﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="100"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[OPTIMISME - p. 7OUI, les bonnes nouvelles existent !PROSPECTIVE - p. 12La mode de demain vers le sapé connectéNuméro 27 - février 2016 - 3,90 €ecoreseau.frCLUB ENTREPRENDREla culture duREBONDRenaissance mode d’emploiBourgesL’initiative en région Centre-Val de Loire›› En supplément dans ce numéro›› À la Une - p. 28Interview croiséeChenva TIEUOn Line ProductionsBertin NAHUMMedtechLa diversité créatrice› Les nouveaux visagesde l’entrepreneuriat - p. 34›› Notre enquête - p. 14 L’art dePANORAMAprovoquerUNE TRADITION FRANÇAISEEffronteries, moqueries... des transgressions à cultiver si elles sont maîtriséesNOUVELLE FORMULECES LAS VEGAS Pourquoi les Frenchies sontcommeàlamaison?-p.66S’INSPIRER - INVENTER - COLLABORER PIVOTER - RELANCER2016: une année d’opportunitésAutant de verbesqui peuvent définirune stratégie de développementBUSINESS STORY - p. 71Gemalto : roi de la sécuritéCas d’école d’une diversification ruséewww.ecoreseau.frALL/BEL/ESP/ITA/POR : 4.50 € - Canada : 7CAD - Maroc : 50 MAD]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.fr n°27 ediTOriAL Top départ !«T out vient à point qui sait attendre... » Ce proverbe, attribué à Fran- çois rabelais dans Pantagruel, parait incomplet. «...et le meilleur survient à celui qui se bouge » pourrait être une bonne suite. Car siverbes d’action s’inspirer – inventer – collaborer – pivoter – se relancer, donne à celui qui souhaite entreprendre les lunettes idoines pour discerner les tendances de fond. reste pour réussir la volonté, celle dont a fait preuve l’Electron libre, Mariella Berthéas, pour développer ses fondations et accompagner les entrepre- neurs seniors aujourd’hui. C’est cette même force de caractère dont ont faittout le monde sort un peu sonné des évènements de 2015 - la sphère économique n’ayant toutefois pas tant souffert comme Nicolas Bouzou et Mathieu Plane l’ana- lysent en Hexagone -, ecoréseau entend bien éviter de se morfondre en 2016.qu’ils sont arrivés en France pourCe qui se traduit par un nouveau nom – ecoréseau Business –, une formule ajus- tée et des sujets acérés. La partie « Galaxie ecoréseau » en témoigne avec un baromètre de l’optimisme étoffé, et de nouveaux chroniqueurs viennent renforcer l’identité du journal entrepreneurial et souriant.N’en déplaise aux défaitistes - dont les moulins ont beaucoup tourné ces derniers temps sous l’action d’une soupe d’actualités tristes et violentes -, les opportunités de prendre un nouvel envol ne manquent pas. Décryptage qui fait la part belle aux start-up françaises du CeS, En Immersion dans la station de ski des Arcs qui se digitalise ou Prospective décrivant l’habit du futur, démontrent que le monde bouge dans tous les domaines, même les plus traditionnels. A la Une, dédié auxpreuve Bertin Nahum et Chenva Tieu depuis.créer leurs sociétés, comme ils le racontent en Interview croisée.Alors, ecoréseau Business 2016, nid de provocateurs s’inscrivant dans la tradi- tion française (cf. Grand Angle), ou repaire de fieffés entêtés ? Un peu des deux assurément. et ce n’est pas la création des Trophées Optimistes d’ecoréseau, en partenariat avec le Printemps de l’Optimisme, qui nous contredira. rendez- vous le 18 mars prochain pour découvrir la première promotion.Que cette année soit audacieuse et créative !Jean-Baptiste LeprinceJulien TarbyFondateur & directeur de la publicationRédacteur en chefLE CHAT by Philippe Geluck4Février 2016]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frwww.ecoreseau.frDécryptageOnt collaboré à ce numéro : Anna Ashkova, Olivia Baranes, Jean-Marie Benoist, Charles Cohen, Jacques Donnay, Pierre Havez, Emilie Massard, Cyril Michaud, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Yann Petiteaux, Stéphanie Polette, Olivier Remy,Séverine Renard, Carla Verley, Murielle WolskiDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardRéalisationCourriel : production@lmedia.frResponsable production : Frédéric Bergeron Conseiller artistique : Thierry Alexandre Crédits photos : Fotolia, DRPublicité & opérations spécialesCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement : Damien DelachauxEquipe commerciale : Pierre-Antoine Benoist, Julia NavarroDiffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPAdministrationCourriel : gestion@lmedia.fr Gestion : Jean-Eudes SansonEcoRéseau Business est édité par LMediaRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Ce numéro comprend un supplément EcoRéseau Territoiresde 16 pages, jeté sur l’ensemble du tirage.Toute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau Business sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique.La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en France-villes et pays organisateurs des événements 22 internationaux, le bon choix ?- L'attractivité belge en question 24La Table ronde, bonne chère et bonnes actions 72 Observatoire 74GALAXIE ECORÉSEAU 6-12 RétrospectiveSOMMAireBaromètre de l'optimisme 7 -Général-Actions symboliques-Le monde après COP21Baromètre de l'innovation 62influence des attentats sur l'économie 20RH & FORMATION 72-83 Réseaux & InfluenceInternationalBusiness guides- entreprendre en 2016 48 - L'évolution flagrante du MiCe 56L'évolution du curseur patriotisme / nationalisme 6STRATÉGIE &INNOVATION NUMÉRIQUE 62-71ProspectiveRegard digitalLes vêtements en 2050 12Serge Papo, Pdg. de Nomination racontesa transformation digitale 64PANORAMA 14-24 201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frFondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyConseillers de la rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Geoffroy Framery, Aymeric MarolleauChroniqueurs : Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, Arthur Cohen, Philippe Flamand, Pascal Junghans, Sophie de Menthon, IsaLou Beaudet Regen, Jean-Marc Rietsch, Thierry SaussezGrand angleLes frenchies au CeS de Las vegas 66L'art de la provocation en France 14Haute résolutionRégions & TerritoiresOù investir dans le numérique en 2016 ? 68ile de France 16Business storyHexagoneLa diversification futée de Gemalto 71CLUB ENTREPRENDRE 26-61 Baromètre & Tendances 26Carrières & TalentsA la Une- La stratégie de communication des Grandes ecoles 76S'inspirer - Pivoter - relancerCollaborer - inventer en 2016 28- enseignement supérieur en mutation : nouveaux diplômes et pédagogies8084-9884Interview croiséeART DE VIVRE & PATRIMOINEBertin Nahum vs Chenva Tieu,la diversité créatrice 34La Sélection culturelle L’Air du tempsEn immersionStation Les Arcs 1800, modernisationet digitalisation 36Ces modes devenues ringardes puis "in" à nouveau85 86Electron libreMariella Berthéas, développeusede fondations d'entreprises 38L’Art du tempsL’actualité automobile : Essais & tendances 92Culture du rebondAntoine duranson, accompagnateurde PMe en difficulté 40Baromètre Finance & Investissements 94 PatrimoineCréer aujourd’huiinvestir en 2016 96 Baromètre Finance & Investissements 98- Stratégie de brevets du créateur 42 - L'école informatique epitech et son forum eiP, sanctuaire de la création 46Février 20165]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27GALAXie eCOréSeAU Rétrospective - Le curseur nationalisme/patriotisme s’est-il déplacé ?Aux armes, et caeteraDans chaque numéro, EcoRéseau Business vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.LLes Français, semble-t-il, n’aiment plus la France. et les drapeaux ne sont de sortie qu’au soir des grandes victoires sportives ou des drames nationaux. Comme une source souterraine qui rejaillit quand le besoin s’en fait sentir. et cela dure depuis 50 ans...a France est schi- « Je ne crois pas, répond zophrène. Nous Serge Berstein. L’attache- nous en doutions. ment de la population à laNous en sommes mainte- nation ne passe simplementnant certains. 13 novembre 2015, Paris est touché en plein cœur par les attentats islamistes. dans ce pays où le drapeau est ringard et chanter la Marseillaise un signe d’arriération in- tellectuelle, on se met à ar- borer le Bleu-Blanc-rouge à sa fenêtre, à donner du « Je-suis-Paris, je-suis-la- France », et à s’émouvoir en entendant les paroles de rouget de l’isle reprises à Madrid, Londres, New- York ou Berlin. Surviennent alors les élections régio- nales, dix jours plus tard. Le Front National part ou- vertement et ostensiblement patriote et nationaliste et se voit, comme à chaque élection, affublé des sobri- quets les plus doux : pétai- nistes, fascistes, nazis pour les plus modérés... drôle de rapport que celui de la France à elle-même et des Français à leur pays. Peut- être à voir avec une ques- tion de vocabulaire, comme souvent.« Il ne faut pas confondre patriotisme et nationalisme, prévient Serge Berstein, professeur émérite à Sciences-Po, spécialiste de l’histoire politique des XiXe et XXe siècle. Le patrio- tisme est un simple atta- chement à la terre natio- nale, à la culture, aux arts, une fierté d’appartenir à un peuple dont l’histoire se confond avec celle de la civilisation occidentale. Le nationalisme est une doc- trine politique qui conçoit le patriotisme conduit par un état fort afin d’assurer la grandeur de la France. » Parmi les nationalistes, on doit à Michel Winock uneEt dire que les Américains ont un aigle...ses partisans, la nation dans sa globalité n’est plus valable puisque le monde est composé de classes so- ciales. Et la lutte des classes doit l’emporter sur le pa- triotisme ou le nationa- lisme. Cette idée sera par exemple porté par Gustave Hervé, qui expliquera vou- loir planter le drapeau fran- çais dans un tas de fumier. » Autres opposants, certespas par des formes osten- tatoires. Mais je pense que le fait d’éviter les manifes- tations visibles de patrio- tisme ne signifie pas for- cément un désamour pour la patrie. » Aussi les Fran- çais ne laissent-ils sourdre leur patriotisme latent que lors d’événements excep- tionnels – Coupe du Monde 1998 – ou tragiques – at- tentats de novembre 2015. « Peut-être ce souhait de rester discret s’explique-t- il par la volonté du vivre- ensemble, avance l’histo- rien. Car s’afficher comme un amoureux de la France peut être pris comme un moyen d’exclure ceux qui n’en sont pas. »Pour autant, un élément semble avoir changé depuis le milieu du siècle dernier. Ce n’est pas l’amour de la France, mais la vision de la France. Sous de Gaulle, le verbe du Général fera croire aux Français qu’ils sont encore et toujours le peuple élu, capable de tenir tête aux Américains. depuis plusieurs décennies, le mi- rage s’est évaporé. Les Français voient la France telle qu’elle est : une an- cienne très grande puis- sance, qui glisse des pre- mières places aux places d’honneur pour finir dans le milieu de tableau. Une nation qui se rappelle au- jourd’hui autant de Philippe Pétain que de Jean Moulin. Pour qui Napoléon fut au- tant un dictateur qu’un conquérant.Olivier Faureseconde division, entre un nationalisme fermé, exclu- siviste, qui se referme sur l’identité nationale et trie ce qui est « vraiment fran- çais » de ce qui ne l’est pas. Un courant incarné par Charles Maurras. et puis, àlafoisenfaceetàcôté, un nationalisme ouvert, qui souhaite lui aussi un etat fort, mais accepte de jouer avec le reste du monde, encours des âges ? de manière générale, depuis la fin du Xviiie siècle, le Français est patriote. Pour une raison simple : l’idée de nation est consubstantielle à la modernité, représentée par les acquis de la révolution. Au XiXe siècle, les idées de Jules Guesde viendront fendiller cette belle unité nationale, mais de façon très marginale. Au XXe, lescatégories ne disparaîtront pas, mais la question de l’attachement au drapeau se posera avec moins d’acuité. « Ce sont des an- nées de paix internationale – mis à part les conflits coloniaux –, c’est aussi la période des Trente Glo- rieuses, poursuit l’historien. La croissance transforme les conditions de vie. Le mot d’ordre, c’est la consommation. Cela ne re- met pas en cause l’atta- chement national, qui reste ancré au tréfonds des consciences, mais ce n’est plus vraiment le sujet. » Aussi les envolées gaul- liennes sur la grandeur de la France sont-elles davan- tage la cerise sur le gâteau du confort des ménages que la préoccupation pre- mière des Français.Eviter les manifestations visibles de patriotisme ne signifie pas forcément un désamour pour la patrie.faisant en sorte que l’in- choses changent. L’idée de marginaux, au patriotisme fluence française à l’inter- nation au sens d’attache- ambiant, les instituteurs de national demeure forte. Une ment à la terre nationale, à l’entre-deux-guerres. « Eux vision évidemment incarnée un passé magnifié, reste considèrent que le bonheur par le Général de Gaulle. très largement répandue. de l’individu est préférableMais « au sein du courant à l’intérêt de la commu- voilà pour les définitions. socialiste va apparaître nauté. »L’amour reste. Mais l’aimée6Février 2016Mais qu’en est-il de l’im- l’idée d’antipatriotisme, ex-prégnation de ces idées au plique Serge Berstein. Pour dans les années 50-60, cesLes choses ont-elles donc vraiment changé en 2015 ?est imparfaite.]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[n°27Le verbatim à retenir...Des chiffres et des lettres agréablesannées.www.ecoreseau.frLe baromètre de l’optimisme - Général GALAXie eCOréSeAU Les bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper. Elles sont finalement si nombreuses que nous vous proposonsune nouvelle version plus étoffée du baromètre. Bonnes ondes positives !Aucun pessimiste n'a jamais découvert le secret des étoiles, navigué jusqu'à des terres inconnues, ou ouvert un nouveau chemin pour l'esprit humainHelen Keller, écrivaine et militante politique américaine, aveugle, sourde et muette.80% des dirigeants français entament la nouvelle année en étant confiants sur les perspectives de croissance du pays, selon une étude mondiale CEO Survey réalisée par le cabinet d'audit KPMG. Un pourcentage qui contraste avec leurs voisins britanniques (70%) et allemands (51%). De plus, 61% des chefs d'entreprise français déclarent avoir confiance en l'évolution de leur entreprise sur les trois prochainesLe graphique encourageantL'année 2015 se clôture par un rebond des taux de marge des entreprises. En effet, selon l'Insee, le taux demargeagrimpéde1,1pointen2015pours’éta- blir à 31,4% de la valeur ajoutée contre 29,6% au premier trimètre 2014. Mieux encore, mi-2015, l’in- dustrie avait retrouvé son niveau de marges d’avant la crise. Comme l'explique l'Insee, cette amélioration est due à la baisse des prix du pétrole et de la mon- tée en puissance du Crédit d’impôt pour la compé- titivité et l’emploi (CICE).4 La bonne nouvelleL’onde positive4 Pour rêver très loinLes ingénieurs de disney research ont créé un robot ca- pable de se déplacer rapidement le long des surfaces ver- ticales. en faisant naître vertigo, les concepteurs ont voulu élargir les possibilités des robots, qui dans la plu- part des cas ne peuvent pas surmonter les obstacles tels que les murs. L’engin fait 60 cm de long, pèse 2 kilos, est muni de quatre roues et deux hélices pour l'aider à surmonter plus facilement les obstacles. Contrairement aux autres dispositifs créés auparavant, celui-ci est plus rapide. Les développeurs disent que vertigo peut être uti- lisé à des fins diverses : dans l'industrie automobile, le contrôle industriel ou comme aide ménager.elle vient du latin gratia qui signifie la grâce. Nous sommes recon- naissants envers toute personne d’un geste qui nous touche ou de toute chose qui nous fait du bien. encore faut-il l’exprimer. Pas seulement avec le merci de politesse, automatique, de simple convenance, comme pour s’en débarrasser rapidement, qu’on nous ap- pris dans notre enfance.par Thierry Saussez Fondateur du printempsici et maintenantde l’optimismeen décembre, les députés ont voté un amendement offrant aux véhi- cules d'entreprise roulant à l'essence l'avantage fiscal dont bénéficient déjà ceux qui roulent au diesel. Le but est de mettre fin à l'inégalité de traitement fiscal entre les deux. Le texte sera examiné prochainement par le Sénat. L'alignement se fera progressivement d'ici 2017.Exprimez votre gratitudeLes enquêtes réalisées, notamment aux états-Unis, sont sans équivoque. On réunit deux groupes qui tiennent un journal d’expériences quotidiennes. Le premier est confronté à des situations désagréables, le second à des événements dont on peut être reconnaissant (qui lui font du bien et l’amènent à remercier). Le séjour terminé, le second groupe est nettement plus positif, optimiste, en- thousiaste pour l’avenir.La gratitude est un enjeu collectif. elle détourne du seul moi, efface ses petits soucis ou contrariétés. elle nous relie aux autres, exprime notre confiance dans la nature humaine, suscite la joie partagée autour de nous.exprimer régulièrement sa gratitude conduit à un niveau de satisfaction plus élevé. On se fait plaisir en faisant plaisir. dire merci fait référence à un moment agréable, à une attention que vous avez remarquée et constitue donc une source de bonne humeur.Chaque jour, vous pouvez trouver quan- tité d’occasions d’exprimer votre grati- tude, par une phrase, un coup de fil, un SMS, une lettre à un membre de votre famille, un ami, un voisin, un collègue, un collaborateur, un professeur et même votre patron.reçu, même un petit bonheur qu’il soit matériel ou immatériel, évaluer l’effort qu’il a nécessité, manifester sa recon- naissance à la source du bienfait.Des brèves qui donnent le “smile” le matin...Selon une enquête menée par les chercheurs en management du cabinet de communication MCBG Conseil, 92% des jour- nalistes considèrent que le traitement médiatique réservé aux start-up tend à romancer les aventures entrepreneuriales. Leur observation principale ? Les start-up françaises ont la cote auprès des médias.elles n'ont rien demandé et pourtant lors de son discours à l'occasion de la nouvelle année, François Hollande a promis une nouvelle aide à l'embauche pour les PMe. La promesse sera présentée par le Président de la république au Conseil économique, social et environnemen- tal. L'état semblerait prévoir d'allouer une prime forfaitaire de l'ordre de 1000 à 2000 euros sur les nouvelles embauches de salariés peu qualifiés, pour enfin faire drastiquement baisser les chiffres du chômage.Pour la deuxième année consécutive, les Français ont été le deuxième pays présent en force en nombre de start-up présentes à Las vegas (Nevada) au Consumer elec- tronic Show (CeS). en effet, 190 start-up françaises se sont classées deuxièmes par leur nombre derrière les états-Unis et premières au niveau européen. Ce qui traduit bien la volonté de renforcer la visibilité des jeunes pousses françaises à l'interna- tional, aussi bien vis-à-vis des médias que des distributeurs et des investisseurs. Pour cela, elles ont bénéficié d'une courte présence (24 heures) du ministre de l’éco- nomie et du Numérique, emmanuel Macron.elle développe un effet d’entraînement. Plus on l’exprime, plus l’on trouve des occasions de le faire. C’est le cercle vertueux du bien-être.vous pouvez très aisément dans la cor- respondance dépasser la formule usuelle de politesse en disant simplement merci beaucoup ou un grand merci ou mille mercis.il faut faire l’effort d’appliquer une mé- thodologie simple : constater le bienC’est vraiment un tout petit effort, une magnifique discipline dont le gain per- sonnel et collectif est considérable.Février 20167Œ]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27GALAXie eCOréSeAU Le baromètre de l’optimisme - Généralse confirme également dans les éléments straté- giques prioritaires tels que l’innovation qui a aug- menté de cinq points (soit 71%) et l’investissement qui s’est haussé de six points (soit 69%).d'après l'index de palmarès de Women equity, le premier programme européen dédié aux PMe de croissance dirigées par des femmes, ces PMe seSelon le baromètre sur la compétitivité des en- treprises de tailles inter- médiaires (eTi) mené par Amundi Asset Ma- nagement en partenariat avec Meti et Option Fi-treprises de l’index. elles accélèrent leur croissance en 2014, contrairement aux entreprises de l’index.Le nouveau président de Nord-Pas-de-Calais-Pi- cardie, Xavier Bertrand, a lancé "Proch’emploi", un dispositif pour aider les Nordistes à retrouver du travail... Le numéro vert, basé à Amiens, devra faire le lien entre les offres d’emploi non pourvues et les chômeurs de la région.Selon l'insee, la reprise économique de la France est partie sur un bon pied. Avec 1,1% en 2015 etnance, 90% des dirigeants français d’eTi estiment que leur entreprise est compétitive. en parallèle, 72% constatent que leur compétitivité s’est amé- liorée au cours des 12 derniers mois. Ainsi, le pour- centage se trouve en progression de 5 points par rapport à la précédente vague du baromètre. de même, le sondage montre que 81% des dirigeants d’eTi jugent aisé l’accès au financement.distinguent par une meilleurerentabilité des appareils deproduction, en vue sectoriellecomme par classes de chiffresd’affaires. Ainsi, parmi les  1% au premier trimestre 2016, l'insee reste opti-32550 entreprises analysées en 2015, 56% se sont expor- tées à l’international, ont créé 7000 emplois et ont cumulé 1,3 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2014, représen- tant ainsi une hausse de 34%Labellehistoiredumois: lasolidaritélocaleauprofitd'uneentreprisemiste. Les prévisions sont donc les suivantes : fort de ce regain de croissance, le chômage de- vrait baisser d'ici juillet pour at- teindre 10% en métropole (donc -0,2 points). de plus, l'in- vestissement devrait également accélérer, aussi bien pour les ménages (hausse des mises en chantier) que pour les entre-Les résultats du 52e Observatoire Banque Palatine des PMe-eTi montrent que la confiance résiste chez les dirigeants de PMe-eTi. en effet, après les attentats du mois de novembre, les entrepreneurs ont été pris d'un élan de panique. Cependant, l’in- dice investissements Palatine-OpinionWay conti- nua de progresser au mois de décembre pour culminer à 113 points (niveau jamais atteint). Celapar rapport à l’année 2013. elles affichent donc 17 fois le taux moyen de croissance du CA à un an de l’index, 11 fois son taux moyen à trois ans, quatre fois le taux de croissance moyen de l’eBe des en-prises (+2% en 2015, +1,7% au premier semestre 2016).en octobre 2012, Jacques vial rachète avec ses associés une entreprise de chaussures basée à villars (dor- dogne). « L'usine a connu une belle période dans les années 90. Mais nous l'avons reprise après un dépôt de bilan en plan de continuation ; tous les accès à l'argent étaient donc interdits, ex- plique-t-il. Par miracle nous avons pu faire vivre l’en- treprise avec 24 salariés. » Les dirigeants développent alors la marque Souts (en patois sabots). Un terme qui s'ancre dans le terroir, connu pour la production de chaussures et chaussons. Mais le conte des chaussures légères, colorées et dynamiques commence à s'assom- brir peu à peu. « Nous n'avions pas le volume de com- mandes nécessaire pour faire tourner la boîte. A cause des soucis antérieurs à la reprise de l'usine, nous ren- contrions également des difficultés à financer réellement l'affaire », confie Jacques vial. Ainsi au mois de novem- bre, Souts reçoit une convocation au tribunal de com- merce. désespéré, le dirigeant de l'entreprise fait lapromotion de l'usine et de ses produits. « La presse a re- laté nos difficultés, ce qui nous a permis de créer des points de vente, notamment à Brantôme et au marché de Noël », explique Jacques vial. Les gens affluent alors pour découvrir la marque et acheter une ou deux paires. « La population a été vraiment formidable ! Je ne m'at- tendais pas à ce que les gens s’intéressent à tel point à nous. Certains sont même revenus pour prendre de nos nouvelles », se souvient Jacques vial. Par miracle, la veille du passage au tribunal, la marque a pu récolter 45000 euros (de vente). « Sur l'ensemble, nous avons rassemblé 95000 euros. de quoi prouver que nous sommes capables de payer nos salariés et faire marcher notre usine », conclut-il. Cependant les problèmes ne sont pas encore terminés pour Souts car le 12 février, la marque sera de nouveau convoquée au tribunal de com- merce qui observera son évolution. Malgré tout, Jacques vial reste optimiste et confiant : « Nous avons reçu des commandes, d'autres se sont débloquées. Nous avons également une nouvelle commerciale et étudions d'au- tres pistes ».Oddo & Cie (Banque d'investissement et de gestion de capitaux) et le magazine Challenge ont évalué la performance des chefs d'entreprise en termes de croissance, rentabilité et résultats boursiers sur l'an- née 2015. Onze dirigeants français se retrouvent dans le top 100 du palmarès. Leur nombre a été multiplié par deux en comparaison avec l'an der- nier. Ainsi, retrouve-t-on dans le peloton Jacques Aschenbroich (valeo, 14e), Benoît Potier (Air Li- quide, 15e), Martin Bouygues (Bouygues, 26e), Maurice Lévy (Publicis, 39e), Carlos Ghosn (re- nault, 40e), Bernard Arnault (LvMH, 44e), Jean- Paul Agon (L’Oréal, 55e), Olivier Piou (Gemalto, 58e), Gilles Schnepp (Legrand, 59e) et Tidjane Thiam, le Franco-ivoirien qui était encore à la tête de l’assureur britannique Prudential en 2014, avant de prendre cette année les rênes de Crédit Suisse. La France arrive donc en deuxième position der- rière les etats-Unis (et à égalité avec le royaume- Uni) parmi les pays les mieux représentés de ce classement. Suivent : l’Allemagne, le Canada, le Japon et la Suède (ex aequo).PerspectiveC Redevenons des emetteurs de bonnes nouvelles !Philippe Blochwww.philippebloch.comdes médias dans le pessimisme fran- pas toujours au beau fixe. Mais cela ment plus positifs que ceux qui fontparombien de fois m’a-t-on re- eux-mêmes évoluent dans un monde dans un autre. il semble ainsi que les proché dans le cadre de mes anxiogène et dans un secteur parfois idées ou les articles que nous parta- conférences la responsabilité sinistré, et leur moral personnel n’est geons sur la toile soient systématique-Auteur - conférencier, animateur et entrepreneur (auteur de « Tout va mal... Je vais bien ! » [ventana editions], animateur sur BFM Business et Fondateur de Columbus Café)çais, au prétexte que j’anime chaque week-end depuis douze ans sur BFM Business une émission de radio consacrée aux entrepreneurs ? « Comment voulez-vous que nous ayons le moral, si vous n’annoncez que des catastrophes du matin au soir ? » « Pourquoi ne mettez-vous jamais en valeur ceux qui apportent des so- lutions, et accordez-vous tant d’im- portance à ceux qui créent les problèmes ? » Autrement dit, pour- quoi cette jouissance complaisante face au défaitisme hexagonal ? Certes, les journalistesn’empêche ni l’interrogation ni la re- mise en cause. Celle des médias bien sûr, mais aussi la nôtre.Les drames font partie de la vie. Mais oublier qu’elle peut aussi être exci- tante, colorée, exotique, romantique ou stimulante est un état d’esprit qui se paye cher. La vraie bonne nouvelle (et rupture majeure) en ce début de millénaire est qu’internet a profondé- ment dérégulé le marché de l’infor- mation. Les réseaux sociaux ont transformé chacun de nous en « jour- naliste » potentiel, capable de renver- ser la vapeur, dans un sens commela Une des médias traditionnels. Nous sommes ainsi devenus plus attentifs à la parole de nos pairs qu’à celle des pros de l’info, et donc capables de re- prendre le contrôle de la contagion émotionnelle et d’inverser son cours. Ce nouveau pouvoir est précieux et il peut tout changer. Alors, arrêtons de relayer des catastrophes auprès de nos collègues autour de la machine à café. redevenons attentif à ce qui marche bien. Utilisons le redoutable pouvoir des mots pour devenir une gigan- tesque Dream Team rédactionnelle et interconnectée de l’optimisme.8Février 2016Œ]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27GALAXie eCOréSeAU Le baromètre de l’optimisme - Actions symboliquesFocus sur ces petites interventions discrètes qui changent le quotidienLe beau geste impromptuLes employés d’une entreprise offrent 215 jours de RTT à leur collègueLa bonne action sociale inattendueUn entrepreneur qui sert l’humanité en silenceA evron, en Mayenne, Howmet Ciral, la fonderie d’aluminium à la cire perdue spécialisée dans la fabrication de pièces pour l’aéronautique civile et militaire, a connu un bel élan de solidarité. Sandrine, une des employés de la société depuis 1998, a été confrontée à une épreuve difficile. Les médecins ont découvert chez son fils cadet Noah, âgé de neuf ans, une vilaine tumeur au cerveau. Un traitement médical et la présence constante de sa maman ont été nécessaires au garçon. Sandrine a donc pris 90 jours d’arrêt de travail. Mais avec la perte de son salaire de 10 à 15%, elle neHomme d’affaires, extrêmement religieux, emphatique, agoraphobe notoire, vivant sur un bateau à Amsterdam, chef d’entreprise avec pourtant un salaire modeste... Jean Baptiste Descroix-Vernier accumule autant d’aspects atypiques que de gestes généreux.depuis toujours, ce PdGd’une grande entreprise duWeb, dalenys (ex-rentabiliweb), sait que pourlutter contre la misère dans lemonde, « la meilleure arme estl’argent ». Ayant bâti sacarrière professionnelle, il n’apas oublié sa volonté d’aiderceux qui en ont le plus besoin.voilà près de sept ans qu’il aouvert une fondation enBelgique qui s’occupe del’installation de puits enAfrique (Guinée, Togo,Burkina Faso). Peu de genssont au courant de son activitéhumanitaire, qu’il gardesecrète. Pour Jean-Baptistedescroix-vernier, il n’y a riendans les zones sans eaupotable. Cette dernière est le début de la survie. Selon l’observatoire des inégalités, près de 37% de la population africaine n’y a pas accès. Les habitants se débrouillent comme ils peuvent avec des ruisseaux gorgés de bactéries provoquant la dysenterie et autres maladies hydriques. Ces dernières enlèvent la vie de 2,2 millions de personnes (surtout des enfants) par an. Grâce à Jean-Baptiste descroix-vernier, ses partenaires ingénieurs et une ONG française spécialisée en eau potable « Hydraulique sans frontières », la mortalité dans les villages où ils ont installé les puits est en forte baisse. depuis, les habitants des régions qu’il côtoie l’ont surnommé « l’ange de la vie ». Humble, Jean-Baptiste descroix-vernier ne dévoile jamais les sommes qu’il a investies au profit de l’humanitaire. L’équipement d’un village en eau potable coûte néanmoins près de 50000 euros. Après sa mort, l’entrepreneur, âgé de 45 ans, veut continuer de servir l’humanité et a prévu de léguer toute sa fortune à une quinzaine d’associations.atelier ont sollicité leur manager pour réaliser un don de jours RTT, possible grâce à la loi du 9 mai 2014 », explique Sylvie establie, drH de l’entreprise. Tous les 292 salariés répondent présents. Fin septembre, le conteur de « bonne foi » affichait 215 jours rTT de dons anonymes et irréversibles. Sandrine prévenue par l’entreprise a été émue aux larmes. Un élan de solidarité qui a également surpris la direction. « Parfois dans les grandes entreprises comme la nôtre, il est difficile de créer une certaine cohésion entre tous les salariés. Cette solidarité de la part des employés nous montre qu’il existe un engagement au sein de notre société », confie Sylvie establie.L’application des jours rTT de Sandrine a commencé le 5 octobre. elle bénéficie aujourd’hui de dix mois de congés payés, en plus de ses propres jours rTT qu’elle continue d’acquérir. « Nous espérons que ce temps lui permettra de s’occuper de son fils dans la totalité de son traitement et si besoin, qu’elle pourra utiliser ses propres congés », souligne Sylvie establie. depuis cet événement, Sandrine a été beaucoup médiatisée et aujourd’hui, elle reçoit du courrier avec du soutien, des dons et des appels téléphoniques pour des propositions d’aide. Quant au petit Noah, il a subi le 17 novembre une opération. La tumeur a été enlevée. il continue de suivre la radiothérapie et les séances de chimio.pouvait subvenir aux besoins de ses trois enfants, d’autant plus que son mari avait péri en 2007. Ses jours d’arrêt de travail arrivant à leur terme Sandrine s’est retrouvée dans une impasse. Pourtant, sans qu’elle le sache, sa bonne étoile s’était timidement allumée...Les salariés de son entreprise, au courant de sa situation familiale, se sont mobilisés pour l’aider. « Les collègues de son10Février 2016]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frLe baromètre de l’optimisme - Le monde après la COP21 GALAXie eCOréSeAU La COP21 n’était pas une fin, mais un début. Suivi des évolutions bénéfiques à la planèteu La France tient à ses engagementsFrançois Hollande entame la nouvelle année avec plusieurs mesures, dont celle destinée à renforcer les moyens et l’action de l’Agence française de développement (AFd). Tout d’abord, cette dernière sera intégrée par la loi dans la Caisse des dépôts afin de créer « un instrument puissant, intégré et innovant, mobilisable en France comme à l’étranger », pour ainsi mettre en œuvre les engagements pris à la COP21. Quatre milliards d’euros supplémentaires seront donc alloués d’ici à 2020 au financement du développement et de la lutte contre le réchauffement climatique. L’AFd augmentera ses activités de prêts aux pays en développement de 50% : ils passeront de 8,5 à 12,5 milliards d’euros par an d’ici à 2020.uLe végétal, l’allié des dirigeantsL’accord signé à Paris le 12 décembre, par 195 états, affiche un objectif ambitieux, allant jusqu’à prévoir de maintenir le réchauffement climatique « bien en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels ». Afin que ce texte ne reste pas une simple combinaisonde lettres sur du papier blanc, les états doivent prendre des mesures concrètes pour protéger la biodiversité, rendre l’air des villes à nouveau respirable et protéger “la Terre nourricière”, telle qu’elle est nommée dans l’accord. Ainsi après la COP21, certains ne restent pas les bras croisés et montrent le bon exemple. Pour l’islande, la Suède, le danemark ou encore le Canada, le végétal est désormais un élément incontournable du planning urbain. Ainsi, à Stockholm est adoptée la règle “un espace vert à moins de300 mètres de chaque habitation”. La trame verte quasi continue favorise donc le développement de la biodiversité et offre aux habitants une qualité de vie meilleure, étant en contact permanent avec la nature.u L’après COP21 : qu’en pensent les Français ?Havas Paris et ipsos France ont mené une enquête auprès d’un échantillon de 1010 personnes représentatives de la population française (interrogées en ligne le 14 décembre 2015) afin de connaître leur avis sur la période post-COP21. Ainsi, même si la COP21 estmajoritairement vécue comme un succès (72%), elle n’a pas rassuré l’opinion publique quant à l’avenir climatique de la planète. Si près d’un Français sur deux (46%) pense que la COP21 va changer les choses en matière de lutte contre le changement climatique, 59% n’ont pas confiance dans l’avenir climatique. Ces derniers mettent en doute la capacité des principaux acteurs à tenir leurs engagements, en particulier les pays développés (51% de confiance/49% de défiance), les grandes entreprises (38% de confiance),mais plus encore les pays en développement (37% de confiance) et les pays émergents (33% de confiance). Cependant, les Français placent leur espoir dans les pays développés (60%) et les grandes entreprises (44%). Finalement, si la réussite de la COP21 est reconnue par les Français, un nuage d’inquiétude pèse sur l’avenir de la question climatique. Aux grands acteurs de jouer et balayer les appréhensions !uLes citoyens se mobilisentSuite à la COP21, de nombreuses villes ont vu paraître des initiatives locales. C’est notamment le cas à vannes où la commune a mis en place sur internet, pendant plusieurs semaines, une boîte à idées. Chaque citoyen pouvait présenter un projet, une envie, une suggestion afin d’améliorer l’environnement et la ville. du 30 novembre au 3 janvier, 76 idées ont été déposées et quatre d’entre elles sont désormais en phase d’analyse et seront mises en place en janvier : des panneaux indicateurs pour piétons affichant la distance et le parcours vers des monuments de la ville ; des bibliothèques de rue, permettant à chacun de déposer dans les parcs, jardins, stations de bus ou gare, un livre qui servira à quelqu’un d’autre ; une grainothèque, qui permettra aux vannetais de s’équiper de graines et de fleurs au sein des centres administratifs ; des boîtes pour les piles usagées qui seront mises en place dans les accueils de l’Hôtel de ville, du centre administratif et du Centre communal d’action sociale (CCAS). La municipalité promet de renouveler l’expérience au printemps.Initiative verteUne entreprise se lance un défi écolo, les résultats sont épatants !en novembre 2015, l’entreprise van Hees, spécialisée en additifs et mélanges d’épices pour viande et basée à Forbach en Alsace, selance un drôle de défi écolo. Le gérant Frederick Guet se rend compte que le taux de recyclage de l’entreprise est assez bas malgréles tentatives de la société d’améliorer ces chiffres. « En 2012, nous recyclions 18% de nos déchets, en 2014, 25% et fin août 2015,33% », explique Frederick Guet. « Pour que nos chiffres progressent et pour faire comprendre à nos salariés l’importance del’environnement, j’ai décidé de lancer un challenge avec pour objectif d’atteindre le niveau de recyclage le plus élevé. Nous avonsdonc fixé la barre à 50% », continue le dirigeant. L’entreprise commence donc à mettre en place de plus en plus de poubellessupplémentaires, de cartons diB (déchets industriels banals) et de points de collectes. « Pour donner un objectif de bonne cause,nous avons promis que pour chaque pourcentage, nous donnerions 100 euros à l’association Atlas du Centre d’aide par le travail (CAT) de Petite-Rosselle, qui vient régulièrement s’occuper de notre espace vert », raconte Frederick Guet. Pour relever ce défi, la société s’est associée à différents prestataires : l’entreprise veolia (qui a mis à disposition de van Hees des bennes et a pesé régulièrement ces dernières) ; et la société SLP, chargée du nettoyage industriel sur le site (qui veillait à ce que le tri soit bien réalisé). durant quatre semaines, tout le monde y a mis du sien. « Notre autre objectif était de mobiliser les gens », souligne le dirigeant. « Nous produisons plus de 300 tonnes de déchets ; si nous ne faisons pas un petit geste, c’est notre planète qui en pâtira », explique-t-il. A la fin du challenge, le défi est relevé haut la main ! 50,1% des déchets ont été recyclés. Comme convenu, van Hees a fait un chèque de 1710 euros à l’association Atlas. Cet argent permettra de financer les différents voyages et sorties des membres de l’association, ainsi que leurs abonnements à différents magazines. Les partenaires ont également été récompensés. Quant aux employés de l’entreprise, « ils ont tous reçu des petits cadeaux », ajoute Frederick Guet. Bientôt l’entreprise relancera un autre challenge et essayera de battre son précédent record.Février 201611]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27GALAXie eCOréSeAU Prospective - Les vêtements en 2050Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau Business imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,Garde-robes intelligentesil fut un temps où les habits ne servaient qu’à cacher la nudité et à tenir chaud. Mais ça c’était avant...puis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnésécrans. durant la fin du XXe siècle et le début du XXie siècle, les technologies n’ont été qu’une histoire de mi- niaturisation, mais depuis dix ans l’heure est aux tech- nologies “mettables” qui collent littéralement au corpslors du prochain examen médical. Même si tous les véhicules roulent à l’élec- tricité et à l’hydrogène, et si les bâtiments parisiens sont tous aujourd’hui à éner- gie positive, il subsiste dans l’air des particules de pol-effort décidément trop in- tense. Sa compagne, en dé- placement à Sidney, lui pro- pose un massage relaxant via son smartphone. il enfile donc sa veste connectée, dont les poches d’air se gon- flent autour de la taille etLe jeune homme porte des habits qui, par micro-encapsulation, libèrent de temps à autre un principe actif pour soigner sa peauARobe qui s’effeuille aux beaux jours puis s’épaissit à nouveau en hiver...et à la peau. Les habits sont devenus de véritables inter- faces. Son travail l’obligeant à être sédentaire toute la journée, Geoffroy a décidé de ne pas ménager son corps lors de séances de sprints éprouvantes et de CrossFit épuisantes. de toute manière son T-shirt, inventé il y a 35 ans par la start-up lyon- naise Cityzen Science, es- time son degré d’hydratation pendant l’effort et mesure ses pulsations cardiaques en temps réel, transférant ses données personnelles à son médecin, qui peut l’aler- ter s’il décèle une anomalie et utiliser les statistiqueslution, souvenirs d’un passé carboné. Heureusement pour le vibrionnant Geoffroy, qui bondit tel un cabri au-dessus des racines, sa veste imper- méable filtre l’air environ- nant. il croise des coureurs plus téméraires qui traver- sent les fourrés épineux sans rien ressentir, vêtus de tissus en bêton dont le brevet a été déposé à Toulouse dans les années 2010 et que l’an- cien couturier Karl Lagerfeld utilisait pour la marque Cha- nel. Cette fois Geoffroy a trop forcé et ressent, en fran- chissant l’ouverture biomé- trique de son domicile, de vives courbatures après undes épaules selon ce que sélectionne sa chère et tendre sur son écran. Geoffroy est désormais apaisé, comme en atteste sa couverture connectée à son casque et donc à son activité neuro- nale, que British Airwaysprès les fêtes de préalable. La plupart des Geoffroy n’a qu’à choisir fin d’année mar- sites marchands détiennent ses articles de running, les quées par les ca- déjà dans leurs bases les essayer virtuellement pourlories superflues, Geoffroy données exactes de sa mor- parfaire le sur-mesure, puisutilise depuis 2. cabines de première classe. C’est son niveau d’humeur qui est représenté. elle était rouge à son arrivée, signe de stress, pour virer petit à petit au bleu, signe de son apaisement. Tout est désor- mais calme et reposé. Bonne nuit Geoffroy.décide enfin de se mettre à courir, sous la pression de son entourage. d’un naturel paresseux, il n’en décide pas moins de s’évader deux fois par semaine sur les sen- tiers du bois de Boulogne afin d’accroître son endu- rance et de retrouver la forme. Organisé cette fois- ci, il décide de s’équiper auphologie, car sa maladie de peau l’a conduit par le passé à commander des vêtements soignants. Ainsi depuis l’en- fance le jeune homme porte des habits qui, par la mi- cro-encapsulation, libèrent un principe actif. Les sites conçoivent donc en instan- tané des modèles person- nalisés par imprimante 3d.cliquer avant d’être livré par drone dans la journée. Accélérant sa foulée lors d’exercices fractionnés, il regarde maintenant d’un air hautain ces coureurs d’un autre temps qui mesurent et observent leurs statistiques sur leur smart watch ou leurs smart glasses. Certains en sont donc encore aux014 dans sesOlivier Ducloux, ingénieur composants et technologies Géonaute, Olivier Maret, responsable innovation process textiles pour DecathlonJulien Tarbyà la marge, les protections contre le soleil et les rayonnements infrarouges peuvent différer entre l’Europe et l’Asie... mais dans l’ensemble le marché est global.OD : En matière d’électronique le "quantified self" – c'est-à-dire le phénomène des outils portables de mesure – donne lieu à des produits différents selon les grandes zones géographiques. En effet des buts différents sont poursuivis : aux Etats-Unis on est avant tout tourné vers la mesure de la performance, et on s’attache à repousser les limites du corps, quand en Europe c’est un peu moins le cas. En Asie on est plus dans la pratique quotidienne du sport afin de se maintenir en bonne santé – les outils y sont donc différents et surtout plus en rapport avec la nutrition.Les innovations dans les vêtements surviennent-elles fortuitement, au gré des modes, ou suivent-elles une ligne précise ?OM : Si différentes expertises sont utilisées pour faire évoluer les textiles, c’est à chaque fois pour répondre à un besoin précis des clients. Nous avons par exemple mis au point des T-shirts et des brassières munis d’électrodes cardiaques pour Kalenji, car la ceinture avait tendance à tomber lors de la course. Dans un autre registre des sportifs affirment que des vêtements sont trop chauds au début puis pas assez par la suite, ou inversement. Certains se plaignent de brûlures ou d’irritations. A nous à chaque fois de modifier ou de renforcer les habitsen conséquence.Quelles tendances de long terme observez-vous ?OD : Deux évolutions majeures se dessinent : premièrement la miniaturisation, à tel point que de l’électronique hard se clipse désormais facilement sur le T-shirt. Demain nous dis- poserons de simples boutons, toujours moins encombrants et faciles d’usage. Deuxième- ment les technologies deviennent flexibles, à tel point que l’on peut les rendre invisiblesen les intégrant au textile.OM : A noter aussi que l’appauvrissement de ressources et les problèmes environne- mentaux vont diminuer l’utilisation de ma- tière et influencer le choix des composants. Les fibres naturelles vont de plus en plus être privilégiées, au détriment des dérivés du pétrole comme le polyester. Les produitsseront d’ailleurs toujours plus conçus dans un souci de facilité de recyclage. Aujourd’hui les supports textiles sont les mêmes, avec du tissé, ou du tricoté – les mailles permet- tant un allongement. Mais des nouveautés, avec de nouvelles propriétés, pourraient survenir à l’avenir.Les goûts sont-ils universels en la matière ?OM : La gamme des produits Decathlon est commercialisée sur le monde. Certes parfois des pays, notamment au nord de l’Europe, peuvent avoir une plus grande conscience de l’environnement et donc at- tendre des matières plus naturelles, les manches peuvent être plus ou moins longues selon les pays, les formes peuvent diverger« Fibres naturelles et électronique maligne »12Février 2016]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[EXPERIENCE MEETINGSTOUS LES INGRÉDIENTS D’UNE RÉUNION RÉUSSIE :DES ESPACES FONCTIONNELS, UNE TECHNOLOGIE DE POINTE, UNE CUISINE SAINE POUR VOTRE RÉFLEXION, L’ACCÈS WIFI HAUT DÉBIT GRATUIT.DÉCOUVREZ LE SUCCÈSHOTELS DESIGNED TO SAY YES!radissonblu.com/fr/reunions]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27PANOrAMA Grand Angle - L'art de la provocation en FranceL'occasion pour EcoRéseau Business d'enquêter sur le sujet principal du panorama, politique, sociétal ou macro-économiqueetre choquant sans choquereffronteries, moqueries, blasphème... des spécialités françaises qu’il faut savoir cultiver si elles sont habilement maîtrisées...pelle elisabeth Tissier-des- bordes, professeur de mar- keting à eSCP europe, qui a étudié les tabous dans la publicité : « Je me suis in- téressée à ce phénomène parce qu’il était en ébulli- tion à l’époque des cam- pagnes Benetton savam- ment orchestrées par le photographe Oliviero Tos-« Le 4 septembre, j’enlève le bas » n’aurait pas pu faire son apparition sur des affiches publicitaires à Londres...d’un retour de bâton. Alorspourquoi tenter le diable ?Pourquoi Stéphane Guillonfrappe-t-il toujours plus fortdans ses sketchs, alors qu’ila plutôt mal vécu son li-cenciement d’europe 1 ?Pourquoi Matthieu Longattele mordant youtuber-chro-niqueur, refuse-t-il les pro-positions alléchantes des vard aux Pierre dac ouamitiés. « L’esprit Canal » et son humour potache a fédéré plusieurs générations derrière lui. elle appelle aussi le rire non consensuel et la reconnaissance, en at- testent les traits d’esprit an- ticonformistes d’Alphonse Allais restés dans l’histoire, lui qui a ouvert un boule-chaînes de télévision pour continuer de traiter au ba- zooka les sujets politiques dans « Bonjour Tristesse » ? Pourquoi Jean Genet a écrit la pièce « Les Paravents », dressant un portrait de l’ar- mée au vitriol après la guerre d’Algérie, sachant que chaque représentation allait donner lieu à de vio- lentes manifestations ? Si le grand auteur et critique littéraire anglais du 18ème siècle Samuel Johnson a écrit « L’art de l’insulte et autres effronteries », c’est qu’il y a vu un intérêt. Peut- être parce que la provoca- tion est justement clivante, et prête un certain pouvoir. elle ordonne le duel, la ré- pulsion, la révolte, mais aussi les alliances et lescani. Beaucoup de marques avaient embrayé dans un univers toujours plus saturé de communication. » La provocation permet d’être repris par les grands medias et de démultiplier l’impact publicitaire. etonnamment le phénomène ne s’est pas tout de suite développé dans les agences de publicité, mais plutôt au sein des marques, par les directeurs de collection, à l’exemple de John Galliano chez dior avec son porno chic. Les entreprises désirent avant tout se faire connaître, même au risque de dégager une image négative. « Les concepteurs publicitaires savent que, devant deux ar- ticles identiques, le consom- mateur optera pour le pro-CEDH a estimé qu’il s’agissait de sa liberté d’expression », illustre Me. Guillem Querzola. Les tribunaux français doivent donc bien apprécier la situation avant de condamner pour “injure”, “diffamation”, “incitation à la haine raciale ou religieuse” ou encore “apologie du terrorisme”. C’est pour ce dernier motif que Dieudonné, qui a écrit “Je me sens Charlie Coulibaly”, fait l’objet de poursuites. « La CEDH aura peut-être à redire sur le sujet », prédit Me. Guillem Querzola. La limite est ténue, les magistrats se fondant sur la réception des propos. Personne ne doit douter qu’il s’agisse de mots humoristiques. Ensuite, il faut savoir de quelle personnalité ils émanent, pour déterminer s’il y a in- tention de blesser ou non.il n’aura fallu que dix secondes le samedi matin après les atten- tats de Paris pour prendre la décision de différer la sortie du film « Made inMalgré la surenchère, encore un moyen de faire passer des messages...mistes devait faire le buzz dès le 18 novembre... il existerait une limite tacite dans l’art de choquer, une ligne jaune qui, si elle est franchie, menace le trublionPierre desproges. et outre les avantages qu’elle peut garantir à celui qui s’y adonne, elle reste un ma- gnifique curseur de la to- lérance, et donc de l’âge de raison d’une société... C’est même le levier de la liberté de penser, de s’of- fusquer, de réagir, de dé- battre, de blasphémer. Ce ne sont pas Molière, vol- taire, victor Hugo, Colette, Boris vian, Serge Gains- bourg ou même Michel Houellebecq qui diront le contraire...France » et son affiche d’une Tour eiffel transfor- mée en fusil d’assaut. Ha- sard du calendrier, cette histoire d’infiltration d’un réseau d’extrémistes isla-SE FAIRE ENTENDRE ET CONNAÎTRELa provocation semble d’abord un outil pour sortir de la mêlée et se faire connaître, comme le rap-Est-ce qu’aujourd’hui Michel Polnareff passerait devant le tribunal pour ces affiches « contraires à la décence », montrant ses fesses ? Est-ce que la chronique de Pierre Desproges sur France Inter provoquerait un tollé ? Pas si sûr, les mœurs ont évolué. Mais la législation aussi. Non, on ne peut pas tout dire en France, la liberté d’expression a ses limites. Si un délit de blasphème a bel et bien existé, c’était avant la Révolution française. Il a été supprimé du droit français par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, avant d’être réinstauré sous la Restau- ration, puis de nouveau supprimé par la loi du 29 juillet 1881, portant sur la liberté de la presse. Plusieurs fois poursuivi pour avoir caricaturé le prophète, Charlie Hebdon’a toutefois jamais été condamné, et ce notamment enRèglementationQueditlaloi?raison du droit à la liberté d’expression. Ce qui ne signifie pas une totale impunité. « Au fil des années des lois spéciales ont été ajoutées, comme la loi Gayssot sur le né- gationnisme. On observe une surenchère législative pour condamner spécifiquement certains abus. Par le passé la provocation tombait dans le droit commun, et il était difficile d’accuser et de prouver, ce qui semble plus aisé au- jourd’hui avec ces textes précis », résume Me. Guillem Querzola, avocat spécialisé en droit de la propriété intel- lectuelle. Mais cette liberté d’expression est appliquée au sens large par la Cour Européenne (CEDH). Ce qui vaut parfois condamnation de la France. « Me. Olivier Morice, avocat des victimes de Karachi ou du 13 novembre, avait été condamné pour injure à l’égard des magistrats. La14Février 2016]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frGrand Angle - L'art de la provocation en France PANOrAMAArtPar essence une provocationtionnel. Et en parallèle le net devient une zone de non état, libertaire, où les tabous sautent les uns après les autres », remarque-t-il. L’après Charlie a aussi été marqué par un déferlement de caricatures sur le net, qui sert de défouloir, « quand les canaux officiels lissent leur communication et évitent les provocations », confirme elisabeth Tissier- desbordes. L’heure semble donc à la complexité, et les Choron et Cavanna, fon- dateurs de Hara-Kiri, au- raient maille à partir avec plus de monde aujourd’hui.rait pas pu faire son appa- rition sur les affiches pu- blicitaires de Londres – mais aussi en politique. en revanche dans l’Hexagone, « la mort est à manier avec des pincettes. Les clips de la sécurité routière ont d’ailleurs dû faire marche arrière face à la polé- mique », précise Jacques Séguéla. de même l’argent a toujours été un sujet gê- nant, en témoigne le tollé qu’avait déclenché Serge Gainsbourg en brûlant son billet. Au milieu d’une ky- rielle de messages provo- cateurs, celui qui parvient à provoquer un choc sans choquer décroche la palme, à l’exemple d’un Philippe Geluck qui sort « La Bible selon le Chat » à une époque où la simple évo- cation de la religion exige les plus grandes précau-Le recensement des grandes provocations artistiques aurait tout d’un inventaire à la Prévert, tant l’art trouve tout son sens dans la subversion, naviguant en permanence entre transgressions, interdits, scandales et bouleversement des normes sociales. L’artiste est justement artiste parce qu’il adopte un regard différent sur le religieux, le politique, le corps ou le sexe qui sont ses terrains de jeu préférés. Le « Jugement dernier » de Michel Ange à la Chapelle Sixtine a ainsi déclenché l’ire des autorités religieuses par sa nudité. Parfois l’instabilité politique favorise les interprétations. Le « Radeau de La Méduse » de Théodore Géricault créa un scandale pour cause de provocations politiques, la présence d’un naufragé noir étant considérée comme un manifeste contre l’esclavage et l’incompétence du com- mandant de navire comme une référence à Louis XVIII. Que dire de « L’Origine du Monde » de Courbet, ou du « Déjeuner sur l’Herbe » de Manet ? Les impressionnistes choquaient parce qu’ils ne respectaient pas les conventions, bien que ne mélangeant pas, comme Baudelaire sur lesbarricades de 1848, la politique et les bouleversements ar- tistiques. Le cinéma n’est pas en reste, les Godard ou Resnais ont été censurés parce qu’ils « critiquaient le pouvoir en place ». La guerre d’Algérie était passée par là. « Orange Mécanique » et son ultraviolence a valu des me- naces de mort à Kubrick, quand « La Grande Bouffe » de Ferreri, violente charge contre la société de consommation mettant en scène quatre hommes se tuant dans la ripaille au milieu des prostituées, a scandalisé la France. Désormais plus les critiques fusent, plus les visiteurs se déplacent, à l’exemple du film « Amen » de Costa Gavras, qui s’attaque au silence du pape Pie XII face à la Shoah, avec une croix chrétienne qui se prolonge en croix gammée. Les masses découvrent avec une curiosité morbide les cadavres d’animaux dans le formol de Damien Hirst, les œuvres dé- rangeantes de Jeff Koons à Versailles, le sapin aux airs de plug anal de Paul Mc Carthy Place Vendôme. Rappelons qu’en 1889, le monument qui était considéré comme une provocation sexuelle n’était autre que... la Tour Eiffel.ETONNER SANS DÉTONNERLes relais de communica- tion plus nombreux condui- sent donc à plus tenir compte du public et du contexte. « La femme deduit dont le nom lui est fa- milier. En général, l’image négative de la compagnie s’estompe lorsque vient le temps d’acheter », rappelle Jacques Séguéla, cofonda- teur de l’agence de com- munication rSCG rachetée par le groupe Havas. Même les politiques, adeptes de la petite formule ou la saillie à la André Santini, semblent l’affectionner, voire en abu- ser. « Nous sommes soumis à 2000 messages par jour, nous en captons 200 et en retenons deux. Il est donc vital pour l’homme poli- tique d’avoir le sens de la formule. Quand un sénateur dit « recomposition piège àcon»,ilestàlalimite, mais la politique est deve- nue plus permissive », ob- serve Jacques Séguéla. Quant aux intellectuels et philosophes de tous poils, la provocation devient un métier, un moyen d’exister sur une scène médiatique qui ne laisse place qu’à ce qui choque. Zemmour, Fin- kielkraut, Fourest... ou em- manuel Todd qui s’est dans un essai attaqué à « l’esprit du 11-Janvier » après les attentats contre Charlie Hebdo, doivent bien sou- vent déranger en cognant dur avec une thèse surpre- nante, voire décapante. Au programme point de vue inattendu ou attaque d’icônes, réaction rapide à l’actualité, omniprésence dans les médias, disputes sur les plateaux et plaintes pour censure.DES ABUS MALVENUSLe phénomène de suren- chère est évidemment pré- sent, et les dernières cam- pagnes de Benetton où Ba-loin malgré le contexte. « La période actuelle est spéciale. Les références au terrorisme ou les carica- tures sont délicates à ma- nier. La provocation a aussiPorter atteinte à l’image d’autrui peut être répré- hensible. La caricature est toujours à la limite », af- firme elisabeth Tissier-des- bordes. Artcurial vient de censurer, sous la pression de l’ambassade d’israël, l’œuvre de ernest Pignon- ernest représentant le chef militaire palestinien Mar- wan Barghouti. 