﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="84"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[CRÉER AUJOURD’HUI - p. 36VOYEZ GRAND !Osez d’emblée l’internationalDECRYPTAGE - p. 50Les prochaines énergies renouvelablesNuméro 29 - avril 2016 - 3,90 €ecoreseau.frAfriqueTerre promise des start-up ?Trophées Optimistesle palmarès 2016 - p.14Interview croiséeMaud FONTENOYVirtuose de la rameNavigatrices engagéesLes nouvelles ambassadrices des territoires maritimes. p. 28Alexia BARRIERRégatière de talent- Filières émergentes et start-up- Prospective : les Français et la mer en 2050 - Réseaux & influence : les cercles nautiquesElectron libre - p.32 Inspirant !Philippe CroizonAventurier et sportif de l’extrêmeNOUVELLE FORMULEPUBLICITÉ EN LIGNE - p. 53 Enchères en temps réel,la révolution est en marcheà l’horizonMers & océansCroissance BleueHEXAGONE - p. 22« L’ortografe » en questionLa face émergée d’un débat de fondwww.ecoreseau.frBEL : 4,90 € - DOM/TOM : 4,90 € - N CAL/S 590 cfp - POL/S 650 cfp - CAN 6,50 $ca - MAR 46 MAd]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29EdiTOriAlA vous, les Cousteau et Jean Bart d’aujourd’huiCa y est, la page hivernale se tourne dans la bonne humeur. les médias ont pour- tant lourdement insisté sur le fameux « Blue Monday », ce troisième lundi du mois de janvier estampillé jour le plus déprimant de l’année d’après les scien- tifiques, à cause du froid, des dettes de Noël à rattraper et des bonnes résolutions déjà balayées. vont-ils enfin évoquer le troisième vendredi du mois de juin, censé d’après les calculs « savants » être le plus joyeux de l’année ? Gageons que Guillaume rolland, l’étudiant inventeur du réveil olfactif et Charles-Henri looten, dirigeant de la PME éponyme qui a su renaître de ses cendres après un incendie – tous deux récompensés par EcoRéseau Business lors du Printemps de l’Optimisme en présence d’Emmanuel Macron – n’ont pas songé à regarder le calendrier pour voir si le jour était favorable à une prise de décision risquée. Philippe Croizon, l’Electron libre quadri-amputé de ce mois, ne s’est sûrement pas attardé sur ces considérations avant de traverser la Manche à la nage. Certains ne prêtent pas leur attention à un quelconque déterminisme et déci- dent de bâtir leur destin sur une conviction, une envie, une énergie, comme le démontre ce numéro dévolu aux mers et océans. les dirigeants des start-up qui inventent la crois- sance bleue de demain sont les nouveaux explorateurs, persuadés qu’ils accosteront un jour ou l’autre sur des terres inconnues et fertiles. les Bougainville ou Charcot d’aujourd’hui sont ceux qui testent des molécules d’intérêt issues de l’océan, qui s’adonnent à l’aquaculture de micro-algues ou s’aventurent dans les énergies renou-velables marines. En immersion met à l’honneur les marins du Tara, qui se laissent prendre dans les glaces pour étudier l’impact du réchauffement climatique, sujet si cher aux deux navigatrices militantes de l’environnement Maud Fontenoy et Alexia Barrierde l’interview Croisée. Mais ces entrepreneurs atypiques com.visionnaires comme le commandant Cousteau ou combatifs comme le corsaire Jean Bart, qui trouvent là un terrain de jeu à leur mesure, ne partent pas vers le grand large complètement au hasard, au gré des éléments. Aujourd’hui ceux qui créent une entre- prise d’emblée internationale doivent en amont trouver les bons appuis, comme précisé dans le Créer Aujourd’hui. ils se renseignent sur les technologies du moment, tels les nouveaux moyens de paiement ou l’achat d’espaces publicitaires en ligne par enchères en temps réel analysés en Haute résolution. Témérité ne rime pas non plus avec légè- reté, et – pour reprendre les mots d’Emmanuel Macron lors de la remise des Trophées Optimistes – « l’optimisme s’accompagne de pragmatisme ».Jean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationJulien TarbyRédacteur en chefme Christophe Colomb,LE CHAT by Philippe Geluck4Avril 2016]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frConseillers de la rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Geoffroy Framery, Aymeric MarolleauChroniqueurs : Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, Arthur Cohen, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Sophie de Menthon, IsaLou Beaudet Regen, Jean-Marc Rietsch, Thierry SaussezOnt collaboré à ce numéro : Anna Ashkova, Jean-Marie Benoist, Charles Cohen, Anne Diradourian, Pierre Havez, Marc Hervez, Emilie Massard, Cyril Michaud, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Antoine Pietri, Séverine Renard, Pierre Tiessen, Murielle WolskiDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardRéalisationCourriel : production@lmedia.frResponsable production : Frédéric Bergeron Conseiller artistique : Thierry Alexandre Crédits photos : Fotolia, DRCLUB ENTREPRENDRE 24-44 Baromètre & Tendances 24GALAXIE ECORÉSEAU 4-17 RétrospectiveSOMMAirE- l'effervescence des solutions de paiement en ligne 54la mer dans l'histoire de France 6Business storyBaromètre de l'optimisme 8 - Tendances- Actions symboliques- le monde après COP21RH & FORMATION60-71Zodia Nautic, le digital et les bateaux semi-rigides58Réseaux & Influence60 6264 66 70- Compte-rendu du Printemps de l'Optimisme - retour sur les Trophées Optimistesles clubs en lien avec la merProspectiveObservatoirele rapport à la mer en 2050 1618 20 22Carrières & TalentsPANORAMA 18-23- Executive MBA : le vent en poupe malgré tout- Executive Education : la vogue des programmesGrand anglesur-mesure- Ecoles d'ingénieurs : les spécificités de lawww.ecoreseau.frrichesse menacée des mers & océansformation française201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frRégions & TerritoiresART DE VIVRE& PATRIMOINE 72-82languedoc-roussillon Midi-PyrénéesFondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste LeprinceRédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyHexagonela réforme orthographique en questionLa Sélection culturelle 72 L’Air du tempsInternationall'Afrique subsaharienne terre promise des start-up ? 23la Bd, support roi des sujets complexes 73Publicité & opérations spécialesElectron libreCourriel : publicite@lmedia.frDirecteur du développement : Damien DelachauxEquipe commerciale : Faustine Launay, Julia Navaro Conseiller de la direction : Stéphane Le SageDiffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPAdministrationCourriel : gestion@lmedia.fr Gestion : Jean-Eudes SansonEcoRéseau Business est édité par LMediaRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique.La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.Philippe Croizon, quadri-amputé sportifde l'extrême 32A la UneStart-up prometteuses en lien avec la mer 26Interview croiséeMaud Fontenoy et Alexia Barrier,navigatrices engagées pour l'environnement 28En immersionle Tara, goélette d’exploration d'exception 30Culture du rebondHélène Bourbouloux, administratricejudiciaire omniprésente 34L’Art du temps 74Créer aujourd’huiL’actualité automobile : Essais & tendances 79les "born global" : les entreprises d'emblée internationales 36Baromètre Finance & Investissements 80Business guidesPatrimoine- Cadeaux d'affaires au sens caché 40 - Flottes auto : les nouveaux services connectés 42l'immobilier de luxe repart en 2016 80ErratumSTRATÉGIE &INNOVATION NUMÉRIQUE 46-59Regard sémantique82Baromètre de l'innovation 46 Regard digitalDans son édition n°28 de mars, EcoRéseau a dans son business guides sur les compagnies aériennes page 40 caractérisé Hop ! comme étant la filiale low-cost d'Air France, alors qu'il s'agit de Transavia. La société Hop ! appartient effectivement à Air France, mais n'est pas low-cost, une grande partie de sa clientèle étant d'ailleurs d'affaires. Qu'elle veuille bien nous en excuser.Marc-Arthur Gauthey, cofondateur de OuiShare 48DécryptageImprimeur : Léonce Deprez – imprimé en France- real-Time Bidding : le basculementdes achats de pub en ligne 53les prochaines énergies renouvelables 50Haute résolutionAvril 20165]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29GAlAxiE ECOréSEAU Rétrospective - La mer dans l’histoire de Francel’appel du large ?Dans chaque numéro, EcoRéseau Business vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.lObtenir de l’ONU l’extension de son territoire maritime pour devenir le deuxième de la planète. la revanche d’un atavique pays terrien ou le destin logique d’une grande puissance maritime ? les deux mon capitaine...a France, dans son essaye. En août dernier, rapport à la mer, cul- Ségolène royal présentait tive les paradoxes. ainsi ses dix pistes d’actionPays des châteaux-forts pour soutenir la « crois-derrière lesquels elle se claquemure pour défendre ses terres. Nation agricole recouverte de champs de céréales à perte de vue. Sully n’affirmait-il pas que « labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France », scellant ainsi la vocation terrienne du pays ? Pour plagier Chur- chill, on pourrait affirmer qu’à l’inverse du royaume- Uni, jamais la France n’a semblé vouloir faire le choix du grand large. Pourtant, de façon quasi- ment symétrique, l’Hexa- gone baigne autant dans l’eau qu’il est arrimé à la terre ferme. Beaucoup de ses grands hommes ont souhaité développer la vo- cation maritime du pays. Colbert voulut donner en matière commerciale la priorité à l’outre-mer en créant plusieurs compa- gnies – indes orientales et occidentales, compagnies du Nord, du levant et du Sénégal. Napoléon, qui tenta d’égaler – sans succès – la puissance de la royal Navy britannique. Et le ro- mantisme à la française ne trouva-t-il pas autant d’écho dans les exploits maritimes des corsaires Jean Bart, robert Surcouf et duguay Trouin que dans l’héroïsme terrien de d’Ar- tagnan ?Désormais, la méfiance hexagonale à l’égard de la Grande Bleue semble s’estompersance bleue ». Parmi celles- ci, un appel à projets pour le développement de l’aquaculture ; le lancement d’une initiative européenne sur les pertes de conteneurs en mer, et d’une autre contre le dumping social entre marins ; la mise en place d’une planification spatiale des activités ma- ritimes (avec expérimen- tation en Manche et Mer du Nord) ; la mise en place d’un schéma pour le dé- ploiement du gaz naturel comme carburant marin avec appels à projets en soutien, ou encore le dé- veloppement des aires ma- rines pour qu’elles couvrent plus de 20% des eaux fran- çaises d’ici 2017. Par ail- leurs, le gouvernement est doté d’un Secrétariat gé- néral à la mer, directement rattaché au Premier minis- tre, ayant pour vocation de porter de façon transver- sale, dans chaque ministère, les enjeux liés à la mer. la France semble donc vouloir faire le choix du large. Une nouvelle de- mande d’extension de sa ZEE – concernant la Poly- nésie française – reste même à soumettre à la Commission des limites du plateau continental (ClPC). Si celle-ci venait à aboutir, la France éten- drait son territoire maritime d’au moins 1 million de km2, selon les experts. de quoi passer devant les Etats-Unis. Et de quoi faire mentir Eric Tabarly, qui ironisait sur notre rapport àlamer:«Lamer,pour les Français, c’est ce qu’ils ont dans le dos quand ilsextension de son domaine maritime de 580000 km2. Comment ? En parvenant à convaincre l’ONU que la logique de la géographie sous-marine des zones cô- tières françaises justifiait d’aller au-delà des fameux 200 miles marins, limite habituelle des ZEE. Uneploitables insoupçonnées. En 2011, l’ifremer (institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) publiait une étude sur les ressources minérales ma- rines profondes à l’horizon 2030. dans celle-ci, plu- sieurs phrases laissent son- geur : « Dans les 30 ansla France comme pour l’Europe, d’engager des politiques de long terme afin de ne pas se laisser distancer sur un plan scien- tifique comme écono- mique. » Ou encore : « La connaissance des fonds ma- rins fondée sur l’explora- tion scientifique est indis-trielles qui sauront antici- per et maîtriser les tech- nologies d’exploration, d’extraction et de remontée des minerais pourront tirer des bénéfices de leur sa- voir-faire au niveau inter- national. » Sans oublier qu’en 2016, 85% des échanges commerciaux se font par voie maritime. l’eau, donc, semble le prin- cipal agent de la mondia- lisation.Jamais la France n’a semblé vouloir faire le choix du grand large d’après Churchill ?Aussi, la mer joue-t-elle depuis toujours un rôle im- portant dans l’équilibre so- cio-économique du pays. Bon an mal an, notamment grâce aux vestiges de son empire colonial, la France possède l’une des Zones économiques exclusives (ZEE) les plus importantes du monde. Mieux : depuis septembre 2015, la France a obtenu de l’ONU unePlus si sûr...En d’autres termes, la mer regorge de trésors qu’il ne tient qu’à nous, Corsaires d’un autre temps, d’aller conquérir. « la mer est l’avenir de la France », va même jusqu’à intituler dans son dernier ouvrage Jean- Marie Biette, secrétaire gé- néral du pôle mer du groupe Ouest-France. Mais la France s’en donne-t-elle les moyens ?.6Avril 2016derrière ces chiffres se ca- chent des ressources ex-Oui. Ou en tout cas, ellebroutille ? Certainement pas. Cette décision permet à la France de jouir au- jourd’hui de 11 millions de km2 de territoire mari- time, ce qui en fait le 2e pays le mieux doté au monde, derrière les Etats- Unis.qui viennent, l’humanité s’appropriera de plus en plus les grands fonds, du point de vue scientifique, économique, écologique et éducatif. Une stratégie sur le long terme devient ur- gente ; elle se place sur le plan de la géopolitique et des enjeux économiques mondiaux. Il s’agit, pourpensable pour trouver les zones de minerais les plus riches et comprendre les processus de transfert et de concentration des mé- taux. Cette exploration per- met aussi de déterminer la biodiversité et comprendre le fonctionnement des éco- systèmes. » Ou enfin : « Les pays et les sociétés indus-regardent la plage ». Olivier Faure]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29GAlAxiE ECOréSEAU Le baromètre de l’optimisme - TendancesLes bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper. Elles sont finalement si nombreuses que nous vous proposonsune nouvelle version plus étoffée du baromètre. Bonnes ondes positives !Le verbatim à retenir...Le monde appartient aux optimistes, les pessimistes ne sont que des spectateurs4 La bonne nouvelle ici et maintenant Note positive en fin d'année 2015 en matière de chômage. Selon l'insee, il est redescendu à 10% en métropole au qua- trième trimestre. l'indicateur a aussi baissé de 0,1 point dans la France entière, pour s'établir à 10,3% de la population ac- tive. Selon la ministre du Travail, Myriam El Khomri, c'est un "signal encourageant". d'autant plus que le gouvernement espère une inversion de la courbe du chômage en 2016.François Guizot, homme politique et Académicien du XIXème siècleDes chiffres et des lettres agréablesdes Français considè- 70% rent que les consom- mateurs peuvent avoir confiance dans les agriculteurs et 60% se disent prêts à payer leurs produits plus cher pour assurer à ceux-ci un meilleur revenu, selon un baro- mètre IFOP. Il semblerait que les Français soient touchés par les agriculteurs en dé- tresse. Ainsi 59% (+7% par rapport à l'an passé) des Français estiment que les agricul- teurs sont respectueux de la santé de leursLe graphique encourageantL'Insee a publié une enquête : « Au cœur de l'économie fran-çaise ». Le but ? Montrer que l'activité économique des sec-teurs principalement marchands est essentiellement portéepar un nombre restreint d'entreprises. Les chiffres sont épa-tants : 52% de la valeur ajoutée (509 milliards d'euros, soitun quart du PIB) est réalisée par seulement 3000 société surun total de 3,3 millions, soit un peu moins de 0,001% ! Cepetit nombre d'entreprises représente 83% des exportations du pays, 70% de l'investisse- ment et 43% de l'emploi des secteurs marchands en équivalent temps plein (20% de l'emploi total). Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) constituent leur noyau dur (deux tiers de ces 3000 sociétés), suivies des PME, de grandes entreprises et de micro-entreprises. Le sec- teur industriel se démarque parmi les 3000 entreprises au cœur de l'économie française avec 42,5% de la valeur ajoutée du panel et 37,5% des effectifs. A l'export, le taux est égal à 69% (et 57% du total réalisé par les 3,3 millions d'entreprises du secteur marchand) !4 Pour rêver très loinQui n'a pas rêvé de pouvoir éviter les embouteillages ? la so- ciété AeroMobil vient justement de dévoiler la version 3.0 de sa voiture volante au Pionners Festival de vienne en Autriche. AeroMobil 3.0 est une voiture qui se transforme en un véritable petit avion de tourisme. En mode « voiture », elle est capable d'atteindre 160 km/h sur route, consomme 8 litres aux 100 et dispose d’une autonomie de 875 km. En mode « avion », Ae- roMobil intègre un système de pilotage automatique et possède des suspensions spéciales lui permettant d’atterrir sur les ter- rains tels qu'une piste, une prairie ou n’importe quelle surface pavée de quelques centaines de mètres. En vol, AeroMobil at- teint 200 km/h, consomme 15 litres par heure et dispose d’une autonomie de 700 km. le « conducteur » doit disposer d’un brevet de pilote.l’onde positivecompatriotes.Des brèves qui donnent le “smile” le matin...par Thierry Saussez Créateur du Printemps de l’Optimisme,Une start-up crée un "congé menstruel" pour celles qui souffrent de douleurs. Coexist, une jeune start-up britannique, a décidé de mettre en place un ou deux jours de congés payés (différent d'un congé maladie) pour les femmes qui ont des règles trop douloureuses. le congé permettrait de sou- lager les femmes et surtout de stimuler leur motivation et leur productivité quand elles sont au travail. Une mesure qui a reçu un bon accueil.Considérée comme le sum- mum de l'excellence hu- maine, la sagesse se déve- loppe certes avec le temps, la tra- versée d'épreuves, mais elle peut et doit se cultiver très tôt. Contrairement à une idée reçue, la sagesse n'est pas passive, elle est active. l'idée n'est pas de se replier sur soi-même, tel un vieillard fati- gué, de regarder passer les trains ou les autres mais plutôt de rester en éveil, en mouvement.le sage est créatif, il utilise son imagination pour développer des idées, trouver de nouvelles voies, apporter des solutions. Nous avons tous en nous un potentiel de créa- tivité. À l'inverse du pessimiste, revenu de tout, ne croyant pas plus en lui-même qu’en les autres, il est curieux de tout ce qui l'entoure, ouvert aux nouveautés, aux ren- contres, attentif aux opportunités. le sage est ouvert d'esprit. À l'op- posé du négativisme, du conser- vatisme, de l'obscurantisme, il a soif d'approfondir ses connaissances, de chercher, d'inventer. la beauté le touche. il apprécie l'art. En in- teraction permanente avec le monde extérieur, il n'est pas effrayé par les expériences nouvelles.Cette sagesse positive et active re-les Françaises épargnent plus que les Français. Selon une étude du gestionnaire d'actifs américain Blackrock, 60% des Françaises épargnent et dépassent en la matière les hommes (48%) et même la moyenne nationale (54%). Cette performance fait remonter les jolies dames en tête du classement européen des femmes, juste devant les Néerlandaises (59%), pour une moyenne européenne globale (hommes et femmes) de 39%.incubateur d’énergies positives.la course aux matières premières continue. Assurément, le cours de l’or se distingue et signe sa meilleure performance mensuelle depuis janvier 2012 avec 10% de gains sur l’ensemble du mois de février. En outre, il cumule 20% de gains depuis le début de l’année. Quant au cours de l’argent, ils sont en hausse de presque 14% par rapport à la mi-janvier.Activez la sagessepose sur le discernement, qui filtre nos intentions et nos envies. À mi- chemin de l'intuition et de la raison, ce filtre fait le lien entre différentes informations qui parviennent à notre cerveau et nous conduit à nous impliquer ou non, à savoir ce qui est de notre ressort ou pas.Labellehistoiredumois: autodidacte,mèreetavanttoutentrepreneure!l'expérience fait évidemment ga- gnerdutempsnotammentlorsqu'on se retrouve dans des situations comparables. N'oublions pas néan- moins qu'elle éclaire uniquement le chemin parcouru. d'ailleurs la sagesse est moins liée à des capa- cités intellectuelles ou à un savoir encyclopédique qu'au simple bon sens. Au point de jonction entre les événements et une forte impli- cation personnelle, elle est parti- culièrement salutaire pour traverser les épreuves, relativiser et repartir. discerner peut parfois rimer avec renoncer mais aussi, heureusement et le plus souvent pour les opti- mistes, avec avancer au bon mo- ment sur le bon créneau.Qui aurait cru qu’une mère de cinq enfants (dont les premiers sont nés alors qu’elle n’avait que 21- 22 ans) pourrait devenir un jour une dirigeante d’entreprise d’exception ? Et pourtant, Mariane Berriot, 47 ans, est aujourd’hui, à lagagne-pain. Elle a été successivement fondatrice et directrice générale de plusieurs PME et TPE du web, freelance, formatrice et maintenant coach d'une équipe de développeurs, tous experts en leurtête d’une entreprise – lesSentinelles du Web - qui référence74 000 projets en informatique. Auprogramme maintenance des sitesweb, nouvelles versions, nouveaux développements sur-mesure. « J’aitoujours eu besoin d’apprendre enpermanence », raconte MarianeBerriot. Ceci explique son parcoursplus qu’atypique. de la pâtisserie àl’hôtellerie, en passant par desexpertises techniques (dESS enintelligence artificielle) et le développement personnel (anthropologie, biologie marine, voyages), elle n’a jamais cessé de se former. la plupart du temps par correspondance. Même les langues ne lui ont pas échappé. « J’ai relevé mon niveau d’anglais, puis appris l’italien et même le russe », sourit Mariane Berriot. Une fois les enfants devenus plus autonomes, elle a voulu associer ses passions à sondomaine. Mais sa carrière s’est concrétisée en 2004, avec la création de l'entreprise Natice devenue en 2011, les Sentinelles du web. Malheureusement, son divorce a assombri son beau tableau. Encore une fois, la persévérante Mariane a su trouver une solution, avec un déménagement à douarnenez (29). le plus étonnant est que ses deux salariés de l’époque l'ont suivie. Ensemble, elles ont commencé à travailler au rez- de-chaussée de sa maison. « C’était logique financièrement et surtout pratique pour moi car j’avais mes adosil est donc très sage d'être actif en utilisant son énergie à bon escient, en privilégiant avec discernement les domaines dans lesquels nous pouvons le mieux exprimer notre talent.à proximité », sourit Mariane Berriot. Après un déménagement dans l’ancien bâtiment des chantiers navals du Port rhu, neuf salariés s’épanouissent désormais dans un open space de 160m2, avec une table de ping-pong, un baby-foot, une cuisine spacieuse, des sorties en mer, des formations en continu...8Avril 2016]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frLe baromètre de l’optimisme - Actions symboliques GAlAxiE ECOréSEAU Focus sur ces petites interventions discrètes qui changent le quotidienLe beau geste impromptudUne association incendiée sauvée par le bouche-à-oreilleepuis 25 ans, Nœux-Environnement est la spécialiste dela gestion des milieux naturels. Située à Nœux-les- Mines (62), l’association concourt à la sensibilisation à l’en- vironnement, à l’insertion de personnes éloignées de l’em- ploi et au réaménagement du territoire du Finistère. Pour remplir cette tâche, les employés parcourent près de 140 ki- lomètres de sentiers pédestres, que l’association entretient. Fin août 2015, des malfaiteurs ont incendié les véhicules de l’association. Noeux-Environnement s’est alors retrouvée devant un triste constat : deux camions benne double cabine, un véhicule neuf places, quelques machines et certains équi- pements de protection sont partis en fumée. Mais aussi unvéhicule que venait d’acquérir l’associa- tion après bien des démarches de re- cherche de finance- ment pour permettre aux salariés de tra- vailler dans de meil- leures conditions. Partiellement fondu il ne pouvait être uti- lisé. Près d’une tren- taine de salariés, pour la plupart ren- trés de congés, se sont retrouvés au chômage technique. Au-delà des dégâtsLa BA sociale inattenduede véhicules qui ont engendré des préjudices sur l’activité économique de la structure, des dégâts à l’intérieur des lo- caux ont été constatés : vitres cassées, circuits électriques endommagés, postes informatiques mis hors circuit. « Le montant global de cet incendie représentait un coût d’envi- ron 100000 euros », se souvient une des employés de l’asso- ciation. Ne sachant comment résoudre son problème dans ce moment difficile, Noeux-Environnement a utilisé la vieille méthode du « bouche à oreille », pour demander de l’aide. Un élan de solidarité s’est formé autour de l’organisme.Ecollecter de l’argent et aider la Fédération française handisport (FFH). Un double but, écologique et social ! Aussitôt dit, aussitôt fait, il crée l’association, totalement bénévole, « Un bouchon : un sourire » (en 2005 l’as- sociation changea son nom pour « Bouchons d’amour » dont il est toujours le parrain). représentée dans sept régions françaises, elle mène unelarge campagne et sensibilise legrand public et les entreprises à lacollecte de bouchons et couverclesplastiques. « Sur le plan national,nous rassemblons près de 1413tonnes de bouchons », annonceFrançoise Courtin, à l’époque pré-sidente de la région Île-de-France.les bouchons sont ensuite vendusà la société de recyclage ErYPlAST, située en Bel- gique, 235 euros la tonne. « Nous travaillons avec cette entreprise belge car elle prend en charge les frais de transport. Un élément à ne pas négliger ! », commente Françoise Courtin. Quant aux bouchons, ils sont transformés en palettes de plastique appelées progressivement à remplacer les palettes en bois ac- tuellement utilisées. Ces palettes en plastique ont une durée de vie de 300 ans et sont recyclables à l’infini. Chaque mois, l’argent de la vente des bouchons est mutualisé. « Sur le plan national, l’association achète du matériel sportif pour FFH (43000 euros) et fait undon de 50000 euros à Handichien (l’association qui éduque les chiens d’assistance) », explique Françoise Courtin. le reste de l’argent est divisé par régions afin de permettre à l’association d’aider les personnes handicapées, en difficulté financière, dans diverses démarches : aménagement de maison, achat de voiture, paiement de factures, etc. Pour ce faire, par mesure de sécurité, chaque représentant d’association reçoit« Nos proches, les associations, collectivités, partenaires privés et institutionnels et même l’État, à travers la Direc- tion des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE), la Région, les com- munes (Nœux, Beuvry, Sailly, Vendin) mais aussi le Relais Vermellois, la Maison régionale de l´environnement et des solidarités... nous ont envoyé leurs dons », précise la sala- riée de Noeux-Environnement. la Caisse d’épargne et le Crédit Agricole, ou encore le groupe SiTA-SUEZ à travers le centre d’enfouissement d’Hersin-Coupigny, avec qui tra- vaille Nœux-Environnement, ont également apporté leur soutien. Grâce à ce mouvement de générosité, Noeux-Envi- ronnement a reçu 29697 euros de dons. « Nous avons obtenu quatre véhicules, dont un poids lourd quatre roues motrices de la part de la fondation RTE (Réseau de transport d’élec- tricité) ! », s’exclame l’employé. Tous les véhicules ne sont pas encore sur les routes, mais l’association a déjà repris son travail, dont notamment la valorisation de l’insertion par l’activité économique.10000 euros, selon les besoins de sa région. « Nous n’envoyons pas de numéraire, mais réglons les fac- tures des prestataires », souligne Françoise Courtin. l’association perçoit également les dons des par- ticuliers, comme des entreprises. « Nous avons reçu une grande aide de la part du groupe SNCF et du Consortium Stade de France », seBouchons d'amour, entrepreneur d'action solidairen 2001, l’humoriste Jean-Marie Bigard a uneidée : recycler les bouchons plastiques afin deréjouit Françoise Courtin. Jean-Marie Bigard n’oublie pas non plus son « bébé ». lors de ses participations aux différents jeux télévisés (Qui veut gagner des millions ? Fort Boyard), il a toujours fait des dons à « Bouchons d’amour ». d’ailleurs, une partie du bénéfice de ses spectacles va aussi à l’association. de nombreuses entreprises apportent un soutien à cette dernière en gardant sur leur site des bouchons en plastique. Si vous souhaitez participer à cette aventure, apporter un peu d’air frais à la planète, tout en aidant les personnes à mobilité réduite, rendez-vous sur le site : www.bouchonsdamour.comAvril 20169Œ]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29« Écolonomie » : entreprendre sans détruireil y a 20 ans, Pocheco, une entreprise du Nord-Pas-de-Calais qui fabrique des éco-enveloppes, pochettes et sacsà soufflets en papier, s’est retrouvée dans une impasse.« Le marché de l’enveloppe a drastiquement baissé.Nous devions complètement repenser notre activité.C’était une question de survie », se souvient Emmanueldruon, dirigeant de Pocheco. il se pose alors devant unefeuille blanche et invente un management tout à faitinnovant qu’il baptise écolonomie – soit l’économie parl’écologie. Emmanuel druon a emprunté ce concept àl’ancienne ministre de l’Environnement, Corinnelepage. Concrètement, une boucle écologique, danslaquelle l’eau de pluie a le rôle majeur, est instaurée surle site de l’imprimerie. « Auparavant, nous utilisionsl’encre à base de solvant chimique. Il était compliqué d’évacuer les déchets et d’accorder une bonne protection aux employés », se souvient Emmanuel druon. « Nous avons décidé d’utiliser l’encre à base d’eau (à l’époque en état de recherche) », poursuit l’entrepreneur. l’eau souillée par le processus de fabrication est nettoyée par un système de phytoremédiation (les racines de bambou servent à filtrer l’eau usée). l’énergie nécessaire au chauffage des ateliers de production provient pour 20% de la chaleur dégagée par les machines de production elles-mêmes et pour 80% d’une chaudière à bois alimentée par des palettes qui ne peuvent plus être réutilisées (également par les pellets de bambous qui seront créés lors des tailles de la bambouseraie de phytorémédiation). « Nous n’avons donc plus de gaz ni d’énergie fossile », se félicite le dirigeant de Pocheco. l’eau de pluie récupérée de la toiture est utilisée dans les sanitaires et pour le nettoyage des colleurs et encriers « au savon de Marseille », précise Emmanuel druon. des panneaux photovoltaïques sont également installés sur le toit de Pocheco pour une production totale de 200 000kWh/an. Ceci représente « 20% de l’électricité consommée par l’entreprise et nous fait gagner 200000 euros par an », souligne Emmanuel druon. Pour une production de deux milliards d’enveloppes par an (63% de parts de marché en France), 60000 arbres sont coupés. « Attention, entre 360 et 400000 arbres sont plantés à la place de ceux qui ont été coupés », avertit l’entrepreneur. Un coup de pouce pour la planète car un arbre consomme le plus de CO2 les dix premières années de sa croissance. Avec ce fonctionnement écologique et une production économique, Pocheco frôle aujourd’hui les 22 millions d’euros de chiffre d’affaires (avec une progression de 3% par an). Une ascension intelligente qui lui vaut à ce jour de nombreuses visites. l’entreprise a également ouvert un bureau d’études pour accompagner ses clients dans l’écolonomie. Toujours dans l’optique « écolonomique », Emmanuel druon ne cesse d’innover dans son entreprise : autopartage de voitures électriques pour les salariés, épicerie bio, laverie bio... Plus épanoui que jamais, Emmanuel druon affirme qu’« entreprendre sans détruire rendGAlAxiE ECOréSEAU Le baromètre de l’optimisme - L’après COP21La COP21 n’était pas une fin, mais un début. Suivi des évolutions bénéfiques à la planèteuVers une application rapide de l’accord de Paris ?dirigeants africains, en marge de la COP21. de plus, une Alliance internationale pour le solaire a été créée par 120 pays, qui permettra, par exem- ple, à l’inde, d’être alimentée par 100 gigawatts d’énergie solaire d’ici 2030.Initiative vertele Conseil d’état examinera le projet de loi qui fera suite à la signature de l’Accord de Paris par François Hollande, le 22 avril à New York. le projet sera ensuite présenté en conseil des minis- tres afin que le Parlement puisse l’examiner dans les meilleurs délais. la ministre de l’Environne- ment, de l’Energie et de la Mer, Ségolène royal souhaite que la loi autorisant la ratification de l’Accord soit promulguée au cours de cet été. Elle espère aussi faire accélérer la ratification par l’Union européenne. lors de la réunion des 28 ministres de l’Environnement de l’UE début mars, les Etats membres ont tenté de se mettre d’accord sur le partage des efforts pour parvenir aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.u Le futurà charbonsproche des centralesafricain d’ici à 2030. A ce jour, 10 milliards d’eu- ros ont été réunis par les pays développés. ils per- mettront de fournir dix gigawatts de nouvelles capacités de production d’énergie verte d’ici 2020. d’ailleurs, la même année, l’Afrique de- vrait recevoir les deux milliards d’euros promis par François Hollande lors d’un sommet avec lesde gaz à effet de serre dans des proportions inté- ressantes. En France, la problématique des cen- trales à charbon a fait l’objet de nombreuses pressions. le gouvernement a finalement confirmé la suppression immédiate des soutiens à l’export pour les centrales à charbon ne dispo- sant pas de système de capture et stockage de CO2, afin de limiter la pollution. d’ici 2020, les centrales thermiques devront fermer leurs portes. Cependant, il semblerait que ces promesses tar- dent à être tenues...Perspective«O optimiste ! ».Refaisons des projets fous !la première banque américaine en termes d’ac- tifs, J.P. Morgan Chase, a annoncé qu’elle n’allait plus subventionner les projets liés aux mines et centrales à charbon dans les pays riches. Selon une version actualisée de sa politique sociale etuÉnergies renouvelablesEn dehors du cadre officiel de l’Accord de Paris, différents projets visant à améliorer l’environne- ment ont été lancés, dont celui baptisé initiative africaine pour l’énergie renouvelable (ArEi). le projet se lance pour défi d’installer au moins 300 gigawatts en énergie renouvelable sur le continentenvironnementale, J.P. Morgan place le charbon dans la liste des « transactions interdites ». d’au- tres grandes banques américaines et européennes ont aussi signalé qu’elles limiteraient le finance- ment du secteur. En effet, le charbon est l’énergie fossile la plus polluante, responsable de 40% des émissions mondiales de CO et la fermeture de2ces centrales permettrait de limiter les émissionsparn devient vieux le jour où d’hier ou d’aujourd’hui. Quand on sait permet de se lancer dans des paris de nos regrets commencent à (ou que l’on pense) qu’aucun événe- plus en plus insensés, à l’image d’ElonPhilippe Blochwww.philippebloch.comprendre le pas sur nos rêves », aime rappeler Jacques Séguéla. Habitué aux formules choc, la star de la pub résume mille fois mieux que je ne pourrais le faire moi-même ce qui est à mes yeux l’une des clés majeures du bonheur : la capacité à rêver et à faire des projets, seule véritable ma- chine de guerre anti-morosité. Quels que soient notre âge, notre condition sociale, nos revenus, nos joies ou nos soucis, une vie sans projets est une vie sans lendemains. l’envie s’éteint peu à peu, le plaisir s’évanouit et la déprime menace quand rien ne pointe à l’hori- zon. Quand notre seule perspective est que le jour d’après ressemble à celuiment jouissif n’a de chance de se pro- duire dans nos vies à court, moyen ou long terme.Nos projets ne nous aident pas simple- ment à supporter notre existence. ils la rendent belle, excitante, inattendue, surprenante. Mais nous devons réap- prendre à y mettre de l’ambition si nous voulons lui donner du relief, à l’image des vrais pionniers qui ne s’imposent jamais aucune limite. A l’heure où la plupart des Etats ont de plus en plus de mal à financer des programmes suscep- tibles de changer le monde, il est récon- fortant de constater que le relais est désormais pris par des entrepreneurs dont l’immense succès planétaire leurMusk ou des fondateurs de Google. Nul besoin toutefois d’être milliardaire ou de travailler dans la Silicon valley pour avoir son propre projet Apollo. Chacun de nous peut lui aussi rêver à son Concorde (même miniature) et commencer à le construire. Etape par étape. A la mesure de son imagination et de ses moyens. Avec passion et téna- cité. il est temps de refaire des projets fous. Au-delà de l’énergie qu’ils nous donnent, le grand mérite de nos rêves est de nous pousser à l’action. Et bizar- rement, quand on agit, les petites voix intérieures qui nous minent et nous té- tanisent ne nous parlent plus. Ou ne parviennent plus à se faire entendre...Auteur - conférencier, animateur et entrepreneur (auteur de « Tout va mal... Je vais bien ! » [ventana Editions], animateur sur BFM Business et Fondateur de Columbus Café)10Avril 2016Œ]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[La santé, c’est trop important pour être compliqué.SANTÉ PRÉVOYANCE ÉPARGNE - RETRAITE 95% DES ENTREPRISES ADHÉRENTES SONT PRÊTESÀ NOUS RECOMMANDER.• Pour les chefs d’entreprise : la mise en place et le pilotage du contrat peuvent être intégralement gérés en ligne.• Pour les salariés : la possibilité de compléter eux-mêmes l’offre choisie grâce à un renfort personnalisé, sans coûts ni démarches supplémentaires pour l’entreprise.1re mutuelle santé de France, au service des entreprises et des salariés.Découvrez nos solutions sur harmonie-mutuelle.fr/devis-entrepriseEn harmonie avec votre vieMutuelle soumise aux dispositions du livre II du Code de la mutualité, n°Siren 538 518 473. Numéro LEI 969500JLU5ZH89G4TD57.]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29GAlAxiE ECOréSEAU Le baromètre de l’optimisme - Compte-rendu du Printemps de l’Optimisme 2016 Printemps de l’Optimisme au CESE les 18 et 19 marsUn programme toujours plus ambitieuxle Printemps de l’Optimisme 2016, un incubateur d’énergies positives de mieux en mieux structuré...manuel Macron ont apporté leur voix à la discussion. vincent Cespedes, philosophe, essayiste, auteur de « l’Ambition ou l’épo- pée de soi » et « Oser la jeunesse », a clos la conversation.n La deuxième journée, plus axée sur la famille, a insisté sur les énergies po- sitives, le bien-être et la santé.-la table-ronde « Quand les médias don- nent pêche et inspiration », à laquelle ont pris part Thierry Marx ou ro- selyne Bachelot, s’est intéressée à la presse positive comme repor--Puis une autre table-ronde a porté sur les nou- velles sociabilités et formes de bien-©2016 Florence Bonnyles espaces de réflexion et débats de nombreux décideurs, juxtaposés à des es- paces d’exposition et d’animations ludiques ont donné un ensemble de plus en plus cohérent à cette manifestation parrainée par le chef cuisinier Thierry Marx.-l’autre discus- sion a porté sur les bienfaits d’une atti- tude positive sur le corps et l’esprit, avec entre autres Florence Servan Schreiber,n La première journée a été consacrée aux thématiques du monde du travail : ma- nagement positif, coa- ching, qualité de vie au travail, entrepreneuriat avec des grands débats,centenaires, dont l’optimisme. Thierry Saussez, créateur du Printemps de l’Opti- misme, a joué le rôle de modérateur. Thi- baut Jarrousse, créateur de la start-up 10- vins, Jean-Pierre letartre, président d’EYprofesseur de bonheur.France, Myriam Maestroni, ancienne directrice générale de Primagaz (implanté en France depuis 1857), présidente de la start- up Economie d’Energie SAS, Jacques Séguéla, publicitaire, conseiller Havas, Jean-luc Hoff- mann, boucher-charcu- tier traiteur (entreprise créée en 1915), lauréat dans la catégorie « dyna- mique Commerciale » du prix national Stars & Métiers 2015, ont pris part au débat. Patrick Bernasconi, président du Conseil écono- mique, social et environnemental, et Em--démonstrations culinaires, shows, cours de cuisine, concours de pitchs ont agré- menté la journée.-Ateliers de danse, cours culinaires et de coaching ont aussi agrémenté cette seconde partie.être collectif, ani-mée par Arnaudde Saint Simon,directeur de lapublication dugroupe Psycholo-gies. l’Observatoiredu bonheur créé parCoca-Cola en 2010, ipsos,la Fabrique Spinoza think tank du bien-être citoyen, experts philosophes et historiens ont pris part à la discussion.ters d’Espoirs.Le Printemps de l’Optimisme en quelques chiffres4 18 et 19 mars 2016 au Conseil économique, social et environnemental 4 4 300 participants4 6 grandes tables rondes4 Plus de 20 animations pour petits et grands !4 18 ateliers pratiques de développement personnel4 80 intervenants4 Près de 40 auteurs en dédicace4 8 Sponsors, 18 partenaires, 15 médias partenaires, 63 entreprises ou associationssoutiens4 1 Manifeste pour l’Optimisme : 1650 signataires, dont 27 grands signataires engagés 4 Près de 150 retombées presse nationalesdes espaces de networ- king, de travail collabo- ratif...-En partenariat avec EcoRéseau Business, le petit-déjeuner d’ouver-ture a donné lieu à une table-ronde sur les points communs entre start-up et entreprises12Avril 2016©2016FlorenceBonnyynnoBecnerolF6102©]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[Photo by: D. FabijanićEnvolez-vous avec Croatia Airlines !La Croatie en vols directs !PARIS-ZAGREB 2 vols quotidiens PARIS-DUBROVNIK 5 vols hebdomadaires PARIS-SPLIT 3 vols hebdomadaires LYON-SPLIT 1 vol hebdomadaire NICE-DUBROVNIK 2 vols hebdomadaires01 48 16 40 00 croatiaairlines.com]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29GAlAxiE ECOréSEAU Le baromètre de l’optimisme - Les Trophées Optimistes 2016l’optimisme d’action comme unRemise des Trophées Optimistes aux lauréats par Jean-Baptiste Leprince, fondateur & directeur de ladeux prix qui ont fait du bruitRemise des trophées EcoRéseau Business, le 18 mars au Printemps de l’Optimismel’Electron libre Guillaume rolland et looten pour la Culture du rebond ont parfaite- ment incarné l’esprit d’Ecoréseau Business et du Printemps de l’Optimisme. Petit topo.e 18 mars 2016, au plet de l’échec auquel le Conseil économique, so- monde entrepreneurial est cial et environnemental, confronté en France. « Il fautMEMBRES DU JURYPhilippe Bloch, conférencier et chroniqueurBenoît Cornu,Directeur de la Communication de PMUFrank Dormont, Directeur de la communication d’Audencia Business SchoolDavid Layani,Président directeur général de OnepointStéphane Layani, Président directeur général de Rungis marché internationalJean-Baptiste Leprince, Fondateur & directeur de la publication d’EcoRéseau BusinessJean-Pierre Letartre, Président d’EY FranceFlorence Paris, Directrice de la communication et de la Marque de SodexoThierry Saussez,Conseil en communication, créateur du Printemps de l’OptimismeJulien Tarby,Rédacteur en chef d’EcoRéseau BusinessChristine Tendel,Directrice de la Communication du Conseil économique, social et environnementalLaurent Turpault, Directeur des Affaires publiques et de la Communication de Coca-Cola FranceEcoRéseau Business a remis ses valoriser ceux qui ont tenté,trophées Electron libre et Cul-qu’ils aient réussi ou non », a-t-il affirmé, faisant de fait chorus avec la philosophie du journal depuis sa créa- tion. les deux lauréats, ap- parus dans deux rubriques phares, répondent à cette double idée : l’Electron libre met chaque mois à l’honneur un personnage qui entreprend sa vie de manière atypique, bouge les lignesMatthieu Camozziture du rebond en présence deM. Emmanuel Macron, ministrede l’Economie, alors que le Prin-temps de l’Optimisme organisépar Thierry Saussez rassemblaitune myriade d’experts, écono-mistes, philosophes... vantantatout pour la santé des personnes,entreprises et nations. le Minis- publication EcoRéseau, en présence d’Emmanuel Macron. .tre a insisté sur cette notion qui ©2016 Florence Bonnypermet aujourd’hui à la France d’être l’un des pays qui voit le par son imagination ou sa volonté. la Culture du rebond dé- plus de start-up émerger, qui excelle dans la technologie ou en- cortique les échecs des entrepreneurs pour en connaître les core dans l’intelligence artificielle. Pourtant, le pays est causes profondes, et mettre la lumière sur leur manière de faire confronté à un « poison terrible », issu de notre culture : une renaître leur société, d’en recréer une ou de s’orienter vers une obsession à vivre dans le passé, dans la nostalgie d’un passé autre expérience en s’étant enrichi d’un vécu. devant le succès qui n’a pas fonctionné, et à essayer de comprendre la raison de rencontré, EcoRéseau Business compte bien réitérer cette cé- ses échecs. « Nous ne construirons pas l’Europe avec l’opti- rémonie le 21 mai, lors du Printemps de l’Optimisme de Nice. misme si l’on continue à regarder le passé. L’optimisme c’est Et bien d’autres encore à venir...cette volonté de regarder ce qui va advenir et de vouloir y jouerun rôle résolu », a-t-il indiqué, stigmatisant aussi ce rejet com-Guillaume rolland, l’inventeur devenu entrepreneur (cf. n°24)Electron Libre©2016 Florence BonnyAssurément la sélection en finale du Google Science Fair destiné aux innovateurs. Je n’ai pas gagné mais j’ai senti l’intérêt des investisseurs et des potentiels clients. Je meAvec son réveil olfactif Sensorwake, il a gagné le concours lépine et a été le premier Français nominé au Google Science Fair, pour finalement créer son entreprise à 19 ans.L’optimisme est-t-il un sentiment inné selon vous ? le modèle Nespresso du fait de mes propres difficultés à On est naturellement optimiste quand on est jeune. l’enfant me lever, mais aussi suite aux discussions avec mon pèrerit très souvent et ose tout. la naïveté de la jeunesse pousse à se lancer. Si on m’avait expliqué en détail tous les obstacles que j’al- lais rencontrer, je ne me serais peut-être pas lancé à 18 ans dans le hardware, ce qui est encore plus dif- ficile.Je conseille aux collégiens et lycéens les concours extra-scolaires, qui sont un apprentissage de vie, même quand on perddirecteur d’une maison de retraite au sujet des soucis des personnes âgées malen- tendantes. J’étais un inven- teur dans mon garage, qui adorait relever des chal- lenges, trouver des réponses techniques à des besoins quotidiens. Je n’avais pas du tout en tête la commer-Aviez-vous en tête de devenir entrepreneur ?A 13 ans, j’ai déposé mon premier brevet pour un bras ro- botique qui sert à infuser le thé. A 18 ans, j’ai mis au point ce réveil qui fonctionne avec des capsules de parfum surcialisation d’un produit et une activité à l’international.14Avril 2016Quel a été l’élément déclencheur ?]