﻿<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="no"?><Search><pages Count="92"><page Index="1" isMAC="true"><![CDATA[EcoRéseauL’information économique et positive, autrementCréer leur entreprise à la campagne :ILS ONT OSÉ !Juillet - Août 2015 - n°22 - 3,90 € - ecoreseau.fre-sexPOUR UN ORGASME, CLIQUEZ ICIECONOMIE DU BONHEURComprendre, Entreprendre, InnoverLe Fabuleux DestinENFIN DES MESURES PLUS PRÉCISESdesEntreprisesCentenairesLes secrets de la pérennité dévoilés...LES ENTREPRENEURS DU MOISNANS ET MOUTSNus et CulottésFRANCOPHONIEPotentiel d'influenceRECONNAISSANCE FACIALE« SHAZAM-isation » du mondeMONTRES CONNECTÉES : SEREZ-VOUS À L'HEURE CET ÉTÉ ? RÉSEAUX : LES CONFRÉRIES - INTERNATIONAL : VACANCES ORIGINALESALL/BEL/ESP/ITA/POR : 4.50 € - Canada : 7CAD - Maroc : 50 MADEcoRéseau]]></page><page Index="2" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="3" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="4" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22editoRiAlSeul(e) sur le sable, les yeux dans l’eau...Q ui a dit qu’en été notre cher lecteur(trice), parce qu’il(elle) est allongé(e) au soleil avec un mojito dans une main et les doigts de pieds en éventail, met en- tres parenthèse ses lectures économiques de l’année ? Ayez la bonne idée ded’espoir alors que la conjoncture est censée l’annihiler. Pas assez rentables ? trop peu réactives face aux exigences d’une économie moderne ? Ringardes ? Celles qui ont été critiquées par le passé s’affirment désormais comme un modèle de résilience. l’inno- vation, aussi astucieuse et révolutionnaire soit-elle, ne signifie pas forcément vente. les goûts et habitudes des clients, l’offre concurrente ou les normes en vigueur peuventglisser ce numéro double dans la valise entre les tongs et la serviette multicolore, d’une part parce qu’il fera un parfait cache-soleil, mais aussi parce que les sujets traités, aussi estivaux soient-ils, n’en demeurent pas moins interpellatifs d’un point de vue écono- mique. Ainsi Nans et Mouts, s’ils amusent les téléspectateurs de France 5 en se lançant des défis de voyages nus à travers l’europe, n’en demeurent pas moins des entrepre- neurs malins et de fervents théoriciens de la décroissance. le business model du Zoo de Beauval, les approches des parcs du Puy du Fou et du Futuroscope, le rebond stra- tégique du Club Med ou les mesures plus précises de l’économie du bonheur par les etats prouvent que l’on peut mêler sujet rafraichissants et informatifs. les technophiles invétérés se délecteront sur leur Kindle 3G des papiers sur les montres connectées ou la reconnaissance faciale ; les amateurs de bonne chère apprécieront le Réseaux & in- fluence sur les Confréries, les hédonistes d’un autre genre se délecteront du prospective sur le sexe connecté de demain. Mais surtout chers lecteurs, vous qui n’entendrez plus le bruit de la mer et ne vous agacerez plus des grains de sables glissant sur votre ser- viette - tant vous serez intéressé... si, si ! - la une sur les entreprises centenaires, leurs secrets de longévité et leurs obstacles, saura vous adresser un formidable messagedémontrer le contraire. Ce ne sont pas les concep.New Coke, de la 1007 ou de la Vel Satis qui diront le contraire... les entreprises sé- culaires mises à l’honneur ne sont généralement pas des acteurs high techs, évoluant dans des secteurs traditionnels comme l’agro-alimentaire, le textile, le négoce, le trans- port... Simplement, elles ont poussé leur adaptation à son paroxysme, qui consiste à coller aux aspirations de clients fidèles et de longue date, avec lesquels elles entretien- nent des liens humains. Mieux vaut bien les connaître pour concocter en continu l’offre de niche subtile, qui met à l’abri des grands concurrents et répond parfaitement aux desiderata... Bonne lecture puis bonne baignade !Jean-Baptiste LeprinceFondateur & directeur de la publicationJulien TarbyRédacteur en chefteurs du mini disc, du Bi-Bop, duLE CHAT by Philippe Geluck4 Juillet - Août 2015]]></page><page Index="5" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frPANORAMA 6-19 RétrospectiveSoMMAiReSTRATÉGIE & INNOVATION NUMÉRIQUE 52-62525456 58606264-7064 666871-9071exposition universelle de Milan 6 Baromètre de l'optimisme 8Baromètre de l'innovation DécryptageLes rendez-vous EcoRéseaul’essor de la reconnaissance facialele dicoRéseau® 10Haute résolutionGrand angle- les montres connectées sont à l’heure - la cyberdéfense des PMel’économie du bonheur 12Business storyRégions & TerritoiresGl eventsoutre-Mer 14Regard digitalHexagoneAugustin Rudigoz, dirigeant de Mobeyeles fêtes traditionnelles 18RH & FORMATIONInternationalle potentiel économique de la francophonie 19Réseaux & InfluencesCLUB ENTREPRENDRE 20-50 Baromètre & Tendances 20les confrériesA la UneObservatoire Carrières & Talentsla santé de fer des entreprises centenaires 22- les universités d’entrepriseInterview croiséeART DE VIVRE & PATRIMOINEla guerre des Parcs : Futuroscope et Puy du Fou 30En immersionLa Sélection culturelleles secrets du Zoo de Beauval 32L’Air du tempsElectron libre- dix vacances originales autour du monde - Spas et thermes à l’hôtel72 76Nans et Mouts, écolos culottés 34Leçons de mauxL’Art du tempsL’actualité automobile : Essais & tendances79 84 86la grande mue du Club Med 36Prospectivele sexe connecté 37Baromètre Finance & InvestissementsCréer aujourd’hui- les entrepreneurs prennent la clé des champs 38 - les vertus du bien-être au travail 40PatrimoineBusiness guides- les banques de réseaux se mettent en ligne - Résidences de tourismeRegard sémantique87 8890- Affacturage & export 42 - Voyages d'affaires : Séminaires de rentrée 48N°22www.ecoreseau.fr201/203, rue de Vaugirard – 75015 Paris Tél. : +33 (0)1 43 06 23 16 Courriel : contact@lmedia.frEcoRéseau est édité parRCS Paris 540 072 139Actionnaire principal : Jean-Baptiste Leprince Commission paritaire : CPPAP n° 0318 K 91730 Dépôt légal : à parutionNuméro ISSN : 2265-7436Fondateur & directeur de la publicationJean-Baptiste Leprince (jbl@lmedia.fr)RédactionCourriel : redaction@lmedia.fr Rédacteur en chef : Julien TarbyComité de rédaction : Matthieu Camozzi, Olivier Faure, Aymeric MarolleauConseiller éditorial : Philippe FlamandChroniqueurs : Jeanne Bordeau, Arthur Cohen, Marc Drillech, Pascal Junghans,Sophie de Menthon, Jean-Marc Rietsch, Thierry Saussez, Arthur de SoultraitOnt collaboré à ce numéro : Jean-Marie Benoist, Charles Cohen, Anne Diradourian, Jacques Donnay, Julien Fournier, Geoffroy Framery, Ludovic Greiling, Hélène Holvoet, Pierre-Jean Lepagnot, Julie-Chloé Mougeolle, Richard Ode, Mathieu Neu, Yann Petiteaux, Antoine Pietri,Olivier Remy, Pierre Tiessen, Murielle WolskiDessinateur : Philippe Geluck Secrétaire de rédaction : Anne-Sophie BoulardProduction & EditingCourriel : production@lmedia.frResponsable : Frédéric Bergeron Crédits photos : Fotolia, DRMarketing, publicité & partenariatsCourriel : marketing@lmedia.frDirecteur du développement – Associé :Damien Delachaux (damien.delachaux@lmedia.fr)Diffusion, abonnements & vente au numéroLMedia / EcoRéseau201/203, rue de Vaugirard – 75015 ParisTél. : +33 (0)1 43 06 23 16 - Courriel : abonnement@lmedia.fr Abonnement 1 an : 35,90 €TTC au lieu de 39 €TTC Abonnement 2 ans : 68,90 €TTC au lieu de 78 €TTC Vente kiosque : Pagure Presse - Distribution : MLPAdministration & gestionJean-Eudes Sanson (jean-eudes.sanson@lmedia.fr)Imprimeur : Léonce Deprez – imprimé en FranceToute reproduction, même partielle, des articles ou iconographies publiés dans EcoRéseau sans l’accord écrit de la société éditrice est interdite, conformément à la loi du 11 mars 1957 sur la propriété littéraire et artistique. La rédaction ne retourne pas les documents et n’est pas responsable de la perte ou de la détérioration des textes et photos qui lui ont été adressés pour appréciation.Juillet - Août 20155]]></page><page Index="6" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22PANoRAMA Rétrospective - Expositions universellesthink tank planétaireDans chaque numéro, EcoRéseau vous propose de revenir sur un événement ou une institution qui fait l’actualité, en les mettant en regard de ce qu’ils étaient ou auraient pu être il y a un demi-siècle. Pas question de comparer l’incomparable, de fustiger ou de glorifier le passé. Simplement de montrer que non, ça n’était pas forcément mieux avant.ldepuis le 1er mai 2015 s’est ouverte dans l’indifférence générale - ou presque – l’exposition universelle de Milan. Mais il n’en a pas toujours été ainsi. dans les années 60, les « expos » jouaient un rôle clé :’exposition univer- celui de lieu de rencontre mondial où l’Homme réfléchissait à l’avenir de l’Homme. loques aux plans imposés,selle est une très poursuit l’historien, l’Expovieille dame. elle universelle permet une ré- voit le jour en 1851 à lon- flexion très libre, d’où lesdres et son rôle est défini plus tard, en 1928, par le Bureau international des ex- positions : « un but principal d’enseignement pour le pu- blic, faisant l’inventaire des moyens dont dispose l’homme pour satisfaire les besoins d’une civilisation, et faisant ressortir dans une ou plusieurs branches de l’activité humaine les pro- grès réalisés ou les pers- pectives d’avenir. » Vaste programme. Malheureusement, cet ob- jectif initial a très vite été galvaudé. dès le départ, en fait. « Les premières expo- sitions, c’était un jeu de ping-pong entre Paris et Londres qui exposaient tout à tour leur puissance, ex- plique Gérard denizeau*, professeur d’histoire de l’art à l’Université Paris Sor- bonne. Sont ensuite entrées dans le jeu Vienne, Phila- delphie ou Chicago, toujours dans le même esprit : mon- trer ses muscles. »idées peuvent jaillir sans contrainte. Et puis, tous les pays, même les plus petits, y trouvent leur place. Le taux de fréquentation de leurs pavillons est d’ailleurs souvent très élevé, car ils attisent la curiosité. Mais une curiosité saine, dans un vrai esprit de découverte et de dignité. »le premier tournant inter- vient en 1940, à New-York. Alors que l’europe s’enfonce dans le chaos, les Américains intitulent « leur » exposition « la construction du Monde de demain ». Pour la pre- mière fois apparaît une idée de prospective et d’univer- salité. Malheureusement, cet élan sera brisé dans l’œuf par le conflit mondial et il faudra attendre 1958 pour qu’une expo universelle soit à nouveau organisée. Ce sera à Bruxelles, pour une exposition qui restera dans les mémoires comme le dé- but d’une nouvelle ère. les Belges proposent un « Bilan du monde pour un monde plus humain », avec comme sculpture emblématique le désormais célèbre Atomium.« Cela représentait à la fois la grande espérance et la grande terreur, rappelle Gé- rard denizeau. La terreur atomique car Hiroshima n’est alors pas si loin et de nombreux pays se dotent de l’arme nucléaire. Et la grande espérance, au travers de la guérison de certaines maladies, de la possibilitépavillon reste aujourd’hui encore un symbole de ce que doit être l’expo univer- selle : un dialogue entre per- sonnalités de tous horizons pour faire émerger une œu- vre, un projet, une idée qui fasse grandir l’Humanité. les années 60 resteront mar- quées par cet état d’esprit, et elles constituent même1964, c’est « la Paix à tra- vers la compréhension ». en 1967, Montréal propose « terre des Hommes ». trois ans plus tard, c’est « Progrès humain pour l’harmonie » qui est choisi à osaka. Rap- pelons que ces événements se tiennent en pleine Guerre froide et que l’aspiration à la paix est alors générale.et à plus forte raison la ré- volution apportée par inter- net, ont accéléré l’obsoles- cence de l’événement. Pour- quoi prendre un avion depuis Shanghai jusqu’à Milan pour découvrir le travail de tel ou tel confrère, quand je peux lui parler par Skype à toute heure du jour et de la nuit ? Pour Gérard denizeau, « l’exposition universelle est devenue une sorte d’énorme forum où l’on réfléchit sur les grands sujets du mo- ment. » la preuve, avec les thématiques choisies ces der- nières années : « Nourrir la planète » pour Milan ac- tuellement, « les océans, un patrimoine pour l’avenir » en 1998 à lisbonne, ou en- core « l’Homme, la Nature, la technologie » à Hanovre en 2000. Autant de sujets traités avec, il faut le souli- gner, un véritable esprit d’ou- verture et d’universalité, qui permet de dépasser les cli- vages politiques. « Contrai- rement à de nombreux col-Mais de ces extraordinaires lieux de rencontre que sont les expositions universelles naissent aussi de formidables inventions. « C’est en visitant l’Expo de 1889 que Claude Debussy découvre le game-6 Juillet - Août 2015villon Philips, signé par Le Corbusier, dessiné par Iannis Xenakis, et mis en musique par Edgard Varèse et son Poème électronique, diffusé par 400 haut-parleurs. » Cel’Humanité ensemble. la preuve avec les thématiques choisies pour les expos de la décennie, qui rappellent les enjeux prioritaires du moment. A New-York ensemblables venus du monde entier.Aujourd’hui, le visage des expos a changé. l’extraor- dinaire amélioration des moyens de communication,La Biosphère de Montréal, construite à l'occasion de l'Expo 1967.et ça marche ? Pas certain. Bien sûr, les intellectuels, artistes, architectes, agro- nomes, géographes se ren- contrent librement et des projets s’élaborent. « Mais in fine, ce sont toujours les hommes politiques qui ont le dernier mot... Dans le cadre de l’Expo de 1889, par exemple, alors que la France propose au Royaume-Uni un principe de prophylaxie commun dans certains territoires orientaux, et la mise en place d’un cordon sanitaire, l’Angle- terre refuse pour des raisons politiques. »Dans les années 60, finie l’expression des nationalismes, place à l’ouverture sur le monde et à la prospective.lan javanais,. denizeau. Il en est boule- versé et s’en inspire pour ses propres compositions. Ce qui aboutit à une vérita- ble révolution musicale. » espérons qu’à Milan, les compositeurs étrangers ne tombent pas sur une chanson de Kaaris...de faire reculer la faim dans l’âge d’or des expositions les expositions universelles le monde... Et puis, l’Expo universelles. Finie l’expres- ont à cette époque un reten- de 58 restera aussi comme sion des nationalismes, place tissement énorme dans l’opi- l’une des plus grandes ex- à l’ouverture sur le monde, nion. C’est un moment où périences artistico-musicales à la prospective et aux l’on peut découvrir le monde, du siècle au travers du Pa- moyens de faire avancer rencontrer physiquement ses*Auteur en 2009 chez La- rousse de « Les plus beaux sites du monde ».Olivier Faureraconte Gérard]]></page><page Index="7" isMAC="true"><![CDATA[EN CAS D’IMPRÉVU, TOUT EST PRÉVU UNE FLEXIBILITÉ MAXIMALE POUR VOS VOYAGES D’AFFAIRESMODIFIEZ OU FAITES REMBOURSER VOTRE BILLET SANS FRAIS*.France is in the air : La France est dans l’air.PRENEZ UN VOL PLUS TÔT QU’INITIALEMENT PRÉVU,SANS FRAIS NI AJUSTEMENT TARIFAIRE.Offres valables sur les vols opérés par Air France de/vers l’Europe, l’Afrique du Nord et Israël.SKYPRIORITY:SOYEZ PRIORITAIRE À TOUTES LES ÉTAPES DE VOTRE VOYAGE.AIRFRANCE.FR* Si le prix du nouveau billet est supérieur, un réajustement tarifaire sera effectué mais aucun frais de modification ne sera appliqué.]]></page><page Index="8" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°224 La bonne nouvelle ici et maintenant les entreprises françaises ont gagné en pérennité. en effet selon l'insee, 71% de celles qui ont été créées en 2010 étaient toujours actives trois ans plus tard. Soit une nette progression par rapport aux entreprises nées en 2006, et dont « seulement » 66% avaient passé le cap fatidique des trois ans. Cette amélioration est no- tamment liée à un « environnement économique moins défavorable », la période 2008-2009 ayant été mar- quée par une forte contraction de l'activité des entre- prises françaises.4 Pour rêver très loinFaire marcher votre ordinateur à la seule force du re- gard, ça vous tente ? C'est ce que proposent deux in- génieurs suédois finalistes du Prix de l'inventeur européen dans la catégorie PMe. Basée sur le « tracking » oculaire, leur technologie permet de dé- placer la petite flèche sur l'écran par le mouvement des yeux. un clignement de paupière suffit pour cli- quer sur une icône ou un lien. Cette nouvelle interface homme-machine pourrait trouver de très nombreuses applications, notamment auprès des personnes han- dicapées.PANoRAMA Le baromètre de l’optimismeLes bonnes nouvelles existent, encore faut-il les attraper...Face au monde qui change,il vaut mieux penser le changement que changer le pansement Pierre DacLe verbatim à retenir...Des chiffres et des lettres agréablesLe graphique encourageantOn commençait à ne plus ycroire : la France va enfin voir sacourbe de chômage s'infléchirpour redescendre autour des10% à la fin de l'année 2015, selon les prévisions de l'OCDE. Cette légère décruedevraits'amorceraucoursdusecondsemestre,aprèsunpicà10,2% en milieu d'année. Au cours du premier trimestre, le chômage devrait at- teindre 10,1% de la population active métropolitaine, soit +0,1 point par rapport à la fin de l'année 2014.par Thierry Saussez0,6 C'est, en pourcentage et selon les derniers chiffres de l'Insee, la croissance française enregistrée au premier trimestre 2015, après une stabilité au quatrième trimes- tre 2014. Au cours des trois premiers mois de l'année, la production totale de biens et ser- vices a cru de 0,7%. La production manufac- turière notamment a accéléré de 1,3%. Dans le même temps, les dépenses de consomma- tion des ménages ont progressé de 0,8% avecl’onde positiveun net regain des achats d'automobiles.les jeunes d’aujourd’hui ont un rapport décomplexé à l’argent qui est à l’origine de l’engrenage vers la défiance. ils n’ont aucune nostalgie du passé qui fait douter de l’avenir. ils sont peu enclins aux len-entendre, comprendre la jeunesse, l’évolution de ses goûts, ses pratiques, ses attentes, c’est la meilleure façon de rester jeune, de garder son âme d’enfant.les pantalons 1083 sont entièrement confectionnés et teints en France. Seuls la filature, les rivets et les boutons viennent d’italie. Par conséquent, « sur un prix de vente de 89 euros, près de 86 euros irriguent l’économie locale », souligne l’entreprise. Qui dit mieux ?la jeunesse est dans le monde nouveau, celui de l’information qui circule à la vi- tesse de la lumière, de la technologie, des réseaux, de l’instantanéité. toute personne qui reste dans le monde ancien et ne fait pas l’effort de s’adapter, à tout le moins en en décryptant les enjeux, ne peut pas vraiment motiver, entraîner les jeunes d’aujourd’hui.le concept, basé sur une consommation intelligente et une production locale respectueuse de l’environ- nement, séduit immédiatement et génère un joli buzz médiatique. Ainsi, un an après sa création, la marque basée à Romans-sur-isère (drôme) avait déjà vendu plus de 9000 jeans et paires de chaus- sures, créant au passage une dizaine d’emplois ! les produits de la marque sont commercialisés en ligne (1083.fr) et dans plusieurs boutiques de toulouse et de Rhône-Alpes.En % 1110,5 10 9,5910,1%1er trimestre 201510,2%2e trimestre 201510,1% Fin 201510% Fin 2016Des brèves qui donnent le “smile” le matin...les pessimistes ont oublié que sur la ligne de départ nous étions tous égaux. Nous avons été des bébés positifs et optimistes. Nous sommes tombés 100 fois, 1000 fois et, à chaque fois, nous avons tenté de nous relever jusqu’à tenir debout. Sinon nous serions des rampants.demains qui chantent, aux idéologies qui prétendent changer l’homme, la vie, la société, la civilisation.Cette génération est concrète, utilitariste, non d’une façon égoïste ou cynique, mais au sens philosophique. la justesse d’un acte se juge non pas en fonction de principes (surtout ceux qui sont impo- sés) mais de ses conséquences. elle doit tendre à se réaliser individuellement mais en connexion avec les autres, à ap- porter une satisfaction personnelle tout en considérant le bien-être de tous. Nous sommes passés du moi-je, le repli de l’individu sur lui-même, au moi- nous.Business et écologie sont définitivement compatibles. Selon une étude récente de la WWF, la protection des océans par l'extension des aires marines protégées pourrait générer entre 490 et 920 milliards de dollars de bénéfices nets et créer 150000 à 180000 emplois à l'horizon 2050. l'organisation mondiale de protection de la nature précise qu'un dollar investi dans ce chantier rapporterait un bénéfice trois fois supérieur grâce à la création d'emplois directs, la protection côtière ou la pêche.Fondateur du printemps de l’optimismeBonne nouvelle sur le terrain de l'inflation : l'indice harmonisé des prix sur la zone euro a progressé de 0,3% sur un an. il s'agit de la première hausse des prix depuis six mois. Mieux, l'inflation « sous-jacente » (hors tabac, alimentation, énergie...) a progressé de 0,9% sur la même période, signe de la capacité des entreprises à fixer leurs prix et générer des bénéfices. la reprise de l'inflation globale est notamment liée à l'atténuation de la baisse des prix de l'énergie et le rebond des prix des produits manufacturés.Facebook a jeté son dévolu sur Paris pour l'ouverture de son premier laboratoire de recherche en dehors des etats-unis. Créée avec six chercheurs, cette unité spécialisée dans le domaine de l'intelligence artificielle devrait employer à terme une trentaine de super-cerveaux. Mark Zuckerberg a justifié son choix en précisant que la France possède « une des plus grosses communautés autour de l'intelligence artificielle dans le monde ».Nous avons donné libre cours à notre imagination, notre créativité, nos envies de découverte, notre besoin d’appren- dre.Voilà un business qui tourne : selon un rapport du ministère de la défense, les exportations françaises d'armement ont bondi de 18% à 8,2 milliards d'euros en 2014. une augmentation deux fois supérieure à la tendance mondiale (+ 9%). il s'agit de la meilleure performance nationale depuis quinze ans. le Proche et Moyen-orient constitue le premier débouché de la France sur ce secteur. la tendance devrait se confirmer en 2015 avec les ventes de Rafale à l'egypte et au Qatar.C’est pourquoi la jeunesse est une chance. la vie apporte certes son lot d’obligations, de contraintes, de décep- tions. Mais pas suffisamment encore pour nous rendre blasés, briser nos rêves d’enfant, nous faire perdre notre fraî- cheur et même une certaine candeur. on voit bien dans les grandes enquêtes internationales que les jeunes Français sont plutôt moins pessimistes que les adultes. Contrairement à leurs parents qui pensent que leurs enfants seront moins heureux qu’eux, ils sont, en ma- jorité, satisfaits de l’époque dans la- quelle ils vivent. ils ne s’enferment pas dans cette contradiction qui consiste à consommer, sans se poser de questions, les produits du monde entier tout en vo- ciférant contre la mondialisation.La belle histoire du mois : 1083 relookalise le jeanBien des parents et plus encore de pa- trons – j’en rencontre beaucoup lors de mes conférences – sont décontenancés voire découragés par leurs rapports avec les jeunes. il est vrai que ceux-ci ont par- fois une fierté exacerbée et une produc- tivité limitée.C’est une des belles réussites entrepreneuriales ren- dues désormais possibles par le financement parti- cipatif. 1083, la marque de jeans et de sneakers fabriqués en France, vient de faire exploser les compteurs du site de crowdfunding ulule.com en dépassant de 836% son objectif de collecte. elle a en effet atteint les 936 préventes de jeans et paires de baskets. Avec un prix de vente moyen de 89 euros pièce, la start-up a de quoi financer ses stocks ! 1083 a été fondée en avril 2013 par thomas Huriez, un jeune entrepreneur sensible au made in France qui avait déjà créé en 2007 Modetic, une société spécialisée dans la commercialisation de vêtements équitables. Pour contribuer à sauver la filière textile hexagonale, le jeune homme a une idée aussi simple que folle : réduire au minimum le circuit entre le consommateur et le fabricant. Ses jeans bio et snea- kers sont donc fabriqués et éco-conçus en France, soit à moins de 1083 kilomètres de l’acheteur final. un chiffre qui correspond à la distance entre les deux villes les plus éloignées de France métropoli-taine : Menton (Sud-est) et Porspoder (au Nord de Brest). A titre de comparaison, un jean classique par- court en moyenne 65000 kilomètres au cours de sa fabrication...8Juillet - Août 2015]]></page><page Index="9" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="10" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22PANoRAMALes rendez-vous EcoRéseaule dicoRéseau®+ pour vous aider à mieux nous comprendre, ci-dessous les mots clés de cette nouvelle édition du DicoRéseau® : Actualités, baccalauréat, international, PAF, people, politique, télécoms, sports, etc.En guise de revanche sur le pessimisme et la kyrielle de notes, sigles et expressions trop usités dans les médias, EcoRéseau vous livre son glossaire très personnalisé (peut-être un peu trop d’ailleurs) de l’actualité, afin de désamorcer cette ambiance plombante qui semble trouver de nombreux émules dans le pays. Et comme le dit Alan Greenspan, si vous le comprenez, c'est que nous nous sommes mal exprimés.Bac : N.m. Grande loterie annuelle française où l’on est quasiment sûr  Police : N.f. terme américain de typographie. ex : « la police n’étaitde gagner le gros lotpas la bonne. elle a encore fait une bavure »Qui vivrWa-Wrinka : Nouvelle devise de Roland GarrosRATP : Acr. Retard Anticipé sur le temps ProfessionnelSaal : adj : expression d’un mécontentement après un abus: « Quoi ? 40 000 euros de frais de taxi ! C’est abusé. C’est Saal »Sepp : début d’une chanson d’Alizée sponsorisée par la Fifa : « Sepp a ma faute à moi ! »Strauss Kahn : N.p. Jack Bauer de twitter, qui en 24h suscite la curio- sité de 31 000 nouveaux followersUber : expression de chauffeur de taxi nantais ou marseillais qui a le rhume. ex : « j’ai uber d’avoir de nouveaux concurrents »Valls : N.m. danse à trois temps : Jet privé - 1ère mi temps - 2ème mi tempsWawrinka : exp suisse : forme helvète du veni vidi vici.Vous pouvez vous aussi apporter vos définitions personnalisées en nous écrivant à l’adresse suivante : dicoreseau@lmedia.frNotre très sérieux comité examinera votre dossier.Bakou : expr. low cost. ex : « ils ont trouvé le moyen de faire des jeux européens à Bakou »Blatter : N.m. Vieux animaux qui foutent le bordel. ex : « J’ai des blat- ter plein mon grenier »Drahi : expr. qui a trait à la duplicité. ex : « les dirigeants de Bouygues telecom se sont sentis drahi par cette offre de rachat rapide »Evin : expr. Nouveau slogan dans les bistrots français après « et glou !! et glou !! » « evin !! evin !! »FIFA : Acr. organisme où l’on dé-Blatter sur la corruptionFootball : N.m. Matière préférée de Manuel Valls, dont le coefficientne compte quasiment pas dans la note finale.Guetta : equivalent français de Godot. « il guetta l’arrivée d’un vrai musicien pour composer l’hymne de l’euro. Mais jamais il ne vint ».Mercato (échelle de) : N.p. Projection géographique qui explique l’iné- gale répartition des talents footballistiquesOmar Sy : exp. Signe de gratitude utilisé outre atlantique. ex : « Voici votre oscar monsieur! Ô marsy beaucoup »Orthographe : N.m : Concept désuet qui rallonge les SMS inutilement selon les jeunes10Juillet - Août 2015]]></page><page Index="11" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="12" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22PANoRAMA Grand Angle - Le bonheur, indicateur économique ?L'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du panorama, politique, sociétal ou macro-économiqueindices rigolade et courbes de joiedu Brésil au Japon, en passant par le Royaume-uni et la France, retour sur une dynamique mondiale qui entend relativiser la toute-puissance du PiB...Faire rimer économie avec bonheur, voilà qui n’a rien d’évident en ces temps de crise. Pour- tant, la tentation de déve- lopper de nouveaux indica- teurs de richesse, bien au- delà du PiB, semble, petit à petit, faire son chemin. Pion- nier d’un telle démarche, le Bouthan a forgé sa renom- mée mondiale en créant, dans les années 70, le Bon- heur National Brut (BNB), qu’il mesurait via des di- zaines de critères, des ob- jectifs clés autres que la croissance économique : la sauvegarde de la culture et de l’environnement, la santé mentale, la bonne gouver- nance, etc. Si la crise mon- diale actuelle - loin d’avoir épargné le « pays du bon-Incentive - motivationQuels leviers du bonheur au travail ?Comment lutter contre le mal-être au bureau ? Voilà un enjeu sociétal lourd qui intéresse la plupart des experts en économie du bonheur, dont les travaux mettent en évidence les déterminants clés du bien-être au travail. Des ressources essentielles à l’heure où la souffrance au bureau est sur toutes les lèvres ! L’un des premiers enseignements tirés des enquêtes : « les individus ont tendance à être moins satisfaits par leur vie professionnelle que personnelle, car au bureau, lieu de stress par excellence, les événements négatifs entament plus le ressenti que les événements po- sitifs, raconte Andrew Clark, économiste au CNRS et à l’Ecole d’économie de Paris ; ainsi, être mieux payé que ses collègues aura toujours moins d’impact que le contraire ». Si le niveau du revenu s’impose comme un levier phare de bien-être au travail, ce facteur joue toutefois moins pour les cadres, déjà habitués à un montant de salaire élevé. Aussi, les leviers de satisfaction au travail reposent, in fine, davantage sur des critères subjectifs : variété des tâches, autonomie, relations avec les collègues, recon- naissance du management,... « Les entreprises ont - pour nombre d’entre elles - l’habitude de mener des enquêtes d’engagement auprès de leurs équipes. Toutefois, en col- laborant plus souvent avec les chercheurs, elles pourraient analyser avec plus de finesse la structure de la satisfaction des salariés, selon l’organisation du travail, la gouvernance, la hiérarchie des salaires, la transparence,... », rappelle Claudia Senik. Vous voulez en savoir plus sur le bien être au bureau ? Rendez-vous aux Universités du Bonheur au Travail, organisée par la Fabrique Spinoza les 29, 30 et 31 octobre prochains, à Paris.Muhammad Yunus ou le neuroéconomiste ernst Fehr ont mis en avant l’impor- tance de critères non ration- nels et désinteressés dans(Seuil-la République des idées, 2014). Cette branche récente de l’économie, en plein essor depuis les années 1990, entend ainsi mettre àmaintenant pris des mesures afin d’inclure le bonheur national brut dans leur agenda politique national. L’état d’Alberta au Canadatous », commente Nassir Abdullaziz Al Nasser, pré- sident de l’Assemblée Gé- nérale des Nations unies pour la 66ème session, à l’initiative d’une telle jour- née.heur » -, est venue à bout, en 2013, de cet indice na- tional de bien être, l’initiative a fait son chemin à l’étranger en attirant l’attention des plus grands économistes. A l’instar du Prix Nobel d’éco- nomie, Amartya Sen, pour qui la crise est une occasion de repenser les notions de progrès et de bonheur. il a ainsi déclaré que le PiB était très limité : « utilisé seul, c’est un désastre. les indi- cateurs de production de marchandises ne disent pas grand-chose du bien-être, qui dépend de l’organisation de la société ».LE BONHEUR : KÉZACO ?Si une telle démarche a de quoi séduire, elle se heurte dans les faits à un hiatus de taille : comment mesurer une chose aussi impalpable et subjective que le bon- heur ? « En effet, il n’existe pas de définition consen- suelle du bonheur ni même d’indicateur objectif pour le mesurer, rappelle Mickaël Mangot, économiste et en- seignant à l’essec, auteur de Heureux comme Cré- sus ? Leçons inattendues d’économie du bonheur (ey- rolles, 2014). C’est pourquoi l’économie du bonheur s’évertue à replacer l’indi- vidu, ses émotions et ses propres déclarations sur son degré de satisfaction au cœur de l’analyse ». et ce, en observant le bien-être subjectif des individus tel qu’il est déclaré dans les enquêtes. « Pour compren- dre ce qui rend ou non les gens heureux, il faut tout d’abord leur demander ! », résume Mickaël Mangot. différents déterminants éco- nomiques (revenus, situation professionnelle...) ou non- économiques (santé, situa- tion matrimoniale...) vont alors pouvoir influencer trois grandes dimensions du bon-HARO SUR L’HOMO ECONOMICUS ! Poursuivant de tels travaux, le créateur du micro-créditVous avez-dit science molle, reposant sur des représentations et du subjectif ? Noonnn...les prises de décision éco- nomiques, et ce en partant du postulat suivant : « les choix des individus ne sont pas juste guidés par leur seul intérêt personnel, mais par des considérationsmal les standards écono- miques traditionnels repo- sant sur la toute puissance de “l’homo economicus”. depuis lors, le mouvement en faveur de l’économie du bonheur n’a cessé de prendrea, lui aussi, instauré un ‘in- dex canadien du bien-être’, qu’il a ensuite mesuré », rappelle Matthieu Ricard, moine bouddhiste et auteur du livre Vers une société al- truiste (éd. Allary, 2015).La proportion d’Américains se déclarant très heureux en 1970 n’était pas plus élevée qu’en 1942, malgré un12Juillet - Août 2015éthiques, environnementales ou sociales », explique Clau- dia Senik, professeure à l’université Paris-Sorbonne et à l’École d’économie de Paris, et auteure du livre l’Economie du Bonheurde l’ampleur, même parmi les décideurs politiques. « Outre le Bhoutan et le Costa-Rica, connu pour être lepaysleplus«vert»au monde, les gouvernements du Brésil et du Japon ontPlus encore, l’oNu a ins- tauré, depuis 2012, la jour- née internationale du bon- heur fixée le 20 mars. Son objectif : « promouvoir ce sentiment de plénitude comme un but universel pourheur : le bien être émotion- nel, évalué au travers de la capture des émotions posi- tives et négatives de l’indi- vidu, le bien être psycholo- gique (sentiment d’épanouis- sement, de réalisation deniveau de vie moyen deux fois plus élevé]]></page><page Index="13" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frGrand Angle - Le bonheur, indicateur économique ? PANoRAMAsoi...), et enfin, l’évaluation de la vie, la dimension la plus couramment étudiée en économie du bonheur. Cette dernière traduit une analyse à froid, par les sondés, du niveau de satisfaction de leur propre existence, « et ce, au travers de question- naires d’évaluation comme l’ “échelle de Cantril” qui permet à chaque sondé de noter de 0 à 10 la qualité de sa vie », indique l’éco- nomiste.la photo d’un pays ou d’une pas des kilos ou des euros. un impact avéré sur celui- vont dans la bonne direction. époque, un revenu plus élevé Le bonheur déclaré par les ci, comme le revenu, la santé Les citoyens sont-ils contents est toujours et partout as- gens est toujours relatif à ou l’éducation qui sont éva- de leur environnement, de socié à un bonheur plus im- un contexte, à une époque, lués par des indicateurs spé- leur salaire, du degré de dé-RAPPORT STIGLITZ- SEN-FITOUSSIle point d’orgue d’une telle démarche : la publication, en 2012, d’un rapport sur le bien-être de la population commandé par le Premier ministre. Celui-ci avait alors commenté : « À ceux qui di- sent que tout cela ressemble à une distraction par rapport à la gravité des affaires du gouvernement, je dirais que rechercher ce qui améliore vraiment la vie des citoyens et œuvrer en ce sens consti- tue, en vérité, les affaires importantes d’un gouverne- ment ». une déclaration coup de poing qui en dit long sur l’engagement des Britan- niques en la matière... Quid de la position de la France ? « Longtemps, le pays a été à la traîne sur ces questions, même si une prise de conscience s’est opérée sous la présidence Sarkozy, avec la commande d’un rapport auprès de la commission Sti- glitz-Sen-Fitoussi sur la me- sure de la performance éco- nomique et du progrès so- cial », rappelle Gilles du- fraisse. un rapport qui a conduit, in fine, à la création en 2011 du Better life index par l’oCde (organisation de coopération et de déve- loppement économique). Cet indicateur du vivre mieux permet de comparer le niveau de bonheur par pays au moyen de 11 thèmes consi- dérés comme essentiels au bien-être. dernière grande initiative de l’Hexagone : le projet de loi voté en avrilUne mesure subjective qui doit intervenir en complément des indicateurs classiques comme le PIB,et non en remplacementLA SUISSE, PAYS LE PLUS HEUREUXSur ce créneau surfe un nombre croissant d’enquêtes d’opinion, constituant ainsi les matériaux phare de l’éco- nomie du bonheur. C’est le cas de l’enquête sociale eu- ropéenne ou de la “World Values Survey” qui intègrent toutes les deux des questions sur le bien être subjectif. idem pour l’enquête an- nuelle sur les conditions de vie des ménages réalisée par l’insee, qui prévoit dés- ormais des questions sur le bonheur. Certaines enquêtes sont même 100 % dédiées à une telle thématique, à l’instar de celles de l’institut américain Gallup (classe- ment mondial de l’opti- misme, rapport sur la qualité de vie dans le monde, etc.), ou encore le World Happi- ness Report crée par l’oNu en 2012. Ce rapport annuel, qui mesure le bien être des individus, pays par pays, a publié en avril sa dernière édition. Résultat : le pays le plus heureux du monde n’est autre que... la Suisse, suivie de près par les pays d’europe du nord (islande, danemark, Norvège) et le Canada. la France n’arrive, elle, qu’à la 29ème place ! « Dans les enquêtes sur le bonheur, les Français ne sont souvent pas très bien placés, analyse Claudia Se- nik ; ce moindre bonheur français va de pair avec un fort pessimisme et une pro- jection malaisée vers l’ave- nir ». les pays les moins heureux ? d’abord des na- tions africaines : le togo, le Bénin ou encore le Rwanda. Faut-il en conclure que le niveau de vie élevé reste le gage de bonheur ? « En effet, le développement éco- nomique favorise le bonheur de tous, confirme Claudia Senik, car lorsqu’on prendportant ». Si le niveau de bonheur moyen d’un pays augmente avec le revenu par habitant, la relation n’està un ensemble des possibles. Un 7 sur 10 de satisfaction en 1940 n’est pas équivalent à la même «note» en 2010 ».cifiques ou plus synthétiques à l’instar de l’IDH, l’indice de développement humain ». C’est d’ailleurs pourquoi lemocratie dans leur pays ? Passer par le subjectif per- met de rendre la parole aux individus », poursuit Claudia Senik. et de mener, in fine, des politiques publiques plus adaptées. « Alors que la plu- part des orientations poli- tiques sont encore prises à l’aune du strict PIB, l’éco- nomie du bonheur pousse ainsi les Etats à prendre en compte ce type de données subjectives pour mener à bien des politiques nationales en vue d’un développement durable favorisant le bien- être collectif », complète Gilles dufraisse. Plus encore, une telle approche de l’éco- nomie démontre, à travers moult exemples concrets, le succès des gouvernements qui incluent le bonheur dans l’équation. Par exemple, le Royaume-uni, très avancé sur le sujet, est arrivé à la conclusion que la «ruralité», et les «espaces verts» étaient des facteurs clés du bonheur, ce qui influence aujourd’hui ses politiques. « Depuis une bonne quinzaine d’années, et plus particulièrement avec l’arrivée de David Cameron au pouvoir, en 2010, l’éco- nomie du bonheur est priseSaurez-vous reconnaître le Suisse du Français ?et celle-ci d’ajouter : « l’éco- nomie du bonheur n’est pas une science exacte, nous travaillons sur des enquêtes basées sur le déclaratif, dont les résultats doivent être in-World Happiness Report ne prend pas juste en compte, dans sa méthodologie, des critères relatifs au bien être subjectif - la confiance (per- ception d’une absence detoutefois pas linéaire :« quand on sort de la pau- vreté, le bonheur croît très vite, ensuite, la progression se ralentit. Cette relation entre revenu et bonheur est très standard : en matière de consommation, il y a tou- jours une sorte de prime à la nouveauté », développe la chercheuse.Passer par le subjectif permet de rendre la parole aux individus et de donner de vrais retours surPARADOXE D’EASTERLIN Cependant, le bonheur n’est pas corrélé dans le temps à la hausse du niveau de vie, loin s’en faut. découverte fondamentale de l’économie du bonheur, baptisée “pa- radoxe d’easterlin” : la pro- portion d’Américains se dé- clarant très heureux en 1970 n’est pas plus élevée qu’en 1942, malgré un niveau de vie moyen deux fois plus élevé. un argument de poids pour les adeptes de la dé- croissance ? « Pas vraiment, répond Claudia Senik, la mesure du bonheur n’est pas absolue ; ce ne sontterprétés avec précaution ». C’est la preuve qu’une telle mesure n’a de pertinence que « si elle intervient en complément des indicateurs classiques, tels que le PIB, et certainement pas en se substituant à eux ! », lance Gilles dufraisse, consultant à la Fabrique Spinoza, unique think tank français dédié à l’économie du bon- heur. Plutôt que de chercher à piloter directement le sen- timent de bonheur des ci- toyens, Mickaël Mangot re- commande ainsi aux déci- deurs publics d’améliorer « les éléments objectifs ayantles actions des gouvernementstrès au sérieux outre- Manche, rappelle Andrew Clark, économiste au CNRS et à l’école d’économie de Paris ; ainsi pour chaque grande politique publique élaborée, une unité évalue désormais en amont l’impact desdites mesures sur le bien- être de la population ». Plus encore, l’oNS, l’office for National Statistics, intègre depuis quelques années déjà quatre questions sur le bon- heur, dont une sur la satis- faction de la vie, dans son enquête générale annuelle “integrated Household Sur- vey”.corruption), le soutien social (avoir quelqu’un sur qui compter), le sentiment de liberté, la générosité..., - mais aussi des critères plus objectifs comme le PiB par habitant.dernier, et porté par la députée écologiste eva Sas, visant à la prise en compte de 10 nouveaux indicateurs de ri- chesse dans la définition des politiques publiques. et ce, en intégrant à la loi de fi-POLITIQUESPLUS EFFICACESMais alors quid de la plus- value réelle apportée par l’économie du bonheur en matière de politique publique ? « Au-delà des indicateurs classiques, les mesures du bonheur permettent à un gouvernement de vérifier que les orientations prisesnances un tableau de. complétant le PiB. Pour trou- ver les fameux indicateurs, une consultation publique a été organisée en mai et juin par France Stratégie. une grande première qui devrait conférer à l’économie du bonheur la place qu’elle mé- rite dans l’Hexagone.Juillet - Août 201513Charles Cohenbord]]></page><page Index="14" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22PANoRAMA Régions & Territoires - Territoires d’Outre-MerEcoRéseau s'attache à décrire les forces et potentiels insoupçonnés d'un territoire,Sea, tech & sund'une métropole ou d'une régionSexploiter ou mettre en valeur ? l'éternelle question se pose encore au sujet de l'outre-Mer. l'occasion pour EcoRéseau de mettre en exergue les potentialités, les forces de ces territoires et les enjeux de ce dilemme cornélien.irius ne fait-elle pas partie de ces étoiles que l'on ne voit que posté sur les terres surmontées. toutefois, le verre de rhum peut être aussi à moitié plein car des initiatives exotiques de Guyane et de Martinique ? oui, parfois la position géographique, originales émergent en ces territoires. la Guadeloupe tech, par exemple. d'autant même aux allures d'enclaves ou de bout du monde, nous permet d'observer des qu'ailleurs, des chantiers d'avenir et d'ampleur voient le jour. les relations entrechoses admirables. tout reste une question de point de vue. Verre de rhum arrangé à dRoM-CoM et voisins internationaux évoluent elles aussi. Même le tourisme, grandmoitié vide, la locution « outre-Mer » renvoie à des handicaps structurels. les clichés perdurent quant au chômage de ces territoires survivant grâce aux perfusions hexagonales et européennes, à leur incapacité à se défaire du giron métropolitain. Certes, il perdure des pesanteurs économiques qui ne semblent pas pouvoir êtreLes arbres qui cachent une forêt d'initiatives et innovations...marronnier de l'activité d'outre-Mer, renaît grâce à l'alliance du patrimoine et de la technologie. Comme quoi, l'innovation peut aussi avoir les pieds dans l'eau.Geoffroy Frameryle défi de l'innovation dans les dRoM CoM, l'avis d'erik Pollien, entrepreneur et délégué général de la MPi* Guyane.Comment se traduit l’innovationen Guyane ?l’innovation dans un territoire présente des défis, mais aussi des retards en termes d’in- frastructures et se manifeste surtout par l’in- corporation de technologies non présentes en Guyane à l’intérieur de nos entreprises. elle se traduit donc bien souvent par du transfert technologique. Cependant, l’innovation n’est pas absente, pas plus que la R&d, mais dans des proportions en rapport avec la taille de nos entreprises. il existe environ 9000 entreprises actives en Guyane. 90% d’entre elles em- ploient moins de dix salariés, 75% n’em- ploient aucun salarié, ce qui correspond à de « l’auto emploi ». la Guyane est un pays jeune et son avenir économique est toujours en construction. l’arrivée du Centre national d’études spatiales (CNeS) dans les années 60 a agi comme un catalyseur et a été longtemps le vecteur principal du développement éco- nomique. Aujourd’hui, les choses se sont ré- équilibrées et la Guyane dispose réellement des moyens endogènes propres à assurer un développement économique sur le long terme. elle dispose de formidables ressources de matières premières qu’elle peut et doit va- loriser. des ressources minières comme l’or, la roche, la bauxite, et on le sait maintenant, du pétrole. Sa biodiversité amazonienne, qui est loin d’être complètement recensée au-transformation. Cette situation plutôt inverse aux Antilles fait penser qu’à moyen terme, la Guyane pourrait être le grenier des départe- ments français d’Amérique (dFA) et aussi un leader économique.jourd’hui, représente un fort potentiel.Faire venir des investisseurs n’est pas difficile, tant l’image « d’eldorado » est ancrée dans les esprits. le plus délicat demeure le temps de développement des projets, car la Guyane connaît de véritables déficits en termes d’in- frastructures. elle doit perpétuellement inves- tir afin de satisfaire une demande intérieure exponentielle et développer son réseau rou- tier, son réseau de télécommunications, son port de commerce, etc. Par ailleurs, la Guyane connaîtra à nouveau une forte séquence d’in- vestissement dans le secteur spatial avec la construction du lanceur Ariane 6 et les infra- structures de lancement dédiées. l’objectif d’Arianespace et du CNeS ? Procéder à leur premier lancement dès 2020, soit dans un peu plus de quatre ans. Cela représente un peu plus d’un milliard d’euros de développement pour ce nouveau lanceur. de cette augmen- tation de la consommation électrique va éga- lement découler la construction d’un deuxième barrage hydroélectrique et là en- core plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissement. le réseau routier deman- dera lui aussi à l’avenir de forts investisse- ments pour pouvoir desservir les principales communes de l’intérieur où seuls les avions de la compagnie Air Guyane ou les pirogues relient les populations au littoral, où se concentre l’activité économique. tout est en- core à construire dans ce département qui se transforme à vue d’œil, et ses potentialités ne semblent pas près d’être atteintes.Quid des investissements en 2015 ?14Juillet - Août 2015Quelles sont les spécificités territoriales qui permettent de créer actuellement de nouvelles opportunités d’affaires?la croissance démographique exceptionnelle de la Guyane (environ 3,8% par an) génère et générera des besoins importants en matière de services à la personne, secteur en fort dé- veloppement. Cette croissance de la popula- tion sera également le vecteur du développement du marché intérieur Guya- nais, de ses industries agroalimentaires et de(*) MPi : Association des petites et moyennes entreprises de Guyanne]]></page><page Index="15" isMAC="true"><![CDATA[Aquelques kilomètres de Pointe-à-Pitre, l’Auberge de la Vieille Tour est devenue une escale antillaise appréciée de tous pour sa tranquillité et sa cuisine raffinée. Construits autour d’un moulin à vent datant du XVIIIème siècle, dans un jardin tropical de 3 hectares, les bâtiments au style Compagnie des Indes dominent la mer depuis le haut d’un morne offrantune vue exceptionnellesur l’îlet du Gosier, Marie- Galante, Les Saintes et la Basse-Terre.I 3 salles de réunion pour les séminaires (capacité de 15 à 50 personnes)I 104 chambres dont 32 « Luxe vue mer » avec terrasse et vue imprenable sur la baie du Gosier,avec WIFI gratuitI Plage naturelle au cœur d’une crique, piscine extérieure d’eau douce, court de tennisAUBERGE DE LA VIEILLE TOURMontauban97190 GOSIER - GUADELOUPETél. : (+590) 05 90 84 23 23 - Fax : (+590) 05 90 84 33 43I Mini Croisières : Les îles de Guadeloupe, Marie Galante, Désirade et les Saintes n’auront plus de secret pour vousI Excursions en 4x4 : A la découverte des paysages les pluspittoresques et mémorables de l’archipelI Sport à la carte : Centre de plongée, golf (à 30km de l’hôtel) I Autres activités : Promenade en mer, pêche au gros, Casino,Hélisurfage...resa@auberge-vieille-tour.fr • www.auberge-vieille-tour.fr]]></page><page Index="16" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22PANoRAMA Régions & Territoires - Territoires d’Outre-Mertrop de freins économiques ?Notons bien au préalable que la dénomination doM-toM n’existe plus. dorénavant, l’on parle de dRoM-CoM (départements et régions d’outre-mer et collectivités d’outre-mer). « Pro- chainement, la Martinique, région mono-dépar- tementale, va connaître une profonde mutation dans son administration et verra fusionner ses deux collectivités (région et département) », il- lustre Hervé toussay, président de l’Association martiniquaise pour la promotion de l’industrie (AMPi). Aussi, ces territoires se situent-ils aux quatre coins de la planète. les plus fameux, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Mayotte et la Réunion constituent les dRoM mais sont également des Régions ultrapériphériques euro- péennes (RuP) et sont ainsi soumises au droit communautaire. Ce faisant, deux grands scéna- rii partagent l’outre-Mer français : soit des ter- ritoires fortement liés à la métropole, soit d’autres qui ont décidé de s’émanciper davan- tage de Paris. Quoi qu’il en soit, il ressort des traits communs de chacune de ces collectivités ensoleillées : d’abord, elles sont presque toutes tournées exclusivement vers leur marché inté- rieur, qui se caractérise par son étroitesse, em- pêchant, ce faisant, les grandes industries de s’y développer. Rappelons également que chaquedRoM s’inscrit bien évidemment dans un cadre géopolitique et un contexte économique com- plexes. Par exemple, la Martinique, meilleur idH des Caraïbes, ne ressemble en rien à ses voisins. Haïti se caractérise par sa pauvreté. et les îles Caïman sont notoirement connues comme paradis fiscal avec un PiB deux fois plus élevé. Chaque dRoM demeure ainsi une sorte de micro-marché déconnecté du reste de la France, voire même du monde. d’autant que les entreprises s’essaimant sur ces espaces ne sont pas assez importantes pour développer leur force de frappe à l’étranger. difficile dans ces conditions de réaliser des économies d’échelle. l’outre-Mer se caractérise également par sa dé- pendance aux importations d’énergies fossiles qui pose sur ces territoires, plus que partout ail- leurs en France, la question du développement des énergies renouvelables. Car rappelons-le, ces territoires sont bien trop instables sismique- ment pour y construire une centrale nucléaire. Ajoutez à cela, un surcoût de production et de stockage engendré par un approvisionnement souvent lointain... Mais comme le veut l’adage, en France, nous n’avons pas de pétrole (sauf la Guyane), mais nous avons des idées. en té- moigne l’initiative Guadeloupe tech, cluster del’économie numérique qui souhaite regrouper l’ensemble des acteurs du secteur et leur per- mettre un développement rapide pour faire émerger une vraie filière en Guadeloupe.Et la lumière fut pour ces îles...indispensables aides européennes et de l'etat ?Pour pallier ces difficultés, tout un panel d’aides est accordé à l’outre-Mer, considé- rées à raison comme un ensemble de RuP*. la loi dite « lodeom », dernière en date, etd’euros par an, budget du ministère de la Jus- tice ? de la même manière que l’on critique la prime de charbon rétribuée encore au- jourd’hui aux cheminots, on s’insurge et on tire sur l’ambulance de la défiscalisation, des subventions et des primes d’expatriés. erik Pollien, délégué général de la MPi Guyane, s’agace : « Les minimas sociaux sont appli- qués de la même façon qu’en Métropole. L’investissement de l’Europe est effective- ment significatif, mais dans les mêmes pro- portions que pour les régions les moins développées de l’UE. Le statut des DOM en tant que région ultrapériphérique au niveau communautaire a permis de faire reconnaître les handicaps structurels et permanents de nos territoires. Il ne faudrait quand même pas avoir honte d’être compensé pour des handicaps avérés... » et Hervé toussay, pré- sident de l’AMPi (Association pour la pro- motion de l’industrie martiniquaise) de renchérir : « Cela tend à créer l’image en mé- tropole d’une Martinique consommatrice de subventions, mais nous ne sommes pas plus consommateurs que l’Hexagone. Par exem- ple, la betterave et le blé sont mieux aidés que la canne à sucre. » localement, les en- jeux sont autres que le gaspillage de l’argent du bon contribuable métropolitain. la Mar- tinique, via son schéma de développement durable, espère ainsi d’ici 2024 que l’union européenne et l’oMC reconnaissent deconcert la nature particulière des régions ul- trapériphériques par la