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RH & FORMATION Carrières & Talents - Pourquoi les ingénieurs français ont la cote à l’étranger
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Un « produit » qui s’exporte bien ! Les écoles hexagonales détiennent quelques recettes spécifiques que les autres n’ont pas...
a France ? Ugo Vollmer, lui, en re-
cadres (APEC) –, ils sont nombreux à démar- rer leur carrière hors des frontières. Aujourd’hui, 120000 ingénieurs tra- vaillent à l’étranger. Soit 16% des effectifs. Et les premiers à sauter le pas
Je sais
vient. Ce jeune diplômé
de l’école des Ponts-Pa-
ris Tech est en « stand
by » à Paris, le temps
de finir son diplôme. Un
emploi l’attend dans une
start-up de San Fran-
obtenu à l’école des cisco. Le salaire à la sont les jeunes. Pour au-
comment ça marche », résume Julien Ravinel. Résultat : ce jeune diplômé n’a donc pas résisté à l’appel du large, sitôt son diplôme
Nos diplômés savent partir d’une page blanche et conceptualiser quand les Allemands excellent à améliorer une technique existante
Mines de Nancy. Pre- mier stop à Nuremberg, aux couleurs d’Adidas. Dans quelques semaines, sa nouvelle adresse sera à Amsterdam, toujours pour la marque à trois bandes. Et après, pour- quoi pas les Etats-Unis ?
clé : 90000 dollars, soit 81000 euros. Peu im- porte la vitalité du mar- ché de l’emploi en France – le taux d’em- ployabilité un an après la sortie des études est de 90%, d’après l’Asso- ciation pour l’emploi des
tant, on est loin d’un raz-de-marée. L’école des Ponts-Paris Tech af- fiche un taux de départ de 37% pour la promo- tion 2014, contre 27% un an auparavant. Aux Mines de Nancy, les taux s’affolent, avec un pic
Nul besoin d’exceller en anglais, le langage ingé- nieur est universel...
L’EUROPE EN TÊTE
Et le dépaysement n’est pas toujours de mise. Selon la dernière en- quête de l’Observatoire des ingénieurs et scien- tifiques de France (IESF), plus de la moitié
Quelle que soit l’organisation des cinq ans d’études, les programmes généralistes balaient toutes les disciplines scientifiques
à 45%. A la sortie de
l’ESTACA, un diplômé
sur quatre s’insère à
l’étranger. D’un établis-
sement à l’autre, les sta-
tistiques sont variables.
Toutes les écoles font
état d’une poussée mi-
gratoire enregistrée au
cours des cinq à huit des emplois à l’étranger
L’Allemagne est dans le top five des destinations. Diplômée de l’Ecole des Mines d’Albi en 2014, Elisabeth Chassevent a d’abord été recrutée par une société française – Faurecia – avant de l’être par une société 100% allemande – Wit-
dernières années. Au- jourd’hui, les flux sem- blent se stabiliser, mar- quer un palier. « Nos écoles n’ont pas voca- tion à tous les envoyer évoluer à l’étranger », s’enflamme Jean-Paul Ramond, directeur des études aux Mines d’Albi.
se situent en Europe. Au premier rang, on trouve... la Suisse. Les États-Unis ont long- temps tenu cette pre- mière place. Rien que dans la Silicon Valley, on compte 20000 ingé- nieurs français – le nu- méro 2 de Google est Français, par exemple.
tenstein. Elle est la seule Française sur son site, qui compte 100 salariés. Au consulat de France sur place, elle s’est en- tendu dire : « Les res- sortissants français en Allemagne sont soit in- génieurs, soit cuisi- niers ! » La ventilation par pays varie selon les
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