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n°29
ClUB ENTrEPrENdrE Culture du rebond - Hélène Bourbouloux, administratrice judiciaire omniprésente Apprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,
l'œil du tigre
ACelle qui côtoie le monde des entreprises en crise depuis 15 ans connaît les principaux leviers de remise sur les rails. rencontre.
J’aime ma boîte
filiale, alors que les deux entités ne peuvent être sauvées l’une sans l’au- tre, en structurant la dette à l’échelle du groupe », explique la juriste. dans ce cas de figure, la lo- gique juridique diffère de la réalité économique même si la législation évolue et qu’un groupe transfrontalier a été traité différemment, sans dis- tinction de chaque en- tité.
qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenir
43 ans, Hélène Bour- la culture du rebond. mieux encore elles ont été re- trateur judiciaire, nommé par la crise. En procédure judiciaire gociatrice. Ce qui ne l’empêche bouloux s’est impo- mises sur les rails non sans mal le tribunal, est spécialiste de la collective, cela est impossible pas de pointer les limites du sée dans le paysage DES PASSES D’ARMES, par les mesures prises de concert gestion, agit en tant qu’auxiliaire sans l’implication totale des sa- système. Parmi ces dernières,
socio-économique hexagonal SIGNES DE REBONDS entre Hélène Bourbouloux et de justice et prend sous sa res- lariés. S’il y a un seul grain de Hélène Bourbouloux, évoque
en sauvant à de nombreuses INESPÉRÉS
reprises des entreprises en dif- le point commun entre Thom- ficulté. l’administratrice judi- son (Technicolor), Sernam, Fa- ciaire revient sur sa méthode, gorBrandt, léon de Bruxelles, défend une boîte à outils légale Saur, Anovo, vivarte ou encore qui autorise le rebond tout en Gerard darel ? Toutes ont connu énonçant ses limites. Témoi- des passes difficiles. Et dans gnage d’une femme qui incarne toutes la casse a été limitée, ou
chaque partie prenante.
Pour vivarte – acteur du prêt- à-porter et des chaussures – ce fut une négociation âpre face à 165 créanciers qui a conduit à un épurement de la dette de 2,8 millions d’euros à 800 millions d’euros. Sans baguette magique. rebelote avec Anovo, dans la réparation de produits électro- niques : l’administratrice a eu peu de temps devant elle au re- gard du fonds de roulement inexistant. En sus, un conseil d’administration conflictuel ayant remercié le manager de transition à deux semaines de l’échéance et surtout 1200 em- plois à sauver dont la plupart dise que seuls 350 emplois pourront subsister... Mission impossible ? Que nenni. C’est sans compter sur la détermina- tion de la Corrézienne qui a réuni plus de 40 fois au total les cinq CE en moins de deux mois tout en allant frapper à la porte des potentiels repreneurs. Quelques semaines de boulot plus tard, le fonds Butler Capital Partners reprend l’affaire, sauve presque trois fois plus d’emplois qu’espéré, pour couler des jours heureux aujourd’hui, les effectifs étant plus nombreux que durant l’épisode de crise.
Si une carrière ne peut se construire que de succès, force est de reconnaître qu’Hélène Bourbouloux a su développer une méthode reconnue dans sa profession, respectée par les partenaires sociaux et les re- preneurs de tout bord.
une procédure qui n’est pas toujours optimale pour résoudre les difficultés des holdings, groupes et filiales. « Aujourd’hui, nous traitons encore la situation en distinguant la holding de la
ponsabilité une entreprise en situation de défaut de paiement. il intervient aussi dans des pro- cédures confidentielles de pré- vention pour mener et favoriser des négociations loyales pour
sable dans la mécanique, cela ne se passe pas bien. » A cet égard, l’administratrice met en exergue, contre tout préjugé li- béral, l’implication des syndicats et des CE. « Lorsque l’entreprise
« Euh... Je pense que nous allons bientôt faire connais- sance avec l’administratrice judiciaire »
chronique parrainée
Présidente d'ETHiC Présidente de SdME
par Sophie de Menthon
Côté PME, l’adminis-
Amour toujours... la preuve par deux !
