Page 8 - EcoRésean n°28
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n°28
GaLaxIE ECOrésEaU Le baromètre de l’optimisme - Actions symboliques
Focus sur ces petites interventions discrètes qui changent le quotidien
Le beau geste impromptu
La bonne action sociale inattendue
Un numéro vert pour les dirigeants en détresse
Un espace de coworking solidaire
Il y a un an, trois coaches d’entreprise et deux psychologues se sont rendu compte que parmi leurs clients se trouvaient des dirigeants d’en- treprise traversant des moments difficiles dont ils avaient besoin de par- ler. « Souvent, les dirigeants d’entreprise en difficulté se trouvent dans une sorte d’isolement. Ils ne veulent ou ne peuvent se plaindre à qui- conque. Nous avons décidé de leur offrir cette possibilité », explique Nathalie, l’une des cinq fondateurs de l’association. Depuis le premier octobre 2015, ces professionnels de la relation d’aide ont fondé l’asso- ciation « écoute dirigeants en détresse » (hébergée à la CCI de la Loire atlantique) et ont mis en place une plateforme téléphonique totalement gratuite pour les dirigeants en détresse de la région nantaise. En plus de leur qualification, les cinq bénévoles ont suivi une formation à la crise
Il y a six ans, Benoît Delol était formateur chargé du module “étude de marché” au sein de l’organisme Créajeunes Paris (adie). « Au contact des jeunes souhaitant créer une entre- prise, j’ai pu comprendre qu’ils avaient beau- coup de difficultés pour trouver un bureau », se souvient Benoît Delol. Ce souci était notam- ment dû à des moyens financiers restreins des jeunes créateurs. « J’ai donc eu l’idée de créer un espace de coworking solidaire pour les gens avec un petit revenu, surtout pour ceux qui per- çoivent le RSA ou sont au chômage », explique Benoît Delol. alors que le prix d’un coworking parisien peut atteindre 400
d’entreprises, à qui j’ai expliqué mon projet puis demandé de l’aide », raconte-t-il. La pein- ture, la moquette, les cloisons pour les bu- reaux, les luminaires, les tableaux pour la salle de réunion, l’aspirateur, les tables, les chaises... Tout a été offert par des grandes marques évoluant dans le haut de gamme. au total, les dons d’entreprises avoisinent les 36000 euros. « Fagerhult, une fabrique sué- doise de luminaires dont le siège français est installé à Lyon, a décidé de faire de notre co- working un showroom parisien pour ses clients », sourit Benoît Delol. Bien que le local ne soit
suicidaire auprès de l’agence ré- gionale de santé (ars). Petit à petit, ils se sont fait connaître par le biais de leur réseau. au- jourd’hui, ils sont à l’écoute de ceux qui en ont besoin du lundi au vendredi de 8h à 20h. « Nous recevons sur- tout les appels lourds qui durent en moyenne une heure et demie », raconte Nathalie. Les interlocuteurs tentent de comprendre le problème de la personne, sa source, son état. Ils l’encouragent et tentent de lui remonter le moral. Les appels sont va- riés et les demandes différentes : un dirigeant de TPE dont la boutique et le couple traversent des difficultés, une épouse inquiète pour la santé de son mari, un dirigeant au fond du gouffre (l’entreprise va mal, il a des addictions à l’alcool), un dirigeant qui a tenté de se suicider. « Nous travaillons avec un réseau de médecins, psychologues et consultants en addictions. Ils ont tous pris un engagement de recevoir les appelants dans les 72h après l’appel », raconte Nathalie. C’est pourquoi pour le moment, ils ne peuvent pas recevoir les appels d’autres régions. Un pro- tocole est également mis en place au cas où les écoutants détectent les risques suicidaires chez les dirigeants. Cependant, aucun dossier n’est rédigé, tous les appels sont anonymes. « Nous demandons les coordon- nées seulement pour une orientation vers un professionnel », précise Nathalie. aujourd’hui, l’association est à la recherche de nouveaux adhérents capables d’effectuer bénévolement des permanences télépho- niques. « Si vous connaissez dans votre entourage des dirigeants en dé- tresse résidant dans la Loire Atlantique, n’hésitez pas à leur donner ce
euros TTC par mois, Benoît
Delol ne demande que 99
euros. Bien sûr, ce tarif ne se-
rait pas aussi petit sans la
bonne volonté de Benoît et les
forces qu’il a employées.
« J’ai contacté la mairie de
Paris en expliquant mon pro-
jet. Elle m’a promis une sub-
vention de 5000 euros »,
raconte Benoît Delol. après
de longues recherches de lo-
caux, il a frappé à la porte de l’association au- rore. située au sein de l’ancien hôpital saint-Vincent de Paul (14ème arrondissement), elle a accepté la demande de Benoît. « L’asso- ciation a l’habitude de louer des locaux aux acteurs de l’économie sociale et solidaire. Le projet d’un coworking “Mon premier bureau” leur a tout de suite plu », explique Benoît Delol. Les 145m2 de “Mon premier bureau” disposent de 19 postes de travail, d’un espace réunion, d’un espace café et même d’un atelier de 19m2 pour les entrepreneurs artisans. « Pour que les gens ne se sentent pas dans un cowor- king low-cost, j’ai voulu aménager l’espace », dit Benoît Delol. Pour cet aménagement, le président de l’association n’a presque pas dé- boursé un sou. « J’ai contacté une douzaine
pas encore totalement aménagé, les postes de travail sont déjà occupés et les demandes s’ac- cumulent. « Je ne peux pas ac- cepter tout le monde », déplore Benoît Delol. En effet, l’entre- preneur se réfère à une sorte de charte de sélection. Le premier critère est social. « Je regarde le revenu actuel des personnes », souligne Benoît Delol. En effet, le coworking est réservé non pas à ceux qui souhaitent
numéro : 06 73 52 47 84 », conclut Nathalie.
faire des économies mais à ceux qui ont vrai- ment besoin d’un endroit pour travailler. « L’idée est aussi de varier les secteurs d’acti- vité », précise-t-il. ainsi, “Mon premier bu- reau” regroupe des personnes de tout âge avec des projets variés comme une entreprise pro- posant des solutions solaires pour l’afrique, une agence d’hôtesses, un site internet dans le domaine de la e-santé ou de téléphonie. Parmi les artisans, on trouve deux jeunes femmes qui fabriquent des nœuds papillon ou encore des bijoux en métal. Benoît Delol ne compte pas s’arrêter là. son premier coworking solidaire devrait servir de vitrine et si tout va bien de nouveaux espaces s’ouvriront petit à petit dans d’autres arrondissements parisiens et en pro- vince.
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Mars 2016
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