Page 77 - EcoRéseau n°31
P. 77
n°31
www.ecoreseau.fr
L’Art du temps - CrossFit et sports urbains tendance ART DE ViVRE & PATRiMoinE Etude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovations
L Modeforçatoudécontracté,ilfautchoisir La logique d’efficacité et de résultats visibles touche aussi le sport. CrossFit et nouvelles pratiques
e monde du sport danslessalless’opposentdésormaisauxexercicesplaisirs... plus amusantes afin de souf-
serait-il le reflet de frir dans la bonne humeur.
notre société et du «Ilyaunevraieprisede monde du travail en parti- conscience des bénéfices du
culier ? Concurrence exa- cerbée, performance à l’ex- trême, individualisme à tout crin... Ces notions sont de plus en plus présentes dans l’univers sportif. Pour preuve, la déferlante Cross- Fit. Apparu aux Etats-unis au milieu des années 1970, le CrossFit, arrivé en France ilyacinqans,aétépopu- larisé par Reebok qui a ou- vert deux salles à Paris et Bordeaux. Depuis bientôt deux ans, impossible d’échapper au phénomène. Mais quel est-il au juste ? un programme de prépara- tion physique et d’entraî- nement musculaire basé sur un enchaînement de mou- vements fonctionnels variés, de forte intensité et issus de différentes disciplines sportives telles que la gym- nastique, le fitness, l’halté- rophilie, l’athlétisme, le car- dio... objectif : brûler un maximum de calories.
sport sur la qualité de vie, et plus seulement sur l’as- pect esthétique. Notre vo- lonté est de rendre le sport accessible et de permettre à tous de franchir le pas », souligne Jean-Sébastien Grellet-Aumont, directeur du concept Keep Cool. L’en- seigne affiche d’ailleurs la couleur avec son nom. « Le sport sans frime dans un cadre décontracté, voilà no- tre credo », résume-t-il. Exit les miroirs et les haltères, place aux écrans pour suivre son émission télé ou surfer sur internet pendant qu’on rame, qu’on pédale ou qu’on court. une tactique de di- vertissement pour s’exercer plus longtemps...
A chaque séance, les Cross- Fitters repoussent leurs li- mites dans une course ef- frénée à la performance. L’hygiène de vie et la nu- trition occupent également une place centrale. Tout est sous contrôle, toutes les ac- tions tendent vers une « ren- tabilité » maximale. « Cela peut impressionner et faire peur. Il y a un côté militaire, voire un peu masochiste », reconnaît Julien. Ce cadre quadragénaire lyonnais, pra- tiquant assidu de triathlon, dit être venu au CrossFit pour évacuer le stress, se challenger et améliorer sa condition physique pour les compétitions.
Fitters ne s’entraînent pas dans des salles mais dans des boxes (boîtes en anglais) et ils ne pratiquent pas des exercices mais des WoD (Workout of the Day). A noter également que Cross- Fit est une marque. Pour faire référence à la disci- pline, il faut parler de cross- training.
toutes les parties du corps. Les mouvements sont issus de l’haltérophilie : l’arra- ché, l’épaulé-jeté et le sou- levé de terre », explique Jean-Charles Solvignon, gé- rant de Crosswod. Ces exer- cices permettent de gagner en force, en vitesse et en endurance pour être plus efficace dans la vie quoti-
de corps dans une ambiance détendue où chacun s’en- traîne à la hauteur de ses possibilités », affirme Jean- Charles Solvignon. La dif- férence avec le CrossFit est finalement assez mince. Les clubs de sport tradi- tionnels suivent eux aussi la tendance. Chez l’orange Bleue, les membres prati-
tion chez Keep Cool qui propose un cours vidéo de 20 minutes avec 15 mou- vements fondamentaux à effectuer sur le mur de « fonctionnal training » et au sol.
Maintenant Catherine pourra changer le pneu crevé de son tracteur en toute quiétude...
Face à la concurrence du running, des stratégies se développent. A l’orange Bleue, les tapis de course occupent une place de choix sur le plateau de cardio, tandis que Keep Cool a si- gné un partenariat avec le site web Jogg.in. Depuis début avril, les adhérents Keep Cool se connectent à une plateforme communau- taire pour participer à des sessions de course en groupe, encadrées par des coaches. 44 clubs dans 35 villes offrent déjà ce service qui vise à renforcer les liens avec les adhérents.
ETATS D’ESPRIT QUI FAIT TACHE D’HUILE Le CrossFit se veut acces- sible à tous, mais la réalité est toute autre. L’intensité des séances exige une très bonne condition physique et l’état d’esprit ne saurait plaire à tous. C’est pourquoi certains ont décidé de surfer sur la tendance CrossFit en l’adaptant.
LE SPORT EN MODE LUDIQUE
Si le CrossFit est en vogue,
Les clubs rivalisent d’imagination pour rendre les séances plus amusantes, afin de souffrir
Les CrossFitters forment une vraie communauté, puisqu’on compte près de 200 salles dans l’Hexagone, aussi bien dans les grandes agglomérations que les pe- tites villes. Cette commu- nauté possède d’ailleurs son propre langage. Les Cross-
En Auvergne, Crosswod, qui souhaite se développer sous licence de marque, a pris pour modèle le Cross- Fit, mais sur un mode plus décontracté. « Différents ateliers permettent d’en- chaîner des mouvements simples dans leur réalisation mais qui font travailler
« C’est un cours spéciale- ment créé pour l’Orange Bleue qui s’inspire du cross- training avec une dominante athlétique. Si le CrossFit s’adresse à une clientèle plutôt experte avec de vraies capacités physiques, nous voulons séduire le plus grand nombre et la notion de plaisir est primordiale », détaille Jérémie Serinet, di- recteur opérationnel de l’en- seigne. Le cross-training a également fait son appari-
sinent. « Les cours fun et ludiques fonctionnent très bien. En début d’année, nous avons lancé Yako Up, un cours très cardio sur tram- poline qui marche fort », analyse Jérémie Serinet. L’efficacité en un minimum de temps... « Les cours dan- sés séduisent toujours au- tant », ajoute-t-il. Face à des Français par culture pas très portés sur le sport, les clubs rivalisent d’imagina- tion pour rendre les séances
Juin 2016
dienne et pouvoir facilement monter des escaliers, dé- ménager des meubles... Comme dans une box, la salle est dépourvue de ma- chine et de miroir : une grande cage centrale sert pour tous les exercices. « On privilégie le côté humain plutôt que la compétition. Les pratiquants s’encoura- gent, une émulation se crée. Personne ne se sent exclu et surtout personne ne se sent jugé. Nous recherchons la convivialité et un esprit
dans la bonne humeur
Et pour des actifs toujours plus pressés, la flexibilité est de mise. « Les cours durent une demi-heure ou trois quarts d’heure plutôt qu’une heure. Les séances se raccourcissent pour une consommation facilitée. Cela permet de suivre un cours, d’en enchaîner deux, ou de faire un cours et un peu de cardio », constate Jérémie Serinet. Dans cette même logique, les salles ont élargi leur amplitude horaire et sont ouvertes 7j/7 de 6h à 23h. « Plus d’excuse bidon pour ne pas faire de
quent le Yako intensa. d’autres tendances se des-
77

