﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="104"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[EcoRéseauL’information économique et positive, autrementComprendre, Entreprendre, InnoverCréation d’entrepriseSuccess stories en banlieueDécembre / Janvier - n°26 - 3,90 € - ecoreseau.frLESAUTODIDACTES......OU COMMENT RÉUSSIR AUTREMENT EN FRANCELeur caractère, leurs méthodes, leurs réflexions. Notre enquête.VIVRE DEMAINRetour sur les actus qui vont influencer 2016L'APRÈS-HIPSTER ?La mode,miroir de notre sociétéL’après COP21DES RAISONS D'ESPÉRERInterview croiséeLa com' de luxe revisitéeELECTRON LIBRE : JEAN-MARC BORELLO, ROI DE L'ESS u LEÇONS DE MAUX : CES MILLIONNAIRES QUI ONT CHUTÉ, PUIS REBONDIJEUX VIDÉO : RÉVOLUTION PERMANENTE u BUSINESS STORY : SIGFOX, LES TELECOM MALIGNES u RÉSEAUX & INFLUENCE : LA GALAXIE ASHOKAALL/BEL/ESP/ITA/POR : 4.50 € - Canada : 7CAD - Maroc : 50 MADEcoRéseauPdg MauboussinAlain NémarqDg KaviariKarin Nebot]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26EDitoriALContinuer, et espérerLa ligne éditoriale du journal EcoRéseau – que nous avons toujours souhaitée entrepreneuriale au sens large du terme et délibérément positive – nous encou- rage à constamment voir plus loin, plus haut, plus beau. Le tout en apprenant si possible des échecs du passé, mais sans jamais trop s’y attarder.Néanmoins, nous ne pouvions, eu égard à l’actualité funeste, ne pas revenir en arrière quelques instants. Cette année, mise à mal (mort) dès janvier et d’autant plus marquée au fer rouge par ces nouvelles et indicibles atteintes, marque ou marquera durablement notre société. Aussi nous tenons, malheureusement et une fois de plus, à nous associer à cette immense peine nationale, et avons une pensée toute particulière pour ces inno- cents du vendredi soir qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Avec une atroce nouveauté : ces innocents auraient pu être vous, nous, qui sais-je ?Si ces violences tragiques ne s’effaceront jamais ou pourraient resurgir comme nous le redoutons, restons debout, convaincus que notre société peut s’en sortir et espérer. Dans le rôle qui est le nôtre et avec cette détermination qui nous anime depuis notreorigine, et sans tomber dans le déni ou l’oubli, nous nous attacherons à accorder da-4 DéCEmbrE / JANviErnitiatives, nos innovations et nosQue 2016 chasse vite 2015 ; car si toutefois l’insouciance dans laquelle nous vivions peut s’estomper, gardons foi en notre espérance. L’Etat d’urgence oui, mais pour en- treprendre notre vie, plus que jamais solidairement.vantage de place à la promotion de notre pays, nos i.talents, etc. Et plus généralement, nous nous engageons à (re)donner du sens à notre quotidien. A tout point de vue pour ne pas leur donner raison.De toute évidence, nous promettons de continuellement chercher la lumière, peu im- porte les circonstances. Nous sommes la France, nous sommes la vie.Jean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationJulien TarbyRédacteur en chefLE CHAT by Philippe Geluck]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frPANORAMA 6-32 RétrospectiveSommAirEBusiness guidesLa résilience de la république Française 6 Baromètre de l'optimisme 8- Locaux et équipements de bureaux 56 - voyages d'affaires - Compagnies aériennes 60Les rendez-vous EcoRéseauSTRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 64-73 Baromètre de l'innovation 64Les bonnes nouvelles de 2015 10Regard digitalGrand angleJérôme bruet, Pdg. de e-doceo spécialiste du e-learning 66Ce que nous apprend sociétalement la mode : l'après-hipster 12DécryptageRégions & Territoiresrévolution permanente des jeux-vidéo 68région Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes 14Haute résolutionHexagone- Le SmS comme second langage 70 - Cloud - Confiance absolue ? 72L'état d'urgence et ses implications 18InternationalBusiness story- Ces événements de 2015 qui vont marquer l'avenir 19 - Focus sur la Scandinavie et son climat d'affaires 20Sigfox, le chemin de traverse des telecoms 73COP21RH & FORMATION 74-83 Réseaux & InfluenceA la Une : Les nouveaux enjeux du réchauffement climatique 22 Hexagone : Chantal Jouanno / Christian de Perthuis 26 Ces start-up qui rebattent les cartes 28 Prospective : Le rejet de Co2 en France en 2050 30 La mémoire des mots 32Ashoka, le rdv des entrepreneurs sociaux 74 Observatoire 76CLUB ENTREPRENDRE 34-62 Baromètre & Tendances 34Carrières & TalentsA la Une- Formation continue - Personnalisation des programmes 78 - Ecoles d'ingénieurs : les "soft skills" des jeunes diplômés 82Les autodidactes 36ART DE VIVRE & PATRIMOINE84-102Interview croiséemauboussin vs Kaviari 42L’Air du tempsEn immersionLes deux roues84 86Yachts de Paris 44L’Art du tempsL’actualité automobile : Essais & tendancesElectron libreJean-marc borello et le groupe SoS 4694 96Leçons de mauxBaromètre Finance & Investissements PatrimoineEchecs et rebonds des multimillionnaires 48ProspectiveLes placements outre-mer98 102Noël en 2050 50La Sélection culturelleCréer aujourd’huiEntrepreneurs des cités 52N°26www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Fondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyComité de rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Geoffroy Framery, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Philippe FlamandChroniqueurs : Philippe Bloch, Jeanne Bordeau, Arthur Cohen, Marc Drillech, Pascal Junghans, Sophie de Menthon, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Arthur de SoultraitOnt collaboré à ce numéro : Anna Ashkova, Olivia Baranes, Jean-Marie Benoist, Charles Cohen, Anne Diradourian, Jacques Donnay, Ludovic Greiling, Pierre Havez, Cyril Michaud, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Yann Petiteaux, Stéphanie Polette, Antoine Pietri, Olivier Remy, Séverine Renard, Pierre Tiessen, Murielle WolskiDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.DéCEmbrE / JANviEr5]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA Rétrospective - La résilience de la France face aux attentatsLe sang sèche vite, dit-on, en entrant dans l’Histoire. Celui versé en ce funeste mois de novembre 2015 boulevard voltaire, rue de Charonne, rue bichat, rue de la Fontaine-au-roi, au bataclan et à Saint-Denis fera à coup sûr mentir l’adage. on n’effacera pas le deuil et la douleur de 400 familles d’un coup de baguette magique. Quoique difficile à tenir par ces temps obscurs, la ligne éditoriale de notre titre nous encourage à trou- ver une lueur d’espoir au milieu de la nuit pari- sienne. L’espoir de ne pas voir l’horreur frapper à nouveau. trop fort. trop vite. trop tout.mais les paroles, prières et condamnations, quoique légitimes, ne suffisent plus. Un t-shirt «Je suis Charlie» n’est pas un gilet pare- balles, nous venons d’en faire la tragique expé- rience.Indignations et cris fondateurs ?d’affluence pour chacune de ces deux catégories) après des épisodes de bousculades ou bagarres violentes, voire mortelles. Seuls les footeux intermit- tents délaissaient les tri- bunes pour la télé, leur taux d’affluence au stade passant de 85 à 45%. Que retenir de cette dé- monstration ? Que la peur ne triomphe jamais de nos habitudes, pour peu qu’elles soient ancrées en profondeur.Le retrait des troupes es- pagnoles d’irak après les attentats d’Atocha en 2004 reste tristement dans les mémoires comme une vic- toire du terrorisme sur la démocratie. Le roseau peut plier, mais ne doit jamais rompre. Sur notre sol, en- suite, une extrême fermeté doit être de mise vis-à-vis des prédicateurs, imams et penseurs intégristes. La haine n’est pas une reli- gion. La laïcité peut dormir sur ses deux oreilles. Concernant les armes, ces- sons de ricaner du grand frère américain. Leurs bou- tiques d’armes ont pignon sur rue dans des résidences tranquilles. Les nôtres ont pignon sur cave dans des banlieues en déshérence. Pas grande différence, au final, pour qui veut s’en procurer. Et on fait sem- blant de le découvrir. En- fin, cessons de n’aimer la France que quand elle est en deuil. Notre pays a ses défauts. Des pans de notre histoire doivent nous faire honte à jamais. mais nous avons aussi apporté à l’hu- manité quelques idées convenables, en plus de nos vins et nos fromages. Le leader du groupe Zebda magyd Cherfi a en ce sens publié une magnifique tri- bune dans Libération, dans laquelle il annonce « être devenu solennellement français » au soir du 13 novembre. .La quadrature du cercleDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé. Après le temps des légitimes lamentations, doit venir au plus vite celui de la résilience. ou comment anéantir le terrorisme sans renier nos valeurs ni le fonctionnement de notre Etat. Une main de fer dans un gant de velours ?Alors quoi ? François Hol- lande décide de mettre la Syrie à feu et à sang, et on envoie quelques bar- bouzes faire la peau de son moustachu dictateur – encore un. on surveille les mosquées, ceux qui y prient, ceux qui y entrent, ceux qui en sortent ? on place en garde-à-vue tout barbu attablé devant un kebab salade-tomate-oi- gnons (les prisons seront vite remplies de hipsters en fin de soirée) ?les contraires. ménager à la chèvre une clairière saine et verdoyante. Et ne pas laisser proliférer le chou, encore plus s’il vient de bruxelles. Cela porte un nom : la résilience. Un mot complexe pour une idée simple. La capacité d’un corps social – ici la France – à s’adapter, voiremesure, naturelle. Un virus nous attaque, notre corps souffre un temps, s’en dé- barrasse, et reprend son rythme de croisière. mieux, nos anticorps connaissent maintenant le visage du terroriste, et gare s’il repointe son nez. rai- sonnement trop simple ? Je vous l’accorde. Enpagnols. résultat : la peur s’apprend, se contrôle et s’apprivoise. mieux : plus on y est soumis, plus on la maîtrise. Concernant l’intifada, les habitués des lieux fréquemment visés par les attaques avaient de moins en moins peur et redoutaient de moins en moins l’attaque suivante.Ce qu’il faut avant tout, et ce n’est pas le plus sim- ple, c’est maîtriser les réac- tions épidermiques et les intentions va-t-en-guerre que nous éternuons sous l’odeur de la poudre. Si la vengeance soulage le cœur, elle donne des re- mords à la tête. Aussi le fer que nous souhaitons porter au cœur de Daech doit-il être guidé par une main arc-boutée sur les valeurs républicaines. Li- berté de penser, liberté de la presse – que l’Etat d’ur- gence fait vaciller –, liberté de culte, liberté de circu- lation. La France ne sera jamais aussi forte que par ses institutions et par ce qui constitue, aux yeux des terroristes, nos fai- blesses.Messieurs nos gouvernants, il semblerait bien que nous ayons besoin de vousreste à mettre tout cela en application. Pour la mé- thode, je passe mon tour. A vous de jouer, messieurs nos gouvernants. Nous avons envie de vous faire confiance. Et une fois n’est pas coutume, il semblerait bien que nous ayons be- soin de vous.Cela dit, il serait utopique de laisser faire une nou- velle main invisible, et de garder les nôtres tranquil- lement croisées derrière notre dos, à coup de « plus ils attaqueront, moins nous aurons peur ».Non, évidemment. Pour- quoi ? Car la France est un Etat de droit. Une dé- mocratie peuplée d’étranges citoyens qui tiennent autant à leur li- berté qu’à leur sécurité. C’est même pour ça qu’elle est prise pour cible. il va donc falloir marierà absorber les événements 2013, deux économistes La fréquentation des trans- et aléas exogènes qui le américains – Gary becker ports en commun – sou- frappent sans pour autant et Yona rubinstein – ont vent pris pour cible – res- changer son mode de fonc- planché sur la résilience tait stable chez les abon- tionnement. bref, tout «naturelle» des popula- nés, et baissait chez les change, mais rien ne tions face à deux types utilisateurs occasionnels. change. d’événements : la seconde idem en Espagne. Les so- Coup de chance – enfin intifada entre 2000 et cios et abonnés conti- un ! –, cette résilience 2005, et la violence dans nuaient d’aller au match semble, dans une certaine les stades de football es- (respectivement 93 et 85%Dans la limite du respect de ces valeurs, plusieurs éléments doivent cepen- dant être repensés de toute urgence. La présence fran- çaise en Syrie, d’abord. L’esprit munichois a déjà endeuillé trop de familles pour remettre le couvert.Olivier Faure6 DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA Le baromètre de l’optimismeLes bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper...L'échec n'est pas de tomber, mais de rester là où l'on est tombé4 La bonne nouvelle ici et maintenant Selon l’insee, la croissance de l’économie française a progressé de 0,3% au troisième trimestre. Ce rebond après la stagnation du printemps est notamment dû à la consommation des ménages et l’investissement des entreprises. Désormais, la croissance pour 2015 sera au minimum de 1,1%. Un chiffre supérieur au 1% pro- nostiqué par le gouvernement.Le verbatim à retenir...Des chiffres et des lettres agréables70 millions d’euros, telle est la somme que le P-Dg de Mi- crosoft, Satya Nadella, inves- tira dans 300 start-up françaises. Ainsi, le premier éditeur de logiciels mondial va donner le départ au nouveau programme d’aides aux jeunes pousses de la "French Tech". En partenariat avec une dizaine d’accé- lérateurs en France, Microsoft leur four- nira des services de cloud et des outilsPlaton4 Pour rêver très loinLes généticiens britanniques ont inventé des tomates spéciale- ment modifiées pour inverser le processus de vieillissement du corps humain. Leur pulpe contient du resvératrol (un puissant antioxydant présent notamment dans le vin rouge) capable de ralentir le processus de vieillissement et de prévenir le déve- loppement de maladies comme l'Alzheimer. Une telle tomate contiendrait la même quantité de resvératrol que 50 bouteilles de vin rouge.Le graphiqueencourageantLa cinquième édition du Top 250des éditeurs et créateurs de logi-ciels français réalisée par EY et leSyntec Numérique montre que lesecteur se porte bien et affiche unecroissance de 17% (avec un CA de10,5 milliards d'euros). Alors qu’en 2012 les ventes s’élèvent à 8,6 milliards d'euros et restent relativement modestes en 2013 (9,0 milliards d'euros), 2014 est l’occasion d’un nouvel envol. Une bonne nouvelle pour l'emploi puisque, selon cette étude, ces deux dernières années, les éditeurs en ont créé plus de 15000 dans notre pays.Des brèves qui donnent le “smile” le matin...de Big Data.Lorsqu’on évoque cette force de caractère, on pense d’abord à la bravoure, au panache des grands héros de notre histoire, à tous ceux qui assurent aujourd’hui notre sécurité et notre défense, en particu- lier aux forces spéciales qui viennent encore de prouver leur abnégation et leur efficacité. Nous sommes tous Paris !Le courage vous est nécessaireLa défaillance d’entreprises est en baisse de 0,6% sur les 12 mois achevés en août. Un recul enregistré no- tamment dans les secteurs des transports (-12,7%), deL’onde positivel'industrie et du commerce (-2,7%), du soutien aux entreprises (-5,1%), de l'information et communication (4,9%) et de l'industrie (3,5%), a annoncé la banque de France. Enfinpar Thierry Saussez Fondateur du printempspar la taille d’entreprise, les défaillances sont en recul de 7,7% pour les autres PmE et de 17,2% pour les Eti et les grandes entreprises. Selon la banque de France, cette baisse se poursuivrait sur les douze mois achevés en septembre, avec une baisse évaluée à 1%. Par "défaillance d'entreprise", la banque de France désigne les sociétés qui ont subi un redressement judiciaire, une liquidation judiciaire oude l’optimismeSelon le "top 100" de l’innovation de thomson reuters, après le Japon et les Etats- Unis, la France se classe troisième au rang mondial pour son nombre d'entreprises et d’organismes innovants. Ainsi, dix organisations tricolores ont été retenues par le groupe thomson reuters : Alcatel-Lucent, Alstom, Arkema, Safran, Saint-Gobain, thales, valeo et les organismes CEA (Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives), CNrS (Centre national de la recherche scientifique) et iFP Energies nouvelles. Le palmarès a été calculé à partir du volume de brevets, du taux de brevets acceptés comparé au volume déposé, à la portée géographique des brevets et à leur influence en aval.une procédure de sauvegarde.Cela ne nous concerne pas seulement comme citoyen mais aussi comme exemple dans notre vie quotidienne. Cette bravoure n’élimine pas la peur mais fait appel à des exercices quoti- diens pour développer des aptitudes intellectuelles et physiques, l’esprit et le corps, afin de rester maître de nos émotions, de nos pulsions, de nos in- tuitions.appropriée.il y a aussi le courage psychologique, celui qui nous permet de ne pas bais- ser les bras, de mobiliser des pensées et des énergies positives pour rester debout, faire face aux grandes épreuves de la vie.Je n’oublie pas le courage moral : la force de défendre une éthique, des convictions, des valeurs et de le faire, au-delà d’une grande émotion collec- tive comme celle provoquée par le terrorisme, de façon durable. La peur n’est pas bonne conseillère, la sidéra- tion n’est pas suffisante, l’engage- ment est salutaire.il y a aussi un courage plus quotidien, presque banal et parfaitement indis- pensable. C’est celui de se lever le matin, de faire son travail, de ne ja- mais se réfugier dans l’ignorance, le paravent de tous les abandons. refusez la passivité. Ne vous enfer- mez pas dans la crainte de l’autre ou du lendemain, du défi à relever ou de l’avenir. Assumez vos responsabili- tés.bouger, changer, entreprendre, agir, c’est toujours manifester une forme de courage. L’enthousiasme est cou- rageux et entraînant. il ouvre un che- min.Selon Henrik Cronqvist, de l'Université de miami, et Frank Yu, de la China Europe in- ternational business School, les entreprises dirigées par des P-Dg qui ont des filles seraient plus agréables pour leurs salariés. Les décisions de près de 379 chefs de grandes entreprises ont été étudiées en matière de diversité, de bien-être au travail et de respect de l'environnement. Les 12% de dirigeants les mieux notés sont ceux qui étaient parents de fille(s). En effet, ils se comportaient mieux avec les femmes, les minorités et les personnes handicapées au sein de leur société. Leur note serait d’autant plus élevée que l'aînée de leurs enfants est une fille.Avec 53,4 milliards de dollars de bénéfices nets réalisé en 2014-2015, Apple devient le roi des rois. Le plus gros profit jamais réalisé dans l’histoire. En 2015, Apple a vu son CA grimper de 28%, à 233,7 milliards de dollars et son bénéfice de 35%, à 53,4 milliards de dollars. Aucune société auparavant n'avait engrangé de gains annuels aussi conséquents. Le précédent record était détenu par le pétrolier Exxonmobil en 2008 qui avait dépassé les 50 milliards de dollars (en dollars constants) d'une courte tête.Cette maîtrise de soi, évoquée sou- vent au travers de ces chroniques, nous devons la cultiver. C’est une force qui mêle la grandeur et la géné- rosité, prépare à une intervention en cohérence sans rupture d’équilibre entre la réflexion, l’analyse des don- nées et l’action. Elle dépend de la vo- lonté, de l’engagement, de la prise de conscience du défi à relever, de l’éva- luation de la situation et, enfin seule- ment, du choix de la réponsePour Franck Champain, nouveau dirigeant de marchegay technologies (fabricant de serres et de verrières) à Luçon (vendée), cette fin du mois relève de l'oxymore. Son carnet de commandes plein, il se retrouve pourtant face à un problème majeur : les chantiers en prévision demandent une avance de trésorerie pour acheter le matériel nécessaire... mais la banque ne peut pas aider le dirigeant en détresse. A défaut de trouver une solution, la fermeture de la société créée en 1948 s’impose et avec elle, le licenciement de 75 salariés. Seulement à 24 heures de l’audience au tribunal deCommerce, Franck Champain tente le tout pour le tout et lance une souscription auprès de chefs d’entreprise de sa région. Près de 35 chefs d’entreprises locales se mobilisent conscients que ce problème aurait pu les toucher aussi. S’ensuit alors un défilé de chèques allant de 1000 à 150000 euros (remboursables sous trois mois). moins de 36h avant l’audience au tribunal, le président de marchegay récolte ainsi 400000 euros. Franck Champain voit le bout du tunnel, aujourd’hui, il est désormais reconnaissant à toutes les personnes qui l’ont aidé et promet de rembourser sans faute le dû.Labellehistoiredumois: unmiraclevendéen8DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[EXPERIENCE MEETINGSTOUS LES INGRÉDIENTS D’UNE RÉUNION RÉUSSIE :DES ESPACES FONCTIONNELS, UNE TECHNOLOGIE DE POINTE, UNE CUISINE SAINE POUR VOTRE RÉFLEXION, L’ACCÈS WIFI HAUT DÉBIT GRATUIT.DÉCOUVREZ LE SUCCÈSHOTELS DESIGNED TO SAY YES!radissonblu.com/fr/reunions]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA Le baromètre de l’optimismeEn 2015, les bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper...voici venu le temps des rétrospectives et revues de l’année. Les attentats vont en occuper une grande partie. Pourtant, des évènements bons et prometteurs ont eu lieu. Passage en revue en toute subjectivité.Par Matthieu Camozziu1er janvier : la Lituanie devient le 19e pays membre de la zone Euro. Alors que les problèmes grecs acca- parent les Unes, il est bon de rappeler que l’euro fait toujours des émules et que la zone s’agrandit.çois Hollande et de l’émir du Qatar, cheikh tamim ben Hamad Al-than, pour un montant de 6,3 mil- liards d’euros. N’en déplaise aux détracteurs, des commandes de ce genre sont autant de bonnes nou- velles pour l’aéronautique que pour toute l’industrie française qui profite de leurs retombées.la vie, et de quoi attiser l’intérêt des scientifiques pour de voyages futurs.u 20 mars : l’équinoxe de printemps a donné lieu à une éclipse solaire, visible en France en phase partielle à 80% ; une coïnci- dence qui ne se pro- duira que deux fois au XXie siècle (l’autre en 2034), la dernière ayant eu lieu le 20 mars 1662 ; la sui- vante, après 2034, aura lieu le 20 mars 2406. Le lendemain a eu lieu la «marée du siècle» : la terre, la Lune et le Soleil ont été parfaitement alignés, mais les distances terre-Lune et terre-Soleil ont aussi été les plus fai-u30 juin : l’accord sur le nucléaire iranien met fin à l’embargo en iran. C’est cette fois la bonne, 13 ans après les premières informations laissant craindre unu30 novembre au 15 décembre : Conférence de Paris sur le réchauffement climatique, afin d’envisager des mesures concrètes et collectives pour résoudre un problème mondial.programme militaire. La volonté de réconcilia- tion était palpable du côté de barack obama, qui voulait en faire un point clef de son bilan, comme du président ira- nien, Hassan rohani, dont le pays était épuisé par les sanctions occi-uSur l’année, des prix du pétrole très basLe prix du pétrole se rapproche des 42 dollars... il n’a cessé de chuter depuis début juin, et la tendance était déjà baissière depuis juin 2014. Les Etats-Unis avaient ouvert un nouveau front en autorisant l’ex- portation de pétrole brut léger, rompant ainsi avec unbles.dentales. téhéran et Washington sont aussi devenus alliés contre l’Etat islamique.embargo de 40 ans. De son côté, l’Arabie saoudite, jadis résolue à défendre pied à pied le seuil des 100 dollars le baril, a voulu en priorité garantir ses parts de marché, alors même que la produc- tion des schistes améri- cains battait son pleinu10 avril : suite à l’annonce du rapprochement des re- lations diplomatiques entre les Etats-Unis et Cuba, barack obama et raul Castro se rencontrent pour un face à face entre chefs d’Etat, fait unique depuis 1956. Le début des normalisations entre les deux pays qui aboutira à l’été 2015. Une page de l’histoire se tourne...u2 juillet : parti du Japon le 29 juin, l’avion Solar im- pulse 2 propulsé uniquement par l’énergie solaire se pose à Hawaï, battant le record du plus long vol sans escale pour ce type de transport, avec une distance de 8000 kilomètres en cinq jours. André borschberg bat le record précédemment détenu par Steve Fossett avec le Scaled Composites model 311 virgin Atlantic GlobalFlyer.et que la demande mondiale était atone. Pour l’heure, abstraction faite des tensions géopolitiques en Ukraine, au moyen-orient et en Libye susceptibles de faire rebondir les cours en cas d’aggravation, le prix de l’or noir restera orienté à la baisse. Les défen- seurs de la nature s’inquiètent et pensent qu’une telle situation va freiner la transition énergétique. mais les économies des pays industrialisés, qui ont souffert durant la crise, ont besoin de souffler un peu pour se modifier de manière structurelle.u1er mai : ouverture de l’exposition universelle 2015 à milan, en italie.u 28 septembre : la NASA annonce que de l’eau salée à l’état liquide existe sur la planète mars. Un détail ? Pas tant que cela. De quoi raviver l’imagination de tous les fans de science-fiction qui espèrent y trouveru4 mai : un contrat de vente de 24 avions de combat rafale au Qatar est signé à Doha en présence de Fran-PerspectiveEcourage de ne rien céder à ceux qui menacent leur liberté, il est permis de se demander si être optimiste n’est pas une forme de folie douce dans un monde où tout semble aller mal. ma conviction profonde est que la vraie folie consiste plutôt à se laisser entraîner sur le terrain glissant de la peur et du pessimisme ambiant, qui sont toujours une forme de lâcheté et d’abandon. L’essentiel est de rester fort, même dans l’adversité. Le psychiatre vik- tor Frankl, dont les parents, le frère et l’épouse enceinte ont péri dans les camps de concentration, rappelle dans l’un de ses livres que les Nazis y avaient un pouvoir absolu sur les prisonniers. Leur alimentation, leur sommeil, leur santé, leur activité et leur vie. La seule chose qu’ils neparComment être optimiste quand tout va mal ?la montée del’islamisme ra-dical et les me-naces qu’il vadurablementfaire peser sur notre quo-tidien, et rappelons-nous que tout est aujourd’hui possible pour qui sait rêver grand, avoir de l’ambition et accepter de l’assumer. il est in- dispensable de le rappeler chaque jour autour de nous. Jamais le contexte n’a été aussi favorable pour s’affranchir de nos liens de su- bordination, en même temps que des règles de la vieille économie ou des croyances anciennes. Chacun de nous peut agir... et découvrir sa propre capacité d’entraînement. Puisque plus rien n’est prévisible, tout est à inventer. Alors oublions nos peurs et profitons de cette nou- velle année pour rester (ou devenir) entrepreneurs de nos vies !Philippe Blochwww.philippebloch.comn cette fin d’année où les Français hésitent entre peur légitime du terrorisme etcontrôlaient pas était la façon dont leurs victimes réagissaient à ces tor- tures et trouvaient au fond d’eux les moyens d’y survivre.Auteur - conférencier, animateur et entrepreneur (auteur de « tout va mal... Je vais bien ! » [ventana Editions], animateur sur bFm business et Fondateur de Columbus Café)Non seulement il est possible de voir la vie du bon côté, mais c’est pour moi une obligation morale dans un monde qui n’a jamais été tout à la fois aussi menaçant qu’ex- citant ! il ne s’agit pas d’égoïsme, mais plutôt de solidarité et d’empa- thie. Quiconque pratique la plongée sous-marine sait que l’on enseigne aux débutants à insuffler le maxi- mum d’air possible avant de porter secours à un plongeur en difficulté et de lui donner l’air restant dans sa bouteille d’oxygène. Quand on est bien dans sa tête et dans sa vie, transmettre son état d’esprit positif à ceux qui souffrent ou qui doutent est un devoir impératif et non négo- ciable.Evacuons un instant de notre esprit10DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frPANorAmA Grand Angle - Grands phénomènes de mode « cool »L'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du panorama, politique, sociétal ou macro-économiqueinstagram, après les exten- gré l’esclavage. Rien ne l’af- ginaire fort de contre-culturesions de barbe ? La mode évolue, et les ringards d’hier seront peut-être dans le vent demain... mais que va donc faire EcoRéseau dans cette galère remplie de chemises à carreaux, de tatouages, car- digans deux tailles en dessous de chez American Apparel et autres tendances capillo- tractées ? Le philosophe Gus- tave thibond ne disait-il pas qu’être dans le vent n’est qu’une ambition de feuille morte ? Sujet frivole ? Loin de là. roland barthes éta- blissait une distinction entre la pratique universelle de la parure et la mode. La mode, ce ne sont pas seulement des vêtements et des accessoires, mais aussi un langage qui s’adapte à un temps et à un espace. Elle raconte une his- toire. « Le port d’un vêtement plutôt qu’un autre, écrit ro- land barthes(1), est un acte de signification (...), et donc un acte profondément so- cial. » il ne faut pas sous- estimer ces sentiments d’ap- partenance à des groupes d’après michel maffesoli, sociologue, professeur émé- rite à Paris-Descartes, père du concept de tribus post- modernes(2), qui constate la «morcellisation» de la so- ciété, la naissance d’une mul- titude de micro-groupes selon des goûts sexuels, religieux, musicaux, sportifs... « Ces sujets ne sont pas si légers. Les gens se fédèrent avec d’autres en fonction des vê- tements qu’ils portent, de la manière avec laquelle ils se coiffent, consomment, s’ex- priment... Et l’intelligentsia, encore focalisée sur le logi- ciel de République une etDéjà le ringard de service ?fecte, même les contraintes physiques. Le hipster se lève quand il veut et n’a pas de hiérarchie, garde ses baskets, est son propre patron. Il lance des marques de soins pour sa barbe et se veut dé- fricheur, montreur de ten- dances », décrit Pascal mon- fort. Le cool des années 2010 ? Chaque décennie a ses totems (cf. encadré), sauf qu’aujourd’hui ce référent est devenu un eldorado pour les marques de mode, de voyage, de bouche... qui identifient une typologie de consommateurs. Le bon marché n’a-t-il pas organisé une exposition, avec un étage dévolu aux hipsters et à l’uni- vers de brooklyn et des bar- biers ?et de rejet du système. La connotation politique était forte, même dans les signes de la mode. « A l’origine les contre-cultures cherchent à sortir du conformisme et des classes sociales. On veut vi- vre en dehors des grands ensembles massifs dans le- quel on ne se reconnaît pas », observe michel maffesoli. mais le paradigme politique d’hier a fait place à un para- digme culturel. « Les hipsters sont critiques, mais ils ne sont pas dans la contestation du système. Ils sont dans le système. L’individualisme contestataire a fait place à l’individualisme consumé- riste. Il s’agit avant tout de consommer de manière non standardisée, de sélectionner ses produits, de privilégier le bien-être », constate Gilles Lipovetsky, essayiste et pro- fesseur agrégé de philoso- phie, expert de la postmo- dernité(4). Est-ce à dire que l’imaginaire révolutionnaire s’est effondré ? Certainement. Les vrais contestataires au- jourd’hui sont à rechercher parmi les partisans de la fru- galité heureuse, mais ceux- ci se comptent sur les doigts de la main. on se différencie par le goût seulement. « Nous ne sommes plus dans le refus de travailler, la non accep- tation de l’autorité ou de la discipline. Le hipster gagne bien sa vie, il recherche des produits vintage, écolos, dé- calés, un mieux-être, un confort, et du coup y passe plus de temps et met plus d’argent que les autres ! Il ne cherche pas à influencer le système, il s’y déploie », insiste le philosophe. il n’as-PUNKSindivisible, n’a pas intégréO tempora ! O mores !des revers à ses pantalons », explique Pascal monfort. Le hipster s’empare des nou- velles tendances avant de les abandonner au commun des mortels. Avec une longueur d’avance, celui qui a redonné ses lettres de noblesse aux quartiers de Lower East Sidece phénomène qui a com-Ce vénérable barbu au sac à dos Herschel qui hante les coffee-shops et conduit son vélo à pignon fixe serait déjà dépassé. « Il fait partie de ces terminaisons inventées par des journalistes ou com- municants souhaitant mar-mencé depuis plus de 30(3)ans . Les jeunes évoluentDANS LE SYSTÈME CEPENDANTLa grande différence avec les hippies ou les punks est que ce mouvement n’est pasencore plus en tribu que leurs aînés, et il faut en tenir compte pour les manager, communiquer avec eux et même leur vendre des choses. » Dans les années 2010 l’apparition du hipster – nouveau mot qui mêle so- ciologie et novlangue life- style, comme les Américains savent si bien le faire – à brooklyn n’est donc pas si anodine. il représente beau- coup plus qu’une manière de s’habiller d’abord décalée – devenue par la suite mou- vement très «mainstream» grâce aux réseaux sociaux. « C’est un peu la revanche de la Province sur le cœur de ville comme Manhattan », remarque Pascal monfort, directeur de la mode et de l’image au sein du magazine Sport&Style du groupe L’Equipe, consultant et pros- pectiviste.La mode est aussi un langage qui s’adapte à un temps et à un espace, qui raconten°26L’après hipsterS Et si le jeune branché au look faussement désinvolte signifiait beaucoup sur l’état de la société et son avenir ?aviez-vous que la tème. « C’est la définition monfort. A l’époque nos cul- tresse pour homme initiale du cool, le bluesman tures baignaient dans la était en train d’envahir qui continue de chanter mal- contestation, avec un ima-BEAT GENERATIONet de Williamsburg promène son regard ironique sur la culture de masse. il affec- tionne les quartiers populaires qu’il «gentrifie» (pour ne pas dire «boboïse») : broo- klyn à New York, Silver Lake à Los Angeles, inner mission à San Francisco, Shoreditch à Londres ou bel- leville à Paris... mais surtout ce familier des subtils as- semblages de looks urbains feint d’être détaché du sys-hermétique aux marques. « Le hipster est un grand consommateur, il est même assez mercantile. Il lui arrive de lancer des marques, à un prix important. Il peut mettre au point un système parti- culier pour fumer lui-même son saumon, mais son prix sera indécent... Ses bour- riches d’une espèce d’huître particulière se vendront très cher. Le hipster n’est pas du tout révolté », précise Pascalquer de leur empreinte leur époque, comme le journaliste américain David Brooks a enfanté des bobos dans les années 2000 avec son livre «Bobos in Paradise : The New Upper Class and How They Got There». De ce fait, les définitions sont généra- lement floues. On retient donc l’iconographie, avec un homme barbu, moustachu, qui porte un bonnet de laine quelle que soit la saison et aune histoireHIPPIESDéCEmbrE / JANviEr12]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[n°26pire d’ailleurs pas à ce que les gens le copient, vivant très mal le fait de devenir un modèle rattrapé par les marques. Son but est juste- ment de démontrer qu’il n’estvid infante dans son article de mashable. mélange habile de hipster, bobo et yuppie, le yuccie vit aussi dans un quartier gentrifié, est blanc, hétéro, porte une moustacheêtre et travailler à la fois. il veut de la créativité, mais une carte Gold aussi. mem- bre de la génération Y, il est aussi développeur ou star- tupper cherchant la prochaineGrand Angle - Grands phénomènes de mode « cool » PANorAmA Histoire des sous-culturesLa fin de l’histoire ?www.ecoreseau.frLes Ubitechs pour ultra-techno-bio ne jurent que par le sport, l’outdoor et les vêtements technologiques aux matériaux surélaborésAnnée 50 : Beat Generation : Mouvement littéraire et artistique, alliant créativité dé- bordante et fascination pour les milieux un- derground des villes et tout l’art qui s’y crée (littérature, jazz...), il témoigne également d’un attachement aux grands espaces, à la nature et aux spiritualités chamaniques dans lesquelles l’homme est partie intégrante du Cosmos. Choquant l’Amérique puritaine, ce mouvement a été précurseur de la libération sexuelle.Années 60 : Hippies : Mouvement parti des Etats-Unis puis repris dans tout l’Occident. Issus du baby-boom, les hippies rejetaient les valeurs traditionnelles de leurs parents, matérialisme et consumérisme des sociétés industrielles. Ils rejetaient en particulier les valeurs associées au travail, à la réussite pro- fessionnelle et le primat des biens technolo- giques au détriment des biens naturels. Ils aspiraient à une sorte de fraternité universelle pour laquelle ils espéraient trouver idées et techniques dans des sociétés traditionnelles. L’ouverture à d’autres cultures, un besoin d’émancipation, la recherche de nouvelles perceptions sensorielles les amenèrent aux expressions artistiques du psychédélisme. Le mouvement a eu une influence culturelle majeure, en particulier dans le domaine mu- sical. La diffusion d’une partie des valeurs issues de ce courant a accéléré l’évolution des mœurs de la société occidentale.Fin des années 70 – début des années 80 : Punks : La pensée punk (presse alter- native, graphisme, chansons des Sex Pistols, The Clash, Jamie Reid...) est liée au « do it yourself » (faites le vous-même) et à la contestation de l’ordre établi, à la notion de liberté individuelle, à l’anarchisme (Bérurierrésistants, se tournent vers des matières respirantes et techniques. « A la montagne, l’ultra-bio-techno ne veut plus prendre le télésiège, qui est trop ringard. C’est le ski de randonnée qui sera son activité de prédilection. Ses passions sont tournées vers l’évasion, ses week-ends composés de sorties extrêmes comme des hypertreks ou marathons avec des amis. A New-York 90% des active women pratiquent le yoga avant d’aller au travail. On parle de réconfort par l’ef-Noir, Biafra...). L’idéologie punk est basée sur des concepts existentialistes, anarchistes, in- dividualistes, antiautoritaires, égalitaires voire nihilistes, avec une forte contestation de la loi et des autorités, souvent antiraciste et an- tinazi. Le punk, dont le slogan est «no future» (pas d’avenir) met en avant l’urgence, l’im- provisation, la singularité, le désordre voire l’émeute. Au programme détournement des codes, dérision, mise en place de structures «alternatives», anticapitalisme, liberté maxi- male de l’individu.Fin des années 80 – début des années 90 : Grunge : Il est souvent identifié comme le genre musical caractéristique de la géné- ration X pessimiste qui a vécu un creux de vague au niveau professionnel, trouvant dif- ficilement des emplois stables et bien rému- nérés. Les formes nouvelles de précarité gé- nérationnelle lui sont spécifiques. Le grunge exprime un refus du consumérisme, de prendre sa place dans la société actuelle, de devenir adulte, de s’assumer, de la morale, des règles, engendrés par la déception, la désillusion et la frustration, et poussant à l’individualisme « Think for yourself ». Le genre musical, apparu au milieu des années 1980 essentiel- lement autour de Seattle, devient la forme la plus populaire du rock alternatif au niveau mondial dans les années 1990 grâce aux groupes Nirvana et Pearl Jam qui ont vendu des millions d’albums dans le monde. Beaucoup de musiciens grunge ont été remarqués pour leur allure sale et le rejet de la théâtralité. Leur style a paradoxalement fait florès.Et la suite ?... Hipsters, ubitechs, gypsets (mélange de gypsy et de jet-set) ?...(1) Système de la Mode, de Roland Barthes, éd. Seuil, 1967.(2) Le temps des tribus : le déclin de l’individualisme dans les sociétés postmo- dernes, de Michel Maffesoli, éd. La Table Ronde, 2000. (3) La France étroite, de Mi- chel Maffesoli et Hélène Strohl, éd. Du Moment, 2015. De la légèreté, de Gilles Li- povetsky, essai, éd. Grasset, 2015.Julien TarbySGRUNGEHIPSTERS, UBITECH, YUCCIES, GYPSETS (MÉLANGE DE GYPSY ET DE JET-SET) ?...pas un pion, une marionnette qui suit la mode de manière moutonnière. En revanche le hipster garde un discours anti-consumériste, « une pos- ture héritée de tous ces mou- vements «cools», identiques à celle qu’adoptent les ar-et a un vélo à pignon fixe. La différence tient dans le mot «creative». il a des lettres et des idées, lit sans cesse, a par exemple étudié l’histoire del’artàlafac,etabien souvent quitté un travail en- nuyeux ou mal considéré«big idea» mâtinée de préoc- cupations sociales, écolo- giques et durables. il cherche la richesse et la reconnais- sance, adore «richard bran- son» qui raconte avoir créé sa première entreprise pour rester autonome et continuerModes et contre-cultures pour éviter cette évolution traditionnelle...tistes alors que bien souvent ils vivent des subventions et du système en place », ironise Gilles Lipovetsky. Subver- sion vaine, effets rhéto- riques ? Peut-être. « Les pos- tures révolutionnaires ont été incorporées par les marques, voire maintenant sont recherchées », remarque l’auteur de l’essai «De la lé- gèreté»(4).(banques, assurances...) pour se lancer dans l’élaboration de vins natures, de bières artisanales ou de cafés mil- lésimés par exemple. C’est là toute la différence avec le hipster. il se reconvertit bien souvent dans sa passion, comme la conception de ré- seaux sociaux basée sur le jeu vidéo ou de chaussettes multicolores dans une matière spéciale et bio. Son passage en entreprise est guidé par son besoin d’apprendre, de valider ses connaissances, ou plus terre à terre d’obtenir un CDi pour rassurer une banque et faire un prêt im- mobilier. mais son essentiel est ailleurs. il veut du sens,à créer – dans son cas, écrire des livres. Deuxième grande tendance en émergence, les Ubitechs pour ultra-techno- bio qui ne jurent que par le sport, l’outdoor et les tech- nologies. « Fini les chemises en flanelle, place aux vestes technologiques, formées de matériaux élaborés qui ré- siste au grand froid et évitent la sudation. Place aux in- novations techniques contre les intempéries qui magni- fient la performance sportive. Une nouvelle tribu est en train de se construire, visant l’ultime confort », décrit Pas- cal monfort. Signe majeur, tous les créateurs rachètent des licences de tissus hyperfort, et d’active-wear », ajoute Pascal monfort. même H&m se montre très actif dans ses développements avec H&m Sport. Nike compte, dans un scenarioYUCCIES ET UBITECHSQui sera le «nouveau cool» pour lui succéder ? Deux grandes tendances semblent se détacher : les Yuccies, pour Young Urbans Crea- tives, comme les définit Da-raisonnable (!)son chiffre d’affaires de 30 à 50 milliards d’euros entre aujourd’hui et 2020. L’»ath- leisure» (pour «athletic» et «leisure») n’a pas fini de faire parler de lui. Et toute une philosophie et un mode de vie pourraient bien l’ac- compagner....,voirévoluerDéCEmbrE / JANviEr13]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA Régions & Territoires - Aquitaine – Limousin – Poitou-CharentesEcoRéseau s'attache à décrire les forces et potentiels insoupçonnés d'un territoire,réussite tripartite ?bordeaux serait la ville où les Français aimeraient le plus s’installer, si l’on en croit un sondage réa- lisé en 2015 par l’institut CSA. Aix-en-Provence, toulouse et montpellier suivent dans le classement. La capitale de la future région Aquitaine-Limousin-Poitou- Charentes est également citée en premier parmi les des- tinations jeunes et dynamiques. Et lorsqu’il s’agit de désigner une ville pour l’acquisition d’un bien immobi- lier, c’est encore bordeaux qui caracole en pole position. Avec 235000 habitants (1,14 million d’habitants si l’on considère l’aire urbaine élargie), la ville représente un cinquième de la population totale du territoire et affiche1% de croissance démographique sur la seule période 2006-2011, conséquence d’une forte attractivité. Chaque année de nouveaux sites sortent de terre pour renforcer l’attrait de « la belle endormie » qui s’est jus- tement réveillée, à l’exemple du nouveau stade matmut AtLANtiQUE de 42 115 places, l’antre des Girondins de bordeaux en football, temple du rugby mais aussi lieu de spectacles et d’affaires avec son auditorium, ses salons et ses loges dernier cri. Si tout le monde s’accorde sur le fait que la ville représente la capitale naturelle du nouvel ensemble, des inquiétudes persistent sur la place que bor- deaux laissera aux autres grandes villes. « Attention à ceque les pouvoirs ne se concentrent pas u.niquement au sein de la ville girondine. Les autres agglomérations ont de nombreux atouts à faire valoir. Encore faut-il leur donner l’occasion de le faire », souligne Emmanuel Hur- trez, directeur du service Appui aux entreprises de la CCi de La rochelle. Pour Gaston Chassain, vice-président chargé du développement économique au sein de Li- moges métropole, « l’isolement de certains territoires peut venir d’un manque de volonté politique pour veiller à un équilibre dans ce grand ensemble ».Mathieu Neud'une métropole ou d'une régionEntre les savoir-faire relatifs à la terre, la mer, les spécialisations technologiques ou encore les développements touristiques, l’immense territoire de la nouvelle région du Sud-ouest s’apparentera à une boule à facettes rayonnant de multiples façons. A condition que la métropole bordelaise n’étouffe pas ses voisines...Une capitale régionale à nouveau illuminée sur les bords de la Garonne14DéCEmbrE / JANviErŒ]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA Régions & Territoires - Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentesu Le levier du tourismeLa future grande région du Sud-ouest n’a pas à faire ses preuves en la matière. Les immenses plages, de Lacanau à Hossegor, le bassin d’Arcachon, les îles de ré et d’oléron, ou encore l’œnotourisme bordelais sont largement connus dans l’Hexagone comme à l’international et représentent déjà une source de revenus considérable. mais il y a désormais une autre carte à jouer, en misant sur le tourisme de savoir-faire, déjà lancé dans la partie est du territoire, mais encore relativement marginal.Le Limousin recèle un important tissu de PmE qui oeuvrent dans l’univers du luxe et de l’excellence. Ces dernières évoluent dans la conception/fabrication de chaussures, de textiles haut de gamme, de la porcelaine, de la maroquinerie, des produits à base de cuir, du verre haut de gamme, ainsi que de l’ameuble- ment. « Il existe un fort potentiel touristique sur toutes les questions liées aux méthodes et pratiques pour concevoir et élaborer ces produits de luxe connus mondialement. Le savoir-faire à la française intéresse de plus en plus. A nous de développer une filière pertinente autour de ces notions, en réponse à la de- mande existante », explique marc Faillet, directeur général de la CCir du Li- mousin. Le secteur peut ainsi s’organiser en complémentarité avec le tourisme côtier déjà existant et mature, et s’appuyer sur les réseaux et savoir-faire du domaine que déploient les départements jouxtant l’Atlantique. « Des itinéraires originaux sont à imaginer sur des thématiques relatives au luxe, par exemple en associant les vins et alcools de prestige du Sud-Ouest », illustre marc Faillet. En matière de tourisme, la Charente-maritime, deuxième département français en termes de fréquentation derrière le var, représente une autre force majeure à laquelle les professionnels peuvent s’adosser.La RochelleAtouts en gestationLe tourisme comme force majeure de la ville et ses environs paraît assez évident. Quelque 8500 personnes en vivent directe- ment. Le salon local Atlantica, dédié aux développements du secteur, est devenu un rendez-vous essentiel et un véritable trem- plin pour certaines branches en plein essor comme l’hôtellerie de plein air. Mais d’au- tres atouts, bien plus méconnus, s’affichent comme des garants de la valeur ajoutée de demain. La croissance bleue, désignant toutes les activités relatives à la mer, est sur toutes les lèvres, à commencer par celles du milieu du nautisme. Le territoire regroupe un nombre grandissant d’acteurs du domaine, de la maintenance à la pro- duction en passant par la vente et les nou- velles offres innovantes. « Nous avons créé un pôle d’excellence autour du nautisme il y a trois ans. L’objectif est de développer, structurer la filière, et aussi de faire connaî- tre cette spécialisation à l’international », décrit Emmanuel Hurtrez. Les Energies ma- rines renouvelables (EMR), et notamment l’éolien offshore, sont également sources de développements et d’innovation. L’agroalimentaire est un autre fer de lancepromis à un bel avenir. Grâce à l’envolée de certaines entreprises du secteur, la filière assure une grande partie de la force com- merciale du port maritime de La Rochelle. Les produits forestiers, les hydrocarbures, les céréales, le papier occupent par ailleurs une place croissante. Si le port attire de plus en plus les regards des industriels, c’est en partie grâce à sa connexion avec le monde ferroviaire. « Nous disposons d’un Opérateur ferroviaire de proximité (OFP) en pleine expansion. Il est le résultat d’une alliance entre La Rochelle et une fi- liale de la Deutsche Bahn (DB). D’ici deux ans, le fret transporté devrait atteindre le million de tonnes », annonce Emmanuel Hurtrez.La filière aéronautique organisée autour du donneur d’ordre Stelia, à Rochefort, et le réseau de PME environnantes évoluant dans la chaudronnerie et le soudage, constituent d’autres forces à développer. « Il y a des liens à nourrir avec Bordeaux sur ce plan. Il s’agit aussi pour nous de ré- gler la question du déficit d’image et de notoriété. La grande région doit servir de biais pour y parvenir », poursuit-il.16DéCEmbrE / JANviEruL’aubaine de la LGVLa future Ligne à grande vitesse (LGv) du Sud-ouest placera bordeaux à deux heures de Paris. mais ses effets positifs les plus déterminants concerneront surtout Limoges, Poitiers et leurs environs. Le Limousin se retrouve inscrit dans le réseau à grande vitesse de la façade atlantique, générant des réductions significatives de temps de parcours pour les déplacements professionnels, de loisirs et de tourisme. 41% des salariés limousins à l’heure actuelle travaillent dans une entreprise dont le siège social se situe à l’extérieur de la région. « Il s’agit d’équilibrer tout le côté est de la future grande région. Il ne faudrait pas que seul le flanc atlantique se développe. Le TGV est un excellent moyen pour pallier ce risque », estime Jean-Pierre Limousin, président de la CCi de Limoges Haute-vienne.De meilleures coopérations sont à espérer pour l’avenir, notamment entre plusieurs villes du Centre-ouest comme Limoges, Poitiers, Périgueux, tulle ou brive- la-Gaillarde, d’ores et déjà concernées par des synergies. Dans le domaine universitaire, l’essentiel des organismes d’enseignement supérieur de Poitou-Charentes et du Limousin sont rassemblés au sein d’une association pour le développement de l’enseignement et de la recherche. A noter que plusieurs entreprises se sont déjà organisées à une échelle inter-régionale, à l’image du Crédit Agricole ou d’orange. Parmi les développements qui devraient tirer leur épingle du jeu, on peut citer le Zénith de Limoges, le Pôle économique du Patrimoine de la Porcelaine et des Arts du Feu ou encore le nouveau quartier d’affaires de la ville de Poitiers. « Après Bordeaux, nous serons la ville la mieux desservie par le TGV, ce qui nous donne une position stratégique dans un territoire parfaitement irrigué », se réjouit Alain Clayes, président du Grand Poitiers.]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frRégions & Territoires - Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes PANorAmAu Des innovations industrielles qui décollentEn plus de ses vaches et de sa porcelaine, la région limousine espère bien être réputée pour d’autres spécificités à l’avenir. D’importants projets sont actuellement en émergence dans le domaine électronique, notamment autour du pôle de compétitivité Elopsys, dédié aux activités relatives à l’opto-électronique et au sein duquel les laboratoires Skylab et Xlim, qui rassemblent quelque 300 chercheurs, jouent un rôle clé. L’ENSiL (Ecole nationale supérieure d’ingénieurs de Limoges) et 3iL (institut d’ingénierie informatique de Limoges) gravitent autour de ces spécialisations et gagnent en influence. Le pôle de compétitivité Céramique, avec lequel col- labore notamment le Centre européen de la céramique, une nouvelle structure regroupant 250 chercheurs, forme une autre référence locale. Un atout nourri par les activités de l’ENSCi (Ecole nationale supérieure de céramique industrielle).Ces domaines jouent un rôle central au sein d’Ester technopole, qui voit émerger de nombreuses entreprises innovantes devenant des interlocutrices essentielles pour les industriels en quête de nouvelles solutions. « Nous disposons d’un écosystème complet autour de la technopole. De plus en plus de collaborations se mettent en place, notamment avec la route des lasers à Bordeaux. La cohérence du territoire n’en sera qu’améliorée avec la fusion des trois régions actuelles », souligne Gaston Chassain. Le territoire séduit des entreprises à fort potentiel, comme en témoigne l’implantation récente de la société isorg, spécialiste de l’électronique et de la conception de capteurs innovants. mais ces compétences locales restent méconnues. « Même la secrétaire d’Etat chargée du Numérique Axelle Lemaire, en visite il y a quelques mois à Limoges, ignorait l’existence de notre technopole », confie Gaston Chassain. Un manque de visibilité que la future grande région gommera peut-être.uUn véritable poids lourd des richesses de la terreLa région Aquitaine-Limousin-Poitou-Cha- rentes couvre la même superficie que l’Au- triche : 84000 kilomètres carrés. Le potentiel de la terre a donc tout le loisir de s’exprimer. Elle comprend une surface boisée totale de trois millions d’hectares. Des synergies sont à attendre entre les départements des Landes, la Dordogne, la Creuse, la Corrèze, la Haute- vienne, tous positionnés sur la filière bois. Des développements se concentrent déjà autour du pôle de compétitivité Xylofutur dont la voca- tion est de faire émerger des projets innovants au profit de la filière. A noter que la papeterie charentaise a su s’adapter à la mondialisation en élaborant des papiers spéciaux, comme des papiers d’emballage, sulfurisés ou encore des cartons ondulés.La région occupe également une position de leader pour ce qui est de la production de viande bovine. Entre les limousines, les borde- laises, les blondes d’Aquitaine, les gasconnes ou encore les béarnaises, le florilège de races fait du territoire une vitrine d’exception dans le secteur de l’élevage. Autre domaine où la ré- gion n’a pas d’égale : la surface agricole consa- crée à la culture du maïs (110000 hectares dans le département des Pyrénées-Atlantiques). bien sûr, on ne peut évoquer les richesses de la terre du Sud-ouest sans mentionner la filière viticole. 20% de la surface nationale consacrée à ce domaine se trouve en Aquitaine-Limou- sin-Poitou-Charentes. Elle peut compter sur des vignobles de prestige parmi lesquels ceux de bordeaux, de bergerac, mais aussi sur les productions de Cognac, d’Armagnac, de Pi- neau des Charentes. Une aura internationale dont profitera sans doute le vignoble du Li- mousin, prolifique par le passé mais au- jourd’hui pratiquement tombé dans l’oubli. « Il faudra se servir du savoir-faire, de l’expé- rience et de l’image de nos voisins pour déve- lopper certaines activités, faire valoir certains potentiels. De ce point de vue, le fait de regrou- per les trois régions sous une même bannière est une véritable chance », assure Jean-Pierre Limousin. La renaissance des vins de pays cor- rézien est peut-être déjà en point de mire.DéCEmbrE / JANviEr17]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA Hexagone - L’état d’urgence et ses implicationsDans chaque numéro EcoRéseau revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,ruptureLes attentats du 13 novembre ont forcé la république, dans ces derniers retranchements, à recourir à cet « outil ».«Lments de réponse que trouve la démocratie lorsqu’elle est confrontée à un problème de sécurité », avance Arnaud Houte, historien et spécia- liste des questions liées à la sécurité publique. or, il nous faut remonter à la révolu- tion française pour com- prendre l’emploi actuel de cette mesure qui découle de celle dénommée « état de siège ». Ce dispositif sera ensuite formalisé du point de vue juridique dès 1849 – date qui correspond de nouveau à un régime répu- blicain et démocratique (avè- nement de la iie république en 1848). « C’est un moment très conservateur de l’his- toire de France. Les pou- voirs en place sont confron- tés à une situation d’ur- gence. S’opère dès lors, avec le passage à l’état d’ur- gence, un glissement de l’au- torité du civil au militaire, de fait plus sévère, avec un pouvoir judiciaire capable d’une plus grande latitude d’actions. Ce modèle existe toujours en 2015 mais né- cessite des ajustements », explique Arnaud Houte. Dé- cryptage.Que garde-t-on du passé ? Qu’est-ce que cela implique pour l’avenir ?’