﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="92"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[EcoRéseauL’information économique et positive, autrementComprendre, Entreprendre, InnoverEntrepreneursConseillers, mentors, réseaux... Bien s’entourer pour réussirNovembre 2015 - n°25 - 3,90 € - ecoreseau.frCOMPRENDRE LE PHÉNOMÈNE DE L’INNOVATIONINVERSÉE(ou pourquoi importer les concepts des pays émergents ?)ENQUÊTE : NANO-, MICRO-, MINISATELLITES Attention, filièreen décollageL’influence des algorithmes sur nos viesInterview croisée entrepreneurs connectésCatherine Alexandre Barba MalschINTERNATIONAL : LE MODÈLE HYBRIDE SINGAPOURIEN u SILVER ECONOMY : LA FRANCE EST-ELLE BIEN PRÉPARÉE ? ELECTRON LIBRE : ALEXANDRE JOST, FONDATEUR DE LA FABRIQUE SPINOZA u RÉSEAUX & INFLUENCE : AGORA FONCTIONS CARRIÈRE & TALENTS : LES NOUVEAUX MÉTIERS u DANS L’AIR DU TEMPS : LES DÉPLACEMENTS URBAINS ALTERNATIFSALL/BEL/ESP/ITA/POR : 4.50 € - Canada : 7CAD - Maroc : 50 MADEcoRéseauSOCIÉTÉ« 65% des métiers de 2020 n’existent pas aujourd’hui »« Celui qui n'a pas planté deux boîtes n'est pas un entrepreneur »]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25EDIToRIALHaro sur le VUCAMais que se passe-t-il au mois de novembre ? Rien. Grisaille, attente déses- pérée de la neige et des fêtes sous des cadavres de feuilles qui voltigent dans l’air froid, brumeux et pluvieux. Une petite fête quand même ? Ah oui... celle des morts ! Et l’arrivée du Beaujolais Nouveau au troisième jeudi du mois n’est qu’une maigre consolation. Et pourtant nul besoin d’être un indéfectible abonné à la méthode Coué, au sourire Colgate et à l’optimisme de façade en toute circons- tance – qui finit d’ailleurs par horripiler les collègues devant la machine à café le lundi matin – pour trouver des raisons de satisfaction. Certes tout va à vau-l’eau ma bonne dame, le monde est plus malaisé à appréhender qu’hier, les algorithmes dictent de plus en plus nos vies (cf. Grand Angle), nos innovations viennent bien souvent en droite ligne des pays émergents (cf. A la Une). Nous envoyons à tour de bras des minisatellites autour de cette bonne vieille Terre d’après notre Décryptage, nous payons par des so- lutions biométriques, par nos téléphones et même parfois avec des monnaies virtuelles d’après notre Haute Résolution. Les Américains, toujours prompts à dégainer des acro- nymes, parlent du VUCA pour volatility, uncertainty, complexity et ambiguity. Mais à y regarder de plus près, vitesse et technologie, qui concernent aussi les personnes âgées avec la mise en place de la silver economy analysée en Hexagone et les prémisses dela révolution e-santé expliqués par Jean Michel Billaut en Regard Digital, résolvent un certain nombre de problématiques, apportant leurs lots de progrès et de projets. Ce n’est pas notre électron libre du mois, Alexandre Jost, fondateur du think tank sur le bonheur citoyen La Fabrique Spinoza, qui va nous contredire. Ni d’ailleurs Christophe Chevalier, président du groupe Archer qui fédère les chefs d’entreprise et acteurs ins- titutionnels pour sauver son territoire de Romans-sur-Isère décrit dans le papier En Im- mersion. Le monde est toujours plus connecté, les rapprochements, contacts, déplacements toujours plus nombreux, et une infinité d’opportunités business et ini- tiatives citoyennes en émergent. Que ceux qui sont d’accord achètent ce numéro d’EcoRéseau et enfourchent leur vélo, trottinette ou mono-roue électrique, ces nou- veaux déplacements urbains alternatifs décrits en Air du temps...Jean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationJulien TarbyRédacteur en chefLE CHAT by Philippe Geluck2 NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frPANORAMA 4-20 RétrospectiveSoMMAIRELes négociations sociales musclées 4 Baromètre de l'optimisme 6STRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 52-61 Baromètre de l'innovation 52Les rendez-vous EcoRéseauJean Michel Billaut, spécialiste de la e-santé 54Le DicoRéseau®8 DécryptageMicro et mini satellites, filière et business models en décollage 56Grand angle10 Haute résolutionL'impact décuplé des algorithmes sur nos vies- Nouvelles solutions de paiement 58 - Externalisation du SI : des garde-fous à connaître 59Régions & TerritoiresRégion Pays-de-la-Loire 14Business storyHexagoneSchneider Electric, 180 ans d'histoire,l'efficacité énergétique en ligne de mire 60Silver Economy, la France préparée ? 16InternationalRH & FORMATION 62-71 22-50 Réseaux & Influence- Le modèle hybride singapourien et chinois 18 - Focus sur le Canada : économie contrastée 20CLUB ENTREPRENDREAgoras Clubs, réunions de directeurs par fonction 62 Observatoire 64Regard digitalBaromètre & Tendances 22 A la UneCarrières & TalentsInnovation inversée, un concept d'actualité 24- Les nouveaux métiers30 ART DE VIVRE & PATRIMOINEInterview croisée- e-MBA : pourquoi et comment 66 - Ecoles d'ingénieurs : la formation continue passe la vitesse 68Catherine Barba et Alexandre Malsch,deux figures du numérique français 287072-9072En immersionLe groupe Archer, entreprise de territoireElectron libreLa Sélection culturelle L’Air du tempsAlexandre Jost, fondateur de la Fabrique Spinoza,think tank sur le bonheur 32Leçons de maux- Déplacements urbains alternatifs 34 L’Art du temps73 74 81Looten, la renaissance après l'incendieInstant croisé avec Ekaterina SotnikovaProspectiveEtre senior en 2050 36Créer aujourd’huiL’actualité automobile : Essais & tendances 38 Baromètre Finance & Investissements82 84- De l'art de se faire accompagnerBusiness guidesPatrimoine86 90- Mutuelles santé : Une offre plus diversifiée que prévu- Immobilier d'entreprise : les locaux éclatés 46 - Séminaires d'entreprise : organiser un événementavec équipes internationales 48- Assurances-vie, le temps des questions42Regard sémantiqueN°25www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Fondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyComité de rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Geoffroy Framery, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Philippe FlamandChroniqueurs : Jeanne Bordeau, Arthur Cohen, Marc Drillech, Pascal Junghans,Sophie de Menthon, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Arthur de SoultraitOnt collaboré à ce numéro : Anna Ashkova, Olivia Baranes, Jean-Marie Benoist, Charles Cohen, Jacques Donnay, Pierre Havez, Julie-Chloé Mougeolle, Mathieu Neu, Yann Petiteaux, Stéphanie Polette, Antoine Pietri, Olivier Remy, Séverine Renard, Pierre Tiessen, Murielle WolskiDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.NoVEMBRE 20153]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25PANoRAMA Rétrospective - Les conflits sociaux dans le passéHistoire de négociations muscléesDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.Au pays où même les joueurs de foot font grève en pleine Coupe du monde, les conflits salariat-patronat ne sont pas plus hauts en couleur que par le passé. La preuve.«Davait des soldats devant chaque machine. L’hôtel du directeur, les chantiers de la Compagnie, jusqu’aux mai- sons de certains bourgeois, s’étaient hérissés de baïon- nettes. On n’entendait plus, le long du pavé, que le pas- sage lent des patrouilles. Sur le terril du Voreux, continuel- lement, une sentinelle restait plantée, comme une vigie au- dessus de la plaine rase, dans le coup de vent glacé qui soufflait là-haut ; et, toutes les deux heures, ainsi qu’en pays ennemi, retentissaient les cris de faction. » Lorsqu’Emile Zola décrit la répression de grèves imagi- naires – mais éminemment documentées – sur les car- reaux de mine du Nord fin XIXe, c’est une ambiance de guerre que traduisent ses mots. Un peu plus d’un siècle après, la poésie en moins, c’est une scène de guerre civile que nous ont diffusée en boucle les chaînes de télévision à l’occasion du conflit social chez Air France. Celle d’un homme perdant sa chemise et échappant à la foule en passant par-dessus un grillage. A une différence près : chez Zola, on réprime les ouvriers ; sous Hollande, on moleste les patrons.Pour comprendre l’évolution des conflits sociaux en France, il importe avant tout de dis- tinguer les contextes dans lesquels ils s’inscrivent. C’est ce qu’expliquait Jacques Freyssinet en 2010 dans son ouvrage Négocier l’emploi. Cinquante ans de négocia- tions interprofessionnelles sur l’emploi et la formation : « Aussi longtemps que durent la croissance forte et le plein emploi, la négociation peut mener de pair la construction du statut de salarié et la pour- suite d’objectifs relatifs à l’emploi ». A l’inverse, nous4 NoVEMBRE 2015es postes ar- més gardaient les puits, il ycomme la base du problème lui-même. Les négociations portent alors sur les freins ou obstacles supposés pesant sur le marché du travail : durée du travail, code du travail... Ce n’est pas un hasard si les grandes grèves de 1995 seront la consé- quence du plan Juppé, dont un volet majeur porte sur l’allongement de la durée de travail de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la Fonc- tion publique.Sport national ou marathon à la françaiseCette dernière séquence, qui se poursuit en partie au- jourd’hui, est marquée par l’arrivée de nouveaux acteurs sur le terrain du conflit so- cial : médecins, avocats, no- taires... La méthode ne change pas : grève des gardes de fin d’année pour les pre- miers, par exemple. Souvent interprétés comme signe d’une montée de l’indivi- dualisme, ces “nouveaux” conflits peuvent aussi être analysés comme la preuve d’un sentiment de déclasse- ment qui contamine jusqu’aux strates les plus ai- sées de la société.apprend l’économiste, avec un chômage massif, la négo- ciation collective sur l’emploi se disjoint : le statut protecteur associé au travail apparaît pour le patronat et pour l’État, voire pour certains syndicats, comme le frein à la création d’emplois et à la compétitivité. D’où des problèmes de né- gociations salariat-patronat. La violence a, dans ces pé- riodes troublées, toujours fait partie du jeu. Et c’est avoir la mémoire bien courte, ou n’avoir jamais lu de livre d’histoire, que d’affirmer l’in- trusion récente de celle-cil’éviction des ministres com- munistes du gouvernement, et sous l’impulsion de Mos- cou, la France est paralysée par une “grève insurrection- nelle”, comprendre un mou- vement d’ampleur national visant à immobiliser le pays puis renverser le régime. Le 29 novembre, par exemple, à Saint-Etienne, 30000 mi- neurs (!), cheminots et ou- vriers du textile affrontent à coups de barres de fer la toute jeune Compagnie républi- caine de sécurité (CRS), qui devra faire appel à l’armée pour mettre fin à la grève.vistes. Aux cols bleus se mê- lent cadres, fonctionnaires voire étudiants. Une mixité qui débouchera en partie sur une dispersion des revendi- cations et des intérêts, et donc sur une atténuation de la force de combat des mouvements sociaux.: indemnisation du chômage, reclassements, formations professionnelles, préretraite... Dans la deuxième séquence – entre le milieu de la décen- nie 1970 et le début des an- nées 1980 –, le chômage massif pousse à la mise en place par l’Etat de moyens financiers exceptionnels pour en atténuer les coûts sociaux. Ce n’est pas le calme plat pour autant. La preuve, les grandes grèves aux usines LIP de Besançon en 1973, où naîtra une nouvelle forme de protestation : l’autogestion. Les ouvriers travailleront pen- dant plusieurs semaines à leur propre compte sur les ma- chines de l’usine afin de pro- duire des montres qu’ils écou- leront ensuite, toujours pour leur compte, lors de ventes sauvages.Une inquiétude qui conduit parfois les grévistes à des solutions aussi dangereuses que radicales. En 2000, les employés de l’usine Cellatex apprenant la liquidation de la société menacent d’utiliser les 46 tonnes de sulfure de carbone, 56000 litres d’acide sulfurique et 90 tonnes de soude forte entreposés sur place pour faire exploserEn 1947, 30 000 grévistes armés de barres de fer affrontent les CRS à Saint-Etiennedans les négociations en en- Une mini guerre civile au nel du 31 décembre 1958 et treprise. Après la Première pays du Forez. s’achève dans le milieu des Guerre mondiale – pour ne C’est ici l’un des paroxysmes années 1970. Celle-ci est mar- pas remonter plus loin encore du mouvement ouvrier en quée par la conquête de nou- –, 20000 cheminots sont pu- France. En effet, après la Se- veaux droits sociaux et par rement et simplement révo- conde Guerre mondiale, la l’invention d’instruments de qués après les grèves massives tertiarisation de la société va gestion des conséquences des de 1920. En 1947, suite à bigarrer les rangs des gré- restructurations industriellesLa troisième phase, elle, (an- nées 1980-années 2000) mar- quée par un taux de chômage compris comme structurel, tend à considérer les conquêtes sociales non plus comme une solution maisl’usine et déclencher u. tastrophe écologique en en déversant une partie dans la Meuse. Neuf ans plus tard, les “New Fabris” relient des bombonnes de gaz à un câble électrique et menacent à leur tour de faire sauter leur usine. La violence des désespérés ne date pas de 2015.Pour l’économiste Jacques Freyssinet, c’est l’évolution des lois et la conjoncture éco- nomique qui dictent en grande partie la chronologie et la na- ture des conflits sociaux. Pour lui, trois phases se dégagent. La première débute par l’ac- cord national interprofession-ne ca-Olivier Faure]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[Christophe, 43 ans. Directeur général, ESSEC Executive Education, promotion 2011.Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Renforcez vos compétences, renouvelez votre projet professionnel et atteignez vos objectifs avec Management Général. 12 mois à Paris, format week-end, 2 immersions à l’étrangerPour les hauts dirigeants.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.FR© Getty Images – 434290515]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25PANoRAMA Le baromètre de l’optimismeLes bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper...Le verbatim à retenir...Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pasLao-Tseu4 La bonne nouvelle ici et maintenantLe projet de loi de Finances pour 2016 s’annonce très optimiste. Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics a annoncé qu’au total, les mesures en faveur des entreprises repré- senteraient 33 milliards d’euros en 2016, et grimperont à 41 mil- liards en 2017. Les mises en œuvre se répartiront sur plusieurs fronts : la poursuite du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE) ; les baisses de prélèvements supplémentaires sur les entreprises qui atteindront comme prévu 9 milliards d’eu- ros en 2016 ; la suppression de la C3S qui se poursuivra, comme prévu, à hauteur de 1 milliard d’euros, et bénéficiera à 80000 en- treprises de taille intermédiaire ; la mise en place des plans en faveur de l’investissement et des TPE/PME, à l’intérieur du Pacte, soit 1 milliard d’euros de mesures nouvelles en faveur des entreprises ; et enfin les allègements supplémentaires de cotisa- tions sur les salaires jusqu’à 3,5 Smic qui s’appliqueront à comp- ter du 1er avril, décalant à hauteur de 1 milliard d’euros le bénéfice de cette mesure sur 2017.Des chiffres et des lettres agréablesLe graphiqueencourageantSelon le Baromètre du crowdfunding en Franceen 2014 réalisé par Compinnov (agenceconseil en innovation et organisateur de ren-contres d'affaires dédiées aux start-up etPME), la France occupe la 2e place européennesur le marché du crowdfunding. En effet, enFrance, le montant des fonds récoltés entre2013 et 2014 a été multiplié par deux. Alorsqu’en 2012, seuls 23 millions d’euros avaientété récoltés. Ce montant est passé en 2013 à 76 millions, et a atteint 154 millions d’euros en 2014 !52% des Français estiment que les start-up représentent un espoir pour l’écono- mie du pays, selon l'Insti- tut Think. Ainsi, à leurs yeux, les start-up sont souvent de jeunes en- treprises synonymes de croissance, technolo- gies et innovations. L’enquête a été réalisée entre le 22 et 28 juillet 2015, pour le Salon des Entrepreneurs de Marseille-Provence, sur un échantillon de 1005 personnes âgées de plus4 Pour rêver très loinDes chercheurs de Stanford (Californie) ont synthétisé une nou- velle protéine potentiellement capable d’empêcher la propaga- tion des cellules cancéreuses dans le corps humain. Elle empêcherait la protéine Bx6 de se connecter avec l’Axl, évitant ainsi le processus de métastase, un mécanisme biochimique à l’origine de la circulation des cellules cancéreuses dans le sang. Des tests réalisés sur les souris ont permis de réduire de 78% la métastase dans un cas de cancer du sein. Un nouvel espoir concret de faire reculer le cancer.L’onde positivede 18 ans.de l’optimismeDes brèves qui donnent le “smile” le matin...Selon une étude réalisée par Hiscox, les PME françaises témoignent de signes de rebond, avec une majorité d’entre elles (56%) qui affichent une augmentation de leur carnet de commandes et une progression de leur chiffre d’affaires (54%). L’enquête a été menée auprès de plus de 4000 propriétaires, fondateurs ou cadres supérieurs de sociétés comptant au maximum 50 salariés (plus de 1000 au Royaume-Uni et aux Etats-Unis et plus de 500 en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Espagne).VNe revez pas votre vie, vivez vos revespar Thierry Saussez Fondateur du printempsLes femmes dirigeantes de grandes entreprises, ça existe ! La preuve, pour la seconde année consécutive, l'entreprise Sodexo occupe la tête du palmarès des grandes entreprises les plus vertueuses en termes de féminisation de leurs instances dirigeantes. Le leader mondial des services aux entreprises s’est vu attribuer un score global de 81 points. Selon le palmarès, il compte 38,5% de femmes dans son conseil d'administration, 50% dans son comité de rémunération et 80% dans celui de nomination. Premier élève de la classe Sodexo est suivi par Korian (76,3 points) et par Engie (73,5 points). Le palmarès 2015 a été réalisé par Ethics & Board, en partenariat avec le magazine Challenges auprès des 120 plus grandes entreprises françaises.oilà quelques décennies que avoir mais les mériter. L’optimisme j’enseigne cela à mes est une bataille vigilante de chaque proches ou mes collabora- instant, une motivation permanenteAu premier semestre 2016, les petites entreprises seront autorisées à emprunter à d'autres, sans l’intermédiaire de la banque. En effet, les entreprises ayant des comptes certifiés, en SAou SARL, pourront pratiquer des "opérations de crédit" envers des TPE et PME, voire des ETI, y compris lorsqu'il n'y a pas de lien de capital entre ces entreprises. Une possibilité envisageable sous certaines conditions mentionnées dans l'article 167 de la loi Macron, datée du 6 août. Les deux parties devront être partenaires et les prêts n'excèderont pas deux ans. Les créances détenues par le prêteur ne pourront être cédées à des tiers.teurs. Depuis, la formule a fait essentielle dans l’ordonnancementflores, sur Facebook, les blogs, la décoration, etc.Ne pas rêver sa vie, c’est éviter la béatitude. Comme pour l’adrénaline comme signal d’alerte, un instant d’euphorie comme moment de bon- heur intense peut être compréhensi- ble à condition de redescendre vite sur Terre.de nos pensées et de nos actions. Les recherches sur la psychologie positive nous éclairent sur ce que re- cherche l’être humain. Nos besoins de base sont respirer, manger, dor- mir, avoir une activité sexuelle, gérer nos déchets corporels. Nous avons besoin ensuite de sécurité (travailler, avoir accès aux res- sources, une bonne santé), d’amour et d’appartenance (une famille, des amis, tout ce qui est de l’ordre de l’affection). Il nous faut, enfin, nous respecter nous-même, cela passe par l’estime de soi, la recherche de connaissances, de compétences, de savoir-faire, d’autonomie, de liberté de penser et d’agir. C’est la nécessité de nous réaliser, la possibilité d’uti- liser notre potentiel, de proposer, de participer à la bonne marche de la société, de nous engager au service des autres.Vivre ses rêves est une marche longue et exigeante, pas un don du ciel.L’optimiste sait qu’il n’évitera pas les obstacles mais il a l’énergie de dépasser les inquiétudes et de mar- ginaliser les peurs. L’action est le té- moin de sa vitalité.L’eldorado des petits patrons français de 2015 est... l’Alsace. Selon une récente étude menée par StarofService, il s’agit de la meilleure région de France pour entreprendre. Pour les chefs d’entreprise, les meilleurs atouts de l’Alsace sont l’accompagnement des entreprises et l’environnement favorable au développement. La région est ainsi passée en un an de la note B à A en termes de convivialité. Elle est également bien notée pour les services de santé et de sécurité offerts aux PME. Pour arriver à cette conclusion, 20000 dirigeants de petites et moyennes entreprises ont été interrogés pendant deux mois.Je l’explicite par ailleurs, l’optimiste n’est pas béat, un doux rêveur, le Lou ravi de la crèche provençale. Il ne voit pas forcément la vie en rose et tout, tout le temps, sous un jour plaisant. Il sait que le monde n’est pas à ses pieds et qu’il ne suffit pas, contrairement à ce que professent des charlatans, de penser fortement à quelque chose pour que cela se produise.Labellehistoiredumois: unindicedubonheur,unconceptinhabituelmaisquifonctionneDans le très beau film «Tous les ma- tins du monde», Jean-Pierre Ma- rielle déclame « La vie est belle à proportion qu’elle est féroce ». on ne mesure vraiment le bonheur que par rapport aux épreuves, nos succès en comparaison de nos échecs. Rêver sa vie, croire qu’elle est toute tracée, que la chance nous porte c’est prendre le risque de grandes désillusions. Vivre ses rêves c’est savoir qu’il faut non seulement enNoVEMBRE 2015Selon une étude de l’Institut Great Place to Work (2014), 56% des Français trouvent que les conditions de travail ont évolué de manière négative ces trois dernières années. Cette dégradation n’est pas sans conséquence : absentéisme, accidents, maladies, voire pire, burn-out (1 salarié sur 2 est confronté à une situation de burn-out selon l’étude). Dans le contexte actuel, pour Bernard Maret, gérant de l'hôtel-restaurant Altéora, sur le site du Futuroscope, le bien-être de ses 40 salariés est une priorité absolue. « Prendre soin de ses collaborateurs, c'est se donner les moyens de développer la performance de l'entreprise à tous les niveaux et de manière durable », déclare-t-il. Partant de ce constat, il a donc eu la bonne idée de mettre en place un "indice du bonheur" au sein de son entreprise. Une première dans la région, et sans doute au plan national... Avec le soutien de l'Association régionale pour l'amélioration des conditions de travail (Aract), la démarche a été portée par les salariés eux-mêmes (en partant de l’idée qu’ils sont les mieux placés pour définir ce qui constitue la qualité de vie au travail). Pas de référentiels ou de grilles pré-établies, il fallait innover etpartir de zéro. « L'opération, menée dans le cadre du plan de formation, s'est étalée sur deux mois. Elle a conduit à un état des lieux de la qualité de vie dans l'entreprise, des entretiens approfondis sur les différents postes et la mise en place de groupes de travail », commente Arnaud Barillet, chargé de mission à l'Aract. Petit à petit, un baromètre voit le jour adossé à un questionnaire portant sur la dimension relationnelle, les conditions de travail, le cadre de travail, la santé et le bien-être, qui est rempli par chaque salarié. Une première selon Bernard Maret : « Dans l'hôtellerie- restauration, on demande rarement leur avis aux salariés ». Après l’analyse des données par l’Aract, le verdict est tombé : un faible absentéisme, quasiment pas de turn-over et très peu d'accidents de travail dans l'entreprise. Résultat, l'Altéora a obtenu un score de 9 points sur 10 ! Pour autant, Bernard Maret ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. « Nous avons déjà identifié plusieurs axes de progrès dans l'organisation et les modes de management. Une commission d'amélioration continue va être mise en place pour piloter ce chantier.»6]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[EN CAS D’IMPRÉVU, TOUT EST PRÉVU UNE FLEXIBILITÉ MAXIMALE POUR VOS VOYAGES D’AFFAIRESMODIFIEZ OU FAITES REMBOURSER VOTRE BILLET SANS FRAIS*.France is in the air : La France est dans l’air.PRENEZ UN VOL PLUS TÔT QU’INITIALEMENT PRÉVU,SANS FRAIS NI AJUSTEMENT TARIFAIRE.Offres valables sur les vols opérés par Air France de/vers l’Europe, l’Afrique du Nord et Israël.SKYPRIORITY:SOYEZ PRIORITAIRE À TOUTES LES ÉTAPES DE VOTRE VOYAGE.AIRFRANCE.FR* Si le prix du nouveau billet est supérieur, un réajustement tarifaire sera effectué mais aucun frais de modification ne sera appliqué.]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25PANoRAMALes rendez-vous EcoRéseauLe DicoRéseau®+ pour vous aider à mieux nous comprendre, ci-dessous les mots clés de cette nouvelle édition du DicoRéseau® : Actualité Sociale, Politique, Sport (coupe du Monde de rugby, football, etc.), Cinéma, Politique, International, PeopleXV de France : Samu sur lequel il ne faut pas tirer même si on en a  Poutine : N.f. Plat québécois bien gras que digèrent très mal les SyriensEn guise de revanche sur le pessimisme et la kyrielle de notes, sigles et expressions trop usités dans les médias, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d’ailleurs) de l’actualité, afin de désamorcer cette ambiance plombante qui semble trouver de nombreux émules dans le pays. Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.envie♪Tomber la chemise♫ : manière chantante d’instaurer le dialogue so- cialSeul sur Mars : dernier tube de Francis Lalanne suite à son exil causé par sa chanson sur les migrantsSiffredi : (1) adj. Se dit d’un organisme de formation, d’une université ou d’une école qui souhaite organiser son activité sous forme d’an(n)al(es) (2) Interjection transalpine synonyme de plaisir lorsque son concubin se prénomme Frédéric. Ex. « ohhh, siiii Frediiii !»Slovénie : N.f. Nouvelle marque de tampon européen contre les fuites migratoiresValbuena : N.p. (1) Petit artiste qui, fort de ses œuvres audiovisuelles, postule à la prestigieuse université italienne Siffredi (2) Porno-star en reconversion qui s’est mis au footballYémen : N.p. Pays de nouveau en passe de redevenir plus pacifique après sept mois de guerre civile (Yeahh Men!)Zebda : N.p : Groupe auteur de la musique d’attente pour joindre les syndicats à Air FranceVous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@ecoreseau.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.Air France : N.p. Ecole de boxe hexagonale, réputée pour son style aé- rienBlanco : N.m. Tipp-Ex qui n’effacera malheureusement pas les résultats du XV de FranceCazeneuve : N.f. Habitation pour migrants située à Calais, pas si récente que celaDeLorean : N.p . voiture qui ne passera le contrôle technique de la Cop 21 Hulot : N.p. Personnage haut en couleur toujours en vacances selonJacques Tati, et qui aurait décidé de se réveiller pour la CoP 21Malagré (Enora) : Prép. Contraction de mal et de gré. Usité pour mar- quer notre obstination à regarder des programmes télévisuels proches du néant. Ex : les «Malagré -nous»McFly : N.p. Unité de temps courant sur 30 ans qui fait « retourner vers le futur »Michalak : N.p. Champion du monde de pâtisserie, pas de rugbyMorano : N.m. Type de jambon blancPistorius : Dialecte sud-africain. Ex. : « Pistonné pour sortir de prison »Platini : Expr. italienne : Avoir ses deux pneus à plat juste avant de tou- cher au but8NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25PANoRAMA Grand Angle - Ces algorithmes qui nous gouvernentL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du panorama, politique, sociétal ou macro-économiqueS i vous lisez cet article en ligne, c’est grâce à un algorithme. A terme notre environnement, déjà influencé par de mul- tiples «recommandations», sera de plus en plus déter- miné en temps réel par les mathématiques. Effectuer nos achats, choisir un film à visionner ou encore une chanson à écouter, gérer nos relations amoureuses sur desde simples séries d’instruc- tions sur la manière de réa- liser quelque chose. « La définition habituelle n’est ni plus ni moins qu’une mé- thode pour résoudre un pro- blème, indépendamment de toute machine. Lorsqu’on fait une addition, nous uti- lisons l’algorithme qui fait commencer par les unités, puis les dizaines et les cen- taines. Lorsqu’on chercheDES VERTUS À LA RATIONALISATION EXTRÊMEGrâce à eux de nombreux phénomènes du monde, dé- sormais réduits à des don- nées, ont pu être toujours mieux expliqués, étudiés, comparés... Bien sûr l’in- génierie, la science, mais aussi le sport (cf. encadré), la justice et autres domaines des sciences humaines et sociales. De même les don- nées publiques toujours plus ouvertes vont donner lieu grâce aux algorithmes à de nouveaux services dans moult domaines : « Pas seu- lement les transports ou l’énergie, mais aussi la santé, la sécurité, les loisirs, etc., vont être repensés dans les villes », prévoit Remi Dorval, président du think tank la Fabrique de la Cité qui a récemment organisé une rencontre avec des «chief data officers» de grandes villes américaines. Des exemples ? Les carto- graphies interactives utilisant les données de géolocalisa- tion et les réseaux sociaux pour proposer en temps réel une gestion automatisée des flux et personnes. En matière de délinquance à Chicago par exemple : « Grâce au traitement des données col- lectées, des appels télépho- niques et témoignages des personnes, nous définissons des micro-zones où nous pouvons prendre des déci- sions éclairées grâce aux algorithmes, quant à la pré- sence policière par exem- ple », illustre Brett Gold- stein, le Monsieur Data de la ville qui cherche à anti- ciper l’acte malveillant ! « Cette rationalisation s’ac- compagne d’un accroisse- ment de puissance et d’une influence sur le cours des choses », précise le philo- sophe et écrivain Eric Sa- din(1). Ainsi à Boston, Jascha Franklin-Hodge, en charge des données, utilise la ville comme un laboratoire, enTout un programmeCes systèmes de calcul qui exploitent les data régentent plus nos vies que l’on veut bien le croire...Souhaitons-nous que les libérations anticipées dépendent d’une machine ?sites qui calculent le «taux de correspondance ou d’af- finité», nous repérer sur la route... Certes, tout est plus efficace et rapide, mais nous nous engageons dans une nouvelle société.un mot dans le dictionnaire, nous ne commençons pas par la première page, nous allons directement au début de la lettre qui nous inté- resse. Bref, nous suivons un algorithme particulier », illustre Gilles Dowek, cher- cheur à l’Institut national de recherche en informa- tique et en automatique (In- ria), rompant avec les fan- tasmes sur des programmes à qui sont prêtés des pou- voirs quasi divins. En at- testent encore les débats houleux à l’Assemblée na-FANTASMES INDÉNIABLESA chaque fois entrent en scène les programmes dé- signés d’après le nom du mathématicien perse Mu- hammas Ibn Musa Al- Khwarizmi – les algo- rithmes – qui ne sont que« Messieurs, vous êtes tous suspectés par l’algorithme d’être sur le point de commettre un délit. Avouez ! »tionale lors du projet de loi que l’algorithme du gou- dangereux à partir de son sur le renseignement, non vernement allait scanner les expérience de messages de pas parce qu’on surveillait mails et s’auto-paramétrer, criminels. « Dès qu’il y achaque citoyen, mais parce en fixant la liste des motssurveillance par une ma- chine, qui peut faire preuve d’autonomie, les gens ont peur », explique l’ingénieur. or les algorithmes que nous utilisons tous les jours ne sont pas apprenants. Tous les cas sont prévus, et les tâches sont exécutées mé- caniquement, sans impro- visation et réflexion. Depuis le milieu du XXe siècle nous les avons liés à des ma- chines ordinateurs, tant les données sont nombreuses. Les quantités de data accu- mulées – via les appareils connectés, les capteurs... – sont telles que l’on fait de plus en plus confiance aux algorithmes pour ne pas sombrer dans le chaos. « Ce qui ne veut pas dire que nous ne les maîtrisons pas », rappelle l’ingénieur de l’In- ria.Mais que viendraient faire ces élucubra- tions geekesques sur les terrains et stades ? Beaucoup de choses en fait. Tout d’abord de nombreux clubs de foot- ball – comme Arsenal ou l’Olympique lyonnais – utilisent des logiciels algo- rithmiques pour débusquer les joueurs sous-valorisés malgré leurs bonnes sta- tistiques sportives. De même le Centre international d’étude du sport (CIES) a analysé 1500 transferts intervenus depuis des clubs d’Allemagne, d’Angleterre, d’Espagne, de France et d’Italie lors des cinq dernières saisons, de manière à évaluer au plus juste comment la valeur d’un joueur fluctue en fonction de ses caractéristiques et statistiques, individuelleset collectives. Le tout a été traduit enSportDes résultats inattendusune formule mathématique pour per- mettre de l’appliquer à tous les joueurs pros évoluant actuellement dans les cinq grands championnats européens(1). Dans un tel système un Lionel Messi atteint les 200 millions d’euros ! Mais ces pro- grammes magiques pourraient désormais servir dans le jeu directement. L’analyse détaillée des joueurs, de leurs déplace- ments et de 300000 de leurs passes au sein des 20 équipes de la Liga, le cham- pionnat de foot espagnol durant la saison 2013-2014, a révélé que le FC Barcelone et le Real Madrid comptaient plus de 100 schémas (151 et 180), et gardaient généralement le ballon dans leur moitié de terrain. Mais il y a aussi des surprises : l’Atlético a remporté le championnatcette saison-là avec seulement 31 schémas de passes récurrents. L’équipe était im- prévisible ! Les entraîneurs peuvent mieux comprendre les stratégies adverses et réagir en conséquence, même en temps réel. Le Bayern de Munich vient de s’associer à SAP pour obtenir des données à la mi-temps des matchs ! Se- cond Spectrum aux Etats-Unis a créé un système de reconnaissance en temps réel de schémas de jeu pour le basket ball, avec une probabilité de réussite du panier calculée. Toutes les équipes en NBA l’utiliseraient...(1) football-observatory.com/valeur- transfert10NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frGrand Angle - Ces algorithmes qui nous gouvernent PANoRAMADernier bastionL’humour sarcastique indétectable ?A chaque fois que les politiques font une déclaration, leur intervention est vivement commentée sur les réseaux sociaux. L’analyse des réactions est très instructive quant à la manière de laquelle les paroles et promesses sont reçues. Les instituts de sondage ont donc de plus en plus recours à des algorithmes de sentiments, capables d’analyser les points de vue exprimés sur Internet. Mais ces programmes se heurtent à un obstacle de taille : ils sont incapables de saisir le second degré ! Les « Oui c’est ça Obama... » ; « Merci Hollande ! » « Bravo Sarkozy pour... » posent problème. Le sarcasme, l’ironie et tout élément implicite, preuves de l’intelligence humaine, déroutent les algorithmes, les instituts, et même les agences de renseignement. Quand François Hollande s’est défini comme audacieux, même Nadine Morano, en tweetant : « Grâce à moi, depuis que je suis Président, la France compte 1,3 million de chômeurs de plus. #Hollandelaudacieux », peut être comptabilisée comme une aficionada. Les spécialistes s’affairent pour perfectionner leurs programmes. Ainsi Nadine Morano ap- partient-elle à un parti de droite opposé au Président, ce qui doit figurer dans la base de données. La présence du mot «chômeurs» doit aussi alerter. Mais la détection reste hasardeuse. Les experts américains de l’étude d’opinion affutent leurs technologies pour les prochaines élections présidentielles, avec des algorithmes capables d’apprendre de leurs analyses passées («Machine Learning»). Seront-ils prêts ?miques pour que le lecteur reste captivé », explique Michel Badoc(2), professeur au département marketing d’HEC. Enregistrer les émo- tions du cerveau grâce à des capteurs, et construire en fonction des résultats des histoires rythmées par les algorithmes devient courant. Mais les projets créatifs qui n’entrent pas dans les bonnes cases ont alors moins de chances de voir le jour. La subtilité et l’éclectisme des goûts humains ne peuvent toujours s’enfermer dans des séquences logiques de chiffres... En outre ces ma- chines paramétrées ne tien- nent pas compte du contexte. Une étude de l’université d’Harvard montre que lorsqu’on saisit un nom à consonance afro-américaine, il y a des chances de voir apparaître dans les premiers résultats des sites qui pro- posent de consulter son ca- sier judiciaire. Un phéno- mène qui serait dû aux ha- bitudes de navigation des internautes. Le risque de dé- rive déshumanisante est pré- sent. Edward Snowden a ré- vélé l’existence d’un algo- rithme qui décide si on est ou pas citoyen américain : si on ne l’est pas, on peut être surveillé sans mandat !Des principes éthiques et ju- ridiques ont été adoptés sur la collecte des données. « Il existe des méthodes qui em-« IBM implante des systèmes coach numérique... mais à de régulation et de surveil- chaque fois nous dissémi- lance numérique dans les nons des flux de données métropoles de la planète, qui sont traitées par des al- en vantant les vertus de la gorithmes de plus en plusBESOIN DE RÈGLESpour la bioéthique. Il importe de sortir de la simple effi- cience et de s’inscrire dans le projet collectif. On ne de- mande pas seulement à l’Etat d’être efficace, celui-ci a aussi un rôle à jouer dans le bien-être, la dignité des personnes, le vivre-ensem- ble... » Le projet de civili- sation, porté par les géants du numérique, est inquiétant, car strictement utilitariste et marchand. « C’est aux ci- toyens et associations d’or- ganiser le combat contre le techno-pouvoir, qui organise de plus en plus nos exis-RISQUES ÉVIDENTS D’ABUSTout est donc optimisé, flui- difié, sécurisé, et pourtant il n’est pas certain qu’il fasse bon vivre dans un tel monde. Dans le cinéma par exemple, on passe les scé- narios à la moulinette d’al- gorithmes pour déterminer si le jeu en vaut la chandelle. « Dans l’écriture les «scrib- doctors» travaillent sur le cerveau pour rendre les li- vres intéressants, comme ceux de Ken Follett qui sui- vent des règles ergono-velles règles....Gardons à l’esprit que derrière un algorithme il y a une intention, qu’il existe«smart city», sans que des débats politiques à la hau- teur des enjeux ne se tien- nent », avertit Eric Sadin, qui s’inquiète de ces trans-un jeu de pouvoirsophistiqués, chargés de nous suggérer des offres et services personnalisés. La brosse à dents connectée est certes une aide au bros-pêchent de remonter à un individu précis quand on croise les data », rappelle Henri Verdier, DSI de l’Etat. Mais il reste à en instaurerfaisant des expériences sur les feux : « Nous changeons la priorité de circulation, avec par exemple des bus qui ont tous les feux verts. Et nous comparons avec les jours normaux, pour mesu- rer l’incidence sur la vitesse moyenne des autres conduc- teurs ». Les algorithmes, en essayant différents scénarios, comparant, sélectionnant ce qui donne le meilleur résultat en un temps record, per- mettent de prendre les bonnes décisions parmi une multitude d’éventualités. Pa- geRank, l’algorithme maison de Google, propose, en ré- ponse à la requête de l’in- ternaute, les adresses de sites les plus adaptées.« Depuis qu’un algorithme passe en revue les données de ma balance connectée et commande ma nourriture en ligne, la vie est moins olé olé... »ferts de responsabilité. La quantification continue des êtres et des choses par des systèmes automatisés nous font basculer dans une autre dimension, car surviennent des actions rétroactives. « Ce qui me dérange est que l’in- dustrie du numérique s’est arrogée un pouvoir de «gou- vernementalité» – au sens où l’entendait Michel Fou- cault comme la faculté de certaines personnes à agir sur le cours de l’existence d’autres personnes, pointe le philosophe. Notre smart- phone nous géolocalise, no- tre montre connectée enre- gistre nos constantes, notre balance se transforme ensage, mais aussi un enre- gistrement de données pour nous vendre bains de bouche et soins dentaires. » Sous couvert de «libération» dé- mocratique des données et de services ajoutés, des in- formations sont transformées en applications marchandes, des séquences de vie sont monétisées. « Gardons tou- jours à l’esprit que derrière un algorithme il y a une in- tention, qu’il existe un jeu de pouvoir », rappelle Eric Sadin. Les programmes de flash trading ou les logiciels de Volkswagen ont été conçus par des humains dans un but précis.en matière d’algorithmes. Pour ce chef des données de la France, « un débat doit s’ouvrir sur les décisions toujours plus nombreuses qui touchent à la démocratie et qui sont prises à partir de calculs algorithmiques. On arrivera un jour à éva- luer avec une quasi-certitude la probabilité de la récidive. Souhaitons-nous que les li- bérations anticipées dépen- dent d’une machine ? Si on le fait, c’est la porte ouverte à un monde déshumanisé, si on ne le fait pas on laisse une marge d’erreur dom- mageable pour la société. Un débat doit avoir lieu comme cela a été le castences », ose Eric Sadin. Certains en appellent au po- litique pour qu’il reprenne l’initiative, d’autres aspirent à un «parlement transnatio- nal» des données chargé de veiller à nos libertés numé- riques. A nouveau jeu, nou-(1) « La vie algorith- mique : critique de la rai- son numérique », d’Eric Sadin, L’Echappée Edi- tions, 2015.(2) « Le neuromarketing en action », Patrick Georges et Michel Badoc, éd. Eyrolles, 2012Julien TarbyNoVEMBRE 201511]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25PANoRAMA Régions & Territoires - Pays-de-la-LoireEcoRéseau s'attache à décrire les forces et potentiels insoupçonnés d'un territoire,Le bon élèved'une métropole ou d'une régionSi elle n’a pas besoin d’une autre pour briller, la région aurait tout de même vu d’un bon œil une fusion avec la voisine bretonne.Belem, quai de la fosse, NantesTel le peuple d’irréductibles Gaulois imaginé par le célèbre dessinateur Albert Uderzo, la Bretagne résiste au mouve- ment de fusion des régions qui s’empare de la France. Au grand dam des voisins ligériens, nombreux à percevoir un éven- tuel rapprochement comme une opportunité et une chance de prendre une dimension supplémentaire. Le président de la CCI régionale des Pays-de-la-Loire Bruno Hug de Larauze rêvait même de voir renaître l’Armorique d’antan : « Il se trouve que re- configurer la région actuelle en se basant sur ce territoire histo- rique a plus que jamais un sens dans l’économie du 21e siècle ». Il n’en sera rien.Réforme territorialeLes Pays-de-la-Loire ont de quoi se consoler. Ils jouissent d’une forte attractivité. La population croît de 1% par an depuis dix ans.La fusion de régions n’a de sens que si une co- hérence économique la justifie. En ces temps de rapprochement des territoires, l’argument prend des allures de vieille rengaine entonnée aux quatre coins de l’Hexagone par ceux qui regardent leurs voisins du coin de l’œil. « C’est pourtant justement ce qui caractérise la Bre- tagne et les Pays-de-la-Loire. La liste des forces communes et des collaborations déjà en place est longue », affirme Bruno Hug de La- rauze pour qui le maintien de la configuration territoriale actuelle masque « clairement un rendez-vous manqué ». Alors, pourquoi les deux régions continuent-elles à faire cavaliers seuls ? « Les raisons sont purement politiques. Nous sommes scandalisés par le refus de la Bretagne de faire alliance. C’est regrettable, d’autant que la responsabilité de ce choix in- combe en réalité à peu de personnes », tempêteJean-François Gendron.Des développements de services informatiques à ceux de l’agroalimentaire en passant par les projets relatifs aux énergies marines renouve- lables, force est de constater que bon nombre d’atouts cultivés par les deux régions sont étrangement similaires. « Que dire du pôle de compétitivité Végépolys, par le biais duquel de nombreux acteurs ligériens et bretons travail- lent, main dans la main, sur des projets relatifs à la recherche agronomique, au fonctionne- ment des génomes ? », illustre Bruno Hug de Larauze. Parmi les collaborations concrètes, on peut aussi citer ADN’ouest, l’association des décideurs du numérique, dont le rayonnement des activités d’échanges et de partages de sa- voir-faire et d’expériences couvre le territoire breton et ligérien.Le département de.Loire-Atlantique est l’un des premiers en termes de création d’entreprises. Selon un sondage publié par l’institut Think en 2015, Nantes figure à la cinquième place des villes françaises où il fait bon entreprendre. Plusieurs pôles sont identifiés comme des terres d’avenir en transformation numé- rique, agroalimentaire, aéronautique, automobile, navale, sans compter les énergies marines. A cela s’ajoute un taux de chômage parmi les moins élevés du pays qui parachève l’étiquette de bonMathieu Neuélève de la région.Un rendez-vous manqué avec les Bretons14NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frRégions & Territoires - Pays-de-la-Loire PANoRAMAu Cap sur l’industrie du futurLe dispositif Dinamic Entreprises, lancé depuis 2007, incarne la volonté de la région de se projeter pleinement dans les enjeux économiques à venir. Piloté par le Conseil régional des Pays-de-la-Loire, l’Etat et les CCI, il propose de donner aux entreprises les moyens de renforcer leur compétitivité par un suivi de neuf mois pendant lesquels une équipe d’ex- perts ainsi que des objectifs concrets et mesurables sont déployés. Un mil- lier d’entreprises ont déjà bénéficié de ce programme. « Il s’agit de proposer aux sociétés une vision à 360 degrés de leur activité, afin par exemple d’aider les industriels à s’ancrer dans les défis de l’Usine du Futur », décrit Bruno Hug de Laurauze. La Plateforme régionale d’inno- vation (PRI) Proxinnov, dont le rôle est notamment de permettre à chaque entreprise d’intégrer une démarche d’innovation en matière de robotique, est également au cœur de cette dynamique. La France compte deux fois moins de robots industriels que l’Italie et quatre fois moins que l’Alle- magne. Un retard que le tissu industriel ligérien a pour but de rattraper en partie. Le territoire de La Roche-sur-Yon Agglomération doit jouer un rôle central sur ce plan. Dans le sillage de deux importants constructeurs de robots industriels déjà implantés (Sepro et Yaskawa), une vingtaine d’intégrateurs et de fabricants de composants se développent à grande vi- tesse. La plateforme Proxinnov se charge de la sensibilisation à la robo- tique, de son développement dans l’industrie régionale, du soutien au montage de projets R&D et de l’accompagnement des PME ligériennes dans leurs projets de robotisation.u L’ère du largeSituation géographique oblige, les richesses issues de la mer sont à portée de main. Et la région semble mettre tout en œuvre pour ne pas manquer le virage de l’innovation en la matière. En témoigne la décision d’Alstom Renewable Power de choisir Nantes pour y implanter son nouveau centre de R&D qui mobilisera à terme quelque 250 personnes. « C’est l’une des filières d’excellence de la région, au même titre que la mécanique ou la robotique. De nombreux projets dépendent des technologies marines », rappelle Bernard Le Falher, chargé de mission au sein de la technopole Atlanpole. L’un des derniers grands symboles de ces développements est matérialisé par GEPS Techno, une entreprise in- novante à l’origine d’une éolienne flottante capable de produire de l’électricité par quatre ressources écologiques différentes : le vent, les courants, la houle, le soleil.D’importants développements concernent également l’exploitation des micro-algues qui trouvent des applications dans les carburants de troi- sième génération, la cosmétique, ou encore en matière de dépollution des effluents. « Nous collaborons étroitement sur ce plan avec la Bretagne, notamment avec le pôle de compétitivité Mer Bretagne Atlantique », souligne Jean-François Gendron. Il ne manque pas de préciser qu’il s’agit là « d’un des nombreux volets qui auraient vu d’un bon œil une fusion réussie entre les Pays-de-la-Loire et la Bretagne ». Un point de vue soutenu par le pôle de compétitivité qui, sur son site Internet, mentionne sur ce plan « un territoire clairement identifié autour d’une grande région Bretagne-Pays de la Loire ».uUn développement tiré par des géants industrielsSi la région bombe le torse quant aux chiffres séduisants de l’emploi ou de l’at- tractivité, c’est en grande partie en raison du succès des mastodontes industriels locaux et de leurs plans de développement qui font bien des jaloux. Le fleuron Airbus, qui rassemble quelque 5000 salariés répartis entre Nantes et St-Nazaire, ne cesse d’embaucher. « Le groupe prévoit 285 millions d’euros d’investissements dans les cinq ans », se réjouit Jean-François Gendron, président de la CCI de Nantes St-Nazaire. L’assemblage du tronçon de fuselages avant et centraux des avions est l’une des activités phares. Dans le sillage du géant de l’aéronautique, environ 500 sous-traitants et fournisseurs profitent de l’horizon radieux du secteur, à l’image du spécialiste de la chaudronnerie aéronautique Halgand et du fabricant de sous-ensembles composites techniques Duqueine qui viennent tous deux d’étendre considérablement la superficie de leurs sites. D’autres grandes entre- prises