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n°25
PANoRAMA Régions & Territoires - Pays-de-la-Loire
EcoRéseau s'attache à décrire les forces et potentiels insoupçonnés d'un territoire,
Le bon élève
d'une métropole ou d'une région
Si elle n’a pas besoin d’une autre pour briller, la région aurait tout de même vu d’un bon œil une fusion avec la voisine bretonne.
Belem, quai de la fosse, Nantes
Tel le peuple d’irréductibles Gaulois imaginé par le célèbre dessinateur Albert Uderzo, la Bretagne résiste au mouve- ment de fusion des régions qui s’empare de la France. Au grand dam des voisins ligériens, nombreux à percevoir un éven- tuel rapprochement comme une opportunité et une chance de prendre une dimension supplémentaire. Le président de la CCI régionale des Pays-de-la-Loire Bruno Hug de Larauze rêvait même de voir renaître l’Armorique d’antan : « Il se trouve que re- configurer la région actuelle en se basant sur ce territoire histo- rique a plus que jamais un sens dans l’économie du 21e siècle ». Il n’en sera rien.
Réforme territoriale
Les Pays-de-la-Loire ont de quoi se consoler. Ils jouissent d’une forte attractivité. La population croît de 1% par an depuis dix ans.
La fusion de régions n’a de sens que si une co- hérence économique la justifie. En ces temps de rapprochement des territoires, l’argument prend des allures de vieille rengaine entonnée aux quatre coins de l’Hexagone par ceux qui regardent leurs voisins du coin de l’œil. « C’est pourtant justement ce qui caractérise la Bre- tagne et les Pays-de-la-Loire. La liste des forces communes et des collaborations déjà en place est longue », affirme Bruno Hug de La- rauze pour qui le maintien de la configuration territoriale actuelle masque « clairement un rendez-vous manqué ». Alors, pourquoi les deux régions continuent-elles à faire cavaliers seuls ? « Les raisons sont purement politiques. Nous sommes scandalisés par le refus de la Bretagne de faire alliance. C’est regrettable, d’autant que la responsabilité de ce choix in- combe en réalité à peu de personnes », tempête
Jean-François Gendron.
Des développements de services informatiques à ceux de l’agroalimentaire en passant par les projets relatifs aux énergies marines renouve- lables, force est de constater que bon nombre d’atouts cultivés par les deux régions sont étrangement similaires. « Que dire du pôle de compétitivité Végépolys, par le biais duquel de nombreux acteurs ligériens et bretons travail- lent, main dans la main, sur des projets relatifs à la recherche agronomique, au fonctionne- ment des génomes ? », illustre Bruno Hug de Larauze. Parmi les collaborations concrètes, on peut aussi citer ADN’ouest, l’association des décideurs du numérique, dont le rayonnement des activités d’échanges et de partages de sa- voir-faire et d’expériences couvre le territoire breton et ligérien.
Le département de.
Loire-Atlantique est l’un des premiers en termes de création d’entreprises. Selon un sondage publié par l’institut Think en 2015, Nantes figure à la cinquième place des villes françaises où il fait bon entreprendre. Plusieurs pôles sont identifiés comme des terres d’avenir en transformation numé- rique, agroalimentaire, aéronautique, automobile, navale, sans compter les énergies marines. A cela s’ajoute un taux de chômage parmi les moins élevés du pays qui parachève l’étiquette de bon
Mathieu Neu
élève de la région.
Un rendez-vous manqué avec les Bretons
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NoVEMBRE 2015