état d’ur- gence fait par- tie de ces élé-dit, jamais le terrorisme n’a pris une telle ampleur en France. « Aujourd’hui, il n’y a plus d’éléments de com- paraison. Autrefois, le FLN et surtout l’OAS s’étaient il- lustrés tragiquement pour l’attentat le plus meurtrier de l’Histoire de France en 1962, en ayant fait dérailler un train. De même que le terrorisme anarchiste était parvenu à assassiner le pré- sident de la République en 1894. Mais il ne s’agissait pas de la même manière d’ac- tions aveugles, pas à la même échelle en tout cas », met en perspective Arnaud Houte. Ce «11-Septembre fran- çais», avec les attentats de Charlie Hebdo, nous situe bien évidemment à un mo- ment de rupture. Un « re- tour » à la normale est évi- demment espéré et envisa- geable. « Mais nous avons désormais tourné la page de notre insouciance. Il faut le regretter, mais la sécurité sera plus que jamais une composante importante de chaque projet politique na- tional et international. Ce moment terroriste n’est pas spécifiquement français et s’inscrit dans la logique des attentats du 11 septembre 2001, date qui fait office de rupture», ajoute Arnaud Houte.ses réformes ont trouvé leurs origines dans un contexte d’affrontements graves. Plus près encore, le Résistance a formalisé ses velléités gou- vernementales dans un large programme d'actionspour sortir des ravages causés par la Seconde Guerre mon- diale », illustre l’historien. Un programme orchestré par le Conseil national de la ré- sistance (CNr) qui cristalli- sera tous les débats autour de ses applications en matière d’éducation, de réforme so- ciale... « Le moyen de dé- passer une situation extrême reste politique. Le programme est un moyen de tracer une ligne d’horizon pour sortir de cette crise », complète Arnaud Houte. Notons en définitive que l’état d’urgence sera prolongé de trois mois à compter du 26 novembre, tandis que François Hollande face aux assemblées réunies en Congrès a annoncé sa vo- lonté de réviser la Constitu- tion pour pouvoir mener une lutte efficace contre le terro- risme. Ce dernier évoquant que les deux régimes d’ex- ceptions relatifs à l’état d’ur- gence souffrent d’inadaptation au regard de cette situation inédite. Le Président dispo- sera alors de deux moyens pour imposer cette réforme constitutionnelle : le referen- dum ou le vote du congrès. Au cœur des débats seront donc discutés, entre autres, un fichier européen des pas- sagers aériens, la déchéance de nationalité des binationaux en cas de terrorisme, la créa- tion d’une garde nationale renforcée de réservistes. L’ur- gence conduit également à des décisions budgétaires qui feront fi du prévisionnel de croissance du pays. triste- ment, la France républicaine demeure un laboratoire po-Geoffroy Frameryafin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)UNE RÉPUBLIQUE DANS L’URGENCESi en termes juridiques, le gouvernement français a pu recourir à l’état de siège face à la crise actuelle de sécurité, « cette recette ne correspond plus aux rela- tions qu’entretiennent ac- tuellement les milieux civil et militaire. Il y a une dis- jonction claire au XXe siècle et l’état de siège correspond en matière de sémantique à un état de guerre », nuance Alexandre Houte. En cela, quoi qu’en disent les médias, l’état d’urgence relève du maintien de l’ordre et non de l’état de guerre. Ce qui légitime son emploi en 1955,au moment où Edgar Faure assied ladite dénomination car le conflit franco-algérien est considéré à l’époque comme un conflit civil et non encore historiquement reconnu comme une guerre d’indépendance. L’état d’ur- gence sera enfin une nou- velle fois décidé par Domi- nique de villepin en 2005, au moment où certaines ban- lieues s’embrasent.outre une solidarité symbo-La colombe s'est-elle fait définitivement plumer ?moyens de lutte contre la cybercriminalité. Et si le contrôle des médias semble peu probable, l’Etat dispose d’autres mesures en cours d’application telles que la multiplication des perqui- sitions, ou encore en dor- mance, à l’image du cou- vre-feu. En toute vraisem- blance, l’Etat dans un autre cadre légal, pourrait recou- rir" à la loi de 1936 relativeUNE MÉMOIRE RÉPUBLICAINE DE MODES D’ACTIONS EXTRAORDINAIRESil ressort essentiellement que la république s’est toujours construite dans l’urgence et dans la conciliation de la ten- sion qui oppose l’idéal ré- publicain à la sécurité. « Son- geons aux moyens spéciaux invoqués pour maintenir le régime au cours de l’histoire :« Le plus important est de comprendre que chaque état d’urgence s’inscrit dans un cadre particulier. L’état d’ur- gence de 2015 ne corres- pond pas à celui des années 1950, ni à celui de 2005. Certes des droits constitu- tionnels peuvent être sus- pendus, mais cet état doit s’adapter à son époque. Tout le volet concernant la sur- veillance ou la suppression de certains organes de presse n’a pas lieu d’être en 2015 », remarque Arnaud Houte. L’état d’urgence sera d’ailleurs contraint de mettre en œuvre de nouveauxIl existe une mémoire républicaine de moyens extraordinaires. Etape vers un nouveau projet national ?à la dissolution des groupes «déclaration de la patrie en lique, l’historien pointe dès dangereux, à l'époque des danger», comité révolution- à présent la nécessité de sectes et des groupements naire, comité de salut public, concrétiser cet élan par des d'extrême droite, mais cette état d’urgence,... », éclaire actes politiques. « Notre récit fois ci pour fermer certains Arnaud Houte. national regorge effectivement lieux de cultes considérés La république développe de moments où la société a comme radicaux et portant donc de nouvelles armes dès accouché de moments atteinte à l’intégrité du ter- qu’elle se sent menacée dans d’union autour d’un nouveau ritoire. Piste d’action d’ail- son intégrité. Et il existe une projet national. En 1936 déjà, leurs évoquée récemment mémoire républicaine de sur le terrain social, le Front par matignon. moyens extraordinaires. Cela Populaire de Léon Blum etlitique..18DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frNous sommes en train de pleurer nos morts parisiens, il est donc très difficile de s’extraire de ces actualités récentes innommables pour prendre du recul et essayer de discerner les évènements qui vont changer les choses. bien évidemment les atten- tats du 13 novembre vont changer la face de la société française et de la politique de sécurité. Les mémoires resteront à jamais marquées par ces attaques « au ha- sard », dans la rue, sur les terrasses et dans une salle de concert, au nom d’une idéologie rétrograde et mi- sérable. mais d’autres faits vont aussi dessiner l’avenir de la France. il ne faut pas les oublier. 2015 a d’abord commencé très fort, dans le drame. Le 7 janvier, deux islamistes entrainés massa- crent la rédaction du journal Charlie Hebdo au cœur de Paris, provoquant une énorme vague d’émotion en France. Ailleurs, le 25 janvier, un gouvernement anti-austérité prenait le pou- voir en Grèce, laissant pla- ner le doute d’une sortie du pays de la zone euro. Six mois plus tard, retournement de situation : Athènes était mis sous tutelle politique. D’autres basculements pro- fonds, qui vont avoir des répercussions à l’avenir, sont aussi à expliciter.mais certains pourraient bien changer le paradigme des prochaines années.l’esprit au sujet de l’opéra- tion militaire russe en Syrie. Pour la première fois depuis 25 ans, une autre puissance que les Etats-Unis d’Amé- rique est intervenue dans un grand conflitInternational - Ces évènements de 2015 qui vont marquer l’avenir PANorAmA Analyse d'une problématique transversale qui concerne plusieurs pays et interpelle la rédaction,revue de l’année, en toute subjectivitéchoisi en toute subjectivitéDurant 2015 des événements majeurs sont intervenus. tous inattendus et impressionnants,800 000 immigrés clandes- tins auraient été accueillis en Allemagne durant les trois premiers trimestres de l’année, selon les autorités de berlin, mais le journal bild avance un chiffre su- périeur au million. En cas de régularisation par le biais du droit d’asile, le regrou- pement familial devrait ap- porter entre quatre et huit millions de personnesvert de l’anonymat. L’im- pact des frappes russes a également pesé sur le plan diplomatique. Ces derniers mois, les présidents syrien, israélien et saoudien sontavéré. il est structurel. D’un Pib qui grimpait souvent de plus de 10% par an de- puis deux décennies, on est passé à une croissance de 7% voire moins. En quatre décennies, le Pib chinois avait augmenté de près de 10 000% ! Et ce bond avait été largement porté par l’emprunt. Las. tout a une fin. La dynamique chinoiseduits révolutionnaires en la- boratoire. Pour la première fois, un médicament permet de guérir l’hépatite C, cette maladie chronique du foie qui touche 170 millions de personnes. Sorti en 2015, le Sovaldi a immédiatement été adopté ou copié à travers le monde. « C’est ce que l’on appelle une innovation de rupture, explique le jour- naliste du Revenu Pierre- Louis Germain, auteur de Investir dans les biotechs (éd. Maxima, 2015). Ce mé- dicament se prend en gé- lules ; deux semaines de traitement suffisent à soigner des patients dont près de la moitié étaient considérés comme incurables il y a en- core quelques mois ». De nouveaux produits miracles pourraient prochainement survenir dans les hôpitaux. « Les cycles dans le secteur pharmaceutique sont la conséquence de vagues d’in- novation. Aujourd’hui, nous commençons seulement à recueillir les fruits du dé- cryptage du génome humain entrepris il y a une vingtaine d’années, comme le montre la mise sur le marché du Sovaldi », ajoute le spécia- liste biotechs. Les nouvelles techniques de médicament n’utilisent plus seulement la synthétisation de molé- cules chimiques, mais la capacité qu’offre la géno- mique de fabriquer des pro- téines, de rééduquer les cel- lules du système immuni- taire, de produire des anti- corps qui se recombinentde l’Europe cen-trale. Les consé-quences sont inat- tendues. L’Au-triche, la Hongrieou la Slovénie ont réintroduit des contrôles à leurs frontières, remettanten cause la politique de libre circulation des per- sonnes voulue par bruxelles. Et, partout, les mouvements conservateurs, nationalistes ou identitaires se renforcent. tandis que la cote de po- pularité de la chancelière merkel chute outre-rhin, le parti Droit et Justice (PiS) a remporté haut la main les récentes élections législa-lescapaci-tés de chan-ger la donne au moyen- orient. Appelé à l’aide par le président bachar Al As- sad, dont l’armée est as- saillie par les groupes isla-tine. Le gou- vernement ira- kien a demandé une inter- vention russe contre l’Etat islamique et dédaigné les propositions américaines. L’iran s’est rapproché da-régional etaallés rencontrer vladimir Pou-en plus, notent les spé- cialistes, soit jusqu’à 10% de la popula- tion allemande. De quoi changer bru- talement le visageest révélatrice d’un mou- vement global dans le monde. En Europe et dans la plupart des pays matériellement développés, le règne de la consommation à crédit semble aussi prendre fin. malgré des taux d’intérêts histori- quement faibles, la demande et la pro- duction peinent à dé- coller. C’est tout le paradigme de la crois- sance économique des cinquante dernières années – portée par la dette – qui est remis en cause en cette année 2015, partout sur la planète. visiblement, le cha- meau n’a plus soif et les populations changent petit à petit leur manière de consommer. Question : comment les agents endettés – Etats et multinationalesPour la première fois, un médicament permet de guérir l’hépatite C, cette maladie chronique du foie qui toucheVAGUES MIGRANTES ET BLEU-MARINE SUR L’EUROPE L’année 2015 a été marquée par la crise dite des migrants en Europe. Syriens ou Afri- cains, ils sont arrivés mas- sivement, par le biais de circuits relativement balisés depuis la Libye ou la tur- quie. rien qu’en octobre, plus de 200 000 d’entre eux ont abordé les côtes euro- péennes, selon l’agence Frontex qui les rapatrie de- puis la haute mer. Près detives en Pologne, la mairie de vienne a failli revenir au FPÖ lors des élections locales en Autriche, et le rassemblement « bleu ma- rine » est attendu en tête au premier tour des prochaines élections régionales en France.170 millions de personnesmistes, le Kremlin a décidé de tester des armes nou- velles : missiles balistiques depuis la mer Caspienne, avions de chasse derniers cris, brouillage et anti- brouillage par ondes radio, drones. « Les Américains, qui arment de mystérieux groupes rebelles et souhai- tent garder la main dans la région, sont pris de court », constate un député au Par- lement européen sous cou-en tête – et leurs prêteurs pourront-ils faire face à une baisse éventuelle des re- cettes et à la chute de la va- leur des crédits accordés en cas de stagnation ? Une question qui vaut de l’or.NOUVELLE INFLUENCE RUSSEUn tremblement de terre : c’est le terme qui vient àLAFINDELA CROISSANCE PARLA DETTEEn économie aussi, l’année 2015 pourrait marquer un changement structurel. Pour la première fois, le ralen- tissement de la croissance économique chinoise estLA VRAIE MONTÉE EN PUISSANCE DES BIOTECHSEt puis, pendant que le monde tourne, des cher- cheurs inventent des pro-dent du fonds spécialisé Abingworth, un quart des progrès en médecine depuis les débuts de l’humanité se- ront accomplis dans la dé- cennie 2020 », conclut notre expert. Nous sommes peut- être à la veille d’un bond médical.vantage de moscou. La puissance est incontestable- ment en train de se déplacer à l’Est.. « Selon le prési-tous seulsDéCEmbrE / JANviEr19Ludovic GreilingU...neteaidntfinneitméiadrevfaarietfsieutqtdn’eimmeluaeseénges,unepoig]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA International - Norvège, Suède, Finlande et Danemark, eldorados négligésFocus sur un pays qui étonne par ses caractéristiques, par le prisme de l'investisseur ou entrepreneur françaisvikings au scannero mbre et lumière, tou- jours. « La Norvège, la Suède, la Finlande et le Danemark sont géogra- phiquement placés loin des turbulences de l’Union Euro- péenne. De ce fait, ils ont aussi peu d’immigration et la main d’œuvre n’est pas facile à trou- ver », nuance Philippe moreau Defarges, chercheur à l’institut français des relations interna-financiers ont été dérèglemen- tés, les capitaux étrangers ont afflué dans ces pays et sont même devenus prédominants dans certaines entreprises. Pour finir, ces pays ont une stratégie de niches. Par exemple, ikea et Lego ont su trouver des produits dont nous aurons tou- jours besoin (les meubles et les jouets éducatifs). En choi- sissant des secteurs en pleinde la classe (selon le classement Doing business, il est le troi- sième pays où il est le plus fa- cile de faire des affaires en 2015). Son modèle écono- mique reste flexible. La main d’œuvre est toujours prête à bouger. Une mobilité rendue possible par de nombreuses formations qui facilitent la re- cherche d’emploi. En effet, contrairement à un Français,avec l’entreprise reste impor- tante. « La culture de tribu existe au Danemark depuis longtemps. Nous sommes tous chefs et par ce fait une véritable considération réciproque et une solidarité dans la vie de tous les jours existe. » Ajoutons des secteurs informatique et de construction plus ouverts sur l’international qu’aupara- vant – « la construction dude taxe pèsent sur toutes les entreprises pour que l’Etat puisse les placer dans son fonds souverain pour les générations suivantes. « Cette culture tour- née vers les générations futures pousse les Norvégiens à in- nover dans l’industrie : sous- marine, pétrolière, et celle de la technologie et de l’énergie qu’ils peuvent utiliser partout », souligne Ludovic Caubet, directeur de la Chambre de commerce Franco-Norvé- gienne. mais aujourd’hui, les montagnes russes des prix du pétrole ont considérablement remis en question le modèle. « Le pays se pose la question : devons-nous investir sur le pé- trole et le gaz ou nous tourner vers d’autre énergies nou- velles ? Dans le dernier cas : comment utiliser les techno- logies dans d’autres secteurs (la défense, la médecine...) ? » C’est donc le moment pour les entreprises étrangères, et notamment françaises, d’entrer dans le jeu. « Le digital, la santé et l’énergie sont autant d’opportunités à venir dans un marché qui est désormais plus ouvert et abordable. »attire par ses performances et son esprit compétitif. « Du fait qu’il y a beaucoup d’in- teraction entre le monde aca- démique, professionnel et celui des investisseurs, l’en- vironnement devient plus in- téressant pour les start-up. C’est le cas à Stockholm. De plus l’administratif est effi- cace : tout se fait en une journée et de façon digitale », affirme victor millien de la Chambre de commerce Franco-Suédoise. Portée sur les secteurs de la biotechno- logie, l’industrie des trans- ports, les infrastructures, les tiC et tout ce qui touche au développement durable, la Suède reste le laboratoire de l’Europe. Ainsi, elle est ou- verte aux start-up innovantes du monde entier. or, il sem- blerait que celles-ci ne se pré- cipitent pas sur son marché. « Il faut au préalable com- prendre l’état d’esprit suédois qui se base sur la patience et la confiance. »Pendant que Hans Christian Andersen envoutait les petits Européens avec ses contes imagés, le modèle économique des pays Scandinaves a fait rêver les grands. Et les entreprises ?Le Fjord n’est pas qu’un yaourt, c’est aussi l’entrée du pays du Père Noël. On ne connaît pas assez la Scandinavie...LE CARACTÈRE DE LA SUÈDEPendant très longtemps, la Suède a été prisonnière d’un modèle social lourd et coû- teux. mais vers 1990, de pro- fondes réformes de la poli- tique économique ont été ef- fectuées : réduction des défi- cits publics, changement deLES ENTREPRENEURS FRANÇAIS BOUDENT- ILS CES EUROPÉENS« POLAIRES » ?tionales (iFri), spécialiste des questions européennes. Les pays scandinaves ont toujours été dépendants du commerce international. Certains secteurs sont cependant restés vérita- blement nationaux. En Scan- dinavie, il y a eu la volonté politique de soumettre certaines activités au contrôle de l’état. Le secteur financier, par exem- ple, a longtemps été très ré- glementé. Devant l’impossi- bilité de sortir des fonds de leur pays, les entreprises ont dû trouver d’autres moyens pour se développer à l’étranger, comme par exemple la cotation sur une place étrangère. Elles ont aussi réalisé un nombre important d’acquisitions en Europe et aux états-Unis dans les années 80. Ce qui leur a permis d’avoir accès à ces marchés plus facilement. Lorsque par la suite les marchésdéveloppement, ils ont su s’adapter à la mondialisation tout en continuant d’innover. mais tout n’est pas rose. « La Finlande connaît par exemple actuellement des difficultés, avec une croissance presque nulle depuis quatre ans. La Commission européenne l’aun Danois change de travail en moyenne sept fois. « Nous comme un pays pragmatique, déclare Anders torbøl, prési- dent de la Chambre de com- merce Franco-Danoise. Les procédures administratives sont simples et rapides et les règles du licenciement collectif sonttunnel vers l’Allemagne n’y est pas étrangère », rappelle le président de la Chambre de commerce.Si les entreprises françaises sont très peu présentes dans les pays scandinaves, c’est tout simplement parce qu’ils n’ap- paraissent pas sur leurs radars. il est vrai qu’en matière d’in- ternational, les Français ciblent les pays de l’UE et notamment l’Allemagne, le royaume-Unis et la belgique. Quant à l’ex- portation, ils visent plus les Etats-Unis, et les grands émer- gents comme la russies, la Chine et l’inde. « Les besoins des pays nordiques, pourtantLes besoins des pays nordiques, pourtant toujours citésen exemple pour leur stabilité et leur intelligence de développement, ne sont pas assez bien identifiés par la Francen exemple pourLA NORVÈGE ÉNERG(ÉT)IQUELe pays a réussi à tirer profit de ses ressources naturelles auplacée sous surveillance pour très limitées en comparaison maximum. C’est l’histoire d’un la politique monétaire, pour- son déficit budgétaire », rap- de la France. Notre législation pays tourné vers la mer et vi- suite des réformes libérales pelle le chercheur. sociale est plus libérale qu’en vant de la pêche, qui vers 1960 dans le secteur public et res-toujours cités e.leur stabilité et leur intelligence de développement, ne sont pas assez bien identifiés. Mais c’est en train de changer, investis- sements hexagonaux et par- tenariats se multiplient », re- marque Dominique brunin, délégué Général de CCi France international.Europe et nous n’avons qu’un découvre le Graal : du pétrole tauration d’accords collectifs LA FLEXISÉCURITÉ seul syndicat. » Le modèle et du gaz. il devient donc l’un négociés au niveau national. DANOISE AU danois fonctionne aussi grâce des rares pays qui a su Ainsi, le nouveau régime per- SOMMET à une particularité culturelle. construire son modèle social met à la Suède de bénéficier Le Danemark ouvre ses bras Si dans certains pays la délé- et économique grâce à ses ri- d’une accélération des gains aux autres pays et se présente gation du pouvoir peut être chesses et surtout, à s’inscrire de productivité qui se pro- depuis peu comme le premier très poussée, ici l’identification dans la durée. En effet, 75% longe jusqu’en 2007. Le paysAnna Ashkova20DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA COP21 - A la Une«LAu lieu d'anticiper l'issue des négociations climatiques de la CoP 21 qui battent leur plein au bourget, n'oublions pas que la dynamique environnementale est déjà à l'œuvre sur le terrain.Une marche inéluctable en faveur du climate grand événe- ment interna- tional de laAutant de progrès qui invitent à ne pas sombrer dans le pessimisme primaire.Focus sur un pays ou sur une problématique qui concerne plusieurs pays et interpelle la rédaction, choisi en toute subjectivitéconférence sur le climat sera non seulement main- tenu mais il s’imposera comme un moment d’espé- rance et de solidarité. » Ces mots forts prononcés par François Hollande, de- vant le Parlement réuni en congrès à versailles, trois jours après les tragiques at- tentats de Paris, rappellent l’enjeu considérable de la CoP 21 qui se tient du 30 novembre au 11 décembre, au bourget. Littéralement 21e « Conférence des Par- ties » des Nations Unies sur le changement clima- tique, la CoP 21 rassemble en effet, aujourd’hui même, pas moins de 195 chefs d’Etat confrontés à un chal- lenge de taille : sceller un accord universel propre à contenir le réchauffement climatique sous le seuil de deux degrés. Et ce, via une baisse drastique du carbone présent dans l’atmosphère, à savoir de 40% d’ici 2050. Pour éviter de répéter l’échec de l’accord de Co- penhague de décembreChaud devant !tification, et en France, tem- pêtes, inondations, cani- cules, allergies respira- toires... Pour en découdre avec de tels fléaux, « il ne suffit pas de construire ça et là des éoliennes ou de recycler quelques déchets, mais bien de revoir de A à Z nos modes de production et de consommation, repen- ser les rapports Nord-Sud, inventer d’autres axes de développement... », estime Amy Dahan. Un challenge de taille alors que le monde connaît une globalisation croissante en contradiction avec les déclarations de bonne volonté affichées par les politiques en matière de climat. Dans ces conditions, difficile de savoir si la CoP 21, à elle seule, va favoriserDahan. Quelle que soit l’is- sue des négociations, res- tons optimistes. Car même si – reconnaissons-le – les engagements des Etats sem- blent pour l’heure insuffi- sants pour limiter le ré- chauffement à deux degrés dès 2020, la dynamique en- vironnementale semble elle plus que jamais à l’œuvre sur le terrain. Ne serait-ce que sur le plan économique, avec des énergies renouve- lables (ENr) toujours plus intéressantes financière- ment. « Le coût des ENR a beaucoup baissé durant les dernières années, grâce à une amélioration sans pré- cédent des technologies d’approvisionnement de ces énergies. Ce qui rend com- pétitif un nombre croissant2009, les pays ont dû publier leurs «contributions natio- nales» avant le déroulement de la CoP 21. « Par exem- ple, la France s’engage à réduire d’ores et déjà ses émissions de CO de 40%mier accord du genre en matière de climat, à la fois universel et contraignant, devrait avoir un impact plus fort encore que le protocole de Kyoto ! (cf. encadré)qui ne soient plus basées sur l’exploitation des éner- gies fossiles », analyse Amy Dahan, historienne des2d’ici 15 ans ! Et le Maroc,ENJEU DE CIVILISATIONL’enjeu à la clé est de taille : « Faire enfin prendre conscience à tous les pays du monde que répondre au changement climatique est un enjeu de civilisation : imaginer, bâtir des sociétés« Le solaire est en passe de devenir l'énergie la moins chère dans le monde, avec un coût qui pourrait atteindre quelques dizaines d'euros le MW/h, comme le gaz !pays émergent, de 17% sur la même période », souligne Gilles berhault, président du Comité 21, regroupant associations et collectivités engagées dans la lutte contre le réchauffement clima- tique. C’est dire si ce pre-sciences et co-auteur du livre « Gouverner le climat ? 20 ans de négociations cli- matiques », (Presses de Sciences Po). Et celle-ci d’ajouter : « Le climat est plus que jamais révélateur des dégâts causés par l’hu- manité, de plus en plus nom- breux, dont le développe- ment effréné met en tension nos ressources. » Les chif- fres parlent d’eux-mêmes : « Alors que le réchauffement climatique a augmenté de cinq degrés en moyenne en 20000 ans, nous risquons de «gagner » encore cinq degrés d’ici la fin du siècle, si nous ne faisons rien. Le point de rupture est donc atteint ! », lance Gilles ber- hault, en évoquant le nom- bre de dérèglements déjà causés par un tel réchauf- fement : fonte des glaces, montée des océans, déser-un changement de para- digme !de sources », affirme Chris- tian de Perthuis, fondateur de la chaire d’économie du climat à l’université Paris Dauphine et co-auteur du livre « Le climat, à quel prix ? » (odile Jacob). A commencer par l’énergie solaire qui s’impose comme un véritable eldorado ! « Le solaire est en passe de devenir l’énergie la moins chère dans le monde, avec un coût qui pourrait at- teindre quelques dizaines d’euros le mégawattheure, soit un tarif quasiment à parité avec le gaz ! », a rappellé thierry Lepercq, président de Solairedirect, industriel global de l’élec- tricité solaire, lors de la deuxième Nuit des matières Premières organisée en oc- tobre dernier par la Cdaf (Compagnie des acheteurs de France).20 ans de négociations climatiques1988 : le Groupe intergouvernemental des experts sur le climat (GIEC) est créé sous l’égide de l’Onu. En 1990, il publie son pre- mier rapport d’évaluation.1992 : la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) est ouverte à la signature à Rio, lors du Sommet de la Terre. Entrée en vigueur en 1994, elle est ratifiée par 196 parties.1995 : Ouverture à Berlin de la première conférence des parties (COP 1). Elle aboutit au «mandat de Berlin». Son objectif : lancer un cycle de négociations afin de préciser les engagements des pays riches.1997 : Fruit de la COP 3, le protocoleHistoriquePRISE DE CONSCIENCE SOLENNELLE« Il faut déjà espérer que cette conférence esquisse une prise de conscience so- lennelle et forte. Si l’objectif ultime dans son ampleur est évoqué à l’occasion de cet accord – à savoir l’at- teinte de zéro émission de CO2 à la fin du siècle, et ce, pour contenir le ré- chauffement à deux degrés –, alors la COP 21 pourrait mettre la question clima- tique sur de meilleurs rails. Ce qui suppose plusieurs prérequis comme prévoir des modalités de révisions régulières des engagements des pays au travers des mé- canismes de collaboration réciproques », détaille Amyde Kyoto a permis aux pays riches de ré- duire leurs émissions de 5% entre 2008 et 2012.2005 : l’Union européenne démarre son système d’échange de quotas de CO2 2009 : la conférence de Copenhague22DéCEmbrE / JANviErne permet pas d’adopter un nouveau pro- tocole. Toutefois, les pays riches s’engagent à transférer – dès 2020 – à ceux en déve- loppement 100 milliards d’euros par an pour les aider dans la transition bas carbone. L’objectif d’une limitation à 2°C de la hausse des températures moyennes est posé. 2015 : Organisation de la COP 21 à Paris]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frCOP21 - A la Une PANorAmAENCOURAGER LA DÉCARBONATION Déjà en 2012, un rapport de l’irena (Agence inter- nationale de l’Energie re- nouvelable) rappelait que le coût de production de l’énergie solaire photovol- taique devrait baisser d’ici 2030 à 50 dollars le méga- wattheure, « un tarif presque moins élevé que celui du nucléaire ! », pré- cise Chantal Jouanno, an- cienne ministre de l’Envi- ronnement et sénatrice de Paris (cf. page Hexagone). Une configuration qui pré- vaut d’ailleurs déjà dans certains pays ensoleillés à l’instar du Chili, de l’Ar- gentine ou du mexique. Sans oublier la Californie, pionnière en matière de stockage d’énergie – via le recours à des batteries –, réglant ainsi les problème d’intermittences du solaire. « Même en France, le prix des panneaux photovol- taiques a largement baissé durant les dix dernières an- nées, bien plus que ce que l’on escomptait », poursuit Chantal Jouanno. Ainsi, un rapport de la Cour des Comptes, datant de 2013, évaluait le coût du solaire photovoltaique entre 114 et 547 euros le mégawat- theure, contre 94/ 194 euros pour l’énergie thermody- namique et 62/102 euros pour l’éolien. mais pour rendre les ENr plus renta- bles encore face aux éner- gies fossiles, « il faut im- poser un prix du carbone ! », avertit Claire tutenuit, déléguée générale de l’as- sociation EPE, Entreprises pour l’Environnement. Car si les observateurs sont nombreux à envisager à long terme une hausse iné- luctable du coût des éner- gies fossiles de par l’épui- sement de leurs réserves à travers le monde, c’est sans compter la chute libre ac- tuelle du prix du baril de pétrole ! « Aussi, pour éviter qu’une baisse, même conjoncturelle, du prix des énergies fossiles ne decou- rage la décarbonation, la taxe carbone s’avère in- contournable. C’est seule- ment en faisant payer les émissions carbones que nos économies pourront bascu- ler définitivement vers les ENR », insiste Claire tu-tenuit. Une solution peu consensuelle défendue bec et ongles par les plus grands militants écologistes. Ni- colas Hulot en tête, dont l’une des propositions phares pour la CoP 21 est l’instauration progressive d’une taxe carbone dans le monde entier.tutenuit. La France s’est d’ailleurs clairement enga- gée dans cette voie, avec l’adoption en août dernier de la loi sur la transition énergétique. « Une loi qui place notamment l’efficacité énergétique au coeur d’unedes politiques particulière- ment abouties, rappelle Claire tutenuit. Par exem- ple, les constructeurs au- tomobiles français s’impo- sent comme les champions européens au niveau des émissions – particulière-mêmes sont souvent les pre- mières à investir dans des solutions plus rentables en termes d’économie d’éner- gie et donc moins émettrices de gaz à effet de serre », constate Guillaume Sain- teny, maître de conférenceduisant desENR sur notresol, nous pour-rons difficilement faire mieux. »PRIORITÉ À L’EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE !Une mesure déjà en vigueur dans certains pays et ré- gions, comme la Suède ou la Californie. Et de manière encore marginale en France. mise en place en avril 2014 par le gouvernement Ay- rault, la contribution cli- mat-énergie – appliquée à toutes les émissions non prévues par le marché eu- ropéen des quotas – équi- vaut aujourd’hui à 15 euros par tonne équivalent Co2, soit environ 3,5 centimes d’euros par litre de carbu- rant. « Un coût complète- ment indolore pour le consommateur !, constate Claire tutenuit, même si laTable des négociations à la COP21...ment faibles – de leurs vé- hicules, avec un seuil moyen de 100 grammes de CO2/km ». La réglementa- tion thermique 2012 a éga- lement permis une limite maximale à la consomma- tion énergétique des bâti-LE G20 EN PREMIÈRE LIGNEon l’aura compris, dans la lutte contre le réchauffe- ment climatique, l’efficacité énergétique a une place es- sentielle. « Aujourd’hui même, elle offre un gisement colossal en termes de ré- duction des émissions de CO2. D’où la nécessité de mixer les deux volets pour mieux préparer la transition énérgétique. Car le paie- ment d’une taxe carbone, par exemple, sera toujours moins onéreux pour celui qui dispose d’une maison bien isolée », analyse pour sa part Pierre Lebot, Di- recteur de l'iPEEC, le Par- tenariat international pour la Coopération sur l’Effi- cacité Energétique. Cette organisation internationale, engagée dans la promotion de l’efficience énergétique, a notamment participé à la dernière réunion des mi- nistres de l’Energie du G20 réunis en octobre dernier à istanbul. Avec comme ob- jectif final, de soutenir un plan d’action sans précédent en matière d'efficacité éner- gétique, « une contribution bienvenue pour construire le succès des négociations de la COP 21 », conclutCharles Cohennisations partenaires. « Nous faisons des propositions en matière d’atténuation (mangroves, estuaires, herbiers...), d’adaptation (récifs sous forme de digues,...) et de finan- cement (fonds vert pour projets marins et côtiers) », résume Julien Rochette, de l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI) de Sciences-Po. « Je me réjouis de ce travail de la société civile qui était sorti de l’agenda de COP21, et que j’ai réussi à rétablir. Au Sénégal, les plages ont disparu en cinq ans. Et dans le même temps le milieu marin représente indirectement 450000 emplois en France », illustre Ségolène Royal, ministre de l’Environ- nement. L’océan devait revenir au centre des débats. « Il s’agit du premier fournisseur d’oxygène net de la planète, du thermostat de la chaleur humaine, d’un réservoir de la biodiversité prometteur en termes de nourriture et médica- ments », ponctue Michel Hignette, directeur de l’aquarium de la Porte Dorée à Paris, également partenaire de la plate- forme.telle transition ! », souligne la déléguée générale.en développement durable à l’Ecole Polytechnique. Et d’ajouter : « Contrairement au Royaume-Uni ou au Da- nemark, la France ne dis- pose pas de parcs éoliens onshore, ni même de filière dédiée aux ENR. Aussi, plu- tôt que d’importer toujours plus ces énergies vertes, et creuser notre balance com- merciale, autant renforcer notre politique d’efficacité énergetique, un domaine où notre potentiel de déve- loppement est considérable. D’autant que notre pays est celui où la production d’électricité est déjà la moins carbonée au monde, et ce, via le recours au nu- cléaire. Donc même en pro-RÉGLEMENTATION THERMIQUE 2012 Car en matière de concep- tion de solutions moins énergivores, l’Hexagone estPour éviter qu'une baisse, même conjoncturelle, du prix des énergies fossiles ne décourage la décarbonation, la taxe carbone s'avère incontournable.taxe augmente chaque an- loin d’être en reste. Que ce ments neufs pour le chauf- née, avec un plafond fixé à soit pour les transports ou fage, la ventilation, la cli- 100 euros la tonne de CO2 le batiment, secteurs parmi matisation, la production en 2030. les plus émetteurs de Co2 d’eau chaude et l’éclairage. « Les institutions interna- du pays, « nous avons mené « Les entreprises elles- tionales défendent elles-benoît Lebot.mêmes la généralisationd’une telle mesure essen-Plateforme Océan & Climat 2015Mers et océans remis au cœur de la COP21tielle pour organiser la ra-reté des énergies fossiles.A l’instar du Fmi. « C’estsimplement le bon moment epour introduire une taxe carbone », a déclaré Chris- tine Lagarde lors de l’as- semblée générale Fmi- banque mondiale qui s’est tenue début octobre à Lima, au Pérou. même discours au business Climat Sum- mit, organisé fin mai dernier à Paris, où les associations professionnelles, medef en tête, ont largement affiché leur engagement en faveur de la taxe carbone, « rap- pelant ainsi que la décar- bonation de notre économie est compatible avec la crois- sance»», commente ClaireIls l’appellent tous le 196fendu politiquement jusqu’ici. Les mers et océans n’étaient pas discutés lors des précédents rassemblements pour le climat. « ONG, politiques, associations... se sont donc réu- nis sur la plateforme Océans & Climats pour y remédier », se réjouit Romain Troublé, secrétaire général de Tara Expé- ditions, navire qui réalise des mesures pour estimer l’impact du réchauffement. « Il ne s’agit pas d’une ressource comme les autres, c’est le moteur du climat, donc de la vie. L’acidi- fication et la montée des eaux ont des conséquences ini- maginables sur les écosystèmes et les littoraux », rappelle Julien Barrière de l’Unesco. Les océans absorbent 93% de la chaleur que nous produisons, « et 20% du CO2 que nous rejetons », ajoute Françoise Gaill du CNRS et coordinatrice de la plateforme. Raphaël Cuvelier, coordinateur des projets de la Fondation Prince Albert II demande donc un rapport du Giec pour donner du contenu aux politiques. Un plai- doyer a été élaboré durant 18 mois par une kyrielle d’orga-pays, gigantesque, mais peu dé-DéCEmbrE / JANviEr23]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA Hexagone COP21 - Issue des débats par Chantal Jouanno et Christian de PerthuisCoup de maître ou coup (d’épée) dans l’eau ?Les optimistes attendent de la mise en place de véritables politiques climatiques, sous les ricanements des pessimistes. Confessions d'une ex-ministre de l'environnement et d'un économiste.«TChan*outes les conférences sur le climat ont leur propre dramaturgie, avec des jeux de rôle entre les partiesdont ces pays sont vicitmes. A l’instar de la Chine où l’air devient irrespirable dans les prin- cipaux centres urbains. » Une prise de conscience chez les bric qui jouera certainement en faveur des négociations avec les pays riches lors de la CoP 21. « La Chine a déjà montré patte blanche avec son 12e plan quinquennal qui fait une totalePar Charles Cohental Jouannoprenantes. La COP21 qui se déroulera à Paris à la fin de l’année n’échappera pas à cette théâ- tralisation », indique Christian de Perthuis, pro- fesseur d’économie à l’université Paris-Dauphine où il a fondé la chaireEx-ministre de l'environnement et sénatrice de ParisTarification internationaleinflexion en matière éner- gétique. C’est dire si l’en- gagement de ce pays – premier producteur et installateur de photovol- taïque et éolien – est une condition sine qua non à la réussite de l’actuelle COP 21. » bonne nou- velle,lorsdudéplacement en novembre de FrançoisE«Lasociétécivileestenavance,mais semble négligée »d’économie du climatet co-auteur du livre «Le climat, à quelprix ? » (odile Jacob).Si l’économiste consi-dère que « depuis Co-penhague, la machineonusienne fait du sur-place en privilégiantdes contributions éta-tiques hétérogènes, dures à agréger et à transformer en objectifs ambitieux », il fonde toutefois quelques espoirs sur le succès de la CoP 21. « La conférence de Paris intervient dans un contexte nouveau qui invite à un certain optimisme par rapport à il y a dix ans, analyse Christian de Perthuis, comme la baisse significative du coût des énergies renou- velables, rendant compétitif un nombre croissant de sources, à l’instar de l’éolien ou du solaire photovoltaïque. De quoi faciliter le développement de ces énergies vertes en substitut des énergies fossiles. »Autre facteur d’optimisme : « l’amé- lioration continue des connaissances pour dé- velopper des solutions techniques non carbonnées innovantes, par exemple en termes de stockage d’électricité et de réseaux électriques décen- tralisés ».du carbone nécessairelle ne cache pas son pessimisme s’agira-t-il de financer des mesures d’at- sur les chances de succès de la ténuation ou d’adaptation ? Et quel seran’a été réglée, ce qui crée un fossé entre pays développés et pays en développement qui sont les premiers touchés par le ré- chauffement climatique. » réaliste, Chantal Jouanno constate que les Etats sont loin d’être les mieux placés pour répondre à l’enjeu complexe du climat mêlant consi- dérations économiques et géopolitiques.Hollande à Pékin pour évoquer avec son homo- logue, Xi Jinping, les négociations climatiques et le convaincre d’aller plus loin en la matière, les deux hommes sont parvenus à adopter une dé- claration commune ambitieuse. Elle porte sur un mécanisme de révision tous les cinq ans des contributions nationales déposées à Paris. « Un dispositif dont, jusqu’à présent, ne voulaient pas entendre parler les pays émergents. C’est donc un pas important. Avec ce mécanisme de révision, la France a peut-être une porte de sortie pour éviter que sa conférence de Paris soit un échec cuisant », indique l’expert en rappelant toutefoisCoP 21. Peut-être parce que Chan- le modetal Jouanno, ex-ministre de l’Environnement Aujourd’hui encore, aucune de ces questionset sénatrice de Paris, en connaît un rayonsur les scénarios des négociations clima-tiques internationales. « Les négociateursdépêchés par chaque ministère des Affairesétrangères se concertent systématiquementen secret. Les représentants de la sociétécivile n’ont jamais accès aux négociations,puisqu’elles sont la chasse gardée des ex-perts de la diplomatie », Halte aux Derrière les grandesque le succès de la CoP 21 passe d’abo. l’adoption d’une tarification internationale du carbone. « Seule cette décision conférera un ca- ractère historique à l’accord. » Sans oublier la création d’instruments – de type bonus-malus carbone international – pour organiser les transferts financiers des pays riches vers les pays moins avancés au titre du climat : « un chantier complexe que doit traiter la COP 21, en convaincant le cercle plus restreint des pays donateurs”.regrette la sénatrice, touten déplorant que la der-nière session de négo-ciations, à bonn, en Al-lemagne, sur le climatavant l’ouverture de laCoP21, « ait débouchésur la parution d’unbrouillon final rallongéà 51 pages et truffé d’op-tions ou de points entre parenthèses ». De d’être suffisantes pour contenir le réchauf-rd parde gouvernance dece fonds?subventions aux énergies fossiles !déclarations, place donc aux petites ac- tions. « Preuves en sont les contribu- tions nationales re- mises à l’ONU en octobre dernier par 150 pays partici- pants à la COP 21 : elles sont loinUn élément novateur majeur concerne les pays émergents, qui deviennent acteurs de la lutte contre le changement climatique. « Désormais, ils intègrent tous dans leur politique nationale des éléments de transition énergétique. Une dé- marche plus pragmatique qu’altruiste puisqu’elle vise à apporter une réponse aux pollutions localesquoi susciter l’inquiétude de l’ex-ministre. Et pour cause : « Si un consensus ne prévaut même pas en amont de la COP 21 sur certaines questions clés, on peut se demander si un accord va vraiment être signé à Paris ! » Et d’ajouter : « Lors de la conférence de Copenhague, décrite par la doxa comme un échec, un texte avait au moins été signé par des pays riches qui s’étaient engagés à créer un fonds climat. Je ne suis même pas sûre qu’aujourd’hui, on arrive à adopter un texte de même am- pleur ». Pour Chantal Jouanno, le point d’achoppement est toujours le même : la question cruciale des financements. « Le fonds climat a été institué afin de trouver 100 milliards de dollars d’ici 2020 pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique. MaisDéCEmbrE / JANviErfement sous le seuil critique fixé à +2°C! « Des ambitions très basses, et ce, à tous les niveaux. “Si l’accord ne fixe pas un prix du carbone, s’il ne stoppe pas une bonne fois pour toutes les subventions aux énergies fossiles fortes de 500 milliards de dollars à travers le monde, alors, non la COP 21 ne franchira pas un cap histo-Christian de Perthuisprofesseur à l'université Paris Dauphine et fondateur de la chaire Economie26rique en.gement climatique.” Avec un réchauffement qui va alors culminer à 3°C à court terme, comme le rappelle l’intéressée, “un seuil catastrophique pour les rendements agri- coles, la biodiversité...” Pour éviter de tels fléaux, elle préfère alors faire confiance à la société civile “qui elle reste bien plus en avance que les diplomates sur ces ques- tions”.*matière de lutte contre le chan-« Un contexte technologique plus propice »du climat :©©HDamidbr]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA COP21 - Ces start-up qui rebattent les cartesAutant de raisons d’espérerCe ne sont pas forcément les pures innovations de rupture qui changeront la donne, mais des améliorations et meilleures utilisations, notamment dans l’énergie, les produits de fabrication, l’alimentation ou le transport. « L’avenir est claire- ment du côté de la voiture qui consomme 1L aux 100km ou du bâtiment à énergie positive », rappelle benoît Lebot, direc- teur exécutif du Partenariat international pour l’efficacité énergétique (iPEEC). Les start-up s’y emploient de mieux en mieux, de quoi aborder avec plus de sérénité l’avenir et nos rejets de Co2...Par Jacques Donnay et Yann PetiteauxALEDIA MET AU POINT LA LED DE DEMAINGLOWEE ÉCLAIRE LA VILLE AVEC DES BACTÉRIESChez Aledia, 45 salariés travaillent à la mise au point de la LED de demain : moins coûteuse et plus performante. Pour financer son activité de r&D, la start-up grenobloise a finalisé cet été un tour de table de 28,4 millions d’eurosEclairer sans consommer la moindre électricité grâce à des organismes vivants. C’est la brillante idée de la start-up parisienne Glowee, qui a mis au point un système utilisant la bioluminescence générée naturellement par certaines bactéries issues des calamars. Financée notamment par le crowdfunding et des investisseurs privés, l’entreprise espère produire d’ici 2017 un dispositif adapté à l’éclairage urbain. Le concept de Glowee est en effet adapté à laEconomies d’énergiesavec ses soutiens historiques (Sofinnova partners, braemar energy ventures, Demeter partners et CEAi/Ati) et de nouveaux investisseurs (valeo, ikea greentech Ab et le fonds écotechnologies de bpifrance).Fondée en 2012 et pionnière dans le développement de LED 3D nouvelle génération, Aledia vise la commercialisation de son innovation dans le courant de l’année 2017... et un jackpot de 100 millions d’euros de CA à moyen terme. L’enveloppe annuelle consacrée au développement de cette technologie de rupture se chiffre à 10 millions d’euros. L’enjeu est donc d’opérer le plus rapidement possible la mise sur le marché. « On sous-estime souvent les fonds nécessaires à la mise au point ce type de technologie », note Giorgio Anania, P-Dg et co-fondateur de la start-up.mise en lumière de vitrines de boutiques et même de certaines rues, remplaçant ainsi en partie l’éclairage électrique classique. L’idée pourrait également servir pour de la signalé-La LED 3D nouvelle génération pourrait trouver ses premiers débouchés auprès de grands comptes, à commencer par les nouveaux actionnaires de l’entreprise : ikea et valeo qui comptent parmi les plus grands vendeurs de LED au monde dans leurs domaines respectifs (ameublement, équipement automobile). Deux ou trois clients de ce type permettraient à l’entreprise grenobloise d’atteindre rapidement ses objectifs.tique, dans l’événementiel, dans les transports, les espaces publics, l’affichage publicitaire... La lumière ainsi générée a pour propriété d’être douce et de ne produire qu’une faible pollution lumineuse. La start-up s’apprête à commercialiser son premier produit et travaille à l’allongement de la durée de vie de ses éclairages qui est actuellement de quelques jours. « L’objectif est de proposer des produits qui durent le plus longtemps possible afin d’avoir un réel impact environnemental », souligne Geoffroy de bérail, l’un des associés de Glowee. L’entreprise, qui emploie huit salariés à temps plein, vise un CA de 10 millions d’euros d’ici trois ans.En termes de performance, la solution de «smart lighting» conçue par Aledia est très nettement supérieure aux LED actuelles. Elle permet notamment de diviser par quatre le coût de fabrication des LED. « En matière de performance, les LED conventionnelles sont en train de plafonner. Le niveau est tel qu’aujourd’hui, la marge d’amélioration possible d’ici trois ou quatre ans est faible, anticipe Giorgio Anania. La seule raison de vouloir entrer sur le marché actuellement est de disposer d’une technologie différente. »DUALSUN MAXIMISE L’ÉNERGIE SOLAIREEEL ENERGY DANSE AVEC LES COURANTSL’idée était simple, sa mise en œuvre plus difficile. Jérôme mouterde et Laetitia brottier, diplômés de l’Ecole Centrale Paris, ont réussi à passer du laboratoire à l’industrialisation. « Depuis 18 mois, nous commercialisons un panneau solaire hybride qui produit de l’électricité photovoltaïque et de l’eau chaude solaire », explique Jérôme mouterde, CEo de DualSun,Née en 2011 des travaux de Jean-baptiste Drevet sur le transfert d’énergie par couplage fluide/structure, la société EEL Energy a mis au point une hydrolienne à membrane ondulante. Sous l’effet du courant, cette membrane, appelée eel pour anguille en anglais, ondule et produit de l’énergie.implantée à marseille, Paris et Lausanne.Après avoir investi trois millionstesté en juillet dernier dans les bassins de l’ifremer de boulogne-sur-mer, le prototype, protégé par cinq brevets, a tenu toutes ses promesses. « L’hydrolienne Eel est devenue la première machine à produire autant de watts dans ce bassin d’essai », souligne Franck Sylvain, directeur financier et actionnaire d’EEL Energy. Ce modèle petit format pourrait être lancé en production et commercialisé en Afrique, dans les villages sans électricité et traversés par une rivière.mais la start-up voit bien plus grand et cherche à lever 10 m€ pour développer une machine de 15m*15m. « Nous devrions être opérationnels au dernier trimestre 2017 avec un test prévu en Ecosse », fait savoir Franck Sylvain. Si EEL Energy est associée à Hutchinson pour la fabrication de la membrane, l’assemblage sera réalisé dans les ateliers de boulogne-sur-mer. D’une équipe de cinq personnes, la société pourrait ra- pidement passer à une cinquantaine de collaborateurs.Le modèle économique d’EEL Energy repose sur l’association avec des énergéticiens. « Nous ne souhaitons pas vendre nos machines, à l’exception des petits modèles pour des marchés spécifiques. Nous voulons co-exploiter des fermes sous-marines en installant des dizaines de machines », projette Franck Sylvain.Pour recueillir des fonds, l’entreprise a signé un partenariat avec le fournisseur d’électricité lillois Planète oui : l’opérateur reverse à EEL Energy entre 20 et 50€ pour chaque nouveau contrat souscrit.d’euros dans un programme de développement et travaillé en partenariat avec un laboratoire du CNrS, la start-up est parvenue à fusionner deux technologies dans un même produit. « La partie thermique du panneau est fabriqué à Chalon-sur- Saône et la partie photovoltaïque à Rouen, où l’ensemble du panneau est assemblé. Nous proposons donc un produit 100% français », détaille le dirigeant. En 2014, DualSun a vendu environ 1000 panneaux ; cette année, le double devrait être atteint. « Nos clients sont les installateurs qui s’adressent ensuite aux clients finaux, particuliers et entreprises », précise Jérôme mouterde.28DéCEmbrE / JANviErL’entreprise, qui emploie dix personnes en r&D et marketing, veut aujourd’hui se développer à l’export pour franchir un cap. « Nous sondons plusieurs pays du pourtour méditerranéen », confie le président.]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frCOP21 - Ces start-up qui rebattent les cartes PANorAmAEconomies en matière de fabrication / recyclageLACTIPS FAIT DU PLASTIQUE AVEC DU LAITEconomies dans l’alimentationYNSECT FAIT LE PLEIN DE PROTÉINESbientôt, le lait ne servira plus seulement à tremper vos céréales du matin. Créée en avril 2014, la start-up stéphanoise Lactips travaille actuellement à la valorisation d’un brevet universitaire portant sur la fabrication de matièreYnsect a un objectif simple et clair : nourrir la planète. Pour y contribuer, la start-up fondée en 2011 et implantée à Evry (Essone) entend valoriser la protéine issue d’insectes d’élevage. « Ce qui nous a fait nous réveiller, c’est que nous sommes de plus en plus nombreux sur la planète et que la pression sur les ressources agroalimentaires est toujours plus forte, explique Jean- Gabriel Levon, co-fondateur de l’entreprise. Si l’on continue, nous serons bientôt dix milliards d’habitants sur Terre et le système agricole actuel neplastique à partir de la protéine de lait (caséine). Un plastique qui multiplie les qualités puisqu’il est à la fois biosourcé, hydrosoluble, compostable et même comestible ! La jeune entreprise, qui est en train de boucler un tour de table d’un million d’euros auprès de fonds d’inves- tissement, pourrait compter une vingtaine de salariés en fin d’année prochaine et une dizaine de plus l’année sui- vante. La barre des cinq millions d’euros de CA est danstiendra pas. Il faut donc trouver des solutions pour nous y préparer. »L’insecte choisi par la société est le ténébrion meunier. Ce petit coléoptère présente en effet les meilleures caractéristiques en termes de rendement. « Nous sommes en train de fairele viseur pour l’exercice 2017.Lactips devrait trouver ses premiers clients dans le secteur de la détergence phytosanitaire (tablettes de lessive notamment) où son produit pourrait remplacer l’alcool polyvinylique. « Notre plastique à base de protéine de lait est 100% biodégradable donc inerte pour l’environnement », précise marie-Hélène Gramatikoff, qui a co-fondé Lactips avec l’enseignant- chercheur stéphanois Frédéric Prochazka et l’entrepreneur lyonnais Fabrice Plasson. L’entreprise entend également se tourner vers les industriels de l’agroalimentaire où son innovation pourrait permettre la fabrication de dosettes solubles ou encore de couverts plastiques compostables.construire un démonstrateur industriel d’une surface de 3000 mètres carrés à Dôle dans le Jura, souligne Jean-Gabriel Levon. Si tout se passe bien, il devrait être opérationnel au cours de l’été 2016. Nous ouvrirons ensuite les premières unités commerciales. » Pour financer son activité, la start-up qui emploie actuellement plus de 30 salariés (contre 20 il y a six mois) a levé l’an passé 5,5 millions d’euros auprès des fonds d’investissement Demeter partners, Emertec gestion et New protein capital.CARBIOS MARIE LA CHIMIE VERTE ET LA PLASTURGIE À CLERMONT-FERRANDDans quel domaine intervenez-vous ?Jean-Claude Lumaret, directeur général : Carbios, créée en avril 2011, a eu l’idée de repenser le cycle de vie des plastiques en travaillant autour de deux axes : la destruction des plastiques à usage unique et le recyclage des déchets plastiques. Nous employons aujourd’hui 15 salariés, mais le projet, qui fait l’objet de 14 brevets, a mobilisé une soixantaine de personnes depuis son démarrage.Economies dans le transportNAVYA INVENTE LE TRANSPORT ÉLECTRIQUELes premiers marchés dans le viseur de l’entreprise sont ceux du «pet food» et de l’aquaculture. Celui de l’alimentation humaine, plus sensible, devrait intervenir à moyen terme, d’ici trois à cinq ans.Qu’êtes-vous parvenus à mettre au point ?Disponible sur le marché depuis octobre dernier, la navette Navya Arma a déjà séduit CarPostal, une entreprise de transport public suisse, qui vient d’acheter deux exemplaires de ce véhicule électrique 100% autonome. « Au regard de la législation, nous pensions que notre premier client serait un site privé. Cependant, nous sommes ravis de constater que c’est un spécialiste du transport urbain qui nous a commandé ces deux véhicules. Nous sommes très heureux de commencer à réinventer, dès aujourd’hui, la mobilité du futur avec CarPostal », déclare Christophe Sapet, P-Nous avons pu insérer des enzymes au cœur du matériaulors de la phase de production des polymères pourpermettre leur auto-destruction. Pour des plastiques commeles emballages ou les paillages agricoles, à courte duréede vie, les enzymes auront une activité de dégradation. La difficulté consistait à ne pas détruire les enzymes lors de la production à haute température. Sur le volet recyclage, ces enzymes vont mener une opération de broyage et d’hydrolyse pour retrouver la matière de base. C’est le recyclage à l’infini !Dg de Navya.Créée en juin 2004 et soutenue par le fonds d’inves-tissement robolution Capital, la société implantée àLyon et Paris, qui compte 30 collaborateurs, entend bien révolutionner le monde du transport intelligent. Au service de la mobilité du dernier kilomètre, Arma fonctionne grâce à des batteries rechargeables par induction et peut transporter 15 personnes jusqu’à une vitesse de 45 km/h.Pensé d’abord pour les sites privés, notamment les aéroports, parcs d’attractions, hôpitaux, sites industriels, campus universitaires, centres de congrès, etc., le véhicule pourrait bien intéresser les spécialistes du transport urbain plus vite que prévu. D’autant plus si l’expérimentation de CarPostal se révèle concluante. L’entreprise de transport public teste les véhicules sur un site fermé jusqu’au printemps prochain. Dans un deuxième temps, si les essais pilotes sont autorisés, les navettes pourront circuler dans l’espace public de la ville de Sion et transporter des passagers en mode autonome.A quel horizon ces innovations seront-elles industrialisées ?En septembre, nous avons démarré le pilote plasturgie dédié au développement de matériaux plastiques biodégradables par inclusion d’enzymes. Nous pensons être en mesure de signer les premiers accords avec des plasturgistes en 2017-2018.DéCEmbrE / JANviEr29]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[L e petit Geof- froy vient du sud, il n’aime pas l’hiver, le froid et la nuit. Pourtant, ré- veillé en trombe par son réveil olfactif à 6h du matin – seule l’odeur suave de l’éclair au café le tire de son sommeil, étant d’un naturel gour- mand et originaire du pays du matin calme – il ne doit pas perdre de temps avant de sauter sur son gyro- pode. Ce véhicule électrique monoplace, constitué d’une plate- forme munie de deux roues, semble être re- venu à la mode façon vintage. Et en bon Pa- risien le petit Geof- froy suit les tendances de manière mouton- nière, en atteste son iPhone 18 qui se re- charge dans sa poche grâce à la chaleur hu- maine. Si cet homme de 67 ans doit se hâter, c’est parce qu’il doit vite gagner son lieu de travail, le cen- tre collaboratif du quartier où véhiculesLes innovations qui peuvent tout changer sont déjà dans les tuyaux, comme les start-up présentées dans les pages précédentes le démontrentwww.ecoreseau.frn°26PANorAmA Prospective COP21 - Le rejet de CO2 en 2050La fin des énergies fossiles ?