comme Daher, dans la Sarthe, ou Mecachrome, en Loire-Atlantique, figu- rent parmi les locomotives régionales.Dans le domaine naval, STX n’est pas en reste. Le constructeur de paquebots re- trouve la santé et a l’intention d’investir 100 millions d’euros dans les cinq années à venir. Le développement industriel du site de St-Nazaire a le sourire, grâce aux commandes qui emmènent les projets jusqu’en 2023. « Le point le plus important reste que les chantiers ont su faire évoluer leurs activités. Ils se spécialisent dans les énergies marines renouvelables avec la production d’éléments pour des éo- liennes, des stations électriques. C’est devenu un acteur maritime global », indique Bruno Hug de Larauze.u La ruée vers le numériqueLes chiffres en témoignent, l’avenir des Pays-de-la-Loire n’ira pas sans une filière numérique omniprésente. Selon l’Association des décideurs du numérique de l’ouest (ADN’ouest), quelque 35000 emplois directs en dépendent sur le Grand ouest. « Les technologies de l’information et de la communication représentent 20000 emplois uniquement dans la région nantaise », confirme Jean-François Gendron. En moyenne, ce sont 3500 emplois qui sont créés chaque année depuis 2010 dans le sec- teur. Les 3000 entreprises ligériennes du domaine réalisent un chiffre d’affaires annuel de huit milliards d’euros. Là encore, les besoins in- dustriels sont à l’origine de bon nombre d’innovations et de développe- ments, à l’image du Centre industriel de réalité virtuelle (CIRV), consacré aux technologies 3D interactives. Il vise à accueillir les projets de recherche de l’aéronautique, de la construction navale, des énergies nouvelles par exemple dans un but de modélisation 3D des produits et process pour procéder à des tests physiques et techniques. outre une optimisation des productions, la solution permet la formation des per- sonnels en amont ou encore l’expérimentation de situations dange- reuses.De façon générale, la transformation numérique touche tous les secteurs. « C’est devenu le cœur de notre événement, constate Nicolas Douche- ment, directeur du salon des entrepreneurs de Nantes Grand-ouest. L’un de nos deux programmes majeurs cette année est consacré aux équipe- ments en outils numériques pour gérer les différents volets des activités quotidiennes. Toutes les TPE et PME sont potentiellement concernées. On ne compte plus les petites sociétés qui se dotent de logiciels de ges- tion ou qui se lancent dans le déploiement d’une plateforme de com- merce en ligne pour étendre leur clientèle. »uUn écosystème propice aux collaborations maisméconnuA l’image de Proxinnov dans le domaine de la robotique, les Plateformes régio- nales d’innovation (PRI) se sont multipliées depuis quelques années en Pays-de- la-Loire. La PRI Cap Aliment a vu le jour pour offrir aux acteurs de l’agroalimentaire des moyens supplémentaires en R&D. Quant à la PRI Géronto- pôle Autonomie Longévité, elle se penche sur les enjeux du vieillissement et de la Silver Economy. « Nous travaillons globalement à la “clusterisation” des cen- tres de recherche, des industries, des sous-traitants. Le but est d’aider les ETI et PME à faire des sauts qualitatifs grâce aux écosystèmes favorables », explique Bruno Hug de Larauze. L’IRT Jules Verne joue un rôle central en matière de so- lutions de prototypage, d’élaboration de démonstrateurs pour les secteurs de l’au- tomobile, de l’aéronautique, ou encore de l’énergie. Les TIC ne manquent pas non plus de solutions pour mener à bien des projets collaboratifs. La Cantine numé- rique de Nantes ou encore le cluster des entreprises du web Atlantic 2.0 ont voca- tion à propulser les jeunes pousses de la filière vers les sommets.Mais le foisonnement de tremplins pour un développement accéléré a sa part d’ombre. « Si les PME utilisaient effectivement tout ce qui existe pour leur mettre le pied à l’étrier, ce serait formidable. Mais nous en sommes loin. Le Centre in- dustriel de réalité virtuelle de Saint-Nazaire est largement sous-exploité. Les en- treprises sont noyées pas un trop plein d’informations qui fait en sorte qu’elles ne sont pas toujours conscientes du type d’intérêt apporté par tel ou tel dispositif en place », regrette Bernard Le Falher. « Plutôt que de proposer des financements, il serait intéressant d’apporter du conseil par le biais d’un expert qui analyserait les besoins des PME pour ensuite les orienter vers l’acteur le plus approprié, en expliquant en quoi celui-ci représente une valeur ajoutée », suggère-t-il.NoVEMBRE 201515]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25PANoRAMA Hexagone - Silver Economy en FranceDans chaque numéro EcoRéseau revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,Un déferlement – pire, un “tsunami” – de cheveux gris... « No- tre pays compte aujourd’hui 15 millions de seniors âgés de 60 ans et plus. Ils seront au moins 20 millions en 2030. C’est un tsunami... attendu », sourit Alain Bosetti, co-fon- dateur du l’agence de com- munication En Personne et président de la Silver Economy Expo(1). Mais sommes-nous préparés à cette réalité ? Les réponses ne sont pas aussi ca- tégoriques. Car même si la fi- lière constitue une véritable opportunité de croissance pour la France – créatrice de quelque 300 000 emplois d’ici à 2020, selon la Dares – « elle n’est pas assez soutenue », insistedoit mieux répondre aux besoins de ces seniors qui changent.nieurs, mais aussi des ergo- thérapeutes, des commerciaux et bien sûr des experts en pro- duction et en distribution », relève ce centralien. La “silver economy”, orientée vers les séniors est certes une filière dynamique mais souffre (éga- lement) de sa “jeunesse”. Conséquence : « La vitesse industrielle est encore un peu plus rapide que l’appropriation par le public français de toutes ces innovations », relève Ben- jamin Zimmer. « En réalité, une des difficultés est de faire accepter que l’on vieillit et donc de faire admettre l’intérêt de ces innovations qui peuvent changer le quotidien des se- niors. La population doit être éduquée au vieillissement, chose à laquelle personne n’est vraiment préparé. » Pas plus en région parisienne qu’ailleurs sur le territoire.or gris ou hors jeu ?afin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)« Une filière d’avenir », prédisent les prospectivistes... Mais la France, qui a des atouts à revendre,ce serial-entrepreneur, égale- ment fondateur du Salon des micro-entreprises. En question : la volonté politique d’accom- pagner (et de financer) cette économie tournée vers les se- niors, lesquels touchent en moyenne chacun 1100 euros de retraite. Un chiffre qui cache d’importantes disparités de ressources. « Le prix moyen en Ehpad atteint le double, soit 2200 euros par mois. Je ne vois pas de grande ligne de force qui montre un chan- gement de cap dans le finan- cement de cette économie », considère Alain Bosetti. « Les gouvernements qui se succè- dent oeuvrent d’ailleurs pour que l’on vieillisse à domicile » ; option qui reste également« Une prothèse auditive améliorée ? Bof ! Proposez-moi plutôt un skate connecté »coûteuse. Aide à domicile, adaptation du logement et de sa mobilité... Vieillir chez soi – ou en établissement adapté – a évidemment un prix. Et l’hétérogénéité des revenus« ces baby-boomers disposent globalement d’un pouvoir d’achat et d’une épargne qui dégagent un marché potentiel pour tous les secteurs de l’éco- nomie liés à l’âge : bien-être, adaptation et sécurisation du domicile, transports, loisirs, santé, équipements, etc. Dé- cathlon, Danone, Leclerc, LVMH, L’Oréal, Bouygues, Crédit agricole... Toutes nos entreprises, tous les secteurs, seront concernés. Le vieillis- sement pourrait ainsi devenir source de valeur pour une économie comme celle de la France », prédit le CGSP. Et pour cause : dans cinq ans, le marché global de la Silver Economy en France, qui re- présentait déjà 92 milliards d’euros en 2013, dépassera selon les prospectives les 130 milliards... De quoi susciter de nouvelles vocations, no- tamment dans le domaine de la robotique personnelle. A l’instar d’Aldebaran Robotics, société française rachetée en 2012 par le japonais Softbank et inventeur de Nao et Roméo – robots humanoïdes d’assis- tance à la personne. Des “com- pagnons” spécialisés dans l’aide aux personnes âgées, pensés dans une optique d’aide à la vie quotidienne, et qui pourront demain effectuer des actions comme celles d’ouvrir une porte ou attraper des objets sur une table.au sein de la population concer- née « n’est pas sans présenter des risques importants pour notre société, car elle menace de rompre le contrat social associé à notre système de re- traite par répartition », sou- ligne un rapport (2013) du Commissariat général à la stratégie et à la prospective (CGSP). Face à ce constat, experts et politiques « se sen- tent désarmés », souligne Re- naud George, consultant au sein du cabinet de conseil en management Algoé, par ail- leurs auteur de “La croissance grise : des seniors dans la ville” (éditions de l’Aube). « Financement des retraites, financement de la dépendance, insuffisance du nombre d’éta- blissements d’accueil pour personnes âgées... Quelques sujets récurrents d’inquiétude sont souvent évoqués dans le débat public. » Pourtant la configuration qui s’annonce est aussi synonyme de belles fenêtres d’opportunités de bu- siness.SENIORS... ACTIFSNICHES TECHNOLOGIQUES« La France n’est pas à la traine sur ce type d’innova- tion », insiste Benjamin Zim- mer, directeur de Silver Valley, premier cluster régional basé à Ivry-sur-Seine, dédié à l’éco- nomie du vieillissement. Et de citer également le cas de Doro, société membre du clus- ter au chiffre d’affaires de 150 millions d’euros et spécialisée dans la téléphonie et les logi- ciels destinés aux personnes âgées. Autant de “niches tech- nologiques” qui riment donc avec emplois. « Des ingé-Mais le “business des seniors”, c’est aussi... de la matière grise. Et des compétences à mettre au service de l’entre- prise. Nombre de retraités sont en effet encore « en âge de travailler », sourit Pascal Gus- tin, du cabinet Algoé qui em- ploie une vingtaine de consul- tants retraités. « Celui qui a 65 ans – bien que la société se réfère encore à d’anciens codes qui disent le contraire – a encore la vie devant lui ; les seniors constituent une force de travail formidable. »point la France16NoVEMBRE 2015130 MILLIARDS D’EUROS EN 2020Le champ ouvert par l’avancée en âge est énorme. Selon le Crédoc, cité par ce même rap- port, les seniors assurent dés- ormais « une majorité des dé- penses sur les différents mar- chés : 64% de la santé, 60% de l’alimentation, 58% de l’équipement, 57% des loisirs, 56% des dépenses d’assu- rance... » Dans leur ensemble,Mais sur ce .est, selon lui, à la peine. En ces temps de chômage record, le travail des seniors “divise”. « C’est une erreur car les mieux formés – ceux auxquels les cabinets font appel – ne prennent évidemment pas la place des jeunes. » Le débat reste ouvert.(1) Salon BtoB qui se tiendra à Paris – Porte de Versailles – du 24 au 26 novembre.Pierre Tiessen]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[La santé, c’est trop important pour être compliqué.SANTÉ PRÉVOYANCE ÉPARGNE - RETRAITE 95% DES ENTREPRISES ADHÉRENTES SONT PRÊTESÀ NOUS RECOMMANDER.• Pour les chefs d’entreprise : la mise en place et le pilotage du contrat peuvent être intégralement gérés en ligne.• Pour les salariés : la possibilité de compléter eux-mêmes l’offre choisie grâce à un renfort personnalisé, sans coûts ni démarches supplémentaires pour l’entreprise.1re mutuelle santé de France, au service des entreprises et des salariés.Découvrez nos solutions sur harmonie-mutuelle.fr/devis-entrepriseMutuelle soumise aux dispositions du livre II du Code de la mutualité, n° Siren 538 518 473.]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25PANoRAMA International - Le modèle hybride singapourienFocus sur un pays ou sur une problématique qui concerne plusieurs pays et interpelle la rédaction,Ying et yangchoisi en toute subjectivitéEt si la démocratie à l’occidentale n’était pas la fin de l’histoire ? D’autres en Asie ont choisi une voix plus pragmatique, partie pour durer...Chine présente de nom- breuses facettes très diffé- rentes : son modèle de dé- veloppement, sa politique interne, son attitude face à ses voisins... », précise Tsu- neo Nishida, ancien vice- ministre des Affaires étran- gères du Japon, représentant permanent du pays à l’oNU, qui s’attend à ce que le “pa- ternalisme doux” fasse des émules à l’avenir. Et ce d’autant plus que des ré- formes sont en cours pour le rendre pérenne.la fameuse commission de supervision et d’adminis- tration des actifs de l’Etat. « Les problèmes de gestion calamiteuse de dirigeants qui accédaient à ce rang par récompense ou en semi- retraite, ainsi que les af- faires de corruption, ont encouragé les autorités à prendre des mesures dans tous les secteurs, notamment les plus stratégiques comme l’énergie ou les transports », explique Philippe le Corre. La différence est criante avec les entreprises chi- noises privées, qui se rap- prochent plus de leurs consœur d’Asie du Sud-Est. Selon celui qui est aussi chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS), « les pouvoirs publics, pour maintenir le système à flot, a besoin de renforcer ces conglomérats. Lorsque les politiques promettent d’équiper le Pakistan d’in- frastructures, ils ne peuvent y parvenir qu’avec ces géants. Les entreprises pri- vées auront plus de réti- cences ». Une privatisation ? Aucunement. La vision de Xi Jinping est celle d’une modernisation permettant justement de pérenniser le pouvoir de l’Etat-parti. Ce qui passe par des entreprises plus rentables, moins dé- pendantes des crédits pu- blics, comptant des mana- gers plus aguerris pour abor- der les marchés internatio- naux – finalement dont le modèle se rapproche un peu plus de celui du fonds sou- verain de Singapour, Tema- sek, souvent cité comme(1) « L’Offensive chinoise en Europe », de Philippe le Corre, en collaboration avec Alain Sepulchre, éd. Fayard, 2015.Julien TarbyPEt si « l’autoritarisme doux » singapourien faisait plus d’émules sur la planète ?DYSFONCTIONNE- MENTS REPÉRÉSDès novembre 2013, un an après l’arrivée au pouvoir de M. Xi, le parti commu- niste chinois (PCC) s’était engagé à “moderniser” la centaine de gigantesques entreprises directement pla- cées sous le contrôle de Pé- kin, telle que China Mobile, premier opérateur mondial en termes d’abonnés, ou en- core Sinopec ou China Sou- thern, respectivement pre- mier raffineur et première compagnie aérienne d’Asie. Une séparation sera opérée entre celles destinées à en- granger des profits et celles contribuant au service pu- blic. Selon le gouvernementourquoi le décès en LE PRAGMATISME la danse. La configuration mars 2015 de Lee AVANT TOUT chinoise et l’orientation com- Kuan Yew, véritable Lee Kuan Yew, connu pour muniste correspondaient par-cette approche du dévelop- pement pourrait bien être reprise dans certains pays émergents. « Les Chinois ont comme stratégie affichée de ne jamais interférer dans les affaires domestiques des autres pays. Ce qui est un leurre au vu de leurs acti- vités humanitaires et leur diplomatie économique. Le modèle chinois ne peut être un “statu quo power” éter- nellement », note Thierry de Montbrial, directeur defondateur de la cité-Etat de avoir géré son pays comme faitement à ce modèle.Singapour, a-t-il donné lieu à autant d’hommages en Asie et particulièrement en Chine ? Peut-être parce que cet homme d’Etat d’origine chinoise – son arrière-grand- père avait émigré de la pro- vince de Guangdong – a fait de Singapour un centre ré- gional financier, de services et de haute technologie où les élites du continent vien- nent encore puiser des idées. Le modèle singapourien a eu une influence considéra- ble sur la voie de dévelop- pement empruntée par Deng Xiaoping, qui s’y était rendu dès 1978. A partir de 1992, des hauts fonctionnaires et des chefs d’entreprise chinois ont afflué dans la « ville jar- din » pour en tirer des en- seignements, notamment en matière de gestion adminis- trative, de lutte contre la corruption, d’implantation de parcs industriels... Ce n’est donc pas un hasard si les autorités chinoises, lorsqu’elles promeuvent l’état de droit, font référence à la « Suisse de l’Asie. »une entreprise, a prosaïque- ment décidé de prendre le meilleur des civilisations oc- cidentales et orientales, sans idéologie aucune, privilégiant tout ce qui favorisait essor économique, justice et main- tien de l’ordre. Il a ainsi rejeté la démocratie à l’oc- cidentale pour instaurer un régime de parti unique, avec« China Railways était au- trefois le ministère des che- mins de fer. Et l’on peut trouver ses équivalents dans tous les secteurs, même si la situation évolue. Il y a 20 ans la part des entreprises étatiques dans le PNB était de 50%, elle n’est plus que de 35% aujourd’hui. Il existe néanmoins nombre d’entre-Un régime de parti unique, des conglomérats dépendant de l’Etat, mais une administration qualifiée, intègre et efficace....18NoVEMBRE 2015MODÈLE QUI VA FAIRE TACHE D’HUILE ?Même si elle découle d’une histoire chinoise spécifique,une administration omnipré- prises dites privées qui sont l’Institut français des rela- qui a énoncé les grandes sente, ce qui lui a permis de très proches du pouvoir, di- tions internationales (IFRI) lignes de sa réforme le 13 gérer le pays d’une main de rectement liées à l’Etat, à lors d’une conférence “La septembre, une ouverture fer. Cet “autoritarisme doux” une Province, ou agissant Chine et le monde”. Les aux investisseurs par – selon les termes des cher- de concert avec le parti », hauts fonctionnaires de échange d’actions ou prises cheurs – se différencie des observe Philippe le Corre, l’Empire du Milieu partici- de participations pour les dictatures classiques par son chercheur à la Brookings pent de plus en plus à des premières est prévue. Ces administration qualifiée, in- Institution à Washington, organisations internatio- groupes auront plus de la-source d’inspiration...tègre et efficace, et par ses institutions judiciaires strictes et impartiales. L’interven- tionnisme étatique est une réalité dans ce pays où les entreprises publiques, véri- tables conglomérats, mènentspécialiste de la Chine(1).nales, leur influence croît et l’administration tend à devenir plus nationaliste au fil du temps. Autant d’élé- ments qui annoncent une influence croissante sur de nombreux autres pays. « Latitude pour fixer les salaires de leurs employés et em- baucher des managers plus professionnels, afin de se tourner vers l’international. Les conseils de direction prennent du pouvoir face à]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25PANoRAMA International - Focus sur le CanadaUn pays qui gaze ?Le pays est sur les tablettes des investisseurs et entrepreneurs depuis belle lurette, et ce bien que la situation soit un peu plus contrastée dans la réalité que sur le papier. L’arrivée du libéral Trudeau rimerait avec statut quo...PLe voile se lève sur les ambitions canadiennesjourd’hui, si le prix du baril permet aux ménages de gagner en pouvoir d’achat, sa faiblesse en- traîne le report des inves- tissements dans les ré- gions dépendantes du sec- teur énergétique, lequel représente presque un tiers des exportations. L’Est,nomiques pourraient se ré- sumer à l’enjeu du pipeline Keystone XL. Dans son principe, cet oléoduc per- mettrait d’optimiser le transfert actuel de la pro- duction énergétique des sables bitumineux de l’Al- berta jusqu’au Golfe du Mexique. « Mais les ater- moiements sont nombreux quant à l’agrandissement de ce pipeline. Les Etats- Unis refusent ce nouvel aménagement pour raisons environnementales. Face à cette valse-hésitation, un projet alternatif d’oléo- duc prenant source dans la région de l’Alberta me- nant jusqu’à la Colombie britannique et la côte Pa- cifique vers les terminaux de liquéfaction du gaz sont en réflexion », analyse la spécialiste de l’IFRI. Au- jourd’hui, le «Northern Gateway» est toujours su- jet à polémique, bien qu’ottawa ait donné son feu vert. Initialement, le début de l’exploitation de ce projet à sept milliards de dollars canadiens avait été programmé à octobre 2018 et le début de sonintime qu’entretiennent lesdeux pays s’exprime éga-lement par la valeur quo-tidienne des biens et desservices échangés et desrevenus de placement. Ceséchanges ont été permispar l’ensemble des accordsbilatéraux, notammentceux de libre-échange.L’ALENA (Accord de li-bre-échange nord-améri-cain) depuis 1994 puis le« partenariat nord-améri-cain pour la sécurité et laprospérité» (2005) ont lar-gement contribué à réduireles obstacles commerciauxen libéralisant l’agricul-ture, les services dont ceuxde la finance, l’énergie etles marchés publics.« Mais si l’on doit retenirune chose des rapportsentre les Etats-Unis et leCanada, ce serait bienleur caractère inégal »,explique Laurence Mar-don, responsable du pro-gramme Amérique duNord à l’IFRI. Un rapportdémographique de un pourdix d’abord : 35 millionspour les amateurs de siropd’érable contre 320 mil-lions au sud des grandslui, en ressent moins les lacs. Ce rapport démogra- chantier à octobre de cette effets. D’autant que phique laisse deviner la année... Avant que le projetSCHIZOPHRÉNIE CANADIENNE« La nature des échanges internationaux pourrait sensiblement évoluer à la faveur des derniers traités signés, à l’image de l’AECG (Accord écono- mique et commercial glo- bal, ndlr) signé avec l’Union Européenne », prévoit Laurence Mardon. Mais l’accord n’est pas sans soulever certaines ré- sistances. Malgré un ac- cord ratifié, la mise en place de l’AECG est concomitante aux polé- miques suscitées par le TTIP, partenariat transat- lantique de commerce et d’investissements, car elle procède du même fonc- tionnement que ce dernier. « Ces nouveaux traités font partie des accords de libre-échange de nouvelle génération qui ne font pas que du global et qui sou- haitent sortir de l’esprit OMC. Les Etats montrent ainsi qu’ils ne souhaitent plus réaliser des accords produit par produit mais établir un cadre général de fonctionnement. D’où les tribunaux d’arbitrage qui soulèvent l’ire de la France et de l’Allemagne au sujet du traité transat- lantique », commente Lau- rence Mardon. Autre fait d’importance, l’AECG au- torise également l’ouver- ture aux marchés publics aux entreprises d’une autre zone – autorisation déjà à l’œuvre dans le cadre de l’ALENA entre leays aux mille lacs, Unis et se demander si le il possède aussi destin canadien peut évo- mille visages, alors luer autrement.que l’heure des élections actuelles est aussi celle des bilans : il est l’un des plus développés du monde mais n’a pas hésité à pro- voquer un désastre éco- logique dans l’Alberta. Un pays dont l’un des poumons économiques est culturellement et histori- quement tourné vers la France et l’Europe mais avec des projets d’ampleur qui regardent davantage vers l’Asie. Un niveau de vie enfin que jalousent les voisins nord-américains, mais une bulle immobi- lière qui pourrait éclater à tout moment et peser lourdement sur les mé- nages. Cette complexité canadienne transpire éga- lement dans les relations entretenues avec son grand frère nord-améri- cain. A l’aune macro-éco- nomique, la dixième puis- sance semble emprunter un tournant à la faveur de nouveaux accords inter- nationaux. L’occasion de se questionner sur l’am- bivalence des rapports en- tre le Canada et les Etats-UNE CROISSANCE STABLE QUI CACHE D’IMPORTANTES DISPARITÉS RÉGIONALESDes chiffres encoura- geants qui font rêver les gouvernement d’Europe : +2% de PIB en 2014 et +2,4% prévus en 2015. « Le Canada s’en est mieux sorti que les USA en 2008-2009, mais sa si- tuation actuelle est com- parativement moins bonne en raison du choc pétro- lier et de son développe- ment intimement lié au secteur énergétique », ex- plique Julien Marcilly, économiste en chef à la Coface. L’économie na- tionale s’est contractée pour la première fois de- puis 2011. « Le déficit courant s’est aggravé en raison du ralentissement de la croissance améri- caine. » Vaste, le pays de- meure sujet à des déve- loppements régionaux iné- gaux. L’ouest a beaucoup bénéficié de l’essor des matières premières. Au-Pieds et poings liés aux Etats-Unis, la Canada s'entiche de la Chine tout en faisant les yeux« l’économie canadienne demeure largement diver- sifiée et peut s’appuyer sur le secteur manufac- turier », complète Julien Marcilly. Un tableau éco- nomique tout en contraste...doux à l'Europe...nature des échanges. Du point de vue économique, le déséquilibre entre les deux pays se résume en quatre chiffres. Le Canada exporte 73% de ses biens et services vers les Etats- Unis tandis que dans l’au- tre sens, le Canada repré- sente 20% des exportations américaines. Et seules 15% des importations pro- viennent du Canada, selon une étude de janvier 2014 de l’institut canadien Fra- ser. Cette donne écono- mique serait pourtant sur le point d’évoluer vers un autre équilibre. Les nou- velles opportunités éco-ne soit envoyé en Cour d’appel fédérale pour le manque de prise en compte des « Premières Nations », terme qui dé- signe les groupes autoch- tones dans l’ouest cana- dien. Ajoutez à ce sujet quelques baleines à bosse sur le chemin du « Nor- thern Gateway », espèce sortie de la classification des espèces protégées, plus l’exploitation du gaz de schiste provoquant des séismes et vous avez un beau débat à lancer autour d’une poutine, le plat qué- bécois à base de frites et fromage en grain.ts-UnisS’ÉMANCIPER DES ETATS-UNIS AU PRIX D’UN DÉSAS- TRE ÉCOLOGIQUE ET HUMAIN ?Jamais deux pays n’auront entretenu relations aussi étroites que les Etats-Unis et le Canada. 200 millions de citoyens franchissent la frontière des deux côtés chaque année ! Ce rapportMexique, les Eta.et le Canada. Mais l’axe prévalent reste celui de l’énergie. Certes, le Ca- nada regarde vers l’Eu- rope, mais s’entiche en- core davantage de l’Asie et de ses opportunités d’af- faires. Un cap qui se main- tiendrait a priori.Geoffroy Framery20NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE Baromètre & TendancesLe carnet des nominationsen partenariat avec}BANQUE DE FRANCEFrançois Villeroy de GalhauFrançois Villeroy de Galhau est nommé gouverneur de la BdF, à compter de novembre 2015, en remplacement de Christian Noyer.François Villeroy de Galhau, 56 ans, ENA (1984), Polytechnique (1978), a réalisé le parcours suivant :n 2015-2015:ServiceduPremierministre,chargéd'unemissionsurlefinancementdel'in-vestissement en France et en Europe.n 2011-2015:BNPParibas,directeurgénéraldélégué.n 2008-2011:BNPParibas,responsabledupôleBanquededétailFrance(BDDF).n 2007-2008:BNPParibasPersonalFinance,président-directeurgénéral.n 2003-2007:Cetelem(groupeBNPParibas),président-directeurgénéral.n 2000-2003:Directeurgénéraldesimpôts.n 1999-2000 : Ministère de l'Economie et des Finances, directeur de cabinet de ChristianSautter.n 1997-1999:Ministèredel'EconomieetdesFinances,directeurdecabinetdeDominiqueStrauss-Kahn.n 1996-1997:ConseillerfinancieràBruxelles,participeàlacréationdel'euro. n 1993-1996:DirectionduTrésor,diversesresponsabilités.n 1990-1993:CabinetdePierreBérégovoy,conseillerEurope.n 1984-1988:Débutdecarrièrecommeinspecteurdesfinances.}CRÉDIT AGRICOLE LEASING & FACTORING (CAL&F)Frédéric BretteFrédéric Brette est promu directeur général adjoint en charge du fonctionnement du CAL&F, à ce poste depuis octobre 2015, en remplacement d'Hervé Varillon. Il est sous la responsabilité directe de Philippe Carayol, directeur général. Frédéric Brette, 55 ans, DESCAF de l'ESC Cler- mont-Ferrand (1983), a réalisé le parcours suivant :n 2011-2015:CaisserégionaleduCréditagricoledeLaRéunion,directeurgénéraladjoint. n 2008-2011:LCL(groupeCréditagricole),directeurdelabanquedesflux.n 2006-2008:LCL,directeurdelabanquecommercialedumarchédesentreprisesetinsti-tutionnels.n 2002-2006:LCL,directeurrégional.n 1985-2002:LCL,débutdecarrièrecommedirecteurd'agence.} EDENREDBertrand DumasyBertrand Dumazy est nommé président-directeur général du groupe Edenred, à compter d'oc-tobre 2015, en remplacement de Jacques Stern. Nadra Moussalem assure la fonction deprésident-directeur général pendant la période de transition.Bertrand Dumazy, 44 ans, ESCP Europe (1994), MBA de Harvard Business School, a réalisé leparcours suivant :n 2012-2015:Cromology(ex-MaterisPeintures),directeurgénéraladjointpuisprésident-directeur général.n 2011-2012:Deutsch,président-directeurgénéral.n 2008-2011:Neopost,directeurfinancierdugroupe,présidentdelafilialeMailFinance. n 2005-2008:Neopost,président-directeurgénéralFrance.n 2002-2005:Neopost,directeurdumarketingetdelastratégie.n 2001-2002:Constructeo,directeurgénéralEurope(aprèsfusionavecBricsnet).n 2000-2001 : Constructeo (logiciels de gestion de projet, secteur Construction), directeurfondateur.n 1999-2000:BCPartners,directeurd'investissement.n 1994-1999:Bain&Cie(àParispuisLosAngeles),débutdecarrièrecommeconsultantenstratégie.remplace à ce poste Jad Ariss, promu directeur général des activités Moyen-Orient, Golfe et Afrique. Elle est sous la responsabilité directe de Nicolas Moreau, président-directeur général d'Axa France.}AXA ENTREPRISESGaëlle OlivierGaëlle Olivier est promue directeur général d'Axa Entreprises, à compter de janvier 2016. ElleGaëlle Olivier, 44 ans, Polytechnique (1990), ENSAE ParisTech, Institut des actuaires, a réalisé le parcours suivant :n 2011-2015:AxaAsie,directeurgénéraldesactivitésd'assurancedommages.n 2009-2011:GroupeAxa,directeurdelacommunicationetdelaresponsabilitéd'entre-prise.n 2004-2009:AxaJapon,directeurdesopérationsd'investissementpuisdirecteurdelastra-tégie et de l'audit.n 1998-2004:GroupeAxa,enposteauseind'AxaInvestmentManagerspuissecrétaireduconseil de surveillance et du directoire au siège du groupe. n DébutdecarrièreauseinduCréditlyonnais.} MASTERCARDBart WillaertBart Willaert est promu directeur général France de MasterCard, à ce poste depuis octobre 2015, en remplacement de Régis Folbaum. Il est ainsi chargé de poursuivre la conduite de la stratégie de croissance de MasterCard en France, en mettant notamment l'accent sur la conso- lidation de nouveaux services et de solutions de paiement. Il rapporte à Carlo Enrico, président Europe de l'Ouest.Bart Willaert, master ingénierie commerciale et informatique de gestion de l'Université catho- lique de Louvain (1999), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2015:MasterCard,directeurgénéralpaysnordiquesetbaltes.n 2012-2013:MasterCard,responsabledudéveloppementdumarchéEuropedel'Ouest. n 2009-2011:MasterCard,responsableeuropéendelastratégieetdel'économieclients. n 2004-2009:TheBostonConsultingGroup,consultantServicesfinanciersBeneluxetAsiedu Sud-Est.n Débutdecarrièreenlançantunestart-upproposantdessolutionspourl'e-commerce.}NIKON FRANCEBenoît de DieuleveutBenoît de Dieuleveult est nommé président de Nikon France, à compter du mois de novembre 2015, en remplacement de Takami Tsuchida qui conserve la présidence de Nikon Europe. Il est ainsi en charge de la division Image, dirigée par Valérie Pierre, et de la division Instruments, di- rigée par Philippe Rideau, pour le marché français et belge.Benoît de Dieuleveult, 43 ans, ESSCA (1995), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2015:ElectroluxHomeProductsFrance,directeurcommercialmajorappliances. n 2007-2013:NikonFrance,directeurdeladivisionImage-Photonumérique.n 1999-2006:NikonFrance,responsablegrandscomptespuisdirecteurcommercial(2004). n 1996-1998:PhilipsElectronicsConsumer,débutdecarrièrecommeattachécommercialau sein de la division Son et Vision.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant l'entrepreneuriat, picorés de-ci de-làTandis que les arbres perdent leurs feuilles et les villes deviennent de moins en moins attirantes, le monde de l’entrepreneuriat fleurit de bonnes nouvelles. Découvrez les trois personnalités françaises les plus influentes du monde économique, ce que pense John Chambers de la France, mais aussi les nouvelles lois et les applications intéressantes... Bonne lecture !uUne application qui aide les entre- prises face aux mauvais payeursvement citoyen BleuBlancZèbre, vient de lancer son blog “La France que je vois”. L’auteur racontera en direct et sans filtre la vie joyeuse de son mouvement à travers ceux qui n’attendent plus que les solutions viennent d’en haut et qui se fédèrent à ses côtés : les associations culottées, les entrepreneurs responsables et les élus qui se bougent en sortant du cadre. « Ce blog sera le roman d’un pays qui devient adulte », explique Alexandre Jardin.Direct Recouvrement lance son application de calcul des pénalités de retard. Disponible en ligne, en plus de cal- culer la somme de la créance, elle permet aux entreprises de relancer elles-mêmes les débiteurs via des courriers types de relance (du simple rappel à la mise en demeure). Chaque lettre reprend les sommes avec les nouvelles ma- jorations. Dans le cas où les relances n’aboutissent pas, le cabinet Direct Recouvrement se charge de prendre le relais et de contraindre un débiteur au paiement par voie de recouvrement amiable ou judiciaire. La société reçoit alors ses honoraires basés uniquement sur le résultat. De plus, Direct Recouvrement assiste et accompagne les en- treprises tout au long de l’année. La société met à dispo- sition gratuitement des vignettes “avis d’impayé” ainsi que l’accès gratuit à la totalité des fonctions de l’outil Pé- nalités de retard. Un bonus : un blog spécialisé permet également de s’informer sur le recouvrement de créances (informations, veille juridique, conseils, cas concrets...).u Comment renforcer l’attractivité fran- çaise ?La France lance le défi d’atteindre les 100 millions de touristes par an d’ici 2020. Une plateforme d’investisse- ment a été lancée par la Caisse des dépôts lors de la pre- mière conférence annuelle du tourisme, présidée le jeudiuLes femmes au pouvoirLe 7 octobre s’est déroulée la Journée nationale des femmes entrepreneures. Mais qui sont réellement ces di-8 octobre par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères. La plateforme portera le nom “France Développement Tou- risme” et devra réunir au total près d’un milliard d’euros. Cet argent aidera à développer des infrastructures hôtelières, amé-rigeantes d’au- jourd’hui ? Selon l’étude de KPMG “Portrait des femmes dirigeantes en France”, réalisée en juin 2015, elles diri- gent en particulier des petites entreprises. Plutôt jeunes, elles sont 44% à être deve- nues dirigeantes après avoir créé ou racheté leur entre- prise. D’autres ont acquis le pouvoir par la promotion interne (27%) ou par trans- mission familiale (22%). En revanche,liorer l’accueil des voyageurs ou encore favoriser le nu- mérique. Pour finir, un fonds de capital-développement sera créé par Bpifrance pour les PME de la filière tou- risme, notamment des secteurs de l’innovation et du e- tourisme, et sera « doté de 100 millions d’euros », a déclaré le directeur général du groupe Caisse des dépôts, Pierre-René Lemas.u Ces Français sont les plus influents du monde économiqueTrois Français figurent dans le classement des 50 person- nalités les plus influentes du monde économique établi par l’agence de presse Bloomberg. Ainsi en 20e place se trouve l’économiste Thomas Piketty. L’entrepreneur mul- timillionnaire Renaud Laplanche, fondateur de la plate- forme de prêts entre particuliers LendingClub, se classe 28e et la directrice du FMI Christine Lagarde clôture ce trio avec la 38e place. Selon Bloomberg, toutes les per- sonnalités regroupées dans le classement « sont un groupe varié qui a en commun un succès extraordinaire dans leurs domaines ».uJohn Chambers, le parrain de la French Techseules 7% des dirigeantes ont atteint leur poste par pro- motion externe. Elles entreprennent principalement en Île-de-France (24,2%), en Rhône-Alpes (9%), et en PACA (8,1%), ainsi que dans les secteurs du social (22,4%), du service aux particuliers (18,6%), et du com- merce (16,4%).u L’épargne salariale n’est plus un poids Dès le 1er janvier 2016, la loi Macron relative à l’épargne salariale entrera en jeu. La contribution payée par les em- ployeurs sur l’intéressement et la participation versée aux salariés va être largement diminuée, en rendant ainsi la fiscalité patronale plus avantageuse. Le forfait social de 20%, fixé depuis 2012, tombera à 8% pour les entreprises de moins de 50 salariés et désireuses de mettre en place un dispositif de participation des salariés aux résultats de l’entreprise. Si les PME décident de jouer le jeu, cet allé- gement fiscal leur sera accordé pendant les six premières« La France, c’est l’avenir ! », a déclaré le dirigeant de Cisco lors d’une interview sur Europe 1. « Il existe une nouvelle génération de start-up françaises qui vont pro- fondément transformer nos modes de vie (...) Les déci- deurs de la France comprennent mieux que tout autre ce que la révolution numérique peut apporter à chacun », a-t-il poursuivi. Ainsi, à peine quelques mois après avoir investi 100 millions de dollars dans les start-up françaises, l’un des grands noms de la Silicon Valley a annoncé qu’il débloquera 200 millions de dollars pour investir dans des jeunes pousses françaises.22 NoVEMBRE 2015uLa France que je voisAlexandre Jardin, l’auteur militant et fondateur du mou-]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frBaromètre & Tendances CLUB ENTREPRENDREannées. Autre avantage : même si l’entreprise s’agrandit et dépasse les 50 salariés au cours de cette période de six ans, elle bénéficiera tout de même de l’avantage. Sauf « dans les cas de scission ou de cession à une entreprise d’au moins cinquante salariés, ou de fusion ou absorption donnant lieu à la création d’une entreprise ou d’un groupe d’au moins cin- quante salariés au cours de cette même période, la nouvelle entité juridique est redevable, à compter de sa création, de la contribution au taux de 20% », précise l’article 171 du projet de loi Macron.u Les PME ont-elles besoin des grandes entreprises ?Selon l’enquête annuelle (réalisée par le Cabinet Pierre Audoin Consultants) de l’observatoire de la relation entre PME et grandes entreprises, deux PME sur trois reconnaissent que les grandes entreprises jouent un rôle clé dans leur développement. En effet, 59% des grandes entreprises, en quête d’innovation et de nouveaux relais de croissance, comprennent mieux les business models et les contraintes des PME (en matière de délais et de procédures). Ces dernières sont conscientes que les grandes entreprises sont principalement utiles à la création des références commerciales (45%), du réseau (38%) et des contrats significatifs (35%). De même, 63% des PME font appel, pour le financement de leurs innovations, au Crédit d’impôt recherche (CIR), aux aides liées au statut de Jeune entreprise innovante (JEI), et aux finan- cements privés.u Mariage du Groupe Optic 2ooo et Antropia, les bébés start-upà venirLa Fondation d’entreprise du Groupe optic 2000 s’associe avec Antropia, le catalyseur d’entreprises sociales fondée par l’Essec, pour accompagner les start-up innovantes dans les domaines de la vue et de l’audition. Le partenariat souhaite favoriser l’émergence d’innovations sociales portées par les start-up capables d’améliorer le quotidien des personnes malvoyantes et malentendantes. Une fois sélectionnées, les start-up lauréates bénéficieront d’une dona-tion de 5000 euros et d’un accompagnement stratégique, managérial, technique et écono- mique lors de la phase de démarrage de leurs projets et pendant une durée de 18 mois.uLes PME confiantes en l’avenirSelon une étude Ifop pour KPMG et la CGPME, 57% des dirigeants de PME se montrent plutôt optimistes sur leurs propres perspectives d’activité. Dans le détail, 7% sont “tout à fait inquiets”, 36% “plutôt inquiets”, 43% “plutôt pas inquiets” et 14% “pas du tout”. Le pour- centage de chefs d’entreprise signalant des problèmes de trésorerie est en baisse à 26%, soit 4 points de moins qu’en mai et 8 de moins qu’en septembre dernier. L’enquête a été menée en septembre auprès de 401 dirigeants d’entreprise.uLa météo des entreprisesBFM Business s’est associé à Pouey International, le spécialiste de la relation client et du re- couvrement de créance, pour créer un indicateur de mesures économiques des entreprises françaises. Le baromètre permet de déterminer l’évolution des sociétés secteur par secteur en temps réel. Notés sur 20, trois secteurs se montrent en haut de l’affiche et promettent un bel envol : énergie (13,5), services aux entreprises (13) et commerce de gros (11,7). De plus, Emmanuel Lechypre, l’éditorialiste de Pouey, assure d’une nette diminution du risque de faillite des entreprises et même d’un redémarrage des créations. La note moyenne de l’éco- nomie française est aujourd’hui de 9,7/20. Malgré une note qui paraît décevante, c’est un point de bascule important pour la France qui affichait l’an passé seulement 8,8.des outils numériques comme les réseaux sociaux, le cloud computing, la dématérialisation des documents et les solutions de collaboration et les mettre plus en valeur. ouvert 7 jours sur 7, ce site contient des témoignages d’entrepreneurs, des fiches pratiques et des coor- données de centres de ressources pour entrer en contact avec des conseillers numériques locaux.uUn portail vers la transition numériqueA l’initiative d’Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat en charge du numérique, une nouvelle pla- teforme a été créée : transition-numérique.fr, pour aider les TPE et les PME à mieux prendre le virage du numérique. Ce nouvel outil leur permettra de mieux comprendre et exploiteru La veille, au cœur du quotidien des décideurs françaisSelon les résultats du premier baromètre InfoDécideurs, 90% des décideurs français ont vu évoluer leurs pratiques de veille durant les cinq dernières années et 43% déclarent les avoir complètement transformées ! Ces chiffres sont une conséquence de l'accessibilité croissante à l'information digitale, mais témoignent aussi du besoin croissant "d'être à la page" pour faire face à des décisions de plus en plus complexes. Le baromètre InfoDécideurs a été réa- lisée par Tonics, en partenariat avec Nomination, auprès de 302 décideurs français appar- tenant à des entreprises de 20 salariés et plus.SAVE THE DATES+ 16 novembre de 8h30 à 17h : 8e Conférence An- nuelle des Entrepreneurs (Ministère de l’Economie et des Finances à Paris Bercy, 139 Rue de Bercy, 75012 Paris)rendez-vous unique pour développer votre réseau, par- tager l’expérience de grands entrepreneurs et faire dé- coller votre business. Profitez de ces deux jours pour capter les nouvelles tendances, bénéficier des meilleurs conseils, trouver des financements et booster votre ac- tivité grâce au numérique ! Au programme : 120 parte- naires et exposants, 80 conférences (dont cinq témoignages d’entrepreneurs talentueux) et ateliers, 20 animations thématiques...innovants des étudiants Epitech qui révolutionneront le futur. Attention : le 27 novembre est réservé aux entre- prises avec une conférence d’ouverture le matin à 9h30 et le 28 novembre est ouvert à tous !Plus de 400 entrepreneurs sont attendus à la conférence d’ouverture de la Global Entrepreneurship Week LES ENTREPRENEURS et LA CRoISSANCE VERTE : révolution énergétique et changement climatique. A 15+10décembrede8hà17h:«FinTechsI/O?»La conférence dédiée aux FinTechs, InsurTechs, CleanTechs & Innovations (au Novotel Paris Cen- tre Eiffel Tower)ejours du lancement de la 21 Conférence des Nations-+27-28 novembre de 9h à 15h : 10e édition du Forum des Epitech Innovative Projects (campus d’Epitech Paris)Finyear Labs (laboratoire innovation du quotidien Fi- nyear) édite la conférence FinTechs I/o dédiée Fin- Techs, InsurTechs, CleanTechs & Innovations. Comme son nom l’indique – I/o (in/out) est le partage, l’échange – FinTechs I/o est la conférence où l’on par- tage expérience et expertise autour de l’innovation en finance & assurance. Cette 1ère édition souhaite présen- ter à un large public de financiers et de dirigeants d’en- treprises les FinTechs, InsurTechs, CleanTechs et innovations à leur disposition. Inscrivez-vous à l’évé- nement sur le site http://www.fintechs.io/Unies sur les Changements climatiques (CoP 21) orga- nisée par la France, les entrepreneurs « ToUS ENSEMBLE » relèvent le défi du changement clima- tique par la croissance verte. Inscription sur le site http://www.citizen-entrepreneurs.comLe rendez-vous incontournable des étudiants d’Epitech, qui réunit chefs d’entreprise et autres professionnels in- dépendants. L’Epitech Innovative Project, c’est une création, un produit fini, la concrétisation de l’ensei- gnement spécifique et incitatif d’Epitech : la pédagogie par projets. Les EIP prouvent la parfaite maîtrise de la technologie acquise à l’école comme une véritable ap- titude à choisir un sujet. Découvrez plus de 100 projets+ 25-26 novembre : la 8e édition du Salon des En- trepreneurs Nantes Grand-Ouest (Cité des Congrès de Nantes 5, rue de Valmy, 44000 Nantes)Créateurs, repreneurs, start-up, dirigeants de TPE/PME- ETI... Avec presque 11000 visiteurs, participez au plus grand rassemblement d’entrepreneurs de l’ouest ! UnNoVEMBRE 2015 23]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE A la Une - Innovation inverséeL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,La tête à l'enversLa "reverse innovation", en ramenant et adaptant les ruptures des pays émergents dans les pays développés,«P auvre Mexique, si loin de Dieu mais si près des Etats-Unis », nous lançait notre professeur d’histoire-géographie re- prenant les propos du pré- sident mexicain Porfirio Diaz. Alors potaches et boutonneux, nous appre- nions dans nos livres de géographie le système des maquiladoras qui recru- taient les bras à bas coût au Mexique et faisaient fonctionner les cerveaux aux Etat-Unis. Même si l’on ne fait pas table rase de la division internationale du travail, ni de la veste en velours côtelée de notre prof de géo marxiste, il n’empêche que ces pays, que l’on qualifie d’émer- gents, ont réussi à faire de leur faiblesse une force pour ne plus se cantonner au seul rôle d’atelier du monde. Aux quatre coins du monde. En parallèle, les grands groupes ont de- puis quelques années com- pris qu’investir ces nou- veaux marchés balbutiants n’était pas peine perdue. Schneider Electric, Arcelor Mittal, Huawei... Autant de géants qui ont développé des solutions sur tous les continents. Premier temps de la valse de l’innovation, ces entreprises, de concert avec les acteurs écono- miques locaux, ont créé produits et services à des- tination des populations à ressources limitées, le fa- meux bottom of the pyra- mid, s’inspirant de l’inno- vation dite frugale se ca- ractérisant par les contraintes inhérentes à ces marchés. Au deuxième temps de la valse, il ne reste plus que les grands groupes... qui ramènent cette innovation dans nos chers pays développés en les adaptant aux différents segments de la population. Quels bénéfices pour les24 NoVEMBRE 2015révolutionne la R&D. Attention, opportunités en vue.bonne stratégie n’est pas de faire de ce type d’inno- vation la manière centrale de concevoir sa R&D. Car souvent, entre une solution face à un problème «A» en Inde et sa solution adaptée «B» en France, se situe toujours de la sérendipité, et de la découverte for- tuite », explique Rohit Chikballapur, directeur in- cubation et new business pour le groupe Schneider Electric.en rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriatentreprises et les per- sonnes ?novaient dans leur «home base market» et dans un second temps, ces dernières commercialisaient le pro- duit ou le service dans les pays moins développés, une fois le produit optimisé en termes de coûts. Désor- mais, l’innovation se réa- lise directement à l’inté- rieur même du marché qu’elles visent, dans les pays émergents mais per- met ensuite de déclencherpour le marché chinois, afin notamment de dépasser la contrainte électrique dans certaines provinces. Consé- quence vertueuse, ces pro- duits dont l’ingéniosité im- pressionne ont été injectés et modifiés pour répondre à un nouveau besoin : celui des urgentistes des pays développés qui bénéficient désormais d’un produit por- tatif nouveau cri. De même, votre tante qui passe sesans auparavant par le centre de R&D de L’oréal basé au Brésil ; idem pour la Logan... Ce faisant, cette démarche se revêt d’origi- nalité puisque la chaîne de valeur du produit, de sa conception jusqu’à son dé- veloppement et sa com- mercialisation, se réalise localement. En l’occur- rence, ce type d’innovation concerne les économies dites du Sud. « Mais l’in-LA FRUGALITÉ,UN PASSAGE NÉCESSAIREA ce stade, rien ne distingue l’innovation qualifiée d’in- versée de l’innovation fru- gale dite «Jugaad», terme hindi qui signifie la dé- brouille. Face aux contraintes liées aux res- sources alimentaires, finan- cières ou encore énergé- tiques, les pays en voie de développement ont opéré un changement d’état d’es- prit. « L’idée revient à faire de ces contraintes une op- portunité : réfrigérateur qui fonctionne sans élec- tricité en Afrique, conver- tisseur d’air en eau en Amérique Latine... L’idée est de faire mieux avec moins et de répondre à un besoin nourri par le bas de la pyramide », décrit Bastien Kompf, président d’Innov’online et délégué général du SYNNoV, syn- dicat professionnel de l’in- novation. Autrement dit, il s’agit de repenser la R&D et les budgets afin de ré- pondre à des besoins exis- tants mais non satisfaits... avec des projets plus du- rables qui répondent vrai- ment aux attentes des consommateurs.PHÉNOMÈNE À LA MARGE ?Innovation. Le mot est sur toutes les lèvres et bien souvent certains se hasar- dent à l’utiliser sans trop savoir de quoi il retourne. Des précisions concep- tuelles s’imposent donc lorsqu’on affuble cette der- nière de l’adjectif «inversé»Face aux contraintes alimentaires, financières ou énergétiques, les pays en voie de développement ont opéré un changement« Mon boss me dit de penser « reverse innovation », je fais donc le poirier... »ou «reverse». Florence Charue-Duboc, directrice au CNRS-PREG-CRG questionne : « La nouveauté dans cette notion de «re- verse innovation» ? His- toriquement, les firmes in-de nouveaux réflexes sur le marché de base. » Le Mac 800 et le Vscan, res- pectivement un électrocar- diogramme à batterie et un appareil d’imagerie à ul- tra-sons, ont été pensésjournées à la plage pour profiter de sa retraite et du front de mer, utilise cer- tainement le shampooing Elsève Total Repair 5, un carton commercial à sa sor- tie en 2012 et conçu troisnovation inversée tend tou- jours à être un phénomène à la marge des entreprises en termes de manière consciente de penser l’in- novation dans leur stratégie globale. Je crois que laUne autre manière de faire mais qui ne signifie pas toujours des solutions à bas coût. En atteste par exemple le cas de Schneider Electric récompensé pour son one-d’état d’esprit intéressantŒ]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDREA la Une - Innovation inverséeClick Track, solution de suivi à distance de la qualité du lait pour les nouvelles économies, développée en Inde.