer un vais- seau lunaire nouvelle génération. SpaceX en fait partie, aux côtés du Blue Origin de Jeff Bezos et de la firme Dynetics – Boeing n’a pas été retenu. Ce partena- riat offre à la Space Exploration Technologies Corp., dite SpaceX, d’Elon Musk, de faire d’une pierre deux coups en présentant à la NASA son starship, déjà en test sur sa base de développement de Boca Chica.
Au-delà de l’aspect tech- nique, c’est aussi toute une vi- sion qu’Elon Musk tente de faire partager. Une vision qui lui aura d’ailleurs permis de constituer une véritable armée de fans de SpaceX avec qui il communique via Twitter. Pour notre expert, « la manière dont la NASA envi- sage son rôle pour l’exploration de la Lune a été directement in- fluencée par le projet Musk, sa vision à lui, et par SpaceX. Au-
jourd’hui, ce que fait ou dit Elon Musk est plus entendu que ce que fait ou dit la NASA. Beaucoup se montrent pourtant extrêmement sceptiques sur ses plans à long terme, mais sa “vision” se révèle bien reçue par l’opinion publique, ce qui influe sur le positionne- ment des acteurs politiques. » La vision de Musk semble cependant quelque peu éloignée de celle de l’Agence nationale. Quand son objectif vise clairement l’exploita- tion de ressources spatiales, Elon Musk, lui, joue les colonisateurs à la Christophe Colomb, au nom d’un imaginaire romanesque, repéré par Xavier Pasco : « Il ra- conte une histoire de l’humanité dont le destin n’est pas de rester sur terre, mais de s’étendre dans l’espace. C’est la logique du phi- losophe russe Tsiolkovski, théori- cien de la cosmonautique, qui di- sait au début du xxe siècle que “la terre est le berceau de l’homme, on n’a jamais vu un bébé ne ja- mais quitter son berceau”. » Dit comme ça, évidemment...
« Fly, fail, fix »
Au-delà de cette vision presque messianique, la particularité d’Elon Musk reste sa faculté à établir le lien entre ses multiples
décryptage
 Aujourd’hui, ce que fait ou dit Elon Musk est plus suivi que ce que fait
ou dit la NASA – Xavier Pasco, Fondation pour la recherche stratégique.
  32 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
a
]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[tial développe dans l’espace
avec lui...
nouveau monde qu’il a en tête. Et tout est un peu lié. Je pense que, quand il imagine Neuralink [so- ciété de neurotechnologie pour une amélioration des capacités du cerveau], il pense aussi au futur de l’exploration. Elon Musk est un acteur politique au sens litté- ral, au sens grec du terme, dans la mesure où il communique une vision du monde, qu’il s’occupe delaviedelacité.»
Elon Musk serait-il en train de bâtir les normes technologiques de l’homme multiplanétaire de demain ? L’avenir nous le dira.
Si la Lune figure pour le mo- ment l’objectif principal de la NASA et de SpaceX, qu’en est- il de la Planète rouge que nous promet l’Iron Man du monde réel ? « La réponse habituelle de- puis 50 ans, c’est qu’on ira sur
la méthode Musk : « Fly, fail, fix. » On lance, ça rate, on change et on relance. L’idée est de supprimer les trop nombreuses étapes de sé- curité pour fabriquer et tester des prototypes en un temps record. Lorsque SpaceX teste son proto- typen°4,lesn°5,6et7sontdéjà en construction... Selon notre grand témoin, « sa méthode est symétriquement opposée à la philosophie du spatial où l’on fait les choses avec zéro défaut à la base. Là, c’est la logique du patch Internet, avec des mises à jour permanentes. Ça pourrait se révéler très dur pour SpaceX s’il arrive un accident, a fortiori “hu- main” : on remettrait alors tout ce fonctionnement en cause. »
Reste la question du finance- ment. Elon Musk a beau jouer les milliardaires surentrepre- neurs, il ne peut dilapider sa for- tune – estimée à 19,6 milliards de dollars américains, 24e per- sonne la plus riche aux États- Unis selon Forbes –, sans gagner encore plus d’argent. En réalité, il se garde bien de puiser dans ses avoirs, il cherche de l’argent en permanence via des levées de fonds. Quand Bezos (Amazon) injecte 1 milliard de dollars par an dans Blue Origin, l’une des autres sociétés de vols spatiaux privée, Musk, lui, essaie de tuer la concurrence. Il se sera montré notamment très féroce vis-à-vis
de l’entreprise One Web qu’il a écrasée grâce à son projet de sa- tellites Starlink, véritable vache à lait censée représenter 50 % des revenus de SpaceX au bout de trois ans, 75 % après cinq ans et 80 % à terme. Pour Xavier Pasco, l’espace est le nouveau marché pour entrepreneurs visionnaires : « Les satellites ont pris beaucoup d’importance, l’espace est en train de se diluer dans un monde de l’information qui a beaucoup gonflé. Il existe des enjeux à la fois politiques, économiques et celui de la standardisation. L’espace a donc repris de l’importance. Les technologies développées par la Silicon Valley, l’électronique et l’IA sont en train d’infuser dans le spatial et de faire baisser les coûts, c’est nouveau. La NASA et le spatial s’ouvrent, c’est de moins en moins cloisonné. » En atten- dant les vols spatiaux touristiques – le premier est prévu pour 2023 – vous pourrez toujours vous plon- ger dans le monde de Musk en observant, quand ils sont visibles, les trains de satellites Starlink de Musk, visibles depuis la terre. jeaN-BaPtiSte CHiaRa
* Ce rayonnement létal qui irradie
dans le système solaire est filtré par l’atmosphère et le champ magnétique
de la Terre. Dans l’espace, il pénètre tous les fuselages, ce qui a alimenté le doute des tenants d’une supercherie de la NASA lors des voyages lunaires.
entreprendre & innover
SpaceX, d’Elon Musk, sera l’occasion de faire d’une pierre deux coups en présentant à la NASA son starship,
déjà en test sur sa base de développement de Boca Chica.
décryptage
     Musk cherche de l’argent en permanence via des levées de fonds.
Naissance 28 juin 1971 (48 ans) à Pretoria, Afrique du Sud Nationalités sud-africaine, canadienne, américaine Domicile Bel Air (Los Angeles) Formation Universités de Stanford, Queen’s, Pensnsylvanie, Wharton School
activités Ingénieur en aérospatiale, inventeur, programmeur, ingénieur, entrepreneur, acteur Père Errol Musk
Mère Maye Musk
Fratrie Tosca Musk, Kimbal Musk Conjointes Justine Musk (2000- 2008, avec laquelle il a 6 enfants), Talulah Riley (2010-2012/2013-2016
– mariages et divorces répétés), Claire Boucher (nom de scène Grimes, mère de X AE A-XII Musk) enfants X (variable inconnue)
AE (“Ash” ou AI, amour et/ou intelligence artificielle) A-XII (2
« i », mais initialement Archangel 12, précurseur du SR71, un avion espion Blackbird de l’armée de l’air américaine et 12, le « rat » chinois, année 2020), les jumeaux Griffin et Xavier (2004) et les triplés Damian, Saxon et Kai (2006).
Parentèle Lyndon Rive, cousin germain.
elon Reeve Musk by Wikipedia
  entreprises dans le cadre d’un projet global. Pasco : « Pour lui, la voiture électrique, les batteries solaires, Neuralink [implants cé- rébraux], hyperloop [son projet de transport rapide, fret comme pas- sager, le long de conduites où les capsules se déplacent sur coussin d’air], SpaceX, Starlink [trains de satellites en cours de lancement], tout ça participe de sa vision d’un
Mars dans 30 ans, ironise Xavier Pasco. Musk a l’air très optimiste, il dit que ce sera dans les années qui viennent. Demeurent quand même des gros obstacles, comme celui des radiations*. Ça se fera peut-être un jour mais dans des décennies. » Si les dates fixées par SpaceX pour aller sur Mars semblent difficiles à tenir, il ne faut pas sous-estimer la force de
ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 33
a
]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[  FAIRE FACE ET Réussir
la boîte à outils des accompagnements
                               Créer aujourd’hui : Réseaux d’accompagnement des entrepreneurs : plus que jamais p. 36 Business guide : L’événementiel en cale sèche veut se réinventer p. 40
 pratique
34 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
créer aujourd’hui
Un réseau pour tous, tous dans un réseau
Réseaux d’accompagnement des entrepreneurs : plus que jamais
Pour entreprendre, en France, nous entreprenons ! 1 500 entreprises chaque jour. La plupart, des microentreprises ou des TPE, autant dire que leurs patron.nes ont besoin d’un accompagnement solide : un expert-comptable, un réseau professionnel ou institutionnel. Bien entouré.e, l’entrepreneur. euse multiplie considérablement ses chances de réussite : trois fois plus de chances de pérenniser son activité. Repérage.
de changer de présidence**) ou en- core le réseau associatif de conseil CER, plus tourné vers ses 320 000 clients, agriculteurs, artisans, com- merçants, prestataires de services et professions libérales. L’idéal est que ces réseaux soient associés dès l’émergence de l’idée et que le créa- teur s’appuie sur eux jusqu’au déve- loppement de l’entreprise. Selon le profil de l’entrepreneur, il peut se révéler judicieux de se faire accom- pagner par des réseaux spécifiques. Les femmes, qui créent près d’un tiers des entreprises en France, mi- cro-entrepreneur.euses compris.es, auront intérêt à se tourner vers des réseaux ou des portails Internet qui leur sont dédiés ou vers des struc- tures spécialisées : Force Femmes pour les plus de 45 ans (www. forcefemmes.com/), Mampreneurs pour... les mamans entrepreneuses (www.reseau-mampreneures.org/), Diversitelles pour les femmes en- trepreneuses issues de la diversité (www.facebook.com/Diversi- telles/), et d’autres. À chaque profil
tourner vers ceux qui ont vocation à accompagner tout projet contribue- ra au besoin à identifier le réseau spécialisé « sur-mesure » s’il existe.
Les experts-comptables, des partenaires privilégiés
Parmi les professionnel.les les plus compétent.es pour accom- pagner les chefs d’entreprise, les experts-comptables figurent en bonne place. Leur savoir-faire et leur expérience sur les volets comptables, financiers, sociaux, fiscaux, juridiques, numériques et de gestion les désignent comme les premiers partenaires des TPE et des PME. Voilà un bon moment que ces pros du chiffre ne sont plus seulement des « comptables », mais des agrégateurs de données. Leur vision « holistique » les désigne comme des conseillers de premier plan. D’autant que les chefs de pe- tites entreprises ne disposent gé- néralement pas de la ressource en interne. « Les experts-comptables sont présents dans environ 80 %
    En France, l’accompagne-   confronter ses idées devient un
   ment constitue un mail- lage plutôt dense et actif. Pourtant, seuls 39% des
chefs d’entreprise se font accompa- gner au moment de la création. Les autres ont tort: parmi les « accom- pagné.es », 9 sur 10 se disent satis- fait.es, selon une analyse de l’APCE, Agence pour la création d’entre- prises – enquête Sine génération 2010, Insee*. Mieux : l’accompa- gnement favorise la pérennité et la croissance d’une entreprise. Alors que 50 % des entreprises créées disparaissent avant d’atteindre leur sixième année d’existence, ce taux de mortalité descend à 34 % pour les entreprises accompagnées, à en croire CCI France et son étude pu- bliée en mai 2017.
atout majeur dans sa démarche. Reste à s’y retrouver dans l’offre pléthorique en matière d’accompa- gnement.
Grands réseaux et accompagnements typés D’emblée, penser aux organismes consulaires. Les chambres de com- merce et d’industrie et les chambres de métiers et de l’artisanat pro- posent en amont un soutien pour le montage et la mise en œuvre d’un projet. Elles aident à établir un bu- siness plan avec étude prévision- nelle, plan de financement, ana- lyse du marché, recherche d’aides et subventions... À leurs côtés, d’autres acteurs ont prouvé leur effi- cience : le réseau BGE (ex-boutiques de gestion), Réseau Entreprendre,
Donc, oui, s’entourer d’un un
mentor, s’ouvrir à un réseau,   réseau Initiative France (qui vient     de repérer son réseau adapté. Se
   un conseil qui compte
 Covid-19 : l’expert-comptable, un co-pilote précieux pour aider le dirigeant à passer cette zone de fortes turbulences !
     Max
Peuvrier
Expert- comptable et président du Comité financement du Conseil supérieur
de l’ordre des experts- comptables
L’expert-comptable a l’avantage de connaître parfaitement la situation fi- nancière et économique de ses clients mais également d’assurer une veille
permanente des différents dispositifs d’aides mis en place par les pouvoirs publics. Dans ce contexte de crise sanitaire et économique sans précédent, il peut donc orienter très rapidement ses entreprises clientes vers les dispositifs incon- tournables et nécessaires à leur survie.
Ce professionnel du chiffre peut par exemple, simultanément, conseiller à un client de mettre en place l’activité partielle au sein de sa struc- ture mais également, en fonction de la typolo- gie de ce dernier, l’orienter vers le bon dispositif permettant d’obtenir des liquidités visant à sou- tenir la trésorerie et l’activité (fonds de solidari- té, prêt garanti par l’État, divers prêts Bpifrance en co-financement tels que le prêt Atout ou les prêts Rebonds...).
Des outils mis à disposition des experts-comp- tables par l’ordre pour accompagner les chefs
d’entreprise dans leurs recherches de finance- ment permettant notamment de soutenir la trésorerie
Application dédiée exclusivement aux demandes de prêt garanti par l’État
L’ordre des experts-comptables a mis en ligne, début avril, un espace dédié aux experts-comp- tables pour accompagner leurs clients dans l’obtention du prêt garanti par l’État. Un formu- laire spécifique de demande de prêt garanti par l’État a été conçu pour répondre aux attentes et besoins des banques et les informer des ac- tions mises en place par les entreprises dans le cadre de cette crise majeure. https://network. experts-comptables.org/financement
Prêt Rebond flash (déclinaison du Prêt Rebond en réponse à Covid-19)
Bpifrance et le CSOEC ont lancé le «prêt Rebond flash» fin avril en région Auvergne Rhône-Alpes et le 5 mai en Île-de-France. Le dispositif doit être étendu à d’autres régions prochainement. Bpifrance a souhaité s’appuyer sur un tiers de confiance reconnu et légitime : l’expert-comp-
table. Ce dernier, mandaté expressément par son client, confirme quelques informations en ligne et dépose les justificatifs nécessaires direc- tement sur la plate-forme de Bpifrance. Auvergne-Rhône Alpes : http://pretregion.au- vergnerhonealpes.fr
Ile-de-France : http://pret-rebond.iledefrance.fr
L’accompagnement de l’entrepreneur par un expert-comptable constitue un gage de fiabi- lité pour les financeurs
En cette période troublée, l’expertise apportée au dossier de demande de financement ainsi que la transmission de documents élaborés par ce tiers de confiance rassurera fortement les fi- nanceurs.
Néanmoins, en cas de difficulté à négocier un rééchelonnement ou à obtenir des finance- ments (prêt garanti par l’État, gel des lignes de crédits, difficultés à financer le besoin en fonds de roulement...), l’expert-comptable pourra orienter son client vers le service de la Médiation du crédit : https://mediateur-credit. banque-france.fr/saisir-la-mediation/vous-al- lez-saisir-la-mediation-du-credit n
      36 |
juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[ créer aujourd’hui
pratique
ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 37
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
créer aujourd’hui
tives ! « Le rôle de l’expert-comp-   tes connus. Aller plus vite, éviter
  table est celui de facilitateur. Ce
qui se concrétise notamment par
la réalisation de toutes les tâches
déclaratives fiscales et sociales qui
incombent à l’entreprise et par la
mise en place de tableaux de bord
mensuels adaptés aux spécificités
de l’entreprise. L’entrepreneur.euse
dispose ainsi d’indicateurs précis
et pertinents pour la conduite de   départ, en confrontant son projet à
des erreurs n’a pas de prix pour la survie d’une boîte nouvelle. Pas question pour autant de porter un jugement: tout se fait avec la plus grande bienveillance. Ce regard extérieur aide à prendre du recul et de la hauteur sur les projets, à en repérer les failles et surmonter un obstacle ou valider des choix. Dès le
aider l’entrepreneur.euse dans le   La formation de huit années des experts-
comptables leur apporte les connaissances requises pour un accompagnement efficace de l’entrepreneur – Bruno Le Besnerais,
Ordre des experts-comptables.
    des 2 600 000 d’entreprises que
compte la France, indique Bruno
Le Besnerais, expert-comptable et
président du comité Création et
entreprises innovantes de l’Ordre
des experts-comptables. Leur for-
mation de huit années leur apporte
les connaissances requises pour
un accompagnement efficace de
l’entrepreneur. Ils.elles sont donc
naturellement leur interlocuteur
privilégié. Cet accompagnement
s’avérera un choix sécurisant et
moins coûteux, notamment pour   et quotidiennement... très évolu-
son activité », démontre Bruno Le Besnerais.
Jeu de miroir
Au-delà des conseils techniques ou stratégiques, se faire accompagner par un réseau professionnel, c’est aussi et surtout bénéficier d’une re- lation humaine. L’un des principaux objectifs de ces réseaux consiste à sortir les entrepreneurs.euses de leur solitude en les ouvrant à une communauté. Les réseaux d’ac- compagnement, qui fourmillent de bénévoles – souvent d’ancien.nes chef.fes d’entreprise confirmés donc dotés d’une solide expérience –, proposent tout un panel de conseils personnalisés suivant les besoins et le degré de maturité des projets. « Nos 250 mentors bénévoles sont tous, ou ont été, des dirigeants qui comprennent ce que vivent les en- trepreneurs.euses et sont donc ca- pables de les accompagner. Ils se retrouvent avec des pairs qui vivent ou ont vécu la même chose qu’eux. elles et avec lesquels ils peuvent par- ler », relève Bénédicte Sanson, co- fondatrice et déléguée générale du réseau Moovjee qui a accompagné depuis sa création en 2009 1 500 jeunes entrepreneurs entre 18 et 30 ans. Pendant plusieurs mois, les apprentis chef.fes d’entreprise béné- ficient d’un mentor référent qui va jouer un rôle miroir pour les accou- cher des bonnes questions. « L’idée n’est pas de les conseiller, mais de les interroger pour ouvrir le champ des possibles. Qu’ils puissent, si né- cessaire, se remettre en question et prendre des décisions éclairées. » Première embauche, relation diffi- cile avec un.e associé.e, difficulté de trésorerie, première levée de fonds, autant de points durs que ces an- ciens chef.fes d’entreprise ont tous.
un comité d’engagement composé de chef.fes d’entreprise et d’expert. es, le.la dirigeant.e évite de foncer tête baissée dans le piège.
Grâce aux outils de pilotage que les réseaux procurent, les dirigeant. es sont contraint.es à une rigueur, ils.elles doivent mettre régulière- ment à jour des tableaux de bord. Souvent précis. Le Moovjee dispose par exemple d’un pool de 500 ex- pert.es métiers, de quoi avoir accès à tout type de compétence. Un ré- seau, du reste, forme aussi, de façon spécifique.
Et s’adapte localement. Les ad- hérent.es sont mis.es en relation avec les plates-formes territoriales propres à chaque région, départe- ment ou ville pour s’intégrer dans le tissu économique local et accéder à des contacts utiles. Grâce à leur fine connaissance des territoires et à leurs solides carnets d’adresses, les réseaux guident les nouveaux entrepreneur.euses vers les bons interlocuteurs. Être accompagné.e, c’est enfin se crédibiliser et gagner en légitimité : essentiel pour vendre son projet à des partenaires.
Les accompagnements courent au moins sur six à douze mois. Mais les réseaux préconisent de plus en plus un suivi d’activité sur le long terme.