électriques et à hydro- gènes, robots-laveurs et robots aides-soignants sont échangés et prêtés. « Plus que 15 ans avant la retraite », songe-t-il en se débarrassant de sa combinaison thermoré- gulée de sommeil qui s’est encore épaissie du- rant la nuit, tant le froid s’est emparé de Paris en ce 12 janvier 2050. Gre- lotant, il jette un œil dis- trait sur l’hologramme d’EcoRéseau tv. « Quand je pense qu’il y a encore 35 ans nous parlions d’un réchauf- fement climatique », marmonne-t-il de fort méchante humeur, gri- gnotant désormais ses céréales de la marque insect, à base de coléop- tères et grillons. Consi- dérant le simple port USb de la cuisine, du- quel sort assez d’électri- cité pour éclairer toutes les LED 3D de la pièce et alimenter les robots, l’homme pressé songe aux progrès qui ont été réalisés en matière d’énergie depuis 30 ans. Ce matin c’est l’électri- cité produite par sonvoisin dont il se sert, quand il rendra la pareille un peu plus tard dans la matinée. il est toujours intéressant de s’activer à horaires décalés, pour être alimenté par les différents panneaux photo- voltaïques et éoliennes de chaque habitation. bien sûr les bâtiments à énergie po- sitive comme le sien ne suffisent pas à répondreriâtre personnage en mal d’énervement. Alors qu’il range dans le frigidaire connecté les emballages alimentaires – fabriqués à base de lait par la société Lactips, ils sont comesti- bles – le rouspéteur bougon jette un rapide coup d’œil par ses fenêtres autonet- toyantes et isolantes. Au dehors la nuit résiste déses-Et si nous avions déjà la solution dans nos mains ?générée .cence des bactéries de cala- mar. « Et dire que je pourrais travailler pour la société Glowee qui a in- venté cette technologie », se lamente le petit Geof- froy, toujours enclin aux complaintes et aux crispa- tions...L'éclairage urbain ? La bioluminescence des bactéries de calamar...aux besoins de tout le monde ; les immenses pla- teformes qui dérivent sur l’océan, produisant de l’eau chaude et de l’électri- cité au moyen de leurs pan- neaux solaires, éoliennes, appareillages jouant sur la différence de température entre la surface et la pro- fondeur ou membranes on- dulantes s’activant avec les courants, pallient les manques. « Et dire que par le passé nous étions assez stupides pour fonctionner avec des énergies fos- siles ! », grommèle l’aca-pérément, les vitrines, l’af- fichage publicitaire, l’éclairage urbain diffusent encore leur douce clarté,par la biolumines-Julien TarbyInterview de Benoît Lebot, directeur exécutif du Partenariat international pour l’efficacité énergétique (IPEEC), qui a travaillé pour l’Ademe,l’AIE et le Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD) en Afrique :« Les énergies fossiles en back up ? Pas une fatalité ! »Sommes-nous dans l’exagération avec une telle fiction ? Je ne l’espère pas. Nous devons absolument inventer un monde différent. L’utilisation des énergies fossiles ne fonctionnera plus très longtemps, il en va de nos impératifs contre le réchauffement climatique, à savoirrester en deçà des +2 degrés.Quelles seront les innovations déci- sives selon vous ?Le prospectiviste et économiste américain Jérémy Rifkin a beaucoup cru en l’hydro- gène. Je ne suis pas sûr de cette énergie, car il s’agit de la plus petite molécule possible qui passe à travers les parois. Nous auronsdonc toujours un problème de contenant et de fuites. La vraie révolution qui nous at- tend semble le mariage de la société connectée et de l’énergie électrique. Comme pour l’information, nous assiste- rons à une décentralisation totale, avec des particuliers capables d’être consommateurs ou producteurs et d’agir quand bon leur semble sur le réseau. Nous ne sommes pas en capacité d’accomplir une telle prouesse aujourd’hui, mais cela surviendra un jour ou l’autre. La mise en réseau des énergies re- nouvelables est en bonne voie et les éner- gies fossiles ne seront pas toujours nécessaires pour venir en «back up». Les NTIC ont le potentiel pour aider à gérer lespointes de demande d’énergie.Pouvez-vous citer des améliora- tions prouvant que nous sommes sur la bonne voie ?Le stockage d’électricité progresse tous les jours. Mais il nous faut absolument travail- ler sur l’efficacité énergétique, ce à quoi s’attache l’IPEEC. L’avenir est clairement du côté de la voiture qui consomme 1l aux 100km ou du bâtiment à énergie positive. Prenez simplement le port USB. Il y a eu le port de première génération, le 2.0 de deuxième génération, et se prépare la troi- sième génération, avec la possibilité de li- bérer 50W : ce qui signifie la capacitéd’éclairer une pièce entière et de faire fonc- tionner une multitude d’appareils. Nous avons plus que jamais besoin d’électricité dans notre quotidien, mais dans 80% des cas pour une faible puissance. Nous ne sommes pas tout le temps en train de faire fonctionner notre véhicule électrique ou notre four, nous servant d’ailleurs parfois de transformateurs pour les petits usages, afin de passer du 220 en courant alternatif à du 12 volts en courant continu. Pouvoir bascu- ler quand on le veut limitera les gâchis et les pertes. C’est d’ailleurs du courant continu qui sort des panneaux photovol- taïques sur les toits.Propos recueillis par JT30DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : UNIFERGIE FINANCE VOS PROJETS D’AVENIRwww.unifergie.frCrédit Agricole Leasing & Factoring - S.A. au capital de 195 257 220 € - 692 029 457 RCS Nanterre - Crédit photo : Thinkstock - Communication 11/15]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26PANorAmA COP21 - Regard sémantiqueLa mémoire des motsNomdutableau: DeveloppementDurable,MariageBio, 2010JaneBeeNomdutableau: DeveloppementDurable,Lesabeilles, 2013, JaneBee © DR© DR©DRAomdutableau: DeveloppementDurable,Balance, 2011, JaneBeeN DÉVELOPPEMENT DURABLE, J’ÉCRIS TON NOM !© DRNomdutableau: DeveloppementDurable,2014,JaneBee Dico d’époque© jean paul goffardNom du tableau :DeveloppementDurable,Turn, 2012,JaneBeela faveur de la COP 21, opé- Le «durable» suggère que tous nos rons un arrêt sur image. Si actes peuvent ou non contribuer au l’on prend le temps d’obser- durable de ce monde.Climat et vigilance orangepar Jeanne Bordeauver les mots du réchauffement cli- Le «responsable» s’interroge sur«Fukushima» cristallise toutes les apocalypses possibles pour un monde saturé, fatigué, épuisé, une terre su- rexploitée. Nous ne sommes plus dans les temps des beaux discours mais dans la réalité.matique récoltés, de tableaux en tableaux, depuis près de cinq ans, quel paysage sémantique s’offre à nous ?notre responsabilité de consomma- teur ou d’entreprise. Sommes-nous responsables de ce que nous consommons, en privilégiant ce qui a le moins d’impact sur l’environne- ment ? «Responsable» gagne ce duel sémantique. il est peut-être moins culpabilisant que «durable». il nous met en posture de «consom’acteur» !Fondatrice de l’institut deIl était une fois «éco» !Le «réchauffement climatique» sou- ligne en effet les limites de l’homme. incapable de faire face aux «réfugiés climatiques», aux folies de la météo : «flots meurtriers», «tsunami», «mer qui monte», «avalanche», «tornade», «feux». Le spectacle est désolant. Peu à peu «les climatosceptiques» perdent du terrain. «Alerte orange sur la Terre», après l’échec du sommet de Rio et la planète gronde. «ouragan, feu, cyclones, inondations, tempêtes» sonnent le glas de l’indifférence de tous ceux qui ne croient pas que la terre est en «surchauffe» ! La nature nous rappelle à l’ordre.la qualité d’expressionréfugiés climatiques ou éco-réfugiés ?retour vers le passé. En 2008-2009, la consommation responsable se glisse peu à peu dans le quotidien. Pour signifier que le mouvement est en marche, le fameux «éco» d’éco- logie envahit le vocabulaire. Nous voici dans «l’écoconduite», «l’éco- tourisme»... il s’agit même de sa- voir si nos gestes ou si notre consommation est «écocompati- ble». «Écomobilité» vient aussi à la rescousse. Le concept aura du mal à passer dans le langage de tous les jours pourtant il désigne un enjeu quotidien constant : satisfaire son besoin de mobilité sans polluer !Ethique en ligne d’avenirC’est une bombe à retardement. C’est une nouvelle catégorie de réfugiés qui subiront de plein fouet les humeurs d’un climat inhospitalier.Durable ou responsable ?Face aux «platisphères», océans peu- plés de sacs plastiques, l’homme sera- t-il au rendez-vous de la survie que lui fixe la planète bleue ?il existe aussi «les réfugiés écologiques». ici, on trouve les victimes des dérèglements météorologiques mais aussi tous ceux qui s’en vont parce que par exemple le sol qu’ils cultivaient est frappé de toxicité. toutes ces situations recouvrent la notion de «réfugiés environnementaux».Parallèlement à ce passage en mode « éco », on assiste à une cohabitation entre « consommation durable » et « consommation responsable », « marketing durable » et « marketing responsable ».Quelle définition ?DéCEmbrE / JANviErLa justice néo-zélandaise a refusé en juillet dernier à un ressortissant d’un archipel du pacifique le statut de premier réfugié climatique. La montée des eaux qui pourrait recouvrir son archipel a été qualifiée de «défi pour l’avenir» et non de «grave danger» ! Définir une telle expression, une af- faire de juristes ou de scientifiques ? ou plutôt une affaire d’état ?2011, une révolution verte qui se ré- pand. Elle est palpable dans les dis- cussions d’experts et les messages brandis par les associations. Ces dernières évoquent la consomma- tion «éthique» ou «équitable». Acheter «éthique», c’est respecter une certaine morale. Désirer être dans la «consommation équitable», c’est avant tout être militant en cher- chant l’égalité. Etre certain que les petits producteurs ne seront pas lésés par les gros distributeurs. «Equitable» et «éthique» se confon- dent souvent. ils décrivent une vi- sion de l’économie non fondée sur l’unique boussole de la rentabilité !Une question juridique ?Sur ce ciel en perte de repères, d’au- tres nuages pèsent. Ceux des «aller- gies alimentaires», ceux de «l’air pollué» irrespirable.Une question sémantique ?il n’y pas si longtemps, une telle expression aurait été mal comprise. A quoi pouvaientt bien faire référence des réfugiés du climat ? mais, de- puis les années 1990, l’expression ne surprend plus. Les experts imagi- nent déjà que dans 40 ans, presque un milliard de personnes seront contraintes de changer de pays à cause du climat.C’est un nouveau statut de réfugiés qu’il faut donc définir !32]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Baromètre & TendancesLe carnet des nominationsen partenariat avec} ALSTOMHenri Poupart-Lafarge, 46 ans, Polytechnique (1988), Ecole des Ponts ParisTech, MIT Boston (aux Etats-Unis),est promu président-directeur général du groupe Alstom, à compter du mois de janvier 2016, en remplacement de Patrick Kron. Il occupait auparavant les fonctions d'administrateur et vice-président exécutif du groupe.}ASSOCIATION POUR L'EMPLOI DES CADRES (APEC) Marie-Françoise Leflon,est élue président de l'APEC en novembre 2015, en remplacement de Jean- Claude Guéry. Nommée pour 2 ans, dans le cadre de l'alternance patronat-syn- dicats, elle a déjà assuré ce mandat de 2011 à 2013.}CCM BENCHMARK GROUPMarc Feuillée, 52 ans, HEC (1986), IEP Paris,est promu président de CCM Benchmark Group, à ce poste depuis novembre 2015, en remplacement de Benoît Sillard. Cette nomination fait suite au rachat de 95% du groupe CCM Benchmark par le groupe Figaro, et à la nouvelle or- ganisation mise en place.}CMC MARKETS FRANCE (GROUPE CMC MARKETS) Guilhem Tranchant, 30 ans, master de management straté- gique et finance de Toulouse Business School (2007),est promu directeur général de CMC Markets France, à ce poste depuis novem- bre 2015. Il conserve par ailleurs ses fonctions commerciales auxquelles lui sera désormais associée la responsabilité exécutive du bureau français.}CRÉDIT COOPÉRATIF (GROUPE BPCE)Elisabeth Albert,est nommée secrétaire général du Crédit coopératif, à ce poste depuis septem- bre 2015. Elle est sous la responsabilité directe de Christine Jacglin, directeur général groupe.}DIRECTION GÉNÉRALE DE L'ADMINISTRATION ET DE LA FONC- TION PUBLIQUE (DGAFP)Thierry Le Goff, 53 ans, ENA (1997), CAPES et agrégation d'histoire,est promu directeur général de la DGAFP, à ce poste depuis octobre 2015, en remplacement de Marie-Anne Lévêque.}ETABLISSEMENT PUBLIC PARIS-SACLAYPhilippe Van de Maele, 53 ans, Ecole des Ponts ParisTech (1987), Polytechnique (1984),est nommé président-directeur général de l'Etablissement public Paris-Saclay, à ce poste depuis novembre 2015, en remplacement de Pierre Veltz.}MONTE-CARLO SBMPascal Camia, 48 ans, MBA corporate de l'International Uni- versity of Monaco (2001), diplôme d'administration et de techniques hôtelières de l'Ecole hôtelière de Glion (1990), maîtrise sciences économiques de l'université de Nice,est promu directeur général des jeux de la Société des bains de mer, à compter de décembre 2015, en remplacement de John Galvani. Il est ainsi chargé de poursuivre la réforme des jeux et aura également à conduire une collaboration active avec le groupe Galaxy (GEG) entré récemment au capital de la SBM.}SOCIÉTÉ D'EXPLOITATION DE LA TOUR EIFFEL (SETE)Anne Yannic, 53 ans, ESSEC Business School (1985),est nommée directeur général de la SETE, à compter de janvier 2016, en rem- placement de Pierre-Eric Spitz. Alain Dumas, directeur technique, assure l'intérim depuis le départ en retraite de Pierre-Eric Spitz.} TF1Gilles Pélisson, 58 ans, MBA de la Harvard Business School (1983), ESSEC Business School (1979),sera nommé président-directeur général du groupe TF1, à compter de février 2016, en remplacement de Nonce Paolini.} VIVENDIStéphane Roussel, 54 ans, Ecole de psychologues praticiens de Paris,est promu directeur général en charge des opérations de Vivendi, à ce poste depuis novembre 2015.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant l'entrepreneuriat, picorés de-ci de-làLa France connait des jours noirs. Pour vous changer les idées, nous avons trouvé des informations optimistes (une plateforme ergonomique pour toutes les TPE et PME, la France gagne une place au classement de compétitivité de Davos...) et des lois importantes (le changement positif dès le 1er janvier pour la Coopérative d’activité et de l’emploi, l’aide aux jeunes PME...). Bonne lecture !u Appel à la paritéLors de l’ouverture du «Women’s Forum for the Economy and Society», à Deauville, une étude du cabinet mcKinsey, a démontré que plus de parité entre les hommes et les femmesles meilleures options de financement. Lancé seulement en octobre 2015, Gocreditpro.fr se positionne déjà comme un guichet unique des PmE/tPE pour trouver facilement le meilleur financement.permettrait de dégager 10500 mil- liards d’euros, dont 263 milliards d’euros rien qu’en France, vers 2025. La parité entre les hommes et les femmes dans le monde devient donc urgente, non seulement pour des raisons ethiques, mais égalementuBluepaid : la petite entreprise française qui concurrence Paypal et les banques Alors que le e-commerce a le vent en poupe, trop d’auto-en-économiques. Cette année, mcKinsey a passé au peigne fin 15 indicateurs de parité dans 95 pays représentant 93% de la population féminine et 90% du Pib mondial.trepreneurs, d’artisans, de tPE et de PmE passent à côté de cette opportunité en or. L’absence de contrat vente à distance (vAD) avec la banque, les risques liés au paiement par carte, l’obligation (dans certains cas comme PayPal) d’ouvrir un compte, freinent les entrepreneurs. Pour leur faciliter la vie, bluepaid a su innover et séduire les investisseurs en permettant à toutes les entreprises d’encaisser sans risques et sans contrat vAD les paiements par carte bancaire. En utilisant les services de cette entreprise française, le client n’a pas besoin d’avoir un compte. Pour les professionnels, ce gain de temps et de simplicité est un avantage concurrentiel déterminant pour augmenter leurs ventes. il n’y a pas non plus de mauvaises surprises à redouter. bluepaid est agréée, au travers de son établissement de paiement de tutelle, par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPr) via une accréditation de la banque de France sous le numéro 510273766, pour exercer le métier d’agent financier en toute légalité et en toute trans- parence. Un concept innovant qui attire les clients et fait grimper le CA de celle qui soufflera bientôt dans la nuque de Paypal...u Dropbox : 100% EntrepriseLe spécialiste du stockage cloud vient d’annoncer une nouvelle offre «Entreprise». Cette dernière ajoute des fonctionnalités et des supports à la précédente offre «business». Parmi les nouveautés : gestion pour les nouveaux arrivants et les départs d’employés afin d’avoir un contrôle absolu sur tous les flux de données ; des nouvelles statistiques d’utilisation, notamment pour suivre des échanges entre les collaborateurs, mais également avec d’autres entreprises ; l’accès illimité à l’APi de Dropbox, et à une assistance. Dropbox proposera aussi la possibilité d’intégrer un logo afin d’améliorer l’image de l’entreprise.u TPE, les grandes oubliées de la réforme du droit du travail ?uCoopérative d’activité et d’emploi : le changement est làSuite aux premières orientations de la réforme du droit du travail, le Syndicat des indépendants (SDi) exprime son mé- contentement. Pour lui, il est absurde de se cantonner uniquement aux seules branches pour négocier les principes essentiels de droit social d’une même profession, en cas d’absence d’organisations syndicales salariales, au sein d’une entreprise. Une démarche incohérente face aux réalités pro- grammatiques du terrain qui affectera directement les tPE, notamment à cause de leur taille. Ainsi, selon le SDi, la réforme du droit du travail ne s’adresse qu’aux grandes entre- prises outillées en interne et accoutumées au dialogue social, aussi bien au sens législatif que réglementaire. « Alors que les grandes entreprises souhaitent de la souplesse dans l’application de règles qu’elles maîtrisent parfaitement, les TPE réclament, quant à elles, de la simplicité, face à un maquis de textes in- compréhensibles. Deux visions réformatrices qui sont pourtant loin d’être incompatibles. Il en est donc de la responsabilité du gouvernement de répondre impérativement à ces deux besoins en les traitant distinctement et équitablement, dans le même cadre général de réforme du droit du travail », précise marc Sanchez, Secrétaire général du SDi.Adoptée fin juillet 2014, la loi sur l’Economie sociale et solidaire (ESS) encourage à un changement d’échelle, une stratégie de croissance plus robuste, et donne aux salariés le pouvoir d’agir. L’un de ses objectifs est le développement des Coopératives d’activité et d’emploi (CAE) pour multiplier les salariés-entrepreneurs. Pris en application des articles 47 et 48 de la loi ESS, le décret concernant l’amélioration de la situation de la CAE devrait rendre opérationnelles toutes les dispositions la concernant dès le 1er janvier 2016. Ainsi, le décret définit les modalités d’organisation et de fonctionnement des CAE. il précise notamment les modalités d’accompagnement et de gestion de l’activité économique des entrepreneurs salariés, les moyens mis en commun par la coopérative d’activité et d’emploi ainsi que les modalités de rémunération des entrepreneurs salariés et de déclaration auprès des organismes sociaux. Les dispositions du Code du travail et du Code de la Sécurité sociale modifiées par le décret peuvent être consultées, dans leur rédaction résultant de cette modification, sur le site Légifrance. La concrétisation de cette loi majeure pour le développement du travail nouvelle génération valorisera la liberté individuelle sans renoncer à la solidarité collective.34 DéCEmbrE / JANviErle moins cher et le plus rapidementpossible via une plateforme spé-ciale. « Nous facilitons la viedes dirigeants de PME qui n’ontpas le temps de s’occuper detrouver du financement ou quitrouvent cela trop compliqué. Ilsfont leur demande simplementet rapidement en ligne, puis unexpert en financement leur trouve le meilleur financement en s’occupant de tout de A à Z », déclare isis Latorre, fondatrice de Gocreditpro.fr. Sous 24h après le dépôt de demande, un expert prend contact avec le chef d’entreprise pour lui proposeru Une plateforme ergonomique pour toutes les TPE et PME en quête de financement Alors que 77% des dirigeants d’entreprises trouvent qu’il y a un durcissement de l’accès au financement, notamment via les circuits traditionnels, l’entreprise Gocreditpro.fr, propose un service inédit et unique en France : trouver le financementu Les lauréats de Talent des Cités 2015 Pour sa 14e édition 2015, le jury de talents des Cités a désigné ses 12 lauréats nationaux parmi les 37 lauréats régionaux distingués dans toute la France. Et cette année, les six projets de créateurs d’entreprise catégorie «Création» sont... un centre de soutien scolaire et d’accompagnement pédagogique ; une conception de vêtements sur-mesure pour les personnes suivant un traitement médical ; un espace de coworking ; une vente sur internet de produits cosmétiques capillaires importés du brésil ; une entreprise d’insertion dans le bâtiment ; et un centre de formation aux techniques de la peinture en bâtiment. Quant aux six porteurs de projets ca- tégorie «Emergence», le jury a retenu : une plateforme web de gestion de l’offre et de la demande en matière de garde d’enfants ; un laboratoire de fabrication numérique collaboratif ; une plateforme d’e-learning à destination des élèves en difficulté scolaire ; un aménagement des toits terrasses de]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frBaromètre & Tendances CLUb ENtrEPrENDrEcentres urbains en potagers ; une vente en ligne de lunettes accompagnée d’un service personnalisé à domicile ; et un garage solidaire. Ces lauréats ont reçu un prix de 7000 euros ou une dotation en campagne média et bénéficieront d’un accompagnement privilégié de l’un des partenaires de talents des Cités pour le développement de leur projet.u Le bénéfice des entreprises sous surveillancePour lutter contre l’optimisation fiscale, l’Assemblée nationale a voté l’obligation pour les grandes entreprises de détailler leurs bénéfices pays par pays, sous peine d’une amende d’au maximum 100000 euros. Cette décision fait partie de l’amendement socialiste du projet de budget 2016. Le ministre des Finances michel Sapin a souligné que l’optimisation fiscale coûte chaque année dans le monde « entre 100 et 240 milliards » de dollars, soit 4 à 10% des revenus mondiaux de l’impôt sur les sociétés.u Saga Macrontandis que le ministre de l’Economie, Emmanuel macron, travaille sur le développement de la suite de son programme d’économie, les Français le voient déjà installé à matignon. Selon le sondage odoxa pour itELE et Paris Match, 54% des français estiment qu’Emmanuel macron ferait un bon chef du gouvernement. En outre, 40% des personnes interrogées jugent qu’il ferait un bon président de la république. De plus, 48% sondés le préfèrent à manuel valls (soutenu par 46%). Un sentiment qui s’accentue plus chez les sympathisants de droite qui sont 64% à pencher pour le ministre de l’Economie plutôt que pour le Premier ministre. Selon cette même enquête, menée auprès d’un échantillon de 1002 personnes âgée de 18 ans et plus, deux tiers des Français sont favorables à l’accroissement de la part du mérite dans la rémunération des fonctionnaires. u«Vapotons» en entrepriseUn article du projet de loi de santé prévoit légalement d’obliger les entreprises à mettre à la disposition de leurs salariés une salle dédiée au «vapotage». Ainsi les utilisateurs de cigarettes électroniques pourront fumer sur leur lieu de travail sans gêner les non-fumeurs. Cette disposition apparaît comme un compromis collectif car la commission des affaires sociales à l’Assemblée nationale a voté l’interdiction d’utiliser la cigarette électronique dans les bureaux. Si lesdéputés adoptent cette loi, toutes les entreprises devront se mettre en règle. Les modalités de cet aménagement et son emplacement seront fixés par décret.u Salariés éco-responsables, la porte de l’innovation est ouverte Selon une enquête réalisée par le Lab de bpifrance, 75% des collaborateurs des PmE et Eti françaises estiment avoir un rôle à jouer dans la transition énergétique et écologique (tEE) de leur entreprise. Ainsi, 63% des personnes interrogées pensent qu’une démarche éco-responsable donne l’image d’une entreprise tournée vers le futur et 82% y voient un avantage pour l’entreprise, que ce soit sur le plan externe (clientèle) ou interne (motivation des salariés). Pour Elise tissier, directrice adjointe de l’évaluation, de la prospective et des études en charge du think tank bpifrance Le Lab, ces chiffres prouvent « qu’une entreprise peut faire écho aux préoccupations de ses salariés » et, ainsi, « susciter de l’innovation ».uLa taille ne compte pas...Selon une étude du Conseil d’analyse économique (CAE), il faut aider les PmE en fonction de leur âge et non de leur taille. Un constat qui se base sur plusieurs critères, dont le fait que les entreprises jeunes sont les plus productives et les plus créatrices d’emplois. Ayant un fort potentiel de croissance, elles se heurtent à de trop nombreux obstacles. or, cela gêne leur pro- ductivité et leur création d’emplois. C’est donc en aidant « cesuLa France marque un point au classement de compétitivité de DavosPar rapport à l’année précédente, la France gagne une place dans le classement du Forum éco- nomique mondial organisé par Davos. Ainsi, pour cette onzième édition du palmarès, l’Hexagone se trouve à la 22e place sur 140. La compétitivité de chacun des pays est notée à partir de l’évaluation d’une centaine de critères regroupés en «douze piliers» : institutions, in- frastructures, indicateurs macroéconomiques, santé, éducation et formation, efficacité du marché du travail, développement technologique ou encore innovation. Dans le détail, le classement de la France est extrêmement varié selon les différents indicateurs mesurés. Ainsi, les bons points marqués par le pays le placent à la quatrième place pour l’équipement de la population en internet fixe, sixième pour ses infrastructures ferroviaires, dixième pour l’ensemble de ses infrastructures et onzième pour la qualité de ses écoles de commerce. Quant aux heureux gagnants du classement, la Suisse occupe la première marche du podium, suivie de Singapour, des états-Unis et de l’Allemagne.jeunes PME à grandir (ou, plus modestement, en éliminant les obstacles à leur croissance) que l’on créera de la richesse », conclut le CAE. Ainsi, la décision est tombée, il faut aider les PmE non pas en fonction de leur taille, mais de leur âge.SAVE THE DATESuSalon des micro-entreprises : du nouveau pour cette éditionLa 17ème édition du Salon des micro-Entreprises a réuni cette année 24 000 visiteurs. Les trois nouveautés : le Programme Entrepreneurs Ambitieux qui sont des conférences d'aide aux créateurs en herbe, les Speed ideas meetings pour faire émerger de nouvelles idées, et Let’s meet pour faciliter le networking via viadeo. La grande nouvelle du salon reste le changement de nom pour le SmE (Solution pour mon Entreprise) et le lancement du premier salon virtuel pour les créateurs et dirigeants de petites entreprises le 2 juin 2016.+ Du 1er au 3 décembre 2015 : "Paysalia", quatrième édition du salon du secteur du paysage organisé par l’Union National des Entreprises du Paysage (Eurexpo Lyon)CleanTechs & Innovations (au Novotel Paris Centre+ 14 janvier 2016 : la première édition du congrès "Entreprise du FUTUR" organisée par le réseau Up (à la Cité Internationale de Lyon)Eiffel Tower)Plus de 450 exposants et 14 000 visiteurs représentant l’ensemble des secteurs et métiers du paysage sont at- tendus durant ces trois jours. Une occasion pour les pro- fessionnels de toute la France d’échanger dans les meilleures conditions. Plus d’information sur le site www.paysalia.comFinyear Labs (laboratoire innovation du quotidien Fi- nyear) édite la conférence Fintechs i/o dédiée Fin- techs, insurtechs, Cleantechs & innovations. Comme son nom l’indique (i/o (in/out) est le partage, l’échange) Fintechs i/o est la conférence où l’on par- tage expériences et expertise autour de l’innovation fi- nance & assurance. Cette première édition souhaite présenter à un large public de financiers et de dirigeants d’entreprise les Fintechs, insurtechs, Cleantechs et in- novations à leur disposition. inscrivez-vous à l’événe- ment sur le site http://www.fintechs.io/Le numérique est aujourd’hui un enjeu stratégique au cœur de toutes les entreprises. Cette révolution écono- mique constitue un potentiel considérable de croissance et d’emploi pour garantir leur pérennité. réservé aux décideurs des entreprise PmE et Eti de tout secteur d’activité (hors numérique), le congrès les accompa- gnera donc pour initier et accélérer leur transformation numérique. Plus de 1000 décideurs seront attendus pour favoriser l’intelligence collective au service de la trans- formation numérique. Des échanges, des grands té- moins et intervenants seront au cœur du programme de la journée. inscription sur : entreprisedufutur.com+ 10 décembre 2015 de 8h à 17h : "FinTechs I/O ?" La conférence dédiée aux FinTechs, InsurTechs,DéCEmbrE / JANviEr 35]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE A la Une - Les autodidactesL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,E n Afrique, la tribu des baoulé livre à eux- mêmes les enfants considérés comme dotés des droits du génie. Pas question d’avoir un mentor, ni de ren- trer en apprentissage. tels des ascètes, ils apprendront par eux seuls l’art de la sculp- ture ou celui de la cire perdue pour façonner des masques rituels, festifs ou décoratifs et feront autorité en matière d’art traditionnel une fois de retour dans leurs pénates. L’autodidaxie s’apparente à cette manière de créer ou d’apprendre par une voie non conventionnelle. Et les exem- ples sont pléthoriques. Jimi Hendrix ou plus récemment matthew bellamy, leader de muse. Steve Jobs ou Gérard mulliez, à la tête de l’empire Auchan. Ghislaine Arabian, deux macarons michelin au compteur et jury du média- tique «top Chef» ou encore par Jean-marc borello (cf notre rubrique électron libre). tant de noms plus ou moins évocateurs qui tracent des trajectoires filantes non ornées de diplômes ou d’un parcours classique. Si bien qu’à l’image d’un conte pour adultes, l’his- toire heureuse de l’autodi- dacte, celle du (de la) selfLes autodidactes connaissent les chemins de traverse pour réussirLONGTEMPS DÉCRIÉS, MAINTENANT RÉCOMPENSÉS Autrefois considérés comme des usurpateurs, les autodi- dactes ont reçu leurs lettres de noblesse par une France contemporaine et par ses au- teurs qui ont alimenté une certaine mythologie. Flaubert, Sartre ou encore Zola. Que dit donc notre époque sur ses «Georges Duroy» ? Les an- nées 2000 nous montrent déjà que le monde des autodidactes reste dans son immense ma- jorité un milieu d’hommes. 2015, marquée par le sceau du néolibéralisme, encense aussi l’autodidacte parce que l’homme doit, de fait, faire preuve d’adaptabilité. L’agilitéoblige nos populations actives à actualiser leurs connais- sances et cultiver leur jardin pour en faire jaillir un élan créateur de nouvelles com- pétences qui accoucheront d’un nouveau métier. vous l’aurez compris, l’autodidacte se définit, non pas tant par son manque de diplôme mais plus par sa capacité à ap- prendre pour créer. Ainsi se pose rapidement la question du rapport entretenu entre la société et les institutions avec l’éducation et la formation. « Le terme d’autodidacte dé- signe davantage une attribu- tion identitaire. C’est une ma- nière d’essentialiser un per- sonnage, remarque Hélène bézille-Lesquoy, maître de conférences, chercheur au Laboratoire éducation et Cul- ture de l’Université Paris viii. D’autant que nous le sommes tous à des degrés divers. L’en- jeu actuel de l’autodidaxie consiste entre autres à se pen- cher sur la différence des parcours scolaires par rapport aux années 1960. L’école n’est plus la même, la for- mation pour adultes non plus. Nous sommes aujourd’hui confrontés à la question du décrochage scolaire et à la fragilisation des institutions académiques. Dans ce contexte, l’autodidaxie et les pratiques voisines sont invo- quées telles des bouées de secours. » Dans l’air du temps ? Apparemment oui. D’autant que les gouverne- ments successifs désentravent les chemins vers l’entrepre- neuriat via les législations et dispositifs incitatifs connus de tous. Les institutions ne les boudent pas. Au contraire. mais s’agirait-il d’une certaine manière d’avouer un manque de reconnaissance de nos di- plômes – hors cursus d’ex- cellence – dû à l’inflation de ces derniers et à l’obtention du baccalauréat chaque année par plus de 80% d’une tranche d’âge, indépendamment du socle de compétences ac- quises ? rien n’est moins sûr. « Nous sommes confron-Champions du Hors-Piste L'autodidacte en 2015, véritable phénomène de société ou conte pour adultes ?en rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriatmade (wo)man, s’impose à nous. Le prestige de leur vécu ayant vaincu le déterminisme. Les figures connues de l’au-de réseaux puissants. mais plus important encore, l’ido- lâtrie de ces nouveaux mythes sociaux reflète l’envie contem-pour la rédaction d’EcoRéseau de dresser le portrait d’auto- didactes faisant référence dans leur secteur d’activité et deLa réussite des autodidactes garde souvent une part d'ombre (dons, hasard...) tout en s’expliquant par des qualités ordinaires : ardeur au travail, sens des relations, goût pour l’action...todidaxie nous amènent à écrire une page supplémen- taire d’une histoire contem- poraine qui vante la mérito- cratie et critique avec véhé- mence les élites traditionnelles bardées de diplômes, profitantporaine d’une société à l’égard du savoir et de son accès à l’éducation, à la formation ainsi que des possibilités d’as- cension sociale permises par le monde de l’entreprise et l’entrepreneuriat. L’occasionEt en banlieue ?se demander dans quelle me- sure la France de 2015 est un terreau propice à l’émergence de ces profils atypiques, dont le moteur essentiel demeure leur seule volonté de réussir. Enquête.n’est-elle pas un terme que l’on nous sort à toutes les sauces ? Qu’il s’agisse d’en- trepreneuriat ou de virage de carrière... Et ce d’autant plus en période de crise où l’étroi- tesse du marché du travailRien à perdre et donc tout à gagner ? Derrière la question aux allures de lieu commun, se renforce doucement l’idée qu’entreprendre sans res- sources ni études devient possible. D’autant que les deniers chiffres du Ministère mettent en exergue que 60% des entrepreneurs en France ont tout au plus le Bac. Et que les Bac+2 sont ceux qui réussissent le mieux. La France, pays d’autodidactes ? Peut-être. Les mentalités progressent. Et les réussites, gages d’exemplarité, commencent à se faire connaître, no- tamment par la voix du concours de créateurs «Nos cités ont du talent» ou par le biais de certains partenariats récemment actés entre le Medef, le milieu associatif de certaines zones prioritaires urbaines et certains ré- seaux tels que celui des BGE. « Il existe de plus en plus d’acteurs prêts à aider un jeune qui a envie d’entreprendre. A l’image de l’Adie qui autorise des microcrédits pour des projets de création par exemple. A l’époque de ma première création, j’avais réussi à obtenir 80000 euros alors que le sys- tème de prêts d’honneur, le crowdfunding et les fonds d’investissement dédiés n’étaient pas aussi développés. Aujourd’hui, avec beaucoup de pa- tience et de détermination, les chemins entrepreneuriaux sont plus acces- sibles pour ceux que l’on pourrait qualifier de profils autodidactes »,36 DéCEmbrE / JANviErremarque Aziz Senni, serial entrepreneur parti de... rien. Le self made man a ainsi créé en 2007, avec le soutien de Claude Bébéar, le fonds «Business Angel des cités». Aujourd’hui renommé «Impact Partenaires», le fonds en- tend encourager une cible plus large de créateurs pour soutenir le déve- loppement économique de ces territoires souvent décriés. Au-delà de créer de l’emploi en banlieue, Impact Partenaires ambitionne également de sou- tenir les entreprises qui auront un impact social fort, dans le développe- ment durable ou encore dans l’emploi de salariés handicapés par exemple. Le fondateur conclut : « Les licornes et autres start-up à très forte crois- sance sont nécessaires dans la promotion de l’entrepreneuriat, mais elles ne doivent pas occulter ce qu’est l’entrepreneuriat dans la grande majorité des cas. C’est-à-dire des petites entreprises où les dirigeants travaillent de manière acharnée. En parallèle, les réseaux et les modes de financement parapublics ou alternatifs se développent. C’est un point positif. Mais l’es- sentiel revient à se convaincre que seul, le diplôme ne suffit pas à créer. Cela repose sur du bon sens, une bonne connaissance du marché puis du produit ou du service que l’on souhaite commercialiser. Tout cela prévaut sur le diplôme. »La réussite sans diplôme et sans ressources, c’est possible]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frA la Une - Les autodidactes CLUb ENtrEPrENDrEfut lauréat national il y a deux ans – aujourd’hui au comité exécutif du groupe Carrefour. Il a su grimper les différents échelons sans fondamentaux théoriques. S’il est difficile de devenir entre- preneur, être dirigeant d’un groupe du CAC 40 sans di- plôme semble l’être encore plus au regard de l’impor- tance des études, même avec 20 ans ou 30 ans d’expé- rience ». moins notoire que la figure du créateur d’entre- prise parti de rien, l’autodi- daxie peut s’exprimer aussi dans la reconnaissance de l’expertise. Ce qui peut se concrétiser en d’autres termes par le passage à un statut cadre sans petit bout de papier passé par les rotatives de l’im- primerie nationale. « Si en 2008, 72% des cadres avaientun niveau de diplôme supé- rieur au Bac, il faut souligner qu’ils étaient 52% en 1985. L’ascenseur fonctionne tou- jours car il y a toujours une proportion de non cadres qui le deviennent, mais ces deux dernières années on constate une baisse notoire du passage des non cadres au statut de cadres. De 45000 à 50000 en moyenne ces dernières an- nées, nous sommes tombés à un chiffre de 40000 », analyse Pierre Lamblin, directeur des études à l’APEC. Cette ques- tion de la promotion sociale est sujette à de nombreuses variations selon les secteurs d’activités. « Les banques et le secteur des assurances bé- néficient du plus fort taux de promotion interne encore au- jourd’hui, en raison d’un sec- teur qui traditionnellementAlain Afflelou, 67 ans« J’ignorais tout de la franchise »Alain Afflelou, 67 ans, ouvre son premier magasin à Bordeaux en 1972. 1979 sonne l'arrivée de la franchise éponyme. En 1993, le réseau dépasse 400 points de vente et en 2006, Alain Afflelou cède la majorité de ses parts de l’entreprise au cours d’un LBO et réinvestit dans la nouvelle société détenue en majorité par Bridgepoint, mais son fondateur en reste PDG. En 2011 le fonds d’investissements britannique Lion Capital devient l’actionnaire majoritaire par le rachat de 66% des parts. En 2013, le réseau compte 1120 ma-gasins dans le monde...Quelle est selon vous la définition d'un autodi- dacte ? Dans quelle mesure pensez-vous l'être ? Un autodidacte est quelqu'un qui va entreprendre, avec succès, dans une voie qui ne lui était pas forcément desti- née. Ni études spécifiques, ni antécédents familiaux ne le prédestinaient à suivre cette voie. Je pense rentrer dans cette définition, en effet. Si j'ai bien fait une école d'optique, j'ignorais tout de la franchise.Avez-vous déjà eu un complexe d’infériorité face à des personnes bardées de diplômes croisées durant votre carrière ?Non, le diplôme n'est pas la garantie du talent, du courage et de l'esprit d'entreprise.Comment s'entourer lorsqu'on est autodidacte ?Il faut faire confiance, sans aucun préjugé envers leshommes qui ont un savoir dans des domaines qui ne sont pas les nôtres.Pensez-vous que la France est un terrain propice à l'émergence de ce type de profils ? Pourquoi ? La France a sûrement autant de possibilités de voir éclore des autodidactes que d'autres pays.Le fait de refuser les situations considérées comme ac- quises conduisent les personnes qui ont envie d'entrepren- dre à imaginer, inventer et créer leur propre activité.Avez-vous eu un mentor lors de vos jeunes an- nées ?Non pas vraiment, mais j'ai pu bénéficier des conseils et du talent d'un parent, publicitaire, qui m'a appris énormé- ment de choses qui me servent tous les jours.Quelques exemples d'autodidactes qui ont marqués l'histoire, choisis en toute subjectivité+ Jean-Jacques Rousseau, PhilosopheTouche à tout, Jean-Jacques Rousseau, enseignant de musique à ses heuresperdues,s'essaieraàdenombreusesformeslittéraires grâceà l'appui de certains protecteurs. Mais la partie de son œuvre qui ré- sonne toujours aujourd'hui dans nos manuels de philosophie consiste en l'apport du philosophe des lumières en matière de politique.+ Jimi Hendrix, MusicienJohnny Allen Hendrix de son vrai nom, ne mena qu'une carrière de guitariste-chanteur-compositeur longue de quatre ans. Il restera cependant dans les annales de la musique et incarne encore au- jourd'hui, le talent brut, gaucher jouant sur une guitariste de droi- tier, symbole des années hippies.+ Malcolm X, Homme politiqueNé Malcolm Little et connu aussi sous le nom d'El-Hajj Malek El- Shabazz, le prêcheur musulman aurait fait son éducation en pri- son. Emblématique leader de la communauté afro-américaine dans le combat face à la ségragation raciale, Malcolm X jouera également un rôle notoire dans la conversion de Cassius Clay aussi connu sous le nom de Mohammed Ali.+ Walt Disney, Producteur/réalisateur/Acteur/Scéna- riste de dessins animésApprenant les rudiments du dessin le samedi matin au Chicago Art Institute, le jeune Walt se retrouve adolescent à vendre des journaux dans les trains, quitte l'école à 16 ans, s'engage pour la Croix Rouge durant la Première Guerre mondiale et se lance à son retour dans le dessin publicitaire. Las, il fonde avec son frère une affaire d'animation au début des années 1920. La société prend le nom de Walt Disney Studios en 1927, année qui verra également s'animer pour la première fois Mickey Mouse dans le « Joueur de Jazz ».+ Léonard de Vinci, Tout et rien à la foisDieu a fait l'homme a son image paraît-il. Et de l'homme parfois ne reste que son génie. De Vinci est inclassable. Il excella notam- ment en tant qu'artiste, scientifique, ingénieur, inventeur, anato- miste, peintre, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, poète, philosophe et écrivain.+ Thomas Edison, Inventeur/ Scientifique/ Industriel Souffrant de surdité, Thomas Alva Edison fait ses débuts profession- nels comme assistant télégraphe à la Western Union Compagny, fonde le « Menlo Park », entreprise industrielle à 27 ans. Sa carrière sera jalonnée de nombreux brevets lui donnant la paternité sur le phonographe, le télégraphe ou encore son ampoule éponyme.tésàunmarchéoùilyaune dévalorisation du diplôme, avec une problématique ma- jeure pour la plupart des Bac +5 qui éprouvent des diffi- cultés à trouver un poste cor- respondant à leur qualifica- tion. Aujourd’hui, le diplôme moyen n’assure plus le poste », constate Laurent Hurstel, directeur France de robert Walters. Autrement dit, louer l’autodidacte pourrait signifier que la capacité à s’insérer dans le monde pro- fessionnel pour les futures générations ne dépend que de leur capacité à s’auto-for- mer. En attestent par exemple « les victoires éponymes fê- tées annuellement à l’Assem- blée nationale et qui décernent un prix à un entrepreneur non diplômé mais reconnu », illustre Hélène bézille-Les- quoy.ser des facilités offertes par le numérique, l’apprentissage dans le milieu associatif, la vAE, l’université du temps libre, l’école de la seconde chance ? Certes le Web exige de trier le bon grain de l’ivraie et modifie le rapport au savoir, qui s’apparente davantage à de la consommation d’infor-célération de l’accès à la connaissance, une sorte d’al- phabétisation numérique est nécessaire. Il ne suffit pas d’avoir Internet », note Hélène bézille-Lesquoy. Ce qui ex- plique pourquoi le nouveau modèle de pédagogie tel que conçu dans le cadre de l’école primaire ou celui des grandesdaxie «émancipatoire», comme en témoignent les ré- cits d’écrivains. Puis, la figure de l’autodidacte retrouve une certaine actualité dans les années 1960, quand les classes populaires se trouvent engagées dans un mouvement de promotion sociale », ana- lyse Hélène bézille-Lesquoy.Malgré une accélération de l'accès à la connaissance, une sorte d'alphabétisation numérique est nécessaire. Il ne suffit pas d'avoir internetNOUVEAU MODÈLE DE PÉDAGOGIE POUR ACCOMPAGNER L’AU- TODIDAXIE ?Si l’autodidacte se définit par sa capacité à se former lui- même hors de l’école, du ly- cée, des établissements d’en- seignement supérieur et des chemins tout tracés, que pen-mation plus qu’à sa réelle maîtrise, mais il autorise une autodidaxie protéiforme et de qualité inégale. Le big Data sur Wikipédia versus le der- nier mooc accouché par une grande école. Se dessine donc selon les dires de Georges Le meur, maître de confé- rences à l’Université de Nantes, le portrait d’un néo- autodidacte(1). Et d’une frac- ture entre ceux qui profite- raient des bienfaits de la toile et ceux qui n’auraient pas cette capacité à s’y mouvoir avec recul. « Malgré une ac-écoles via le blended learning (mix entre le distanciel asyn- chrone et des temps de for- mations en présentiel plus qualitatives) devient en quelque sorte celui de l’ac- compagnement à l’autodi- daxie.Encore aujourd’hui, la recon- naissance des autodidactes ne passe pas seulement par le biais de la création d’en- treprise, ni par leur talent ar- tistique. La vA (victoire des Autodidactes, créée par le Harvard business School Club France en partenariat avec le groupe mazars) re- connaît une majorité d’en- trepreneurs parmi ses lauréats depuis 1989. mais pas seu- lement. reza Joomun, Senior manager mazars, représentant du groupe pour ce trophée, explique : « Gérard DoreyL’ASCENSION SOCIALE, TOUJOURS MOTRICE ?« La figure de l’autodidacte se structure progressivement au cours du XIXe siècle alors que se développe dans le monde ouvrier une autodi-DéCEmbrE / JANviEr 37©DRŒ]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26frances. C’est un peu Pro- méthée volant le feu à Zeus », complète la spécialiste. Pour- tant ne nous méprenons pas, avec la puissance de la figure de l’autodidacte dans la me- sure où l’autodidaxie est un mode d’apprentissage com- mun à tous et constitue un « mode d’apprentissage que nous «activons» comme une ressource en quelque sorte première quand les ressources externes ne nous suffisent pas, ne nous conviennent pas, ou, pour des raisons diverses, viennent à manquer, quand nous sommes par exemple contraints d’inventer des so- lutions inédites à un problème particulier », complète la spécialiste. Et Laurent Hurstel de compléter avec son co- rollaire en matière de for- mation : « Au regard des prix des formations, il existe une vraie dichotomie entre investissement initial et retour sur investissement. Le modèle classique évolue et les nou- velles générations ne veulent pas reproduire le même pro- blème ».CLUb ENtrEPrENDrE A la Une - Les autodidactes Ces autodidactes étrangers,choisis en toute subjectivité+ Steve Jobs, Entrepreneur/ InventeurDerrière le succès que connaît Apple, peu sont ceux qui devinent le passé trouble de Steve Jobs. Pas de diplôme, des études en dents de scie et surtout une vie de hippie pendant de longues années... Jobs fonde Apple à 22 ans, le projet Macintosh sera, lui, lancé en 1981...+ Bill Gates, EntrepreneurPionnier de la micro-informatique, Gates arrête ses études à 18 ans pour se consacrer à la programmation informatique. Il fonde deux ans plus tard la société qui deviendra plus tard Microsoft.+ Lana Del Rey, ChanteuseNé en 1985, la chanteuse perfectionne ses techniques vocales dans les chorales ou à l'école et ne suit pas de cours ni n'intègre de conservatoire. Son premier carton sera « Videogames » vu plus de 15 millions de fois sur Youtube en 2011.+ Richard Branson, Entrepreneur/EcrivainDyslexique, Branson quitte l'école à 16 ans pour fonder un maga- zine puis se tourne quelques années plus tard vers la vente de disques à distance. L'idée de la marque Virgin naît à cette époque par l'idée d'une collaboratrice qui lui aurait soufflé soit disant qu'ils étaient tous « vierges en business ».+ Lula Da Silva, Homme politiqueFils d'une fratrie de sept enfants, Lula Da Silva accumulera les em- plois alimentaires dès l'adolescence, ses talents d'orateur et de tri- bun hors pair lui permettront de se faire un nom dans le syndicalisme brésilien. Lula sera président de la république fédé- rale du Brésil de 2003 à 2011.+ Stanley Kubrick, Réalisateur/ Producteur/ Scéna- riste/ PhotographePendant son enfance, Kubrick n'arrive pas à mettre de sens dans sa scolarité. Les universités lui fermeront leurs portes. C'est en tant que photographe autodidacte qu'il entre chez « Look ». Le jeune photo- graphe, entiché du cinéma, réalise ensuite plusieurs documentaires, courts métrages et séries télévisées, puis décide de réaliser un cer- tain « Spartacus » avec en tête d'affiche Kirk Douglas sorti dans les salles en 1960.+ Steven Spielberg, Réalisateur/Producteur/Scéna- risteSteven Alan Spielberg est un élève médiocre et ses résultats l'empêcheront de rentrer dans une école de cinéma. Celui qui a tourné son premier film en autodidacte à 12 ans persévère et se fait remarquer par Universal. L'histoire est en marche. Spiel- berg réalisera « les dents de la mer » en 1975, premier block- buster hollywoodien, alors âgé de 28 ans.fidélise et profite d’entreprises de tailles importantes. De même le BTP est aussi un secteur au taux de promotion fort mais qui s’explique par la faible attractivité du sec- teur », complète Pierre Lam- blin. Les professionnels du recrutement s’accordent aussi sur certains métiers qui se prêtent davantage à accorder leur chance aux autodidactes. A l’image des secteurs du re- tail, de la logistique ou encore de la fonction commerciale. « Si la filière commerciale s’est structurée, ce type de métiers exige avant tout des objectifs de performance qui permettent aux autodidactes de s’exprimer », note Cathe- rine Dervaux, directrice des grands projets de recrutement et Assesment chez menway. A défaut de diplômes, certains autodidactes reconnaissent38 DéCEmbrE / JANviErSavoir ce qui se cache derrière ce qui paraît être un conte de fée pour adultesle processus. » La persistance du thème de l’autodidacte dans le milieu des affaires, épouse les traits du (de la) self made (wo)man. L’idée étant de donner un discours plein d’abnégation pour faire du self made man une per- sonne au cœur de l’action. L’autodidaxie serait en quelque sorte la figure de celui qui innove. « Notre handicap principal est aussi notre force. Nous nous sen- tons plus redevables que les diplômés. Ce manque de di-plôme nous le compensons d’ailleurs par du travail tout en cultivant un esprit prag- matique qui a les pieds sur terre. C’est une autre manière d’appréhender les dossiers. Et notre point de vue intéresse parce qu’il diffère des autres profils formatés par les for- mations d’excellence », re- marque Pierre-Christophe baguet. En d’autres termes, la réussite relayée des auto- didactes « garde souvent une part d’ombre (les dons, le hasard, la chance) tout ens’expliquant par des qualités ordinaires : ardeur au travail, sens des relations, goût pour l’action par exemple », com- mente Hélène bézille. D’où une valeur qui nous est chère à tous, l’aspiration à l’auto- nomie que nous ressentons et admirons à travers la figure de l’autodidacte. L’autodi- dacte ressemble ce faisant au héros de la mythologie grecque, « il se mesure à l’arbitraire du pouvoir, il sait résister, refuser, se rebeller au prix de grandes souf-Franck Provost, 68 ans« Avant mes 40 ans, j’ai pris tous lesrisques possibles »Franck Provost est fondateur et président du groupe Provalliance : 2700 salons dans le monde pour un CA d'un milliard d'euros. Le groupe se segmente en onze marques : Franck Provost, Jean-Louis David, Saint Algue, Fabio Salsa, Coiff&Co, Intermède, Interview, Niwel Beauty, Maniatis Paris, La Suite Bleue et Colorii.Dans quelle mesure peut-on vous considé- rer comme un autodidacte ?Je n'ai pas fait d'études particulières. L'important pendant mon parcours fut d'être persévérant. Plus que tout autre profil, un autodidacte doit né- cessairement évaluer ses compétences, connaître ses lacunes. Il s'agira ensuite de s'entourer d'une équipe en conséquence.Je peux qualifier mon parcours de progressif. Au fur et à mesure, j'ai obtenu des résultats satisfai- sants en sachant fédérer mes associés. Et à l'aune de ces différentes étapes, l'autodidacte peut ainsi garder les pieds sur terre, rester humble. Cela dit, j'ai eu la chance de ne pas connaître de gros re- vers.Quel a été le fil rouge de votre parcours ?J'ai choisi d'abord de me lancer dans un métier que je connaissais bien, et qui pouvait répondre à mon ambition et à mon projet de vie. Je n'ai pas eu de mentor, ni de modèle si ce n'est une per- sonne comme Jean-Louis David. C'est d'ailleursune grande satisfaction de réaliser que ses salons ont désormais rejoint notre groupe. Mais l'impor- tant a toujours été de mêler l'artistique et le busi- ness.Est-il possible d'être autodidacte au- jourd'hui ?Quand on est autodidacte, on a, de fait, des la- cunes. Je voulais au départ créer une première af- faire. Mais je me faisais tout un monde de ce qui était annexe au coeur de mon métier d'artisan, à tout ce qui faisait fonctionner dans l'ombre une entreprise. Le déclic fut de réaliser que l'effort de gestion n'était pas insurmontable. Dans la foulée, j'ai donc décidé de monter une deuxième affaire. La confiance est venue. Vous connaissez la suite. Mais ce qui ressort, c'est un goût prononcé pour la culture du risque. Avant mes 40 ans, j'ai pris tous les risques possibles, non pas par appât du gain mais pour développer une entreprise dont je pourrais être fier. Dans les métiers de l'artisanat, les parcours d'autodidacte sont encore possibles.