71% des Français, selon un récent sondage, affirment que l’on rit moins facilement au- jourd’hui qu’il y a 30 ans. Une thèse relayée dans l’ou- vrage « Peut-on tout dire ? », écrit par Bruno Gaccio, ancien inspirateur des Gui- gnols de l’info et... dieu- donné ! Certains se sont brûlés les ailes avec des sujets sensibles. « Cela re- vient à manipuler de la dy- namite dans cette France post-attentats », remarque Jacques Séguéla. d’autant plus que la société contem-80ansneritpasdelamort comme les ados, mais elle s’amuse de l’impuissance sexuelle quand le quadra ne trouve pas la référence à son goût », illustre la chercheuse elisabeth Tis- sier-desbordes. de mêmetions. en règle générale, du côté de la publicité, cette stratégie est réservée aux marques naissantes en quête de notoriété. « Plus une marque est affirmée, plus elle doit faire attention. La provocation est différenteEvoquer des sujets sensibles revient à manipuler de la dynamite dans cette France post-attentats.rack Obama et Hugo Cha- vez s’embrassent ne font plus autant réagir. Certains cherchent donc dangereu- sement à aller toujours plusUn art qui s'apprend dès le plus jeune âge...ses limites morales. Je me souviens de cette publicité pour un saucisson mettant en scène une femme nue enroulée dans des ficelles.poraine est plus dure à cer- ner, avec des tabous qui ont disparu et d’autres qui sont nés, comme la race dernièrement, illustre le «filsdepub»selonquide nouveaux sujets sont à évi- ter:«Chacundenousa perdu un enfant au Bata- clan, les gens sont hyper- sensibles sur ce point, émo-la nationalité importe. Les Anglo-saxons sont plus pu- ritains en matière de sexe. « La France a une belle tradition de tolérance », rappelle Me. Guillem Quer- zola, avocat spécialisé en droit de la propriété intel- lectuelle ; certes en matière de nudité – « Le 4 septem- bre, j’enlève le bas » n’au-de la création, elle peut détruire », énonce Jacques Séguéla, qui montre tout de même à ses clients les spots les plus provocateurs de ses créatifs... « en les avertissant au préala-ble ».Février 201615Julien Tarby]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27PANOrAMA Régions & Territoires - Île-de-FranceEcoRéseau Business s'attache à décrire les forces et potentiels insoupçonnés d'un territoire,Locomotive européenned'une métropole ou d'une régionici plus qu’ailleurs, les enjeux d’avenir orientent les développements économiques actuels. Le paysage se remodèle pour donner au potentiel régional les meilleures chances de s’exprimer.Par Mathieu Neu♪Il est cinq heures, l'Ile de France... s'éveille !♫«J .e pense que la France, c’est l’avenir », a dé- grands développements du moment. Outre les secteurs Sur un plan opérationnel, les structures mises sur pied claré il y a quelques semaines John Chambers, classiques à succès comme le tourisme, les atouts de la pour nourrir les collaborations inter-entreprises gagnentle patron du géant américain Cisco, qui région garantissant sa croissance de demain reposent en en efficacité et rapprochent toujours plus d’acteurs. investit à tout-va dans les start-up hexagonales. Loin des grande partie sur les savoir-faire technologiques. Le ter- « Dans notre contexte de changements à grande vitesse, déclinistes, il n’hésite pas à décrire le pays comme la ritoire francilien représente le premier centre de recherche les incubateurs, plateformes et autres organisations des- « Silicon valley de demain », à l’évocation de son d’europe avec 145000 employés dans ce domaine. tinées à accompagner la vie des sociétés, sont cruciaux potentiel technologique. Flagornerie ? Sens des affaires ? Alors que de nombreuses filières décollent et s’adaptent pour la pérennité économique », assure Nicolas Hazard, dans tous les cas, nombreux sont les spécialistes qui ne à des enjeux soumis à de rapides mutations, les pouvoirs président du fonds d’investissement parisien Le Comptoir peuvent s’empêcher de croire à la place de choix occupée publics s’organisent pour offrir l’accompagnement le de l’innovation. A cette dynamique s’ajoute la naissance par les entreprises françaises dans le futur économique. plus efficace possible. Sur un plan financier, le Plan du Grand Paris, véritable valeur ajoutée supplémentaire en Île-de-France en particulier, tout semble mis en d’investissement d’avenir (PiA) joue un rôle majeur qui doit encore plus attirer les regards étrangers sur la œuvre pour ne manquer aucun virage décisif dans les dans l’accélération et la maturation des projets innovants. capitale et ses pépites.16Février 2016]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frRégions & Territoires - Île-de-France PANOrAMAu Des forces éminemment technologiquesQuels sont les points communs entre les véhicules à basse consommation énergétique, le TGv du futur, les biotechnologies médicales, ou encore le recyclage ? Tous ces domaines figurent en tête des priorités de développement de la région. On dénombre plusieurs dizaines de projets financés grâce aux investissements d’avenir dans le seul domaine automobile. Ces derniers concernent l’allègement des structures, les chaînes de traction thermique, les infrastructures de recharge pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables, ou encore les technologies embarquées.Le numérique en général fait figure de locomotive pour d’innombrables projets, là encore soutenus massivement par les investissements d’avenir. en Île-de-France, plus de 150 initiatives d’envergure bénéficient de près de 640 millions d’euros, avec comme finalité des applications dans les domaines de la e-santé, de l’e- éducation, du cloud computing, des réseaux de transports intelligents, de la création logicielle...Laurent Baccouche, commissaire général du Salon des entrepreneurs de Paris, constate qu’il y a « rarement eu des périodes avec autant d’opportunités dans tant de domaines différents. C’est principalement la révolution numérique dans laquelle nous sommes entrés qui explique cette tendance. La région occupe une place centrale sur ce plan, avec un nombre de créations d’entreprises très élevé, année après année. » L’innovation joue bien sûr un rôle central dans cette dynamique. C’est la raison pour laquelle « l’un des deux axes forts de l’édition 2016 du Salon des entrepreneurs de la capitale sera le soutien aux start-up pour faire émerger leurs idées innovantes », indique Laurent Baccouche. dans les prochaines années, le caractère innovant sera d’ailleurs « tout aussi déterminant sur un plan managérial que sur un plan technique, d’où l’intérêt de collaborer étroitement au sein des organisations », ajoute-t-il. « Dans la région, le couple concepteur- entrepreneur sera plus que jamais un rouage fondamental dans le développement futur des activités. »uUn Grand Paris pour un grand essorCertains y voient avant tout une énième vitrine pour l’Hexagone, voire une simple démarche politique. Pour d’autres, comme la CCi Île-de-France, c’est le grand levier de croissance des prochaines années. elle estime que le Grand Paris sera à l’origine de plus de 60 milliards d’euros de recettes pu- bliques chaque année à l’horizon 2030. A la clé, une accélération de la croissance régionale qui devrait passer de 1,5 à 2% annuellement entre 2015 et 2020, puis de 2 à 2,5% entre 2020 et 2030. Les prévisions assurent même un taux supérieur à 3% par an après 2030. L’ensemble du pays est censé profiter de cette nouvelle donne puisque le Grand Paris pourrait apporter 140 milliards d’euros au PiB français. François Lucas, directeur de la préfiguration de la métropole du Grand Paris, explique que l’intérêt de cette « structuration forte de l’écosystème local est surtout im- portante vis-à-vis de la concurrence étrangère, au-delà des questions de cohérence écono- mique du territoire. L’organisation est une force supplémentaire en termes d’attractivité et d’investissements. A l’heure actuelle, l’ab- sence de métropole représente un coût en points de croissance. »Mais le Grand Paris ne sera pleinement sy- nonyme de pertinence que dans un contexte de synergies poussées au sein de l’ensemble de la région. « Sur ce plan, il reste beaucoup de travail. Il y a pour l’instant trop de concurrence entre les territoires. Certains guichets pour les entreprises doivent être rapprochés. La nouvelle structure métropo- litaine peut être un moyen de simplifier et d’accélérer le changement sur un plan or- ganisationnel, de faire disparaître rapidement les rivalités persistantes entre la ville et la région », décrypte François Lucas.Février 201617Œ]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27PANOrAMA Régions & Territoires - Ile-de-FranceuL’open innovation comme tremplinen 2011, le Club Open innovation voit le jour dans la région. Objectif : faciliter les rencontres entre start-up et grandes entreprises dans le but de développer leurs relations business. « Les retours des entreprises étaient peu enthousiastes au début, malgré l’intérêt de partager les savoir-faire. Puis, l’arrivée des directeursde l’innovation dans les organigrammes a rapidement changéla donne. Les grands groupes ont dès lors compris lesenjeux de l’ouverture vers l’extérieur. La R&D est inté-ressante pour les évolutions des solutions en interne ;mais pour déceler les nouveautés synonymes de ruptureimportante sur les marchés, celle-ci ne suffit pas », décritLoïc dosseur, directeur général adjoint en charge de l’in-novation au sein de Paris&Co, l’agence de développementéconomique de la capitale, à laquelle est rattaché le ClubOpen innovation.désormais sollicitée de toute part, la structure ne sait plus oùdonner de la tête. et elle ne constitue en aucun cas un cercleréservé aux acteurs des sciences de la vie, du numérique et desfilières à la pointe de la technologie. « Même les secteurs de l’im-mobilier, la construction nous rejoignent depuis quelques moispour se connecter à de petits acteurs. Le récent projet RéinventerParis, visant à faire évoluer l’immobilier et le foncier existant,consistait à lancer un appel auprès des jeunes structures dans le but deproposer des projets originaux. Nous avons eu plus de 800 réponses », se réjouitLoïc dosseur.La mobilité et la logistique urbaine concentrent de nombreux projets, « en réponse à l’hy- per-individualisation des achats, en raison du boom du commerce en ligne, engendrant une individualisation des livraisons. La logistique s’adapte à ce nouveau contexte. Les entreprises Sogaris ou Cubyn s’illustrent par leurs approches innovantes dans ce domaine, tout comme l’offre de Deliver.ee », qui se présente comme le Uber français de la livraison de marchandises. Loïc dosseur mentionne également les développements collaboratifs naissants entre les acteurs des véhicules électriques et autonomes, dont le potentiel est étroitement lié aux innovations logistiques.uDes chercheurs en pole position40% de la recherche publique nationale est concentrée en Île- de-France. A l’effet de masse s’ajoute l’émergence de pôles taillés pour devenir des références internationales. Si le mythique MiT (Massachussetts institute of Technology) a fait entrer Pa- ris-Saclay dans son top 8 des clusters mondiaux, aux côtés de la Tech City de Londres, c’est que les innombrables projets decette vaste communauté d’universités et d’établissements technologiques de la région portent leurs fruits. Les dernières années ont assisté à l’ouverture massive des centres r&d des grandes entreprises vers les PMe et les laboratoires publics. Une démarche qui fait notamment la force du pôle de compé- titivité Systematik, qui se focalise sur la révo- lution numérique et ses nombreuses applica-tions.C’est dans cette optique que edF, par exemple, a choisi d’implanter son edF Lab, dédié à lar&d, sur le plateau de Saclay. « La recherche se met véritablement au service des besoins de l’économie. Nous sommes en collaboration étroite avec le CNRS, l’INSERM, le CEA, les instituts Carnot ou encore les différentes SATT (Sociétés d’accélé- ration du transfert de technologies) franciliennes. L’une de nos missions premières consiste à accompagner les entreprises en matière d’innovation, de l’idée à la mise sur le marché. Il peut s’agir de PME, mais aussi de jeunes start-up issues de la recherche académique », souligne Christophe Bielle, directeur Appui aux entreprises au sein de la nouvelle structure d’accom- pagnement Paris région entreprises. en 2015, sur 1000 sociétés suivies par Paris région entreprises, 700 sont franciliennes. Lamoitié de celles-ci sont des entreprises innovantes.Réseau de transportTerreau de la future croissance18Février 2016il faut le rappeler : l’Île-de-France, c’est 30% de la richesse nationale. Au cœur des projets de dévelop- pement, la question de la mobilité. Le temps de transport quotidien est de 1h20 à l’heure actuelle contre 10 minutes il y a 60 ans. Autant dire que les transports et leur efficacité sont au centre d’in- nombrables débats. Les pouvoirs publics ont pris la mesure des enjeux et ont ainsi lancé le Grand Paris express, vaste chantier en cours qui verra une multitude de nouvelles lignes ferroviaires qua- driller le futur territoire régional. 27 milliards d’euros sont mobi- lisés pour ce gigantesque déve- loppement qui arrivera à son terme en 2030 et à l’issue duquel 90% des Franciliens se situeront à moins de 2 kilomètres d’une gare.chement des zones, la réduction des inégalités territoriales qui s’y rattache, les synergies entre les pôles de compétences consti- tuent des éléments prépondérants pour la croissance régionale de demain », souligne François Lu- cas.en 25 ans, les territoires les moins bien lotis par rapport aux dépla- cements ont connu une augmen- tation des durées de transport de 50%. « Il s’agit véritablement d’un projet déterminant pour de multiples secteurs. Le rappro-Avec ses 72 nouvelles gares et ses 200 kilomètres de voies sup- plémentaires, le Grand Paris ex- press fait figure d’énième atout qui emmènera dans son sillage de nouveaux projets de construc- tion pour des logements, des im- plantations commerciales, l’émer- gence de nouveaux pôles... « Des développements voient déjà le jour en vue du futur maillage lo- cal, comme le long de l’Ourcq, en Seine-Saint-Denis. Plusieurs projets de zones d’activités sont menés par la Communauté d’ag- glomération Est Ensemble », il- lustre François Lucas. des ini- tiatives importantes essaiment également au sud, entre les villes d’ivry et Orly, où des extensions de bureaux d’affaires sont d’ores et déjà envisagées.]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27dans un bain de sang lors des attentats du 1LPar Stéphanie PolettePANOrAMA Hexagone - Influence des attentats sur l’économieDans chaque numéro EcoRéseau Business revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,impact discutabledébutée par l’attaque de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher, l’année 2015 s’est également terminéeafin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)3 novembre à Paris. Touchée dans sa chair, la France le sera-t-elle aussi dans son économie ?Nico*’Observatoire français des conjonc- tures économiques (OFCe) étudie, analyse, dissèque, explore et mo-ne s’effondre d’un coup. Malgré « une am- biance morose », les scénarios de croissance pour 2016 n’ont pas été remis en cause après les attentats du 13 novembre.las Bouzoudélise les moindres événements susceptiblesd’affecter la bonne marche de l’économiedu pays. Pourtant, aucune étude n’a été en-gagée par l’organisme à la suite des attentatsde 2015. « Pour la consommation intérieure,on assiste à un phénomène marginal qui aeu des effets à court terme mais peu durablesdans le temps, détaille Mathieu Plane, quitravaille sur les thèmes liés aux financespubliques, l’économie, la démographie, laprotection sociale ou encore la politiqueéconomique. L’activité ne s’est pas arrêtée.Chacun est retourné travailler même sil’état de choc était palpable. On avaitmoins le cœur à aller dans les magasins, un excédent de 10 milliards d’euros par an les bars et les restaurants ou à pratiquer sur ce secteur, avec une grosse part pour une activité de loisirs. La population a la seule ville de Paris. Or, il est difficile de moins fréquenté ces lieux juste après les maîtriser le comportement des touristesEconomiste, fondateur du cabinet d’analyses économiques AsterèsLa problématique est différente pour la consommation émanant de l’extérieur. Les touristes étrangers ont annulé en masse leurs séjours. des agences de voyage évo- quaient jusqu’à 60% d’annulation pour la fin 2015. Quelques séjours incentive étaient reportés en 2016 ou 2017. « Le risque pour les professionnels du tourisme est réel et pourrait être davantage durable, affirme celui qui fut conseiller économique d’Arnaud Montebourg lorsqu’il occupait le poste de ministre du redressement productif. La balance commerciale de la France dégage« Les milieux économiques s’adaptent »«I . risme, affirme Nicolas Bou- annulations pour des séjours à Paris, on peut évoquer un phénomène de décalage, d’année ne sera pas reporté. » Là encore,l n’y a pas de conséquences 13 novembre, ont été le tourisme et le attentats. La consommation intérieure, cou- étrangers. On peut penser qu’un voyage macroéconomiques du terro- transport aérien avec de nombreuses rante, a connu un léger ralentissement mais annulé pour la période des fêtes de finzou, économiste et dirigeant-fondateur évoque celui qui intervient régulièrement de report dans le temps. La sous-consom- la prudence est de mise. « Il faudrait du cabinet d’analyses et de conseils pour des tribunes libres dans les grands mation n’a pas été durable. » dès le 15 dé- analyser dans le détail de quels pays économiques parisien Asterès. Si on médias économiques français et à i>Télé cembre, les professionnels du tourisme pa- viennent les annulations pour étudier le cherche des traces des conséquences pour une chronique régulière. L’impact risiens, sous la bannière de leur syndicat comportement de ces touristes. »des attentats dans les chiffres de la est réel mais il ne sera pas forcément l’Umih (Union des métiers et des industries Certes le pays se trouve toujours en état croissance ou de la décroissance, on ne durable. » Le malheur des uns ferait-il de l’hôtellerie), lançaient une campagne d’urgence mais il ne souffre pas d’un phé- trouve rien. Les milieux économiques le bonheur des autres ? « Des secteurs de sensibilisation à destination de la popu- nomène d’attentats à répétition. « Il faut s’adaptent très bien aux risques terro- bénéficieront pourtant des mesures prises lation avec le hashtag #ParisWeLoveYou. alors se méfier du ressenti et de la réalité, ristes. Un seul exemple : Israël. Les à la suite de ces attaques terroristes, Quelques jours après, Fooding mettait sur s’engage Mathieu Plane. L’ambiance est risques sont importants, la croissance y comme la sécurité et le secteur public. pied l’opération “Tous au bistrot” pour morose mais elle ne se traduit pas directe- est pourtant très forte. » Le pays subit Les dépenses publiques pourraient s’ac- inciter la population à investir les établis- ment sur les chiffres de l’économie. » régulièrement des crises politiques et croître pour déployer des mesures de sements en évitant que le chiffre d’affairessouffre de l’enlisement des négociations sécurité intérieures plus fortes et pour-Mathieu Planede paix avec les territoires palestiniens. Pourtant, les hautes technologies et la r&d boostent une économie à plus de 3% de croissance. « Lors de l’attaque des Etats-Unis le 11 septembre 2001, l’économie du pays avait commencé à ralentir. Elle n’a pas été la cause de la crise économique qui a suivi. » des chiffres sont apparus dès le lendemain des attentats de Paris. Le gouvernement a parlé de deux milliards d’euros et de 0,1 point de PiB de perte pour l’économie française. « On ne sait pas d’où sortent ces chiffres. Et de toute façon, ils re- présentent l’épaisseur du trait sans réel impact macro-économique. »quoi pas des dépenses militaires. Le pays pourrait ainsi connaître un effet keynésien positif sur l’économie par la relance des dépenses militaires. Les conséquences seraient doubles : un effet négatif sur les dépenses publiques, un effet positif sur l’économie et les entre- prises liées aux secteurs de la sécurité et de la défense. » . Un bémol est toutefois apporté par ce jeune économiste de 40 ans, directeur d’études au sein du MBA Law & Ma- nagement à Paris ii Assas : « Pour que des dépenses soient engagées sur les secteurs militaire et de la sécurité, il faudrait que les risques terroristes soient considérés comme durables. » Ce qui ne semble pas encore être le cas.Directeur adjoint du département analyse et prévision de l’OFCELes conséquences semblent porter sur un phénomène de compensation et re- distribution, et non de perte totale. « Les secteurs affectés, tout de suite après leFévrier 2016*« Les touristes étrangers sont imprévisibles »20©©ddrr]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[VOTRE NOUVEAU RÉSEAU PRO EN 8 ENGAGEMENTSÉQUIPE COMMERCIALE 100 % DÉDIÉE EXPOSITION DE NOTRE GAMME UTILITAIRE ET TRANSFORMÉE PROPOSITION D’ESSAI DES VÉHICULESOFFRE COMMERCIALE SUR MESURE SOUS 48 H ACCUEIL ET SERVICE APRÈS-VENTE ADAPTÉS ENTRETIEN SANS RENDEZ-VOUSSOLUTION DE MOBILITÉ EN CAS D’IMMOBILISATION BORNE DE RECHARGE VÉHICULES ÉLECTRIQUESpeugeotprofessionnel.frPeugeot Professionnel Center répond à toutes vos attenteset à tous vos besoins de professionnels. 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Hambourg, ou encore To- ronto et Boston alors dans le sprint final pour les JO. de même que les coupes budgétaires ont eu raison du projet sportif de Tokyo et de son nouveau stade. Pourtant, à contre-courant, la russie a persisté malgréBien délicat de concilier un événement improvisé dans la précipitation avec un projet de développement économique territorial au long coursments d’envergure mon- diale braquent les regards le temps de quelques dé- cades sur un pays ou une ville. Les marronniers mé- diatiques fusent dès lors, avec des sujets sur les re- tombées, le climat d’af- faires, la prostitution dé- multipliée pour l’occa- sion... Mais la réelle por- tée politique et l’intérêt économique post-événe- ment demeurent toujours sujets à quelques doutes.des dépenses pharaoniques qui ont fait de la balnéaire Sotchi une station de sports d’hiver. et malgré des stades non finis lors de la dernière Coupe du monde, le Brésil annonce la rebelote avec les JO d’été. L’événement inter- national est-il synonyme de croissance à terme ? Une question à poser, alors que la France s’apprête à organiser l’euro de foot- ball.Des ruines qui rappellent à la Grèce les dépenses de 2004...L’INÉVITABLE RETOUR À LA MOYENNE ? L’activité économique avant et pendant ces évé- nements s’avère êtreboostée dans de nombreux secteurs : bâtiment, évé- nementiel, tourisme, sé- curité... A titre d’exem- ple, 91% des entreprises ayant signé des contratspour les JO de Londres sont des PMe britan- niques selon l’Olympic delivery Authority. « Mais certaines villes à l’image de Hambourg neveulent pas se donner la peine d’investir dans un événement dont les coûts toujours sous-évalués se- ront supérieurs aux bé- néfices réalisés », ex-22Février 2016]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frInternational - Villes et pays organisateurs d’évènements internationaux PANOrAMAplique Julien Moussavi, économiste chez BSi eco- nomics. A cette tare bud- gétaire qui pèse sur le destin économique des villes, s’ajoute l’argument du climat d’affaires, dont le soufflé occasionné par la manifestation retombe rapidement. « En matière de données consomma- teurs et de données d’in-retour à la moyenne, le climat extraordinaire ne dure pas », analyse Julien Moussavi. et Philippe Moreau defarges, cher- cheur à l’iFri, de com- pléter : « L’impact éco- nomique et financier est très variable. Les retom- bées sont souvent à court terme. Et il est souvent difficile de concilier un événement souvent impro- visé et réalisé dans la pré- cipitation avec des dyna- miques territoriales et un projet de développement économique au long cours. Peu d’événements arrivent à édifier un projet global de développement. »période de crise. A titre ont été créés, mais la plu- de capitaliser sur le pro- d’exemple, la Coupe du part de façon temporaire. chain euro. L’UeFA a monde 2010 fut une réus- Cela dit, cinq stades ont ainsi commencé un site. elle a généré une été créés ou rénovés, un « roadshow » dans les ré-La première raison qui explique ces événements n’est pas économique. Elle est politique. C’est le prestige qui motive les payslions pour Bordeaux en tant que ville hôte, au cin- quième rang national en termes de retombées éco- nomiques. La capitale gi-fitera de l’eurohausse de 0,5 point du PiB en Afrique du Sud, estimé à un peu moins de 10 milliards, pour 3,6 mil- liards d’euros de dé- penses. 159000 emploisTGv a été mis sur les rails et les aéroports ont bénéficié d’une cure de jouvence. en France, au- torités publiques et acteurs privés essaient à ce jourgions françaises pour pro- mouvoir l’impact positif de la compétition. Le sur- plus économique est ainsi évalué à 2,8 milliards pour notre pays et à 126 mil-rondine pro.pour augmenter le trafic sur l’un de ses plus grands événements viticoles. Les autorités publiques invi- tent d’ailleurs les entre- preneurs locaux à profiter de l’effet d’aubaine de ce « one shot » économique et sportif.Geoffroy Frameryvestissements, la France et le zone Euro ont béné- ficié d’un effet de confiance positif au-des- sus de leur moyenne his- torique pendant ces grandes manifestations sportives. En particulier pendant la Coupe du monde 1998, idem pour le Mondial en 2006 en Allemagne – deuxième meilleur taux de fréquen- tation de la Coupe du monde avec 3,3 millions de visiteurs après les Etats-Unis », ajoute l’ex- pert de BSi economics. Toutefois, l’iNSee ob- serve un trou d’air lors du trimestre suivant l’évé- nement, avant que le cli- mat d’affaires n’épouse à nouveau la dynamique conjoncturelle plus glo- bale. « Il y a toujours unJUSTE UNE QUESTION DESOFT POWER ?« La première raison qui explique ces événements n’est pas économique. Elle est politique. C’est le prestige qui motive les pays », lance Philippe Mo- reau defarges. Ainsi, les JO de Berlin de 1972 étaient-ils la réponse à ceux de 1936, mauvais souvenir de l’histoire na- tionale. de même, les JO de Pékin de 2008, lour- dement critiqués à l’époque en raison notam- ment du sort tibétain, fu- rent une manière diplo- matique d’affirmer l’en- trée de la Chine sur l’échi- quier mondial. idem pour le cas russe. « Pour d’au- tres, tels que le Brésil ou l’Afrique du Sud, l’orga- nisation de ces événe- ments majeurs s’explique par l’envie de donner une image de marque au pays, mais surtout par celle de montrer au monde que le pays organisateur est ca- pable de gérer cette com- plexité. Mais il semble difficilement appréciable de connaître le profit pour les entreprises, même si ces pays souhaitent bé- néficier d’un effet vitrine et d’aubaine », explique le spécialiste de l’iFri. Pour la plupart des pays, l’objectif reste celui de légitimer des politiques de grands travaux : ré- seaux de transports, ré- novation de quartiers, in- vestissements lourds dans les infrastructures spor- tives. Une manière de faire passer la pilule enFévrier 201623]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27PANOrAMA International - Focus pays – L’attractivité belgeFocus sur un pays qui étonne par ses caractéristiques, par le prisme de l'investisseur ou entrepreneur françaisroute vers le grand larged La Belgique, une étape incontournable dans la stratégie d’internationalisation des entreprises françaises ?e par ses similitudes UN MARCHÉ françaises se concentre dans çue comme sinistrée regagne pour les Néerlandais en Flan- Belgique n’octroie aucune avec la France et PLÉBISCITÉ la région Bruxelles-Capitale ; du galon, notamment via des dre et pour les Allemands aide aux sociétés étrangères. sa situation straté- depuis, la situation politique siège des institutions euro- politiques volontaristes à l’ap- dans la partie germanophone, d’un point de vue pratique,gique en europe, notre voi- s’est stabilisée et la Belgique péennes, la capitale est un pellation évocatrice de « Plan mais pour ruwan Helleboid, les succursales et filiales op-sine belge a tout d’un terreau favorable à l’expansion in- ternationale des entreprises, notamment en première étape avant de se lancer à l’assaut de pays réputés plus risqués. Pourtant, ses difficultés à for- mer un gouvernement, les clivages entre une Wallonie en déclin et une Flandre non francophone, et une actualité médiatique présentant la Bel- gique comme une plaque tournante du terrorisme ont pu éveillé les craintes des investisseurs étrangers. C’est donc en toute logique qu’eco- réseau revient sur les réelles opportunités que recèle le pays aujourd’hui.semble plus que jamais at-microcosme de diversité maisMarshall ». Quant à la Flan-« au-delà du critère de proxi- mité, la réelle différence pour réaliser des partenariats avec les Belges se fera sur le rap- port qualité-prix. A ce niveau, les Hollandais sont reconnus pour pratiquer des prix qui sont imbattables, les Alle- mands pour leur qualité et les Français pour leur sa- voir-faire technique ». La France reste donc un parte- naire privilégié... parmi d’au- tres ! et pour ceux qui s’in- terrogeraient sur les marges de progression de ce marché a priori mature, il est bon de noter que depuis 2014, Ubi- France encourage les inves- tissements dans l’agro-ali- mentaire.tent généralement pour la so- ciété anonyme, la société coopérative ou la société pri- vée à responsabilité limitée. Cette dernière fait depuis plu- sieurs années l’objet de me- sures incitatives, telles que la possibilité d’étaler l’apport des 18 500 euros de capital nécessaires sur les cinq pre- mières années.DES CRISES MALHEUREUSEMENT MÉDIATISÉES« Fabrique de terroristes », « Moleenbekistan »... Ces dernières semaines, le trai- tement médiatique de l’im- plication de ressortissants belges dans les attentats de Paris a pu affoler l’opinion. directeur de l’institut des re- lations internationales et stra- tégiques (iriS), Pascal Bo- niface relativisait cependant la situation : « nous sommes dans une sorte de bataille médiatique. Ce sont des for- mules rapides, qui ont pour but de frapper pour capter l’opinion.». Si cette analyse est plutôt rassurante, d’autres épisodes relayés par la presse ont cependant écorné l’image de la Belgique ces dernières années, en particulier les dif- ficultés du pays à former un gouvernement. Ainsi, « les sociétés les plus importantes se tournaient davantage vers le Luxembourg pour la mise en place de leur siège euro- péen », confie ruwan Hel- leboid, chargé de mission à la Chambre de Commerce et d’industrie France-Bel- gique (CFCiB), un organisme privé qui aide les sociétés étrangères à se développer en Belgique.QUEL CADRE POUR LES ENTREPRISES ? Concernant les conditions d’implantation, on sait que ces dernières années, certains contribuables français ont fait le choix de partir vivre ou- tre-Quiévrain. Cependant, comme le souligne Bertrand Marot, directeur du Comptoir Français de Petercam, atten- tion aux raccourcis : « si la fiscalité est plus avantageuse pour les particuliers en Bel- gique, elle ne l’est pas for- cément pour les entreprises. Les sociétés françaises vien- nent en Belgique parce qu’il y a des débouchés écono- miques ». égal à 15% du bé- néfice jusqu’à 38 120 euros, puis à 33,33% au-delà, l’im-Ainsi, pour ruwan Helleboid, « créer une société en Bel- gique peut être un jeu d’en- fant... si l’on est bien entouré. Il n’y a pas de guichet unique et les formalités ont tendance à freiner les entrepreneurs étrangers ». d’où l’intérêt d’être accompagné par des organismes de coopération tels que la CCiB, Brussels invest & export ou encore l’Agence Wallone à l’expor- tation et aux investissements etrangers.Le plat pays n’est pas si folklorique pour les investisseurs étrangers...NE PAS NÉGLIGER LA PRUDENCEentrer sur le marché belge apparaît donc comme une décision sage... à condition de ne pas sous-estimer les différences culturelles. Car cette Belgique que l’on aurait tendance à considérer comme une petite sœur s’avère plutôt être une demi-sœur. « La Belgique est un véritable marché-test, rappelle ruwan Helleboid. Malgré sa petite taille, elle constitue un marché complexe qui comprend de nombreuses différences avec la France. Les approches à mettre en place doivent varier en fonction de la région choi- sie, des canaux de distribu- tion, des cibles... ». et de préciser que si les Belges sont des commerçants qui ont l’habitude de jongler avec les pays limitrophes et avec les langues, ils attendent cette même flexibilité de la part de leurs partenaires commer-tractive : 90% des entreprises françaises exportatrices y sont présentes ! Troisième parte- naire commercial de la France, le pays compte plus de 1 500 sociétés françaises qui emploient 140 000 sala- riés, notamment dans le do- maine du matériel de trans- ports, de la distribution, de la finance, de l’énergie et des télécommunications. Total, Alstom, Carrefour, BNP Pa- ribas-Fortis ou encore Orange comptent parmi les poids lourds, ayant essentiellement assis leur expansion sur le rachat de sociétés belges. La moitié de ces implantationsprésente un marché similaire à la France. Quoique plus relatif, on aurait cependantdre, créatrice de richesses et davantage tournée vers les services, dans quelle mesureCette Belgique que l’on aurait tendance à considérer comme une petite sœur s’avère plutôt être une demi-sœurtort de sous-estimer le poids sa proximité culturelle avec pôt sur les sociétés est donc de la Wallonie : si elle ne re- l’Allemagne et les Pays-Bas relativement attractif mais si- présente que 24% du PiB de laisse-t-elle place aux milaire à la France. de plus, la Belgique pour 32% de sa échanges avec la France ? bien que certains avantages population, cette région fran- Certes, l’avantage de la tels que la déduction des in- cophone traditionnellement langue pour les Français en térêts notionnels pour les industrielle et longtemps per- Wallonie est tout aussi valable grands groupes existent, la.ciaux.24Février 2016Carla Verley]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Baromètre & TendancesLe carnet des nominationsen partenariat avec}ALIBABA GROUPSébastien Badault, BSc marketing de Boston College, mas- tère marketing et communication de Toulouse Business Schoolest nommé directeur général France d’Alibaba Group.}AVIVA VIE (GROUPE AVIVA)Nicolas Schimel, 50 ans, SEP de Business School of Stanford (1998), ENSAE ParisTech (1989), IEP Paris (1989), Polytech- nique (1984)est promu directeur général d’Aviva Vie.}CENTRE NATIONAL D’ENSEIGNEMENT À DISTANCE (CNED) Jean-Charles Watiez, 51 ans, administrateur civil hors classe, ENA (2005), ESCP Europe (1990), doctorat sciences de ges- tion et DESS gestion des télécoms de l’université Paris-Dau- phineest nommé directeur général du CNED.}CNP ASSURANCESPhilippe Dubois, 46 ans, DESS de gestion de patrimoine de l’université de Clermont-Ferrand (1993)est promu directeur général de CNP Assurances Luxembourg.}CONSEIL DES BARREAUX EUROPÉENS (CCBE) Michel Bénichou, 62 ans, Barreau de Grenoble (1978) est élu président du CCBE.} CRITEOEric Eichmann, 48 ans, master management de la Kellogg Graduate School of Management (1994), maîtrise technolo- gie informatique de l’Ecole polytechnique fédérale de Lau- sanne (1990)est promu directeur général de Criteo.}DAILYMOTION (GROUPE VIVENDI)Maxime Saada, 45 ans, MBA HEC (1994), IEP Paris (1992) est promu président de Dailymotion.}EIFFAGE ENERGIE (GROUPE EIFFAGE)Frédéric Carmilletest promu président d’Eiffage Energie. A ce titre, il rejoint le comité exé- cutif d’Eiffage.}FRANCE GALOPEdouard de Rothschild, 58 ans, MBA de la New York Univer- sity, licence en droit de l’université Paris II-Assasest nommé président de France Galop.}HYUNDAI MOTOR FRANCE (GROUPE HYUNDAI MOTOR) Kyoobok Leeest promu président de Hyundai Motor France.}LES ARTS DÉCORATIFSPierre-Alexis Dumas, 49 ans, BA visuel arts de la Brown Uni- versity (Providence, Rhode Island)directeur artistique général d’Hermès, est élu président des Arts Décora- tifs.}PUBLIC SÉNATMuriel Signouretest nommée secrétaire général de Public Sénat.} SMEGThierry Léonard, 46 ansest nommé directeur général France de Smeg.}VEOLIA EAU SOLUTIONS & TECHNOLOGIES (GROUPE VEOLIA ENVIRONNEMENT)Jean-François Nogrettea été promu directeur général de Veolia Eau Solutions & Technologies.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Brèves, études, actus et chiffres du mois concernant l'entrepreneuriat, picorés de-ci de-làAprès les fêtes, nous le savons tous, de nombreuses lois et mesures entrent en vigueur. Certaines ne vous plairont peut être pas mais d’autres comme l’avantage "Madelin" aligné sur l'ISF PME, les mesures d’ajustement du plan épargne du PEA-PMA, sauront équilibrer les choses. Et ce n’est pas fini. Pour vous, nous avons sélectionné des nouvelles comme les études intéressantes sur les PME et leurs dirigeants, des applications inédites dont celle de Fa- cebook@Work, un palmarès 100% féminin ou encore le retour des entrepreneurs en France. Bonne lecture !uFinancement des PME : l’avantage “Madelin” aligné sur l’ISF PME dans le cadre du projet de loi de finances rectificativesurprenant mais qui semble souligner un regain d’intérêt pour l’entreprise et l’entrepreneuriat en France », ajoute deloitte.2015, les députés ont soutenu les amendements ayant pour but d’aligner le dispositif “Madelin” (une réduction d’impôt sur le revenu de 18%) sur l’iSF-PMe. Ainsi, cet avantage fiscal s’appliquera aux investissements dans des PMe existant depuis moins de sept ans et de moins de 250 salariés, au lieu d’être limité à des TPe de 50 salariés de moins cinq ans.uUn espace collaboratif innovant ! Soucieux de répondre aux besoins croissants et évolutifs de leurs clients, les cabinets de conseils en stratégie et innovation Kea & Partners, KeaPrime et26 Février 2016uUne plateforme de partage pour PME et grandes entreprisesL’association Pacte PMe lancera une plateforme dédiée aux grandes entreprises et PMe françaises afin qu’elles puissent partager leurs compétences. Le dispositif est censé bénéficier aux deux parties. Tandis que les PMe profiteront des expertises, talents et compétences des grandes entreprises, ces dernières pourront faire “monter en qualité” leurs fournisseurs et sous-traitants. La plateforme numérique de partage de compétences inter- entreprises sera testée dès le premier semestre 2016 et sera opérationnelle au cours de la seconde partie de l’année. Une idée approuvée par 69% des petites et moyennes entreprises interrogées par Pacte PMe.Tilt ideas dévoilent leur nouvel espace dédié à la dynamique collective : l’AMPLi. Cet espace collaboratif et interactif de 450 m2 se situe au sein même de leurs locaux. Son objectif : optimiser le conseil en stratégie dans une optique modernisée – “conseil augmenté” – et innovante. Pour plus d’information, connectez- vous sur le site : www.kea-partners.comuFacebook at work : le réseau social des entreprisesuL’essor du PEA-PMA dopé par l’Assemblée nationaledepuis plusieurs années déjà, Facebook travaille sur le projet du réseau social dédié uniquement auxLe 1er décembre 2015, l’Assemblée nationale a voté les mesures d’ajustement du Plan d’épargne en actions dédié aux PMe et aux eTi (PeA-PMe), destinées à le redynamiser. Ainsi, les critères d’éligibilité pour les entreprises cotées de moins d’un milliard d’euros de capitalisation boursière seront simplifiés. de plus, une franchise d’impôts sur les gains de Sicav et fonds monétaires pourrait être accordée pour un temps donné, à la condition expresse de transférer les sommes vers les PeA- PMe. Une fois votées par le Parlement, ces modifications prendront effet dès le 1er janvier 2016 et contribueront ainsi au développement du PeA-PMe.entreprises. enfin, la mission est quasi terminée. Face@Work fait l’objet d’une version beta privée depuis janvier 2015. Testée par 300 entreprises du monde entier dont Heineken ou la royal Bank of Scotland, et en France Lagardère Active et Century 21 France, la version finale sera lancée d’ici la fin de l’année sous la forme d’une offre freemium.uUn guide religieux pour entreprises Le syndicat Confédération française démocratique du travail (CFdT) dirigé par Laurent Berger, a publié un guide sur les faits religieux en entreprise adressé aux militants et élus – ces derniers étant de plus en plus sollicités par les salariés sur des questions en lien avec la pratique religieuse dans l’entreprise. L’ouvrage de 36 pages devrait apporter des bases de connaissances législatives et réglementaires.uLes Français ont confiance en leur entrepriseSelon une étude du cabinet deloitte, 68% des Français font confiance à leur entreprise et 40% seraient même prêts à investir dans une entreprise dans laquelle ils ont confiance. « Tandis que la confiance dans les institutions en général s’effrite, l’entreprise et la situation professionnelle sont exemptes de ce désamour », souligne l’étude. Plus de 50% déclarent faire confiance à leur chef d’entreprise et aux entrepreneurs. « Un résultatuLa Fédération nationale des cadres dirigeants et supérieurs échange avec Nicolas Sarkozydans le cadre d’une redynamisation de l’économie et d’un renouveau du dialogue social, la Fédération nationale des cadres dirigeants et supérieurs (FNCdS)]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frSAVE THE DATES+ Le3et4février2016:le23eSalondes Entrepreneurs de Paris (au Palais des Congrès) Le plus grand rassemblement d'entrepreneurs en Eu- rope (65000 visiteurs) ouvrira ses portes aux créateurs, repreneurs, start-up, dirigeants de TPE/PME-ETI... Unrendez-vous unique pour créer votre entreprise, développer votre réseau et partager l’expérience de grands entrepreneurs. Lors de ces deux jours, vous découvrirez les nouvelles tendances, bénéficierez des meilleurs conseils, trou- verez des financements et ferez décoller tous vos projets! L’évènement sera rythmé par 200 conférences et ateliers, 400 partenaires et exposants, ainsi qu’une trentaine d’animations thématiques. L’inscription est gratuite sur le site : www.salondesentrepreneurs.com/paris+ Le 8 mars 2016 : 4e édition du Salon Profession’L (à l’Hôtel de Ville de Bordeaux)Vous formez, recrutez, accompagnez ou aidez à la création d’entreprise ? Venez participer au salon de la reconversion 100% féminin. Les femmes sont prêtes plus que jamais à se lancer dans une nouvelle vie professionnelle et trouver les clés d’une reconversion réussie. Au programme : 18 conférences sur la reconversion, 85 partenaires prêts à dialoguer et partager leur expé- rience, 16 workshops et près de 1700 visiteurs ! Pour plus d’information, ren- dez-vous sur www.salonprofessionl.com+ Du 14 au 15 juin 2016 : le Salon des Entrepreneurs Lyon Rhône- Alpes (au Centre des Congrès)Le 13e Salon des Entrepreneurs Lyon Rhône-Alpes rassemblera cette année plus de 15000 visiteurs dont des porteurs de projets, créateurs, futurs franchi- sés, auto-entrepreneurs, repreneurs, jeunes dirigeants... En deux jours, les par- ticipants auront l'opportunité d'assister à près de 100 conférences et ateliers, d'être conseillés par 150 partenaires et de partager leurs expériences avec de grands entrepreneurs. La pré-inscription gratuite pour l'édition 2016 est ou- verte sur www.salondesentrepreneurs.com/lyonBaromètre & Tendances CLUB eNTrePreNdrecontinents. Pour finir, Splio, un éditeur spécialisé dans “l’expérience client” dirigé par Mireille Messine et raphaël Jore. Au cours de la soirée, deux trophées ont récompensé le travail d’entrepreneuses de talent. Le “Trophée Performance eco” a été remis à Martine Claret, présidente du laboratoire ophtalmologique Horus Pharma et le “Trophée Performance rSe” a été attribué à Martine Laruaz, directrice générale de isore Batiment, entreprise spécialisée, entre autres, dans la réhabilitation de façade.a souhaité participer aux débats et a ainsi été reçue par Nicolas Sarkozy. Au cours de l’échange et des questions de la FNCdS sur le monde de l’entreprise, l’ancien président de la république a développé une “vision volontariste de changement” pour le pays.Selon l’Observatoire du Conseil national des barreaux et l’institut Think, 92% des dirigeants de PMe sont satisfaits de leur avocat. La première étude relative aux relations des PMe avec la profession d’avocat a été menée auprès de 600 dirigeants de PMe. elle confirme que l’avocat est le premier interlocuteur des PMe pour les questions juridiques. en effet, 88% des PMe font appel à des avocats pour leurs problématiques juridiques devant les experts- comptables (79%), les syndicats de branche (32%) et 38% en moyenne gèrent ces questions enuPalmarès 100% fémininPour la sixième année consécutive, au mois de décembre, le Palmarès Women equity, le premier programmeinterne (59% pour les PMe de plus de 200 salariés). Le niveau de satisfaction affiche des notes supérieures ou égales à 7 sur 10 pour l’appréciation globale des avocats, la moyenne s’établissant à 8,1. Les PMe reconnaissent une très bonne confidentialité et sécurité des échanges (8,9), considérant les avocats comme des interlocuteurs de confiance (8,2), capables d’une écoute de qualité (8,1), habitués des conseils fiables (8,0), en amont des prises de décisions (7,8), et fournissant des expertises juridiques claires (7,8).européen ded’accompagnement financier et opérationnel des entreprises de croissance dirigées par des femmes, a dévoilé son palmarès lors d’une cérémonie. il a mis àrecherche, depromotion etu Reviens entrepreneur, la patrie a besoin de toi !l’honneur les 50 PMe françaises indépendantes dirigées par des femmes les plus performantes, identifiées parmi 40000 entreprises françaises composant l’index WomenSuite aux attentats, le mouvement “reviens Léon, on innove à la maison”, lancé en mai par BlaBlaCar, Criteo, SigFox, LaFourchette, iAdvize, drivy et une dizaine d’autres start-habitants des quartiers concentrant les difficultés sociales ; la création éventuelle d’un label d’entreprise citoyenne ; les contreparties ou aménagements, notamment en termes réglementaires, de commandes publiques ou d’apprentissage, que pourraient justifier les efforts citoyens des entreprises.uLes PME satisfaites de leur avocatSuite aux attentats du 13 novembre, emmanuel Macron et Patrick Kanner ont confié à Thierry Tuot et didier Casas la mission d’élaborer des propositions concrètes pour favoriser la mobilisation civique dans les entreprises. La mission consistera à faire des propositions pour améliorer la prise en compte des charges particulières pesant sur les employeurs de réservistes mobilisés pendant et en dehors de leurs horaires de travail. elle examinera également les conditions propices à la mobilisation de tous, salariés et employeurs, à l’effort citoyen qui mérite d’être développé dans toutes ses composantes : sécurité civile ou incendie, assistance à l’intégration économique, sociale ou scolaire, appui aux services publics, etc. enfin, elle examinera les conditions pour encourager les entreprises à prendre des initiatives civiques, en instruisant les questions suivantes : le soutien apporté aux entreprises qui encouragent leurs salariés à s’investir dans la défense et la sécurité de la population, en tant que réservistes citoyens ou dans une activité associative ; des actions concrètes pour développer l’emploi en faveur desRevenez, parce que si nous ne sauvons pas notre nation, vous aurez vous aussi bientôt tout perdu. » en espérant que les expatriés entendront son appel.uLa mobilisation civique dans les entreprisesequity. Pour figurer dans cet index, les PMe doivent bien évidemment avoir à leur tête des femmes ou disposer d’instances de direction mixtes, mais également exister depuis trois ans minimum et réaliser un chiffre d’affaires compris entre 4 et 100 millions d’euros. Les trois premières entreprises de cette longue liste sont : PSM (Point Service Mobiles), un réseau de réparation de téléphones mobiles, smartphones ou tablettes, dirigé par Martine Bocquillon ; en deuxième arrive MagForce international, une société de vêtements et de véhicules à destination des professionnels à l’échelle internationale, avec notamment des équipements destinés à la protection civile ou aux militaires. La présidente du directoire, Catherine delage, 58 ans, rayonne à l’international avec des unités de production dispersées sur les cinqCe mouvement de réflexion et d’actions patronales, représentatif du tissu entrepreneurial français (SBF 120, eTi, PMe et TPe) promeut l’image de l’entreprise tout en prônant les valeurs éthiques, la place centrale de l’homme au cœur du système économique et la liberté d’entreprendre. A travers ses réflexions et actions en faveur d’une meilleure pédagogie de l’entreprise (la Fête des entreprises « J’aime ma boîte », entrepreneurs tous dans les écoles, commissions de réflexion sur la rémunération des dirigeants, charte éthique...), il se positionne comme l’instigateur d’une nouvelle éthique du capitalisme. La Présidente Sophie de Menthon et le fondateur de 1976 Yvon Gattaz ont donc soufflé ensemble les bougies du 40e anniversaire du Mouvement à l’occasion d’un déjeuner autour du philosophe Luc Ferry, le vendredi 8 janvier 2016.up est soutenu par MarcSimoncini. en effet, lefondateur du site derencontres Meetic,ayant menacé de quitterla France en 2012,appelle aujourd’hui tousles entrepreneurs partisoutre-Atlantique àrevenir. Le 15 novembre,Marc Simoncini a doncposté ce message surson Facebook : « Notrepays vous a donné lachance de réussir vosvies et vous faites partie des quelques % de l’humanité qui ont tellement plus que nécessaire. Alors, mes amis, je vous en conjure, revenez en France, revenez entreprendre, revenez avec votre intelligence et votre énergie, vos idées et votre enthousiasme, revenez, payez- y vos impôts, vous verrez ça n’est pas si difficile !u Les 40la cause entrepreneurialebougies d’ETHIC, défenseur deFévrier 2016 27]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre A la Une - Le verbe s’inspirer pour un nouveau départ en 2016L'occasion pour EcoRéseau Business d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,Homo FaberClassiquement, l’histoire de la philosophie présente l’actionenoppositionàlapassion.Autrementdit pour agir, il s’agit de ne pas subir et de refuser la passivité. Aujourd’hui, agir revient à refuser cette passivité face à l’actualité qui fait grimper le cours du Prozac... La dépasser aussi pour ne pas se soumettre au diktat du pes- simisme français. Agir pour mettre du sens, enfin. Mais surtout, « faire » dans un acte véritablement libre, synonyme d’une démarche volontaire et réfléchie. C’est cette philo- sophie de l’action qu’épouse EcoRéseau Business depuis ses débuts. C’est cette même philosophie dont EcoRéseauGoetheen rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriatIl y a peu de gens qui soient en même temps intelligents et capables d’agir, l’intelligence élargit, mais paralyse ; l’action vivifie mais limiteBusiness souhaite faire l’écho pour cette nouvelle année. Synonymed’unsursaut,cesoufflepassepardenombreuses actions qui peuvent se résumer en quelques verbes : s’ins- pirer, inventer, collaborer, pivoter et relancer.