﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[ ENTREPRISE
Transmettre
à ses enfants...
PLONGÉE DANS UN FUTUR INOUÏ...
et pas au fisc!
Ces entreprises qui changent le monde
Rétro : les grandes ruptures de l’humanité
Régions & territoires : les silicon valleys à la française Prospective: majournéeen2040
TROCS INTERENTREPRISES
Le barter
revient en force
SPÉCIAL IMMO
Du Pinel aux
placements méconnus
EN IMMERSION
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100 ans
en Citroën !
N° 59 - avril 2019
INNOVATION
SOCIÉTÉ
Changement d’heure : pourquoi ce sera si difficile...
5G, l’instantané va tout changer
GRAND ANGLE
Brand Content : la com dans tous ses écrits
]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[                        Je savais que mon expert-comptable t’aiderait dans ta reprise d’entreprise !
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                                         – RCS Paris 437 814 858
]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[               éditorial
Olivier Magnan
Rédacteur en chef
le chat de
 AGeoffroy Roux de Bézieux, président ?
ucun doute, le patron du Me- bliques souffrent d’une faible productivité » def, Geoffroy Roux de Bézieux, (le défaut est rédhibitoire pour des patrons tranche avec son prédécesseur, qui passent leur temps à améliorer, eux, cette l’homme du CICE et du million productivité). D’où les solutions issues du
   d’emplois promis, resté ancré dans des pos- grand débat patronal : décentraliser ce
tures « patronales » figées. En organisant, pour son « grand débat » à lui, 133 réunions d’idées partout en France, le Mouvement des entreprises de France justifie davantage la dynamique de son appellation en « remon- tant» des propositions sur la fiscalité, le pouvoir d’achat, l’organisation des services publics et (mais davantage pour la forme) la transition écologique. Au fond, les patrons en gilet... de flanelle font de la politique – ce n’est pas nouveau – et invitent Emma- nuel Macron – puisqu’il faut bien donner ce patronyme à l’État jupitérien – à écouter leurs propositions d’actions. Elles partent de constats dont la réalité se conteste difficile- ment : la société française est injuste (78 % des Français/es, en tout cas, le pensent, mais le Medef glisse au passage que l’écart entre les plus riches et les plus pauvres régresse... après redistribution). « La France prélève 48 % du PIB en impôt », tonne Roux de B., quand la moyenne européenne ne dépasse pas 40%. Et si elle dépense 57% de sa ri- chesse dans les services publics, on a du mal à comprendre pourquoi l’ex-puissance économique se classe si mal dans nombre de confrontations internationales, à com- mencer par l’éducation. « Les fonctions pu-
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Chroniqueurs Alto Avocats, Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, CCI France, Christophe Combarieu, Arthur Cohen, Marc Drillech, Pascal Junghans, Julien Leclercq, Patrick Levy-Waitz, Sophie de Menthon, IsaLou Regen, Pierre Pelouzet, Frédéric Rey-Millet, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Cédric Ternois
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pays perdu dans ses régions et collectivités, ou- blieuses de ses maires et sacrément mal placé dans le concert des nations centralisatrices. Car « plus la décentralisation est élevée, plus le PIB par habitant est élevé », montre Patrick Martin, président délégué du Me- def. Deuxième « objurgation » à l’adresse du pouvoir économique, « baisser fortement la fiscalité sur les ménages et les entreprises », ce qu’approuveront des gilets jaunes du reste jamais « antipatronaux » dans leurs reven- dications. Suivent sept autres « impératifs » dont l’amélioration du pouvoir d’achat – en- core une « giletjaune attitude ». Le tout chif- fré, argumenté, avec des pistes d’action éta- blies. Reste la transition écologique, dernier des « impératifs », bien timide celui-là, avec sa réserve patronalement correcte : l’écologie « ne doit pas nous mettre hors compétitivité, avec une part des émissions mondiales de la France de 1 % » (on fait moins de dégâts que les autres, donc laissez-nous dégrader encore l’environnement). Hormis ce dernier point à mes yeux haïssable, car les entreprises savent se décarboner, produire sain et booster leur croissance, on serait fondé à vouloir laisser la
direction du pays... aux entrepreneurs. n @EcoReseau       LMedia EcoRéseau Business
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                                                 ecoreseau.fr avril 2019
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 44
     32
     galaxie
briefing de l’optimisme the green life® briefing économie
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en couverture
CES ENTrEPriSES QUi CHaNGENT lE MONDE !
Plongée dans un futur inouï
grand angle brand content, la com dans tous ses écrits
Société l’afrique 3.0, c’est l’heure
l’œil décalé heure d’été ou heure d’hiver...
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en immersion... 100 ans en Citroën
Trophées Optimistes 2019
robin Coulet
l’art de la conversation
34 Élisabeth astier-Woitiez, Yaniro Connaître l’échec et...
rebondir sur le rebond !
36 briefing innovation 38 mapping innovation
le monde à 5G, 1 GB/seconde et plus
40 décryptage hôtellerie : le grand ménage
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    5 10 12
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79 santé le tee-shirt qui prédit la crise 81 baromètre finance & marchés
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la transmission
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enjeu de société
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48 énergies renouvelables
50 où/comment travailler demain 54 bartering, trocs interentreprises 56 flottes d’entreprises,
il faut se mettre au courant !
60 briefing rh & formation
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   4 |
avril 2019 ecoreseau.fr
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galaxie
 l’onde positive
Thierry Saussez
Créateur du Printemps
de l’Optimisme, incubateur d’énergies positives.
Militez pour des Linstitutions positives
a question n’est pas de savoir ce que nous attendons pour être heureux, pour faire la fête... mais de quoi nous avons besoin pour l’être. Les conditions sont certainement nombreuses et différentes pour chacun
d’entre nous mais on peut les résumer en trois attentes ma- jeures.
La première est en nous-même. Nous avons tous, même les plus pessimistes, un potentiel de bonheur. À nous de savoir le cultiver et le faire fructifier. Il est maintenant clairement éta- bli que le développement d’une personne comme d’un peuple ne dépend pas seulement de critères rationnels ou matériels, l’éducation, la formation, la culture pour un individu, le cli- mat, les matières premières, les ressources naturelles pour un pays. Ce développement repose également sur le mental, la volonté, la confiance et donc l’optimisme.
La seconde attente tient à notre connexion avec les autres, nos efforts pour vivre en harmonie, avoir confiance et faire confiance. C’est un enjeu de communauté.
La troisième attente est liée aux institutions positives qui créent un environnement favorable et positif. Je fais référence au privilège de vivre en démocratie et en paix, d’être libre de penser et d’agir, de pouvoir exprimer nos convictions, nos différences, d’avoir accès à des médias pluralistes, à des services publics de qualité. Tous ces éléments concourent au BIB, le bonheur intérieur brut, ce nouvel indicateur créé par l’OCDE afin de mesurer la qualité de vie dans les pays membres. Cette organisation s’est inspirée de l’initiative du royaume du Bhoutan, en Asie, qui, le premier, a considéré que le produit national brut était beaucoup trop économique et financier pour constituer un indicateur vraiment représen- tatif d’un pays.
Chaque institution doit prendre sa part de la mobilisation pour l’optimisme. L’Élysée, le gouvernement, les assemblées devraient concrétiser davantage un discours qui se veut op- timiste. Que ces institutions prennent exemple sur la société civile. Jamais le nombre de conférences, d’ateliers, d’événe- ments, de livres, de blogs sur l’optimisme n’a été plus impor- tant. Jamais l’attente de contrechamp, face à la morosité et la sinistrose ambiante, n’a été aussi grande.
Et puis, bien sûr, il y a l’école. Convenons qu’elle a, chez nous, bien des qualités pour la diffusion des savoirs de base ou le développement de l’esprit critique mais qu’elle a bien des progrès à faire pour faciliter, comme le font si bien les pays scandinaves, l’autonomie personnelle, la créativité ou pour enseigner l’entrepreneuriat comme dans les pays an- glo-américains. Je gage, avec vous, qu’une réforme dans ce domaine, par exemple en développant systématiquement les entreprises virtuelles au lycée, serait de nature à insuffler cet esprit d’initiative, d’optimisme, d’imagination, de conquête.
Certains d’entre vous penseront que ces institutions sont aujourd’hui spécialement contestées. Raison de plus pour, à la fois, dénoncer les violences et souhaiter qu’un débat de fond permette de les améliorer en les rendant plus proches des citoyens. n
Se connecter au Printemps de l’Optimisme
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rejoindre la ligue des optimistes
www.optimistan.org
L’IMAGE
Cette campagne d’affichage d’easyJet a remporté le 45e Grand prix de la Communication extérieure qui se tenait à Dublin
du 7 au 9 février. La campagne, réalisée par Buzzman, a créé l’événement grâce à une bâche posée sur un bâtiment en cours de rénovation et à un texte rédigé à l’envers. « Bordelais, le ciel est à vos pieds » surgit, grâce à un effet miroir, de façon presque magique, sur la Garonne. EasyJet, qui vient d’inaugurer sa nouvelle destination Paris-Bordeaux, a réussi à faire le buzz avec 3,1 millions de personnes qui ont posté leurs photos de l’affiche sur les réseaux sociaux.
Dans la vie je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends
Nelson mandela
eules les entreprises créent de la richesse nationale », gage de croissance du pouvoir d’achat. Les propositions du mouvement
       Grand débat
Ethic s’y pique
«S
Ethic – Entreprises de taille humaine, in-
dépendantes et de croissance –, à l’image de l’imposant
Medef, se bousculent. Emploi et travail: remettre à plat la fiscalité en réformant le modèle de réflexion et de calcul de l’impôt, promouvoir la simplification administrative et législative à tout prix, élargir et adapter le statut de micro-entrepreneur, pérenniser une fois par an la « prime Patron » défiscalisée et hors charges sociales et proposer une TVA proche de 0 pour les objets recyclés ou en 2e vie (bonne idée!). Deuxième thématique, les dépenses de l’État: 81,5 % des chefs d’entreprise du mouvement estiment que leur baisse doit devenir la priorité du gou- vernement. La France est perçue par les adhérents comme un pays étatiste (46,2 %) et trop dé- pensier (99 %). En parallèle, le mouvement propose de baisser les impôts des particuliers pour redonner du pouvoir d’achat. Enfin plusieurs axes sur le rôle de l’État: redéfinir clairement ses missions régaliennes et limiter son action à ces missions, restructurer les régions pour dimi- nuer les échelons administratifs, réduire le nombre de fonctionnaires et ramener les prélève- ments obligatoires (48 %) à la moyenne européenne (40 %) pour encourager la croissance des entreprises. 76,5 % souhaitent une baisse des charges patronales pour mieux rémunérer leurs salariés. Enfin Ethic propose de développer la culture économique des Français en donnant un rôle aux entrepreneurs dans leur bassin d’emploi, en laissant plus de place aux entreprises et en développant l’intéressement, la participation et l’actionnariat. Pas mal de points communs avec le grand débat Medef... n
ecoreseau.fr avril 2019 | 5
]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[  galaxie
briefing de l’optimisme
  le chiffre
40%
des chefs d’entreprise ont versé
la prime exceptionnelle défiscalisée
Dans un premier bilan, l’Insee souligne que les entreprises ont déjà versé plus d’un milliard d’euros au titre de cette prime à la fin janvier.
Les chefs d’entreprise veulent disposer de mesures simples et lisibles pour partager la valeur ajoutée. S’ils sont très majoritairement favorables (79 %) à la pérennisation de cette prime défiscalisée, ils le sont également sur la généralisation de l’intéressement des salariés (80 %).
FUTURE LICORNE TRICOLORE
Meero recrute pour... réduire les effectifs
LVMH, L’Oréal, Airbnb,
UberEats... en tout 31 000
clients btob ont succombé
aux promesses de Meero. Son
business: la réalisation de
reportages photographiques
et vidéos. La start-up française
a levé 65 millions d’euros en
moins d’un an et se prépare à passer de 450 à 1 000 salariés d’ici à la fin de l’année. L’entreprise fondée en 2016 par Thomas Rebaud et Guillaume Lestrade double son chiffre d’affaires chaque trimestre entre New York, Bangalore, Shanghai, Tokyo et Sydney. Son savoir-
faire ? Confier à des algorithmes d’IA la postproduction complexe des prises de vues. À part le photographe qui reste humain, les visuels sont traités en quelques secondes pour quelques centaines d’euros. Meero... voit loin.
REBONDS
Meet-up rebondisseurs régionaux
Les Rebondisseurs français qui osent « déstigmatiser » l’échec des chefs d’entreprise sous forme de soirées où se disent toutes les formes d’échec essaiment partout en France. Le partenariat noué avec l’acteur
de santé Harmonie Mutuelle se traduit par la mise en place de six managers de réseaux d’Harmonie Mutuelle en six régions pour l’organisation de « meet- up Rebondisseurs Français » sur chacun de leurs territoires d’ici à l’été 2019.
lire l’humain, le management et l’entreprise
« Ce n’est pas l’économie qui fera l’entreprise, c’est l’entreprise qui relancera l’économie ». Pour Jean-
Noël Gaume, auteur et conférencier, l’entreprise
est une locomotive alimentée par l’énergie de ses collaborateurs/trices. Une évidence? Pas forcément. Ce passionné par le monde de l’entreprise et spécialiste du Management haute performance (MHP), concept de son invention, offre vraiment aux cadres dirigeants les clés et les impératifs du management du xxie siècle.
La performance, l’entreprise et ses salariés: ces
trois éléments sont le moteur de l’économie, c’est
en optimisant leur synergie que le bonheur et le profit seront accessibles. Des individus libérés et heureux, au sein d’une entreprise réconciliée et performante, le tout grâce à un management adapté, vecteur de motivation, énergie de l’entreprise : c’est sa dynamique. Il appartient à l’entreprise en général et au management en particulier de s’adapter au monde numérique et mondialisé.
L’enthousiasme prime la compétence, la passion du métier prime le marché, le bonheur prime le profit... Vous l’aurez compris, Jean-Noël Gaume prône le renversement du paradigme de l’entreprise et de l’organisation de ses priorités. C’est en replaçant l’humain et son épanouissement au centre du processus et en produisant un management fédérateur et motivant que l’entreprise pourra renaître et performer. L’appel est lancé.aDaM BElGHiTi alaOUi Jean-Noël Gaume, L’entreprise inspirante, Un management réconciliateur, Éditions Kawa, 2018.
  Sondage d’OpinionWay pour le Medef réalisé en février auprès de 604 dirigeants d’entreprise
NOVATION andré Manoukian, artiste compositeur, cofondateur de Muzeek
Comment se porte le marché de la
production audiovisuelle?
En 2019, le contenu vidéo comptera pour
80 % du total du trafic d’Internet. Selon
le Global Top Countries Video Editing
Softwrare Market Report de 2017 à 2022,
publié par LP Information, le marché du software d’édition audiovisuelle atteindra les 918,71 millions de dollars en 2022, dont 49,25 millions en France pour une croissance annuelle de 3,05 %.
Fort en chiffres! Mais qu’est-ce que Muzeek?
C’est une plate-forme technologique de synchronisation
de musique à l’image. La start-up propose – à partir de compositions produites par de vrais musiciens avec de
vrais instruments – d’utiliser l’IA pour générer des musiques originales qui s’adaptent parfaitement et en quelques secondes à n’importe quel contenu audiovisuel. Muzeek a inventé une IA capable de transformer une musique originale en matrice qui génère à la demande des morceaux de musique uniques ! Les compositions sont insérées dans la solution d’IA pour générer non pas une musique, mais des dizaines, voire des centaines
de variations. L’algorithme prend des libertés tout en gardant les règles fondamentales de l’harmonie musicale et l’esprit originel de la composition de départ. Au final, l’IA développée par Mureek a vocation à accompagner le compositeur et non le remplacer.
Et vous voulez aller jusqu’où comme ça?
Nous voulons faire de Muzeek le standard de la synchronisation de contenus. Pour l’instant, nous travaillons principalement avec des producteurs de contenus audiovisuels, qui travaillent notamment pour le Web, mais nous ambitionnons de nous développer dans les secteurs de la télévision, de la radio et du cinéma. Et puis nous sommes en discussion avec de grands majors du secteur musical dans le but d’incorporer leurs compositions dans nos catalogues. Enfin, nous souhaitons nous développer à l’international, aux États-Unis et ouvrir des bureaux en Allemagne et en Espagne.
6 | avril 2019 ecoreseau.fr
TOP 5
   les entreprises françaises recrutent pour...
Étude Cornerstone OnDemand, Future Culture – Building a Culture of Innovation in the Age of Digital Transformation, avec IDC.
les qualités requises pour le poste
les aptitudes à résoudre une difficulté
les exigences en matière d’éducation
les performances passées
la diversité
 1
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 3
 4
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                  ]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[                                             FAITES DES ÉCONOMIES, PRENEZ L’AVION.
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briefing de l’optimisme
Cybersécurité ? Perfectible
3/4
estiment leurs systèmes de contrôles industriels menacés.
76%
se disent prêtes à parer un incident de cybersécurité.
53%
pensent que l’ia constitue un top risque.
        la bonne idée
                                 Promue et augmentée la veille de mon accouchement...
Le constat Favoriser l’égalité hommes-femmes et créer un modèle d’entreprise plus juste et impartial devient le cheval de bataille des entreprises qui cherchent à tendre vers plus d’équité et à attirer et fidéliser les talents.
L’idée Jouer le jeu de la transparence des salaires et de l’équité. C’est ce qu’a voulu mettre en place Hays France & Luxembourg dès son implantation en 2001. L’entreprise, qui compte plus de 650 salariés répartis au sein de 21 bureaux, mène une politique de rémunération et d’évolution méritocratique. À chaque avancement correspondent un salaire fixe et un pourcentage de commission identiques et connus de tous. Pour franchir les paliers et évoluer au sein de la société, c’est simple, il suffit d’atteindre un certain chiffre d’affaires. Ce sont les résultats et les performances qui parlent. Les outils sont les mêmes pour tout le monde avec une grille de rémunération et des critères d’évolution communs à tous les collaborateurs. En clair, à poste équivalent, les femmes sont payées exactement comme les hommes (ou vice versa !). Grâce à ce système méritocratique, Marion Gadot, 42 ans, responsable Gestion des talents, a par exemple été nommée directrice quelques jours avant de partir en congé maternité pour son 3e enfant, et a continué d’évoluer par la suite, alors qu’elle était au 4/5e de temps.
PRINTEMPS DE L’OPTIMISME LaFrançaiselaplus optimiste ? Line Renaud !
«Nous avons Joséphine, Napoléon et Line Renaud», se fend d’un sourire le maire de Rueil-Mal- maison, Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris. Et pour cause: le sondage Opinion Way suscité par le Printemps de l’Optimisme a sacré cette petite bonne femme de 90 ans, Jacqueline Enté dite Renaud, dame la plus optimiste de France (prétendaient au titre Mimie Mathy, Sophie Marceau, Florence Foresti et Muriel Robin). Line Renaud l’a joué à la française, un rien Madelon : « J’ai toujours tendance à voir le verre à moitié plein. Mais rassurez-vous, je n’ai pas de plus grand plaisir que de le vider avec ceux que j’aime, pour mieux le remplir à nouveau. » Le choix populaire a comblé l’ex-adjoint au maire de Rueil, le boss du Printemps de l’Optimisme, Thierry Saussez : « Tu bouges, tu crées, tu innoves. Plus qu’une reine, tu es une princesse, éternellement jeune, active et souriante. » Ce fut le prin- temps des mots d’amour que cette soirée du 8 mars, où Brigitte Macron est même venue saluer celle qu’elle aurait pu nommer la « première dame optimiste de France » : « Le bonheur, ce sont les autres, c’est le partage. Ma route n’a pas été tranquille, mais elle a été magnifiquement partagée. Vis aujourd’hui comme si c’était ton dernier jour et fais des projets comme si tu étais là pour
l’éternité ». Éternelle, oui, Line Renaud. n aDaM BElGHiTi alaOUi 8 | avril 2019 ecoreseau.fr
... mais 82 %
n’ont pas documenté ou testé un plan de réponse au cours des 12 derniers mois.
    2 3
communiquent tous les trimestres au comité exécutif leurs indicateurs de sécurité.
adieu
1/3
entreprises sur
seulement jugent la stratégie cyber adéquate
Jean-Marie Bruneau, merci
... mais
aux besoins et aux exigences métiers.
  L’optimisme n’est pas incompatible avec la disparition des grands entrepreneurs. Celle de Jean-Marie Bruneau, créateur de la marque de mobilier et
de fournitures de bureau par correspondance, s’inscrit dans la loi de la vie bien remplie : le créateur d’entreprise part à 88 ans, missions accomplies.
Car elles sont multiples. Le petit livreur à vélo qui plaçait des classeurs à stencils (feuilles perforées pour la reprographie) avait eu l’idée d’envoyer ses prospectus par courrier. Il transmet son entreprise en pleine réussite à 3 Suisses International en 1996, cinq ans après avoir créé la Fondation JM Bruneau d’aide aux personnes âgées. Le Groupe Bruneau compte aujourd’hui 800 collaborateurs dans cinq pays, sous la direction de Nicolas Pottier.
]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[  briefing de l’optimisme
galaxie
  elle est centenaire
Angelina : tea time de choc... olat
small data
Entreprendre une démarche RSE ? Mais pour...
 naissance 1903 HISTOIRE Elle se nomme
Maison Angelina. Elle apparaît au
e
début du XX siècle alors que Paris
vibre au rythme Belle Époque. Les salons de thé deviennent les nouveaux lieux de rencontre, plus confortables que le traditionnel café, plus chics qu’une pâtisserie et accessibles aux dames distinguées. Antoine Rumpelmayer, pâtissier confiseur autrichien, va profiter de l’« admiration » que l’impératrice Élisabeth d’Autriche-Hongrie en visite à Paris témoigne à ses gourmandises pour ouvrir un salon parisien qu’il baptise « Angelina » en l’honneur de sa belle-fille. Le Tout-Paris va courir l’enseigne au fil des décennies. Dont Coco Chanel qui s’asseyait toujours à la même table. Avant elle, Marcel Proust puis les plus grands couturiers français.
aujourd'hui Angelina se veut l’ambassadrice d’un art de vivre à la française, subtil et délicat. Le nom seul fait rêver tous les gourmands du monde, pour qui la découverte de Paris implique une dégustation du mythique chocolat chaud de la maison. Tous, touristes étrangers et clientèle locale se pressent au 226 rue de Rivoli sous la vaste ver- rière. À l’entrée, les longs comptoirs alignent les classiques Mont-Blanc et millefeuilles voisins de délices renouvelés par Christophe Appert, son chef pâtissier. Passé par les pres- tigieux Fauchon et Fairmont Mo- naco, ce chef s’invite en 2013 chez Angelina avec la mission de rajeu- nir les icônes de la maison. La su- perstar de la maison justement, c’est l’Africain, le chocolat à l’ancienne, vieux de 116 ans. Il incarne le chic à la française qui laisse un souve- nir éternel à qui ose y tremper les lèvres. Son mélange de trois fèves de cacaos d’Afrique – importées du Ghana, du Niger, de Côte d’Ivoire –, dosées avec minutie pour équili- brer amertume et notes fruitées, est fondu dans du lait entier, ce qui lui donne une texture veloutée incom- parable. Pour adoucir la puissance
du cacao, Angelina le sert accom- pagné d’une chantilly légère et non sucrée, subtile alliance d’onctuosité et de légèreté.
Des Angelinas
de par le monde
Autre icône, le Mont-Blanc, la pâ- tisserie signature conçue par An- ton Rumpelmayer dès son arrivée à Paris et réalisé dans les cuisines mêmes de la rue de Rivoli. Inspirée par le plus haut sommet des Alpes, la recette est restée la même depuis sa création, à peine le chef pâtissier a-t-il simplement procédé à un léger désucrage de la crème Chantilly. Côté design, Angelina garde les traces de l’Art Nouveau des années 1900. C’est une profusion de mou- lures, corniches et miroirs biseautés, décor signé par l’architecte néerlan- dais Édouard-Jean Niermans, qui l’a enrichi des fresques du peintre Vincent Lorant-Heilbronn, inspiré des ocres et du bleu azur de cette Ri- viera chère aux Rumpelmayer. Res- taurée en 2014, Angelina a retrouvé la délicatesse de ses couleurs d’ori- gine et conservé ses voûtes qui font l’ADN des lieux. Des formes qui se retrouvent dans les emballages et inspirent l’ensemble des nou- velles adresses en France et dans le monde. Car si le 226 rue de Rivoli demeure l’adresse emblématique, Angelina élargit son rayonnement avec d’autres boutiques dans des lieux prestigieux : rue du Bac, musée du Luxembourg, musée du Louvre, château de Versailles. Et depuis son rachat par le groupe Bertrand en 2005, la maison accélère son déve- loppement à l’étranger. L’heure est à New York, aux villes de Chine où Angelina déclinera prochainement ses best-sellers en les adaptant sub- tilement aux goûts locaux. Même démarche au Moyen-Orient car la maison mère s’applique à entrer en phase avec les codes du pays. Ange- lina se plaît néanmoins à répliquer partout sa décoration d’origine – tables en marbre, fauteuils en cuir et moulures. Tout pour le plaisir des yeux et des papilles ! n
améliorer son image
Se montrer plus éthique
                55%
46%
     Satisfaire aux obligations légales
Renforcer
le sentiment d’appartenance des salariés
Source : Étude Ipsos x Openmind KFE menée auprès de 870 salariés français
39 %
 ecoreseau.fr avril 2019
| 9
]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
the green life®
apiers, bouteilles, gobelets, marc de café... Les Joyeux Recycleurs ont mis au point une solution simple et économique – à partir de 40 euros par mois – pour faciliter le recyclage dans les entreprises parisiennes. Plus de 600 clients, soit 50000 salariés, ont souscrit
joyeusement: Airbnb, Le Bon Coin, BNP, Maif, Hilton... Soit 700 tonnes de déchets recyclés en cinq ans. Le décret de loi sur la transition énergé- tique qui oblige les entreprises de plus de 20 salariés à recycler va faire le bonheur des Joyeux. Leur petit plus: la solidarité. Le réseau emploie des salariés en fin de parcours d’insertion professionnelle et pour chaque kilo collecté reverse 5 centimes à l’association Ares Atelier. Soit 35000 euros de dons distribués à ce centre d’adaptation à la vie active. n
Fermes verticales
Depuis 2015, les toits
des Galeries Lafayette détonnent dans le paysage du IXe arrondissement. C’est l’œuvre de Sous les fraises, start-up pionnière de l’agriculture urbaine.
L’entreprise a conçu puis construit cette ferme verticale dès 2013. Depuis, Sous les fraises en a créé 14 avec en moyenne 12 000 à 14 000 plantes, dont « le plus grand potager vertical établi sur
un toit en Europe » qu’elle a réalisé au-dessus
du BHV à Paris. Grâce à une technologie unique inventée par son fondateur, Yohan Hubert, un ancien biologiste, Sous les fraises conjugue les avantages de la culture verticale hors-sol avec ceux de la permaculture. Les rendements moyens équivalent à ceux des maraîchers bio. La start-
up de 23 salariés ne vit que de ce qu’elle vend : des produits transformés ultralocaux et des services d’agriculture urbaine « clés en main » aux entreprises. Une contribution positive à la biodiversité urbaine. Une centaine de chefs font chaque semaine leurs emplettes de plantes rares et secrètes dans les potagers de l’entreprise qui vend aussi une partie de ses produits frais dans des magasins éphémères. En test, des modèles de fermes circulaires comme la Farmhouse aquaponique d’Aubervilliers, par exemple, qui intègre l’élevage de poissons.
Les dirigeants
se préoccupent de leur RSE
Neuf dirigeant/es d’entreprise sur dix estiment que les entreprises
ont un rôle important à jouer dans la transition écologique et sociale. Plus important que les pouvoirs publics. Ils/elles se disent d’ailleurs motivé/es par des considérations d’ordre social et écologique : 95 % sont persuadés que développer un modèle d’entreprise où il fait bon travailler constitue un important facteur de motivation pour eux-mêmes. Une quasi-unanimité (93 %) veulent créer des emplois et développer une activité soucieuse de l’environnement. À condition de n’avoir pas à y consacrer une part importante de leur chiffre d’affaires (pas plus de
3 %) ! La moitié des sondés déclarent avoir entendu parler de l’inscription d’une « raison d’être » dans les statuts de
l’entreprise selon la loi Pacte. Mais seuls un quart voient clairement ce dont il s’agit ! 88 % sont prêts à changer
certaines pratiques dans leur entreprise pour mieux prendre en compte des enjeux sociaux et environnementaux. Prêts aussi à consentir des hausses de salaires si l’entreprise se développe et favoriser les achats responsables.
Mais ils se déclarent aussi très largement prêts à revoir leur fonctionnement pour favoriser la transition écologique, à privilégier un mode de management plus participatif, à investir sur leur territoire ou
à intégrer davantage les salariés dans les instances de décision. Mais entre bonnes intentions et réalité, subsiste un grand écart : la proportion de dirigeants prêts à concrétiser de tels efforts ne dépasse jamais 35 %. Des freins existent, financiers en premier lieu pour 48 % d’entre eux. Sondage Harris Interactive sur la RSE par les entreprises françaises pour Aesio et Le Mouves réalisé en décembre 2018 auprès de 200 entreprises.
Exit les gobelets jetables !
  PRecyclez au bureau
« En France, on
consomme entre 4 et
5 milliards de gobelets
par an, soit plus de
32 000 tonnes de
déchets plastiques »,
chiffre Éléonore
Blondeau, fondatrice
de CleanCup. Chaque
année, seuls 1 %
seraient recyclés. À l’heure de
la vendetta contre le plastique, CleanCup se veut une alternative écologique et pratique au gobelet jetable. C’est en observant ses camarades de l’EM Lyon Business School se ruer sur les fontaines à eau et utiliser plusieurs gobelets en plastique à usage unique qu’Éléonore, alors étudiante, a l’idée de CleanCup. C’est une
borne, presque semblable à un distributeur classique, qui délivre de l’eau elle aussi dans des verres à usage unique. Sauf qu’après utilisation, CleanCup collecte,
lave et redistribue ces contenants 100 % recyclables, conçus
sans bisphénol A. La solution
a déjà séduit quelques grands comptes comme Décathlon ou la SNCF. Ils devraient être d’autant plus nombreux dans les mois à venir avec la loi sur la transition énergétique qui devrait jeter le même sort aux gobelets jetables qu’aux plastiques fins, interdits des circuits de distribution depuis 2017.
   Puériculture écofriendly
La boutique et e-boutique Fox & Peonies se veut alternative éthique et écocitoyenne aux boutiques de puériculture traditionnelles. Il s’agit d’un concept de puériculture
centré à la fois sur le bien-être de l’enfant et le respect de l’environnement. La marque éthique basée à Clermont- Ferrand propose pour mamans et femmes enceintes,
des produits de soin et d’hygiène, des accessoires, du prêt-à-porter bébé et enfant, des jouets et peluches, de la décoration... L’ensemble des produits dénichés par Fox & Peonies est issu du commerce équitable et écoresponsable.
 10 | avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[                                                18 octobre 2018, Paris
Hugo Sauzay photographié par Karim Sadli
Boutique en ligne : defursac.fr
         ]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[ galaxie
briefing économie par Charlotte de Saintignon
   Jollyclick,
du sens au travail...
Le réseau social professionnel lancé en mai 2017 veut révolutionner le marché du travail en rapprochant porteurs de projets, entrepre- neurs, inventeurs et intrapreneurs, free-lances, étudiants et em- ployés en quête de sens. Cette appli 100 % made in France connecte
de façon intelligente tous les talents et projets pour construire des initia- tives. Jollyclick dit vouloir redonner du sens au travail en luttant contre le chômage des talents et le gaspillage de bonnes idées. Son algorithme de matching intelligent et automatisé vise, par le biais d’un chatbot, à créer des dream teams. La start-up vient de clore un deuxième tour de table de 800000 euros auprès d’un fonds d’investissement suédois, de l’ANRT, de Bpifrance et de la région Occitanie, avec l’ambition de concurrencer Lin- kedIn par son modèle ouvert et gratuit. Jollyclick ne met pas le titre en avant mais le sens de la mission. Les offres d’emploi deviennent des projets. Stimulant. n
apps au top
p Wechat, véritable couteau suisse numérique
Prendre un rendez-vous médical ou acheter un billet d’avion, commander un chauffeur, envoyer de l’argent à ses proches, divorcer, payer ses factures d’énergie ou ses impôts, partager des photos avec ses amis... On fait tout ça avec WeChat. Le réseau social chinois pensé comme un couteau suisse numérique donne accès sans friction à une multitude de services. La plate-forme compte 1 milliard d’utilisateurs, a créé 20,3 millions d’emplois et son taux de pénétration
du marché chinois est estimé à 92 %. Elle serait en passe de réaliser le rêve de la superapplication en connectant ses utilisateurs avec un écosystème de fournisseurs de services marchands, de services publics et une solution de paiement unique au nom
de sa promesse “one tap away from everything” [à un clic de tout]... « Un rêve qui a influencé la création d’applications similaires en Asie du Sud-Est, telles que Grab à Singapour ou Go-Jek en Indonésie », lit-on dans l’étude annuelle Fabernovel 2019.
p Swapbook, livres d’occase et recyclés
On achète et vend ses livres au meilleur prix chez Swapbook. Objectif, augmenter le pouvoir d’achat des utilisateurs, créer une communauté d’entraide entre étudiants et/ou anciens étudiants et proposer un nouveau système de recyclage des livres. Valeurs d’écologie et valeurs sociales et solidaires : la start- up redistribue une partie de ses bénéfices à des associations caritatives.
p Ciwik, pour parler aux élus
Ciwik veut encourager le dialogue entre citoyens et élus par de nouveaux modes de contributions à la société. La start-up va bénéficier pendant 6 mois du soutien de Dell France pour accélérer son développement (analyse du business model, partage de compétences...).
  mouvements
p adecco France
Olivier lemaitre,
46 ans
est nommé directeur général d’Adecco France
p atos
Élie Girard
est promu directeur général délégué
p Barnes
virginie Calmels,
48 ans
devient présidente France
p Great Place To Work France Julien Brezun
est le nouveau directeur général
p Groupe Bolloré
Cyrille Bolloré,
34 ans
est promu président-directeur général
p Danone
Mathias vicherat,
40 ans, ENa, Sciences Po Paris rejoint le poste de secrétaire général
p Gecina Frédéric vern sera secrétaire général
p STEF
Stanislas lemor,
45 ans, ESCP Europe
nommé président-directeur général
p vueling airlines Charlotte Dumesnil,
39 ans
nouvelle directrice générale France
        vous avez changé de fonction ? Faites part de votre nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !
12 | avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[ p Mindful attitude pour méditation de patron
Pratiquer la méditation
au quotidien, en open space, dans les transports en commun, en salle
de réunion ou même
à la machine à café... L’appli Mindful Attitude encourage la méditation partout tout au long de la journée histoire de réguler le stress, de muscler l’attention et d’agir sur
la prise de décision. L’application gratuite à destination des chefs d’entreprise et des dirigeants a été téléchargée plus de 120 000 fois et classée 3e « meilleure application » pour son côté accessible et convivial. À l’origine, la Fondation d’entreprise MMA des Entrepreneurs du Futur, consciente que la forme mentale est aussi importante que la forme physique pour un dirigeant.
briefing économie
galaxie
   ça incube
Qui ne dÀit mot consent ?
l’aune du succès du Grand débat national, le fameux « qui ne dit mot consent » perd de sa sagesse proverbiale.
Laparolea,defait,largementcirculéchez lesentrepreneurs,àl’instardes5000participantsaux débats organisés par les Chambres de commerce et d’industrie et des 2 000 contributions recueillies en ligne.
Deux propositions récurrentes sont remontées : d’une part présenter de façon pédagogique, com- préhensible et transparente, les éléments de la loi de finances relatifs à l’action publique et d’autre part évaluer l’acceptabilité économique et sociale en amont de l’adoption de nouvelles mesures fiscales. Autre façon d’évoquer le consentement à l’impôt.
Les résultats de notre grande consultation de mars confirment ces attentes chez des chefs d’entreprise qui se montrent plus optimistes (hausse de 10 points de l’indicateur) que les mois précédents.
Parmi les mesures prioritaires que le gouvernement devrait conduire, plus de la moitié des entrepreneurs (avec un pic à 72 % dans le secteur de la construction) placent en tête la remise à plat de la fiscalité des entre- prises. Autres sujets de réforme importants pour eux, les retraites (38 % des interrogés) et l’assurance chô- mage (31 %).
Si les dirigeants expriment majoritairement leur dé- sir d’une réforme de la fiscalité, ils sont en revanche plus partagés sur les réponses à apporter au sentiment de fracture territoriale mis en avant par la crise des « gilets jaunes ». Pour 39 % des interrogés, il faudrait accélérer le processus de décentralisation. 31% en appellent à un renforcement de la présence des ser- vices publics tandis que 29 % estiment que la solution passera par la relance de l’investissement dans les in- frastructures clés des territoires les moins favorisés.
En tout état de cause, tous forment le vœu que le temps des débats soit suivi de la mise en actes, car « verba volent, scripta manent ». n
  Jugement de valeurs
Le Next 40, petit CAC 40
Responsable Pôle Études/ Enquêtes CCI France
des entreprises Sdu numérique
 Béatrice
a création avait été annoncée à Vivatech en mai 2018. Ce pro- gramme inédit d’accompagnement des 40 start-up françaises responsables les plus prometteuses a été officiellement lancé le 22 février par Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’État auprès du mi-
nistre de l’Économie et des Finances et du ministre de l’Action et des Comptes publics, chargé du Numérique. Vont-elles, comme le pro- clame le programme de la French Tech, réalisé en partenariat avec Bpifrance et France Digitale, changer le monde? En attendant, les ins- criptions sont ouvertes. Les critères de sélection sont assez stricts. Il faut d’abord bénéficier du Pass French Tech (promotion 2018-2019), allier performance et capacité à changer positivement la donne dans un secteur ou sur un marché. Le label sera renouvelé tous les ans. n
p 4e promo du Moove lab
Le programme d’accélération des start-up de la mobilité a lancé son 4e appel à projets. Le Moove Lab accompagne toutes les entreprises qui innovent dans le champ de la mobilité : pour les services automobiles, pour l’accès
à la mobilité, la sécurité routière, les smart- city, l’intermodalité, les nouveaux usages, la digitalisation des
services, la mobilité durable, connectée, partagée... Depuis septembre 2017, trois promotions, soit 20 start-up, ont bénéficié de cette accélération à Station F,
le plus grand campus mondial de
jeunes pousses. Alliance inédite
entre la principale organisation
professionnelle des services
automobiles, le CNPA, et Via ID,
accélérateur reconnu de start-up
dédiées aux nouvelles mobilités,
le Moove Lab offre aux jeunes
entreprises accélérées une ouverture sur la filière automobile et un suivi de qualité pour développer leur business. Parmi
les jeunes entreprises déjà incubées se trouvent de belles réussites, comme JustBip qui a reçu le Grand prix de l’Innovation de la Ville de Paris, Cocolis, lauréate du European Startup Prize ou Fidcar qui a signé un partenariat avec Volvo.
Genoux
  retrouvez l’intégralité des résultats de la grande consultation sur www.grandeconsultation.fr
ecoreseau.fr avril 2019 | 13
]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[  galaxie
briefing économie
mode Les livres font
 p Du 1er au 7 avril
Journées européennes des métiers d’art
Lumière sur les artisans de France et d’Europe, Paris et Île-de-France
p 4 avril
retMo
Une journée de conférence dédiée au commerce sur mobile pour les retailers et e-commerçants.
Palais des Congrès, Porte Maillot, Paris
p 4 avril
Forum national des éco-entreprises Rendez-vous annuel de la communauté d’affaires et d’innovation de la filière des cleantechs. Ministère de l’Économie, Paris-Bercy
p 4 avril
Be a boss
Forum des femmes entrepreneuses à Lyon. BNP Paribas, Lyon Part-Dieu
p9et10avril
Salon Produrable
Les acteurs et solutions de l’économie durable. Palais des Congrès Porte Maillot, Paris
NewWork : conférence sur le futur du travail
Palais des Congrès, Porte Maillot, Paris
pDu9au11avril
Salons e-marketing et Stratégie Clients Le salon de l’innovation marketing digital et de la relation client, Porte de Versailles, Pavillon 4, Paris
p10et11avril
Sido
Showroom international dédié à l’Internet des objets. Cité Internationale de Lyon
p 17 avril
Journée de la femme digitale L’innovation au féminin sur le thème
« Elles changent le monde ». Maison de la radio, Paris
pDu23au25avril
SB’19 Paris
Événement des marques et du développement durable. Carrousel du Louvre, Paris
pDu27avrilau8mai Concours lépine international
Le grand concours français des inventeurs. Foire de Paris, Paris Expo, Porte de Versailles
p 5 avril
UIC-P - Tour Eiffel Center
Salon de l’analyse technique et des prévisions boursières www.salonat.com
pDu16au18avril
Porte de Versailles
Workspace Expo, le salon du design,
du mobilier et de l’aménagement des espaces de travail www.workspace-expo.com
Porte de Versailles
le salon des achats hors production & de l’Environnement de travail www.salon-achats-environnement-de- travail.fr
Ils sont nos partenaires
 d e lP
our une écrasante majorité des Français/es – 93 % –, la lecture reste avant tout une activité de loisir. Ils/elles lisent d’abord pour le plaisir et la découverte, même si la recherche d’épa-
nouissement progresse. 88 % déclarent lire. Parmi les grands dévoreurs, les femmes – 32 % – et les plus de 65 ans – 30 %. Les catégories de livres les plus lus sont les romans, les livres pratiques et les BD mangas-co-
mics. Le développement personnel cartonne toujours. Mais pas de quoi pavoiser, la dynamique de lecture des Français/es poursuit globalement sa décroissance. Raison la plus souvent évoquée, le manque de temps.
Outre la lecture, les loisirs comptent l’écoute de la musique et les sorties entre amis: stables. Les échanges à distance ont progressé au détriment des médias traditionnels, au détriment de la lecture (69 % voudraient lire plus). n
Baromètre Ipsos du Centre national du livre sur les habitudes de lecture des Français, 2019
de vie
a résistance
 Génération désorientée
Les jeunes Européens sont optimistes. 78 % croient à l’essor des progrès technologiques.
Ils doutent davantage de leur orientation professionnelle et
font montre d’un certain réalisme face à la conjoncture économique européenne maussade du marché du travail. Beaucoup misent sur la mobilité pour trouver un premier emploi ou réaliser des expériences professionnelles. Ils sont ainsi motivés pour élargir leur cercle de recherche géographique. Ce sont les Français (53 %) et les Espagnols (60 %) qui seraient les plus enclins à changer de pays. Sur la totalité des jeunes interrogés, 85 % se
J’aime ma boîte
disent mobiles, clé pour trouver un premier emploi qui réponde à leurs attentes – salaire, équilibre entre vie professionnelle et personnelle, perspectives d’évolution de carrière, quête de sens. Mais l’étude démontre que les jeunes Européens ne se considèrent pas prêts à rejoindre la vie professionnelle dès la fin de leurs études. Moins d’un sur deux se dit prêt à candidater
à une offre d’emploi une fois leur dernier cycle d’étude terminé par manque de préparation aux réalités concrètes de la vie professionnelle. Étude de JobTeaser sur Le futur du travail, réalisée par Ipsos sur un panel de 3 000 personnes dans 5 pays européens
  Comment développer le sentiment d’appartenance ?
Aimer sa boîte, c’est aimer y tra-   tendance à adopter les valeurs
définir un plan d’action, mettre en   bon niveau de rémunération est
place une politique RH adaptée et former les managers qui seront les premiers relais de la culture d’en- treprise.
   de l’entreprise, ses codes et son éthique.
