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n°26
PANorAmA Rétrospective - La résilience de la France face aux attentats
Le sang sèche vite, dit-on, en entrant dans l’Histoire. Celui versé en ce funeste mois de novembre 2015 boulevard voltaire, rue de Charonne, rue bichat, rue de la Fontaine-au-roi, au bataclan et à Saint-Denis fera à coup sûr mentir l’adage. on n’effacera pas le deuil et la douleur de 400 familles d’un coup de baguette magique. Quoique difficile à tenir par ces temps obscurs, la ligne éditoriale de notre titre nous encourage à trou- ver une lueur d’espoir au milieu de la nuit pari- sienne. L’espoir de ne pas voir l’horreur frapper à nouveau. trop fort. trop vite. trop tout.
mais les paroles, prières et condamnations, quoique légitimes, ne suffisent plus. Un t-shirt «Je suis Charlie» n’est pas un gilet pare- balles, nous venons d’en faire la tragique expé- rience.
Indignations et cris fondateurs ?
d’affluence pour chacune de ces deux catégories) après des épisodes de bousculades ou bagarres violentes, voire mortelles. Seuls les footeux intermit- tents délaissaient les tri- bunes pour la télé, leur taux d’affluence au stade passant de 85 à 45%. Que retenir de cette dé- monstration ? Que la peur ne triomphe jamais de nos habitudes, pour peu qu’elles soient ancrées en profondeur.
Le retrait des troupes es- pagnoles d’irak après les attentats d’Atocha en 2004 reste tristement dans les mémoires comme une vic- toire du terrorisme sur la démocratie. Le roseau peut plier, mais ne doit jamais rompre. Sur notre sol, en- suite, une extrême fermeté doit être de mise vis-à-vis des prédicateurs, imams et penseurs intégristes. La haine n’est pas une reli- gion. La laïcité peut dormir sur ses deux oreilles. Concernant les armes, ces- sons de ricaner du grand frère américain. Leurs bou- tiques d’armes ont pignon sur rue dans des résidences tranquilles. Les nôtres ont pignon sur cave dans des banlieues en déshérence. Pas grande différence, au final, pour qui veut s’en procurer. Et on fait sem- blant de le découvrir. En- fin, cessons de n’aimer la France que quand elle est en deuil. Notre pays a ses défauts. Des pans de notre histoire doivent nous faire honte à jamais. mais nous avons aussi apporté à l’hu- manité quelques idées convenables, en plus de nos vins et nos fromages. Le leader du groupe Zebda magyd Cherfi a en ce sens publié une magnifique tri- bune dans Libération, dans laquelle il annonce « être devenu solennellement français » au soir du 13 novembre. .
La quadrature du cercle
Dans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.
Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé. Après le temps des légitimes lamentations, doit venir au plus vite celui de la résilience. ou comment anéantir le terrorisme sans renier nos valeurs ni le fonctionnement de notre Etat. Une main de fer dans un gant de velours ?
Alors quoi ? François Hol- lande décide de mettre la Syrie à feu et à sang, et on envoie quelques bar- bouzes faire la peau de son moustachu dictateur – encore un. on surveille les mosquées, ceux qui y prient, ceux qui y entrent, ceux qui en sortent ? on place en garde-à-vue tout barbu attablé devant un kebab salade-tomate-oi- gnons (les prisons seront vite remplies de hipsters en fin de soirée) ?
les contraires. ménager à la chèvre une clairière saine et verdoyante. Et ne pas laisser proliférer le chou, encore plus s’il vient de bruxelles. Cela porte un nom : la résilience. Un mot complexe pour une idée simple. La capacité d’un corps social – ici la France – à s’adapter, voire
mesure, naturelle. Un virus nous attaque, notre corps souffre un temps, s’en dé- barrasse, et reprend son rythme de croisière. mieux, nos anticorps connaissent maintenant le visage du terroriste, et gare s’il repointe son nez. rai- sonnement trop simple ? Je vous l’accorde. En
pagnols. résultat : la peur s’apprend, se contrôle et s’apprivoise. mieux : plus on y est soumis, plus on la maîtrise. Concernant l’intifada, les habitués des lieux fréquemment visés par les attaques avaient de moins en moins peur et redoutaient de moins en moins l’attaque suivante.
Ce qu’il faut avant tout, et ce n’est pas le plus sim- ple, c’est maîtriser les réac- tions épidermiques et les intentions va-t-en-guerre que nous éternuons sous l’odeur de la poudre. Si la vengeance soulage le cœur, elle donne des re- mords à la tête. Aussi le fer que nous souhaitons porter au cœur de Daech doit-il être guidé par une main arc-boutée sur les valeurs républicaines. Li- berté de penser, liberté de la presse – que l’Etat d’ur- gence fait vaciller –, liberté de culte, liberté de circu- lation. La France ne sera jamais aussi forte que par ses institutions et par ce qui constitue, aux yeux des terroristes, nos fai- blesses.
Messieurs nos gouvernants, il semblerait bien que nous ayons besoin de vous
reste à mettre tout cela en application. Pour la mé- thode, je passe mon tour. A vous de jouer, messieurs nos gouvernants. Nous avons envie de vous faire confiance. Et une fois n’est pas coutume, il semblerait bien que nous ayons be- soin de vous.
Cela dit, il serait utopique de laisser faire une nou- velle main invisible, et de garder les nôtres tranquil- lement croisées derrière notre dos, à coup de « plus ils attaqueront, moins nous aurons peur ».
Non, évidemment. Pour- quoi ? Car la France est un Etat de droit. Une dé- mocratie peuplée d’étranges citoyens qui tiennent autant à leur li- berté qu’à leur sécurité. C’est même pour ça qu’elle est prise pour cible. il va donc falloir marier
à absorber les événements 2013, deux économistes La fréquentation des trans- et aléas exogènes qui le américains – Gary becker ports en commun – sou- frappent sans pour autant et Yona rubinstein – ont vent pris pour cible – res- changer son mode de fonc- planché sur la résilience tait stable chez les abon- tionnement. bref, tout «naturelle» des popula- nés, et baissait chez les change, mais rien ne tions face à deux types utilisateurs occasionnels. change. d’événements : la seconde idem en Espagne. Les so- Coup de chance – enfin intifada entre 2000 et cios et abonnés conti- un ! –, cette résilience 2005, et la violence dans nuaient d’aller au match semble, dans une certaine les stades de football es- (respectivement 93 et 85%
Dans la limite du respect de ces valeurs, plusieurs éléments doivent cepen- dant être repensés de toute urgence. La présence fran- çaise en Syrie, d’abord. L’esprit munichois a déjà endeuillé trop de familles pour remettre le couvert.
Olivier Faure
6 DéCEmbrE / JANviEr


































































































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