-Collaborer pour financer son entreprise, contourner la-S’inspirer des start-up en vogue pour appliquer leurs concepts dans de nouveaux secteurs, des tendances sociétales lourdes comme l’émergence de l’économie col- laborative ou la silver économie.frilositédesbanques,.entrepreneurial dans ses achats personnels.-Pivoter en même temps sur plusieurs métiers, en véritable « slasher », pour refuser d’entrer dans une case et donner du sens à son activité, ou jongler avec les business models, être agile pour ne jamais se sentir accablé par la morosité conjoncturelle.-relancer l’envie d’entreprendre en partageant les échecs vécus mais surtout les apprentissages tirés de ces mauvaises passes d’entreprises.trouver un moyen de mettre un sensNATU, LA NOUVELLE RELIGIONAinsi alors que les mastodontes GAFA (Google-Apple-Facebook- Amazon) forcent toujours autant le respect, les NATU (Netflix- Airbnb-Tesla-Uber) secouent à leur tour le système, détruisent et créent des emplois, et suscitent des vocations. « On ne comptesa communauté, Netflix est un acteur de l’ancienne économie – il diffusait son catalogue de films en vHS – qui a réussi à devenir un leader de la nouvelle avec une plateforme de streaming payante. A quand la création du Uber de la coiffure ? de la disruption in- dustrielle dans le bateau électrique du futur à la Tesla ? du Airbnb2016 sera évidemment l’a.la bonne gestion de l’énergie après la COP21, avec des transports écolos et intelligents (covoiturage, autopartage, géolocalisation...), de la logistique pour livrer et tenir au courant les e-acheteurs en continu, des solutions toujours plus malignes d’utilisation des données de la smart city.28 Février 2016plus le nombre de projets entre- preneuriaux qui appliquent ces mêmes concepts dans de nouveaux secteurs », déclarait récemmenten indépendants, pour le meilleur ou pour le pire. Tesla s’est lancé dans la disruption industrielle avec ses véhicules électriques etde start-up nomades accueillies dans des entreprises plus grandes aux quatre coins du monde ? Ou encore du Netflix du livre élec- tronique ? Peut-être existent-ils déjà... Santé, éducation, finance (la Fintech explose)... autant d’au- tres secteurs qui se croient à l’abri de l’« uberisation » et qui seront couverts.des économies et de consommer « plus sainement », en participant au processus de création. Les im- primantes 3d lui donneront d’ail- leurs de l’ampleur. Avec des idées d’entreprises à la pelle : création de communautés de créateurs, échanges de recettes et bonnes formules, plateformes d’échange de fichiers, recyclage des maté- riaux, maintenance... Autre grand domaine qui va devenir le terreau de créations d’entreprises en nom- bre, la silver economy : place aux services pour maintenir les per- sonnes âgées à domicile, à la do- motisation et aux capteurs, aux innovations en ehpad, mais aussi aux conciergeries et au tourisme pour les seniors plus dynamiques.-inventer, protéger, et concourir au Lépine par exemple, pour montrer que la France est un laboratoire de r&d à ciel ouvert.dans le supplément Bourges nous mettons à l’honneur elpaco.fr, start- up qui organise le transport de colis entre particuliers. Une autre à l’aéroport met en musique du co-avionnage, dans la même veine que le co-voiturage. Le concept de BlaBlaCar draine dans son sil- lage une myriade d’autres idées prometteuses pour 2016 encore. Chaque année donne lieu à des paris sur les secteurs qui seront les plus porteurs pour les entre- preneurs. Mais certaines grandes tendances ne laissent pas planer le doute. des concepts qui ré- pondent parfaitement aux besoins d’aujourd’hui vont continuer à connaître le succès dans leurs dif- férentes variantes.S’ inspirerLames de fondsCelui qui sait observer les grandes tendances de notre société sera immanquablement riche d’idées de créations d’entreprises...Les petits ruisseaux d’idées font les grandes rivières d’innovations...didier Tranchier, business angel reconnu, président de iT Capital. Uber et Airbnb ont en commun d’avoir développé une plateforme technique innovante, un service apprécié par la génération web, sans pour autant investir dans du « dur ». L’un comme l’autre ont déplacé le centre de création de valeur, et transformé les salariésCONCURRENCE AUX INTERMÉDIAIRESdans une étude intitulée « Le Nu- mérique déroutant », Bpifrance exhorte les entrepreneurs à « exa- miner comment fonctionne la chaîne de valeurs dans leur secteur et à étudier la possibilité de re- battre les cartes et de court-cir- cuiter les intermédiaires, à la façon de Booking dans l’hôtelle- rie ». L’étude cite deux secteurs où la transformation est déjà en cours : le bâtiment et la plasturgie. d’autres suivent encore. Plus lar- gement le « do it yourself » monte en puissance dans une myriade de secteurs : cuisine, cosmétiques, mode, déco.... La tendance gagne de nouveaux domaines, répondant à la nécessité très actuelle de fairennée deMatthieu Camozzi]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frQInventeru’ont en commun le l’activité inventive, principaleA la Une - Le verbe s’inspirer pour un nouveau départ en 2016 CLUB eNTrePreNdre impossible n’est pas françaismoteur à deux temps ou secondaire, se porte sur lapour Meilleur ouvrier de France – vous dise quelque chose, titre né dans le cadre du Lépine à la demande d’un journaliste en 1924. « Tout le monde avait besoin de visibilité localement et nationalement. Le Lépine était à ses débuts un concours de proximité pour aider l’in- venteur à s’intégrer économi- quement et socialement dans le tissu économique régional », retrace son président. victimede son succès, le trop plein d’aviateurs, de professionnels du mobilier, du jouet, de monde... le trop plein de tout, en fait, pousse ses organisateurs à segmenter l’événement en 1937 pour faire des « petits » qui deviendront les fameux salons desArts ménagers, Salon du Bourget, Mondial de l’Au- tomobile, etc. en 2016, les connections sont nombreuses entre ces différentes grandsmesses : le Lépine s’exportant facilement hors de ses murs pour trôner au Mondial de l’automobile et réciproquement, les constructeurs gagnant tou- jours à présenter leur dernières innovations – voiture autonome ou hybride... – à l’image de Peugeot et de sa 3008 Hybride il y a quelques années. Au- jourd’hui, le père des salons français garde quelques grandes familles d’inventeurs : natureet arts de vivre, santé et nou- velles technologies, transports et industries, « le monde in- vente » – section constituée de délégations étrangères –, et surtout depuis six ans, « l’uni- vers connecté concours Lé- pine ». L’année dernière, 600000 visiteurs soit près de 93% de la Foire de Paris, déambulaient dans ce temple de l’innovation. « A 128 euros du mètre carré pour la location(1910), le lave-vais- création, l’innovation et les selle (1912), le cœur artificiel produits nouveaux », résume(1937), l’Aspivenin (1983) ou encore le stylo d’injection à insuline pour diabétiques et notamment malvoyants (2014) ? Tous ces produits ont certes presque une utilité d’or- dre publique mais surtout, ces derniers ont tous été remarqués au Concours Lépine qui leur a permis ensuite d’être démo- cratisés. Si l’invention peut se réaliser par sérendipité, prag- matisme professionnel ou par réel souci d’améliorer notre société, elle souffre en France d’une image qui ne lui fait pas honneur, souvent qualifiée d’inutile, de farfelue ou d’ex- centrique. Le Lépine entend depuis plus de 110 ans casser cette image tenace dans les esprits, dans une conjoncture où le transfert de technologie demeure problématique. Le combat n’est pas encore gagné, bien que le Lépine mériterait le surnom de berceau tricolore de la r&d.dorey, président duGérardconcours. entre autres missions, les différents concours (inter- national de Paris, européen de Strasbourg,...) promeuvent l’invention, défendent les droits et les intérêts des inventeurs, soutiennent ces derniers auprès des entreprises et des orga- nismes officiels, centralisent et diffusent les inventions. Ce faisant, de nombreux partena- riats tissés depuis des décennies prolongent le Lépine sur les voies de la création. Les en- treprises s’y bousculent et l’as- sociation s’est également dotée d’un incubateur dédié pour faire de ces inventeurs des fa- bricants et des vendeurs, ou comme on dit en 2016, des entrepreneurs.Première vitrine de France des inventeurs, le Lépine n’en demeure pas moins un repaire de dénicheurs de pépites et d’entrepreneurs. et pourquoi pas vous ?A PRENDRE TRÈSAU SÉRIEUXNous aurions tort d’associer le Lépine à un repaire de Try- phon Tournesol, déphasés de la réalité, juste impatients de présenter leur mouchoir auto- nettoyant ou leur fourchette rotative pour entortiller les pâtes. Loin de nos représenta- tions, le concours Lépine ré- sonne mondialement comme un événement majeur de l’in- novation où encourager le transfert de technologies. Ainsi, Google a-t-il fait les yeux doux à Guillaume rolland, lauréat avec Sensor Wake (cf EcoRé- seau n°24), son réveil olfactif, désormais fabriqué et vendu. de même, le dernier médaillé d’or de la version strasbour- geoise du concours est désor- mais résident de la Silicon valley. Ailleurs, un inventeur chinois, Jian Zhang, lauréat dans les années 1980, premier entrepreneur privé de Chine, est devenu une des figures de l’économie libérale de son pays. Les success stories exis- tent et se multiplient. « Le concours s’adresse à un grou- pement privé de personnes physiques ou morales dontLE PÈRE DE TOUS LES SALONS FRANÇAIS NOTOIRESLe Lépine, du nom du préfet et maire de la ville de Paris de l’époque, naquit en 1901 et rencontra un franc succès : 6000 inventeurs se disputèrent les faveurs du public et du jury pendant trois mois. L’idée fut celle de doter le pays d’un outil économique hors du com- mun capable d’influer sur le futur et de contribuer à l’in- dustrialisation, tout en nour- rissant l’économie de nouveaux produits et marques reposant sur une démarche de protection de la propriété intellectuelle. « Le concours reste le berceau national le plus important dans le domaine de la recherche et du développement. D’autant qu’il est historiquement le pre- mier salon de l’invention dans le monde et le nid des plus grandes entreprises françaises. Renault, Citroën, Voisin, Arthur Martin... Autant de noms évo- cateurs qui ont fait leurs armes au Lépine », énumère Gérard dorey. Sans oublier de nom- breux anonymes, parfois in- génieurs, agriculteurs ou mi- litaires qui ont accouché du stylo bille ou de la TSF. Mais ce conte de fées de l’innovation ne s’arrête pas là. Si le diplôme de l’habileté professionnelle ne vous parle pas, il est fort à parier que celui de MOF –Février 2016 29Œ]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre A la Une - Le verbe s’inspirer pour un nouveau départ en 2016d’un stand, il s’agit de la meilleure étude de marché possible au regard de la fréquentation et de la qualité des partenaires, tant institu- tionnels que privés », note Gérard dorey. Mieux encore. La section « univers connecté » ambitionne de devenir le CeS français. Les récentes venues et entretiens avec les ministres Macron, Lemaire et royal témoignent de cette volonté de mise à jour 2.0 pour ce concours qui rameute notamment chaque année inves- tisseurs russes, qataris, américains. Nombreuses sont donc les entreprises nationales comme étrangères à venir piocher ça et là la nouveauté en recrutant les Géo Trouvetou d’aujourd’hui pour rendre commercialisable leur prototype ou en rachetant les brevets.QUID DE L’INVENTEUR ?à un moment où nous manquions de recon- naissance, de crédibilité malgré un long travail de prototypage (sept en tout) commencé en 2001 ». La fratrie Hecht a ainsi concouru pour le Lépine en 2013 à Strasbourg et remporté le prix du Premier ministre, puis gagné une place gratuite qui lui a permis d’obtenir le prix du Président de la république au Concours in- ternational de Paris dans la foulée. « Cette surmédiatisation a fait bouger le secteur de la boulangerie et celui de la distribution. Nous avons été assaillis par plusieurs milliers de mails. Nous avons concrétisé certaines ventes. Aujourd’hui, mon fils a repris la boulangerie que j’ai créée en 1986. Et je me consacre à la vente et la fabrication du « Pani Vending »,commercialisé depuis juillet 2012, dont le prix en sortie d’usine avoisine les 45000 euros,CCollaborerollaborer n’est pas qu’une simple L’ÊTRE ET L’AVOIR REDESSI-connu un vrai regain de faveur depuis la mise en place d’un site collaboratif. Cette accélération s’explique par la standardisation et la multi- plication des plateformes, rendues possible par internet et le numérique. Aujourd’hui, la donne évolue. emprunter de l’argent via Prêt d’Union, louer un bateau en s’inscrivant sur Samboat, réserver et effectuer un déplacement avec BlaBlaCar. L’ensemble de ces actions témoignent d’un glissement des modes de consommation et de détention d’un produit. Si bien que le simple fait d’être propriétaire d’un bien peut faire de vous un entrepreneur. Airbnb, récemment valorisée à hauteur de 24 milliards de dollars soit deux fois plus que le groupe AccorHotels, Le Bon Coin sacré deuxième site le plus consulté en France après Facebook... Autant d’exemples qui at- testent d’un engouement certain. « Mais l’attrait social ne suffit pas pour monter une plateforme. Il en existe beaucoup qui, par exemple, mettent en relation des personnes désireuses d’emprunter des outils ou d’autres produits. Mais dans les faits, le gain est souvent dérisoire par rapport au temps et à l’énergie perdus », analyse Laurent Calando, cofondateur de Samboat. Le développement de l’économie collaborative semble donc pos- sible dans certains secteurs à forte valeur ajoutée : « Louer son appartement lorsqu’on part en vacances permet de générer un revenu important, faire du covoiturage permet de palier le coût important des transports. C’est pourquoi nous nous sommes penchés sur la location de bateaux entre particuliers, qui présente une très forte valeur ajoutée, tout en créant un lien social profond à propos d’une passion commune », explique Laurent Ca- lando.Menascé, dirigeant d’Azao, enseignant social business à HeC. Ces nouvelles manières de travailler témoignent de la crise structurelle de l’emploi du travail peu qualifié. » Mais cette accélération est également qualitative : certaines plateformes consistent en des tiers qui standardisent de fait la prestation en matière de cadre et de fourchette de prix, à l’image de Uber, tandis que d’autres plateformes seront juste des places de marché, à l’image du Bon Coin. david Menascé dans son étude, intitulée « La France du Bon Coin », catégorise quatre grands profils présents sur ces plate- formes : les « malins » – insérés profession- nellement mais qui optimisent leur temps libre pour obtenir des compléments de revenus –, les « micro-franchisés » qui optent pour la recherche de clients plutôt que celle d’un patron, fiers d’être indépendants mais qui n’ont pas d’idée business, « ceux qui subissent » et les « serviables » qui mettent en avant les valeurs collaboratives. Toutefois, des flous subsistent. Tel celui du statut de ces travailleurs indépendants ou celui de la fiscalité de ces revenus... « D’un point de vue juridique, ces personnes sont indépendantes, mais cette re- lation entraîne un lien complexe de dépendance économique », analyse david Menascé. Work in progress...Aujourd’hui, certaines candidatures sont refusées en raison du grand nombre de demandes. Le numérique a encore rajeuni l’âge médian de l’inventeur, les plus vieux d’entre eux, n’ex- cédant pas les 40 ans quand il ne s’agit pas d’industriels, de start-up ou d’un établissement public. Tous espèrent le Graal calligraphié du Lépine et sa médaille qui sont devenus au fil des années un label d’excellence affublé de titres prestigieux : prix du Président de la ré- publique, prix de l’Assemblée nationale, prix du Sénat... Jean-Louis Hecht, lauréat à plusieurs reprises, conclut : « C’est un formidable tremplin pour un inventeur et le concours est créateur d’emplois. Le Lépine nous a boostésisse, aux Etats-Être « collabo », une bonne chose en 2016 ? Cet esprit est sur le point de redessiner encore un peu plus le paysage entrepreneurialdéjà vendu en France, en Su.Unis et en Russie », poursuit l’inventeur-en- trepreneur. Mais le Lépine ne fut que le com- mencement de l’aventure entrepreneuriale : les problèmes pour trouver une usine les pous- sent à concevoir leur propre bureau d’étude avec le concours d’un ingénieur, des investis- sements sont en cours et la promotion du produit continue notamment au salon europain de villepinte début février...Geoffroy Frameryréponse de survie face à la crise, ni NÉS : DÉTENIR UN BIEN, POTEN-une attitude dédaigneuse et cynique TIELLEMENT UN PREMIER PAS de start-up tirant profit des communautés ENTREPRENEURIALd’utilisateurs. Collaborer donne aussi lieuBien évidemment, ce secteur de l’économie ne s’est pas construit ex nihilo. décathlon or- ganise depuis des décennies ses « Trocathlons », sortes de foires dépôts/ventes où le matériel d’occasion circule. Mais aujourd’hui la donne évolue. L’opération du groupe Oxylane aà de nouvelles manières detravailler, deconcevoir undes fonds pour se développer. Analyse du phénomène.business modelet de lever30 Février 2016Si l’aubaine est manifeste pour chaque partie prenante, il n’empêche que les plateformes collaboratives posent question, notamment à propos du statut des participants. d’autant que la montée en puissance du travail indé- pendant s’est accélérée avec les pratiques de consommation collaborative qui ont elles- mêmes été démultipliées avec les plateformes. « C’est une manière de rendre effectif le droit à l’initiative économique, décrypte davidUN SUCCÈS DU CROWDFUNDING QUI NE DOIT PAS CACHER L’IGNORANCE À SON SUJETUn marché mondial de 1000 milliards de dollars à l’horizon 2020 selon Forbes. C’est dire si le crowdfunding est dans l’air du temps. et avec une hausse de 144% en 2014, le financement participatif a explosé en europe en 2014 selon une étude réalisée par eY et l’université de Cambridge. Ce faisant, la France décroche la médaille d’argent de ce mode de financement avec 154 millions d’euros levés – deux fois plus qu’en 2013 – via principalement la formule du prêt rem- boursable. Si les plateformes de dons que sont KissKissBankBank et Ulule furent les acteurs majeurs de la démocratisation du crowdfunding en France, l’arrivée en juin dernier du gargantuesque Kickstarter devrait]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frencore booster les chiffres de l’année 2015. L’association Financement participatif France estimait déjà ces levées à hauteur de 133 millions pour le seul premier semestre 2015. Pourquoi un tel engouement ? de fait, la création d’une communauté pour financer un projet entrepreneurial, musical voire artistique véhicule des valeurs positives. et au-delà de cet esprit de partage, l’avantage décisif de ces plateformes se résume à faire décoller votre projet d’entreprise autrement... et non plus facilement. « Nous avons fait le tour des réseaux des business angels mais nous avons préféré en sortir rapidement [...], les process étaient beaucoup trop longs alors que nous avions besoin de fonds rapidement », explique Jean-Frédéric Navarre, cofondateur de la société Les Chaises Hautes après une levée réussie de 250000 euros en trois mois (Cf. EcoRéseau n°12). Malgré ce vif succès, l’avenir du crowdfunding n’est pas sans soulever des questions. Les banques s’empareront-elles de ces appels à dons ? Ob- servera-t-on un mouvement de concentration des plate- formes et/ou de fragmentation de ces acteurs selon des secteurs de niche ? Pour l’heure, cette nouvelle manière de trouver un financement se destine manifestement aux entreprises en devenir et non à celles qui vivent des dif- ficultés, dans des secteurs à haute valeur ajoutée tels que ceux du jeu vidéo et des nouvelles technologies. Comme toute chose récente, reste enfin le chantier pé- dagogique au sujet de ce type de financement. d’aucuns seraient tentés de résumer le crowdfunding au système de dons qui caractérise KissKissBankBank. Pourtant, il existe d’autres manières de participer à l’aventure. A ce titre, Lendopolis, petite sœur de KissKissBankBank, repose sur un système de prêts où les personnes deviennent investisseurs dans les entreprises de plus de deux ansA la Une - Le verbe s’inspirer pour un nouveau départ en 2016 CLUB eNTrePreNdre Les petits matins des dirigeants+ Concept : Selon l’adage, « le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt », rencontres matinales avec nos dirigeants, sur leurs habitudes, leurs routines de succès, et leur « credo » : C’est parti ! + Intentions : donner un regard plus intime sur nos dirigeants - valorisation & Proximité « Nos patrons sont sympas ! »Première rencontre avec Jean Pierre Letartre, PDG de Ernst & Young France Luxembourg et MaghrebJean-Pierre LETARTRE, un homme « exportateur » de confiance et d’énergie. interview matinale à 8h précises en haut de la Tour eY dans le quartier de la défense avec vien- noiseries, café et jus d’orange. il fait encore nuit dehors.IsaLou Beaudet RegenFondatrice de Kama Conseil & Associésparpour des rendements s’étalonnant entre 5 et .Votre truc à vous pour vous ressourcer ? C’est la pluralité ! Dans aucun domaine je ne suis «mono», je suis toujours pluriel ! Ce sont des moments très hétérogènes, comme des moments de calme au bureau ou chez moi, mais ça peut être aussi un film, un petit déjeuner avec mes petits-enfants, un parcours de golf, etc. Dans ces moments-là, je souffle, je prends de la distance et reprends des forces.12%, avec des sommes allant de 20 à 1000 euros. de même, les en- trepreneurs doivent s’enquérir du business plan de ces plateformes qui varient selon les acteurs. Fraîchement débarquée en France, Kickstarter, par exemple, prélève 5% des fonds collectés, pourcentage auquel s’ajoute une commission de 3% pour le service de paiements et 20 centimes en sus si la contribution est supérieure à 10 euros. Soit 800 euros pour une levée de 10000 euros,Votre plaisir du matin ? C’est la radio ! Depuis tout petit, j’aime beaucoup l’écouter, elle me suit tout le temps et long- temps, dans la voiture ou dans le taxi... Et celui qui me fait sourire à coup sûr, c’est Canteloup ! Ça met de bonne hu- meur !Vos «credo» de dirigeant ? Mon premier : en tant que di- rigeant, nous avons «la carotte et le bâton», mais on doit essayer de manager sans ! Ça veut dire être dans un mode d’engagement extrêmement fort. Et mon deuxième credo : être dirigeant c’est être importateur d’inquiétude et de stress, et exportateur de confiance ! On revient à l’énergie !sans compter les prélèvements individuels...Votre motivation à vous lever ? La passion et l’adrénaline ! Chaque matin je me lève avec une vraie envie de faire mon job !Pour finir... J’aime beaucoup cette phrase : « La chance sourit à ceux qui sont prêts ! » A partir du moment où l’on n’a pas de certitude on est prêt à apprendre plein de choses. Le tout, c’est d’être ouvert !Les taxis qui se font gi- fler par Uber. des mé- dias qui peinent à trou- ver leur business model entre le digital et le papier, des banques qui se font concur- rencer par les monnaies al- ternatives... Les cas ne man- quent pas lorsqu’il s’agit de souligner les obstacles que doivent franchir les entre- prises. Si bien qu’un terme revient inlassablement en so- lution à tous ces maux : pi- voter. Pour mieux se relancer, pour ne pas couler ou s’« en- crouter » dans une idée. Eco- Réseau Business, en toute subjectivité, revient sur des pivots synonymes de succèsou de changements de cap réussis par quelques exemples concrets.gouvernance « à la papa » pour encenser des modes plus collaboratifs de gestion ou de décision. Cédric Giorgi, fondateur de Cookening et désormais Head of start-up relations-ioT evangelist chez Sigfox, précise : « Le pivot passe aussi par cette faculté à tirer des leçons de ses échecs. La meilleure façon d’accepter ses erreurs revient peut être à les partager. C’est une mentalité recherchée dans les start-up et cet esprit est très lié à l’entrepreneuriat du Web et à la culture du dé- veloppeur. Les bugs appa- raissent toujours lors d’un développement, avant qu’onne parvienne à les résoudre ». rappelons d’ailleurs que Cé- dric Giorgi, avant son aventure chez Sigfox, avait échoué dans sa levée de fonds à l’époque où il ambitionnait que Cookening devienne le Airbnb de la table d’hôte. il semble d’ailleurs à-propos de souligner que les associés ont pu capitaliser sur leur première expérience d’entrepreneur, même synonyme d’échec, en se faisant recruter dans deux des start-up les plus en vue de France, BlaBlaCar et Sig- fox. Toutefois, ne tombons pas dans le piège de la cari- cature des Anciens contre les Modernes.PivoterAgiles entrepreneurs« LA » capacité pour ne jamais se laisser submerger par les coups du sort ?Geoffroy FrameryPrésentation : Je suis marié, j’ai quatre enfants et j’ai la grande chance de présider aux destinées de EY France Luxembourg et Maghreb.Heure de réveil, petit déjeuner et petites routines ? En général vers 6h30, j’aime bien être assez tôt au bureau ! Quand je me lève, je ne fais rien d’exceptionnel, je me force tout de même à faire quelques mouvements d’assouplisse- ment, j’écoute la radio, et je prends un petit-déjeuner avec un thé, des fruits et un yaourt. Des choses saines assez lé- gères n’est-ce-pas ?Après, le plus difficile ? C’est de savoir gérer son « capi- tal » énergie. Dans tous les métiers, mais peut-être, surtout dans les métiers à responsabilité, le plus difficile c’est de repérer les moments dans lesquels on peut recharger ses batteries.PIVOTER, PREMIER MOUVEMENT AVANT LA RELANCE ?Serial entrepreneur de la Si- licon valley et conférencier, éric ries conceptualisait cette nécessaire agilité en l’accolant au « lean start-up » pour ex- primer la propension des jeunes pousses à pivoter d’un business model à un autre, parfois en les cumulant tout en gardant à l’horizon un cap à tenir. Cette idée bouleverse les modèles d’organisation classiques et les modes dePivoter sans faire de sur place... pas facile !Février 2016 31Œ]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre A la Une - Le verbe s’inspirer pour un nouveau départ en 2016d’autant que cette capacité de pivot peut être l’apanage de grands groupes dans des secteurs d’activité dits classiques. en témoigne la grande mue du Club Mé- diterranée (cf. EcoRéseau n°22) qui, après la crise des voyagistes des années 1990, a décidé une véritable montée en gamme tout en investissant de nouveaux marchés internationaux, alors que Gérard Blitz son fondateur avait commencé ses séjours en empruntant des tentes de l’armée dans une ambiance faite de bric et de broc. Criteo, la pépite française (Cf. EcoRéseau n°6) désormais cotée au Nasdaq, est devenue un leader mondial du reciblage publicitaire personnalisé à la performance après avoir fait ses premières armes numériques dans le service de recommandation de films puis de produits, avant de trouver dans le display son terreau d’épanouissement. Le pivot induit donc des défis en conduite du changement considérables pour les entreprises. d’autant que la notion de pivot est elle-même protéiforme et fourre-tout. reste que le numérique autorise aujourd’hui cette agilité pour les grands comme les petits nouveaux, grâce au raccour- cissement du time-to-market et à un feedback plus aisé pour adapter le produit ou le service. Autrement dit, du « test & learn » grandeur nature pour ensuite envisager un pivot en cas de résultat non concluant.PIVOTER POUR SE RÉINVENTERhuit ans. Unedénominations : Failcons, débats sur l’échec, charte du rebond, etc. institution- nels, politiques et acteurs de l’enseignement supérieur embrassent doucement l’ini- tiative. roxanne varza, ré- cemment nommé directrice de la Halle Fressinet, futur premier incubateur de France, et fondatrice des Failcons en France, ana- lyse : « Sans en prendre l’appellation, nous avons lancé les Failcons en 2011. Beaucoup furent déçus de la première édition. Appren- dre des échecs. Tout le monde était d’accord à ceMais cette action ne se réalise pas seulement à l’échelle d’une entreprise. Pivoter c’est aussi « slasher » pro- fessionnellement. Marielle Barbe a travaillé dans le milieu associatif pendant dix ans et a multiplié les emplois avant de réaliser que la pluriactivité était l’essence même de ses aspirations professionnelles. Aujourd’hui Marielle est coach/consultante/auteur pour la télé... « Mon mode de fonctionnement, c’est de ne pas choisir et de m’enrichir d’expériences nou- velles sous peine de me lasser. Plus jeune, la question de l’orientation fut une torture. Aujourd’hui, je suis parfois qualifiée de mythomane ou je ne suis pas prise au sérieux car soi-disant dispersée. Mon CV ressemble à un inventaire à la Prévert tout comme mes statuts, avec lesquels je jongle : intermittente/va- cataire/contractuelle/autoentrepreneure/chef d’entre- prise. Cela dit, je reste convaincue que notre monde a besoin d’agilité pour trouver des solutions. Y compris pour ceux qui sont depuis 30 ans dans la même boîte », précise-t-elle. Ces slashers ou pluriactifs sont 4,5 millions en France (16% des actifs). Le phénomène touche toutes les CSP et toutes les tranches d’âges. « Zappeurs, nomades, refusant les contraintes hié- rarchiques, ils trouvent ainsi plus de sens à leur travail. Trois facteurs au moins expliquent le boom des slashers en France : le régime de l’autoentrepreneur qui a simplifié l’exercice légal d’une activité complé- mentaire, les plateformes de l’économie collaborative qui en étendent l’usage et la technologie, et qui en fa- cilitent donc la pratique. La frontière entre vie pro et vie perso s’estompe, favorisant la pluri-activité », commente Alain Bosetti, président du Salon des mi- croentreprises. L’envie de gagner plus, de vivre de sa passion, de préparer sa reconversion est majoritairementA CHAQUE COUP DUR,UN MOYEN IDOINE POURSE RELANCERQuand il n’est pas trop tard, de nom- breuses structures existent pour relancer la machine. directeur de la plateforme du val-de-Marne du réseau initiative France, Pierre Capron illustre : « Par le biais d’un parrainage bénévole, nous faisons rencontrer aux TPE des chefs d’entreprise chevronnées pour corriger le tir. Souvent, il s’agira de pallier un déficit de démarchage commercial ou des problématiques de gestion. Cela passe inévitablement par la réalisation d’un diagnostic sur les choses qui nerambaud, 60000 rebonds se donne pour mission d’aider les entrepreneurs qui ont connu la faillite ou la liquidation à se remettre sur les bons rails, si possible ceux de l’entrepreneuriat. Notons d’ail- leurs que l’entrée dans ce dispositif n’est pas soumise à une grille de critères stricts. L’idée sous-jacente étant que la culture de l’échec doit dépasser la seule communauté entrepreneuriale « tech ». reste que pour se relancer, il importe que chaque partie prenante constate le nouveau départ entrepreneurial sans le stigmatiser. C’est dans cette optique que le gouvernement a mis fin en 2013 au fichage à la Banque de France des en- trepreneurs ayant connu une liquidation judiciaire. Mais le chemin à parcourir pour convaincre reste encore long.sujet mais trop peu osaient détailler pourquoi ils avaient échoué. J’ai alors contacté Cassandra Philippe, la fonda- trice des Failcons aux Etats-Unis qui m’a invitée à faire communiquer les speakers en anglais, tout en invitant des entrepreneurs étrangers moins com- plexés ». il a fallu attendre la dernière édition de 2014 soutenue par Axelle Lemaire et Fleur Pellerin pour que l’évé- nement tienne toutes ses promesses : « Malgré une bonne première édition, nous avions du mal à trouver les sponsors qui souhaitaient accoler leur nom au mot « fail » (échouer ou échec en anglais, NdLr). Le soutien du gouvernement nous a permis de fédérer plus facilement autour de l’événement. Les mentalités.’étude réalisée pour le salon des microentreprises. et slasher rime bien souvent avec entrepreneur. ils sont majoritairement freelances (10%), autoentrepreneurs (10%), associés (6%) ou dirigeants d’une entreprise (5%). Mieux, 7% des slashers profitent de ce mode de fonctionnement pour tester une idée avant de créer une entreprise. « Plus aguerris, avec un réseau plus dense et les premières références, ils augmentent leurs chances de succès », commente Alain Bosetti.un choix pour 64% des slashers selon lnt. Le concept des Failcons32 Février 2016Geoffroy FrameryUNE NÉCESSAIRE MISEEN AVANT DE L’ÉCHECSur trois ans de « Failcons » – entendez con(férence) sur un « fail » (échec en anglais) –, trois thèmes se dégagent parmi les causes de l’échec entrepre- neurial : l’international, la levée de fonds et le pivot produit. désormais évangéliste des start-up chez Sigfox, Cédric Giorgi,progresse.s’exporte ailleurs en France. Si bien que depuis deux ans, Toulouse, Grenoble, Lyon, Lille, Aix ou encore Strasbourg ont organisé des conférences pour ces entrepreneurs désireux de partager les leçons tirées de leur échec », complète roxanne varza. Bientôt la participation du PdG de volkswagen à ces confé- rences ?de l’aventure, se « relancer » danscette expérience relève de la ga-durerait pas moins de« attente » interminablepour les entrepreneurs,entre leur échec et l’abou-tissement d’un nouveauprojet. il s’agit d’ailleurs,selon une étude de TheEconomist en 2013, dulaps de temps le pluslong comparativementaux autres pays traités.de ce constat naquitl’idée il y a plusieurs an-nées de dédramatiserl’échec. Non pas pour enfaire l’éloge. Mais pourdémontrer concrètementcomment renaître de sescendres entrepreneuriales.Ce prêche commence àfaire des émules et les évangélistes trou- vent de nouvelles bannières auxquelles se rallier : les « Failcons », conférences sur l’échec, 60000 rebonds... Le tout dans un contexte où les politiques en- couragent davantage ces récits d’entre- preneurs non édulcorés. Fleur Pellerin évoquait ainsi en 2014 sa volonté de modifier le logiciel de la culture l’échec en France. La preuve dans les lignes qui suivent que se relancer n’est pas un vain mot.Se relancerLa quête du second souffleComment faire de l’échec la pédagogie positive de l’entrepreneur pour se relancer ?Sgeure. Apprendre de ses erreurs. Tirer des leçons de ses échecs. derrière cette philosophie de comptoir, se cache pour- tant un triste constat : la France n’aime pas ceux qui échouent. C’est effective- ment bien souvent une tranche de vie où vos proches vous intiment de re- chercher un Cdi, tandis que les banques vous demandent si vous n’êtes pas de- venu(e) humoriste. Aussi inconfortable qu’une Mini Cooper pour des avants d’une équipe de rugby, cette période nei goûter à l’entrepreneuriat tient vont pas. Mais cet accompagnement intervenant à ces grand messes surpeut ensuite déboucher sur un nouveau programme d’investissements, et pour- quoi pas un refinancement de notre part. » L’association recréer, elle, prend des allures de pompier et de prescripteur. entrepreneurs en crise ou voulant de nouveau porter un projet, peu importe. Ce réseau veut imposer cette nouvelle culture du rebond. Mais c’est surtout lorsque la clé est sous la porte qu’une véritable introspection est possible. Celle- ci peut se réaliser discrètement via un bilan de compétences ou en requérant l’aide de nouveaux dispositifs. Asso- ciation née en 2012, présidée par PhilippeCela revient à apprendre à chuter... Oui, mais comment ?l’échec, se remémore les atermoiements qui ont amené son équipe à revendre la start-up et évoque une mauvaise gestion du timing qui ne leur a pas permis d’aboutir à une levée de fonds. Mais pas seulement : « Nous nous sommes beaucoup concentrés sur de potentiels partenariats qui n’ont jamais abouti, alors que nous aurions dû nous occuper de multiplier les clients et d’être sur le terrain. Le manque d’efficacité a été évident » (cf. EcoRéseau n°20). depuis trois ans maintenant, ces types de té- moignages et d’initiatives deviennent monnaie courante et épousent différentesGeoffroy Framery]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Interview croisée - Ces « nouveaux entrants » qui créent leur entreprise en Franceimmigration entrepreneurialeDans chaque numéro, EcoRéseau Business s'intéresse à deux dirigeants/entrepreneurs qui ont un point commun ou une différence fondamentale, afin de connaître leur opinion sur la stratégie, l'innovation, la communication et de montrerqu'il existe plusieurs manières de managerNés à l'étranger, ils apportent en France leur envie de créer. rencontre avec Chenva Tieu, patron d'eurotrésorerie et Bertin Nahum, fondateur de Medtech, deux innovateurs à succès.Immigré hier, entrepre- neur à succès au- jourd’hui : quel regard portez-vous sur votre parcours atypique ? Chenva Tieu : Celui d’avoir connu plusieurs vies en l’espace de 40 ans de présence sur le territoire national ! d’abord celle de migrant. Puisque j’ai quitté mon pays de nais- sance, le Cambodge, avec ma famille, pour fuir les Khmers rouges. C’était enzeria rue de la Boétie pour la transformer en restaurant chinois... Son parcours d’entrepreneur – il avait fait fortune dans le trans- port maritime du temps de l’indochine Française – n’est sans doute pas étran- ger aux choix que j’ai em- pruntés par la suite. Une chose est sûre : en fré- quentant très jeune ces deux mondes – la com- munauté chinoise réfugiée et l’ouest chic parisien –Ne pensez-vous pas que de son passé et sa sixième j’ai un profil très interna- votre “double culture” place économique mon- tional. Je connais bien les apporte justement un diale. Mais elle a encore etats-Unis, puisque je mecrit dans cette logique d’ou- verture en faisant la part belle à la diversité.1975, j’avais 12 ans. Avec ma mère, nous avons re- joint Paris, suivis par mon père, un dirigeant d’entre- prise natif du sud de la Chine. J’ai alors com- mencé à planter mes ra- cines dans la terre de France. en logeant dans les tours du 13e, nous avons vite goûté à la pau- vreté mais toujours dans la dignité. Ma mère a com- mencé à faire la plonge, alors qu’elle n’avait jamais travaillé de sa vie ! J’ai vu ses doigts et ses mains souillés par un quotidien difficile. Puis j’ai décou- vert l’école et les joies de la langue française que j’ai apprise non sans difficul- tés. Mon salut est venu d’un prof d’histoire-géo qui m’a lancé une fois : « Tu es nul en français. Tu vas apprendre tes le- çons par cœur ». en ac- quérant la langue par té- léchargement, j’ai obtenu des résultats exception- nels ! Mon autre chance est celle d’avoir côtoyé la société parisienne. dès que mon père a acheté une piz-34 Février 2016j’ai pu apprendre les codes silencieux et invisibles : comment se tenir à table, les week-ends à la cam- pagne...mes amis cartésiens. Ce livre de dialogue a pour but de confronter les dif- férences de point de vue entre Chine et Occident. en effet, je pense que la France a beaucoup à ap- prendre de la Chine, quiChenva Tieu, dirigeant d'Eurotrésorerie Consultants et d'On Line ProductionsDiplômé de l’université Paris-Dauphine, Chenva Tieu, 52 ans, est un serial entrepreneur. Dirigeant d'Eurotrésorerie Consultants, société de services financiers créée en 1992, il a lancé en 2000 le distributeur électronique de crédit immobilier Discountis, revendu en 2004. Aujourd’hui, il se consacre à la société de production audiovisuelle On Line Productions qu’il a rachetée en 2007. Il a notamment produit le magazine d’actualité 100% Chine "Sinosphère". Très mobilisé dans le milieu associatif, notamment en qualité de cofondateur de l'organisme de micro-finance FinanCités, il s'est engagé en politique dès 2010, au sein de l'UMP, devenant secrétaire national du parti en charge de l’Asie et membre du bureau politique.Bertin Nahum : Je ne me vis pas comme “un entre- preneur immigré”. et pour cause : bien qu’étant né à dakar, au Sénégal, de pa- rents originaires du Bénin, j’ai rejoint la France à l’âge d’un an. C’est dire si j’ai totalement baigné dans la culture française. d’une manière générale, je pense qu’il est primor- dial de ne pas renvoyer les Français issus de telle ou telle minorité à une identité somme toute vir- tuelle. Loin de me définir comme un immigré, je me qualifie plutôt comme un Français de la diversité qui assume pleinement ses origines. Si mon parcours peut illustrer tout le po- tentiel de notre pays en termes de diversité, c’est tant mieux. Car l’hétéro- généité culturelle de la so- ciété française ne doit pas juste se refléter dans notre équipe nationale de foot !possède une force mentale, car elle pratique naturel- lement le triptyque passé- présent-futur en s’ap- puyant sur sa civilisation, son poids économique et le rang qui sera le sien dans le concert des na- tions. et la France a la possibilité de pratiquer ce triptyque en capitalisant précisément sur la richessedu mal à élaborer son fu- tur....BN : encore une fois, je n’ai pas le sentiment d’être doté d’une “double culture”. en revanche, il est certain que mon histoire familiale m’a apporté une certaine ouverture d’esprit. d’abord en visitant à plusieurs re- prises le Sénégal et le Bénin. d’une manière générale,suis expatrié à New York en 2011 pour monter la fi- liale américaine de ma so- ciété, Medtech, concepteur de robots d’assistance chi- rurgicale. C’est un pays où nous réalisons aujourd’hui le plus gros de notre chiffre d’affaires. Si bien que sur nos 60 collaborateurs, une quinzaine œuvre dans la fi- liale. Ma politique rH s’ins-©DRA contrario, pensez- vous que vos origines ont pu freiner votre carrière d’entrepreneur en France ?CT : La vie d’entrepreneur n’est jamais une mince af- faire. Mais c’est plus vrai encore pour ceux issus de milieux défavorisés, car ils subissent la double peine : celle de s’engagerplus à l’entrepreneuriat en France ?CT : Je passe effective- ment beaucoup de temps en Asie, mon continent d’origine, dont la crois- sance peut être profitable à la France. J’ai d’ailleurs écrit en 2009 un ouvrage d’introduction à la men- talité chinoise, Manuel de chinoiseries à l’usage deEn fréquentant très jeune ces deux mondes – la communauté chinoise réfugiée etl'ouest parisien chic – j'ai pu apprendre les codes silencieux et invisibles]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frInterview croisée - Ces « nouveaux entrants » qui créent leur entreprise en France CLUB eNTrePreNdredans une voie complexe – la création d’entreprise –, tout en étant dépourvus des réseaux et codes im- plicites nécessaires pour réussir. Je ne suis pas contre l’idée de devoir bos- ser plus pour y arriver, mais soyons réalistes : la société française a encore un vrai souci avec l’égalité des chances. Personnelle- ment, j’ai eu l’opportunité d’évoluer dans un secteur, les services financiers, où on ne regarde pas qui vous êtes mais la plus-value que vous apportez. C’est pour-démarre dès l’école. J’ai dû moi-même y faire face en pleine révision du Bac. voyant passer mes cama- rades avec des enveloppes kraft à la main, je leur ai demandé à quoi elles ser- vaient. dès lors, j’ai dé- couvert un nouveau monde : les inscriptions aux classes prépas ! J’ai vécu comme une injustice de ne pas avoir été informé de telles filières. et pour cause : dans les familles peu au fait de la com- plexité de l’enseignement supérieur, les choixdes filières sélectives, et en présidant en 2008 la chaire Management et di- versité de mon ancienne université, dauphine. en- fin, j’ai été co-fondateur du Club du XXie siècle, qui rassemble l’élite ré- publicaine issue de la di- versité.qui leur ressemblent, la république française est loin de promouvoir un quelconque racisme struc- turel. Ma couleur de peau, mon appartenance à une minorité sont certes des données clés qui ont in- fluencé mon parcours, mais elles n’en restent pas moins anecdotiques à de nombreux égards. Je pense que les plus grandes bar- rières auxquelles on fait face dans la vie sont celles que l’on s’impose à soi- même. d’où la nécessité de ne jamais s’auto-limiter et surtout de croire en soi.Quelle image avez-vous de la création d’entreprise en France ?CT : Les opportunités en France sont nombreuses pour les entrepreneurs, quels qu’ils soient. Cette forte ouverture de notre pays à l’égard de l’entre-lancé ma première entre- prise, eurotrésorerie, j’ai rencontré des difficultés pour lever des fonds, alors que mon père – sans passé ni avenir –, avait, une ving- taine d’années plus tôt, suscité la confiance des banques, en obtenant le prêt pour racheter sa piz- zeria. Heureusement, ma société de conseil en ser- vices financiers nécessitait à l’époque peu de fonds et j’ai pu trouver une al- ternative. Mais lorsque j’ai lancé discountis en 2000, distributeur électronique de crédit immobilier, le refus des banques fut bien plus pénalisant tant mon besoin en capitaux était patent et urgent. C’est ter- rible de voir combien l’in- dustrie bancaire est au- jourd’hui absente...son innovation, et ainsi de lever les réticences qui peuvent subsister.BN : La confiance en soi et en son projet est un le- vier essentiel. Ainsi, le leitmotiv qui m’a animé dès le départ était la vo- lonté de révolutionner la chirurgie en misant sur la robotique. Grâce à ma force de conviction, j’ai remporté le concours na- tional d’aide à la création d’entreprise de technologie innovante qui m’a permis de concrétiser mon projet : lancer ma start-up, Med- tech, en 2002. et ainsi dé- velopper Brigit, un robot destiné à la chirurgie or- thopédique. J’étais convaincu de l’intérêt éco- nomique et surtout sociétal et médical de la démarche, à savoir améliorer la prise en charge des patients. Ainsi, même lorsque j’ai peiné à trouver des inves- tisseurs pour me suivre –BN : Ce serait mentir que d’affirmer cela. Bien sûr, je suis conscient que le racisme existe, en France comme ailleurs, et qu’il induit de réelles discrimi- nations sur le marché du travail ; cela étant, j’aiBN : La création d’entre- prise en France reste ultra dynamique, et ce, grâce à l’existence d’un bon sys-L'hétérogénéité culturelle de la société française ne doit pas juste se refléter dans notre équipe nationale de footpreneuriat répond à un in- térêt croissant de nos jeunes vis-à-vis de la créa- tion d’entreprise. il y a 20 ans il n’était pas tendance de lancer sa start-up, au- jourd’hui le virus entre- preneurial touche tout le monde ! C’est très enthou- siasmant, mais toutefoistème éducatif et surtout d’un éco-système en ma- tière d’innovation très per- formant, favorisant la créa- tivité. Autant d’atouts re- connus au-delà de nos frontières. Cependant, comme moult entreprises innovantes, nous avons eu du mal à être reconnus au départ en France et à être pris au sérieux. Bien sou- vent, il faut passer par l’étranger pour convaincre l’Hexagone. Sans les Nord-Américains pour re- connaître notre technolo- gie, nous aurions pu rester dans l’ombre...D’après vous, quelles ont été les clésde votre succès entrepreneurial ? CT : La persévérance ! Car être entrepreneur, c’est savoir trébucher et se re- lever. Tout au long de mon parcours, j’ai rencontré des difficultés qu’il a fallu surmonter. Surtout lors de la phase de mise en œuvre sur le marché. et pour cause : il s’agit de savoir constamment convaincre quant à la pertinence del’américain Zimmer, le lea- der mondial de la chirurgie orthopédique, a voulu ra- cheter la start-up – j’ai refusé de revendre, préfé- rant céder le portefeuille de brevets en échange de plusieurs millions d’euros. Cela nous a permis de re- bondir en ayant les ressources nécessaires pour développer rosa Brain, ro- bot dédié aux opérations du cerveau. C’est dire si ma détermination a été es- sentielle pour maintenir le cap ! de quoi susciter in fine la confiance de mes proches collaborateurs, sur laquelle j’ai pu m’appuyer à des moments clés du©JEAN-CLAUDE ROCAquoi je n’ai pas eu de dif- ficulté particulière en lien avec mes origines. Mais est-ce le cas de tous les entrepreneurs ? il n’y a tout simplement pas de re- nouvellement des élites en France. Une petite oligar- chie de 500 personnes dé- tient les manettes du CAC 40, de la politique et des médias. et cette inégalitéd’orientation – pourtant capitaux – sont souvent laissés de côté. et l’école – censée remplir ce rôle – est défaillante ! C’est pour pallier une telle situation que je me suis engagé en politique et dans diverses associations. en créant, en 2005, “Les entretiens de l’excellence” pour inciter les ados à se tourner verstoujours refusé de m’en- fermer dans une réalité “victimaire” ou d’en faire l’alpha et l’omega de ma carrière, ou plus généra- lement, de ma relation aux autres. La solution consiste à ne tomber ni dans le déni, ni dans la paranoïa ! Car s’il existe une ten- dance naturelle des êtres humains à favoriser ceuxpas aussi réjouissant qu’on pourrait l’espérer. et pour cause : si nos jeunes ont des projets de création for- midables, encore faut-il qu’ils soient soutenus dans leurs démarches ! et c’est bien là que le bât blesse, tant le financement reste un problème majeur dans notre pays ! déjà dans les années 90, lorsque j’aidéveloppement de Medtec. au démarrage, lors de l’ou- verture de nos cinq filiales à l’étranger, lors de l’introduc- tion en Bourse de la société fin 2013... C’est cette con- fiance qui amène la réus- site, et surtout aide à gérer les échecs inévitables de la vie d’entrepreneur.Bertin Nahum, fondateur de MedtechOn le surnomme le "Steve Jobs Français". Diplômé de l’Insa Lyon et d’un master en sciences de la robotique de l’université de Coventry (Angleterre), Bertin Nahum, 46 ans, est le patron de Medtech, concepteur de robots d’assistance chirurgicale. Champion de France junior de boxe française à 17 ans, il a su révolutionner la neurochirurgie avec le lancement en 2009 de Rosa Brain, dédié aux opérations du cerveau, solution vendue dans 30 pays. Fort d'un tel succès, ce grand battant a été classé quatrième entrepreneur le plus révolutionnaire au monde, en septembre 2012, par le magazine scientifique américain Discovery Series, juste derrière Steve Jobs, Mark Zuckerberg, et le réalisateur canadien James Cameron !h:Charles CohenFévrier 2016 35]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre En immersion - Modernisation de la station de ski les Arcs 1800Dans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau Business fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)«Naura duré jusque début jan-La révolution digitale irrigue même des cimes que l’on croyait inatteignables. Le domaine skiable Paradiski est ainsi presque intégrale- ment couvert par l’applica- tion « Yuge ». envie de skier au soleil, de faire un parcours adapté à votre niveau qui ne vous fera pas passer deux fois au même endroit ? Be- soin de savoir ce qui se trame pour le soir même, en bas du domaine alors que les remontées vous emmè- nent dans le sens inverse ? L’application entend satis- faire ces besoins. Pour les plus téméraires, de la data est collectée. Chaque jour, on vous dévoile les pistes descendues, les kilomètres parcourus et la vitesse max atteinte. Pour les plus geeks, des points photos et vidéos permettent de revenir sur votre journée malgré le troc de votre perche à selfie contre les bâtons de ski. « L’application souhaite vraiment améliorer l’expé- rience de glisse en indiquant les temps d’attente au niveau des remontées mécaniques », précise Anne Gallienne. Une prouesse permise en mon- tagne par l’installation de bornes wifi et d’un système de badges dans tout le do- maine. Ne me reste plus qu’à tester ladite application. Une fois téléchargée, jeGeoffroy FrameryOr blanc 2.0Les décennies passent sur les Arcs sans qu’elles ne prennent vraiment de rides. Comment l’expliquer ?afin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiersFais attention Jean-Claude, même derrière la Dent du Guignol, les capteurs te surveillent »’en déplaisent aux détracteurs de Joe dassin, l’été indienun domaine skiable dans les années 1960 tels ceux non loin d’eux à val d’isère et Courchevel. Aidée par des architectes et aménageurs, Charlotte Perriand, Guy rey-Millet et Gaston re- gairaz, ainsi que par l’ingé- nieur roger Godino, la fra- trie esquisse les contours de son ambition avec l’idée de concilier le bâti et le site naturel. Ce souci fait l’ori-ments à l’espace naturel », décrit Anne Gallienne, di- rectrice marketing et com- merciale de Paradiski. 