également la chance d’avoir été pris sous l’aile de mentors. A l’image de l’actuel maire de boulogne-billancourt, au- trefois animateur et chef d’en- treprise puis député qui a ren- contré sur son chemin André Santini et michel Péricard. « Deux hommes qui m’ont mis le pied à l’étrier », confie l’édile de boulogne-billan- court.UN BESOIN DE CONSTRUCTIONDE MYTHES CONTEMPORAINS...« Aujourd’hui, se pose da- vantage la question de l’usage du terme plutôt que de son concept », renchérit Hélène bézille Lequoy. On préférera d’ailleurs parler d’auto-for- mation et d’auto-apprentis- sage que d’autodidaxie lorsqu’il s’agira de décrireŒ©DR]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE A la Une - Les autodidactesmeilleure reconnaissance de ces qualités relationnelles. En particulier celles liées au soft skills. « Malgré une culture forte du diplôme en France, nos process de re- crutement intègrent de plus en plus de l’assessment qui consiste à étudier en situation le comportement des candi- dats au-delà de leur(s) di- plôme(s). Les autodidactes doivent ainsi valoriser leur CV en mettant concrètement ce dont ils sont capables : capacité à faire évoluer un chiffre d’affaires, développerun portefe.uille... pour passer le premier filtre qu’est le tri de CV. L’assessment permet- tra ensuite de calibrer les candidatures », conclut Ca- therine Dervaux, directrice des grands projets de recru- tement et Assesment chez menway.(1) Les nouveaux autodi- dactes, coordonnée par Georges Le Meur, revue fran- çaise de pédagogie, 2000.Geoffroy FrameryPierre-Christophe Baguet, maire de Boulogne-Billancourt, 60 ans« Sans diplôme j’ai été jugé »D'abord animateur sportif, Pierre-Christophe Baguet est nommé en 1978 directeur départemental de l'IFAC Vacances et responsable national pour le secteur Loisirs-En- fance-Jeunesse. En 1983, André Santini, alors secrétaire d'État aux Rapatriés puis ministre dé- légué à la Communication, l'appelle à ses côtés pour diriger son cabinet. En 1988, il est assistant parlementaire, puis directeur de la communication de la ville d'Issy-les-Moulineaux – il dirige la société d'économie mixte inédite pour gérer la communication – et enfin chef de cabinet du député-maire. Il crée en 1993 sa propre entreprise de conseil en communication et quitte cette activité professionnelle pour se consacrer entièrement à ses fonctions au service de Boulogne- Billancourt. Député pendant 15 ans, l'édile assure aujourd'hui son deuxième mandat à Bou-logne-Billancourt.« Dans le domaine de la politique, le plus connu des autodidactes demeure Pierre Bérégovoy. Nous ne sommes pas nombreux à ne pas avoir de diplômes post-Bac. J'ai démarré comme éducateur. Ma première entreprise, je l'ai dirigée à 23 ans. Cinq ans plus tard, nous gérions 400 salariés et 8000 enfants. Ce fut ma première réussite en tant qu'autodidacte où le sens du contact m'a été très utile. En parallèle, je me suis lancé en politique à partir de 1983. J'ai eu la chance d'avoir deux mentors pour ma carrière, André Santini et Michel Péricard, qui ont pallié mon manque de diplôme. Sans diplôme, j'ai souvent été jugé. Mais nous possédons des qualités uniques. Michel Roussin, à l'époque chef de cabinet, appréciait mon avis parce qu'il différait de celui des énarques. Mais la réus- site des self made men suscite des jalousies et de l'incompréhension. Durant mes différentes campagnes, mes adversaires mettaient en lien mon incompétence présumée par mon absence de diplôme. Après ma première élection en tant que maire, j'ai répondu à mes détracteurs en désendettant la ville et en assainissant sa gestion, ce qui à conduit à réévaluer sa note auprès de Standard & Poors. Boulogne-Billancourt fut d'ailleurs la seule ville dont la note fût réévaluée positivement. »Inventaire... ET LES DÉPASSER PAR LA RECONNAIS- SANCE D’UNE EXPERTISE AVÉRÉE Les spécialistes de la question mettent en exergue le fait que l’autodidaxie fleurit volontiers aux lisières des savoirs non encore contrôlés. Ce qui ex- plique que le chemin de l’au- todidaxie est davantage une seconde peau pour les cher- cheurs, artistes, innovateurs et bien sûr les entrepreneurs. « Mais ces pratiques ont en- core une faible lisibilité et sont peu valorisées parce qu’elles ne relèvent pas di- rectement du champ d’inter- vention des institutions d’édu- cation et de formation. Elles sont de ce fait peu évaluées, ne font pas l’objet de finan- cements ni de discours auto- risés de légitimation », ex- plique Hélène bézille-Lequoy. malgré tout, les travaux an- glo-saxons ont contribué à redorer le blason des autodi- dactes en démontrant le po- tentiel formateur de l’expé- rience. Autrement dit, les au- todidactes possèdent un art de faire qui se concrétise par un rapport à l’environnement souple et ingénieux et par la capacité à tirer parti de l’in- certain et de naviguer à vue. « Une conscience présentielle, conceptualise Hélène bézille- Lequoy, qui mobilise aussiun certain rapport au savoir : goût pour la recherche et l’exploration, intuition, tolé- rance à l’incertitude ; pro- pension à faire des synthèses inattendues entre différents champs de savoirs ; capacité à mettre en réseau des res- sources diverses ; dévelop-pement de capacités «méta- cognitives». » Et Jean-Claude bourrelier, fondateur de bri- corama, de témoigner : « Nous sommes des exceptions. Les autodidactes cherchent avec énergie une voie qui ne leur est pas tracée et ils se fra- cassent souvent face à desportes fermées, ce qui exige pour réussir d’une grande capacité d’adaptation ». il n’est donc pas surprenant de considérer l’autodidaxie comme une ressource impor- tante au regard de la conjonc- ture actuelle... Les mœurs évoluent doucement vers uneAutodidactes français choisis en toutesubjectivitéPour ceux qui l'ignoraient, ces Français sont aussi autodi- dactes... Chaque discipline possède ses propres chantres et ses idoles. Bien évidemment. Mais le plus surprenant de- meure que certains d'entre eux n'ont pas ou peu fait d'études, ou ont commencé en tant qu'apprentis voire même ont connu la délinquance alors adolescents... Florilège : -Hommes d'affaires : François Pinault, Gérard Mulliez, Jean- Claude Decaux, Xavier Niel, Serge Papin, Bernard Tapie... -Acteur/Comédien : Gérard Depardieu, Fabrice Lucchini... -Journaliste/Animateur : Jean-Michel Apathie, Michel Drucker, Jean-Pierre Foucault, Michel Denisot...-Homme politique : Pierre Bérégovoy, André Malraux, Chris- tian Estrosi...-Chef cuisinier : Alain Ducasse, Thierry Marx, Ghislaine Ara- bian...Et bien d'autres...Jean-Claude Bourrelier, 69 ans, président de Bricorama« Ne pas trop réfléchir, être énergique »En 1975, Jean-Claude Bourrelier ouvre sa première boutique, une quincaillerie, boulevard Vincent Auriol à Paris, puis crée ensuite la marque Batkor dans les années 1980. En 1992, il ra- chète au groupe Euromarché une dizaine de magasins Brico- rama. Le groupe entre en Bourse quatre ans plus tard. Les rachats d'Outirama, de Gamma et de Bricostore au tournant du siècle assoient un peu plus sa position dans le peloton de tête du marché français du bricolage. Nouveau tournant en 2002, lorsque l'enseigne décide d'un développement en fran- chise. Aujourd'hui Bricorama représente 223 magasins dont 92 implantations françaises qui génèrent un CA de 937 mil- lions d'euros.« Être autodidacte aujourd'hui, c'est à la fois possible et nécessaire parce que tout le monde n'a pas la chance de suivre une scolarité. J'aurais bien voulu faire des études mais je n'ai pu, à cause du contexte familial. Tout est question d'enfance et de chance encore maintenant. Nos vies ne sont pas conditionnées mais parfois sont frappées de trop de revers pour cas- ser la ligne familiale. J'étais très bon élève : j'ai quitté l'école avant 14 ans alors que je me sentais capable. A l'époque, ce fut un sentiment par- tagé d'ambition et de frustration. Mais ce ressenti fut le moteur pour en- suite aller de l'avant. J'ai d'abord été apprenti en boulangerie puis en boucherie. J'ai ensuite eu l'occasion de faire mes armes en tant que li-vreur, représentant et démonstrateur. Je travaillais dur. Jefaisais souvent des nocturnes. J'étais à moitié sourd jusqu’àl'âge de 20 ans. S'en est suivie une opération qui a permisd'élargir mon univers. Une sorte de déclic. Le commerce m'attirait depuis longtemps et ce secteur d'activité permettait de pallier le manque de di- plôme par l'énergie. Ma vie d'autodidacte se résume par beaucoup d'ac- tions. Un autodidacte qui réfléchit trop aura beaucoup de mal. Mais une de nos qualités qui prime, c'est notre énergie et notre implication. Le fil rouge de ma vie ? Quand on a été apprenti dans la boulangerie ou la charcuterie, l'horizon est sombre, chaud dans la boulangerie, froid et hu- mide dans la boucherie. Le Graal, c'est devenir patron de son affaire. Peut-être est-ce ce conditionnement durant les phases d'apprentissage dures, entre 14 et 16 ans, qui a déterminé l'ensemble de ma carrière. Et c'est sûrement pour cette raison que j'en suis venu à me mettre à mon compte, parce que l'on m'a refusé certaines promotions que je pensais méritées en raison des compétences développées et des objectifs at- teints. Les autodidactes qui réussissent jusqu'à en devenir médiatiques sont évidemment des exceptions. Nous cherchons avec énergie une voie qui ne nous est pas tracée et nous nous fracassons souvent face à des portes fermées, ce qui exige pour réussir une grande capacité d'adapta- tion. Il n'y a pas de miracle même s'il y a parfois un peu d'inconscience : il existe de nombreux autodidactes qui n'y arrivent pas. »40 DéCEmbrE / JANviEr©©DDRR]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Interview croisée - Trublions du luxe Mauboussin et KaviariDans quel contexte êtes-vous arrivés dans l’entreprise ?KN : L’entreprise familiale a été créée en 2001 par ra- phaël bouchez aux côtés de mon père, qui lui-même avait créé une autre société dans les années 80 autour de l’im- port-export de caviar. Nous fêterons nos 15 ans l’année prochaine mais possédons donc une histoire de 40 ans. Je suis arrivée en 2009. Juste un an après que des grandesd’affaires. La situation s’ex- plique notamment par la fin de la relation commerciale entretenue avec le Sultanat de brunei alors premier client de mauboussin. Pour pallier ce manque à gagner, l’entreprise a choisi de di- versifier son activité, no- tamment dans la parfumerie et d’attaquer de nouveaux marchés en Asie. mais ces démarches furent coûteuses et hasardeuses. Dominique Frémont (actionnaire majo-produit de la mer et d’un comme respectivement un depuis le changement de lé- objet de créateur. Nous avons trophée offert pour un autre gislation de 2008. Pour la également lancé des produits trophée. il s’agissait que no- petite histoire, avant 2008, en co-branding. malgré notreconséquence. mais ce fut également une autre manière de travailler avec les éle-Le luxe change d'écrinDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse à deux dirigeants/entrepreneurs qui ont un point commun ou une différence fondamentale, afin de connaître leur opinion sur la stratégie, l'innovation, la communication et de montrerqu'il existe plusieurs manières de managerDeux métiers distincts. Deux générations de gestionnaires. mais une seule et même envie : revisiter la manière de voir leur produit pour en faire bien plus qu'un inaccessible mets ou objet...Notre défi ? Dépoussiérer ce produit d'excellence sans lui retirer sa noblesseévolutions aient touché le secteur. Auparavant nous étions une société importa- trice et avions vocation à li- vrer les grands chefs et les épiceries fines en France et ailleurs. Depuis 2008, il n’y a plus de caviar sauvage, uniquement du caviar d’éle- vage. Nous nous sommes reconvertis dans l’élevage pour apporter notre savoir- faire aux éleveurs dans le sourcing et dans les proces- sus d’affinage et de condi- tionnement des caviars. Ce fut une véritable transition dans notre métier. Nous avons été une maison confi- dentielle tournée vers les professionnels de la gastro- nomie, mais avec l’arrivée du caviar d’élevage nous avons dû prendre un virage important, tout en gardant notre clientèle. Forts de notre expérience dans le caviar sauvage, nous sommes ca- pables d’apporter aux éle- veurs notre savoir-faire sur la fabrication du caviar, l’af- finage et le conditionne- ment...ritaire de mauboussin, NDLr) m’a donc fait confiance pour mes capacités de restructuration et de re- déploiement d’une marque. N’étant pas joaillier, j’ai ap- pris le métier auprès de Pa- trick mauboussin pendant deux ans : dessin, histoire du bijou, conception...En quoi votre prisede fonction a-t-elle été synonyme de tournant en matière de stratégie ? KN : Auparavant nous étions centrés sur l’import venu d’iran. Nous nous sommes aperçus qu’il y avait une place à prendre dans ce contexte même s’il s’agit d’un monde partagé par de nombreux intervenants et concurrents – et maintenant d’éleveurs – qui vendent en direct. Ainsi avons-nous dé- cidé d’émerger en tant que marque légitimée par notre histoire et notre savoir-faire. Ce faisant, j’ai développé les en-K de caviar® lancés en 2011 puis une formule mensuelle en 2013, la « Ca- viar box® » : 20g par mois d’une variété de caviar as- sortie d’une recette du chef lui étant associé, d’un autreveauté. Nous avons d’abord accéléré le rythme des créa- tions en passant d’un renou- vellement annuel d’un tiers de la collection pour au- jourd’hui le réaliser en trois ou quatre mois. En parallèle, nous avons également pro- cédé à l’élargissement de notre cible. Autrefois, nos produits se destinaient à des gens très aisés. Avec une clientèle enfermée dans saKarin Nebot,Dg de KaviariAprès un diplôme en marketing et affaires internationales à Sup de Co Nantes, Karin Nebot débute sa carrière chez Ralph Lauren comme responsable commercial sur la zone France- Hollande. Elle rejoint la Maison Cartier en tant que responsable export de la zone Amé- rique du Sud puis chef de groupe marketing joaillerie et enfin directrice adjointe de "La" Boutique Cartier, implantée rue de la Paix. Elle fait ensuite équipe avec Alain Nemarq, pré- sident de Mauboussin pour finalement rejoindre en 2009 l’entreprise familiale en tant que directrice générale en charge du développement.©DRveurs. Nous travaillions avec une souche d’éleveurs mais raphaël bouchez et mon père ont sourcé d’autres éle- vages en fonction des besoins des clients, des années et du marché. Les éleveurs histo- riques sont en bulgarie, en italie ou en Chine chez qui nous opérons désormais une sélection et dispensons du conseil pour avoir unehistorique, nous étions plutôt discrets. Je souhaite que Ka- viari soit une marque recon- nue, de référence, évocatrice d’un grand savoir-faire tra- ditionnel et d’une moder- nité.AN : Je voulais redonner à la maison son mode de fonc- tionnement naturel tout en insufflant un air de nou-AN : Fin 2001, l’affaire perd beaucoup d’argent, 20 mil- lions d’euros de dépenses pour 12 millions de chiffrestour d’ivoire, régentée par des codes tels que le cliché du gentleman qui offre pour faire plaisir. Je voulais mon- trer en arrivant à mauboussin que Cendrillon garde son soulier de verre après minuit, que la femme doit avoir en- vie de s’acheter elle-même ce qu’elle apprécie. Je me suis toujours opposé à consi- dérer le bijou et la femmetre marque colle au plus près de ce qu’est la femme au- jourd’hui.Au niveau communication, comment procède-t-on dans le luxe pour positionner sa marque ? KN : Nombreux sont ceux qui croient que l’import-ex- port de caviar est une poule aux œufs d’or. D’autant plusil existait un organisme d’état qui allouait des quotas auprès des importateurs. Au- jourd’hui, il importe de ren- forcer notre marque pour faire valoir notre savoir-faire. De dépoussiérer ce produit d’excellence sans lui retirer sa noblesse. Ce fut d’abord une mise en avant de notre savoir-faire en débloquant un budget marketing en42 DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frInterview croisée - Trublions du luxe Mauboussin et Kaviari CLUb ENtrEPrENDrEgamme qualitative mais courte avec du baeri, de l’osciètre et du belouga par exemple. élever du poisson est une chose, faire du caviar en est une autre. Nous avons donc apporté aux éleveurs nos compétences et sommes ainsi monté en qualité sur chaque maillon de la chaîne : élevage, affinage, maturation, conditionnement.notamment dans la presse dite de luxe ou «people». Par ailleurs, la joaillerie dif- fère de la mode dans laquelle le côté éphémère rend hum- ble. La joaillerie a semble- t-il correspondu à la noblesse et au privilège. il m’a tenu à cœur d’infléchir cette vi- sion.Quelle est votre vision du management ?KN : Nous avons vraiment développé l’esprit de famille dans l’entreprise. Nous nous sommes réparti les rôles et sommes complémentairesfaisons tous confiance. Les décisions sont généralement prises collégialement. Avec les salariés, nous possédons un côté un peu maternant. En temps normal, cela crée plus d’implication de leur part. Et en cas de coup dur, on se rend compte que les gens se serrent les coudes, que nous sommes tous unis (l’entreprise compte au total une petite cinquantaine de salariés, NDLr).AN : J’ai toujours cherché un cadre où je pouvais m’ex- primer et me sentir libre.génération passée à travailler pour la même entreprise. Aujourd’hui, j’ai deux fils qui travaillent pour mau- boussin, le premier est di- recteur commercial et mar- keting, le second est chargé de développer la filière en Asie. En termes de gouver- nance, j’entretiens des rela- tions étroites avec Domi- nique Frémont. Nous nous appelons trois fois par jour et partons en vacances en- sembles. S’il y a divergence, c’est son point de vue qui s’impose. Pour faire vivre l’entreprise, il existe une vo- lonté permanente de capta- tion des talents et de remise en cause.Qu’espérer en termes de développement ?KN : Difficile d’analyser les tendances de consom- mation en matière de caviar, tant elles sont en dents de scie. Si les années 1980 fu- rent une période faste oùtique autour du caviar et d’assister à un cours de dé- gustation avec notre master en caviar bruno Higos. Ce sera aussi l’occasion de goû- ter à plusieurs produits dis- tinctifs, chose que l’on ne peut pas faire chez un éleveur qui se limite souvent à une ou deux espèces d’estur- geons. C’est également le moment d’expliquer pour- quoi le produit coûte cher. Par exemple, il faut attendre sept ans pour que l’esturgeon donne ses premiers œufs. outre cette manufacture, nous réfléchissons également à certains chantiers concer- nant le retail. Nous avons développé récemment une offre de click and collect et sommes présents dans un réseau d’épiceries fines. Nous souhaiterions déve- lopper des points de vente physique. Actuellement, no- tre CA se répartit à parts égales entre le marché na- tional et l’export.Comment rester créatif dans un métier tel que le vôtre ? Un produit préféré ou fétiche dans votre gamme ?KN : il est toujours agréable de se dire que nous sommes le caviar des chefs – Kaviari est fournisseur d’un peu plus de la moitié des 26 chefs trois étoiles en France – mais il importe de continuer à dé- poussiérer l’image, à faire sortir le produit de sa confi- dentialité. Notre quinzième anniversaire sera l’occasion d’entrer dans une nouvelle identité visuelle qui signe un retour aux sources. Le caviar n’a nul besoin d’artifices. Et nous souhaitons montrer que ce produit se consomme sim- plement avec juste un chou- fleur, du thé, une pomme de terre, des pancakes. A ce titre, j’ai une préférence pour le transmontanus (esturgeon blanc) qui n’est certes pas le caviar le plus esthétique au niveau de l’œuf mais possèdeAN : Notre parti pris fut également de développer no- tre budget communication en parallèle de la création, pour mettre en valeur notre nouveau positionnement. En©DR2005, je voulais couvrir le mur des villes, être présent dans les salles de cinéma et dans les bouches du métro. Pensez qu’à l’époque, Fa- cebook n’avait qu’un an... J’ai cassé certains codes dans le milieu du luxe, ce qui ne m’a pas valu que des com- pliments. mais je suis par- venu à être précurseur dans la manière de communiquerAlain Némarq,Président - Directeur général de MauboussinSuite à un parcours Sup de Co et à un doctorat de gestion à Paris Dauphine et l'exercice d'un poste d'enseignant, l'actuel dirigeant se tourne vers l'univers du textile et de la mode : Balsan, YSL, Kenzo... Ses armes réalisées dans ces différentes griffes feront de ce pas- sionné d'arts et de littérature, un professionnel à la croisée du manager de crise et du ges- tionnaire de marque. Alain Nemarq dirige Mauboussin depuis 14 ans.comme bijoux. S’ensuitpour éviter de nous marcher dessus entre raphaël, proche de la famille, mon père et mon frère. Parfois, tout se mélange entre l’affect et le professionnel. Et il est dif- ficile de s’affranchir du côté affect dans nos décisions mais in fine, il y a deux choses qui comptent. Chez Kaviari, il n’y a pas de pro- blème d’ego et nous nousmauboussin par sa taille hu- maine me le permet. il y demeure un esprit très fa- milial voire paternaliste à l’image de ce qui se passe chez Saint-Laurent. Au- jourd’hui, je suis le dixième dirigeant. Ce qui donne une moyenne de 20 ans d’exer- cice pour chaque dirigeant. imaginez l’influence cultu- relle et humaine. C’est uned’abord par de l’éducation pour comprendre les raisons d’excellence du produit. Je relooke actuellement mon blog « culture caviar » et nous avons comme projet de transformer notre labo- ratoire, prochainement basé à ivry, en manufacture, qui, sur le principe de visites pri- vées, sera l’occasion de ren- trer dans un parcours initia-porter.le crayonnage, avec une goua- cheuse et un prototypage réa- lisé par le directeur du déve- loppement, pour matérialiser le dessin en objet. Surtout, la créativité, je l’entretiens et l’exerce dans d’autres do- maines. A l’image de l’écri- ture.La femme doit avoir envie de s'acheter elle-même ce qu'elle apprécie.l’on en consommait notam- ment dans les classes busi- ness des compagnies aé- riennes, aujourd’hui, nous ne pouvons pas affirmer que la consommation est moins forte. Elle se réalise cepen- dant selon des codes plus discrets. Pour nos 15 ans, nous souhaitons davantage nous recentrer sur le produit, notamment dans la manière de le présenter. Cela passeHalte aux clichésAN : mauboussin représente 60 points de ventes, dont les deux tiers sont en suc- cursales et le dernier tiers est géré en commission af- filiation. Aujourd’hui, nous souhaitons progressivement reprendre la main sur l’en- semble de notre réseau. De- puis mon arrivée, nous sommes passés de 12 mil- lions d’euros à 60 millions d’euros de chiffres d’affaires. même si nous avons «re- tourné la boîte» en tentant l’aventure américaine de 2007 à 2013, cela ne nous a pas empêché de rebondir aujourd’hui en Asie. Nous poursuivons notre déploie- ment en Chine. La première boutique a ouvert en juillet 2015, la seconde ouvre ses portes pendant que nous nous parlons à Shenzhen. Nous souhaitons ouvrir 12 à 15 magasins d’ici trois ans. Aujourd’hui, maubous- sin, vend 1500 montres par mois. Le marché s’étalonne dans une gamme de prix entre 200 euros et 500 euros, même si nous continuons à concevoir et vendre des produits haut de gamme tels qu’un quan- tième perpétuel que nous ven- dons 45000 euros.des saveurs fumées et de sous-bois.AN : Sans hésitation, «Chance of love», best seller et premier solitaire que j’ai conçu. il est certain que le jour où je ne suis plus créatif, la question de la direction artistique au sein de mau- boussin se posera. Et il faut savoir s’arrêter quand on se retrouve à cours d’idées. La création ne correspond pas à un emploi du temps cadré. Je n’arrive jamais à mon bu- reau en me disant aujourd’hui, je me penche sur une nouvelle création sur une plage horaire fixée à l’avance. Je fonctionne au feeling, je dessine à la terrasse d’un café, regarde les femmes en me demandant ce qu’elles pourraient bienPropos recueillis parGeoffroy Framery et Jean-Baptiste LeprinceDéCEmbrE / JANviEr 43]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE En immersion - Yachts de ParisDans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)Conquête de l’ouest (parisien)afin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiersLes villes semblent redécouvrir leur fleuve, pour le bonheur des croisiéristes et organisateurs de réceptions haut de gamme comme Yachts de Paris. bienvenue à bord.CLelle tirait toute sa puissance.encore plus de solutions qua- litatives, à terre », explique Stéphane Disant, directeur gé- néral adjoint. Yachts de Paris a décidé d’étoffer l’offre à quai. « Nous avons souhaité des lieux à tonalité différente, résolument life-style et dans un ton chic parisien ». il y a trois ans est donc née La barge Liberty, un house boat qui ouvre 600 m2 d’élégance sur deux niveaux, avec vue sur la tour Eiffel. Des sémi- naire et cocktails de 150 invités peuvent y être organisés. Les Salons Nework, eux, ont seu- lement une année d’existence et propose 800 m2 de salons de réception pour des congrès, showrooms, cocktails de 400 personnes ou dîners de 350. Dans cet espace à la verrière qui s’ouvre en 45 secondes et qui permet donc de dîner à ciel ouvert en observant la tour Eiffel éclairée, les baies vitrées qui donnent directe- ment sur le Paquebot, ou les portes-tambour de l’entrée suivent les codes du luxe. tous les bateaux peuvent s’amarrer à proximité de ces deux espaces de réception où toutes les solutions de tech- nologie moderne ont été ima- ginées. « Grâce à nos régiescettes culinaires. « Depuis 2003, la restauration servie à bord est signée de la Mai- son Lenôtre avec qui nous élaborons l’ensemble des cartes et propositions sur- mesure », rappelle isabelle de Ponfilly. « Nous avons depuis quelques temps dû nous adapter à de nouvelles demandes autour d’offres et solutions packagées pour tenir compte des contraintes ou demandes de nos clients ». Exemple récent d’innovation, la nouvelle offre événemen- tielle ‘Chalet chic’ qui répond à des besoins de solutions originales, qualitatives et fa- ciles à adopter. « Les entre- prises nous demandent d’être à leurs côtés pour séduire, surprendre et fédérer leurs collaborateurs. Nous avons souhaité répondre à cette de- mande et proposer une offre originale, inédite et surpre- nante » commente Stéphane Disant. L’offre Chalet chic propose une soirée clés en mains de 20h00 à 01h00 avec une dégustation de produits « comme à la montagne », dans un décor chaleureux et très dépaysant.'est pendant que le boss admire les monuments qu'il est susceptible d'accepter les demandes d'augmentation...a tribu celtique des Parisii était très atta- chée à la Seine, dontYachts de Paris à leurs 100 000 passagers annuels, professionnels comme parti- culiers, continuent à susciter un effet ‘waouh’ à en juger par les retours émerveillés de nos clients », se réjouit isabelle de Ponfilly, directrice com- merciale Yachts de Paris. Avecberty : « Nous pouvons dés- ormais multiplier les formats et passer d’un cocktail d’ac- cueil autour d’un lancement de voitures puis passage à bord pour une croisière di- ner... ou encore, se déplacer en yacht autour d’un cocktail vers le Stade de France pouréquipes pour quelques jours seulement dans la capitale. « En plus du site historique du port Henri IV en face de Notre-Dame, qui est le premier port d’attache de l’entreprise, nous souhaitions nous ren- forcer à l’Ouest, pressentant que les quartiers d’Issy et deLes Parisiens, et tous les visi- teurs de la capitale semblent marcher dans les pas de ces lointains ancêtres, tant les ac- tivités se développent sur et auprès des eaux. « Pour peu que le fleuve soit praticable toute l’année à travers la ville entière, et qu’il soit intéressant de flâner sur ses bords, il y aura réappropriation du lieu », témoigne ce spécialiste de l’aménagement du territoire. L’architecture à Paris, ainsi que le programme d’éclairages mis en place depuis 30 ans, favorisent le mouvement. Comme pour le confirmer, Le Paquebot, yacht de 85 mè- tres de long, fleuron de Yachts de Paris dont les grandes che- minées rouges contrastent jo- liment avec la coque blanche immaculée en ce matin d’au- tomne sur le quai de Javel, apparaît à mon regard alors que je descends du Pont de Grenelle. « Les expériences et évasions proposées parET DEMAIN ?44 DéCEmbrE / JANviErAvec cette verrière qui s’ouvre sur la Tour Eiffel éclairée, et ce quartier de Beaugrenelle en plein développement,« Nous rêvons tous les jours à de nouveaux projets ; ainsi une prochaine collection évé- nementielle printemps-été, des surprises culinaires ou encore une collection Mariage pour redécouvrir le bonheur d’une belle réception au fil de l’eau » révèle Stéphane Disant. Paris se redynamise le long du fleuve, avec de nombreuses innovationsune flotte de huit bateaux en tout, la compagnie propose des croisières événementielles, mais aussi des lieux de ré- ceptions à quai pour les en- treprises lors de congrès, conventions ou autres team buidings. Depuis le ré-amé- nagement des espaces à l’ouest, Yachts de Paris pro- pose désormais une pluralité de solutions sur l’ensemble de leurs lieux. Dernier nés de la flotte, Les Salons Nework qui s’utilisent seuls ou en combinaison avec par exemple Paquebot ou La barge Li-assister à un match », nous confie isabelle de Ponfilly. Depuis le ré-aménagement dusitedejavelouestilyaun an, il est certain que les pos- sibilités de scenarii se sont multipliées.Beaugrenelle seraient en plein développement. C’était un pari à l’époque », se sou- vient isabelle de Ponfilly. L’histoire sur le port de Javel, face à la statue de la Liberté, a commencé en 1993. « Dès l’origine, Yachts de Paris s’est inscrit dans une haute tradition culinaire avec un premier yacht Don Juan I, offrant des prestations gastronomiques haut de gamme. Ensuite, notre offre s’est enrichie au fil des ans et l’achèvement des es- paces de Yachts de Paris ouest nous a permis de proposertechniques intégrées et aux équipes sur place, nous ac- compagnons nos clients au- tour de solutions événemen- tielles et techniques clés en main. Ils peuvent eux se concentrer sur leurs messages et leur transmission ou partage d’informations », souligne Stéphane Disant.la pié-NOUVELLE MODULARITÉ, NOUVEAUX HORIZONSINNOVATIOND’OFFREtout est atypique : la presta- tion intemporelle proposée au bord et sur la Seine, le style des bateaux ou les re-comme par exemple . tonisation des voies sur berge ou la végétalisation des es- paces urbains. « Yachts de Paris, posé sur le fleuve et à quai accompagne cette ten- dance pour le plus grand bon- heur de nos clients », confirme isabelle de Ponfilly. objectif rempli pour l’instant.Et le profil des clients aussi, puisque les groupes du CAC 40 succèdent à des start-up et précèdent des entreprises étrangères qui amènent leursJulien Tarbyle pari est réussi]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[UN NOUVEAU RÈGNE S’ANNONCENOUVELLE JAGUAR XE.LA BERLINE SPORTIVE REDÉFINIE.La nouvelle XE est la berline sportive la plus avancée, la plus efficiente et la plus raffinée jamais créée par Jaguar.Elle bénéficie d’une consommation réduite et d’émissions de CO2 optimisées – à partir de 99 g/km – qui lui assurent le meilleur coût total de détention de sa catégorie.Disponible en finition Business réservée aux professionnels,la Jaguar XE représente ainsi un choix idéal pour la clientèle des entreprises et flottes.Rendez-vous dès à présent chez votre concessionnaire et bénéficiez de 3 ans de garantie et d’entretien inclus, kilométrage illimité(2).JAGUAR.FR/FLEET-AND-BUSINESSTHE ART OF PERFORMANCEÀ PARTIR DE499 € TTC/MOIS (1) SANS APPORTÉMISSIONS DE CO2 LIMITÉESPLUS GRANDE SOBRIÉTÉCOÛT TOTAL DE DÉTENTION OPTIMISÉL’art de la performance.(1) Location Longue Durée valable sur 48 mois et 80 000 km avec maintenance, assistance +, gestion des pertes totales. Exemple pour une Jaguar XE 2L Diesel 163ch CEE Business boîte de vitesses manuelle avec peinture métallisée au tarif constructeur du 17/04/2015, financée en location longue durée sur 48 mois pour un kilométrage maximum de 80 000 kilomètres, soit 48 loyers de 499 € TTC incluant les prestations maintenance, assistance +, gestion des pertes totales. La carte grise est incluse dans la tarification. Offre réservée aux professionnels, sousréserve d’acceptation du dossier par Temsys SA, 15 Allées de l’Europe, 92588 Clichy Cedex – capital de 66 000 000 € – RCS Nanterre 351 867 692 – société de courtage d’assurances régie par le code des assurances et soumise à l’autorité de contrôle prudentiel (61 rue Taitbout, 75 436 Paris Cedex 9), garantie financière et assurance de responsabilité civile professionnelle conformes aux articles 1512-6 et 1512-7 du code des assurances. Immatriculation à l’Orias sous le N° 07 206 677 (www.orias.fr). Modèle présenté : XE S V6 3L Essence Suralimenté 340ch CEE avec options peinture métallisée, toit ouvrant panoramique, jantes 20” Propeller, packaide au stationnement avec caméras de proximité à 915,29 € TTC/mois. (2) Conditions sur jaguar.fr. Consommations mixtes (l/100 km) : 3,8 à 8,1. Émissions de CO2 (g/km) : 99 à 194.75 - JAGUAR PARIS 1599 - 101, bld de Grenelle75015 Paris · Tél. : 01 45 79 81 5175 - JAGUAR PARIS 1711, bld Gouvion-St-Cyr75017 Paris · Tél. : 01 47 66 40 0075 - JAGUAR PARIS 19102, av. Simon Bolivar75019 Paris · Tél. : 01 42 39 20 4078 - JAGUAR ST-GERMAIN- EN-LAYE25, av. de St-Germain78560 Le Port-Marly Tél. : 01 39 58 80 7192 - JAGUAR BOULOGNE- BILLANCOURT3, rue Galliéni92100 Boulogne-BillancourtTél. : 01 70 36 17 3094 - JAGUAR ST-MAUR-DES- FOSSÉS15, bld Maurice Berteaux94100 St-Maur-des-FossésTél. : 01 72 46 48 4095 - JAGUAR PONTOISE13, rue Louis Delage95310 Saint-Ouen-l’AumôneTél. : 01 39 64 70 32]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Electron libre - Jean-Marc Borello, président du groupe SOSDans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entreprisegion d’honneur en 2000.tional, il décide de pleine- ment s’investir en 1988 dans ce groupement d’as- sociations et d’entreprises vouées à lutter contre l’ex- clusion.ICONOCLASTE, BAROUDEUR, FONCEURCe fils d’un père militaire de carrière et d’une mère salariée de Pechiney, élève peu assidu, enfant fugueur, réussissant juste à décro- cher le bac, suit un par- cours aussi rectiligne qu’un sentier de montagne. Educateur spécialisé, tra- vaillant dans un centre d’accueil pour jeunes dé- linquants, il se fait remar- quer en jouant à la perfection les grands frères pour un «gamin» réputé inassimilable. En 1982, avec la gauche au pouvoir, on lui propose de rejoindre la mission interministé- rielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (mildt). Puis, il part prêter main-forte à Gaston Def- ferre, ministre de l’inté- rieur et maire de marseille. Sa rencontre avec régine,46 DéCEmbrE / JANviErVOUS AVEZ DIT STRUCTURE BIZARRE ? L’organisation est hybride,la reine des nuits pari- siennes, change tout : il se transforme en patron de boîte de nuit. Dirigeant son petit groupe d’hôtels et de restaurants à partir de 1986, il devient sans vrai-ministériel, alors que dans l’univers de l’entreprise, les effets des décisions se font ressentir tout de suite » tranche-t-il de son accent méridional. Ayant fondé en 1985 SoS Drogue interna-actions, n’hésitant pas à aborder, contrairement à 90% des autres associa- tions, plusieurs thèmes : actions sociales, emploi, etc., car nous pensons que tout est lié : lorsqu’il y at-il. Une révolution perma- nente rendue possible d’une part par les disposi- tifs d’innovation, qui per- mettent de remonter les projets et propositions des 350 établissements, mais aussi par les propositions des pouvoirs publics pour reprendre des structures en difficulté. « Les associa- tions en Lorraine, qui s’oc- cupaient d’hôpitaux et de maisons de retraite, per- daient annuellement 27 millions d’euros quand nous les avons reprises il y a trois ans. Aujourd’hui elles gagnent un million d’euros », cite le méridio- nal. A cause de cette singu- larité, le groupe n’a pas de concurrents aussi transver- saux. « Ceux qui sont en face de nous sont plutôt des entreprises du secteur lu- cratif qui officient seule- ment dans quelques-uns des domaines que nous traitons. » Un GiE, consti- tué de jeunes diplômés d’HEC, X ou Sciences-Po, centralise la recherche de fonds pour l’ensemble des associations, la communi- cation et la comptabilité. Grâce à ses statuts d’ESS, les dividendes ne sont pas redistribués à des action- naires et les bénéfices sont réinvestis chaque année. SoS se développe désor- mais à l’international, ré- cemment aux Etats-Unis dans la Silicon valley, en reprenant par exemple un restaurant d’entreprise au pied d’oracle, au texas, à Hong-Kong, au maroc ou en tunisie pour ouvrir des incubateurs ou pépinières d’entreprises comme à bo- bignyétat d’esprit aux ouailles de l’open space qui l’entoure, et même à tout le groupe : la culture du résultat. « Nous recherchons tou- jours les économies d’échelle et la rentabilité dans nos actions. Dans les entreprises de réinsertion, l’aide publique ne dépasse pas les 5% du CA, nous de- vons donc nous débrouiller avec des salariés réputés inemployables », aime à rappeler celui qui n’a pas hésité à passer par deux plans de sauvegarde de l’emploi concernant 200 personnes, et 11 licencie- ments secs pour les asso- ciations de Lorraine. « Mais depuis nous avons rétabli et créé des établis- sements dans la région qui ont créé autant d’emplois, et même plus. » Le résultat, toujours le résultat pour celui qui mêle jeunes di- plômés, ex-cadres de la fonction publique et auto- didactes dans ses équipes. « Ayant plus d’argent, je peux maintenant embau- cher des seniors, ce qui permet d’obtenir aussi une diversité d’âge », déclare le premier président du mouves. Cette commu- nauté d’entrepreneurs so- ciaux s’entraide et a poussé certains textes de la loi Hamon. L’autodidacte est désormais un dirigeant qui fait référence : « il existe trois types de mana- gement : le charismatique lorsque la société se crée et que le patron parle d’un monde qui n’existe pas, l’autoritaire lorsqu’il s’agitmenhir atypiqueL es chats ont sept vies, et Jean-marc borello pourrait bien concurrencer les fé- lins. Son vécu haut en cou- leurs lui a d’ailleurs permis de façonner le groupe SoS, géant à part de l’ESS de 13000 salariés qui inter- vient dans six secteurs, pratiquant 30 à 40 métiers pour 650 millions d’euros de CA. Les 350 établisse- ments, principalement des sociétés d’insertion autofi- nancées et des associa- tions, sont regroupés en une unique structure qui impressionne par ses résul- tats. « Depuis cinq ans nous progressons annuel- lement de 20% grâce à une présence dans des do- maines très variés. Il n’y a donc pas de raison que le rythme se tasse. Dans cinq ans nous aurons donc vrai- semblablement doublé de volume », se réjouit celui qui a été fait Chevalier de l’ordre national de la Lé-Le groupe SoS, géant de l’économie sociale et solidaire (ESS), bouge les lignes depuis 30 ans.évolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelleGrâce à son patron trublion...Et si l’ESS, grâce aux soins de tels entrepreneurs, atteignait des proportions inattendues ?ment le vouloir entrepre-neur – il se serait formé audépart en lisant un «Que-sais-je ?» sur les sociétéscommerciales ! – réussis-sant à s’offrir le restaurantLedoyen puis la célèbreboîte de nuit le Palace.mais la police trouvequelques pilules d’ecstasydans la poche d’un client.il est condamné à six mois étrange, grande à l’image de prison avec sursis pour de son fondateur de 1m92,des problèmes d’alcool ou de drogue, il y a générale- ment des problèmes de tra- vail et de logement », explique celui qui a été maître de conférence à Science Po Paris sur l’éco- nomie sociale de 1998 à 2003. Cet acteur du com- merce, de la restauration ou de l’import-export joue les « solutions providers » pour ceux qui ont été mar-Educateur spécialisé, membre de mission interministérielle, patron de boîte de nuit, entrepreneur social, dirigeant de groupe... Toutes les cases sont cochéesneJulien Tarbyavoir « facilité l’usage de drogue par mise à disposi- tion de locaux ». Un com- ble pour cet ennemi de l’addiction. L’établisse- ment est fermé, le groupe régine ne s’en remettra pas. « Ces expériences m’ont fait comprendre que je ne changerais pas le monde depuis un cabinetdevenu sans le vouloir l’ar- chétype de l’entrepreneur social. A l’inverse des pra- tiques administratives ten- dant à cloisonner les types d’exclusion, l’entité inter- vient dans l’accueil des toxicomanes et des SDF, des handicapés, des jeunes en difficulté... « Nous sommes innovants sur lesginalisés. « Le groupe s’est positionné au fil des années sur la reprise d’entreprises en difficulté, la création d’entreprise, l’expérimen- tation de structures so- ciales. Nous intégrons constamment de nouveaux secteurs et métiers, comme récemment celui d’entre- preneur culturel », illustre-UNE SEULE RÈGLE : PAS DE RÈGLECe conducteur d’une Lexus hybride, qui ne mène pas un train de vie de grand patron – les écarts de revenus sont plafonnés de un à dix – a introduit sonde tenir la vision et de. pas changer d’objectif, le politique lorsque l’opéra- tionnel est rempli par d’au- tres. Je crois être passé par toutes les cases. » mais s’il porte la bonne parole au- jourd’hui, il est fort à pa- rier que cet hyperactif relèvera d’autres défis.© DR]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[PUBLICITÉIls gèrent les revenus de 14 millions de retraitésIls prélèvent 147 milliards d’euros de cotisations obligatoires sur 18 millions de salariés...Pourtant, les conseils d’administrationdes régimes de retraite des salariés du privé sont renouveléssans élection, sans vote de votre part.Vous trouvez ça normal ?PÉTITION À FRANÇOIS HOLLANDE Président de la RépubliqueMonsieur Le Président de la République,Les statuts initiaux de la Sécurité sociale prévoyaient que les caisses de retraite devaient être administrées par les affiliés eux-mêmes ou leurs représentants. Or, depuis longtemps, il n’y a plus d’élections libres et la démocratie sociale est aujourd’hui confisquée par des administrateurs cooptés par les syndicats, qui, pour certains, ne sont même pas affiliés aux régimes de retraite du privé et ont toujours refusé de l’être (c’est notamment le cas des ressortissants des régimes spéciaux du secteur public). Je refuse que perdure cette situation qui se traduit par un déficit qui se creuse et des efforts toujours plus importants demandés exclusivement aux salariés et retraités du privé.C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Président de la République, de programmer de toute urgence une réforme réellement démocratique et transparente de la gestion du système de retraite, en introduisant des élections libres aux conseils d’administration du régime général et des régimes complémentaires des salariés du secteur privé.Je retourne mon coupon à Sauvegarde Retraites. Je souhaite que la CNAV, l’Agirc et l’Arrco soient contrôlées par des affiliés élus en toute légitimité.Nom:—————————————————————————————————————————— Prénom: ——————————————————————————————————————— Adresse: ——————————————————————————————————————— ———————————————————————————————————————————————— ————————————————————————————————————————————————53, rue Vivienne 75002 Paris Association Loi 1901 Tél : 01 43 29 14 41Signez la pétition en ligne : sauvegarde-retraites.orgConformément à la loi Informatique et libertés N° 78-17 du 6 janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès et de rectification aux données vous concernant.¯Pour rétablir la démocratie sociale, signez la pétition !EcoRéseau 11/15]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Leçons de maux - Ces multimillionnaires qui ont fait failli, puis rebondiApprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,montagnes russesD A quoi carburent ces multimillionnaires qui n’hésitent pas à faire le yoyo ? Des vécus riches d’enseignementsqui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenirans la société française des twin towers ! il réalise se posent beaucoup de questions doivent être revus, affirme Phi- où l’échec est mal vu alors que le tourisme mondial dans leur coin, mais contrai- lippe rambaud. Nous avons et la réussite comme va s’effondrer. En un mois, il rement aux Américains, ils ont tous conscience que la réussitesigne de force, les entrepreneurs se retrouve au tribunal de Com- du mal à parler de l’échec et à est précaire, il faut donc queont souvent peur de tomber de haut. « Dans l’Hexagone, 60000 entrepreneurs font faillite chaque année », rappelle Philippe ram- baud, président de l’association 60000 rebonds qui aide mora- lement et psychologiquement les entrepreneurs en faillite. « Il est très difficile de tout perdre du jour au lendemain. Souvent, les dirigeants d’entreprise pas- sent par plusieurs sentiments mais surtout par celui de la honte. Eux, qui ont toujours eu l’habitude de se débrouiller par eux-mêmes, de- viennent fragiles, se remettent en question et n’ont pas envie de demander de l’aide à qui que ce soit », ajoute le président de 60000 rebonds. Comment font alors certains pour en sortir plus forts?merce. il est alors complétement ruiné.Aujourd’hui, il est difficile de croire que cet homme a été confronté à une situation aussi catastrophique et pourtant... il a su rebondir et toucher de nouveau le succès avec la vente du site “Se Loger” pour 650 millions d’euros, dix ans plus tard ! Un coup de chance ?montrer leurs cicatrices. Alors qu’au final, il n’y a pas deux camps de celui des entrepre- neurs qui réussissent et celui de ceux qui ne réussissent pas » L’association aide près de 150 entrepreneurs par an. ils sont pour la plupart détruits mora- lement et n’osent pas avancer. « Nous les aidons à comprendre que personne n’est nul. Nous leur redonnons confiance en eux et les faisons réfléchir, non pas sur ce qui a failli, mais sur la manière avec laquelle ils pourraient changer les choses. Il faut qu’ils puissent se reposer et prévoir les éventuelles erreurs en préparant des «plans B». Ainsi, leur rebond est souvent dû à leur entourage qui les pousse et les encourage à avan- cer. ». La chance y serait-elle pour quelque chose ? « Je ne crois pas au facteur chance. C’est la pugnacité qui finit tou- jours par porter ses fruits », explique Capucine Graby, selon qui « la confiance en soi et une approche très visionnaire ont aussi été déterminantes dans le cas de Denys Chalumeau. »l’on intègre l’échec dans le domaine professionnel et per- sonnel. Il faut se dire que ce n’est pas un drame. La société doit détacher l’individu – c’est- à-dire ses valeurs– de son his- toire professionnelle. Ainsi, se- rait-il plus facile de rebondir. » il semblerait que la France commence à comprendre que l’échec est un «passage obli- gatoire». Nous le voyons avec les FailCon, un mouvement qui tire l’enseignement de l’échec et témoigne du rebond possible. « Sur le thème de l’échec, Emmanuel Macron me disait qu’il en faisait son cheval de bataille. Je crois que les mentalités sont vraiment en train de changer. C’est une excellente nouvelle pour flui- difier l’économie », confirme Capucine Graby. Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. N’est-ce pas ? Que ce soit un multimillionnaire, un en- trepreneur d’une PmE/tPE ouLES RICHESPLEURENT AUSSISi la faillite est vécue comme un drame professionnel et per- sonnel, elle est d’autant plus dure à digérer quand la perte s’élève à plusieurs centaines de millions d’euros. C’est no- tamment le cas de personnalités inattendues du monde écono- mique comme Henry Ford, Steve Jobs ou encore bill Gates. Le premier, pour cause de sou- cis de santé notamment, voyait son entreprise perdre des di- zaines de millions de dollars par mois. Pour autant son nom« Oui, oui ! Je vous la lance, mais je vous ai observé, vous auriez quand-même pu y mettre du vôtre... »est inscrit dans l’histoire et il a su rebondir grâce à son entou- rage et ses ressources intérieures. Steve Jobs a dû également tomber plusieurs fois de haut pour finalement fonder Apple. En effet, au départ ses ordina- teurs ne se vendaient pas comme il le souhaitait. Quant à l’homme le plus riche du monde selon Forbes, bill Gates, sa première entreprise traf-o- Data, qui analysait le trafic routier via des tubes noirs ins- tallés sur les voies de circulation, a depuis fait faillite. Et ce n’était que le début... Quant aux en- trepreneurs français, plus d’unse sont déjà retrouvés sur la sellette... Dans le livre « Gran- deurs et misères des stars du Net », marc Simoncini (fon- dateur de meetic) et la journa- liste Capucine Graby mettent en lumière six entrepreneurs français du Net, dont Xavier Niel, qui ont su rebondir après leur échec. Parmi ces chutes, la plus retentissante reste celle de Denys Chalumeau. En 2001, il souhaite vendre Promo-va- cances. La banque d’affaires lui trouve alors des acheteurs prêts à débourser 200 millions d’euros. Au même moment, les médias annoncent l’attentatNous apprenons de nos erreurs. « Ce n’est pas vraiment le cas en France, tranche Philippe rambaud. Ce modèle s’ap- plique plus aux Etats-Unis, où on ne glorifie pas l’échec, mais où l’on considère que sans ce dernier, on ne grandit pas. Le pays a un mythe de réussite et vit dans la confiance que demain sera mieux qu’aujourd’hui. Cette confiance est également présente dans leur système d’éducation. En France, la confiance n’est pas inculquée. Nous entourons en rouge ce qui est faux et écrivons «Peut mieux faire !». Il y a un certain manque d’optimisme. » Ainsi, les entrepreneurs américains ont cette capacité de l’estime de soi et travaillent sur leurs échecs. Grâce à ce bagage, ils ont plus de facilités à affronter leurs défaites, leur état psycho- logique brisé car ils sont habitués à les analyser, comme une étape incontournable de construction. « Les entrepreneurs françaispouvonsLA CLÉ DU REBOND48 DéCEmbrE / JANviErLES MŒURS CHANGENT« Pour instaurer cette confiance en soi, il faut casser les tabous de la réussite. Un mouvement de société doit se créer. Les programmes scolaires et les mœurs au sein de la famillemême un salarié, nous. tous nous tromper, tout perdre et nous retrouver face à ce drame – la faillite. mais seuls ceux qui ont une confiance en eux peuvent rebondir. La confiance en soi n’est pas un trait de caractère, elle passe par un travail sur soi et des ef- forts de l’entourage.Anna Ashkova]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Prospective - Noël en 2050Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,2050. réveillon de Noël à Paris. Une fois les mets de la soirée dégustés – à base de criquets et de larves marinées –, les parents du petit Gaspard déposent au pied du sapin, rapporté le matin même du jardin communautaire de leur arrondissement, les ca- deaux de l’année. Pour le père de cet enfant de huit ans, une nouvelle impri- mante 3D à commande vo- cale et une adhésion an- nuelle au FabLab du «com- pound». Pour la mère, un dernier parfum personnalisé, élaboré à partir de son profil épidermique. Quant à Gas- pard, il découvrira au réveil unnouveau«murdejeux» en hologramme à ancrage mémoriel. Le tout dernier «mur de jeux» du genre, sorti quelques semaines plus tôt des studios chinois Xiu- fang... Un « vrai bijou », dixit son père qu’il aura tout de même payé la ba- gatelle de 120 bitcoins. Dans la cuisine, un petit robot- laveur s’active déjà pour débarrasser, nettoyer et ran- ger l’ensemble de la vais- selle du réveillon. Sur le côté, son «petit frère», un robot-aspirateur, est à l’arrêt. «Ilesttombéenpanneily a plus de deux ans. Obso-Les innovations dans les jouets ou dans nos modes de vie changeront nos réveillons. mais notre consommation sera-t-elle si différente ?Foie gras en pilules ?puis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnésPourdesraisonsd’égalitédesgenresautravail,lamèrenoëlvaremplacerlepèrenoëlavecletemps...le plan alimentaire d’abord : priorité aux circuits courts et aucune viande au menu. « De toute façon, la viande est presque devenue introu- vable.»ilyabiendescy- ber-boucheries mais, dit-il, « je ne connais personne qui s’y approvisionne ». Pour les voyages, cette fa- mille parisienne privilégie par ailleurs les destinations de proximité (sur un rayon maximum de 300 km). idem pour les loisirs : avec l’avè- nement ces dernières années des immenses «halls de jeux non connectés» – nouveaux espaces collectifs ouverts en lieu et place des anciens centres commerciaux – ils redécouvrenttoutessortes de jeux oubliés. « Monopoly, Scrabble, Tarot, etc. C’est formidable ! » malgré tout, « notre consommation ma- térielle continue de croître »,des Français, Gaspard et ses parents maintiennent leur niveau de possession et d’usage de biens, même s’ils privilégient la mutua- lisation des produits. Une forme de paradoxe qu’an- ticipait déjà une étude parue ilyaplusde35ans,éma- nant du think tank Futuribles international. Et depuis, au- cune inversion de la consommation n’a été me- surée, à l’exception de cer- tains produits aujourd’hui très peu consommés : car- burants, viande, papier. Ce que notait d’ailleurs à la même époque Cécile Dés- aunay, directrice d’études dans ce même think tank (cf.ci-après).