CHaRlotte De SaiNtiGNoN
* Étude Les créateurs d’entreprises : quels profils, quel accompagnement et quelles difficultés à la création, publiée par la Dares (ministère du Travail), www.epsilon.insee.fr/jspui/ bitstream/1/100774/1/2019-026.pdf
** Sous la présidence de l’ancien patron de Renault, Louis Schweitzer, Initiative France a « sauvé » 45 000 emplois. Ce sera désormais la tâche de Guillaume Pépy, ex-patron de la SNCF, nommé à la présidence d’Initiative France.
choix de la structure juridique et dans l’élaboration d’un prévision- nel de résultat et de trésorerie. » Les bouleversements économiques très récents liés à la covid-19 ont démontré que les experts-comp- tables et leurs équipes ont fait preuve de réactivité et de sa- voir-faire, en prenant notamment en charge la mise en place du chô- mage partiel, des prêts garantis par l’État, dans un contexte de règles nouvelles, parfois contradictoires
        handicapés sûrement, entrepreneurs avant tout !
Hamou Bouakkaz
Secrétaire général de l’association h’up entrepreneurs
Résilience et confiance, 2 clés de l’entreprenariat
  « Ils ont échoué parce qu’ils n’avaient pas commencé par le rêve », Shakespeare. Pour les entrepreneurs handicapés, le rêve aurait pu se briser net au moment où les conséquences de la crise sanitaire de covid-19 se sont fait sentir.
En période de confinement, s’appuyer ou déléguer à ses équipes, négocier ou convaincre un prospect potentiel ont constitué des défis plus que jamais âpres à relever pour tous les entrepreneurs, en particulier les plus fragilisés.
Il leur a fallu se réinventer et sortir de leur zone de confort.
Loin d’être abattus, une grande partie d’entre eux se sont tournés vers h’up en- trepreneurs et son offre d’accompagne- ment adaptée aux circonstances excep- tionnelles.
Configurée en mode apprenant, l’as- sociation a multiplié les webinaires, les groupes de co-développement connectés et l’adaptation à distance des accompa- gnements individuels.
De nombreux experts, hauts respon- sables publics ou privés, ont pu intervenir auprès des entrepreneurs du réseau h’up, cible qu’ils peinent à adresser ordinaire- ment.
38 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
Grâce à l’aide constante et efficace de l’Agefiph, h’up a permis à ses membres de bénéficier des efforts considérables consentis par nos pouvoirs publics pour maintenir l’emploi et favoriser l’égalité des chances dans une période où nombre de pays ont privilégié le chacun pour soi. À la fin de ce confinement, nombre d’entrepreneurs du réseau h’up se disent peut-être mieux armés pour profiter de la nécessaire relance économique.
Les effets du confinement, une aubaine pour certains entrepreneurs en situation de handicap? Une part des membres du réseau h’up perçoivent même certains bénéfices aux nouveaux modes d’orga- nisation du travail qui estompent deux facteurs particulièrement discriminants, les déplacements et les habilités sociales. La nécessité de relocaliser des produc- tions, l’ambition d’une société plus so- lidaire, la preuve de l’inventivité des travailleurs indépendants handicapés devraient permettre à la France de mar- cher d’un pas allègre vers l’inclusion. Plus que jamais, notre devise est d’actua- lité : « Handicapés sûrement, entrepre- neurs avant tout ! » n
    ]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[ créer aujourd’hui
pratique
ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 39
]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
Une combinaison de présentiel
et de virtuel signe l’événement hybride
té avait en effet déjà été étudié quelques mois plus tôt en Asie et nous avons donc bénéficié du savoir-faire et de l’expérience de nos filiales asiatiques et notam- ment de la filiale chinoise. Nous avons pu ainsi très rapidement former nos équipes et sécuriser nos lieux », explique Éric Chau- vet, directeur commercial et marketing Lieux et Événements de Prestige Sodexo. À la Baule, le Palais des Congrès Atlantia s’est doté d’un référentiel pour assurer la sécurité sanitaire du site et de nouveaux services pour des événements « sereins et res- ponsables». Ce protocole sani- taire, co-construit avec le groupe Socotec, un acteur de la gestion des risques et de la certification, intervient dans la lignée des dé- marches conduites par les orga- nisations professionnelles de la filière événementielle. Résultat, le Palais des Congrès rouvrira les 10 et 11 septembre avec une convention d’Allianz France – un beau meeting de plus de 800 participants.
Le numérique
en embuscade
Si les sites d’événements d’en- treprise se mettent en ordre de bataille en prévision de la re- prise, leurs animateurs ne sont pas naïfs. La longue période de confinement a accéléré l’essor du numérique comme moyen de communication privilégié. Les entreprises qui ont investi massivement dans le digital pour communiquer reviendront-elles en arrière pour privilégier de nouveau le présentiel ? Pas si sûr. Dans cet environnement incer- tain, les sociétés ont très bien accueilli ces nouveaux formats plus courts et moins coûteux. Elles économisent le transport, la salle, la restauration, etc. L’évé- nement se montre certes moins attractif, mais bien moins chro- nophage pour les collaborateurs enrôlés. En réduisant une jour- née de séminaire de 8 heures à un événement en ligne d’une heure et demi, les sociétés réallouent le temps à des missions qu’elles plus productives, même si l’effet promotionnel ou motivationnel n’est pas aussi fort. Des agences comme Win-Win l’ont bien compris. «Le point de départ de notre travail en début d’an- née a été de voir comment nous pouvions réaliser les événements live de 2019 en version virtuali- sée. L’ensemble de la société a été
  L’événementiel en cale sèche veut se réinventer
  L’« événementiel » se remettait à peine des gilets jaunes et des grèves déclenchées par la réforme des retraites quand la covid a figé ce secteur tout entier tourné vers l’extérieur et le contact. Un secteur essentiellement animé par des PME-TPE imaginatives que l’État- providence soutient à coups de PGE et de salaires subventionnés dans l’attente du grand réveil de leurs entreprises clientes.
Sur le terrain, les profes-   ciétés dissuadent leurs salariés
Lionel Malard, consultant pour les professionnels Event & Mee- ting, et fondateur du cabinet de conseil Arthémuse. Pour lui, les entreprises clientes sont encore tétanisées par la crise qui « a re- mis profondément en cause leurs stratégies de croissance. Quand une marque ou une enseigne n’a pas de vision claire, elle ne peut pas se fixer d’objectifs globaux. Et ce travail est compliqué en période d’incertitude. Dans l’at- tente de prendre quelques déci- sions qui l’engagent, elle préfère réduire la communication vers ses parties prenantes, donc ses événements. Je pense que les six mois à venir, dont deux sont neutralisés par les vacances, ne seront pas propices à l’organi- sation d’événements. Espérons que 2021 marque l’émergence de nouveaux projets ».
La sécurité,
une condition nécessaire D’autant plus que les entreprises qui créent des événements vers leurs clientèles ou leurs salarié. es doivent remobiliser les cibles. Regagner la confiance des pu- blics apparaît donc comme une priorité absolue. Un défi très rapidement intégré par les pro- fessionnels de l’événementiel comme Sodexo. « Nous avons réagi dès le début de la période de confinement en nous adap- tant à la chute de l’activité, mais surtout en préparant la sortie de crise. La priorité a été donnée à la sécurité, l’ADN de notre groupe. Sur ce point, nous avons profité de l’avantage d’être une multi-
 sionnels du MICE – Mee- ting, Incentive, Confe- rence, Event – constatent
de se rendre au bureau, on les incite au télétravail jusqu’à la rentrée de septembre ou même la fin d’année. Enfin, l’heure est à la compression des frais gé- néraux dans des sociétés fragi- lisées par la covid-19. Dès lors, je ne vois pas de reprise, même timide, du secteur en présen- tiel avant le premier trimestre 2021 », estime Christophe Cou- sin, président et fondateur de l’agence Win-Win. Il vient en conséquence de lancer avec suc- cès une offre numérique bapti-
l’attentisme des entreprises,
même si la levée de l’interdic-
tion des grands rassemblements
est attendue au 1er septembre.
« Aucune ne projette pour l’ins-
tant de retour à un événement
en présentiel. Les risques juri-
diques sont trop importants. En
cas d’annulation, l’assurance ne
les couvrira pas, sachant que le
danger est aujourd’hui connu.
En outre, le risque sanitaire sub-
siste et beaucoup de grandes so-   sée E-Live. Même attente chez   nationale. Le sujet de la sécuri-
L’heure est à la compression des frais généraux dans des sociétés fragilisées par la covid-19. Dès lors, je ne vois pas de reprise, même timide, du secteur en présentiel avant le premier trimestre 2021 – Christophe Cousin, Win-Win
       40 |
juillet/août 2020 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                                  La Normandie Votre destination Séminaire au Vert
Avancer Ensemble Redonner le cap Réunir
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]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
business guide
Je pense que les six mois à venir, dont deux sont neutralisés par les vacances, ne seront pas propices à l’organisation d’événements – Lionel Malard, Arthémuse
mobilisé pour finalement lancer   une nouvelle valeur ajoutée pour
ments physiques réfléchissent   mérique allait prendre à l’avenir
   aux moyens d’améliorer l’inte- raction entre les participants à l’aide de vidéos, photos, quiz, shows d’animateurs, etc. Le dé- veloppement du numérique doit intégrer cette problématique de l’engagement sachant que le par- ticipant en ligne est naturelle-
une place plus importante dans la stratégie de communication des marques. Dans un tel envi- ronnement, nous avons cherché à comprendre comment les entre- prises pourraient se relancer et fédérer leurs équipes », décrypte Éric Chauvet, Sodexo. L’effort a d’abord porté sur l’équation éco- nomique. L’organisateur d’évé- nement a assoupli ses conditions de vente en repoussant le paie- ment de l’acompte pour les pro- jets moins ambitieux, mais aussi en se montrant plus compréhen- sif pour reporter ou annuler à 15 jours de l’événement. « Surtout, nous avons rapidement pensé que le numérique ne pourrait pas remplacer totalement le présen- tiel et encore moins si le télétra- vail tend à s’étendre. Il faut bien, en effet, que les personnes se réu- nissent à intervalle régulier pour aligner leurs points de vue et donner du sens à leur mission. » D’où le besoin satisfait d’accueil- lir le maximum de gens, comme au-dehors. «Nous avons ainsi créé le concept d’événement hy- bride qui combine présentiel et virtuel. Cette offre apporte un ensemble de solutions qui com- binent autour d’un même événe- ment 100 personnes en présentiel et 200 sur le Web. Tant pour les séances plénières que pour les commissions et sous-commis- sions. ». Le groupe a mis au point une solution à travers laquelle ses belles adresses vont proposer ce nouveau format au prix de nou- velles technologies, des bandes passantes plus puissantes, etc. L’enjeu des entreprises est désor- mais de réengager les équipes, donner du sens à leur travail, leur insuffler de l’énergie, ce qui ne sont pas des tâches simples au sortir d’une telle crise. L’événe- mentiel hybride, une réponse à la hauteur des enjeux.
PieRRe-jeaN lePaGNot
          début mai notre offre E-Live. Son objectif est d’accompagner les entreprises pour réussir ce mo- ment charnière de leur histoire à travers de nouveaux formats corporate adaptés. Un seul impé- ratif, celui de conserver le même quotient émotionnel que le live en proposant, par exemple, du phygital avec un dirigeant et un animateur en direct qui com- muniquent de façon interactive avec leur communauté en télé- travail », décortique Christophe Cousin.
chacun et pour tous. Leur succès reposera avant tout, j’en fais le pari, sur un très haut niveau de créativité et de responsabilité », assure Lionel Malard.
L’ère de l’hybride
Pour survivre à une alerte qui l’a si bien remis en cause, le monde du MICE n’a d’autre choix que d’intégrer une dose bien plus im- portante d’événements en ligne qu’auparavant. « La crise du co- ronavirus a bouleversé le sec- teur. Les professionnels de l’évé- nementiel, habitués à travailler sous tension, ont été contraints de radicalement changer leurs habitudes. Après avoir annulé les projets prévus dans les trois ou quatre premières semaines du confinement, ils ont pris le temps de réfléchir à l’évolution du métier, avec une question en tête: comment continuer à faire vivre ses activités en période de black-out? Bien sûr, la pre- mière réponse, de court terme, a consisté à se porter sur la com- munication en ligne. À plus long terme, les créateurs d’événement ont également réfléchi au moyen de communiquer autrement pour aboutir la plupart du temps à une même conclusion: l’avenir de l’événementiel passera par les événements hybrides, combi- naison de présentiel et de relais virtuels. Qui existaient du reste depuis quelques années. Mais qui seront désormais systémati- sés. Une adaptation qui est justi- fiée par des raisons évidentes de coûts, mais aussi de responsabili- té sociale et environnementale », explique Éric Vence, fondateur d’Eventdrive. Selon lui, l’événe- ment de demain devra se mon- trer attractif, plaisant, valorisant à la fois pour les invités en pré- sentiel et pour les internautes. Ce nouveau mode d’événements passe inéluctablement par une évolution des formats. Une ces- sion qui durait au moins heure, par exemple, doit se condenser en 20 minutes, faute de quoi les participants en ligne décroche- ront. « Voilà en outre des années
ment plus versatile », insiste Éric Vence. Dès lors, la double com- pétence live/digital deviendra un atout pour accompagner les évé- nements hybrides car l’outil de présentation ne peut se réduire à un tchat. Vence : « Une société comme la nôtre développe une plate-forme de mise en avant de la marque et de son message, ce qui n’est pas possible avec Zoom ou Teams. Avec notre logiciel tout-en-un, une entreprise va tout à la fois organiser une plé- nière, mais également des ateliers et inscrire les participants à des parcours personnalisés en ligne ou sur site. »
La transition
a déjà commencé
Cette mutation vers l’hybride n’est pas l’apanage des petites structures. Une multinationale comme Sodexo a également sai- si dès les premières semaines de la crise les nouveaux enjeux du secteur. « Nous avons bien évi- demment constaté l’accélération du télétravail et de la connexion à distance et compris que le nu-
  L’événement sera haut
de gamme ou ne sera pas
La crise sanitaire immobilisante
a fait jouer de nouveaux réflexes
aux entreprises pour commu-
niquer et entretenir leur réseau.
« Je pense qu’une grande partie
des événements qui se tiennent
en ligne le restera une fois la si-
tuation revenue à la normale. À
terme, 80 % des événements se-
ront virtualisés. Les 20 % restants
en réel devront procurer sur les
parterres mobilisés un très grand
pouvoir émotionnel et relation-
nel. On savourera d’autant plus
la qualité de l’instant », estime
Christophe Cousin. En somme,
pour attirer de nouveau de l’au-
dience dans des événements, les
organisateurs devront miser sur
le haut de gamme. « N’oublions
pas que le virus circule toujours,
même faiblement en France. En
dépit de toutes les dispositions
sanitaires, le risque perdure dans
la conscience individuelle et col-
lective. Si je prends le risque de
me rendre sur un événement,
quels que soient son format, sa
taille et le lieu dans lequel il est
organisé, c’est pour vivre une
expérience dont la force est supé-
rieure au risque. Si l’événement
ne crée pas une valeur forte pour
chacun des participants, pour
la communauté à laquelle il ap-
partient et pour le monde, son
existence sera remise en cause.
Le risque même faible de covid
condamne les événements répé-
titifs et un peu fades, et oblige
ceux qui veulent survivre à cette
crise à se transformer et à afficher   que les organisateurs d’événe-
en Normandie, le séminaire se met au vert
  La Normandie entend bien capitaliser sur ses indéniables atouts pour profiter à plein de la reprise du secteur du tourisme d’affaires. Sa position géographique privilégiée à une heure de Paris, la diversité de ses paysages entre terre
et littoral, de son patrimoine historique et de son offre hôtelière dense et de qualité, en font une destination de premier choix pour les événements d’entreprise. Soucieux de faciliter la
vie de la clientèle d’affaires, Normandie Tourisme a lancé sur son site Internet une rubrique dédiée Séminaire au vert qui
répertorie tous les sites de séminaires au vert respectant les nouvelles règles sanitaires. « Nous avons déjà sélectionné 45 sites mais l’offre va s’étoffer dans les semaines à venir. Plusieurs événements sont d’ores et déjà programmés dès le mois de juillet, preuve que les entreprises ont besoin de réunir leurs collaborateurs, de se retrouver ensemble après une période aussi difficile pour redonner
le cap » précise Gregory Delahaye, responsable du Pôle Innovation au Comité régional du tourisme.
 42 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[                                                   ]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation par Geoffroy Framery le chiffre 68%
Source : HappyIndex®AtWork 2020
La proportion de salariés qui se disent motivés et engagés au travail. Une progression au global de 1 point par rapport à juin 2019, malgré le contexte.
L’école d’après sera ce que nous en ferons
Philippe Watrelot, professeur de sciences économiques et sociales, formateur, militant pédagogique, ancien président du Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative.
Le baromètre annuel HappyIndex®AtWork de ChooseMy- Company, qui mesure la motivation des collaborateurs –
Travailler autrement
Patrick levy Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement
LTélétravail : guerre et paix
a crise que nous connaissons tion du stress lié à l’usage des trans- (car oui, nous n’avons pas en- ports en commun ou des moyens de core gagné la guerre contre locomotions individuelles.
la covid-19) met en lumière Néanmoins, depuis les premières
une schizophrénie dont nous sommes phases de déconfinement, le télétra-
enquête auprès de 35 920 collaborateurs –, a établi un clas- sement solidaire des 246 meilleures entreprises: celles qui ont su, malgré le contexte, maintenir la motivation de leurs troupes, grâce à de bonnes pratiques innovantes. Parmi les faits saillants, l’enquête montre que
• contre toute attente, la motivation des salariés progresse au global: elle atteint 68%, soit 1 point de plus qu’en juin 2019,
• 72 % des moins de 29 ans se déclarent globalement moti- vés : ce sont eux les plus heureux au travail, malgré la dure- té de la crise qui les frappe,
• les femmes apparaissent nettement moins motivées que les hommes (66 contre 70 %),
• c’est dans les secteurs de la banque, du BTP/immobilier et dans l’énergie/environnement que les collaborateurs s’af- firment les plus heureux.
estia et Sigma Clermont lancent un MS Procédés du futur & robotisation
L’atout du pro- gramme repose sur une formation dédiée à la fabrica- tion additive lancée conjointement entre l’Estia et Sigma Cler- mont, à la rentrée de septembre 2020. Dé- dié aux procédés de fabrication additive, ce cursus bac + 6
propose deux spécialisations innovantes dans le champ des procédés de fabrication avancée: matériaux compo- sites et fabrication additive polymère ou fabrication addi- tive métallique. L’objectif de cette formation est de fournir aux futurs diplômés des compétences immédiatement opérationnelles pour la mise en œuvre de ces technologies en environnement industriel.
nombreux à souffrir.
Du 17 mars au 11 mai 2020, les en- treprises qui ont pu le proposer à leurs équipes ont adopté le télétravail. Certes, contraint et parfois dégradé, mais avouons-le : le frein psycholo- gique a été levé.
La culture du présentiel, le besoin de contrôle a priori... La France était un pays dans lequel la question du télétra- vail était abordée avec difficulté dans les entreprises. Pour faire simple, et Saint-Thomas n’a qu’à bien se tenir : voir, c’est croire que le salarié travaille. Or, la période que nous vivons a prouvé aux managers et aux dirigeants que la performance économique et le main- tien de l’activité est possible à distance, tout en garantissant un meilleur équi- libre de vies des salariés et une réduc-
vail est passé de « solution miracle » à « grand danger ». On l’associe désor- mais au burn-out, aux contraintes, à la déshumanisation.