1968 vit ainsi l’inauguration des Arcs 1600. S’ensuivirent les Arcs 1800 en 1975, puis les Arcs 2000 en 1978 et enfin les Arcs 1950 en 2003. Mais tout n’est pas qu’histoire de façades de bois. A y regarder de plus près, on observe qu’aucune résidence, nide proximité », poursuit la directrice.conducteurs d’engins débute. Comptez 300000 euros pour être propriétaire d’un de ces mastodontes de fer aidés d’un treuil pour éviter que le véhicule ne glisse en rai- son de la pente, de la neige ou d’une avalanche. en pleine saison, chaque piste est damée chaque nuit. C’est 35% du personnel de piste mobilisé pour chaque poste nocturne. Tout comme chaque matin, l’expert en neige artificielle passe au crible l’ensemble du do- maine skiable. Plus rien n’est laissé au hasard, les canons à neige venant ta- pisser la neige naturelle de neige de culture (ou artifi- cielle). Un manteau stable sera évalué à 40 cm de neige. Autre face cachée des sta- tions de sports d’hiver, l’en- tretien et l’investissement en matière de remontées mécaniques. Anne Gallienne précise : « 38,6 millions ont été investis dans les do- maines skiables des Arcs et de la Plagne, dans un but de construction et de rem- placement ». Aux Arcs 1800, un nouvel espace consacré à la glisse et aux loisirs a vu le jour l’année dernière, permettant aux heureux tou- ristes de profiter de leur plaisir de plein air jusqu’à 19h30. Ailleurs, de nou- velles télécabines aux vil- lards permettent d’accéderd’être révolu. Car la digi- talisation s’empare douce- ment du manteau poudreux.DIGITALISATION DU DOMAINE SKIABLE : METTRE LA MONTAGNE DANS VOTRE POCHE ?vier, la douceur du mois de décembre ayant certaine- ment contrarié les gestion- naires de stations de sports d’hiver. Malgré quelques brins d’herbe folle et un manteau neigeux peu épais, EcoRéseau partait à la ren- contre des bouffeurs de pou- dreuse le premier week-end de la saison d’hiver aux Arcs 1800. Une manière de prendre part à son histoire, ses coulisses et l’actuelle digitalisation du domaine skiable. Sans oublier le planté de bâton, of course !CÔTÉ PISTES, LORSQUE LE SECOND VISAGE DES SPORTS D’HIVER S’ACTIVELe loisir et l’adrénaline sont la conséquence d’une sécu- rité optimale des pistes et d’investissements lourds. Si vous, lecteurs-skieurs, avez tous un souvenir douloureuxChaque jour la technologie dévoile pistes descendues, kilomètres parcourus, vitesse maximum atteinteUN MARIAGE RÉUSSI ENTRE DAME NA- TURE ET LE LOISIR GRAND PUBLIC ?m’élance.Lesoir,l’heu. des bilans sonne. effecti- vement, l’application me propose un itinéraire en fonction de mon niveau somme toute très médio- cre... Peut-être la faute à l’application qui m’indique une vitesse maximale de 6km/h... Bug ou réalité ?Aux origines des Arcs, se trouve la famille Blanc en charge de l’alpage commu- nal d’Hauteville-Gondo. Même pas la trentaine, les deux frères, robert et del- phin, ambitionnent de créer36 Février 2016ginalité des Arcs qui ont érigé galeries commerciales, hôtels, résidences et services de proximité en les intégrant au paysage alors encore sau- vage. Autre caractéristique, « le village des Arcs ne per- met pas aux voitures de cir- culer. Les parkings étant en contrebas. Les façades en- tièrement boisées illustrent encore cette volonté de ma- rier au mieux les aménage-et quelques points photos et vidéosmême le moindre recoin d’un hôtel, ne possède de vis-à-vis avec ses voisins d’hiver. Mieux, « la rési- dence des Belles Challes si- tuée aux arcs 1800, inspirée des travaux de Le Corbusier, repose sur une structure perpendiculaire à la pente, laissant ainsi un plateau disponible pour les sports d’hiver et d’été, mais aussi les services et commercesde la prise en charge d’un tiers par les secours sur piste, il vous est déjà plus rare d’avoir vu dévaler une da- meuse, à moins que vous ne soyez resté coincé de nuit dans un télésiège après une vaine tentative de sé- duction de votre monitrice de ski. Pourtant, c’est au moment où les skieurs en- tament leur dernier schuss que le travail solitaire desau site de Mille 8, de même qu’un télésiège a été construit pour permettre un accès du Carreley vers les Arcs 2000. Certes cela ne vous parle peut-être pas. et comme bon nombre de skieurs, vous vous reposez souvent sur votre ami qui apprécie autant vous guider sur les pistes que le vin chaud entre deux noires. Ce temps-là risque bientôtre]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[Pascal LE MERRER, Directeur des JECO, professeur d’économie (ENS)CRÉATION : EKNO- CRÉDITS PHOTO : BERTRAND GAUDILLERE - *ACCRO À LYONRendez-vousles 8, 9 et 10 novembre 2016 à Lyonwww.journeeseconomie.org]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Electron libre - Mariella Berthéas, développeuse de fondations d’entrepriseDans cette rubrique EcoRéseau Business met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entrepriseAudace et carnet d’adresseSur son bureau sont disposés ses sept car- nets d’adresses, dans son placard se reposent des centaines de cartes de visite dont elle se souvient avec mélancolie de chacune. Ma- riella Berthéas, une femme autodidacte qui a su s’im- poser à Paris dans le monde de l’entreprise avec ses fon- dations Jacques douce ou 3 Suisse, et du mécénat avec l’espace Kronenbourg dédié à l’aventure humaine. Telle une fée marraine, elle a aidé toute sa vie les autres. « Ton univers va du clochard au banquier », lui disait l’écri- vain Lucien Bodard. Ma- riella Berthéas est un per- sonnage hors du commun qui a charmé des grandes personnalités comme Marcel Bleustein-Blanchet, Antoine riboud, daniel richard... et Christine Lagarde avec laquelle elle a fait le tour du monde.extravertie, souriante, attachante, chic... elle a joué des rôles et vécu des vies pour faire avancer celles des entrepreneurs, récemment ceux de plus de 45 ans.évolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelleAVENTURIÈRENée à Mâcon, après son Bac, elle a voulu partir. « Ma province était trop étri- quée. Je voulais rencontrer d’autres mondes », confie- t-elle. Amie de la fille du préfet, elle était aussi l’amie d’une fermière, balayant sa grange, gardant ses chèvres et ses vaches. « L’été, j’étais fière de défiler avec mon bé- tail dans le village. Ce fut ma première expérience de l’autorité ». inscrite à la fac de Lyon, elle s’ennuie très vite et part en Angleterre. Les pays défilent ensuite : espagne, italie, états-Unis... elle commence alors une vie nomade et assure toujours son indépendance écono- mique, « indispensable pour une femme du 20eme siècle ». Petit à petit, elle commence à se fabriquer son fameux carnet d’adresses. Son se- cret ? « L’importance du networking et le sourire. Sans oublier de longues séances de méditation initiées par38 Février 2016Matthieu Ricard ». de retour à Paris, elle envoie à Marcel Bleustein Blanchet, président de Publicis, une lettre de candidature originale : « vous êtes formidable, moi aussi ! Engagez-moi, je suis la femme qu’il vous faut ». et la voilà parachutée à la di- rection de radio vocation. « S’enchaînaient des cen- taines d’interviews des ve- dettes de tous les métiers, présentés à des jeunes de moins de 30 ans (Fondation de la Vocation) ».Mariella en devient alors dé- léguée Générale, avec un co- mité prestigieux qui épluche des centaines de dossiers de projets dans la communica- tion. Après une sélection, ils sont récompensés par un titre de lauréat et une aide finan-France auprès de la Com- mission Européenne...) et je les invite à participer à ma nouvelle aventure le Mou- vement Mariella Berthéas (MMB).» Celle qui rêvait d’être comédienne est deve- nue actrice de sa vie. AntoinePuis, elle crée la Fondation 3 Suisse qui lui permettra de découvrir d’autres jeunes talents comme Mathilde et Bertrand Tomas pour les cos- métiques Caudalie, l’éditeur Florent Massot... A la fer- meture de la fondation, elleVous êtes formidable, moi aussi ! Engagez-moi, je suis la femme qu'ilLa fée marraine des entrepreneurs qui met en musique leurs parcours...heim fait en 2005 la connaissance de Christine Lagarde. Mariella lui pro- pose de faire partie de son aventure politique avec son carnet d’adresses et sa cu- riosité insatiable, devenant de fait chargée de mission auprès du Ministre de l’eco- nomie et des Finances pen- dant six ans. Autre rencontre marquante : richard des- coings. Le directeur de Science Po la nomme maître de conférences, avec un cours intitulé « Le labo du possible : réalisez vos rêves ». en 2015, Mariella Berthéas ne veut pas prendre sa retraite et crée une asso- ciation pour aider les plus de 45 ans, qui ont besoin de réseaux afin de déve- lopper leur rêve d’entreprise. Ainsi naît le MMB. « Il se- rait important d’associer la génération X, Y, Z avec celle des seniors. J’appel- lerais ces derniers la géné- ration E comme experts. » Pour Mariella, ceux qui per- dent leur emploi après 45 ans ont beaucoup de diffi- culté à retrouver du travail dans les grandes entreprises. « Ils ont des rêves d’entre- prise et ont besoin d’aide de la génération digitale pour les réaliser. » Pour re- lever ce défi, elle aimerait collaborer avec Pôle-em- ploi, le BGe, le premier ré- seau national d’entrepre- neurs et la BPi pour labéliser son mouvement. « Le MMB pourrait donc devenir un laboratoire de réflexionsCONSEILLÈRE EN HERBEMais la jeune conquérante ne s’arrête pas à son métier de journalisme improvisé. Son chemin croise celui de la veuve de Jacques douce (directeur Général du groupe Havas) qui souhaite créer une fondation à son nom pour aider les moins de 30 ans à démarrer leurs projets.cière. « Je n’ai jamais eu d’enfants et finalement tous ces lauréats sont comme mes enfants », sourit-elle. « Au- jourd’hui, ils sont devenus de bons amis (David Nitlich entreprise CENT DEGRES, Charles Henry Dubail de l’Environnement magazine, Jacques Loyer de l’entreprise Coup de Cœur et Grand Comptoir, Gilles Babinet, le Digital Champion de lariboud lui offre la direction de la communication et du mécénat au musée des Arts décoratifs. et pendant cinq ans l’espace Kronenbourg avenue Georges v dédié à l’Aventure Humaine, où elle organise des expositions, des projections de films selon : l’indien retrouvé pour l’an- niversaire de Christophe Co- lomb, l’aventure de la pensé complexe d’edgar Morin...suit daniel richard nommé président de Sephora pour organiser dans la chaine des expositions culturelles, et des opérations de mécénat en egypte et en inde.velles formes devous fautsur les nou. l’entrepreneuriat et du tra- vail. » L’infatigable entre- preneure - au sens d’entre- prendre sa vie - ne s’arrêtera pas, en témoigne sa dernière phrase : « la route n’est captivante que si j’ignore le but vers lequel elle me conduit. »Anna AshkovaLA CONQUÊTE DE BERCYCelle qui a reçu en 2001 l’insigne du chevalier de la légion d’honneur, des mains du banquier Antoine Bern-]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Culture du rebond - Interview d’Antoine Duranson, associé chez OxigenApprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,Les dessous d’une renaissanceEt si dans lescontextes les plus hostiles se cachaient les germes de la réussite future ?En quoi consiste au juste votre mission?Nous pouvons intervenir de plu- sieurs manières quand la situation est difficile : effectuer des mis- sions d’audit financier pour éclai- rer la situation, assister opéra- tionnellement les dirigeants en renforçant ponctuellement leur direction financière et organiser un rapprochement d’entreprises ou un renforcement des fondsAntoine duranson est aux premières loges. Associé à Lyon au sein du cabinet de conseil financier Oxigen, il épaule des PMe et eTi de 25-100 millions de CA en difficulté. retour d’expérience.propres.Après ces mesures d’urgences, quelles sont celles qui vont préparer l’avenir ?Le mental des dirigeants est-il si crucial ? Les dirigeants de PMe, qui su- pervisent généralement direc- tement la direction commerciale ou la direction technique de leur entreprise, sont souvent seuls à la manœuvre pour prendre les décisions stratégiques. Leur psy- chologie est donc décisive, par- ticulièrement en période de crise. Chaque situation est unique, mais on retrouve des modèles de comportements tels que le déni ou la suractivité – la prise de décision à outrance n’étant pas toujours la bienvenue. il ar- rive par exemple que le dirigeant communique trop ou mal avec l’extérieur. dans un rebond il est essentiel de prendre du recul pour manager les équipes dif- féremment. Si l’entreprise va dans le mur, il y a forcément une raison initiale. La remise en cause s’impose, avec un plan de bataille à édicter, un temps àVous évoquez un problème de timing dans les procédures. Quel est-il ? Nous voyons régulièrement des cas de PMe en procédures col- lectives qui pourraient trouver une solution de pérennisation de leurs activités au travers d’adossement industriel, notam- ment auprès de groupes étran- gers. L’organisation de ce type d’adossement est complexe et requiert du temps et une forte mobilisation pour faire aboutir une solution. il est regrettable que les discussions ne s’ouvrent parfois qu’en fin de procédure de redressement judiciaire ou de sauvegarde (au bout de 6, 12 et même 18 mois) impliquant une recherche précipitée de so-il faut rapidement identifier et surtout activer les leviers du re- tournement qui doivent permettre de retrouver la profitabilité : re- centrage sur certaines activités profitables, redynamisation com- merciale, cession d’actifs non stratégiques ou d’activités défi- citaires, optimisation des coûts, ajustement de l’organisation, re- prise en main des processus clés (tel que le recouvrement de créances au travers du cash ma- rathon)....Quelle est globalement la santé des PME que vous ob- servez aujourd’hui ? Comme toujours on constate 63000 défaillances d’entreprises à l’année, mais ce chiffre n’estappel à vous ?nancière est parfois défaillante voire inexistante : le dAF de PMe est une perle rare difficile à trouver, car il doit maîtriser la « technique » comptable et fis- cale, avoir une sensibilité contrôle de gestion, gérer et anticiper à la perfection le cash, être à l’aise avec l’erP, être capable de traiter une crise... Au-delà de l’analyse, c’est surtout la mise en œuvre des mesures qui pèche.Doit-on souvent passer par la case restructuration lourde que tout le monde redoute ?dans les dossiers que nous voyons rebondir, les fondamen- taux de la société sont généra- lement bons, notamment le po- sitionnement sur le marché. il s’agit souvent de difficultés ponctuelles. dans ce cas les premiers réflexes du retourne- ment peuvent être bénéfiques et pallier la déstabilisation fi- nancière. Au contraire si l’en- treprise fait face à des pertes si- gnificatives, elle nécessite gé- néralement une opération de restructuration plus lourde, avec une redéfinition des axes stra- tégiques, des fermetures de site, des licenciements dont les coûts sont souvent difficiles à supporter en dehors d’une procédure col-Il existe donc une feuille de route standard à suivre pour une reprise en main ? Pas vraiment, non. Car il reste le point le plus délicat, l’humain. L’entreprise peut formuler le bon diagnostic, prendre les me- sures adéquates, avoir les bons fondamentaux, et pourtant ne pas renaître de ses cendres si leraccourcir, de nouveaux indi- cateurs de gestion à mettre en place. Bref ce sont de nouveaux réflexes à adopter. Or tout le monde n’a pas l’esprit préparé à ce genre d’aggiornamento.Pouvez-vous influencer ce domaine ?Par habitude, nous formulons vite un diagnostic, et réagissons donc rapidement. Soit le dirigeant accroche, soit il ne se fait pas à la nouvelle donne ou n’a pas l’énergie pour se transformer. Mais dans tous les cas nous n’avons pas vocation à rester. Nous intervenons de un à six mois sur les problématiques de trésorerie, la gestion, la négo- ciation – bref la partie ingrate – , et laissons le chef d’entreprise s’occuper exclusivement du bu- siness. il doit être en capacité de muter, d’évoluer dans cette zone qui peut être inconfortable, et souvent d’être accompagné.Les nombreuses faillites post-crise et la littérature croissante sur le sujet ne pré- parent-elles pas plus les gens à ces déconvenues ?Pas forcément. Les chefs d’en- treprise ne s’y préparent pas, il serait anxiogène d’anticiper de tels désagréments pour des di- rigeants qui doivent rester opti- mistes pour créer, développeret manager leurs équipes. On voit revenir certains dossiers traités au moment de la crise, quand la mise en place de pro- cédure amiables ou collectives a permis de gagner du temps... Mais les entreprises qui n’ont pas su ou pu redéfinir leur modèle économique, reprendre en main le pilotage de la performance, sont inévitablement retombées dans leurs travers. La situation financière est bien souvent la partie émergée de l’iceberg, la conséquence d’un dysfonction- nement plus profond dans le management ou le positionne- ment stratégique.Le premier point à traiter est la trésorerie à très court terme. Ce qui souvent ne résout pas le sujet – il s’agit plutôt d’une consé- quence des difficultés – mais constitue la condition sine qua non de la survie. il faut gagner du temps, repousser la pression financière des créanciers pour mettre en œuvre les « vraies » solutions de redressement.management est usé.qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenirlution de cession.Les problèmes tiennent donc bien souvent à un mauvais aperçu de la situation de l’entreprise par son diri- geant ? L’information est souvent tron-pas révélateur du climat soc. il faudrait distinguer les PMe et eTi des structures uniper- sonnelles (qui représentent l’es- sentiel du volume). Je perçois toutefois quelques signaux po- sitifs : les entreprises respectent plus leurs budgets prévisionnels. Mais elles ne sont pas plus struc- turées en termes de pilotage.Que faites-vousconcrètement lorsqu’on fait quée Plective...Le droit en pratiqueJulien Tarbyparce que la fonction fi-Levée de fonds : les dangers potentiels des clauses stratégiquesial.40 Février 2016investisseurs;- La clause dite Shotgun ;avecvoient souvent comme le Graal : la levée de fonds.Quels sont les risques habituels de cette opé- ration ?Tout l’équilibre entre l’investisseur et l’entre- preneur se retrouve dans les clauses qui vont en- cadrer le pacte des futurs actionnaires. Si en pratique, les fondateurs négocient la part du ca- pital de l’entreprise qui reviendra aux investis- seurs et en contrepartie de quelle somme d’argent, la pratique démontre qu’en réalité, le danger se trouve ailleurs.il peut se nicher dans les clauses contenues dansLes clauses les plus fréquentes à surveillerIllustration concrète : un investisseur très connu, business angel renommé, décide d’in- vestir dans votre projet après des mois de séduc- tion. il décide de vous inclure une clause d’engagement exclusif. vous avez du mal à clô- turer le mois et sous pression vous prenez un petit job au Mcdo pour compenser. Bing ! Son avocat vous adresse une mise en demeure consi- dérant que vous avez rompu le pacte entre vous et récupère ses parts, voire pire vous limoge.Conclusion : Si toutes ces clauses semblent assez neutres au départ, attention à bien analyser chacune d’entre elles pour comprendre votre en- gagement vis-à-vis de votre investisseur !ourcettepremièrechronique,nouschoi- sirons une approche pratique pour analy- ser une opération que les entrepreneurslepacted’actionnairesconcluàl’occasionde l’entrée des investisseurs au capital.- Laclausede«vesting»; - Laclaused’engagement.eu égard à ce qui précède, nous proposons de lever le voile sur les clauses les plus fréquem- ment utilisées dans les pactes conclus à l’occa- sion des levées de fonds.Ces clauses sont :- La clause d’agrément ;- La clause de préemption ;- La clause de sortie-conjointe ;- La clause de sortie forcée ;- Les clauses d’option d’achat et de vente des]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[21 bd Haussmann - Opéra - Bourse, Paris 9eLes plus belles adresses à Parisà partir de 119 € par moisSi votre nouvelle adresse devenait :101 av. des Champs-ElyséesGeorge V, Paris 8eT | + 01 56 52 91 23ou21 bd HaussmannOpéra - Bourse, Paris 9e T | + 01 56 03 67 76101 av. des Champs-Elysées - George V, Paris 8eServcorp, la solution sur-mesure partenaire de votre succès• Adresse prestigieuse pour votre domiciliation d’entreprise• Permanence téléphonique multilingue et personnalisée• Location de sallesde réunion et de bureaux privatisésSERVCORP.FRLONDRES • BRUXELLES • NEW-YORK • DUBAÏ • TOKYO + 150 ADRESSES DANS LE MONDE]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Créer aujourd’hui - Politique de propriété intellectuelle du créateur La création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel.Touche pas à mon brevet !D'où cette rubrique qui explore de manière très pratique l'une des phases de l'entrepreneuriat.SLe dépôt de brevet est comme les antibiotiques, il n'est pas automatique : sécurisant, intimidant, mais qui mérite réflexion en termes de confidentialité et de moyens, comme il l’est précisé au salon des entrepreneurs de Paris les 3 et 4 février.’il n’existe qu’un bien d’autres atouts. car sans cela, ils s’empa- seul type de brevet « Certes, nos brevets cré- reraient de notre techno- en France, celui-ci dibilisent notre approche logie. » Pour les jeunesenglobe de multiples fi- et notre caractère unique pousses innovantes, lesnalités : de monopole,dans le but de profiter pen-dant 20 ans d’un retoursur investissement, deleurre, visant à détournerl’attention du marché, dedissuasion, dont le rôleest d’instaurer une sortede paix armée entreconcurrents, de standing,afin d’asseoir la crédibilitéde l’entreprise, de troll,pour faire chanter un in-dustriel, ou encore de le-vée de fonds, afin d’attirerles investisseurs. Seulesquelques-unes de ces pro-blématiques intéressent lescréateurs d’entreprise. No-tamment celle du finan-cement. « On retrouve trèssouvent dans les start-updes brevets de levée defonds, en particulier dansle secteur des logiciels oùils constituent des actifspermettant de valoriserl’entreprise et de convain-cre les investisseurs », ob-serve Christian Le Stanc,avocat spécialisé en pro- tracteurs des brevets pour- seillaise spécialisée danset innovant auprès des in- vestisseurs, convient em- manuel Petiot, dg. de la greentech montpelliéraine deinove. Mais ils repré- sentent surtout un moyen indispensable pour négo- cier de manière sécurisée avec de grands industriels,brevets revêtent un carac- tère stratégique. Leur fonc- tion première – protéger une invention contre la copie et la contrefaçon – se révèle en effet indis- pensable pendant la phase de démarrage de l’activité, alors que l’entreprise estUn brevet protecteur, et ça se voit...Typologie de brevetsPas l'apanage des grands groupesLe top 10 des principaux déposants de brevets français en 2014 de l'Inpi fait la part belle aux grands groupes cotés. Dans l'ordre, apparaissent ainsi PSA Peugeot Ci- troën (1063 brevets), Safran (717), CEA (643) Renault (529), Valeo (473), L'Oréal (415), CNRS (409), Airbus (369), Robert Bosch (327), Thalès (302). Néanmoins, contrairement à ce que laisse croire ce classement, le dépôt de brevet n'est pas réservé aux grandes entre- prises. Si ces dernières rassemblent 60% des brevets, les PME et ETI regroupent de leur côté près d'un dépôt de brevet sur trois, tandis que la recherche publique n'en concerne que 10%. Le premier secteur concerné est celui des machines, de la mécanique et des trans- ports (5621 demandes de brevets), devant l'électro- nique et l'électricité (3233), la chimie (2476) et l'instrumentation (1826).Montpellier. Les brevets concrétisent ainsi souvent une intense (et coûteuse) phase de recherche et de développement. « Les dé-pole insupportable et le frein à l’innovation qu’ils constitueraient, renchérit vincent Fert, président & CeO de la biotech mar-Haliodx. Mais je crois au contraire qu’en protégeant notre invention, les brevets valorisent la créativité et favorisent l’investisse- ment. » Mais ces actifs immatériels présententpriété intellectuelle à fendent souvent le moCJ’aime ma boîteno- le diagnostic du cancer,ela fait maintenant 40 ans qu’une40 ans déjà !parorganisation patronale pasboîte. 40 ans à véhiculer les mêmes va- leurs, les mêmes objectifs, et hélas, la même demande de liberté d’entreprendre. Les Français ont suivi, et ils ont compris que l’entreprise était aujourd’hui le socle sur lequel ils pouvaient construire leur vie, directement ou indirectement.la ministre du Travail déclarer devant les propositions du patronat « qu’on est là pour faciliter les recrutements et non les licenciements ». C’est ne pas comprendre les enjeux de la flexibilité, et c’est grave. Comme si les chefs d’entreprise ne vou- laient recruter que pour virer, réformer que pour de mauvaises raisons... Or ils aiment leurs salariés au moins autant que les syndicalistes ! « Il n’est de richesse que d’hommes », voilà la devise d’eTHiC.Sophiede Menthon42 Février 2016comme les autres a fait son appa- rition sur la scène économique, média- tique et politique française. Le Mouvement des Entreprises à Taille Hu- maine, Indépendantes et de Croissance dans lequel se retrouvent des entreprises de toutes tailles est le témoignage de la diversité du paysage économique de notre pays. eTHiC est un mouvement « poil à gratter », sans langue de bois, qui réagit au jour le jour à toutes les entraves qui mettent des bâtons dans les roues à ses adhérents.eTHiC promeut un libéralisme à visage humain, ouvert sur le monde, ce qui en fait un « produit » français rare ! C’est eTHiC qui le premier a porté la Fête des entreprises avec son slogan J’aime maLe combat d’eTHiC aujourd’hui est plu- tôt de convaincre la classe politique et d’entraîner les médias à parler différem- ment de nos PMe et même de nos grands groupes. Stop à la lutte des classes véhi- culée par des syndicats qui finissent par polluer notre économie, donc la crois- sance, sous prétexte de faire le bien des salariés malgré eux.Présidente d'eTHiC Présidente de SdMeeTHiC se battra jusqu’au bout pour que les réformes soient comprises et c’est un devoir que d’influer en ce sens. Le che- min est long lorsque l’on voit aujourd’huiŒ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Créer aujourd’hui - Politique de propriété intellectuelle du créateurencore vulnérable aux at- taques extérieures. Le dé- pôt d’un brevet représente même parfois le véritableapplications industrielles dans la production de bioéthanol et d’autres composés chimiques al-même la création de l’en- treprise, explique emma- nuel Petiot, son dg. Nous avons ensuite développé,férentes technologies. »également aux innovations facilement reproductibles. « Nous préférons garder en secret industriel cer- taines de nos méthodes de fermentation, qui ad- ditionnent plusieurs tech- niques existantes, ce qui les rend faciles à réaliser, reprend emmanuel Petiot. Mais pour le reste, nous préférons nous protéger pour attaquer ceux qui copient. » Malgré cer- taines failles, le brevet reste en effet un outil de dissuasion efficace. Si emmanuel Petiot n’a ja- mais eu à s’en servir, vin-par un arrangement fi- nancier : la société a ac- cepté de payer des rede- vances sur notre produit. Nous avons donc gagné un client. Mais cela nous a surtout permis de ne pas perdre une grosse par- tie de notre business aux USA, qui représentait alors environ 5 M$. »LA PROTECTION À TOUT PRIXCe type de victoire, sou- vent remportée à l’issue d’une procédure longue et onéreuse, n’est pas àUne conférence du salon des entrepreneurs de Paris est d’ailleurs dédiée à ce sujet : Atteinte à la pro- priété intellectuelle : se constituer des preuves (sa- londesentrepreneurs.com).LE DILEMME DE L’INVENTEURLe dépôt d’un brevet ne constitue pourtant pas un rempart complet contre la fraude. il permet simple- ment, une fois la contre- façon constatée, de reven- diquer la paternité d’une invention et d’attaquer enLe dépôt d'un brevet représente même parfois le véritable acte fondateur d'une sociétéjustice le contrevenant. en outre, le contenu d’un brevet devient public 18 mois après son dépôt. Face au risque de dévoiler certaines de ses recettes à la concurrence, le secret reste donc dans certains cas le meilleur moyen de garder son invention pour soi. Une pratique répandue dans les nouvelles tech- nologies, où les inventions se chassent quotidienne- ment. « Dans les secteurs à forte obsolescence, il est souvent préférable de conserver son avantage technologique dans son coin pour exploiter son avance commerciale, en particulier dans la télé- phonie, où les cycles de produits ne sont que de deux ou trois ans », pointe Christian Le Stanc. Mais cette méthode s’appliquecent Fert, alors président de la société ipsogen, en a fait l’expérience. « Il y a trois ans aux USA, nous avons intenté un procès à une société américaine qui avait copié l’un de nos biomarqueurs, ra- conte-t-il. Finalement, la procédure s’est concluela portée de toutes les entreprises. d’autant que déposer un brevet n’est déjà pas indolore. Au coût de dépôt auprès de l’inpi (entre 5000 et 30000€ en moyenne) s’ajoutent des annuités de renouvelle- ment et autres frais de conseils. « Chacun deUn brevet qui est aussi synonyme de fierté...Dispositifs d'accompagnementLes déposants de brevets bien entourés- L’Inpi met librement à disposition ses bases de données afin de connaître les brevets et marques déjà déposés.- Les Agences régionales d’information stratégique et tech- nologique (Arist) peuvent notamment accompagner les dé- posants dans la recherche d’antériorité, la veille, et l’accompagnement pour le transfert de technologies. Un rôle que jouent également les CCI locales.- Selon les régions, des aides régionales et départemen- tales permettent de financer les frais de propriété indus- trielle.acte fondateur d’une so- ciété. C’est le cas de dei- nove qui a découvert la faculté d’auto-réparation de la bactérie deinocoque, ouvrant la voie à diversesternatifs. « L’ensemble de nos développements in- dustriels découlent de no- tre brevet initial couvrant le génome de la bactérie Deinocoque, déposé avantau fur et à mesure de nos recherches, 19 familles de brevets et 170 demandes, aux USA, en Chine, en Europe, et en Asie du Sud- est, pour protéger nos dif-44 Février 2016]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frCréer aujourd’hui - Politique de propriété intellectuelle du créateur CLUB eNTrePreNdrenos brevets coûte entre nocoque dans tous les 100000 et 150000 €, pour pays qui ont une biomasse sa rédaction, son dépôt importante comme les et sa traduction, précise USA avec le maïs, laprocès... « Un créateur d’entreprise n’est pas obligé de déposer des bre- vets dans le monde entier,ou la difficulté de déposer un brevet dans tel pays. « Si le chef d’entreprise croit en son invention, il faut la protéger en s’ap- puyant sur un spécialiste qui va l’aider à traduire son invention sous une forme brevetable : exa- men, rédaction, dessin, tout ce que le chef d’en- treprise ne sait pas faire ! », insiste Christian Le Stanc. Une impérieuse nécessité confirmée par le menuiser professionnel Arcita (27 salariés, 3 M€ de CA, Castelnau-le-Lez), qui vient de déposer un double brevet concernant un paravent mobile de protection contre les rayons X pour le milieu hospitalier, afin de redy- namiser une activité en perte de vitesse. « La ré- daction du dépôt de brevet est passée d’une dizaine de lignes au départ à une vingtaine de pages dans sa version définitive, qui comprend notamment la description exacte de l’in- novation, ses revendica- tions c’est-à-dire son ori- ginalité, sa cible, ou en- core son champs d’appli- cation, explique Odile va- lade, associée-dirigeante de l’entreprise familiale. Il s’agit d’un processus de près de 18 mois, coû- teux en termes de temps...mais attention de ne pas trop attirer l'attention....emmanuel Petiot. Au to- tal, ce poste représente plus de 0,5 M€ chaque année pour Deinove. » Le coût des brevets grimpe notamment de ma- nière très rapide en fonc- tion du périmètre d’ap- plication choisi. Tous n’ont heureusement pas besoin de concerner l’en-Chine avec le riz, ou en- core l’Asie du Sud-est avec l’huile de palme, dé- crit emmanuel Petiot. En revanche, nos brevets fon- dateurs relatifs à nos mé- thodes et procédés ne sont déposés qu’en Europe et aux USA. » de fait, une start-up française n’aura pas forcément l’utilité deconseille Christian Le Stanc. Il lui suffit de le déposer en France dans un premier temps, ce qui lui donne un an pour se retourner et décider de son extension. Ce délai suffit en général pour constater l’intérêt de l’in- vention et débuter son ex- ploitation. » Au niveau« Dans les secteurs à forte obsolescence comme la téléphonie, il est souvent préférable de conserver son avantage technologique dans son coin »et d’investissement. Juste avant le dépôt de brevet, il a notamment fallu ef- fectuer une recherche d’antériorité, afin de s’as- surer que l’innovation ne faisait pas déjà l’objetsemble du globe. « Nousessayons de limiter lacouverture géographiquede nos brevets lorsquec’est possible. Concernantla fabrication de biocar-burant à partir de bio-masse de deuxième géné- de déposer un brevet enration, nous devons cou- vrir l’utilisation du Dei-Chine, il est presque im- pensable d’y gagner unLE SILENCE EST D’ORdans tous les cas, il ap- paraît indispensable de se faire accompagner par un avocat spécialisé ou un cabinet de conseil en bre- vets, qui, grâce à un ré- seau de correspondants internationaux, peuvent notamment conseiller leur client sur l’opportunitéd’un br.riode pendant laquelle l’une des autres missions du conseil en propriété intellectuelle consiste à enjoindre son client à un silence religieux, afin de ne pas éveiller de soup- çons chez la concur- rence...Classement mondialLa France bien placée mais en reculAvec 12873 brevets français déposés en 2014, la France se classe au 6e rang mondial derrière les USA, le Japon, l'Alle- magne, la Chine et la Corée du Sud, selon l'Office européen des brevets. Encore 4e de ce palmarès en 2005, la France s'est depuis fait dépasser par les deux pays asiatiques.Pierre Havezdéposer un brevet aux USA, où les moyens fi- nanciers nécessaires pour intenter un procès et faire sanctionner un contrefac- teur sont exorbitants. de même, s’il est compliquéeuropéen, cette procédure pourrait néanmoins être simplifiée à l’avenir, l’Ue étudiant actuellement la création d’un brevet à ef- fet unitaire, valable sur l’ensemble de ses etats membres, à l’horizon 2017 ou 2018.evet. » Une pé-Février 2016 45]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Créer aujourd’hui - L’école d’informatique Epitech et son forum des EIPL ’école epitech, par sa pédagogie de projets, se dé- marque des autres écoles dans sa volonté de rompre avec une certaine manière« Tech-preneurs »des apprentis makers aux entrepreneurs, un virage subtil à négociermation, à l’occasion de ce fameux forum. Si cette 10e mouture ressemblait dans les grandes lignes aux ver- sions précédentes (concours de start-up et portes ou-l’extérieur au travers d’un débat. La conférence est un moyen de faire prendre conscience à nos étudiants que l’innovation est vec- teur de progrès. Et dansaux joies des epitech in- novative Projects. Parmi les grandes tendances ob- servables, les arts de vivre – œnologie et musique en- tre autres –, le jeu vidéo,chez soi et de se constituer virtuellement un dressing. Suite à l’avis de profes- sionnels, nous avons bas- culé pour intégrer notre solution à des points de vente physiques. Au- jourd’hui, notre prototype commence sa phase de tests », explique l’équipe de Tryon, lauréate du concours. Pour les heureux sélectionnés parmi la cen- taine de projets, l’appren- tissage continue le jour du forum. Les porteurs devant effectivement présenter un pitch de cinq minutes ré- sumant l’utilité de leur in- novation et leur business model. Si les trois équipes lauréates remportèrent un accompagnement variant desixmoisàunanàla Creative valley, ainsi qu’un accès aux forma- tions en ligne proposées par TheFamily, les grands gagnants bénéficient éga- lement du droit de faire partie des premiers incubés de « iONiS 361 ». et pour le premier prix de cette édition, Orbit a gagné son ticket pour ce nouvel in- cubateur en proposant une solution de sécurité des sites industriels par drones intelligents et open source.besoin en support tech- nique », rappellent les étu- diants qui ont accouché de Tryon. Autre possibilité d’accompagnement iné- dite, l’incubation au sein du groupe TF1. Nicolas Braud, responsable de l’in- novation du groupe mé- dias, confirme : « Nous nous sommes inspirés de ce que faisaient le MIT et Stanford en matière d’en- trepreneuriat étudiant. Nous avons donc lancé un partenariat avec Epitech à destination de ses Bac +5 qui leur permet de pos- tuler au sein de notre cel- lule innovation pour dé- velopper leur start-up du- rant leur stage de fin d’études. » Après sélection, quatre équipes bénéficient depuis le début de cette année d’un accompagne- ment en bonne et due forme : coaching en tout genre en matière de design, de pitch, de marketing, benchmark et étude de marché... « L’idée étant de sourcer l’innovation et d’en faire un élément de levier pour gagner de nou- velles parts de marché et se diversifier vers des niches », complète Nicolas Braud. Le dispositif devrait d’ailleurs s’élargir à d’au- tres écoles et acteurs de l’enseignement supérieur. Fort de ses partenariats, le Forum des eiP conclut donc deux ans de travail entre la troisième et la cin- quième année, marqués par deux dispositifs iné- dits : « Moonshot », pre- mière piscine pour ouvrir les esprits étudiants de 3e année à l’innovation et aux nouvelles technologies. « Une manière de laisserMoonshot, première piscine des EIP pour chercher l'innovation“poussiéreuse” d’ensei- gner. en faisant de ses pro- fils informatiques des en- trepreneurs, elle entend également marquer une rupture en luttant contre l’étanchéité des profils et la segmentation des sec- teurs d’activité. Surtout, le Forum des eiP – pour epitech innovative Pro- jects – par lequel sont pas- sés les fameux Goopil, Melty et consorts, permet à ses ouailles créatives de bénéficier d’un écosystème qui autorise un soutien après le diplôme sur chaque aspect de la créa- tion d’entreprise.vertes sur les 101 projets), force fut de reconnaître quelques nouveautés ve- nues agrémenter ce ren- dez-vous de l’entrepreneu- riat étudiant. Une confé- rence en guise d’ouverture d’abord, avec Stéphane distinguin, fondateur et CeO de Faber Novel, membre du Conseil natio- nal du numérique et pré- sident du pôle de compé- titivité Cap digital Paris région, et Marc Giget, fondateur du Club de Paris des directeurs de l’inno- vation, fondateur et prési- dent de l’institut européen des stratégies créatives et d’innovation sur le thème de « L’innovation, pour le meilleur ou pour le pire ? ». emmanuel Carli, directeur général d’epi- tech, précise: « Nous vou- lions développer une ou- verture plus grande surce sens, l’entrepreneuriat doit non seulement être encouragé mais également réfléchi. Autrement dit, créer ne peut se concevoir sans développer un sens critique. » Autre change-l’exploitation civile des drones et la sécurité furent au cœur des projets étu- diants. en quelques années, le concours a aussi gagné en maturité au regard des projets davantage soutenusUN ÉCOSYSTÈMEEN LIEN AVEC LES PLUS GRANDS L’environnement entrepre- neurial ne s’arrête bien évidemment pas aux mursCertains projets démontraient une capacité de pivot, généralement observable chez les entrepreneurs chevronnés, par itérationset tâtonnementsaux projets lesPAS N’IMPORTE QUELLE INNOVATIONLes 27 et 28 novembre dernier furent pour nombre d’étudiants d’epitech le point d’orgue de leur for-ment, le mode de sélection des projets a également permis une plus grande vi- sibilité de l’événement. Autrefois choisis par la direction, les projets ont été cette année triés sur le volet par les étudiants grâce à une série de tour- nées dans chacun des cam- pus epitech pour sensibi- liser les petits nouveauxpar un business plan solide et des prototypes plus rô- dés. Mieux encore, certains d’entre eux démontraient une capacité de pivot, gé- néralement observable chez les entrepreneurs che- vronnés : « Nous avons procédé par itérations et tâtonnements. L’idée de départ fut de pouvoir es- sayer des vêtements dedu groupe iONiS. « L’école nous a permis d’exposer au salon de réa- lité augmentée de Laval et de rencontrer, entre au- tres, le directeur de l’in- novation chez vente-privee. Mais, l’école nous a fait comprendre aussi que nous trouverions chaque fois porte ouverte en cas de question ou d’un éventuellibre cours.plus fous », décrit emma- nuel Carli. et « Forward », seconde immersion cette fois-ci dédiée à la création d’entreprise. deux sé- quences pédagogiques pour maintenir l’innovation et les cerveaux en ébullition.46 Février 2016Geoffroy Framery]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[CRÉATEURS D’ENTREPRISELANCEZ-VOUS,NOUS FINANÇONSVOS BESOINS DE TRÉSORERIEwww.eurofactor.comCrédit Agricole Leasing & Factoring - S.A. au capital de 195 257 220 € - 692 029 457 RCS Nanterre - Communication CAL&F 01/2016 - Crédit photo : Thinkstock - Design graphique : www.dewcom.fr]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Business guides - Entreprendre en 2016Dans chaque numéro, EcoRéseau Business s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeantLancez-vous !Tour d’horizon pour ceux qui ont décidé que 2016 sera leur année... et pour ceux qui en doutaient encore.(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseilsPar Olivier RemyMots-clés1 Technopoles et Incubateurs2 Rejoindre une communauté3 Site web4 Portage salarialFiction : Trop sûr de soiHistoire d’un entrepreneur qui aurait été inspiré de mieux préparer sa création...Les chiffres ne sont pas encore clos, début d’année 2016 oblige. Mais 2015 aura marqué un triste record en termes de défaillances d’entreprises. Pourtant, dans le même temps, la conjoncture économique semble aussi pousser de manière continue les Français à créer leur emploi. Cadres en reconversion, jeunes actifs en quête d’indépendance, plus jeunes encore comme l’a démontré l’émergence du statut d’étudiant-entrepreneur, les chiffres ne sont pas ceux, records, de 2011, mais les mentalités changent. Ceux qui ont réussi, dans l’univers de l’économie numérique mais pas seulement, ont5 Assurances et prévoyance6 Locaux et solutions bureautiques 7 Affacturage8 Banquespermis de découvrir de nouveaux visages, et fait émerger de. discours. Un entrepreneuriat positif à défaut de réelle embellie économique, avec des banques qui jouent peu le jeu de l’investissement, oui ; avec des for- malités administratives lourdes qui ont même créé une levée de boucliers sans précédent en 2015 contre le rSi, oui. 2016 verra pourtant certains d’entre vous créer leur boîte. revue de détail à travers une fiction de tout ce qu’il ne faut pas faire, avec les conseils des professionnels et de ceux qui, comme vous, se sont lancés. Le monde de l’entreprise est à vous !nouveaux2016... L’année de « La Fraise ! ». Amoureux de la Fragaria, Jérôme, en charrette dans son entreprise de télécommunications, prend une décision : il change de vie, repart dans le Périgord près de sa famille et se lance dans le mapping consulting avec un nom pour le moins décalé mais que l’on retiendra. Son business ? Mettre à la disposition de grands comptes mais aussi de PMe et de PMi du renseignement économique sous la forme de cartographies, comme il l’a fait durant cinq ans chez son précédent employeur. de quoi aider ses clients dans leur développement en leur fournissant des informations clés, une meilleure connaissance de leur marché, des territoires où ils s’implantent et des pratiques de la concurrence. « Passer de salarié à patron ne doit pas être si difficile ; l’es- sentiel est de se lancer, nul besoin de passer par un incubateur car le projet est déjà bien ficelé » 1 , assure Jérôme à Thomas, son ami forgeron d’art, à l’issue de leur session d’escalade hebdomadaire. Les clients potentiels, il les connaît, et tant pis s’il tâtonne un peu. de toute façon, « là où je vais je n’attends pas un dynamisme des affaires, je ne devrai compter que sur moi-même » 2 . Première étape : la création d’un site internet pour montrerce qu’il sait faire. S’il tend distraitement l’oreille à ce que lui raconte Thomas, qui a préféré créer une page Facebook où il poste depuis son smart- phone les photos de ses chantiers, Jérôme n’est pas forcément d’accord : « C’est un peu cheap, non ? Et puis faire un site, ce n’est pas si compli- qué » 3 . Alors qu’il est dans ses pensées pour savoir quel statut choisir, lui qui se voit bien monter une SArL, comme son père l’a fait dans le bâtiment, histoire d’être crédible auprès de ses clients 4 , le téléphone sonne. Sa mère, au bout du fil, a du mal à cacher son inquiétude. « C’est un très beau projet et tu en rêves depuis longtemps, mais, avec ton père, nous sommes inquiets. Tu as bientoutprévu?Etsiçanemarchepas?» Jérôme n’a pas de doute : cela doit fonctionner, en étant prudent sur ses investissements, notamment sur son matériel. indépendant, il n’a pas besoin de grand-chose et les assurances sont bien trop chères 5 . Au pire, il rebondira, il n’a que 35 ans. en revanche, impossible de penser travailler à la maison, il faudra trouver un local, un petit local. il a provisionné 300 euros, ce qui devrait convenir sur Bergerac 6 . Le financement ? il a réuni toutes ses économies et ses indemnités, près de 15000Attention de ne pas entreprendre en 2016 comme Icare...euros, de quoi se mettre suffisamment à l’abri pour quelque temps sans avoir à se soucier des délais de paiement à 90 jours 7 8 de cette grosse franchise de la restauration implantée dans le Nord, avec qui il compte bien travailler. Beaucoup de confiance en soi, mais à vouloir agir en solitaire, Jérôme a entamé son année avec quelques incer-titudes qu’il aurait sans doute pu s’éviter....48 Février 2016Cahier pratique n°1 - Entreprendre en 2016ŒŒ]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Business guides - Entreprendre en 2016TECHNOPOLES ET INCUBATEURS : LA FORCE DU TISSU LOCAL1 Supports de la politique de développement d’un territoire à partir de l’innovation pour les premières, point d’ancrage initial et d’accueil pour les seconds, technopoles et incubateurs (auxquels il faut ajouter les pépinières qui ont vocation à héberger de jeunes entreprises et à leur fournir des services) maillent aujourd’hui le territoire. 43 technopoles et 32 incubateurs sont ainsi membres du réseau national de référence, retis. L’association fédère l’ensemble des dispositifs (elle regroupe également 28 Centres européens d’entreprises et d’innovation et cinq pôles de compétitivité) « dont la vocation se situe généralement en amont (aide au montage et à la création de la future entreprise), par rapport aux incubateurs privés dont la logique est davantage financière, ou encore aux incubateurs “corporate” développés par les grands groupes industriels », précise-ton chez Bpifrance. La démarche ? Géographique d’abord, avec un accès cartographié sur www.retis-innovation.fr. Puis, une fois la structure sélectionnée, il vous est conseillé d’envoyer un mini-business plan par mail pour une prise de rendez-vous en faisant notamment apparaître clairement le concept ou le produit, les raisons pour lesquelles il est innovant, quelques éléments sur le marché et les cibles, et enfin l’équipe que vous envisagez de constituer. Les technopoles des villes moyennes de province ne sont pas les moins actives. À Troyes, celle-ci ressemble aujourd’hui à un bastion d’entrepreneurs. Sur les ruines de l’industrie textile, une politique d’investissement sur le long terme – comprenez un temps généralement différent des mandatures électorales, même si, dans ce cas, l’implication du sénateur Philippe Adnot semble avoir été déterminante – permet aux porteurs de projets de Champagne- Ardenne mais aussi de l’Île-de-France toute proche de trouver des réponses et un accompagnement.