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frLe baromètre de l’optimisme - Les Trophées Optimistes 2016 GAlAxiE ECOréSEAU Culture du Rebondsuis dit qu’il serait bête de tout arrêter. J’ai rencontré des patrons d’industries, notamment dans le luxe du côté de Baum & Mercier, des décideurs politiques comme Axelle lemaire qui m’a présenté à des investisseurs et de futurslooten, l’immortelle (cf. n°25)mentors. Commentvousêtes-vousentouré?l’âge m’a beaucoup aidé, je me suis souvent entendu dire que j’avais l’âge des enfants de mes interlocuteurs, et qu’ils avaient donc envie de m’aider. On m’a conseillé de ne pas y aller seul. J’ai donc fréquenté l’écosystème start- up à Nantes où j’ai rencontré ivan Skybyk, trentenaire, di- plômé des Mines et d’un MBA à Boston, plus expérimenté en développement de business. Nous sommes complé- mentaires.la PME du Nord a surmonté la guerre, le dépôt de bilan, l’incendie... grâce à un secret : l’optimisme et la capacité des dirigeants à le transmettre.L’optimisme est-il essentiel dans tousles domaines selon vous ?dans la technique il importe de ne pas être trop enthousiaste. Nous recherchons plutôt des gens qui ont les pieds sur terre quant aux délais et contraintes techniques par exemple, afin d’éviter les échecs inattendus. il faut ensuite compterque membre de la chambre consulaire d’un bâtiment équipé dont le propriétaire, un collègue grossiste, avait reporté l’investissement au regard de la crise. En quelques heures, j’avais leur accord pour notre installation. A 17h, nous y étions. Le discours était simple et optimiste. Nous ferions tout pour qu’il n’y ait aucune journée chômée. Le lendemain, tout le monde était présent, assis sur des cartons pour prendre contact avec les clients et les fournisseurs, afin de maintenir leur confiance », se remémore Charles-Henri looten. Une épreuve qui ne sera pas facile à vivre. d’autant que des concurrents voulaient récupérer la distribution des fournisseurs de looten. Mais l’aura développée, en tant qu’entreprise fami- liale, paternaliste et centenaire aura raison de cette conjoncture malheureuse dont voulaient profiter lessur un entrepreneur optimiste.NAimez-vous le fait de constituer un exemple ?J’ai apprécié de constater la création d’une vingtaine de travaux personnels encadrés (TPE) sur l’histoire du réveil olfactif. Mon aventure a inspiré, ce qui est gratifiant. Je suis scout, et la pédagogie tient une grande place dans les patrouilles, où on apprend quand on est jeune et enseigne quand on est plus vieux. J’aime intervenir dans les lycées et universités, pour partager mon expérience de création d’entreprise.Les jeunes sont-ils optimistes et volontaires selon vous ?Assurément. ils font souvent les choses parce qu’ils ignorent que c’est impossible ! ils ont des millions d’idées et sont en plus aidés par le contexte pro-création et start-Quel serait votre scénario idéal à proposde Sensorwake ?Nous comptons déjà dix salariés. Je souhaite à l’avenir une équipe conséquente baignée dans une culture d’entreprise forte. la bonne ambiance ne s’improvise pas. J’essaie de ne pas être le patron chiant, et pas non plus le pote avec qui on va boire une bière. l’entreprise est « management friendly » et nous avons la chance de concevoir des produits de grande consommation, les jobs sont attractifs, nous ne fabriquons pas un énième boulon du réacteur d’un avion. Je souhaitais devenir industriel, car aller dans le hardware, c’est concrétiser les choses, rentrer chez les gens avec la machine, multiplier les contacts humains. Ce©2016 Florence Bonnyn’est pas une appli sur smartphone.de nos dettes. Faitassez rare au-jourd’hui », es-time le dirigeant.l’entreprise se re-trouve de nouveausur les railsquelques années après. la santé de l’activité est en- courageante, si bien que les dirigeants décident de procéder au rachat d’un concurrent situé dans le dé- partement. Hélas 2009 rime aussi avec un incident électrique du bâtiment voisin au leur qui déclenche un incendie consumant tout en moins d’une heure.ée en 1840, à Bergues, l’entreprise revêt les traits d’une quincaillerie. A l’époque, deux familles, les looten et les Evrard se parta-up.geaient les chalands et proposaient à la vente clous, casseroles et fers à cheval. « La Seconde Guerre mondiale frappe de plein fouet notre histoire familiale et entrepreneuriale. Mon grand-père, qui représente la deuxième génération pour l’entreprise, a été fait prisonnier et l’entreprise a complètement été rasée par les bombes incendiaires. C’était notre première destruction », rappelle Charles-Henri looten, pré- sident de 1992 à 2014. Après s’être réfugiée en Bre- tagne, la grand-mère de Charles-Henri looten revient en terre nordiste pour reconstruire l’entreprise seule avec une poignée de collaborateurs de la société. l’industrialisation de dunkerque sous l’impulsion de de Gaulle, dont la politique aboutit à la construction de plusieurs zones industrialo-portuaires en France, permet un changement de positionnement de l’en- treprise qui se tourne dès lors vers la quincaillerie industrielle avec succès. la seconde épreuve survient au début des années 80. « Un de nos plus gros clients nous lâche. Nous sommes obligés de déposer le bilan. Nous avons connu un redressement après le dépôt de bilan. Mais il ne faut pas être honteux d’être en redressement. D’autant que nous avons remboursé 100%Je n’oublierai jamais l’image de nos collaborateurs en train de regarder l’entreprise brûlerrepartir la machine avec Eric Mériau a été essentiel suite à l’incendie », résume le patron. Ce faisant, les salariés ont été consultés lors du ca- hier des charges duopportunistes. « Il faut rester optimiste quoi qu’il arrive. Car les tuiles se présentent toujours quand on est entrepreneur. Mais ce qui importe le plus, c’est qu’il faut partager son optimisme avec les collaborateurs et les faire adhérer à la volonté de recommencer. Le rôle de leadership pour faireQuels conseils donneriez-vous aux jeunes ?A l’école primaire, les enfants ont beaucoup de rêves et pensent que tout est facile. ils espèrent inventer les essuie- glaces pour lunettes et devenir milliardaires. Je conseille aux parents de cultiver cette créativité en achetant des boîtes de lego et des cartes programmables adaptées.ellement en activité. Et ce dernierAux collégiens et lfutur siège actu.de conclure : « Looten a valeur d’exemplarité. J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises d’expliquer comment faire pour s’en sortir. Nous avons été so- lides sur notre gestion car il faut des moyens tech- niques et une vision stratégique claire. Sans ces prérequis, le rebond n’est pas envisageable. Et à égale importance, il faut être optimiste, ce qui au- torise le courage et la volonté d’aller au bout de ses objectifs. ».ycéens je conseille de trouver le temps de s’adonner à des activités extra-scolaires, de participer à des concours. Celui de Google était très chronophage, le dossier à constituer était démesuré, mais très challengeant et bénéfique, même quand on perd. l’institut de la consom- mation, les écoles de commerce... les acteurs sont nombreux à organiser des concours, auxquels peu de jeunes participent et c’est dommage. Je pense souvent aux intel Awards aux- quels prennent part une multitude d’élèves américains, in- génieurs en herbe.COMMUNIQUER CE SENTIMENT DIFFUSPropos reccueillis par Julien Tarby« Je n’oublierais jamais l’image de nos collaborateurs en train de regarder l’entreprise brûler. Les personnes se demandaient quel sort les attendait. Tout le monde était convaincu que nous n’allions pas relancer l’activité. J’avais connaissance en tantGeoffroy FrameryAvril 201615]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29GAlAxiE ECOréSEAU Prospective - La mer en 2050Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau Business imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,Mer NeuveElle sera toujours bleue. Mais le regard qu’on lui portera sera vraisemblablement plus éclairé et reconnaissant.puis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnésrécupérant l’énergie de la houle, puis les immenses éoliennes offshore. la so- ciété japonaise Shimizu Corporation, qui a la pre- mière imaginé un tel concept avec son projet «GreenFloat»ilyabienluxuriante, les potagers ma- rins qui nourrissent les pois- sons et les jolies surfeuses en pleine action. lui qui est très attaché à Utopia aura au moins la chance de prendre le SMGv (sous- marin à grande vitesse) quipuis 30 ans grâce à son an- tibiotique de la mer, la Se- tubicine. C’est plus fort que lui, et même les bambins qui courent sur la terrasse, vêtus simplement de leurs couches-culottes Cine’al – cette entreprise qui utilise« Alors ma p’tite dame, on se noie ? Mettez une pièce dans le drone si vous voulez bénéficier d’une bouée »Il prendra le SMGV (sous-marin à grande vitesse) qui avance par une technique de propulsion élaborée grâce à l’observation de la crevette mante religieuserDes solutions à nos problèmes clima- tiques, comme évoquées dans cette fiction, sont-elles à rechercher dans l’océan ?Les algues ont un potentiel incroyable. La culture des macro-algues est répandue en Asie du Sud-Est, il y en a un peu en Bretagne mais l’espace manque, en concurrence avec la navigation de plaisance et l’ostréiculture. Il faut de véritables appuis politiques pour parvenir à monopoliser 200 hectares. Ce sont plutôt les micro-algues qui sont développées, car ces organismes unicellulaires peuvent se développer en quatre heures. Cette matière organique intéressante peut par exemple être « dopée » en huile pour créer des bio- carburants de 2ème ou 3ème génération (lalongtemps, en 2010, n’avait pas imaginé une île à éner- gie positive. il a quand même du mal à oublier ce diagnostic sinistre, ce qui le conduit au bord d’un bassin à vague artificielle mis au point par l’entreprise française Wave riding So- lution. là-bas, en sirotant un cocktail à base d’algue concocté il y a bien long- temps, en 2012, par la so- ciété malouine Tête en mer, et en ingurgitant des chips de même composition du géant agroalimentaire amé- ricain New Frontier Foods, il se change les idées en observant la végétationavance par surcavitation, une technique de propulsion élaborée grâce à l’obser- vation de la crevette mante religieuse. décidément ce petit animal lui rend moult services en ce moment, puisque c’est grâce à lui qu’une caméra a été capable de repérer les cellules can- céreuses lors d’une biopsie. les Américains se sont ins- pirés des propriétés de ses yeux pour mettre la ma- chine au point dans les an- nées 2010. ryan a toujours eu peur de l’hôpital et de ses souches microbiennes résistantes. Pourtant, la bio- tech Setubio y remédie de-depuis 30 ans la chair ul- tra-absorbante des méduses, faites à 90% d’eau – ne parviennent pas à le faire sourire. il se dirige finale- ment d’un air décidé versyan ne s’attendait pas à une telle an- nonce directe dufaudra quitter pour quelques semaines sa chère île flot- tante d’Utopia – ce cercle artificiel de trois kilomètres de diamètre dérivant sur l’Atlantique, où vivent dés- ormais 40000 personnes venues de tous les horizons du monde terrestre – afin de prendre un traitement à base de champignons ma- rins en Bretagne. le grand Ouest hexagonal s’est de- puis quelques décenniesimposé comme un pôle ma- jeur dans la lutte contre le crabe grâce à ses centres de r&d. ryan est tiré de ses songes par la voix suave de l’ordinateur de bord de sa voiture lui annonçant que sa jauge de biocarbu- rant quatrième génération à base d’algues OGM est bientôt vide, et qu’il repasse en moteur électrique. rou- lant sur les bords de l’île, il observe au loin les balisessa voiture.lestement sur son siège de voiture Algopack, constitué de billes de plastique à base d’algue biodégradable en 12 semaines. il ne va pas se laisser abattre par cette broutille, qui n’en n’aurait pas été une il y a quelques années..., puis se glissemédecin. Ce cancer du pan- créas détecté va l’obliger à cesser pendant un temps son activité d’aquaculture de micro-algues nutritives en bassins abrités, une ac- tivité qui a fait la fortune de sociétés comme Spiru- line de Bretagne qui n’étaient encore qu’une start-up il y a 35 ans. il luiJulien TarbyMichel Hignette, ancien directeur de l’aquarium de la Porte Dorée à Paris, président de l'Union des conservateurs d'aquariums de France :« Le pétrole à 30$ le baril fait mal aux start-up »16Avril 2016première, avec le maïs par exemple, avait un coût énergétique trop important, NDLR). Et la productivité pourrait encore être augmentée grâce aux OGM, mais il s’agit d’un autre débat. Des gens le comprennent et multiplient les efforts d’investissement, mais pour l’heure les start-up souffrent de la concurrence du pétrole à 30 dollars le baril.En quoi cette fameuse biodiversité per- mettra la croissance bleue de demain ? Les start-up qui ont le plus d’avenir selon moi sont celles qui valorisent les molécules d’intérêt. La vie est apparue il y a des milliards d’années dans ces eaux et les organismes, soumis à une compétition pour l’espace, ont franchi la sélection darwinienne grâce à certaines ca-ractéristiques, notamment chimiques. Les subs- tances « rebellantes » pour éloigner les pré- dateurs par exemple. De fait beaucoup d’anti- cancéreux sont d’origine marine. Prenons donc le maximum d’organismes marins, faisons en de la bouillie, puis par un système de screening repérons les molécules actives, toxiques. Il est ensuite possible d’analyser les composants et d’enlever les effets secondaires, et de voir s’il est possible de synthétiser la molécule.Avez-vous en tête des exemples concrets ?En début de carrière j’ai travaillé à la station biologique de Roscoff, d’où deux start-up in- croyables sont nées. Hemarina a travaillé sur l’hémoglobine des vers marins, découvrantune compatibilité avec tous les groupes san- guins et une molécule qui transporte 50 fois plus d’oxygène. Trois utilisations sont donc explorées pour les hommes : un substitut sanguin, un pansement cicatrisant et un sys- tème d’oxygénation des greffons avant trans- plantation. L’autre exemple est ManRos The- rapeutics, qui a découvert une molécule in- téressante sur les ovocytes d’étoiles de mer, la rendant non toxique et parvenant à la synthétiser. Le CNRS a breveté la Roscovitine et l’a vendue aux Etats-Unis, où un anti-can- céreux est en phase d’expérimentation. D’au- tres utilisations sont explorées par ManRos Therapeutics pour la lutte contre la mucovis- cidose.Propos recueillis par JT]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29PANOrAMA Grand Angle - Richesse des mers & océansL'occasion pour EcoRéseau Business d'enquêter sur le sujet principal du panorama, politique, sociétal ou macro-économiqueMer nourricière, et bien plus encore...la préservation de l’écosystème marin est enfin passée sur le devant de la scène lors de la COP21. Une bonne nouvelle pour la planète, l’humanité, la France et ses entreprises...rium de la Porte dorée, membre de la Commission nationale consultative pour la faune sauvage captive. la plateforme Océan et Cli- mat, émanation de la société civile, a fourni les éléments techniques, scientifiques, médiatiques, et a été soute- nue politiquement par la ministre de l’Environnement Ségolène royal. « Celle-ci voyait que Laurent Fabius tirait la couverture à lui médiatiquement, et a trouvé un sujet pour se démar- quer », glisse un proche du dossier. Toujours est-il quejeu ce que romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions (cf. En immer- sion) et à l’initiative de la plateforme, nomme « le 196ème pays du monde, qui occupe 71% de la surface du globe mais qui est bien discret ».N’oublions pas qu’une respiration sur deux est rendue possible par l’océanPÉRIL EN LA DEMEUREil y avait urgence. le rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère a des consé- quences beaucoup plus fâ- cheuses sur le climat qu’on ne le croyait. Celui-ci se«Tsent tellement mauvais que tu regrettes l’époque où elle sentait le poisson »... la dernière campagne print de Greenpeace se veut mar-le succès est au rendez-vous et que les Marocains, pour qui l’océan est aussi crucial, vont agir de même lors de COP22. « L’océan n’a pas d’électeurs, c’est donc un sujet qui passe facilement à la trappe », déclare lors d’une présentation de la pla- teforme la Ministre qui, alors que le sujet avait été au dernier moment sorti de l’agenda, a remis dans leréchauffe et se dérègle, avec des épisodes extrêmes plus nombreux (sècheresse, pluies diluviennes,...). « La nature est justement en train, depuis quelques an- nées, de nous lancer des avertissements fermes, avec des épisodes extrêmes comme des tempêtes ou ca- nicules. Les rapports attes- tent que des seuils critiques de rejet de CO2 et donc deUne énergie à portée de main que le surfeur peut ressentir parfois...a mer elle pue le fuel »... « Ta mer ellequante et décalée pour que les gens respectent un peu plus la Grande Bleue. Une injonction qui sonne de plus en plus juste aujourd’hui. Pour la première fois la conférence sur le réchauf- fement climatique à Paris,COP21, a inclus l’océan et l’urgence à le protéger. « L’accord n’est évidem- ment pas suffisant, mais il a pour mérite d’avoir donné une impulsion au monde économique. Il n’y avait qu’à observer les standsdes grands groupes présents au Grand Palais présentant leurs mesures au grand pu- blic. Ces actions ont plus d’impact que quelques dé- cisions politiques vagues », se réjouit Michel Hignette, ancien directeur de l’aqua-« La relation de la France avec la mer est difficile. Le pays et son domaine maritime ont deux histoires qui se côtoient mais jamais ne se croisent », ironise Jean-François Daviau, père de la première hydrolienne sous-marine qui a été raccordée au réseau électrique. Et pourtant c’est bien ce pays qui a joué le rôle principal dans la prise de conscience de l’océan comme régulateur du climat, à travers ses ministères de l’En- vironnement et des Affaires Etrangères, mais aussi de sa société civile : « La plateforme Océan et Climat a poussé le sujet, alors que même le GIEC n’avait pas encore explicite-ment fait le rapprochement entre la grandebleue et la régulation du climat », rappelle Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du cluster maritime français, association de 400 adhérents de l’économie maritime. Plu- sieurs raisons à ce dynamisme. Tout d’abord, même si les Français ont plutôt eu tendance à regarder la terre, l’Hexagone a enfanté de grands explorateurs des mers comme Louis de Bougainville, Jean-François de La Pérouse, Jean-Baptiste Charcot. Sans oublier plus ré- cemment le commandant Cousteau. Mais surtout, dans l’histoire contemporaine, la France n’est pas un confetti sur une map- pemonde, mais un géant au niveau maritime. Depuis l’application en 1994 des accordsinternationaux de Montego Bay, Paris est à la tête d’un territoire maritime de 11 millions de kilomètres carrés, soit la deuxième plus grande zone économique exclusive après les Etats-Unis. Grâce à la Nouvelle Calédonie, aux îles Kerguelen, aux atolls polynésiens et autres îlots éparpillés sur toutes les mers, elle compte près de 18000 km de côtes. Or tout pays bordier dispose, en plus de ses eaux territoriales, d’une bande de 200 milles marins (372 kilomètres) de largeur, dont il est, en surface comme dans ses fonds, tota- lement souverain. En outre, des négociations politiques lui permettent d’aller au-delà quand il y a un plateau continental, à 350-400 miles. « Les discussions permettent en global une extension de la zone économique exclusive de 1,5 millions de kilomètres carrés. Si l’on a les moyens de surveiller cette zone, il est possible de réguler, de vendre des droits de pêche par exemple – ce qu’ont fait les pays d’Afrique de l’Ouest. Ou le cas échéant d’exploitation minière et pétrolière. Les terres rares de Polynésie, bien qu’en grande profondeur, ne sont pas une légende, comme le prouve les découvertes dans la fosse de Wallis et Futuna », précise Michel Hignette, ancien directeur de l’aqua- rium de la Porte Dorée.La France et la merUn passé, un présent et surtout un avenir18Avril 2016]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frGrand Angle - Richesse des mers & océans PANOrAMAréchauffement ont été dé- passés, et nous ne savons pas vraiment où nous al- lons », résume laurent He- quily, fondateur de Wave riding Solution, start-up qui installe des systèmes de vagues artificielles s’in- tégrant dans la nature et participant à la régénération de l’écosystème. Or l’océan est un véritable régulateur du climat : entre un quart et un tiers du CO2 émis par les hommes est dissout dans ses eaux. « Il absorbe aussi 93% de la chaleur que l’hu- manité produit », précise Françoise Gaill, directrice de recherche émérite au CNrS, coordinatrice scien- tifique de la plateforme Océan et Climat. Et n’ou- blions pas qu’ « une respi- ration sur deux est rendue possible par l’océan », rap- pelle Ségolène royal, puisque 50% de l’oxygène en émane. il joue donc unnourriture. « Ajoutons que la transition énergétique avec la mer promet 450000 emplois en France, à l’exemple des éoliennes off- shore, des hydroliennes, des usines marémotrices ou desmillions de tonnes lors des années habituelles. Aupa- ravant les épisodes étaient espacés de 8-12 ans, au- jourd’hui plutôt quatre ans ! Le cyclone des Vanuatu ou des Fidji découle de ce phé-tale de l’UNESCO. « Les ostréiculteurs américains souffrent déjà des remontées d’eaux profondes plus acides, donnant une indi- cation des conséquences économiques que de tellesla rentabilité. « Mais le fait de fixer du carbone devrait être pris en compte dans l’équation, ce qui changerait tout », précise le scienti- fique. Aux Etats-Unis, mais aussi en France, les start-de mener des études d’im- pact afin de déterminer les conséquences qu’elles peu- vent avoir sur le milieu sous-marin. On peut aussi s’adapter à la montée des eaux, en protégeant mieux les récifs et les mangroves, plutôt que de construire des digues. » Enfin le finance- ment est un point crucial, et le fonds vert pour les projets marins et côtiers peut être renforcé. les ac- tions sont plus faciles à met- tre en place que dans d’au- tres domaines selon le coor- dinateur du programme Océans et zones côtières à l’iddri : « Il n’existe pas de clivage nord-sud quand on parle d’océan, les pêcheurs islandais ou péruviens sont confrontés aux mêmes pro- blèmes, ce qui permet d’or- ganiser des actions plus fa- cilement ». On l’aura com-Nul clivage nord-sud quand on parle d’océan, les pêcheurs islandais ou péruviens rencontrent les mêmes problèmes,expérimentations menées en Martinique entre courants chauds et froids qui s’an- noncent prometteuses aussi », soutient celle qui a vu les plages du Sénégal disparaître. le réchauffe- ment de El Niňo donne d’ailleurs un aperçu de ce que le réchauffement peut déclencher : lors du dernier épisode, 20% des coraux de Nouvelle Calédonie ont disparu. Cette année la tem-ce qui facilite les actionsBouteille d’oxygène, thermostat, garde-manger, pharmacie de l’humanité. Et accessoirement beauté absolue...restiers a.vail, en prouvant qu’il y avait un écosystème à pro- téger. S’il y avait un lobby autour des prairies ce serait la même chose. Nous nous devions de faire de même. Les puits à carbone sont essentiels », résume Michel Hignette.rôle de moteur du climat, et « accessoirement » de réservoir de biodiversité phénoménal, prometteur en termes de médecine et depérature va être élevée jusqu’à fin mars. « Géné- ralement la pêche aux an- chois s’arrête au Pérou, alors qu’elle représente 12Argo », observe Julian Bar- bière, chef de la section des politiques maritimes de la Commission océanogra- phique intergouvernemen-Julien Tarbynomène », remarque Michel Hignette. En outre, le CO2 qui se dissout accroît l’aci- dification des eaux, ce qui réduit leur capacité d’ab- sorption de CO2 et a des conséquences dommagea- bles sur les écosystèmes, dont on ne connaît pas le degré de résilience. « Des zones entières subissent ce phénomène d’après nos capteurs-dériveurs utilisés dans le cadre du programmeévolutions peuvent générer. Un autre exemple permet d’entrevoir le sombre avenir qui se dessine : les zones de volcanisme sous-marin, autour desquelles les eaux sont justement enrichies en CO2. Dans la région du Vésuve à Naples, les ani- maux ont des coquilles trop fines pour se défendre contre les prédateurs. Les systèmes dans leur ensemble sont fragilisés. En Papouasie- Nouvelle-Guinée les récifs coralliens subissent un vé- ritable changement de po- pulation. Seuls les coraux les plus massifs résistent, ce qui signifie une moindre biodiversité et donc des sys- tèmes moins résilients », il- lustre Michel Hignette.up s’activent, malgré un prix du baril très bas à 30 dollars qui met un frein à toutes les recherches et ex- périmentations. le cabinet d’architecte xTU a installé des panneaux sur des bâti- ments permettant de pro- duire des micro-algues. le groupe Seché installe une biofaçade sur une usine de traitement de déchet qui uti-DES ACTIONS CONCRÈTES PEUVENT ÊTRE PRISESla vraie clé consiste à di- minuer drastiquement les gaz à effet de serre, en sup- primant les carburants fos- siles. Mais ce n’est pas tout selon Michel Hignette : « Il nous faudra trouver des so- lutions pour reprendre les gaz déjà émis. Car l’inertie du système déréglé est forte, et ce n’est pas parce qu’on arrête d’émettre que les dé- règlements vont cesser. Il faut fixer et même augmen- ter les puits de carbone (océans, forêts, prairies, mangroves...), capter, li- quéfier, enfuir le carbone ». Une solution douce consiste à multiplier les cultures en masse de micro-algues qui captent le CO2. En outre celles qui sont chargées en huiles peuvent constituer un substitut solide au diesel. Elles permettent donc de baisser le taux de CO2 dans l’atmosphère tout en repré- sentant une énergie renou- velable. les pilotes existent, sans vraiment déjà atteindrelise le CO2 émis par l’usine. de son côté la Fondation du Prince Albert ii de Mo- naco demande un rapport au Giec sur le sujet de l’océan. « Nous portons un plaidoyer. Cette étude don- nerait des billes aux poli- tiques pour qu’ils prennent des décisions concrètes se- lon différents scénarios d’impact », affirme raphaël Cuvelier, le coordinateur des projets au sein de la Fondation. les tâches di- rectement réalisables sont nombreuses selon Julien rochette, de l’institut du développement durable et des relations internationales (iddri) : « On peut atténuer le phénomène par les man- groves, estuaires, herbiers profonds qui séquestrent du CO2. Il faut aussi des pla- teformes d’énergies renou- velables, sous la conditionpris, l’océan est en danger, il se réchauffe et devient plus acide. les espèces qui migrent de l’équateur vers les Pôles viennent encore le prouver. il n’est pas une ressource comme les autres et son sort est intimement lié à celui du climat. En outre les actions à mener pour changer la donne peu- vent être synonymes de croissance économique et de nouvelles filières (cf. A la Une). « Le lobby des fo-bien fait son tra-Avril 201619]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29PANOrAMA Régions & Territoires - Languedoc-Roussillon – Midi-PyrénéesEcoRéseau Business s'attache à décrire les forces et potentiels insoupçonnés d'un territoire,Mariage de raisond'une métropole ou d'une régionMidi-Pyrénées et languedoc-roussillon développent en commun des filières prometteuses.l’union territoriale semble acceptée, comme un passage obligé pour accélérer les initiatives. .la nouvelle présidente du territoire languedoc – en passant par le numérique et les biotechnologies, sont niaturisation des systèmes électroniques, des technolo- roussillon – Midi – Pyrénées Carole delga est invitées à représenter l’axe majeur autour duquel doivent gies ferroviaires, de l’hydroélectricité, des objets connec- également présidente de l’agence Madeeli, struc- s’articuler les projets de demain. tés, de la cybersécurité, des dispositifs médicaux... ? les ture locale de soutien à l’export et l’innovation. Tout un dans un contexte où le taux de chômage reste important, jalons pour que ces domaines d’activités méconnus fas- symbole. la dirigeante prévoit un « véritable Plan Mar- il s’agit aussi et surtout de soutenir des activités encore sent partie intégrante de la croissance à venir sont posés. shall pour l’emploi », grâce à une enveloppe de 800 mil- méconnues. l’image d’un vaste espace viticole, faisant Mais le manque de structure et l’insuffisance des inves- lions d’euros pour la seule année 2016. les filières s’envoler les Airbus du futur, est répandue bien au-delà tissements ralentissent quelque peu les projets.d’avenir de la région, de l’aéronautique à l’agro-industrie des frontières hexagonales. Mais qu’en est-il de la mi-uDévelopper le futur énergétiqueEn languedoc-roussillon – Midi-Pyrénées, il y a le vent, no- tamment dans l’Aude, des rivières à foison, en particulier en Ariège et dans les Hautes-Pyrénées, et bien sûr le soleil, un peu partout. Autant dire que miser sur les énergies renouvelables et leur potentiel sonne comme une évidence. il s’agit pour la ré- gion de passer à la vitesse supérieure dans ce domaine, commePar Mathieu NeuuToulouse, vitrine high-techla cité rose était déjà connue pour ses multiples activités qui gravitentautour d’Airbus. Avec les ambitieux projets en cours, elle s’apprête à de-venir une véritable icône de l’aéronautique, l’aérospatial, les systèmesembarqués et toute l’électronique qui s’y rapporte. derrière les travauxactuels de modernisation du campus de Montaudran, se cache la volontéde créer un futur complexe scientifique et une vitrine internationale descompétences locales dans ces domaines. « Nous avons l’objectif de réu-nir sur ce site des acteurs publics et privés, dans le sens du développe-ment avec une vision commune à long terme sur l’avion et les satellites du futur, les solutions électroniques et numériques qui permettront de les mettre en œuvre », affirme François Chollet, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche. le campus doit ainsi devenir l’un des plus grands sites européens dédié à la r&d du secteur. Certaines nouvelles installations sont déjà en place et en fonctionnement à l’image du Centre Clément Ader, qui abrite un supercalculateur de dernière géné- ration qui traite notamment des gigantesques quantités de données pour le compte de Météo France. l’irT Saint-Exupéry, dont l’activité est basée sur des relations partenariales de long terme entre les entre- prises et les établissements d’enseignement supérieur et de recherche, notamment en matière d’aéronautique et d’aérospatial, ouvrira ses portes sur le campus dès 2017. d’ici 2018, la Maison de la Formation y abritera trois laboratoires de mécanique. « l’idée est d’être à la confluence de l’industrie aéronautique et du monde de la recherche, dans le but de faire jaillir des ruptures technologiques qui concernent l’aéronautique, l’es- pace et les systèmes embarqués mais aussi d’autres champs. la miniaturisation des circuits, les probléma- tiques énergétiques et thermiques, l’étude des matériaux seront des thématiques représentées. l’ensemble doit s’articuler autour d’une cohérence technologique et économique », souligne François Chollet. Enfin en 2019, le campus disposera de toutes les structures pour nourrir l’innovation locale, qu’il s’agisse du réseau des industriels ou du tissu de la recherche (laboratoires du CNrS, de l’Onera...).de la CCi de Montpellier et vice-président de la CCi régionale. Mais pour Christophe Nicot, il reste beaucoup à faire. « la région est un peu un far west, c’est-à-dire qu’elle est bien positionnée sur des marchés d’avenir, ne manque pas d’atouts, mais ceux-ci ne sont pas forcément suffisamment structurés ou connus. Nous manquons de financements pour les mettre sur une rampe de lancement et ainsi accélérer le développement régio- nal », estime-t-il.© Olivier Tabary / Shutterstock.com« A terme, le but est d’arriver à un taux de 50 % d’énergie re- nouvelable dans l’ensemble des consommations régionales. Un objectif ambitieux qui implique une maîtrise fine des réseaux énergétiques, et donc un déploiement de solutions numériques et technologiques permettant un fonctionnement optimal », confie Christophe Nicot, directeur général de l’agence Madeeli. « C’est en cela que le développement de la filière énergétique est inévitablement liée à celui du numérique et du Big data en général. » la nouvelle grande région veut aussi devenir un ac- teur de premier plan sur la question de l’hydrogène et ses mul- tiples applications. En termes de recherche, les Mines d’Albi, ainsi que le lAAS-CNrS (laboratoire d’analyse et d’architec- ture des systèmes) de Toulouse se penchent déjà sur ce potentiel d’avenir. des travaux qui intéressent des industriels comme EdF, Continental, mais aussi des acteurs extérieurs à la région comme Michelin ou Air liquide.Certaines réalités ne plaident pas en faveur du territoire. « Nous sommes la région qui créé le plus d’emplois. Chaque année, nous attirons 50 000 habitants supplémentaires, c’est-à-dire la taille d’une ville comme Albi. Pourtant le taux de chômage reste élevé », décrit Christophe Nicot. Pouren atteste la signature ré- cente d’un partenariat avec EdF. C’est la nouvelle structure midi-pyrénéenne Madeeli qui a signé une convention opérationnelle avec le géant de l’énergie, déjà très présent dans de nombreuses vallées dans le cadre de sites de production hydroélectrique. EdF est© Anibal Trejo / Shutterstock.comimplantée localement via plusieurs agences destinées à soutenir le développement économique en collaboration avec les acteurs du territoire, faisant émerger des projets innovants, créateurs d’emplois dans les domaines de l’eau, de l’environnement et de l’énergie. l’idée est de s’appuyer sur les compétences des industriels et artisans locaux. Après les vallées lot-Truyère et Tarn en 2012, l’Ariège en 2013 et les Hautes-Pyrénées en 2014, cette stratégie se poursuit désormais avec le déploiement de ces activités sur l’ensemble du massif des Pyrénées.uStructurer ses atouts pour mieux séduirela nouvelle région est la quatrième région exportatrice de France. Avec un commerce extérieur de 51,6 mil- liards d’euros par an et un solde positif de 11 milliards d’euros, elle fait figure de bon élève. « Au-delà de l’étiquette France, la renommée d’une région constitue un atout essentiel pour l’entreprise. Airbus, la French Tech sont des éléments locaux qui aident à tirer l’activité dans ce sens », indique André deljarry, présidentdes priorités qui s’inscrivent dans un contexte où l’efficacité énergétique est au cœur des projets. « Nous allons soutenir la rénovation énergétique des logements au travers du CPEr (Contrat de plan Etat-région), ce qui profitera également à notre tissu de TPE et PME », se réjouit Carole delga, présidente de la nouvelle région.tenter de rectifier le tir, un travail d’image constitue de ce fait un chantier prioritaire dès maintenant. « vues de l’étranger, les régions du sud de l’Hexagone restent souvent floues. Un territoire plus vaste, avec une identité bien marketée permet aux prospects d’autres pays de mieux positionner leurs contacts dans leur écosystème », ajoute André deljarry, qui voit le rapprochement des régions comme une force indéniable. « Nous nous efforçons d’organiser des événements variés, avec la présence de chefs d’entreprise, afin de nourrir un travail d’attractivité vis-à-vis d’investisseurs potentiels », complète Christophe Nicot.20 Avril 2016]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frRégions & Territoires - Languedoc-Roussillon – Midi-Pyrénées PANOrAMAu Un vaste plan pour l’innovation« Notre région compte 15 pôles de compétitivité, près de 30 000 chercheurs, 230 000 étudiants et 35 grandes écoles. Elle se trouve en pole position des régions françaises en matière d’efforts en r&d », se targue Carole delga, présidente de l’immense territoire languedoc – roussillon – Midi – Pyrénées, bien décidée à transformer la matière grise locale en croissance éco- nomique. Parmi les priorités du domaine figure la volonté de mettre sur pied une cité des start-up, aussi bien à Toulouse qu’à Montpellier, en s’appuyant sur le label existant French Tech pour faire briller ces structures. « l’innovation est notre meilleure arme pour rester compétitifs, créer des emplois et permettre aux entreprises de se développer », assure la présidente. d’autres lieux visant à booster l’innovation doivent voir le jour sur tout le territoire. l’idée est de mettre à profit l’appel à projets « Fab région », dont la mission est de soutenir la création ou l’extension de Fablabs et d’ainsi renforcer la diffusion de la culture numérique et industrielle dont dépend directement l’émergence des savoir-faire de demain. dans ce contexte, le rdTi (le réseau pour innover en Midi-Pyrénées) est amené à jouer un rôle central pour rassembler les partenaires publics, parapublics et a vocation à s’imposer comme le partenaire privilégié des entreprises qui souhaitent accéder au transfert de technologies et à l’innovation. Enfin, le calendrier annuel ne manquera pas d’événements de promotion de l’innovation. les Journées de sensibilisation consacrées à la bio-économie, à l’évolution des traitements de surface ou encore à la logistique industrielle ne sont que quelques-uns des rendez-vous planifiés en 2016 et soutenus par l’agence Madeeli.© Semmick Photo / Shutterstock.comuMiser sur les complé- mentarités territorialesComme un signe avant-coureur, le Club d’Entreprises Pyrénées-Méditerranée a vu le jour en septembre 2015, quelques mois avant l’union des deux régions du sud de la France. Cette première entité du genre vient ponctuer une démarche initiée en amont dontle mot d’ordre est le rapprochement des forces et atouts. Un pont entre Toulouse et Montpellier et leurs écosystèmes respectifs. « Comme nos entreprises, nous avons saisi la nécessité d’agir rapidement et de jouer collectif. Ce Club doit être le catalyseur de synergies et l’accélérateur d’un mouvement global que nos CCi ont amorcé début 2015, à l’image des délégations d’entreprises que nous avons accompagnées sur Toulouse et Montpellier et de nos multiples rencontres », a souligné Alain di Crescenzo, président de la CCi toulousaine lors de la création du Club. des projets de coopération entrepre- neuriale très concrets doivent émaner de cette initiative.le rapprochement attendu des entreprises s’inscrit dans un contexte où les collabora- tions sont cohérentes et articulées autour d’intérêts communs. « la filière agroindus- trielle est l’une des forces économiques lo- cales, en montrant deux visages différents : le languedoc-roussillon occupe une posi- tion de référence dans le domaine viticole, tandis que le territoire midi pyrénéen excelle plutôt dans les produits « solides » du sec- teur », illustre Christophe Nicot. le schéma se vérifie dans d’autres domaines comme la santé où les savoir-faire du languedoc- roussillon, en cancérologie, en toxicologie ou autour de la silver économie, sont com- plétés par les spécialités midi-pyrénéennes relatifs aux équipements médicaux de préci- sion ou à la robotique d’assistance.Avril 201621]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29PANOrAMA Hexagone - La réforme orthographique en questionDans chaque numéro EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,débateurs opiniâtres(atres?)l’amoureux des incongruités du françaisremier champion de France d’or- thographe en 1985 et champion du monde d’orthographe en 1992Pour Fabrice Jejcic, le terme de « réforme »est d’ailleurs abusif, il préfère parler de « rec-tifications ». « Des rectifications qui corrigentdes erreurs et des ano- L’orthographe rants] et les simples malies », souligne-t-il. femmes ». Tout est Et de citer les exemples est un outil de dit !afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)les partisans et opposants de la réforme, approuvée en 1990 par l’Académie française mais jamais réellement appliquée, s’affrontent à nouveau. Points de vue.Par Séverine RenardUle pourfendeur de l’élite orthographiqueBrun*o dewaelene vision sur plusieurs siècles de quiamaintenul’orthographelaplusconser- l’histoire et de l’évolution de l’or- vatrice. « C’est la seule langue romane à thographe française permet sans avoir gardé les complications : théâtre, phar-Pdébat actuel. Plein de sagesse et fort d’années de travaux sur le langage, la dialectologie, les rectifications orthographiques et la fluc- tuation graphique, le responsable de recherche, rattaché à l’Unité mixte de recherche CNrS- Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, pose un regard dépassionné sur la réforme de l’orthographe.voire même à en avoir ajouté. le mot “né- nuphar”, d’origine arabe, ne prend pas de “ph” dans sa langue source et s’écrivait nénufar en 1878... Pourquoi donc ces com- plications propres au français ? Parce que « l’orthographe est un outil de distinction sociale ». En 1673, l’académicien Mézeray expliquait : « La Compagnie [l’Académie] declare qu’elle desire suiure [suivre] l’an- cienne orthographe qui distingue les gents de lettres d’auec [avec] les jgnorants [igno-champion du monde d’orthographedoute de prendre un peu de hauteur sur le macie, bicyclette... », indique Fabrice Jejcic.à New York, Bruno dewaele reconnaît qu’il ne peut « avoir qu’un préjugé dé- favorable sur la réforme ». « En tant que compétiteur, j’adore les incongruités. Les pièges de l’orthographe, c’est toute la saveur de la langue », affirme ce pro- fesseur agrégé de lettres modernes à la retraite. Pour gagner ses titres et obtenir un zéro faute au seul concours mondial d’orthographe jamais organisé, il n’a pas ménagé ses efforts : « Il fallait s’astreindre à 13 heures de travailsieurs formes là où une seule était ac- ceptée ? », dénonce Bruno dewaele. Pour le président du comité d’experts du projet voltaire (test d’orthographe et exercices d’orthographe en français), l’orthographe, c’est avant tout « donner des choses fixes et sûres aux élèves. Tout n’est pas rationnel dans l’orthographe traditionnelle, mais la réforme inclut de nouvelles incongruités. A choisir je préfère les premières ! », tranche-t-il. Environ 2400 mots sont concernés par la réforme, mais Bruno dewaele craint de voir se profiler d’autres projets. « Ildes familles désaccor- « En privilégiant la dées avec chariot qui distinction sociale logique et en ratio-par jour en périodede préparation deconcours ! »Ceci dit, en posant unregard objectif sur laréforme, Bruno de-waele se dit globale-ment insatisfait. « Certains aspects sont fondés, comme la révision de la conju- gaison des verbes en -eter et en -eler. Mais si on se mêle de corriger certaines aberrations, alors qu’on évite d’en ajou- ter », résume-t-il. Et de dénoncer l’im- broglio autour des mots qui conservent leur accent circonflexe et ceux qui le perdent, avec parfois des différences selon le genre et le nombre. les modifi- cations des mots composés laissent éga- lement perplexe cet amoureux de l’or- thographe. « Dire qu’il ne faut pas de “s” à porte-avion au singulier car le “s” est la marque du pluriel, c’est arrêter de raisonner. Cela n’a aucun sens. Un porte-avions porte nécessairement plu- sieurs avions comme un sèche-cheveux sèche plusieurs cheveux. Et puis, où est la simplification quand on autorise plu-Avril 2016est question de revoir la règle des verbes au participe passé pour toujours ac- corder avec l’auxiliaire être et jamais avecne prenait qu’un “r” etimbécillité prenant deux “l”, en contradiction avec les autres mots de leur famille. Autres exemples : évènement dont l’accent grave sur le deuxième “e” permet de mettre l’or- thographe en conformité avec la prononciation, tout comme l’ajout d’un accent aigu sur le verbe “asséner”.la réforme de 1990 que la ministre de l’Edu- cation nationale, Najat vallaud-Belkacem, a décidé d’appliquer, serait donc tout simplement une manière de corriger les bizarreries de l’orthographe française. Pour le linguiste, auteur d’une quarantaine de publications, les médias ont largement désinformé les Français. « Dire que la réforme était voulue par la Ministre alors qu’elle date de 1990, dire que nous allions écrire en phonétique... est un tissu de mensonges », s’insurge-t-il. l’expert rappelle que l’orthographe est avant tout un système de conventions basé sur un choix politique et que le français est la languenalisant le système orthographique, le français devient plus facile à enseigner. C’est moins de casse-tête pour les élèves et les professeurs car il y a moins de règles à mémoriser », affirme le chercheur. Pas de perte d’identité pour autant, puisque « l’orthographe n’est pas la langue, le français ne cesse de s’enrichir ». Et si le système orthographique doit rester la norme, Fabrice Jejcic regarde d’un œil plutôt amusé l’orthographe des textos. « Ce sont d’excellents exercices et une façon de jouer avec la langue sans que l’orthographe en pâtisse »,Une société du moindre effortanalyse-t-il. .Pendant quelque temps, deux orthographes devraient cohabiter librement. « Les anciennes générations ne peuvent pas désapprendre et les jeunes générations vont apprendre d’une nouvelle façon. Ensuite, il faudra faire le bilan et valider l’orthographe la plus prati- quée », conclut le linguiste.l’auxiliaire avoir, croit-il savoir. Et là je ne suis pas du tout d’accord. » S’il est vrai que les fautes sont souvent provo- quées par la grammaire, l’auteur de « 101 dictées », publié en mars, refuse « une société du moindre effort » et incite à « réfléchir à ce qu’on écrit ».Fabrice Jejcic« Refaire une langue ne se décrète pas. L’orthographe évolue lentement, au fil des siècles. Il vaut mieux laisser faire qu’imposer des règles qui conduisent àlinguiste et ingénieur de recherche au CNRS*denouvellesaberrations,aulieude. tionaliser l’orthographe », estime Bruno dewaele. Mais plus qu’à un attachement des Français à leur orthographe, le chro- niqueur de langue à La Voix du Nord at- tribue les protestations suscitées par l’ap- plication de la réforme au conformisme national et au refus du changement.ra-22©éricPollet©dr]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frInternational - Le réveil de l’Afrique subsaharienne PANOrAMA Focus sur un pays qui étonne par ses caractéristiques, par le prisme de l'investisseur ou entrepreneur françaisTerre promise des start-up ?