Leadership, proximité, confiance et intérêt
L’entreprise doit engager un travail sur quatre sujets clés : le leadership avec un chef qui a une vision, un dé- cideur qui avance et motive ses col- laborateurs ; la proximité avec un management qui sait faire preuve d’empathie et communiquer ; la confiance avec des objectifs clairs, de la reconnaissance, et pour cha- cun une place dans l’organisation et un soutien hiérarchique ; l’intérêt pour trouver du sens à son activité.
La communication ne constitue pas la démarche, elle l’accom- pagne
Le sentiment d’appartenance est souvent abordé sous l’angle des ou- tils de la partie communication de la méthode. C’est prématuré et in- suffisant. Tenter par artifice de ma- quiller ses faiblesses par de la com- munication ne permettra jamais d’installer durablement un senti- ment d’appartenance. Aucun tra- vail ne pourra s’engager sans avoir préalablement identifié les forces
Le sentiment d’appartenance ne peut donc ni relever d’une stratégie de communication, ni être la résul- tante d’une rémunération supposée motivante. C’est un acte managé- rial et RH majeur qui doit être por- té au plus haut dans la hiérarchie de l’entreprise. n
L’argent ne fait pas la loyauté
Gagner l’intérêt, la loyauté ou la
Frédéric Fougerat
Directeur de la communication, du marketing, de l’expérience client et
une croyance répandue. Dans les faits, en France, l’appartenance et la motivation sont peu reliées à la rémunération. Le collaborateur qui considère ne pas être suffisamment payé finira par quitter l’entreprise. Celui qui considère être correcte- ment payé n’y voit que la juste rétri- bution de son travail, sans impact sur son degré de fidélité.
 vailler et y retrouver ses collègues.
Toutes les entreprises devraient
souhaiter que leurs collaborateurs
soient fiers d’y travailler. Mais
toutes ne font pas pour autant le
nécessaire pour installer un senti-
ment d’appartenance. Mais com-
ment l’installer durablement ?
Pour développer un sentiment
d’appartenance, un collaborateur
doit pouvoir s’identifier à l’équipe
où à l’entreprise pour laquelle il
travaille. Cette adhésion, mélange
de sentiment d’utilité à un groupe
et de solidarité à une équipe,
est un indicateur puissant du
sentiment d’appartenance. Ainsi, le
collaborateur aura plus facilement   et faiblesses de l’organisation pour   fierté d’un collaborateur par un   de la RSE du groupe Foncia
14 |
avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[ Finance et législation
Le Brexit en 3 questions
Jean-François Faure,
Président d’AuCoffre.com et VeraCash
Quels sont l’impact et les conséquences concrètes du Brexit sur l’économie française ?
Selon les sources d’analyse il ressort que le coût annuel pour la France du Brexit tel qu’il se dessine serait compris entre 3 et 4 milliards d’euros par an. La France est quand même le 3e partenaire européen de la Grande-Bretagne après l’Allemagne et les Pays Bas. Le secteur le plus touché sera l’agroalimentaire, avec près d’un milliard annuel, vins et spiritueux, produits laitiers et céréales. Tout ça en grande partie à cause des systèmes de taxe qui seront mis en place et vont pénaliser l’export de nos produits. Autre phénomène majeur
et insuffisamment évoqué : les Anglais sont les premiers touristes en France. 12 millions annuels. Que va-t-il se passer s’il est dorénavant nécessaire d’obtenir un visa pour venir en France? Si la livre est dévaluée, le niveau de vie des Anglais sera abaissé et le coût d’un voyage en France se montrera moins attractif. Nous allons avoir une population anglaise qui va explorer d’autres pays, notamment ceux qui offrent des coûts de la vie locale plus attractifs: Espagne, Grèce, pays de l’Est, Portugal. Et pour ceux qui ont préservé leurs moyens, s’il leur faut prendre un visa pour aller en Europe, autant clairement explorer d’autres continents, par exemple l’Asie et les États-Unis.
Est-ce plutôt un risque ou une opportunité pour les entreprises françaises qui exportent en GB ?
Si on se fixe sur le type de production qui est le cœur de nos exportations vers le Royaume- Uni, c’est aujourd’hui clairement un risque. Pourquoi? Nous sommes principalement sur des produits agroalimentaires ou des biens de milieu de gamme. Nous ne vendons pas par exemple au Royaume-Uni des biens à très forte valeur ajoutée comme pourraient le faire les Allemands, par exemple avec l’automobile. Donc, si on cumule les taxes douanières directes qui vont s’ajouter, ainsi que les taxes qui frappent les produits non conformes
aux normes locales, car la norme CE ne sera plus reconnue au Royaume-Uni, et enfin si on rajoute la valeur d’une livre sterling en baisse, on va avoir des prix qui vont fortement augmenter. Sur des produits à forte valeur ajoutée, ça ne changera rien. Sur de la moyenne gamme ou bien des produits de consommation courante, ce sera rédhibitoire.
Quid des entreprises françaises implantées en Grande-Bretagne ?
Les seules sociétés françaises qui ont une carte à jouer sont celles implantées directement sur le sol britannique avec des unités de production locale. Il y en a environ 3 000. Elles vont pouvoir s’affranchir des nouvelles taxes si elles s’approvisionnent avec des matières premières ou des fournitures locales. Le Royaume-Uni n’était économiquement plus une île depuis son entrée dans la CEE en mars 1973. Report ou pas, tout est en œuvre pour que le Royaume-Uni soit pleinement sur une île « économique » d’ici à quelques mois.
Il faudra certainement une dizaine d’années pour retrouver un équilibre et une dynamique commerciale positive. n
Uadministrations
briefing économie
Médiation & entreprises
Pierre Pelouzet
Médiateur des entreprises
Créons un nouveau dialogue entre les entreprises et les
galaxie
    n refus de permis de construire, une au- torisation administrative qui tarde, une aide financière qui ne se débloque pas... Toute entreprise a été confrontée ou sera
confrontée un jour à une situation potentiellement conflictuelle avec une administration. Si vous êtes chef d’entreprise, sachez que l’État est conscient de ce frein qui vous empêche de vous développer et m’a donné pour mission de recréer un dialogue autour de tous ces sujets.
La loi Essoc* introduit la possibilité pour les en- treprises confrontées à un différend avec une ad- ministration de saisir le Médiateur des entreprises pour trouver une solution. Ce qui élargit considé- rablement notre domaine d’intervention jusque-là limité aux marchés publics... Notre objectif: vous permettre de comprendre une décision administra- tive et aider les deux parties à trouver une solution négociée. De plus, nous allons pouvoir nous appuyer sur un autre pilier de la loi: le droit à l’erreur. Une entreprise peut avoir commis une erreur de bonne foi et ce nouveau droit pourra alors être utilisé dans le cadre de nos médiations.
Cette expérimentation sur trois ans s’adresse en priorité aux entrepreneurs des régions Centre Val- de-Loire, Grand Est, Normandie et Provence-Alpes- Côte d’Azur. Elle concerne les entreprises de la construction, de l’industrie manufacturière, de l’in- formation et de la communication. Nous souhaitons réaliser suffisamment de médiations pour, ensuite, généraliser ce service à l’ensemble du territoire.
Sur le terrain, vous serez accompagné par l’un de nos médiateurs. Qui sont-ils? Des femmes et des hommes, experts du dialogue qui s’adaptent à toutes les situations.
En ce mois d’avril, je fais le tour des régions concer- nées où je présente ce dispositif d’accompagnement aux entrepreneurs, aux élus, aux représentants des pouvoirs publics et du monde économique. Je serai notamment le 9 avril à Orléans, le 11 avril à Rouen et 19 avril à Marseille.
Si vous êtes concerné et que vous souhaitez nous saisir, il est déjà possible de le faire sur notre site: www.mediateur-des-entreprises.fr
Avancez avec nous pour créer ensemble ce nou- veau dialogue entre les entreprises et les administra- tions!n
* La loi pour un État au service d’une société de confiance, publiée le 10 août 2018, crée dans son article 36 et à titre expérimental, un dispositif de médiation qui offre aux en- treprises de solliciter une médiation sur tout litige avec un acteur public qu’il soit contractuel ou non.
ecoreseau.fr avril 2019 | 15
]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[ en couverture
CES ENTREPRISES QUI CHANGENT LE MONDE !
  Plongée dans un futur inouï
entreprendre & innover
16 | avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[ Voulez-vous connaître le Français le plus « disruptif » ? C’est Jean-Michel Billaut.
Aussi jeune dans sa tête de futu- rologue que peut l’être un homme de73ans,amputéd’unejambeà la suite d’un accident domestique. Cetex-analysteprévisionnistede la Compagnie bancaire (disparue dans la fusion avec Paribas) fut l’inventeur en son temps d’une application Minitel qui connec- ta ce terminal de données aux serveurs bancaires pour créer le premier accord de crédit au monde adapté aux commerçants (en 1983, Cetelem développera des applications de paiement avec carte bancaire). En 1978, il crée l’Atelier Compagnie bancaire (de- venu l’Atelier Paribas), un centre
1eille technologique et d’ana- catif. n OM
en couverture
entreprendre & innover
 de v
lyse des technologies nouvelles avant que les think tanks n’es- saiment. Il fut même un temps M. « Très haut débit » en France sous l’égide de feu André Labar- rère, maire de Pau.
Aujourd’hui animateur du BillautShow (https://billaut. typepad.com/jm/), conférencier, disrupteur au verbe tranchant, promoteur des start-up les plus 6.0 possibles, il incarne à mer- veille le Français râleur à la cu- riosité insatiable dont un Em- manuel Macron devrait faire le conseiller de sa start-up nation! Il publie en 2014 une profession de foi en ligne qui demeure le manifeste de la disruption. De- puis, aucune des assertions de notre Français 3.0 n’a pris une ride. En voici un extrait signifi-
Le monde 3.0 est en marche
Homo Sapiens n’est pas très fiable : vers 2030, les gouvernements interdiront la conduite
de voiture par les êtres humains.
   * Louvois : le logiciel qui a mis les salaires de l’armée en déroute.
** DMP : le dossier médical personnel, 500 millions pour moins de 420 000 en 2014.
*** Quæro : annonce le
28 janvier 2014 delafindu programme de recherche de
ce moteur de recherche français multimédia.
Disruption est un mot français qui signifie rupture (il a le même sens que le mot anglais disrupt). Rup- ture donc entre un état existant, remplacé en tout ou partie par un autre état. Ce n’est donc pas une évolution douce et linéaire, mais une cassure brutale. Dans la pers- pective qui nous intéresse, cette rupture est rendue possible grâce aux technologies numériques que certains savent intelligemment uti- liser, d’autant plus qu’ils ne sont pas encombrés par des technologies plus « anciennes ». Technologies qui n’existaient pas au préalable, ce qui pose problème à ceux qui naturellement ont bâti des empires avec d’« anciennes » technologies. Ou encore ceux qui ont acheté des « charges » comme dans l’Ancien Régime, et qui, dès lors, bénéfi- cient de rentes de situation. Des professions protégées donc, dont les organisations en silos visent à raréfier artificiellement l’offre face à la demande, pour justement pro- téger leurs revenus, leurs rentes, leurs pouvoirs en interdisant à de nouveaux entrants l’accès à leurs coteries. Et donc de conserver un chiffre d’affaires et des marges grassouillettes, sans trop se pré- occuper de ce que voudrait la de- mande.
Mais manque de chance pour eux : les start-up ont envahi notre quotidien. Ces nouveaux Bar- bares, tels des Wisigoths-Ostrogo-
ths-Vandales des temps modernes, ont envahi notre territoire. Et rien ne leur résistera...
J’ai vu la vague arriver
vers 2011-2012...
Je pensais que notre pays reste- rait un peu en marge du tsunami numérique qui a saisi l’humani- té depuis l’arrivée de l’Internet. La France est un pays, comment dire, compliqué et un peu à part des autres peuplades. Un passé de grande histoire (qui a laissé son empreinte de-ci de-là : par exemple notre justice est encore organisée comme du temps de l’Ancien Ré- gime), un principe de précaution inscrit dans notre Constitution (nous sommes la seule peuplade au monde à l’avoir fait), ce qui im- plique une aversion certaine au risque, une exception culturelle qui se fendille chaque jour, mais qui reste fortement soutenue pas nos élites 1.0, élites qui ont peu d’appétence pour les technologies du numérique (on se souvient de Louvois*, du DMP**, de Quaero***, et même de notre Minitel que l’on a finalement mis à la poubelle, les Français de base lui préférant l’In- ternet, etc.), un État énarchique qui se mêle de tout, des DSI 1.0 de nos grands machins (comme dirait de Gaulle) du CAC40, qui n’aiment pas le cloud/Saas, et préfèrent cou- ver leurs gros bousins internes dont certains font encore fonctionner
des chaînes de gestion en Cobol. À ma connaissance, toutes les start- up fonctionnent en mode cloud/ Saas. Elles bénéficient ainsi d’un avantage coût très important. Que n’ont pas les Grands Machins.
Hé bien, contre toute attente, le tsunami a submergé notre pays... Comme je fais beaucoup d’inter- views visiophoniques de start-up [...] j’ai vu la vague arriver vers 2011-2012 [...] En 2014, ce fut l’ex- plosion ! Le début de la Grande Disruption... Des start-up par- tout (y compris dans un bled à côté du mien), des incubateurs qui poussent comme des champignons ici et là, des grands machins prénu- mériques qui se disent que mainte- nant il faudrait peut-être regarder tout cela de près au cas où, des po- liticards 1.0 qui font des discours enflammés sur le numérique, etc. [...] En analysant ce que font les start-up dans le monde (il s’en crée un bon millier/jour !) et en France, on en conclut rapidement qu’elles réorganisent sciemment ou non l’ensemble de notre système écono- mique, et toutes nos organisations. Ce qui naturellement ne plaît pas du tout à ceux qui tenaient le haut du pavé 1.0 au préalable. Quand on demande à un start-upper pour- quoi il a créé son entreprise dans tel domaine, il répond générale- ment qu’il avait rencontré dans le monde traditionnel (1.0) un pro- blème qu’il a eu un mal fou à régler. Car ce monde traditionnel n’est pas
« sans couture » comme disent les Américains. Il y a des ruptures de charge dans l’organisation de tout le système, à cause principalement des intermédiaires traditionnels et leur organisation à l’ancienne. Connaissant les technologies du 2.0 – ils sont quasiment nés avec – les start-uppers bien nés se disent qu’ils pourraient faire mieux que le monde ancien. Pour moins cher, et surtout avec plus de services. Tout en gagnant de l’argent. Quatre start-up sur cinq vous tiennent ce discours.
[...]
Quelques exemples de disruption amorcée.
► Les taxis traditionnels face à Uber et les autres vivent probable- ment leurs dernières années.
Ils n’ont pas su ou pas voulu s’adap- ter à la demande. D’autant plus que les voitures robots arrivent avant 2020 nous disent les experts. Même en France.
Uber (à l’origine UberCab)
• Fondateurs : Garett Camp, Kalanick et Oscar Salazar, Califor- nie, www.uber.com, 2009
• Décembre 2011 : Uber à Paris
• Février 2014 : Lancement d’Uber- Pop
• Juin 2015 : François Hollande de- mande la dissolution d’UberPop (n’importe quel particulier pouvait
Travis
 ecoreseau.fr avril 2019 | 17
]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en couverture
Les grandes ruptures de l’humanité (nous vivons la 6e !) OliviEr MaGNaN
- 800 000 ANS
- 100 000 ANS
- 4000/3500 ANS
XVe SIÈCLE
Le feu !
L’agriculture !
L’écriture !
L’imprimerie !
     « Nous assistons,
pour ceux qui ont
les yeux ouverts, à l’extinction prochaine
de tous les dinosaures politiques, économiques et noétiques* et à l’émergence, silencieuse et discrète, de réseaux et de communautés
de petits lémuriens rapides et agiles qui préparent, déjà, le nouveau paradigme. » Forts de la prédiction de
Marc Halévy, physicien et philosophe français, expert ès sciences de la complexité, libre à nous de suivre ses cinq ruptures, mais au fil de la frise historique de Philippe Kalousdian, entrepreneur, créateur d’ISlean Consulting. Donc,ilya800000
ans, le feu. Admettons. L’homme, comme dit Kalousdian, se nourrit mieux, gagne des contrées plus froides, améliore son énergie, échappe à certaines maladies. Halévy, lui, ne remonte pas si loin.
* branche de la philosophie métaphysique qui plonge dans l’intellect et la pensée.
Elle donne naissance aux villes. Mais très
vite, les nouveaux sédentaires doivent bien inventer l’écriture pour troquer et commercer. Halévy n’est toujours pas concerné.
Et peut-être plus tôt. Très classiquement, notre entrepreneur historien souligne que l’Histoire commence. Il relie ces caractères et ces signes au besoin de compter les troupeaux. Marc Halévy commence à agiter sa plume. Mais pour lui, ce qui importe, c’est que « passer
de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé, nous fait, à présent, passer de l’imprimé au digitalisé ». Et, dit-il, la rupture technologique « nous fait passer
de la prédominance des technologies mécaniques à celle
des technologies numériques ». La suite de sa réflexion mérite une citation :
« La réponse à cette mutation profonde
[...] tient en un mot: intellectualité, afin que la pensée critique et créative garde le contrôle de la pensée unique, simpliste et préfabriquée que le règne des ordinateurs permet et entame, dans une actualisation effrayante et démente du 1984 de George Orwell (que Google incarne parfaitement, aujourd’hui). »
Philippe Kalousdian
y reconnaît le savoir pour tous. Un livre comme la Bible ne coûte plus « quelques centaines de moutons ». Marc Halévy attend,
lui, le xvie siècle pour décréter l’obsolescence du paradigme
moderne « hérité de
la Renaissance au travers de l’humanisme du xvie siècle, du rationalisme du xviie,
du criticisme (et des
« Lumières ») du xviiie, du positivisme du xixe et du nihilisme du xxe ».
   devenir chauffeur), il disparaît en juillet. • Janvier 2016: Uber condamné à verser 1,2 million d’euros à l’Union nationale des taxis
Kapten
(naguère Chauffeur privé), www.kapten. com/fr, 2012, France
• Fondateurs: Yan Hascoët, Othmane Bouhlal et Omar Benmoussa
• 2015 : levée de 5 millions d’euros
• 2016 : Transcovo s’allie à SnapCar et Uber
• 2019 : Chauffeur Privé devient Kapten
Autres acteurs : SnapCar, Transcovo (a baissé de 20 % ses tarifs en région pa- risienne et le prix assuré au début de la course est toujours le prix payé, contrai- rement à ses concurrents).
► Dans le même segment, la SNCF commence à se méfier de Blablacar
Blablacar
anciennement Covoiturage.fr, France, www.blablacar.fr, 2004
• Fondateur: Vincent Caron
• 2004 : première version du site sous le nom covoiturage.fr
• 2006 : revente à Frédéric Mazella qui fonde Comuto pour assurer le dévelop- pement
• 2011-2012 : lancement européen de BlaBlaCar, Royaume-Uni, Italie, Portu-
18 | avril 2019 ecoreseau.fr
gal, Pologne, Pays-Bas, Luxembourg et Belgique.
• 2013 : Covoiturage.fr devient BlaBlaCar. fr
• Levée de 100 millions d’euros pour de- venir leader du covoiturage mondial.
► Les notaires s’inquiètent avec Tes- tamento qui offre légalement à tout un chacun d’établir en ligne son testament pour nettement moins cher que chez le notaire traditionnel (et le jeune barbare fondateur de Testamento ne va pas s’ar- rêter là – mais chut).
Testamento
https://testamento.fr, France, 2013
• Fondateur : Virgile Delporte
• Soutiens : Thierry Petit, cofondateur de showroomprive.com et Cyril Janin, CEO de logic-immo.com, Fondation Te- lecom, Bpifrance, Fédération nationale des tiers de confiance
• 2016 : meilleure insurtech de l’année
► Les avocats ne sont pas en reste. Avec plusieurs start-up qui leur marchent sur les pieds :
demanderjustice.com traîne devant le
tribunal de proximité votre voisin qui a empiété sur votre terrain ou votre com- pagnie d’assurances retors qui refuse de vous indemniser, le tout « pour un prix connu à l’avance » – ce qui n’est pas le cas dans le monde traditionnel des avo- cats. Captain Contrat (www.captain- contrat.com) est de la même eau. Les choses vont s’accélérer dans ce secteur qui commence à s’éveiller au 2.0, avec l’arrivée probable d’une start-up capable de mettre « sous intelligence artificielle » toute la jurisprudence française depuis Napoléon, nos lois et naturellement les codes qui canalisent nos organisations. Et là...
demanderjustice
www.demanderjustice.com, France, 2012 • Fondateurs : Jérémy Oinino, Léonard Sellem
• Concerne tout litige inférieur à 10 000 euros, pour une somme forfai- taire qui va de 39,90 euros par mois à 99,90 euros selon la procédure engagée. • 2017 : lancement de litige.fr (informa- tion juridique)
• Plainte pour exercice illégal de la pro- fession d’avocat déposée par le Conseil national des barreaux, débouté en cas- sation.
► Les banquiers 1.0 eux, sont encore dans leur nirvana traditionnel, qui, pensent-ils, va continuer comme avant, comme si de rien n’était. Alors que de
multiples start-up commencent à gri- gnoter leurs marges, en apportant d’ail- leurs de meilleurs services à leurs clients. Citons sur le marché des changes, Kantox, sur le marché de l’affacturage, Finexkap, sur le marché de la distribu- tion du crédit avec le crowdfunding de KisskissBankbank, et sa filiale qui vient d’ouvrir, Lendopolis, (prêts de particu- liers aux PME et PTE), Qonto, service bancaire pour entreprise, Banking, comptes de particuliers en ligne, Nic- kel (un compte bancaire que l’on ouvre dans les bistros de France et de Navarre, racheté par BNP Paribas), Aston iTrade dans la gestion du compte client des en- treprises, etc. Et n’oublions pas le bitcoin et sa blockchain, qui, telle une épée de Damoclès, pendent sur la tête de nos ai- mables banquiers 1.0.
Nickel
https ://compte-nickel.fr, service ban- caire alternatif français ouvert à tous, sans condition de revenus et sans possibilité de découvert ni de crédit, France, 2014 • Fondateurs : Hugues Le Bret, ex-PDG de banque, et Ryad Boulanouar, entre- preneur de banlieue et talent——ueux ingénieur en informatique, Michel Cal- mo, Pierre de Perthuis
• 2017 : rachat par BNP Paribas
► Nous ne conduirons plus de voi- tures 1.0
Malgré ses milliards de neurones qui pi-
 ]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[ XIXe SIÈCLE
À LA TOUTE FIN DU XXe
Énergie fossile, charbon et pétrole !
Internet !
en couverture
entreprendre & innover
     L’industrie de masse en naît, constate l’entrepreneur
NTIC, avec elle la démographie explose et l’artisanat disparaît. Le philosophe, de
son côté, constate
que nous vivons les ruptures technologique et économique qui signent la fin de cette révolution industrielle : « Les deux piliers de ce
modèle sont l’expansion en masse et la baisse en prix. Pour exister économiquement, il faudrait impérativement être gros et, pour devenir gros, il faut vendre beaucoup,
donc baisser les prix par standardisation, normalisation, procéduralisation, planification, hiérarchisation, capitalisation, financiarisation... et baisse permanente de la qualité des produits, des services, des rétributions, des contributions... et des vies. »
Mais au tout début de
ce même siècle, le patron d’ISLean note la révolution des explosifs inventés par BASF, Haber et Bosch, qui tuent d’abord des millions de gens avant, transformés en engrais, d’en nourrir des milliards. Halévy trouverait que cette histoire d’engrais signe la rupture écologique
qui marque, selon lui,
la nécessité vitale de consommer, travailler, communiquer « moins mais mieux ». Pour l’entrepreneur, « Internet va infuser dans tous
les domaines de la vie. D’immenses champs d’innovations d’usages sont devant nous ». Marc Halévy a encore deux ruptures à caser : organisationnelle – « Le modèle pyramidal qui, longtemps, fut le grand modèle de référence des organisations humaines, est devenu trop lent et trop lourd pour pouvoir affronter, avec efficience,
l’effervescence, les turbulences et les complexités de nos environnements socio- économiques. »
À l’organisation succède « l’organicité, c’est-à-dire le passage des modes de vie mécaniques
régis par des lois, des normes, des règles, des protocoles, aux modes de vie organiques où les interactions l’emportent sur les règles, où
les collaborations l’emportent sur les procédures ».
le cycle du spirituel
« Le xxe siècle sera spirituel ou ne sera pas »,
avait clamé Malraux,
et le xxe siècle ne fut
pas. Marc Halévy voit
de la spiritualité dans
le cycle de 500 ans qui s’ouvre, « sans doute plus panthéiste, initiatique, contemplative ou méditative, plus pratique que théologique, plus orientale qu’occidentale ». En attendant, ce sont les entreprises qui changent le monde.
Et elles ne semblent pas si spirituelles que ça...
 lotent ses cinq sens, Homo Sapiens n’est pas très fiable. C’est le moins que l’on puisse dire, vu le nombre d’accidents, de morts, de blessés, qu’il occasionne sur les routes. Vous allez me dire que [...] cette « non-fiabilité » fait vivre des dizaines de milliers de personnes. Mais ces profes- sionnels risquent de pâtir de l’arrivée de ces robots d’un nouveau genre : certains analystes américains pensent même que vers 2030, les gouvernements interdi- ront la conduite de voiture par les êtres humains, pour stopper le carnage sur les routes. Toutes les voitures seraient des robots. Notre savoir actuel dans ce domaine ne servira donc plus à rien. Et dans ce cas, plus besoin à terme de chauffeurs de taxis, de chauffeurs rou- tiers, peut-être de garagistes, moins de primes d’assurances, etc.
Tesla, Inc., ex-Tesla Motors, Californie, d’après le nom de l’inventeur de génie Nikola Tesla, 2003.
• Fondateurs : Elon Musk, Martin Ebe- rhard, J.-B. Straubel, Marc Tarppening,
Ian Wright
• Plus de
vembre 2018
• voir la vidéo de démonstration de l’autopilot du Model S : www.tesla.com/ fr_FR/autopilot
► Le secteur de la santé est le prochain sur la liste de la grande disruption. Nous allons passer graduellement d’une médecine curative à une médecine pré- dictive et personnalisée (médecine dite des 4P). Changement majeur dans nos sociétés humaines ! Pourquoi ? Mais à cause de ces damnées start-up, que diable! [...]
Selon mon estimation, il y aurait proba- blement environ 5 000 start-up estam- pillées e-santé chez l’Oncle Sam !
Elles ont pavé la voie aux grands de la technologie américaine, qui ont com- mencé à s’y engouffrer en 2014 [...] À mon sens, ce marché de la e-santé est beaucoup plus important que celui du e-commerce. Car là, toute l’humanité est concernée à terme. Les grands de la technologie américaine l’ont bien vu. Apple a ainsi annoncé son Dossier mé- dical personnalisé (le Healthkit) ainsi que sa montre iWatch qui va jouer un grand rôle dans sa stratégie e-santé. IBM commence à mettre au travail son Watson bardé d’intelligence artificielle. Google n’est pas en reste et prépare tout un tas de choses pour combattre la vieil- lesse, le cancer, interpréter le génome
humain, etc. La firme de Mountain View a ainsi racheté en 2014 pour presque 1 milliard de dollars trois ou quatre start- up dans le domaine de l’IA. Dont Deep Mind, start-up anglaise avalée contre 400 millions de dollars ! Curieux quand même! On aurait pu penser que ces choses médicales seraient du ressort des mandarins et autres big pharma. Hé bien non! Google s’en occupe et va devenir peut-être le médecin 2.0 de l’humanité. Mais il n’y a pas que nos deux compères, Intel s’y met, et on dit qu’Amazon, Face- book eux aussi fourbissent leur stratégie e-santé. Même SalesForce! [...]
Les élites médicales françaises, nos hauts fonctionnaires de ce secteur, nos politiques sont loin de tout cela. Et les premières start-up d’e-santé françaises tardent à arriver. Nous en avons certes quelques-unes comme Betterise, Uman- life, Carenity, etc. Mais on est encore très loin de l’effervescence américaine.
Umanlife
www.umanlife.com, France, 2011
• Fondateur : Alexandre Plé
• Umanlife = You Manage Your Life, Pre- nez votre vie en main
• Solution numérique d’accompagne- ment santé et bien-être pour toute la fa- mille avec un carnet de santé
intuitif, des conseils personnalisés & du coaching sur mesure autour de l’hygiène de vie, un carnet vétérinaire.
► Plus besoin d’apprendre des lan- gues : vers la re-babelisation de l’huma- nité.
Il doit rester sur cette terre environ 4 000 à 5 000 langues, dont quelques dizaines qui disparaissent par an, et tombent dans les oubliettes de l’histoire. [...] L’IA et autres algorithmes de der- rière les fagots vont permettre de nous comprendre sans avoir à apprendre la langue de l’autre. Skype a ainsi annon- cé son Skype Translator. Vous parlez avec un Japonais qui ne comprend que le japonais et vous que le français. Le Japonais va vous entendre en japonais. Il vous répond en japonais et vous le comprenez en français. Le tout en temps réel. Ce n’est que le début naturellement. Là encore le Watson va frapper. IBM a annoncé une API de traduction (entre autres), et va travailler avec MediaWen, une start-up française qui a mis au point un éditeur de sous-titrage de vidéo (entre autres choses). Google ne sera cer- tainement pas en reste, et va améliorer son système de traduction textuel.
MediaWen
https://mediawen.com, France, 2014
• Fondateur : Erwan de Kerautem
• Solution de traitement multilingue de contenu vidéo sous forme de sous-ti- trage et de doublage vidéo
basée sur de l’intelligence artificielle.
30 000
employés
en
no-
 ecoreseau.fr avril 2019 | 19
]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en couverture
 2 Des Silicon Valleys à la française...
logements dont 8 000 destinées aux étudiants, 17 incubateurs de start-up et 360 laboratoires de re- cherches. Le tout au cœur de l’Île- de-France, première région d’Eu- rope avec son PIB de 640 milliards d’euros.
Le projet est né en 2006 avec la mise en place d’une Opération d’intérêt national (le peu flatteur sigle OIN). Elle projette la création d’un cluster scientifique et tech- nologique, ambition entérinée par
et du pôle scientifique porté par l’université Paris Saclay.
Entre volet scientifique
et volet économique
Au cœur du plateau et de sa stra- tégie d’attractivité, campe cette prestigieuse université, destinée à intégrer le top 20 du fameux clas- sement de l’université de Shanghai et même le top 10 de secteurs spé- cifiques (mathématiques et phy- sique notamment). Lancée en 2014 sous la forme d’une Communauté d’universités et d’établissements (Comue), elle a vocation à réunir universités, grandes écoles et orga- nismes de recherche sous sa seule bannière en 2020. On y dénombre déjà plus de 65000 étudiants et 10000 chercheurs, dont trois prix Nobel et 10 médailles Fields. Po- lytechnique, CentraleSupélec, l’Ensae et HEC y ont planté leurs bastions, l’ENS Cachan, Télé- com ParisTech et AgrosParisTech doivent suivre d’ici à 2020. La grosse entité ne digérera pas pour autant toutes les grandes écoles, la vieille rivalité universités-grandes écoles laisse entendre sa petite musique hexagonale : Paris Saclay et l’Institut Polytechnique de Pa- ris se sont séparés en 2017...
L’enjeu du grand aimant est de taille. En constituant un pôle aca- démique et scientifique mondial et fertile, le plateau espère bien sûr attirer les grands groupes et leur centre de R&D. Opération déjà réussie avec Renault, Horiba, Sanofi, EDF, Safran, Nokia... Paris-Silicon-Saclay demeure un
Pour rattraper le retard accumulé vis-à-vis des premières puissances mondiales en compétitivité, recherche et attractivité, l’économie française s’appuie sur des pôles d’innovation en plein développement. Leur modèle ? La Silicon Valley et ses géants.
La « vallée du silicium » ca- lifornienne, tout le monde connaît. C’est le modèle, le mythe, le baromètre.
Elle serait la 12e puissance écono- mique mondiale si elle proclamait son indépendance! « The Valley » rayonne à coups de géants, les Google, Facebook, Apple et à force d’universités, Stanford et Berke- ley. Onze nouvelles entreprises y sont créées chaque semaine, on y dénombre plus de 11 500 sociétés high-tech, elles emploient 420 000 « habitants » et réalisent plus de 100 milliards de dollars de CA. Un rêve, la vallée des géants du nu- mérique.
Notamment pour la France. Où des territoires ne rêvent pas, eux qui tendent à se rapprocher du modèle et font de l’hexagone le pays qui crée le plus de start-up en Europe (sur les 1 000 start-up les plus dynamiques du continent, 200 sont françaises). Première de ces ruches en plein essor : le cluster
Paris Saclay, ce sont 1,7 million de m2 aménagés,
430 000 habitants, 265 000 emplois, 18 000 logements, dont 8 000 destinées aux étudiants, 17 incubateurs
de start-up et 360 laboratoires de recherche.
    20 |
avril 2019 ecoreseau.fr
Paris Saclay. La « Silicon Valley à la française », dit-on. Tiendra-t-elle sa promesse ? Les moyens déployés et les résultats actuels sont encou- rageants.
Un projet
de grande ampleur
Le plateau qui ambitionne de s’im- poser comme un pôle scientifique, universitaire et technologique de dimension internationale dé- ploie 1,7 million de m2 aménagés à 20 km au sud-ouest de Paris, à cheval entre l’Essonne et les Yve- lines. Paris Saclay, ce sont 430 000 habitants, 265 000 emplois, 18 000
Nicolas Sarkozy dans le cadre du plan Campus du gouvernement Fillon (il vise à développer des pôles universitaires mondiaux). La dynamique se prolonge de par la loi du 3 juin 2010 relative au Grand Paris, avec une ligne 18 du métro pour relier le plateau à la capitale et la création de l’éta- blissement public Paris Saclay, devenu depuis Établissement pu- blic d’aménagement Paris Saclay, présidé par Philippe Van de Mae- le. Maître d’ouvrage de l’amé- nagement du territoire, cet EPA accompagne et coordonne le dé- veloppement des zones urbaines
« work in process » fructifère : 15 % de la recherche publique et privée du pays s’y sont déjà rassemblés. L’ambition ? Atteindre les 20 % et les 350 000 emplois.
Technology Review, la revue du Massachusetts Institute of Tech- nology, a classé notre Silicon Pla- teau dans le top 8 mondial des clusters innovants, aux côtés du modèle Silicon Valley. Philippe Van de Maele, son président, joue les devins : « Le prochain Google sera français et naîtra sur le pla- teau. » Voilà un beau défi.
aDaM BElGHiTi alaOUi
]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[ Villes et régions disruptives
La France et sa province – on dit désormais « territoires » ! – ne manquent pas de pôles d’entreprenariat dynamiques. Certains sont labellisés French Tech, marque lancée en 2013 pour développer et consolider l’écosystème des start-up. Tour de France des grands territoires d’innovation. aBa
Lille
Pôle de l’économie numérique. Le parc d’incubation EuraTechnologies, surnommé la Ch’tillicon Valley, rassemble 160 entreprises et 4 000 salariés dans quatre activités : e-business, systèmes d’information et logiciels, télécoms et réseaux, et industries de contenus.
lorraine
La Lor’N’Tech réunit Metz, Thionville, Épinal et Nancy, déjà rassemblées depuis 2011 dans un pôle métropolitain européen : le Sillon lorrain. Matériaux, santé, gestion énergétique et e-commerce sont au cœur d’un écosystème de 3 500 établissements et
10 400 emplois dans les TIC.
Strasbourg
Pas encore labellisée French Tech, la troisième ville française en création de R&D et pôle national en matière de santé s’est spécialisée dans la medtech, qui mêle médecine technologique et IA. La medtech emploie déjà 1 000 personnes,
2 000 sont prévues pour 2020,
le marché mondial pèse
200 milliards d’euros.
Lyon
Capitale de l’entreprenariat cleantech. De fortes expertises en robotique, logiciels, big data, contenus créatifs et plates-formes Web, 4 300 entreprises et près de 80 000 emplois dans le Grand Lyon autour de la cleantech en font la ville entrepreneuriale la plus dynamique de France.
grenoble
Berceau de l’informatique académique spécialisé dans les nanotechnologies. La French Tech Grenoble rassemble 23 000 chercheurs, 500 entreprises et 40 000 emplois. La ville a été classée en 2013 dans les villes les plus innovantes du monde par Forbes.
Côte d’Azur
Forte de l’aura de Sophia Antipolis (technopole créée en 1969), la métropole se positionne sur le numérique. IBM a implanté un centre mondial de la smart city à Nice et le territoire compte huit pôles de compétitivité
dont un pôle mondial. Les pure players des TIC rassemblent plus de 20 000 employés et 1 500 entreprises.
Normandie
Caen, Rouen et Le Havre ont décroché
le label French Tech. Les trois villes dynamisent leur écosystème en unissant leurs forces. L’écosystème numérique normand rassemble plus de
1 200 entreprises et 10 700 emplois. Le territoire s’est spécialisé dans l’énergie, l’aéronautique ou encore l’agro-industrie.
Rennes/Saint-Malo/Brest
Rennes s’est spécialisée dans les réseaux télécoms et les technologies de traitement de l’image. La métropole ambitionne 1 000 nouveaux emplois dans le numérique par an. La « Brest Tech » : 450 entreprises et 9 000 emplois dans l’industrie marine, les télécoms et la santé.
Nantes
Son écosystème partagé entre technologies et art en fait l’une des premières villes françaises du numérique et du design. Plus de 2 000 entreprises et 220 000 emplois dans le milieu de l’entreprenariat. 36e du classement des meilleures villes du monde pour travailler dans une start-up.
Bordeaux
Un entreprenariat résolument orienté numérique. Le secteur emploie en Aquitaine plus de 25000 personnes et compte plus de 7 000 entreprises, autour du e-commerce et de l’aéronautique notamment. Cdiscount, Dassault Aviation, Airbus et Thalès sont implantés dans l’agglomération.
toulouse
Pôle mondial de l’aéronautique, leader européen en matière de systèmes embarqués, la ville se positionne aussi en matière de big data et de bio santé. Outre les groupes Airbus, Cap Gemini ou ERDF, des pépites éclosent. À l’image de Sigfox, start-up pionnière en matière d’Internet des objets (Internet of Things).
Clermont-Ferrand
Labellisée Réseau thématique French Tech sur le numérique au service des mobilités, le territoire accueille les géants Michelin (12 000 salariés), Orange et Limagrain. Le Bivouac, accélérateur lancé en 2016, a notamment incubé deux start-up récompensées au CES de Las Vegas d’un Innovation Award.
Montpellier
Aix-marseille
en couverture
entreprendre & innover
                                                                                                                                                                       Numérique et biotech. Pôle historique du jeu vidéo, avec sa star Ubisoft, la ville compte une dizaine d’incubateurs, dont le cluster numérique PixLR. IBM, Intel et Dell, leaders mondiaux, sont installés dans l’agglomération, qui rassemble 1 100 entreprises et 11 000 employés du numérique.
Autour du pôle de compétitivité mondial « solutions communicantes sécurisées », la métropole s’affirme sur le sans-contact, l’e-commerce
et la sécurité des paiements. Le numérique pèse 7 000 entreprises et 40 000 salariés, soit autant que le tourisme et l’industrie portuaire.
ecoreseau.fr avril 2019
| 21
]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
3 Le journal du futur de Jean-Marie Benoist
Un certain retour du temps libre...
en couverture
À force de tout rendre assisté, automatisé, robotisé et accessible de son canapé, voilà que nous avons enfin pu recommencer – de façon hésitante, certes, au début – à flâner. En fait, on bosse, mais un peu à son gré. Un jour de « printemps » 2040...
ça se comptait justement en jour- nées... Du coup, il ne me reste plus qu’à passer à la pharmacie pour mon analyse génomique.
En attendant Godot
J’arrive. J’ai toujours le petit ré- flexe de répondre au robot d’ac- cueil, un peu choqué toujours de voir des gens l’ignorer. Je lui présente mon poignet pour la lecture de ma puce de bio-iden- tification, et il m’oriente vers le stand de séquençage. La pro- cédure est l’affaire de quelques minutes: le temps que la phar- macienne – une nouvelle, je ne la connais pas, et nous papotons un peu de tout et n’importe quoi pendant qu’elle assure le prélèvement et l’installe dans la machine. Si l’analyse, qui va prendre environ deux heures, révèle que j’ai besoin d’une in- jection, je pourrais passer la faire faire en début d’après-midi. En sortant, j’ai failli me cogner contre le robot scanneur qui parcourt les rayons en vérifiant les stocks et j’ai encore le réflexe de l’évitement. Mais impossible, son détecteur m’a « vu ». Envie de m’asseoir sur un banc dans le parc voisin. J’ai largement le temps de profiter des rayons du soleil déjà chaud – au fond, le
Au final, il me demande un séquençage :
il est peut-être temps de refaire une correction localisée sur mon ADN.
 Aujourd’hui, c’est le ménage de printemps. Enfin, j’utilise cette expression, un peu
vieillotte, mais ce n’est pas mon habitat modulaire que je nettoie – c’est moi: bilan de santé, dé- marches administratives et mises à jour diverses... Parmi toutes les révolutions qui ont transformé notre quotidien depuis la Vague digitale des années 2000 à 2025 – il y a seulement quinze ans! –, entre nos autopilotes, les smart homes et autres, celle que j’appré- cie le plus est probablement celle qui se voit le moins : la blockchain et la simplification exponentielle du quotidien. Je prends mon café, m’installe sur le canapé et déroule mon clavier (je ne me suis jamais totalement fait aux interfaces vocales). D’abord, le plus impor- tant, la santé. Je me connecte sur mon espace privé sur e-Santé et demande mon diagnostic an- nuel. C’est doublement impor- tant pour moi à deux titres: né avant que le « grand nettoyage » ne commence, je traîne toujours avec moi des séquelles de la pol- lution d’Avant, même avec des organes comme neufs recréés à partir de mes cellules-souches. L’historique de maladie géné-
22 | avril 2019 ecoreseau.fr
tique complexe dans ma famille exige que mon génome soit ré- gulièrement corrigé par CrisPR. Le temps de boire ma première gorgée de café, et les résultats sont là, basés sur les données envoyées par mes capteurs personnels. Il semblerait qu’une « visite » chez mon médecin s’impose. Il est disponible à l’instant, m’indique son emploi du temps en ligne, je l’appelle. La conversation ne dure que quelques minutes, que nous passons surtout à échanger des plaisanteries: il a déjà accès à mes données à jour, a déjà pu établir un diagnostic préalable à l’aide de son assistant virtuel. Au final, il me demande un séquen- çage: il est peut-être temps de refaire une correction localisée sur mon ADN. Je passerai tout à l’heure à la pharmacie, comme ça, il pourra me rappeler ce soir.