Où placer le curseur? Faut-il faire la guerre au télétravail ou pacifier nos re- lations avec lui ?
La solution se situe souvent dans la définition. C’est un mode de travail volontaire, mené à raison de quelques jours au maximum et qui ne concerne pas tous les métiers.
Je ne crois pas au 100 % télétravail. Je crois en revanche à la mise en place d’un mode de travail à distance qui permettra une adéquation entre les be- soins économiques des entreprises et les aspirations privées et sociétales des salarié.es. n
44 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
Motivation des
collaborateurs :
elle progresse !
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[                    NANTES | VENDÉE | PARIS | BEIJING | SHENZHEN | CHENGDU
         sharing, innovating and daring !
10th anniversary of the Foundation
20th anniversary of the Audencia brand 10th anniversary of the WWF partnership 40th anniversary of the Executive Education 20th anniversary of the Specialised Master® Management and International Skills
120.audencia.com
#Audencia120
      audencia.com
  *De l’audace, toujours !
]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
Nouveau programme unique au monde :
MBA Chief Value Officer
  Changement de mœurs. Le 30 juin, Audencia Executive Education (formation continue) a organisé une web-conférence pour présenter son nouveau programme : le MBA Chief Value Officer. Le premier MBA au monde dédié à la transformation des métiers de la mesure, du contrôle et de l’audit « multicapital ». Première promotion attendue en mars 2021. Audencia Executive Education a élaboré avec Delphine Gibassier, professeure associée au sein de la
Business School et experte mondiale en comptabilité du développement durable, ce MBA Chief Value Officer (il bénéficie en France de la certification titre RNCP de niveau 7, anciennement titre de niveau I). C’est le seul MBA
au monde qui lie pensée intégrée, création de valeur, leadership stratégique responsable et dimension internationale. Ce cursus est 100 % anglophone et sera dispensé en format « blended ». Il se construit sur quatre axes de compétences.
trois nouveaux advanced executive Master Programs chez Kedge executive education
Trois nouveaux Advanced Executive Master Pro- grams seront accessibles pour les professionnels sur le campus de Paris:
• Global Supply Chain Management, ISLI,
• International Purchasing Management, MAI,
• Leading Innovation &Transformation for the Healthcare Industry, LITHE.
Ces formations « executives » se destinent à des ma-
nagers internationaux en activité, en France et/ou à l’étranger qui souhaitent se perfectionner dans leur métier et acquérir une double compétence scientifique/ technique et managériale. Chaque programme est accessible à des managers expérimentés en recherche d’une dimension supérieure ou nouvelle dans l’ap- proche de leur métier. Leur objectif est de faire évoluer ces managers vers des postes de direction. Ils sont dispensés exclusivement en anglais, par une équipe internationale de professeurs et d’intervenants professionnels, sur une durée d’un an. Entre 20 et 25 places seront ouvertes sur chaque formation.
Business & Golf academy, bachelor à balles
La formule est originale. Elle propose aux étudiants de concilier leur temps entre études internationales et pratique du golf à haut niveau. Ce bachelor en 4 ans est dédié aux étudiants golfeurs qui souhaitent mener une carrière de management à l’international. Avec un diplôme américain de BBA accrédité aux États-Unis et un titre niveau 7 Manager international certifié en France, les diplômé.es de la Business & Golf Academy, bilingues et sportifs, seront prêt.es à intégrer le monde de l’entreprise du sport et du golf à l’international.
briefing rh & formation
  46 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[ briefing rh & formation
pratique
  J’aime ma boîte
Comment favoriser concrètement la reprise économique ?
   Séchons nos larmes... et bos-   Changeons notre manière de
ment propice pour innover et pour prendre des risques car nous sommes en pleine phase de « destruction-création ».
La collaboration entre les dif- férentes strates de l’entreprise est primordiale pour stimuler la créativité des collaborateurs en incitant le partage d’idées et en intégrant les clients dans ce processus d’innovation. C’est le moment de décloisonner les barrières générationnelles et hiérarchiques pour une créativi- té optimale.
Ils aiment leur boîte, leur boîte c’esteux!
PS : Convaincu qu’il n’y aura pas
tif de 20 dirigeants de PME et ETI du Mouvement Ethic et de l’Entreprise du future se sont unis pour cocréer : le #mani- feste, faisons-nous confiance !
Rédigé pendant le confine- ment, ce manifeste parrainé par Navi Radjou aborde les en- jeux post-covid à affirmer et à repenser sous le signe de la coopération et de la confiance entre salariés, patrons, clients, fournisseurs et État.
Découvrez le #manifeste et devenez cosignataire à leurs côtés sur : www.faisonsnous- confiance.com n
   Sophie de Menthon
sons !
Voyons ce que nous pouvons faire, car nous pouvons faire plus et mieux, chacun à son niveau, à l’échelle de sa boîte: mais est-ce réellement ce que nous voulons ?
Alors que la France est entrée en récession ces dernières se- maines, de très nombreux.ses salarié.es ont fait part de leur envie de maintenir avant tout un confort de vie : ponts, RTT, dates de vacances... Travailler plus pour gagner plus ne semble pas encore séduire.
Pourtant, par des actions concrètes, une relance écono- mique est envisageable, mais il faut volonté et énergie.
vendre : le premier levier est de booster la formation commer- ciale. Il faut redonner un nou- veau souffle à ce métier dénigré dans l’hexagone. Les cours de vente sont quasi inexistants au sein des formations les plus pres- tigieuses dès lors que la vente est associée aux études courtes. On voit des start-up françaises très innovantes qui sont obligées d’apprendre les techniques de vente et de communication à l’étranger.
Parallèlement, révolutionnons la créativité de nos entreprises afin qu’elles soient meilleures qu’hier.
Contre toute attente, la période
actuelle de récession est le mo-   #confiancemutuelle, un collec-
de reprise économique sans une
  Éduservices : les entrepreneurs de l’Éducation accueillent les écoles de Design SMi
Éduservices a annoncé officiellement son rapprochement avec le groupe SMI-Schools of the Media Industry, sur un projet com- mun en design, animation et entertainment pour poursuivre une stratégie de dévelop- pement ambitieuse. L’arrivée de SMI répond aux besoins de l’industrie médiatique, artis- tique et des loisirs, si porteuse (arts appliqués, graphisme, création numérique, audiovisuel, cinéma, animation, VFX/effets spéciaux, ga-
ming/jeux vidéo). Ce nouveau partenariat va enrichir le portefeuille de titres certifiés RNCP/France Compétences d’Éduservices.
un nouveau parcours intégré
en innovation Durable et RSe
du côté de Skema Business School
Les enseignements en Développement durable, Innovation durable et Responsabilité sociale de l’entreprise, historiquement présents tout au long du programme Grande Ecole, se voient renforcés par un parcours intégré sur trois ans. La vocation de cette évolution est de préparer
les étudiants à devenir des « agents » de changement à l’échelle de l’entreprise et de la société, l’un des objectifs inscrits au plan stratégique SKY25 de SKEMA.
L’ambition est ainsi de former des « « Social & Business Transformers », des porteurs de solutions aux enjeux du développement et des créateurs de nouvelles économies ; les étudiants pourront intégrer, dès le 1e semestre de leur cursus en L3 et jusqu’en M2, les principes-clés du développement durable et de la RSE dans leurs dimensions sociales, économiques et environnementales.
Aussi, les enseignements du tronc commun – finance, marketing, design thinking, etc. – intégreront de manière significative et dès la rentrée la notion de développement durable dans toutes les activités métiers qui sont au cœur de l’entreprise, avec une orientation vers la mise en action des politiques durables et de la transition énergétique.
  ecoreseau.fr juillet/août 2020
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]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
briefing rh & formation
 QS executive MBa 2021 : le top 20 publié !
Pour la troisième année consécutive, Wharton est en première place. Cette année, l’édition des classements propose une perspective très élargie des programmes Executive MBA : 141 programmes font partie de la liste globale et 20 programmes joints sont proposés dans une liste séparée.
Sans décrocher la meilleure performance dans chacun des cinq groupes métriques d’évaluation de QS, la Wharton School obtient cependant un meilleur score que ses pairs.
Ses plus proches compétiteurs sont IESE Business School en Espagne (2e, en progression
de deux places) et en France HEC Paris (3e place, en progression d’un rang). Au Royaume Uni, London Business School reste la première institution, mais passe de la 3e à la 5e place (elle a reculé dans tous les indicateurs).
Du côté des écoles françaises toujours, le programme Executive MBA d’Insead passe de la 9 à la 7e place, tandis que le Trium Global Executive MBA program prend la tête des programmes joints (New York University Stern School of Business, London School of Economics and Political Science et HEC Paris School of Management).
  QS executive MBa Rankings 2021 : top 20
 2020 Rank
2019 Rank
 School
 location
 overall Score
 1
1
 Penn (Wharton)
 États-Unis
 93.3
 2
4
 IESE Business school
 Espagne
 93
 3
5=
 HEC Paris
 France
 91.9
 4
2
 MIT (Sloan)
 États-Unis
 90.1
 5
3
 London Business School
 Royaume-Uni
 87.5
 6
 5=
 Chicago (Booth)
  États-Unis
  87
 7
9=
INSEAD
France
86.9
 8
11=
 Oxford (Said)
 Royaume-Uni
 86.3
 9
9=
 UCLA (Anderson)
 États-Unis
 84.6
 10
8
 Berkeley (Haas)
 États-Unis
 84.3
 11
7
 Northwestern (Kellogg)
 États-Unis
 84.2
 12
 11=
 Yale School of Management
  États-Unis
  83.2
 13
20
IE Business School
Espagne
81.7
 14
17
 ESADE
 Espagne
 81.6
 15
18
 National University of Singapore Business School
 Singapour
 80
 16
13
 Cambridge (Judge)
 Royaume-Uni
 79.7
 17
24
 CUHK Business School
 Hong Kong
 79.6
 18
 15
 NYU (Stern)
  États-Unis
  78.9
 19
14
Columbia
États-Unis
78.8
 20
 27
 Warwick Business School
  Royaume-Uni
  77
 © QS Quacquarelli Symonds 2004-2020 https://www.TopUniversities.com/
    Kedge labelisé Génération 2024 : de l’olympisme dans les études
Ce label Génération 2024 décerné par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de l’Innovation et par le ministère des Sports vise à soutenir le développement de la pratique sportive régulière dans l’enseignement supérieur et à renforcer ses objectifs d’inclusion, de santé, de respect
et d’engagement citoyen dans la perspective de l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024. Beau programme ! Or Kedge s’inscrit dans la dynamique des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 et veut devenir un
« acteur de l’avancée globale et inclusive d’une nation sportive et compétitive sur la scène internationale ». Le service des sports de l’école, engagé il y a maintenant deux ans, a pesé dans le choix des ministères. Il propose de manière hebdomadaire près de 35 activités physiques sportives à plus de 8 000 étudiants.
 48 |
juillet/août 2020 ecoreseau.fr
NOTES
• L’EMLV décroche la prestigieuse accréditation AMBA pour son programme MBA Digital Marketing Strategy.
• Audencia et le WWF France célèbrent leurs 10 ans de partenariat et le renouvellent pour sensibiliser les décideurs de demain aux questions environnementales.
• Le nouveau campus de Grenoble École
de Management à Paris, bientôt inauguré.
Le projet représente 2,5 millions d’euros d’investissement pour environ 2 500 m2 sur 3 niveaux avec une capacité d’accueil de 1 000 étudiants par an.
• Alexandre de Navailles, actuel président d’Hertz France, a été nommé par le conseil d’administration de Kedge Business School, présidé par Agnès Grangé, à la tête de l’école de management. Il prendra ses fonctions à compter du 1er juillet.
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                 MUSÉUM NATIONAL D’HISTOIRE NATURELLE
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
manager autrement
Comment les DRH préparent la rentrée
La crise, une opportunité de reprendre la main ?
Sur le pont dès le 17 mars, les directions des ressources humaines ont développé les conditions du maintien de l’activité des entreprises. De là à les faire revenir sur le devant de la scène ? La question se pose.
Flash-back. 16 mars 2020.   Un sujet qui fait débat, pour le
    L’allocution du président Emmanuel Macron an- nonce la fermeture des so-
ciétés « non essentielles ». L’éco- nomie est l’arrêt. «On a eu 15 jours de panique chez nos clients, se remémore Loïc Douyère, direc- teur associé de Florian Mantione Institut, cabinet conseils en res- sources humaines. Assurément, ce fut violent. En même temps, cette période est propice à l’inno- vation. D’ordinaire, on se regarde trop le nombril. Là, le pragma- tisme est de mise. On a pu dis- tinguer les vraies directions des ressources humaines des autres. Si vous ne changez pas l’eau du bocal, vous ne vous renouvelez pas. Cette crise est aussi l’occasion de donner un coup de pied dans la fourmilière... » Un discours qui tranche.
Redorer
un blason égratigné ?
« Combien de RH ont été invité.es pour raconter ce qui a été fait pen- dant la crise, interroge Aymeric Vincent, directeur de la transfor- mation et de la direction RH au sein du groupe Les Échos-Le Pari- sien. Trop souvent, cette fonction est cantonnée aux recrutements ou aux licenciements. La covid-19 lui a permis de quitter la case fa- cile des relations avec les élus pour aborder d’autres thématiques... » Case facile ou tour d’ivoire ? Ou bien encore zone d’ombre ou second plan ? « Progressive- ment, en une dizaine d’années, le périmètre des RH s’est rétréci pour n’occuper qu’un rôle juri- dique, commente Francis Petel, vice-président de la Commission nationale éducation formation de la Confédération des petites et moyennes entreprises. Elles s’oc- cuperaient de compétences... On sait que ce n’est pas vrai. »
moins. Mais les derniers chiffres plaident en leur faveur. En avril, 12 millions de salarié.es ont été concerné.es par l’activité partielle. Avec – phénomène boule-de- neige – la mise en place du télétra- vail, avec des connexions fiables, du matériel à disposition, l’ouver- ture des catalogues de formation, la mise en place de numéros verts pour libérer l’expression des sala- rié.es angoissé.es, le maintien des recrutements... Deux exemples : Scaleway, deuxième fournisseur européen de cloud public, a main- tenu le cap avec 60 embauches à la clé. Idem pour Troops, spécialisée dans la numérisation RH qui a vu croître ses effectifs de 50 %, pen- dant le confinement, en passant de 30 à 45 collaborateurs. « Les
Progressivement, en une dizaine d’années,
le périmètre des RH s’est rétréci pour n’occuper qu’un rôle juridique – Francis Petel, CPME
RHontmisenœuvre100%dece     faut aller la chercher. »
La visibilité récemment gagnée devrait perdurer, pas toujours pour de sympathiques raisons. « Les ressources humaines ne vont pas perdre la main, ajoute Aymeric Vincent, du groupe Les Échos-Le Parisien, car beaucoup d’entreprises seront confrontées hélas à des plans de restructura- tion. »
Une fonction
sur la sellette ?
Le téléphone de Loïc Douyère sonne. Un contact d’un DRH en quête d’un nouveau poste. Un échange de mail ? La même to- nalité. « Une charrette de DRH » se préparerait-elle ? « Les entre- prises recrutent actuellement des commerciaux, remplacent les postes financiers, ceux considé- rés comme stratégiques », note encore le directeur associé de Flo- rian Mantione Institut. Les DRH n’entrent pas (encore) toujours dans cette catégorie-là.
MuRielle WolSKi
        Le contour de la fonction RH ?   vous la donne jamais, la place, il
qu’elles savent faire, note Bernard Serre, vice-président national dé- légué de l’Association nationale des DRH (ANDRH). La question de leur place devient centrale. Or, il y a quelques mois encore, on se demandait si elles n’allaient pas être remplacées par l’intelligence artificielle. Qu’est-ce que cette crise nous a appris ? Quand les sa- larié.es ne peuvent plus venir, les entreprises s’arrêtent. Autrement dit, l’on a réappris que la dimen- sion humaine compte. Qu’elle va permettre la transformation des entreprises. Si les RH ne prennent pas le lead de ça, quelqu’un d’autre le fera à leur place. On ne
Ancienne DRH, aujourd’hui enseignante-chercheuse au sein d’EDC Paris Business School, Caroline Diard voit une oppor- tunité nouvelle se présenter aux RH: «Là où la crise a été bien gérée, elles pourront réclamer à avoir voix au chapitre, à intégrer le comité de direction, signe de la dimension stratégique de la fonc- tion. » « Là où la situation »... l’expression est importante. Car il existe autant de profils de RH que d’entreprises. Le costume trop juridique des RH en poste est pointé du doigt, trop étriqué, un frein à l’ouverture sur l’exté- rieur. Les RH ne se racontent pas suffisamment.
   50 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                 SKEMA GRANDE ÉCOLE
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]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
Rentrée des business schools : en ordre de bataille dispersé ?
Finis les « week-ends d’inté[gration] » et les campus blindés de début de rentrée scolaire. Toujours mêlée à un sentiment d’excitation, la rentrée, du moins celle de 2020, ne risque pas de ressembler à celles des années passées. La faute à la pandémie. Adieu donc, amphis remplis d’étudiant.es souvent, par manque de place, assis à même le sol des salles de cours. Ciao les examens obligatoirement en présentiel. Au revoir, les départs en stage aux quatre coins de la planète. Et fini l’accueil de cohortes et de professeurs internationaux... Jusqu’à quand ?
fallu réfléchir l’acte de pédago- gie et changer de braquet pour adapter rapidement des sup- ports numériques d’apprentis- sage, gagner en finesse dans les contenus, en interactivité et en gamification... Ce faisant, la numérisation à marche forcée des enseignements aura été l’oc- casion musclée pour de nom- breuses écoles de dépoussiérer leurs contenus en ligne en y in- cluant de la vidéo, du tchat, des visioconférences, des séquences différées, des quiz... Entre autres, l’Université de Haute-Al- sace, via son projet Élan, trans- forme ses contenus par rapport à deux axes de développement : la modularisation des cours pour, dans un second temps, les dispenser de façon asynchrone.
Reste que ces formules numé- riques posent la question du sup- port ou, en d’autres termes, celle de la relation enseignant.e-étu- diant.e dans une classe virtuelle. Les écoles n’ont pas vocation à devenir des pure-players à la manière d’Openclassrooms. Mais la transformation des par- cours blended en contenus et en modules 100 % en ligne exige de penser la relation étudiant. es-enseignant.es à distance. Contenir et répondre aux ques- tions de ses « ouailles » pen- dant quelques heures de cours fait partie des règles du jeu en présentiel. Mais qu’en est-il des cours asynchrones ou des modules à distance ? Le.la for- mateur.trice, l’enseignant.e ou l’expert.e doivent-ils.elles rester scotchés.e à leurs mails ? Pour exagérer le trait, devra-t-on pen- ser un jour à créer une hotline pour les cours à distance ? Voire un chatbot qui viendrait aider les étudiant.es pour soulager les professeur.es sur les questions à « faible valeur ajoutée » ? Et comment séparer le bon grain de l’ivraie lorsqu’il s’agit de ré- pondre à ces élèves dans un dé- lai raisonnable ?
Ailleurs, des modes de fonc- tionnement alternatifs ont donc été privilégiés durant la période de confinement. Restriction des mobilités aidant, il faut s’at- tendre, à échelle mondiale, à ce que les acteurs de l’enseigne- ment supérieur proposent des formats 100 % en ligne pour séduire, de loin, leurs étudiant. es à l’étranger. Pourquoi ne pas décliner l’ensemble de ces for- mations à distance comme le
L’exploit de transforma-   gnement supérieur, il a donc
tion numérique qui a touché les acteurs de l’enseignement supé-
rieur amène de nouvelles pers- pectives d’éducation et de sé- duction de nouveaux publics. En soi, la classe virtuelle possède de fait une jauge infinie, si tant est qu’elle soit hébergée dans le bon « nuage ». La pandémie a joué un rôle d’accélérateur dans la partie executive education. Pour la pre- mière fois, les inscriptions pour les MBA en ligne ont dépassé les inscriptions qui incluent des formules en présentiel. L’ordre de marche des écoles en France a été bousculé par le contexte. Mais jusqu’à quel point ?