«L’Afrique est une terre riche d’innovationsde croissance et d'innovations insoupçonnées...Afrique comme en diaspora et désireux de prendre des risques pour monter leurs projets innovants ne peu- vent s’appuyer sur ces banque frileuses », constate Philippe Hugon. Pour fi- nancer le développement des start-up, reste alors une seule alternative : « Les fonds de capital-risque, qui investissent certes encore peu sur le continent même si de tels acteurs sont voués à se développer en masse dans les prochaines années, et ce, dans tous les sec- teurs », estime Hervé Schricke, en rappelant que pour ces fonds, « la ga- geure consiste in fine à in- vestir dans des pays afri- cains aux spécificités bu- siness différentes, et ce, pour mieux répartir les risques entre un Nigéria à la croissance cyclique liée aux fluctuations du cours du pétrole, et une Côte d’Ivoire ou un Kenya aux économies a contrario peu dépendantes des matières premières ». Et parmi les acteurs européens du fi- nancement ayant déjà fran- chi un tel cap, impossible de faire l’impasse sur Afri- can internet Group, filiale du groupe allemand rocket affichant d’ores et déjà une douzaine de participations sur le continent, dans la grande distribution, le e- commerce, etc., ou encore Wendel Group présent en Afrique de l’Ouest et à Ma- dagascar. l’autre signe d’un tel dynamisme entrepre- neurial reste encore l’émer- gence d’un marché duEntre le Maghreb et le géant sud-africain, la diagonale qui s’étend du Ghana au Mozambique affiche un potentielde tous genres, en créativité et en ressources naturelles désormais convoitées par le monde entier. » Cette ci- tation tirée du livre d’ibra- hima Théo lam « Entre- prendre en Afrique, les clés de la réussite » (2014, l’Har- mattan) illustre à merveille le réveil d’un continent qui pourrait très vite devenir la nouvelle terre promise des start-up et investisseurs. C’est du moins le pronostic d’un nombre croissant d’ex- perts s’appuyant sur celui de la Banque mondiale elle- même, qui annonçait déjà en 2011 : « L’Afrique devrait connaître un décollage éco- nomique comme la Chine il y a 30 ans ou l’Inde il y a 20 ans ». Ainsi, au-delà du proche Maghreb et de l’émergente Afrique du Sud, une diagonale s’étendant du Ghana à l’ouest au Mozam- bique au sud affiche désor- mais un potentiel de taille dont les entrepreneurs de tout poil auraient tort de se priver. « La croissance moyenne de 5% par an, la forte hausse démographique – 25% de la population mondiale sera africaine en 2050 – tirée par le boom d’une classe moyenne auA Nairobi, des fleurs, du soleil et de la tech...tant l’Afrique noire offre des contrastes multiples. « En effet, il n’existe pas une seule Afrique mais plu- sieurs, lance Philippe Hu- gon. En Afrique de l’Ouest, les côtes –surtout autour de Dakar et d’Abidjan – restent bien plus dévelop- pées que les zones sahé- liennes enclavées, tandis que l’Afrique de l’Est connaît un dynamisme glo- bal plus important. » A l’instar du Kenya, de la Tan- zanie, et même de l’Ethio- pie, véritable atelier agricolefrançaises. Un constat par- tagé par Hervé Schricke : « Les acteurs français du capital-investissement sont encore peu présents en Afrique, notamment par rapport aux Anglo-Saxons très mobilisés en Afrique de l’Est où les pays sont anglophones. C’est d’ail- leurs pour combler un tel retard, que nous avons créé en 2015 un club Afrique au sein de l’Afic. » de quoi concurrencer à terme les pays émergents, à l’instar de la Chine, de l’inde ou encore du Brésil, qui se tail- lent la part du lion, depuis une bonne quinzaine d’an- nées déjà, sur ce vaste mar- ché. « D’autant que la plu- part de ces pays, Chine en tête, sont davantage spé- cialistes du land grabbing en s’accaparant les terres africaines, que dans l’in- vestissement dans l’industrie manufacturière locale. Une démarche court-termiste sy- nonyme d’exploitation des ressources sur place et non pas de développement des infrastructures et de trans- ferts de compétences », dé- plore Philippe Hugon. Et d’ajouter : « Aussi, le grand défi de l’Afrique en termes d’investissements est le dé- veloppement de PME et start-up dans des filières industrielles, notamment au sein d’incubateurs et de pé- pinières existant au Ghana, en Ouganda, au Nigeria ou au Kenya, ou encore leur plus grande intégration dans les réseaux de sous- traitance de grands comptes comme Total ou Areva. »: « Le dynamisme de l’Afrique réside dans le dé- veloppement d’une popu- lation urbaine dont le niveau de vie augmente rapide- ment. Les consommateurs de type “occidental” seront environ 250 millions d’ici 2050 et le PIB de l’Afrique atteindra alors celui de la Chine aujourd’hui. »aux mains des terroristes de Boko Haram... C’est dire si beaucoup reste à faire sur ce continent fragi- lisé par la corruption, les inégalités et les conflits. les récents évènements d’Abidjan ne vont rien ar- ranger. « C’est le grand pa- radoxe de ce territoire qui offre certes des opportunités de business non négligea- bles, tout en souffrant d’une image négative, fruit d’une vision désuète et coloniale le résumant aux guerres, épidémies et famines », ana-DES MARCHÉS FOISONNANTSOn l’aura compris, de nou- veaux marchés en pleine expansion et aux rende-African Internet Group, filiale du groupe allemand Rocket, a 12 participations dans la grande distribution,le e-commerce... Wendel Group est aussi présentpouvoir d’achat de deux à dix dollars par jour sont autant de bons arguments », indique Philippe Hugon, di- recteur de recherche à l’ins- titut de relations internatio- nales et stratégiques (iriS), en charge de l’Afrique. Ana- lyse similaire de Hervé Schricke, président du club Afrique de l’Afic, Associa- tion française des investis- seurs pour la croissancements élevés caractérisent désormais le continent. Comme celui du mobile avec plus de 70 millions de smartphones déjà en circu- lation (près de 360 millions le seront en 2025) d’après une étude MacKinsey de 2014, mais aussi les services financiers, la santé, l’édu- cation, l’agriculture, l’én- ergie solaire... Un constat qui doit certes être nuancéet industriel de la région, forte d’une industrie textile et de ressources hydrau- liques colossales. Ces dis- parités se retrouvent aussi à l’intérieur des frontières. Exemple probant : le Nigé- ria, plus gros producteur africain de pétrole, dont la capitale économique, lagos, entend s’imposer comme le “dubaï de l’Afrique” tandis que le nord-est du pays estlyse Philippe Hugon, pour qui « la perception du risque chez de nombreux investis- seurs tentés par l’Afrique s’avère finalement plus éle- vée que le risque en lui- même ».ing avec, parCONCURRENCERLA CHINErésultat : le continent reste, à tort, délaissé par les in- vestisseurs, start-up et PMEDES BANQUES ENCORE FRILEUSES ? la bancarisation du conti- nent constitue un autre en- jeu clé. Et pour cause : « La plupart des banques africaines sont rentières, leur objectif est donc plus de vendre des services que de prêter aux investisseurs. Résultat : les jeunes entre- preneurs formés, vivant encrowdfund.exemple, le lancement de JumpStartAfrica se présen- tant comme la première plateforme de financement de projets d’innovations en Afrique. Alors, chers en- trepreneurs, prêts à mettre, vous aussi, votre pierre à l’édifice ?Charles CohenAvril 201623]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE Baromètre & TendancesLe carnet des nominationsen partenariat avec}CAISSE NATIONALE D'ASSURANCE VIEILLESSE (CNAV) Renaud Villard, ENA (2011), doctorat histoire de l'université Paris-Sorbonne (2004)est promu directeur de la CNAV, à compter de mars 2016.}CCFD-TERRE SOLIDAIRESylvie Bukhari-de Pontual, 55 ans, avocat au Barreau de Parisest nommée président de CCFD-Terre solidaire.}EOVI MCD MUTUELLE Alain Chartierest promu président d'Eovi Mcd Union.}EY FRANCEJeanne Boillet-Mongodin, ESSEC Business School (1984)est promue global assurance innovation leader.}FORD FRANCEBertrand Lessard, 58 ans, MBA marketing international de HEC Montréal (1994)est promu directeur général de Ford France.}FRAM (GROUPE KARAVEL PROMOVACANCES)Alain de Mendonça, 46 ans, MBA de Harvard University, NEOMA Business School Reimsest promu président de FRAM.}GROUPE CANAL+Gérald-Brice Viret, 48 ans, master II professionnel cinéma, télévision et nouveaux médias de l'université Paris-I, IEP Gre- nobleest promu directeur de Canal+ au sein du Groupe Canal+.}GROUPE LA DÉPÊCHE DU MIDI Marie-France Marchand-Bayletest promue président-directeur général du groupe La Dépêche du Midi.}LIGUE DE FOOTBALL PROFESSIONNEL (LFP)Didier Quillot, 56 ans, IAE Paris (1988), INSA Toulouse (1981)est nommé directeur général de la LFP.} MELTYGROUPJérémie Clévy, 43 ans, ESJ Lille (1996)est nommé directeur général de Meltygroup.}MICROSOFT FRANCEPauline Maillard, 31 ans, ESSEC Business School (2008)est promue directeur marketing de Microsoft Dynamics.} NEXITYAmélie Laroche-Truong, 37 ans, ESSEC Business School (2002)est promue directeur général de Blue Office au sein du groupe Nexity.} PRIMAGAZSteven Sels, 43 ans, Harvard Business School de Boston (2015), MBA de l'IMD Business School (2013), MBA de l'uni- versité de Nyenrode (2012), master marketing and business communications (1996)est nommé directeur général de Primagaz.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant l'entrepreneuriat, picorés de-ci de-làLe mois de mars a été chargé : le 8 mars, la gente féminine a encore prouvé qu’elle était en train de conquérir sa place dans l’entreprise ; la loi du travail a fait réagir les Français, le coup de pouce fiscal à l’investissement a été prolongé, la libéralisation du transport a porté ses fruits ! Bonne lecture.uFemmes entrepreneures, un bras de fer contre les hommescontient des exemples pouvant convenir à la stratégie ou aux priorités de chaque entreprise afin qu’elle puisse s’inspirer des engagements pris par certaines d’entre elles dans différents domaines. le ministre de l’économie Emmanuel Macron, présent lors d’un colloque sur les relations inter-entreprises organisé au siège du Medef, a salué ce projet et rappelé l’engagement du gouvernement à lutter contre ces retards pénalisants pour les PME et TPE.A l’occasion de la quatrième édition de la Journée de la Femme, Hiscox, assureur spécialiste, a publié une infographie présentant les différences entre femmes et hommes entrepreneurs. Pour promouvoir l’entrepreneuriat au féminin, Hiscox s’est intéressé aux différences entre les femmes et les hommes. Quelques chiffres intéressants prouvent que les femmes ont les cartes en main pour monter en puissance dans l’entreprise. Concrètement, 95% des femmes estiment que le digital favorise la création d’entreprises. les levées de fonds féminines dans la Tech ont augmenté de 250% en 2015 ! les femmes entrepreneures ont également plus de qualités relationnellesu Le coup de pouce fiscal à l’investissementest prolongéet organisationnelles avec leurs équipes que les hommes.le suramortissement permettant aux entreprises de déduire de leur bénéfice fiscal 40% des sommes engagées sur des investissements productifs réalisés entre avril 2015 et avril 2016 sera prolongé par Bercy. En effet, le gouvernement fait un geste en faveur des entreprises et prolonge jusqu’à la fin de l’année au moins la mesure de suramortissement. Un sondage réalisé par l’insee montre que trois industriels du secteur sur dix ont augmenté leurs investissements grâce à cette mesure. Chez leurs clients, la proportion monte même à six sur dix.uLa parité en entreprise avance doucement mais sûrementSelon un sondage viavoice pour HEC, Le Figaro et France inter, 76% des personnes interrogées, toutes des cadres, estiment que les efforts des entreprises pour améliorer la parité hommes-femmes et l’accès des femmes à des postessalariale à poste équivalent », 42% – dont 45 % des hommes – préfèrent « lutter contre le harcèlement et le sexisme au travail », et 41% « favoriser l’accès des femmes à des postes à responsabilité (cadres, managers) ». Pour finir, 39% – dont 52% des cadres femmes – estiment qu’il faut « favoriser l’accès des femmes aux fonctions dirigeantes (conseil d’administration, direction) », 29% qu’il faut « lutter contre les discriminations à l’embauche » et 21% qu’il faut « favoriser la présence de femmes dans certaines formations, notamment scientifiques et techniques ».15 mois de salaire, se- lon l’ancienneté du tra- vailleur, sont prévus. En matière de licen- ciement économique, l’exécutif n’a pas mo- difié les critères, no- tamment les quatre tri-de responsabilité sont plus importants qu’il y a quelques années. Quant aux priorités, elles varient : 61% des cadres – dont 73% des cadres femmes – choisissent d’« imposer l’égalitéu Loi El Khomri : ce qui a changé licenciements économiques, indemnités prud'homales, garantie pour tous les jeunes décrocheurs... le gouver- nement, dans l’impasse face à la levée de bouclier, a réécrit partiellement l’avant-texte du projet de loi El Khomri. Ainsi le plafonnement des indemnités prud’ho- males en cas de licenciement sans cause réelle ni sérieuse n’est-il maintenu qu’à titre indicatif. des plafonds de 3 àuGrandes entreprises et PME : être plus fortes ensemblemestres consécutifs de baisse du CA et les deux trimestres consécutifs de perte d’exploitation. Seule nouveauté : le juge pourra vérifier que les multinationales n’organisent pas artificiellement leurs difficultés économiques sur le territoire français pour licencier. l’avant-texte prévoyait initialement que les patrons des TPE et PME puissent appliquer le forfait-jours ou moduler les astreintes sans passer par un accord collectif, ce qui n’est plus le cas. la garantie jeunes, initialement limitée à 100000 personnes d’ici 2017, a été élargie à tous les jeunes sans emploi ni formation. Ce dispositif destiné aux jeunes décrocheurs offre pendant un an un accompagnement renforcé, des périodes en entreprise et une allocation mensuelle de 450 euros. le compte personnel de formation est augmenté de 150 à 400 heures pour les salariés sans diplôme.l’Association française des entreprises privées (Afep), l’association Pacte PME et le Medef ont présenté un document destiné à renforcer les relations entreprises entre les grands groupes et PME, sujet parfois épineux à cause des retards de paiements des24 Avril 2016premières àsecondes. le respect des délais de paiement figure d’ailleursparmi les propositions mises en avant par l’organisation patronale et l’Afep, qui fédère les grandes sociétés, dans le guide des bonnes pratiques qu’elles ont mis à la disposition de leurs adhérents. de plus, l’ensemble du documentu La libéralisation du transport a porté ses fruitsl’égard desSix mois après le lancement de la libéralisation du]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frBaromètre & Tendances ClUB ENTrEPrENdrE+ Le 5 avril 2016 : Le Printemps des entrepreneurs 2016 (Campus universitaire de la Doua – Lyon)Grand rendez-vous des chefs d’entreprise de Lyon et sa région, le Printemps des entre- preneurs attend de recevoir près de 2500 entrepreneurs (créateurs, start-up, dirigeants de TPE/PME/ETI et grandes entreprises). Le temps d’une journée, vous rencontrerez de grands témoins qui débattront sur les lames de fond qui bousculent notre économie et agitent lemonde de l’entreprise : digitalisation de l’économie, économie collaborative, innovation dans les modes de manage- ment, métropolisation... Vous profiterez aussi des ateliers et des animations interactives, développerez votre réseau professionnel, vous lancerez des défis en termes d’innovation et vivrez un réel partage d’expériences !L’inscription en ligne est ouverte sur le site : www.printempsdesentrepreneurs.fr/m-inscrire+ Du 6 au 7 avril 2016 : Salon de l’entreprise Aquitaine (Palais des Congrès – Bordeaux)Depuis plus de 15 ans, le Salon de l’entreprise Aquitaine a pour vocation d’accompagner, d’informer et de conseiller les entreprises dans les différentes phases de développement telles que la création, la reprise ou la transmission. Chaque année, plus de 5000 visiteurs et 100 partenaires partagent cet évènement dans la joie et la bonne humeur : rencontres, échanges, partage d’expérience... Pour simplifier la visite, le salon est organisé en trois zones : la boîte à idées, monte ta boîte, booste ta boîte.Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site www.salon-entreprise.comde solliciter l’administration fiscale pour un nouvel avis et ne pas se retrouver dans une situation figée. dans le principe, la mesure est positive. Or, dans la pratique, peu d’entreprises déposent une demande de rescrit roulant. En conclusion, la mesure de simplification est donc positive, mais s’adresse à une minorité...transport par autocars rendue possible par la loi Macron sur des trajets supérieurs à 100 km, les résultats sont plus que positifs. Selon le rapport de France Stratégie, organisme de réflexion rattaché à Matignon, sur la base des données fournies par les compagnies d’autocars, 1300 emplois directs auraient été créés et environ 1,5 million de passagers transportés. Une bonne nouvelle pour le ministère qui espérait en juillet 2015 « la création de 2000 à 3000 emplois directs au cours des 18 prochains mois ».qui constitue un record. de plus, le nombre d’entreprises clientes a progressé de 55% sur ces cinq dernières années. les encours de crédits aux entreprises 2015 s’élèvent à 6,77 Mds€ (+8,6%). la production de crédit moyen long terme s’établit à 1,637 Mds€ (+12,2%).lancement de nouveaux projets, création d’un site industriel, changement de systèmes d’informations, remplacement d’un manager en carence... Face à ces enjeux, les entreprises sont à la recherche de solutions efficaces pour y répondre. Selon l’indicateur marché 2015 de la Fédération nationale du management de transition (FNMT), le secteur poursuit sa croissance avec une augmentation de 15% par rapport à 2014. les missions relatives à la conduite du changement représentent 33% des missions menées sur l’année, soit une augmentation de 10% par rapport à 2014. Ainsi le management de transition connaît une expansion régulière de son marché et se positionne aujourd’hui comme une véritable pratique permettant aux entreprises de traverser des situations particulières.u La Banque Palatine finance activement les Entreprises de taille intermédiaire (ETI) En 2015, la Banque Palatine a accéléré son développementTenant compte de la réalité du processus de r&d, le rescrit roulant dans le cadre du Crédit impôt recherche a été annoncé par Manuel valls pour la mi-2016. Une mesure qui, au premier abord, devrait simplifier la vie de nombreuses entreprises. Auparavant, l’entreprise innovante pouvait effectuer une demande de rescrit jusqu’à six mois avant le dépôt de la liasse fiscale. Mais ce rescrit n’était valable que pour les projets et dépenses initialement prévus. Si le projet de recherche avait évolué entre temps, le rescrit perdait sa valeur. la nouvelle mesure de rescrit roulant permettra à l’entreprise innovanteuUn rescrit roulant pour le Crédit d’impôt recherche (CIR), une mesure concernant une minorité d’entreprisesuManagement de transition : une solution efficace pour accompagner la transforma- tionsur le marché des ETi. la production de financement a été dynamique sur l’ensemble des typologies de crédits (équipement, syndication, lBO, court terme) et confirme la volonté d’accompagner les ETi dans leur développement et leurs investissements. Sur la conquête cœur de cible (CA supérieur à 15 M€), la Banque Palatine a continué sa progression avec 278 nouvelles entrées (+3,3%), chiffreles petits matins des dirigeantsparBENJAMIN CARDOSO - Fondateur de LeCab* Créé en 2012, LeCab est leader des Véhicules de Transport avec Chauffeur (VTC), www.lecab.frIsaLouBeaudetImages du matinmêmes problèmes dans notre quotidien et dans le travail : vie hyper connectée, téléphone qui nous sollicite en permanence et nous demande d’être partout en même temps... la médita- tion permet de trouver le temps pour soi, de retrouver de la hau- teur et d’arrêter le temps. Et ça, c’est extrêmement bénéfique ! dans le Cab aussi j’ai installé des méditations guidées. le Cab c’est un endroit de relaxation qu’on a voulu être le plus confor- table possible. On rentre dans la voiture, qu’on a conçue comme étant un espace de tranquillité, un cocon, et, entre 2 rdv, il est possible de profiter de 20 minutes de trajet pour lancer une mé- ditation, cela permet de fermer les yeux, faire abstraction, et d’aborder ses rendez-vous plus sereinement.Regenla tranquillité, un endroit calme, serein, avec un univers zen : des montagnes ou une plaine avec une vue dégagée sur l’océan...RéveilFondatrice de Kama Conseil & AssociésJe me réveille à 6 h 30 tous les matins avec un simulateur d’aube qui permet de simuler la lumière du soleil.Routines matinales ?la méditation et le crossfit pendant 1h 15 environ ! la vie d’un entrepreneur, ce n’est QUE faire face à des problèmes tous les jours et surmonter des obstacles. Ce sas avant d’aller travailler me permet d’arriver au bureau avec beaucoup plus de sérénité et d’être capable d’aborder les chocs du quotidien. Parce que toutes les équipes comptent sur moi, sur ma capacité à gérer les soucis et à relever les défis... J’essaie de partager ma passion pour la méditation en interne. Au bureau, on a installé des pro- grammes guidés avec un prof, pour faire en sorte de partager ses vertus au sein de l’entreprise. Je crois qu’on a tous lesSelon l’adage,« le monde sourit à ceux qui se lèvent tôt », rencontres matinales avec nos dirigeants.Pour #SeLeverDeBonheur, vous pouvez me suivre régulièrement sur la page Facebook "La Magie du Matin"Qu’est-ce qui vous enthousiasme le matin?Aller au travail ! Je suis passionné par ce que je fais, j’ai la chance de vivre une expérience extra-ordinaire, et tous les matins ça m’enthousiasme de devoir relever les manches et de pouvoir continuer à faire avancer cette magnifique aven- ture !Avril 2016 25]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE A la Une - Des start-up prometteuses en lien avec la merL'occasion pour EcoRéseau Business d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,vague bleueen rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriatCertains ne la voient plus comme un réservoir ou une ressource, mais comme un écosystème prometteur économiquement s’il est préservé...Se divertirL’océan, sa faune et sa flore souvent méconnues, at- tirent les jeunes générations, ce qui est de bon augure pour le tourisme et le loisir. Citons par exemple SubOcéana dans les Côtes-d’Armor. Philippe Carrez propose des plongées virtuelles en 3D dans les fonds marins. La fédération américaine de plongée, PADI, a en premier passé commande d’un logiciel de simulation. Le milieu marin est vu autrement, notamment sous l’influence des passionnés de glisse. Une évolution perçue par Laurent Hequily, fondateur de Wave Riding Solution, start-up qui installe des systèmes de vague artificielle (Okahina Wave) qui s’intègrent dans la nature. « Plusieurs parcs aquatiques ont investi le do- maine aux Etats-Unis. » Mais il faut à chaque fois at- tendre plusieurs minutes pour lancer la vague suivante, à cause du ressac, et les quantités de béton sont co- lossales. « J’ai donc mis au point un système flottant, une sorte de spirale qui repose sur des ballasts juste en dessous de la surface, et des modules qui tournent autour pour imprimer le mouvement. Des filets sont installés en protection des méduses et requins autour de cet atoll flottant de 110 mètres de diamètre qui comporte des espaces de réception et des potagers flottants fournissant des aliments aux poissons », décrit l’inventeur. En dessous, une sorte de récif artificiel pour la faune et la flore est installé. Des acteurs aux Emirats, au Brésil et au Maroc sont déjà intéressés.Les ignorants voient une crevette, les savants voient un nid d’innovations en matière de biopsies, de crèmes solaires et de torpilles...ment. « Le regard que nous portons est encore celui du passé, celui de l’exploita- tion, de la pêche. Alors qu’une observation appuyée de la nature, qui a 3,8 mil- liards d’années de R&D derrière elle, permet de dé- velopper des solutions », déclare Franck Zal, dirigeant fondateur d’Hemarina, qui utilise le sang des vers ma- rins pour oxygéner les gref- fons et les pansements. le jeu en vaut la chandelle pour les start-up hexago- nales, puisque la France possède le deuxième do- maine maritime du monde et 19000 kilomètres de côtes. « La connaissance est infinie, les matières pre- mières ne le sont pas. Si nous basons notre crois- sance économique sur l’ex- ploitation de ces dernières, nous sommes limités. Si, dans un esprit de biomimé- tisme, nous extrayons de la connaissance de la nature, alors les possibilités sont sans fin », remarque idriss Aberkam, professeur à Cen- trale Supelec, chercheur à Polytechnique, affilié à Stanford, selon qui « la na- ture est une bibliothèque ; lisons-la au lieu de la brû- ler ». Et l’ambassadeur de l’Unitwin/Unesco pour lales coquillages – no- tamment les cou- teaux – reviennent à la mode dans la grande cuisine. les subtilités de la mer semblent y être redé-couvertes. Et si un tel che- minement s’appliquait en d’autres domaines ? Santé, agroalimentaire, énergie... la Grande Bleue recèle des innovations potentielles entous genres, à même de gé- nérer de nouvelles filières et d’alimenter la croissance bleue de demain. Encore faut-il les débusquer, en considérant l’océan autre-section « systèmes com- plexes » de citer les diato- mées, phytoplanctons qui possèdent des squelettes en silicium dotés de branches espacées de 10 nanomètres. « Intel dépense des milliardspour obtenir des semi- conducteurs aux espace- ments de 22 nanomètres ! Dans une goutte d’eau de mer on a des puces élec- troniques high tech qui flot- tent, présentes depuis troisProduire de l’énergieLes énergies marines renouvelables (EMR) rattrapent leur retard. Les premiers parcs éoliens offshore français entreront en service en 2018 grâce à EDF Energies nouvelles, Engie et l’espagnol Iberdrola au large de Fécamp, Courseulles-sur-Mer et Saint-Nazaire. Suivront Saint-Brieuc, Dieppe-Le Tréport et l’île d’Yeu. Chaque site affiche une puissance de 500 mégawatts soit un tiers de celle d’un réacteur nucléaire. Les collectivités locales qui multiplient les filières de formation et le soutien aux PME spécialisées, et surtout l’Etat – qui s’engage à ce qu’EDF rachète l’électricité au tarif de 220 euros le MWh – ont saisi tout l’enjeu. Objectif français : 40% de l’électricité produite en 2030 doit provenir d’une source renouvelable. DCNS, le leader mondial de l’industrie navale de défense, s’intéresse aussi aux hydroliennes, éoliennes flottantes et énergie thermique des mers, installant au large de la Martinique le prototype d’une énorme pompe à chaleur immergée pour un coût de 200 millions d’euros. De nombreuses techniques sont en test pour capter l’énergie des vagues (houlomotrice), des marées (marémotrice, avec l’usine de la Rance, en Ille-et-Vilaine, la plus ancienne du monde), mais surtout des courants. L’Ademe soutient des sites pilotes d’hydroliennes sous-marines. Jean-François Daviau, dirigeant fondateur de Sabella, a installé la première à être raccordée au réseau électrique : « Notre projet date de 2000 mais relevait plus du militantisme. En 2005 la mobilisation s’est accentuée avec le pôle Mer Bretagne Atlantique et l’intervention de la Région ». Au- jourd’hui la maturité de l’industrie progresse. « Nous avons comblé le retard de dix ans sur les Britanniques. L’efficacité énergétique et l’adaptation du matériel aux pro- fondeurs va encore progresser, nous allons passer en période de décroissance des coûts, puis aux déploiements commerciaux comme l’éolien offshore », entrevoit l’en- trepreneur. La France a un potentiel de gisement de 5GW, soit trois réacteurs nu- cléaires.Se soignerDepuis l’apparition des océans les organismes ont développé de nombreuses spécificités, notamment chimiques, pour survivre. Les alginates extraits des algues brunes possèdent par exemple des propriétés antibactériennes et anti-in- flammatoires. Les laboratoires pharmaceutiques en profitent. La dernière classe d’antibiotiques, les céphalosporines, provient du milieu marin. On ne compte plus les anti-cancéreux en phase de développement. Contre les saignements de nez, la constipation, les brûlures d’estomac... les médicaments issus du milieu marin envahissent les armoires à pharmacie. La start-up Hemarina, issue de la station biologique de Roscoff, a découvert que le sang de l’arénicole, un ver marin, a un pouvoir oxygénant et serait compatible avec tous les groupes sanguins. Trois uti- lisations sont donc explorées par le fondateur Franck Zal : « Un substitut sanguin, un pansement cicatrisant et un système d’oxygénation des greffons avant trans- plantation. Nous pouvons aussi aider l’industrie pharmaceutique à accélérer la culture cellulaire avec des molécules qui augmentent la diffusion d’oxygène. Nous avons été contactés par l’agroalimentaire, aussi, pour les levures », décrit le dirigeant de Morlaix, qui lève 14 millions d’euros en deux tranches.26 Avril 2016]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frA la Une - Des start-up prometteuses en lien avec la mer ClUB ENTrEPrENdrEHabiterUne idée folle ? Certes, mais une idée que creuse Jacques Rougerie, architecte concepteur de laboratoires sous-marins et musées subaquatiques, qui projette des lieux de vie sous l’eau. Son chantier phare ? La station scientifique dérivante SeaOrbiter, construite dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. Cet académicien des Beaux-Arts est aussi dirigeant de la fondation Génération Espace Mer, qui récompense les projets futuristes en rapport avec le monde de la mer et de l’espace : aux utopies ont succédé les projets prospectifs. « L’espace sous-marin est le dernier réservoir qui nous reste ; il occupe 71% de la planète et mesure 3,5 kilomètres d’épaisseur en moyenne. » Selon l’inventeur le rapport des jeunes générations à la Grande Bleue n’est plus le même que celui des anciens, pour qui elle était synonyme de fascination, mais aussi de danger voire de mort. « Aujourd’hui, avec la glisse et la plongée sous-marine, les gens ont une approche plus sensorielle de l’élément aquatique, objet de jeu voire de passion. Les hommes mettent au point des engins pour explorer les profondeurs, pourvus de hublots toujours plus grands. Ils développent un peu plus leur imagination. » Et les réalisations d’ouvrages flottants utilisant l’énergie de la mer sont étudiées, voire construites. « Des îles flottantes sont esquissées pour les habitants des Maldives, menacés », note le visionnaire.S’équiper et ne pas polluerLa start-up Cine’al utilise la chair ultra-absorbante des méduses, faite à 90% d’eau, pour en faire des couches-culottes, capables d’absorber d’énormes quan- tités d’eau sans se dissoudre, et surtout entièrement biodégradables en quatre semaines. Dans la même veine Rémy Lucas, fondateur d’Algopack, a inventé un sac plastique à base d’algues, biodégradable en 12 semaines. L’entreprise de Saint-Malo offre, à 1500 euros la tonne, une alternative compétitive aux plastiques pétro-sourcés. Cultivées à Saint-Malo, les micro-algues servent aussi pour le packaging alimentaire, l’industrie automobile, l’ameublement...milliards d’années ! » les exemples des peaux de re- quin qui constituent les meilleurs revêtements anti- turbulences au monde pour les avions Airbus ou les combinaisons Speedo, ou de l’ormeau qui fabrique des coquilles ultra-résis- tantes, plus solides que le blindage d’un char leclerc, sont plus connus. Sans par- ler de la crevette mante re- ligieuse, qui casse des crabes avec ses petits marteaux, auxquels elle donne l’ac-les cellules cancéreuses lors des biopsies, de ses yeux surpuissants. lesquels pos- sèdent un écran solaire na- turel, non perturbateur en- docrinien, qui intéresse les laboratoires de cosmétiques. Au vu des enjeux, on a peine à croire que la mer n’a jamais eu droit à un mi- nistère à part entière en France. Manuel valls s’est fait le chantre de l’économie maritime lors des dernières Assises de la mer en dé- cembre 2014, mais le budgettiers STx de Saint-Nazaire livrent l’Harmony of the Seas, plus grand paquebot du monde. Quatre autres navires font la queue sur les chantiers. l’avenir n’est pas noir pour un pays qui détient les deuxièmes ré- serves les plus importantes de terres rares essentielles pour la fabrication de lasers ou de supraconducteurs. Mais la presse souligne sur- tout les faiblesses de la vieille économie bleue. En 20 ans, la pêche française a divisé sa flotte par deux. Côté armateurs, CMA- CGM est l’arbre qui cache une forêt dévastée. En cause la cherté du pavillon fran-MangerQui reprendra un peu de salade d’algues wakamé, dulse et ulve ? Car les algues, riches en minéraux, oligoéléments, antioxydants et vitamines, vont envahir nos assiettes. « La spiruline a 3,8 milliards d’années, c’est l’un des plus anciens organismes qui a fourni l’oxygène. Nous l’avons redécouverte il y a 50 ans, comme un complément alimentaire très complet », décrit Vincent Salmon-Legagneur, qui a créé Spiruline de Bretagne, développant des bassins abrités. « De nombreux acteurs tentent de concocter les aliments du futur comme des smoothies ou gâteaux secs à la spiruline. Celle-ci nécessite peu d’espace, peu d’eau dans des bassins hors-sol », explique le dirigeant de la ferme de Keratry. Une valeur nutritive qui a attiré Alpha Biotech, qui la vend en poudre et propose Spirulisat, un extrait liquide de l’algue fraîche. L’agar- agar, poudre d’algue gélifiante, entre dans la com- position de la plupart des sauces, des confitures et friandises industrielles. L’industrie alimentaire en utilise comme émulsifiant, stabilisant ou épaissis- sant.Se déplacerLà encore les micro-algues ont un rôle à jouer pour remplacer le pétrole. Elles pourraient repré- senter plus de 12% du marché des biocarburants d’ici 2025. Faciles à cultiver, peu gourmandes en es- pace, elles affichent un rendement énergétique jusqu’à dix fois supérieur à celui des agrocarburants traditionnels. Fermentalg, un des leaders du secteur, a déjà fait rouler une voiture avec du carburant de micro-algues. D’autres affectionnent des modes de transport « soft », à l’exemple de Guillaume Le Grand, co-fondateur de Towt (Trans Oceanic Wind Transport), qui a réinventé le fret de marchandises à la voile, sur de vieux gréements. « Les premiers clients – des coopératives agricoles, des magasins bio... répondent présents. Tous les produits que nous affrétons sont labélisés “transportés à la voile” ». La société a intégré la pépinière Sévellec au sein du technopôle Brest Iroise.célération d’un fusil d’as- saut. Si on lançait une balle de baseball à un dixième de cette accélération, on la mettrait sur orbite ! Quand elle les actionne, il se crée une bulle de supercavitation qui a inspiré les militaires pour envoyer des torpilles plus rapidement. les Amé- ricains se sont aussi inspirés, pour mettre au point une caméra capable de repérerde l’Etat pour la mer a été réduit de 5% en 2013 et de 2% en 2014.Aliments, médicaments ou biocarburants en puissance...çais, 20 à 40% plus cher que le pavillon britannique. il n’empêche, « les emplois directs générés par l’éco- nomie maritime sont de 300000, pour une valeur de production de 70 mil- liards d’euros, ce qui la place devant l’aéronautique. Si on y ajoute le tourisme, on obtient 600000 emplois pour une valeur de 100 mil- liards d’euros », déclare Frédéric Moncany de Saint- Aignan, président du cluster maritime français, qui ob- serve un basculement : « Il subsiste une activité mari- time traditionnelle qui évo- lue, sous l’influence des technologies, de la prise deconscience de l’environne- ment à sauvegarder et de la mondialisation. Mais cinq thématiques montent en puissance : énergies ma- rines renouvelables, aqua- culture, biotechs marines, richesses minérales des grands fonds sous-marins,HISTORIQUE ET PO- TENTIELla France héberge quand même des champions mon- diaux comme les construc- teurs Bénéteau ou Jeanneau. des marques font référence comme Zodiac Nautic (cf. Business Story). Et les chan-tourisme littor.la mer est un formidable levier de croissance à venir pour notre pays, qui possède les acteurs, le terrain de jeu et le contexte avec une ma- ritimisation du monde en marche. restent des choix politiques et entrepreneu- riaux à faire...al côtier ».Julien TarbyAvril 2016 27]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE Interview croisée - Navigatrices engagées pour l’environnementA quel moment êtes-vous devenue navigatrice engagée ?Maud Fontenoy : J’ai passé les 15 premières années de ma vie sur un voilier. Après mes études, j’ai fait le choix de repartir dans des aventures maritimes pour montrer qu’avec de la volonté et du courage, les Hommes pou- vaient se dépasser et réaliser des choses plus grandes qu’eux. En traversant l’océan à la rame, en simplifiant l’aventure à l’extrême, je voulais montrer qu’il était possible de se déposséder de tout pour réaliser quelque chose de grand, et que sur ce plan là, nous étions tous égaux. J’ai créé ma premièrec’est ainsi que l’on pourra changer les choses.Il y a aujourd’hui une urgence écologique planétaire. Quel est le sens de votre combat ? MF : Mon combat a débuté par la préservation des océans. N’oublions pas que lavieestnéeilyaquatre milliards d’années dans les océans. Aujourd’hui, nous y revenons pour des problé- matiques liées à l’énergie. Quand on sait que la densité de l’air est mille fois infé- rieure à la densité de l’eau, on imagine le potentiel éner- gétique. Mais ce n’est pas tout. Prenez la médecine : 22000 médicaments viennentde déchets plastiques flot- diale de l’océan, j’organise nappes d’hydrocarbures en tants. une journée en mer pour leur plein océan, c’est boulever- Aujourd’hui, on parle d’éco- faire découvrir ce milieu que sant. Mais dans les années logie et d’économie bleue.Méditerranée. En mer, le stock de poissons revient, des espèces protégées réap-divers caps à suivreDans chaque numéro, EcoRéseau Business s'intéresse à deux dirigeants/entrepreneurs qui ont un point commun ou une différence fondamentale, afin de connaître leur opinion sur la stratégie, l'innovation, la communication et de montrerqu'il existe plusieurs manières de managerOutre leurs exploits sportifs, les navigatrices Maud Fontenoy et Alexia Barrier partagent leur passion de la mer et un combat sans limite pour la préservation des océans.les hommes retournent vers ce grand bleu immense afin d’y trouver des solutions pour leur survie. On ne connaît que 1% de ce que nous réservent les océans, ce qui est infime. les po- tentiels sont incroyables, nous avons aujourd’hui les moyens de pouvoir comprendre les écosystèmes, tout cela est fascinant.Penser l’écologie non comme une contrainte, mais une façon de produire mieux et plusAB : J’ai créé l’association 4myplanet qui est un projet complet au service de la pla- nète, un défi au service de l’environnement. 4myplanet est aussi le nom du voilierefficacementexpérimental avec lequel j’ai réalisé le tour du monde en solitaire en 2010. A travers ce concept, je souhaite pro- mouvoir et défendre des va- leurs intimement liées, qui sont celles du sport, de l’édu-Maud Fontenoy38 ans, sortira en fin d’année, après « Les raisons d’y croire » paru en mars 2015, son prochain livre, dédié à son engagement politique (membre du parti Les Républicains et vice-présidente du Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur depuis décembre 2015). L’association Maud Fontenoy finalise actuellement les programmes éducatifs qui seront présentés le 8 juin prochain lors de la Journée mondiale de l’océan. www.maudfontenoyfondation.comassociation à l’âge de 18 ans « les petits aventuriers », puis l’association « Jeunes marins briards », qui faisait naviguer des jeunes des quar- tiers sur une yole de Bantry. Au fond, mes aventures spor- tives ont mis un peu de lu- mière sur ce que je réalisais depuis longtemps dans l’om- bre.des océans, 13 prix Nobel ont été remis à des chercheurs pour leurs travaux sur les océans. Ceux-ci recèlent une multitude d’organismes plus étonnants les uns que les au- tres et dont on sait qu’ils sont utiles pour la recherche médicale et pharmaceutique. N’oublions pas non plus que l’océan est notre garde-man- ger. Je ne suis pas pour mettre sous cloche la nature. Je pense aux générations futures qui sont de plus en plus nom- breuses. les océans sont le poumon de l’humanité : plus de la moitié de l’oxygène que l’on respire vient des océans. Nous avons long- temps cru qu’ils étaient un puits sans fond or c’est faux. ils couvrent 70% de la sur- face de la planète et sont un immense dépotoir à ciel ou- vert, où s’accumulent les dé- chets de l’humanité : 7 mil- lions de tonnes de déchets y sont déversées chaque année, dont environ 269000 tonnesAlexia Barrier : Je passe environ 200 jours par an en mer. Si je suis engagée, c’est en quelque sorte par obliga- tion, car il m’est impossible de ne pas témoigner de ce quejevois.ilyadixans, quand nous approchions des côtes, nous sentions l’odeur de la terre. Aujourd’hui, ce sont les déchets qui flottent à la surface de l’eau qui nous indiquent que la terre n’est pas loin. C’est terrifiant. Mais plutôt qu’un discours mora- liste, je préfère rester opti- miste en travaillant sur des choses simples au quotidien car je suis persuadée que©RICARDO TINELLI28 Avril 2016AB : ils sont pollués, c’est évident ! Pour les déchetscation, et de l’environnement. il s’agit d’un véritable chal- lenge pour moi. Ce projet a pour objectif de contribuer concrètement aux avancées scientifiques et technolo- giques portant les enjeux cli- matiques de la planète. J’in- terviens également auprès des enfants dans les écoles. Chaque année, le 8 juin, à l’occasion de la Journée mon-j’aime tant. Je ne suis pas une experte mais j’aime l’idée d’être un outil au ser- vice des scientifiques pour relayer l’information auprès du grand public.Dans quel état se trouvent nos mers et océans ? MF : J’ai la chance de pou- voir traverser l’Atlantique chaque année. voir des70, il se produisait dix acci- dents chaque mois. Au- jourd’hui, on en compte dix par an et encore. les arma- teurs ont fait évoluer leur profession dans le bon sens et il faut le souligner. reste qu’il y a un besoin urgent de traiter nos déchets, ce que nous faisons très bien en France. Hélas, ce n’est pas le cas de l’autre côté de laparaissent, des cétacés et des baleines prolifèrent, tout ne vapasmal.ilyaunevraie amélioration des eaux parce qu’on est vigilant, les pa- villons bleus sur la qualité des eaux de baignade sont un bon baromètre. l’amé- lioration est visible et il faut le dire !]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frInterview croisée - Navigatrices engagées pour l’environnement ClUB ENTrEPrENdrEterrestres rejetés en mer, nous en sommes responsables, nous les consommateurs. Quant à la pollution indus- trielle, je suis passée il y a cinq ans au large d’une pla- teforme pétrolière au Mexique, la mer était recou- verte d’une pellicule d’huile, c’était affreux de voir nager tous ces dauphins recouverts de gras. Au quotidien, je cô- toie des personnes de tous pays, des Chinois par exem- ple qui me racontent qu’ils ne voient jamais le soleil dans leur ville. Ce sont des conditions de vie abomina-sion qu’on n’en fait jamais assez. il y a le choix de l’Homme et le choix de la nature. Je pense que nous pouvons concilier les deux. il faut punir les incidents, les traiter, s’armer de moyens de contrôle, c’est certain. la fonte des glaces s’accentue, et pourtant demain, on n’em- pêchera pas le passage des cargos.économie. il faut penser l’écologie non plus comme une contrainte, mais égale- ment comme une solution, une façon de produire mieux et plus efficacement. Arrêtons d’opposer sans arrêt les in- dustriels à l’écologie, les agriculteurs à l’environne- ment ! Trouvons des tech- niques alternatives pour ré- duire notre impact environ- nemental. Poursuivons ce combat qui n’est jamais ac- quis et qui n’avance jamais assez vite. Pour cela, il faut comprendre dans quel monde nous vivons. Quand on pointeAB : Evidemment, on peut (on doit) concilier les deux car cela nous permettra de mieux vivre et d’être en meilleure santé. la valori- sation et le recyclage des déchets vont dans ce sens.Comment sensibiliser les nouvelles générations à l’environnement ? MF : depuis 2008, la Fon- dation Maud Fontenoy agit en ce sens. J’ai toujours pensé que le changement viendrait par l’éducation. Je préfère les actes aux pro- fessions de foi. les actes, on pourra les obtenir par la jeunesse. la Fondation Maud Fontenoy conçoit des programmes éducatifs gra- tuits à destination de toutes les écoles et de tous les pu- blics. Nous essayons d’in- téresser les enfants en les faisant réfléchir à des sujets transversaux, qui puissent les faire rêver aussi. les en- fants aiment rêver, ils aiment la nature et ils aiment aussi comprendre. Quand je vais dans les écoles, j’en sors avec une énergie décuplée. Je m’aperçois que les enfants sont plus informés qu’on netoute richesse et à tous les niveaux. Notre rôle consiste à leur montrer des exemples vertueux, ce qu’il y a de beau sur notre planète pour leur donner envie d’y faire plus attention.Pensez-vous que montrer des initiatives positives et concrètes, raconter des histoires qui font du bien comme le film Demain, soit la meilleure façon de répondre aux problématiques actuelles ? MF : Demain, c’est le film dont on avait besoin, celui que je rêve de faire. Nous devons être de plus en plus nombreux à porter ce mes- sage. il y a une partie très noire de l’humanité, mais il y a aussi de belles initiatives, des chercheurs qui trouvent de nouvelles choses, des in- novations qui germent de partout dans le monde. Nous parvenons à donner du sens au progrès, il est légitime que tout le monde ait accès au même confort que nous. AB : Oui, et c’est de cette manière que nous allons y arriver. Faisons rêver les gens plutôt que de leur pro-réaliser les projets que j’en- treprends, d’avoir pu créer mon association 4myplanet et surtout de pouvoir partager ma passion avec le plus grand nombre de personnes.AB : Tous les pays ne sont pas au même niveau de conscience environnemen- tale. la France fait juste ce qu’il faut. d’autres pays sont plus exemplaires, l’Alle-De quoi avez-vous peur ?MF : J’ai peur de la mort. On a beau vouloir changer le monde, pouvoir envoyer Curiosity sur Mars, un jour on meurt... J’aime tellement la vie que je suis prête à tout risquer pour elle, pour être digne de la chance qu’on a d’être vivant. C’est un pa- radoxe de se dire qu’on peut réaliser des exploits incroya- bles et mourir demain en traversant la route. Ce contraste m’a toujours fas- cinée. Toute la volonté du monde ne me rendra pasimmortelle.AB : la bêtise humaine m’effraie. En mer, face aux éléments déchainés, bien sûr qu’on a peur mais ce sont des situations que l’on ap- prend à maitriser et à gérer. Un sentiment de peur peut être handicapant, il ne faut pas se laisser envahir, il faut relever la tête, essayer de© GILLES MARTIN-RAGET - WWW.MARTIN-RAGET.COMAlexia Barrier34 ans, recherche quant à elle des partenaires en vue du Vendée Globe 2020. D’ici là, elle se prépare à la Solitaire du Figaro qui aura lieu du 10 juin au 10 juillet prochain. Parmi les huit skippers en course, elle sera la seule femme du groupe. Son objectif : terminer première du classement des bizuts de la course qui, depuis ses débuts en 1970, n’a encore jamais été remportée par une femme. http://4myplanet.euQuelle est votre plus grande fierté ?MF : Sur un plan personnel, mes enfants sont ma plus grande fierté. Sur un plan professionnel, c’est d’avoir eu le courage de me lancer en politique, d’apporter ma pierre à l’édifice dans ce milieu très difficile, com- plexe, rude, où l’on est for- cément incomprise par ses proches. Je l’ai fait vraiment pour la cause car j’avais tout à y perdre. J’aurais pu rester tranquille dans mon coin. Mais si l’on attend toujours des autres, il ne se passe rien. Engagez-vous, c’est le message que je souhaiteMF : Je ne changerais rien. Je vis sans regrets car je ré- fléchis toujours avant de faire quelque chose. On a toujours des déceptions dans l’existence, la seule chose qu’il faudrait retirer, ce sont les événements injustes comme la maladie d’un proche, même si cela nous aide à être plus humble. lesbles. dans quel milieu avons- nous envie de vivre ? de faire grandir nos enfants ? Et comment agir dès à pré- sent pour une planète plus propre et plus saine ?La France en fait-elle suffisamment pour préserver les océans ? MF : Quand on écoute les scientifiques, on a l’impres-magne, les pays scandi- naves... Sans doute parce que l’environnement est an- cré dans leur culture.Justement, comment concilier protection de l’environnement et développement économique ?MF : Je reste convaincue qu’écologie peut rimer avecdu doigt la Chine et l’inde comme les plus gros pol- lueurs de la planète, n’ou- blions pas que tout ce que nous consommons en Europe est fabriqué chez eux. Nous pouvons les aider à moins polluer en consommant au- trement, plus près de chez nous. Notre devoir de ci- toyen, c’est aussi de nous poser les bonnes questions.chance de pouvoir nous en- gager, de passer du temps à innover, à réfléchir pour un monde meilleur.difficultés de la. rendue meilleure.AB : Je ferais exactement la même chose. J’essaie de vivre le monde au présent, tous les projets que j’entre- prends n’aboutissent pas mais je ressens la satisfaction d’avoir fait le maximum pour les réaliser.J’aime l’idée d’être un outil au service des scientifiquesl’imagine, qu’ils ont une vraie appétence pour l’en- vironnement. Je pense que l’humanité a réellement en- vie de se donner les moyens de mieux vivre. Alors que certains luttent encore pour leur survie, nous avons laposer sans cesse des émis- sions abrutissantes. Aidons- les à réaliser leurs rêves, montrons-leur que c’est pos- sible !passer au travers des obsta- cles. la mer, comme la mon- tagne, nous l’apprennent si bien.AB : les enfants sont en général plus réceptifs que les adultes. ils sont très conscients et sensibles et quand ils rentrent à la mai- son, ils essayent d’éduquer leurs parents, c’est amusant ! l’éducation est la source detransmettre.AB : Ma plus grande fierté, c’est d’avoir réalisé mes rêves d’enfants. Je suis fière de vivre de ma passion, dePropos recueillis par Anne DiradourianAvril 2016 29Et si c’était à refaire...vie m’ont]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE En immersion - Le Tara, goélette d’exploration improbableDans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)C ’est un fameux deux mats fin comme un oi- seau, hisse et ho... Avec sa coque en aluminium, ses 36 mètres sur 10 et ses 140 tonnes – ce qui est peu habituel –, Tara est taillé pour les mis- sions extrêmes. En 2006- 2008 la goélette s’est d’ailleurs livrée à l’em- prise des glaces déri- vantes sur la banquise arctique pendant plus de 18 mois à la manière de l’expédition norvégienne Nansen, pour y étudier à la fois l’air, l’atmosphère et l’épaisseur de la ban- quise en prélevant des échantillons. Tara Expé-d’entreprises qui renseignent sur l’état de santé de l’océan.