Ma demi-heure
« administrative »
J’enchaîne sur ma mutuelle pour vérifier que mes presta- tions ont bien pris en compte mon diagnostic annuel – oui, c’est reçu par l’intermédiaire de mon coffre-fort qui héberge mes données privées – et je valide. Je pourrais passer du coup à mes
diverses assurances, mais avant je veux m’occuper de la maison, histoire de pointer tous mes contrats en même temps. Allez, smartphone et me voilà parti à prendre pêle-mêle en photo – en mode certification – mes der- niers achats de tableaux et leurs factures, ma salle de bains et la facture des travaux que j’y ai menés il y a deux mois... Via la blockchain, tous ces documents sont certifiés et envoyés de fa- çon sécurisée et automatique aux divers acteurs concernés: notaires, syndic, administration fiscale... et donc assureur. Je fi- nis par lui puisque tout le reste est validé: je me connecte sur mon espace et vérifie la mise à jour de mes contrats – habita- tion, notamment, à cause des tableaux. Tout à l’air OK. Coup d’œil à l’heure: ça m’a pris exac- tement une demi-heure – je me souviens, quand mon père avait ses « journées administratives »,
printemps n’existe déjà plus, on s’est adapté, d’où le fameux dé- bat, faut-il se passer de la saison intermédiaire... – avant de me connecter sur ma plate-forme de freelancing et de choisir mes partenaires pour mon prochain projet (une campagne de promo- tion sous forme de jeu d’aven- ture en VR à choix multiples pour la sortie prochaine de Spi- derman XXXIII). Je ne suis pas le seul : nous sommes au moins une trentaine autour du petit lac artificiel, j’attends Godot, mon partenaire habituel. J’en salue certains (déjà rencontrés dans des circonstances similaires) et discute quelques minutes avec eux. C’est, je pense, l’évolution que je préfère dans mon quoti- dien : après avoir, pendant des années, surchargé de plus en plus le baudet, nous avons réus- si, à force d’optimisation et d’au- tomatisation, à recréer du temps libre... JMB
   ]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[                                                                             ]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
grand angle
Les entreprises ne peuvent plus faire l’impasse sur les réseaux sociaux ni la
BRAND CONTENT, LA COM DANS
 Brand content, en français contenu de marque. Une marque n’existe virtuel- lement pas si les réseaux sociaux, si le Web ne résonnent pas de ses écrits, de son histoire, de ses modes d’emploi, de ses échos. Le tam-tam de brousse à l’ère numé- rique exige un investissement édi- torial omniprésent. Donc coûteux. Groupes de presse et agences de com sont à l’affût de cette nouvelle manne de l’écrit en ligne qui vend, et pas du vent.
Et ce n’est pas tellement la der- nière arme de pub à la mode. Le brand content ne date pas d’hier. Véhiculer son image de marque, sa culture, les entreprises y ont pen- sé depuis bien longtemps. Tenez, Michelin. Avec leur premier Guide publié en 1900, les frères Michelin, inventeurs de tout l’arsenal actuel de la « réclame », publiaient déjà du contenu en or. Édouard Mi- chelin, le cofondateur inventeur du pneumatique, premier du nom, rédigeait des éditoriaux sublime- ment écrits qui partaient vers leurs concessionnaires. Autre pionnier du contenu de marque, L’Oréal. La firme offrait un magazine beauté autour des années 1930.
Création de valeur
Admettons volontiers qu’en 2019 les enjeux ne sont plus tout à fait les mêmes, quoique de même inten- tion. Mais surtout, les impacts of- ferts par les nouvelles technologies se révèlent quasiment infinis. Si créer un site Internet ou un compte sur les réseaux sociaux est à la por- tée de tous, l’affaire se corse au mo- ment de réfléchir à un contenu co- hérent qui va porter, valoriser une marque, toucher ses publics. « L’ob- jectif est de puiser dans l’ADN d’une marque pour produire du contenu, estime Alexandre Ver- nier, cofondateur de l’agence ODW, l’une de celles qui créent entre autres du brand content. Les conte- nus doivent représenter la marque, ils doivent se penser pour se décli- ner sur tous les supports : réseaux sociaux, site, PLV, affichage... » Les marques ne se contentent donc pas de nous vendre leurs produits, elles nous proposent un
24 | avril 2019 ecoreseau.fr
univers, une culture, des valeurs. En bref, elles nous racontent une histoire. « Le brand content est un levier de création de valeur pour les entreprises », répète Daniel Bô, Monsieur Contenu de marque en France, auteur d’ouvrages multi- ples sur sa passion et fondateur du Brand Content Institute, centre d’expertise indépendant à vocation internationale dévolu aux conte- nus de marque au service des an- nonceurs, des agences, des médias et des producteurs. « En éclairant l’arrière-plan culturel des marques, le brand content enrichit l’offre, donne du sens aux consommateurs et fédère les collaborateurs. Il réin- vente la relation de la marque avec le public et répond aux nouvelles attentes de dialogue et d’authenti- cité. Il donne à la marque le moyen de mettre en lumière son point de vue sur le monde. Enfin, il est in- contournable pour émerger sur le Web, occuper les réseaux sociaux, alimenter les prises de parole des
“Le brand content enrichit l’offre, donne du sens aux consommateurs et fédère les collaborateurs” – Daniel Bô.
Bien sûr, certains secteurs pa- raissent plus propices au brand content et à la création d’un uni- vers autour d’une marque, comme le tourisme, le luxe, la décoration, la cosmétique, etc. Pourtant, c’est bien en dehors de ces secteurs, dans des domaines naturellement moins portés sur la production de contenus, que les entreprises ont un coup à jouer. « Les entreprises de plus petite taille ou qui évoluent dans des secteurs d’activité où la communication est essentielle- ment basée sur le produit ont une réelle carte à jouer, note Alexandre Vernier. Le brand content sera pour elles l’opportunité de se démarquer, de sortir du lot. Je cite l’exemple de la marque Michel & Augustin : elle a construit sa réputation autour du contenu de marque, en racontant son histoire à ses clients. » Pas- sage obligé pour certaines grandes marques, le brand content sera plus sûrement un élément de différen- ciation pour de plus petites socié- tés. D’autant que son accès s’est dé- mocratisé en même temps que les nouvelles technologies. Rassurant : « Aujourd’hui, le brand content est
   dirigeants, exister dans l’espace pu- blic, être considéré par les médias, rayonner à l’international. » Ouf ! C’esttout?
Réservé à l’élite ?
Défini avec tant de fougue, le brand content pourrait soudain paraître réservé aux grandes entreprises, à l’élite de la marque emblématique, aux « puissances » du luxe ou aux firmes dont l’histoire se révèle particulièrement forte, ancienne, novatrice. Eh bien, non. Toute en- treprise, la vôtre comme les autres, détient des clés à faire valoir, par- tant un intérêt vital à mettre en place une réelle stratégie de conte- nu. Daniel Bô les classe par caté- gories : « Premièrement, le brand content est un moyen d’enrichir le produit, d’éduquer le consom- mateur aux usages et d’animer le
lieu de vente. Il est aussi un vecteur de sens qui conduit à la réinven- tion de la relation avec les clients, mais en outre avec l’ensemble des publics. Les entreprises accèdent au statut d’agents culturels : elles occupent l’espace public, accom- plissent des missions d’intérêt gé- néral, renforcent leur crédibilité et se protègent contre les agressions extérieures. Enfin, le brand content est un moyen d’accroître le chiffre d’affaires en augmentant la visibi- lité de la marque. Il va mener au recrutement et à la conversion de nouveaux consommateurs. Deve- nir source d’innovation et même de diversification. » Avec un ambassa- deur pareil, le contenu de marque affirme sa nécessité absolue. Toutes les entreprises, de la plus petite à la plus grande, ont donc, non pas in- térêt à s’y lancer, mais elles doivent forger ce contenu.
]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[ Toile en général
TOUS SES ÉCRITS
de véritables équipes éditoriales in- ternes pour prendre en charge leur fameux brand content. Jusqu’à sus- citer parfois de véritables studios de production. C’est le cas d’Orange, d’Allianz ou encore de L’Oréal. S’af- franchissent-ils progressivement de l’appui des agences de commu- nication ? Pas encore, nous disent les premiers concernés. « Le mo- dèle mixte se développe de plus en plus, constate Alexandre Vernier. Les entreprises se structurent en interne pour produire du contenu, mais elles font toujours appel à des agences pour lancer de nouvelles idées, notamment, ou pour assu- rer une certaine qualité de mise en scène. Au vu de la multiplicité des formats qui existent aujourd’hui, elles ne peuvent pas tout maîtri- ser. Elles continuent à faire appel
« Si le partenariat est bien fait, si on choisit bien l’influenceur et qu’on lui transmet les bonnes règles, l’opération va donner de la person- nalité à un contenu tout en relayant l’information à un nouveau réseau, souligne Benoît Bergeaud. Les sto- ries Instagram nous amènent au- jourd’hui à repenser tous nos for- mats en hauteur, avec un contenu très court. On doit intéresser l’in- ternaute dans les trois premières secondes. » Vieille exigence de la publicité et, d’une certaine façon, objectif de l’écrit journalistique en soi : le jargon du journaliste rejoint le content, non pas brand mais informatif, avec les concepts d’accroche, d’enchaînement et de chute propres à tout « papier » qui se respecte, comme celui que vous lisez (et si vous avez arrêté en route,
grand angle
entreprendre & innover
 “Les entreprises de petite taille ou dont la communication est essentiellement basée sur le produit, ont une réelle carte à jouer” – Alexandre Vernier.
    à la portée de tous, souligne Benoît Bergeaud, fondateur de l’agence de communication numérique 1969. Hier, une marque devait créer un magazine pour proposer du conte- nu différent. Aujourd’hui, votre fleuriste de quartier est en mesure de proposer du contenu très facile- ment. En revanche, il faut se poser les bonnes questions. Quand on a des moyens plus limités, il faut se montrer plus précis et plus perti- nent. »
Les recettes
d’une stratégie
de contenus réussie Pertinent, oui. Le succès du brand content doit s’évaluer dans la durée et dans la capacité de la marque à développer du contenu stratégique. « Une marque doit développer une stratégie éditoriale cohérente, en adéquation avec son identité et sa vocation. Une fois défini, le brand content se déploie au fil du temps via les multiples points de contact de la marque », estime Daniel Bô.
Pour Alexandre Vernier, ladite stratégie se déploie en trois étapes : l’élaboration de la ligne éditoriale et de la charte graphique, la pro- duction du contenu et sa diffusion. Pour que l’opération réussisse, il est primordial pour une marque de définir en amont ses objectifs, sa cible et l’ADN de la marque: « Les marques oublient parfois qui elles sont. Le contenu ne doit pas être décorrélé de leur identité. » Selon Benoît Bergeaud, l’important re- pose sur la différence entre le brand content et la publicité : « Le contenu doit se concevoir naturellement intéressant pour la cible, qu’il soit pratique, émotionnel ou d’une autre portée. Il ne s’impose pas, mais revêt un réel intérêt pour le client. »
Équipes éditoriales internes plus agences
de communication
Mais qui va définir et rédiger ce contenu magique ? Les grandes entreprises ont tendance à monter
à des spécialistes. » Une tendance que confirment Benoît Bergeaud et Charlotte Moronval, account plan- ner chez 1969 : « On note une vraie tendance à l’internalisation, mais ça n’empêche pas les entreprises de continuer à faire appel à la presta- tion. Elles ont compris qu’elles de- vaient s’alimenter à l’extérieur, aller chercher la fraîcheur et la créativité que proposent les agences. C’est un vrai métier, les marques qui inter- nalisent trop s’en rendent compte rapidement. »
Influenceurs et podcasts parmi les tendances
Au moment de choisir le type de contenu qu’elles souhaitent dé- velopper, les marques n’ont que l’embarras du choix. Construire, installer ou conforter une image, une culture, des valeurs, tout se plie à de nombreux biais. Les ré- seaux sociaux sont évidemment un espace à ne pas négliger, Ins- tagram et Snapchat en premier lieu pour toucher les plus jeunes. L’agence 1969 a dernièrement tra- vaillé avec le groupe Accor sur du contenu chargé de changer l’image de marque de la chaîne HôtelF1 auprès des plus jeunes. Elle a car- rément fait appel aux envies d’ail- leurs des influenceurs les plus suivis sur les réseaux pour qu’ils partagent l’esprit roadtrip que sou- haitait mettre en avant la marque.
j’ai perdu mon pari!). Du reste, les agences de publicité ne sont plus les seules à produire du contenu de marque. Même un journal aussi prestigieux que le New York Times, antinomique du publireportage à l’ancienne, a, dès 2012, monté un studio de création offreur de com- munication de marque. 14 Haus- mann, issu de la régie pub du Fi- garo, vend du contenu d’influence pour les marques (entre autres Dior, Boss, Longchamp ou Carre- four). Le studio Ganz, du nom de son ancien patron France, l’a de- vancé chez Prisma Presse.
Ça tombe bien, les formats courts ne sont pas les seuls à faire mouche. La tendance éditoriale privilégie même les sujets longs et les re- portages fouillés. Le story-telling est toujours une valeur sûre de la communication, et le podcast en est une illustration. Les entreprises s’en emparent, elles aussi, à l’image d’Hermès et son Faubourg des rêves qui donne la parole à ses arti- sans, stylistes et vendeurs invités à raconter leur quotidien. En réalité, tout est possible dans le content, à commencer par la culture pro- duit, toute simple, toute nue : les tutoriels, fiches explicatives, modes d’emploi, recettes, astuces, cou- lisses de fabrication, retours d’ex- périence, que sont-ils à votre avis ? Du contenu de marque. Déjà. ÉMiliE MaSSarD
ecoreseau.fr avril 2019 | 25
]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
L’Afrique 3.0, c’est l’heure
Depuis plusieurs décennies, l’Afrique navigue entre un optimisme effréné et une réalité bien moins rose. Et si l’heure de son réveil sonnait enfin ?
société
 Depuis la chute des ma- tières premières de 2015, l’économie du continent africain dé-
croche une nouvelle fois. À tel point que sa croissance s’est figée, en 2016, à son étiage le plus bas de- puis 25 ans ! Depuis, léger sursaut mis de côté, le continent tangue, profite et chavire au gré de ses 54 pays. « Malgré des taux de 4 %, la reprise dans les pays exportateurs de minerais, comme la République démocratique du Congo, demeure insuffisante par rapport à la pro- gression de leur population, ex- plique Ruben Nizard, économiste Afrique chez Cofaces. Mais ail- leurs, en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou dans les pays de l’Est, comme l’Éthiopie, le Rwanda ou le Kenya, la croissance s’affiche parmi les plus fortes au monde, grâce à de vastes programmes d’investisse- ments et d’infrastructures. »
Risques politiques
et politiques publiques
à risques
Pourtant, même dans ces écono- mies plus dynamiques, des voix s’élèvent toujours contre l’absence de progrès. « Les taux de pauvreté et de chômage des jeunes restent très élevés, observe l’économiste. Les risques politiques ralentissent le développement de nombreux
26 | avril 2019 ecoreseau.fr
pays : lutte contre Boko Haram dans le Sahel, violences entre agri- culteurs peuls et chrétiens au Nigé- ria, tensions ethniques et sociales en Éthiopie, etc. »
Guerres civiles et tensions eth- niques n’expliquent pas à elles seules le sur-place africain. En cause, tout simplement et drama- tiquement, les politiques publiques de bon nombre d’États, respon- sables du marasme. Alors que près de 50 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté, les inves- tissements plafonnent à moins de 20 % du PIB de leurs pays. « L’aide au développement recule elle aussi. Mais pas la corruption qu’elle en- traîne souvent, comme au Sierra Leone ou en Angola, où la famille Dos Santos au pouvoir est en train de détourner des dizaines de mil- liards de dollars », s’inquiète le consultant Jean-Luc Buchalet (son livre, Le futur de l’Europe se joue en Afrique, coécrit avec Christophe Prat, vient de paraître chez Ey- rolles).
La sino-dépendance
Un panorama explosif dont cer- tains « raiders » ont su s’arran- ger pour profiter des richesses du continent. En premier lieu, la Chine – suivie de près par l’In- de. Les nouveaux businessmen d’Asie ont depuis le début des
années 2000 largement distan- cé les partenaires historiques de l’Afrique, comme la France ou les États-Unis. Mais ces nouvelles re- lations économiques paraissent très déséquilibrées. « Il existe une dépendance nette à la demande chinoise, détaille l’économiste de Coface. Alors que les exportations africaines vers la Chine consistent à 90 % en matières premières brutes qu’ingurgitent goulûment les usines, les importations vers l’Afrique se composent exclusi- vement de biens manufacturés ou d’équipement. » Une emprise qui pose également la question de l’accaparement de certaines terres africaines par Pékin ou du risque d’endettement imposé à certains pays pauvres (Djibouti, Éthiopie) par le mastodonte chinois, dans le cadre de son pharaonique projet de nouvelles routes de la soie, One Belt, One Road...
Économie informelle
Malgré ces déséquilibres, c’est cette relation faussée même qui pourrait bien sonner le réveil afri- cain. « L’Afrique entre enfin dans une phase de développement or- ganique, assure l’économiste spé- cialiste des marchés émergents et chercheur associé à l’Iriss, Jean-Jo- seph Boillot. Les biens chinois de consommation de masse bon marché engendrent un appétit de travail et de nouveaux services, à l’image des smartphones, des mo- tos et des minibus asiatiques qui connectent entre eux les villages et les marchés. » Il existe bien une autre Afrique, en pleine transfor- mation. « Le premier signal du réveil africain provient des vieilles lignées ethniques commerçantes transfrontalières comme les Peuls, les Dioulas ou les Haoussas en Afrique de l’Ouest. Mais ces entre- preneurs conservateurs – alimen- tation, industrie ou BTP – restent dans l’économie informelle », constate Boillot.
Afrique 3.0
Restent... les nouvelles techno- logies et le numérique. Avenir du continent ? Possible. Des secteurs innovants investis par une nou- velle génération d’Africains ins- tallés un temps à l’étranger ou qui ont étudié loin du continent avant de revenir créer leur entreprise sur leurs terres. « Ils se structurent avec des réseaux de pépinières comme Afrobytes, pour développer des in- novations, aussi bien dans l’éner- gie solaire ou éolienne que dans la surveillance par drone des cultures de fraise au Mali, la réservation en ligne de places d’autobus ou encore l’utilisation des biomasses, comme en Côte d’Ivoire », s’enthousiasme le spécialiste des économies émer- gentes, de retour d’un voyage en Côte d’Ivoire et Mauritanie. En dé- coule déjà l’éclosion des premières success stories entrepreneuriales à l’image de Jumia – l’Amazon afri- cain – ou de M-Pesa – l’application kényane de mobile banking aux 17 millions d’utilisateurs.
« L’Afrique pourrait dominer enfin ses handicaps pour rentrer de pied ferme dans l’économie 3.0., conclut Jean-Joseph Boillot. Les innovateurs se caractérisent par leur imagination à trouver des solutions aux contraintes de leur environnement. Là-bas, ils ont une idée à la minute, car tout est encore à faire ! » PiErrE HavEZ
sCoface: société d’assurance-crédit. Mis- sion: aider les entreprises à se développer en assurant le risque d’insolvabilité de leurs clients, leur donner les moyens de dé- cider des crédits nécessaires pour vendre sur les marchés intérieurs et à l’export.
Iris: Institut de relations internationales et stratégiques. Association créée en 1991 sous la forme d’un think tank français dé- dié aux recherches géopolitiques et straté- giques. Le seul organisme de dimension internationale totalement privé et indé- pendant.
Mais si, la révolution numérique s'accélère !
Décidément, l’Afrique rattrape son retard à vitesse grand V dans le domaine numérique. Le continent espère même faire des nouvelles technologies le fer de lance de sa croissance. Spécialiste de la
création de sites Web
et de l’externalisation
de services, le Français Nicolas Goldstein est l’un des premiers à y avoir cru.
Dès 2015, il s’installe à l’Île Maurice pour y fonder un incubateur particulier. « Pour me dissocier des quelques pépinières de start-up existantes, j’ai préféré me concentrer avec mon équipe sur la recherche de talents, la formation et le placement de ces compétences en Europe, en télétravail, explique le jeune quadra. Ces nouveaux talents
visent à combler le recul de qualifications en vente, en informatique ou dans les télécoms dans les pays occidentaux dans les prochaines années. » Trois ans plus tard, la structure a déjà placé plus d'une centaine de ces personnes qualifiées et songe désormais à essaimer ce concept
à Madagascar, en Côte d'Ivoire ou en Tunisie !
]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[  Ô Soleil, quelle heure est-il...
en été ou en hiver ?
84 % de 4,6 millions d’Européens ne veulent plus du double changement horaire du printemps et de l’automne. Les Françaises/es sont 83,71 % sur 2,1 millions de votants à souhaiter en finir avec l’avance ou le retard de l’heure officielle (et une majorité voudrait garder l’heure d’été). Certitude : le jonglage horaire été/hiver en Europe sera « aboli » (dixit le président de la Commission européenne). Mais quand et dans quel sens ?
matinées nocturnes quand le soleil ne se lève qu’entre 9 et 10 heures alors que l’activité a repris et que la première récréation des jeunes sco- laires a lieu de nuit...
L’été, le bilan avantages/incon- vénients n’en finit pas entre les tenants des journées plus longue- ment éclairées – synthèse de la vi- tamine D vitale pour l’organisme et la protection des os, tourisme favo- risé et sports de plein air avantagés – et les ennemis de ces journées ar- tificiellement décalées par rapport au cycle solaire (GMT + 2).
Recalages délicats
Cette heure en plus ou en moins charrie des enjeux immenses.
À imaginer que les États de l’Union ne se mettent pas d’accord pour se caler sur un écart raisonnable entre eux, les travailleurs fronta- liers en font des cauchemars. Le Premier ministre luxembourgeois tremble à l’idée que les 200 000 mouvements transfrontières jour- naliers ne soient plus synchroni- sés. L’Espagne songe à se caler sur le méridien de Greenwich pour se coordonner avec le Portugal et non la France. Les Finlandais aspirent à vivre à l’heure de leurs voisins suédois. Quant aux Britanniques, Brexit ou pas, ils ne toucheront
pas à Big Ben, quitte à ce que, si le changement horaire est abandon- né, l’Irlande du Nord ne soit pas à la même heure que l’Irlande ! Au- jourd’hui, l’écart maximal entre deux pays européens se limite à deux heures (entre Lisbonne, Por- tugal et Sofia, Bulgarie). Un peu de dissensions aidant, il pourrait, après l’abandon du système actuel, se porter à trois heures. Ou pas. Les instances européennes ont mis en garde: pas plus d’une heure de dif- férence entre deux pays de l’Union !
En revanche, disent les éleveurs, vive une heure régulée tout au long de l’année : nos animaux ne seront plus perturbés, production laitière préservée à la clé. C’est aussi le sou- hait des établissements de soin, des crèches, des écoles et l’ensemble des personnes âgées bousculées parfois gravement dans leur cycle de vie fragilisé.
Mais un acteur économique ma- jeur va sans doute repousser toute velléité de changement d’horaire au moins à 2021...
Vols à l’heure
Le transport aérien. Cette fois, pas question de jouer avec le Soleil. Ces mouvements combinatoires ne s’improvisent pas en fonction des choix GMT+ 1 et GMT+ 2 des États. Des conférences bisannuelles occupent chaque année les auto- rités internationales pour fixer les horaires des couloirs de vol que les compagnies vont adapter aux fu- seaux des États et au double chan- gement horaire. L’ IATA (Interna- tional Air Transport Association) a déjà prévenu : impossible de revoir nos schedules avant 18 mois.
Donc l’abandon du changement horaire – inéluctable – commen- cera au mieux en 2021. On verra alors si les 28 ou 27 États de l’Union parviennent à régler leurs montres. OliviEr MaGNaN
Pour une Europe en pleine crise existentielle, écartelée entre 28 États, confrontée à la sécession britannique,
remise en cause dans son essence – Europe des nations ou fédérale ? – et même soupçonnée de n’être que le fruit avarié d’un complot améri- cain – Philippe de Villiers, J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu, Fayard –, pour cette Union étendue sur trois fuseaux horaires, l’heure a sonné de l’épreuve de l’heure : refigera-t-on les aiguilles et dans quel sens, été ou hiver? Les décisions à venir sont tout sauf simples.
Débat au clair de lune
Depuis 1975 en France, on « fait avec ». Le jour où, sous la prési- dence Chirac, fut décrété le double changement d’heure – on avance d’une heure dans la nuit du 30 au 31 mars, on recule d’une heure dans la nuit du dernier dimanche d’octobre –, le pays tout entier s’est prêté à la nouvelle gymnastique ho-
raire sans regimber. Ce fut presque un jeu. À la clé, une économie éner- gétique à coût nul en plein choc pé- trolier, jusqu’à récemment estimée par l’Agence de l’environnement de la maîtrise de l’énergie (Ademe) à 440 GWh d’électricité par an – Marseille et Lyon additionnées, 44 000 tonnes de gaz à effet de serre non rejetés. Ledit bilan, pourtant, s’effrite. En 2016, la même agence a limité à 351 GWh son estimation d’épargne d’électricité, sur fond de gains énergétiques et isolation, soit 0,07 % de la consommation totale. Sans parler du 1,5 milliard de kWh englouti dans le chauffage et l’éclairage suscités par les mati- nées sombres hivernales. À quoi bon, plaident les réticents à la valse horaire qui ne manquent pas de souligner le sursaut de crises car- diaques dans la semaine qui suit le changement ou l’accroissement des accidents de la route dus à l’obscu- rité avancée entre 17 et 19 heures l’hiver. Le sénat français, en pointe sur la question, s’inquiète de ces
Jouer avec l’heure, un vieux réflexe
Cette affaire horaire n’a rien d’un phénomène apparu en 1975 en France, pionnière de la réapparition du double changement (la plupart des États européens l’appliquent à leur tour en 1980, mais l’Union n’harmonisera le principe par directive qu’en 1998). Benjamin Franklin l’avait préconisé dès 1784 aux États-Unis « pour économiser la chandelle ». La mesure sera décidée en 1916, en pleine Guerre mondiale, pour épargner le charbon. La paix en suspend l’effet. Mais on la réapplique pour les mêmes raisons lors du second conflit mondial.
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]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
réseaux & influence
 Réseau mode d’emploi
La deuxième façon de rester po- sitif est de partager en priorité avec les autres ce qui vous a été utile, agréable, pratique, applicable... C’est utile à plus d’un titre: la communication valorise le travail des bénévoles et intervenants, leur donne des pointeurs pour amélio- rer encore leurs interventions et surtout vous donnera l’attitude de quelqu’un de constructif, avec qui il est possible d’aller de l’avant – alors qu’un barrage incessant de critiques aura tendance à décou- rager des partenaires et soutiens potentiels.
2
Participez, participez, participez
Dans un réseau, participer ne veut pas simplement dire venir aux événements organisés (même si c’est un bon premier pas !), mais s’impliquer activement dans la vie dudit réseau – ce qui ne veut pas dire devenir immédiatement un bénévole. Cette implication revêt plusieurs formes. Par exemple, suggérer des thèmes de confé- rence (ou un intervenant qui vous semble pertinent et intéressant), voire organiser l’événement lui- même. Partager des documents, sources, informations qui vous semblent utiles pour le réseau ou pour ses adhérents. Dans le même ordre d’idée, mettre à disposition du réseau vos compétences (par exemple en informatique, en or- ganisation événementielle...).
centrale d’une telle aventure est le partage entre pairs. Il faut donc être prêt à donner – de son temps, de son énergie, de ses connais- sances, de ses conseils... Vous apprendrez ainsi plus rapidement à connaître les autres – et à trou- ver des potentiels partenaires – en analysant la façon dont ils re- çoivent ce que vous partagez. Et vous comprendrez mieux com- ment contribuer à la vie du réseau. Ça fonctionne d’autant mieux si, pour vous, le réseautage est une corvée : en vous faisant sortir de votre zone de confort, vous en apprendrez plus sur vos besoins et envies. N’hésitez pas à expéri- menter, tenter des contacts, oser des partages : vous êtes là pour ça – et les autres membres aussi. C’est peut-être le dernier élément à garder en tête pour booster votre confiance en vous : tout le monde, dans le réseau, est dans le même bateau... JEaN-MariE BENOiST
Quelques réseaux de référence
Selon La Place des Réseaux (placedesreseaux.com):
• Environ 10 000 clubs de dirigeants en France • 25 % des chefs d’entreprise sont adhérents à
au moins un réseau
Business
• BNI - Business Network International, bnifrance.fr
• Les clubs locaux rattachés au CCI.
Partage de compétences et d’expériences
• Centre des jeunes dirigeants d’entreprise, cjd. net
• APM - Association Progrès du management, apm.fr
• BGE - Boutique de gestion pour entreprendre, bge.asso.fr
• Action’elles, actionelles.fr
• Réseau Entreprendre reseau-entreprendre.org • Croissance Plus, croissanceplus.com
• Femmes chefs d’entreprise (FCE),
fcefrance.com
• Moovjee, moovjee.fr
• Esprits d’entreprises, espritsdentreprises.fr
Formation
• Bpifrance Excellence
• Initiative France, initiative-france.fr • France active, franceactive.org
Dynamique locale
• Clubs des agences de développement économique locales, des CCI, municipalités et communautés d’agglomérations.
intérêts et expertise
• Les fédérations sectorielles, les organisations syndicales, le Comité.
Positive attitude
Dans quels réseaux errez-vous ? Les laissez-vous muets, inactifs ou fréquentez-vous les réunions, virtuelles comme réelles ? Êtes-vous plutôt local, plutôt national ? Jonglez-vous avec les cercles spécialisés ? Bref, optimisez, réussite à la clé. En adoptant la bonne attitude.
S’inscrire sur tel réseau prend deux minutes. Bien l’exploiter demande quelques réflexes. Que vous
soyez un « réseauteur » débutant ou aguerri, les mêmes principes de base s’appliquent. Même s’ils semblent élémentaires, les suivre n’est pas toujours facile, et se les imposer régulièrement est l’une des clés du succès.
1
Préférez l’optimisme
Il est essentiel, pour voir son aven- ture réseau aboutir à de beaux résultats, de se montrer positif (comme dans la « vraie vie » du reste). Pensez-y : dans les réunions, la personne qui marque négative- ment le plus les esprits est le râleur (attention, ne pas confondre râler et argumenter). Et ce sont aussi les membres les moins contri- butifs des réseaux, sauf si l’on ne s’intéresse qu’à la critique. Le but d’un réseau est de pousser tout le monde vers l’avant. Ce registre
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Dans un réseau, participer ne veut pas simplement dire venir aux événements, mais s’impliquer activement.
   du ++ va prendre deux aspects. Tout d’abord, une reconnaissance exprimée et empathique du tra- vail fourni par les animateurs du club : ce sont en grande majorité des chefs d’entreprise (parfois ré- cemment à la retraite), bénévoles, qui ont décidé de consacrer du temps et de l’énergie pour aider des confrères par conviction. Rien ne les oblige à organiser les événements, à prodiguer des conseils, à vous faire bénéficier de leur expérience... Leur montrer votre reconnaissance ou gratitude – un simple « merci » suffit le plus souvent – est un moyen simple de leur rendre la vie plus agréable et de nouer des liens plus étroits avec eux. Ça va de soi? Allez dire ça aux réseauteurs...
Participer à l’après-événement (nettoyage, compte rendu, etc.)... Enfin, la liste est longue. Le béné- fice d’une telle attitude se révèle double : tout d’abord, votre impli- cation va vous faire vraiment pro- fiter des expériences et connais- sances imparties, en vous faisant en quelque sorte « réviser » le sujet. Et surtout, elle va faire de vous, assez rapidement, quelqu’un de connu et reconnu dans le ré- seau, ce qui ne pourra que facili- ter votre prise de contact avec les autres membres et participants.
3
La générosité est clé
« Donner pour recevoir », l’adage clé du réseau. Après tout, la notion
]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[                    L’esprit pionnier vous inspire, rejoignez l’ESSEC Executive Education.
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               © ESSEC Business School - 973100918 - Septembre 2018 - © Photo : Denis Allard/REA.
]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
en immersion
   100 ans en Citroën
Imaginez... que l’arrière- grand-père d’André Citroën, Roelof, n’ait pas été obligé de changer de nom quand Na-
poléon a annexé la Hollande en 1810. La Traction Avant se serait nommée Roelof 10 ou 15 ? Mais le marchand d’agrumes, donc de citrons, a choisi de s’appeler Limoenman – L’homme au citron –, parce que ses clients ainsi le sur- nommaient. Son fils diamantaire finit par choisir de se nommer « Citron », en néerlandais « Ci- troen ». Ne restait qu’à ajouter un tréma pour que la prononciation fût sauve : Citroën. André, né en 1878, porta pleinement le nom... en génie.
Un génie qui révolutionne l’au- tomobile française avec ses mé- thodes de production américaines et de communication atypiques. Le polytechnicien produit des obus pour la Première Guerre mondiale. Puis prend la direction
des automobiles Mors. Sera-ce la Traction Avant Mors ? Non. Dans le quartier de Javel, à Paris, on tra- vaille à produire la toute première Citroën, la Type A, le 4 juin 1919. Elle est mue par un 4 cylindres de 1 323 cm3, s’offre la royale vitesse de 65 km/h, mais c’est le premier véhicule en Europe livré complet avec ses accessoires. Elle arbore un logo aux doubles chevrons. Pour- quoi ? Le brevet des engrenages in- destructibles repérés par André en Pologne lui est cédé, il crée en 1905 l’entreprise qui va les produire. L’industriel va « chevronner » car il est un as du marketing, de la « com ». Et son nom improbable, à la limite du ridicule, il va en faire le synonyme de la réussite absolue.
André Citroën, inventeur communicateur
« Je veux que les premiers mots d’un enfant soient “Papa, Maman et Citroën” », rêvait souvent An-
Réinventer design et confort
Le 4 juin 2019, Citroën accédera au club fermé des constructeurs français créés il y a 100 ans au moins. Marque symbole, mythique, empreinte du génie français, de l’innovation. Nom sacré, dont la consonance si curieuse se grave dans la tête des Français/es de 7 à 107 ans. Même si Citroën SA n’existerait plus sans l’invite du gouvernement à reprendre la marque dans le groupe Peugeot société anonyme (PSA) en 1976, les doubles chevrons comptent dans les 74 milliards et quelques de chiffre d’affaires... Rappels nostalgiques.
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avril 2019 ecoreseau.fr
 Du6au 10 février, Citroën a
présenté au Salon Rétromobile un stand spécial centenaire de1200m2 où positionner 30 modèles iconiques selon trois pôles : 10 véhicules de série, 10 concepts-cars et 10 véhicules racing.
  ]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[ en immersion
entreprendre & innover
Le 7 mars, Citroën a présenté au Salon de Genève 2019 sa nouvelle Ami One Concept, une voiture 100 % électrique en rupture qui place le numérique au cœur d’une nouvelle expérience de mobilité urbaine, plus libre et sereine. Ami ? Comme Ami 6 ?
  « Je veux que les premiers mots d’un enfant soient “Papa, Maman et Citroën” », rêvait souvent André Citroën.
« Une marque confortable... »
100 ans après, quelle est l’image de Citroën ou plutôt celle que vous lui destinez ?
Au cœur du marché des constructeurs généralistes, Citroën est toujours une marque populaire, au
sens noble. Autrement dit, une marque inspirée
par les gens et leurs modes de vie. Comme nous réinvestissons à travers ce nom ce qui fait son ADN depuis toujours, elle va incarner design unique et confort remarquable. Avec une double ambition à la clé : bousculer les codes et devenir la référence en matière de confort. D’où le lancement de pas moins de six nouveautés majeures depuis 2016. En 2018, nous avons réalisé un record de ventes en Europe depuis sept ans !
andré Citroën était un visionnaire. Comment perpétuez-vous son héritage ?
C’est vrai, il était un visionnaire, tant en matière d’automobile, qu’il a démocratisée, qu’en matière
de services, avec des initiatives très audacieuses
pour l’époque. Aujourd’hui, des modèles comme la Traction Avant, le Type H, la 2 CV ou la Méhari restent
de véritables icônes populaires. Citroën est l’une des marques automobiles les plus collectionnées au monde. Et c’est précisément sur cet héritage de marque populaire que nous nous sommes appuyés pour la repositionner. En renouant avec l’audace caractéristique de Citroën, notamment en matière de style, mais aussi de confort. Partout dans le monde. Notre présence à l’international s’affirme de plus en plus. D’ici à la fin 2021, nous arriverons sur le marché indien...
   dré Citroën. Il sait que ses futurs clients seront les gamins devenus grands : il crée une gamme des jouets Citroën. Il sait que la répé- tition du nom s’ancrera dans les cerveaux si les premiers automo- bilistes paumés sans GPS ni vraie carte le voient partout : le 20 février 1921, il présente ses plaques émail- lées destinées à faciliter l’orienta- tion sur le réseau routier français (Michelin va venir à la rescousse avec ses cartes). En 1922, pour l’ouverture du salon de l’Automo- bile de Paris, il fait dessiner dans le ciel par un avion son nom-marque sur une longueur de 5 kilomètres. En 1925, il fait installer 250 000 ampoules sur la tour Eiffel pour y inscrire de bas en haut « Citroën ». Plus insolite : ses autochenilles lancées en 1922 vont traver- ser le Sahara, sorte de Da- kar sans course avant la lettre. Dix ans plus tard, Citroën im- porte le « moteur flottant » – le bloc-moteur n’est plus fixé au châssis, il oscille sur des supports métal-caoutchouc. Citroën était allé acheter l’usage de l’invention chez Chrysler.
Mais l’innovation typiquement française existe aussi. Citroën crée la gamme Traction, bâtie autour du principe des roues avant motrices et de la struc- ture monocoque. Une première dans le monde de l’automobile ! Hélas, multiplier les inventions coûte cher. Sans assez de temps pour amortir – un comble pour le pionnier du moteur flottant –, les pertes s’accumulent, alors même que Citroën est devenu le premier constructeur national et européen, et le deuxième mon- dial. En 1932, Michelin, créancier principal, apure les comptes et renfloue l’affaire du constructeur aux chevrons. André survivra trois petites années à sa déconfi- ture personnelle. Les 2 CV et DS s’inventent sans lui, mais l’es- prit du boss survit. Cent ans plus tard, deux concepts inédits signés Citroën apportent leur pointe citronnée innovante dans les gammes PSA : une vision de mo- bilité urbaine et une traduction de l’ultraconfort. Toujours le flot- tement et l’hydropneumatique... aNNa aSHKOva
linda Jackson,
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directrice générale de Citroën.
     ]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[  entreprendre & innover
les trophées optimistes
chatbot politique dans l’esprit de feu Sitoyen : de quel candidat est- on le plus proche? On obtient la réponse via une série de questions directement posées sur Facebook Messenger.
Un monde
« conversationnel »
À la fin des années 2000, Coulet comprend qu’une bascule est à l’œuvre entre la communication et la conversation. « Internet ex- plosait, les blogs et autres plates- formes se développaient à la vitesse grand V. On se rendait compte que les choses étaient en train d’évo- luer. Les réseaux sociaux étaient balbutiants. Finalement, pour communiquer, il fallait faire partie de la conversation », raconte-t-il. C’est dans ce contexte mouvant qu’il monte Conversationnel, à Lyon, toujours avec son frère Ar- nault. Ils gagnent la confiance d’une marque, Charal, avant BNP Paribas, Bonneterre, Danone, Darty, la Fédération française de tennis, le ministère du Travail ou encore Pages Jaunes. Depuis deux ans, il conçoit en direct les chat-
semble, mais, pour simplifier la gestion et le management, ils dé- cident de prendre chacun 100 % d’une des deux structures qu’ils ont fondées. « J’ai pris Conversa- tionnel et Arnault, lui, dirige Fa- bulous. Pour ma part, je suis au- jourd’hui à la tête d’une équipe de 15 personnes, lesquelles travaillent sur un mode très flexible. » Et pour cause ! La conversation digitale connaît ses temps forts et ses crises, le temps des opérations ou des ac- tivations, le besoin d’alléger ou de renforcer le staff. « En fonction des besoins, nous avons recours à telle ou telle expertise. De quoi rester réactifs et agiles. » Pour le suivi des conversations, il utilise des outils de tracking pour le monitorage des propos des consommateurs sur Internet. Il s’agit de « traquer » ce qui se dit d’une personne, d’une marque, d’une institution. « Avant de parler, on écoute. C’est la grosse différence avec la communica- tion d’antan », note-t-il. La valeur ajoutée de son agence s’analyse comme l’alliance de l’intelligence artificielle et de l’intelligence rela- tionnelle. Via ses équipes. « Raison
     RobinCoulet
“Avant de parler, on écoute. C’est la grosse différence avec la communication d’antan.”
 L’art de la conversation
bots de ses clients. « Pour moi, en- treprendre, ce n’est pas la volonté de diriger, mais celle de créer des choses nouvelles. Aujourd’hui, un tiers de mes salariés sont commu- nity managers. Mon équipe compte des bot managers spécialistes de la mise en place d’intelligences artifi- cielles sous forme de conversations automatisées. Quand nous avons monté cette structure en 2009, ces métiers n’existaient pas. Ce qui m’anime, c’est de voir les pages s’écrire au fur et à mesure. » Pro- fession de voix...
L’entreprise,
une affaire de famille
C’est dans ce même esprit avant-gardiste qu’il fonde, en 2014, toujours avec son (faux) jumeau et leur troisième frère, Olivier, l’entreprise Fabulous. Cette fois, il s’agit de démocratiser l’accès des entreprises à l’impression 3D. Le bureau d’études adapte la connais- sance de la transformation numé- rique de l’industrie aux nouvelles solutions de fabrication à base d’impression 3D.
Robin et Arnault ont monté presque tous leurs projets en-
pour laquelle il est très important de réfléchir aux conditions de travail et au bien-être. Donc de se montrer vigilant en matière de recrutement. Il existe beaucoup de fantasmes autour de nos métiers qui sont pourtant très exigeants et de flux continu. Il est important de s’assurer que celles et ceux qui nous rejoignent sont en phase avec nos valeurs. » L’électron Coulet n’est pas un agent conversation- nel virtuel quand il se préoccupe d’écologie et de responsabilité so- ciale : « Chaque mois, nous consa- crons, bénévolement, une partie de notre temps à des associations et des organisations environnemen- tales pour les aider à développer leur communication », explique l’ancien directeur de clientèle (« vivientèle » ?). Avec un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros en 2018, Conversationnel croît et croit aux valeurs. Et à l’innovation. ariaNE WarliN
Trophées
Optimistes
ÉcoRéseau
trophées-optimistes.fr
 Pour un électron libre, c’en est un ! Sur les réseaux sociaux, il se lance
parmi les premiers dans la communication des marques. Il fonde l’agence Conversationnel et conçoit désormais ses propres chatbots, autrement dits agents... conversationnels. Robin des voix Coulet joue les serial entrepreneurs tant ses projets se multiplient, toujours en avance de phase...
Son choix initial – après l’école de commerce qui se nomme Kedge désormais à Bordeaux – se montre déjà
tout entier pub-com : il est stagiaire chez DDB, l’agence alors en pointe. Six ans plus tard, le directeur de clientèle Robin Coulet n’envisage pas du tout de monter une entre- prise. Mais... « j’ai été rattrapé par la volonté de faire des choses qui n’existaient pas », raconte, énigma- tique, l’homme à idées.
