Page 14 - EcoRéseau n°36
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n°36
GaLaxIE EcoRéSEaU Prospective - La ville en 2050
Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau Business imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,
Métropoles démo-tech
RLes innovations high-tech et la démocratie numérique balbutiante vont remodeler les quartiers. Fiction d’une ville en 2050.
puis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnés
oméo doit vite ga- d’hydrolyse pour retrouver produisent de l’électricité. gner son lieu de tra- la matière de base. ce matin ceux-ci sont délicatement vail, le centre col- c’est de l’électricité produite éclairés par les affichages
laboratif du quartier où vé- par son voisin dont Roméo publicitaires environnants
hicules électriques et à hy- drogène, robots-laveurs et robots aides-soignants sont échangés et prêtés. La re- charge de son réveil olfactif doit être changée, car il a mis plus longtemps que d’habitude à s’extirper des bras de Morphée, songe-t- il en se débarrassant de sa combinaison thermo-régulée de sommeil qui s’est encore épaissie durant la nuit, tant le froid s’est emparé de Paris en ce 12 janvier 2050. Grelottant, il jette un œil distrait sur l’hologramme d’EcoRéseau TV, relatant une enquête sur les lois et amendements de 2016 qui ont presque tous été consti- tués par les électeurs eux- mêmes au travers de sites comme république-numé- rique.fr. Le journaliste ex- plique aussi que les élus ne prennent plus jamais de dé- cisions importantes sans consulter en instantané leurs groupes en ligne via demo- cracyos.org par exemple,
Et si le changement climatique remodelait entièrement la con guration des villes ?
que les électeurs n’ont ja- siècle, mais que les citoyens qui s’autodétruisent – la so- mais été aussi bien informés ont petit à petit appris à uti- ciété clermontoise carbios, et qu’ils comparent conti- liser. Roméo se hâte désor- devenue depuis 2011 un nuellement les programmes mais, jetant ses emballages géant, est parvenue à insérer
se sert, à qui il rendra la pa- reille un peu plus tard dans la matinée. Il est toujours intéressant de s’activer à horaires décalés, pour être alimenté par les différents panneaux photovoltaïques et éoliennes de chaque ha- bitation. De toute manière sa consommation reste anec- dotique grâce à son utilisa- tion pour les usages quoti- diens de LED 3D aledia – une start-up française vieille de 35 ans. après avoir jeté un rapide coup d’œil sur l’appli optimod’ afin de connaître les prédictions de trafic dans le quart d’heure
qui diffusent une douce clarté générée par la biolu- minescence Glowee des bac- téries de calamar. Voilà une décennie que Roméo em- prunte cette route chaque matin, mais il ne se lasse pas de ces quartiers toujours plus végétalisés, où la pierre a fait place au verre et au bois transparent Woodoo, mais aussi au cuivre ou au carbone dont les propriétés de flexibilité et de solidité ont pu être modifiées grâce aux nanotechnologies. comme toujours il s’arrête quelques secondes sur la place centrale. Dans les bâ- timents de rencontres vitrés, qui ont fleuri dans les villes depuis 15 ans, il y a déjà foule : des personnes âgées des maisons de retraite en- vironnantes attendent avec leurs livres d’histoire les enfants des écoles qui vien- nent leur rendre visite en sortie scolaire. Mais ce qui attire son attention est l’écran du Tweet wall de quartier, pour saisir l’humeur du mo- ment : les hashtags lui indi- quent en un instant les ap- probations ou désapproba- tions populaires, dont cette pétition des usagers sur change.org, dénonçant le manque de ponctualité des bus à méthane. alors qu’il s’engage dans une voie ra- pide électrifiée – il peut couper l’alimentation de son véhicule, qui devient auto-
Des quartiers végétalisés, où la pierre a fait place au verre, au bois transparent, au cuivre et carbone modifiés
par les nanotechnologies
électoraux des différents candidats par voxe.org. au- tant d’outils qui existaient déjà au début du xxIème
dans deux poubelles dis- tinctes, l’une pour un faible nombre de déchets non re- cyclables, l’autres pour ceux
des enzymes au cœur des matériaux afin qu’ils com- mencent eux-mêmes une opération de broyage et
et de savoir quel transport privilégier, il opte pour une voiture électrique en auto- partage. Les rues ont de toute manière tendance à devenir plus praticables, car de plus en plus de personnes se déplacent en Bodyboards dans les airs ou en Sea Bub- bles au-dessus du fleuve, des inventions qui ont mis 35 ans à s’imposer dans le paysage. Il faut avouer qu’il a un peu honte de sa vieille voiture à essence qui consomme du 0,2L aux 100 km – n’ayant pas encore les moyens de se tourner comme tous ses collègues vers des véhicules à pile hydrogène dernier cri. Tour- nant à droite après la bou- tique franchisée Ynsect, dont les produits à base de co- léoptères et grillons se ven- dent comme des petits pains, il jette un coup d’œil par les fenêtres auto-nettoyantes aux arbres à vents newwind, dont les feuilles en bougeant
Avis d’expert : Nicolas Ledoux, urbaniste, économiste, directeur au sein du cabinet Algoé, spécialiste du développement et de l’aménagement des grandes métropoles (Grand Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, villes africaines ou asiatiques)
«Leretourdelalowtech»
En travaillant sur plusieurs conti- nents, quelles observations pou- vez-vous faire de l’évolution des villes ?
Je constate une convergence, notamment dans les procédés de construction. Je reviens à l’instant de Rangoun en Bir- manie, et je peux vous dire que les modes de construction traditionnels sont ignorés dans les quartiers qui sortent de terre. On a tendance à oublier l’intelligence du lieu pour les formes urbaines, la trame, la densité, reproduisant des ilots similaires dans les quartiers modernes. Cela se retrouve à l’échelle de la France. Prenez Lyon Confluence, Paris Rive Gauche ou Bordeaux rive droite, il sera difficile de faire la différence.
Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Cette standardisation est due à l’inter- nationalisation des équipes, mais aussi aux budgets serrés qui conduisent à se tourner vers des opérateurs privés pour l’aménagement, aux impératifs de sécurité
ou de fluidité du trafic automobile.
Qu’anticipez-vous pour les villes de 2050 ?
La question des usages sera de plus en plus au cœur des préoccupations des villes et des opérateurs privés qui déve- loppent et financent les quartiers. Des communautés d’utilisateurs s’inscriront au cœur de la conception, pour réinventer des quartiers. Le projet Paris Batignolles
est un avant-goût de leur future impli- cation, en période d’approches collabo- ratives et de réinvestissement citoyen dans la production des choses. Je ne suis pas convaincu par la vision d’une ville hyper high tech. Je crois plus en 2050 au retour de la low tech et de l’ha- bitat participatif. Le particulier, habitant, usager, salarié concevra son cadre de travail mais aussi son logement. Le crowdfunding va se développer dans l’immobilier. Il s’agira aussi de retrouver des modes de fonctionnement plus or- ganiques, avec un appui sur le local, plus fiable et moins cher. Cela passera aussi par une gouvernance locale.
Propos recueillis par Julien Tarby
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nome par la mêm.
– il en profite pour se connecter sur questionnez- vosélus.org pour en référer à son député, puis pour se plonger dans ses pensées, en observant les cyclistes passer au-dessus de lui, dans des voies suspendues et transparentes...
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Déc. Jan. 2017
Julien Tarby