à leurs contraintes structu- relles tout en satisfaisant une grande partie de la po- pulation. D’autant que cette manière de concevoir l’in- novation, de fait, développe un écosystème créatif où les grands groupes encou- ragent l’initiative locale. Au final, le concept pourrait aboutir à une profonde transformation du business model des entreprises. D’autant que le mouvement inversé de l’innovation vers les pays aux marchés plus matures ne se réalisera qu’au prix d’un nouvel ef- fort d’adaptation : nouvelle cible, évolution du produit, image marketée différem- ment. En d’autres termes, le procédé exige un chan- gement culturel de l’inno- vation.marché et de créer de nou- velles opportunités. « Avoir les pieds sur terre, c’est ce que permet notamment la reverse innovation. Nous pouvons même élargir le concept à une innovation Sud-Sud ou Nord-Nord et à l’ensemble des innova- tions et démarches qui per- mettent aux grosses entre- prises d’être plus à l’écoute et plus proches de la réalité, de passer d’un focus pro- duit à un focus consom- mateur », remarque Béné- dicte Faivre Tavignot, co- fondatrice et directrice de la chaire « Social business / Entreprise et pauvreté» à HEC. Certes, cette inno- vation permet d’être plus sensible aux enjeux envi- ronnementaux et aux be- soins du plus grand nom- bre. Mais pousser le phé- nomène jusqu’à le consi- dérer comme du business philanthrope ne serait pas non plus adapté. « Il y a souvent un malentendu en- tre l’innovation inversée et celle dite frugale considé-L’INNOVATIONCHANGE DE MAINSL’innovation inverséeconsisterait donc à faire duJugaad une source d’ins-piration. Au-delà du néo-logisme, nous sommesdonc tentés d’assimiler cephénomène qui touche lesgrands groupes à l’état d’es-prit des makers... Et au fi-nal, se demander si la «re-verse innovation» n’est pasqu’un medium pour queles grands groupes retrou-vent l’agilité d’une start-up (cf. encadré sur legroupe Accor). « Le «do ityourself» avec des res-sources limitées a toujoursexisté, mais la digitalisationpermet actuellement de leformaliser et de créer duvolume pour aboutir à denouvelles ruptures », com-plète Bastien Kompf. or,considérer l’innovation parce prisme redessine les siècle. Ce changement pose un ratio valeur ajoutée, la R&D des pays dits émer-UNE INNOVATION QUI VA CHANGER LE MONDE ?« L’influence d’une inno- vation inversée et ses im- pacts sur une économie dite mature sont de nature plus disruptive que l’inno- vation classique », explique Rohit Chikballapur. Nous aurions donc tort de can- tonner la «reverse innova- tion» à un enjeu de com- pétitivité pour lutter contre les entreprises asiatiques, par exemple, qui fonction- nent avec des produits fru- gaux et deviennent une me- nace pour les produits ma- nufacturiers produits ail- leurs. L’innovation inversée permet de segmenter leschémas classiques où l’in- novation pouvait être pous- sée soit par l’offre et saconceptuel permet donc de performance/prix qui ré- gents ou en voie de déve- questionner un marché pond à de nouvelles lo- loppement augmente. Gar- émergent et de l’éprouver giques de marché. Les mai- dons-nous par conséquentrée comme plus soci. durable. La confusion est courante. La nuance fon- damentale s’exprime dans l’utilisation du produit ou du service. L’usage qui en est fait dans les économies matures diffère de son uti- lisation initiale », conclut Rohit Chikballapur.Porter un regard différent sur un produit pour l'adapter aux marchés...ale etL'innovation inversée, un moyen de retrouver l'agilité d'uneconcurrence, soit par la de- mande des utilisateurs, deux concepts respective- ment théorisés par Schum- peter et Schmookler au XXepour segmenter davantage son marché de base avec une innovation de rupture. Vous l’aurez compris. L’in- novation dite inversée pro-sons-mères n’ont plus seules la mainmise sur le développement. Les vases de l’innovation communi- quent. Et mécaniquement,de considérer ce phéno- mène comme la vampiri- sation des nouveautés de ces territoires continuelle- ment en train de s’habituerGeoffroy Framerystart-up pour un grand groupeCas pratiqueIl n’y a pas à proprement parler de R&D chez AccorHotels, au même titre que dans la plupart des sociétés de services, en comparaison des entreprises industrielles où un pour- centage du CA est directement injecté pour produire de l’innovation. « L’innovation est un terme parfois galvaudé. Il n’empêche que notre groupe connaît une nouvelle im- pulsion depuis l’arrivée de Sébastien Bazin : l’innovation et l’agilité est plus forte dans les PME et les start-up. Un grand groupe possède des modes opératoires plus lents, liés à sa taille et ses process. Le message a donc été de sourcer l’agilité et l’innovation à l’extérieur tout en cultivant le souci d’être socialement durable et d’offrir aux entreprises plus petites de réelles opportunités de business », observe Yves Lacheret. Cette logique de «commerce équitable» permet également d’instiller de la nouveauté dans la culture d’entreprise pour gagner en réactivité. « Il fautsecouer la pulpe située au fond de la bouteille. Installer une culture et une mentalité «test & learn» par laquelle des prestataires implémenteront leurs créations via des pilotes, créant ainsi de l’innovation à moindre coût. C’est là où réside aussi une certaine frugalité. » Il s’agit pour le groupe AccorHotels de prendre davantage d’initiatives en un minimum de temps. Ce faisant, le groupe s’attache à nouer des relations avec de petites entreprises dans des domaines variés – traitement des déchets, chauffage et climatisation, restauration, hébergement, ressources hu- maines, en explorant de nouvelles technologies (impression 3D, objets connectés...) ou de nouvelles tendances de consommation (sharing economy...) – sans pour autant opter pour une croissance externe. Travailler avec ce type de partenaires bouleverse de nombreux usages au sein du groupe : « L’échelle-temps d’une PME n’a rien à voir aveccelle des grands groupes, les décisions prises pour travailler conjointement obligent à dépasser les complexités liées, entre autres, aux contrats, aux appels d’offres, aux délais de paiement... », précise Yves Lacheret. La démarche est vertueuse et permet de faire infuser l’innovation dans chaque département du groupe. « Le processus innovant n’est pas l’apanage du siège du groupe. C’est le principe que nous diffusons. La source du changement peut concerner une zone géographique, une fonction, un procédé, un produit, un service... Le maître-mot reste la frugalité pour dupliquer l’innovation dans nos modes opératoires et agir vite. L’innovation sera incrémentale, mais elle peut parfois déboucher sur des ruptures plus majeures préparant le futur du groupe », complète Yves Lacheret. Une manière de lutter contre l’inertie des grands groupes et de simplifier les rapports économiques...26 NoVEMBRE 2015AccorHotels – Une autre manière d'appliquer l'innovation frugale Entretien avec Yves Lacheret, directeur promotion et accompagnement des entrepreneurs.]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE Interview croisée - Deux cultures du numériqueEmpreintes digitalesDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse à deux dirigeants/entrepreneurs qui ont un point commun ou une différence fondamentale, afin de connaître leur opinion sur la stratégie, l'innovation, la communication et de montrerqu'il existe plusieurs manières de managerCatherine Barba est devenue la voix que les managers des grandes entreprises écoutent en matière de e-commerce. Alexandre Malsch a lancé Melty, un média en ligne pour les 18-30 ans, qui cartonne. Interview de deux pointures dans le monde des 0 et des 1, qui ont chacun leur vision.Quelles sont vos priori-de l’audience du groupe se fait d’ailleurs à l’inter- national. Nos priorités ? Le développement vidéo. D’ici 2018, 50% de notre éditorial sera conçu sous forme de contenus vidéo.Que reste-t-il, chez vous, de l’esprit start- up des débuts ?CB : L’enthousiasme !jamais imaginé devenir un média international em- ployant de nombreux sa- lariés. Cela amène d’autres questions. Au démarrage, je ne me projetais pas comme un entrepreneur. L’entreprise, c’était l’outil et ça l’est resté. Un outil qui doit être au service des idées. Parce que l’es- prit de la start-up, c’esttés de développement ?Catherine Barba : Je me suis installée depuis début septembre à New York, aux États-Unis, où je viens d’ouvrir la branche amé- ricaine de CB Group. Pour moi, c’était un choix lo- gique, un palier pour ob- server le e-commerce et voir comment les grandes enseignes se réinventent.Être chez soi, avancer, d’abord de l’humain, uneMême avec 20 ans d’expérience, nous sommes toujours des apprenantsCar si la France a les meil- leurs ingénieurs du monde, ici perdure une toute autre façon d’envisager la vie d’entrepreneur. Un pays où la technologie et l’in- novation sont plus facile- ment transposables, où les gens sont plus naturelle- ment entrepreneurs. Je suis allée y chercher du souffle et mieux comprendre un marché plus mature. Alexandre Malsch : Après SnapTrip, la première “real time social serie” entière- ment conçue sur l’appli- cation Snapchat, Melty in- nove encore. Nous venons de lancer un nouveau for- mat, une selfie race, sorte de Pékin Express du selfie. L’entreprise a sept ans et ses chiffres la positionnent comme leader des 18-30 ans et media référent de la youth culture. Nous venons de franchir le seuil des 30 millions de visites men- suelles, soit un bond de 18% par rapport à septem- bre 2014... et nous aimons, nous aussi, l’international (sourire) puisque nous sommes présents dans 32 pays, en dix langues. 50%28 NoVEMBRE 2015du numériqueprendre les décisions, être libre, avec l’envie de bous- culer l’ordre établi... C’est ce qui continue à me faire plaisir. Je nourris le senti- ment essentiel d'être à ma place, en vivant et en pre- nant les décisions avec ce brin de folie, sans se poser trop de questions pour ne pas se mettre de bar- rières. Un peu comme quand on veut un enfant. Face à un marché qui va de toute façon plus vite que nous, il y a forcément de nouvelles zones à ex- plorer. Même avec 20 ans d’expérience, nous sommes toujours des ap- prenants du numérique. L’esprit d’entreprendre, lui, est le même. La diffé- rence se situe sans doute dans une vision plus in- ternationale. Aujourd’hui, je me sens prête, capable de davantage de mobilité. Capable, aussi, de me dire que certains projets ne sont pas notre histoire, et que ce n’est pas grave.capacité à imaginer, une ambiance, une aptitude à aller vite. Alors nous fuyons le rythme pantou- flard, nous sommes sur la brèche, comme une néces- sité. Comment ? En faisant attention aux petits détails du quotidien, en nous in- terrogeant pour savoir si nous n’oublions pas cet esprit justement avec,Catherine BarbaDiplômée de l’ESCP Europe en 1996, elle fonde OMD Interactive (groupe Omnicom) puis devient DG de iFrance auprès de Marc Simoncini de 1999 à 2003 avant de créer le portail de shopping Cashstore, qui sera revendu en 2010. Elle crée ensuite Malinéa, cabinet conseil en e-business en 2005, qu’elle revendra en 2011 aux fondateurs de ventreprivée.com. L’entrepre- neure fonde alors Digital Commerce Factory, revendu un an plus tard, puis CB Group, cabi- net de conseil en développement digital en 2012. Également à la tête de Lab e-commerce – un laboratoire de veille active pour tester les start-up et solutions e-commerce innovantes – depuis 2010, elle est notamment l’auteure de l’étude "Le Magasin n’est pas mort" (2013).©DRsume à travers les émis- sions TV que je fais sur M6, ou BFM TV New York, en me rendant dans les écoles pour partager mon expérience, et en in- vestissant directement en tant que business angel. AM : Vis-à-vis de mes équipes, oui. Mais là aussi,AM : J’ai envie de vous répondre que rien n’a changé. Nous n’avions, avec l’autre co-fondateur,comme réponse, des prises de décision rapides et ra- dicales. C’est comme cela que s’est fait le lancement de notre SnapTrip cette année. Destiné à devenir un programme phare, il s’est décidé en deux se- maines. Chez nous aussi, nous pouvons faire trois ou quatre réunions sur unsujet, mais pas trop sou- vent (rires). Il est dans no- tre rôle de créer l’adhésion, celle de gens passionnés, prêts à mettre leurs com- pétences au service d’un projet.Vous êtes des réfé- rences, très écoutées.Avez-vous le sentiment de porter une responsa- bilité ? CB:Laseulequejeme reconnaisse est celle d’en- courager l’entrepreneuriat, en particulier féminin. Il n’y a aucune raison qu’il n’y ait pas plus de femmes chefs d’entreprise. Je l’as-]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frInterview croisée - Deux cultures du numérique CLUB ENTREPRENDREje ne suis que le coach. Je ne peux rien faire seul. En revanche, si mes décisions ne sont pas les bonnes, je peux les mettre en danger. Mon message est clair : ceux qui entreprennent au- jourd’hui sans patrimoine, sans avoir fait de grandes études peuvent réussir, avec du travail, notamment dans le numérique.Des expériences plutôt que des diplômes, des financements sansgrandes entreprises, mais il y a encore deux ou trois ans, tout cela était du chi- nois ! Certains managers, comme ceux d’une grande banque devant lesquels je suis intervenue récemment, sont désormais prêts à l’en- tendre. Eux seront les hommes du changement ! 65% des métiers de 2020 n’existent pas aujourd’hui, alors notre message est d’abord que tout est en mouvement, que rien n’est figé et que dans cesés, c’est évident. Mais même pour nous, c’est un défi quotidien. Au- jourd’hui, le public 15-34 ans, dont nous avons une connaissance pointue, a sa propre vision de son me- dia. Il faut donc sans cesse rebattre les cartes, tester, innover... Et, pour cela, avoir des potentiels est évidemment fondamental. C’est d’ailleurs dans cette logique que nous avons créé la Melty Talents House, la pépinière duDonner, je crois que c’est un projet de vie. Ce n’est pas une question d’âge, d’expérience ou de réus- site. Ce sont des valeurs que les parents nous in- culquent.ter une boîte, n’est pas un problème. Deux, non plus... à condition de ne pas le faire deux fois de la même manière. Cela voudrait dire que l’on n’en a retenu aucune leçon ni expérience. Un ami m’a rapporté récemment un bon mot de la Silicon Val- ley : celui qui n’a pas planté deux boîtes n’est pas un entrepreneur ! C’est une autre vision de l’en- trepreneuriat où la réussite et l’échec sont jugés dif- féremment, où les parcours et les potentiels sont au premier plan.Quel regard portez- vous sur les grands en- sembles que sont les GAFA, NATU...(2) ? CB : Celui que je partage avec mes clients tradition- nels : on ne peut plus faire comme s’ils n’existaient pas. Je regarde leurs idées, mais aussi leur capitalisa- tion boursière qui ne cesseup nation, je me dis que cela estompe certaines frontières. Mais nous ne pouvons pas nous conten- ter d’encouragements ver- baux alors que le potentiel existe pour que d’autres investisseurs permettent aux idées de décoller. Sim- plification des démarches, incitation fiscale... Nous sommes encore très loin des États-Unis. Nous sommes lents à changer, très lents. Mais je crois aux vertus de la répétition, un peu comme à un enfant à qui l’on dit « Range ta chambre ! ».AM : Je suis fier d’avoir fait partie du e-G8 ou d’avoir inspiré assez de confiance en 2011 pour devenir le plus jeune mem- bre du Conseil national du numérique. Mais je n’in- vente rien, je témoigne de mon parcours, je n’ai que 30 ans et n’ai pas envie de me prendre pour un autre.AM : Nous devons être ambitieux, il y a beaucoup à faire. En même temps, quand je vois Criteo ou Blablacar, je pense que ce sont les futurs grands et que la France peut légiti- mement espérer avoir des entreprises et des groupes de référence dans le nu- mérique dans les années qui viennent. À nousVous incarnez la réus- site, quid de l’échec ? CB : D’abord, la vraie réussite est celle qui ne sacrifie pas l’essentiel, c’est-à-dire la famille et le bonheur de partager. Combien d’hommes riches et accomplis selon les stan- dards sont tristes et mal- heureux ? Quant à l’échec, il n’est jamais agréable. IlPlanter une boîte n’est pas un problème. . Deux, non plus... à condition de ne pas lefaire deux fois de la même manièrefait mal, on a honte mais, de grimper pour une d’avoir l’ambition de leur finalement, on ne grandit conclusion simple : ils gè- emboîter le pas et de nous pas sans passer par là. rent la croissance pendant hisser à leur niveau. Un Mais ça, on ne le sait que d’autres gèrent la dé- jour peut-être...qu’après ! Est-ce que c’est croissance. Ils changent différent dans le numé- les paradigmes. L’erreur(1)Catherine Barba a in- vesti dans des entreprises comme Leetchi, French- web, Trendsboard, Bedy- casa. Elle est aussi mar- raine de l’association “Nos quartiers ont des talents” et du réseau “100000 en- trepreneurs”. Alexandre Malsch est quant à lui vice- président du Conseil na- tional du numérique et fit partie du e-G8 organisé à Paris en 2008.(2)GAFA : Acronyme des géants Google, Apple, Fa- cebook et Amazon; NATU est celui des quatre grande entreprises emblématiques de la “disruption” numé- rique : Netflix, Airbnb, Tesla et Uber.Olivier RemyNoVEMBRE 2015 29rique ? C’est peut-être une vision un peu déformée (sourire), mais en face de moi, en tant que recruteur ou business angel, une per-serait de les ignorer. Il faut les comprendre. Dans le retail en tout cas, la veille sur ces grands acteurs est désormais quotidienne : leurs outils, leur organi- sation, leur logistique, leur recrutement sont passés au peigne fin.©MELTYGROUPfonds propres et des ac- teurs de l’économie tra- ditionnelle bousculés... Le numérique est-il subversif ?CB : Non, mais c’est une véritable révolution, un vrai choc culturel qu’ap- porte le numérique. Petit à petit, il irrigue lesEncore étudiant à l’Epitech (European Institute of Information Technology), il crée Eeple en 2005 en compagnie de Jérémy Nicolas. L’entreprise deviendra MeltyNetwork et melty.fr en 2008, un media numérique pour les 18-30 ans pour lequel il lèvera 3,6 M€ en 2012 auprès de Serena Capital pour son développement en Chine et au Brésil. Le groupe Melty compte aujourd’hui 14 magazines thématiques pour 30,5 millions de visites chaque mois. À 30 ans, il est vice-président du Conseil national du numérique en 2012.groupe, pour accompagner les talents de demain et être au plus près des ten- dances.Vous êtes tous les deux assez engagés(1). Doit-on y voir le besoin de rendre quelque chose ? CB : D’abord donner !contexte, l’important est d’abord d’avoir des colla- borateurs capables d’ap- prendre.sonne qui a monté une start-up qui n’a pas fonc- tionné, mais qui est allée au bout de l’idée et qui est capable d’analyser les raisons de son échec, est plus intéressante que beau- coup de diplômés.Quel avenir alors pour le numérique en France ?CB : Encore plus de busi- ness angels. Quand j’écoute Axelle Lemaire et son discours de start-AM : Lorsque j’étais à l’Epitech, c’est le projet qui était au cœur de l’en- seignement, alors c’est as- sez logique pour moi. Les codes classiques sont cas-AM : Ce que j’ai compris, même si cela nous sourit chez Melty, c’est que plan-Alexandre MalschAM : C’est juste une for- midable chance de les cô- toyer. Ils ont créé des éco- systèmes incroyables qui font réfléchir. Nous ne nous prenons pas pour ceux que nous ne sommes pas, même si les prochains mois verront la structura- tion de notre développe- ment international.]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE En immersion - Groupe ArcherDans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)C ’est l’histoire d’une zone économique- ment sinistrée qui trouve son salut dans ses ressources humaines. A cause de la mort de l’in- dustrie de la chaussure haut de gamme en cuir, le bassin de Romans a en 20 ans perdu 10000 emplois sur 50000 habitants : grandes marques locales, tanneurs, piqueuses, spécialistes du tressage de chaussures ont les uns après les autres mis la clé sous la porte. C’était sans compter le groupe Ar- cher, devenu plus tard un des 23 Pôles territoriaux de coopération économique (PTCE). Pôle Sud Archer, qui regroupe tous les acteurs de l’emploi local en un même lieu, a servi de mo- dèle en France. « Comme un symbole, nous annonçons aujourd’hui 300 nouveaux emplois dans la chaussure sur les cinq ans à venir ! », se réjouit Christophe Che- valier, président du groupeCARREFOUR DES BONNES VOLONTÉS Au 2 rue Camille Claudel, dans la capitale de la raviole, le parking et les locaux assez sobres de un et deux étages pourraient abriter n’importe quelle entreprise. Mais le visiteur a tôt fait de découvrir le creuset d’une dynamique territoriale re- groupant une quinzaine de “pôles d’activité”. Y pren- nent part le groupe originel Archer, mais aussi une my- riade d’entreprises, d’acteurs de l’économie sociale et so- lidaire (CRESS, ADIE, NEF...), une boutique d’in- formation logement, un re- groupement d’AMAP... Mais la notion d’apparte- nance à Pôle sud dépasse le fait de posséder un contrat de location sur le site. Ainsi l’entreprise VTD, l’ADA- PEI Drôme, l’association qui gère la monnaie locale,30 NoVEMBRE 2015La preuve avec Pôle Sud Archer, dans la Drôme à Romans-sur-Isère.« Entreprise de territoire »afin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiersL’entreprise peut devenir opérateur de solutions et d’expérimentations pour le territoire.le Conseil départemental et des collectivités locales se revendiquent de Pôle sud pour y faire jouer les syner- gies sans y être présents. En plus des locaux d’Ar- cher, beaucoup de bureauxaperçus que les dirigeants étaient surtout demandeurs de services aux salariés, garants de bien-être, et donc d’une certaine attractivité territoriale. Cartes d’adhé- rents pour des enseignesnomique, missionnée par le Conseil général pour ac- compagner les chômeurs. « Il ne servait à rien de mettre autant d’argent pour former ces gens s’il n’y avait pas d’activité écono-industrielle (vente de dis- positifs de fibre optique, fa- brication d’essuie-glace... ), l’intérim, les transports, les services à la personne, les chaussures, la filière bio, le fer à cheval... « En 2005nomie, qui a cocréé odys- sem, un collectif d’entre- preneurs au service de l’in- novation sociale. Selon cette experte associée à l’ESSEC, « la logique de concurrence et de croissance à tout prix n’est plus l’unique voie à suivre, et une approche de développement des hommes et du territoire peut émerger, comme chez Archer ». Les actions ont vraiment dé- marré en 2005 et ont été théorisées puis médiatisées sous l’impulsion de Claude Alphandéry, président du Labo de l’ESS. Après la venue de Benoît Hamon, un appel à projets a été lancé à l’automne 2013, et 23 lieux ont finalement été financés par la Caisse des Dépôts pour créer des PTCE, inscrits dans la loi ESS de juillet 2014. « Le fait de se parler change tout. Les dirigeants de PME ne dépensent pas leur éner- gie à se battre les uns contre les autres, ils deviennent partenaires pour faire avan- cer leur territoire, avec une certaine conscience ci- toyenne. Je ne comprends pas pourquoi tout ne va pas plus vite », énonce Chris- tophe Chevalier. Vision- naire ? Pragmatique plutôt. « En 2000 nous avons dé-Archer.et salles de réunion sontdonc à disposition. L’asso-ciation ERB (Entreprise Ro-mans Bourg de Péage) gé-nère à elle seule plus de 80réunions par an. « Nous fai-sons du concret ici, il nes’agit pas d’un enchaîne-ment de discussions stériles.Par exemple les acteurs dela chaussure se sont vusdernièrement pour louer uncamion ensemble afin departager les coûts d’un dé-placement au salon duMade in France », illustre France sur les infrastruc- lancé des lignes de produc- D’AVENIRL’entreprise peut devenir opérateur de solutions et d’expérimentations pour le territoire. La preuve avec Pôle Sud Ar-cher à Romans-sur-Isère, dans la Drôme .locales, conciergeries... », cite celui qui a reçu le prix de l’entrepreneur social 2011 (BCG, Schwab), et qui se réjouit de voir se cô- toyer facilement des écolo- gistes et Areva. « Parce que le groupe ne vient pas parler de nucléaire ; nous ne par- lons pas plasturgie avec les plasturgistes, mais de rela- tions interentreprises, crèches, services aux sala- riés, transports... Les col- lectivités ont travaillé enmique sur le territoire. Il nous fallait créer de l’em- ploi », se souvient Chris- tophe Chevalier, qui s’est aperçu après plusieurs ex- périences dans les années 2000 qu’il parvenait à ses fins en faisant appel à des entreprises partenaires lo- cales. « La coopération éco- nomique permettait de mieux reprendre des projets que des spécialistes. Sur cette intuition nous avons acheté des machines, puisnous réalisions 5 millions d’euros de CA, aujourd’hui 16 millions », se réjouit-t- il. Il fallait un lieu symbo- lique pour accueillir Archer et l’association de chefs d’entreprise qui regroupe 102 adhérents, représentant plus de 5000 salariés. « Nous avons alors inauguré Pôle Sud, dont la holding Archer n’est qu’une des composantes. »Christophe Chevalier. Plus de 25 organisations se re-tures et les espaces fonciers, moins sur ce domaine, pourtion de chaussures », se souvient le dirigeant. Il acouvertquenouspouvio. nous mettre ensemble, au- jourd’hui nous réalisons que nous n’avons pas le choix. Le politique ne peut plus re- lever seul les enjeux sociaux, économiques et écolo- giques », déclare-t-il, conscient d’évoluer dans une “entreprise de territoire”.Ces pratiques ont changé le lien qu’entretiennent lesEn 2000 nous avons découvert que nous pouvions nous mettre ensemble, aujourd’hui nous réalisons que nousUN CONCEPTns(1) « L’économie qu’on aime ! – Relocalisations, créations d’emplois, croissance : de nouvelles solutions face à la crise », de Sophie Keller, Amandine Barthélémy et Romain Slitine, éd. Rue de L’échiquier, 2013.Julien Tarbyvendiquent de ce lieu et imaginent des actions col- lectives, liées notamment au renouveau productif (re- localisation, reprise d’en- treprise, coopérations in- dustrielles, circuits courts de productions et de distri- butions...). Mais pas seule- ment. « Nous nous sommesse rendre attractives », re- marque-t-il, conscient que les entreprises ont leur carte à jouer.alors créé une holding de 112 actionnaires, reprenant de petites activités en tenant compte avant tout des com- pétences des gens, et en pa- riant sur la collaboration interentreprises (centrales d’achat, mutualisations...). L’ensemble intervient dés- ormais dans la sous-traitanceélus et les entreprises, basé ici sur une collaboration de proximité pour dynamiser le territoire. « L’entreprise peut devenir opérateur de solutions, d’expérimenta- tions, et accroître le poten- tiel d’intervention de l’élu », déclare Sophie Keller, en- seignant-chercheur en éco-n’avons pas le choixEVOLUTIONDU CONCEPTLe groupe Archer est né en 1987 comme structure d’in- sertion par l’activité éco-]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[Stéphanie VONDIÈRE, Responsable Gestion d’Actifs Immobiliers chez Poste Immo à Lyon (France)LA MÉTROPOLE*www.economie.grandlyon.com]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE Electron libre - Alexandre Jost, fondateur de la Fabrique Spinoza, think tank sur le bonheur citoyen Dans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entreprise«Uson cerveau reptilien, qui génère des réactions pri- maires comme la fuite, la colère, la frustration... Les études montrent alors que ses capacités cognitives sont réduites. Au contraire celle qui se sent bien va les élargir. Le bien-être est synonyme de meilleure performance. Les gens sont en bonne santé, plus créatifs, mobilisateurs, et affichent une plus grande intelligence (+10 points) d’après les mesures. » Alexandre Jost, 38 ans, fon- dateur de la Fabrique Spi- noza, think tank sur le bien- être citoyen, marque les es- prits par son élocution claire et ses références chiffrées pour évoquer le bonheur, par essence des plus sub- jectifs. « Ce bien-être est tout autant un cap vers lequelNaïf ? Réaliste selon Alexandre Jost.ne personne stressée fait fonctionnerdevenu libre », se rappelle cet « optimiste né » selon ses proches. Il quitte ensuite la Californie pour travailler six ans chez Mars & Co au Brésil, au Mexique, puis enLecomte nous ont un peu plus sensibilisés à la ques- tion du bonheur », se sou- vient l’un des initiateurs du projet. Alexandre Jost a alors franchi le pas pour deux rai-VA-ET-VIENT AVEC LE TERRAINLe mouvement s’est trans- formé en think tank en 2011. « Généralement ce genre d’organisation suit un butveau de bonheur au travail. Nous instaurons un va-et- vient permanent entre les études académiques et la réalité du terrain. Il nous importe de prouver que les recherches correspondent bien à quelque chose », dé- clare celle qui situe le mou- vement dans la mouvance des “do-tanks” (BleuBlanc- Zèbre) ou “changemakers” (Ashoka, ouiShare...). Il fallait d’emblée apparaître aux yeux des institutionnels comme une maison robuste. La densité des travaux sur la “science du bonheur” (neurosciences, psychologie du bonheur, psychologie po- sitive...) a joué. « Nous avons travaillé avec l’OCDE sur son annexe du bien-être et gérons la plateforme de me- sure du progrès social Wi- kiprogress ; nous avons par- ticipé à des travaux du CESE sur les indices com- plémentaires au PIB et avons été intégrés aux tra- vaux de la commission Attali II pour l’économie positive. La liste de notre comité fait aussi référence, avec des scientifiques comme Chris- tophe André. La France vit en fait sous l’Ancien régime, il faut avoir des galons sur les épaules pour être écouté », ironise Alexandre Jost, qui structure déjà la Fabrique dans 15 villes fran- çaises et fédère 250 béné-mentation de PIB de 1% au niveau national, même si je ne suis pas convaincu du bien-fondé du PIB », ajoute cet ardent défenseur du pro- duit national de bonheur.Entrepreneur Smileyévolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelleEt si le bien-être citoyen était l’alpha et l’oméga de toute décision politique, économique, sociale ou écologique ?tendre – aucherchons àen favoriser les conditions – qu’un outil mé- thodologique. Le considérer est structurant et éclaire le processus de production de politiques publiques », énonce celui qui a fondé une structure innovante, au sein de l’éco-système des think tanks considérés parfois comme « objet politique non identifié. Nous sommes aty- piques pour la sphère insti- tutionnelle, et ce d’autant plus que nous sommes per- pétuellement en mouvement et en réinvention. Nous ne sommes pas seulement un cercle académique ou élitiste, nous cherchons à être ancrés dans la réalité, proches des citoyens », précise Béatrix Jounault, secrétaire générale de la Fabrique Spinoza.Pour celui qui aspire à ce que dans chaque ville de France un groupe de citoyens réflé- chisse à ces questions, l’ob- jectif est clair : « La recherche du bonheur doit être présente dans tous les débats publics. Prenons les 35 heures. Une mesure de l’impact de hausse ou baisse des heures de travail sur la vie des gens devrait être accomplie, indépendam- ment des enjeux économiques. Et nous devrions faire de même pour l’immigration ou l’environnement. Il n’est pas incongru d’observer les éven- tuelles conséquences que des comportements ou décisions auraient sur notre épanouis- sement. » Avec des préconi- sations sociétales et un pro- gramme de propositions pour 2017, le think tank entend trouver de l’écho. Le Mou- vement pour l’économie po- sitive ou le Printemps de l’op- timisme auquel il est associé, ainsi que les Unes dans les médias sur le bonheur – parfois même au travail – sont des signes positifs. « Les entre- prises deviennent aussi nos alliées, car les dirigeants sen- tent que les gens sont fatigués et les performances en berne. L’Education nationale – nous construisons le baromètre du bien-être à l’école – a aussi compris notre action. Les corps sociaux se rendent compte que la réalisation desens où nousDu travail en perspective...Argentine. Rentré à Paris en 2006, le Centralien cherche du sens à son travail. Il écrit alors à 100 personnes en leur demandant de lui parler de leur métier. Il re- joint le Groupe SoS pour diriger la R&D et participer à l’élaboration de la stratégie du premier groupe d’entre- preneuriat social en France. L’idée a alors germé dans son esprit. S’ensuit une pé- riode informelle au cours de laquelle il réunit son ré- seau dans des dîners philo- sophiques conviant à chaque fois 20 à 40 personnes. « Ces rencontres ont donné accès à un certain nombre de cher- cheurs, neuroscientifiques, sociologues... Le moine bouddhiste Matthieu Ricard, le philosophe Robert Mis- rahi ou encore l’un des spé- cialistes français de la psy- chologie positive, Jacquessons : « Tout d’abord une raison intime. Je concevais des centres sociaux pour les exclus. Et je me suis de- mandé comment les gens qui ont tout peuvent quant à eux matérialiser cet épa- nouissement. J’ai voulu pas-d’intérêt général, accomplit et collecte des travaux aca- démiques sur le sujet pour les décideurs publics. Nous poursuivons bien ce but de bien-être au travail et de bonheur à l’école, sujets sur lesquels nous avons mis enUn mieux vivre individuel de 10% équivalait à une augmentation de PIB de 1%au niveau nationaljectif est vertueuse etTACHE D’HUILECHEMINEMENT PERSONNEL PUIS COLLECTIFAlexandre Jost, passé par Centrale, a ensuite étudié à Berkeley où il a découvert une forme d’immunité so- ciale : « C’est là que je suisser d’un projet défensif à un projet offensif. Et puis il yauneraisondesens: nous aspirons tous à être heureux, mais le sujet n’est pas explicitement formulé et recherché dans la sphère publique, comme si nous avions oublié l’objectif pre- mier pour nous noyer dans des buts intermédiaires. »place des groupes de travail. Mais nous agissons aussi sur le terrain », observe Béatrix Jounault. Ainsi celui qui veut accomplir une ex- périence citoyenne trouve ici une aide précieuse. « A Perpignan un groupe de tra- vail propose aux salariés des questionnaires en ligne pour appréhender leur ni-voles. En parallèle agit aussi une structure commerciale, Action Spinoza, qui conseille les entreprises et fournit des outils de mesure et des mécanismes d’épa- nouissement des collabora- teurs. « Le cabinet Mozart Consulting a calculé qu’un mieux vivre individuel de 10% équivalait à une aug-cet ob.permet de résoudre beaucoup d’autres problématiques : l’élève heureux travaille mieux et est discipliné, le citoyen comblé s’engage dans la so- ciété, le salarié satisfait est plus productif et impliqué », conclut l’entrepreneur... heu- reux.32 NoVEMBRE 2015Julien Tarby]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE Leçons de maux - Looten, la renaissance après l’incendieApprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,A ujourd’hui Looten Industries, la cen- tenaire, domine la scène française du négoce d’instrumentation, de four- nitures et de robinetterie in- dustrielles. Basée dans le Nord-Pas-de-Calais, non loin de Dunkerque, l’entre- prise créée en 1840 – à la base une quincaillerie – coule vraisemblablement des jours heureux et pour- suit son développement. « Notre stratégie consiste actuellement à élargir l’éventail des compétences par le biais de la croissance externe et à développer notre maillage territorial pour assurer une plus grande proximité et une réactivité optimale pour nos clients », explique Eric Mériau, actuel président de SAS Looten. Ce faisant, l’actuel négociant étend son offre non seulement aux PME, ETI, grands groupes, mais désormais aux artisans de la région Nord-Pas-de-Calais et dans l’Est français. L’entreprise s’est symboliquement rap- prochée d’un de ses grands donneurs d’ordre, Arcelor Mittal, en s’installant dans un nouveau bâtiment à Grande Synthe depuis no- vembre 2011. « Nous avons décidé de construire un “outil de production” nouvelle génération, construit selon les règles du développement durable et responsable, adapté à nos besoins et soucieux de l’environnement : lumino- sité gérée automatique- ment, pompe à chaleur avec climatisation réversi- ble, éclairage naturel, salles dédiées au showroo- ming, au SAV et au stockage... », énumère Eric Mériau. Un déménagement qui n’est cependant pas anodin ; et un destin entre- preneurial qui aurait pu être tout autre. Car à deux kilo- mètres à peine du nouveau site, demeurent les vestiges de l’ancien siège, parti en34 NoVEMBRE 2015Dans le Nord, il n'y a pas que les célèbres marques de bière qui peuvent prendre comme emblème le phénix...l’activité pour garder les emplois. Une chance per- mise d’abord parce que la mise en sécurité des don- nées de l’entreprise, comp- tables, financières et commerciales fut opti- male. « Par exemple, 100% des données comp- tables étaient hébergées ailleurs. Nous avons juste perdu les flux sur la pre- mière heure et demie, entre 8h et 9h30, mais tous les historiques de comptabi- lité, stocks et clients étaient déjà sauvegar- dés », détaille le dirigeant. Reste ensuite un travail de titan à réaliser par le cour- tier en assurances (Allianz Hugoo et Cohidon) pour faire valoir les droits de la société. Il s’agira d’ail- leurs du troisième plus gros sinistre à traiter pour la compagnie d’assurance en 2009. Autrement dit, tout le travail se joue sur la facturation pour affiner et reconstituer le montant de la perte d’exploitation qui permet dans la foulée de débloquer des acomptes, afin de remettre à flot le stock consumé. « Cela dit, le principal exploit reste celui d’avoir relancé l’ac- tivité en une semaine mal- gré une procédure avec les assurances qui a pris un an, note Eric Mériau. Sans informatique, nous avons recommencé à faire des bons de commandes pa- pier... Et deux semaines après l’incendie, le sys- tème informatique fonc- tionnait comme àSolidarité nordisteComment renaître de ses cendres en deux semaines ? Cas pratique avec Looten Industries.qui retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenirfumée en quelques instants. Récit d’une catastrophe in- dustrielle.cautions prises en amont de la catastrophe ont permis de relancer la machine ra- pidement. « En urgence, nous avons d’abord re- trouvé des bureaux grâce aux administrations et au- torités locales et à un en- trepreneur concurrent quid’abord essayé de sauver ce qui pouvait l’être. Nous avons vite reconstitué un stock et les commerciaux se sont efforcés d’entretenir un lien serré avec les clients pour leur signifier que nous serions de nou- veau présents sous peu »,d’acteurs nous ont aidés à nous remettre en selle – certaines entreprises du secteur nous ont d’ailleurs prêté du matériel et des vé- hicules –, les clients nous sont restés fidèles et ce malgré quelques concur- rents qui, au fait de notreAUFEU!Historiquement installé à Petite Synthe dans la cou- ronne dunkerquoise, Loo- ten Industries ou du moins ses bâtiments vont s’em- braser un beau jour de 2009. « Le 9 juin vers 9h30, en une vingtaine de minutes à peine, nos locaux partent en fumée suite à un feu qui s’est déclenché dans une partie de l’entre- pôt, causé par un présen- toir publicitaire électrifié défectueux d’une société voisine. Bien heureuse- ment, les quelque 50 em- ployés s’en sortent sains et saufs », se souvient Eric Mériau. Malgré les 5000 mètres carré rasés... Mais les dégâts ne sont que ma- tériels. Si dans les esprits, l’épisode reste gravé, la vie de l’entreprise n’a pas cessé longtemps. L’élan de solidarité à la suite de ce triste événement et les pré-Suite à une importante mobilisation des clients, fournisseurs et concurrents (!), l'entreprise ne connaît pas le chômage techniquedisposait d’un entrepôt raconte Eric Mériau. Un sinistre, se sont empressésvide », rappelle le président de Looten. A croire que la générosité des gens du Nord n’est décidément pas qu’un mythe. S’ensuit un bail précaire de deux ans et la reconstruction massive de racks de stockage, grâce à l’appui de la Région, afin que les clients puissent pas- ser de nouvelles com- mandes dans de bonnes conditions. « Le personnel s’est aussi fortement mobi- lisé. Nos employés ontcoup du sort d’autant plus délicat à gérer pour le pro- fessionnel du négoce que Looten vient à peine de ra- cheter une société (SAS Métal Artois), en taille deux fois plus importante, mais souffrant de pro- blèmes de gestion et de tré- sorerie. Suite à une importante mobilisation notamment des clients et des fournisseurs, l’entre- prise ne connaît pas le chô- mage technique. « Nombrede réunir un comité d’ad- ministration pour prospec- ter nos clients. Il y a toujours des vautours mais globalement, un sentiment de solidarité ressort de cet incendie », complète le président.l’ac.plus tard, la direction asso- ciait les salariés aux ré- flexions concernant le futur nouveau bâtiment pour faire de cette fu- meuse histoire le souvenir d’un élan solidaire bien plus qu’un mauvais souve- nir.RÉSILIENCE CONSTRUCTIVE L’enjeu humain ne s’est pas juste limité à protéger les vies le jour J. Il s’agis- sait également de relancerGeoffroy Framerycoutumée. » Six mois]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[SE REPOSERSUR LE MEILLEUR SERVICE CLIENT, OUI, C’EST CONFORTABLE !bruneau.frCARRÉ NOIR LILLE / CRÉDIT PHOTO : GETTY IMAGES. JM Bruneau SASU au capital de 7 136 400€ RCS EVRY 343 958 138. Imprimé en UE. *Étude Inference Operations - Viséo Conseil - mai à juillet 2015 - Plus d’infos sur : www.escda.fr.]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE Prospective - Être senior en 2050Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,Promenade de seniors au clair de Mars...Meilleurs vieuxEn 2050, un Français sur trois aura plus de 60 ans. La société sera-t-elle capable de prendre en charge autant de seniors ?«Jdu petit Lucas, six ans, sourit à son arrière-arrière- grand-père avant de s’éclipser dans un éclat de rire pour aller cyber-jouer avec ses cousins. En 2050, la technologie permet de rendre visite à un proche sans avoir à se déplacer. Pratique. Du coup, presque toute la famille est virtuel- lement présente : enfants, petits-enfants, neveux et nièces... Patrice Martin vient de souffler ses 104 bougies électriques – les flammes vives ont été in- terdites dans les logements pour raison de sécurité de- puis maintenant une ving- taine d’années. Ce baby- boomer fait partie du tiers de la population française quiaplusde60ans.Un vieillissement généralisé qui a réduit comme peau de chagrin le montant des retraites. Mais fort heu- reusement, les progrès technologiques ont permis de maintenir, voire d’amé- liorer sensiblement la si- tuation des seniors à un coût toujours moindre. An- cien cadre sup, Patriceoyeux anniver- saire papy !!! » L’hologrammeet les alerte en cas de pépin. « Juste une petite part, il faut que je fasse attention à ma santé », répond Pa- trice Martin à l’humanoïde de service, en jetant un œil à l’écran sous-cutané, transparaissant à son poi- gnet. Celui-ci affiche en permanence son tableau de bord médical (taux de cho- lestérol, taux de sucre, ten- sion artérielle, température corporelle...). Un cadeau d’anniversaire, il y a deux ans.partout au cours de la der- nière décennie. Celui qui est implanté à côté de chez lui dispose même d’oiseaux véritables. Un fait rarissime en plein centre-ville.puis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnésMartin n’est pas à plaindre. tionne le robot domestique de compagnon de jeu et gambader comme un jeunelunettes spéciales. met de pallier sa vue dé- faillante.C’est décidé, ce soir il re- gardera la 39e saison de Game of Thrones, tran- quillement, avec son chien- robot sur les genoux, comme n’importe quelle personne âgée...Yann PetiteauxIl a encore les moyens de qui accompagne le vieilde garde. L’animal élec- tronique est en effet direc-de 60 ans. Une bénédictionlui per-vieillirconfort tout à fait accep-pourcelui qui aimetantchez lui dans un homme au quotidien. A sesUn écran sous-cutané affiche en permanence au poignet son tableau de bord médical (taux de cholestérol, tensionEXOSQUELETTE ET PARC À OXYGÈNE Après la petite fête fami- liale, l’aïeul ira tester son exosquelette flambant neuf en allant faire un tour. Ce bijou de technologie va lui permettre de continuer àEn rentrant, Patrice Martin se connectera à son ordi- nateur biologique et se pliera à ses exercices quo- tidiens de mémoire. Comme il le répète souvent àsonfilsde70ans:«Il ne s’agirait pas d’avoir un corps qui fonctionne, et une tête qui fout le camp ! » Puis il ingérera son cocktail de nanomé- dicaments intelligents de- vant l’écran transparent – un peu daté certes, mais toujours en bon état – qui lui sert de télé-ordinateur. En attendant la greffe d’un œil bionique, une paire deartérielle, température corporelle...)se rafraîchir les poumons dans un des parcs à oxy- gène qui ont fleuri un peutable. « Je vous sers une part de gâteau ? », ques-pieds, un chien – également robotisé, mais très ressem- blant –, lui sert à la foistement relié aux différents services de secours (pom- piers, police, urgences...)Qu’entend-t-on exactement par “senior” ?Il faut bien se mettre d’accord sur la définition du mot senior, car si on ne la précise pas, cette notion ne veut rien dire. Par exemple, dans le sport on est un se- nior-vétéran à 30 ans, dans l’entreprise on le devient à partir de 45 ans. Pour faire simple, je distinguerais plusieurs grandes familles : les baby-boomers qui sont au- jourd’hui des jeunes seniors (55 à 70 ans), les seniors matures, les seniors fragilisés et enfin le grand âge. Après 70 ans, il y a des phénomènes physiques qui font que vous devenez un peu plus senior et vers les 78- 80 ans, les gens sont encore plus fragilisés, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ilssont dans le grand âge. Dans cette dernière catégorie, 83% des gens vivent à domicile et 17% vieillissent en maison de retraite. On le voit, la réalité est complexe, c’est la raison pour laquelle il est important de segmenter.Selon vous, comment la situation des seniors va-t-elle évoluer dans les prochaines années ?Le premier phénomène à prendre en compte, c’est l’allongement de la durée de la vie. Aujourd’hui, il n’est pas rare de passer 40 années à la retraite. Les progrès de la mé- decine sont tels que les gens restent en bonne santé plus longtemps. On s’achemine toujours plus vers l’homme augmenté, carde plus en plus on pourra remplacer un cœur, un organe, une articulation... Mais la vraie question est la suivante. Peut-on se permettre d’avoir des gens qui vivent aussi longtemps après la retraite ? Dans ce contexte, c’est l’ensemble de la société qui doit changer. Ne serait-ce que sur la question du niveau des retraites, nous sommes face à un énorme point d’interrogation.Comment les entreprises peuvent- elles se positionner dans ce contexte ?Cette évolution de la société apporte à la fois des opportunités et des menaces. Pour une ville où il y a beaucoup de seniors, la menace c’est de savoir s’il y aura suffisam-ment de médecins, d’hôpitaux, d’aides-soi- gnants... L’opportunité, c’est l’activité générée dans les bars, cafés, restaurants, mais aussi dans l’habitat, le tourisme, les services à la personne, les transports, etc. Chaque en- treprise doit se poser la question de l’impact de cette évolution sur son activité et réfléchir aux opportunités de marché. Je vois un certain nombre d’entreprises qui y vont à reculons parce que « s’occuper des vieux » n’est pas fun ni sexy. Certains ne veulent pas associer leur nom à des produits es- tampillés « seniors ». Pourtant, c’est un créneau sur lequel il se crée des marchés entiers. Cela vaut vraiment le coup de s’y pencher.Propos recueillis par Y.P.36 NoVEMBRE 2015Entretien avec Cristelle Ghekière, dirigeante de Seniosphere prospectives et formation (Nantes).« Chaque entreprise doit réfléchir aux opportunités de marché »]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Mentors pour entrepreneurs en herbeLa création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel.De l’art de se faire accompagnerD'où cette rubrique qui explore de manière très pratique l'une des phases de l'entrepreneuriat.Emergence de l'idée, manière de la formuler, financement... Il existe toujours quelqu’un pour donner le coup de main idoine au créateur. Encore faut-il le trouver.