« Des outils sont dédiés à la pré-incubation, d’autres à l’accompagnement sur les parties commerciales et bancaires avec la pépinière, d’autres encore à la phase de croissance avec une installation dans le parc technologique et scientifique de 40 hectares, explique Jean- Michel Halm, directeur de cette technopole qui emploie sept personnes. Nous ne faisons pas seulement de la mise en relation et de l’hébergement : nous connectons les acteurs entre eux, nous avons la capacité à amener les professionnels d’un secteur à venir rencontrer les porteurs de projet, ainsi qu’à rassembler les expertises au sein d’un écosystème. Cela passe aussi par une certaine proximité avec les financeurs. » Soixante entreprises bénéficient aujourd’hui de la dynamique locale, orchestrée aussi par de nouvelles écoles d’ingénieurs, un incubateur étudiant, un club de business angels, des séminaires biannuels « Plug & Start ». Lancés il y a quinze ans, ils permettent de challenger 15 projets pendant trois jours et font sa renommée. Avec un marquage fort ? « Au début, nous avons chassé une thématique, nous qui sommes ancrés dans l’industrie textile. Nous y avons mis beaucoup d’énergie avant de comprendre que ce n’était pas un impératif, concède Jean-Michel Halm. En fait, il n’y a pas de projet exclu d’un dispositif comme le nôtre. » deux entreprises, Levels3d (Logiciel de scan 3d en temps réel) et romy-Paris (cosmétique connectée et sur mesure) étaient au dernier CeS de Las vegas pour en té- moigner.2 C’est presque un slogan pour Bpifrance : 90% des décisions sont prises en région au plus près des entrepreneurs. et, dans les territoires pour le coup, c’est presque à celui qui en fera le plus. Accompagnement, recherche de terrains, de locaux, levées de fonds... Christelle Bizet, directrice de la pépinière d’entreprises innovagrasse dans les Alpes-Maritimes, pointe les spécificités de son territoire en même temps que l’effet d’accélération de croissance valable partout ailleurs. « Nous avons une couleur particulière dans la mesure où nous ne sommes pas une pépinière généraliste, mais à vocation scientifique en relation avec l’Université de Nice et sa filière chimie, le CNRS, etc. Cela implique donc une typologie d’entreprises spécifique, d’autant que la R&D demande du temps, des investissements importants, et que le risque est élevé : cette année, nous avons accompagné trois levées de fonds entre 1 et 2M€. Pour autant, on peut considérer qu’entrer dans un système permet de devenir, de fait, moins isolé, avec toute une chaîne qui ac- compagne, conseille et soutient. Un avantage quasi universel quel que soit le secteur. » Les enjeux pour le territoire ? « Ils sont très importants, concède Christelle Bizet. Pour nous, il s’agit d’aider à la création et au maintien des activités dans un bassin d’emploi historiquement tourné vers les technologies industrielles des arômes et parfums, la cosmétologie, la dermatologie, la santé. » didier Guiraud, PdG de Gridbeecom, entreprise experte en solutions de communication intelligentes et haut débit, a passé une année dans la pépinière innovagrasse avant de prendre des locaux plus grands avec ses 15 salariés en ce début d’année. « Pour nous, il s’agissait surtout de trouver des mètres carrés, financés par la pépinière d’ailleurs, dans un environnement sympathique. Ce que l’on y a gagné, finalement, c’est de l’émulation, du temps aussi au contact d’entreprises qui étaient plus avancées que nous sur la levée de fonds, sur la propriété intellectuelle avec des avocats spécialisés dans le domaine... Cette période nous a aussi permis de trouver un sous- traitant dans notre domaine, d’échanger sur des problématiques spécifiques en n’ayant qu’à descendre d’un étage. Enfin, si la place est rapidement venue à manquer, nous savons aussi que nos salariés ont pu être recrutés rapidement, sans erreur de casting, grâce à cet environnement très qualitatif. »Dans ces structures qui aimantent les forces vives, une certaine émulation parmi les entrepreneurs...SOLUTIONS D’IMPLANTATION EN RÉGION : REJOINDRE UNE COMMUNAUTÉ50 Février 2016Cahier pratique n°1 - Entreprendre en 2016Œ]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNT3rePreNdre Business guides - EntreprenSITE INTERNET : DÉFINISSEZ D’ABORD VOTRE COMMUNICATIONWix, 123siteweb, Jimdo... ou encore 1and1 qui s’est payé une promotion Tv de plusieurs semaines fin 2015... Créer son site internet semble ne jamais avoir été aussi facile. Une première condition tout de même : protégez votre marque et votre nom de domaine (à partir d’une vingtaine d’euros par an pour un .com ou un .fr) avec des professionnels comme Amen, verisign ou Gandi, pionnier dans le nom de do- maine. ensuite : évaluez vos besoins en fonction de votre activité et pensez que si posséder un site web paraît indispensable, il faudra aussi la plupart du temps qu’il soit simple (à la lecture et en backoffice) et que vous soyez capable de le mettre à jour régulièrement. rien de pire en effet qu’un site qui présente des actus qui ont deux ans, un numéro de téléphone ou une adresse erronés. Une véritable difficulté pour les entreprises (notamment les TPe et PMe/PMi), car cet outil peut vite s’avérer chronophage et un contre-outil de communication si la réflexion et la responsabilisation en amont n’ont pas été assez précises. vincent Pelay, indépendant au sein de 100%Web créé il y a cinq ans, pose la question sans ambages : « Avez-vous vraiment besoin d’un site internet ? C’est souvent ce que je demande aux clients qui me sollicitent et qui n’ont pas besoin d’un site e-commerce, où la démarche est différente. Il faut en effet savoir pourquoi on le fait : un simple relais de la carte de visite ou un besoin plus important de pros- pection et de communication qui passe par un outil plus élaboré. Un site, c’est un budget ou beaucoup de temps, souvent les deux. En sachant que c’est un investissement pour quatre ou cinq ans maximum, car les choses bougent très vite sur le Web. Il vaut souvent mieux une page Fa- cebook bien administrée qu’un mauvais site. Et quand on est une TPE, il n’est pas inutile de prioriser : vous pouvez démarrer avec votre nom de domaine et une page avec une adresse, un plan et un téléphone. » Sûr ? « Je n’ai pas peur d’en parler parce que je ne me vois pas donner le mauvais conseil dès le début d’une relation, explique ce technicien qui a 15 ans de Web derrière lui. Parce que les réseaux sociaux sont un excellent vecteur de com’. Mais attention, là aussi, il faut avoir quelque chose à dire ! » reste la solution mixte : choisir un tem- plate (un modèle) chez l’un des acteurs « clés en main » du secteur, et vous faire accompagner d’un professionnel qui vous facturera ses conseils à la journée ou à la demi-journée (comptez 250-300€ la demi-journée).dre en 20164PORTAGE SALARIAL, LA CROISSANCE CONTINUE52 Février 2016dans tous les cas, pensez en amont à la page d’accueil, qui est la plus importante. Attention à la surenchère des fonctionnalités, ainsi qu’au choix du CMS (système de gestion de contenu) qui déterminera la facilité d’utilisation de votre interface administrateur, au fait que votre site soit adapté aux terminaux mobiles (ce qui est devenu très important pour le référencement Google). Attention aussi aux images (leur qualité et les droits qui y sont liés). Un budget minimum si vous choisissez cette option ? Comptez au moins 4500€ pour un site à partir d’un modèle.Assurance perte d’emploi, mais aussi, en dehors des mutuelles obligatoires qui ont bien occupé les dossiers des patrons de TPe/PMe en 2015, la prévoyance (maladie, invalidité et décès), les solutions épargne-retraite, et votre propre mutuelle. Apicil, l’un des nombreux acteurs du marché – au côté des Harmonie Mutuelle, Prévifrance, Maaf, Générali, Malakoff Médéric ou encore Cipres vie pour ne citer qu’eux –, a fait le choix de s’adresser très en amont aux créateurs d’entreprise. « Nous proposons une réduction de cotisations sur les deux premières années afin de démarrer son activité sereinement, mais aussi de l’accompagnement et du conseil avec des formations spécifiques, notamment à la CCI de Lyon, sur la protection sociale dédiée aux créateurs. Le groupe investit d’ailleurs dans l’économie réelle et oriente ses investissements pour soutenir l’entrepreneuriat », précise-t-on chez celui qui est devenu le cinquième groupe de protection sociale en France. Offres pléthoriques, tarifs à comparer... mais pensez-y, l’enjeu est de taille.5ASSURANCES SANTÉ, PRÉVOYANCE : PAS DE PROCRASTINATIONils sont consultants rH, formateurs, experts en marketing automobile, traducteurs ou frais émoulus développeurs web... des métiers différents, des expériences parfois sans commune mesure, mais un statut du portage qui séduit de plus en plus d’indépendants, grâce au mix entre la sécurité du salariat et l’indépendance qu’il procure, avec des commissions sur le CA encaissées selon l’option choisie (souvent sans minimum de CA ni frais d’inscription). de quoi se concentrer sur son cœur de métier. Marie-Noëlle dietsch est consultante en statistiques. « J’interviens auprès de ministères dans le cadre de projets de coopération statistique, principalement dans les secteurs du transport et du commerce extérieur. Mon objectif est d’accompagner les pays en voie de développement dans la production de statistiques répondant aux standards établis par les organismes internationaux. Salariée pendant 12 ans dans ce secteur, je me suis lancée comme consultante indépendante. Avec le portage salarial, j’ai effectivement pu très rapidement encadrer mon activité d’indépendante sans me préoccuper de l’administratif, avec un service client réactif par email, ce qui est pratique car je suis souvent en déplacement à l’étranger. » Pas de bureau d’accueil physique pour ces prestataires qui gèrent souvent des clients producteurs de prestations intellectuelles, mais des lignes fixes avec de vrais interlocuteurs au bout du fil, un accès à leur compte, des boutons de paiement en ligne, la signature de documents également en ligne via leur adresse iP... À l’instar de ses concurrents comme iTG ou Assur’portage, Sandra Lert-Gazza, dG adjointe de Webportage, voit la solution se développer. « C’est effectivement un marché qui continue de progresser de près de 20% par an ». La raison ? « Elle est surtout conjoncturelle. C’est un choix entrepreneurial personnel, une alternative au statut d’auto-entrepreneur ou à l’entreprise classique, en fonction de son type de clientèle. D’anciens cadres salariés facturent désormais leur expertise en indépendant, mais ils veulent souvent conserver les avantages et quelque part les habitudes du salariat, les mêmes caisses de cotisation notamment. » Un profil qui représente la moitié des 1200 portés actifs – c’est-à-dire ayant fait au moins une déclaration dPAe – de cette SAS implantée dans les Bouches-du-rhône : « Nous avons démarré notre activité avec un portefeuille de clients qui étaient issus du Web. Cela nous a conduits à beaucoup dématérialiser, à simplifier. » Un prestataire qui met en avant la transparence dans un métier qui a, parfois, pu sembler en manquer. « Nous sommes là pour décharger de la partie administrative avec deux offres claires : l’une à 5% et l’autre à 8% de commission, cette dernière incluant la gestion des frais de déplacement, la création d’un numéro d’activité formation afin de pouvoir solliciter les OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés), etc. Nous sommes prestataires, mais nous sommes aussi là pour les éduquer à leur métier de patron. En revanche, nous ne sommes en aucun cas une agence d’intérim ou une SSII. Ce n’est pas notre philosophie, et nous sommes aussi, en cela, en phase avec la loi », poursuit Sandra Lert-Gazza.dans le rush, on essaie de penser à tout : à son projet, à son business plan, à ses salariés, mais on oublie souvent de penser à soi. Si la protection du patrimoine est désormais mieux ancrée dans la démarche de création, les couvertures santé, prévoyance et autres assurances perte d’emploi sont souvent remises à plus tard, au pire considérées comme des charges irraisonnables en début d’activité. et si l’entrepreneuriat demeure une aventure et une conviction, mieux vaut tout de même prévenir que guérir. elodie Warnery, directrice générale de la GSC qui compte 16000 entreprises clientes, rappelle les enjeux. « De la même manière que vous listez les éléments bloquants du projet, que vous travaillez sur votre financement et votre trésorerie, il faut avoir conscience que les actes vont avoir des conséquences. On ne parle pas seulement d’échec, mais de périodes de transition, car une aventure entrepreneuriale est rarement linéaire. Si la nouvelle génération tend justement à ne pas éluder les risques inhérents à la création d’entreprise et que les réseaux d’accompagnement distillent aussi ce message, gardons en tête qu’il y a plus de 60000 défaillances d’entreprises chaque année en France, soit près de 5300 chaque mois en 2015, dont près de 1000 liquidations. La perte d’emploi du ou des dirigeants doit donc être prise en considération. »Cahier pratique n°1 - Entreprendre en 2016Œ]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Business guides - Entreprendre en 2016LOCAUX ET BUREAUTIQUE : DÉFINIR LES BESOINS AVEC PRÉCISION6 Les configurations sont évidemment différentes selon que vous souhaitez ouvrir un commerce (dans ce cas, c’est d’abord l’emplacement, puis l’emplacement et encore l’emplacement !), recevoir ou non du public, que vous projetez de recruter des salariés ou non. Pour les indépendants, travailler de chez soi permet, outre le confort, de faibles coûts, d’autant qu’il existe des déductions de certaines charges (une partie de l’impôt foncier, des charges d’électricité et de chauffage) de son bénéfice. de plus en plus d’entreprises de prestations intellectuelles couplent d’ailleurs cette organisation à des locations ponctuelles de bureaux dans des centres d’affaires (Servcorp, regus) ou des espaces de coworking qui facturent à la demi-journée ou à la journée et permettent ainsi de recevoir clients, prestataires et partenaires. Attention toutefois : si vous exercez chez vous, vérifiez en amont que votre règlement de copropriété ou votre bail vous y autorisent. en effet, un logement n’a pas pour vocation d’accueillir une entreprise, encore moins de public sans accord préalable. « Renseignez-vous sur les exigences administratives et les exceptions en fonction de la ville où vous vous installez, souligne une to do list de l’APCe accessible sur son site internet, ainsi que sur les termes de votre contrat. » Si vous trouvez le local commercial de vos rêves, via des professionnels comme CBre, après avoir bien étudié les prix du marché, en avoir visité plusieurs, et vérifié son accessibilité, portez une attention particulière sur le bail commercial et rapprochez-le aussi de vos perspectives de développement, au moins à court et moyen terme « En effet, un bail vous engage au minimum sur trois ans (vérifiez d’ailleurs que le congé possible à l’issue de chaque période triennale est bien mentionné, NdLr), ce qui signifie que si vous devez le quitter avant, pour des raisons économiques, mais souvent parce que l’entreprise grandit et qu’il vous faut plus grand, vous devrez payer une indemnité. Le calcul du petit espace à petit prix du départ peut donc vite se transformer en une grosse épine dans le pied », analyse Matthieu Martignole, mandataire du réseau immoLiaison dans l’essonne. Pour une entreprise en création, tournez-vous aussi vers les pépinières et hôtels d’entreprises qui louent des espaces à des prix au m2 inférieurs à ceux du marché, et proposent un certain nombre de services mutualisés (salles de réunion, haut débit, accueil, courrier...).Quant au matériel bureautique (ordinateurs, imprimantes, réseau, stockage...) dont vous allez avoir besoin, la réflexion est à peu près identique : là aussi ce qui est nécessaire, mais ne faites pas d’économies de bout de chandelle sur un disque dur ou un processeur qui vous fera gagner du temps, ou sur une assurance qui prolongera la vie d’un matériel justement coûteux.7 Arnaud Bonnamour, directeur régional Centre est chez Natixis Factor, balayait l’idée dans un entretien en septembre dernier : « C’est une vision ancienne que de penser que l’affacturage ne s’adresse qu’à des entreprises en difficulté. C’est derrière nous. Cela arrive, mais il s’agit avant tout de se prémunir contre les impayés à travers l’assurance crédit, de déléguer la gestion de la relance et du re- couvrement des créances et enfin d’assurer des financements, en lieu et place des lignes bancaires classiques, notamment pour des entreprises qui connaissent des crises de croissance et qui ont besoin d’accompagnement pour financer leur déve- loppement. » de fait, le recours à un factor concernera sans doute encore plus d’en- treprises en 2016 que lors des mois écoulés. des TPe au CA de moins de 100K€ jusqu’aux plus grands groupes, voire même des sociétés en création sur la base du prévisionnel d’activité comme le font d’autres acteurs du marché comme BNP Paribas Factor ou Crédit Agricole Leasing & Factoring. Le principe est simple : le factor garantit le paiement des factures clients et les règle sans délai. en parallèle, l’entreprise envoie aussi ses factures à ses clients qui ont des délais de paiement différents (10, 30, 60, 90 jours), lesquels paieront directement le factor à la date d’échéance prévue. Pas d’attente donc pour recouvrer les montants de ces créances, ce qui permet de faire face aux décalages de trésorerie entre la facturation au client et le règlement, et mécaniquement, d’augmenter sa capacité de financement. Pour Christophe Fournier, dirigeant de Ô Service du Temps, une entreprise de paysagisme de trois personnes, ce service a tout changé. « De grosses entreprises et d’autres du secteur public ont des modes de règlement à long terme qui nous ont conduits vers l’affacturage sur les conseils de notre banque. Quand on nous avance de l’argent, on est inquiet du coût. Or, cela représentait la moitié de ce que pouvaient coûter les agios liés au dépassement de découvert. Cela a donc débloqué toute notre trésorerie et permis de verser nos salaires en début de mois. J’ai été rassuré sur la sécurité de mon entreprise parce que même si l’on sait qu’il y a du travail et que nous avançons, nous sommes souvent le combiné à la main pour appeler le banquier. Ce fut donc une bouffée d’oxygène, avec une mise en place très rapide. » Une facilité de trésorerie qui implique toutefois quelques inconvénients. des frais de gestion, des commissions (d’affacturage et de financement), un pourcentage sur le CA confié et un fonds de garantie pour couvrir le risque de factures impayées – des sommes « gelées » que l’entreprise ne touche donc pas même si elle peut en négocier le déblocage si leur montant est trop élevé.AFFACTURAGE : FAIRE RESPIRER SA TRÉSO 8BANQUES : QUELS FINANCEMENTS ?votre love money réunie (apport personnel, mobilisation de l’épargne des proches), vous avez fait le tour des apports possibles, no- tamment en prêt d’honneur, un apport consenti par un organisme tel que initiative France ou réseau entreprendre, mais aussi compté les fonds propres des éventuels associés. vous êtes donc prêt, business plan sous le bras, votre prévisionnel sur trois ans et vos besoins de trésorerie sur la première année d’activité, à aller solliciter les banques pour financer votre projet. Bien, sachez qu’elles ne financent généralement pas plus de 60-70% de votre besoin d’investissement total. dès lors, à quoi prétendre ? Jusqu’en avril 2015, toutes quasiment sans exception vous auraient pré- senté le Prêt à la Création d’entreprise (PCe). Mais l’état a mis fin au dispositif. « Les banques disposent désormais d'une délégation de Bpifrance pour accorder cette garantie pour des prêts allant jusqu'à 200 000 euros. Pour bénéficier de ce dispositif, il suffit de s'adresser à son banquier », précise l’APCe. Bpifrance est un organisme caution parmi d’autres (Sagi, France Active) pour l’obtention d’un prêt, pour lequel les établissements ban- caires vous proposeront souvent de choisir le type de financement entre crédit bail ou prêt à moyen terme, avec des aménagements pos- sibles (modularité des remboursements, différés possibles, etc). dans tous les cas, faites évi- demment jouer la concurrence, et comme le conseille l’APCe, « pensez, selon vos besoins, à la création d'un "pool bancaire", plusieurs banques finançant votre projet, tout en ne minimisant pas vos besoins d’emprunt.»54 Février 2016Cahier pratique n°1 - Entreprendre en 2016]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTrePreNdre Business guides - Le MICE (séminaires, incentive, conférences, évènementiel) évolueMoins de temps, moins d’argent, plus d’impactMarché difficile ? Les acteurs de l’offre,ecomme les villes françaises, misent sur les prestations clé en main et l’innovation. Passage en revue.Mots-clésPar Emilie Massard1 Séminaires plus sécuritaires et festifs de se retrouver, entre elles ou avec leurs clients ou fournisseurs, pourn période de crise, les dirigeants ont parfois tendance à sacrifier les moments consacrés à la communication interne. Pourtant, dans un contexte difficile, les équipes ont plus que jamais besoin2 Hôtels tournés vers le nouveau tourisme d’affaires3 Lieux d’évènementiel foisonnants4 Petits plus des compagnies aériennes5 Incentive et motivation, le retour du funpartager et échanger, faire avancer leurs projets et renforcer leur cohésion. dans un monde où les échanges sont de plus en plus digitalisés, les ren- contres physiques deviennent des moments privilégiés qu’il faut préparer. Moins de budget, moins de temps, mais plus d’impact. C’est à cet objectif que les réunions professionnelles doivent répondre aujourd’hui. Les prestataires, les lieux événementiels mais aussi les territoires qui se lancent dans le tourisme d’affaires l’ont bien compris, et rivalisent d’imagination pour proposer des expériences inédites. Hébergements atypiques, lieux de prestige, activités extrêmes ou énigmatiques, tout est bon pour garantir la réussite d’un événement auprès de ses clients ou de ses collaborateurs.6 Agences prestataires toujours plus imaginativesFiction :damned, encore raté !Chronique d’un séminaire où rien ne s’est passé comme prévu, l’organisateur ayant négligé des points essentiels.Cédric robin n’en mène pas large. dirigeant d’une PMe dans la région parisienne, il doit organiser un séminaire dans trois mois, et il n’a pas beaucoup d’idées. il sait pourtant que ce rendez-vous est nécessaire pour les collaborateurs de son entreprise. depuis les événements tragiques de l’année 2015, il sent comme une baisse de moral dans ses équipes, et il compte bien les rebooster en leur proposant un voyage d’affaires qui sortira des sentiers battus 1 . Leur changer les idées, c’est l’objectif de base. Pour le reste, et notamment le contenu des réunions, il trouvera bien quelques thèmes en temps voulu. Ce ne sont pas les idées qui manquent dans cette petite entreprise en voie de développement. Pourtant, les idées, Cédric ne va pas aller les chercher auprès de ses collaborateurs. Tellement sûr de son coup, il préfère les tenir en haleine et garder un maximum de surprises pour leur en mettre plein la vue. enfin, plein la vue, dans le respect du budget imposé. C’est d’ailleurs ce qui va conditionner ses choix, puisque, crise oblige, il ne peut pas se permettre de trop dépenser dans l’événementiel. il préfère donc construire son événement seul et faire appel à un minimum de prestataires. Pourtant, il aurait peut- être gagné à interroger ses collaborateurs sur leurs envies et leurs besoins, et à faire appel à un professionnel pour l’aider à les mettre en œuvre 6 . des voyages abordables, il en a trouvé, même à l’étranger, mais pas question d’en faire trop. Même si les compagnies aériennes proposent des tarifs intéressants, il ne veut pas être trop ambitieux 4 . il a trouvé un petit hôtel de campagne qui propose un service tout inclus pour trois jours de réunions 2 .il semble avoir du charme, et au moins personne ne pourra lui reprocher d’avoir trop dépensé. en deux clics, il réserve des chambres pour l’ensemble de ses collaborateurs, et les salles de réunion dont ils auront besoin pendant le séminaire. L’hôtel n’est pas très loin, en région parisienne, mais pour Cédric, le trajet en bus suffit au dépaysement 3 . Seulement en arrivant, la déception gagne les troupes. Hôtel à la campagne, certes, mais en bordure d’une route passante et près d’une zone industrielle qui gâche un peu le paysage. Quitte à choisir un lieu proche, autant aller jeter un œil sur place avant de réserver. C’est ce que se dit Cédric qui se jure de ne pas refaire la même erreur l’année suivante. Le moral des équipes n’est pas complètement atteint, et tous sont tout de même satisfaits de changer d’air, même s’ils se demandent de quoi seront faites les réunions de ces trois prochains jours. dès le premier jour, Cédric donne le ton avec son monologue d’ouverture, un peu long diront certains. il voulait leur insuffler l’enthousiasme nécessaire pour dynamiser la croissance et prendre un nouveau départ, mais le soufflé est vite retombé. Les collaborateurs de Cédric auraient sans doute préféré participer un peu plus lors des réunions, plutôt que d’écouter les intervenants les uns après les autres. Le dirigeant avait pourtant misé sur le numérique, en leur proposant des quizz sur des tablettes numériques et des présentations vidéos. Mais les tablettes numériques ne fonctionnaient pas toutes, et les résultats du quizz n’ont jamais pu être connus... dernière chance pour Cédric : l’ultime soirée du séminaire, qu’il a prévue festive pour finir en beauté. dîner spectacleBoulot et bouteilles d’eau unique-dans un cabaret suivi d’une soirée en discothèque 5 . Le dîner était bon, et le spectacle apprécié, mais la soirée en discothèque n’a pas ravi tout le monde. Les équipes de Cédric ne rechignent jamais à danser et s’amuser, mais pas facile d’échanger et de discuter. C’est pourtant ce qu’ils attendaient de ce séminaire, notamment pour souder les équipes qui sont en déplacement et les sédentaires, puisqu’ils ne font que se croiser le reste de l’année. Cédric l’aurait su en impliquant ses collaborateurs dans la préparation de l’événement. Pas sûr qu’il s’en rende compte après coup non plus, si ce n’est par les indiscrétions autour de la machine à café, puisqu’il n’a pas prisment, sourires de façades... Le cock- tail idéal pour un séminaire ratéle temps d’évaluer les retombées du séminaire...56 Février 2016Cahier pratique n°2 - Le MICEŒ]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27HÔTELS TOURNÉS VERS LE NOUVEAU TOURISME D’AFFAIRESCLUB eNT1rePreNdre Business guides - Le MICE (séminaires, incentive, conférences, évènementiel) évoluedepuis quelques années, les séminaires et rencontres professionnelles se sont recentrés autour d’un seul objectif : le travail. La faute à la crise, qui oblige à se serrer la ceinture et à recentrer les débats. Mais le contexte actuel sécuritaire, source d’angoisses et d’inquiétudes, pourrait changer la donne. « Dans ces périodes troubles, il devient encore plus important de se réunir, estime Lionel Malard, consultant et fondateur de l’agence Arthémuse. Les dirigeants d’entreprise ont un rôle à jouer pour rassurer leurs collaborateurs et les réunir en portant des messages positifs. » Pas question pour autant de se réunir sans raison. Un événement doit avoir un objectif précis qui cadre avec la stratégie de l’entreprise. La création de « packages » est notamment l’une des réponses qui garantit la bonne tenue des budgets. C’est également en s’inscrivant dans une démarche plus partenariale que commerciale vis-à-vis de leurs clients que les acteurs du tourisme d’affaires français savent faire la différence. L’écoute, l’accompagnement, le conseil et la recherche de solutions optimisées sont des leviers bien intégrés dans la relation client de nos professionnels. Après une période centrée autour du travail, les séminaires pourraient de nouveau intégrer plus de temps de convivialité dans les années à venir. Ainsi les palais des congrès ou centre des expositions couplent leurs offres avec des services de loisirs ou d’activités diverses, en s’appuyant sur les trésors touristiques et patrimoniaux locaux. A l’image de Nord France Convention Bureaux, de plus en plus de structures territoriales étoffent leurs propositions d’hébergement, avec une tendance à l’originalité et au décalé. Une ancienne piscine art- déco, une mine de charbon ou une usine réhabilitée peuvent ainsi devenir des lieux d’accueil très prisés. « Les entreprise demandent des prestations sur-mesure, qui sortent des formats classiques », indique Carine Germain, responsable MiCe du groupe réside etudes, promoteur et gestionnaire de résidences et apparts hôtels. « Nous développons par exemple dans nos établissements une offre work&play pour créer des instants de détente et fédérer les équipes. Les temps de team building s’organisent maintenant au cœur de la réunion. L’autre tendance qui s’accentue, c’est l’organisation des événements à la dernière minute, qui nous oblige à être très réactifs. » Artois expo et Blois Congrès misent eux sur la modularité de leurs espaces. de la réunion de préparation au colloque rassemblant plusieurs centaines de participants, l’offre est sur-mesure. d’autres structures, notamment dans les grandes villes, comme viparis, parient sur l’étendue de leur offre, des salles de spectacle aux palais des congrès en passant par des lieux prestigieux.SÉMINAIRES PLUS SÉCURITAIRES ET FESTIFS 2L’offre d’hôtellerie est plutôt bien développée en France avec 13829 hôtels classés, dont 16 labellisés « Palace ». L’offre d’espaces commercialisables des sites d’accueil est également intéressante, puisqu’elle représente environ 2,5 millions de m2 bruts couverts pour 73 centres de congrès, 72 parcs d’expositions et 30 sites multifonctions, selon le bilan chiffré de la filière des métiers de l’événement (UNiMev). Les hôtels tiennent leur rang dans l’organisation d’événements professionnels. ils offrent l’avantage de proposer tous les espaces et services nécessaires à la tenue de réunions professionnelles, mais aussi des espaces de convivialité et de loisirs dans un même lieu. Spas et autres activités de loisirs sont désormais légions dans les hôtels français. Certaines enseignes misent gros sur le tourisme professionnel, en proposant des offres innovantes. Pour l’hôtel Napoléon, établissement renommé à Paris, le marché du MiCe prend de l’essor depuis quelques années. « C’est un secteur en pleine évolution, et qui s’internationalise », note Ludovic Corpechot, directeur de l’établissement. « Nous participons à des salons et sommes affiliés à plusieurs chaînes pour améliorer notre visibilité. Pour accueillir ces événements, nous avons franchi un palier en proposant de la haute technologie dans nos salons napoléoniens. Aujourd’hui la facilité d’utilisation et la sécurité des équipements sont des demandes fortes de nos clients professionnels. » Les hôtels Accor et leur portail numérique dédié aux MiCe, des équipements techniques de pointe dans les établissements de l’enseigne Pullman, tous y vont de leurs innovations pour améliorer l’organisation et la tenue d’événements professionnels. C’est également le cas des hôtels Hyatt qui ont lancé un nouveau concept, le Campus, expérimenté au Hyatt regency Paris-Charles de Gaulle en 2015. inspiré des campus universitaires américains, le lieu propose des espaces pour stimuler collectivement l’esprit d’initiative. Une bibliothèque, un espace de partage accessible à toute heure, un espace de jeux pour se détendre : avec ces équipements dans l’esprit start-up, le Campus vise la génération Y. et si les hôtels mettent le paquet sur cette génération, c’est aussi parce qu’elle a tendance à leur échapper. Ces touristes d’affaires affirment choisir plus facilement que leurs aînés une offre d’hébergement de particuliers (type AirBnb) pour des voyages d’affaires. Les hôtels ont donc fort à faire pour combler cette clientèle particulièrement exigeante en termes de services. Le Carlson rezidor Hotel Group a par exemple ouvert en 2015 un établissement radisson red à Brussels, hôtel tourné vers « l’art, la musique et la mode », et dont l’application mobile permet l’enregistrement en ligne, la commande de nourriture et la possibilité de chatter avec un concierge. dans la même veine, l’enseigne Marriott lançait dernièrement le premier établissement de sa chaîne Moxy Hotels à Milan, dans un concept stylisé abordable qui combine chambres compactes et grands espaces communs pour le travail et le divertissement.58 Février 2016Cahier pratique n°2 - Le MICE]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frBusiness guides - Le MICE (séminaires, incentive, conférences, évènementiel) évolue CLUB eNTrePreNdre LIEUX D’ÉVÉNEMENTIEL3 La crise a aussi eu raison des séminaires et voyages d’affaires long courrier. réduction des coûts signifie souvent réduction des distances, et les réunions professionnelles se déroulent désormais dans un périmètre proche de l’entreprise. « Pour limiter les coûts, certaines entreprises font le choix d’organiser leurs événements dans leurs locaux, constate Lionel Malard d’Arthémuse. Pour moi c’est une erreur, il faut sortir du cadre et rompre avec les habitudes. Sans dépenser des fortunes, les chefs d’entreprise doivent choisir un lieu en adéquation avec le message qu’ils veulent faire passer. Ces événements sont aussi l’occasion de marquer leurFOISONNANTSconsidération envers collaborateurs. » en France, qu’ils soient tournés vers la culture, le numérique, ou le développement durable, les lieux d’accueil sont nombreux. La plupart des grandes villes se dotent a minima d’un service réservé à l’accueil et au développement du tourisme d’affaires, apporteur de développement économique local. Si Paris représente près de 70% du marché français du MiCe, les autres grandes villes ne sont pas en reste, et Lyon, Nantes ou la Côte d’Azur tirent notamment leur épingle du jeu. Bordeaux est en train de développer son offre, et rennes et Saint-Malo viennent de signer un protocole de coopération pour travailler sur le sujet. « Arcachon, destination oubliée pendant un temps, est en train de revenir en force », constate Carine Germain chez réside etudes. « C’est une ville à taille humaine à des tarifs compétitifs. » Les perspectives positives de ce marché et les emplois non délocalisables qui en découlent aident à booster les initiatives. Quant au lieu choisi par les chefs d’entreprise, le choix est de plus en plus large. Sortir des sentiers battus, proposer des expériences inédites sont des tendances lourdes et pour cela, le choix du lieu est primordial. Privatiser un stade de football ou un musée pour ses collaborateurs, proposer une balade sur la Seine, prendre un cocktail sur les terrasses de la Maison de l’Amérique Latine ou dans les jardins d’un château en Alsace fait par exemple partie des possibilités données au chef d’entreprise par les Yachts de Paris, elior evénements ou MyStrasbourg.lesAttention tout de même aux lieux trop décalés...Février 2016 59Œ]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27CLUB eNTr4ePreNdre Business guides - Le MICE (séminaires, incentive, conférences, évènementiel) évoluePETITS PLUS DES COMPAGNIES AÉRIENNESOffrir des offres adaptées aux voyageurs d’affaires est un des éléments déterminantspour l’attractivité d’une destination, les compagnies de transport l’ont bien compris.depuis plusieurs années, la compagnie nationale Air France propose des solutionsadaptées aux voyages d’affaires. Un service dédié à l’industrie des rencontres et des 5 événements professionnels permet de faire bénéficier les participants à des événementsde tarifs préférentiels sur leur billet d’avion et de récompenser les organisateurs en fonction du nombre de billets achetés. Air France travaille également sur l’offre commerciale au départ de l’aéroport d’Orly, mais aussi des aéroports régionaux avec sa filiale Hop !. Pour leurs clients les plus fidèles, Air France et Hop ! proposent des services au sol personnalisés, du parcours express à la mise à disposition de salons privatifs. La compagnie Openskies, filiale de British Airways, développe également son offre vers les professionnels avec l’ouverture en 2015 d’un salon privé pour ses voyageurs les plus fidèles à Orly. La compagnie met notamment le paquet sur sa ligne Paris-New York, dont elle compte renforcer la capacité en 2016 en remplaçant ses avions par des appareils de plus grande capacité. « Paris et New York sont deux villes qui se répondent bien autour d’événements business », explique Hugo Trac, responsable communication d’Openskies France. « Nous sommes notamment actifs sur des événements autour de la mode ou des nouvelles technologies qui attirent de nombreux professionnels. Nous ne sommes pas très sollicités pour des voyages de groupes, mais nous avons la possibilité de privatiser des cabines par exemple. » Openskies a également lancé dernièrement une offre de voiture avec chauffeur gratuite pour ses passagers de la classe affaire. « Nous avons lancé le service au troisième trimestre 2015, et devant les retombées positives, nous avons décidé de le pérenniser. Depuis début janvier, les passagers de la classe affaires bénéficient donc d’un chauffeur pour aller et revenir de l’aéroport. C’est sur ces petits détails et services additionnels que nous cherchons à faire la différence. » d’autres compagnies étoffent régulièrement leur offre à destination des voyageurs d’affaires, et notamment Lufthansa, delta Airlines, royal Air Maroc ou encore Qatar Airways.INCENTIVE ET MOTIVATION, LE RETOUR DU FUNLe retour de la convivialité et du fun, c’est ce que les experts prédisent après une période où les événements tournaient essentiellement autour du travail. La tendance des activités ludiques est déjà bien en place, mais elle devrait s’étendre encore dans les années à venir. La ludification, ou « gamification » pour les anglophones, est en marche. Les périodes difficiles que nous vivons devraient aussi accroître le phénomène. Une tendance qui remplit aussi les objectifs stratégiques visés par l’entreprise. « L’intégration d’une composante de jeu, comme la résolution d’une énigme ou l’analyse d’une étude de cas en équipe, permet aux participants de s’impliquer dans la conférence, de faire connaissance et d’échanger », selon le Mémento 2015 du secteur des rencontres et événements professionnels, publié par Atout France. Si les manifestations se basent aujourd’hui plus que jamais sur le numérique et la simulation comme Flight experience, certains ne vont pas hésiter à prendre le contrepied, en profitant de ces moments pour « déconnecter », et partager des moments et des expériences dans la vie « réelle ». On ne compte plus les ouvertures d’ « escape Games » dans les grandes villes et ailleurs, ou la cohésion d’équipe est mise à rude épreuve. et pourquoi ne pas partager ces moments dans un univers féérique avec disney Business Solutions ? Les réunions basées sur la communication descendante sont terminées, il s’agit maintenant d’intégrer les collaborateurs à l’événement et de les rendre acteurs. Puisque les événements sont de moins en moins longs, pour réduire les coûts, on n’hésite pas à mélanger les genres au cours d’une manifestation. Les collaborateurs sont bien souvent satisfaits et impliqués lorsqu’ils sont invités à créer et à s’exprimer. C’est ainsi que les lieux d’accueil travaillent conjointement avec des agences réceptives et incentive qui permettent notamment d’intégrer, dans des formats adaptés, des prestations récréatives en marge des séances de travail. La sédentarité du travail de bureau incite aussi les entreprises à organiser des marches pour leurs réunions d’affaires. Ces randonnées stimulantes permettent de prendre l’air, de se dégourdir tout en faisant avancer certains dossiers.60 Février 2016Cahier pratique n°2 - Le MICE]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frBusiness guides - Le MICE (séminaires, incentive, conférences, évènementiel) évolue CLUB eNTrePreNdre6 AGENCES PRESTATAIRES TOUJOURS PLUSIMAGINATIVESMalgré les restrictions budgétaires, les entreprises semblent se tourner de plus en plus vers des professionnels pour organiser leurs événements. « L’événementiel est un poste coûteux pour une entreprise, mais un poste primordial, il est donc parfois préférable pour elle de compter sur des prestataires professionnels qui lui offrent des solutions clé en main », estime Lionel Malard. eviter des couacs, gérer les imprévus, maîtriser la technique sont autant d’obstacles qui peuvent être évités par l’emploi de prestataires professionnels. Maillon essentiel de la chaîne de l’événementiel, les traiteurs œuvrent bien souvent à la réussite des cocktails, dîners de gala et autres soirées institutionnelles. en France plus que n’importe où, la partie restauration est primordiale, et la réussite d’un événement passe souvent par ce qu’il y a dans l’assiette. Aujourd’hui les modes de restauration sont nombreux et les food-trucks ou la street-food peuvent permettre de laisser un bon souvenir. Les prestataires audiovisuels, ainsi que les prestataires digitaux, sont également les bienvenus pour éviter les cafouillages techniques. ils peuvent aussi proposer des innovations intéressantes en matière de captation d’images, de mapping, de retransmissions simultanées ou de dispositifs visuels de plus en plus immersifs. « A cette déjà très vaste famille, s’ajoutent sans cesse de nouveaux métiers et spécialistes qui mettent en avant des prestations innovantes, prenant ancrage dans les nouvelles technologies (imprimantes 3D), ou bien l’évolution sociétale (le « co » et le participatif) », note Atout France dans son Mémento 2015. Tous ces prestataires sont notamment représentés par Anaé, l’association des agences de communication événementielle. Pour le chef d’entreprise, l’important est de se fixer des objectifs, mais aussi de pouvoir en évaluer les retombées, auprès de ses clients ou de ses collaborateurs qui ont participé à l’événement. Ce besoin d’évaluation participe également à la professionnalisation du marché."Pour les un an d'anniversaire de la société, nous aurions peut-être dû faire appel à un vrai presta- taire pour les animations..."Février 2016 61]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27STrATéGie & iNNOvATiON NUMériQUeLe carnet des nominationsen partenariat avec}ALTICE MANAGEMENT EUROPEEric Klipfel, master de la Fachhochschule Stuttgart (Alle- magne, 2003)est promu head of BtoC d’Altice Management Europe.}AVIVA FRANCE (GROUPE AVIVA)Olivier Le Hénaff, 53 ans, ESSEC Business Schoolest promu directeur général délégué, directeur de la transformation et des systèmes d’information d’Aviva France.}CIMAIL (GROUPE NUMEN) Laurent Richardeauest nommé directeur général délégué de Cimail Solutions.}ECONOCOM FRANCE Jean-Claude Tapiaest nommé président d’Econocom Digital Security.}FIDUCIAL INFORMATIQUE (GROUPE FIDUCIAL)Martin Hubert, 46 ans, AIEP INSEAD (2010), executive edu- cation de Harvard Business School, IEP Paris (1993), Centrale Paris (1992)est nommé directeur général de Fiducial Informatique.}HP FRANCEPascale Dumas, DESS finance de l’université Paris-Iest promue président-directeur général de HP France.}IBM FRANCEBéatrice Kosowski, ESSEC Business Schoolest promue directeur général Global Technology Services d’IBM France.}MICROSOFT FRANCE (GROUPE MICROSOFT) Pascal Fiteest nommé directeur de l’accélérateur Microsoft Ventures} ORANGEFrance Héringer-Jallot, 48 ans, Télécom ParisTech (1990), Po- lytechnique (1985)est promue directeur qualité, expérience client, ventes à la division Ex- périence Client et Mobile Banking du groupe Orange.}OVH GROUPMichel Calmejane, 53 ans, ESC Pauest nommé responsable ventes monde d’OVH Group.}REXEL GROUPVincent Demange, 53 ans, DESS d’informatique industrielle, Institut supérieur d’informatique et automatique de Lorraine (1989) et maîtrise d’électronique (1988) de l’ISIALest nommé directeur général France de Rexel Group.} UBISOFTMaxime Bosvieux, 37 ansest promu directeur du e-commerce au sein d’Ubisoft France.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Février 2016Le baromètre de l’innovationBrèves, nouvelles retentissantes et histoires de ruptures62Faites part de votre Nomination à la presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frLe contrôle étatique de l’économie change considérablement. Auparavant, l’etat indiquait ex-ante des règles que les entre- prises devaient suivre à la lettre. Aujourd’hui, des autorités ad- ministratives, très nombreuses comme l’Autorité de la concurrence, jouent le premier rôle en installant, ex-post, le res- pect de règles (marché libre, information parfaite des acteurs... ). Ce changement du moment d’intervention est majeur. il de- vrait imposer de travailler très en amont avec les autorités pour éviter tout dérapage et sanction au final. Or, cette manière de travailler n’est pas bien pratiquée par les PMe. Qu’en est- il exactement ? Prenons le cas de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) dans son action sur les dispositifs mé- dicaux (1). il y a quelques mois, l’ANSM a pris une décision de police sanitaire interdisant la commercialisation, la distribu- tion, l’importation et l’utilisation d’un dispositif médical de pro-Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Le verbatim à retenir...Il faut avoir une part de délire, c’est la poésie, c’est l’incertitude, c’est l’hésitation, c’est le trouble, et c’est la source de la créativitéBoris Cyrulnik, psychiatre et psychanalysteLe monde ne sera plus jamais comme avant...Pour protéger les utilisateurs de téléphones portables, Ginko Control, une start-up française, a mis au point un patch capable de rééquilibrer les ondes électromagnétiques. Il suffit de le coller sur votre appareil (télé- phone, ordinateur...) pour qu'il active son propre émetteur d'ondes, neutralisant ainsi celles émises parvotre engin grâce au système de « déphasage de 180° », censé rendre les ondes inoffensives pour le cerveau. Le tout sans perte de performance !Une start-up danoise a développé Heli-on, une batterie externe compacte dont le corpus cache un panneau so- laire et une batterie puissante. Ainsi, l'appareil peut produire et stocker de l'énergie. Selon les créateurs de Heli- on, grâce à cette batterie les utilisateurs pourront en quelques heures recharger complètement leurssmartphones, appareils photo ou autres gadgets par tous les temps. S'il y a du soleil, il suffit de déplier les panneaux so- laires et commencer le rechargement. Si l'extérieur est couvert, il faut alors compter sur la batterie intégrée.Une équipe de designers coréens a imaginé un vélo intelligent capable de prévenir les accidents. Alimenté par le pédalage, un écran permet de savoir si une voiture vous colle de trop près. Mieux : un système de projec- tion de lasers se met en route grâce à des capteurs pour prévenir un chauffard trop pressé qu'il risque unaccident. Enfin, le vélo, géolocalisable, peut mémoriser des trajets.Strategy reviewenseignant à l’institut d’administration des entreprises de Poitiers et à l'Université de technologie de Troyes, membre du conseil scientifique du CSFrS, chercheur associé au CereGe.Passer de l’etat dirigeant à l’etat gendarmeLe rôle des autorités administratives s’accroit fortement. Char- gées de fluidifier le marché tout en faisant respecter des règles destinées notamment à protéger le consommateur, elles de- vraient instaurer avec les entreprises un dialogue qui n’est pas encore bien compris.thèses. Autant dire que l’entreprise concernée, une PMe, pou- vait fermer ses portes. L’entreprise avait demandé un marquage Ce auprès d’un organisme évaluateur. Cela seul suffit pour met- tre les dispositifs médicaux sur le marché. Las, des essais cli- niques ultérieurs ont révélé que le dispositif pouvait être dangereux pour la santé des patients. C’est là que l’ANSM est intervenue avec sa décision. Qui ne clôt pas le débat. Car ce dégât aurait pu être évité par une collaboration entre l’entreprise et l’ANSM. en amont, l’entreprise aurait pu lancer un essai mé- dical avant la mise sur le marché du dispositif, mettant en évi- dence les risques. Cet essai aurait pu alors être transmis à l’ANSM et un dialogue technique s’engager. en aval, la déci- sion de police sanitaire est prise après un rapport d’inspection. Mais ce rapport n’est pas définitif. L’entreprise peut donner son avis, suggérer des solutions. Là encore, le dialogue doit régner. C’est ensuite à l’issue de cette période, dite du contradictoire, que le rapport devient définitif et est transmis pour décision à la direction de l’ANSM. Or, ce dialogue ne s’enclenche pas avec les dirigeants de PMe qui restent sur leur quant-à-soi. Ce serait un formidable changement de renverser cette perspective.Pascal Junghanspar]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frLe baromètre de l’innovation STrATéGie & iNNOvATiON NUMériQUeLa rupture du moisDates & Events : ça cogite dur...4 11 février 2016 : Techinnov (Aéroport de Paris –Orly)Techinnov est un des plus grands événements français dédiés à l'in- novation. Pour sa dixième édition, Techinnov Events propose une for- mule business reconnue par les industriels, PME-PMI, créateurs, laboratoires, investisseurs... Au programme : quatre villages théma- tiques, des rencontres informelles, les villages des grands donneurs d'ordres, de la connectivité dans l’industrie, de la compétitivité, des compétences high-tech, mais aussi des présentations flash dédiées aux innovations de ruptures.Venez vous joindre aux 1600 participants et assistez aux 9500 rendez-vous programmés. Pour plus d'informa- tions : www.techinnov.events4 30 mars 2016 : 16e édition de Start West (QuaiFerdinand Favre, Nantes)L'événement majeur de l’amorçage et du capital innovation conçu pour répondre aux besoins de financement des jeunes entreprises innovantes (quel que soit le domaine de leur activité : du numérique au cleantech, en passant par la santé). Depuis 2001, une centaine de projets sont parvenus à lever des fonds, jusqu'à 300 millions d'euros. Il est possible de déposer sa candidature dès aujourd'hui et jusqu'au 12 février. Le 30 mars des rencontres variées auront lieu entre les participants et les investisseurs. De nombreux projets se- ront présentés et le soir un prix sera remis aux gagnants. L'inscription et toutes informations complémentaires sont sur www.start-west.comQarnot Computing : des radiateurs intelligents et écolos venus du futur...С’est une première en France, la start-upQarnot Computing a créé un radiateur-ordinateur qui produit de la chaleurgratuite et écologique provenant deprocesseurs informatiques embarqués. «Connecté à Internet, il chauffe grâce auxcalculs informatiques d’entreprisescomme des banques, des studiosd’animation 3D ou encore des laboratoires de recherche », explique Hélène Legay, directrice marketing de l’entreprise. Ainsi, la chaleur produite par les processeurs est dissipée gratuitement et efficacement dans des logements ou bureaux. L’idée de ces radiateurs intelligents est née il y a une dizaine d’années. Le président-fondateur de Qarnot, Paul Benoit, travaillait dans le département de recherche d’une grande banque qui faisait travailler jour et nuit des milliers d’ordinateurs, pour faire des calculs informatiques complexes. Par ailleurs, un de ses hobbies était de bricoler des ordinateurs pour les rendre silencieux. « Il a alors remarqué qu’en rendant ces machines silencieuses et en faisant de la chaleur un déchet utile, on pouvait créer un système de chauffage ! », raconte Hélène Legay. Le projet présente bien évidemment une dimension écologique. « La solution de calcul décentralisée proposée par Qarnot, sur des radiateurs hébergés dans des habitations, des bureaux ou des bâtiments publics, permet de réduire très fortement l’empreinte carbone des calculs informatiques dont la chaleur est le déchet, tout en chauffantLes innovations en bref...gratuitement et efficacement », ajoute Hélène Legay. depuis deux ans, une centaine de logements sociaux de la Mairie de Paris sont chauffés gratuitement grâce à 350 radiateurs Q.rads. « C’est également un des arguments qui a séduit le Conseil Départemental de Gironde, qui va équiper un bâtiment neuf de 340Q.rads. », souligne Hélène Legay. Quant aux particuliers, le Q.rad leurs sera proposé dans un second temps à horizon de l’année 2017. « Nous nous adressons pour le moment aux bailleurs, collectivités locales, EHPAD... », dit Hélène Legay. Les Q.rads, présents dans toutes les pièces, intègrent une vingtaine de capteurs pour rendre les bâtiments intelligents. C’est une solution alternative qui permet de répondre aux besoins numériques et aux enjeux énergétiques de la société de demain. « Les data centers consomment déjà 3% de l’électricité mondiale, et cela double tous les cinq ans. La moitié de cette énergie est utilisée pour refroidir les serveurs. A Qarnot, nous souhaitons chauffer gratuitement et écologiquement grâce à cette chaleur perdue », conclut Hélène Legay. dans un futur proche, cette innovation pourrait donc changer notre quotidien, voire même le monde. en effet, selon le rapport de l’ONG r20 d’Arnold Schwarzenegger remis aux organisateurs de la COP21, Qarnot permettrait d’économiser 5 millions de tonnes de CO2 par an !4 Le fauteuil roulant dirigé par la pensée Des ingénieurs de l'école française ESME Sudria ont développé un casque permettant de diriger un fauteuil roulant par la pensée. Ce sont lesondes cérébrales converties en commandes électriques qui orientent le fauteuil. Ce dernier réagit également aux clignements des yeux. Neuromoov a pour but d'offrir une alternative aux casques déjà existants qui restent inadaptés ettrès coûteux (à peu près 30000 euros). Le produit pourra être combiné avec n'importe quel fauteuil.L’innovation autrement4 Le tatouage intelligentChaotic Moon, start-up américaine, a inventé un tatouage qui sait tout de vous ! Éphémères, les Techtats intègrent des composants électroniques et des LED qui détectent les réactions du corps. Le cœur qui s'emballe, une hausse de température, une variation de la pression artérielle... et un message est tout de suite envoyé sur votre smartphone. L'équipe d'ingénieurs pense surtout à un usage militaire, mais l'innovation pourrait se répandre à la société civile, pour géolocaliser les enfants par exemple.4 Des sacs 100% bioParce que l'on estime que 460 kilos de plastique sont déversés chaque seconde dans la mer, Rémy Lucas a voulu trouver une alternative pour nos emballages. Ce goémonier dirige une entreprise de production de plastique à partir des algues. Cultivées à Saint-Malo, elles sont transformées en billes de plastique pour le packaging alimentaire, l'industrie automobile, l’ameublement... Ce matériau se dégrade en 12 semaines.Relevez le défi de l'innovation de rupture (de Philippe Silberzahn, éd. Pearson, 2015) :L’innovation de rupture consiste en un changement de concept. C’est une innovation technologique radicalement nouvelle ou un modèle économique différent (comme les jets low-cost, par exemple). « Elle permet aux entreprises de mieux faire avec ce qu’elles avaient avant. Cette innovation nécessite donc un modèle différent, difficile à réinventer pour les entrepreneurs », explique Philippe Silberzahn, professeur à eMLYON Business School et chercheurpermettre, sous peine de mettre en péril leur activité principale. « De l’autre côté, par cette peur, elles passent parfois à côté d’occasions en or. C’est l’exemple de Kodak qui savait tout du numérique car en 1975, il a inventé le premier appareil numérique, mais jusqu’à 2005-2007, il a préféré aller doucement. En résultat, d’autres entreprises n’ont pas hésité à intégrer le marché et ont devancé Kodak », ajoute Philippe Silberzahn. Un choix cornélien et un conflit entre l’activité actuelle et future. « Pour éviter ces problèmes, il faut placer l’activité future dans une entité séparée. Isoler un peu le projet de rupture pour le laisser se développer et prendre l’envol », explique Philippe Silberzahn. Puis, il convient d’évaluer les performances sans oublier que ce n’est pas un projet mature. Un peu de délicatesse ! « Le staff doit aussi être adapté. Surtout, laisser le temps avant que les chiffres intéressants ne sortent », prévient Philippe Silberzahn. C’est le cas deNespresso qui a mûri son projet pendant 21 ans. « N’oubliez pas : le temps qualitatif (c’est à dire, celui que vous passez avec le client pour comprendre ses attentes) doit passer avant le temps quantitatif (le démarrage du projet au sens financier)», rappelle Philippe Silberzahn. voilà pourquoi les grandes entreprises hébergent souvent les start-up. « Ouvrir un laboratoire et devenir innovant est un peu naïf. Si la grande entreprise veut seulement financer une start-up et puis la vendre, ce n’est pas une bonne logique. » Au contraire, les deux parties peuvent se compléter. « Les grandes entreprises doivent financer et garder les start-up parmi elles car ces dernières peuvent les faire évoluer. » Jusqu’à présent les deux mondes ne se connaissaient pas. « Aujourd’hui tout change, les start-up comprennent l’intérêt des grandes entreprises et vice-versa », conclut Philippe Silberzahn.Février 2016 63associé à l’école Polytechnique. difficile car les grandes entreprises ont toutes une histoire, contrairement aux start-up qui se lancent sur le marché de rupture sans passé et sans rien à perdre. Un risque que les entreprises ne peuvent pas se]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27STrATéGie & iNNOvATiON NUMériQUe Regard digital - Nomination, devenu spécialiste smart data Entretien avec une figure clé de la transformation numériquee-MutationVotre activité a-t-elle évo- lué avec les années ? Nous faisons le même métier qu’il y a 13 ans, lorsque nous avons commencé. A l’époque, nous avons sim- plement décidé d’industria- liser le principe des carnets de nomination. en effet il s’agit d’un bon moment pour entrer en contact avec une personne. C’est pourquoi les carnets de nominations de la presse écrite sont généra- lement très lus. Nous avons innové en proposant des in- formations en ligne et en mettant en place une news- letter, à une époque où les lettres papiers étaient encore en vogue. depuis nous avonsgnements sur le moment où elle est le plus joignable, sur le fait qu’elle met en place un projet de formation rH par exemple, ou qu’elle in- tervient sur telle conférence digitale dans deux mois à tel endroit. Suffisant pour que notre client prévoitplexité de l’offre sur le mar- ché.Qu’entendez-vous par transformation digitale au juste ?Une telle révolution ne se réalise pas seulement par lesEt pourquoi pas un jour prévoir qui va être recruté grâce aux data ?mise en place de nouveaux prestataires. Aujourd’hui nous avons répertorié une vingtaine de signaux : la no- mination, mais aussi l’op- portunité de rencontre, les levées de fonds, les projets internationaux, le lancementde l’achat à l’accès à l’in- formation en allant jusqu’au suivi commercial, puisque la solution dispose même d’un mini-CrM intégré.pas échappé à la résistance au changement. Nous avons beaucoup informé en interne sur les nouveaux projets, et recruté une dizaine de per- sonnes en quelques mois, briefées précisément sur la philosophie et les nouvelles offres.Vos concurrents ont-ils tous fait de même ? Certains acteurs « old school », mastodontes qui dépendent de fonds d’inves- tissements, n’éprouvent pas encore le besoin de se trans- former, mais ils courent le risque de se faire déborder un jour ou l’autre par de nou- veaux acteurs plus agiles. depuis trois ans des pure players de l’internet sont ap- parus, avec une offre bien construite, mais qui implique à 100% la technologie, donc produisant une information sans certification ni modéra- tion. Nous revendiquons un positionnement intermédiaire, avec un savant dosage d’hu-Serge Papo, Pdg de Nomination, raconte la révolution digitale de sa société qui commercialise des solutions de sales performance, via des signaux d’affaires sur les décideurs. eclairant...Quels sont les avantages d’une plus grande digita-grandi, et nos outils aussi.Nous avons digitalisé toute la phase de collecte, afin de mâcher le travail des enquêteurs. Aupara- vant ils devaient tout cer- tifier avec la même in- tensité. Aujourd’hui ils peuvent consacrer leur énergie à des analyses plus complexes. Nous ga- gnons un temps considé- rable. Le big data est sur toutes les lèvres mais l’en- jeu de demain reste la confiance dans l’infor- mation. regardez le retail et le e-commerce, où de plus en plus de méca- nismes sont imaginés pour donner confiance au client. il y aura toujours plus d’instances de certi- fications, cela va dans le sens de l’histoire. en ou- tre, nos nouveaux services peuvent s’appliquer aux candidats et employeurs,Pourquoi jugez-vous que le contexte a changé ? Les concurrents sur le net se font plus nombreux et surtout les réseaux sociaux plus matures remplissent une partie de notre rôle. Les gens finissent par acquérir l’in- formation brute en ligne par eux-mêmes. Mais ce dont ils ont besoin, c’est de la bonne information sur le bon décideur au bon mo- ment. Nos clients, qui sont des directeurs marketing et commerciaux d’entreprises de services et de conseils BtoB, s’abonnent chez nous pour obtenir cette précision. Par exemple ils veulent im- médiatement cerner parmi les 40 directeurs commer- ciaux d’Altran celui qui a le pouvoir de décision pour ac- cepter leur offre en one toCela revient à être beau- coup plus précis dans les renseignements donnés ? La data