mise en œuvre de me- sures adaptées et pérennes permettant de travailler sur le long terme. « Le climat chez les chefs d’entreprise est à l’attente. L’appli- cation de l’octroi de mer par exemple arri- vait à échéance en 2013. Le dispositif a été renouvelé pour une échéance qui respecte les programmes européens (2014-2020). Dans ce contexte, on se dit que les échelles sont courtes pour des investissements lourds sur 10-15 ans », explique Hervé toussay. Cela dit, les experts du développement écono- mique de l’outre-Mer sont d’accords sur une chose. les aides, quelles qu’elles soient, doi- vent encourager les productions à partir à la découverte de marchés plus importants. C’est dans cette optique que la Martinique et la Guadeloupe ont intégré cette année une par- tie du CARiCoM (Caribbean Community). « Technologiquement nous sommes mieux équipés que les pays du CARICOM, notam- ment sur le sujet de la transformation des dé- chets, de la construction, l’extraction carrière ou la production de matériaux », précise Hervé toussay. de même, les plus audacieux des entrepreneurs antillais et guya- nais s’orientent de plus en plus vers le Brésil, marché prometteur et géographiquement proche, mais difficile d’accès pour une petite entreprise.les plans etat-Région complètent le disposi- tif. les dRoM-CoM, de par leur statut, sont ainsi souvent dans le collimateur des Fran- çais et des politiques pour le manque de re- tour sur investissement. Pourquoi ces territoires auraient-ils droit à 7 milliards(*) : Régions ultra périphériquesLe bonheur virtuel, si je veux...16Juillet - Août 2015]]></page><page Index="17" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frRégions & Territoires - Territoires d’Outre-Mer PANoRAMA tourisme : Mariage de raison entre le patrimoine et la technologieSi les dRoM-CoM sont connus en métropole, c’est avant tout pour leurs tropismes climatiques. Ainsi, voit-on fleurir récemment à l’échelle de chaque dRoM-CoM un tourisme international haut de gamme, pas toujours synonyme de pétro- monarques orientaux ou d’oligarques russes. le but ? Promouvoir le patrimoine et les cultures lo- cales, le Créole en particulier. Mieux encore. le tourisme se diversifie et intègre d’autres activités économiques en recul telle que l’agriculture. de même, artisans et industriels concourent à ce re- modelage du tourisme en maillot de bain en met- tant sur le marché des produits à haute valeur ajoutée. les domaines d’activités sont pensés plus globalement et ne semblent plus être cloisonnés. Par exemple, l’aquaculture se développe dans cha- cun des dRoM, mais aussi à Saint-Pierre-et-Mi- quelon. les professionnels cumulent des activités d’ordre halieutique, agricole et touristique. Aussi la culture créole entraîne-t-elle des retombées po- sitives sur l’image de certains dRoM tels que la Martinique. l’attractivité va grandissante. « Notre atout patrimonial principal réside dans le chevau- chement de cultures très variées. Nous sommes ini- mitables dans les Caraïbes à ce sujet. Et c’est un atout sur lequel nous pouvons surfer : nous avons mis en place l’année dernière une marque, qui, jel’espère, deviendra une marque ombrelle sur la- quelle chaque île s’appuiera pour y déposer à son tour une marque qui met en avantson territoire naturel et culturel »,se réjouit Willy Rosier, directeurgénéral du Comité régional du tou-risme (CRt) des îles de Guade-loupe. une manière également detirer profit des structures françaisespour les activités vacancières. Ail-leurs, la technologie se mêle égale-ment au tourisme. deux exemplesnotoires en Guadeloupe. Prouessearchitecturale, un nouvel aquariumest en train de voir le jour. et ils’agira du plus grand aquarium dela Caraïbe. le mémorial ACte, lui,inauguré le 15 mai dernier parFrançois Hollande, fait partie desmusées où le numérique est une se-conde peau. « Depuis deux ans etaprès 1,2 millions d’euros d’inves-tissements, le CRT développe aussiune plateforme de e-tourisme en ambitionnant qu’elle soit la plus performante au monde », com- plète Willy Rosier.Une tirelire qui gonfle sur la plage, un véritable mytheJuillet - Août 201517]]></page><page Index="18" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22PANoRAMA Hexagone - Fêtes traditionnellesDans chaque numéro EcoRéseau revient sur une problématique très commentée de l'actualité française,NORDC’est l’été, le soleil brille, les cigales chantent, et vous vous apprêtez à chausser les espadrilles ? Avant de vous glisser dans votre maillot, ecoRéseau vous propose un tour de France des fêtes traditionnelles des quatre saisons, garanties pittoresques. un article approuvé par Jean-Pierre Pernaut.la principale fête tradition- nelle dans le nord de la France, c’est bien sûr le car- naval, qui se déroule à la pé- riode du Carême. « C’est un héritage des celtes, qui ont voyagé depuis le Proche- Orient jusqu’ici », raconte Jacques Messiant, auteur d’un livre sur le sujet, « Carnaval » (éditions la Voix du Nord). il raconte ainsi comment, dans un musée d’Ankara, il a découvert un grand vase datant du XVie siècle avant notre ère, orné de dessins illustrant presque parfaitement les rituels du carnaval de Cassel, avec ses cymba- lières au premier rang, ses tambours et ses scènes de liesse. « Le carnaval répond au besoin instinctif des hommes de fêter le retour du soleil, la fertilisation du sol et la fécondité », ajoute le spécialiste des traditions de Flandre.classé « Village préféré des Français » en 2013 par une émission de France 2. Peu de temps avant les vendanges, ces fêtes attirent des dizaines de milliers de personnes, ren- contrant un succès croissant auprès de la jeunesse alsa- cienne et attirant de nombreux touristes, notammentl’attraction majeure de la ville, il rencontre un très grand succès, avec deux mil- lions de visiteurs chaque an- née, venus du monde entier. en 1992, Strasbourg s’est mêmecaractérisées par des corridas ou autres manifestations tau- rines, se déroulent d’avril à septembre.cueillent environ 800 000 personnes autour des pra- tiques culturelles, des savoirs faire et de la culture locale. Au programme donc, beau- coup de folklore landais : casse-croûte landais, courses de vaches, jeu de quille...dans les Bouches- du-Rhône, Arles est le théâtre de deux férias : une à Pâque et une mi- septembre, dite Feria du riz. A cette oc- casion se tient une corrida goyesque, c’est à dire que les parti- cipants revêtent des vêtements similaires à ceux de l’époque du peintre Goya (1746-1828) : au- cune paillette et très peu de broderies. la féria pascale, qui ouvre la sai- son tauroma- chique fran- çaise, attire 500 000 visi- teurs. elle s’illustre particuliè- rement par ses corri- das à che-lyon, trouve son origine au Moyen-Age. en 1643, les autorités lyonnaises avaient en effet fait le vœu de rendre hommage chaque année à la Vierge si l’épidémie de peste cessait. Promesse te- nue. et depuis le 8 décembre 1852, jour de l’inauguration d’une statue de la Vierge Marie dans la capitale des Gaules, chaque famille dé- pose un luminion sur le bord de sa fenêtre. la fête devient de plus en plus po- pulaire, et a même attiré quatre millions de visiteurs en 2012.d’une ville à l’autre, les ri- tuels varient. C’est ainsi qu’à dunkerque, on peut assister au jeté de harengs à la foule par le maire, ou à un « rigo- don », une grande danse po- pulaire en hommage au cor- saire Jean Bart, le héros local. A Cassel, des femmes jouent des cymbales en tête du cor- tège, suivi par des balayeurs qui chassent les mauvais es- prits responsables de l’hiver jusque sur les façades des maisons. deux géants, un homme et une femme, sont promenés à travers la ville, suivis par les chansons, par- fois paillardes, des fêtards. A Bailleul, c’est le géant Gar- gantua qui fend une foule chantante et dansante.parmiceux quisillonnent lafameuse routedu vin.l’Alsace est aussiréputée pour sesfêtes de Noël, quirevêtent un certainnombre d’aspectstypiques qui sesont depuis ré-pandus. Parexemple, la Saint-Nicolas, fê-tée en Alsace eten lorraine,concerne les enfants, puisque le 6 décembre le patron des écoliers leur ap- porte friandises, pains d’épice et clémentines.les marchés de Noël, avec leurs vins chauds, crèches et bredeles, sont aussi une tra- dition alsacienne, puisque chaque village ouvre le sien, généralement lors du premier samedi de l’Avent. A Stras- bourg, le Christkindelsmärik, ou « marché de l’enfant Jé- sus»,estnéen1570eta longtemps été le seul marché de Noël de France. devenuhabitants,en faisant la plus im- portante fête de France. dans les années 1930, desl’ouest de la France brille surtout par ses festivals de musique. en août, le Festival interceltique de lorient est le plus grand rendez-vous des amateurs de culture celte en France, puisqu’il rassem- ble près de 800 000 per- sonnes. depuis une quin- zaine d’années, les Vieilles Charrues de Carhaix réu- nissent près de 300000 fes- tivaliers en juillet. le Fes- tival du Bout du Monde, qui se tient sur la presqu’île de Crozon (Finistère) depuis 2000, rassemble chaque pre- mier week-end du mois d’août 60 000 personnes. Plus au sud, ce sont les Francopholies de la Ro- chelle qui attirent 100 000 amateurs de musique tous les ans, en juillet, depuis 1985.ESTauto proclamée « Capitale deNoël»,etafaitdeson marché un label qu’elle a exporté à Moscou et tokyo. en 2014 et 2015, les inter- nautes du site european Best destination l’ont élu meilleur marché de Noël.le Gard, la féria de Nîmes se tient à la Pentecôte depuis la fin du XiXe siècle ; dans le languedoc-Roussillon, la féria de Béziers, fondée en 1968, accueille mi-août près d’un million de per- sonnes ; les fans de corridas des Pyrénées-orientales se retrouvent à Céret de toros en juillet.entre la mi-juillet et la fin août, chaque village viticole alsacien organise sa fête du vin. la tradition est née en 1960 à eguisheim, qui a étéSUDCarnavals, férias et festivalsafin de la décortiquer et de la mettre en perspective (historique, géographique,...)les fêtes de Bayonne, en août, attirent plus d’un million de visiteurs dans cette ville dejoueurs de rugby de l’Aviron Bayonnais, qui fréquentaient les fêtes de Pampelune, im- portèrent l’idée dans leur ville. la première fête de Bayonne se tint donc en 1932. depuis une quinzaine d’an- nées, les fêtards Bayonnais ont aussi emprunté à la ville espagnole ses vêtements rouge et blanc.val.Autres férias notables : dansles port.accueillent aussi des parades de voiliers. tous les deux ans, à Vannes et dans une vingtaine de villes, la Se- maine du Golfe du Morbi- han accueille ainsi plus d’un millier de bateaux en mai, pendant la semaine de l’As- cension.46 000OUESTs de l’Atlantique18Juillet - Août 2015dans le sud-est et le sud- ouest de la France, des férias,Autour du 15 août, les fêtes de dax, dans les landes, ac-la fête des lumières, àAymeric Marolleau]]></page><page Index="19" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frInternational - Francophonie PANoRAMA Focus sur un pays ou sur une problématique qui concerne plusieurs pays et interpelle la rédaction,Parlez-vous français ?Ala francophonie, avec ses économies fortes et sa démographie dynamique, af- fiche un potentiel considérable, mais pas assez exploité. Comment faire mieux ?vec 16% du PiB mon- sur la francophonie commandé permettent de dégager des com- des infrastructures, et le secteur dial, 14% des réserves par François Hollande à Jacques plémentarités et des coopéra- minier. Apparemment plus uto- de ressources natu- Attali, et remis en août 2014 tions innovantes ». piste, Jacques Attali proposechoisi en toute subjectivitérelles de la planète, et 20% du au chef de l’etat, « les échanges de se diriger progressivementcommerce international, la fran- cophonie pèse lourd. Cela es- sentiellement grâce aux pays de l’oCde – Belgique, Canada, France, luxembourg, israël, Suisse – qui représentent envi- ron 80% du PiB de l’espace francophone. troisième langue des affaires, derrière l’anglais et le chinois, la langue de Mo- lière est un atout économique considérable dans la manche de l’Hexagone, à l’heure où il se cherche des relais de crois- sance.commerciaux induits par le partage du français entre une trentaine de pays francophones sont à l’origine de 6% de la ri- chesse par habitant en moyenne pour ces pays et de 0,2 point de taux d’emploi ».POTENTIEL NÉGLIGÉvers une union francophone aussi intégrée que l’union eu- ropéenne. etienne Alingué n’y croit pas : « La francophonie ne sera jamais un espace aussi intégré que l’Union européenne car les disparités entre les pays sont très grandes. Mais on peut bien sûr développer des soli- darités pour affronter les pro-La langue de Molière, facilitateur de "business" ?nonçant une expression qui se- rait le dernier avatar du néoco- lonialisme français : « Via le franc CFA, la France s’ingère déjà dans les finances publiques de pays réputés souverains et cette monnaie reste le principal obstacle à l’unification écono- mique du continent africain. Alors que l’Afrique est en train de s’ouvrir à des partenariats diversifiés avec la Chine, le Brésil, la Turquie ou l’Inde, on peut redouter que la franco- phonie économique ne soit que le moyen pour la France de conserver l’Afrique comme sa chasse gardée ». Pour continuer à profiter des avantages éco- nomiques de la francophonie, la France doit apprendre à jouer collectif, car ses objectifs sontPour la France, le poids de la francophonie est aussi la ga- rantie de la bonne tenue duPour les pays du Sud, en parti- culier ceux d’Afrique sub-sa- harienne, les enjeux sont dif- férents : « Pour eux, la franco- phonie constitue d’abord une opportunité pour développer des stratégies et des politiques de réduction de la pauvreté et de transformation économique et sociale », explique etienne Alingué. l’oiF a d’ailleurs profité de son sommet de dakar de novembre 2014 pour adopter une « Stratégie économique pour la francophonie » qui « promeut une économie au ser- vice du développement humain durable », explique le respon- sable de l’oiF.Mais la France exploite-t-elle suffisamment le potentiel de la francophonie ? Pas sûr, si l’on en croit le top 10 de ses parte- naires commerciaux, puisque seulement deux pays qui par- tagent sa langue y figurent. la Belgique est deuxième, avec 7,8%, juste derrière l’AllemagneCRITIQUESLa langue de Molière est un atout économique considérable pour la FranceSans surprise, la proximité lin- guistique a tendance à rappro- cher deux économies : selon une étude du Ferdi (Fondation pour les études et recherches sur le développement interna- tional), « le partage d’une langue commune stimule les flux commerciaux d’environ 33% », car cela abaisse les coûts à l’exportation. les avan- tages économiques ne sont pas négligeables. Selon un rapportdroit continental face au droit (16,8%), et la Suisse est neu- blèmes économiques, sociaux anglo-saxon des affaires et de vième, avec 2,8%. du reste, et environnementaux du siècle l’attractivité de ses universités, ce classement est majoritaire- à venir, qui ne peuvent pas de sa culture et, bien sûr, de ment occupé par des pays eu- avoir de solutions seulement ses produits. etienne Alingué, ropéens, car les principaux fac- locales et nationales ». directeur de la francophonie teurs du développement du.économique de l’organisation commerce international restent FORUM ÉCONOMIQUE internationale de la francophonie la proximité géographique et DE LA FRANCOPHONIE (oiF), souligne aussi que « la la taille des économies. en décembre 2014 se tenait à diversité de cet espace est une le rapport Attali tente une mise dakar le premier Forum éco- force : les expériences variées en garde : « Négliger cette di- nomique de la francophoniela francophonie s’attire aussi parfois des critiques. dans un récent article de La Croix, l’his- torien elikia M’Bokolo, direc- teur d’études à l’eHeSS, s’est ainsi montré très offensif, dé-loin d’être partagés par tous.des pays avancés et de ceux en développement, très jeunes,mension linguistique identitaire, c’est prendre le risque de sortir du jeu de l’économie mondiale, sur les terrains du numérique, de la recherche, des échanges, ou encore du tourisme. Le fran- çais a un gigantesque potentiel et une grande fragilité : il est urgent de prendre conscience de la dimension économique de cet atout linguistique dont la France dispose ». Pour cela, il formule 53 propositions, re- groupées en sept grands axes : promouvoir l’enseignement du français en France et ailleurs dans le monde ; renforcer et étendre l’aire culturelle fran- cophilophone ; utiliser la ca- pacité d’attraction de l’identité française pour mieux exporter les produits français et conquérir de nouveaux francophiles ; fa- voriser la mobilité et structurer les réseaux ; créer une union juridique francophone. il conseille aussi de cibler sept secteurs clés liés à la franco- phonie : le tourisme, les entre- prises de NtiC, la santé, la R&d, le secteur financier, celui(FeF), organisé par le publici- taire Richard Attias, qui réu- nissait de nombreuses entre- prises commerçant en Afrique. les participants ont mis en avant plusieurs mesures pour renforcer l’efficacité écono- mique de la zone. Par exemple, selon dominique lafont, pré- sident de Bolloré Africa lo- gistics, « les Etats francophones doivent accorder plus de visas et pour des durées plus longues. Cela permettra de travailler sur du long terme ». l’éducation a aussi été évoquée, puisque pour Makhtar diop, vice-pré- sident Afrique de la Banque Mondiale, « les Universités francophones comme Paris VI ou Paris VII doivent créer des campus en Afrique, elles doivent contribuer à la formation d’in- génieurs, de commerciaux, car cela profitera aux entreprises et contribuera au développe- ment de certains pays ». Cer- taines écoles françaises ont déjà fait un pas dans ce sens. HeC devrait ainsi bientôt ouvrir un campus à Casablanca.Aymeric MarolleauPouvoir d’influencePromotion de la langueSi le français reste la deuxième langue la plus apprise dans le monde derrière l’anglais, la progression d’autres langues internationales, comme le chinois ou l’arabe, pourrait lui faire de l’ombre. Par exemple, le français a perdu son statut de première langue étrangère en Russie, où l’enseignement de l’allemand et du chinois progresse. A Moscou, le nombre d’écoles françaises est passé de 20 à trois. La langue de Molière recule aussi au Canada, où moins de 10% de la population est aujourd’hui bilingue.Du coup, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui réunit 80 Etats et gouvernements, fait face à un enjeu de taille : faire progresser la scolarisation en français à travers le monde. Pour l’instant, les voyants sont plutôt au vert, puisque 125 millions de personnes apprennent chaque année la langue de Molière auprès de 900000 en- seignants. « Il y a d’importants efforts à faire sur la qualité des systèmes éducatifs et pour changer les habitudes de certaines élites qui préfèrent s’exprimer en anglais plutôt qu’en français », explique Etienne Alingué, directeur de la francophonie économique de l’OIF.Cette langue bénéficie d’une force de frappe médiatique qui n’a pas à rougir face à la BBC ou Al Jazeera, grâce à plusieurs chaînes internationales, dont France 24, Arte ou Euronews. TV5 Monde couvre 200 pays, revendique 243 millions de foyers raccordés, et 55 millions de téléspectateurs par semaine. Ainsi que des radios internationales, comme Africa N°1, BBC Afrique, et surtout RFI, avec ses 35 millions d’auditeurs hebdomadaires. Si tout va bien, le nombre de locuteurs francophones pourrait atteindre 767 millions en 2060. Une croissance qui serait principalement portée par le boom démographique du continent Africain. En effet, l’Institut national d’études démographiques (INED), prévoit que sa population devrait passer de 800 millions en 2010 à 4,5 milliards en 2100.CartographieDes francophones sur presque tous les continentsLe nombre de francophones dans le monde a beaucoup progressé au cours des dernières décennies, passant de 135 millions en 1990 à 274 millions en 2014. Ce qui en fait la 5e langue la plus parlée.La place occupée sur cette carte par des pays qui n’ont pas le français comme langue officielle peut surprendre. Cela s’explique par le fait que les chiffres de l’Organisation internationale de la francophonie incluent aussi bien les personnes qui utilisent le français au quotidien que ceux qui l’utilisent comme langue étrangère. Ainsi, avec 11,9 millions de locuteurs, l’Allemagne se place à la troisième position des pays francophones, derrières la République Démocratique du Congo (33,2 millions) et la France, évidemment (65,3 millions). Le top 10 est complété par l’Algérie, le Maroc, le Royaume-Uni, le Canada, l’Italie, le Cameroun et la Belgique.Un peu plus de la moitié des francophones vivent en Afrique (54,7%) et plus d’un tiers en Europe (36,4%). Ils sont à 7,6% dans la zone Amérique-Caraïbe, 0,9% au Moyen-Orient, et 0,3% en Asie-Océanie.Juillet - Août 201519]]></page><page Index="20" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe Baromètre & TendancesLe carnet des nominationsen partenariat avec}RICHEMONT INTERNATIONALFrançois CarrereFrançois Carrere est nommé directeur général Asie-Pacifique d'Alfred Dunhill, à ce poste depuis mai 2015.François Carrere, 41 ans, master marketing intelligence de HEC Paris (2001), architecte DPLG d'ENSA Toulouse (1999), a réalisé le parcours suivant :n 2013-2015:LouisVuitton(groupeLVMH),directeurretailSingapour.n 2009-2013:LouisVuitton,vicepresidentMerchandisingGrandeChine.n 2007-2009:LouisVuitton,merchandisingmanagerChine.n 2005-2007:LouisVuitton,chefdeproduitMaroquinerieHomme.n 2001-2005:Lancôme(groupeL'Oréal),chefdeproduitParfums.}TURBOMECA (GROUPE SAFRAN)Bruno EvenBruno Even est promu président-directeur général de Turbomeca, à ce poste depuis juin 2015, en remplacement d'Olivier Andriès.Bruno Even, 47 ans, ISAE Supaéro (1992), Polytechnique (1987), a réalisé le parcours sui- vant :n 2013-2015:Sagem,président.n 2009-2013:Turbomeca,directeurgénéralclientsopérateurs.n 2006-2009:Turbomeca,directeurdesprogrammes.n 1999-2006 : Turbomeca, chef de projet Développement Moteur, puis chef de projetpour le déploiement du système d'information de gestion de la société.n NC-1999:DifférentesfonctionsàlaDGAetauministèredesAffairesétrangères.}DELTA AIR LINES FRANCENathaniel PieperNathaniel Pieper est promu vice-président EMEA de Delta Air Lines France, à compter du mois d'août 2015, en remplacement de Perry Cantarutti. Il est ainsi chargé de développer l'accord de joint-venture avec Air France-KLM et le partenariat avec Virgin Atlantic Airways. Il rapporte à Ed Bastian, président.Nathaniel Pieper, licence en histoire de l'université de Duke (1991), a réalisé le parcours suivant :n DeltaAirLines,vice-présidentStratégiedelaflotteetTransactions.n NorthwestAirlines,vice-présidentAlliancesenchargedelajoint-venturetransatlan-} DEEZERAlexis de GeminiAlexis de Gemini est nommé directeur général France de Deezer, à ce poste depuis juin 2015, en remplacement de Simon Baldeyrou. Il est sous la responsabilité directe de Hans- Holger Albrecht, directeur général groupe depuis février 2015. Il est notamment chargé de poursuivre le développement de Deezer dans son marché domestique, d'accroître la puissance de la marque, et de poursuivre la stratégie d'enrichissement de contenus. Alexis de Gemini, 44 ans, HEC, diplômé du programme international de l'université de Columbia aux Etats-Unis, a réalisé le parcours suivant :n W9(groupeM6),directeurgénéral.n M6,directeurdéléguédesVariétés,MusiqueetOpérationsspéciales.n M6Music,directeurfondateur.n Al'originedesémissionsLoftStory,Popstars,NouvelleStar,BacheloretPékinExpress.tique entre Northwest et KLM.n 1997-NC:NorthwestAirlines,enposteauseinduservicefinancier.}GROUPEMENT FRANÇAIS DES BANCASSUREURSPierre de VilleneuvePierre de Villeneuve est promu président du Groupement français des bancassureurs, à ce poste depuis juin 2015, en remplacement de Jérôme Grivet. Il était précédemment vice-président.Pierre de Villeneuve, 66 ans, actuaire, ISFA Lyon (1972), a réalisé le parcours suivant :n Depuis2013:BNPParibasCardif,président-directeurgénéral.n 2005-2013:CardifAssurancesVie,directeurgénéraldélégué.n 2005-2013:CardifAssuranceRisquesdivers,directeurgénéral.n 2002-2004:Cardif(groupeBNPParibas),directeurgénéraldélégué.n 1997-2002:Cardif,directeurgénéral.n 1992-2005:CardifAssuranceVie,directeurgénéral.n 1973-1992:Cardif,différentesfonctions.}LAFARGE GROUPE FRANCEBénédicte de BonnechoseBénédicte de Bonnechose est promue directeur général de Lafarge Groupe France, à ce poste depuis mai 2015, ainsi en charge des opérations de Lafarge en France. Elle est membre du comité de direction de Lafarge France depuis 2012 et succède à Pascal Ca- sanova, nommé au sein du futur comité exécutif de LafargeHolcim, en charge de l'Amé- rique latine.Bénédicte de Bonnechose, 49 ans, NEOMA Business School Rouen, maîtrise économétrie, a réalisé le parcours suivant :n 2013-2015:GroupeLafarge,directeurgénéralGranulatsFrance.n 2012-2013:GroupeLafarge,directeurstratégie,affairespubliquesetenvironnementFrance.n 2009-2012:GroupeLafarge,directeurgénéraldeLafargeGranulatsNord. n 2005-2009:GroupeLafarge,directeurfinancierBétons&GranulatsFrance. n 2000-2005:GroupeLafarge,directeurfinancierBétonsFrance.n 1993-2000:GroupeLafarge,fonctionsfinancières.n 1989-1993:Deloitte,débutdecarrièredansl'audit.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.frBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant l'entrepreneuriat, picorés de-ci de-làLe rosé et la merguez rendus possibles par la météo et les ponts du mois de mai prendront encore plus de saveur après la lecture de nos brèves mensuelles. Entre autres, EcoRéseau revient, ce mois-ci, sur de nouveaux dispositifs de financement et de soutien aux créateurs et entrepreneurs. Mais pas seulement. L'actualité réserve également son lot de bonnes surprises en matière de simplifications administratives. Bonne lecture !u L’investissement repart dans l’industrie enquête publiée mercredi 27 mai, les derniers chif- fres iNSee attestent d’un regain d’optimisme. les chefs d’entreprise antici- pent ainsi une hausse de 7% de l’investissement dans l’industrie manufac- turière. Hausse d’ailleurs qui concernerait surtout l’agroalimentaire (+4%), ainsi que les autres secteurs (+3%).Source : INSEEl’etat poursuit son interventionnisme économique. et le changement est d’abord à la sémantique en cette fin du mois de mai. le 18 du mois, emmanuel Macron a présenté « l’in- dustrie du futur » en remplacement de « la Nouvelle France industrielle ». de 34, on passe à neuf plans pour redresser l’appareil productif français dont la ville durable, les trans- ports de demain, la confiance numérique, l’économie des données, l’alimentation intelligente... estimé à 3,4 milliards d’euros, ce nouvel élan politique entend faire du numérique le fil rouge du développement industriel qui repose sur le développement de l’offre technologique, l’accompagnement des entreprises dans cette transformation, la formation des salariés, la coopération internationale sur les normes et la promotion à l’international de l’industrie du futur. Ce faisant, décideurs, investisseurs et PMe pourront accéder d’ici la fin de l’année à un référentiel national de l’industrie du futur par exemple. Pour 2020, l’etat espère la création de 20000 emplois à haute valeur ajoutée et une cible fixée à 100 mil- liards d’euros à l’export. Pour chapeauter l’ensemble de ces initiatives, l’etat a récemment créé l’association « Alliance pour l’industrie du futur » pour mettre en relation les acteurs de la recherche, les syndicats et les fédérations profession- nelles.uMoral des patrons de TPE, morne plaine...Réalisé pour Fiducial du 13 au 27 avril sur un échantillon de 1003 entreprises, le dernier baromètre industriel ifop au sujet des patrons de PMe ne respire pas la joie de vivre. les ges- tionnaires de tPe sont à 54% pessimistes sur l’avenir de leurs entreprises et 71% d’entre eux le sont sur le climat gé- néral. les raisons de cette morosité ? une trésorerie dans le rouge pour deux tiers des tPe et un niveau de suppression de postes inquiétant, car 7% des toutes petites entreprises ont dû supprimer un poste depuis le premier trimestre 2015. Source : Fiducialu Du changement dans les assiettes ?Gira Conseil, spécialiste du marketing et du développe- ment de la restauration, pu- bliait au mois de mai sa dernière enquête sur le mar- ché de la restauration en France en 2014. EcoRéseau s’en fait le porte-voix pour une raison tristement histo- rique. Pour la première fois en dix ans, le marché de la consommation alimentaire hors domicile est en décroissance de 0,3% avec une dépense moyenne en recul depuis trois ans. les restaurations hôte- lières et commerciales souffriraient davantage de cette dés- affection. Côté chaînes, les grills et la restauration rapide subissent également cette baisse des loisirs rabelaisiens. les indépendants voient leur nombre augmenter par un jeu de balancier entre le nombre de défaillances et d’ouvertures en faveur des créations ou reprises. Plus généralement, le sec- teur connaît de profondes mutations avec le développement de la vente dite au comptoir qui permet de décliner de nom-Source : www.economie.gouv.frdu conseil d’administration de Sigfox ou encore Jean-Bap- tiste Rudelle, président fondateur de Critéo se font les hérauts du territoire français en le décrivant comme un écosystème bénéficiant d’un climat créatif inédit. initiative soutenue par la French tech et saluée par Axelle lemaire, « Reviens Léon, on innove à la maison » incarne ainsi une tribune de l’inno- vation au moment où ces start-up n’en sont plus vraiment à proprement parler et consistent davantage, au regard de leur croissance et leur chiffre d’affaires, à des « scale-up ». Pour les curieux, direction twitter pour suivre les #Reviensleon.uBientôt « l’industrie du futur » en France ?breux concepts et types de cuisines.Source : étude restauration 2014, Gira Conseil.ché européen. Premier pays ? la France, bien évidemment ! le principe ? la plateforme de crowdfunding se rémunère de 5% des sommes collectées via les budgets fixés par chaque porteur de projet. la version française du site autorise ainsi les résidents français à utiliser leurs propres coordon- nées bancaires. une preuve de la vitalité de ces modes alter- natifs de financement des entreprises.u Les Barbares haranguent les talents expatriés« Reviens Léon, on innove à la maison » Non, il ne s’agit pas du slogan d’une énième pub censée nous donner des idées au moment de remplir notre caddie mais bel et bien d’un plaidoyer initié par quelques entrepreneurs à succès pour inciter les expatriés à revenir en France pour innover dans le pays. entre autres « Barbares » dont la rédaction se faisait l’écho (cf. EcoRéseau n°18), Frédéric Mazzella, pré- sident fondateur de Blablacar, Jean-daniel Guyot, président fondateur de Capitaine train, Anne lauvergeon, présidenteu Le compte pénibilité se simplifie pour mieux satisfaire les professionnelsu Kickstarter arrive en FranceFini le recours à desFin des fiches individuelles obligatoires et report des six der- niers critères de pénibilité à six mois. l’annonce a été faite par le Premier ministre ce 26 mai. Ces mesures vont ainsi dans le sens du dernier rapport parlementaire datant du même jour. une décision que salue notamment la Confédé-entreprises améri- caines ou à la domici- liation aux etats-unis pour profiter de cette plateforme participa- tive de levée de fonds. depuis le 27 mai, Kickstarter commence sa pénétration du mar-20 Juillet - Août 2015]]></page><page Index="21" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frBaromètre & Tendances CluB eNtRePReNdReration générale des petites et moyennes entreprises (CGPMe). Pour simplifier la prise en compte de la pénibilité au travail, l’entreprise, à compter du premier juillet, devra ainsi se référer aux conditions définies par chaque accord de branche. Cela dit, si le report à six mois du compte de pénibilité est acté, le gouvernement a fait savoir que les salariés ne seraient pas handicapés par cet atermoiement.Certains critères de pénibilité seront aussi revus et corrigés par manque de clarté. Revue de la copie notamment prévue sur les termes de gestes répétitifs ou sur ceux de posture pénible. Reste un enjeu primordial : savoir si la prise en compte des troubles musculo-squelettiques causant des luxations de doigts aux journalistes tapotant sur un clavier est d’actualité. Pénible et répétitif ?u L’Assemblée nationale réforme le dialogue socialAdoptées fin mai par le vote des députés, la réforme du dialogue social pour les tPe et PMe, voulue par la loi à l’initiative de François Rebsamen, change la donne sur deux sujets en parti- culier : la possibilité de regrouper le Ce, les délégués du personnel, le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCt) au sein de la seule délégation unique du personnel (duP) dans les PMe, et la création de commissions paritaires régionales interprofessionnelles dans un souci de représentation des salariés et employeurs des tPe. Cette mesure touchera 4,6 millions de salariés.u Fonds Fisac, quésaco ?« Vous prendrez quoi Monsieur ?euh, 30 euros de gazole, une baguette pas trop cuite et de l’aspirine. »Votée en 2014, la loi « Artisanat, Commerce et très petites entreprises » prend corps avec le premier appel à projets du Fisac présenté fin mai par Carole delga, secrétaire d’etat chargée du Commerce, de l’Artisanat et de la Consommation. le dispositif entend dévelop- per la création et la rénovation des derniers commerces implantés dans notre si redoutée diagonale du vide,dans notre France rurale. en particulier en matière de commerces multiservices. le but : mo- derniser par exemple les stations-services en y introduisant de la diversification dans l’activité économique. 2015 annonce une enveloppe de 17 millions d’euros. les dossiers seront gérés par les direccte, principal tamis avant l’examen à l’échelle nationale. les dépôts de dossiers se clôturent le 30 octobre pour les initiatives individuelles et le 29 janvier 2016 pour les collec- tives.Source : www.entreprises.gouv.fru Quid de la création d’entreprise en avril ?Repli des créations d’entreprise pour le mois d’avril selon l’insee. l’institut annonce ainsi un recul de 0,9%, causé principalement par une baisse de 4,4% côté micro-entrepreneurs tandis que les autres formes de création ont connu une hausse de 1,9%. Peu encourageants, les chiffres évoquent un recul de 2,8% sur les trois derniers mois en glissement annuel et une autre de 0,4% sur les 12 derniers mois.Source : Insee, Sireneu Trucs & astuces pour levées de fondsS’éviter de ne pouvoir répondre aux investisseurs. telle est l’ambition du réseau entreprendre par la mise en ligne gratuite d’un manuel de 93 pages s’intitulant : « Guide pratique : lever des fonds ». l’ouvrage entend apporter des clés de compréhension sur les enjeux liés aux tours de table.Source : réseau Entreprendreu Phylactère entrepreneurialla sensibilisation à l’entrepreneuriat plus que dans l’air du temps ? Visiblement oui. et ce d’au- tant plus au regard de la sortie de la Bd « My Science work ». l’idée ? Relater la success story de Virginie Simon, 28 ans, fondatrice de la start-up « My Science Work », plateforme qui va- lorise et partage la recherche toutes disciplines confondues, désormais convoitée par les Google Scholar et la Nasa. Rien que ça. Après une ouverture de bureaux à Paris et au luxembourg, la jeune entrepreneure ouvrait en 2014 un autre bureau à San Francisco. un conte de fée entre- preneurial dont s’est emparé l’incubateur en lien avec l’eSC Grenoble.u Une maturité qui s’accompagne de bonnes nouvellesA l’occasion du soufflage de la trentième bougie d’initiative France en cette fin mai, François Hollande a annoncé que le NACRe – Nouvelle aide à la création et à la reprise d’entreprise qui prévoit un prêt de 1000 à 8000 euros et un accompagnement – piloté par le ministère du travail et la Caisse des dépôts, serait sujet à une hausse substantielle. Avant cette annonce, la contribution pour 2015 avait été fixée à 28,6 millions d’euros. le président de la République a également profité de l’événement pour annoncer des mesures actuellement dans les tuyaux vi- sant à augmenter considérablement le nombre de créateurs parmi les cohortes de sans-emploi. Source : APCEJuillet - Août 2015 21]]></page><page Index="22" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe A la Une - Entreprises centenairesL'occasion pour EcoRéseau d'enquêter sur le sujet principal du Club Entreprendre,e ncore plus que pour un humain, atteindre le cap fatidique des 100 ans pour une entreprise relève de l’exploit. Car selon plusieurs études internatio- nales concordantes, la lon- gévité moyenne des sociétés ne dépasse pas 40 ans ! Sur les 500 premières big firms du magazine Fortune, moins d’une quarantaine à peine a plus de 100 ans, comme General electric ou Air li- quide. en France le club des Michelin ou louis drey- fus est restreint, et les plusles « vieilles pousses » centenaires sont en France plus nombreuses, discrètes et riches d’apprentissage qu’on ne le croit...Dossier réalisé par Matthieu Camozzi, Anne Diradourian, Geoffroy Framery, Ludovic Greiling, Yann Petiteaux et Julien Tarby1200, et sont à 70% des entreprises liées aux vins et spiritueux, mais on trouve aussi des négociants, confi- seurs et entreprises textiles. Comment ces Mathusalem du business ont-ils survécu aux crises, guerres, muta- tions technologiques, concurrentielles ou consom- matrices ? enquête.type. Bruno Bizalion, pré- sident fondateur de l’asso- ciation des entreprises fa- miliales centenaires (eFC), qui délivre un label depuis 2007, est aussi directeur de BM&S, cabinet de conseil en stratégie pour des entre- prises en quête d’une nou- velle niche de marché : « Au-delà de l’innovation technique, il y a l’adapta- tion, la propension à s’adap- ter aux évolutions de la de- mande et du marché, à l’exemple de l’auvergnate Omerin, passée des lacetsSéculaires singulièresen rapport avec l'innovation et l'entrepreneuriatCHASSEURS DE NICHESun premier point frappera l’observateur. la plupart de celles qui défient ChronosAu-delà de l’innovation technique, il y a l’adaptation aux demandes de clientsnombreuses sont modestes en taille et moins connues. Certaines eti n’en sont pas moins des leaders mondiaux comme dehon (fluides fri- gorigènes), lesaffre (le- vure), Sonepar (matériel électrique), thuasne (tissus médicaux et sportifs)... Celles qui sont familiales depuis le début ne sont queproches et anciensappartiennent à des secteurs « à l’abri », qui n’entrent pas dans les radars de so- ciétés plus importantes par la taille. Kongo Gumi, constructeur de temples bouddhistes au Japon qui a fait récemment parler de lui parce qu’il a été après 1429 ans d’activité absorbé par un groupe, en est l’arché-Les Hénokiens :aux câbles protégés, misant sur le savoir-faire des tres- seurs du territoire pour de- venir leader mondial dans cette niche ». Nouvelles matières premières, nou- veaux marchés, nouvelles stratégies... elles se réin- ventent pour trouver un ter- rain de jeu à leur mesure, à l’abri des acteurs globaux.Des organisations qui se jouent des atteintes du tempsAttention club sélectIl existe 1200 entreprises familiales centenaires, dont 65% sont postérieures à 1850. Certaines sont donc très anciennes, il est parfois possible de remonter jusqu’à la quinzième génération ! Les bicentenaires ont la possibilité d’intégrer le club très fermé des Hénokiens. « J’ai essayé d’y entrer, mais il manquait 20 ans, car ils ont pris en consi- dération le rachat par mon aïeul en 1838, et non le début de l’activité en 1611 », déplore Jean-Brice la Gourgue, directeur de la distillerie l’Eau de mélisse des Carmes Boyer. La sélection à l’entrée se veut draconienne. L’association hénokienne – le nom fait référence à Hénoch, patriarche de la Bible qui aurait vécu jusqu’à l’âge de 365 ans – regroupe des entreprises de tous les continents dont la particularité est d’être en activité et d’être restées des entreprises familiales (détention de plus de 50% du capital par les descendants) depuis 200 ans ou plus. L’un des membres de la famille doit occuper un poste de direction générale ou siéger au conseil d’administration. L’idée est née en 1981 à l’initiative de Gérard Glotin, P-Dg de Marie Brizard et lui- même descendant de la créatrice, en 1755, de la première anisette. Le but ? L’entraide morale, culturelle et philosophique de ses membres. Chaque année, la quarantaine de membres italiens, français, allemands, japonais, hollandais... se retrouvent dans une ville d’un pays différent. Parmi eux la banque Pictet, les Etablissements Peugeot Frères ou la Maison de joaillerie Mellerio.22 Juillet - Août 2015Pour ce faire ces doyennes peuvent compter sur une relation humaine et soutenue avec des clients de longue date dont elles peuvent mieux cerner les évolutions de besoins. « Seule une poi- gnée de sociétés en France peut se targuer de traiter avec des clients qui leur font confiance depuis un siècle », précise Alain de- ledalle, président des assu- rances deledalle ACF, fon- dées en 1912, fondateur dans le Nord du Club des entreprises centenaires (1) sous l’égide de lille Place tertiaire, qui dépend de la CCi Grand lille, regroupant désormais une trentaine de membres (pâtisserie Meert, Crédit du Nord...) « Selonune étude de la Sofres, 70% des nouveaux projets/produits sont un échec, car ils se re- trouvent déconnectés des be- soins immédiats du client. Il est fort à parier que ces vieilles maisons, comme Flo- rimond Desprez dans la gé- nétique des graines ou Cou- sin dans les fils chirurgicaux, sont championnes dans leurs lancements, parce qu’elles peuvent se permettre un dia- logue soutenu, des allers- retours avec le client, et non un développement technolo- gique dans le vide en espé- rant que la demande suive », affirme Bruno Bizalion.niers d’origine, les Peugeot transformaient sous Napo- léon ier le coton en textile pour les uniformes de la Grande Armée. les raisons qui les ont poussés vers les moulins à café et à poivre, puis vers l’automobile à la fin du XiXème siècle, tien- nent aussi du hasard. Savoir que Seb fabriquait à l’ori- gine des seaux et arrosoirs, ou que legrand est passé de la porcelaine aux inter- rupteurs puis au matériel électrique, démontre que bien souvent rien n’est pré- déterminé. le célèbre fa- bricant isérois de chaussures de luxe Paraboot (200 sa- lariés, 18 millions d’euros de CA) réalisait 45% de ses ventes au Japon et aux etats-COUPS DE CHANCE ?Bien évidemment, le facteur chance existe aussi. Meu-]]></page><page Index="23" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frunis. Michel Richard a re- pris de son père une société exsangue après la crise du dollar et du yen des années 80. Mais contre toute at- tente, le marché italien s’amourache du Mickaël, le modèle basique de la marque qui devient tendance et donc symbole de la nou- velle orientation prise par la société. la bonne étoile a parfois un rôle indéniable, mais l’étude de l’eFC est formelle : « Celles qui ré- sistent dans la durée com- portent des caractéristiques communes », insiste son président Bruno Bizalion.travail de nos ancêtres ne s’achètent pas », a-t-on cou- tume d’affirmer en public chez les Mellerio dits Mel- ler, joailliers parisiens depuis 1613. de même les frèreséquipes qui peuvent mener à maturité des projets R&d qui ne sont pas ralentis voire abandonnés à cause des dé- parts, mutations et plans de carrières. « Nous en sommesgrand .mêmes valeurs peut faciliter certains rapprochements. « Aujourd’hui les réseaux se forgent par région, par métier, mais pas par an- cienneté. Cela doit changer, car elles ont les mêmes va- leurs », exhorte Bruno Bi- zalion.Les fonds propres sont supérieurs à la moyenne,il faut des réserves pour les périodes de vache maigreJulien TarbyCf. sélection culturelle : « Le secret des entreprises centenaires, où puisent-elles leur énergie ? », Lille Place Tertiaire et Club des entre- prises centenaires, 25€A la Une - Entreprises centenaires CluB eNtRePReNdReLeçon nipponneLa législation sur les faillites déterminantesL’Europe détient quelques pépites : Beretta, le fabricant d’armes italien, existe depuis 1526 et Zildjian, le fabricant turc de cymbales, depuis 1623. Mais le Japon, avec ses 50000 maisons qui ont plus d’un siècle (!) et ses 3886 bicentenaires, constitue une exception. Aux Etats-Unis, seules 25% des entreprises créées en 1994 étaient toujours en activité en 2004 selon le bureau de statistiques du travail... L’Empire du Soleil Levant, culturellement tourné vers la longévité, a enfanté d’un capitalisme particulier. Les entrepreneurs léguaient traditionnellement leur affaire à leur fils aîné, mais, compte-tenu de l’importance d’une bonne transmission, ils bénéficiaient d’une marge de manœuvre, pouvant adopter un fils, souvent voué à épouser une fille de la famille, s’ils ne jugeaient pas leur rejeton naturel à la hauteur. Le japon est d’ailleurs le pays où les adoptions d’adultes sont les plus fréquentes. Pourtant cette longévité se trouve menacée, en attestent les faillites récentes. Quand une auberge fondée il y a 1300 ans ou un brasseur de saké vieux de 900 ans jettent l’éponge successivement, les têtes se lèvent. L’explication serait liée à l’évolution de la législation relative aux entreprises en difficulté. Traditionnellement, les banques venaient en aide sans hésiter à toutes les entreprises, même si leur situation était désespérée. Entre 1955 et 1990, seules 72 sociétés nippones ont fait faillite ! Les banques étaient censées renflouer. Puis en 2000 la première loi sur la faillite a été adoptée. Et en 2004 l’Etat a modifié les textes de 1922 sur la liquidation. On ne prête plus aux entreprises dont les produits sont obsolètes, sauf si elles se réorientent.compagnonnage. Ils entrent chez nous apprentis, et en ressortent à la retraite », décrit Christian oury, P-dg d’oury Guyé, fabricant d’instruments de chirurgie en Haute-Marne. Résultats : la société propose six à sept modèles aux clients chaque mois et cinq salariés ont été élus MoF (meilleurs ouvriers de France). troi- sièmement les fonds propres sont généralement supé- rieurs à la moyenne. « Il faut des réserves pour les périodes de vache maigre », aime à rappeler Gilles Ber- nard, actuel dirigeant du Club des entreprises cente- naires.ont en moyenne 154 ans, nées sous Napoléon iii, du- rant l’ère des grands entre- preneurs liés au charbon, à l’acier, au textile, souvent dans des places tournantes de commerce, où les res- sources agricoles n’étaient pas rares. Bien souvent ceux qui comprennent le plus vite l’intérêt de brocarder ce passé sont ceux qui ra- chètent. en témoignent Maille, « maître moutardier à dijon depuis 1747 » (groupe unilever), ou les enseignes qui ont fait de leur année de fondation le nom d’un produit, comme 1848 de Poulain (Cadbury). dans 75% des reprises les entreprises gardent la date de référence et continuent d’exploiter le capital d’an- cienneté. « Depuis peu nous insistons sur le « Maison fondée en 1908 ». Les gens nous ont en tête, il faut leur rappeler que nous avons toujours été présents, que nos produits ont même ac- compagné les astronautes français sur les navettesles esprits », soutient Jérôme Fourest, dg. de la Maison d’épicerie fine Comtesse du Barry. « Comment tradui- riez-vous 1855 en chinois pour partir à l’exportation ? Vous ne le traduiriez pas, ce serait un gage de qualité, de crédibilité et un vecteur de vente », rappelle Bruno Bizalion qui propose avec son label un outil simple de communication, mais aussi un moyen de se ren- contrer, d’échanger de bonnes pratiques, et pour- quoi pas de répondre en- semble à des appels d’offre. Ces établissements sécu- laires ont une mentalité, une fierté, une façon de raison- ner qui leur sont propres, quelle que soit leur taille, l’artisan du coin comme leBESOIN DE COMMUNIQUER ET DE SE FÉDÉRER85% des vieilles pousses sont en province – Nord Pas de Calais, Rhône-Alpes, Alsace ou Pays-de-la-loire sont particulièrement fournis – et cultivent une certaine culture de la discrétion. « Des forces tranquilles quigroupe détenir lesSECRETS DE PÉRENNITÉ Premièrement c’est le sens de la responsabilité qui pré- domine. « 83% des diri- geants se sentent respon- sables de leurs salariés, une réponse qui vient avant la rentabilité, et ils affichent à 90% une volonté indé- fectible de pérennité », constate Bruno Bizalion. Celui qui est récipiendaire de l’entreprise est déposi- taire. « Dans la famille nous nous transmettons une en- treprise saine qui nous tient à cœur, nous sentons que nous sommes juste de pas- sage », illustre Jean-Brice la Gourgue, directeur de la distillerie de l’eau de mé- lisse des Carmes Boyer qui existe depuis 1611. « Nous avons refusé les chèques que des groupes nous ont proposés, les valeurs et leBertrand et thierry letartre, dirigeants des laboratoires Anios à lille, ont racheté en 2013 des parts à leur ac- tionnaire principal Air li- quide qui détenait 66%, afin d’éviter une vente et des délocalisations. « Nous ne voulions pas faire subir cette situation à nos collabora- teurs, avec qui nous entre- tenons des rapports très forts. » deuxièmement transparaît un autre rapport au temps de la part du diri- geant, « qui reste 27-30 ans en moyenne à la tête de la société, contre cinq ans dans les autres », rappelle Bruno Bizalion. Sa vision est for- cément de long terme. « Nous ne sommes pas dans l’immédiateté du gain, à faire des coups à l’export ou en déstockage. La pire chose serait de contribuer à vulgariser le produit », rappelle Jean-Brice la Gourgue de l’eau de mé- lisse, qui lors de son arrivée « a fait connaissance avec des salariés qui totalisaient 30-40 ans de boîte ». une stabilité vertueuse desà la quatrième génération d’ouvriers hautement qua- lifiés qui se transmettent leur savoir-faire. Le turno- ver est très faible, et nous recrutons dans l’esprit dene se mettent pas assez en valeur », remarque Gilles Bernard. Mal leur en prend, car les consommateurs sont de plus en plus sensibles à ces racines profondes. ellesspatiales Atlantis ou Dis- covery. Nous allons être plus agressifs dans notre communication, sortir des séries limitées pour marquer ces caractéristiques dansCette association Loi 1901 à but non lucratif, qui regroupe des dirigeants et des familles portant le nom de leur en- treprise, a été créée en 1989 par Bernard Logié, ancien du département conseil en recrutement de Bernard Krief, qui a créé Plus Cadres (première société d’interim de cadres en France) et qui désormais accompagne les entrepreneurs familiaux sur les aspects de gouvernance et de RH de la famille. Au sein de l'association, connue pour décerner chaque année ses fameux trophées, sont éponymes les fondateurs qui donnent leur nom à leur entreprise et, par extension, les dirigeants et les membres des familles qui contrôlent l'entreprise dont ils portent le nom, en France et à l'étranger. Les premiers éponymes sont les pionniers de l'industrialisation, datée de la 2ème révolution industrielle sous le Second Empire. Ils ont créé les racines du capitalisme familial, et le socle de l'économie moderne. Depuis l'édit royal de 1673 et jusqu'aux années 1960, tout « entrepreneur » individuel est libre de créer à condition de le faire en son nom et sur ses biens propres. C'est ainsi que les premiers éponymes ont montré, en engageant leur nom avec celui de leur entreprise, comment la prise du risquefinancier conduit à davantage de vigilance et de prudence dans la conduite des affaires. Il a été démontré que les entreprises familiales cotées surperforment par rapport aux entreprises de capitaux « anonymes ».Une étude de l'université de Bordeaux 4 a démontré que les « ÉPONYMES » cotés, surperforment davantage encore que les entreprises familiales « classiques ». Lors des dernières conférences, les membres ont pu écouter Dominique Loiseau, directrice des établissements Bernard Loiseau sur la pérennisation de « l’esprit Loiseau », ainsi que Bernard MAGREZ, qui a expliqué comment valoriser 41 vignobles en faisant de son nom une marque. Les ateliers portent sur les sphères juridiques – « guide d’utilisation du nom patronymique » - marketing – quelles sont les spécificités de la marque patronymique ? » - ou plus personnelles - « Etre père et chef d'entreprise : que transmet-on de soi quand on transmet son entreprise ? » Les noms sonnent familier aux oreilles, tant ces familles pèsent sur l’actualité écono- mique en France. Au conseil d'administration, il est possible de croiser Valentine Cointreau ou Jean-Bernard Bon- duelle...Les ÉponymesClub de noms connusJuillet - Août 2015 23Œ]]></page><page Index="24" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe A la Une - Entreprises centenaires (PME) uBabolat, l’innovation totaleadhère au groupement des exportateurs de l’industrie pharmaceutique. « Nous en sommes le petit Poucet qui amuse tout le monde. Nous ne sommes pas la Nasa, ne détenons pas de produit technologique, mais comme le disait ma grand-mère qui a tenu les rênes, nous avons passé les guerres et les grandes crises et n’avons pas d’endettement », déclare cet ancien cadre à l’export de Bourjois Chanel, qui s’apprête à participer à un salon à Hong- Kong avec Business France. on l’aura compris, l’exportation est dans le viseur de l’eau de mélisse, qui, avec un seul type de client et un monoproduit, doit agrandir sa niche. Reste à convaincre les autorités américaines ou moyen-orientales plutôt réticentes en ma- tière de spiritueux...u L’eau de Mélisse, la niche par excellenceBabolat Play Aeropro drive a été présentée au CeS 2015 de las Vegas. Kezako ? la raquette connectée de Nadal. des capteurs y sont intégrés pour enregis-Jean-Brice la Gourgue, directeur de la distillerie de l’eau de mélisse des Carmes Boyer implantée à Carrières-sur-Seine (Yvelines), n’a pas hésité à envoyer un flacon à Nicolas Sarkozy, alors président, pour évoquer la hausse de la fiscalité des spiritueux en 2012. l’accompagnait aussi un livre commémorant les 400 ans de la maison, retraçant l’élaboration de cet élixir aidant à la digestion, concocté à base de 14 plantes et neuf épices depuis 1611. « Les moines avaient repris la formule secrète d’un médecin féru de phytothérapie. En 1838 un de mes ancêtres a racheté le tout. Nous vendons aujourd’hui 500000 bouteilles par an aux pharmaciens », décrit celui quitrer divers paramètres – vitesse de frappe, angle d’attaque... –, que le joueur peut décortiquer ensuite. l’aventure lyonnaise a débuté en 1875, quand Pierre Babolat invente le premier cor- dage pour raquette de tennis. 