Aider les Français
dans leurs choix politiques En 2007, il signe le site Sitoyen. Pour aider les Français à se posi- tionner au moment des élections présidentielles. Il joue aux échecs, Robin ? « Nous voulions les ai- der à comparer les propositions des candidats et à se situer sur
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avril 2019 ecoreseau.fr
l’échiquier politique grâce à une trentaine de questions. Trop sou- vent, on choisit une femme ou un homme politique, plutôt que son programme. Dans la mesure où personne n’a envie de lire l’inté- gralité des programmes de 15 can- didats, la démarche nous parais- sait intéressante. » Pas seulement aux concepteurs : Sitoyen dépasse le million de visiteurs par mois. « C’était donc bien un besoin. Et la confirmation qu’Internet aborde des réalités en rupture avec les cir- cuits classiques. » Sitoyen n’existe plus, vive PolBot. Houla ! On ne lésine pas sur le jeu de mots chez les Coulet (le site est lancé avec son frère Arnault, l’entreprenariat est une affaire de famille), fût-il évo- cateur du génocidaire éponyme khmer Pol Pot. Mais PolBot, c’est «politique et robot», premier
  ]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[                   Tout l'univers Philips
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]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[  entreprendre & innover
les trophées optimistes
Élisabeth Astier-
Se battre,
et contre la maladie Bouygues la re-veut. Elle préfère s’embarquer aux côtés de l’un de ses frères de dix-huit ans plus âgé qu’elle qui souhaite lui transmettre son affaire de distribution de médi- caments, Preciphar, mais elle monte finalement une entreprise jumelée, Precicap, pour devenir l’une de ces pros du recrutement, au tournant des années 2000, dont la forma- tion en informatique devient un atout. On commence à numériser les CV, les hotlines recrutent, mais au lieu de chercher les clones que tout le monde s’arrache, Élisabeth Astier-Woitiez cherche le profil... humaniste, celui qui performe, non par le hard skill volatil mais par des parcours atypiques, triés sur des critères de personnalité – telle cette jeune boulangère repérée chez Pre- cicap qui montera plus tard son entreprise au fil d’une « carrière mé- morable ». Élisabeth travaille dans la mixité: le genre, l’âge, la culture, les diplômes, les territoires hors Paris, les seniors. La formule « cartonne » jusqu’en... 2008. Année des crises et des remises en cause. On ne recrute plus, on économise les prestataires, voilà notre patronne confrontée aux tensions. Elle rachète les deux entités en LBO (200 salariés), mais décidément la crise n’autorise plus la croissance et les entreprises réinter- nalisent les prestations extérieures, spécialité d’Élisabeth. Precipar s’équilibre mais ne croît plus. La boss tient les entités à bout de bras. 2012, diagnostic cancer. « Pendant six mois, je me mets en retrait, les
l’impulsion de la convalescente bat- tante. Il s’agit pour la recruteuse de « recaser » avant le dépôt de bilan programmé. Elle réussira à redon- ner une voie à 90 % de ses collabo- rateurs... Un an sans se rémunérer.
Yoda à la rescousse
Et elle-même, comment se « re- case »-t-elle ? Avec vision, comme d’habitude. La voilà en avril 2018 en train de boucler une formation certifiante de coach sous l’égide de HEC. C’est au sein même de sa formation qu’elle rencontre son fu- tur associé, Alexis Ève, « le cadet de la promo ». Ce psy est passé par start-up et incubateurs. Il a l’idée de créer l’appli qui injecte du rela- tionnel au cœur du monde des en- trepreneurs, start-uppers en crise. La page-titre du site est tout un programme : « Pourquoi accepter l’impasse ? Yaniro* libère les Jedi de l’entrepreneuriat des crises qu’ils traversent, en quelques mois. » Et c’est puissant ! Les podcasts que pro- duit Yaniro tous les quinze jours – souvent à partir de cas vécus de « rebondisseurs » – sont mis en boîte par ce collectif de coachs, mais le modèle économique passe par le coaching individuel, d’équipe, par le « dégrippage » d’un modèle bloqué. Cibles : entrepreneurs, pôle innovation et digital makers des grands groupes... « Nous sommes le Yoda derrière le Jedi », formule Élisabeth Astier-Woitiez qui, à « 55 ans, mariée, sans enfant » n’en finit pas de rebondir. Elle écrit sur Ya- niro : « Les cancers : ces problèmes, non traités, qui tirent l’entreprise
Woitiez, Yaniro
Connaître l’échec et... rebondir sur le rebond !
       «55ans, mariée, sans enfant. » Le pitch d’en- trée d’Élisa- beth Astier-Woitiez ressemble à un CV mâtiné de speed dating ! Elle aurait pu ajouter qu’elle fut dans sa jeunesse « dyslexique et complexée » au sein d’une fra- trie recomposée où les « mecs » réussirent des études brillantes. Mais ce « garçon manqué » (dixit) fait preuve de caractère, c’est une battante, une « capitaine ». Elle veut devenir vétérinaire, ses pa- rents la poussent vers des études courtes. « Un bac D en poche, j’entre en IUT informatique pour apprendre un métier qui n’exis- tait pas. » Et pour cause, nous sommes en 1981-1982. Mais Co- bol ou pas, la jeune femme qui suit les cours d’ingénieure au Cnam est recrutée dans une start- up de l’époque que l’on nommait alors SSII, société de services et
d’ingénierie en informatique. Elle s’y taille sa place au milieu des collègues masculins. Bou- ygues rachète la petite boîte. Elle s’y sent prête à aller loin au nom de l’innovation et des idées nou- velles qu’elle porte, mais l’arrivée d’Internet lui vaut la tentation du « pourquoi pas moi » : la voilà chassée par un recruteur, embar- quée dans une boîte américaine à peine lancée qui œuvre dans le moteur d’IA (IA quoi ?) et... qui disparaît. Élisabeth « preste » à droite, à gauche, réembarque côté commercial comme actionnaire associée dans une autre aven- ture tech d’affichage dynamique multimédia qui ne parvient pas à boucler sa troisième levée de fonds. Le coup des salaires coupés en deux, du travail forcené pour sauver l’entreprise, elle connaît, elle donne, elle arrête, à la veille d’un burn-out de quadra surme- née...
Combattre la mésentente entre associés, les difficultés managériales, l’absence
de collaboration entre équipes growth et produit, le turn-over, le surmenage...
    sorties mêmes me sont interdites. Je suis un programme thérapeutique dit “optimiste”. À fond. » Quand son adjointe qui gère le quotidien des deux entités part en congé ma- ternité, la patronne revient, « la perruque de la chimio » sur sa tête et elle tient bon, consciente qu’il lui faut préparer sciemment un atter- rissage en douceur. « Détricoter les deux boîtes », en pertes massives, et travailler à les redresser (elle y parviendra). Celles qui restent (il n’y a plus que des femmes autour d’elle, elle qui repart à la chasse aux bons de commande) s’organisent à leur gré, en entreprise libérée, sous
vers le bas. Mésentente entre asso- ciés, difficultés managériales, ab- sence de collaboration entre équipes growth et produit, turn-over, surme- nage... » Du culot, Mme Yaniro. OliviEr MaGNaN
* Yaniro, position de blocage en escalade inventée par un M. Yaniro qui consiste à prendre appui sur son corps faute d’autre point pour s’élever plus haut.
Trophées
Optimistes
ÉcoRéseau
trophées-optimistes.fr
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avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[                 ]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
briefing innovation par Geoffroy Framery
   1 Français sur deux
et même un peu plus (57 %) souhaite déléguer une partie de ses tâches quotidiennes en entreprise aux robots.
Source, étude Abbyy, mars 2019.
L’innovation n’est pas un flash de génie. C’est un
travail dur. Et ce travail devrait être organisé comme une partie régulière de chaque unité de l’entreprise et à chaque niveau de gestion.
Peter Drucker, théoricien du management CHAINE AUGMENTéE
p robouvriers heureux !
FM Logistic innove par la robotisation et
la lutte contre la pénibilité du travail. Ce professionnel de la supply chain a obtenu la certification Top Employer France pour les conditions de travail offertes aux salariés et la certification ISO 45001 (santé et sécurité au travail). Pas mal ! Équipés d’exosquelettes ou d’ergosquelettes, les
employés battent des records de productivité. Aidés par des drones pour les inventaires et l’utilisation de chariots autoguidés. Preuve par les chiffres, ces dispositifs innovants auraient divisé l’absentéisme et le nombre d’accidents par dix.
McDonald’s adapte son Joffre au contexte
eune pousse israélienne, Dynamic Yield fondé en 2011, vient d’être ra- cheté par le géant du fast food pour intégrer ses expériences d’achat in-
dividualisées en ligne sur tous les points
de contact de l’usager avec la marque.
Objectif : nouer une relation forte avec
les consommateurs en leur adressant
un call to action à un moment clé pour
convertir l’achat. Dit plus concrètement, l’appli génère des menus adaptés au contexte : météo, trafic des restaurants, menus « mode ». L’entreprise possède déjà un portefeuille riche de plus de 300 marques dans le monde dont Sephora, Lacoste et Ikea. 1 000 restaurants McD seront équipés aux États-Unis avant l’automne. n
le chiffre
 POLéMIQUE Les innovations bénéficient à quels
Uemplois ? ne équipe de cher-
substituer au travail. Idem pour le temps de travail. Le Ceet souligne plutôt une hausse de la durée tra- vaillée pour les entreprises qui ont introduit une innovation de pro- duit. Difficile de comprendre s’il s’agit alors « d’un accroissement de la part de l’emploi à temps plein ou d’une augmentation de la durée ef- fective pour les travailleurs à temps plein et/ou temps partiel », hésite le rapport.
Les cadres et professions intermé- diaires sortent également grands gagnants de l’implémentation de l’innovation par l’élargissement du marché de l’emploi – pour au- tant, pas d’impact significatif sur l’emploi des employés et ouvriers. Touchés en revanche par la mise en place d’innovations de procédés. Alors ? Il n’est pas certain qu’in- novation, emploi et qualité de l’emploi créent tant ce « cercle ver- tueux » mis en avant par les ins- tances européennes. Les politiques publiques doivent se pencher sur ces tendances socio-économiques, suggère le Ceet. n
  cheurs du Ceet, Centre d’études de l’emploi et du travail, étudie les
effets des innovations sur la qua- lité des emplois. Le quatuor de chercheurs a observé sur un an les impacts auprès d’un échantillon de 15 000 entreprises, entre 2012 et 2014. L’étude fait la distinction entre innovation de produit et in- novation de procédés.
Quelles conclusions ? D’abord, un lien positif entre innovations de produit et emploi pour les contrats à durée indéterminée (CDI)... mais uniquement dans le sec- teur industriel. Dans les services, ce type d’innovations augmente l’emploi précaire. Les innovations de procédés, elles, visent souvent à optimiser ou automatiser des métiers. Conséquence directe, une destruction de l’emploi. L’équipe a mesuré l’impact négatif sur les salaires. Constat : la mise en place d’innovations aboutit à une baisse de la rémunération des travail- leurs si le capital innovant vient se
PARA BELLUM
  p innovation militaire : l’œil du tireur
L’innovation militaire passe par de petits programmes
implémentés à l’échelle des forces spéciales. Ce type de test terrain donne corps à de grands programmes pour l’ensemble des armées. Lors d’une conférence à Paris le 21 mars, le vice-amiral Laurent Isnard, à la tête du commandement des opérations spéciales (COS), est
revenu sur les récentes innovations. La jumelle de tireur d’élite avec suivi de cible intégré ou les jumelles de vision nocturne avec capteur thermique intégré rencontrent un vif succès. Mais les logiciels de gestion de base
de données sont aussi dans l’air du temps. Une partie de ces projets sera présentée au salon Sofins (séminaire d’innovation des forces spéciales), du 2 au 4 avril au camp de Souge (Gironde). Thématiques du salon : guerre électronique, équipements légers, modularité du calibre des armes...
36 | avril 2019 ecoreseau.fr
  ]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[ Les dix innovations repéréeRs par Bill Gates
ituel annuel, le Massassuchets Institute of Technology publie dans son magazine la liste des dix innovations qui vont révolu- tionner nos existences. La short list revient
cette année à Bill Gates. « Il existe deux sortes de progrès, écrit le milliardaire en préambule : ceux qui augmentent la quantité de vie et ceux qui aug- mentent la qualité de vie [...] Au cours de l’histoire humaine, nous nous sommes d’abord focalisés sur la première. Aujourd’hui que notre espérance de vie a doublé depuis 1913, notre attention se porte sur la
deuxième. »
1. Le nouveau nucléaire zéro carbone à base de petits réacteurs modu- laires émergera d’ici à 10 ans
2. Les robots habiles d’ici à 3-5 ans
3. Le vaccin personnalisé contre le cancer entre en phase d’expérimen- tation
4. La pilule endoscope en test pour cette année
5. La viande sans viande dès aujourd’hui pour la viande végétale, en 2020 pour la viande artificielle
6. Les toilettes sans égout d’ici à 1 ou 2 ans
7. Les montres connectées ECG (électrocardiogramme) dès cette année 8. La capture carbone par solidification en carbone solide stockable et réutilisé en biocarburant ou en gaz industriel d’ici à 5-10 ans
9. La prédiction les naissances prématurées d’ici à 5 ans
10. Les assistants vocaux vraiment intelligents d’ici à 1 ou 2 ans. n
pratiques numériques !
PServices cloud pour PME, est-ce intéressant ?
briefing innovation
entreprendre & innover
JUDICIAIRE
p Procès collectif contre Facebook en France
L’ONG Internet Society France attaque Facebook devant la justice française en class actions à l’américaine pour manquements à la législation sur la protection des données personnelles (RGPD). Plus de
1 000 plaignants ont donné mandat à l’Internet Society pour assigner Facebook en leur nom. L’ONG en voudrait 100 000 !
CONTREFAÇON
LBlockchain de luxe
a technologie blockchain sera utilisée par le géant du luxe LVMH pour authentifier les produits de ses marques. Le
groupe mobiliserait une équipe sur
le projet depuis un an. La solution
baptisée Aura, coconstruite avec les
équipes de Microsoft Azure et celles
de ConsenSys, est développée sur
Quorum, nom de la plate-forme d’Ethereum, producteur de la crypto- monnaie Ether. Blockchain de la banque JP Morgan, ce programme sera expérimenté dès le printemps pour les marques Dior et Louis Vuitton. Se- lon Le Journal du coin, il s’agit d’« apporter la preuve de l’authenticité des articles de luxe, retracer leurs origines, des matières premières aux points de vente, en passant par les marchés des biens d’occasion ». n
     Cédric
armi mes clients et connaissances, je de coupure électrique, des sauvegardes, et de ce présente bien un gain financier.
côtoie très régulièrement des patrons de qui va se passer s’il tombe en panne. Les services Et la sécurité dans tout cela ?
PME, et ils me posent souvent la ques- cloud sont des ressources sur des équipements Il faut choisir une solution cloud reconnue tion : le cloud, est-ce intéressant pour redondés qui permettent de faire face aux pannes du marché et éprouvée, mais les prestataires
nous ? et ces dernières seront transparentes pour vous. de services ne peuvent pas se permettre d’avoir
Ternois
Président de Jalix
Bien entendu, il faut déjà préciser ce que l’on appelle « cloud » car ce terme est assez général et regroupe plusieurs types de services. On pourrait le définir comme l’utilisation de moyens infor- matiques en tant que services, qui inclut notam- ment l’hébergement des serveurs chez un tiers. Le terme « nuage » vient du fait que vous ne sa- vez pas exactement où sont stockées vos données physiquement.
Ce n’est toujours pas clair ? Prenons des exemples concrets.
Plutôt que d’avoir un serveur chez vous, qu’il va falloir maintenir, faire évoluer, sauvegarder, sécuriser juste pour partager des fichiers, vous allez souscrire un service qui va vous proposer un partage de fichiers « externalisé » dont l’usage va être le même voire beaucoup mieux car no- tamment l’accessibilité de partout est nativement proposée alors qu’avec votre bon vieux serveur, il va falloir utiliser un VPN (qui est lui-même un équipement qu’il va falloir gérer...).
Quels sont les avantages d’un tel service en cloud ?
Premièrement : plus de serveurs chez vous, le prestataire qui vous propose le service « clé en mains » s’occupe de cela, vous n’avez plus à vous soucier si le serveur va bien redémarrer en cas
Deuxièmement : financièrement, vous payez en fonction de vos besoins actuels, un coût men- suel généralement fixe, ce qui permet de maîtri- ser ses dépenses. Avec votre bon vieux serveur (OK je caricature un peu), vous deviez antici- per vos futurs besoins pour éviter de le changer trop souvent (ou de le faire évoluer). L’activation de nouvelles ressources, par exemple, besoin de plus d’espace disque, sur des serveurs cloud, cela se fait en quelques minutes. Le plus long, c’est de sortir votre CB. Or, certains me diront que leur serveur est amorti depuis longtemps et que des services cloud équivalents sont plus coûteux. Certes, peut-être sur cinq ans ou plus si vos be- soins n’ont pas évolué... mais avez-vous pris en compte tous les coûts cachés : la maintenance du serveur, sa gestion, le coût et la maintenance du dispositif de sauvegarde, de l’équipement que vous avez en secours si votre serveur tombe en panne... Aujourd’hui les coûts des services cloud (de stockage par exemple) ne font que baisser, s’appuyant sur des équipements mutualisés. S’il l’on prend bien tout en compte et avec la flexi- bilité des services cloud (on peut baisser facile- ment sa consommation, alors que même si vous démontez une partie de votre serveur, vous ne paierez pas moins cher pour autant), le cloud re-
des failles de sécurité, ils ont des équipes dé- diées qui surveillent en permanence la sécuri- té de leurs systèmes... Le risque zéro n’existe pas mais le niveau de risque d’un problème est-il vraiment plus élevé que chez vous ? Vous savez le boîtier que vous avez installé il y plusieurs années sur votre liaison Internet, le firewall... Avez-vous seulement vérifié s’il était à jour, s’il y avait eu des tentatives d’intrusion, s’il n’y a pas une règle un peu trop laxiste...? Les audits de sécurité le montrent, à moins d’avoir une équipe dédiée sur le sujet, la sécu- rité de vos systèmes gérés en interne est bien moins bonne que celles des serveurs de Micro- soft, Amazon, Apple. Ou alors comme pour les militaires, il faut mettre vos serveurs sur des ré- seaux isolés, non connectés à Internet. OK c’est très sécurisé mais côté usage, ce n’est pas l’idéal ! Vous ne pouvez aller à votre bureau à chaque fois que vous souhaitez consulter un fichier... Alors qu’avec un service cloud, votre fichier – consultable de n’importe où et même en mode déconnecté –, vous pouvez le partager en toute sécurité d’un simple clic, et si vous avez votre PC, pas de souci, vous pouvez y accéder de votre télé- phone, d’un autre PC...
Convaincu/e ? n
ecoreseau.fr avril 2019 | 37
]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
mapping innovation
La communication instantanée qui va tout changer
finlande Nokia et son usine flexible
L’opérateur de télécommunication a automatisé son usine
à Oulu en Finlande avec la 5G. Des capteurs de température
et d’humidité pilotent des changements de chauffage ou d’hydrométrie en temps réel pour maintenir les machines en parfait état et éviter les arrêts. Des robots réceptionnent des pièces géolocalisables. Les sols et les plafonds sont déplacés instantanément selon la production... L’usine est totalement flexible.
intérêt : assurer la communication entre les robots, les outils de travail et les collaborateurs pour améliorer les performances.
Le monde à 5G, * 1 GB/seconde et plus
 La prochaine génération de réseau mobile 5G se montre décidément pleine de promesses. Pensez donc : connecter de manière quasi immédiate des milliards d’objets pour des usages inédits. La 5G rime avec voiture connectée et ville « intelligente ». Les économistes estiment que l’impact économique mondial de la 5G sur les nouveaux biens et services générera 12 000 milliards de dollars d’ici à 2035. Le marché est tellement stratégique que les États- Unis et la Chine travaillent déjà à... la 6G. Bien sûr. PaTriCE rEMEUr
* 1 Gigagbyte/seconde en moyenne et jusqu’à 27 films téléchargés en 1 seconde...
  ROYAUME-UNI l’usine du futur
Le consortium de Worcestershire a lancé le premier essai de son usine connectée 5G.
De quoi évaluer de quelle manière la robotique
5G, l’analyse de données volumineuses et la
réalité augmentée contribuent à améliorer le fonctionnement des usines, notamment en termes de reconfiguration et d’analyse en temps réel, de production et de pilotage des machines.
intérêt : améliorer la production avec une maintenance préventive, une gestion à distance
et augmentée.
états-unis Walt Disney collabore avec verizon Verizon a lancé une expérimentation avec Walt Disney StudioLab. Le studio teste des outils de collaboration, des drones pour la localisation, des simulateurs de réalité virtuelle et des expériences avec des personnages interactifs ou objets physiques.
intérêt : proposer une immersion dans l’univers de Disney et des actions marketing, mais également collecter des données pour améliorer les services et produits.
inde Optimisation de l’eau
Dans la zone reculée d’Andhra Pradesh, les capteurs répartis sur les terres agricoles et le long de la rivière Godavari mesurent l’eau pour la distribuer de façon optimale et économiser les ressources, accroître les rendements.
intérêt : quantifier et préserver
les ressources pour améliorer la productivité.
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avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[ pays-bas
le port de rotterdam
passe à la 5G
L’entreprise KPN a construit un réseau 5G expérimental dans le port de Rotterdam.
« Grâce à la 5G, la fabrication est optimisée, la maintenance industrielle mieux prédite
et la sécurité encore améliorée. Également possible, le déploiement à grande échelle de capteurs sans fil. L’industrie des processus dispose d’un accès direct aux informations numériques pertinentes issues de
l’environnement de production », affirme la compagnie.
intérêt : surveiller les 160 000 km de pipelines en utilisant des caméras ultra-haute définition (UHD) connectées. Associées à des algorithmes d’apprentissage automatique,
le système prévient de toute défaillance et abaisse les risques. Il s’agit également de fournir des informations supplémentaires et partagées, mais aussi d’utiliser la réalité augmentée pour faciliter les coopérations, y compris avec des robots.
espagne
Opération chirurgicale en direct
La première opération à distance grâce à une connexion 5G a été réalisée entre la Fira Gran Via
(un centre de conférences) et l’hôpital-clinique
de Barcelone le 27 février. Un expert médical a accompagné un chirurgien dans l’opération du patient quasiment en temps réel. La Chine avait déjà réalisé cette prouesse en opérant un cochon.
intérêt: intervenir rapidement à distance avec une image de haute qualité, y compris dans des situations de mobilité comme une ambulance connectée. Le dispositif rend jouable une prise en charge rapide et un accès aux données des patients avant l’arrivée
à l’hôpital. N’importe quel médecin « connecté » du monde entier peut intervenir.
CHINE China Mobile passe
l’université de Huazhong à la 5G
Le campus universitaire de Huazhong a été choisi pour expérimenter la 5G. China Mobile a annoncé que le réseau autorisera la formation à distance en ligne avec de la réalité augmentée et de la réalité virtuelle pour faciliter les apprentissages. Il s’agit également à moyen terme de connecter des étudiants en zones rurales pour qu’ils puissent suivre les enseignements ou appliquer leurs travaux.
intérêt : en proposant des expériences et des simulations aux étudiants, les apprentissages
et recherches gagnent en efficacité. Elles se
font également sans risques et sans beaucoup d’investissements.
Corée du sud
les JO de PyeongChang,
un avant-goût de la 5G
Les derniers Jeux olympiques de Corée du Sud ont servi de démonstrateur de la 5G. Immersions en réalité virtuelle interactive grâce à des capteurs, sécurisation des équipements et des visiteurs avec des caméras connectées et des drones, conduite autonome de véhicules...
intérêt: « Les Jeux olympiques d’hiver PyeongChang 2018 ont offert un aperçu de la façon dont la 5G pourrait changer les JO », a expliqué le 26 février Thomas Bach, président du Comité international olympique. Il aurait pu ajouter... et le monde. La technologie va également bouleverser les revenus et la chaîne de valeur.
mapping innovation
entreprendre & innover
       australie Commonwealth bank
teste la 5G
Avec Ericksson, la banque australienne a annoncé réaliser des essais pour « montrer à quoi pourrait ressembler l’agence bancaire de l’avenir et comment la 5G pourrait aider à réduire l’infrastructure réseau actuellement requise dans les agences ».
intérêt : augmenter la sécurité et abaisser les coûts d’infrastructure, laisser émerger de nouveaux services basés notamment sur l’IA. Des opérations instantanées, des interactions avec les conseillers et des expériences de réalité augmentée existeront couramment.
   ecoreseau.fr avril 2019
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]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
Le voyage d’affaires exige aujourd’hui des hôtels sur-mesure aux prestations personnalisées
Hôtellerie :
le grand ménage
en train de repenser leur mo- dèle. Des groupes hôteliers tels que CitizenM, 25 Hours, Okko Hôtel ou encore The Hoxton ont très tôt pris la mesure des attentes de cette nouvelle géné- ration de voyageurs d’affaires. Ils offrent désormais des espaces communs majestueux et n’hé- sitent plus à faire appel à des artistes très en vue, chargés d’or- nementer des espaces communs uniques (lire encadré). Termini : « Dans les halls de ces hôtels nouvelle génération, il n’est pas rare de voir des start-uppers en chaussettes, confortablement installés dans des canapés en train de travailler sur leur ta- blette ! Ils sont à l’hôtel comme à la maison! L’hôtellerie a au- jourd’hui pris conscience que les millenials étaient à la recherche de séjours pas comme les autres. Ils veulent avoir quelque chose d’exceptionnel à prendre en pho- to et pouvoir rentrer chez eux en disant “Regarde l’hôtel où j’ai dormi !” » Cette génération qui va progressivement chambouler les offres de l’hôtellerie tradi- tionnelle, constate Jean-Virgile Crance, président de Louvre Ho- tels : « En 2015, les millenials re- présentaient 33 % des voyageurs d’affaires. Ils compteront pour la moitié des voyageurs en 2020. Cette génération manifeste une approche beaucoup moins sta- tutaire et cherche avant tout une
expérience unique, loin des hô- tels standardisés. » On l’a bien compris.
Nouveaux lieux de vie
L’hôtel devient dès lors un lieu de vie, ouvert sur le quartier et sur la ville. Il n’est plus réservé à une clientèle de résidents mais s’ouvre aux locaux qui, le temps d’un déjeuner ou d’un dîner, viennent profiter d’une ambiance unique. Le CitizenM, dans le quartier de La Défense, est par- venu à devenir en quelques mois un incontournable du quartier d’affaires. Les cadres s’y pressent en sortie du bureau pour par- tager un verre ou un dîner, et il n’est pas rare de se voir refuser l’accès par manque de place. Idem pour The Hoxton, locali- sé dans le quartier du Sentier à Pari. Voilà un hôtel qui accueille tout au long de la journée une clientèle de cadres pour des dé- jeuners et des dîners personnels et professionnels. Pour séduire ces jeunes citadins en recherche d’atypique, les groupes hôteliers ont réalisé des aménagements haut de gamme, investissements financiers coquets à la clé. « Les hôtels qui ne se renouvellent pas affichent des résultats de profita- bilité en baisse. Auparavant, on avait coutume de dire qu’un actif devait être renouvelé tous les 10 à 15 ans. Aujourd’hui, il est pré-
décryptage
  Terminé, les hôtels stan- dardisés. Les voyageurs d’affaires, sous l’impul- sion des millenials et
du numérique, sont aujourd’hui à la recherche d’expériences uniques. Oui, « l’hôtellerie est en train de se transformer pro- fondément. Les 20-40 ans tra- vaillent aujourd’hui de manière très différente de leurs aînés. Les nouvelles générations souhaitent se sentir à l’hôtel comme à la maison. Ils apprécient les halls soignés dotés d’espaces collabo- ratifs où ils s’installent pour tra- vailler. Et puis la frontière entre vie professionnelle et vie person- nelle est en train de disparaître. Si l’expérience des pros en mis- sion est agréable, ils n’hésitent pas à prolonger leur séjour et à demander à leurs compagnes et compagnons de les rejoindre pour une pause dans une capi- tale, le temps de quelques jours », analyse Aziz Termini, proprié- taire d’hôtels à Paris. Pour ré- pondre à cette cible aux attentes en rupture totale avec celles de leurs aînés, tous les hôtels sont
Si l’expérience des pros en mission est agréable, ils n’hésitent pas à prolonger leur séjour et à demander à leurs compagnes et compagnons de les rejoindre pour une pause.
The Hoston : les lieux partagés ont acquis un statut d’espaces confortables de travail
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avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[                   Meeting* avec vue
       Casino Barrière Dinard
    à partir de 190 €**
Renseignements et demande de devis au 0 970 818 478 (appel non surtaxé) ou sur www.meetings-barriere.com
          * Réunion avec vue.
**Forfait résidentiel nuit et petit-déjeuner en chambre individuelle 2 pauses café thématiques, déjeuner et dîner, 1 salle de réunion plénière équipée à partir de 190 €. Tarif HT « à partir de », donné à titre d’exemple pour Le Gray D’Albion**** Cannes, par personne, selon conditions de vente et dans la limite des chambres réservées à cette offre, et susceptible d’être modifié. Le déjeuner et le dîner sont proposés en buffet, en finger buffet ou à l’assiette, boissons comprises. Le déjeuner peut également être servi en lunch box ou en menu express. L’accès Internet haut débit en salle de réunion et en chambre est inclus dans le forfait résidentiel. Groupe Barrière SAS au capital de 1 215 144,68 €. RCS Paris : 320 050 859 - © Laurent Fau / Fabrice Rambert.
]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[ entreprendre & innover
décryptage
 42 |
avril 2019 ecoreseau.fr
Okko Hôtel, Cannes : des chambres plus petites, mais fonctionnelles et « graphiques ».
  art d’hôtel
Comment a débuté cette collaboration ?
Le groupe CitizenM est entré dans une logique de collaboration avec des artistes locaux.
En Angleterre, ils ont travaillé avec des artistes britanniques, en France
ils collaborent avec des artistes français. Ils ont fait appel à moi parce qu’ils connaissaient mon travail. Nous n’étions pas dans une demande de « décoration », mais dans une vraie démarche artistique. J’ai
particulièrement apprécié qu’ils osent dédier à l’art des espaces atypiques.
À La Défense, ils m’ont demandé de réaliser une œuvre pour le plafond de l’hôtel.
avez-vous été libre dans votre travail créatif ?
Le travail s’est fait dans une réelle collaboration. À l’issue de plusieurs rencontres en amont. Beaucoup d’échanges avec les équipes. Nous avons discuté ensemble
du projet, plusieurs mois durant. Les deux œuvres sont in situ. Il fallait donc que je m’imprègne de la philosophie de l’hôtel. Après plusieurs mois d’échanges et de réflexion, je peux dire que j’ai eu carte blanche. Ce temps de la réflexion n’est pas une exception dans mes collaborations. Je pense qu’il faut du temps. Il
faut prendre le temps de la rencontre et de la discussion.
férable de se renouveler tous les cinq ans, sous peine d’obsoles- cence », constate Dominique Ozanne, CEO Covivio, groupe coté en Bourse qui détient au- jourd’hui plus de 400 hôtels en Europe.
Minimiser les coûts pour maximiser l’effet whaou Dans un secteur ultra-concur-
rentiel, les groupes hôteliers doivent proposer des expériences personnalisées et uniques, sans pour autant tirer le prix des nui- tées à la hausse. Pour y parvenir, les grands groupes hôteliers in- ventent de savantes recettes : re- voir la superficie des chambres à la baisse – l’offre d’hébergement s’accroît d’autant. Là où un hôte- lier propose encore couramment cent chambres, le même espace
romain Froquet est né en 1982 à villeurbanne. il vit et travaille à Paris. l’art et l’univers urbain alimentent l’inspiration de cet autodidacte. l’artiste a collaboré à deux reprises avec le groupe hôtelier Citizen M pour qui il a réalisé le mur d’un couloir de l’hôtel de la gare de lyon et le plafond de l’hôtel de la Défense.
]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[ Il y a peu de profils issus de l’hôtellerie. « Je travaille par exemple avec un ancien ingénieur agronome qui a souhaité changer de vie professionnelle... »
Recruter des talents, au-delà de l’hôtellerie traditionnelle
La profonde mutation que connaît le secteur de l’hôtelle- rie s’étend au recrutement des collaborateurs. Naguère, les établissements les plus presti- gieux accueillaient en leur sein uniquement des cadres au solide bagage académique. Les groupes hôteliers n’hésitent plus à pré- sent à aller chercher des talents dans d’autres secteurs, pourvu qu’ils/elles se révèlent motivé/ es et multilingues. « Je crois que personne n’a prêté attention à mon CV ! La sélection des can- didats s’est faite au travers de workshops durant lesquels les re- cruteurs prêtent davantage d’at- tention à notre personnalité qu’à notre expérience. Finalement, dans les personnes retenues, il y a peu de profils issus de l’hôtelle- rie. Je travaille par exemple avec un ancien ingénieur agronome qui a souhaité changer de vie professionnelle », raconte notre témoin. CHlOÉ PaGÈS
décryptage
entreprendre & innover
    aujourd’hui divisé va en créer 150, voire 200. Entrons : plus de « bureau » ou table de travail. Les résidents s’installent dé- sormais dans de vastes espaces communs, très décorés, voire carrément dans des espaces de coworking, à l’intérieur même de l’hôtel. Si la literie reste haut de gamme et soignée, l’hôte, souvent, n’accède au lit que par un seul côté! Quant à la salle de bains, elle est fonctionnelle, mais petite et souvent... en pré- fabriqué. Autre économie de coût importante : celle réalisée sur le management et la gestion du personnel, des postes de dé- penses parmi les plus importants pour les hôteliers en activité. Sur ce point, la palme revient au
groupe CitizenM, précurseur, qui s’est largement appuyé sur les nouveaux outils numériques.
Digital et postes flottants
Les collaborateurs du groupe n’ont plus de poste dédié comme dans l’hôtellerie traditionnelle, riche de ses réceptionnistes, responsables room service, concierges, majordomes et chefs d’équipes. Désormais, tous les postes sont flottants et les col- laborateurs deviennent des « ambassadeurs » de la marque. La réception n’est pas assurée par une personne en particulier mais par l’ensemble des collabo- rateurs qui alternent, selon leurs disponibilités. C’est désormais à l’aide d’une tablette que les visi-
teurs réalisent check-in et check- out, ils gagnent et quittent leur chambre de façon totalement au- tonome. Les collaborateurs, pour leur part, sont débarrassés des tâches administratives pour se concentrer sur la relation client. « Avec cette organisation, nos tâches ne sont pas répétitives. Il est aussi possible de s’organiser entre nous: par exemple s’il y a des journées durant lesquelles je n’ai pas envie d’être en contact avec les guests, je peux me char- ger du bar! Et l’on s’adapte aux flux. Certains jours où l’occupa- tion de l’hôtel est faible, pas be- soin de prévoir quelqu’un à l’ac- cueil en permanence », explique la collaboratrice d’un hôtel pari- sien nouveau format.
 ecoreseau.fr avril 2019 | 43
]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[ transmission d’entreprise, barter, Bureaux : business
     pratique
44 | avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[  La transmission
s’interroger sur ses objectifs fu-   donne le moyen au mandataire de
créer aujourd’hui
pratique
   d’entreprise,
turs, tant personnels que fami- liaux et financiers : protection du conjoint, transmission du patri- moine, utilisation des sommes tirées de la cession. Anticiper est aussi l’unique solution pour op- timiser la fiscalité appliquée à la plus-value de la vente: une fois la transaction en cours, il est trop tard pour agir efficacement », pré- vient le professionnel.
prendre les rênes de l’entreprise par anticipation. Concrètement, le mandat sera rédigé sous seing privé, mais il est préférable de le souscrire sous sa forme notariée, notamment pour la prise des dé- cisions importantes en AG ex- traordinaire... », conseille Fabrice Courault, président de Nostromo, société de formation en ingénierie patrimoniale. Un décès du diri- geant risque de survenir avant qu’il ait cédé. Or, déplore Fabrice Courault, « trop peu d’entrepre- neurs anticipent leur succession. Le décès du chef d’entreprise sonne ainsi le plus souvent l’arrêt de mort de l’exploitation ». Pour faciliter la transmission de son patrimoine, le chef d’entreprise a l’opportunité, depuis 2007, de conclure un mandat à effet pos- thume auprès d’un notaire. Le dirigeant désigne, de son vivant, un mandataire qui aura pour mission d’administrer tout ou partie de son patrimoine succes- soral, dans le cas notamment où ses héritiers seraient dans l’in- capacité de le faire, en raison de leur minorité ou d’un handicap. « Le mandataire peut être un hé- ritier, mais pas nécessairement. Il est possible de désigner le bras droit du chef d’entreprise par exemple. Importante précaution à prendre lorsqu’il existe un pacte de conservation de titre, dit pacte Dutreil : il faut veiller à désigner le mandataire parmi les dirigeants pour préserver l’efficacité du pacte », dixit le président de Nos- tromo. Enfin, le dirigeant pourra contracter une assurance décès:
enjeu de société
Les entreprises familiales participent activement au dynamisme de l’économie française. Elles sont pourtant confrontées à une problématique complexe : la transmission.
   Cette transmission d’en-     paraissent, avec elles des milliers
pour l’économie française. Selon le réseau d’entrepreneurs Crois- sancePlus, 70 000 PME seront à transmettre dans les dix années à venir en France. Or seules 25 % des transmissions de PME s’or- chestrent en interne, au sein de la famille, révèle le baromètre 2018 de l’observatoire CNCFA Epsi- lon de la transmission de PME en France. Ce taux est au moins deux fois plus faible que dans les principaux pays de la zone euro ! Celles qui ne sont pas trans- mises sont parfois cédées, mais en réalité la plupart mettent un terme à leur activité. Une situa- tion qui suscite l’agacement de Me Bertrand Cayol, avocat associé chez Cayol-Pierson : « Depuis des
Une partie des entreprises rachetées le sont par des sociétés étrangères, de quoi fragiliser l’indépendance économique de la France.
    treprise amenée à de- venir dans les années à venir un thème crucial
d’emplois. De plus, une partie des
entreprises rachetées le sont par
des sociétés étrangères, de quoi
fragiliser l’indépendance écono-
mique de la France lorsqu’il s’agit
de secteurs stratégiques comme
l’énergie. D’autres sont acquises
par des fonds d’investissement
qui privilégient le plus souvent
la rentabilité à la sauvegarde du
tissu industriel français. » Le su-
jet est d’autant plus d’actualité
que, pour la première fois depuis
2001, l’emploi industriel a légère-
ment augmenté en France en 2018
(+ 0,3 %). Dans ce cadre, aider les
entrepreneurs à préparer leur suc-
cession constitue une cause na-
tionale. Or, céder une entreprise
exige du temps, « entre un et trois
ans », selon Charly Tournayre,
responsable de l’ingénierie patri-
moniale chez Thesaurus. « Avant
dizaines d’années, nos usines dis-     toute démarche, le dirigeant doit   « Cette mesure d’assistance privée
    Précautions d’usage
l’entreprise rachète les parts aux héritiers du défunt s’ils ne sou- haitent pas reprendre la société.
Savoir anticiper
Les précautions d’usage posées, reste une question majeure : comment assurer la transmis- sion d’une société et donc garan- tir la santé de l’économie fran- çaise au vu du coût prohibitif de la transmission ? « J’ai conseillé
  Un dirigeant, même solidement accroché aux manettes, doit envi- sager le pire. En premier lieu, une perte d’autonomie. Le mandat de protection future, mis en place depuis 2009 mais peu connu en France, va désigner une personne qui se chargera de gérer la socié- té et de prendre les décisions au cas où, à la suite d’un accident ou d’une maladie, le dirigeant serait dans l’impossibilité de le faire.
  ecoreseau.fr avril 2019 | 45
]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
créer aujourd’hui
droits de donation, à hauteur de 75 % de la valeur des titres don- nés sans limitation de montant. Autrement dit, les droits de do- nation ne sont calculés que sur les 25 % restants après application éventuelle des abattements dont bénéficient le ou les donataires – 100 000 euros par bénéficiaire si la donation est établie au profit des enfants. De plus, si la donation est consentie en pleine proprié- té et que le donateur a moins de 70 ans au jour de la donation, les donataires vont en outre bénéfi- cier d’une réduction des droits à payer de 50 %. Au final, le pacte Dutreil réduit les droits de do- nation à 2 ou 3 % du patrimoine concerné », décrypte Fabrice
    l’an dernier un client qui venait
de renoncer à transmettre sa so-
ciété en raison de la fiscalité. Sur
le prix de vente de cinq millions
d’euros, il n’aurait perçu au final
qu’1,9 million, le reste allait aux
impôts », évoque Bertrand Cayol.
S’il avait réfléchi quelques années
plus tôt à la question de la trans-
mission, ce chef d’entreprise au-
rait nettement allégé la facture.
Avocats, experts-comptables, in-
génieurs patrimoniaux, banquiers
d’affaires, tous sont formels. Un
dirigeant qui souhaite trans-
mettre de son vivant son entre-
prise doit mettre en place un pacte
Dutreil. « Il autorise de bénéficier
d’une exonération partielle des   Courault.
 un conseil qui compte
 Négocier une reprise d’entreprise : les conseils de l’expert-comptable lors de cet exercice délicat
     Eric Bouron
expert- comptable et président du Comité transmission du Conseil supérieur
de l’ordre des experts- comptables
L’expert-comptable assiste le repre-   entre cédant et repreneur.
• Prix et modalités de paiement
Le prix de cession définitif résulte d’un accord entre les parties et peut finalement être assez éloigné de l’évaluation de l’entreprise.
Ce prix est généralement fixé en fonction d’une situation comptable arrêtée, mais peut comporter par- fois un complément de prix dont les calculs et le paiement sont dé- calés dans le temps. L’expert-comp- table pourra déterminer les modes de calcul de ce complément de prix et les conditions attachées.
• Les audits (due-diligence)
Ils seront réalisés par l’ex- pert-comptable, dans le cadre de son accompagnement. Ils per- mettent d’identifier des zones de risques non décelées dans une phase d’étude initiale, qui pour- ront éventuellement conduire à une renégociation des conditions de la vente, une révision du prix, des garanties...
• La garantie d’actif et de passif
Elle couvre la gestion passée du ou des cédants sur une période qui sera déterminée contractuellement par les parties. Plafond, limitations, seuils de déclenchement, garan- tie de la garantie, là encore l’ex- pert-comptable conseille sur ces points importants à négocier.
• L’accompagnement du repre- neur par le cédant
Il fera l’objet d’une négociation sur sa durée et son montant grâce aux préconisations de l’expert-comp- table.
• Le financement de la reprise
C’est aussi une des étapes cru- ciales du process, validé par l’ex- pert-comptable : faisabilité finan- cière, respects des ratios bancaires, limite maximum de l’endettement possible, apport personnel du re- preneur...
L’expert-comptable assistera le re- preneur dans le choix de la com- binaison des financements et des garanties appropriée, voir même dans la négociation des conditions proposées au repreneur par les banques et investisseurs.
• La structuration du projet
S’agit-il d’acheter des actifs, un fonds de commerce, des titres ? Ra- cheter sous quelle forme juridique ? L’expert-comptable aide à choisir le cadre de la reprise et conseille sur le statut social quant aux consé- quences sur le patrimoine du re- preneur, en fonction de sa situation personnelle. n
 neur afin de faire aboutir le projet de ce dernier dans la meilleure configuration. Il va notamment l’aider à négocier les conditions optimales de réalisation de l’opé- ration. Reprendre une entreprise ne se résume pas à payer un prix. Bon nombre d’éléments internes et externes sont à prendre en compte. C’est la lettre d’intention (L.O.I.), l’un des premiers documents juri- diques entre les parties, qui fixera les principales étapes et modalités de l’opération de transmission en- visagée.
A cet effet, le cheminement vers la reprise intègrera notamment les étapes suivantes :
• La négociation
La relation avec le cédant est dé- terminante. Il convient de com- prendre les raisons qui l’amènent à vendre : départ en retraite, diffi- cultés financières, séparation d’as- sociés, etc.
La dimension psychologique de l’opération est donc primordiale. Il faut s’entourer d’une équipe de conseils aguerris qui sera en me- sure de dire et/ou d’identifier, le plus objectivement possible, les points de rupture, le désaccord éventuel sur le prix notamment, ... évitant ainsi une tension inutile
• La valorisation de l’entreprise : quels écueils ?
A l’issue d’une analyse de la perfor- mance, l’expert-comptable pour- ra opérer des retraitements pour aider le repreneur à apprécier la rentabilité réelle de l’entreprise et sa capacité financière pour lever des fonds et payer le LBO : les re- traitements peuvent porter sur la rémunération du dirigeant, des élé- ments exceptionnels, le niveau et la forme des investissements et des amortissements, l’omission d’élé- ments récurrents, les crédits-baux et les loyers, etc. ; ces retraitements doivent permettre de déterminer un résultat normatif, récurrent, socle de la valorisation et du mon- tage financier à opérer.
• En présence d’actifs immobi- liers, comment faire ?