Glissement numérique pas si simple pour les acteurs de l’enseignement supérieur ?
Si le PCA (Plan de continuité d’activité) fut la priorité straté- gique des entreprises, la conti- nuité pédagogique fut celle des écoles de commerce et d’ingé- nieurs. Comme bon nombre d’organisations, le confinement et la pandémie ont accéléré la transition numérique des ac- teurs de l’enseignement supé- rieur. Le caractère exceptionnel de la crise a obligé les écoles à renforcer le développement des cours en ligne. Ce qui a fi- nalement et réellement changé depuis mars, c’est le passage au 100 % numérique des ensei- gnements qui s’est accompagné d’un nouveau rapport face à l’acte d’enseigner. Mais telle une marche forcée, ce n’est pas voué à s’éterniser.
Un challenge d’envergure pour les écoles qui ont dû re- penser leurs formats numéri- sés. D’autant que la plupart des MOOC (Massive Open Online Courses) existants ou les sup- ports en ligne s’inscrivent en- core aujourd’hui dans des pé- dagogies qui alternent cours à distance et cours en classe. Les fameuses pédagogies inspirées du blended learning et de la classe inversée avec, pour cari- caturer, une partie théorique à distance et une partie cas pra- tiques et questionnement en présentiel ne pouvaient pas s’ap- pliquer dans un cadre de confi- nement total.
Pour les acteurs de l’ensei-
Les écoles n’ont pas vocation à devenir des pure-players
        52 |
juillet/août 2020 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[                          Formations en présentiel, distanciel ou blended learning, adaptées à votre activité professionelle.
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    ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[ pratique
carrières & talents
     Des pétitions se multiplient sur le sujet d’un dédommagement des frais de scolarité.
propose déjà depuis une dizaine d’années l’université de Phoe- nix au Texas, laquelle propose un MBA dont les contenus et les examens sont accessibles de- puis un simple ordinateur avec des cohortes annuelles qui dé- passent la centaine de milliers d’inscrits ! L’université texane a d’ailleurs élargi ses formats cer- tifiants avec une offre en ligne de business online degrees.
Ces nouvelles offres rentrent bien en concurrence avec les pure-players de l’éducation qui ont d’abord émergé à la suite de la crise de 2008 en réaction à des budgets de formation plus serrés. La crise sanitaire a eu également un effet d’aubaine pour ces acteurs de la forma- tion. OpenClassrooms a bel et bien déployé depuis janvier son premier EMBA, Digital Trans- formation Lead conçu en parte- nariat avec Stanford. Alléchant, et surtout une formule agile à même de concilier vie profes- sionnelle et vie privée tout en préparant son avenir...
Stratégies multiples... pour horizon incertain
Une potentielle seconde vague épidémique qui amènerait à un nouveau confinement agit tel un croquemitaine sur les écoles. Les stratégies face à ce risque varient. Première option, celle de continuer complètement à distance. Dans cette perspec- tive, des écoles de commerce
telles que Montpellier Business School ou encore GEM (Gre- noble École de Management) vont débuter les cours 100 % à distance. L’ouverture des cam- pus sera progressive pour les groupes de travail, les primo-ar- rivants ou encore pour ceux. celles qui sont dans l’obligation d’aller chercher des ressources (accès à la BU). À Montpellier, la date du 2 novembre a été ac- tée pour le retour des cours sur le campus...
Deuxième option envisagée par les écoles qui est le choix de la majorité, celle de mixer présentiel et distance. Neoma, l’UTC, Télécom Paris, ESCP Europe, Audencia BS ou encore l’Edhec et HEC s’engagent sur un modèle de rentrée qui tend vers davantage de présentiel, de l’ordre d’un 50/50 à HEC et d’un tiers en présence et deux tiers à distance pour l’Edhec.
Dernière option, celle de Rennes Business School : pri- vilégier le présentiel en décalé tout en gardant une soupape numérique au cas où. Si l’école bretonne a développé une offre à distance avec l’utilisation de Virtual classes ou de la péda- gogie Flipped learning, système d’apprentissage inversé et cours asynchrones avec rotation pour les étudiant.es afin de respec- ter les distanciations physiques, avec un accès aux ressources en ligne disponibles à toute heure et tous les jours sur Moodle, elle a quand même décidé de décaler sa rentrée. Les étudiant.es de 3e année du Programme Grande école, les MSc (étudiant.es in- ternationaux.les) et les étudiant. es du bachelor IBPM auront leur onboarding le 28 septembre et commenceront les cours le 5 octobre. Il faut savoir que les congés de la Toussaint et les deux semaines d’examens du calendrier académique seront supprimés et que les étudiant.es passeront tous leurs examens en contrôle continu pour leur se- mestre 5.
Reste que depuis la fin du confinement, des pétitions se multiplient sur le sujet d’un dédommagement des frais de scolarité. En ce sens, le modèle d’affaires des écoles est remis en cause par le manque actuel de mobilité à l’international des étudiant.es et du corps ensei- gnant ainsi qu’un avenir encore flou qui n’augure pas un retour à la normale pour les atouts de la vie de campus.
GeoFFRoY FRaMeRY
    Pascal alberti, directeur de l’innovation et du Développement territorial – utC
Comment se prépare la rentrée ?
Nous étions déjà préparés. Des UV 100 % accessibles à distance sont déjà en place depuis plusieurs années pour les trois UT regroupés avec les Insa. Cette offre concernait notamment
des formations tournées vers l’innovation et l’export destinés aux PME et PMI. Nous disposons également depuis plusieurs années d’une cellule dédiée à la numérisation des contenus. Ce qui nous a donné les moyens d’assurer les cours à distance malgré le contexte. Voilà aujourd’hui sept ans que j’assure des cours à distance. Et nous avons déjà du recul sur ces pratiques.
Disons qu’outre l’accès au numérique, des différences sont notables sur les cours en présence en termes d’interactions. Tous les étudiant.es ne sont pas toujours prêt.es à manifester leur incompréhension.
Cela dit, trois choix de rentrée sont possibles :
100 % à distance, 100 % en présentiel et un mix des deux. L’hypothèse la plus forte est la troisième. Nous ne rencontrons aucun
point bloquant dans cette hypothèse et nous menons également des tests pour envisager la réalisation d’expérimentations et de travaux pratiques même à distance. L’objectif est de structurer l’enseignement à
distance dans les supports de pédagogie et dans l’accès au numérique.
Qu’est-ce qui va définitivement changer
à l’utC à compter de la rentrée ?
Le déploiement des contenus numériques
s’est réalisé à une plus grande échelle. Il importe aujourd’hui de gagner
en finesse sur la partie théorique. La numérisation offre des perspectives intéressantes, mais la relation à l’humain reste primordiale, que ce soit
dans le rapport étudiant.e- professeur.e ou dans la façon de mener un TP.
Quelles innovations majeures dans vos modes d’organisation ?
Encore une fois, il s’agit d’hypothèses, mais il se peut que nous opérions un roulement pour la reprise en septembre. Nous imposons le principe de précaution
à nos étudiant.es. À l’UTC, au-delà des gestes barrières et des exigences de sécurité sanitaire, nous pensons que peu de choses vont vraiment changer. Nos étudiant.es, espérons-le, vont partir
à l’étranger si toutes les précautions sont prises. Sur le sujet, nous renforçons d’ailleurs nos connaissances avec nos partenaires pour savoir quelles seront les conditions d’accueil.
 54 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
1
Défiscalisation
l’épidémie, toute la filière de la construction neuve conduite par les promoteurs s’est arrê- tée net: les chantiers, les déli- vrances des PC, les signatures d’actes de vente chez les no- taires, etc. Le retard accumulé sera difficile à rattraper dans un contexte macroéconomique très défavorable. Si le gouver- nement intègre l’industrie de la construction neuve dans son plan de relance, elle pourra gé- nérer de la croissance et sauver des milliers d’emplois. Il faut que ce plan de relance non seu- lement recrée de la confiance mais aussi accélère la transfor- mation écologique et numé- rique de notre secteur. »
Au premier trimestre 2020, les ventes sont inférieures de près de 12 000 logements par rapport à la même période en 2019 (- 29,9 %). Cette baisse concerne tous les segments de marché : accession (- 25,2 %), investissement locatif (- 30,8 %) et ventes en bloc (- 41,1 %). La crise de covid-19 ne suffit pas à expliquer cette chute car le confinement ne pèse que sur les deux dernières semaines de mars: dès avant la crise, les ventes de neuf ralentissaient déjà fortement. Côté offre, les mises en vente ont diminué de moitié par rapport au premier trimestre 2019 et de 17,8 % sur un an. Les promoteurs ne parviennent pas à ouvrir suf- fisamment de logements sur le marché. Les raisons de cette baisse sont connues : permis de construire exagérément longs, tout particulièrement pendant le cycle électoral des muni- cipales, recours tous azimuts
Le chiffre
3,3
C’est en millions le nombre de résidences secondaires
en France, 9,5 % du parc de logements. Les personnes qui ont l’intention d’acheter un
tel bien ces prochains mois souhaitent acquérir une surface moyenne de 90 m2 pour un prix de 160 000 euros. Et près de 9 acquéreurs sur 10 choisissent l’ancien. Leur moyenne d’âge
est de 45 ans et leur revenu net mensuel de 2 500 euros avec un apport moyen de 28 000 euros. 60 % sont déjà propriétaires mais 27 % sont locataires.
Logements neufs Allô, la demande ?
Dans un marché marqué par une pénurie de l’offre, les promoteurs s’attendent à vivre une fin d’année compliquée.
 2020, année noire pour
xième trimestre. Pour l’heure, les résultats très inquiétants du premier trimestre, que la crise n’explique qu’en partie, confir- ment et accentuent des déséqui- libres qu’on constatait déjà en 2019 : une baisse de l’offre, en raison, en particulier, des élec- tions municipales qui génèrent elles-mêmes un attentisme fort et anxiogène, explique Alexan- dra François-Cuxac, prési- dente de la FPI France. Avec
 les logements
Pour la Fédération des promoteurs immobi-
liers (FPI), il faut compter sur 100 000 logements autorisés de moins sur le neuf. La pandémie va ainsi peser lourdement sur la production de logements neufs et le secteur du bâtiment. « On ne prendra la pleine mesure des effets de la crise sanitaire qu’à la lumière des résultats du deu-
neufs ?
On assiste à une baisse de l’offre, en raison, en particulier, des élections municipales qui génèrent elles-mêmes un attentisme fort et anxiogène – Alexandra François-Cuxac, FPI France.
     56 |
juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[ ]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
La crise de covid-19 ne suffit pas à expliquer cette chute car le confinement ne pèse que sur les deux dernières semaines de mars : dès avant la crise, les ventes de neuf ralentissaient déjà fortement.
contre les permis obtenus, coûts de travaux trop élevés, manque de disponibilité des entreprises du bâtiment, etc.
« Durant la période de confi- nement, le marché de l’immo- bilier neuf a été impacté, admet sans ambages Vincent Marsi- cano, directeur de Capelli Pa- trimoine. La baisse du nombre d’acquisitions est réelle. Nous sommes sur un marché très tendu. Il y a moins d’offres que de demande. » Même son de cloche pour Dominique Laba- die, directrice produits chez Océanis Promotion Immobi- lière: «Il faut s’attendre à un gros décalage en termes de pro- ductions. »
Vincent Marsicano : « Ce qui change aujourd’hui, en écho à la crise sanitaire, c’est que les banques ont durci leur octroi de prêts, notamment du côté des résidences principales. L’endet- tement des 33 % est scruté à la loupe, plus qu’il ne l’était avant le coronavirus. » En dépit d’un contexte incertain, le directeur de Capelli Patrimoine conserve un discours teinté d’optimisme. « Face aux aléas de la Bourse, l’immobilier, avec une durée
Au premier trimestre 2020, les ventes sont inférieures de près de 12 000 logements par rapport à la même période en 2019 (- 29,9 %). Cette baisse concerne tous les segments de marché : accession (- 25,2 %), investissement locatif (- 30,8 %) et ventes en bloc (- 41,1 %).
patrimoine
          Zoom sur les dispositifs de défiscalisation
de conservation moyenne qui oscille entre 12 et 15 ans, reste une valeur refuge. »
Le dispositif Pinel conserve la cote
Pour les investisseurs immobi- liers, la loi Pinel, instaurée en 2014, est du pain béni. Le dis- positif consiste en l’achat d’un bien neuf ou réhabilité qui est ensuite loué pendant une pé- riodede6,9ou12ansàun locataire. Le propriétaire-bail- leur s’engage à appliquer un loyer plafonné. En contrepar- tie, il va bénéficier de réduc- tions d’impôts sur le revenu jusqu’à 21 % du prix d’achat du bien. « Il s’agit du dispositif de défiscalisation le plus ouvert. Il est relativement simple de fonctionnement et facile à com-
prendre », plaide Vincent Mar- sicano, qui rappelle au passage que l’immobilier Pinel prendra fin en 2021. Comment voit-il l’avenir ? « L’immobilier n’est pas seulement une affaire de promoteurs. C’est une écono- mie à part entière, le premier employeur dans notre pays, qui brasse des milliards d’euros. Il faut une véritable prise de conscience du gouvernement pour débloquer des terrains de l’État. Les communes doivent également s’inscrire dans cette démarche de renouvellement urbain. Aujourd’hui, si le prix du neuf ne baisse pas, c’est bien parce que la demande est supé- rieure à l’offre. »
joNatHaN NaHMaNY
Réduire ses impôts grâce à l’investissement locatif, c’est possible. Outre le dispositif Pinel (lire plus haut), il existe également la loi Denormandie. Spécialement mise
en place fin 2018 pour
aider à la revalorisation
des centres des villes secondaires. Elle concerne les investissements dans l’ancien. L’investissement locatif en loi Denormandie donne la possibilité d’obtenir une réduction de l’impôt sur le revenu jusqu’à 21 % du coût d’acquisition du bien dans les mêmes conditions d’étalement
que pour la loi Pinel. Les logements éligibles à ce
dispositif sont des biens anciens qui font l’objet de travaux de rénovation. Le montant des travaux doit être d’au moins 25 % du prix de revient du logement. Une fois le bien rénové, le propriétaire s’engage à le louer en tant que résidence principale pour une période d’aumoins6ansetàun loyer inférieur au maximum autorisé par l’État.
Autre dispositif, la
loi Malraux toujours active, processus de défiscalisation qui donne droit à une réduction
de l’impôt sur le revenu pour les propriétaires investissant dans des
zones particulières : les secteurs sauvegardés (généralement quartiers historiques de la ville), les Quartiers anciens dégradés (QAD) et les quartiers dégradés dit NPNRU, Nouveau programme national de renouvellement urbain. Le montant de la réduction accordée est calculé en fonction du prix des travaux de restauration réalisée. Il est de 30 %
pour les bâtiments situés dans un Site patrimonial remarquable (SPR) avec plan de sauvegarde. Il est de 22 % pour les autres. Le plafond de défiscalisation est de 400 000 euros pour une période de quatre ans.
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]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[patrimoine
vie privée
 ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 59
]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
patrimoine
2 Défiscalisation
à venir sont immenses compte tenu du contexte économique et social dégradé ».
Dons et legs
La crise sanitaire frappe les associations
On parle peu du choc historique que crise et confinement ont valu aux structures associatives pourtant vecteurs d’une défiscalisation attractive. Point de situation.
                                      Au sortir du confine- ment, les appels aux dons se sont mul- tipliés. Pour bon
nombre d’associations, les pro- jets envisagés avant la mi-mars ont été largement suspendus faute des moyens nécessaires is- sus de la collecte suspendue. Un véritable coup de massue pour les associations. Cette dure ré- alité a récemment poussé Pierre Siquier, président de France Gé- nérosités, en compagnie de 84
représentations d’associations et fondations d’intérêt général, à lancer un cri d’alarme dans les colonnes du Parisien : « Nos or- ganisations, associations et fon- dations d’intérêt général se sont mobilisées dès les premiers jours de la crise de covid-19 pour ré- pondre aux besoins exception- nels nés de cette urgence. » Tou- jours est-il que pour une grande majorité d’associations qui ne vivent que grâce à la générosité de leurs donateurs, les « besoins
La loi distingue trois « familles » : les associations d’intérêt général ou d’utilité générale
ou d’utilité publique, les
fonds de dotation et les fondations, et les associations
à objet philanthropique,
social, scientifique, éducatif, humanitaire, familial, culturel
ou sportif. Les fonds de dotation fonctionnent fiscalement comme les associations, contrairement aux fondations. Certains dons et legs bénéficient d’une exonération totale d’impôt : œuvres d’art, monument ou objets historiques, dons à des
associations pour des œuvres d’assistance, scientifiques, culturelles ou artistiques, pour la protection de l’environnement et des animaux, etc. (article 795 du Code général des impôts).
En cas de dons aux organismes d’intérêt général, le particulier bénéficie d’une réduction de
66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable. Une réduction de 75 % concerne des dons
aux organismes d’aides aux personnes en difficulté (La Croix Rouge, le Secours Populaire, les Restos du cœur...).
Près de 30 % des associations ont déclaré une baisse des dons depuis le début de la pandémie. Les Français.es ont traditionnel- lement comme habitude de don- ner en fin d’année. En 2019, 52 % des montants des dons ont été reçus sur le dernier trimestre. Or donner, c’est aussi défiscali- ser, peu ou prou.
Un appel au gouvernement
Face à cette période sans pré- cédent, les signataires de cette tribune incitent le gouverne- ment et les parlementaires à « prolonger l’élan de générosité des Français.es et de démulti- plier l’efficacité de leurs dons en permettant de donner plus pour toutes les causes ». Que proposent-ils ? Que tous les dons soient défiscalisables à hauteur de 75 % cette année, quelle que soit la cause que les donateurs choisissent de soutenir. « Nous demandons également au gou- vernement d’introduire un cré- dit d’impôt exceptionnel sur la CSG pour tous les donateurs qui donnent et qui ne sont pas assu- jettis à l’impôt sur le revenu », est-il martelé dans le document.
Compte tenu du risque d’un retour de virus, les responsables d’associations ne peuvent tenter aucune projection : « Il nous est impossible de faire des prévi- sions. Nous sommes dans une période pleine d’incertitudes », résume une responsable de France Alzheimer. L’association fondée en 1985 nourrit des am- bitions: apporter aux familles
À qui donner, mode d’emploi
   Près de 30 % des associations ont déclaré une baisse des dons depuis le début de la pandémie.
  60 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[                  Savez-vous que votre assurance-vie est plus qu’un simple produit d’épargne ? Elle peut aussi vous permettre
de transmettre un capital à une cause qui vous est chère !
En désignant l’association France Alzheimer bénéficiaire de votre contrat d’assurance-vie, vous contribuez à financer la recherche sur la maladie d’Alzheimer et ce en exonération
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Crédits photos : Istock
]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Certains dons et legs bénéficient d’une exonération totale d’impôt : œuvres d’art, monument ou objets historiques, dons à des associations pour des œuvres d’assistance, scientifiques, culturelles ou artistiques, pour la protection de l’environnement et des animaux.
patrimoine
        des solutions immédiates pour mieux vivre la maladie et don- ner aux équipes de chercheurs les moyens de mieux la maî- triser demain. « Chacun a les moyens de poursuivre ce com- bat. Les legs, assurances vie et donations sont infiniment pré- cieux. Ils constituent des res- sources en mesure d’assurer la pérennité et le développement de nos actions. Ce geste fort pour les personnes malades et leurs aidants donne du sens au donateur et l’engage au-delà de sa propre existence. »
D’autres acteurs accusent éga- lement le coup. « Nous subissons une perte de dons de l’ordre de 15 % en raison de la pandémie. Les donateurs ont été très sol- licités durant le confinement pour venir en aide, entre autres, aux soignants. Nous espérons un regain des dons », nous ré- pond la Fédération des aveugles de France. Du côté de l’Arsla (Association de recherche pour la sclérose latérale amyotro- phique), le flou prévaut. « Avec un taux de chômage en hausse, les Français.es vont-ils.elles être enclin.es à effectuer des dons ?