140 ans plus tard, eric Babolat,après cinq générations successives, recherche encore la rupture. le CA se partage à 50% dans les ra- quettes (première gamme lancée en 1994), 17% dans les chaussures (alliance improbable avec Mi- chelin pour aider aux déplacements latéraux des ten- nismen) et le textile, 15% dans le cordage... et à 83% à l’étranger ! les équipes R&d se sont même aventurées sur les fils chirurgicaux !u Comtesse du Barry, la force d’une marque-plaisir« Lors de mon arrivée en 2011, j’ai reçu un faire-part de décès d’une dame, envoyé par son fils suite à ses volontés, pour nous remercier des petits plaisirs qui l’ont accompagnée tout au long de sa vie... », se remémore le dG Jérôme Fourest, conscient de la force de cette marque connue d’emblée par 48% de la population française pour ses foie-gras, caviars et saumons, truffes et épicerie fine. depuis que Joseph dubarry, ferblantier, et sa femme Gabrielle, charcutière, ont uni leur destin dans le Gers pour fabriquer « le meilleur foie gras du monde » en 1908, la vie de la maison du Sud-ouest n’a pasété un long fleuve tranquille. « La société s’est adaptée aux clients (nouveaux produits), aux nou-velles technologies (cuisson, automatisation...), à la distribution (VPC, boutiques, puis Web aujourd’hui)... », ré- sume le premier dG non familial, qui doit désormais relever un grand défi : la moyenne d’âge élevée des clients. « Tout le monde nous connaît, notre création de foie-gras de Noël est attendue, mais il n’y a pas eu transmission du goût permanent des bonnes choses. Nos conserves et produits mi-cuits ne conviennent pas à la « générationsurgelés ». A nous de revoir nos concepts de magasins et de séduire les plus jeunes pour devenir le petit cadeau gastronomique, sur le parcours shopping, en concurrence avec le bouquet de fleurs ou la boîte de macarons lors d’une invitation. » Gageons que la maison française (55 boutiques, CA de 24 millions d’euros), rachetée par le groupe coopératif Maïsadour, s’adaptera encore une fois à ces nouveaux modes de consommation.EntrepriseDate de créationActivitéHistoireMellerio1613JoaillerieEmilie Mellerio, qui préside Mellerio International, représente la quinzième génération de la famille. Le joaillier de la rue de la Paix a fournit les têtes couronnées d’Europe.Jean Roze1756SoierieLa famille Roze est à la tête de la soierie de Saint-Avertin (Indre-et-Loire) depuis douze gé- nérations, perpétuant l’héritage de Jean-Baptiste Roze-Moussard. Elle a réalisé un CA de 868 000 € en 2013.Editions Henry Lemoine1772Edition musicaleLa maison fondée par Antoine-Marcel Lemoine à Paris est toujours détenue par sa famille (septième génération).Billard Toulet1857Fabrication de billardsA pris le virage du haut-de-gamme en 2010. Installés dans le Nord, ils emploient 32 sala- riés, pour un CA de 3 M€ en 2014, après 2,6 M€ en 2013.Arras Maxei1898IndustrieLe groupe exporte près de 80% de sa production, compte 80 salariés à Arras, et a réalisé 10,7 M€ de CA en 2014.Deulep1900DistillerieL’entreprise nîmoise a beaucoup investi depuis 2012 pour moderniser ses installations et réaliser des gains d’énergie. Résultat : le CA est passé de 26 M€ en 2013 à 34,5 M€ en 2014, pour une cinquantaine de salariés.............24 Juillet - Août 2015ŒPME centenaires]]></page><page Index="25" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="26" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe A la Une - Entreprises centenaires (ETI) uSam outillage, l’art de la renaissanceu Oury Guyé & Fils, familles de salariés et savoir-fairedepuis sa création en 1906, la PMe stéphanoise Sam outillage a vécu plusieurs vies en matière d’outils, d’exportations ou de bombardements pendant la guerre. la dernière a débuté en 2011, quand Frédéric Champavere et olivier Blanc ont repris les rênes de cette société familiale spécialisée dans l’outillage à main professionnel (40M d’euros de CA, 220 salariés). Ces deux arrière- petits-fils du fondateur, François Blanc, ont impulsé uneCe fabricant d’instruments de chirurgie de Nogent en Haute- Marne existe depuis 1909 parce qu’il évolue dans une niche. le savoir-faire s’est transmis entre chaque générationd’ouvriers hautement qualifiés, chez qui l’espritnouvelle stratégie, mettant fin à deux décennies dede famille doit aussi être présent. « Nous ensommes à la quatrième génération. Le turn-overest très faible, et nous recrutons dans l’esprit de compagnonnage. Ils entrent chez nous apprentis,et en ressortent à la retraite », s’enorgueillit leP-dg Christian oury, aux prises avec plusieursobstacles : « Nous connaissons les mêmes réglementations que les géants de l’industrie alors que l’entreprise n’emploie que 48 salariés pour 4,8 millions d’euros de CA. Par ailleurs, nous sommes labellisés entreprise du patrimoine vivant, nous fabriquons en France mais nous ne bénéficions pas d’une préférence d’achat de la part de l’Etat. » la réponse ? l’ouverture à l’international depuis les années 80, et l’innovation, avec une proposition de six à sept modèles aux clients chaque mois. dans cette configuration, mieux vaut miser sur la stabilité et la formation des salariés. Cinq d’entre eux ont été élus MoF (meilleurs ouvriers de France).stagnation.« Dès notre arrivée, nous avons décidé de nous focaliser sur les secteurs du bâtiment, de la maintenance industrielle, de l’automobile et des grandes surfaces de bricolage », explique Frédéric Champavere, P-dg de la société. la nouvelle direction a aussi créé un pôle R&d d’une dizaine de salariés et injecte chaque année un million d’euros dans la conception de nouveaux outils. dernière trouvaille ? une clé dynamométrique connectée spécialement conçue pour Airbus, qui pourrait bien rapporter à terme plusieurs millions d’euros de CA. « Nous travaillons sur l’usine de demain », s’enthousiasment les dirigeants, qui multiplient les opérations de croissance externe (Rodac international, PtS outillage, Sova2i...), et ont fait sortir la société de la Bourse (euronext) pour reprendre leur liberté.EntrepriseDate de créationActivitéHistoireClairefon- taine1858Industrie papetièreLa papeterie fondée dans les Vosges par Jean-Baptiste Bichelberger compte aujourd’hui 3500 salariés et 180 M€ de CA en 2014.Gaumont1895CinémaLa doyenne des sociétés cinématographiques, fondée par Léon Gaumont, a commencé par vendre du matériel optique et photographique. 190 M€ de CA en 2014, pour 200 salariés.Saint-Michel Biscuits1905BiscuitsLes Galettes Saint-Michel ont transformé le destin de Joseph Grellier et de sa boulangerie-pâtisserie de Saint-Michel-Chef-Chef, 4500 habitants en Loire-Atlantique. En 2012, elle comptait 1200 salariés.Picard1906Distribution de produits surgelés« Les Glacières de Fontainebleau » créées par Raymond Picard ont engendré le leader du surgelé que l’on connaît : 4500 salariés et 1,3 milliard d’euros de CA en 2014.Lesieur1908Huiles végétales et saucesGeorges Lesieur aura attendu ses 60 ans pour créer son entreprise, dans la banlieue de Dunkerque. Elle compte aujourd’hui 720 salariés et a réalisé 726 M€ de CA en 2013.............26 Juillet - Août 2015ETI centenaires]]></page><page Index="27" isMAC="true"><![CDATA[n°22uDeledalle ACF, le recentrage permanentwww.ecoreseau.frA la Une - Entreprises centenaires CluB eNtRePReNdRe u uasne, recherche de niche dans textile en crise« L’entreprise Deledalle a été créée en 1912 par mon grand-père à Roubaix. Région industrielle signifie risques et donc assurances », explique« Ce qui a été dévastateur a été de penser que l’industrie appartenait au passé. La pensée « fabless » (sans usine) a fait du mal, et, l’industrie fonctionnant sur des cycles longs, il faut du temps pour rattraper ce désintérêt », souligne la P-dg elisabeth du- cottet, représentante de la 5e génération. et cette orthophoniste de formation sait de quoi elle parle. la descendante de Maurice thuasne est entrée dans l’entreprise fami- liale (1600 salariés, 170 millions de CA dont 35% à l’international), spécialisée dans les textiles médicaux et sportifs, au milieu des années 1980. titulaire d’un MBA de HeC, elle en prend la direction en 1991. Présidente de l’Asmep-eti, l’association des entreprises de taille intermédiaire fondée par Yvon Gattaz, elle n’en oublie pas de porterl’actuel président Alain deledalle, fondateur du club des entreprises centenaires. depuis 100 ans la société évolue dans le risque financier d’entreprise au sens large, ayant développé des partenariats avec des compagnies d’assurance- crédit et d’affacturage. l’une des principales questions qui s’est posée pour l’entreprise a concerné la division de son activité. en 1936, deledalle s’est scindée en deux entités juridiques distinctes : deledalle iARd et deledalle ACF. Mais les deux activités sont restées dans le giron familial jusque très récemment. « Nous étions deux cousins à gérer chacune des deux branches de l’activité. Avec le départ de mon associé, s’est posée la question de la succession. Au final, l’entreprise a été revendue à une personne hors de la famille », se souvient ce dirigeant conscient de rebondir constamment face aux évolutions du métier, notamment après la crise financière de 2008. « Aujourd’hui, nous nous penchons davantage sur les risques liés à la fraude. »au pinacle sa société fondée en 1847. le fabricant de bas de contention et autres orthèses recherche constam- ment les niches de croissance, par l’innovation, l’internationalisation et la croissance externe (rachat des ri- vaux allemand thämert et américain townsend design).u Laboratoires Anios, le flair d’entrepreneursQui ne connaît pas les nettoyants désinfectants pour les mains dans les hôpitaux ? Quand Fer- nand Collet-delval, l’arrière- grand-père, crée la société Anios en 1898, il a l’idée ingénieuse d’utiliser des produits antimicro- biens à base de sels de vanadium à la place du chlore ou du for- mol, afin de désinfecter lescuves des brasseries. il faut dire qu’au début du XXe siècle, la région Nord-Pas-de-Calais en compte près de 1900 ! l’arrière-grand-père a eu du flair, ce don familial qui semble s’être transmis de génération en génération... Au- jourd’hui, la 4e génération des Collet-letartre entend rentrer dans le top 3 mondial du mar- ché de l’hygiène et de la désinfection profes- sionnelle. les frèresBertrand et thierryletartre ont rachetéfin 2013 des parts àleur actionnaireprincipal Air li-quide, qui détenait66%. « L’entrepriseaurait été vendue, il y aurait eu des délocali- sations. Nous ne voulions pas faire subir cette situation à nos collaborateurs, avec qui nous entretenons des rapports très forts. » une nouvelle page, plus internationale, s’ouvre pour la société lilloise, forte de 643 salariés dans le monde et d’un CA frôlant 206 mil- lions d’euros.Juillet - Août 2015 27Œ]]></page><page Index="28" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe A la Une - Entreprises centenaires (grands groupes) uPeugeot, la lutte acharnée d’une famillela marque au lion est appréciée dans l’Hexagone, d’autant plus que la famille Peugeot garde un pied dans l’entreprise capitalistique et plongée dans la mondialisation. 120 ans après le lancement d’une chaîne automobile par Armand Peugeot, la famille éponyme détient 14,1% du constructeur. Robert Peugeot, P-dg de la société cotée FFP, qui représente – avec son actionnaire majoritaire les etablissements Peugeot Frères – les intérêts des quelques dizaines d’actionnaires familiaux dans le constructeur, a dû batailler, « d’autant plus que sur le plan de la fiscalité, on ne fait rien en France pour favoriser la possession et la transmission du capital fa- milial ». Sous sa patte, le groupe gestionnaire des intérêts familiaux s’est financiarisé, ce qui n’a pas fait l’unanimité dans la famille. « La création de valeur estnécessaire pour fédérer la famille et maintenir notre présence dans l’automobile, qui est une activité terriblement cyclique », estime-t-il. Car les crises ne manquent pas : dans les années 70 et 80, c’est le choc pétrolier puis la reprise en catastrophe de Citroën, suivi du rachat des activités européennes de Chrysler. Ces évènements nécessitent des aug- mentations de capital qui diluent alors la part de la famille dans l’entreprise à moins de 25%. dans les années 90 et 2000, les intérêts familiaux dans l’actionnariat de Peugeot-Citroën (devenu PSA) remontent à 31%. Mais en 2008, les ventes des constructeurs français chutent d’un quart avec la crise. en 2012, sous la direction éphémère de Philippe Varin, une alliance est conclue avec l’américain General Motors, qui achète 8% des parts. las... en vertu des sanctions américaines, le groupe de détroit – dont l’etat fédéral états-unien était alors actionnaire – impose à PSA de cesser de commercer avec l’iran, pays qui représentait 20% des ventes en volume. en décembre 2013 GM cède ses titres et laisse Peugeot au bord du gouffre. en urgence, l’augmentation de capital de trois milliards d’euros, souscrite à parité par le partenaire chinois dongfeng et l’etat français, sauve le constructeur, mais dilue la famille à 14%. Robert Peugeot a diversifié les actifs de la société de gestion familiale. « En 2002, notre actif historique représentait 90% du patrimoine géré par FFP, contre un tiers actuellement. Nous avons réalisé des investissements dans Zodiac ou Seb, ainsi que dans du non coté. » Parfois de manière très durable. les trois grands actionnaires de PSA ont signé un accord sur dix ans qui leur interdit de monter au-delà de 14%. en 2024, la famille Peugeot aura le choix de poursuivre ou non son histoire dans l’automobile. la réponse est connue...uSaint-Gobain, la doyenneuOrange, après le monopole publicun quart des salariés en France, la moitié des grandscentres de recherche dans le pays, des partenariatsavec l’école Polytechnique ou Paristech... Après 350ans d’existence, la multinationale n’a pas coupé sesracines. C’est en octobre 1665 que, par la volonté delouis XiV et de son ministre Colbert, 25 manufac-tures sont créées avec l’aide de l’etat, dont celle desglaces de miroirs. Grâce à ses avantages fiscaux et commerciaux, elle devient l’un des principaux producteurs européens (qui a équipé la fameuse galerie à Versailles), mais doit s’adapter après la perte de son monopole national suite à la Révolution : diversification dans la chimie, fusion avec un grand concurrent français, implantations en Allemagne et en italie... le capital, lui, change de propriétaires mais conserve une racine française : « Contrairement aux idées reçues, l’entreprise n’a pas été familiale ou d’Etat. Ses capitaux ont toujours été privés, sans appartenir à une famille », souligne Marie de laubier, histo- rienne de l’entreprise. la manufacture, qui prend le nom de Saint-Gobain en 1959, accompagne la transformation des constructions. on bâtit alors de moins en moins avec du bois et des pierres, mais avec du béton, du mortier, des ma- tières composites et du verre... une ancienneté qui génère une forte culture, malgré le gigantisme (41 Mds de CA) : « L’association AINF a entrepris un classement des entreprises centenaires contenant plusieurs critères de réussite – le fort attachement des salariés à l’entreprise, la nomination de dirigeants ayant effectué une grande partie de leur carrière au sein de la compagnie. Saint- Gobain coche l’ensemble de ces critères », souligne Marie de laubier.depuis l’invention du télégraphe dans les années 1840 puis celle du télé-phone, le nombre de communications à distance a explosé. les etats ont ac-compagné le mouvement : dès 1878, le gouvernement créait le ministère desPostes et télégraphes, qui deviendra beaucoup plus tard orange. le déve-loppement fulgurant de la transmission électrique a nécessité de très lourdsinvestissements en câbles, en fibres optiques et en puissantes antennes. C’estpourquoi ils sont vite devenus l’apanage de groupes monopolistiques publics(comme France télécom) ou privés (At&t aux etats-unis par exemple). dès les années 70, le réseau français est totalement intégré, puis les ingénieurs des télécoms mettent au point des techniques novatrices (Minitel, norme GSM...). Ces investissements sont alors financés aux deux tiers par l’ad- ministration des télécoms grâce à la bonne rentabilité du réseau. Mais la Commission européenne souhaite supprimer les opérateurs nationaux, et, suite à une directive, le ministère des Ptt devient en 1988 une société publique indépendante nommée France télécom. l’etat vend une partie de son capital en 1997 sur les Bourses de Paris et New-York. en France, la compagnie est désormais obligée de sous-louer son réseau physique – câbles terrestres et sous-marins, une partie des antennes-relais – à de nouveaux opérateurs, qui n’ont pas eu besoin de lancer les très lourds investissements néces- saires en matériel. C’est ainsi que Free, Numéricable et dans une moindre mesure Bouygues télécom ont pu proposer des offres compétitives dans le domaine du fixe puis du portatif. Attaqué sur son marché historique, France télécom rebaptisé orange a vu son CA chuter de 2,5 milliards d’euros dans l’Hexagone entre 2011 et 2013. la société, encore détenue à 27% par l’etat, demeure néanmoins un mastodonte, avec un CA de 41 milliards d’euros, loin devant Bouygues télécom (4,6 milliards), Free (3,8 milliards) et Numéricable (3,2 milliards). la société en a profité pour contre-attaquer depuis 2014, avec des remises de prix très compétitives. 137 ans et toujours jeune...© Saint GobainEntrepriseDate de créationActivitéHistoireBolloré1822Transport, logistique, énergie...A partir des années 1980, Vincent Bolloré a réussi la diversification industrielle de l’entreprise familiale, créée par Nicolas Le Marié près de Quimper dans l’industrie du papier. Résultat : 55 000 collaborateurs et 10,8 Mds € de CA en 2013.Schneider Electric1836Distribution électriqueLa société fondée par les frères Eugène et Adolphe Schneider au Creusot a connu plusieurs vies, dans l’armement notam- ment, avant de se recentrer avec succès dans le domaine électrique dans les années 1980. 38,2 Mds € de CA en 2014.Hermès1837LuxeLa manufacture de harnais et de selles fondée par Thierry Hermès en 1837 à Paris est devenue un fleuron du luxe français : 11 000 salariés et 3,75 Mds € de CA en 2013.SEB1857Petit électroménagerRétameur ambulant, Antoine Lescure ouvre en 1857 un atelier à Selongey (Côte-d’Or) où il fabrique sceaux, arrosoirs et moules. Plusieurs innovations ont jalonné son histoire : super cocotte, friteuse sans odeur ou cuiseur-vapeur électrique. 4,253 Mds € de CA en 2014, et 25 000 collaborateurs.Legrand1860Produits électriquesL’atelier de porcelaine de Limoges a bien grandi - 33 000 salariés et 4,460 Mds € de CA en 2013 – grâce à l’innovation tous azimuts : 5% du CA consacré à la R&D chaque année, 4000 brevets actifs.Bénéteau1884Construction navaleBenjamin Bénéteau a créé son chantier naval à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, en Vendée. Il compte aujourd’hui 6 000 salariés pour un chiffre d’affaires de plus de 900 M€.Crédit Agricole1885BanqueLa première Société de Crédit agricole est née à Salins-les-Bains dans le Jura. 26,4 Mds € en 2013, et 150 000 collaborateurs.Michelin1889PneumatiquesL’histoire de la firme au Bibendum créée par les frères André et Edouard Michelin à Clermont-Ferrand est jalonnée par l’innova- tion : guide, cartes, pneu radial...............28 Juillet - Août 2015Grands groupes centenaires]]></page><page Index="29" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="30" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe Interview croisée - Futuroscope et Puy du FouQuelle stratégie suivez-vous ? Nicolas de Villiers : Nous ne marchons pas dans les pas des autres parcs à thème, ayant découvert avec les an- nées qu’il existait une autre manière de se développer sans de grandes montagnes russes. Place aux spectacles qui privilégient l’émotion à la sensation, le cœur au corps,moderne. les vacances sont plus éclatées. les gens, qui prennent des Rtt et subissent la crise partent moins loin. les attentes fondamentales des familles en matière de loisirs, telles que définies par le sociologue Jean Viard, sont les 3R : retrouvailles, ruptures, ressourcement, ce qu’un parc bien conçu peut offrir. l’adrénaline n’est pasbien représentée. les res- ponsables investissent donc dans une activité qui va les attirer. Chez nous la société mère a deux actionnaires qui sont des associations loi 1901. les considérations ar- tistiques prédominent, ce qui nous permet de traiter de la Renaissance, des mousque- taires ou de la Seconde Guerre mondiale dans nosParcs maîtresDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse à deux dirigeants/entrepreneurs qui ont un point commun ou une différence fondamentale, afin de connaître leur opinion sur la stratégie, l'innovation, la communication et de montrerqu'il existe plusieurs manières de managertout est question de positionnement face aux géants comme disney dans ce secteur. la preuve avec ces deux parcs malinsstratégiquement, qui tirent leur épingle du jeu et défendent avec brio la French touch...Il y a cinq ans encore je n’aurais pas cru que nous embaucherions des community managersNicolas de Villierscar l’effet est plus pérenne. Nous marquons les esprits, nous inscrivant dans ce be- soin de retourner à des choses plus authentiques dans des lieux enracinés, dans cette nostalgie inconsciente d’une histoire moins enseignée à l’école. les décors ne sont pas en carton-pâte, les ani- maux sont réels et ne sont pas des peluches. Bien que nous présentions des ro- mances historiques, les détails sont scrupuleusement res- pectés en accord avec des experts historiens ou archi- tectes. Cela passe aussi par des scenarii léchés, costumes et effets spéciaux pour faire voyager, et une accessibilité à la famille dans son ensem- ble. il nous faut éviter les activités « segmentantes » de nos concurrents, qui doi- vent parfois refuser femmes enceintes, enfants en bas âge et personnes âgées. Dominique Hummel : le marché n’est pas morose, bien au contraire. les échecs retentissants comme Mira- polis, les Schtroumpfs ou le Bioscope ont marqué les es- prits, mais globalement l’ave- nir est radieux parce que les parcs d’attraction entrent en résonnance avec la société30 Juillet - Août 2015forcément la bonne idée pour impliquer tout le monde. J’ai coutume de dire que lorsque l’attraction marche avec une jeune fille de 12 ans, il y a de fortes chances que cela plaise à toute la famille. le grand défi de chaque parc est de garder du contenu qui lui soit propre, car les plagiats sont monnaie courante ; il importe de se réinventer. les belles idées peuvent venir d’autres secteurs, il faut donc ouvrir ses antennes. Nous avons initié un parcours dans le noir qui rencontre le suc- cès, à la base destiné aux personnes s’apprêtant à tra- vailler avec des non-voyants. C’est le seul moyen de faire apparaître la French touch et de se démarquer des grosses machines comme disney, contre qui nous ne pouvons lutter. en cinq ans dans le monde le coût des attractions a été multiplié par deux...Quels sont les facteurs clés de succès ?NV : Premièrement le lea- dership artistique. Bien sou- vent dans les parcs le mar- keting commande, et constate par exemple que la tranche 12-14 ans n’est passpectacles. Au marketing en- suite de s’adapter. deuxiè- mement la pratique vertueuse consistant à réinvestir tous les bénéfices. troisièmement un côté décalé dans la com- munication, parce qu’elle découle de l’artistique. Nos visuels actuels inspirés de grands tableaux de maîtresne respectent pas les codes colorés du spectacle. Qua- trièmement, les efforts ser- vant à transformer le parc en destination. Nous créons de nouveaux spectacles tous les ans, qui viennent s’ajouter aux autres afin d’encourager le visiteur à rester plus long- temps sur place. il reste dés- ormais deux ou trois jours en laissant sa voiture de côté, parce que nous proposons des hôtels à thème, afin de ne pas rompre le charme le soir venu.disney aux parcs animaliers comme les zoos de la Flèche ou de Beauval, s’efforcent de développer leurs produits pour que le visiteur reste une deuxième journée. Cela passe donc par une augmen- tation de la capacité d’hé- bergement sur place. Nous passons d’un modèle de proximité à un modèle de court séjour. Au Futuroscope nous parvenons peu ou prou à l’équilibre des trois tiers : un tiers de visiteurs qui sont à moins de trois heures de Paris, dans le triangle Bor-deaux-Nantes-limoges, et qui sont ponctuellement at- tirés par une nouvelle at- traction ; un tiers habite à plus de trois heures du parc et s’y rend pour le week- end ou pour de courtes va- cances, nécessitant un hé- bergement ; un tiers sont des touristes qui se rendent sur la Côte Atlantique, pour qui le Futuroscope est une étape éventuelle, à condition que nous nous accordions avec le territoire pour com- muniquer, attirer, être pré- sents sur les circuits.©Puy du FouLe type de territoire dans lequel naît le parc est-il essentiel ?NV : tout est parti de l’in- tuition de mon père, et cette stratégie de différenciation est dans notre AdN désor- mais. Ce genre de parc, qui parle de l’histoire de France, est possible ailleurs car le passé du pays est riche et diversifié. Mais je pense que si la dynamique a été mise en place par le bénévolat (3500 bénévoles aujourd’hui dans les associations action- naires), si aujourd’hui 3300DH : toute la gamme des parcs, des géants commeNicolas de Villiersa fait des études de droit et de gestion (diplômé d’Audencia).Durant ses études, il travaille au Puy du Fou comme cavalier voltigeur, puis devient responsable de spectacle, directeur artistique et président en 2012 du Grand Parc du Puy du Fou,qui réalise 73 millions d’euros de CA et emploie en direct 1400 personnes.]]></page><page Index="31" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frInterview croisée - Futuroscope et Puy du Fou CluB eNtRePReNdReemplois etP ont été créés par le Puy du Fou (en comp- tant les hôtels, restaurants, fournisseurs...), c’est aussi grâce à une forte identité et une volonté collective de faire vivre le département et d’inclure les acteurs lo- caux.des Singes, au futur Center Parcs...Quels sont les obstacles au développement selon vous ?NV : il est pour nous géo- graphique. Nous ne bénéfi- cions pas comme nos concur- rents d’une gare tGV à quelques kilomètres du site. Nous sommes accessibles par des navettes, mais la fa-Nous avons intérêt à dégager des ressources – 10 à 15% du CA –, pour investir dans de nouvelles attractions qui feront venir du monde. Stag- ner à ce niveau se paye deux ou trois années plus tard, les visiteurs étant très sen- sibles aux nouveautés. Mais ce point délicat, s’il est bien négocié avec une commu- nication efficace sur la nou- veauté, fera venir du monde.nity managers. Nous avons besoin de cette interactivité avec les visiteurs, via Face- book, twitter... Nous les écou- tons pour faire évoluer notre stratégie. les réseaux sociaux sont évidemment devenus prépondérants. Nous venons par exemple de publier une vidéo très forwardée et ret- weetée, émanant de GoPros placées sur certains de nos cascadeurs. l’internaute peut vivre avec eux le spectacle. DH : le numérique déclasse les formats argentiques. Nous avions le format iMAX, nous vivons donc une révolution. Car il n’est pas seulement question de nouvelles ma- chines, cela signifie aussi une baisse des coûts de pro- duction et de diffusion, et surtout donne une maniabi- lité différente : l’argentique nécessite des écrans, le nu- mérique peut offrir de nou-Nous partageons de manière hebdomadaire la stratégie avec des responsables pour qu’ils partagent l’information et que nous récoltions les suggestions, artistiques, so- ciales... Je passe au moins un jour par semaine dans le parc durant l’ouverture d’avril à septembre afin de rencontrer les acteurs et tous les salariés par groupes pour améliorer les choses dans les domaines artistique et sé- curitaire.Rift. tous les trois ans nous lançons une grosse attraction de 6 ou 7 millions d’euros, essayant de rester sous les 10% du CA, contrairement à beaucoup de nos concur- rents. il faut savoir circons- crire le risque. et nous testons plus souvent de petites choses, en mélangeant tech- nologies et spectacles vivants.Comment voyez-vous l’avenir du parc ?NV : Notre principe de dé- veloppement est de « grandir sans grossir », c’est-à-dire éviter de devenir un parc énorme qui perde l’échelle humaine, mais continuer de se développer artistiquement. la diversification est de mise. Plus de 200 entreprises uti- lisent Puy du Fou Congrès chaque année. Puy du Fou Academie est une école ma- ternelle et primaire (nousDH : Cette politique du court séjour induit des liens très forts avec les pouvoirs pu- blics pour garantir une at-DH : Pour moi il existe deux mondes : ceux qui travaillent l’attractivité et qui donnent envie de venir, et ceux qui travaillent la satisfaction et donnent envie de revenir. du coup je suis en retrait sur la deuxième partie, l’ex- ploitation, et confie les rênes à mon adjoint. et je prends en main la première partie, plus créative, qui consiste àMon rôle est d’être briseur de tabou, contestataire et iconoclaste, sinon lesvelles opportunités avec la réalité augmentée, le map- ping comme à la Fête des lumières à lyon... C’est un investissement mais aussi une évolution artistique.Comment pourrait-on caractériser leDominique Hummelpiloter les projets de déve- loppement, l’artistique, le marketing... il faut être à l’affût de prestataires et par- tenaires – comme récemment le Cirque du Soleil pour notre spectacle du soir – car il serait prétentieux de croire que nous pouvons tout faire tout seuls.projetons d’étendre le cursus jusqu’au Bac) qui permet le même parcours scolaire que les autres, avec en plus une partie artistique, pour former à terme des artistes de niveau mondial. Puy du Fou evasion est notre centrale de réser- vation qui contacte des hôtels de la région. demain nous achèterons du transport. enfin nous comptons installer d’au- tres Puy du Fou à l’étranger. DH:leplanàcinqansest à l’étude. Nous chercherons à rééquilibrer les parties sen- sationnelles, contemplatives et interactives, le parc étant historiquement plus posi- tionné sur le contemplatif, avec des documentaires sur grands écrans. les nouvelles attractions comme le voyage de Jules Verne n’attirent pas seulement l’attention, ellesautres ne le seront pas©Parc du Futuroscopetractivité, une communica- tion et des infrastructures. disney est devenu le leader que l’on connaît grâce à une grande accessibilité garantie par les pouvoirs publics. Nous sommes proches du département de la Vienne qui était actionnaire au dé- part. Nous avons créé la marque ombrelle Pays du Futuroscope à 50% avec les pouvoirs publics pour com- muniquer. Ce qui va servir à tout le territoire, aux com- merces, aux acteurs de l’in- dustrie touristique, à la Valléecilité n’est pas aussi impor- tante. Nous transformons ce handicap en force, en faisant vivre une vraie coupure-ex- périence aux visiteurs. Être une PMe ne nous empêche pas en revanche de nous ex- porter : nous sommes en phase de production en An- gleterre, de conception en Russie, et nous produisons depuis deux ans le spectacle aux Pays-Bas. 40 de nos sa- lariés travaillent d’ailleurs là-bas actuellement.Les évolutions de la com- munication et des nou- velles technologies ont-elles bouleversé votre activité ?NV : Nous avons fait évoluer notre message de fond, qui colle aux différentes aventures artistiques que nous lançons, nous éloignant des codes ha- bituels de la communication en vigueur dans l’industrie du loisir et du spectacle. tous types de médias sont sollici- tés. il y a cinq ans encore je n’aurais pas cru que nous embaucherions des commu-management qui est appliqué chez vous ? NV : impliquer les gens n’est pas une vaine expression ici. Nous appliquons le principe de subsidiarité. Celui qui est à l’échelle la plus proche du terrain a une plus grande li- berté d’action et un pouvoir de décision. un responsable de spectacle fait des choix artistiques, humains puisqu’il peut participer au recrutement de ses hommes avec les RH, et financiers puisqu’il a un budget à gérer. et il est seu- lement l’échelon n+1 par rapport au plus opérationnel.térieurs à nous-mêmes.DH : il est de mon devoir de dirigeant d’avoir un rap- port décomplexé avec le risque et l’échec. Mon rôle est d’être un briseur de tabou, je dois être contestataire et iconoclaste, sinon les autres ne le seront pas. Nous avons fermé trois ans plus tard les animaux du futur en réalité augmentée lancés en 2008. Nous étions trop en avance. Nous prenons d’ailleurs notre temps avec les casques de réalité augmentée oculusns,Dominique HummelQuels sont vos rapports au risque et à l’échec ? NV : ils doivent faire partie de l’entreprise au sens noble du terme, à condition d’ac- cepter l’échec. Sinon on s’ar- rête très vite. Pour autant, tout ne doit pas être aban- donné avant que la réalité ne démontre des obstacles insurmontables, qui sont ex-est président depuis 2002 du directoire du Futuroscope de Poitiers, qui réalise 90 millions d’euros de CA. Urbaniste (INSA Lyon et CESA Tours), juriste (DESS en Gestion des collectivités locales) et économiste (Maîtrise d’Econo- mie des entreprises) de formation, il est passé par la CCI de Strasbourg et du Bas-Rhin, la région Poitou-Cha- rentes, puis le privé avec PGA Motors leader européen de la distribution automobile (4000 salariés). Depuis 2012, il est conseiller auprès du président de la Compagnie des Alpes (CDA) qui a pris le contrôle du Parc en 2011.DH : Cette industrie est ex- trêmement capitalistique.montrent que nous bougeo. que le parc se renouvelle per- pétuellement. l’avenir passe par un développement hôte- lier au-delà de 2020, des par- tenariats de proximité avec Center Parcs notamment, une externalisation, voire une in- ternationalisation en inde et dans le sud de la Chine.Propos recueillis par Julien TarbyJuillet - Août 2015 31]]></page><page Index="32" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe En immersion - Zoo de BeauvalDans chaque numéro, un(e) journaliste d'EcoRéseau fait un reportage in vivo dans une entité (entreprise, usine, incubateur, association...)la ville des pandasafin de décrire ce qu'il voit, de comprendre le fonctionnement au jour le jour, la capacité à innover et les flux financiersle plus grand Zoopark de France dans la loir et Cher, qui a fait parler de lui en acquérant un couple de pandas chinois, abrite quelque 6 000 animaux. une vaste entreprise....«Jmencé dans mon village natal de Saint-Aignan-sur-Cher dont je rêvais, déjà, de de- venir le maire, sans penser aller travailler avec les ani- maux. Après un an d’exer- cice, je viens de conclure une grande opération im- mobilière de plus d’une cin- quantaine de logements pour le personnel, en plein cen- tre-bourg. Sans Beauval, sans la famille Delord, la com- mune de 3300 habitants au- rait stagné. Aujourd’hui, je suis maire et je travaille, no- tamment, pour le bien-être des animaux. » Éric Carnat, la quarantaine souriante, fonctionnaire départemental, est plus que satisfait de cette situation. Même si, 35 ans après le premier coup de pioche pour dresser un début de parc ornithologique rus- tique, il reste quelques râleurs locaux pour contester l’une des réussites les plus écla- tantes de France en matière de loisirs populaires, Fran- çoise delord, la pionnière, et Jacques, son époux magi- cien, ont eu plus que raison de venir abriter, sur les bords du Cher, près du lieudit « le Paradis », les quelqueDépartement », précise Éric Carnat. Au jour pluvieux de l’inauguration de la première tranche, le très giscardien préfet Charles-Noël Hardy’avais sept ans quand l’épopée du zoo a com-300 oiseaux entassés dans leur appartement montmar- trois. « Il y en avait partout », se souvient Rodophe de- lord, 43 ans, actuel directeur général du site de Beauval, qui, n’aimant pas l’école, est entré de suite dans la vie ac- tive en passant par toutes les branches de métiers du zoo. Yves Piau, maire PS de l’époque et vétérinaire, a cru dès le début au programme du couple delord « sans pen- ser au niveau qu’il allait at- teindre. Il ne s’agissait que d’oiseaux, certes exotiques, surtout pour nos régions, mais, de là à imaginer même une seconde ce qui existe aujourd’hui aurait relevé de la folie ». Généreuse, la com- mune a attribué 1200 francs à l’époque pour aider au dé- marrage...de vie avait été placée à sa barre maximale... Car, vrai- ment, qui allait venir à Saint- Aignan-sur-Cher voir des «zoziaux» ?contingent de fauves et de singes accompagne l’ours. Koalas, les premiers en France, tigres blancs uniques venus des uSA, d’autres ani- maux presque uniques, eux aussi, arriveront alors au fil des ans, en ce val de Cher qui prend l’allure d’une sa- vane contrôlée, adaptée à nos climats, incluse peu à peu dans la vie de cette vallée de la loire qui a connu d’au- tres renaissances et/ou révo- lutions. l’arche de Noé gran- dit au fil des ans avec l’arri- vée d’éléphants, de laman- tins, d’otaries, de grands singes, de plusieurs espèces menacées de disparition na- turelle ou par criminalité, de grands oiseaux... et on arrive en tout début d’année 2012 à la concrétisation du rêve fou des delord, appuyés dans leurs démarches auprès de la Chine par Jacques Chirac, puis par Nicolas Sarkozy. deux pandas, Huan Huan et Yuan Zie, un couple, y sé- journent depuis trois ans maintenant et l’on attend, en France comme en Chine, une naissance pour cette an- née 2015. Car cela boosterait les entrées qui, avec un point culminant à un million d’uni- tés en 2012 (record absolu en région Centre), ont ten- dance à fléchir. or, on compte tout de même 500 salariés (50% en Cdi et le reste en contrats saisonniers de mars à novembre) sur le site, et le chiffre de 18600 personnes le jour même du dimanche de la Pentecôte ne se renou- velle pas tous les jours. « Il faut tout conjuguer, penser, anticiper tous les jours car tout joue : la météo, les ponts et/ou les vacances, et le re- cord du million d’entrées ne devrait pas fléchir car le chiffre d’affaires s’en res- sentirait (40 millions d’euros attendus pour 2015). Nous misons beaucoup sur la nais- sance d’un panda car le prêt des animaux par la Chine se termine dans sept ans,même si nous avons bon es- poir de le voir reconduit », explique Rodolphe delord qui est heureux de constater l’amélioration des relations avec la municipalité actuelle. « Nous pouvons jongler avec les feux tricolores dès que ça coince à la sortie de l’au- toroute. Il y a une bonne quinzaine de journées dans l’année où cela pose pro- blème. Le Conseil général a déjà effectué beaucoup d’aménagements, dont un rond-point animalisé en si- lhouettes et, à défaut de deuxième pont, une passerelle est espérée. »PEU CROYAIENTEN QUELQUES« ZOZIAUX »« Les premiers à y croire vraiment ont été les prési- dents des conseils généraux (Kléber Loustau et Roger Goemaère), ainsi que le dé- puté Patrice Martin-La- lande, et le directeur du tou- risme de l’époque, le jeune Olivier de Brabois, actuel directeur des services duPhoto de famille...avait même failli y laisser une paire de chaussures en cuir de très haute facture. le baromètre n’était pas monté très haut au hit-parade des espoirs de réussite, cha- cun pensant que « Fran- çoise, la demoiselle de Bo- bino, qui y présentait Brel, Ferré et le «gorille» Bras- sens qu’elle avait déjà ap- privoisé, avait de bien drôles d’idées de parisienne ». l’échelle de 6-8 ans d’espoirla commune n’avait pas les mêmes attraits que sa voisine de Selles-sur-Cher qui affi- chait déjà depuis cinq ans la qualité de ses fromages de chèvre connus dans le monde entier sur toutes les grandes tables gastronomiques... le Cher a, dorénavant, deux ambassadeurs internationaux réputés et... enviés, mais ja- mais copiés.DU PARC DE PROXIMITÉ AULIEU DE SÉJOURen plus du zooparc, le pre- mier de France, l’un des 12 premiers mondiaux, Beauval a développé un parc de centre de congrès et d’hôtels de 1000 lits – le plus important de la région en capacité d’ac- cueil – dix points de restau- ration et 12 salles de réunion. en 35 ans, Beauval est de- venu l’un des 15 sites les plus visités de France. tout cela grâce à des oiseaux trop à l’étroit dans un appartement parisien. Ainsi commence la légende delord que le Cher berce jour et nuit, au rythme des cris, appels, sifflements, de quelque 6000 animaux (il y a des naissances tous les jours) répartis sur 32 ha de savane en val de Cher et val de loire, avec un service de cinq tonnes de nourriture par jour, soit 30 tonnes par an de bambou frais et 18ActualitésPLUS D’ATTRACTIVITÉ, PLUS D’ANIMAUXCe délai de 6-7 ans nous est confirmé par Rodolphe de- lord qui, sans jamais avoir douté du flair de ses parents, se pose quelques questions dès qu’il entre dans la mai- son. les oiseaux ne suffiront pas à faire vivre le projet. Commence alors une suite d’événements plus énormes les uns que les autres, avec coups de chance, de poker et de communication. le vrai ours, celui de Jean-Jacques Annaud, hébergé dans un centre d’accueil berrichon proche, chez le dresseur, re- joint le site de Beauval qui voit ses quelque 45000 visi- teurs par an pour les oiseaux passer à plus de 70000. unLes dernières nouvelles du parc- Les déchets animaliers (5500 tonnes/an) plus l’équivalent apporté par les agriculteurs locaux à une dizaine de km autour du zoo, sont recyclés depuis mai dans une usine de mé- thanisation installée sur le site de Beauval. Résultat : 2GWH revendus à EDF (=3000 foyers, soit la ville de Saint-Aignan)- Beauval est la plus grande maternité d’animaux de France, avec environ 450 naissances/an du plus petit oiseau à l’éléphanteau ou au lamantin. La banque de semence d’éléphant sur le site est unique au monde pour tous les zoos européens ! On espère la naissance d’un panda...- Il est possible de parrainer des animaux, de leur donner un nom, de venir les soigner un jour, ou plusieurs...- 17 singes et deux tortues ont été volés, de nuit, au zoo de Beauval à la mi-mai. Une enquête de gendarmerie étant en cours, la direction ne souhaite pas communiquer à ce sujet tant que la justice chemine.- Après TF1 récemment, M6 consacre une émission de 110 minutes au zoo de Beauval en tout début de ce mois de juillet (5 ou 8), à 20h40.32 Juillet - Août 2015nes ded’eucalyptus, 296 ton. fruits et légumes, 72 tonnes de viandes, 720 kg d’in- sectes... vivants ! Aucun es- prit chagrin ne pourrait éva- luer les dégâts économiques et humains pour le secteur de Saint-Aignan si le zoo qui a, un peu, fait peur au tout début, fermait...Richard ODE]]></page><page Index="33" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="34" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe Electron libre - Nans et MoutsDans cette rubrique EcoRéseau met à l'honneur un(e) entrepreneur(e) parce qu'il (elle) a un profil atypique, parce que son entrepriseNans et Mouts, nus et culottésévolue dans un secteur unique ou parce qu'il (elle) a eu l'idée de sa boîte d'une manière peu conventionnelledepuis début juin, les deux héros de la série documentaire de France 5 sont à l’écran pour la troisième année consécutive ; retour sur deux profils atypiques empreints d’écologie et avides de défis.«CEt si nous partions sans ar- gent ? – Oui pourquoi pas, mais alors sans sac – D’ac- cord, mais dans ce cas nous partons à poil ! »et grelottants. Faire un feu, manger des orties, se fabriquer des vêtements avec des feuilles... et éprouver le plaisir des rencontres fortuites, tels sont les ingrédients qui ont conduit France télévision à commander une série docu- mentaire.nomade. est-il possible de voyager en réduisant son em- preinte écologique à la portion congrue ?« La première fois,il nous fallait vitetrouver des vête-ments, ne pas tombersur des chasseurs,des enfants, chercherun centre Emmaüs.Nous étions terrori-sés et avons finale-ment eu foi en l’ave-nir. A Lyon, nousavons été hébergéspar un étudiant émé-ché que nous avons rencontré sur lesberges du Rhône, etnous avons vu unsac de costumesdans son entrée, qu’il s’ap- prêtait à jeter. Ce sont ces petits coups de pouce qui nous font penser qu’il y a de la magie dans ces aventures. Trouver un briquet qui fonc- tionne lorsqu’on est en train de gratter les rochers pour récolter de la mousse et se protéger du froid tient du mi- racle, et pourtant cela nous est arrivé », évoque Nans, se- lon qui ce genre de vécu s’ap- parente à une école de l’en- trepreneuriat : « Nous trans- formons un besoin, une am- bition, un rêve en réalité. Il faut aimer les gens et être très ouvert, ne pas les entourlouper mais ne pas non plus oublier le fil rouge, la ligne directrice ». Pour son acolyte Mouts, « cette notion de capitanat changeant est aussi importante. Parfois l’un des deux est fatigué et se repose sur l’autre. C’était mon cas lorsque nous sommes ar- rivés à Paris lors de notre premier périple. J’étais dé- couragé, et puis j’ai vu Nans courir après un Tuk-tuk rouge, dont nous avons convaincu la conductrice de nous conduire à la discothèque l’Arc, sur les Champs-Ely- sées ».’est donc sur une sur- enchère de défis lan- cés par Nans tho-Son tour du monde à budget réduit (bateau stop par l’At- lantique), en 2008-2009, avec un camarade, lui permet d’ex- plorer diverses techniques. « C’était une vraie école de l’allègement. Et une fois le superflu passé aux oubliettes, il faut s’en remettre à l’autre. Nous nous sommes enrichis, d’où l’idée d’écrire un livre sur les moyens de se déplacer, se nourrir, se soigner avec rien. Cet abécédaire du va- gabondage, « la bible du grand voyageur », a finalement été édité par Lonely Planet », semassey et Guillaume Mouton, alias Nans et Mouts, que le concept du documentaire « Nus et culottés » est né. « Nous étions dans le bluff. Mais un mois plus tard, nous nous sommes retrouvés sans vêtements au bord de la Drôme, à Die, avec un objec- tif-rêve à réaliser en cinq jours : rallier une discothèque à Paris en décapotable rouge.PARCOURSATYPIQUEStous deux ont grandi en milieu rural. Mouts, 28 ans, en Haute- Marne, auprès de parents en- seignants, mordus de camping et d’apiculture. Adolescent, en canoë sur la Marne ou à vélo dans le Jura suisse, il commence à goûter au plaisir des rencontres et des nuits à"Il n'y a que Maille qui m'aille..." - "Tais-toi et marche !"réjouit le globe- trotter.les deux ingé- nieurs se croisent à l’iNSA en 2005 – au cours d’une soirée (arrosée) – , voyagent ensem- ble et testent leur capacité à s’arrêter chez les habitants en Angleterre, au luxembourg et en Belgique. Puis Mouts réalise alors de son côté le tour du continent amé- ricain, s’improvi-avons tiré trois minutes qui ont ravi notre entourage. En- couragés par cet enthou- siasme, nous avons alors har- celé la boîte de production Bonne Pioche, qui œuvre déjà pour « J’irai dormir chez vous » ou « Les Nouveaux Explorateurs », ce qui a réussi non sans difficultés au départ », se souviennent les deux ca- marades. Ceux-ci ont parfait leur formation, voyageant en Suisse avec Kim Pasche, un trappeur canadien qui leur a appris les rudiments de la sur- vie, comme faire un feu ou corder des fibres. Pour Mouts, la difficulté n’est pas tant tech- nique : « Durant toute notre vie nous acquérons des codes et nous nous livrons à l’auto- censure, ce genre d’expérience permet de re-questionner un certain nombre de choses. Il suffit d’oser, même si nous nous prenons des claques. En Allemagne, un soir d’hiver où il nous fallait trouver refuge, nous avons essuyé une cin- quantaine de refus, ce qui a été très formateur. » téméraires, mais méthodiques, ils réalisent un bilan aprèsA lire :La Bible du grand voyageur Lonely PlanetPar Anick-Marie Bouchard, Guillaume Charroin, Nans Tho- masseychaque expérience, afin de mieux formuler leur requête et créer un climat de confiance. « Dans tous les cas nous réus- sissons l’expérience car elle produit un résultat, même si nous ne relevons pas le défi », révèle Mouts. Ceux qui véri- fient les limites de la liberté acquièrent même une certaine sagesse : « Tout a sa place, nous finissons par faire confiance à une certaine mé- canique de la vie et à percevoir les opportunités. Nous deve- nons plus ouverts à la séren- dipité, qui nous fait trouver des solutions auxquelles nous ne nous attendions pas », ré- fléchit Nans. le reste de l’an- née, les deux compères ren-Le grand luxe et le glamour réunis...contrent la.conférences et organisent des stages de vagabondage (www.grand-voyageur.fr). Quandonabulethéavecun lord, ou essayé de rencontrer le roi de Belgique sur un coup de tête, on a beaucoup à transmettre en termes de volonté...C’est ce que nous avons fait », se remémore Nans, dont la mère s’est alors demandé ce qu’elle avait raté dans son éducation...la belle étoile. Nans, 30 ans, a passé son enfance dans un hameau de l’isère. il garde des souvenirs intenses des es- capades estivales avec sa mère, en camping sauvage. À 15 ans, il intègre une section « sport-nature » du lycée de die, où il découvre la pratique intense du ski de randonnée, de l’escalade, du kayak.sant journaliste pour interviewer ceux qui ont mis au point des techniques répondant au dérèglement cli- matique : des filets récupérant l’eau de la brume dans le désert chilien, du carburant états-unien à base d’algues, des fours solaires argentins... de ces dix mois de voyage ressortira aussi un livre, EcoA- merica. Forts de leurs expé- riences respectives, les deux complices se jettent ensemblepresse, font desChaque périple donne lieu à une mission : rencontrer une chanteuse d’opéra en italie, trouver de l’or en Suisse, passer une nuit dans un manoir hanté en Écosse... Pour pimenter l’aventure, ils s’inventent des contraintes supplémentaires, comme faire du stop sans par- ler ou ne rien demander aux gens qu’ils croisent. Avec pour unique bagage un couteau et trois petites caméras, ils cra- pahutent pieds nus, traversent des torrents, avant de trouver refuge pour la nuit, affamésune conférence de Pierre Rabhi, qui prône la décrois- sance heureuse, le marque à vie. lorsqu’il entre à l’insa à toulouse et choisit génie civil, il se lance dans les maisons vertes à basse consommation énergétique. et après avoir appris l’écologie sédentaire, il cherche à connaître l’écologiedans le grand bain.d’aventure entrepreneuriale, il en a d’ailleurs été question avec la télévision. « Nous avions emmené un appareil photo, avec lequel nous avions filmé notre premier périple. D’une heure de rush, nousJulien Tarby & Jean-Baptiste LeprinceEcoAmerica, voyage en quête de solutions durables GeoramaPar Guillaume MoutonPour mettre en place votre projet de voyage : www.grand-voyageur.fr34 Juillet - Août 2015PLUS QU’UN DÉFI, UNE PHILOSOPHIEles deux aventuriers ne sont pas de simples têtes brûlées, ils cherchent à prouver que la sobriété heureuse est possible.]]></page><page Index="35" isMAC="true"><![CDATA[Christophe, 43 ans. Directeur général, ESSEC Executive Education, promotion 2011.Et si vous aussi, vous donniez un nouvel élan à votre carrière avec le programme Management Général ?Renforcez vos compétences, renouvelez votre projet professionnel et atteignez vos objectifs avec Management Général. 