Il peut arriver qu’un immeuble soit logé dans la société d’exploitation à reprendre. Faut-il racheter l’en- semble mais dissocier immeuble et activité dans deux structures ? Ra- cheter l’entreprise sans l’immeuble, l’isoler de la société, le cas échéant le laisser au cédant et en devenir locataire, etc. ? L’expert-comptable pourra éclairer les choix à opérer, tant sur le plan fiscal que financier ou patrimonial.
   46 |
avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[  Cas client : sur le prix de vente de cinq millions d’euros, il n’aurait perçu au final qu’1,9 million, le reste allait aux impôts
Pour autant, ce pacte Dutreil,     portant sur une partie des titres
s’il allège considérablement la fis- calité, ne règle pas tout. « Nous assistons aujourd’hui à un vaste changement de génération au sein des groupes familiaux, mais plu- sieurs obstacles se dressent dans cette transmission », constate Me Cayol. Le premier, c’est l’équi- libre familial. En présence de plusieurs enfants, un chef d’en- treprise veut le plus souvent ga- rantir l’égalité entre ses héritiers, il ne peut envisager de donner à l’un sans donner des biens d’égale valeur aux autres. «Malheureu- sement, dans la plupart des cas, les actifs qu’il détient dans son patrimoine ne sont pas suffisants pour désintéresser les autres en- fants non-repreneurs », observe Catherine Costa, directrice du pôle Solutions patrimoniales chez Natixis Wealth Management. Le chef d’entreprise est confronté à un autre écueil: comment trans- mettre sa société à l’un de ses en- fants et profiter néanmoins des fruits de son travail ? « Le dirigeant compte sur une partie du prix de cession de son entreprise pour compléter ses revenus au moment de la retraite. Il ne peut donc pas tout transmettre à titre gratuit», souligne Catherine Costa.
Le LBO familial, clé d’une transmission réussie
Il existe heureusement des dis- positifs juridiques et fiscaux qui facilitent grandement la trans- mission, comme le family buy-out (FBO), ou LBO familial. Cette technique de transmission d’en- treprise intrafamiliale combine généralement la donation par le chef d’entreprise d’une partie des titres de sa société avec la cession des titres confiés à un holding de reprise constitué par le donataire repreneur. « Bien sûr, ces opé- rations revêtent de nombreuses formes. Le schéma retenu dépen- dra des objectifs du donateur, de sa situation familiale et patrimo- niale et de la situation de l’entre- prise à transmettre», nuance la directrice chez Natixis Wealth Management. Dans un cas clas- sique, la transmission se décom- pose en trois étapes. Dans un pre- mier temps, le dirigeant consent à ses enfants une donation-partage
respectée. « Sur le plan fiscal, sous   prise. Il s’agit alors d’un apport
créer aujourd’hui
pratique
   réserve de se placer sous le régime Dutreil, la transmission d’entre- prise sera soumise aux droits de mutation sur une base extrême- ment réduite, ramenée à 25 % de la valeur de l’entreprise. Cette exonération des trois quarts, sans limitation de montant, est évi- demment liée à des conditions strictes, notamment des engage- ments de conservation », précise Catherine Costa. Dans un deu- xième temps, les titres donnés ainsi que le montant de la soulte
mixte. Enfin, la société recourt ensuite à un emprunt de façon à acquérir les titres restants qui appartiennent au dirigeant dona- teur et à s’acquitter du montant de la soulte. Le remboursement de l’emprunt sera assuré par la remontée des dividendes. Dans ce schéma, la société est transmise, l’équité familiale est respectée, le chef d’entreprise s’est consti- tué un capital pour sa retraite et le coût de la transmission a été considérablement réduit.
     de sa société. L’enfant repreneur
se voit attribuer la grande majori-
té des titres, objets de la donation,
mais à charge pour lui de verser
une soulte (somme d’argent) à
ses frères et sœurs moins doté/
es. L’équité familiale en valeur est   sont apportés au holding de re-   PiErrE-JEaN lEPaGNOT
   ecoreseau.fr avril 2019
| 47
]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
business guide
   Énergies renouvelables
En pleine consolidation
De plus en plus colossaux, les besoins en financement de la transition énergétique représentent une véritable opportunité pour les établissements financiers qui pèsent aujourd’hui davantage de leur poids que les acteurs publics. Le secteur de l’énergie renouvelable a le vent en poupe...
Croissance dynamique   gagement social et respon-
des opérations financières dont la finalité est de favoriser la transition énergétique », ex- plique le cabinet. Par le biais de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, la France a voulu pro- longer son objectif de pénétra- tion des énergies renouvelables dans la consommation finale
brute d’énergie, qu’elle fixe à 32 % en 2030. Pour l’heure, elles n’émargent qu’à hauteur de 16 % de la consommation fi- nale du pays, selon des chiffres communiqués par le ministère de la Transition écologique et solidaire.
Le profil des investisseurs qui se ruent sur ce marché se montre carrément protéiforme. On y trouve des grandes entre- prises dont le corps de métier est souvent l’énergie. Total, Engie et EDF ont bien consacré une partie de leurs ressources à l’ac- quisition de PME ou à la créa- tion de départements spécialisés en énergie renouvelable au sein de leur groupe. On assiste aus- si à l’émergence d’ETI comme Neoen et Akuo dont les sources de financement sont multiples, particuliers, investisseurs et sur- tout emprunts bancaires qui re- présentent 80 % du financement de chaque projet. En définitive, l’heure est à la consolidation du marché des énergies renouve- lables dans lequel se dégagent clairement des acteurs clés mais aussi des structures naissantes aux trajectoires exponentielles. JONaTHaN NaHMaNY
       en 2018: 14 % aux États-Unis, 6,6 % en France malgré tout
sable. Selon une étude menée par le cabinet Xerfi, il faudrait 38 milliards d’euros pour fi- nancer la construction de 20 GW de nouvelles capacités de production d’énergies re- nouvelables entre 2019 et 2023.
la filiale Unifergie du Crédit agricole montre des appétits sur le segment du financement des énergies renouvelables... Aujourd’hui, Unifergie finance un projet sur trois. La réflexion
sur l’économie de l’environnement n’est pas nouvelle pour nous, elle est engagée depuis une dizaine d’années. Pour nos clients, le sujet prend une importance croissante. Nous disposons de nombreux atouts pour prendre part de façon soutenue et active au financement de la transition énergétique dans l’ensemble du territoire. Nos solutions de financement répondent aux besoins d’investissement et de renouvellement des équipements : solutions en prêt ou crédit-
bail, préfinancement
des travaux, TVA, prise en compte des subventions...
Concrètement,
financer les énergies renouvelables revêt
un choix politique et écologique qu’Unifergie a fait sien ?
Bien sûr. Le but, c’est de favoriser la production d’énergie décarbonée pour répondre aux grands enjeux climat. Les énergies renouvelables en plein essor sont principalement le photovoltaïque et l’éolien. Il faut toutefois rappeler que la
France, dans son mix énergétique, détient
une forte composante hydroélectrique, notamment de par ses grands barrages détenus par les énergéticiens. Les énergies renouvelables donnent véritablement du sens
au territoire car elles produisent en proximité de l’électricité ou de la chaleur par des PME-PMI familiales qui se sont créées il y a une dizaine d’années. Il s’agit d’un marché porteur tant pour les petites et moyennes entreprises que pour les grands énergéticiens.
Des projets rentables ?
Oui, car ils bénéficient encore d’un soutien par des prix de rachat de l’électricité au-dessus des prix de marché. C’est la condition
pour que la filière se développe. À l’avenir,
la compétitivité des énergies renouvelables passera à « parité réseau », c’est-à-dire en totale compétition avec les autres sources d’énergie.
Christine Delamarre, directrice générale déléguée d’Unifergie, filiale du Crédit Agricole « Les projets sont rentables »
 face aux 5,2 % à l’échelle pla-
nétaire. Éolien, biomasse, géo-
thermie, photovoltaïque, hy-
droélectricité... Plus qu’un effet
de mode, la multiplication des   « Si une partie est
prise
en
Il faudrait 38 milliards d’euros
pour financer la construction
de 20 GW de nouvelles capacités
de production d’énergies renouvelables entre 2019 et 2023.
« fonds verts » traduit une véri-   charge par la sphère publique,
      table tendance de marché. Non
seulement offrent-ils des in-
vestissements alternatifs à fort
rendement, mais ils répondent
pleinement aux attentes des
investisseurs en matière d’en-   verte qui regroupe l’ensemble
des contraintes budgétaires toujours plus lourdes dessinent un nouveau modèle de finan- cement de la transition énergé- tique. C’est celui de la finance
 48 | avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[                                  FINANCEMENT ÉNERGIES RENOUVELABLES
AGISSEZ
POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE
ET LES TERRITOIRES
Que vous soyez dirigeant d’entreprise, de collectivité ou exploitant agricole, nous mettons à votre disposition nos compétences techniques, financières et juridiques pour concrétiser vos projets liés à la maîtrise de l’énergie et à l’aménagement des territoires.
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]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
business guide
Où/comment travailler demain
Et si la notion même de bureau disparaissait ?
des élégances du dernier cri du   dulable, interchangeable, pour
    Acheter du beau mobi-   95 % des salariés considèrent
lier et un baby-foot ne suffit plus. L’aména- gement des bureaux
bureau d’entreprise. En 2016, c’est sur ses pages que se sont dévoilées les images des bureaux dernière génération conçus par le cabinet Nelson : trois bâti- ments de 1 200 employés. Où ne règnent ni monotonie ni oppre- sion. Chaque pièce se démarque des autres par une identité ar- chitecturale et fonctionnelle bien affirmée. Tout est fait pour travailler dans le confort et la... joie. Les collaborateurs tra- vaillent autour d’un mini-golf ou se réunissent le temps d’une réunion dans un avion ou les tasses géantes style attraction Disneyland. Ce choix d’envi- ronnement atypique et décalé a force d’évangile pour de nom- breux designers actuels. Il s’agit de favoriser la création et l’inno- vation en donnant l’occasion aux salariés de « s’évader » visuelle- ment de l’entreprise. La flexibili- té des lieux devient la doxa. Une salle de cours de sport va servir d’espace de brainstorming. Le coin cuisine devient salle de ré- union ou d’accueil d’un parte- naire, voire d’un client !
Connecter les collaborateurs
en toute circonstance Dans les espaces partagés infor- mels, le soft seating intègre toute la connectique nécessaire pour smartphones ou ordinateurs. L’endroit devient « intelligent » avec ses capteurs intégrés dans les sièges, ils délivrent des ou- tils de mesure aux responsables de l’environnement de travail. Le Happy Chief sera à même d’analyser les usages, mesurer le taux et la durée d’occupation des espaces afin de les réaména- ger pour mieux répondre aux at- tentes des utilisateurs (les esprits soupçonneux y verront l’œil de Big Brother !). Nous sommes bien dans l’ère du smart office... « La technologie se fait discrète, minimaliste mais efficace. Nos données nous suivent partout dans le cloud, notre téléphone se charge en induction à même le meuble », constate Odile Duchenne, directrice déléguée de l’Ameublement français et directrice générale d’Actineo – Observatoire de la qualité de vie au bureau.
Plus près de nous, dans le quartier de La Défense, les nou- veaux locaux d’Amazon Web Services (AWS) ont pris le par- ti du pragmatisme et du fonc- tionnalisme : chaque plateau et chaque espace se veut ultramo-
correspondre au management de l’innovation du groupe. Des tableaux effaçables ornent presque toutes les parois du bâ- timent... Il s’agit d’optimiser chaque recoin de ces bureaux d’un genre nouveau. Stéphan Hadinger, senior manager So- lutions Architecture AWS, le dit haut et fort : « Mille nouvelles fonctions ont émergé depuis 2016 [...] L’organisation et les bureaux doivent se montrer les plus agiles possible. »
Le mobilier n’est pas en reste dans cette course à l’innovation comme l’illustrent les catalo- gues des géants du mobilier. Des acteurs tels que Bruneau pro- posent par exemple des tables pliantes transformables en ta- bleau d’écriture ou des compo- sitions originales de canapés et banquettes... Rien n’est trop beau et fonctionnel pour placer le salarié dans les meilleures conditions de travail. Les in- dustriels développent des sièges sans réglages ou presque (seul subsiste la hauteur d’assise), qui s’adaptent automatiquement à tous les utilisateurs et toutes les morphologies. Ne cher- chezpas:onatouslucegenre d’utopie dans des bouquins de science-fiction. Sauf que la fic- tion s’est faite science.
Zoner ses bureaux
pour distinguer les usages professionnels
Au-delà du choix d’un mobilier parfois loufoque et des tons ba- riolés chers à Google, les nou- veaux bureaux invitent à une meilleure créativité parce qu’ils sont d’abord très fonctionnels. Ces locaux s’adaptent à l’agen- da de chaque collaborateur. Les bureaux les plus innovants se structurent autour d’usages es- sentiels. « Ce ne sont plus les espaces qui définissent les mé- thodes de travail, ce sont désor- mais les méthodes de travail qui définissent les espaces », lance Odile Duchenne, déjà citée. Ce que les professionnels appellent l’activity based working (ABW). Une zone sera dédiée au travail collaboratif (coworking) dans la- quelle les collaborateurs travail- leront en mode projet. Il s’agira en quelque sorte de l’agora de l’entreprise qui favorisera les rencontres, les échanges, la dé- tente.
D’autres espaces répondront à d’autres motivations : favoriser
 répond aujourd’hui aux enjeux
de marque employeur et d’ex-
périence collaborateur. Désor-
mais, les entreprises doivent
penser usages et méthodes de
travail pour attirer les jeunes
talents, mais aussi améliorer
le bien-être des salariés. C’est
à cette condition que les entre-
prises parviennent à améliorer
le bien-être en entreprise et que
croît la productivité des sala-
riés. Selon une étude Actinéo,   source d’inspiration et le canal
d’ailleurs que leur espace de tra- vail génère un impact sur leur bien-être, tandis que 92 % re- connaissent que l’espace de tra- vail influence leur motivation. D’autres entreprises vont encore plus loin dans leur démarche de productivité. Elles conçoivent des bureaux d’un genre nouveau où travailler rime avec créativité et innovation.
S’évader visuellement
de l’entreprise
Google est devenu, dit-on, la
Les collaborateurs travaillent autour
d’un mini-golf ou se réunissent le temps
d’une réunion dans un avion ou les tasses géantes style attraction Disneyland.
50 | avril 2019 ecoreseau.fr
        ]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[                                                               Lorsque la fiabilité et la performance comptent
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]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
business guide
la créativité ou se dédier à l’ap- prentissage ou à la concentration des collaborateurs. « L’ABW en- courage les salariés à s’installer dans l’espace le plus approprié pour la tâche qu’ils ont à accom- plir », décrypte Odile Duchenne. Et Jean-Dominique Montandon, fondateur du cabinet de conseil en aménagement de bureaux Isotop, renchérit : « L’espace de travail est désormais considéré comme un facteur de producti- vité à part entière. »
L’illusion du chez soi pour mieux produire ?
L’esprit home office constitue l’autre tendance. Côté ambiance, le bois assure son grand retour. Le style scandinave, bois et cou- leurs pastel, formes douces et ar- rondies, design simple et épuré, s’est banalisé. Odile Duchenne : « L’aménagement des entre- prises balance entre la maison “cocon”, tout en douceur et in- timité, et la place publique, un lieu ouvert où se retrouver et se réunir, équipée de mobilier par- fois issu de collections destinées aux lieux publics type musée, hôtellerie, aéroport. »
      et de l’ameublement prônent le design thinking comme méthode pour apporter du changement à l’environnement de travail : « Associer les salariés dès le dé- but du projet à l’aménagement du nouvel espace de travail offre plusieurs avantages. En général, ils sont flattés par les démarches
Le conflit entre associés : comment gérer différents fronts ?
Il existe donc un vrai désir.
Celui du salarié – millenial en
tête – de se sentir connecté –
pas seulement numériquement,
mais presque affectivement – à
son espace de travail. Dès lors, les
professionnels de l’architecture   de co-conception puisqu’ils sont
   Le droit en pratique
Les conflits entre associés   dans des endroits paradisiaques,   rain du droit des sociétés et d’autre   étant plus contrainte.
   surviennent plus souvent que ce qu’on pense.
Le cas de ce mois-ci est le sui- vant : trois associés d’un cabinet spécialisé en diagnostic environ- nemental ont créé leur société il y a dix ans.
Progressivement l’un d’entre eux a gagné la confiance des princi- paux clients et des banques et réus- si à fédérer les salariés autour de sa personne. Pour le deuxième asso- cié, cela ne pose pas de problème particulier mais pour le troisième ce leadership devient pesant.
L’associé numéro 1 devenu lea- der de la société s’aperçoit que le troisième associé fait financer des dépenses personnelles, des congés
par la société.
Le conflit se cristallise alors
autour de deux enjeux : l’abus de bien sociaux constaté mais aussi le contrat de travail qui – en complé- ment de son statut d’associé – liait le troisième associé à la société.
Comment gérer un double conflit mêlant droit des sociétés et droit social ?
Plusieurs solutions peuvent exister. La « sortie amiable » de l’associé fautif pouvait être envisagée mais les deux associés restants considé- raient d’un mauvais œil le fait de payer les actions... d’un associé perçu comme un voleur.
Il fallait donc envisager une double action d’une part sur le ter-
part sur le terrain du droit social. Les deux voies ont donc été ex- ploitées, l’une d’un point de vue pénal et l’autre directement en in- terne avec tout le processus de li- cenciement, comprenant entretien
et lettre de licenciement.
L’abus de biens sociaux et le
licenciement pour faute lourde pouvaient être envisagés mais l’an- cienneté entre les associés a permis de trouver une solution.
Dans ce cas, une transaction a pu être trouvée sur le plan social et sur le plan du droit des sociétés, la transaction en matière pénale
Les trois intérêts en présence étaient donc : la sortie du troisième associé de la société, le prix de ces- sion de ses parts (1) son licencie- ment et l’indemnité qui n’était pas due étant donné la faute commise (2) et le détournement de fonds à des fins personnelles (3).
En la matière, ces trois intérêts pesaient dans la transaction qui tourna naturellement à l’avantage des deux premiers associés mais le troisième put percevoir une in- demnisation globale au vu de son « ancienneté » dans la société. n
 alto avocats est un cabinet d’avocats qui a développé
une expertise pointue dans l’accompagnement des start-up et entreprises de croissance www.altoavocats.com
  52 |
avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[  Un vrai désir émane du salarié, celui de se sentir connecté, pas seulement numériquement, mais aussi affectivement à son espace de travail.
partie prenante dans les déci-   nouveaux lieux émergent. Pour
Journée nationale de l’audition, six millions d’actifs en poste perdent individuellement au moins 120 heures par année de travail, 30 minutes par jour, im- productives en raison du bruit. La multiplication des open spaces a pour conséquence aujourd’hui de voir exploser la demande en produits acoustiques. Panneaux, luminaires, cloisons, portes, ri- deaux...Tout est décliné pour limiter le bruit qui émane des espaces ouverts. Du nouveau mobilier se démocratise pour calfeutrer les discussions ou au- toriser un coup de téléphone sans déranger. Il peut s’agir de box, de cellules ou de bulles, cosy et conviviales, bien calfeutrées sur le plan phonique, pour s’isoler et travailler seul ou à plusieurs, assis confortablement dans un environnement calme. Quand il n’est pas question de silent room... Souvenez-vous de vos heures passées en bibliothèque universitaire à entendre voler les mouches...GEOFFrOYFraMErY
business guide
pratique
        Dans les bureaux de Google France...
sions », diagnostique Romain Fusaro, fondateur de l’agence Kollori.
Le tabou de la détente enfin levé ?
Parce qu’un salarié passe près de 1500 heures par an à son poste de travail, les entreprises, dans nos économies de services, songent aujourd’hui à amélio- rer l’innovation en lui donnant les moyens de se sentir le plus disponible intellectuellement. Dans les années 1990, la mode était à la salle de sport intégrée aux bureaux. Aujourd’hui, de
se divertir, se détendre : jardins intérieurs et extérieurs, ter- rasses végétalisées, beauty room, bar, coffee shop... Voire salle de repos – de sommeil à base de lits superposés comme c’est déjà le cas chez Google... Bienvenue dans l’univers des start-up dont l’image se veut indissociable de ces bulles d’ailleurs.
Pragmatisme : l’acoustique avant tout Pour créer des lieux propices à l’innovation, encore faut-il don- ner aux gens la manière de se concentrer. Selon l’association
    Arcéos, l’accueil qui vitalise votre entreprise
Depuis 2015, Arcéos trace un sillon original dans le paysage de l’accueil en entreprise, en lui associant assistanat polyvalent et animation culturelle.
A la clef, valeur ajoutée, bien-être,
et épanouissement professionnel. Rencontre avec sa fondatrice,
Agathe Roy.
Quelle est la philosophie d’Arcéos ?
La prestation d’accueil est au carrefour – parfois littéralement – de toutes les fonctions de l’entreprise. Elle est essentielle non seulement pour recevoir et être en interface avec l’extérieur, mais aussi pour créer et entretenir du lien en interne. Nous pensons que cette position charnière peut être encore plus utile aux entreprises : d’autres besoins, permanents ou ponctuels, peuvent venir enrichir l’accueil, au bénéfice de tous.
Justement, quels sont ces besoins ?
Externaliser la prestation d’accueil est déjà un
bon réflexe pour s’assurer de sa disponibilité en toutes circonstances. Au-delà, l’assistanat polyvalent répond à des besoins variés (services généraux, conciergerie, gestion des prestataires, etc.) pouvant aller jusqu’à un vrai rôle d’office manager. Et l’animation culturelle se rapproche du happiness management : selon les profils des occupants, les projets de l’entreprise, l’assistant-e met en place des ateliers ou animations personnalisés. De quoi assurer la convivialité au quotidien... ou éloigner le « trauma » du changement de locaux !
« Nous travaillons main dans la main avec nos clients »
C’est donc une vraie relation de proximité ?
Nous sommes forces de proposition pour nos clients, ce qui suppose de bien les écouter et
de travailler main dans la main avec eux. Nous nous rendons sur place quasiment toutes les semaines, et nos contrats évoluent avec leurs objectifs et leurs nouveautés. Nous sommes ainsi très proches de certaines problématiques RSE : la prestation de service n’est pas un achat anodin, c’est avant tout une relation humaine. C’est à la fois passionnant et impliquant. n
   Agathe Roy,
fondatrice de l’agence Arcéos
Arcéos, en bref
Philosophie :
« Un accueil valorisé est un accueil valorisable ! »
Trois services en une prestation : Accueil en entreprise Assistanat polyvalent Animation culturelle
   Contact : 3 Rue Marius Hue, 91370 Verrières-le-Buisson / contact@arceos.fr / Tél. : 09 54 70 92 08 / www.arceos.fr
ecoreseau.fr avril 2019 | 53
Communiqué
]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[   pratique
business guide
Barter
La pratique ancestrale
du troc séduit les entrepreneurs
Un système officiel,
légal et contractualisé
En 2013, le ministère de l’Éco- nomie s’est penché sur le sujet: troquer, c’est aussi la tentation d’échapper à l’achat et à ses taxations... Un guide encadre la pratique. Il détaille les traite- ments comptables et fiscaux que doivent adopter les entreprises. « À l’occasion d’un échange, une facture est établie. Il suffit d’in- diquer dans une ligne dédiée que le paiement a été fait par compen- sation sur tel ou tel site du barter. Dans le bilan, le compte de cette entreprise intermédiaire apparaît comme un compte bancaire avec des entrées et des sorties sup- plémentaires», explique Samuel Cohen. Le règlement de la TVA est actualisé lorsque la facture est enregistrée par le réseau.
Contrairement aux pays voisins et anglo-américains, l’échange entre entreprises, en France, demeure peu répandu. Sylvain Lhommée : « Les entrepreneurs français ont besoin d’un accom- pagnement sur ce point, un sujet auquel les entreprises françaises ne sont pas habituées. » Pourtant, le barter montre de l’avenir en France. Selon un sondage réalisé par EDC Consulting, 65 % des chefs d’entreprise s’intéressent à ces échanges interentreprises en b to b. aNNa aSHKOva
achats médias en barter : échange marchandises
    C
 M
 J
 CM
 MJ
 CJ
 CMJ
 N
Le troc n’est plus réservé   sous-utilisés, favorise la ren-
   aux particuliers. Depuis quelques années, les en- treprises ont décidé de s’y
contre de nouveaux clients, fait valoir leur image sociale, par- ticipe à un mode de commerce
 mettre aussi.
Depuis les années 1990, le barter
(littéralement « troc » en anglais)
se développe outre-Atlantique où
plus de 400 sociétés spécialisées
se partagent 450 000 clients. Se-
lon l’association spécialisée IRTA
(International Reciprocal Trade
Association), l’équivalent de 12 à
14 milliards de dollars de biens et
de services sont échangés chaque
année dans le monde. C’est en
2012 que Samuel Cohen a intro-
duit la pratique sur le marché
français. Le fondateur de France   énumèrent les services qu’elles
durable et
liste des avantages est intermi- nable dans la bouche de Sylvain Lhommée, fondateur et dirigeant de BarterLink, un autre impor- tant acteur du secteur. Mais l’un des plus gros avantages du barter reste la possibilité de financer de nombreux projets sans toucher à la trésorerie. « C’est effectivement un levier de création de valeurs », note Sylvain Lhommée. Sur une plate-forme comme France Bar- ter ou Barter Link, les entreprises
plus rentable. » La
« Le défi pour les entreprises est d’améliorer leur ebitda » – Parissa Gholizadeh
Le barter ou bartering a réellement émergé en France il
y a quelques dizaines d’années.
Il a commencé par l’échange
des produits et services contre des espaces publicitaires. L’annonceur finance ses budgets publicitaires grâce à la marge sur ses propres produits. Quant aux médias, ils y trouvent leur compte côté charges en proposant
leurs espaces publicitaires comme monnaie d’échange.
Ce type de barter est le cœur
de métier de My Barter Media.
« Le barter est l’occasion pour
les entreprises de revaloriser leurs invendus, de générer un chiffre d’affaires additionnel et de créer un budget publicitaire “autofinancé en marchandises” », explique Parissa Gholizadeh, fondatrice de My Barter Media. Au fil du temps, sa société s’est adaptée aux nouveaux besoins de communication des entreprises en leur proposant une offre de barter qui inclut des médias
numériques en plus des médias traditionnels. L’entreprise propose également aux entrepreneurs d’autres prestations de services.
« Aujourd’hui plus que jamais,
le défi pour les entreprises est d’améliorer leur ebitda. Dans ce sens, le barter est une solution efficace pour conforter les marges, optimiser les dépenses et économiser de la trésorerie », plaide Parissa Gholizadeh. La pionnière en la matière pense que « le Web a totalement changé l’écosystème des échanges commerciaux et a facilité les échanges directs notamment via les marketplaces. Ces échanges deviendront une donnée stable au fil des prochaines décennies, même si l’on ne connaît pas encore les disruptions à venir. Malgré tout, le barter sera une activité à part entière car elle
est alternative aux solutions en numéraire. »
   Barter avait découvert ce concept d’économie circulaire aux États- Unis. Le leader du « troc » compte aujourd’hui 1 500 entreprises clientes, représentatives de tous les secteurs d’activité. Et pour cause : les bénéfices du barter sont nombreux et polymorphes.
« Le barter valorise des actifs avril 2019 ecoreseau.fr
sont en capacité de troquer et les transactions s’enclenchent grâce à une unité d’échange interne qui remplace l’euro. Les entrepre- neurs vont troquer conseils juri- diques ou comptables, salles de réunion, bâtiments, création de signalétique ou de sites Internet, édition de documents, etc.
    54 |
 ]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[                                                                   SOCIÉTÉ D’EXPLOITATION DE MAINTENANCE MULTITECHNIQUE ET MULTISERVICE
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STEPHANE ISSAURATCrédit photo : Stéphane Issaurat. STEPHANE ISSAURAT
STEPHANEISSAURAT
]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
business guide
Flottes d’entreprises
Il faut se mettre au courant !
de la plupart des métropoles en   à leurs clients, sauf à devoir s’ac-
   Europe. En 2024, tous les véhi- cules diesel seront interdits à Paris de même qu’au sein du Grand Pa- ris, c’est-à-dire dans un périmètre délimité par le tracé de l’auto- route A86. L’objectif : plus aucun véhicule thermique ne circulera dans cette zone à l’horizon 2030. Ces interdictions de circuler d’ici à 2024 en fonction des pastilles Crit’air, seront étendues aux villes de Rouen, Reims, Strasbourg, Clermont-Ferrand, Lyon, Saint- Étienne, Toulouse, Montpellier, Aix-Marseille, Nice et Toulon.
quitter d’amendes importantes : 95 euros par voiture vendue et par gramme excédentaire. Selon Xavier Mosquet, du cabinet de conseil BCG, et Patrick Pelata an- cien numéro deux de Renault, qui viennent de présenter au président de la République leur rapport sur le futur de l’industrie automobile française, « les constructeurs qui n’atteindraient pas leurs objectifs pourraient se voir imposer cha- cun des amendes de 500 millions à 1 milliard d’euros en 2021 ». Un argument costaud pour repenser les gammes !
 De nombreux événe-   besoin de la même motorisation
Au-delà de 2024, se profile
donc l’arrivée massive de voitures
carburant à l’essence, mais éga-
lement de véhicules électriques
dans les entreprises. Et pour une
bonne raison: les constructeurs   émissions de CO2 des modèles
Voiture électrique :
un passage obligé
Si l’on sait que la moyenne des
  ments sont venus ces derniers mois consi- dérablement modi-
fier l’orientation du marché des véhicules d’entreprises. À com- mencer par le « diesel bashing », lequel fait montrer du doigt dé- sormais les utilisateurs de vé- hicules carburant au gazole et pousse de nombreuses entre- prises à opter pour des modèles essence. Est-ce le bon choix ? Pas sûr. Quitte à réorganiser, autant surfer déjà sur le kilowatt heure... L’an passé, souligne l’Observatoire du véhicule d’entreprise, « la part de voitures diesel achetées par des flottes a chuté à 78,5 %. Soit une perte de 6 points de part de marché qui traduit une véritable désaffection puisque cette éner- gie n’avait régressé que de 1,43 point en 2017 et de 1,36 point en 2016 ». On est encore loin du rejet
ni du même véhicule selon qu’il circule essentiellement à Paris ou en région, indique Jean-Loup Savigny, directeur commercial et marketing du loueur Lease- Plan. Nous conseillons donc à nos clients d’optimiser leur parc selon l’utilisation des véhicules et non plus selon les catégories d’attribu- tion. Nos clients doivent retravail- ler leur car policy pour s’orienter vers des modèles essence ou élec- triques. »
Des objectifs de CO2
sous contrainte d’amendes Et pourtant, les modèles die- sel demeurent incontournables pour des commerciaux ou des responsables de région amené/es à parcourir 30 000 à 50 000 km chaque année. En revanche, pour de petits kilométrages de l’ordre de 10 000 km réalisés souvent en
Audi E-tron
 Au-delà de 2024, se profile l’arrivée massive
de voitures carburant à l’essence, mais également de véhicules électriques dans les entreprises.
opéré par les particuliers lesquels,   ville ou en zone périurbaine, le
sont, eux, désormais soumis à   commercialisés en Europe par
DS3 E-Tense
 Mercedes EQC
      recours à des modèles essence de- vient le bon choix. Au moins pour quelques années encore. Car les voitures particulières tout comme les véhicules utilitaires vont de- voir très vite montrer leur inno-
une contrainte des instances eu- ropéennes, celle de parvenir im- pérativement d’ici à 2021 à une moyenne de 95 g/km d’émissions de CO2 pour leurs gammes de mo- dèles. Un taux qui passera à 81 g/ km en 2025 et 59 g/km en 2030. Et pour tous les constructeurs automobiles, pas d’autre choix que de proposer et vendre des
les constructeurs atteint actuelle- ment les 118 g/km, on mesure l’ef- fort à réaliser dans les prochains mois par les marques automobiles. Pour elle, l’impératif de commer- cialisation de leurs nouveaux mo- dèles électriques est devenu une priorité. Exemple : pour Peugeot, chaque gramme d’émissions de
l’an passé, n’ont été que 38,9 % à
choisir de rouler en diesel. Choix
on ne peut plus rationnel. « Notre
conseil aux flottes est de repenser
les discussions sur le coût d’usage
et la consommation des véhicules
en parc. Un collaborateur n’a pas   cuité à l’entrée des centres-villes   modèles électriques et hybrides
  56 |
avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[                                Adoptez l’électrique !
    Passer à la conduite électrique ne doit plus être un frein. LeasePlan a développé une offre simple et complète pour accompagner la transition énergétique. En fonction de vos besoins, nous couvrons chaque étape de l’électrification de votre flotte,
de la mise à disposition des véhicules zéro émission aux solutions de recharge adaptées aux différents usages.
Pour en savoir plus sur les 7 bonnes raisons d’adopter l’électrique, rendez-vous sur leaseplan.fr/ve
What’s next?
leaseplan.fr
            ]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
business guide
Les pouvoirs publics s’engagent à multiplier par quatre le nombre
de points de recharge publics d’ici
à 2022, ce qui correspond à l’objectif d’un parc de voitures électriques
et hybrides d’un million d’unités en France.
             CO2 au-dessus des 95 g se tradui- ra par une amende de 400 mil- lions d’euros. Guère étonnant si le groupe PSA vient d’ajouter une version batteries à la gamme essence-diesel de la nouvelle 208. Cette e-208 est équipée d’un mo- teur électrique de 136 ch et promet une autonomie de 340 km. Pour tenir la promesse, le Lion a bridé la vitesse maxi à 150 km/h. Elle va concurrencer la Renault Zoé, n° 1 des ventes de voitures électriques en France et n° 2 en Europe, dont 5 540 exemplaires ont rejoint l’an passé des parcs d’entreprises. Une nouvelle version plus routière de- vrait apparaître en fin d’année (130 ch et 400 km d’autonomie). Autre leader des ventes, en Eu- rope comme en France, la Nis- san Leaf vient, elle aussi, de voir ses performances rehaussées. La nouvelle version Leaf 62 kWh est annoncée pour 385 km sans recharge. Mais les gestionnaires de flottes auront aussi de l’offre
chez BMW – version i3S do- tée de 280 km d’autonomie. 280, 380, 400 kilomètres, l’autono- mie, vitale pour les constructeurs, demeure l’un des principaux freins au passage à l’électrique des flottes d’entreprises, face à l’ancien diesel dévoreur de kilo- mètres sans passage à la pompe. L’autre hésitation des parcs porte sur le choix limité de ces voitures « zéro émission ». Désormais, de nouveaux modèles vont arriver, à commencer par la DS3 Cross- back e-Tense. Bâtie sur la même base que la Peugeot e-208, elle fera ses débuts en fin d’année. Ses chiffres clés, 136 ch et 320 km d’autonomie dans une version plus premium et bien équipée, la désignent comme apte à entrer dans les flottes électrifiées.
Tesla n’est plus seul
C’est bien dans le registre pre- mium que sont attendues les grandes nouveautés 100 % élec- triques. Tesla vient de commer-
     Dématique® & Gouvernance
  ÀLa dématérialisation des notes de frais
l’heure où tout est dé- peuvent être refusés au seul motif l’application de l’article 1379 du   niques et organisationnelles
     Jean-Marc
matérialisable pour- que ce document se présente sous Code civil.
quoi ne pas en profi- une forme électronique. » Ce décret précise ainsi les ter, surtout en matière Les notes de frais sont bien sûr conditions à satisfaire pour que
de notes de frais, cauchemar de à considérer comme un docu- la copie résultant de la numéri-
identifiées, il est donc désormais tout à fait envisageable de de- mander à des collaborateurs de numériser leurs reçus (à partir de leur smartphone) pour ensuite les rattacher en tant qu’images aux lignes de frais correspondantes, créées et gérées par un logiciel spécialisé.
Une telle organisation permet ainsi de largement gagner en efficacité en terme de temps de traitement des notes de frais et de leur remboursement, de quoi satisfaire l’ensemble des interve- nants. n
rietsch
Expert internationalen dématique, président
du Digital Information Institute ou D2I
beaucoup tant du point de vue du collaborateur tenu de les ré- aliser que de ceux chargés de les contrôler !
ment électronique et de ce fait peuvent être gérées comme tel. Mais comment faire avec les re- çus papier dont l’usage est encore loin de disparaître ?
sation soit présumée fiable. Les exigences couvrent le procédé en tant que tel et pour ce qui est de l’électronique précisent les mé- tadonnées à produire, la façon de garantir l’intégrité du docu- ment numérique résultant et sa pérennité dans le temps ainsi que la documentation à produire dé- crivant tout le processus mis en œuvre et la sécurité qui l’entoure.
En effet depuis la mise en appli-
cation du règlement eIDAS (Rè-
glement européen n° 910/2014
du Parlement européen et du
Conseil du 23 juillet 2014), son
article 46 précise bien que :
« L’effet juridique et la recevabi-
lité d’un document électronique
comme preuve en justice ne   à la fiabilité des copies, pris pour   l’ensemble des exigences tech-
En fait plusieurs textes per- mettent désormais de numériser les reçus papier et de ne conser- ver que l’image numérique qui en découle. Nous citerons en particulier le décret n° 2016- 1673 du 5 décembre 2016 relatif
Sous réserve de satisfaire à
 58 |
avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[  Peugeot e-208
cialiser la Model 3, une berline fa-   duction de véhicules électriques
business guide
pratique
   miliale dotée de toute l’originalité mais également de la technologie d’avant-garde proposées depuis ses origines par la marque califor- nienne. Il en va du système Auto- pilot, précurseur de la conduite quasi-autonome pour une auto- nomie de 346 km (6 ? le dernier kilomètre avant la panne d’ions ?) à 500 km selon le pack de batteries choisi. Mais dans son segment de marché haut de gamme, Tesla n’est plus seul. Dès 2017, Jaguar a lancé à sa poursuite l’i-Pace. Une jolie berline électrique qui a reçu le titre très envié de Voiture de l’an- née 2019 il y a quelques semaines. Audi vient de commercialiser l’e-Tron, un SUV premium doté de 300 à 400 km d’autonomie et d’une puissance de 360 ch. Ce modèle associe sur les trains avant et arrière deux moteurs élec- triques de 210 et 170 ch et aligne le0à100km/henmoinsde6 secondes malgré ses 2,5 tonnes. L’électrique sans inertie trouve là l’un de ses meilleurs atouts. Mais c’est avec le Mercedes EQC lancé cet été que l’on s’attend au véritable lancement du véhi- cule électrique. Cet élégant SUV constitue la première roue Merce- des dans l’univers électrique. Une transmission intégrale et une puissance de 408 ch pour 450 km d’autonomie donnent le signal de la course à la puissance/autono- mie.
L’avantage
du plus économique
Une offre et une variété de mo- dèles 100 % électriques sensible- ment en hausse, une autonomie adaptée à une plus grande variété d’usages, il ne manque plus qu’un élargissement du nombre de bornes de recharge en France pour que les contraintes au passage du thermique à l’électrique s’effacent dans les problématiques de flottes. « Progressivement, nous conti- nuons à lever les freins à l’intro-
dans le parc de nos clients, ex- plique Ferréol Mayoly, directeur général d’Arval France. Nous dé- veloppons l’installation de bornes de recharge dans les entreprises, nous proposons aux flottes de tester sur une moyenne durée de l’ordre de 6 mois des véhicules électriques dans leurs parcs et nous disposons également d’une solution par laquelle les collabo- rateurs des entreprises rouleront toute l’année avec un véhicule électrique de fonction tout en dis- posant, durant quelques semaines pour des vacances ou des week- ends, d’un véhicule thermique. » Mais surtout, la bonne nou- velle tient à l’évolution des coûts d’usage des véhicules électriques. À l’approche du lancement com- mercial de son e-208, Peugeot prévoit que les coûts d’utilisation en location – frais d’entretien, énergie et loyers inclus – seront inférieurs à ceux d’une version équivalente essence ou diesel. Idem chez Renault où l’on an- nonce qu’avec, désormais, une autonomie réelle de 200 km, le Renault Kangoo ZE s’avère pour la première fois et hors subven- tions à l’achat plus économique à l’usage que son équivalent diesel pour une utilisation quotidienne sur une durée de cinq ans.
Dans le même temps, les pou- voirs publics pourraient donner un coup de pouce supplémen- taire à l’adoption de véhicules électriques. L’engagement à mul- tiplier par quatre le nombre de points de recharge publics – de 25000 à 100000 d’ici à 2022 – correspond à l’objectif de compter à cette même date sur un parc de voitures électriques et hybrides d’un million d’unités circulant en France. Pour les gestionnaires et les décideurs, se mettre au cou- rant aux deux sens de l’expression est devenu une urgence. JEaN-PiErrE laGarDE
 ecoreseau.fr avril 2019
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]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
briefing rh & formation par Geoffroy Framery Artem de Nancy :
’association Artem s’ef- force depuis vingt ans de favoriser l’interdisciplina- rité entre les écoles de l’en-
 Lapproche unique en France
 seignement supérieur de Nancy
(École supérieure d’art et de design,
les Mines Nancy et ICN Business
School). Au carrefour des grandes
écoles nancéennes, l’association
conçoit des espaces d’échange et de
collaboration, et dynamise les liens
entre recherche, création et production.
Désormais, Artem pourra proposer de nouvelles expertises transdiscipli- naires à d’autres établissements du supérieur. L’ingénierie pédagogique d’Artem labellisera certaines actions pédagogiques en dehors de l’alliance et proposera de la formation continue au sein du dispositif. Et le club « Ar- tem international » sera officiellement créé dès le mois de mai. n
Travailler autrement
Patrick levy-Waitz
Président de la Fondation Travailler Autrement, PDG d’ITG, leader du portage salarial
De l’importance des Ncompétences douces
ous ne pouvons pas anti- par la mise en place d’outils tels que ciper exactement ce que les plate-formes collaboratives, la seront les transformations co-construction ou le coworking.
du monde du travail. De De plus, les trajectoires profes-
nombreuses organisations, cher- sionnelles seront de moins en moins
le chiffre
9
L’enseignement ne se limite pas à l’école. Toute la vie, notre milieu est notre éducation, et un éducateur à la fois sévère et dangereux. Paul Valéry, Variété III
ESlSCa, nouveau campus
À proximité de la Villette dans l’est parisien, dans le parc de Flandre précisément, un nouveau campus accueillera les étudiants de l’ESLSCA à compter de la rentrée d’octobre 2019. Pour répondre au nombre croissant d’étudiants, ce nouveau campus de 8 000 m2 et de 5 étages sera doté d’espaces conçus notamment à partir de méthode design thinking.
MBa Entrepreneuriat et Management du luxe chez Sup de luxe (EDC)
Ce nouveau MBA de rentrée 2019 est ouvert pour les diplômés d’un bac + 5 et aux professionnels
qui souhaitent entreprendre
et innover dans le secteur du
luxe. D’une durée de 12 à 24
mois, le programme entend transmettre les compétences de gestion d’entreprise, amener à comprendre la phase d’idéation d’un projet et passer d’une idée à une solution business, savoir définir et mettre en œuvre une stratégie commerciale et marketing.
istec Paris en Chine
La business school parisienne vient d’officialiser la signature de nouveaux partenariats pédagogiques avec le docteur Yuewei Jiang, de CPMC (Université Jiao Tong de Shanghai), afin de poursuivre le développement en France et en Chine des programmes de l’Istec : le DBA – Doctorate of Business Administration, le MBA et le bachelor.
 professionnels RH sur 10 considèrent l’expérience collaborateur comme un enjeu RH phare.
Baromètre Parlons RH sur l’expérience collaborateur publié le 18 mars 2019.
L’éducation ne se borne pas à l’enfance et à l’adolescence.
        cheurs, sociologues, ont tenté de ré- pondre à cette problématique.