ON A BESOIN DE VOUS !
Il y a les donateurs qui sont engagés et concernés par la cause, d’autres qui donnent pour bénéficier d’une réduction fiscale. Et la catégorie de donateurs
qui réagissent à l’instant, à l’émotion – Christine Tabuenca, Association de recherche pour la sclérose latérale amyotrophique.
Des dons en hausse en 2019
         62 |
juillet/août 2020 ecoreseau.fr
Selon le Baromètre de la générosité 2019, les dons des Français.es en faveur des associations ont augmenté de 3,5 % en 2019 après avoir chuté de 4, 8 % l’année précédente. C’est ce qui ressort d’un
panel de 46 associations et fondations. Parmi les secteurs qui ont le plus profité de
cet élan de générosité, les
organisations de défense de l’environnement. « 90 % du nombre de dons ponctuels reçus en 2019 sont inférieurs
à 150 euros et ils représentent 45,5 % des montants des dons ponctuels reçus », note France Générosités. Et « 10,8 % des montants de dons ponctuels reçus en 2019 sont des dons de plus de 10 000 euros ».
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[L’inquiétude est là. L’an passé, nous avions collecté 2 millions d’euros de dons répartis entre 7 000 et 11 000 donateurs. Il y a ceux qui sont engagés et concer- nés par la cause, d’autres qui donnent pour bénéficier d’une réduction fiscale. Et la catégorie de donateurs qui réagissent à l’instant, à l’émotion », analyse sa directrice générale, Christine Tabuenca.
Le passage de l’ISF à l’IFI (im- pôt sur la fortune immobilière) en 2018 avait également signi- fié un repli en entraînant une chute globale de près de 60 % des dons collectés. Le nombre d’assujettis est passé de 358 000 (ISF) à 133 000 (IFI), le nombre de donateurs de 52 000 à 20 000 et le montant des dons collec- tés par les fondations de 269 à 112 millions d’euros. La baisse du nombre d’assujettis a ma- thématiquement fait reculer le nombre de donateurs dans le cadre de ce nouvel impôt.
Adeptes des dons, les associa- tions ont également recours aux legs avec un milliard d’euros ré- colté chaque année. Mais le pro- cessus n’est pas le même. Lors d’une campagne de sollicitation pour les dons, le résultat de cet effort se révèle visible presque immédiatement. Pour les legs, rien ne se passe avant au moins une décennie. Pour les susciter, les associations doivent sacrifier un investissement sans espoir de retour immédiat. Une ap- proche différente d’un don clas- sique car il s’agit là du dernier choix que l’on fait pour soutenir une cause. Un processus tou- jours réfléchi.
Recevoir moins,
mais aider plus
AED (Aide à l’Église en dé- tresse) Solidarités internatio- nal, France Alzheimer, Les Pe- tits frères des pauvres, Alliance Vita, Institut Pasteur de Lille, Secours populaire, Fondation OCH ou encore 30 millions d’amis... Quel que soit le cœur d’activité ou le périmètre d’in- tervention national ou inter- national, le monde associatif a connu un pic d’activité causé par la situation actuelle: vio- lences conjugale et infantile en hausse, abandon d’animaux, précarisation des foyers avec la crise économique qui touche de nombreux secteurs... quand il ne s’agit pas d’aider humanitai- rement des pays en guerre.
Au-delà de la défiscalisation associée, il importe aujourd’hui
de multiplier les dons aux asso- ciations. La période de confine- ment qui a duré 55 jours a laissé très peu d’indemnes dans l’as- sociatif. La fermeture des ma- gasins de l’association Emmaüs l’a plongée en grande difficulté. Et première historique depuis sa création en 1954, Emmaüs lance un appel aux dons pour assainir sa trésorerie. L’élan de solidarité pour la survie des associations doit se poursuivre bien au-delà du confinement.
joNatHaN NaHMaNY aVeC GeoFFRoY FRaMeRY
Nouveau plafond Coluche
Croix Rouge, Armée du Salut, Équipes Saint Vincent, Secours catholique, Le Pain Partagé, Entraide, Solidarité Jeunesse, Emmaüs... sans oublier une grande partie d’associations locales
vont bénéficier d’une plus grande générosité de votre part.
Bonne nouvelle pour ces associations ! Début mai, le dispositif Coluche a modifié son plafond. Ce dispositif est relatif aux dons aux associations qui
fournissent des repas gratuits à des personnes en difficulté, qui favorisent leur logement, qui ont pour activité principale de leur fournir gratuitement des soins ou qui agissent en faveur des victimes de violence domestique. Il ouvre droit à une réduction d’impôt de
75 % plafonnée à 750 euros qui correspondent donc à 1 000 euros de dons contre un plafond de 552 euros auparavant. Ce nouveau plafond rentrera en vigueur pour les dons de l’année 2020.
  ]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
   bons plans vision
 le financement
participatif résiste
à la crise.
Lendopolis, la plate-forme de financement participatif rémunéré entre entreprises et particuliers
du Groupe KissKissBankBank &Coetfilialeà
100 % de La Banque Postale, vient de franchir la barre des
60 millions d’euros collectés. Grâce à un ticket minimum de 20 euros, les épargnants investissent directement dans l’économie réelle à travers des placements aux profils de risque relativement limités et au rendement attractif (en moyenne 5 % bruts par an).
absences du logement,
il faut couper!
45 % des Français.es ne connaissent pas les réflexes à adopter dans leur logement avant de partir en vacances. 30 % ne savent pas qu’il faut couper l’eau
avant de partir plus de quatre jours, détaille un sondage de la start-up Luko. À la question « savez- vous qu’il faut au
moins deux points de sécurité
sur sa porte pour être protégé
par votre assurance en cas de cambriolage ? », 29 % avouent leur ignorance.
Retraite: et si un contrat
traînait
quelque part?
La déshérence des contrats épargne-retraite supplémentaire se révèle mieux surveillée. La proposition de loi pour lutter contre la déshérence des contrats
épargne-retraite supplémentaire a
été adoptée. Cette proposition de loi va aider les retraités à connaître des contrats
dont ils sont bénéficiaires sans le savoir et, surtout, à récupérer les sommes qui leur sont dues. Sur
le site Info retraite, les citoyens sauront s’ils sont bénéficiaires d’un contrat de retraite supplémentaire.
 Trois questions à Nicolas Gay, fondateur de Welmo, agence immobilière en ligne
« L’achat dépend de la confiance, des taux d’intérêt et de l’emploi »
Comment fonctionne une agence immobilière en ligne?
Toutes les opérations se font à dis- tance : estimation immobilière, visites virtuelles, téléconférences... L’idée est venue petit à petit de nos vendeurs qui souhaitaient passer par notre modèle innovant sans avoir forcément des agents immobiliers présents physique- ment, ils estimaient qu’ils pouvaient eux-mêmes faire les visites. Nous avons donc testé petit à petit notre modèle à distance à l’aide de process et d’outils tech conçus pour gérer in- tégralement le processus de vente de A à Z sans se déplacer et avec un taux de transformation plus important que les agences immobilières traditionnelles. Si la démarche paraît surprenante de prime abord, elle séduit de plus en plus de monde. Nous réalisons aujourd’hui 30 % de nos ventes sur recommanda- tion.
Étiez-vous inquiet de l’impact de la pandémie sur votre activité?
Lors du confinement, nous avons éta- bli trois scénarios. Le positif, soit une reprise du marché en juin. Un neutre, soit une reprise début septembre. Un négatif, soit une reprise début jan- vier 2021. Il semble que le premier
«Reprise encourageante du marché de l’immobilier
scénario l’emporte. Depuis le 11 mai, l’activité est très soutenue, et bien plus que ce que l’on prévoyait. Cette reprise s’explique par la confirmation d’une tendance qui se dessinait depuis quelque temps déjà, la volonté des par- ticuliers de prendre l’initiative, c’est-à- dire de passer outre à la fermeture des agences pour déposer des annonces sur les sites et répondre aux annonces directement quand c’était possible.
Quelles sont les perspectives du mar- ché de l’immobilier ?
Le marché est soutenu par trois fac- teurs : la confiance, les taux d’intérêt et l’emploi. La confiance est présente. Les taux remontent très progressive- ment mais restent à des niveaux très faibles. Quant à l’emploi, il est trop tôt pour trancher. Certes, les refus de prêts tendent à augmenter, mais la production de crédit reste élevée, tout du moins assez pour ne pas assécher le marché, notamment à Paris. Au- jourd’hui, les prix ne baissent pas à Paris malgré le regain d’intérêt des ci- tadins pour la campagne postconfine- ment. La demande restera supérieure à l’offre à Paris comme dans les grandes villes. Il peut cependant survenir des « clusters », comme à Toulouse où la
ville pourrait être impactée par l’ef- fondrement du secteur aéronautique, à surveiller. Globalement, les ache- teurs ont tort d’espérer une baisse des prix dans l’immédiat. Autre élément à suivre et qui risque de jouer un rôle sur l’évolution des prix, il s’agit de la réor- ganisation au travail avec, notamment, une démocratisation du home office quand il est possible en fonction des activités de chacun. Preuve de notre confiance, Welmo recrute 200 agents immobiliers sur toute l’IDF et les prin- cipales métropoles comme Bordeaux, Lyon, Nantes, Nice, Montpellier, Stras- bourg, Lille, Marseille. n
      Depuis la fin du confinement, le 11mai, nous tains sont mêmes prêts à différer leur projet. Dans le même observons une reprise soutenue de l’activité im- temps, ils redoutent le durcissement des conditions d’octroi mobilière sur le marché des particuliers. Mais de prêts bancaires. « Je continue de trou- ce tableau est à nuancer. Nous traitons principa- ver que les banques appliquent de façon
lement des dossiers déjà engagés et mis en stand-by par le trop littérale les recommandations du
 confinement, c’est-à-dire des dossiers avec offre acceptée et/ ou promesse de vente signée. Je reconnais que les nou- veaux projets sont, en ce moment, moins nom-
breux. En revanche, nous réalisons
de façon soutenue des simula-
tions de crédit, ce qui est en-
courageant», indique Ludovic
Huzieux, cofondateur d’Artémis
courtage. Lequel redoutait que beau-
coup de projets soient abandonnés en raison de la crise. « Eh bien, pas tant que cela. Nous sommes à 65 % d’acti- vité comparé à la même période l’année dernière, soit bien au-dessus des 50 % que j’anticipais. Bien sûr, nous aurons une idée plus précise de l’évolution du marché fin juillet », précise l’expert. Vivrons-nous un été de l’immobilier? Pas si sûr. Le courtier observe que les clients redoutent d’acheter trop cher dans la perspective d’une baisse des prix et cer-
Haut conseil de stabilité financière,
notamment celle de ne pas dépasser les 33 % d’endettement. Cette mesure a pour conséquence d’éjecter du marché une partie des clients qui ont largement les moyens de s’endetter. De même, la baisse du taux d’usure au 1er avril, ce plafond légal que le taux tout compris des prêts im- mobiliers [le taux annuel effectif global ou TAEG] ne peut pas franchir, pénalise certains dossiers », détaille Ludovic Huzieux. Cette situation pénalise en premier lieu les pri- mo-accédants qui empruntent sur de plus longues durées, avec peu d’apport personnel, ce qui fait monter le taux de leur crédit immobilier, au point de dépasser parfois le taux
de l’usure. n
   64 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[                   Entrepreneurs.
Comme vous.
      Parce que vos besoins sont multiples et votre temps limité, faites le choix d’une banque à taille humaine capable de répondre à vos attentes.
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]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[    vie privée
Baromètre patrimoine & fiscalité
  ACHAT/VENTE
focus     Le chiffre
 les taux d’emprunt immobilier poursuivent leur remontée
Après un premier trimestre durant lequel le taux moyen d’emprunt immobilier à long terme (15 à 25 ans) n’avait augmenté que de 1 à 2 point(s) de base chaque mois, un accroissement de 7 points de base a eu lieu en mai à 1,25 %.
 1,6 1,5 1,4 1,3 1,2 1,1
                                                                                                                                             01/2018 07/2018 01/2019
07/2019 01/2020
05/2020
Bordeaux : le millésime miraculeux
 Amateurs de bordeaux, l’heure de la revanche a sonné. Les particuliers qui s’étaient détournés au fil du temps des grands crus, trop chers, vont préparer leurs carnets de chèque. Le millésime 2019 est de grande qualité et proposé à un prix très attractif... En grande partie grâce à la pan- démie! La campagne Primeur dans le Bordelais débute traditionnellement fin mars-début avril. La crise sanitaire a changé la donne et poussé la campagne à débuter seulement
début juin. Cet exceptionnel
décalage a induit plusieurs
impacts positifs. « En premier
lieu, les conditions de dégusta-
tion n’ont jamais été aussi favo-
rables. Seuls 600 professionnels
français habilités, courtiers et
négociants, pouvaient partici-
per à ces dégustations, bien loin des 5 000 per- sonnes présentes les années précédentes », se ré- jouit Quentin Chaperon, directeur du sourcing et des relations propriétés chez U’Wine. Les dé- gustations dans les châteaux ont en effet accepté 2 ou 3 personnes par maison de négoce, ce qui a permis aux professionnels de travailler dans de très bonnes conditions. « En outre, un vin pri- meur au mois de juin n’est pas le même qu’en avril: il évolue, pour être sensiblement plus abouti que lorsqu’on le déguste en avril comme à l’habitude », révèle Quentin Chaperon. En deuxième lieu, l’absence d’acheteurs étrangers a permis aux courtiers et négociants bordelais de redevenir prescripteurs des acheteurs étrangers, en leur évitant de céder à l’effet d’engouement de
certains pour quelques châteaux et de faire ain- si flamber les prix. Enfin, pour la première fois, les prix étaient connus à l’avance. On trouve des prix entre - 31 % et - 10 % par rapport à l’année dernière, avec une moyenne de 19 % de rabais. « Ces prix constituent selon moi une aubaine, d’autant que ce millésime 2 019 est de grande qualité. C’est une chance pour nous, négociants, comme pour les amateurs de bons vins », se
félicite l’expert. Ce millésime constitue donc une opportu- nité rare de se constituer, ou d’étoffer, sa cave. Il représente également un bon placement patrimonial. « Par exemple, un château Beychevelle d’un bon millésime vaut environ 100 eu- ros tandis qu’un millésime
moins prestigieux est valorisé 75 euros. Cette année, le millésime 2 019 de ce Grand Cru de Saint Julien est vendu 61,20 euros HT. Le poten- tiel de plus-value est donc significatif », assure Quentin Chaperon. Qui a également beaucoup apprécié le château Olivier, à son avis le meil- leur cru historique de ce château à un prix très abordable. «Les vins les plus recherchés ont également enregistré une décote (31 % pour le château Mouton Rothschild 1er Cru Classé par exemple), mais les prix restent très élevés et le potentiel de plus-value est plus réduit que dans le cas de château Beychevelle, château Lagrange ou château Branaire-Ducru (32,10 euros HT) », conclut Quentin Chaperon. n
 85%
une très
grande
majorité
des
Français.es
estiment
leur
logement
inadapté
àlavieen confinement, selon les résultats d’une étude ifop pour optimhome.
   66 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[Baromètre patrimoine & fiscalité
vie privée
 ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 67
]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés Les analyses de Pierre-Jean Lepagnot
 bons plans     experts
 unigestion anticipe une reprise
plus large des marchés
Bonne nouvelle. Selon la société de gestion suisse Unigestion, la récession liée à la covid-19 semble n’être que technique, ce qui remet en
cause la phase de déflation
qui suit habituellement toute récession. Selon elle, la reprise en forme de V qu’elle anticipe, la hausse constante des salaires
tout au long de la crise et le taux de croissance de l’inflation de base encore correct laissent présager une inflation plus élevée, bien que modérée, dans un avenir proche. À ce stade, Unigestion a éliminé sa sous-pondération en actifs de couverture de l’inflation « réels » pour adapter ses portefeuilles à cette nouvelle donne : il s’agit pour le gérant d’un pas de plus vers une reprise plus large des marchés.
allianzGi continue de miser sur
la transition énergétique
Dans les prochains mois, les marchés actions en Europe resteront sous l’influence des évolutions de la crise sanitaire, des annonces des banques centrales et des plans de relance des gouvernements. Dans ce cadre, AllianzGI recommande aux investisseurs de rester prudents, d’équilibrer leurs portefeuilles entre
les styles et de privilégier les tendances de fond, qui n’ont pas été bouleversées par la crise de covid. Le gérant continue à privilégier la technologie, les services à distance, le luxe et
la santé, et est prudent sur les financières, ainsi que sur les secteurs sujets à des disruptions réglementaires et/ou technologiques. Selon lui, l’ESG, en particulier la transition énergétique, continue à être différenciant, et sera favorisé par le plan de relance européen.
Pour investir en actions, misez
sur l’orient, assure jupiter aM
Les investisseurs en actions sur les marchés développés occidentaux ont été frappés par des réductions et des suspensions de dividendes. Les investisseurs se dirigent vers les marchés de la région Asie-Pacifique, du Japon et des
marchés émergents pour obtenir un rendement plus attrayant grâce aux actions, selon Jupiter AM. Dans la région Asie-Pacifique, les bilans restent relativement
solides et il est en tout cas possible de trouver des rendements intéressants en dehors du secteur financier, comme dans le secteur
de la technologie, certains secteurs de consommation ou certains services publics, décrypte la société de gestion.
    Trois questions à Karl Toussaint du Wast, cofondateur de Netinvestissement
« La Bourse reste le placement le plus rémunérateur »
 Comment analysez-vous l’évolution des marchés?
Nous assistons sur les marchés financiers à un vrai scénario de reprise en W. Cette volatilité s’explique en premier lieu par l’activisme des professionnels qui cherchent à saisir la moindre opportunité après la chute violente enregistrée en mars. Pour autant, le rally qui s’ensuivit apparaît purement spéculatif. Aujourd’hui, les marchés qui sont censés anticiper les profits futurs sont aveugles.
L’économie ne semble-t-elle pas se redresser un peu plus vite que prévu?
Certes, les licenciements ont été globalement évités et bon nombre d’entreprises ont reçu le soutien de l’État, mais bientôt, cette béquille va s’effacer et nous
risquons de traverser une crise structurelle. Selon moi, le CAC 40 pourrait bien retomber sous les 4 000 points dès cet automne. Je conseille aux inves- tisseurs qui ont bénéficié du rebond des indices d’ar- bitrer avant qu’il ne soit trop tard.
Quels conseils adressez-vous aux épargnants?