«Certaines baisses de consommation cachent des effets de subs- titution, comme celle de viande qui est notamment compensée par celle de lait, fromage et œufs, ou les jour-lescence programmée... », se désole la mère de Gas- pard. « Impossible de faire réparer : les pièces coûtent aussi cher que le robot. Et c’est pareil pour tout ! » Depuis, toute la famille s’est alors pleinement convertie à la «sharing economy» (l’économie du partage). Un vieux concept – qui re- pose sur la mutualisation des outils et des produits de consommation – né dans les années 2010... « Nous partageons tout via le centre collaboratif du quartier :notre voiture à air liquide, ce robot-laveur et tout l’électro-cyber-ménager..., se réjouit-elle. Il n’y a fi-son nouveau « mur de jeu ».Cécile Désaunay, directrice d’études à Futuribles International, think-tank d'étude et de réflexion sur la prospectiveL’hyperconsommation, comme celle qu’a pu connaître leurs ainés ?naux .au profit des ordinateurs et tablettes », expliquait-elle ainsi dans les colonnes du quotidien (dans son édition papier à l’époque !) Le Monde... Sur ce point, rien de vraiment nouveau donc plus de trois décennies plus tard.Ils redécouvrent toutes sortes de jeux oubliés : Monopoly, Scrabble, Tarot,...nalement que nos ordina- « Non merci, balaie le père reconnait-il. Dans la famille teurs optiques et ADN que de Gaspard. Ici, nous faisons de Gaspard, l’achat de biens nous ne mettons pas en le maximum pour contrôler neufs, comme ces cadeaux commun. Et puis aussi, les et limiter nos besoins, mais de Noël, restent de fait la cadeaux du petit comme ce n’est pas simple. » Sur norme. Comme la majoritépapier qui diminuentPierre Tiessenlopper, d’ici à 20 ou 30 ans ?Hormis quelques figures emblématiques, les personnes engagées actuellement sur la scène politique sont globalement mal à l’aise avec ces nouveaux modèles de consommation qui émergent. Ces politiques sont préoccupés avant tout pas le chômage et la croissance du PIB. Au niveau local (région, villes...), les choses bougent davantage. Là, certains es- saient vraiment d’inventer pour l’avenir un modèle de consommation viable qui prend en compte le partage des ressources.Propos recueillis par Pierre TiessenQuel sera, selon vous, le modèle de consommation dominant à Noël en 2050 ?Difficile de prédire ce que sera notre société dans 35 ans. La devise de Futuribles est « l’avenir ne se prédit pas, il se construit ». Néanmoins, nous notons, à partir des ten- dances actuelles, une remise en cause pro- fonde du modèle de l’hyperconsommation. Nous avons fait une étude rendue publique en 2014 intitulée «Produire et consommer à l’ère de la transition écologique» dans laquelle ressortent de nouveaux modes deconsommation et de production aidés par des courants que sont l’économie circulaire ou collaborative. Ces nouveaux modèles, certes minoritaires aujourd’hui, peuvent, pour certains, s’inscrire dans la durée.Quel est l’impact de ces courants sur nos modes de consommation actuels (et futurs) ? Leur impact est non négligeable sur les consommateurs qui cherchent d’autres al- ternatives. Ils ont envie de donner du sens et d’être acteurs responsables de leurconsommation. Or, ceux-là pourraient être de plus en plus nombreux car nous faisons face à deux blocages importants. D’une part, notre modèle repose sur une consom- mation de ressources naturelles (et humaines) limitées car non tenables. D’autre part, nos sociétés européennes sont déjà saturées de biens de consommation.La classe politique française est- elle sensible à ces nouvelles formes de consommation qui pourraient si- non s’imposer, au moins se déve-50 DéCEmbrE / JANviEr« Les choses bougent plus au niveau local »]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Créer aujourd’hui - Entrepreneurs en quartiers difficilesLa création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel.Seuls 15% de ces entrepreneurs pensent à se faire accompagnerDivers(c)itése 20 octobre der- créent un immense espoir nier, François pour d’autres jeunes Hollande était en confrontés à la difficultéD'où cette rubrique qui explore de manière très pratique l'une des phases de l'entrepreneuriat.L Jeunes, sans expérience, sans réseau, parfois sans ressources, mais avec des idées, des envies et de la niaque. La banlieue offre aussi des réussites éclatantes.visite à La Courneuve d’accéder au monde dupour encourager l’emploiet l’entrepreneuriat dansles quartiers sensibles.booster la création d’en-treprises dans les zonesprioritaires peut faire re-culer le chômage, maisc’est également unmoyen de rendre hom-mage à la « vitalité » età «l’engagement» d’ha-bitants sans cesse pointésdu doigt. « Il existe dansles quartiers de vérita- sortis d’HEC ni fils-à-travail et à toutes formes d’exclusion sociale et économique.PLUS DE RAMPES D’ACCÈS QU’AUPARAVANT 225782 entreprises ont été créées en France entre janvier et mai 2015. Parmi elles, combien l’ont été par des entre- preneurs de banlieues, nibles mines d’or inexploi-tées », souligne HervéAzoulay, coauteur de« L’intelligence des ban-lieues », un ouvrage quiplaide pour le dévelop-pement de réseaux éco-nomiques dans les cités.Dans chaque banlieue,de jeunes entrepreneurs treprise sont aussi pluspapa, bref des personnes souvent issues de l’im- migration et dont l’unique ressource n’est autre que leur idée gé- niale ? Plus nombreux à se lancer dans les zones prioritaires qu’ailleurs, les jeunes créateurs d’en-Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeu- nesse et des Sports et Hervé Marseille, Sénateur- maire de Meudon, Vice-Président du Sénat entourent Anne-Cécile Ratsimbason, lauréate nationale "Grand Prix Talents des Cités" 2015La solidarité pour le maintien de l’activité économiqueJ’aime ma boîte L parSophiee mouvement EtHiC appelle les entrepreneurs à se battre pour la meilleure cause quià la menace terroriste. Les entrepre- neurs d’EtHiC estiment qu’il faut être exemplaire et solidaire en don- nant des consignes fermes en ma- tière de délais de paiement, respect des contrats et assouplissement des règles face aux partenaires en diffi- cultés, ainsi que vis-à-vis des sala- riés les plus exposés (transports, lieux publics...).Le travail est un socle fondamental et vital pour les français dans un quotidien perturbé, l’action sur le terrain entrepreneurial c’est aussi un devoir citoyen. Les entrepreneurs d’EtHiC ont déjà pris des mesuresde renforcement de la sécurité, au- tant que possible, et référencent déjà les secteurs d’activité qui vont souf- frir d’inévitables répercussions en cascade.de Menthonsoit : le maintien de l’activité écono- mique, chacun à son niveau. Nous exprimons toute notre compassion face ce déchirement sociétal, natio-Présidente d'EtHiC nal et individuel. Nous décidons cePrésidente de SDmE membre du CESEfaisant de réagir dans le domaine qui est le nôtre.La solidarité aujourd’hui avec les fournisseurs, les clients, les concur- rents est indispensable alors que nous n’avons pas, sous le coup de l’émotion, encore évalué et abordé la question de la récession brutale liée52 DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[n°26fragiles. « La moitié des entreprises disparaît dans les trois ans, faute d’accès aux finance- ments et aux débouchés commerciaux », observe majid El Jarroudi, fon- dateur de l’Agence pour la diversité entrepreneu- riale (Adive), qui rap- proche les petites socié- tés de banlieue des di- rections achats deswww.ecoreseau.frgrands groupes. Pourtant, les quartiers dits «sen- sibles» connaissent un fort dynamisme entre- preneurial. « Si les en- trepreneurs de ces ter- ritoires ont un ancrageTRANSFORMER SES FAIBLESSES EN ATOUTS« Je crois fièrement en mon quartier. Ma double origine, franco-mal- gache, est ma principale force », confie Anne-Cé- cile ratsimbason, qui a remporté il y a quelques semaines le Grand Prix talents des Cités 2015. Cette jeune Niçoise de 30 ans a créé une entre- prise de mode médicale qui fabrique et commer- cialise des vêtements etcréateurs d’entreprise issus de quartiers prio- ritaires sur le devant de la scène. Grâce aux 2000 euros du concours, j’ai pu acheter des machines plus performantes pour créer mes vêtements », se souvient-elle. Avec cette nouvelle distinc- tion, elle vient de rece- voir 7000 euros de plus qui lui permettront d’in- vestir dans une sous-trai- tance ponctuelle afin de gérer les grosses com- mandes. « Étant issue d’un couple mixte, dans le quartier prioritaire Nice Coeur de Ville, où les jeunes entreprises sont rares, je suis d’au- tant plus heureuse que mon projet soit mis en avant », se réjouit-elle. Anne-Cécile ratsimba- son a suivi une par une les étapes de la création d’entreprise. Comme tant d’autres avant elles. Car le parcours du jeune en- trepreneur est identique qu’il soit issu d’un mi- lieu favorisé ou d’un quartier difficile : valider ses idées et sa motiva- tion, s’informer sur la création d’entreprise, lis- ter les actions à mener, élaborer une étude de marché et un business plan, étudier les aides proposées, préparer le montage du financement, établir les statuts de l’en- treprise, trouver un local professionnel, déposer son dossier de création... Si la panoplie du jeune entrepreneur est plutôt universelle, ce sont les petits « coups de pouce » du quotidien qui peuvent s’avérer iné- gaux : l’apport financier, le réseau, le banquier,El Jarroudi. Pour ce sym- bole d’une nouvelle gé- nération d’entrepreneurs franco-marocains, un seul credo : « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévé- rer ». Aujourd’hui, l’en- trepreneuriat est acces- sible à tous. même si « l’ascenseur social est resté bloqué tout en haut et que les escaliers sont semés d’embûches », dé- plore Yamna Chriraa. Pour faire bouger les choses, cette jeune cadre a décidé de créer, avec une vingtaine d’entre- preneurs originaires de quartiers populaires, le club Capacités à Nantes. objectif : accompagner les porteurs de projets et valoriser les actions des zones urbaines dé- favorisées de Loire-At- lantique. Des initiatives de ce genre, il s’en crée quotidiennement en France. Et heureuse- ment ! Car seuls 15% des entrepreneurs issus de territoires fragiles pensent à se faire ac- compagner, selon le rap- port 2012 de la Cour des Comptes.Créer aujourd’hui - Entrepreneurs en quartiers difficiles CLUb ENtrEPrENDrE tés, qui propulse lesCe sont les petits "coups de pouce"du quotidien qui peuvent s’avérer inégaux : apport financier, réseau, banquier, mentor...territorial stratégique, ils subissent pourtant un manque de débouchés commerciaux et une si- tuation socio-écono- mique précaire (isole- ment des territoires, ab- sence de modèle de réus- site...) », tempère majidaccessoires réalisés sur mesure pour les per- sonnes hospitalisées, afin de les aider à mieux ac- cepter leur traitement. « J’ai d’abord été ré- compensée en 2014 par le jury régional du concours Talents des Ci-un mentor, etc. Premier conseil : ne jamais bais- ser les bras. « C’est le porteur du projet qui conditionne sa réussite. Il faut croire en soi et en sa qualité de pouvoir porter un projet, peu im- porte de quel milieu onDéCEmbrE / JANviEr 53Œ]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Créer aujourd’hui - Entrepreneurs en quartiers difficilesest issu. Quand on n’a pas fait d’études, quand on vient d’un quartier défavorisé, on redouble d’énergie. Il faut se ser- vir de toutes ses fai-juridiques... Et ce qui m’a manqué, notamment le fonds d’investissement, je l’ai créé avec les Bu- siness Angels des Ci- tés ! », ajoute pour sacréation d’entreprise, c’est bien le finance- ment, tout particulière- ment dans les quartiers difficiles. rachida boua- tassa martin, qui a fondéQuand on part de rien, on a rien à perdreblesses comme autant d’atouts », conseille Anne-Cécile ratsimba- son. Autre conseil : sa- voir bien s’entourer et apprendre à mettre son ego de côté quand il le faut pour demander de l’aide. « Quand j’ai monté mon entreprise, j’ai été étonné du nombre d’organismes de soutien aux jeunes entrepre- neurs. L’ADIE (Associa- tion pour le droit à l’ini- tiative économique) et les boutiques de gestion m’ont parrainé, m’ont appris les bases du ma- nagement, de la gestion, m’ont donné des conseilspart Aziz Senni, entre- preneur issu du val- Fourré, dans son dernier ouvrage « monte ton biz ». Apprendre à savoir faire confiance est tout aussi important : « Quand les boutiques de gestion ont commencé à m’aider, je me suis demandé où était le piège. Et il n’y en avait pas : il faut ap- prendre à faire confiance, mais cela ne signifie pas être crédule pour au- tant ! », confie-t-il.en 2006 Knowledge Partners, une société de formation profession- nelle, en connaît un rayon. « Enfant d’immi- grés, femme métissée, cinq enfants, 1,58 mè- tre... », la jeune femme énumère avec humour les « tares » qui l’ont rendue insolvable aux yeux des banquiers. Son brillant parcours n’était manifestement pas suf- fisant. « J’avais obtenu un crédit de 30000 euros dans une banque des Mureaux, dans les Yve- lines. Une semaine avant l’ouverture de mon centre de forma-« Mon projet, c’est l’histoire de ma vie », Anne-Cécile Ratsim- bason, fondatrice de AC Rat- simbason Créationtion, elle s’est désis- consommation. A la fin tée ! ». Lasse, rachida de sa première année bouatassa martin casse d’activité, son chiffre la tirelire familiale et d’affaires se monte à contracte un prêt à la 600 000 euros et, sur-tout, ses comptes sont à l’équilibre ! Au- jourd’hui, courtisée par les banques, elle s’en amuse. Quand les54 DéCEmbrE / JANviErLES BANQUES NE SUIVENT PAS TOUJOURSLe principal frein à la]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frCréer aujourd’hui - Entrepreneurs en quartiers difficiles CLUb ENtrEPrENDrEprès de deux millions d’euros, avec le concours de la Caisse des Dépôts et Consigna- tions et de la banque HSbC. invest banlieues participe également à la création de start-up dans les cités, comme impact Partenaires, société detrepreneuriales. Ce n’est pas un hasard si le Sénat a créé le prix «talent des cités», récompensant les pépites des zones déshéritées. Depuis son lancement en 2002, ce «label» a déjà couronné des centaines de jeunes créateurs d’entreprise ouDes success stories éclatantes, la banlieue en regorge et en raffoleporteurs de projets, en- dossant ainsi le rôle d’ambassadeurs de la réussite et d’exemples à suivre. Et à tous ceux etbanques ne jouent pas totalement leur rôle, il vaut mieux se tourner vers d’autres sources de financement. « Pour pal- lier la frilosité des banques et des fonds d’investissement clas- siques, des réseaux de financement existent etsont quelquefois très performants », indique majid El Jarroudi, de l’Adive. En 2007, PlaNet Finance – l’oNG de Jacques Attali spéciali- sée dans le microcrédit – lançait FinanCités, une société de capital- risque solidaire dotée deInventaire d’aidesBesoin d’un coup de pouce ?celles qu.ter aussi leur chance, Aziz Senni donne cet ul- time conseil : avoir de l’audace, toujours de l’audace. « Quand on part de rien, on a rien à perdre. Donc autant prendre son destin en main. »gestion à vocation so- ciale, qui investit dans des entreprises dévelop- pant un impact remar- quable en termes d’em- plois dans les zones ur- baines défavorisées, d’insertion, de handicap et d’apprentissage. Et tant d’autres encore...i rêvent de ten-« QUAND ON PART DE RIEN, ON N’A RIEN À PERDRE » Des «success stories» éclatantes, la banlieue en regorge et en raffole. Les quartiers sont un vi- vier insoupçonné de ta- lents et de réussites en-Anne DiradourianQue vous ayez besoin d’un coup de pouce financier pour lancer votre projet ou de locaux pour installer votre en- treprise, il existe en France de nombreuses solutions d’ac- compagnement :La prime d’aménagement du territoire de la DATAR est destinée aux entreprises qui s’installent dans certaines zones géographiques, sous conditions d’emplois et d’in- vestissement.L’exonération d’impôt sur les bénéfices concerne les entreprises qui s’implantent dans des secteurs géo- graphiques spécifiques : les zones de revitalisation rurale (ZRR) et les zones de redynamisation urbaine (ZRU). L’exonération d’impôts locaux peut vous être accordée à deux conditions : il faut que vous vous lanciez dans la création de votre entreprise ou que vous repreniez une affaire en difficulté. Il est également nécessaire que votre entreprise soit installée dans l’une des zones prioritaires du territoire.L’exonération de cotisations sociales est envisageable pour les entreprises qui s’installeraient au sein de zones franches urbaines (ZFU), c’est-à-dire dans des quartiers de plus de 100000 habitants situés en zone sensible ou défavorisée.Le prêt à taux zéro : le parcours Nacre (Nouvel accom-pagnement pour la création et la reprise d’entreprise) a été mis en place par l’État pour donner toutes leurs chances aux créateurs d’entreprise. Ce dispositif permet d’être accompagné avant, pendant et après la création, et de bénéficier d’un prêt à taux zéro.L’aide de Pôle emploi. Pour les demandeurs d’emploi désireux de créer leur entreprise, Pôle emploi propose un versement des allocations chômage sous la forme de capital (ARE). Une aide qui peut prendre la forme d’une aide à la reprise ou création d’entreprise (ARCE), qui vous permet de bénéficier de 45% du montant des allocations qui vous sont dues au moment du lancement de votre ac- tivité.Le crédit solidaire est accordé aux créateurs d’entreprise par l’Association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) qui propose des micro-crédits, ou par la société coopérative de finances solidaires (NEF). Enfin, l’Etat, des fondations, ainsi que des structures privées proposent ré- gulièrement des concours pour la création d’entreprise, qui visent à financer de nouveaux projets.Un conseil ? Orientez-vous vers les conseillers de l’APCE (l’Agence pour la création d’entreprise), des CCI et de Pôle emploi, ils vous guideront pas à pas au cours des dif- férentes étapes de la création de votre entreprise.DéCEmbrE / JANviEr 55]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Business guides - Locaux et équipements de bureauxDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeantEspace vitalMots-clés1 Organigramme et timing2 L'enjeu des « cosmétiques »3 Déterminez les espaces4oui c’est possible. Nos locaux peuvent permettre d’avoir une identité forte tout en(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseilsLErgonomie : priorité à l’assise 5 Combien ça coûte ?apportant un confort de travail. Surtout une question de logique.Par Olivier Remyavec la croissance en 2015, mais le secteur public et les grands comptes privés sont restés attentistes. Dans un contexte de réduction ou de stabilisation des dépenses, les ventes au secteur public ont diminué de -4% et les ventes aux grands comptes privés de -5%. Les TPE, professions libérales et travailleurs indépendants ont été particulièrement touchés par la crise, et la baisse des facturations sur cette cible atteint -9% », analyse notamment ce rapport sur « Les chiffres clés de l’aménagement en France ». Un marché atone selon certains profes- sionnels du secteur, quand d’autres s’appuient sur la médiatisation de l’aménagement intérieur et du home staging pour faire passer les messages à leurs clients. « Toutes les sociétés veulent avoir des locaux où on se sent bien, même si, paradoxalement, il existe une vraie problématique de dégradation deses locaux doivent-ils donner un caractère à l’entreprise ? Doivent-ils impressionner, convaincre ? Les salariés ont-ils leur mot àbruyantes. « Nous parlons maintenant d’open space raisonné, confirme raymond Leuliet, chargé d’affaires chez AmSo, une entreprise des Yvelines qui pèse 10 m€ dans l’aménagement. Même dans de grandes entreprises, le modèle a été remis en cause. Chez Eurocopter, il n’y a désormais pas plus de huit col- laborateurs par espace ouvert. Des études ont prouvé qu’au-delà, cela générait des problèmes relation- nels. » Un bureau «traditionnel» par ailleurs confronté au flex office, donc à un taux d’occupation des bureaux qu’il faut également gérer avec, pour effet, l’agrandissement des espaces partagés. « Le noma- disme des salariés au sein et en dehors de l’entreprise crée une recomposition des lieux de travail et du bureau », affirme lors de ses conférences Alain d’iribarne, sociologue et président du conseil scien- tifique d’Actineo, l’observatoire de la qualité de vie au bureau.dire pour mieux s’y projeter ?... À toutes ces ques- tions, globalement, la réponse des professionnels du secteur est : oui. Celle des chefs d’entreprise, aussi. mais il en reste une : comment faire ? Posséder ou développer une identité forte, voire trouver un style, ne peut pas faire l’économie d’un certain nombre de règles. reste que c’est peut-être l’un des meilleurs moments pour réfléchir à l’organisation actuelle ou à celle de futurs locaux. Pourquoi ? Parce que l’idéal décérébré du tout open space a laissé place à une période de maturité sur l’environ- nement de travail, plus ergonomique, moins frénétique, plus connecté aussi. « Il y a d’abord une prise de conscience de la santé de ses propres salariés qui sont aussi les ambassadeurs de l’entreprise, explique Jean-Pierre Zana, ergonome à l’iNrS. Avec quelques mesures de prévention, ils vivent mieux, et sont moins absents. » Les managers se sont aussi rendu compte de l’hérésie de certaines situations, comme celle de ces immenses plateaux qui relève parfois du travail en batterie, surtout pour des activitésuelles nous nous habituonsL’INFLUENCE DU HOME STAGING ET DE LA TVDe quoi rendre le marché particulièrement dynamique autour de solutions techniques qui se développent sans limite ? Pas vraiment. Selon une étude de DAFSA, l’un des leaders de l’information sectorielle, le marché français du mobilier de bureau a accusé une diminution de -5% en 2013 après, déjà, un repli de 3% l’année précédente pour un marché intérieur évalué à 939 millions d’euros. « Il devrait renouerconditions de travail auxq.tous... avec des choses que nous n’aurions pas ac- ceptées au moment de l’installation. Nous aurons de toute façon toujours moins d’ambition qu’à la maison », relève thomas Planquette, directeur de Kytom, un jeune spécialiste de l’aménagement qui pèse 3,3 m€ de CA. Comment prendre le dossier par le bon bout ? voici notre cahier des charges. Pour le reste, on vous laisse choisir la couleur des sols et celle du plafond !Fiction :Lundi 11h, réunion hebdomadaire animée par Gaston L., le P-Dg de oNAtoU Com PriX, une petite agence de marketing. Un dirigeant tout content :« Cette fois, c’est fait, c’est signé. Fini les vieilles moquettes et ces petits bureaux, place à nos nouveaux locaux, à deux pas d’ici : un plateau de 150 m2 déjà aménagé. Les locataires actuels, une start-up de finan- cement participatif fondée par le fils de mon voisin du dessous, doivent partir très vite. Ils laissent tout sur place, bureaux, consoles, chaises. Ils s’étaient engagés auprès du propriétaire à trouver un nouveau locataire pour réduire à quinze jours leur préavis. Il fallait faire vite, j’ai signé samedi, j’espère que vous êtes aussi contents que moi ! » Un ange passe... Julien, le directeur commercial, toujours un peu fayot, se lève et applaudit : « Une grande nouvelle pour débuter la semaine ! ». Juste de quoi rompre le silence... Fanny, l’assistante de Gaston fait la moue. « Quinze jours, c’est demain ! Il va falloir prendre connaissance des lieux, faire l’inventaire des équipements sur place, voir le mobilier que nous voulons emmener, peut-être revoir notre organisationcommerciaux se regroupent pour leur réunion hebdo- madaire... »Gaston coupe, un poil agacé par le manque d’enthousiasme qu’a suscité son annonce : « Ne vous embêtez pas avec ça, préparez plutôt les cartons ! Et réunissez-vous ce midi pour déterminer la couleur dans laquelle vous voulez que vos bureaux soient repeints ! » 2 Fin de la réunion.1 . Quand nous nous sommes installés ici il y a sept ans, nous étions quatre, aujourd’hui, nous sommes onze, et même jusqu’à quinze le vendredi quand lesDevant la machine à café posée dans l’entrée face au bureau de la dynamique Fanny 3 , les langues se délient. thomas, le jeune stagiaire de la com’, ose : « J’espère que nous aurons un bureau assez grand pour nous re- trouver avec Emmanuel et Baptiste qui sont aujourd’hui à l’autre bout du couloir. Parce que ce n’est pas facile de faire valider les tweets et les post Facebook dans ces conditions... » 3 . « Et ce serait pas mal d’avoir une salle pour les commerciaux, lance Fanny qui se contor- sionne sur son siège d’un autre temps avec son mal de dos 4 , parce que le vendredi, il y a foule, nous sommes tous en réunion. La dernière fois, l’équipe a été obligée d’aller au café d’en face... » Gaston vient se servir unTout commence souvent par un beau dessin...petit noir, sans sucre. Fanny, encore elle, ose : « Est-ce que vous avez prévu un budget de rénovation ? 5 , no- tamment pour avoir enfin un accueil digne de ce nom ? » Le café, même sucré, est un peu amer ce matin. visage interloqué de Gaston : « On ne peut pas tout avoir Fanny. Vous allez être dans un bureau tout beau, vous n’allez pas commencer à vous plaindre ! »56 DéCEmbrE / JANviErCahier pratique n°1 - Locaux et équipements de bureauxŒ]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[CONFIER SON PROJET MOBILIER À DES EXPERTS,OUI, C’EST CARRÉ !]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Business guides - Locaux et équipements de b2ureaux1 « La première chose que je demande systématiquement à mon client, c’est un organigramme, témoigne thomas Planquette, directeur de Kytom. Combien de personnes ? Qui travaille avec qui ? Quelles sont les interconnexions à créer ? Ce sont les questions de base pour faire réseauter l’ensemble. De cet audit simple découlent les plans, les métrés, les cloisons... » Une démarche trop peu souvent pensée en amont, comme le souligne ce professionnel du secteur : « Mises à part les en- treprises à très forte croissance, type big data, pour qui les locaux font partie intégrante du projet de développement, les sociétés, qui sont tenues par les baux commerciaux en 3/6/9 ne réagissent généralement qu’à N-1 pour l’aménagement de leurs nouveaux locaux, que ce soient des plateaux nus ou desLES "COSMÉTIQUES", LE VÉRITABLE ENJEU ?ORGANIGRAMME ET TIMINGLes cosmétiques ? C’est le jargon de la profession pour les peintures et la décoration. « Les couleurs ne sont pas significatives du moment qu’elles n’agressent pas, tranche clairement Jean-Pierre Zana. En re- vanche, la lumière a toute son importance. Fini celle des néons qui tombe du plafond, elle doit être montante pour être apaisante. » Du rouge, du beige, du blanc, tout est affaire de goûts. « Les sols de 60 à 70 €/m2, les peintures, c’est important, mais on peut y revenir. » Sortir des sentiers battus avec des formes et des couleurs oui, mais « l’identité passe d’abord par la cohérence », pointe thomas Planquette, pour qui l’enjeu d’aménagement concerne surtout, pour son portefeuille de clients et de prospects, des solutions techniques dont il ne disposait pas il y a encore cinq ans au niveau des éclairages led ou de la capacité du réseau informatique, passée de 100mo à plusieurs Gigas de débit.3 espaces en rénovation. »DÉTERMINER LES ESPACESZone d’accueil, box one-to-one, espaces partagés... Que vous ayez choisi du vert pomme où un wenge sobre, c’est la priorité que mettent en avant les professionnels : un espace = une fonction. C’est là que chaque entreprise peut trouver sa personnalité ou, tout du moins, faire de ses locaux un atout. Et cela commence dès l’entrée : « La zone d’accueil, qui peut être simple avec une table, quelques fauteuils et une cloison, est extrêmement importante, insiste raymond Leuliet. Pour deux raisons essentielles. D’abord parce qu’elle doit précéder certaines zones ou postes de travail qui doivent conserver un caractère confidentiel. Ou bien pour préserver du regard extérieur certaines habitudes de travail qui peuvent étonner le visiteur : beaucoup de catalogues sur le bureau d’un commercial, le nom des clients sur les dossiers d’un courtier en prêts immobiliers... » L’image est simple à comprendre : quand on reçoit chez soi, on ne passe pas par la chambre pour aller dans la salle à manger. C’est exactement cette idée qu’il ne faut pas perdre dans la distribution des espaces dans une entreprise. Des espaces clairs qui en déterminent de facto l’atmosphère. « Sur le marché du travail, les conditions de travail sont prépondérantes pour un candidat, peut-être au moins autant que le salaire, témoigne benoît baume, dirigeant de be Contents, une agence d’édition à Paris. Un environnement dans lequel on passe le plus clair de son temps dans un schéma de management différent où la relation patron-employé a souvent laissé place à l’addition des compétences au service d’un projet. » Dans cette entreprise, l’open space de 120m2 est adossé à deux salles de réunion « où chacun peut aussi se rendre pour passer tranquillement ses coups de fil personnels. Nous passons de plus en plus en plus de temps sur notre lieu de travail, il est normal de tenir compte des impératifs personnels de chacun ». A noter que le leader du mobilier de bureau, bruneau, qui fête ses 60 ans, a mis en place, une équipe dédiée aux projets mobiliers chargée de répondre aux besoins des clients souhaitant aménager leurs espaces de travail. Aujourd’hui, l’entreprise dispose d’un véritable bureau d’études capable de prendre en charge un projet mobilier de A à Z, de la réalisation des plans au montage des bureaux, tout en s'occupant de la partie logistique et la planification. 54 Debout-assis-debout-assis... Si la vie de bureau ne doit pas devenir un cours d’équitation, Jean-Pierre Zana n’y va pas par quatre chemins : « On peut parler de tous les gadgets technologiques que l’on veut, la véritable révolution à apporter à l’aménagement de nos bureaux est celle de l’assise. Les entreprises qui vont se saisir de cette problématique seront d’ailleurs regardées comme des pionnières. Les bureaux électriques, à pistons, réglables ? Pourquoi pas, mais c’est l’assise qui est la plus facile à régler. La sédentarité nous tue mais ce n’est pas une fatalité. L’intelligence technologique devrait nous permettre d’avoir ces sièges dont l’assise sera réglable dans les prochaines années afin d’avoir une alternance entre position assise, position debout-assis (où le poids du corps est réparti sur les pieds et le bassin) et debout. Le marché est immense, cela permettrait de faire beaucoup contre le mal de dos. Des chercheurs ont même montré que travailler debout était aussi une bonne prévention contre les risques de cancer. Mais les fabricants, eux, sont frileux. » Sommes-nous obligés d’attendre ? Commencez par fuir l’imprimante individuelle sur votre bureau au profit d’un copieur collectif dans le couloir qui vous fera faire plusieurs mètres chaque jour en allant récupérer vos impressions. optez pour des solutions d’armoires basses à 1m-1m30 de hauteur pour pouvoir y poser vos documents et travailler debout en alternance avec votre position assise face au bureau. « Un plateau, vous pouvez en trouver un chez Fly ou Ikea, mais pas de concession sur l’assise », précise raymond Leuliet. Le bureau jus- tement : « Plus il est grand, plus c’est le bazar, sourit Jean-Pierre Zana, les bureaux droits étant toujours plus faciles à régler et à installer dans un espace. »COMBIEN ÇA COÛTE ?ERGONOMIE : PRIORITÉ À L’ASSISELA question incontournable. « Il faut recenser les priorités, les hiérarchiser et être clairvoyant sur le budget, explique raymond Leuliet. On ne peut pas décréter que l’on veut refaire un plateau de 100m2 du sol au plafond avec des cloisons, de la climatisation et une salle de réunion high-tech pour 20000€. » Postes de travail, éclairages, électricité haute et basse tension, cloisons, sols, murs... mettre les choses dans l’ordre permet de faire des arbitrages. D’ac- cord, mais quid du budget pour donner du cachet à ses locaux ? raymond Leuliet est très clair sur le sujet : « Il existe trois fourchettes. La première, basse, de 200 à 300€/m2 pour une rénovation légère avec sol, peinture, électricité et du cloi- sonnement léger. Une autre, autour de 500€/m2 avec un travail plus fouillé de cloisonnement et d’électricité, la rénovation des sols et des plafonds. Enfin, au-dessus de cette tranche moyenne, une rénovation plus lourde pour laquelle il faut compter 800-900€/m2 avec la climatisation, la refonte du réseau courant fort et faible ». Soit une enveloppe moyenne de 50000€ pour un plateau de 100m2.58 DéCEmbrE / JANviErCahier pratique n°1 - Locaux et équipements de bureaux]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Business guides - Voyages d’affaires, les plus des compagnies aériennes Surclassement dans les têtes3,3 milliards de per- sonnes ont pris l’avion en 2014, selon les statistiques an- nuelles de l’Association internationale du trans- port aérien (iAtA). mais par nécessité ou par souci d’éthique, nombre d’entreprises ont réduit les budgets voyages de leurs collaborateurs. Certains grands groupes ont même demandé à leurs salariés de des- cendre en gamme, de la business vers la classe économique. Les com- pagnies redoublent donc les attentions pour re- conquérir cette cible à fort pouvoir d’achat. « Il nous faut les surprendre, voyageurs d’affaires comme particuliers », affirme Karin Drylie, directrice marketing chez openskies, filiale de british Airways. Certes leurs besoins sont différents, mais tous de- viennent intransigeants quant aux réponses four- nies par les compagnies. Sans compter que le phénomène de «blei- sure» apparaît – contrac- tion de business et lei- sure (loisirs) – avec des passagers qui mixent leurs affaires et leurs déplacements en fa- mille. L’iAtA a annoncé en juin que les bénéfices cumulés du transport aé- rien devraient atteindre cette année 29,3 mil- liards de dollars, mais toutes les compagnies ne sont pas logées à la même enseigne : tandis que celles des pays du Golfe et des états-Unis tirent leur épingle du jeu, les compagnies eu- ropéennes restent à la traîne et cherchent donc à rentabiliser au maxi- mum leurs vols. même si 27% des Français uti- lisent l’avion au moins une fois par an, selon un sondage bvA «Les Français et les trans- ports» d’avril 2015,60 DéCEmbrE / JANviErCompétition et exigence des clients augmentent. Petites attentions subtiles mais rentables font donc toute la différence...« C’est vous le passager de la business qui a demandé à la conciergerie une hôtesse de l’air vintage pendant le voyage ? »et de services que la moyenne. « Ceux qui optent pour notre classe Economique Privilège bénéficient de services supplémentaires au checking : ils passent de manière prioritaire au même comptoir que les classes affaires et ont droit à deux valises. La qualité de leur siège est améliorée, ils dis- posent de plus d’espace et ont le choix entre deux plats servis en classe affaires. Leur ca- bine à part est plus cosy, avec une vingtaine de passagers, à l’avant de l’appareil », décrit Da- vid Gegot, Dg France, Espagne et Portugal d’Air Canada, qui a ins- tauré cette classe le 1er juillet 2013. Chez Luft- hansa les sièges sont jusqu’à deux fois plus spacieux qu’en éco, s’inclinent plus bas, et permettent même aux plus grands de déplier leurs jambes avec un espacement entre les rangées plus significatif. Les plus sophistiqués, comme chez Japan Air- lines ou Air France, dis- posent d’un système à coque qui permet, lors de l’inclinaison, de ne pas empiéter sur l’es- pace de la personne ins- tallée derrière. Autres petits plus qui font la différence : oreillers enet les dirigeants affir- ment « vouloir équiper plus de 55% de la flotte dans les mois qui vien- nent ». Dans la cabine dédiée on est passé de 66 sièges classe éco à seulement 36 fauteuils plus confortables et spa- cieux. Les sièges en cuir s’inclinent jusqu’à 120 degrés, l’écran vidéo at- teint les 13 pouces. Du champagne, normale- ment réservé aux classes avant, ainsi qu’une carte des vins aux crus plus prestigieux sont propo- sés. Les gourmets peu- vent retrouver dans leur assiette des plats concoctés par un panel de «neuf grands chefs internationaux», plats qu’ils auront pris soin de commander sur le site dédié jusqu’à 24 heures avant leur dé- part. Enfin, il est possi- ble d’emporter 35 kg de bagages et de jouir d’un enregistrement priori- taire. Le cas n’est pas isolé dans la catégorie longs courriers. Air France,turkishAirlines, Lufthansa, Japan Air- lines, Cathay, virgin, Delta, Etihad, Air New Zealand ou encore bri- tish Airways, précurseur sur ce segment, sont de la partie. Cette offre est parfaitement positionnée pour les cadres d’entre- prise amenés à se dé-l’ambiance n’est pas au beau fixe. Les acteurs du vieux-Continent se trouvent face à un véri- table casse-tête : séduire et donner l’impression au passager qu’il en a plus que pour son ar- gent, tout en augmentant la rentabilité de chaque siège. Certaines trouvent des solutions straté- giques en se rapprochant de concurrents, à l’exemple de Luft- hansa avec Singa- pore Airlines. Les deux sociétés vont pouvoir renforcer leur position sur les routes entre l’EuropeCLASSE PREMIUMest montée en gamme vers l’ultra-luxe. « Il y a dix ans les vols de classe affaire n’avaient pas de lits plats, c’est maintenant un prérequis pour des passagers qui ont besoin de se repo- ser », explique-t-on à la communication de cette compagnie moyen- orientale. Une évolution qui a laissé la place àet l’Asie ainsi que vers l’Australie, pour affronter l’alliance Emi- rates-Qantas mise en place en septembre 2012. mais la plupart cherche avant tout à créer des revenus addi- tionnels, alors que les marges ont fondu comme neige au soleil.Donner l’impression au passager qu’il en a plus que pour son argent, tout en augmentant la rentabilité de chaque siège !on gagne par exemple plus d’argent au siège avec un billet premium économie qu’en écono- mie basique. Cette ca- tégorie intermédiaire se glisse avec succès entre la classe économique et la classe business. Plus confortables que les classes éco et moins chères que les business,placer constamment sur de longues dis- tances, et qui ont be- soin de confort pour récupérer durant les voyages, alors que les sociétés qui les emploient, notam- ment les PmE, neles «premium economy» apparaissent sous l’effet de la crise économique, de la concurrence des compagnies low cost. La classe éco a été tirée vers le bas avec des ser- vices très basiques pour lutter contre les low- cost, la classe businesscet entre-deux que sem- blent parfaitement maî- triser Air New Zealand, Qantas et Lufthansa, le top 3 des premiums eco- nomy dans le classe- ment Skytrax. Les pas- sagers ont l’impression d’être privilégiés, avec plus de place, de confortplume, couverture, trousse de confort mieux garnie, casque anti-bruit, prise électrique, soutien dorsal, repose-pieds, en- registrement prioritaire ou encore large écran vidéo. Singapore Air- lines a inauguré cet été sa classe éco premium,disposent pas de budgets assez conséquents pour toujours proposer la bu- siness class. Chez cer- taines compagnies, comme Delta Airlines, l’économie premium ne constitue pas réellement en une cabine à part en- tière, puisque les siègesCahier pratique n°2 - Voyages d’affairesŒ]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26CLUb ENtrEPrENDrE Business guides - Voyages d’affaires, les plus des compagnies aériennes« Non monsieur, nous pouvons accéder à beaucoup de vos demandes, mais pas celle-ci... »Ainsi ceux qui voyagent en Prem Plus ont-ils droit à des égards qui vont les combler, avec un accès aux salons d’affaires de Paris orly, JFK ou Newark, une classe de 28 sièges, pla- cées deux à deux, d’une largeur de 52 cm, avec des prises de courant pour brancher les PC et iPad. La filiale de bri- tish Airways peut com- biner deux grilles tari- faires, avec une offre de Prem Plus pour le vol de jour, puis un biz bed pour le retour. Le client peut alors s’en sortir pour un prix de 1200/1300 euros l’al- ler-retour Paris-New- York. Avec une certaine satisfaction, l’offre Prem Plus étant équivalente à ce qu’était la classe affaires il y a dix ans d’après nombre de pas- sagers.en été, d’ouest en est, peut durer seulement cinq heures ! En comp- tant le temps de décol- lage, de services et d’at- terrissage, il reste deux- trois heures de sommeil ! « Nous avons donc or- ganisé la possibilité de dîner dans le salon avant le départ, dans un vrai restaurant. Une fois que l’avion décolle le lit est déjà installé par le per- sonnel de bord, le py- jama, les chaussons et l’oreiller sont déjà pro- posés pour optimiser la récupération. Il est même possible de pren- dre un express breakfast à l’arrivée pour ne pas perdre trop de temps », illustre Karin Drylie. Un exemple qui prouve que les exigences des clients ne concernent plus seu- lement le vol. « Pour la classe affaires nous avons introduit un ser- vice de conciergerie ou- vert 24h/24, 7 jours/7. Malgré le décalage ho- raire, la plupart des de- mandes – même les plus étonnantes – des passa-sont situés au sein de la classe économique clas- sique, sans démarcation. Un positionnement qui explique le supplément relativement faible que les voyageurs devront débourser pour y accé- der : à partir de 69 dol- lars pour la compagnie aérienne américaine. Pour celles qui ont créé une éco premium à part entière, le surcoût est évidemment supérieur. « A la louche les pas- sagers payent le doublede la classe écono- mique, mais quatre fois moins cher que la classe affaires. Le prix d’appel en classe éco pour un Paris-Montréal est de 450 euros, de 850-900 euros en Privilège, de 3000 euros en classe af- faires », résume David Gegot. Chez Japan Air- lines le passager de cette classe a gratuitement accès aux luxueux lounges des classes af- faires avant embarque- ment, et celui d’AirCommunautésPRISE ENFrance pourra déguster checking. La Biz Bed CHARGE TOTALEdes plats jusqu’alors (avec lit plat), la Prem POUR RÉDUIRE LE proposés uniquement Plus et la classe Eco. STRESSaux passagers de l’avant Dans les deux premières introduire une nouvellePour les business et premium, un service de transfert gratuit avec chauffeur privé entre leur pas de porte et l’aéroport, à l’aller et au retourgers seront prises en compte pour l’arrivée dans toutes les escales internationales », illustre David Gegot chez Air Canada. Pour réduire un peu plus le stress du voyageur qui cherche à passer outre l’aéroport, openskies a lancé un service de transfert gra- tuit avec chauffeur privé pour les biz bed et Prem Plus, de leur pas de porte à l’aéroport. il leur suffit de réserver. De même au retour le chauffeurde l’appareil. « Nous les passagers bénéfi- classe ne suffit pas aux proposons trois offres cient d’un embarque- compagnies pour répon- différentes de voyage, ment prioritaire », dre et même devancer et chaque classe a son énonce Karin Drylie. les besoins. La plupartLa technologie pour fédérer d’un côté,cumuler les avantages de l’autreBritish Airways a été avant-gardiste en matière de technologies, en proposant une application mobile de réservation et d’enregistrement. Bien évidemment la plupart des compagnies ont embrayé, tant ce genre de solutions facilite la vie des voyageurs connectés. Il y a une vie numérique avant et après le vol, et les compagnies commencent à comprendre tout le potentiel de cette relation à distance, lorsque les communautés sont entretenues. De leur côté les passagers fidèles ont tout à y gagner en termes d’avantages. Ainsi, dans la cadre du programme Air Canada Affaires Plus, les voyageurs accumulent des primes (crédits eSurclassements, accès aux salons Feuille d’érableMC, sélection de places Préférence...) et profitent de services aux membres exclusifs chaque fois qu’ils réservent des vols avec Air Canada ou le groupe Lufthansa. « Au sein de Star Alliance, nous nous sommes associés à Lufthansa et son groupe, ainsi qu’à United Airlines pour aligner nos tarifs. Quand le voyageur passe par les hubs des partenaires : il cumule des miles », explique David Gegot, Dg. France, Espagne et Portugal de Air Canada. Grâce à un outil en ligne intuitif, il est plus facile que jamais de réserver des vols pour voyages d’affaires, réserver des voitures, faire le suivi simultané des dépenses de voyage et des primes accumulées. Lufthansa mise aussi sur l’originalité pour faire vivre sa communauté. La compagnie allemande propose un concept d’enchère nommé “my offer”: les détenteurs d’un billet éco classique fixent eux-mêmes la somme qu’ils voudraient rajouter pour être surclassés. La compagnie décide ensuite, selon les enchères, d’accepter ou non la montée en gamme.62 DéCEmbrE / JANviErd’entre elles doivent son- der en continu leurs at- tentes, en particulier celles des voyageurs d’affaires. « Pour mettre au point ces petits plus nous gardons un œil sur la concurrence mais sur- tout privilégions les questionnaires auprès des passagers, pour connaître leur apprécia- tion générale du vol, les éléments qui leur ont manqué, ce qui est le plus important pour eux... », affirme Karin Drylie chez openskies. «Levolnedurepasas- sez longtemps », écri- vaient les clients sou- haitant optimiser le lit plat de la classe affaires avec une pleine nuit de sommeil. or le voyageune pan-les attend avec . carte à leur nom, suite à un partenariat avec Chauffeur-Privé. C’est la somme de tous ces détails qui génèrera de la sérénité et l’envie de revenir, tout en ne gre- vant pas les marges des compagnies...Julien TarbyCahier pratique n°2 - Voyages d’affaires]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26StrAtéGiE & iNNovAtioN NUmériQUE Le baromètre de l’innovationBrèves, nouvelles retentissantes et histoires de ruptures} ACCENTUREFabrice Asvazadourian, 49 ans, Mines ParisTech (1987),a été nommé directeur d'Accenture Strategy France et Benelux, à ce poste de- puis juin 2015. Il est sous la responsabilité directe de Mark Knickrehm, directeur exécutif d'Accenture Strategy. Il est ainsi en charge des activités et des com- pétences du conseil en stratégie d'Accenture dont une équipe de près de 300 stratégistes au bureau de Paris. A ce titre, il rejoint le comité exécutif d'Accen- ture France et Benelux. Il est également membre de l'équipe mondiale de di- rection d'Accenture Strategy.} CAPGEMINIPieter Schoehuijs, master science informatique de l'univer- sité de technologie de Delft (Pays-Bas, 1988),est nommé directeur des systèmes d'information du groupe Capgemini, à ce poste depuis octobre 2015, en remplacement de Bruno Nigrelli. Il est sous la responsabilité directe d'Aiman Ezzat, directeur financier du groupe.} CRÉDIT AGRICOLE CORPORATE & INVESTMENT BANK (CA CIB) Frédéric Coudreau, DESS techniques statistiques et informa- tique de l'université Paris-II (1991),est promu responsable de global IT du Crédit agricole CIB, à ce poste depuis septembre 2015. Il est sous la responsabilité directe de Paul de Leusse, direc- teur général délégué. A ce titre, il est membre du comité exécutif.}CRÉDIT COOPÉRATIF (GROUPE BPCE)Olivier Coulon, 49 ans, Mines de Douai (1989),a été promu directeur du projet informatique du Crédit coopératif, à ce poste depuis juin 2015. Il est sous la responsabilité directe de Christine Jacglin, di- recteur général groupe.}DAHER GROUPEFlorent Perdriau, 54 ans, ESSEC Business School (1983),est promu directeur des systèmes d'information de Daher Groupe, à compter de janvier 2016. Il conserve par ailleurs sa fonction de directeur financier, poste qu'il occupe depuis 2008. Cette promotion intervient dans le cadre du renou- vellement du comité de direction, intervenant 8 mois après la nomination de Didier Kayat, au poste de directeur général délégué. La mise en place de ce nouveau comité de direction accompagne une nouvelle organisation au sein de Daher, qui sera opérationnelle au 1er janvier 2016.}MANAGEO (GROUPE AXA)Florent Delassus, IESEG School of management (2004),est promu directeur programmatique de Manageo, à ce poste depuis novem- bre 2015. Il est ainsi en charge de mAds, solution programmatique 100% BtoB récemment lancée par la société. mAds permet aux annonceurs de commu- niquer en programmatique sur des cibles BtoB 100% affinitaires, afin de ré- pondre à des enjeux de branding ou de performance (génération de trafic qualifié, génération de leads, ventes en ligne).}MICROSOFT FRANCE (GROUPE MICROSOFT)Roselyne Ludena, ISC Paris (1994),est promue directeur de l'activité Constructeurs au sein de la division Grand Public de Microsoft France, à ce poste depuis novembre 2015. Elle est ainsi chargée de renforcer l'engagement de Microsoft auprès des fabricants de PC et de les accompagner dans le développement de leurs activités autour de Windows en France.}SPORT 2000Thierry Thomas,est nommé directeur des systèmes d'information du groupe Sport 2000, à ce poste depuis octobre 2015, en remplacement de Christelle Wozniok.}WIKO (GROUPE TINNO)Rodolphe Roux, 43 ans, ESLSCA (1995),a été nommé chief digital officer de Wiko, à ce poste depuis juillet 2015. Il est ainsi en charge de la mise en place de l'ensemble de la stratégie de distribution digitale de la marque.Le carnet desnominationsen partenariat avecLe verbatim à retenir...La créativité consiste juste à relier des choses entre ellesSteve JobsLe monde ne sera plus jamais comme avant...Les scientifiques japonais ont mis au point un médicament qui aidera à faire face à la grippe en une seule journée. Il empêche les enzymes de s’approcher du virus. L'agent causal de la maladie est tout simplement bloqué à l'intérieur du corps sans la capacité de se propager et meurt en une journée. Il convient de remarquer que pour combattre lagrippe les médicaments modernes exigent au minimum une attente de cinq jours. La nouvelle pilule ma- gique a déjà passé avec succès les premiers essais cliniques sur des personnes en bonne santé au Japon, et a montré son innocuité. La deuxième phase débute en novembre, quand les cas de grippe augmentent consi- dérablement. Les scientifiques espèrent mettre leur création en vente dès 2018.Une société de biotechnologie chinoise, Sichuan Revotek Co, a annoncé la création de la première bioimpri- mante 3D de vaisseaux sanguins. L’encre de cette imprimante a reçu le nom de biosynsphere. Elle permet la création de vaisseaux sanguins, en tenant compte des caractéristiques personnelles de l'individu qui permet-tront par la suite de créer de nouveaux organes. Ainsi, ces derniers seront 100% personnalisés. La société a également déclaré être prête à collaborer avec des scientifiques d'autres pays afin de mettre au point la technologie.Les scientifiques de l'université de Harvard ont créé une nouvelle technique qui peut remplacer les sutures chirurgicales tra- ditionnelles et convient même aux endroits difficiles à atteindre. Pour cela, ils utilisent un cathéter, deux cylindreset un pincement correctif biodégradable. Avec l’aide du cathéter, les cylindres sont "livrés" à l'emplacement souhaité ; en se dilatant ils pressent le pincement vers la blessure. Puis, en utilisant la lumière ultraviolette, les médecins peuvent "coller" définitivement le pincement. Par la suite, les cylindres sont dégonflés et retirés du corps, laissant le pincement à la place des sutures. La méthode a déjà été testée sur les rats. Les expé-riences ont démontré que l'inflammation du tissu est beaucoup plus réduite, augmentant ainsi la survie des animaux. Selon les scientifiques, cette technique est beaucoup moins invasive, traumatisante et plus facile à utiliser que les points de suture.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?64 DéCEmbrE / JANviErNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Sup’biotech, école de biotechnologies à Paris, sortira en décembre son ouvrage «Les biotechnologies, les promesses du vivant». Le livre est construit autour de 30 entretiens avec des personnalités prestigieuses, expertes dans leur do- maine. Edité par FYP Editions, il aura pour but de faire connaître ce secteur d’avenir au grand public et fournira des éléments de réflexion à ses lecteurs. « Avec mes colla- borateurs, nous avons trouvé qu’il n’y avait pas beaucoup d’ouvrages qui mettaient en lumière les biotechnologies. Alors qu’elles représentent un domaine économique en plein développement, explique vanessa Proux, directrice générale de l’école. Le monde vivant est divers et complexe. Grâce aux biotechnologies, nous avons la possibilité de faire des progrès dans différents secteurs incontournables pour l’homme. Les biotechnologies apportent des solutions dans le domaine de la santé (traitements, prévention des maladies...), l’alimentation, la pollution (nouveaux carbu- rants verts). Nous avons la chance de vivre plus longtemps et de bénéficier d’un certain confort pour la longévité. Dans notre ouvrage, 30 intervenants scientifiques, cher- cheurs, philosophes et sociologues se sont attribués leur sujet de prédilection et ont expliqué son importance dans le passé, le présent et le futur. » En faisant l’état des lieux du secteur, l’ouvrage a aussi abordé des thèmes comme la bio-production, la médecine individualisée, l’agro-alimen- taire... « Nous parlons de la révolution du vivant, écono- mique et industrielle. En effet, les biotechnologies ont chamboulé notre vie. Il y a quelques dizaines d’années, nous ne pouvions pas imaginer qu’un jour, des traitements personnalisés, adaptés à chacun, verraient le jour. Ou en- core la médecine connectée qui se développera de plus en plus. » Cependant, aujourd’hui, le grand public se méfiedes innovations biotechnologiques caril ne les connaît pas réellement. «C’est pourquoi, pour nous, il était im-portant de faire intervenir les philo-sophes et les sociologues pour qu’ilsprésentent ces innovations sous un autre angle aux gens. Au final, ils n’ont pas peur de telle ou telle avancée, mais plutôt de l’inconnu », remarque vanessa Proux. Chaque personnalité ayant participé à l’ouvrage reste convaincue de sa technologie ou de son produit. mais il ne faut oublier que les applications technologiques ont des délais variables pouvant aller jusqu’à dix ans, voire beaucoup plus. Ainsi, ce sont plutôt les générations futures qui verront les pro- duits actuellement en voie d’élaboration. « Notre ouvrage se présente comme une préparation de la société aux inno- vations actuelles et futures. L’espérance de vie augmente et nous aurons plus que jamais besoin des biotechnologies. Prenons l’exemple des voitures vertes (qui pourront rouler par exemple grâce à l’électricité issue de la méthanisation). Grâce à elles, nous réduirons la pollution. Puis la médecine avancera à tel point que nous n’aurons quasiment plus be- soin de sortir de chez nous, l’ordonnance pourra être faite par Internet », ajoute vanessa Proux. mieux qu’une simple consultation, les biotechnologies contribueront à guérir le cancer sans apporter des effets indésirables à tout le corps lors des traitements. il suffira de cibler la pathologie. « Que ce soit en matière de carburants, de lutte contre la pollution ou de médecine, les biotechnologies doivent s’adapter le plus possible à la réalité et avoir les réponses justes et ap- propriées aux demandes du vivant », conclut Emmanuel Delannoy, directeur d’inspire institute.Propos recueillis par Anna AshkovaLa rupture du moisFaut-il avoir peur de la biotechnologie de demain ?Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frLe baromètre de l’innovation StrAtéGiE & iNNovAtioN NUmériQUEL’innovation autrement(comme ventreprivée.com), d’autres manières de s’adresser aux clients (Michel & Augustin, Critéo qui a mis en place des sys- tèmes sophistiqués pour recibler les clients par des bannières personnalisées...) », souligne l’auteur. `Strategy reviewPrincipes de base pour innover en entrepriseparComment relancer l’innovation en entre- prise ? Y a-t-il une solution miracle ? Dans son nouvel ouvrage «manager l’in- novation autrement», roland robeveille donne des conseils aux dirigeants de tPE et PmE. Docteur en gestion, ancien res- ponsable rH, il donne aujourd’hui des cours en master rH et management de l’innovation à l’ENStA et à l’université de versailles. « C’est un fait : depuis dix ans, l’innovation dans les grandes entre-Management du XXIe sièclePascal Junghansprises françaises ne fait que reculer, notamment à cause de la baisse des investissements. Toutes les études le montrent (IFOP, Insee, Sénat...). La preuve, la France est en 22e position, der- rière l’Autriche et l’Australie, parmi les pays jugés innovants. De même, aucune entreprise hexagonale ne fait partie des 50 premières entreprises innovantes de Davos. » Plusieurs causes à cette contreperformance selon lui. Culturelle tout d’abord : ces 30 dernières années, les grands projets qui ont fait le succès de l’innovation en France (Concorde, filière atomique, Airbus, tGv...) et qui étaient subventionnés par l’état sont progressi- vement laissés à l’abandon à cause de la crise. Structurelle en- suite : au lieu d’investir dans l’innovation, la majorité des grandes entreprises du CAC préfère rémunérer les actionnaires, voire racheter leurs actions. Et pour finir, organisationnelle : les organisations françaises sont bloquées dans la même démarche depuis les années 80. Elles sont dans le système pyramidal clas- sique où il y a peu d’ouvertures pour que les salariés et les ma- nagers innovent. Ces derniers ne peuvent pas prendre de risques. mais dans ce présent pessimiste, il y a tout de même une lueur d’espoir. « Des milliers de PME, TPE et entreprises allant jusqu’à 5000, 10000 employés ont développé de l’innovation sous toutes les formes. Nestlé a marqué les esprits avec les ma- chines à café Expresso : les innovations ne sont pas forcément en lien avec la technologie. Ce sont aussi des nouveaux servicesEn passant par des grandes entreprises comme Google ou encore Apple, roland robeveille montre à son lecteur leur succès et décrypte leur stratégie. Pour parvenir aux mêmes résultats que les grandes entreprises, faudrait-il avoir un profil de leader pour pousser l’innovation en entreprise? « Il faut passer du rôle de manager traditionnel à celui de leader charismatique. Il ne doit pas seulement donner des directives à ses employés mais aussi les inspirer, les accompagner, les écouter et leur donner confiance. Le bon manager doit agir sur les aspects très tech- niques du management (décisions, stratégies, développements) et en en même temps être centré sur l’humain. C’est-à-dire, pousser les collaborateurs à prendre des risques et des initia- tives. Le droit à l’erreur doit être compris comme mode de ma- nagement, car tenir compte de ses erreurs soutient le développement de l’entreprise. » Certes, pour pouvoir innover en externe, il faut commencer par l’innovation en interne. mais quels sont alors les facteurs clés pour réussir ? « Il est important que les actionnaires aient confiance en des dirigeants sur le long terme. Il ne faut pas s’attendre à une innovation immédiate car celle-ci n’arrive pas tout de suite. Ne pas oublier de veiller au climat de l’entreprise. La motivation des salariés est l’un des moteurs clés de la stratégie basée sur l’innovation. Bien sûr, il faut être créatif et ne pas avoir peur de prendre des risques ! » Ainsi, pour pouvoir passer vers un nouveau système s’appuyant sur de nouvelles organisations, de nouveaux processus de fabri- cation et de vente, les entreprises de 2020 devront bannir le fonc- tionnement du XXe siècle. En effet, si, sur le long terme, les salariés de l’entreprise ne comprennent pas sa stratégie, n’y adhérent pas, ne se sentent pas en phase et ne contribuent pas aux résultats, il n’y aura pas d’innovation à succès.Enseignant à l’institut d’administration des entreprises de Poitiers et à l'Université de techno- logie de troyes, membre du conseil scientifiquedu CSFrS, chercheur associé au CErEGE.Driats.eux affaires récentes rappellent, il en est be- soin, que le crime organisé en général et la mafia en particulier pénètrent très aisémentintelligence économique vs mafiaes affaires récentes montrent la pénétration crois- sante du crime organisé dans l’économie légale. Pour les PME, souvent victimes de ces sombres manœuvres, la solution est l’audit systématique de leurs partena-Les innovations en bref...dans l’économie légale. La première est celle d’un chantier emblématique, celui de la ligne tGv Lyon- turin. il a été révélé que quatre entreprises liées à la «Ndrangheta», la mafia calabraise, ont participé au chantier. Les responsables ont eu beau jeu de mettre en évidence l’une d’entre elles qui était un petit café d’ouvriers. mais une autre était chargée de goudronner les voies d’accès à la ligne et était, donc, directement impliquée dans un chantier d’importance considérable. La deuxième a été mise en évidence par une enquête italienne sur la banque UniCredit, dont un des diri- geants était soupçonné de financer un entrepreneur en lien direct avec la mafia. Les banques ne sont pas tou- jours de toute confiance.Un liquide trouéLes scientifiques d'Irlande du Nord ont mis au point un liquide dont les molécules sont disposées de manière à maintenir des "trous" dans la matière de manière permanente. Capable d’absorber le gaz, le liquide permettra de faire des progrès dans la capture du dioxyde de carbone (CO2) de l'atmosphère de la planète, afin de lutter contre le réchauffement climatique.Pour vous faire rêverLe Massachusetts Institute of Technology vient de publier sa liste annuelle des technologies d’avenir. Pour vous donner un avant-goût, les voici : tout d’abord, les drones agricoles, les smartphones ultra privés et la cartographie mentale. Suivent les puces neuromorphiques, la génétique et l’impression 3D miniature pour créer des organes. Enfin, on retrouve les applications de travail en équipe en ligne, les jeux de réalitéaugmentée, les robots agiles et l’intelligence artificielle sous la forme de Big Data !La santé de l’innovationL’étude "Global Innovation 1000" du cabinet de conseil de PwC Strategy& (ex-Booz & Company) a dressé un classement des entreprises qui ont le plus investi en R&D en 2015. Depuis 2005, les dépenses R&D des entreprises françaises ont augmenté de 28%. Sanofi (groupe pharmaceutique français) reste la première entreprise française du classement "Global Innovation 1000". De plus, Dassault système, Saint-Gobain, Air Liquide et Danone font cette année leur entrée au Top 20 des entreprises françaises qui investissent le plus en R&D. Les principales conclusions de l'étude montrent que l'Asie est la première destination mondiale pour les dépenses R&D, devant l'Amérique du Nord et l'Europe.on le voit, ces deux affaires révèlent les dangers de l’interpénétration croissante entre l’économie légale et l’illégale. Pour le crime organisé, il faut investir dans l’économie légale afin de blanchir ses gains frau- duleusement acquis dans un premier temps, mais en- suite pour accéder en toute tranquillité à des profits multipliés que permet l’économie légale lorsqu’elle est manipulée. C’est pour les PmE, notamment celles du secteur high tech, un véritable danger. Les mafieux veulent à tout prix prendre le contrôle d’entreprises, par exemple par des prises de participation ou de par- tenariats... Les dirigeants de ces entreprises, parfois fragiles, sont attirés par les possibilités de développe- ment que le mafieux, qui connaît les faiblesses hu- maines, fait miroiter devant leurs yeux. mais pour manger avec le diable, il faut une longue cuillère. Dans tous les cas, devant la moindre offre de parte- nariat, le dirigeant d’entreprise doit faire appel à des spécialistes d’intelligence économique pour auditer la réputation de l’apporteur d’affaire dont il faut étu- dier le passé, les relations, le parcours avant de déci- der s’il est fiable ou non. C’est aujourd’hui une nécessité absolue.Dates & Events : ça cogite dur...4 1er décembre 2015 de 8H30 à 19H: la 4ème édition de GEM Digital Day, au World Trade Center de Gre- noble (5 place Robert Schuman, Grenoble) :Les défis de la transformation digitale comme les objets connectés, les nouveaux modes de management et les nouveaux écosystèmes seront au cœur de cette journée d'échanges. Pour la première fois, le GEM Di- gital Day se déroulera avec l'EMSI (une école de Grenoble Management) et Digital Grenoble, une des neuf métropoles FrenchTech, dans la cadre de la Chaire Gem-Orange "Digital Natives". Bernard Stiegler, philosophe, interviendra également pour présenter les travaux qu'il mène avec l'EMSI lors d'un atelier du Digital Society Forum sur "Management et com- plexité". Les acteurs grenoblois ne sont pas en reste. Notons la partici-pation de Christophe Baillon de Sogilis et Startup Maker ainsi que celle de Claude Lemardeley de The Digital Company.4 28 janvier 2016 : la 10ème édition de Mi- dinnov, les rencontres de l’innovation en Midi-Pyrénées (Centre de Congrès, rue Pierre Gilles De Gennes BP 71907, Labege). Devenues incontournables en Midi-Pyrénées, les rencon- tres d’innovation facilitent le parcours des innovateurs, gé- nèrent des projets et introduisent de nouveaux partenariats. Près de 1900 visiteurs sont attendus pour ren- contrer les 250 exposants de sept espaces thématiques et découvrir la diversité des innovations, des compétences technologiques et des structures d’appui de la région. En plus, les entreprises ayant bénéficié de l’accompagnementde l’écosystème régional de soutien à l’innovation vien- dront présenter leurs dernières réalisations.DéCEmbrE / JANviEr 65]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26StrAtéGiE & iNNovAtioN NUmériQUE Regard digital - Jérôme Bruet, Pdg. de e-doceo, spécialiste du e-learning Entretien avec une figure clé de la transformation numériquePour vous former, cliquez iciComment la formation a évolué avec l’arrivée du numérique ?on pourrait résumer les bou- leversements liés à la digi- talisation en trois points. Le premier est le développement de l’interactivité pour tout le monde. Dans une salle, il n’est pas aisé d’être interactif avec tous les apprenants ; il y a toujours les actifs et ceux qui «dorment». En numé- rique, les apprenants sont seuls face à la ressource in- teractive, et le niveau d’en- gagement est beaucoup pluscoûts. il faut remarquer d’ail- leurs que la plupart des en- treprises, face aux économies réalisées, ne diminuent pas leur budget mais ont plutôtsix composantes.La première est le e-learning qui consiste, en tant que tel, en de l’information autonome à distance. C’est une res-de la ressource e-learning décrite plus tôt, mais au lieu d’être uniquement centrée sur la formation, elle va ame- ner une composante ludiquecourant mêle présentiel et e- learning, ce qui a plus de sens que de vouloir remplacer le premier par le deuxième. Enfin, la dernière composante est ce qu’on appelle les mooCs (NDLR : Massive Open Online Course, aussi appelés FLOC ou CLOM en français). C’est une termi- nologie récente, qui en France se trouve un peu dénaturée (le terme est en général plutôt réservé aux pratiques uni- versitaires) et désigne en fait la plateforme d’apprentissage, qui réunit les composantes utiles à un programme de formation.Les entreprises – plus particulièrement en France – ont-elles intégré ces nouvelles pratiques ? La bonne nouvelle, c’est que le e-learning est intellectuel- lement intégré. il est rentré dans la culture et dans les habitudes. il y a quatre ou cinq ans, il y avait des res- ponsables de formation qui ne savaient pas ce que c’était, ou qui n’y croyaient pas ; la situation a bien évolué. De- puis, tout le monde a pris conscience du changement. il reste à déterminer commentpeu utilisatrices du e-learning, contrairement aux pays an- glo-saxons. Ceux-ci s’y sont pris plus tôt que nous, et l’organisation de la formation en France, avec tous ses fi- nancements publics, est com- plexe, ce qui ralentit son adoption. Une réforme, mise en place depuis le début de l’année 2015, a fait de la place au e-learning dans le monde de la formation. Car tant que cela n’était pas re- connu, le e-learning ne pou- vait pas être financé, ce qui lui a nui, surtout dans les PmE. même chez ceux qui l’utilisent, le pourcentage que représente l’e-learning dans une formation reste li- mité : 10% pour les meilleurs. Et souvent les deux forma- tions – électronique et pré- sentielle – ne sont pas liées l’une avec l’autre. mais il existe une volonté d’accélé- rer, avec un objectif de 50% de e-learning d’ici 2020 pour certains, même si d’ici là d’autres nouveautés seront apparues, car la technologie ne cesse d’évoluer. Par exem- ple, il existe une application sur smartphone qui permet à n’importe qui, depuis son smartphone, de capter un sa-La formation, essentielle à la pérennité d’une entreprise, n’a pas échappé à la révolution numérique. E-learning, digital learning, sont décryptés par Jérôme bruet, P-Dg de e-doceo.fort.Deuxième point, l’annulation de la question de distance. Cela permet d’entretenir le lien pédagogique, c’est-à- dire de garder une continuité de formation après ou avant la formation présentielle. En face-à-face, on a des inter- actions pendant un jour ou deux, et puis après plus rien. Cela permet d’améliorer l’ef- ficacité pédagogique : un court effort intense est rem- placé par des exercices moin- dres mais plus réguliers – en fait, la formation continue, dont on parle depuis des an- nées. Et les études montrent que cette stratégie est plus efficace pour l’apprentissage. Enfin, le troisième point est la diminution des coûts – toutes les économies de temps et d’argent. Les tech- nologies numériques vont faire économiser des dépla- cements, et donc améliorer la gestion du temps et desEt la possibilité de s’immerger totalement dans les exercices de formation...tendance à s’offrir plus de formations pour le même prix.Qu’est-ce que le digital learning ?Depuis quelques années, on parle de plus en plus de digital learning, dont le e- learning n’est qu’une facette. En fait, pour le résumer ra- pidement, on numérise tout le secteur de la formation, y compris les formations dites classiques en salle. Ce qu’on appelle digital learning re- groupe – en simplifiant –e-doceoSolution complèteE-doceo, créé il y a 13 ans, est un éditeur de solutions informatiques dédiées à ce qu’on appelle aujourd’hui le digital learning. Il fournit la technologie qui permet de supporter la création de contenu, sa diffusion auprès des apprenants, la tenue de classes virtuelles... En plus de cela, l’entreprise apporte à ses clients une méthodologie et un accompagnement, car les pratiques sont assez neuves. La société compte aujourd’hui un peu moins de 150 collaborateurs dans 12 pays.66 DéCEmbrE / JANviErsource multimédia – un petit film, un son... – qui a été fabriquée par un formateur en amont du moment où l’utilisateur va s’en servir. Le e-learning permet en plus d’obtenir des feedbacks beau- coup plus précis : ouverture,– il s’agit d’apprendre par le jeu, avec des énigmes, par exemple. La quatrième com- posante, le social learning, est nommée ainsi par analo- gie avec les réseaux sociaux. on va réunir les apprenants entre eux, dans un même es-Un court effort intense est remplacé par des exercices moindres mais plus réguliers – en fait, la formation continue,travail effectué... Et du coup, l’intérêt stratégique de la for- mation se trouve renforcé. La deuxième composante est la classe virtuelle. Cela se fait également à distance, mais cette fois-ci, le forma- teur va travailler comme s’il était dans une salle. La for- mation se déroule par visio- ou audio-conférence, avec les écrans d’ordinateur comme tableau. L’idée est reproduire l’espace tradition- nel d’apprentissage.dont on parle depuis des annéespace collaboratif (qui reprend souvent des codes des ré- seaux sociaux comme Fa- cebook), et ils vont échanger entre eux et apprendre par co-construction du savoir : ils vont résoudre des pro- blématiques pédagogiques ensemble. Encore récent, le social learning n’est pas très répandu. La cinquième com- posante est le blended lear- ning, qui consiste à mixer différents types d’apprentis- sage évoqués ci-dessous (en y rajoutant la formation clas- sique, que l’on appelle main- tenant présentielle). Le pluss’y mettre. Et paradoxale- ment, ceux qui sont vraiment prêts sont les apprenants. Ces derniers ne sont plus choqués quand du e-learning est déployé, et deviennent même demandeurs une fois qu’ils ont expérimenté le processus.voir-vivre et un savoir–faire. La technologie nous permet d’avancer. Aujourd’hui, on travaille sur les Google Glass, sur les outils virtualisés... mais parfois, la technologieLa troisième composante est représentée par les serious games. C’est une déclinaisonL’attitude des entreprises peut être sectorisée selon leur taille et selon leur maturité sur les nouveaux usages di- gitaux. Globalement, la France n’est pas en retard sur le marché – en tout cas pour les grandes entreprises. Les Eti et PmE sont encoreévolue tro.treprises, ces dernières ayant une capacité d’absorption li- mitée. il faut donc faire at- tention aux innovations mar- keting. Par exemple, le social learning est très prometteur, mais la question de son im- plémentation est loin d’être simple...p vite pour les en-Jean-Marie Benoist]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26StrAtéGiE & iNNovAtioN NUmériQUE Décryptage - Le jeu vidéoL'occasion pour EcoRéseau d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation Numériquerévolution permanentePublic élargi, contenu online et dématérialisé et nouveaux supports de diffusion ne sontL e jeu vidéo est un marché relativement jeune, mais qui a déjà connu un bon nombre d’évo- lutions depuis les années 1970 et le succès populaire de Pong. trois rôles principaux se sont rapidement imposés : les stu- dios réalisent à proprement parler les jeux ; l’éditeur conseille, finance, met le pro- duit dans une boîte et se charge de la distribution ; et – du moins dans l’univers des consoles, c’est un peu différent dans le jeu sur PC – le constructeur développe des machine (du hardware) pour faire tourner les logiciels. Si le modèle économique des studios et des éditeurs est facile à deviner (un pourcen- tage du fruit de la vente), celui des constructeurs est un peu plus inattendu. Ces der- niers vendent leurs machines quasiment à perte. En re- vanche, ils font payer le sup- port physique – le DvD – pour un coût non négligeable, puisqu’il tourne aujourd’hui autour de 8 euros pièce. Au- trement dit, quand Ubisoft a sorti un million d’exemplaires des Lapins Crétins sur PS3, il a payé 8 millions d’euros à Sony. Une pratique qu’ils peuvent se permettre car, mis à part quelques concurrents mineurs, les constructeurs n’ont jamais été plus que trois sur le marché. Aujourd’hui,depuis dix ans que les étapes d’une mutation en profondeur.tive ; le stigma négatif qui pendant longtemps y a été accolé est en train de dispa- raître petit à petit. mais ce n’est pas seulement la com- position du public et sa taille qui ont changé – ses attentes également ont évolué. L’ar- rivée d’internet et conjointe- ment des contenus dématé- rialisés l’a habitué à l’idée de contenus disponibles immé- diatement et à faible coût. « Très vite, nous nous sommes rendu compte de l’intérêt du téléchargement pour les jeux vidéos, avec l’exemple de la musique, explique Cédric La- garrigue, directeur associé de Focus Home interactive. Mais il a fallu attendre que les bandes passantes le permet- tent. » Si une chanson pèseen 2003 par l’éditeur améri- cain valve, a été le premier marché dématérialisé – et il a tout d’un coup offert aux studios, même petits, un accès rapide et peu cher au consom- mateur.Qu’il est loin le temps du petit Pacman...les choses ne sont plus aussi simples. En une dizaine d’an- nées, deux évolutions ma- jeures – parallèles et s’in- fluençant mutuellement – sontcomme majoritairement hors d’atteinte : les personnes âgées et les femmes, grâce à la Wii et à la DS et aux coups de génie qu’ont été Wii Sport etconquête achevée par l’arrivée des smartphones et des ta- blettes, qui ont mis dans les mains du plus grand nombre des consoles de jeu.Pour les fabricants de consoles, sauter le pas a été plus complexe. Avec leur bu- siness model centré sur la vente du support physique, la dématérialisation était, pour eux, plutôt une mauvaise nou- velle. il est peu étonnant qu’ils aient fait partie, avec notam- ment les distributeurs, d’un lobby contre la dématériali- sation. mais un élément dé- cisif a été la réussite de l’App Store d’Apple. « La firme de Cupertino a démontré que la dématérialisation peut générer un business viable, explique Emmanuel Forsans. Elle a été la première à la faire, et à mettre ainsi en défaut le circuit de la distribution. » Du coup, une fois la brèche ouverte, les constructeurs s’y sont engouffrés comme un seul homme – et ont copié exactement la recette d’Apple. Le business model derrière les marchés en ligne de Sony, Nintendo et microsoft – cha- cun en ayant le monopole sur sa console respective – est exactement le même que celui de l’App Store : ils ré- cupèrent 30% de la vente, et le fournisseur 70%.Le dernier carton en date de Nintendo, Mario Maker, propose de créer ses propres niveaux dans l’univers du célèbrejeu de plateforme : le jeu 2.0 émergevenues chambouler le pay- sage : l’élargissement consi- dérable du public des joueurs et la digitalisation.Nintendogs (ce dernier ayant attiré notamment une géné- ration entière de petites filles). «Ilyadixans,onneparlait pas de joueuses, se souvient Christophe Astorri, qui tra- vaillait à l’époque chez ow- lient, un studio de dévelop- pement français qui a depuis été racheté par Ubisoft. Au- jourd’hui, tous jeux confondus, elles sont majoritaires. » UneCela a été possible en partie parce que le jeu vidéo est maintenant suffisamment vieux pour être un loisir in- tergénérationnel. Un bon nom- bre de quadras ont été – ou sont encore – des joueurs. Pour eux, « le jeu vidéo est un passe-temps familial comme un autre », souligne benoît Clerc, directeur Jeux vidéos chez bigben interac-environ 100 mo, un jeu peut allègrement dépasser la di- zaine de gigaoctets.TOUT LE MONDE JOUE (OU PRESQUE) De l’avis unanime des pro- fessionnels du secteur, c’est Nintendo qui a le premier ouvert le jeu vidéo à des pu- blics jusque là considérésLE PASSAGE AU DÉMATÉRIALISÉmais quand la technologie a été suffisamment avancée, les acteurs du monde du jeu vidéo se sont lancés sur l’oc- casion – du moins sur PC. La plateforme Steam, lancée68 DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frDécryptage - Le jeu vidéo StrAtéGiE & iNNovAtioN NUmériQUENOUVEAUXBUSINESS MODELS tous ces éléments ont pro- voqué des changements forts dans l’écosystème du jeu vi- déo. Les fabricants de console ont modifié leur stratégie ; les studios peuvent désormais – en théorie – se passer d’édi- teur et de distributeur ; et les éditeurs ont tendance du coup à se recentrer sur leurs studios internes. L’arrivée des Stores et des nouvelles plateformes de jeu (smartphones et ta- blettes) a eu un autre effet. Les jeux y sont de nettement moindre envergure que ceux sur console, et donc beaucoup plus abordables à réaliser. « La prédominance de la dis- tribution digitale a permis à Amplitude de se développer sur un marché considéré comme une niche. D’une ma- nière générale, et en tous cas sur Steam, on a aussi vu une explosion de créativité et un revival de genres disparus, dont avait bien besoin un écosystème trop concentré sur les mêmes franchises », estime mathieu Girard, co- fondateur d’Amplitude Stu- dios. C’est une floraison de petites entreprises qui se sont lancées sur le marché, et qui ont innové en lançant de nou- veaux business models, rendus possibles par l’évolution des demandes des consomma- teurs. La France, notamment, s’est montrée en la matière particulièrement dynamique. « Le paysage français est très dynamique, souligne Em- manuel Forsans. L’Hexagone compte plus de 250 studios de développement, sur plus de 500 entreprises liées au jeu vidéo. » Un nombre élevé qui s’explique par les nou- veaux business models, plus accessibles, et par le fait que la France continue de produire des programmeurs de qualité. Le modèle qui, sans conteste, a rencontré le plus grand suc- cès est le Free2Play. « Owlient a été l’un des pionniers du modèle, souligne Christophe Astorri. Nous faisions figure de curiosité à l’époque... » Le téléchargement du jeu est gratuit et immédiat, et le four- nisseur gagne de l’argent avec du contenu publicitaire. mais le modèle a ses limites ; no- tamment, les gains liés à la publicité sont faibles – de l’ordre de quelques centimes pour un millier d’affichages. il ne peut donc marcher que si le jeu remporte un fort suc-cès. Du coup, une variante est rapidement apparue, consistant à pouvoir acheter une version sans publicité de l’application (ce qu’on appellesants, en partie à cause des progrès technologiques réa- lisés par le hardware (consoles, PC...). « Les équipes sont beaucoup pluset les places de marché per- mettent de vendre du contenu supplémentaire, de sortir des updates, de favoriser le mul- tijoueur online... Et si toutmence à appeler des studios « iii », indépendants mais qui ont atteint une certaine taille... En fait, le marché est en train de se diversifiermaker, propose de créer ses propres niveaux dans l’univers du célèbre jeu de plateforme. tout ce qui est créé par le joueur appartient pour l’instant à l’éditeur, mais ce modèle pourrait bien évoluer. mais la révolution à venir, liée – là encore – au progrès de la technologie, est le jeu à la demande. « C’est une question d’années, estime Cédric La- garrigue. Plus besoin de hard- ware : le jeu sera dans le Cloud. » Des premiers pas ont été accomplis dans cette direction, mais pour l’instant, il reste plus efficace de vendre du hardware au consomma- teur. La faute à la qualité iné- gale de connexions réseaux et aux exigences de qualité des joueurs. Les fabricants de consoles ont cependant bien pris la mesure du pro- blème. Chez eux, la question n’est déjà plus vraiment de savoir comment sera la pro- chaine génération de consoles, mais de savoir si elle existera. En fait, ils s’intéressent à la distribution digitale au sens large – jeux vidéo, musique, films... L’ambition – avouée déjà pour les consoles ac- tuelles – est de devenir le centre de divertissement du foyer, position occupée en général aujourd’hui par laL’ambition – avouée déjà pour les consoles actuelles – est de devenir le centre de divertissement du foyer, position occupée en général aujourd’hui par la boxle freemium). L’autre variante, qui a également très vite émergé, a été de proposer dans le jeu du contenu à ache- ter, utile ou «indispensable» – une arme spéciale, le niveau suivant (modèle de Candy Crush), des éléments de dé- cor... il y a deux écoles dans ce modèle : soit le contenu ne change rien au jeu (aucomplexes : il faut plus de codeurs, des animateurs, des graphistes, des réalisa- teurs... », énumère Cédric Lagarrigue. Leurs titres sont, de plus en plus, des block- busters. Et, suivant en cela l’exemple du cinéma, les grands studios se retrouvent de plus en plus à faire des franchises, pour assurer lale monde s’y met, c’est que c’est rentable. « Le dernier exemplaire de la série Halo a déjà rapporté plus de 100 millions de dollars en achats dans le jeu », souligne benoît Clerc. Une plus grande durée de vie permet de rentabiliser des coûts de développement plus importants. En un sens – et c’est une comparaisonLe monde d’aujourd’hui vu par un accro aux jeux vidéo...et de s’élargir. Ce qui n’est pas sans poser problème. « La saturation du marché sur iOS, Google et Steam, noie dans la masse les petits studios, qui doivent à nouveau faire appel à des éditeurs pour ob- tenir de la visibilité », souligne mathieu Girard. on compte aujourd’hui une moyenne de 10000 nouvelles applications par mois. Autant dire qu’il y a peu d’élus pour beaucoup d’appelés...pire il le facilite), soit il est indispensable pour pouvoir jouer correctement. Ce deuxième modèle (Pay to Win, payer pour gagner) est – évidemment – peu populaire auprès des joueurs.rentabilité et diminuer les risques. Cela peut être des ti- tres comme Assassin’s Creed, d’Ubisoft, qui connaît au moins une itération par an depuis son lancement, Call of Duty, Halo, ou les jeux de sport. De fait, les grands édi- teurs parlent de plus en plus en termes de licences, et cher- chent à étendre leur propriété sur d’autres médias (livres, comics, films, télévision...). ils se transforment progres- sivement en des profession- nels du divertissement. Heu- reusement pour eux, l’arrivée du contenu dématérialisé a eu un autre effet : rallonger la durée de vie d’un jeu. Déjà, parce qu’il reste disponible à la vente virtuellement indé- finiment – alors qu’avant la dématérialisation, la durée de vie des jeux avait tendance à diminuer, certains ne restaient que quelques semaines en rayon. Et d’autre part, internetvalable à beaucoup de niveaux – on peut faire un parallèle entre l’industrie du cinéma et celle du jeu vidéo : la ren- tabilité d’un film n’est plus basée que sur les entrées en salle, mais aussi sur les DvDs, les droits pour les chaînes, la voD... La situation est si- milaire dans le jeu vidéo. Cette spécialisation des majors dans les titres à très haut bud- get fait qu’ils ne sont intéressés que par des titres (dits « AAA ») ayant le potentiel de dépasser le million d’exem- plaires vendus. « Cela a du coup redonné un espace d’ex- pression pour des éditeurs plus modestes, comme Bigben, pour occuper des marchés de taille intermédiaire », ex- plique benoît Clerc. Ces stu- dios produisent des titres que l’on nomme par analogie «AA».Etpourlataillede marché encore en-dessous, se trouvent ce qu’on com-box. Et d’ailleurs.teurs de box lorgnent eux aussi sur le marché du jeu vidéo – ils en distribuent éga- lement. mais il y a une diffé- rence : les professionnels des télécoms ne veulent pas se positionner en tant qu’éditeurs, ils ne sont intéressés que par la distribution.BLOCKBUSTERS ET PRODUITS DE NICHES Les grands studios, confrontés à des nouveaux business mo- dels aussi différents, ont plus ou moins bien pris le virage par eux-mêmes. « Cela de- mande des structures et des organisations très diffé- rentes », rappelle Christophe Astorri. C’est ce qui explique pourquoi il y a eu autant de rachats de petits studios par les grands éditeurs, comme Ubisoft l’a fait pour owlient. En parallèle de cette explosion de produits à budgets réduits, les grands éditeurs se sont retrouvé confrontés à des coûts de développement crois-Jean-Marie BenoistCulture et industrieLe jeu vidéo entre deux chaises...Le jeu vidéo présente une particularité bien spécifique : c’est le seul loisir qui soit, de façon aussi dichotomique, aussi bien un bien culturel qu’un bien technique. En France, typiquement, le secteur dépend à la fois du CNC et du ministère de l’Industrie... En effet, si le statut du jeu vidéo en tant qu’objet culturel et de loisir est de moins en moins disputé, c’est également une industrie particulièrement dépendante de la technologie et qui du coup fait de la R&D de façon permanente. « Les PC évoluent tous les six mois, les smartphones changent tous les ans, les consoles de salon tous les six à sept ans... Le secteur doit à chaque fois s’adapter », explique Benoît Clerc, directeur Jeux Vidéos chez Bigben Interactive. Cette dépendance à la technologie est souvent à l’origine des bouleversements qui viennent régulièrement secouer le monde jeu vidéo.DéCEmbrE / JANviEr 69UN AVENIR TUMULTUEUX EN PERSPECTIVECette tendance à la diversifi- cation et à l’élargissement devrait se poursuivre dans les années qui viennent. Le jeu vidéo va être protéiforme, et consommé de façon nouvelle : la réalité virtuelle arrive pour de bon cette fois (les techno- logies d’écran ayant progressé suffisamment pour faire de l’oculus rift un candidat sé- rieux pour le titre de premier casque de réalité virtuelle à rencontrer le succès), et on commence aujourd’hui à voir des gamins passer des heures à regarder quelqu’un jouer. Le jeu vidéo commence même à passer au 2.0, en uti- lisant le contenu créé par les utilisateurs : le dernier carton en date de Nintendo, mario, les construc-]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26StrAtéGiE & iNNovAtioN NUmériQUE Haute résolution - Vocabulaire SMS, plus qu’une anecdote Focus sur un sujet high tech dans l'air du tempsQuand le vocabulaire SmS devient une langue«Lfait maintenant dix ans qu’on entend dire qu’il doit mourir, mais il est toujours là. » Jean-michel Huet, directeur associé au sein du cabinet de conseil en business consul- ting bearingPoint, est formel : « Le texto a encore de beaux jours devant lui ». En France, selon l’Arcep (l’Autorité de régulation des communica- tions électroniques et des Postes), il s’en envoie environ 180 milliards chaque année,(1)«CPSMS»;«Lafont’N j’M»;«KiffQ’pidon»aux éditions Mégacom-ikFutur Académicien ?e SMS c’est une petit bête très robuste. Cela« On a constaté une baisse del’ordrede5à6%enrai- son du développement des instant messaging (messa- geries instantanées). » mais le fait est que le texto, malgré les mails, mmS et autre What’s App, continue de se tailler la part du lion dans nos communications.a sa petite idée sur la ques- tion : « Il existe plusieurs explications à ce phénomène. Le SMS est un message por- table et il est accessible à tout instant. C’est une com- munication asynchrone, c’est-à-dire que nous ne sommes pas obligés de ré- pondre tout de suite, de réa- gir directement. Ce temps de réflexion est très impor- tant. » C’est en effet ce laps de temps qui fait que l’on aime tant pianoter sur notre téléphone portable et que l’on privilégie ce canal deVocabulaireCréé il y a près d’un quart de siècle, le "short message service" est considéré, aujourd’hui,«LESMSATUÉLE MESSAGE VOCAL » Pourquoi sommes-nous de- venus accrocs à ce point au «short message service», in- venté au début des annéesSavez-vous parler le SMS ?Pour Louise-Amélie Cougnon : « Si on veut être «in», il faut jouer avec la langue : remplacer les sons par des chiffres, des lettres. Être dans un esprit ludique. C’est la meilleure façon de s’adapter. Et évidemment, d’inclure quelques «emojis» (NDLR : smiley, émoticônes) pour donner le ton, faire transparaître un sentiment dans ses messages. » Exemple : «Koi29 ?» pour «quoi de neuf ?» ou encore «A 2m1» pour «à demain». « Nous ne nous trouvons pas face à un nouveau langage donc on ne peut pas avoir un dic- tionnaire. Il faut se montrer créatif. » Une créativité qui s’ex- prime aussi sur les réseaux sociaux, Twitter et Instagram notamment. Le rappeur Booba a ainsi popularisé l’acronyme «OKLM» pour «au calme» et le Canadien Drake «Yolo» qui signifie «You only live once» (on ne vit qu’une fois). Dans le milieu du foot, les femmes et petites amies des joueurs ont aussi leur acronyme, pas forcément flatteur d’ailleurs : «Wags» pour «Wives and girlfriends». Très inspirés, les An- glo-saxons nous ont aussi gratifié d’un très classe «WTF» pour «What the fuck» (c’est quoi ce bordel ?) ; «TGIF» pour «Thanks god it’s Friday» (Dieu merci c’est vendredi) ; «BFF» qui signifie «Best friend forever» ; ou encore «MYOB», c’est-à-dire «Mind your own business» (occupe-toi de tes affaires)... Derrière les classiques «mdr» pour «mort de rire», sont nés de nouveaux acronymes comme «jpp» pour «je n’en peux plus», «jsp» pour «je ne sais pas», «askip»pour «à ce qu’il paraît» servant à lancer une rumeur.comme un argot à part entière, voire un langage.plus on la renforce, juste- ment. » De là à parler de lan- gage SmS ? « Il s’agit plus d’un argot », estime Phil marso. Et Louise-Amélie Cougnon d’abonder dans son sens : « Je n’arrête pas de le dire ! On n’assiste pas à la naissance d’un nouveau lan- gage. Il s’agit simplement d’une nouvelle pratique deLes gens sont capables de jongler, de passer d’une écriture à l’autre en fonction de la situation de communication.Il n’y a pas appauvrissement de la languement pour écrire. Le SMS a tué le message vocal ! »communication. Par exemple j’ai étudié statistiquement les populations d’adolescents et je peux dire qu’il n’y a pas de lien entre l’utilisation de nouveaux médias à l’écrit et les fautes d’orthographes. Le SMS n’a pas un impact négatif sur notre niveau d’ortho- graphe. »DISPONIBILITÉ PERMANENTELe revers de la médaille, comme l’explique Louise- Amélie Cougnon, c’est que le SmS, très chronophage, s’est progressivement invité dans notre quotidien et est venu, en quelque sorte, «parasiter» les relations hu- maines. « Être accessible tout le temps, cela a un coût. Re- cevoir des SMS dans la voi- ture, au restaurant, dans son lit, est un phénomène que les gens ont assimilé malgré l’in- trusion dans la vie privée. » Cette violation de la tranquil- lité, voire de l’intimité de chaque individu est entrée dans les mœurs. « Et le pire, on l’a vu dans nos études, c’est qu’on accepte très mal une absence de réponse de l’autre. Il peut y avoir des réactions négatives », ajoute la chercheuse. Le SmS n’a donc pas que des qualités. on lui prêterait aussi une in- fluence négative sur la langue française. il y a quelques an- nées, dans un sondage iFoP, 84% de Français interrogés estimaient que les SmS, chats et autres e-mails «appauvris- saient» la langue française. Cinq ans plus tard, les avis ont changé. Jean-michel Huet du cabinet bearingPoint en est persuadé : « Les jeunes savent faire la différence. Des études ont été réalisées pour démontrer que les acronymes n’avaient pas d’impact surENRICHISSEMENT INATTENDUUn constat qui doit rassurer le romancier Phil marso, au- teur du premier ouvrage de la littérature française en SmS (1), et qui par le passé a essuyé de vives critiques : « Je me souviens qu’en 2004, je me suis retrouvé face à nombre de détracteurs qui me di- saient : «A cause de vous, la langue française va dispa- raître». Moi je pense, au contraire, que plus il y a de dérivés de la langue française,survientl’écrit dans laquelle . une créativité lexicale. » Exemple avec les « LoL », «PtDr»,«mDr»,etc.«Il a fallu réduire. Et ces mots- là ne sont pas restés à l’écrit. Les jeunes ont commencé à les utiliser à l’oral. A partir de ce moment-là, on peut par- ler de néologisme. »Cyril Michaudsoit plus de 5400 chaque se- conde. Alors oui, pour la première fois, fin 2014-début 2015, on a assisté à ce que Jean-michel Huet, spécialiste des télécommunications, dé- crit comme un «tassement» du nombre de SmS envoyés.70 DéCEmbrE / JANviEr90 par des ingénieurs de chez vodafone au royaume- Uni ? Louise-Amélie Cou- gnon, chargée de recherche à l’université catholique de Louvain en belgique, qui a défendu une thèse de doc- torat en socio-linguistique,communication : l’écrit plu- tôt que l’oral. Jean-michel Huet cite un chiffre qui en dit long sur l’usage que l’on a aujourd’hui de nos smart- phones : « 40% des jeunes n’utilisent plus leurs mobiles pour appeler mais unique-la langue française ». Un point de vue partagé par Louise-Amélie Cougnon : « On note une pluri-compé- tence. Les adolescents sont capables de jongler, de passer d’une écriture à l’autre en fonction de la situation de]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26StrAtéGiE & iNNovAtioN NUmériQUE Haute résolution - Cloud et data centersA L’univers dans le nuage, tout l’univers ?Le cloud devient de plus en plus attrayant, à tel point qu'une entreprise peut aujourd'hui se passer du moindre serveur. mettre ou ne pas mettre toute l’information dans le cloud, telle est la question.u mois d’avril 2015, étonnant, le cloud public se dé- Certains choisissent les acteurs pas, par peur de perdre le contrôle lors de la table ronde veloppe de plus en plus, per- majeurs du cloud comme Google ou encore de la technologie qui organisée par le Cloud mettant aux entreprises de de- ou Microsoft. On est plus serein n’est pas tout à fait mise auComputing Word expo, Franck venir plus matures. Pourquoi quant à la qualité de leurs pres- point. D’un autre côté, si la stra-Nassah, vice-président du cabinetPAC, a présenté les données del’enquête «Cloud index» enFrance. « Le taux d’utilisationdu cloud dans les entreprisesaugmente assez rapidement »,a-t-il déclaré sans surprise. Lapreuve, l’indice de maturité cal-culé par le cabinet d’étude surla base de 135 critères, est passéde 455 à 577 points (sur 1000).Auprès de ces entreprises utili-satrices, le Saas (Software as aService) reste le plus répanduavec 55% d’abonnés. L’évolutionconcerne surtout les usages d’in-frastructure sous forme de service(iaaS), qui réalisent une véritablepercée, passant de 29 à 46%des entreprises déclarant y re-courir. Le cabinet PAC note quece sont les organisations demoins de 500 salariés qui sontles plus enclines à utiliser desservices iaaS. Le marché ducloud public(1) représente au-jourd’hui 1,3 milliard d’euros.« Une croissance qui augmenterad’ici 2018, pour atteindre 3,7milliards d’euros ! », soulignel’analyste. En effet, le poids ducloud public en 2014 constituait43% du marché total du clouden France. Les experts prévoientune hausse pouvant atteindreles 52% en 2018. Ainsi, plus dela moitié de la prestation dumarché cloud en France passeraen cloud public. Ce n’est pas le cloud, il faut se demander si« Ca m’énerve ! Rien ne fonctionne, et je ne sais plus qui engueuler au final ! »donc des entreprises et de leurs problématiques liées au cloud : nouveaux services, partenaires internes et externes, le coût, la nécessité de la flexibilité (up or down)...Dématique & Gouvernance(1) Le cloud public ne veut pas dire que les données sont accessibles à n’importe qui, mais uniquement que les données sont hébergées sur une multitude de serveurs eux-mêmes ac- cessibles par un nombre déterminé d’utilisateurs. Les clouds les plus connus sont d’ailleurs des clouds publics, comme par exemple celui de Microsoft office ou encore celui d’Amazon.une entreprise passerait-elle toutes ses données sur le cloud ? Quels en sont les avantages et les risques ? toutes ces questions tourmentent les nuits des diri- geants qui n’osent pas franchir le pas...tations. Puis, il s’agit d’une ré- flexion par rapport au lieu d’hé- bergement des applications. Peut- on faire confiance à l’éthique morale de tel prestataire ou tel pays ? Finalement, tout dépend aussi du secteur dans lequel se trouve l’entreprise et de sa concur- rence mondiale. Il en est de même pour la gouvernance », souligne Jean-michel mougeolle. Par ail- leurs, si certains sont d’accord avec ces propos, d’autres resteront réticents, comme Hubert tournier, directeur de l’organisation et des Si du groupement des mous- quetaires. Lors de la table ronde du Cloud Computing Word expo, il a expliqué que la taille de son groupe lui permet de s’occuper sans problème de sa sécurité à l’aide des spécialistes internes. oui, mais parfois une PmE n’a pas ce luxe, il est donc tout à fait compréhensible qu’elle se tourne vers des prestataires.tégie le veut et le permet, il suffit de prendre quelques pré- cautions : bien choisir ses par- tenaires et leur niveau d’enga- gement et de transparence. Sans oublier d’implanter d’abord en interne une vraie politique de sécurité qui permettra de connaî- tre le niveau de risque. Puis se pose la question de la gouver- nance. « L’entreprise doit se ré- soudre à la mettre en place et à la manager (et non les cloud providers)... Cela commence par signer des contrats clairs pour les deux parties avec ses partenaires «cloud» », avertit Didier Haas. Pour finir, l’attention lors de la signature du contrat doit être au maximum. « Vérifiez la transparence sur ce qui est compris dans le prix et ce quiLES AVANTAGES : TU VEUX OU TU VEUX PAS ? Les PmE passent au cloud pour améliorer leur productivité et prendre en charge des opérations de routine. Elles peuvent accéder à un nombre illimité de serveurs et utiliser le cloud comme plate- forme de stockage. Finalement, le cloud offre la réduction du temps de déploiement, la baisse des frais généraux et le stockage des données critiques, accessibles en temps réel. D’après l’étude, les principaux avantages du pas- sage au cloud sont la souplesse (83%), l’amélioration de la pro- ductivité (78%) et la baisse des coûts (71%). De manière géné- rale, ces facteurs permettent aux PmE de se concentrer sur leurs avantages compétitifs. « Nous voyons qu’aujourd’hui, il est clairement possible de passer au système 100% cloud. Je l’ai fait et j’en suis ravi ! », explique Jean-michel mougeolle, directeur des systèmes d’infor- mation chez mikit France. « En revan®che, avant de basculer verscela est souhaitable ? » Pour Didier Haas, vice-président Cloud d’ibm France, la réponse est : « Clairement non ! » Etonnant d’entendre de tels propos d’une société dont le cloud est l’un des domaines d’activité majeurs. « Les demandes du business pour fabriquer des nouveaux services aux clients sont «hy- brides», faisant appel à des don- nées ou services internes aux systèmes d’information des en- treprises et externes, donc les systèmes d’information qui les supportent seront pour très long- temps encore «hybrides» aussi », argumente-t-il. Pour autant, il semblerait que les entrepreneurs le voient différemment. « La question doit s’étudier en fonction de la stratégie de l’entreprise. A-t-elle des capacités d’innover et réagir rapidement pour ap- porter des atouts indéniables ? Nous nous devons d’innover dans un secteur immobilier concurrentiel », justifie Jean- michel mougeolle. tout dépendSÉCURITÉ ET GOUVER- NANCE AVANT TOUTPuis, arrive la question fatidique : quelles sont les données critiques que vous êtes prêts à exporter ? Ces enjeux entendent non seu- lement les inquiétudes liées à la la sécurité mais également à la perte de contrôle (en particulier sur les données et leur migration). Aujourd’hui, personne n’est ja- mais sûr à 100% de la sécurité. D’autre part, le risque de se faire pirater des données internes à l’entreprise semble aussi grand que celui de se les faire pirater de l’extérieur... « Nous travaillons avec Cloud Sensor et je préfère que ces spécialistes s’occupent de la sécurité de mes applications que de le faire moi-même. Il faut faire confiance au fournisseur.e choisir l’en-Sécurité, numérique et terrorismeAnna AshkovaPRÉCAUTIONS ÉVI- DENTES POUR CEUX QUI SE LANCENT Aujourd’hui, placer 100% de l’information de son entreprise sur le cloud est possible. Les chiffres et les témoignages le prouvent. mais il faut peser le pour et le contre. tout le monde ne peut pas le faire, ne veut pas (pour des raisons de taille de société) ou encore ne souhaitene l’est pas. Puis-j.droit où je stocke mes données ? Quid de la traçabilité des évé- nements concernant mon envi- ronnement ? Quels niveaux de services «SLAs» fournis ? Quel niveau et durée de l’engagement qu’il prend ?... »parQuand la sécurité s’impose face à la confi- dentialité des données.A l’occasion des atrocités récentes n’est-ce pas le moment de rappeler aux défenseurs des libertés sur les données personnelles, qu’il est des situations où il est «vital» d’avoir accès à certaines informations ? Pourquoi ne pas faire tout simplement confiance aux responsables de ce genre d’in- vestigations quant au respect desdites don- nées, à leur utilisation dans un cadre strictement limité à la sécurité et surtout à leur non divulgation à d’autres fins ?certains fichiers ne soient pas encore croisés sous prétexte de ce sacro-saint principe de précaution et de respect des données à ca- ractère personnel.La cybersécurité, car c’est essentiellement de cela dont il s’agit, doit faire partie de notre quotidien et le gouvernement a un rôle par- ticulièrement important et essentiel à jouer en matière de sensibilisation auprès de ses citoyens afin de les habituer à acquérir les bons réflexes. De même serait-il temps de nous attribuer une identité numérique qui de- vrait également réduire le risque d’usurpa- tion d’identité et le détournement de la gestion de nos identités numériques par des entreprises privées qui pourraient elles aussi, être prises en otage pour livrer l’ensemble des données dont elles disposent sur tout et chacun.Jean-Marc Rietschbien évidemment, la seule interception de messages chiffrés ne peut suffire à endiguer une vague d’attentats mais au moins peut- elle largement contribuer à en réduire les risques. Grâce au big Data et toute propor- tion gardée, n’a-t-on pas déjà réussi à réduire de 25% les cambriolages dans certaines villes ?bien évidemment, tout dépend du régime en Expert international en dématique, place, totalitaire ou démocratique. mais lesPar ailleurs une telle situation montre com- bien la sécurité au quotidien est quelque chose d’important et qu’il n’est plus guère possible de s’en affranchir, quelle que soit sa position, tant dans le monde public que dans le monde privé. même si les responsables de la sécurité sont malheureusement trop sou- vent vus comme des porteurs de mauvaises nouvelles et la sécurité comme un centre de coûts, nul ne pourra désormais y déroger.président du Digital information institute ou D2iévènements récents montrent que nous n’avons malheureusement pas le choix et qu’il est indispensable de laisser aux forces de l’ordre tous les moyens à leur portée et dont elles ont besoin pour éviter que pareils drames ne se reproduisent. il est aujourd’hui tout à fait inadmissible, voire criminel, queAu moins que le drame qui vient de nous frapper puisse servir de révélateur devant le besoin de sécurité majeur dont nous avons besoin, indispensable au bon fonctionne- ment de notre société numérique, au risque de devenir tellement virtuelle qu’elle pourrait bien disparaitre.72 DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frBusiness Story - Sigfox StrAtéGiE & iNNovAtioN NUmériQUE Retour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationauxtelecom simples et malignesS Sigfox, l’une des dix start-up les plus puissantes de l’internet des objets selon Forbes, révolutionne ce secteur, mais en plus par le bas débit au contraire de tout le monde...igfox est un opérateur se termine en 2008 par la re- est déjà expérimentée par conscients que l’implémen- compteur connecté. « Nous de plateformes ou partenaires au même titre que les vente de l’activité. Un contre- certains opérateurs. « Dans tation doit être rapide et mon- avons réussi par la suite à du déploiement du réseau à bouygues ou orange, temps qui pousse l’entrepre- ce contexte, nous avons diale pour susciter des effets lever 100 millions d’euros l’international.opérateurs historiques, à la neur à reconsidérer sa porte frappé à plusieurs portes et de volume sur l’internet des en avril car nous avons été mais convaincre les fabri-seule différence que le réseau de la start-up consomme 200 fois moins et maille l’espace dans 11 pays à l’aide d’an- tennes brevetées d’une cin- quantaine de centimètres. « Nous sommes sortis des che- mins conventionnels. Et des croyances selon lesquelles on a besoin de lever des mil- liards pour se développer en tant qu’opérateur. Ce réseau ne s’attaque pas au même marché que ceux visés par les opérateurs historiques. Les réseaux sont complé- mentaires et ne se phagocy- tent pas », vulgarise Ludovic Le moan, qui qualifie son entreprise de « Twitter des Télécom ». En d’autres termes, le cofondateur de Sigfox a réussi à développer un réseau alternatif qui com- ble les attentes d’une part énorme du gâteau de l’in- ternet of things. récit.d’entrée dans ce secteur plein de promesses. Décisive, la rencontre avec Christophe Fourtet amène les deux en- trepreneurs et futurs co-fon- dateurs à ébaucher une solu- tion pour envoyer des mes- sages lointains, mais avec peu d’énergie. « Au début des années 2000, nous en- tendions déjà beaucoup par- ler de l’IoT, mais personne ne proposait de technologienous avons réussi à convain- objets. « Nous sommes tombés capables de prouver que no-cants d’objets n’est pas tou- jours chose aisée. Un cycle d’ailleurs qui prend en moyenne neuf mois selon les dires du dirigeant et qui se conclut avec une certifi- cation permettant d’assurer une performance radio opti- male des objets, sur le réseau Sigfox. Centrale d’alarme, compteur électrique, borne à incendies, traqueur d’objet, capteurs de fumée... Au- jourd’hui, Sigfox compte plus de 200 produits certifiés, compatibles avec son réseau. Un développement qui épouse un secteur dans l’air du temps, la maintenance prédictive. Aucun concurrent ne semble pour l’instant en- traver la route du jeune opé- rateur venant à peine de souf- fler ses cinq bougies, si ce n’est peut-être bouygues avec sa technologie Lora, premier parmi les opérateurs historiques en France à dé- velopper un réseau pour l’iot. « En Espagne ou en République Tchèque, nos partenaires opérateurs sont ravis. En France, c’est dif- férent. On nous tourne le dos et les opérateurs sont très agressifs », regrette le P-Dg de Sigfox. malgré tout, l’entreprise prouve qu’elle en a toujours sous le pied. Et que son champ des pos- sibles, au regard des mœurs numériques, est intarissable. En attestent par exemple ses récents partenariats dans le secteur des smart grids avec Cofely Services, Sogedo et« TWITTER DES TÉLÉCOM »tout l’enjeu de la jeune pousse se résume à travailler uniquement avec des données de petite taille et donc à dé- livrer des messages qui n’ex- cèdent pas 12 octets (un texte Word d’une page envoyé pèse 25ko en moyenne). « C’est pour cette raison que je fais l’analogie avec le ré- seau social Twitter. Nous avons amené un protocole différent exploitable dans de nombreuses configurations, mais tenu par des contraintes importantes », complète Lu- dovic Le moan. Ce défi n’est cependant pas la première expérience du dirigeant. Au début des années 2000, Lu- dovic Le moan avait déjà lancé un projet dans l’internet des objets. il visait à déve- lopper les objets connectés à partir des technologies GSm, mais le coût et la complexité n’ont pas permis le dévelop- pement espéré. L’aventureLe bas débit utile un jour pour que le frigo refasse seul le plein de lait?prototype, prouver que nous n’étions plus dans le fan- tasme avec une station de base », se souvient le diri- geant. Les choses s’accélèrent ensuite. intéressé par le pro- totype, intel Capital investit à hauteur de 10 millions, ce qui permet à Sigfox de cou- vrir le territoire français. S’ensuit dans la foulée la couverture de l’Espagne et de l’Angleterre avec une nouvelle levée de 15 millions ; les deux fondateurs sontqui n’avait aucune com- plexité. Il a donc fallu un grain de folie pour lancer le projet et convaincre », continue Ludovic Le moan.une alarme connectée via Wifi ou 4G pour un coût mo- dique. Nous possédions un réseau impossible à pirater en raison de la taille et du débit des messages. Securitas nous a alors aidés à trouver un partenaire, Cellnex, pour co-investir et lancer le réseau espagnol », explique Ludovic Le moan. Premier «volume case», l’exemple espagnol convainc rapidement l’An- gleterre qui sollicite dès lors Sigfox sur une solution deEtats-Unis. Et l’année 2015 se terminera visiblement par de nouvelles annonces.Libelium sur leCOMMENT LEVER DES MILLIONS POUR GLOBALISER LE RÉSEAU ?DÉVELOPPER UN ÉCOSYSTÈMEL’esprit agile de la start-up s’est aussi concrétisé par la prise en compte de chaque acteur de la chaîne de valeur, chaque maillon économique qui pourrait avoir un impact sur le réseau : des fabricants de modules radio aux fabri- cants d’objets, développeursEngie, avec.sujet des smart cities ou avec Helsinki ventures pour faire des makers nordiques les créateurs de nouveaux objets connectés. La toile bas débit de Sigfox s’étirera bientôt au Proche-orient et en Afrique. La révolution est en marche.La pub grand public et les derniers smartphones ne ju- rent que par les applications rendues possibles par la 4G quand, en parallèle, la 5GGeoffroy Framery200 objets brevetés dans 11 pays échangent des messages via le réseaucre trois fonds, Elaia Part- ners, Ixo Private Equity et Partech pour une première levée de deux millions, afin de réaliser notre premierinventé par Sigfoxun peu par hasard sur Se- curitas qui nous exposait le problème des brouilleurs achetés 30 euros sur Internet, qui permettaient de hackertre technologie était expor- table et exploitable », nous confie Ludovic Le moan. En six mois, Sigfox s’étend de trois à 11 pays, dont lesDéCEmbrE / JANviEr 73]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26rH & FormAtioN Réseaux et influence - AshokaDécryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networkingrendez-vous d’entrepreneurs sociauxils ne sont que 70 sur la zone France, belgique, Suisse, chapeautés par Ashoka France, à avoir la distinction de « Fellow » parmi les 3000 que compte le réseau, né aux Etats-Unis en 1981, et arrivé dans l’Hexagone en 2006. Cesafin que leur modèle soit dupliqué.2015. Puis j’ai longuement échangé avec la personne qui s’occupe du recrutement en France. » Le processus dure six à huit mois, ponctués de rencontres avec les équipes France et interna- tionales du réseau. « C’est un mini-parcours du com-CHANGER D’ÉCHELLELes Fellows sont ensuite suivis de près par tout un écosystème de partenaires qui se met à leur service pour suivre leur déploiement et leur croissance. « Je suis en train de constituer mon Codac (NDLr : Comité d’accompagnement) pour être soutenu dans le chan- gement d’échelle de mon entreprise, expose Frédéric bardeau. J’ai 40 ans, je me retrouve à la tête d’une en- treprise qui va compter 30 écoles du numérique d’ici à mars 2016 et que j’envi- sage de déployer à l’inter- national. L’expérience de seniors et d’un réseau à l’étranger seront une aide concrète pour soutenir Sim- plon.co. Mon Codac tra- vaillera sur la méthode à mettre en place et l’organi- sation interne nécessaire pour pouvoir dupliquer les écoles. »Le jeune dirigeant sera pro- bablement épaulé par michel Gasnier, nouveau membre du ASN, pressenti pour re- joindre son Codac. L’ex- président de Scottsmiracle- Gro à Lyon, qui a cessé ses activités en janvier 2015, a souhaité rester dans le monde de l’entrepreneuriat et plus précisément dans l’ESS. « Je veux participer à réconcilier l’économique et le social, ambitionne-t-il. Ashoka estdres qui souhaitent s’engager, seniors qui font bénéficier de leur expérience, à avoir intégré le cercle des ASN.Cette oNG, soutien du secteur de l’ESS, apporte un appui aux entrepreneurs et dirigeants d’associations,cartes de visite, mais aussi un catalyseur d’innovations sociales au service de toute la société.et son appétence pour l’in- novation sociale, son côté créatif pour prendre à bras- le-corps des situations dif- ficiles et enfin sa fibre éthique.RÉSEAU DANS L’ANTICIPATIONLe mécénat de compétence est un des piliers d’Ashoka. « Notre budget de fonction- nement est de deux millions d’euros par an en provenance à 60% d’entreprises privées et à 40% des ASN, détaille Laura Zimmer. L’apport des partenaires en missions de conseil, formation, etc., est valorisé à deux millions d’eu- ros. L’association ne touche aucune subvention des pou- voirs publics pour éviter les conflits d’intérêt. »Les Fellows peuvent béné- ficier de bourses dégressives pendant trois ans pour aider au financement des modèles innovants. « On étudie la si- tuation économique de l’en- treprise, insiste Laura Zim- mer. Si elle a besoin d’une bourse, on l’aide financiè- rement mais ce n’est pas obligatoire. » Frédéric bar- deau n’est pas venu chercher de l’argent mais bien un ac- compagnement. « C’est vrai- ment ce qui me manquait aujourd’hui pour accélérer le développement de Sim- plon.co. »Cet écosystème vertueux fa- vorise les échanges entre les Fellows et les ASN à l’occa- sion de formations, weekends ou soirées de travail. « Nous bénéficions de formations et d’outils auxquels nous n’au- rions pas accès, avance Da- nielle Desguées. Ashoka pro- pose une offre permanente d’actions, de rencontres. C’est un réseau qui est toujours dans l’anticipation, qui nous incite à sans cesse nous in- terroger pour essayer de faire mieux, à rencontrer d’autres dirigeants qui ont tous la même ambition : faire bougerSÉLECTIFDevenir Fellow relève d’un processus long et très sélectif reposant sur cinq critères.Et le processus se veut très sélectif. « En 2015, 200 can- didatures ont été étudiéesBeaucoup de nouveaux partenaires précieux en un temps record...Fellows sont des entrepre- neurs sociaux, une notion qu’Ashoka affirme avoir im- porté en France, accompa- gnés par des ASN (Ashoka Support Network) pour faire croître leur entreprise ou leur association. « Notre dé- finition de l’entrepreneur social ? C’est une personne qui a des qualités entrepre- neuriales au service de l’im- pact sociétal, expose Laura Zimmer, responsable com- munication d’Ashoka France. Ces dirigeants par- tent d’un problème de so- ciété, lié à l’environnement, l’emploi, l’accès aux res- sources... et travaillent sur un business model duplica- ble. » Ashoka n’est pas tout à fait un réseau d’affaires qui repose sur l’échange deLe premier s’attache au ca- ractère innovant, voire pion- nier, de la solution apportée à un problème de société. Le deuxième est l’impact systématique que doit avoiren France, en Belgique et en Suisse. Huit entrepreneurs sociaux ont intégré le ré- seau. » Un dirigeant peut venir frapper à la porte d'As- hoka. L'équipe composée debattant », plaisante Frédéric bardeau. « Notre candida- ture est validée par les ex- perts américains d’Ashoka, se souvient Danielle Des- guées, fondatrice des bou-Les « Fellows » sont suivis de près par tout un écosystème de partenaires qui se met à leur service pour suivre leurcette solution innovante sur son secteur d’activité ou la société. « Une innovation sur deux détectée par As- hoka dans le monde a dé- bouché sur une nouvelle loi dans son pays », affirme Laura Zimmer. Les trois au- tres critères portent sur les qualités-mêmes du dirigeantdéploiement et leur croissancequinze personnes en France, tiques de gestion devenues détecte les profils puis les l’association bGE Parif, le approche. « J’ai été invité à réseau national d’appui aux la présentation des Fellows entrepreneurs et Fellow de- 2014 et on m’a fortement puis 2009. Mais avant cela, conseillé d’être présent, se nous sommes nourris souvient Frédéric bardeau, d’échanges très intéressants fondateur des écoles du nu- qui nous mettent dans une mérique Simplon.co à Paris, réelle dynamique de pro- Fellow depuis septembre grès. »loin des discours militants qui opposent le grand capital aux entrepreneurs sociaux. Je vais transmettre mon ex- périence et donner des coups de pouce aux projets à fort potentiel. » ils sont une cen- taine en France, comme mi- chel Gasnier, entrepreneurs encore en activité, hauts ca-.74DéCEmbrE / JANviErles lignes. »Stéphanie Polette]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[Christophe, 43 ans. Directeur général, ESSEC Executive Education, promotion 2011.Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Renforcez vos compétences, renouvelez votre projet professionnel et atteignez vos objectifs avec Management Général. 12 mois à Paris, format week-end, 2 immersions à l’étrangerPour les hauts dirigeants.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.FR© Getty Images – 434290515]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26rH & FormAtioN ObservatoireBrèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles,les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivitéu Verra-t-on un jour les grandes écoles s'unir sous une seule et même bannière ? Si l'on voit mal certaines de nos grosses cylin- drées oublier leur marque, il demeure légitime de s'interroger sur les contours et limites de la collaboration entre les différents acteurs de l'enseignement supérieur. Les spécialisations et l'ouverture à l'international sont devenues une seconde nature comme le prouve le cas de Mines-Télécom en Uruguay. L'innovation pousse toujours plus vers de nouvelles synergies, en at- teste l'entente entre le GES, Sup de Co La Rochelle et l'ESCEM. Et le souci de comprendre les rouages actuels et à venir de la transformation numérique pousse à de nouvelles créations, preuve que l'ingénierie pédagogique est féconde en France, à l'image du dernier né sur la scène exécutive qu'est l'Executive MBA d'Epita et de l'ISG. Reste à savoir comment se classent les fameux MBA tricolores. Réponses dans les lignes qui suivent.CGE et Cdéfi tirent la sonnette d’alarmeFondation Groupe Optic 2000 et l’ESSEC au service des start-upLa nouvelle date de fin septembre. mais EcoRéseau ne voulait pas la laisser filer dans les méandres du Web. La fondation d’entreprise du groupe optic 2000 et Antropia, le catalyseur d’entreprises sociales fondées par l’ESSEC, ont signé un partenariat visant à accompagner les start- up innovantes dans le monde de la vue et de l’audition. Par le biais d’un appel à projet, la fondation et la grande école veulent soutenir les idées novatrices dans les do- maines de l’équipement, de l’habitat, des arts, des loisirs, de la communication, de la mobilité en ville, de l’éduca- tion...La Conférence des grandes écoles (CGE) a fait savoir fin octobre les conséquences néfastes chiffrées de la réforme de la taxe d’apprentissage. Concrètement, le manque à gagner en matière de financement serait estimé à 60 millions d’euros pour l’ensemble des grandes écoles, soitRANGECOLEPAYS1University of Chicago – Booth School of BusinessEtats-Unis2University of Virginia – Darden School of BusinessEtats-Unis3Dartmouth College – Tuck School of BusinessEtats-Unis4Harvard Business SchoolEtats-Unis5HEC School of Management, ParisFrance6University of California at Berkeley – Haas School of BusinessEtats-Unis7Northwestern University – Kellogg School of ManagementEtats-Unis8INSEADFrance9UCLA Anderson School of Manage- mentEtats-Unis10University of Pennsylvania – Wharton SchoolEtats-Unis.........34EDHEC Business SchoolFrance.........75EMLYON – EMLYON Business SchoolFrance.........84Grenoble Ecole de Management – Grenoble Graduate School of BusinessFranceune baisse de 46% causée par un dé- classement dans le nouveau barème pour les écoles de commerce et de 33% pour les écoles d’ingénieurs entre 2014 et 2015, données calculées à partir d’un échantillon de 120 écoles. Une perte dénoncée par les grandes écolesLes start-up répondant aux critères de ce partenariat re- cevront une dotation de 5000 euros tout en pouvant tirer bénéfice d’un accompagnement stratégique, managérial, technique et économique.qui évoquent un affaiblissement de leur capacité d’inves- tissement et une amputation du budget alloué à la création de nouvelles formations professionnelles et technologiques. Une manière de contester les modalités de distribution du nouveau barème et de poser la question du financement des établissements de l’enseignement supérieur.Source : ESSECL’exemple du poids d’une école sur son territoire : les Grenoblois aiment GEM Dispositif européen créé par la Fondation nationale pourL’institut Mines-Télécom en Uruguayl’enseignement de la gestion des entre- prises (FNEGE) et l’EFmD (European Foundation for management Develop- ment), le business School impact Survey (bSiS) a livré ses résultats sur l’étude du poids économique de Grenoble Ecole de management. Son impact financier serait évalué aux alentours de 437 mil- lions d’euros en 2013. En d’autres chif- fres, le dispositif recense 81000 jours-Signé le 28 octobre en présence de François Hollande et de tabaré vàsquez, son homologue urugayen, un nouvel accord de collaboration entre l’institut mines-télécom et le centre technologique iCt4v souhaite engager une dynamique vertueuse en matière d’innovation dans les domaines dits verticaux tels que ceux de l’énergie, de la santé/biologie, des transports, de l’environnement, dehommes par an, la création de 1328 emplois, 700 événe- ments par an et plus de 7000 professionnels d’entreprises impliqués dans la vie de l’école via les chaires, les jurys, la formation continue et le recrutement.l’agroalimentaire et de la finance. Plus précisément, l’accord encadre des projets collaboratifs multi-dis- ciplinaires ainsi que des plateformes technologiques développées de concert entre les deux acteurs in- ternationaux. Ce partenariat entend également encourager dans les deux sens les opportunités d’affaires : le développement d’entreprises fran-gringolent. En d’autres termes, la mi-octobre fut l’occasionSource : GEMeeplace (14 en 2011, 4 l’année dernière). outre la prégnanceComment challenger la stratégie, l’en- trepreneuriat et l’innovation à Polytech- nique ?Dans la dynamique de son pôle entrepreneuriat et inno- vation, de la construction de son bâtiment «Fibre Entre- preneur-Drahi-X Novation Center» et du lancement de son accélérateur de start-up X-UP, la première réunion de l’Entrepreneurship Advisory board s’est tenue le 30 octobre à l’école Polytechnique. L’école a ainsi décidé de faire appel à des entrepreneurs (dont cinq entreprises sont introduites au NASDAQ) et des investisseurs pour évaluer et challenger sa stratégie dans le domaine de l’entrepreneuriat, tout en y apportant une vision analytique et prospective. Entre autres missions, ce board est chargé de développer de nouvelles formations dédiées et de renforcer les liens entre recherche et industrie. tout un programme.des formations américaines dans ce classement (la moitié du classement nous vient d’outre-Atlantique), 15 des 33 établissements sont britanniques et le podium est occupé respectivement par University of Chicago business, Uni- versity of virginia business et Dartmouth College. Cette domination sans égal des formations anglo-saxonnes ne nous fait pourtant pas oublier le déclassement de la formule de l’Audencia, sortie cette année du top 100 alors que l’école nantaise se positionnait 88e l’an passé.Source : PolytechniquePSb Paris School of business, anciennement ESG ma- nagement School, continue son développement multi-çaises au niveau du territoire continental latino-américain et l’insertion d’entreprises sud-américaines sur la zone européenne. L’accord, en outre, favorise les échanges universitaires, notamment via les stages à l’international. Pour information iCt4v (information ad Communication technologies for vertical) regroupe cinq universités, sept entreprises et deux organismes publics. Pour l’institut mines-télécom, le partenariat contribue à intensifier ses relations avec le continent latino-américain grâce à la porte d’entrée des nouvelles technologies.SEAD rentre dans le top 10 et HEC arrache la cinquièmeSource : Institut Mines-Télécomee L’Em Lyon descend également à la 75 place (71 enPolarisation des écoles françaises : l’écart se creuse dans les classements mondiaux Si les articles critiquant la véracité de ces classements souhaitent mettre en valeur certains dysfonctionnements en matière de critères, il n’empêche que l’écart se creuse sur la scène de l’enseignement supérieur entre un peloton de tête qui perpétue sa progression dans un classement regardé de tous et d’autres écoles plus à la traîne qui dé-e2014). Le mbA de GEm se classe 84 . A noter cependantpour l’hebdomadaire britannique The Economist depublier son classement des meilleurs mbA mondiaux.Cinq écoles françaises se distinguent sur ce plan. L’iN-la percée de dix places de l’Edhec qui intègre le top 40 avec sa 34e place.Source : The EconomistPSB joue du biniou76DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frsites. Seulement un an après l’inauguration de ses nouveaux murs situés au Cluster Paris in- novation, l’école post-bac s’offre un nouveau campus à rennes. Le site breton pourra faire béné- ficier ses ouailles des avantagesglobale dans l’enseignement supérieur. Le cabinet Headway a ainsi adressé un questionnaire en mai 2015 à 146 directeurs de la communication des grandes écoles et universités membres de la Conférence des Grandes Ecole. 46 acteurs ont joué le jeu. Plusieurs entretiens individuels ont également été menés durant l’été 2015. Ce rapport évoquer un paysage disparate et disparate cependant concentré sur les mêmes problématiques. Au-delà des difficultés inhérentes aux fonctions communication et marketing des grandes écoles, l'étude revient sur l’impact du digital, le rôle des médias, l’accompagnement de la recherche et la valorisation de l’innovation. instructif ! Source: AudenciaObservatoire rH & FormAtioN l’Ecole supérieure de commerce et de managementparisiens sans y venir avant leur dernière partie de cursus : entreprises partenaires pour les formats en alter- nance (LCL, La Poste, ordre des experts-comptables...), spécialisations fonctionnelles, sectorielles ou internatio- nales. L’idée étant de faire du bassin breton un nouveau vivier parisien.tours-Poitiers-orléans (ESCEm).La mise en commun des expertises et les synergies entre les différents sites se concrétiseront par exemple par l’accélération du développement de l’Ecole de tourisme et de ses programmes de niveau 1 au rNCP. Dans les faits, les trois sites de l’ESCEm à compter de la rentrée prochaine vont accueillir en leur sein le pôle numérique du GES et l’école de tourisme de Sup de Co. Cette entente tripartite pose aussi de nouvelles bases en matière de formations puisqu’une dizaine de nouvelles spéciali- sations de niveau 1 du rNCP verront le jour. Parmi celles-ci, on pourra se dédier au management de l’envi- ronnement, au développement international, à la finance et à l’audit ou encore aux achats et à la logistique. Le partenariat entend également favoriser les mobilités in- ter-programmes et inter-campus.Source : Sup de Co la RochelleEncadrement des stages : des quotas ren- dus effectifsDepuis le 28 octobre, le dernier volet relatif à la loi sur les stages est devenu effectif. Le but ? identifier et sanc- tionner les abus. A partir de 20 salariés, le nombre de sta- giaires dans une entreprise ne pourra pas excéder la part de 15%. En dessous de ce seuil, les entreprises devront veiller à ne pas recruter plus de trois stagiaires en même temps. Le code de l’éducation prévoit des sanctions allant « à plus de 2000 euros par stagiaire concerné, 4000 euros en cas de réitération » de la fraude. Les différents quotas peuvent cependant être exceptionnellement relevés à hauteur de 5% pour les périodes de formation en milieu professionnel obligatoire.Le réseau GES, Sup de Co La Rochelle et l’ESCEM élargissent leur portefeuille Nouveau partenariat pédagogique qui prendra acte en 2016 entre le réseau GES, Sup de Co La rochelle etMue de programmes pour l’ESC TroyesAttention changement d’identité. L’iNbA devient le bbA-ESC troyes. Le bachelor se transforme en btm (bachelor tourism management), le EmvoL mbA se mue en mbA tourisme management. idem avec le ba- chelor international qui change également d’écrin pour devenir le bbA ESC troyes. Ces différents changements en matière d’appellation sont l’une des conséquences de l’entrée du groupe dans le concours Sésame. Le change- ment de terminologie des programmes est aussi un moyen pour l’ESC troyes de gagner en lisibilité dans l’enseignement supérieur lié au tourisme pour conférer aux diplômés une plus grande visibilité sur le plan inter- national.Source : ESC TroyesISG et EPITA accouchent d’un Exec MBAFormer les managers de demain aux enjeux de la trans- formation numérique et en e-leadership. telle est l’ambition du programme co-créé par l’iSG et EPitA. Le programme jouira d’une grande flexibilité dans la manière dont il sera dispensé. Ce faisant, l’Executive mbA peut être soit complètement dématérialisé soit reposer sur du blended learning qui compose entre des temps de formation distanciels asynchrones et du présentiel en groupe de travail ou en master class à raison d’une journée par mois. Les villes phares du numérique telles que San Francisco, Singapour ou tel Aviv seront l’occasion d’autant de voyages d’affaires jalonnant ce parcours afin de rencontrer les fameux Gafa... reposant sur une pédagogie faisant la part belle à l’action learning, le di- plôme d’envergure internationale souhaite malgré tout rentrer dans les clous de nos registres nationaux en étant reconnu de niveau 1 au rNCP (équivalent bac+5). Source : EpitaL’Alliance et la CGE publient leur livre blanc sur la communication dans les éta- blissements d’enseignement supérieur Composition nantaise tripartite regroupant l’Ecole Centrale, l’Audencia et l’ENSA (Ecole Nationale Supérieure d’Ar- chitecture), l’Alliance a publié ce 19 novembre en parte- nariat avec la CGE (Conférence des Grandes Ecoles) un Livre blanc consacré aux défis de la communicationDéCEmbrE / JANviEr77]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26rH & FormAtioN Carrières & Talents - Personnalisation des parcoursAnalyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprisesCustomisation des compétences bbA, mS, mbA, Executive mbA... Ce qui a changé ces dernières années et ce qui nous attend.L a réforme profes- DE LA MONTÉE EN sionnelle est COMPÉTENCE AU source de nom- CERTIFIANT/DI-dules qui accoucheront de certifications et obte- nir des diplômes en deux, trois ou quatre ans. En conséquence, les forma- tions de type inter-entre- prises connaissent une certaines perte de vitesse. L’idée revient pour les salariés ayant une oppor- tunité de formation à aug- menter leur employabilité en raison d’un marché du travail serré. « De plus en plus, les pro- grammes de formation continue sont longs, cer- tifiants, voire diplômants. La réforme profession- nelle a vraiment amplifié la tendance depuis un an en privilégiant les for- mats longs, qui permet-breux chambardements PLÔMANTen matière de pro- grammes de formation continue. En parallèle, les programmes évoluent vers une plus grande per- sonnalisation des par- cours, en poursuivant l’objectif de spécialiser ses participants. Des évo- lutions qui touchent chaque aspect de la for- mation continue tant du point de vue de ses ins- titutions que dans la ma- nière de dispenser et de valider les compétences travaillées. Une nouvelle formation continue est en marche.Une chose est sûre en 2015 dans le monde de la formation continue. Les entreprises et les par- ticipants à ses différents formats se penchent da- vantage vers des formats longs, modulables et per- sonnalisés. « Nous ten- dons vers une modularité et une consommation à la carte encouragées par la dernière réforme de la formation continue », note William Hurst, di- recteur de la formation continue à Audencia. En parallèle, les participants vont pratiquer des mo-Jusqu'où ira le sur mesure de la formation continue ?tent ensuite de poser le label d’une grande école qui rentre en concor- dance avec le registre national », analyse, Ge- neviève metz, directricelations du registre na- tional des certifications professionnelles(rNCP). « Une chose impensable, il y a encore quelques années », soutient Wil-comme un bac+6 alors que le rNCP ne les re- connaît qu’à niveau bac+5. « Cette contra- diction doit amener à re- penser la relation entreLa dernière réforme de la formation continue a encouragé la modularité78DéCEmbrE / JANviErde télécom Evolution. De même, les mastères spécialisés (mS) rentrent dans le rang de la ré- forme pour s’adosser pro- gressivement aux appel-liam Hurst au sujet de ces programmes, dési- reux depuis leur création de rester indépendants. Ainsi, les mS sont-ils pour l’instant présentésle RNCP et le MS. Cette réforme professionnelle aura aussi comme consé- quence de pousser les MS vers une approche plus tournée vers la com-]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Personnalisation des parcours rH & FormAtioNpétence que le savoir- faire académique », fait remarquer William Hurst. Quoi qu’il en soit, les écoles accompagnent le mouvement en matière d’ingénierie pédago- gique : « Les entreprises sont prêtes à payer sur ce segment de formation pour par exemple per-rina, directeur de Gre- noble Ecole de manage- ment.globalisé, la France pré- protectionnistes dans cer- des candidatures après sente de belles opportu- tains domaines de com- un cycle bas qui a duré nités de formations en pétences. Ce climat pro- de 2011 à 2013. Nous full-time et une situation pice permet, malgré avons observé une forte favorable quant à l’ac- l’étroitesse du marché reprise avec une haussediplômés se plaçaient en France. Aujourd’hui, le dernier rapport de 2015 évoque un chiffre de 31%. La demande de postes pour ces diplômés pour des entreprises ba- sées en France est aussi en croissance », analyse bernard Garette.DES FRONTIÈRES QUI S’ESTOMPENT DANS LES FOR- MATS DE FORMA- TIONLes entreprises penchent pour des formats longs, personnalisés, certifiants voire diplômantsAutre phénomène notoire à l’œuvre sur la scène de la formation continue, la porosité des frontières entre les formats intra- entreprises et le diplô- mant progresse. La ten- dance demeure encore embryonnaire en France mais se développe à grand train dans les pays nordiques sur des com- pagnies du même secteur. Plusieurs entreprises créent des programmes en consortium. « Chaque secteur tend vers cette ambition de formation que l’on qualifie de co- opétition ou d’open in- novation. En France, la concurrence reste un frein mais certaines pro- blématiques transverses, à l’image des RH, ac- couchent tout doucement de nouveaux programmes et de relations d’un nou- veau genre entre entre- prises. Air France et la SNCF travaillent ainsi main dans la main sur des sujets de forma- tion », poursuit William Hurst.cueil des participants étrangers à l’heure ou ses voisins, le royaume Uni par exemple, se fer- ment et deviennent mêmenational, de répondre aux attentes des multinatio- nales en matière de for- mations. « Nous obser- vons une recrudescencede +20% l’année der- nière. Tendance qui se ressent aussi au niveau du placement : il y a deux ans, 20-25% desCôte part-time, la donne diffère en raison de par- ticipants déjà en poste. Les programmes ont ainsi subi plusieurs boulever- sements suite à l’évolu- tion du marché, des en- treprises et des partici-mettre un passage cadre ou mettre à niveau cer- tains services qui vont exiger une validation des contenus. L’expertise at- tendue sur l’ingénierie pédagogique se portera notamment sur la ma- nière de composer avec le système du présentiel, des serious games et des MOOCs sur des volumes conséquents de partici- pants. Ce sont des pro- grammes qui commen- cent dès le niveau 2 du RNCP, et qui peuvent se concrétiser par l’obten- tion d’un Badge ou cor- respondre à un MS », dé- taille Jean-François Fio-DE L’INTERNATIO- NAL AU GLOBAL Nombreuses sont les en- treprises désireuses de former des profils de na- tionalité étrangère et des étudiants français à une sensibilité à l’internatio- nal. « En quelques chif- fres, notre MBA rassem- ble des cohortes de 250 étudiants, 50 nationalités dont 90% d’étrangers. Il y a dix ans, la proportion était de deux tiers au lieu de 90% et la diversité moins prononcée. Nous sommes sur un marché international d’écoles mondialisées mais fran- çaises. Il y a une vraie différence entre un profil étranger et un autre im- mergé dans une dimen- sion internationale ou globale », remarque ber- nard Garette, responsable des programmes mbA à HEC. Dans ce contexteDéCEmbrE / JANviEr79Œ]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26rH & FormAtioN Carrières & Talents - Personnalisation des parcourspants. « L’executive edu- cation est nécessairement multi-domestique dans son format en part-time. Ce type de programme diplômant correspond àplexité qui demande une approche transversale et une remise en question sur le rôle de manager », confie Nathalie Lugagne. Et Jean-François Fiorinadiplôme de grande école en comparaison d’un di- plôme d’entreprise. De plus, notre expertise exige aussi une évalua- tion extérieure à l’entre-Dans ce type d’appren- tissage, le contenu à dis- tance est à la fois syn- chrone et asynchrone, en aval et en amont du pré- sentiel, pour réaliser unresponsable d’Audencia. Cela dit, tous les pro- grammes s’y prêtent avec plus ou moins d’intensité. L’executive mbA par exemple permet de «blender» une partie de ses contenus mais les as- pects communautaires et le relationnel prévalent. idem pour les mbA. Et ce, même si ces formules sont loin d’être en reste en matière d’innovation numérique. « L’executive MBA ne peut exister qu’en distanciel mais chaque participant de- meure équipé d’une ta- blette avec un environ- nement digital sur me- sure », nuance William Hurstrépondent à des besoins personnels de formation tout en structurant ces choix vers une spéciali- sation, afin de pouvoir faire valoriser ces électifs sur le monde du travail », met en évidence bernard Garette. Cette caractéris- tique n’est pas que l’apa- nage du mbA. En atteste la liste de programmes qui jouent sur le côté double diplôme. mais le mbA désire également embrasser la tendance. A l’image de HEC et de son mbA qui peut se doubler d’un master of finance, couple de di- plômes très prisés par les grandes banques d’af- faires par exemple. La chose est courante aux Etats-Unis.Le blended learning ou tout l'art de savoir marier son moi présentiel et son moi virtuel...En conséquence, le gain de temps passé en distan- ciel sur du théorique ou sur des projets qui ne pré- supposent pas de mise en relation physique permet de développer des péda- gogies innovantes. A l’image de «l’action lear- ning» ou du «learning by doing». « Nos programmes sont des lieux de formation par la pratique en lien di- rect avec l’entreprise. Les participants sont amenés rapidement à collaborer autour de projets conseil d’envergure internationale, en partenariat avec Whar- ton, la fondation Gates ou encore de grandes ONG par exemple », illustre ber- nard Garette.Stanford, entre autres, propose d’allier son mbA avec un master en ingénierie informatique. « Nous assistons à une montée dans la technicité des métiers », ajoute ber- nard Garette. D’autres mariages s’annoncent aussi dans les domaines de la biotechnologie, du big Data et de l’écono- mie de la santé. Les chan- tiers sont nombreux et poussent même les écoles à réfléchir à de l’inédit où il s’agirait de construire de nouveaux profils à la croisée du doctorat et du mbA. Ces évolutions en matière de formation continue amè- nent aussi les institutions à affirmer leur spéciali- sation et leur position- nement. D’autant que les offres de formation s’ex- priment de plus en plus via appel d’offres. « Le cœur de métier d’une école reste sa créativité pédagogique et sa capa- cité à trouver des solu- tions innovantes. Ce fai- sant, l’une des tendancesune volonté de changer de poste sans pour autant faire preuve d’une grande mobilité. Deux cas de figures permettent d’accéder à ces mar- chés : soit nous propo- sons des tracks locaux de formation soit nous réalisons un programme en co-branding », sou- tient Nathalie Lugagne, doyenne associée pour l’Executive Education à HEC. Par ailleurs et in- dépendamment de leur formule, ces programmes s’efforcent ces dernières années de répondre au développement très de- mandé des managers skills. « Entre autres, la montée en leadership est très demandée dans nos programme. Le contexte de l’entreprise a évolué. L’enjeu fort est le ma- nagement de la com-de compléter : « L’air du temps, c’est la trans- formation et le manage- ment. L’une des vérita- bles préoccupations des entreprises revient à ex- primer un besoin de mise aux normes des popula- tions employées dans des filiales et des entités éloi- gnées de la maison mère. Notre rôle revient ainsi à inculquer une cultureprise et permet une re- connaissance plus forte entre les collabora- teurs. »transfert de connais- sances et optimiser les temps de présence en for- mation ou en entreprise. « Si les MOOCs recher- chent toujours leur bu- siness model, ils peuvent s’intégrer dans un par- cours diplômant et se substituer à du présentiel dès qu’il y a un processus de contrôle sur la vali- dation des compétences.VERS UNE CUSTOMISATION DES PROGRAMMES De nombreux change- ments bouleversent les programmes diplômants de la formation continue. outre la poussée de l’en- trepreneuriat dans chacun des formats de formation, l’avenir augure d’une plus grande personnali-NE JURER QUEPAR LE «LEAR- NING BY DOING», LE CADRE EN ACTION...Apprendre dans une for- mule «blendée» ou en «blended learning» est àn seraLa demande des entreprises s'exprime de plus en plus via appel d'offre, ce qui pourrait aboutir à des consortiums d'écoles à géométrie variable pour y répondremaison et homogénéiser la mode. Le digital est A ce titre, nous sommes sation et customisation la population salariée plus que jamais facilita- en train de développer des programmes.tout en possédant la ca- teur de parcours. L’idée un MOOC sur la respon- « Ce phénomène répond pacité à diplômer. N’ou- étant que le présentiel, sabilité globale qui ser- à l’enjeu pour les parti- blions pas la valeur sym- grâce au distanciel, est vira à valider une unité cipants de piocher parmi bolique plus forte d’un de plus en plus valorisé. de valeur », continue le de nombreux électifs quifutures de formatio. certainement l’alliance des écoles ou la forma- tion de consortium à géo- métrie variable pour ré- pondre de manière opti- male aux appels d’offres qui émaneront des entre- prises », conclut Jean- François Fiorina.Geoffroy Framery80DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[University of Geneva UniMail - 40 Bd du Pont d’Arve 1205 Geneva - Switzerland www.emba-unige.ch]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26rH & FormAtioN Carrières & Talents - Les « soft skills » des jeunes diplômés Shivas de l’ingénierie ?«RPour répondre aux exigences des entreprises, un mot d’ordre : être « aware », aller au-delà de son cœur de métier. mais jusqu’à quel point ?echerche ac- tive de mou- tons à cinqarchitectes, formés à tout faire, capables de commu- niquer... » Le portrait robot du futur collaborateur scien- tifique est de plus en plus large. Et cela vaut dans tous les secteurs, même éloignés des «high-tech» ! « 94% des entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics sont des PME, voire des très petites entreprises, analyse marie bagieu, de l’école supérieure d’ingé- nieurs des travaux de la construction de Caen (ESitC). Les besoins d’in- génieurs managers sont pré- gnants, pour créer ou re- prendre des activités, ou bien encore capables de né- gocier avec un banquier. »logies comptaient pour 95% du volume horaire total de la formation, les sciences humaines et sociales n’étant présentes qu’à la marge, analyse François Cansell, président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFi). Mais le métier a évolué, le référentiel de for- mation aussi. » Le Cesi, école tout à la fois généra- liste, mais dotée de cursus axés en informatique, génie civil, etc., annonce 41% de disciplines non scientifiques – ou de «soft kills» pour les amateurs d’anglicismes. Ecole prestigieuse s’il en est, Polytechnique compte un département humanités et sciences sociales riche de plus d’une vingtaine d’en- seignants... En vogue, la responsabilité sociale et en- vironnementale de l’entre-pattes (H/F) pour placement bergerie en CDI, Business Intelligence, pouvait-on lire sur Linkedin fin octobre dernier. Avec pour exemple : 4 pattes IT et une patte fi- nance. » L’auteur de cette annonce s’appelle Jéremie Freund, chasseur de tête en it (information technology) chez Computer Futures, si- tué à la Défense. « L’ex- pression est récurrente dans les cabinets de recrutement en informatique, explique- t-il. Ce secteur avance vite. De nouveaux métiers appa- raissent : on parle de plus en plus de DevOps, par exemple, depuis une grosse année. Les entreprises scru- tent des profils qui peuvent suivre le marché, être à la fois managers de projets etLES ÉCOLESAU DIAPASON« Jusque dans les années 90, les sciences et techno-« Maintenant les élèves ingénieurs communiquent et me posent des questions métaphysiques. Ce n’est pas normal ! »prise est de tous les pro- grammes. techniques et dé- mocratie, droit, initiation à la socio-anthropologie ou bien encore, comme à l’Ecole des ponts, économie sociale et solidaire à l’institutet technologie. Hybride, ce parcours est une alternative au tronc commun historique de l’école d’ingénieurs pour une nouvelle génération de diplômés. Particularité : les scientifiques n’y sont pasemboîté le pas : l’adhésion des jeunes est palpable. De 80 à la première rentrée, les candidatures sont en hausse constante depuis. Elles ont bondi à 400 en 2013, pour atteindre 1200 en septembre40, voire 50 % de disciplines non scientifiques ? Est-ce la bonne voie ?82DéCEmbrE / JANviErcatholique des arts et métiers (iCAm)... L’imagination des écoles est débridée du côté des «soft skills». L’uni- versité technologique de Compiègne (UtC) a fait bouger les lignes, en 2011, avec la création de sa filière HUtECH, pour humanitésles bienvenus. Alice Aulanier a été la première littéraire à franchir le seuil de l’école. « Nous sommes un peu des objets de curiosité, explique cette accro à la philosophie. Les étudiants au profil plus classique nous appellent les artistes. » beaucoup lui ont2016... pour 25 places ou- vertes. « L’idée a été testée auprès de lycéens de notre région, notamment, explique Nicolas Salzmann, respon- sable de la filière. Et nos étudiants sont nombreux à ne pas vouloir renoncer aux humanités. D’ailleurs,]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frCarrières & Talents - Les « soft skills » des jeunes diplômés rH & FormAtioNl’UTC apparaît souvent dans leur choix d’orientation après un Institut d’études politiques (IEP) ou une prépa littéraire. » Au menu : sciences évidemment, mais aussi philosophie précisé- ment, épistémologie et his- toire des sciences, sociolo- gie, industries culturelles... et le tout à hauteur de 30% du volume horaire total, mais d’entrée de jeu. Les deux mondes – enseigne- ment supérieur et écono- mique – seraient donc en parfaite symbiose ? Pas tant que cela, selon Sylvia di Pasquale, rédactrice en chef du site Cadremploi. « Les directeurs des ressources humaines parlent plus vo- lontiers d’évolution com- portementale, quand les écoles raisonnent en termes de discipline. » Pour Xavier bossis, directeur général dé- légué de Proginov, éditeur de logiciels de gestion d’en- treprise, « l’écoute du client, la capacité à communiquer, à être un collaborateur de terrain priment sur le di- plôme et le contenu tech- nique ».réflexion est partagée par les 13 écoles de l’Institut Mines-télécom. Ce qui est important d’apprendre en 2015 ? Travailler en inter- disciplinarité scientifique. On pourrait même parler de sixième patte ! »TOUJOURS PLUS ?Les écoles entrent en résis- tance, en quelque sorte. Elles ne sont pas prêtes à répondre à toutes les attentes des en- treprises. Et d’ailleurs la Commission du titre d’in- génieur (Cti) donne le «la»enlamatièreetfixe le cadre. « Les demandes partent dans tous les sens, et sont parfois contradic- toires, pointe Arnaud Poitou, directeur de Centrale Nantes. S’il est bon de travailler la polyvalence, des invariants sont incontournables pour construire le socle de l’in- génieur de demain. La for- mation doit aller au bout dans un certain nombre de disciplines. » Son confrère et Jean-Louis Allard de dé- noncer « des entreprises trop pressées, qui ne laissent pas aux diplômés apprendre leur métier sur le terrain d’ingénieur opérationnel ». résultat : l’idée de passer à un cursus non pas en cinq mais en six ans après le bac fait son chemin dans la com- munauté scientifique... En attendant les doubles di-Jusqu’où aller ? La question taraude nombre de direc- teurs d’écoles ou des études. François Cansell en tête. « 40%, voire 50% de disci- plines non scientifiques ? Est-ce la bonne voie ?, s’in- terroge le patron de la CDEFi. La discussion est entamée. » Et parfois ani- mée. « On ne pourra pas aller en deça pour le cœur de compétences, s’agace marie-reine boudarel, di- rectrice des études des mines de Nancy. Nous sommes en tension. Cetteeplômes, au programm. chargé, associant écoles d’in- génieurs et business schools, ontlacote.ilyamêmede la surenchère en la matière, avec l’alliance formée par Centrale Nantes, Audencia et l’Ensa (Ecole nationale supérieure d’architecture) pour des profils en 3 D.Murielle WolskiDéCEmbrE / JANviEr83]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26Art DE vivrE & PAtrimoiNE L’Air du temps - Les deux-rouesEtude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovationsA plein régime chez les CSP+ Constructeurs de scooters et motos peuvent compter sur les cadres supérieurs pour doper les ventes.A vec 251502 deux- roues motorisés vendus en 2014, la France se classe première nation européenne devant l’italie et l’Allemagne. Pour- tant, les ventes de scooters et motos souffrent de la crise. Après des ventes à la baisse en 2013 et 2014, le marché se stabilise cette année. Sur les huit premiers mois, 165361 ventes, toutes cylin- drées, ont été enregistrées selon les chiffres de la branche motocycle de la Chambre syndicale interna- tionale de l’automobile etA chaque profil son modèle, avec toujours sécurité, maniabilité et confort.se limite à la sphère profes- sionnelle. Je gagne du temps sur mon trajet domicile-tra- vail et dans mes déplace- ments dans l’agglomération lyonnaise. Mais avec trois enfants, le scooter est rangé au garage le week-end », confie Luc, cadre trentenaire lyonnais qui roule en Suzuki burgman 125. « L’un des meilleurs rapports qualité / prix de sa catégorie », as- sure-t-il.dèrera la valeur d’usage, le confort, la sécurité et la fia- bilité », analyse-t-on chez Yamaha.du motocycle.LA CLIENTÈLE FÉMININE RESTEÀ CONQUÉRIRLes passionnés de deux-roues alimentent plutôt le marché des motos, trusté par les constructeurs japonais. « Les motos sont davantage utili- sées dans un cadre de loisirs. Sur ce segment, l’image, la technologie, le design, l’équi- pement, les performances restent des critères importants dans la décision d’achat. La clientèle scooter développe une approche plus ration- nelle, plus pratique et consi-En scooter comme en moto, la clientèle féminine est peu adepte du deux-roues et se concentre sur des modèles entrée de gamme en privilé- giant l’aspect fonctionnel. Les scooters urbains com- pacts et donc plus légers et maniables, comme le Urban mobility de Yamaha ou le mP3 Yourban de Piaggio, plaisent aux femmes. Edi- tions spéciales, coloris spé- cifiques et accessoires ten- dance sont une manière deLES DIRIGEANTS ET CADRES DYNAMISENT LE SEGMENT DES 125CCsusciter .« Les acheteurs sont sensibles à la nouveauté produits. C’est le meilleur moyen de dyna- miser les ventes », conclut Jean-Charles de Saint-Pastou. Ça tombe bien, plusieurs constructeurs lancent des nouveautés fin 2015-début 2016...C’est surtout un marché à deux visages qui se dessine avec, d’un côté, un net recul des cyclomoteurs de 50cc, boudés par les jeunes, et de l’autre, un dynamisme assez marqué des 125cc, aussi bien scooters que motos. Et si globalement, les profession- nels n’observent pas vraiment de nouveaux consommateurs, il faut souligner une excep- tion avec les chefs d’entre- prise, cadres et professions libérales qui boostent les ventes de 125cc et plus. « Cette cible urbaine re- cherche un gain de tempsAu-delà des déplacements pratiques et professionnels, il y a aussi la dolce vita...Séverine Renard84cesse de convaincre ces clients pressés au fort pouvoir d’achat », confirme le service communication de Yamaha. Plutôt exigeantes, ces CSP+ sont prêtes à débourser entre 4000 et 5000 € pour un mo- dèle multi-usages. « Notre modèle phare, le Hondadessus avec un prix moyen entre 8000 et 10000 € pour les versions 300 et 500, le mP3, un modèle à trois roues, est presque devenu une marque à part entière. « Notre clientèle pour le MP3 se compose à 60% de cadres et d’entrepreneurs », souligneProfilingDans les motos assimilées aux loisirs, design, technologie, performance priment. Dans les scooters, valeur d’usage, confort, sécurité l’emportentDis-moi qui tu es, je te dirai quel deux-roues acheter...Star des ventes, modèle mythique ou futur numéro 1, une sélection subjective pour vous aider à faire votre choix.Lancé en avril dernier, le scooter Honda Forza 125 a fait une entrée fracassante sur le marché. Alliant le meilleur du segment sport et du grand tourisme, le modèle devrait s’écouler à près de 5800 exemplaires. Chefs d’entreprise, cadres supérieurs et professions libérales apprécient sa polyvalence. Sur les quatre voies du périphérique parisien comme sur les petites routes de campagne, ce scooter est à l’aise sur tous les terrains. « Le Honda Forza 125 bénéficie d’une bonne capacité d’accélération pour des déplacements rapides et agiles dans les trajets du quotidien. C’est également un modèle qui offre un vrai plaisir de conduite », argumente Fabrice Recoque, directeur de la division Moto de Honda France. Dans la catégorie des maxiscooters, le Yamaha TMAX-530 reste un incontournable. Longtemps surnommé le King par les professionnels, il ne pointait plus, fin septembre, qu’à la troisième place des meilleures ventes de scooters, mais demeure une valeur sûre par sa robustesse et sa puissance. Des atouts qui plaisent à une clientèle privilégiant la perfor- mance.Très prisée de la clientèle féminine, la légendaire Vespa renvoie à l’imaginaire de la Dolce Vita. Le modèle, qui fêtera ses 70 ans en 2016, est synonyme d’un certain art de vivre. Tout en conservant son élégance et son design si particulier, la Vespa a intégré les éléments de sécurité et de confort attendus par des conducteurs et conductrices exigeants. Preuve sup- plémentaire de l’aura de ce modèle : la communauté des Vespistes, propriétaires d’un modèle vintage ou d’un nouveau modèle, se réunit chaque année pour une parade ! Conduire un deux-roues, c’est aussi souvent s’acheter une part de rêve et s’identifier à un idéal. Sur le segment du trail, la sortie, en janvier prochain, d’une nouvelle version de l’Africa Twin tient en haleine tous les passionnés. A l’évocation de son nom, des images de dunes et de pistes viennent à l’esprit... L’Africa Twin entend concurrencer la BMW 1200 GS dans le cœur des aventuriers, plus souvent baroudeurs du macadam urbain que pilotes des sables.leur intérêt.sans oublier la sécurité et le confort », constate Jean- Charles de Saint-Pastou, di- recteur marketing France du groupe Piaggio. « La clientèle chefs d’entreprise et cadres est croissante. Ces popula- tions surbookées veulent un moyen de transport flexible, sûr et rapide. Le scooter neForza 125, est utilisé au quo- tidien pour les trajets domi- cile-travail et les rendez- vous professionnels. Très agréable à piloter, il séduit également le week-end pour des balades », confirme Fa- brice recoque, directeur de la division moto de Honda France. Encore un cran au-le directeur marketing France de Piaggio s’amusant que le quartier de la Défense, à Pa- ris, prenne parfois des airs de concessions mP3.DéCEmbrE / JANviErPour les patrons et cadres supérieurs, le deux-roues de- meure avant tout un moyen de transport souple et effi- cace. « Mon usage du scooter]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26Art DE vivrE & PAtrimoiNE L’Art du tempsSélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivitéHorlogerie & Joaillerie A la mode ScandinaveLa marque horlogère française Michel Herbelin lance Scandinave, une nouvelle collection de montres pour femme. Revisitant la géométrie du temps, cette nouveauté se débarrasse de tout superflupour se concentrer sur l’essentiel. Une valeur sûre pour un chic subtilement décalé. Déclinée en acier, recouverte de PVD or rose ou bicolore, elle emprunte, au modernisme, douceur et légèreté pour donner le ton de la sophistication urbaine. Se détachant du fond argenté, les aiguilles styli-sées égrènent, avec délicatesse, les heures et les minutes, accompagnant en beauté chaque ins- tant du jour et de la nuit. Ajusté ou laissé libre sur le poignet, le bracelet rigide, en chute inversée,accentue la circularité du modèle par son extrême finesse. Affichant subtilement un équilibre des contraires, la Scandinave saura sublimer tous les styles. Prix de vente conseillé : Acier 395 €, Bicoloreacier et PVD or rose 450 €, Acier recouvert de PVD rose 495 €.Joséphine ou l'art du styleÉclatantes et joyeuses comme une pro- messe, les nouvelles créations José- phine déclinent une élégance joaillière toute dédiée à la féminité. Bagues, al- liances, boucles d’oreilles, bracelets, colliers ou diadèmes, ces parures de sé- duction transforment chaque appari- tion en moment d’exception. Force etdélicatesse, équilibre et mouvement : la collection Joséphine décline le style Chaumet, sophistiqué et féminin, né d'une histoire prestigieuse constamment renouvelée.www.chaumet.frBreguet, traditionnellement atypique !En 2005, la Maison Breguet lance sa collection iconique Tradition avec le modèle 7027, premier garde-temps àmettre en scène les organes du mouvement au-dessus de la platine. La ligne Traditions'est enrichie de 3 nouveaux modèles cette année, dont la Tradition AutomatiqueSeconde Rétrograde 7097. Ce modèle rend un nouvel hommage à la beautédu mécanisme des montres de sous- cription et à tact en laissant apparaître ponts, roues, échappement, barillet et au- tres composants du mouvement, qui, d’ha-bitude, se trouvent sous la platine.www.breguet.com/frCollection Croisière 2015/16www.michel-herbelin.comCatch the light !Affirmée et lumineuse, la nouvelle déclinai- son de la Quatre Radiant Edition està l’image de la femme qui la porte. Plus douce que dans les collections antérieures, la graphique Quatre Radiant Edition en or rose n’en acertainement pas moins de carac- tère. Elle joue avec la matière et su-blime les motifs iconiques de Boucheron : godron, ligne de diamants, clous de Paris oversize et grosgrain. De nouvelles versions small de la Radiant Edition en or jaune, blanc et rose s’ajoutent à la collection et offrent des volumes variés pour des portés iconiques. A partir de 6000 euros.www.boucheron.comNouveaux coloris pour la montre PortofinoLa manufacture horlogère suisse de luxe IWC Schaffhausen a enrichi sa gamme Porto-fino de nouveaux modèles avec boî- tiers de 37 millimètres, la rendant ainsi plus séduisante que jamaispour les amateurs de montres lé- gèrement plus petites à leur poi- gnet. Une nouvelle variante vients’ajouter aux modèles Portofino Automatic Moon Phase 37 ornés dediamants. Elle célèbre le luxe tout en discrétion avec son boîtier en acier fin poli. Deux autres modèles veillent à laprésence de couleurs dans la collection, l’un grâce au bleu de son cadran et de son brace- let en cuir bleu, l’autre par son cadran argenté et son bracelet en cuir framboise.www.iwc.comMode & Accessoires Andy Warhol, égérie de MontblancAvec l’Édition Spéciale Andy Warhol de la collection Grands Person- nages, Montblanc célèbre et met à l’honneur l’incroyable empreinte de l’artiste sur l’art contemporain et la culture, en s’inspirant de certaines de ses plus célèbres œuvres. Le capuchon unique de l’Édition Spécialede ChanelAndy Warhol présente quatre boîtes de soupe à la tomate, élégamment gravées dans l’acier inoxydable, apparaissant deux par deux, en clin d’œil au travail de l’artiste.www.montblanc.comDes boutons de manchettestrès rock !La Maison S.T.Dupont rend hommage aux Rolling Stones en proposant une collection prestige en laque placée noire et palladium, véritable «symphonie» réalisée par ses maîtreslaqueurs et orfèvre. Le stylo s’inspire des fameuses guitares de Keith Ri- chards et les paroles de leurs tubes les plus célèbres se dévoilent sur le haut du capuchon. Cette magie musicale et visuelle opère de la même manière sur le briquet. Les boutons de manchettes en palladium sont eux, gravés de la langue mythique du groupe légendaire. Cette édition de prestige est limitée à 1962 exemplaires en référence à la date de création du groupe.www.st-dupont.com/fr/La collection Croisière à la si- lhouette structurée et avant-gar- diste est pleine d'énergie. Dans une explosion de couleurs écla- tantes, se fondent dans les tweeds tissés, le coton texturé mais aussi dans des matières lé-gères ou vaporeuses tels le shantung - une variété de soie sauvage chère à Mademoiselle Chanel - le lin, l'organza, le tulle ou encore la dentelle. Nous vous présentons ici le sac en tweed multicolore et daim gansé d'une natte en osier, 5 100€. L’accessoire indispensable pour toute saison !Tout d’Or vêtue !www.chanel.com86DéCEmbrE / JANviErAlber Elbaz nous enchante pour cette fin d’année ! Laquelle de nous saura résister à cette robe scintillante, mais tellement élégante ? Cette robe longue sans manches se pare d’un décolleté plongeant, on ap- précie sa fente sur le devant en crêpe de soie graphique maxi lavé. Composition 75% Soie, 25% Polyester Mousseline. € 2 685.www.lanvin.com]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[Vous allez adorer être mené en bateau.C’EST UN PLAISIR RARE, INTENSE, INOUBLIABLE...Dégustez la cuisine du Chef Guy Krenzer (Meilleur Ouvrier de France) à bord d’un yacht tout en savourant un spectacle que seul Paris sait offrir. Choisissez votre expérience du luxe à la française : affrétez Cachemire, le plus luxueux yacht de Paris, pour vos déjeuners, dîners ou cocktails privatifs ou optez pour le restaurant Don Juan II et ses dîners d’exception. Embarquement Port Henri IV (Paris 4ème) ou Port de Javel haut (Paris 15ème).Une certitude : vous allez adorer être mené en bateau.Tél. + 33 (0) 1 44 54 14 71 • reservations.dj2@ydp.fr • www.yachtsdeparis.frDroits photo: Delacroix L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26Art DE vivrE & PAtrimoiNE L’Art du tempsVins & SpiritueuxLa cuvée Corton, une grandepersonnalité !La cuvée Corton Grand Cru Clos des Fiètres 2011 est le résultat d'une parcelle d'exception située dans le centre du village d'Aloxe-Corton, avec un sol riche en calcaire et des vignes de Pinot Noir de plus de 70 ans. Elle est menée en biody-namie et respectueuse du calendrier des lunes. Le nez, dominé par les fruits rouges, est explosif. Le bouquet joue sur la fraîcheur et de belles notes de ce- rise griotte. En bouche l'attaque est délicate et l'allonge fantastique. Ce vin est élégant et fin avec une belle minéralité qui lui donne de la personnalité. Il ac- compagne au mieux le boudin blanc aux truffes, le chapon farci aux cèpes ou au foie gras...Prix conseillé : 70 euros.www.domainesfamillepicard.comMoelleux d’un Pinot Gris Vendange TardiveGrande spécialité depuis plusieurs générations de la famille Hugel, ce vin est d'une puissance et d'une longévité hors du commun à déguster religieusement lors d'une grande occasion. La robe est intense et profonde, or jaune légè- rement ambrée, avec une présence de larmes soyeuses, et onctueuses. Vin en bouche moelleux, ample, charnu avec une touche de vivacité qui laisse une finale fine, plaisante et agréablement parfumée. Conseil de dégustation : à boire à 8°, accompagné de terrines de foie gras, foie poêlé aux pommes ou aux coings, fromages persillés et tartesaux fruits.www.hugel.comDégustez la première AOC historique françaiseTerroir créé en 1936, Châteauneuf-du-Pape des Grandes Serres fut la pre- mière AOC de France. Elle s'est construite autour d'un décret particu- lièrement exigeant : des rendements limités à 35 hl/ha et les vendanges 100% manuelles avec tri l'illustrent bien. A l’oeil, on apprécie sa belle robe rouge intense profonde et brillante. Au nez, il se révèle un com- plexe de fruits rouges, de cuir, de réglisse et d'épices. En bouche, l’at- taque est franche, ample et immédiatement onctueuse. La finale est persistante et aromatique. Conseil : servi à 15°C- 16°C, ce vin accom- pagnera idéalement viandes rouges et fromages affinés. Idée recette : Grives rôties flambées au vieux marc de Châteauneuf.Prix TTC : 26,50 euroswww.grandesserres.comLa cuvée Héritage d’Antech, une valeur sûre !A la dégustation, ce crémant de Limoux brut millésime 2013 a le nez intense et décline des senteurs délicates de fleurs capiteuses et de pêches blanches avec un soupçon de miel. La bouche est fraîche, dotée d’une effervescence aérienne, aux arômes d’agrumes pour une finale très harmonieuse avec une belle persistance. La capacité de garde est de 4 ans, voire davantage. Servir à une température de 7-8°C pour accompagner crustacés, poissons à chair blanche, chapon ou poularde de Bresse. Prix conseillé : 11,20 euros.www.antech-limoux.com10e édition du Grand Tasting, le sacre des vins (4 et 5 décembre 2015 - Paris - Carrousel du Louvre)Michel Bettane et ierry Desseauve publient chaque année le Guide bettane+desseauve des vins, en France et en Chine, et animent également un pôle numérique important avec deux sites : www.bettanedesseauve.com (moteur de recherche permettant à ses abonnés d'accéder aux notations et commentaires de plus de 75 000 vins) et le site magazine www.mybet- tanedesseauve.com. Depuis 2006, ils organisent aussi le Grand Tasting Paris qui s'est exporté à Londres, Hong-Kong et Shanghai.Pourles10ans,desMasterClassPrestigemettrontlerêveàlabouche:ChâteauLatouret ChâteauL'EgliseClinet ,les plus grands vins du millésime 2005, de vieux millésimes des plus grands bourgognes de la maison Bouchard Père et Fils, les cuvées les plus célèbres de Champagne, les vins mythiques d'Italie... Informations et réservations surUn millésime 2011 remarquableà CahorsAprès plusieurs années de « vaches mai- gres », les vignerons cadurciens ont re- trouvé le sourire. Enfin un millésime sans coulure climatique sur le malbec. Découvrez des arômes de fruits noirs etwww.grandtasting.come Balvenie le plus artisanal des Single Malt ...e Balvenie Single Barrel First Fill 12 ans est un Single Malt qui a vieilli en fûts de chêne, ce qui lui confère des notes caracté- ristiques de vanille et d’épices, tout en lui assurant une douceur persistante. Chaque bouteille de ce Single Malt porte le numéro manuscrit du fût dans lequel il a été mis à vieillir. Non filtré à froid, il est mis en bou- teille à un degré d’alcool de 47,8%. Son nez est riche, complexe, avec des notes pro- fondes de chêne vanillé. En bouche, on dé- couvre des notes de fruits sucrés et d’épicessubtiles qui se superposent aux notes de miel. Enfin, la fi- nale est douce et chaleureuse !http://fr.thebalvenie.comHudson, artisanalement fierLe Whisky Hudson célèbre à New York son 10ème anniversaire et publie pour l’occasion ses méthodes de distillation arti-sanales aux Etats-Unis par la diffusion du documentaire, « From Grain to Glass : An American Craft Spirits Re- naissance ». Le film explore la récente explosion du retour aux méthodes de distillationartisanales aux Etats-Unis, et la position pion- nière du whisky Hudson dans cette démarche de création unique. Sur une période de 6 mois, l’Ambassadeur de la Maison s’est déplacé à tra- vers tout le pays à la rencontre de distillateurs, experts, auteurs et barmans qui représentaient le mouvement des spiritueux artisanaux.hudsonwhiskey.comd’épices que l’on retrouve dans unebouche gourmande, soyeuse et bien équilibrée. Les tanins sont très fins. Nous vous conseillons de servir cette cuvée à une température de 16°C pour accompa- gner viandes saignantes ou des abats comme les cœurs ou foies de volaille. Un vin qui donne du baume au cœur, l’hiver pointant son nez !www.osmin.frLe nouveau visage duWhisky écossaisOubliez tout ce que vous avez appris jusque-là sur le whisky, Monkey Shoulder change les rè- gles du jeu ! Découvrez un Blended Malt éla- boré à partir de trois Single Malt du Speyside. Loin des codes complexes de la dégustation, ac-cessible, généreux et jamais ennuyeux, c’est un whisky rond qui se déguste aussi bien sec quedans les meilleures recettes de cocktails. Monkey Shoulder, c’est aussi une bouteille iconique avec ses trois singes ac- crochés à l’épaule. Ce whisky a été adopté par les barmende renom partout dans le monde et plaît aux amateurs comme aux initiés. Un whisky à l’esprit libre, indépendant, affranchi des règles classiques du monde des malts. Ce cof-fret cadeau est disponible à 23,50 euros.DéCEmbrE / JANviErwww.monkeyshoulder.com88]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26Art DE vivrE & PAtrimoiNE L’Art du tempsUn Design bouleversant chez Tsarine !Pour les fêtes, Tsarine revisite le pomponne en le disposant sur un candélabre afin d’illuminer vos soi- rées. Cette œuvre a été confiée au designer mondialement reconnu Claudio Colucci. Forme s’apparen- tant à une corne d’abondance, le pomponne est un verre à cham-pagne dont le pied a été remplacé par une boule ou un an- neau. Claudio Colucci a transformé un candélabre « classique » en un service à champagne à poser sur la table. Le candéla- bre reprend le design de la bouteille de Tsarine tout en s’inspi- rant des toits du Kremlin ... mais à l’envers. Prix de vente conseillé : 299 euros, série limitée à 150 coffrets.www.tsarine.comChampagne à la pureté rareChampagnesUne « Trilogie effervescente » chez BesseratDécouvrez le Champagne Besserat de Bellefon comme vous ne l’avez jamais vu ! Dans son nouveau coffret « Trilogie effervescente » de forme cylindrique, 3 demi-bouteilles : une Cuvée des Moines Brut, une Rosé et une Blanc de Blancs sauront vous ravir en cette fin d’année. Extrêmement original et au- dacieux de par sa forme, l’écrin se transformera en un élégant porte-dessins pour les artistes ou porte- instrument pour les musiciens. Série exclusive et limitée à 300 exemplaires Prix de vente conseillé : 149€www.besseratdebellefon.comMini ou Maxi ?Un quart de champagne pour un tendre tête à tête ou une gigantesque bouteille de 30 litres pour150 personnes... Champagne Drappier sait s’adapter à toutes les situations : 11 tailles différentes allant de 0,20 litre à 30 litres pour son fameux Carte d’Or ! Drappier est la seule maison à proposer une telle diversité. Déjà le Nabuchonodosor (15 litres) est impressionnant et plutôt rare. Le Melchisédech (30 litres), création exclusive de la Maison Drappier, fait le double de sa contenance. C’est pour répondre à la demande de certains clients que Michel Drappier fait fabriquer cette immense bouteille (1 m 10 et 52 kg une fois remplie) tout spécialement en Italie.www.champagne-drappier.comL’Ultra D de Devaux pourrait aussi être surnommé La Pureté. Composé à 55% de pinot noir et 45% de chardonnay, cette cuvée séduit par sa couleur dorée. Les bulles sont très fines avec un cordon persistant. Le nez allie la fraîcheur à une grande minéralité, avec des notes de fleurs d’épices puis l’apparition de notes iodées et salines. On perçoit une très belle vivacité et longueur en bouche. Le faible dosage permet d’apprécier la pureté et l’élégance de cet assemblage extra-brut ainsi que les cépages qui le com-posent. Prix conseillé : 38,50 euroswww.champagne-devaux.frBlack and White Christmas chez Duval LeroyLa Maison Duval-Leroy est la seule Maison de Champagne à réaliser deux cu- vées Brut, une cuvée Brut « Blanc », Fleur de Champagne Brut Premier Cru, et une cuvée Brut « Noir », Brut Réserve. De cette particularité, elle a créé un cof- fret exclusif pour célébrer les fêtes de fin d’année, réunissant deux cuvées em- blématiques, en format magnum qui illustrent la parfaite maîtrise des cépagespar cette Maison familiale et indépendante depuis 1859. Dans le pur style de la Maison, ces deux cuvées sont d’une finesse et d’une élégance rares, subliméesdans un merveilleux coffret en chêne. Prix 200 euros TTC.www.duval-leroy.comUne collection pétillante et sculpturale !La Maison Laurent-Perrier a imaginé une collection sculpturale aux re- flets de fête pour célébrer la fin de l’année. Précieuse et iconique, la Cuvée Rosé Laurent-Perrier se pare le temps d’une saison de reflets nacrés qui attirent le regard dans un jeu de lumière infini. Ce champagne rosé de ré- férence, proposé dans un élégant flacon, s’apprécie seul ou se marie avec saveur aux plats de fête : saumon gravelax, canapé de foie gras, poularde aux écrevisses ou du magret de canard.www.laurent-perrier.com/frUne « Rosé Cube Box » by Jacquart !C’est dans un univers d’audace que naît en 1975, l’expression Rosé de l’emblématique Rosé Mosaïque de Champagne Jacquart. 