« le bâteau-livre »afin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiersle voilier, en plus d’être élégant, est utile. retour sur une aventure de marins, de scientifiques etditions organise des mis- sions pour étudier et comprendre l’impact des changements climatiques et de la crise écologique sur les océans. l’expé- dition Tara Arctic a d’ail- leurs donné lieu à 21 pu- blications scientifiques, et un tiers des résultats du programme européen dAMOClES sont direc- tement issus de cette ex- pédition. « Au départ nous avons été critiqués par le monde scienti- fique, mais tout a cessé quand nos expéditions ont donné lieu à des pu- blications », affirme ro- main Troublé, secrétaire général de Tara Expédi-tions. Mais ce voilier, qui embarque à chaque fois un équipage dans une grande aventure hu- maine, est aussi chargé d’histoire. il se prénom- mait Antarctica lorsqu’il appartenait au célèbre explorateur français Jean- louis Etienne, ou Sea- master lorsqu’il fut atta- qué par des pirates dans l’embouchure de l’Ama- zone au Brésil et que son propriétaire de l’époque, Peter Blake, trouva la mort. racheté par Agnès b., devenu le « Tara », en référence au film « Autant en emporte le vent », il multiplie les sorties depuis lors, enAucun problème de conserva- tion des aliments lors de ce genre d’exploration...© Anna Deniaud Garciamanent comme le moteur. « Nous les démontons ré- gulièrement pour les net- toyer. Tout ce qui prend l’eau doit être constam- ment entretenu. De même pour les voiles qui subis- sent le soleil, la tension et l’usure. Nous n’avons pas le droit d’attendre que cela casse, lacollaboration avec des laboratoires et institu- tions scientifiques pres- tigieuses. Que fait-il au pied du Pont Alexandre iii, aux portes des Champs-Elysées, dans la grisaille parisienne de décembre 2015 ? il est en fait amarré près du pavillon « Océan & Cli-battue pour inclure les océans dans les accords de COP21.HUIS CLOS ET HARMONIE RECHERCHÉEEt l’équipage ? François Aura est marin et alterne missions et repos tous les quatre mois, changeant àNous n’avons pas le droit d’attendre que cela casse, la « panne » n’est pas30 Avril 2016mat » qui a accueilli de nombreux évènements ouverts au grand public (expos, conférences...). la plateforme du même nom, dont il est à l’ini- tiative et à qui il a fourni nombre de données, s’estchaque fois de poste comme une dizaine d’ho- mologues diplômés de la marine marchande. il s’occupe désormais des voiles, du pont et des winchs. lesquels néces- sitent un entretien per-“panne” n’est pas per- mise comme en voiture », affirme celui qui a été se- cond l’été dernier. la sé- curité avant tout. « La présence des extincteurs et les exercices incendie ne sont pas inutiles. Il ypermise comme en voiture]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frEn immersion - Le Tara, goélette d’exploration improbable ClUB ENTrEPrENdrEa déjà eu des départs de feu, par une courroie qui a cassé et qui a généré des étincelles », énonce- t-il en descendant dans la grande pièce du centre, le carré, décorée de pho- tos prises sur la banquise. Celle-ci sert de salle à manger, à se réunir ou à regarder des films. Une pièce est dévolue au ma-prendre les quarts, entre- tenir les voiles, et nous aidons à mettre en place leur matériel », décrit François Aura.PARTAGERCE VÉCUTara Expéditions incite les décideurs à des so- lutions concrètes par sesPar la suite, il s’agira dese laisser à nouveau dé-river sur l’Arctique pen-dant deux ans. l’avenirest dégagé pour ces ex-plorateurs, alors que Ban données, mais renforce le monde. Six documen-Au départ nous avons été critiqués par le monde scientifique, mais tout a cessé quand nos expéditions ont donnélefaitdedisposerd’u. goélette d’exploration, capable de se perdre dans les glaces, de réaliser la moitié du parcours à la voile, permet de réduire les coûts « et ajoute une dimension de storytelling sans équivalent », pré- cise romain Troublé.de 35000 élèves en France ont suivi ses aventures depuis dix ans. 17500 enfants ont pu vi- siter le bateau à traversune exposition sur les missions. des ONG amé- ricaines ont aussi de gros navires à moteur pour ce type de missions, maisneQUÊTE DE FINANCEMENTles expéditions se sont enchaînées. En 2014 Tara Méditerranée a permis une sensibilisation sur les nombreux enjeux envi- ronnementaux liés à Mare Nostrum et un volet scien- tifique sur le plastique. la prochaine concernera le prélèvement de corail dans le Pacifique et en Asie du Sud-Est en 2016- 2018, afin de mieux cer- ner le réchauffement, ce qui nécessite de nouveaux aménagements, notam- ment un caisson hyper- bare pour les plongeurs. Tout cela a un coût. « Agnès b. prête le bateau et est mécène du projet, en finançant 30 à 40%. Le reste est pourvu par d’autres partenaires comme la fondation Veo- lia ou la fondation du Prince Albert II de Mo- naco, de grosses PME comme Serge Ferrari qui nous fournit des toiles capables de perdurer mal- gré les fortes contraintes, IDEC Groupe... », cite pêle-mêle romain Trou- blé. leur retour sur in- vestissement ? « Leur mé- cénat permet d’afficher leurs valeurs. Ils peuvent inviter leurs clients aux conférences, envoyer des newsletters à leurs parties prenantes, organiser des concours internes, des cocktails à bord du ba- teau », ajoute le secrétaire général, qui sait que le prochain chantier prendra six mois pour changer le moteur, repeindre le pont et adapter le bateau à la plongée. Agnès b. a donné un million sur les trois millions nécessaires aux réparations, quand les la- boratoires financent le matériel et gèrent les scientifiques. 80% de la prochaine expédition sont d’ores et déjà financés.lieu à des publicationsKi Moon, secrétaire gé- aussi la conscience en- néral de l’ONU, a un peu vironnementale du grand plus crédibilisé leur aven- public et des jeunes, no- ture par ses deux visites tamment à travers le dis- à bord. positif Tara Junior : prèstaires et huit livres ont été réalisés pour partager les expéditions, deux millions de personnes ont eu l’occasion de voirJulien Tarbytériel de radio, et le coin cuisine est tenu par Ma- rion lauters, qui optimise l’espace pour ranger les casseroles. « Je dois nour- rir 14 personnes, et bien- tôt 16, ce qui demande un minimum d’organisa- tion », déclare la jeune femme de 32 ans. Avant les cabines, un espace a servi à l’analyse des échantillons de planctons par les docteurs en bio- logie marine de 2009 à 2013, quand le bateau a sillonné les mers lors de la mission Tara Océan. Un artiste – écrivain, mu- sicien... – est aussi tou- jours présent à bord. le tout dans l’harmonie. « Tout le monde travaille aux tâches ménagères, pour mettre la table ou faire la vaisselle. Les scientifiques aident àAvril 2016 31]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE Electron libre - Philippe Croizon, conférencier et sportif de l’extrêmeDans cette rubrique EcoRéseau Business met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entrepriseCOMPRENDRE LA RÉSILIENCE PUIS L’ENSEIGNER14 ans se sont passés depuis son terrible accident. Au- jourd’hui Philippe Croizon a laissé, de force, son ancienne vie derrière lui. Alors père de famille, l’homme âgé de 26 ans est touché par une ligne électrique de 20000 volts alors qu’il travaille sur son toit à démonter son an- tenne de télévision, ce qui occasionne un arrêt cardiaque. les séquelles sont irrépara- bles. Après plus d’une cen- taine d’opérations dont l’am- putation de ses deux bras etLa traversée de la Manche à la nage ? Un taux de réussite de 10% pour les valides... A ce mo- ment précis, j’ai oublié que j’étais handicapésensée », explique-t-il. Au- sur scène. On rigole et on m’avaient offert un saut en jourd’hui, l’homme inspire pleure. C’est le sel de la vie. parachute. Toujours conva- sur le rebond, la gestion de Cela ne me lasse pas... », lescent, mon attention se porte l’échec, la résilience. « Nous explique le chevalier de la sur un reportage qui traite avons tous besoin d’opti- légion d’honneur également de la traversée à la nage de misme. Il m’a fallu presque récompensé en tant que Marina Hans à 17 ans après 14 ans pour changer ma vi- « Champion d’honneur » par un premier échec. Une per- sion des choses, arrêter d’at- le quotidien l’Equipe. formance avec un taux de tendre que tout vienne à moi. réussite de 10% pour les va-.« Unlimited »Comment transformer le pire en meilleur ? Philippe Croizon, quadri-amputé mais surtout sportif de l'extrême,A venturier-conféren- cier... Une activité fantasmée que l’on réserve bien souvent aux per- sonnages de fiction, cher- cheurs de trésors, munis d’un fouet en ceinture et d’un Fe- dora vissé sur la tête. Pourtant, nous ne décrivons ici aucun personnage sorti de l’esprit de Spielberg. Mais plutôt la vie atypique de Philippe Croi- zon, sorte de creuset hétéro- clite fait de défis et de chal- lenges sportifs jugés impos- sibles par le commun des mortels. Mais cette vie queapporte un élément de réponse...évolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnellede ses deux jambes, Philippe Croizon affronte l’épreuve de sa vie. Ses béquilles, telles qu’il les appelle encore au- jourd’hui, seront ses proches, ses enfants, qui feront preuve d’un soutien indéfectible. Un soutien nécessaire pour cet homme qui va passer par les fameuses cinq phases de la douleur que l’on impute aux pertes brutales : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l’acceptation. la rencontre avec son actuelle compagne, Suzana Sabino, pèsera positivement sur leIl faut en finir avec cette at- tente constante d’’aide, de l’Etat ou des autres. Nous sommes notre seul moteur et il faut se bouger, tout sim- plement », continue l’aven- turier-conférencier. vous l’au- rez compris. Philippe Croizon n’aime pas l’attentisme et souhaite faire naître le déclic chez les autres, comme lui l’a vécu quelques années au- paravant. Ce faisant, le confé- rencier fait partie de ces per- sonnes devenues ambassa- drices de l’optimisme, comme il le démontre d’ailleurs auALLER AU BOUT DE SES IDÉESAujourd’hui, Philippe Croizon possède le choix des cas- quettes : tantôt conférencier, tantôt chroniqueur sur France 5 pour le Magazine de la santé, tantôt sportif de l’ex- trême. Sa préférée à ce jour ? difficile de trancher même si l’homme est actuellement en train de préparer sa pro- chaine idée folle : le dakar, nouveau challenge qui reflète la culture du risque que s’est forgée le quadri-handicapé. l’homme a de l’humour, de l’autodérision, et se compare à un « Playmobil » dès lors qu’il s’agit de changer de prothèses pour s’atteler aux tâches quotidiennes. l’homme serait surtout monté sur res- sorts au regard des différents sauts d’obstacles effectués. « J’avais déjà décidé de vivre à nouveau et de ressentir des choses fortes. Mes enfantslides... A ce moment précis, j’ai oublié que j’étais handi- capé. »Son livre « J’ai décidé de vi- vre » puis sa traversée de la Manche à la nage en 2010 le propulsent sous les feux de la rampe. débute, dès lors, une série de conférences à destination de tous les publics : « Pour les entreprises, il s’agit bien souvent de sensibiliser et de rassurer les personnes pour précéder la mise en place d’une politique liée au handicap, impulsée par le chef d’entreprise. Les gens ont peur de cet univers dont ils ignorent tout. Le but de mes interventions est juste de prouver qu’une personne, même en situation de handi- cap, est au moins aussi com- pétente qu’un individu valide – mais qu’il importe de faire confiance pour que ces per- sonnes s’épanouissent », pré- cise Philippe Croizon. le conférencier se déplace éga- lement dans le monde privé pour expliciter les ficelles de sa résilience et de sa vision du dépassement de soi. « A chaque aventure, 99% des personnes me disent que c’est fou, irréalisable, impossible. J’ai réussi à me convaincre que l’impossible n’existe pas et à faire confiance aux 1% qui croyaient en moi pour monter un projet autour d’eux. La peur survient à chaque challenge, mais elle est constructive », analyse l’aven- turier. Un discours qui résonnetant dans les milieux sportifs qu’entrepreneuriaux. Aujourd’hui, cela fait six mois qu’il s’entraîne pour conduire son bolide en terres exotiques. « Je fonctionne à l’envie. Passionné de Formule 1, je me suis fixé comme objectif de participer à la prochaine édition du Dakar en janvier 2017. Les technologies au- jourd’hui me le permettent. Je m’entraîne durement. J’ai décidé de fédérer 500 chefs d’entreprise. Il faut que j’en trouve encore 300. Je dé- marche toujours de la même manière : je ne parle plus de handicap mais d’aventure. C’est plus fédérateur et cela me motive de savoir que les collaborateurs d’une entre- prise sont derrière moi », souligne le sportif. d’ailleurs pour démarcher, l’homme peut aussi s’impro- viser commercial. Sa marque, c’est lui, son histoire. d’ail- leurs, ce « personnal bran- ding » fonctionne très peu par mail ou par téléphone, nous confie l’intéressé. Ses arguments ne pèsent qu’à l’aune d’un face à face où sa détermination et ses argu- ments sont bien plus criants de force. reste que le chemin à parcourir est encore long. « Croizon » les doigts pour que l’homme continue de cultiver ce grain de folie siGeoffroy Framery© Christian Vinces / Shutterstock.comLe prochain objectif ? Le Dakar en 2017 !l’on peut penser rêvée ou du moins inspirante ne résulte que d’un long chemin de croix fait d’abnégation, de pugnacité et d’une inlassable envie d’entreprendre sa vie. récit.sursaut de vitalité dans lequel s’est engagé le quadri-amputé. « Si tu avais le choix entre vie d’avant et d’aujourd’hui. Si on te rendait tes bras et tes jambes... Que ferais-tu ? A cette question que l’on m’a souvent posée j’y réponds en affirmant que ma vie est au- jourd’hui plus riche et plus"Le froid ? La peur ? Connais pas..."Printemps de l’Optimisme. Mais pas dans sa définition béate. Philippe Croizon l’est devenu parce que le verre à moitié plein aurait bien pu se briser à plusieurs reprises. « Cela ne me pèse pas d’être devenu un modèle. J’aime partager et j’aime la com- munication. Je suis heureux32 Avril 2016sain...noirammalF-©sasPhilippeMat]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE Culture du rebond - Hélène Bourbouloux, administratrice judiciaire omniprésente Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,l'œil du tigreACelle qui côtoie le monde des entreprises en crise depuis 15 ans connaît les principaux leviers de remise sur les rails. rencontre.J’aime ma boîtefiliale, alors que les deux entités ne peuvent être sauvées l’une sans l’au- tre, en structurant la dette à l’échelle du groupe », explique la juriste. dans ce cas de figure, la lo- gique juridique diffère de la réalité économique même si la législation évolue et qu’un groupe transfrontalier a été traité différemment, sans dis- tinction de chaque en- tité.qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenir43 ans, Hélène Bour- la culture du rebond. mieux encore elles ont été re- trateur judiciaire, nommé par la crise. En procédure judiciaire gociatrice. Ce qui ne l’empêche bouloux s’est impo- mises sur les rails non sans mal le tribunal, est spécialiste de la collective, cela est impossible pas de pointer les limites du sée dans le paysage DES PASSES D’ARMES, par les mesures prises de concert gestion, agit en tant qu’auxiliaire sans l’implication totale des sa- système. Parmi ces dernières,socio-économique hexagonal SIGNES DE REBONDS entre Hélène Bourbouloux et de justice et prend sous sa res- lariés. S’il y a un seul grain de Hélène Bourbouloux, évoqueen sauvant à de nombreuses INESPÉRÉSreprises des entreprises en dif- le point commun entre Thom- ficulté. l’administratrice judi- son (Technicolor), Sernam, Fa- ciaire revient sur sa méthode, gorBrandt, léon de Bruxelles, défend une boîte à outils légale Saur, Anovo, vivarte ou encore qui autorise le rebond tout en Gerard darel ? Toutes ont connu énonçant ses limites. Témoi- des passes difficiles. Et dans gnage d’une femme qui incarne toutes la casse a été limitée, ouchaque partie prenante.Pour vivarte – acteur du prêt- à-porter et des chaussures – ce fut une négociation âpre face à 165 créanciers qui a conduit à un épurement de la dette de 2,8 millions d’euros à 800 millions d’euros. Sans baguette magique. rebelote avec Anovo, dans la réparation de produits électro- niques : l’administratrice a eu peu de temps devant elle au re- gard du fonds de roulement inexistant. En sus, un conseil d’administration conflictuel ayant remercié le manager de transition à deux semaines de l’échéance et surtout 1200 em- plois à sauver dont la plupart dise que seuls 350 emplois pourront subsister... Mission impossible ? Que nenni. C’est sans compter sur la détermina- tion de la Corrézienne qui a réuni plus de 40 fois au total les cinq CE en moins de deux mois tout en allant frapper à la porte des potentiels repreneurs. Quelques semaines de boulot plus tard, le fonds Butler Capital Partners reprend l’affaire, sauve presque trois fois plus d’emplois qu’espéré, pour couler des jours heureux aujourd’hui, les effectifs étant plus nombreux que durant l’épisode de crise.Si une carrière ne peut se construire que de succès, force est de reconnaître qu’Hélène Bourbouloux a su développer une méthode reconnue dans sa profession, respectée par les partenaires sociaux et les re- preneurs de tout bord.une procédure qui n’est pas toujours optimale pour résoudre les difficultés des holdings, groupes et filiales. « Aujourd’hui, nous traitons encore la situation en distinguant la holding de laponsabilité une entreprise en situation de défaut de paiement. il intervient aussi dans des pro- cédures confidentielles de pré- vention pour mener et favoriser des négociations loyales poursable dans la mécanique, cela ne se passe pas bien. » A cet égard, l’administratrice met en exergue, contre tout préjugé li- béral, l’implication des syndicats et des CE. « Lorsque l’entreprise« Euh... Je pense que nous allons bientôt faire connais- sance avec l’administratrice judiciaire »chronique parrainéePrésidente d'ETHiC Présidente de SdMEpar Sophie de MenthonCôté PME, l’adminis-Amour toujours... la preuve par deux !tous et éviter la défaillance. « Je développe une culture de la transparence et du dialogue avec beaucoup de pédagogie, en expliquant bien toutes les conséquences de chaque déci- sion... Les parties ont toujours peur de l’inconnu, en particulier en situation de crise. Il y a sou- vent de la réticence à partager les difficultés, qu’il s’agisse du chef d’entreprise, des équipes ou des partenaires. Survient gé- néralement un réflexe de repli sur soi. Mais dans bien des cas, la situation est moins alarmiste que crainte, ce qui permet bien souvent de désamorcer les cris- pations », analyse Hélène Bour- bouloux. Une fois cet équilibre et cette confiance rétablis, l’ad- ministratrice enfile son bleu de chauffe, pousse les employeurs dans leurs retranchements, mo- bilise chacun des acteurs et les met face à leurs responsabilités. le processus de résolution est mené collectivement, les diffi- cultés étant rarement mono- causales. « Chaque situation difficile, résume l’administratrice, montre que les entreprises ont besoin d’un statut quo de quatre mois environ pour réunir tous les ingrédients nécessaire afin de réamorcer la pompe et passerest en difficulté, les partenaires sociaux sont lucides, désireux et soucieux de travailler sur le sauvetage des entreprises. Un droit spécial du travail de l’en- treprise en difficulté serait tout à fait bienvenu et probablement construit utilement avec les par- tenaires sociaux», poursuit-elle.tratrice judiciaire pointe un écueil de taille au rebond des entreprises qui ne bénéficient pas d’un traitement équivalent du crédit. largement financées sous forme de crédit bail, elles ne peuvent profiter du gel des échéances pendant la période de redressement puis du réamé- nagement légal du crédit pendant la durée du plan, contrairement entreprises financées par du cré- dit bancaire moyen terme clas- sique.Une fois sorties de la crise elles demeurent largement ex- clues du marché du crédit et subisse ainsi la double peine. « Le rebond exige du temps. Mais ces entreprises sont es- tampillées sociétés en difficulté n’ont pas accès au crédit et davantage au crédit-bail. Il n’existe pas de levier pendant la période d’observation pourl’amour mène le monde. le chef d’entreprise fleur bleue (cela peut encore arriver) veut y croire. l’amende honorable, un jour d’août 2014, du Premier Ministre lui déclarant sa flamme solde le temps des embrouilles. la seconde moitié du mandat présidentiel sera celle de la réconciliation où ne sera pas. d’autres déclarations d’amour allaient venir. dix mois passent. dix-huit mesures de simplifications promettent aux TPE-PME une vie plus facile. Pas vraiment une preuve d’amour mais cela y ressemble.UN SYSTEME FRAN- ÇAIS QUI PERMET DE SAUVER TPE ET PMEJanvier 2016, le World economic forum de davos est l’oc- casion pour Manuel valls à la tête du gouvernement depuis trois ans de redire son appétence pour ce que réclament les entreprises depuis si longtemps : « des réformes fortes et courageuses ». las, l’indicateur de climat des affaires recueilli et analysé par l’insee sur la base du sentiment des chefs d’entreprise représentatifs de la diversité des secteurs économiques perd encore deux points en février. l’institut titre sur l’altération du climat des affaires en France. il est permis de penser que les déclarations d’amour ne suffisent pas à l’amour.UNE APPROCHE QUI NE MÉNAGE PERSONNE derrière cette gymnastique comptable et légale se trouve donc la fondatrice et associée du cabinet d’administrateurs ju- diciaires FHB, une des études parmi les plus importantes de France.la professionnelle des situations de crise souhaite également nuancer la conjoncture et dé- fendre le système français qui permet selon ses dires de re- mettre à flots les petites et moyennes structures. « Si l’on confronte les chiffres de liqui- dation judiciaire à ceux de la sauvegarde de l’emploi, on note que la plupart des 60000 faillites concernent des entreprises de moins de un salarié et que mal- gré 95% de liquidations judi- ciaires, le taux de sauvetage des emplois oscille en 55 et 60% en procédure collective et atteindrait sûrement les 80/90% si on y incluait les procédures amiables de prévention qui concernent des entreprises de grande taille », relativise la né-geler les d.selon des échéances réalisables. C’est un vrai problème pour les PME », conclut Hélène Bourbouloux qui prouve malgré les imperfections du système que la résilience est réalisable même dans des conditions considérées comme critiques. inspirant.C’est bien naturel, le cœur a horreur du vide. Au moment où les entreprises doutent se présente un second prétendant. Emmanuel en rajoute à Manuel. « la Macron mania gagne la French Tech » titre la presse présente au CES de las vegas pendant qu’en France vont bientôt se déchirer les rédacteurs du projet de loi sur la réforme du Code du travail. voilà bien l’entreprise flanquée de deux prétendants aux mains vides. Alors, toujours fleur bleue l’entreprise ? Tant pis, j’aime quand même ma boîte.ettes ou les modifierOlivier Peraldidirecteur Général de la FESP (Fédé des services aux particuliers)34 Avril 2016Son boulot ? Négocier très fort et très vite pour trouver de l’ar- gent, draguer les repreneurs et limiter la casse chez les salariés. Pour les non-initiés, l’adminis-Geoffroy Framery]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE Créer aujourd’hui - Les entreprises internationales d’embléeLa création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel.les « born global »D'où cette rubrique qui explore de manière très pratique l'une des phases de l'entrepreneuriat.En innovation et même en commercialisation, des entreprises naissent aujourd’hui « globales », ne se déployant plus patiemment pays par pays comme leurs aînées.de l’Arabie Saoudite pour un viticulteur semble une mauvaise idée –, une ré- flexion en amont n’est jamais une perte de temps. « Nous allons nous attaquer en priorité aux pays dont l’accès au financement de la santé est complexe comme le Canada, les USA, le Mexique et le Brésil », explique ainsi vincent daffourd, qui lance le développement interna-reposer sur de nombreux partenaires extérieurs.dez-vous avec des pros- pects comme Desjardin, ou M comme Mutuelle, ainsi que de nombreuses autres entreprises du sec- teur de la santé au Ca- nada, qui nous ont porté des marques d’intérêts et nous ont ouvert leur pro- pre carnet d’adresses. » la jeune pousse s’apprête également à ouvrir une filiale aux USA, grâce à une offre de Pramex in-« Bon, tout le monde a déli- mité sa petite zone ? Alors bonne chance à tous ! »UN TRAVAILD’ÉQUIPE« Je m’appuie toutd’abord sur un réseaud’entrepreneurs franco-philes mondial, Frenchfounder (environ450€/an, NDLR), pouréchanger sur les bonnespratiques en matièred’export et d’expatria-tion, et faciliter la mise ternational (moins dele temps pressedans la quête d’in-ternational des en-treprises « born global »,dont les produits inno-vants s’adressent dès leurcréation aux marchésmondiaux. Mais dans cenouveau paradigme, ces d’un besoin, formation start-up se heurtent sou- d’un réseau, choix d’uneJe m'appuie sur un réseau d'entrepreneurs francophiles mondial, French founder (450 €/an)36 Avril 2016vent à certaines lacunes des ressources humaines, voire de compétences en matière de développe- ment à l’export. Certaines étapes de ce processus – recherche d’informations, détectiondestination, prospection commerciale... –, restent cependant accessibles à ces créateurs d’entreprise, s’ils ont suffisamment de temps et d’expérience à y consacrer. Mais si l’in- tuition peut suffire à évi- ter de grossières erreurs – s’attaquer au marchétional de sa jeune entre- prise Care labs, éditrice du Chèque Santé, un titre prépayé dédié à certaines prestations de santé. Au sein de la start-up, deux personnes, dont le diri- geant, seront impliquées dans cette démarche. Mais elles pourront seen réseau, avec des ac- teurs comme Axa Assu- rance ou Edenred aux USA, par exemple, décrit l’entrepreneur. Et pour la prospection commer- ciale, Business France (environ 2000€, NDLR) a démarché et organisé pour nous plusieurs ren-10000€ pour la documen- tation juridique, les sta- tuts, la domiciliation, la réception du courrier, les délégations de signature pour les moyens de paie- ment, etc.), et utilise les solutions d’assurance prospection de la Coface. Elle bénéficie enfin dule droit en pratiqueL’éviction des fondateurs : comment se protéger?C’est une mésaventure qui peut arriver plus souvent que ce qu’on croit.le cas de ce mois-ci est le suivant : trois porteurs d’un projet à haute valeur technologique recherchent à tout prix des investisseurs pour financer le développement rapide de leur struc- ture. Un premier puis un deuxième tour de table, et les voici devenus minoritaires, pro-contester la gestion mise en place et les décisions des fondateurs. Progressivement, il « monte un dossier » sur les fondateurs.deuxièmement, en position d’agent intérieur, il ressort des éléments supposés négatifs contre les fondateurs pour inciter les investisseurs à se séparer d’eux.ils peuvent parfaitement alerter les Commissaires aux comptes de l’évolution des relations, voire demander une Assemblée Générale pour dé- noncer les blocages de la direction imposée par les investisseurs.avec gressivement dilués au sein de leur propre société.les fondateurs se retrouvent alors désemparés, sur un siège éjectable de la société pour laquelle ils ont tout donné depuis des mois. Alors com- ment faire pour se protéger de ce glissement dangereux ?Maitriser parfaitement le pacte d’actionnaires- le pacte d’actionnaires contient de nombreuses clauses qui ont des conséquences importantes. l’examen de cet accord peut donner des idées aux fondateurs pour défendre leur position. Par exemple s’il existe des clauses de sortie forcée ou de de sortie conjointe, la stratégie de l’investisseur peut être contrecarrée et les fon- dateurs se protéger contre leur éviction en faisant rentrer des tiers dans la partie.Cela ne devrait pas poser de problème et d’ail- leurs le patron de Facebook n’est il pas lui- même minoritaire au sein de l’empire créé de ses mains?Retrouver l’équilibre des forces notamment grâce au pacte d’actionnairesdans la plupart des investissements réalisés par des conseils consciencieux, la levée de fonds et l’évolution de l’actionnariat sont doublés d’un pacte d’actionnaires qui sécurise en toute confidentialité le « contrat de mariage » des nouveaux associés.Sauf... sauf si si vous perdez la confiance des investisseurs!Comment se protéger d’une éviction défini- tive?les fondateurs peuvent même se servir du non- respect du pacte d’actionnaires, pour dénoncer « l’acharnement » de l’investisseur qui commet un abus de majorité.les investisseurs, quels que soient leurs profils, peuvent parfaitement bombarder un nouveau dirigeant dont l’objectif sera double. Premièrement, il peut intégrer la structure pourSe créer une armure de preuves- Si les fondateurs veulent reprendre la main sur leur entreprise,Autant de protections pour que la négociation entre fondateurs menacés et investisseurs me- naçants soit rééquilibrée.Œ]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[UN NOUVEL ÉLAN POUR VOTRE DÉVELOPPEMENTEN FRANCE ET À L’INTERNATIONALCrédit Agricole Leasing & Factoring propose des solutions de financementsur mesure en crédit-bail et en affacturage pour accompagner les projets de développement et d’innovation des ETI.* ETI : entreprise de taille intermédiaire – Source : société 20151ETISUR3*fait confiance à CAL&F pour financer ses projetswww.ca-leasingfactoring.comCrédit Agricole Leasing & Factoring - S.A. au capital de 195 257 220 ¤ - 692 029 457 RCS Nanterre - Communication CAL&F 03/2016 - Crédit photo : Getty Images - Création : ARCHIPRESSE MEDIA CONSULTING]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE Créer aujourd’hui - Les entreprises internationales d’embléesoutien de l’agence de développement écono- mique de la région lan- guedoc-roussillon, Sud de France développe- ment, qui lui met ponc- tuellement à disposition un bureau à New York (une aide non négligea- ble étant donné les loyers de la Grosse Pomme), et lui a facilité l’accès au salon Consumer Electro- nic Show (CES) de las vegas, en janvier dernier. Sans oublier l’accompa- gnement juridique du ca- binet montpelliérain le Stanc Avocats, qui offre une double expertise – en propriété intellectuelle et en contrats commer- ciaux internationaux – précieuse pour négocier aux Etats-Unis.cabinet marseillais d’ac- compagnement à l’export EOC international (1 M€ de CA), et vice-prési-tenaires, d’importateurs et de distributeurs, et la négociation des contrats, jusqu’à l’installation opé-marche externalisée né- cessite en général des ressources financières non négligeables, en par-Un bon carnet d’adresses et une première expé- rience à l’international apparaissent donc indis- pensables pour réussir son lancement à l’export. Mais ces conditions ne sont pas toujours suffi- santes. « Dans le passé, j’avais déjà créé une fi- liale à Koweit City pour ma première entreprise, et travaillé en Californie et à Shanghai, précise vincent daffourd. Ce- pendant, développer les accords commerciauxNouvel oiseau migrateur : l'entrepreneur...dente de la fédération des entrepreneurs du commerce international (OSCi). C’est en généralrationnelle de la filiale, en passant par la mission de brand ambassador c’est-à-dire la promotion,ticulier lorsque le dé- ploiement se fait sur plu- sieurs pays simultané- ment. « Nous sommes enIl est souvent préférable de s'adjoindre des collaborateurs anglophones plutôt que de restreindre ses possibilitésle marketing et la com- contact avec une jeune munication. entreprise innovante du Mais ce type de dé- secteur de l’environne-Voyages d’affaires en silicon valleyUn mirageSur la baie de San Francisco, un tourisme d’affaires d’un nouveau genre déverse quotidiennement son lot de bus chargés de créateurs d’entreprise pleins d’espoir. Très à la mode dans le milieu des jeunes entreprises innovantes, ces voyages d’affaires organisés par des tours operators spécialisés leur promettent en effet des rencontres privi- légiées avec leurs idoles de chez Google, Yahoo, et autres pépites de la Silicon Valley. « Mais ces voyages sont de vulgaires attrapes-touristes, met en garde Vincent Daffourd, qui lance le développement international de sa jeune en- treprise Care Labs, éditrice du Chèque Santé. Ils font miroiter des face-à-face avec des prospects idéaux et laissent imaginer d’importantes perspectives de business, mais aucun de mes confrères entrepreneurs n’en n’ajamais ramené le moindre contrat. »d’une TPE à l’export et internationaliser une start-up innovante sont des démarches très dif- férentes. Ce dernier cas nécessite ainsi notam- ment des études de fai- sabilité réglementaires et juridiques et un ac- compagnement en ma- tière de relations pu- bliques. »après avoir ciblé un pays précis que les entrepre- neurs commencent à avoir besoin d’aide pour prioriser leurs actions. Dans une situation sou- vent urgente, c’est à ce moment-là qu’un presta- taire extérieur leur per- met de gagner beaucoup de temps. »38 Avril 2016UNE AFFAIRE DE SPÉCIALISTES Au-delà de certains vo- lumes et niveaux de com- plexité de l’activité, dé- finir et mettre en place une stratégie globale d’internationalisation reste une affaire de spé- cialistes. « Chacun son métier, pointe Anne Mar- tel-reison, gérante dules services des cabinets d’accompagnement à l’international débutent ainsi traditionnellement par une étude terrain de potentialité poussée (in- terviews d’acteurs lo- caux), dont les conclu- sions vont permettre de définir une stratégie et un plan d’action précis. le cabinet guide ensuite le porteur de projet de- puis la recherche de par-]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frment, créée il y a six mois, et intéressée par trois marchés : les USA, le Mexique et le Brésil,Créer aujourd’hui - Les entreprises internationales d’emblée ClUB ENTrEPrENdrEviendra pas avant deux abondent : se rendre sur les prix, les gammes ou les pays, par exemple. » ou trois ans minimum », un salon professionnel la réglementation en vi- Et la France dans tout prévient Anne Martel- sans avoir sélectionné gueur, énumère virginie cela ? Pour les entre- reison. Une probléma- son distributeur en laroche, conseiller in- prises « born global »,Pour la prospection commerciale, Business France (2000 €/an) a démarché et organisé pour nous plusieurs rendez-vous avec des prospectsdant un test intéressant...« Mener en parallèle de sa démarche à l’inter- national des avancées significatives en France suscite toujours l’admi- ration vu de l’étranger, sourit vincent daffourd. Au Canada ou aux États- Unis, nos interlocuteurs nous disent ainsi tou- jours que si nous réus- sissons dans un contexte aussi difficile, alors nous pouvons réussir par-tique à laquelle les amont, foncer sans avoir ternational au sein de la l’Hexagone ne représente jeunes pousses ont les au préalable obtenu un CCi de Nîmes. Les com- aujourd’hui plus une moyens de répondre, avis d’opportunités en pléments alimentaires se- étape indispensable avant grâce au large choix et provenance du pays, ou ront ainsi classés ou non de se projeter à l’export. aux conditions favora- encore ne pas connaître en médicaments selon Mais il demeure cepen- bles de financement donttout ! ».elles bénéficient à l’heure actuelle. « Notre développement interna- tional va prochainement faire l’objet d’une levée de fonds spécifique », confirme vincent daf- fourd, dont l’entreprise a déjà levé deux millions d’euros l’année dernière. Autre frein identifié, la démarche prend néces- sairement du temps – prospection, démarches légales, envoi d’échan- tillons, etc. – alors que le porteur de projet est souvent pressé... « Pour se développer aux USA, il est nécessaire d’inves- tir pendant trois ou qua- tre ans minimum avant d’obtenir des résultats durables car le territoire est extrêmement vaste », illustre Anne Martel-rei- son.Pierre Havezillustre Anne Martel-rei- son. Convaincus du po- tentiel de leur produit, nous allons accompagner leur implantation, sous forme d’honoraires com- pris entre 7000 et 15000€, puis assurer leur représentation locale et leur apporter une aide dans leur développement commercial, à la com- mission. » Au total, pour plusieurs marchés, il faut donc prévoir plusieurs dizaines de milliers d’eu- ros de dépenses, incluant en outre les frais de dé- placement, de participa- tion à des salons ou de transferts d’équipements.le choix du marché doit également être rationnel, alors que la destination est parfois rêvée ou idéa- lisée par les candidats à l’export. de même, elle peut aussi être limitée, à tort, en raison de contraintes linguistiques. « Le frein de la langue oriente parfois les jeunes entreprises vers l’Afrique francophone, mais en- core faut-il qu’il y ait sur place un véritable marché ! Il est souvent préférable de s’adjoindre des collaborateurs an- glophones plutôt que de restreindre ses possibi- lités », conseille la consultante.UN PARCOURS SEMÉ D’EMBÛCHES Souvent minimisé, ce budget doit au contraire être anticipé et planifié, conseillent les profes- sionnels. « A partir du moment où une start-up décide de se déployer sur un ou plusieurs mar- chés, elle doit être ca- pable d’investir en sa- chant que le retour sur investissement n’inter-dans cette démarche, ces pièges finalement aussi nombreux que les desti- nations résultent souvent d’un manque de prépa- ration. « Les exemplesAvril 2016 39]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE Business guides - Cadeaux d’affaires au sens cachéDans chaque numéro, EcoRéseau Business s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeantle lancement d’un nou- veau produit, un sé- minaire, un anniver- saire, un salon profession- nel... de nombreux événe- ments sont propices à l’offre d’un cadeau d’affaires à ses clients, fournisseurs ou par- tenaires. Mais le choix ne doit pas se faire au hasard, les sites internet qui propo- sent des objets personnalisés sont légion et aujourd’hui l’offre est tellement vaste que l’on pourrait vite s’y perdre. Heureusement, les revendeurs, agences de com- munication et même services spécialisés proposent aussi de plus en plus de conseils aux entreprises pour choisir le bon cadeau à offrir au bon moment. « L’entreprise véhicule un message à tra- vers ces cadeaux, qui ont pour but de travailler la fi- délisation et la relation avec les clients, note véronique Bastide, responsable marke- ting et communication de Promocadeaux, réseau d’en- treprises de la promotion par l’objet. La valeur du cadeau ne sera pas la même aux yeux de différentes personnes qui le reçoivent. Il faut donc travailler sur cette percep- tion, en faisant preuve de créativité et d’originalité, en innovant dans la forme et le contenu. » la cible du cadeau, le contexte de l’évé- nement et le budget sont en effet des éléments essentiels à prendre en compte pour choisir l’objet idéal. « L’objet doit faire plaisir à la per- sonne, mais elle doit aussi avoir envie de l’utiliser, et pas de l’abandonner dans un tiroir, estime Anne-lise Kerebel, fondatrice d’ideob- jet, agence de communica- tion par l’objet. Il doit s’ins- crire dans le temps, et conti- nuer de rappeler l’image d’une entreprise au-delà d’un événement. Il doit mar- quer les esprits, tout en étant corrélé à la communication globale de l’entreprise. »Mais attention aux mauvaises interprétations !vous avez un message désormais un objet offert à un client ou à un partenaire équivaut à un message.(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseilsMission accomplie, quand on devient pendant un instant magique ce Père Noël qui fait rêver, même les grands...LA MODERNITÉ A UN COÛTdans la société du tout nu- mérique, le marché du ca- deau d’affaires se dirige len- tement mais sûrement vers les objets connectés. Pour une entreprise, un objet nu- mérique est en effet un bon moyen de montrer sa mo- dernité et son attachement à l’innovation. Pour autant, si l’objet connecté est dans l’air du temps, les entreprises sont encore un peu frileuses sur le sujet. d’abord pour une question de budget. Et il faut être sûr que la per- sonne possède les appareils et les configurations com- patibles avec l’objet. Malgré ces contraintes, le marché émerge tout de même, no- tamment dans le domaine du sport santé. décathlon Pro, filiale de l’enseigne sportive, mise par exemple sur ce segment. la marque développe son activité de cadeau d’affaires, avec no- tamment un service dédié qui propose du conseil aux entreprises. « Les nouvelles technologies marchent plutôt bien, malgré un prix unitaire plus important, note Claire Thuilliez, responsableDES CADEAUX PLUS« VERTS »lorsqu’elles offrent un ca- deau, les entreprises sont désormais également vigi- lantes quant à sa provenance et son mode de fabrication. « C’est une demande de plus en plus importante, constate Anne-lise Kerebel. Les col- lectivités, notamment, sont sensibles aux objets éco-res- ponsables, c’est pourquoi nous essayons de privilégier les circuits courts. Si l’at- tention est portée à ces élé- ments, les entreprises ne l’af- fichent pas pour autant sys- tématiquement sur leurs ob- jets. L’éco-responsabilité est affichée pour les entreprises dont la démarche environ- nementale est un axe de com- munication, ou bien pour celles dont l’événement est en rapport avec le dévelop- pement durable. » Certains distributeurs ont en tout cas misé sur cet aspect, en pro- posant des produits écolo- giques, comme le site ver- tlapub.fr. « Les entreprises qui s’adressent à nous sont d’abord des entreprises dont l’activité est liée à l’envi- ronnement ou au dévelop- pement durable, indique Guillaume Gourdon, diri-DES FONDAMENTAUX POUR DES MESSAGES RASSURANTSSi l’offre est aujourd’hui plus variée que jamais, le marché n’a pas abandonné ses fondamentaux. Cham- pagne, chocolats ou coffrets cadeaux restent des basiques du cadeau d’affaires. « Ende partage. Outre le message de bien-être et de stabilité, c’est avant tout un souvenir gustatif, de convivialité, qu’il offre avec ces cadeaux qui se dégustent. « Si l’entreprise veut se différencier tout en restant dans les fondamen- taux, elle peut miser sur l’art de la table ou l’artisanatLes entreprises cherchent souvent à faire passer des messages de qualité et d’authenticité,et se tournent dans ce cas vers l’artisanatelles-tournent dans ce cas-là vers l’artisanat », ajoute Bruno Fillon.sport. Les cartes cadeaux nous permettent également de proposer des solutions digitales, et apportent une très grande flexibilité à l’en- treprise, qui peut ainsi s’af- franchir de certaines contraintes dans l’organi- sation de son événement. »40 Avril 2016France, la convivialité et la gourmandise sont une vraie culture, et on y reste atta- ché », constate Bruno Fillon, directeur du salon Affaire de cadeaux, organisé par Tar- sus France. Un chef d’en- treprise ne prend donc pas trop de risques en proposant à ses clients un instant de gourmandise ou un momentd’art, qui se développent de plus en plus. » Pour faire rêver, pas forcément besoin de miser sur le luxe, qui pourrait passer pour du tape- à-l’œil en période de crise. « Aujourd’hui les entreprises cherchent avant tout à faire passer des messages de qua- lité dans leurs cadeaux, mais aussi d’authenticité, et seGrands Comptes pour dé- cathlon Pro. Les objets de santé connectés, comme les bracelets, marchent bien par exemple. Avec ces produits, les entreprises associent leur image à celle de notre en- seigne, avec des valeurs de santé et de bien-être, mais aussi de convivialité et de partage qui vont avec legeant de la société. C. ci sont très sensibilisées et n’en font pas forcément un message particulier dans leur cadeau. D’autres en re- vanche souhaitent mettre en avant leurs convictions, ou simplement marquer le coup lors d’un événement en rap- port avec le thème. »Emilie MassardCahier pratique n°1 - Cadeaux d’affaires]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE Business guides - Flottes auto, les nouveaux services connectésSmartphones roulants Modernisation ou gadgétisation croissante des véhicules ?Salons automobiles dedétroit et de Genève,CES de las vegas, Mo-bile World Congress... Autantde grand-messes de la techno-logie qui mettent ces derniersmois sur le devant de la scèneles connexions entre le numé-rique, la connectivité et l’auto-mobile. les finalités sontnombreuses : rendre accessiblepour bientôt à M. Tout-le-monde la voiture autonome, fairerentrer l’univers numérique propre à chacun dans l’habitacle de son véhicule, démocratiser des véhicules verts mais aussi connecter son véhicule pour le rendre intelligent. Enfin, gagner en sécurité et en confort.Mots-clésPar Geoffroy Frameryou MyBoxman, application de livraison de colis en mode Uber. Une manière de redessiner la conduite en la rendant compati- ble aux exigences de mobilité et de sécurité...1 Digitalisation de nouveaux services2 Le tableau de bord, comme dans un vaisseau spatial3 Nouveaux softwares et plateformes de gestion inédites 4 Prudence est mère de suretéOutre des applications de navi- gation, la technologie Connect Ev notamment chez Nissan as- sure par ailleurs des fonctions intelligentes sur les véhicules électriques : recharge, chauffageTrois statistiques mettent en exergue le potentiel de la connectivité des voitures à l’heure où Google continue d’expérimenter ses véhicules intelligents. l’Ob- servatoire Cetelem s’est penché sur la voiture connectée en fin d’année der- nière et conclut que 86% des automobilistes sont familiers avec les outils numériques et « apps » pour se guider. dans le même temps, d’autres prévi- sions tablent sur un CA potentiel de 122 milliards de dollars en 2021 et 40 mil- liards pour cette année en matière de voiture connectée. Enfin selon iHS Automotive, à l’horizon 2020, les data automobiles représenteront un marché se chiffrant à 14,5 milliards de dollars. Un pan énorme de l’internet des objets tandis que l’institut iHS évoque également 150 millions de voitures connectées dans le monde à l’horizon 2020.