Dans une vision de long terme, la Bourse reste le placement le plus rémunérateur. J’apprécie particu- lièrement trois fonds résolument portés vers l’avenir et qui devraient surperformer dans les 10 à 15 an- nées à venir. Ces fonds se sont spécialisés dans l’ISR, Carmignac Emergents, dans la silver economy, CPR Silver Age et l’industrie et les services du futur, Sus- tainable de Degroof Petercam AM. Aujourd’hui, je recommande à un investisseur très prudent de se tourner vers les SCPI, les OPCI. Les rendements vont certes diminuer, mais tourner cependant autour des 2 ou 3 %. Un profil plus équilibré aura intérêt à pri- vilégier les fonds ISR qui offrent de la performance pour un risque contenu. Enfin, les investisseurs plus offensifs doivent attendre que le CAC 40 touche le fond. Une telle opportunité ne se présente que tous lesdixans!n
L’immobilier d’investissement,
on placement face à la volatilité des marchés
lors que les marchés bA
sionnels de la finance se tournent
vers l’immobilier, un actif qui
offre une solide résistance à la
conjoncture, contrairement aux
marchés actions. L’immobilier
d’investissement est un place-
ment de long terme, soit de 6 à 8
ans, en raison des coûts à l’acquisition et d’où l’af- fect doit être banni. Les spécialistes recommandent toujours une allocation et une mutualisation de l’in- vestissement. C’est ainsi que les investisseurs élar- gissent leur cible de marché à l’échelle européenne pour chercher de nouveaux cycles et un surplus de rendement. « Chez MNK, nous diversifions les in- vestissements pour réduire le degré de risque et soutenir le rendement. À nos mandants privés, nous conseillons une allocation de portefeuille immo- bilier à architecture ouverte », explique Mansour Khalifé, président de MNK Partners. Lequel re- commande en premier lieu de se tourner vers le non coté. Ces fonds, qui fonctionnent comme des fonds de private equity, génèrent en moyenne un rende- ment de 6 ou 7% par an. «Nous avons lancé un fonds maison, MNK One, qui investit sur des actifs
core, c’est-à-dire de grande qua- lité et avec une résilience dans le temps. Nous sommes également très attentifs à la qualité de nos locataires qui présentent systé- matiquement des baux de long terme. Sur une autre thématique du non coté, nous investissons pour certains de nos mandants auprès de promoteurs dans le cadre du développement de
nouveaux projets sur de l’immobilier résidentiel par exemple, mais aussi bien sur l’immobilier de luxe. Ce segment présente l’avantage d’offrir des rende- ments élevés sur des durées plus courtes », détaille Mansour Khalifé. L’expert conseille également dans l’allocation des portefeuilles immobiliers de ses mandants un investissement dans les foncières cotées. « Elles ont été massacrées par la crise de covid-19. Par exemple, le titre Unibail-Rodamco a chuté de plus de 60 % depuis le début de l’année. Concrètement, un investisseur achète une part d’un centre commercial à 40 % de sa valeur. Sur la base des cours actuels, le rendement annuel ressortirait à plus de 9 %. En faisant preuve de patience, c’est-à- dire en conservant quelques années ces actions, les plus-values potentielles attendues peuvent générer des TRI supérieurs à 15 % », souligne-t-il. n
 financiers jouent aux montagnes russes, de plus en plus de profes-
68 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) est l’un des plus intéressants du marché s’il est réalisé dans une résidence services gérés, sélectionnée avec rigueur.
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 ]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
Baromètre finance & marchés
 SPÉCULONS !     Le chiffre
 Vitamine contre virus
130
120
110
100
     01/01 01/02 01/03 01/04 01/05
01/06
Le cours du jus d’orange a flambé de 27 % à 126,7 cents la livre au premier semestre, soutenu notamment par la demande de consommateurs avides de vitamine C pour lutter contre la covid-19.
-99%
Chute vertigineuse de
l’action du groupe allemand
de paiements électroniques Wirecard après la découverte d’un trou de 1,9 milliard d’euros dans ses comptes.
    analyse
 Trois questions à Bertrand Tourmente, fondateur d’Althos Patrimoine, spécialiste de la gestion privée
« Il faut acheter des titres largement sous valorisés »
 Redoutez-vous un nouveau krach boursier?
Depuis l’explosion de la crise du coronavirus, ce sont les banques centrales et les pouvoirs publics qui di- rigent les marchés. Dans ce cadre, je ne suis pas in- quiet quant à l’évolution des actifs à risque au cours des prochains mois. La situation paraît en effet sous contrôle.
Décelez-vous des opportunités?
En termes d’allocations d’actifs, je décèle des oppor- tunités au sein du segment obligataire High Yield où les rendements peuvent dépasser les 15 %. Lors de la chute des marchés, mi-mars, de nombreux inves- tisseurs se sont délestés, un peu en catastrophe, des actifs les plus risqués sans pour autant distinguer le bon grain de l’ivraie. Bien sûr, les junks bonds ont souffert, mais aussi des actifs liés au secteur des in- frastructures, pourtant bien plus résilient, comme des obligations émises par un port maritime. Sur les actions, une crise telle que nous la traversons survient globalement tous les dix ans, il faut donc en profiter maintenant en achetant des titres largement sous va- lorisés et promesses de plus-value significatives dans
un horizon de 3 à 6 ans. Les mégatendances sont des secteurs de long terme où investir, structurellement en forte croissance. À l’inverse, il existe des secteurs maudits où éviter absolument d’investir comme les compagnies aériennes, l’automobile, etc.
Le segment du non coté offre-t-il une alternative séduisante ?
Selon moi, le regain de volatilité observé depuis quelques mois pourrait renforcer la défiance de cer- tains investisseurs pour la Bourse au profit du non côté, traditionnellement moins soumis aux aléas de la conjoncture. Sur ce marché du non coté, plus le ticket est élevé, plus le rendement attendu est fort. Il est cependant possible d’investir sur ce segment à travers des fonds pour seulement 10 000 euros. Il peut également être judicieux d’intervenir sur le marché secondaire où, par définition, les risques sont plus faibles puisque la durée d’échéance du fonds est plus courte. L’offre devrait en outre augmenter et devenir plus attractive. De nombreuses sociétés ont besoin de vendre rapidement leurs positions en private equity afin de pouvoir faire face à leur besoin de liquidité
pour leur activité d’exploitation. En contrepartie de cette liquidité rapide, ils acceptent une forte décote sur la valeur de leur titre, au bénéfice de l’investisseur qui les rachète... n
70 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[Avec la covid, la chaleur ! La température, l’autre fléau
POUR VOTRE BIEN...
Pour ne plus RaCquer...
Depuis la mise en place en janvier 2019 de la réforme du Plan 100 % Santé
(dit Reste à charge zéro, RAC0), les
remboursements ont crû au début de l’année. L’optique,
la denture et l’audition sont mieux remboursées par l’Assurance maladie
et les mutuelles santé. Objectif : prise en charge intégrale à horizon 2021 pour tous les assuré.es. Or ce succès du plan santé en France n’est pas forcément bien connu. Un sondage du comparateur d’assurance LeLynx montre que 70 % des assuré.es n’en savent pratiquement rien, surtout chez les jeunes de 18 à 25 ans. Le RCA0 garantit un « panier de santé minimum » dans les domaines de l’optique, du dentaire et de l’audition.
alerte, allergènes
Toute la France ou presque baigne dans les pollens avec leur cortège de réactions violentes pour les
allergiques. Chez
soi ou au travail, la solution passe par la purification de l’air. On trouvera entre autres marques chez
Avidsen des purificateurs d’air à choisir en fonction du volume à purifier dans la gamme Clair.
Diabétologie pour tous
Le groupement Doctocare (groupe Doctegestio) – accès aux soins pour tous, sans conditions de ressources
– a ouvert un service de diabétologie avec prise en charge personnalisée à l’hôpital de Chantilly-Les Jockeys en mars. Deux médecins et une équipe de professionnels de santé s’efforcent
de « proposer
une alternative à l’hospitalisation complète pour les patients diabétiques » qui en relèvent. À
Gouvieux (60), l’hôpital de Chantilly-Les Jockeys fonctionne selon une approche inédite en France : « regrouper les avantages du secteur privé à but non
lucratif et à but lucratif ». Le Centre médico-chirurgical des Jockeys (CMCJ) est un établissement privé à but non lucratif qui participe au service public hospitalier, le Centre chirurgical de Chantilly fonctionne en établissement privé commercial. Contact : www. hp-chantilly.fr/non-categorise/prenez- rdv-en-ligne.
Règles : les protections qui agressent
Sait-on bien qu’une protection interne – tampon ou cup – favorise le syndrome du choc toxique (SCT) ?
Une victime, en 2019, d’un tel choc toxique, Sandrine Graneau, fonde l’association Dans mes baskets pour sensibiliser aux risques des règles. En l’occurrence, le STC
est une maladie infectieuse causée par une bactérie, le staphylocoque doré. La toxine qu’il génère passe dans la circulation sanguine et atteint un ou plusieurs organes. Sandrine Graneau,
excusez du peu, a été amputée des deux jambes ! Elle organise des ateliers pour expliquer la physiopathologie, les symptômes, l’utilisation des produits, pour limiter au maximum les risques. Le fabricant de serviettes et culottes PliM (Trophée de l’Innovation verte) fournit à l’association des culottes menstruelles et des serviettes hygiéniques.
Souffler français
La loi d’orientation des mobilités impose aux débits de boissons à emporter – épiceries, grandes surfaces et ventes à distance – de fournir des
éthylotests àlaventeà proximité de leurs rayons d’alcool. Un
« créneau » dans lequel s’engouffre le français Drivecase, spécialiste de la prévention routière, avec ses éthylotests « nouvelle génération » (normes NFX et NF) sans ballon, écologiques, made in France, personnalisables.
((capture jointe))
tions le laissent entendre.
On entre dans l’été en France et les pics de chaleur se suc- cèdent, du 30° généralisé. Bonne nouvelle ? Voire. Les chercheurs de l’université de Colombie-Bri- tannique (UBC, Canada) éta-
ner parmi les causes de la mort. Or, disent-ils, il s’agit d’une cor- rélation bien plus réaliste par son lien direct. Et sans même se limiter à des records de tempé- rature comme ils se multiplient
vie privée
en France et en Europe. En juil- let 2019, les Parisien.nes ont « es- suyé » une journée à 42,6°. Un chiffre qui va s’aggraver tous les ans. Or l’impact des « coups de chaud » varie avec la fréquence, comme si les organismes soumis plus fréquemment à des pics ré- sistaient mieux que les individus peu habitués à ces différences brutales : on meurt moins à 30° dans les villes souvent exposées à la canicule, ne serait-ce que parce que ces régions disposent depuis longtemps d’une climati- sation généralisée.
L’épidémie va bien sûr péjorer le risque.
Car les pièces communes climatisées vont favoriser la contamination. De nouveaux protocoles – personne n’en parle encore – vont devoir ac- compagner les techniques de rafraîchissement collectif. Et les villes à leur tour devront conce- voir des aménagements, bâtir en fonction de la montée des températures dès la conception, revoir leurs plans de circula- tion, limiter les pollutions. Un premier programme européen, Urban Fluxes, préfigure les cités adaptées. Ce sont autant d’op- portunités économiques à saisir pour la préservation sanitaire. oM
santé
 Depuis 2003 et son cor- tège de décès dans les Ehpad et autres do- miciles de personnes
âgées, on sait bien que l’été cani- culaire fauche les fragiles. Mais le réchauffement climatique, pa- tent, aggrave le bilan quand on sous-estime son impact. Alerte, les morts de chaud sont dix fois plus nombreux que les estima-
blissent que les décès pour cause de canicule dépassent les prévi- sions. Quand les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies états-uniens estiment chiffrent à 600 le nombre de morts annuelles dues à la tempé- rature, leurs collègues canadiens balaient leur « optimisme » en assénant une vérité dramatique : pour eux, ce sont 5 600 décès en moyenne, entre 1997 et 2006, qu’il faut imputer chaque an- née aux déshydratations létales, et encore leurs statistiques (as- sociation décès-chaleur quelle que soit la cause du décès) ne portent-elles que sur les 3/5 de la population.
Chaleur et coronavirus
Leur méthode : rapprocher les températures enregistrées sur une région au nombre de décès déclarés. Sans essayer de discer-
Les décès pour cause de canicule dépassent les prévisions.
       ecoreseau.fr juillet/août 2020
| 71
]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[  vie privée
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
culture & co par christophe
musique
La Roque d’Anthéron : de l’over-notes
u fil des années, il s’est imposé comme le plus grand festival de piano au monde. Pour sa 40e édition, le festival de La Roque d’Anthéron a réussi un tour de force: repenser entièrement sa programmation dans l’urgence du confinement! Les néophytes
  combarieu
 Adans l’air ! ciné
tenet, de Christopher Nolan
Portée par John David Washington (Ballers), la dernière pépite de Christopher Nolan ne dépareille pas au milieu de son éblouissante
et amoureux du piano se retrouveront, comme chaque été, dans le magique parc du château de Florans, planté de centaines de platanes majestueux, et son auditorium de plein air où les cigales jouent elles aussi leur musique. Jeunes talents, révélations et stars françaises du clavier joueront, seul.es, ou accompagné.es de cordes lors des trois concerts quotidiens. Au programme : de grands cycles Beethoven, Liszt et Bach, avec Kantorow, Capuçon, Ange- lich,Collard,Chamayou,Volodos,Queffélec...Musique!n
Du 1er au 21 août, La Roque d’Anthéron (Bouches-du-Rhône)
filmo : Memento, The Dark Knight, Inception, Dunkerque... rien que ça ! Un thriller d’espionnage
dont la mystérieuse intrigue est longtemps restée top secrète, y compris pour les comédiens ! Ce film très ambitieux, tourné dans sept pays, qui a exigé l’explosion d’un Boeing 747, réunit aussi un casting alléchant (Pattinson,
Poésy, Caine, Branagh). Notre héros devra inverser le cours du temps pour empêcher une nouvelle guerre mondiale... ce qui nous rappelle Inception et Interstellar. Préparez-vous à être ébloui !
En salles le 31 juillet
la Daronne, de jean-Paul Salomé
L’inclassable Isabelle Huppert dans une comédie policière délirante, fliquette à la vie rangée parlant l’arabe et dealeuse de shit inondant le
marché parisien... Qui l’eût cru ? Celle qui a reçu toutes les plus prestigieuses récompenses internationales – mais à qui échappe encore l’Oscar, malgré une nomination en 2017 – détonne et amuse dans la nouvelle pépite de Jean-Paul Salomé. Car Patience Portefeux (ça ne s’invente pas !), interprète pour la brigade des
Stups, doit subvenir aux besoins de sa mère. Elle saisit l’opportunité d’une vie lorsqu’elle découvre que le fils de l’infirmière de l’Ehpad a abandonné sa cargaison de stupéfiants. Apparaît alors « La Daronne », ce mystérieux personnage que ses collègues sont bien en peine de retrouver...
expos
joaquín Sorolla : lumières espagnoles
Grande figure de la peinture espagnole, Sorolla (1963-1923) est grandement apprécié pour ses représentations colorées et extrêmement lumineuses de l’Espagne. Toiles de grand format, esquisses à l’huile et dessins montrent ainsi l’influence et la modernité de son
james tissot : l’ambigu moderne
Peintre majeur et incontournable des aristocrates, dandys et parisiennes des années 1870 et 1880, James Tissot
sut également magnifier la haute société victorienne. Associé au Fine Arts Museum de San
Francisco, le musée d’Orsay rend hommage à cet artiste fascinant, inspiré tant par ses confrères modernes que les préraphaélites anglais et le japonisme ambiant. Si ses portraits
et scènes de genre bourgeoises
constituent d’éblouissants défilés
de mode, il s’attelle également à des
projets plus personnels : des aquarelles
d’une modernité folle pour illustrer la
Bible à la fin de sa vie, mais aussi divers objets en émaux. Une multiplicité de talents et un pinceau d’une extrême précision. La scénographie, sobre et printanière, invite à déambuler au milieu des chefs-d’œuvre, tous réunis, au gré des atmosphères. Tissot, un art brillant et inclassable. Jusqu’au 13 septembre au musée d’Orsay, Paris.
jacques Weber s’empare de tchekhov
   En salles le 9 septembre
Les Apparences, de Marc Fitoussi
Réalisateur de La Vie d’artiste, de Pauline détectiveetdeLaRitournelle,MarcFitoussi s’essaie au thriller chabrolien avec Les Apparences. Celles qu’essaie à tout prix de
conserver Karin Viard, femme moderne et épouse parfaite de Benjamin Biolay, fringant chef d’orchestre à l’Opéra de Vienne. Car leur petite vie idyllique et luxueuse, enviée de tous, vole en éclats lorsqu’elle découvre que sa moitié la trompe avec l’instit de leur jeune fils. Jalousie, coups bas, insinuations et chantage se multiplient dans une atmosphère
anxiogène. Un thriller haletant où Karin Viard démontre une nouvelle fois son immense talent.
En salles le 23 septembre
Lavec De maison
Monstre sacré du théâtre et fin connaisseur de l’œuvre de Tchekhov, Jacques Weber lui avait consacré un essai il y a une vingtaine d’années. En cette rentrée, il s’associe à Peter Stein, figure majeure de la mise en scène européenne, pour donner vie à
72 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
œuvre sur les peintres de la fin du siècle, à l’égal de Manet, Degas, Sargent et Zorn. Une spontanéité des cadrages, une touche rapide et qui vibre, des sujets naturalistes – des pêcheurs au travail, des robes bourgeoises ou encore des enfants jouant : il n’est pas étonnant qu’il soit aussi populaire dans son pays que les maîtres ultimes que sont Velázquez et Goya. Une occasion à ne pas manquer dans le cadre rêveur d’Aix-en-Provence. Jusqu’au 1er novembre à l’Hôtel de Caumont, Aix-en-Provence.
théâtre
  Par le bout du nez,
et Berléand
 e Théâtre Antoine re- vêt ses dorures de Pa- lais de l’Élysée ! Fran- çois-Xavier De maison
trois courtes pièces de jeunesse : Le chant du cygne, Les méfaits du tabac et Une demande en mariage. Le duo se retrouve ainsi après Labiche, Beckett et Molière ces dernières années, un partenariat qui a procuré une véritable une seconde jeunesse à Weber. Le comédien protéiforme incarnera ici
un vieil acteur qui se réveille dans un
théâtre vide après une bonne cuite,
un mari tyrannisé par sa femme et un
père qui doit marier sa fille à un prétendant hautement problématique. Une passion commune des mots et de l’harmonie qui s’en dégage, une osmose d’esprit. À ne pas rater !
Théâtre de l’Atelier à partir du 22 septembre (Paris 18e)
 vient d’être élu
la République, mais quelques
heures avant son discours d’in-
vestiture, le voilà pris d’une dé-
mangeaison nasale soudaine
qui l’empêche complètement
de parler en public sans passer
pour un demeuré... Ni une ni
deux, il convoque le plus grands des psys (François Berléand) pour une séance au sommet sur le divan. L’échange se transforme vite en duel, à la recherche de la petite bête qui coince dans la « tête » du pré- sident! C’est la nouvelle pépite des auteurs du Prénom. Théâtre Antoine à partir du 22 septembre (Paris Xe)
président de
 ]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[   dvd
Play, d’Anthony Marciano
Mélange de rétro et de nostalgie, cette comédie
nous fait suivre Max, des
années 1990 aux années
2010. Jeune, il reçoit de
ses parents sa première
caméra: il ne s’arrêtera
pas de filmer. La bande
de potes, les amours, les
succès, les échecs, c’est le
portrait de toute une gé-
nération qui se dessine à
travers son objectif. Max
Boublil, Alain Chabat et
Noémie Lvovsky campent les personnages prin- cipaux de cette fresque générationnelle où chaque époque est impeccablement reconstituée, des té- léphones à fil en passant par les modes vestimen- taires, la musique (BO parfaite) et l’évolution phy- sique stupéfiante de réalisme des comédiens! Une fibre nostalgique et un concept original qui n’est pas sans rappeler Boyhood, le film multirécom- pensé de Richard Linklater ! Gaumont
les Siffleurs,
de Corneliu Porumboiu
Cette comédie policière roumaine, en compétition à Cannes l’année dernière, nous emmène aux Canaries. Cristi, un inspecteur
de police de Bucarest corrompu, se rend sur l’île de La
Gomera afin d’apprendre
le langage sifflé de ses habitants, pour le moins
hauts en couleurs. Il
espère ainsi pouvoir faire
libérer un mafieux sans
être découvert par ses supérieurs qui, pense-t-
il, l’ont mis sur écoute.
