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Le baromètre de l’optimisme - Les Trophées Optimistes 2016 GAlAxiE ECOréSEAU Culture du Rebond
suis dit qu’il serait bête de tout arrêter. J’ai rencontré des patrons d’industries, notamment dans le luxe du côté de Baum & Mercier, des décideurs politiques comme Axelle lemaire qui m’a présenté à des investisseurs et de futurs
looten, l’immortelle (cf. n°25)
mentors. Commentvousêtes-vousentouré?
l’âge m’a beaucoup aidé, je me suis souvent entendu dire que j’avais l’âge des enfants de mes interlocuteurs, et qu’ils avaient donc envie de m’aider. On m’a conseillé de ne pas y aller seul. J’ai donc fréquenté l’écosystème start- up à Nantes où j’ai rencontré ivan Skybyk, trentenaire, di- plômé des Mines et d’un MBA à Boston, plus expérimenté en développement de business. Nous sommes complé- mentaires.
la PME du Nord a surmonté la guerre, le dépôt de bilan, l’incendie... grâce à un secret : l’optimisme et la capacité des dirigeants à le transmettre.
L’optimisme est-il essentiel dans tous
les domaines selon vous ?
dans la technique il importe de ne pas être trop enthousiaste. Nous recherchons plutôt des gens qui ont les pieds sur terre quant aux délais et contraintes techniques par exemple, afin d’éviter les échecs inattendus. il faut ensuite compter
que membre de la chambre consulaire d’un bâtiment équipé dont le propriétaire, un collègue grossiste, avait reporté l’investissement au regard de la crise. En quelques heures, j’avais leur accord pour notre installation. A 17h, nous y étions. Le discours était simple et optimiste. Nous ferions tout pour qu’il n’y ait aucune journée chômée. Le lendemain, tout le monde était présent, assis sur des cartons pour prendre contact avec les clients et les fournisseurs, afin de maintenir leur confiance », se remémore Charles-Henri looten. Une épreuve qui ne sera pas facile à vivre. d’autant que des concurrents voulaient récupérer la distribution des fournisseurs de looten. Mais l’aura développée, en tant qu’entreprise fami- liale, paternaliste et centenaire aura raison de cette conjoncture malheureuse dont voulaient profiter les
sur un entrepreneur optimiste.
N
Aimez-vous le fait de constituer un exemple ?
J’ai apprécié de constater la création d’une vingtaine de travaux personnels encadrés (TPE) sur l’histoire du réveil olfactif. Mon aventure a inspiré, ce qui est gratifiant. Je suis scout, et la pédagogie tient une grande place dans les patrouilles, où on apprend quand on est jeune et enseigne quand on est plus vieux. J’aime intervenir dans les lycées et universités, pour partager mon expérience de création d’entreprise.
Les jeunes sont-ils optimistes et volontaires selon vous ?
Assurément. ils font souvent les choses parce qu’ils ignorent que c’est impossible ! ils ont des millions d’idées et sont en plus aidés par le contexte pro-création et start-
Quel serait votre scénario idéal à propos
de Sensorwake ?
Nous comptons déjà dix salariés. Je souhaite à l’avenir une équipe conséquente baignée dans une culture d’entreprise forte. la bonne ambiance ne s’improvise pas. J’essaie de ne pas être le patron chiant, et pas non plus le pote avec qui on va boire une bière. l’entreprise est « management friendly » et nous avons la chance de concevoir des produits de grande consommation, les jobs sont attractifs, nous ne fabriquons pas un énième boulon du réacteur d’un avion. Je souhaitais devenir industriel, car aller dans le hardware, c’est concrétiser les choses, rentrer chez les gens avec la machine, multiplier les contacts humains. Ce
©2016 Florence Bonny
n’est pas une appli sur smartphone.
de nos dettes. Fait
assez rare au-
jourd’hui », es-
time le dirigeant.
l’entreprise se re-
trouve de nouveau
sur les rails
quelques années après. la santé de l’activité est en- courageante, si bien que les dirigeants décident de procéder au rachat d’un concurrent situé dans le dé- partement. Hélas 2009 rime aussi avec un incident électrique du bâtiment voisin au leur qui déclenche un incendie consumant tout en moins d’une heure.