12 mois à Paris, format week-end, 2 immersions à l’étrangerPour les hauts dirigeants.WWW.EXECUTIVE-EDUCATION.ESSEC.FR© Getty Images – 434290515]]></page><page Index="36" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe Leçons de maux - Club MéditerranéeApprendre de ses échecs et utiliser cet acquis dans une nouvelle aventure. Tel est le credo qui est suivi dans cette rubrique,la grande muequi retrace une sortie de route pour mieux se tourner vers l'avenire Palmiers, bungalows, soleil et Go, le Club Méditerranée a conquis des générations de touristes jusqu’à la crise des années 1990. depuis dix ans, il a changé de cap, visant la montée en gamme et les pays émergents.n 1950 un ancien ré- clients dans le jargon du club fondé sur une forte main offres innovantes. à sa stratégie de montée en augmenté leurs dépenses de sistant belge, Gérard – se ruent dans des villages d’œuvre et des charges fixes Nommé en 2002 comme gamme. Pour la seule année 25%.Blitz, emprunte des toujours plus nombreux – importantes », analyse Phi- président du directoire du 2012, il a ainsi cédé trois dans son rapport annuel, letentes de l’armée, loue un jusqu’à trois ouvertures par lippe doizelet, consultant au Club Med, Henri Giscard villages et en a fermé cinq Club ne cache pas ses am-terrain aux Baléares, et y aménage un camp de bric et de broc. le tutoiement est de rigueur, tout le monde mange à la même table. l’es- prit baba du lieu, fondé sur la liberté et la convivialité, fait un carton : 2000 vacan- ciers accourent, et le fonda- teur doit en refuser 10000. le Club Méditerranée était né, d’abord sous la forme d’une association à but non lucratif, avant d’être trans- formé en Société anonyme dès 1957.an. C’est l’âge d’or, le Club entre dans la mythologiesein du cabinet Horwath. le départ de Gilbert triganod’estaing, fils de l’ancien président de la République,jugés non stratégiques. dans le même temps, il a ouvert plusieurs villages haut de gamme, bien plus rentables. les premiers villages notés 4 «tridents» ont été déve- loppés en 2006, et le premier village 5 tridents, la Plan- tation d’Albion, est ouvert à l’île Maurice en 2007. Si bien qu’en 2014, les villages 4 et 5 tridents représentaient déjà les deux tiers du parc, avec l’objectif d’atteindre 75% fin 2015. Progressive- ment, l’AdN du Club est donc en train de changer, de village vacances familial à village vacances de luxe. « Les prix élevés n’ont pas cassé le ressort, contraire- ment à ce que certains an- nonçaient », note Philippe doizelet. en outre, le Club s’est recentré sur son cœur de métier, l’hôtellerie, en cé- dant en 2008 Jet tours et le Club Med Gym.bitions internationales : « Le Groupe a pour objectif d’avoir un tiers de ses clients provenant des marchés à croissance rapide d’ici fin 2015 afin de se créer de nouveaux relais de croissance compte tenu de la détério- ration des marchés touris- tiques en Europe, en parti- culier en France et en Bel- gique, qui représentent en- core en 2014, 52% du chiffre d’affaires du Groupe. » de la parole aux actes : à Mos- cou, il a ouvert un bureau et une agence de voyage en fé- vrier 2014 ; au Brésil, un village 4 tridents, avec un espace 5 tridents. en Chine, il a inauguré son premier village, Yabuli, dès 2010. en outre, le Club Med veut faire de l’empire du Milieu son deuxième marché en nombre de clients d’ici fin 2015. dix ans après avoir adopté cette stratégie de montée en gamme, elle donne le senti- ment d’être un échec finan- cier, puisque le Club a cu- mulé les pertes financières. Pour lui donner un nouveau souffle, Henri Giscard d’es- taing s’est tourné vers des investisseurs Chinois, le consortium Fosun. en jan- vier, ils ont emporté la mise au terme d’une longue oPA. Fosun devrait investir 1,1 milliard d’euros, essentiel- lement en Asie et au Brésil. « Cette acquisition est uneL’ÂGE D’ORPour améliorer le confort de ses camps, Gérard Blitz contacte le fabricant de toiles de tente Gilbert trigano, avec qui il s’associera bientôt. C’est l’homme d’affaires français qui fera grandir l’en- treprise et multipliera les ou- vertures de villages autour du monde. le fondateur belge, quant à lui, préfèrera prendre du recul pour se consacrer au yoga et au boud- dhisme zen, laissant la conduite des affaires à Gilbert trigano, qui tire le meilleur de la recette Club Med : am- biance colonie de vacances, sites d’exception, et surtout la formule « tout compris », révolutionnaire pour l’époque. Jusqu’au début des années 1990, tout roule, les « Gentils Membres » – lesLe Club Med fait peau neuvefrançaise. Notamment grâce au slogan «le Club, la plus belle idée du bonheur», in- venté en 1976 par Jacques Séguéla, et surtout en 1978 avec la sortie des Bronzés, devenu un classique du ci- néma populaire français. les premiers nuages appa- raissent en 1993 : entre guerre du Golfe et crise, les consom- mateurs sont de moins en moins enclins à dépenser. C’est le début des licencie- ments et des fermetures de villages. « La hausse des prélèvements obligatoires a érodé les marges du Club Med, car son modèle estopte d’abord pour le low cost, avant de se raviser.entraîne une crise de suc- cession, avec la nomination de son fils, Serge, plutôt que de son bras droit, Robert Reznik. Nommé en 1997, Philippe Bourguignon tente une stratégie de diversifica- tion, avec l’acquisition de Jet tours en 1999, puis de Gymnase Club – le futur Club Med Gym – en 2001.Progressivement, l’ADN du Club est en train de changer, de village vacances familialà village vacances de luxeMONTÉE EN GAMMEen 2004, le Club Méditer- ranée annonce en effet une nouvelle stratégie en trois volets : la montée en gamme, pour atteindre un position- nement «Premium All in- clusive» moins concurrentielPAYS ÉMERGENTSAutre choix stratégique : mi- ser sur le dynamisme des pays émergents, qui jouissent d’une croissance rapide etChiffresLe Club Med en 201466 villages dans le monde.1,2 million de clients, dont 900000 en 4&5 Tridents (72% de la capacité en 4&5 Tridents).31% des clients en provenance des pays à croissance ra- pide1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires Villages12811 GO de 105 nationalités différentes.36 Juillet - Août 2015Au cours de la décennie 2000, les attentes des clients évoluent et le secteur devient de plus en plus disputé. Aux concurrents traditionnels – hôtels-clubs, croisiéristes, ré- sidences de vacances – in- ternet ajoute de nouveaux acteurs, comme les loueurs de résidences touristiques meublées en ligne, avec desbonne nou.car c’est une garantie de ré- silience financière, et parce que ce sont les marchés de demain », juge Philippe doi- zelet. il ne manque plus qu’une adaptation chinoise des "Bronzés" pour que l’opération soit un succès complet.la crise qui frappe le secteur du tourisme après le 11-Sep- tembre n’épargne pas le groupe.; un assouplissement de ses conditions commerciales ; et le rajeunissement de sa clientèle, grâce notamment à un concept destiné aux adolescents pour accueillir les familles. le nouveau po- sitionnement stratégique, «haut de gamme, convivial et multiculturel», doit faire évoluer l’entreprise sans rom- pre avec ses fondamentaux. Pour réussir sa mue, le Club a fermé de nombreux villages désuets qui ne collaient plusd’une classe moyenne en plein essor. ils tirent vers le haut les chiffres du secteur : en 2013, l’organisation mon- diale du tourisme (oMt) à dénombré 1,087 milliard de touristes dans le monde, soit une hausse de 5% par rapport à l’année précédente. la Chine, qui était devenue en 2012 le premier marché émetteur en termes de dé- penses touristiques, a encore dépensé 26% de plus en 2013. les Russes ont aussivelle pour le Club,Aymeric Marolleau]]></page><page Index="37" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frProspective - Le sexe connecté en 2050 CluB eNtRePReNdRe Compte-tenu des innovations en cours dans le domaine, EcoRéseau imagine dans une fiction ce à quoi il ressemblera en 2050,orgasme électroniquePARIS LA NUIT...un sexe du futur surprenant se dessine à travers quelques innovations technologiques, qui ne sont déjà plus des fantasmes...dans les artères sulfureuses de Pigalle, les affichages présentent de jeunes femmes et de jeunes hommes aux formes et aux positions agui- cheuses, tandis que les ra- batteurs haranguent les ba- dauds pour les attirer en des lieux de perdition nocturne. tout en bas de la publicité, une mention fait état de deux prix : 15990 euros pour la version de base et 19990 euros pour la version premium de ces corps affi- chés tels d’authentiques égé- ries sensuelles. le prix d’une voiture à air comprimé ! Ces poupées ultra-réalistes sont le dernier carton des ventes de l’industrie porno- graphique. Fini le temps du streaming gratuit sur inter- net. oubliée, l’époque des actrices peroxydées multi- pliant les efforts pour attirer des visiteurs-voyeurs.les magasins qui ne juraient que par le canard vibrant il y a 50 ans. epiderme en la- tex proche de la peau en matière de sensation, parties génitales motorisées, para- métrables et calfeutrées d’une matière auto-net- toyante et anti-iSt (infec- tions sexuellement trans- missibles), haut-parleur qui susurre des mots doux, etc. le sexe de chaque poupée est même réalisé à l’aide d’une imprimante 3d pour coller le plus possible à l’anatomie intime de cer- taines célébrités ou à celle de son partenaire. Pour les femmes, le modèle Claude Makélélé, joueur de football du passé, reste le best-seller. Pour les hommes, les mo- dèles vintages tels que ceux de Brigitte Bardot ou Natalie Portman connaissent un re- nouveau. un nouveau bu- siness model s’est déve-« Ciel, ma femme en ligne... Je suis pris »trop grande solitude qui pèse sur l’usager, 200 euros pour les pratiques hardcores. le salon se compose de cabines individuelles disposées en rang d’oignons. A l’intérieur, un siège intelligent se calque et s’adapte à chaque phy- sique tout en plaçant des capteurs sur tout le corps : sudation, pouls, activité du cerveau. un casque, des lu- nettes de réalité augmentée et quelques best-of de Barry White viennent compléter le dispositif ludique. ici, pas question de toucher le moin- dre centimètre carré de peau véritable. tout est simulé. tout est virtuel. les hôtesses configurent les cabines qui retranscrivent par holo- gramme leur lapdance et leurs mots doux. Bien évi- demment, l’ensemble des mégadonnées sont stockées sur le cloud du salon. Ano- nymes, des statistiques ap- paraissent sur écran géant et font état des meilleures performances, des appé- tences en matière de pres- tations, du temps passé dans la cabine. tous ces instru- ments de plaisir trouvent bien évidemment leurs pen- dants moins sophistiqués dans les foyers. Avec le re- gain du puritanisme à l’œu- vre dans les années 2050,le marché des pratiques mas- turbatoires connaît son âge d’or. Plus question en 2050 de coucher si ce n’est pour procréer. les Français sont en pleine schizophrénie. les technologies leur permettent de s’adonner plus que jamais à leurs envies onanistes et libidineuses alors que le mi- nistère des Mœurs laïques vilipende le sexe en tant que plaisir. en solution, l’on s’invente des avatars. Comme à l’époque des di- nosaures des réseaux sociaux qu’étaient Facebook ou lin- kedin disparus depuis le krach boursier de 2027. Sauf qu’ici, il n’est ni question d’un « moi professionnel » où l’on fait apparaître ses meilleures références ou d’un « moi social » paré de ses plus belles photos de vacances. il s’agit d’un « moi virtuel », avec men- surations et précision despuis demande l'avis d'un expert du secteur. De quoi révéler des potentiels insoupçonnésen 2050, la mode est aux robots sexuels. la pratique s’est d’abord diffusée dans les maisons closes thaïlan- daises au début des années 2040 puis est entrée presque inaperçue dans le Vieux- Continent, dans l’ambiance tamisée des lumières rouges d’Amsterdam. Aujourd’hui, ces mannequins se vendent comme des petits pains dansdroits torrides de la ville que dans le dressing de M. et Mme tout-le-monde. Car le mannequin se connecte aussi en temps réel avec unAilleurs, jouxtant un chemin de traverse menant au Mou- lin Rouge, un salon de peep show propose de choisir une des hôtesses du bar afins sexuelles. une au-Un nouveau business model s’est développé, les célébrités obtenant des royalties de leurs mensurationspratique.tre manière de faire l’amour qui redéfinit en 2050 la ques- tion de l’adultère. Peut-on sérieusement tromper avec une machine ? et y a-t-il « cocufiage » si les deux amants le réalisent à dis- tance ? le débat court tou- jours...loppé, les célébrités obtenant autre mannequin ou sex toy d’assouvir le moindre de des royalties de leurs men- sur mesure pour pallier la ses fantasmes. 50 euros le surations. la bécane est au distance entre un couple sé- massage, 80 euros le strip point, si bien qu’elle se dif- paré par plusieurs centaines tease, 100 euros pour les fuse aussi bien dans les en- ou milliers de kilomètres. prestations synonymes d’uneGeoffroy Frameryse déconnectent de leur environnement pour vivre un moment à deux hors de toute projection. En cela, le sexe connecté peut se rapprocher du slow sex. Mais la facilité du média peut entraîner la cristallisation de ses envies sexuelles autour de ce type de pratiques. C’est là que commence l’ad- diction. Et comme on est addict à son smartphone, on peut l’être pour les relations virtuelles. Cela s’explique par l’essor notamment de la webpornographie, des sites de rencontres et de la facilité de lier et entretenir des liens virtuels. Il semble donc prudent de diversifier les supports pour construire une relation.Propos recueillis par G.FEntretien avec Alain Titeca, sexologue et sophrologue« Un certain consumérisme dans les relations amoureuses »Le sexe connecté, une relation qui pimente le couple ou une relation par défaut ?On ne peut pas cliver la vie affective de la vie sexuelle. De nombreuses personnes de ma patientèle nourrissent des re- lations à distance. La vraie question que posent ces techno- logies ? Que fait-on de ces outils au sein de la relation ? Peut-on se limiter à des amours virtuels ? Leur essor s’explique aussi par le consumérisme à l’œuvre dans nos re- lations amoureuses. Faire l’amour à distance devant une webcam ou par d’autres moyens, cela s’explique aussi par la peur de se rencontrer ou de la paresse. De nombreuses personnes se bornent au virtuel car il subsiste toujours lapeur d’être éconduit ou la crainte de ne pas être performant. Chez l’homme, le sexe connecté est aussi une manière de protéger sa virilité.Quels avantages ? Quels risques ?La relation peut se définir comme étant une communion entre deux personnes vibrant sur la même longueur d’ondes. En cela, même si la rencontre corporelle est essentielle pour nourrir la dynamique du couple, il n’empêche que le média web, par exemple, permet d’aller à la rencontre de l’autre dans son altérité. Quand chaque personne est connectée, les deux personnes vivent l’instant en pleine conscience etJuillet - Août 2015 37]]></page><page Index="38" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe Créer aujourd’hui - Oser la campagneLa création d'entreprise, c'est avant tout du concret et de l'opérationnel.lCes entreprises qui prennent la clef des champs de nombreux citadins rêvent de créer une entreprise à la campagne. un parcours jalonné d’étapes qui ne peuvent êtreD'où cette rubrique qui explore de manière très pratique l'une des phases de l'entrepreneuriat.franchies sans l’appui des proches, des pouvoirs publics et des associations.e bonheur est-il dans LA FAMILLE,le pré ? une chose UN ACTEUR CLEFest sûre : depuis « Ne sous-estimez pas le rôlequelques années, la cam- de l’entourage. Si vous êtespagne est devenue un cadre privilégié pour certains créa- teurs d’entreprise souhaitant concilier qualité de vie et activité en solo. C’est le cas de Christel Anglade. Ancienne cadre marketing, elle a décidé de lancer un site de mercerie en ligne, « mapetitemercerie.com ». Sa société basée dans le tarn expédie 350 colis par jour. un succès puisqu’au bout de cinq ans d’existence, son chif- fre d’affaires est de deux mil- lions d’euros pour 20 em- plois. « L’équilibre de vie pour moi est parfait. Vivre, travailler à la campagne et y élever mes enfants, c’est le rêve », expliquait- t-elle récemment au micro de France 2. depuis 15 ans la région toulousaine a ac- cueilli près de 250 start- up. les départements n’hé- sitent pas à aider les entre- prises à se financer, comme dans la Sarthe. « Nous pros- pectons essentiellement en région parisienne, en met- tant en avant les atouts du territoire : la proximité avec l’Île-de-France, la qualité de vie et l’ensemble des in- frastructures », explique Jean-Pierre Fabre de « Sarthe développement », qui a pour mission d’attirer les entreprises.« C’est marrant, quelque chose me dit que mon projet à la campagne n’a pas été assez préparé... »en couple, si vous avez des enfants, ce changement ra- dical est un projet de vie qui se vit à plusieurs. Votre en- tourage a aussi son mot à dire ! », complète denis Jac- quet. le confort d’une partie de la famille peut constituer le cauchemar d’un de ses membres. dans tous les cas, le couple, les enfants doivent adhérer à ce nouveau projet de vie. Si la famille se rend fréquemment au cinéma ou pratique différents hobbies, l’installation en pleine cam- pagne risque de changer ses habitudes. l’accès aux éta- blissements scolaires pour les enfants, le choix d’un nouveau domicile et la re- cherche d’un nouvel emploi pour le conjoint (s’il ne par- ticipe pas à l’activité) peuvent être également vécus comme une difficulté. « Un temps de maturation, de réflexion, pour préparer le projet mais aussi «les esprits» est donc indispensable », confirme Gaëlle Rouby.ans et qu’ils perdent ce « privilège » dès leur entrée dans le capital.Cela implique également que les em- ployés qui possèdent des actions dans le capital de leur entreprise n’ont pas accès à des réductions ou à des ca- deaux avec les produits qu’ils contri- buent à fabriquer ! Aimer sa boite c’est aussi y contribuer et obtenir des avantages par rapport à notre contri- bution !par Sophie de MenthonPrésidente d'etHiC Présidente de SdMe Membre du CeSeeux articles qui accordent la réduction de l’iSF et la ré- duction de l’impôt sur le re-dire qu’une PMe a le droit d'attirer une douzaine de personnes physiques dans le capital d’une entreprise mais elle n’a pas le droit de leur donner 10% de réduction sur son site internet ou dans sa boutique, ni de leur envoyer chaque année un colis de produits pour les remercier de leur soutien. le problème s’intensifie si les inves- tisseurs ont été clients de la marque avec un tarif préférentiel depuis dixNE PAS FONCER TÊTE BAISSÉEdéménager ou créer une en- treprise à la campagne ne s’improvise pas ! d’abord, il faut que vous soyez sûr(e) que cela corresponde à une envie profonde et pas à un simple coup de tête. « En avoir assez de la ville et de ses inconvénients est une chose, mais changer radi- calement de mode de vie en est une autre. Il est important de bien cerner vos motiva- tions personnelles », introduit denis Jacquet, expert en questions économiques, chef d’entreprise et fondateur de l’association « Parrainer lacroissance ». dans ce type de projet en effet, la phase de validation de l’idée et de réflexion sur son projet per- sonnel prend une importance toute particulière. les por- teurs de projet doivent trouver la meilleure adéquation entre leur projet de vie, leur projet professionnel et le territoire... les motivations profession- nelles doivent également être prises en considération : s’agit-il d’une réorientation professionnelle voulue ou imposée par la nécessité de créer son propre emploi ? Ce projet a-t-il été déclenché par une opportunité de reprise d’un commerce ?... À 32ans, Christophe osmont a pourtant sauté le pas l’an dernier. un changement de vie radical pour cet ancien journaliste sportif de l’Équipe et de Vélo magazine, installé à Paris. « Je voulais quitter Paris avec ma famille. J’ai profité du plan social et de mon congé de reclassement. » Son objectif : reprendre la ferme de ses parents sur le domaine de la Guérie, à Cou- tances en Basse-Normandie. « En 2011, ils ont beaucoup investi pour rendre leur ferme transmissible. Ils ont diver- sifié leur activité, avec bien sûr la production de lait et de viandes mais aussi lavente directe et l’ouverture d’une grande salle de ré- ception. Cela correspondait à ce que je voulais faire. » Pour Gaëlle Rouby, chargée de l’information et de la communication du collectif Ville Campagne, « la vali- dation de cette première étape est primordiale pour éviter les désillusions ulté- rieures. Il est en effet indis- pensable de bien clarifier son projet, ses envies, ses motivations, ses besoins. Une telle aventure doit également s’appuyer sur une bonne connaissance du territoire dans lequel on projette de s’installer. »BIEN CHOISIR “VOTRE CAMPAGNE” le terme de «campagne» va évoquer des réalités très dif- férentes en fonction des in- dividus. « Pour certains ci- tadins, s’installer à Bordeaux ou Limoges, c’est s’installerJ’aime ma boîte dOn marche sur la tête !38 Juillet - Août 2015venu spécifient dans deux closes qu‘il est impossible pour une PMe d’offrir des petits cadeaux et des tarifs préfé- rentiels aux personnes physiques qui ont pris le risque d’investir pour ac- compagner le développement de l’en- treprise.Pour donner un exemple, cela veut]]></page><page Index="39" isMAC="true"><![CDATA[n°22à la campagne ! Nous les incitons à bien cerner quelle pourrait être leur future cam- pagne. En effet, il existe des campagnes qui recouvrent des réalités diverses : nous parlons de villages, de bourgs, de petites villes, de villes moyennes... », explique la chargée de communication du Collectif Ville Campagne. en fait, on peut s’installer partout, mais à condition d’acquérir une très bonnewww.ecoreseau.frNE PAS ÉLUDER LES CONTRAINTESles porteurs de projet repèrent facilement les atouts en termes d’amélioration de leur cadre et de leur rythme de vie. en revanche, ils minorent souvent considérablement les contraintes ! « Par exemple, si leur projet nécessite l’uti- lisation d’Internet (vente en ligne, prestations à distance, etc.), ils doivent être conscients que toutes les zones ruralestivité agricole : la formation à réaliser en amont sous peine de rater à coup sur son aven- ture campagnarde. « Conscient des difficultés du travail à la ferme, j’ai cherché de Paris une forma- tion qui me permet de pré- parer le Brevet professionnel d’exploitant agricole à dis- tance. Je me suis adressé au Centre de formation profes- sionnelle et de promotion agricole (CFPPA) de Cou-Créer aujourd’hui - Oser la campagne CluB eNtRePReNdRe tivités locaux (les régionsIl existe des campagnes qui recouvrent des réalités diverses : nous parlons de villages, de bourgs, de petites villes, de villes moyennes...limousin, Auvergne, Bour- gogne...). le Collectif Ville Campagne propose, par exemple, une permanence téléphonique, des sessions d’information « physiques » à Paris ou en région et toute une mine d’informations via le site www.installation-cam- pagne.fr : relais vers les terri- toires ruraux qui souhaitent accueillir, les structures d’ac- compagnement ou les dif- fuseurs d’offres d’opportu- nités ; conseils, actualités, biblio, centre de ressources, etc. ensuite, les réseaux d’ac- compagnement classiques (chambres consulaires, bou- tiques de gestion, ...) et spé- cialisés (CReFAd, CiVAM, AdeAR...) apportent sur place leur aide dans le mon- tage du projet. « Nous avons mis au point un guichet unique pour le marketing de l’innovation et l’entreprise. Concrètement, le porteur de projet s’adresse à l’accueil de notre pépinière Viainnova, il sera immédiatement reçu puis orienté vers les services dont il a besoin : CCI, cham- bre des métiers, BGE, etc. », explique Nathalie demotier, responsable de la pépinière Viainnova.connaissance du territoire. Pour cela, il faut tout d’abord effectuer une recherche do- cumentaire sur internet puis se déplacer sur les lieux et à plusieurs reprises (par exem- ple, en haute et basse saison lorsque la zone est touris- tique). il est également conseillé de tester la vie sur place à l’occasion de va- cances et en profiter pour rencontrer les « locaux », c’est à dire les élus, les com- merçants, les experts, les clients potentiels... Ces visites sont indispensables pour dé- terminer plus finement les atouts et les contraintes du projet.ne sont pas encore couvertes par le haut débit (ADSL) », souligne denis Jacquet. Cer- tains territoires investissent dans cette technologie et uti- lisent cet argument pour attirer de nouvelles entreprises. de la même manière, l’accessi- bilité à la clientèle et aux fournisseurs (routes, gares ferroviaires,...) est un élément important à prendre en consi- dération. il est donc conseillé de calculer les temps de par- cours pour les atteindre. S’ils s’aperçoivent que le réseau routier est difficilement pra- ticable en été... qu’en est-il en hiver ? Autre point fonda- mental dans le cas d’une ac-Start-uptances. Sans cette formation je n’aurais pas pu reprendre avec succès la ferme de mes parents », confirme Chris- tophe osmont.SAVOIR S’ENTOURERNe restez pas tout seul face à votre projet d’entreprise à la campagne ! il existe de nombreux organismes d’ap- pui et de conseil qui sont installés sur les territoires et qui proposent un accompa- gnement aux porteurs de pro- jets. de plus en plus de ter- ritoires ruraux organisent ré- gulièrement des « séjours découverte » destinés à faire connaître les potentiels d’ac-Six mois après avoir pris les rênes du domaine de la Gué- rie, Christophe osmont re- connaît qu’il ne s’attendait pas à un si dur labeur, no- tamment sur le plan admi- nistratif. Pour autant, le jour- naliste reconverti fourmille de projets. Après l’ouverture d’un magasin de vente directe à la ferme, il vient de lancer via son site internet www.do- maine-guerie.com un service de livraison à Paris de sa viande bovine par colis de cinq ou dix kilos à des prix bien inférieurs à ceux prati- qués dans la capitale. « Si j’étais conscient du désir croissant des Parisiens de manger de la viande de qua- lité à un prix raisonnable,Quand les projets se mettent au vertNon, le microcosme parisien n’est pas le seul et unique eldorado de la start-up ! C’est la conviction des créateurs de « Ma start-up dans le pré ». Durant deux jours, du 4 au 6 juillet, ce concours-séminaire installe la création de start-up au cœur de la Haute-Marne. L’idée de départ ? Dans les territoires ruraux, la proximité entre les acteurs et les liens de solidarité entre secteurs d’activités traditionnels et innovants renforcent les projets. A Saint-Dizier, les porteurs de projets sont donc invités à se réunir pour donner un coup d’accélérateur à leur entreprise. Organisé à l’initiative de la Communauté d’agglomération et de la CCI de Haute-Marne, cet évènement vise à rassembler des créateurs, des accompagnateurs, conseillers, chefs d’entreprises, investisseurs,... L’idée est de donner un vrai coup de pouce aux porteurs de projets dans un cadre atypique et convivial. Pendant deux jours, des experts ressources vont contribuer à résoudre des problèmes, répondre à des besoins nouveaux, imaginer des solutions nouvelles posées par de futurs entrepreneurs. Chaque participant au week-end bénéficiera d'une boite à outils, lui permettant d'acquérir ou de renforcer ses compétences de créateur ou de développeur. Au programme, de quoi faire éclore de beaux projets. Dès 8h30, la première journée commence par le « marché aux bestiaux », où des groupes seront constitués en fonction des affinités, per- sonnalités et compétences de chacun. Les porteurs de projets y présenteront leur invention ou innovation, avec pour objectif de fédérer une équipe homogène autour d’eux. Après une première journée de travail, autre temps fort, celui du passage à « l’abattoir », en fait un pré- jury. Une minute pour convaincre ! Heureusement, la journée se termine à « l’abreuvoir », soit un « apéritif entrepreneurs » au cours duquel sont prises les décisions. Enfin, après une nouvelle nuit de travail, les participants présenteront leur projet d’entreprise finalisé le dimanche matin devant un jury. Cette démarche, basée sur l’open innovation, le travail collaboratif, devrait faire émerger des idées originales ! La devise du concours ? « Seul, on va vite, et ensemble on va plus loin »nsais pas rencontrerPJLPierre-Jean Lepagnotje ne pe.un succès si rapide. Résultat, je me rends à Paris de plus en plus régulièrement pour livrer mes clients directement chez eux... avant de repartir aussi vite à Coutances. » Pour Christophe osmont, le bonheur est bel et bien dans lepré!Juillet - Août 2015 39]]></page><page Index="40" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe Créer aujourd’hui - Bien-être et performanceentreprise, actrice au cœur de la société Jouer les premiers rôles en matière de bien-être des salariés... Plus qu’un devoir, une nécessité.la fondation Crois- sance Responsable et l’observatoire des think tanks - dont le but est de tenir informé de l’actualité de ces fabriques à idées, mais aussi de l’évo- lution des contenus qu’elles produisent - ont organisé une conférence sur le rôle de l’entreprise dans la so- ciété, notamment en matière de bien-être des salariés. il est donc apparu le 8 juin à l’institut de France, en par- tenariat avec ecoRéseau, sous l’égide de l’académie des sciences morales et po- litiques,qu’une société a ra- tionnellement intérêt à s’orienter dans cette voie. explications.tion... Les études montrent que les capacités cognitives sont réduites. Au contraire celui qui se sent bien va élargir ses capacités. Le bien-être est synonyme de meilleure performance. Les gens sont en bonne santé, sont plus créatifs, plus mo- bilisateurs, ont de plus grandes capacités cogni- tives, ont une plus grande intelligence pure (+10 points). » et ce qui se re- trouverait au niveau des in- dividus se traduirait au ni- veau des organisations, comme les études Great Place to Work tendent à le prouver chaque année. « Le cabinet Mozart Consulting a calculé qu’un mieux vivre individuel de 10% équivalait à une augmentation de PIB de 1% au niveau national, même si je ne suis pas convaincu que le PIB soit la meilleure mesure », ajoute cet ardent défenseur du pro- duit national de bonheur.de l’Académie des sciences morales et politiques. C’est la raison pour laquelle l’éco- nomie sociale et solidaire (eSS), vectrice de sens, ob- tient les meilleures moti- vations et stabilités des ef- fectifs selon Frédéric ti- berghien, président de Fi- nansol. Christophe Cheva- lier, président du groupe Archer, Prix de l’entrepre- neur social 2011 (BCG, Schwab), a confirmé dans les faits cette intuition : son groupe est né en 1987 en tant que structure d’insertion par l’activité économique. le bassin de Romans-sur- isère a souffert, il a perdu en 20 ans 10 000 emplois sur 50 000 habitants. l’ac- tivité des chaussures en cuir avait disparu. il a créé une holding de 110 actionnaires, pour rechercher le dévelop- pement économique du ter- ritoire, reprenant de petites activités, en tenant compte avant tout des compétences des gens. le groupe a parié sur la coopération interen- treprise (centrales d’achat,AUGMENTATION DE LA BOTTOM LINE« Au-delà d’un certain seuil, plus de richesse ne signifie pas d’épanouisse- ment supplémentaire. Se se- rait-on trompé ? Ne serait- ce pas le contraire ?, avance Alexandre Jost, fondateur de la Fabrique Spinoza, think tank du bonheur ci- toyen, s’appuyant sur plu- sieurs études. Une personne, lorsqu’elle est stressée, fait fonctionner son cerveau rep- tilien, qui génère des réac- tions primaires comme la fuite, la colère, la frustra-« Ca y est, le Dg. est passé ? Parce que j’ai des crampes, là ! »DES OUTILS POUR Y PARVENIRun avis que partage plei- nement Clara Gaymard, pré- sidente et Ceo de Ge France : « Nous sommes passés de l’économie for- diste productiviste à l’éco- nomie de la connaissance, qui passe par la créativité.Or, rien ne peut forcer la créativité, on peut imposer aux gens des heures de pré- sence, des cadences, mais pas des idées. » dès lors tout faire pour les faire évo- luer dans de bonnes condi- tions est une nécessité. des erreurs ont été commises par le passé : les reportings trop nombreux ont créé de la frustration et ont retiré du sens, les changements de procédures suite à un accident, pour ne pas accu-ser une personne responsa- ble, en ont déboussolé plus d’un. « Il serait d’ailleurs intéressant de recenser le nombre de lois édictées sur la base de faits divers », s’amuse celle qui a présidétaille optimale du groupe humain, ancrée dans les cerveaux depuis la nuit des temps, est de 150. L’homme se sent bien dans cette taille de groupe. La société Gore, qui fait le Goretex, a doncEntreprise et éducation nationale, deux mondes condamnées à s’entendreLa deuxième table ronde portait sur ce fameux ascenseur social en panne. Laurent Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne, n’a pas épargné le système éducatif hexagonal : « L’école est un descenseursocial, elle est inégalitaire et les enfants font pire que les parents. Les causes ? Nous avons refusé d’investir, il existe un mauvais système d’apprentissage pour les moins qualifiés (il y a trois fois plus d’apprentis en Allemagne), le système de formation professionnelle est mauvais, le poids démographique est bien réel, le pays attire des gens mais les discriminations à l’embauche sont redoutables. Nous sommes le seul pays à souffrir de ces cinq caractéristiques en même temps. » Un constat partagé par tous les participants, y compris ceux pour qui le diplôme n’est pas un élément déterminant comme Hubert Mongon, senior vice président RH McDonald’s France et Europe du Sud, qui œuvre pour l’intégration et la formation des jeunes. Car les regards se tournent vers les entreprises pour aider à cette tâche ardue. Selon Pierre Ferracci, président du Conseil national éducation économie (CNEE), « il y a un travail à faire auprès des chefs d’entreprise comme dans l’éducation. Ce sont deux mondes qui s’ignorent. L’apprentissage est mal vu. Et il existe un paradoxe : nous devons orienter ces enfants sur du technique, mais en même temps leur donner les armes culturelles pour qu’ils soient agiles et puissent changer d’entreprise et de secteur. Car c’est ce qui les attend. »EFFET D’ENTRAÎNEMENT Au-delà des leviers pra- tiques, il semble que les di- rigeants aient un grand rôle à jouer dans l’image, les valeurs, la culture de groupe. « J’ai été marqué par le rapport Stiglitz de 2008 sur le bien-être en entreprise, qui enjoignait d’intégrer de nouvelles données sociolo- giques pour l’évaluer. Le bien-être n’est pas possible s’il n’y a pas de soft power, de forces spirituelles, de valeurs transmises », rap- pelle Xavier darcos, ancien ministre de l’education na- tionale, Secrétaire perpétuelinsRien ne peut forcer la créativité,on peut imposer aux gens des heures de présence, des cadences, mais pas des idéesl’ouvrage collectif « et la confiance, bordel ? » (éd. eyrolles, 2014). une autre faute a été d’oublier que l’entreprise était un lieu où on devait prendre des risques. « Il est bon de les réduire, pas de supprimer l’intrapreneuriat », ajoute- t-elle. Revenir sur ces fausses bonnes idées est une première étape. d’autres leviers peuvent être action- nés : « A la Fabrique nous avons recensé de petites avancées neuroscientifiques – la sonate 4 de Mozart en ré mineur permet au salarié d’être moins troublé par les interruptions car le cerveau attend la note suivante –, comme des changements plus profonds à opérer, no- tamment en matière de gou- vernance. Les études mon- trent par exemple que laFormationdivisé ses effectifs en groupes de 150 et a enre- gistré une meilleure colla- boration et performance », énumère Alexandre Jost.mutualisations...), mais s’est vite aperçu que les di- rigeants étaient surtout de- mandeurs de services aux salariés, garants de bien- être, et donc d’une certaine attractivité territoriale. « Cartes d’adhérents pour des enseignes locales, conciergeries... Les collec- tivités ont beaucoup tra- vaillé en France sur les in- frastructures et les espaces40 Juillet - Août 2015MCfonciers, beaucoup mo. sur cette partie pour se ren- dre attractives. » les en- treprises ont pris en charge une partie du problème d’at- tractivité territoriale, don- nant un sens au travail, aug- mentant la résilience du ter- ritoire. Ce qui passe par le bien-être des salariés...Matthieu Camozzi]]></page><page Index="41" isMAC="true"><![CDATA[LA MÉTROPOLE |www.economie.grandlyon.comDU1ERAU3JUILLET LYONCENTREDESCONGRÈSACCUEILLEINNOROBOPETER FORD DOMINEY, Directeur de Recherche CNRS, Robot Cognition Laboratory, INSERM SBRI à Lyon, France]]></page><page Index="42" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe Business guides - Affacturage & exportDans chaque numéro, EcoRéseau s'intéresse de prêt à une (ou des) problématique(s) que peut se poser un cadre dirigeantS’aventurer l’esprit libreles PMe françaises exportent plus. Mais loin des yeux, le client n’inspire pas toujours confiance, tout comme le(logistique, marketing, finance, communication...) en demandant l'avis des prestataires et conseilspays dans lequel il se trouve. Plus qu’un outil pour sécuriser sa trésorerie à ol’international, l’affacturage fait office d’instrument clé pour conquérir d’autres marchés.Mots-clésMathieu NeuExplosion 5 Un accompagnement n exhorte toujours plus les entreprises, en par-1 global du factor ticulier les PMe, à pénétrer les marchés à l’ex- port. Mais elles ne possèdent souvent pas la L’affacturage puissance financière pour supporter impayés et délais à rallonge, et surtout les moyens humains pour maîtriser les différentes règlementations et habitudes. il apparaît essentiel aujourd’hui de recourir à des factors, prestataires du bas de bilan qui apporteront expertise et garanties dans ce qui reste un pari délicat pour de petites2 s’internationalise Des services pour chaque6 profil4 Une réponse pour les PME 7 L’importance deUn coût relatif3Fiction : Coups de pouce méconnusMarc a tort d’hésiter, l’affacturage peut changer sa vie en dehors des frontières...l’assurancestructures.« Tu as l’air préoccupé », remarque ludovic à qui rien n’échappe, surtout pas les soucis de son ami chef d’en- treprise. Marc relève les yeux et se confie. effectivement, ces temps- ci, son humeur est quelque peu lestée par la situation de sa société. les affaires ont tendance à piquer du nez. Ses coffrets-cadeaux de vins et spiritueux méconnus de l’Hexagone séduisent de moins en moins d’en- treprises, y compris celles d’europe centrale dont l’engouement avait, il y a quelques années à peine, propulsé son activité vers les sommets de son secteur. les délais de paiement des clients étrangers qui s’étalent jusqu’à 120 jours pèsent lourdement sur la trésorerie. « C’est bien ma veine. J’avais justement envisagé quelques développements. Il faut des nouveaux packagings, un nou- veau logo, pour viser d’autres pays. Et puis mes frais courants augmen- tent en ce moment », se plaint-il. Quand ludovic lui suggère l’affactu- rage, Marc fait d’abord les yeux ronds. oui, la solution se pratique aussi à l’international. et même de plus en plus 1 , au sein des grands groupes mais également des PMe 2 . le diri- geant l’ignorait. il réfléchit, arquant les sourcils. « D’accord, mais ce genre de formule n’est pas vraiment gratuite sur le marché domestique. Alors j’ima- gine ce que les coûts représentent àMieux vaut s’armer pour affronter vents et marées...l’étranger, où les garanties de recou- vrement sont soumises à d’autres en- jeux », rétorque-t-il. Marc n’a pas tout à fait tort. les services d’affactu- rage à l’export sont une dépense à prendre en compte. Pour autant, le jeu en vaut la chandelle 3 , et c’est précisément ce que ludovic s’efforce de lui expliquer. en termes de struc- turation de l’activité, de souplesse ap- portée, les avantages deviennent pré- cieux lorsqu’on s’aventure au-delà des frontières en particulier 4 . ludovic rappelle aussi les bienfaits consistant à obtenir un financement conséquentde très court terme, encore bien plus intéressant dans son cas que dans des situations de marché national où les délais de paiement n’excèdent en prin- cipe pas 60 jours.l’étranger 5 simplifie la vie. « J’ai déjà une assurance crédit par ailleurs, et je ne suis pas sûr de vouloir remettre en cause tous mes contrats et mon fonctionnement actuel », confie le di- rigeant, quelque peu effrayé à l’idée de remettre à plat son contexte d’exer- cice. 6 « Pas la peine de changer d’assureur 7 , un factor peut tout à fait s’ajouter au dispositif en vigueur sans ajouter de lourdeur à la gestion globale », répond ludovic. Marc hésite, la moue dubitative. il promet néanmoins à son ami d’étudier cette option de plus près...Par ailleurs, le chef d’entreprise inquiet n’est pas vraiment un aguerri des langues étrangères, pas même de l’an- glais. une situation qui l’a toujours contraint à mobiliser des ressources chronophages en interne pour la lecture, l’écriture et l’exécution des contrats avec les pays abritant ses clients pré- férés. là encore, l’accompagnement d’un factor habitué à contracter avec42 Juillet - Août 2015Cahier pratique n°1 - Affacturage & exportŒ]]></page><page Index="43" isMAC="true"><![CDATA[[LEASING & FACTORING]8www.ca-leasingfactoring.comCrédit Agricole Leasing & Factoring - S.A. au capital de 195 257 220 € - 692 029 457 RCS Nanterre - Crédit photo : Getty Images - 04:2015]]></page><page Index="44" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtR1ePReNdRe Business guides - Affacturage & export230 220 210 200 190 180 170 160 150 140 130 120 110 10090 80 70 60 50 40 30 20 10AUGMENTATION TOUJOURS PLUS FORTE DE L’AFFACTURAGE À L’INTERNATIONAL PAR RAPPORT À L’AFFACTURAGE EN GÉNÉRAL :4,122,98 2,381,66 1,371838573231,7226,0518,8618,614,629,814,854,995,136,756,155,665,1623283341475565666875829010711511012714315516217044 Juillet - Août 20151994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 Années2l’international représentait 12,5% des portefeuilles des sociétés d’affacturage en 2007. Aujourd’hui, la part tutoie les 20%. le marché au-delà des frontières a doublé en volume entre 2008 et 2013. Autant dire qu’en ce qui concerne l’intérêt des formules d’ABN AMRo Commercial Finance, BNP Paribas Factor, Crédit Agricole leasing & Factoring et tous les autres, on se passe le mot entre dirigeants d’entreprise qui vendent leurs produits et services à l’étranger. l’affacturage devient une vraie solution en vogue. Si l’export est la locomotive de ces chiffres, l’import joue bien sûr également un rôle important dans cette progression. du côté de BNP Paribas Factor, l’ensemble de l’activité orientée à l’international dépasse désormais annuellement le milliard d’euros de chiffre d’affaires.L’AFFACTURAGE S’INTERNATIONALISENombreux sont les spécialistes qui estiment que l’export en particulier va continuer à hisser l’affacturage vers les sommets dans les prochaines années. les grands comptes, qui jusque-là recouraient assez peu à cette solution, ont grandement participé à cet essor depuis le début de la crise économique. Ces derniers cherchent des liquidités par tous les moyens, et le développement à l’international en utilisant l’affacturage fait figure de solution du moment. Cette croissance semble même s’inscrire dans le temps. Vincent Saada, fondateur d’Access Crédit Pro, spécialisée dans le courtage en financement d’entreprise, constate que « les grands groupes, à l’image d’Airbus ou PSA Peu- geot-Citroën intègrent désormais tous dans leurs prix de vente 1 à 2% de coût d’affacturage. C’est devenu la norme sur le marché ». Au sein de Crédit Agricole leasing & Factoring, on observe une augmentation du chiffre d’affaires en la matière, principalement liée à un afflux de nouveaux clients. l’affacturage est plus que jamais une solution de financement simple et souple avec un taux de crédit bas. il n’en faut pas davantage pour expliquer son succès. A noter que les exportations repartent à la hausse dans un certain nombre de pays comme l’italie ou l’espagne. de quoi se montrer confiant pour les temps à venir.Cahier pratique n°1 - Affacturage & exportVolume en milliards d’eurosŒ]]></page><page Index="45" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="46" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe Business guides - Affacturage & exportUN COÛT RELATIF3Plusieurs paramètres déterminent les tarifs en vigueur dans l’affacturage à l’export, comme le nombre de factures à gérer, le volume du chiffre d’affaires global, et par dessus tout la qualité des débiteurs et les garanties fournies. Autant dire qu’on s’approche dans ce cas d’une tarification à la carte. la récurrence des affaires avec un même client a également une incidence directe sur les taux proposés par les factors. Plus un flux est régulier, plus le coût représentera une contrainte acceptable. Globalement, l’affacturage à l’export reste toutefois plus cher que l’affacturage domestique, la prise de risque étant inévitablement plus grande. « La commission d’affacturage peut être un peu plus élevée selon l’étendue géographique du contrat signé », indique Bozana douriez, directrice générale de BNP Paribas Factor. Selon les informations transmises par certains factors adossés à des groupes bancaires, le niveau de facturation serait généralement de l’ordre de 10% supérieur aux prix pratiqués dans l’affacturage domestique. Pour trouver des tarifs identiques à l’export et sur le marché intérieur, il faut être un grand compte. Ce type d’entreprise assure généralement en interne le recouvrement et les relances des clients, faisant ainsi baisser les coûts d’intervention pour le factor. A noter que le passé de la société et ses éventuels déboires ont aussi une incidence sur les prix proposés.4 Au sein de Crédit Agricole leasing & Factoring, un tiers des contrats d’affacturage portant sur les clients grands comptes concerne des contrats à l’export. Rien d’étonnant pour des grandes entre- prises par nature largement présentes à l’interna- tional. Mais sur le segment des PMe, le chiffre a de quoi surprendre. Plus de 20% des contrats d’affacturage sont liés à des activités vers l’étranger. une part bien plus importante qu’il y a quelques années. Vincent Saada explique que cette évolution est « la conséquence logique d’un contexte bancaire dont la particularité de ces dernières années est de demander toujours plus de visibilité aux entreprises clientes. Elles prennent parallè- lement de moins en moins de risques, ce qui amène les solutions alternatives à se dévelop- per ».5UNE RÉPONSE POUR LES PMEUN ACCOMPAGNEMENT GLOBAL DU FACTORMême constat chez CGA (Compagnie générale d’affacturage), où les sociétés qui exportent des produits pour des montants globaux compris entre 500000 et 10 millions d’euros représentent la plus grande part de l’activité en nombre de clients. Ce sont pour l’essentiel des PMe ayant tissé des relations à l’étranger dans le cadre d’un dévelop- pement spécifique. Mais ces dernières ne disposent pas forcément de la configuration interne pour assurer efficacement un service de recouvrement et de relance auprès de clients internationaux. en plus des besoins de financement auxquels les factors répondent, ces PMe montrent une volonté forte de recourir à des services à haute valeur ajoutée quant à la cession de créances commerciales en provenance de l’étranger. les PMe dans ces cas ne sont que rarement familiarisées avec les procédures de rapatriement de fonds ou avec les modes de paiement particuliers utilisés dans d’autres cadres réglementaires. les PMe à l’export représentent une part toujours plus forte. « Les secteurs d’activité qui utilisent beaucoup cette solution sont regroupés dans le secteur de l’in- dustrie, et notamment le commerce de gros et la grande distribution », mentionne eugénie Aurange, directrice du développement, du marketing, et de la communication.Vendre à l’étranger ne s’improvise pas. Souvent, il importe de se soumettre aux conditions particulières de paiement en vigueur, d’être en accord avec les pratiques locales, pour avoir une chance de pénétrer le marché. l’affacturage à l’export permet de répondre à ces attentes et de se prémunir du risque de non paiement et de litige tout en s’adaptant aux mœurs. « Tout l’avantage pour les PME est de pouvoir confier toutes ces questions à un partenaire expert disposant d’agents capables d’assurer le recouvrement des créances dans une multitude de langues, et qui sont dotés des instruments adaptés pour cela. Il est plus souhaitable de faire appel à un factor dont le métier est d’apporter un certain nombre de services pratiques plutôt que d’investir en interne dans un dispositif qui peut avoir une certaine lourdeur et qui, dès que le volume d’activité commence à diminuer, pèsera de manière conséquente sur la rentabilité des opérations. Et en plus de la barrière de la langue qui représente souvent un vrai obstacle, il y a la culture, la loi locale qui ne s’acquiert pas en un claquement de doigts », détaille olivier le Boulanger, senior manager Achats et BFR chez lo- wendalmasai.la souplesse qui découle de cette solution explique l’envolée de la formule auprès des PMe positionnées sur le marché international. Celles-ci n’étant souvent pas structurées pour maîtriser aisément tous les rouages de l’export, notamment en début d’activité au-delà des frontières. les activités vers l’étranger peuvent par ailleurs être ponctuelles ou cycliques. dans ces cas, l’entreprise est vite confrontée à son manque d’expérience en la matière. Bien souvent, c’est le dirigeant lui-même qui prend en charge la question des règlements de ses contrats, parfois sans aucune expérience ou expertise nécessaire pour assurer le bon déroulement des opérations. « L’affacturage a la capacité d’apporter un financement sans délai des besoins en fonds de roulement induits par le développement du chiffre d’affaires. A ce titre, son rôle peut vite devenir encore bien plus crucial dans une situation d’essor à l’international que sur le marché domestique », poursuit olivier le Boulanger.en proposant des offres de crédit à court terme, les banques se positionnent comme des concurrentes directes des factors. Ces derniers jouent un rôle particulièrement important lorsque le client est confronté à un ralentissement des ventes, leur accompagnement s’inscrivant dans le temps ; ils ont la capacité de répondre présents dès que la reprise commerciale se profile. un factor assurera la continuité de son service, même lorsque les niveaux de croissance atteignent 40% ou davantage. A l’inverse, la ligne de crédit à court terme d’un banquier n’augmentera pas dans des proportions identiques sans garanties sup- plémentaires. il s’agit là d’une des raisons majeures qui font de l’af- facturage un véritable instrument de développement stratégique.46 Juillet - Août 2015Cahier pratique n°1 - Affacturage & export]]></page><page Index="47" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frBusiness guides - Affacturage & export CluB eNtRePReNdRe DES SERVICES POUR CHAQUE PROFIL6la loi en vigueur dans l’Hexagone limite les délais de paiement à un maximum de 60 jours, quels que soient le secteur et le type d’entreprise. Pour les exportateurs, la donne n’est pas vraiment la même. il n’est pas rare de voir des factures réglées après plus de 100 jours, et ces longs délais concernent également les acheteurs publics de l’étranger. A l’image de l’affacturage domestique, l’affacturage à l’export comprend principalement trois services distincts que sont la gestion des créances et les relances relatives aux règlements, le financement de la trésorerie, et l’assurance. Mais à l’international, les procédures de recouvrement peuvent être très longues. Au sein des filiales des banques auxquelles sont adossés les organismes d’affacturage, le recouvrement est souvent assuré en anglais, mais il arrive qu’il se fasse dans la langue d’origine du pays en question. « Cela peut être plus efficace, indique Bozana douriez, directrice générale de BNP Paribas Factor. Il est toujours délicat de relancer une facture dans une langue que l’on ne maîtrise pas. Les entreprises sont plus sereines lorsqu’elles savent que cette mission est entre les mains d’experts ayant toutes les armes pour assurer l’exercice dans les meilleures conditions. »Bon nombre de factors sont capables d’effectuer leurs relances en tenant compte des habitudes et spécificités locales. les particularités des systèmes juridiques sont-elles aussi prises en compte ? Si la société d’affacturage ne dispose pas des interlocuteurs nécessaires dans le pays où son client vend ses produits ou services, celle-ci s’appuie sur les factors locaux membres du réseau international FCi (Factors Chain international). il est fréquent que le factor, qui est le contact direct de l’entreprise cliente, demande alors à l’un de ses homologues sur place d’échanger des créances ou d’accepter de prendre en charge tout ou partie des garanties et procédures de relance. A titre d’exemple, BNP Paribas Factor collabore étroitement avec FCi, mais aussi avec l’association mondiale de factors qu’est iFG (international Factor Group). le groupe dispose par ailleurs d’un vaste réseau de filiales à l’étranger. « Nous possédons notre propre réseau dans 15 pays, dont 13 en Europe auxquels s’ajoutent Hong-Kong et le Maroc », souligne Bozana douriez. le niveau d’intervention change alors selonla nature du débiteur, le contexte d’exercice, le pays et le type de factures cédées.le décaissement se fait très rapidement, en 24 à 48 heures à peine, tout comme dans un cas d’affacturage classique. il suffit que les factures soient cédées et que les garanties relatives au client aient été vérifiées. Seules les diligences nécessaires pour s’assurer de la validité d’une ligne de garantie demandent un peu de temps. A noter par ailleurs qu’avec « l’expertise des pays sur lesquels le factor intervient, les clients disposent d’informations complètes sur les acteurs à l’étranger et détiennent donc toutes les données nécessaires pour choisir leurs partenaires commer-CommuniquéTraductis : optez pour un service complet !Depuis plus de 10 ans, Traductis – agence de traduction – est au service des entreprises, des organismes publics et des associations, principalement pour la traduction de textes, mais aussi pour des services complémentaires comme la révision et la traduction à vue. Interview d’Agnès Bousteau, fondatrice associée de l’agence.Quelles sont vos activités et votre valeur ajoutée ?Nous mettons un accent particulier sur la qualité des textes que nous remettons à nos clients. Ainsi, nous réalisons tou- jours des traductions vers la langue ma- ternelle du traducteur et préconisons une relecture par un second professionnel afin d’obtenir un regard croisé sur les tra- ductions qui nous sont confiées. Cette étape est très importante car elle vient à la fois enrichir le travail du traducteur et offrir une garantie supplémentaire de qualité au client. C’est en cela que la tra- duction est un véritable travail d’équipe, qui tient compte du positionnement de l’entreprise, du traducteur, du chef deprojet et du relecteur.Nos clients parlent de nous !