brute que nous ven- dions par le passé n’aura plus de valeur demain. Au- jourd’hui, nous proposons de l’efficacité commerciale. Nous sommes à même de dire que c’est cette personne qu’il faut appeler, donnant sa ligne directe, des rensei-64 Février 2016Est-ce à dire que votre prestation est désor- mais uniquement technologique ? Non. Notre postulat est que les corrélations ap- portées par la technologie ne sont pas suffisantes. il importe d’adopter un savant mélange entre le digital et l’humain. Nos 37 enquêteurs-analystesmain et de technologie.one.Nouveaux profils dans le Codir, nouveaux outils, nouvelle culture. Certains, résistant au changement, n’ont pas adhéréComment réalise-t-on en interne un tel changement de modèle ?il est impossible de se digi- taliser entièrement sans chan- ger l’AdN de l’entreprise, sans faire entrer de nouveaux profils au Codir, comme le chief digital officer. Ceux qui ont tenté une transformation avec une structure en paral- lèle, sans rien changer dans les pouvoirs de décision ou les budgets, ont échoué. Le manager doit s’entourer de nouveaux profils plus digi- taux. Ayant créé une start-up par le passé, j’étais en accord avec ce principe. Mais des gens sont partis parce qu’ils n’adhéraient pas au plan de transformation. Nous n’avonsde la rencontrer et de lui faire une proposition. de- puis un an et demi, nous avons entamé un plan de transformation, initiale- ment pour des raisons défensives, mais nous avons vite réalisé que cette révolution digitale ouvrait de nouvelles op- portunités en nous don- nant la possibilité de pro- poser de nouveaux ser- vices.lisation ?entretiennent donc une re- lation humaine avec plus de 250 000 décideurs, que nous appelons au minimum une fois dans l’année pouroutils. C’est toute la culture d’entreprise qu’il faut revoir. Premièrement, nous avons instauré une organisation permettant de mettre en œu-de marque... qui sont autant d’opportunités de faire du business pour nos clients. Troisièmement, nous avons étoffé le produit, mettant ence qui nous laisse entrevoir un nouveau marché en pers- pective, celui de l’emploi.Etes-vous optimiste quant à la capacité des entre- prises hexagonales à s’adapter ? energie et innovation sont au rendez-vous, mais les en- treprises ont encore du mal à accepter qu’un salarié qui a10ou15ansdemoinsque les autres entre au Codir pourvu de budgets et de pou- voir, particulièrement dans les grands groupes. d’où le turnover important des chief digital officers, qui, après s’être battus pour imposerconnaître leur évolution, jouer le rôle de certification et de modération. Cette part d’humain se retrouve aussi dans la relation au client, avec un service prépondérant de conseillers téléphoniques, pour l’aider dans son ciblage et ses programmes marketing sophistiqués. Ce client a da- vantage besoin d’être ac- compagné qu’il y a cinq ans car il est troublé par la com-vre en continu et de manière plus agile des projets r&d et prototypes de solutions. deuxièmement, nous déve- loppons des offres diffé- rentes, en vendant de l’effi- cacité commerciale. Aupa- ravant nous n’avions qu’un signal d’affaires, la nomi- nation en tant que telle puisque généralement l’ar- rivée d’un nouveau directeur marketing est synonyme deplace une application mobile pour nos clients qui sont en général des commerciaux nomades, avec une timeline qui restitue l’actualité. enfin, nous lançons un nouveau site dénommé NomiOne pour une offre spécifique dédiée aux TPe, totalement ajustée à leurs ressources financières –plus limitées- et à leurs besoins fonction- nels : tout se fait en ligne,fonctionnement,un nouveau.jettent l’éponge parce qu’ils ne se sentent pas soutenus par la direction. des start-up plus agiles vont grignoter des parts de marché. La mue se fera alors au changement de génération, ou brutalement parce que les entreprises sont dépassées.Propos recueillis par Julien TarbytruocraH©Studio]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27STrATéGie & iNNOvATiON NUMériQUe Décryptage - Les Frenchies au CES de Las VegasL'occasion pour EcoRéseau Business d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation NumériqueUne année connectée en perspectiveL LeConsumerelectronicShow2016,tenudu6au9janvier,aencoredonnélapartbelleauxFrenchies. Au programme objets connectés, automobile et drones.e CeS de las ve- treprises exposantes, dont gas, qui se tient 190 start-up – un nombre tous les ans en qui fait de l’Hexagone lejanvier, est le passage deuxième pays le plus re-obligé pour toute entre- prise ayant un tant soit peu à voir avec les nou- velles technologies. Au- tant dire que de plus en plus de secteurs d’acti- vités sont représentés au salon, et leurs acteurs ne sont plus seulement des visiteurs. « Nous antici- pons la présentation de plus de 20000 nouveaux produits, répartis dans plus de 20 catégories dif- férentes », souligne Alli- son Fried, directrice de la communication pour les événements globaux chez CTA, les organisa- teurs du salon. C’est là que les tendances mar- quantes de l’année se font jour, et que les dernières innovations sont dévoi- lées. C’est ce qui rend la présence au CeS aussi intéressante pour les en- treprises : non seulementprésenté chez les jeunes pousses, juste derrière les etats-Unis (193 expo- sants) et loin devant les autres pays européens. il faut dire que l’expertise reconnue des ingénieurs français en matière d’ob- jets connectés joue en leur faveur, l’Internet of Things (ioT) étant l’une des tendances majeures du moment.le salon peut générer une exposition médiatique ra- pide et de grande am-Présentationpleur, mais il est surtout l’endroit rêvé pour mon- trer ses produits, recueillirles réactions des profes- sionnels et faire des ren- contres qui peuvent tout changer – aussi bien pour des start-up innovantes que pour des grandes en- treprises à la recherche d’idées et de partenariats. « Nous avons la chance d’avoir des entrepreneurs qui sortent des produits innovants et des patrons emblématiques qui s’en- gagent. C’est aussi pourdans leur voyage à Las vegas. « Nous voulons que le maximum de per- sonnes viennent nous voir, avec l’idée de les inté- resser à la campagne Kickstarter que nous lan- cerons bientôt. Nous vou- lons en fait être prêts pour Noël 2016. Du coup, nous espérons également rencontrer des fabricants, des distributeurs... », dé- crit Narayanan vijayara-ça plane pour eux au CES...LE BOOM DES OBJETS CONNEC- TÉS UTILESSi l’ioT semble s’insérer partout, les objets connec- tés se multiplient parti- culièrement pour le smar- thome (la maison connec- tée), la santé et l’auto- mobile. Si l’on en croit les divers stands du salon, il n’existe pas un objet chez soi qui ne soit des- tiné à devenir connecté – de l’ampoule au réfri- gérateur en passant par les chaussures. Parmi les produits prometteurs, un variateur de lumière sans fil et sans piles, déve- loppé par enerbee, une start-up grenobloise qui s’était fait remarquer l’année dernière au CeS avec un micro-générateurLe CES, étape devenue obligéeL’aventure a commencé en 1967. Le premier CES (Consumer Electronic Show, Salon de l’électronique grand public) se tient alors à New York, et attire déjà plus de 17000 visiteurs. Au fil des ans, la formule et la localisation évoluent, et le succès se fait grandissant. Parmi les nouveautés présentées dans le salon, on peut citer le magnétoscope, le compact-disc, la télévision haute définition, la Xbox... Depuis quelques années, le salon a pris une nouvelle dimension, devenant incontournable non seulement pour les acteurs du numérique mais aussi pour le monde industriel, comme l’automobile, l’aéronautique ou la santé – entre autres à cause de la généralisation de l’électronique. « Le CES est devenu une vitrine globale pour l’innovation, explique Allison Fried, directrice de la communication pour les événements globaux chez CTA, les organisateurs du salon. C’est devenu le lieu de rassemblement pour tous ceux qui tirent profit du business de l’électronique grand public. Il est unique car il réunit des entreprises traditionnelles, des start-up et des innovations fortes et disruptives. » Le succès du CES s’explique en partie par le fait qu’il se tient en janvier, et est donc la vitrine idéale pour exhiber des produits et prototypes qui seront vendus lors des fêtes de fin d’année. L’autre facteur essentiel est que l’importance du salon en fait un lieu unique pour rencontrer des futurs partenaires ou clients. Plus de 160000 visiteurs – tous des professionnels – ont fait le déplacement pour cette édition. Pour les start-up notamment, le CES rassemble tous les grands donneurs d’ordres et les investisseurs qui pourraient les aider à concrétiser leurs projets. Tout peut se passer en un éclair : le salon abonde d’anecdotes et de rendez- vous impromptus obtenus au hasard d’une conversation. Encore faut-il arriver à sedémarquer des autres exposants, ce qui n’est pas nécessairement chose facile.66 Février 2016190 start-up, la France est le deuxième pays le plus représenté, juste derrière les Etats-Unis et leurs 193 jeunes poussesnous l’occasion de créer des contacts avec des Venture Capitalists et des acheteurs », expliquait eric Morand, chef du dé- partement Tech & Ser- vices de Business France, l’agence nationale au ser- vice de l’internationali- sation de l’économie fran- çaise, qui a soutenu 22 jeunes pousses françaisesghavan, président de Bluemint Labs, qui pré- sente Bixi, qui permet de contrôler par les gestes ses objets connectés. L’année dernière la pré- sence française forte (plus de 120 entreprises et start-up) avait été remar- quée. en 2016, l’Hexa- gone a frappé encore plus fort, avec plus de 210 en-récupérant et convertis- sant l’énergie du mouve- ment pour produire de l’électricité. « Notre pré- sence l’année dernière a eu un impact sur la levée de fond que nous avons menée, explique Marine Tabarin, Marketing & Communication manager chez enerbee. Y aller une deuxième fois nous a]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frDécryptage - Les Frenchies au CES de Las Vegas STrATéGie & iNNOvATiON NUMériQUedonné l’opportunité de montrer les progrès réa- lisés, de tester le produit, de profiter d’éventuellescomptes, le plus actif a été la Poste, qui était ve- nue avec 15 start-up, qua- tre grands comptes et...évolutives et personnali- sables, électriques ou hy- brides, qui sont assem- blées et vendues par desdans cette catégorie (ap- pareils photos, casques, stockage sans fil, mais aussi vibromasseur – quiPatte hexagonaleUn soutien fort aux jeunes poussesUne vraie réussite. En à peine deux ans, la réputation de la France en matière d’innovation technologique est re- montée en flèche. Si les ingénieurs hexagonaux ont tou- jours eu bonne réputation, cela n’a pas toujours été le cas pour le cadre entrepreneurial. Or, avec la forte im- pression créée l’année dernière par le contingent français – confirmée cette année –, être Français est maintenant presque un avantage.Si la domination des objets connectés y est pour quelque chose (c’est un domaine où les susdits ingénieurs sont un atout important), cette nouvelle french touch numérique doit beaucoup aux efforts gouvernementaux. Il faut dire que les dispositifs d’aide aux start-up abondent (ce qui ne veut pas dire que les jeunes pousses françaises pré- sentes au CES ne le méritent pas : elles ont toutes passé la sélection imposée par les organisateurs). Entre le label French Tech, les nombreux investissements réalisés par la BPI, les multiples initiatives et incubateurs privés et publics (notamment régionaux) pour soutenir et ac- compagner les entreprises, les start-up françaises béné- ficient d’un soutien quasiment unique au monde – y compris quand il s’agit d’aller à Las Vegas. « Il existe des aides financières intéressantes, par exemple la prise en charge du coût du stand, du transport... C’est parti- culièrement important pour les start-up, car ce ne sont pas des sommes négligeables », détaille Marine Tabarin, Marketing & Communication manager chez Enerbee, qui faisait partie du contingent soutenu par Business France, l’agence nationale au service de l’internationali- sation de l’économie française. « Mais cela ne s’arrête pas là : nous avons aussi du coaching pour gérer la presse, ils organisent des réunions et des événements pour créer des rencontres... », continue Marine Tabarin. De quoi mettre tous les atouts de son côté pour séduire d’éventuels partenaires.MyECG, le premier électrocardiogramme de poche sans fil,opportunités de business – rencontrer des distri- buteurs, des fournisseurs, des sous-traitants... » dans le secteur de la santé, là encore, les Fran- çais se sont fait remar- quer, notamment Wi- things, déjà bien établie dans le domaine. L’en- treprise a reçu deux in- novation Awards (des ré- compenses décernées unintelligent et connecté au monde© 3dAprès Kit de K2000, voici les voitures en kitconnectées haut de gamme, c’est carrément la consécration : Apple aque les drones sont là pour rester. Si certains produits ont créé des re- mous dans les médias, comme le drone géant chinois capable de trans- porter une personne, la star du salon a été sans conteste le français Par- rot, qui jouit déjà d’une solide réputation. Non seulement leur drone nau- tique, l’Hydrofoil, a rem- porté un innovation Award, mais leur dernier modèle, baptisé disco, apeu avant le salon, et qui distinguent des produits bientôt disponibles et qui devraient avoir un impact fort ; la France en a ré- colté 20 cette année) pour son thermomètre connecté Thermo, qui permet une prise de tem- pérature rapide, précise et qui ne nécessite pas de manipulation hasar- deuse. La société montrait également son dernier modèle de traqueur, sous forme de montre intelli- gente. La société visio- med a elle aussi reçu un innovation Award pour MyeCG, le premier élec- trocardiogramme de poche sans fil, intelligent et connecté au monde. de quoi conforter leur position d’acteurs à sui- vre. Parmi les grandssanté sont deux tendances de fond pour les objets connectés, elles ne sont pas récentes. en revanche, cette année, l’automobile s’est retrouvée propulsée sur le devant de la scène. entre les boîtiers connec- tés de Coyote, une caméra qui permet de donner des fonctionnalités modernes à des voitures anciennes, et des démonstrations de l’intérêt de conjuguer un assistant personnel et une voiture, plusieurs constructeurs (Mercedes, Ford, Toyota, Audi...) avaient amené leurs der- niers prototypes, plus ou moins autonomes et connectés. Mais la plus grosse surprise est venue de FranceCraft Automo- biles, une start-up qui pré- sente des voitures en kit,tous les suf-des facteurs. elle comp- tait notamment sur son stand la société Gablys, qui présentait un petit module pour ordinateurs, le Lockit, qui bloque l’ap- pareil lorsque l’utilisateur s’éloigne trop.garages locaux. des mo- dèles sont déjà en circu- lation-test en Franceest français et a remporté un innovation Award...). Si les écrans et la réalité virtuelle restent trustés par les grands comptes, des start-up françaises ont réussi à faire le buzz sur des créneaux spéci- fiques, notamment 10- vins (prononcer divine à l’anglaise), qui s’est vue couronnée meilleure start- up du CeS 2016. La jeune entreprise nantaise a inventé une machine à capsules permettant de déguster du vin au verre, selon un système qui rap- pelle les cafés Nespresso. Par ailleurs, c’est dans le domaine du son que deux autres acteurs hexa- gonaux tirent leur épingle du jeu. Ubithings – en- core une jeune pousse – a remporté un innovation Award pour son boitier Prizm, qui choisit auto- matiquement la musique à diffuser en fonction des gens présents dans la pièce et de l’ambiance. Le produit devrait être commercialisé cette an- née, le salon – et la dis- tinction remportée – ayantL’AUTOMOBILE SOUS LES FEUXDES PROJECTEURS Si le smarthome et laL’AGRÉABLE SE TAILLE LA PARTDU LIONMalgré l’importance prise par les objets connectés utiles, le CeS reste un salon destiné à l’électro- nique à destination du grand public – et cela♫ Couleur café, que j’aime ta couleur café...♫remporté .frages : cette aile volante de plus d’un mètre d’en- vergure pour moins de 700 grammes permet de filmer en haute définition pendant 45 minutes en volant à 80 km/h. de quoi vraiment se prendre pour un oiseau.veut dire destiné aux loi- sirs. Peu étonnant donc que la majorité des pro- duits présentés rentrepermis à Ubithings de trouver des partenaires. Quant à devialet, qui fa- brique des enceintesannoncé que leurs pro- duits seront distribués dans les Apple Stores. enfin, ce CeS confirmeJean-Marie BenoistFévrier 2016 67]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27STrATéGie & iNNOvATiON NUMériQUe Haute résolution - Où investir dans le numérique en 2016 ? Focus sur un sujet high tech dans l'air du tempsAiguillage numériqueUne entreprise cherche constamment à optimiser ses démarches, son fonctionnement, son organisation par le digital. Mais par où commencer ?Mots-clés          2Fiction1- Sécurité informatique 2- Dématérialisation3- Cloud et hébergement 4- ERPLa confidentialité, quelle confidentialité ? Histoire d’un jeune chef d’entreprise qui a confondu vitesse et précipitation.Par Cyril MichaudJ 5- Agences digitales et référencementnateur est devenu une arme aussi meurtrière que la kalachnikov pour des terroristes qui n’hésitent plus à bombarder de virus l’économie occidentale. en France, dans ce contexte de crispation internatio- nale, PMe et grandes entreprises sont sur les dents. L’an dernier, plus des trois quarts d’entre elles ont vu leurs systèmes informatiques infectés et dévastés par des cybervirus. Michael Nette, 35 ans, diplômé d’une grande école de commerce parisienne a dé- veloppé, il y a sept ans,DÉMATÉRIALISER ET SÉCURISERune conciergerie de luxesur internet. Succès ful-gurant à grand renfort depublicité digitale5. Nette-Services.com, son entre-prise, qui s’adresse à uneclientèle haut de gamme,est devenue le leader dusecteur, s’affichant auxquatre coins de la Toilesur les sites et réseauxsociaux fréquentés desCSP+. Michael Nette,pour séduire les plus for-tunés d’entre nous, s’estdonné les moyens de sesambitions, déployant unplan de communicationultra efficace bâti sur unseul critère : la confiden-tialité. Obnubilé par lebien-être de ses clients,Michael, dont l’emploidu temps ressemble à celui d’un patron du CAC 40, multiplie, au quotidien, les rendez-vous d’affaires, de jour comme de nuit, afin d’offrir toujours davan- tage de services à ceux qui lui font confiance : po- litiques, artistes, sportifs, industriels, people, youtubers. réputé pour son carnet d’adresses, Mi- chael Nette l’est tout autant pour sa discrétion, et surtout celle de son personnel : une brigade consti- tuée d’une centaine de personnes œuvre aujourd’hui au sein de NetteServices.com, qui dispose notam- ment de sa propre agence de voyage. Ce sont elles, ces personnes de l’ombre, soumises au secret pro- fessionnel, qui par exemple, vont aller chercher les paquets pour Noël, se chargent de placer en lieu sûr les animaux de compagnie au moment des va- cances, assurent un service de repas, ménage et pressing continu, ou encore réservent le restaurant du samedi soir dans les plus chics établissements de la capitale. Michael, compte tenu de la crois-L’histoire pourtant est cousue de fil blanc... A force d’avoir toujours remis au lendemain cette priorité qu’est la gestion de projet informatique, par méconnaissance mais surtout faute de temps, Michael a confondu vi- tesse et précipitation et a fini par s’exposer au pire. Sans doute aurait-il été bien inspiré de relire La Fontaine et sa fable de La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf, lorsque son entre- prise s’est mise à gravir quatre à quatre les marches du succès, en in- vestissant – ce qu’il n’a pas fait – dans un erP4 digne de ce nom ? Cette dépense lui aurait nonamais, depuis cette cuments est aussi le cloud, année 2015, nous bien qu’il existe des craintes n’avions autant entendu – souvent fantasmées – au-023. La planète est en état d’alerte maximale, plongée depuis trois ans dans une cyber guerre dont elle ne parvient pas à se relever. L’ordi-sance annuelle à deux chiffres de l’activité de sa so- ciété, n’a pas une minute à lui. Peu de temps pour lire ses mails, encore moins pour stocker et sécuri- ser ses données1. C’est pourtant la hantise de Mi- chael Nette. Que ses fichiers clients se retrouvent exposés à la vue de tous, piratés par des hackers sans vergogne, capables aujourd’hui de s’introduire dans nos ordinateurs comme on lit dans un livre ou- vert. L’idée même que des cyber criminels aient accès aux données ultra confidentielles de sa so- ciété (fiches de paie, listing clients, prestations en tous genres) lui est tout simplement insupportable.parler de terrorisme et de tour de sa capacité à sécuri-hackers qui représentent désormais une véritable me- nace fantôme pour les chefs d’entreprise. L’année der- nière a été marquée par de nombreux piratages et vols de données, dont les cibles ont été multiples : etats, universités, et bien sûr, en- treprises. Sony en a fait les frais. en France, Tv5 Monde aussi. L’Hexagone n’a d’ailleurs pas été épar- gné. Un chiffre avancé par l’etat français fait état d’une hausse de 42% des cyberat- taques sur le territoire natio- nal : piratages de sites, de serveurs, etc. et les PMe ne sont pas à l’abri puisque « les attaques ont plus que doublé pour les entreprises de moins de 250 salariés », selon le ministère des Af- faires etrangères. dans ce contexte plus que préoccu- pant, les patrons n’ont d’au- tre choix que d’investir massivement dans le numé- rique : structurer davantage leurs systèmes informa- tiques, renforcer leur sécu- rité. A l’heure de la montée en puissance de la dématé- rialisation, la solution pour stocker ses données et do-68 Février 2016ser. Une bonne nouvelle, quand même, au sortir de cette année 2015 noire : la résistance tricolore s’orga- nise. Certaines sociétés comme dictao (spécialisée dans la sécurisation des transactions) mais aussi de grands groupes (Thales, Airbus Group, Safran, Bull) ont développé une véritable expertise sur le florissant marché qu’incarne le sec- teur de la cybersécurité, es- timé en France à 4 milliards d’euros et qui chaque année, dans le monde, croît d’environ 10%. Sur le plan législatif, rappelons aussi qu’il existe une loi informa- tique et Libertés imposant aux entreprises d’assurer la sécurité des données à ca- ractère personnel et que depuis 2009, la France s’est dotée d’une AgenceJongler entre les différentes options, mais faire un choix à un moment donné...ale de la sécurité desseulement permis de gagner en efficacité mais sur- tout de consacrer davantage de temps, et une plus large réflexion, à la sécurisation et au stockage des données de sa société dont la croissance semblait exponentielle. Michael Nette n’aurait, par exemple, pas attendu le dernier moment pour emprunter, en 2020, le virage de la dématérialisation2. etait-il seu- lement conscient à l’époque de l’état dans lequel al-nation.systèmes d’information (ANSSi) chargée de proté- ger les intérêts tricolores. Bref, en 2016, la mise en lieu sûr des données sera à n’en point douter pour les entreprises l’enjeu princi- pal, sur le plan numé- rique.lait ba.eu plus de temps, Michael Nette aurait sans doute aussi davantage investi dans le cloud3, plutôt que dans un serveur interne, couteux et déjà vétuste, présentant nettement moins de garanties que celles proposées par des entreprises spécialisées dans le stockage en ligne, aux ressources, elles, illimitées. Nette ne l’a pas vu venir, et ses données ont finale- ment été piratées. Adieu, veau, vache, cochon, cou- vée...sculer le monde trois ans plus tard ? S’il avaitŒ]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frSTrATéGie & iNNOvATiON NUMériQUeCommuniquéJalix, du cloud dans l’ADNDepuis sa création en 2006, Jalix n’a cessé de se démarquer. Intégrateur-conseil en systèmes d’information, la société a également très tôt misé sur le cloud. Stratégie payante : sa double compétence et sa capacité à gérer des projets de A à Z et en transversalité en font aujourd’hui un partenaire unique dans le paysage des PME et grandes entreprises qu’elle accompagne.Infrastructure, infogérance, ERP, CRM, BI et Reporting, pilotage de projets IT... Des mots qui font parfois trembler les diri- geants d’entreprise tant les projets auxquels ils renvoient sont devenus aussi indispensa- bles que complexes. Sauf à disposer en in- terne d’une DSI chevronnée, difficile aujourd’hui de se passer de prestataires pour les réaliser, et tout autant impossible de faire l’impasse. De la petite PME à la grande en- treprise, tous les acteurs ont tôt ou tard à ré- fléchir et agir sur leur système d’information, qu’il s’agisse de déployer un CRM, un ERP, de définir un PRA, ou tout simplement de sauve- garder régulièrement et de manière sécurisée ses données. Ce qui déjà n’est pas simple pour tous. Et dans la jungle des prestations et des prestataires, difficile de se repérer.DU CONSEIL AU DÉVELOPPEMENT DE SOLUTIONSUne première difficulté que résout Jalix, qui propose à la fois conseil et intégration de so- lutions. Fort de cette double compétence, l’en- treprise – qui peut se prévaloir de 15 ans d’expérience dans les systèmes d’information – a développé son offre dans quatre do- maines : la gestion des infrastructures, l’ERP,le CRM, et le BI-Reporting. Une pluralité qui lui permet d’intervenir chez ses clients de la définition de leur besoin à la livraison finale de leur solution en s’appuyant sur un réseau de partenaires pour complémenter éventuel- lement ses prestations. Des besoins qui ne manquent pas, mais que Jalix évalue toujours au plus proche de l’intérêt de son client : pas question, par exemple, de recourir à des dé- veloppements spécifiques si des processusmet ainsi son agilité au service de projets chif- frés de quelques dizaines à quelques cen- taines de milliers d’euros avec la même ambition de simplifier au maximum la vie de ses clients.L’AGILITÉ AU SERVICE DE VOS PROJETSUne faculté qui lui vient également de son in- vestissement précoce dans les approches deJalix,les données clésCA 2015 : 1,9 millions d’euros Effectif : 15 personnes2 métiers : conseil et intégra- tion de solutions4 domaines d’intervention : Gestion des infrastructures, ERP, CRM, BI-ReportingPartenaires : Orange Cloud for Business, Microsoft, oodrive, Re- port One, RLF, Noteo Solutions, Ortems, Cymbioz, b.a.s, Références : voyages-sncf.com, Oxybul Eveil et Jeux, Editions La- rivière, Endemol, ACMF, Canal+, SNCF réseaux, id verde, Dometic, John Paul, Kinetec, Atelier du vins, Ateliers des Chefs, Oberthur Cash Protection, Ondeo system, Les Glénans, Virgin Mobiles, Jura, SIA, Deezer...En partenariat avec Orange Cloud for Business, Jalix lancera en 2016la première solution d’infogérance entièrement clé en mainstandards sont envisageables. Jalix s’est ainsi fait une spécialité de l’intégration de solu- tions, pour des PME et ETI, de solutions tra- ditionnellement réservées aux grandes entreprises. Capable d’intervenir aussi bien pour une PME locale que dans toutes les fi- liales européennes d’un groupe, l’intégrateur- conseil basé près de Roissy-Charles de Gaullequoi aussi stimuler aussi son propre dévelop- pement : l’entreprise, qui envisage en 2016 de doubler son chiffre d’affaires en infogé- rance, a récemment étoffé son équipe com- merciale et de helpdesk, et prévoit d’ouvrir une filiale en Suisse. Toujours pour continuer à assurer la meilleure qualité de service à ses clients...type «cloud », qui lui confèrent aujourd’hui une solide expertise en la matière. De fait, avec « le cloud vraiment dans l’ADN » selon les mots de son diri- geant (voir interview), Jalix s’est doté de quelques longueurs d’avance. De quoi inspirer la confiance à ses clients comme à de grands partenaires, à l’instar d’Orange, avec lequel Jalix lan- cera en 2016 la première solution d’in- fogérance entièrement clé en main. DeTrois questions à Cédric TERNOIS, Président de Jalix Services.com« Tout ce qui est solution cloud est vraiment notre ADN »Quelle est la spécificité de Jalix dans son sec- teur ?Notre double expertise – de conseil et intégrateur – est un premier avantage pour nos clients car nous sommes en mesure d’accompagner l’intégralité de leurs projets. En cela nos partenariats techniques et métiers sont également déterminants. Mais par ailleurs, nous avons la spécificité d’avoir très tôt développé une compétence cloud que nous savons décliner en trans- versal dans tous nos services. Nous avons par exemple été les premiers à pouvoir fournir une offre ERP Micro- soft Dynamics NAV en mode cloud. Quand Microsoft l’an dernier a sorti sa plateforme hébergement à des- tination de ses partenaires, il n’a agréé que deux pres- tataires en France, dont nous sommes grâce à cettedouble compétence. Tout ce qui est solution cloud est vraiment notre ADN, ce qui nous différencie fortement.Quelle est la prochaine innovation de Jalix ?En 2016, nous proposerons une offre intégralement packagée pour l’infogérance, en partenariat avec Orange et sa filiale Cloud for Business Nous sommes en effet désormais en mesure de proposer à nos clients souhaitant externaliser leur SI une solution incluant ser- vices et infrastructure. C’est pour eux un considérable gain de temps et d’efficacité : plus besoin de gérer un prestataire pour la partie serveur, un autre pour les ser- vices, un autre pour la transition... Avec le risque que tous se renvoient la balle en cas de difficulté. Le béné- fice en est donc très simple mais très attrayant : un seulprestataire, un seul contrat, une seule responsabilité.Et du côté de l’international ?Nos métiers exigent que nous sachions intervenir par- tout où sont nos clients, principalement aujourd’hui en Europe où nous avons couvert jusqu’à 22 pays pour un projet. En 2016, nous prévoyons d’ouvrir une nou- velle implantation en Suisse, en plus de notre siège près de Roissy-Charles de Gaulle, et notre bureau parisien. Cela nous permettra d’être en position centrale pour accompagner plus facilement nos clients européens, avec notre partenaire oodrive. C’est en outre un mar- ché à fort potentiel, sur lequel nous nous investirons pleinement.Contact : +33 3 62 61 38 60 – www.jalix.frFévrier 2016 69]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27STrATéGie & iNNOvATiON NUMériQUe Haute résolution - Où investir dans le numérique en 2016 ?1/ CONSOLIDER SA SÉCURITÉ INFORMATIQUE Un bon investissement sans conteste. Face aux logiciels malveillants, il devient urgent de se protéger davantage, en faisant appel aux services d’entreprises spécialisées dans la cybersécurité. C’est le cas du groupe Capgemini-Sogeti (www.fr.sogeti.com), 20000 collaborateurs dans le monde : « Nos clients sont confrontés à une évolution de leursstocker ces documents ? Plus que dans un bon vieux disque dur, investissez dans des coffres-forts numériques, certifiés inviolables. digiposte Pass (La Poste) ou CdC Arkhinéo (Caisse des dépôts) assureront l’intégrité de vos documents et ce, sans limite de temps. Autres prestataires : itesoft, Cryptolog ou Concur, spécialisée dans la gestion des notes de frais.et par an. Manque de formation et mauvaise utilisation des fonctionnalités en sont les principales raisons. Une entreprise comme Comarch, éditeur de solutions erP et acteur incon- tournable du secteur en France, saura optimiser votre in- vestissement. Autre prestataire : divalto, éditeur de logiciels de gestion depuis plus de 30 ans.systèmes d’information, à une trans- formation numérique, à l’arrivée massive du cloud et pour autant ils veulent absolument que la sé- curité reste quelque chose de sim- ple », explique Jean-Marc Bian- chini, directeur sécurité de Sogeti3/ CHOISIR LE BON « NUAGE »Mails, réseaux sociaux, portails internet, outils de productivité... Si votre société utilise un de ces services, c’est qu’elle a déjà eu recours au « cloud computing ». Le cloud, aujourd’hui, c’est un fait, est synonyme d’économies pour les entreprises qui l’utilisent. Loué pour sa flexibilité, il permet de réduire les coûts : gain d’argent (plus besoin d’investir en interne dans un serveur) et de temps – 11% en moins consacré à5/ SEO : MISER SUR LE LONG TERMEQuoi de plus naturel aujourd’hui que d’avoir recours aux services d’une agence digitale afin de booster le référencement de votre société ? Privilégiez une stratégie sur le long terme, car mettre en place une politique SeO (optimisation des moteurs de recherche) efficace demande du temps et nécessite quelques moyens. Sur la durée, le SeO va booster le trafic organique du site web de votre entreprise : leFrance. L’offre de la société repose sur trois piliers principaux : le conseil, la protection et la surveillance des systèmes d’information de données des clients. Autres prestataires : Trend Micro, eset... Pour la sé-l’informatique. Gain de produc- tivité aussi pour 59% des PMe. Lequel choisir ? SaaS, iaaS, PaaS ? Public ? Privé ? Hybride ? Google drive est l’une des so- lutions les plus connues demultiplier par dix sur une période de trois à cinq ans reste une pré- vision assez réaliste, en déve- loppant un certain nombre de segments : adwords, bannières pub, affichage, partenariats web. Tout cela prend du temps. C’estcurité des biens et personnes : Securitas, etc.2/NUMÉRISER SES DOCUMENTS ET FICHES DE PAIEMarché en pleine expansion, la dématérialisation devrait encore gagner du terrain en 2016. La loi d’Habilitation pro- mulguée par le ministère de l’economie et des Finances rendant obligatoire, dans le public, la numérisation des bulletins de paie à compter de 2020, devrait également ac- célérer le process dans le privé. dématérialiser revient à simplifier les démarches et surtout faire des économies.stockage en ligne ; One drive sera parfait si vous maitrisez l’écosystème Microsoft, mais aussi : iBM qui vient de s’offrir Clearleap, fournisseur de vidéo dans le cloud, ou SugarSync, spécialisée dans la syn- chronisation des fichiers. enfin, si vous privilégiez les solutions « made in France » il existe HubiC, offre de stockage lancée par OvH et Jalix. Toutes sont bonnes.la raison pour laquelle avoir recours à une agence digitale reste le moyen le plus rapide et le plus efficace de gagner en visibilité sur le Net. Certaines agences, qu’elles soient basées à Paris ou en Province, s’en acquittent très bien : 5eme gauche a par exemple reçu cette année le prix de la meilleur agence digitale française ; id Agence des Médias Sociaux et Be Angels se sont spécialisées, avec succès, dans les médias sociaux. L’agence digitale lyonnaise C2iS présente également de solides références. enfin, We Are Social a été élue agence de communication digitale deSelon l’OCde, les charges admi- nistratives des entreprises coûte- raient 60 milliards par an en France. en dématérialisant ne se- rait-ce que les bulletins de paie, les PMe réaliseront une économie évaluée entre 20 à 42 centimesQuestion d’usage... et de prix.4/ ERP : PLANIFIER LES RESSOURCES DE SON ENTREPRISEl’année 2015.par document. Comme le souligne la société, spécialisée dans la dématérialisation des documents, « les méthodes manuelles de production et de diffusion des factures papier impliquent des investissements financiers et en temps importants. Cela peut avoir un impact direct sur la rentabilité globale de votre entreprise et entraver son efficacité de traitement jusqu’à 96% ». C’est la raison pour laquelle, d’après l’éditeur de logiciels Open Bee, « 50% des entreprises françaises auront franchi le cap » de la dématérialisation d’ici 2020. La question qui se pose : oùCoordonner l’ensemble des activités d’une entreprise. voilà à quoi servent les erP (enterprise resource Planning), progiciels de gestion intégrés. L’erP n’est pas une mince affaire. il constitue un véritable projet, coûteux de par sa mise en place, contraignant. Mais diablement efficace, àUn nuage toujours plus hautLe marché du cloud computing en France : + 19,5 % en un an. 2014 : 4,1 milliards d’euros.2015 : 4,9 milliards d’euros.2016 : le cloud computing franchira la barre des 5 milliards. Le cloud SaaS (Software as a service) représente 60 % des solutions.Source : cabinet d’études Markess (www.markess.com)® dématique &condition de savoir en tirer sa pleine mesure... en 2014, une étude réa- lisée par Sage révélait que les en- treprises européennes gaspillaient chaque année environ 10 milliards d’euros dans des logiciels de ges- tion, soit 43000 euros par entrepriseGouvernanceLes données Sirene en accès libre dès 2017 !parContexte : Apparu dans les pays anglo-saxons dans les années 2000, l’ouverture des données (open data) représente à la fois un mouvement, une philosophie d’accès à l’information et une pratique de publication de données librement ac- cessibles et exploitables. il s’agit essentiellement de données numériques d’origine publique ou privée relative à des domaines très variés : trans- port, cartographie, statistiques, géographie, so- ciologie, environnement, juridique... Ces données sont diffusées de manière structurée selon une méthode et une licence ouverte garan- tissant son libre accès et sa réutilisation par tous, si possible sans restriction technique (usage de formats propriétaires), juridique (licences restric- tives) limitant notamment leur exploitation et leur reproduction ou encore financière sachant que dans certains cas une rémunération peut néanmoins être exigée pour la réutilisation des données.parence des comptes sur le fonctionnement des institutions mais aussi afin d’encourager l’inno- vation. Cet intérêt se retrouve également au ni- veau d’un chercheur, d’une entreprise, d’une association afin de permettre d’enrichir le débat public et de renforcer la liberté d’information. en France, la politique d’ouverture et de partage des données publiques est pilotée, sous l’autorité du Premier ministre, par la mission etalab, diri- gée par M. Henri verdier. depuis sa création fin 2013, la stratégie de « data.gouv.fr » a consisté à améliorer la recherche et le référencement, et à simplifier la publication et l’ouvrir à tous, per- mettant non seulement aux services publics de publier des données publiques, mais également aux citoyens, associations, entreprises ou parti- culiers, de produire, d’enrichir, de compléter ces données ou de partager des données d’intérêt pu- blic. Aujourd’hui cela représente plus de 355000 informations publiques gratuites et réutilisables. L’etat poursuit sa politique d’ouverture des don- nées publiques et va ainsi ouvrir gratuitement, à partir du 1er janvier 2017, l’accès à la base Sirened’information regroupant près de 10 millions d’établissements, gérée et proposée actuellement avec un accès payant par l’insee (institut national de la statistique et des études économiques). Cette base contient trois types de données sur les entreprises et leurs établissements : identification (numéro, nom, sigle, nature juridique), écono- miques (activité principale, effectif, chiffre d’af- faires) et autres (date de création, localisation). Les usages proposés sont multiples : étude de marché, prospection, recherche, veille, dénom- brement, référencement,...Jean-Marc Rietschexpert international en dématique, président du digital information institute ou d2iCe service dégage actuellement un gain d’envi- ron 10 millions d’euros. Comme espéré par l’etat, gageons que cette ouverture devrait gé- nérer des « bénéfices socio-économiques très importants » dans la mesure où ces données peu- vent effectivement représenter une mine d’in- formations très utiles tant pour les services publics, les grandes entreprises que les start-up qui hésiteront moins à y recourir, compte tenu de leur quasi gratuité.70 Février 2016Quel intérêt : L’intérêt de publier et de partager des données n’est plus à démontrer au niveau des services publics afin de contribuer à la trans-]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frBusiness Story - La diversification de GemaltoRetour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationauxSTrATéGie & iNNOvATiON NUMériQUeroi de la sécuritéP lus d’une carte bancaire sur trois en circulation dans le monde provient de Ge- malto. idem pour environ un tiers des cartes SiM. deux activités sur les- quelles le groupe multi- national (de droit néer- landais) s’adjuge la pre- mière place mondiale. Les chiffres donnent le tournis. Certains prétendent même que, sur la planète, un ha- bitant sur deux a dans sa poche au moins un produit conçu et fabriqué par Ge- malto (carte bancaire, carte SiM, passeport ou carte d’identité électro- nique...). difficile de vé- rifier. Mais c’est sansL'entité née en 2006 de la fusion de Gemplus et Axalto, spécialiste de la carte SiM, a subtilement modifié son positionnement pour trouver une nouvelle croissance.doute votre cas. Legroupeestnéilya bientôt 10 ans, en juin 2006, de la fusion de Gem- plus international et du néerlandais Axalto, dont la contraction des deux noms à donné Gemalto. Gemplus était à l’origine une entreprise française fondée en 1988 et spécia- lisée dans la fabrication des cartes à puces, qui a implanté son siège social à Luxembourg en 2000. Axalto était pour sa part le nom de l’activité « cartes à puces » du groupe Schlumberger. L’union des deux a donné naissance à ce qui repré- sente aujourd’hui le nu- méro un mondial de la sé- curité numérique avec 15000 salariés (dont 3000 en France) et 2,5 milliards d’euros de chiffre d’af- faires (en 2014). « Nous vivons dans un monde de plus en plus connecté et numérique ; pour permet- tre les interactions entre personnes, il y a besoin de mettre en place des connexions sécurisées, car c’est la sécurité qui fonde la confiance dans les échanges », explique Phi- lippe vallée, directeur gé- néral adjoint de Gemalto.Une diversification haute en couleurs.CROISSANCE EXTERNELe déploiement de Ge- malto à l’international se fait par croissance orga- nique et par des opérations de croissance externe en europe, aux etats-Unis et en Asie. Le groupe a no- tamment signé l’an der- nier, pour la bagatelle de 890 millions de dollars, le rachat de l’américain SafeNet, leader mondial de la protection des don- nées et des logiciels. « Cette acquisition fait de Gemalto la référence en matière de sécurité des données, des logiciels et des transactions en ligne, en associant les techno- logies de protection des données au cœur du ré- seau à ses offres d’au- thentification en périphé- rie des réseaux », a ex- pliqué le groupe lors de l’opération.Les principaux marchés internationaux de GemaltoSTRATÉGIE DE DIVERSIFICATION Historiquement, le groupe était essentiellement pré- sent dans les secteurs des télécom et de la banque. Mais il a progressivement développé des segmentssultat : sur 2 milliards d’euros de revenus générés au cours des trois premiers trimestres 2015, près de 650 millions le sont par l’activité « plateformes et services ». Cette stratégie de diversification s’est dé-sence à de nouveaux seg- ments de marché. Au- jourd’hui, le groupe est actif auprès des opérateurs de téléphonie mobile, dans l’internet des objets (vé- hicules, terminaux de points de vente...), le sec-représentait 45% des re- venus de Gemalto ne pèse plus aujourd’hui « que » 20%, du fait de l’essor des autres marchés du groupe. Précisons que ce dernier fournit aujourd’hui pas moins de 450 opérateurs mobiles, 80 etats, 3000 établissements financiers et 30000 entreprises dans la quasi-totalité des pays du monde.mière fois, les banques y ont adopté la carte à puce pour le paiement (norme EMV), explique Philippe vallée. A ce titre, nous avons été amenés à in- vestir dans nos sites de production existants ainsi que dans l’acquisition de moyens de personnalisa- tion supplémentaires. Le marché américain, c’est entre 1 et 1,2 milliard de cartes émises chaque an- née. » de quoi être serein quelques années et per- mettre à Gemalto de main- tenir une croissance moyenne entre 6 et 8%. Mais la vie d’un groupe dont l’activité touche à la sécurité et concerne plu- sieurs milliards de per- sonnes n’est pas sans ac- croc. Ainsi en 2010, Ge- malto, qui était le princi- pal fournisseur en cartes de paiement des banques allemandes, a été désigné comme étant l’un des res- ponsables d’un bug qui a forcé plusieurs millions d’Allemands à payer en liquide. Plus récemment, le groupe a fait l’objet d’allégations affirmant que les services secrets britanniques lui avaient volé des clés de chiffre- ment de cartes SiM sur la période 2010-2011. Après enquête, le groupe a confirmé l’existence d’attaques, mais nié tout « vol massif ». « En tant qu’acteur de la sécurité numérique, Gemalto est régulièrement la cible d’attaques. Ces tentativesde marchés adjacents en complétant ses solutions par une gamme de ser- vices. « Nous avons opéré une transformation stra- tégique de l’entreprise qui nous a permis de passercidée lors de la fusion de Gemplus et Axalto. Les doublons dans les effectifs, notamment dans les ser- vices r&d et commercial, ont été chargés de déve- lopper l’activité de ser-teur bancaire, les contrôles d’accès des entreprises et sur les projets gouverne- mentaux (carte d’identité, carte vitale...). Ce dernier créneau est particulière- ment porteur, notammentSur la planète, un habitant sur deux aurait désormais dans sa poche au moins un produit conçu et fabriqué par Gemalto (CB, carte SIM, passeport...)d’une offre strictement vices. « Plutôt que de ré- grâce à l’essor des sys- sont les etats-Unis (40% hardware à une offre com- duire les effectifs, nous tèmes de vote électronique. de l’activité du groupe), binant produit (passeport avons décidé de réallouer « L’intérêt de cette diver- la zone eMeA (40%) et numérique, carte bancaire, les équipes vers les nou- sification, c’est que nous l’Asie (20%). « En etc.) et plateforme logi- veaux marchés », résume ne dépendons pas d’un 2014/2015, les Etats-Unis cielle », précise Philippe Philippe vallée. seul marché », justifie Phi- sont devenus une zone de vallée. Ce nouveau mix Au fil des années, Gemalto lippe vallée. Ainsi, le seg- développement très im- produit n’est pas sans ré- a également étendu sa pré- ment des cartes SiM qui portante car, pour la pre-u moins so-sont plus o. phistiquées et nous sommes habitués à y faire face. La plupart échouent mais quelques-unes par- viennent parfois à péné- trer la partie externe de notre réseau, qui est ar- chitecturé pour être très sécurisé. »Yann PetiteauxFévrier 2016 71]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27rH & FOrMATiON Réseaux et influence - La Table ronde française, bonne chère et bonnes actionsDécryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networkingM ue par des ambi- tions philanthro- piques, la Table ronde française (TrF) n’a en rien galvaudé le symbole du légendaire roi Arthur pour faire de ses membres des« Adopte, adapte et améliore » Comment rallier une jeunesse d’horizons variés à de nobles causes ?réunir en table ronde, adop- ter les méthodes qui ont fait leurs preuves par le passé, les adapter aux exigences modernes et si possible les améliorer ». La devise naquit dès lors : « Tablemeure un club philanthro- pique qui se nourrit de l’hu- manité des gens. Notre but revient à rapprocher des jeunes de moins de 40 ans issus de milieux profession- nels différents qui partagentçaise ont signé en mars 2006 à dole une convention de partenariat, qui fut renouvelée en 2010. Par cette convention, la TrF participe à la promo- tion du don de sang avec de grands chefs cuisiniers pouret événement pédagogique. « Chaque club local peut aussi choisir d’autres causes. En Normandie, la Table ronde s’est mobilisée autour d’une maladie rare pour financer les équipements médicaux spécifiques. Les actions peu- vent être aussi d’ordre cul- turel », détaille Laurent riotte. et Audren de Saint-Michel, Tabler, de compléter : « Pour la table ronde de Vendôme, nous organisons une “duck race” ou encore une joute locale en partenariat avec l’office de tourisme, les élus et les chefs d’entreprise lo- caux. Notre rôle est de mettre les mains dans le cambouis lors de ces manifestations ». Au plan national, le chantier qui mobilise désormais le bureau général s’attache à donner un nouvel élan à la TrF en séduisant les popu- lations étudiantes. « Nous souhaitons davantage nous faire connaître auprès des Universités et des Grandes Ecoles, notamment en aidant les associations étudiantes. C’est dans ce but que nous soutenons certaines équipes de jeunes participant au “4L Trophy”. »plique Laurent riotte. en termes de fonctionnement, chaque club se réunit deux fois par mois. en général le soir, en semaine autour d’un repas. Le but est d’évoquer l’ordre du jour sur le local et le national. « Chaque table est assez libre, c’est son pré- sident qui sera le moteur en termes d’actions », explique Audren de Saint-Michel. Par- fois, la soirée prend un nou- veau virage et peut devenir l’occasion d’une conférence ou d’une visite d’entreprise. « Le but est de sortir de son cercle. Et de montrer en quoi notre profession est utile à la communauté et les valeurs qu’elle dégage », explique le jeune Tabler de vendôme. Qu’arrive-t-il à ces preux chevaliers une fois qu’ils franchissent le cap des 40 ans?Avraidire,ilestde coutume qu’une fois parve- nues dans la décennie de la maturité, ces jeunes ouailles philanthropiques se destinent à un autre club. Celui des « 41 », qui ne possède pas de limite d’âge... Ces deux clubs sont intimement liés et appartiennent à la fédération de clubs du Quatalogor, qui compte également dans ses rangs le Lady Circle’s France – équivalent de la TrF mais au féminin – et l’Agora Club (à ne pas confondre avec les Agora Clubs, clubs de déci- deurs, cf. EcoRéseau n°26). Toutefois, les synergies ne se limitent pas à cette fédé- ration. et les rencontres sont nombreuses entre par exem- ple Lion’s, rotary et clubs du Quatalogor. Côté cotisa- tions, le montant s’élève à 100 euros pour l’adhésion au niveau national qui com- prend l’organisation du bu- reau et des grands messes nationaux, le dernier raout ayant eu lieu le 14 janvier dernier à Auxerre, puis varie de 50 à 80 euros par mois selon les tables rondes locales.Geoffroy FrameryLa table ronde, les "Lancelot" du caritatif en 2016DEVENIR « TABLER », SIMPLE COMME BONJOUR ?devenir un « Tabler », comme l’on dit dans le jargon, ne relève pas de la gageure. « L’une des conditions in- contournables est la limite d’âge fixée à 40 ans. Cela fonctionne ensuite par coop- tation, voire par demandechevaliers contemporains rê- vant d’améliorer le monde. récit.ronde : adopte, adapte et améliore ». Le succès de la formule s’étend aux pays nordiques puis à la Belgique et à la France juste après la Seconde Guerre mondiale. Sa déclinaison tricolore est créée en 1950 par Lucien Paradis. Notons toutefois que l’initiative de créer la TrF,des valeurs de partage et d’engagement », relate Lau- rent riotte, président de la Table ronde nationale.assurer ponctuellement la res- tauration post-don. d’autres projets se concentrent sur le social et la santé. via l’asso- ciation « Les voiles de l’es- poir », la TrF organise tous les deux ans depuis 2001 une semaine de voile destinée aux enfants en rémission de cancer ou de leucémie. ilDES JEUNESACTIFS AU CENTRE D’ACTIONS CARITATIVES ET SOCIALESLe concept actuel de la Table ronde est inventé en 1926 par Louis Marchesi, un mem- bre du rotary Club de Nor- wich en Grande-Bretagne. Aux autres membres de son club, ce dernier déclare la nécessité « d’échanger leurs propres idées sans se les voir imposer par leurs aînés. Les jeunes veulent penser entre eux. Ce qu’il faut, c’est un club exclusivement réservé aux jeunes ». Pour le Prince de Galles, en 1927, « les jeunes entrepreneurs et pro- fessionnels [...] doivent sePEU D’ÉCHANGE DE CARTES, BEAUCOUP DE BAvous l’aurez compris. Le ré- seautage business est en retraitPas de réseautage direct, mais un enrichissement entre professions diverses autour de questions humanistes et de bons repasdont les membres sont uni- dans ces lieux où la bonne s’agit désormais de la plus sur le site de notre associa- quement des hommes, est au chère fait écho à la bonne grande manifestation nautique tion. Nous souhaitons ouvrir commencement le projet action. Trois grands chantiers française au service d’enfants nos horizons. Ce faisant, une d’une femme. depuis, la TrF nationaux rythment ainsi la atteints de cette maladie, avec des rares contraintes consiste fédère sur le territoire 4000 vie de ces tablées : le don du 100 enfants répartis sur 50 à ne pas avoir deux personnes membres, les « Tablers », sang gastronomique d’abord. voiliers. Les « Pistes de l’ami- de la même profession. Les réunis en 223 Tables rondes L’établissement français du tié » sont enfin un dernier clubs locaux se composent locales. « La Table ronde de- sang et la Table ronde Fran- chantier qui mêle humanisme de 10 à 30 membres », ex-.Prêts à vous lancer ?72Février 2016]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27rH & FOrMATiON ObservatoireBrèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles,les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivitéu La nouvelle année démarre dans la lignée de 2015. Et les mêmes chantiers forts demeurent dans le domaine de la formation continue : celui de l’internationalisation de ses acteurs – mobilité étudiante en plein essor selon la CGE et changement de marque pour l’Audencia, in English please ! – celui des synergies entre écoles – partenariats inédit en France entre les écoles auvergnates, polémique sur l’avenir de Paris-Saclay – ou encore celui, vraiment dans l’air du temps, des programmes sur- mesure certifiants réalisés de concert entre écoles et grands groupes. Et en sus pour ce numéro anniversaire, vous découvrirez dans ces brèves les dernières nouvelles en matière d’executive education – classement du Financial Times, interview du direc- teur exécutif de l’EMBAC... Bonne lecture !Audencia fait peau neuveles hommes, diversité culturelle, de parcours, per- mettant aussi de favoriser les relations intergé- nérationnelles, d’accélérer l’appropriation de la culture d’entreprise, et la prise de responsa- bilités dans les plus hautes fonctions du groupe. » Autrement dit, le groupe Auchan retail inter- national, grâce à ce nouveau programme certifiant, souhaite créer un vivier international de talents à fort potentiel tout en développant et fidélisant les futurs dirigeants identifiés au sein du groupe.en parallèle de la parution de son livre blanc de la communication dans l’enseignement supérieur, l’Audencia débute l’année par un baptême et un changement de marque pour mettre en exergue son positionnement international. Audencia Nantes ecoles de Management devient Audencia Business School et souhaite ainsi renforcer la vi- sibilité de ses sites de Nantes, Paris et Pékin. Pour information, rappelons qu’Audencia a été fondée en 1900. Aujourd’hui, l’école collabore avec 202 institutions académiques dans 57 pays et propose 16 programmes en formation initiale et continue.Source : AudenciaProvenant de neuf pays (France, espagne, Portugal, italie, Hongrie, Pologne, russie, Chine, Taïwan), 35 collaborateurs ou diplômés, triés sur le volet, intégreront à partir de juin ce programme de quatre ans basé sur du “blended learning”, du “reverse mentoring”, du co-développement grâce à l’expertise de l’eSSeC et de Centrale Supélec avec une expérience de six mois à l’étranger et une prise de poste à responsabilité en entreprise dans leur pays d’origine.Auchan Retail lance son 1er Graduate Program avec l’ESSEC et Centrale Supélec« Auchan Graduate Program a pour ambition de recruter et former de nouveaux profils plus jeunes et plus agiles face à des contextes innovants. Nous pourrons ainsi répondre à la demande en jeunes talents de nos Business Units à l’international et enrichir constamment notre vivier de hauts potentiels, explique Philippe Saudo, drH Auchan retail international. Il offrira également la possibilité de diversifier encore plus nos comités de direction : égalité professionnelle entre les femmes etSource : Auchan Graduate ProgramDouzième classement annuel du Financial Times des écoles de commerce européennesRANGECOLEPAYSRANGECOLEPAYS1London Business SchoolRoyaume-Unis15Essec Business SchoolFrance2HEC ParisFrance.........3InseadFrance20Grenoble Graduate School of BusinessFrance4University of St GallenSuisse.........5IE Business SchoolEspagne25Edhec Business SchoolFrance6Esade Business SchoolEspagne.........7Università BocconiItalie29EMLyon Business SchoolFrance8Iese Business SchoolEspagne30Kedge Business SchoolFrance9IMDSuisse.........10University of OxfordRoyaume-Unis49Toulouse Business SchoolFranceBasé sur la performance combinée des principaux classements du FT en 2015 (MBA, executive MBA, programmes exécutifs non diplômants et masters in ma- nagement), le classement des meilleurs écoles européennes est paru en cette fin d’année.Des flux internationaux dynamiques pour les écoles fran- çaisesJuste avant Noël, la Conférence des grandes écoles (CGe) publiait sa neuvième enquête biennale sur la mobilité étudiante. Que retenir ? d’abord une sensible aug- mentation (+21%) sur deux ans des effectifs internationaux (+28% pour les business schools) à laquelle s’ajoutent plus de 8000 ouailles formées sur les campus français en terre étrangère. de même les séjours académiques à l’étranger augmentent (+27%), bien que les stages à l’étranger gardent les mêmes volumes (faible varia- tion).Pour situer le balancier des échanges, les écoles ont accueilli 58000 étudiants et en ont envoyé 54000.74Février 2016]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frObservatoire rH & FOrMATiONEtude EMBAC 2015 : regards sur l’Executive MBAProjets d’avenir pour l’X+ La fin de l’année 2015 fut l’occasion pour l’eMBAC de publier sonenquête annuelle sur les évolutions de l’executive MBA. Quels faitssaillants ? d’abord une progression significative du taux de participationdes femmes atteignant 27,6%. Quid du profil des participants ? Pour le cru2015, ces derniers sont principalement issus des secteurs de l’industrie, des nouvelles technologies, des services financiers et des produits de grande consommation avec un âge moyen de 37,8 ans assorti d’une expérience de 14 ans et de 9 ans en tant que dirigeant. Côté financement, le bât blesse toujours. d’autant plus que moins d’un quart des participants bénéficient d’un financement intégral, tandis que 41% d’entre eux ne jouissent d’aucune aide financière de la part de leur entreprise.