Page 10 - EcoRéseau n°30
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n°30
GaLaxiE ECORéSEaU Le baromètre de l’optimisme - Actions symboliques
Focus sur ces petites interventions discrètes qui changent le quotidien
Le beau geste impromptu
La BA sociale inattendue
E Une solidarité familiale sauve une société
Des refuges urbains pour les sans-abri
«N
abri ne voulait pas se rendre dans les refuges d'urgence. Ce refus est souvent ar- gumenté par les mauvaises conditions et la réglementation (refus des animaux, cou- vre-feu...) », explique Laurent Boudet. il y a quelques mois, avec son ami, il a créé un « cocoon ». Le petit bungalow de 7m2 est un abri pour les gens de la rue qui souhaitent se réchauffer et se reposer en sécurité. « Dans un cocoon il y a un lit, des toilettes, des étagères à rangement, un accès à l'eau potable, un espace suf- fisant pour accueillir un animal ou placer un vélo », détaille Laurent Boudet. Pour le moment ce refuge existe seule- ment à Montpellier sous forme de pro- totype. Les deux amis ne se sont pas ar- rêtés là. ils ont créé une association
« Un toit pour toi » dont les bénévoles, pour la plupart étudiants, devront accom- pagner les « cocooners » (les habitants des cocoons). « Autant il est facile de donner à manger à un sans-abri, autant il est difficile de lui proposer un toit. Notre association se charge de chercher des solutions durables pour les sans-abri, que ce soit pour le lo- gement ou pour des cours de français et la recherche de travail », explique Laurent Boudet. Suite à la création de l'association, il a fallu aussi fonder une entreprise du secteur de l'économie sociale et solidaire, Cosh France. Cette dernière s'occupe de la construction et de l'aménagement des co- coons. Cependant, un cocoon coûte entre 22000 et 32000 euros. N'ayant pas d'aide
n 2010, alexandre Banas et sa sœur Sophie Banas, du holding familial
ous nous sommes rendu compte sition par la municipalité, les entrepreneurs qu'une majeure partie des sans- ont dû trouver une solution pour financer
Sofal, ont racheté la société Rénovembal basée à La Chevrolière (44). L'entreprise spécialisée en recyclage d'emballages en plastique et en métal a ainsi été sauvée du redressement judiciaire. Quatre ans plus tard, Réno- vembal a de nouveau connu une catastrophe. « Le 30 juin 2014, un poste d'autoradio a pris feu. L’incendie s'est propagé sur les 1800 m2. Nous avons alors tout perdu », se souvient alexandre Banas. L'entrepreneur s'est re- trouvé face au chômage technique de ses 15 employés et une clientèle en attente de commandes. Finalement la solution miraculeuse a été trouvée : Rénovembal a déménagé dans les locaux de la société CMS High-tech, qui fait partie de la Sofal ! « Cette entreprise appartient à ma sœur. Faisant par- tie du même holding dont nous sommes tous deux dirigeants, nous avons très vite trouvé un compromis », précise alexandre Banas. il faut savoir que l'entreprise sœur se trouve en Eure-et-Loir (28), un peu loin pour les salariés. Cependant, tout le monde pensait que ces voyages ne dureraient pas. Même si CMS High-Tech s'occupe de traitement et de recyclage de dé- chets dangereux et de solvants, elle a les mêmes agréments que Rénovem- bal et presque toutes les robotiques de travail. L'entreprise a donc pu pour- suivre la majeure partie de son activité. « Grâce à cette entraide, nous n’avons perdu que 13% de notre chiffre d'affaires, soit 150000€ », dit
leur projet. « Nous faisons appel aux en- treprises sensibles au sujet. Nous leur pro- posons de financer l'hébergement temporaire d'un sans-abri – peut-être même celui qu'ils connaissent – pour 60 euros par mois. Ces
Perspective
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«O publique, n’étaient les locaux mis à dispo-
On a toujours fait comme ca !