« Traductis a assuré, en un temps re- cord, des traductions hautement spécialisées pour une application mi- nière rare et très technique, en espa- gnol, portugais et russe. Nos agents locaux se sont dits très impression- nés. Nous resterons fidèles à Traduc- tis pour des services de ce type ». RAI-TILLIERES« Le CCFD-Terre Solidaire, Paris, a eu l'occasion à de nombreuses reprises de faire appel aux services de Tra- ductis durant ces dernières années. Nous avons toujours apprécié la dis- ponibilité, le professionnalisme, les compétences de Traductis : un travail de qualité ». CCFD-Terre SolidaireEn quelles langues traduisez-vous et comment êtes-vous structurées au sein de l’agence ?Nous sommes deux associées, Daravanh Sempere et moi-même. Daravanh traduit principalement de l’anglais vers le fran-çais et l’espagnol ainsi que de l’espagnol vers le français. Pour ma part, je traduis des textes de l’anglais ou de l’espagnol vers le français et tiens la fonction de chef de projet au sein de l’agence. Nous pouvons prendre en charge beaucoup d’autres langues ; pour des travaux de traduction vers l’anglais, l’allemand, le néerlandais ou une autre langue, nous faisons appel à notre réseau de traduc- teurs free-lance.Qui sont vos clients ?Nous répondons à des missions pour des entreprises de toute taille, mais principa- lement des PME dynamiques, présentes commercialement à l’étranger. Nous ef- fectuons aussi des missions pour des as- sociations.Comment travaillez-vous avec vos clients ?Nous commençons toujours par une mis-sion simple de traduction, puis avec le temps et la connaissance du client, nous répondons à diverses missions qui néces- sitent la pratique de langues étrangères. Nous recherchons des collaborations à long terme avec tous nos clients. Grâce à la récurrence des missions pour les- quelles nous mettons en place une équipe dédiée, une véritable relation se construit. Cela nous permet de rendre une multitude de services à nos clients, qui bien souvent ne disposent pas de sa- lariés bilingues ou trilingues, surtout quand il s’agit de PME - PMI. Cet aspect humain de notre métier est au cœur de nos valeurs et de nos pratiques profes- sionnelles.Lors d’une première collaboration, l’en- treprise m’envoie son texte à traduire, je le transfère avec les indications spéci- fiques au traducteur ; nous le relisons ou le faisons relire puis nous le renvoyons à l’entreprise.Daravanh Sempere est plus spécialisée sur les textes financiers et juridiques, et je prends en charge davantage les textes techniques et marketing.Comment êtes-vous rémunérées ?Selon les missions, nous nous accordonsavec notre client sur un prix forfaitaire, au mot ou un tarif horaire.Infos & contact :Tél. 01 43 40 79 92 contact@traductis.eu www.traductis.eu7ciaux », indique eugénie Aurange. L’IMPORTANCE DEL’ASSURANCEdans les activités à l’international, les assurances crédit font office de formule incontournable pour les entreprises. toutes ou presque sont couvertes sur ce plan. Si le client d’un factor est déjà assuré par le biais d’un organisme spécialisé dans ce domaine comme la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface), la société d’affacturage lui proposera un avenant de droit aux indemnités en garantie. il s’agit tout simplement de faire cohabiter les prestations avec le contrat existant. Mais dans la plupart des situations, la société opte pour l’assurance proposée par le factor, en particulier lorsque la structure est assez petite. Autre solution parfois apportée par le factor : la lettre de crédit Standby qui consiste à couvrir un flux courant d’opérations entre le client et son fournisseur. elle s’applique à un encours dont les limites sont définies en amont dans la lettre d’ouverture de crédit. dans certains cas assez rares concernant une grande entreprise et des montants faibles, il arrive que l’intervention se fasse sans assurance.dans certains pays, il existe des restrictions dans le périmètre d’intervention des factors. les conditions d’application des assurances peuvent aussi être soumises à d’importantes contraintes. Mais il faut rappeler que 70% des exportations sont réalisés au sein de l’union européenne et avec les etats-unis. une très large partie d’entre elles se destinent à l’Alle- magne, la Grande-Bretagne, l’italie, et l’espagne. des pays où les conditions d’exercice se rap- prochent beaucoup du contexte français.Juillet - Août 2015 47]]></page><page Index="48" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNtRePReNdRe Business guides - Séminaires de rentréeAttention moment fortPlus courts, plus efficaces, plus stratégiques et portés sur le reltour sur investissement, les séminaires doivent être méticuleusement préparés... particulièrement à la rentrée.Mots-clés Pierre-Jean Lepagnot e sujet est loin d’être anodin, et a même gagnéPourquoi organiser un séminaire de rentrée ?Fiction : Faux départun séminaire de rentrée raté, particulièrement pour les commerciaux, peut entraver directement le CA d’automne, comme l’a appris M. Jegu à ses dépens...1 3en importance depuis la crise de 2008. le sémi-Quand programmer l’évènement ? 2 Où l’organiser ?4 Quel contenu ?5 Quelles activités ?naire de rentrée est le plus sérieux de l’année – même si les activités ludiques ne sont pas proscrites – et peut-être celui dont les messages à faire passer sont les plus simples et les plus forts. Généralement organisé pour les équipes commerciales, il donne le ton pour la reprise et même pour l’année. lieux, durées, contenus, activités ne doivent donc surtout pas être choisis au hasard....la coupure estivale se rapproche et, dans quelques semaines, à l’heure du retour, les commerciaux de la société « Jegu et fils » reprendront le chemin de la prospection et des visites clients, bronzés, reposés mais égale- ment un brin déconnectés. le sémi- naire de rentrée est considéré comme une solution idéale pour leur remet- tre le pied à l’étrier, en douceur. en théorie, programmé sur une ou deux journées, cet événement ne requiert pas un budget important mais une bonne préparation de la part de la di- rection, en amont, tant sur le plan du contenu que sur celui de la forme. un séminaire de rentrée présente deux avantages : celui de rassembler ses commerciaux pour favoriser un mo- ment fort de retrouvailles et celui de les remobiliser autour d’objectifs concrets et motivants. des points que n’avait pas appréhendé Alexandre Jegu, dirigeant d’une grosse PMe spécialisée dans la fabrication de lin- gettes nettoyantes qui organise chaque année son séminaire de ren- trée plus par conformisme que par stratégie 1 . Pour lui, l’évènement se déroule forcément... immédiatement à la sortie des vacances, quitte à faire rater une rentrée toute aussi importante - celles des classes - à ses collabora- teurs qui ont des enfants scolarisés. tant pis pour la frustration des parents qui ne peuvent pas partager ce moment avec leur progéniture 2 . Alexandre Jegu, connu davantage pour son sens de l’économie que pour son goût pour la détente, a préféré cette annéePoint culminant du séminaire...organiser le séminaire au sein même de l’entreprise. Ainsi, cap sur la vaste salle de réunion de la société, située en sous-sol. Ce qui était censé être un séminaire de remobilisation avant d’affronter la rentrée est de- venu de fait un pensum aux yeux des salariés 3 . dans ces conditions, l’objectif théorique de chaque sémi- naire de rentrée, à savoir, de remoti- ver ses commerciaux sans pression, était devenu caduque 4 . d’autant que le patron avait omis de prévoirune activité ludique, même simple. de quoi transmettre la sinistrose à david Guetta.enfin, restait la soirée. Que l’on pré- voie une dégustation œnologique ou un dîner sur une péniche, la tendance est de faire participer ses commer- ciaux à des activités, un quizz (sur le contenu de la réunion par exemple), un jeu, toujours dans l’optique de leur faire prendre part à des activités de groupe. ils reviennent de va- cances, donc ils sont reposés. un peud’activité ne peut leur faire de mal et, au contraire, resserrer les liens entre eux, autrement dit l’objectif premier à conserver à l’esprit tout au long de ce petit séminaire de rentrée. las ! Pour seule animation, le dirigeant mal inspiré avait prévu une soirée karaoké au bar-pizza en face de l’en- treprise, ouvert pour l’occasion... 5 Pas sûr que les commerciaux ne se décident à attaquer la rentrée sur les chapeaux de roue après un tel fiasco !48 Juillet - Août 2015Cahier pratique n°2 - Séminaires de rentrée]]></page><page Index="49" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="50" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22CluB eNt1RePReNdRe Business guides - Séminaires de rentréePOURQUOI ORGANISER UN SÉMINAIRE DE RENTRÉE ?la crise n’aura pas épargné les séminaires d’entreprises. Selon le Baromètre Bedouk/Coach omnium, les dépenses consacrées à ces grands rendez-vous ont chuté de 5,2 % en 2014 par rapport à 2013. Cette rechute intervient après des hausses de la demande en 2013, 2011 et 2010, et après des baisses en 2009 et 2012. Ce com- portement d’achats en yo-yo, devenu imprévisible, est observable depuis les premiers soubresauts de la crise financière, devenue économique, en 2008. Ces évè- nements assurent tout de même aux prestataires du secteur des revenus avoisinant en France 8,2 milliards d’euros. Pourtant, même si la conjoncture est morose, la crise est bien loin d’avoir éteint l’intérêt pour les séminaires spécifiquement consacrés aux équipes commerciales. Au contraire, ces derniers ont vu leur importance renforcée, puisque leur finalité - stimuler les ventes - permet aux entreprises d’adoucir les conséquences des turbulences économiques. « Avec la crise, les entreprises se mobilisent autour des commerciaux, des revendeurs, des concessionnaires et des prescripteurs, pour stimuler les ventes », relate Mark Watkins, président du Cabinet Coach omnium. de façon générale, il est très risqué de renoncer à organiser un séminaire commercial, même en période difficile : cela constituerait un signe particulièrement négatif pour le moral des troupes. « Face à un contexte morose, ils peuvent être utiles pour ressouder les équipes et consolider le sentiment d’appartenance à un groupe partageant des objectifs communs », explique Anne-Marie Randriamanandraitsiory, chef de Projets Web & Marketing chez tiveria organisations, une agence d’évènementiel. « Et même si les budgets qui sont consacrés à ces événements ont été resserrés chez nombre d’entreprises, beaucoup de prestataires et d’établissements hôteliers ont fait des efforts tarifaires notables. Cela a permis de bénéficier d’une qualité relativement constante », complète Anne-Marie Randriamanandraitsiory. Superflus les séminaires, dans une conjoncture difficile ? Pas vraiment. « Les événements internes ont aussi pour effet de faciliter la communication et de décloisonner en facilitant les échanges entre des salariés de différents services qui ne se connaissent pas toujours très bien. Un2 contexte différent du quotidien, plus décontracté, est aussi l’occasion de découvrir ses collègues sous un autre jour », ajoute M4axime denis, associé et responsable Marketing Commercial chez, Alliance télécom, spécialisée dans les installations téléphoniques iP clés en main pour entreprises.QUAND PROGRAMMER L’ÉVÈNEMENT ?QUEL CONTENU ?un séminaire de rentrée se tient entre la fin août et fin septembre, selon le rythme de vie de l’entreprise. Bien sûr, mieux vaut-il le faire débuter une semaine après le retour de vacances des équipes, afin de ne pas leur « sauter » dessus tout de suite. « Cette période d’un mois est très recherchée par les entreprises », confirme Anne-Marie Randriama- nandraitsiory. « En règle générale, cet événement est court : un après-midi suivi d’une soirée, ou bien un séjour de deux jours », détaille-t-elle. Bien sûr, certaines entreprises s’organisent différemment. Ainsi, Alliance télécom organise un séminaire en juillet, à la clôture des comptes, puis un second en septembre, pour la rentrée. « Le séminaire de fin d’exercice est clairement axé détente », indique Maxime denis. « L’objectif est avant tout de dresser avec les colla- borateurs le bilan de l’exercice, d’évoquer l’avenir mais surtout, de relâcher la pression ». Cet été, Alliance télécom, dont le siège est à Montpellier, a donc prévu une réunion-bilan le vendredi en début d’après-midi avant de mettre le cap dans un gite avec notamment au programme une séance de karting puis de canoë sur une rivière. « En revanche,« Le but de cet événement est de remotiver ses commerciaux sans pression», résume Maxime denis. un bon sémi- naire de rentrée comprend donc une réunion, une activité récréative et une soirée, avec, éventuellement, en prélude, « une formation ludique sur les aspects comportementaux de la relation avec les clients. C’est très motivant pour les vendeurs », ajoute Anne-Marie Randriamanandraitsiory, Pour Maxime denis, « la réunion est le moment idéal pour re- mercier votre équipe de son travail, pour évoquer les ob- jectifs à atteindre au cours des quatre prochains mois et pour lui fournir des outils de tra- vail ». il peut s’agir du lance- ment d’un nouveau produit, de la mise en place d’outils d’aide à la vente comme des argu- mentaires, de l’organisation d’un challenge ou bien d’un défi mobilisateur. « Des chal- lenges, des incentives, des ac- tions tactiques et des paris collectifs ou à titre individuel sont lancés et déclinés autour d’un ou plusieurs thèmes », re- late Anne-Marie Randriama- nandraitsiory. depuis quelques années maintenant, les organi- sateurs de séminaires privilé- gient les temps de travail aux temps de loisirs/ incentive. Pour Pascal Visintainer, « cela est dû à l’impact de la crise (réduction de la durée des sé- minaires et donc focus sur les périodes de travail). Les incen- tives, lorsqu’’ils sont mainte- nus, sont moins «ostentatoires» et plus orientés «business», c’est à dire avec un objectif de team building ou d’apprentissage précis ».l3a tonalité est différente en septembre. Le séminaire a lieu cette fois-ci exclusivement au siège. Le but est de remotiver les salariés et de leur préciser les objectifs de l’année », explique le responsable.OÙ L’ORGANISER ?« Au regard du climat d’austérité actuel, de plus en plus de sociétés recherchent désormais la sobriété, dans un souci d’image et de cohérence des messages », observe Anne-Marie Randriamanandraitsiory. d’autant qu’une entreprise ne va pas choisir le même lieu de séminaire si l’objectif est de récompenser des commerciaux ultraperformants ou si, au contraire, il s’agit de les recadrer après de mauvais résultats. « Chaque lieu est porteur de message », rappelle la chef de Projets. l’idée n’est pas d’opter pour une destination exotique mais pour un lieu agréable et proche, qui permette l’organisation d’activités ludiques et sportives et qui soit équipé d’infrastructures pour loger les collaborateurs et orga- niser une réunion. Pascal Visintainer, directeur Commercial & Marketing Hôtels du groupe Barrière, confirme : « depuis plusieurs années, les entreprises privilégient, sur fond de crise, les opérations plus courtes et plus proches de leur siège, idéalement à deux ou trois heures maximum ». et les sites charmants à proximité des grandes villes ne man- quent pas. A Paris centre par exemple, les Yachts de Paris offrent la capitale comme décor. un peu plus loin, diverses5options peuvent aider à créer le buzz : deauville, sa côte fleurie et ses palaces, Chantilly et son incontournable château, etc. « Quel que soit le lieu pressenti, celui-ci doit avant tout être facile d’accès, pratique et fonctionnel, tout en offrant une gestion clé en main, et un tarif all inclusive », développe Anne-Marie RandriamanandraitsioryQUELLES ACTIVITÉS ?Pour autant, selon Coach omnium, presque 9 participants sur 10 à un séminaire sont demandeurs d’une activité lu- dique. Pour susciter l’adhésion, il faut aussi proposer des activités extraprofessionnelles. dans ce domaine, les agences spécialisées font aussi preuve d’une imagination débridée. Rallye automobile, soirée casino, initiation à la cuisine moléculaire, challenge musical, course d’orientation en quad, saut en parachute... la liste est sans fin. « Il est indispensable de proposer des activités nouvelles en permanence, pour qu’à chaque séminaire, il s’agisse pour les salariés d’une première fois. L’impact est plus important lorsque l’on propose de l’inédit », remarque Anne- Marie Randriamanandraitsiory. Pour autant, crise oblige, les entreprises ne veulent plus consacrer un budget trop important aux activités ludiques. « Je constate que les entreprises préfèrent des activités simples : le but n’est pas de faire des choses extraordinaires, mais de partager ensemble un bon moment », indique Mark Watkins. « Dans cette perspective, une promenade sur la Seine autour d’une coupe de champagne constitue toujours une activité fort appréciée par les collaborateurs », poursuit-elle. Selon Pascal Visintainer, les entreprises cherchent en priorité à faire rimer séminaire avec simplicité et efficacité. le groupe Barrière appuie son attractivité sur des hôtels de grande qualité, mais aussi sur ses autres métiers comme les casinos par exemple. « On peut y organiser des soirées jeux de tables avec de vrais croupiers, ce qui produit de beaux team building ! Autre avantage, ces casinos offrent la possibilité de terminer les soirée plus tard le soir. C’est important, notamment pour des destinations loin des grandes villes, explique Pascal Visintainer.50 Juillet - Août 2015Cahier pratique n°2 - Séminaires de rentrée]]></page><page Index="51" isMAC="true"><![CDATA[séminairesévénementsVotre événement sur-mesure dans un établissement d’exceptionRelais Spa Paris-Roissy CDGUne équipe de professionnels à votre écoute pour que votre événement soit une belle réussite.RELAIS SPA Paris-Roissy Charles de Gaulle *****8, allée du Verger - 95700 ROISSY-EN-FRANCE Tel. +33 (0)1 39 94 70 70Fax : +33 (0)1 39 94 70 80meeting@re-apparthotels.comDes services hauts de gamme et un accueil chaleureuxPlus de 1000 m2 de salons modulables (équipés et aménagés à votre gré)465 chambres Premium, Executive et Junior Suite Spa Nuxe® de 750 m2 avec hammam, sauna, piscine... Brasserie Flo (2 couverts au Guide Michelin)A 35 mn de Paris et 5 mn de l’aéoroport Paris-Roissy Charles de Gaulle (navette grauite)www.relais-spa.com/parisroissy© Relais Spa2015 - RCS Paris 488 885 732 - Crédit photos : Eric Cuvillier - Photos non contractuelles - Relais Spa est une marque du groupe Réside Etudes Apparthotel. EcoRéseau 07/2015]]></page><page Index="52" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22StRAtÉGie & iNNoVAtioN NuMÉRiQue Le baromètre de l’innovationBrèves, nouvelles retentissantes et histoires de ruptures} SIGFOXXavier DrilhonXavier Drilhon est nommé directeur général délégué de Sigfox, à ce poste depuis juin 2015. Il est sous la responsabilité directe de Ludovic Le Moan, directeur général. Il a été nommé dans le contexte d'une demande croissante de partenariats de déploie- ment du réseau sur les 5 continents et de la finalisation des accords structurants avec des industriels de premier plan à travers le monde.Xavier Drilhon, 48 ans, PMD de Harvard Business School (1997), Télécom SudParis(1991), a réalisé le parcours suivant :n 2011-2013:OberthurTechnologies,directeurgénéral.n 2008-2011 : Oberthur Technologies, directeur général adjoint responsable de ladivision Carte.n 2006-2008:OberthurTechnologies,directeurgénéraladjointEMEA.n 2000-2006:GroupeFrançois-CharlesOberthur,différentesfonctionsindustrielleset commerciales au sein des activités Cartes.n 1999-2000:GroupeFrançois-CharlesOberthur,directeurdesopérations.n 1997-1999:OberthurCardSystems(aujourd'huiOberthurTechnologies),directeurdu développement et de la production.n 1994-1997:BanknoteCorporationofAmerica(groupeFrançois-CharlesOberthur),terne puis différentes fonctions de marketing, business development et relationLe carnet desnominationsen partenariat avecvice-président.n 1991-1994 : KPMG Peat Marwick, consultant senior.n 1990-1991:ArthurAndersen,débutdecarrièrecommeconsultant.Je pense qu'il y a un marché mondial pour quelque chose comme cinq ordinateursThomas Watson, président d'IBM, 1943.Le monde ne sera plus jamais comme avant...Des lentilles bioniquesLe verbatim à retenir...} ORANGEMadame Fabienne DulacMadame Fabienne Dulac est promue directeur exécutif en charge d'Orange France, à compter d'août 2015, en remplacement de Madame Delphine Ernotte-Cunci. Elle est sous la responsabilité directe de Monsieur Stéphane Richard, président-directeur gé- néral d'Orange. A ce titre, elle rejoint le comité exécutif.Fabienne Dulac, 47 ans, IEP Paris, a réalisé le parcours suivant :n 2013-2015:OrangeFrance,directeurdelacommunication.n 2011-2013:Orange,directeurd'OrangeNorddeFrance.n 2008-2011 : Orange France, directeur des ventes et de la relation client.n 1997-2008 : France Télécom, notamment responsable de la communication ex-Ils veulent mettre les lunettiers au chômage. Une équipe de scientifiques canadiens, l’Ocumetics Techology Corp, a développé des lentilles intraoculaires qui permettraient à leur porteur de voir trois fois mieux que 20/20 d’acuité visuelle. Pour cela, il faudra tout de même subir une opération de huit minutes, similaire à celle de la cataracte. Huit ans de recherche et 3 millions de dollars ont été nécessaires pour parvenir à ce résultat. Les essais cliniques devraient bientôt démarrer, si bien que vous pourriez avoir une visiond’aigle dans deux ans.Réglez le volume de votre environnementA San Francisco, la start-up Doppler Labs a inventé des écouteurs qui vous permettront d’ajuster les sons de votre environnement selon vos goûts. Il est possible de baisser le vo- lume du monde qui vous entoure, ou seulement de quelques bruits précis, comme lesconversations dans le métro ou les cris d’un bébé... Ajouter des basses, supprimer des aigus, créer de l’écho artificiellement, les écouteurs Here donnent l’impression d’avoir un logiciel de mixage dans les oreilles. Pour les inventer, Le CEO Noah Kraft s’est inspiré des travaux de chercheurs finlan- dais et de designers anglais.InsoliteUne base de données des inventions qui ont échouéclient.n 1993-1997:VTCom,responsabledelacommunicationetdumarketing. n Début de carrière au ministère de l'Intérieur.}AMUNDI (GROUPE CRÉDIT AGRICOLE)Vincent MortierVincent Mortier est promu deputy chief information officer d'Amundi, à ce poste de- puis juin 2015. Il est sous la responsabilité directe de Pascal Blanqué, directeur général délégué, chief investment officer group. A ce titre, il rejoint le comité exécutif.n VincentMortier,41ans,mastergrandeécoleESCPEurope(1996),aréalisélepar-cours suivant :n 2012-2015 : Société générale Corporate & Investment Banking (SG CIB), directeurfinancier.n 2009-2012:SGCIB,coresponsablemondedel'activitéEquityFinanceauseindela ligne métier Global Equity Flow.n 2008-2009:SGCIB,deputyheadofequityfinance,adjointduresponsabledudé-partement Equity finance de la direction Global Equities and Derivatives Solutions. n 2008-2008 : SG CIB, responsable de la stratégie et du développement au sein dela direction Global Equities and Derivatives Solutions.n 2007-2008:SGCIB,directeurdecabinetdudirecteurgénéral.n 2005-2006:Sociétégénérale,responsabled'étudesstratégiques,enchargedelaBanque de financement et d'investissement (BFI) et d'une partie de l'Europe cen-trale et orientale.n 1996-2005 : Société générale, inspecteur puis inspecteur principal (2002).} EDFOlivier LigneulOlivier Ligneul a été nommé responsable sécurité système d'information groupe d'EDF, à ce poste depuis mars 2015. Olivier Ligneul, ESIEA Paris (1994), a notamment occupé le poste de directeur informatique d'Engineering Systems International (ESI) de 2005 à 2009.le projet « Archéologie des innovations abandonnées, délaissées ou résurgentes » a créé une base de données recensant les in- ventions qui ont échoué, du Bi-Bop au New- ton d’Apple, un assistant personnel numérique lancé en 1993, ancêtre de... l’iPhone. objectif ? décomplexer les inno- vateurs qui craignent l’échec. en effet, pour Bernard darras, sémioticien au sein de l’ins- titut Acte – émanation du CNRS et de l’uni- versité Paris i-Panthéon Sorbonne –, interrogé par le journal du CNRS, « ces phé- nomènes sont la base même de la création. [...] Il est d’ailleurs admis, dans le milieu industriel, que de sept à neuf innovations sur dix sont des échecs. Le ou les produits qui survivent financent le développement des au- tres. »Prix et concours de l’innovation}AÉROPORTS DE PARIS (ADP)Monsieur Gilles LévêqueMonsieur Gilles Lévêque est nommé directeur des systèmes d'information d'ADP, à ce poste depuis juin 2015, en remplacement de Monsieur Philippe Martinet. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Patrick Jeantet, directeur général délégué. Gilles Lévêque, 55 ans, diplôme de génie civil et urbanisme de l'INSA Lyon (1988), a réalisé le parcours suivant :n 2006-2015:Geodis,directeurdessystèmesd'informationgroupe.n 2001-2006:Hewlett-PackardEtats-Unis,supplychainITdirector.n 1992-2001:Hewlett-PackardFrance,directeurdessystèmesd'informationEuropeDe nombreux prix de l’innovation ont été décernés au cours des dernières semaines. Difficile de tout suivre ? Pas de souci, eco- Réseau fait le point sur les inventions et les start-up à suivre.pour les opérations PC, responsable logistique.n 1988-1992 : Arthur Andersen, consultant senior et directeur de projets. n Sogreah, début de carrière au sein du bureau d'études en génie civil.début juin, le concours EDF Pulse, destiné à soutenir des projets innovants, a récompensé trois projets : enerbee, un générateur d’énergie cinétique qui se propose de remplacer les batteries, câ- bles et piles des objets connectés, en transformant en énergie des mouvements lents et irrégulier, comme ceux d’un poignet ou d’un fluide ; Voss, qui a développé une solution pour améliorer le stockage de l’énergie solaire ; dans la catégorie santé, la so- ciété d’imagerie médicale damae a développé une solution pour dépister les cancers de la peau sans laisser de cicatrice. A la clé, pour les trois gagnants – parmi une centaine de candidats – une dotation financière et le soutien du groupe en matière de com- munication.le MedPi 2015, qui s’est tenu fin mai à Monaco, a organisé un concours de l’innovation qui a récompensé une dizaine de pro- duits. Parmi eux, trois produits dans la catégorie « Maison techno » : MyFox Home Alarm, un système de sécurité, e-sty- life, un système d’analyse de l’air et de mesure des consomma- tions pour encourager l’éco-responsabilité, et Awox, une ampoule qui intègre une caméra à 360°.} COVÉAMonsieur Jean-François VigneronMonsieur Jean-François Vigneron est nommé directeur des systèmes d'information de Covéa, à ce poste depuis avril 2015. Il est sous la responsabilité directe de Monsieur Philippe Renault, directeur général technologie et systèmes d'information. Jean-François Vigneron, 52 ans, Crandfield School of management, Stanford graduate School, a réalisé le parcours suivant :n 2010-2015:MAAFAssurances,directeurinformatique.n 2006-2010:ArevaNP,directeurdessystèmesd'information,chargédelamiseenoeuvre du schéma directeur IS.n 2000-2006:GroupeGefco(groupePSAPeugeotCitroën),directeurdumarketing,de l'innovation et des systèmes d'information.n 1995-2000 : Chep (groupe GKN-Brambles), notamment directeur des systèmesd'information Europe.n 1985-NC : GKN-Brambles, début de carrière comme responsable des domainesA tokyo, un particulier, Kenichi Masuda, a même ouvert un musée pour réunir des in- novations technologiques ratées. les visi- teurs peuvent ainsi contempler un réchaud à gaz en forme de télévision et un ventilateur en forme de piano à queue, entre autres bi- zarreries.applicatifs.VOUS AVEZ CHANGÉ DE FONCTION ?52 Juillet - Août 2015Nomination, les 200 000 décideurs qui font le business en France !Faites part de votre Nomination àla presse et aux acteurs clés du marché sur www.nomination.fr]]></page><page Index="53" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frLe baromètre de l’innovation StRAtÉGie & iNNoVAtioN NuMÉRiQue L’innovation dans les grands groupesCe mois-ci, les grandes entreprises n’ont pas chômé en matière d’innovation. Elles ont en particulier multiplié leurs efforts pour se rapprocher des start-up.Airbus a ainsi créé un centre d’innovation dans la Silicon Valley, loin de ses bases européennes mais tout près de l’effervescence digitale, et un fonds de capital-risque, Airbus Group Ventures. Selon l’usine digitale, qui a révélé la création de ce dispositif, ce centre emploiera à terme une trentaine de personnes et pourrait être répliqué en eu- rope. le fonds de capital risque est doté de 150 millions de dollars.dans la grande famille des labs d’entreprises, ces entités chargées de doper l’innovation des grandes structures poussives et hiérarchiques en pleine mue digitale, voici le petit dernier : Altran Lab. le groupe de conseil et d’ingénierie en innovation technologique espère ainsi catalyser « l’émergence de nouvelles technologies, de nou- veaux processus, de nouvelles organisations, ou encore de nouveaux systèmes complexes », explique William Rozé, directeur général d’Altran France. Altran lab embarque ainsi un incubateur de projets et un Hub d’inno- vation.le fournisseur de gaz Butagaz vient de lancer un programme à destination des jeunes pousses innovantes. Za- gatub (pour Butagaz en verlan) espère identifier et proposer au public des offres innovantes pour le confort de la famille. il a ainsi sélectionné cinq start-up : Youboox (application de lecture d’e-books gratuitement), Short edition (édition de formats qui se lisent en moins de 20 minutes), les Bons Profs, Costockage (le Airbnb du stockage) et Weenect (un GPS pour enfants).Etudethomson Reuters a dévoilé les résultats de son étude annuelle sur l’innovation dans le monde. les principales ten- dances :2,1 millions de brevets ont été déposés en 2014 dans le monde, ce qui représente un nouveau record. les secteurs des aliments, boissons et tabac (21%), des produits pharmaceutiques (12%), des produits cosmétiques et du bien- être (8%) et de la biotechnologie (7%) sont ceux qui ont enregistré la plus forte croissance en termes d’inventions publiées.L’innovation ouverte rencontre un grand succès dans presque tous les secteurs étudiés, car les entreprises s’asso- cient de plus en plus avec des chercheurs ou d’autres entreprises, parfois concurrentes. Samsung s’est particuliè- rement distinguée en nouant de nombreux partenariats fructueux avec des établissements académiques.Les frontières traditionnelles entre les secteurs s’estompent, puisque des dizaines d’entreprises visées par l’étude figurent comme bénéficiaires de brevets dans plusieurs secteurs sans rapport avec leur principal domaine d’activité. C’est par exemple le cas d’Apple, de DuPont, de General Electric ou d’IBM. Samsung, encore lui, est particulièrement en pointe : il figure parmi les 25 premiers bénéficiaires de brevets pour 9 des 12 secteurs visés par l’étude !Juillet - Août 2015 53]]></page><page Index="54" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22StRAtÉGie & iNNoVAtioN NuMÉRiQue Décryptage - Reconnaissance facialeL'occasion pour EcoRéseau d'expliciter en détails le sujet principal de Stratégie & Innovation NumériqueVu ! et reconnu...A écouter iciAle monde de demain sera-t-il « shazamable » ? les technologies de reconnais- sance visuelle et faciale éveillent l’intérêt de nombreux secteurs d'activité.www.franceculture.fr/emission-ce- qui-nous-arrive-sur-la-toile-la-sha- zamisation-du-monde-ou-comment- bientot-on-reconnaitraquoi reconnaît-on la Porte consacrait d’ailleurs sur développement de concepts au- point de départ ? un sentiment qu’une entreprise est France Culture une intéressante tour de la reconnaissance ne se de frustration et de manque. en train de marquer chronique à la « Shazamisation » sont pas contentés de simples « En lisant un magazine, nousd’avoir un meilleur taux de transformation. Mais aussi d’améliorer leur connaissance clients et d’optimiser leur com- munication. « Car Zoomdle, sans délivrer d’informations confidentielles sur les utilisa- teurs, permettra aux marques de savoir que tel produit placé sur tel support a plus été flashé qu’un autre, ou que telle affiche a suscité peu de « passages à l’acte d’achat » », précise Sami Henchiri, directeur de la tech- nologie de la start-up. Zoomdle dispose aujourd’hui dans sa base de données d’un peu plus de 25000 produits, a passé des accords avec 300 marques et revendique 65000 utilisateurs. Selon l’entreprise, le taux de satisfaction s’élèverait à près de 90%. des applications de reconnaissance visuelle existent également pour d’autres types de produits. le vin, par exemple. WineWoo, développée par la start-up bordelaise Kasual Bu-conditions de conservation, conseils de dégustation, modes de culture...). Fonctionnant sur des principes similaires, d’autres programmes permettent éga- lement de reconnaître plantes (PlantNet) et oiseaux, ou encore d’accéder à des informations sur des monuments historiques et autres lieux (Phind).son époque ? Son chiffre d’af- du monde (1). les créateurs copycats de Shazam. Si l’en- avons vu un produit qui nousfaires, sa capacité à attirer denouveaux collaborateurs ou sonrayonnement international sontdes indicateurs de réussite. Maiscelle qui appose véritablementson empreinte sur son temps ?difficile à déterminer sans avoirle recul de quelques décenniesd’activité. une chose est pourtantcertaine : quand le nom de cettesociété entre dans le langagecourant, c’est qu’elle est sur labonne voie pour rester dans lesmémoires. Shazam, la petiteapplication mobile de recon-naissance musicale devenuegrande, est de celles-ci. Sonprincipe est simple : vous êtesdans un bar, vous entendez unmorceau de musique sans lereconnaître. en ayant installéShazam sur votre smartphone,cette agaçante sensation de per-dre la mémoire prendra fin. ilvous suffit de capter quelquessecondes du morceau avec votretéléphone pour que la plate-forme crée l’empreinte audiode la musique et en retrouve letitre dans sa base de données.Je shazame, tu shazames, il sha-zame, nous shazamons... onshazame aujourd’hui à toutesles sauces, à tel point que leverbe « shazamer » est en passed’entrer dans le vocabulaire PLANTES... Aplaisait mais nous nous sommes rendu compte qu’il était très fastidieux de le retrouver, ex- plique Charlotte Journo-Baur, co-fondatrice de Zoomdle. Et il nous arrive souvent, que ce soit en feuilletant un journal, un prospectus ou en voyant une affiche, d’avoir envie d’un produit mais de ne pas concré- tiser le processus d’achat parce que celui-ci va être trop long ou trop compliqué. » l’appli- cation permet de prendre en photo avec son smartphone le produit voulu ; le vêtement ou l’accessoire est alors reconnu par Zoomdle grâce à un algo- rithme permettant la reconnais- sance d’image, peut être acheté directement sur la plateforme et livré en 72 heures. A la clé, pour l’utilisateur, la possibilité d’acheter ce qu’il veut, quand... ET VISAGESusuel. en juin 2014, Xavier deles ®startuppers motivés par ledématique & GouvernanceLa colle et le numérique« Maintenant que tous ces dispo- sitifs existent je sors couvert pour ne plus être remarqué... »encore un cran au-dessus en termes de potentiel, se déve- loppent des systèmes de re- connaissance faciale. Ce ne sont donc plus simplement des objets et produits mais bien les visages et personnes qu’il de- vient alors possible d’identifier. A l’origine, c’est dans le do- maine de la sécurité, notamment dans la foulée des attentats du 11-Septembre, que s’est dé- mocratisé l’usage de ces tech- nologies – et c’est aujourd’hui encore sur ce domaine que se concentre l’essentiel du marché. Pouvoir reconnaître quelqu’un sans être soi-même vu : l’outil était beaucoup plus pratique pour les autorités que la prise d’empreintes digitales. A partir de là, tout s’est accéléré. « Aux États-Unis, le FBI propose des abonnements qui donnent accès à sa base de données de crimi- nels, détaille Alexis Kenda. Beaucoup de start-up ont donc créé des algorithmes de recon- naissance faciale et les vendentcessus numérique.et pourtant, dans le cas présent la solution existe et est extrêmement simple. il suffit de travailler avec un parapheur électronique et ensuite d’en- registrer les documents signés électronique- ment dans un fichier que l’on prendra soin de faire horodater par un prestataire de confiance qui de plus pourra apporter une présomption d’intégrité aux informations ainsi traitées. l’ho- rodatage permettra également de vérifier la sé- quentialité des opérations, en remplacement d’un registre pré-numéroté !d’un point de vue fonctionnel plus aucune ma- nipulation ne serait nécessaire de la part de la personne qui aujourd’hui assure un magnifique collage et qui pourra sûrement utiliser le temps ainsi gagné à d’autres tâches plus valorisantes.d’entreprise de tous poils ont eux aussi été encouragés par la façon dont le service est parvenu à s’imposer. « L’impact de Sha- zam a été très important et ce succès a motivé de nombreux entrepreneurs, car il a montré que n’importe quelle application (de qualité) pouvait devenir un hit mondial », confirme Alexis Kenda, directeur marketing et stratégie de la start-up française de reconnaissance faciale Re- miniz, surnommée par certains... le « Shazam des visages ».treprise londonienne bénéficie aujourd’hui d’une belle cou- verture médiatique en se lançant dans la reconnaissance visuelle, d’autres ont déjà fait ce choix quelques mois ou années au-L’identification d’une personne permet une personnalisation à ses goûts dans la voiture, l’avion, la maison, l’hôtel...VÊTEMENTS, VINS,paravant. C’est par exemple le cas de Zoomdle, start-up fran- çaise ayant lancé en janvier 2014 une application de re- connaissance de produits. leil le veut, quasi-instantanément. Pour les marques : la possibilité de vendre directement via leurs supports de communication, d’accroître leurs revenus etsiness, permet grâce à un simple scan de l’étiquette d’une bou- teille avec son smartphone d’ac- céder à une multitude de ren- seignements (cépages, sol,parune époque où le numérique se déve- loppe de plus, il est parfois surprenant de constater l’immensité du chemin quimandé s’il ne lui serait pas possible de trans- mettre des documents numérisés, s’est vu ré- pondre par la négative. Bien évidemment il ne faut pas en rester là et essayer de comprendre pourquoi et comment une telle situation peut perdurer.Jean-Marcreste à parcourir avant d’avoir dématérialisé la plus grande majorité des processus actuels. Certes on nous parle de dématérialisation des factures, des contrats, des processus adminis- tratifs... la réalité nous rattrape au fil d’une discussion où une personne vous explique qu’elle imprime des documents, les fait signer par les personnes désignées, puis en colle un exemplaire, à l’aide de la plus pure des collesen fait nous avons là un exemple criant d’une forme de résistance au changement : pourquoi changer un processus qui donne satisfaction depuis de nombreuses années ? Malgré une proposition de transmettre des documents nu- mérisés, la facilité est bien évidemment de ne rien modifier, à cause également du fait que l’on ne maîtrise pas suffisamment l’outil nu- mérique. d’où la question qui se pose naturel- lement à la fois de l’information et surtout de la formation de certaines personnes qui poten- tiellement ont le moyen de faire avancer le pro-Rietschexpert international en dématique, blanches, dans un registre pré-numéroté, avantprésident du digital informationinstitute ou d2i chargée d’une telle manipulation, ayant de-54 Juillet - Août 2015de tamponner chaque document ainsi collé avec un cachet date et heure.Nous sommes bien en 2015 et le plus surpre- nant est sans doute de savoir que la personne]]></page><page Index="55" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frDécryptage - Reconnaissance faciale StRAtÉGie & iNNoVAtioN NuMÉRiQuepar exemple à des sites de ren- contres qui peuvent, ainsi, ana- lyser les visages et recevoir une alerte si une personne fichée comme délinquant sexuel s’inscrit. » la technologie est aujourd’hui utilisée pour des solutions plus « légères ». la start-up française Reminiz a ainsi développé une application avec une volonté claire de di- vertissement et d’information. la petite histoire veut que son co-fondateur, Jack Habra, en ait eu l’idée en regardant la té- lévision avec un ami. Comme ils étaient incapables de « re- mettre » l’identité de l’un des acteurs, son ami lui aurait alors lancé le challenge de créer un « Shazam des célébrités ». l’idée de base de Reminiz venait de naître. Aujourd’hui, l’application permet de recon- naître le faciès des célébrités. il suffit au téléspectateur de pointer son smartphone vers l’écran et l’application lui révèle alors l’identité des personnes (acteurs, chroniqueurs...), mais également d’accéder à du contenu enrichi : biographie, filmographie, compte twitter, possibilité d’acheter les autres films dans lesquels joue le comédien... A la base simplement destinée à être une application mobile, Reminiz s’est orientée vers le B2B après avoir remporté le Challenge Bouygues telecom et constaté l’intérêt des chaînes de tV, des plateformes de Vod et des FAi pour une intégration directe de ce service dans leur offre. « Nous démarchons donc les plateformes de VOD pour traiter leurs contenus et intégrer directement la reconnaissance faciale dans les films », explique Alexis Kenda. les fournisseurs de contenus peuvent ainsi pro- poser une expérience utilisateur un peu plus poussée – un bon point lorsque l’on sait que l’un des cas d’usage les plus répan- dus chez les utilisateurs de se- cond écran devant la tV est de chercher des informations sur le film qu’ils sont en train de visionner.alors possibles : détecter de façon automatisée les caracté- ristiques, l’humeur et l’état émo- tionnel de la personne (homme ou femme, souriant ou mécon- tent, dynamique ou fatigué...) ; mais aussi la reconnaissance à proprement parler : en fournis- sant au départ cinq photos d’une personne au système, celui-ci la reconnaîtra si elle revient. les possibilités d’usages sontMYRIADE DE SECTEURS CONCERNÉS dans les années à venir, la pro- gression du marché devrait s’accélérer. la reconnaissance faciale pourrait rapidement s’in- tégrer dans le cadre de la do- motique et de la maison connec- tée. Par exemple, qu’à chaque personne reconnue par la caméra soit associé un scénario pré- programmé déclenchant le lan-crivant ainsi dans la tendance de personnalisation sans cesse accrue : en sachant que tel conducteur vient de prendre place derrière le volant, la voiture réglerait elle-même la position du siège, la station de radio, la climatisation...Autant de points qui intéressent de plus en plus les constructeurs, conscients que l’automatisation est l’un des maîtres-mots du futur deporte comment et que cette uti- lisation ne porte pas atteinte à la vie privée et à l’anonymat de chacun. on se souvient des légitimes levées de boucliers lors de l’annonce de l’application Nametag, qui aurait permis au porteur de Google Gass d’iden- tifier les passants. les profes- sionnels du secteur sont bien conscients de ces enjeux et sa- vent qu’avec cette technologie, ils marchent sur des œufs. la difficile tâche du législateurles excès en développant une réglementation qui ne constitueCertaines application vont plus loin que l'identification, et misent sur l'analyse du visage : des dispositifs anti-somnolencepas pour autant un frein. novation des entrepreneurs hexagonaux. Quant à ces der- niers, ils devront, pour démo- cratiser leurs produits, surmonter la méfiance naturelle des gens et faire la preuve de l’utilité de leurs créations et de leur carac- tère non intrusif. Autant dire que la partie sera serrée.à l’in-peuvent être mis en placeparsera de parvenir àempêcher Julien Fournier Strategy reviewL’AUTOMOBILE ANTI-SOMNOLENCE dans ce marché encore très jeune et embryonnaire – la plu- part des boîtes qui s’y investis- sent n’ont pas plus de quatre ans d’existence – d’autres uti- lisations de la reconnaissance faciale sont possibles et/ou com- mencent à émerger. Certaines vont plus loin que l’identifica- tion, et misent sur l’analyse du visage. différentes choses sontdans les cabines Photomaton, où elle permet de détecter la conformité des photos d’identité (vérifier l’ouverture des yeux, l’absence de sourire...). elle tra- vaille également avec Netatmo, qui est à l’origine d’une caméra Wifi connectée, reconnaissant les membres de la famille, per- mettant de détecter les allées et venues de chacun et par exem- ple d’envoyer une notification sur le smartphone des parents pour les avertir que leurs enfants sont bien rentrés de l’école.tomatiser davantage les maisons et d’habituer les gens à la re- connaissance faciale. » le sec- teur automobile se montre éga- lement intéressé. d’une part, afin de mettre en place des ca- méras qui permettraient de dé- tecter automatiquement, en fonction de l’ouverture des yeux et d’autres signes, l’éventuelle somnolence du conducteur et, si tel était le cas, de lancer une alerte sonore. d’autre part, la reconnaissance faciale pourrait permettre l’identification, s’ins-Ainsi, la sanction du délit de corruption ne frappe plus l’en- treprise mais le salarié. la première est protégée. le second est coincé entre, d’une part, l’atteinte des objectifs, et qui, par- fois, dans certains pays, oblige à corrompre, et, d’autre part, le respect de la charte d’éthique et les obligations qui en dé- coulent.donc nombreuses et différents secteurs commencent à s’y in- téresser. « Nous nous considé- rons comme une brique tech- nologique capable de s’adapter et non pas destinée à un seul usage », explique Matthieu Marquenet, directeur de l’ex- ploitation de Smart Me up, spécialisée dans les technologies de reconnaissance des visages. la start-up a ainsi pu s’intégrercement automatisé de différentes actions dans les pièces de la maison : chauffage à telle tem- pérature dans la chambre, al- lumage de la lumière et de la télévision dans le salon... « La domotique est le secteur qui en tirera le plus de profit, estime Alexis Kenda. En termes de marché grand public, c’est celui qui va pousser la technologie vers le haut, permettant d’au-leur secteur d’activité. les sec- teurs du transport et du tourisme pourront également utiliser cette technologie. l’hôtellerie, par exemple, où ce type d’outil permettrait de reconnaître un client habitué ou ViP, et lui proposer un accueil personnalisé. il existe également une demande liée aux sièges d’avions et aux systèmes d’in-flight entertain- ment. est ainsi évoquée la pos- sibilité d’installer cette techno- logie sur les petits écrans intégrés dans les sièges : la reconnais- sance faciale permettrait alors de détecter l’endormissement du passager et de mettre le film sur « pause » puis de le relancer quand il se réveille. enfin, la reconnaissance faciale est très prometteuse pour le commerce de détail. « Elle permettra d’ob- tenir une meilleure analyse des consommateurs et de leurs comportements dans les ma- gasins, précise Matthieu Mar- quenet. Il y a beaucoup de don- nées analytiques à exploiter mais, pour le moment, très peu de suivi à ce niveau-là. » la technologie permettra non seu- lement d’analyser le taux de conversion ou le temps passé dans les rayons par les clients, mais également d’analyser leurs réactions en automatisant l’étude de leurs émotions, à moindre coût, pour ensuite chercher les solutions qui pourraient les ren- dre « plus heureux et satisfaits ». « On peut également imaginer que dans une boutique de luxe la caméra reconnaîtrait le client, saurait ce qu’il a acheté lors de sa dernière visite, poursuit Alexis Kenda. Le manager se- rait alors prévenu par SMS que cette personne vient d’entrer et irait la voir directement... » Bref, le potentiel de la techno- logie est énorme... mais de- mande à être encadré pour qu’elle ne soit pas utilisée n’im-Pascal Junghans« Ah zut... A cause de mon acné la machine ne me reconnaît pas »Ces chartes partent d’un principe excellent : elles interdisent aux salariés d’accorder directement ou indirectement, à des agents publics, tout avantage indu afin que, dans l’exercice de ses fonctions, il favorise leur employeur. Ces chartes se sont multipliées. la seule étude scientifique publiée à ce jour constate : « Les chartes d’éthique sont désormais bien pré- sentes dans le paysage social des grandes entreprises et des grands groupes français ». il s’agit du rapport rédigé en 2007 par Philippe Vivien, alors dRH d’Areva, et le professeur de droit Paul-Henri Antonmattei, pour le ministre du travail de l’époque. or, ces chartes semblent engendrer des effets coer- citifs pour les salariés en ce qu’elles apparaissent être inté- grées au contrat de travail. « Certaines clauses (de chartes d’éthique, ndlr) suggèrent la mise en place d’obligations de nature contractuelle pour les salariés (...) ; le non-respect de ces règles est considéré comme une faute grave suscepti- ble d’entraîner la résiliation du contrat de travail », souli- gnent Antonmattei et Vivien.enseignant à l'international - university of Monaco et à l'université de troyes lMembre du conseil scientifique du Conseil supé- rieur de la formation et de la recherche stratégique.le salarié victime de la corruptiones entreprises semblent vouloir se protéger contre la corruption en édictant des chartes éthiques qui repor- tent la faute sur le salarié. Pour sortir de ce piège, unesolution consisterait à renforcer la protection des lanceurs d’alertes.depuis plusieurs années, de grandes entreprises françaises, et la dernière est Alstom, ont été condamnées pour faits de corruption. il est vite apparu que ces sanctions pouvaient met- tre en danger l’entreprise, non seulement en raison des sommes à payer, mais également en raison de l’atteinte à son image. Comment alors réduire ces risques ? Certaines entre- prises ont ainsi changé de nom et tenté de faire oublier leur sulfureux passé afin de protéger leur avenir. d’autres ont édicté des chartes d’éthiques... qui semblent bien anodines. Pourtant, elles transfèrent la charge du délit de corruption de la firme vers le salarié. Comment est-ce possible ?Juillet - Août 2015 55]]></page><page Index="56" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22StRAtÉGie & iNNoVAtioN NuMÉRiQue Haute résolution - Montre connectée Focus sur un sujet high tech dans l'air du tempsl es différents cabi- nets d’études ne donnent pas tous exactement le même chiffre, mais l’ordre de grandeur reste le même : il devrait se vendre dans le monde en 2015 plus de 25 millions de montres connectées, contre 4 millions l’année précédente. Avec de tels chiffres, les smartwatches sortent du domaine du gad- get technophile et commen- cent à avoir un impact sen- sible sur différents secteurs d’activités. les deux pre- miers sont ceux qui ont en- gendré l’objet : les termi- naux mobiles (téléphones et tablettes) et l’horlogerie traditionnelle. les premiers vont devoir faire avec un troisième écran, ce qui créé potentiellement une pro- blématique de choix, mais ils ne sont pas menacés à moyen terme, compte tenu de la relation pour l’instant symbiotique entre la montre et un autre terminal. le problème de l’horlogerie traditionnelle est plus épi- neux et plus urgent. « À l’exception du très haut de gamme, de près ou de loin, l’arrivée de la montre connectée va avoir un im- pact sur toutes les marques », prédit Pascal Koenig, fondateur de Smartwatch Group, un think tank suisse. Car les montresne semble pas être un gadget de plus...sait pas encore quelle est l’utilité de l’objet dans ce contexte », estime iain tom- kinson, pdg d’ASM tech- nologies, spécialiste londo- nien de l’it. Mais il suffit que survienne la bonne ap- plication, comme cela se produit régulièrement sur les smartphones. Celle-ci ne pourra pas être un simple portage de quelque chose déjà présent sur les autres terminaux mobiles, ce qui est pour l’instant le cas de l’immense majorité de l’of- fre : d’une façon ou d’une autre, elle devra être spé- cifique à la montre et à ses capacités. Même si pour l’instant certains doutes sub- sistent quant au potentiel de l’objet, celui-ci présente suffisamment de différences avec les tablettes et les té- léphones mobiles pour pou- voir évoluer en quelque chose d’unique. Ce qui pourrait survenir plus vite qu’on ne le pense : tim Cook, pdg d’Apple, a an- noncé le 8 juin dernier que des applications pourraient vite tourner de façon indé- pendante sur sa montre. Par exemple, la sécurité in- formatique dispose d’un nouvel outil pour mettre en place des authentificationsMarqueur de temps ?la smart watch, qui émerge avec l’arrivée d’Apple et des grands noms de l’horlogerie suisse,l’année sa première montre connectée, élaborée avec Google et intel. Si le prix (1 400 euros) est connu, les fonctionnalités n’ont pas encore été dévoilées. Swatch, également, a an- noncé son propre modèle. et la liste continue... Mais la montre connectée va éga- lement avoir un impact sur d’autres secteurs que ses géniteurs. on peut les di- viser en deux types : ceux qui utiliseront en majorité les données ayant trait au physique (nombre de pas, fréquence cardiaque...) ré- coltées par la montre et ceux qui utiliseront en ma- jorité les données numé- riques (applications, fonc- tionnalités).le développement des ap- plications prendra plusieurs années, mais les montres connectées devraient deve- nir des outils précieux dans l’univers de la santé. du coup, le secteur de l’assu- rance sera lui aussi impacté.les derniers secteurs à être affectés par la récolte de données physiques sont le sport et le fitness - de façon moins drastique, les brace- lets connectés ayant déjà commencé le travail. Mais les smartwatches sont plusfortes, ainsi que d’une mul- titude de données biomé- triques. il n’est pas impos- sible d’imaginer que dans quelques années, on pourra signer des contrats et s’iden- tifier en posant son pouce sur l’écran de sa montre ; cela sera également valable pour les transactions. « De façon générale, les métiers manuels – de l’ouvrier aux professions médicales – ga- gneront en confort et en connectivité avec une mon- tre, que l’on peut consulter avec un minimum de mou- vements », analyse Jan daw- son, fondateur du cabinet d’analyse Jackdaw Re- search. le secteur du retail sera d’ailleurs également affecté par l’arrivée des montres connectées, même si cela ne demandera pas forcément beaucoup de nou- veaux investissements (àLES DATA, TOUJOURS LES DATA l’un des secteurs les plus prometteurs et les plus évo- qués est la santé. on a une assez bonne idée de l’im- pact potentiel des montres grâce à l’existence, depuis quelques années, des bra- celets connectés. la pré- sence de capteurs permet de mesurer nombre de don- nées médicales : le rythme cardiaque, les cycles de sommeil... et bientôt, la tension sanguine, le niveau de glucose dans le sang, la température, etc. Cette sur- veillance continue permettracondition d’être d.au paiement sans contact). Réduire le temps de passage en caisse reste une des pro- blématiques principales du secteur, et les quelques se- condes supplémentaires ga- gnées à ne pas sortir le por- tefeuille ou le téléphone se- ront recherchées.