-La fin d’année pour Polytechnique fut l’occasion de se projeter dans le futur. Quelles nouvelles mesures ? d’abord, la mise en place d’un nouveau bachelor, le renforcement des liens avec la défense (mise en place de l’enseignement desNB : L’eMBAC fédère 200 écoles et universités qui proposent un eMBA. 91,5% de ses membres ont répondu au questionnaire soutenant l’étude.+ entretien avec Michael desiderio, directeur exécutif de l’eMBAC (executive MBA Council) :Au cours des dix dernières années, quels grands changements ont touché les EMBA ?Les eMBA ont continué à s’adapter aux besoins de formation des populations, avec des ajustements du curriculum pour répondre davantage aux besoins des entreprises de lier stratégiquement chacun de leurs maillons. Ces dernières décennies ont surtout vu se multiplier des électifs dans de nombreux domaines, même si le noyau dur de l’eMBA est toujours en place dans son approche multi-disciplinaire et généraliste. en parallèle, la grande majorité des programmes offre davantage de possibilités expérientielles mondiales pour aider les gestionnaires et les cadres à évoluer dans l’en- vironnement toujours plus global de l’entreprise. enfin, les programmes eMBA se caractérisent par une offre plus personnalisée depuis dix ans, qui se décline sous différentes formes : services de gestion de carrière, coaching, men- torat...Quel est l’avenir de l’EMBA ? Que pouvons-nous attendre dans les dix prochaines années ?théories militaires, pro-motion, lien armée-na-tion...) et l’accélérationde son internationalisationvia le recrutement d’en-seignements chercheursde renom et la mise enplace progressive de pro-grammes en anglais. L’X entend également renforcer ses liens avec les autres écoles du plateau de Saclay – parmi lesquelles Télécom, l’ensta, l’eNSAe, Centrale Supélec et AgroParisTech – pour améliorer l’insertion en mastères spécialisés entre écoles voisines et permettre plus aisément les doubles compétences assorties de doubles diplômes.L’avenir de l’eMBA semble radieux. La raison ? Le besoin est sans cesse plus fort de former davantage de chefs d’entreprise à l’échelle mondiale qui possèdent un sens des affaires aiguisé, doté d’une vue stratégique. A l’image de la demande qui émane de zones géographiques historiquement considérées comme centres de fabrication. Ces régions ont maintenant opéré leur mue économique et les entreprises éprouvent aujourd’hui la nécessité de se pourvoir en dirigeants d’envergure.-L’ecole Polytechnique renouvelle aussi jusqu’en 2020 sa chaire modélisation mathématique et biodiversité avec le concours de la Fondation de l’ecole Polytechnique, de véolia et du Muséum national d’histoire naturelle. Source : PolytechniqueLes destinations pour les séjours académiques par ordre d’importance sont respectivement l’europe de l’Ouest (43%), la Chine et l’Amérique du Nord. L’europe de l’Ouest (50%) reste aussi principalement plébiscitée pour les stages. L’Amérique Latine connaît une belle progression, tandis que l’attractivité de la Chine et de l’Amérique du Nord recule.La double compétence au cœur des volcansLe Maghreb reste la principale zone géographique d’où proviennent les étudiants. La zone Asie Pacifique (inde et Chine notamment) connaît toujours une belle croissance (+33%).Qui a dit qu’il ne se passait rien en Auvergne ? Pour les mauvaises langues, sachez que les huit grandes écoles du territoire clermontois ont signé en décembre une convention cadre de coopération pour renforcer les liens dans les domaines de l’éducation, la formation, la recherche et l’accompagnement vers l’emploi. initiative inédite en France, cette dernière autoriserait une double compétence en complément du cursus de base. L’originalité tient dans la diversité des options possibles permises par les établissements, tous dédiés a priori à des métiers et secteurs bien distincts : eSC Cler- mont, institut français de mécanique avancée, ecole na- tionale Supérieure de Chimie de Clermont-Ferrand, ve- tAgro Sup Clermont, ecole Nationale Supérieure d’Ar- chitecture, ecole Supérieure d’Art, institut Supérieur d’informatique, de modélisation et de leurs applications, Polytech Clermont Ferrand. L’accord concerne 4000 étudiants. Une annonce qui se réalise au moment où est actée la réintégration de l’eSC Clermont à la CGe.Ces chiffres attestent d’une volonté vive des grandes écoles de poursuivre leur processus d’attractivité in- ternationale. en corollaire, le nombre de doubles di- plômes a augmenté de +20%. Le bachelor reste en odeur de sainteté et enregistre une progression de +43%.L’imbroglio Paris-SaclayNB : 88% des 218 écoles membres ont répondu à ce questionnaire.Source : CGEL’annonce du plan stratégique de l’X n’est pas sans sou- lever des interrogations sur le sort de Paris-Saclay. Si la polémique couve depuis bientôt trois ans, les récentes évolutions voulues par l’X ne laissent pas indifférent. Tout comme les 60 millions qui lui seront versés, générosité de l’etat qui fait grincer des dents les univer- sitaires. Ce faisant, enseignants chercheurs et scientifiques de renom se sont fédérés pour exprimer notamment leur sentiment perçu de mépris de l’etat à l’égard du système universitaire français. La question de l’intégration des grandes écoles et de l’X en particulier questionne toujours au regard des prérogatives de l’Université Paris Sud et des laboratoires mixtes. Le clivage université/ingénieur ne semble donc pas s’effacer à la faveur de ce projet, qui ambitionnerait à terme de devenir le vaisseau amiral de l’enseignement supérieur et de la recherche en France. L’annonce des projets d’avenir de Polytechnique s’est également accompagnée d’un rappel d’emmanuel Macron au sujet de la nécessité pour les 14 écoles de travailler ensemble. A ce sujet, elles auront jusqu’au 15 mars pour délivrer un schéma sur leur travail commun en matière de formation, recherche, international et entrepreneuriat. Affaire en cours.Arts et métiers : les campus de Cluny et d’Angers se mettent au bachelorLa mode à petits prix ?A compter de la rentrée de 2016, et dans la lignée de ses cousins de Bor- deaux et Châ- lons-en-Cham- pagne, les cam- pus de Cluny et d’Angers pro- poseront un ba-vendredi 18 décembre, Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Com- munication confirmait le projet d’une grande école de mode publique avec le concours de l’ecole nationale su- périeure des arts déco- ratifs, Paris-dauphine et les Mines, qui devrait se concrétiser à comp- ter de la rentrée prochaine pour rivaliser avec les établis- sements étrangers, avec un dispositif de formation – allant jusqu’au grade master – à la croisée de la création,chelor de technologie qui pourra également servir de marchepied pour la formation d’ingénieur généraliste Arts et Métiers.Source : Arts et métiersde l’ingénierie et du management de la mode.Source : AFPFévrier 201675]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27rH & FOrMATiON Carrières & Talents - Stratégie de communication des grandes écolesAnalyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprisesSavent-elles draguer ?dans quelle mesure les écoles changent-elles stratégiquement de braquet pour optimiser leur communication à 360° ?BS, de Montpellier BS et de nombreux profession- nels de la communication, EcoRéseau Business re- vient sur cette difficile mis- sion et les nouveaux enjeux qui en découlent. Un casse- tête qui recouvre de nom- breux chantiers : capitali- sation et internationalisa- tion des marques, hétéro- généité des publics cibles, révolution du digital, re- lations écoles-médias, concurrence des réseaux sociaux et apprivoisement de leur réputation locale et mondiale. Analyse.DAécoles doivent nécessaire- ment mettre en lumière des produits pédagogiques qui durent toute une vie sur un Cv. « Difficile d’appliquer les règles classiques du marketing au cas de l’enseignement supérieur. L’étudiant doit se reconnaitre dans cet acte d’engagement et cet achat pour son avenir, et être en accord avec le contenu de la formation mais aussi avec les va- leurs, l’histoire et le dis- cours de l’institution », observe Brigitte Fournier, fondatrice et directrice de l’agence Noir sur Blanc. A l’occasion de la publi- cation du « Livre blancVERS UN RETARD BIENTÔT COMBLÉ ? « Etudiants, enseignants, chercheurs, alumni, insti- tutionnels, collectivités ter- ritoriales, entreprises, pa- rents... Il y a encore cinq ou six ans, les écoles s’adressaient à tout le monde de la même ma- nière. Nous leur avons montré l’importance d’adapter leur communi- cation à chaque cible », se souvient Brigitte Four- nier, fondatrice et directrice de l’agence Noir sur Blanc. Par ailleurs, la radiographie des politiques de commu-ifficile de trouver des valeurs intemporelles qui plaisent autant aux parents qu'aux enfants, autant aux anciens qu'aux nouveaux,...contre-courant de l’obsolescence programmée, lessur la communication dans siness School, notamment siness School, de Télécom Grenoble ecole de Mana- nication entre acteurs de l’enseignement supérieur » avec le concours d’eSCP ParisTech, de Centrale et gement et Grenoble iNP, l’enseignement supérieur réalisé par l’Audencia Bu- europe, de Toulouse Bu- des Mines de Nantes, de de l’eSSeC, de Novancia se caractérise par la pro-MarquesUne véritable jungle ?HEC parle à tout le monde. C’est un fait. Mais savez-vous ce que désignent les « Oniris » ou encore l’Université Lille Nord de France ? En raison de fusions ou d’une volonté de visibilité à l’international, de nouvelles marques ont débarqué sur la scène de l’enseignement supérieur : Kedge, Néoma ou encore Skéma en sont les exemples les plus emblématiques. Mais le phénomène n’est pas seulement l’apanage des business schools, en attestent les cas de Sup Aéro et de l’Ecole nationale supérieure d’ingénieur de constructions aéronautiques qui se sont unies sous une seule et même bannière, l’ISAE. A ces changements se superposent des marques dites ombrelles, à l’image de celles prises par les communautés d’universités et d’établissements (COMUE) qui rassemblent en leur sein de nombreux établissements d’obédiences diverses. Télécom ParisTech fait ainsi partie du réseau ParisTech, s’inscrit dans l’Institut Mines Télécom et a intégré récemment la COMUE Paris-Saclay. Dans cet imbroglio de marques, se démarquer revient à réussir à séparer ces différentes appellations pour s’adresser à chaque public visé. Diviser pour mieux régner et surtout éviter de les opposer aux yeux des différentes cibles. Ce n’est donc pas un hasard si en parallèle de ces nombreuses appellations, les écoles souhaitent renforcer leur identité visuelle. Procédé d’ailleurs qui n’est pas toujours bien vu. Comme le prouve le rétropédalage de l’INSEEC qui avait un temps repensé sa marque en l’appelant Insignis, nouveau nom qui avait provoqué une véritable levée de boucliers, notamment chez les alumni. Cela dit les contre-exemples existent et parfois témoignent d’un consensus trouvé entre toutes les parties prenantes à l’image d’IPB (Institut polytechnique de Bordeaux), qui depuis 2014 est devenu Bordeaux INP. Ou encore Polytechnique où chaque communauté de l’école s’est vite retrouvée dans son nouveau blason, l’X auquel est apposé en baseline une mention faisant référence à la COMUE.76Février 2016Œ]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[Christophe, 43 ans. Directeur général, ESSEC Executive Education, promotion 2011.Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Renforcez vos compétences, renouvelez votre projet professionnel et atteignez vos objectifs avec Management Général. 12 mois à Paris, format week-end, 2 immersions à l’étrangerPour les hauts dirigeants.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.FR© Getty Images – 434290515]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27rH & FOrMATiON Carrières & Talents - Stratégie de communication des grandes écolesfessionnalisation inégale de la fonction, ce qui atteste aussi du côté récent de la prise de conscience des enjeux.pondent pas aux mêmes enjeux de déploiement de leur marque. Ces budgets oscillent, selon le « Livre blanc » consacré à la com- munication dans l’ensei- gnement supérieur, entre 500000 et 6 millions d’eu- ros.trale et Audencia, ajoute : « Le modèle économique des écoles change notam- ment en raison de la baisse des subventions publiques. Les écoles doivent donc se réinventer. La communi- cation fait partie des le- viers de progrès. L’école est un creuset de contenus« Nous constatons encore aujourd’hui que les écoles ont rarement la bonne mé- thode pour traiter les dif- férentes problématiques deA noter également une dif-S’adapter au local en rayonnant à l’international. Epouser les codes du pays sans perdre l’ADN de l’école. Mission impossible ?communication externe. Peu d’écoles et d’univer- sités envisagent une com- munication à 360° », constate Brigitte Fournier. et peu d’entre elles d’ail- leurs planifient leur stra- tégie sur plusieurs an- nées...férence de maturité notoire entre les écoles et les uni- versités d’abord, puis entre les écoles d’ingénieurs et les écoles de commerce – ces dernières évoluant dans un milieu plus concurren- tiel qui les a poussées à rapidement penser leurs enjeux de communication. Franck dormont, directeur de la communication à l’Audencia Business School et coordinateur de la communication au sein de l’alliance eNSA, Cen-à forte valeur ajoutée et de richesses entretenus par les enseignants, cher- cheurs, étudiants et alumni. » et raphaël Mul- ler, directeur de la com- munication de l’eSSeC, de compléter : « Ce qui a changé en matière de com- munication, c’est le déve- loppement du digital et d’autre part, l’importance croissante du contenu. Nous réalisons que nos ci- bles sont finalement de moins en moins sensiblesdifficile aussi de comparer les écoles en matière de stratégie de communica- tion, tant le Petit Poucet et les plus grandes écoles ne possèdent pas les mêmes moyens et ne ré-Verrouiller la communication ou laisser les étudiants devenir ambassadeurs ? Un faux dilemme.à une communication clas- sique de type publicitaire. Et de plus en plus sensibles au vécu des étudiants : té- moignages, vidéos, pho- tos... » en ce sens, les écoles ouvrent le champ des possibles en impliquant les alumni – sortes d’am- bassadeurs tout terrain tant en France qu’à l’étran- ger – , orientent leur site dans une optique de plus en plus « contenus » et vulgarisent la recherche et l’innovation. Le tout cou- ronné, bien évidemment, par une marque de plus en plus mise en valeur et dé- clinée à toutes les sauces, du support classique qu’est la plaquette institutionnelle à l’atypique tels que les goodies pour « se la jouer à l’américaine ». Bientôt prêt à porter un « Hoody » siglé école vétérinaire de Maison Alfort ?L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET LES MÉDIAS : JE T’AIME MOI NON PLUS ? C’est donc un fait. « La com’ » évolue à grand train au sein des grandes écoles.Leur présence se fait de moins en moins sentir dans les médias print et payants. en parallèle, les écoles ac- célèrent leur activité de producteurs de contenus et ambitionnent de devenirCommunity managersOù sont-ils ?Le constat est simple. Les réseaux sociaux permettent de fait une communication avec une cible large pour un faible coût. Les acteurs de l’enseignement supérieur en sont convaincus mais les moyens opérationnels diffèrent du tout au tout pour atteindre ce but. Moins d’un quart des 49 écoles interrogées dans le « Livre Blanc » recensent plus de 3000 « like » sur leur page Facebook et seulement 16% d’entre elles cumulent plus de 5000 abonnés LinkedIn. Les chiffres chutent à 8% concernant les établissements qui peuvent compter plus de 5000 followers. Parmi les chantiers évoqués par les directions de la communication, la constitution et l’animation d’une communauté, la notoriété et l’augmentation de l’influence et du taux d’engagement des parties prenantes prévalent.78Février 2016]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Stratégie de communication des grandes écoles rH & FOrMATiONun des moyens privilégiés de communiquer d’un point de vue institutionnel, tandis que les écoles d’in- génieurs sont beaucoup plus réticentes en la ma- tière. La direction de la communication de l’iNP Grenoble explique ce fai- sant que l’achat d’espace ne se déroule qu’une fois par an dans la presse ré- gionale au moment des portes ouvertes. dans la même veine, les Mines de Nantes, entre autres, ne re- courent pas à ce type de communication. Par ail- leurs, de l’autre côté du miroir médiatique, les clas- sements trônent toujours et représentent un élément décisif dans le choix des parents et des élèves. A ce sujet, le « Livre Blanc » met en relief cet ambivalent paradoxe et évoque que 92% des directeurs de la communication considèrent que lesdits classements ne fournissent pas une photo représentative de la qualité des établissements... Mais qu’en parallèle, 36% des directions ont mis en place une communication spéci- fique et des outils dédiés pour optimiser la réponse au classement !sent aujourd’hui par la né- cessaire obligation de concilier le local et le glo- bal. Un besoin d’adaptation à chaque pays qui poussela communication en re- prenant les codes chinois dans les couleurs em- ployées et les messages passés. d’autant queraison de son aura en France ? Franck dormont complète : « Notre but est de faire dans la pédagogie, tout en mettant en avanttenariat avec des établis- sements ». reste que rayonner à l’international repose parfois sur des moyens évidents qui n’en-Des écoles qui vilipendent les classements mais qui mettent en place des outils dédiés. Le serpent se mord la queue ?gagent que pe. Comme profiter des qua- lités intrinsèques d’un ter- ritoire, à l’image de l’eM Lyon qui bénéficie de l’aura de l’institut Bocuse ou de l’université Blaise Pascal qui s’enrichit de ses partenariats avec Michelin ou Limagrain.u d’argent.d’ailleurs les communi- l’achat d’un produit édu- nos partenaires : le campus cants à créer des solutions catif dans sa perception et chinois n’est pas siglé Au- dédiées : l’Audencia, par sa valeur affective ne sont dencia mais Coopérative exemple, implantée en pas les mêmes d’un pays Center (où est accolée la Chine, a recruté des à un autre. Quid d’un MBA marque nantaise plus dis- équipes internes qui gèrent aux etats-Unis en compa- crètement, NdLr) en par-Geoffroy Framerydes médias. Pourtant, l’im- portance accordée aux clas- sements demeure. La po- sition des écoles à l’égard de la presse reste donc am- bivalente. L’Etudiant, puis Le Figaro Etudiant, Le Monde Etudiant, Study- rama Digischool et le Pa- risien Etudiant sont les médias spécialisés les plus en vogue dans l’enseigne- ment supérieur. Cette hié- rarchie est d’ailleurs res- pectée en matière d’inves- tissements. Si l’achat d’es- paces dans la presse papier a souffert du Web, le « Li- vre blanc » note un « relatif retour » et prend l’exemple de l’Etudiant qui augmen- tait sa pagination d’une trentaine de pages en 2015. dans ce cas de figure, l’avis n’est pas tranché. Les écoles de management restent très présentes et prouvent que ce biais resteUNE DIMENSION INTERNATIONALE CRUCIALE L’internationalisation de la communication demeure relativement récente. HeC pour ne citer qu’elle aura montré le chemin à suivre en matière de communi- cationen1997!«A l’époque, la première chose qu’ont dû comprendre les business schools, c’est que dans le monde, ce sont les informations en anglais du Financial Times qui sont les plus lues et qu’il fallait des profils polyglottes pour s’inviter dans les pages », rappelle Matt Symonds, fondateur du QS World MBA Tour et des Maki Network Business – bar- num de professionnels de la communication dans l’enseignement supérieur – cité dans le « Livre blanc ». L’action pour les écoles se résume aux efforts d’unifier un discours tout en l’adap- tant aux modes des com- munications locales. en d’autres termes, les grandes écoles et universités pas-Février 201679]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27rH & FOrMATiON Carrières & Talents - Les mutations douces de l’enseignement supérieur révolution impressionnisteLes ecoles et Universités changent par petites touches, pour s’adapter au nouveau monde et à des besoins émergents des entreprises. Passage en revue.tissement d’un travail qui a duré deux ans, note Murielle Garcin, la vice-présidente en charge des formations. Pas moins d’un million d’eu- ros sont fléchés chaque an- née en direction de l’inno- vation pédagogique. » et preuve que l’enseignement a bien évolué : à tout moment du cours, le prof peut sou- mettre un QCM (question- naire à choix multiple) avec quatre réponses. Les résultats sont connus instantanément, histoire de voir si l’auditoire a bien compris. Le prof pour- suit ou fait marche arrière. On se croirait (presque) dans un jeu télévisé.schools françaises en font aujourd’hui l’un des argu- ments de communication. elle ? La classe inversée, encore appelée « reverse mentoring ». « Les cours en amphi sont remplacés par des contenus proposés en ligne, des vidéos, des forums pour arriver préparés, ex- plique François Thérin, di- recteur de l’eMLv (ecole de management Paris-La dé- fense). Le temps de la salle de classe est utilisé pour vé- rifier l’acquisition des connaissances. A ce qui ne peut être fait ailleurs. » et Thomas Jeanjean, directeur général adjoint en charge de la formation continue, de conclure : « Un présentiel de faible valeur ajoutée n’est plus possible ». Aujourd’hui, on parle de « blended lear- ning », donnant un petit côté «hasbeen»àlafoliedes Moocs (Massive Open On- line Courses).SOschéma de l’enseignementLA CLASSEINVERSÉE« L’attention dure entre 12 et 18 minutes, souligne Pa- trice Houdayer, directeur des programmes de Skema. Si on veut être dans une dyna- mique pendant 1h30 à 3 heures, mieux vaut séquencer en capsules de 15 minutes chacune. Avant l’étudiant était spectateur, il devient acteur. » Pas moins de dix salariés de Skema planchent sur cette thématique à lon- gueur d’année pour déve- lopper de nouveaux outils pédagogiques. Comment faire pour ne pas déplorer des décrochages ? La ques- tion obsède le corps profes- soral. « Briser le rythme toutes les 20 minutes devient incontournable, témoigne Annabel Bismuth, directrice académique du réseau GeS (grandes écoles spécialisées), avec une scénarisation desUN NOUVEAU DIPLÔME DANSLES ÉCOLES D’INGÉNIEURS2016 marque un tournant dans le monde des écoles d’ingénieurs tricolores. Jusque-là, elles se focali- saient sur le Saint-Graal qu’est le diplôme d’ingé- nieur, à Bac+5 – tant appré- cié sur notre territoire, mais également à l’étranger – et sur le doctorat, à Bac+8, orienté vers la recherche. Mais, il manquait un étage pour coller au schéma de l’enseignement supérieur eu- ropéen défini il y a plus de 15 ans, avec un palier sup- plémentaire à Bac+3. C’est chose faite... mais à petits pas. La première à avoir in- vesti ce nouveau créneau est l’ecole nationale supérieure des arts et métiers (eNSAM) avec un Bac+3 destiné aux bacheliers technologiques STi2d (Sciences et techno- logie de l’industrie et du développement durable), ou- vert il y a un an. Mi-décem- bre, l’ecole Polytechnique a annoncé vouloir s’engouf- frer dans la brèche avec unerious games, blended learning... les cours ne seront plus jamais comme avant !n a connu le pro- cessus de Bologne, à l’origine dumais aussi initiale, dans le public comme dans le privé. Un décryptage en sept points des tendances qui transfor- ment le « sup’ ».nées commencent – dès les premières heures de la ren- trée–àsefrotteràunjeu sérieux, véritable reproduc- tion de la vie quotidienne en entreprise, avec son lot de stress, de frustrations àsitaire, mais les noms des serious games utilisés tant en pharmacie que dans le domaine du droit à Lille 2. Le dessert ? Un moyen de se familiariser avec la pra- tique officinale, entre le gui-supérieur européen, en trois étapes (licence, master, doc- torat). Une vraie rupture. On a connu les lois de l’univer- sité qui ont marqué leur temps... Citons devaquet, Bayrou, Pécresse... des textes qui ont fait couler beaucoup d’encres et par- fois... le Ministre en ques- tion. dans la boule de cristal, rien de tel n’apparaît pour cette nouvelle année. Mais, des petits pas... qui trans- forment pourtant le paysage. On n’apprend pas en 2016 comme il y a dix ans, voire même cinq ans. Cela vaut pour la formation continue,LES « SERIOUS GAME»À L’UNIVERSITÉ AUSSI Thalès, Michelin, renault, Orange... Les grands noms du CAC 40 en raffolent pour attirer à eux des jeunes talents ou fidéliser leurs collabora- teurs. Aujourd’hui, les « se- rious game » constituent l’un des éléments clés de la marque employeur. Les écoles les intègrent aussi comme outil de formation. A l’ecole de management Paris-La défense (eMLv), les apprentis de 4e et 5e an-Briser le rythme toutes les 20 minutes devient incontournable, avec scénarisation des cours, jeux de rôle, Powerpoints et tutoratsFévrier 2016HeC Montréal l’a mise en place il y a quelques années maintenant. Les businessgérer. A l’inseec, c’est même l’entrée en matière des tout jeunes bacheliers inscrits en BBA (Bachelor of Business Administration). L’université n’est pas en reste. Profiterole ou caviar ? Ce n’est pas le menu d’une cantine univer-chet et la parapharmacie, dans une ville virtuelle. Tou- jours en phase d’élaboration, Caviar propose des mises en situation dans un cabinet d’avocat lui aussi virtuel, avec l’idée de décloisonner les compétences. « L’abou-cours, des travaux qui mutent en jeux de rôle, le recours à des Powerpoints... Et au tu- torat qui accroche bien da- vantage. »80Œ]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27rH & FOrMATiON Carrières & Talents - Les mutations douces de l’enseignement supérieurpur produit international, dispensé uniquement en an- glais. rendez-vous au plus tard en 2018 pour sa mise en place. Le démarrage est prudent, mais le maillage territorial de ce Bac+3 de- vrait bon an mal an s’étoffer dans un proche avenir. Un autre est actuellement dans les tuyaux au sein de Bor- deaux iNP (institut poly- technique de Bordeaux), dont le vivier de recrutement sera composé des bacheliers pro- fessionnels. « Les besoins des entreprises sont claire- ment identifiés à ce niveau- là de compétences », ex- plique François Cansell, pré- sident de la Conférence des directeurs des écoles fran- çaises d’ingénieurs (Ce- deFi). « Mais aucune consigne nationale n’a été donnée en la matière. La création se décide au cas par cas, filière par filière », note encore François Cansell, également à la tête de l’éta- blissement bordelais. Une interrogation persiste toute- fois : le libellé. Bachelor ou pas bachelor ? L’instance nationale n’a pas tranché.la taille critique a pousséplusieurs écoles à s’acoqui-ner, se marier pour le meil-leur... et parfois pour le pire.L’échec le plus retentissant ?Née du rapprochement dequatre écoles, France Busi-ness school (FBS) a duré àpeine deux ans. Le clap defin a eu lieu en 2015, laissantdes écoles exsangues, desdiplômés privés de la re-connaissance de l’etat....Mais pas de quoi pour autantdémotiver les écoles d’in-génieurs à adopter la mêmestratégie. Ainsi, le 1er janvier2016 est née Sigma Cler-mont, nouvelle entité qui re-groupe feu l’institut françaisde mécanique avancée(iFMA) et l’ecole normalesupérieure de chimie de Cler-mont-Ferrrand (eNSCCF).Cette fusion est la premièred’une liste qui va s’allongerdans les prochains mois. enrhône-Alpes, on parle d’uneconvention d’association en-tre Centrale Lyon et l’eNide Saint-etienne, la secondedevenant une spécialité dela première. en septembre2017, les élèves de CentraleParis et de Supélec ferontcampus commun sur le pla-teau de Saclay. est-ce un Un enseignement de so skills qui change les étudiants du Supérieur... pari risqué pour ces établis-DE NOUVELLES FUSIONS DANSL’AIR ?Le sujet est délicat. il peut même faire grincer quelques dents, et dresser quelquessements de renom ? « L’ob-jectif n’est pas de créer les même territoire. Ils s’impo- et si les écoles de commerce mêmes objets que les écoles sent à nous. Nos écoles ont en redemandaient ? L’idée de commerce, commente parfois des tailles limitées. circule en backstage, histoirefois. « Le digital implique d’investir massivement, note William Hurst, directeur de la formation continue d’Au- dencia business school. Et pour s’afficher et figurer dans les classements du Fi- nancial Times, un certain chiffre d’affaires est à réa- liser. »mais recouvre une notion assez simple. il en est ter- miné des filières cloisonnées, étanches, en silo. On entre dans l’ère du « mouton à cinq pattes », avec des com- pétences mêlées, commer- ciales, scientifiques, numé- riques et un soupçon – voire plus – de design. Quelques exemples de cette tendance : l’alliance Artem regroupe l’école nationale supérieure d’art et de design de Nancy,Ne plus fonctionner en silos et ouvrir les profils à la croisée du design, du numérique et du scientifique accouchant potentiellement d'un triple diplôme. La tendance émergeHYBRIDATION DES CURSUSLe terme est un peu barbare,cheveux, tout particulière- François Cansell, à la tête Avec moins de 50 professeurs d’acquérir une taille suffi- ment dans le monde des bu- de la CdeFi. Ces regrou- et 300 élèves, il est difficile sante sur le marché de la siness schools. La course à pements s’effectuent sur un d’acquérir de la visibilité. » formation continue, cette82Février 2016]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Les mutations douces de l’enseignement supérieur rH & FOrMATiONde l’entreprise, ils doivent se préparer à collaborer avec des salariés qui ne penseront pas comme eux. » Pour autant, les écoles sont loin de produire en quantité industrielle des jeunes tout à la fois Bill Gates, Jean Nouvel et Mark Zuckerberg. Si la tendance est bel et bien perceptible, la général- isation n’est pas encore de mise. « Les parcours bi- diplômants concernent 5% voire 10% des promotions d’ingénieurs, constate Syl- vain Orsat, directeur de l’é- cole rochelaise eiGSi (école d’ingénieurs en génie des systèmes industriels). Ce qui est plus courant ? Les diplômes additionnels. Mais, l’intérêt qui leur est porté est de plus en plus marqué. L’appétit est de plus en plus prononcé, avec un effort requis d’un ou deux semes- tres supplémentaires pour obtenir une seconde quali- fication. » L’un des freins ? Le coût des études, tout sim- plement.LA CULTURE GA LE VENT EN POUPEFin novembre, une journéed’études organisée par La vrai signal, confie Sylvain l’orthographe. » Sociologie,traverse toute la commu- nauté éducative. « Les en- treprises nous renvoient unde décrocher – en bonne place – le certificat Voltaire, qui mesure la maîtrise degénieurs, etc., s’étoffe. et cela va même au-delà, avec le développement des « softSociété des agrégés avaitOrsat de l’eiGSi, avec unehistoire, anthropologie, géo-des exemples : laDes contenus proposés en ligne, des vidéos, des forums pour arriverkills »..connaissance de soi, l’ex- pression corporelle, la prise de parole en public... Parce que, comme l’indique Tho- mas Jeanjean de l’eSSeC, « une école doit permettre de rester opérationnel en T+1, T+2, T+3... ». Bonne année !pour thème : « Culture gé- nérale et spécialisation ». Loin d’être un débat isolé réservé à une élite, le sujetpréparés en classecapacité à rédiger qui fait défaut chez les jeunes... Aussi, l’une des conditions d’obtention du diplôme estpolitique... la palette des humanités qui s’immiscent dans les programmes d’écoles de commerce, d’in-Murielle Wolskiles Mines et l’iCN business school. « Tous les vendredis, des ateliers réunissent les promotions des trois étab- lissements, explique Flo- rence Legros, la directrice générale depuis l’été 2015. Et cette année, en 2016, tous vont partager un même campus – un projet d’en- vergure avec une mise de 100 millions d’euros. On a en tête un triple diplôme qui reste à conduire. Pour les jeunes, c’est l’assurance de savoir parler autrement, d’abandonner les tics de langage propres à chaque filière. » L’une des unions pionnières ? Celle re- groupant Centrale Nantes, Audencia business school et l’ecole nationale supérieure d’architecture (eNSA). Autre région, même pratique : depuis la rentrée 2015, les 3500 étu- diants ingénieurs, managers et designers d’eMLv ont 20% de leurs cours en com- mun. « Les faire travailler avec d’autres, qui sont dif- férents, n’est pas évident, souligne François Thérin. Or, pour affronter le mondeDIRECTIONLA CAPITALE !50% du management français s’opère en Île-de-France. Une donnée que n’ignorent pas les écoles de commerce. ré- sultat : depuis plusieurs an- nées, une vraie transhumance s’est organisée en direction de la capitale. On peut citer Audencia business school, l’eSSCA, l’école de mana- gement de Normandie, Neoma business school... Même l’eSSeC, cette « Pa- risienne » qui déploie ses installations à Cergy-Pon- toise, a ouvert un site au CNiT de La défense. et en 2016, c’est au tour de l’eM Lyon. Son adresse future ? A l’angle du boulevard di- derot et de l’avenue dau- mesnil, face à... la gare de Lyon. « Cette opération est indispensable pour avoir une visibilité auprès des direc- teurs des ressources hu- maines, souligne Bernard Belletante, qui pilote l’école depuis maintenant près de 18 mois. Un point qui compte pour le développement de la formation continue. Mais pas seulement. Une adresse pa- risienne est un élément de la stratégie d’internationa- lisation de l’école, pour tra- vailler cette fois la lisibilité à l’étranger. »Février 201683]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27ArT de vivre & PATriMOiNe La Sélection culturelleChoix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucuneExpon Langevin, Créateur d'illusions (du 10 au 21 février 2016, au Casino de Paris)Laissez entrer la magie dans votre vie avec le spectacle de Luc Lange- vin. Magicien physicien, Langevin vous jouera des tours pour le moins déroutants et inexplicables... Un la- boratoire d'illusions inspiré de l'uni- vers de Jules Verne qui vous fera tourner la tête. Pas de lapins sortis du chapeau, pas d'assistantes sciées en deux, Langevin a juste réinventé la magie grâce à ses connaissances poussées de la physique et de la chi-mie. Des pouvoirs extraordinaires, ou alors les mains agiles et un peu de science ? A vous de juger !Film - DVDn Carol, (de Todd Haynes, 2016)Dans le New York des années 50, Thérèse travaille dans ungrand magasin de Manhattan. A l'époque de noël elle fait la connais- sance de Carol, une cliente sédui- sante, distinguée et bourgeoise qui achète un train électrique pour son enfant, et dont la vie conjugale n'est pas très heureuse. Dès leur première rencontre, une connivence qui évo- lue très vite vers un sentiment plus profond s'établit entre les deux jeunes femmes. Mais elles se retrou- vent coincées entre leur attirance mutuelle et les conventions de l'époque. Dans cette histoire intime,le talent de Cate Blanchett et de Rooney Mara transparaît vraiment.Sortie le 13 janvier dans les salles de cinéman Prémonitions (sortie en DVD le 20 janvier 2016) Anthony Hopkins signe un très bon retour dans le nouveau film d'Alfons Poyart. Encore un thriller policier américain, pensez-vous. Pas vraiment ! Cettefois, le réalisateur vous demande deréfléchir à la vie et à la mort. Plusprécisément au suicide assisté.Anthony Hopkins joue le rôle d'unancien médecin, John Clancy, qui a ledon de voir le passé et l'avenir. Avecses amis du FBI, il est à la recherched'un tueur en série doté des mêmespouvoirs. Est-il possible d'arrêter letueur qui prévoit l'avenir ? Si oui,comment ? Les crimes sont irration-nels où cachent-ils un but précis ?Beaucoup de questions et peu de ré-ponses... Prémonitions fait certainement partie des films qui vous laissent perplexe à la fin et vous demandent de cogiter à sa manière.Livres - BDn Découverte inopinée d'un vrai métier (folio, nouvelle de Stefan Zweig, extraite de Romans, nouvelles et récits, II, Bibliothèque de la Pléiade)Une fois n'est pas coutume, EcoRéseau jette son dévolu ce mois-ci sur unesimple nouvelle. Mais quelle nouvelle, loufoque et réaliste à la fois, qui permetde découvrir dans un registre inattendu un des plus grands écrivains de langueallemande du XXème siècle. Un véritable feu d'artifice de nuances de vocabu-laires et de métaphores parlantes pour décrire d'une plume agile Paris et sonagitation quotidienne. Cet européen convaincu avant l'heure, qui a écritVoyages, est un véritable voyageur qui sait remarquer les détails caractéris-tiques de chaque pays. L'histoire est aussi simple que poignante : attablé dansun café parisien, un écrivain voit son attention attirée par un curieux specta-cle : tout en se mêlant adroitement au flot des passants, un étrange individusemble faire les cent pas devant la terrasse du café. Policier en civil ? Détectiveen mission secrète ? Soudain c'est l'évidence, l'énergumène est pickpocket,"vrai métier" ardu et risqué... qui réserve bien des surprises à cet écrivain décidément très obser- vateur...n Rescapé malgré moi (Koeun Path, Fidji Path-Laplagne, Blféditions, 2015)Le 17 avril 1975 les Khmers rouges purgent de ses habitants Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Cet exode traumatisant conduit Koeun tout droit au travail forcé au fin fond d'une campagne fruste. L'avenir qu'on lui promet n'est que mensonge. Il est affamé, épuisé. Il n'a plus qu'une solution : la fuite. S'ensuit une cavale éperdue à tra- vers la jungle, avec deux compagnons aussi terrifiés que lui. Ils risquent la mort à chaque instant. Les paroles de l'auteur vous font vibrer. Vous vous sentez aussi perdu dans la nature hostile. Comme Koeun, vous devenez un animal sans cesse traqué. Et pourtant, au milieu de tous les dangers, une voix. Mais qui est-elle, et pourquoi sem- ble-elle vouloir l'aider ? Va t il s'en sortir ?Koeun Path est né en 1948 dans la province de Kompong Thom, au Cambodge. Il obtient le statut de réfugié politique le 17 avril 1978, et depuis réside en France. Une histoire vraie qui vous apprendra beaucoup sur le génocide cambodgien et sur l'êtrehumain.n Economix : la première histoire de l'économie en BD (de Mi- chael Goodwin, 2014)Cette nouvelle édition augmentée, avec 32 pages supplémentaires, mêle les bulles avec des textes clairs et pleins d'humour. Ce roman graphique trans- forme la « science obscure » de l'économie en une histoire amusante et ac- cessible à tous. La BD/document d'un nouveau genre explore trois siècles de pratiques économiques. Elle raconte la mondialisation, les grands pen- seurs, les impasses et les rebonds, l'impact des guerres, des changements climatiques ou des pénuries de ressources. Clair et pédagogique, tout en images, avec l'humour en prime, Economix est indispensable dans toutes les bibliothèques. De quoi saisir les grands concepts d'économie sans se don- ner mal au crâne en déchiffrant de vieux grimoires jargonneux...n One Punch Man (Manga de Yūsuke Murata volume 1, éditions Kurokawa, 2016, 6,80€)Petit, ado ou jeune adulte, vous regardiez Albator, Goldorak ou encore les Chevaliers du Zodiac. Vous ne le saviez pas mais vous étiez un fan de ce que l’on appelle un shônen, style de manga taillé sur mesure pour les « mecs » où la trame relève souvent du mêmeschéma, également utilisé dans de nombreux romans d’aven-tures. Un jeune héros, suite à une tragédie, doit faire face à sondestin et rentre alors dans un parcours initiatique qui va lui fairedécouvrir un monde nouveau. Si aujourd’hui vous vous dîtes quevous avez passé l’âge, ces quelques lignes vont vous en dissuader.First, parce que le phénomène One Punch Man déboule enFrance. Ensuite, parce que le scénario prend à contre-pied tousles rites initiatiques : le héros Saitama est déjà l’homme le plus fort de la Terre. Manque de bol... Il s’ennuie. S’ouvre une quête de sens sur le pouvoir et sa condition de super héros désabusé. Un manga tant à destination des petits que des adultes. D’autant que l’humour décalé et acide séduit. Le dessin est fouillé. Et, bonne nouvelle, on ne note aucune femme dénudée venue s’immiscer dans les pages de ce manga. Plutôt appréciable quand il s’agit d’un ouvrage nippon. A lire, relire, découvrir84Février 2016]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frL’Air du temps - Ces modes devenues ringardes puis "in" à nouveau ArT de vivre & PATriMOiNe Etude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovationsCome-back en sérieL Porter le slip et la moustache ? Chausser des dr Martens ou des Nike Air Jordan ? impensable ! Plus si sûr. Un phénomène plus complexe qu’il n’y paraît...’adage affirme que la mode à chaque saison, il Quant à la dr Martens, re- 1980-1990 comme Pacman, professeur de l’insead. peuvent également redeve- la mode est un éter- ne faut guère s’étonner de lancée suite à son rachat Sonic, Super Mario, etc., dans un autre genre, le re- nir tendance en jouant sur nel recommence- voir mis en vitrine les succès par le fonds italien proprié- est une forme de recherche tour de la moustache est la fibre patriotique. en l’oc-ment. en regardant d’un d’hier. « Ce manque de taire d’Hugo Boss, elle sé- de ce passé idéalisé. idem tout aussi symptomatique currence le patriotisme éco-peu plus près les tendances, les vêtements et les acces- soires qui font un retour gagnant, force est de consta- ter que la sagesse populaire a une nouvelle fois raison. Si vous pensez que préférer le caleçon au slip ou que chausser une paire de Stan Smith Adidas est « has been », désolée de vous ap- prendre que c’est vous qui êtes « has been ».créativité traduit aussi un manque de désir, d’aventure, d’audace... », tranche Fré- déric Monneyron. Si les mythiques sneakers Stan Smith d’aujourd’hui sont la copie conforme du modèle de la fin des années 1980, d’autres produits peuvent être légèrement adaptés aux goûts actuels. Le K-Way, qui a traumatisé des géné-Ce gentleman qui attend le RER n’en fait-il pas un peu trop ?duit une large clientèle avec une gamme hétéroclite.avec les jouets et les dessins d’une société en quête de nomique associé au savoir- animés que les enfants repères et de sécurité. « Avec faire, à la consommation d’hier font connaître à leurs une moustache, on affiche locale et au développement propres enfants. sa masculinité, on affirme durable. dans l’univers du Cette nostalgie a également sa virilité », fait valoir Fré- sport, Hungaria, marqueLe néo-rétro et le vintage sont deux courants très différents : l’un rappelle une autre époque, l’autre vient d’une autre époquedéric Monneyron.Nous ne saurions que trop vous conseiller une lecture attentive de cet article. Atten- tive car si la mode est réputée légère et frivole, les phéno- mènes de mode sont compliqués à décor- tiquer, et certaine- ment influencés par différents mouve- ments. des socio- logues et des experts de la communication sont plus que néces- saires pour décrypter ce qui se joue en coulisses.LA NOSTALGIEDU TEMPS PASSÉJeter un œil dans le rétro- viseur est aussi une façon de faire revivre le passé. « La nostalgie est un thème majeur de notre époque. On cherche à garder le contact avec le passé etfait naître deux cou- rants assez diffé- rents : le néo-rétro d’un côté, le vintage de l’autre. Le néo- rétro s’inspire des modèles d’antan en les actualisant. « Il s’agit de l’interpré- tation d’une époque par une autre époque pour empê- cher d’une certaine manière la fuite du temps », affirme Frédéric Monney- ron. Les entreprises ont su en tirer parti et commercialiser des produits inspirés d’un autre âge, à l’image des lecteurs Cd/MP3/USB au look années 1950. Style ancien mais technologie mo- derne !française de référence des années 1950 à 1970, a fait son retour en 2015. Le cé- lèbre H, porté par Michel Platini ou Bernard Hinault, devrait donc réapparaître sur des chaussures et des maillots.EN PANNE D’INSPIRA-TION ?ressortir du placardles vêtements et ac- cessoires d’une autre époque prouve d’abord un certain manque d’inspira-tion. « Face à la dif-ficulté de se réinven-ter et de créer de nouveaux styles, ilest tentant de repren-dre le passé », ex- plique Frédéric Go-dart, sociologue et professeur à l’insead.« Quand toutes les combinaisons possi-bles sont épuisées, on se tourne vers le passé », confirme Frédéric Monney- ron, écrivain et sociologue de la mode. Faute de pou- voir innover et révolutionnerLe vintage consiste plutôt à acquérir des vêtements et des ac- cessoires qui ont tra- versé le temps et rappellent une pé- riode précise : les années folles, l’après-guerre... « Posséder des vê- tements, une voiture ou du mobilier vin- tage permet de seFAIRE REVIVREDES LÉGENDESPour vendre, il peut s’avérer efficace de s’appuyer sur le passé en ressuscitant cer- taines marques. « Les marques ont besoin de nouer une relation de proxi- mité et même d’intimité avec le consommateur. Il faut qu’elles se racontent, qu’elles fassent vivre une expérience et qu’elles dé- clenchent des émotions », argumente Hervé devineau, président de l’agence de communication Les Gens & vous. Pour créer le mythe et susciter l’attachement, quoi de mieux que de faire renaître des entreprises à l’histoire parfois centenaire. Philippe Bérard, patron de la Société des montres bi- sontines, l’a bien compris puisqu’il vient de relancer la marque LiP sur ses terres d’origine, à Besançon, et revisite les modèles histo- riques du nom de Churchill ou de Gaulle. dans le sec- teur automobile, le succès de la nouvelle Mini ou de la New Beetle et la sortie prochaine de la Citroën e- Méhari reposent à la fois sur la légende, la notoriété et le néo-rétro.dans l’habillement, qui au- rait misé un kopeck sur le slip ? Quasiment disparu des rayonnages, ce sous- vêtement réservé aux octo- génaires s’est offert une se- conde jeunesse. en 2011, Guillaume Gibault fait le pari fou de miser sur le slip. « Avec une jolie histoire et de beaux produits fabriqués en France on peut réussir dans tout et n’importe quoi », affirme-t-il. il avait raison puisque Le Slip Fran- çais a vendu 35000 sous- vêtements en 2014 et a éga- lement redonné ses lettres de noblesse au slip de bain et à la charentaise.rations d’enfants, a ainsi – heureusement – adopté de nouvelles matières et de nouveaux imprimés, à l’image du modèle léopard furieusement tendance.avec la charge émotionnelle qui lui est liée », souligne Frédéric Godart. L’émer- gence du rétro-gaming qui met à l’honneur les héros des jeux vidéo des annéesdémarquer socialement. Ces produits, plutôt rares et donc chers, sont une ma- nière de se distinguer car tout le monde ne peut pas les acheter », analyse leJOUER LE PATRIOTISME ÉCONOMIQUEdes marques disparues ou des produits passés de modeest devenu un indispensa. de la garde-robe et a dopé les ventes d’Armor-Lux.