à distance, score éco-conduite... En matière de partenariat, le dernier boîtier de télématique de Samsung autorise une connexion 4G, fait remonter des données véhicules, prodigue des conseils d’éco-conduite et invite les conducteurs à se diriger vers un réparateur quand vient le temps de la maintenance. Ce même boîtier est implémenté en parte- nariat avec Orange Business Services ; les deux sociétés ambitionnent de créer un écosystème reliant l’usager aux services, à la cartographie et au domaineAvant que ce marché ne devienne mature, rappelons d’abord que l’électronique embarquée et l’ensemble des équipements entrent de plus en plus en compte dans la valeur résiduelle du véhicule, un des indicateurs clés pour évaluer le TCO et les loyers à payer sur ce dernier. En amont se pose pour chaque constructeur le dilemme d’Apple CarPlay ou d’Android Auto (exception faite de la dernière Ford Kuga).de l’assurance.les tableaux de bord progressent aussi. Mercedes a ainsi conçu de nouveaux volants où deux touchpads sont intégrés. de même que BMW a présenté un écran de 20 pouces avec lequel il est possible d’interagir digitalement ou à dis- tance.les constructeurs s’intéressent aussi aux technologies NFC (Near Field Com- munication), à l’image de Seat qui a présenté récemment un système de clé sans contact présent sur smartphone et d’autres solutions de paiement pour l’alimentation en carburants et le parking. volkswagen, elle, pousse encoreCes OS permettent de transformer le tableau de bord en smartphone roulant. Florilège : côté innovations, le système SYNC, compatible Apple et Android, a été présenté par le constructeur américain Ford. Compatible avec Android Auto et Carplay, le système permet d’effectuer des recherches vocales, assiste le conducteur sur la qualité du trafic, avertit des places de parking et comporte des applications telles que Hear Me out pour enregistrer des messages à poster,plus loin le mariage entre sm.le stockage de paramètres personnalisés : réglages du siège et d’autres fonc- tions conducteurs, trajets, climatisation... Face à l’ensemble de ces innova- tions, demeure toutefois l’éternelle question de la sécurité de la voiture connectée. Si la question se fera moins pressante lorsque les voitures auto- nomes feront partie de notre quotidien, certains développeurs et constructeurs limitent dans l’usage certaines applications. de même que subsistent des ques- tionnements sur l’exploitation des données et leur propriété, ainsi que sur la performance de la connectivité dans des zones de débit de moindre qualité... la route est encore longue.lFiction : Quand Julia doit actionner le frein à main...undi 10h00. réunion de développement de embarquée et en particulier de nouveaux servicesartphone et véhicule grâce à son cloud qui permetla direction achat d’une holding spécialisée 1 . l’enthousiasme de Julia est de courte durée, laLa voiture 4 dans le luxe. débriefing de Julia qui revient jeune collaboratrice venant d’être tacléepar des d’un long voyage qui l’a fait se déplacer des Etats- intelligente, remarques assassines mais néanmoins avisées d’un42 Avril 2016Unis à la Suisse, en passant par l’Espagne. Un pé- fumer? manager senior « à qui on ne la fait pas... ».riple fait de nuits d’hôtel dans tous les Hilton de capable de le directeur tranche dans le vif, stoppe la joute ver-la Terre, utile selon ses dirigeants pour sourcer l’innovation 2 en termes d’électronique embar- quée, de connectivité et de confort... les diri- geants voulant absolument le dernier cri en la matière pour leurs « ambassadeurs ». d’autant que pour ces derniers, luxe rime avec nouvelles tech- nologies et belles voitures. Julia est ravie de pré- senter à un aréopage d’hommes d’affaires confirmés l’ensemble de ces nouvelles trouvailles. Premier point, les avancées en termes d’applica- tions, de connectivité mobile et d’électroniquebale qui ne reflète qu’une opposition entre l’ancien et le moderne ainsi que la jalousie de Bernard, agacé par l’entrain et les dents longues de la cadre junior.Julia reprend et ne perd pas le cap, proposant en- suite des solutions alternatives en termes de ser- vices intelligents et de gestion de flotte 3 . Une manière de faire comprendre à son service qu’elle ne cultive pas une approche scientiste de son mé- tier, mais au contraire une vision réfléchie de la di- gitalisation de la gestion.Cahier pratique n°2 - Flottes auto connectéesŒ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ClUB ENTrEPrENdrE Business guides - Flottes auto, les nouveaux services connectés1 Tourner dans un quartier pendant un bon quart d’heure avant de mal se garer, stresser le temps du rendez-vous de peur de se prendre une prune... Courir jusqu’à sa voiture, y arriver en nage après s’être trompé de rue... Cela vous parle sûrement. Mais rassurez-vous et présentez la solution à la direction des achats ou à votre gestionnaire de flotte. d’autant que la gestion d’un parc roulant passe par l’optimisation des trajets. Afin de di- gitaliser un service qui ne l’est pas encore assez, Gilles latouche et da- mien vanden Born ont créé la start-up OnePark qui met en œuvre une application pour trouver et/ou réserver une place pour se garer. incubée à l’ESSEC, la start-up OnePark, cartonne et vient de lever en février 2,5 millions d’euros (notamment abondés par Keolis, filiale de la SNCF) et prévoit le déploiement de 2000 parkings partenaires avec ce tour de table – elle en compte une cinquantaine actuellement. les atouts de l’offre ? « Nous proposons un tarif à la minute et à l’heure, à la journée, au week- end, etc., et des abonnements. Un système gagnant-gagnant car l’opti- misation des places fait baisser les tarifs », expliquent les deux fondateurs. Mais le côté innovant ne s’arrête pas là... Onepark transforme également votre smartphone en télécommande pour actionner la barrière du parking et va jusqu’à géolocaliser les parkings à proximité. les constructeurs ne sont pas en reste et investissent aussi ce type de service, comme l’illustre BMW avec sa solution qui affiche sur le tableau de bord les rues susceptibles de compter des places disponibles, suite à un calcul de l’analyse des flux. reste à avoir de la bande passante...2LE TABLEAU DE BORD, COMME DANSDIGITALISATION DE NOUVEAUX SERVICESUN VAISSEAU SPATIAL3 Constructeurs, opérateurs et loueurs développent en propre leur solu- tion de gestion de flotte. des solutions alternatives existent. Et des start-up se lancent dans l’aventure de la gestion d’actifs. Une manière pour tout directeur achats ou directeur de flotte automobile averti de ne pas devenir dépendant d’un loueur ou de certains constructeurs. « Ubeeqo était d’abord centré sur l’autopartage en entreprise, mais à la demande de nos clients nous nous sommes positionnés sur le soft- ware qui est devenu le cœur du réacteur, avec désormais des milliers d’utilisateurs parmi lesquels Airbus, Michelin, L’Oréal, LVMH... Nos clients nous ont amenés à la gestion de la flotte parce que gérer le partage, c’était en définitive gérer le véhicule, l’actif », souligne Em- manuel Nedelec, directeur général France et Benelux d’Ubeeqo.Aujourd’hui, la grande majorité des constructeurs ont développé leur interface de « mirroring » pour intégrer le smartphone dans le véhicule qui permet à l’internet des objets de pleinement s’exprimer. « La solution mir- ror link permet de dupliquer votre smartphone sur le ta- bleau de bord, tel un “miroir”. Mais le système ne fonctionne qu’avec quelques smartphones. Nous sommes les premiers à proposer le full link qui permet à 90% des smartphones de se connecter à notre gamme de véhi- cules », explique Grégory delepine chargé de commu- nication pour Seat France. Ces solutions ont permis également de développer des partenariats d’un genre nouveau entre professionnels de la musique en ligne et constructeurs automobile ou opérateurs téléphoniques. En atteste l’arrivée de deezer et de Spotify sur ce seg- ment d’amateurs de musique, de TomTom avec renault et ses services en temps réel (trafic, météo, parking...), de Jaguar avec son GPS qui prévient d’un éventuel re- tard, de PSA avec ses services de tracking et de map- ping... la liste est non exhaustive. les constructeurs ont également pris la juste mesure de la connectivité et de ses enjeux pour draguer les entreprises. la plupart des business series comportant un panel de services connec- tés. « Sur nos trois finitions business, l’équipement full link est de série », illustre Grégory delepine. les constructeurs ont également saisi d’ailleurs que l’enjeu premier était de connecter un smartphone dont on a per- sonnalisé l’usage à un véhicule. Seat fait partie de ces constructeurs présentant des offres promotionnelles qui donnent dans le cas présent un Samsung Galaxy A3 pour un euro de plus pour les modèles ibiza et leon sur la gamme Connect...NOUVEAUX SOFTWARES ET PLATEFORMES DE GESTION INÉDITES4PRUDENCE EST MÈRE DE SURETÉla valeur ajoutée de ce type de prestations s’explique pour deux rai- sons en particulier : d’une part le développement d’une offre de ser- vices où la relation client est presque instantanée, et d’autre part une brique technologique très forte qui permet de faire remonter les rele- vés kilométriques, les pratiques d’éco-conduite... « Notre offre permet d’impacter fortement le TCO sans pour autant mettre en place du tracking. Nos informations remontées ne concernent pas la géoloca- lisation », résume Emmanuel Nedelec. l’offre enfin se différencie en proposant un choix plutôt inédit en fonction de la mobilité des colla- borateurs. Selon la car policy en vigueur dans l’entreprise, la solution Ubeequo offre de la flexibilité et peut donner le choix entre les véhi- cules classiquement déterminés par les directions et un autre, plus petit et moins coûteux, tout en octroyant la différence de budget en crédit mobilité pour pallier les besoins de mobilité globale du collaborateur, qu’il s’agisse de trajets professionnels ou personnels, en train, en avion, en bus...l’optimisation de la gestion de flotte passe bien évidemment par la recherche d’économies. « Si les aspects de télématique embar- quée permettent de réduire certains coûts par la mise en place d’indicateurs, il existe 20 à 30 leviers sur le TCO : coût de loca- tion, pénalités, dépassements kilométriques, frais de restitution, frais annexes sur véhicules de remplacement, assurance, sinis- tres... L’essentiel se joue sur la négociation des contrats pour trou- ver la meilleure offre. Il n’existe pas de formule magique. Il importe d’agir sur chaque paramètre et de négocier chaque clause du contrat », relativise Amin daoud, gérant du cabinet Opteams au sujet des atouts en matière de dépenses que nous promettent les nouvelles technologies.« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », nous rap- pelle l’humaniste rabelais. l’aphorisme résonne jusqu’aux portes des directions achats qui ne doivent pas aveuglément saisir toutes les opportunités technologiques actuelles. « Les freins sont sim- ples, le véhicule de fonction est un avantage en nature. Pour ses récipiendaires, il n’est pas question que les sociétés soient trop contraignantes en installant des solutions de tracking. De même, on constate dans de nombreuses entreprises que les données re- montées à la direction sont souvent conseillées de manière incita- tive, et non de manière directive », explique le gérant. Force est aussi de constater que les boîtiers de télématique s’imposent vrai- ment lorsque la logique métier s’impose, pour l’organisation de tournées ou l’amélioration de la qualité des interventions d’un ser- vice de proximité. Mais dans ces deux derniers cas, bien évidem- ment, le véhicule sera de service et non de fonction. Une frontière étanche qui distingue la dimension affective du profond désintérêt du collaborateur pour le véhicule.44 Avril 2016Cahier pratique n°2 - Flottes auto connectées]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29STrATéGiE & iNNOvATiON NUMériQUELe carnet des nominationsen partenariat avec}AXA FRANCE (GROUPE AXA)David Guillot de Suduiraut, Ecole des Ponts ParisTech (1995)est promu directeur des systèmes d'information d'Axa France.}BPCE INFOGÉRANCE ET TECHNOLOGIESGwilherm Le Donné, Télécom ParisTech (1993), Polytech- nique (1988)est promu directeur général de BPCE Infogérance et Technologies.}EULER HERMES GROUPLudovic Sénécaut, 44 ans, Polytechnique (1991), Ecole des Ponts ParisTechEst nommé membre du directoire responsable des activités Opéra- tions et IT au sein d'Euler Hermes Group.}EUROP ASSISTANCE (GROUPE GENERALI)Pierre Mas, 47 ans, ECE Parisété nommé directeur des systèmes d'information France d'Europ Assistance.}MALAKOFF MÉDÉRICLaurent Haimez, DEA de mathématiques appliquées de l'université Paris 7 - Paris Diderotest promu directeur des projets et solutions retraite complémentaire de Malakoff Médéric.Le baromètre de l’innovationBrèves, nouvelles retentissantes et histoires de rupturesLe verbatim à retenir...Créer, c’est vivre deux foisAlbert CamusLe monde ne sera plus jamais comme avant...Une entreprise espagnole, Eco Motor Electric S. L., a conçu le premier système de culture complètement éco- logique qui fonctionne avec 100 % d’énergies renouvelables. Il s’agit d’une tête motrice et d’un axe avec uneremorque pour le transport des marchandises et même des personnes. L’axe est adapté à plusieurs types de machines agricoles et permet ainsi une large variété d’usages. Le système innovant pourrait aider au développement des zones défavorisées ou ayant des difficultés d'accès aux énergies conven- tionnelles. En effet, l’Eco-cultor possède un convertisseur d’énergies solaire et éolienne en énergie élec-trique. Le système est complété par un chargeur de batteries intelligent qui optimise la charge en fonction de son état et de l’énergie renouvelable qu'il est possible d'obtenir à n'importe quel moment. Ainsi il ne néces-Une adolescente de 15 ans, originaire de Limerick en Irlande, a créé un sac de couchage waterproof pour les sans-abri. Pour ce faire, la jeune fille a remplacé le tissu par du papier bulle métallique. Le matériau est léger et concentre la chaleur. De plus, un revêtement résistant au feu a été ajouté à l'enveloppe métallique du sac.Le sac de couchage est aussi équipé de bandes réfléchissantes et d’une poche à son extrémité afin que les per- sonnes puissent y ranger leurs affaires sans que celles-ci ne soient salies ou mouillées. La cerise sur le gâteau, lapoche devient alors un oreiller. Le sac de couchage pourrait aussi intéresser le grand public.Créé par Elon Musk, l’Hyperloop serait le train le plus rapide du monde. Projeté dans un gros tube qui permet une efficacité aérodynamique incomparable, le train pourrait atteindre une vitesse de plus de 1200 km/h, soit plus rapide que celle d’un avion ! La promesse était de faire Los Angeles-San Francisco en moins de 30 mi- nutes. En France, nous ferions Paris-Marseille en 40 minutes ! Les promoteurs imaginent lui fournir du cou-} MICROSOFTCarole Benichouest promue directeur marketing de Microsoft Office France.Strategy reviewparrant au moyen d’énergies solaire et éolienne. Aux Etats-Unis, le projet sera mis sur les rails d’ici 2018. Quant à l’Europe, la Slovaquie semble vouloir ouvrir le bal en 2020 !}NEXTIRAONE FRANCEJean-Maurice Fritsch, 55 ans, IEP Paris (1984)est nommé président du directoire de NextiraOne France.}NOKIA NETWORKS FRANCEAlain Ferrase-Palé, ingénieur de l'ENSEIRB-MATMECA (1985), maîtrise électricité, électrotechnique, automatique de l'université Aix-Marseille-III (1983)est promu responsable des activités de Nokia en France.}PWC FRANCEAlexis Bedeneau, ESIEE Amiens (2004)est nommé deputy chief information officer de PwC France.}THALES COMMUNICATIONS & SECURITYPierre Cunéo, 41 ans, ENA (2003), IEP Paris (1999), ENSAE ParisTech (1998)est promu vice-président des systèmes de protection de Thales Com- munications & Security.} UNIVERSCIENCE (MINISTÈRE DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR) Olivier Bielecki, 48 ans, DESS électronique, électrotech- nique, automatisme et informatique industrielle de l'uni- versité de Rouenest nommé directeur des systèmes d'information d'Universcience.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Avril 2016Pascal JunghansEnseignant à l’institut d’Administration des Entreprises de Poitiers et à l'Université de Technologie de Troyes, membre du conseil scientifique du CSFrS, chercheur associé au CErEGE.le travail, une marchandise comme les autres ?Le site leboncoin.fr est devenu le deuxième site de recru- tement en France. Signe d’un changement radical du marché du travail et d’une urgence à créer de nouveaux droits sociaux.sion du nombre des Cdd, mais surtout des auto-entrepre- neurs, des free-lancers, etc. C’est un modèle social pour nous adapter à la globalisation qui se dessine, proche de celui des pays anglo-saxons – mais bien différent de l’Al- lemagne ou des pays scandinaves où la proportion de Cdi progresse.Ces dernières semaines, une information peu importante a occupé les colonnes des journaux : le débat enflammé autour de la loi El Khomri qui a accouché d’une souris. Une autre a juste été évoquée : le site leboncoin.fr a an- noncé qu’il allait se développer en passant des accords avec les recruteurs les plus importants. Car leboncoin.fr, monstre du vide-grenier, est devenu, sans rien faire, le deuxième job-board en France, derrière Pole Emploi.impossible de nier la réalité. il conviendrait, plutôt, de la prendre en compte et d’y répondre comme le font les vrais modernistes. Au Japon, le Premier ministre – de droite – plaide, dans son discours de politique générale, pour « un salaire égal pour un travail similaire » que l’on soit « sa- laryman » ou freelancer (source : Shukan Bunshun du 28 janvier 2016). la CFdT et le patronat du conseil ont né- gocié et abouti à donner des droits aux utilisateurs du por- tage salarial. dans les deux cas, conscients de la réalité et de l’avenir, les acteurs ont décidé de ne pas laisser les free- lancers plonger dans un trou noir social, et ont au contraire inventé des droits adaptés. C’est dans cette voie qu’il faut aller : dans le sens de l’efficacité et de la souplesse inhé- rente au monde de la mondialisation, mais avec un enca- drement construit au fil des évolutions de la société et de la technologie.Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fril pouvait sembler curieux de voir une offre d’emploi se glisser entre une proposition de veste en laine à capuche et d’un meuble marocain en citronnier. le travail serait-il alors (re)devenu une marchandise vendue sur une place de marché comme leboncoin.fr ? Oui, le monde du travail a considérablement changé en France sans que, visible- ment, porteurs et contempteurs de la loi El Khomri en soient informés. le marché du travail est devenu beau- coup plus souple, beaucoup plus incertain, avec l’explo-Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !46]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frLa rupture du moisLe baromètre de l’innovation STrATéGiE & iNNOvATiON NUMériQUE Les innovations en bref...L’intelligence artificielle : quel avenir ?4 Les animaux parlent !A quoi pensent les animaux ? La questionéternelle de l'être humain aura-t-ellebientôt une réponse ? Une entreprisescandinave, The Nordic Society forInvention and Discovery, a trouvé unmoyen de communiquer avec nos amispoilus, le No More Woof. Muni de capteurs électro-encéphalogrammes, le casque se pose sur la tête du chien et capte les signaux électriques émis par son cerveau, pour ensuite les traduire par ordinateur. Pour l’instant, le casque est en campagne de financement participatif sur Indiegogo.4 Un tee-shirt intelligent : fini le mal de dosLes jeunes ingénieurs lyonnais ont créé un tee-shirt connecté qui réagit aux mauvaises postures et stimule le dos. Percko agit comme une seconde peau, stimule le dos et la colonne vertébrale tout au long de la journée et exerce une action indolore en cas de mauvaise posture pour inciter l'utilisateur à se redresser. Une belle innovation qui aidera tous ceux qui souffrent du dos.4 Un vernis anti-violTouchés par le phénomène de la « drogue du violeur » – indétectable et sans saveur – souvent utilisée par les malfaiteurs lors d’une soirée, quatre étudiants de l’université de Caroline du Nord ont inventé un vernis à ongles dont le coloris change au contact de ce type de stupéfiant. Le vernis comporte un composé chimique réagissant en présence des substances illicites. Pour vérifier la fiabilité de la boisson il suffit de tremper le doigt dans le verre.Au mois de mars Alpha Go, le programme d’intelli- gence artificielle développé par Deepmind (Google), a battu Lee Seedol, le champion du monde de go et légende vivante du milieu. Une victoire historique dont tout le monde se réjouit. Cependant, cet exploit amène à se poser une question fatidique : quelle conséquence a-t-il réellement sur notre monde ?Ainsi une vraie problématique philosophique se pose entre les adeptes de la philosophie kantienne et les utili- taristes. Pour les derniers, seul le résultat compte (Google). « En Europe, nous préférons la philosophie kantienne. Nous voulons comprendre comment fonctionne le logi- ciel. Nous sommes plus prudents », précise Hugues Bersini. Cependant, le consommateur veut que l’objet marche et il n’ira pas chercher plus loin. Ainsi, les utili- taristes remportent la manche et font avancer le marché de l’iA. Jusqu’où pouvons-nous alors faire confiance à l’iA ? « Il serait difficile d’accepter que les drones« Le jeu de go était le dernier dans lequel l’homme conservait un avantage sur la machine. Mais pour nous, les chercheurs de l’IA, cette victoire n’est pas une surprise. Nous savions qu’à un momentprennent une décision pour tuer quelqu’un. S’ils font une erreur, personne ne pourra comprendre : pourquoi l’ont- ils faite ? », illustre Hugues Bersini. l’iA pourra-t-elle dépasser l’intelligence humaine ? Elle le fait déjà. Cependant, « il ne faut pas oublier que c’est l’homme qui lui met des objectifs, et en dehors de ces derniers elle est inca-donné le robot l’emporterait », expliqueHugues Bersini, co-directeur de l’institutde recherches dédié à la thématique(iridiA) de l’UlB. Pour arriver à cemoment historique les chercheurs ontdemandé à deux ordinateurs de s’af-fronter. « En faisant des erreurs, ils ontréussi à s’améliorer. C’est une preuvede l’évolution vers les machines “learning”. Le seul hic est qu’elles ne peuvent pas expliquer comment elles ont fait ces avancées techniques », observe le spécialiste de l’iA. Un point qui peut être contraignant. les stratégies mises en place par l’iA échappent ainsi aux programmeurs. les boîtes se comportent bien mais sont incapables de rendre des comptes sur leur fonctionnement. Une réalité que les scientifiques ont oublié d’imaginer dans les années 50. « Auparavant, nous accordions beaucoup d’importance à la transparence du système, aujourd’hui, nous privilégions la qualité », déplore Hugues Bersini.pable de le dépasser », précise Hugues Bersini. En effet, si vous mettez l’Alpha Go devant un jeu d’échecs, il ne comprendra rien du tout car il n’a pas été programmé pour ce jeu. Quant à l’avenir de l’économie dans le futur, des emplois vont certainement disparaître mais d’autres vont naître, notamment dans le secteur du trai- tement numérique. « Il va falloir réinventer le circuit économique et surtout ne pas oublier que les grands groupes à l’origine de l’IA actuelle (comme Google) concentreront grâce à elle la richesse du monde... », conclut Hugues Bersini.L’innovation autrementLe management cellulaire : quand la productivité est associée au plaisirAutodidacte, passionné d’informatique depuis l’enfance, Christophe Baillon a créé Sogilis en 2008. « Pendant une courte période, j’étais salarié mais très vite je me suis rendu compte de nombreux gaspillages dans l’informatique. J’ai voulu développer des logiciels robustes et sur-mesure qui tendent vers le zéro défaut et dont on réduit le coût de maintenance sur le long terme », explique Christophe Baillon. il commence son aventure avec deux salariés doués dans les logiciels. Un an plus tard (cinq salariés à l’époque), Sogilis se fait remarquer par un grand groupe aéronautique qui se montre intéressérurgiens-dentistes. Active dans l’écosystème grenoblois (membre de digital Grenoble, lauréate du réseau Entre- prendre isère, etc.), Sogilis est depuis l’an dernier également présente à lyon et même à l’international, avec une équipe en Australie. Mais Sogilis ne serait certainement pas là sans son management atypique qui attire les passionnés d’informatique et divers clients. « La presse parle de l’en- treprise libérée, je définis notre fonctionnement de mana- gement cellulaire », souligne Christophe Baillon. il n’a jamais aimé les sociétés qui considèrent les employésn’existent pas. les équipes ont même leur mot à dire concernant les contrats signés avec les clients. « Ils peuvent accepter ou refuser les projets. Nous ne perdons pas d’argent, au contraire. Comme ils choisissent eux-mêmes les projets, ces derniers sont toujours bien faits. Si jamais ils voient que la société va mal, par solidarité, ils vont prendre un contrat même peu intéressant et le feront tout aussi bien », rassure Christophe Baillon. l’autonomie et la prise de décision rendent ainsi les salariés acteurs de l’entreprise. C’est d’ailleurs eux qui recrutent leurs collègues, détectent des profils intéressants, rencontrent les candidats et les mettent en situation réelle de collaboration autour de la résolution d’un problème technique. C’est uniquement après cette immersion que la personne rencontre l’équipe dirigeante pour son embauche. Quant au rôle du dirigeant, il se limite à donner les conditions d’autonomie et rendre concrètes les initiatives des salariés. « Nous consacrons 70% de notre temps à l’activité de service et le reste est donné aux gens pour créer différentes opportunités en matière d’innovation ou autres, ajoute le dirigeant. Nous donnons la chance à tout le monde et contrairement aux autres entreprises, je fais des entretiens d’évaluation tous les quatre mois ! » les augmentations sont donc régulières et personne ne s’en plaint. Aujourd’hui, Sogilis compte 35 salariés passionnés qui visent l’excellence technique dans une culture d’amélioration continue et de grande transpa- rence.par les méthodes de travail misesen place par l’entreprise. la pre-mière commande est un succès.« Personne ne croyait qu’une petiteentreprise pouvait être capable detravailler avec un grand groupe.Et pourtant... », sourit ChristopheBaillon. les contrats se multiplient.Très vite, Sogilis est reconnue entant qu’acteur dans le domaine dulogiciel en région rhône-Alpes.« Nous avons réussi à augmenter notre visibilité. A ce jour, nous sommes sollicités dans des domaines de plus en plus variés », raconte Christophe Baillon. En effet, la société travaille dans de nombreux secteurs d’activité (web, aéronautique, médical, bancaire, etc.) avec des petites structures (start-up, PME) mais aussi de grands groupes comme STMicroelectronics. Elle a, par exemple, piloté un projet de logiciel pour une start-up du secteur médical, aujourd’hui utilisé et commercialisé par les chi-comme de simples salariés à qui les dirigeants imposent des tâches. « Je voulais faire rimer management avec liberté et confiance », affirme Christophe Baillon. Après quelques lectures et discussions avec ses col- laborateurs, il a mis en place son propre mode de fonctionnement où chaque membre de l’équipe est au- tonome et autogéré, autour d’une vision globale et partagée de l’en- treprise, et où le manager n’a passa place. Cependant trois commandements sont à suivre. Tout d’abord, il faut enthousiasmer et surprendre le client, au-delà de sa seule satisfaction. Puis, être rentable en ayant conscience des contraintes économiques de l’entreprise. Pour finir, prendre du plaisir en faisant en sorte que chaque membre de l’équipe s’épanouisse au quotidien. « En dehors de ces missions, nous n’avons pas de règles », énonce Christophe Baillon. Effectivement, les plages horaires, les plannings, les outils et les processus imposésAvril 2016 47]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29STrATéGiE & iNNOvATiON NUMériQUE Regard digital - Marc-Arthur Gauthey, cofondateur de OuiShare Entretien avec une figure clé de la transformation numériquePlace à l’économie de la contributionMarc-Arthur Gauthey, cofondateur de OuiShare, média de l’économie du partage et de la collaboration, décrypte ce tsunami à venir dont on ne perçoit que les vaguelettes aujourd’hui.Est-ce que votre métier consiste à connecter les gens ? Assurément. Notre métier, en tous cas une partie, est d’être un espace de conver- sations et de rencontres entre des gens qui n’ont pas tellement l’habitude de se parler et d’échanger alors qu’ils ont beaucoup à apprendre et à faire en- semble les uns avec les autres, qu’ils soient acteurs publics, politiques, insti- tutions privées, grandes entreprises, start-up, mou- vements associatifs, initia- tives citoyennes et acti- vistes. Et au milieu de tout cela, OuiShare essaye d’être un espace d’inter- médiation, de rencontres, pas du tout de lobbying parce que nous ne défen- dons les intérêts de per- sonne. Nous privilégions l’échange en nous disant qu’ilyadubonetdu moins bon à prendre à l’in- térieur de tous ces univers- là et que si nous arrivons à créer de la porosité entre ces mondes, nous avonsrait un peu paradoxal de cracher dessus tout en étant un utilisateur aguerri. En revanche, ce que ces en- treprises racontent sur la façon dont le monde évolue pose un certain nombre de questions. Exemple : chez Wikipedia, on crée du bien commun, alors que chez Uber, on crée de la valeur qui sera un jour redistribuée à des actionnaires. les le- viers sont similaires, par contre les finalités sont ex- trêmement différentes. Et le problème, c’est que l’ex- pression « d’économie col- laborative » a été complè- tement galvaudée.Donc que faut-il dire aujourd’hui selon vous ?la définition que j’aurais donnée traditionnellement est l’ensemble des pra- tiques et des business mo- dels qui s’appuient sur des communautés d’individus pour créer de la valeur de façon distribuée. Mais au- jourd’hui, nous avons changé notre fusil d’épaule. Nous essayons de nous sé- parer du discours de l’éco- nomie collaborative parce qu’il est trop lié à quelques plateformes et fait finale- ment mettre des œillères aux gens qui associent di- rectement le mot « colla- boratif » à Uber ou Airbnb, passant du coup à côté d’un tas d’autres pratiques quisont vraiment des pratiques de mise en commun. Je pense donc que désormais, il ne faut plus parler d’éco- nomie collaborative mais bien d’économie de plate- forme et d’économie de la contribution pour des pro- jets impliquant des gens qui viennent contribuer à la création de quelque chose qui les dépasse. Wi- kipedia et linux sont des exemples d’outils qui n’ap- partiennent aujourd’hui à personne.tous à y gagner.ons rien à envierEt l’autre partie de votre métier ? l’autre partie consiste à identifier les émergences, à les rendre non seulement« Tous ensemble et avec plein d’outils, nous allons bien réussir à créer une carte du monde moins enfantine ! »Comment se situe la France dans cette économie de la contribution ? dans notre capacité à tenter de nouvelles choses, no- tamment en termes d’usages, nous sommes as- sez en pointe. il y a quand même un fort dynamisme entrepreneurial, des gens qui proposent des services assez novateurs. Je pense même que nous vivons une période d’euphorie et queces émergences, nous ra- content sur l’avenir qui se dessine ?Justement quelles sont les grandes tendances qui se dégagent ?il y en a beaucoup. Celles aujourd’hui auxquelles onpératives numériques. C’est-à-dire un modèle de plateforme où les utilisa- teurs, les personnes qui créent de la valeur, sont aussi parties prenantes de la plateforme à part entière. Et donc qui verraient leur niveau de rétribution ounous avons réalisé un gros travail afin de définir ce qu’était l’économie colla- borative. Nous avons fini par dire que ce n’est rien. Aujourd’hui, nous essayons de casser cette expression, de la faire disparaitre, parce que tout simplement ellenous n’av.à personne. En revanche, il y a peut-être un déficit, en France comme ailleurs, dans l’intellectualisation. il faudrait être capable d’in- terroger davantage ce que nous raconte le monde que nous sommes en train de dessiner.Désormais les réflexions se portent sur la création de coopératives numériques, un modèle de plateforme où les utilisateurs qui créent de la valeur, sont aussi parties prenantesCyril Michaudtangibles mais aussi voyantes, c’est-à-dire à faire de la vulgarisation. identifier des projets, des usages, des tendances qui nous semblent intéressantes mais qui sont encore sous le radar, en France ou par- tout dans le monde, les dé- crypter, les rendre visibles. Et essayer d’aller au-delà en essayant de nous dire : qu’est-ce que ces projets,48 Avril 2016s’intéresse, ce sont notam- ment les coopératives nu- mériques. Pour faire sim- ple, il y a eu l’ère des pla- teformes communautaires entre 2010 et 2015, période durant laquelle des tas de plateformes se sont créées – de type Uber, Airbnb, Blablacar... désormais, en face, nous voyons émerger beaucoup de réflexions au- tour de la création de coo-leur pouvoir de prise de décision directement liés à leur niveau d’activité à l’intérieur de cette plate- forme.Vous citez Uber, Blablacar... Est-ce que l’économie collaborative n’a pas tout intérêt au- jourd’hui à se détacher de ces plateformes ? Si, complètement. En fait,ne correspond à aucune réalité et qu’à l’intérieur on met tout et son contraire. C’est le premier point. le deuxième, c’est que chez OuiShare nous ne pouvons pas dire que nous avons une vision négative des plateformes que vous citez puisque nous sommes tous des utilisateurs : je prends des Uber régulièrement, j’utilise Airbnb, donc il se-Bio ExpressTête pensanteIl n’aime pas les cases, Marc-Arthur Gauthey, et encore moins les titres. Ce qu’il aime, en revanche, c’est réfléchir et mettre ses idées en commun. A 30 ans, il est l’une des têtes pensantes de OuiShare, mais surtout l’homme des partenariats et événements : Startup Assembly, OuiShare Fest (festival de l’économie collaborative) et prochainement Sharing Lille (21 avril 2016). Détenteur d’un master en histoire obtenu à Séville (Espagne), et diplômé d’HEC, Marc-Arthur Gauthey prépare un tour du monde qu’il débutera en août prochain « pour prendre du recul » après quatre ans passés à développer OuiShare.©DR]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29STrATéGiE & iNNOvATiON NUMériQUE Décryptage - Les prochaines énergies renouvelablesL'occasion pour EcoRéseau Business d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation NumériqueCréativité énerg(ét)iqueEt si notre avenir énergétique se jouait au large, au milieu de la Grande Bleue ou dans les eaux bretonnes ?Conférence climat 2015 en a fait une priorité ; un fil rouge... éminemment poli- tique. « C’est de fait un sujet fortement lié à la parole gouvernementale qui soutient ces filières, en particulier le solaire », estime didier Mayer. Et ce alors que les prix des panneaux photo- voltaïques – crise de surca- pacités qu’a subie ce marché oblige – ont fondu de 80% en moins de dix ans (cf. en- cadré).terres rares ou encore d’in- croyables ressources biolo- giques. « C’est aussi un for- midable terrain de jeu pour la recherche, en particulier celle qui concerne les EMR », souligne Jean-Fré- déric Charpentier, respon- sable du groupe « énergies renouvelables Marines » à l’institut de recherche de l’Ecole navale. Pour ce cher- cheur, une chose est certaine : « La Mer a de l’avenir ». Mieux, « elle est source d’in- novation et de développe- ment économique ». Seul (vrai) hic : la France a vis- à-vis de ce trésor maritime « une vision encore réduite », dixit. « Politiquement, cette France maritime a toujours été dirigée et encadrée par des gens qui n’ont aucune culture... maritime. » A cela s’ajoutent des probléma- tiques d’ordre économique et technologique. « Le dé- veloppement des EMR – mais c’est vrai aussi pour le solaire et l’éolien terrestre – coûte cher. Et certaines de ces énergies renouvelables sont par essence diffuses et intermittentes. » Se pose alors le problème du stockage de l’énergie pro- duite mais aussi la prise en compte du dimensionnement de certaines installations. Exemple : l’éolien off-shore. Chacun de ces « monstres marins », pouvant dégagerlLa vague de l’éolien off-shore monte en puissance... ’Hexagone, eldorado France, pesant encore 77%de l’énergie (ADEME) », précise didier Mayer, direc- teur du département éner- gétique et Procédés à Minesnouvelables ne représentent ainsi que 14% du mix, loin encore des objectifs de 23% en 2020, fixés par Bruxelles.PUISSANCE MARITIMEMais c’est aussi (et surtout) en mer et au milieu des vents marins que technologique- ment cette transition se met en marche. Techniques éo- liennes et énergies marines renouvelables (EMr) ont en France le vent en poupe. la raison ? l’incroyable poten- tiel et l’inépuisable réserve que représente le domaine maritime tricolore, classé deuxième mondial derrière les Etats-Unis, avec 11 mil- lions de kilomètres carrésdu renouvelable ? il du mix national, contrey a loin encore, tant 12,6% pour l’hydraulique, le nucléaire reste l’alpha et 5% pour les centrales ther-(etbientôt plus,cf. Grandl’oméga du modèle énergé- tique français. Et même si Berlin fait pression pour la fermeture des centrales tri- colores de Fessenheim et de Cattenom (et Genève pour celle du Bugey, dans l’Ain), l’atome s’est pour longtemps fait une place au soleil demiques à combustibles fos- siles, 3,1% pour l’éolien et 1,1% pour le photovoltaïque selon rTE (réseau de trans- port de l’électricité). Part qui devrait tomber « à 48% en 2030 selon les perspec- tives de Agence de l’envi- ronnement et de la maîtriseL’énergie hydrolienne est certes alternée, mais elle est prévisible sur de longues périodesParisTech. Malgré tout, « le pays des Lumières reste scot- ché sur le nucléaire », dé- plore-t-il. les énergies re-Alors... la France, mauvaise Angle) ! Une véritable mine élève ? Pas si sûr. Car de sa d’or, si l’on considère la pré- transition énergétique, le sence possible dans ces fonds pays organisateur de la marins d’hydrocarbures, de3 questions à Jean-Luc Longeroche, président de GEPS TechnoL’entreprise que vous avez cofondée en 2011, installée à Saint-Nazaire, conçoit des flotteurs parfaitement autonomes capables de récupérer de l’énergie à partir de la houle marine. Est-ce là le début d’une révolution énergétique ?Il est trop tôt pour l’affirmer. Mais nous sommes sur une technologie de rupture qui propose en effet, pour le compte de plateformes d’essais, des bouées scientifiques et industrielles – généralement équipées de systèmes die- sel – qui produisent de l’énergie de façon autonome. Il s’agit d’un flotteur à moitié rempli d’eau, baptisé OctoPU-Sea, dont la taille peut varier d’un projet à l’autre. Il est doté d’une turbine à eau qui récupère l’énergie.Pour produire quelque 25 kW, vous devez tout de même déployer un flotteur de 10 mètres de long sur 4 mètres de large. N’est-ce pas là une contrainte au développement de votre technologie ?En mer, la taille des solutions proposées importe peu fina- lement. L’espace est infini. Nous travaillons d’ailleurs sur un engin de 18 mètres de long sur 8 de large, que nous es- pérons mettre à l’eau l’année prochaine. Il sera capable deproduire 150 kW.Quelles sont vos ambitions commerciales ?Nous avons multiplié par cinq notre chiffre d’affaires en 2015 ; celui-ci s’est établi à 200000 euros. Cela s’explique notamment par la livraison de notre premier pilote hybride quatre sources (PH4S). Il s’agit de la première bouée combinant les énergies de la houle et du courant mais aussi du vent et du soleil grâce à des panneaux et une éolienne installés à bord. Pour 2016, nous espérons multiplier à nouveau notre chiffre d’affaires par cinq. Technologiquement, notre priorité est d’améliorer encore l’autonomie énergétique des solutions accompagnées.50 Avril 2016« En mer, la taille des solutions proposées importe peu »Œ]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29STrATéGiE & iNNOvATiON NUMériQUEDécryptage - Les prochaines énergies renouvelableseuropéenne de l’énergie éo- lienne.au monde, développée par EdF et conçue par dCNS, avec l’installation d’une ma- chine de 850 tonnes et 16 mètres de diamètre. « Nous en sommes encore sur l’énergie hydrolienne à la phase de pré-industrialisa-polluante, gratuite et surtout inépuisable. Et qui présente un avantage sur l’éolien ou le solaire : « Elle est certes alternée mais elle est rela- tivement prévisible sur de longues périodes. L’inté- gration au réseau desCertes pléthoriques, ces in- novations EMr représentent toujours une goutte d’eau dans notre mix énergétique global. En cause : la pro- blématique de stockage. « Le développement des énergies renouvelables électriques intermittentes comme l’éo- lien et le photovoltaïque né- cessite de trouver des solu- tions pour optimiser leur insertion dans les réseaux d’énergie. C’est tout l’enjeu du “Power-to-Gas” », relève didier Mayer. le “Power- to-Gas” est un principe de conversion qui repose sur le stockage de ces énergies renouvelables grâce à leur transformation en hydrogène ou en méthane de synthèse. Selon une récente étude (2014) de GrdF et de l’AdEME, « il permettrait de produire entre 20 et 30 TWh/an de gaz renouvelable injectable dans les réseaux existants, s’imposant comme une solution de stockage des excédents de longue du- rée. » de l’innovation à laDES MARÉES TRÈS PROMETTEUSESdans cette course aux re- nouvelables, l’énergie hy- drolienne (exploitation deLe "Power-to-Gas" ? Un stockage des énergies renouvelables grâce à leur transformation en hydrogène ou enPhotovoltaïqueLe Roi SoleilLe solaire, une (petite) énergie qui monte, qui monte... Inépuisable et modulaire, elle est devenue, selon l’ADEME, « une composante incontournable des politiques énergétiques ». Et même si les tarifs d’achat de cette énergie ont fondu avec les années (de 36 centimes en 2010 à 8 centimes actuellement le kilowatt heure), la France abrite de plus en plus d’installations solaires. Mi-2015, « la puissance totale raccordée sur le territoire français métropolitain est de 5702 MW (5,7 GW) pour 330000 installations dont 334 MW (5,9%) sur le réseau de RTE, 4978 MW (87,3%) sur le réseau géré par ERDF », détaille le site spécialisé ww.photovoltaique.info. Et de préciser que « désormais, ce sont les installations de plus de 250 kWc qui représentent près de la moitié de la puissance solaire pho- tovoltaïque en France ; les petits systèmes étant toujours ma- joritaires en nombre. »les eaux qui viennent rem- plir un gigantesque bassin de retenue. « L’eau passe également par les conduits des groupes qui sont ouverts à ce moment-là. Lorsque la marée a atteint son plus haut niveau, les vannes et les conduits des groupes sont fermés, précise-t-on chez EdF qui exploite le site. On attend ensuite que la mer soit suffisamment redescendue pour avoir une certaine hauteur de chuteUne planète qui sera contente, et des surfeurs aussi...une puissance nominale de 5 MW, plantés dans l’eau à l’aide d’immenses trépieds, peuvent ainsi mesurer jusqu’à... 160 mètres de dia- mètre. Gigantesque. Malgré ces freins, la France de l’énergie veut néanmoins croire aux forces du vent, de la houle et des courants marins. « En termes de puis- sance installée, l’éolien offs- hore devrait être au même niveau que l’éolien terrestre en 2030 et atteindre 25 GW dès 2020 », précise Jean- Frédéric Charpentier. l’an- née dernière déjà plus de 3 MW supplémentaires ont été installés au large du vieux Continent selon l’Association“POWER-TO-GAS”hauteur d’eau) ou encore capture physique d’une masse d’eau (via une re- tenue). »méthane de synthèsel’énergie des courants) fait également une percée re- marquée. En janvier, la Bre- tagne accueillait ainsi la première ferme hydroliennetion, considère le chercheur de l’école navale. Mais la France est plutôt bien pla- cée sur cette technologie. » Une source énergétique nonfermes hydroliennes n’est donc pas impacté par un caractère imprévisible de la ressource. » idem pour l’énergie marémotrice, issue du mouvement de l’eau créé par les marées. Une source d’exception encore qui sup- pose l’implantation d’un barrage marémoteur sur des sites rares et bien particu- liers. En France, c’est du côté de dinard et de Saint- Malo que ce type de barrage est visible avec