« Ma femme est censée être Qu’est-ce que cela peut bienl’un des développements des plus intéressants sera l’arrivée d’applications qui exploiteront les données ré- coltées pour aider l’assureur à guider le parcours de santé et à l’optimiser. Mais « il reste un obstacle de tailleen voyage pro au Japon... signifier ?... »polyvalentes que les bra- celets, et peuvent proposer des applications plus com- plexes. Par exemple, Gar- min, un pionner du GPS qui se tourne vers les pro- duits connectés destinés au sport, produit des modèles adaptés à des niches très spécifiques : les golfeurs (la montre donne des in- formations sur le trou, les distances, etc.), les nageurs, les cyclistes... un position- nement qui rencontre plutôt le succès.Jean-Marie Benoistéjà passéA l’avenir on pourrait signer des contrats et s’identifier en posant son pouce sur l’écran de sa montre...Business modelsPlusieurs montres connectéesLe terme de montre connectée recouvre maintenant une multitude de produits. Il y a les capteurs liés au sport qui in- diquent l’heure, les montres sportives, les montres classiques (sans écran) dotées de capteurs, et les montres capables de faire fonctionner des applications. Les trois premiers fonc- tionnent sur un business model similaire, où le hardware est la source principale de revenu, avec différents produits plus ou moins haut de gamme. Les montres à applications, aux- quelles la majorité du public associe le terme de montre connectée, fonctionneront beaucoup plus sur le modèle du mobile, en se reposant sur des apps stores et le software – voire en étant vendues avec le smartphone. Mais les deux business models peuvent être combinés : c’est le choix d’Ap- ple, qui non seulement s’appuie sur un large vivier d’appli- cations existantes, mais dégage une bonne partie de ses revenus de la vente de l’objet lui-même.connectées ne sont pas des concurrents classiques : les arguments habituels (style, personnalité...) ne sont plus nécessairement décisifs comparés aux fonctionna- lités. du coup, les acteurs du secteur se sont lancés – ou sont en train. tag Heuer, un des leaders du marché, va ainsi sortir à la fin de56 Juillet - Août 2015de développer des traite- ments plus préventifs, plus spécifiques à la personne – ce qui est en soi une révo- lution – et la montre pourra jouer un rôle actif dans les thérapies : contrôle de la prise de médicaments, voire administration des traite- ments, lancement d’alertes sous certaines conditions...à franchir, d’ordre légal : savoir qui est propriétaire des données, où elles sont stockées et comment exac- tement elles sont exploitée, explique daniel Matte, ana- lyste spécialiste des wea- rable technologies au sain du cabinet d’étude Canalys. Cela freine notamment les assureurs américains. »KILLER APP’EN APPROCHEen fait, sur le long terme, presque tous les secteurs peuvent être impactés par les montres connectées. « Elles prendront un certain temps pour impacter le monde de l’entreprise, tout simplement parce qu’on ne]]></page><page Index="57" isMAC="true"><![CDATA[RÉ-INVENTEZ VOTRE TRADINGL’Apple Watch accueille notre technologie de trading plusieurs fois récompensée.Découvrez-la dès maintenant sur IG.comToute opération financière comporte des risques. Le trading de CFD peut engendrer une perte supérieure au montant des dépôts.IG.comCFD : ACTIONS | INDICES | FOREX | MATIÈRES PREMIÈRESApp Store est une marque de service d’Apple Inc.]]></page><page Index="58" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22StRAtÉGie & iNNoVAtioN NuMÉRiQue Haute résolution - PME et cyberdéfense Petits doivent être costaudstPe et PMe aussi ont des données sensibles. les solutions conçues pour elles sont encore rares, mais la généralisation du Cloud et du Saas va y remédier.une étude menée à la fin de l’année 2014 par ipsos révèle une situation paradoxale. en interrogeant des PMe, l’institut a trouvé que si 90% étaient conscientes des risques de piratage informatique, que 75% des chefs d’entreprise savaient que leur responsabilité était engagée et que 11% avaient été victimes d’un piratage, 50% d’entre elles ne font rien pour se protéger. l’immense majorité ne filtre pas les accès web, et le budget moyen annuel par employé ne dépasse pas 50 euros... Pourtant, elles sont aussi vulnérables qu’une grandeTables de la cyberloiCinq principes à respecterRéfléchir sa sécurité informatiqueAvant de se lancer dans la recherche de prestataires ou de solutions, il faut savoir où l’on va mettre les pieds. Une bonne sécurité informatique est réfléchie : quel est le périmètre à protéger, quels outils sont les plus appropriés pour le faire, quels sont les responsabilités et rôles de chacun ?...Maîtriser l’accès à InternetTout point de contact entre le réseau interne de l’entreprise et Internet est un point d’accès potentiel – que l’on parle de box ou de point WiFi. Pour mieux les contrôler, il faut limiter leur nombre au maximum, les surveiller et utiliser des identifications fortes.Détenir un matériel à jour et homogèneUn même logiciel peut présenter des vulnérabilités différentes selon sa version – et il en va de même des machines. Si tout le monde dans l’entreprise a un matériel homogène (même système d’exploitation, mêmes logiciels, matériel similaire... ), sécuriser l’ensemble sera beaucoup plus simple. Et tout garder à jour protège contre les virus déjà connus, même assez récents.Contrôler les individusLes erreurs individuelles causent plus de problèmes de cybersécurité que l’on croit. Le maillon humain reste l’un des plus faibles de la chaîne, et il doit être à la fois éduqué grâce à des formations (reconnaître le phishing par exemple), et contrôlé dans ses actes (limiter les sites internet consultables et le recours à des solutions de stockage en ligne, par exemple). Il faut également surveiller attentivement les droits d’accès aux fichiers.Prévenir plutôt que réagirIl faut s’attendre à être attaqué, et agir en conséquence. Par exemple, des solutions de remplacement et de remise en état doivent avoir été prévues avant l’attaque ; sinon, il est trop tard.58 Juillet - Août 2015toute information a une valeur – les données personnelles et professionnelles des clients comme des informations sur des produits ou offres innovants –, ce qui veut dire que presque toutes les entreprises sont des victimes potentielles. « Le recours croissant à des solutions de partage comme Google Drive ou Dropbox peut constituer un danger : ces logiciels, conçus pour le grand public au départ, présentent des lacunes en matière de sécurisation », signale Sébastien Faivre, directeur général de Brainwave, qui propose une solution d’analyse des droits d’accès. Même celles n’hébergeant aucune donnée peuvent voir leur site web détourné pour émettre du spam. le deuxième est que toute les PMe et tPe ont une interaction avec le Web, au minimum un site vitrine ou marchand et l’utilisation du réseau pour échanger avec ses partenaires et clients. enfin, le troisième bouleversement est que le piratage est maintenant une activité lucrative. « Les données client volées sont vendues sur le marché noir », décrit Régis Rocroy, fondateur et dirigeant d’ozon, spécialisée dans la protection web. les agressions sont majoritairement effectuées par des robots qui attaquent des milliers de sites et systèmestype d’équipement et de compétence – tout en devant trouver un modèle économique adapté aux moyens de leur cible. de plus « il faut, pour séduire les PME, que les solutions soient simples à utiliser, car elles ont peu de ressources et elles sont déjà occupées », explique Sébastien Mancel.entreprise et surtout elles sont aussi susceptibles d’être attaquées. « Les problèmes de sécurité des informations, qui étaient l’apanage des grandes sociétés il y a quelques années, touchent aujourd’hui tout le monde », estime Jean-François louapre, vice-président du CeSiN, une association indépendante de RSSi. Ce n’était pas le cas il y a encore une dizaine d’années, mais l’arrivée de l’ère de la donnée et du Web a entraîné trois bouleversement majeurs.DES PANSEMENTS ENCORE ÉPARSl’arrivée des technologies liées au Cloud et des solutions en mode Saas (logiciel à la demande) fait évoluer la situation, apportant une réponse à la fois au manque de moyens techniques et à la probléma- tique du coût. « La facturation à la demande rend très pertinente l’externalisation de la cybersécurité », souligne Sébastien Faivre.LE MONDE WEB A CHANGÉle premier est que presque« Puisque je vous dis qu’il n’y a pas de souci à se faire, il n’yarienàvolercheznous!»et pédagogique, conçu pour les PME », rappelle Jean- François louapre. Mais ces mesures ne suffisent pas à protéger des données vraiment sensibles.de plus, cela répond également aux problématiques d’instal- lation et de maintenance des solutions. Malheureu-sement, l’offre aujourd’hui disponible est réduite – quelques dizaines au total sur le marché français, tous rôles confondus. « Les offres étrangères sont encore peu visibles, et elles posent la question de la souveraineté des données », explique Régis Rocroy. Mais elles couvrent tous les besoins. Pour n’en citer que quelques uns : ozon pour les sites web, Vade Retro pour le mail, Numvision pour le partage de fichier, Brainwave pour l’analyse des compor- tements et des flux, Qualys pour le diagnostic et la stratégie...grandes entreprises, mais souffrent d’un manque criant de moyens techniques et financiers. et en plus, « si une PME connaît un grave problème de sécurité, lesDésormais toute information a une valeur, toutes les entreprises sont donc des victimes potentiellesla bonne nouvelle est que ces prestataires seront bientôt rejoints par les éditeurs majeurs,– il ne s’agit plus, sauf cas particulier, d’attaques malveil- lantes, avec intention de nuire, menées par quelqu’un qui aurait spécifiquement choisi sa victime.conséquences sont plus souvent fatales que pour une grande entreprise », souligne Sébastien Mancel, responsable pour la France et l’europe du Sud des PMe/tPe chez Qualys, spécialisée notamment dans le scan et l’audit. Certes, il existe un certain nombre de démarches « de base » qu’elles peuvent accomplir par elles- mêmes (cf. encadré), et « l’ANSSI a publié un guide des bonnes pratiques informatiques, très explicitede fait, la sécurité informatique est un travail à temps plein, et il faut pouvoir se l’offrir. ou, à défaut de s’équiper soi-même (mais l’embauche d’un RSi ne suffit pas en elle-même), il faut recourir aux services d’un prestataire. le problème est que les contraintes évoquées ci-dessus pèsent également sur eux : pour protéger des PMe, ils doivent pouvoir offrir les mêmes prestations que pour une grande entreprise – et donc disposer du mêmeéveloppent leursDES CONTRAINTES PARTICULIÈREMENT SÉVÈRESles petites entreprises se retrouvent donc face à un problème particulièrement épineux. elles sont confrontées aux mêmes risques que lesquitousd.solutions sur le nuage, ce qui élargira considérablement le choix. en effet, les PMe partagent une caractéristique qui, sur le long terme, les protégera de la cybercrimi- nalité : elles représentent ensemble un marché très important.Jean-Marie Benoist]]></page><page Index="59" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="60" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22StRAtÉGie & iNNoVAtioN NuMÉRiQue Business Story - GL eventsRetour sur l'histoire d'une entreprise française que les innovations portent vers les marchés internationauxogre lyonnaisA Parcs des expos, palais des congrès, Jo, coupes du monde de foot... rien n’échappe au leader de la gestion d’espaces et d’évènements !l’image de son pré- société Cré-Rossi, qui pro- festival de Cannes. Générale d’entreprise lyonnais avec puis 77,6 M€. sommes capables de prendre sident, olivier Gi- pose de la location de mo- location a acquis ses lettres qui il partage une implication en 2010, Gl events franchit des positions sur des mar- non, le groupe lyon- bilier, d’accessoires et de de noblesse et s’affirme au capital du lou, le club un nouveau palier en décro- chés nouveaux », expliquenais cultive la discrétion et revêtements de salons. de- comme un acteur incontour- de rugby lyonnais depuis chant un contrat historique erick Rostagnat, directeurpréfère les actes aux paroles. Car l’homme et son entre- prise sont indissociables et le succès planétaire de la seconde est avant tout le fruit de la ténacité et du talent du premier. Né en 1958 dans une famille de notaires lyonnais, olivier Ginon est le quatrième d’une fratrie de six enfants. Sa voie semble toute tracée, mais une scolarité médiocre et une première année de droit ratée vont chambouler les projets de celui qui a reçu une éducation tradi- tionnelle chez les Jésuites. Aujourd’hui figure incon- tournable du landerneau po- litico-économique lyonnais, cet homme d’affaires redou- table, qu’on dit de droite, est un proche de Gérard Collomb, sénateur-maire de lyon et président de Grand lyon Métropole. Partie pre- nante dans de nombreux dossiers où se mêlent l’éco- nomie et la politique, olivier Ginon n’a pas que des amis, mais a su gagner le respect. Réussite oblige. le dernier classement Challenges des 500 fortunes classe ainsi oli- vier Ginon à la 423e place, avec une fortune estimée à 105 M€.venue Générale location, l’entreprise passe à la vitesse supérieure au début des an- nées 1990 et diversifie son offre : installation générale d’expositions, location de mobilier, stands, signalétique,nable dans la gestion d’es- paces et d’événements. Preuve que l’entreprise est parvenue à se faire une place dans le paysage écono- mique : son dirigeant olivier Ginon est désigné lauréatplus de dix ans.à l’occasion de la Coupe du Monde FiFA en Afrique du Sud et en organisant l’ex- position universelle de Shan- ghai. des contrats prestigieux qui ne sont qu’un début, puisque durant les annéesgénéral en charge des fi- nances.60 Juillet - Août 2015Installation générale d'expositions, location de mobilier, stands, signalétique, hôtesses d'accueil... Toujours plus de prestationsnées 1998-2003 permettent naissance pour quelqu’un coins de la planète. Pour une introduction sur le se- qui a bâti son entreprise mener à bien toutes ces opé- cond marché de la Bourse sans diplôme en poche. Il rations et avoir les moyens de Paris et voient l’entreprise n’est pas de ceux qui s’épan- de ses ambitions, Gl events prendre part à l’organisation chent, mais il a été profon- réalise deux augmentations d’événements majeurs dément heureux. C’était une de capital successives, en comme la Coupe du Monde belle revanche pour lui », 2005 et en 2007, qui lui de football en France, ou le assure Giles Proisy, chef permettent de lever 35,7 M€.LE BONHEUR EST À L’INTERNATIONALun nouveau cycle démarre, en 2004, marqué tout d’abord par un changementUN GROUPE STRUCTURÉ AUTOUR DE TROIS PÔLESPour gérer cette pieuvre ten- taculaire, olivier Ginon s’ap- puie sur des hommes et des femmes qu’il sait fidèles et auxquels il est lui-même très attaché. « C’est un affectif, confirme Anne-Marie Baez- ner, directeur général de tous les sites de salons et congrès gérés par Gl events à lyon. Il donne sa confiance, mais il attend en retour que l’on soit totalement impliqué der- rière lui. » une philosophie qu’il décline à la tête des trois pôles autour desquels sont organisées les activités du groupe : Gl events live pour les métiers de l’événe- mentiel corporate, institu- tionnel et sportif ; Gl events exhibitions pour piloter les salons dans des secteurs aussi variés que l’agro-alimentaire, la culture, l’industrie, etc., et enfin Gl events Venues pour gérer 40 sites événe- mentiels en France et à l’in- ternational.en 2015, la croissance de- vrait être une nouvelle fois au rendez-vous. Au premier trimestre, le groupe a enre- gistré 250 M€ de chiffre d’affaires, soit une progres- sion de 14,1%. « Tout sim- plement parce que nous sommes capables de propo- ser une offre élargie à des domaines que nous ne maî- trisions pas par le passé. Nous avons de nouvelles cordes à notre arc et nous développons des synergies internes », souligne erick Rostagnat. de quoi faire franchir à Gl events la barre symbolique du milliard d’eu- ros de chiffre d’affaires dèsJacques DonnayLA REVANCHE D’UN AUTODIDACTEPour en arriver là, c’est donc en créant sa propre entreprise qu’olivier Ginon a patiem- ment balisé son chemin. en 1978, tout juste âgé de 20 ans, il décide avec ses trois compères, olivier Roux, Gilles Gouedard-Comte et Jacques danger, de donner naissance à Polygone Ser- vices. implantée à lyon, l’entreprise se spécialise dans l’installation d’expositions et d’événements. il faudra attendre plus de dix ans pour que Polygone Services prenne de l’ampleur suite à son rapprochement avec laagencements pour la grande distribution et la muséogra- phie, hôtes et hôtesses d’ac- cueil... C’est également à cette époque que débute l’in- ternationalisation. Présentées comme charnières, les an-des Victoires des Autodi- dactes en 2003. une dis- tinction acquise au niveau rhônalpin avant de décrocher la victoire au concours na- tional. « Cette récompense constitue une belle recon-de nom. désormais baptisé Gl events, le groupe se construit par croissance ex- terne dans le monde entier et remporte la gestion de parcs des expositions et de palaisdescongrèsauxquatresuivantes le groupe est le maître d’œuvre des rendez- vous internationaux : tournoi des 6 Nations, sommets de la présidence française des G8 et G20, Jo de londres... la force du groupe, c’est aussi de se positionner sur les marchés émergents, comme il a pu le faire au Brésil ou encore au Pérou et au Chili, avec des prises de position importantes. Aujourd’hui, Gl events pèse 939 M€ de chiffre d’affaires, dont 55% à l’international, est propriétaire de 300 salons et gère 40 sites totalisant plus d’un million de mètres carrés. « Notre force, c’est aussi de trouver des relais de croissance adaptés à une conjoncture tendue. NousConcepts d'arenas, stades et tribunes évolutifs... De quoi décrocher la lune...cette année !]]></page><page Index="61" isMAC="true"><![CDATA[La seconde édition de Jalix Business Race à lieu le 4 juillet 2015]]></page><page Index="62" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22StRAtÉGie & iNNoVAtioN NuMÉRiQue Regard digital - Augustin Rudigoz, dirigeant de Mobeye Entretien avec une figure clé de la transformation numériqueClics en rafalesComment est née l’idée de Mobeye ?Ma formation d’ingénieur dans les nouvelles techno- logies m’a conduit au mar- keting opérationnel de Coca-Cola, en matière d’analyse des données pour les ventes. Puis j’ai suivi à l’eSCP europe un master spécialisé en entreprise, afin d’élargir mes compétences. Ce cycle court de six mois a été l’occasion de parfaire notre concept avec mes fu- turs associés rencontrés sur les bancs de cette école : nous voulions traiter les données comme chez Coca- Cola, utiliser les réseaux sociaux, travailler avec le support photo. les entre- prises analysent de plus en plus le retour client en ou- bliant l’essentiel : leur pro- duit est-il présent et bien placé dans le linéaire ? les recommandations de mer- chandising sont-elles sui- vies ? en réalité dans 30% des magasins la PlV n’est pas mise en place. les in- dustriels ne peuvent dépla- cer à chaque fois un com- mercial pour vérifier la mise en place, cela coûterait en- viron 150 euros par maga- sin. d’où notre idée de re- courir aux particuliers et à leurs photos de smart- phones. un voyage à San Francisco était prévu dans notre master, nous en avons profité pour rencontrer desévident de faire connaître notre métier. Puis ils sont arrivés. Aujourd’hui nous jouons des coudes dans les appels d’offres. Nous de- vons encore faire de la pé- dagogie, mais surtout com- prendre nos interlocuteurs.les « top users » gagnent quelques centaines d’euros par mois.Comment avez-vous pu vous faire connaître auprès des utilisateurs ? Nous avons passé des pu-gatoire, mais nous n’avons pas de données sur les uti- lisateurs ; nous n’en ven- dons pas, contrairement à d’autres. le but est seule- ment d’obtenir la photo, qui sera monétisée. Nous la vérifions, elle est géolo-gnant/gagnant/gagnant.La vie à quatre associés n’est-elle pas compliquée ?Cela nous a au moins per- mis de progresser plus vite que les autres, chacun dé- tenant une compétence pro- pre. la constitution d’un board nous a aidés. les membres ont envie de trans- mettre, d’aider comme des business angels. on ne vient pas lever de l’argent chez eux, c’est de la « smart nocompagne de jeunes entre- preneurs, je m’aperçois d’ail- leurs que les autres dirigeants ont les mêmes probléma- tiques. Finalement l’incer- titude RH et fiscale reste le point noir. la législation est une épée de damoclès, d’au- tant plus que nombre de start-up, à l’exemple d’uber ou Airbnb, défrichent de nouveaux terrains de mise en relation monétaire entre particuliers, et se frottent au lobbying des acteurs exis- tants. les législateurs atten- dent que le business se dé- veloppe pour prendre leur décision.Quel avenir imaginez- vous pour Mobeyeà terme ? Aujourd’hui la société em- ploie 20 salariés et vient de lever 1,2 millions d’eu- ros. Mais je ne compte pas la transmettre à mes enfants. la sortie sera envisagée un jour ou l’autre, par une en- trée en Bourse, une re- vente... des instituts d’étude peuvent être inté- ressés, et des acteurs peu- vent vouloir acquérir la communauté, la technolo- gie, le portefeuille client... Peu d’entreprises restent seules, il faudra racheterla start-up Mobeye, qui mobilise 40000 particuliers pour photographier les produits dans les linéaires, se trouve à la croisée du numérique, des réseaux sociaux et de la photo. Rencontre avec son dirigeant.acteurs déjà en place.Les législateurs attendent que le business se développe pour prendre leur décision, c’est une épée de Damoclès au-dessus des start-upLa France n’est-elle pas bien placée en matière d’économie collaborative ? Assurément, mais des flous existent. le statut d’auto- entrepreneur souffre de quelques zones d’ombre, les lobbyings font parfoisComment avez-vous démarré ?Nous avons relancé nos contacts chez Coca-Cola, et noué des relations avec Augustin Paluel-Marmont de chez Michel & Augustin. en collaborant avec un gros et un petit acteur, qui nous ont donné leur perception de l’outil idéal, nous avons évité de perdre temps et ar- gent. Comme bien souvent dans les start-up, nous avions peu de concurrents au début, et il n’était pas62 Juillet - Août 2015Nous n’avons pas vocation à créer une communauté trop grande, sinon nous ne pourrons proposer des mis- sions à tout le monde. Nous cherchons plutôt le maillage du territoire, avec quelques publicités ciblées.Qu’en est-il de l’atteinte à la vie privée souvent décriée ?la géolocalisation est obli-moral au propriétaire. les distributeurs sont aussi des clients, car ils ont leurs marques propres et veulent savoir si par exemple leurs cartes fidélité sont mises en avant. ils sont générale- ment satisfaits car les in- dustriels, en voyant les pho- tos, peuvent faire des re- commandations visant à augmenter leur CA, et du coup le leur. C’est du ga-moindre CA. toutes les deux semaines nous avons béné- ficié du retour d’expérience d’entrepreneurs. l’informa- tion circule très vite dans l’écosystème, l’un cherche un bon avocat, l’autre des conseils sur les business plans, et les endroits ne man- quent pas pour se rencontrer en Île-de-France : Numa, theFamily... dans le Ré- seau entreprendre où j’ac-C ou les voi-Simone n’a encore rien gagné, car elle met toujours le doigt devant...Quels obstacles avez- vous rencontrés ?ils n’ont pas été financiers dans un premier temps. Nous sommes passés par l’incu- bateur Startup42 de l’ePitA (groupe ionis) durant quatre mois, qui a été gratuit. Puis par l’incubateur de télécom Paristech durant 18 mois, à un coût de 1000 euros par mois, mais nous avons bé- néficié d’un prêt d’amorçage de 30000 euros. Nous avons donc bénéficié de 12000 eu- ros supplémentaires pour investir. Nous ne risquions finalement pas grand-chose ! le développement est plus compliqué. Nous avons em- bauché deux salariés et les urssaf se sont rappelées à notre bon souvenir avant que nous ne fassions led’expérience, mieux vaut entrer par deux portes dans les grands groupes : l’opé- rationnel qui comprend vite les bénéfices qu’il peut en tirer, et la hiérarchie qui prendra la décision.Quelle est concrètement la procédure pour l’utilisateur ?la personne prend les pho- tos et vérifie que le soda, par exemple, est présent dans les linéaires. elle choi- sit sa mission, et le prix dépend du temps passé pour s’y rendre. Soit le « user » est un jeune urbain non motorisé, soit il est plus âgé, motorisé, et couvre les zones périurbaines et ru- rales. Nous avons même des retraités. en moyenne les gens gagnent de 50 à 100 euros par mois, rem- plissant une mission par se- maine. 20% des utilisateurs réalisent 80% des missions.blicités pour faire naître une première communauté. le bouche-à-oreille a en- suite fait son effet. il s’agit de convaincre les gens que cela fonctionne, qu’ils ne vont pas se faire violenter par le vigile et qu’ils sont bien payés par la suite.calisée, datée, et la qualité est validée.Les distributeurs peu- vent-ils être réticents ? Nous avons le droit de pren- dre des photos dans les ma- gasins, à condition que cela ne cause pas un préjudiceou être racheté.money ».effet, les Vt.tures à double commande l’ont appris à leurs dépens. ilyaenFranceunventli- béral, porté sur l’innovation et la collaboration, mais paradoxalement l’influence des corporatismes et des acteurs en place se fait beau- coup sentir.Julien Tarby]]></page><page Index="63" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="64" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22RH & FoRMAtioN Réseaux et influence - Les confrériesDécryptage d'un groupement ou cercle en particulier, de son dynamisme et de sa capacité à favoriser le networkingS'il n'est point de «e xhumées des pro- grammes d’histoire, les confréries sont à l’origine des institutions de tradition romaine, époque où il s’est créé autant de confré- ries qu’il y avait d’artisans. A l’époque féodale, la logique se maintient et ces associa- tions professionnelles déve- loppent divers chantiers d’en- traide. Militaires, religieux ou civils, ces différents grou- pements vont subir la tempête de la Révolution qui abolit en 1792 toutes les congré- gations religieuses et pèsera lourdement sur celles qui ont l’outrecuidance de survivre. un siècle et demi plus tard, les deux conflits mondiaux les mettent en sommeil. Au- jourd’hui, bon nombre de défenseurs du terroir se réu- nissent, continuent de per- pétuer une tradition bachique ou gastronomique et pour- suivent l’entraide fraternelle.Hic Bibitur : ici, on boît !manière noblieuse » pour « mangeailler » au madrier des confréries, il n'empêche que ces associations agissent parfois au-delà du folklore. le moment de passer à table pour EcoRéseau,parti questionner quelques Grands Maîtres amoureux de leur terroir...LE FOLKLORE,FACE VISIBLE DE L’ICEBERG« Il n’est pas breuvage meil- leur pour être sang transmué, vous épanouir le cerveau, esbaudir les esprits amicaux, ouvrir l’appétit, réjouir le palais et mille autres rares avantages. » Cette citation rabelaisienne tirée du Gar- gantua pourrait être inscrite sur le fronton de chaque lieu réunissant les confréries où l’on se retrouve pour partager les plaisirs de bouche dans une atmosphère ripailleuse et médiévale. Car vêtus de « biaudes » bigarrées, ces longues robes de velours, et coiffés d’un chapeau ou d’une toque, les membres de confré- ries dans leur fonction épou- sent des dénominations qui font écho à la France des châteaux forts et des terroirs, où chaque titre correspond à un rôle précis pour les di- gnitaires qui composent le bureau permanent : grand maître et/ou commandeurpour la présidence, grand chancelier, grand ambassa- deur pour développer des contacts extérieurs, grand abellion pour le secrétariat général sans oublier les ar- gentiers, sénéchaux, échan- sons et « maîtres gousteux ». et cela ne s’arrête pas là. « Les intronisations se réa- lisent chez nous avec une épée. Nous reprenons l’adou- bement médiéval et l’adap- tons à notre confrérie. Chaque futur chevalier doit ainsi goûter notre produit, prête serment pour en devenir ambassadeur et reçoit une médaille et un diplôme qui attestent de son entrée dans notre confrérie », témoigne Claude Jorion, actuel grand maître commandeur de la Chaude andouille du Cateau- Cambrésis. outre sa date de création, le rayonnement de la confrérie dépendra du pro- duit qu’elle défend et des liens tissés avec d’autres confréries – ou commanderie, terme synonyme – ainsi que des partenariats liés avec les élus locaux et les organismes de tourisme qui souhaitent mettre en avant la gastrono-mie patrimoniale. l’une des plus fameuses confréries, par exemple, demeure celle des chevaliers du tastevin, créée dans les années 30, qui reçoità l’image, on lui décerne le titre de dignitaire avec le droit de revêtir la tenue », raconte Claude Jorion. tou- tefois, ces confréries se veu-que les confréries les plus notoires mettent en œuvre un processus de recrutement plus lourd : cooptation puis double parrainage, périodeIci les armes sont au repos, tous les duels se jouent à coup de fourchette et de timbales qui s'entrechoquentde l’histoire d’un territoire ». les chevaliers du tastevin sont, par exemple, à l’initia- tive de la Saint-Vincent tour- nante qui consiste à mettre à l’honneur un village et ses vignobles le temps d’une journée dégustation ouverte aux confréries mais aussi aux particuliers. le tourisme vit des confréries. et c’est pré- cisément la Saint-Vincent tournante en escale à San- tenay qui fut l’occasion en 1989 de créer la confrérie des Grumeurs de Santenay. Mais il y a mieux encore. Ces associations perpétuent l’une de leur première voca- tion, celle de l’entraide entre confrères. les exemples sont particulièrement nombreux dans les régions vinicoles : «Ilyatoujourseuune société de Saint-Vincent (Saint Patron des vignerons), société d’entraide qui en cas de coup dur, d’accident, ou de décès, venait en aide à la famille du vigneron », nous narre Andrée olivier. C’est dans le cadre de ces sociétés d’en- traide très actives avant la création de la Sécurité sociale et des complémentaires santé que les confréries bachiques se sont inscrites. « Un vi- gneron en difficulté ? On lance un appel à une « corvée de Saint-Vincent » sur Inter- net. Les corvées dépendent de la saison : labourages, couchage des baguettes, taille des vignes », précise Andrée olivier. Notons toutefois que la France des confréries n’hé-Une confrérie c'est d'abord la défense d'un produit, d'un patrimoine, de l'histoire d'un territoireconvives, chevaliers et di- gnitaires en les murs du châ- teau de Vougeot et promeu- vent l’héritage vinicole de l’appellation historique du Clos de Vougeot.lent ouvertes à tous. Pour en devenir chevalier, les moda- lités d’entrée sont plutôt ai- sées. « Il n’y a pas d’âge pour entrer en tant que che- valier. Outre l’amour du pro- duit, ceux qui veulent devenir chevaliers seront souvent par- rainés ou introduits par un membre », note Claude Jo- rion. et en ce sens, le parrain se portera ainsi garant du futur sigisbée. Si dans les faits, le troisième âge affec- tionne ce passe-temps asso- ciatif, les confréries ne se caractérisent pas toutes comme un repère de retraités. « Une moyenne d’âge située entre 30 et 45 ans pour les Grumeurs de Santenay », il- lustre Andrée olivier, grand prieur des Grumeurs de San- tenay. Notons malgré toutde mise à l’épreuve, etc. Mais rassurez-vous, point de duels à l’épée, plutôt un amour in- défectible pour le produit. Ainsi, la France recense-t- elle presque 2000 confréries. « Mais seules 700 à 800 sont actives. De nombreuses confréries ont été créées dans le cadre du comité des fêtes de la commune et ne sont pas animées », nous assure Solange Massenavette, pré- sidente d’honneur du Conseil Français des Confréries. Cette fondatrice de confréries et animatrice de plus de 400 d’entre-elles par le biais de son Conseil, nous précise les missions de ces associations : « Nous sommes des ambas- sadeurs du goût. Une confré- rie c’est d’abord la défense d’un produit, d’un patrimoine,DES CONFRÉRIES OUVERTES SUR LE MONDEles confréries épousent sou- vent la forme d’associations (loi 1901). dans leur orga- nisation, le bureau des di- gnitaires est souvent restreint. et pour y rentrer, la tâche est ardue. « Pour devenir digni- taires, les personnes sont mises à l’épreuve pendant un an et doivent se rendre à chaque réunion et aux dé- placements entre confréries amies. Si l’assiduité est de mise et que la personne colleas-berge pas en son sein des . sociations aux mêmes enjeux. Comme en attestent, entre bien d’autres, la confrérie de Gutenberg, porte-voix de la francophonie et de la culture écrite fédérant journalistes et imprimeurs ou celle dite des Chauves... pour les ardents défenseurs de la calvitie.64Juillet - Août 2015Geoffroy Framery]]></page><page Index="65" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="66" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22u De nouveaux doubles diplômes pour la future rentrée entre écoles d'ingénieurs d'obédiences différentes, une ruée des business schools en Asie qui se densifie, un livre blanc sur l'entrepreneuriat, les besoins en recrutement 2015 tous secteurs confondus et une initiative originale qui démocratise les talents des prestigieuses écoles... Tel est le menu de cet observatoire mensuel.RH & FoRMAtioN ObservatoireBrèves, études, actus et classements du mois concernant les Grandes Ecoles,L’EFREI et PSB parient sur les mégadonnéesAinsi, les étudiants de l’eNSAM seront-ils autorisés à parfaire leurs connaissances, notamment en avionique ou dans le domaine des opérations aériennes et sécurité, ap- prentissages dispensée à l’eNAC. dans le sens inverse, les potaches de l’eNAC, à par- tir de leur seconde année, auront le choix de poursuivre leurs études en cursus Fite (formation d’ingénieur technologue).le groupement d’écoles de com- merce n’en finit plus de marquer l’empire du Milieu de son em- preinte. Ce faisant, Neoma Busi- ness School et l’université Nankai ont signé ce 18 mai un accord pour créer une « joint school », étape décisive dans l’établissement d’un campus es- tampillé Neoma en Chine, après avoir déjà co-créé le premier ins- titut Confucius For Business de France. Neoma peut ainsi se tar-les Universités et le recrutement, picorés en toute subjectivitéle Big data continue sa percée au sein des for- mations supérieures. A compter de la rentrée 2015, l’eFRei, école d’ingénieur généraliste en informatique et technologies du numérique, et PSB Paris School of Business, anciennement eSG Management, lancent leur Master of Science en data Management dans le but de former des managers capables de piloter des projets liés aux données massives. l’alliance du managérial au technique serait la pierre angulaire de cette for- mation organisée en partenariat avec Microsoft. le programme se destine à des niveaux bachelor ou équivalents, professionnels justifiant d’un ni-Neoma à l’heure chinoiseveau Master 1 et aux diplômés de grandes écoles.Source : PSB Paris School of BusinessLes Mines à l’heure indonésienneles septièmes assises de la coopération franco-indonésienne pour l’enseignement su- périeur et la recherche furent l’occasion pour l’institut Mines-télécom et une dizaine d’universités indonésiennes prestigieuses de signer un Memorandum of understanding. Premier accord de ce calibre avec ce pays, cette nouvelle entente s’inscrit dans la stra- tégie de développement du recrutement d’étudiants étrangers voulu par l’institut. le développement de double diplôme est également en cours à l’image du Master Supply Chain Management organisé entre les Mines de Nantes et l’institut teknologi Ban- dung.guer de la création de six doubles diplômes, de bureaux à Shanghai et Pékin et d’un dBA (doctorate in Business Administration) en partenariat avec l’université de Jiao- tong et d’une vingtaine d’accords signés avec des acteurs chinois de la formation et du monde professionnel. des yeux doux faits à l’Asie qui sont également l’apanage d’au- tres écoles telles que Kedge, SKeMA, l’eM lyon ou France Business School. les fu- turs étudiants seront donc choyés grâce à des bâtiments dédiés au cœur de la tedA (tianjin economic technological development Area) en contact avec un tissu écono- mique serré qui comprend plus de 13000 entreprises. le campus offshore entend à terme accueillir 1500 étudiants venant principalement de toute l’Asie.Source : Institut Mines TélécomFormation inédite sur le marché des matières premièresl’eSCeM (ecole supérieure de commerce et de management orléans, tours, Poitiers), le Crédit Agricole et Axéréal, groupe coopératif agricole et agroalimentaire, ont créé de toute pièce un nouveau programme qui débutera à la rentrée de septembre : un bachelor développement com- mercial parcours experts commerce et marchés. ouverts aux étudiants titulaires d’un Bac +2 mais aussi aux professionnels en mode forma- tion continue – 60 jours de cours par an –, la for- mation entend enseigner les compétences clés pour comprendre les enjeux mondialisés des marchés dans les secteurs de l’agroalimentaire, de la finance, de l’industrie et de l’énergie.Ennoblissement des formations pour l’IESEGCréation originale en France, ce programme diplômant prépare ainsi ses participants aux métiers de conseillers, chargés d’affaires, animateurs marchés ou technico-com- merciaux.Source : ESCEMl’évènement n’est pas anodin pour la Conférence des grandes écoles (CFe) qui repré- sente 15% des élèves de l’enseignement supérieur, mais 30% des doctorants et 40% des masters. Anne-lucie Wack, directrice générale de Montpellier SupAgro depuis le 1er septembre 2013, a été élue présidente de la CFe, mardi 9 juin dans les nouveaux locaux de Paris School of Business (PSB, anciennement eSG Management School). Jusqu'ici simple membre de la Conférence, la directrice de Montpellier SupAgro, qui était la seule candidate pour succéder à Philippe Jamet (qui lui avait apporté son sou- tien) est prudente, peu connue du sérail, et compte faire valoir la continuité. Partisan d'une ligne jugée par certains trop agressive, loïck Roche, directeur de Grenoble École de management (GeM) et président du Chapitre des écoles de management, s'est fina- lement présenté pour la vice-présidence face à Hervé Biausser. Mais c'est le directeur de CentraleSupélec qui a recueilli la majorité des voix pour le poste de vice-président du collège "écoles". le second vice-président, issu du collège "entreprises", est le di- recteur général adjoint enseignement, recherche et formation à la CCi de Paris Île-de- France, Xavier Cornu. la première femme à présider la Conférence entend bien encourager les pouvoirs publics à élaborer une véritable stratégie nationale de l'ensei- gnement supérieur, et à mettre ce sujet crucial en avant lors de l'élection présidentielleLes Arts et Métiers au service de l’aviation civileAutre nouveauté pour la rentrée, un partenariat entre l’ecole nationale su- périeure des arts et métiers (eNSAM) et l’ecole nationale de l’aviation civile (eNAC) accouche d’un nouveau dou- ble diplôme. le but ? Répondre à l’ac- célération des commandes prévues par les grands donneurs d’ordres du sec- teur en constituant des profils spécia- lisés dans la production aéronautique.Parce que le Msc en Finance de l’ieSeG School of Management comprend 70% du CFA Program Candidate Body of Knowledge et intègre les normes et le code de l’éthique du CFA (Chartered Financial Analyst), ce dernier a notamment permis à l’école française de grossir les rangs du fameux CFA institute university Recognition Program. Cette intégration atteste d’un curriculum en phase avec les pratiques profes- sionnelles et d’une corrélation manifeste entre la formation et les attentes nourries par les employeurs. Programme post-graduate lancé en 2013, ce MSc acquiert ainsi une des certifications internationales les plus réputées dans le domaine de la finance. Source : IESEGDu nouveau à la tête de la Conférence des Grandes Ecoles66Juillet - Août 2015]]></page><page Index="67" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frObservatoire RH & FoRMAtioNde 2017. « Les grandes écoles doivent être force de proposition dans cette période charnière, il y a un manque patent de réflexion collective », assure celle qui ne compte pas pour autant se détourner des dossiers chauds comme les stages, césures, ou la fa- meuse réforme de la taxe d'apprentissage...La crème de la crèmeTop 10 des métiers les plus recherchés en 2015eclater la bulle des écoles prestigieuses. telle est l’ambition du projet la « Crème de la Crème » initié par théo dorp, Jean-Charles Varlet et Jeremy Bellaiche. en d’autres termes, des étudiants, plus d’une centaine, provenant des prestigieuses HeC, X, uni- versité de Paris i-Panthéon Sorbonne, eSSeC, Sciences Po et de l’université Paris dauphine se mettent à disposition des particuliers et des professionnels. l’idée ? entre autres, apporter du soutien scolaire en mathématiques, valider un business plan, réaliser une étude de proximité, aider au recrutement, développer une application via l’un des campus, etc. la consultation commence gratuitement par texto. S’ensuit une tarification au cas par cas selon l’expertise demandée. Ne reste plus aux curieux qu’à envoyer « CReMe » au 07 83 98 77 70.RANGMETIERS1Artisans et ouvriers qualifiés2Chauffeurs3Personnel Administratif4Commerciaux5Cadres/ Dirigeants6Médecins et professions paramédicales7Techniciens8Informaticiens9Restauration/ Hôtellerie10Responsables commerciauxLivre blanc de l’entrepreneuriat étudianten cette fin du mois de mai, Manpower publiait sa dixième enquête « pénurie de ta- lents » qui, une fois n’est pas coutume, mettait en relief le paradoxe du chômage crois- sant malgré des besoins en recrutements en hausse. une frustration des chefs d’entreprise en hausse de 8% par rapport à l’année dernière (29% contre 21%) qui reste cependant moins forte que la moyenne mondiale (38%). l’enquête a été réalisée auprès de 42000 patrons de par le monde. Voici le top 10 français des besoins en recrutement : Source : ManpowerStatut officialisé depuis le 21 mai2015, l’étudiant-entrepreneur necesse de faire couler de l’encre. ledernier jet en date consiste en un pre-mier livre Blanc de l’entrepreneuriatetudiant réalisé par l’Audencia deNantes. le constat est lourd. Si les ef-fectifs de start-up ont augmenté de22% de 2012 à 2013, seuls 3% des18-24 ans passent à l’acte lorsqu’ils’agit d’entrepreneuriat. A partir de ceconstat, ce fameux livre blanc entendfaire une trentaine de propositions pour faciliter l’entrepreneuriat chez les jeunes encore en études. Plusieurs idées jaillissent de ce plaidoyer entrepreneurial. Florilège : réaliser un fonds d’amorçage au travers de fondations d’alumni entrepreneurs, former à la levée de fonds, favoriser fiscalement les hébergeurs de start-up, démocratiser un business game dédié à la sensibilité entrepreneuriale, créer une plateforme d’appel à participation sur des projets entrepreneuriaux éligibles en tant que stages d’entreprise, etc.Source : AudenciaJuillet - Août 201567]]></page><page Index="68" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22RH & FoRMAtioN Carrières & Talents - Formation continue universités d’entreprisesAnalyse d'une formation et de sa capacité à satisfaire les besoins des entreprisesClub fermé ?Chasse-gardée des mastodontes du CAC 40, les universités d’entreprise constituent un épiphénomène dans le marché de la formation professionnelle... mais un élément stratégique de la politique RH.’est une goutte à l’eM Normandie, aucun PAS DE FORMAT A la SNCF, qui s’y est at- d’eau dans le mar- label non plus, d’où des UNIQUE telée nettement plus tardi- ché de la formation réalités très disparates. » Précurseur, le groupe hô- vement – en 2005, exacte-professionnelle : 70 à 100 une hétérogénéité qui ne telier Accor ouvre en 1985 ment –, la logique métieruniversités d’entreprise sont présentes en France, pour quelque 60000 organismes de formation déclarés. Ce marché est atomisé, avec 1% seulement des officines dont le chiffre d’af- faires dépasse le mil-touche pas seulement une structure interne axée l’Hexagone (cf. l’interview sur les savoir-faire non cou- d’udo thelen, consultant verts par les cursus du mi- allemand spécialisé dans nistère de l’education na- les partenariats universités tionale. un exemple : le et entreprises). Sur le plan métier de femme de cham-est aussi de mise. dix-sept universités internes sont re- censées, l’une pour l’ingé- nierie du réseau ferroviaire, l’autre pour le service et la relation clients ou encorelion d’euros. Mais au-cune donnée quanti- tative ne vient évaluerle poids économiqueréel des seules universités d’entreprise. le flou artis- tique prévaut. la raison ? « Aucune règle n’a été édic- tée pour en définir préci- sément le contenu, dixit Xavier Philippe, professeurLa France est le pays moteur à l'échelle européenneun technicampus pour la maintenance des matériels ferro- viaires.... Mais beaucoup de groupes destinentinternational, le chiffre dé- passe les 4000. « La France est très probablement le pays moteur à l’échelle eu- ropéenne », commente en- core ce professeur.bre. toujours aussi avant- gardiste mais moins connu, ce qui ne s’appelait pas en- core KPMG business school, créée à la même époque, est centrée sur l’au- dit.les universités d’entreprise aux cadres et/ou au top ma- nagement. il y est alors da- vantage question de straté- gie de développement, de management des équipes... Mc do France accueille ainsi les managers et les directeurs de restaurants au siège, à Guyancourt, tandis que les équipiers sont for- més dans l’enceinte même des « fast-food ». les ex- perts et cadres de la MAt- Mut se rendent au château de Saint-Pierre-de-Varen- geville, à 20 minutes de Rouen.Juillet - Août 2015LES PME AUX ABONNÉSABSENTS ?« Le prix à payer pour cette vitrine varie, selon Marc Godard, chef de projet chez Kurt Salmon et co-auteur d’un rapport dédié en 2014, entre3%et6%delamasse salariale, voire 8 %. » 56 millions d’euros, tel est le montant investi en 2014 dans son volet formation par Veolia, dont le campus créé ex nihilo vient de fêterMais, la tendance est à la démocratisation. Ainsi Air liquide a créé son univer- sité, il y a six ans, pour in- tégrer ses 20000 nouveaux salariés dans le monde. Vé- ritable creuset, ces univer- sités diffusent aujourd’hui la culture d’entreprise à la totalité des collaborateurs, des moins qualifiés au top management.« Structurer l’offre de for- mation dans la durée, même si leur effort est récurrent, n’est pas un objectif pour elles, souligne Guillaume Huot, membre du directoire de la Cegos et de la Fédé- ration de la formation pro- fessionnelle (FFP). Elles ne le désirent pas. Ce n’est pas dans leur logique. » Pourtant, ce domaine n’est pas seulement réservé à unibail-Rodamco, leader européen de l’immobilier commercial, avec à la clé moins de 2000 salariés, ou à Carglass. la taille de l’en- treprise peut être encore in- férieure, à l’exemple de Norsys. Basée dans le Nord de la France, cette PMe constitue un véritable cas d’école. en 2003, elle compte une centaine d’em- ployés. les plans de ses nouveaux locaux, prêts à sortir de terre à ennevelin,« Parfait Sylvie vous êtes revenue de Tokyo. Vous n’êtes presque pas en retard à votre cours »ont alors prévu d’y inclure une université d’entreprise. C’était il y a plus de dix ans. « Trouver des infor- maticiens était déjà une mission compliquée, note Mathilde durie, directrice des ressources humaines. Les grandes écoles ne for- ment pas aux métiers qui font notre force. Aussi, nous nous sommes pleinement approprié le slogan « la formation tout au long de la vie ». Par ailleurs, faire de la marge n’est pas notre seule préoccupation. L’en- treprise a une responsabilité sociale et sociétale. D’où ce choix. » 80% des for- mations de Norsys sont concoctées en interne. et pour Mathilde durie, la fac- ture n’est pas dissuasive. « Avec 30 jours de forma- tion à 400 euros, voire 500 euros par jour, le calcul est vite fait. Mais, cela vaut le coup ! Le turnover n’est que de 5%. Des salariés de qualité font la différence pour décrocher des mar-ses 20 ans. des montants qui ont de quoi évidemment décourager les entreprises de taille moyenne.68]]></page><page Index="69" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frchés. » Cette option n’a en rien entravé le développe- ment de Norsys, forte au- jourd’hui de 400 collabo- rateurs. le rythme de croi- sière est de 80 recrutements par an !dit de l’université en France – elle serait déconnectée du monde de l’entreprise – , ce terme-là a été re- pris... par les entreprises elles-mêmes. Le vrai savoir est encore là, à l’univer- sité!»Carrières & Talents - Formation continue universités d’entreprises RH & FoRMAtioN pus sur tout le territoire.THE « FRENCH PARADOXE »le sujet peut aussi agacer.Pour autant, Yves lichten- berger ne se réjouit pas de ce plagiat. « L’autonomie,« La taille des écoles y est sans doute pour beaucoup, explique Marie-Claude Pastureau, la directrice du réseau. Ces groupes d’en- vergure privilégient les éta- blissements prestigieux. Notre cœur de cible ? Les petites et moyennes entre- prises. »C’est le cas d’Yves lich- tenberger, qui ne mâche pas ses mots. « Les universités d’entreprise ? C’est l’hom- mage du vice à la vertu, explique ce professeur de sociologie, conseiller auprès de la Conférence des pré- sidents d’université (CPu).élément constitutif du mo- dèle de nos universités, est laissée de côté. Quid du travail personnel dans de telles structures ? Quelques ateliers peuvent être pro- posés. Pas plus de cinq mi- nutes sont consacrées à leur apprendre à réfléchir,La réforme de la formation professionnelle va accentuer cette complémentarité, tout particulièrement avecles établissements d’enseignementDe quelle université sor- tez-vous ? Les dirigeants de groupes qui s’ouvrent à l’étranger sont confrontés systématiquement à cette question, d’où le recours à ce libellé “d’université d’entreprise”, pour mieux se projeter sur la scène in- ternationale ! » et Xavier Philippe, professeur à l’eM Normandie, d’enfoncer le clou:«Ilyaunvraipara- doxe. Malgré tout le mals’énerve-t-il. Les repas et les pauses sont nettement plus chronophages. L’ap- port d’une vraie université est ignoré. »complémentarité, tout par- ticulièrement avec les éta- blissements d’enseigne- ment supérieur. « Qualifi- cation, diplôme, ou même titre du Répertoire national des certifications profes- sionnelles (RNCP), le nou- veau texte recentre le flux de la formation profession- nelle sur des cursus qui sont opposables sur le mar- ché de l’emploi », détaille Alexis drieux-Falgon, di-PAS DE CLOISONNE- MENT ÉTANCHERien. Aucun contact n’est établi entre les universités d’entreprise et les ecoles de gestion et de commerce (eGC), qui comptent pour- tant pas moins de 26 cam-Juillet - Août 2015le marché de la formation professionnelle ne fonc- tionne pas par silo. le sys- tème est poreux. « Les uni- versités d’entreprise ont besoin de nous, confirme Georges Nikakis, directeur executive education chez ipag business school. De nos outils pédagogiques innovants. Avec Internet, tous les contenus sont ac- cessibles. Ces salariés ne vont pas gober sans bron- cher ce qui se dit. A cette occasion-là aussi, ils cher- chent à affirmer leur lea- dership. Parmi nos atouts ? Le libre arbitre et la ca- pacité à conserver un esprit critique. » Pour ne citer que quelques exemples : des professeurs de l’eS- SeC ou de l’eSCP assurent des prestations au sein de KMPG business school sur le droit fiscal, le droit des sociétés. l’environnement économique, le fonction- nement de la PMe, le com- portement également... l’iSC formation perma- nente est partenaire de l’université de Geodis Cal- berson pour les directeurs de site, à leur prise de fonc- tions. la réforme de la for- mation professionnelle, mise sur les rails en 2014, risque d’accentuer cetteFORMATION CONTINUEStatistique Data Science Économie Finance Marketing Actuariatwww.lecepe.frDévelopperet optimiser vos compétences69]]></page><page Index="70" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22RH & FoRMAtioNCarrières & Talents - Formation continue universités d’entreprises Comparaison avec l’Allemagne« La démographie change la donne »recteur d’eSG executive education. l’université technologique de troyes (utt), centrée sur la cy- bersécurité, les nanotech- nologies ou bien encore le calcul mécanique, y voit une opportunité. Même en- thousiasme à Compiègne. « On s’organise en interne pour développer des cor- respondants formation continue dans chacun de nos départements, explique Véronique Fort, en charge de ces questions à l’utC, pour mieux répondre aux sollicitations. Et toujours travailler en co-concep- tion. » en la matière, le Club Med a une longueur d’avance. il vient d’annon- cer la création d’un certi- ficat en partenariat avec l’eM lyon. « Une première pour une société française, souligne Audrey Bonfillon. L’objectif est double : ren- forcer les compétences re- lationnelles des G.O.