«Pour chaque projet de créationcarnet d’adresses et nouer les contacts avec les ac- teurs adéquats. Idem pour le Salon des Entrepreneurs dont celui de Nantes se tient les 25 et 26 novem- bre. A cela, s’ajoutent moult plateformes web qui recensent les multiples réseaux existants (cf. en- cadré). A commencer par le site de l’APCE, Agence pour la création d’entre- prise, qui s’impose comme une véritable cen- trale d’informations dé- diées aux créateurs en herbe, ou encore le sited’accompagnement se dé- ploient d’abord dans des écosystèmes locaux plus que jamais favorables à l’éclosion de start-up », poursuit Alain Bosetti.d’entreprise, il existe une formule d’accompagne- ment adaptée », lance d’emblée Alain Bosetti, président du Salon des Micro-entreprises dont la dernière édition s’est dé- roulée en octobre dernier. Voilà une déclaration qui devrait suffire, à elle seule, à rassurer nombre de créateurs en herbe en quête de conseils et de fonds pour concrétiser – peut-être – leur projet bal-STRUCTURES CUSTOMISÉESVotre projet vous incite à aller à l’export ? Alors re- joignez le club d’exporta- teurs de votre CCI ! Chaque Chambre de com- merce dispose, en effet, d’un club des créateurs pour des projets à dé- ployer dans les douze pro-Les sommes levées par les créateurs auprès des business angels peuvent être multipliées par trois via l'effet de levier généré par une telle opérationLe bon accompagnateur saura calmer l'entrepreneur fou qui en fait trop...treprendre qui cible les PME. Même credo pour leur actif. Côté incuba- projets bien ficelés. La ga- Croissance Plus visant les teurs de start-up, certains geure étant de les faire jeunes pousses affichant sont 100% publics, soute- grandir jusqu’au stade de déjà quelques exercices à nus par la mairie de Paris,pour leur originalité.L’engouement constaté confirme les résultats du sondage*: 80% des Fran- çais estiment qu’il est important de pouvoir dire « J’aime ma boîte » au moins une fois dans l’année. Une première : la cote de l’entreprise grimpe puisque 63% des salariés di- sent «aimer l’entreprise», une entité économique envers laquelle ils étaient en méfiants car s’ils «aiment leur boîte», il s’agit de la leur et ils la différenciaient jusqu’alors de l’Entre- prise au sens générique.Alors, pas de lendemain de fête : dès aujourd’hui cherchez ce que vous pouvez faire de plus et de mieux pour rendre votre vie professionnelle plus chaleureuse et épanouissante.nable pour doperson phiques, tant ces réseaux zelles, place au réseau En-placedesreseaux.com. « Telles des boussoles, ces plateformes guident les créateurs afin qu’ils puis- sent comprendre en quelques clics les singula- rités de chaque réseau. Le choix final s’effectuera aussi en fonction de cri-chains mois, avec un accompagnement s’étalant sur trois ans maximum. Vous êtes artisan ? Alors orientez-vous vers votre Chambre de métiers qui offre également des ser- vices ad hoc. Pour les en- trepreneurs plus aguerrisbutiant. Mais commentchoisir le bon réseau d’ac-compagnement ? « Toutdépend de la nature, lataille et l’ambition du pro-jet, et également de sonstade de développement »,répond le président duSalon des Micro-entre-prises, vitrine incontour- tères purement géogra- désireux de lancer des ga-J’aime ma boîtepar Sophie de Menthon«J’aime ma boîte», c’est tousAimer sa boîte doit être un acte égoïste au profit d’uns satisfaction collective !——————-les jours dans votre entre-prise, tous les mois dansbre pour la 13 édition.Stop au bashing ! Cette année a été marquée par un incroyable engoue- ment sur le Web. Après une édition 2014 où le hashtag #jaimemaboite a été le «top trend» pendant plus de 24 heures, cette année, changement à 90 degrés : les internautes ont joué le jeu à travers des centaines de témoi- gnages-photo ! L’esprit était enjoué et bon enfant, avec des employés réelle- ment enthousiastes, pour le concours photo national, organisé avec Le Pa- risien Economie. Les gagnants Fran- prix et Alloresto ont été récompensésEcoRéseau et c’était le jeudi 1er octo- e* sondage J’aime ma boîte Opinion Way-RTL-Le Parisien EconomiePrésidente d'ETHIC Présidente de SDME Membre du CESE38 NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frCréer aujourd’hui - Mentors pour entrepreneurs en herbe CLUB ENTREPRENDREla région Île-de-France ou encore des grandes écoles (Essec, HEC...). D’autres sont privés, comme le Camping, lancé en 2011 par l’association Silicon Sentier ou encore crées par des grands comptes ciblant les créateurs aux ambitions mondiales. C’est le cas du Village by CA, centre d’open inno-communication du réseau, fort de 550 antennes im- plantées partout sur le ter- ritoire. Si le réseau BGE est 100% mobilisé en fa- veur de l’entrepreneuriat – ses bus circulent partout en France pour stimuler les vocations – c’est « parce que notre leitmo- tiv est de démocratiser l’acte d’entreprendre »,final, leur boîte. Pour- quoi ? « Tout le monde ne peut pas devenir entrepre- neur !, lance Candice Cot- tin, Parfois, c’est une question de profil, dans d’autres cas c’est le ti- ming qui ne convient pas, où le projet qui doit êtresommes levées par les créateurs auprès des bu- siness angels peuvent être multipliées par trois via l’effet de levier généré par une telle opération, et ce, en s’adressant à d’autres acteurs du financement : banques, Bpifrance, ouFaire preuve d'empathie en se demandant comment l'autre va comprendre ou refuser de comprendre tel pointvation et pépinière pari- sienne lancé par le Crédit Agricole en 2014. Propres à repérer des jeunes pé- pites innovantes, ces ac- célérateurs se déclinent souvent par secteur d’ac- tivité. Ainsi, l’incubateur d’Allianz est-il 100% dédié aux objets connec- tés et au digital.rappelle Candice Cottin. Ainsi, aucun prérequis n’est exigé pour obtenir un rendez-vous auprès d’un des 950 conseillersEFFET DE LEVIERPRÊTS D’HONNEURLes créateurs savent synthétiser, vulgariser, plaisanter, moins structurer leurs propos de manière rationnelle. Tout n’est pas dans la séductionretravaillé. » Et pour les créateurs qui parviennent à tirer leur épingle du jeu, l’accompagnement se veut alors très exhaustif, de l’élaboration du busi- ness plan jusqu’au finan- cement du projet. « Contrairement au ré- seau Entreprendre, BGE ne propose pas de finan- cement en direct, tels que des prêts d’honneur sans intérêts ni garanties (taux 0%), mais oriente vers les organismes adaptés, aussi bien le réseau Entrepren- dre et Bpifrance, que l’Adie, expert du micro- crédit, France Active ou encore Initiative France, l’un des premiers réseaux associatifs de financement des créateurs d’entre- prise », poursuit la direc- trice de la communication.encore des fonds de co-in- vestissement dédiés à l’amorçage, à l’instar du FRCI, Fonds régional de co-investissement de la région Île-de-France », indique Stéphanie Duche- nois, business angel et ad- ministratrice du réseau Paris Business Angels. Mais reste encore à choi- sir le bon business angel ! « Selon la nature du pro- jet, le créateur va s’adres- ser au réseau de sa région, de son secteur d’activité, ou encore de son école », répond Sté- phanie Duchenois, en rap- pelant que l’une des particularités de ces ac- teurs est de financer la phase d’amorçage des projets. « A contrario des fonds de capital-investis- sement qui soutiennent d’abord les projets ayant fait leurs preuves, les bu- siness angel n’hésitent pas à intervenir après le “love money” des proches, en se mouillantToujours pour financer votre projet naissant, n’hésitez pas à vous adresser à une autre typo-Pour doper les projets naissants, impossible de faire l’impasse sur BGE, réseau qui intervient très en amont, avant même l’élaboration du business plan. « Via un accompa- gnement personnalisé, nos conseillers challen- gent les porteurs de pro- jets, ne serait-ce qu’en les aidant à affiner leur idée initiale », précise Candice Cottin, directrice de laréférents, et l’accompa- gnement, financé par Pôle Emploi et d’autres orga- nismes, ne suppose aucun investissement personnel pour le porteur de projet. Cela étant, parmi les 80000 personnes reçues chaque année, seules 52000 achèveront in fine leur accompagnement, et 17000 monteront, aulogie d’acteurs, et pas des moindres : les business angels ! Au nombre de 4500 en France, ces an- ciens entrepreneurs qui investissent leurs fonds propres – à hauteur de 40 millions d’euros par an – sont organisés en 80 filières, sectorielles ou généralistes, toutes répertoriées sur le site franceangels.org. « Lespour des projets peu déve- loppés commercialement, et donc, dans le cadre de tours de tables moins conséquents », détaille Stéphanie Duchenois. Vous l’aurez compris, la motivation première des business angels – plus que de dégager une plus-value financière – est d’abord d’accompagner les entre-NoVEMBRE 2015 39Œ]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25comprendre ou refuser de comprendre tel ou tel point ». Ce qui suppose un or- donnancement judicieux du discours, ponctué de questions du type « Est-ce que je suis clair ? » pro- pres à récréer une dimen- sion pédagogique, rappelle l’experte, avant de conclure : « Moult entre- preneurs en herbe savent synthétiser, vulgariser, voire jouer de l’humour ou s’appuyer sur des méta- phores pour bluffer l’au-CLUB ENTREPRENDRE Créer aujourd’hui - Mentors pour entrepreneurs en herbe ... ou saura l'accompagner avec subtilitédans une orientation plus propice à son business. Avec subtilité on a dit !», note Stéphanie Duche- nois qui conseille aux créateurs d’être 100% clairs, intelligibles et convaincants le jour J. Pour réussir un tel tour de force, « encore faut-il soi- gner son expression orale, un exercice largement pé- rilleux », rappelle Jeanne Bordeau, fondatrice de l’Institut de la qualité de l’expression, qui coache les entrepreneurs dans le cadre de prises de parole en public. Elle leur conseille notamment d’adapter leurs discours au profil de leurs interlocu- teurs. « Il faut toujours s’interroger sur la subjec- tivité de son public et sa manière de réceptionner les messages. D’où la né- cessité de faire preuve d’empathie et de pédago- gie en se demandant com- ment l’autre vapreneurs dans la durée.Duchenois, en rappelant que seulement une quin- zaine de projets sont au final financés. C’est dire la nécessité de bétonner votre pitch ! Ainsi, lors de l’audition – qui dure 10 minutes au maximum – veillez à être autant concis qu’explicite, aussi bien sur votre parcours, que sur la nature et les perspec- tives de votre projet. « Nous sommes toujours preneurs du maximum d’informations fournies par la société, même si celle-ci vient de se lancer. Car plus l’entrepreneur est réactif et transparent, plus il montre sa volonté d’être accompagné. De quoi conforter le business angel quant à l’intérêt d’investir dans la sociétéCharles Cohenrencontres thématiques et échanges d’expériences.- Entrepreneuses, des réseaux d’accompagnement vous sont 100% destinés ! A l’instar de Paris Pionnières, Entrepren- dre au féminin, Action’elles ou encore Force Femmes... D’autres réseaux sont réservés aux séniors, tels que EGEE, rassemblant d’anciens professionnels à la retraite enclins à aider les créateurs.- Certains réseaux s’adressent à des entrepreneurs plus aguerris, affichant des projets déjà bien ficelés (réseau Entreprendre) ou avec quelques exercices à leur actif (Croissance Plus).- Pour doper les projets naissants, les réseaux de business angels – au nombre de 80 en France – s’imposent comme un passage obligé. Contrairement aux fonds de capital-investisse- ments, les business angels interviennent juste après le « love money » des proches.« A la charge donc du porteur de projet de mon- trer qu’il est en quête d’une telle expertise et ou- vert à ce type de partena- riat », poursuit la business angel.Petit inventaire à la PrévertLes réseaux d'accompagnement clésis ils doivent aussitre,ma.apprendre à sensibiliser leur public et à mieux structurer – de manière ra- tionnelle – leurs propos. Tout n’est pas dans la sé- duction... » Transmettre sa passion, oui, mais tout en gardant les pieds sur terre !DÉMARCHEDE SÉDUCTIONLa capacité à convaincre est d’autant plus essen- tielle que sur les 8000 dossiers étudiés chaque année par l’ensemble du réseau de business angel de France, seuls 400 sont finalement sélectionnés ! « Chez Paris Business Angel, nous recevons 700 dossiers par an, mais n’auditionnons, in fine, qu’une minorité de dépo- sants », illustre Stéphanie- BGE, le réseau national d’appui aux entrepreneurs, est présent à toutes les étapes de la création, de l’émergence au développement de l’entreprise en passant par le finance- ment.- Les accélérateurs ou incubateurs de start-up. Publics ou privés, ces tuteurs ont poussé comme des champignons dans les grandes écoles (Essec, HEC...) en l’espace de dix ans. Les grandes entreprises s’y mettent aujourd’hui pour booster leur business. A l’instar du Crédit Agricole qui a lancé le Village by CA.- Ne négligez pas les espaces de co-working, Numa, Next Door, etc., pour aller à la rencontre d’autres entrepreneurs, par- tager les bonnes pratiques, assister à des conférences...- La plupart des CCI disposent de leur club des créa- teurs qui proposent aux entrepreneurs en herbe des cycles de40 NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Offre des mutuelles santéDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeant« Mieux vaut prévenir que guérir »Plus qu'une simple question de coût, le choix d'une complémentaire santé collective, obligatoire au 1er janvier 2016, pourra avoir(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseilsdes conséquences sur le climat social et la productivité des salariéÀPierre Havezs. Quelques conseils de dernière minute.Mots-clés deux mois de la généralisation de la complémentaire santé1 À vos marques, prêts, partez ?2 Rien ne sert de courir, quoique... .collective dans toutes les entreprises, nombre de dirigeantsn’ont toujours pas choisi le contrat adapté à leurs salariés. Prèsde la moitié d’entre eux n’avaient pas équipé leur organisation au mois3 Am, stram, gram4 Contrat de base ou garanties complémentaires ?5 Des coûts très variables pour les entreprises6 Les autres services : accompagnement, conseil, etc.mesure concerne pourtant près d’un salarié sur deux dans les entreprises de moins de 50 salariés du secteur marchand, voire davantage dans les plus petites structures (61%), le BTP (54%), ou parmi les salariés en contrat de travail temporaire (70%). Mais les raisons d’hésiter sont nombreuses : méconnaissance de ce sujet nouveau, surabondance d’offres, prix fluctuants, complexité de mise en place, coût difficile à absorber. Heureusement, cet attentisme n’est pas encore rédhibitoire. Grâce à ce guide pratique que vous a concocté EcoRéseau, vous n’aurez plus d’excuses à avancer à vos salariés...de juillet, selon une étude de l’assureur Swiss Life France ! CetteFiction : Concours d’indignationsAu-delà du prix et du niveau de garantie, d'autres critères doivent guider le choix du dirigeant quant au contrat. Certains l’ignorent encore...Détendu et sûr de lui, Jules, dirigeant d’un petit ca- binet de recrutement de cinq salariés, fanfaronne devant ses amis, attablés à une terrasse de café du 18e arrondissement de Paris. « Ca y est j’ai enfin trouvé un contrat de complémentaire santé pour mon entreprise : 10 euros par mois et par salarié, pour le minimum légal 4 ! Enfin débarrassé de cette corvée qui relève franchement plus d’une dé- marche personnelle que de la responsabilité de l’entreprise, vous ne trouvez pas ? », lance-t-il à la cantonade, avant de boire une gorgée de son mo- jito."Oh non pas ça ! Mon contrat de mutuelle santé sera effectif dans deux jours !"– Et comment !, éructe Samuel, la trentaine épaissie, qui vient de fonder une jeune entreprise de transport régional en car. Je crois que nous allons d’ailleurs attendre 2 jusqu’à ce que l’un de nos salariés nous force à le faire. C’est ce que font la plupart des chefs d’entreprise, non ? 1 »Jusque-là silencieux, Melen, le troisième larron, co-fondateur de ladite société de transport, s’emporte à son tour. « Combien va nous coûter cette histoire ? Combien ? Est-ce que tu réalises ?, se tourne-t-il vers son associé. Des millions foutus à la poubelle chaque année... » 5 , se lamente-t-il avant d’allumer une cigarette pour tenter de se consoler. « Mais je pense tout de même que ne rien faire finira par nous coûter encore plus cher, se ressaisit-il. Demain, je prends ça en main, je tape “complémentaire santé PME” sur internet et je souscris au premier contrat qui apparaît, voilà, comme ça c’est réglé. De toute façon, ils se valent tous 3 », se frotte-t-il les mains.Jules n’avait pas prévu une telle animation, lui qui aime se placer au cœur du débat. Il repose son verre et se lance dans une diatribe confuse contre les assureurs « qui essaient de vendre des tas de services inutiles en option 6 , alors que la seulechose qu’on leur demande c’est d’assurer en cas de sinistre, non mais franchement... » Mais plus personne ne l’écoute, le flot de ses paroles se perd dans la nuit.42 NoVEMBRE 2015Cahier pratique n°1 - Offre des mutuelles santéŒ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25C L U B E N T1       5 REPRENDRE Business guides - Offre des mutuelles santé2À VOS MARQUES, PRÊTS, PARTEZ ?DES COÛTS TRÈS VARIABLESDifficile aujourd’hui de savoir exactement où en sont les entreprises en matière d’équipement... En effet, 71% des TPE et 85% des PME, ETI et grandes entreprises déclaraient en mars proposer une couverture santé à leurs collaborateurs, d’après une étude d’Audirep pour l’As- sociation française des assurances (AFA) et la Fédération nationale de la Mutualité Française (FNMF). Un chiffre corroboré quelques mois plus tard par une enquête réalisée en juillet par le Crédoc pour le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP), selon laquelle 28% des entreprises n’avaient pas encore mis en place de complémentaire santé pour leurs salariés. Pourtant, au même moment, une autre étude, de l’Ifop pour Swisslife France cette fois, établissait que près de la moitié (47%) des salariés des entreprises de moins de 50 personnes n’étaient toujours pas couverts par un contrat collectif. Ce chiffre s’expliquait, selon les auteurs, par la lenteur des négociations dans certaines branches, mais aussi l’attentisme de certains dirigeants non concernés par ces accords-cadre. « Les derniers sondages sont contra- dictoires, abonde Yanick Philippon, directeur des assurances collectives entreprises chez Generali. Mais force est de constater que toutes les entreprises n’ont pas attendu la date fatidique pour souscrire à un contrat collectif. Depuis le lancement de notre gamme, début avril 2014, nous avons déjà vendu entre 16000 et 17000 contrats chez les entreprises de moins de 20 salariés. »POUR LES ENTREPRISESRIEN NE SERT DE COURIR, QUOIQUE...Les contrats bradés présentent en effet des risques de voir leur coût se renchérir très rapidement. « Certains acteurs procèdent actuellement à de la sous-tarification afin de gagner des parts de marché, explique Dominique Auffret. Mais les dirigeants doivent réaliser qu’une majorité de ces contrats vont subir, dans les deux ans ou moins, des aug- mentations de tarif significative lorsque ces assureurs feront le ménage dans leur portefeuille. Il leur sera alors difficile d’expliquer à leurs salariés des hausses de prix de 20 à 30%, alors que des tarifs techniquement justifiés vont perdurer dans le temps ». En moyenne, il faut compter entre 20 et 35 euros/mois par salarié pour une formule d’entrée de gamme, le double pour un contrat englobant la famille.Alors que la guerre des prix fait actuellement rage, les assureurs conseillent aux dirigeants de PME de ne pas céder à la tentation des tarifs trop bas. « Le premier réflexe est de comparer les prix à garanties équivalentes, prévient Christophe Scherrer. Il faut également se montrer vigilant vis-à-vis des prix in- férieurs à ceux des accords de branche, négociés pour plusieurs milliers d’entreprises. »Malgré le faux départ d’un certain nombre de TPE et PME, faut-il attendre le dernier moment ? Les promesses de prix de plus en plus cassés de la part des assureurs peuvent inciter à patienter encore un peu... Mais tarder trop longtemps peut-être risqué : la précipitation des dernières semaines accentuant la difficulté de trouver un contrat intéressant, tant sur le plan de la protection des salariés qu’en matière de coûts.Mais au-delà du prix, le chef d’entreprise doit enfin prendre en compte la motivation et la satis- faction des employés. « Le dirigeant ne doit pas raisonner uniquement en matière de trésorerie à court terme. Il doit également penser aux gains à long terme, argumente Christophe Scherrer. Le choix d’une mutuelle ne représente pas seulement une charge, mais aussi un levier important de mo-Surtout, au-delà du délai légal de mise en place du dispositif, le chef d’entreprise s’exposera à des risques juridiques concrets. « Il y a de fortes chances que beaucoup d’entreprises ne respectent pas la date limite, car il n’existe pas de sanctions financières prévues, convient Dominique Auffret, responsable du développement Entreprises chez Swiss Life. Mais si l’un des salariés rencontre un problème de santé, il pourra se retourner contre le chef d’entreprise, qui devra payer3les soins ainsi que des dommages et intérêts. Des salariés pourront également attaquer leur dirigeant aux Prud’hommes pour exiger la mise en place d’une complémentaire santé collective. Des contentieux sont donc à venir à partir de 2017. »6tivation et de fidélisation des salariés. Une meilleure santé et un bien-être accru au travail améliorent la performance et la présencedes salariés. »AM STRAM GRAMChoisir le contrat adéquat requiert un minimum de méthode. Le chef d’entreprise doit d’abord, en fonction de son secteur d’activité, se renseigner sur l’existence de tarifs négociés au niveau de sa branche professionnelle. Il existe ainsi aujourd’hui une centaine d’accords sur les 550 branches professionnelles. « Les packages négociés avec les partenaires sociaux des branches professionnelles sont logiquement plus attractifs que ceux que pourront négocier un entrepreneur seul, conseille Christophe Scherrer, directeur du développement de Malakoff Médéric. Ils résultent en outre d’une analyse fine de la consommation de santé spécifique des salariés du secteur, et proposent donc des garanties et services adaptés portant, par exemple, sur le stress, la station debout, ou les troubles musculo-squelettiques. » Quoi qu’il en soit, le dirigeant n’a pas d’obligations d’opter pour ce contrat, mais il lui donnera tout de même une idée des garanties et des prix négociés au niveau de sa branche professionnelle, pour comparer avec les offres qu’il a reçues ou sollicitées par ailleurs...LES AUTRES SERVICES : ACCOMPAGNEMENT, CONSEIL, ETC.Ensuite, quel que soit l’assureur sélectionné, le type de contrat dépendra aussi du nombre de salariés dans l’entreprise. « Pour les entreprises de moins de dix salariés, nous proposons des contrats standards packagés à l’avance, précise Christophe Scherrer. Au-delà, il s’agit de sur- mesure, prenant en compte l’activité, la localisation géographique et la démographie deParmi eux, l’information des salariés constitue un élément majeur de l’offre. En effet, selon l’étude Ifop-Swisslife, un tiers des salariés (31%) non équipés n’ont même pas entendu parler de l’application de la loi ou n’en ont pas une idée précise ! Une majorité d’entre eux (57%) s’estiment ainsi mal informés sur la mise en place de ce dispositif, en particulier chez les salariés aux revenus les plus modestes (81%), les ouvriers (61%) et les plus précaires (63%). « Les chefs d’entreprise plébiscitent les outils qui donnent à leurs salariés la possibilité d’accéder à de l’infor- mation via un portail, de réaliser des simulations de remboursements d’actes médicaux, ou de modifier directement certaines informations de leurs contrats : données personnelles, coordonnées, etc. », confirme Yanick Philippon.4 l’entreprise : âge, répartition hommes-femmes, etc. ». Il faut ainsi savoir que chaque région présente une consommation et des coûts de santé différents : ils sont notamment plus élevés en région parisienne et autour de la Méditerranée qu’ailleurs.Au-delà du prix et du niveau de garantie, d’autres critères doivent guider le choix du dirigeant. Certains assureurs proposent ainsi gratuitement divers services annexes qui peuvent faire pencher la balance entre deux formules équivalentes : simulateur de rem- boursement, dispositif de prévention, programme de coaching santé, portail d’information...CONTRAT DE BASE OU GARANTIES COMPLÉMENTAIRES ?Si l’Accord national interprofessionnel (ANI) prévoit un panier de soins minimum et n’impose pas de contrat couvrant aussi les ayants droit des salariés, l’employeur peut cependant préférer une couverture familiale ou dépasser le niveau de garantie minimum en optant pour un contrat plus généreux ou en proposant une sur-complémentaire à la charge du salarié. « Pour des raisons de coûts l’entreprise peut se contenter du socle de garanties de base tout en ouvrant des options aux frais du salarié, mais avec des tarifs négociés et attractifs auprès de son assureur », pointe Christophe Scherrer. Selon l’étude de Swisslife, la majorité des salariés concernés (61%) envisage ainsi de souscrire individuellement à une assurance santé supplémentaire, si le niveau de couverture proposé dans le cadre de leur contrat d’entreprise leur semble insuffisant.Enfin, pour se dégager du traitement – souvent com- plexe – de ces nouveaux contrats, les dirigeants de TPE et de PME privilégient des outils de gestion simples et rapides, ainsi qu’un accompagnement continu. « Nos clients recherchent de la simplicité et des réponses claires aux questions qu’ils se posent vis-à-vis d’une procédure complexe – formalisme et acte juridique – et de problématiques dont ils n’ont pas l’habitude, indique Yanick Philippon. Comment mettre en place tel régime, quel traitement fiscal et social appliquer à ces contributions, à quelles exo- nérations de charges ouvrent les contrats responsables, etc. ? »opter pour un contrat portant sur le panier de soins minimum n’est pourtant pas forcément le meilleur calcul à long terme. Ces efforts peuvent en effet être ensuite valorisés auprès des salariés. Une réflexion que les chefs d’entreprise semblent avoir intégrée. « Nous constatons, de manière positive, que les garanties choisies se concentrent plutôt sur des niveaux supérieurs au panier de soins minimum, observe Yanick Philippon chez Generali. Sur notre échelle allant de 0 pour le panier de soins de base, à 5, les dirigeants se tournent en général versdes contrats de niveaux 2 à 4. »44 NoVEMBRE 2015Cahier pratique n°1 - Offre des mutuelles santé]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[Quellemutuelle pourmonentreprise?Une m muparrtteutentunaueaielirrelllee* Cotisation patronale en vigueur au 01/04/2015 correspondant à 50% de la cotisation totale de la garantie ANI1.© HVA Conseil 09/2015 - 5320 - Photos : Fotolia © Minerva Studio, Thinkstock © iStock - LuminaStock, ©Abel Mitja Varela/E+/GettyImages. - Mutuelle Prévifrance - Mutuelle Prévifrance soumise aux dispositions du livre II du Code de la Mutualité - SIREN n° 776 950 669 - Siège social : 15, quai du Dr Calabet - 47910 Agen Cedex 9 - Siège administratif : 80, rue Matabiau - BP 71269 - 31012 Toulouse Cedex 6.9,90€Pour un audit personnaliséet sans engagement0 800 09 0800www.previfrance.fr service.entreprise@previfrance.frProximité, conseil, compétitivité... Avec la Mutuelle Prévifrance,j’ai trouvé le partenaire santéde mon entreprise.À compter du 1er janvier 2016, chaque employeur devra proposer une couverture complémentaire santé à l’ensemble de ses salariés.Avec la Mutuelle Prévifrance,choisissez un partenaire qui allie savoir-faire et compétitivité :Un conseiller entreprise dédiépour vous accompagner au quotidienUn partenaire fiable avec plus de 70 ans d’expériencequi assure déjà près de 3000 entreprises de toutes tailles et de tous secteursPlus de 30 agences de proximité et un Service Relation Adhérents basé au cœur du Sud-Ouest4e Mutuelle au niveau national en terme de marge de solvabilité* * Source : l’argus de l’assurance - novembre 2014par mois et par salarié* (À partir de)]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Immobilier d’entreprise, des locaux éclatésUn bureau. Quel bureau ?LNomadisme des collaborateurs et prix du mètre carré qui flambe influencent les nouvelles configurations de locaux d’entreprises.es postes de tra- ment différents au sein laborateurs Sanofi et vail au sein des des grandes entreprises Merial, auparavant ins- entreprises ne se- cherchant à gagner en tallés sur quatre sitesraient utilisés qu’entre performance et en com- dans l’agglomération50 et 70% du temps se- lon la plupart des études. Autrement dit, jusqu’à la moitié des mètres carrés consacrés aux collaborateurs se- raient... vides. Congés, RTT, arrêts maladie, for- mations, réunions, dé- placements profession- nels... Les raisons, la plupart du temps bonnes, de ne pas êtrepétitivité, pensent les lieux différemment.« Le phénomène date des années 2010, estime Ghislain Grimm, direc- teur R&D de Colliers International, conseil en immobilier d’entreprise. Devant le constat que l’open-space en ban- lieue était en réalité im- productif, l’environne- ment de travail est de-lyonnaise. Ce bâtiment aux usages innovants est constitué autour « d’es- paces dynamiques ». Bourrés de technologie et d’éléments de mobi- lier plus ergonomiques les uns que les autres, les bureaux n’ont plus rien de bureaux. « Il n’y a plus de pièces fermées, commente Sylvain Bou- chard, directeur du Cam-Une entreprise aura toujours des bureaux. Mais ils seront avant tout le lieu identitaire de passage au service du collectifphysiquement présent, accroché à un bureau, sont légion. En paral- lèle, le prix du mètre carré à la location n’a cessé de flamber dans les métropoles : entre 450 et 500€/m2/an à Pa- ris, de 150 à 300€ à Lyon ou Marseille. Un investissement coûteux pour l’entreprise si les espaces sont inoccupés. Alors il faut trouver des alternatives. Les pro- fessionnels de l’immo- bilier d’entreprise, pous- sés par les nouvelles contraintes du marché du travail et par des modes de fonctionne-venu un sujet à part en- tière. Les regroupements de site, les projets de campus vont au-delà du simple déménagement. C’est un moment unique sur lequel les entre- prises s’appuient pour bâtir un projet commun et pour rassembler les collaborateurs autour de valeurs, d’une image, d’une identité. »pus Sanofi. Ni les col- laborateurs, ni le top management n’ont de bureaux attribués. » Les collaborateurs disposent d’un casier et passent d’un espace de travail à l’autre. Les surfaces au- trefois consacrées aux bureaux ont laissé la place à différents types d’espaces collectifs. Les bulles sont destinées à travailler seul ou à deux ou trois. Les salles de réunion qui peuvent être réservées via la messa- gerie web accueillent jusqu’à 25 personnes. Les espaces de convi- vialité avec canapés et« Je me suis encore trompé de bureau aujourd’hui. C’est là-bas que je dois être le jeudi... »EMULATIONpoufs constituent une autre manière d’échan- ger. Quant à la salle de téléprésence, ses trois écrans géants avec mi- cros au plafond et acous- tique irréprochable contribuent à limiter les déplacements des cadres pour privilégier la vi- sioconférence avec les autres sites du groupe dans le monde.borateurs Sanofi chan- gent chaque jour de place, PC sous le bras, téléphone portable dans la main et casque audio sur les oreilles. « Les équipes se sont rappro- chées, constate Chris- tilla, à l’administration des achats France de Sa- nofi. Les cloisons des bureaux mais aussi de nos modes de fonction- nement sont tombées. Ilexiste désormais une vraie émulation entre nous. »Même constat chez Group M à Neuilly-sur- Seine, dont les 800 col- laborateurs ont intégré un immeuble green et hyper connecté cet été. « Nous sommes passés de 70 % à 10 % de bu- reaux fermés, témoigne Dominique Guérin, VP Marketing et communi-A Lyon Gerland, le géant de l’industrie pharma- ceutique Sanofi a re- groupé sur trois bâti- ments jumeaux (20000 m2 au total) 1100 col-Depuis juin, les colla-46 NoVEMBRE 2015Cahier pratique n°2 - Immobilier d’entreprise]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frBusiness guides - Immobilier d’entreprise, des locaux éclatés CLUB ENTREPRENDREcation du groupe de com- munication digitale. Les espaces collaboratifs, la majorité des sept étages de l’immeuble, se tradui- sent par la création d’uneratif. « De plus en plus, les entreprises évoluent par projet, ajoute le spé- cialiste de Colliers Inter- national. Les locaux doi- vent répondre à ce mode de fonctionnement et of- frir des espaces collabo- ratifs faciles à utiliser. Le bâtiment se met au service de l’organisa- tion. »Lyon, Paris et même dans le Jura. Sur ses 2 500 uti- lisateurs mensuels, 20 %télétravailler. La Cordée et ses bureaux déportés proposent notamment untreprises qui font appels à ces « tiers-lieux » pro- fitent de l’effet réseaul’économie... La question brûle les lèvres : les en- treprises de demain au- ront-elles toujours des bu-L’immeuble devient la vi- trine d’un projet d’entre- prise global pour maîtriser ses coûts, attirer les ta- lents, conserver ses com- pétences et véhiculer ses valeurs. Si Sanofi reste discret sur le montant des investissements engagés dans l’aménagement de ce site en location, l’en- treprise avance une éco- nomie de 20% sur les coûts de fonctionnement de ses locaux. Un ratio à mettre en parallèle avec la diminution des mètres carrés par collaborateur. « Ces dernières années, les surfaces ramenées au nombre de salariés n’ont cessé de diminuer, confirme Ghislain Grimm. On est passé d’environ 20 m2 par personne en 2005 à 14-16 m2 au- jourd’hui, tous espaces confondus. Mais sur des surfaces utiles et réelle- ment adaptées aux métiers et aux usages de l’entre- prise. »Les « tiers-lieux », en co-working, centres d’affaires ou pépinières, commencent à séduirereaux?«Ouis. doute, affirme Ghislain Grimm. Une entreprise aura toujours des bureaux mais ils représenteront plus qu’une simple adresse. Ils seront l’iden- tité de l’entreprise et le lieu de passage au service du collectif. »ans aucunagora, d’une salle de créa- tivité et d’un espace d’in- novation en lien avec nos métiers créatifs et forte- ment tournés vers les nou- velles technologies. Deux points essentiels ont été travaillés lors de l’étude du projet : le restaurant et le café, des espaces de convivialité qui renforcent l’appartenance au groupe. » Le bureau se dé- porte aussi à la terrasse du café d’entreprise. Plus d’espace perdu ni de lieu dédié, tous les recoins de l’entreprise se veulent utiles.AU SERVICE DU COLLECTIFLe siège n’est plus le seul lieu à accueillir les col- laborateurs de l’entre- prise. Nomades grâce, ou à cause des nouvelles technologies, les salariés travaillent ailleurs. Selon l’Agence nationale pour l’amélioration des condi- tions de travail (Anact), en 2014, 5 à 10% des sa- lariés français télétravail- lent. Autre possibilité, les « tiers-lieux », en co-wor- king, centre d’affaires ou pépinière, commencent à séduire les grandes en- treprises. « Colliers In- ternational propose 40 tiers-lieux en région pa- risienne pour ses 200 col- laborateurs », évoque Ghislain Grimm. La Cor- dée, d’abord installée à Lyon, dispose de huit es- paces de co-working àÉCONOMIE DE 20%A travers cette nouvelle façon d’aborder l’immo- bilier d’entreprise, plu- sieurs points ressortent. « Aujourd’hui dans un projet immobilier, on parle autant de la nature des matériaux que des équipements technolo- giques qui seront instal- lés », affirme Ghislain Grimm.Les organisations s’ima- ginent en travail collabo-NoVEMBRE 2015 47sont issus d’entreprises installées partout en France qui offrent la pos- sibilité à ses salariés deréseau social interne qui facilite les rencontres et le business. Ils sont plus que des bureaux, les en-pour développer les af- faires.Réduction des surfaces, travail nomade, course àStéphanie Polette]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPRENDRE Business guides - Organisation de séminaires internationaux Welcome sirs !organiser un séminaire ou un congrès international nécessite un regain de vigilance sur ce qui pourrait parfois paraître des évidences. Quelles précautions prendre ? Quelles chausse-trappes éviter ?Par Geoffroy FrameryMots-clésL'accessibilité, le nerf de la guerre 4 L L'attractivitéduterritoireprimordiale 5 3 Prudence est mère de sûreté : le cahier des charges 6Véhiculer le bon messageQuand privilégier le tout-en-un ? Penser aux nouveaux services1 2orsque l'on évoque la France en tant que destination touristique mondiale, nous pensons souvent tongs et maillot de bain. Au Sud-ouest qui devient le terrain de jeu estival de l'Europe, au Sud-Est qui devient anglophone et néerlandais, au Nord qui reste nordiste... Blague à part, le tourisme d'affaires pèse 8,1 milliards d'euros dans notre économie en 2014, avec une demande en montagnes russes depuis la crise de 2008. L'éclaircie peine donc encore à pointerses rayons de lumière dans ce secteur d'activité encore nuageux. Car on constate une chute des réunions professionnelles, une suppression importante des activités périphériques ou une diminution des distances pour se réunir. Les budgets par personne oscillent entre 60 et 130 euros pour les journées d'études et de 180 à 240 euros pour une nuit en matière de séminaires résidentiels, selon l'étude annuelle Coach omnium 2014. Même s'il ne faut pas exagérer le phénomène, il n'est pas rare que les entreprises organisent grand-messes et raouts en fédérant leur collaborateurs, fournisseurs, clients internationaux dès lors que l'action de ces acteurs économiques dépasse nos frontières. De même que les entreprises anglaises, belges, suisses ou encore italiennes n'hésitent pas à franchir le Rubicon ou tout autre frontière pour organiser un événement professionnel. Se pose légitimement la question de comment bien recevoir une clientèle internationale dans le cadre du tourisme en col blanc. Guide pratique.48 NoVEMBRE 2015Cahier pratique n°3 - Séminaires internationaux]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frFiction : Lâché par ses Acollègues et son supérieur,Business guides - Organisation de séminaires internationaux CLUB ENTREPRENDRECharlie arrivera-t-il à sortir d'un bourbier événementiel ?23 ans, Charlie, fraîchement diplômé de l’EFAP, trouve un premier emploi dans un la- boratoire pharmaceutique en banlieue pari-sienne spécialisé notamment dans la lutte contre le diabète et les vergetures. Après avoir fait ses pre- mières armes en stage à Canal+, au festival de Cannes et dans une petite boîte d’événementiel lilloise, notre cadre junior se retrouve à gérer la com- munication avec quelques pairs et un N+1 tyran- nique. Coup de théâtre, celui que l’on surnomme «la main de fer dans un gant de fer», incapable de délé- guer, tombe en dépression. Burn-out ! Six mois d’ar- rêt au minimum font savoir les ressources humaines à l’équipe de jeunes communicants, désœuvrée et emprunte à quelques bouffées de chaleur causées par le stress. La raison de cette tension ? L’organisation d’un séminaire international prévu dans trois mois. Le compte à rebours est lancé. Si les membres de l’équipe de Charlie s’effondrent face à cette insup- portable pression, le jeune homme décide d’affronter gaillardement l’organisation. Première étape, Char- lie, sans remords, entre dans le bureau de son supé- rieur et copie sur une clé USB le cahier des charges de l’événement 3 , pensant que toutes les compo- santes de cette rencontre au sommet seraient réunis... Mais à son grand dam, rien de tout cela. Le fichier ne comporte hélas que la liste des invités. Un grand chantier qu’il délègue rapidement à l’un de ses col- lègues pour pouvoir se concentrer sur la ville d’ac- cueil de l’événement. Le cadre se souvient alors d’un article paru dans La Voix du Nord qui faisait mention d’un écosystème innovant dans le milieu de la santé4 . Charlie hésite alors entre choisir un environne- ment atypique et un site directement lié au cœur de l’activité de son entreprise. Que faire ? 2 . N’étant pas dans la boucle des échanges entre les différentes directions de son laboratoire, Charlie n’apprend que trop tard que le séminaire ne durera pas une semaine mais trois jours en raison de coupes budgétaires. Se pose plus que jamais la question de l’accessibilité et des moyens de transport... 1 Quelles solutions de repli ? Charlie hésite encore entre le clé-en-main à proximité de la plateforme de transport 5 , ou la ty- picité de l’endroit pour que ses collaborateurs et su- périeurs gardent un souvenir unique de leur séminaire en France. Plus que quelques semaines. Rien n’est prêt. Charlie ne dort plus, ne mange plus. Deux de ses collègues ont démissionné. Désespéré, le chargé de communication part s’enivrer dans un bar avec un ancien camarade de promo. Entre le 7e et le 8e shooter de «tequila paf», son ami Nicolas lui explique qu’il a rencontré une personne de la CCI du coin qui connaissait une personne qui pouvait gérer tout type de tourisme d’affaires. Bref, l’histoire de l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours... Deux Doliprane et une nuit agitée plus tard, Charlie, encore vaseux, décide de tirer tout cela au clair grâce au «Dieu Google» dans sa quête du Graal événemen- tiel... Soudain, miracle ! Celui qui se voyait déjà re- mercié suite à une organisation catastrophique, tombe sur un guichet unique. Au bout du fil, une oreille attentive et des conseils avisés lui redonnent le sourire et des conseils sur des services de qualité1L'ACCESSIBILITÉ, LE NERF DE LA GUERRE6 . Sauvé ! Jusqu’ à l’année prochaine...Les géographes contemporains s’interrogent souvent pour savoir si les transports structurent l’espace éco- nomique ou au contraire si les dynamiques territoriales déterminent les axes de communication. Transposé à l’organisation de séminaires internationaux, il semblerait que l’accessibilité prime.Eric Montant, directeur du développement de La Cité, le Centre des Congrès de Nantes, confirme : « L’ac- cessibilité est primordiale. Une destination bien desservie par TGV ou par liaisons aériennes régulières sera un gage de réussite. A ce titre, La Cité des Congrès de Nantes est située à 2 heures de Paris en TGV et Nantes est desservie par 65 lignes directes nationales et internationales. » Les acteurs de chaque territoire ont bien conscience de cet enjeu et promeuvent les facilités pour venir et l’aisance multimodale pour se rendre sur le lieu : « Plateforme multimodale, Lyon Saint-Exupéry dessert 115 destinations, dont 64 à l’étranger. Elle bénéficie d’un accès autoroutier, d’une navette qui mène à La Part-Dieu toutes les 15 mi- nutes et d’une gare TGV », renchérit, Matthieu Feigné, responsable commercial BtoB pour les aéroports de Lyon. Un atout qu’il faudra ensuite transformer en s’assurant de la cadence des navettes et de la qualité de la réception à chaque check-point : de l’aéroport à la gare TGV, de la gare au taxi, du taxi à l’hôtel, de l’hôtel à la soirée... Et inversement.NoVEMBRE 2015 49Œ]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25CLUB ENTREPR2ENDRE Business guides - Organisation de séminaires internationauxREGARDER L'ATTRACTIVITÉ ÉCONOMIQUE ET INSTITUTIONNELLE DU TERRITOIREComment choisir sa destination ? Parfois, il s’agira juste de faire en sorte que votre séminaire entre en corrélation avec l’une des spécialités économiques de la destination choisie. De bonnes cartes des clusters, de la french tech et des pôles d’excellence pourront très rapidement vous orienter. « Cela ne vaut pas que pour Lille mais également pour la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le tourisme de congrès se développe grâce à l’excellence scientifique. Valenciennes pour le transport, Euratechnologies à Lille pour la santé... Le tourisme et son essor s’expliquent par l’intelligence économique de son territoire. Et c’est dans ce sens que des entreprises de l’agro-alimentaire ou des start-up viennent nous voir pour organiser de l’événementiel chez nous », explique Laurence Péan-Cousin, directeur de Nord France Conven- tion Bureau. Songez donc aux objectifs professionnels que vous nourrissez et orientez votre demande en conséquence. Cela dit, l’attractivité du territoire peut également être institutionnelle et organisationnelle. La plupart des grandes villes s’y mettent. Paris, Lyon, Marseille, Stras- bourg, Montpellier, Lille... La plupart des métropoles embrassent la tendance. Et Nantes fait partie de ces petits derniers à accoucher d’un bureau régional des congrès. Elle s’est ainsi dotée d’un «convention bureau» depuis un mois et demi, intégré à l’agence d’attractivité éco- nomique du territoire. « L’idée revient à développer et créer des passerelles pour les chefs d’entreprise qui souhaitent par exemple installer un siège, une filiale, une franchise et en parallèle organiser l’événementiel en lien avec ces décisions. Il s’agit de travailler sur une cohérence globale offerte aux entreprises », analyse Lucile Suire, responsable du Convention Bureau de Nantes.3Une chose est sûre : un séminaire n’est réussi qu’à la condition que l’en- semble de la chaîne de valeur de la filière joue de concert la même par- tition : convention de bureaux, agences d’événementiel et de communication, palais des congrès... Cette capacité à faire collaborer transversalement se joue à plusieurs échelons. Mais « fédérer les acteurs économique et améliorer l’accueil des professionnels est désormais pos- sible grâce à notre convention bureau », explique Lucile Suire. Ce type de structure permet effectivement à un organisateur de manifestation d’avoir un lien qui coordonne l’ensemble des acteurs de la filière, un gui- chet unique. « Reste à prendre contact pour rédiger ensemble ou com- pléter le cahier des charges pour vous rediriger ensuite vers le bon interlocuteur », explique Lucile Suire. Cela dit, ce fameux cahier des charges doit comporter les grandes composantes de votre événement : nom de l’organisateur, contacts, typologie de l’événement, description, nationalités présentes, enjeux, budgets, types d’hébergement et de res- tauration souhaité, etc. « On remarque que les clients n’ont plus le temps. On demande une fourchette de prix pour gagner en réactivité. L’impor- tant revient à demander leur attentes fortes et comprendre ce qu’ils veu- lent du territoire », continue Lucile Suire.4PRUDENCE EST MÈRE DE SÛRETÉ : LE CAHIER DES CHARGESVÉHICULER LE BON MESSAGEBien évidemment, il y a très peu de chances que vous emmeniez vos collaborateurs à une fête de la saucisse et de la bière, à moins que votre séminaire soit intimement lié aux métiers de bouche al- saciens. A tout événement correspond un message. Voulez-vous mêler votre discours, les interventions ou les visites avec l’identité du territoire ? Son dynamisme économique ? ou son patrimoine ? « Nous avons beaucoup de demandes sur nos lieux qui font la ré- putation de la région, qui mêlent à la fois patrimoine, typicité, re- conversion industrielle, à l’image de la Piscine de Roubaix – ancienne piscine réaménagée en musée avec une offre de restau- ration –, le Louvre Lens, l’Ermitage Gantois et le Couvent des Minimes, établissements qui surfent sur le luxe et l’histoire ou en- core d’anciennes filatures modernisées pour accueillir des pro- fessionnels », énumère Laurence Péan Cousin. Et Lucile Suire de compléter : « «Les Machines de l’île» impressionnent toujours. Imaginez-vous dans un éléphant géant parcourir les rues de Nantes ». Si votre message est de divertir et d’impressionner vos ouailles internationales, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Pensez plaisir.DE NOUVEAUX SERVICES ET QUELQUES PRÉCAUTIONS D'USAGES5«L’Aéroville» de Roissy-Charles de Gaulle est le plus em- blématique des exemples. Mais les autres zones de transit à l’image des gares de Nantes, Lille Flandres, Bordeaux Saint- Jean, toutes actuellement en travaux, attestent de cette vo- lonté d’allier le transport à une offre pour le tourisme en col blanc. « Le cœur de notre offre correspond à des séjours de deux voire trois jours. Passé ce laps de temps, les clients vont nous solliciter pour gérer le transfert de l’aéroport au centre-ville pour déplacer l’événement en intramuros », ex- plique Matthieu Feigné, responsable commercial BtoB pour les aéroports de Lyon. De nombreuses possibilités existent. En guise d’illustration, l’aéroport Saint-Exupéry propose des solutions clés en main, pour des groupes allant jusqu’à 120 personnes, situées au cœur des deux terminaux. « Notre vo- cation est d’accueillir le temps d’une demi-journée ou d’une journée entière des quatre coins de la France voire des qua- tre coins d’Europe, et de permettre aux clients de s’affran- chir de toutes les contraintes de transfert et d’hôtellerie. Autrement dit, gagner du temps et de l’argent », rappelle Matthieu Feigné. Un choix réalisé par 20000 personnes et 2000 entreprises pour le cas de l’aéroport de Lyon.6Si vous ne songez pas obligatoirement à organiser un séjour à proxi- mité d’une gare ou d’un aéroport, il importe malgré tout de s’enquérir de l’éventail de services proposé dans la zone de transit qui permet un transfert aisé des collaborateurs jusqu’à leurs pénates temporaires. « Nous développons des produits qui sortent un peu du contexte d’un séminaire, mais qui appartiennent au registre du tourisme d’affaires : réservations de parking préalable, accès coupe fils, conciergeries (ves- tiaires particuliers, consigne traditionnelle, etc.), acheminement des passagers avec les véhicules de piste et hôtesses dédiées... », ajoute Matthieu Feigné. De nombreuses villes mettent également en place des systèmes de charte pour que l’accueil des professionnels de nationalité étrangère soit optimal. « Outre les panneaux de la société présents sur chaque point stratégique, nous veillons à ce que chaque moment sur le territoire s’accompagne d’un service idoine. Dans le cadre des sé- minaires internationaux, il s’agit d’avoir des chauffeurs anglophones, des hôtels et des restaurants ayant des menus dans les deux langues. Nous fournissons également tout un contenu (visuel, audio, vidéo, pla- quettes) sur la ville pour que le séjour soit le plus agréable possible », conclut Lucile Suire.QUAND PRIVILÉGIER LE TOUT EN UN ?50 NoVEMBRE 2015Cahier pratique n°3 - Séminaires internationaux]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[séminairesévénementsVotre événement sur-mesure dans un établissement d’exceptionRelais Spa Paris-Roissy CDGUne équipe de professionnels à votre écoute pour que votre événement soit une belle réussite.RELAIS SPA Paris-Roissy Charles de Gaulle *****8, allée du Verger - 95700 ROISSY-EN-FRANCE Tel. +33 (0)1 39 94 70 70Fax : +33 (0)1 39 94 70 80meeting@re-apparthotels.comDes services hauts de gamme et un accueil chaleureuxPlus de 1000 m2 de salons modulables (équipés et aménagés à votre gré)465 chambres Premium, Executive et Junior Suite Spa Nuxe® de 750 m2 avec hammam, sauna, piscine... Brasserie Flo (2 couverts au Guide Michelin)A 35 mn de Paris et 5 mn de l’aéoroport Paris-Roissy Charles de Gaulle (navette grauite)www.relais-spa.com/parisroissy© Relais Spa2015 - RCS Paris 488 885 732 - Crédit photos : Eric Cuvillier - Photos non contractuelles - Relais Spa est une marque du groupe Réside Etudes Apparthotel. EcoRéseau 11/2015]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25STRATÉGIE & INNoVATIoN NUMÉRIQUELe carnet des nominationsen partenariat avecLe baromètre de l’innovationBrèves, nouvelles retentissantes et histoires de rupturesLe verbatim à retenir...La créativité est contagieuse, faites la tournerAlbert EinsteinLe monde ne sera plus jamais comme avant...Les chercheurs américains ont inventé un nouvel algorithme capable de prévoir les inten- tions humaines. En analysant le début du mouvement de l’homme (cherchant un papier, voulant prendre un verre...), l’ordinateur peut la finir à sa place. Selon les inventeurs, cetteprédilection des faits et gestes de la personne pourra être utile aux conducteurs qui ne font pas at- tention et aux personnes se trouvant en situation de handicap.Les scientifiques russes de l'Institut de Moscou de physique et de technologie de labora- toire Nanooptique et plasmonique ont mis au point un capteur "nanomechanical" très sensible, capable de détecter les tumeurs cancéreuses aux premiers stades. Le capteur ultra-compact pourra également être intégré dans les smartphones. Il permet aussi auxmédecins de détecter les virus, y compris le VIH et l'hépatite. « Le capteur permet de détecter les signaux de l'origine et de la croissance des tumeurs cancéreuses dans le corps, et de diagnosti-quer la maladie bien avant qu’elle soit détectée par toutes les autres méthodes connues dans le monde, au- jourd’hui ! », notent les chercheurs.Les architectes italiens de Architecture and Vision ont conçu l’arbre à eau pour les Ethiopiens. La grande structure en bois de bambou est équipée d’un filet qui récolte l’eau de la condensation. Un Warka Watter (c’est le nom de cet arbre "magique") peut alimenter en eau une familleéthiopienne de sept personnes.