Page 10 - EcoRéseau n°29
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n°29
« Écolonomie » : entreprendre sans détruire
il y a 20 ans, Pocheco, une entreprise du Nord-Pas-de-
Calais qui fabrique des éco-enveloppes, pochettes et sacs
à soufflets en papier, s’est retrouvée dans une impasse.
« Le marché de l’enveloppe a drastiquement baissé.
Nous devions complètement repenser notre activité.
C’était une question de survie », se souvient Emmanuel
druon, dirigeant de Pocheco. il se pose alors devant une
feuille blanche et invente un management tout à fait
innovant qu’il baptise écolonomie – soit l’économie par
l’écologie. Emmanuel druon a emprunté ce concept à
l’ancienne ministre de l’Environnement, Corinne
lepage. Concrètement, une boucle écologique, dans
laquelle l’eau de pluie a le rôle majeur, est instaurée sur
le site de l’imprimerie. « Auparavant, nous utilisions
l’encre à base de solvant chimique. Il était compliqué d’évacuer les déchets et d’accorder une bonne protection aux employés », se souvient Emmanuel druon. « Nous avons décidé d’utiliser l’encre à base d’eau (à l’époque en état de recherche) », poursuit l’entrepreneur. l’eau souillée par le processus de fabrication est nettoyée par un système de phytoremédiation (les racines de bambou servent à filtrer l’eau usée). l’énergie nécessaire au chauffage des ateliers de production provient pour 20% de la chaleur dégagée par les machines de production elles-mêmes et pour 80% d’une chaudière à bois alimentée par des palettes qui ne peuvent plus être réutilisées (également par les pellets de bambous qui seront créés lors des tailles de la bambouseraie de phytorémédiation). « Nous n’avons donc plus de gaz ni d’énergie fossile », se félicite le dirigeant de Pocheco. l’eau de pluie récupérée de la toiture est utilisée dans les sanitaires et pour le nettoyage des colleurs et encriers « au savon de Marseille », précise Emmanuel druon. des panneaux photovoltaïques sont également installés sur le toit de Pocheco pour une production totale de 200 000kWh/an. Ceci représente « 20% de l’électricité consommée par l’entreprise et nous fait gagner 200000 euros par an », souligne Emmanuel druon. Pour une production de deux milliards d’enveloppes par an (63% de parts de marché en France), 60000 arbres sont coupés. « Attention, entre 360 et 400000 arbres sont plantés à la place de ceux qui ont été coupés », avertit l’entrepreneur. Un coup de pouce pour la planète car un arbre consomme le plus de CO2 les dix premières années de sa croissance. Avec ce fonctionnement écologique et une production économique, Pocheco frôle aujourd’hui les 22 millions d’euros de chiffre d’affaires (avec une progression de 3% par an). Une ascension intelligente qui lui vaut à ce jour de nombreuses visites. l’entreprise a également ouvert un bureau d’études pour accompagner ses clients dans l’écolonomie. Toujours dans l’optique « écolonomique », Emmanuel druon ne cesse d’innover dans son entreprise : autopartage de voitures électriques pour les salariés, épicerie bio, laverie bio... Plus épanoui que jamais, Emmanuel druon affirme qu’« entreprendre sans détruire rend
GAlAxiE ECOréSEAU Le baromètre de l’optimisme - L’après COP21
La COP21 n’était pas une fin, mais un début. Suivi des évolutions bénéfiques à la planète
uVers une application rapide de l’accord de Paris ?
dirigeants africains, en marge de la COP21. de plus, une Alliance internationale pour le solaire a été créée par 120 pays, qui permettra, par exem- ple, à l’inde, d’être alimentée par 100 gigawatts d’énergie solaire d’ici 2030.