40 ans après, Champagne Jacquart revêt un nouveau dress code « mosaïc » et proposeune version originale et inédite du moment festif de l’apéritif : le Rosé Cube. Cette nou- velle Box contient une bouteille de Jacquart Rosé Mosaïque, un seau à champagne et quatre flûtes sculptées dans un cube conçu pour préserver l’élégance, la finesse et le style aérien de la cuvée. A consommer frappée « on the cube ».www.champagne-jacquart.comUn Millésimé Lanson bientôt incontournableCe tout nouveau millésime 2008 marque plus d’un siècle de millésimes depuis le premier millésime en 1904. Ne subissant pas la fermentation malolactique, les Champagnes Lanson sont promis à un heureux vieillissement. La vendange 2008 a donné naissance à des vins tendres, d'une grande qualité. À l’œil, la robeest couleur or, les bulles fines forment un cordon de mousse délicat. Au nez, des arômes d’agrumes confits s’associent à des notes de pâte d’amande et des notes florales légèrement miellées. Au palais, l’attaque est dense, fraiche, surdes notes de fruits mûrs, équilibrée par des notes crayeuses et salines. Cette cuvée sera le compagnon idéal pour des poissons crémés, des viandes blanches ou un comté affiné. Prix de vente : 35€ TTC environ.www.lanson.com90DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frL’Art du temps Art DE vivrE & PAtrimoiNEDu foie gras millé- simé chez Lafitte !Depuis 1920, la Maison familiale La- fitte travaille avec des éleveurs locaux de canards traditionnels des Landes. Pour la sixième année consécutive, la Maison Lafitte sélectionne le pre- mium de sa production, en édition li- mitée, pour vous proposer un foie gras de canard entier de réserve : le Millésimé. Après un tri rigoureux, cefoie gras de canard entier est préparé à l’ancienne, selon la recette classique Lafitte, avec uniquement du sel, du poivre et des épices. Sans additif, ni conservateur ni alcool, il s’ap- précie surtout pour sa texture moelleuse, son goût rustique et authentique. Il est conseillé, tel un grand vin, dele laisser vieillir et s’affiner dans son coffret doré à l’or fin.Un cadeau par- fait en toute occasion !www.lafitte.frSacrée Beauté russe !Au cœur de la Russie impériale, les tsarev- nas, filles des tsars, se rendaient au Palais d’Hiver de St-Pétersbourg, ville de nais- sance de Kusmi Tea®, pour les fêtes de fin d’année où l’on décorait un immense sapin. Aujourd’hui, Kusmi Tea® célèbre cette tradition du XIXème siècle et pré- sente son thé de Noël, un mélange russede thé noir, d’épices et d’orange, ins- piré de cette époque. Pour la 2ème année, Tsarevna revient en édition limitée et se pare de nouvelles cou- leurs dans une boîte inédite. Son bleu impérial et ses paillettes argen- tées dessinent un univers féerique qui transporte au cœur de la magie des fêtes russes.www.kusmitea.comRêve de toujours, le sapin tout chocolat !Cette année, le Noël de Patrick Roger sera « arty » et c’est le penseur de Rodin qui envahira les vitrines, en hommage à la réouverture du MuséeRodin mais aussi et surtout afin de célébrer la sculpture sous toutes ses formes. De beaux sapins réinventés aux amandes caramélisées, orangeset raisins, ou sept nouvelles demi- sphères aux saveurs subtiles et inat- tendues, revisiteront avec belle gourmandise et grande fantaisie lemonde féérique des fêtes.3 en-K féériques au caviarPour les fêtes de fin d’année, Kaviari proposeun coffret Trio de Noël avec 3 en-K de caviarinédits présentés dans des socles gris métal-lisé ou en bois. L’écrin en carton satiné noirs’ouvre sur une jolie découverte: les trois pe-tites boîtes sont ornées d’un dessin mettanten scène le Père Noël. Une fois dégustées, lesen-K de caviar se transforment en cadeaux pour les enfants. A chacun alors d’inventer l’histoire de ces boîtes magiques, qui peuvent être des luges, des traineaux ou des bobsleighs...www.kaviari.frHouxLàLà!Cette année, Fauchon fait son show avec une collection inédite « Houx Là Là » colo- rée, gourmande et élégante pour un Noël festif autour du houx, véritable emblème hivernal. La démesure, la folie et la délec- tation sont au rendez-vous, déclinées dans un menu aux accords fins et équilibrés. Les Chefs y mêlent leur inventivité en asso- ciant saveurs subtiles, piquantes et acidu-lées à l’envie de faire rêver à travers des produits d’exception : Chapon de Challans, vanille de Tahiti, truffe noire Tuber melanosporum, jambon Ibaïama, poivre de Cassis© ... Que la fête commence ! Houx Là Là.www.fauchon.comUne invitation à l’excellence pour les fêtesCe coffret d’excellence fait hon-neur au savoir-faire du Château d’Estoublon. Réalisée à partir des meilleures parcelles d’oliviers et pressée dans le moulin le jour même, cette huile d’olive est un véritable exhausteur de goût. Quant au vinaigre balsamique, fruit d’une sélection rigoureuse, il accompagnera parfaitement l’huile d’olive ou tout autres mets. Son élégant coffret, fait de lui le cadeau idéal pour les fins gourmets. Le coffret habillé d’un noir profond allie une huile d’olive raffinée et un délicat vinaigre balsamique dans des flacons apo- thicaires uniques.www.estoublon.comDélice macaron au vin chaudC’est une création éphémère si- gnée Arnaud Larher...Chocolatier pâtissier Meilleur Ouvrier de France, Arnaud Larher est aussiun trublion du macaron. Chaque jour, une quinzaine de subtiles créations se livrent à la dégustation dans ses boutiques-écrins. Le macaron au vin chaud fait figure de refuge gourmand. Montagne enneigée et feu de cheminée, il est à lui seul une promesse de dé- paysement. Il dévoile une audacieuse partition : onc- tueuse marmelade au vin chaud parfumée de notes épicées (muscade, cannelle, badiane) et coque moel- leuse au croquant parfait.arnaudlarher.comwww.patrickroger.comGastronomieDéCEmbrE / JANviEr91]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26Art DE vivrE & PAtrimoiNE L’Art du tempsEvasionNouvel écrin chic à la montagne !Appréciez en toute saison les joies de la mon- tagne en vous rendant pour un séjour inou- bliable en Haute-Savoie. Au cœur du petit village de Cordon, face au majestueux Mont Blanc, l'hôtel Les Roches Hôtel & Spa, 4 étoiles, est un discret paradis de la chaîne Hôtels & Préférence. Véritable univers de dé- tente, ce chalet offre à ses hôtes, une piscine chauffée, un sauna et un jacuzzi offrant une magnifique vue sur le Mont Blanc. Le restau- rant 1786 aux spécialités savoyardes satis-fera votre appétit dans un cadre chic et élégant. Réouverture de l'hôtel le 10 décembre 2015.www.les-roches-hotel.comSéjour détox à la neigeFatigue, pollution, alimentation trop riche... l'hôtel bioclimatique La Croix de Savoie concocte cette année un short break bien-être revigorant et détoxifiant pour tous les stressés ! Au programme : massage, cours de cuisine détox', nuits avec vue sur les montagnes et ski. On re- part sur de bonnes bases en faisant leplein d'énergie et sans prendre un kilo. Le Plus environnement : La Croix de Savoie est le 1er hôtel bioclimatique de Rhône- Alpes construit à base de matériaux respectant l'environnement et utilisant au quotidien des énergies entièrement renouvelables.www.lacroixdesavoie.frRaid à chiens de traineau avec l’explorateur Gilles ElkaïmRejoignez l’explorateur polaire Gilles Elkaïm dans une grande randonnée de cinq jours à chiens de traineau sur le lac Inari en Laponie finlandaise. L’itiné- raire n’est pas tracé et varie en fonction de la météo, de l’état de la neige, de la forme des chiens ou de la nôtre. Vous dormez sous tente ou en bivouac de for- tune à la belle étoile. En autonomie réelle, loin des circuits touristiques tradi- tionnels, vous vous initiez à la vie sauvage du grand Nord sous les aurores boréales avec un des plus grands explorateurs polaires actuels. 7 jours | 1 800 euros TTC hors vol internationalwww.secret-planet.comDes nuits Rive gauche très pétillantes !Situé à quelques minutes de la Sorbonne et des belles bou- tiques du Boulevard Saint Germain, l’hôtel Les Bulles de Paris est une véritable ode au champagne. Les trente sept chambres déclinent au fil des étages une variation dethèmes où le champagne est roi : le champagne et les femmes, le champagne et l’art, le champagne et Paris, le champagne et la fête mais aussi le cham- pagne et l’amour. Les sept suites sont, quant à elles, à l’effigie de belles Mai- sons de champagne. Cetteplongée au cœur du plus noble des vins ne pouvait se faire sans un espace dédié à la dégustation ! L’établissement compte donc un Bar à Champagne, ouvert à tous, ainsi qu’une salle voutée pour l’organisation de dégustations œnologiques. Pour parfaire votre séjour léger et festif, pro- fitez de l’espace Bien-être.www.lesbullesdeparis.comNoël Magique dans les Hôtels Barrière à La BauleCocooning à la ClusazAménagé dans un chalet savoyard traditionnel, au calme dans le haut du village, l'hôtel Carlina vous in- vite à un séjour relaxant aucœur de la Clusaz. Vouspourrez vous détendre au-tour de la chaleur d’un feude bois dans son bar trèsbritish, ou encore piocherun livre dans la biblio-thèque. Pour complétervotre détente, l’hôtel vouspropose un centre de re-mise en forme, sa piscine, son sauna et son hammam. Une cuisine généreuse vous sera proposée dans le res- taurant de l’hôtel.www.hotel-carlina.comUn établissement qui honore notre Histoire !Placé au cœur du Triangle d'Or à Paris, cet hôtel 5 étoiles bénéfi- cie d'un emplacement prestigieux : à proximité direct de l'Arc de Triomphe et de la célèbre Avenue des Champs Elysées. Cet éta- blissement de luxe est comme une œuvre d'art qui contribue aubien-être et à la discrétion d'un bâtiment riche d'histoire, conçu pour le plaisir de ses hôtes. Ses 102 chambres incluant 47 suites sont un exemple extraordinaire dela décoration en style Empire, équipées des dernières technologies. Chaque suite a été repensée pour vous offrir tout le confort nécessaire.www.hotelnapoleonparis.comAvec leurs forfaits de Fêtes, L’Hermitage, Le Royal et le Relais & Châteaux Castel Marie-Louise vous ouvrent leurs portes telle une maison de famille. Tout a été pensé pour que petits et grands vivent des moments merveilleux pour ces fêtes de fin d'année : conte, passage du Père Noël, thalasso, golf, tennis. Un Noël Magique tout en tendresse...Offre pour les lecteurs d’EcoRéseau : à partir de 175 € la nuit pour deux personnes avec les petits-déjeuners. Réservations au 02 40 11 48 88www.lucienbarriere.comA la poursuite de la légende bretonne à l’hôtel Le Roi ArthurA l’orée de la Forêt de Brocéliande, rue de la Fée Viviane, trône l'Hôtel 4 étoiles Le Roi Arthur. Ce superbe établissement au stylecontemporain est construit au mi- lieu d’un domaine ancestral de 18 hectares offrant une vue grandiose sur le parcours de golf de Ploërmel Lac au Duc et sur le plus grand lac naturel de Bretagne, pour des ba- lades de toute beauté. Envie de vous évader ? L’élégant espacebien-être avec sauna, hammam, ja-cuzzi et piscine chauffée vous attend. Le restaurant gastrono-mique du Roi Arthur vous promet quant à lui une découverte tout en finesse des mets régionaux. Magique !DéCEmbrE / JANviErwww.hotelroiarthur.com92]]></page><page Index="93" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frL’Art du temps Art DE vivrE & PAtrimoiNE Bien -ÊtreGlossybox, un bonheur beauté mensuelRivalisant de créativité et d'élégance, l'écrin spé- cial Noël Glossybox Rose Gold est La surprise à glisser sous les sapins de Noël. Grâce à son des- ign enchanteur et raffiné, cette édition limitéePi de givenchy, édition collectorPi, « un peu plus loin que l’infini ». Un seul signe pour un parfum unique en son genre. Un flacon sculptural dont le bouchon trapèze ponctue la vertigineuse ascension. Une fragrance magnétique aux notes chaudes. Un défi parfumé signé Givenchy. Pi est le parfum de caractère par excellence, anti-consensuel, réservé à des personnalités affirmées...pour qui il est devenu une seconde peau. Le flacon s’ha- bille de métal qui lui donne encore plus de puissance !www.givenchybeauty.comJus detox au BaobabFrancis Gogué est le joyeux créateur de Francis Bonheur, une magnifique gamme gourmande naturelle et surtout appréciable pour notresanté ! Sa gamme de purs jus au baobab est 100% naturelle, sans sucres ajoutés, sans gluten, sans colorants, sans conserva-teurs...La pulpe du fruit du baobab possède d’exceptionnelles qualités nutritives, toni- fiantes et antioxydantes. Les graines du fruit du baobab contiennent 15% d’unehuile riche en acides gras essentiels. Décou- vrez le jus baobab açaï, acérola, canneberge, cassis, grenade ou mangue, de quoi ravirvos papilles toutcet hiver ! Bouteille de 50 cl : 4,60 €francisbonheur.comOptez pour un coffret bien-être éthiqueIntitulée en toute simplicité « Mon coffret bien-être », cette composition est dédiée à l’art de prendre du temps pour soi. Cadeau idéal ten- dance nature en ces temps de fête, ces trois nouvelles re- cettes à base de thé et de plantes soigneusement sélectionnées, toutes des créa- tions « maison », sont autant de promesses de savou- reux moments de détente... Escapade orientale, Parenthèse détente et Secret de Jouvence sont accom- pagnées d’une huile Weleda à la Grenade. Pour les amoureux de produits beaux, bons et éthiques ! PDV conseillé 32.80 €www.jardinsdegaia.comUn Beauty Shot contrela mauvaise mineLes concentrés intensifs Annemarie Börlind,produits végans, présentent des résultats déjàvisibles après une courte durée d'utilisation grâceà leurs actifs naturels hautement concentrés.L'actif principal issu de la biotechnologie deplancton végétal provenant de Bretagne est pré-sent dans les cinq Beauty Shots. Il agit sur la barrière cutanée – il fortifie les défenses naturelles de la peau, active la régénération cellulaire et stimule la production d'acide hyaluronique.www.boerlind.comdeviendra également le "it-objet" qui décorera avec chic la pièce favorite des beauty addicts. Soins du corps, du visage ou make-up, six merveilles full-size sont à découvrir dans ce coffret exclusif. Prix de l'édition limitée : 39€ sans abonnement et 29€ avec abonnement (valeur produits : 166€)www.glossybox.frDéCEmbrE / JANviEr93]]></page><page Index="94" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26Art DE vivrE & PAtrimoiNE L’Art du temps - L’actualité automobileLe nouvel Espace cache bien son jeuAutant le dire sincèrement, ça n’a pas été le coup de foudre. Au mondial 2014 cette drôle de machine ne m’avait pas séduit, à première vue. Quelques mois plus tard, alors que je m’apprête à en prendre le vo- lant, je reste perplexe. Etrange voiture au look indéfini, tout à la fois break, monos- pace, et SUv, pas vraiment joli avec ses grosses roues de 18 pouces, cette (très) grosse Clio intrigue c’est sûr. Une fois à bord le doute demeure. La planche de bord fait un peu cheap et le volet manuel du mini toit panoramique en verre est car- rément toc. on est loin du haut de gamme. Pourtant mon véhiculesécurité à l’ égal de ce que l’on trouve dés- ormais chez tous les constructeurs. En ce sens l’Espace est un concentré de l’offre automobile d’aujourd’hui. Contact, mo- teur, silence et maniabilité.... Les pre- miers tours de roues sont prometteurs sans doute grâce au sys-esthétique. Le choix des modes de conduite (sport, perso, eco....) fait varier les plaisirs et démultiplie les informations délivrées. Le confort est excellent, avec de très bonnes suspensions, des siègesc’est le déclic... La magie opère. L’Es- pace s’impose par son évidente douceur et son plaisir de conduite. Le moteur dCi de 160 chevaux couplé à la boite auto à 6 rapports est très largement suffisant, et ja-d’essai est en finition in- tens, le troisième ni- veau avant l’initiale Paris. Cherchez l’erreur. L’équi-pement est certesgénéreux avecun affichagetête haute maissur écran re-tractable façonPSA (pas surle pare brisecomme chezvolvo), un trèsgrand écran deplus de 8 poucessur la console centrale façontesla, une commande centrale des fonc- tions grâce à une molette, façon mer- cedes, et un levier de vitesse de la boite auto superdesign, façon DS. En prime une foultitude de dispositifs de confort et detrices. L’ergonomie des commandes se ré- vèle au fur et à mesure du trajet, parfaite, intuitive. L’affichage des consignes sur les compteurs centraux, en tête haute ou sur l’écran de la tablette est limpide, simple,parfaits et un système de massage éton- nant (conducteur et passager, trois positions, cinq in- tensités, cinq vi- tesses...). L’ambiance est « zen » avec un jeu de lumière intérieures variables, l’im- pression d’espace réel grâce au volume et au pare-brise panoramique... Et soudainModèle essayé : Renault Espace Intens Energy dCi 160 Twin Turbo EDC. Tarif : à partir de 43 500 euros. Tarifs gamme essence à partir de 38 200 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 34 700 euros.Le Kadjar c’est un Captur (le petit SUv de re- nault) en plus grand. La formule pour la- pidaire qu’elle soit résume assezbien les mérites (ou l’absencecanique également joue une partition raisonnable – moteur dCi 130 chevaux, boite ma-de mérites) de ce nouveau4X4 au losange. Plutôtjoli ce cousin germain duNissan Qashqai n’a pasl’autorité statutaire decertains de ses concur-rents comme le nouveautucson de Hyundai et pourtout dire il manque un peud’intérêt. Confort, finition, équi-pement, tout est dans la moyenne etrien ne parvient réellement à séduire. La mé-nuelle douce et agréable à 6 rap- ports, quatre roues motrices – qui ne suffit pas à convain-tème 4Control à quatre roues direc-mais pris en défaut, quel que soit le parcours. Et c’est à regret que je rend cette étrange automo- bile finalement très atta-Renault Kadjar : un SUV passe partoutchante.cre tout à fait.Modèle essayé : Re- nault KadjarEdition One Energy dCi 1304X4. Tarif : à partir de 32 800 euros. Tarifsgamme essence à partir de 22 990 euros. Tarifs gamme die-94DéCEmbrE / JANviErsel à partir de 26 000 euros.]]></page><page Index="95" isMAC="true"><![CDATA[n°26Hyundai i30 : difficile batailleCette petite berline coréenne a hérité des qualités de sa famille : look sympa, confort, équipement et finition soignés. maniable, elle dispose avec ce moteur diesel 1,6 litre de la nouvelle boîte auto à double embrayage et 7 rapports en tous points re- marquable. Au volant elle offre une grande facilité de conduite et se montre plutôt agréable que ce soit en ville ou sur route. reste que, bien que re- stylée, la i30 va avoir fort à faire face à la concur- rence star de la catégorie : Peugeot 308, volkswagen Golf et future nouvelle renault mé- gane. Un match inégal que la coréenne n’a aucune chance de remporter.Modèle essayé : Hyundai i30 1.6 CRDI 110 DCT-7. Tarif : à partir de 26 700 euros. Tarifs gamme essence à partir de 16 500 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 20 700 euros.Hyundai i30 turbo : l’agressivité en pluswww.ecoreseau.frL’Art du temps - L’actualité automobile Art DE vivrE & PAtrimoiNE ESSAIS & TENDANCESPar Philippe FlamandCoupé trois portes, sièges sport, sellerie rouge et noir, pédalier alu.... La i30 joue la carte vroum vroum pour séduire. Sous le capot un moteur essence 1,6 litres survitaminé de 186 chevaux, évidemment ça pousse...mais rien de transcendant ce- pendant. Le constructeur coréen n’a pas dans les gènes le savoir faire de ses concurrents hexagonaux et la i30 turbo reste raisonnable à conduire et un peu gourmande à la pompe.Modèle essayé : Hyundai i30 Turbo 1.6T-GDI 186. Tarif : à partir de 28 500 euros. Tarifs gamme essence à partir de 28 500 euros.DéCEmbrE / JANviEr95]]></page><page Index="96" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26Art DE vivrE & PAtrimoiNE Baromètre Finance & Investissementséthique & FinanceparLa loi Pinel est entrée en vigueur à l’automne 2014. Ce dispositif fiscal qui est venu remplacer la loi Duflot donne notamment la possibilité de louer son bien à ses descendants ou ascendants. il permet par ailleurs davantage de souplesse dans la durée de mise en location (6, 9 ou 12 ans contre 9 ans seulement avec la loi Duflot). La réduction d’impôt peut aussi atteindre jusqu’à 21% en Pinel contre 12% uniquement en Duflot. Selon une étude du site Empruntis, la loi Pinel a généré un regainuLES BONS PLANS DU MOISBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulierPinel : un an après, quel bilan ?immédiat d’intentions d’achat dans le neuf dès son entrée en vigueur. Dès le mois de septembre 2014, celles-ci ont augmenté de 9%. La hausse s’est poursuivie en octobre avec une croissance de 9%. Entre janvier et septembre 2015, les projets d’investissements locatifs dans le neuf ont été multipliés par deux par rapport à l’année précédente. Autre impact de la loi Pinel : les investissements sont plus élevés. Les particuliers ont misé 188889 euros en moyenne en 2015 contre 175766 euros en 2014, soit une augmentation de 7%.Arthur CohenPrésident Directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquéesLudovic Greiling, ancien collaborateur du Revenu, qui travaille pour différents journaux dont EcoRéseau, auteur de l’essai « Monnaie et Pouvoir » (éd. Apopsix, 2015)u secteur financieraE« L’émission de monnaie n’est pas neutre »Crowdfunding : en attente d’une stabilisation des pratiquesQuel but poursuivez-vous en sortant un tel livre ?D’où vient l’argent que nous utilisons tous les jours ? Qui sert-il en premier ? La monnaie ne tombe pas du ciel. Elle est émise par des personnes ou des institutions. Elle est donc gérée de manière partiale et souvent régentée dans l’intérêt de ses émetteurs. Nous utilisons de la monnaie quotidien- nement sans nous soucier de sa valeur ni de sa provenance. Je voulais comprendre son origine. L’argent est à la base de tout. Il permet d’acheter des biens et des entreprises, d’ac- quérir des terres, faire la guerre, rémunérer une police, dis- tribuer ou non des allocations... L’histoire monétaire et celle du pouvoir sont liées de manière indissociable. J’ai été frappé durant la crise de 2008 par la méconnaissance de nombre de médias sur les banques centrales. Il fallait creuser le sujet.Pourquoi revenir si souvent sur la notion de dette ?La monnaie et la dette sont aujourd’hui inséparables, car la monnaie-marchandise (or, sel...) a été interdite. Les euros, les dollars, les francs, sont créés par le système bancaire. Les économistes de banques que j’ai rencontrés espèrent tous une relance de la dette. Etonnant, alors qu’on parle d’unfléau dont il faudrait nous défaire. Si lesecteur bancaire a atteint dans certainspays développés 10% du PIB et 25%des indices boursiers, c’est parce qu’il acontrôlé la dette et ses juteux taux d’in-térêts. C’est sa mission, et c’est ainsiqu’il s’enrichit. La banque centrale, vé-ritable patron qui définit les taux, neprête plus directement aux Etats ; elleprête aux banques commerciales, qui reçoivent l’argent, les- quelles prêtent à leur tour aux grosses entités en achetant leurs obligations. Le circuit de l’argent est balisé, ne profite pas à tout le monde au même moment, va dans les mains d’agents, puis dans d’autres qui n’en touchent que des miettes. Les conséquences de ce fonctionnement : une ex- trême concentration dans le privé, une entreprise recevant d’autant plus facilement des prêts qu’elle possède déjà beaucoup d’actifs, et un grossissement exponentiel de l’Etat car la dette multiplie ses capacités financières. A noter que cette dette est gagée par des impôts de plus en plus impor- tants.Propos recueillis par JTntré en vigueur en octobre 2014, le nouveau cadre ré- glementaire sur le financement participatif a permis aux entreprises françaises de collecter 400 m€ en ca-pital, prêt, ou don. Le secteur connaît une croissance expo- nentielle et séduit par sa facilité d’utilisation, son immédiateté, ses rendements, comme le rappelle Sébastien Astre (directeur d’investissement de Lendix, leader en France du prêt participatif aux entreprises) : « De nom- breuses entreprises ont recours à nos services car notre offre constitue une alternative efficace au crédit bancaire. Nous apportons une grande attention à l’analyse crédit pour sécuriser les opérations, garantissons les montants re- cherchés par les emprunteurs et travaillons en toute trans- parence dans des délais très brefs, de l’ordre d’une quinzaine de jours ».Pourtant, après une année d’expérience, les pratiques du marché ne sont pas encore stabilisées, principalement pour le crowdequity, et certains acteurs inquiètent les régulateurs qui appellent « à la plus grande vigilance » (communiqué de l’AmF d’avril 2015) : les offres « proposées par l’inter- médiaire de sites se revendiquant de la finance participa- tive » s’avèrent parfois très risquées et sont « susceptibles d’être illégales et de nature à donner lieu à annulation ». Une source de l’ACPr souhaitant rester anonyme suren- chérit : « C’est le Far West ! Certaines plateformes ont des pratiques commerciales qui nous alertent ».LA SPÉCULATION DU MOISDans ce contexte où quelques «canards boiteux» risquent de jeter le discrédit sur toutes les plateformes, la Secrétaire d’état chargée du Numérique, Axelle Lemaire, a souhaité parrainer l’étude de Céline mahinc (conseillère en gestion de patrimoine, administratrice de l’ANACoFi immo) et Chloé magnier (économiste), qui sera rendue publique le 15 décembre prochain. Céline mahinc explique : « Notre objectif est simple mais ambitieux : à partir d’un panorama complet du crowdfunding immobilier et d’une analyse des réglementations en vigueur, nous proposons un «guide des bonnes pratiques» pour aider le législateur à mieux enca- drer la protection des investisseurs, et les plateformes à mieux se développer en harmonie avec l’ensemble des par- ties prenantes ».Nouvelle flambée autour du BitcoinAutant dire que cette première étude de référence est très attendue par tous les acteurs du secteur. Ainsi, concernant le crowdlending, Sébastien Astre se dit favorable à toute professionnalisation de l’écosystème : « L’avenir des pla- teformes de prêt passe par la qualité et la fiabilité de nos services. Nous sommes convaincus que nos nouveaux mé- tiers doivent être structurés en amont par une démarche professionnelle et déontologique : il en va de la crédibilité de tout le secteur. Nous sommes d’ailleurs les premiers en Europe continentale à mettre en libre accès l’intégralité de notre portefeuille. La transparence doit être la norme. » Comme souvent lors de l’émergence d’un nouveau marché, l’éthique doit être première et servir de point d’appui à la professionnalisation.Août Sept Oct NovLa monnaie virtuelle a bondi de 25% en une journée mercredi, revenant à son niveau de l'été 2014. Depuis août, elle a enregistré une pro- gression de 150%, à plus de 500 dollars. Une envolée qui s'explique notamment par la demande chinoise. Selon le Financial Times, cependant, une fraude de Ponzi pourrait être à l'origine de cette flambée.96DéCEmbrE / JANviEr]]></page><page Index="97" isMAC="true"><![CDATA[n°26www.ecoreseau.frImmobilier : pas de reprise en 2016 ?Baromètre Finance & Investissements Art DE vivrE & PAtrimoiNELe coin des analystesu Change : BFT Investment Managers voit une baisse de l'euro face au dollarLa non-décision de la Fed de relever ses taux directeurs en septembre a amplifié l’inquiétude des investisseurs, estime BFT Investment Managers, qui estime que la Fed « joue avec les nerfs des investisseurs » alors qu’une majorité d’économistes attend un relèvement des taux avant la fin de l’année. En attendant, c’est la décision des autorités monétaires chinoises de dévaluer le yuan, le 11 août dernier, qui a redonné un peu de vigueur face à l’euro. « Les marchés ont très mal réagi à cette décision précipitée des autorités chinoises, prouvant la faible dynamique économique actuelle de cette économie », écrit Warin Buntrock, directeur de la gestion diversifiée de BFT IM. Dans une optique de moyen terme, l’analyste pense que le mouvement de baisse de l’euro par rapport au dollar devrait reprendre au cours des six prochains mois.u Actions : JPMorgan AM privilégie lesmarchés développésPour JPMorgan Asset Management, il faudrait un ralentissement très prononcé du monde émergent pour freiner l’expansion des économies développées. A en croire le gestionnaire d’actifs, ce scénario ne devrait pas se produire. L’analyste anticipe dans son scénario le plus probable un renforcement des devises locales et un affaiblissement de la demande externe qui ne devraient représenter qu’un faible frein sur le taux de croissance. Selon lui, le mouvement de vente massif d’actions sur les marchés développés était une sur-réaction après la publication de statistiques économiques décevantes. JPMorgan AM continue à surpondérer les actions des marchés développés par rapport aux émergents. Il demeure relativement plus prudent sur la Japon en raison d’un cycle conjoncturel moins clairement défini, de conditions intérieures difficiles et d’une exposition à l’affaiblissement des marchés extérieurs plus forte que celle des autres marchés développés.u Obligations : pour BFT IM, un élargisse- ment du quantitative easing est inéluc- tableL’attentisme règne en zone euro, où l’inflation reste à des niveaux très bas, remarque BFT Investment Managers dans une note de synthèse. « Alors que les marchés recommencent à douter de l’efficacité du programme d’achat d’actifs de 60 milliards d’euros par mois lancé en janvier par la BCE, nous estimons que le taux d’inflation va remonter autour de 0,9%/+1% en janvier-février 2016 », écrit l’analyste. « S’il s’agit d’un rebond technique lié à l’effet de base de la baisse des matières premières enregistrée l’an dernier, il faudrait assister à un nouveau repli beaucoup plus fort des prix du pétrole pour écarter cette hypothèse d’une remontée des prix », ajoute-t-il. Selon lui, il est quasiment établi que la BCE ne parviendra pas à atteindre son objectif de 2% d’inflation. La nouvelle dégradation des prix du pétrole et le renchérissement de l’euro face au dollar figurent parmi les risques principaux qui pourraient empêcher d’atteindre cet objectif. BFT IM pense que Mario Draghi n’aura pas d’autre choix que d’élargir le programme de quantitative easing (QE) à d’autres classes d’actifs, d’augmenter les volumes d’achats et/ou de le prolonger au-delà de septembre 2016.Selon la dernière analyse des économistes du Crédit Agricole, les prix devraient rester globalement orientés à la baisse sur le marché immobilier français. Pour l’heure, la reprise se cantonne aux volumes mais ne concerne pas les prix de vente. olivier Eluère, économiste de la banque verte en charge de l’immobilier, rappelle que ces prix restent en baisse mesurée, de l’ordre de 2% sur un an. « Il semble prématuré de parler d’une reprise durable du marché. L’immobilier résidentiel reste affecté par des facteurs conjoncturels négatifs (croissance faible, chômage élevé, impact des mesures fiscales de 2012-2013, prix élevés et encore surévalués), même s’il bénéficie de fondamentaux favorables (démographie, effet retraite, valeur refuge, modèle de crédit prudent, bas niveau des créances douteuses) », estime-t-il. il s’attend par ailleurs à une remontée progressive des taux de crédit au cours des prochains trimestres, ce qui pourrait avoir pour conséquence uncertain attentisme et un tassement des ventes dans l’ancien.La CSCA s’allie à Anacofi AssurancesLa Chambre syndicale des courtiers d’assurance (CSCA) et l’Anacofi Assurances (Association nationale des conseillers financiers) ont officialisé leur rapprochement début novembre. L’objectif en sera d’assurer la coordination entre les syndicats membres, les échanges, la création de commissions conjointes et la représentativité politique commune dans le domaine de l’intermédiation d’assurances, expliquent les deux organismes dans un communiqué. « Avec cet accord, qui est une alliance non fermée et non une fusion, nous démontrons que nous pouvons œuvrer en bonne intelligence, loin des luttes et des rivalités, au bénéfice de tous les professionnels », déclare David Charlet, président de l’Anacofi.DéCEmbrE / JANviEr97]]></page><page Index="98" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26Art DE vivrE & PAtrimoiNE Patrimoine - Les placements outre-merFocus sur un placement ou investissement afin d'analyser les tendances et évolutionsAnticyclone fiscal, derniers instantsP Préservés jusqu'à fin 2017, avant d’être remplacés par le crédit d’impôt, les dispositifs actuels de défiscalisation immobilière outre-mer sont encore intéressants...our les métropoli- rôme Devaud, directeur tinique, alors que la Nou- tains, l’outre-mer chez inter invest. La velle Calédonie et surtout ne représente pas baisse de la rentabilité de la Polynésie représententseulement une destination l’opération est cependant des volumes plus confi-de vacances, mais aussi, souvent, une opportunité de défiscalisation. L’in- vestissement immobilier dans ces territoires ouvre ainsi droit à divers avan- tages fiscaux, pour les par- ticuliers. Né de la Loi pour le développement écono- mique outre-mer (Lo- deom) de 2009, le Girardin social (article 199 C du CGi), calqué sur le fonc- tionnement du Girardin industriel (cf. encadré), vise ainsi à financer la construction de logements sociaux pour le compte de bailleurs sociaux ou- tre-mer. il offre une ré- duction «one shot» de 50% du montant total de l’opé- ration. L’effet est immé- diat : un produit souscrit en 2015 ouvre droit à une réduction d’impôts d’un montant supérieur à sa mise, perceptible dès 2016. Un peu moins per- formant sur le plan fiscal, le Pinel outre-mer permet tout de même une réduc- tion d’impôt de 23 à 29%, pour une durée d’engage- ment de location de six à neuf ans.Girardin industrielLe dispositif grand-frère écornéLe Girardin industriel ayant inspiré le dispositif de Girardin social, leurs principes sont similaires, à l'exception de l'objet de l'investissement. Le Girardin industriel concerne l'achat de matériels ou d'équipements industriels (tracteur, grue, avion, etc.), visant à être loués pendant cinq ans à un exploitant local. Etant donné les montants moins élevés des opérations, il permet des tickets d'entrée plus raison- nables, à partir de 2500 euros. Mais son taux de réduction fiscale initial de 50% a successivement été raboté à47,5% puis à 47,12% en 2011 et 2012.compensée par une élé- vation du plafond de ré- duction d’impôt à 60000 euros. »dentiels », redoute néan- moins Jérôme Devaud. Ces coups de rabots suc- cessifs ont fini par pousser certains acteurs à ne plus commercialiser ce type de produit. « Les rendements des Girardin industriel et social ont fondu de 7 à 8% depuis le début de l’année, passant de 18- 20% à 12-13%, avance ivan Glevarec, directeur commercial chez ACi ou- tremer. Aujourd’hui, les rendements des investis- seurs et les marges des opérateurs sont devenus insuffisants par rapport aux risques encourus. Nous n’en proposons donc plus pour la première an- née. » À la place, le groupe a lancé un « panier outre-mer » : un produit innovant qui utilise le ca- dre fiscal de la loi Girardin social pour financer des programmes d’immobilier professionnel : hôtel, meu- blés de tourisme, etc. « Pour un montant de souscription minimum de 20000 euros, ce produit permet d’étaler 38% du montant investi en réduc- tion fiscale pendant cinq ans, précise ivan Glevarec. Ce qui représente 1520Pire, ces dispositifs sont aujourd’hui tout bonne- ment menacés de dispari- tion définitive d’ici fin 2017, par le futur projet de loi de finances. « De- puis le 1er septembre 2014, le législateur a prévu la cohabitation de la défis- calisation Girardin et du crédit d’impôt réservé aux bailleurs sociaux ultra- marins. S’il s’avère effi- cace et bien que moins in- citatif, ce dernier pourrait venir remplacer la défis- calisation sur le Girardin social, confirme Jean-mi- chel maraval, directeur général de Star invest. Ce qui n’est pas sans poser problème pour le dévelop- pement des programmes de logement sociaux ul- tramarins dont les préfi- nancements seront impac- tés. »Ces taux, plus élevés que ceux des principaux pro- duits de défiscalisation français, représentent une opportunité intéressante« L’article 199 A du Code général des impôts, pré- voyant des réductions d’impôts sur cinq ans pour certains types de loge- ments dans le cadre de loyer plafonnés, s’éteint progressivement, à l’ex- ception de quelques de- mandes de permis de construire antérieures à la fin du dispositif », rap- pelle Jean-michel mara- val, directeur général de Starinvest.le Girardin social : un ap- port plus important sera désormais nécessaire pour obtenir le même montant de réduction d’impôt. « Les coups de rabot n’ontLes seules fois où on a envie d’aller sur place superviser les travaux...pour les contribuables mé- tropolitains. D’autant que leur avenir pourrait pro- chainement s’assombrir, suivant l’exemple du Gi- rardin intermédiaire (199 A du CGi), qui vit actuel- lement ses dernière heures.Ce coup d’arrêt ne devraitcependant concerner queles bailleurs sociaux dansles Dom, selon la ministrede l’outre-mer. Grâce àleur autonomie fiscale, lesCollectivités d’outre-mer(Com, anciennement ap-pas impacté le taux de ré- pelées tom) pourront euros de réduction fiscaleLe choix de la localisation importe davantage en Pinel, dans l'optique de la gestion locative et de la revente du bien.98DéCEmbrE / JANviErGIRARDIN VSPINEL ?En attendant, le particulier bénéficie toujours du choix entre le Pinel et le Girardin social. Des dis- positifs aux contours trèsTOUCHÉS MAIS PAS COULÉSAinsi, les dispositifs exis- tants sont à leur tour écor- nés de toutes parts. Après divers plafonnements ins- taurés depuis 2009, le gou- vernement a ainsi décidé cette année de réajustercial, mais la loi de fi- nances 2015 a augmenté la part de l’avantage fiscal qui revient au bailleur so- cial ultramarin. L’avan- tage fiscal de 50% doit en effet être partagé entre l’investisseur et le bailleur. Or le taux de rétrocession envers ce dernier est passé de 65 à 70%, explique Jé-du Girardin social. « Cette restriction va considéra- blement réduire les op- portunités d’investisse- ment pour les contribua- bles, car une majorité des programmes immobiliers en logement social se situe danslesDOM:àlaRéu- nion, en Guyane, à la Guadeloupe et à la Mar-ment de 7,6% par an, net d’impôts et de prélèvement sociaux. »duction du Girardin so- donc continuer à disposer annuelle, soit un rende-Œ]]></page><page Index="99" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="100" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26Art DE vivrE & PAtrimoiNEPatrimoine - Les placements outre-merdifférents. En Girardin so- cial, l’investisseur contri- bue à financer un pro- gramme immobilier de lo- gement social en devenant associé d’une société de portage gérée par un opé- rateur, qui va acquérir le bien immobilier puis le louer à un bailleur social outre-mer, avant de lui cé- der, pour un euro symbo- lique, à l’issue d’une pé- riode de cinq ans. Pour le particulier, l’opération est donc réalisée à fonds per- dus, mais ouvre droit à un avantage fiscal supé- rieur à l’apport. « L’avan- tage pour l’investisseur est purement fiscal, sans aléa lié aux loyers ou au prix de revente du bien, explique Jérôme Devaud. En effet, de par son statut semi-public, le bailleur social présente une contre- partie de qualité pour l’in- vestisseur, ce qui limite le risque de défaut d’exploi- tation du bien financé. En outre, le prix de vente en faveur du bailleur social au terme de la période de portage est fixé dès le dé- part. »revenus 2015 égal au mi- nimum à ce montant », décrit Jérôme Devaud. ils se démocratisent cepen- dant ces dernières années, en fonction de la taille des programmes. « Nous avons ouvert ces produits à de nouveaux investis- seurs, indique Jean-michel maraval. Ces défiscalisa- tions sont pertinentes à partir d’objectifs d’éco- nomies d’impôts de 10000 euros pour des investis- seurs ne prévoyant pas de quitter le territoire pen- dant la durée de portage de cinq ans. »et ne proposant pas des rendements hors marchés, alerte Jean-michel mara- val. À titre d’exemple, pour le Girardin-logement social, les rendements sont généralement compris en- tre 10 et 15%. » En outre, le contribuable doit veiller à sa situation fiscale par- ticulière, surtout s’il bé- néficie d’autres avantages fiscaux par ailleurs. « Il convient de s’assurer que la réduction d’impôt pour emploi d’un salarié à do- micile, par exemple, est bien déduite, illustre Jé- rôme Devaud. Les opéra- teurs ont ainsi l’obligation de fournir à l’investisseur des outils de simulation pour s’assurer du respect de ses plafonds et calculer sa réduction d’impôt maxi- mum au titre du dispositifDans le cade d’un Pinel, l’investisseur devient pro- priétaire du bien immobi- lier acquis, dont il pourra jouir, ou choisir de le louer ou le revendre à sa guise. Comme le Girardin, les programmes réalisés en Pinel ne rencontrent pas ou peu de problèmes lo- catifs, grâce à une de- mande de logement ultra- marine importante. En re- vanche, il souffre d’autres inconvénients liés à l’ac- quisition du bien par le contribuable. « Contrai- rement au Girardin social,CorseAgrément des opérations par l’administration fis- cale, contrôle des opéra- teurs dans le cadre de leur mise en concurrence, statut semi-public des bailleurs sociaux : les programmes de Girardin social sont a priori peu risqués pour l’investisseur. Néanmoins, la prudence est toujours de mise, eu égard aux montants investis. « Il faut travailler avec des inter- venants qualifiés, ayant des relais ou des filiales outre-mer, un historique important, pignon sur rue, étant rompus aux procé- dures d’agréments BercyGirard.portant dans le cas d’un Girardin social où les conditions des opérations sont identiques, le choix de la localisation importe davantage en Pinel, dans l’optique de la gestion lo- cative et de la revente du bien.Pierre HavezNouvel eldorado desplacements ?Les îles offrent décidément leurs lots de produits d’inves- tissement performants. Mais inutile d’aller très loin pour en bénéficier. Le courtier en ligne Linxea vient ainsi, par exemple, de lancer un fonds d’investissement de proximité (FIP), en Corse. Ce produit offre un taux de réduction d’impôt de 38%, contre 18% pour les dispositifs natio- naux.Pour cela, il doit être investi au minimum à 70% dans des PME corses éligibles au dispositif : service à la personne, santé, industrie ou tourisme, contrairement aux sociétés financières ou d’énergies renouvelables qui en sont exclues. « Le tissu économique de l’île est plus dense et dynamique qu’il n’y paraît : il s’agit de la seule région française à afficher une croissance positive depuis 1993, et 75% des entreprises corses sont encore en activité trois ans après leur création, soit un taux supérieur à la moyenne nationale », avance Yves Conan, directeur en charge du développement chez Linxea. En contrepartie de son avantage fiscal élevé, la plus-value à terme est exonérée de charges si l’investissement est conservé cinq ans au minimum, mais plus souvent de huit à dix ans. « La durée de blocage et le risque de perte lié au non- coté constituent les deux principales contraintes d’inves- tissement sur ce type de produits, qui s’adressent majori- tairement à des contribuables avec des tranches marginales d’imposition supérieures à 30% », ajoute Yves Conan.in. » Enfin, peu im-Le temps presse désormais pour investir outre-mer ce qu’on a épargnérend d’abord difficile la gestion des locataires et des loyers, ainsi que l’en- tretien du bien immobilier. De plus, le climat ultra- marin peut accélérer sa dégradation, entraînant des coûts de travaux de réno- vation imprévus. Les opé-fiscal : le risque de perte à la revente existe. Les opérations de défiscalisa- tion en Pinel requièrent enfin des montants d’in- vestissement plus lourds, au départ, que le Girardin social. « La mobilisation de trésorerie est plus éle-attractifs séduisent de plus en plus de contribuables, essentiellement métropo- litains, désireux d’adoucir leur note fiscale. mais, en Girardin social, la taille des programmes immobi- liers et la limitation du nombre d’investisseursPar son statut semi-public, le bailleur social présente une contrepartie de qualité pour l'investisseur, limitant le risquequi est un portage pure- ment fiscal dans lequel les biens reviennent au bailleur social au bout de cinq ans, le Pinel outre- mer donne au contribuable la possibilité d’acheter, de louer et de conserver le bien à la sortie. Il com- porte donc un risque pa- trimonial supplémen- taire », prévient Jean-mi- chel maraval. La distance100 DéCEmbrE / JANviErde défaut d’exploitation du bien financérateurs conseillent donc de privilégier les pro- grammes neufs ou les vil- las.vée pour l’investisseur qui doit d’abord acquérir le bien, avant de pouvoir bé- néficier d’une réduction d’impôt, qui plus est déli- vrée sur plusieurs an- nées », ajoute Jérôme De- vaud.pour des raisons de pro- cédures (obligation d’of- fres publiques de titres fi- nanciers au-delà de 150 investisseurs) imposent des tickets d’entrée élevés. « Nos opérations en Gi- rardin logement social sont accessibles à partir de 40000 euros de réduc- tion d’impôt. Nos clients doivent donc être redeva- bles d’un d’IR au titre desmalgré ces précautions, ces opérations subissent encore souvent une décote à la revente plus élevée qu’attendue. Prix à la re- vente souvent inférieurs à ceux du privé, prix à l’en- trée majoré car intégrant une partie de l’avantageDOUCE NOTE FISCALEmalgré quelques contraintes, ces produits]]></page><page Index="101" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="102" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°26Art DE vivrE & PAtrimoiNE La Sélection culturelleChoix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucuneExpoLivresn Picasso mania au Grand Palais jusqu’au 29 février 2016 Si vous vous attendez à voir les œuvres d’art du plus célèbre espagnol du 20e siècle, sachez qu’au Grand Palais, l’accent est mis sur ses disciples. Au total, l’exposition regroupe 300 tableaux – des élèves "spirituels" de Pablo Picasso – et ex- pose une centaine de tableaux du maître lui- même. « Salut, l’artiste ! », lit-on sur le mur. C’est ainsi que s’intitule la première salle, et l’image de Picasso se trouve ici sur les toiles, le papier, comme sous forme de sculpture. De son vivant, on qualifiait Picasso d’"omnivore", il était ce qu’on appelle un homme à tout faire. Bien évi- demment, ses disciples s’efforçaient à leur tour d’utiliser les matériaux les plus inhabituels afin d’attirer l’attention. Ces œuvres présentées à l’exposition étonnent. Par exemple, dans la salle dédiée aux références à "Guernica", on trouve un panneau (aux mêmes dimensions que le pro- totype), non pas constitué d’hommes mais d’animaux empaillés, exter- minés par l’homme. Dans la même salle, on voit Colin Powell en bronze, brandissant une éprouvette avec colère. Les grands du Pop’art ont chacun pris une salle. David Hockney, Jeff Koons, Jasper Jonhs, Roy Lichten- stein, Arman Christo et une soixantaine d’autres, ont reçu le droit d’être exposés à côté du maître. Une exposition surprenante qui fait cogiternos cellules grises.n L’art russe à Drouot (7 et 8 décembre 2015)L’art russe a toujours suscité un intérêt considérable parmi les collection- neurs. Ce monde mystérieux reste cependant inconnu du grand public,pourtant il est plein de finesse. Le 8 décembre 2015 la maison de vente Leclere ouvrira la se- maine de l'art russe à Paris. Une occasion en or pour vous familiariser avec la culture russe et ses œuvres d’art. Pour la première fois, le célèbre hôtel Drouot rassemblera toutes les enchères d’art russe la même semaine (salle 15, seule- ment le 8 décembre à 13h30). Les toiles des ar- tistes incontournables comme Aïvazovski, Roerich, Serebryakov, Korovine, seront présen-tées. Une rare collection de gravures et de miniatures (XVII-XIXe siècle), ainsi que la bijouterie ancienne en argent et en or (XVIII-XIXe siècle) se- ront les perles de l’événement. Pour vous donner un avant-goût de l’en- chère, le 7 décembre, l’exposition sera ouverte au grand public. Ivan Birr, un expert en art russe et descendant d'émigration russe, se fera une joie de répondre à toutes vos questions.Filmn Le Bonheur sinon rien (d’Alain Nemarq, éd. Le Texte Vivant, 2015) :Le Pdg. de Mauboussin a déjà publié un premier livre autobiographique aux éditions Calmann-Lévy en 2011, qui a rencontré un certain succès. Cette fois, depuis les philosophes qui ont marqué l'auteur, en passant par ses amitiés, ses muses et des sujets d'actualité... Le Bonheur sinon rien aborde les grandsthèmes que sont la mort, la famille, l'amour, l'amitié et l'enfance.Un traité sur le bonheur... On ne s'y attendait pas de la part du dirigeant d'une des entreprises de joaillerie les plus florissantes.Alain Némarq aborde avec justesse sa vision du bonheur, de l'amitié, des femmes... Tout à la fois érudit et accessible, sans langue de bois bienveillant, juste et touchant, Alain Némarq se livre et nous livre ses joies et ses peines, son idée du bonheur.n D’après une histoire vraie (de Delphine de Vigan, Ed. JCLattès, 484 pages, sortie le 26 août 2015)Ce nouveau livre traite des deux années qui ont suivi la parution du livre "Rien nes’oppose à la nuit" (une histoire autobiographique de Delphine de Vigan sur la bi-polarité de sa mère). Cette fois, la romancière nous fait part de son amitié toxiqueavec une femme ayant exercé une emprise terrible sur elle, l’empêchant d’écrirependant de longs mois et pour finir, la plongeant dans une dépression. L’histoireparaît simple, mais l’auteur brouille les pistes avec une délicatesse inouïe et joueavec son lecteur en mêlant des éléments de sa vie privée et des péripéties qui pa-raissent invraisemblables. Le défi est relevé, et à la fin, nous sommes déconnectéset poussés par une seule envie, savoir quelle partie était autobiographique et la-quelle était fiction ? Au mois de novembre 2015, le thriller psychologique (déjà vendu à plus de 170000 exemplaires) a reçu le prix Renaudot, succédant à David Foenkinos et son livre "Charlotte".n Le mariage de François Hollande (de Julie de Montespan, éd. Gras- set, 2015) :Moi Président, je ferai enfin les choses sérieusement. Demain à midi à l’Elysée. Sois là. Un soir de juillet 2016, François adresse ce texto à quelques amis. C’est grâce à une fiction retraçant le mariage du président en 2016, que l’auteure, fine connaisseuse des rouages de l’Elysée et de la psychologie de ses hôtes et visiteurs du soir, dresse une galerie de portraits aussi drôles que subtils. Ou quand la réalité rejoint la fic- tion...n Les derniers jours des reines (de Jean-Christophe Buisson & Jean Sévilla, éd. Perrin, 2015) :Avis aux amateurs d’histoire. On connaissait le suicide de Cléopâtre. Mais qu’en est- il de Brunehaut, Agrippine et son assassinat, Aliénor, Marie Stuart et sa décapita- tion, Catherine de Médicis, Catherine II, Joséphine, Victoria, Astrid de Belgique et son accident... Les auteurs proposent un fil rouge décalé, une histoire du pouvoir au féminin, dont la fin est souvent aussi tragique que riche d’apprentissage. Inté- ressant.n La femme au tableau (de Simon Curtis, sortie 15 juillet 2015, sortie DVD 18 novembre)Maria Altmann (Helen Mirren), une octogénaire, demande au jeune avocat Randol Schoenberg (Ryan Reynolds) de l'aider à récupérer l'un des plus cé- lèbres tableaux de Gustav Klimt, exposé dans le plus grand musée d'Autriche. Ce tableau appartiendrait à la famille de la vieille dame et aurait été volé par les nazis. Tout au long du film, nous suivons l’évolution des deux personnages à première vue si différents (l’excentrique Maria et le timide Randol), essayer de récupérer un tableau qui vaut des millions. Pour Maria, c’est une affaire d’honneur et de valeurs familiales, pour Randol, tentant tout d’eux d’une occasion en or de booster sa carrière. Plus l’affaire judiciaire qu’entame ce couple contradictoire avance avec ses hauts et ses bas, plus nous avons de la compassion pour la vieille dame (dont nous comprenons l’histoire grâce aux nombreux flash-backs). Quant à son avocat en herbe, il subit une réelle transformation et renoue avec ses racines juives. D’après une histoire vraie, le film nous apprend beaucoup sur le sujet peu connu de la restitution des biens volés aux Juifs.102 DéCEmbrE / JANviErPROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 28 JANVIER 2016]]></page><page Index="103" isMAC="true"><![CDATA[LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRECABARET DU MONDE !DINER ET REVUE À 19H À PARTIR DE 190 € REVUE À 21H ET À 23H À PARTIR DE 77 €MONTMARTRE82, BLD DE CLICHY - 75018 PARIS TEL : 33(0)1 53 09 82 82THE SHOW OF THE MOST FAMOUS CABARET IN THE WORLD !DINNER & SHOW AT 7PM FROM €190 SHOW AT 9PM & 11PM FROM €77WWW.MOULIN-ROUGE.COM FACEBOOK.COM/LEMOULINROUGEOFFICIEL© Bal du Moulin Rouge 2015 - Moulin Rouge® - 1-1028499]]></page><page Index="104" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>