47 % des travailleurs aux États- Unis risquent de voir leur emploi remplacé par l’automatisation se- lon Frey et Osborne (2015) ; près de 50 % des entreprises s’attendent à ce que l’automatisation entraîne une réduction de leurs effectifs à temps plein d’ici à 2022 d’après l’OCDE ; et le Bureau international du travail in- dique quant à lui en 2018 que la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur les changements climatiques devrait en- traîner la perte d’environ 6 millions d’emplois et la création de 24 millions d’autres dans le monde.
Au regard de ces chiffres impres- sionnants, nous pouvons retenir trois éléments qui challengeront l’avenir du travail et des organisations.
60 | avril 2019 ecoreseau.fr
linéaires, qu’il s’agisse des métiers ou des statuts. Certains souhaiteront être micro-entrepreneurs une partie de la semaine, puis salariés portés certains autres jours. D’autres voudront être architectes le matin, ébéniste le midi et voir ces deux métiers s’hybrider le soir. Pour faire de cela une réalité, en- core faut-il que chacun soit maître de son propre parcours professionnel, et cela passe notamment par la forma- tion professionnelle.
C’est pourquoi le système éduca- tif initial comme continu devra être revu car il ne correspondra plus au monde qui vient. Nous ne connais- sons pas la moitié des métiers qui existeront demain. Qui aurait dit, il y a 15 ans, que le métier de community manager serait un métier bien coté en 2019 ? En revanche, nous pouvons doter nos jeunes générations de com- pétences transverses qui leur seront utiles tout au long de leurs parcours professionnels.
 L’intelligence collective sera un
élément fondamental du travail de
demain. Grâce aux outils numé-
riques et aux innovations organisa-
tionnelles, la verticalité devient pro-
gressivement obsolète. Il sera donc
crucial de miser sur l’émergence de
nouvelles collaborations et synergies   nomie des soft skills ! n
 Face aux indécisions du monde qui vient, nous pouvons être sûrs d’une chose, personne ne pourra faire l’éco-
]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[   Audencia au Ghana
Audencia et l’université du Ghana et United States International University Afri- ca (USIU) au Kenya s’associent. À la clé, échanges d’étudiants et d’enseignants, pro-
grammes communs, mutualisation de projet de re- cherches. Et l’intégration de ces nouveaux partenaires africains à l’Institut international pour l’agribusiness (Collaborative Institute for Global Agribusiness) fondé fin 2018 par Audencia avec des partenaires sud-américains (l’Abag au Brésil, l’Espae en Équateur et la société de consulting TCAI Tejon Communica- tion & Action International Ltda au Brésil). C’est la première fois qu’une école française signe un partena- riat avec un établissement d’enseignement supérieur basé au Ghana. Les étudiants africains s’ouvrent au MSc (Master of science) in Food and Agribusiness ma- nagement d’Audencia. n
briefing rh & formation L’ISG : programme Grande École
e nouveau programme est axé double compétence. Il a pour objectif de for- mer ses récipiendaires aux enjeux de la transformation numérique des en-
Cen 5 ans
pratique
  treprises. Les enseignements de gestion sont
coconstruits en partenariat avec l’Epita, école
d’ingénieurs qui fait partie du même groupe d’enseignement supérieur. Objectif: préparer à des fonctions de manager-ingénieur. L’aspect multiculturel de la formation est l’un des points forts, avec des cours dispensés en anglais et des sessions de formation à l’international. Ces « learning expeditions » prévoient des séjours à Londres pour étudier les marchés de devises, à Genève pour s’initier au luxe ou à Tel-Aviv pour comprendre les enjeux du numérique au cœur de la start-up nation.
Master grande école et BBa accessible en alternance à BSB lyon
Burgundy School of Business (BSB) proposera sur son campus de Lyon le bachelor Marketing & Business et le master Grande École (MGE) en alternance. Un déménagement sur un nouveau campus est également dans les tuyaux (600 à 700 élèves à partir de 2022).
la rochelle Business School-Excelia Group ouvre un nouveau campus à Tours
À la rentrée prochaine, La Rochelle Business School (LRBS) accueillera ses premiers étudiants sur son nouveau site basé à Tours. Excelia group veut diversifier son offre et renforcer sa position locale face à la concurrence de Bordeaux et Nantes.
   ecoreseau.fr avril 2019
| 61
]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
briefing rh & formation
Idrac Business School :
RH
Étude CodinGame :
le salaire, premier critère de sélection pour les développeurs
Les écarts de salaire des déve-
loppeurs entre Pays de l’Union
européenne expliqueraient le turn-
over au sein des entreprises. C’est
la conclusion que tire CodinGame, plate-forme de formation spécialisée dans l’apprentissage du code à partir d’un sondage réalisé auprès de ses 9000 membres dans 120 pays : 75 % des personnes interrogées placent la rémunération en tête des critères de choix pour donner suite ou non à une opportunité d’emploi.
Le salaire sur le marché français est une des causes de la pénurie de profils et des départs des jeunes talents à l’étranger. Avec un salaire moyen de 53000dollars an- nuels, nous serions loin derrière les Pays-Bas : 64 000 dollars, l’Allemagne 67 000 et la Suisse, 95 000 dollars.
Le turn-over permanent des développeurs se voit lui aussi mis
en évidence. « La majorité des sondés déclarent garder le même poste moins de trois ans », souligne CodinGame. Outre le salaire, la recherche d’évolutions professionnelles et le besoin de changer d’environnement sont les deux autres motifs majeurs de mobilités de ces profils tant recher- chés. n
Parlons rH et... expérience collaborateur
La seconde édition de ce baromètre Parlons RH en partenariat avec Globe Payroll souhaitait répondre à quelques questions clés : en 2019, le salarié est-il en passe de devenir le premier client de l’entreprise ? Bénéficiera-t-il d’une attention toute particulière de la direction générale et de la fonction RH ? La notion d’expérience collaborateur s’implantera-t-elle concrètement au sein des organisations ? Réponses...
• L’expérience collaborateur est devenue un enjeu de premier rang pour les politiques RH. Plus de 9 professionnels RH sur 10 la considèrent comme un enjeu phare. Ce qu’elle génère : l’engagement des collaborateurs (78 %), la performance globale de l’organisation (64 %), la qualité de vie au travail (46 %).
Mais, paradoxe, seules 25 % des entreprises interrogées ont mis en place des projets d’améliorer de ladite expérience collaborateur. Qui ne sont que des projets, par une implémentation générale. Ils concernent la mesure du bien-être et la qualité de vie au travail, la communication autour de la marque employeur, la gestion des parcours en tenant compte des aspirations des salariés, la mesure de la satisfaction des candidats, retenus ou non, lors du recrutement.
404 Professionnels rH en entreprise
158 Prestataires rH
66 autres
partenariat à Beijing...
... avec la Beijin Language and Culture University spécialisée dans les langues, l’économie, les arts et sciences de l’information (près de 7000 étudiants inter- nationaux). Les étudiants suivront les cours en anglais, les mêmes qu’en France dans le cadre du bachelor. L’apprentissage du mandarin, de la culture et du bu- siness en Chine sont prévus. n
l’Esdes renforce sa présence à l’international
L’Esdes-UCly – Lyon Catholic University – conclut quatre nouveaux partenariats dans le cadre de son programme grande école avec University Wuhan (Chine), University of Chulalongkom (Bangkok, Thaïlande), Esca EM (Casablanca, Maroc), toutes trois accréditées AACSB. Et Ural Federal University (Ekaterinbourg, Russie), engagée dans le PRME et accréditée EPAS.
Deux nouveaux bachelors chez Yncréa Ouest
En partenariat avec le bachelor Agri-Business et l’École du
Nivot, le bachelor Agri-business vise l’acquisition d’une triple
compétence technique, stratégique et numérique dans le domaine
agricole. Ce BBA vise l’Executive bachelor en management
commercial de BBS. Il prépare à des postes dans les business
unit agricoles, l’export, les achats ou encore le développement
clientèle. Le Bachelor DevOps prépare aux métiers de développeur
Web, d’intégrateur ou encore de chef de projet informatique. Ce bachelor
confère un certificat de Qualification professionnelle de développeur nouvelles technologies (CQP DNT du Fafiec) à Yncréa Ouest. Ces deux nouvelles formations seront dispensées en alternance, sous contrat de professionnalisation.
        62 |
avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[  Reprise d’entreprise :
on n’y pense pas assez !
L’entrepreneuriat déferle, les start-up s’affolent et l’achat de franchises, sous toutes ses formes, s’emballe. Mais... et si l’on reprenait simplement une entreprise existante ? Le marché de la reprise reste en retrait alors que de belles affaires sont à
Csaisir... à condition de bien s’y préparer.
’est l’Insee qui le dit : en 2018, dustrie enfonce le clou. « Comme les créations d’entreprises le principe du gouvernement est de atteignent un nouveau re- mettre en avant la facilité, regrette-t- cord: 691000 entreprises elle, le sujet demeure davantage dans
ont été créées en France, soit 17 % de l’ombre. On peut faire croire que
18 et 24 mois. «On ne s’improvise pas repre- neur », résume très jus- tement William Mar- tinez. Jean-Jacques Brunet approuve. Lui aussi s’est lancé dans cette aventure. Il avait 50 ans. Son projet: re- prendre une entreprise de découpe au laser de tôles. « Une envie de ne plus être un nu- méro, même cadre dirigeant, même bien payé, résume-t-il. Mais la première erreur à ne pas commettre est
de croire que l’on sait tout. Polytech- nicien, énarque, on peut être bien formé... mais pas à la reprise d’en- treprise. On ne connaît pas du tout la petite entreprise. Qui peut le plus, ne peut pas le moins, car on change de monde. J’ai fait des erreurs. » Au- jourd’hui membre actif du Club des repreneurs d’affaires (CRA) Île-de- France, créé il y a plus de 35 ans, il as- sure des formations pour éviter aux autres les écueils les plus fréquents.
Soubresauts du début
À l’annonce officielle de la reprise de la concession par Hugues Pa- quet, l’équipe a fondu de... moitié. Quatre des huit salariés ont préféré partir. Une grande (et mauvaise) sur- prise pour cet ancien dirigeant d’une agence commerciale spécialisée dans les produits consommables pour les imprimeurs. En réalité, un phéno- mène classique. « Il y a toujours une
période de flottement, confirme Na- thalie Carré, avec le départ de colla- borateurs, la perte de clients, la baisse du chiffre d’affaires... » La démission d’un « salarié clé » risque de produire un impact fort sur la vitalité de l’en- treprise. Combien la racheter? Quel chiffre d’affaires prévisionnel établir? Quel niveau d’apport fixer? À quel rythme rembourser? Ces questions sont incontournables. « Et pour ne pas payer trop cher, avoir accès aux comptes est indispensable – avec une clause de confidentialité à la clé –, souligne Jean-Jacques Brunet, même si ça ne va pas du tout de soi. Certains cédants offrent un accès très limi- té. » Comment déterminer la valeur d’une entreprise? Un exercice pas facile. « Un patron qui fait tout, tout le temps, partout, sa boîte n’a pas de valeur, détaille Nathalie Carré, s’il tombe malade, elle ne fonctionne plus. »
Outil de référence pour la prospec- tion commerciale et l’analyse finan- cière des sociétés en France, le fichier Diane va se révéler bien utile pour cerner la fiabilité de l’entreprise visée (dirigeants, actionnaires, comptes consolidés, conseil d’administration). D’ordinaire payant, ce registre est en accès libre via le Club des repreneurs d’affaires – il en existe un par dépar- tement. Avec un maillage territorial dense, le réseau de la Chambre de commerce et d’industrie accom- pagne cédants et repreneurs. Les créateurs aussi. Mais pas de switch possible, ce ne sont vraiment pas les mêmes profils. MUriEllE WOlSKi
briefing rh & formation
pratique
       plus qu’en 2017. Les médias s’en sont largement fait écho. En revanche, qui connaît le nombre d’entreprises à reprendre dans l’hexagone? Le chiffre plafonne à 7000, voire 7500 cessions, sur un total de 4,2 millions d’entreprises en France – trois mil- lions n’ont pas de salariés, 1,2 million en comptent au moins un. Des don- nées relativement stables. 94 % du tissu des sociétés françaises comptent moins de dix salariés, 6 % seule- ment sont plus staffées. Voilà pour le contexte général. « Reprendre une entreprise, on n’en parle pas ou peu, déplore Francis Petel, vice-président de la commission nationale éduca- tion formation de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME). Une reprise paraît moins sexy aux yeux de certains que d’en créer une. L’idée même fait moins vendre! » Et Nathalie Carré, chargée de mission entrepreneuriat auprès de la Chambre de commerce et d’in-
créer une entreprise est un exercice facile, mais impossible de pipeauter sur la thématique de la reprise. » Or, si un peu moins de deux créations d’en- treprises sur trois capotent au bout de cinq ans maximum, la réussite est da- vantage au rendez-vous des reprises. À condition de bien la préparer.
Demain tous repreneurs ?
Hugues Paquet a 47 ans. William Martinez a tout juste 21 ans. De- puis septembre 2017, l’un et l’autre bûchent pour reprendre une entre- prise. Animé d’une véritable passion pour l’odeur de l’essence, Hugues Paquet cible une concession de la marque Harley Davidson. Avec son récent bac pro d’accompagnement soins et services à la personne, Wil- liam Martinez peaufine son dossier pour reprendre l’entreprise familiale de paysagisme. Deux ans de prépara- tion, rien de trop. La durée moyenne de bouclage du dossier oscille entre
      Manager n’est pas jouer !
 LRebellez vous !
e samedi 16 mars s’est pas besoin de rebelles destruc-   2 Il aide les autres quand ils sont   pour progresser.
     Frédéric
rey-Millet
Auteur/Hacker du management @Freymillet
tenu l’acte 18 des « gilets teurs mais de rebelles positifs qui jaunes ». Que vous soyez combattent le système pour qu’il d’accord ou pas avec leurs s’améliore.
revendications, que vous les aimiez Mais, qu’est-ce qu’un rebelle posi-
en difficulté.
Le 25 avril 2003, Maurice Cheeks, coach de l’équipe de basket de Port- land, a partagé au monde entier, en moins de deux minutes, une leçon d’humanité. Une jeune fille de 13 ans devait chanter l’hymne améri- cain au démarrage du match. Prise d’émotion, elle se met à trembler et perd complètement les pédales. En quelques secondes, Maurice Cheeks la rejoint, l’aide à reprendre la chanson en l’accompagnant alors qu’il chante totalement faux. Un re- belle aide les autres quand ils sont en difficulté... Quitte à devenir ri- dicule. Vous trouverez facilement la vidéo immortalisant ce moment sur YouTube.
3 Il réussit ses échecs.
En France, la notion d’échec ins- pire une peur quasi pathologique. Nous avons été habitués, éduqués, à faire bien et si possible du premier coup. Enfants de Descartes, nous sommes rationalistes.
L’expérience de la vie ne peut faire l’économie d’échecs. Échouer consiste à se confronter à une réali- té qui nous blesse, nous contraint à nous questionner et en tirer les en- seignements pour l’avenir. Échouer, c’est passer un diplôme pour réussir, se donner une chance de faire mieux la prochaine fois.
En résumé, se rebeller consiste à faire preuve de courage. Peter Druc- ker, pape du management du ving- tième siècle disait : « Chaque fois que vous voyez une entreprise qui réus- sit, dites-vous que c’est parce qu’un jour quelqu’un a pris une décision
un peu, beaucoup, passionnément ou pas du tout renvoie à une ques- tion de fond : faut-il se rebeller ? La réponse est : ça dépend.
Dans nos entreprises, nous fixons des cadres pour organiser l’appareil de production et codifier les relations au travail. L’objectif est que tout un chacun s’accorde a mi- nima sur une partition commune, préalable indispensable à une per- formance collective.
tif ?
1 Il est à l’aise avec l’inconfort.
Depuis juillet 2018, j’accom- pagne Christophe Urios, coach du Castres olympique et accessoire- ment champion de France de rug- by 2018.
En décembre dernier, son équipe perdait quatre matchs sur cinq. À cette époque, je m’attendais à trou- ver un entraîneur soucieux, ner- veux. Il n’en était rien.
Pourquoi ? Parce que, je le cite : « J’aime quand c’est dur, j’aime être dans l’inconfort. C’est dans ces si- tuations-là que je suis le meilleur et entre nous, manager c’est jouer son
Quand on pense rebelle, on
pense Lénine, Che Guevara ou
aux gilets jaunes qui font la ré-
volution et remettent en cause
l’existant sans s’embarrasser de
dommages collatéraux. Dans
nos organisations nous n’avons   rôle quand c’est difficile, non ? »
Se rebeller, c’est considérer que les
accidents sont sources d’inspiration   courageuse. » À vous de jouer. n
 ecoreseau.fr avril 2019 | 63
]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[   pratique
carrières & talents Cherche ingénieurs
désespérément
Les réponses des écoles
Même avec plus de 200 écoles d’ingénieurs, les entreprises peinent à trouver leurs jeunes collaborateurs. Une situation qui pousse les écoles à revoir leur copie et diversifier leur offre.
30mars, cette an-   d’ingénieurs ont aujourd’hui
   née. C’est jour de remise des di- plômes à l’École
plus de facilités à placer leurs diplômés que les business schools ! »
d’ingénieurs généralistes en
informatique et technologies
du numérique (Efrei) Paris.
Frédéric Meunier, son direc-
teur général, est satisfait. « 87 %
de nos diplômés sont déjà en
poste, six mois avant. Entre
cinq à sept offres d’emploi leur
parviennent, le marché est tel-
lement demandeur. Les écoles   pour mieux s’en convaincre : 92
Heu-reux, les directeurs d’écoles d’ingénieurs le sont tous: le marché fait les yeux doux à leurs jeunes diplômés. Peu importent les spécialités de leurs établissements – in- telligence artificielle, big data, aéronautique, mobilité intelli- gente... Un petit tour d’horizon
à 96 % d’ingénieurs en poste   France en 2019, 200 chez Elsys
 à la diplomation pour le Cesi (Campus d’enseignement su- périeur et de formation profes- sionnelle), avec quatre filières à la clé (généraliste, bâtiments et travaux publics, systèmes élec- triques et électroniques embar-
design... et pas moins de 1 750 chez Thalès. Avec un bataillon de 100 collaborateurs consa- crés au recrutement pour l’en- semble des activités du groupe (aéronautique, spatial, défense, sécurité et transport), une poli-
 “S’il n’y a pas de libéralisation
du marché, on n’ira pas plus loin” – Jacques Fayolle, CDEFI.
qués, informatiques). « Notre   tique dynamique d’accueil des
     secteur ne connaît pas la crise », se réjouit Morgan Saveuse, di- recteur des études. Le chiffre tourne autour de 87 % au sein de l’Eseo (École de la transfor- mation numérique), toujours avant de recevoir le fameux sé- same. Au Cesi, certains projets de fin d’études sont menés avec le statut d’un contrat à durée indéterminée. « Ce n’est plus le diplômé qui va chercher l’en- treprise, mais l’inverse », note Morgan Saveuse.
Et il n’y a qu’à lire aussi les très nombreux communiqués de presse des entreprises pour compléter le tableau et prendre le pouls du marché. Assystem recrute 1 500 ingénieurs en
stagiaires – pas moins de 2 000 chaque année –, Vincent Mattei ne se plaint pas de réelles diffi- cultés de recrutement. « Toute- fois, certains sites de la société sont en proie à des tensions, constate le directeur recrute- ment, mobilité et attractivité, notamment en Bretagne, dans les Pays de la Loire, à Cholet, Châtellerault ou bien encore Vendôme, par exemple. » Tha- lès a même tourné un repor- tage – format Kombini – pour vanter les mérites de la vie en Bretagne !
Et Xavier Olagne, direc- teur adjoint des Mines Saint- Étienne, de donner un conseil : « Aux entreprises de renouveler
  64 |
avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[   “36  275 ingénieurs ont été diplômés en 2017. C’est très insuffisant. Le marché est en capacité d’en absorber 15 000 supplémentaires” – Jacques Fayolle
nos ingénieurs destinés à notre marché intérieur.
Tout conduit à voir perdurer les tensions sur le marché, avec un taux de chômage des ingé- nieurs aux alentours des 3 %. On peut parler de plein-emploi. « On a rencontré les multiples branches professionnelles, pré- cise Jacques Fayolle, directeur de Télécom Saint-Étienne et président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI), les be- soins de cadres et d’ingénieurs sont extrêmement importants. Ils exigent d’investir davan- tage dans les jeunes. » 36 275 ingénieurs ont été diplômés en 2017. C’est très insuffisant. « Le marché est en capacité d’en ab- sorber 15 000 supplémentaires, souligne Jacques Fayolle. Une vraie problématique de masse se pose, avec des transitions numériques, énergétiques et écologiques à négocier. Et c’est sans compter les segments de niche que sont les biotechno- logies, par exemple. Certes, les volumes d’emplois sont variés,
plus limité aussi. Résultat : là aussi, la baignoire a du mal à se remplir. »
Vers un boom
des effectifs ?
Le campus des Mines de Saint- Étienne – institution de plus de 200 ans, qui dispense six cursus d’ingénieur – compte aujourd’hui 2 000 étudiants. Ils étaient 1500 il y a cinq ans. Et « l’objectif est d’atteindre des effectifs de 2 400 à l’horizon 2022, confie Xavier Olagne, di- recteur adjoint. Croître signifie aussi doper notre rayonnement. Ce mouvement est pleinement encouragé par notre tutelle, qui est aussi le ministère des entre- prises. » Olivier Paillet, direc- teur général de l’Oseo, parle de « mesure radicale » avec le dé- veloppement d’un troisième site à Dijon, après Angers et Vélizy, et le doublement des effectifs (pour atteindre les 400 étu- diants par promotion). À l’EIG- SI, les effectifs ont crû d’une centaine d’étudiants en dix ans, de 120 à 220. Et un bâtiment de
carrières & talents
pratique
        leurs techniques d’approche. Les jeunes ne sont pas prêts à céder à toutes les sirènes, trop directes, trop “bateau”. Ils connaissent les besoins et portent un regard lucide sur la situation du marché. »
met facilement en route. » Or,
avec des besoins estimés à plus
de 50 000, la Suisse traverse
une mauvaise passe. Allemagne
et Belgique sont confrontées
à une même pénurie. Toutes
tranches d’âge confondues,
133 000 ingénieurs français
exercent hors des frontières.
Chez les moins de 30 ans, ils
sont 17,7 %, et essentiellement
en Europe (11,2 %), d’après les
statistiques de la Société des
ingénieurs et des scientifiques
de France (IESF) – parue en
juin 2018. L’Oncle Sam en attire
3,5 % aujourd’hui. Ce chiffre
pourrait augmenter en raison
du grade de master récemment
accordé par les États-Unis au
titre d’ingénieur français. De
tionnel, l’ingénieur français se   quoi siphonner le réservoir de   mais le nombre de formés est
La cote du « french engineer »
Et puis, voici l’appel de l’étran- ger. « Le modèle tricolore, rap- pelle Sylvain Orsat, directeur de l’École d’ingénieurs généra- listes – EIGSI – de La Rochelle, composé de connaissances scientifiques de haut vol, de soft skills et d’une réelle culture d’entreprise, est reconnu hors des frontières pour sa grande capacité d’adaptation. Opéra-
  ecoreseau.fr avril 2019 | 65
]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[  pratique
carrières & talents
          4 000 m2 va sortir de terre en 2021 ou 2022 pour accueillir au final 300 étudiants. Depuis 1990, les écoles ont enregistré une croissance de plus de 150 % de leurs effectifs, dixit l’IESF (ingénieurs et scientifiques de France). Les écoles privées en- registrent la plus forte augmen- tation, avec des effectifs qui ont triplé en 27 ans. Pourtant, c’est encore insuffisant. Deux obstacles entravent un véritable boom des effectifs.
Pour le combattre, le Cesi ouvre ses portes aux lycéens, un à trois jours, pour une véritable immersion.
Le deuxième : la question comporte également une di- mension financière. Les écoles publiques ne sont pas libres de fixer leurs droits d’entrée. « On ne peut pas avancer, martèle Jacques Fayolle, sans traiter la question des droits d’inscrip- tion extracommunautaires et communautaires. S’il n’y a pas de libéralisation du marché, on n’ira pas plus loin. »
La balle est dans le camp du ministère de l’Enseignement supérieur ! Et si les moyens ne suivent pas, les directeurs pointent le risque de voir la qualité de l’enseignement se dégrader, faute d’encadrement. « C’est une question d’équi- libre entre qualité et quantité, souligne Xavier Olagne, il faut
devant les étudiants. »
Une autre idée qui fait son che-
min chez les directeurs d’écoles d’ingénieurs : le développement de l’apprentissage. Une formule qui séduit 15 % des étudiants aujourd’hui, mais qui devrait progresser. Accessible après un BTS, DUT ou une licence, le cursus en apprentissage permet de diversifier les profils « livrés » sur le marché de l’emploi, encore plus opérationnels.
Bac+3versusbac+5
Les entreprises françaises ont- elles trop le « réf lexe ingé- nieur » ? Trop facilement, et pas toujours à bon escient ? Voici quelques années, le sujet était tabou. Les langues se délient. « Parfois, nos ingénieurs sont surqualifiés – c’est vrai – par rapport aux missions qui leur sont confiées, déplore Olivier Paillet, de l’Eseo. Les entre- prises n’ont pas les bacs + 3 dans leurs écrans radars. Or, il y aurait peut-être la place pour 5 000 à 10 000 recrutements à ce stade-là. » Vincent Mattei ne dément pas. « C’est une ré- f lexion menée actuellement, on va pouvoir faire plus de volume d’embauches à bac + 3. »
Dès 2016, quelques écoles se sont lancées sur le segment du bac + 3, en emboîtant ce faisant
le pas aux business schools qui, devant le succès des licences professionnelles de l’universi- té, s’étaient engouffrées dans la brèche... juteuse (6 000 à 8 000 euros par an). Pêle-mêle, Po- lytechnique, Ensam, Centrale Nantes, EPF, Esilv ont essuyé les plâtres, avec des formats divers et variés d’un établissement à un autre. L’X mise sur un pur produit international, dispensé uniquement en anglais et profi-
lé recherche,
quand l’École nationale s u - périeure des arts et métiers (Ensam) cible les bacheliers technologiques. Et l’Institut Mines Télécom opte pour un bachelor orienté tran- sition numérique dans l’in- dustrie. Isae-sup aéro joue la carte de la prudence. « Est-ce une bonne ou une mauvaise réponse aux attentes du mar- ché ? s’interroge Evelyne Rebut, directrice des relations entre- prises et du mécénat. Le sujet est compliqué. Nous sommes
en études. »
Un point retient les écoles
d’aller massivement sur le cré- neau de la formation « de petits ingénieurs », pour reprendre les propos de Frédéric Meu- nier. Délivrer une licence reste une prérogative des universités. C’est écrit dans le marbre. Fin mars 2019, les bachelors sont des diplômes d’établissement, non estampillés par l’État. Ou plutôt étaient. Dans les jours à venir, le verrou devrait sauter. « Il ne reste plus longtemps, précise non sans plaisir Jacques Fayolle, à la tête de la CDEFI. Un faisceau d’indices plutôt concordants se fait jour. » Et déjà, Élisabeth Crépon, qui pilote la Commission du titre d’ingénieur – la gardienne du temps en quelque sorte –, se met à la disposition de l’État. « Si ces formations avaient ten- dance à s’imposer, la question de la qualité se poserait. La CTI dispose d’un savoir-faire. Et le référentiel du bachelor existe déjà au plan européen, avec le label Eur-ace. » Y’a plus qu’à... MUriEllE WOlSKi
Le premier : « Quand bien
même doublerions-nous le
nombre de places offertes, pré-
vient Frédéric Meunier, Efrei,
nous serions confrontés à la
faiblesse du nombre de candi-
datures. Trop peu de jeunes se
dirigent vers les carrières scien-
tifiques. Et c’est encore plus
vrai chez les jeunes femmes. »
Le désamour des jeunes pour
les sciences n’est pas nouveau.   pouvoir mettre les enseignants
“Les entreprises n’ont pas les bac + 3 dans leurs écrans radars. Or, il y aurait peut-être la place pour 5 000 à 10 000 recrutements à ce stade-là” – Olivier Paillet, Eseo.
      66 | avril 2019 ecoreseau.fr
 ]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[                    LMedia 540072139Paris
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   ]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[  vie privée
par christophe combarieu
Journaliste & producteur, Présentateur sur BFM Paris et LCP-AN la Chaîne Parlementaire
théâtre
rémi larrousse
Une plongée dans l’univers du mentalisme et de l’illusionnisme
avec Rémi Larrousse! Il décortique nos rêves et nos fantasmes les plus enfouis dans notre subconscient !
Il transforme son public en un véritable vivier de cobayes et procède à une multitude d’expériences mentales en tout genre,
rythmées par de mystérieux métronomes... Un monde onirique dans lequel il nous transporte, et c’est tout simplement bluffant ! Une mise en scène formidable pour un voyage poétique et hors de l’espace-temps! Les rationnels et les sceptiques devront bien se faire à l’idée que les phénomènes inexplicables, ça existe. Hypnotique !
Les songes d’un illusionniste de Rémi Larrousse en ce moment au Théâtre Lepic (Anciennement Ciné 13)
Marc Jolivet
L’appel de la scène était trop fort pour cet incroyable fantaisiste qui aura tout fait ! Il est de retour, mais cette fois en famille avec Camille Jolivet, sa fille avec qui il forme un tandem à la fois tendre
et drolatique. Un spectacle riche en sérotonine, un concentré de bonne humeur où sketchs et parodies forcent aussi à réfléchir sur le devenir de notre planète. De la remise du César du meilleur dictateur à son bilan carbone impeccable,
Marc Jolivet nous livre un nouveau spectacle éclectique et généreux. Pari gagné pour ce clown mélomane aux
45 ans de carrière, fidèle à lui- même et débordant d’énergie. Dans la galaxie des humoristes, Marc Jolivet reste définitivement un phénomène à part.
ADN de Marc Jolivet – Au Théâtre de Tour Eiffel jusqu’au 21 avril.
68 | avril 2019 ecoreseau.fr
culture & co opéra
    Carmen
  Nà La Bastille
ul n’est prophète en son pays puisque Paris est, éton- namment, l’une des capitales où Carmen, le chef- d’œuvre de Bizet, est le moins souvent proposé. En ce mois d’avril, il prend donc sa revanche avec une
production qui a accompli un tour du monde triomphal de- puis 18 ans, signée du metteur en scène espagnol Calixto Biei- to. Il a décidé d’écarter toutes les espagnolades habituelles et de placer l’action dans une Espagne franquiste des années 1970, avec un décor très sombre et épuré, et des costumes militaires austères. Roberto Alagna, qui participera à quelques représen- tations, estime d’ailleurs que c’est la mise en scène la plus fidèle à l’esprit de Bizet. Soit! Une vision qui a exclu toute mièvrerie: cette fois, on ne badine pas, les hommes sont machos et vul- gaires et Carmen, elle est la place de la femme, elle incarne toutes les femmes et clame haut et fort sa soif de liberté. n Opéra-Bastille, du 11 avril au 23 mai.
    22,27
ciné
Salauds de pauvres
L’homme est lâche, cruel et asser- vi à des règles par une société qui marche sur la tête. Voilà le constat de départ de douze auteurs, de Patrice Leconte à Christophe Alé- vêque, en passant par François
Le vent de la liberté
1979, Allemagne de l’Est, deux familles se lancent dans une aventure hors du commun. En pleine guerre froide, et pour fuir la RDA, la seule solution semble être la construction d’une montgolfière, de la façon la plus artisanale qui soit, et dans le secret le plus
total. La nuit du départ, tout ne se passe pas comme prévu et le ballon s’échoue à deux pas de la frontière. Comment alors s’envoler vers la liberté ? Traqués par les agents de la Stasi, dans un style de chasse à l’homme à la Matrix, l’incroyable épopée de nos héros va s’avérer à haut risque. Un film à la tension palpable, un récit fantastique mais tiré d’une histoire vraie. Sortie en salles le 10 avril
millions d’entrées enregistrées par les salles de cinéma de l’hexagone en février. Une fréquentation en léger recul malgré la sortie de Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu qui frôle les
6 millions d’entrées.
  Rolin et l’humoriste Giedré. Une véritable claque sous forme de pamphlet anticonformiste, irrévé- rencieux à souhait, sur une frac- ture sociale dont nous sommes les premiers responsables. Réalisé sur
le modèle du film à sketchs, le riche n’a plus de tabous, le pauvre est as- sumé et les rôles s’inversent... Un bijou de comédie agrémenté d’un casting cinq étoiles.
Sortie en salles le 17 avril
Tanguy, le retour
Souvenez-vous, en 2001, Tanguy avait 28 ans et squattait chez ses parents qui n’en pouvaient plus. Ils ont fini par s’en débarrasser...
Mais le voilà de retour! Alors qu’en
moyenne un jeune Français quitte
le foyer familial à l’âge de 26 ans,
Tanguy, 44 ans, refait surface dans le
quotidien tranquille et apaisé de ses
géniteurs en mal de liberté! Et quand
il débarque avec sa fille de deux ans
après avoir été quitté par sa femme,
rien ne va plus! Paul (André Dussollier) et Édith (Sabine Azéma), en tentant de lui remonter le moral, ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de se ré-emprisonner avec un fils totalement à la ramasse: hilarant ! Sortie en salles le 10 avril
   ]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[  culture & co
vie privée
Guys and Dolls
Habituellement présenté au Châtelet, l’univers de Broadway s’empare à nouveau de la capitale, mais au Théâtre Marigny, avec une œuvre phare de l’âge d’or du musical américain: Guys and Dolls (1950)! Adapté au cinéma en 1955 avec Brando et
Sinatra, sorti en France sous le titre Blanches colombes
et vilains
messieurs, il
reprend les bases du chassé- croisé amoureux où la bande
des jeunes missionnaires de Save-a-Soul (l’équivalent de l’Armée du Salut) s’acoquine avec celle des truands new-yorkais! Une confrontation sociale à son apogée, dans un tourbillon de rythmes effrénés! Couronné par cinq Tony Awards outre-Atlantique, voilà un spectacle majestueux, un dépaysement total garanti au cœur du Time Square de l’époque. Tout est parfait: Paris n’est plus Paris, New York est à nos pieds!
Mis en scène par Stephen Mear, au Théâtre Marigny jusqu’au 27 juillet
exposition
Collection Courtauld
Samuel Courtauld fut un grand collectionneur et industriel britannique, décédé à 71 ans en 1947, et qui voua durant toute son existence, un culte à l’art. Au point de créer, en 1932, le Courtauld Institute of Art et la fameuse Courtauld Gallery à Londres. Le temps d’une exposition unique, la Fondation Vuitton rend possible d’admirer une partie
de cette collection
privée, composée
de certaines toiles
parmi les plus
emblématiques
de la période
impressionniste, ce qui n’avait pas été possible depuis plus de 60 ans ! Au détour des 110 toiles présentées, quelques incontournables des
xixe et début du xxe siècles, de Seurat, de Gauguin, de Pissarro, l’Autoportrait à l’oreille bandée de Van Gogh, les Joueurs de cartes de Cézanne, ou encore le bar
aux Folies Bergères de Manet. Cerise sur le gâteau, une dizaine d’aquarelles signées Turner. Jusqu’au 17 juin. Fondation Louis Vuitton, Bois de Boulogne, 8 avenue Mahatma Gandhi, 75016 Paris.
ecoreseau.fr avril 2019 | 69
 5
cd
le bon vieux 33 tours serait-il de retour? Et comment! le chiffre d’affaires du vinyle a été multiplié par 5 en 5 ans, et 30 % des acheteurs de « galettes noires » ont moins de 30ans!
     dvd
Cold War
Ede Pawel Pawlikowski
n pleine guerre froide des années 1950, entre
la Pologne stalinienne et le Paris bohème, se noue un amour impossible entre une jeune chanteuse rebelle et un musicien de jazz épris de liberté. À
la fois sombre et éclatant, aux images noir et blanc proches des photos Harcourt, le film, d’un réalisme poétique rare, a largement mérité son prix de la Meilleure mise en scène lors du dernier Festival de Cannes. Une somptueuse ba- lade aux faux airs de drame romanesque. n Diaphana
les Chatouilles d’Andréa Bescond
La petite Odette n’a que 8 ans. Elle est la joie de vivre incarnée, donc elle n’a, à aucun moment, à se méfier d’un ami de la famille qui lui propose de « jouer aux chatouilles ». Andréa Bescond réussit le tour de
force de réaliser un grand film populaire tout en traitant d’un sujet terriblement lourd. Une mise en scène énergique et sans pathos, à la fois troublante
et glaçante. Deux prix (dont un pour Karin Viard) et trois nominations aux derniers César pour ce film d’une rare sensibilité, aux élans vitaux salvateurs. Orange Studio
Brahms
par Geoffroy Couteau
On le présente comme l’un des « dix pianistes stars de demain » : Geoffroy Couteau, qui avait fait sensation avec une intégrale
de l’œuvre pour piano seul de
Brahms, continue son exploration passionnante du compositeur
allemand. Cette fois, c’est en
compagnie du Quatuor Hermès
qu’il s’attaque à sa musique de
chambre avec piano. Et là encore,
c’est une claque monumentale qu’il inflige à tous ceux qui pensaient qu’un jeune Français ne pouvait pas rivaliser avec Argerich ou Brendel dans ce type de répertoire. Car ce n’est évidemment pas un hasard si, en 2005, il remportait d’ailleurs le premier prix du Concours Brahms ! Une nouvelle odyssée musicale passionnante pour ce chef de file du piano mondial. La Dolce Volta
lang lang: Piano Book
Porte-parole emblématique de la
génération actuelle de virtuoses
venus d’Asie, Lang Lang is back,
dans les bacs des disquaires, et
avec Bach (entre autres): un Piano
Book indispensable, où, à défaut de faire figure d’album de « piano pour les nuls », sont surtout réunis tous les morceaux qui lui ont donné envie de devenir musicien. Il faut reconnaître que sa réputation n’est pas usurpée: même
le grand Daniel Barenboïm en est bouche
bée, lui qui le considère comme « un poète du clavier aux facilités stupéfiantes ». Des Chopin, Schubert ou Debussy aux sonorités de bronze, larges, puissantes, mais aussi délicates! Deutsche Grammophon
Bach par Renaud Capuçon
Quelques années déjà que Bach est l’un
des chevaux de bataille de notre archet national n° 1. Il faudrait d’ailleurs montrer
de la mauvaise foi pour ne pas trouver à Renaud Capuçon des qualités violonistiques exceptionnelles. Adoubé il y a des années par Claudio Abbado ou Martha Argerich,
en passant par les Philharmoniques
de Vienne ou de Berlin, il reçoit le
plébiscite du monde entier pour
son enthousiasme, sa finesse, mais
aussi sa discrétion. Sans oublier de
très belles sonorités, qu’il partage
aujourd’hui avec le pianiste David Fray. Ensemble, ils nous offrent une lecture croisée de Bach toute en finesse, à la fois puissante, sensible et fulgurante.
Erato-Warner Classics
      ]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
essais autos
 Le best-seller de Ford fait tôle neuve. La 4e génération de Focus gagne en élégance et en sportivité tout en ménageant sa dimension familiale avec un habitacle spacieux et confortable et un équipement de nouvelle technologie
Ctrès généreux.
’est une rivale de poids pour la Peugeot 308 et surtout pour la Renault Megane avec laquelle elle
fait jeu égal tant sur le plan de l’es- thétique que du plaisir de conduite. La nouvelle Ford Focus de 4e géné- ration a mis la barre assez haut au nom d’un design profondément re- manié qui lui donne une nouvelle
élégance et un zeste de sportivité, notamment dans cette version ST line au châssis abaissé de 10 mm. Plus longue (2 cm) et plus basse que le précédent modèle, la Focus 2019 est spacieuse et particulière- ment bien équipée. Le best-seller du constructeur américain (7 mil- lions d’exemplaires vendus en Eu- rope en trente ans) fait le pari d’une
fiche technique
 Modèle essayé
 Ford Focus ST-line 5p 1,0 l EcoBoost 125 ch Bva8
 Tarif
 Àpartirde25400€
 Tarifs gamme essence
 de 19550 à 31250 €
 Tarifs gamme diesel
 de 22150 à 32450 €
 Une nouvelle ambition
réelle montée en gamme dans cette catégorie des compactes familiales en proposant des équipements technologiques avancés comme le régulateur de vitesse adaptatif combiné à la technologie Stop & Go, qui rend la voiture partielle- ment autonome dans les embou- teillages. Disponibles également la reconnaissance des panneaux de signalisation, le maintien dans la file, des phares adaptatifs full led anti-éblouissement capables d’ajuster l’angle et l’intensité du faisceau lumineux dans les virages. Mais aussi un système de station- nement automatique, quoique pas très ergonomique. Enfin, la Focus est la première Ford en Europe à recevoir l’affichage tête haute.
Côté plaisir de conduite, la Focus
se distingue également avec une tenue de route remarquable et une polyvalence mécanique à toute épreuve. Le « petit » moteur trois cylindres ecoboost de seulement 125 chevaux fait merveille, couplé à l’excellente nouvelle boîte auto à 8 rapports, même s’il se montre un peu gourmand. Le constructeur propose du reste une large gamme de moteurs avec deux autres blocs essence 1 litre ecoboost (en 85 et 100 ch), un nouveau moteur es- sence 1.5 ecoboost (150 et 182 ch), un bloc diesel 1.5 EcoBlue (en 95 et 120 ch), un tout nouveau moteur 2 litres de 150 ch, sans oublier l’ar- rivée du nouveau moteur EcoBoost 2.3 l de 280 ch, le plus puissant ja- mais proposé sur une Focus ST.
pour la Ford Focus
 le Kia Sportage (déjà) au lifting
Deux ans seulement après son apparition, la
4e génération du SUv compact coréen est déjà restylée. au programme, une face avant embellie, de nouveaux équipements et un nouveau moteur diesel.
Le champion des ventes de Kia à l’échelle planétaire
(5 millions de Sportage produits en 25 ans) n’a certes plus grand-chose à voir avec son ancêtre apparu en 1993. La 4e génération de ce SUV compact, rival des Peugeot 3008, Renault Kadjar et autres Seat Ateca, Nissan
Qashqaï ou Volkswagen Tiguan, est restylée deux années seulement après son apparition sur nos routes. Le lifting est surtout visible de l’avant avec un
« visage » redessiné plus en rondeur (bouclier, nouveaux inserts chromés entre les antibrouillards, nouvelle grille de calandre, nouveaux projecteurs « full LED »). Dans l’habitacle, la remise à jour est encore plus légère (nouveau volant, combiné des instruments modernisé...), mais c’est surtout par
l’offre d’équipements que le Sportage se renouvelle
notamment pour les technologies d’aide à la conduite (régulateur de vitesse adaptatif, freinage d’urgence autonome, maintien dans la file, détection de trafic arrière...). Un regret pourtant, l’absence d’affichage tête haute et de système de stationnement automatique.
Côté mécanique, Kia propose un nouveau moteur diesel
1,6 litre disponible en 115 ou en 136 ch que le constructeur présente comme « le plus vertueux » qu’il ait jamais construit avec des émissions
minimums de 123 g
de CO2 au km couplé à la boîte automatique à double embrayage DCT 7 avec deux roues motrices. Cet attelage offre un excellent compromis et procure un réel plaisir de conduite aussi bien en ville que sur de longs trajets.
fiche technique
Modèle essayé
 Kia Sportage 1,6 l CrDi 136 Cv 4X2 DCT7 GT line Premium
 Tarif
 Àpartirde37900€
 Tarifs gamme essence
 de 28890 à 37990 €
 Tarifs gamme diesel
 de 29890 à 39790 €
  70 | avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[ l’art du temps
vie privée
 horlogerie & joaillerie
Br 03-92 bi-compass, du cockpit au poignet
Dans sa recherche de la montre utilitaire idéale, Bell & Ross s’est
détaché des codes de l’horlogerie traditionnelle dès 2005 avec
une idée simple : transformer l’horloge du cockpit d’un
avion en montre-bracelet. Pour une lisibilité optimale, les graduations des heures et des minutes ont été séparées
sur deux niveaux : les minutes en beige à l’extérieur
et les heures en vert sur le cadran central.