® tout en développant et valori- sant leur employabilité à l’extérieur. Cela participe pleinement à l’attractivité du Club. » on parle deRetranscription d’un échange avec Udo Thelen, consultant spécialisé dans le montage de partenariats entre les entreprises et les établissements d’enseignement supérieur en AllemagneLe paradigme des universités d’entreprise évolue depuis quelques années en Allemagne. En effet, la première vague remonte à la fin des années 90. L’enseignement supérieur est alors pointé du doigt... Au point que les sociétés décident de prendre en charge la formation. Avec l’idée qu’elles savent mieux que quiconque ce dont elles avaient besoin. C’était là, la manifestation d’une ambition énorme. Un exemple : l’Auto Uni de Volkswagen. Ces universités d’entreprise se fixent alors comme objectif de s’ouvrir à un public plus large encore que les collaborateurs internes, les jeunes, les expérimentés.... Elles comptent s’imposer comme un acteur à part entière de l’enseignement, pouvoir délivrer des diplômes, à l’instar de l’Etat... La notion même d’université n’est pas protégée. Mais elles ont échoué. La raison ? Elles ont sous-estimé l’environnement scientifique, les moyens nécessaires à mettre en place.... Les « corporate universities » ont vu le jour dans des grandes entreprises, mais pas seu- lement. Dans le Sud de l’Allemagne, les PME en sont dotées aussi. Au- jourd’hui, la donne change. L’Allemagne est confrontée à des tensionsdémographiques. Résultat : les collaborateurs doivent rester plus longtemps en activité, jusqu’à 63 ou 65 ans, voire même davantage. A charge aux entreprises de les former... à cet âge où, il y a quelques années encore, la seule préoccupation était de s’en débarrasser. Et pa- rallèlement, les sociétés sont confrontées à une désaffection des jeunes. Une vraie compétition existe pour les conquérir et les conserver. Un récent sondage montre que ce qui importe le plus aux diplômés frais émoulus demeure la formation pour évoluer. Et cela vise tout particuliè- rement les très nombreux titulaires d’un bachelor (Bac+3), avec un ou deux ans d’expérience. Les entreprises s’entourent d’universités, parfois une dizaine, pour créer des masters. Elles ne veulent pas prendre le risque de les perdre. C’est le cas de Deutsche Bank ou de Deutsche Telekom. Certaines voix s’élèvent pour critiquer ce pragmatisme des en- treprises et cette proximité entre les mondes universitaire et économique. La perte d’indépendance est redoutée, et tout particulièrement en matière de recherche.marque employeur, ou comment fidéliser les col- laborateurs présents et en séduire de nouveaux. Com- ment faire d’une pierre deux coups.UN MODÈLE DÉPASSÉ ?thierry debarnot, co-fon- dateur de digiSchool, spé- cialisée dans le numérique au service de la pédagogie, n’est pas loin de le penser.« Quand je dis que je serai absent du prochain cours à cause de mon travail le prof ne me croît pas, c’est mon n+1 dans la boîte... »Pour son secteur, à tout le verte à tout salarié, qu’il gées sur leurs chiffres, ana- moins. « La formation est soit informaticien ou pas. lyse Marc Godard, chef de induite dans le digital, ex- Ils sont libres dans le fond projet chez Kurt Salmon, plique-t-il. Elle est consti- et dans la forme. On ne cabinet de conseil en trans-Des professeurs de l’ESSEC ou de l’ESCP assurent des prestations au sein de KMPGbusiness school sur le droit fiscal . et le droit des sociétésJuillet - Août 2015nos collaborateurs, aux prise. « Considérées commeconnaissances plus fines sur de véritables centres de coût,le sujet. La formule est ou- ces structures sont challen- Murielle Wolskitutive de notre ADN ! On comptabilise pas les formation des entreprises. doit aller vite. Tout est prag- heures... à partir du moment Les aléas économiques les matique. Le design d’appli- où l’objectif est atteint. » poussent à mettre en place cation sur iPhone peut faire Même adossées à de grands une logique de centrale l’objet d’une séance en in- groupes, la crise n’épargne d’achat. Le mot d’ordre est : terne, assurée par l’un de pas les universités d’entre- rationalisation. »70]]></page><page Index="71" isMAC="true"><![CDATA[n°22Expowww.ecoreseau.frLa Sélection culturelle ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe Choix culturels et artistiques de la rédaction, sans prétention aucuneLivresn 20 idées reçues sur l'énergie (éd. de Boeck, 8 juin 2015) "La libéralisation du secteur de l'énergie bénéficie aux consommateurs""L'exploitation du gaz de schiste est un remède contre lechômage de masse""La production décentralisée d'électricité est une impasse" "Les pays émergents sont les principaux responsables du réchauffement climatique"...Nucléaire, climat, gaz de schiste, énergies renouvelables...Les sujets sont vastes et donnent lieu à toutes les pros-pectives imaginables, voire aux fantasmes, pour ne pasdire aux brèves de comptoirs. Une nouvelle générationd'économistes de l'énergie se livre à une explication claireet une déconstruction des mythes en la matière, puisantdans les dernières avancées scientifiques, techniques etéconomiques qu'ils suivent au jour le jour. Raphaël Ho-mayoun Boroumand, 37 ans, est docteur en économie de l'EHESS, professeur à PSB (Paris School of Business), Stéphane Goutte, 32 ans, est docteur en mathématiques de l'université Paris 13, maître de conférence à Paris 8, et Thomas Porcher, 37 ans, est doc- teur en économie de l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne, professeur associé à PSB, auteur de plusieurs ouvrages, notamment Le miracle du gaz de schiste (2013). Leurs re- commandations pour que puissent naître les vraies politiques énergétiques du 21e siècle éclairent aussi bien les esprits des lecteurs avisés que du grand public. Abordable et ins- tructif.n Le secret des entreprises centenairesJe vous l'accorde. Ce n'est pas la lec- ture qu'on s'octroie les doigts de pied en éventail sur la plage cet été. Mais qu'à cela ne tienne. L'ouvrage a le mé- rite de raconter l'histoire d'entreprises vieilles au moins d'un siècle dans le Nord-Pas-de-Calais, membres du club des entreprises centenaires. Autre in- térêt du bouquin, celui de promouvoir plusieurs modèles de développement et les fondamentaux inhérents à chaque entreprise. Il s'agit effective- ment de montrer comment marier tradition et créativité pour inscrirel'esprit d'entreprendre dans le temps. Ce faisant, chaque dirigeant actuel raconte un mo- ment clé, une difficulté surmontée, ses choix stratégiques : Aurélien Humbert vous narre le terrible incendie de 2009 qui ravagea Looten Industrie (négoce industriel), Guillaume Frémaux de l'entreprise Haghebaert Frémaux (fabrication de peinture) explique la pé- riode où son meilleur client met la clé sous la porte, le patron de Bils Derro évoque l'arrêt de la Fosse Notre-Dame et ses conséquences pour ce professionnel de la logistique ... Instructif.Le secret des entreprises centenaires, où puisent-elles leur énergie ?, Lille Place Tertiaire et club des entreprises centenaires, 25€n "Le théorème du homard, ou comment trouver la femme idéale "Don Tillman est un professeur de génétique reconnu, qui cultive les théories sur tous les domaines, y compris sur celui de la femme idéale. Or ses statistiques sont for- melles : aucune femme ne répond à ses critères. Alors, quand Rosie débarque avec son grain de folie et sa gaieté, ce sont tous ses théorèmes qui s'effondrent. La science ne résout pas tout, le subjectif humain et la magie amou- reuse peuvent remettre en cause les principes les plus rationnels. Un récit vif, amusant, et très optimiste qui donne la banane pour le reste de la journée."Le théorème du homard, ou comment trouver la femme idéale" de Graeme Simsion, éd. Pocket, 2015.n Expo Milano 2015« Nourrir la planète, énergie pour la vie ». Tel est le thème central de l'Exposition Uni- verselle en escale à Milan jusqu'au 31 octobre 2015. Le fief de la mode italienne accueille ainsi en son sein 146 pays participants et 53 pavillons. Un tour du monde où chaque nation met en avant ses destinations culturelles, ses produits et son art de vivre. Origi- nalités de cette édition 2015, plusieurs lieux se dédient au traitement de cette problé- matique du développement durable et de l'environnement :-le Pavillon Zéro, lieu de départ de l'exposition universelle entend raconter l'histoire de l'humanité à travers son rapport à la nature et à l'alimentation.-Non loin de cet espace, le « Future Food District » invite le public à découvrir l'apport des nouvelles technologies à tous les stades de la filière alimentaire.-A proximité, le Parc de la biodiversité s'étend sur 8500 mètres carrés. Il valorise les ini- tiatives italiennes en la matière.Brassage entre les hommes et les cultures, l'événement attend 20 millions de visiteurs. De quoi revigorer le tourisme local. Petit florilège des pays qui vous attendent :-La France, bien évidemment, vous fait entrer dans un jardin labyrinthique reproduisant trois paysages agricoles pour aboutir à une cave qui se consacre à montrer comment produire plus et mieux.-L'Equateur par un système d'hologrammes en 3D de cacao, de fèves ou de quinoa anime chaque recoin de l'espace-musée doté également d'un système technologique qui repro- duit les odeurs.-Israël se distingue avec son mur végétal vertical de 70 mètres de long et 12 mètres de haut. Film 3D à l'appui, le pavillon souhaite faire découvrir l'histoire de l'agriculture is- raélienne avec notamment la mise en exergue du reboisement d'Israël mené par le Fonds National Juif.-La Chine, pour sa première participation, mène une réflexion sur les moyens de nourrir chaque être peuplant notre planète tout en s'attachant à éclairer les profanes sur les modes ancestraux de mise en valeur des terroirs.-Oman s'est attaché à retranscrire l'atmosphère d'une petite ville typique du sultanat... Renseignements sur www.expo2015.orgCinéma / DVDn Trois souvenirs de ma jeunesse, d’Arnaud Desplechin Près de 20 ans après « Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle) », Arnaud Desplechin retrouve son personnage fé-tiche, Paul Dedalus - toujours incarné par Mathieu Amalric -pour lui offrir un prequel, et signe une œuvre tout à la fois récit initiatique, quête d’identité et essai sur la mémoire. An- thropologue au Tadjikistan, où il vit depuis une dizaine d’an- nées, Paul rentre en France pour prendre un poste au Quai d’Orsay. Un problème de passeport va faire remonter ses sou- venirs.Présenté à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, et sorti ensalles le 20 mai, le film est structuré en trois parties, « En-fance », « Russie » et « Esther », de longueurs inégales, traitéeschacune dans un style cinématographique propre : film d’horreur pour la première, film d’espionnage pour la deuxième, et film épistolaire pour la dernière.n WhiplashLittéralement, « un coup de fouet », le film, réalisé par le presque trentenaire Damien Chazelle s'attache à décor- tiquer le rapport de force entre un apprenti batteur de jazz et son mentor. Ici, la musique est un prétexte pour aborder le sens de la quête de l'excellence par la lente ago- nie voulue du jeune musicien suite au harcèlement per- pétuel de son maître : que doit-on supporter ? A quoi doit-on renoncer ? Le jeu de la virtuosité vaut-il la chan- delle du sadisme et de la frustration ? Bref, un long-mé- trage salué par la critique pour la psychologie des personnages et leur interprétation. Un film également félicité pour son écriture et la densité des rapports qui se nouent. Magistral.A partir de 19,99€Juillet - Août 201571]]></page><page Index="72" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe L’Air du temps - Séjours atypiques à l’étrangerEtude d'un sujet de loisir ou d'évasion pour en déterminer ses tenants et ses aboutissants, son évolution, ses innovationsQuand vacances internationales rimentavec originalesMalgré l’hyper-information et les voyageurs toujours plus nombreux, des vacances différentes à l’étranger8 00 millions de voya- geurs annuels dans le monde... et vous, vous faites quoi cet été ? envie de faire de vos deux ou trois semaines estivales quelque chose de différent ? un lieu inédit, original, voire mythique ? et surtout un mode de voyage pour en faire une expérience singu- lière ? Pour vous aider, Éco- Réseau, tout à la fois tongs aux pieds, sac sur le dos, main droite sur la poignée des gaz et un verre de vin chilien dans l’autre – quel talent ! – vous propose dix pistes originales pour « brea-sont encore possibles. EcoRéseau vous en propose 10.ker » durant l’été.parfois limitée. Pour nous, c’est beaucoup plus facile car notre clientèle voyage autrement et les héberge- ments décalés ou chez l’ha- bitant, qui ne signifient pas nécessairement un manque de confort, font partie de l’expérience recherchée. » « Il n’y a jamais eu autant de demandes sur l’Iran, confirme Jean-Christophe Guérin. Aller en Iran, c’est aussi dépasser le regard médiatique, un contexte anxiogène et quelque part une forme de crainte vis-à- vis du monde musulman. Clairement, les derniers mois, qui ont créé un trou d’air après l’attentat de Charlie Hebdo, ont favorisé des destinations rassurantes, y compris pour la clientèle éclairée et expérimentée. Mais l’Iran, c’est grandiose et sécurisé. Mon conseil : attendez la fin de l’été car il fait très chaud en Iran en juin-juillet-août. » téhéran, Chiraz et ispahan, foncez ! À moins que vous ne vous décidiez pour un voyage culturel et gastronomique d’une dizaine de jours en Arménie, à la croisée des mondes perses, avec vue sur le mont Ararat, ses vins déjà mentionnés par les his- toriens antiquisants, et la visite des sites également inscrits au patrimoine mon- dial.1. Road trip en Europe.eh oui, l’europe d’abord, car l’aventure peut com- mencer au coin de la rue, ou presque ! Pour faire en sorte de mettre à profit ces heures qui comptent plus que d’autres mais qui pas- sent aussi plus vite que celles du reste de l’année, pourquoi ne pas débuter ses vacances depuis chez soi avec un road trip au volant de votre véhicule ou d’une voiture de location ? Vers l’europe du Nord, celle de la Norvège, de la Suède, puis de la Finlande, via Bruges et le danemark par exemple ; vers le Sud-est, direction les Balkans et les bitumes de Slovénie, de Croatie et de Bosnie ; ou encore la toscane par les grands lacs italiens. « Ce self-drive, que l’on retrouve aussi dans les région d’Afrique australe qui s’y prêtent particulièrement bien, permet vraiment de découvrir un pays à son rythme. 15 jours avec un road-book, un GPS, les bonnes adresses, une assis- tance 24h/24... Cela consti- tue de l’autonomie dans la sécurité, pour vivre l’aven-« N’est-ce pas toi par hasard qui devait faire le plein d’essence ? »ture en étant littéralement aux commandes de ses va- cances », explique Jean- Christophe Guérin, directeur général de Continents in-sur-mesure avec ses 364 M€ de CA en 2014. Surtout, il y a encore de la place pour la redécouvrir de manière originale,ment « 15 jours à bord du Registan à serpenter sur la route de la soie, à la dé- couverte des capitales As- tana, Tachkent et Achkha-Habasque, PdG de « ter- dav », 40000 clients avec sacsàdospour62M€CA en 2014, dont la recette consiste notamment à main-15 jours avec un road-book, un GPS, de bonnes adresses, une assistance 24h/24 en Afrique australe... Pourquoi pas ?72Juillet - Août 20152. Asie centrale : la route de la soie. envie de pousser plus loin ? Aucune hésita- tion : prenez vos billets pour l’Asie Centrale ! Azerbaïd- jan, Kazakhstan, ouzbékis- tan, turkménistan. Chez terre Voyages, Beata, conseillère spécialiste de la destination, propose notam-3. Osez l’Iran ! « Nous pourrions en dire autant de l’Iran, un pays globalement bien sécurisé et culturelle- ment exceptionnel, une des- tination que nous avons rou- verte cette année, insiste lionel Habasque. Dans ce genre de pays, il faut en re- vanche avoir conscience, comme en Mongolie, que l’infrastructure hôtelière estsolites, dont les agences haut de gamme conseillent 2800 clients chaque année. de la même façon que vous pouvez vivre, des milliers de kilomètres plus au sud, votre aventure africaine en remontant le delta de l’oka- vango, la piste de l’ex-You- goslavie en autonomie re- présente une belle option européenne. « Une Europe qui séduit, quel que soit le mode de voyage, reconnaît Anne Bouferguene, direc- trice générale de Voyageurs du Monde, poids lourd ducomme parcourir la Bavière jusqu’au Tyrol autrichien en train, ou faire des sauts entres les îles grecques et turques par des liaisons en bateau. »bad et de quelques-uns des sites incroyables classés au patrimoine mondial de l’Unesco, notamment en Ouzbékistan avec Samar- cande, Boukhara et Khiva ». en septembre de préférence à juillet, fortes chaleurs obli- gent, pour un budget à partir de 2500 € par personne. en train... ou à pied, comme chez terres d’Aventure, tour opérateur historique du voyage en chaussures de rando. « Des destinations encore trop méconnues en France », souligne lioneltenir des groupes à dix per- sonnes en moyenne, à pied, mais aussi à vélo depuis deux ans.4. Mongolie, le roots a du bon. 7000 km plus loin, il y a cette Mongolie donc : moins de trois millions d’ha- bitants, de longs trajets par la route quand elle existe, une destination encore un peu « roots », mais le sen- timent de découvrir des pays et des hommes à la peau tannée sous leur yourte, dans un univers où le temps semble peut-être plus encore suspendu qu’ailleurs. en]]></page><page Index="73" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="74" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe L’Air du temps - Séjours atypiques à l’étranger4x4, en moto, à cheval... Ce pays offre de parcourir les plaines verdoyantes jusqu’aux steppes arides tel un Gengis Khan de 2015,dans le cadre d’un tourisme responsable auquel tout le monde est sensibilisé. » un esprit pionnier qui a un prix, autour de 5000 € chez Voya-périale, où la politesse n’a d’égal que la blancheur des gants des chauffeurs de taxi dont les portes s’ouvrent seules... « Si l’Indonésiegion du monde ? envie de Chili ? et si vous emprun- tiez une route des vins in- connue, celle de la vallée de Colchagua à Santa Cruz,cette destination depuis dix ans et il va y avoir du monde, un peu comme ce qui se passe, à l’autre bout de la planète en Birmanie. » Cuba autre- ment, c’est donc encore le moment : un voyage hors du temps à bord des Américaines des années 50, un fond de congas dans les oreilles pour découvrir la vieille ville de la Havane, au pays des plan- tations de tabac, du rhum et de quelques plages sublimes, sur la côte nord-est à Cayo Santa Maria, à Varadero ou sur l’île de Cayo Coco... Pour 12 jours avec or’Normes à 4500 € ou trois semaines pour 2200 € chez terres lointaines. Attention toutefois, les disponibilités sur la destination sont limitées. la demande est déjà là !les territoires du Nord- ouest, une région où le so- leil... ne se couche pas de tout l’été ! Cascades, bisons – qu’il vaut mieux voir de loin –, pêche en eaux-vives sous l’oeil des loups... l’es- prit trappeur est au coin du feu sur cette côte ouest. « Une région sauvage qui court jusqu’à l’Alaska, des étendues qui invitent aussi à aller vers les choses es- sentielles », souligne Anne Bouferguene.« Sympas ces petites vacances au bord du Loch Ness... Tiens, une touche »vers les sommets enneigés de l’Altaï ou le désert de Gobi au Sud. une nature sauvage pour un voyage au rythme de l’airag (l’alcool traditionnel). « La Mongolie représente une partie de cette Asie qui n’est pas tou- jours très accessible en rai- son d’un caractère touris- tique peu développé, ex- plique Anne Bouferguene, dont l’enseigne défend le statut d’architecte du voyage. Ce côté un peu roots en fait pour nous comme pour les voyageurs, une vraie belle terre de jeu,Et c’est pas fini...Dix autres idées de vacances insolites !- Skier dans les Andes en août- Séjour dans un phare écossais- Retraite bouddhiste sur les hauts plateaux tibétains- Nuits sous-marines en Suède- Randonnée sur la Skeleton Coast, en Namibie- Séjour au Palm Resort de Las Vegas avec vue sur l’avenueprincipale depuis son jacuzzi- Les Everglades américains en hydroglisseurs- Volcans, Amazonie et Galapagos au départ de l’Équateur - Observation des ours en Slovénie- Visite de Tchernobyl et de la ville interdite de Pripyat8. Brooklyn en side-car, Yellowknife en auto-tour. de Cuba aux uSA... le couloir diplomatique est pour le moins très actuel. un État continent où Voya- geurs du Monde propose Brooklyn en side-car, mais aussi la découverte de l.A. avec un architecte. les etats-unis sont aussi ceux de la région des grands parcs de l’ouest américain : Grand et Bryce Canyon, Yellows- tone, le parc Yosemite – qui n’est pas seulement le nom du dernier système d’exploitation de chez Ap- ple... des mythes encore10. Cap sur le grand blanc ! et puis, au-delà, c’est le grand blanc. une expérience hors du commun qui commence à drainer des touristes... mais pas trop encore pour conserver le sentiment de vivre un séjour et des moments uniques. Jean-Christophe Guérin le reconnaît « Le vrai signal touristique vient de là : Is- lande, Groenland, Arctique. Il existe une véritable ap- pétence pour les territoires sauvages. La conscience du réchauffement climatique et la préservation des pôles poussent les gens à aller voir d’eux-mêmes. » Ce voyagiste a pris le parti de croisières scientifiques pour se démarquer, dans une ré- gion du globe où le trafic touristique reste infime, d’autant qu’il est régle- menté. « Le « polaire » re- présente 100000 visiteurs.geurs du Monde pour 15 jours, à partir de 2500€ chez terre Voyages, autour de 4000€ chez Continents in- solites.est toujours la destination n°1 pour tout ce qu’elle offre et notamment un ex- cellent rapport qualité/prix, il existe une véritable dy- namique touristique autour du Japon, un pays pluriel, un pays à part, très étonnant pour les voyageurs qui ne sont pas allés dans ce coin du monde », reprend Anne Bouferguene. Comptez 15 jours et un budget minimum de 3000 euros, la vie restant chère au pays du Soleil le- vant.à bord du tren del Vino, train à vapeur qui dépose les visiteurs au pied des do- maines. loin de Beaune ou de Pauillac, certes, mais des vignobles prisés comme5. Un Japon pluriel. de cette Asie, il en est aussi question plus à l’est encore, en survolant la Chine, avec atterrissage au Japon. une culture complètement dif- férente de notre vieille eu- rope où la folie tokyoïte côtoie les temple Shinto, où vous croiserez encore des femmes en kimono tra- ditionnel à Kyoto, ville im-Aller en Iran, sécurisé et culturellement exceptionnel, c’est aussi dépasser un regard médiatique et anxiogène6. L’Argentine des gau- chos et la route des vins au Chili. de l’autre côté de l’océan, l’Amérique du Sud est, depuis longtemps, une destination prisée des Français. Vous pouvez tou- jours aller admirer les ver- tigineuses chutes d’iguazu à la frontière brésilienne, vous offrir la Patagonie et le mythe ushuaïa (vous pouvez, oui !), mais si vous êtes amateur de viande, ne vous privez pas de l’expé- rience de l’Argentine au- thentique et du bœuf des gauchos. un voyage gas- tronomique dans cette ré-ceux de talca, plus au sud. une destination épicurienne, avec hôtel de standing et pause bien-être, à partir de 3000 euros les dix jours comme chez Marco Vasco, qui peut aussi vous permet- tre une extension sur l’Île de Pâques, comme le pro- pose terre Voyages. Porque no?largement méconnus des Français. en mode auto- tour, en mode camping, en- tre nature sauvage, cow- boys, geysers et canyons, comme le propose la Mai- son des uSA, autour de 2000 euros les 12 jours.C’est moins de la moitié de la seule fréquentation de Marmara en Turquie sur une année. » un désert blanc davantage pour les couples que pour les fa- milles, qui a un prix : entre 5000 et 25000 euros selon vos vacances et leur durée, le haut de la fourchette si vous choisissez par exemple9. Loups et trappeurs au Canada... les Rocheuses, encore, pour un périple au- delà des frontières uS. les parcs nationaux, notamment ceux de Banff, de Jasper et de Wells Gray encore peu visités, l’observation des orques et des grizzlys à Vancouver, ou le parc na- tional de tuktut Nogait, l’un des plus isolés d’Amérique du Nord... Bienvenue au Canada et notamment dansushuaïa7. Cuba, si ! l’ouverture économique qui fait suite au dénouement politique en cours devrait naturellement drainer un tourisme plus important sur l’île caribéenne... « Cuba se développe, c’est vrai, ac- quiesce lionel Habasque. Mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour nous. Nous proposonsde remonter d’. jusqu’au grand Nord...Au soleil, sur la glace, à pied, à cheval, en 4x4 ou à moto, vous avez désormais les clés pour trouver la petite expérience et l’émotion qui font d’une destination un véritable voyage.Olivier Remy74Juillet - Août 2015]]></page><page Index="75" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="76" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe L’Air du temps - Hôtels haut de gamme, spas et thermes Histoire d’eaules hôtels haut de gamme et les pa- laces possèdent tous leur spa, devenu un incontournable. ils offrent une vraie valeur ajoutée et permettent à l’hôtelier de valoriser son établis- sement au-delà de la sim- ple offre hôtelière. Cette généralisation oblige à in- nover pour se démarquer, pour le plus grand plaisir des clients.– nul besoin de laisser sa serviette sur la chaise longue pour être certain de retrouver sa place après le soin ! – plus équi- pés. ils utilisent de nou- velles technologies ou re- cherchent encore de nou- velles associations de bien-être. C’est exacte- ment la réflexion et l’ap- proche qui ont été menées à la Chenaudière qui a ouvert son spa en mai 2014. Prix du meilleur spa en 2015 aux Villé- giature Awards (prix qui récompense les plus beaux hôtels d’Afrique, d’Asie et d’europe par un jury de journalistes de la presse mondiale), le Nature Spa propose 2000 m2 de détente et de nou- velles expériences répartis sur quatre niveaux. « C’est un projet qui me tenait énormément à cœur. Il nous fallait innover, in- vestir. Je ne voulais pas faire un spa comme les autres, j’ai d’ailleurs choisi un architecte qui n’en avait jamais fait pour être certain que ce soit différent et qu’il ne soit pas tenté de repro- duire ce qu’il avait déjà pu faire ! Nous avons aussi fait un « eductour » en France mais aussi chez nos voisins Allemands et Autrichiens, chez qui les spas existent depuis 20 ans !Spas, hammam, soins bien-être, services à la pointe, loisirs, laissez-vous chouchouter au cœur des hôtels haut de gamme qui innovent en la matière...EN PREMIER LIEU, L’ACCUEIL, TOU- JOURS L’ACCUEIL Certes les technologies en termes d’équipement et de services représentent une part non négligeable des dernières innovations des établissements de luxe : check-in et check- out grâce à des bornes in- teractives ou encore envoi d’une mobile key, clé vir- tuelle sous forme de SMS chez okko, hôtels 4 étoiles implantés prin- cipalement en milieu ur- bain, (étude cabinet de- loitte in extenso ten- dances de l’hôtellerie en 2015)...Mais incontestablement la tendance la plus forte concerne le renfort de l’accueil bienveillant du client et les attentions qui lui sont apportées. Selon Nicolas decker, directeur de l’hôtel 4 étoiles la Chenaudière, niché au cœur de la nature alsa- cienne, à 45 minutes de Strasbourg, « dans ce sec- teur tout passe par l’hu- main. Il faut que nos clients n’aient à se sou- cier de rien et ressentent tout de suite un bien-être par l’accueil chaleureux que nous leur réservons dès leur arrivée. Cela né- cessite aussi de prendre soin du personnel qui doit se sentir bien dans son travail pour transmettre inconsciemment cette sen- sation de bien-être ». C’est aussi ce que confirme une étude menée par le cabinet deloitte inPetits détails, grandes vertus...La tendance est aussi à l’utilisation des ressources existantes sur le lieu mêmeet venir au contact duclient. L’accueil est ainsirendu plus convivial »,précise Philippe Gauguierdu cabinet deloitte.Pour Philippe leboeuf,directeur général du Man-« Le client a besoin de darin oriental qui inter- compresser et ne penserextenso en 2013, dans la- quelle il est précisé que les hôteliers tendent à adopter une approche plus personnalisée, axée sur les besoins propres à chaque client.fait avec lui et innover en permanence en termes d’expériences et de dé- couvertes ».qualité, le tout couplé à un panel de loisirs et d’ac- tivités gérés directement par l’hôtelier.il est vrai que le résultat est bluffant. dans une am- biance très nature obtenue grâce au mobilier en bois, aux grandes baies vitrées qui inondent de lumière une grande partie du spa, on se sent partie inté- grante de la nature envi- ronnante. Nicolas decker a aussi misé sur l’expé- rience émotionnelle qui marque beaucoup sa clientèle en ce moment avec le plus grand flota- rium d’europe, réservé non stop ! l’expérience est unique, à se laisser flotter dans un grand bas- sin remplie d’eau au selQuand les clients passent les portes des grands hô- tels, ils viennent pour dé-LES PETITES NOU- VEAUTÉS DES SPAS Cabines de soin aussi ap- pelées suites, grande pis- cine équipée de jets mas- sant, hammam, sauna font partie des équipements nécessaires.Juillet - Août 2015se sentir à l’hôtel comme chez lui. Certains grands hôtels ont même supprimé le comptoir d’accueil pour le remplacer par une grande console autour de laquelle le réceptionniste peut circuler facilementvenait en mars dernier à une conférence du Club luxe emlyon Forever, « l’offre est en perma- nente évolution. On doit faire vivre au client des expériences nouvelles, avoir un relationnel par-à rien d’autre qu’à leur détente !le service passe la plupart du temps par un spa inté- gré et des soins haut de gamme, une grande pis- cine, un service de res- tauration diversifiée, deMais aujourd’hui, il ne suffit plus d’avoir son spa, il faut être différent par son offre produit et sa conception, bien sou- vent confiées à des ar- chitectes renommés. ils deviennent plus spacieux pour offrir aux clients plus de sérénité, de calme76]]></page><page Index="77" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frL’Air du temps - Hôtels haut de gamme, spas et thermes ARt de ViVRe & PAtRiMoiNed’epsom. en apesanteur,le corps complètement dé-tendu, se libère des ten-sions. la détente est ab-solue. et pour poursuivredans la démarche de l’hô-tel où tout est fait maisonavec des produits locaux,ils ont développé unegamme de cosmétiquesutilisés pour les soins des matériaux nobles à la fleur de vigne.avec l’eau pure des comme la pierre et le bois. ici encore, le client vitCaudalie niché au milieu des terres du château Smith Haut lafitte de Bordeaux. Mathilde tho- mas, fondatrice de la marque de cosmétiques, l’a imaginé un peu comme une cabane d’enfance dans laquelle il fait bon se réfugier, en utilisantTendanceSpa et Chevalfrais de pépins de raisin, de miel, de sucre brun et d’huiles essentielles qui vous laisseront une peau nette, affinée et parfaite- ment lisse ; ou encore au bain enrichi en marc de raisin exfoliant dans la célèbre cabine et enve- loppements à base d’huileSe démarquer coûte que coûte des autres spas, qui sont pour la plupart associés à une marque de cosmétiquesCombiner détente, confort et évasion à cheval est aussi le créneau de quelques prestataires de voyages et de certains hôtels. Le cheval est un excellent com- pagnon de route pour découvrir autre- ment une région et pouvoir ainsi accéder à des sites parfois inaccessibles, sans pour autant négliger une pause détente au spa de l’hôtel, que le cavalier soit confirmé ou débutant.« Nos clients apprécient beaucoup de pouvoir se relaxer au spa après trois ou quatre heures de randonnée à che- val ! », confie Phoebe Perdreau, res- ponsable de l’agence Caval and Go.« Pour répondre à la demande de notre clientèle haut de gamme, nous avons travaillé un court séjour de trois ou quatre jours de randonnée à cheval en Corse, pour qu’il puisse répondre à leurs exigences en termes de confort et de services. Les hôtels que nous avons sé- lectionnés et testés, comme Chez Charles à Lumio ou encore La Roya à Saint Flo- rent, disposent tous les deux d’un spa avec des soins bien-être et une grandepiscine. »L’auberge Cavalière du Pont des Bannes, située en plein cœur de la Camargue, propose quant à elle un séjour unique dans une Cabane de Guardian ou encore dans le mas camarguais face aux marais. Les petits chevaux camarguais sur place vous emmèneront au cœur du parc na- turel de Camargue pendant deux heures, pour découvrir la richesse de la faune et de la flore camarguaise et finir par une magnifique promenade sur la plage. Profitez ensuite du spa de l’hôtel équipé d’un jacuzzi et d’un sauna ou encore d’un massage détente.Quant au Domaine de la Pommeraye,eancien haras datant du 18 siècle, enNormandie, c’est un package séjour Cheval et Spa qui est proposé pour une escapade de deux jours et une nuit. Pe- tite balade à cheval le premier jour combinée à un après-midi au spa, his- toire d’être en forme la deuxième journée pour une randonnée à cheval de cinq heures avec une halte pique-nique en bordure de rivière...sources de Colroy-la- Roche, le miel des ruches de la Climontaine, les plantes des prairies alen- tours et les baies des fo- rêts vosgiennes. « C’était une fois de plus, pour nous, l’occasion de nous démarquer des autres spas qui sont pour la plu- part associés à une marque de cosmétiques. » la tendance est aussi à l’utilisation des ressources existantes sur le lieu même, comme au SpaAu-delà du cadre enchan- teur, les soins restent tout aussi surprenants. essen- tiellement conçus à base des produits de la vigne et en utilisant une eau de source naturellement chaude puisée sur place, ils permettent au spa d’af- ficher clairement sa dif- férence en se positionnant sur une gamme originale. on pense notamment au massage culte du spa, le gommage crushed caber- net, à base de mélangesune expérience émotion- nelle unique qui marquera son séjour au cœur d’un vignoble, en séjournant dans le magnifique hôtel 5 étoiles les Sources de Caudalie et en savourant la cuisine raffinée de son restaurant étoilé.COMBINAISON MALIGNE AVECDES LOISIRSMême si le spa reste une valeur sûre pour séduire sa clientèle, on a puJuillet - Août 201577]]></page><page Index="78" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe L’Air du temps - Hôtels haut de gamme, spas et thermesune escapade en bateau proposée par l’evian Re- sort, sur le majestueux lac léman, le temps d’une demi-journée ou d’une journée complète. Accom- pagné d’un skipper mai- son, vous pourrez ainsi visiter le magnifique vil- lage médiéval d’Yvoire ou encore le château de Chillon, faire du shopping à lausanne, piquer une tête dans le lac et admirer le magnifique couché de soleil autour d’un verre dans un petit port de pêche...Originalité et sérénité, les deux leitmotivs du moment...et pourquoi ne pas tenter une petite randonnée à cheval dans le maquis Corse au départ du do- maine de Murtoli, une partie de pêche au lancé ou à la mouche accom- pagné d’eric Vincent, vé- ritable connaisseur et pas- sionné local à la Chenau- dière ou encore une jolie balade à vélo au cœur des vignobles Bordelais, voi- sins du spa Caudalie, agrémenté d’un pique- nique raffiné, préparé par le chef du restaurant ? en complément de votre détente au spa, la plupart de ces grands hôtels pro- posent un large panel d’activités de qualité bien souvent testées par les hôteliers. « Les presta- taires avec qui nous tra- vaillons sont formés à no- tre esprit maison pour que nos clients soient aussi bien accueillis chez eux que chez nous ! », nous confie une employée du service activités àconstater ces derniers temps un enrichissement d’offres complémentaires afin de satisfaire les des- iderata de clients souhai- tant allier détente et acti- vités. Aussi, si fouler le green est-il un indispen- sable pour vos escapades détente, la France comp- tant un peu plus de 700 structures de golf dont 343 parcours de 18 trous, vous n’aurez aucun mal à pratiquer votre activité et séjourner à proximité. Au domaine de Murtoli en Corse, par exemple, vous pourrez profiter de la quiétude de la natureenvironnante, du spa out- door (en saison), de la restauration élaborée avec les produits locaux et vous rendre sur l’excep- tionnel parcours de 12menses de l’autre.des packages ont été mis en place afin de proposer à la clientèle du tout-en- un, avec par exemple, les packages Hébergement etdeux équipés de leur pro- pre spa (le Royal Hôtel 5 étoiles, récemment ré- nové, l’ermitage 4 étoiles et le Manoir du Golf pour la pratique du golf à(6030m, par 72) qui compte parmi les plus beaux d’europe et une vue imprenable sur le lac léman et les sommets al- pins. l’Academy permetNous avons fait un « eductour » chez nos voisins Allemands et Autrichiens, chez qui les spas existent depuis 20 ans !.greens du golf de Murtoli. Green Fee ou encore Hé- proximité), deux spas, un aussi d’envisager le golf Réalisé par l’architecte et bergement et stages-coa- kids Resort, et son evian de manière ludique et artiste Kyle Phillips, mon- ching. Resort Golf Club ! conviviale et ce quels que dialement reconnu, ce l’evian Resort, quant à Niché au cœur d’un parc soient l’âge et le niveau ! golf respecte totalement lui, accueille sa clientèle boisé de 60 hectares, il Vous ne pratiquez pas le la beauté naturelle du site férue de golf dans un parc offre, aux amateurs et ini- golf ? une autre activité entre une mer infinie d’un naturel de 19 hectares où tiés, le mythique parcours vous tente ?l’evian Resort.78Juillet - Août 2015côté et les montagnes im- se lovent trois hôtels dont de championnat 18 trous laissez-vous séduire parHélène Holvoet]]></page><page Index="79" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frL’Art du temps ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe EvasionSéjour dans de charmantes cabanesLa Clairière aux Cabanes est le dernier né des projets de Bol d’Air à la Bresse. Ce petit village vosgien d’hébergements insolites vous propose d’entrer dans un univers de cabanes perchées dans les arbres, construites parmi les arbres ou au sol. Le prix Coup de Cœur Gîtes de France 2015 dans la catégorie "Plus bel hé- bergement insolite" vient de lui être attribué. De nombreuses activités sont pro- posées aux résidents dans un parc de loisirs : Fantasticable, Parapente, Saut enLe Pashmina, premier refuge-hôtel5 étoiles à Val orensC’est un refuge de luxe, véritable invitation à l'ail- leurs ! Originalité des ambiances de cordées et d'expéditions, les échanges et le partage est favo- risé entre les heureux résidents. Le Pashmina offre 42 chambres & suites et 8 « Cosy Home », sorte de penthouse, composés de 1 à 3 chambres et d'un spacieux salon, lieu de vie commun équipé d'unecuisine américaine pour se sentir comme à la maison mais dans une atmo- sphère cocooning de haute montagne, tout en bénéficiant des services de l'hôtel. Vous pourrez aussi opter pour un des 2 appartements de 130m2 en triplex avec entrée privative qui permettent de profiter en toute liberté de son séjour. Pour les passionnés de nature, d'aventure et de grands espaces, le toit enneigé accueillera une chambre « Igloo » qui permettra de dormir à la belle étoile, sans sacrifier confort et bien-être. Ce n'est pas un hôtel de plus dans la galaxie des établissements de luxe. C'est une expérience, un avant-goût d'apesanteur, une bouffée de pure plénitude. Pour enrichir votre séjour, vous pourrez profiter des 2 restaurants dirigés par Romuald Fasse- net, Meilleur Ouvrier de France, d'un Spa by L’Occitanne, d'un ski-shop, des services d'un guide de haute montagne ou d'un moniteur de ski, d'une piscine, d'un espace fitness, de bibliothèque et vidéothèque tournées vers les plus grands aventuriers et voyageurs, les montagnes et les grands es- paces du monde, de conférences et expériences partagées avec de grands explorateurs.www.hotelpashmina.comUne nouvelle histoire s’invente pour le Grand Hôtel alasso & SpaAprès de très importantes rénovations, le mythique Grand Hôtel alasso & Spa, membre Hôtels & Préfé- rence, a réouvert ses portes en mariant à la perfection Art Nouveau et modernité. Patrick Ribes, l’architecte d’intérieur, nous révèle les secrets de la nouvelle décora- tion : « On est parti sur un motif, une forme qui est le cer- cle, symbole de convivialité, d’échange et de partage ». Lieu de légende dans la baie de Saint-Jean-de-Luz, l’hôtel a su garder depuis 1909 son charme de la Belle Epoque.Situé face à la baie, vous apprécierez les 52 chambres et suites d’un standing exception- nel et offrant un panorama à couper le souffle. Profitez de votre escale pour découvrir le restaurant L’Océan et dégustez des plats de caractère – Un Merlu cuit au plat, fenouil braisé, tomates compotées, purée de basilic qui sont sélectionnés frais au petit matin par le Chef Christophe Grosjean.www.luzgrandhotel.frLe Sereno Saint Barth : en toute intimitéVous aimez Saint Barth ? Alors vous adorerez séjour-ner dans Votre villa avec vue exceptionnelle sur le lagon de Grand-Cul-de-Sac. En plus de ses 36 Suites au luxe discret, le Sereno Saint Barth offre 3 Villas totalement privatives de 650m2 cha- cune. Rien ne viendra déranger les résidents de ces logements d’exception, à part le bruit des vagues et le chant des oiseaux... Dessinées par Christian Liaigre, « le designer le plus influent et le plus copié de notre temps » selon le Financial Times, les espaces intérieurs et extérieurs bénéficient de la vue spectaculaire sur la plage et la baie au- delà. L’éclairage a été réalisé par un maître en la matière, Arnold Chan et les extérieurs ont été pensés par une pointure en architecture et paysages tropicaux, Enrique Blanco. Chaque villa possède sa propre piscine, 3 chambres avec terrasse privée, 4 salles de bain, 2 salles à manger, un parking privé, une cuisine équipée, une bibliothèque et bé-néficie évidement de tous les services proposés par le Sereno.www.lesereno.comÉlastique, Propuls’Air, Parc d’Aventure, Big Air Jump, Sentier Pieds-Nus, Location de ski, Snowkite...Ces deux espaces, hébergements insolites et activités, sont à la fois proches pour permettre un déplacement à pied et distants pour préserver la quiétude des résidents. Bol d’Air, c’est 70 000 visiteurs par an, 25 000 nuitées, 12 000 descentes en Fantasticable et 2500 sauts à l’élastique par an !www.bol-d-air.frUne nouvelle pépite à ArcachonCe 1 Juillet 2015, le dernier né des hôtels d’Arcachon vousouvre ses portes. Situé au cœur du quartier pittoresque des pê-cheurs de Saint Ferdinand et à 300 mètres du port, le GrandAtlantic Hôtel vous accueille dans un cadre océanique... Respi-rez ! Composé de 55 chambres alliant modernité et confort, leGrand Atlantic Hôtel vous propose un séjour en toute sérénité. Pour un véritable moment d’évasion, profitez des nombreuses installations bien-être de l’hôtel : spa, sauna, bain à remous, ou encore salle de fitness. Le Grand Atlantic Hôtel bénéficie également d’un so- larium avec une superbe vue panoramique à 180° sur le paysage exceptionnel du Bassin d’Arcachon. Equipé d’un large espace séminaire de 86 m2, aux lignes épurées et colorées, l’hôtel peut accueillir entre 30 et 50 convives.www.grandatlantichotel.frDétente & Gourmandise en NormandieImaginez un paysage bucolique, un petit village nor- mand. Vous franchissez la grille et vous découvrez un magnifique cadre Monument Historique du XVIème siècle, au cœur d’un jardin de 2 hectares. A 100 kmde Paris en plein cœur de la Normandie, le domaine du Manoir de Surville vous ac- cueille dans un décor sobre et raffiné : Vieilles pierres, colombages, et onze chambres aux couleurs chaudes et lumineuses. Le salon et son immense cheminée vous invite- ront à la rêverie; confortablement installés dans les canapés, vous vous laisserez ber- cer par le crépitement du feu de bois. Vous vous abandonnerez au délice du Spa; le sauna et le hammam vous feront vivre un moment de pure relaxation. Vous vous ré- galerez à la table, où vous dégusterez une cuisine gourmande, et de saison. Trois sa- lons vous permettront d’organiser en toute convivialité des événements privés ou d’entreprises.www.manoirdesurville.comUn Golf Resort unique au cœur du MédocPassion pour le golf, passion pour les grands crus, c’est un lieu d’exception pour vivre une expérience unique, en séjour affaires ou loisirs. Parfaitement intégrée dans le paysage, l’architecture privilégie l’authenticité et la sobriété de matériaux nobles,comme le bois et le verre. Simplicité, harmonie, élégance naturelle : le bâtiment s’ouvre vers l’exté- rieur comme si l’environnement ne faisait qu'un avec la structure. Où que l’on soit, la vue se perd vers l’horizon des deux parcours de golf. Les 79 chambres et suites, aux belles proportions, ont pour la plupart une vue sur les parcours de golf etchacune a sa terrasse, où il est agréable de prendre le petit déjeuner l’été. Une idée pra- tique : le « golfic-corner », pour ranger facilement son matériel. Le complexe regroupe aussi un Spa avec la marque Decléor, un Clubhouse, un restaurant gourmet aux sa- veurs régionales, une œnothèque, deux bars et 200 m2 de salles de réunion au cœur des deux prestigieux parcours.www.hotelgolfdumedoc.comJuillet - Août 201579]]></page><page Index="80" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe L’Art du tempsSélection de produits et services raffinés et sophistiqués en toute subjectivitéBien -ÊtreOne Love, le Parfum de la Femme ScherrerCette fragrance, crée par le parfumeur omas Fontaine, incarne le mythede la Parisienne, et s’adresse à des femmes à l’élégance naturelle, à la féminitéépanouie, à la séduction assumée » explique Bruno Cottard, Vice-Présidentdes Parfums Scherrer. C’est en droite ligne de la culture et de la mode Scherrer,qu’est né le flacon de ce nouveau parfum. On y retrouve ces formes longilignes,épaulées et harmonieusement architecturées qu’affectionnait le couturier, etqui avaient déjà inspiré les flacons de ses premiers parfums. Pour ONE LOVE,ce sont les colonnes du Palais Royal qui ont inspiré le designer ierry de Bas-chmakoff. On ressent subtilement une femme aimée et amoureuse, toujours plus grande, plus aérienne, plus belle et plus extraordinaire aux yeux de l’homme.L’Huile Merveilleuse corps, visage & cheveux !Académie Scientifique de Beauté s’est appuyée sur son expertise unique de la beauté et le nom d’un de ses soins de légende pour créer une précieuse huile sèche, née d’une envie irrésistible d’embellir les femmes de la tête aux pieds,d’une féminité et d’une sensualité absolues en un seul geste ! C’est un nou- veau soin alliant le plaisir d’une huile à la texture non grasse à l’efficacité d’un soin “profond”, digne des plus précieux élixirs de beauté : Sa formule associeMontblanc Legend, édition spéciale été 2015Place à une nouvelle interprétation olfactive, nouvelle sensation, nouvelle allure, pourlatroisièmeéditionsaisonnièredeMontblanc Legend.Enquelquesmots, c’est une fraîcheur en tête pour le jus, un éclat bleuté pour le flacon et une élé- gance en dégradé pour le design. Olivier Pescheux, créateur de cette édition li-une concentration optimale (6%) de 3 huiles végétales naturelles qui allient efficacité, dou- ceur et sensorialité et permettent de stimuler la reconstruction de l’épiderme en proté- geant la fibre capillaire pour redonner à la peau et aux cheveux éclat et réconfort.www.academiebeaute.comNaturaBox : Luxe, beauté et cocooning !Deux mots qui sont liés : Hôtels & Spa. Une combinai- son de bonheur dans un écrin de nature. Les Natura- Box, cesontdesséjoursverts,écologiquesetinsolites, des activités, des séances de bien être bio sous formede coffrets cadeaux. Un concept différent et spécialisé dans le tourisme vert et responsable pour un coffret réfléchi et respectueux de l'environnement. Les NaturaBox regroupent plus de 600 partenaires sélectionnés pour leur en- gagement et leurs actions dans le développement durable et plus de 1200 idées de séjours et activités en tourisme durable ... 