celui de la rance, long de 750 mètres et en acticité depuis 1966. Un mastodonte – considéré comme le deuxième plus grand barrage marémoteur au monde (derrière celui de Shiwa lake en Corée du Sud) – d’une capacité de 240 MW, soit la consom- mation annuelle d’une ville de plus de 200000 habitants. Quel en est le principe ? A marée montante, les vannes du barrage laissent passerd’eau entre le niveau. » Cette chute permet de faire tourner les turbines qui en- traînent leur alternateur et créent ainsi de l’électricité. C’est aussi, à l’instar des surfeurs, sur la crête des vagues que les chercheurs puisent leur énergie. Une énergie dite houlomotrice, produite à partir de la houle et des vagues. il existe dans ce domaine un vaste inventaire de solutions, cer- taines d’entre elles étant immergées, d’autres ins- tallées en surface, sur le rivage ou au large, relate France Energies Marines. les systèmes de capture d’énergie varient d’un pro- totype à un autre : « Cap- ture d’énergie mécanique en surface (ondulations) ou sous l’eau (translations ou mouvements orbitaux), capture des variations de pression au passage des vagues (variations de laEnergies marines renouvelablesLes écoles (aussi) s’y mettent Plusieurs universités et écoles proposent désormais des cursus EMR. Sélection.La première formation dédiée à avoir vu le jour est le master « Energies Marines Renouvelables » dispensé par l’ENSTA Bretagne. Créée en 2009 et labélisée par le Pôle Mer Bretagne, cette formation est accréditée par la Conférences des grandes écoles (CGE). L’école Centrale de Marseille propose également un master en « Ingénierie et Energies Marines », également accrédité par la CGE.L’université de Caen Basse Normandie à travers son Ecole Supérieure d’Ingénieurs a mis en place une formation d’ingénieur consacrée à la production industrielle avec une option EMR.L’ESITC (Ecole d’Ingénierie et Travaux de la Construction) à Caen propose également un master spécialisé « Ouvrages Maritimes et Portuaires ». Cette formation, elle aussi accréditée par la CGE, forme des ingénieurs spécialisés dans le domaine des projets d’énergies renouvelables marines. De nombreuses écoles d’ingénieur et universités proposent également des formations plus généralistes abordant – notamment mais pas exclusivement – la problématique des EMR.Source : Les énergies marines renouvelables – les défis d’une filière industrielle émergente (REE – collectif, 2012)52 Avril 2016qu’auproduction jus. consommateur final... les EMr – et plus globalement les énergies vertes – se cher- chent elles aussi leur modèle économique. « C’est un bu- siness comme un autre... heureusement », rappelle didier Mayer. Et assurément une filière d’avenir.Pierre Tiessen]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frHaute résolution - Real-Time Bidding : le basculement des achats de pubs en ligne STrATéGiE & iNNOvATiON NUMériQUE Focus sur un sujet high tech dans l'air du tempsle display déjà révolutionnél depuis quelques années, le real-Time Bidding (rTB) est en passe de devenir le mode d’achat majoritaire des espaces publicitaires en ligne. Un basculement aux multiples conséquences.a révolution numé- encore une préférence pour est pas encore au ciblage paravant, les médias plan- rique continue de les systèmes du type Ad- individualisé de l’internaute, ners étaient avant tout des bouleverser, à tour words, mais ce n’est qu’une mais on s’en rapproche (Fa- négociateurs, qui devaientde rôle, tous les secteurs question de temps. cebook y est de fait déjà). presque pressentir où étaitéconomiques. depuis 2007, le marché des espaces pu- blicitaires en ligne, appelé display, a vu émerger une nouvelle technologie : l’achat aux enchères auto- matisé en temps réel, real Time Bidding en anglais, programmatique en fran- çais. Et le succès est ful- gurant. Arrivé en 2011 en France, « le RTB a repré- senté 40% des dépenses en display l’année dernière (sur un marché d’un mil- liard d’euros), en croissance de 60% par rapport à 2014 », souligne david Ba- ranes, region Manager Southern Europe chez App- Nexus, un des leaders du marché du programmatique. Cette année, il devrait peser plus de la moitié du marché. la vidéo en programma- tique, notamment, a crû de 90%enunan...Etdansle top 100 des annonceurs français plurimédias, 90% utilisent le programmatique. le phénomène touche en- core peu les PME, qui ontCHANGEMENT DE PARADIGMEEn pratique, le rTB est to- talement transparent pour l’internaute. En fait, lorsque celui-ci se connecte sur une page web, une succession d’événements va aboutir à l’affichage d’une bannière ou vidéo publicitaire. Tout d’abord, les encarts publi- citaires disponibles sur la page vont « appeler » des logiciels de vente d’espace, qui vont appeler, à travers une place de marché, des logiciels d’achat d’espace. Ces derniers vont émettre des enchères, de façon au- tomatique, selon les critères définis par les annonceurs. le logiciel de vente d’es- pace fait alors payer le vain- queur de l’enchère et affiche sa bannière. le tout se dé- roule en moins de 120 mil- lisecondes...Sans en avoir l’air, le rTB introduit plusieurs révolu- tions dans un secteur qui avait encore l’habitude deLancer sa campagne publicitaire de chez soi en buvant le thé, c’est désormais possible. Quelqu’un travaille pour...DES AVANTAGES,AU PRIX D’UNE ADAPTATIONPour les acheteurs (annon- ceurs et agences), les avan- tages sont nombreux. l’au- tomatisation du processus fait gagner du temps, no- tamment en recherche ; le coût global baisse et le pu- blic est mieux ciblé, ce qui assure un meilleur retour sur investissement – sans oublier les optimisations possibles en cours de route. Pour les vendeurs, le rTB leur permet de vendre beau- coup plus d’espaces (la technologie est d’ailleurs née de l’envie de trouver un moyen de vendre les es- paces invendus par les mé- thodes classiques). ils mo- nétisent beaucoup mieux leur audience, et gagnent en productivité. Cependant, le système a ses limites. Pour les annonceurs, « il n’y a pas d’exclusivité surleur audience (par exemple, aller chez Fémina pour tou- cher un public féminin). Avec le rTB, l’analyse de données est reine, aussi bien pour les régies que pour les agences (les premières voulant mieux vendre et les secondes mieux acheter). C’était déjà le cas, mais les compétences techniques sont ici d’un tout autre ni- veau. Et le suivi des en- chères demande des com- pétences spécifiques dans le trading et les prix varia- bles. Autant dire que les profils des acteurs humains du rTB sont plutôt diffé- rents de ceux rencontrés habituellement dans l’uni- vers de la publicité – quand Air France a monté son tra- ding desk en interne, ils ont recruté parmi des per- sonnes issues du yield ma- nagement...Nouveaux acteursAnatomie d’un écosystème naissantSi certains acteurs du marché du RTB sont déjà bien connus (les annonceurs et les éditeurs), la technologie a donné naissance à de nouveaux acteurs, chacun remplissant un rôle bien précis. Les Ad Exchanges (ou places de marché) sont des plateformes automatisées d’achat et de vente d’espaces publicitaires en temps réel. Elles sont au cœur du système. Du côté de l’offre, les Ad Networks sont des réseaux qui centralisent et vendent sur les places de marché les espaces publicitaires de plusieurs éditeurs ou régies. Du côté de la demande, les Trading Desks achètent, pour le compte d’annonceurs de l’audience en temps réel sur les places de marché.Tant du côté des acheteurs d’espace (agences, annonceurs) que des vendeurs (régies, éditeurs, Ad Networks), des in- termédiaires sont apparus : les Demand Side Platforms (DSP) centralisent en temps réel, pour le compte des an- nonceurs, leurs achats sur les différentes places de marché, et les Supply Side Platforms (SSP) sont des pla- teformes remplissant un rôle similaire pour les fournisseurs d’espaces – comme leur nom l’indique.En quelque sorte il ne s’agit plus d’achat d’espace publicitaire, mais d’achat d’audienceplanifier et négocier ses ac- tions. la première est l’in- troduction de la notion de temps réel. Si un annonceur veut lancer une campagne d’affichage dans la minute, c’est possible... Alors que c’était impensable aupara- vant. de plus, les retours se font également en tempsgéographiques, temporels, météorologiques, sur le type de terminal (tablette, télé- phone...), les sites désirés (individuellement ou par groupe), toutes les données possibles sur l’internaute (historique de navigation, cookies, profils de réseaux sociaux, etc.)... il existeEt le changement affecte également les créatifs. Car le ciblage en temps réel permet de personnaliser le message, ce qui change fon- damentalement le travail de conception. des solu- tions existent déjà, comme les bannières dynamiques, qui « permettent, à partir d’un set de création unique, de générer en temps réel des centaines de combinai- sons de messages à partir des données collectées de chaque profil et du contexte de diffusion : météo, heure de la journée, support deréel : « Après une impres- sion écran ou un clic, l’évé- nement est comptabilisé dans le système et l’infor- mation est transmise à l’an- nonceur. Il voit, en direct, l’efficacité de sa cam- pagne », explique Chris Ormiston, fondateur et as- socié-gérant de Business Oxygen Group, qui veut introduire le rTB en Grande-Bretagne. Cela ou- vre la voie à une optimisa- tion en continu des cam- pagnes – là encore une nou- veauté – par exemple en ajustant les paramètres de l’enchère. Et ces derniers sont très, très nombreux :aujourd’hui beaucoup de capacités techniques, et elles sont loin d’être toutes ex- ploitées.les emplacement vendus en RTB – ce sont, après tout, des enchères. Ce genre d’opération est encore pos- sible, mais passe par des solutions de type premium », détaille Judicaël Gillet. Et du côté médias, le rTB a fait considérablement baisser le ticket d’entrée, et a dévalorisé les presta- tions premium.Ce foisonnement de don- nées est aussi à l’origine de la deuxième révolution apportée par le rTB. En un sens, « il ne s’agit plus d’achat d’espace publici- taire, mais d’achat d’au- dience », résume Judicaël Gillet, fondateur de Blue- marketing, une agence de conseil. Plutôt que de cher- cher un emplacement précis sur un média donné, l’an- nonceur vise une typologie spécifique de visiteurs sur plusieurs médias. On n’en», expliquaitEt surtout, tout cela de- mande de profonds chan- gements de culture, de la part de tous. Notamment, « le travail de la régie et de l’agence évolue, deve- nant plus analytique », sou- ligne david Baranes. Au-diffusion... .Edgar Baudin, CEO et co- fondateur de Gamned, l’un des principaux trading desks en France. la création de contenu dynamique en est encore à ses débuts, mais si l’on en juge par le rTB, le marché devrait croître rapidement.Jean-Marie BenoistAvril 2016 53]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolution - Effervescence des solutions de paiement en ligne Mi-lièvre mi-tortueLe e-commerce est définitivement entré dans les mœurs des consommateurs, et on pour- rait penser que le marché des solutions de paiement dédiées s’est consolidé. Ce n’est qu’en partie vrai. Ce dernier est en fait très actif, et évolue considérablement, aussi bien en termes de poids financier que d’activité en- trepreneuriale. La structure centrale reste la même. Au cœur du système se trouvent les Groupements d’intérêt économique (GIE), comme Mastercard, Visa, Carte bleue, qui réalisent le trans- fert à proprement parler entre la banque du marchand et celle du client pour les trans- actions par carte de crédit, qui constituent en France la majorité des transaction élec- troniques. Ensuite, les ac- teurs les plus en vue sont les Prestataires de service de paiement (PSP), qui se placent en intermédiaires entre les banques et les mar- chands, et s’occupent des activités de recouvrement et d’encaissement. Après cela, les choses se compli- quent quelque peu. Il existe des prestataires spécialisés pour tous les moyens de paiement autres que la carte de crédit : les portefeuilles électroniques (comme Pay- pal), les abonnements, lesLe marché est mûr mais effervescent, grâce à l’internationalisation et aux smartphones. Cependant les comportements du public changent lentement...la culture du paiement étant chez eux différente (si les Français sont excessivement friands de carte bleue, les Allemands préfèrent le vi- rement, par exemple). « À l’international, il existe un nombre de moyens de paie- ments impressionnant, et dans la grande majorité des pays, la carte de crédit est minoritaire », rappelle Chris- tophe Bourbier, PDG de Li- monetik, une plateforme de paiement spécialisée dans les moyens de paiements autres que la carte de crédit. En Russie, la solution ma- jeure de wallet n’est pas Paypal, mais Kiwi ; en Chine, c’est Alipay... En plus de cela, « quand le moyen de paiement utilisé est autre qu’une carte de crédit, chaque transaction doit faire l’objet d’une ré- conciliation, pour s’assurer que la bonne somme arrive sur le bon compte », conti- nue Christophe Bourbier. Une opération menée qua- siment transaction par trans- action. Or, avec l’arrivée notamment des produits nu- mériques, même une PME peut voir au-delà de ses frontières. Les solutions per- mettant d’intégrer ces moyens de paiement inter- nationaux ont donc, logi-quement, le vent en poupe.« Maintenant je paie et me fais que mon mari fait sa sieste... »diaires, entre le marchand et son PSP, qui facilitent l’accès aux nouveaux moyens de paiement (au- trement dit, les interactions avec les prestataires spécia- lisés) en fournissant les ap- plications nécessaires. En plus de tout cela, les banques proposent (en général aux PME) des solutions clé en main, qui intègrent en marque blanche les services d’un ou plusieurs PSP etlivrer tellement vite que je peux faire du shopping en douce pendantpar mois. En face de cela, une quarantaine de mar- chands réalisent plus de 30% de toutes les e-paiements... Autre exemple, certains mar- chands ont des relations avec plusieurs banques, voire avec plusieurs PSP, à la re- cherche du taux d’accepta- tion le plus élevé possible. Autant dire que les profils sont très variés, et les offres se sont adaptées en consé-L’INEXORABLE MONTÉE DU MOBILE L’autre tendance majeure qui secoue le marché du e- paiement est la domination annoncée de nos écrans fa- voris : les smartphones, qui représentent déjà plus de 10% des paiements en ligne. « Le paiement sur mobile est l’une des tendances ma- jeures du moment », estime Bertrand Pineau, responsa- ble systèmes d’information et nouvelles technologies à la FEVAD (Fédération du e-commerce et de la vente à distance). Cette montée en puissance bous- cule les équilibres du mar- ché. « Les systèmes de paie- ment du type wallet, comme Paypal ou Paylib, sont par- ticulièrement bien adaptés à l’univers du mobile, et y deviennent prépondé- rants », souligne Philippe Marquetty. Il est facile de voir pourquoi : rentrer un numéro de carte bleue sur le clavier d’un téléphone portable, même avec la meilleure ergonomie du monde, reste peu pratique. En revanche, le wallet de- mande de rentrer moins d’informations, voire de se contenter simplement d’unLes systèmes de paiement du type wallet, comme Paypal ou Paylib, sont particulièrement bien adaptés à l’univers du mobile,et y deviennent prépondérantsJuridiqueEvolutionLe secteur du marché des paiements en ligne va bientôt avoir une nouvelle raison de continuer son ébullition per- manente. « Le régime juridique du paiement va bientôt évoluer, avec la parution prochaine de la 2ème directive eu- ropéenne sur les services de paiement (DSP2). Elle va introduire de la concurrence et de la transparence », décrit Bertrand Pineau, responsable systèmes d’information et nouvelles technologies à la FEVAD. La DSP2 pose le principe du remboursement inconditionnel des prélèvements auto- matiques (à quelques exceptions près) et rabaisse à 50€ le plafond que les utilisateurs pourront être tenus d’assumer en cas de paiement non autorisé à la suite d’une perte ou d’un vol de carte de paiement, contre 150€ avec la DSP1. Et surtout, les services dits d’initiation de paiement, intervenant entre le commerçant et la banque de l’acheteur, seront pris en compte dans le champ de la directive. Autrement dit, les PSP sans carte de crédit seront donc désormais soumis aux mêmes normes de réglementation et de surveillance que tous les autres établissements de paiement. Enfin, la DSP 2 va instaurer des règles de trans- parence stricte pour les places de marchés, la pratiqueétant en forte augmentation.fusions sont régulières dans le marché, et il peut donc sembler difficile parfois de s’y retrouver.OUVERTURE À ET VERSL’INTERNATIONALCe foisonnement et cetteébullition – plus ou moinsconstants, mais particuliè-rement prononcés en ce mo-ment – s’expliquent en partiepar le vaste éventail de ser-vices à fournir. « En fait, quence, allant d’un abon-paiements en plusieurs fois, par carte cadeau ou proprié- taire, par échange de crédit mobile... Une liste qui ne cesse de s’allonger. « Un moyen de paiement ne dis- parait jamais vraiment, sou- ligne Christophe Dolique, CEO de Fivory, éditeur de solutions de paiement mo- bile. La tendance est plus à les faire évoluer, les amé- liorer et les combiner qu’à les supprimer. »prestataires. Néanmoins, « la tendance est à la décor- rélation entre les métiers de PSP – au sens large, in- cluant la réconciliation, la lutte contre la fraude, le cross-canal... - et ceux de la banque », analyse Gilles Brabant, responsable des ventes pour la France chez Ingenico Payment Services. Avoir les deux prestations séparées autorise plus de flexibilité pour les faire évo- luer. Enfin, pour simplifier le tout, les acquisitions etpour bien comprendre l’hé- térogénéité des offres, il faut appréhender la diversité des demandes », souligne Didier Brouat, DG de Payline, so- lution de paiement en ligne de Monext. À la fin de l’an- née 2016, la France devrait compter plus de 200000 marchands en ligne. Mais entre 50 et 60% d’entre eux réalisent moins de 100 ventes par mois, certains (et ils sont plutôt nombreux) descendant en-dessous de la barre des dix transactionsnement à 15 euros par mois avec des coûts fixes aux formules sur mesure. Cha- cun peut trouver chaussure à son pied, mais cette exhaustivité encourage l’ac- tivité du marché du e-paie- ment.Et il y a enfin une dernière grande famille d’intermé-En plus de cela, l’ouverture du marché européen a attiré des acteurs étrangers, dont l’arrivée est toujours en train de modifier en profondeur le paysage. Leurs services sont en général complémen- taires des acteurs français,54 AVRIL 2016Œ]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Haute résolution - Effervescence des solutions de paiement en ligneclic.Pour les autres acteurs du secteur, cela veut dire qu’il faut adapter les solutions au support, notamment en revoyant leur ergonomie. Mais cela va au-delà du simple re-design d’une page web. L’adoption croissante du mobile n’est qu’une des évolutions du parcours d’achat des consommateurs. Aujourd’hui, chaque site a son tunnel d’achat, auquel le paiement est intégré. « Nous devons fournir des outils de commerce, insiste Didier Brouat. Ce n’est plus la page de paiement de 1998 : nous apportons et créons de la valeur. » Du coup, les outils doivent être intuitifs dans l’utilisation, faciles à régler pour les marchands, rapides, et, tant qu’à faire, proposer des ser- vices à valeur ajoutée. Cela devrait être aussi simple que de proposer un nouveau mode de paiement si le pre- mier a été refusé.tant d’arriver à une sécuri- sation totale du paiement que d’arriver à un équilibre entre fluidité d’usage et sé- curité. Pour prendre un exemple extrême, il suffirait de poser 200 questions per- sonnelles assorties de capt-d’usage prime, et il suffit parfois de changer un détail du processus pour faire une vraie différence. « Nous avons élaboré une solution qui remplace le SMS – qui demande de taper à la main un code à plusieurs chiffressultat une étape de saisie de moins. Mais les inno- vations les plus promet- teuses sont réalisées dans le domaine de l’authentifi- cation biométrique et en matière de prévention (voir encadré). « L’analyse desl’opération », souligne Gilles Brabant.de nouveaux moyens de paiement, estime Philippe Marquetty. Mais à partir du moment où ils ont confiance dans le système, une innovation peut s’im- poser. » Toute nouveauté est accueillie avec inquié- tude, même si elle se gé- néralise par la suite sans faire de vague, comme le prélèvement. « Le contexte réglementaire joue égale- ment un rôle dans sa mise en œuvre et l’adoption plus ou moins rapide d’un nou- veau moyen de paiement », estime Christophe Do- lique. Par exemple, dans certains pays d’Afrique avec moins de contraintes, le paiement par téléphone portable s’est imposé très rapidement.DES CHANGEMENTS D’USAGE LENTSCette recherche constante de la fluidité du paiement se heurte cependant à uneFLUIDITÉ ET SÉCURISATIONToutes ces évolutions ont un fort impact sur la sécu- risation des paiements. Le mobile est pour les acteurs du domaine à la fois un nouveau défi – qui dit nou- veau support, dit nouvelles fraudes – et en même temps un outil extrêmement pra- tique pour leurs solutions. L’une des plus employées aujourd’hui, 3D Secure, en- voie un SMS avec un code unique pour procéder à une double identification. Mais en fait, le défi n’est pas« Certains paiements très précis resteront archaïques quelles que soient les innovations »Cette réticence n’est ce- pendant pas suffisamment forte pour empêcher le changement – on se dirige vers des solutions où l’acte d’achat est de mieux en mieux intégré dans le par- cours – mais elle le ralentit considérablement. Par exemple, le paiement sans- contact, qui avait rencontré beaucoup de réticences à ses débuts, pèse maintenant plus d’un million de trans- actions par jour. Mais la technologie date de 2007 – presque dix ans, soit une éternité dans le monde nu- mérique : pour donner une idée, Facebook s’est ouvert au public en septembre 2006. Et Paypal, encore considéré comme nouveau par beaucoup, est né... en 1998. Mais les changements sont en train de s’accélérer, notamment depuis l’arrivée des comportements dits cross-canal ou omnicanal. « Il existe maintenant des mécanismes transactionnels, basés sur des tokens, qui permettent de commencer une transaction sur le web et de la finir en magasin, ainsi que d’opérer des ré-cha pour réduire presque à néant les risques de fraude, mais personne n’utiliserait la solution. La facilité– par une notification sur le mobile, qu’il suffit de valider », décrit Philippe Marquetty. Avec pour ré-composants de la transac- tion permet de lutter contre la fraude en temps réel, en graduant la sécurisation delimite qui n’a rien de tech- nologique, au contraire : la nature humaine. Un achat est un acte important pour un consommateur, ce qui a deux conséquences ma- jeures sur le marché. La première est que la grande majorité d’entre eux ont besoin, psychologiquement, d’un acte qui scelle le paie- ment ; on ne pourra donc pas descendre tellement plus bas que le « one-click » d’Amazon. Et deuxième- ment, les comportements de paiement changent, mais ils le font à une vitesse qui n’a rien à voir avec le rythme d’évolution des mar- chés du numérique. Un chif- fre le démontre : en France, en 2015, les paiements par chèques ont été trois fois plus nombreux que les paie- ments sur le Web. En fait, « les gens ne sont pas né- cessairement demandeursSécuritéBiométrie et prévention en vueAujourd’hui, deux tendances principales guident les innovations, et pourraient bien faire bouger le marché. La première, la plus visible pour le consommateur, est l’arrivée de la biométrie pour la sécurisation de l’authentification. Et ce n’est pas de la science-fiction : la Banque Postale vient d’obtenir de la CNIL l’autorisation d’utiliser la voix (avec une phrase- clé) pour authentifier les paiements, le résultat de plus de quatre ans de travail acharné. Par ailleurs, Amazon a déposé un brevet sur l’authentification en ligne par... selfie. Et ce ne sont pas les seuls à s’intéresser au concept.Ceci dit, la biométrie n’est pas le seul domaine d’innovation : Gemalto vient notamment de présenter une carte dotée d’un cryptogramme visuel éphémère. C’est le même principe, en quelque sorte, qu’une double authentification par système 3D Secure, mais cela représente en fait pour l’internaute une étape de saisie de moins.La deuxième tendance majeure, qui est invisible aux yeux du consommateur, est la montée en puissance de la prévention. En tirant parti des progrès réalisés dans le domaine de l’analyse de données et du Big Data, il est possible d’adapter la sécurisation du paiement en fonction du profil de l’internaute. « C’est la connaissance du client, obtenue grâce à une analyse de données et de comportement, qui va dicter l’utilisation des outils de lutte contre la fraude », explique Didier Brouat, DG de Payline. Pour donner un exemple caricatural, un visiteur qui a déjà payé sur un même site plus de dix fois sans aucun problème, de façon non rapprochée, depuis le même endroit, pour des sommes à peu près similaires, est a priori digne de confiance ; le risque est suffisamment bas pour qu’il ne soit pas nécessaire de lui demander une double authentification. Mais la prévention ne s’arrête pas là, et les banques en ont bien conscience. Elles devraient renforcer la sensibilisation des porteurs de carte, en plus de leur fournir des outils, comme par exemple la capacité de bloquer soi-même (et réactiver à volonté) le paiement en ligne.56 AVRIL 2016ons mélangeantconciliati.plusieurs canaux », décrit Gilles Brabant. Par exem- ple, on peut se faire rem- bourser en magasin une commande réglée sur le web. Ce genre de service, pratique, devrait rapidement être adopté par les consom- mateurs.Jean-Marie Benoist]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE Business Story - Zodiac NauticRetour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationauxRetour gonflé des bateaux ZodiacM Après avoir failli boire le bouillon, Zodiac Nautic compte sur le digital et ses bateaux semi-rigides pour se remettre définitivement à flot en 2016.odernisme et in- RETOUR À LA de flotteurs pour les bateaux où l’enjeu est de taille pour revendeurs pour conforter en Harley-Davidson : « Beau- novation. Sans CROISSANCE EN 2016 Bombard. En 2017, des pro- la marque tricolore : « Le 2016 sa place de leader sur coup de marques légendaires tourner le dos à C’est ce savoir-faire « made ductions d’annexes gonflables marché américain représente le marché outre-Atlantique, sont très inspirantes. Harleyun glorieux passé qui a contri- in France » qui a fait la ré- feront également leur retour la moitié du marché mondial mais aussi plus largement à Davidson en est une, c’estbué à la gloire de la marque Zodiac par-delà les frontières tricolores, c’est un nouveau départ qui est négocié en ce début d’année 2016. Les di- rigeants ont changé, la phi- losophie aussi. En 2015, le célèbre concepteur de bateaux pneumatiques, passé près du naufrage, a finalement été repris par un trio d’investis- seurs, constitué de l’industriel Dominique Heber-Suffrin (Energetic Développement) et de deux anciens dirigeants de Converteam (ex-filiale d’Alstom), Pierre Bastid et Florent Battistella. Dominique Heber-Suffrin est ainsi devenu le nouveau capitaine du na- vire, montrant d’emblée le cap à suivre : « Dès la reprise de Zodiac Nautic à la barre du tribunal en juillet 2015, j’ai décidé de porter un œil neuf sur l’entreprise en allant pendant deux mois à la ren- contre de l’ensemble du per- sonnel dans nos différentes implantations en France, en Tunisie et aux USA. » Un constat que fait rapidement le PDG de Zodiac Nautic : « La relance de l’entreprise passe par la reconstruction des fondations pour retrouver la confiance de nos clients et de nos revendeurs. Il s’agit de revenir aux fondamen- taux : remettre en ordre l’or- ganisation et les processus de travail, livrer à l’heure des produits de qualité, re- lancer l’innovation pour ré- pondre aux attentes les plus pressantes du marché. » Dé- cision forte prise par le nou- veau patron : relocaliser en France la production chi- noise. « C’était l’occasion de reprendre la main pour notre site d’Ayguesvives (Haute-Garonne) qui a be- soin d’être alimenté et qui possède un savoir-faire unique à la base de la répu- tation des bateaux Zodiac ou Bombard. »58 AVRIL 2016putation de la marque, jadis productrice de ballons diri- geables et d’avions mono- plans et biplans, que Domi- nique Heber-Suffrin veut res- taurer. C’était au tout début du siècle dernier. Le déclen- chement de la Première Guerre mondiale détournera Zodiac, par la force des choses, des airs vers la mer. 1920, premières vedettes pour la Marine nationale ; 1934, premières recherches sur les bateaux pneumatiques. Une véritable prouesse technique et technologique à l’époque. « Zodiac, c’est un pionnier, une marque française de lé- gende, un capital sympathie incroyable, des technologies uniques, un leader mondial. Aujourd’hui, j’en suis convaincu, une “belle en- dormie” au fort potentiel de rebond, une marque qui va rayonner de nouveau. » Et pour cela l’ambitieux PDG de Zodiac Nautic a un plan : « 2016 sera l’année du retour à la croissance après des an- nées d’érosion du chiffre d’af- faires (NDLR : Zodiac table sur 32 millions d’euros en 2016 contre 24 l’an dernier) et de perturbations jusqu’à la crise de liquidités de 2015. Il s’agit aussi de restaurer les marges et de maîtriser les frais de structure pour un retour à l’équilibre dès 2017. » Comme un symbole, début février, Zodiac a re- lancé la production de ses célèbres flotteurs PVC surà Ayguesvives », annoncedes bateaux de plaisance.l’échelle mondiale. « Nousvrai, pour ses produits uniques, la qualité d’anima- tion de son marché, la ri- chesse de son offre ou encore le développement de sa com- munauté de fans. » Si Zodiac peut devenir le « Harley des mers », Dominique Heber- Suffrin ne s’en privera pas : « Nous allons capitaliser sur une marque extrêmement forte comme Zodiac en utili- sant le levier du digital : meilleure proximité avec les consommateurs via les ré- seaux sociaux pour une meil- leure compréhension de l’usage des bateaux, person- nalisation en ligne ou sur les points de vente des ba- teaux, animation du marché tout au long de l’année, etc. » Ce changement de cap aura forcément un impact sur l’or- ganisation industrielle du groupe Zodiac Nautic qui ta- ble sur une production de 7 à 8000 bateaux en 2016, mais Dominique Heber-Suffrin est prêt à retrousser ses manches : «Biensûrqu’àlacléilya beaucoup de transformations radicales à réaliser dans no- tre organisation industrielle, dans la conception de nos produits, ou encore dans nos processus de travail. Mais c’est un défi passionnant ! » L’enjeu est de taille : redresser définitivement un fleuron de l’industrie nautique française. « Une entreprise qui a été pas mal secouée », de l’aveu même de son dirigeant, qui compare « le nouveau Zodiac« Là je lui sors le grand jeu. Manque plus qu’un groupe de dauphins au loin... »Dominique Heber-Suffrin, particulièrement « heureux de pouvoir réembaucher des salariés partis auparavant dans un plan social ». DesC’est un marché très deman- deur d’innovations où les ba- teaux semi-rigides, encore peu répandus, représentent un beau potentiel. » Zodiacavons également une volonté de conquête en Amérique La- tine et dans la région Asie- Pacifique où nous sommes déjà présents et où les in- vestissements d’infrastructure pour l’industrie de plaisance sont prévus à la hausse. »start-upDevenir le Harley-Davidson des mers en développant le digital et capitalisant sur une marque de légende« DES BATEAUX PERSONNALISABLES EN LIGNE »Pour cela, Dominique He- ber-Suffrin a des idées bien précises : il entend développer le digital et l’image de Zodiac, comme l’a fait par exemple le fabricant de moto américainNautic à une jeune . de huit mois d’existence ». Une jeune start-up, oui, mais qui emploie tout de même près de 300 salariés et qui aura la lourde tâche de re- donner tout son lustre à une marque mythique qui s’ap- prête à fêter son 120ème anni- versaire cette année.son site haut-garonnais. Et ce n’est qu’un début... « Une deuxième vague suivra en septembre prochain avec le rapatriement de la productionbateaux que le nouveau pa- tron de Zodiac Nautic compte exporter, depuis la France, aux quatre coins du monde, notamment aux Etats-Unis,Nautic, qui compte une unité de production à Summerville en Caroline du Sud, mise sur son solide ancrage aux Etats- Unis et son vaste réseau deCyril Michaud]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[420et fin2 et 3 JUIN 2016dirigeants, experts nanceurs mobiliséspour booster votre projet innovant !2 JOURS21e éditionCHALLENGEZ VOTRE IDÉE !PRÉ-INSCRIPTIONS SUR :WWW.PLUGANDSTART.COM#PLUGANDSTART]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29RH & FORMATION Réseaux et influence - Cercles nautiqueDécryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networkingLes voiles se lèventPour la plupart centenaires, ils sont en voie de démocratisation, prenant la forme de repères de passionnésL ’air pur, l’écume, le bruit des vagues sur la coque d’un bateau, et l’impression de liberté que cela confère... Comme il en existe pour les amateurs de whisky ou de foie gras, l’océan compte lui aussi son lot de cercles et associations d’initiés, qui n’aiment rien tant que se réunir pour ajouter une dimension d’échange et de partage à leur passion personnelle. Une pratique qui ne date pas d’hier. Le Yacht Club de France a par exemple été fondé en 1867 par Na- poléon III, dans le but de contribuer au développe- ment de la navigation de plaisance et de la construc- tion navale. Son rôle est notamment de participer à la définition et à la mise en œuvre de la politique globale de la plaisance. A cet égard, il est l’interface de ses membres et de ses 30 clubs alliés installés sur les façades maritimes fran- çaises. Ce repère de pas- sionnés, qui a connu son heure de gloire lors de l’en- tre-deux-guerres, a compté parmi ses membres plu- sieurs artistes impression- nistes. « Aujourd’hui, il compte 500 adhérents, qui partagent la même ap- proche de la mer : sans l’envisager de manière consumériste, mais plutôt comme une école de vie », explique Yves Lagane, son président. En plus de pro- mouvoir la pratique du yachting et de former à la navigation de plaisance, le- dit club s’imagine comme une structure permettant d’animer la vie de ses mem- bres, y compris lorsqu’ils ont le pied hors de l’eau. « Nous recevons réguliè- rement des acteurs du monde maritime pour des conférences. Nous organi- sons également un cocktail mensuel destiné à présenter les nouveaux membres »,qui se trouvent des points communs.sident de la Société des Ré- gates du Havre a fait évoluer le système de parrainage. « Il ne sert plus de “frein”. Lorsque vous êtes nouvel adhérent, vos parrains sont là pour assurer la visite des installations et vous intégrer à leur cercle de connais- sances. » Pour Yves Lagane, « la relation des Français avec la mer évolue. Les clubs sont de loin perçus comme un monde inacces- sible, composé de gens ai- sés. Mais il y a chez nous un tas de gens passionnés sans être riches, et la moyenne d’âge est en train de se rajeunir. Notre objectif est de démocratiser l’accès à la mer. Lors des analyses de dossiers de candidature pour intégrer le club, c’est l’authenticité de la passion pour la mer qui est le fac- teur déterminant. Plus que les relations ou le statut so- cial. » Une manière comme une autre de dire qu’on n’entre pas dans ce genre de club uniquement avec la perspective de faire du business ou d’étendre son réseau. Bien qu’il puisse être tentant, lorsque l’on est un jeune cadre ou commer- cial ambitieux, de nouer des contacts afin de tirer sa car- rière vers le haut, ces clubs ne peuvent être envisagés comme des loges maçon- niques ou des salons pro- fessionnels. « Ce qui ne m’empêche pas d’inviter des clients au restaurant du club pour des déjeuners professionnels, note Stanis- las Vannier, entrepreneur dans le BTP et membre denote Yves Lagane.DÉMOCRATISATION ET OUVERTURE AUX PASSIONNÉSMais ce côté élitiste n’en- traverait en rien ce désir d’ouverture, bien au contraire. « Contrairement aux idées reçues, nous en- registrons un turnover deMarc HervezPetite virée entre membres du club...LA TRADITION AVANT TOUTOutre le Yacht Club de France, les structures asso- ciatives en relation avec la mer sont nombreuses : en vrac, le Cercle de la Mer, le Cercle de la Voile de Pa- ris, sans oublier la Société des Régates du Havre (SRH), club doyen d’Europe continentale, puisque fondémilles sont sociétaires de- puis des générations. Je connais une dame de 85 ans qui était déjà membre du club en étant enfant », appuie Sylvain Dupray. Un constat partagé par Jean- Philippe Taconnet, agent maritime et membre depuis sa plus tendre enfance. « J’y ai donc logiquement inscrit mes enfants. » D’après lui,Toutefois, se détacher de cette image de club cloi- sonné réservé aux notables des grandes villes est jus- tement l’un des principaux chevaux de bataille des dif- férentes structures. Certes, entre la nécessaire coopta- tion – intégrer la SRH, le Yacht Club de France ou le Cercle de la Mer impose de se faire parrainer parprès d’un tiers de nos mem- bres chaque année, révèle Sylvain Dupray, qui a mis en place une réduction du tarif de 30% pour les nou- veaux adhérents. Et nous sommes à la recherche de nouveaux sociétaires pour amortir les coûts relatifs à la structure : l’entretien des bâtiments, les employés, etc. » L’une des raisons deen 1838, dont le Prince Jé- rôme Bonaparte, frère de Napoléon 1er, a assumé la présidence d’honneur en 1853. « En 1924, c’est éga- lement à la SRH qu’a in- combé la tâche d’organiser les épreuves de voile des JO de Paris », rappelle son actuel président Sylvain Du- pray. Un patrimoine histo- rique qui ne sert qu’à faire joli ? Pas vraiment, si l’on en juge à quel point la tra- dition occupe une place im- portante dans ce genre de clubs. « Beaucoup de fa-la voile est un vecteur de socialisation : « C’est cer- tainement moins le cas qu’il ya30ans,maislaSRHre- vêt une importance capitale dans la vie des locaux. J’aime le fait de me rendre au club sans savoir qui je vais trouver, tout en sachant pertinemment que je vais tomber sur une connais- sance avec qui échanger. » Peu surprenant quand on sait que dans ces cercles de thématique marine, certaines familles prennent leur coti- sation depuis un demi-siècle.deux sociétaires –, la coti- sation relativement élevée – compter environ 900 euros à l’année pour intégrer le YCF –, l’offre ne semble pas destinée aux classes po- pulaires.ce changement de politique serait d’ordre fiscal : afin que ses membres puissent déduire leur cotisation de leur déclaration de revenus, comme il est possible de le faire lorsque l’on adhère à une association de type loi 1901, l’administration fis- cale a signifié au dirigeants de la SRH la nécessité de se rendre plus accessible. S’il reconnaît volontiers qu’ouvrir le cercle à toute la population havraise serait mal perçu de la part des membres historiques, le pré-la Société des rég. Havre depuis plusieurs dé- cennies. La vue sur l’entrée du port est telle qu’elle per- met d’épater la galerie, no- tamment lorsque le client n’est pas de la région. Et indirectement, un beau ca- dre est toujours propice à la négociation... »L’authenticité de la passion pour la mer des candidats est déterminante. Plus que les relations ou le statut socialates du60AVRIL 2016]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[Julien, 43 ans. Directeur général, diplômé 2015, Management GénéralEt si vous aussi,vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Consolidez vos expériences, actualisez votre vision stratégique et pilotez la conduite du changement avec Management Général.12 mois à Paris, 2 immersions à l’étranger, format week-end. Pour les cadres dirigeants.HTTP://EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.EDU/FR/© Getty Images – 570220216]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29RH & FORMATION ObservatoireBrèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles,les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivitéu Pour ce tour d’horizon mensuel l’innovation, les rapprochements entre écoles, la création de nouveaux programmes et les partenariats à l’international ont la part belle. Quels sujets dans l’air du temps pour nos institutions? L’IoT (internet des ob- jets), le bateau du futur ou encore la cybersécurité rencontrent un vif succès. Ailleurs, les écoles poursuivent des partenariats avec des destinations en plein devenir: La Corée du Sud et Cuba. Les rapprochements sont aussi fructueux qu’ils soient issues d’une complémentarité des domaines (manager/ingénieur; manager/juriste) ou d’une complémentarité disciplinaire ou stra- tégique (fusion des Mines et de Télécom au pays des corons, partenariat entre GEM et l’ESC Clermont). Tout semble possible au pays de l’enseignement supérieur. Bonne lecture!+ INNOVATIONdes entreprises.L’Ecole Polytechnique Exécutive Education propose dans ce dispositif huit modules qui alternent entre le théorique et le mode projet. La formation entend conférer à ses parti- cipants une vision éclairante des usages et opportunités de l’Internet des objets. Les thèmes abordés seront liés à la sécurité des systèmes, l’intégration des objets connectés à des systèmes de communication plus larges, etc. Prochaine session en juin 2016 à rai- son de deux jours par semaine. Le dispositif se termine par la délivrance du certificat « Concepteur d’un système d’objets connectés ».Source : L’XCentrale Nantes imagine le bateau du futurPetit clin d’œil au fil rouge qu’est la grande bleue pour ce numéro d’EcoRéseau Business. L’école d’in- génieurs Centrale Nantes et Bureau Veritas viennent d’entériner la création d’une chaire internationale de recherche sur le navire du futur, l’hydrodynamique et les structures marines avec comme partenaires Nextflow Software, spécialisé dans les logiciels de mécanique des fluides et HydrOcean, professionnel de la simulation numérique pour le naval, l’offshore, le nautisme et les énergies marines. Entres autres,+ DÉVELOPPEMENTS – RAPPROCHEMENTS - FUSIONS...l’idée serait d’apporter de nouvelles solutions aux grands acteurs du secteur tels que la CMA-CGM, STX France ou encore le groupe DCNS.Source : Centrale NantesDans la foulée d’un premier partenariatsigné pour chacun de leurs bachelors,l’EAC (Ecole Atlantique de Commerce-Audencia Group) et TBS (Toulouse Busi-ness School) renforcent leur collaborationpar la mise en place d’un dispositif de for-mation à distance à destination des étu-diants de Nantes, Toulouse et Barcelone.L’idée ? Former les étudiants au travailcollaboratif via notamment des cas d’en-treprises. L’innovation réside aussi dans lamanière d’évaluer ce nouveau module de six semaines : suivi en ligne, évaluation par les pairs mais également soutenance vidéo.Union entre business schools dans le grand OuestL’X élargit sa formation continue à l’Internet des objetsL’Ecole Polytechnique annonce l’ouverture d’une nouvelle formation certifiante dans le domaine de l’Internet des objets afin de répondre de répondre aux besoins croissants62AVRIL 2016La fin de l’année 2015 fut l’occasion d’acter un partenariat d’un genre nouveau entreGroupe ESC Troyes et son nouveau campus pour la rentréeA compter de septembre 2016, le groupe ESC Troyes sera implanté à la Défense. Cette antenne prendra en charge une partie de la promotion du bachelor Tourisme. Cette nou- velle implantation souhaite favoriser les étudiants dans la recherche de stages et d’em- plois. En parallèle, l’ESC Troyes ambitionne de commercialiser son expertise dans l’Executive Education aux entreprises du centre d’affaires.Source : ESC TroyesLes Mines de Douai et Télécom Lille se marientLa fusion est officielle à compter du 1er janvier 2016 sous la dénomination Mines-Télécom Lille. La création de cette nouvelle entité ré- pond à la dynamique de partenariat insufflée par l’Université de Lille afin de rendre le pôle lillois plus attractif et plus dynamique. Chaque site (Douai et Lille) continuera d’accueillir les étu- diants. Quatre domaines concentreront les ef- forts dans la formation et la recherche :matériaux et génie civil, environnement et développement durable, énergie et numérique.+ ENTREPRISE ET GRANDES ÉCOLESSource : Université de Lille.Partenariat entre Pantone et l’INSEECNouveau partenariat signé en janvier entre le groupe Pantone et l’INSEEC, le « Pantone Project » autorise les « lucky few » de participants aux MBA et MSc de Chambéry et de Paris à travailler avec ce groupe spécialisé dans la couleur. L’initiative entend également faire appréhender sous forme de concours l’importance de la couleur dans le design thin- king et le branding.Source : INSEECLes médias se mettent au Big Data]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[n°29l’Université de Nantes dont Polytech’Nantes, le Centre de formation des journalistes (CFJ) et Ouest Médialab qui annoncent la création d’une formation diplômante « Datas Médias » afin de répondre aux besoins opérationnels liés à la transformation des métiers et à l’évolution rapide des business models. Cette nouvelle offre de formation se des- tine aux journalistes, rédacteurs, concepteurs mais aussi aux professionnels de la communication et du marketing ainsi qu’aux métiers du design.Source : CFJwww.ecoreseau.frPorter l'Intelligence collective... Retour sur la « Project Week 2016 » :L'ISEG Marketing & Communication, l'Epitech et e-artsup, trois des écoles du Groupe Ionis implantées partout en France, ont planché du 7 au 11 mars sur les solutions d'ave- nir avec Bouygues Construction. L'idée ? Faire un works- hop entre équipes composées de chaque école en mode fertilisation croisée, aboutir à une solution concrète qui in- tègre technologie, marketing, communication et design et répondre aux enjeux suivants : comment vivre au sein d’un quartier durable et enrichir la vie de quartier grâce à des so- lutions viables ? Comment redonner le pouvoir aux habi- tants et aux usagers d’un quartier afin qu’ils soient véritablement au centre des dispositifs dans une optique durable et responsable vis-à-vis de l’environnement ?+ INTERNATIONALLa convention cadre récemment signée entre les deux ac- teurs de l’enseignement supérieur œuvre à une mutuali- sation des expertises. Ce faisant, ce nouvel accord aboutit notamment à l’ouverture de l’ « Institut des formations commerciales », sanctionnant un niveau Bac+3 dans les locaux de l’ESC Clermont. Autre type de collaboration, le MS (mastère spécialisé) Achats de Grenoble sera éga- lement disponible à l’ESC Clermont. Enfin, SquareLab et IncubaGEM, les deux incubateurs dédiés de chaque école verront de nouvelles synergies émerger. Ce parte- nariat vient ainsi s’inscrire dans la stratégie de relance de l’école clermontoise qui s’appuie sur trois piliers : doubles diplômes, alternance et co-construction.Ce concours s'inscrit dans le cadre du partenariat construit avec Bouygues, et le Spot Bouygues installé sur le campus d'Epitech qui fait plancher les étudiants sur la transforma- tion numérique de ses filiales. Antoine Gibour, en charge de la prospective et du marketing stratégique chez Bouygues ajoute :Dans le cadre du pro- gramme IDEFI (initia- tives d’excellence en formations innovantes), le réseau Polytech, regrou- pant 13 établissements en France, renforce ses échanges avec UST Korea of Science & Technology.Quatre nouveaux mastères, tous à vocation internationale, seront délivrés par les Mines d’Albi et s’appuient sur lesde direction. 