3 500 € www.bellross.com
Marine Mega Yacht d’Ulysse
Nardin
Larguer les amarres est toujours une invitation au voyage. Celui proposé par Ulysse Nardin offre de prendre
le cap d’une horlogerie inventive où la belle mécanique s’appréhende comme un jeu cinétique mêlant technicité de haut vol et émotion océanique. Ce modèle édité à seulement 30 exemplaires, est régulé par un tourbillon volant doté d’une cage inspirée d’une hélice de dernière génération.
310’000 USD www.ulysse-nardin.com
   MW and Co, une montre française
unique, design & techno !
 Ce n’est pas qu’une question de design : cette montre offre des développements techniques totalement
inédits. L’élément le plus singulier de cette technique d’avant-garde est l’usage de cornes à vérins, capables de s’ajuster au plus près au poignet. Le chronographe flyback offre la possibilité d’effectuer des chronométrages successifs et rapides sans remise à zéro. L’Asset 2.1 est une série limitée strictement à 20 exemplaires.
12 000 € mwandco.com/fr/
Junghans, l'élégance bleu
nuit
La Meister Kalender se présente cette
année dans un style italien chic. La combinaison harmonieuse du bracelet
en cuir couleur cognac et d'un cadran
bleu foncé est l'une des combinaisons
de couleurs les plus réussies de la
collection. L'attention portée aux détails
se reflète dans le design du disque lunaire,
qui est créé dans l'atelier d’impression
maison : L’observateur attentif pourra découvrir une étoile Junghans sous les corps célestes.
Rado True
Thinline Gem
 1 990 € www.junghans.de
Ouije m’Abonne et je reçois L’actu éco
En associant un verre saphir facetté, une technologie
que Rado utilise depuis 1962, coupé de façon à ressembler
à un énorme diamant avec un cadran en relief texturé qui rappelle les nombreux objets
en porcelaine créés parla designer Inma Bermudez, la True Thinline utilise un jeu unique d'absorption, de réflexion et de réfraction de la lumière afin de créer une illusion de profondeur et d'épaisseur dans cette montre révolutionnaire
la plus fine de la marque dont le boîtier ne mesure que 5 mm d'épaisseur. Edition limitée de 1 001 exemplaires.
2 340 € www.rado.com/int_fr
Limited Edition
    Bulletin d’abonnement à compléter et à retourner avec votre règlement par chèque à l’ordre de LMedia à l’adresse suivante : LMedia, Abonnements EcoRéseau Business, 13 rue Raymond Losserand 75014 Paris
                   MADAME
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1 AN - 10 NUMÉROS (39 €)
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 ERBS59
    1an
os (10n )
39€
au lieu de 45 € soit
1 numéro offert
2 ans
os (20n )
75 €
au lieu
de 45 € soit
3 numéros offerts
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LMedia 540 072 139 Paris
    Délai de réception moyen du premier numéro : 6 semaines environ. DOM-TOM et étranger : nous consulter (abonnement@lmedia.fr). Les informations ci-contre sont indispensables à l’installation de votre abonnement. A défaut, votre abonnement ne pourra pas être mis en place. Par notre intermédiaire, vous pouvez être amenés à recevoir des propositions de partenaires commerciaux d’EcoRéseau Business. Si vous ne le souhaitez pas, cochez la case ci-contre
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 ecoreseau.fr avril 2019 | 71
]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
  bien-être
Merveilleuse lotion Odaïtès
Pure Merveille restaure la barrière hydrolipi- dique et élimine en douceur les impuretés sans déshydratation. La parfaite combinaison de jus frais d’Aloé véra, d’eau de fleur d’oranger distillée à la vapeur et de glycérine végétale permet de préserver l’intégrité du film hy- drolipidique, c’est-à-dire restaurer l’équi- libre entre les deux phases aqueuse et lipi- dique, maintenir son pH naturel et préserver les acides aminés et les bons lipides.
DHC Make-Up, l’expert
en beauté japonaise
DHC, devenue la
marque incontournable du démaquillage à
la japonaise grâce
à l’iconique Deep Cleansing Oil, lance
sa gamme make-
up composée d’un mascara, d’un eye-liner, d’un sérum pour les
cils et d’un baume à lèvres. La pointe haute précision du Liquid Eyeliner DHC glisse sur la paupière pour un tracé ultra-précis.
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carnations, pour révéler un teint naturel même sans maquillage. Agréable à
l’application, il fond sur la peau sans laisser de traces pour un fini naturel, léger et mat. Enrichi en Acide Hyaluronique et en Aloé Véra, Sun Ceutic 50+ hydrate intensément votre peau et l’apaise.
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 Showroom Égalité
Showroom, store, mais aussi café, Égalité est un lieu hybride présentant – et représentant
– depuis novembre 2018, une sélection pointue et accessible de marques françaises mode, lifestyle, mais aussi food. Pensé comme un laboratoire, cet espace accueille maroquinerie cuir et bois, vêtements unisexes tissés main, bijoux consommables, gourmandises royales et autre mobilier imprimé 3D sur 300 m2 au 26 rue Poissonnière à Paris. www.egalit3.fr
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Issu de l’ingénierie sans fil et sans armature, le 3W Skin
Bra est Le nouveau soutien- gorge ultraléger de chez Wolford. Cette innovation technologique d’une seule pièce est ornée de bandes de silicone appliquées directement sur le tissu pour garantir un maintien absolu. Pour un toucher ultra-doux, ces lignes sont revêtues d’un flocage effet velours.
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Marie-antoilette, tellement
« rockabilly »
Marie-Antoilette s’adresse aux femmes
à la recherche d’une pièce originale forte pour pimper leur dressing. La collection
« Rockabilly » rend hommage aux années 1950 et puise son inspiration dans les œuvres composites des peintres avant-gardistes. Les graphismes pleins d’humour et de mystère s’adaptent à toutes les morphologies. Notre coup de cœur, les collants Vénus :
la charmante pin-up ne passe pas inaperçue sur les gambettes, elle provoque !
33 € www.marieantoilette.net
   Atelier Clotilde Ranno, fabuleux
pantalons
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 72 |
avril 2019 ecoreseau.fr
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rabat, side adjusters,
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et surpiqûres, poches
américaines à
barchetta... Pantalons
casual, chinos, pantalons
à pinces... les possibilités sont vastes. Vous pourrez également découvrir un large choix de tissus dans l’atelier situé à Paris Opéra. Le tarif de ce modèle est de 650 €. Sur RDV : 5 rue du Helder, 75009 Paris www.clotilderanno.com
]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[ évasion
Monumental Palace,
Douceur de vivre au Dolce Frégate Provence Resort
Ce 4 étoiles Dolce de 100 chambres et 63 appartements, à
20 minutes à pied de la mer, entre Toulon et Bandol, vous immerge dans l'art de vivre à la provençale : une cuisine authentique à travers son restaurant gourmet Le Mas des Vignes, sa brasserie La Restanque et leurs plats créatifs & copieux, dont certains ingrédients proviennent de l’AMAP des Olivades, la première à s’être installée en France. Vous dégusterez les meilleurs vins de la région, notamment au Domaine de Ray Jane, qui vous offre aussi la plus incroyable des visites à travers le temps avec 14 000 objets de collection. Savourez une vue imprenable sur la mer Méditerranée, et laissez vous tenter par les deux parcours de golf verdoyants. Les curieux & courageux s’initieront à la vie des abeilles avec l’apiculteur Cyril Antunes, un moment unique ! www.dolcefregate.com/fr
l’art du temps
vie privée
sublime 5 étoiles à Porto
Derrière la façade néogothique, ressuscite le passé glorieux de la ville portugaise. Le décor swingue entre Art Nouveau et Art Déco et ose le grandiose. Le chef étoilé français Julien Montbabut régale les papilles. Vivez une parenthèse de sérénité au Monumental Nuxe Spa. Un séjour unique.
www.maison-albar-hotels-le-monumental-palace.com
Cinq Codet, élégant « esprit rive Gauche »
Le Cinq Codet est un hôtel 5 étoiles, situé entre la Tour Eiffel et le Musée des Invalides. C’est un lieu auquel on ne s’attend pas, un bâtiment des années 1930, rare et surprenant. L'art vient s’y mettre en scène avec une collection de tableaux contemporains uniques évoquant le Musée Rodin tout proche. Chaque chambre a été décorée de façon à ressembler à la suite d’un artiste ou d’un collectionneur. Le bar et le restaurant invitent à un délicieux moment gourmand et feutré. 5 rue Louis Codet 75007 Paris lecinqcodet.com/fr/
Epako Safari Lodge, Omaruru, Namibie
Le Epako Safari Lodge, qui vient de rejoindre les Relais & Châteaux, allie le raffinement d’un hôtel de luxe à la beauté brute de la faune. Bienvenue sur les terres des San, dont la présence peut être détectée autour du lodge au travers de leurs peintures rupestres. Observez une étonnante variété d’animaux sur les 11 000 hectares de la réserve : rhinocéros blanc, léopard, hyène tachetée, et oiseaux aux couleurs vives. www.epako.com.na/home/
ecoreseau.fr avril 2019
| 73
]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
 champagnes
Graphic Ice Rosé
de Nicolas Feuillatte
C’est un champagne original au fruit intense, très rafraîchissant et qui s’affranchit de tout classicisme. Une framboise mûre, un quartier de
clémentine, d’orange ou de mangue lui suffisent. C’est un champagne simple, enjoué, gourmand, qui résonne d’un fruit intense et d’une fraîcheur idéale. L’assemblage tonique et gourmand lui donne un
parfum irrésistible. Graphic Ice Rosé est à servir frappé ou sur glace, pour exalter son fruit claquant.
35 € www.nicolas-feuillatte.com
Champagne François Lecompte
Un nez boisé vanillé, pain toasté, abricot, miel, beurre, noisette grillée, coing, pain d’épice, pêche blanche, cassis, nougat.
Un ensemble finement cousu au travail sous
bois qui donne de la patine crémeuse et beurrée. Dosage soigné pour une finale fondante, saline et séductrice. 19,80 € www.champagne-lecompte.fr
Champagne Déhu Père & Fils Cuvée Tradition – Extra Brut
Au nez, on distingue des notes de pomme, amande, miel d'acacia, pêche, aubépine, ananas rôti, orange, mangue,
prune, figue.
Le milieu de bouche est orchestré par une minéralité
argilo-calcaire qui confère du volume fruité, de la mâche, de la franchise et de la salinité. Une finale gourmande
et saline relevée d'un fruité exotique flatteur. 19 € www. champagne-dehu.com
Champagne Dominique Crété & Fils
L'olfactif : Brioche, citron, poire, fleur d'aubépine, noisette fraîche, orange, fruit de la passion, pêche, coing.
Une attaque souple et fraîche, une effervescence crémeuse et fondue, une matière fruitée et pulpeuse soutenue par une acidité citronnée intégrée. Le milieu de bouche orchestré par une minéralité crayeuse confère de la franchise, de
la salinité et de l'allonge au palais. Une finale fondante et accessible. 15,50 € www.champagne-dominique-crete.com
Champagne Chassenay d’arce rosé brut
Chassenay d’Arce est une Maison de Vignerons installée au cœur de la Côte des Bar, « l’autre haut lieu du
champagne », là où le Pinot Noir domine largement la production. Nez complexe, floral violette, fruité fruits
rouges et fruits confits, finement épicé. Bouche souple, harmonieuse entre fruits rouges et noirs et suavité.
26,90 €. www.chassenay.com
Fleur de Meunier Brut nature 2012
Son nez est expressif et rafraîchissant sur des notes de confiture de mirabelle, de raisin, de zeste de pamplemousse et d'amande. La bouche est ample et fraîche avec une belle effervescence soyeuse. Elle présente un joli fruité de fruits confits, de noyaux de prune et de cerise, d'agrumes, souligné d'une touche minérale en finale. Atypique, pur et aérien!
42,90 € www.champagne-beaumont.com
     Champagne Th. Petit Cuvée
 Brut Grand Cru
On apprécie au nez, miel d'acacia, mimosa, citron confit, poire confite,
pêche, noisette grillée, iode, mirabelle, ananas rôti, framboise,
miel, réglisse.
Un champagne de caractère exprimant de la précision fruitée
et une finale gourmande à matières sèches tactiles et
savoureuses. 16,70 € www.champagnethpetit.com
 74 |
avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
   vins
le K d’Eole 2016
Château
 Clos La Gaffelière Saint-Émilion
Ce 100% Carignan issu de vieilles vignes de plus de 50 ans d’âge est un vin de caractère, élaboré les années où les vieux carignan aux rendements anecdotiques se suffisent. Fort de sa typicité, de son corps et d’esprit, surprenant par l’intensité de son fruit, aux tanins soyeux et d’une belle tension, il offre généreusement son accent du midi avec ses notes de violette et cassis
mûr. Servi entre 16 et 18°, il
aime particulièrement le gigot d’agneau, les gibiers à plumes, les volailles goûteuses. 40 € www.domainedeole.com/nos-vins
Rouge 2017 – AOP
Cette cuvée (90 % grenache, 5 % syrah et 5% carignan) se pare
d’une belle robe grenat dense ; le nez révèle des parfums fruités de griotte, cassis et
framboise, tandis que la bouche est soyeuse et ample portée par des notes de fruits rouges et de réglisse. Témoin
de sa région sous l’influence du micro-climat favorable et du mistral, c’est un vin
généreux qui se déguste avec un carré d’agneau, un filet mignon de porc au curry ou encore un fromage aux noix. 9 € www.via-caritatis.com/vox-caritatis/
Grand Cru
Issu d’un assemblage de
55 % merlot noir et 45 %
cabernet- sauvignon,
Château Lalande-Borie
2016 présente une robe
grenat foncé. Son nez
dévoile une attaque fruitée,
puis des arômes de pruneaux
et une note de bois bien intégrée. La bouche offre une structure ample avec une longue finale. 25 €
Issu à 90 % merlot et 10 % cabernet franc, Clos
La Gaffelière 2015 présente une robe à la couleur sombre et intense. Il s’en exhale des notes fruitées de baies noires, d’arômes de café, voire d’épices. En bouche ces arômes dynamiques offrent une
belle structure corsée qui s’achève par une
finale légèrement tannique. 30 € gaffeliere.com
Cuvée Caprice 2016
On distingue pour ce Crozes-Hermitage des notes de réglisse, cacao, violette, fruits noirs et poivre avec beaucoup
de volume. Durée de garde conseillée : 2 à 8 ans. Accord mets et vins : caille pigeonneau, viande rouge, chocolat noir, fromages affinés.
18 € domainebetton.com
alias Pinot Noir, bio et sans sulfites
Cette cuvée tire son nom du latin alias qui signifie: l’autre. L’autre, pour un style de vin nouveau: un vin sans
sulfites, certifié bio et résolument différent. Son nez est épicé, avec de subtiles notes de cerise noire, mûre et
cassis. Sa bouche, ample et opulente, offre une belle vivacité sublimée par des notes de fruits rouges.
Sa finale laisse une impression de gourmandise et de plaisir simple.
9 € www.doctorwines.com
« Si j’avais un tel nez »,
l’histoire d’un Bergerac
insolite
Bordeaux Vineam, leader du bio à Bordeaux avec 270 hectares de vignes conduites en agriculture biologique, dévoile sa pépite 100 % sans sulfites en AOC Bergerac. Une robe rouge sombre aux reflets bleuâtres et un nez... ah
ce nez ! La bouche puissante et charpentée, au retour aromatique évoquant un bouquet de raisins au sortir du pressoir, finit de nous séduire.
12,60 € www.bordeaux-vineam.com 76 | avril 2019 ecoreseau.fr
Vox Caritatis
vin de France
Lalande-Borie
Saint-Julien
   Ventoux
   Château de Saint Martin vin cuit de Provence (50cl)
Le vrai Vin Cuit a un mode d’élaboration qui lui est propre ; comme son nom l’indique, il fait intervenir une cuisson dans un chaudron en cuivre. La diversité
de ses parfums montre sa jeunesse mais le travail lent et régulier de la cuisson au feu de bois lui confère des notes fumées et de coing. Avec le temps, il va évoluer vers des saveurs plus douces de fruits confits. C’est une gourmandise à s’offrir
sur une mousse au chocolat ou un nougat glacé. 16,90 € www.chateaudesaintmartin.com/fr/boutique
« À tire d'aile »
Corbières 2015,
grand vin du languedoc
Cette belle cuvée jouit d’un nez floral de violette mêlé à des épices fines (poivre blanc), olive noire, notes d’humus et
de tabac. La bouche est riche, ample, avec beaucoup de matière et des tanins enrobés. Une finale
de fruits compotés et de pâtisserie. 10,90 € www.abbottsetdelaunay.com/fr/
Château Romanin Grand vin blanc 2018
Le nez de cet A.O.P Les Baux-de- Provence est délicat et se caractérise par des notes fruitées : poire, citron, cerise blanche, ananas, nectarine blanche. des notes fleuries de fleurs blanches et de noisettes fraîches. La bouche possède une attaque souple et élégante avec une belle longueur d’agrumes et de nectarine légèrement acidulée en fin de bouche. 22,50 € chateauromanin.com
 ]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[                                 ]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
l’art du temps
les dîners d'Écoréseau Business
gastronomie
le lapinou de Pâques de Kayser
sez entre le gigot d’agneau farci à la tapenade et marjolaine et ses légumes printaniers ou le civet de homard à l’estragon et pois gour- mands. Une farandole de douceurs. Le tout accompagné d'une coupe de champagne Moët & Chandon, de jus de fruits et de légumes frais, ainsi que d’une boisson chaude. Lundi22avril2019–Demidià14h–145€ par personne/70 € pour les enfants de 4 à 12 ans. www.dorchestercollection.com
Carette, gourmandise enfantine
Pour Pâques, Carette propose à tous les gourmands un délicieux voyage dans l’univers
du chocolat
noir avec ses 3
nouvelles créations amusantes et
colorées, ours, train
ou avion !
24 € les petits sujets, 28 €
les grands sujets. www.carette- paris.fr
l'Œuf du Grand véfour
Fidèle à la tradition, le Chef Guy Martin a imaginé cette année un œuf de Pâques à l'image du Grand Véfour. Clin d'œil aux jardins
du Palais Royal, l'œuf
en Manjari trône sur une colonne en chocolat et cassonade. Il cache en son ventre un deuxième œuf en sucre candi. 68 € Le Grand Véfour 17, rue de Beaujolais 75001 Paris Réservation au
01 42 96 56 27, Prévoir 24 heures de délai.
liv Happy Food
Une recette unique de pâtes et de riz ultragourmande associée à
l’avoine, qui fait
vraiment toute la
différence ! Riche
en fibres solubles
et pauvre en
calories, le konjac
est la nouvelle
alternative aux
pâtes traditionnelles et au riz. Spaghetti, Noodles, Riz, vous allez pouvoir varier les recettes équilibrées et savoureuses. Faites réchauffer LÏV 2 minutes dans votre sauce préférée et le tour est joué !
3,50 € www.liv-happyfood.com
     Le Shang Palace, le seul étoilé chinois en France
Un délice, souvenirs d’enfance... Biscuit cacao, praliné feuillantine croustillant au chocolat
lait. Crémeux au kalamansi (petit agrume exotique au goût d’amande amère et mandarine). Mousse chocolat au lait. Glaçage au café léger et des lapins en chocolat blanc en guise de décor.
4 personnes 25 € et 6 personnes 35 € www.maison-kayser.com
Une tablette fleur,
soleil et papillon !
Avec une texture croustillante parsemée
de fruits secs et confits, les tablettes fantaisies de la collection Printemps
/ Été charmeront toutes les fans de chocolat. La Manufacture Cluizel a sélectionné un chocolat Noir 72% et un chocolat
au Lait 45% de cacao.
Ces créations sont présentées dans un bel étui joliment décoré de motifs printaniers. 100 g 6,50 €.
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Brunch de Pâques au Meurice
Délicieuses vien- noiseries, yaourts de la maison Bor- dier, makis de saumon gingem- bre et légumes, salade quinoa aux légumes, poulpe et calamars fa- çon antipasti ou encore fondants
gnocchis à la parisienne, asperges vertes et vieux comté... choisis-
Concept & Lieu
Le Shangri-La Hotel, Paris est l'une des adresses les plus élégantes de la capitale, au cœur du Paris culturel et à quelques minutes des Champs Élysées et de l’avenue Montaigne. Exclusivement dédié à la cuisine d’origine cantonaise, le Shang Pa- lace est le seul restaurant étoilé de gastronomie chinoise en France. Il est devenu depuis son ouverture, en septembre 2011, une référence parisienne pour les gourmets en quête d’un voyage culinaire dans l’Empire du Milieu. Une sublime salle principale et un salon privé au nom de la dynastie Tang vous y at- tendent.
En cuisine
Le chef Samuel Lee propose des nouveautés généreuses et dépay-
santes. D’autres plats sont égale- ment revisités avec certains pro- duits de gastronomie française utilisés par le chef exécutif Chris- tophe Moret. Côté végétarien, le chef propose le plat phare de la ré- gion de Guangdong : L’assortiment de légumes braisés avec du tofu fermenté. Réputée comme l’une des cuisines les plus raffinées au monde, la gastronomie de Canton et de Huaiyang n’a aucun secret pour Samuel Lee. Il nous offre un voyage des sens surprenant grâce à ses créations cantonaises éton- nantes et généreuses. Un éventail de plus de 60 plats se déploie pour vous faire découvrir des saveurs exotiques d’une grande subtilité telles que le poulet du mendiant ou le fameux canard pékinois.
   Restaurant Shang Palace au Shangri-La Hotel, Paris - 10, avenue d’Iéna, 75116 Paris (33 1) 53 67 19 92 - www.hangri-la.com/fr
Menu
Entrées
p Encornets frits, marmelade de pomelo et poivron vert
p Ravioli de Saint-Jacques et crevettes, « Buns » de porc façon Shanghaienne
p « Soupe Wonton » : Raviolis de porc, crevettes et champignons noirs pochés dans un bouillon traditionnel cantonais
Plats
p Canard rôti façon cantonaise et poulet à la hongkongaise
p Riz sauté à l’œuf, crevettes, poulet, porc laqué au miel, pousses de bambou, champignons, petits pois, jambon.
Desserts
p Crème de mangue, pomelo et perles de sagou / Boules moelleuses à la crème montée et fruits
Tarifs
Menu déjeuner 58 € par personne,
Menu proposé pour l’ensemble de la table
   78 |
avril 2019 ecoreseau.fr
© pmonetta
© Massimo Pessina
]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[ Le tee-shirt qui prédit la crise
tervient, vous sauve la vie.
Dispositif remboursable
Voilà pour le scé- nario complet, à terme. Quand les créateurs de Chronolife au- ront décroché le sésame de l’aide au diagnostic, après la phase de tests et d’accréditation (CE classe 2A!), soit, dans la fou- lée d’une expérimentation sur 550 patients dans trois pays, d’ici
... on est parmi les Cpremiers à en parler !
’est – presque – un tee- la température shirt comme un autre. du corps prise C’est à peine si, en l’en- sous les aisselles dossant (il s’ouvre sur le et même le nombre de
côté par une fermeture à glissière), pas accomplis dans la journée (ac-
vous éprouvez le sentiment de passer un peu plus qu’un simple sous-vêtement. En quelques se- condes, on oublie qu’il est truffé de capteurs. Et lesté en doublure d’une carte électronique, légère- ment protubérante sous sa coque siliconée. En réalité, c’est un mé- decin virtuel que vous glissez sur votre buste. Le Chronolife pre- mier du nom va vous mesurer sous bien des angles. Ses dix capteurs génèrent six mesures, à commen- cer par un électrocardiogramme en bonne et due forme sous sa version « un canal » multimesure, à la manière d’un holter ECG ex- térieur qui vous mesure le rythme cardiaque sur 24 heures. Mais s’alignent tout aussi bien les me- sures de l’impédance pulmonaire (détecteur d’œdème), de la respi- ration thoracique, abdominale,
POUR VOTRE BIEN...
Émission à revoir : vaccin, un trésor contesté
Elle a été diffusée sur France 3, le 9 avril, le replay est disponible. Oui, « les Français [sont les] champions du monde de la défiance envers les vaccins » (sondage Ipsos, 2016). Trop d’effets secondaires catastrophiques, plusieurs « scandales sanitaires » ont suffi pour que l’évidence vaccinale soit réduite à néant auprès
de millions de compatriotes de Pasteur. Les invités de Charles- Henry Boudet échangent avec écoute autour de l’idée clé de l’émission : « les bénéfices et les risques penchent très nettement en faveur de la vaccination. » Oui, mais, « des milliers d’entre nous
ont développé après un vaccin des pathologies très lourdes et certains en sont morts... » Onze vaccins obligatoires pour les moins de deux ans, quand
d’« autres pays européens laissent libre choix aux parents de faire vacciner leurs enfants... ». Avons- nous raison contre le reste du monde ?
e-Santé: Monaco accueille l’élite
E-HealthWorld Monaco a tenu le 26 mars ses congrès et salon consacrés à la santé connectée et à la médecine de demain. Les nouvelles
céléromètre). Toutes ces données sont transmises via Bluetooth à l’application d’un smartphone (donc un traitement sur faible capacité de calcul) et interprétées par un algorithme déterminant : la combinatoire de ces mesures déterminera un dysfonction- nement éventuel en évolution à même de déclencher une alerte. Vous relevez d’un infarctus, d’un AVC, vous êtes fragilisé/e par une maladie de type diabète, une affection pulmonaire, votre âge avancé vous expose à des crises de toute nature : le tee-shirt médica- lisé vous surveille, vous monitore, détecte un risque de décompen- sation (le jargon médical pour « crise ») jusqu’à trois ou quatre jours avant sa survenue, la plate- forme médicale ou le spécialiste qui vous suit reçoit l’alerte, in-
Les capteurs détectent un risque de décompensation (le jargon médical pour « crise ») jusqu’à trois ou quatre jours avant sa survenue...
vie privée
les données atterrissent sur des serveurs, par exemple de groupes pharmaceutiques, aux fins d’études cliniques dans le cadre du test de nouvelles molécules). Par la suite, ce seront les assureurs les meilleurs demandeurs, friands de proposer à leurs clients cette « cotte de mailles » textile, gage de limiteur de risque. Dans sa ver- sion à trois gabarits et huit tailles (24 variantes), le tee-shirt noir ou blanc convient aux hommes et aux dames (le modèle féminin tient compte de la poitrine et même... des bretelles de soutien-gorge !) moyennant 250 à 300 euros (il supporte une cinquantaine de
santé
     technologies d’impression 3D, la réalité augmentée, la réalité virtuelle, la robotique, l’intelligence artificielle, la télémédecine accompagneront à
100 % l’apprentissage et l’exercice de la médecine et de la chirurgie dans
les toutes prochaines années. Signal pas faible du tout, Monaco a accueilli 80 start-up impliquées dans l’avenir proche de la médecine. Rattrapage : l’attaché de presse de la manifestation, Philippe Grand, pgrand@toprp.fr
livre 1: ce qu’un médecin devrait toujours dire...
Le Dr Marcel Ichou fait partie de ces toubibs médiatisés – il dirigea la chaîne Santé Vie, il cause sur Europe 1 le matin et ausculte l’hypocondriaque Michel Drucker le dimanche – qui nous réconcilient avec la bonne vieille médecine de famille pleine
de bon sens. Il nous délivre chez l’éditeur Lafon une Ordonnance santé qui s’intéresse – enfin – au « parcours médical » plus qu’aux régimes miracles et aux secrets du corps humain. Il
est le mode d’emploi du toubib face auquel le patient ne sait pas toujours
se comporter. La 4e de couverture aligne les – bonnes – questions : « Que doit-on exiger d’un médecin de famille ? Pourquoi ne pas choisir soi-même un spécialiste ? Quid des médecines alternatives reconnues et des faiseurs de miracles sans diplôme qui pullulent ? Quels sont les dangers de l’automédication ? Quels examens s’imposent, quels vaccins? De quelle façon préserver nos grands atouts bien-être : la diététique et le moral ? » Et l’ordonnance est interminable...
livre 2: J’arrête la pilule
Sabrina Debusquat, journaliste indépendante, spécialiste des sujets de santé, animatrice à Radio France, se fend, elle aussi, d’un cri du cœur, mais les illustrations de Joy, fraîches et
spontanées, quoique radicales, font
« passer la pilule » : Marre de souffrir de
ma contraception, Manifeste féministe
pour une contraception pleinement épanouissante, Les Liens qui Libèrent,
traduit cet appel pour « une nouvelle
révolution contraceptive en marche, contraception efficace, oui, mais aussi
sans souffrances ni effets indésirables et pourquoi pas partagée avec le conjoint! » On en accepte l’augure.
à la fin 2020. En attendant, le di- recteur général de Chronolife, Laurent Vandebrouck, est sur le point de lancer la commerciali- sation de l’objet connecté (IoT) dans sa version « bien-être » : il in- téresse alors les sportifs intensifs, à travers des circuits de commer- cialisation professionnels et la sur- veillance téléportée (l’algorithme « prédictif » n’est pas en fonction,
lavages, mais entre dans la ca- tégorie ouverte aux décrets de remboursement de la Sécurité so- ciale dans le cadre des protocoles de télésurveillance). Les inven- teurs? L’équipe emmenée par le Dr Guillaume Chenegros. Une belle production française, pour l’heure très en avance sur la concurrence à venir.
OliviEr MaGNaN
    ecoreseau.fr avril 2019 | 79
]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[ SPÉCIAL IMMOBILIER • COMMENT DÉFISCALISER
• CES AUTRES PLACEMENTS IMMO
ATTRACTIFS...
 Baromètre finance & marchés Baromètre patrimoine & fiscalité
1- Défiscaliser : Pinel & Co...
2- Ces autres placements attractifs...
p. 81 p. 83 p. 86 p. 90
 finance/patrimoine
80 | avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[ BAROMèTRe
finance & marchés par Pierre-Jean Lepagnot
vie privée
    bons plans
le sac Hermès, un placement en or
Mieux que le bitcoin, l’or et bien sûr les actions, l’investissement dans un sac Hermès apparaît comme un placement des plus attractifs, a révélé une étude du site Collector Square. Entre 2006 et 2018, le prix des modèles en
cuir du sac Constance du groupe de luxe a été multiplié par dix sur le marché de l’occasion à
plus de 6000 euros pièce! « La relance du modèle par Hermès en 2012, dans une version améliorée, explique en grande partie le regain d’intérêt des acheteurs pour ce modèle », explique Jérôme Lalande, expert en maroquinerie. L’iconique sac Birkin n’est pas en reste. Son prix a été multiplié par 2,2 entre 2006 et 2018 à environ 10000 euros pour les modèles cuir (lire page suivante).
les foncières ont la cote
En mars, plusieurs sociétés
de gestion et brokers ont recommandé d’investir dans
les sociétés foncières. Leur raisonnement est simple. En
ces temps tourmentés, la pierre reste un placement sûr. Selon une source de marché, Oddo
BHF a ainsi estimé dans une note adressée à ses clients que les foncières françaises constituaient des valeurs refuges dans le cadre d’un environnement de taux bas. Les foncières cotées, tant en France que dans les principaux pays européens, comptent sur des fondamentaux solides, avec en premier lieu un marché locatif en pleine forme, soutenu par la rareté de l’offre, une manne de capitaux prêts à s’investir plus importante que jamais et un rendement du dividende récurrent et élevé. La société de gestion spécialisée dans l’immobilier, Sofidy, salue la performance du marché immobilier résidentiel allemand.
   experts
PMy name is bond, green bond
as une semaine ne passe sans qu’un gestionnaire d’actifs ne publie une étude consacrée à l’ISR (Investissement socialement responsable) et/ou greens bonds, ces fameuses obligations vertes qui
financent des projets responsables. Dans un rapport dé- voilé à la fin du mois de mars, Axa Investment Managers ne cache pas son enthousiasme. « 2019 sera verte », assure Johann Plé, portefolio manager. Selon lui, de nouveaux émetteurs souverains, comme les Pays-Bas, pourraient rejoindre le marché des obligations vertes. Il pense éga- lement que les émetteurs d’entreprises d’obligation verte avant 2018 vont refaire surface. Enfin, de nouveaux sec- teurs d’émission pourraient rejoindre la partie, comme l’illustre l’entrée du secteur des télécommunications en ce début d’année. Pour autant, à l’image du reste de l’industrie de la gestion d’actifs, Axa IM estime que le développement des obligations vertes passe inélucta- blement par une meilleure standardisation du marché. À cet égard, les initiatives sont nombreuses pour définir des normes internationales. La définition d’une taxono- mie européenne sur les obligations vertes est ainsi parti-
  Le marché immobilier australien au bord du gouffre
culièrement attendue et devrait contribuer à rendre cet univers plus accessible et potentiellement ouvrir la voie à de nombreux nouveaux émetteurs. n
 L’Australie, ses plages, ses bushs, ses crocodiles... et sa bulle immobilière. Dans une étude publiée fin mars,
le gérant britannique Jupiter AM ex- horte les investisseurs à la méfiance vis-à-vis de l’immobilier australien. Selon Ariel Bezalel, directeur de la stratégie Fixed Income, la structure du marché immobilier australien présente des similitudes frappantes avec celle du marché immobilier
américain avant la crise financière mondiale. Le marché immobilier australien a explosé au cours des 35 dernières années, mais aujourd’hui il se dégonfle rapidement à mesure que les banques resserrent leurs condi- tions de crédit qui étaient autrefois plus laxistes. En conséquence, le crédit du marché immobilier austra- lien a diminué de façon drastique et le pays est maintenant confronté au pire ralentissement de l’activité dans
ce secteur depuis 35 ans. Les prix des maisons au plan national ont chuté de 1,3 % en décembre, la plus forte baisse mensuelle depuis 1983, ce qui porte la baisse annuelle à 6,1 % en 2018. Pour Jupiter AM, l’autre source de préoccupation réside dans la mauvaise santé économique des consommateurs australiens qui sont les plus endettés des pays dévelop- pés avec un ratio d’endettement des ménages rapporté au PIB d’environ 120 %. Les crédits hypothécaires représentent 56 % de l’endettement total des ménages et l’économie aus- tralienne en subit déjà les effets. En 2018, la croissance annuelle a ralenti à +2,8% après +3,4% en 2017. Elle devrait encore s’affaiblir au cours des six prochains mois, d’autant plus que les difficultés de la crise du crédit immobilier coïncident avec le ralen- tissement de la croissance en Chine, le principal partenaire commercial de l’Australie, et que des élections fédérales majeures sont prévues en mai de cette année, prédit le profes- sionnel. n
 ecoreseau.fr avril 2019 | 81
]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
finance & marchés
  SPÉCULONS !       Le chiffre
 Hermès toujours plus haut
600
  576
546
516
486
462
     02/01 10/01 18/01
28/01 05/02
13/02 21/02 01/03 11/03
19/03
Hermès a une nouvelle fois impressionné les observateurs en dévoilant en mars des résultats annuels « stellaires ». En déjouant les pronostics des Cassandre qui annonçaient une fin d’année plus difficile en raison d’un possible ralentissement de la demande chinoise, principal moteur de l’industrie du luxe, la Maison de la rue du Faubourg Saint-Honoré a dégagé en 2018 un bénéfice net record de 1,405 milliard d’euros, en hausse de 15 % pour un chiffre d’affaires au plus haut historique à 5,97 milliards en croissance de 7,5 % à taux courants et 10,4 % à taux constant.
- 0,062 %
Le niveau négatif atteint par le Bund (le taux de la dette souveraine allemande à 10 ans) le 27 mars,
soit son plus bas depuis octobre 2016. Les emprunts d’État allemand bénéficient du regain d’aversion pour le risque sur les marchés financiers. Confrontés à
la dégradation de la conjoncture, les investisseurs jouent la prudence en privilégiant les actifs financiers refuges.
    ANALYSE
L’embellie avant la tempête ?
 Après une fin d’année 2018 dif- ficile, les marchés actions eu- ropéens ont bien rebondi au premier trimestre 2019. Sur
les trois premiers mois de l’exercice, le
CAC 40 affiche un gain de près de 16 %.
Cet optimisme est partagé dans le reste
de l’Europe, comme en témoigne le gain de9%duDaxallemand,deprèsde10%
du Bel 20 belge, et même de 16% de la
Bourse d’Athènes. Aux États-Unis aussi,
c’est l’embellie avec un bond trimestriel de 10%pourleDowJonesetdeprèsde16%
pour le Nasdaq. Les investisseurs ont été
rassurés par les avancées commerciales
entre Washington et Pékin. Wall Street
a notamment salué la prolongation de la
trêve commerciale au-delà du 1er mars.
Les actions ont bénéficié du revirement
de la FED. Face au ralentissement de l’écono- mie américaine et à l’incertitude liée à la guerre commerciale, la banque centrale a assuré qu’elle
resterait patiente avant d’envisager de nouvelles hausses des taux, ce qui équivaut à une suspen- sion de son cycle de normalisation de sa politique
monétaire. Les investisseurs ont éga- lement bien accueilli la publication du dernier compte rendu de la BCE. L’institution étudie l’opportunité de nouveaux apports de liquidité via des opérations ciblées de refinancement de long terme à destination des banques (LTRO) alors que les économies al- lemande et italienne marquent des signes de faiblesse. Pourtant, les vents contraires continuent de s’accumuler. Selon Saxo Banque, le signal le plus in- quiétant est la baisse du spread (écart) entre le 10 ans et le 1 an US qui consti- tue un indicateur avancé de récession fiable selon les travaux de la FED lors- qu’il entre en négatif. Il se situe ac- tuellement à 0 % après être tombé de façon éphémère en négatif le 22 mars,
pour la première fois depuis la grande crise finan- cière... Dans ce cadre, le reste de l’année pourrait se révéler plus mouvementé. n
 82 | avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[ BAROMèTRE
patrimoine & fiscalité par Pierre-Jean Lepagnot
vie privée
    bons plans
les courtiers en crédit immobilier ont la cote
Dans un environnement de taux d’intérêt très bas, les banques sont plus sélectives sur l’octroi
de crédit et déterminent leurs propres taux immobiliers en fonction de leurs objectifs commerciaux et du profil de
leur portefeuille clients. Un établissement va proposer un taux très avantageux à un ménage et bien moins attrayant à un autre foyer comparable quelques jours après. Cette situation, chaque candidat au crédit immobilier
en a fait la curieuse expérience. Conscients de la difficulté des Français à dénicher le meilleur taux pour leur projet, les courtiers ont intensifié leur promotion
et acquis, année après année, des parts de marché. Selon un sondage d’OpionWay commandé par Vousfinancer, 35 % des Français ont eu recours à un crédit immobilier, un chiffre en
hausse de 6 points depuis 2015 et qui monte même à61%chezles 18-34 ans et
50 % parmi les emprunteurs d’Île-de- France. « Cette accélération est due
à la mise en place d’une réglementation accrue de
notre profession, à la hausse du nombre d’agences de courtage
et à la montée en gamme de notre métier, orienté de plus
en plus vers le service et l’accompagnement », analyse Jérôme Robin, fondateur et directeur général de Vousfinancer. Les aspirants propriétaires poussent la porte d’un courtier pour décrocher le taux le plus bas possible. Ce critère est cité par
55 % des sondés (mais en recul de 4 points par rapport au sondage de 2015), devant le gain de temps (27 %), le conseil et la recherche d’un « accompagnement dans les démarches » (23 %, en hausse de 5 points).
   experts
Trois questions à Jean-Marc Peter,
directeur général de Sofidy
 après des années de croissance, les SCPi ont marqué le pas en 2018. Est-ce vraiment un mauvais signal pour la suite?
En 2018, la collecte a reculé de 19,4 %, mais la base de com- paraison était très défavorable tant l’année 2017 avait été exceptionnelle (+ 18,5 %). Selon moi, l’exercice 2018 a été au contraire un bon millésime. Les SCPI ont pu dégager un rendement moyen de 4,35 % en très léger repli par rapport aux 4,43 % de 2017.
Nos principales SCPI, Immorente et Efimmo, ont affiché une performance respective de 4,70 % et 5,06 % en 2018, à la faveur d’une stratégie de gestion orientée sur la diversifi- cation géographique et la sélectivité des actifs immobiliers. Dans un contexte de volatilité, les marchés actions décou- ragent les épargnants à se tourner vers la Bourse. Les SCPI demeurent nettement plus rentables que l’assurance vie et le Livret A.
Quels facteurs pourraient soutenir les SCPi cette an- née ?
Premièrement, les taux d’intérêt sont très bas et ils de- vraient rester faibles cette année pour constituer un puis- sant moteur de création de valeur dans l’immobilier. Deuxièmement, la France a créé des emplois en 2018, no- tamment dans le tertiaire. Cette dynamique devrait se poursuivre cette année et entretenir la demande de nou- veaux bureaux. À Paris, le taux de vacance a chuté à 2 %,
ce qui signifie que l’on reloue plus vite et mieux. De plus, la hausse des loyers s’accélère dans le tertiaire, ce qui renforce le rendement des SCPI.
Troisièmement, la consommation des ménages dans les grandes villes reste solide, en raison notamment du phéno- mène de « métropolisation », et entretient ainsi la vigueur du marché de l’immobilier commercial.
Enfin, l’économie française devrait bénéficier de la relance du pouvoir d’achat suite aux mesures « gilets jaunes » déci- dées par le gouvernement pour cette année.
Quelles seront cette année les SCPi gagnantes ?
Nous sommes convaincus que les SCPI les plus diversifiées sont celles qui tireront leur épingle du jeu en 2019, c’est-à- dire celles qui offriront les meilleures diversifications géo- graphiques et de typologie d’actifs du patrimoine. Pour notre part, nous investissons à l’international, et notam- ment en Allemagne, où le marché de l’immobilier de bu- reaux est en plein boom. Ces efforts de diversification nous permettent de réduire le risque en investissant à différents niveaux du cycle économique.