« Les phénomènes de mode sont une tension entre la volonté d’être à l’avant- garde en se distinguant et le besoin d’imitation pour se fondre dans la masse », conclut Frédéric Godart.et personne n’a oublié Ar- naud Montebourg réhabili- tant la marinière en même temps que le Made in France. Ce vêtement bretonSéverine RenardFévrier 201685ble]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27ArT de vivre & PATriMOiNe L’Art du tempsSélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivitéHorlogerie & Joaillerie Vertige Tour Eiffel chez Saint-HonoréA l’occasion de son 130e anniversaire, Saint Honoré a conçu un modèle collector réalisé pour la première fois à partir d’une poutrelle métallique provenant de la Tour Eiffel. La lu- nette souligne un cadran en relief reprenant la même architecture et dévoilant en son cen- tre les rouages d’un mouvement mécanique à remontage automatique. Portée sur un élégant bracelet façon croco, ce modèle est édité en série limitée à 1885 exemplaires en acier, pour rappeler l’année de naissance de la Maison horlogère. Certificat d’authenticité signé par la Société d’Exploitation de la Tour Eiffel, Swiss Made.www.sainthonore.comRalph Lauren présente la montre StirrupLa collection Ralph Lauren Stirrup célèbre l'univers équestre de la marque. La forme em- blématique du fer à cheval du cadran reflète l'esthétique audacieuse de la philosophie du designer. Les montres de cette collection incarnent la noblesse et l’aventure et sont évo- catrices du lien solide et intemporel qui unit la monture et son cavalier. Chaque élément du garde-temps est réalisé avec une attention minutieuse caractéristique du designer : du cadran blanc parfaitement dessiné avec ses chiffres romains et sa minuterie, à la glace sa- phir convexe et aux aiguilles en forme de glaive oxydées noires. Dotée d’un mouvement Quartz Suisse RL057 et décoré de côtes de Genève verticales, la Stirrup Petite est dispo- nible avec un bracelet en veau brun contrasté par des coutures beiges. Prix conseillé : 1850 euros.Automat, sportivement urbaineCette montre tout-terrain, ca-sual et outdoor, est équipéed'accessoires de protection in-terchangeables brevetés.Après 15 ans dans l’univers dela mode, deux designers fran-çais passionnés de glisse etd’évasion créent cette marque de montres qui allie design et technicité pour défier les lois de la gravi- tation. S’inspirant de tenues et d’accessoires mili- taires de toutes époques, ils concrétisent leur rêve : une montre mixte, sportive, résistante et anti- choc. C'est sur les plages de Californie, en obser- vant les tricks des skateurs et des surfeurs, que surgit l'idée d'une protection amovible, élastique et résistante aux impacts : le bump, qui une fois enlevée, laisse place à une montre urbaine, aux lignes pures. Désormais en vente aussi chez Merci à Paris.www.automatwatches.comDubail ouvre sur les Champs-ElyséesLe luxe poursuit son grand retour sur la plus belle avenue du monde. Cet espace inédit à la décoration raffinée va offrir aux montres des manufactures et aux bijoux signés Dubail une visibilité exceptionnelle sur 500 m2. Reliés par un spectaculaire escalier, deux étages accueil- lent les surfaces dédiées aux plus grandes maisons horlogères telles Rolex, Cartier, Jaeger-LeCoultre, Vacheron Constantin, A. Lange & Söhne, Montblanc, Panerai... Au niveau N-1 prennent place les ate- liers réservés aux horlogers assurant l’entretien des montres.www.ralphlauren.frCircularis18 carats, limitée à 48 exemplaires !Aujourd’hui, la marque présente unesérie limitée de la Circularis 18 caratsen or massif, éditée à 48 exemplairespour le monde. Avis aux collection-neurs . . . Mouvement mécanique àremontage manuel, le MSH01 af-fiche des finitions très soignées, visibles à travers le fond transpa- rent du boîtier : phases anglées et polies à effet miroir, gravures ornées d’or sans oublier le pont de rouage dont la géométrie inha- bituelle donne au mouvement son aspect unique. Prix conseillé : 14 990 euroswww.meistersinger.netManufacture Pocket WatchReconnue pour ses garde-temps raffinés, dans un position- nement prix de luxe accessible sans pour autant renier sur la qualité, la Manufacture horlogère suisse Frédérique Constant dévoile une montre de poche, rendant un bel hommage à la montre Lépine. Le cadran argenté, guilloché en son centre, s’accompagne de chiffres romains et d’index appliqués à la main. Protégées par un verre saphir, les ai- guilles Breguet, noires polies à la main, animent son élé- gante sobriété, soignée dans les moindres détails. Accrochée à un passant de ceinture d’un jean ou d’une veste, cet accessoire est si chic que son propriétaire n’auraaucune envie de la ranger dans sa poche ! A partir de 2850 euros.www.frederique-constant.comTriton, renaissance d’une marquehorlogère françaiseTous les collectionneurs de montres de plongée le diront : im- possible de passer à côté de la Triton Spirotechnique, cette montre de plongée française née en 1963 et qui eut l’audace d’être plus chère que la Submariner de Rolex. La marque est relancée avec un modèle baptisé « Subphotique », qui conserve l’ADN si particulier de sa glorieuse aînée. La nouvelle Triton conserve sa couronne à midi et son protège-couronne articulé. Elle est équipée désormais d’une valve à hélium pour les re- montées en caisson de décompression et peut maintenant descendre jusqu'à 500 mètres de profondeur. A partir de 4950 euros.www.tritonwatch.ch86Février 2016]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frL’Art du temp ArT de vivre & PATriMOiNeMode & Accessoires Une vision rythmée !Une collection capsule premium au pays des sappeurs. Baloji qui signifie “homme de sciences” en Swahili est un artiste pluri-disciplinaire belge d’origine congolaise. Son travail mixe rythmes africains, chansons françaises, musique afro-américaine et électronique. La collec- tion capsule Komono x Baloji reprend l’élégance sappeur et les inspirations actuelles entre raffinement et exubérance et accom- pagne le nouvel album de l’artiste. Modèles plaqués Or à partirde 180 euros. Idéales pour colorer votre hiver !www.komono.comSmuggler, vous avez le look !Place à un costume flanelle 100% laine. La veste 2 boutons Jamaïque, en- tièrement surpiquée, 2 fentes dos, 2 poches droites, plastron toile en crin de cheval, est montée à l'anglaise. Le pantalon Hugues, quant à lui, se dif-férencie par ses poches italiennes surpiquées. Conseil pour un total look réussi : la chemise coton double retors et boutons nacres à poignets et gorge simple à 75€ et la cravate tricot 100% laine à 50€. Faîtes-vous plaisir pour cette fin d’année, vous apprécierez cet ensemble très longtemps ! Prix costume : 720€www.smuggler.frUn pied angélique pour cet hiverCette saison, la Maison étoffe sa collection de semelles gomme! Bottines hautes, derbys à plateau ou encore richelieus sont proposés et subliment les codes de la chaussure anglaise. Formes ar- rondies, perforations et bouts golf ... tout y est. Les modèles sont élaborés sur des formes respectant l’anatomie du pied, et les semelles gomme offrent un confort essentiel et une solidité à toute épreuve. La semelle gomme est à adopter, au choix, en ville pour le style ou à la campagne pour son caractère tout terrain. Le modèle Angel vous donnera certainement des ailes...aux pieds ! En veau velours océan, surpi-qûres fuchsia, lacets coton ou ruban, semelles cuir, 395 euros.www.crockettandjones.frL'incontournable portefeuille MontblancCe portefeuille avec porte-monnaie pour femme en cuir de veau italien pleine fleur, doublure jacquard est orné de l'emblème Montblanc, lui-même entouré d'un anneau pal- ladié. Très élégant, il est aussi fonctionnel : 8 emplace- ments pour les cartes de crédit, 3 compartiments pour lesbillets de banque, 1 compartiment zippé et 2 poches supplémentaires. On aurait presque envie de l'utiliser comme sac à main ! Existe en noir et rouge, 375 euros.www.montblanc.comFévrier 201687]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27Au nez, Llum 2014 du Domaine Roc des Anges, 50% Grenache gris et 50% Maccabeu affiche une superbe finesse et offre des notes de pamplemousse, poire, menthol...En bouche, il présente une ampleur impressionnante malgré une rectitude et une tension folles, le tout s'épanouissant dans une finale longue. Accords : délicieux avec des poissons à chair délicate, des noix de Saint-Jacques, des huîtres. On peut aussi lui associer poules, poulets et chapons mijotés. www.rocdesanges.comDes Corbières des plus réputésChâteau Ollieux Romanis est le domaine familial, historique, connu et maîtrisé dans le moindre détail. Les Corbières Château Ollieux Romanis sont profonds, ils offrent un large volume en bouche sou- tenu par des tanins veloutés. Le Corbières blanc Classique Château Ollieux Romanis est composé de 5 % roussanne, 35 % marsanne, 30 % grenache blanc. Un vin à la fois ample, gras et rafraîchissant avec juste ce qu’il faut de nervosité pour lui donner du relief.www.chateaulesollieux.comBaron G blanc domine le Chateau de Bellet.Au sommet de l’appellation Bellet, l’une des plus petites et des premières AOP fran- çaises, les vignes du Château de Bellet s’agrippent aux derniers contreforts des Alpes, jusqu’à 300 m d’altitude tout en regardant la baie de Nice. Baron G blanc est un vin complexe qui associe de forts parfums de cédrat et de bergamote, agrémentés d’un boisé élégamment toasté avec de subtiles touches de miel. La bouche, puissante et racée, dévoile une matière volumineuse associée à des notes de genêt et de pample-mousse, avec une belle vivacité et une sapidité saline.www.chateau-de-bellet.comArT de vivre & PATriMOiNe L’Art du tempsVins & SpiritueuxWhisky e Naked Grousee Famous Grouse est une marque authentique entièrement élaborée à Perth dans les Highlands, bénéficiant ainsi du savoir-faire unique de la maison Gloag, fondée en 1800. Ce whisky est vieilli en fûts de Sherry lui procurant sa douceur, sa rondeur et ses arômes. A l’œil, on apprécie un brun profond, clair et lumineux. Au nez, ce sont des cerises noires, poudre de cacao et fûts de chêne qui ravissent. En bouche, vous serez séduit par un goût doux et résineux de fruits secs, de bâtons de cannelle et de mus- cade. La finale est douce avec des notes persistantes de chocolat noir etWhisky e Girvan Patent StillLe Girvan Patent Still No. 4 Apps, Vol. 42% est le premier whisky sans mention d’âge à être commercialisé par la marque. L’alcool de grain No.4 Apps distillé sous vide donne un whisky délicieusement léger et fruité. Avec des notes de fruits confits et de crème, il a une saveur subtile avec un bel équilibre de chêne et de fruit croquant. La bouteille, grande et élancée, se caractérise par un design élégant et lu- mineux semblable au whisky qu’elle renferme.www.thegirvanpatentstill.comd’épices.www.thefamousgrouse.comBiodynamie du Domaine des HuardsLes plus vieilles vignes de ce vignoble conduit en bio- dynamie ont été plantées en 1922. L’encépagement 100 % Romorantin, un cépage rare et singulier, per- met d’élaborer des vins de plaisir et de gastronomie, avec une excellente aptitude à vieillissement. A la dé- gustation de la cuvée François 1er 2010, le nez est élé- gant et raffiné. Très ample en bouche et minéral, on perçoit de belles notes de mirabelle. C’est un équilibre exceptionnel entre la finesse et la puissance. La per- sistance en bouche, racée et minérale, est impression- nante. À servir sur des coquilles Saint Jacquespoêlées, asperges, poissons, poularde ou du veau fermier à la crème...Empreinte provençaleVilla Beaulieu est le fruit de la rencontre de Pierre Guénant, propriétaire de ce magnifique domaine, de Stéphane Derenoncourt, l’un des plus fins et des plus intuitifs consultants de la planète vin et d’un vigneron baroudeur, Michel Fabre, qui a remué la terre d’abord en Languedoc, puis en Amérique du Sud. Ce vin de composition 71% rolle et 29% sauvignon prend son temps pour s’exprimer. Le bouquet chemine avec beaucoup de délicatesse entre la citronnelle, le zeste de citron jaune, de discrètes fleurs blanches et une douce pointe anisée. La bouche, racée, réserve une belle trame dynamique où la minéralitéétire la finale crayeuse nuancée d’agrumes.www.villabeaulieuvignoble.comLlum 2014 du Domaine Roc des Anges88Février 2016]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[GIP LIBOURNE L ' A B U S D ' A L C O O L E S T D A N G E R E U X P O U R L A S A N T É PHOTO STEPHANE KLEIN]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27ArT de vivre & PATriMOiNe L’Art du tempsEvasionSteigenberger Wiltcher’s, un palace àBruxellesA l’occasion de la renaissance du mythique pa- lace bruxellois, de nombreux travaux ont été entrepris pour renouveler les 225 chambres et 42 suites, les parties communes ou encore les espaces évènementiels. L’équipe de l’hôtel lève le voile sur son nouveau restaurant où le chef Tjaco van Eijken signe une cuisine origi- nale, rendant hommage à la gastronomie scandinave. Pleins feux sur « e Library » : L’expérience proposée est celle d’un « living room » où les invités peuvent venir prendrele thé, goûter, flâner, échanger et partager. e Library propose une riche sélection de livres sur la ville de Bruxelles, sur l’art sous ses nombreuses formes et révèle artistes en herbe et confirmés. Cet établissement est idéal pour une échappée gastronomique chic à seulement 1h30 de Paris.www.steigenberger.comVotre Saint Valentin aux Seychelles ?Situé sur l’île de Mahéprès de la célèbre plagede Beau Vallon, le SavoyResort & Spa 5* ac-cueille ses invités dansune ambiance chaleu-reuse « seychelloise ».L’hôtel abrite, en outre,des chambres spa-cieuses aux tons doux ;chacune d’elles disposed’une vaste terrasse donnant sur les jardins ou l’océan ! Pour se ressourcer, les invités pourront profiter du spa de l’hôtel, véritable havre de paix... Pour célébrer la fête des amoureux, optez pour le package spécial « Saint Valentin » tout au long du mois de février incluant notamment un surclassement en chambre Ocean View, une bouteille de vin pétillant et un mas- sage en duo !www.savoy.scNuitée atypique en Maison des boisLe Château du Boisniard, situé à quelques minutes du Puy du Fou, vous propose 17 chambres de haut standing et 10 luxueuses Maisons des Bois perchées dans les arbres. En bois de châtaignier et agrémen- tées d’un balcon vue sur le parc de 12 hectares et ses animaux, tout a été pensé pour une déconnexion totale, loin du tumulte de la ville. Pour parfaire votre séjour, vouspourrez profiter du Spa, ainsi que du restaurant gastronomique « La Table du Boisniard », 2 fourchettes au Guide Michelin.www.chateau-boisniard.com/Découvrez le Buddha-Bar Marrakech !Le 14 février, l’amour s’invite au Bud- dha-Bar Marrakech pour une soirée « Buddha Kiss » entre émerveillement et plaisir culinaire. Au programme : un ir- résistible menu de partage « pour Elle et Lui » autour de plats signatures et de mets exclusifs élaborés par le Chef As- hish Purty. Après avoir conquis les plus grandes villes, le dernier né du concept Buddha-Bar a ouvert ses portes dans le quartier chic et tendance de l’hivernage à Marrakech. Le Buddha-Bar est avanttout un univers, imaginé par un homme à l’esprit novateur, Raymond Visan, qui a pu, par ses nombreux voyages et rencontres, en faire l’une des adresses incontournables du monde de la restauration et la Nightlife.www.buddhabar.maHuttopia, du Grand Blanc autrementDans les Pyrénées ou au Canada, on opte pour de nouvelles atmosphères façon trappeur... le confort en plus. Des étendues blanches immaculées, une nature préservée et au détourd’un sapin, de petits chalets chauffés par un poêle à bois ! Pour les skieurs en quête de glisse hors des frontières, le rêve blanc québécois est désormais à portée de bâton grâce au premier « espace de villé- giature » Huttopia. A moins de 90 minutes de Montréal, le décor grand nord offre une vue unique sur les montagnes du Vermont recou- vertes de neige. Mont Sutton est l’une des stations les plus enneigées du Québec, paradis des skieurs amateurs de sous-bois.www.huttopia.comL'Art en partage au Hameau des BauxEcrin provençal et nouveau membre de la chaîne Hôtels & Préférence, le concept- hôtel Hameau des Baux s'adresse à une nouvelle géné- ration de clients en recherche de sérénité et de nouvelles ex- périences artistiques, gusta- tives, et de bien-être. Plus de 200 pièces de collection desannées 50 à 90 sont présentées dans l’hôtel et dans les chambres. Mobiliers, luminaires, objets de décoration, cette collection de meubles vintages d’ex- ception est une invitation au partage.www.hotelspreference.com/90Février 2016]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frL’Art du temps ArT de vivre & PATriMOiNe© Jérome MondièreBien -ÊtreAromazone, de l’ultra sur-mesure naturel3 en 1, ce lieu unique de 500 m2 propose un espace de vente de 300 m2, un espace formation de 50 m2 et un spa multisensoriel de 150 m2. Au rez de chaussée, près de 1500 références sont proposées dans la boutique : de quoiravir les adeptes du naturel et de la cosmétique maison. La salle de formation d’une ca- pacité de 12 personnes acceuille des ateliers cosmétiques et d’aromathérapie. Le spa propose une application inédite : un diagnostic beauté digitalisé spécialement développé par Aroma-Zone pour composer son soin sur-mesure à partir d’un orgue à parfums. Au 2e étage, lâchez prise sous une voûte étoilée, dans une des 2 autres cabines de soin, dont l’une aménagée pour des soins en duo. Aromazone, 25 rue de l’école de médecine 75005 PARISL’Eau de Madeleine, pourretomber en enfanceNous avons tous des souvenirs d’enfance. L’Eau de Madeleine est leparfum d’une femme, pour une femme libre. Ce jus réchauffe le cœur,il est enveloppant et rassurant. Ce parfum est à la fois mélancoliqueet infiniment subtil. Il est saturé d’encens. Cette matière brute, largement utilisée pour les cérémonies religieuses, est prisée en parfumerie. Sa forte concentration donne au parfum un arôme unique. Il est aussi sacré que la femme qui le porte.www.lafleuroranger.com/frLushLush a été créée en 1995 par 6 co-fondateurs anglais soucieux de proposer une alternative aux cosmétiques traditionnels par le biais de pro- duits frais et arti- sanaux, imaginés et confectionnés directement dans ses 8 usines - ap- pelées "cuisines". Le concept est unique : une confection à la main et l'utilisation d'ingré- dients frais 100% végétariens tels des fruits, des légumes, des fleurs et des huiles essen- tielles. Inspirées des épiceries où les clients sont invités à choisir eux-mêmes leurs produits, les boutiques Lush en proposent des centaines - non testés sur les animaux - avec des gammes de soins pour les cheveux, le visage, le corps, mais également des produits pour le bain et la douche, du maquillage et des coffrets cadeauxremplis de surprises.Pochette Surprise La Petite Robe NoireExpert de la parfume- rie de luxe en ligne, propose exclusivités et éditions très limitées. Pour la Saint-Valentin, La Petite Robe Noire de Guerlain se dissimule dans une Pochette Sur- prise, illustrée par le cé- lèbre duo d'artistes Kuntzel + Deygas. Dis- ponible en 2 versions,une première avec l'Eau de Parfum vaporisateur 50 ml (75 euros) et une seconde avec l'Eau Fraîche va- porisateur 50 ml (68 euros), ces po- chettes s'accompagnent de petites surprises parfumées pour une fête des amoureux enchantée.www.origines-parfums.comHeloïse V, Parfumeur d’attitudesL’enfance d’Héloïse a été baignée des senteurs de la garrigue, de l’odeur des fruits mûris au soleil, de la fraîcheur olfactive des sous-bois et de l’eau vive...Autant de souvenirs qui ontconstruit son histoire et qui dessinent l’identité d’Héloïse de V. En dehors des modes et des tendances, elle a imaginé une parfumerie de sensations et de création avec le désir de partager des émotions olfactives. Quelques gouttes des parfums Héloïse de V. suffisent à suspendre le temps pour incarner un déjeuner mémorable sous le figuier, l’heure tant attendue de la cueillette ou la baignade au bord de la rivière.www.heloisedev.comFévrier 201691]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27ArT de vivre & PATriMOiNe L’Art du temps - L’actualité automobileESSAIS & TENDANCESLde Mitsubishi Outlander PHev se refait une beautéLa batterie (lithium-ion de 12 kWh) est pla- cée au milieu de la voiture, sous le plancher. Trois modes de conduite sont disponibles, gérés automatiquement par l’ordinateur de bord : tout électrique (jusqu’à une vitesse de 120 km/h) quand la batterie est complètement chargée, avec une transmission intégrale électrique perma- nente ; l’hybride série, qui combine la trans- mission intégrale électrique permanente ettout électrique.du coup l’Outlander permet de rouler fré- quemment en électrique, même si l’on ne peut pas recharger la batterie de façon tra- ditionnelle. Cette charge se fait normale- ment via le chargeur embarqué, soit sur une prise standard domestique en 5 heures (en 3h30 sur une borne de recharge publique du type Autolib, avec un câble spécifique), soit à 80% en 30 minutes sur une borne de re- charge rapide.In fine l’autonomie de l’Outlander affiche 52 kilomètres en mode 100% électrique et 824 kilomètres au total.sel (2,2 litres). de quoi réfléchir.La dS4 CrossbackPar Philippe Flamandans le paysage des véhicules hy- rie, et ce, quelle que soit la vitesse ; enfin 2012) le PHev bénéficie aujourd’hui du re- brides et hybrides rechargeables, le l’hybride parallèle, le moteur thermique en- styling de l’ensemble de la gamme. Nou- Mitsubishi Outlander PHev (pour traînant alors les roues avant en complément veau look avec une nouvelle face avant,La Fiat 500 persiste et signeLes changementssont minimes, etheureusement !L’erreur aurait étéde transformer àoutrance ce block-buster qui dominele marché des petites urbaines depuis 2007. Le trait de génie de Fiat qui a remis au goût du jour il y a huit ans sa « topolino » continue de pro- duire ses fruits commerciaux. Après ses déclinai- sons en versions cabriolet (500C), XL (500L) et tout terrain (500X), la 500 originelle bénéficie de sa première opération cosmétique. Limitée donc, avec une nouvelle calandre, de nouvelles jantes, de nouveaux feux, un équipement amélioré (écran tactile avec GPS) et une véritable boîte à gants. Reste le plaisir de conduire cette mini cita- dine (3,57 m de long, deux centimètres de plus que la précédente) qui gagne en confort grâce à des suspensions corrigées et conserve toute son agilité avec la motorisation de base (1,2 litres, 69 ch) aussi à l’aise en ville que sur route.Modèle essayé : Fiat 500 1,2 Lounge. Tarif : à partir de 14 490 euros. Tarifs gamme essence à partir de 12 490 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 17 040 euros.plug-in hybrid electric vehicle) tient incon- des moteurs électriques avant et arrière. feux à Led, équipement revu, insonorisa-testablement une place à part. Son architec- ture mécanique lui permet en effet de revendiquer une identité électrique forte, sa motricité étant la plupart du temps assurée par cette énergie de façon principale et non pas auxiliaire.A noter que la charge de la batterie par le moteur thermique peut également être « for- cée » en roulant, ce qui permet à petite vi-tion améliorée, confort accru. Globalement la conduite de ce SUv hybride offre beau- coup d’agrément. Quelques points noirs de-Ce SUv hybride « le plus vendu en europe » selon son constructeur (il fautdire qu’il est pourmeurent, qui font tâche pour ce véhicule qui se veut « technolo- gique », comme l’absence d’af- fichage digital de la vitesse, un système bluetooth an- tédiluvien, un GPS inuti- lisable. de ce côté de gros progrès restent à faire pour se hisser au niveaul’heure seul danssa catégorie), dis-pose de trois mo-teurs pour unepuissance théo-rique cumulée de200 chevaux : un mo-teur thermique quatrecylindres essence 2 litres de 121chevaux logé sous le capot, deux moteurs électriques de 60 kw (82 ch), l’un sur les roues avant, l’autre sur les roues arrière, tous deux reliés à un générateur alimenté par le moteur thermique.de ses concurrents. reste à s’interroger sur l’intérêt d’un tel véhicule.tesse (par exemple dans les em- bouteillages) de repasser très rapidement enLe constructeur met en avant ses faibles émissions de CO2 à 44g/km, une consommation nor- malisée de 1,9 litre de carburant aux 100 km qui nous laisse dubitatifs (notre es- timation est plus proche des 8 litres aux 100), mais aussi un bonus gouvernemental de 4000 euros à l’achat et la non soumission à la taxe sur les véhicules de société. des ar- guments fiscaux et financiers bien utiles, quand on sait que son prix de vente atteint 56900 euros (en finition haute) contre 40990 euros pour un simple Outlander die-la production d’électricité via le moteTur Arrivé en France fin 2013 (un an après le 28600 euros. Tarifs gamme diesel à partirLa DS4 se la joue façon Crossover dans cette nouvelle livrée Crossback, avec une garde au sol rehaussée de 5 mm et des éléments de style spécifiques (barresde toit, bandeaude pare-chocs noir,extensions d’ailesnoires...). Un nou-veau look qui larend à la fois plusagressive et plussportive. Elle hérite du récent restylage du mo- dèle avec une calandre sans chevrons siglée DS et de nouveaux blocs optiques (feux mi-LED mi- xénon, clignotants à défilement) et bénéficie comme la DS4 « traditionnelle » de nouveaux équipements (écran tactile, systèmes MirrorLink et Apple CarPlay, pour projeter sur l’écran cer- taines applications d'un smartphone). Toujours aussi agréable à conduire, dotée d’une tenue de route impressionnante et d’un frei- nage puissant, la DS4 Crossback est particuliè- rement performante avec le bloc BlueHDI de 180 chevaux et la remarquable boite auto EAT6.Modèle essayé : DS4 Crossback BlueHDI 180 S&S EAT6 Sport chic. Tarif : à partir de 37 750 euros. Tarifs gamme essence à partir de 27 200 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 28 550 euros.thermique relié au générateur et à la batte-lancement du nouvel Outlander à l’automnede 30800 euros. Mitsubishi L200 double cab : pour le plaisirModèle essayé : Mitsubishi Outlander PHEV. Tarif : à partir de 56900 euros. Tarifs gamme hybride à partir de 46900 euros. Tarifs gamme essence à partir deprend de la hauteurla circulation, le pick-up de Mitsubishi est un plaisir gour- mand pour les amoureux du grand air et de la culture améri- caine. Si ses mensurations adaptées à l’univers automobile européen n’ont rien à voir avec celles des monstres US, le L200 à double cabine permet de rêver un peu, àest réparti à part égale entre l’essieu avant et arrière), et à partir de la finition intens, une transmission intégrale permanente « Super Select », avec boîte courte et verrouillage de différentiel central (une simple molette permet de sélectionner les modes de transmis- sion).son volant, aux vastes étendues sauvages de l’Ouest américain. A mi-chemin entre le véhicule de loisir et l’utilitaire, ce 4X4 vient d’être profondément remanié. La cinquième génération, en 37 ans de carrière (plus de 4 millions de véhicules vendus), bénéficie d’un nouveau châssis, d’un nouveau moteur, et d’une nouvelle trans- mission. en point de mire, ses concurrents directs, Toyota Hilux et Ford ranger, qui dominent aujourd’hui le marché.disponible en versions simple ou double cabine, le L200 se révèle plutôt confortable et rigolo à conduire, façon cool, un bras sur la portière. L’habitacle est celui d’un Outlander avec les mêmes dé- fauts d’équipement, et son coffre (une benne de 2,23 m2 et 1,52 mPropulsé par un unique moteur quatre cylindres 2.4 turbo diesel de 154 ou 181 chevaux, en boîte manuelle ou automatique, le L200 s’affirme comme le Pick-up le moins polluant de son segment avec 169 à 189 g/km de CO pour une consommation moyenne de 9 lotalement irraison- de long sur le double Cab) permet de transporter 1 tonne de charge nable à Paris, même utile à ciel ouvert (pas idéal pour faire ses courses). deux types de s’il permet de s’af- transmissions sont disponibles : en entrée de gamme, la transmis-firmer sans complexe dans sion « easy Select » sans différentiel central (en mode 4x4 le couple292Février 2016aux 100.Un avantage finalement limité (d’un point de vue fiscal s’entend) puisque le L200, comme tous les pick-up, est considéré comme un véhicule utilitaire et donc totalement exempté de malus, même pour les particuliers, et exonéré de taxe sur les véhicules de société pour les professionnels.Modèle essayé : Mitsubishi L200 double cab Instyle BVA. Tarif : à partir de 39950 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 27480 euros.]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27ArT de vivre & PATriMOiNe Baromètre Finance & Investissementséthique & FinanceparLes fonds spécialisés en investissement socialement res- ponsable (iSr) sont-ils suffisamment transparents ? Pas à en croire un rapport de l’Autorité des marchés finan- ciers (AMF), qui dresse un constat sévère sur la qualité de leur communication. Pour le gendarme de la Bourse, qui a recensé 409 fonds commercialisés sous cette appel- lation et a analysé en profondeur une centaine d’entre eux, trop de fonds ne jouent pas le jeu. L’AMF, qui dit s’inquiéter du risque de “greenwashing”, constate queuLES BONS PLANS DU MOISBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulierPEA-PME : coup de pouce fiscal en vue ?ISR : l’AMF tape du poing sur la tableArthur CohenPrésident directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquéesu secteur financieraCComment faire enfin décoller le PeA-PMe ? Le démar- rage poussif de ce placement représente un véritable casse-tête pour Bercy. Lors de son lancement, en mars 2014, 80000 ouvertures de comptes étaient attendues au cours de la première année, pour un encours de 750 mil- lions d’euros. Mais le compte n’y est pas : moins de 40000 PeA-PMe ont été ouverts, et les derniers chiffres de la Banque de France font état d’un encours de 410 mil- lions d’euros à peine. Pour relancer ce dispositif, une im- portante réforme pourrait être décidée. Celle-ci concernerait les entreprises éligibles, qui pourraient in- clure les entreprises dont la capitalisation boursière ne dépasse pas le milliard d’euros en Bourse et ne sont pas contrôlées à plus de 25% par une personne morale. Sur- tout, l’administration pourrait accorder une franchise d’impôts temporaire sur les gains de Sicav et fonds mo- nétaires à la condition de transférer les sommes en ques- tion vers les PeA-PMe.Bonne année ! Les (bonnes)résolutions pour 2016omme chaque année, 2016 débute avec la prise de nombreuses résolutions, plus ou moins bonnes, plus ou moins heureuses. Les milieux financiers n’yéchappent pas : la plupart des banques françaises ont an- noncé la hausse de leurs tarifs, et de nombreuses voix se sont indignées.Certes, on peut reprocher aux établissements bancaires de consolider trop lourdement leur marge, de veiller de trop près à leur produit net bancaire, au détriment des clients. Ce d’autant que, contrairement à ce que l’on a pu lire dans la presse, ce n’est pas seulement les frais de tenue de compte qui se généralisent ou augmentent de façon significative ; ceux des cartes de paiement, qu’elles soient à débit immé- diat ou différé, connaissent également une forte augmenta- tion (de 3 % par exemple pour la Banque postale). Au total, le surcoût par rapport à l’an passé, qui sera supporté par la clientèle, est en moyenne d’une dizaine ou d’une douzaine d’euros par an selon les banques.18% des fonds qu’elle a étudiés mentionnent l’existence d’une politique d’investissement responsable sans que la documentation légale ne donne quelque information que ce soit sur la nature des critères extra-financiers retenus. et dans 40% des cas, si la documentation délivre bien une information sur les critères retenus, celle-ci est « très peu détaillée », selon les auteurs du rapport. Peut mieux faire !Faut-il nécessairement interpréter cette décision comme étant inique ? La question n’admet pas de réponse tranchée. d’abord parce que les banques n’avaient pas revu leurs ta- rifs depuis plusieurs années (depuis 2009 pour certaines) et ce, en dépit de la loi bancaire de 2013 qui limitait, de façon bien légitime, les commissions d’intervention, et de la loi eckert, qui plafonne les frais de tenue des comptes inactifs. Mais surtout, parce qu’il n’y a rien à redire, d’un point de vue éthique, à ce que chaque service assuré soit dûment ré- tribué. On ne peut légitimement réprouver la décision de certaines banques de facturer les services qui ne sont pas accessibles dans un modèle en ligne ou d’en impacter le coût sur l’ensemble des prestations : les particuliers seront alors libres d’opter pour la solution qui leur convient le mieux en tenant compte des charges afférentes. Ainsi, selon le baromètre 2015 du cabinet Simon-Kucher & Partners, 23 % des clients envisagent d’ouvrir un compte dans une banque en ligne, dont la plupart offre la gratuité de nom- breux services. rappelons que cette gratuité, essentielle- ment permise par les économies de personnel et de loyer liées au modèle digital, ne signifie nullement que les frais correspondants dans les établissements qui maintiennent un réseau d’agences sont disproportionnés. en fait, les aug- mentations tarifaires annoncées accompagnent les évolu- tions des habitudes de consommation des services et produits bancaires, qui forcent les établissements de dépôt à adapter leur modèle économique. Leurs valeurs relatives ne permettent donc pas de qualifier le comportement éthique des acteurs concernés ; elles révèlent en revanche un biais stratégique des banques françaises, sur lequel nous pourrions réfléchir : en moyenne, les banques hexagonales facturent les frais quotidiens plus chers que leurs concur- rentes européennes, mais proposent des crédits à bien meil- leur marché.LA SPÉCULATION DU MOIS80 7570 65 60 55 50 45 40 352015 MarsAvril Mai JuinJuillet Août Sept OctNov Dec 2016DBV Technologies : fort potentiel de hausseDBV Technologies peut-il révolutionner la prise en charge de l’allergie à l’arachide ? C’est en tout cas l’avis de Barclays Capital, qui a initié la couverture de la biopharmaceutique avec une recommandation Surpondérer et un objectif de cours de 58 dollars. L’analyste s’attend à des ventes mondiales supérieures à 2 milliards de dollars pour le Viaskin Peanut, le médicament phare du laboratoire. Il souligne notamment une faible concurrence sur ce segment.94Février 2016]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.frBaromètre Finance & Investissements ArT de vivre & PATriMOiNeLe coin des analystesu Cholet Dupont : 2016 sera une année devolatilitéLe redressement des perspectives de croissance en Europe et la stabilisation engagée en Chine ont généré un environnement favorable sur les marchés en novembre, remarque Cholet Dupont dans une note d’analyse. Pour le gestionnaire d’actifs, la faible activité industrielle est compensée par le dynamisme des services. Cependant, la déception qu’a provoqué la décision de la BCE a engagé une consolidation sur les marchés, et constitue donc pour lui une occasion d’achat. Pour Cholet Dupont, 2016 sera encore une année de volatilité. « Les scénarios sur les taux courts et les taux longs, sur les parités de change, sur l’inflation et sur la croissance des résultats s’ajusteront progressivement », remarque Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d’investissement. « Cela engendrera des doutes et des regains de confiance en alternance », anticipe-t-il. Il s’attend à une année positive pour les actions européennes et américaines. Quant aux pays émergents, « le premier semestre sera encore compliqué et nous ne pouvons pas encore adopter une recommandation positive », écrit-il.u Actions : Neuflize OBC privilégie la santé et la technologiePour Neuflize OBC, les taux d’intérêts bas et le faible prix des matières premières permettent d’envisager en 2016 une poursuite de la reprise cyclique en Europe et aux Etats-Unis. Il s’attend par ailleurs à ce que les banques centrales maintiennent un environnement monétaire favorable. Dans ce contexte, le gestionnaire vise une performance positive en 2016. « Les actions, en particulier européennes, restent notre premier choix, en particulier au sein des secteurs moins exposés aux fluctuations cycliques comme la santé ou la technologie », écrit-il. « Malgré l’effondrement des rendements, les instruments de trésorerie ou les fonds en euros dans l’assurance-vie restent pertinents pour passer les inévitables périodes de volatilité et profiter des moments où le risque global des marchés est réévalué. »uAXA IM mise sur une gestion sélective L’ère des actions "bon marché" est aujourd’hui révolue, écrit AXA IM dans une note. Dans ce contexte, il est nécessaire d’examiner le potentiel de croissance des bénéfices pour identifier les entreprises dignes d’investissement, estime-t-il. « Par exemple, dans le cas de la Chine et d'autres marchés émergents, bien que ces marchés suscitent quelques inquiétudes à court terme, nous nous concentrons sur les véritables moteurs de ces économies à long terme », écrit Marc Basselier, gérant du fonds AXA World Funds Framlington Global Convertibles. « Notre démarche à l'égard des États-Unis suit le même type de raisonnement », ajoute-t-il. Ce malgré certains facteurs préoccupants à court terme, comme l’incertitude sur les taux d’intérêt et les pressions exercées par le secteur pétrolier. Pour lui, « le principal risque qui pèse aujourd'hui sur les actions n'est pas le niveau de valorisation, mais le manque de croissance ».Immobilier : encore une nouvelle loi ?Après la loi Alur, la loi Hamon et la loi Macron, le gou- vernement pourrait encore proposer une loi sur l’immo- bilier. La ministre du Logement Sylvia Pinel a annoncé en décembre une modification à venir de la loi Hoguet de 1970. Celle-ci régit les métiers de la transaction im- mobilière et de la gestion locative. Objectif : mieux pren- dre en compte l’impact du numérique et l’arrivée de nouveaux acteurs, comme AirBnB. Les contours de cette nouvelle loi, qui devrait être votée avant la fin du quin- quennat de François Hollande, n’ont pas encore été dé- voilés. Selon Jean-François Buet, le président de la Fnaim, cité par La Tribune, elle pourrait prévoir un volet concernant les honoraires perçus par les agents immobi- liers, qui pourraient être encadrés. Une mesure qui suc- céderait à l’encadrement des tarifs des notaires intégré dans la loi Macron.Février 201695]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27ArT de vivre & PATriMOiNe Patrimoine - Investir en 2016Focus sur un placement ou investissement afin d'analyser les tendances et évolutionsvaleurs montantes Quels placements privilégier cette année ? La donne a changé...Mots-clésPar Jacques Donnay1/ Assurance-Vie : une meilleure rentabilité avec les UC2/ Défiscalisation immobilière : Pinel et Censi-Bouvard dopent la pierre3/ SCPI et OPCI : des placements en plein boom4/ Girardin Industriel et Girardin Social : la défiscalisation outre marine encore méconnue5/ Les FIP corseTs : l’atout insoupçonné de l’Ile de Beauté 6/ Bourse et trading : la prudence reste le maître-motFictionaux de rémunération proche de zéro sur les livrets sans risque, bourse chaotique, changement du paysage de l’assurance-vie, incertitudes sur l’immobilier... Placer ses économies reste un casse-tête. Tour d’horizon de quelques placements selon votre profil et votre appétence au risque.Où placer le pécule de BernardB?Bernard désespère de placer son argent sur un produit rentable et déverse son mécontentement sur Laurent, conseiller engestion de patrimoine.ernard est au bord du désespoir : plus aucun placement ne trouve grâce à ses yeux. « Faute de rendement, je vais garder mes économies sous le lit », affirme- t-il à Laurent. Pour ramener notre homme à la raison, le conseiller aura fort àMauvais conseil ? La réaction de l’investisseur est alors imprévisible...faire, même s’il existe plusieurs produits qui affichent une rentabilité correcte et permettent des réductions d’impôts. « Je peux vous conseiller d’investir dans la pierre avec la défiscalisation Pinel ou Censi-Bouvard2 », propose le conseiller en gestion de patrimoine. Mais Bernard refuse de gérer un bien immobilier. « Pourquoi ne pas opter pour des fonds immobiliers avec une SCPI ou une OPCI3 ? Cette pierre papier vous dispense de gérer vous-même un bien », suggère alors Laurent. Non, décidément Bernard est réfractaire à l’immobilier et pense son âge d’or révolu. il s’interroge plutôt sur la souscription d’une nouvelle assurance-vie en euros. Option peu satisfaisante pour Laurent qui l’oriente plutôt vers l’assurance-vie en unités de compte1 . Bernard hésite... Le conseiller tente alors une nouvelle approche avec des placements moins connus : « Avez-vous entendu parler des dispositifs d’investissement Outre-Mer4 ? ». Mais Bernard se monte la tête. « Des paradis fiscaux, vous n’y pensez pas ! Vous voulez me mettre le fisc sur le dos ? ». Si Bernard fait fausse route avec son analyse hasardeuse, Laurent rebondit en lui parlant d’un fonds d’investissement spécifique à la Corse. « Avec le FIP Corse5, vous investissez dans l’économie réelle tout en obtenant une réduction d’impôt conséquente, mais la part de risque n’est pas négligeable ». Notre épargnant dénigre cette solution estimant que l’économie française n’est pas florissante, à de rares exceptions. Faire ses propres choix et être seul maître à bord, le trading et la Bourse sont peut-être la solution. « Vous pouvez miser sur la bourse et les marchés financiers6 , mais je dois vous conseiller la prudence », avance Laurent. Totalement perdu, Bernard veut se laisser le temps de la réflexion. « Je vous ai dressé un panel des principaux placements. Ces produits, de nature très diverse, présentent des niveaux de risque différents et donc des rentabilités très variées également. A vous de faire vos arbitrages en fonction de vos fonds disponibles et de vos attentes. N’hésitez pas à mixer les placements pour mieux gérer le risque », conclut le conseiller.96Février 2016]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[n°27www.ecoreseau.fr1/ASSURANCE-VIE : UNE MEILLEURE RENTABILITÉ AVEC LES UCPatrimoine - Investir en 2016 ArT de vivre & PATriMOiNecadre du Girardin Social, la réduction d’impôt est accordée sur le montant d’acquisition du logement social, alors que dans le cadre du Girardin industriel, la réduction d’impôt est accordée en contrepartie de l’acquisition d’un matériel de production loué, pendant cinq ans, à un exploitant local. en 2015, le plafond global limitait le montant des réduc- tions d’impôt à 10000€, mais pour des investissements Gi- rardin, ce plafond est porté à 18000€. Pour résumer, l’avantage fiscal s’élève à 18000€ net des rétrocessions aux exploitants ou locataires. Au final, la diminution d’impôt peut s’élever à 60000€ pour l’achat d’un logement et à près de 53000€ pour un investissement industriel soumis à agré- ment. « Ces investissements dits one-shot permettent à l’in- vestisseur de bénéficier d’une réduction d’impôt dès l’année qui suit son investissement. George Pau-Langevin, ministre de l’Outre-mer, a annoncé fin 2015 que le Girar- din était prorogé jusqu’au 31 décembre 2017 », fait savoir Jérôme devaud, directeur général délégué d’inter invest.Longtemps concentrés sur les fonds en euros, les verse- ments sur les supports en unités de compte (UC) progres- sent. Sur les 10 premiers mois de 2015, ils ont représenté 22,5 Mds€, soit une hausse de 32% par rapport à 2014. La tendance ne devrait pas s’inverser et c’est une bonne nouvelle. Pour espérer une rentabilité meilleure, les in- vestisseurs vont devoir se détourner des fonds en eurostroie une réduction d’impôts, à hauteur de 11% du mon- tant du bien acquis, sur une période de neuf ans. Le Censi-Bouvard permet également de récupérer la TvA sur l’investissement. Outre la réduction d’impôts, un in- vestissement locatif permet de percevoir des loyers et de disposer d’un bien générant des revenus à la retraite, d’un bien à vendre en cas de besoin, d’un bien à transmettre... L’opération n’en est que plus attractive.Kastler, fondateur de Facts & Figures, conseil en stratégie sur l’assurance. Avec les contrats en UC, l’épargne est in- vestie sur différents supports (parts d’actions, parts de so- ciétés ou fonds de placement) qui fluctuent en fonction des marchés financiers et immobiliers. Le risque de perte est réel, mais le rendement est supérieur, puisqu’il s’affi- chait à 4,7% en 2014. reste à mener un important travail d’évangélisation pour persuader les épargnants d’accepter une part de risque en vue d’obtenir un meilleur rende- ment. Mais les assureurs ont bel et bien commencé à met- tre l’accent sur les UC. dans ce domaine, Axa fait partie des précurseurs. « Notre rôle est d’informer les clients et de leur faire comprendre qu’unités de compte n’est pas synonyme d’actions. Il existe tout un panel de solutions », souligne Olivier Mariée, directeur des activités epargne d’Axa France.5/LES FIP CORSES : L’ATOUT INSOUPÇONNÉ DE L’ÎLE DE BEAUTÉQuelques prestataires : Axa, La Banque Postale, LinXea, MAAF...teur, à noter la première augmentation de capital de la SCPi Placement Pierre, après la fusion des SCPi Finin- pierre et rocher Pierre 1, par émission de 100000 parts nouvelles jusqu’au 22 décembre 2016, au prix de 315€ la part. « Avec un revenu prévisionnel de l’ordre de 16,38€ par part sur l’année 2015, le taux de rendement instan- tané ressort à 5,20% sur la valeur de souscription de la première augmentation de capital émise à 315€ par part », souligne Foncia Pierre Gestion. Les OPCi béné- ficient des avantages des SCPi renforcés d’autres atouts tels que la liquidité, le choix de la fiscalité et le régime de distribution favorable pour les associés. L’actif d’un OPCi doit comporter au moins 10% de trésorerie et un minimum d’actifs immobiliers fixé à 60% ou 51% selon sa forme. Le succès de l’OPCi s’explique en grande par- tie par la mobilisation des grands réseaux de banques et de compagnies d’assurance qui distribuent ce produit sous forme d’unités de compte de contrats d’assurance- vie. « La collecte globale historiquement élevée des SCPI et des OPCI grand public confirme la complémentarité commerciale de ces véhicules qui diffèrent par leurs ca- ractéristiques techniques et fiscales. Ce succès démontre aussi bien le besoin des ménages en épargne longue que leur confiance dans ces fonds immobiliers », analyse Ar- naud dewachter, délégué général de l’ASPiM.2/DÉFISCALISATION IMMOBILIÈRE : PINEL ET CENSI-BOUVARD DOPENT LA PIERREQuelques prestataires : LinXea, ORA défiscalisationUne étude de Meilleurstaux et Astarès révèle que, depuis la seconde moitié des années 1990, l’immobilier est le plus rentable des investissements. Suivent les actions, les obligations, les fonds euros des contrats d’assurance-vie, le livret A et l’or. « Les performances de l’immobilier s’expliquent par l’effet de levier du crédit qui permet de démultiplier à coût réduit l’apport personnel et par la très forte valorisation de l’immobilier », explique Hervé Hatt, président de meilleurtaux.com. Si les prix de vente comme les prix de location ont ralenti leur course effré- née, l’immobilier reste un placement intéressant dans le cadre d’un investissement locatif. Car pour développer le parc immobilier, l’etat a créé différents dispositifs de dé- fiscalisation. Le dispositif Pinel, qui a succédé au duflot, permet aux particuliers qui font l’acquisition d’un loge- ment neuf en vue de le louer de bénéficier d’un abatte- ment fiscal. Alors que la Loi duflot fixait à neuf ans la période de location, le Pinel offre la possibilité de choisir entre trois formules. Pour six ans de location, l’investis- seur aura droit à une réduction d’impôts de 12%, pour neuf ans de 18% et pour 12 ans de 21%. et ça marche ! Le promoteur Nexity, qui a enregistré une hausse de 52% de ses ventes aux investisseurs individuels sur les neuf premiers mois de 2015, explique ce résultat par « la mise en place et la montée en puissance du régime d’investis- sement locatif Pinel, plus attrayant que son prédéces- seur ». Le principe est similaire, avec un investissement en Censi-Bouvard qui concerne les logements meublés intégrés dans des résidences de services. Ce dispositif oc-6/BOURSE ET TRADING : LA PRUDENCE RESTE LE MAÎTRE-MOTqui devraient en moyenne rapporter 2,25% nets de frais de gestion en 2015. « La baisse des taux des fonds en euros va se pour- suivre au rythme de -15 à -20 centimes par an », fait savoir Cyrille Chartier-Quelques prestataires : Breteuil immobilier, Bellavista...3/SCPI ET OPCI : DES PLACEMENTS EN PLEIN BOOML’Association française des sociétés de placement immo- bilier (ASPiM) souligne les très bons chiffres de collecte des SCPi (Sociétés civiles de placement immobilier) et OPCi (Organismes de placement collectif immobilier). Au premier semestre 2015, les SCPi ont collecté 1,86 Md€, soit une hausse de 47,5% par rapport au premier se- mestre 2014. Sur la même période, l’OPCi grand public a affiché une collecte nette globale de 1246 M€ contre 813,32 M€ sur l’ensemble de l’exercice 2014. Les SCPi ont pour objet l’acquisition et la gestion d’un patrimoine immobilier qu’elles cherchent à valoriser au profit des détenteurs de parts. Les particuliers investissent dans l’immobilier à travers des titres et non directement en achetant un bien, d’où le nom de “pierre papier”. Cer-Quelques prestataires : Star Invest, ACI Outremer...Quelques prestataires : Amundi, Aberdeen...Prévoir les mouvements de la Bourse, par nature imprévi- sibles, n’est pas une mince affaire, mais il semble que les boursicoteurs doivent redoubler de vigilance cette année. Les membres du Cercle des analystes indépendants, réunis pour leur conférence annuelle en décembre dernier, recom- mandent majoritairement précaution et discernement. John Bennett, directeur gestion actions europe chez Henderson Gi, confirme ce sentiment et estime que « les investisseurs sur les actions européennes devront plus que jamais faire preuve de prudence dans le choix de leurs investisse- ments ». Pour autant, se détourner totalement de la Bourse reviendrait sans doute à laisser filer quelques belles oppor- tunités. Lesquelles ? Les experts peinent à s’accorder. Le secteur des produits pharmaceutiques reste un thème de prédilection pour John Bennett. d’autres préfèrent miser sur les valeurs défensives de la consommation et de l’ali- mentation ou font le pari des valeurs high-tech, d’internet et de la construction immobilière. Sur le marché du Forex comme avec les CFd, les traders ne devraient pas non plus s’éviter quelques sueurs froides. Si le trading ne s’adressait déjà qu’à des profils de spécialistes, cette année il pourrait être réservé aux profils experts.Quelques prestataires : IG France, Saxo Banque...4/GIRARDIN INDUSTRIEL ET GIRARDIN SOCIAL : LA DÉFISCALISATION OUTRE- MARINE ENCORE MÉCONNUEPour soutenir l’investissement privé en Outre-mer, le dis- positif Girardin offre au résident fiscal français la possi- bilité d’investir dans le cadre de la loi Girardin Logement Social et de la loi Girardin industriel. des dispositifs à privilégier pour réduire son impôt sur le revenu. dans leFévrier 2016taines SCPi investis- sent dans l’immobilier commercial et propo- sent avant tout un ren- dement, d’autres SCPi investissent en habita- tion et offrent des perspectives de défis- calisation et/ou de plus-value. Sur ce sec-Créé par la loi de Finances 2007, le Fonds d’investissement de proximité Corse (FiP Corse) soutient l’économie locale car les fonds sont investis à 70% minimum dans les PMe corses. en souscrivant au FiP Corse, l’épargnant a droit à une réduction d’impôt de 38% qui compense le risque de perte en capital et la durée de blocage de 7 à 10 ans. A échéance, les éventuelles plus-values sont exonérées d’im- pôt, hors prélèvements sociaux de 15,50% en 2015. LinXea, spécialiste de l’assurance-vie en ligne, a commer- cialisé en octobre 2015 un FiP Corse pour enrichir son offre produit. « Nous avons conclu un accord d’exclusivité de distribution avec notre partenaire qui proposait égale- ment une politique agressive de frais de gestion, conforme à notre ADN », explique Yves Conan, directeur du déve- loppement de LinXea. Ce FiP Corse Alimea, clos au 31 décembre 2015, a collecté 1,5 M€. LinXea se dit prêt à pro- poser à nouveau un FiP Corse en 2016, tout en ayant conscience que ce produit risqué ne peut pas convenir à toute la clientèle.97]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°27ArT de vivre & PATriMOiNe Regard sémantiqueDepuis neuf ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées courant janvier à Paris.La mémoire des mots, par Jeanne Bordeau (Fondatrice de l’Institut de la qualité d’expression)© DRLES MOTS CLÉSen revanche, à l’instar du patron de Publicis Maurice Levy, on peut légalement utiliser le verbe “uberiser”. “Uberiser” pour évoquer ces marchés déstabilisés par l’arrivée d’ac- teurs “pure players” et prédire l’avènement d’un monde où les intermédiaires disparais- sent. “Uberiser”, fantasme économique ?Le secteur du “biotech” continue d’écrire l’avenir de la santé avec près de 457 entre- prises spécialisées. Mais, la tête tournée vers la croissance du futur avec les “objets connectés”, “les jeunes pousses”, “les voi- tures connectées” et “Frédéric Mazzella le patron de BlaBlaCar”, il ne faut pas oublier la réalité de la terre.Cette réalité des “agriculteurs”, “éleveurs”, “paysans”. Leur colère n’est pas virtuelle. Blo- cage des routes, encerclement de Paris, manifes- tation européenne... C’est vraiment “la crise du porc”. 500 millions d’euros d’aide d’urgence suffiront-ils ? L’europe inspire aussi l’amertume aux sujets de sa majesté. ils n’excluent pas un “ Yes” au “Brexit”. “Brexit”, traduisez : “British” et “exit”, autrement dit la sortie du royaume- Uni de l’Union européenne. Tsipras, le premier ministre grec, affronte quand à lui, un possible “Grexit“.La bonne nouvelle vient du ciel. On vend des “rafales”, à l’egypte, au “Qatar” et peut-être à l’inde. Pendant ce temps les fusions acquisitions vont bon train :”Alstom” est vendu à General electric, une vente ou “un scandale d’Etat” ? “Areva” est en état de scission, une solution pour remédier à une perte de 4,8 milliards ? “Fnac-Darty” se marient au nom de la raison. “BigPharma” et “Sanofi” en particulier susci- tent la controverse : faut-il réellement accorder un bonus de 4 millions d’euros de bienvenue pour le nouveau patron ?et que font ici les “Zèbres” ? ils désignent le mouvement “Bleu Blanc Zèbre” de l’écrivain Alexandre Jardin qui mise sur les “Faizeux”, c’est-à-dire ceux qui font ! Une façon d’ubériser le pessimisme et de crier haut et fort que nous sommes une “Startup nation”. Une idée qui plairait sans doute à Jean-Claude decaux qui fête ses 78 ans et célèbre les 50 ans de “JCDe- caux” !Une conclusion ? Celle de François Michelin disparu le 29 avril 2015 à 88 ans : “la vérité et la réalité sont plus grandes que toi et l’argent doit être un serviteur, jamais un maître” ! Une devise valable aussi pour les gagnants de la nou- velle économie !Accélérateur de croissance, chômage, ubérisation, Uberpop, ubériser, Macron, French Tech, super-licornes, biotech, les jeunes pousses, les voitures connectées, Grexit, paysans, la crise du porc, Brexit, rafales, Fnac-darty, Big Pharma-Sanofi, fintech, faire sauter les banques, les zèbres, start-up nation, François Michelin, JCdecaux.“ Chômage” en lettres rouges au cen- tre du tableau, 40 000 emplois créés en 2015. 10,6 % de chômeurs en France, le chômage n’a jamais été aussi haut depuis 1997 !Mais, tout ne va pas si mal, quelques coefficients multiplicateurs dissémi- nés mettent en relief les victoires de l’économie numérique. victoire de “BlaBlaCar” qui devient le leader mondial de la mise en relation des adeptes du covoiturage. victoire de “Airbnb” qui monte en puissance en France : à Paris, le site propose plus de 20 000 hébergements disponibles chez l’habitant.Les perspectives sont donc au beau fixe pour les “super-licornes”, les en-treprises high-tech valorisées à au moins un milliard de dollars. et “la French Tech”, qui regroupe les start- up françaises, émerge ! Le CeS de Las vegas accueille 193 entreprises de la “French Tech” : c’est le premier pays représenté en europe ! “Accélé- rateurs de croissance“ pour ces ac- teurs de l’optimisme technologique même si cela ne suffit pas à endiguer le “chômage“.“L’Elysée“ est au centre de ce mé- lange, de ce pavé de mots qui alter- nent les bonnes et mauvaises nouvelles. “Drahi“ rachète médias et journaux, angoisse pour les journa- listes ? La guerre “des autocars” re- dessine le marché du transport de personnes, rassurant ou inquiétant ?“Le Qatar“ est toujours à la manœu- vre pour les investissements et les prises de contrôle, une preuve de dy- namisme de l’économie ?“L’Elysée“ est au centre mais le chouchou des Français, “Macron“, retient l’attention des médias ! Le lo- cataire de Bercy a-t-il oui ou non remis en cause “le statut des fonction- naires” ?dans la catégorie remise en cause, on trouve “Uber” et ses applis qui met- tent en relation directe utilisateurs et conducteurs. en 2015, “Uber” pros- père au pays des Taxis Bleus et de G7 mais la loi s’en mêle. “UberPop” est interdit, le Conseil Constitutionnel le confirme le 22 septembre 2015.Février 2016PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 3 MARS 201698Nom du tableau : Jane Bee, Thème “économie”, Uber, 2015]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRECABARET DU MONDE !DINER ET REVUE À 19H À PARTIR DE 190 € REVUE À 21H ET À 23H À PARTIR DE 77 €MONTMARTRE82, BLD DE CLICHY - 75018 PARIS TEL : 33(0)1 53 09 82 82THE SHOW OF THE MOST FAMOUS CABARET IN THE WORLD !DINNER & SHOW AT 7PM FROM €190 SHOW AT 9PM & 11PM FROM €77WWW.MOULIN-ROUGE.COM FACEBOOK.COM/LEMOULINROUGEOFFICIEL© Bal du Moulin Rouge 2016 - Moulin Rouge® - 1-1028499]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>