86 femmes sont présentes dans les comités de direction des 62 entreprises de l’échantillon pour un effectif de 733 membres, soit 11,73%. La féminisation progressive des comités de direction et celle des conseils d’administration reflète les quotas fixés par la loi qui fa- vorise la promotion des femmes. Selon l’étude, la fémi- nisation du management s’explique par celle des institutions de l’enseignement supérieur, les préférences professionnelles distinctes entre hommes et femmes et la discrimination des entreprises en matière de promotion professionnelle.Observatoire RH & FORMATION tenir le master du programme grande école de TBS. D’au-Rennes School of BusinessAccord historique signé entre une grande école française et une institution cubaine. Début février, Rennes School of Business et l’Université de la Havane ont commencé à développer des synergies en matière de management de l’innovation, ainsi qu’en responsabilité sociale des entre- prises via notamment la recherche et les échanges inter- nationaux.+ NOUVEAUX PROGRAMMES - NOUVEAUX DIPLÔMESSource : Rennes School of businessPolytech s’entiche de la CoréeLes Mines d’Albitre part, les apprentis managers auront le choix entre le MS (mastère spécialisé) Ingénieur d’affaires industrielles et le MS Safety Engineering & Management.Source : TBSESC Clermont se développe grâce à GEMSource: GEM- ESC Clermont« Ces trois écoles du groupe IONIS nous apportent un point de vue différent et cela nous permet de sourcer l'innovation dans un format qui aboutit à des solutions exploitables, contrairement à d'autres concours ou hackathons qui sont parfois moins aboutis en matière de résultats. A terme, il est probable que nous rachetions ces solutions ou que nous sollicitions les équipes lauréates. »L’entente trouvée avec cette institution du pays du matin calme entend promouvoir les échanges de savoirs, d’en- seignants et d’étudiants et aboutir à des sessions conjointes de formations et de nouveaux doubles-di- plômes.A l’issue de cette semaine-marathon annuelle, le jury constitué par des membres de la direction innovation et dé- veloppement durable de Bouygues Construction et rassem- blé au siège de TF1 a récompensé EKO’MOUV, BEECOME et VIATON. Arthur Klein, Valentin Peul- meule, Pierre Loneux, Camille Lepoutre et Mélanie Sain- ville témoignent : « nous devions red́ uire l’empreinte eć ologique en mettant en avant la mobilitéactive. Nous y avons répondu en proposant de la mobilité douce et connectée avec une interface gamifiée ».+ DOUBLES DIPLÔMES - DOUBLE COMPÉTENCESLes apports en termes de formation ne sont pas non plus anodins à l'heure où le design thinking fait des émules. L'équipe composée de jeunes ouailles d'une vingtaine d'an- nées pourra également capitaliser sur cette approche du projet, fer de lance de la pédagogie de ce groupe privé d'éducation.Présentes sur le même campus, HEIP (école des hautes études politiques) et ESCE opèrent un rapprochement pé- dagogique en signant un accord de double diplôme qui permet aux étudiants de viser le master of public admi- nistration et le diplôme grandes écoles de l’ESCE. Le par- tenariat entend former des profils qui souhaitent internationaliser leur carrière et développer leurs compé- tences en politique et relations internationales tout en se formant au monde des entreprises.domaines d’application développés par l’école en lien avec les besoins des industries :Master of Management of international supply chain and lean projects+ INFLUENCE ET NETWORKINGSource : ESCEMaster of Aeromat Innovation en partenariat avec Télé- com Ecole de managementMaster of Advanced Pharmaceutical Engineering Master Biomass and Waste for energy materialsDécloisonner les Alumni« International Business and Law ». Tel est le nom du nouveau programme sorti du chapeau pédagogique de l’IESEG et de plusieurs fa- cultés de droit dont celle de l’Université catholique de Lille. Ce nouveau pro- gramme ambitionne de for- mer de nouveaux profils à la croisée des genres : fonc- tions transversales au sein des RH, des services juri- diques, de la finance. A terme, les participants ac- quièrent donc le master grande école ainsi que le masterL’UTT forme à la sécuritéEcoRéseau Business a déjà montré dans ses colonnes la force et l’intérêt des réseaux d’anciens (Cf. Illuminati Alumni, EcoRéseau n°7). La rédaction rebondit donc sur une première en termes d’événements : la soirée Alumni inter-grandes écoles. Organisée par Kedge Business School, la soirée ayant eu lieu le 24 mars a donné une oc- casion unique de réseautage professionnel pour la mo- dique somme de 20 euros par participant et a réuni plusieurs centaines de diplômés des associations d’an- ciens d’écoles telles que l’EDHEC BS, l’EM Lyon, l’ESCP Europe, l’ESSEC BS, HEC Paris, Kedge BS ou encore Audencia BS.2 droit, économie, gestion mention droit des affaires.Membre fondateur du CECyf (centre expert contre la cy- bercriminalité français), c’est tout naturellement que l’UTT vient de pré- senter son nouveau programme disponi- ble dès la rentrée pro- chaine : le MS (mastère spécialisé) Expert forensic et cy- bersécurité. Ce pro- gramme entend compléter les compé- tences purement SSI qui ne sont plus à elles seules suffisantes pour assurer une sécurité optimale des différentes infrastructures informa-Source : PolytechDe l’utilité de mêler le politique au businessLa loi et le business main dans la mainSource : KedgeLes femmes à l’honneur dans les entreprises ?L’ingénieur / manager toujours en vogueDepuis 2007, Skema publie chaque année son observa- toire de la féminisation des entreprises. Pour cette édition 2016, l’étude s’intéresse aux pourcentages de femmes dans les effectifs globaux, l’encadrement et les comitésTrois nouveaux doubles diplômes verront le jour à la ren- trée prochaine suite à une convention signée entre Tou- louse Business School et l’INSA Toulouse.D’une part, les futurs ingénieurs de l’INSA pourront ob-tiques de l’entreprise.Source : UTTAVRIL 201663]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29RH & FORMATION Carrières & Talents - Executive MBA, le vent en poupe malgré toutAnalyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprisesMaster of Business TransformationM Pourquoi cette formule coûteuse et de moins en moins prise en charge par les entreprises continue-t-elle chaque année de convaincre maints cadres seniors?algré la frilosité MBA. La déclinaison Exe- léités de changement d’un les participants ont besoin diplôme. Non, un EMBA correspondre sa vie profes- des entreprises à cutive, elle, se fait plus rare. haut potentiel ne peut être d’être sensibilisés à la nou- n’est pas qu’un gouffre dans sionnelle avec ses principes financer ces pro- Une quinzaine de formules qu’un atout pour une entre- veauté, aux transformations lequel on jette de l’argent. moraux et valeurs. « Celagrammes coûteux, chaque possèdent en effet l’appel- prise qui souhaite engendrer numériques, aux nouveaux De même qu’il n’est pas peut se traduire par le pas-année se clôture avec au compteur mondial entre 300 et 500000 obtentions du titre de MBA (Master of Business Administration). Si la for- mule plaît au-delà du coût et du sacrifice personnel, il importe bien évidemment de séparer le bon grain de l’ivraie, d’autant qu’aucune règle n’est strictement ap- pliquée autour du libellé. En corollaire, le nombre des ouailles travaillant d’arrache- pied le GMAT ne cesse d’augmenter. En Asie, la for- mule reste demandée à un niveau élevé. Aux Etats- Unis, après une phase de stagnation, le marché repart. Partout dans le monde le MBA séduit, y compris dans ses récentes déclinaisons : MBA junior ou e-MBA – entendez MBA dispensé 100% à distance. De même, les MBA sectoriels et spé- cialisés coulent des jours heureux. La conjoncture éco- nomique a également favo- risé les formules en « part time » qui laissent au réci- piendaire un pied dans l’en- treprise. L’Europe, elle, se caractérise par une demande croissante en matière d’Exe- cutive MBA (EMBA). Au regard de la conjoncture, les problématiques des grandes écoles demeurent les mêmes. En façade, la tâche porte es- sentiellement sur un travail acharné quant à la notoriété de leur marque, mais les écoles doivent aussi s’atteler à un tout autre chantier : celui de convaincre entre- prises et hypothétiques can- didats que l’Executive MBA comble les attentes de chaque partie prenante.lation sur notre territoire. De fait généraliste contrai-une dynamique interne de changement et d’innovation.business models, etc. », note Thomas Jeanjean, directeurjuste un outil d’outplacement et de réseautage à plusieurs dizaines de milliers d’euros (voire plus de 100000 pour certains). « Il faut corriger cette erreur de perception, précise Thomas Jeanjean. Participer à un Executive MBA, c’est faire progresser conjointement l’entreprise et le participant. L’intérêt premier pour l’en- treprise, c’est de bénéficier d’un collaborateur motivé, mieux formé et préparé aux défis de demain. » Les avan- tages à court et moyen termes sont notoires. Surtout lorsqu’il s’agit de faire tra- vailler en interne un haut potentiel sur le cap straté- gique de l’entreprise dont il connaît de nombreux rouages. Enfin, côté entre- prises, financer tout ou partie de la formation revient à en- voyer un signal que l’orga- nisation souhaite qu’un cadre se développe pour l’entre- prise et non pour partir vers un autre horizon profession- nel. Un message qui s’adresse d’ailleurs à chaque haut potentiel d’une organi- sation.sage à l’entrepreneuriat, à l’expatriation, à la direction de business unit... Mais dans tous les cas, ce questionne- ment est riche et trouve des réponses lors d’un Executive MBA », soutient Pascale Ber- thier, directeur du MBA de l’EM Lyon.rement aux formules secto- rielles, le positionnement des EMBA se porte logi- quement sur l’excellence du contenu. L’EMBA se légi- time pour de nombreuses raisons, aussi variées qu’il existe des virages de carrièreLa logique du MBA épouse aussi des besoins de forma- tion personnelle, celle de devenir par exemple un meil- leur gestionnaire après un background trop scientifique ou d’être capable, de façon intrapreneuriale, de déve-La quête de sens et l’envie de sortir de la masse, deux puissants moteurs du EMBA...de la formation continue à l’ESSEC. Plus classique- ment, les candidats expri- ment aussi le besoin de re- nouveler leur vision pour cultiver une ouverture sur de nouvelles opportunités business et professionnelles.L’ÉPANOUISSEMENT DU SENIOR ET LA QUÊTE DE SENS DU QUADRAPar ailleurs, les principaux besoins actuels des candidats s’expriment aussi dans le renforcement des dispositifs d’accompagnement person- nel durant ce parcours de haut vol. « La personnali- sation de l’accompagnement est de plus en plus poussée : série de rencontres avec des coaches dont le vivier se compose de dirigeants de grandes entreprises, de DRH également issus de grandes entreprises, d’intervenants de la London Business School, etc. Les candidats sont en demande d’être épau- lés pour concilier études et vie professionnelle », ex- plique Pascale Berthier. L’EM Lyon fait partie de ces institutions qui poussent cet accompagnement un cran plus loin. « Depuis octobre, nous avons élargi le dispositif carrière du MBA aux Exe- cutive MBA. D’autres ponts se sont d’ailleurs établis pour faire fructifier la for- mule. Nous avons fait le choix d’intégrer certains ef- fectifs de l’Executive MBA (les participants aux fast tracks, NDLR) aux partici- pants du MBA classique », poursuit la directrice. DesNon le MBA n’est pas qu’un outil d’outplacement. Il faut corriger cette erreurFabienne Autier, enseignante à l’EM Lyon, spécialiste des problématiques RH, décom- pose dans l’un de ses ou- vrages les différents âges professionnels. Si jusqu’à 30 ans, le collaborateur se situe dans une phase d’obli- gation et ne profite que d’une marge de manœuvre res- treinte, ce dernier, passé ce cap de la trentaine, rentre dans sa phase d’initiative. Dans cette logique impla- cable, la crise de la quaran- taine est synonyme d’une recherche de sens et d’aspi- rations profondes pour fairede perceptionntGeoffroy FrameryFAIRE COÏNCIDER LES INTÉRÊTS PER- SONNELS ET CEUX DES ENTREPRISESLa France regorge de plus de 250 programmes appelésou des dispositifs de pro- motion au sein des entre- prises. Le siège en cuir et le bureau de la direction ne sont pas les seuls objectifs. Ce type de formation cor- respond à une aventure in- térieure qui irradie l’entre- prise dans laquelle le parti- cipant souhaite évoluer. Car la prise en compte des vel-lopper une business unit. Les atouts de l’EMBA ? Le programme bouscule les cer- titudes. Les gens évoluent manifestement grâce au rap- prochement des programmes au plus près des aspirations personnelles des candidats. « Ce type de programme est de plus en plus modulaire. Nous sentons également queLes participants souhaitent également se sensibiliser aux problématiques internatio- nales et sociétales. « Le choix de la formation se justifie par une envie d’être sur- pris », poursuit le directeur de la formation continue de l’ESSEC. Cela dit, le rôle des écoles reviendrait à chan- ger l’image qui auréole cemissionsencommunso. ainsi confiées, ce qui permet aux participants de bénéficier d’un cadre le plus riche pos- sible à la fois multiculturel et inter-générationnel. Une manière de prouver que la génération Y prétendant au MBA peut collaborer avec les autres générations...64AVRIL 2016]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29RH & FORMATION Carrières & Talents - Exécutive Education, les programmes sur-mesureCo-construction de bon aloiLes programmes sur mesure permettent de changer le destin des entreprises en matière d’innovation.L es grandes écoles continuent de sé- duire les entre- prises. C’est l’idée que défend la Conférence des grandes écoles (CGE) avec à l’appui une étude réalisée par TNS Sofres en janvier et publiée le 16 mars dernier. Neuf re- cruteurs sur dix, d’après le sondage qui a interrogé un échantillon de 200 professionnels, en ont une opinion positive. Pour les RH, les moyens de séduction ne se can- tonnent pas qu’à la for-Il nous arrive de concevoir des solutions uniques de formation en établissant des campus éphémères, les pop-up campustance dans la stratégie de développement des grandes écoles et de l’im- pact dans les grandes en- treprises. Comment ces deux univers co-construi- sent-ils un programme ? Quelles finalités pour l’entreprise ? EcoRéseau Business a mené l’en- quête.lier le manque à gagner de la taxe professionnelle et de diversifier leurs re- venus. La Cour des comptes a d’ailleurs dé- claré que la hausse des frais de scolarité ne peut être la seule solution pour maintenir à flot ces na- vires de l’enseignement supérieur.mation initiale. La for- mation continue est éga- lement un levier puissant pour renforcer les liens entre entreprises et ac- teurs de l’enseignement supérieur. Dans ce mar- ché mature, un segment connaît un vif succès, ce- lui du programme sur- mesure.part grandissante reflète la stratégie actuelle de développement des grandes écoles. Elle cor- respond à plusieurs lo- giques. D’une part, tou- cher de nouveaux publics et d’autre part diversifier leurs revenus.En d’autres termes, en matière de développe- ment, les programmes sur-mesure sont une al- ternative à la fusion et un biais pour capitaliser sur leurs partenariats à l’étranger. La formule se multiplie effectivement dans les pays émergents et dans les groupes qui possèdent un ancrage lo- cal. Les grandes écoles jalonnent le monde de leurs programmes construits en partenariat avec les entreprises.Ces formations qui ne sont pas nouvelles sont désormais passées au peigne fin dans les fa- meux rankings du FT, preuve de leur impor-Dans ce pan d’activité, les programmes sur-me- sure ont également le vent en poupe. Ce déve- loppement des formations intra-entreprises s’ex- plique entre autres par la volonté des écoles de pal-Où se passera le prochain module de formation? Bali ou Rio?L’ESCP Europe avec les Maurice, Singapour ou 12 pays d’Afrique ou à cadres dirigeants de la les pays du Golfe avec Doha,SKEMAenAsie... banque nationale in- les dirigeants d’entre- La liste est longue. Et dienne, l’ESSEC à l’Île prises locaux, HEC dans les modes de développe-TOUCHER DES ENTREPRISES PARTOUT DANS LE MONDEFace à cette nécessaire évolution de leur business model, les grandes écoles font de la formation continue une nouvelle corde à leur arc de dé- ploiement.La formation continue n’est pas neuve, mais sa66AVRIL 2016]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Exécutive Education, les programmes sur-mesure RH & FORMATIONment aussi variés qu’il y a d’écoles.« Les programmes sur- mesure se déploient par- tout où nos clients ont besoin de se développer. Il nous arrive donc desituées au niveau local, nombreuses sont les écoles à développer ces programmes selon une approche multiscalaire. Ces programmes sur-me-LOGIQUE DE CERTIFICATIONET POLARISATION DES FORMATS Demeure la question de la construction bilatéraleconstruire qui soient compatibles avec le nou- veau cadre du finance- ment de la formation pro- fessionnelle », explique Thibaud Claudeville. Plu-créé par la CGE, fait par- tie du champ des possi- bles. Son contenu se compose de plusieurs modules spécifiques qui intègrent des compé-l’entreprise et le dépar- tement de formation continue. Evolution vers un nouveau métier, sou- hait de faire monter en compétences un vivier à potentiel... Les raisons peuvent être nombreuses. Le programme met à dis- position des moyens de renforcement et de re- connaissance des com- pétences. Le BADGE soutient un projet concret et opérationnel lié aux enjeux RH de l’entre- prise, tels que ceux consistant à anticiper lesStart-up fonds d’investissements et réseaux sociaux dédiés aux « edtech » (eduction technology),... la formation continue connait sa révolutionsure peuvent d’abord se d’un programme sur-me- sieurs options se présen- destiner au siège histo- sure. « Nous observons tent. Parmi celles-ci, le rique pour se déployer une demande en augmen- programme BADGE, cy- aux filiales ou toucher tation de programmes à cle professionnalisant, une filiale qui, grâce autences de savoir, savoir- être, savoir-faire et « sa- voir-faire faire » élaborés en collaboration avecsuccès rencontré, fera re- monter l’intérêt de la for- mation à d’autres filiales ou au siège. Parfois même, les solutions épou- seront immédiatement un rayonnement internatio- nal. Tous les coups sont permis.concevoir des solutions uniques de formation en établissant des campus éphémères, ce que l’on appelle des pop-up cam- pus », explique Jean-Ma- rie Ardisson, en charge des programmes sur-me- sure de l’ESSEC Execu- tive Education. Autre dé- marche, celle de l’EDHEC qui, dans la li- gnée des universités d’en- treprises, a développé la formation continue en concevant il y a une di- zaine d’années l’EDHEC Risk Institute, centre de recherche et de formation en finance. Chaque école capitalise donc sur sa marque et l’étendue de son réseau. Si les écoles de bas ou de milieu de tableau vont davantage s’adresser aux entreprisesDRAGUER LES ENTREPRISES : COMMENTÇA MARCHE ?Le marché est très concurrentiel. Mais les écoles, pour séduire les entreprises, misent sur les liens serrés qui les lient. Les chaires de re- cherche et/ou d’ensei- gnement constituent une porte d’entrée pour un autre type de collabora- tion renforcée entre les deux entités. Il en est de même avec les partena- riats en tous genres, le réseau des alumni et toutes les relations qui mobilisent les fonctions RH des entreprises au- près des grandes écoles. Par ailleurs, la plupart des écoles ont aussi créé leur service dédié. Une manière efficace de ré- pondre aux appels d’of- fres internationaux. « Plusieurs moyens sont à notre disposition pour travailler avec les entre- prises : la réponse clas- sique à appel d ‘offres ou cahier des charges, les liens de proximité qui nous permettent de dé- tecter des besoins, la prospection commerciale ciblée issue de notre veille stratégique », ex- plique Thibaud Claude- ville, Directeur Solutions Entreprises emlyon bu- siness school.AVRIL 201667]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29RH & FORMATION Carrières & Talents - Exécutive Education, les programmes sur-mesuredifficultés de recrute- ment, à promouvoir en interne ou à fidéliser les hauts potentiels. La lo- gique de certification voire de diplomation se fait plus pressante. Si le BADGE permet de conci- lier des cycles courts de formation, il peut aboutir également à l’obtention d’un Mastère spécialisé (MS) suite à plusieurs badges qui de façon co- hérente correspondent à ce type de programme. Autre tendance de fond observable, les pro- grammes sur-mesure se polarisent. Avec d’une part des formats touchant à l’opérationnel ou à des mono-sujets qui connais- sent un raccourcissement de leur format, et d’autre part des programmes plus longs qui peuvent s’éten- dre sur un an voire plus et cristallisent l’accom- pagnement au change- ment des entreprises par les grandes écoles. « No- tre métier consiste à faire du design et à assembler les compétences : com- prendre le contexte his- torique récent et ce que veut être l’avenir de l’en- treprise. Chaque entre- prise possède sa méthode, héritée d’une culture qui lui est spécifique. Par exemple, les entreprises ne possèdent pas toutes la même vision du lea- dership. Pour certaines, ce sera l’occasion de tra- vailler avec Saint-Cyr, de travailler dans l’in- connu, de diriger une équipe dans des condi- tions parfois extrêmes. Mais pour d’autres, le travail sur ce savoir-être prendra tout son sens avec un chef d’orches- tre », note Jean-Marie Ardisson à l’ESSEC.mais aussi sur des pro- gie, anciennement GDF rateurs. Le terrain de l’ac- blématiques d’accompa- Suez, a recouru aux sé- compagnement au chan-Guillaume Soenen, pro- fesseur de stratégie, concepteur du pro- gramme sur-mesure In- novation for Growth à l’EMLyon Business School. Le discours des écoles met en exergue une volonté de change- ment plus que le seul an- gle de la montée en com- pétence ou de la forma- tion. « Innovation for Growth n’est pas un pro- gramme de formation mais un engagement deplète Guillaume Soenen. Dans ce cas précis, l’es- sence du programme re- vient à recruter des start- up et à ensuite lancer en immersion les cadres par- ticipants à cette formation dans cet écosystème de fait plus agile. Un process qui semble faire des émules.gnement au changement minaires «Coup de gement semble donc in-Les programmes sur mesure, outils d’excellence pour l’accompagnement au changementdes entreprisescarner un terreau fertile à l’expertise des grandes écoles. « Inno- vation for Growth répond à l’attente des directions des grandes entreprisesACCOMPAGNERLE CHANGEMENT AU SEIN DES ENTREPRISESLe sur-mesure épouse aussi d’autre contours. La démarche repose sur un processus dialogique entre l’entreprise et l’équipe de l’école afin de corréler l’ingénierie pédagogique aux besoins de l’entreprise, qui repo- sent non seulement sur des enjeux de formationla seule logique de for-mation pour notammentpermettre aux grandes pour les salariés. Une ne valide pas un rapportedes structures. Le prin- cipal enjeu ? L’analyse du contexte interne et ex- terne et l’identification des objectifs pour lesPousse » de SKEMA pour développer un esprit intrapreneurial. L’idée de ce type de programme est bel et bien de dépasserLE BLENDEDAU SERVICEDU SUR-MESURE L’apport des technologies et les nouvelles manières d’enseigner aux cadres expliquent aussi le succès de ces programmes sur- mesure. Nombreuses sont les écoles à travailler se- lon les méthodes de blen- ded learning ou de l’ac- tion learning. « Nous avons beaucoup pro- gressé sur la manière de dispenser de la formation à distance. Notre offre distancielle est plus riche, plus interactive et permet un trafic en boucle pour échanger entre les ensei- gnants, intervenants et participants », précise Jean-Marie Ardisson. La technologie permet éga- lement de rendre les for- mats plus flexibles en ré- pondant à la probléma- tique de mobilité profes- sionnelle des cadres, qui peuvent se former sans pour autant s’astreindre au présentiel pur et dur. Toutefois la technologie n’est pas seulement an- nonciatrice de bonnes nouvelles. La concur- rence pour ce marché mondial ne cesse de s’ac- croître. Outre les cabinets tels que Bain ou le BCG qui dispensent de la for- mation exécutive depuis des années, de nouveaux acteurs émergent tels que LinkedIn dont le cœur de métier s’érode, avecPorter l’innovation grâce au sur-mesure, pas si évident...convertir en sessions de formation. « 70 à 75% des demandes de forma- tions tournent autour des thèmes du changement et de la transformation, ex- plique Jean-Marie Ardis- son. Notre rôle revient à aider les organisations à accélérer le change- ment voulu. Les de- mandes sur les forma- tions fonctionnelles (mar- keting, supply chain, fi- nance) sont beaucoup moins nombreuses. » Dans cette optique, En-qui exigent des pro- grammes avec impact forttransformation porté col- lectivement. Le “comdir”structures de retrouver une agilité, afin de redy-nécessité au regard du constat dressé par lesde formation. Il donne l’impulsion à cette de-le rachat de la plateform. professionnelle Lynda.com ou encore des start-up et des fonds d’investisse- ments associés spéciali- sés dans les « edtech » ou technologies de l’édu- cation. Les prémices d’une révolution de l’en- seignement exécutif ?Il nous arrive de concevoir des solutions uniques de formation en établissant des campus éphémères, les pop-up campusnamiser les leviers de économistes, gestion- mande d’engagement. Le croissance en interne en naires et entreprises graal de la formation, misant sur l’esprit d’en- d’augmenter la R&D et c’est d’aboutir à une treprendre des collabo- l’innovation », explique transformation », com-Geoffroy Framery68AVRIL 2016]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29RH & FORMATION Carrières & Talents - Pourquoi les ingénieurs français ont la cote à l’étranger«LUn « produit » qui s’exporte bien ! Les écoles hexagonales détiennent quelques recettes spécifiques que les autres n’ont pas...a France ? Ugo Vollmer, lui, en re-cadres (APEC) –, ils sont nombreux à démar- rer leur carrière hors des frontières. Aujourd’hui, 120000 ingénieurs tra- vaillent à l’étranger. Soit 16% des effectifs. Et les premiers à sauter le pasJe saisvient. Ce jeune diplôméde l’école des Ponts-Pa-ris Tech est en « standby » à Paris, le tempsde finir son diplôme. Unemploi l’attend dans unestart-up de San Fran-obtenu à l’école des cisco. Le salaire à la sont les jeunes. Pour au-comment ça marche », résume Julien Ravinel. Résultat : ce jeune diplômé n’a donc pas résisté à l’appel du large, sitôt son diplômeNos diplômés savent partir d’une page blanche et conceptualiser quand les Allemands excellent à améliorer une technique existanteMines de Nancy. Pre- mier stop à Nuremberg, aux couleurs d’Adidas. Dans quelques semaines, sa nouvelle adresse sera à Amsterdam, toujours pour la marque à trois bandes. Et après, pour- quoi pas les Etats-Unis ?clé : 90000 dollars, soit 81000 euros. Peu im- porte la vitalité du mar- ché de l’emploi en France – le taux d’em- ployabilité un an après la sortie des études est de 90%, d’après l’Asso- ciation pour l’emploi destant, on est loin d’un raz-de-marée. L’école des Ponts-Paris Tech af- fiche un taux de départ de 37% pour la promo- tion 2014, contre 27% un an auparavant. Aux Mines de Nancy, les taux s’affolent, avec un picNul besoin d’exceller en anglais, le langage ingé- nieur est universel...L’EUROPE EN TÊTEEt le dépaysement n’est pas toujours de mise. Selon la dernière en- quête de l’Observatoire des ingénieurs et scien- tifiques de France (IESF), plus de la moitiéQuelle que soit l’organisation des cinq ans d’études, les programmes généralistes balaient toutes les disciplines scientifiquesà 45%. A la sortie del’ESTACA, un diplômésur quatre s’insère àl’étranger. D’un établis-sement à l’autre, les sta-tistiques sont variables.Toutes les écoles fontétat d’une poussée mi-gratoire enregistrée aucours des cinq à huit des emplois à l’étrangerL’Allemagne est dans le top five des destinations. Diplômée de l’Ecole des Mines d’Albi en 2014, Elisabeth Chassevent a d’abord été recrutée par une société française – Faurecia – avant de l’être par une société 100% allemande – Wit-dernières années. Au- jourd’hui, les flux sem- blent se stabiliser, mar- quer un palier. « Nos écoles n’ont pas voca- tion à tous les envoyer évoluer à l’étranger », s’enflamme Jean-Paul Ramond, directeur des études aux Mines d’Albi.se situent en Europe. Au premier rang, on trouve... la Suisse. Les États-Unis ont long- temps tenu cette pre- mière place. Rien que dans la Silicon Valley, on compte 20000 ingé- nieurs français – le nu- méro 2 de Google est Français, par exemple.tenstein. Elle est la seule Française sur son site, qui compte 100 salariés. Au consulat de France sur place, elle s’est en- tendu dire : « Les res- sortissants français en Allemagne sont soit in- génieurs, soit cuisi- niers ! » La ventilation par pays varie selon les70AVRIL 2016]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Pourquoi les ingénieurs français ont la cote à l’étranger RH & FORMATIONécoles. A l’issue de l’Université technolo- gique de Compiègne (UTC), l’Europe capte les trois quarts des jeunes globe-trotters. Amathématiques finan- cières la City de Londres – même en période de crise. L’aéronautique mène facilement en Al- lemagne, dans les ser- vices d’EADS. Sa spé- cialité en transport fer- roviaire a conduit Va- lentin Dorigny, chez Bu- reau Veritas, à la Chine.les « Frenchies » peu- vent se vanter d’avoir mis en place tel point... Et c’est sans compter l’implication de profes- sionnels dans les cursus. A l’Ecole d’ingénieurs en génie des systèmes industriels (EIGSI), ils assurent 70% des ensei- gnements des domi- nantes. Deuxio, l’hyper- spécialisation n’est pas de mise. Classe prépa- ratoire intégrée ou non, quelle que soit l’orga- nisation des cinq années d’études, les pro- grammes généralistes balaient toutes les dis- ciplines scientifiques. Le socle est solide, avant d’attaquer une colora- tion, voire une domi- nante. La capacité à avoir une vision trans- versale est inscrite dans l’ADN de l’ingénieur français. « Et l’innova- tion est au cœur de leurs savoir-faire, note Pas- cale Ribon, à la tête de l’ESTACA. Ils savent partir d’une page blanche et conceptuali- ser. A la différence de l’ingénieur allemand, plus fort pour améliorer une technique exis- tante. » Mais surtout pour parvenir à ce ré- sultat, les écoles d’in- génieurs ont procédé à une mutation génétique du cursus, rendant in- contournable l’ouverture internationale. Avec des doubles diplômes – l’INSA Strasbourg en compte 12 ; un tiers des diplômés de Centrale Marseille en ont ; ceux de Centrale Paris ont euDES POINTSFORTS INDÉNIA- BLES« Les diplômés chinois sont excellents en calcul, souligne Etienne Ar- noult, directeur de la for- mation et de la pédago- gie de l’Université tech- nologique de Compiègne (UTC). Cela ne fait pas d’eux de bons éléments en entreprise. Les situa- tions vécues sur le ter- rain n’ont rien à voir avec les cas d’école. » Quels sont donc les in- grédients qui font la dif- férence ? Trois atouts sont dans les mains des jeunes ingénieurs trico- lores. En chœur, les res- ponsables de filière ré- pondent : la pratique, et encore la pratique. « 20% du cursus est dé- dié à la dimension pro- fessionnelle, avec des stages obligatoires, dé- taille Jean-Michel Ni- colle, directeur de l’Ecole Polytechnique féminine (EPF). Partout ailleurs, la porosité en- tre les études et le monde économique est bien moins développée. Notre modèle est assez atypique sur la scène mondiale. » Au lieu de dire « j’ai eu un coursjourner trois voire six mois à l’étranger depuis 2007. L’inter-culturalité est d’office au pro- gramme, et n’est pas une découverte une fois le jeune diplômé sur le marché de l’emploi.baisse à venir. Nombre de pays cherchent en ef- fet à dupliquer le modèle français. Déjà, il y a dix ans, la Chine a demandé aux écoles centrales de France de développer une réplique, locale- ment, à Pékin. On parle de politique off shore. L’Australie s’en inspire, prenant de la distance avec le schéma d’exper- tise (mono)disciplinaire en vigueur dans lemonde anglo-saxon. Ma-Polytechnique, Amé-rique du Nord, Europeet Asie arrivent à égalité,chaque zone pour untiers. Tout dépend desspécialités. Un focus surles nouvelles technolo-gies intéresse les entre-prises californiennes, les sur tel ou tel point », pour obligation de sé-DES INTERROGA- TIONS SUR L’AVE- NIRQu’en sera-t-il de l’at- tractivité future ? A l’EPF, on parie sur uneQuelle que soit l’organisation des cinq ans d’études, les programmes généralistes balaient toutes les disciplines scientifiquesthieu Le Traon, d. des relations internatio- nales de Polytechnique, temporise. Pour lui, il s’agit plus « d’effets d’annonce », sans rien de réellement concret à la clé... pour une concurrence frontale. A vos passeports.Murielle WolskiirecteurAVRIL 201671]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ART DE VIVRE & PATRIMOINE La Sélection culturelleChoix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucuneLivres - BDn De L’Oréal à Lhassa, itinéraire d’un iconoclastePeut-on mener une car- rière professionnelle de haut niveau tout en pour- suivant un itinéraire spiri- tuel authentique ? Dans son parcours atypique et étonnant, Robert Salmon semble y être arrivé. Pour L’Oréal, il a consacré plu- sieurs années à conquérir des marchés difficiles d’ac- cès, lointains ou exo- tiques. Marqué dans sa jeunesse par un périple en Inde, il s’est toujours ef-forcé d’atteindre l’équilibre le plus harmonieux possible entre la réussite dans son métier et sa quête intérieure. Livre papier : 19,00 €n Coup de cœur pour Les Jours AreuhCe récit semi-autobiographique a fait chavirer d'émo- tion les mamans et papas de notre Rédaction. Ce tête-cruel ; il se remémore également les moments d'an- goisse de l'accouchement prématuré. De nombreux passages nous ont profondément touché, en voici un tout petit extrait : "Vois du monde en visitant le monde. Apporte-lui ta petite pierre, ça lui fera du bien et à toi aussi". Une comptine, qui entre l'anecdotique et l'onirique, l'humour et la poésie, pose un regard sur le monde et le redoutable bonheur d'être père.n Coût... Franc : les sciences économiques ex- pliquées par le foot (par Pierre Rondeau, éd. Bréal, 2016)Et si les sciences économiques et sociales étaient expli- quées dans leurs fondements par l’exemple du foot- ball ? Les gens ont souvent tendance à oublier que ce sport universel regroupe aussi des individus d’uni- vers différents (joueurs, coachs, dirigeants, sup- porters, médias, pouvoir politique) et constitue donc un laboratoire inté- ressant et évolutif de la so- ciété capitaliste moderne. En se basant sur le pro- gramme de terminale ES ainsi que sur les notions étudiées en première et deuxième année d’université, Pierre Rondeau, profes- seur d’économie à l’Université Panthéon-Sorbonne qui publie souvent sur le sujet dans la presse, offre une possibilité unique de comprendre le monde moderne et ses problématiques à partir d’un exemple simple et connu de tous. Pourquoi Zlatan Ibrahimovic gagne-t- il 17 millions d’euros par an alors que le salaire moyen en France n’est que de 28 000 euros ? La science éco- nomique offre-t-elle des solutions et des outils pour corriger ces inégalités ? Ne peut-on pas supposer quele foot promeut un idéal de justice sociale et de solida- rité collective ? Ce membre des clubs Sport & Démo- cratie et Football & Stratégie cherche à répondre à toutes ces questions et bien plus encore. Les lycéens en sciences économiques et sociales, étudiants de premier cycle universitaire mais également tous les passionnés de football sauront apprécier ces lignes, aussi divertis- santes qu’instructives.n La discipline sans drame (par le Dr Daniel Siegel et Tina Payne Bryson, éd. Les arènes, 2016)Le pape de l’éducation positive Daniel Siegel, diplômé de l’Ecole de médecine de Harvard et auteur de publi- cations scientifiques renommées, a décidé de récidiver.Après le succès du best- seller le Cerveau de votre enfant, le profes- seur de psychiatrie à la faculté de médecine de l’université de Califor- nie replace le curseur. La parentalité positive s’est tellement imposée que souvent les mères et pères n’oseraient plus poser de règles. Or, pour le codirecteur du centre de recherche de la pleine conscience, ilne s’agit en aucun cas de laisser l’enfant faire ce qu’il veut. Au contraire, la discipline et l’intériorisation du « non » sont indispensables pour l’aider à construire son cerveau. Les méfaits de la punition et de l’agressi- vité sont rappelés, quand la connexion à l’enfant et la compréhension sont décortiqués. Instructif, même pour ceux qui ne sont pas parents, notamment à tra- vers les 100 dessins, BD et misses en situation.à-tête etsilencieuxhomme de 50 ans et son bébé de 3 mois né préma- turément nous fait vivre leur relation en toute inti- mité, ponctuée de rires et de larmes. Les mots de Francois d'Epenoux sont justes, touchants, ten- dres, poétiques. Ce père livre à son petit Oscar toutes ses appréhensions pour sa vie future dans un monde beau mais aussiExpodialogue entre unn « Personna, étrangement humain », Quai Branly, Paris, 26 janvier au 13 novembreLe Quai Branly fête ses dix ans cette année. Même si la fête n'a pas encore battu son plein, le musée dédiéaux arts primaires, legs de Jacques Chirac, ouvre ses portes à la notion de la présence, aux frontières entrel'animé et l'inanimé, à la conception de l'humain.Imaginez... Devant vous, des formes géométriques s'animent sur un fond blanc. Surtout ne lisez pas les no-tices explicatives. Vous constaterez très rapidement que votre esprit vous joue des tours. Dans la même veine,une expérience filme quelques personnes privés de la vue et de l'ouïe pendant 48h. Le résultat est riche enenseignements. Et la réaction des personnes étonnante...voire hallucinante...La réflexion de l'exposition porte aussi sur les objets et notre perception de ces derniers. Des arts primairesen passant par les robots, les anthropologues posent la question de l'humain. Pourquoi aimer son doudou,redouter les automates de cires et les zombies et trouver étrangement saisissant le bunraku – l'art de la ma-rionnette japonaise - ? A cette question, le commissaire de l'exposition nous invite dans la théorie de MasahiroMori qui conceptualise la vallée de l'étrange et le rôle de l'anthropomorphisme dans les artéfacts. En d'autre termes, un objet très ressemblant à l'homme nous effraiera s'il ne possède pas tous les mouvements anodins qui nous animent : frémissement, clignement des yeux, etc., parce que le corps, même immobile, ne tient jamais en place. Les œuvres proposées nous questionnent jusqu'à l'idée même de la divinité par quelques créations coréennes qui sollicitent la robotique pour réinventer le Bouddha.En définitive, une exposition didactique au possible remplie de curiosités, aussi riche que dérangeante qui peut heurter les plus jeunes et/ou sensibles. Une réussite qui risque de vous faire parler pendant de nombreux apéros.72AVRIL 2016]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frL’Air du temps - La bande-dessinée, support roi des sujets complexes ART DE VIVRE & PATRIMOINE Etude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovationsCerveau en « é-bulles-ition »L Le neuvième art booste le journalisme et décrypte des sujets jugés trop complexes, grâce à ses spécificités.a BD, miroir de nos les garçons », se souvient d’œuvres pour adultes a été mœurs ? Au regard Jean-Pierre Nakaché, li- rendue possible grâce à de son histoire et braire des Bulles en Tête. l’émergence dans les annéesde l’évolution des genres Par essence attractive et bé- 1990 de maisons de diffu-ces dernières décennies, nous pourrions répondre à cette question par un oui franc et massif. En atteste d’abord la vocation origi- nelle des différents types de BD. Le manga fut créé en tant qu’outil de propa- gande au service de l’em- pire. De même pour le co- mics américain. Captain America et Superman étant deux symboles évidents de la politique du gros bâton alors à l’œuvre. Même can- tonnées à l’entertainment, les BD n’en demeurent pas moins un art mouvant por- teur de messages. Au fil du temps, les superhéros ont aussi vu leur personnage évoluer : Green Lantern, d’abord caucasien, a pris les traits d’un Afro-Améri- cain. Et aujourd’hui, l’uni- vers de ce panthéon contem- porain se dote pour la pre- mière fois de son histoire d’une héroïne de confession musulmane. Si en France, nos madeleines sont d’abord venues de Belgique, la BD, au fil des années est devenue un vecteur à part entière de nos changements sociétaux. « Rappelons que la BD à ses origines en France était très “genrée”, c’était une BD d’aventure faite pournéficiant d’une trame nar- rative rythmée grâce à sa mise en page et la liberté qu’offrent les phylactères, la BD développe aussi ses propres codes pour étonner sur des sujets sérieux, sul- fureux et complexes : éco- nomie, philosophie, poli- tique, société. Mieux même. Le support rend cristallins l’enquête, le reportage et le documentaire et vulgarise sans dénaturer la substanti- fique moelle d’idées et de concepts, de prime abord abscons pour nos esprits. Photographie des dernières tendances de la pensée par les bulles.Le prochain bestseller ? Le burnout de ierry et le bien-être au boulot...sion sorties de leurs ornières underground ou ayant pris le relais des maisons alter- natives, à l’image de l’As- sociation ou de Cornélius au côté du géant Dargaud. « Les lectorats se sont mul- tipliés à mesure que les sous-genres se sont déve- loppés : BD, romans gra- phiques, enquêtes, mangas, documentaires, etc. Au- jourd’hui, nous assistons à une nouvelle segmentation centrée sur le réel avec les ouvrages de vulgarisation économique, philosophique ou mathématiques. “Logi- comix” se veut être une his- toire qui questionne les fon- dements mathématiques. Dans la même veine, “Eco- nomix” reprend les grands principes de notre économie capitaliste pour en montrer les déviances et les dys- fonctionnements », cite Jean- Pierre Nakaché. Une BD en bâtonnets a également été mise en ligne pour ex- pliquer le mécanisme des subprimes. Un régal ! Nous vous l’assurons. Révolue donc l’époque où l’on ju- geait la BD prisonnière de ses préjugés vulgarisateurs. Elle traite aujourd’hui de sujets lourds et autorise des degrés de complexité in- croyables comme en té- moigne le prix MacArthur décerné à Allison Bechdel, pour son « Fun Home », avec une bourse de 500000 dollars délivrée en récom- pense de l’œuvre léguée à l’humanité. Autrefois attri- bué à des médecins, musi-SUBJECTIVISME ET CRÉDIBILITÉAvec son « Palestine, dans la bande de gaza » ou encore « Soba, histoire de la Bos- nie », le journaliste Joe Sacco s’est rapidement taillé une réputation de pape de l’enquête en bande dessinée. Récompensé à de nom- breuses reprises pour son travail qui n’a visiblement pas d’équivalent dans les mondes de la presse et de la BD, Joe Sacco a égale- ment ouvert la voie à une nouvelle forme de journa- lisme empreinte d’aventureet de récit graphique. Le genre d’ailleurs connaît au- jourd’hui un succès gran- dissant. Autre exemple celui d’Albert Drandoy, collabo- rateur au Canard Enchaîné ou encore à Charlie Hebdo,Plus récent, le trimestriel XXI accueille dans ses pages une enquête dessinée à chaque numéro. Surtout, la Revue Dessinée s’est im- posée en trois numéros dans le paysage éditorial français.le temps.« A l’origine nous sommes dessinateurs, c’est le voca- bulaire que nous maîtrisions le mieux. Les mariages au- jourd’hui se font très bien. Mais surtout, nous récon-La BD ferme ce robinet d’eau tiède, ce flux d’infos sans intérêt qui polluent notre quotidien, pour mettre en valeur l'enquêtequi a fait également ses armes en tant que journaliste scénariste de BD avec son fameux « Amiante, chro- nique d’un crime social ».L’idée ? « Nous voulons fermer le robinet d’eau tiède, se débarrasser de ce flux d’infos sans intérêt qui polluent notre quotidien tout en cultivant l’idée et l’ob- session de ne jamais oublier les sujets essentiels », nous explique Franck Bourgeron, directeur de la publication. Face à une presse formatée, le reportage graphique s’émancipe donc pour ac- coucher d’un nouveau jour- nalisme où les possibilités plastiques permettent des dosages différents et un sens du détail qui s’en trouve enrichi. Et à l’image d’un orchestre où les cordes ré- pondent et dialoguent avec les bois, le texte et l’image se parlent pour immerger le lecteur dans le lieu et le temps réel de l’enquête, avec des allers-retours danscilions les gens avec l’en- quête, sur un format origi- nal, et cela permet d’obtenir une approche où nous gar- dons la maîtrise du temps. C’est d’autant plus impor- tant que les sujets com- plexes, politiques, écono- miques, sociaux... exigent cette maîtrise du temps. Un sujet est traité dans une du- rée oscillant entre un et six mois. Notre approche ne se veut pas objective, elle en- gage une singularité jour- nalistique et créative », note le directeur de cette publi- cation née en 2013.CinémaLe Biopic au service de la complexitéLe cinéma aussi se frotte au sérieux et rébarbatif mais différemment. Si « The Big Short » a attiré les foules dans les salles malgré un film centré sur les subprimes, c’est en partie grâce à un casting sur-mesure, à sa dimension biopic et à un teasing qui pouvait nous rappeler « Ocean’s Eleven ». C’est peu ou prou la même recette utilisée pour expliquer la naissance de l’informatique moderne avec « The Imitation Game », film qui donne autante d’importance à la petite histoire d’Alan Turing qu’à la Seconde Guerre mondiale. Le 7 artse penche même sur l’entrepreneuriat, les gros sous et les différends entre associés avec le récent huis clos « Steve Jobs ». Le biopic devient ainsi un genre où l’on peut parler de sujet sérieux, complexes voire ennuyeux sans pour autant barber le spectateur. Reste que selon certains spécialistes du genre, le biopic ne serait en aucun cas un documentaire prétendant à l’objectivité. Il serait le point de vue du réalisateur selon des stratégies narratives et des modalités esthétiques influencées par des catégories et constructions culturelles et sexuelles existantes. Une raison qui expliquerait l’engouement pour « Bra- veheart » relatant la vie de l’indépendantiste écossais William Wallace ou pour lesrécents biopics relatant la vie de grands couturiers.rix aQUAND LE SÉRIEUX SE SERT D’UN ART MOUVANTLes BD sérieuses sont donc devenues monnaie courante, mais surtout créent des émules. Cette floraisonciens, chercheurs, le p. été décerné à l’auteure d’une BD considérée comme un des meilleurs livres auto- biographiques, redessinant les contours du genre. Un must. Et aussi la preuve que l’art peut mobiliser M. Tout-le-Monde sur des su- jets de premier ordre.Geoffroy FrameryAVRIL 201673]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsSélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivitéL’esprit parisien, nouvel écrin à bijoux et accessoiresCe talent unique dont seule la pari- sienne a le secret, ce « Je ne sais quoi » concoctant ainsi la touche « waouh » qui donnera à tous ses beaux basics une vraie dimension mode, est sublimé dans cet écrin à bijoux niché dans le Marais. Elodie Cohen, plasticienne, y expose ses créations, tout comme d’autres créateurs partageant la même phi- losophie éthique, qui rend chaque pièce unique et pourtant très acces- sible, les prix oscillent entre 30 et 500 euros. 