} ORANGEEve HohmanEve Hohman a été promue directeur général de la marque Sosh d'Orange, à ce poste depuis mai 2015.Eve Hohman exerçait précédemment les fonctions de directeur marketing de Sosh.}TREND MICROOlivier EbelOlivier Ebel est promu vice-président et directeur général de Lenovo EMEA Smartphone, à ce poste depuis septembre 2015. Il est ainsi en charge des ventes des smartphones et des objets connectés de Motorola et de Lenovo à travers l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique. Il est aussi responsable de la stratégie et de l'orientation opérationnelle de l'entreprise pour l'ensemble des ventes et des activités marketing, en plus d'être à la tête des relations com- merciales des smartphones dans la région.Olivier Ebel, diplôme d'ingénierie industrielle de l'université des sciences appliquées d'Iserlohn (en Allemagne), a plus de 18 ans d'expérience dans l'industrie ICT, dans laquelle il a tenu plusieurs postes de direction, dont directeur général de Lenovo CEE et directeur des relations de vente en Allemagne et en Autriche.}SECRÉTARIAT GÉNÉRAL POUR LA MODERNISATION DE L'ACTION PUBLIQUE(SGMAP)Henri VerdierHenri Verdier est promu directeur interministériel du numérique et du système d'information et de communication de l'Etat (DINSIC) au sein du SGMAP, à ce poste depuis septembre 2015, en remplacement de Jacques Marzin. A ce titre, il devient l'adjoint au secrétaire général pour la modernisation de l'action publique, Laure de La Bretèche. La DINSIC regroupe l'ex- DISIC (direction interministérielle des systèmes d'information et de communication de l'Etat), l'Etalab, la mission dédiée à l'ouverture des données publiques que dirigeait Henri Verdier depuis 2013, et le pôle Innovation et Services aux usagers du SGMAP.Henri Verdier, 46 ans, master biologie et sociologie de l'ENS (1993), a réalisé le parcours sui- vant :n 2014-2015:SGMAP,administrateurgénéraldesdonnées(AGD)placésousl'autoritéduPremier ministre, Manuel Valls.n 2012-2014:SGMAP,directeurdelamissionEtalab.n 2010-2012:MFGLabs(start-updédiéaubigdata),président-directeurgénéraletcofon-dateur.n 2009-2010 : Institut Télécom, directeur de la prospective, en charge de la création duthink tank Futur numérique.n 2008-2013:CapDigital(pôledecompétitivité),président.n 2007-2009:LagardèreActive,directeurchargédel'innovation. n 1995-2007:OdileJacobMultimédia,directeurgénéral.}CACEIS (GROUPE CRÉDIT AGRICOLE)Jean-Pierre MarquetJean-Pierre Marquet est promu directeur des systèmes d'information de Caceis, à ce poste depuis juillet 2015, en remplacement de Dominique Pennelier, promu au poste de directeur des systèmes d'information du Crédit agricole Consumer Finance. A ce titre, il intègre le comité exécutif.Jean-Pierre Marquet, 55 ans, ENSIMAG, ESSEC Business School, a réalisé le parcours suivant : n 2007-2015:Banquedeproximitéàl'international(groupeCaisseagricole),directeurdessystèmes d'information.n 1988-2007:Créditagricole,différentspostesdedirection(études,coordinationdelamaî-trise d'oeuvre, production, intégration) au sein de structures dédiées à l'informatique desLa rupture du moisCaisses régionales.n CaissecentraledesBanquespopulaires,débutdecarrièrecommeingénieuranalyste.Quand les robots seront parmi nous...} MINISTÈRE DE L'EDUCATION NATIONALE, DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEURAujourd’hui, les scientifiques sont en pleine course de développement de robots. Plus de progrès, plus de puissance, il faut en mettre plein la vue aux consommateurs et répondre à leurs attentes. Mais avions-nous déjà pensé aux dangers que les robots pourraient représenter ? Peu sont ceux qui se sont penchés sur la question. Serge Tisseron, psychiatre et psychologue, est l’un des premiers à tirer la sirène d’alarme sur l’utilisation de ces machines dites humanoïdes. Son livre, Le Jour où mon robot m’aimera (Cf. page sélection culturelle) vient de paraître chez Albin Michel. L’auteur y fait preuve d’enthousiasme pour les robots, tout en exprimant ses inquiétudes liées aux conditions de leur apparition. « Les robots sont une excellente chose, mais à condition que nous sachions anticiper leur venue en nous posant les bonnes questions. La législation et l’éducation sont en effet toujours en retard sur la technologie. Et souvent, les gens qui développent des technologies ne pensent pas aux implications légales et éthiques de leurs créations. C’est ce retard que j’invite à combler dans mon livre, explique Serge Tisseron. Il existe trois dangers principaux au développement des robots. Le premier est que ces machines nous ressemblent tellement que nous pourrions être tentés de leur imaginer des émotions et des souffrances, et que nous pourrions mettre notre vie en danger pour tenter de les protéger. Le second réside dans la capture de nos données personnelles. Les fabricants risquent bien de s’octroyer un droit d’accès aux données intimes de leurs utilisateurs en invoquant des raisons de sécurité. Enfin, à côtoyer des machines qui auront une apparence humaine et qui seront programmées pour toujours être en accord avec nous, le risque est que nous finissions par devenir moins tolérants à la frustration, et que nous finissions par préférer la compagnie des robotsà celle de nos semblables. » Quant à la tentative de relancer la croissance économique avec l’aide des robots, le psychologue reste assez dubitatif : « La robotique bouleversera les domaines de la santé et de l’assistance aux personnes âgées, dans lesquels la demande est considérable. Ce que je crains, ce n’est pas que la robotique échoue à relancer la croissance, c’est qu’elle y arrive trop bien. C’est à dire que pour vendre des robots en grande quantité, les fabricants soient tentés de les programmer de telle façon qu’ils répondent parfaitement aux attentes de leurs utilisateurs, avec le risque que ceux-ci finissent par les préférer aux humains. » Faudrait-il alors arrêter leur production ? « Non, ces dangers ne justifient pas que l’on arrête la production de robots. En revanche, ils justifient de réfléchir très vite aux mesures qui pourront nous en protéger. » Ces mesures seraient législatives et éducatives. « Le législateur doit protéger notre vie privée et favoriser la création de robots en open source, c'est-à-dire modifiables par leurs utilisateurs. Et pour qu’ils puissent le faire, l’éducation doit favoriser l’apprentissage du langage de la programmation, et aussi développer dans les écoles le goût du débat et de la controverse, afin que nos enfants ne perdent jamais le goût de l’humain », poursuit l’écrivain. Serge Tisseron ne se contente pas de donner les pistes de secours aux futurs utilisateurs, il en donne également aux programmeurs en exposant son idéal de robot : « Il s’agirait d’un robot humanisant et socialisant, c’est-à-dire d’un robot qui permette à chacun de mieux se connaître, qui encourage et facilite nos relations avec nos semblables, et qui nous donne le désir de mieux les connaître. Un robot qui nous incite à faire ensemble avec lui ce que nous ne pourrions faire ni seul avec lui, ni ensemble sans lui. »Propos recueillis par Anna AshkovaET DE LA RECHERCHEMathieu JeandronMathieu Jeandron est promu directeur du numérique pour l'éducation du ministère de l'Edu- cation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à ce poste depuis septembre 2015, en remplacement de Catherine Becchetti-Bizot. Il est sous la responsabilité conjointe de Frédéric Guin, secrétaire général, et Florence Robine, directeur général de l'Enseignement scolaire. Il a été nommé en conseil des ministres, au sein de l'administration centrale. Mathieu Jeandron, 37 ans, Télécom ParisTech (2002), Polytechnique (1997), a réalisé le par- cours suivant :n 2014-2015:Ministèredel'Educationnationale,del'EnseignementsupérieuretdelaRe- cherche, chef du service des technologies et des systèmes d'information.n 2013-2014:Directioninterministérielledessystèmesd'informationetdecommunication (DISIC), directeur adjoint.n 2011-2013 : Secrétariat général à la Modernisation de l'action publique (SGMAP), dont dépend la DISIC, chef du service Stratégie et Urbanisation.n 2010-2011:CSCFrance,manager.n 2008-2010 : Ministère de l'Intérieur, sous-directeur de l'exploitation et du soutien.n 2007-2008:Ministèredel'Intérieur,débutdecarrièrecommedirecteurducabinetdudi-recteur des systèmes d'information.} OPENDATASOFTNicolas TerpolilliNicolas Terpolilli, Centrale Lille, est nommé chief data officer d'OpenDataSoft, à ce poste de- puis septembre 2015. Il est sous la responsabilité directe de David Thoumas, fondateur & di- recteur technique. Il est ainsi chargé de s'assurer de la bonne circulation des données et d'organiser l'intégration des sources toujours plus diverses et pertinentes, comme les données INSEE ou Météo France. Il s'agit d'une création de poste.}CHECKPOINT SYSTEMSMatthieu Le TaillandierMatthieu Le Taillandier est nommé vice-président, directeur général France de Checkpoint Systems, à ce poste depuis septembre 2015.Matthieu Le Taillandier a réalisé le parcours suivant :n 2011-2015:CheckpointSystems,vice-présidentEuropeanApparelRetailers.n 2006-2011:CheckpointSystems,directeurgénéralFranceetEMEA.n 2002-2006:CheckpointSystems,directeurmarketingEurope.n 2000-2002:CheckpointSystems,responsablegrandscomptesEurope(CarrefouretAu-chan).n 1996-2000:EsselteMeto,marketingmanager.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?52 NoVEMBRE 2015Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frNomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frLe baromètre de l’innovation STRATÉGIE & INNoVATIoN NUMÉRIQUEL’innovation autrementStrategy reviewOctav, une entreprise qui dit « Non à la hiérarchie ! »parDepuis le mois d’avril 2015, la société octave, spécialiste des solutions e-commerce et logicielles pour les entreprises, basée à Angers, a opté pour le fonctionnement sans hiérarchie. « Je vous assure, je suis toujours le DRH de l’entreprise », sourit Michel Perrinet, P-Dg, associé fondateur d’octave. « Nous avons supprimé la notion du petit chef qui vous dit comment travailler et vérifie si vous avez bien suivi les consignes. » Dans le management, ce mode de fonctionnement s’appelle "la philosophie d’entreprise libérée". « Notre entreprise commençait à grossir de plus en plus. Il y a un an, nous avons dépassé 50 salariés et l’organisation interne est devenue plus difficile à gérer. Nous passions beaucoup de temps sur les différents processus, notamment la définition des fiches de poste. Etant une entreprise du secteur numérique, nous devions être plus agiles et notre organisation nous freinait. Elle était inadaptée. » C’est avec le conseil de son coach d’entreprise que le dirigeant trouve une alternative au modèle hiérarchique établi. La démarche a pour but de soutenir la stratégie de l’entreprise et d’encourager l’engagement, la créativité et l’agilité de ses collaborateurs au service de la satisfaction clients. « La hiérarchie apparaît comme un leader nourricier qui d’une part s’assure que les employés ont des moyens de prendre des décisions et d’autre part favorise l’émergence du leadernaturel. Ce dernier apparait par lui-même, il propose des idées, décide comment résoudre telle ou telle question et les collaborateurs convaincus le suivent. » Ainsi, une entreprise libérée se définit comme une entreprise dans laquelle la majorité des salariés disposent de la liberté et de l’entière responsabilité d’entreprendre toute action qu’eux-mêmes estiment comme étant la meilleure pour la vision de l’entreprise. « Je suis convaincu que les salariés sont plus heureux qu’avant. Nous avons mis en place un réseau social d’entreprise sur lequel ils ont la possibilité de faire des propositions, d’organiser des réunions. Les personnes sont volontaires et le mécanisme se met en place naturellement. Par exemple, cet été, pendant que j’étais en vacances, j’ai su que les employés avaient décidé de fusionner deux services d’entreprise. Je rêvais de le faire depuis sept ans! Nous sommes passés d’une société qui dit "Comment travailler ?" à une société qui dit "Pourquoi travailler ?", laissant aux collaborateurs le soin de définir le "comment". Ainsi, nous avançons mieux tous ensemble avec les mêmes valeurs : audace et bienveillance. » Pour le moment, il est encore trop tôt pour parler d’une évolution de CA mais Michel Perrinet garde « l’intime conviction que la démarche d’entreprise libérée portera ses fruits pour la performance de l’entreprise et l’amélioration du service client ».Pascal JunghansEnseignant à l’Institut d’administration des entreprises de Poitiers et à l'Université de techno- logie de Troyes, membre du conseil scientifiquedu CSFRS, chercheur associé au CEREGE. Des banques trop bridées ?Les innovations en bref...C’est un journal – peu suspect d’anti-américanisme primaire – qui tire la sonnette d’alarme. Les Echos barre sa Une du 13 octobre d’un gros titre inquiétant : « Banque : l’inquiétante domination américaine ». Le journal relaie une campagne lancée par la Fédération bancaire européenne pour que Bruxelles n’imite pas les dures régulations de Washington, qui favorisent ou- trageusement les banques d’outre-Atlantique.Le régulateur européen serre trop et mal la vis aux banques du Vieux continent. Peut-être pas forcément un bon choix d’avenir...Sport en piluleDeux équipes de chercheurs, basées en Australie et au Danemark, tentent de mettre au point une pilule capable de reproduire tous les bienfaits d’une séance de sport sur l’organisme, selon la revue Cell Metabolism. En effet, les scientifiques ont rassemblé toutes les réactions corporelles suite à une séance de sport, c’est-à-dire plus de 1000 réactions moléculaires sur quelque 562 protéines! La pilule ne devrait pas voir le jour avant au moins dix ans ; pour le moment, il faudra patienter dans la salle de sport...Une entreprise française, le leadership de l’impression 3DL’entreprise alsacienne Beam répare l’irréparable parimpression 3D. Spécialisée dans la soudure et la découpe laser, Beam a eu l’idée de faire passer de la poudre de métal à travers une buse, et de la faire fondre au laser quand elle arrive à l’extrémité. La procédure permet de souder des petits morceaux d’un métal à la surface d’un autre. Et si on répète l’opération des milliers de fois, petit bout par petit bout, on peut réparer une pièce usée, boucher un trou et même créer une nouvelle pièce de zéro. La solidité de l’ensemble est irréprochable car il s’agit d’alliages de titane ou de nickel. Beam peut désormais se spécialiser dans la réparation de turbines d’avion, composées de pièces mobiles très chères à remplacer. Une invention enviable, seule l’entreprise américaine Optomec maîtrisant jusqu’ici ce savoir-faire.Les banquiers européens ne devraient-ils pas plutôt jouer profil bas, alors qu’ils sont régulièrement punis pour avoir fait n’importe quoi dans les dernières an- nées ? Les banques britanniques truquant le Libor. La Deutsche Bank dans tous les mauvais coups – telle la création d’actions d’une entreprise sans le consente- ment de celle-ci. Les banques françaises, BNP Paribas et Crédit Agricole en tête, frappées par de très lourdes amendes pour avoir franchi la ligne jaune alors qu’elles avaient été informées des risques. Si les banques des Etats-Unis ont compris que le temps des cow-boys était passé avant les européennes, tant mieux pour ces premières. Tant pis pour les secondes. Mais enfin, les banquiers européens ont raison de s’émouvoir. Dans le monde d’aujourd’hui, la création d’entreprises, à partir de produits et services de rup- ture, est un enjeu vital. Ce sont ces «pépites» commer- ciales ou technologiques qui feront que la France et l’Europe disposeront encore d’une place de choix dans l’économie de demain. or, les banques, contrairement à ce qui est dit, financent largement ces TPE ou PME. « Obtenir un crédit est devenu plus aisé et plus effi- cace que lever des fonds », m’expliquait, récemment, un fin connaisseur du monde des start-up du numé- rique.Dates & Events : ça cogite dur...4 Du 18 au 19 novembre 2015 : Paris Open Source Summit (Docks de Paris, 50 avenue du Président Wilson, 93200 La Plaine Saint-Denis) Ce premier événement européen libre et open source est le fruit de la fusion de Solutions Linux et de l'Open World Forum, deux manifestations emblématiques du Libre et de l'Open Source. Son ambition est de présenter les innovations technologiques, la réalité et le dynamisme économique de ses solutions et les impacts so- ciétaux de cette filière numérique. A cette occasion, l'événement accueille des personnalités de la scène politique et économique : Axelle Lemaire, secrétaire d'Etat chargée du numérique, Jean-Louis Missika, adjoint à la Mairie de Paris, chargé de l'urbanisme, de l'architecture, du projet du Grand Paris, du développement éco- nomique et de l'attractivité et Jacques Attali, économiste, écrivain, conseiller d'Etat honoraire.4 26 novembre 2015 : Quatrième Forum DGALes défis de la transformation digitale seront au cœur de cette journée d'échanges comme les objets connectés, les nouveaux modes de management et les nouveaux écosystèmes. Pour la pre- mière fois, le GEM Digital Day se déroulera avec l'EMSI (une école de Grenoble Management) et Digital Grenoble, une des neufs mé- tropoles FrenchTech, dans la cadre de la Chaire Gem-Orange "Di- gital Natives". Bernard Stiegler, philosophe, interviendra également pour présenter les travaux qu'il mène avec l'EMSI lors d'un atelier du Digital Society Forum sur "Management et com- plexité". Les acteurs grenoblois ne sont pas en reste, notons la participation de Christophe Baillon de Sogilis et Startup Maker ainsi que celle de Claude Lemardeley de The Digital Company.Si les banques européennes, bridées par de trop strictes règles prudentielles, laissent la place aux américaines, notre avenir sera sous contrôle d’une économie qui n’a pas le même modèle que le nôtre. Le régulateur euro- péen doit prendre en compte cet élément avant de prendre des décisions qui peuvent obérer gravement l’avenir de l’Europe dans un monde globalisé.Innovation (le campus de l’École Polytechnique)La Direction générale de l’armement invite tout le monde au qua- trième Forum DGA Innovation organisé de 8h30 à 18h. Au pro- gramme : plus de 100 projets innovants et des démonstrations dynamiques, allocution et remise du prix de thèse par le ministrede la Défense, speed dating : innovateurs cherchent investisseurs, ateliers : « Quelles priorités technologiques pour la Défense de demain ? ». Pour vous inscrire rendez-vous sur : www.ixarm.com/FORUM-INNOVATION-DGA. Contact : guy.flauder@intradef.gouv.fr.4 1er décembre 2015 de 8H30 à 19H: la 4ème édition de GEM Digital Day, au World Trade Cen- ter de Grenoble (5 place Robert Schuman, Gre- noble).NoVEMBRE 2015 53]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25STRATÉGIE & INNoVATIoN NUMÉRIQUE Regard digital - Jean-Michel Billaut, spécialiste de la e-santé Entretien avec une figure clé de la transformation numérique« Nous allons basculer de la Big Pharma à laComment a émergé l’e-santé ?J’ai vu commencer le phé- nomène aux Etats-Unis, en 2011. Depuis lors, nous pou- vons parler d’un véritable raz-de-marée, avec au moins 6000 start-up aujourd’hui, que ce soit dans les objetsDrug Administration (FDA) visant à séquencer un million de génomes.Les Chinois s’y sont lancés également, avec des moyens impressionnants si l’on en juge les images diffusées par l’une de leurs start-up, BGI, qui montre beaucoup de sé-par l’e-santé est l’étude du comportement et du contexte, ce qu’on appelle l’épigéné- tique. Et cela, c’est le do- maine de l’Internet des objets de santé, qui vont recueillir et faire remonter les infor- mations : le poids, la tension, l’alimentation, l’activité phy-En revanche, l’outil pour analyser le tout existe déjà : c’est le Big Data et l’intelli- gence artificielle.noms sont arrivés et ont re- joint les start-up : IBM, Goo- gle, Apple... Le principal projet d’IBM est Watson, un ordinateur adepte du deep learning et du cognitive com- puting(1). Watson travaille déjà avec des médecins aux États-Unis, notamment ceux de la Mayo Clinic, et le verbe “travailler” n’est pas qu’une image : on peut lui adresser la parole, décrivant les différents symptômes ob- servés chez un patient, et Watson donne en quelques secondes son avis sur le diagnostic. Il est possible que l’année prochaine, Wat- son parle français et com- mence à être utilisé dans les hôpitaux de Paris.ans. Mais il faut citer aussi Facebook, Amazon, Sales- force...de santé, la génétique... Toutes les grandes villes américaines ont un incu- bateur. on estime que les Etats-Unis ont investi près de 10 milliards de dollars en financements divers. De façon générale, le but pour- suivi est l’éradication des maladies – génétiques ou autres –, notamment le can- cer. Ce n’est pas qu’al- truiste : Les gains financiers potentiels sont énormes. Mais ce n’est que l’amorce de plusieurs changements profonds : Le but de la e- santé est que nous tombions moins malades, en passant d’une philosophie curative à préventive. Chacun aura son dossier personnel qu’il pourra relever comme il re- lève son email et qui donnera un bilan de son état de santé assorti de conseils.souches, “d’imprimer” des organes : pancréas, rein, foie, etc., pour rem- placer les déficients. Il existe déjà des start-up qui se sont lancées dans l’aventure. Par ailleurs, l’impression 3D est déjà en train de révolutionner le marché des prothèses. Grâce aux progrès dans ces domaines, on pourra “réparer” voire améliorer les performances... L’hu- main va devenir une sorte de Lego. Et enfin, il y a la 3D pharmaceutique, ultime étape de la per- sonnalisation de la mé- decine. Aujourd’hui, chaque pilule d’un mé-Apple a pris une direction différente, avec notamment ce que l’on pourrait appeler leur iDMP, un dossier mé- dical personnalisé déjà intégré sur iPhone (NDLR : c’est l’application blanche avec un cœur). Et nombre de pro- fessionnels de la santé en France ne sont même pas au courant que cela existe alors que cela fait dix ans que nous travaillons à élaborer notre DMP... Par ailleurs,Mon constat est plutôt pes- simiste. À mon avis, la e- santé n’existe pas encore en France, du moins pour l’ins- tant. Il existe bien des bri- coles, de-ci, de-là, mais les grands acteurs du domaine, les médecins et les politiques, ne sont en fait pas au courant de ce qui se passe actuelle- ment, c’est-à-dire du chan- gement actuel consistant à passer d’une médecine cu- rative à prédictive. En un sens, le fait que notre Sécurité Sociale soit aussi efficace n’encourage pas, chez les gens, à vouloir passer à une médecine préventive. Pour- tant, un tel système permet au final de faire des écono- mies... on parle encore peu de ces sujets. Et surtout, nous ne sommes pas encore prêts. Par exemple, l’idée de par- tager des données de santé est encore pour nous inac- ceptable... Ce ne sera pas le cas de la prochaine généra- tion, mais en attendant, nous accumulons un retard qu’il sera très difficile de rattraper. Maisilyatoutdemême quelques initiatives. Par exemple, à Rouen, une en- treprise a lancé une “maison de retraite 2.0”. Des objets connectés installés à leur domicile suivent l’état de santé des résidents. Mais on reste dans le domaine de l’accompagnement et doncSur quelles technologies repose l’e-santé ?Un aspect essentiel de l’e- santé est le séquençage gé- nétique. L’idée est qu’en “scannant” suffisamment d’êtres humains de tous types – on estime le nombre à 50 millions – nous disposerions de suffisamment d’informa- tions pour comprendre, et donc d’une capacité d’action sur le fonctionnement des gènes. Aujourd’hui, un sé- quençage peut être réalisé en quelques jours pour un millier de dollars. En France, la pratique est interdite. Et on peut se demander pour-croute et cela vous nuit »quenceurs « Illumina » de dernière génération.Plus près de chez nous, l’Is- lande a aussi sa start-up de séquençage, qui compte déjà 5000 génomes d’Islandais, et en Angleterre, David Ca- meron a lancé le projet “100000 génomes”, avec la participation de 11 hôpitaux et d’un comité scientifique pour étudier les données re- cueillies. Ils en sont au- jourd’hui déjà à plus de 10000 génomes séquencés. Mais le séquençage n’est pas le seul pilier sur lequel repose l’e-santé.Quels sont ces autres piliers ?Les gènes bougent, changent au gré des divisions chro- mosomiques et cellulaires. Une cellule se divise toutes les six semaines ! Du coup, l’autre grand domaine investisique, le sommeil... Le nec plus ultra va être l’arrivée des spectromètres de poche, qui pourront analyser ce queLes spectromètres de poche pourront analyser ce que nous mangeons et seront à mon avis intégrés aux smartphones d’ici deux à trois ans.bio-informatique »Jean-Michel Billaut, fondateur de l’Atelier BNP Paribas, amputé après une erreur médicale, est devenu un des rares experts français de la e-santé, et nous livre sa vision de la médecine 2.0.« Ne mentez pas. J’ai les données, vous mangez trop de chou-dicament est identique, quelle que soit la personne à laquelle il est prescrit. Une start-up anglaise s’est lancée sur l’idée de fabriquer les médicaments à la demande, personnalisés,En outre, il faut parler d’un troisième domaine qui dé- colle grâce aux imprimantes 3D : le bio-printing. L’idée est, à partir de cellulesEt en France,où en est-on ?quoi...obama a de son côté annoncé en janvier dernier un projet supervisé par la Food anddans le même cloud, le même système. C’est pour l’instant loin d’être le cas. Il existe des datacenters dédiés à l’e- santé, dotés de protections spécifiques en termes de cryptage, par exemple, mais nous n’y sommes pas encore.Big Pharma à la bio-infor- matique. Les grands labo- ratoires pharmaceutiques aux Etats-Unis se font dépasser par les nouveaux arrivants qui viennent de l’univers de l’informatique. En effet, à partir de 2014, des grandscoup de choses avec des start-up, et vient de donner à ses deux filiales santé – Calico et Life Science – une plus grande indépendance avec la création de la holding Alphabet, avec pour objectif d’être au Nasdaq d’ici cinq54 NoVEMBRE 2015l’on mange et qui à mon en transmettant des instruc- Apple a lancé récemment avis seront intégrés aux tions spécifiques à une im- une plateforme open Source smartphones d’ici deux à primante 3D. de collecte de données mé- trois ans. dicales, Research kit, qui uti- Mais pour que tout ceci soit Qui sont les acteurs lise comme source les exploitable, il faudrait que majeurs de l’e-santé ? iPhones.du curatif.toutes ces données se trouvent Nous allons basculer de la Google, enfin, prépare beau-(1) Algorithme d’apprentis- sage complexe pour ordina- teur cherchant à améliorer le fonctionnement du cerveau humain en termes d’assimi- lation et d’exploitation de données.Jean-Marie Benoist]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25STRATÉGIE & INNoVATIoN NUMÉRIQUE Décryptage - Nano-, micro- et minisatellitesL'occasion pour EcoRéseau d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation NumériqueEmbouteillage dans l’atmosphèreE Les satellites étaient l’apanage des Etats pour des usages météorologiques et militaires. Mais ça c’était avant. Nouveaux business models en perspective...n 2009 George bler dans les quatre ou cinq ils sont propriétaires. on Clooney, alors en- prochaines années. Les trouve désormais des cré- gagé au Soudan du coûts de mise en orbite neaux de lancement àSud, a financé le satellite s’amenuisent, ce qui donne 100000 euros pour un sa-Sentinel Project, visant à prouver depuis l’espace le génocide. Les oNG ont désormais leurs experts maison et truffent leurs rapports de vues aériennes, voire spatiales. Les satel- lites d’observation de la Terre sont de plus en plus utilisés, la filière se di- versifie et de nouveaux business models émergent. Que de chemin parcouru ensipeudetemps!En 1972, les Américains lan- çaient le premier satellite d’exploration terrestre Landsat d’une taille de pixel de 79 mètres, capable par exemple de mesurer la désertification et le recul des forêts. Ne flottaient alors dans les cieux qu’une poignée d’engins destinés à l’observation météo ou militaire. « Au fil des an- nées la taille des pixels s’est réduite, grâce en par- tie aux satellites français SPOT qui sont descendus à des pixels de 20 mètres, puis 10 et 5 mètres. Au- jourd’hui les pixels font 30 cm conformément à la loi américaine et il est même possible technique- ment d’être encore plus précis, ce qui augmente considérablement le nom- bre d’applications », parle en connaissance de cause Ray Harris, géographe professeur émérite à Uni- versity College London, qui a, avec l’avocat Ray Purdy, créé Air & Space Evidence, la première agence de détectives de l’espace (cf. encadré). Une évolution stimulée en plus par la segmenta- tion des satellites en fonc- tion de leur poids. on parle de minisatellites (de 100 kg à 500 kg), micro- satellites (de 10 kg à 100 kg), nanosatellites (de 1kgà10kg)etmêmede56 NoVEMBRE 2015naissance à une longue traîne de start-up, tant dans le secteur des lanceurs que dans celui des satellites. De Kourou à Cap Cana- veral en passant par Baï- konour ou Bangalore, des fusées comme Atlas V, Delta II, Dnepr, Longue Marche, Soyouz ou Vega devraient effectuer de 120 à 188 lancements d’ici à 2020, selon une étude du cabinet américain Space- Works. « Des industriels et des pays ont un œil sur nos satellites, nous avons des contacts avec la Chine, l’Europe et l’Amérique », se réjouit Stanislaw os- toja-Starzewski, qui a com- mencé par gagner la confiance des lanceurs : « Les Russes de Progress, qui utilisent le pas de tir kasaque, avaient l’habitude de travailler avec des grands du secteur spatial uniquement », se souvient le président de NovaNano. Les petits sa- tellites deviennent une source de revenus non né- gligeable pour les lanceurs – comme l’ukrainien Dnepr, leader mondial (loin devant Vega d’Arianes- pace) qui fabrique des lan- ceurs à partir d’un stock d’anciens missiles inter- continentaux balistiques – et les opérateurs de services de lancement. Les grandstellite de 1 kg. NovaNano s’est d’ailleurs spécialisée, en plus de la fabrication de composants, dans le courtage en services de lancement.Bientôt un code de l’orbite à prendre en compte pour éviter les accidents ?CONSTRUCTION STANDARDISÉE Comment Stanislaw os- toja-Starzewski, 29 ans, Polonais d’origine, et son compère Spas Balinov, 30 ans, d’origine bulgare, sans réseaux ni fonds consé- quents au départ, ont-ils pu tracer leur route ? Par la persévérance évidem- ment. « C’est un moment historique, il ne faut pas laisser passer le train », s’accordent les ingénieurs entrepreneurs, qui ont pro- fité du programme inter- national de l’Insa. Mais d’après eux, « l’âge n’a pas été un obstacle. Les gens s’attendent à trouver des jeunes dans un tel uni- vers de rupture ». De même le financement n’a pas été si problématique : 500000 euros d’investis- sements privés, 1000000 d’aide publique, notam- ment de la région Rhône- Alpes, dont la base indus- trielle a aussi permis de trouver des partenaires technologiques. Si la conception et fabrication de composants ou plate- formes complètes de na- nosatellites peuvent dés- ormais être assurées par des start-up et des étu- diants, c’est aussi parce qu’un standard de nano- satellite a été adopté, bap- tisé CubeSat. Déployé pour la première fois dans l’es- pace en 2003, ce nanosat a été inventé par les pro- fesseurs Bob Twiggs (uni- versité de Stanford) et Jordi PuigSuari (California Po- lytechnic State University). Ce cube, qui embarque sespicosatellites (moins de 1 kg). Des tailles et des prix en baisse signifient des barrières à l’entrée moins importantes. Sta- nislaw ostoja-Starzewski et Spas Balinov, deux amis de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon, ont ainsi placé dans une fusée Soyouz décollant de Baï- konour, au Kazakhstan, un nanosatellite de télé- communications destiné à être mis en orbite. « L’aboutissement de qua- tre années de travail acharné », précise Spas Balinov, cofondateur de la start-up NovaNano à Saint-Didier-au-Mont d’or, passée par l’incu- bateur Créalys.ECOSYSTÈME TOUJOURS PLUS ÉTOFFÉ« Le britannique Surrey satellites (SSTL) semble être leader dans la révo- lution de l’accès low-cost à l’espace. Les satellites Landsat et SPOT coûtentcomme le Nigéria, Taïwan, la Turquie, la Chine... », décrit Ray Harris. Tous les pays peuvent donc avoir accès à leurs propres ba- lises d’observation de la Terre. Il existe plus de 140 satellites actuellement en orbite, dont 130 sont éta-Des cas d’assurance seront résolus par des satellites ayant filmé le crash dansles cinq à huit ans qui viennentdes centaines de millions d’euros, mais SSTL a dé- veloppé des petits satellites qui ont des capacités si- milaires et qui coûtent seu- lement 10 millions d’eu- ros ! Ils en ont développé avec de nombreux paystiques. Mais les plus ré- cents, qui sont aussi les plus précis, appartiennent à des start-up ambitieuses telles que Digital Globe, ou Skybox dont Google vient de s’emparer. Ce nombre devrait encore dou-comptes comme la Nasa, l’Esa (agence spatiale eu- ropéenne) ou le Cnes se font à l’idée d’accepter, sous certaines réserves, d’autres satellites à bord de la fusée qui transporte la charge principale dont]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frDécryptage - Nano-, micro- et minisatellites STRATÉGIE & INNoVATIoN NUMÉRIQUEpanneaux solaires sur ses facettes, pèse 1 kg et me- sure 10 cm d’arête. Au- jourd’hui, il est possible de faire un nanosat entiè- rement à partir d’éléments sur étagère pour 200000 à 300000 euros. on peut aussi assembler les Cube- Satpar2,3,6ou12pour composer un satellite spé- cifique plus grand et puis- sant. Ainsi 300 étudiants de l’université Montpellier 2 ont vu dès 2013 le fruit de plusieurs années de tra- vail concrétisé par le lan- cement à Kourou de Ro- busta, le premier nanosa- tellite étudiant français. La Fondation Van Allen, qui rassemble le Cnes, l’Esa, le constructeur de satellites Astrium, l’Université de Montpellier 2... s’évertue d’ailleurs à financer desgens ont fait le lien entre l’imagerie satellite et la preuve », remarque Ray Harris, dont l’agence pro- pose d’aider à la résolution d’affaires juridiques par ces images. « Plus de sa- tellites et de haute résolu- tion – à 30 centimètres et cela va continuer de des- cendre, probablement pas plusbasque10cm–si- gnifient un coût des don- nées en baisse du fait de la concurrence, et les pre- mières applications «en temps réel» et en vidéo », entrevoit Ray Harris. Sky- box, qui a été rachetée par Google, propose déjà 90 secondes de vidéo d’ob- servation de la terre depuis l’espace. « Nous avons beaucoup de demandes concernant des véhicules endommagés ou des at-l’initiative européenne Co- pernicus – qui les consi- dèrent comme des biens publics. Il y a donc une offre, et aussi une demande.tions. Il semble des plus utiles dans les zones mal ou non couvertes en 2G, 3G et 4G, qui ne se situent pas en France, mais plutôttélédétection datent de 1986. Un pixel faisait alors 20 mètres. Les futures gé- nérations de satellites per- mettront certainement demandat, ce qui soulève beaucoup de questions de droit », illustre Ray Harry. De nouvelles lois seront votées. « Pour l’heure nous n’avons pas une politique formelle, mais oui nous pouvons refuser de travail- ler pour quelqu’un dont nous pensons qu’il est im- pliqué dans quelque chose d’illégal ou immoral (es- pionnage de célébrités... ) », révèle le détective de l’espace, selon qui la vie privée est encore actuelle- ment plus un problème pour les drones que pourNous proposerons la balise comme un service, devenant fournisseurs de données durant une période donnée.« Accident signalé sur la rocade de Nicosie. Et celui qui l’a provoqué a les pneus lisses... »Matthieu Camozzi et Julien TarbyAgence de détectives de l’espaceAir & Space EvidenceNon il ne s’agit pas d’une blague de plus à la sauce Eco- Réseau. Ray Harris, géographe professeur émérite à Uni- versity College London (UCL) et Ray Purdy, avocat en droit de l’environnement, ont fondé le 1er octobre 2014 une agence qui scrute les images satellites pour changer le cours des procès. Des organisations aussi variées que la police anglaise, l’ONU, la Banque mondiale ou des agences environnementales ont fait appel aux services de ces en- trepreneurs qui peuvent épier ce qui se trame dans votre rue ou même votre jardin. « L’utilisation des données issues de satellites ne doit pas être surestimée. Les magistrats et la police y ont encore peu recours et l’utilisation en tant que preuve n’en est qu’à sa première étape », relativise l’avocat Ray Purdy. Lequel se souvient d’un juge, qui lui a demandé « combien de temps l’homme qui avait pris les photos était resté dans le satellite, et s’il pouvait lui parler ! » Mais si la connaissance de cette technologie n’est pas encore très avancée, la demande est colossale. « Nous voulons assister de grandes organi- sations, mais aussi des particuliers à la recherche de preuves », précise le Britannique qui a commencé par le survol aérien des terres agricoles pour valider les subventions. Les deux amis ont dès la première semaine reçu des de- mandes du monde entier – Etats-Unis, Ghana, Austra- lie... – et n’ont pas pu répondre à tout le monde, les requêtes nécessitant parfois des observations minutieuses de plusieurs semaines. Une quarantaine de dossiers ont été ouverts depuis un an : des crimes environnementaux, des disparitions inexpliquées, des querelles entre voisins, des vols de voitures... Les enquêteurs s’évertuent à retrouver la trace du délit dans la base de données des images satellites et de l’authentifier pour un usage légal. « Même si les règles de la preuve diffèrent selon les pays, le professionnel qui démontre que les données n’ont pas été modifiées pour tromper peut changer les procès et l’avis des juges », soutient l’entrepreneur. Dans la plupart des cas les images sont irréfutables, stoppent les procédures et forcent à une conciliation. Pour le binôme britannique, la principale difficulté consiste à « satisfaire des clients habitués aux films d’Hollywood. Ils pensent que les satellites sont beaucoup plus avancés qu’ils ne le sont en réalité. Nous ne pouvons pas voir à l’intérieur d’un bâtiment (et dans les toilettes, question à laquelle ils ont déjà dû répondre !, ndlr.) et les satellites ne restent pasfocalisés tout le temps sur un même endroit. »NoVEMBRE 2015 57satellites étudiants en dé- veloppant des relations avec les industriels, et à créer le premier Centre spatial universitaire (CSU) français.taques, mais il est virtuel- lement impossible de saisir l’acte précis. Cependant l’amélioration continue va augmenter les chances de saisir ces faits isolés. Des cas d’assurance seront ré- solus par des satellites ayant filmé le crash dans les cinq à huit ans qui viennent », s’enthousiasme le géographe. En outre beaucoup d’observations sont gratuites car fournies par les gouvernements – Landsat ou les satellites Sentinel qui font partie deannées 70, quand même leurs concepteurs se de- mandaient à quoi ils al- laient servir exactement. Nous savons fabriquer ces CubeSats de moins d’un kilo. Mais pour quels clients ? », s’interroge Sta- nislaw ostoja-Starzewski. Lequel a identifié quelques applications susceptibles d’intéresser des industriels comme les compagnies pé- trolières. Celles-ci pour- raient devenir des clients de lancement : « le satellite est un relais d’informa-pour le surveiller durant le voyage en bateau ». Après mûre réflexion sur le modèle économique, les deux jeunes diplômés de l’Insa en sont d’ailleurs venus à l’approche service : NovaNano proposera la balise, et deviendra four- nisseur de données durant une période donnée.NOUVEAUX BUSINESS MODELS« Google Earth a été télé- chargé par un tiers de tous les utilisateurs d’Internet dans le monde, incluant environ 500 millions de personnes dans l’UE et 300 millions aux Etats- Unis. Cependant, peu deET LA VIE PRIVÉE ?« Les données affluent pour autour des pipelines ou fo- voir avec précision les vi- les villes, mais sont beau- rages de zones désertes. sages, d’identifier les gens, coup plus rares pour les Dans les océans aussi, les de fournir de la vidéo. outil zones rurales. Les témoins bateaux ont leur propre d’espionnage, de traque sont aussi absents. Nous système, mais il est tou- policière ou de curiosité avons probablement plus jours impossible de «tra- mal placée, il pourrait en- de demandes d’images cer» les containers, de sa- traver beaucoup de libertés dans les zones moins ha- voir s’ils sont été ouverts, privées. « Un satellite bitées », illustre Ray Harris. de connaître leur position prend la photo sans la per-les satellites.Dès lors, quels services pour quels business mo- dels ? « Les nanosatellites sont au même stade que les ordinateurs à la fin desexacte. Notre système per- met de contrôler l’actif de valeur détenu par l’indus- triel client, qui ne peut uti- liser les réseaux terrestresmission de quiconque, sansIlyafortàparierquela réglementation en vigueur va évoluer. Les vagues principes de l’oNU sur la]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25STRATÉGIE & INNoVATIoN NUMÉRIQUE Haute résolution - Nouvelles solutions de paiement Focus sur un sujet high tech dans l'air du tempsBientôt, tous sans... portefeuille ?Les maroquiniers ont triste mine. Le monde de la finance tremble. Les banques et entreprises innovent. Les usagers doutent ou s'extasient. où en sommes-nous en matière de solutions de paiement ?Scène de vie ordinaire. Une vieille dame achète du pain et quelques vien- noiseries et pose sa carte ban- caire sur le terminal de paiement. Un double bip plus tard, la transaction est autorisée et en- registrée. Les technologies NFC (Near Field Communication) commencent donc à rentrer dans les mœurs, même si pour l’instant le montant réalisé par ce biais ne peut excéder 20 eu- ros. Autre moment déjà vécu, celui où votre enfant s’amuse sur votre tablette et achète une application à plusieurs dizaines d’euros qui provoquera votre désarroi une fois la forfaiture commise. L’opinion que nous nous faisons des modes de paie- ment en ligne a également bien évolué. Rappelez-vous, il y a quelques années encore, la mé- fiance naissante dans votre re- gard lorsque l’on vous parlait de paiement via PayPal. Au- jourd’hui, vous l’ignorez sûre- ment d’ailleurs, mais certains de vos collègues ont acheté leur voiture d’occasion, l’équi- valent de 15 bitcoins, à un par- ticulier situé dans un pays étran- ger. Les solutions et modes de paiement progressent et se mul- tiplient. Si certaines tendent à simplifier les usages, d’autres à l’image du bitcoin interrogent sur leurs possibles effets sur le monde de la finance. Décryp- tage.droid Pay proposent de stocker les coordonnées bancaires, les bons d’achats et autres cartes de fidélité.BNP Paribas, le Crédit Agricole ou encore le Crédit Mutuel, peu d’acteurs d’envergure ont décidé de passer à l’acte. « Côté porteurs, l’évolution des tech- nologies nous permet de lancer(PAN) mais un alias (token ou PAN virtuel) pendant la trans- action du paiement jusqu’à son autorisation. Pour éviter tout piratage de données, le couplage entre le PAN réel et le PANavec leur plaque d’immatricu- lation –, il existe des buts com- muns de désengorger les points de vente, fluidifier les transac- tions et sécuriser ces dernières.dez-vous sur une bourse de change indépendante pour vous constituer un portefeuille élec- tronique et changer vos euros. Achetez ensuite en ligne avec ce mode de transaction. L’in- terface permet de payer aussi facilement que d’envoyer un mail. Cela dit, sa volatilité n’est plus à prouver au regard de l’actualité, ce qui n’incite pas à sa vulgarisation auprès de la population. Malgré l’ensemble de ces innovations, la France garde l’image d’un immense village d’irréductibles Gaulois. « Nous sommes encore un des rares pays à utiliser le chèque bancaire à l’heure où nous dé- veloppons des solutions très innovantes (encore 5% des transactions en France visi- blement). Le NFC n’a pas en-“POKER” POUR PAYERQUID DU PAIEMENT BIOMÉTRIQUE DANS L’HEXAGONE ?Natural Security, start-up des nouvelles technologies de paie- ment, inaugurait le bal de l’in- novation fin 2012 en testant la biométrie pour remplacer le code secret de notre carte dans certains commerces de Ville- neuve d’Ascq (Nord) et d’An-(1) HCE (Host Card Emulation ou émulation de cartes hébergées) est une technologie basée sur une modification du système d’exploitation du smartphone permettant à celui-ci de dialoguer di- rectement avec l’antenne NFC intégrée. Auparavant, cette antenne n’était ac- cessible qu’au travers de la SIM. Dès lors, dans le cadre d’un paiement mobile, les coordonnées bancaires de- vaient y être logées. Dorénavant, les coordonnées bancaires peuvent être conservées à l’extérieur, dans le Cloud, en dehors du smartphone et accessibles à tout moment grâce à une connexion internet.SIM/E-SE (Eléments sécurisés intégrés) Un élément sécurisé (SE) est une puce séparée qui contient un processeur sé- curisé, un stockage inviolable et la mémoire d’exécution type SIM. Cet élément sécurisé contient donc des ap- plications qui s’appuient sur des clés sécurisées fonctionnant à l’intérieur de ce processeur sécurisé. Quel que soit le but, l’environnement sécurisé fourni par le SE protège les informations d’identification de l’utilisateur, assurant ainsi la sécurité de ses données.Geoffroy FrameryLe 9 septembre 2014, Apple lançait son propre mode de paiement en signant plusieurs partenariats avec les leaders du secteur bancaire, entre autres Visa, Mastercard et American Express. Toujours en amont, l’entreprise à la pomme croquée développait cette solution auprès de sociétés telles que Subway, Nike ou encore McDonald’s. Lancé en juillet 2015 au Royaume-Uni, ce type de paie- ment dématérialisé n’a toujours pas franchi la Manche. Ailleurs, les géants des nouvelles tech- nologies ont également sorti leur solution de leur chapeau : Samsung Pay et désormais An-58 NoVEMBRE 2015Payer avec son téléphone ou sa plaque d'immatriculation, s'authentifier avec son empreinte... De quoi perdre définitivement les accros au shoppingEn France, les acteurs bancaires entrouvrent doucement la porteL’ÉPOUVANTAIL DES MONNAIES VIRTUELLES Les monnaies dites alternatives ne sont pas nouvelles. Il en existerait 400 cotées en dollars américains d’après un rapport du ministère de l’Economie de 2014. Les dix plus importantes représenteraient 10 milliards d’euros. or, le terme de monnaie virtuelle serait galvaudé. Selon le droit français, le bitcoin né en 2009, par exemple, est un moyen de transaction qui permet d’effectuer des paiements en ligne. Non une monnaie. Et les banques de se méfier : « Dans le domaine de la monnaie vir- tuelle, nous sommes en veille dans la mesure où la position des banques centrales varie encore. Certaines considèrent que le bitcoin est une monnaie électronique et d’autres qu’il s’agit d’objets échangés dans le cadre d’opérations d’achat/vente. Il faudrait que la qualification de “monnaie” soit précisée et que les statuts des émetteurs et leurs respon- sabilités soient clairement éta- blis », note Xavier Vaslin au Crédit Agricole. Quoi qu’il en soit, ce nouveau moyen de transaction ne laisse pas indif- férent – au regard de l’enthou- siasme des utilisateurs privésElle achète une nouvelle voiture pour la famille. C’est sa maman qui va être contente...