alexandre Banas, d'un ton sou- lagé. Pendant ce temps, les an- ciens locaux restaient vides. il fallait entreprendre quelque chose pour y revenir. Le soutien familial ne s'est pas arrêté à un simple hébergement. « Ma mère qui fait aussi partie du holding nous a aidés à vendre l'ancien bâtiment pour en construire un nouveau », sourit alexandre Ba- nas. des machines neuves, des
dons sont défiscalisés », précise Laurent Boudet. Malgré la communication réduite à une simple page Facebook, plusieurs en- treprises se sont déjà intéressées aux cocoons, notamment parce qu'ils font également office d'un parfait emplacement publicitaire. Un espoir qui fait revivre les concepteurs de cocoons. « Nous voulons les implanter un peu partout en France. Il n’en faudra pas beaucoup, une dizaine ou vingtaine par département », conclut Laurent Boudet. Mais auparavant, il faudra qu'une compagnie d'assurance ou mutuelle accepte d'assurer l'entreprise qui n'entre dans aucune case préétablie des assureurs. Cependant, les deux compères ne se découragent pas et restent optimistes !
murs qui sentent encore la peinture... les nouveaux locaux de 3200 m2 at- tendent leur inauguration qui aura lieu d'ici le mois de juin. « Nous repren- drons pleinement notre activité en septembre, avec l'objectif d'augmenter notre chiffre d'affaires annuel de plus de 10% », affirme alexandre Banas. il semblerait qu'une fois de plus Rénovembal renaîtra de ses cendres...
par
n a toujours fait comme ça ! » Entendue chaque jour dans des milliers
cennies », affirmait récemment Jean- Paul agon, président de L’Oréal. « Ce qui représentait 5% de notre chiffre d’affaires en mai 2014 pèsera bientôt près de 50% », déclarait il y a deux ans alain Bénichou, président d’iBM France, qui mise aujourd’hui sur le Cloud, le Big data, les réseaux sociaux et la mobilité pour rester dans la course. « Nous nous voyons désormais comme un Oracle ou un Microsoft », n’hésite plus à dire Jeff imelt, président de GE, une vieille dame de 140 ans qui ambitionne de devenir une « Premium digital industrial Company ». « Notre principal concurrent, c’est Google », explique quant à lui Guillaume Pepy, président de la SNCF. « Notre métier n’est plus de transporter les Français de gare en gare, mais de point en point et de gérer leur mobilité. Cela passe par
le numérique, les données, les applica- tions, les smartphones et les réseaux sociaux. »
« Ma qualité principale est d’avoir tou- jours pratiqué l’insatisfaction active et d’avoir toujours su me remettre en cause », aimait répéter Bernard darty, fondateur de la chaîne éponyme. Le changement de monde que nous sommes en train de vivre oblige chacun de nous à accepter l’idée que rien ne sera plus jamais comme avant. Plutôt que de regretter une époque révolue, arrêtons de pleurer ce que nous ris- quons de perdre, et concentrons-nous sur ce que nous pourrions gagner dans la transition en cours. alors, et alors seulement, deviendrons-nous capables d’abandonner notre routine pour mieux embrasser la renaissance qui se pré- pare.
Philippe bloch
d’entreprises à chaque fois qu’émerge une idée nouvelle ou une approche dis- ruptive, cette habitude doit être com- battue sans relâche. Croire que le simple fait que cela a marché jusqu’à présent nous dispense d’explorer de nouvelles voies est en effet devenu tout simplement suicidaire. À une époque où une bonne idée peut changer le monde et convertir la planète à son usage en quelques semaines, comment croire que nos vieilles routines rouil- lées puissent avoir le moindre avenir, au seul prétexte qu’elles ont bien fonc- tionné jusqu’à présent ?
auteur - conférencier, animateur et entrepreneur (auteur de « Tout va mal... Je vais bien ! » [Ventana Editions], animateur sur BFM Business et Fondateur de Columbus Café)
« La façon de faire notre métier a plus changé au cours des trois dernières an- nées qu’au cours des trois dernières dé-
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Mai 2016
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