ée en 1840, à Bergues, l’entreprise revêt les traits d’une quincaillerie. A l’époque, deux familles, les looten et les Evrard se parta-
up.
geaient les chalands et proposaient à la vente clous, casseroles et fers à cheval. « La Seconde Guerre mondiale frappe de plein fouet notre histoire familiale et entrepreneuriale. Mon grand-père, qui représente la deuxième génération pour l’entreprise, a été fait prisonnier et l’entreprise a complètement été rasée par les bombes incendiaires. C’était notre première destruction », rappelle Charles-Henri looten, pré- sident de 1992 à 2014. Après s’être réfugiée en Bre- tagne, la grand-mère de Charles-Henri looten revient en terre nordiste pour reconstruire l’entreprise seule avec une poignée de collaborateurs de la société. l’industrialisation de dunkerque sous l’impulsion de de Gaulle, dont la politique aboutit à la construction de plusieurs zones industrialo-portuaires en France, permet un changement de positionnement de l’en- treprise qui se tourne dès lors vers la quincaillerie industrielle avec succès. la seconde épreuve survient au début des années 80. « Un de nos plus gros clients nous lâche. Nous sommes obligés de déposer le bilan. Nous avons connu un redressement après le dépôt de bilan. Mais il ne faut pas être honteux d’être en redressement. D’autant que nous avons remboursé 100%
Je n’oublierai jamais l’image de nos collaborateurs en train de regarder l’entreprise brûler
repartir la machine avec Eric Mériau a été essentiel suite à l’incendie », résume le patron. Ce faisant, les salariés ont été consultés lors du ca- hier des charges du
opportunistes. « Il faut rester optimiste quoi qu’il arrive. Car les tuiles se présentent toujours quand on est entrepreneur. Mais ce qui importe le plus, c’est qu’il faut partager son optimisme avec les collaborateurs et les faire adhérer à la volonté de recommencer. Le rôle de leadership pour faire
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes ?
A l’école primaire, les enfants ont beaucoup de rêves et pensent que tout est facile. ils espèrent inventer les essuie- glaces pour lunettes et devenir milliardaires. Je conseille aux parents de cultiver cette créativité en achetant des boîtes de lego et des cartes programmables adaptées.
ellement en activité. Et ce dernier
Aux collégiens et l
futur siège actu.
de conclure : « Looten a valeur d’exemplarité. J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises d’expliquer comment faire pour s’en sortir. Nous avons été so- lides sur notre gestion car il faut des moyens tech- niques et une vision stratégique claire. Sans ces prérequis, le rebond n’est pas envisageable. Et à égale importance, il faut être optimiste, ce qui au- torise le courage et la volonté d’aller au bout de ses objectifs. »
.ycéens je conseille de trouver le temps de s’adonner à des activités extra-scolaires, de participer à des concours. Celui de Google était très chronophage, le dossier à constituer était démesuré, mais très challengeant et bénéfique, même quand on perd. l’institut de la consom- mation, les écoles de commerce... les acteurs sont nombreux à organiser des concours, auxquels peu de jeunes participent et c’est dommage. Je pense souvent aux intel Awards aux- quels prennent part une multitude d’élèves américains, in- génieurs en herbe.
COMMUNIQUER CE SENTIMENT DIFFUS
Propos reccueillis par Julien Tarby
« Je n’oublierais jamais l’image de nos collaborateurs en train de regarder l’entreprise brûler. Les personnes se demandaient quel sort les attendait. Tout le monde était convaincu que nous n’allions pas relancer l’activité. J’avais connaissance en tant
Geoffroy Framery
Avril 2016
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