Initiative verte
le Conseil d’état examinera le projet de loi qui fera suite à la signature de l’Accord de Paris par François Hollande, le 22 avril à New York. le projet sera ensuite présenté en conseil des minis- tres afin que le Parlement puisse l’examiner dans les meilleurs délais. la ministre de l’Environne- ment, de l’Energie et de la Mer, Ségolène royal souhaite que la loi autorisant la ratification de l’Accord soit promulguée au cours de cet été. Elle espère aussi faire accélérer la ratification par l’Union européenne. lors de la réunion des 28 ministres de l’Environnement de l’UE début mars, les Etats membres ont tenté de se mettre d’accord sur le partage des efforts pour parvenir aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
u Le futur
à charbons
proche des centrales
africain d’ici à 2030. A ce jour, 10 milliards d’eu- ros ont été réunis par les pays développés. ils per- mettront de fournir dix gigawatts de nouvelles capacités de production d’énergie verte d’ici 2020. d’ailleurs, la même année, l’Afrique de- vrait recevoir les deux milliards d’euros promis par François Hollande lors d’un sommet avec les
de gaz à effet de serre dans des proportions inté- ressantes. En France, la problématique des cen- trales à charbon a fait l’objet de nombreuses pressions. le gouvernement a finalement confirmé la suppression immédiate des soutiens à l’export pour les centrales à charbon ne dispo- sant pas de système de capture et stockage de CO2, afin de limiter la pollution. d’ici 2020, les centrales thermiques devront fermer leurs portes. Cependant, il semblerait que ces promesses tar- dent à être tenues...
Perspective
«O optimiste ! ».
Refaisons des projets fous !
la première banque américaine en termes d’ac- tifs, J.P. Morgan Chase, a annoncé qu’elle n’allait plus subventionner les projets liés aux mines et centrales à charbon dans les pays riches. Selon une version actualisée de sa politique sociale et
uÉnergies renouvelables
En dehors du cadre officiel de l’Accord de Paris, différents projets visant à améliorer l’environne- ment ont été lancés, dont celui baptisé initiative africaine pour l’énergie renouvelable (ArEi). le projet se lance pour défi d’installer au moins 300 gigawatts en énergie renouvelable sur le continent
environnementale, J.P. Morgan place le charbon dans la liste des « transactions interdites ». d’au- tres grandes banques américaines et européennes ont aussi signalé qu’elles limiteraient le finance- ment du secteur. En effet, le charbon est l’énergie fossile la plus polluante, responsable de 40% des émissions mondiales de CO et la fermeture de
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ces centrales permettrait de limiter les émissions
par
n devient vieux le jour où d’hier ou d’aujourd’hui. Quand on sait permet de se lancer dans des paris de nos regrets commencent à (ou que l’on pense) qu’aucun événe- plus en plus insensés, à l’image d’Elon
Philippe Bloch
www.philippebloch.com
prendre le pas sur nos rêves », aime rappeler Jacques Séguéla. Habitué aux formules choc, la star de la pub résume mille fois mieux que je ne pourrais le faire moi-même ce qui est à mes yeux l’une des clés majeures du bonheur : la capacité à rêver et à faire des projets, seule véritable ma- chine de guerre anti-morosité. Quels que soient notre âge, notre condition sociale, nos revenus, nos joies ou nos soucis, une vie sans projets est une vie sans lendemains. l’envie s’éteint peu à peu, le plaisir s’évanouit et la déprime menace quand rien ne pointe à l’hori- zon. Quand notre seule perspective est que le jour d’après ressemble à celui
ment jouissif n’a de chance de se pro- duire dans nos vies à court, moyen ou long terme.
Nos projets ne nous aident pas simple- ment à supporter notre existence. ils la rendent belle, excitante, inattendue, surprenante. Mais nous devons réap- prendre à y mettre de l’ambition si nous voulons lui donner du relief, à l’image des vrais pionniers qui ne s’imposent jamais aucune limite. A l’heure où la plupart des Etats ont de plus en plus de mal à financer des programmes suscep- tibles de changer le monde, il est récon- fortant de constater que le relais est désormais pris par des entrepreneurs dont l’immense succès planétaire leur
Musk ou des fondateurs de Google. Nul besoin toutefois d’être milliardaire ou de travailler dans la Silicon valley pour avoir son propre projet Apollo. Chacun de nous peut lui aussi rêver à son Concorde (même miniature) et commencer à le construire. Etape par étape. A la mesure de son imagination et de ses moyens. Avec passion et téna- cité. il est temps de refaire des projets fous. Au-delà de l’énergie qu’ils nous donnent, le grand mérite de nos rêves est de nous pousser à l’action. Et bizar- rement, quand on agit, les petites voix intérieures qui nous minent et nous té- tanisent ne nous parlent plus. Ou ne parviennent plus à se faire entendre...
Auteur - conférencier, animateur et entrepreneur (auteur de « Tout va mal... Je vais bien ! » [ventana Editions], animateur sur BFM Business et Fondateur de Columbus Café)
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Avril 2016
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