tous et éviter la défaillance. « Je développe une culture de la transparence et du dialogue avec beaucoup de pédagogie, en expliquant bien toutes les conséquences de chaque déci- sion... Les parties ont toujours peur de l’inconnu, en particulier en situation de crise. Il y a sou- vent de la réticence à partager les difficultés, qu’il s’agisse du chef d’entreprise, des équipes ou des partenaires. Survient gé- néralement un réflexe de repli sur soi. Mais dans bien des cas, la situation est moins alarmiste que crainte, ce qui permet bien souvent de désamorcer les cris- pations », analyse Hélène Bour- bouloux. Une fois cet équilibre et cette confiance rétablis, l’ad- ministratrice enfile son bleu de chauffe, pousse les employeurs dans leurs retranchements, mo- bilise chacun des acteurs et les met face à leurs responsabilités. le processus de résolution est mené collectivement, les diffi- cultés étant rarement mono- causales. « Chaque situation difficile, résume l’administratrice, montre que les entreprises ont besoin d’un statut quo de quatre mois environ pour réunir tous les ingrédients nécessaire afin de réamorcer la pompe et passer
est en difficulté, les partenaires sociaux sont lucides, désireux et soucieux de travailler sur le sauvetage des entreprises. Un droit spécial du travail de l’en- treprise en difficulté serait tout à fait bienvenu et probablement construit utilement avec les par- tenaires sociaux», poursuit-elle.
tratrice judiciaire pointe un écueil de taille au rebond des entreprises qui ne bénéficient pas d’un traitement équivalent du crédit. largement financées sous forme de crédit bail, elles ne peuvent profiter du gel des échéances pendant la période de redressement puis du réamé- nagement légal du crédit pendant la durée du plan, contrairement entreprises financées par du cré- dit bancaire moyen terme clas- sique.Une fois sorties de la crise elles demeurent largement ex- clues du marché du crédit et subisse ainsi la double peine. « Le rebond exige du temps. Mais ces entreprises sont es- tampillées sociétés en difficulté n’ont pas accès au crédit et davantage au crédit-bail. Il n’existe pas de levier pendant la période d’observation pour
l’amour mène le monde. le chef d’entreprise fleur bleue (cela peut encore arriver) veut y croire. l’amende honorable, un jour d’août 2014, du Premier Ministre lui déclarant sa flamme solde le temps des embrouilles. la seconde moitié du mandat présidentiel sera celle de la réconciliation où ne sera pas. d’autres déclarations d’amour allaient venir. dix mois passent. dix-huit mesures de simplifications promettent aux TPE-PME une vie plus facile. Pas vraiment une preuve d’amour mais cela y ressemble.
UN SYSTEME FRAN- ÇAIS QUI PERMET DE SAUVER TPE ET PME
Janvier 2016, le World economic forum de davos est l’oc- casion pour Manuel valls à la tête du gouvernement depuis trois ans de redire son appétence pour ce que réclament les entreprises depuis si longtemps : « des réformes fortes et courageuses ». las, l’indicateur de climat des affaires recueilli et analysé par l’insee sur la base du sentiment des chefs d’entreprise représentatifs de la diversité des secteurs économiques perd encore deux points en février. l’institut titre sur l’altération du climat des affaires en France. il est permis de penser que les déclarations d’amour ne suffisent pas à l’amour.
UNE APPROCHE QUI NE MÉNAGE PERSONNE derrière cette gymnastique comptable et légale se trouve donc la fondatrice et associée du cabinet d’administrateurs ju- diciaires FHB, une des études parmi les plus importantes de France.
la professionnelle des situations de crise souhaite également nuancer la conjoncture et dé- fendre le système français qui permet selon ses dires de re- mettre à flots les petites et moyennes structures. « Si l’on confronte les chiffres de liqui- dation judiciaire à ceux de la sauvegarde de l’emploi, on note que la plupart des 60000 faillites concernent des entreprises de moins de un salarié et que mal- gré 95% de liquidations judi- ciaires, le taux de sauvetage des emplois oscille en 55 et 60% en procédure collective et atteindrait sûrement les 80/90% si on y incluait les procédures amiables de prévention qui concernent des entreprises de grande taille », relativise la né-
geler les d.
selon des échéances réalisables. C’est un vrai problème pour les PME », conclut Hélène Bourbouloux qui prouve malgré les imperfections du système que la résilience est réalisable même dans des conditions considérées comme critiques. inspirant.
C’est bien naturel, le cœur a horreur du vide. Au moment où les entreprises doutent se présente un second prétendant. Emmanuel en rajoute à Manuel. « la Macron mania gagne la French Tech » titre la presse présente au CES de las vegas pendant qu’en France vont bientôt se déchirer les rédacteurs du projet de loi sur la réforme du Code du travail. voilà bien l’entreprise flanquée de deux prétendants aux mains vides. Alors, toujours fleur bleue l’entreprise ? Tant pis, j’aime quand même ma boîte.
ettes ou les modifier
Olivier Peraldi
directeur Général de la FESP (Fédé des services aux particuliers)
34 Avril 2016
Son boulot ? Négocier très fort et très vite pour trouver de l’ar- gent, draguer les repreneurs et limiter la casse chez les salariés. Pour les non-initiés, l’adminis-
Geoffroy Framery