Une maîtrise de l’absurde doublée d’un jeu sur les conventions du genre
et de quelques rebondissements amoureux.
Diaphana
Véronique Gens – Nuits
Après l’opéra baroque et Mozart, Véronique Gens
s’est fait reine de la
mélodie française
et des compositeurs
oubliés du xixe siècle.
Depuis dix ans, elle
collabore de façon
soutenue avec le
Palazzetto Bru Zane, place son talent de tragédienne et son art incomparable de la prosodie au service de nombreuses pépites. Superbement accompagnée par I Giardini, elle nous offre un nouvel album sur le thème de l’abandon nocturne, mêlant pages célèbres et redécouvertes, airs joyeux, tristes ou plus mystérieux. Fauré, Chausson, Massenet, Lekeu, mais aussi une transcription de La Vie en rose ! On est sous le charme.
Alpha Classics
les Siècles – Ravel
Chef associé à la Philharmonie de Paris, François-Xavier Roth multiplie les projets innovants, partout en Europe. Avec son orchestre sur instruments d’époque Les
Siècles, il défriche les grandes partitions des
xixe et xxe siècles et offre une nouvelle jeunesse à ces monuments qu’on pensait,
à tort, connaître par cœur. Après les ballets de Stravinski et de Debussy, il poursuit son cycle ravélien et s’attaque à deux pages incontournables : La Valse et Les Tableaux d’une exposition de Moussorgski, orchestrés par le compositeur français. Précision, transparence et flamboyance.
Harmonia Mundi
Norah jones – Pick Me up off the Floor
Quatre ans après son dernier album
Day Breaks, Norah Jones fait son grand retour avec son huitième opus intitulé Pick Me Up Off The Floor. Depuis son succès phénoménal avec Come Away With Me en 2002, tube planétaire, l’artiste jazz, également à
l’aise sur le blues,
la soul et la pop
– car elle aime
mélanger les genres
– a remporté neuf
Grammy Awards.
Une ambiance très
feutrée pour cette dizaine de titres, entre émotions personnelles et enjeux plus actuels.
Blue Note
culture & co
vie privée
cd
    ecoreseau.fr juillet/août 2020
| 73
]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
essais autos
Des étoiles plein les yeux
Mercedes a restylé une partie de sa gamme sur les six derniers mois, à commencer par son magnifique break de chasse CLA et son SUV coupé GLC. Deux façons de rouler différemment. Une réussite.
Le soin apporté à l’habitacle, à l’ergonomie des commandes, au raffinement de l’ambiance inté- rieure n’a d’égal que la qualité de l’équipement avec notamment le système MBUX (Mercedes-Benz User Experience) – avec écran pa- noramique sans casquette – qui intègrelacommandevocalein- telligente « Hey, Mercedes ! » En prime, une multiplicité de choix pour piloter le système multimé- dia et les fonctions du véhicule: des boutons, un pavé pad tactile, la reconnaissance gestuelle et, bien sûr, un écran central tactile. Sous le capot, un bon vieux
malus écologique entré en vi- gueur au 1er mars.
Un SUV qui sort
de la mêlée
La chanson est un peu différente du côté du Mercedes GLC 300 Coupé. La catégorie est à l’évi- dence supérieure (plate-forme de Classe C), mais l’exercice es- thétique est là aussi plutôt réussi ce qui est loin d’être le cas de ses principaux concurrents comme le BMW X4. Il faut dire que si le SUV coupé est désormais une niche indispensable dans la gamme des constructeurs,
    fiche technique
Modèle essayé
 Mercedes GlC 300D 4Matic Coupé avantgarde line
 tarif
 Àpartirde60250€
 tarifs gamme essence
 Àpartirde56650€
 tarifs gamme diesel
 Àpartirde53900€
  Àl’heure où l’actualité anxiogène sur fond de pandémie décline, à longueur de colonnes
et d’écrans, les affres du sec- teur automobile (effondrement des ventes, usines à l’arrêt) – en tout cas lorsque nous écrivons ces lignes avec l’espoir que tout ira mieux quand vous les lirez – n’interdisent pas de se remémo- rer quelques douceurs du temps d’avant. À commencer par la domination toujours assumée de Mercedes dans l’ère prévirus sur le segment des voitures de luxe. En 2019, le constructeur a bel et bien célébré sa neuvième an- née consécutive de record des ventes avec une croissance de 1,3 % en volume pour un total de 2 339 562 voitures livrées de par le monde. Sur ce qui figurait alors comme ses trois principaux marchés (Chine, Allemagne et États-Unis), le constructeur de Stuttgart a même dépassé les vo- lumes de l’année précédente. Pour asseoir cette suprématie, la marque à l’étoile n’a que l’em-
barras des modèles. Deux ont été restylés à la fin de l’année dernière, qui incarnent dans des gammes relativement accessibles tout le plaisir de conduire Merce- des.
Derniers avantages
du diesel
D’abord le très joli CLA Shoo- ting Brake. La deuxième géné- ration de ce modèle, apparu en 2015, n’a pas grand-chose d’un break par ses volumes, bien que pourvu de quelques centimètres d’embonpoint sur le millésime précédent (+5 centimètres en longueur et en largeur). La car- rosserie au design parfait s’inscrit dans la lignée, à la fois sportive et élégante, des breaks de chasse déclinés par Mercedes depuis huit ans. Une façon de sortir de la mêlée des SUV.
Dérivé du nouveau CLA, conçu lui-même sur la plate-forme de la classe A, ce CLA Shooting Brake boxe dans la catégorie des com- pactes en rival affirmé des Au- diA3 et BMW Série 1. En mieux.
moteur quatre cylindres diesel – 220d –, car les soupapes ma- zoutées dominent encore le mix commercial du modèle (76% de diesel, 24 % d’essence) dont les ventes sont portées par les véhicules de sociétés. Ça chan- gera. Ce bloc de 190 chevaux (pour 400 Nm de couple) associé à une boîte robotisée à double embrayage et huit rapports (la boîte 8G-DCT livrée de série) se montre d’une infinie onctuosité. Sa tenue de route est magistrale et son confort excellent grâce aux sièges et à la suspension pi- lotée. Cerise sur le gâteau, la mé- canique se montre plutôt sobre, entre 5 et 6 litres aux 100. L’ar- gument est moins solide en ces temps d’effondrement des cours du pétrole, mais nul doute qu’il retrouvera bientôt toute son acuité, avant que l’industrie auto allemande ne comprenne que l’âge du diesel est passé. Même si le niveau faible d’émissions de CO2 (121 g/km) autorise ce très joli break à échapper au nouveau
notamment sur le segment pre- mium, l’exercice est redoutable. Mercedes s’en tire donc plutôt bien avec un restylage très limité de son modèle apparu en 2016. Le confort, la finition et l’équipe- ment sont conformes aux critères de la marque (dommage toute- fois que l’affichage tête haute soit en option) et comparable à celui du CLA (écran panoramique en moins). Côté mécanique, là aus- si le diesel fait de la résistance avec un nouveau moteur 2 litres proposé en trois niveaux de puis- sance: 163, 194 et 245 chevaux. C’est ce bloc qui équipait notre véhicule d’essai. Un quatre cy- lindres silencieux et suffisant pour déplacer les quasi deux tonnes du véhicule grâce à une boîte de vitesses automatique à 9 rapports d’une grande efficacité. Comme pour le CLA, la sobrié- té est de rigueur avec moins de 6 litres de gazole aux 100 km mais avec en revanche 149 g de CO2 de rejets pour 1 490 euros de malus.
74 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
fiche technique
Modèle essayé
 Mercedes Cla 220D Shooting Brake Progressive line
 tarif
 Àpartirde47200€
 tarifs gamme essence
 Àpartirde36850€
 tarifs gamme diesel
 Àpartirde38150€
 ]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[horlogerie & joaillerie       mode & accessoires
l’art du temps
vie privée
 Blancpain, collection Villeret Ultraplate
L'élégante Villeret Ultraplate porte avec finesse et modernité les
codes esthétiques de la collection. L'indication des heures et des
minutes est complétée par une grande seconde centrale ainsi
qu'un quantième à guichet à
3 heures, dont les proportions ont été pensées de façon à
garantir un équilibre visuel et un confort de lecture optimaux. Cette
pièce est rythmée par le mouvement à remontage automatique 1151, qui offre une réserve de marche de 4 jours
grâce à l'utilisation de deux barillets montés en série et de ressorts à haute
performance. Bracelet en alligator bleu nuit. 18160 € www.blancpain.com
Reine de Naples 8918 en
émail « Grand Feu »
Sur le fond immaculé, les
chiffres arabes Breguet stylisés apparaissent en émail bleu, tout comme la signature de la Maison
et la mention « émaillé Grand
Feu ». Le bracelet en alligator, muni d’une boucle déployante sertie de
28 diamants, reprend en écho leur teinte ciel. 117 diamants illuminent
le pourtour de la lunette et le rehaut de cette composition en or blanc. La Reine de Naples 8918 en émail « Grand Feu » bat au rythme d’un calibre automatique manufacture.
36500 € www.breguet.com/fr
la Dolce Vita de longines
Depuis sa création, la collection Longines DolceVita illustre à travers le monde l’élégance contemporaine de la maison horlogère Longines. S’inspirant
de la « Dolce Vita », elle est un hymne à la douceur de vivre. Aujourd’hui, un nouveau chapitre de cette collection
s’ouvre avec une interprétation inédite aux lignes adoucies. Ces nouvelles variations ne manqueront pas de
séduire les femmes qui ont érigé le charme en art de vivre.
1110 € www.longines.com
Modèle n° 144 by jean Perzel, une création qui fait toujours rêver les collectionneurs
Verres biseautés coulissants, volets ouvrants, cette lampe créée en 1926 est très représentative du travail artisanal de haute précision effectué dans les ateliers Jean Perzel. En laiton massif et verre optique extra- blanc sablé, le décor se décline au choix en vernis or, chrome, nickel
mat ou brillant, bronze médaille, chrome noir, cuivre rouge, canon de fusil, argenture, dorure 24 carats, etc. Ces modèles sont conçus pour un éclairage d’exception sans aveuglement et comme chacun d’entre eux, ils sont fabriqués à l’unité et signé. (Dimensions : Petit modèle: 17x17cm, Hauteur 44cm / Grand Modele : 22x22, Hauteur 26cm). Prix : à partir de 4050 € Ateliers Jean Perzel (Exposition – Vente – Atelier)3, rue de la Cité-Universitaire 75014
Paris www.perzel.com
PeteR aND MaY, des lunettes solaires pour femmes et hommes
Fruit de l’association de deux designers parisiens, la marque propose des lunettes créatives, tantôt visibles et imposantes, parfois plus sobres et légères. Chaque paire est fabriquée en France, pour un look chic et tendance et s’adaptant à tout type de look.
Ici la collection #PETER1993 Reference Polly, en acétate
frame, couleur Demoiselle Champagne, 290 € www.peterandmay.com/
Des lunettes qui en mettent plein la vue !
La marque Allemande d’accessoires Kapten & Son a conçu pour cet été différents modèles de solaires chics et tendances pour nous accompagner durant les vacances. Effet miroir ou version écaille, elles seront parfaites pour habiller notre regard ! Modèle Amsterdam, 89 € https://kapten-son.com
avec Mc alSoN, plongez habillés !
Maillot de bain de haute qualité en polyamide à séchage rapide, ce modèle fruité et ajusté (Référence MS4128, 110 €) est le partenaire élégant des hommes de tous âges. Produit exclusivement en Europe, les produits Mc Alson (maison familiale belge fondée en 1997 par Pierre Deren) font aujourd’hui l’unanimité. A découvrir au passage les caleçons 100% coton, confortables et impeccablement coupés. www.mcalson.com
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partir à l’aventure ».
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A la fois glamour et aux coupes structurées, les maillots
de bain Au Moulin Rose sublimeront votre silhouette cet été. Unis ou imprimés, on se prend déjà à rêver de farniente estival. 82 % polyamide et 18 % élasthane. Modèle Palma ci- contre. 32 € www.aumoulinrose.com
          ecoreseau.fr juillet/août 2020
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]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
 bien-être
du côté des bulles...
Ayala, Brut Nature
La cuvée Brut Nature de la Maison Ayala est un champagne 0 dosage d’une pureté et une précision parfaite. Son nez, tout en franchise et en finesse, se dessine avec beaucoup de précision autour de notes rappelant les agrumes et un certain côté salin. Sa bouche, à la fois complexe et nette, marquée par la pureté et la tension, livre des notes minérales ciselées et évoque également le pamplemousse et les fruits blancs. 36 € chez les cavistes. www.champagne-ayala.fr/fr
Coffret « sorties entre amis » imaginé par Charline Drappier
Entièrement recyclable (sans colle, ni agrafe, ni aimant) et premier du genre en Champagne, ce coffret a été imaginé avec des objets 100 % « fabriqués en France ». Idéal pour profiter du déconfinement et des beaux jours, il contient une bouteille de Champagne Clarevallis
– la dernière cuvée de la Maison, certifiée Agriculture Biologique – accompagnée de trois objets :
Un sac en toile épaisse de coton bio,
dont l’illustration est réalisée par
Charline Drappier et représentant de
façon poétique les 7 cépages de
la Champagne et leurs liens de
parenté.
Un véritable Opinel Numéro 10,
gravé Champagne DrappierDeux
serviettes en lin lavé naturel, brodées
et façonnées à Paris par la jeune marque «
Nähen ». A noter une touche de jaune qui rappelle
les couleurs historiques de la Maison de champagne.
Un must have.
139 €. www.champagne-drappier.com
Maison Delamotte, depuis 260 ans
Synonyme d’Art de Vivre à la Française, la Maison Delamotte intègre en 1988 le groupe Laurent-Perrier et lie ainsi
son destin au Champagne Salon partageant le même
savoir-faire oenologique sur la Côte des Blancs et un même président - Didier Depond. A travers 4 nouvelles
cuvées, Delamotte exprime toute la quintessence de sa philosophie : « un grand Champagne est d’abord un grand
vin ». www.champagne-delamotte.com/fr/
Leclerc Briant, Brut Rosé
Le nez nous séduit : notes de framboise, fraise des bois, pamplemousse rose, fleurs d’acacia et de pivoine, avec des accents anisés et mentholés. Après aération viennent les notes de cassis, de pêche, de craie crémeuse, d’amande émondée. L’approche dans le palais est souple et fraîche avec une effervescence crémeuse
et fondue. L’équilibre est parfait entre la matière fruitée veloutée et l’acidité d’agrumes bien tendue.
48 € http://leclercbriant.fr/fr/
  Cidralis, les vertus du cédrat corse
La composition phytochimique du cédrat a montré une
forte teneur en polyphénols très singuliers, des substances antioxydantes naturelles. Ces substances inhibent également des protéines pro-inflammatoires et apaisent les rougeurs. Aujourd’hui Cidralis développe avec précaution une gamme courte de 5 produits. Parmi eux le sérum anti-âge contient plus de 10 % d’extrait de cédrat. Les fondateurs de Cidralis n’utilisent
que des cédrats cultivés par eux-mêmes. https://cidralis.com
  Huile Corps Échappée amérindienne
Bernard Cassière
Sa formule s’appuie sur l’efficacité de la mangue sauvage et du beurre de Cupuaçu, mais aussi de l’huile végétale d’amande douce qui apaise, assouplit et procure un toucher velours. Elle contient également un extrait de carotte, riche en tocophérols, pour sublimer l’éclat du corps. Inspiré de l’Amazonie, on applique logiquement cet élixir de beauté comme aiment à le faire les Brésiliennes : sur peau encore humide pour en faciliter la pénétration. Tube 100 ml, 15 €
www.bcparis.com/fr
Delirium floral Baïja
Les gommages corps Baïja ont toujours eu la réputation d’être totalement addictifs et cette nouvelle création le confirme une fois de plus. Les huiles vierges d’avocat bio, de pépins de figue de Barbarie, de tournesol et d’olus adoucissent et assouplissent la peau. Ainsi enrobés d’huiles réconfortantes, les grains de sels feront le bonheur des peaux même délicates, qui pourront elles aussi s’enivrer des si sensuelles notes de ce gommage, mariant à merveille l’Iris et le Patchouli.
60 ml (11,90 €) ou 212 ml (27,90 €) https://baijashop.com
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]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[vins à déguster (avec modération)
Étoile – Domaines ott
Cette cuvée est issue d’un assemblage inédit du meilleur de leurs trois terroirs provençaux, Château de Selle, Clos Mireille et Château Romassan. Quatrième génération à la tête des Domaines
Ott*, Jean-François et Christian Ott expriment au travers ce vin d’exception une lecture personnelle et différente d’un grand rosé. 120€
Château des Bertrands Côtes de Provence 2019 Rosé
La plus pure expression du terroir de Notre-Dame- des-Anges. L’assemblage de Cinsault et de Grenache
lui confère une belle structure, alliant finesse et délicatesse. Ce vin offre au nez une palette
aromatique riche de fruits à chair blanche tels que la pêche et la poire et dévoile ensuite des notes plus exotiques. En bouche, il se révèle doux et soyeux, avec une belle élégance, signature du Château des Bertrands. Il s’ouvre ensuite sur une légère sapidité avec une fine trame minérale
et saline sur la finale.
16,50 € www.chateaudesbertrands.com
lampe de Méduse par Monsieur Christian lacroix
À flacon d’exception, vin d’exception. La qualité remarquable du millésime 2019 a permis d’élaborer une cuvée Lampe de Méduse Rosé des plus fines, équilibrées et structurées. Son nez complexe et intense révèle des notes fines de pêche et de mangue. La belle vivacité et persistance des notes aromatiques en fin de bouche, en font un vin très croquant.
Une finale mentholée sublime sa belle fraîcheur.
16,90€ www.sainte-roseline.com
Gros Manseng 2019 – iGP Côtes de Gascogne
Ce mono cépage 100% gros manseng vous ravira par son nez expressif et fruité (passion, mangue, agrumes) et son équilibre subtil. Servi entre 6 et 8°, il est le compagnon idéal à l’apéritif et sur une grande variété de plats : asperges, soupe de poisson, saumon fumé, poissons
grillés, fruits de mer ou encore volailles ou fromages de chèvre frais !
6,10 € www.osmin.fr
Le Rosé M 2019,
le rosé que l’on m !
