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L’Art du temps - Tendances vestimentaires masculines dans les affaires Art De VIVre & PAtrIMOINe
des détails qui font la dif- férence. Mieux vaut alors s’adresser à une boutique où les vendeurs sauront bien conseiller le client et faire les ajustements re- quis. « Quand je vois com- ment sont habillés certains hommes d’affaires, je me dis que certains vendeurs font vraiment mal leur tra- vail. Mon rôle est d’ac- compagner le client pour qu’il fasse les bons choix. Et je n’hésite pas à enlever 5mmàunemanchesiné- cessaire ou à recintrer une veste », témoigne Georges cellerier, propriétaire de- puis 1974 de la boutique lyonnaise de prêt-à-porter masculin L’Arnaque. Le spécialiste incite aussi sur l’importance des belles matières. Pour un rendu impeccable et un tombé parfait, la matière est en première ligne. « Il y a de plus en plus de tissus qui ne se froissent pas ou qui sont plus “respirants”. Il faut y penser lors du choix d’un vêtement car ils sont un atout pour être pré- sentable après deux heures de voiture ou un déjeuner en terrasse », fait savoir Isabelle Montané.
la tenue, à commencer par le costume qui reste une valeur sûre. « Dans l’in- conscient collectif, y com- pris chez les plus jeunes, il renvoie une image de respect et de sérieux »,
Georges cellerier. A l’ex- trême, le jean/tee-shirt ne choquera personne si le chef d’entreprise dirige une start-up.
quer, il permet de garder une certaine élégance et tenue du corps quand on enlève la veste. Mais le gilet doit être utilisé avec parcimonie dans le monde des affaires car il donne
des chaussures apporte la touche d’originalité », suggère la directrice de Neodoxa. Même avec les accessoires, la retenue est de mise. « Dépasser trois accessoires, c’est éveiller un soupçon d’homosexua- lité », prévient Isabelle Montané. Le chapeau coiffe à nouveau les têtes et les écharpes ou autres chèches remplacent la cra- vate. « Beaucoup ont fait sauter la cravate. C’est une grande révolution qui me laisse un sentiment partagé. A la place, l’écharpe se porte en nœud
vraiment. « Les marques reconnues vont compter pour la qualité du vête- ment, mais ne vont pas s’afficher. L’élégance doit se remarquer sans se mon- trer de manière ostenta- toire », argumente Isabelle Montané. Se couvrir de marques peut aussi signi- fier qu’on est influençable et qu’on ne fait pas ses propres choix. « Afficher un luxe tapageur n’envoie pas le bon signal. Plus on monte dans l’échelle sociale, moins la marque se montre », commente christia Lopez. exhiber sa rolex n’est, en effet, sans doute pas du meilleur goût et peut générer une certaine forme d’agressi- vité. « Dans certains sec- teurs d’activité, les sala- riés pourraient avoir l’im- pression que leur patron se fait de l’argent sur leur dos », prévient Ludivine Leclercq.
La mode n’influe guère dans les affaires et encore
Dépasser trois accessoires, c’est éveiller un soupçon d’homosexualité
LE DIABLE SE CACHE DANS LES DÉTAILS
Sortis de ces grands prin- cipes, passons en revue les différents éléments de
plus un passage obligé.
belle Montané. « Le trois- pièces revient et séduit notamment les jeunes », ajoute le gérant de L’Ar- naque. Avantage du gilet, outre le fait de se démar-
chette étaient délaissés. Pour exprimer sa person- nalité et se faire plaisir, il faut parier sur les acces- soires. « Des lacets en contraste avec la couleur
force l’appartenance à un groupe. en est-il de même chez les patrons ? Se re- connaissent-ils à la marque de leur montre ou de leurs chaussures ? Pas
sée, m.
de chemise élimé... Vous ne les voyez pas ? Soyez certain que vos interlocu- teurs les remarquent et que ça peut vous desservir. Il serait dommage de rater un contrat pour si peu. Pour une histoire de chif- fons...
affirme la dirigeante d’etre en couleurs. Inutile de vouloir recycler le costume de mariage ou de cérémo- nie, pas du tout adapté au
moins chez l’homme. Il y a finalement peu de va- riantes et les hommes y adhèrent généralement peu, à quelques excep-
très vite un côté dandy. Pour la chemise, les cou- leurs voyantes sont à pros- crire. Le blanc a le mérite de permettre assez aisé-
De façon générale, un di- rigeant se doit d’incarner le dynamisme, l’efficacité, la rigueur et la réussite. Pour y parvenir, la tenue vestimentaire peut être un atout. « Un manager souf- frant d’une image autori- taire aura besoin de don- ner une image plus ou- verte. Choisir des couleurs claires et douces au niveau du visage, privilégier les accessoires de forme ovale, opter pour des ma- tières satinées et porter des vêtements à la coupe plus ample pour apporter de la rondeur vont atté- nuer l’impression de froi- deur. A l’inverse, un cadre qui aura besoin d’asseoir son autorité privilégiera des lignes structurées, des accessoires anguleux, des cravates mates à motifs géométriques... », donne en exemple Ludivine Le- clercq.
Attention à ceux qui osent trop...
monde de l’entreprise avec sa matière trop chatoyante et sa forme trop cintrée. A savoir : plus le costume est sombre, plus le niveau hiérarchique est important. Longtemps banni, le noir se développe, mais reste associé au deuil. A porter avec une chemise de cou- leur. Mais le costume n’est
tions. « Le costume est plus serré et plus court. Le pantalon qui casse sur la chaussure se fait moins ; on préfère le porter au ras de la chaussure. Et pour porter des modèles plus proches du corps, il fait avoir une morphologie assez mince pour se le permettre », préconise Isa-
ment d’ouvrir un bouton et d’oublier la cravate sans pour autant donner le sen- timent d’être négligé. Un col traditionnel renforcera le sérieux, un col plus court et dur donnera un coup de jeune. A noter le retour des poignées mous- quetaires. Assez paradoxal car les boutons de man-
coulant pour un look bran- ché », indique Georges cellerier.
Les professionnels en image observent que le public masculin, plutôt ré- ticent à courir les maga- sins d’habillement, com- prend assez vite que le vêtement peut être un outil et un atout. Le plus dur reste encore de leur faire franchir la porte des ma- gasins. Dans sa boutique, Georges cellerier ac- cueille majoritairement des femmes qui amènent leur mari. « Quand les hommes poussent la porte de mon magasin, c’est quand même qu’ils ont envie de prendre soin d’eux et de leur image. A moi de leur donner envie de se prendre au jeu et de parfaire leur éducation en matière vestimen- taire. »
Un cadre qui aura besoin d’asseoir son autorité privilégiera des lignes structurées, des accessoires anguleux, des cravates mates à motifs géométriques
atière flétrie, col
«Ilestunpeuenpertede vitesse au profit de la veste et du pantalon désunis qui donnent un côté plus dé- contracté », constate
Séverine Renard
EVITER DE SE TRANSFORMER
EN PANNEAU PUBLICITAIRE
chez les adolescents, on sait que la marque tient une place capitale et ren-
Un dernier conseil : même si vous n’aimez pas faire les boutiques, pensez à renouveler votre garde- robe car les vêtements vieillissent. couleur pas-
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