28, rue de Sévigné 75004 ParisCollection capsule Vivienne WestwoodEn exclu au Front de Mode, ces fabrica- tions archi-colorées Made with Love in Kenya, ont été pen- sées par la célèbre styliste anglaise Vi- vienne Westwood. Ces sacs faits mainutilisent des matériaux recyclés et sont confec- tionnés par des communautés de femmes afri- caines. La styliste célèbre ainsi sa 10ème saison de collaboration avec le Programme de Mode Ethique du Centre International du Commerce qui lutte contre la pauvreté. Front de Mode : 42 rue Volta 75003 ParisLa marque horlo- gère française Mi- chel Herbelin revisite, au- jourd’hui, son mo- dèle iconique. Légèrement agrandi avec un diamètre de 38,5 mm contre 37 mm auparavant, le boî- tier arbore désor-Horlogerie & JoaillerieOris livre une version moderne de son célèbre modèle Artix SkeletonDernière née de la gamme Artix, la Oris Artix Skeleton dévoile un mouvement mécanique squelette noirci avec un traitement galva-nique qui permet à Oris de proposer une réinterprétation audacieuse,élégante et moderne. La taille de ce modèle a été attentivement étu-diée par les ingénieurs Oris. En effet si la version originale de l’Artixproposait un diamètre de 42 mm, ce nouveau garde-temps contem-porain n’en fait que 39. La nouvelle Oris Artix Skeleton est un mélange intemporel des valeurs horlogères traditionnelles et d’un design contemporain. Cette pièce respecte l’engagement de la Maison à ne proposer que des montres mécaniques à des prix accessibles.www.oris.chEnlacement avec H. GringoireEn entremêlant la pureté de l’or et la brillance du diamant, le joaillier H. Gringoire signe une nouvelle ligne de bagues aux courbes sensuellement précieuses. Paré de tons diffé- rents, l’or chatoyant teinte de multiples nuances les rubans de diamants, pour un effet de style des plus hypnotiques. Ponctuelles dans l’élégance, ces bagues traverseront les sai- sons sans prendre une ride...Bagues entre 2950 euros et 3790 euros.www.h-gringoire.comMode & Accessoires Coppélia Pique,collection passionnéeLa collection Prêt-à-porter Automne-Hiver 2016/2017de Coppélia Pique met à l’honneur les mythes univer-sels des amours empêchées. Ce cycle débute par lanaissance ovoïde de l’Amante. L’affirmation de lafemme la conduit à devenir dragon, puis figure déifiée.L’idée de transpercement travaillée ici de façon méta-phorique se retrouve dans les jeux de découpes et d’incrustation de ma- tières. Les étoffes luxueuses se marient à des touches très contemporaines de tissus techniques sportswear. Les coupes s’inspirent des tenues d’officiers et des vêtements d’apparat, tandis que les asymé- tries de forme se conjuguent aux couleurs vibrantes tels le vermillon, l’indigo et le vert mordoré, alliés au classicisme du bleu nuit, du gris et du noir. Un univers coloré révélé par l’éclat de l’or.Nouvelle allure pourla NewportFred Perry, Reissues collectionCette collection emblématique continue à être un classique qui transcende les tendances. Inspirée directement des archives "styles" de Fred Perry, cette ligne est un perfec- tionnement d'elle-même saison après saison. Depuis plus de soixante ans, on ne se lasse des polos brodés d'une couronne de laurier. Un incontournable sports- wear chic dans notre garde robe !fredperry@lifestyle.frLa boutique-trésor de l’Opéra de ParisLa Galerie de l’Opéra de Paris se fait l’écrin de plus de 3000 références ayant trait à l’art lyrique et au ballet. Emerveil- lement garanti face à ces souvenirs d’enfance, ces petits ca- deaux, ces livres et autres objets culturels. Côté Mode, les tenues des danseurs côtoient les tenues du soir. Un lieu à découvrir ou re-découvrir, qu’on sorte ou non d’une repré- sentation !www.coppeliapique.com© David Tergeminamais une carrure tout en courbe. Il dévoile un cadran qui délaisse le bleu traditionnel pour un blanc laqué. Plus imposants, les index appliqués à la main, évoquant une coque de bateau par leur forme fuselée, sont recouverts d’une matière luminescente, pour une lisibilité optimale. Omniprésente à 12 heures, une roue de marine finalise l’es- prit nautique de ce garde-temps, étanche à 100 mètres. Le bracelet en cuir de vachette gris, bombé au centre et rehaussé d’une double surpiqûre orange, confère à cette Newport un style contemporain et sportif. Prix de vente conseillé : 475 euros.Fragonard "InspirationMexique"Pays aux mille visages, le Mexique regorge de ri- chesses. Agnes Costa et son équipe sont partis à sa dé- couverte. Un voyage itiné- rant au cours duquel ils ont trouvé trouvé une créati- vité, un savoir-faire ances- tral, un artisanat qui les a enchanté. Un esprit joyeuxet coloré que la Maison Fragonard a eu envie de vous faire partager dans sa collection Mode & Intérieur. Nous vous présentons ici le Kaftan "Pepita", 100% coton imprimé, 40 euros.www.fragonard.com74AVRIL 2016]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsVins & SpiritueuxUn Côte de Nuits-VillagesincontournableEn rouge et en blanc, autour du pinot noir et du chardonnay, les Côte de Nuits-Villages sont, « sans truquage ni fanfreluche ». Le Pinot noir donne le meilleur de lui-même. De superbes reflets pourpres allant vers le grenat intense, des arômes de cerise, de cassis et de groseille, nuancés par des notes d’épices et de sous-bois annoncent rondeur et texture en bouche. Les Vieilles Vignes 2013 du Do- maine Chopin & Fils ont un nez fruité. Après une attaque souple, la bouche se révèle ample et solide jusque dans sa finale.. Accords culinaires : Viandes rouges ou blanches grillées ou rôties, gibiers à plumes et fromages fins. Prix de vente départ cave : 15 euros.Champagne Papa !Pour la fête des Pères, la Maison Pierre Mignon a sélectionné le Blanc De Blancs Grand Cru. L’approche visuelle est sobre et élégante, les bulles raffinées tendent sur l’or pâle et incitent à la dégustation. C’est un Champagne émouvant qui nous entraîne d’emblée dans un uni- vers aromatique exaltant. Arômes subtils de pomme, de poire, d’agrumes, assortis de touchantes nuances de fruits exotiques, c’est un voyage olfactif, une promesse..A déguster à l’apéritif ou lors du repas, avec un bar au citron par exemple. Tarif public conseillé : 30 €(35€encoffret)www.pierre-mignon.comUn Beaujolais Blanc pur plaisir !Le Domaine de Botheland illustre la nouvelle génération de vignerons soucieux de respecter la tradition du terroir. Laurence et Rémi Dufaitre font partie de ceux-là. Installés à Saint-Etienne-des-Oullières depuis 2001, sur la rive droite de la Saône, ce jeune couple produit des vins ex- ceptionnels. Cette cuvée 100 % Char- donnay en AOC Beaujolais-Villages Blanc est une pure source de plaisir !Le millésime 2015 donne à déguster des arômes de fruits à chair blanche. Il se dégustera autour d’un poisson ou à l’occasion d’un apéritif entre amis ou en famille. Prix conseillé : 14€.www.rhonetourisme.comLa Truffière 2013, un bel avenir !Ce vin présente une robe de couleur grenat aux reflets pourpres. Le nez est riche et complexe, avec une très belle concentration. On y trouve des arômes de fruits noirs (mûres et cerises noires) qui prédominent. En bouche, se révèlent des tanins soyeux, encore serrés. Ce vin est riche, puissant et d’une grande complexité, augurant un bel avenir. Date de consommation conseillée : de fin 2016 à 2021. Accords mets et vin : gibiers à poil, canard, rognons de veauen sauce, daube...www.domainedegrangeneuve.frA la découverte de vins du mondeLe caviste en ligne Vinatis invite les amateurs à s’évader et à goûter des vins venus d’ailleurs : en 4 clics et en 24h, les bouteilles sont chez vous ! Espagne, Italie, Portugal, Afrique du Sud, Australie et Nouvelle-Zélande... Coup de cœur pour le néo-zélandais Malborough Cloudy Bay – Sauvignon Blanc 2015. Prix de vente en ligne chez Vinatis : 23,90 €. Riche et expressif, cette cuvée offre des arômes d’agrumes et de fruits exotiques. La finale offre unepointe anisée et une belle fraîcheur. Il se marie parfaitement à des gratins de légumes, des poissons ou avec des fromages de chèvre.www.vinatis.com76AVRIL 2016]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ART DE VIVRE & PATRIMOINE L’Art du tempsBien -ÊtreIdéal Multi-CorrectionNuit est une crème-masque hydratante unique qui répare et ressource visiblement la peau pendant la nuit au moment où elle est la plus réceptive aux soins. Cette crème anti-âge innovatrice fond immédiatement sur la peau pour corriger tous les signes visibles du vieillissement cutané tandis que sa fonction masque, revitalise et régénère tout au long de la nuit sans laisser de résidu pour une peau lisse, nourrie et un teint plus radieux au réveil. Cette gamme québécoise de soins anti-âge se base sur la technologie Regen-16 qui cible les 16 principaux mé- canismes reliés aux signes du vieillissement cutané. Sans parabènes, sans colorants artificiels et non testés sur les animaux. Prix de vente conseillé : 69,90 euros les 50ml.www.idcdermo.comHugo Man ExtremePrésentée dans le célèbre flacon en forme de flasque, la nouvelle eau de parfum hisse le classique Hugo Man vers de nou- veaux sommets à traversune interprétation contemporaine intense, une vraie explosion de fraîcheur énergisante ! Elle s’ou- vre sur une envolée marquée par la fraîcheur em- blématique de la pomme verte, ici intensifiée pour un impact maximum. Le cœur aromatique de la- vande, de sauge et de géranium révèle ensuite toute sa modernité. Enfin, le sillage laisse derrière lui de puissantes notes originales de cèdre et de sapinbaumier.Eaudetoilette60ml 59€;Eau de toilette 100 ml 81 €Majestueuse escapade florentineMajestueuse escapade florentine L'Hotel-Palais Il Sal- viatino 5 étoiles en Toscane est caché dans les hauteurs de Florence avec une incroyable vue sur le Duomo. Son jardin privé de 5 hectares magnifie cette villa Renaissance du 15eme siècle parfai- tement restaurée. 45 chambres et suites mêlent subtilement richesse historique et touches contemporaines. Son Spa est très réputé, on y trouve les produits exclusifs du Docteur Vranjes, une belle pis- cine comble notre envie de détente. La restauration aux saveurs régionales est originale et délicate, les fruits, légumes et herbes viennent pour la plupart du potager ! Un régal de prendre son copieux et varié petit-déjeuner dans la superbe salle à manger-biblio- thèque. Si le temps est clément, dîner sur la terrasse avec vue sur le jardin est un Must. Question aména- gement intérieur, les hauteurs sous plafond sont im- pressionnantes, et la salle de bain spacieuse et luxueuse. Une navette proposée gracieusement par l'hôtel vous déposera au pied du Duomo. Offre Suite & Hot : en suite 3 nuits, transferts VIP à l'aéroport, une bouteille de Prosecco et une corbeille de fruits àvotre arrivée.www.salviatino.comL'unique crème essentielleLe baume intégral multi-usages, unique en son genre révolutionne le quotidien des femmes et du reste de la famille. Enfin une seule crème dans le sac ou à la maison ! Cette crème protège, hydrate, répare et apaise tous types de peau. C'est un soin complet aux composants na- turels pour le visage, le corps et lescheveux. Enfin, une crème universelle, pour changer la vie des femmes d’aujourd’hui qui souhaitent ne plus s’encombrer d’une pléiade de cosmétiques mais qui au contraire, ont envie de simplicité et d’efficacité.www.celine-escand.comEvasionDurance rend hommage à L’òme, tout simplementDans sa collection d’Eaux de Toilette L’òme, Durance rend un hommage parfumé aux plantes vertueuses de la Provence. Tan- tôt enchanteresses, tantôt cha- leureuses, leurs notes nous révèlent la diversité des ri- chesses provençales, comme autant de portraits masculins. L’Eau de Toilette Cèdre Bleu est une fragrance boisée, singuliè- rement fraîche et ronde. Par ses notes vibrantes de cèdre, elle in- carne un homme serein au charme unique. 27,90 € - 100mlwww.durance.frEscapade camarguaise au Mas de PeintAu cœur de la Camargue, cette demeure élégante du XVIIème siècle est l'alliance subtile entre la générosité d'une maison d'hôtes et d'un hôtel de charme. Le do- maine de 500 hectares se découvre à cheval ou en 4x4, un refuge d'exception pour s'initier aux traditions camarguaises. Le Mas de Peint offre 13 chambres au charme traditionnel et aux poutres apparentes, à la fois modernes et raffinées. Le restaurant, quant à lui, vous séduira avec sa cuisine locale et authentique. Le lieuidéal pour un dîner romantique ou une soirée entre amis !www.hotelspreference.comLuxe et volupté sur la Costa BravaSitué sur un ancien site de ruines gréco-romaines, l’Hostal Spa Empuries propose un tourisme responsable, écologique et durable au sein de la Costa Brava. Le restaurant gastrono-mique Villa Teresita vous séduira avec sa cuisine méditerranéenne savou- reuse. Le plus ? Vous pourrez choisir vous- même vos produits dans le jardin organique avantde les déguster, sublimés et cuisinés avec soin et affection par le Chef ! Destination dédiée au bien-être, prenez le temps pour vous relaxer au spa de l’hôtel avec sa piscine intérieure, son sauna, sa salle de sport ou encore son circuit d’eau.www.hotelspreference.comStar Clippers dans les eaux indonésiennesPour la première fois, la compagnie de voiliers Star Clippers naviguera dans les eaux indonésiennes en 2017 et proposera 19 merveilleuses croisières. Un superbe quatre-mâts fera desescales dans des ports ex- traordinaires, où les passa- gers se familiariseront avec la culture indonésienne ! De par la taille des voiliers Star Clippers qui leur per- mettent l’accès à des ports plus intimes, les passagerspourront par exemple accoster à Pulau Satonda, sur la côte nord de Sumbawa, une île créée, il y a des millions d'années, par une éruption volcanique au niveau des fonds marins. Une croisière de 7 nuits all inclusive en Indonésie sera pro- posée à partir de 1910 euros par personne.www.starclippers.com78AVRIL 2016]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frL’Art du temps - L’actualité automobile ART DE VIVRE & PATRIMOINE ESSAIS & TENDANCESARenault cherche le Talisman du haut de gammeprès l’échec de la Vel Satis au début des l’univers des limousines, le jonc chromé qui en- sur la sonorité années 2000, et la grande confidentialité toure le vitrage latéral, ses jantes diamantées. Au- moteur et l’am- de la Coréenne Latitude (dérivée d’un mo- tant de clins d’œil à des références britanniques ou biance lumi-Par Philippe Flamanddèle Samsung) en 2010, Renault s’aventure à nou- germaniques, mais aussi parfois asiatiques (on neuse deveau dans le haut de gamme avec sa Talisman. Cette remplaçante de la Laguna, concurrente di- recte de la Peugeot 508, se veut une rivale des mo- dèles premium allemands. Les efforts de finition et de qualité des matériaux déployés par le constructeur vont indéniablement dans ce sens et la belle a de solides arguments pour séduire. Reste à savoir si le but sera atteint en termes de longé- vité.pense à la Mazda 6) qui pourraient faire de cette Renault un succès à l’exportation.l’habitacle viaquatre modespréprogrammés(confort, sport, éco, neu-tre) et un mode perso entièrement paramétrable. Vous l’avez compris, pour être simple d’utilisation la Talisman n’en est pas moins un véhicule techno en phase avec son époque et doté de tous les équi- pements de confort et de sécurité – ou presque – désormais disponibles (affichage tête haute, feux de route automatiques, régulateur de vitesse adap- tatif, park assist, etc.). Mais elle est surtout un vé- hicule remarquable d’agrément grâce à une tenue de route excellente et des qualités mécaniques in- déniables. Le châssis 4Control fait merveille sur route (roues avant et arrière braquées en parallèle) et en ville (braquage inversé des roues arrière qui améliore la maniabilité). Le petit quatre cylindres dCi 160 d’1,6 litre de cylindrée et 160 chevaux est parfaitement à l’aise, aussi bien en ville que sur route, couplé à la boîte auto EDC à six rapports, le tout combinant onctuosité et tonicité dans une grande zénitude. Renault a d’ailleurs appris cette qualité de ses concurrents et partenaires asiatiques, et régale désormais le conducteur de ces petites attentions de confort qui en imposent : la détectionde la carte main libre à l’approche dé- clenche l’allumage des feux et du plafonnier (tout comme l’éloignement verrouille le véhicule), l’éclairage du seuil de la portière, le déploiement des rétros extérieurs, l’ouverture des portes (mais uniquement côté conducteur....), puis le siège re- cule automatiquement pour faciliter l’accès à bord et se replace en position une fois le conducteur ins- tallé, le tout avec une signature sonore. ZénitudeAprès l’Espace, le Kadjar, et dans une moindre mesure la Clio, Renault affirme avec force sa nou- velle identité de marque avec la Talisman. Identité que l’on retrouve aussi sur les nouvelles Megane et Scénic : calandre surdimensionnée, lignes dyna- miques, arrière typé : les designers du losange ont frappé fort et dessiné une très belle voiture qui se fait remarquer. L’élégance du modèle tient beau- coup à l’équilibre des volumes et des formes et au pointillisme des bonus esthétiques. Imposante par ses proportions (4,85 m de long pour 1,87 m de large, un grand empattement de 2,81 m, un coffre immense, façon soute de paquebot, de 608 litres), la Talisman se distingue du lot commun par la si- gnature avant de ses feux de jour à LED et le dessin de sa calandre, une incrustation chromée sur l’aile avant, une troisième vitre de custode empruntée àL’intérieur est spacieux (très), lumineux et là aussi très élégant (en finition haute Initiale Paris) avec un magnifique camaïeu de gris pour les cuirs des sièges (très confortables et d’une excellente tenue, chauffants et ventilés) et de la planche de bord ornée d’un joli bois précieux. L’ensemble dégage une belle impression de sérénité et de simplicité avec la prédominance centrale du grand écran tac- tile 9 pouces de la tablette R-Link 2 – sans omettre toutefois des boutons de raccourcis, une molette rotative sur la console centrale et des commandes additionnelles au volant de façon à ne pas céder au tout tactile pour ne pas compromettre la sécurité en conduisant.on vous dit.La version break de la Talisman dévoilée à Franc- fort à l’automne dernier arrivera en concessions au printemps, où elle rejoindra avant l’été la nouvelle Megane, la Megane break et le nouveau Scénic présenté à Genève avant le nouveau SUV Koleos en fin d’année.La marque haut de gamme de Nissan, façon Lexus pour Toyota, s’est d’abord fait connaître aux Etats-Unis à partir de 1989 avec des SUV imposants. Elle a débarqué en Europe en 2007 avec en point de mire les trois mousquetaires germaniques : Audi, Mercedes et BMW. D’abord confidentiel, Infiniti a peuà peu grignoté des parts de marché sur le Vieux continent, surtout avec l’arrivée sur la grille de départ de sa berline Q50 motorisée par un quatre cylindres d’origine Mercedes. Portée par ses succès en Formule 1, Infiniti a ensuite misé sur un positionnement plus sportif pour concurrencer ses rivales d’outre-Rhin avec sa Q50 Hybride. Cette berline familiale est la quintessence de ce que la marque Premium souhaite mettre en avant sur son marché : un design très élégant et fortement iden- titaire, une finition haut de gamme, des équipements généreux (avec no- tamment un double écran tactile) et surtout une qualité mécanique hors pair. La motorisation hybride constituée d’un bloc essence V6 de 3,5 litres de cylindrée et 302 chevaux de puissance et d’un moteur électrique de 68 chevaux offre au global une puissance totale de 364 chevaux mise en œuvre par la technologie « direct response » dérivée de la F1. Effet décoiffant garanti dans les accélérations par un renfort de couple bien plus réactif qu’avec un turbo. Cette puissance est remarquablement contrôlée par la boîte auto sept vitesses à double embrayage, un freinage puissant et une direction électro- nique époustouflante de précision, le tout disponible en mode propulsion ou en version à quatre roues motrices. Résultat : un immense plaisir de conduite pour les passionnés et une totale sécurité dans un grand confort. Pour ceux qui veulent rouler premium mais décalé, sans sacrifier à la mode d’outre-Rhin. Quelques reproches néanmoins, comme l’absence d’affichage digital de la vitesse et un frein de parking à pied façon Mercedes d’il y a 20ans. Deux défauts corrigés avec l’arrivée de la nouvelle Infiniti Q30, position- née dans une gamme de tarifs inférieure (à partir de 26300 euros contre 36750 pour la Q50). Cette compacte « premium » dévoilée à Genève l’an passé est en revanche moins originale que la Q50 puisqu’elle n’est qu’une interprétation de la Mercedes Classe A dont elle dérive entièrement. Infiniti souhaite ainsi élargir et rajeunir sa gamme de clientèle avec ce modèle pour la première fois entièrement assemblé dans son usine anglaise de Sunder- land. La ligne (plus haute et plus longue que la Classe A) a été redessinée par le bureau de style d’Infiniti, de même que la planche de bord dans un habitacle généreux en cuir, bois précieux et laque que l’on retrouve jusque dans les passages extérieurs de roues et le bas de caisse arrière.Sous le capot la Q30 adopte les moteurs de l’alliance Renault-Nissan avec Daimler dont le 1,5 litre turbo diesel de 109 chevaux de Renault. Evidemment on n’est plus là dans le bonheur deconduite de la Q50 Hybrid, maisdans une circulation tranquille etraisonnable à bord d’un cloneMercedes (en mieux ?), pluscossue et un poil moins oné-reuse. Rien à dire côté fonda-mentaux, ni pour le confort, ni pourla sécurité, mais quelques regrets : pas deverrouillage-déverrouillage sans clef sur toutes les portières, l’obligation d’utiliser la clef néanmoins pour démarrer (héritage Mercedes), un frein de parking élec- trique mais pas automatique... Infiniti qui espère doubler ses ventes en France avec la Q30 va par ailleurs multiplier les nouveautés sur le marché avec l’arrivée prochaine du crossover QX30 et du coupé sport Q60.Modèles essayés : Infiniti Q50S Hybride AWD. Tarif : à partir de 56230 euros. Gamme essence à partir de 42300 euros. Gamme diesel : tarifs à partir de 36750 euros.Un réel plaisir de conduiteL’ergonomie est au rendez-vous dès lors que l’on prend le temps de se familiariser avec l’outil don- nant accès notamment, en plus des fonctions clas- siques (navigation, audio, climatisation, téléphone, etc.) à la technologie Multisense qui agit sur le sys- tème 4Control (4 roues directrices), l’amortisse- ment piloté, la direction, le moteur et la boîte EDC, mais aussi sur les instruments de bord ainsi queModèle essayé : Renault Talisman Initiale Paris Energy dCi 160 EDC 4RD. Tarif : à partir de 41000 euros. Tarifs gamme essence : à partir de 31500 euros. Tarifs gamme diesel : à partir de 27900 euros.Infiniti élargit ses ambitions avec la Q50 et la Q30Nouvelle donne pour le Kia SportageLe nouveau Sportage de Kia marque une réelle montée en gamme sur le précédent modèle, tout comme c’était déjà le cas avec son grand frère Sorento. Les efforts réalisés par le constructeur coréen enmatière de design sontencore plus évidents ici.Le Sportage gagne en élé-gance mais aussi en sta-tut, notamment par saface avant très affirméeavec une nouvelle calan-dre surdimensionnée etdes feux de jour et projecteurs antibrouillard multifacettes à LED en finition GT Line. L’habitacle, plutôt bien fini, reste lui d’une tristesse infinie tout de noir vêtu mais avec une bonne ergonomie de commandes, un large écran tactile et un équi- pement généreux (dont un système de chargement de télé- phone mobile par impulsions sur certaines finitions). Essayé en version quatre roues motrices avec le nouveau moteur turbo essence 1,6 litre T-GDi de 177 chevaux et la boîte auto à double embrayage et sept rapports, le Sportage offre un réel agrément de conduite en position sport. Plutôt spacieux, mais doté d’un coffre bizarrement riquiqui, la 4e génération du best seller de Kia en France (près de 7900 exemplaires en 2015, et plus de 42000 depuis 2010) devrait facilement as- surer la relève avec des tarifs pas tellement inférieurs à ceux de la concurrence, mais qui incluent comme toujours une ga- rantie sept ans ou 150000 kilomètres.Modèle essayé : Kia Sportage 4WD 1,6 T-GDI DCT7 177 ch GT Line. Tarif : à partir de 34400 euros. Tarifs gamme essence : à partir de 23000 euros.Tarifs gamme diesel : à partir de 25000 euros.AVRIL 201679]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29u Les OPCI ont le vent en poupeLes Sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) ont établi un nouveau record en 2015 en dépassant la barre de 4,3 milliards d’euros selon le bilan annuel de l’Aspim. Mais la pierre-papier n’est pas le seul produit im- mobilier à être au beau fixe. Les Organismes de placement collectif immobilier (OPCI) sont également très bien orientés. Et pour cause : les particuliers sont séduits par cette solution de diversification du patrimoine. Un placement en OPCI comporte une part d’immobilier physique (bureaux, commerces, logements...), mais aussi dans des actifs divers, comme des actions, des obligations ou encore des actifs monétaires. Outre cette plus grande diversification, les OPCI se dé- marquent par une liquidité supérieure aux SCPI. Selon une étude de l’IEIF, les OPCI ont affiché un rendement moyen annualisé de 6,3% entre 2008 et 2015... nettement mieux que l’assurance-vie ou le livret A. At- tention, toutefois : ce placement n’offre aucune garantie de performances.ART DE VIVRE & PATRIMOINE Baromètre Finance & InvestissementsBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulierÉthique & FinanceuLES BONS PLANS DU MOISparLes crédits immobiliers continuent de coûter de moins en moins cher. Au mois de février, les emprunteurs se sont endettés à 2,09% en moyenne hors assurance selon l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Ceux qui ont acheté un bien ancien ont bénéficié des meilleures conditions d’emprunt, à 2,08%. Une ten- dance qui s’explique par la baisse du taux de l’emprunt d’Etat Français à 10 ans, qui sert de référence aux crédits. Et l’abaissement par la Banque centrale européenne de son taux directeur de 0,05% à zéro pourrait encore accentuer cette tendance. D’autant plus que son taux de dépôt s’enfonce dans le négatif : il a reculé le mois dernier de 0,05% pour tomber à -0,40%. Les experts anti- cipent donc une nouvelle baisse des taux immobiliers, qui pourraient, selon certains spécialistes, tomber dans les prochains mois à 2%... voire même 1,80%.L’AMF émet régulièrement des avertissements concernant les publicités trompeuses et les escroqueries sur Internet, notamment sur le Forex et les options binaires. Une fois de plus, le gendarme de la Bourse tire la sonnette d’alarme. Cette fois, c’est le « copy trading » qui est visé. Cette technique consiste à imiter les prises de position d’un trader professionnel et de les dupliquer de façon automatique au sein du portefeuille du client. « Même lorsque les sites sont autorisés à proposer du trading en ligne aux particuliers, leurs pratiques sont parfois déloyales », avertit l’AMF. L’Autorité souligne ainsi qu’il est particuliè- rement risqué de suivre aveuglément les choix d’un trader, même expérimenté. Dans tous les cas, ceux qui souhaitent se lancer dans le trading en ligne doivent impérativement choisir un intermédiaire figurant sur la liste des établissements financiers autorisés à exercer en France. Cette liste est consultable sur le site www.regafi.fr.u Immobilier : des taux toujours plus basu « Copy trading » : attention, dangerArthur CohenPrésident Directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées au secteur financierLa lutte contre le financement du terrorisme doit s’intensifierLe 22 mars dernier, l’Europe a encore une fois été la cible d’attaques terroristes, et la plupart des experts partage hélas la conviction que la guerre de l’Occident – et donc de l’Union européenne – contre le terrorisme islamiste sera longue. Les experts sont également unanimes sur la nécessité d’approfondir la coopération internationale dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme : pour limiter les moyens d’action des organes terroristes, il importe au préalable de leur couper les vivres et, pour ce faire, une coopération internationale est strictement requise. Le premier fer de lance de cette lutte, bien connu, est le Groupe d’action financière sur le blanchiment des capitaux (GAFI), organisme intergouvernemental créé en 1989 par le G7 à Paris, chargé d’émettre des recommandations (au nombre de 49) permettant de lutter efficacement contre le fi- nancement des activités illégales.uLA SPÉCULATION DU MOISArcelorMittal : un coursUn deuxième acteur de cette lutte, moins connu mais non moins important car plus opérationnel, est le Groupe Egmont. Fondé il y a une quinzaine d’années, ce groupe est essentiellement un système de partage et de collaboration des Cellules de rensei- gnement financier d’une centaine de pays, qui se réunit en principe au Palais d’Egmont à Bruxelles – situé à quelques centaines de mètres à vol d’oiseau de la tristement célèbre station de métro Maelbeek où les activistes islamistes ont frappé.Morgan Stanley a initié le suivi d'ArcelorMittal à Surpondérer, avec un objectif de cours de 5,90 euros. Il estime le géant de l'acier « fortifié pour des temps difficiles ». Il remarque notamment que l'augmentation de capital de trois milliards de dollars et la vente de la participation du groupe dans Gestamp améliorent le bilan du groupe et lui apportent de la liquidité.En février dernier, les principaux responsables des cellules de renseignement financier membres du Groupe Egmont avaient tenu colloque à Monaco, pour discuter des moyens de parer à la croissance des actions menées par les organisations terroristes comme l’Etat islamique (Daech) ou al-Quaida et à la prolifération des combattants terroristes étrangers dans leurs rangs, qui constituent de « sérieuses menaces à la sécurité et à la stabilité financière inter- nationale ». Bien évidemment, la guerre contre ces organisations (ou ces Etats) terroristes exige, comme prérequis, que soit réalisée une analyse opérationnelle précise de leurs circuits de financement. Or, pour que cette analyse soit aussi aboutie que possible, et en dépit des nombreux progrès constatés depuis quelques années, le Groupe Egmont a souligné la nécessité de pousser plus avant la coopération inter- nationale entre les cellules de renseignement financier. Espérons que cet appel sera entendu et que les échanges (d’informations et de technologies) entre les pays permettront de mieux protéger la population mondiale.u NN IP favorise le secteur bancaireL'activité économique est repartie en Europe, remarque NN IP dans une note d'analyse. Un contexte dans lequel les valeurs bancaires constituent des opportunités appréciables selon lui, en raison de leur exposition directe à la reprise du cycle du crédit en Europe. « La déroute boursière observée depuis le début de l'année offre des points d'entrée particulièrement attractifs à partir du moment où le scénario d'un retour récessif en Europe est exclu, ce qui est notre conviction », écrit Nicolas Simar, responsabledelastratégieEquityValue.Pouropérerunesélection pertinente, il faut selon lui recenser celles qui disposent des bilans les plus sains. Il ajoute que malgré la sanction boursière récente, les banques ont les moyens financiers d'augmenter leur distribution de dividendes. Au sein des valeurs cycliques « value », NN IP préfère investir sur les sociétés disposant d'une meilleure exposition à la demande domestique européenne, avec une préférence pour les secteurs de la construction et du transport. Ces valeurs offrent selon lui un réel potentiel de hausse des dividendes en cas de poursuite de la reprise en Europe.engagé une reprise sensible, mais les actions disposent encore d'un potentiel d'appréciation à moyen terme. A court terme, l'analyste demeure attentiste, mais favorise les achats d'actions européennes sur repli. Cholet Dupont est en revanche « toujours peu favorable » aux actions émergentes, en l'absence de signes de stabilisation économique. Sur le plan sectoriel, il a relevé son opinion sur le secteur Média à positive et à neutre pour les secteurs Produits de Base, Chimie et Automobile.uActions:AllianzGIpréfèrelemarchéallemandIl faut s'attendre selon Allianz GI à une hausse de la volatilité. Plusieurs éléments pourraient selon lui pénaliser temporairement les actifs risqués : le contexte de recul des résultats des entreprises, les inquiétudes persistantes entourant les perspectives de croissance d'un certain nombre de pays émergents et notamment de la Chine, le caractère hautement incertain de la poursuite du processus de relèvement des taux d'intérêt de la Fed, les risques géopolitiques et de liquidité, ou encore les valorisations constatées dans certaines classes d'actifs. Etant donné la faiblesse de la croissance et des rendements réels, les dividendes sont une composante essentielle de la performance totale des actions, souligne-t-il. Dans ce contexte, l'analyste privilégie les actions allemandes dont les valorisations ont reculé suite à la récente correction du marché. « Elles sont désormais considérées comme étant de moyennes à attrayantes sur la base du ratio cours/bénéfices ajusté des facteurs cycliques », écrit-il.80AVRIL 2016u Cholet Dupont reste prudent sur les actions émer- gentesPour Cholet Dupont, le comportement récent des marchés a redonné confiance aux investisseurs, même si les perspectives économiques restent mitigées. L'arrêt de la baisse du pétrole a été déterminant, mais ce n'est pas le seul élément positif, remarque-t-il. Pour lui, les marchés financiers déprimés ontuLE COIN DES ANALYSTESen acier trempé ?]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[n°29www.ecoreseau.frPatrimoine - Immobilier de luxe en 2016 ART DE VIVRE & PATRIMOINE Focus sur un placement ou investissement afin d'analyser les tendances et évolutionsValeur refuge, à nouveauA Paris, Londres et Monaco, les affaires reprennent. A partir de quand peut-on parler d’immobilier de luxe ?la clientèle étrangère. « In- déniablement, cette clientèle a bien changé. Elle s’est ra- jeunie, remarque Sylvain Boi- chut. Elle a aujourd’hui une trentaine d’années. Il s’agit de personnes qui se sont très vite bâti de grandes fortunes, issues de l’industrie pétrolière mais aussi de l’économie de l’Internet, des nouvelles tech- nologies », et qui n’hésitent plus à dépenser sans compter pour s’offrir un bien d’ex- ception à Paris, mais aussi Monaco, Megève, Gstaad, Saint-Moritz (Suisse), Saint- Jean-Cap-Ferrat, Cannes ou encore Saint-Tropez.jourd’hui, c’est l’environne- ment qui est recherché, avec souvent la piscine et la vue imprenable, confirme Marc Roussel. Il est évident que plus les gens vont venir de loin, plus ils vont rechercher des services. » Ce sont ces services qui peuvent au- jourd’hui se monnayer très cher. Sylvain Boichut chez John Taylor France ne dit pas le contraire : « Un million d’euros est un chiffre cohérent. A ce prix, vous pouvez par exemple vous offrir un trèsJohn Taylor France se situe d’ailleurs légèrement en-des- sous des quatre millions. « C’est une moyenne, confirme Sylvain Boichut. Il arrive aussi que nous ven- dions certains biens 20 voire 30 millions d’euros. Ces in- vestisseurs-là ne prennent pas de risques. Ils veulent investir dans des villes références. » Paris en est une, Londres aussi. « Quand on achète un bien d’exception, il n’y a plus rien de rationnel. Les critères principaux que nous devons«Cmarché de l’immobilier deLES SPÉCIFICITÉS DU MARCHÉ DU LUXE« Difficile de parler d’im- mobilier de luxe à partir d’un certain chiffre. C’est en termes de prestations, de décoration d’intérieur, de facilités liées à la propriété que cela se joue », souligne Marc Rous- sel, propriétaire de Bali Pre- mium et associé au sein de l’agence Bellavista, basée à Paris, qui commercialise à la location de luxueuses pro- priétés partout dans le monde, pour le compte d’investisseurs et particuliers. « Ensuite, le prix est fonction d’un marché local au niveau du foncier, qui se répercute sur le prix final. Ce n’est pas pour cela que le bien est de moindre qualité. » Pour un million d’euros, par exemple, vous pourrez vous offrir un 20 m2 de standing à Monaco et Hong-Kong, 33 m2 à LondresS’il pleut ? J’achète de nouveaux canapés... »’est un début d’année idéal que vivent les professionnels duont manifesté un vif intérêt pour plusieurs bâtiments d’en- vergure situés dans la Capi- tale. » Des investisseurs aux profils divers : « Si c’est un investisseur pure player, il va rechercher une rentabilité im- médiate ; si c’est un investis- seur en quête d’une résidence secondaire, dans laquelle il va venir occasionnellement, il va privilégier l’affectif et le sentiment de propriété. »une étude de marché publiée en début d’année par le groupe Barnes, spécialiste de l’im- mobilier de prestige : « Paris reste très prisée en raison notamment des prix pratiqués dans la capitale française, nettement moins élevés que ceux affichés à Londres ou New-York ». En quatre ans,bel appartement à Megève ou encore un joli deux pièces sur la Croisette à Cannes. » Pour une villa d’architecte avec vue sur mer à la Côte d’Azur, il vous faudra en re- vanche mettre davantage la main au porte-monnaie. Qa- taris, Emiratis, Russes et, dans une moindre mesure, Ukrai-absolument prendre en compte et qui ne sont pas palpables sont le plaisir et l’envie. » Un exemple de ce que peut représenter le luxe dans sa version la plus dé- mesurée : à Monaco, l’an dernier, au sommet de la tour Odéon, un gratte-ciel de 49 étages, dont le sommet cul- mine à 170 mètres d’altitude, il s’est construit un penthouse de 3300 mètres carrés, avec piscine à débordement, to- boggan, salle de fitness, ham-luxe : des prix stabilisés, des taux d’intérêts historiquement bas conjugués à un effondre- ment des Bourses mondiales qui a conduit de nombreux Français à réinvestir leur ar- gent dans l’immobilier, afin de sécuriser leur patrimoine. 2016 ne pouvait pas mieux commencer. « Oui, la reprise est là », constate Sylvain Boi- chut, directeur commercial de John Taylor France, réseau d’agences d’immobilier d’ex- ception, qui raconte cette anecdote : « Cette année, lors du Mipim (le plus grand mar- ché international des profes- sionnels de l’immobilier) à Cannes, qui s’est tenu le mois dernier, nous avons rencontré des fonds d’investissements finlandais et norvégiens quiPARIS, VILLE À NOUVEAU LUMIÈREA Paris, plus que jamais, les deux se côtoient. Ce regain d’intérêt des investisseurs des pays européens, Sylvain Boi- chut le perçoit aussi Outre- Atlantique : « Nous voyons revenir les Américains qui veulent s’offrir un pied-à- terre à Paris, ville qui reste très attractive et pas chère. » Une tendance confirmée parPlus les gens vont venir de loin, plus ils vont rechercher des servicesarbre, bois précieux,les prix en question ont perdu environ 15% pour des biens d’une valeur supérieure à un million d’euros ; 25% pour des biens à plus de quatre millions, quand dans Big Ap- ple et dans la City ces mêmes prix se mettaient à flamber. Voilà, pourquoi, en ce début d’année 2016, Paris reste la « number one » aux yeux deet New-York, 166 m2 à Ma- drid et tout de même... 56 m2 à Paris. A ce prix, c’est un appartement de prestige qui vous sera proposé dans la capitale tricolore ou encore, une villa de 200 m2 avec pis- cine à débordement. Mais il faudra aller loin, jusqu’au Cap en Afrique-du-Sud. « Le critère numéro un au-niens, en ont bien conscience, eux qui ont investi en masse dans le bassin méditerranéen ces dernières années. « Je di- rais que le chiffre qui me semble aujourd’hui le plus en adéquation avec le mot “luxe”, dans une entreprise comme la nôtre, est plutôt cinq millions d’euros. » Le prix de vente moyen chezm a m , m.domotique high-tech avec possibilité de créer ses propres scénarios d’ambiance, conciergerie 24/24 et vue pa- noramique. Une véritable prouesse architecturale vendue 300 millions d’euros, soit l’appartement le plus cher au monde.Cyril MichaudAVRIL 201681]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°29ART DE VIVRE & PATRIMOINE Regard sémantiqueDepuis neuf ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées courant janvier à Paris.La mémoire des motsEn 2015, l’actualité politique sera dominée par l’ex- pression « Etat d’urgence ». C’est une année qui ne laisse même plus le temps aux politiques de faire de la politique ni d’exprimer une vision de la société !Nomdutableau: Politique,2015,JaneBee Dico d’époque« Les Républicains », sans « Nadine Morano ». Exclue àLa France se bat pour ses valeurs républicaines et pour son avenir !ETAT D’URGENCE AU CŒUR DE LA VIE POLITIQUENous sommes le 13 novembre 2015, François Hollande décide de décréter « l’état d’urgence ». L’expression il- lustre cette année 2015 où les dirigeants du pays se sont retrouvés « la tête à l’envers ». Ils sont accaparés par « l’urgence ». Le président de la République et son minis- tre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve sont partagés entre deux questions cruciales : « les hommages » aux victimes et les mesures visant à accroître la sécurité. Et les mots du chef de l’Etat entrent alors dans la mémoire collective, il parle désormais de « pacte de sécurité» plus impor- tant que « le pacte budgétaire ». C’est le « virage sécu- ritaire ».Et la vie politique continue ou presqueLe débat et la polémique se focalisent alors sur une autre expression présidentielle : « la déchéance de na- tionalité ». Cela n’empêche pas une concorde nationale, quand le 27 novembre, le locataire de l’Elysée sollicite les Français pour qu’ils pavoisent avec le drapeau trico- lore. Une façon de saluer la mémoire de ceux qui sont tombés sous le feu du terrorisme. Rupture de stocks pour le fanion tricolore !Dans ce panorama, il ne faut pas oublier d’autres pre- miers rôles. « Juppé » réunit ses comités de soutien le 3 octobre 2015 à Paris ; la présidentielle est si proche. Les régionales, elles, se focalisent autour du « FN ». Pas de région pour le parti frontiste mais, une place de troisième au nombre de suffrages exprimés. Et, à l’égard de ce troi- sième, Sarkozy prône la stratégie du « Ni ni » ! « Ni rap- prochement, ni front républicain ».Lucette, Charles, Nadine, Claude et les autresLe 21 août 2015, le «Thalys Amsterdam-Paris » fait l’ob- jet d’une tentative d’attentat. Le « courage » de trois jeunes Américains en vacances en Europe et d’un père de famille britannique permet d’éviter la catastrophe. En 2015, le mot « décapité » a aussi relaté la dramatique ac- tualité. Un chef d’entreprise « décapité » par un terroriste en juin, « une rédaction décapitée » en janvier.La vie politique continue quand même un peu. La droite recueillie devant la dépouille de « Charles Pasqua ». La droite qui sous la houlette de Nicolas Sarkozy, qualifié par certains journalistes de « chef de bureau », réussit la transformation : exit « L’UMP », mai 2015 c’est l’acte de naissance des « Républicains ».Un climat de « guerre » est donc palpable : premières « frappes » de l’armée française contre un camp d’en- traînement de djihadistes situé à l’est de la Syrie et « cy- berguerre » contre « Daech » et ses actions de « radicalisation » par le biais du web.l’unanimité des listes des « Régionales » après ses propos sur « La France, pays de race blanche ». Claude Barto- lone, lui, accuse sa rivale Valérie Pécresse de défendre « en creux Versailles, Neuilly et la race blanche ».Etat d’urgence !Et Lucette ? Son heure de gloire, c’était hier : lors d’un déplacement en Lorraine, « François Hollande » s’invite chez « Lucette », infirmière retraitée de 69 ans. Elle confie à la presse que son hôte est « simple, sympathique, cha- leureux » mais tout cela ressemble à un « coup de com ». « Lucette » racontera comment l’entretien avait été pré- paré la veille par « des gens de l’Elysée ».parL’urgence provient du verbe « urgere » qui signifie « pousser, presser ». C’est normalement un état passager qui re- quiert une action rapide. Mais, il sem- ble qu’aujourd’hui, cet « état d’urgence » est fait pour durer. Pas seulement par le biais de décisions politiques mais aussi et surtout parce que plus que jamais, le monde appa- raît en état de fragilité et sous pres- sion, dans une accélération jamais perçue jusqu’alors !Jeanne BordeauHabitude de l’urgencela qualité d’expressionLe 8 novembre 2005, Jacques Chirac décrète « l’état d’urgence ». A l’époque, il s’agit de ramener le calme dans les banlieues françaises. « L’état d’urgence » est caractéris- tique d’un « régime d’exception » pour répondre à une « atteinte graveC’est l’expression politique qui ré- sume l’année 2015. Elle frappe les esprits. Elle incarne les incertitudes du monde face à des défis clima- tiques, économiques et politiques.Etat d’urgenceà l’ordre public » ou à « une calamité nationale ».Urgence partoutFondatrice de l’Institut deHistoire immédiateMême si en 2015, « l’état d’urgence » est la réplique face au terrorisme, il semble que les Français s’habituent à ce climat d’urgence. Les médias ne cessent d’employer l’expression dans des domaines variés. « Etat d’ur- gence » pour le climat, « Etat d’ur- gence » pour les marchés financiers quand les Bourses s’effondrent ; « Etat d’urgence » face au chômage.AVRIL 2016PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 28 AVRIL 201682]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRECABARET DU MONDE !DINER ET REVUE À 19H À PARTIR DE 190 € REVUE À 21H ET À 23H À PARTIR DE 77 €MONTMARTRE82, BLD DE CLICHY - 75018 PARIS TEL : 33(0)1 53 09 82 82THE SHOW OF THE MOST FAMOUS CABARET IN THE WORLD !DINNER & SHOW AT 7PM FROM €190 SHOW AT 9PM & 11PM FROM €77WWW.MOULIN-ROUGE.COM FACEBOOK.COM/LEMOULINROUGEOFFICIEL© Bal du Moulin Rouge 2016 - Moulin Rouge® - 1-1028499]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>