à des systèmes de paiement dématérialisés d’un nouveau genre.en décembre, en région Rhône- Alpes, une phase d’expérimen- tation d’une durée de six mois, inédite en France, d’un nouveau moyen de paiement mobile bio- métrique hautement sécurisé basé sur une technologie HCE(1) (Host Card Emulation ou ému- lation des cartes hébergées) to- kenisée pour les paiements de proximité et en vente à dis- tance », détaille Xavier Vaslin, expert de la cellule innovation paiement du Crédit Agricole. Petites précisions techniquesvirtuel est alors effectué à la banque du porteur au moment de la demande d’autorisation. « L’antenne NFC du smart- phone se charge de dialoguer avec le terminal. Le déblocage de la carte virtuelle se réalise grâce à la biométrie de l’em- preinte digitale apposée sur le smartphone. Le déchiffrement du PAN tokenisé quant à lui ne pourra se réaliser, pour finir la transaction, que si l’authen- tification est conforme », com- plète l’expert du Crédit Agri-core attein.parce qu’il perdure une confu- sion en France entre le traite- ment des données bancaires et les données personnelles par exemple », ajoute Aurélie Tible, directrice marketing chez Lyra Network. A quand le clin d’œil pour authentifier son identité bancaire ?t sa pleine mesuregoulême (Charente). Ce premier jet fut un succès. Et cette tech- nologie n’est pas exempte de changements qui pourraient convaincre l’utilisateur. Ce moyen de paiement biométrique n’oblige aucun enregistrement de coordonnées dans une base de données, seule la carte vir- tuelle stocke l’empreinte. Si cette démarche a pu intéresserpour les novices... Ne pas confondre le HCE avec les technologies de puces embar- quées (SIM/E-SE(2) ou éléments sécurisés intégrés). Ce faisant, le HCE permet de concevoir des cartes virtuelles à usage unique chargées dans le télé- phone. La tokenisation, elle, consiste à ne pas utiliser le nu- méro réel de la carte du porteurcole. Mais rassurez-vous, ladite technicité vise à augmenter la sécurité de la transaction, à simplifier les usages et à réaliser un geste unique quel que soit le canal de paiement. Malgré la diversité des supports – l’en- treprise espagnole Al Campo du groupe Auchan proposerait même aux clients dans ses sta- tions de payer leur carburantet professionnels cherchant à s’émanciper des circuits mo- nétaires classiques, ainsi que de l’ire voire du rejet de certaines autorités. En quelques mots, cette monnaie est à la fois dé- matérialisée et décentralisée. La fluidification des échanges et la révolution s’opèrent grâce à cette manière de créer du change. Pour les curieux, ren-]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frBEAUCOUP DE GRADUATIONS POSSIBLESEn effet, « on peut partir sur des éléments hybrides : seules certaines données et fonction- nalités sont externalisées », ex- plique Enguerrand de Carvalho, dirigeant d’Axone Group, spé- cialiste en assistance informa- tique entreprise. on peut dis- tinguer plusieurs niveaux d’ex- ternalisation. La plus connue est le recours au Cloud, avec les logiciels en mode Saas (Soft- ware as as service), que pro- posent maintenant la plupart« L’externalisation doit être le fruit d’une réflexion d’entreprise, rappelle Cédric Ternois, prési- dent de Jalix, intégrateur-conseil en systèmes d’information. À quels besoins doit répondre cette opération : réduire les coûts ? Résoudre des problèmes de sécurité ? Obtenir une meilleure disponibilité du SI ou des applications ? » Il faut réfléchir en termes de criticité et d’importance stratégique des différentes fonctionnalités. Par exemple, « la messagerie est aujourd’hui un service indis- pensable, même s’il est peu stratégique : il apporte peu de plus-value à l’entreprise, décrit Philippe Scofoni, expert en so-que plus un ERP est critique, plus il est intéressant de l’ex- ternaliser. Car seuls des prestataires spécialisés pourront offrir une qualité de service très élevée à un coût qui ne sera pas prohibitif. Mais « cette grille de réflexion, en croisant critique et stratégie, permet de savoir sur quels services être particulièrement vigilant », con- tinue Philippe Scofoni. Il faut aussi réfléchir de façon co- hérente. Par exemple, un détail que l’on oublie souvent est que la sécurisation et la disponibilité du réseau-même jouent. Si l’ap-qui connaît un minimum les SI et pourra du coup exprimer et mesurer les besoins », souligne Julien Piolin, directeur com- mercial de Waycom, opérateur Internet et hébergeur à desti- nation des entreprises. Si cet interlocuteur n’existe pas, il ne faut surtout pas hésiter à recourir à un audit.nt le matériel, et s’ilDématique & Gouvernanceébut octobre, Philippe Wahl présentait d’e-gestion personnelle et administrative (cof- trois ans, en particulier à destination des pos- la stratégie du Groupe La Poste, des- fre-fort intelligent Digiposte), une plate-forme tiers afin de leur délivrer les formations adap- tinée à accélérer la transformation nu- de gestion des objets connectés et l’identité tées quel que soit leur poste. Là encore laHaute résolution - Les garde-fous lors de l’externalisation du SI STRATÉGIE & INNoVATIoN NUMÉRIQUE À géométrie variableL a plupart des PME dis- posent de systèmes d’information assez solides, avec une sécurité d’un niveau correct. Et elles sont ca- pables, en cas d’incidents qui ne sont pas trop graves, de faire redémarrer leur système sous quatre heures. Mais si les prob- lèmes sont de nature plus ex- trêmes, elles sont sans défense. Et demander un niveau de disponibilité trop important peut entraîner des investissements trop conséquents, financiers comme humains. La mutuali- sation offerte par l’externalisa- tion est un excellent moyen de les réduire. Ainsi, « c’est une solution particulièrement inté- ressante pour une PME ou un ETI multisite, qui doit intégrer la mobilité », estime Christophe Le Jeune, DG de Alpha-Safety, fournisseur d’hébergements web et Cloud. Mais encore faut-il prendre certaines précautions.des éditeurs. De fait, dans ce mode, tout est externalisé : le réseau, la mémoire, le CPU, le système d’exploitation (oS), et le logiciel. Le client n’a accès qu’à l’application. Mais il est également possible de recourir au Paas (Platform as a service), où la PME reste maître du logi- ciel – le prestataire fournit une sorte de « machine virtuelle », composée de serveurs et d’un oS –, ou encore au Iaas (Infra- strucure as a service), où le prestataire ne fournit que le hardware. Il y a enfin un dernier type d’externalisation, plus rare, mais qui peut intéresser certains : l’entreprise reste propriétaire des serveurs, mais en confie la gestion et l’entretien à un prestataire.est difficile mais vital pour une PME.également faire l’objet d’un engagement de la part du pres- tataire », souligne Christophe Le Jeune.Déterminer le périmètre de cette externalisation, ainsi que les exigences et garanties contractuelles,SAVOIR QUE CHOISIRlutio®ns informatiques libopen source chez open DSI, qui offre notamment les services de responsables informatiques à temps partagé. Ces services, critiques mais peu stratégiques, sont des candidats idéals pour être externalisés. » D’un autre côté, on peut également pensermais le réseau seulement à 95%, cela veut dire que soit on paye trop pour l’application, soit pas assez pour le réseau... « Un élément important au succès d’une opération d’ex- ternalisation est la présence, dans l’entreprise, de quelqu’uncontrat est essentiel. En termes d’infogérance, deux indicateurs sont particulièrement importants. « Il y a tout d’abord ce qu’on appelle le RTO (Real Time Ob- jective), le temps maximal ad- missible pour une coupure, ex- plique Cédric Ternois. Et il y a le RPO (Recovery Point Ob- jective), qui est la durée maxi- male d’enregistrement de don- nées que l’on considère ac- ceptable de perdre. » Ces deux indicateurs sont liés, mais bien différents. Par exemple, on peut avoir un RTo de quatre heures (qui est une durée « type »), mais le système redémarre avec les données de la veille, soit un RPo de 24 heures. Ces deux indicateurs servent à élaborer ce qui sera, selon les cas, un Plan de continuité d’action (PCA, qui vise à assurer une haute disponibilité et donc à minimiser l’occurrence des RTo et RPo) et/ou un Plan de reprise d’action (PRA, qui veut lui minimiser le RTo et le RPo). Le premier coûte plus cher, puisqu’il exige en général plusieurs installations redondées fonctionnant de façon conjointe. En tant que tel, il devra être réservé aux applications vrai- ment essentielles. Tout cela – et surtout les RTo et RPo – doivent être mentionnés dans le contrat noué avec le prestataire (assorti des coûts et dédom- magements en cas de non-re- spect). Ils font partie du SLA (Service Level Agreement), qui détermine le niveau de qualitéAutres éléments contractuels importants, la Garantie de temps d’intervention (GTI), qui spé- cifie le délai maximal entre l’accident et l’intervention d’un spécialiste, et la disponibilité, exprimée en pourcentage, qui traduit le nombre d’heures pen- dant lesquelles le système fonc- tionne et est disponible. Une valeur courante est 99,7%, ce qui revient sur un an à grosso modo un jour d’indisponibilité. « Un autre point à ne pas né- gliger est la réversibilité des données », souligne Julien Pio- lin. Quels sont les outils et les moyens – aussi bien humains que technologiques – mis en œuvre à cet effet ? Comment les données sont-elles resti- tuées ? À quel coût ? Des ques- tions essentielles, sachant que les données des logiciels métiers, lorsque l’on change de presta- taire, doivent être transférées d’une solution à une autre, ce qui n’est pas toujours évident. « Un autre point auquel prêter attention est de savoir à quiCertains prestataires sont peu onéreux, mais manquent de finesse dans leurs interventionsINDICATEURS ET CONTRATUne fois le périmètre de l’ex- ternalisation défini, il faut s’as- surer de sa qualité (en outre de la qualité et de la taille duappartie.n’appartient pas à l’entreprise, de combien de temps elle en dispose pour faire la transition », explique Enguerrand de Car- valho. Compte tenu de ces pro- blématiques, ces garanties contractuelles sont essentielles, et doivent être prévues dès le départ.Dr e s o u plication est disponible à 99%, prestataire). Et pour cela, le du service. « La sécurité peut Jean-Marie Benoist Stratégie numérique de la Poste affichéeparmérique du groupe, déjà largement entreprise. numérique de La Poste. conduite du changement n’a pas été négligée,Jean-Marc RietschA cette occasion il est intéressant de noter avec quelle lucidité mais aussi sagesse le P-Dg du groupe précisait « qu’il n’y a pas d’opposition entre le physique et le numérique ». L’ambition affichée est bien réelle, devenir « un opérateur universel des échanges phy- siques et numériques au service des particu- liers, des professionnels, des entreprises et des services de l’Etat ».A également été présentée l’une des premières preuves de digitalisation d’un service postal incarnée par l’expédition et le retour des colis depuis votre boîte aux lettres, une révolution des usages du e-commerce, mais aussi des échanges entre particuliers.bien au contraire.Beaucoup de bon sens, une offre reconnue ainsi qu’une population qui a la confiance des citoyens, autant d’atouts pour que les objectifs affichés puissent être atteints. Néanmoins il était grand temps de se mettre de la sorte en ordre de bataille de par l’ouverture à la concur- rence déjà engagée mais encore accentuée en juillet 2016 avec la mise en application du rè- glement européen eIDAS du 23 juillet 2014 qui prévoit et organise l’ouverture du marché européen en matière de confiance numérique et en premier lieu avec la lettre recommandée électronique !NoVEMBRE 2015 59Expert international en dématique, président du Digital Information Institute ou D2IUtilisant le vocable de « tiers de confiance », le Groupe va proposer une nouvelle offre nu- mérique innovante avec «LoGGIN LA PoSTE» qui intégrera l’ensemble des services numériques du Groupe La Poste, son offreIl est vrai que les 260000 postiers que compte aujourd’hui le groupe sont en contact chaque jour avec des millions de clients, devenant ainsi les premiers acteurs de cette mutation an- noncée. Néanmoins la transformation reste compliquée et le Groupe La Poste a ainsi dé- cidé d’investir plus de 550 millions d’euros dans la conduite de ses projets numériques en]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25STRATÉGIE & INNoVATIoN NUMÉRIQUE Business Story - Schneider ElectricRetour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationauxL’acier n’est plus qu’un souvenirL a saga démarre en 1836 quand les frères Adolphe et Eugène Schneider font l’acquisition des mines, forges et fonderies du Creusot. L’essor de l’in- dustrie permet alors à l’en- treprise de se développer dans les secteurs de la mé- tallurgie, de la mécanique lourde, des chemins de fer et de la construction na- vale. Après la Première Guerre mondiale, l’élec- tricité, l’acier et le béton deviennent incontourna- bles et font prospérer Schneider jusqu’à la crise des années 1930 puis la Seconde Guerre mondiale. Dans une France à recons- truire, le groupe choisit les productions civiles et se tourne vers la construc- tion, la sidérurgie, l’élec- tricité et le nucléaire. Mais derrière des succès ma- jeurs, Schneider souffre du déclin de l’industrie lourde, d’une mauvaise gestion financière et d’un manque de prospective. Racheté par la famille Em- pain en 1969, le groupe connaît une période diffi- cile marquée par la crise des secteurs traditionnels et des diversifications ha-Un groupe fort de 180 ans d’histoire, mais qui adopte une vision d’avenir, avec un pari mondial osé sur l’efficacité énergétique.de réussites et d’échecs, Schneider Electric sait peut-être mieux appréhen- der et anticiper les évolu- tions que la moyenne. Le groupe, qui se définit comme le spécialiste declients des solutions d’amélioration de leur confort et de réduction énergétique. » Un pari am- bitieux qui semble d’ores et déjà gagné. Dans les secteurs de l’industrie, desfirme le directeur du dé- veloppement durable. Ce baromètre mixe des indi- cateurs d’évaluation de qualité des produits et d’évaluation des actions du groupe en interne. LeUN ENGAGEMENT SOCIÉTAL MARQUÉ Si le groupe veut apporter à ses clients des solutions concrètes au défi clima- tique, il vise également à proposer des solutionsement primé : 9 au classe-ment mondial 2015 de Corporate Knights des 100 entreprises les plus avan- cées en matière de déve- loppement durable, 3e en- treprise industrielle la plus verte dans le Newsweek Green Ranking 2015, 1ère entreprise la plus durable du CAC 40 selon le clas- sement Enjeux-Les Echos...sardeuses.En 1981, l’arrivée à sa tête de Didier Pineau-Valen- cienne marque un nouvel essor avec une phase de rationalisation suivie d’une phase de conquête. Des acquisitions ciblées et un recentrage sur les métiers de l’électricité permettent à Schneider de renouer avec la croissance et de s’affirmer comme le spé- cialiste de la distribution électrique et des automa- tismes. Un positionnement qui se traduit par le nou- veau nom adopté en 1999 : Schneider Electric.la gestion de l’énergie et revendique la place de lea- der mondial de l’efficacité énergétique, a ainsi mesuré très tôt les enjeux du dé- veloppement durable.infrastructures, du bâtiment et des centres de données, Schneider Electric propose des technologies intégrées pour optimiser l’utilisation de l’énergie. « Nos solu-dernier relevé du tableau de bord 2015-2017 montre ainsi la progression du chiffre d’affaires réalisée avec des produits labellisés Green Premium, aussi biend’accès à l’énergie au quart de la population mondiale qui en est privé. « L’accès à l’énergie est un droit humain fondamental. Tout le paradoxe énergétique est de trouver un équilibre entre l’empreinte carbone de notre planète et le droit indéniable de chacun à une énergie de qualité », résume Jean-Pascal Tri- coire, P-Dg de Schneider Electric, dans le rapport Stratégie et Développe- ment Durable 2014-2015. Derrière l’accès à l’énergie se cachent de multiples enjeux. « L’énergie, c’est la santé, la capacité de développement, une partie de la réponse aux flux mi- gratoires... », traduit Gilles Vermot Desroches. Toutes ces actions en fa- veur du développement durable valent à Schneider Electric d’être régulière-Pour réussir à être agile cette entreprise présente dans 130 pays, Schneider Electric a surtout révolu- tionné son modèle orga- nisationnel et positionné ses équipes au cœur des territoires les plus dyna- miques de la planète. « Nous travaillons avec des collaborateurs aux compétences diverses ba- sés aux quatre coins du monde », indique Gilles Vermot Desroches, qui ne manque pas de rappelerLa création d’Adam revisitée par Schneider Electric...Avec le développement du- rable, Schneider Electric cumule les récompenses, mais dope également son chiffre d’affaires, multiplié par presque 2,5 en dix ans. En 2014, le groupe a enre- gistré 24,9 Mds d’euros de CA bien répartis entre les différentes zones : 28% en Europe de l’ouest, 28% en Asie-Pacifique, 25% en Amérique du Nord et 19% dans le reste du monde. L’engagement de Schneider Electric et son programme d’accès à l’énergie dans les pays en développement n’est peut-être pas étranger à sa bonne pénétration des marchés émergents.Dès les années 2000, nous nous sommes posé la question de la convergence entre les transitions numérique et énergétiqueL’OPPORTUNITÉ VERTEFort de cette histoire richeque l’illustration la. marquante de cette straté- gie fut l’installation de Jean-Pascal Tricoire et de plusieurs membres de l’état-major à Hong Kong en 2011, même si le siège social du groupe reste basé à Rueil-Malmaison, dans les Hauts-de-Seine.60 NoVEMBRE 2015« Dès le début du siècle, nous nous sommes posé la question de la conver- gence entre la transition numérique et la transition énergétique, confirme Gilles Vermot Desroches, directeur du développe- ment durable de Schneider Electric. Nous avons alors eu la conviction d’être l’entreprise mondiale qui allait réaliser cette conver- gence pour apporter à sestions permettent de mieux et moins consommer pour mieux vivre », explique Gilles Vermot Desroches. Cette efficacité énergé- tique, le groupe a choisi de la contrôler. « En 2005, nous avons mis en place un outil de pilotage : le baromètre Planète & So- ciété, avec pour ambition de transformer en progrès mesurables nos belles idées d’engagement », af-que le nombre de per- sonnes défavorisées for- mées aux métiers de l’éner- gie. outil de communica- tion, de simplification et de progrès, le baromètre témoigne d’une volonté de transparence et d’exem- plarité. « Les résultats sont une composante de la ré- munération de nos colla- borateurs », souligne Gilles Vermot Desroches.plusJacques Donnay]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25RH & FoRMATIoN Réseaux et influence - Agora FonctionsDécryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networkingDirecteurs ConnectionI maginez 17 assemblées de directeurs dans cha- cune des fonctions clésRéunir l'ensemble des plus grands dirigeants de chaque fonction d'une entreprise. Pari réussi pour Agora Fonctions depuis dix ans.d’entreprises d’au moins 500 salariés qui ont leur propre club. Désormais pre- mier réseau de managerslieu et organisation propre pour échanger », se sou- viennent les dirigeants. Un projet entrepreneurial qui partait aussi du constat que les managers métiers étaient isolés et en demande d’unleurs qui se concrétise éga- lement par la volonté des deux associés de réunir, par- delà les clivages, les mondes du privé et du public. Concrètement, la vie de ces 17 réseaux bat au rythmeniers? A cette question, les deux associés ont répondu technologiquement. « Nous avons développé une ap- plication en interne qui per- met à chacun de ses utili- sateurs d’avoir un accès àfonctions, chaque membre peut réaliser un benchmark rapide et légitimer ses dé- cisions en s’appuyant sur les choix stratégiques d’au- tres entreprises et prendre les solutions là où elles exis- tent. Mais ces relations ne sont pas seulement basées sur les tops. L’échange se construit aussi autour des flops », détaille Sébastien Guénard.en guise de découverte. Dans cet écosystème, la co- tisation est en moyenne de 700 euros. « Les règles sont strictes et il existe une ligne à ne pas franchir. Si je de- viens consultant ou presta- taire, je dois quitter le ré- seau, par exemple. » La moyenne d’âge est de 45 ans. Les membres se ca- ractérisent également par l’appartenance à d’autres réseaux d’envergure : HEC, ENA, l’X,... d’où une véri- table recherche de plus-va- lue dans chacune des agoras. Les plans de table se déci- dent à la faveur d’un algo- rithme. Chaque table pos- sédera son capitaine, chargé de l’animation ; il s’agit bien souvent d’un membre du comité de pilotage du club. « Derrière l’événe- ment, notre plateforme nu- mérique Saas (Software as a service) permet d’envoyer les invitations et de gérer les réponses et présences à ces soirées. Une sorte de tout-en-un pour gérer la communauté : gestion des badges, taux de fréquenta- tion, orchestration du repas, gestion des cotisations... », souligne Sébastien Guénard. Aujourd’hui, Agora Clubs voit les choses en encore plus grand grâce à son ap- plication mobile. Cet outil numérique permettant ef- fectivement aux membres d’être en contact et de se poser des questions au quo- tidien et partout dans le monde. « A court terme nous allons internationali- ser le réseau Agora Fonc-Revenir aux basiques pour les grands décideurs métiers...Etape 1 : la poignée de main.QUID DES RASSEMBLEMENTS ? Dans la forme, chaque club organise huit dîners-débats par an. Dans les clubs, le tutoiement est de rigueur. Chaque membre n’est pas personnellement affilié à un club puisque l’entreprise cotise pour l’adhésion. Chaque club possède sa pro- pre gouvernance, composée a minima de cinq personnes, avec la plupart du temps une coprésidence à la tête du comité de pilotage. Ils décident de l’entrée des nouveaux et des différents sujets à traiter inhérents à chaque métier. Ce faisant, « plus de 200 intervenants de renom viennent discourir lors de ces soirées. Le DSI de l’Etat par exemple pour le club des DSI, le Rappor- teur général du Budget au Sénat pour les directeurs fi- nanciers, Louis Gallois le président du Conseil de sur- veillance de PSA pour l’Agora des dirigeants, des personnalités comme Jacques Attali ou Luc Ferry pour les soirées de gala », énumère Michaël Lejard. La cooptation est souvent de mise dans le recrutement. Le nombre de membres par club n’est d’ailleurs pas li- mité. A titre d’exemple, le club des DSI se compose aujourd’hui de 140 per- sonnes. Ils étaient 21 en 2005 et sont aujourd’hui 70 présents en moyenne par rassemblement. Pour les “petits nouveaux”, le pre- mier rendez-vous est gratuitmétiers en France, Agora Fonctions est né en mars 2005 à l’initiative de Sé- bastien Guénard et Michaël Lejard, naguère respective- ment directeur commercial chez Kompass et directeur de la pub dans le Groupe Action Commerciale – au- jourd’hui Editialis –, suite à plusieurs rencontres lors des soirées du Wine & Bu- siness club d’Alain Marty (cf. EcoRéseau n°1). « Ce type d’événements nous a permis de faire de la fidéli- sation client pour nos marques respectives. C’est en observant les syndicats et associations profession- nelles dédiés aux métiers dans leur globalité que nous nous sommes aperçus que les décideurs métiers des grandes entreprises pu- bliques et privées, comme les DSI, les directeurs de l’expérience client, ou en- core les supply chain ma- nagers n’avaient pas leuroutil collaboratif pour créer de dîners-débats, de groupes du lien avec des pairs, et de travail, de visites sur ainsi trouver les meilleures site. L’ensemble des mem- solutions pour leur entre- bres permet un échange deun agenda, aux plans de ta- bles, aux profils des convives... A n’importe quel moment, un membre peutLa vie de ces 17 réseaux bat au rythme de dîners-débats, de groupes de travail, de visites sur site, par-delà le clivage public-privéposer une question à un au- tre membre. Cette applica- tion n’est que le prolonge- ment numérique en one to one de la confiance préala- blement établie. Compilé sous forme d’historique, le système de questions flash permet d’obtenir une ré- ponse confidentielle, dans un délai de deux heures », nous assurent les co-fon- dateurs d’Agora Fonctions. Mieux encore, ces questions peuvent amener à la consti- tution de workshops virtuels ou à la visite de sites. « Quelles que soient lesprise. Dès lors, comment ont-ils relevé le défi ?best practices, un partage des visions des marchés, une réflexion en matière d’outils professionnels... Ces différentes agoras ne fonctionnement bien évi- demment pas en vase clos. Les frontières sont poreuses et le réseautage possible en- tre métiers.PREMIER RÉSEAUDE MANAGERS EN FRANCELe credo d’Agora Fonctions découle du bon sens : « La confiance s’établit par la rencontre, qui demeure un facteur déterminant. Le point de départ passe tou- jours par une poignée de main, même si le numérique prend ensuite le relais pour optimiser les rapports », ex- pliquent les deux dirigeants. Une idée de confiance d’ail-gissant à d’au-MARIER LE TECHNOLOGIQUEÀ L’HUMAINComment concilier l’emploi du temps minuté de direc- teurs avec des rencontres jugées utiles par ces der-tions en l’élar.tres membres franco- phones », se projettent les deux dirigeants. Le démar- rage hors de France aurait lieu vraisemblablement cou- rant 2016. Un chantier d’ampleur pour le leader français de l’ingénierie com- munautaire.62NoVEMBRE 2015Geoffroy Framery]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25RH & FoRMATIoN ObservatoireBrèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles,les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivitéu Nouvelles des écoles et universités ne manquent pas ce mois-ci : de nouveaux partenariats (dont Coursera et Institut Mines- Télécom), un nouveau cours insolite chez Grenoble Ecole de Management, le lancement de l’ISCOM Grand Paris, des cher- cheuses de l'École polytechnique récompensées, une étude intéressante et la loi Macron qui dit « Oui ! » aux étudiants handi- capés... Bonne lecture !La loi Macron facilite l’accès des stages en entreprise aux étudiants handicapésSuite aux difficultés en entreprise des élèves et étudiants en situation de handicap, les pouvoirs publics et les parlementaires ont adopté une mesure, dans le cadre du projet desuivis des 17% qui sont confrontés à des difficultés relationnelles avec le manager. Pour finir, seulement 13% s’en vont pour cause d’une évolution salariale décevante. Ces chiffres prouvent une nouvelle fois que les cadres français sont mobiles et ambitieux !loi pour la croissance et l’activité. La loi permet désormais aux entreprises d’inclure dans les bénéficiaires de l’obligation d’emploi de 6% de travailleurs handicapés, les élèves en si- tuation de handicap accueillis dans le cadre de stages de dé- couverte. « Il s’agit d’un signal extrêmement positif en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes handicapés, pour qui les stages représentent une expérience capitale, unUne convention entre Paris School of Business et l’Association française des professionnels des TitresArmand Derhy, directeur de PSB et Marcel Roncin, président de l’AFTI, ont signé une convention de coopération pour la spécialisation Finance. Cette convention permettrapremier pas vers l’emploi », a déclaré Christian Sanchez, président de l’association APREJEH. En s’appuyant sur son réseau composé de 63 entreprises, APREJEH œuvre pour l’employabilité des jeunes en situation de handicap.aux étudiants de la spécialisation Finance de PSB d’ap- préhender le secteur du post-marché et ses spécificités grâce à l’intervention régulière de professionnels au sein de la formation. Le partenariat permettra un ac- compagnement des étudiants dans leur connaissance du secteur du post-marché et leur découverte de ses métiers avec la mise en place de conférences métiers. L’AFTI participera à l’évolution des programmes chaqueLes cadres français, mobiles et ambitieuxannée. Les étudiants auront également plus de facilités pour obtenir des stages, alternances et emplois au sein des institutions membres de l’AFTI.Selon une enquête menée par le cabinet de recrutement Robert Walters, les cadres seraient plus mobiles qu’il n’y paraît. En effet, près de 70% des cadres estiment que la durée idéale pour rester dans un même emploi est de trois à cinq ans, les 30% restants se partagent entre un à trois ans et cinq à dix ans. Le phénomène est similaire chez nos voisins européens, bien qu’ils soient plus nombreux – 30% pour l’Irlande – à penser que la durée idéale devrait se situer entre cinq et dix ans. outre saisir une formidable opportunité, les cadres français changeront d’emploi pour des raisons bien identifiées. Ainsi, 43% d’entre eux quittent leur entreprise à la recherche de nouvelles perspectives d’évolution. Les autres se trouvent incompatibles avec la culture d’entreprise (20%),AG2R LA MONDIALE et KEDGE Business School renouvellent leur chaire “Finance autrement”Créée en juillet 2008, la Chaire “Finance autrement” s’inscrit dans une approche alternative pionnière d’une finance moderne et responsable incarnant la démarche sociétale que poursuivent AG2R La Mondiale et KEDGE BS. Les deux partenaires re- nouvellent leurs engagements afin de mener un programme de recherche ambitieux sur la période 2015-2017 à hauteur de 165000 euros sur trois ans, visant à ancrer les enjeux de la responsabilité sociétale dans le champ institutionnel de la responsabilité fiduciaire autour de trois axes de recherche : la création de valeur actionnariale à la promotion du vivre ensemble ou du financement responsable et durable ; l’économie sociale et solidaire, financement, action collective & coopération ; l’éthique, investissement responsable & responsabilité sociétale. La gestion responsable et plus généralement la RSE est devenue un axe différenciant de KEDGE BS, un domaine d’excellence de la re- cherche académique qui irrigue l’ensemble des programmes initiaux et des formations exécutives.Vivre 12 ans de vie d’une start-up : un nouveau serious game à GEMDans le cadre d’un nouveau modèle d’apprentissage GEM Learning Model, les étudiants du Mastère spécialisé (MS) Entrepreneurs de Grenoble Ecole de Management (GEM) ont testé un nouveau mode d’enseignement de gestion des imprévus liés à la dimension humaine d’une organisation. En une journée, ils ont vécu 12 ans de la vie d’une start-up, devenue PME, avec son lot de succès, de problèmes et de surprises ! Le but : faire réfléchir les jeunes sur les bons réflexes à adopter (par quoi commencer, quelle est la place de l’humain dans le management d’une start-up...) et anticiper les situations de crise. Tout au long de ce serious game, les étudiants ont été guidés par des consignes claires de Ludivine Calamel, professeur de GRH à GEM et créatrice du concept : définir la place accordée aux ressources humaines dans l’organisation (culture d’entreprise, modes de management et d’organisation, rôles de chacun, pacte d’associé, etc.) ; se projeter neuf ans plus tard (la start-up est désormais passée à 50 personnes) et faire face aux contraintes qui font leur apparition... Ponctuellement pendant la journée, un nouvel acteur (ou plusieurs) a fait surface pour apporter un questionnement supplémentaire et pousser les étudiants à gérer des imprévus. Un cours peu banal ou « l’étudiant est dans une zone d’inconfort qui l’amène à la réflexion ainsi qu’à un travail et à une implication plus intenses ».64NoVEMBRE 2015Institut Mines-Télécom, un MOOC ouvert sur le mondeGrâce à son partenariat avec Coursera, l’Institut Mines-Télécom rejoint le club des meilleurs instituts universitaires retenus pour publier leurs MooCs sur la première plateforme mondiale. Pionnier en matière de MooC en France, l’Institut proposait jusqu’à présent ses MooCs en français sur la plateforme FUN. Fort du succès enregistré par ses MooCs et avec de premières expériences de certification (MooC Principes des réseaux de données), l’Institut poursuit sa montée en puissance en s’alliant à la plateforme leader. « Nous sommes fiers de cet accord avec Coursera qui est une recon-]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frObservatoire RH & FoRMATIoNModa Domani Institute un an plus tardLa seconde année académique a débuté à Moda Domani Institute, école de management dédiée aux métiers du luxe, de la mode et du design au concept d'enseignement original. Pierre Kalaijian, directeur pédagogique de l'établissement, nous a dévoilé les nouveaux projets de cette business school.Quel bilan tirez-vous un an après l'ouverture de l'école ?Cette année, nous accueillons 60 nouveaux étudiants. C'est une preuve de la bonne santé de notre école. Notre ADN se compose d'un enseignement différent incluant de nouvelles approches pédagogiques. C'est- à-dire, 50% de cours fondamentaux (marketing, stratégie de communication, sociologie de la consommation, histoire de la mode, du luxe et du design...) et 50% de pédagogie augmentée : cours à la carte, conférences, rencontres professionnelles hebdomadaires, séminaires à l'international mais aussi workshops qui réunissentQuels sont vos axes de développement pour cette année ?Une nouvelle matière MFP (My First Project) pour les deuxièmes années. Après une étude du marché, les élèves devront trouver un concept innovant, le mener tout au long de l'année avant de le défendre en fin d'année face à des professionnels. Puis, nous avons introduit les sorties culturelles mensuelles pour amener les jeunes au cœur de la culture G. Une autre de nos nouveautés est le concept Imagynarium, impulsé par Darplanneur. Pendant ces conférences, des acteurs de la Pop Culture (artistes, auteurs, intellectuels mais aussi entrepreneurs) sont invités à répondre auxquestions en lien avec leur domaine de prédilection et leur regard sur la société. Prochainement, après Ariel Wizman jeudi dernier, nous recevrons Bob Sinclar, oxmo Puccino et Jérôme Garcin.nos étudiants autour d'une thématique.Nous comptons ouvrir notre MBA FLD (Fashion Luxury Design) car la demande est de plus en plus forte. Davantage de workshops animés à 100% par des professionnels et de nombreuses collaborations avec de grandes marques.naissance de l’excellence de notre établissement et qui va nous permettre de faire bénéficier les apprenants du monde entier de nos cours », indique Nicolas Sennequier, directeur des pédagogies numériques de l’Institut. Aujourd’hui, grâce à “Innovating in a Digital World”, l’Institut offre des outils intellectuels pour dépasser la fascination de l’Uberisation.Lancement de l’ISCOM Grand ParisDeux chercheuses de l’École polytechnique récompensées par la bourse L’Oréal-UNESCOMercredi 30 septembre, à l’occasion d’une cérémonie à l’Hôtel de Ville de Paris, la bourse L’oréal-UNESCo Pour les Femmes et la Science a récompensé pour la qualité de leurs travaux Mikaela Iacobelli, doctorante au Centre de mathématiques Laurent Schwartz (École polytechnique/CNRS) et Julie Lafaurie-Janvore, post-doctorante au Laboratoire d’hydrodynamique de l’École polytechnique (École polytechnique/CNRS). « C’est un grand honneur pour l’École polytechnique de voir ses femmes scientifiques à nouveau récompensées. En lien avec la bourse L’Oréal-UNESCO, l’École polytechnique encourage les carrières scientifiques des jeunes femmes, ce qui s’inscrit dans une stratégie plus globale de renforcer la parité et de contribuer à faire évoluer les mentalités », a déclaré Patrick Le Quéré, directeur adjoint à l’enseignement et à la recherche. Les doctorantes primées se sont vu attribuer une bourse d’un montant de 15000 euros ; les post-doctorantes, travaillant dans un laboratoire ou un institut de recherche français, ont quant à elles reçu une bourse de 20000 euros. Ces bourses ont vocation à encourager les lauréates à poursuivre une carrière déjà très prometteuse et à valoriser leurs travaux à l’échelle nationale ou internationale à un moment charnière pour leur avenir professionnel.Lifesize, la division de Logitech spécialiste de la communication en entreprise a été choisie par l’ISCoM (Institut supérieur de communication et publicité), dans le cadre de la création de l’ISCoM Grand Paris, dès la rentrée 2016. Ce nouveau pôle dédié à l’in- novation pédagogique permettra de suivre des cours en visioconférence, avec l’ouverture d’une classe à distance à Rouen. Avec l’ouverture de cette classe à distance, 24 étudiants de 4e année pourront suivre 50% de leurs cours depuis Rouen et le reste sur le campus de Paris. En plus de s’appuyer sur des technologies numériques pour mettre en œuvre un nouveau modèle pédagogique, cette méthode vise à développer l’autonomie des étudiants. « Aujourd’hui, nous développons ce projet dans une logique de service aux étudiants, pour leur permettre de poursuivre leurs études depuis Rouen en réduisant leurs déplacements à Paris. Nous faisons le choix de la complémentarité entre cours à distance et cours en présentiel. Je crois aussi que ces nouveaux formats d’apprentissage offrent davantage de flexibilité pour les étudiants et encouragent leur prise d’autonomie », affirme Virginie Munch, directrice générale de l’ISCoM.Quels sont les objectifs pour l'année prochaine ?Propos recueillis par Anna AshkovaL’incubateur Multimédia Belle de Mai et l’Ecole Centrale de Marseille : le partenariat est officielL’incubateur Multimédia Belle de Mai et l’Ecole Centrale de Marseille viennent d’officialiser leur partenariat pour encourager l’esprit entrepreneurial des étudiants et les accompagner vers la création d’entreprise. La collaboration vise à proposer encore plus d’actions aux étudiants, comme la possibilité de créer leur entreprise et d’accéder à des programmes spécifiques d’accompagnement. Multimédia Belle de Mai apportera son expertise pour aider ces futurs entrepreneurs à concrétiser, développer et valoriser leurs projets numériques innovants.L’Institut Mines-Télécom au deuxième rang français parmi les établissements d’enseignement supérieurAvec près de 16 millions d’euros obtenus en 2014 en réponse aux appels H2020, l’Institut Mines-Télécom se situe au deuxième rang français parmi les établissements d’enseignement supérieur derrière l’UPMC. Classé au 7e rang français tous établissements confondus, avec 1350 enseignants-chercheurs, il se positionne en tête en termes de productivité. Ce succès s’appuie sur les performances exceptionnelles des Écoles des Mines en association avec Armines, des Écoles Télécom et de leur filiale Eurecom, et sur la forte implication des chercheurs dans les activités de recherche partenariale. La moisson est également très bonne dans la recherche innovante d’excellence avec cinq lauréats de Bourses ERC travaillant dans les laboratoires de l’Institut, soit 3,5% des succès français pour 1,5% de l’effectif scientifique national. Les compétences et le positionnement stratégique de l’Institut sur les trois ruptures (numérique, énergétique/écologique, et productive), ainsi que sur les transformations induites dans l’industrie, la ville, la santé, sont en phase avec les grandes priorités sociétales et pluridisciplinaires inscrites dans les programmes européens et mondiaux. Ces résultats obtenus pour H2020, dans un champ de compétition de plus en plus intense, sont très encourageants et s’inscrivent dans une volonté de présence accrue dans le paysage de la recherche européenne, en associant recherche d’excellence, partenariats avec les entreprises et support à l’innovation.NoVEMBRE 201565]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25RH & FoRMATIoN Carrières & Talents - Executive MBA, comment et pourquoi ?Analyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprisesTournant de carrièreLes cadres ambitieux affectionnent l’EMBA. Mais comment font-ils pour tout concilier ?P ourtant hors des clous de la sacro-sainte hié- rarchie des diplômes du ministère de l’Enseigne- ment supérieur, l’Executive MBA – pour Master of Bu- siness Administration – a le vent en poupe dans l’Hexa- gone. Du bas de classementEt que change ce diplôme ? Portraits.belle Rey-Millet, directrice générale d’Ethikonsulting, cabinet de conseil parisien spécialisé dans l’innovation managériale. « C’est tout particulièrement intéressant pour les profils scientifiques. En préparer un, le faire sa- voir à son entreprise, prouveune fois toutes les huit se- maines, à distance ou en blended learning... Quelle que soit la formule rete- nue, l’EMBA dope l’em- ployabilité – confère même une posture de grand patron. D’ailleurs, le “Comex”, abréviation de comité exécutif, revient régulièrement dans les échanges. Toutefois, les briques pédagogiques de l’EMBA évoluent, avec un focus de plus en plus important accordé à l’en- trepreneuriat. L’EM Lyon ou bien l’ESSEC en ont fait leur spécialité. « 15 à 20% passent à l’acte », dixit Nathalie Kettner, à la tête de l’Executive edu- cation de l’ESSEC. Même avec l’intention de bifur- quer vers la création en- trepreneuriale, le coût de l’EMBA – qui peut flirter avec les 40000 euros – peut être pris – tout ou partie – en charge par l’en-Hervé HoerdtEncore une qui s’entraîne à mener de front vie profes- sionnelle et Executive MBAau top ten, toutes les écoles de commerce – ou presque – s’y sont mises, des Instituts d’administration des entre- prises (IAE) et l’université Paris-Dauphine également, surfant ainsi sur les besoins des cadres qui veulent aller plus haut, plus vite. Qui veu- lent casser le redoutable “pla- fond de verre” ou bien en- core “se challenger” dans un monde ultra-concurren- tiel. « L’EMBA est devenu un passage obligé pour ac- céder à bien des postes de haut niveau », analyse Isa-Marthe PradereEMBA de l’université de Monaco, vice-président marketing et digi- tal Europe et Australie chez Bandai Namco Entertainment, 41 ans« L’accès à une "helicopter view" »« J’aime me coucher moins bête que je me suis levé ». Avec Hervé Hoerdt, aujourd’hui vice-président marketing et digital Europe et Australie de Bandai Namco, société japonaise spécialisée dans le développement et la commercialisation de jeux vidéo, le ton est vite donné. L’executive MBA de l’Université internationale de Monaco (UIM) ? « J’ai appris que je ne savais rien, poursuit-il. Nos emplois se compliquent. Et parfois les solutions mises en place font davantage appel à l’intuition qu’à de vraies connaissances. L’executive MBA apprend à mettre de la méthodologie dans nos décisions. A se structurer. La dynamique est la recherche d’organisation et donc d’efficacité. Nous délivrons plus vite. L’entreprise, nous la voyons à 360°. Nous voyons plus loin. L’anticipation devient plus aisée. Et surtout, nous n’avons plus notre attention portée sur le revenu, donnée trop court-termiste. » Et cette “helicopter view”, pour reprendre l’un des anglicismes d’Hervé Hoerdt, vaut pour tout de suite, dans son actuelle entreprise, et pourquoi pas ailleurs. « Avec un executive MBA en poche, je peux prétendre transposer mon savoir-faire dans d’autres secteurs, dans le monde industriel, par exemple. Il n’y a qu’à voir les connexions sur ma page LinkedIn... pour saisir l’exposition que donne un executive MBA. »Anissa YacoubiEMBA de l’EDHEC, product developer & quality manager chez Auchan, 30 ans« Un programme très interactif »la volonté de se remettre en question. Un point positif... même si les entreprises sont souvent schizophrènes, re- connaît celle qui a été à la tête des alumni de l’execu- tive MBA de l’Essec de Cergy-Pontoise, pendant trois ans. Elles poussent leurs salariés à être innovants, mais veulent les garder sous contrôle. ». « En effet, elleUN CURSUS DÉTOURNÉ ? Concentré sur la fin de se- maine, en regroupementpeut le considérer comme une prime de départ, conseille William Hurst, aux manettes de la for- mation continue d’Auden- cia. Ce d’autant qu’au- cune charge patronale ne s’applique à cette occa- sion. »Sur sa page LinkedIn, Anissa Yacoubi affiche son MBA tout en haut, à la même hauteur que ses fonctions... alors qu’il n’est même pas encore terminé. L’atout de l’EMBA pour cette ingénieure agronome ? « Ouvrir mon horizon à d’autres disciplines tant avec les enseignements (finances, comptabilité, ressources humaines, stratégie...) que par les parcours des autres participants – a contrario, un diplôme d’ingénieur cantonne. Avec le programme développé sur 18 mois par l’EDHEC, nous avons une vision détaillée de chacun des postes dans l’entreprise. Les cours sont très interactifs, avec un Powerpoint pour base, enrichi des expériences des uns et des autres. Nous ne restons pas bouche ouverte, sans sens critique. Nous rentrons dans le débat, avec un rapport d’adulte à adulte. Au bout d’un an, le rapport à l’entreprise change. » Et Anissa Yacoubi d’ajouter : « Le monde n’est pas dirigé par des ingénieurs ».Anne CabotinEMBA Paris-Dauphine, vice-présidente commerciale et développement durable chez Symrise« Un bond salarial de 15% »Son EMBA, c’était il y a sept ans, à l’université Paris-Dauphine. « L’un des tout premiers modules du programme, se remémore Anne Cabotin, était dédié au développement durable. C’était visionnaire à cette époque : on en parlait peu. » Cette thématique n’a pas été sans impact sur sa trajectoire professionnelle. Anne Cabotin l’a intégrée au nouveau poste décroché dans la foulée de l’executive MBA, chez Symrise, société allemande spécialisée dans la production de parfums et de saveurs, avec au passage un gain de salaire de 15%. Aujourd’hui, elle est aux manettes de la stratégie de développement durable au sein du comité de direction.trepriseMurielle WolskiEMBA ESSEC, senior manager, conseil en stratégie, organisation et management chez Square, 36 ans« Repenser l’organisation familiale »Son EMBA touche à sa fin. De quoi satisfaire Marthe Pradere. « Je n’ai pas suffisamment anticipé la charge de travail, explique-t-elle. Si le premier mois peut être qualifié de léger, le rythme s’accélère très vite. J’ai été contrainte de repenser mon organisation, familiale et professionnelle. Réallouer certains clients à mes équipes, par exemple. On ne peut pas in- terrompre un EMBA. Les lectures sont nombreuses, avec un vrai travail d’absorption des connaissances. Et des conferences call via Skype programmées le soir, à raison de deux par semaine. Le couple doit être prêt à vivre cette expérience. » Autre satisfaction pour Marthe Pradere : elle a pu opérer le virage espéré, quittant avant même la fin de son EMBA le monde des “Big four” de l’audit pour Square, cabinet conseil en stratégie.66NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[University of Geneva UniMail - 40 Bd du Pont d’Arve 1205 Geneva - Switzerland www.emba-unige.ch]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25RH & FoRMATIoN Carrières & Talents - Ecoles d’ingénieurs et formation continueA Devenir « Ingé » grâce aux cours du soir...Les écoles d’ingénieurs se lancent avec retard sur ce créneau porteur pour elles et pour des candidats qui y voient une parade contre le chômage.vec un taux de est mise très tard, analyse pliquées (INSA) de Lyon chômage trois fois ce directeur de l’enseigne- compte pas moins de 400 inférieur à celui ment et de la recherche. formats courts et dix mas-de la population active glo- L’activité a démarré au tères. A l’Université tech-bale – il se situe à 4,1%, très au-dessous des 10,4% de l’Insee –, les ingénieurs sont mieux protégés des aléas économiques. Le di- plôme d’ingénieur comme rempart à la crise écono- mique ? L’idée est cou- ramment admise, d’où un afflux de candidatures. Et l’opportunité d’un nouveau business pour les écoles d’ingénieurs. Selon la Fé- dération de la formation professionnelle (FFP), les interventions