Page 18 - EcoRéseau n°29
P. 18
www.ecoreseau.fr
n°29
PANOrAMA Grand Angle - Richesse des mers & océans
L'occasion pour EcoRéseau Business d'enquêter sur le sujet principal du panorama, politique, sociétal ou macro-économique
Mer nourricière, et bien plus encore...
la préservation de l’écosystème marin est enfin passée sur le devant de la scène lors de la COP21. Une bonne nouvelle pour la planète, l’humanité, la France et ses entreprises...
rium de la Porte dorée, membre de la Commission nationale consultative pour la faune sauvage captive. la plateforme Océan et Cli- mat, émanation de la société civile, a fourni les éléments techniques, scientifiques, médiatiques, et a été soute- nue politiquement par la ministre de l’Environnement Ségolène royal. « Celle-ci voyait que Laurent Fabius tirait la couverture à lui médiatiquement, et a trouvé un sujet pour se démar- quer », glisse un proche du dossier. Toujours est-il que
jeu ce que romain Troublé, secrétaire général de Tara Expéditions (cf. En immer- sion) et à l’initiative de la plateforme, nomme « le 196ème pays du monde, qui occupe 71% de la surface du globe mais qui est bien discret ».
N’oublions pas qu’une respiration sur deux est rendue possible par l’océan
PÉRIL EN LA DEMEURE
il y avait urgence. le rejet de gaz à effet de serre dans l’atmosphère a des consé- quences beaucoup plus fâ- cheuses sur le climat qu’on ne le croyait. Celui-ci se
«T
sent tellement mauvais que tu regrettes l’époque où elle sentait le poisson »... la dernière campagne print de Greenpeace se veut mar-
le succès est au rendez-vous et que les Marocains, pour qui l’océan est aussi crucial, vont agir de même lors de COP22. « L’océan n’a pas d’électeurs, c’est donc un sujet qui passe facilement à la trappe », déclare lors d’une présentation de la pla- teforme la Ministre qui, alors que le sujet avait été au dernier moment sorti de l’agenda, a remis dans le
réchauffe et se dérègle, avec des épisodes extrêmes plus nombreux (sècheresse, pluies diluviennes,...). « La nature est justement en train, depuis quelques an- nées, de nous lancer des avertissements fermes, avec des épisodes extrêmes comme des tempêtes ou ca- nicules. Les rapports attes- tent que des seuils critiques de rejet de CO2 et donc de
Une énergie à portée de main que le surfeur peut ressentir parfois...
a mer elle pue le fuel »... « Ta mer elle
quante et décalée pour que les gens respectent un peu plus la Grande Bleue. Une injonction qui sonne de plus en plus juste aujourd’hui. Pour la première fois la conférence sur le réchauf- fement climatique à Paris,
COP21, a inclus l’océan et l’urgence à le protéger. « L’accord n’est évidem- ment pas suffisant, mais il a pour mérite d’avoir donné une impulsion au monde économique. Il n’y avait qu’à observer les stands
des grands groupes présents au Grand Palais présentant leurs mesures au grand pu- blic. Ces actions ont plus d’impact que quelques dé- cisions politiques vagues », se réjouit Michel Hignette, ancien directeur de l’aqua-
« La relation de la France avec la mer est difficile. Le pays et son domaine maritime ont deux histoires qui se côtoient mais jamais ne se croisent », ironise Jean-François Daviau, père de la première hydrolienne sous-marine qui a été raccordée au réseau électrique. Et pourtant c’est bien ce pays qui a joué le rôle principal dans la prise de conscience de l’océan comme régulateur du climat, à travers ses ministères de l’En- vironnement et des Affaires Etrangères, mais aussi de sa société civile : « La plateforme Océan et Climat a poussé le sujet, alors que même le GIEC n’avait pas encore explicite-
ment fait le rapprochement entre la grande
bleue et la régulation du climat », rappelle Frédéric Moncany de Saint-Aignan, président du cluster maritime français, association de 400 adhérents de l’économie maritime. Plu- sieurs raisons à ce dynamisme. Tout d’abord, même si les Français ont plutôt eu tendance à regarder la terre, l’Hexagone a enfanté de grands explorateurs des mers comme Louis de Bougainville, Jean-François de La Pérouse, Jean-Baptiste Charcot. Sans oublier plus ré- cemment le commandant Cousteau. Mais surtout, dans l’histoire contemporaine, la France n’est pas un confetti sur une map- pemonde, mais un géant au niveau maritime. Depuis l’application en 1994 des accords
internationaux de Montego Bay, Paris est à la tête d’un territoire maritime de 11 millions de kilomètres carrés, soit la deuxième plus grande zone économique exclusive après les Etats-Unis. Grâce à la Nouvelle Calédonie, aux îles Kerguelen, aux atolls polynésiens et autres îlots éparpillés sur toutes les mers, elle compte près de 18000 km de côtes. Or tout pays bordier dispose, en plus de ses eaux territoriales, d’une bande de 200 milles marins (372 kilomètres) de largeur, dont il est, en surface comme dans ses fonds, tota- lement souverain. En outre, des négociations politiques lui permettent d’aller au-delà quand il y a un plateau continental, à 350-
400 miles. « Les discussions permettent en global une extension de la zone économique exclusive de 1,5 millions de kilomètres carrés. Si l’on a les moyens de surveiller cette zone, il est possible de réguler, de vendre des droits de pêche par exemple – ce qu’ont fait les pays d’Afrique de l’Ouest. Ou le cas échéant d’exploitation minière et pétrolière. Les terres rares de Polynésie, bien qu’en grande profondeur, ne sont pas une légende, comme le prouve les découvertes dans la fosse de Wallis et Futuna », précise Michel Hignette, ancien directeur de l’aqua- rium de la Porte Dorée.
La France et la mer
Un passé, un présent et surtout un avenir
18
Avril 2016