Autres critères importants à prendre en compte pour choi- sir la bonne SCPI: une capitalisation excédant le milliard d’euros, de nombreux actifs immobiliers en portefeuille et a minima 10 ans d’existence. Cette longévité permet de dé- passer le stade des premières relocations et de bien s’assurer de la bonne gestion locative de la SCPI sélectionnée. n
  focus
La vraie transférabilité
de l’assurance vie n’aura pas lieu
  «Le grand soir » de l’as- surance vie devra at- tendre. Au grand dam de nombre de pro- fessionnels de l’investissement, le gouvernement a fortement limité la possibilité de transfert des contrats d’assurance vie. Les épargnants pourront transférer leur contrat, mais chez un même assureur. Ils ne pourront pas, en revanche, déplacer leurs actifs d’une compagnie à l’autre afin de chercher davantage de ren- dement sans perdre leurs avantages fiscaux. Les fintechs, qui espéraient la mise en place d’une concurrence pure et parfaite afin de mettre en avant leurs services de conseils et leurs performances, ne cachent pas
leur déception. « La transférabilité interne des contrats d’assurance vie adoptée est un leurre pour proté- ger les banques et assureurs, elle ne permettra qu’une “cannibalisation” des petits distributeurs et des nou- veaux acteurs », estime Albert d’An- thoüard, directeur de la clientèle privée de la fintech Nalo. Pour Sé- bastien d’Ornano, président exécutif de Yomoni, « les assureurs sortent largement gagnants, à la grande dé- faveur des épargnants ». En réalité, la situation n’est pas si simple. Une telle mesure risquerait en effet de péna- liser les épargnants, affirme Gérard Bekerman, président de l’Association française d’épargne et de retraite (Afer). Selon lui, la transférabilité to-
tale des contrats d’assurance vie est « une fausse bonne idée ». « D’abord, l’afflux massif de nouveaux sous- cripteurs est de nature à diluer les performances. Quand un gâteau est prévu pour dix, la part est plus petite quand on le coupe en vingt », sou- ligne le président. De plus, la trans- férabilité totale « obligerait à revoir tout le modèle d’investissement des assureurs ». En d’autres termes, s’ils devaient être confrontés au risque permanent de départ de leurs clients, ils ne pourraient plus gérer leurs pla- cements de la même manière. n
 ecoreseau.fr avril 2019 | 83
]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
patrimoine & fiscalité
   ACHAT/VENTE
1600
  1540
1460
1380
1300
1220
     02/01 10/01 18/01 29/01 06/02 14/02 25/02 05/03 13/03 21/03
 Si cher palladium
Pour la première fois de l’histoire, le palladium vaut plus cher que l’or. À la fin du mois de mars, ce métal rare cotait 1 520 dollars l’once, contre 1 321 dollars pour le métal jaune. Depuis le début de l’année, le palladium, principalement utilisé par l’industrie automobile, affiche un gain de près 47 % après + 15 % en 2018 et + 60 % en 2017. Ce métal est soutenu par la demande croissante en pots catalytiques destinés aux voitures à essence, considérées comme moins polluantes que le diesel. Puis sa production est essentiellement assurée par deux pays, la Russie et l’Afrique du Sud, qui éprouvent des difficultés à découvrir de nouveaux gisements. Dans ce cadre, la société de gestion OFI AM s’attend à ce que le cours du palladium reste élevé. Pour autant, prévient-elle, le marché pourrait se montrer volatil, comme l’année dernière quand le palladium avait perdu 30 % de sa valeur entre fin janvier et mi-août.
 vision       Le chiffre
L’assurance vie, décidément le placement préféré des Français
  Les principales conclu- sions du dernier ba- romètre Les Français, l’épargne et la retraite
du Cercle des Épargnants, et de l’institut Ipsos ne sont guère surprenantes. L’assu- rance vie reste le placement préféré des Français (35 %) et des retraités (46 %). Suivent les livrets réglementés (Livret A, LDD etc.), en hausse de 4 points par rapport à 2018, et le PEL/CEL, en baisse de 6 points. Autre confirmation, la retraite est bien vue. Elle est pour la plupart des Français synonyme de « nouvelle vie »
(64 %), dominée par « les loi- sirs » (56 %), ainsi que la fa- mille et les amis (49 %). Le Ba- romètre 2019 révèle pourtant que plus de sept Français sur dix se disent inquiets pour leur propre retraite, dont 83 % des actifs qui craignent de man- quer d’argent. Et pour cause, seuls un quart des actifs esti- ment qu’ils disposeront de res- sources financières suffisantes pour leur retraite. Pourtant, ils sont encore peu nombreux à s’y préparer, puisque seule- ment 55 % des actifs épargnent régulièrement en vue de leur retraite (- 2 points en un an)
et 28% en ont parlé avec un professionnel. La moitié des actifs s’orientent vers la Sécu- rité sociale, la caisse de retraite pour préparer leur retraite (- 2 points) et peu vers leur banque ou leur employeur. Enfin, sur le rapport des Français au sys- tème de retraite, 83 % se disent plus inquiets pour le système en tant que tel que pour leur propre retraite. Le finance- ment du système de retraite est d’ailleurs en tête de leurs prio- rités avec l’assurance maladie (devant les autres aides, dont la dépendance et les aides au logement). Parmi les solutions envisagées pour pérenniser le système des retraites, les Fran- çais sont très majoritairement (85 %) contre la possibilité de diminuer le montant des pensions de retraite, majori- tairement (64 %) défavorables à l’idée de reculer l’âge de la retraite (+ v2 points), et de plus en plus (47 %) se font à l’idée de développer les fonds de pen- sion. n
+40%
la hausse de capacité d’emprunt des Français en dix ans, selon l’Observatoire des taux de Meilleurtaux.
Grâce à la chute des taux d’intérêt, une personne capable de rembourser 1 000 euros par mois peut aujourd’hui souscrire un prêt de 206 500 euros contre 147 789 euros en 2008.
  84 | avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[                                                                                                           Siège Social
La Banque DeLuBac & cie,
une banque indépendante, familiale et spécialisée au service des entreprises, professionnels et particuliers depuis près d’un siècle.
Des métiers spécialisés, des experts dédiés
Depuis sa création en 1924, la Banque Delubac & Cie a opté pour la spécialisation au travers d’un développement sur des métiers bien identifiés et à forte valeur ajoutée, permettant de se différencier des établissements généralistes. Cette expertise assure aux clients de la banque de pouvoir bénéficier de conseils exclusifs et sur-mesure.
En perpétuant ses valeurs familiales, de proximité et d’indépendance, la Banque Delubac & Cie continue d’innover pour accompagner ses clients et répondre aux enjeux de demain.
Banque des entreprises
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patrimoine
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Défiscaliser : Pinel & Co...
Affecté par la cacophonie fiscale, le dispositif Pinel a marqué le pas en 2018. Pourtant, il reste, avec et surtout ses déclinaisons, un moyen efficace de se bâtir une épargne sur le long terme.
DOSSiEr rÉaliSÉ Par PiErrE-JEaN lEPaGNOT
pas une alarme », veut croire la pré- sidente de la Fédération des promo- teurs immobiliers (FPI), Alexandra François-Cuxac, qui, lors d’une conférence de presse le jeudi 28 fé- vrier, a appelé les pouvoirs publics à « agir rapidement, en cessant la ca- cophonie fiscale qui effraie les mé- nages ». Depuis, le débat fiscal s’est focalisé sur d’autres thèmes comme le retour de l’ISF. Sans préjuger des choix gouvernementaux à venir, la défiscalisation immobilière pour- rait donc rester quelque temps en- core un outil de rééquilibrage du marché locatif.
Le Pinel en panne
Parmi tous les dispositifs de défis- calisations immobilières, le Pinel est de loin le plus populaire. Il offre une défiscalisation progressive de 12, 18 et 21% en fonction de la durée de location (6, 9 ou 12 ans), mais également la possibilité de louer aux ascendants/descendants. Ce mécanisme, qui rentre dans le plafonnement des niches fiscales de 10 000,00 euros, coûterait à l’État 6,4 milliards d’euros, entre 2019 et 2035, selon le sénateur Albéric de Montgolfier. C’est d’ailleurs ce coût qui incite l’État à en réduire pro- gressivement le périmètre géogra- phique au profit des zones les plus tendues. Depuis le 31 janvier, seules les villes circonscrites dans les zones A bis, A et B1 continuent à bénéfi- cier du dispositif jusqu’à fin 2021. Pour ce qui concerne les zones B2 et C, leurs villes ne peuvent plus y pré- tendre. Ça concerne quand même 177 communes en Bretagne, prin- cipalement les villes des grandes agglomérations, comme Brest Quimper, Lorient, Lannion, Saint- Brieuc et Vannes. Une décision qui suscite l’incompréhension d’Élena Azria, porte-parole du promo- teur et commercialisateur brestois
Tempête sous un crâne. Confronté à la pression des « gilets jaunes » et plus globalement à une grande
partie de l’opinion publique, Em- manuel Macron a placé la fiscalité au cœur du grand débat national achevé le 15 mars. Dans sa lettre adressée aux Français, le 13 jan- vier, le chef de l’État interroge les citoyens : « Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ? » Si les conclusions du grand débat et, sur- tout, les arbitrages de l’Élysée, sont pour l’heure inconnus, certains ont d’ores et déjà exhorté le pré- sident à un « big bang fiscal » dont les premières victimes seraient
notamment les niches fiscales. À commencer par Gérard Darma- nin, ministre chargé du Budget, pour lequel ces mécanismes de réduction de l’impôt sur le revenu coûteraient 14 milliards d’euros par an au budget de la nation. Le souci, c’est que « derrière chaque niche, il y a un chien qui aboie », s’amusent régulièrement à souligner parle- mentaires et cadres de Bercy. Or, dans le cas des dispositifs d’inves- tissements locatifs (Scellier, Duflot, Pinel, Malraux, etc.) les aboiements des acteurs concernés (promoteurs, organismes sociaux, investisseurs, maires, etc.) sont d’autant plus bruyants qu’ils semblent justifiés. Dans un marché du logement fra- gilisé en France par un excès de
« Derrière chaque niche [fiscale], ilyaunchienquiaboie.»
  demande depuis de longues an- nées, le nombre de logements neufs vendus en 2018 a baissé de 10,5 %, dont 13 % au quatrième trimestre. Un repli inquiétant qui s’explique par la dérobade de la clientèle des investisseurs, particuliers comme professionnels, réactifs aux inci- tations fiscales et budgétaires. Les ventes de logements neufs auprès des investisseurs particuliers dans le dispositif Pinel ont reculé de 13,2 % en 2018. « C’est une alerte,
Oceanic : « La métropole brestoise offre toutes les caractéristiques, de la forte demande locative, le faible taux de vacance, du reste en baisse, le nombre de ménages croissant, jusqu’au bassin d’emploi robuste, qui justifient son éligibilité au dis- positif Pinel. Dans le cas contraire, les professionnels redoutent une baisse de 35 % de la construction
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                                     ]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[ vie privée
de logements neufs au sein de l’ag- glomération. » À la décharge du gouvernement, le zonage du Pinel revêt une importance capitale pour l’investisseur car le dispositif n’est pas sans risque. Le premier d’entre eux est sans aucun doute d’investir dans une zone où le marché loca- tif est atone. En cas d’impossibilité de louer, les investisseurs devront rembourser leur avantage fiscal. Sans compter le risque de revendre à perte ou, pire, de se retrouver avec un logement invendable sur les bras comme les milliers d’investisseurs, victimes des dispositifs de défisca- lisation Robien, comme le rappelle la lanceuse d’alerte Claudy Giroz dans son ouvrage Défiscalisation ou défricalisation publié en 2012. Pour mieux valoriser son investis- sement – le plus souvent réalisé en
patrimoine
vue d’assurer une rente ou un ca- pital pour la retraite –, l’épargnant doit se concentrer sur le rapport qualité/prix, comme l’explique Phi- lippe Malatier, dirigeant et associé de K&P Finance. « Le choix d’un produit éligible au Pinel se fait au cas par cas. Tout dépend du pro- moteur, de sa stratégie, de la situa- tion du marché locatif. Chez K&P Finance, nous privilégions généra- lement les premières et deuxièmes couronnes de Paris-Est ainsi que les dix principales villes françaises et leurs premières couronnes. » Investir à Paris ne représente en effet aucun intérêt. La réduction d’impôt liée à une acquisition via ce dispositif se calcule dans la li- mite de 5 500 euros par mètre car- ré habitable, loin des 9 463 euros/ m2 moyens du marché immobilier parisien, selon MeilleursAgents.
Mathieu Mars, directeur associé de l’Institut du patrimoine, recom- mande lui aussi d’investir dans du Pinel « au bon prix et au bon en- droit ». Selon lui, il existe des pro- grammes intéressants, à Rennes par exemple. « Il ne faut pas oublier que l’assurance vie offre un rende- ment moyen de 1,6 %, contre 2,5 % de rendement locatif au minimum pour le Pinel, hors avantage fiscal. Avec l’avantage fiscal de 2 % par an, le rendement monte à 4,5 % », ajoute-t-il, et sans compter l’effet de levier du crédit. Un point qui a son importance compte tenu de la faiblesse persistante des taux d’in- térêt.
L’attrait fiscal
de l’outre-mer
Dans ce contexte propice à l’en- dettement, les investisseurs à la recherche d’une carotte fiscale plus charnue apaiseront leur ap- pétit grâce au dispositif Pinel dans l’outre-mer. Il revêt plusieurs avan- tages. En premier lieu, ce méca- nisme autorise le dépassement du plafond annuel global des niches fiscales fixé à 10000 euros en mé-
tropole, puisqu’il est
ros dans les Dom-Tom. En outre, il est possible de moduler son investissement (dont le montant est plafonné à 300 000 euros), de s’engager sur seulement six ans au départ comme de profiter de la défiscalisation jusqu’à 12 ans. Sur six ans, elle correspond à 23 % du montant investi, puis à 29 % sur neuf ans et à 32 % sur douze ans. « Nos programmes à Cayenne ou à Rémire-Montjoly [le Neuilly de Cayenne] offrent un rendement moyen de 4,5 %, hors avantage fiscal. Cayenne constitue en outre un placement peu risqué compte tenu de la démographie croissante et de la pénurie de logements de qualité », explique Élena Azria d’Oceanic. Philippe Malatier de K&P Finance relève, lui aussi, un biais pour Cayenne. « Comme dans le dispositif Pinel classique, il faut toutefois veiller à ne pas payer trop cher son bien et s’assurer du sérieux du promoteur et de la so- ciété qui géreront votre bien. À des milliers de kilomètres de vous, ce sont eux qui garantissent la péren- nité de votre capital. » Pour Élena Azria, « si à l’issue du processus de défiscalisation, soit 6 à 12 ans après l’achat, le marché de l’immobilier a baissé, il est peu probable que l’investisseur perde de l’argent en raison de la puissance de l’avan- tage fiscal. C’est d’autant plus vrai si les loyers perçus ont permis de rembourser, mois après mois, une grande partie de l’emprunt ».
Le charme de l’ancien
Pour les investisseurs à la fois amoureux des vieilles pierres et rétifs à l’exotisme, un nouveau dispositif vient d’être mis en place dans le but d’aider la rénovation des logements dégradés de centre- ville : le Denormandie. Ce nouveau mécanisme baptisé du nom du mi- nistre actuel du Logement procure exactement les mêmes avantages fiscaux que le Pinel dans le neuf. À quelques conditions près. Les travaux à mener doivent repré- senter 25 % du montant de l’opé- ration immobilière, c’est-à-dire le montant de l’achat additionné à celui des travaux. Autre condi- tion: le montant de l’achat ne doit pas dépasser 300 000 euros. Enfin, le logement est loué non meublé et le loyer proposé est ensuite pla- fonné, ainsi que les ressources des locataires. Ce mécanisme, qui est en fait une extension du Pinel dans l’ancien, revêt plusieurs avantages par rapport au Pinel classique. En premier lieu, le périmètre géogra- phique est bien plus vaste. « La loi Denormandie s’applique dans les agglomérations dont les centres- villes se dégradent et comportent de nombreux logements vacants ou en mauvais état. Les 222 villes bénéficiaires du plan Action Cœur de Ville, ainsi que les villes rete- nues au titre de la démarche dite de l’“Expérimentation ville patri- moniale” sont éligibles au dispositif de défiscalisation Denormandie », souligne Marcelina Stark, direc- trice associée d’Angelys Group. Au surplus, l’épargnant investit au cœur des villes où les prix sont traditionnellement moins volatils que dans les périphéries où l’offre est moins pléthorique. Bien sûr, comme pour le Pinel classique, il s’agit d’un investissement réfléchi. « Le dispositif concerne en priorité les investisseurs immobiliers lo- caux, parfaitement au fait du mar- ché », pense Marcelina Stark. Son groupe, spécialisé dans le domaine de la réhabilitation d’immeubles anciens situés en centre-ville, porte une attention toute particulière à la sélection des villes éligibles à ce dis- positif, mais également à l’empla- cement au sein de ces communes. Dynamisme économique, dyna- mique démographique ou encore fragilité sociale... Autant de para- mètres essentiels qui doivent être au cœur de l’analyse de marché. Au final est-ce un placement inté- ressant ? Selon Marcelina Stark, il rapporterait entre 2 % et 3 % net, soit un « rendement correct pour de l’ancien ».
 177 communes en Bretagne, Brest Quimper, Lorient, Lannion, Saint-Brieuc et Vannes ne sont plus éligibles au Pinel. Une décision qui suscite l’incompréhension.
de 18 000 eu-
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patrimoine
2 Ces autres placements
y prétendre, le propriétaire doit louer nu son bien pendant neuf ans. Aucun plafond de loyer n’est imposé. « Ce dispositif concerne des cas particuliers. Il est inté- ressant pour ceux qui ont atteint le plafond des niches fiscales. Ce mécanisme gomme la fiscalité d’une grosse prime ou celle de revenus réguliers élevés», ana- lyse Mathieu Mars, directeur as- socié de l’Institut du patrimoine. Revers de la médaille, plus de 57 ans après, le temps a fait son œuvre et les biens éligibles au Malraux se font rares et chers. Pour Mars, « il faut particuliè- rement se montrer vigilant sur l’emplacement et choisir avec soin le monteur de l’opération. Nous avons beaucoup travaillé à La Rochelle avec ce dispositif par lequel les épargnants sont fondés à espérer une plus-value à terme compte tenu de la faiblesse des prix dans le centre-ville ».
Si le Malraux est réservé à une clientèle aisée, le dispositif mo- numents historiques est, lui, bien plus ex- clusif. L’achat des murs ne donne droit à aucun avantage. Mais le propriétaire qui loue après res- tauration impute la totalité du coût des travaux sans aucune limitation sur son re- venu taxable. Et le dis- positif MH n’entre pas, comme le Malraux, dans le plafond de 10000eu- ros des niches fiscales. Les conditions de location sont, de surcroît, très souples: pas de durée imposée ni de plafonds de loyers ou de ressources des loca- taires, liberté totale de louer nu
là où le marché locatif est moins dynamique que dans les grandes villes. À côté du Malraux et des monuments, d’autres placements immobiliers, plus accessibles, et sans doute moins risqués, sus- citent l’intérêt croissant des épar- gnants : les résidences services et le démembrement.
Au service de la rente
Investir dans une résidence de services constitue une bonne option pour les épargnants qui cherchent à générer de la rente. Ces résidences sont destinées à la location meublée, composées de studios et d’appartements, qui comportent des services parahô- teliers et des équipements com- muns (cafétéria, piscine, salles de sport, laverie...) adaptés aux résidents – étudiants, touristes, seniors, etc. Les propriétaires ne louent pas leurs biens en direct mais signent un bail, de neuf ans minimum, avec un exploitant chargé de gérer la résidence et de leur reverser un loyer dont le montant est contractuellement garanti. Attention, pour attirer le chaland, certains exploitants peu scrupuleux affichent des taux de rentabilité supérieurs à 5 % par an en gonflant artifi- ciellement le montant des loyers. « Dans ce type d’investissement, il faut choisir un gestionnaire sérieux et expérimenté. Fidexi collabore depuis plus de 25 ans avec le Groupe LNA Santé, un exploitant solide et reconnu, spécialiste de la prise en charge de la dépendance ponctuelle ou durable, qui exploite des éta- blissements de santé (Ehpad) et des SSR, soins de suite et de réa- daptation, explique Pierre-Yves Habouzit, directeur commercial chez Fidexi. La qualité de signa-
Ce r t e s ,
le dispositif
Pinel reste en France
l’investissement locatif le plus populaire. Mais d’autres place- ments immobiliers méritent que l’on s’y attarde. Loi Malraux, monuments historiques, rési- dences services, démembrement, déficit foncier et SCPI offrent des couples rendements/risques biens différents et ne sont pas destinés au même profil d’épar- gnants. Pour autant, bien menés et dans une perspective de long terme, ces investissements appa- raissent souvent plus attractifs que l’achat d’un appartement Pinel.
Malraux, monuments historiques, la défiscalisation
en démultiplié
Votée le 4 août 1962, la loi sur la restauration du patrimoine, dite loi Malraux, continue de séduire. Grâce à elle, les contribuables privés ont sauvé des sites aussi emblématiques que le quartier du Marais à Paris, le centre-ville de Bordeaux et, bien sûr, le quar-
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tier
de la
Balance en Avi-
gnon, si cher à André Malraux. Preuve de son effi- cacité sur la protection du pa- trimoine, ce dispositif n’est pas concerné par le plafonnement des niches fiscales de 10 000 eu- ros qui fait de la loi Malraux, aujourd’hui plus encore qu’hier, l’un des produits de défiscalisa- tion les plus attractifs du marché. Concrètement : l’investisseur achète un bien dans un secteur sauvegardé ou dans une zone de protection du patrimoine. Le prix d’achat des murs ne donne aucun avantage. Seuls les tra- vaux ouvrent droit à réduction d’impôt. De 30% en secteur sauvegardé et de 22 % en zone de protection. Le plafond de dé- penses est limité annuellement à 100000euros. Mais, dans la mesure où les travaux ont la pos- sibilité de s’étaler sur quatre ans, l’économie d’impôt est capable d’atteindre 120000euros. Pour
Grâce à la loi Malraux, les contribuables privés ont sauvé des sites comme le Marais à Paris, le centre- ville de Bordeaux et le quartier de La Balance en Avignon.
attractifs...
Du Malraux, attractif, mais rare et cher, des monuments historiques aux résidences services, le concret cède parfois l’avantage aux simples mécanismes financiers que sont le déficit foncier et la pierre papier... Les scénarios ne manquent pas. Voyage en gains méconnus.
      ou meublé. « Le monument his- torique offre une défiscalisation massive. On peut gommer l’in- tégralité de son imposition sur le revenu. Ce dispositif est d’autant plus intéressant que les taux sont bas», confirme Mathieu Mars. Seul obstacle: les programmes éligibles sont très peu nombreux et souvent en pleine campagne,
ture de LNA Santé et l’expertise pluridisciplinaire de nos équipes conduisent à proposer aux clients un investissement sécurisé et une rentabilité comprise entre 4,3 et 4,5 %. » D’un point de vue fiscal, ce dispositif de loueur en meublé non professionnel (LMNP) ou
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Le monument historique offre une défiscalisation massive. On peut gommer l’intégralité de son imposition sur le revenu. Ce dispositif est d’autant plus intéressant que les taux sont bas.
patrimoine
dans un bien destiné à la loca- tion. « En contrepartie, l’année du paiement des travaux – si le montant des travaux s’y prête – le contribuable va bénéficier dans un premier temps de l’an- nulation de son revenu foncier imposable, dans un second temps, du report d’un déficit jusqu’à 10 700 euros qui va di- minuer d’autant le revenu impo-
de la SCPI est son ticket d’entrée, bien plus modeste que le moindre studio en province. « Les SCPI se différencient d’un investis- sement direct par rapport à la mise initiale requise : vous pou- vez devenir associé d’une SCPI, et donc accéder à des immeubles de qualité, avec quelques mil- liers d’euros seulement, contre un apport de fonds important
      loueur en meublé professionnel (LMP) offre un scénario avan- tageux. Pierre-Yves Habouzit: « Les revenus locatifs perçus par l’investisseur sont imposés dans la catégorie des bénéfices indus- triels et commerciaux, les BIC. À ce titre, l’investisseur défalque de ses loyers l’intégralité de ses charges – intérêts d’emprunt, charges de copropriété, frais de comptabilité... Il bénéficie éga- lement de l’amortissement du bien, histoire de diminuer pen- dant une très longue période l’impôt sur les recettes de cette activité locative.» Ehpad, rési- dences services, étudiantes, de tourisme ? Cédric Forman, di- recteur général de Thesaurus, apprécie pour sa part les rési- dences seniors et étudiantes. « Si beaucoup d’Ehpad ont émergé ces dernières années, la France reste nettement sous-équipée en résidences seniors. Investir dans une résidence senior me semble particulièrement attractif dans la mesure où le locataire est bon payeur, fidèle et qu’il ne dégrade pas le bien. » Réaliste.
Du cash pour moins cher
Le démembrement constitue, lui aussi, une solution pour bâtir un patrimoine dans d’excellentes conditions. Ce montage consiste à acquérir un actif immobilier, avec une décote de 30 à 46%, tout en confiant l’usufruit à un bailleur institutionnel, pendant une durée prédéterminée, de 15 à 18 ans. Durant cette période de démembrement, l’usufruitier perçoit l’intégralité des loyers liés à ce bien et assume l’ensemble des charges, entretien, travaux et taxes liés à la gestion locative. Le nu-propriétaire, qui ne perçoit pas de loyer, est en revanche exo- néré des risques et aléas locatifs. « Cette exonération couplée à la décote du bien lui garantissent une meilleure maîtrise de son ef- fort d’épargne, lequel, dans cer- tains cas, se révélera moindre que pour un investissement en pleine propriété », décortique Pierre- Yves Habouzit. À l’issue de cette période de démembrement, le
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nu-propriétaire récupère la pleine propriété de son bien, automati- quement et sans frais, pour l’ha- biter, le louer ou le vendre. Autre atout, ce placement ne génère aucun impôt sur le revenu ni pré- lèvements sociaux ni impôt sur la fortune immobilière (IFI) durant toute la période de démembre- ment. « L’acquisition d’un bien immobilier en nue-propriété présente un autre avantage fiscal, renchérit le spécialiste Fidexi. En cas d’emprunt, l’investisseur dé- duit les intérêts d’emprunt dans la catégorie des revenus fonciers. Ce mécanisme est adapté à tout profil d’investisseur qui souhaite constituer, diversifier ou trans- mettre un patrimoine. »
Oser le déficit
Autre montage, peu connu du grand public, le système du défi- cit foncier. Il fait pourtant partie de l’offre de tout bon conseiller en gestion de patrimoine qui se respecte. Le déficit foncier s’adresse en priorité à des per- sonnes qui souhaitent absorber leurs revenus fonciers impo- sables existants. L’investisseur va entreprendre ou faire effec- tuer des travaux de rénovation, d’amélioration ou d’entretien
Les SCPI se différencient d’un investissement direct : vous pouvez devenir associé d’une SCPI, et donc accéder à des immeubles de qualité, avec quelques milliers d’euros seulement.
    sable. Au-delà des 10 700 euros, le déficit foncier est reportable pendant dix ans pour absorber les revenus fonciers des années suivantes », explique Cédric Forman, Thesaurus. Si le mon- tant des travaux est très impor- tant, il y a un intérêt à étaler le règlement sur deux années pour bénéficier pendant deux ans du report des 10 700 euros.
Le succès
de la pierre-papier
Enfin, aux lieu et place d’un pla- cement en direct dans la pierre, les SCPI – Sociétés civiles de placement immobilier – ont le vent en poupe depuis plusieurs années. Fortes d’une rentabili- té souvent supérieure à 5 %, ce sont les SCPI spécialisées dans l’investissement tertiaire, et plus particulièrement les immeubles de bureaux, qui séduisent la ma- jorité des épargnants. L’avantage
pour un achat en direct. Les SCPI constituent l’un des rares placements qui ouvrent le mar- ché de l’immobilier de bureau et commercial aux épargnants individuels », souligne Éric Cos- serat, PDG de Perial. Autre atout de cet investissement dans la pierre papier : la mutualisation des risques. « Le patrimoine des SCPI est par nature important et diversifié. En cas de problème avec un locataire, l’impact sur la rentabilité de la SCPI sera mieux amorti », argumente Cédric Forman. Dernier bon côté des SCPI : l’absence de contrainte locative. Comme l’explique le PDG de Perial, « l’ensemble de ces contraintes ou des besoins de travaux sont pris en compte par le gestionnaire de la SCPI alors qu’en direct, l’investisseur gère lui-même le bien, ou fait appel à une agence ».
 ]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[                                  Courchevel | Megève | Méribel | St-Martin de Belleville | Val d’Isère
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tribunes libres
Vous préférez l’intelligence artificielle ou la connerie naturelle ?
 Pierre
Paperon
co-fondateur de Solid, conseil en technologies et mutations
C’est le gros mot-valise du moment, pas une journée sans en entendre parler à coups de compétitions
gagnées, de salons, de chômeurs à venir...
Et cela peut nourrir, en plus des discussions autour du café, les pires craintes de survie de l’espèce humaine et le collapsologue qui s’ignore en vous.
La phrase de Voltaire aide à prendre un peu de distance: « Tout ce qui est excessif est insignifiant. » Et pour vous aider à aller plus loin et faire front aux adulateurs de tout
bord, demandez-leur ce qu’ils défi- nissent par intelligence. Vous aurez Binet qui a inventé le test pour les plus avertis. Vous aurez « ben ce que t’as dans la tête, quoi », à l’autre extrême. Assez peu sur la capacité de vie d’un singe dans cette forêt primaire où un cadre diplômé en réunionite, tripotage de portable et ppt indigestes aura 12 heures max de survie devant lui.
Pourtant, il est possible de prendre en quelques lignes la multiplicité des intelligences qui sont à l’œuvre dans tout être hu- main... et relativiser le champ ac- tuel couvert par la reine IA. Il y en a vingt et une. Je soumets à votre sagacité une liste et vous incite à l’utiliser comme un miroir « ré- fléchissant » : quelle est la compo- sition d’intelligence qui fait que vous ou chacun de vos enfants est unique sur terre ? Voici la liste : in- telligence rationnelle ou logique, intelligence verbale ou littéraire, intelligence émotionnelle, intel- ligence « tripale », intelligence biologique (gestion du corps en changement permanent), intelli-
gence sportive ou kinesthésique, intelligence spirituelle ou existen- tielle, intelligence créative, intel- ligence spatiale ou géographique, intelligence musicale, intelligence naturaliste, intelligence « situa- tionnelle », intelligence graphique ou de visualisation, intelligence de modélisation ou systémique (Tesla), intelligence sociale ou interactive, intelligence d’aptitu- de au collectif, intelligence stra- tégique (Napoléon), intelligence organisationnelle, intelligence olfactive ou pluri-sensorielle, in- telligence érotique et enfin, intel- ligence temporelle.
Si cette voie éclairée est trop complexe, tentez la face nord, plus sombre, tortueuse et risquée. C’est la réponse à : la connerie natu- relle, c’est quoi? Et là, le florilège peut commencer, la « pause-café » se transforme en « pause qu’a fait sensation ». Mais un peu de prépa- ration est nécessaire, un livre est là pour cela : Psychologie de la conne- rie, sous la direction de Jean-Fran- çois Marmion (Éditions Sciences Humaines). n
Ce n’est pas le bon moment pour innover
 lettre de
Pascal
Malotti
directeur conseil et marketing de Valtech, aux acteurs de l’innovation
Ce n’est pas une bonne idée. Personne d’autre ne fait ça en ce moment. Ce n’est pas le bon moment !
Si vous avez déjà entendu ça, sachez que vous n’êtes pas le seul. Les idées novatrices disruptives génèrent de la peur. Il existe autant de lignes de défense contre l’innovation que de nouvelles idées. Vous pouvez être certain que ces craintes sont bien
vivantes dans votre entreprise, dans toutes les entreprises. Elles vivent même peut-être en vous. Que pouvez-vous faire contre ? Ouvrir la voie à l’innovation sup- pose d’avoir de l’audace, d’être prêt à échouer et d’être libre d’ex- plorer. Combattre les démons qui entravent l’innovation est pro- fondément inconfortable, mais se donner les moyens d’explorer de nouveauxterritoiresesttrèsexaltant.
« Échouer donne l’occasion de re- commencer, mais cette fois plus intelligemment. » Henry A. Ford
Prenez les innovations qui ont transformé la société et le com- portement humain au cours de l’histoire. Des tentatives répétées ont conduit à des percées révo- lutionnaires que nul n’attendait. Avant de marquer de son em- preinte durable l’industrie des transports, Henry Ford a multiplié les échecs. Il ne trouvait pas de fi-
nancement pour ses entreprises, il peinait à développer un modèle économique pour ses inventions et, surtout, ses idées suscitaient des doutes de toutes parts. Mais au contraire des frileux, il a tenu bon.
L’actuel climat économique est totalement différent. Les inves- tisseurs recherchent des sociétés innovantes et ceux qui bous- culent le statu quo obtiennent toute l’attention des médias. Tou- tefois, certaines peurs persistent. De nombreuses entreprises sont paralysées et doivent se ménager davantage d’espace d’innovation. La prochaine fois que vos idées vertigineuses rencontreront de la résistance ou du rejet, vous sau- rez qu’effectivement ce n’est pas le bon moment pour innover. Mais que c’est le meilleur moment pour faire s’éroder les normes en place. Alors, allons-y et changeons le monde ! n
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]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[ Face aux incertitudes économiques, de plus en plus de Français se tournent vers des placements sécurisés et peu fiscalisés.
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 ]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[ le monde de demain vu par un/une étudiant(e)
Il aura fallu 24 heures à
Paul Crozet, directeur de l’Institut d’administration des entreprises (IAE) d’Amiens
pour convaincre professeurs
et étudiants de participer à ce concours de mini-nouvelles. S’il compte parmi les sept ou huit plus petits IAE de France,
il n’en est pas moins actif sur la thématique entrepreneuriale, avec la mise en place d’un master – tout en alternance – dédié en septembre 2018. Puis l’IAE d’Amiens porte depuis 2014 le pôle entrepreneuriat pour la Picardie, avec le statut d’étudiant entrepreneur.
Il aura fallu une petite heure pour sélectionner, parmi les treize textes proposés, celui de Thibaud Chivet. Certes, aucune entreprise réaliste à la clé, mais nous avons été séduits par la portée de cette start-
up poétique, joliment décrite et écologiquement en alerte. Mentions pour Loane Borgne, Manon Sourdeau, Gamzé
Ates, Alexandre Duvauchelle, Maxime Jacqueline,
« nommés » auprès du jury.
      expressions
concours de micro-nouvelles
Un souffle d’air
  L’acheteur, mon client final, arrive à son Gigamarché, il est venu y chercher son bol d’air frais comme chaque semaine. Son préféré est
celui de Paris, la plus belle capitale au monde, enfin d’après ce qu’on lui a ra- conté. Elle était rayonnante, verdoyante,
Avis d’experts
Sophie Changeur,
responsable de la filière marketing (L3, M1 et M2)
avoir tort. n
THiBaUD CHivET
Gilles Kassel,
avec un air bien plus pur que celui d’au- jourd’hui.
Nous sommes en 2100, le nouveau marché de l’air frais en bouteille bat son plein, on vend du vent comme on marchandait le lait autrefois. On se bat pour l’air, on s’arrache une brise, le moindre alizé devient rareté dans un monde où le climat se réduit à une saison et de l’espoir.
Entreprendre est synonyme d’espoir, d’une idée germe une action qui projette d’autres possibilités de marchés mais aussi de vie. Mettre de l’air en bouteille, il faut être fou, pourtant en 2100 le concept ne paraît pas aberrant.
Aberrant, c’est ce qui sépare hier et au- jourd’hui, nous nous étions juré, nous avions acté, nous avions signé pour nous améliorer et voici où nous en sommes. Détruire pour mieux reconstruire, à croire que c’est ce qui nous anime. L’espoir d’un vent nouveau est toujours possible, prenez un bol d’air frais et laissez-vous inspirer.
Pendant ce temps, je vais de ce pas acheter des bocaux vides, j’ai quelques villes à visi- ter pour y entreposer quelques souffles d’air frais. Je sens que le vent va tourner, mieux vaut être paré à toute éventualité et si jamais on me traite de fou, j’aimerais tant l’être et
Thibaud
Chivet
Étudiant Master 1 Entrepreneuriat et Management de Projet
IAE Amiens
 96
| avril 2019 ecoreseau.fr
Sophie Changeur a créé la filière marketing à l’IAE d’Amiens en 2015. Elle qui a en partie été formée à l’IAE d’Aix-en-Provence – l’un des plus gros, des plus exposés à l’international – enseigne dans un établissement à l’an- crage territorial très marqué. Et qui met l’entrepreneuriat en l’avant, avec de nombreux rendez-vous à la clé tout au long du cursus.
« Créativité, idéation, prototypage et nouveaux produits ». Un tantinet re- butant, le libellé de ce cours inscrit au programme dès le M1 traduit l’at- tention portée à Amiens à l’innovation, avec un process de design thinking, autrement dit le développement d’une idée vers le marché. Au début, les étudiants sont un peu perplexes, c’est vrai. Notre rôle est bien de créer un écosystème propice à la créativité, pour preuve les journées dédiées, comme un hackathon pendant lequel les jeunes planchent sur un projet pour une collectivité ou une entreprise. On ne veut pas en faire de jeunes diplômés formatés mais des jeunes gens bien ouverts et à même de réflé- chir. Les étudiants ne travaillent pas uniquement sur la vision assez clas- sique du marketing, comme le packaging par exemple, mais aussi sur les technologies issues de nos laboratoires, sur le prototypage. Trois étudiants ont acquis cette année le statut d’étudiant entrepreneur. L’un d’eux cogite sur le développement d’un “ruine bar”, bar éphémère dans un endroit... en ruine. Folie à Budapest, ce concept s’est implanté également à Berlin. » Bientôt en Picardie?
professeur d’informatique, coresponsable du master entrepreneuriat
« Innovation pédagogique, les étudiants de M2 planchent sur des projets, en partenariat avec des entreprises qui leur délèguent de vrais projets... d’innovation. Un fil rouge qui se déroule d’octobre à mars, soit cinq mois, à raison de deux après-midi par semaine. Analyse de marché, communication, commercialisation, travail sur le business model... nos futurs diplômés sont confrontés aux réalités du monde économique, et ce dans des secteurs variés. Et c’est sans compter leur participation aux Entrepreneuriales, de retour en Picardie après deux ans d’absence. Bonne formule pour agréger des compétences ve- nues d’univers variés en vue de créer une entreprise. »
rosemarie viedma,
coresponsable du master entrepreneuriat
Elle vient du sud. Elle a enseigné à Toulouse. Elle a été consultante. Et l’idée d’avoir à monter de toutes pièces une formation dédiée à l’entrepreneuriat, de développer un éco- système propice l’a séduite.
« Pas de profil type d’étudiant entrepreneur, selon Rosemarie Viedma. Il y a ceux qui ont une idée, ceux qui savent la transformer, ceux qui sauront vendre... Le créatif fou n’est pas forcément celui va réussir à mener le projet jusqu’au bout – en solo. D’où la nécessité aussi de composer des promotions variées et l’intérêt du travail en collaboration. »
]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[ LE COQ
Fracture/Gilets Jaunes/ Marée Jaune/ Addition des colères/ Héros/ Homme à toutou faire/ Itinérance mémorielle-Macron Tour/ Peuplecratie
le regard sémantique
expressions
  Jeanne
Bordeau
Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression
les « réformes » « Le gouvernement lance une réforme au pas de charge », « une réforme de la justice contestée » en novembre. En septembre, « Macron braque les retraités », à cause notam- ment « de la hausse de la CSG, la non-indexa- tion des pensions... » Autre motif d’insatisfac- tion, les « 80 km/h » sur les routes secondaires en juillet. Tout cela presque « en même temps », alors que le sort des « migrants » à bord de « L’Aquarius » divise la classe politique.
Une étrange comparaison Dans le JDD, en juillet, un conseiller présidentiel compare Em- manuel Macron à « Louis XIV » pour dire qu’à l’instar du roi « qui allait voir Tartuffe », le chef de l’État peut se permettre d’inviter des artistes inattendus pour la fête de la musique à l’Élysée. En mars, l’hebdo Marianne parlait autrement de la posture de monarque : « Macron, la tenta- tion de la toute-puissance. »
Pas d’effet foot Si les Bleus ont bien battu les Croates le 15 juillet à Moscou, si on s’est amusé avec « Macron des villes et Didier Deschamps ». Le chef de l’État n’aura pas profité de cette « vic- toire bleue ». Le 18 juillet, Le Monde révèle les dessous de « la tâche », de « L’homme à tou- tou faire, Alexandre Benalla ». Le feuilleton de « l’affaire Benalla » démarre.
À partir de là, difficile pour le locataire de l’Ély- sée de prendre la main ! Face à la « fracture ter- ritoriale », il tente de renouer avec les maires. Il veut se relier à la « France populaire » et au « devoir de mémoire », il sillonne alors les lieux marquants de la Grande Guerre avec « l’itiné- rance mémorielle » du 5 au 11 novembre. Mais le contexte social et politique assombrit ce dé- placement perçu comme un « Macron tour ». Et, après la démission de « Hulot » du minis- tère de la Transition écologique, on suspecte « La Macronie » d’être « la terre des lobbys ».
« Le coq, 2018 », Jane Bee En octobre, c’est la démission de « Collomb » à
l’Intérieur.
« Macron décroche » Dès l’été, « Macron dé- croche » dans les sondages. Le mouvement des « gilets jaunes » démarre en novembre. Et chaque semaine d’action devient un « acte ». En 2018, nous en sommes déjà à « L’Acte 6 ». « Cas- seurs », « pillards », « vandales » viendront se- mer le chaos lors de ces rassemblements.
Dans ce climat de « jacquerie », de « tension », de « guerre civile », la France a besoin de « hé- ros ». La « Génération Beltrame » naîtra pour saluer le geste du colonel Beltrame qui prend la place d’un otage lors de l’attentat de Trèbes le 24 mars 2018.
L’année « jaune » se termine sur une « im- passe ». Actes à suivre ! n
ecoreseau.fr avril 2019 | 97
]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[ expressions
les mots de la fin
  [ bonne conduite ]
ne dites pas
« Il a atteint un niveau historique »
dites « Il atteint son plus haut niveau »
À moins que le record atteint ne mérite d’entrer dans l’Histoire, on laissera l’historique à ce qui est relatif à l’Histoire. Point trop n’en faut.
[ double langage ]
En mars, nous avions noté
qu’il valait mieux dire « rendre visite à » plutôt que « visiter »
en parlant d’un membre de
sa famille. Néanmoins, il semblerait qu’au Québec, on dise bien « visiter », même en parlant d’un oncle ou
d’un cousin. Notons d’ailleurs que les hispanophones et les anglophones font la même chose puisque dans leur langue on dit bien « visiter quelqu’un » et qu’ils conservent ce qui est pour nous une erreur lorsqu’ils s’expriment en français.
[ le mot d’AVRIL ] Antonomase
(xiie siècle) Autrefois antonomasie, du latin et grec antonomasia. L’orthographe antonomase n’apparaît qu’au xiie siècle.
Figure de style par laquelle un nom commun ou une périphrase est forgé sur un nom propre Exemples : une poubelle, une silhouette,
du roquefort, le macadam.
(ou inversement, comme c’est le cas pour chimère.)
  Battre le briquet
Déf. Heurter la pierre à briquet pour en tirer une étincelle.
ou Se cogner les jambes en marchant.
mais aussi Faire la cour à une femme.
ou Avoir des relations sexuelles.
Ces dernières significations, ajoutées à plusieurs autres petites notes du même style, font d’Au Clair de la Lune, une chanson paillarde (le moine lubin des dernières strophes par exemple, désigne un moine coquin...).
Ainsi, lorsqu’on « va chez la voisine car dans sa cuisine elle bat le briquet » et que la porte se referme sans que l’on sache ce qui s’est dit, on peut imaginer bien des choses, en somme.
       [ le GROS mot ]
     [lemotàPlACER]
Intergouvernementalisation
intergouvernementalisation, avec ses vingt-sept caractères, prend la place de mot le plus long dans la langue française. Il désigne une mise en œuvre à plusieurs gouvernements.
[ MAIS POURQUOI ? ]
Sabotage !
L’expression viendrait
des sabots que les ouvriers portaient au xixe siècle
et dont certains se seraient servis lors de grèves pour bloquer les engrenages des machines
sur lesquelles ils travaillaient.
Derechef
Agglutination de « de rechef » qui signifie de nouveau. Du latin caput, qui signifie chef, non dans le sens de la tête ni du chef dirigeant mais dans le sens de bout, extrémité.
Ex : « Victor embrassa derechef la comtesse, et s’élança hors du logis » — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
PROCHAIN NUMÉRO LE 2 MAI 2019 98 | avril 2019 ecoreseau.fr
]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[                   LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRE CABARET DU MONDE !
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]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[                   Avec Toyota derrière moi,
je peux me concentrer
sur l’avenir.
Baptiste, 35 ans Président fondateur de WAS LIGHT
                                            Pour son design et son coût d’utilisation optimum, j’ai choisi le Toyota C-HR Hybride.
>> Découvrez l’histoire de Baptiste sur Toyota.fr/Témoignages
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