des différents acteurs de l’enseignement supérieur dans le domaine de la formation continue pèsent grosso modo 7 voire 8 milliards d’euros. Les écoles d’ingénieurs sont l’un des acteurs du marché, derrière les business schools qui ont investi le créneau avec un temps d’avance. Voilà pour le ca- dre général.tout début 2015, avec le rachat d’une structure pri- vée, vieille d’une vingtaine d’années, baptisée le « col- lège de Polytechnique », qui avait le droit d’exploi- ter le nom, mais sans rap- port aucun entre les deux entités. Par là, on essaie de s’ouvrir à d’autres ap- prenants, sans pour autant vendre notre âme. » Cinq programmes (dédiés aux objets connectés, à l’ana- lyse des données ou encore au management de l’éner- gie...) vont voir le jour d’ici la fin de l’année sco- laire 2016. Et le rythme de croisière table sur quatre à cinq nouveaux cursus par an, certifiants ou diplô- mants, de 100 à 200 heures chacun. L’entrée de l’Es-Nous individualisons le parcours, en déterminant des blocs de compétences. Avec la formation continue, les écoles d’ingénieurs se réinvententnologique de Troyes, on mise sur les Diplômes d’université (DU) et une licence pro spécialisée en cybersécurité... Quel que soit leur rang de classe- ment, l’imagination des écoles d’ingénieurs est dé- bridée. Survient une vraie explosion de l’offre, et le titre d’ingénieur devient un peu l’arbre qui cache la forêt. Et pour ne pas perdre une miette du mar- ché, les écoles innovent. La tendance est à la mo- dularisation des cursus. Il est possible de tronçonner. « C’est un travail de fond que Centrale Lyon mène depuis deux ans, analyse Thibaud Queyrel, respon-Les cursus de formation continue comme autant de ballons d’oxygène dans une carrière terne ?besoins de montée en com- d’où un train de formationsplus ancienne, d’une petitedizaine d’années. « Nous pétences sont prégnants, mats longs que sont lesécoutons les industriels etsable adjoi.la formation continue. L’idée est d’individualiser le parcours, en déterminant des blocs de compétences. L’ingénierie pédagogique en est chamboulée. » Avec la formation continue, les écoles d’ingénieurs se ré- inventent.c’est sans compter les for- mastères spécialisés, avecnt du service deUNE IMAGINATION DÉBRIDÉEFranck Pacard le reconnaît bien volontiers. Polytech- nique, ce temple de l’in- génierie à la française, « s’ytaca, école spécialisée dans l’aéronautique, l’automo- bile et le ferroviaire, estnous co-construisons, sou- courtes d’une dizaine de six mois de cours à la clé. ligne Ludovic Russier, en jours. » Un train de Le catalogue de l’Institut charge de la filière. Les quelque 120 cursus. Et national des sciences ap-Murielle WolskiRomain FlochMarie-Aude Coutoulytechnicien en qualité environnementale chez EGIS, Centrale Lyon« L’importance du sentiment d’appartenance »L’intensité du cursus suivi actuellement par Romain Floch à Centrale Lyon n’a rien à envier au célèbre MBA. 8h/18h30, et ce pendant deux ans, pour décrocher le titre d’ingénieur, spécialisé en énergie, conception des installations, à raison de deux semaines en cours, trois en entreprise. Il s’agissait d’un défi nécessaire pour ce titulaire d’un Diplôme universitaire de technologie (DUT) génie thermique et énergie, couplé à une licence pro – preuve de l’accessibilité du cursus. « Cela me permet d’être davantage force de proposition en interne. Avec le titre d’ingénieur, le sentiment d’appartenance jouera à plein à l’extérieur. "Tu as fait quelle école ?" Systématiquement, on me posait la question. L’accueil est différent, sans ce sésame-là en poche. Et c’est une marque de reconnaissance en interne pour le travail accompli. » Un élément de la politique RH à ne pas négliger. Mieux, l’entreprise a accepté de recruter temporairement pour compenser son absence. Pour autant, la partie est loin d’être gagnée d’avance. « Renouer avec les études n’est pas si facile. Et la marche à monter est vraiment importante... Même si les six premiers mois étaient consacrés à une remise à niveau. C’était du non stop ! » L’idée d’abandonner lui a effleuré l’esprit – surtout au moment de la naissance de sa fille, Emma. Mais, avec le poste de N+1 à portée de main, en bout de course, le jeu en vaut la chandelle.chef de projet informatique chez NMRtec, Polytechnique« Pas de complexe à avoir du côté des TPE »Son doctorat en biologie a tout juste dix ans quand Marie-Aude Coutouly se met à chercher un cursus de formation continue « pour répondre à des pro- blématiques nouvelles rencontrées dans ma société, en matière de gestion de données et de très gros fichiers ». Son entreprise ? NMRtec, une très petite entreprise strasbourgeoise de cinq salariés, spécialisée dans la résonnance magnétique nucléaire. Polytechnique ? Pour Marie-Aude Coutouly, l’école d’ingénieurs était une piste peu probable. « Je pensais que des établissements de cette envergure ne prenaient que des candidats issus de grands groupes. » Erreur. L’intérêt d’un tel parcours ? Jouer la carte technique à fond, quand des écoles de commerce monopolisent le marché avec les data sciences abordées sous l’angle marketing. Quelles méthodes mettre en place ? Comment arriver au meilleur résultat ?... De quoi pousser NMRtec à revisiter le logiciel à l’issue, à le rendre plus fonctionnel encore, à revoir l’argumentaire commercial associé. Résultat : des commandes en progression de 10% a minima.68NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25RH & FoRMATIoN Carrières & Talents - Nouveaux métiersVocations du futurInternet arrivait en France en 1995. Aujourd'hui, nous faisons connaissance avec la révolution digitale, les data scientists ou community managers... Que nous réserve l'avenir ?65% des métiers de 2020 ne sont pas encore créés, les politiques, via un rapport du Sénat, soutiennent l’impor- tance de penser dès au- jourd’hui les conséquences du vieillissement de la po- pulation et de la révolution digitale. La réponse apportée consisterait à stimuler le sa- cro-saint triptyque recherche,de statistiques, les mathé- matiques appliquées et leurs domaines d’application, ainsi qu’un regain d’intérêt pour l’informatique en lien avec l’exploitation des don- nées et objets connectés », décrit Frank Pacard, direc- teur de l’enseignement et de la recherche à Polytech- nique. A la croisée des nou-écoles de commerce sont aussi dans le coup. Les chaires ne sont cependant pas le seul tenant en matière d’évolution des métiers. Les comités de pilotage des programmes et le retour d’expériences des alumni concourent, eux-aussi, à la mise en lumière de nou- velles compétences : « LeNuméropathes ou architectes de réalité augmentée, les jeunes auront le choix grâce au numériqueLNouveau métier en 2025... Dompteur de drone !es usages grand pu- établis pour même faire du blic du numérique ont code un nouveau langage accouché de nom- qui s’affranchit des canons42 souhaite polir des joyaux numériques encore bruts. Au- jourd’hui, les instituts de for- mation, écoles et universités ne veulent pas rester à la traîne et œuvrent tous pour anticiper les usages profes- sionnels de demain. Si Ca- therine Barba soutient queFERTILISER DE NOUVELLES COMPÉTENCESLe curriculum des écoles ne cesse d’évoluer et les cours dispensés progressent en fonction des liens étroits qui lient l’entreprise aux instituts de recherche. « Nous constatons que cer- taines modifications très importantes ont lieu dans nos contenus, tel l’essor de la data et d’autres plus sec- torielles qui évoluent au gré des entreprises et des étudiants. Ces dernières an- nées, nous observons un renouveau pour les coursbreux nouveaux métiers, à scolaires, du diktat du fran-tel point qu’en 2015, le geek est devenu sexy (cf. interview croisée). Surtout, le numé- rique et l’Internet ont bou- leversé bon nombre de codesçais et des diplômes - oui, nous parlons bien de la France -, pour aboutir à des modèles de formation in- comparables. Ainsi l’écoleentreprise et école tout en préparant les futures géné- rations actives à développer une agilité et une posture où rien ne leur ferait peur. «Dé- codage».veaux métiers et de la re- cherche, les chaires sont de constitution très variable. Selon le souhait des indus- triels, certaines entreprises vont mettre l’accent sur l’accès à la recherche et d’autres sur la formation. La création de chaire consiste donc en la solution qui prime pour articuler nouvelles compétences, re- cherche et entreprises. Ainsi, a-t-on observé ces dernières années la multi- plication de nouveaux par- tenariats : Cisco pour les nouvelles technologies avec l’X, Groupama et Lasalle Beauvais pour l’évaluation du risque agricole, Micro- soft et l’ENSAE autour de la data science, etc. Les exemples sont pléthores et ne sont pas le seul apanage des écoles d’ingénieurs. Lesréseau des anciens illustre un attachement à vie à notre école, mais surtout fait évo- luer le profil des managers, directement à la demande de leur service ou de leur direction. Cela peut concer- ner, par exemple, l’intro- duction de chariots de chambre connectés ou de nouvelles méthodes de change », complète Benja- min Garcia, directeur aca- démique du groupe Vatel. Et tandis que LinkedIn pu- bliait récemment une étude sur les changements qui impactaient la profession de marketeur, d’autres mé- tiers dits plus traditionnels se mettent également à la page numérique : « Au- jourd’hui dans les domaines de l’hôtellerie et de la res- tauration, nous avons un juge de paix qui s’appelle70NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frTripAdvisor, faisant la pluie et le beau temps. D’où la nécessité de travailler dès la formation sur de nou- velles problématiques telles que la e-reputation », sou- ligne Benjamin GarciaCarrières & Talents - Nouveaux métiers RH & FoRMATIoN Cas pratique de développement de posture pour les nouveaux métiersLa double compétence selon Ionis-STMRÉVOLUTION DES MÉTIERS« Certes nous essayons de sensibiliser le plus tôt pos- sible aux nouvelles disci- plines. Mais nous pensons que pour être capable d’être performant dans le machine learning ou la compréhen- sion des algorithmes (cf. Grand Angle de ce numéro), il faut au préalable com- prendre les domaines qui vont être influencés », ex- plique Franc Pacard. Et Va- lérie Claude Gaudillat, res- ponsable de l’institut de l’innovation à l’Audencia Nantes d’abonder dans le même sens pour les business schools : « D’égale impor- tance avec les nouvelles disciplines, nous souhaitons aussi inculquer une manière de penser différemment et d’apporter des solutions in-La naissance de Ionis-STM (School of Technology & Management) au sein d’Epita, il y a 15 ans, s’est légitimée parce que le clivage entre profils business et informaticien avait pris trop d’importance. Au- trement dit, sortir des ornières et apporter une compétence managériale aux geeks. Et récipro- quement. « A l’’époque, des études mondiales soulignaient que 60% des projets informatiques au niveau de l’industrie n’aboutissaient pas no- tamment parce qu’ils ne prenaient pas en compte l’utilisateur. Il fallait agir à notre niveau, directement sur la formation », note Valérie Pham-Trong, directrice de Ionis-STM. L’école a donc fait partie de ces pionniers de la double compétence, recrutant dès ses premières années de Bac+2 à Bac+5 etformant d’autres profils déjà dans la vie active. « Notre parti pris ? Nous formons des profils curieux. Et nous leur apprenons. Chaque ensei- gnement se déroule en mode projet. Et les inter- venants sont des professionnels », poursuit la di- rectrice. Sans revenir sur la révolution numérique, Ionis-STM accompagne ses ouailles sur de nouveaux profils qui mêlent par exemple biotechnologies et management ou nouvelle énergie et gestion... « Nous construisons des profils hybrides. Notre valeur ajoutée revient à lier les compétences ma- nagériales à d’autres plus techniques. Nos profils scientifiques se révèlent dans la gestion de projets, nos profils commerce s’ouvrent au numérique et nos pros montent en compétence sur le volet ma-nagérial », complète Valérie Pham-Trong. Cette nouvelle génération d’école a fait des émules si bien que les écoles d’ingénieurs et business schools ont rapidement développé des partenariats allant dans le sens de Ionis-STM. « Certains de nos profils ont été recrutés au balbutiement du Big Data car ils possédaient un background marketing, informatique et statistique », explique la directrice. Aujourd’hui, l’école persiste avec son fil rouge de la double compétence et réfléchit à de nouveaux sujets et métiers : comment manager les nouvelles générations ? Comment former en conseil en in- novation ? Comment développer de nouveaux bu- siness model dans un environnement économique en pleine mutation ?...novantes aux entreprises. Et d’ainsi faire évoluer cer- tains métiers dit tradition- nels vers le design thinking et une meilleure prise en compte de la RSE. » Toutefois, selon les experts de l’enseignement supérieur et de la formation, nous nous situons à une périodequi porte les germes d’un optimisme professionnel : le vieillissement de la po- pulation va nécessairement se mâtiner de robotisation, de domotique et de services d’un nouveau genre. Tout comme l’ensemble des em- plois posséderont une com- posante numérique. Danscette optique, « les hôtels se sont emparés du yield management, tout comme le mouton à cinq pattes qu’était le revenu manager est désormais une spéciali- sation de l’école », analyse Benjamin Garcia, directeur académique du groupe Va- tel. Si le numérique irriguechaque secteur et accouche de nouvelles fonctions hy- brides (cf. encadré), les pros- pectivistes tendent à se ha- sarder dans de nouveaux métiers parfois loufoques. Nos enfants, peut-être, vou- dront-ils devenir coach dans le digital ou au contraire numéropathes pour limiter.ses addictions, pilotes de drone civil ou encore ar- chitectes de réalité augmen- tée ? Les scénarios les plus fous parlent même de spé- culateurs de monnaie alter- native ou de coaches en cu-riosité. Y croyez-vous ?Geoffroy FrameryNoVEMBRE 201571]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25ART DE VIVRE & PATRIMoINE La Sélection culturelleChoix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucuneFilmLivresn Le Dernier Loup (de Jean-Jacques Annaud, sortie DVD depuis juin 2015)Après « L’Ours » et « Deux Frères », Jean- Jacques Annaud réalise son troisième film autour de la relation entre les animaux et les êtres humains, "Le Dernier Loup". Mêlant les genres cinématographiques (documentaire, science-fiction, action), il coupe le souffle pendant deux heures. Un vrai ascenseur émotionnel qui vous fera tantôt sourire, tan- tôt sursauter de peur et même pleurer. Spec- taculaire, le tournage dans les steppes de Mongolie fascine et les animaux (200 che-vaux, 25 loups) sont splendides (surtout en pleine course) ! Le réali- sateur a adapté "Le Totem du loup", de Jiang Rong, immense succès en Chine : en 1969, un jeune étudiant originaire de Pékin est envoyé en Mongolie pour éduquer une tribu de bergers nomades. Au final, c'est lui qui apprend sur les hommes et sur ces loups que le gouverne- ment communiste avait décidé d'éliminer. Un conte peut être naïf mais qui nous touche et pousse à se poser beaucoup de questions...n Marguerite (de Xavier Giannoli, actuellement en salle) : Dans le Paris des années 1920, la comtesse Marguerite Dumont (alias Catherine Frot) mène ses passions tambour battant : le chant, la mu-sique, l’opéra, son amour pour Mozart, Bellini et sa Casta Diva. Régulièrement, la comtesse s’adonne à des concerts privés au grand dam de son mari (André Marcon) et de tous ces loups aristocrates, hypo- crites et âpres au gain. Mais, il faut être honnête, Marguerite chante tragiquement faux. Elle ne chante pas, elle s’égosille. Tout le monde le sait, à l'exception de Mar- guerite... Bercée dans ses illusions et les mensonges de ses proches. Tout se com- plique quand la diva souhaite se produiresur une vraie scène...Un film troublant où réalité et illusion cohabitent sans jamais se cogner, un jeu délicat, mené par une palette d’acteurs bouleversants : Catherine Frot, André Marcon, Michel Fau et Denis M’Punga. Xavier Gianoli (Quand j’étais chanteur, à l’origine, Super- star) signe ici un excellent drame, inspiré de l’histoire vraie de Florence Foster Jenkins, soprano américaine, originaire de New-York. A voir absolument .Spectaclen Rire de tout !?En ces temps troublés il est bon de rire sans ré- serve. Et rire de tout, c’est bel et bien ce qui est au programme de ce nouveau spectacle titré sans équivoque Lamine Lezghad est le roi des enc*** Lamine revient et ose tout avec une li- berté de ton sans limite. Peut-on rire de tout ? La réponse vous attend à la Nouvelle Seine ! www.lanouvelleseine.comn Tout va mal... Je vais bien (de Philippe Bloch, Ed. Ventana, 286 pages, sortie le 15 octobre 2015)Serial entrepreneur, et notamment fondateur du réseau Columbus Café, ani- mateur de L'Entreprise BFM, Philippe Bloch est aussi un auteur à succès grâce à son Service compris ou encore son Bienheureux, les fêlés. A l'heure du pessimisme de masse, l'auteur souhaite que son livre apporte sa pierre à la réflexion collective autant qu'à l'évolution de notre comportement. Entre autres, Philippe Bloch est persuadé qu'un changement de regard peut aider M. Tout le monde à mieux vivre son quotidien. Ce faisant, il propose neuf règles d'or aisément applicables au quotidien et écrites non sans humour, dans un format à la croisée des genres, à mi-chemin entre l'essai et le livre de développement personnel. L'ouvrage est ponctué de citations de person- nalités et d'illustrations réalisées par David Petraz.n Le jour où mon robot m'aimera (Serge Tisseron, Ed. Albin Michel, 3 septembre 2015)Ils sont déjà parmi nous mais nous ne les voyons pas. Ce sont tous nos objetsconnectés qui détectent nos réactions, s'adaptent à nous, et parfois mêmeorientent nos choix à notre insu. Nous évoluons vers un monde où certainsd'entre eux auront une apparence humaine, déchiffreront nos émotions, nousparleront, et pourront même nous manifester de l'affection, voire de l'amour.Ce sera « pour de faux» ? Et alors ? Il suffira de l'oublier pour être heureux.Mais avons-nous envie de ce bonheur-là ? Comment réagirons-nous au faitde nous savoir surveillés en permanence? Et que deviendra la relation del'homme à ses semblables lorsque nous serons entourés de créatures huma-noïdes programmées pour tout savoir de nous et anticiper nos désirs, même les plus secrets ? Le livre se lit d’un seul trait (surtout par les amateurs de robotique). Serge Tisseron, psychiatre et psychana- lyste, comme d’habitude, dit tout haut ce que les autres pensent tout bas. Très instructive, l'œuvre est une vraie alarme qui nous sort de nos rêveries du monde de demain.n Les lumières de Central Park (de Tom Barbash, éd. Albin Michel, 2015)Tout au long de ces 13 nouvelles, Tom Barbash plonge le lecteur dans les lueurs de Manhattan et la pénombre de ses rues. Poétique ? Plutôt immer- sif pour le lecteur qui a l’impression de respirer l’air de l’East River entre chaque page. Celui qui découvre New-York par la ruelle assombrie et la porte dérobée se plonge dans l’intimité de personnages tiraillés entre espoir et désillusion, telle cette femme récemment séparée qui s’immisce dans la vie sentimentale de son fils, ou ce jeune homme qui s’inquiète de voir son père, veuf depuis peu, devenir la coqueluche de ces dames. En bon nouvel- liste Tom Barbash imprègne ses récits d’humour et d’émotion pour décrire des scènes de vie qui oscillent entre rupture et harmonie.n Justiciers – Histoires vraies (de Bruno Fuligni, éd. Perrin/Sonatine, 2015) Corps démembrés, familles dévastées : des crimes d’une spectaculaire sau-vagerie terrorisent le pays quand le jeune Antoine intègre l’École de police.Un vieux professeur de criminalistique va lui donner les clefs du mystère àtravers 20 histoires vraies, 20 crimes et enquêtes attestés historiquement, de l'Antiquité à nos jours, sur tous les continents. Une initiation au mal absolu. Pour venir au secours de l’enquêteur d’aujourd’hui, quels meilleurs soutiens que les justiciers d’hier ? Ecrivain et historien, Bruno Fuligni ra- conte ainsi les histoires véridiques du démonologue Jean Bodin, du fon- dateur de Scotland Yard Robert Peel, du "poète de la morgue" Clovis Pierre... Autant de destins aussi fascinants que troublants, et un récit qui navigue entre fiction et réalité historique pour raconter la force d’un certain esprit de justice et la constitution d’un véritable savoir policier à travers les siècles. Savoureux.72NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[n°25L a trottinette, c’est bien quand on a 12 ans, le vélo élec- trique, adapté quand nos rondeurs nous rappellent qu’on a 54 ans – restons polis ! – et la mono-roue, c’est généralement pour les hippies qui font les arts du cirque... Tel est souvent l’avis rapide que nous nous faisons sur ces moyens de déplacement. Vous êtes ainsi souvent nombreux à vous dire que ces moyens de lo- comotion n’en sont pas vrai- ment à proprement parler, ces derniers n’étant ni adap- tés à vos besoins quotidiens, ni associés à une quelconque manière de se détendre. Si vous habitez la campagne, on ne vous en voudra pas trop de soutenir le cliché. Mais pour les autres, mé- tropolitains et urbains, cla- mer cet argument haut et fort en soirée apéritive vous classera rapidement dans les “has-been”. Preuve en est de ces hommes pressés en costume qui ne vous bous- culent plus dans le métro mais vous conspuent parce que vous ne les voyez pas arriver au moment de tra- verser. En atteste également l’exemple de votre voisin qui a troqué son deuxième véhicule vieillissant pour une trottinette motorisée flambant neuve. C’est un fait. Ces nouveaux modes de déplacement connaissent un engouement certain. L’occasion pour EcoRéseau de revenir sur les dernières tendances en matière de dé- placements alternatifs élec- trifiés. Roulez jeunesse... etwww.ecoreseau.frL’Air du temps - Déplacements urbains alternatifs ART DE VIVRE & PATRIMoINE Etude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovations« Pédale douce »Trottinettes, vélos électriques, mono-roues déambulent de plus en plus dans les rues,termes de volume », explique Virgile Caillet, délégué gé- néral d’Univelo (union des professionnels du cycle) et de la FIFAS (fédération fran- çaise des industries sport & loisirs). Ainsi, le marché du cycle se porte-t-il comme un charme depuis deux ans et a-t-il enregistré une pro- gression de 7% en volume et 8% en valeur l’année der- nière. Autrement dit, l’en- semble des professionnels du cycle ont vendu 2,9 mil- lions de vélos, dont 80000 VAE pour l’année 2014 ! Mais la croissance du vélo assisté impressionne : + 37% l’année dernière et + 30% au premier semestre 2015. « La marge de progression est exponentielle en France, comparativement à des pays tels que l’Allemagne et Les Pays-Bas qui enregistrent respectivement 500000 et 250000 unités vendues », soutient Virgile Caillet. 2016 sera aussi, semble-t-il, l’an- née de la trottinette élec- trique. Compact, le produit n’encombre pas. Un point positif même par rapport aux VAE pliables. Même les entreprises se mettent à ces modes de déplacement alternatifs. Mobivia Groupe, via Altermove, a ainsi dé- veloppé une offre dédiée, Altermove Pro, qui au- jourd’hui gère la flotte deTRANSITER DE LA PRATIQUE SPORTIVE AU LOISIRLes raisons du succès ? « Nous remettons sur un vélo des personnes qui n’en faisaient plus. Et pour lesplus de votre frénésie de ki- lomètres. Le VAE déploie le coup de pédale avec as- sistance et attire un public friand de mobilité dite douce. Cela dit, d’autres facteurs expliquent ce carton.bourse un achat de VAE à hauteur d’un tiers du véhi- cule, ce tiers étant plafonné à 400 euros. De même dans les Hauts-de-Seine, les élus abondent également les par- ticuliers.et ne sont plus les gadgets qu’ils ont été.dèles les plus performants offrent une autonomie de 30 kilomètres pour une vi- tesse max de 25 km/h », ex- plique Guillaume Bocs, créateur de l’enseigne E- roue qui va ouvrir son troi-Avec le VAE, oubliez les "relou" qui proposent des plans tandems et qui vous laisseront pédaler...ENCORE PEU DE RECUL...Si le Tour de France est plus que centenaire, les ran- données en mono-roue élec- trique ont moins de deux ans. Sans pour autant déva- loriser ces nouveaux moyens de déplacement, il est diffi- cile de juger de leur utilisa- tion et de leur obsolescence sur le long terme. « A l’image des voitures, il est rare que les usagers aillent jusqu’au bout de l’espérance de vie des vélos pour ra- cheter un nouveau modèle. Pour les modèles haut de gamme, nous n’avons pas encore assez de recul car la durée de vie des batteries va jusqu’à sept ans et les achats remontent en général à moins que cela », détaille Thomas Lan- zoni. Pour les utilisateurs de la mono-roue, un flou légal auréole cette nouvelle pratique urbaine. Doit-on rouler avec une solowheel sur les trottoirs ou sur les voies cyclables ? La question court toujours, tout comme il n’existe pas encore d’in- citation à acheter ce type d’engin. « La mono-roue est une vraie alternative aux modes de déplacement ur- bains classiques. Mais il faut bien distinguer l’objet des autres produits créant le buzz, mais qui ne sontsième point de vente, à Bor- deaux, en novembre. Selon les « early adopters », 1h30 de formation suffit, le plus dur étant de comprendre comment pencher le bassin et les épaules pour accélérer. « C’est moins flippant quepopulations qui ne sont plus actives, nous vendons en général les vélos par paire. Nous ne sommes pas dans la pratique sportive mais vraiment dans le transport et le loisir, ce qui explique aussi une presque mixitéLe VAE connaît un fort dé- veloppement dans l’offre touristique, notamment dans les stations de montagne pour les périodes hors neige. Les politiques publiques ne sont pas non plus innocentes quant à l’essor de ces nou-Les modèles les plus performants de mono-roues offrent une autonomie de 30 kilomètres pour une vitesse maximum de 25 km/h !veaux modes de déplace- ment urbains. Les études démontrent d’ailleurs que la mise à disposition en li- bre-service de vélos n’a pas été un outil de dissua- sion d’achat mais au contraire de promotion. Toutefois, la plupart despsles autres !VAE de clients tels que la CGI, le Crédit Agricole ou la Voix du Nord. Après l’auto-partage, les mœurs évoluent vers le vélo-par- tage. Côté mono-roue, ses performances n’ont pas à pâlir de celles ses cousins à deux roues. « Si 80% de nos ventes se réalisent pour des trajets domicile-travail, il faut souligner que les mo-le skate électrique car l’usa- ger n’est pas de profil. Mais, les sensations de glisse sont là. Et certains commencent à oser les figures », ajoute le professionnel de la mono- roue électrique. Pour les cu- rieux résidant ou de passage à Paris, ces randonneurs d’un nouveau genre se don- nent rendez-vous chaque se- maine place de la Bastille.dans les achats », analyse Thomas Lanzoni, directeur de magasin chez Altermove (Mobivia Groupe). Fini donc le temps où vous regrettiez d’avoir fait crépiter votre treizième morceau de ra- clette le samedi soir, redou- tant les montées de la balade automnale du dimanche. De même que vos enfants ou votre moitié ne souffrirontvilles ont révisé ou revoient leur plan de mobilité pour intégrer désormais ces modes de déplacement comme une partie de l’offre multimodale possible en ville. D’autant que les édiles soutiennent les futurs ac- quéreurs en remboursement une partie du bien acheté. La mairie de Paris a ainsi renouvelé son aide qui rem-pas durables dans le tem. à l’image du smartboard rendu célèbre par Justin Bieber », poursuit Guillaume Bocs. Gare donc à vos en- fants qui ne risquent pas seulement de saigner des tympans mais aussi de s’égratigner au moment de franchir une bordure...CHOISIR SA TAILLE ET SON NOMBRE DE ROUES« Nous considérons le VAE (vélo à assistance électrique) comme une innovation de rupture à l’image de ce que futleVTTilya20-25ans. En France nous restons en- core à un stade de dévelop- pement embryonnaire enGeoffroy FrameryNoVEMBRE 201573]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25ART DE VIVRE & PATRIMoINE L’Art du tempsSélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivitéBien -ÊtreLe Spa Peninsula, un incroyable écrin au cœur de ParisNichés au cœur de chaque hôtel du groupe Peninsula, les Spa Peninsula sont des espaces entièrement dédiés àla sérénité, à la beauté et à la remise en forme. Avec ses 1800m2, le Spa de Paris, à la décoration épurée et aux notes minérales et végétales, est le pre- mier du groupe en Europe. Vous apprécierez la piscine de 20 mètres de long, deux jacuzzis, hammam et sauna, douche sensorielle, huit cabines de soins privées dont deux cabines doubles, une salle de détente dédiée à la relaxation, ainsi que deux salles de remise en forme équipées à la pointe de la technologie. Les soins s’inspirent des racines orientales enrichies de la culture occidentale. Avec ses deux marques partenaires ESPA et Biolo- gique Recherche, le Spa propose des soins uniques pour le visage et pour le corps. La philosophie d’ESPA est basée sur une approche de soins ho- listiques en utilisant les meilleurs produits naturels, le soin du corps « Ying Yang » harmonise le corps et l’esprit. La méthodologie Biologique Re- cherche offre quant à elle toute son expertise de soins du visage à partir d’une analyse dermo cosmétique avant chaque soin. Chacun est convié à poursuivre l’expérience dans le salon de relaxation, équipé de quatre lits massant de dernière technologie.www.peninsula.com/parisMagie de la perle et du lait d’ânesseLa toute nouvelle gamme de cosmé- tiques bio de luxe PERLANESSE® invite les femmes exigeantes à prendre unebeauté d’avance. Après avoir lancé en mai dernier 4 soins premium (1 soin jour, 1 soin nuit, 1 contour des yeux et 1 sérum nuit), voici sa nouvelle pépite d’exception, la Crème prestigieuse ISHIN’, formulée autour de 9 reven- dications anti-âge ciblées, d’actifs objectivés nouvelle gé- nération, d’efficacité mesurée et mesurable à 4 temps et d’une fragrance d’exception à l’orchidée blanche. 98 % des ingrédients sont d’origine naturelle et 60 % issus de l’Agriculture Biologique. Appliquer une fois par semaine, matin et soir. Pot en verre premium de 50 ml 249 €www.perlanesse.comJean Patou crée votreparfum sur mesureEn son berceau historique de la rue Saint-Florentin, la Maison Jean Patou se dédie aujourd’hui au parfum sur mesure. La Haute parfumerie sur mesure pour faire de soi une œuvre d’art, un objet de culte, un monogramme, dessiné avec les essences naturelles les plus précieuses. Le processus démarre par un entretien en tête àtête avec le parfumeur Maison, omas Fontaine. La cliente ou le client y exprime ses goûts, son esprit du temps, ouvre les tiroirs de sa mémoire olfactive. Le premier travail du nez est de la tra- duire par une signature de sa personnalité. Avant de la fondre ensuite aux envies, rêves et situa- tions exprimées. S’ensuivent alors des propositions et l’envoi d’échantillons pour resserrer l’offresur le parfum final. Une fois la formule arrêtée, au bout de six mois environ, la Maison Jean Patou entreprend les démarches administratives et dossiers réglementaires. La macération en petite quantité étant délicate, le laboratoire en produit un volume plus important et l’optimise. 5 litres de parfum seront ainsi conservés dans ses caves pour que la signature olfactive du client puisse se perpétuer. La fragrance est livrée en un flacon octogonal 100 ml en cristal de Baccarat et gravé aux initiales-monogramme-armes du propriétaire. Le flacon sera inséré dans un coffret luxueux réalisé selon le goût de la personne. Pour les dames, viendront s’insérer également dans le coffret 2 magnifiques vaporisateurs. Une prestation exceptionnelle personnalisée à 50 000 euros.www.jeanpatou.comUn duo de ventouses anti-âge !Dès la trentaine, le temps qui passe marque l’épiderme. Les fibres d’élastine et de collagène, responsables de l’élasticité et de la fermeté des tissus perdent en effica- cité. Actuellement, il n’est pas possible de stopper complètement ce processus, mais on peut le retarder. Démonstration avec LiftBlue®. Ce duo de ventouses pour le visage, 100% en silicone médical. Par un simple geste de pression, la productionde collagène et d’élastine est stimulée. 5 à 10 minutes par jour, pendant 3 semaines, permettent de voir apparaître une peau plus éclatante et lisse.www.cellublue.comRevival de la Maison Gellé FrèresTout commence en 1773, où le remarquable Jean-Louis Fargeon aura le privilège d’être le parfumeur attitré de sa majesté la Reine Marie-Antoinette. En 1826, ses élixirs magiques et ses potions secrètes passent entre les mains des frères Gellé, bientôt le plus grand fabricant de parfums et de cosmétiques d’Europe. C’estAvenue de l’Opéra que la marque ouvre sa première boutique, Tout Paris de La Belle Epoque se presse et succombe aux jus divins, tels que «Ce que Femme veut», «Séduction», ou encore «Pour être aimée». Préservées depuis deux siè- cles dans un recueil de formules, les précieux élixirs sont à la base des nouvelles créations de la maison, pour répon- dre aux besoins des femmes d’aujourd’hui. Non loin de sa toute première boutique du quartier de l’Opéra, la Maison Gellé Frères célébrera bientôt son renouveau en France avec une ouverture prévue mi-mai 2016.74NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[n°25Skier collaboratif avec les Carroz & CoS'amuser et skier sur les pistes avec des inconnus le temps d'une journée ? Sa- vourer un dîner grandeur station ? Divi- ser les frais de transferts depuis la gare ou partager un moniteur de ski pour un cours presque particulier ? Avec Les Car- roz & Co, la station propose un servicede Co-Skiing qui favorise la consomma- tion collaborative. L'idée : voyager autrement en faisant plaisir à l'environ-nement et à son portefeuille !Le Couvent des Minimes Hôtel & Spa L’OccitaneHavre de paix, luxueux et redynamisé, le Couvent des Minimes est situé dans le petit village pittoresque de Mane. Ce 5 étoiles, établi dans un couvent datant de1613, accueille ses hôtes sur un site plein de charme et d’authenticité tout en leur offrant un décor au design épuré, coloré et réso- lument contempo- rain. Vos papilles sedélecteront au restaurant gastronomique, Le Cloître et au bistrot chic, Le Pesquier. Le magnifique Spa L’Occitane de 700m2 est un nid douillet et élégant, son soin signature Chaud-Froid Verveine-Citron un délicieux frisson ré-énergisant ...www.couventdesminimes-hotelspaDouceur de vivre aux Domaines de Saint-EndréolSitués entre la Provence et la Côte d'Azur, les Do- maines de Saint-Endréol vous invitent à découvrirleur art de vivre. Cet éta- blissement plein de charme pos- sède 50 cham- bres lumineuses,spacieuses et confortables pour un séjour en toute tranquillité. Vous pourrez profiter de son remar- quable Spa de 2 000 m2, ainsi que de son parcours de golf 18 trous vue la rivière de l'Endre. Le restau- rant des Domaines, fier de mettre en avant les pro- ducteurs locaux, vous propose une cuisine provençale et savoureuse que vous aurez le privi- lège de déguster sur la terrasse extérieure offrant un panorama d’exception.www.ecoreseau.frL’Art du temps ART DE VIVRE & PATRIMoINE EvasionQuand Molière rêve ParisRive droite, à quelques pas de la Comédie Française, entre Louvre et Opéra, le boutique hôtel Molière**** lève le rideau sur son nou- veau décor mis en scène avec talent. La littérature répond à la pein- ture, qui est mise en lumière par l’architecture... Accueilli par un lustre en cristal phénoménal, on est immédiatement séduit par l’atmosphère feutrée et délicatement théâtrale des lieux. Une in-vitation, assis face au patio verdoyant, à redécouvrir les grands classiques de Molière. Les 29 chambres ou suites ont parfois une terrasse, parfois une verrière au plafond pour les amoureux des nuits étoilées. En accès libre et gratuit, l’espace forme et bien-être est épuré tout en conservant quelques clins d’œil au voyage avec ses malles anciennes offertes aux regards des sportifs.www.hotel-moliere.fr « Cwww.hotelspreference.comNoVEMBRE 201575]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25ART DE VIVRE & PATRIMoINE L’Art du tempsVins & SpiritueuxMCIII : une nouvelle cuvée de prestigeMoët & Chandon est l’un des champagnes les plus appréciés au monde. MCIII s’ins- crit dans la catégorie la plus prestigieuse des grandes cuvées de champagne. Pas- sionnés et connaisseurs seront séduits par la personnalité et le charisme de ce vin singulier. ‘MC’ signifie ‘Moët & Chandon’, tandis que ‘III’ se réfère aux trois univers d’élevage des vins dans lesquels s’inscrit cette nouvelle cuvée de prestige : le métal : vins tranquilles élevés dans des cuves en acier inoxydable ; le bois : vins tranquilles élevés dans des foudres de chêne ; et le verre : champagnes millésimés élevés sur lies dans des bouteilles en verre. Cette cuvée associe un fruité puissant, un palais captivant et une maturité remarquable, pour un vin éminemment complexe et har- monieux. Doté d’une robe jaune étincelant aux reflets dorés, MCIII offre une bulle très fine. Au nez, la complexité se révèle progressivement, couche par couche, lesunivers se succèdent dans un fondu enchaîné, tout en transition. En bouche, maturité et richesse s’im- posent d’abord dans un mouvement d’expansion, sensation d’opulencesoyeuse. Le vin est plein et délicat, dense, imposant et élégant. MCIII est assurément un vin de connaisseurs.fr.moet.comNicolas Feuillatte sur la Terre de MerveillesDécouvrez une collection d'offres cadeaux sous le nom évoca- teur de Terre de Merveilles. Parmi ces offres, le coffret-seau Terre de Merveilles et sa cuvée Brut Grande Réserve séduiront les amateurs en quête de nouveauté. Présenté dans un étui ca- deau au graphisme lumineux et enlacé d'un ruban noir du plus bel effet, le seau se déploie et accueille les glaçons qui rafraîchi- ront le Brut Grande Réserve. Détail intéressant, il peut être ré- utilisé 3 à 4 fois. Le Brut Grande Réserve est un Champagne frais et onctueux, dont les 3 années passées en cave lui confè- rent une puissance aromatique et une rondeur digne d'un Champagne millésimé. Prix public indicatif de 24,90 €Lanson vous dé- voile son coffret San FranciscoC’est une invitation privée à la décou-verte du style Lanson... Paré de noir etde belles bulles dorées, cet élégant et audacieux coffret fait pétiller trois prestigieuses cuvées de la Maison Lanson : Le Black Label, champagne de légende habillé de son nouvel écrin enchanteur ; le Rose Label, étin- celant dans son nouvel habit rose et le Gold Label 2005, marquant les années d’or de Lanson depuis le premier millésime, pour la Maison, le 1904. Il est le cadeau idéal à offrir ou à partager lors de moments in- times. Prix de vente conseillé : 132,00€ et disponible surwww.boutique.lanson.comwww.nicolas-feuillatte.comUn Vin issu des sols de l’ère primaire !Propriétaire du Château des Estanilles depuis 2009, l’un des domaines mythiques de l’appel- lation Faugères, Julien Seydoux a, avant tout,« acheté un terroir ». Car ce sont bien ces sols, parmi les plus anciens de notre planète, qui l’ont attiré : terres de schistes, remontant à l’ère pri- maire, il y a environ 500 millions d’années. A la dégustation, le Inverso Faugères rouge 2012 a un nez char- mant et profond s’ouvrant sur des arômes intenses d’épices, de cassis et de mûre, sublimé par l’élevage qui amplifie la complexité aroma- tique. Appréciez sa superbe lon- gueur en bouche qui se prolonge sur des notes de cacao, de café, de réglisse et de fruits rouges. Servir entre 15 et 18° C, pour accompa- gner de belles pièces de bœuf grillées ou lon- guement mijotées en ayant pris soin de le carafer au moins une heure avant. Capacité degarde : 10 ans. Prix conseillé : 15 euros.www.chateau-estanilles.comUn Rhum très diplomaticoC’est Le rhum favori des plus grands mixologistes de la planète ! Di- plomático Reserva Exclusiva est l’aboutissement d’un vieillissement de plus de 12 années au cours desquelles le précieux nectar développe pas à pas ses notes de fruits cuits, caramel et épices douces. Le nez pâtissier et relevé de notes fumées de Diplomático Reserva Exclusiva est une signature indélébile, pour un instant précieux qui scelle l’ex- ceptionnalité du célèbre rhum vénézuélien. Diplomatico Reserva Ex- clusiva est disponible chez les meilleurs cavistes au prix de 44€.Tullamore Dew, un incontournable IrlandaisN°2 des Irish Whiskeys dans le monde, Tullamore Dew est né en 1829 dans la ville de Tullamore, en plein cœur de l’Irlande. Distillé trois fois, il est le fruit de l’assemblage de 3 types de whiskeys (grain, malt et pot still). Au nez, ce whiskey est épicé avec des notes maltées accordées délicieusement à des touches boi- sées. En bouche, il est doux. On retrouve l’équilibre entre les touches boisées nuancées par les arômes de Sherry Oloroso et une touche d’épice. Enfin la finaleest douce et harmonieuse !www.tullamoredew.comchateau.com, des cuvées rares pour votre plus grand plaisirChâteau.com est négociant et e-caviste avec une vitrine à Saint-Emilion qui reçoit acheteurs et vendeurs. Vous découvri- rez de grands crus, avec une offre très large de vieux millésimes rares. La plupart des produits sont très difficiles à trou- ver, notamment quelques très beaux Pétrus, 152 en stock actuellement : 67 bouteilles dePétrus du millésime 1940 au millésime 2010, 50 magnums du millésime 1945 au millé- sime 2010 et 35 double magnum du millésime 1964 au millésime 2010. L’offre vin est dé- veloppée avec des millésimes plus récents, comme cela est le cas avec le domaine Leflaive.Château.com cherche à proposer de grands vins à des prix raisonnables, avec comme principale préoccupation d'honorer ses clients.www.chateau.com/vinCuvée « N°7 » du Domaine de la Croix BelleSept cépages sont utilisés dans l’assemblage : Cépages Syrah, mourvèdre, cabernet-sauvignon, gre- nache, merlot, carignan et cabernet franc. Le Nez est complexe aux arômes de fruits noirs, de zan, de café, relevé par des notes d’épices. La bouche est riche, souple et veloutée. Servir à 16-18°C sur un ma- gret de canard, un gibier à la broche, une belle pièce de viande. Carafer 1 à 2 h avant le service. La garde est de 8 à 10 ans. Prix conseillé 14,90 euros. En vente à la propriété et chez les cavistes.76NoVEMBRE 2015ww.croix-belle.com]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25ART DE VIVRE & PATRIMoINE L’Art du tempsMode & AccessoiresUn hiver très glamour chez Ba&shAboutissement d’un rêve de deux amies d’enfance parisiennes, Barbara Boccara et Sharon Krief, la griffe ba&sh propose une mode simple et chic – des vêtements que leurs créatrices aimeraient porter. Leurs collections raffinées et décontractées ont séduit nombre de fashionistas. Ba&Sh dévoile sa nou- velle collection automne hiver 2015-2016. Toujours plus de pièces chics pour de longues soirées glamour entre amies ! Côté couleurs, il y en aura pour tous les goûts. Vert, rouge, bleu, blanc et noir, la femme Ba&Sh ne sera pas discrète et osera montrer ses jolies gambettes. Les plus frileuses pourront opter pour un manteau en fourrure, une veste en velours, des capes, kimonos ou des combi-pantalons associés à des boots.www.ba-sh.comUne collection très 90’sLes vêtements Daniel Hechter sont des vête-ments à la fois de ville et décontractés forts enstyles et en couleurs, conviviaux. La grande ten-dance de cette saison est le retour des années90. L’homme d’affaire trouvera son bonheur dans la ligne business qui offre une collection facile à vivre. La ligne sportswear combine trois thèmes différents, « Hé- ritage » inspirée des précédentes collections Daniel Hechter, « Ivy League » ou le style college Preppy, et « Nordic Racing » pour un hiver cosy, tout en douceur.www.daniel-hechter.comFratelli Rossetti s’inspire du Texas FolkLa terre, les chevaux, le pouvoir : la nouvelle collection Fratelli Rossetti s’inspire de Dal- las, la série culte de la télévision des années 80. Pour quiconque souhaite se distinguer, notamment lors d’occasions plus formelles, Fratelli Rossetti propose des modèles clas- siques revisités grâce à des techniques artisanales de grande qualité. Les influences texanes se perçoivent dans des éléments tels que le bout pointu et la boucle, double ou simple. À côté de la chaussure et du low boot on trouve la grande nouveauté de la saison: la botte style cavalier présentée pour la première fois dans la collection homme. Tous sont marqués de l’étrier et des mots gravés Rossetti Patented qui en attestent l’originalité depuis le début dans les années 70.www.fratellirossetti.comBoggi, l’élégance italienne accessibleBoggi Milano a démarré en 1939 avec un seul point de vente situé à Milan. La boutique de Paris-Opéra représente aujourd’hui le plus grand emplacement de Boggi dans le monde. C’est une belle collection aux prix raisonnables. On est également frappé par la diversité de la collection, qui couvre aussi bien les be- soins de la semaine de bureau que ceux du week-end : vestes dépareillées, motifs un peu plus voyants que la norme, coupes ajustées, vestes déstructurées, épaules naturelles montées façon chemise, à la napolitaine, poches plaquées, revers larges avec un roulé en faux trois boutons, etc. Surfez sur la vague napolitaine qui fait déjà fureur dans de nombreux pays !www.boggi.comMichael Kors, quelques mots sur sacollection homme printemps 2016La vie insulaire... De capri à catalina... Des coupes décontractées... Une aisance fluide et vaporeuse... La veste déstructurée... Des trenchs décontractés... L'anorak utilitaire... Des cardigans-peignoirs confortables... Des pull-overs et débardeurs décontractés... Le nouveau chino... Des pantalons de survêtement légers... Le pantalon de pyjama retroussé confortable... L'aspect habité du coton et du denim vieillis... Du crépon de coton, du lin et de la batiste textu- rés... Des rayures audacieuses... De subtils motifs shibori et tie & dye... Un mélange de tons pâles, de blanc, cacahuète et écru à bruyère et chanvre... Des bleus méditerranéens, de bleu nuit à bleu ciel... Des accents poussiéreux de rose et de sauge... Des écharpes et cache-nez sensuels... Des sandales et chaus- sures bateau robustes... Le cabas élégant et le sac à dos raffiné...www.michaelkors.comHudson Spirit by ChloéLe Hudson donne du caractère à votre look. Portez-le en bandoulière, ou laissez-le danser au gré de votre allure. Orné de franges en cuir, ce sac a de l'attitude. Le Hayley se décline en version Hobo de luxe ou en sac double anses avec des empiècements de cuir et un charme boyish. Dé- couvrez-le dans ses tons automnaux, comme le brun "Clas- sic Tobacco" ou le vert "Eucalyptus". Mini sac Hudson en cuir de veau lisse avec multi pompons en cuir de veau ve- lours, en boutiques et sur :www.chloe.comUn Hiver tout en douceurEric Bompard crée pour cet hiver une collection d’intemporels chahutée par le bon twist : textureshors du commun, coupes af- futées, jeux de couleur... Un véritable écrin cosy pour fri- leux en quête de style. La Maison porte depuis trente ans la passion pour une ma- tière d'exception, le cache- mire. Cette pièce, hautement technique, constitue l'un des emblèmes du savoir-faire de la Maison.Le relief exceptionnel de ses torsades est obtenu grâce au vanisage, une méthode dans laquelle des fils de couleur différente sont symétriquement tri- cotés l'un sur l'autre. La première couleur apparaît sur l'endroit et recouvre exactement la seconde qui apparaît à l'envers pour un subtil jeu de couleurs. Prix de vente conseillé : 780€www.eric-bompard.comDes jeans on ne peut plus distinguéJacob Cohen est une marque qui a été créé en 1985 par Tato Bardelle, ancien fonda- teur des marques Kinghino et America- nino. C'est le fils de Tato qui reprit la marque quelques années plus tard pour en faire une véritable marque de luxe interna- tionale. Il réinventa le jean denim d'une qualité exceptionnelle et d'un confort iné- galé. Redécouvrez le jean Jacob Cohen dans sa version haut de gamme : finitions réalisées à la main, denim d'exception, bou- tons résinés plaqués argent...On dit des jeans Jacob Cohen de la marque Italienne qu'ils ont été conçus pour ceux qui n'en ont jamais portés. Chaque jean de la marque est le reflet d'une manière de vivre : chic et décomplexé.NoVEMBRE 2015jacobcohen.it78]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25ART DE VIVRE & PATRIMoINE L’Art du tempsHorlogerie & JoaillerieQuand Manhattan inspire Saint-HonoréIl y a tout juste 18 ans, la collection Man-hattan lancée par Saint Honoré remportaitle Premier Prix lors de la New York LuxuryDesign Competition. Aujourd’hui, c’est une nouvelle montre Manhattan, fidèle à l’esprit de sa glorieuse de- vancière mais inédite sur bien des aspects, qui apparaît en pleine lumière. Les designers ont choisi de cultiver ses racines Art déco au travers d’un boîtier rectangu- laire au profil galbé s’adaptant parfaitement au poi- gnet. Le moindre de ses détails, depuis le relief de la carrure jusqu’au cadran guilloché argenté, évoque la verticalité caractéristique des buildings de Manhattan. Les grands chiffres romains apportent eux aussi une note géométrique à la fois esthétique et propice à une lecture aisée de l’heure. Manhattan est un nouveau modèle qui célèbre avec style les 130 ans de la marque.www.sainthonore.com/frEterna Adventic, à l’heure des voyagesNouveau garde-temps de la manufac- ture horlogère suisse Eterna, l’Adven- tic GMT arbore un design moderne associé à des fonctionnalités pratiques : petite seconde, date et second fuseau horaire. Animée par un calibre auto- matique de manufacture, cette pièce horlogère séduira, à coup sûr, les globe-trotteurs des temps modernes.L’Adventic GMT bat au rythme du mouvement automatique 3914A, qui se base sur le calibre de manufacture 39 d’Eterna, au- quel s’ajoutent le remontage automatique, le quantième, la petite seconde et le second fuseau horaire. Le calibre 3914A de l’Adven- tic GMT convainc par une très haute précision bénéficiant de la qualité chronomètre, par une réserve de marche garantie attei- gnant 68 heures et par un dispositif Spherodrive encore amélioré. 