420€ le coffret cadeaumitée précise : « J’ai souhaité sublimer la fraîcheur du Legend original par une explosion fraîche entête, à la fois vive et énergique. » Menthe Nanah du Maroc et limette du Pérou apportent ce départ in-cisif. Cette sensation se diffuse et persiste au cœur de la fragrance grâce à l’apport de notes intrépides- végétale et aqueuse de la feuille de violette, fruitée et acidulée de la pomme, épicée et tendre de la car-damome -, qui contrastent sensiblement la signature olfactive primitive, boisée et sensuelle, de Legend.Le temps de cette édition, le flacon emblématique est habillé d’un corps de verre transparent en dégradéde bleu. De foncé à clair de bas en haut. Alors que son étui, lui aussi bleu, reprend le schéma inverse. www.naturabox.comwww.montblanc.comHorlogerie & JoailleriePlongée intense avec Oris !La nouvelle Oris Carlos Coste Limited Edition IV est parfaite- ment adaptée aux plongées extrêmes, testée et approuvée par l’apnéiste de renommée mondiale et ambassadeur Oris, Carlos Coste. Étanche à 500 mètres, cette montre de 46 mm dispose d'un boîtier multi-pièce robuste et ultra-léger en titane et offreune lisibilité optimale des informations, une nécessité dans l’obscurité des profon- deurs. La graduation des minutes sur la lunette tournante unidirectionnelle en cé- ramique noire est revêtue de Superluminova® blanc. L’utilisateur peut ainsi lire le temps de plongée restant en un seul coup d’œil. Enfin, pour réduire l’éblouisse- ment, le cadran est protégé par une glace saphir bombée traitée antireflet. Cette édition limitée à 2 000 exemplaires est fournie avec un bracelet en caoutchouc avec boucle déployante “Sliding Sledge” brevetée Oris, pour un ajustement simpli- fié et sécurisé. Le coffret propose également un bracelet de rechange en titane. Le fond de boîtier est gravé du logo de Carlos Coste et du numéro d’édition limitée.www.oris.ch Lamontresquelette, Fréret-Roy1818«CœurOuvert®NouvelleVague»connaîtunvraisuccès et la série V1 est presque épuisée. Installé à l'angle de la Place Vendôme et de la Rue de la Paix, L’esprit Breitling au féminin Michel Fréret-Roy est un horloger atypique, ayant lancé fin 2011 sa propre marque de montres sous le nom de Fréret-Roy 1818. Le calibre d'origine est un Unitas 6498 mécanique, présenté dans une exécution squelette très moderne avec petite seconde à 6h et terminéencouleurnoire.Lecalibreestdécoupépar desartisans suisses et la montre est assemblée dans des ateliers indépendants et produite en tirages très limités. Livrée selon les desiderata du client et les options choisies avec bracelet cuir, caoutchouc, alliga- tor, etc... et boucle ardillon ou déployante au choix. Prix à partir de 2590€, selon les options retenues. D'autres modèles et quelques belles surprises sont attendus dans les semaines à venir... Fréret- Roy 1818 est la petite marque indépendante à suivre de près !www.freret-roy.comHautlence présente Invictus 01 et Invictus 03La marque neuchâteloise introduit deux chronographes aussi élégants que sportifs, en titane et or et titane et acier. Invictus 01 et Invictus 03 incarnent parfaitement l’esprit invincible et non conformiste des « Gentlemen Rebels », qui caractérisent l’homme Hautlence, libre dans sa tête et dans ses choix. Les deux modèles, avec leur mouvement chronographe squeletté à remontage automatique, reflètent le côté no- vateur de la marque pour les matériaux de pointe, appartenant aux univers indus-triels. Chaque modèle est délivré avec 2 bracelets, facilement interchangeables, grâce à leur système de barrettes. L’un, très chic, en alligator cousu main, l’autre, plus sportif, en caoutchouc.www.hautlence.comFréret-Roy 1818 «Cœur Ouvert® Nouvelle Vague »Nouveau diamètre de 36 mm, nouveaux cadrans de nacre, la Colt 36 se met à l’heure des femmes tout en conservant sa robustesse et sa lisibilité légen- daires. Cette montre sportive et raffinée est née pour partager une vie active. Toutes les versions sont disponibles, en option, avec une lunette sertie dediamants. Mais la Colt 36 brille avant tout pour ses performances. Le boîtier avec couronne vis- sée est étanche à 200 m – un exploit rarissime pour une montre dame. Le cadran ultralisible, index et aiguilles luminescents, est protégé par un verre saphir antireflet double face. Le mouve- ment SuperQuartzTM offre une précision dix fois supérieure au quartz ordinaire. Aude Lemor- dant, championne du monde en titre de voltige aérienne, la porte au quotidien. Prix : 2840 euros (cadran nacre, bracelet acier).80Juillet - Août 2015www.breitling.com]]></page><page Index="81" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frL’Art du temps ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe Mode & AccessoiresLes Petites, toujours à la mode ethno chicC'est en 1992 que Isabelle Benichou crée sa propre marque Les Petites, à la tendance ethno et rétro chic tout à la fois. Le nom « les petites » s'est imposé comme une évidence lorsqu'elle a lancé la marque: « Nous sommes toutes les petites de quelqu'un, avec tout le côté affectif que cela implique.» Isabelle Be- nichou est entrée dans la mode, sans formation particulière mais avec plein d'idées à revendre. ElleReminiscence by La PerlaLa Perla mise sur un été sexy, élégant et atypique ! Ce soutien-gorge de bain triangle en Lycra® ultra léger est caractérisé par de fines bandes en microfibre appliquées à la main avec la technique de la soutache, technique culte de la Maison. Le bas de maillot de bain, taille haute dans la même matière est construit de bandes entrelacées qui offrent un look très raffiné et étudié pour créerunesilhouettesvelteettoujoursféminineàsouhait! Modèledisponible en rouge et en noir.www.laperla.comLe Plongeur : le must du short de bain estivalLe Slip Français vient d’ouvrir son second ma- gasin parisien, rue des Abbesses. Cet été, la marque est aussi présente au Citadium. Mais le Slip Français ne se cantonne pas à la capitalefrançaise. Il s'est aussi installé pour 2 mois à Marseille, dans le Ier ar- rondissement. La marque, présente à Hong Kong, joue aussi la carte de l'export proche. Elle s'établit pendant deux mois aux Galeries La- fayette de Berlin à partir du 11 juillet. Le Slip Français revendique 90 points de vente multimarques dans le monde. Les collections sont pro- duites en France à La Selle-en-Coglès. Nous avons repéré pour vous le Must have de cet été : un short de bain taille basse, élastique à la taille et cordon ajustable de serrage, lavable en machine 30°C après quelques plongeons réussis !www.leslipfrancais.fra commencé en allant aux puces acheter des pièces vintage qu'elle reloo- kait pour ses copines de fac...Soucieuse de la qualité de ses produits, elle travaille des matières nobles comme les cashmeres, les satins de coton, les imprimés, mais cherche toujours à rendre le luxe accessible.www.lespetites.frLes Wayfarer, juste indémodables !Les Ray-Ban Original Wayfarer® au style incontournable sont depuis longtemps entrées dans l’histoire des lunettes de soleil. Depuis leur création en 1952, les Wayfarer classiques ont gagné en popularité au- près des célébrités, musiciens et autres artistes et fashionistas. Mo- dèle emblématique et légendaire, les Original Wayfarer classiques fonttoujours sensation. Ces lunettes de vue vintage RAY BAN RB 2140 117617 séduiront aussi bien les femmes que les hommes avec leur forme carrée et leur couleur écaille brun. Les branches si- glées du logo de la marque apportent une touche de couleur et d'originalité à ces lunettes ten- dance et élégantes, avec le jeu de couleur des verres gris-bleu qui ne vous laissera pas indifférent.www.ray-ban.comDe magnifiques caleçons brodés àla mode japonaiseClémence de Gabriac crée la 1ère ligne de caleçon homme brodée main au monde! Sur le thème du Japon avec sa technique de broderie appelé Sashiko, les broderies sont réalisées dans un atelier Parisien. Cette col- lection fait partie de ligne Enjoy. Ce sont des caleçons masculin haut de gamme confortables et élégants. Son secret : un maintien intérieur en fine maille de coton Supima qui permet une aisance naturelle tout en conservant un esprit couture. La technique du sashiko est intime-ment liée à l'histoire du Japon et à ses traditions. Au XIXème siècle pendant l'ère Meiji, une fois levée l'interdiction du port de vêtements en coton, les femmes ont commencé à broder sur du tissu indigo avec du fil de coton blanc, créant ainsi un effet de pointillés. Leur goût esthétique, allié à l'élaboration technique a donné naissance à une multitude de motifs dé- coratifs, souvent inspirés par la nature ou encore des motifs qui symbolisent la quête du bonheur et de prospérité pour la famille. Clémence de Gabriac s’inspire de cette tradition et propose 5 modèles aux dessins exclusifs et forts de sens : motif de vagues signe de pros- périté, feuilles de lin vertus de force et de protection, soleil levant et nuages caractérisent la vie et la liberté, enfin la carpe symbole de force et de persévérance.www.clemencedegabriac.comDes lunettes qui s’inspi- rent de l’incontournable Sac Chanel !Pour sa collection lunettes Automne-Hiver 2015/16, la Maison Chanel nous fait décou- vrir trois histoires inédites en revisitant plusieurs de ses codes emblématiques : le mate- lassé, la chaîne et le tweed. Elément récurrent, la chaîne revient à ses origines. Pour la première fois, c’est la chaîne en métal à maillons plats du sac 2.55 - un des sacs iconiques de la Maison - qui se pose sur les branches des montures optiques et solaires. Les propo- sitions de cette ligne sont riches, tant dans les formes - carré XL, carré haut, papillon, ronde, rectangulaire, ovale - que dans les couleurs automnales - noir, taupe, framboise, kaki, olive - ou à l'aspect texturisé - tweed ou fourrure.www.chanel.comJuillet - Août 201581]]></page><page Index="82" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe L’Art du tempsVins & SpiritueuxLa cuvéeHippocampe, pour un été au frais !Le joli chemin de terre qui conduit au Domaine de l’Olivette, bordé d’oli- viers et entouré de vignes sent bon la Provence. Ce Bandol rosé Cuvée de l’Hippocampe Domaine de l’Olivette (gamme Plaisir) est composé de 40 % de cinsault, 35 % de grenache et 25 % de mourvèdre. On y re- trouve aussi des arômes de petits fruits rouges et d’agrumes. La bouche est fraîche, tendre, toute en finesse, on constate une belle persistance sur des notes épicées. C’est dans leur jeunesse qu’ils expriment au mieux leurs qualités, mais il est préférable de ne pas les boire trop glacés (12°C) pour leur permettre de s’exprimer pleinement en compagnie de tousles mets aux accents méditerranéens (tians, petits farcis, tajines, poissons de roche, oursins...), mais également avec la cuisine exotique et les desserts aux fruits rouges.www.domaine-olivette.comLa Petite Eglise, PomerolDepuis sa création en 1986 Denis Durantou ne considère pas La PetiteEglise comme le second vin de l'Eglise Clinet mais comme un vin àpart entière produit tous les ans avec les mêmes parcelles de vignesplantées sur les sols de grave et de sable de l'Eglise Clinet. La récolteet la vinification bénéficient de la même attention expliquant les nombreuses similitudes mais pendant les assemblages il est trèsfacile de faire la différence entre l'Eglise Clinet, un vin complexeplus puissant et La Petite Eglise plus accessible jeune. La PetiteEglise 2012 , pure merlot vendangé du 6 et 8 octobre 2012, offrequelques mois après la mise en bouteille un nez assez exotique s’ex-primant sur des arômes d’écorce d’orange, de réglisse et de confiturede mures. L’entrée en bouche-boisé sucré un peu cannelle laisse la place à des tanins très fins savoureux. Ce beau vin, homogène plaisant dans son équilibre devrait atteindre son apogée vers 2018-2020.Distributeurs: www.dubecq.com - www.caves-legrand.comChâteau Martinolles, les nouvelles bulles de Paul MasLa famille des vins effervescents des do-maines Paul Mas s'agrandit avec une nouvellecuvée « Grande Réserve Crémant de Limoux». Cette bulle-là va faire parler d'elle, avec sonassemblage chardonnay (70%), chenin blanc(20%) et pinot noir (10%) méthode tradition-nelle (première fermentation en cuve suivied'une seconde en bouteille pour la prise demousse). Avec ce grand cru Crémant de Li-moux inspiré des méthodes champenoises, PaulMas élargit la gamme du Château Martinolles (80 ha de vignes), propriété des domaines Paul Mas à Saint-Hilaire. Robe brillante rehaussée de reflets dorés, cette cuvée « Grande Réserve » marie fruits et fraîcheur à des notes brio- chées. Un style immédiatement reconnaissable également, à la finesse et à la régularité des bulles.« Paul Mas Grande Réserve Crémant de Limoux » 2012, mis en bouteille en janvier 2013, dégorgé en février 2015 est commercialisé de- puis mars (19 €) exclusivement chez les cavistes, à raison de 20 000 bouteilles.www.paulmas.comChâteau Seguin, un Essentiel à connaîtreLe vignoble du Château Seguin est situé sur deux très belles croupes de la commune de Canéjan à 15 kilomètres au sud de Bordeaux. Il fait partie de l’appellation d’origine contrôlée Pessac-Léognan, sub- division de la région viticole des Graves. Château Seguin est une an- cienne propriété où l’on produisait déjà du vin au XIX ° siècle, mais le vignoble a été entièrement replanté depuis 1988 ; la volonté des propriétaires est d’y produire de grands vins tout en respectant l’en- vironnement. Leur premier vin, Château Seguin, rencontre toujours un vif succès. Il est composé d'environ 60% de cabernet sauvignonet 40% de merlot, et allie puissance et finesse avec de beaux arômes de fruits rouges. Il possède une grande richesse tannique et reste élégant et harmonieux. Ce vin structuré possède une garde d'au moins une décennie. Le Château Se- guin est une valeur montante de l'appellation Pessac-Léognan.www.chateauseguin.com/Un Sauvignon du Val de Loire, si confidentielCe vin blanc sec est très aromatique. On apprécie les arômes de fleurs blanches : acacia, sureau et agrumes. L'attaque est franche, le vin est souple, légèrement salé, il fait saliver. Ce vin est caractérisé par son mil- lésime : c’est un vin très fruité, riche, gras et long en bouche. Au niveau aromatique, il est très expressif! Il se sert frais : 10 à 12°C, en apéritif ou avec les entrées, crustacés et poissons. Il peut également accompa- gner des asperges à la solognote. Il est à boire jeune : 2 à 3 ans. Quelques références ont récompensé ce Vin à plusieurs reprises : Médaille d’Ar- gent au Concours Mondial du Sauvignon 2014, 2013 et 2012 ; Liger d’Or au Concours des Ligers 2013 et 2015.www.domainerenaudie.comLe Petit Soleil de Bordeaux«Le Pin» est un ancien manoir bâti auXVème siècle fermé sur cour. Il servaitautrefois de résidence aux Ducs de larégion. La propriété était alors entou-rée de 100 ha de vignes avant la crise phylloxérique. Après cette époquetragique pour la viticulture, l’activitéviticole s’est arrêtée et les vignes si-tuées devant le Château ont laisséplace aux prairies. Depuis 1997 «LePin» est devenu le Château «Le Pin Beausoleil». Une restauration soigneuse de la bâtisse n’a fait que mettre en valeur sa beauté et son authenticité. Nous vous présentons ici un Bordeaux Supérieur rouge 2012 à la composition 98 % merlot, 2 % ca- bernet franc. Un extrait de fruits rouges, dans une bouche pulpeuse, onctueuse, bordée par des ta- nins au grain très fin. Servi à une température de 17°C-18°C, Petit Soleil est conçu pour le quotidien, compagnon des repas « simples ». Prix Ttc départ cave : 9 euros, en vente à la propriété et chez les cavistes.www.lepinbeausoleil.comChâteau Vrai Canon Bouché 2012Le vignoble du Château Vrai Canon Bouché, avec son sous-sol truffé d’anciennes carrières de pierres, présente des caractéristiques assez uniques au sein de l’appellation Canon Fronsac. De son haut plateau, il domine la paresseuse Dor- dogne. Cette cuvée est composée de 60 % merlot et 40 % de cabernet franc. Le Nez très opulent s’épanouit sur des notes de cerises noires et de fruits rouges bien mûrs. Des touches fumées semêlent aux notes minérales. L’attaque est souple, chatoyante, toute la palette de fruits tels que la cerise confite et le cassis, s’expriment à nouveau. Les saveurs toas- tées se marient à des touches de pierre à fusil. Après quelques années de garde, il s’enrichira de parfums de truffe, l’une des caractéristiques de son terroir. Il offre une très grande concentration aroma- tique, tendue par une salinité minérale : une race et une distinction uniques. Capacité de garde : 8/10 ans. Servir à 18°C sur une belle pièce de viande ou un gibier truffé. Prix public TTC : 20 € en vente à la propriété. 1, Le Tertre deCanon - 33126 FRONSAC FRANCE82Juillet - Août 2015]]></page><page Index="83" isMAC="true"><![CDATA[]]></page><page Index="84" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frARt de ViVRe & PAtRiMoiNe L’Art du temps - L’actualité automobilele Mercedes GlA conjugue élégance et originalitédans la famille Classe A je voudrais la GlA. Ce drôle de petit SuV sportif et glamour vient compléter la gamme des juniors étoilées au côté de la classe A lambda, de la ClA et de la ClA Shooting Brake. un magnifique travail d’école tant du point de vue design (intérieur et exté- rieur) que mécanique, qui s’affirmesi pratique y compris en roulant. les très beaux sièges sport à appui-tête intégré sont de série sur cette finition Sensation et offrentturbo diesel de 170 chevaux) couplée à la boite auto à double embrayage à 7 rapports (7G-dCt) et au système 4Matic de trans-reste plus spacieux que le Q3) ou le bou- chon du réservoir d‘essence qui se dévisse, ou encore la surveillance des angles morts disponible seulement en option sur cette gamme de finition.mission intégrale automatique est raisonnablement per- formant et la position de conduite très proche de celle d’une ber- line à la différence du Q3 plus typé 4X4 mais aussi un poil plus effi- cace en matière de tenue de route. en revanche côté équipement et pré- sentation il n’y a pas photo, le GlA affichant sa modernité héritée de la classe A originelle. Quelques bémols néanmoins à marquer sur cette belle partition, comme l’espace réduit aux manier la mollette centrale si intuitive et semble motorisation 220 Cdi (4 cylindres places arrière (mais globalement le GlAen rival ambitieux de l’AudiQ3. et pour tout dire avec dejolies chances de succès. Plusagressif mais aussi bien plusélégant que son rival ger-main, le GlA est sansconteste notre préféré de lafamille Mercedes entrée degamme. la finition est top comme toujours chez Mercedes et l’ergono-mie d’une grande perfection. Quel bonheur que le constructeur ne sacrifie pas à la mode de l’écran tactile, quel plaisir àbonne tenue. d’ailleurs leGlA est très confortable malgréses roues de 18 pouces, et réserve au pilote un grand plaisir au volant. l’en-Modèle essayé : Mercedes GLA 220 CDI 4MATIC Sensation. Tarifs : à partir de 41750 euros. Tarifs gamme essence à partir de 28600 euros, gamme diesel à partir de 30900 euros.Le nouveau Kia Sorento rouleéquipé. Avec la petite touche finale co- réenne qui fait la différence,comme lalumière qui s’éclaire sur la portière ou l’ouverture automatique du hayon à l’approche du conducteur grâce au système d’ouver- ture et démarrage sans clef. l’équipement est plétho- rique : seuls manquent à l’appel l’affichage tête haute, le système de sta- tionnement automatique, l’allumage automatique des feux de route et le massage lombaire. la modularité deNouvelle venue, la BMW Série 2 Gran tourer an- nonce l'investissement de la marque allemande sur le marché des familiales en alliant le dyna- misme et l'élégance ty- pique de BMW avecCo2 rejet. Pour notre confort, le dernier rejeton de la gamme BMW est bien évidemment équipée de l'offre ConnecteddriveFinitions « lounge », « Sport»,«luxury»et« M Sport ». A titre indicatif, la version « lounge » se caractérise entre autres,hicules haut de gamme. un agencement ultra-fonc- tionnel complète la mo- dularité de l'espace inté- rieur en permettant de swit-84confort etA noter que la transmission intégrale 4Ma- tic est facturée 2200 euros, auxquels se rajoutent obligatoirement les 2200 euros de boite. en version « normale » le GlA est un SuV à deux roues motrices (comme le sont la grande majorité des SuV com- mercialisées en France aujourd’hui) et, particularité de la classe A chez Mercedes, en traction et non plus en propulsion.n°22BMW Série 2 Gran tourerPas vilain en toute sobriété, avec une jolie calandre en nid d’abeilles, le nouveau Kia Sorento, troisième gé- nération, est une bonne af- faire. Ce très gros SuV qui boxe dans la catégorie des Audi Q7 BMW X5, Volkswagen touareg, Volvo XV90 et autresla polyvalence et la flexibilité exigées parce type de segment au- tomobile. Jusqu'à sept places d'abord pour un véhicule compact pre- mium mais néanmoins généreux avec un cof-fre d'une capacité de 560 litres que l'on peut moduler jusqu'à 720 pour la version 5 places. Sous le capot, BMW laisse le choix avec cinq motorisations de trois et quatre cylindres de conception nouvelle (de 116ch à 192ch) qui affi- chent une consommation en cycle mixte de 3,9l/100 à 6,4l/100 avec un taux d'émission inégalé dans ce segment, s'étalonnant de 108g/km à 149g/km decher facilement de cinq à sept places. Chacun des véhi- cules est également doté d'un plancher de chargement plia- ble et de bacs multi- fonctions savamment disposés. Malgré le pragmatisme du vé- hicule, le BMW serie 2 Gran tourer s'il- lustre par ses lignes dynamiques et son allure puissante qui n'enlève rien à lapar la taille, entre pour-tant dans la catégoriedes SuV moyens hautde gamme par son prix :à partir de 43900 euros, soit le tarif d’un Audi Q5, d’un BMW X3, d’un Range Rover evoque ou d’un Mer- cedes GlK. Avec pour seul rival affirmé sur ce point le land Cruiser de toyota. le Sorento est donc un gros vaisseau familial à trans- mission intégrale perma- nente, taillé pour de longues distances de pistes ou d’au- toroutes façon highways américaines. très confor- table, agréable à conduire, ce SuV très spacieux est plutôt bien fini et très bienJuillet - Août 2015BMW Serie 2 Grand Tou- rer, Tarifs : à partir de 26 490 euros en entrée de gamme, à partir de 31750 euros en ligne Business, à partir de 35 600 euros en ligne Executive (tarif au 1er juillet 2015)avec un affichage tête haute (affichages dans le champ visuel du chauf- feur). Mieux encore. en cas d'embouteillage, le Pi- lote automatique aide le conducteur à freiner, ac- célérer et maintenir sa tra- jectoire. Pour aller plus loin, ce véhicule inédit propose quatre variantes :par l'appel d'urgence in- telligent, le détecteur d'obs- tacles Park distance Control ou encore le ré- gulateur de vitesse. Côté habitacle, la voiture séduit dans le confort et l'espace offerts pour les passagers situés notamment à l'arrière que l'on ne retrouve habi- tuellement que sur les vé-sportivité de la marque malgré le segment investi.]]></page><page Index="85" isMAC="true"><![CDATA[n°22la Seat leon X-Perience manque de pepsL’Art du temps - L’actualité automobile ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe ESSAIS & TENDANCESPar Philippe Flamandinhabituellement poussive au démarrage et le système stop-and-start non dénué de ratés ne fait rien pour améliorer les choses.Modèle essayé : Seat Leon X-Perience 2.0 TDI 184 DSG 4Drive S&S, tarifs à partir de 34960 euros. Tarifs gamme essence à partir de 32 415 euros, gamme diesel à partir de 29945 euros.e dans la catégorie supérieureun design très angulaire hérité des nouveaux canons es- thétiques du groupe (notamment ceux de la Passat), la leon souffre cependant d’un déficit de sex appeal. Bien sous tous rapports (équipement, confort, mécanique) elle n’est pas vraiment séduisante et son attelage moteur tdi 2 litres de 184 chevaux et boite auto dSG 6 laisse un peu sur sa faim. en mode normal (trois positions : normal, économique et sport) la boite se montre mêmewww.ecoreseau.frla marque ibérique du groupe Volkswagen sacrifie à son tour à la mode des breaks de campagne capables de rouler sur de mauvais chemins grâce à une transmission intégrale. en point de mire : les passionnés de ski qui souhaitent rallier les stations de sport d’hiver en toute tranquillité et les montagnards chevronnés. Conçue sur la plateforme MQB de la Golf 7, la leon rencontre un beau succès commercial dans ses différentes déclinaisons et cette variante à quatre roues motrices ne devrait pas faire exception. Plutôt jolie, simple mais élégante avecl’habitacle est exemplaire avec des sièges arrière de deuxième et troisième rang qui s’escamotent très faci- lement sous le plancher pour libérer un vaste espace de chargement de plus de 1600 litres, et qui tout aussi facilement libère cinq véritables places pour les passa- gers. la mécanique peu expressive – un 4 cylindres turbodiesel 16 soupapes de 2,2 litres de 200 chevaux, le seul disponible en France, couplé à la boite auto à 6 vitesses – n’est pas des plus véloces mais elle fait son office en silence et en toute sérénité.Modèle essayé : Kia Sorento 2.2 CRDI Premium. Ta- rifs : à partir de 43900 euros.Juillet - Août 201585]]></page><page Index="86" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe Baromètre Finance & InvestissementsÉthique & FinanceuLES BONS PLANS DU MOISBrèves, études, actus et chiffres du mois concernant les placements et investissements que peut réaliser tout particulierparTerres agricoles, vignes... Mettez votre argent au vert !Selon les chiffres de la FNSafer, organisme regroupant les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural, le prix des terres agricoles a augmenté de 2,9% en 2014 pour atteindre 5910 euros par hectare en moyenne. de son côté, le prix des vignobles a connu une hausse de 3,6% à 136400 euros l’hectare. le prix des terres louées, quant à lui, a évolué de 4% à 4410 euros par hectare l’an dernier, avec un rendement locatifdu dispositif de droit communapplicable aux revenus fonciers,il ne subit pas le plafonnementglobal des niches fiscales. Parmiles frais pris en compte, ontrouve les primes d’assurance,les charges de copropriété nonimputables au locataire, l’impôtfoncier, les intérêts d’emprunt, les honoraires de gestion ou encore les dépenses de rénovation et d’entretien. Celles-ci sont déductibles si elles ont pour objet de maintenir ou de remettre en état le bien, ou d’apporter un équipement ou un élément de confort supplémentaire. A noter que le montant des travaux pris en compte n’est pas plafonné. Attention : il ne doit pas s’agir de dépenses de construction, de reconstruction ou d’agrandissement – celles-ci ne sont pas prises en compte.Arthur Cohenbrut moyen de 3,1%. Si ce taux reste relativement faible, il affiche un beau maintien face aux autres produits d’épargne, dont le rendement a dégringolé avec la baisse des taux. Si la grande majorité des acheteurs sont des professionnels, beaucoup dePrésident directeur général des éditions Hermann, Philosophe spécialisé dans les questions éthiques appliquées au secteur financierparticuliers s’intéressent à ces placements. l’appréciation du prix des terrains et leur caractéristique de valeur « refuge » en font ainsi une cible de choix pour les particuliers aisés. Avec un autre avantage pour ceux qui payent l’impôt sur la fortune : sous réserve du respect de certaines conditions, les titres échappent à l’iSF à hauteur de 75% de leur valeur. le ticket d’entrée peut toutefois être rédhibitoire : selon les experts, il est impossible d’investir efficacement à moins de débourser plusieurs centaines de milliers d’euros. Cependant, des sociétés civiles, qui permettent d’investir collectivement, proposent de profiter de ce placement à des prix plus doux : les Groupements fonciers agricoles (GFA), Groupements fonciers viticoles (GFV) et Groupements forestiers (GF) peuvent proposer des parts à partir de 10000 ou 20000 euros.Epargne solidaire : donnez du sens à vos placementsAnnée après année, l’épargne solidaire continue de croître. en 2014, cette catégorie de placements a atteint 6,84 milliards d’euros en France, soit une hausse de 13,6%. une progression soutenue notamment par l’épargne salariale, qui représente plus de 4 milliards d’euros, soit 60% des encours de la finance solidaire. en effet, la loi lMe de 2010 oblige les entreprises à proposer dans leurs offres d’épargne salariale au moins un fonds solidaire. le reste de l’épargne solidaire est souscrit via l’épargne bancaire, avec des livrets ou des assurances-vie. les banques affichaient l’an dernier 2,23 milliards d’euros d’encours d’épargne solidaire dans leurs comptes, soit 12% de plus que l’année précédente. une croissance qui semble s’essouffler, puisque ces encours avaient progressé de 40% l’année précédente. l’argent placé dans ces produits sert à financer des projets à forte utilité sociale et/ou environnementale. Selon les chiffres de l’association Finansol, ce flux de capitaux a permis l’an dernier de créer ou consolider 43000 emplois, de reloger 5000 personnes, ou encore d’approvisionner 15000 nouveaux foyers en énergie renouvelable.lLe Blockbuster printanier :« The Street, The Bulland The Crisis »e mois dernier, au beau milieu du festival de Cannes, un blockbuster a volé la vedette aux stars de la Croisette en connaissant un retentissement médiatique international : ils’agissait pourtant d’un « sondage collaboratif » sur les comportements éthiques des financiers, réalisé conjointement par l’université de Notre-dame et un prestigieux cabinet d’avocats new-yorkais. Conçu pour devenir le baromètre de l’éthicité du secteur financier, ce travail, qui a mobilisé plus de 1200 financiers professionnels aux États-unis et en Grande Bretagne, a fait sensation en dénonçant la recrudescence de la corruption et des pratiques illicites : 28% des acteurs interrogés qui gagnent plus de 500000 $ par an affirment « avoir été témoins ou avoir entendu parler de pratiques malhonnêtes au travail » ; 20% des sondés pensent qu’il est nécessaire de « se livrer à des activités illégales ou malhonnêtes afin de réussir », et 25% avouent qu’ils n’hésiteraient pas à commettre un délit d’initié « pour gagner de façon certaine 10 millions de $ s’ils étaient assurés de ne pas être poursuivis en justice ». Si les financiers ne semblent pas avoir une exigence morale très élevée vis-à-vis d’eux-mêmes, ils fustigent cependant la conduite de leurs confrères et collègues, dont ils entretiennent la mauvaise réputation : 47% sont convaincus que « leurs concurrents se sont déjà compromis dans des actes illégaux ou éthiquement ré- préhensibles ».Immobilier : pensez au déficit foncierFace à la prolifération des Gordon Gekko et autres Jordan Belfort, les auteurs du sondage, Ann tenbrunsel et Jordan thomas, déplorent que « près de sept ans après la crise [...], une culture d’intégrité n’a pas réussi à s’implanter ». il est surprenant que personne ne se soit interrogé sur leur méthodologie ni leurs pré- supposés. d’abord, le panel représentatif des sondés est exclusivement sélectionné parmi les activités de marché les plus spéculatives : aucun professionnel opérant par exemple en banque de dépôt n’a été consulté. ils se fourvoient donc lorsqu’ils prétendent capter la psychologie du financier. Plus grave encore, leur travail repose sur une conception de l’éthique vieillotte et idéologiquement marquée, la réduisant à une question de « caractère », de qualité morale, de psychologie. depuis Spinoza pourtant, la pensée normative a ouvert un champ de recherche éthique : il ne s’agit pas de savoir si les hommes sont ou non vertueux, mais de savoir comment les inciter à agir de façon éthique, respectueuse et responsable, quels que soient leurs vices et leurs défauts.Virbac : OPA en vue ?Se draper dans l’antique toge de la vertu pour dénoncer, comme dans les mauvais péplum, les abus de Wall Street et (surtout paraît- il) de la City est un geste qui ne manque certes pas de panache, mais de consistance. la City ? Urbs ? « du pain et des jeux », condamnait déjà Juvénal ! la vertu, toute romaine qu’elle soit, est souvent l’affaire des tartuffe ou, au mieux des poètes en quête d’idéal qui, comme l’enseignait déjà tocqueville, conçoivent « des êtres fantastiques sortis de leur esprit » et nous font « quelquefois regretter le monde réel ».260 EUR240 EUR 220 EUR 200 EUR180 EUR160 EUR140 EUR120 EURJuillet AoûtSept Oct Nov DecJan 15Fev Mar AvrMai JuinSi la plupart des niches fiscales ont subi ces dernières années de sérieux coups de rabot, il en est une qui résiste encore et toujours... il s’agit du dispositif foncier. lorsque vous louez un bien immobilier, vous percevez des loyers qui sont imposés, après déduction de certaines charges, dans la catégorie des revenus fonciers. on parle de déficit foncier lorsque les charges déductibles sont supérieures au revenu brut foncier dans le courant d’une même année. Comme ce mécanisme provientLA SPÉCULATION DU MOIS86Juillet - Août 2015Dans une récente interview accordée à Bloomberg, Bayer a de nouveau exprimé son souhait de réaliser une acquisition dans le secteur de la santé animale... Les analystes de Gilbert Dupont remarquent que Bayer est loin d'être la seule big pharma qui ambitionne de se renforcer sur ce segment. Pour lui, Virbac serait une « cible idéale » compte tenu de ses attributs : exposition croissante aux émergents et aux vaccins, possibles synergies compte tenu de son empreinte dans les pays matures, etc. Avec une question qui reste en suspens : la famille détentrice est-elle prête à céder ?]]></page><page Index="87" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frPatrimoine - Banques de réseaux et banques en ligne ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe Focus sur un placement ou investissement afin d'analyser les tendances et évolutionsLe coin des analystesBataille digitaleu Actions : BNPP IP reste neutre Dans une note d’analyse, BNP Paribas Investment Partners dit rester « serein » vis-à-vis de sa position neutre sur les actions. Selon BNPP IP, les marchés ont intégré le rebond de la croissance aux USA et en Europe, tandis que les nouvelles en provenance de nombreux pays émergents n’ont pas été favorables. « Les facteurs de soutien, tels que la politique monétaire et la liquidité, ne sont pas suffisants pour justifier une surpondération, mais nous continuons de surpondérer l’Asie émergente par rapport à l’indice élargi des marchés émergents », écrit l’asset manager. Il estime par ailleurs que la croissance et l’inflation seront inférieures aux prévisions de la Banque du Japon cette année, mais doute également d’une prochaine accélération du programme d’assouplissement quantitatif de la banque centrale. BNPP IP se dit plus optimiste quant aux perspectives de croissance de la zone euro... même si les négociations entre la Grèce et ses créanciers constituent un risque pour les actifs risqués européens.uMarchés émergents : l’UBP confiant dans les obligations « investment grade »L’environnement actuel, avec des taux extrêmement bas, voire négatifs, rend la recherche du rendement de plus en plus difficile pour les investisseurs qui veulent un risque modéré. Partant de ce postulat, l’Union Bancaire Privée (UBP) se tourne vers la dette corporate en devise externe des marchés émergents. Celle-ci peut offrir des performances attractives, à condition pour les investisseurs de privilégier une approche active, selon l’UBP. « Notre préférence va aux obligations corporate « investment-grade » qui offrent un potentiel de rendement attractif en comparaison de leurs homologues des marchés développés de notation similaire », écrit la banque privée dans une note. Celle- ci souligne que ces obligations affichent en moyenne un rendement supérieur avec une sensibilité aux taux d’intérêt inférieure, ainsi que de solides avantages en termes de diversification – grâce notamment à leur moindre corrélation avec les autres classes d’actifs. Autre atout : la dette corporate « investment grade » des marchés émergents recèle de grandes sociétés exportatrices, pour qui la hausse du dollar américain a eu peu d’incidence sur leur capacité à servir leur dette. « Selon nous, la classe d’actifs présente encore un potentiel de progression. Les valorisations des obligations d’entreprises émergentes restent attractives par rapport à celles des émissions américaines et européennes, avec des niveaux similaires en termes de risque de crédit et de duration », conclut l’UBP.uActions : Cholet Dupont com- mence à voir des opportuni- tés d’achatEuro faible, pétrole durablement moins cher, taux longs peu attractifs... Cette conjonction de facteurs ramène vers les actions, selon une note de Cholet Dupont. Le gestionnaire d’actifs a d’ailleurs relevé le potentiel de hausse des indices actions pour la fin d’année de 1 à 2%, ce qui donne un potentiel de hausse de 7 à 8% en Europe et de 5% aux Etats-Unis. Cholet Dupont fait toutefois preuve de prudence sur les actions européennes : il a abaissé sa position sur celles-ci à Neutre en raison des incertitudes sur la Grèce, l’Angleterre, la parité euro/dollar ou encore le pétrole. « Mais les niveaux actuels des indices et le potentiel à moyen terme nous incitent à recommander d’initier des achats d’actions », écrit Vincent Guenzi, directeur de la stratégie d’investissement. Sur le marché des devises, Cholet Dupont estime qu’un rebond de l’euro pourrait se poursuivre en direction des 1,15 €/$. « Ce sursaut de l’euro devrait être temporaire et nous gardons un avis positif sur le dollar à moyen terme », ajoute Vincent Guenzi. Enfin, le gestionnaire adopte une position plus réservée sur les produits de taux, et conseille de les sous-pondérer à court terme. Il privilégie toujours les emprunts d’Etats d’Europe du Sud, les obligations privées du secteur bancaire et les titres à haut rendement au détriment des obligations souveraines ou privées mieux notées.AA l’heure d’internet et du smartphone, les banques de réseaux se lancent dans la mêlée engagée par les banques en ligne.près la consultation des e-mails et de l’actualité, celle du compte ban-Selon Bain, ces deux critères sont respectivement cités par 29% et 33% des clients lorsqu’ils évo- quent les raisons pour lesquelles ils ont quitté leur ancienne banque. la gamme des produits proposésdépassent le cadre de nos fron- tières avec 1,7 millions de clients à horizon 2017 en Allemagne, Belgique, France et Italie. Le marché n’est toutefois pas ouvert aux nouveaux entrants purede -11% en 2014 contre -15% en 2013. elles réduisent un peu l’écart qui les sépare des banques en ligne, les plus plébiscitées avec un NPS global de 52%. Au-delà des opérations classiques réalisées en agence, les outils numériques se révèlent donc des atouts de poids pour les établissements en quête de popularité. dans ce contexte, tous les établissements s’emploient à mettre davantage en cohérence leurs stratégies di- gitales avec l’activité de leurs ré- seaux d’agences. Ainsi, dans les nouvelles agences du CréditAgri- cole, les clients trouvent désormais des tablettes en libre-service. l’ob- jectif ? « Intégrer l’agence bancaire dans le parcours client digital, qui constitue désormais le pivot de la relation bancaire, et diffuser la culture numérique auprès des conseillers en agence », indique un expert du secteur.caire arrive à la troisième place des actions effectuées le matin sur tablette ou téléphone, selon un sondage opinionWay pour Société Générale paru en mai dernier. C’est en ligne que plus de huit personnes sur dix consul- tent principalement leur compte en banque, et 14% d’entre eux utilisent pour cela un smartphone ou une tablette, selon ce sondage mené en avril auprès de 1051 personnes. Pour Frédéric Micheau, directeur des études chez opi- nionWay, « on dépasse largement la catégorie geek, d’autant que ceux qui le font le plus sont les seniors [50 ans et +] ». lors d’une conférence de presse Ber- nardo Sanchez incera, directeur général délégué en charge de la banque de détail chez Société Générale, a annoncé que « dés- ormais, près de 90% des inter- actions entre la banque et ses clients se font via Internet ». S’il est convaincu que la relation ban- caire restera « omnicanale » (via l’agence et les canaux digitaux), il estime que « le sens de l’im- médiat est devenu un impératif ». la Société Générale a lancé une nouvelle version de son applica- tion, qui propose de réaliser da- vantage d’opérations, le but étant de « mettre une agence bancaire dans la main de nos clients », selon la banque.Faire toutes ses opérations de paiement à distance est fina- lement aussi douloureux...est aussi un critère important (14%), bien plus que l’image de la marque, citée par seulement 2% des sondés. Côté prix, c’est essentiellement le niveau des frais liés à l’utilisation de la banque au quotidien qui est pris en compte dans le choix du nouvel établis- sement (44 %). Malgré ces dé- parts, les banques ne font géné- ralement pas d’efforts pour retenir leurs clients, constate Bain. dans 59% des cas, ces derniers aver- tissent leur établissement de leur volonté de partir chez la concur- rence, mais ce dernier ne leur propose pas d’offre évoluée. Seuls 8% font des contrepropositions. Fort de ce constat, les banques en ligne ne cachent pas leurs am- bitions de conquête et elles bé- néficient d’une forte satisfaction chez leurs clients. de beaux succès en perspective ? « Les clients de banque 2.0 sont au- jourd’hui dans une posture d’early adopters et sont ainsi portés par un « effet nouveauté », indique olivier Schmitt, directeur associé de Solucom. « Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui les banques en ligne appartiennent pour une large majorité à des banques traditionnelles et ac- compagnent la stratégie digitale de celles-ci », rappelle Jean-Fran- çois Faure, P-dg deAucoffre.com. « Avec Hello Bank, la BNP Pa- ribas a de fortes ambitions, quiLES BANQUES EN LIGNE PLÉBISCITÉESle défi semble de taille, alors que deux millions de Français ont changé de banque l’an dernier pour le plus grand profit des banques en ligne, a révélé en mai dernier une étude de Bain & Company. Sur les trois dernières années, Fortuneo, Hello Bank, iNG direct, Boursorama et consorts ont gagné 6% de clients par an en moyenne, plus que les 1,1% de clients gagnés par les banques mutualistes et la Banque Postale et à l’opposé des pertes enregistrées par les banques com- merciales (-1,6%). les banques en ligne profitent de la compéti- tivité de leurs prix et de la sim- plicité affichée de leurs services.LA CONTRE-ATTAQUE DES BANQUES DE RÉSEAUen effet, la banque en ligne se démarque par une relation client totalement digitale. « Si les offres low cost ont rapidement attiré une clientèle avisée, la banque en ligne peine à démocratiser son utilisation en France, notam- ment car les clients ont encore besoin de leur agence bancaire pour certaines opérations (retrait d’espèces, dépôt de chèque, crédit immobilier...) et d’un conseil per- sonnel », observe Jean-François Faure. d’autant que face à la montée en puissance du digital, les banques classiques réagissent à l’image de la nouvelle application de la Société Générale. et ça marche. en France, l’essor des usages des applications bancaires sur tablette ou sur smartphone a permis aux banques de réseaux d’améliorer leur taux de recom- mandation, ou Net Promoter Score (NPS), selon la métrique de Bain & Company. elles affichaient ainsi un taux de recommandationdepuis deux ans, la banque à distance attire de nouveaux ac- teurs. en 2014, Axa a lancé Soon avec trois start-up. un concept low-cost sur mobile plutôt destiné aux jeunes qui permet de connaître son solde en temps réel. Plus éli- tiste, aucoffre.com propose en partenariat avec Mastercard le Service VeraCarte Premium. Cette carte permet d’acheter de l’or, de l’argent et du diamant 100% phy- siques. le stockage de tous vos actifs physiques est illimité et of- fert. Vous pouvez revendre vos actifs directement par téléphone ou automatiquement via cette carte qui s’utilise comme une carte de paiement classique. elle permet des achats en magasin ou sur internet, retrait en distri- buteur... Vous pouvez utiliser votre or quand vous le désirez, où vous le souhaitez ! « La Ve- raCarte conquiert des personnesplayers. Les banques en ligne ont remporté la bataille des prix, mais un nouveau défi s’offre à elles : développer la dimension de conseil afin de ne plus être seulement une deuxième banque ou une banque de passage », poursuit olivier Schmitt.UN COMPTE EN ORqui ve.euros de leur banque pour payer leurs dépenses. L’or se remonétise, non pas du fait de la volonté des Etats, mais du désir des citoyens de prendre leurs distances vis-à- vis de monnaies dans lesquelles ils ont de moins en moins confiance », conclut Jean-François Faure.ulent une alternative auxPierre-Jean LepagnotJuillet - Août 201587]]></page><page Index="88" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe L’Air du temps - Immobilier haut de gamme – Rentabiliser son bien loc’ de saison et de distinctionA depuis quelques années, les familles propriétaires de biens d’exception ont vu la location touristique gagner en puissance. Mais la clientèle visée, exigeante, demande un certain niveau de prestations.près quelques an- tèle à séduire, il vaut nées difficiles, le mieux passer par l’entre- marché de l’im- mise de professionnels. ilmobilier de prestige re- existe nombre d’agencestrouve un certain dyna- misme. entre la crise des subprimes, la présiden- tielle, les mesures sur l’iSF, la loi Alur (cf. en- cadré), et autres évène- ments, les prix se sont as- sagis et la baisse de l’euro attire de nouveau des in- vestisseurs étrangers, par- ticulièrement en prove- nance des etats-unis. le marché locatif n’est pas oublié. Cela ouvre, pour les particuliers détenteurs d’un bien haut de gamme (résidence principale ou secondaire), des possibi- lités intéressantes pour le rentabiliser, car « le tou- risme familial urbain s’est fortement développé alors qu’il se dirigeait surtout vers la campagne aupa- ravant », souligne Clara Audry, Head of Supply Acquisition europe chez one Fine Stay, site spé- cialisé dans la location sai- sonnière de biens de pres- tige. en effet, une tendance majeure dans le tourisme ces dernières années a été l’explosion de la location d’appartements plutôt que de chambres d’hôtel, for- tement poussée par la no- toriété d’Airbnb. « Tout le marché suit cette tendance, explique laurent demeure, président et Ceo de Cold-« Trop de soleil et d’eau réfléchissante ! Vous ne m’aviez pas prévenu, ça ne va pas »immobilières tradition- nelles qui proposent de s’occuper de la gestion du bien. Parmi les plus connues, on peut citer So- theby’s, daniel Féau, Coldwell Banker... Mais il y a également des nou- veaux venus, inspirés de plus ou moins loin par Airbnb, qui se présentent beaucoup plus comme des sites web avec une com- munauté, par exemple one Fine Stay ou theCollec- tionnist (Airbnb marche très bien, mais il n’est pas spécialisé dans les biens de standing, et ne possède pas de catégorie dédiée). il faut noter que ces der- niers sont également, ju- ridiquement, des agences immobilières, pour des questions d’assurance no- tamment. l’avantage de passer par ces profession- nels est de pouvoir profiter de leur réseau internatio- nal : « Nous sommes multi- destinations, souligne Max Aniort, directeur général de theCollectionnist. 80% de notre clientèle est étrangère. » C’est souvent le cas pour le tourisme haut de gamme. Pour tou- cher cette population bien spécifique, il faut suivre quelques principes de base : toujours faire enwell Bank France et Mo- naco, un des leaders de l’immobilier de prestige. Les gens veulent avoir unPRESTATAIRES AUX lisation et le statut de ré- AGUETS sidence principale ou se- du coup, louer son bien condaire, les obligations pendant que l’on est soi- légales et démarches sontimportant : il faut gérer les clés, le ménage, les draps, accueillir... », énu- mère laurent demeure.Les gens veulent avoir un pied-à-terre,être en un sens chez eux, et vivre une expérience88Juillet - Août 2015pied-à-terre, être en un sens chez eux, et vivre une expérience. »même en vacances permet de le rentabiliser. Attention cependant : selon la loca-différentes (cf. encadré). et « la location saison- nière représente un travailCompte tenu de la lour- deur particulière de la tâche, et du type de clien-]]></page><page Index="89" isMAC="true"><![CDATA[n°22www.ecoreseau.frL’Air du temps - Immobilier haut de gamme – Rentabiliser son bien ARt de ViVRe & PAtRiMoiNesorte que la décoration du bien soit à la hauteur de son standing (ce qui ne veut pas nécessairement dire hors de prix), et four- nir des services de concier- gerie (assistance, réserva- tions, conseils...) ou hô- teliers (ménage, entretien quotidien...).trouvons les prestataires, et nous les aidons, mais c’est le propriétaire qui est responsable de la mise en place des services », explique Max Aniort.pratique rare pour les biens de prestige – l’exception principale étant dans le cadre de l’accueil d’étu-en mission longue. C’est évidemment plus facile à mettre en place si le bien loué est une résidence se-tabiliser son bien qui se popularise est l’échange de domicile. Pas de gain pécuniaire au programme,web dans le genre, avec de solides communautés internationales : loveHo- meSwap, l’un des plus connus, spécialisé dans les biens de standing et dis- posant de services de haut niveau, ou encore Guest- toGuest, plus généraliste. ici, pas véritablement de contrat (il y a cependant des dépôts de garantie et une assistance), mais tout repose sur un système de club. il ne reste plus qu’àLES PETITS PLUSComme toute location meublée, les revenus tirés des locations saisonnières sont imposés au titre des bénéfices industriels et commerciaux (BiC). il existe deux régimes, le forfaitaire et le réel. le premier consiste en un abattement de 50%, qui représente les charges liées au bien, et est automatique si les revenus ne dépassent pas un plafond légèrement inférieur à 33000 euros par an (les montants sont plus élevés pour des biens classés, du type gîte rural ou chambre d’hôte). C’est le cas de la majorité des locations touristiques. le régime réel, comme son nom l’indique, prend en compte les charges réelles, et n’est avantageux que si celles-ci dépassent le montant de l’abattement, ce qui est assez rare pour des non-professionnels.TAXATIONMettre en place un standard de qualité, que les clients pourront retrouver quel que soit le bien qu’ils louentdiants étrangers – il est condaire ; sinon, le pro- mais des économies : plu- également possible de priétaire doit lui-même tôt que de louer pour trois louer son bien sur des du- être en déplacement. Mais semaines une villa, on y rées plus longues, par c’est, pour ce cas particu- loge gratuitement, pendant exemple plusieurs mois, lier, une solution intéres- que les propriétaires oc- typiquement à des expa- sante. cupent son appartement. triés ou à des personnes une dernière façon de ren- il existe plusieurs sites.la quasi-totalité des pro- fessionnels du secteur four- nissent ce type de services (plutôt de conciergerie qu’hôteliers, cependant), moyennant un forfait ou un pourcentage du loyer. ils sont indispensables, et peuvent faire la différence entre plusieurs biens de même type. « Notre pres- tation n’est pas à la carte, décrit Clara Audry. Nous voulons mettre en place un standard de qualité, que nos clients pourront retrouver quel que soit le bien qu’ils louent. » Sui- vant des réflexions paral- lèles, theCollectionnist dit vouloir établir un label. dans la même veine, ils fournissent au propriétaire l’assurance que son bien est occupé « dans les rè- gles », ce qui est toujours rassurant quand il s’agit de sa résidence principale. tous les professionnels ne procèdent pas de la même façon. Par exemple, chez theCollectionnist, « nousLoi AlurLocation saisonnière un peuconcernéeVotée en février 2014, la mesure d’encadrement des loyers prévue par la loi Alur vient d’être publiée au Journal Officiel, et sera appliquée dès le 1er août prochain. Même si elle vise principalement la location meublée, la location touristique n’est pas concernée par les limitations mises en place. Le bailleur est libre de fixer le loyer comme il le souhaite (à l’exception des microsurfaces), il n’a pas à rédiger un contrat de bail en conformité avec le modèle prévu dans la loi Alur, ni de se conformer aux obligations relatives à l’état des lieux. En revanche, d’autres volets de la loi concernant la location saisonnière sont déjà actifs. Notamment, si le logement loué n’est pas la résidence principale du propriétaire, il faut demander à la mairie une autorisation de changement d’usage (l’activité est considérée comme commerciale). Ces mesures ne concernent pas l’ensemble du territoire. Pour savoir si l’on est concerné, il suffit de demander à un professionnel ou à un site d’an- nonce : ils doivent informer le loueur des obligations de déclaration ou d’autorisation préalables prévues et obtenir de lui une déclaration sur l’honneur attestant du respectde ces obligations.choisir sa destination...D’AUTRES FILONSla location saisonnière à des touristes n’est pas la seule façon de rentabiliser son bien. Si louer une chambre seulement est uneJean-Marie BenoistJuillet - Août 201589]]></page><page Index="90" isMAC="true"><![CDATA[www.ecoreseau.frn°22ARt de ViVRe & PAtRiMoiNe Regard sémantiqueDepuis huit ans, Jeanne Bordeau compose des “tableaux de mots” à partir de collages issus d’articles de presse. Démonstratives et percutantes, ses “compositions sémantiques” accrochent le coeur et la raison. A la fois miroir et interprétation de l’actualité,ses tableaux décryptent l’époque de manière presque prémonitoire.Créations thématiques et singulières, ses tableaux mettent en scène les mots-clés d’une année dans des secteurs d’actualité majeurs : politique, économie, crise, culture, société, culture, femmes, développement durable, ressources humaines, verbes. Chaque année, ces dix toiles forment ainsi “une tapisserie de Bayeux contemporaine” et sont exposées à la galerie Verneuil Saints-Pères à Paris.dico d’époque© Jean-paul Goffarddans les années 20, on parlait de «start up». Start comme « commencer» et up pour «aller vers le haut». Bref une start up est une société prometteuse. A l’époque du Charleston, les entreprises liées à la tSF étaient les «start up» !2 000 MILLIARDScompter quelques effets positifs de la «loi Macron » ?»des étoiles comme « Piketty superstar », des Nobel comme « Tirole ».et, la France peut se consoler, elle est une terre de « sharing economy » et de « par- tage ». d’ailleurs, Paris possède sa « Sen- tier valley ». les héros de cet univers 3.0 sont évidemment les « start-uppers ». le remède au pessimisme se nomme peut- être « French tech ». les « data centers » de dimension internationale sont des em- blèmes de promesses et de réussites.Start up et esprit« 2 000 milliards », cela pourrait être le titre d’un polar, c’est en réalité le pay- sage économique de 2014 où « la dette » cohabite avec « la réforme » !Attention ! L’horizon est sombrela montée en puissance du web remet le mot «start up» à fleur de toutes les intelligences. les héros de la Silicon Valley racontent leurs façons de manager. Cela se transforme en livres et en méthodes... l’esprit start up est né !Le leitmotiv de l’économiele pays attend de voir si les décisions po- litiques déjoueront les sombres prévisions de l’an 2014. « Croissance zéro », « chô- meurs », « dette = 2 000 milliards » se dé- clinent dans les quotidiens. Faut-il alors se tourner vers la solution « rigueur »? le scénario de l’avenir a de nouveaux ac- teurs:«Valls»plus«Macron»!Esprit start up et croissanceC’est un refrain très entendu en 2014 : « déficit », « dette », « réforme », et « croissance » se bousculent dans les mé- dias. Face à ces craintes ou ces espoirs de relance, on entend également le mot « Pacte ». Mais quel pacte ? Celui de « responsabilité »... ou « d’irresponsabi- lité », s’amusent certains pourfendeurs. le « Pacte » conduit les débats écono- miques car tout le monde s’interroge sur l’impact des décisions du pouvoir. « Et si Hollande avait tout faux ?» observent certains. Mais ces questionnements sont balayés par l’effervescence du numé- rique.et, pour redonner un peu de lumière à l’économie, une autre solution : avoir « l’esprit start-up » et être doué de « l’en- trepreneur attitude ».Mais n’oublions pas l’essentielles décideurs politiques et économiques perçoivent l’esprit start up comme une opportunité, comme le contrepoint de la crise. C’est normal. Car il repose sur la capacité à surprendre et à inventer dans un contexte d’extrême incertitude. il permet un bond en avant qui nous propulse dans un univers nouveau.Car les monopoles sont brisés avec l’émergence d’entreprises novatrices telle « Uber » et sa vision disruptive du taxi ! et dans la foulée, les « professions règlementées » sont remises en causes. dans ce contexte de mutation, les opti- mistes rétorquent : peut-être faut-il es-Les embellies du numérique et du savoirCertes, malgré cette époque mondialisée, il reste des préoccupations françaises : un fleuron national comme « Air France » se retrouve avec un « plan dans l’im- passe » et SNCF est bousculé par RFF. Grève du rail et le tGV devient un sujet de questionnement.l’esprit start up a un prix. il suppose beaucoup de travail et une adaptation permanente au changement. il a un mérite : accélérateur de transversalité, il pousse à brasser et à échanger. Synonyme d’innovation, il incite à ne jamais dormir sur ses certitudes, il bouscule les carcans !La mémoire des motsCela ne suffit pas à dissiper les motifs de spleen. en effet, la « colère » frappe « les médecins, les pharmaciens et les no- taires ». « Les classes moyennes » se sen- tent « délaissées ». « Impôt» est un mot qui agace. et forcément, en temps de crise, les « parachutes dorés » tombent forcément mal et les apparatchiks ont mauvaise presse.l’économie ne sera plus jamais la même car elle est « made in the world ». Comme une confirmation de ce constat, le monde entier pleure Christophe de Margerie : « Total sous le choc ». la pla- nète observe « BNP Paribas » et son « amende historique ».Esprit start up pour tous ?en dépit des arguments qui militent en fa- veur de ternes perspectives, des embellies marquent les esprits. Ainsi, nous avonsC’est un face à face de mots angoissants et de mots porteurs d’avenir. Alors peut- être faut-il décider d’être optimistes.C’est très sain !d’expressionesprit start upparFondatrice de l’institut de la qualitéJeanne BordeauInsuffler à l’entreprise une nouvelle dynamique et un goût pour la créativité, tels sont les ingrédients de cet état d’esprit !Start up et radiomaniaJuillet - Août 2015PROCHAIN NUMÉRO LE JEUDI 3 SEPTEMBRE 201590Nom du tableau : Economie, Jane Bee]]></page><page Index="91" isMAC="true"><![CDATA[LA REVUE DU PLUS CÉLÈBRECABARET DU MONDE !DINER ET REVUE À 19H À PARTIR DE 190 € REVUE À 21H ET À 23H À PARTIR DE 77 €MONTMARTRE82, BLD DE CLICHY - 75018 PARIS TEL : 33(0)1 53 09 82 82THE SHOW OF THE MOST FAMOUS CABARET IN THE WORLD !DINNER & SHOW AT 7PM FROM €190 SHOW AT 9PM & 11PM FROM €77WWW.MOULIN-ROUGE.COM FACEBOOK.COM/LEMOULINROUGEOFFICIEL© Bal du Moulin Rouge 2015 - Moulin Rouge® - 1-1028499]]></page><page Index="92" isMAC="true"><![CDATA[La santé, c’est trop important pour être compliqué.SANTÉ PRÉVOYANCE ÉPARGNE - RETRAITE 95% DES ENTREPRISES ADHÉRENTES SONT PRÊTESÀ NOUS RECOMMANDER.Nos conseillers Harmonie Mutuelle vous accompagnent jour après jour dans le suivi et le pilotage de votre contrat, quelle que soit la taille de votre entreprise. Ils vous font bénéficier de toute leur expertise en protection sociale et vous aident également à répondre aux obligations conventionnelles, à optimiser vos dispositifs fiscaux, juridiques et sociaux.1re mutuelle santé de France, au service des entreprises.Découvrez nos solutions sur pme.harmonie-mutuelle.frMutuelle soumise aux dispositions du livre II du Code de la mutualité, n° Siren 538 518 473.]]></page></pages></Search>