Le petit nouveau de la collection Saint-Maur est une pure gourmandise dédiée au plaisir et au partage. Présenté dans un flacon aux lignes épurées et tendances, ce rosé M. 2019 sera le parfait compagnon des déjeuners les pieds dans l’eau et soirées
entre amis. 14 € www.chateausaintmaur. com
les Grandes Serres Vallée du Rhône
Ce Rosé 2019 sans sulfites ajoutés IGP Méditerranée (Grenache noir, Syrah & Carignan), est issu de parcelles situées dans le secteur du Ventoux. Il se présente dans une robe rose pâle
lumineuse et exhale des arômes de fraise et d’agrumes. Vif et équilibré, il se révèle ample et est doté d’une belle longueur ronde. Servi aux alentours de 10°, il est parfait à l’apéritif,
et bienvenu sur un ceviche de saumon à la grenade. 6,90 € en vente au caveau des Grandes Serres
à Gigondas (0490658655 )- chez les cavistes
Montagny 1er cru blanc Clos
Chaudron 2018 - Château de
Davenay
Ce vin du domaine de la Famille Picard (Côte Chalonnaise - 100% chardonnay) offre au nez un mélange de fruits exotiques
comme la mangue, l’ananas et
le litchie. Apparaît ensuite des notes de fruits à chairs blanches comme la poire et des notes florales comme la fleur d’acacia et d’aubépine. Avec une attaque nette et franche, il s’ouvre
en milieu de bouche offrant une richesse en sensations intense ainsi que des
notes de bonbons anglais. Ce vin fait ressortir son côté crayeux et salin. 22 € famillepicard.fr/boutique.html
le coup de cœur
Par alain Marty
Président et fondateur du Wine & Business Club et animateur de In Vino Sud Radio
Cuvée Irrésistible 2019 - AOC Côtes De Provence Cru Classé
l’art du temps
vie privée
      P
lement exceptionnel et la dou- ceur du climat varois, ce petit coin de paradis est aussi une destination de rêve hors sai- son. Aujourd’hui, nous allons découvrir le Domaine de La Croix.
Lové dans un écrin de vé- gétation luxuriante, mi- raculeusement préservée, le Domaine de La Croix repose sur 108 hectares plantés en AOC Côtes de Provence. Vignoble qui promet une escapade œno- touristique authentique dans une Provence gour- mande, romantique et sau- vage, où la douceur de vivre est à nulle autre pareille!
Mon coup de cœur est une cuvée de l’appel- lation Côtes de Provence : Irrésistible Rosé 2019. La robe est lumineuse et délicatement pâle. Le nez est expressif aux arômes de pêche et de fruits rouges suivi d’un très bel équi- libre en bouche mêlant la fraîcheur aux notes d’agrumes.
Cette cuvée rivalise d’élégance, et représente sans aucun doute la véritable signature du do- maine.
Composé de Grenache, Cinsault, Rolle, Ti- bouren, Syrah et Mourvèdre, ce rosé saura satisfaire vos papilles. Pensez à le servir entre 8 et 10° pour qu’il vous dévoile son panier gourmand de fruits frais.
Nous vous proposons plusieurs accords mets- vin: à l’apéritif aux côtés d’une tapenade d’olive provençale, à table accompagné d’une salade de crevettes roses à l’avocat.
Bonne dégustation ! n
 artons dans le Sud, et plus précisément dans la presqu’île de Saint-Tro-
pez. Grâce à un ensoleil-
    ecoreseau.fr juillet/août 2020
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]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[vie privée
l’art du temps
  Château Haut Sarpe 2017 Saint-Émilion Grand cru classé
Ce saint-émilion, merlot 70 %, cabernet franc 30 % a un nez fin et expressif. Une bouche mûre, harmonieuse entre fraîcheur, gourmandise et matière jusque dans la jolie longueur, les
tanins sont présents et veloutés. Un régal ! 36,10 € www.haut-sarpe.com
les terrasses du Château 2018
Moulin-à-Vent
Le Nez est un exquis mélange de pivoines, baies rouges et noires, bâton de réglisse-muscade-poivre noir, une touche cigare. La bouche est dynamique, équilibrée
entre matière, fraîcheur, fruit et des tanins fondus, une jolie longueur sur la gourmandise et une fine note chocolatée et poivrée. 14 € www.chateaudumoulinavent.com
Maison j.Denuzière – iGP Collines Rhodanienne
Ce Syrah 2018 propose une robe rouge intense aux reflets rubis. Le nez est frais et expressif, sur des notes légères d’épices, de fruits rouges mûrs (cassis,
mûre...) et de cacao. La bouche est souple et gourmande, toute en finesse. À déguster à 14-16 °C. Un vin de partage et de gourmandise, à déguster avec
des grillades de viande ou de poisson, des fromages frais ou un fondant au chocolat. 5,60 € - en vente au domaine (0474595033 ) et chez les cavistes
Quadratur 2018
Ce vin de Collioure, Grenache Noir 50 %, Mourvèdre 30 %, Carignan 20 % a un nez intense, floral, fruité, épicé avec une
note de cuir. La bouche est puissante, fraîche, longue. 26 €www.coumedelmas.com
Château de Berne,
aoP Côtes de Provence 2016
L’attaque fraîche et légère est bien soutenue par des tanins veloutés et fondus. On perçoit une grande profondeur aromatique et un fruité en bouche. La finale est d’une belle longueur sur des arômes fruités et élégamment boisés.
26€ www.chateauberne.com/fr/vins.html
Domaine Richaud - a la SouRCe 2019
Cette cuvée est un vin d’assemblage issu de 70 % de grenache, 10 % de Syrah, 10 % de Mourvèdre et 10 % de Cinsault. D’une robe d’un rouge clair et brillant aux reflets grenats, il offre, au nez comme en bouche, une dominante d’arômes de
fruits rouges croquants légèrement épicés. (fraise, mûre, framboise. Bel équilibre et grande fraîcheur. Friand et souple, il s’accordera avec de nombreux mets allant de la grillade au tapas ou même sur des salades printanières. 7 € – en vente au domaine à Cairanne (04 90 30 85 25) et chez les cavistes
Château le Pin Beausoleil 2016, Bordeaux supérieur
Propriété d’Ingrid et Michael Halleck, un couple d’Allemands passionnés et perfectionnistes, le Château
Le Pin Beausoleil (85 % merlot,
10 % cabernet franc, 5 % cabernet
sauvignon) bénéficie d’une des plus belles zones de l’appellation Bordeaux Supérieur, très similaire aux meilleurs plateaux argilo-calcaires de Saint Émilion. Vin élégant et fin, il vous offre une bouche nette
et tendue et beaucoup de caractère. Servir à une température de 17-18°C sur des viandes grillées ou des gibiers, et à déguster entre 10 et 15 ans selon les millésimes.
20 € www.lepinbeausoleil.com
Bandol rouge 2016 – Domaine de l’olivette
Vin aux arômes de fruits rouges bien mûrs, de réglisse, de sous-bois et d’épices, ce Bandol rouge vous ravira par une bouche pleine, longue
et persistante soutenue par une belle structure. Cépages : 80 % mourvèdre, 15 % grenache, 3 % carignan, 2 % syrah. Il est l’accord parfait de viandes braisées et fromages à pâte molle type Saint- Nectaire. Servir à une température de 16°C.
21 € www.domaine-olivette.com
Sous les Rocs 2015 Faugères rouge
Ce vin du Château des Estanilles se distingue par sa minéralité et sa matière encadrée de tannins serrés et suaves. L’assemblage (45 % mourvèdre, 35 % syrah 20 % grenache) vous séduira par son nez charmant, s’ouvrant
sur des arômes intenses d’épices (cacao, café, réglisse) et de fruits rouges (cassis, mûre). A servir entre 15 et 18° C pour accompagner de belles pièces de bœuf grillées ou longuement mijotées.
16 €. www.chateau-estanilles.com
       78 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[                  Le plaisir du café –
fraîchement moulu, pas en capsule.
 Roger Federer
Plus grand champion de tennis de tous les temps
 La nouvelle Z6 fascine même les esthètes et les gourmets les plus exigeants, tels que Roger Federer. La façade et la partie supérieure en Diamond Black viennent souligner son design sculptural. Équipée des technologies les plus modernes, comme le Professional Aroma Grinder, P.E.P.® ou la technologie mousse fine, la Z6 per- met de préparer à la perfection 22 spécialités au café, du ristretto aux spécialités lungo Barista, parfaitement digestes. L’intelligence artificielle personnalise le visuel automatiquement selon vos préférences. Le Smart Connect rend même la commande par smartphone possible et l’I.W.S.® reconnaît automatiquement le filtre à eau. JURA – If you love coffee. www.jura.com
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[expressions
par mathieu wilhelm
Journaliste/Interviewer BFM Paris Éditorialiste médias
Il vaut mieux faire l’information que la recevoir. Il vaut mieux être acteur que critique.
Winston Churchill
Vous avez dit acteur ?
médias
         8’ 48” pour un nouveau rassemblement mondial. Imaginons-nous une seule seconde aux temps pas-
sés, au rythme unique du son, à cette époque où un tsunami à Tokyo n’aurait jamais eu vent aux oreilles et aux yeux de Moscou ! Aujourd’hui si le monde brûle, nous sommes 7 milliards à être aux premières loges. Et il est plutôt cynique de se rendre compte que la multiplicité des images amenuise quasiment notre douleur. Nous serions-nous habitués à l’horreur ? Non, mais nous avons tous envie de la faire éclater au plus grand nombre ! L’information : c’est le nouveau sujet qui offre à tout un chacun de s’emparer de la com- munication. Mais bien entendu, si « informer c’est gouverner », ne parlez pas trop fort, que la rumeur populaire n’aille pas trop vite, elle est bien trop dangereuse et diffici- lement contrôlable. Si l’avènement du smartphone est quasiment derrière nous, son apothéose est aujourd’hui avérée, il est devenu humainement, socialement indis- pensable. Aujourd’hui, une seule image peut devenir l’emblème d’un mouvement citoyen, d’un soulèvement planétaire. Et il en est mieux ainsi... parfois ! La traînée de poudre de l’info nous construit. Et sa transmission virale n’est pas forcément le virus qu’on croit. Il semble, en outre, assez compliqué de reprocher à quiconque, un soir de solstice, de retrouver sa meute ! Celle où gambadent à la fois le gar-
çon de bonne famille, l’employée de banque, le technicien de surface, la secrétaire de direction, l’em- ployée municipale, tous domaines confondus. Tous.tes amené.es à se retrouver, à se mélanger, à compa- rer, à s’informer. Est-il plus simple de croire et de réfléchir face au journal de 20 heures ou bien face au meilleur ami de vingt ans et sa nouvelle compagne, avec qui l’on va débattre du sujet brûlant qui fait la une des journaux? Le vrai mé- dia, le plus puissant, ne serait-il pas,
finalement... nous ? Le
café du commerce ! Chez co-Romains, déjà eux, beaucoup de nouvelles, publiques ou privées, s’échangeaient dans les thermes ou autour de la fontaine publique. Cette période d’isolement, que nous voyons déjà bien lointaine, a sûrement été, toutes proportions gardées, un frein inéluctable – et sans doute nécessaire – à la trans- mission de l’information. Mais qui croire ? Comment ne pas se laisser manipuler et réussir à s’affirmer ? Sujet vaste et tordu car le sentiment humain viendra toujours altérer le ressenti de celui.celle qui écoute ce qu’on lui dit. L’amoureux croira, le haineux contredira et le vaporeux, lui, n’écoutera pas... Il rallumera le 20 heures uniquement car un bruit de fond aide à ne pas trop penser... Alors oui, réunissons-nous, encore, et toujours, partout et tout le temps. Un parc, une salle de spectacle, une table de restaurant, c’est encore le meilleur moyen d’apprendre. MW
[ Briefing médias ]
Femmes et hommes au micro : à chacun son rôle !
Les rôles dont nous sommes affublés nous collent décidément encore bien trop à la peau. L’homme dirige, la femme rassure. C’est ce qui ressort d’une étude menée par le CSA... Nous parlions déjà de la place de l’un ou de l’autre, et de sa part d’audience sur les plateaux de télé, mais qu’en est-il du citoyen lambda ? De celui que l’on interroge en micro-trottoir ou du spécialiste
qui réagit à une information ? Si la parité est quasiment respectée pour les présentateurs et présentatrices, des déséquilibres sont toujours bien présents dans d’autres catégories. Et il apparaît que la crise sanitaire a encore une fois creusé l’écart entre hommes et femmes. Lesquelles ont constamment été interrogées en tant qu’infirmières ou mères de famille, rarement en tant qu’expertes. Quand il s’est agi d’interroger un médecin, il a très souvent été un homme (73 %). Quand il s’est agi d’interroger
un parent pour commenter la
vie de famille et l’école à la maison, « il » a très souvent été une femme (79 %). L’homme est donc, au regard de l’étude, vu inlassablement comme une figure d’autorité, la femme reléguée
au rang de témoin. Il y a encore beaucoup de boulot !
[ ils se créent ]
Dr Good version Véto
« On reconnaît le degré de civilisation
d’un peuple à la manière dont il traite ses
animaux. » Gandhi se serait sans doute
précipité vers le premier kiosque à journaux
pour se procurer le dernier né du groupe Reworld Média. Après Dr Good, Dr Good C’est bon, et Dr Good Kids, Michel Cymès et la vétérinaire Hélène Gateau (surtout la seconde, du reste) nous livrent Dr Good Véto. Vu que notre santé, parfois même mentale, dépend aussi de nos compagnons, il est good en cette période de se procurer cette nouvelle Bible du savoir animalier. Et si cette déclinaison surfe sur le formidable succès des précédentes publications, dépêchez-vous, ça va se vendre comme des petites croquettes!
Dr Good Véto, trimestriel.
BSmart, chaîne des audacieux
Après quasiment quinze ans de bons et loyaux services auprès de BFM Business, Stéphane Soumier a fait les yeux doux à CMI France avec qui il lance BSmart TV,
et ça fait déjà grand bruit. Il se considère lui-même comme un chef de navire
qui mène un combat! Et
le mot n’est, selon lui, pas
mal choisi: le combat de
l’accès à l’information
économique pour tout
décideur d’entreprise de taille intermédiaire qui n’a,
il faut bien le dire, quasiment aucun point d’ancrage télévisuel. Il ne s’adresse donc pas vraiment aux grands groupes, mais véritablement aux chefs d’entreprise de PME qui n’ont qu’une seule idée en tête, la croissance de leurs business, au travers de l’idée d’innovation. C’est acté, l’affranchi de l’éco nous promet des réponses et des questionnements justes, adaptés au plus grand nombre ! Huit incarnations pour une grille très riche,
et la présence notamment dans les rangs de Jean- Marc Sylvestre ou encore d’Arnaud Ardouin. Stéphane Soumier bien sûr aux manettes de sa propre émission du lundi au vendredi de 18 heures à 19 heures, en mode décontracté sans cravate, BSmart and be cool! BSmart TV / Free: 327 / Canal+ : 172 / Bouygues: 245 / Orange: 230
Sportall, tous les sports
sauf la pétanque
Avis aux amateurs de curling, football australien, chessboxing, slamball, ou tout simplement de handisports ou de compétitions féminines. Oui, vous savez, tous ces sports dits long tail, ceux que nous
ne voyons quasiment jamais à la télé. Eh bien grâce à Sportall, certains après-midi d’hiver seront bien moins ennuyeux pour certains! « Visibilité »: voilà le mot d’ordre de Thierry Boudard, le créateur de
la plate-forme. Sous forme d’application
Internet et mobile, il sera possible de se
connecter gratuitement et d’admirer les performances sportives des compétitions
qui auront choisi de transmettre via ce
canal. Mais pas que: Sportall offre aussi des solutions pour les organisateurs eux-mêmes en leur proposant des innovations techniques, légères et peu onéreuses, autour de la captation et de la production de leurs événements. Au fait: Sportall est dans sa dernière phase de lancement, mais est toujours à la recherche d’investisseurs désireux de l’accompagner dans l’aventure. À bon entendeur...
Sportall, bientôt disponible. www.sportall.fr
 80 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
fameux les Gré-
 ]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[Papillons extrêmes
ÉCOCIDE, GRETA, URGENCE CLIMATIQUE, ÉCO-ANXIÉTÉ,
ADO SAUVEURS, SUSTAINABLE NATIVES, MÉGAFEUX, STRESS HYDRIQUE, 42,6°, ALGUES SARGASSES, LÈPRE DES OLIVIERS, LUBRIZOL, AGRIBASHING, AVION BASHING, COMBAT CLIMATIQUE
le regard sémantique
expressions
  « Developpement durable 2019 », Jane Bee
jeanne
Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
Éco-vocabulaire
Écocide est l’un des mots de l’année 2019. C’est un crime qui mène au dé- sastre écologique et qui est officielle- ment reconnu par le Pape. L’urgence climatique est incarnée par Greta. L’ado suédoise est la personnalité de l’année pour le magazine Time. Ainsi les ados écolos, les ados sau- veurs montent au créneau. Cette génération écolo, pourtant consom- matrice de technologies polluantes, est rebaptisée sustainable natives.
À l’écocide s’ajoutent les fléaux cli- matiques qui se multiplient : les mégafeux consument l’Australie. La pénurie d’eau menace un monde en surpopulation, c’est la bataille de l’eau et le stress hydrique. Le ré- chauffement climatique se résume en 2019 par une température jamais atteinte à Paris en juillet: 42,6 de- grés. La France a peur de ce dérè- glement climatique, de cette nature meurtrie: c’est l’écoanxiété.
D’autres maux
L’écoanxiété est aussi nourrie par les algues sargasses, danger toxique sur les plages. En ville et à la campagne, on respire des dizaines de milliers de microparticules de plastique. Les oliviers sont atteints par la lèpre. Et, le 26 septembre, à Rouen, c’est l’in- cendie de l’usine Lubrizol classée Seveso.
Combat climatique
Alerte sur l’Antarctique, le combat climatique est ici et maintenant.
Ce combat implique de mieux agir avec l’économie circulaire, l’adieu aux plastiques, les réparations, les récupérations, l’usage de pro- duits de seconde main. Attention, prendre l’avion est qualifié d’avion- bashing et ceux qui cultivent la terre peuvent même être victimes d’agri- bashing. n
ecoreseau.fr juillet/août 2020 | 81
]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[expressions
les mots de la fin par Marie Grousset
 [ maux croisés ] névrosé?
Peu de thérapeutes le nieront: nous sommes tous un peu névrosés. Mais quelle est la différence entre un névropathe et un psychopathe? Eh bien Pierre Desproges vous répondrait ainsi: le psychopathe sait que deux et deux font quatre et il s’en fiche, mais le névropathe le sait et ça le déprime.
Quant à la différence entre psychopathe et psychotique, et d’un point de vue légal, le psychotique est considéré comme n’étant pas responsable de ses actions car jugé fou par la société et par le corps médical. Un psychopathe en revanche, est responsable de ses actes et a conscience de ce qui se fait ou non.
[ le mot oublié ]
  minon
Quel beau minon ! Notamment vu dans un conte de la fin du XIXe siècle, nommément Histoire de Blondine, Bonne- Biche et Beau-Minon, le terme de minon fait référence à un minet, un chat, mais aussi à une boule de poils traînant sous un meuble. Coïncidence ? Hm hm.
   [Lemotdumois] LA covid-19
L’Académie française a tranché : « Covid est l’acronyme
de corona virus disease, et les sigles et acronymes ont le genre du nom qui constitue le noyau du syntagme dont ils sont une abréviation. » On dit ainsi la SNCF (Société nationale des chemins de fer) parce que le noyau de ce groupe, société, est un nom féminin. Pour la bonne convenance, il faut donc dire et écrire la (et non le) covid-19. Ce qu’ÉcoRéseau Business a fait depuis le tout début du fléau.
Chinchikurin
    [ le mot d’AILLEuRS ]
Un mot japonais un peu long... pour désigner une toute petite personne.
   [ à ne pas confondre ] Thanatos et Hadesont une fonction quasi similaire dans la mythologie grecque mais sont pourtant très différents et ne s’entendent d’ailleurs pas toujours. Thanatos est l’incarnation de la mort, mais Hades est, lui, le dieu des morts. Il est chargé de veiller à ce que personne ne s’échappe du royaume des défunts... Une tâche à laquelle Thanatos ne saurait s’atteler puisque plusieurs légendes le dépeignent comme suffisamment stupide pour se laisser embobiner par le premier mortel venu, ce qui coûta quelques clients à Hades.
PROCHAIN NUMÉRO LE 3 SEPTEMBRE 2020 82 | juillet/août 2020 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[                 REJOIGNEZ-NOUS !
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          ]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page></pages></Search>