70 pour cent de ses composants sont d’ailleurs fabriqués sur le site même d’Eterna à Granges ou à proximité immédiate. Prix de vente conseillé : 3 750 €www.eterna.comA l’image d’une bague culte...A l’occasion de ses 50 ans, la maison dinh van réinterprète la bague qui l’a rendu célèbre. Jean Dinh Van fonde sa maison en 1965. En 1967, il crée pour Pierre Cardin la bague Deux Perles : une plaque rectangulaire avec une perle blanche et une perle noire, réinterprétation du classique “toi & moi”. Cette bague marquera le début du succès commercial de la maison dinh van ainsi que la tendance des bijoux carrés. Véritable icône du style, la bague fait son entrée en 2003 au Musée des Arts Décoratifs lors de l’ouverture de la galerie des bijoux contemporains. Bijou à la fois contemporain et intemporel, les créations 2 Perles marient les codes es- thétiques identitaires dinh van : les lignes tendues aux angles adoucis,le jeu entre les vides et les pleins, les formes rondes et carrées, la chaîne dinh van, le noir et le blanc. Nous vous présentons ici la Bague 2 Perles grand modèle 8mm, or jaune, perles Akoya et de Tahiti.www.dinhvan.comFrédérique Constant dévoile sa Classic Manufacture MoonphaseAujourd’hui, la Maison présente son 19ème calibre développé, produit et assemblé en interne : le FC-715. Zoom sur ce mouvement à phases de Lune, mis en scène dans la nouvelle Classic Manufacture Moonphase... boîtier de 40,5 mm équilibré, finition acier inoxydable ou plaquée or rose, cadran argenté. Le disque de phases de lune arbore une représentation de la lune et de la voûte céleste parsemée d’étoiles et apporte une touche poétique indéniable. Habillée d’un bracelet alligator noir ou marron à boucle ardillon, gravée du logo Frédérique Constant, ce nouveau garde-temps trouvera sa place au poignet de personnes en quête d’une montre intemporelle. En acier 3600€,enplaquéorrose3900€www.frederique-constant.comPromesse by H.gringoireTémoin d’instants précieux, le joaillier H. Gringoire lance une nouvelle ligne de bagues offrant un scintillement intemporel aux reflets passionnels. Pavées de diamants, ces bagues d’un beau volume, en or gris, se singularisent par l’ingéniosité du serti clos. Positionné subtilement, il donne l’illusion d’une belle pierre de centre. Du plus bel effet ! Bague en or gris et diamants, sur an- neau serti 0.5 ct 1 590 €, Bague en or gris et diamants, sur anneau serti 0.75ct 2 259 €, Bague en or gris avec diamants ronds et baguettes, anneau trois rangées 4 390 €.www.h-gringoire.frOris, le trésor des profondeursOris présente une nouvelle Aquis Date dédiée aux femmes. Oris est l’un des fa- bricants de montres de plongée les plus novateurs au monde. Destinée à la plon- gée, cette montre haute performance est aussi parfaitement adaptée à la vie mondaine. Sa particularité ? Une lunette en Cermet unique dont la luxueuse fi- nition dorée attire le regard. Le Cermet est une matière composite constituée de métal et de céramique. Outre sa légèreté et sa résistance au choc, qui font de la céramique un matériau idéal pour les instruments de plongée de luxe, le Cermet doré s’accorde aussi à merveille aux tenues de soirées. Son boîtier de 36 mm en acier inoxydable garantit une étanchéité jusqu’à 300 mètres, tandis que la lu- nette est dotée d'un système de rotation antihoraire unidirectionnel pour éviter toutes manipulations involontaires. Cette version élégante présente des aiguilles et des index plaqués or rose, ainsi qu'un bracelet en caoutchouc blanc de couleur coordonné au cadran. A partir de 1550 euros.www.oris.chBRM fait équipe avec Corvette®BRM Chronographes et Corvette® racing s’associent pour vous présenter une série de garde-temps en éditions limi- tées. La collection Chevrolet® Corvette® C7.R Racing rend hommage à une icône de l’automobile et réunit deux en- treprises uniques, partageant la même passion pour l’art du sport automobile. Ces modèles possèdent des éléments caractéristiques de Corvette®, tels que des aiguilles et des cadrans peints sur mesure en jaune C7.R traditionnel, des bracelets en cuir avec surpiqûres personnalisées qui évo-quent les ceintures des voitures de course, des couronnes gravées à l’image de «Jake», la mascotte non officielle de la marque. Composées d’uniquement 100 pièces numérotées, ces séries de montres sont disponibles dans les coloris jaune/noir ou noir/gris. Pour célébrer le duo de Corvette® C7.R qui était pré- sent sur la piste, BRM a également conçu deux séries limitées de 24 pièces sur la base d’un mouvement 24H, un clin d’œil au lancement de la collection lors des 24H du Mans 2015. Disponibles en boutique à partir de Novembre 2015.www.brm-manufacture.com80NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frL’Art du temps - Instant privilégié avec Ekaterina Sotnikova ART DE VIVRE & PATRIMoINE Galeriste d’horlogers indépendantsIl est curieux tout de même de courir après le temps et de ne pas savoir comment le comptabiliser. Enfin pour les gens « normaux » du moins,Par Olivia Baranesfin de se coucher moins sots nous nous allons tenter de dépeindre oscille fait la rencontre de son époux, un décidons de rencontrer la papesse entre une très grande chaleur et un froid avocat impliqué dans la vie politique d’un nouveau genre, Ekaterina glacial. qui la pousse à vivre ses rêves etdont le garde-temps n’est qu’un moyen rapide de donner A lesminutesderetardsquinousséparentdedeuxrendez-vous.Sotnikova, créatrice de l’unique galerie Femme d’affaires incontournable dans un non à rêver sa vie. C’est à partir ded’horlogers indépendants au monde.oui, vous lisez bien, on parle ici d’une ga- lerie à l’instar des galeries d’art ; EKSO Watches Gallery possède tous les codes de ses semblables soit, un showroom à l’adresse confidentielle avec en plus, une visite uniquement réalisable sur rendez- vous. De quoi aiguiser la curiosité de tout les férus d’horlogerie d’exception.Dans ce sanctuaire du huitième arrondis- sement de Paris, le temps semble être sus- pendu. Au quatrième étage d’un immeuble en pierre de taille se cache un cocon aux couleurs sombres et au plafond étoilé, où s’exhibent des pièces aussi étonnantes qu’époustouflantes.Ce n’est autre qu’Ekaterina, la maîtresse des lieux, qui nous accueille dans son en- semble « Less is more, chic » pantalon deLe temple du garde-temps : EKSO Watches Gallery5 rue Magellan – 75008 Parismilieu machiste si clos, elle ne se décrit pas pour autant comme telle. originaire de Russie, mais née en Lettonie à l’époque de l’Union Soviétique, c’est à Saint-Pé- tersbourg qu’elle débute une carrière aussi atypique qu’étonnante, celle d’une gymnaste de haut niveau.Gravement blessée à l’âge de 16 ans elle entame après deux années de rémission des études d’économie dont elle sera gra- tifiée d’un doctorat, mais dont la pratique ne l’intéressera guère. Tombée amoureuse de Paris suite à un voyage réalisé en 1997, Ekaterina quitte tout - ou du moins part sans rien qui la retienne - à l’aventure de la capitale française.Armée de courage et ne parlant que très peu la langue, Ekaterina se lance à cœur perdu dans ce nouveau challenge. De parce moment que du statut de collec- tionneuse de montres, elle déploie ses ailes, enrichie de son savoir acquis au sein de la Fondation de la Haute Horlogerie de Genève et fait le choix de tout recom- mencer, une nouvelle fois.« Je ne pourrais expliquer d’où me vient la passion horlogère qui m’anime. Je m’y suis intéressée et n’ai jamais arrêté », nous confie Ekaterina, qui semble s’étonner elle-même de ressentir une si virulente passion.reste pasmoins unefemme de poigne et de carac-tère. « J’ai dû m’imposer dans un milieu d’hommes, mais suis quelqu’un de di- plomate en toutes circonstances ; j’ai une main de fer dans un gant de velours,voilà une expression qui me cor- respond assez ».Son tempérament nous semble être tout traduit lorsqu’elle nous confie d’un air songeur, avoir rêvé de créer une galerie d’art. on voit dans les yeux de cette grand amatrice de Salvador Dali que c’est un univers qui l’émerveille, la fascine et l’amuse. Soudain, comme sortie de sa rêverie, elle se réadosse à son siège de cuiretnousdit:«etenmêmetempsà quoi bon faire une énième galerie d’art ? Je voulais quelque chose de nouveau, quelque chose qui change ».A force de côtoyer les salons internationaux, son statut d’acheteuse-collectionneuse se transforme ; elle souhaite mettre en avant les véritables artistes qui enferment et ré- vèlent le temps sous toutes ses formes. Les horlogers indépendants, qui pour la plupart ont fait leurs armes auprès des grandes maisons, l’interpellent et l’inté-ressent. Guidée par son flair, son bagou et un sixième sens certain, Ekaterina ren- contre, découvre et se lie d’amitié avec ces artistes hors normes, loin des opé- rations marketing, de la re- cherche du profit et de l’éco- système capitaliste ambiant. En marge de certaines grandes marques - dites hor- logères - dont le plumage est plus important que les rouages, les « indépendants » se ressentent comme les dé- tenteurs du véritable métier d’horloger.Femme de caractère, qui considère que l’entreprenariat n’a pas de sexe, elle continue de courir après le chronomètre, réglant méticuleusement son quotidien ; comme une horloge.Réalisant une collection tous les deux ou trois ans, ces derniers ne créent que 10 à 70 pièces issues du plus pur artisanat, dont le prix se jus- tifie par les heures de travail – 3 000 heures pour certaines pièces- et les matières em- ployées. « C’est comme si je vendais une part de l’âmeComprenant rapidement que sa passion ne pouvait être transmise, elle a décidé de s’occuper seule de son entreprise qu’elle espère aujourd’hui voir grandir. « Je souhaiterais qu’il y ait plus d’initiés. Que les collectionneurs sortent des sen- tiers battus et assument l’exubérance decertaines pièces », dit-el.trant la montre qu’elle affectionne le plus, l’Antiqua QP de Vianney Halter dont le design est tout droit sorti de l’ou- vrage de Jules Verne Vingt mille lieues sous les mers.le en nous mon-© DRcuir et chemisier blanc. D’une grande beauté, son sourire chaleureux contraste avec son visage froid, distant de poupée russe. Ce personnage énigmatique quesa seule détermination, elle obtient un emploi au sein de l’UMP dans les Relations Publiques avec les pays de l’Est ; le véritable tournant de sa carrière s’opère alors. Elle yde l’horloger ».Fidèle à l’amitié et au dévolu qu’elle concède à ses artistes, Ekaterina n’enRégnant en maître sur son « empire » elle trouve ainsi l’équilibre qui fait d’elle, une femme accomplie.NoVEMBRE 201581© DR]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25ART DE VIVRE & PATRIMoINE L’Art du temps - L’actualité automobileLe nouveau Hyundai Tucson en imposePour la troisième génération de son SUV compact, Hyundai renoue avec l’appellation d’origine apparue en 2004, et à laquelle avait succédé le ix35 en 2010 pour d’obscures raisons marketing. Et du coup ce compact l’est de moins en moins : plus long de 6 cm que la précé- dente version (4,47 m contre 4,41), plus large de 3 (1,85 m) et très légèrement plus bas (1,645 m contre 1,650 m) le Tucson se rapproche de son grand frère Santa Fe, par sa ligne dynamique, pas son gabarit et sa calandre imposante.démarrage sans clef, assistance active au stationnement, assistance au maintien de voie, reconnaissance des panneaux, sièges avant ventilés, freinage d’urgence... En prime un innovant hayon intelligent qui re- connaît la clef dans votre poche et s’ouvre seul dès lors que l’on reste quelques se- condes immobile devant le coffre. Man- quent à l’appel toutefois lesports DCT-7 essayée avec le moteur es- sence 1,6 litre de 177 chevaux en version quatre roues motrices, re-marquable de dou-soélectrique.Dernière qualité du Tucson et non des moin- dres, sa garantie cinq ans mais à un tarif qui n’est pas spécialement bon marché.Modèles essayés : Hyundai Tucson 2.0 CRDi 136 Executive. Tarif : à partir de 35550 euros et Hyundai Tucson 1.6 T-GDi 177 4WD DCT-7 Exe- cutive. Tarif : à partir de 37150 euros. Tarifs gamme essence à partir de 22750 euros, tarifs gamme diesel à partir deOpel Adam 1 litre : petit bloc, grande séductiontrop flou du fait sans doute de la directionCnt au rendez-vous : accès mains libres et boîte auto à double embrayage et sept rap- 25250 euros.’est sans conteste une des petites urbaines les plus sé- duisantes du moment. L’opel Adam apparuedans nos rues il y a deux ans a glissé depuisêtre facilement égayée par les nombreuses options de déco (aplat de couleur sur la planche de bord, pe- tites étoiles sur le pavillon, etc.). La finition est en revanche également germanique tout comme l’ergonomie des com- mandes sans reproche. Position de conduite, confort, tenue de route, rien ne vient ternir le bilan au vo- lant de cette super urbaine qui ne rechigne pas devant l’effort au supermarché. Bien que tail- lée XXS, l’Adam permet, grâce à ses deux sièges arrière qui se rabattent, de disposer d’un volume de chargement remarquable (484 litres) pour sa catégorie. Autre trouvaille qui simplifie la vie citadine, le système City qui sur-assiste la di-l’an dernier sous son capot un petit moteur turbo essence trois cylindres à injection de 998 cm3 développant 115 chevaux. Une mécanique inspirée par la mode du downsizing à laquelle sacrifient dés-ormais tous les constructeurs avecplus ou moins de bonheur. opel aréussi avec brio cette alchimie etnous offre une mécanique flam-boyante couplée à une boîte de vi-tesses manuelle à six rapports quimagnifient le plaisir de conduire lapuce allemande. Concurrente di-recte des Citroën C1, Peugeot 108,Toyota Aygo et autres RenaultTwingo, sans parler de "l’ancêtre" Fiat500, l’Adam est bardée de qualités pourleur tenir la dragée haute. A commencer parson look d’une grande originalité, à la fois spor-tif et élégant, au design inventif. L’habitacle est certes assez germanique mais sa morosité ambiante peutrection et facilite les manœuvres.ceur et d’agilité.Si laSur un marché en forte croissance qui re- présente désormais plus de 10% des im- matriculations en France, Hyundai joue clairement la carte de la montée en gamme pour s’imposer face à la concurrence (Re- nault Kadjar, Honda HRV, et bientôt son cousin Kia Sportage conçu sur la même plateforme).feux de route automa- tiques ou le régulateur de vitesse adaptatif, tandis que la qualité de cer- tains équipements laisse à désirer (ca- méra arrière médio-La rupture avec l’ix35 est flagrante, no- tamment sur le plan esthétique. Le Tucson est beau, harmonieux, et confirme la belle progression du constructeur coréen en ma- tière de design automobile. L’habitacle d’une élégante sobriété est spacieux et bien fini, l’équipement digne d’un modèle de gamme supérieure surtout en version Executive. Les technologies modernescre, système audioindigent, bluetoothperfectible...).Sur le plan tech-nique ce SUV fabri-qué en RépubliqueTchèque réserve également unebelle surprise avec le moteur CRDi 136 chevaux couplé à une boîte manuelle à six rapports. Hyundai, qui pêche souvent côté mécanique, réussit avec brio ce couplé qui devrait assurer 40% des ventes dans l’Hexagone, derrière la motorisation 1,7 li- tres 115 ch (60%). Autre nouveauté, lasuspension efficace,quelle que soit la motorisation,garantit un réel confort de roule-ment, en revanche le freinage demeure in-suffisant et la tenue de route imparfaite enraison notamment d’un train avant un peuModèle essayé : Opel Adam Slam 1.0 115 ch . Tarif : à partir de 18 450 euros. Tarifs82NoVEMBRE 2015gamme essence à partir de 10 990 euros.]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[n°25L’opel Corsa tient ses promessesLa rivale affirmée des Renault Clio et Peugeot 208 a fait peau neuve. Nouveau look dans la continuité de l’ancien modèle et surtout refonte mécanique des liaisons au sol (trains roulants, amortisseurs, crémaillère, direction assis- tée...) pour gagner en tenue de route et en confort. Dom- mage que les sièges demeurent un peu rudes et n’offrent qu’un faible maintien. L’habitacle est bien fini mais un peu triste. L’équipement est dans la moyenne de ce qui est pro- posé sur le marché dans cette catégorie de véhicules, avec quelques incongruités comme cette commande de boîte séquentielle sur le pommeau de vitesse. Une boîte auto- matique qui manque par ailleurs de réactivité avec des rap- ports trop longs qui contribuent à rendre le moteur 1,4 i de 90 chevaux un peu anémique et pour tout dire peu agréable en ville. A noter l’absence de stop-and-start sur cette motorisation.www.ecoreseau.frL’Art du temps - L’actualité automobile ART DE VIVRE & PATRIMoINE ESSAIS & TENDANCESModèle essayé : Opel Corsa Cosmo1.4 i 90 ch 5 portes BVA. Tarif : à partir de 18 450 euros. Tarifs gamme es- sence à partir de 11 990 euros. Tarifs gamme diesel à partir de 16.590 eurosopel Karl : un choix raisonnableElle est plutôt jolie de l’extérieur, une sorte de Fiat Panda en plus moderne. Bien finie à l’intérieur, plutôt bien équi- pée – même si bizarrement l’allumage automatique des feux ne fait pas partie de la dotation – mais peu passion- nante à conduire. Proposée avec une seule motorisation, le petit moteur essence 1 litre de 75 chevaux, la Karl fait le job en milieu urbain mais se trouve vite à la peine sur route. Fabriquée en Corée du Sud sur la base d’une Che-Par Philippe Flamandvrolet Spark, la Karl disponible uniquement en version cinq portes est donc un choix de raison, sans passion.Modèle essayé : Opel Karl Edition 1.0 75 ch . Tarif : à partir de 11.790 euros. Tarifs gamme essence à partir de 9.990 euros.NoVEMBRE 201583]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25ART DE VIVRE & PATRIMoINE Baromètre Finance & InvestissementsBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulierÉthique & FinanceuLES BONS PLANS DU MOISparImmobilier : un nouveau prêt pourles rénovationsPubliée au Journal officiel en août, la loi “transition énergétique” a créé le “prêt avance mutation”. Celui-ci a pour but d’encourager les propriétaires à se lancer dans des travaux de rénovation. Il se base sur le prêt viager hypothécaire, dont la création date de 2006. Concrètement, ce prêt permet de recevoir un capital ou des versements réguliers garantis par une hypothèque sur le bien immobilier. Du vivant de l’emprunteur, aucune mensualité ni assurance emprunteur ne sont dues.L’établissement se rembourse du capital et des intérêts au moment de la mutation du bien (vente, succession, donation, ou encore démembrement). Ce prêt peut être proposé par les banques, mais aussi par les sociétés de tiers-financement, et ce uniquement dans le but de financer des travaux de rénovation pour améliorer l’efficacité énergétique du logement.Arthur CohenAssurance-vie : les contrats euro-croissance peinent à décollerLes Français ne sont toujours pas convaincus par l’euro-Président Directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées au secteur financiere3 éditionde«LaNuitdutrading»Entretien avec Yvon Lenglet, directeur marketing IG Group, qui supervise l'événement« Donner des alternatives aux systèmes d’épargne à faible rendement »« L'audience est en croissance depuis la première édition. En outre, une table ronde, dédiée au bilan de l'année Nous avons eu 600 visiteurs la première année et 800 2015 et aux attentes nourries pour l'année suivante, seraQÉthique et finance à contre- sens : les métaphores vivesuo vadis ? Telle est la question que l’apôtre Pierre, fuyant Rome, posait au Christ qui marchait en sens inverse pour revivre le martyre. Telle est aussi laquestion que Paul H. Dembinski, professeur à l’Université de Fribourg et directeur de l’observatoire de la finance, pose à l’éthique appliquée en finance dans son nouveau livre1. Il y expose avec finesse non seulement les raisons (structurelles et conjoncturelles) d’une intervention éthique en finance et ses principaux arguments, mais aussi les pro- blèmes moraux auxquels sont confrontés épargnants, in- vestisseurs, emprunteurs ou intermédiaires. À de nombreux égards, ce livre mérite l’attention de tous : des professionnels et de tout citoyen concerné.pour la seconde édition. Nous en attendons encore plus cette année. D'autant que la formule a évolué d'un format journée à un format nocturne parce que nous avons réa- lisé que l'audience était principalement composée d'in- vestisseurs privés », explique Yvon Lenglet. Le but de la soirée ? Donner de l'information gratuite pour que les in- vestisseurs acquièrent une vision rapide des marchés dans un contexte où il est compliqué de séparer le bon grain de l'ivraie de l'information économique et finan- cière. Organisé par IG Group, cette nuit de la finance est jalonnée par plusieurs moments forts, dont l'intervention de l'expert financier Marc Touati qui animera une tribune macroéconomique pour camper le contexte des marchés, du niveau macroéconomique jusqu'au passage d'ordre.l'occasion de laisser débattre économistes, professionnels des marchés dont le chef analyste du groupe IG et uni- versitaires. « Nous observons que les investisseurs privés développent de bonnes stratégies. Mais nous leur dispen- sons des conseils, comme, par exemple, d'être attentifs à avoir un bon ratio risque/gain. Cet événement permet également de démocratiser la finance aux personnes qui s'y intéressent mais qui n'ont parfois pas franchi le pas. Cette nuit est donc l'occasion de montrer les alternatives aux systèmes d'épargne classique à faible rendement », complète Yvon Lenglet.Jeudi 5 novembre de 16h à 22h30, Salle Wagram, 75017 ParisPourtant, malgré la très haute estime en laquelle je tiens l’auteur, force m’est de regretter que sa démonstration avance à contre-sens. Tout d’abord, pour souligner l’intrication des sphères financières et éthiques, «PHD» (comme on le surnomme) reprend une définition méta- phorique de la finance comme « la production, la gestion et le commerce des promesses ». Hormis le fait que l’usage de cette métaphore filée rend parfois confus et imprécis ses développements, ce point de départ signale une pétition de principe : l’éthique devient une composante interne de la finance ; et je ne suis personnellement pas persuadé que ce soit une manière efficace de convaincre les plus récal- citrants de la pertinence d’une approche éthique en finance. Mais le plus gênant – et ce sera là ma principale critique – est la définition de l’éthique que PHD prend comme support et qui ne me paraît pas appropriée : celle de Ricœur qui identifie l’éthique à « la visée d’une vie accomplie, avec et pour les autres ». En effet, ainsi conçue dans la tradition de la phénoménologie chrétienne, l’éthique ne peut être qu’individuelle et téléologique – ce qui s’avère contraire à l’exigence de concevoir une éthique applicable à des entreprises à but lucratif, c’est-à-dire sans visée et pour lesquelles l’»accomplissement» se mesure d’abord quantitativement. Découle de cette définition une approche subjectiviste, partant de l’individu agissant et se confrontant à des choix, des «dilemmes» – et non pas partant des pratiques et des procédures en usage dans les secteurs fi- nanciers pour y déceler des dysfonctionnements éthiques. Cette dernière méthode a pourtant l’avantage de la neutralité et de l’impartialité – contrairement à celle choisie par PHD qui requiert pour préalable l’acceptation d’une morale chrétienne («Regards chrétiens» est le titre d’un précédent livre). Preuve en est que, pour se structurer comme discipline, l’éthique appliquée doit encore mener un travail épistémologique.LA SPÉCULATION DU MOISIl n’en demeure pas moins que le livre brille par sa capa- cité à repérer et présenter de façon synthétique la plupart des enjeux éthiques en finance.7,5 EUR7 EUR6,5 EUR6 EUR5,5 EUR5 EUR4,5 EURNov DecJan 15Fev Mar AvrMai JuinJuil Août Sept Oct(1) Éthique et responsabilité en finance – Quo vadis ?, collection « Les Essentiels de la banque et de la finance », 2015, RB édition.SelonCM-CIC,labaissedutitreNatixis,supérieureàcelledenombreusesvaleurscomparablesetàl'indiceStoxxEurope600,étaitexagérée. Pour l'analyste, les menaces actuelles qui pèsent sur le secteur bancaire (réglementation, Chine, pétrole...) n'auront qu'un impact limité sur Natixis. D'autre part, celle-ci n'a pas perdu son statut de valeur de rendement, celui-ci pouvant atteindre 7% en 2015 d'après CM-CIC. Il re- commande l'Achat sur la valeur avec un objectif de cours de 6,6 euros.Natixis, une valeur de rendement84NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[n°25www.ecoreseau.frBaromètre Finance & Investissements ART DE VIVRE & PATRIMoINEcroissance. Lancés l’an dernier, ces nouveaux contrats d’assurance-vie ont pour particularité d’offrir à l’investisseur une garantie en capital à la sortie à condition de rester investis huit ans au minimum. Selon un représentant du Trésor, entendu au Sénat, la collecte avoisinerait les 100 millions d’euros par mois. Un début timide pour un produit dont l’objectif est d’atteindre 50 milliards d’euros sous collecte en cinq ans. Le Trésor pourrait donc mettre en place un dispositif temporaire qui viserait à faciliter le transfert de certains actifs des fonds euros vers les fonds euro-croissance. Deux propositions ont été mises sur la table. La première prévoit d’autoriser ces transferts jusqu’à concurrence d’un plafond égal au produit du taux de plus-values latentes du fonds euros et de la valeur comptable des engagements transférés du fonds euros vers le fonds euro-croissance, tandis que la seconde prévoirait un plafonnement des transferts à 10% de la valeur totale des actifs du fonds euro-croissance.Immobilier : les prix repartent à la hausse... seulement à ParisLes prix de l’immobilier à Paris ont progressé de 0,5% au mois de septembre par rapport au mois précédent, d’après les chiffres du site MeilleursAgents. Un chiffre qui s’explique notamment par la progression de 1% observée dans les petites surfaces. Les logements de trois pièces et plus, eux, ont vu leur prix s’effriter de 0,1% en moyenne. En dehors de la capitale, l’ambiance est toujours à la baisse, qu’il s’agisse de la banlieue ou de la province : -0,2% à Lyon et Marseille, -0,3% à Bordeaux, -0,4% à Nice, Toulouse et Lille, -0,5% à Nantes et Montpellier, et jusqu’à -0,7% à Strasbourg. Selon MeilleursAgents, le marché de l’immobilier résidentiel ancien est « toujours convalescent ». Celui-ci anticipe une reprise progressive des volumes et des prix par marché.Le coin des analystesu Actions : des opportunités réapparais- sent selon EDRAMDans une note d'analyse, Edmond de Rothschild Asset Management remarque que les marchés actions ont poursuivi leur repli à la rentrée, pénalisés par plusieurs facteurs : craintes d'un affaiblissement de la croissance mondiale entraîné par les pays émergents, incertitude après le statu quo de la Fed, affaire Volkswagen... Une correction jugée excessive par Benjamin Melman, direc- teur allocation d'actifs et dettes souveraines du gestion- naire, qui considère que des opportunités réapparaissent. Il fait notamment valoir le fait que les enquêtes sur les PMI aux Etats-Unis et en Europe continuent d'afficher de bons niveaux et ne mettent pas en lumière un quelconque ralentissement. Dans ce contexte, EDRAM surpondère les actions par rapport aux obligations, essentiellement sur les marchés européens, et dans une moindre mesure, sur le marché japonais. Sur le front obligataire, il privilégie les obligations européennes, et plus particulièrement celles des pays périphériques, ainsi que les obligations à haut rendement et les subordonnées financières. A l'in- verse, il sous-pondère les obligations d'Etat américaines.u Actions : SwissLife AM « modérément optimiste »Le troisième trimestre 2015 a été l'un des pires pour les investisseurs en actions sur les marchés depuis 2009, dé- plore SwissLife AM. Après des années de nouvelles en- courageantes en provenance des marchés émergents, qui ont selon lui aidé les pays développés à sortir de la grande récession en 2008-2009, les investisseurs crai- gnent de plus en plus des risques systémiques dans cer- tains pays émergents. « La croissance supérieure à son potentiel observée aux Etats-Unis, ainsi que dans cinq des plus importantes économies européennes nous conduit à envisager une hausse des dépenses d'investissement dans ces pays », écrit SwissLife AM. « En supposant que les économies développées progressent en phase avec leur potentiel jusqu'en 2018, nous demeurons modéré- ment optimistes quant à l'évolution des actions », ajoute- t-il. Son scénario de base table sur un taux de rendement moyen global annuel de 5% sur les marchés actions.u Obligations : pour Axa IM, il est trop tôt pour miser sur les émergentsPour Axa Investment Managers, il est difficile d'avoir une opinion sur les marchés obligataires émergents lorsque l'incertitude est si forte. « La croissance mondiale attei- gnant difficilement 2,5% depuis la crise, il suffit d'un léger ralentissement pour se rapprocher dangereusement de la récession », remarque Chris Iggo, Chief Investment Offi- cer, Global Fixed Income chez Axa. Pour plus de perfor- mance, il recommande de rechercher les opportunités créées par des valorisations attrayantes et un faible sen- timent. « Nous nous tournons donc vers les titres à haut rendement américains et européens (obligations ou prêts). Le moment n’est pas encore venu de s’intéresser à la dette de marchés émergents (...) bien que les valo- risations et le sentiment soient proches de niveaux ex- trêmes », ajoute-t-il.Visitez notre site92 rue d'Amsterdam - 75009 PARIS Tél.:0153255080 anacofi@anacofi.asso.frwww.anacofi.asso.fret retrouvezun professionnel proche de chez vous ou par spécialitéAvec sa Confédération, l’ANACOFI représente un poids économique qui avoisine les 5000 entreprises, pèse entre 40 et 45 000 emplois et est l’une des 2 principales fédérations d’IFA d’Europe.NoVEMBRE 201585]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25ART DE VIVRE & PATRIMoINE Patrimoine - Assurance-vieFocus sur un placement ou investissement afin d'analyser les tendances et évolutionsLe temps des questionsCes contrats font des émules, ce qui n’empêche pas les souscripteurs de faire l’arbitrage entre sécuritéet rentabilité en période de baisse de taux.2014. Une tendance qui ne devrait pas s’inverser après la nouvelle baisse de ré- munération du Livret A, dont le taux est passé de 1% à 0,75% au 1er août 2015.Altariba, directeur des adhérents de la mutuelle d’épargne Carac, compare l’assurance-vie à « un cou- teau suisse qui permet de répondre à plusieurs ob- jectifs ».rendements supérieurs.Quelques arguments très simples expliquent l’attrait des contrats d’assurance- vie. « Le cadre juridique et fiscal offert est le plus abouti pour gérer son« Nous avons une politique tarifaire très serrée car notre structure nous permet d’avoir des coûts de fonc- tionnement faibles. Nos ta- rifs sont inférieurs d’un tiers à la concurrence. Nous sommes les premiers à avoir pratiqué 0€ de droit d’entrée et 0,6% de frais de gestion », fait valoir leFONDS EN EUROS :LA DESCENTE IN-FERNALE DES TAUXPour autant, l’épargnant a-t-il raison de concentrer directeur de LinXea.Un couteau suisse qui permet de répondre à plusieurs objectifsépargne », résume Sté- phane Carlucci, directeur général de LinXea, spé- cialiste de l’assurance-vie en ligne. Dans le baromètre CSA “Les Français, l’épargne et la retraite”, 49% des personnes inter- rogées jugent l’assurance- vie comme un placement sûr et 32% soulignent l’avantage fiscal sur les droits de succession. Deux atouts de taille pour des Français qui choisissent l’assurance-vie afin de pré- parer leur retraite (48%) et d’aider financièrement leur famille (37%). BernardLUn succès qui repose sur l’impression qu’a le souscripteur de prévoir l’avenir pour lui mais aussi sa familleson épargne sur l’assu- rance-vie ? La question mérite d’être posée au vu des derniers taux de ren- dement affichés. « En 2014, le taux de rendement moyen des fonds en euros s’élevait à 2,48% et nos prévisions tablent sur 2,25% nets de frais de ges- tion en 2015 », indique Cyrille Chartier-Kastler. Un taux satisfaisant par rapport à d’autres produits d’épargne sans risque, même s’il est loin des taux pratiqués il y a quelques années. « L’assurance-vie affichait 5 voire 6% de rentabilité par le passé, mais les taux actuels sont bons quand on regarde le paysage des placements sans risque », souligne Sté- phane Carlucci.« Nous n’avons pas d’ac- tionnaires à rémunérer et nous nous positionnons sur une gestion de long terme », indique pour sa part Bernard Altariba pour expliquer les taux de ren- dement de la Carac.’assurance-vie a Les encours accumulés de contrats d’assurance. conquis la place de continuent de croître à un Selon les chiffres d’aoûtSi l’assurance-vie est sans aucun doute à un tournant, la raison est à la fois simple et technique. Schématique- ment, on peut distinguer deux grands types de contrat : les fonds en euros et les unités de compte. Le contrat d’assurance-vie en euros est un contrat mono-support et l’épargne est investie en obligations, emprunts d’Etats, bons du Trésor. Les sommes enga- gées et les intérêts capita- lisés sont donc garantis par l’assureur. « Leur rentabi- lité est orientée à la baisse car l’OAT, le taux de réfé- rence des placements obli- gataires, qui s’affichait à 16%ilya30ansestré- cemment descendu à 0,9%, analyse Cyrille Chartier- Kastler. Et le matelas constitué par les encours en euros n’absorbera pas la baisse éternellement. » L’arrivée prochaine de Sol- vency II, qui va limiter la prise de risques dans les actifs des fonds en euros, est un autre élément à pren- dre en compte.important », 2015 de l’Association fran-produit d’épargne rythmepréféré des Français : 25% confirme Cyrille Chartier- çaise de l’assurance (AFA),pour l’assurance-vie, 20% pour le PEL et 18% pour le Livret A. « L’assurance-La Tontine, association collective d’épargne viagère, réunit des épargnants pour investir des fonds en commun avec un horizon de placement déterminé, entre 10 et 25 ans. Deux types de Tontine sont proposés : la Tontine à prime unique pour investir un capital de départ ou la Tontine à primes périodiques pour épargner à fréquence régulière. Au terme, le produit, à savoir les sommes investies, les revenus générés, les plus ou les moins-values et les bénéfices de mutualité, est réparti entre les bénéficiaires des adhésions dont les assurés sont en vie. L’adhérent peut souscrire une assurance décès permettant de verser un capital aux béné- ficiaires désignés.Avec ce modèle, les fonds sont indisponibles pendant toute la durée du contrat. C’est là l’un des secrets des performances de la Tontine. « L’échéance fixe permet d’adopter une gestion financière fine à horizon déterminé. Ce long termeconfère à nos gestionnaires une liberté et une souplesseKastler, fondateur de Facts & Figures, conseil en stra- tégie sur l’assurance, et de Good Value for Money, prescripteur indépendantlesdepuis le début de l’année atteignent 89,6 Mds d’eu- ros, contre 85,9 Mds d’eu- ros à la même période encotisations collectéesvie enregistre unemique de forte collecte.dyna-La TontineL’avantage du long termeCette baisse progressive des taux des fonds en euros est appelée à se poursuivre. « Nous évaluons la baisse entre -15 et -20 centimes par an pour les prochaines années », fait savoir le fon- dateur de Facts & Figures. S’il n’y a donc pas « d’alerte majeure pour l’épargnant », la rentabilité peut tout de même vite fondre entre les prélève- ments sociaux de 15,5%, l’inflation et les frais de gestion. Certaines compa- gnies servent toutefois desde gestion uniques. Ils sont en mesure d’opter pour des in- vestissements à long terme, en se positionnant aux moments opportuns sur les marchés financiers », explique Le Conser- vateur, groupe mutualiste considéré comme le seul acteur sur le marché des Tontines.« La Tontine affiche chaque année un rendement de 1 à 2% meilleur que les fonds en euros », souligne l’expert Cyrille Chartier-Kastler. De plus, la Tontine bénéficie du régime fiscal privilégié de l’assurance-vie : au terme de l’adhésion, les plus-values sont imposées soit à l’impôt sur le revenu, soit sur option au taux réduit actuellement en vigueur de 7,5%.« Pour ouvrir une Tontine, il faut avoir bien intégré que votre argent est indisponible et que vous devez faire confiance aux gestionnaires », insiste Françoise, 45 ans, qui a ouvert une Tontine il y a 20 ans.86NoVEMBRE 2015Œ]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[SALLE WAGRAM, PARISJEUDI 5 NOVEMBREAPRÈS LES CHOCS DE 2015, QUELS ENJEUX POUR 2016?Des experts apporteront leurs lumières sur le contexte macro-économique de 2015, et ses implications pour les investisseurs en 2016.Analyse des marchés clés – Stratégies de trading sur indices, devises, actions et matières premières – Décryptage des opportunités offertes en 2016.Ne restez pas dans l’ombre. Illuminez votre trading avec IG.Inscription gratuite sur IG.com]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25ART DE VIVRE & PATRIMoINE Patrimoine - Assurance-vieRISQUE ET RENTABILITÉ DES CONTRATS EN UNITÉS DE COMPTE Pour espérer une meilleure rentabilité, il faudra donc miser sur les contrats en unités de compte (UC). Avec ces contrats, l’épargne est investie sur différents supports finan- ciers : parts d’actions, parts de sociétés ou fonds de placement (actions de Si- cav, parts de FCP, de SCPI, parts ou actions d’oPCI...). Selon la fluctuation des marchés financiers et im- mobiliers, la valeur du contrat peut diminuer. L’épargnant prend donc un risque et peut, au terme de son contrat, retrouver un capital global inférieur à l’épargne versée.prendre aux clients qu’UC n’est pas synonyme d’ac- tions, mais qu’il existe un panel de solutions. Le choix n’est pas binaire en- tre euros et actions », jus- tifie olivier Mariée, direc- teur des activités Epargne d’Axa France. D’une ges- tion pilotée pour les profils les moins avertis à une of- fre en architecture ouverte pour les clients qui veulent faire leurs arbitrages en gestion libre, Axa réalise aujourd’hui 40% de sa col- lecte en UC.Si la fin des fonds en euros n’est certainement pas pour demain, un mouvement s’amorce. « Les fonds en euros sont largement ma-montant ne représente en- core que 21% des cotisa- tions 2015, mais les ver- sements sur les supports UC sont en progression derisque intermédiaire puisque le capital n’est ga- ranti qu’au terme d’une détention minimale de huit ans, mais que le rendementserve le directeur des acti- vités Epargne d’Axa France. Le Trésor justifie d’ailleurs ce retard à l’al- lumage par « la baisse très importante des taux d’in- térêt, qui pénalise les nou- veaux fonds ne pouvant in- vestir sur le marché obli- gataire que dans des titres à rendement réduit, tandis que les fonds euros exis- tants, qui bénéficient en- core d’obligations plus an- ciennes, offrent un rende- ment supérieur bien qu’en décroissance. »Les fonds euros existants, qui bénéficient encore d’obligations anciennes, offrent un rendement supérieur bien qu’en décroissancejoritaires aujourd’hui dans notre mutuelle, mais une diversification vers les UC est lancée. Nous ajoutons d’ailleurs une UC Immo-36% par rapport à la même période en 2014.« Après un demi-siècle de produits miracles, les clients vont chercher desattendu est meilleur que les fonds en euros. Voulus par le gouverne- ment comme un outil de financement de l’économie,Pour faciliter le décollage des fonds euro-croissance, il est envisagé d’adopter un dispositif temporaire permettant le transfert de certains actifs en plus-va- lues latentes des fonds eu- ros vers les fonds euro- croissance, dans une pro- portion à déterminer. « C’est scandaleux pour l’épargnant. De plus, les fonds euro-croissance ré- pondent à un souhait du gouvernement, mais n’ont pas d’intérêt pour l’épar- gnant », estime Cyrille Chartier-Kastler.« Diversifier son épargne est intéressant sous réserve d’un certain horizon de placement. Tous les contrats en unités de compte ne se valent pas. Plutôt que les contrats standards, gérés par des asset managers, avec 10 à 20 unités de compte, qui affichent des frais de ges- tion élevés et pas les meil- leures performances du marché, il est préférable d’opter pour les contrats patrimoniaux avec 30 à 100 UC, voire même 200 UC référencées. Une gamme plus riche et plus variée pour faire ses arbi- trages et réaliser des plus- values », affirme Cyrille Chartier-Kastler. Un suivi précis est alors nécessaire, mais la faible culture éco- nomique et financière de bon nombre de Français constitue un frein. En 2014, le rendement moyen des supports en unités de compte s’élevait à 4,7%. Un taux qui peut grimper grâce à des arbitrages ju-Le panorama de l’assu- rance-vie est donc beau- coup plus vaste que ce qu’imaginent la plupart des souscripteurs. Et après que « les Français se soient intoxiqués à l’assurance- vie sans diversifier, il est aujourd’hui nécessaireUn profil qui privilégiera sûrement un contrat en unité de compte à un fonds en euros...LinXea entend bien, lui aussi, couvrir la clientèle la plus large possible. « Les épargnants peuvent visua- liser en temps réel la si- tuation de leur épargne grâce à un outil baptisébilier à notre contrat mul- tisupport. Cette diversifi- cation s’effectue dans le cadre d’une démarche de conseils et dans une rela- tion de confiance nouée avec nos adhérents », in-alternatives crédibles. La surcapacité d’épargne des Français et la probléma- tique des retraites laissent penser que l’assurance-vie va continuer d’être un vé- hicule privilégié. Le modèle va se réinventer, il n’y aura pas de solution évidente et l’expertise de spécia- listes sera primordiale », prévoit olivier Mariée.les fonds euro-croissance n’ont pas connu le succès escompté. « C’est un bon produit mis sur le marché au mauvais moment », ob-pour les o.changer de cap afin de privilégier les unités de compte, l’engagement des épargnants sur le moyen- long terme et la promotion d’approches de prépara- tion à la retraite », conclut le dirigeant de Good Value for Money.Séverine RenardPortrait-robot du souscripteurUne enquête de l’Association française de l’assurance (AFA), réalisée en mars 2014, révèle que les retraités constituent 35% des souscripteurs de contrats devant les employés (25%), les cadres moyens et les agents de maîtrise (16%), et les actifs non salariés (8%). Le revenu brut annuel moyen du ménage des souscripteurs se monte à 41200€, mais 57% déclarent un revenu inférieur à 35000€. Enfin, si le patrimoine financier moyen des sous- cripteurs s’établit à 102100€, plus de la moitié des sous- cripteurs déclarent un patrimoine financier inférieur à45000€.pérateurs deIl faut faire comprendre que le choix n’est pas binaire entre euros et actions, il existe tout un panel de solutionsProfilagedicieux...Sur ce marché des UC, BNP Paribas, Axa et Al- lianz représentaient 45% de la collecte en 2013. « Nous avons pris le virage plus tôt et formé nos agents. Il faut faire com-Agregus. Ils sont ainsi ac- teurs et s’affranchissent du conseiller. Nous main- tenons également un ser- vice avec un conseiller pour une approche didac- tique », commente Sté- phane Carlucci.siste Bernard Altariba. Dans ce contexte, il est à noter que, d’après les don- nées de l’AFA, les verse- ments sur les supports uni- tés de compte s’élèvent à 18,4 Mds d’euros depuis le début de l’année. CeLE GOUVERNEMENT VEUT DOPER LES FONDS EURO-CROISSANCE Le produit de demain sera peut-être le fonds euro- croissance... Au sein des contrats multi-supports, ces nouveaux fonds, lancés en 2014, offrent un profil de88NoVEMBRE 2015]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°25ART DE VIVRE & PATRIMoINE Regard sémantiqueDepuis huit ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées à la galerie Verneuil Saints-Pères à Paris.La mémoire des motsCRISE, VOUS AVEZ DIT "CRISE" ?Nomdutableau: Crise, JaneBee Dico d’époqueEn voilà une expression technique et financière qui jadis était réservée aux spécialistes. Depuis peu, ce «Triple A» est devenu familier. Il est bien en- tendu un symptôme de la crise. Il est comme sous-entendu lorsque l’on évoque la crise économique.Et si la solvabilité est bonne alors le taux d’intérêt est censé être plus agréable !Le Triple A passe à l’as ?© Jean Paul Goffard«Quand je m’examine, je m’inquiète. Quand je me compare, je me rassure « ?En 2014 comme en 2015, la crise devient un état permanent. Il ne s’agit plus de sortir de la «crise» mais de vivre avec. La crise serait- elle devenue un état d’esprit ?Parmi ces solutions, l’économie numérique et collaborative semble être l’unique vue.La crise vient de loin !Dans les années qui ont précédé ce «la vie en crise» de 2014, la «crise» a été jumelle de la ri- gueur.A l’arrivée de François Hollande, 75% oblige, le champ sémantique de la «crise» était ali- menté par la chasse aux «Hyper-riches, il y avait également le «triple A» et les «profits». Bien entendu la «dette» n’avait pas disparu. Et on a même entendu parler «d’évasion» des riches.Sur le tableau «la vie en crise», c’est effective- ment un mot et un seul qui occupe l’espace. Ce mot tourne en rond. Ce terme aligné à longueur de manchettes de journaux est devenu une ha- bitude. Il cristallise la somme des angoisses et des incertitudes dans tous les domaines. «Crise de société», «crise sécuritaire», «crise écono- mique» !A l’origine «la crise» provient du latin «crisis» signifiant «manifestation grave d’une mala- die». Dans le grec ancien, la «krisis» renvoie à la notion de «jugement» et de «décision» ! Avec ses racines grecques et latines la «crise» ex- prime une situation grave où il faut agir et se distinguer.Ensuite, en 2013, autour de la «crise» se gref- faient tout et son contraire. La croyance en «la sortie de crise» cohabitait avec le «la fin de la crise n’est pas pour demain». C’est pour cela que l’on voit en 2014 qu’elle est devenue un état de fait et que dans sa ronde infernale, elle dissout toute idée de rémission.La danse de la criseLa transformation et la «crise» vivent en continu. Elles sont deux sœurs jumelles qui nous laissent en attente. Cela voudrait-il dire que tout ne dépend pas que de nous ?La crise dans ce tableau semble danser et tour- ner. Ilyaceuxquienvivent.Ilyaceuxquisem- blent regarder la crise comme un moment de transformation. Et puis il y en a d’autres qui se voilent la face. Ils ne veulent pas voir et surtout ne rien savoir.Malgré ce constat, l’oCDE publiait en 2014 un indicateur selon lequel les Français n’étaient pas si mécontents de leur sort notamment en matière de logement et d’environnement. Même si ce n’est pas une opinion que laissent transparaître les médias, cet état de satisfaction du public serait relié au fait que selon ce Better Life index, les Français se comparent avec d’autres pays.Pourtant, les décideurs économiques et poli- tiques ne cessent de vouloir trouver des «re- mèdes» à la crise. Pourquoi des «remèdes» et pas des médicaments ? Parce que «médica- ment» reste étroitement relié à la médecine et à un traitement précis. Remède dégage un sens plus large qui peut accueillir toutes les idées et solutions.Triple A !La maxime de Talleyrand serait-elle juste :Le pouvoir absorbant de la criseparLe citoyen, lui, ne paraît pas particuliè- rement passionné par cette considéra- tion financière. Il est confronté à tant de chiffres négatifs qu’il a besoin de choi- sir. Et le taux de chômage est évidem- ment plus significatif qu’un Triple A ! Aucun homme politique ne brandit le «retour du Triple A» comme promesse électorale.Jeanne BordeauLe Triple A s’en va et alors ?Fondatrice de l’Institut deLes journalistes ont déployé une grande pédagogie pour expliciter cette expression. Et, finalement, il semble qu’aujourd’hui cela ne pro- voque plus vraiment d’inquiétude. Sans doute parce que les agences de notation sont entourées d’une image opaque. Le pays de Voltaire n’a pas oublié de s’interroger au fil de débats passionnés sur la légitimité de ces entités. Sont-elles vraiment indépen- dantes ?la qualité d’expressionLe Triple A, on ne l’a pasC’était en juillet 2013, la France per- dait son dernier «Triple A». Verdict de l’agence de notation franco-amé- ricaine Fitch Ratings. Ce «Triple A» ressemble à un 20/20. Il est une façon de signifier qu’un pays ou une entreprise possèdent une bonne sol- vabilité.Perdre le «Triple A» a été perçu à l’époque comme une «alerte sérieuse». Depuis le signal d’alarme ne cesse d’être tiré, et de façon plus claire puisque, on ne sait plus très bien qui réussira l’opération «sauver l’euro» !NoVEMBRE 2015PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 26 NOVEMBRE 201590]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRECABARET DU MONDE !DINER ET REVUE À 19H À PARTIR DE 190 € REVUE À 21H ET À 23H À PARTIR DE 77 €MONTMARTRE82, BLD DE CLICHY - 75018 PARIS TEL : 33(0)1 53 09 82 82THE SHOW OF THE MOST FAMOUS CABARET IN THE WORLD !DINNER & SHOW AT 7PM FROM €190 SHOW AT 9PM & 11PM FROM €77WWW.MOULIN-ROUGE.COM FACEBOOK.COM/LEMOULINROUGEOFFICIEL© Bal du Moulin Rouge 2015 - Moulin Rouge® - 1-1028499]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[]]></page></pages></Search>